DMWLM ■» « 7 : c M?i; DICTIONNAIRE DELA LANGUE FRANÇOISE, 5 ANCIENNE ET MODERNE, D E PIERRE RICHELET; Nouvelle Edition corrigée & augmentée d’un grand nombre d'Articles. TOME PREMIER. ■ vpw - %P—h 4 ' ' ^ f 7c 242 ■ 4 t DICTIONNAIRE DE LA LANGUE FRANÇOISE, ANCIENNE ET MODERNE, DE PIERRE RICHELET; Augmenté de plusieurs Remarques importantes fur la Langue Françoise, Additions d’Histoire, de Grammaire, de Critique, de Jurisprudence, ET DUNE LISTE ALPHABETIQUE DES AUTEURS ET DES LIVRES CITEZ DANS CE DICTIONNAIRE Nouvelle Edition corrigée augmentée d'un grand nombre # Articles. TOME PREMIER, A—E A BASLE. Chez JEAN BRANDMULLER, M D CC XXXV. STATAí.Of} °|0 ; y ÍM'"'Tíli3' i ir{W/<[AV WrVCVA ï i v < r»>-> PREFACE SUR CETTE N OV V E L L E EDITION DV DICTIONNAIRE DE RICHELET, N doit avoir été surpris plus d’une fois, de n’avoir pas trouvé dans la liste de ceux, des travaux desquels on a profité pour la compilation de ce trésor de la langue françoise, le nom de l’Auteur qui y à le plus contribué. On crayonne, dans cette liste, l’histoire de tant d’Auteurs dont souvent on a tiré peu de chose, & le seul Richelet n’v entre point & demeure comme inconnu. Nous allons, en quelque forte, redresser cette espèce d’in- justice, en récitant ici ce que nous trouvons ailleurs de cet habile Maître dans la langue françoise, à qui la France & les Nations étrangères doivent beaucoup. César ( O Pierre Richelet, mort à Paris le 23. de Novembre 1698. (2 ) âgé de i-M.I'à 67. ou 69 . ans, étoit né à Cheminon dans le Diocèse de Châlon en .Champagne. II Clere se voua à la profession d’Avocat à l’imitation de son grand-Oncle Nicolas Bjchelet, mTmoire & fut comme lui Avocat du Parlement de Paris. On ne sçait point si nôtre Auteur qu’il a pla- fréquenta le barreau. Mr. f Abbé le Clerc (z ) croit qiíìly a beaucoup ^apparence qu’il 66 à la tête se contenta du titre honorable d'Avocat, pour s’appliquer à f étude des belles lettres. volume du Après avoir étudié fa langue, en profitant des lumières des meilleurs Ecrivains de Richelet son tems, il fut admis en 166s. dans l’Académie que Mr. l’Abbé d’Aubignac avoit dei728 ‘ établie, & où l’on faisoit publiquement des discours académiques, leprémier jour qu™Mn’ C de chaque mois. Mr. Richelet lè distingua dans cette Société savante, & sa réputa-Richelet lion le fit connoître avantageusement des Personnes chargées de procurer de bons dans ses maîtres au Dauphin, fils de Louis le Grand. Richelet raconte lui même que Mr.°“ vr2ges . Ê Dereaulx r allemand le proposa à Mr. de Perigny, Précepteur de Monseigneur le Dau- quête" 01 phin, pour partager avec lui les grands foins dont il étoit chargé , & qu’il fut assez nom de heureux pour être agréé ; mais que par un malheur extrême, Mr. le Président Ni- ^ 6 " 6 - col a t obtint cet honneur pour Mr. Doujat, Professeur en Droit. Mr. Amelot de la í ì) n , fu£ Houssaye ne trouve pas bon que Mr. Richelet ait dit qu’il devoit être appellé à parta- dans FE- ger avec Mr. de Perigny les grands foins dont il étoit chargé ; devant, dit-il, être glise de S. .simplement du nombre de ceux que l’on choisit pour composer la maison du Dauphin, Sulpice, afin de lui inspirer le goût des belles lettres. Quoiqu’il en soit, ce contre-tems obli- Cî ) Dans gea Mr. Richelet a passer íà vie dans le cabinet & à composer des livres. moiredtê II en a fait plusieurs. II fit paroître en 1671. La versification françoise , où il ejl par- cy-deffus. lè de /’histoire de la Poésie françoise, des Poètes françoìs anciens & modernes, de P origine de la rime & de la manière de bien faire & de bien tourner les vers , avec des exemples des Poètes qui les ont bien ou mal tournés. C’est un in 12. On a de lui l’histoire de la Floride; un recueil de lettres avec des nottes ; un Dictionnaire des Rimes ; un recueil des plus belles épigrammes des Poètes François, depuis Marot, avec des notes historiques & critiques. Mais l’ouvrage qui a le plus contribué a le faire connoître, c’est son Dictionnaire de la langue françoise. 11 le publia pour la prémière fois à Genève iw„4. dans l’an- - o née 1680. Richelet nous aprend dans fa Préface qu’il devoit beaucoup à Mr. d’A- ' ' ' r ’ Vi blancourt & à Mr. Patru. Voici de quelle manière il parle du prémier : „ Je raporte „ ce que j’ay apris de feu Mr. d’Ablancourt l’un des plus exceilens Esprits & des „ meilleurs Ecrivains de son siècle. Comme il me faisoit l’honneur de m’aimer avec „ tendresse, il m’a découvert une partie desmistères de notre langue. „ Une parle pas moins avantageusement de Mr. Patru & des obligations qu’il lui avoit. Comme le Dictionnaire de l’Académie Françoise ne paroissoit pas encore, auqueî, comme le remarque Richelet dans fa Préface, cet illustre Corps travailloit déja depuis 43. ans, il semble que l’ouvrage de notre Auteur devoit être reçeu avec avidité par tout où l’on se pique de connoître la langue françoise; & sur tout en France. Cependant la destinée de ce Dictionnaire ne fut pas heureuse dans le commencement. (4) (4) Voyez 11 a eû bien de la peine à s’introduire en France, & il n’y entra d’abord qu’à la faveur ce que réel u déguisement. Les traits satyriques qui y étoient répandus, & qui caractérisent^^ 6 l’Auteur, n’en auroient ils point été une des principales causes? Onauroit dû lesen-i’Atjî, 8 ,! j e lever tous après fa mort. On en trouve entr’autres encore un au mot Escroc qui ne Clerc dans * fait F RE F ACE. un avis à fait honneur ni a celui qui Fy a mis, ni à ceux qui ont été trop religieux à le retenir, la tête du (J e Dictionnaire fut réimprimé à Lion chés Bailly , avec plusieurs retranchemens dèmf que Ton ne suivit pas dans la 3. édition qui se fit encore à Genève. L’Auteur en procura une nouvelle Edition avec des augmentations. En .1,796. le Dictionnaire de Ri- chelet parut infolio, comme ayant été imprimé à Amsterdam,- cependant on pré- , > Voveztend qu’il fut imprimé à Lion. (s) Le P. Fabre procura une nouvelle édition de ce le mémoi-Dictionnaire à Lion en 1709. en deux volumes in folio, Sc par conséquent fort aug- re de Mr. ni entée. Comme il y glissa des exemples dont quelques-uns regardoient les ma- f’f bbé le , tières de Théologie contestées; ( 6 ) Sc qu’011 y trouva des morceaux Satyriques, cette tête du Ri- Edition futsuprimée & l’Editeur contraint de sortir de sa congrégation, cheletde £ e p. Fabre ajouta le latin aux mots françois, & depuis lors on Fa retenu. Ce ^8- jàtin seroit fort inutile, st l’on avoit en vuë ceux qui souhaitent d’aprendre cette lande Paris 6 " gue savante, parce que le latin du Richelet n’est rien moins que complet. Maison de 1725. s’est proposé sur tout de faciliter aux étrangers, par le moïen du latin, la véritable signification des termes françois. C’est ce que remarquent fort au long les savans Auteurs de la Préface du Dictionnaire de Trévoux de 1732. Les Libraires de Genève réimprimèrent le Dictionnaire de Richelet en 1710. en 2. volumes «4. Ils se plaignent amèrement de ce qu’on a contre-fait leur Edition dans une ville de France, & de ce qu’on a rempli ce Dictionnaire de quantité d’inutilités. Ils ont sûrement raison de critiquer taht de citations en vers & en prose, parfaitement inutiles pour prouver la véritable signistcation de quantité de termes dont personnelle doute. Nous tombons d’accord avec la Préface du Dictionnaire de Trévoux 1732. que le Public f anche plus du Côté de ceux qui citent , que du côté de ceux qui ne citent pas. Mais comme on doit supposer le Public judicieux, il faut lui faire Fhonneur de croire qu’il 11’aime pas qu’on le surcharge de citations inutiles. Les Libraires de Lion réimprimèrent le Richelet en 1719. en 2. vol. in folio, Sc l’on soutient dans la Préface, que quoi qu’on ait beaucoup pillé les autres ouvrages de la même espèce, on trouve cependant dans cette Edition des termes & des exemples qui 11e sont point ailleurs. Le même livre fut donné ensuite à Rouen, & en 1728. il fût (7) Voyez réimprimé à Lyon avec de grandes additions, (y) II salut vaincre des obstacles pour ditMr 611 3 réimprimer ce Livre à Lion, parce que les Libraires de Paris s’y opposaient en vertu l’Àbbé le d’un privilège qui leur avoit été accordé. Cependant les Lyonnois remportèrent la Clerc. victoire, ayant montré que le Dictionnaire qu’ils vouloient publier étoit plus ample & plus correct que toutes les autres Editions qui avoient paru jufqu’alors. Mr. Aubert , Avocat & Fuir des Académiciens de Lyon, étoit l’Auteur des additions Sc des change- mens qui donnoient du prix à cette nouvelle Edition. C’est celle qu’ont suivie les Libraires de la Compagnie d’Amsterdam en 1732. Mais ils ont fait changer de forme au Richelet, & au lieu des trois m folio de la dernière Edition de Lyon, ils n’ont offert au Public que deux volumes in 4. La raison de (8) On au- cette prodigieuse différence vient, d’un coté, de ce qu’ils ont retranché un grand nom- roit bien bre d’inutilités; heureux s’ils les avoient toutes enlevées ! (8) & de l’autre parce pû retran- qu’ils se sont servis d’un caractère très menu quoique fort net. Cependant il ne faut íongue^lis- p as s 'imaginer que cette Edition soit moins complette que celle de Lyon par raport scrtation à la langue françoise. Elle est même plus riche de 6000. articles nouveaux qu’on a fut Date- soigneusement distingués par cette marque : f- L’Edition qu’on donne aujourd’huy ne mot Da diffère de celle d’Amsterdam qu’en trois articles. Le prémier est la grosseur du cara- tate. Lela âère. Le second, l’addition de plusieurs termes & de plusieurs phrases tirés de bons est du res- Auteurs & qu’on a distingué par cette marque S- Le troisième article renferme la corso 1 * du rection de plusieurs fautes d’impreíïïon. La première de ces prérogatives faute aux commèìes T eux ’ & elle est fort considérable, pour ceux qui font quelque cas de la vue. La troisié- deux tiers me pourroit être prouvée par un très grand nombre d’exemples, si l’on ne craignoit de du Di- faire ici une liste de remarques que plusieurs traiteroient de m soucies ; mais qui cepen- deTre- 116 c *? nt ne Estent pas d’être de conséquence dans un ouvrage de la nature de celui-cy. dès que l’on comparera l’Edition de Hollande avec celle deBasle, on ne doute pas que malgré la propreté de la Première la Seconde n’ait la préférence. vou-x. EXPLI- EXPLICATION DES MARQUES QU’ON A MISES AUXMOTS, ET DES ACCENS DONT ON LES A MARQUEZ. L ''Etoile * qu'on met à coté d'un mot ou d'une phrase , montre que le mot ou la phrase Jont au figuré, au lieu qu'il saut les prendre au sens propre, quand il n'y a point de marque. t La Croix qui est vis-à-vis du mot ou de la façon de parler, veut dire que ce mot ou cette façon de parler dont proprement leur usage que dans le stile fimple , dans le Comique, le Burlesque, ou le Satirique. Mais lorsqu'on trouve à côté du mot ou de la phrase une étoile avec une croix ensemble, cela signifie que le mot ou la façon, de parler se prennent figurément, mais qu'ils n'ont cours que dans le stile le plus fimple, comme dans les Vaudevilles, Bandeaux, Epigrammes fy autres ouvrages. On n'a pas cependant été tout-à-fait exa& à marquer ces dijserences dans les Additions $ ( faites dans l'Edition de Bgiien ) on prie le Le&eur d'y suppléer. L'Accent Circonflexe , montre que la sûlabe sur laquelle il est, doit se prononcer longue. Et fil'Accent ell grave ' , il marque qu'en prononçant lasillabejur laquelle il se rencontre, on abaisse un peu la voix. ’ L'Accent aigu, se met d.'ordinaire sur l'é masculin final, ou surl'é clair, qui étoit joint avec un s , qu'on. a retranchée, comme on a dit dans la Préface. Lorsque l’e n'a point d'Accent, c'est pour l'ordinaire une marque qu'il est obscur, fy qu'on ne le doit faire sentir que faiblement dans la prononciation. Ainsi Peloton ,se prononce, comme s'il étoit écrit , PeulotOli. Beaucoup de gens suppriment tout-à-sait cet e obscur, lorsqu'ils parlent ou qu'ils lisent -, maU les hommes savant dans la Langue, condamnent cette prononciation, fy fur tout lorsqu'on lit de la Poésie. If La main qu'on trouvera très-frèquemment dans cette Edition, indique les nouvelles Additions de Monsieur Aubert. f La double croix indique les nouveaux Articles ajoutez dans cette Edition d'Amfferdam. 5 Le Paragraphe Indique les Articles nouveaux ajoutés dans cette Edition de Basle. Il me reste à expliquer en peu de mets quelques autres Abréviations qui se trouvent dans cet ouvrage « Adj. Signifie que le nom est Adjectif, fy qu? par conséquent il a divers genres. Adv.- Signifie que c'est un Adverbe. Int. Veut dire me Interjection. Part. Participe. Prép. Marque que c'est me Préposition. Prov. Que c'est un Proverbe. si m. Que c'est un nom Substantif Masculin ou Féminin, quand il est marqué avec me f. v. a. Signifie un Verbe Actif > fy par ces mots on entend un Verbe qui régit, ou qui peut régir un Accusatif exprimé ou sous-entendu. v. n. Signifie un Verbe neutre : on entend par ces mots un Verbe qui ne gouverne point d'Accusatif, par exemple, Babiller,!?/? un Verbe neutre ; car dans le discours on ne lui donne point d'Accusatif pour son regime. v. n, fy a. Signifie un Verbe neutre & actif. Et c'est un Verbe qui en m sens régit m Accusatif, fy en un autrè n'en régit point. Par exemple, le Verbe Marcher , dans la signification d' Aller, est neutre, par ce qu'il ne gouverne rien. Mais lorsqu'il signifie , fouler avec les pies, fouler, ou manier avec les mains, il est A&if, par ce qu'il régit alors un Accusatif : car les Potiers disent marcher la terre, fy les Chapeliers, marcher une Capade. v. n. pajs. Signifie Verbe neutre pastis. On nomme ainsi le Verbe qui ne régit point d’Accusatif exprimé ni sous entendu, fy qui en fis tems composez fi conjugue par le moyen du Verbe auxiliaire, je fuis. Ainsi, tomber, est un Verbe neutre passif, parce qu'on dit, j’étois tombé, je fuis tombé, je fusse tombé, je ferois tombé, &c. v. r. Signifie un Verbe réciproque. On appelle un Verbe réciproque, celui qui réfléchit l'a&ionsignifiée par le Verbe sur la personne même qui fait l'aBion, fy qui dans fis tems composez st conjugue avec le Verbe auxiliaire, je fuis. Par exemple, fe brouiller, est un Verbe réciproque: ainsi l'on dit, je me brouille, tu te brouille, fyc. je me brouille, je me fuis brouillé, je m’étois brouillé, fyc. On a renfermé tous les mots Latins entre deux crochets pour les mieux distinguer , fy les citations entre, deux parenthèses. ME- 2 LISTE ALPHABETIQUE AUTEURS ET DES LIVRES CITEZ DANS CE DICTIONNAIRE. J)N pourra apprendre par cette Liste , ce que veulent dire les abbrevations dont i on s’est servi dans la plupart des citations. Pour farie plaisir au Lecteur, on y a ajouté le tems auquel les Au- ' teurs ont vécu & font morts , leurs qualitez, les Ouvrages qu’ils nous ont laissé, & l’esti- Jlie qu’ils se sont aquise dans la République des Lettres. Mais comme il ne s’agit ici que cl’un Dictionnaire François , nous ne parlons surtout que des Ouvrages qu’iis ont faits en cette Langue. NICOLAS PERROT D’ABLANCOURT, de l’Académie Françoise, où il fut reçu en 1684. s’est aquis beaucoup de réputation dans le dix-scptiéme Siécle par ses excellentes traductions. II étoit né à Châlons en Champagne le 5. Avril r 606. & mourut de la gravelle le 17. de Novembre en 1664. dans fa terre d’Ablancourt, faisant Profession de la Religion Réformée. II eut un neveu, nommé Mr. Fremont, qui est l’Auteur du Dialogue des Lettres , que l’on trouve à la fin des Dialogues de Lucien traduits en François. II est Auteur de la Préface de YHonnête Femme. Paris, in 4. 1632. du Traité de la Bataille des Romains, à la fin de son Frontin , Paris , in 4. 1664. & du Discours fur ^Immortalité de l’ame, & de Jìx Lettres à Mr. Patru, à la fin des Oeuvres de Pa- tru, 1681. Voici toutes ses traductions dans l’ordre qu’il les a faites. Minutius Félix , Paris in §. 1646. Tacite, in 8- T. I. 1640. & Tom. II. 1644. Quatre Oraisons de Cicéron , Paris in 4. 1638. Lucien , T. I. in 4. 1654. & T. II. 1635. La Retraite des dix-mills de Xenopbon, Paris, in 8- 1648- Arrien des guerres d'Alexandre, Paris in g. 1646. Les Commentaires de César. Tbucidide l’Histoire Grecque de Xenopbon , in sol. 1662. Les Apophtegmes des Anciens, in 12. 1664. Les Stratagèmes de Frontin , in 12. 1664. l’Histoire d’Afrique de Marmol, in 4. 3. vol. 1667. Les libériez qu’il prend quelquefois dans ses traductions lui ont fait donner le nom de Hardi , dans la Requête des Dictionnaires. Le célébré Mr. Patru a écrit fa vie. JACQUES ABBADIE, Ministre de Berlin & ensuite de l’Eglise de la Savoye à Londres naquit en Bearn. Il a donné au Public la Vérité de la Religion Chrétienne en deux volumes, in 8- 1684. La Divinité de Jésus Chris qui fait le troisième, en 1689. Un petit volume de quelques Sermons, & un Traité de la cnnnoijsance de soi-même, 1692. Son premier ouvrage de la Religion Chrétienne est, au jugement des Savans, un Ouvrage parfait, & d’une profonde érudition ; il le publia à Page de 23. ans. Tous ces livres ont été réimprimez en France fur la Copie de Hollande. On regarde comme deux chefs d’Oeuvres d’Eloquence deux Oraisons funèbres que Mr. Abba- die donna autrefois au Public, l’une est celle de YElecíeur de Brandebourg. Rotterdam chezjl. Leers, in 4. 1684. & l’autre est celle de Marie Stuard Reine d 7 Angleterre. Amsterdam, chez Nie. Pàrmentier, in Z. On a encore de lui, la Défense de la Nation Brìttanique , pour répondre à l’Avis aux Réfugiez, 1Ó92. & les Réflexions fur la présence Réelle , in 8- 168;. La Vérité de la Religion Reformée , 2. vol. in 8. 1718. & un ouvrage fur l’Apocalypsie, intitulé, le Triomphe de la Providence, in 12. 4. vol. 1719. Mr. Abbadie étoit Doyen de Killaloë , en Irlande. II mourut le 6. Octobre 1727. à Mari-Bonne près de Londres, âgé d’environ 70. ans. MESSIEURS DF, L’ACADEMIE FRANÇOISE. Le Roi, à la Priere du Cardinal de Richelieu, établit cette célébré Compagnie en 1635. & voulut bien lui donner un établissement fixe pour ses assemblées dans le Louvre , où elle s’assemble trois fois la semaine, le Lundi, le Jeudi & le Samedi. En l’année 1637. elle fit le projet d’un Dictionnaire, qu’elle n’a donné au Public qu’en 1694. Tous les deux ans, le jour de Saint Louis , elle donne un prix d’Eloquence fondé par Mr. de Balzac, & un de Poésie fondé par Mr. Clermont de Tonnerre, Evêque de Noyon. Outre le Dictionnaire nous n’avons d’Ouvrage de l’Académie en Corps qu’une Critique du Cid. II y a aussi à Paris une Académie des Sciences, qui se tient dans le Louvre , à laquelle préside l’illustre Abbé Bignon avec un applaudissement universel , & dont Mr. de Fontenelle si connu par ses beaux ouvrages , est le Secrétaire perpétuel. SAINT-AMAND, naquit à Rouen à la fin de l’année 1394. fut reçu à l’Académie Françoise en 1633. & mourut en 1661. Cet Auteur ne nous a laissé que quelques Poésies, dans lesquelles on trouve beaucoup d’expreffions peu honnêtes & contraires à la pudeur. Ses ouvrages ne l’avoient pas fort enrichi, puisque Mr. Despreaux dit de lui, que l’ha. bit qu’il eut fur lui fut son seul héritage', qu’un lit N deux placets composoient tout son bien. Voiez le même Auteur au commencement de son Art Poétique. AMELOT DE LA HOUSSAYE, nâquit à Orléans & y fut batifé le 18. Fevrier 1634. 11 mourut à Paris le 8- Decembre 1706. Cet Auteur, dont Mr. Richelet n’eftime pas les Traductions , s’est pourtant rendu fameux par les Notes Politiques qu’il a données fur les Ouvrages qu’il a traduits, & qui ont été réimprimez en Hollande. Le plus célébré Auteur fur lequel il a travaillé est Fra-Paolo , dont il a traduit ì’Histoire du Concile de Trente, & le Traité des Be- nestees. Comme il avoit été Secrétaire de l’Ambassadeur de France à Venise, ií eut tout le tems d’étudier l’esprit & les mœurs de cette République , dont il nous a donné l’Histoire du Gouvernement , qui est fort estimée. Nous avons de lui la Traduction de YHomme de Cour de Balthasar Gracien, & la Morale de Tacite, avec ses Notes , & des Mémoires Historiques Politiques, Critiques, ffi Littéraires , in 12. 2. vol. Amst. 1722. & réimprimez en 1731. ROBERT ARNAUD D’ANDILLY, nâquit à Paris en r;89- & aprés avoir rempli à la Cour beaucoup (Remplois qui lui furent confiez, il se retira âgé de cinquante-cinq ans dans l’Abbaïe de Port-Royal des Champs, où il employa le reste de ses jours aux excellentes Traductions dont il a enrichi i’Eglísc : telles font les Confisions de St. Augustin, l’Histoire de Joseph, les Oeuvres de sainte Thérèse, les Vies des [Peres du Defirt, l’Echelle de S. Jean Climaque , les Oeuvres^ du Bienheureux d’Avila. II mourut en Tan 1674. âgé de quatre-vingt fix ans, & laissa de son mariage avec Mademoiselle Baudrerie cinq filles, qui furent toutes Religieuses de Port-Royal, & trois fils dont le dernier mort en 1699. étoit le Marquis de Pompone, Ministre d’Etat. ANTOINE ARNAUD, Docteur de Sorbonne. Ce nom seul fait l’éloge de ce grand homme. Ses ouvrages de Théologie & de Morale le rendront immortel. On trouve son Portrait un peu chargé dans le livre qui a pour titre, l’Estrit de Mr. Arnaud. II nâquit à Paris le 6. Fevrier 1612. Et en Tan 1641. il publia l’Ouvrage de la Fréquente Communion , qui subsiste encore aujourd’hui avec tout son mérite malgré les traits qu’on lui a porté. 11 s’est rendu célébré dans les disputes fur la Grâce, qui lui firent produire quantité de beaux Ouvrages qui seront les mo- numens éternels de fa pieté & de son érudition. Les a Papes LISTE ALP Papes lui ont offert la pourpre qu’il a constamment refusée, ses principaux Ouvrages font les deux Apologies de Janfenìus, la Réponse aux difficulté z de Mr. Steyart. La Réponse à Mr. Mallet sur le Nouveau Testament de Mons. La Perpétuité de la Foi touchant F Eucharistie contre le Ministre Claude , cinq ou six volumes de petits traitez touchant les Idées É? la Grâce contre le P. Mallebranche de l’Oratoire , quelques traduisions de petits traitez de R. Augustin : l’Apologie pour les Catholiques. De la Lcflure de l’Ecriture sainte : la défense des Versions de V Ecriture ; le Phanto- r,ie du Jansénisme. Et un grand nombre d’autres qui ne paroiffent pas fous son nom. II y en a qui lui attribuent les Apologies des Religieuses de Port Royal, F Apologie des Peres, & c. II mourut dans une Ville des Pais-Bas, près de Liege le 8- Août 1694. âgé de près de quatre-vingt trois ans. II étoit frété de Mr. Arnaud d’Andilly , & de Henri Arnaud Evêque d’Angers. MONSIEUR PIERRE AUBERT, Avocat naquit à Lyon le 9. Fevrier 1642. Apres avoir fait ses études il s’apliqua à la Jurisprudence , & prit le parti du Barreau étant encore jeune. II plaida pendant quelque tems avec succès ; mais ses fréquentes infirmiez & la foibleffe de son tempérament, l’obligerent de s’arrêter au milieu de fa course , & de prendre une autre route. II ne fut pas néanmoins oisif dans fa retraite , mais ses occupations furent plus tranquilles. II fit pendant plusieurs années la fonction de Procureur du Roi dans la Jurifdiction de la Conservation des Privilèges des Foires de Lyon, si fameuses parmi les Etrangers. II fut Echevin en 1700. & quelque tems après il fut nommé Procureur du Roi de la Police de la même Ville, charge dont il exerce encore actuellement les fonctions, de même que celle de Juge de l’Archevêché & Comté de Lyon. Ces emplois ne Pont pas empêché de cultiver avec foin les Belles Lettres. 11 a une Bibliothèque nombreuse & bien choisie, & il est un de ceux qui commencèrent il y a long-tems à faire des assemblées Académiques qui ont été établies en 172?. en forme d’Académie reglée par Lettres Patentes de 8a Majesté, fous le titre d’Académie des Sciences U des Belles- Lettres. C’est à Mr. Atibert que le Public est redevable des savantes Additions dont le Dictionnaire de Richelet a été augmenté dans PEdition de Lyon en j. vol. in fol. de 172F. ANTOINE AUBERY , Avocat, naquit à Paris au mois de Mai 1616. & mourut le 29. Janv. 169;. dans fa soixante dix neuvième année. II a écrit une Histoire des Cardinaux , en 3. vol. in 4. & plusieurs autres ouvrages pour la plupart Historiques. II fit auísi imprimer en 1688- un Traité de la Régalé, in 4. AUBIN, François Réfugié en Hollande, étoit né à Loudun. II a donné un Dictionnaire de Marine fort estimé. II fut imprimé à Amsterdam in 4. en 1702. II avoit traduit la vie de PAmiral de Ruyter, & il est PAuteur de P Histoire des Diables de Loudun, in 12. II est mort à Harderwyk chez Mr. Rivaffon, Ministre, & son Gendre. ADRIEN BAILLET, naquit le 13. Juin 1649. au Village de la Neuville , Diocèse de Beauvais. II étoit Prêtre, & il fut pendant 26. ans Bibliothécaire de Mr. de Lamoignon, chez lequel il mourut le 21. Janvier 1706. Mr. Augustin Frion, son neveu, a donné un abrégé de fa vie, & a publié son Abrégé des Vies des Saints. Mr. Baillet s’est aquis de la réputation par les Jugemens des Savans , les enfans devenut célébrés par leurs études , les Déguisemens des Auteurs, & les Satyres personnelles. Mr. de la Monnoye a corrigé un grand nombre de fautes dans PEdition des Jugemens des Savans faite à Paris en 1722. en 7. vol. in 4. les Ouvrages de Mr. Baillet ont ensuite été réimprimez à Amsterdam en 8-vol.in 4. & en 17. vol. in 12. JEAN FRANÇOIS BALTUS , savant Jésuite encore vivant. II est né à Metz le 8- Juin r667. II a publié une Réponse à l’HiJìoire des Oracles de Mr. de Fontenelle , dans laquelle il réfuté le Système de Mr. van Dale, in 8- 2. vol. qui ont paru à Strasbourg en 1706. & 1710. II a auffi fait imprimer à Paris en 171t. Deffenfi de SS. Peres accusez de Platonisme , in a. JEAN LOUIS GUEZ Seigneur de BALZAC, de l’Academie Françoise, étoit d’Angoulême où il naquit en 1595. suivant Bayle, & en 1594. suivant un HABETIQUE Mémoire de Chapelain. II passa pour Phomme dc France le plus éloquent, & pour le restaurateur de la Langue Françoise. On sait les différons qu’il eut avec le P. Goulu Général des Feuillans. II mourut le 18. Fevrier 1654. C’est lui qui a fondé le prix de prose de PAcadémie Françoise. Ses Ouvrages qui ont été imprimez à Paris en 1663. en deux vol. in fol. par les foins de Mr. Conrart, contiennent ses Lettres, Ariste, le Socrate Chrétien, ses Entretiens, le Prince, & ses Oeuvres diverses. La préfacé est de l’Abbé de Castagne. JACQUES BASNAGE , fils de Henri Basnage fameux Avocat, naquit à Rouen en 1633. II fut Ministre dans la même Ville en 1676. puis réfugié & Ministre de PEglife Waldnne de Rotterdam jufqu’en 1.710. qu’il fut apellé à la Haye, où il mourut le 22. Septembre 172;. II a enrichi le Public de plusieurs excellons Ouvrages. II a composé VHistoire de l’Eg/i- Jc depuis N. S. Jésus Chrijl, jusques à présent , in fol. 2. vol. 1698. P Histoire du V. & duN. Testament, un Traité de la Conscience. La Communion sainte : trois vol. de Sermons ; une Histoire des Juifs, in 12. 19. vol. les Annales des Provinces-Unies, in fol. 2. vol. & plusieurs autres Ouvrages. SAMUEL BASNAGE , sieur de Flottemanville , naquit à Bayeux en 1638- & y fut Ministre avec son pere, avec lequel il sortit de France, Sc il fut Ministre à Zutphen. II a composé , Annales Ecclestastico- Politici ab Auguste ad Phocam , in fol. 3. vol. 1706. Exercìtatìones Hisiorico-Criticœ de Rébus sacris contra Baronium. HENRI BASNAGE de BEAUVAL, Docteur en Droit & membre des Societez Royales de Londres & de Berlin, naquit à Rouen le 7. Août 1636. C’est celui à qui l’on a obligation de l’HiJìoire des Ouvrages des Savans, qu’il publoit tous les trois mois à Rotterdam , dans laquelle on voit une critique fine Si exacte des Auteurs , & le jugement qu’on doit porter de leurs Ouvrages. 11 a fort augmenté le DiHìon- naire de Furctierc , & c’est fur PEdition qu’il en a donnée, que celle de Trévoux, dont il fe plaint beaucoup, a été faite. On en a donné une nouvelle Edition plus ample que les précédentes, & augmentée par Air. Brutel de la Riviere, Ministre à Amsterdam. PIERRE BAYLE , né le 18. Novembre 1647. a “ Carlat, petite ville du Comté de Foix, étoit fils & frere de Ministre. L’an 1675. aïant obtenu, parla dispute, la Chaire de Philosophie dans PAcadémie de Sedan ; il y composa ses Pensées diverses fur les Comètes , à Poccasion de celle qui parut Pan isigo. & il en donna la continuation en 1704. Après la chûte de cette Académie en 1632. >1 fe retira en Hollande, où on érigea pour lui une Chaire de Professeur en Philosophie à Rotterdam : II y fit imprimer ses Nouvelles de la République des Lettres , qui commencent au mois de Mars 1684. & finissent au mois de Juin IÓ87- AI. Bernard en entreprit ensuite la continuation. II y publia auffi la Critique générale de f Histoire du Calvinisme du P. Maimbourg : les Réponses aux Questions d’un Provincial, & le Dictionnaire Historique U Critique , qui parut pour la premiere sois en 1696. en 2. vol. in folio. L’Auteur en donna une seconde Edition en 1702. augmentée de près de la moitié, en 3. vol. La troisième fut imprimée après fa mort en 1720. en 4. vol. augmentée de plusieurs nouveaux Articles ; enfin on en a donné une quatrième Edition en 1730. en 4. vol. avec la Vie de PAuteur nar Air. Des AÍaizeaux. Cet excellent livre a auffi étéSéimprimé à Geneve en 1713. in fil. 3. vol. avec un supplément qui parut quelques années aprés Mr. Bayle est auffi PAuteur de la Cabale Chimérique, & de Janua Cali refcrata : & du Commentaire Philo . fophique fur ces paroles : Contrain-les d'entrer. On le soupçonna d’avoir mis au jour Y Avis aux Réfugiez; & quoiqu’il Pait toujours constamment nié, il fut privé de fa Charge & de fa pension en 1693. H vécut ensuite retiré, & mourut la plume à la main le 28. Decembre 1706._ Alt. Bayle tut successivement attaqué par D. Alexis Gandin Chartreux de Paris, le Dr. Ring, alors Evêque de Londonderrv & depuis Archevêque de Dublin, Mr. le Clerc , Air. Jaquelot, Air. Bernard, & fur tout par Air. Jurieu. Ces disputes roulent principalement sor les objections des Manichéens, ou fur la distinction qu’ils faisoient des deux Princi- DES AUTEURS, Principes auxquels ils attribuoient le bien &. le mal, fur la liberté d’indisserence, fur la conformité de la Raison & de la Foi, sur les Natures Plastiques de Mr. Cudworth, fur la difficulté qu’à la Raison de dissiper les objections des Pyrrhoniens , fur la question si l’Athéisme est plus ou moins dangereux que l’Idolâ- trie, & fur quelques autres sujets de même nature. On a réimprimé, à la Haye toutes ses Oeuvres diverses en 4. vol in fol. dont le dernier a paru en r 73 r. L’ABBE' DE BELLEGARDE est un de ces Auteurs qui écrit sor toutes fortes de matières, mais dont le succès n’est pas égal ; son stile est assez châtié & très-Franqois, mais quelquefois il ennuie. Nous avons de cet Auteur des Ouvrages de Morale U de Piete', des Réflexions fur le Ridicule, fur la Bienfeance , fur la Politejfe des rntsurs ; Modelés de Conversations ; Réglés de la Vie Civile ; Lettres de Littérature £5? de Morale ; Réflexions fur ï'élégance U la politesse dufile, où il se déclare f Auteur de quelques Ouvrages, qu’il critique lui-même : CaraBéres d’EpiBete, Réflexions fur ce qui peut plaire déplaire dans le commerce du monde ; Art de connaître les hommes : Histoire universelle des Voyages dans l’Ancien U dans le Nouveau Monde , dont il n’a paru qu’un volume. Une Traduction des Odes d’Horace , qui est jointe à celle des Epitres & des Satyres du P. Tarteron. Une Histoire d’Espagne, en 9. vol. in 12. On lui attribue le ’Theophráfe Moderne. II est mort vers Pan 171g. PIERRE BELON, Docteur en Medecine de la Faculté de Paris , étoit du Maine. II voïagea assez long-tems, & fit un volume de ce qu’il a volt vu dans îa Judée, la Gréce, l’Egypte, l’Arabie, &c. _I 1 composa aussi des Traitez de la nature des poissons fs des oiseaux. II fit des Commentaires fur Diofcoride qu’il avoit traduit en Franqois. 11 vivoit fous Charles IX. & fut dans Pamitié du Cardinal de Tournon. II fut assassiné en 1564. n’étant âgé que d’environ 47. ou 48. ans. ISAAC DE BENSERADE, de PAcadémie Françoise , ètoit né à Lions à fix lieues de Rouen. II ex- celloit en Part de railler finement, fur tout dans les vers de Ballet qu’il a faits pour toute la Cour avant que l’Opera fût en régné. Outre quelques vieilles Tragédies, & plusieurs autres pieces de vers, il composa les Métamorphosés d’Ovide en Rondeaux , qui n’eurent pas un grand succès. II mourut le 21. Octobre 1691. âgé de 78. ans. CLAUDE BOIER, d’Alby, de PAcadémie Françoise, nous a laissé quelque recueil de Poésie qui montre que cet Auteur avoit du goût & du talent pour ce genre d’écrire. II est mort en 1698. GILLES BOILEAU , de PAcadémie Françoise. Voïez l’Article de Mr. DESPREAUX. BOIS-ROBERT, de PAcadémie Françoise, étoit né à Caen, & se poussa dans le monde fous,la faveur du Cardinal de Richelieu. II a laissé diverses Poésies, des Lettres, &c. & est mort en 1662. étant pour lors Conseiller d’Etat, <& Abbé de Châtillon sur Seine. JEAN BOISAD , fut reçu Conseiller à la Cour des Monoïes à Paris en 1656. II a fait un Traite' des Momies , de leurs circonflances U dépendances, in 12. publié en 1692. & réimprimé en 1696. «& 1710. JEAN BOIVIN) de PAcadémie Françoise, où il fut reçu en 1721. étoit depuis long-tems de PAcadémie des Inscriptions, <& Professeur Royal en Langue Greque. II a été pendant 50. ans Pun des Gardes de la Bibliothèque du Roi. II mourut le 29. Octobre 1726. âgé d’environ 70. ans. RENE' LE BOSSU, Chanoine Régulier de Sainte Geneviève, étoit né à Paris le 16. Mars 1631. 8c mourut le 14. Mars lógo. Son Traité du Poème Epique est fort estimé. II parut à Paris in 12. en 1675. & a été réimprimé à la Haye en 1714. JEAN BOUHIER DE S A VIGNY, ci-devant Président à Mortier au Parlement de Dijon, est né dans la même Ville le 17. Mars 1673. II a été reçu à PAcadémie Françoise en 1727. II a cultivé avec grand soin les Belles Lettres, «& s’est aquis une grande réputation parmi les Savans. DOMINIQUE BOUHOURS, Jésuite, étoit habile dans la Langue Françoise. Son premier Ouvrage fut la Relation de la mort du Duc de LongueviL le, qui avoit été son éleve. II composa ensuite le$ Entretiens d’Arifle N d’Eugene , qui ont été si justement & si finement critiquez par un Académicien. Ses autres Ouvrages font les Remarques les Doutes fur la Langue Françoise : la Maniéré de bien penser dans les Ouvrages d’EJfrrit : les Pensées ingénieuses des Auteurs Profanes gc? des Saints Pérès : un Recueil des pièces volantes des meilleurs Poètes de ce tems : l’Histoire du Grand Maître d’AubuJfon : la Vie de S. Ignace : la Vie de S. François Xavier : la Vie de Madame de Bellefond. Enfin il voulut fur ses vieux jours sanctifier sa plume d’une maniéré plus particulière par une Traduction du N- Testament, qui n’a pas eu un grand succès, & fur laquelle Mr. Simon a fait une Critique très-judicieuse. 11 mourut à Paris dans le Col- lege des Jésuites le 27. Mai 1702. âgé de 73. ans. JACQUES BENIGNE BOSSUET, Evêque de Meaux, de PAcadémie Françoise, naquit à Dijon le 27. Septembre 1627. A peine fut-il Docteur qu’il se retira a Mets auprès de ion Oncle, où il fut d’abord Chanoine, ensuite Archidiacre & Doyen. Là il Rappliqua tout entier à la méditation de l’Ecriture Sainte «& des Peres. Son éloquence lui attira Pestime de la Reine Mere, & lui mérita l’Evéché de Condom : & le Roi le fit Précepteur de Monseigneur le Dauphin en 1670. Ce fut sur la fin des études de son Auguste Eleve qu’il lui adressa son Discours fur l’Histoire Universelle. II fut honoré de la charge de premier Aumônier de Madame la Dauphine en 1680. nommé à l’Evêché de Meaux en 1681. Conseiller d’Etat en 1697. II avoit un talent merveilleux joint à une profonde érudition pour la Controverse. Aussi s’appliqua-t-il le reste de fa vie à la réunion des Pro- testans. Dans cette vûë il composa l 'Exposition de la, DoBrine de l’Eglise Catholique sur les matières de Controverse , Ouvrage traduit en Latin & en Italien, & qui mérita l’approbation d’Innocent XI. II composa de plus un Traité de la Communion sous les deux espèces : Traité fur la matière de VEglise : Lettre Pastorale aux Nouveaux Convertis : Histoire des Variations des Eglises Protes antes £3? fa Défense : (à laquelle Mr. Jacques Basnage a opposé YHifoire de la Religion des Eglises Reformées. ) Explication de ! Apocalypse : un Catéchisme : une Lettre sur /’ Adoration de la Croix : & les Oraisons Funèbres de la Reine Mere, de la Reine d’Angleterre, de Madame , de la Reine, de la Princesse Palatine, du Chancelier le Tellier & du Prince de Condé Louis de Bourbon. Le Livre de l’ex- plication des Maximes des Saints par Mr. PArchevê- que de Cambray, lui donna une nouvelle matière d’exercer son zélé. II composa sur ce sujet divers Ouvrages , qui ne furent pas fans réplique, auxquels il répondit, & il eut la gloire de voir son Adversaire condanné à Rome, & la consolation de le voir soumis aux décisions du S. Siège. Mr. de Meaux mourut à Paris le 12. d’Avril 1704. âgé de près de 77. ans, II a laissé un Ouvrage Latin qu’on regarde comme son chef-d’Oeuvre : c’est une Défense de la célèbre Déclaration du Clergé de France de 1682. sur la Puissance Ecclésiastique, composée de Pordre exprès de Louis XIV. & imprimée à Geneve in 4. en 1730. quoiqu’on ait mis fur le Titre à Luxembourg. Defenpo Declarationis Celeberrima quam de potestaté Ecclèfîaflìca sanxìt Clerrn Gallicanw 19. Martii 1682. &c. C’est à Mr. Bossuet Evêque de Troyes 8c neveu de Mr. de Meaux qu’on doit la publication de cet important Ouvrage, malgré les inutiles efforts qu’on a faits pour le supprimer. LOUIS BOURDALOUE , Jésuite , s’étoit acquis la réputation de premier Prédicateur du Roïau- me. C’est la justice que toute la Cour lui a rendue dans cinq Avens <& autant de Carêmes qu’il a prêché. II étoit né à Bourges le 20. Août 1632. & mourut le 13. Mai 1704. Le Pere Bretonneau Jésuite , en publiant ses Sermons en six volumes, a consolé le Public de la perte d’un si grand homme. EDME BOUR.SAULT naquit à Mucy-PEvêque, Diocèse de Langres , au mois d’Octobre 1638. 8c mourut à Paris Je 13. Septembre 17or. 11 ne devoir qu’à son naturel la réputation qu’il s’est acquise, puisqu’il n’avoit jamais étudié ; cela n’a pas empêché que quelques-uns de ses Ouvrages n’aïent eu un grand succès, & particulièrement ses deux Esope. II a donné lui-même un Recueil de ses Ouvrages, à la tête duquel on, mit d’abord une Lettre pour justifier la Gomedie, mais cette Lettre fit tant de bruit, a 2 qu’elle LISTE ALPHABETIQUE qu’elle fut censurée par Mr. de Harlay Archevêque de P ris , & l’Auteur obligé de se rétracter. Nous avons ses Lettres en 9. volumes. Le P. Boursault, Théatin, & Prédicateur de réputation , est son fils. âgé 79. ans. Cet Abbc fut d’abord premier Aumônier de Gaston Duc cl’Orleans , & Abbé Commandataire de cette Abbaye; mais après avoir quitté la Cour & ses autres bénéfices , pour se donner uniquement à Dieu , il obtint du Roi le pouvoir de tenir cette Abbaye en réglé , il y mit la réforme , il l’embrassa lui-même le premier, & a été jusqu’â sa mort un exemple de vertu & de penitence. II a sanctifié sa retraite par un grand nombre d’ouvrages de pieté. Le premier qu’il composa fut des devoirs de la Vie Monastique. Dans la fuite il donna un Commentaire fur la Régie de St Benoit, les Institutions de S. Dorothée. Des relations de la mort de plusieurs de ses Religieux, des devoirs du Chrétien, &c. Mr. Marsollier a composé sa vie en deux volumes. PIERRE DE BOURDEILLE , Seigneur de BRANTOME , étoit de l’ancienne & noble maison de Bourdeille en Perigord, & il mourut environ le commencement du dix-scptiéme siécle, étant âgé d’envi- ron 76. ans autant qu’on peut le conjecturer de ses écrits. II tenoit en commande l’Abbaye de Brantôme en Périgord, & il est connu & cité ordinairement sous le simple nom de Brantôme. Ses Ouvrages ont été imprimez plusieurs fois; la derniere Edition en io. petits volumes in-12. a été faite à Trévoux en 1722. quoique fous le nom de Leyde. Brantôme a composé se s Mémoires dans les dernières années de fa vie il a ramassé tout ce qu’il avoir ou vû ou entendu dire, & son stile au ne certaine naïveté qui le fait lire avec plaisir , mais il est souvent trop libre dans ses expressions. GUILLAUME DE BREBEUF . Gentilhomme Normand, & Poète François , mourut en i6Sr. âge de 45. ans. Sa Pbarsale, qui contient de très-beaux endroits , lui a fait honneur. Elle fut imprimée pour la premiere fois à Rouen én 1655. PIERRE LE BRUN , Prêtre de l’Oratoire, natif de Brignolle en Provence, est mort depuis peu de tems. II est connu par son Histoire Critique des Pratiques superstitieuses , dont on prépare une nouvelle Edition fort augmentée JEAN DE LA BRUYERE , de l’Académie Françoise , étoit Gentilhomme de Mr. le Prince. II naquit à Paris en 1645. & mourut subitement le 10. Mai 1696. âgé de 57. ans. II est Auteur des CaraHeres de Theophraste jçf des mœurs de cestécle. Ouvrage singulier en son genre , au-dessus de l’Original que i’Au- teur s’étoit proposé. On trouve dans ces Caractères une scvére Critique , des expressions vives , des tours ingénieux , & des portraits quelquefois chargez exprès, f our ne les pas faire trop ressemblans. La première ditionest de 1697. in-12. &ils’en est fait ensuite un grand nombre d’autres. ROGER DE RABUTIN, COMTE DE BUS- SI , naquit au mois d’Avril 1622. II fut Colonel d’un Régiment, ensuite Lieutenant de Roi dans le Ni- vernois, Maréchal de Camp , Mestre de Camp Général de la Cavalerie Légere de France, & enfin Lieutenant Général. II étoit de l’Académie Françoise. Outre quatre volumes de Lettres , deux des Mémoires de fa Vie ; un Discours à ses enfans fur le bon usage des adversitez, & une Histoire du Roi Louis XIV. dont il est l’Auteur ; on lui attribue l’Histoire amoureuse des Gaules : Satire ingénieuse , mais maligne, & qui fut la cause de ses malheurs, de fa disgrâce & de sa prison dans la Bastille. II mourut en 1695. FRANÇOIS DE CAILLERES , Secretaire du Cabinet de Sa Majesté. On croit qu’il naquit en Normandie où son pere faisoit fa résidence. II fut reçu à l’Académie Françoise le 7. Fevrier 1687. à la place de Mr. QuinaulL II avoir été auparavant employé en diverses Négociations en Savoye , en Bavière & en Pologne. 11 fut depuis Ambassadeur & Plénipotentiaire au Congrez de Riswyck en 1697. & il mourut le 7. Fevrier 1717. II publia en 1688- le Panégyrique Historique de Louis XIV . 11 a fait divers autres Ouvrages, entr’autres la Maniéré de Négocier avec les Souverains. Son Pere J. de Cailleres avoit donné une Vie du P. Ange de Joyeuse sous ce titre , Le Courtisan prédestine ou le Duc de Joyeuse Capucin , in-8- Paris 1661. ìl est aussi Auteur d’une Hstoire de Jacques de Matignon , Maréchal de France, mort en 1997. Mr- de Cailleres a travaillé au Diciionnaire des Arts , & il est Auteur des Mots à la mode. DE CAILLY , connu sous le nom de Chevalier d’Aceilly, qui estl’anagramme de son nom de Cailly , étoit un Gentilhomme Orléannois. II a fait plusieurs petites pièces de vers fort estimées , qui furent imprimées in-12. en 1667. II y a eu plusieurs Poètes dans fa famille. JEAN DE CAMBOLAS ,, Conseiller au Parlement de Toulouse sa patrie, où sa famille ocupe un rang distingué. Nous avons de lui, Désistons notables de diverses questions de Droit jugées par plusteurs Arrêts du Parlement de Toulouse, recueillies par J. de Cambolat , & mises au jour par son fils in-folio Toulouse 1659. JEAN PIERRE CAMUS,Parisien, Evêque de Bel- ley en 1609. sc démit de son Evêché en 1629.& mourut en 1692. âgé de 70. ans. C’étoit un génie des plus féconds , & il a laissé un très-grand nombre d'Ouvra- ges. Mr. Bayle le cite souvent, & l’apelle mal à propos le Camus ; car les Camus , & les le Camus font deux Maisons de Paris fort différentes. JEAN GALBERT DE CAMPISTRON, Poète François , étoit né à Toulouse. 11 alla à Paris où il fit connoissance avec Mr. Racine qui lui procura celle de Mr. le Duc de Vendôme , dont il gagna bientôt l’amitié. II fut Secretaire de ce Prince , Secretaire Général des Galères & du Gouvernement de Provence , & Chevalier de S. Michel. 11 fut reçu à l’Académie Françoise en 1701. II suivit Mr. de Vendôme dans toutes ses Campagnes, mais il se retira à Toulouse avec des biens considérables & s’y maria, lorsque ce Prince partit pour l’Espagne où il mourut. Mr. de Cam- pistron s’est fait estimer par ses pièces de Théâtre dont on a fait plusieurs Editions. II est mort à Toulouse en 1729. DU GANGE. Charles DU FRESNE , Sieur du Cange , a été un des plus savans hommes de son siécle. II naquit à Amiens le ig. de Decembre 1610. fut reçu Avocat au Parlement à Paris en 1651. sc maria en i6;8- fut Trésorier de France à Amiens en 164;. & mourut à Paris le 29. d’Octobre 1688- On imprima à Paris en 1678- son Glojjarium ad Scriptores me. dia U infini a Latinisai u, 9. vol. in-fol. On travaille depuis plusieurs années à une Edition plus correcte & plus ample de cet excellent Ouvrage. PIERRE DE CASENEUVE, Prêtre, né à Tou- louse le dernier jour d’Octobre 1591. & mort le même jour de Pan 1692. Ses Origines, ou Etymologies Francises , ont été imprimées à la fuite du DiHionnaìre Etymologique de Ménage en 1694. II a fait plusieurs autres Ouvrages , entr’autres un volume in-fol. du Franc Aleu. PIERRE DE CASSAGNES, Prêtre , né à Nîmes & mort en Mai 1679. fut reçû à l’Académie Françoise en 1661. 11 est Auteur d’un Traité de Morale fur la Valeur, en 2. vol. in-12. FRANÇOIS CASSANDRE, Parisien, publia en 1694. sc traduction de la Rhétorique d’Aristote in-4. 11 en donna vingt-ans âpres une Edition plus achevée. II mourut fort pauvre en 1699. JEAN DOMINIQUE CASSINI , nâquit au Comté de Nice le 8- Juin 1629. II fut Professeur en Astronomie à Boulogne en 1692. fut attiré en France en 1669- où il est mort le 14. Septembre 1712. II étoit de l’Académie des Sciences & avoit aquis une grande réputation. Sa place fut donnée à son fils unique. GUILLAUME CATEL, Conseiller au Parlement de Toulouse fa patrie, mourut le 9. Octobre 1626. 11 donna en 1629. une Hstoire des Comtes de Toulouse , in-fol. & après fa mort on publia en 1699. se s Mémoires pour l’Histoire de Languedoc , in-fol. JEAN DE CATELAN, Conseiller au Parlement de Toulouse fa patrie , depuis 1644. jusqu’en 170a qu’il mourut âgé 82. ans , avoit compose un Recueil des Arrêts remarquables du Parlement de Toulouse, que son DES AUTEURS. son Neveu François de Catelan , Président de la premiers Chambre des Enquêtes, si t imprimer à Toulouse en 170;. en 2. vol. in-4. JEAN ANTOINE DU CERCEAU , Jésuite, né à Paris le 12. Novembre 1670. son Recueil de Po'ê- stes diverses , imprimé pour la troisième fois en 1726. lui a fait beaucoup d’honneur. II publia à Paris en 1705. un volume 222-12. de ses Poésies Latines. II a travaillé aux mémoires de Trévoux. II mourut subitement au commencement de Juillet 1750. en voyageant avec 1 e Prince de Conti, dont il étoit précepteur. MARIN CUREAU DE LA CHAMBRE, de l’académie Françoise depuis l’an 1 63 ç. étoit Médecin & natif du Mans. II fut Médecin ordinaire du Roi , & du Chancelier Seguier qui avoit pour lui une estime particulière, aussi bien que le Cardinal de Richelieu. II fut auíîi de ['Académie des Sciences, & mourut le 29. Novembre 1669. après avoir donné au public les Ouvrages fuivans. Nouvelles pensées fur les causes de la lumière, du débordement du Nil, N de íamour d’inclination. Paris , in-4. 16)4. 2. Nouvelles canjeijures stir la digestion. Paris, in-4. 1636. 5. Les CbaraHeres des pajjions. Paris, in-4. Tom. I. 1640. Tom. II. 164;. Tom. III. & IV. 1639. Tom, V. 16Ó2. 4. Traité de la connostance des Animaux. Paris, in-4. 1648. 3. Nouvelles observations U conjeHures fur RI- ris. Paris, in-4. i6ço. 6. Observations de Pbilalethe fur un livre intitulé Qptatus Gailus , imprimées à la fin des Oeuvres postumes de Guy Coquille. 1650. Ce fut par ordre du Cardinal de Richelieu ,, qu’il répondit à cet Ouvrage. 7. Discours fur les principes de la Cbiromance. Paris, 222-8. 16?;. 8- Nova mechodi pro explanandis Hippocrate U Arstote’e Specimen. Paris , in-4. róçy. Et à la fin de ce volume on trouve le premier Livre de la Physique d’Aristote , traduit en François. 9. Traité de la Lumière , Paris, in-4. i 6 s 7 ■ ro. L’art de connaître les hommes , où Jbnt contenus les discours préliminaires qui servent à cette science. Paris, ìn-4. 1699. n- Le Système de s Ame : seconde partie de l’Art de connaître les hommes. Paris , 2>2-4. 1664. 12. Recueil des Epîtres , Lettres , U Préfaces de Mr. de la Chambre. Paris, 222-12. 1664. 15. Discours fur les causes du débordetnent du Nil avec un Discours de la nature divine , selon la Philosophie Platonique , Paris, 222-4. 1665. 14. uArt de connaître les hommes ; troisième partie, qui contient la défense de f extension U des parties libres de l’Atne. Paris , 222-4. 1666. 15. Discours (fait à l’Académie en 16; ;.) où il est prouvé que les François font les plus capables de tous les peuples , de la perfefíion de REloquence. Paris , in-4. 1686. PIERRE DE LA CHAMBRE , fils du précédent, Curé de S. Batbelemí à Paris , fut reçu à PAcadé- mie Françoise en 1670. 11 étoit né à Paris vers Pan 1630. &’ mourut au mois d’Avril 169;. II vouloit donner un recueil de tous les Ouvrages de son Pere en 2. vol. info!, mais la mort Peu empêcha. II avoit voyagé dans fa jeunesse. II a fait la vie du Cardinal Eernin, le panégyrique de Sainte Rose , & quelques autres Ouvrages. JEAN CHAPELAIN, de l’Académie Françoise, étoit né à Paris en Mars 159?. & mourut le 12. de Février 1674. âgé de 79. ans. II a composé des Odes qu’on estime, & quelques autres pièces en vers; & entr’autres le Poème de la Pucelle cROrleans , qui fut annoncé avec de grands éloges, & qui échoua dans le tems même qu’il vit le jour. On a imprimé à Paris en 172S. des Mélanges de Littérature tirés des lettres manuscrites de Mr. Chapelain, 222-12. CHARAS. Cet Auteur a fait une Pharmacopée qui est estimée. 11 a fait encore un Traité de (a Vipère , & d’autres Ouvrages de ce genre, qui ont été traduits en Latin & imprimés à Genève. EMMANUEL LOUILLIER, surnommé CHAP- PELLE , étoit fils naturel de François Louillier, Maître des Comptes. II vint au Village de la Chapelle près Paris, & c’est de là qu’il eut le nom de Chapelle. Le Voyage de Bachaumont Chapelle , imprimé pour la première fois environ l’an 1664. est presque tout de lui. Chapelle avoit étudié la Philosophie sous Gassendi, & mourut au mois de Septembre 1686. JEAN DE LA CHAPELLE, reçu à l’Académie Françoise en ió88- étoit connu auparavant par divers Ouvrages de Prose & de Poésie, fur tout par fa traduction en Prose de Catulle, imprimée pour la première fois en 1680. en 1. vol. in-12. & ensuite en 3. vol. II étoit Abbé & mourut en 172;. HENRI DE BESSE', DE LA CHAPELLE - MI- LON , estl’Auteur des Campagnes de Rocroi sst de Fri. bourg en 1645. & 1644. in-12. 1673. Mr. de Lou- vois étant Surintendant des Bâtimens en 1683. Mr. de la Chapelle en fut fait Controlleur. II fut membre & Secretaire de l’Académie des Inscriptions, & il mourut vers la fin de 1693. JEAN CHARDIN, naquit le 16. Novembre 1643. à Paris, où son Pere étoit Jouaillier. 11 voyagea de bonne heure , & au retour de son premier Voyage de Perse, il fit imprimer à Paris le Couronnement de So- léiman III. Roi de Perse, en lan 1666. ce qui r ’est passé de plus mémorable dans les deux prémieres années de son régné, in-12. 1671. II publia à Londres quinze ans après, Journal du Voyage du Chevalier Jean Chardin en Perse , U aux Indes Orientales par la Mer noire U par la Colchide. Premiere partie, contenant le Voyage de Perse en 1671. 1672. & 1673. in fol. 1686. Le 24. Avril 1681. le Roi Charles II. lui conféra la dignité de Chevalier. II mourut à Londres le 5. Janvier 1713. FRANÇOIS CHARPENTIER, de l’Académie Françoise dont il étoit Doyen naquit à Paris le 13. Février ifeo. C’étoit un homme d’un mérite distingué, qui ne s’est pas seulement appliqué à étudier la Langue Françoise , .dpnt il nous a fait voir l’excellence dans un de ses Ouvrages , mais qui favoit à fond la Langue Grecque dont.il nous a donné des Traductions. II mourut en 2702. âgé de plus 8°- ans Voici la Liste des Ouvrages de cet Académicien. 1. La Vie de Su- crate , Paris , 222-8. i6;o 2. Les choses mémorables de Socrate : Ouvrage de Xenophon , traduit en François , Paris 222-8. 16;o. 3. Cyropédie ou l’Histoire de Cyrus , avec l’éloge d’Agesilaus, traduit du Grec de Xenophon. Paris 222-/0/. 1659. 4. Louis, EglogueRoyale. Paris, 222-4. 1663. Cette pièce est d’environ 300. vers. ;. Discours d’un fidèle sujet du Roi , touchant Rétablissement d’une Compagnie Françoise pour le commerce des Indes Orientales Paris , 222-4. 1664. 6. Relation de rétablissement de la Compagnie Françoise pour le Commerce des Indes Orientales , Paris , in 4. 166;. 7. Ode au Roi, ( d’environ 400. vers ) Paris, 222 4. 1667. 8- Ee Voïage du vallon tranquille , Nouvelle Historique , Paris, in 12. 1673. 9. Désensedela Langue Françoise pour f inscription de l’arc de triomphe, Paris, in 12. 1676. 10. Verston ( en vers ) Au Psaume XIX. Çs du Pseaume L. Paris, 222 4. 1678. n. Panégyrique du Roi sur la Paix , prononcé dans l’Académie. Paris, in 4. 1679. 12 .De Vexcellence de la langue Françoise. Paris , 222 12. 2. vol. i683- 13 - Discours de Rexcellences dé l'utilité des Exercices Académiques. Paris , 222 4. 169;. 14. Carpen- tariana, ou Remarques d’Histoire, de Morale , de Critique , d’Erudition, & de bons mots, attribuées à Mr. Charpentier. Paris, 22212. 1724. . TIMÒLEON CHEMINAIS , Jésuite , naquit à Chateaudun en 1630. II avoit toute les qualitez qui fervent à former un vrai Prédicateur , fans en pouvoir faire tout l’ufage , à cause de ses fréquentes indispositions. A peine eut-il commencé à paroitre dans Paris qu’on voulut l’entendre à la Cour,mais ses infirmité? qui redoublèrent , l’empêcherent d’y prêcher l’Avent pour lequel il fut nommé. II mourut le iç. Septembre de l’année 1689. âgé de 39. ans. Nous avons de lui trois tomes de Sermons, qui renferment tout ce que l’Eloquence a de plus mâle , & tout ce que la Dévotion a de plus tendre. II a encore donné un petit Livre dont le titre est , Sentimens de Pieté. CïTRY DE LA GUETTE , a donné une Traduction Françoise de l’Hstoire de la Conquête du Mexique in 4. 1691. & en 2. vol. in 12. 1724. surl’Espag- nol de Dom Antonio de Solis , imprimé à Madrid en en 1684. in fol. Le même Citry a traduit du Portugais l 'Histoire de Ja Floride par les Estagnols. in 12. 1685. II a aussi donné d’autres Ouvrages. : JEAN LE CLERC , fils & frère de Conseiller d’Rtat à Geneve , Ministre & Professeur en Philosophie & aux Langues Orientales parmi les Remontrons à Amsterdam , nâquit à Geneve le 29. Mars i 6;7. C’est à cet Auteur que le Public est redevable d’uii grand nombre de íavans Ouvrages de Critiqué. En 1689. il commença à publier la Bibliothèque Universelle dont il a donne !»;. vol. d’îndicès ; & après savoir á ; inter- LISTE ALPHABETIQUE interrompue pour vaquer à d’autres Ouvrages, il Ta «ontinuée fous le nom de Bibliothèque Choisie , dont il y a 28- vol. & ensuite sous le titre de Bibliothèque Ancienne U Moderne , qu’il a discontinué après en avoir donné 28. vol. On a encore de lui, les Sentiment de quelquet Théologiens d’Hollande fur f Histoire Critique du Vieux Tejtament du P. Simon:, le Traité de f Incrédulité : une Traduction Françoise du Nouveau Testament avec des Notes : Parrhasiana : & une Histoire du Cardinal de Richelieu, in-12. 2. vol. fort estimée. II a aussi donné en Latin, Ars Critica, 8- vol. Opéra Philosophica, 12. 4. vol. On a fait plusieurs Editions de l’un & de l’autre. Compendium Historia Universalis: Commentaria in Pentateuchum Libros Historicos V. Testaments , fol. 2. vol. Novum Testamentum cun Notis Hammond ex Anglìco in Lati- num versis , fol. Harmonia Evangelica , fol. Historia Ecclefiastica duorum primorum à Christo nato feculorum, in-4. II a achevé en 1729. son Histoire des Provinces- Vnies, en 2. vol. in fol. & en 1751. on a publié en S. vol. in fol. fcs Commentaria in Jobum, in Pfalmos U Prophetas ; ses infirmités ne lui ont pas permis d’a- chever cet Ouvrage & d’y mettre la dernière main, ce qui est une grande perte pour les Savans. Mr. le Clerc a auífi procuré diverses Editions d’Auteurs, comme entr’autres des Oeuvres de St. Augustin , du Cote- lerii Pâtres Apostolici, de Tite - Live , de Lucien, de Cornélius Severus , de Pedo Albinovanus, & des Fragment de Menandre est de Philemon , sur lesquels il a donné des Notes qui font fort estimées. On doit regarder Mr. le Clerc comme un des plus savans hommes de son Siécle & le meilleur Critique qu’il y ait eu depuis long-tems ; ajoutons que fa probité & fa droiture ne le rendent pas moins estimable que sa profonde érudition & l’étenduë de son genie. SEBASTIEN LE CLERC, Chevalier Romain, Graveur & Dessinateur ordinaire du Cabinet du Roi, Sc Professeur en Géométrie & Perspective à l’Académie Royale de Peinture & de Sculpture, naquit à Metz le 26. Septembre 1637. & mourut le 25. Octobre 1714. II a composé divers Ouvrages de Physique, de Mathématique & d’Architecture. Sa Géométrie Pratique fut imprimée à Paris in-12. en 1668- & réimprimée en 1682. son Discours touchant le point de vue parut en 1679. in-12. & son Système de la Vision fut imprimé in-8- en 1712. CHARLES LE COINTE, savant Prêtre del’O- ratoire, étoit de Troves en Champagne, & mourut le 18. Janvier 1681. âgé de soixante-dix ans. II a donné en 8- vol. in fol. les Annales Ecelesiastici Fran- corum , qui se terminent à l’année 845* le prémier volume parut en 166;. & le dernier en 1683. après la mort de l’Auteur. GUILLAUME COLLETET , de l’Académie Françoise, Avocat au Conseil, naquit à Paris le 12. Mars 1396. Mr. Polisson dans l’Histoire de l’Académie , parle de ses Ouvrages de prose & de vers , comme des Avantures d’Ismene 6? d’IJmenie , de la Traduction du Poème de Sannazar, des Couches de la Sainte Vierge. II avoit commencé l’Histoire des Poètes François, mais la mort le surprit avant que de l’avoir achevée. II épousa en secondes noces cette Claudine si célébré dans ses Poésies, & qui avoit été fa servante. II mourut le 19. Fevrier l’an 1659. FRANÇOIS COLLETET, fils du précédent, a été Poète comme son pere. II a composé des Noëls contre lesquels Richelet a lâché un trait satirique au mot No'èls. On a des vers de Fr. Colletet de 164;. II paroît qu’il vivoit & rimoit encore quarante ans après. CHARLES COTIN, de Paris, Abbé & reçu à l’Académie Françoise le 3. Mai 1655. a donné un Re- euëil de Lettres & de Poésies, qui ne fait pas beaucoup d’honneur à l’Auteur, & qui semble justifier Mr. Desprcaux , d’avoir exercé sa satire sur cet Ouvrage. C’est lui que raille Molière dans fa Comédie des Femmes savantes, sous le nom de Trissotin. II mourut en Janvier 1682. , Voici la Liste des Ouvrages de l’Abbé Cotin. 1. Thèaclée , ou la vraie Philosophie des principes du monde. Paris , in 4. 1646. 2. Recu'éil de Rondeaux. Paris, in 12. 1650. 3. Traité de Rame immortelle. Paris, in 4. 1633. 4. Poésies Chrétiennes. Paris, in 8- 1657. 3. Oraison funèbre pour MeJJlre Abel Servien , &c. Paris, 4. 1659. 6. Oeuvres mêlées, contenant Enigmes , Odes, &c. Paris, in 12. 1659. 7. La Pastorale Sacrée, ou Paraphrase du Cantique des Cantiques, &c. Paris, in 12. 1662. 8- Réflexions fur la conduite du Roi, quand il prit le foin des affaires par luì-mème, Paris, in 4. 1663. 33. pages en tout. 9. Oeuvres Galantes en prose U en vers. Paris, in 12. Tom. I. 1663. Tom. II. 1663. 10. Odes Royales fur les mariages des Princesses de Nemours. Paris, in g. 1663. n. La Menagerie, in 12. 1666. 12. La Critique defînterestée fur les satires du tems. in 8. 1666. 13. Salomon , ou la Politique Royale. Ce sont trois Discours en prose, d’environ 60. pages chacun , imprimés séparément, & sans date. 14. Poésies diverses, dans les Recuëils de son tems , & qui ne sont comprises ni dans ses Poésies Chrétiennes , ni dans ses Oeuvres Galantes. MARC VULSONDE LA COLOMBIERE de Grenoble, Gentilhomme de la Chambre du Roi, mourut en i6;8- C’est lui qui est Auteur de la Science Héroïque in folio, imprimée pour la seconde fois à Paris en 1644. Ouvrage qui a mérité avec justice l’approbation du Public, & dont tous ceux qui ont fient après lui fur cette matière ont tiré beaucoup de choses. Son pere étoit Conseiller à la Chambre de l’Edit de Grenoble, & se nommoit aussi Marc. PAUL COLOMIEZ, né à la Rochelle & Protestant , mourut à Londres le 13. Janvier 1692. 11 s’est açjuis de la réputation parmi les gens de Lettres. On réimprima à Hambourg en 1708. en un vol in 4. presque tous les petits Ouvrages qu’il avoit publiés depuis l’année 1663. & Tony trouve une infinité de choses curieuses. DOMINIQUE DE COLONIA , savant Jésuite de Lyon , nâquit à Aix le 23. Août 1660. Outre plusieurs Panégyriques & Oraisons funèbres , il a donné divers ouvrages estimés. En 1693. il donna un volume in 12. de Tragédies fst Oeuvres mêlées en vers François. En 1700. Orationes Latin a , Prafationes, &c. in 12. En 1701. Antiquités de la Ville de Lyon, in 12. réimprimée ensuite in 4. En 1703. une Dissertation sur un Monument Taurobolique découvert à Lyon. En 1717. De Arte Rhetoricà Libri quinquele- IlissimU Veterum AuHorum .... perpetuisque exem- plis illustrati, ini2. On a fait un grand nombre d’E- ditions de cette Rhétorique. La Religion Chrétienne , autorisée par le témoignage des Anciens Auteurs Payens, in 12. 2. vol. parût en 1718. Le P. de Colonia travaille encore à un Ouvrage considérable, dont on a imprimé le prémier volume en 1728- C’est une histoire Littéraire íse la Ville de Lyon avec une Bibliothèque des Auteurs Lyonnais sacrés : U profanes, in 4. L’Auteur de la Bibliothèque du Richelet, imprimée à Lyon, dit qu’on attribué à cet habile Jésuite , la Bibliothèque Janséniste, ou Catalogue Alphabétique des principaux Livres Jansénistes , ou JusteHs de Jansénisme , qui ont paru depuis la naissance de cette Heresie. On y marque auffi les Livres propres à précautionner les Fidèles contre les erreurs du tems. A la fin, il y a une liste des Auteurs Quietistes , in-12. 1722. sans nom d’Auteur ni d’Imprimeur. CLAUDE COMIERS , savant Mathématicien, étoit natif d’Ambrun, Prêtre , Protonotaire Apostolique , Docteur en Théologie, Controversiíle , Professeur en Mathématique à Paris , Médecin , &c. II a- voit été Chanoine de la Cathédrale d’Ambrun, en 1633. il avoit eu la Prévôté du Chapitre de Tentant en Dauphine. Enfin devenu aveugle avant Tannée 1690. toute fa fortune aboutit dans fa vieillesse, a a- voir une place aux Quime-Vingts. II mourut dans cet Hôpital après Tan 1694. & avant 1700. II avoit publié en 1664. La nature §5? présagé des Comètes... enrichi des Prophéties des derniers siécles , &c. in-8. Lyon. Ce Livre est curieux & divertissant. En 1677. la Duplication du Cube, la Triseflion de l’Angle U l’Inscription de V Heptagone régulier dans le Cercle. Paris, in-4. H donna à Paris en 1694. la Pratique curieuse des Oracles des Sibilles, in-12. On trouve un grand nombre de petits Ouvrages de Corniers dans les Mercures de Paris. O11 voit dans celui du mois de Mars 1693. page 3. jusqu’à la page 33. le Calendrier perpétuel Çst invariable, tant pour l’année Civile que pour l’année Ecclésiastique. A la page 73. du même Mercure, est la Baguette justifiée , en faveur d’Aimai Vernay. On trouve dans cette Dissertation beaucoup áe DES AUTEURS de paricularités touchant la vie & les Ouvrages de l’Auteur. 11 fait mention à la page 7;. de son Homme artificiel Anémocoste Prophète physique dit changement du tems , qui est dans le Mercure de Mars 1683- 11 promet à la page 79. la fuite de fa Médecine Universelle , ou P Art de se conserver en santé', & de se guérir des plus fâcheuses maladies , imprimé à Amsterdam in- '12. 1688- 11 indique à la page 106. son InstruHion pour réunir les Eglises prétendues Réformées à l’Eglifi Romaine, Paris, in-12. 1678. Corniers avoit travaillé aux Journaux de Paris , pour ce qui concernoit les Mathématiques. II est souvent cité dans le Dictionnaire de Richelet. PHILIPPE DE COMINES , Gentilhomme Flamand, après avoir servi depuis 1464. le Duc de Bourgogne, Comte de Flandres son Seigneur, passa au service de Lotiis XI. Roi de France, en 1472. & mourut en 1509. le 17. Octobre, âgé d’environ 64. ans. Ses Mémoires quoique anciens ont encore les grâces de la nouveauté; on nefe lasse point d’y admirer les évene- rnens qu’il raporte , & les sages maximes qu’il donne pour bien gouverner un Etat. On en a fait un grand nombre d’Editions. La plus ample qui en ait paru est celle de Bruxelles en $. vol. in-8- 172;. où l'on a ajoíité plusieurs nouvelles pièces. , JEAN COMMIRE, Jésuite, Poète Latin très-ef- tîmé, naquit à Amboife en 1625. & mourut à Paris le 29. Décembre 1702. Ses Poésies ont été souvent imprimées, la dernière Edition est faite à Paris en 1730. en 2. vol. in-12. VALENTIN CONRART, Parisien & Protestant, Conseiller & Secretaire du Roi, l’un des premiers Académiciens , mourut à Paris le 23. Septembre 1673. âgé d’environ 72. ans. 11 a été, pour ainsi dire le Père de l’Académie Françoise ; c’est dans fa maison qu’elle est née ; elle ne fut d’abord composée que de ses plus chers amis, fa probité, la douceur de ses mœurs , l’agrément de son esprit les avoit rassemblés , & quoiqu’il ne fût ni Grec ni Latin, tous ces hommes célébrés l’avoient choisi pourle confident de leurs études, pour le centre de leur commerce, pour l’ar- bitre de leur goût. II lui confièrent même la charge de Secrétaire perpétuel de P Académie, en sorte qu’il étoit proprement l’ame de cette Compagnie naissante. Voïez l’Hist. de l’Acad. de Mr. VAbbé d’Olives. Air. Conrart possedoit l’Italien & Espagnol, mais il n’avoit aucune teinture des langues savantes. Voici le peu d'Ouvrages qu’il a faits. 1. Epitre Dédicatoire au devant de la Vie de Philippe de Mornay.- Leyde , in-4. 1647. 2. Epître en Vers imprimée dans la;I. partie des Epîtres deBoisrobert. 3. Balade, en réponse celle du Gouteuxfans pareil , imprimées parmi les Ouvrages de Sarafin. 4. Préface des Traités posthumes de Go ruban d , 1669. Imitation du PseaumeXEll. dans le Tome I. des Poésies Chrétiennes g? diverses , 1671. 6 . 31. Pseaumes retouchés fur Panctenne Version de Clément Marot , &c. Charenton, in-12. 1677. 7. Lettres familières à Mr. Félibien , Paris, in-12. 1681. GUILLAUME COQUILLART , Poète François , & Official de Reims, qui vivoit à la fin du XV. Siécle. II a laissé quelques Poésies imprimées plusieurs fois. GUI COQUILLE, né à Déesse en Nivernois le xi. Novembre 1923. mourut à Nevers en 1603. II é- toit grand Jurisconsulte , & on a rassemblé ses Ouvrages , presque tous concernant le Droit, en 2. vol. m fol. & réimprimés à Bourdeaux depuis environ 20. ans. JACQUES DE CORAS, natif de Realmont, Poète que Boileau a fort maltraité. En 1669. étant encore Protestant, il donna son Poème de Jonas, ou Ninive penitente. 11 a fait divers autres Ouvrages, tant en vers qu’en prose, & quelques-uns même de Controverse. Après ses premières études il fut Cadet aux Gardes. Son pere Payant rapellé il étudia en Théologie, fut Ministre de Mr. de Turenne pendant environ trois ans, & ensuite il le fut de plusieurs E- gliscs. Ayant entrepris de réfuter les Controverses du Cardinal de Richelieu, la lecture qu’il en fit rengagea, dit-on, à changer de Religion; & il publia en 1677. l’Histoire & les motifs de fa conversion , arrivée quatre à cinq ans auparavant. II avoit donné en Latin en 1673. la Vie de Jean de Coras, célébré Jurisconsulte L son Bisayeul, imprimée in 4. Ce Jean de Coras étoit aussi de Realmont en Albigeois & Réformé; il fut tué à la Saint Barthelemi, en 1572. à Toulouse, où il étoit Conseiller au Parlement., LOUIS CORNARO , de Venise, mourut le 26. Avril i;66. ayant 100. ans passés. Son Traité de la Sobriété , traduit de l’Italien en Latin par Léonard Lef- fius Jésuite, le fut de Latin en François par Sebastien Hardy , en 1646. Ce Hardy traduisit en même tems le Regime de Vivre du Corps £Vf de L’Ame de LeJJius. Le tout fait un petit in-8- de 176. pages. II y ena- voit eu une Edition plus ancienne du même Hardy, & sous un autre Privilège. PIERRE CORNEILLE, de l’Académie Françoise, naquit à Rouen le 6 . de Juin 1606. La petite pièce qu’il intitula Melite fut la premiere qu’il composa , & qui lui réussit heureusement : elle parut en 1623. Mais fa réputation reçût un nouvel accroissement par la Tragédie du Cid , qui lui attira autant d’applaudissement du Public que de jalousie de la part du Cardinal de Richelieu, qui obligea l’Académie de critiquer cette pièce. Mais on eut beau ca- baler le, le Public révolté s’obstina à l'admirer , dit Mr. Defpreaux, Satire neuvième. Ensuite il publia les Horaces, Cinna, PolieuHe, la mort de Pompée , & beaucoup d’autres, qui toutes ont été imprimées. II a fait aussi une Traduction de limitation de Jefits- Cbrift en vers François. II mourut le 1. Octobre 1684. âgé de 78. ans. THOMAS CORNEILLE, frere de Pierre, aussi de l’Académie Françoise , est connu par plusieurs pièces de Théâtre , par le Diflionnaire Géographique en 3. volumes in-sol. qu’il donna au Public en 1708. C’est lui qui a fait des Observations fur les Remarques de la Langue Françoise de Pierre Corneille son frere. MONSIEUR COSTAR , s’est rendu célébré par la Défense des Ouvrages de Voiture , qu’il a composé. Son ftile est châtié & sa diction pure. Cet Ouvrage est écrit contre Mr. Girac. PHILIPPE EMMANUEL DE COULAN- GES, Parisien , Conseiller au Parlement, & ensuite Maître des Requêtes en 1672. avoit l’efprit né pour les Chansons & les Vaudevilles. II y en a un volume d’imprimé, ou parmi quelques-unes qui paroissent assez négligées , l’on en trouve de très-fpirituelles. II mourut fort vieux à Paris le 31. Janvier 1716. LOUIS COUSIN, deJ’Académie Françoise, né à Paris le 12. Août 1627. étoit Président en la Cour des Mendies. C’est lui qui a donné les excellentes Traductions de l’Histoire , d ’Eusebe, àsSocrate, dc Sozomene, & de Theodoret, de Zonaras , & de Xiphi- lin, de YHiJloire de Constantinople. II a aussi travaillé au Journal des Savans. Ses traductions sont exactes & conformes aux Originaux. II mourut le 26. Fevrier 1707. TIMOLEON DE CHOISI, naquit à Paris le 1 6. Avril 1644. II alla à Siam où il fut fait Prêtre. II en revint en i6A6. fut reçû à l’Académie Françoise en 1687. & mourut le 2. Octobre 1724. II est Auteur du Journal de Siam , de la Vie du Roi Jean, & de S. Loïtk. II a aussi donné une Histoire Ecclésiastique en 11. vol. in- 4. II .étoit de l’Académie Françoise. ANDRE' DACIER , naquit à Castres le 6. Avril 1651. de Jean Dacier Avocat fort estimé, & de Su- sanne Falquerolles, qui F élevèrent dans la Religion Protestante. Après avoir étudié à Castres & à Puy. laurens, il alla à Saumur afin de s’y perfectionner dans les Humanitez sous le fameux Tanneguy le Fé- vre. Mr. Dacier fit de grands progrez sous un si grand Maître, & il lia une amitié très-tendre avec son illustre fille, qui a été depuis la gloire de son sexe. Mr. Dacier fut envoyé à Paris, mais ne pouvant s'y soutenir sans emploi, il fut obligé de s’en retourner chès lui. Le second voyage qu’il fit à Paris fut plus heureux pour lui ; Mr. le Duc de Alontaufier étant informé de son mérite & de fa capacité , lui accorda fa protection, le fit mettre fur la liste des Interprètes Dauphins, & le chargea de travailler fur Ponu péius Festm. Mr. le Fevre étant mort en 1672. fa fille qu’on appelloitAlademosselle le Fevre, quoique veuve de Jean Lefnier Libraire à Saumur, alla Rétablir à Paris où elle aquit bientôt une grande réputation. On assure que Mr. Dacier se maria avec Mie en 1683- & qu’ils abjurèrent Fhérésie en 1683. Mais on LISTE ALPHABETI Qjl E on n’a jamais sû où leur mariage avoit été célébré. Etant à Castres en 1684. ils allerent à l’Eglife des Reformez avec une petite fille. Le Consistoire qui soupçonnoit leur changement de Religion , & qui avoit de justes sujets de douter de leur mariage, leur députa Mr. de Josseau, Ministre de l’Eglife de Castres, pour leur en demander les preuves, & fur le refus qu’ils firent de les produire, on les pria de ne plus paroitre dans l'Eglife, avec leur enfant dont la présence pouvoit attirer des affaires fâcheuses en conséquence des déclarations du Roi, qui défendaient aux Reformez d’admettre dans leur Assemblées les Relaps & les enfans illégitimes. Mr. & Mademoiselle Dacier furent piquez d’un tel procédé, ils sc retireront & publièrent leur changement de Religion vers le mois de Septembre 1685. Ces particularitez ont été certifiées par un grand nombre de personnes bien instruites. Ils retournèrent à Paris au commencement de 1686. On leur donna d’abord des pensions, & ils s’attacherent de concert aux travaux Littéraires qui leur ont fait tant d’honneur. En 169$. Mr. Dacier eut la place de Mr. Felibien dans l’Acadé- mie des Inscriptions, & celle de Mr. de liarlay, Archevêque de Paris dans l’Académie Françoise. Lorsque l’Histoire du Roi par Médaillés, où il avoit eu beaucoup de part, fut achevée, il fut choisi pour la présenter à ce Prince, qui le gratifia d’une pension particulière de deux mille livres, & lui donna pref- qu’en même tems la Charge de Garde des Livres du Cabinet du Louvre. Après la mort de Mr. l’Abbé Régnier Des Marais en 1713. il fut fait Sécretaire perpétuel de l’Académie Françoise. Au mois d’Août 1720. il perdit Mad. Dacier, & il fut extrêmement sensible à cette mort. 11 ne survécut que deux ans à son épouse, pendant lesquels il ne fit que languir. I) fongeoit dans les derniers mois de fa vie à adoucir fa peine dans un second mariage, mais un ulcéré à la gorge le suffoqua le 18. de Septembre 1722. dans fa 72. année. II ne croyoit pas son mal si dangereux, puisque la veille même de sa mort il étoit à l’Académie. Voici la liste de ses Ouvrages. 1. Sexti Poinpeii Fejii , çVf Marcì Verríi Flaccì de Verborum stgnificatione Lìbri XX. Cum notis emen- datìombm in itfum Delpbini. Paris 1684. m-4.. Am- stelod. 1699. in-4. 2. Oeuvres d’Florace en Latin U en François avec des Remarques Critiques tìijìoriques. Paris i6Zi. 1(589- ra. 10. vol. Cet Ouvrage fut contrefait d’abord à Lyon & en d’autres endroits. Mr. Dacier en donna lui-même une Edition fort augmentée à Paris in- 12. 10. vol. 1709. II en a paru une autre à Amsterdam en 1726. beaucoup meilleure que toutes les autres, Mr. Dacier aiant fourni aux Libraires plusieurs nouvelles additions & des corrections importantes. 3. Lettre contenant quelques nouveaux éclairciffemens sur les Oeuvres d’Horace. Paris 1708. in- 12. Mr. Damer défend dans cette Lettre quelques-unes de ses notes fur Horace, contre la critique de Mr. Masson dans la vie de ce Poète. 4. S. Anastasti Sinaìtœ Anagogicarum Contemplatio- num in Hexameron Liber XII. kacienw destderatus. Cum. notis U interpretatione Lat'ma. Londini 1682. in- 4. Réflexions Morales de ïEmpereur Marc-Antonin avec des remarques. Paris 1691. in- ia. 2. vol. II avoit fait cet Ouvrage avec son épouse 6. La Poétique d’Aristote contenant les Réglés les plus exaHes pour juger du Poème Heroique U des pièces de Théâtre , la Tragédie Çst la Çomedie ; traduite en François avec des Remarques Critiques fur tout l’Ouvrage. Paris, 1692. in- 4. & in- 12. On en fit une Edition à Amsterdam in- 12. & plusieurs Savans prétendent que cet Ouvrage est le Chef- d’œuvre de Mr.Dacier. 7. L’Oedipe U l’Elecíre de Sophocle , Tragédies Gre- ques traduites en François avec des Remarques. Paris, 1693. tn- 12. 8- Vies des Hommes Illustres de Plutarque , traduites m François avec des Remarques. Toni. I. Paris 1694. in- g. Cet essai ne contient que cinq vies. 9. Les Oeuvres d’Hipocrate traduites en François avec des Remarques , K conférées fur les Manuscrits de la Bibliothèque duRoi. Paris, 1697. *«-12. 2. Tom. 10. Les Oeuvres de Platon traduites en François avec des Remarques , U la. vie de ce Philosophe avec l’ex- posttion des principaux Dogmes de la Philosophie. Paris , 1699. in- 12. 2. vol. Cet Ouvrage ne contient que quelques-uns de ses Dialogues. n. La Vie de Pythagore, ses Symboles , ses Vers dorez. La vie d’Hierocles , gj' son Commentaire sur les Vers dorez. Paris, 1706. in- 12. 2. vol. 12. Le Manuel d’Epilíete, avec cinq Traitez de Simplicités fur des sujets importuns pour les moeurs de la Religion , traduits en François avec des Remarques. Paris, 171;. in-12. 2. vol. 13. Réponse de Mr. Dacier aux Critiques inférées dans l’Europe Savante fur la tradullion des Vies de Plutarque. Dans le Journal des Savans de 1718- 14. Vies des Hommes Illustres de Plutarque revùès fur les Manuscripts N traduites en François avec des Remarques Historiques U Critiques U le Supplément des comparaisons , qui ont été perdues. On y a joint les têtes que l’on a pu trouver , V une ta b!e générale des Matières. Paris, 1721. 272-4. 8- vol. & Amsterdam 172;. in-12. 9. vol. iç. Discours prononcé à l’Académie Françoise lors qu’il y fut reçu à la place de Mr. de Harlay. Paris 169;. in- 4. dans les Recueils de l’Academie Françoise. 16. Réponses aux Discours de Mr. Coustn en 1697. N à celui de Mr. de Boze en 171;. Dans les Recueils de l’Académie Françoise. 17. Dissertation sur lOrigine de la Satyre , insérée dans le Tome II. des Mémoires de l’Académie des Inscriptions & Belles Lettres. 18- Notes Jur Longin. On les trouve dans toutes les Editions des Oeuvres de Mr. Despreaux, qui voulut les joindre aux siennes. Mr. Dacier a laissé deux Ouvrages qui n’ont point encore été imprimez ; l’un est un Commentaire fur Theocrite , & Vautre un petit Traité de la Religion. On trouve l’Eloge de ce Savant dans le Journal des Savans , 1722. dans le Tome I. de la Bibliothèque Françoise , dans les Mémoires du P. Niceron , & dans le Tome III. de l’Histone de VAcadémie des Belles Lettres par Mr. de Boze. ANNE LE LEVEE, ou MADAME D ACIER, naquit à Saumur vers la fin de 1631. de Tanneguy le Fevre, & de Marie Olivier , qui l’éleverent dans ía Religion Réformée dont ils faisoient profession. Elle aprit le Latin, le Grec, l’Italien & la Critique de Mr., le Fevre son pere & fit en peu de tems de trés- grands progrez. Elle lia une étroité amitié avec Mr. Dacier , & ils faisoient ensemble leurs humanitez , comme le disoit Mr. le Fevre. Elle fut d’abord mariée avec un Libraire de Saumur, nommé Jean Les nier. On peut voir le Tome III. de la Bibliothèque Germanique , & le Tome I. de la Bibliothèque Fran - çoise , sur ses mariages avec Jean Lesnier & ensuite avec Mr. Dacier & sur son changement de Religion. Le P. Niceron s’inscrit en faux contre les particularitez publiées dans ces Journaux ; mais la réflexion qu’il fait là-dessus ne prouve rien ; il n’y avoit qu’à produire les preuves du second mariage. Pour le premier, Mr. de Boze en convient de bonne foi ; mais il ajoute qu’il avoit été de st peu de durée , qu’elle tì’y avoit pas seulement perdu son nom de fille. En effet après la mort de Jean Lesnier & de Air. le Fevre, elle alla s’établir en 1673. à Paris où fa réputation l’avoit devancée, & s’y fit apeller Mademoiselle le Fevre jusqu’à ce qu’elle déclara son mariage avec Mr. Dacier. Air. Huet fit connoitre son mérite à Mr. le Duc de Montaufier , qui lui donna des marques de son estime, aussi bien que Mr. Bossuet, Evêque de Aíeaux. Depuis elle ne cessa de s’occuper à plusieurs Ouvrages qui Pont rendue célébré dans toute l’Europe. Elle eut trois enfans avec Air. Dacier ; une fille qui se fit Religieuse dans PAbbaye de Long- champ, un fils que la mort leur enleva à Page de 10. à 11. ans, & qui leur donnoit les plus hautes espérances ; une seconde fille qui mourut à l’âge de i8- ans, & dont la mere a immortalisé le mérite dans fa Préface fur l’Ilíade d’Homere. Après deux années d’infirmitez Mad. Dacier mourut le 17. Août 1720. âgée de 69. ans. On trouve son Eloge dans les Mémoires de Trévoux , Janvier 1721. & dans le Tome III. des Mémoires du P. Niceron. Elle a publié les Ouvrages suivans. 1. Gallimachi Hymnì, Epigrammata N Fragmenta , Grâce Latine , nec non ejusdem Poematium de coma Bsrenices a Catullo versum , edente cum notis U indice DES AUTEURS. dìce Anna Tanaquìïïi Fàbri filia. Paris. 1674. 112-4. 2. L. A. Flori Historia Romana, ad usum Delpbini. Paris. 1674. 212-4. Oxor/ii, 1692. 212-8. VenetiiSj 1714. 212-4. 3. Diflis Cretensts U Dare s Pbrygius, ad usum Del- phini. Paris 1684. 222-4. Edìtio auflior Notis Vario- rum, Amstelod. 1702. 212-8- 4. Sexti Aurelii Vif loris Historia Roman a compen- dimn cum interprétations A? notis ad usum Delpbini. Paris. 1681. in- 4. 3. Poejtes d’Anacreon U à Sapho , traduites du Grec en François avec des Remarques. Paris , iògJ. in- g. On en a fait une autre Edition augmentée des Hôtes Latines de Tanneguy le Fevre , & de la tra- duflion en vers François de Mr. de ta Fosse. Amsterdam, 1716. in- g. 6. Eutropii Historié Romana Rrevìarìum ab urbe condita , utque ad Valentinianum U Valentem , Augustes, cum notis U emendationibus , ad usum Delphi- ni. Paris r6g;. in- 4. Oxonii, 1696. in- 8. 7. L’Ampbitrion, l’Epidicus , £5? le Rudens , ComedieS de Plaute traduites en François , avec des Remarques un examen selon les Réglés du Théâtre. Paris , 16g;. 222-12. III. Tom. Ces pièces ont été réimprimées dans l’Edìtion du Plaute de Mr. de Limiers * publiée à Amsterdam en 171g. 8. Le Plutus U les Nuées d’Aristophane, Comédies Greques, traduites en François avec des Remarques & un examen de chaque pièce selon les Réglés du Théâtre. Paris, 1688- 222-12. 9. Les Comédies de Terence traduites m François avec des Remarques. Paris, iógg. in- 12. 3. vol. Amsterdam , 1Ó91. «2-12. 3. vol. Zitraw , 1705. 272 - 12 * Rotterdam, 1717, in- 8. 3. vol. avec tìg. & Amsterdam, 1720. W-12. 3. vol. fig. 10. Réflexions Morales de l'Empereur Marc-Anto - 72272 avec des remarques. Paris, 1691. 272-12. 11. LTlliade d’Homere traduite en François avec des remarques. Paris, 1711. 222-12. 3. vol. & 1720. Amsterdam, 1715. & 1731. 12. Des Causes de la Corruption du Goût. Paris, 1714. 272 - 12 . & Amsterdam, 1716. 272 -r2. 13. Hotnere défendu contre l’Apologie du R, P. Har » douin , ou fuite des Causes de la Corruption du Goût . Paris, 1716. 272 - 12 . & Amsterdam, 1717. 222-12. _ 13. L’Odyssée d’Homere traduite en François avec des Remarques. Paris, 1716. 272-12. 3. vol. & Amsterdam, 1717. 272 - 12 . 3. vol. & en 1731. MONSIEUR DANET, de Paris, Abbé de S. Nicolas de Verdun , fut fort estimé de Mr. le Due de Montausier, le Mecenas du siécle passé. Ce fut par sa faveur qu’îl eut ordre du Roi de travailler à Pinstruction de Mr. le Dauphin. Pour faciliter à ce Prince l’étude des belles Lettres, il s’appliqua à composer un Diflionnaire Latin en i6go. qui ne fut que comme un essai, & qu’il a augmenté considérablement quelques années après. II donna de même un Diflionnaire François , auquel il fit d’amples Additions en 1707. de forte qu’avec ces deux Ouvrages on peut entendre parfaitement les deux Langues. Cet Auteur ayant pris tout ce qu’il y a de meilleur dans Robert Etienne, dans Vossms, Gaudin, Monet, Pajot, & Pomey. On a fait depuis à Lyon plusieurs bonnes Editions de ces deux Dictionnaires, qui ont aussi été imprimez à Amsterdam. JACQUES DALECHAMP, Médecin de Caën en Normandie, exerça la Médecine à Lyon depuis fan 1332. jufqu’en 1588. auquel tems il mourut. II composa en François l’Histoire générale des Plantes, en 2. vol. DANIEL DAVELOUR, est l’Auteur d’un Dictionnaire de l'Artillerie imprimé à Paris in g. en 1623. qui est d’un grand usage pour tous ceux qui Rappliquent à l’Art militaire. DEGORI a fait un excellent Diflionnaire des termes de la Médecine, imprimé à Paris chez Rocolled. On y voit le nom des parties, leur usage, & tout ce qui regarde les maladies du corps humain. DELLON, naquit à ce qu’on croit à Paris vers i’an 1649. II partit pour les Indes le 2g. Mars 166g. Aiant parlé trop librement il fut arrêté à Daman par ordre des Inquisiteurs Portugais, le 24. Août 1673. Après quatre mois de prison il fut transporté de Daman à Goa, où il fut renfermé dans une cellule le 16. Janvier 1674. II y demeura pendant deux attirées entières, & fut condanné à servir de forçat pendant cinq ans à Lisbonne. II y arriva le 16. Decem- bre 1676. & Fut mis én liberté à la fin du mois dé Juin 1677. & retourna en France. II publia à Paris én 1687. fa Relation de fInquiption de Gòa, in-12. qui a été réimprimée à Amsterdam. En 1699. il dédia à Mr. Bossuet, Evêque de Meaux, fa nouvelle Relation d’un Voyage fait aux Indes Orientales , fsc. Avec R Histoire des Plantes & des Animaux, Çstc.par Mr. Dellon, Dofleur en Medecine, Auteur de la Relation de l’Inquisttion de Goa. Paris, 272-12. JEAN BARBIER D’AUCOUR , de PAcadé- îiiie Françoise étoit de Langres. On ne peut rien voir de plus exact én genre de critique que ce qu’il a écrit contre les Entretiens d’Ariste & d’Eugene. Son Livre est en deux Volumes, intitulé, Sentimens dé Cleante. II mourut en 1694. après avoir composé ces excellens Factums pour Mr. lc Brun. On a fait à Paris en 1730. une bonnè Edition des sentimens de Cleante & des Factums. On attribue à d’Aucour diverses pièces Satiriques qui ont fait du bruit. NICOLAS BOILEAU DESPEAUX, de /Académie Françoise & Parisien, connu pár le choix que le Roi en a fait pour travailler à l’Histoire de soft Régné , & par deux Volumes de Poésies qui surpassent tout ce que les Anciens ont dit de meilleur dans le genre de Satires & d’Epîtres. II y a joint une traduction du sublime de Longin. 11 est frere d’un autre GILLES BOILEAU, aussi de l’Académie Françoise, qui mourut Intendant des menus plaisirs dû Roi en 1669. âgé de trente-huit-ans ; après avoir donné au Public ,l’Abrégé de la Philosopie d’Epifíete, traduit du Grec d’Arien, la Vie de ce même Philosophe, Avis à Mr. Ménage sur son Eglogue , intitulée Christine 3 une Traduction en vers du quatrième Livre de l’Eneï- de, & quelques autres Poésies. On publia à Genevc en 1716. une belle Edition in 4. des Oeuvres de M. Despreaux avec un Commentaire estimé de Mr. Bros. sette. On les réimprima ensuite à Amsterdam de la même maniéré , & on en a fait deux magnifiques Editions in-folio avec des figures & des ornemens dé B. Picart. N.,DESHOULlERES, Came d’un mérite distingué , qui dans le siécle passé a disputé aux hommes la gloire d’exceller dans la Poésie Françoise. II y a peu de personnes des deux sexes qui l’ait portée aassi loin qu’eile, surtout pour l’idille. Elle étoit très- belle, & l’on dit que la nature avoit pris plaisir de rassembler en elle les grâces de l’esprit & du corps. Nous avons ses Poèstes en deux Volumes in octavo. Elle mourut à cinquante-six ans le 17. Fevrier 1694. & elle laissa une fille, qui avoit hérité de ses talens pour la Poésie, & qui a remporté le prix à l’Académie Françoise. Mademoiselle Deshoulieres mourut le 29. Août 1718. RENE'DESCARTES , Seigneur du Perron , & Philosophe très-célèbre, naquit à la Haye en Toií- raine le 31. Mars 1396. On n’a jamais vû un génie plus heureux que le sien pour la Philosophie & pour les Mathématiques. D’abord il publia un Livre dé Méditations, auxquelles plusieurs Savans * & entr’au- tres le célébré Air. Arnaud, firent plusieurs objections. Dans la fuite il donna ses Principes, fa Metbóde , son Traite des Passions , sa Dioptrique , ses Meteores, & son Traité de l’Homme > car on ne publia ses Lettres qu’après fa mort, qui arriva le n. Fevrier 1650. à Stokolm , où la Reine Christine l’avoit apellé. Son corps est à Sainte Geneviève du Mont à Paris. Mr. Bailler a fait fa vie, & nous avons l’obligation à ce Philosophe de nouS avoir fait connoitre l’inutilité dé l’ancienne Philosophie. MADEMOISELLE DESCARTËS , étoit fille d’un Conseiller au Parlement de Bretagne, & nièce du célébré Mr. Descartes. Elle a composé queîqués iéces de Poésies, qu’on trouve dans le recueil du . Bouhours. Entr’autres, YOmbre de Descartes, & la Relation de la mort de ce grand Philosophe , où l’on voit tout cel que la Poésie a de plus fin & de plus solide. Elle écrivoit aussi fort bien en prose , & vi- voit encore en 1690. JEAN DESMARETS DE S- SOLIN, de l’Acâ- démie Françoise, étoit Intendant de Mr. le Duc de Richelieu. II fit le sonnet qui sert d’Jnseription à la fe status LISTE ALT ftatiie Equestre de Louis XIII. qui est à Paris à la Place Royale, & fut Auteur de plusieurs Ouvrages , dont les plus connus font la Comedie des Visionnaires, & le Clovis. II mourut en 1676. FRANÇOIS SERAPHIN REGNIER DES- MARETS , de PAcadémie Françoise , Parisien & Prieur Commendataire de Grammont, Abbé de S. Laon de Thoiiars, & Secretaire perpétuel de l’Aca- démie. Cet Auteur a donné une Tradufíion de Ro- driquez assez exacte, mais à laquelle beaucoup de gens préfèrent celle de Mr. Binet. On a publié un Recueil de ses Poésies. II ne faut pas oublier l’obli- gation que lui a le Public d’une Grammaire Françoise, qu’il publia en 1706. Ouvrage sec de lui-méme , & su quel toutefois il s’est appliqué avec beaucoup d’ex- actitude. JEAN DE LAUNOY, Docteur de Paris, étoit du Diocèse de Coûtance en Normandie, ou il naquit le 21. Decembre 160;. Nous faisons ici mention de lui, parce qu’il est souvent cité dans ce Dictionnaire: mais comme ses Ouvrages font tous Latins, nous n’en dirons rien. II mourut à Paris en l’Hôtel d’Estrées 1628- c’étoit un homme très-désintéressé, fans ambition, & d’un travail infatigable , qui l’a rendu bon Logicien, habile Théologien, & peut-être Critique un peu trop hardi, au jugement de quelques Savans; mais s’ii vivoit encore aujourd’hui on lui rendroit plus de Justice. On a travaillé à Geneve à une nouvelle Edition de ses Oeuvres, qui a été finie en 1732. en 10. vol. in fol. PHILIPPE GOIBAUD SIEUR DU BOIS, de î’Académie Françoise, étoit d’une très-bonne famille de Poitiers, & avoit été Gouverneur du Duc de Guise, mort en 1671. C’étoit un homme d’un esprit fort net, & qui joignoit une pieté solide à une parfaite connoissance des belles Lettres. II a traduit les Lettres de S. Augustin, ses Confessions, ses Traitez des M«urs de VEglise Catholique , de l’Esprit, & de la Lettre , & les Sermons de ce Pere fur le Nouveau Testament , les Offices de Cicéron, ses Traitez de l’Amitié, tz? de la Vieillesse, St ses Paradoxes. Tous ces Ouvrages font accompagnez de Notes savantes & curieuses. II mourut à Paris d’une fièvre maligne, le premier Juillet 1694. TACQUES JOSEPH DUGUET , né à la fin de Février 1650. à Montbrifon en Forets. II a été «levé dans la Congrégation de l’Oratoire, où un génie naturellement né pour les belles Lettres lui avoit acquis la réputation d’homme savant. 11 y a de lui une Lettre fur la maniéré d’étudier, dans les Entretiens fur les Sciences, d u Pere Lamy de l’Oratoire. On croit qu’il est l’Auteur du petit traité des spectacles, qui est à la fin du dixième volume des Essais de Morale. En 1696. il écrivit une Lettre fur l’Ordonnance de Mr. l’Archevêque de Paris, qui avoit condamné l’exposition de la Foy fur la Grâce. Enfin «n 1707. il publia un Traité de la Prière publique , & un recueil de Lettres de Pieté. On a fait un grand nombre d’Editions de son Traité de la Priere, qui lui a fait beaucoup d’honneur, LOUIS ELIES DUPIN, Docteur en Théologie de la Maison & Société de Sorbonne. II étoit ne à Paris le 17. Juin 1657. & mourut le 6 . Juin 1719. Son Pere, qui s’apelloit aussi Louis Elies Lupin, étoit d’une noble famille de la Paroisse d’Epreville en Normandie Diocéze de Rouen. Marie Vifart fa Mere etoit austì d’une famille noble de Champagne. II choisit lui-méme l’état Ecclésiastique , & comme il avoit un goût excellent & un genie supérieur pour les belles Lettres , il fit dès fa jeunesse de grands progrès dans la lecture ■des bons Livres. 11 fut reçû Maître és Arts en 1672. Bachelier en Théologie en r680. & prit le bonnet de Docteur en 1684. Enfin il remplit la Charge de Professeur Royal à Paris avec applaudissement. Parmi un grand nombre d’Ouvrages que Mr. Dupin a donné au Public, & dont les Savans font beaucoup de cas, il faut nommer fa Bibliothèque Universelle de îous les Auteurs Ecclésiastiques , depuis J. C. jufqu’en 1711. 3 7. volumes oélavo , qu’il composa à Page de 30. ans. Un Traité Latin in quarto fur l’ancienne Discipline Ecclésiastique, un ouvrage en François in Qftavo fur la Puissance Ecclésiastique & Temporelle & contre l’infaillibilité du Pape ; un Commentaire sur fat Psaumes , des Prolégomènes fur la Bible ; une Ex- H A B E T I QJLI E plicatìon de la Censure de la Sorbonne contre le culte de Confucim à la Chine. 11 a aussi donné en quatre volumes in douze un Abrégé de l’Histoire de l’Eglife par Demandes & Réponses, qu’on imprima en ,712. Le même Auteur donna en 1716. l’Ouvrage qui a pour titre, Défense de la Monarchie de Sicile contre les entreprises de la Cour de Rome. II le fit à la priere du Roi de Sicile, présentement Foi de Sardaigne. On le croit avec quelque apparence, Auteur d’une Bibliothèque universelle des Historiens Profanes , qui paroit depuis long- tems. Le Public lui est redevable encore de plusieurs autres Ouvrages. On voit bien que cet Auteur n’etoit né que pour les sciences, & la grande facilité qu’il avoit à composer ses Ouvages n’ôte rien de leur solidité & de leur mérite. On trouve son Eloge & la Liste de ses Ouvrages dans le Tom. X. des Nouvelles Littéraires. PIERRE DU RYER, del’Académie Françoise, Historiographe de France , s’est aquis quelque réputation dans la République des Lettres , par le grand nombre de ses Traductions. Les plus considérables font celles des Oeuvres de Cicéron , de Seneque , de Tite-Live, d ’Hérodote , de Poìybe, de Strada , des Métamorphosés d’Ovìde, & d’une partie de l’Histoire de Mr. de Thou. Mais étant aux gages des Libraires , il n’avoit pasletems de donner à ses Ouvrages la derniere perfection. 11 a fait aussi la Tragédie de Scevole. II mourut à Paris en 1636. âgé de cinquante-trois ans. ANTOINE D’ESPEISSES , Jurisconsulte célébré, né à Montpelier, St Avocat au Parlement de Paris, mourut en 1658. âgé d’environ 64. ans. La meilleure Edition de ses Oeuvres est celle quia paru en 1726. JACQUES ESPRIT, Gonseiller d’Etat, étoit né à Beziers. II fut reçû à l’Académie Françoise en 1639. & mourut premier Médecin de Monsieur , au mois de Novembre 1678. 11 avoit des Paraphrases de questues Pseaumes, dont parle Mr. Pelisson. II est aussi l’Au- teur de la Fausseté des vertus humaines , Paris , in 12. 1678- EVEILLON, Official d’Angers où il étoit né, a composé un Traité des Excommunications, in-4. 1637. où l’on connoit combien l’Auteur étoit versé dans ces matières. On y voit les Causes des Excommunications, la maniéré de les faire, & toutes les procédures qu’il y faut observer. II mourut au mois de Decembre 1631. âgé de 79. ans. CHARLES DE SAINT DENIS SEIGNEUR DE SAINT EVREMONT , étoit d’une Maison distinguée, en Basse-Normandie où il naquit le r. Avril 1613. II entra dans le service n’ayant que seize ans, & étoit Capitaine d’infanterie au premier Siège d’Ar- ras. Mr. le Prince & Mr. de Turrenne P estimeront ; mais son panchant à la raillerie lui firent perdre les bonnes grâces du premier. Une Lettre qu’il écrivit à Air. de Crequi fur la Paix des Pyrénées, l’obligea de sortir du Royaume & fa retraite fut en Angleterre, où il resta depuis 1663. jufqu’à fa mort qui arriva en 1703, II y a eu plusieurs Editions de ses Oeuvres, maïs la plus correcte est celle que l’on fit à Londres en 3. vol. in quarto , & qui a été imprimée ensuite en 3. vol. in douze ; on en a fait plusieurs Editions in 12. à Amsterdam. Peu d’Ecrivains on attrapé tant d’agrémens dans les narrations, tant de force & de délicatesse dans les Portraits, tant de profondeur dans les Réflexions, tant de justesse dans la critique , tant de finesse dans les louanges & dans la Satyre , St tant de noblesse & de variété dans l’expression des choses les plus communes. EPITRES D’OVIDE EN VERS. C’estune traduction en vers des Epitres & des Elégies d’Ovide, dans laquelle il seroit à souhaiter que l’Auteur se fût un peu plus renfermé dans les régies de la bienséance St de la pudeur. 11 faut donc lire cet Auteur avec précaution, de peur que sa trop grande licence ne gâte les mœurs. On attribué cet Ouvrage à l’Abbé Barrin , qui l’a toujours récusé. GUILLAUME DE LA FAILLE, né à Castel- naudari le 30. Octobre 1616. mourut à Toulouse le 12. Novembre 1711. dans fa 96. annee. il a donné les Annales de Toulouse , in fol. 2. vol. Le premier parut à Toulouse en 1687. & le second en 1701. PIERRE FAYDIT, né à Riom en Auvergne où il mourut fort vieux en 1709. Cet Auteur a écrit beaucoup DES AUTEURS coup d’Ouvrages parmi lesquels il y en a qui n’ont pas eu un succez heureux. On y trouve beaucoup d’é- rudition', & beaucoup de faits bazardez qui n’ont d’autre fondement que l’imagination de l’Auteur. Nous avons de lui, un Traité sur la Trinité , où il y a des scntimens un peu trop hardis , quelques réponses au P. Hugo Chanoine Régulier. Une Vie de S. Amable, avec des éciaircissemens. Réflexions fur le Jìile de Virgile ; ce livre a rélegué l’Autenr dans son Pais. On a de plus la Telemacomanie , la Presbyteromachie; une Lettre à un Prieur des Carmes Déchaussez, contre le sentiment de ces Religieux , qui croient que Pithagore avoit été Carme. II témoigna, dit-on , beaucoup de regret en mourant des expressions hardies & fur tout des traits satiriques qui lui étoient échapez dans ses Ouvrages. FRANÇOIS DE LA MOTHE FENELON, de l’Académie Franqoise , Archevêque de Cambrai. Cet Auteur, outre fa profonde érudition , son genie élevé, & l’emploi illustre que le Roi lui confia pour l’instructionde Mr. le Duc de Bourgogne, s’est fait encore connoìtre par les Disputes qu’il a eues avec Mr. l’E- vêque de Meaux touchant le Livre des Maximes des Saints. Cette contestation a produit beaucoup d’Ouvrages, où il a tâché de soutenir ses opinions du mieux qu’il a pû : mais enfin il a cédé d’une maniéré édifiante aux décisions du S. Siège qui l’a condanné.Il est Auteur des Avantures de Telemaque , & de plusieurs Mandemens contre le Jansénisme , qui n’ont pas été fans réponses, comme on peut voir dans ÌTnstrufíion du silence rcsteHueux , imprimée en Hollande en trois vol. in douze , & dans les Lettres du Bachelier . Verax. Sa Démonstration /’Existence de Dieu , lui a fait beaucoup d’honneur. ANDRE' FELIBIEN, Historiographe du Roi, naquit à Chartres en 1619. Dès Pan 1641. il mit au jour une Paraphrase sur les lamentations de Jere- mìe , une autre fur le Cantique des trois enfans , & une Lettre de Consolation , à Madame la Marquise d’Aumont : sa probité aussi connue que son érudition, l’a fait estimer de Mr. Bouquet, de Mr. Cclbert , & de tout ce qu’il y a eu de plus habiles & de plus honnêtes gens en France. Ses Principaux Ouvrages font ses Entretiens fur la Vie U fur les Ouvrages des plus excellons Peintres. Paris , in 4. 2. vol. 1666. Des Conférences de VAcadémie de Peinture. Une Description de la Trape. Une Traduction du Château de l’ame de Sainte Therese, & de la Vie du Pape Pie V. Un abrégé de la Vie de Louis de Grenade. II mourut en 1695. & laissa trois fils, desquels le second, qui a succédé à la charge d’Historiographe du Roi, & de Garde des Antiques, est de l’Académie des Inscriptions comme étoit sonPere, qui outre tous ces Ouvrages dont no-us avons parlé, a fait un Diíiionnaìre des termes de Peinture N d’Arcbitefíure, Paris in 4. 1676. JEAN FRANÇOIS FELIBIEN , Sieur des A vaux , second fils d’André Felibien , naquit à Chartres. II a fait un Recueil Historique de la Vie des Ouvrages des plus célébrés ArchiteHes , in 4. 2. vol. dont le premier parut à Paris en 1687. MICHEL FELIBIEN, Bénédictin de la Congrégation de S. Maur , & frere puîné du précédent , naquit aussi à Chartres, & mourut le 10. Septembre 1719. Son Histoire de L Abbaye de S. Denys , in fol. parut à Paris en 1706. CHARLES FEVRET , Conseiller au Parlement de Dijon , naquit à Semur en Auxois , Dioceze d’Autun , le 16. Decembre 158?- B fit des grands progrez dans la Jurisprudence Civile & Canonique,dans l’Histoire & dans les belles Lettres , ce qui lui attira i’estime du Prince de Coudé. II a fait un Ouvrage en deux volumes in folio , intitulé Traité de l’abus, U du vrai sujet des appellations qualifiées de ce nom d’abus. Dijon, 1654. in fol. II mourut à Dijon le 12. Août 1661. âgé de 78. ans. JEAN FILEAU, Avocat au Parlement de Paris, natif de Poitiers , mourut fort vieux en 1682. En 1651. il publia un Recueil général des Edits , Arrêts , ÇV? Reglemens notables de differentes Cours £5? JurifdiÁions de France. Paris 2. vol. in fol. FILLEAU DE LA CHAISE, connu fous le nom d’Abbé de la Chaise , étoit de Poitiers , & il mourut en 1693. II donna en 1688- l 'Histoire de la Vie de Saisit Louis^ avec celle de Philippe-Auguste ion Ayeul, in 4. 2. vol. FILLEAU DE S- MARTIN , natif de Poitiers & frere du précédent, est connu par divers Ouvrages, & fur tout par fa traduction de Dom Quichotte. Ces deux frétés en eurent un troisième & leur cadet, nommé Gille Filleau des Billettes , né en 1634. reçu à l’Académie des Sciences à son renouvellement en 1699. en qualité de Pensionnaire Méchanicien , & mort le 13. Août 1720. âgé de 86. ans. II a laissé à l’Académie plusieurs de ses Ouvrages manuscrits. CLAUDE FLEURY , de l’Académie Françoise, Abbédu Loc-Dieu , sous-Precepteur du Roi d’Efpagne, & de Messeigneurs les Ducs de Bourgogne & de Berri, s’est rendu recommandable par un grand nombre d’Ouvrages de pieté & d’érudition. II publia d’abord une IntroduHìon au droit Ecclesasique en deux vol. Ensuite il enrichit le Public d’un Catéchisme Historique, des meeurs des Chrétiens & des Israélites , du Devoir des Maîtres fst des Domestiques , du Choix des études : mais ce qui rendra fa mémoire éternelle , est son Histoire Ecclestastique , dont il a donné 20. vol. in quarto , qu’on a aussi imprimée in 12. à Paris & à Bruxelles. Le premier volume parut en 1690. & le dernier en 1719.II mourut le 14. Juillet 1723.après avoir été Confesseur du Roi Loiiis XV. depuis 1716. jusqu’au mois de Mars 1722. ESPRIT FLECHIER, de l’Académie Françoise, Evêque de Nismes , a été un des plus éloquens hommes du Siécle. II nâquit à Pernes , Dioceze de Car- pentras. ' Son mérite lui attira l’eslime de Mr. le Duc de Montausier qui fut son Mecéne. Le Roi pour le mettre en état de faire plus de bien à l’Eglife lui donna d’abord l’Evêché de Lavaur , & ensuite celui de Nismes. II a composé l’Histoire de Theodose le Grand, pour l’instruction de Monseigneur le Dauphin. La Vie du Cardinal Commendon. Celle du Cardinal Ximenez. II a publié auffi deux volumes de ses Sermons & Panégyriques , & de tems en tems il a donné à ses Diocésains quelques Lettres Pastorales , qui mériteroient d’être recueillies dans un volume , & qui sont des Chef-d’œuvres d’éloquence en ce genre. II mourut le isi. Fevrier 1710. âgé de 78. ans. JEAN DE LA FONTAINE , reçu à l’Académie Françoise le 2. Mai 1684. étoit né à Chateau-Thierri le 8- Juillet 1621. & s’est acquis une réputation immortelle par ses Fables , dont le tour facile , mais agréable & ingénieux, a toujours de nouveaux charmes pour les Lecteurs de bon goût. On a encore de lui quelques Opéra , fur lesquels il s'est exercé moins heureusement, des Pieces diverses , une Histoire de Pstché en Prose, qui fu t une production de fa jeunesse, & des Contes en vers qui seroient d’un prix inestimable, s’ils étoient moins licentieux. II mourut à Paris assez pauvre le 13. Mars 1693. âgé de 76. ans. On peut voir Ion Eloge dans l’Histoire de l ’Académie Françoise par Mr. l’Abbé d’Olìvet. Tous les Ouvrages de Mr. de la Fontaine à l’exception de ses Contes & de ses Fables, ont été rassemblez en 3. vol in 8. imprimez à Paris en 1729. BERNARD DE FONTENELLE, Doyen de l’Académie Françoise où il fut reçû en 1691. Secretaire de l’Académie Royale des Sciences , & neveu de Mr. Corneille , possede un talent merveilleux pour donner de l’agrément aux matières les plus seches, comme il paroit dans ses Dialogues des Morts , fa pluralité des Mondes , son Histoire des Oracles , & son Jugement de Pìuton. Outre ces Ouvrages il a fait encore des Eglogues , dans lesquelles il a joint toute la délicatesse de l’efprit , avec toute la tendresse des scntimens , & des Lettres qui paroissent sous le nom du Chevalier d’Her. Tous ces Ouvrages qui ont été imprimez séparément à Paris ont été recueillis en Hollande dans trois volumes. Depuis l’an 1699. qu’il est Secretaire de l’Académie Royale des Siences , il a donné les Mémoires de ce qui s’y est passé , & il continué à les donner à la fin de chaque année , il a auffi fait l’Histoire de cette Académie. On a fait à la Haye en 1730. une magnifique Edition de tous les Ouvrages divers de Mr. de Fontenelle, eri 3. vol. in fol, avec des ornemens de Picart. FRANÇOIS FORTIN , Religieux de l’Ordre de Grandmont, étoit natif de Tours , & il mourut le 21. Juillet 1661. II publia en 1660. le livre intitulé , les Ruses Innocentes , qu’il dédia à Mr. le Bouthillier Archevêque de Tours. b 2 FOU- FOUBERT ; on ne sait ni le tems de & s’y distingua bien-tòt par deux pièces en vers, l’une fut la Métamorphose du Pédant C MonU LISTE ALPHABETIQUE Montmaur en Perroquet , & l’autre , la Requête des Distíonnaires. Au reste il eut le malheur de «'élever contre lui dans la République, des Lettres un grand nombre d’illustres adversaires. Tels furent Mrs. l’Abbé d’Âubignac, Deípreaux, Lutin, Salo, le P. Bouhours, & Mr. Baillet. 11 a publié les Origines de la Langue Françoise , Paris , in 4. 1690. Observations U corrodions fur Diogene La'êrce. Etimologies Italiennes, A- menitez du Droit , Histoire de Sablé , Remarques fur la Langue Françoise , Poésies Greques , Latines , Françaises , Italiennes , & un Distionnaire Etymologyque , in fol. 1694. 11 étoit de l’Académie de la Crufca , & mourut à Paris , le 23. Août 1692. âgé de feptante- neuf ans. On peut voir sa Vie & la Liste de ses Ouvrages, à la tête du Menagiana Mr. de la Monnoye. ; MARIN MERSENNE, de l’Ordre des Minimes, étoit du Bourg d'Oysé au Maine, où il naquit le g. Septembre 1988- Par son érudition il s’attira l’estime du célébré Mr. Descartes, dont il étoit comme l’agent à Paris , & qui lui envoyoit ses Ouvrages pour savoir le jugement qu’en portoient les Savans. Ce Pere mourut à Paris le 1. Septembre 1648. âgé de soixante ans, après avoir donné au Public plusieurs Ouvrages Latins fur l’Ecriture Sainte & fur la Physique. II a composé en Franqois 1 ’Aarmonie du monde , deux volumes in fol. 1636. & 1Ó57. la Vérité des Sciences. Les Questions inouïes , &c. HIPPOLYTE JULES PILET DE I,A MES- N ARDIÈRE,étoit de Loudun & Médecin avant qu’il eût été fait Maître â’Hôtel & Lesteur chez le Roi. 11 fut reçu à l’Académie Françoise en 1699. & mourut le 4. Juin 1663. sa Poétique parut à Paris in 4. 1640. On imprima auffi à Paris en 1696. en un petit in folio, les Poésies de Jules de la Mefnardiére , de l’Académie Françoise, Conseiller du Roi £s? M Atre d’Hôtel Ordinaire de Sa Majesté. La moitié de ce Recueil consiste en Imitations de beaucoup d’Epigrammes Greques de l’Antologie. On trouve à la fin du volume le Remercîment de la Mefnardiére pour fa réception à P Académie , dans lequel il ne fait aucune mention de celui dont il prenoit la place. Outre les deux Ouvrages dont on a parlé , la Mefnardiére avoit publié les sui- vans, Traité de la Mélancbolie, selle est la cause des effets que l’on remarque dans les Possédées de Loudun. La Flèche, in g. 1655. Raisonnement de Mefnardiére, fur la nature des esprits qui servent aux sentiment. Paris , in 12. 163g. Traduction du Panégyrique de Tra- jan. Paris , in 4. 163g. le Car aster e Elégiaque. Paris, in 4. 1640. La Pucelle d’Orléans , Tragédie, Paris , in 4. 164}. Paul Boyer, dans fa Bibliothèque Universelle , p. 167. attribué cette piéce à Benserade, mais Samuel Chapuzeau , dans son Théâtre François P. 116. la donne à la Mefnardiére. Alinde , Tragédie. Paris, in 4. 1645. Lettres de Pline le Consul. Paris , in 12. 164;. Ce n’est qu’une Traduction des trois premiers Livres. Lettres du fleur du Rivage,Contenant quelques observations fur le Poème Epique , fs fur le Poème de la. Pucelle , Paris ,2124. 1696. Chant Nuptial pour le mariage du Roi, Paris ,ìn fol. 1660. Cette piéce est d’en- viron 700. vers. Relations de Guerre, Contenant le secours d’ArriL; en 1694. le Siège de Valence en 1696. U le Siège de Dunkerquc en 1698- Paris , in g. 1662. Tous ces. Ouvrages, & l’Auteur lui-même , font presque tombez dans l’oubli. ,, Gardons-nous cependant de croire, ,, dit Mr. l’Abbé d’Olivet dans son Histoire de l’Aca- „ démie , que la Postérité lui ait fait tort , elle rend ,, toûjours justice; c’est même le seul juge non sus- „ pect. Pour moi prévenu peut-être par l’opinion que „ deux de ses Comtemporains (Chapelain & Cbevraux ) „ avoient de lui , j’avouë qu’en parcourant ses Ou- „ vrages, j'y ai cru voir moins de jugement que d’i- ,, magination; une attention bien plus grande à étaler ,, de belles paroles qu’à employer des pensées solides ; ,, une continuelle envie de Te faire admirer, plutôt „ que d’instruire. Tout Ecrivain qui ne fait pas son „ capital du bon sens , renonce à l’immortalité FRANÇOIS EUDES DE MEZERAY, Secre- taire de l’Académie Françoise en 1679. Historiographe de France, étoit du village de Rye, au Diocèse de Sées , proche la Ville d’Argentan en Baffe Normandie. II prit le nom de Mezeray d’un petit Hameau de la Paroisse de Rye. Mr. le Chancelier Seguier conçût une si haute estime pour lui, qu’il lui donna une pension ; le Roi le gratifia d’une seconde , & le Cardinal Mazarin d’une troisième. Alors il s’apliqua à faire Y Histoire de France qui avoit déja été commences, dit-on, dans Moreri, par Baudouin de l’Académie Françoise , lequel vécut cependant jusqu’en 1690. II la publia en trois volumes in fol. le I. parut en 164;. le II. en 164 6. & le III. en 1691. La seconde Edition ne parut qu’après la mort de l’Auteur en 1689. II en fit lui même l’Abrégé en trois volumes , 222-4. i66g. & en huit volumes in douze. Cette Histoire finit à la mort d’Henri IV. il avoit dessein de la continuer : mais le Régné de Louis XIII. lui parut trop épineux pour un Historien sincère. 11 a fait auffi imprimer en 1690. une Continuation de YHistoire des Turcs , in fol. depuis l’an 1612. jusques en l’an 1648. II mourut à Paris le 10. Juillet 168;. âgé de 79. ans. II étoit frété du P. Eudes Missionnaire qui a donné quelques petits Traitez de dévotion au Public. La Vie de Mezeray , par Mr. de la Roque a été imprimée à Amsterdam, 222-8. en 1726. On a encore de Mezeray, les Vanitez de la Cour : traduit du Latin de Jean de Sarisbéry. Paris, 222-4. 1640. La Vérité de la Religion Chrétienne, traduit du Latin de Grotius. Paris, in 8- 1644. Y Origine des François. Amsterdam , in g. 1682. JACQUES MARSOLIER, Parisien & Chanoine d’tJfez en Languedoc , célébré par les excellentes Histoires qu’il a publié du Cardinal Ximenez , de S. François de Sales , N de l’Abbé de la Trappe , & qui font /admiration du lecteur. II est mort environ l’an 1727. CLAUDE GASPAR BACHET, Sieur de Me- 2irìac, si connu des gens de Lettres par son esprit & son savoir , naquit à Bourg en Bresse d’une famille distinguée. Après avoir passé plusieurs années à Paris & à Rome , il se retira chez lui, oû il mena une vie tranquille & agréable , respecté & chéri de tous les honnêtes gens. II se donna toute entier à l’étude des Sciences , & évita avec foin les Charges & les emplois qui auroient pû le distraire de ses occupations. Lorf- qu’il étoit encore à Paris , on parla de le faire Précepteur du Roi Louis XIII. & il se hâta de se retirer , craignant de se voir chargé d’un aussi pesant fardeau. En 1639. l’AcadémieFrançoise , qui nefai- soit alors que de s’établir , reçût Mr.’de Meziriacdans son Corps. La vie de cet Académicien ne fut pas longue, il mourut le 26. Février 163g. & laissa plusieurs enfans , & divers Ouvrages. Mr. Pelisson dit qu’il n’avoit guère que 49. ans: Mr. Bayle croit qu’il ne mourut pas si jeune, puisque son pere, qui l’avoit eu de son premier mariage , se remaria l’an 1986. Baillet dit qu’il vécut 47. ans, & l’Auteur de la Bibliothèque du Richelet de Lyon, le fait mourir à peu près sexagénaire. Voici les Ouvrages qu’on a de Mr. de Meziriac. 1. Problèmes plaisant £çf délesta blet, qui se font par les nombres. Bourg en Bresse , in g. itìi;. Onze ans après il en donna une seconde Edition corrigée & augmentée. Lyon, in g. 1624. 2. Diopban- ti Alexandrini Arithmeticorum libri sex , U de nume- ris multangulis liber unm : nuncprhnum Grâce U La- tinè editi , atque abfolutiffìmis commentariis Ulujìrati. Paris, 222/0/. 1621. Cet Ouvrage a été fort applaudi des Connoisseurs, fur tout par Mr. Descartes & Mr. de Fermât. Vossius & après lui Kònig en ont parié avec beaucoup d’éloge. 3. Les Epîtres d’Ovideenvers François, avec des Commentaires fort curieux : premiers partie. Bourg, in 8- 1626. C’est de tous ses Ouvrages celui qui lui a fait le plus d’honneur, Mr. Bayle le cite souvent. Cet excellent livre étant devenu fort rare , on en fit une belle Edition à la Haye en 1716. 2. vol. in-8- avec la vie de l’Auteur & plusieurs autres de ses Ouvrages. 4. Virginis Deipara ad Chrì- fìumfilium epiftola, nec non N alia quadam Poïma- tìa. Bourg. 222-8- 1626. Rime Toscane. In Borgo , ìn 8. 1626. 9. Postes Françaises , dans les Recueils de 1621. & 1627. 6. La Vie du Bienheureux Alexandre Luzagne , Gentilhomme de Bresse .- traduite de l’Italien. Bourg, 222-8- 162g- 7- Traité de la Tribulation, traduit de l’Italien de Cacciaguerra. Bourg, 222-12. 1630. g. La Vie d’Esope: tirée des anciens Auteurs. Bourg, 222-16. 1632. Cette piéce est très-estimée : elle étoit fort rare avant qu’elle eût été réimprimée dans les Mémoires de Littérature, & dans /Edition de 1716. des Epîtres d’Ovide de Mr. de Meziriac. 9. Discours fur la Traduction. II fut envoyé à l’Académie en 1639. & lûpar Mr. de Vaugelas le 10. Décembre. II a été a été imprimé pni:r première fois en 1715. dans le Menagiaxa J; r :: tíe la Monnoye. 10. Remarques fur l’origr ;;••••/• Lugduniim; & Remarques fur un passage de Rime. Ces deux pièces ont paru pour la premiere fois en 171 6. dans PEdition des Commentaires fur lc: Epîtres d’Ovide faite à la Haye. 11. Re- marques fur la vie de Thésée , fur celle de Numa , U fur celle de Fabius Maximus : dans le Plutarque de Mr. Dacier, Paris, in-4. 1721. Mr. de Meziriac a- voit laissé plusieurs autres manuscrits , comme un Traité d’AIgébre, treize Livres des Elemens d’Arithmétique servant pour l’Algébre , le reste des Epîtres d’Ovide fans Commentaires, Agathemeres Géographe Grec, & un savant Commentaire sur Appollodore qui est à Paris, & qu’on vouloit publier en 1715. Votez les Nouvelles Littéraires du a. Février 171$. RENE’ MILLER AN , natif de Saumur, mon- troit les Langues dans Lyon en r 690. lorsqu’ii y donna la seconde Edition de l’Ouvrage suivant, que Ri» chelet décrie dans son Dictionnaire : Lettres Familier res, Galantes, gf autres , fur toutes fortes de sujets a- vec leurs réponses .... une instru&ion pour faire deS Lettres , gjV. par René MìUeran , de Saumur , Proses feur des Langues Françoise , Allemande £? Angloífe , U Interprète du Roi dans fa Cour de Parlement, in. 12. On en a fait depuis un grand nombre d’Editîons» JEAN BAPTISTE POQJJELIN DE MOLIERE, Poète Comique, né à Paris Pan 1620. s’est acquis par ses Comédies une réputation qui ne mours jamais. H quitta bientôt l’étudë du Droit aUquel son Pere Pavoit destiné , poursuivre le panchant qui l’en- traînoit sur le Téatre. II entra dans une Troupe de Comédiens de Campagne, & se fit conndître à Lyon par sa premiere pièce cjui fut l’Etourdi. Bientôt après fa Troupe fut honorée de la protection de Mr. le Prince de Conty Gouverneur du Languedoc, ensuite de celle de Gaston Duc d’Orleans, qui le présenta au Roi, ct à la Reine Mère. Ce fut alors qu’il obtint la permission de jouer à Paris dans la Sale du Palais Royal en 1660. où il amusa la Ville & la Cour par des pièces toujours nouvelles & toûjours agréables. Les meilleures sont le Mifanlrope & le Tartuffe » II tomba malade en jouant le Malade imaginaire, & mourut le même jour 17. de Février 1673. âgé de cinquante-trois ans. On eut toutes les peines du monde à obtenir qu’il fíìt enterré en terre sainte ; ce qui a fait dire à Mr. Despréaux , qu’un peu de terre fût. obtenu par prières. Ses Oeuvres ont été souvent imprimées à Paris en huit volumes in- ra. fa vie est écrite par Grimarest. En 1723. on a fait à Amsterdam une nouvelle Edition des Oeuvres de Molière , in- 12. 4. vol. augmentée d’une nouvelle Vie de P Auteur, & de la Princesse d’Elide toute en vers , telle qu’elle se joue à présent, imprimée pour la prémiére fois. CLAUDE DU MOLINET, Chanoine Régulier ct Bibliothécaire de l’Abbaye de Sainte Geneviève à Paris, étoit né en r620. à Chálons fur Marne, & mourut le 2. Septembre 1687. II publia à Paris en 1666. îes Figures des diffèrens Habits de Chanoines Réguliers, in-4. FRANÇOIS DE LA MOTHE LE VAYER, de l’Académie Françoise , nâquit à Paris en r 3 88- H fut Conseiller d’Etat ordinaire, Précepteur de Mr. le Duc d’Anjou, qui fut ensuite Duc d’Orleans, fit de grands progrès dans toutes sortes de Siences. II fut teçû à l’Académie le 14. Février 1639. Ses Ouvrages qui font en grand nombre, ont été mis en trois volumes in fol. qui ne contiennent que les Ouvrages publiés jusqu’en 1667. On n’y trouve pas un Traité qu’on lui attribué , & qui est intitulé, Hexameran Rustique, ce sont des conversations de six jours à la Campagne , où l’on traite de toutes les matières differen- tes : il y a des expressions hardies & même peu honnêtes ; ce qui est cause que cet Ouvrage n’a jamais été imprimé avec Privilège. L’édition des Oeuvres de cet Auteur en 13. volumes in-12. est la plus complet- te. On n’y trouve pas cependant les Ouvrages cottés ci-dessous n. 32. 33. & suivans. La Mothe le Vayer donnoit fort dans les sentimens des Sceptiques, & mourut dans fa 83. année, à Paris en 1672. On a remarqué qu’il avoit près de 30. ans íorsqu’il publja le premier de ses Ecrits; & qu’il se remaria à l’âgede 75. ans après la mort de son fils unique qu’il avoit é- levé avec soin , & qui donnoit de grandes ésperanees.. Mr. L’Abbé d’Olivet a fait son Eloge, & voici la liste qu’il donne de ses Ouvrages. 1. Discours de la contrariété d’humeurs, qui je trouve entre certaines nations, fs fngulierement entre la Françoise £5? /’ Espagnole avec deux Discours politiques , l’un Jur la Bataille de Lut-zen, N i’autre Jur ia proposition de Trêve aux Pays-Bas en. 1633. Paris, in g. 1636. 2. Petit Discours Chrétien de l’immortalité de P Ame, avec le Corollaire U un Discours sceptique Jur la Musque. Paris, in g. 1637. 3- Considérationsjur P Eloquence Françoise de ce temps. Paris , in-S. 1638- 4- Discours de P Histoire. Paris, in-8. 1638- 3- De Pins ruilíon de Mr. le Dauphin. Paris , in 4. 1640. 6. De la vertu des Payens. Paris, in-4.1642, 7. De la liberté, & de lafervitude. Paris, in-12. 1643. 8- Opuscules , ou petits Traités. Paris, in- 8. 4. vol» dont chacun contient sept Traités. Tom. I» 1643. Tom» II. & III. 1644. Tom. IV. 1647. 9. Opuscule , ou petit Traité sceptique sur cette commune façon de parler : N’avoir pas le sens commun. Paris, in-12. 1646. 10. Jugement sur les anciens f principaux Historiens Grecs £3? Latins. Paris, in- 8. 1646. iL. Petits Traités en forme de Lettres écrites à diverses perJ'onneS fltédieuses. Paris, in-4. 1647. 13. La Géographie du Prince. Paris , in-%. 1631. 14. La Rhétorique du Prince, Paris, in 8- 1631. 13. La Morale du Prince. Paris, in- 8. 1631. 16. L’Oeconomiquedu Prince. Paris , in g. 1633» 17. La Politique du Prince. Paris, in 8- 1634. 18 .La Logique du Prince. Paris, in 8- 1633. 19. En quoi la pieté des François diffère de celle des Espagnols dan'S une profession de même Religion. Paris, in 12. 1637. 20. La Physque du Prince, Paris , m 8- 1638. 21. Nouveaux Traités en forme de lettres. Paris , m 8. 1639. 22. Derniers petits Traités en forme de lettres. Paris, in 8- 1660. 23. Prose chagrine. Paris, in 12. 3. vol. 1661. 24. La Promenade: Dialogue entre Tubertm 0 - cella , £? Marcus Bibulns. Paris , in 12. 4. vol. Tom» I. 1662. II. III. & IV. 1663. 23. Homélies Académiques. Paris , in 12. 3. vol. Tom. I. 1664. Tom. II. 1663. 26. Problèmes sceptiques. Paris, in iL. 1666. 27. Doubte sceptique, st sétude des belles lettres est préférable à toute autre occupation ? Paris, in 12. 1667. 28- Observations diverses fur la composttion N fur la lé- fíure des livres. Paris, in 12. 1668. 29. Deux Discours ì le premier, dupeude certitude qu’il y a dans í Histoire : 1 esecond de la connaissance de soi-même , Paris , in 12. 1668- ;ò. Discours pour montrer que les doutes de la Philosophie sceptique sont de grand usage dans les Sciences. Paris , in 12. 1669. 31. Mémorial de quelques Conférences des personnesstudieufis. Paris, «2-12. 1669. 32. Introdullion Chronologique à l’Histoire de France, Paris , in- 12. 1670. 33. Soliloques sceptiques. Paris, in-12. 1670. 34- Hexameron Rustique. Paris in 12. 1670. 33. Quatre Dialogues faits à Limitation des Anciens , par Orafiw Tubero. Francfort, in-4. 1606. La date de ces Dialogues, ct des suivans, est fuposée, tant pour le lieu de i’impreísion , que pour Farinée. 36. Cinq autres Dialogues du même Auteur, & Francfort , in 4. 1 606. BERNARD DE LA MONNOYE, né à Dijon le 16. de Juin 1641» mourut à Paris en 1628. dans un âge fort avancé. II avoit de grands talens pour la Poésie, & remporta souvent le prix de l’Académië Françoise, où il fut reçu en 1713. 11 n’a point donné d’Ouvrage considérable , mais on trouve beaucoup de ses pièces détachées dans les Recueils de l’Académie , dans celui du P. Bouhours & dans les Mercures» En 1713. II donna le Menagiana augmenté de !a moitié, in-12. 4. vol. En 1716. on publia à son ihíçû un Recueil de ses Postes, à la Haye, in-8. H a beaucoup augmenté la derniere Edition en 7. vol. in-4» des Jugemens des Savans de Baillet » Air. de ia Monnoye étoit un des beaux esprits de son tenvs , & il étoit fort versé darts la belle littérature. PIERRE MORIN, Fleuriste célébré, étoit de Paris , ct mourut vieux vers Farinée 1668- On a de lui un livre intitulé Remarques nécessaires pour la culture des Fleurs -, & Paris , in-8- 165g. 'ct 166g. JEAN MORIN , Prêtre de FOratoire, illustre par fa vertu, & par fa science , naquit à Blois Fan 1391. dans la Religion Reformée ; mais le Cardinal du Perron Fayant converti il entra quelque teins après dans la Congrégation de FOratoire , q de ie Cardinal de Berulle venoit d’établir en France. Sa principale ôcupation fut FEcriture Sainte & la Positive ; comme & á ' ■ si pa» LISTE ALPHABETI OU E il paroìt par ce qu’il a donné sur la Bible, & sur les Sacremens de i’Ordre & de la Penitence. II composa étant encore jeune un Ouvrage intitulé en François, l’HiJìoire de la délivrance de l’Eglise par Constantin , du progrès de la Souveraineté des Papes, par la piété & par la libéralité des Rois de France. II mourut le 28- Février 1659. âgé de soixante-huit ans. Le P. Moret del’Oratoire , a donné en 1705. ses auvres postumes. On y trouve un Traité de la Contrition , & de l’Expiation des Catbecumenes , &c. JEAN NICOLE, dit le Président N/co/e, parce qu’il avoitune charge de Président à Chartres, Ville de fa naissance, est un Poète qui a eu quelque réputation en son tems. On a de lui un Recueil de Poésies intitulé : Les Oeuvres de Mr. le Préstdent Nicole. Paris, in-12. 2. vol. 1681. L’Auteur s’étoit fait imprimer pour la première fois environ 30. auparavant. PIERRE NICOLE,. Ecclésiastique très célébré par fa piété & son érudition , naquit à Chartres l’an 162;. Son pere Jean Nicole étoit Avocat & l’Orateur de la Ville, Cousin du Président Nicole. II fut lié d’amitié avec Mr. Arnaud Docteur de Sorbonne, & eut beaucoup de part aux Ouvrages de Messieurs de Port-Royal. C’est lui qui a traduit fous le nom de Wendrokius les Lettres Provinciales ; Ouvrage plus beau que le Latin de Terence qu’il voulut imiter. Ses Traités de Controverse lui ont fait beaucoup d’hon- neur. Son livre de la Perpétuité de la Foi de L Eglise Catholique touchant l’Eucharistie, avec la réfutation de (Ecrit d'un Ministre contre ce Traité , est en 3. vol. in-4. le premier parut en 1669. le second en 1671. & le troisième en 1674. En 1671. il donna ses Préjugés légitimes contre les Calvinistes , in-ï2. Mr. Pajon lui répondit avec beaucoup de force, & on n’a jamais rien répliqué à ce dernier. Nous avons aussi de Mr. Nicole un Traité de l’Unité de l’Eglise, dix volumes â’Essais de Morale , où l’on découvre une grande solidité , soutenue d’une juste délicatesse. Depuis fa mort, qui arriva le 16. Novembre 1693. peu de jours après avoir publié son Traité fur le Quietisme , l’on donna au Public des Injìrufíionsfur les Sacremens , fur le Symbole , & sur YAve Maria, & l’on espère de voir bien-tót ce qu’il a fait sur le Décalogue. On le fait Auteur des Lettres fur l’HereJle imaginaire , de la Foi humaine , d’un Ouvrage en vers Burlesques YutPAhna- nac des Enluminures , de Vonguent pour la brûlure s on volt encore de lui un Syjìeme fur la Grâce. On a fait en 1715. un Recueil dé ses divers Ouvrages fur les matières de la Grâce avec ce titre : Traité de la Grâce générale , in 12. 2. vol. , EUSTACHE LE NOBLE, né à Troyes, étoit un homme d’esprit & d’un talent merveilleux pour écrire sur toutes fortes de matières : il seroit à souhaiter qu’il y eût dans ses Ouvrages autant de solidité que d’imagination. II fut d’abord Procureur Général au Parlement de Metz : mais quelques disgrâces l’obli- gerent à quitter fa Charge, & à demeurer long-tems prisonnier à la Conciergerie. Là il étourdissoit son chagrin par des Pasquinades qu’il débitoit tous les mois fur les affaires du tems. II composa Y Histoire de la République d’Hollande , t Esprit de Gerson , deux volumes de Fables , qui font beaucoup inférieures à celles de la Fontaine. Et comme s’il eût voulut expier des occupations si badines , & si peu conformes à fa Religion, il a voulu depuis sanctifier sa plume par une traduction Françoise des Pfeaumes de David , avec quelques pieuses Réflexions fort courtes & une Paraphrase sur le Pseaume Mijerere. II mourut fort pauvre le 31. Janvier 1711. âge de 68.ans. On a fait à Paris depuis fa mort une Edition de tous ses Ouvrages, en 19. vol. in- 12. MICHEL NOSTRADAMUS. célébré par ses Centuries ou Prophéties , étoit Provençal & d’une famille noble. II naquit le 14. Decembre 1503. à Saint Rémi , petite Ville à quatre lieues d’Aries, mais du Diocèse d’Avignon. Son Pere y étoit Notaire , & son grand-Pere Médecin. Après qu’il eut fait ses humanité? & fa Philosophie à Avignon , il alla étudier en Medecineà Montpellier , d’où la peste l’obli- gea de sortir en 1323. II alla à Toulouse, ensuite à Bordeaux , & après quatre ans de courses il revint à Montpellier & s’y fit recevoir Docteur en 1329. II retourna dans les mêmes lieux où il avoit été auparavant. II s’arreta à Agen, où il avoit fait connaissance avec le célébré Jule César Scaliger, & il s’y maria. Sa femme & les deux enfans qu’il en avoit eû etant morts quatre ans après, il retourna en Provence , & fe fixa a Marseille. Un parti avantageux lui ayant ete proposé à Salon il s’y transporta vers l’an 1344. & il y épousa Anne Pouffart. II rendit de grands services aux Villes d’Aix, & de Lyon en 1346. & 1547. & ensuite il vécut dans la retraite & fe crut inspiré pour prédire l’avenir. II composa des Sentences énigmatiques qu’il réduisit en Quatrains , & qu’il rangea ensuite par Centuries. 11 fit imprimer les sept premières Centuries en 1336. à Lyon, chez Rigaut. Cet Ouvrage partagea le Public ; les uns regardèrent l’Au- teur comme un Visionnaire, ou un fou ; les autres comme un Magicien & un Impie; mais bien de gens le crurent un véritable Prophète. Henri II. voulut le voir, il fut bien reçu à la Cour , & s’en retourna à Salon, comblé d’honneurs & de présens. Ce succès l’encou- ragea , & il augmenta son Ouvrage de trois cens Quatrains , pour en faire une milliade , qu’il publia en 1338. & la dédia au Roi. Henri II. étant mort l’année suivante de la blessure qu’il reçût dans un Tournois, on crut que cet évenement avoit été prédit dans le 33. Quatrain de la premiere Centurie de Nos. tradamus. Sa réputation en fut augmentée, & il fut honoré de la visite du Duc de Savoye & de Marguerite de France son épouse. Charles IX. passant à Salon voulut voir Nostradamus ; il le vit une seconde fois à Arles, & lui donna deux cens écus d’or,& un Brevet de Médecin ordinaire de fa personne avec les mêmes Appointe- mens dont ses autres Médecins jouissoient. Nostradamus mourut seize mois après à Salon , le 2. Juillet 1366. & fut enterré dansl’Eglife des Cordeliers de cette Ville , où l’on voit son Epitaphe. II laissa en mourant trois fils & trois filles ; & quoiqu’il eût encore deux frétés, l’un nommé Bertrand, & l’autre Jean, la famille des Nostradames est absolument éteinte. Outre les Centuries de Nostradamus on a de lui. x. Un Traité des Fardemens çjf des Senteurs , publié en 1332. 2. Un Livre de singulières Receptes pour entretenir la santé du corps, imprimé â Poitiers en 1336. 3. Un Traité des Confitures, imprimé chez Plantin à Anvers, en 1637. 4. Une traduction Françoise du Latin de la Paraphrase de Galien, sur l’exhortation de Menodote à l’étude & sur tout à celle de la Medecine, imprimé à Lyon en 1537. II avoit encore composé quelques années avant fa mort une petite instruction pour les Laboureurs, où il marquoit les faisons & les tems favorables à leurs travaux , & l’avoit intitulé, YAlmanach de Nojìrada- mus. Enfin après fa mort on publia la XI. & la XII. Centurie de ses Quatrains, & on les joignit aux dix autres, qu’on avoit déja imprimé trois fois. La Vie de Michel Nostradamus, par Pierre Joseph , c’est-à-dire, par Mr. de Haitze , a été imprimée in-12. à Aix en 1712. , JEAN NOSTRADAMUS , ou de Nosìradame , étoit itéré puîné de Michel, & fut Procureur au Parlement de Provence. On a de lui des Vies des anciens Poète! Provençaux dits les Troubadours , imprimées i«-8. à Lyon x373. Au mot Roman , on les attribué mal à propos à César Nostradamus , suivant l’Auteur de la Biblioth. du Richelet. CESAR NOSTRADAMUS , ou de Nostradamt, fils aîné de Michel , naquit à Salon en 1333. & mourut en 1629. âgé de 74. ans. II est Auteur de YHisioire Chronique de Provence , imprimée à Lyon in sol. en 1614. En 1629. suivant le P. le Long , n°. 13293. César envoya à Mr. de Peiresc la suite de cet Ouvrage en un volume in fol. écrit de sa main. Cette addition commence à l’an x6oi. & finit à l’an 1618. II avoit tiré ce qu’il y a de meilleur dans les premiers Livres de son Histoire, des mémoires de Jean deNostra- dame son oncle. Charles son frere & second fils de Michel, excella dans la Poésie Provençale, & il resté quelques pièces de fa façon, comme le dit Mr. Haitzé. Le troisième fils de Michel fe fit Capucin. FRANÇOIS OGIER , né à Paris, mourut dans la même Ville le 28. Juin 1687. II fit imprimer en 1663. quelques Sermons, Panégyriques, &c. de fa façon , sous le titre d’Allions publiques , in 4. U est Cite au mot AHion. JEAN JACQUES OLIER, Parisien, né le 20. Septembre 1608- Fondateur & premier Supérieur du Séminaire de Saint Sulpice mourut le a. Avril 1657. il DES AUTEURS. íl est Auteur du Traité des Saints Ordres , qui ne parut qu’en 1676. & qui est cité au mot Acolite. SIMON D’OLIVE, Sieur du Mesnìl , Conseiller au Parlement de Toulouse, donna en 1649. une nouvelle Edition de ses Oeuvres en 2. vol. in- 4. imprimez à Lyon. Le Premier contient les Questions notables du Droit , décidées par divers Arrêts du Parlement de Toulouse. Le second , les AHìons Forenses & les Lettres. II avoit publié à Toulouse en 1642. un Recueil de Poésies Latines ; Sylvarum Liber Jìngularis Si- monis Oliva MeniUii, in-4. pag. 17;. RENE' OUVRARD , cité aux mots Ton & Tradition , étoit natif de Chinon au Diocèse de Tours. Après avoir été Maître de Musique de la sainte Chapelle à.Paris, il fut Chanoine à Tours , L Mourut en 1694. Le P. le Long indique ses Ouvrages dans ses deux Bibliothèques, mais outre ceux-là il y a de lui un volume in-12. fur la Controverse. MONSIEUR OZANAM, de I’Académie Royale des Siences, Professeur des Mathématiques à Paris -, naquit en 1640. dans un Village prés de Challon les- Lombes en Bresse , & mourut à Paris le 3. Avril 1718- II a donné au Publie un DiHionnaire général des termes de Mathématique où l’on trouve, outre les termes dé cette Sience, plusieurs termes des Arts & des autres Siences, avec des raisonnemens qui conduisent peu à peu l’esprit à une connoissance universelle des Mathématiques. II a publié encore Oeuvres Mathématiques en 3. vol. les Récréations Mathématiques en deux volumes in-8. & ensuite augmentées en 4. vol. Ouvrage curieux qui divertit agréablement le Lecteur. La Géométrie pratique, l’usage du Compas de proportion , Méthode générale pour les Cadrans , Méthode pour lever les plans gs? les cartes , Trigonométrie Rectiligne & Ipherique , & divers autres Ouvrages. BLAISE FRANÇOIS, COMTE DE PAGAN* aé à Avignon , suivant de Rocoles le 3. Mars *6041 mourut le 18. Novembre 1663. fans avoir été marié; II embrassa le parti des armes dès Page de 12. ans , & il servit jusqn’en 1642. qu’il perdit la vùë. II coma posa ensuite divers Livres; Ses Fortifications parurent à Paris in fol. en 1643, & ses Problèmes Géométriques , în 8- furent imprimez dans la même Ville en 163t. II a aussi fait quelques autres Ouvrages dont il est parlé dans Moreri,qui dit de même que Perrault,que le Coma te de Pagan étoit de Provence , fans marquer le lieu ds fa Naissance. BLAISE PASCAL,, né à Cîermont en Auvergne le ig. Juin 1623; parut dès fou Enfance fort élevé au- dessus de son âge & passa dans un Siécle rempli de per- sonnes habiles & savantes, pour un des plus grands ess prits, des plus profonds dans les Mathématiques, & pour un des plus parfaits modelés de la véritable Eloquence. A l’âge de dix-neuf ans il inventa fa machine d’Aritmetique, qu’on apelle Roue Pafcaline , cjui est admirée de tons les Savans. II a combattu tres- ágréablement les opinions pernicieuses des Cafuistes relâchez dans les Lettres Provinciales , Ouvrage qui depuis cinquante ans qu’il paroît, a toujours les agré- mens de la nouveauté , qui; fera d’une gloire immortelle à son Auteur, & au-dessus de toute la Critique. Les Fragmens d’un Ouvrage qu’il niéditoit fur la Religion, & qui fe trouve dans ses Pensées, fontregteter au Public la perte d’un Traité si utile. C’est lui qui a fait revenir les Anciens Philosophes de l’erreur où ils étoient fur l’horreur du vuide, en montrant dans son Équilibre des liqueurs , que tout ce grand nombre dessers viennent de la pesanteur de l’Air. Nous avons encore de ce grand homme un Traité de la Roullette , Ouvrage de Mathématique mais qui est assez rare. Paso cal mourut à Paris le 19. Août l’an 1662. âgé de trente- neuf ans. Madame Perier fa soeur a composé un petit abrégé de sa vie qu’on trouve au commencement de ses Pensées , impression d’Hollande. Voïez le Dictionnaire de Bayle. TEAN BALAFRAT, Ecuyer, Seigneur de Bigot , Doyen des anciens Gapitouls de Toulouse , Académicien des Jeux Floraux, & Secretaire des Commande- mens de Mr. le Duc de Vendôme , mourut à Paris le 23. Octobre 1721. âgé de 72. ans. II est Auteur de la Comédie du Grondeur , qui eut beaucoup de succez il y a plus de quarante ans. 11 a donné encore quelques autres pièces de Poésie & de Prose, dont on a fait un Recueil imprimé à Paris & en Hollande. RENE' LE PAYS , naquit en 1636. à Fougères en Bretagne, & mourut à Paris le 30. Avril 1690. II étoit d’un esprit aisé & fort agréable dans la Conversation. Outre ses Oeuvres qui contiennent des vers & de la prose , il est Auteur d’un Livre intitulé , Ami- tiez, Amours , Amourettes. On volt dans le Recueil dù P. Bouhours quelques petites pieces de fa faqon. LePaïs étoit de l’Académie d’Arles, & il avoit une grande partie de fa vie en Dauphiné, où il avoit une Commission dans les Finances. NICOLAS PAPIN, étoit de Blois & Protestant. En 1683. les Disputes fur la Grâce qui s’éleverent parmi les Reformés l’obligerent de palier en Angleterre , où il fut ordonné Prêtre dans l’Eglise Anglicane en 1686. L’Année suivante il alla à Hambourg , d’où il passa à Dantzik. II revint en France en 1690. & fit abjuration entre les mains de Mr. Bossuet, Evêque de Meaux. II fit imprimer son Traité de la Tolérance des Protestant , approuvé par Mr. de Meaux. Paris , in-12. 1690. L’Auteur changea ensuite le titre , & augmenta beaucoup son Ouvrage. II ne fut réimprimé qu’après fa mort, qui arriva à Paris le 19. Juin 1709. son Livre parut en 1713. sous ce nouveau titre : les deux voyes opposées en matière de Religion , l’e- xamen particulier est t autorité ; seconde Edition du Livre intitulé , la Tolérance des Protestant, &c. in-12. Liege. L’Auteur y prétend démontrer, que les Pro- testans qui s’én tiennent à la voye de I’examen particulier , sont obligés malgré qu’ils en ayent, à tolérer les autres sectes. DENIS PAPIN, natif de Blois & Protestant, vi- Vóit encore en 1707. & il étoit Médecin. II publia en 1681. un Ouvrage intitulé : la maniéré d’amollir les os , £sf de faire cuire toutes sortes de viandes en fort peu de tems , £çf a peu de frais , avec une description de la machine dont il saut se servir pour cet effet , ses propriétés Çst ses usages confirmez par plusieurs expériences , nouvellement inventée par Mr. Papin , Docteur en Medecine. Paris, in-12. Etant allé à Londres, Tannée suivante il y fut reçu à la Société Royale , & il publia son Ouvrage en Ánglois. En i687- il passa à Marpourg poúr y enseigner les Mathématiques. II y a eu Un autre , Receveur Général du Domaine de Blois & Protestant, qui publia en 16S0. uii petit Ouvrage de Controverse. JEAN PAPON , Jurisconsulte célébré , Seigneur de Coutelas & de Marconi, naquit vers Pan 1503. dans le Village de Croizet en Forets, & eut une charge de Juge-Royal. En 1629. il fut Lieutenant Général au Siège Royal de Montbrison, & mourut dans cette charge en 1390. dans un âge fort avancé; La Croix Du Maine dit après Moreri * que Papon avoit été Conseiller au Parlement de Paris. Mais duVer- dier , qui vivoit avec Papon à Montbrison, & qtìi é~ toit mieUx instruit, ne lui donne point cette qualité, & Papon ne l’a jamais prise. On a les Ouvrages fui- vans de Papon. 1. joan. Paponts Crozetii , Forenjls PrevincU Judicis , in Burbonias consuetudines Commen- tarìa. Lyon, in fol. 1330. chez de Tournes. 2. Joan ; Paponts in sextum Decalogi Praceptum , non maechabe- ris,libriJV. Lyon chez de Tournes , 1332. in 4. 3. Rapport , ou Comparaison, des deux Princes de l’Eloquence Grecque £3? Latine Demosthene U Cicéron , à la, traduítion d’aucunes leurs Philippiques. Lyon, in- 8; 1334. 4. Recueil dlArrêts Notables des Cours souveraines de France. Par J. Papon ,, Conseiller du Roi , Lieutenant General au Bailliage de Forets. Lyon , in fol. 1336. Cet Ouvrage eut un si grand succès, qu’on en fit Une sixième Edition à Lyon chez de Tournes en 1383. dédiée par Papon lui-même à Mr. de Har- lay premier Président du Parlement de Paris. 3. Les Notaires de Papon , qUi sont comme une Pratique de toutes les parties du Droit, en 3. vol. in fol. Le premier Notaire est de 1368. le second d§ 1374; & le troisième de 1378; IGNACE-GASTONPARDIES , naquit en 1638. à Pau où son Pere étoit Conseiller au Parlement. íl sè fit Jésuite en 1632. à l’âge de 16. ans. II s’apli- qua aux Mathématiques 6e à la Philosophie qu’il professa avec éclat. II donnoit de grandes espérances, mais la mort l’enleva en 1673. à l’âge de 33. ans. On a de lui divers Ouvrages qui lui ont fait honneur. 1. Horologium Tbaumanticum Duplex. Paris, in 4. 1662. á. Disfertatio de motu& naturà Corneta- c 3 rum. LISTE ALPHABETIQUE mie Françoise en 1691. & Mourut à Paris le 10. Jan-* vier 1703. On fit à la Haye en 1713- un Recueil de ses Oeuvres, dont il parut une Edition fort augmentée en 1718. à Amsterdam. PAUL FONTANIER PELISSON, reçu à l'à démie Françoise en 1652. a été sans contredit un des plus beaux esprits de son siécle. 11 naquit a Castres en Languedoc en 1624. suivant plusieurs Auteurs ; mais Mr. d’Olivet assure qu’il étoit' né à Beziers. Dès l’âge de treize ans il prit ses degrez dans l’Uni- verfité de Cahors, & le fruit de ses Études fut une Paraphrase des Insiitutes de Justinien , qu’il donna au Public à l’âge de dix-fept ans. II vint ensuite à Paris, & s’y appliqua à composer 1 'Histoire de l’Académie Françoise , qui fut reçûë avec beaucoup d’aplau- dissemens, quoi qu’il eût des murmures à essuier de tous cotez, comme il le dit lui-même, quelque tempérament qu’il eût gardé , & dans ses critiques , & dans ses éloges. Ayant été fait Secretaire du Roi en 1632. Air. Fouquet le choisit en 1657. pour être son premier Commis pour les Finances & bientôt après pour son confident. Deux ans après on le reçut Maître des Comptes à Montpellier. La disgrâce de Mr. Fouquet attira la sienne ; il fut mis à la Bastille, où il composa divers Ouvrages en faveur de Mr. Fouquet. En aiant été reconnu l’Auteur il fut étroitement resserré. II obtint ensuite plus de liberté & des Livres pour s’ocuper dans fa prison. II s’apli- qua à se convaincre de la Religion Catholique, & à travailler à sa conversion par l’Etude de l’Ecriture & des Peres. Après quatre ans & quelques mois de prison , il fut élargi, & différa encore de quatre années son changement. Le Roi pour se l’attacher lui assura deux mille livres de pension. II fit enfin abjuration de la Religion, dans laquelle il avoit été élevé, dans l’Eglisc souterraine de Chartres le F- d’Oc- tobre 1670. L’année suivante il fut reçu Maître des Requêtes, & eut dans la fuite l’Abbaye de Gimont & le Prieuré de S. Orens d’Auch, aiant pris le sons - diaconat. Le Roi lui confia ensuite l’Oeconomat des Abbayes de Cluni, de St. Germain des Prez, & de St. Denis, dont il employoit les deniers à donner des pensions aux Nouveaux Convertis. Depuis son changement il n’eut en vûë que l’avancement de la Religion Catholique, & la gloire du Roi ; & il fit divers Ouvrages de Controverse. Son zélé déplut aux Pro- testans , qui ne manquèrent pas de s’en plaindre. Dans fa jeunesse Mr. Pelisson avoit été attaché à la Poésie, à laquelle il renonça étant à la Bastille. Le Roi l’avoit nommé pour travailler à son Histoire & le Panegirique de ce Monarque , qu’il prononça à l’Académie en 1671. a été traduit en Latin, en Espagnol, en Italien, en Anglois, & même en Arabe. La Préface des Oeuvres de Sarazin est encore de lui. II mourut subitement le 7. Janvier 1693. & parut durant toute sa vie attaché à la Religion Catholique. Quelques bruits injurieux que ses ennemis firent courir sor fa mort, ont été réfutez par Mr. l’Evêque de Aleaux, dans une Lettre à Mademoiselle de Scudery. On assure cependant qu’il ne voulut point recevoir le Sacrement. Mr. l’Abbé d’Olivet a fait l’Eloge de Mr. Pelisson, & voici la Liste qu’il nous donne de ses Ouvrages. 1 . Paraphrase des Institutions de f Empereur Justinien , &o. Paris, in %. 1649. 2. Relation contenant l’Hisioire de l’Académie Françoise. Paris, ìn 8 - 1653 . 3 . Discours sur les Oeuvres de Mr. Sarazin. Paris, in 4 . 1659. 4 . Discours au Roi par un de fis fi- déliés sujets fur le procès de Mr. Fouquet : avec divers autres écrits fur le même procès. Paris, ìn 4. 1661. Panégyrique du Roi Louis XIV. Paris, in 4. 1671. rum. Burdigalœ , in 8- 1S63. 3. Discours du mouvement Local , Paris,/» 12. 1670. 4. Elemens de Géométrie. Paris , in 12. 1671. 3. Discours de la connaissance des Bêtes. Paris, ìn 12. 1672. 6. Lettre Sun Philosophe à un Cartésien de fis amis. Paris, in 12. 1672. 7. II publia la même année 1672. à Paris, in 12. une traduction Françoise d’un Livre Italien du P. Bar- toli Jésuite, fur les Miracles de S. François Xavier, & y ajouta une Préface curieuse sur la foi dûë aux Miracles, g. Lafiatìque , ou lascience des forces mouvantes. Paris, in- 12. 1673. 9. Descriptions explication de deux machines propres à faire des Cadrans avec une grande facilité. Paris, in-12. 1673- On a imprimé ensemble plusieurs de ces Ouvrages, sous le titre de, Oeuvres du P. Pardies , &c. & il s’en est fait plusieurs Editions en France & en Hollande. JEAN NICOLAS DE PARIVAL, né en France, mais originaire de quelque lieu des Ardennes , étoit un Catholique fort zélé, tout dévoué à la Maison d’Autriche & au Gouvernement Espagnol. II enseigna pendant plusieurs années la Langue Françoise à Leyde, & il y publia en 1631. un assez mauvais Livre intitulé , les Délices de la Hollande , in g. On l’a depuis corrigé & augmenté & imprimé en 2. vol. in 12. avec beaucoup de figures. Richelet cite un autre Ouvrage de Pari val, intitulé : Abrégé de VHistoi- re de ce Jìecle de fer, contenant les tniseres U calamì- tez des derniers tems , avec leurs causes N prétextes , {j 3 tout ce qui es arrivé de mémorable depuis Van 1600. 3. vol. in 12. On en fit une cinquième Edition à Bruxelles en 1663. GUI PATIN, Médecin, naquit à Houdan au Diocèse de Beauvais le 31. Août 1602. & mourut en 1672- âgé de 70. ans. On a de lui 3. vol. de Lettres Choisies, & 2. vol. de Homélies Lettres, qui ont paru après fa mort. Les Lettres de Patin ont fait beaucoup de bruit ; on lui a reproché de les avoir remplies de fausserez dans les faits, de calomnies & d’impietez, & on n’a pas fait difficulté de le traiter d’Athée. Quelques-uns ont cru que Patin étoit plus fou qu’il n’étoit Athée, ce qu’on justifie par divers endroits de ses Lettres. Bayle en parle au long & ne lui est pas favorable. Votez aussi Vigneul-Marville. CHARLES PATIN, fils du précédent & Médecin de Profession, naquit à Paris le 23. Fevrier 1633. & mourut à Padoue en Janvier 1694. II étoit grand Antiquaire & fort estimé des Savans. OLIVIER PATRU, Doyen de l’Académie Françoise, Avocatê Parlement, naquit à Paris l’an 1604. il fit à fa réception dans l’Académie en 1640. un Discours qui plut fi fort aux Académiciens, qu’ils ordonnèrent qu’à l’avenir ceux qui seroient reçus feroient un discours pour remercier la Compagnie. Tous ceux qui ont le mieux écrit en François ont consulté Pa- tru comme leur Oracle, & ses Plaidoyers, dont on a fait plusieurs Editions , servent de modelle pour écrire correctement en notre Langue. II mourut à Paris le 16. Janvier iSgr. âgé de scptante-sept ans, après avoir éprouvé les coups d’une mauvaise fortune en plusieurs ocafions. Le P. Bouhours a fait son éloge. Ses Plaidoyers U autres Oeuvres parurent à Paris, in 4. 1670. La seconde Edition faite à Paris, in 4. i6gi. est plus ample d’un tiers. Celles de Hollande, 1692. de Paris 1714. sont augmentées de ses observations fur les Remarques de Vaugelas. II avoit aussi fait, Réponse du Curé à la Lettre du Marguillier sur la conduite de M. le Coadjuteur , cité par le P. le Long, Bibl. Hisior. n°. 9432. & un Traité manuscrit des Libertez de VEglise Gallicane, cité là-même n°. 2362. E TIENNE PAVILLON, de l’Académie Françoise , Neveu du pieux Evêque d’Aleth, étoit Parisien. II fut Avocat Général au Parlement de Mets, mais aimant beaucoup le loisir, il sc défit de fa Charge, & rendu à lui-même, il forma une Société d’a- mis, gens d’Efprit qui ^assemblèrent chez lui, lui aidèrent par le plaisir de la conversation à soutenir les grandes incomrnoditez dont il étoit attaqué. II lui est échapé quelques Poésies qu’on trouve dans le Recueil du P. Bouhours , & qui font connoitre de quoi il eût été capable, s’il sc fût appliqué à quelque grand Ouvrage. Personne n’écrivoit mieux que lui dans le goût de Voiture. H sot reçu à l’Acadé- 6. Courtes Prières durant la Méfié. Paris, in 12. 1677. 7. ProduHions fur l’affaire du Prieuré de Saint Orens d’Auch. Paris, in 12. 3. petits volumes, 1682. 8- Réflexions fur les difierens de la Religion , &c. Paris, in 12. 1686. 9. Idem. Seconde partie. Répons aux Objections d’Angleterre £? de Hollande : ou de l’autorité du grand nombre dans la Religion. Paris, ìn 12. 1687 . 10. Idem. Troisième Partie. Les Chimères de Mr. Jurieu. Réponse générale à ses Lettres Pastorales , &c. Paris, in 12. 1690. n. Idem. De la Tolérance des Religions. Lettres de Mr. de Leìbnìtz, &c. Paris,/» 12. 1602. 12. Traité, de l’Eucbariftie. Paris, in 12. 1694. 13. Poésies diverses , la plûpart imprimées dans le Recueil de pièces galantes en prose < efi en vers, de DES A U de Madame la Comtesse de la Suze N de Mr. Peliffon. 14. Histoire de la Conquête de la Franche-Comté en 166g. imprimée dans le Tome VII. des Mémoires de Littérature & d’Histoire. Paris, ìn 12. 1729. 17. Lettres Historiques , U Oeuvres diverses. Paris, in 12. 3. vol. 1729. HARDOUIN DEBAUMONT DE PE'RE- FIXE, fut Précepteur de Louis XIV. Evêque de Rhodez, & mourut Archevêque de Paris le dernier jour de Pan 1670. II avoit été reçu à l’Académie Françoise en 16154. H est le véritable Auteur de YHiJloire du Roi Henri IV. dont on a fait nombre d’Edítions, & qu’on a attribuée mal à propos à Me- zeray. Voïez le P. le Long. n°. 8*598- Mr. de Péré- fixe avoit publié en 1647. le Livre intitulé : Institu- tio Principis. Paris, in 16. C’eft un recueil de maximes, qui renferment les devoirs d’un Roi enfant. CHARLES DU PERIER , Poëte de réputation, étoit né en Aix en Provence, & mourut le 28- Mars 1692. à l’âge (Penviron 80. ans. II est souvent parlé de lui dans le Menagìana. Richelet lui a apliqué par une faute malicieuse, au mot Office , ce que Def- preaux dit de Pelletier , mais L ai Ile t croît que les Imprimeurs de Geneve ont substitué du Perler à Pelletier, dans cet endroit de Richelet. Scipion du Perier parent de Charles, a passé pour un savant .Jurisconsulte. II mourut vers l’année 1666. On a de lui , Les Oeuvres de feu Noble Scipion du Perier, Ecuyer U Doyen de Mrs. les Avocats du Parlement de Provence, Stc. Toulouse, in 4. 2. vol. 1721. JOACHIM PERION, né à Cormery en Tou- raine, fut Religieux dans PAbbaye de Cormery, Ordre de Saint Benoît , & mourut en 15559. quelques mois après le Roi Henri II. fur la mort duquel il avoit publié une Lettre. On cite souvent dans le Dictionnaire de Richelet l’Ouvrage suivant de Pe- rion : Joacb. Perìonii Benedifíini Cormeriaceni Dìalo- gorum de lingua Gallicœ Origine, ejffique cum Gr.tca cognatione Libri IV. Paris, in g. 1555. CLAUDE PERRAULT , de l’Académie des Sciences, & Médecin de la Faculté de Paris, naquit à Paris Pan 1613. II s’est distingué non seulement par des Ouvrages de fa Profession, comme ses Ejsaii de Physique, & les Mémoires pour servir à l’Histotre des Animaux ; mais encore par d’autres concernant P Architecture, dans laquelle il excella, comme fa Traduction de Vitruve avec des notes. Paris, in fol. 1673. & 1684. Edition entreprise par Pordre du Roi, un Abrégé du même Auteur, /’ordonnance des cinq espèces de Colonnes, selon la Méthode des Anciens. Paris , in fol. 1683. C’est de lui dont Mr. Despreaux dit, que de méchant Médecin il devint bon Architecte. On publia de lui après fa mort, qui arriva le 9. Octobre 1688- un Recueil de plusieurs machines de son invention. II eut trois freres, PIERRE PERRAULT, Auteur de Y Origine des Fontaines, & de la traduction du Poème Italien de Tassoni, intitulé la Secchia rapi- ta. NICOLAS PERRAULT, Docteur de Sorbonne , Auteur d’une Théologie Morale imprimée en 1667. & CHARLES PERRAULT le plus jeune de tous dont nous allons parler. CHARLES PERRAULT , de l’Académie Françoise , né dans le sein des Lettres les cultiva avec foin dès fa jeunesse ; & par un Dialogue de VAmour U de l’Amitié, qui fut suivi de deux Odes, Pline fur la Paix des Pyrénées, l’autre fur le Mariage du Roi , il commença à donner des idées avantageuses de ce qu’il seroit dans la suite. Son mérite lui attira Pesti- me de Mr. Colbert, qui le fit premier Commis des Bátimens, ensuite Controlleur général. II s’appliqua à dresser des mémoires fur lesquels Rirent formées les Académies de Peinture, de Sculpture & d'ArchLecture. Et il fut des premiers dans celle des Sciences & des Inscriptions. Mr. Perrault étant déchargé de ce pénible emploi après la mort de Mr. Colbert, cultiva les Muses en produisant les Poèmes fur la Peinture & sur S. Paulin, Y Epître à Mr. de la Quintinie, la Création du Monde, la Patience de Gryfelidis , le Roseau, la Chasse & quelques Contes. Son Poème du Siécle de Louis le Grand, Pengagea dans une Dispute li- teraire qui lui fit produire le Parallelle des Anciens N à Modernes. Enfin c’est lui qui a composé Y Eloge Historique des grands Hommes du dix-septiéme Siécle , ausquels Mr. Begon a fait joindre les Portraits, au naturel. Mr. Despreaux a écrit contre lui assez T E u R S. vivement. Enfin Mr. Perrault mourut à Paris le 17. Mai 1703. âgé de soixante & dix-sept ans. II avoit été reçu à l’Académie Françoise en 1671. PIERRE PETIT, savant Mathématicien , Physicien, Critique, &c. naquit vers le commencement du XVII. Siécle, à Montluçon en Bourbonnois. On ignore le tems de fa mort, mais l’Abbé de Marolles dans ses Gens de Lettres , en parloit au mois d’Avril 1677. comme d’un Savant déja mort. II avoit donné plusieurs Ouvrages, dont on parle dans la Bibliothèque du Richelet de Lyon. 1. IL usage ou le moyen de pratiquer par une Réglé toutes les opérations du Compas de proportion : avec une ample constru&ion de íun U de Y autre : augmentées des Tables de la pesanteur U grandeurs des Métaux U plusieurs autres corps : N la reduélion de toutes les Mesures N de tous les poids d’Europe, d’Afrique, U d’AJie, à la Mesure U au poids de Paris. Comme auffi la construftìon N usage du Talstoc ou calibre dé Artillerie. Par P. Petit Bourbonnois, in 8- le Privilège est du dernier Juin 1625. & l’Ouvrage fut presque achevé d’imprimer la même année; mais l’impreffion en fut suspendue, & ne fut achevée que quelques années après, PAuteur alors Officier dans l’Artillerie , aiant été obligé de faire de longs voyages. 2. Petit publia environ le même tems, fa Carte du Gouvernement de la Capelle , indiquée par le P. le Long. 3. Discours Chronologiques,&Q.contenant Vintentions Ordre fs les maximes des parfaitesChronologies &c. Paris ,in 4.1636. 4. Observations touchant le vuide, faites pour la premier e fois en France, contenues en une Lettre à Mr. Chanut, Résident pour Sa Majesté en Suede. Par Mr. Petit, Intendant des Fortifications, dattée du 10. Novembre 1646. & imprimée en 1647. in 4. à la fin du XVIII. Journal des Sçavans de 1666. On dit que l’experience du vuide , inventée en Italie par Galilée & Toricelli, fut faite pour la premiere fois en France par Mr. Petit en 1646. & ensuite augmentée par Mr. Pascal & par plusieurs autres. Ainsi ce n’est pas Mr. Pascal , mais Mr. Petit qui a la gloire d’avoir fait le premier l’ex- perience de Toricelli. 5. Calculus duarum Eclipstum anni 1652. prioris Lun■ où l’on volt beaucoup de pensées neuves & dignes de la pieté de l’Auteur. En 1716. on fit à la Haye une Edition de toutes ses Oeuvres en vers. II est mort à Paris depuis peu de tems. MADAME DE VILLE-DIEU , s’est fait con- noître dans le monde par beaucoup de petits Romans, pour lesquels elle avoit un talent merveilleux ; ses expressions font tendres & délicates , & ses portraits semblent être faits d’après nature. Son principal Ouvrage est le Portrait des faiblesses humaines , où elle dépeint avec des traits vifs , cé que l’Amour peut fur le cœur des plus grands hommes. II eût été à souhaiter qu’elle eût employé ses talens à des usages moins profanes. JEAN D ANNEAU DE VIZE', étoit Parisien. Cet Auteur ne s’est rendu célébré, que parl’Ouvrage du Mercure Galant , qui est une rapsodie assez décriée aujourd’hui , & qui ne contient que ce que quelques petits esprits font de plus mauvais. C’est pour cela fans doute que Mr. de la Bruyere dit de cet Auteur, qu’il est irfimediatement au-dejsous de rien. 11 faut pourtant rendre aux premiers Ouvrages qui ont paru de lui, la justice qu’ils ont mérité : Ils ont fait l’admira- tion du Public : mais la difference qui se trouve entre ceux-là & les derniers, prouve qu’un Auteur ne peut pas se soutenir également dans des Ouvrages de longue haleine. Mr, Thomas Corneille le jeune continua ce Mecure & commença à y travailler en 1690. pour aider Mr. deVizé , qui mourut en 1710. VINCENT VOITURE , de l’Académie Françoise , étoit né à Amiens, mais nourri a Paris & à la Cour. La piéce qu’on a imprimée fous le nom de fa Pompe funebre , contient une bonne partie de ses aventures , & le caractère de son esprit est trés-naivement représenté dans le troisième volume de Cyrus en la personne de Callicrate. Bien que fa naissance ne fût d ; pas LISTE ALPHABETIQUE DES AUTEURS. pas fort relevée , son mérité fit qu’il vécut familière- ment avec les personnes de la plus haute condition. Son pere étoit Marchand de vin en gros, suivant la Cour , homme qui aimoit la bonne chere, & fort connu des grands. Voiture étoit le second de ses en- fans, dont il avoir acoutumé de dire qu’on l’avoit changé en nourrice , parce qu’il ne buvoit que de l’eau. Comme la Cour est le theatre de l’envie, fa naissance lui étoit souvent reprochée par des railleries & des bons mots. II suivit Mr. le Duc d’Orleans en Languedoc dans les brouilleries du Royaume ; de là il fut envoyé pour quelques affaires en Espagne, d’où il passa en Afrique pour satisfaire fa curiosité. II fut fort estimé à Madrid ; & ce fut là qu’il fit ces vers Espagnols que tout le monde croyoit être de Lo- pe de Vega, tant la diction en étoit pure. Le Duc d’Olivarez lui témoigna beaucoup de bienveillance. 11 fit deux voyages à Rome , & fut envoyé à Florence porter là nouvelle de la naissance de Loiiis XIV. II eut diverses Charges à la Cour, comme de Maître d’Hôtel chez le Roi , & d’Introducteur des Ambassadeurs chez Mr. le Duc d’Orleans. 11 reqût encore beaucoup de bienfaits de Air. d’Avaux , qui étoit alors Sur-Intendant des Finances , & qui le fit son Commis, de forte qu’il seroit mort riche , s’il avoit moins aimé le jeu. II étoit de complexion amoureuse , ce qui lui faisoit dire qu’il avoit aime depuis le Sceptre jusqu’à la Houlette, & depuis la Couronne jusqu’à la Cale. 11 mourut à l’âge de cinquante-un an. Ses Oeuvres ne furent publiées qu’après fa mort en un seul volume, qui a été reqú du Public avec tant d’approbation qu’il en salut faire deux Editions en six mois. Sa Prose est ce qu’il y a de plus châtié & de plus exact , elle a un certain air de Galanterie qui ne se trouve point ailleurs , & quelque chose de si naturel & de si fin tout ensemble, que la lecture en est infiniment agréable. Ses vers ne font peut-être gueres moins beaux , encore qu’ils soient plus négligez. II avoit écrit le commencement d’un petit Roman en Prose , qu’il appelloit Atcidaìi f, dont la matière lui avoit été fournie par Madame la Duchesse de Montausier , qui étoit alors Mademoiselle de Rambouillet : on le trouve à la fin de ses Oeuvres. C’est lui qui a renouvellé l’usage des Rondeaux , qui étoit comme perdu depuis le tems de Marot. Outre tous ces Auteurs dont la -plupart font morts, U quelques-uns encore vivans , on en a cité beaucoup d’autres dans ce Difiionnaìre , mais dont on n’a rien dit dans cette Lifte , parce que leurs Ouvrages ne font pas ajj'ez considérables , ou qu’on ne s’y ejì attaché qu’en passant. F I N. f M, L DIC- ait >i)nt i-R NOUVEAU íldîl ltî( tidti éi. 't DICTIONNA DE LA L ANG ïllEt iiiî, ®!i émoi. A N C I lésa Roj. tSli Avec «tt. UE FRANÇOIS s ENNE ET MODERNE, des Observations de Critique, de Grammaire & d’Histoire. »/« íjii’íi A La lettre A garde toujours fa même prononciation, & il n’y a qu’un petit nombre de dictions où cette règle ne s’observe point ; comme dans ces mots, pais, pdsj'an, paij'anne, dépasser, passage. Car encore que ces mots s’écrivent avec un a, ils se prononcent péis, péisan, pesage; de même que s’ils etoient écrits par un E. Voyez la Colonne Ai. L’A se doit prononcer quelquefois long, & quelquefois bref. On a donné quelques réglés pour cela ; mais lans s’embarrasser de toutes ces réglés, il fufit d’avertir ici que dans ce Dictionnaire on marque l’A, qui est long, d’un accent circonfléxe, & qu’on ne met aucun accent fur VA, qui est bref. A. L’A devant 1 ’E fe prononce comme un E. JEqua- teur, JEquinoxe ; excepté dans le seul exemple de Caen, Ville de Normandie, où l’on prononce comme fi l’on écrivoit, Can. A devant I perd fa prononciation, & fe prononce comme un E fermé : plaire,faire, &c. ou comme un E ouvert : pain faim, main, &c. à moins qu’il ne suive un L après 1T>- car alors l’A retient toute la force de son propre son, comme dans bail, mail, bataille, &c. il faut dire la même chose de l’A, avant un T, à Tex- ception de ces mots : ayeul, bayard, bayonnette , cayeu, payen, & quelques autres, où l’A conserve fa prononciation. A, suivi d’un O, conserve auífi le son qui lui est propre, de sorte qu’il faut prononcer : Paon, Faon, Laon, comme s’il n’y avoit point d’O. Cependant il y en a quelques-uns d’exceptez où il perd son propre son : comme dans taon, dites, Ion. Aoust, prononcez Ouft. A, suivi d’un U, fait une diphtongue, de laquelle il relùlte un son qui se prononce fous un seul tems , & qui a le son de 1 ’O, prononcé plus ou moins long, suivant que la même syllabe se termine ou non par quelque confine. A, s. m. La première lettre de l’Alphabet, & la première des cinq voyelles. Un A. 11 se prononce long. Ci dessus gît Monsieur l’Abé, Çui ne J'avoit ni A, ni B ; 'Dieu nom en doint bien-tôt un autre, Qui sache au moins fa Patenôtre. Ménage, Poésies Françoises. II rien a pas fait une 'panse d’A , fa^on de parler proverbiale, qui veut dire, il n’y a point travaillé , il n’en a rien fait, il n’a pas touché à l’ouvrage dont il est question. Ne savoir ni A ni B. C’est-à-dire, être très-ignorant. Etre marqué à l’A ; forte de proverbe our dire, être homme de bien & d’honneur, être omme de mérite & de probité. Ce Proverbe est tiré des Monnayes de France qui font marquées selon Tordre des lettres de PAiphabet, & dont celles qui font de meilleur aloi, font marquées à l’A. Toutes les Monnayes qui fe battent à Paris, ont un A pour les distinguer des Monnayes des autres lieux où Ton les bat. A, cette Particule se met pour quand, pour lors que. A A raconter ses maux, souvent on hs soulage. Corneille, Polieucte, a. r. sc. II y a de l’inconvénient par tout ; A ne prévoir rien, on est surpris, & à prévoir trop, on est misérable. S. Evremont, Oeuvres mêlées, tom. 6. A voir le C. D- B. avec sa mine sombre, morne & malignement obscure, il n’y a personne qui ne dise de lui ce qu’en a dit un habile Phisionomiste, que c’est un homme de bien, de qui l’on doit se garder de tous cotez. A, cette Particule signifie qui a: c’est à présent un homme à carrosse, & il y a quelque tems, ce n’étoit qu’un misérable. A, cette Particule se met pour, que l’on doit; c’est une chose à dire, à faire, à taire; c’est-à-dire, qu’on doit dire, qu’on doit faire, ou qu’on doit taire. A, cette Particule marque la maniéré dont le corps est situé (Etre à genoux, Godeau, prières. Etre à mains jointes, Saci, Isaïe.) A reculons. A, cette Particule jointe au verbe laisser, avec un autre, se met au lieu de par. (11 y a beaucoup de personnes qui ne se laissent point emporter a Tambitiòn. Académie Françoise, Sentimens fur le Cid. Laissez-vous, mon Dieu, fléchir à mes prières. Godeau, Oeuvres Chrétiennes, I. partie, page Li;.) A, cette Particule marque la situation des choses, ou des personnes. (II est a droit, il est à gauche. Abl. Luc. t. ;.) A , Particule, qui désigne le tems. (II sera demain à huit heures au licée. {Abl. Luc. ) A jour préfix. A, Particule, qui marque la distance du lieu. (II est à cent pas, il est a dix lieues. Abl. Arrian.) Et celle du tems. A cent ans d’ici. A, Particule, qui sert à marquer à quoi une chose est propre. Moulin à papier. A , Particule, qui lignifie après. Poil à poil , c’est comme si Ton disoit poil après poil. A , Particule, qui étant jointe à ces mots ce que, signifie selon. (Vous vous portez bien, à ce que je vois. Mol. Hcapin. a. i .Jc. 4.) On dit auflì, à mon avis , à votre compte. A, Article, qui marque le datif singulier, ou pluriel ; cetù, article, auffi-bien qu’u, particule , ou préposition, doit être marqué d’un accent grave , pourvù qu’il ne commence pas un vers, ou une période. (La terre & tout ce qu’elle contient, est a Dieu. Le Seigneur découvre ses secrets a ceux qui le craignent. Pseaumes de David.) A , Préposition, qui désigne quelque repos, ou quelque mouvement local. A la maison. (S. Augustin a tenu école de Rétorique a Lattage. S. Augustin, après fa conversion, sc retira a la campagne. Pairu, puú- doyé iç.) 0" On dit: Monsieur est à la ville, pour marquer qu’il n’eit pas à la campagne ; Monsieur est en ville, pour marquer, qu’il n’eft pas au logis. Bouhours, Kemarq. 11 faut encore observer, que lorsqu’il s’agit d’une simple demeure, on dit, par exemple : 11 eji a Paris , â Lyon, En d’autres cas , on sc sert de dans. On l’a cherché dans tout Paris. Les uns disent, il riy « per- Tom. L A sonne r j* 2 ABA forme dans Taris que f estime f lus que vous ; les autres, il ri y a personne à Paris que, Scc. Mais dans paroît meilleur au P. Bouhours. A , Particule, qui se met devant les noms, & devant les infinitifs des verbes. (C’est à vous, mon Dieu, à juger les peuples, Pseattmes de David.) A , Particule, qui se met au lieu de la préposition avec. (Peindre à l’huile. C’est-à-dire, avec de F huile.^ A grand' peine, à regret, à petit bruit. Chapeau à grands bords.) A, Particule, qui se met avec un nom, au lieu de la préposition pour. Baril à verjus. C’est-à-dire , pour mettre du verjus. Baril à moutarde, corbeille à pain, à farine. Pot à l’eau, à traire les vaches. Prendre à témoin, à garant. A , Particule, qui se met devant un infinitif, au lieu de pour, ou d’asin. (Maître à danser p C’est-à-dire, pour apprendre à danser. Bois à brûler. Fer à raturer. A vous dire la vérité, il y a peu de choses qui me soient impossibles. Molière , Scapin. a. t-st- 2. Je fuis homme à ne contraindre personne. Molière, mar. forcé, sc. 8- Je suis homme à traiter les choses dans la douceur, sc. 9.) A , Particule, qui étant mise devant un adjectif, signifie maniéré, faqon. (Vêtu à la Françoise. A voiles déploiees, à la hâte.) A , Particule, qui se met au lieu de la préposition par. (Qu’on fasse déchirer ce sacrilège à la chimère. Abl. Luc. tom. 1.) A , Particule, qui se met au lieu à’environ. _ (Ils mar- choient dans la nége haute de cinq à six piez. Abl. Ret. /. 4.) A, troisième personne du verbe avoir. Cet a, ne se marque d’aucun accent, afin de le distinguer des a qui sont articles, particules, ou prépositions. fg A pour en. Voici l’observation du P. Bouhours. En F honneur, ou à Fhonneur, tous deux se disent. , En Fhonneur est plus commun ; chanter des Hymnes en F honneur de Dieu ; bâtir une Eglise en l’honneur d’un Saint. Le héros de Virgile, dit un bon Auteur , célébra des jeux en l’honneur desonpere. Les Latins disent, in honorent ; Sc c’est, peut-être, à leur imitation, que nous disons, en Fhonneur. A Fhonneur est plus noble, & plus soutenu. L’envie qu’ils portoient naturellement aux Grands, leur en fit trouver F invention. agréable ; tellement qu’après avoir long-tems batu des mains à Fhonneur du Poète , ils commandèrent tout haut aux Juges de lui donner le prix, dit M. Charpentier en parlant de la Comédie d’Aristo- phane qui joua Socrate en fa présence. Et M. de Ben- serade dit agréablement au Cardinal Mazarin, lors que ce Ministre revint à la Cour, après que les troubles qui l’avoient contraint de sortir du Royaume, furent ap- paisez : Je vous exalter ois en termes plus puisfans ; Mais dejacoûtumé que vous êtes d’encens, Des vers à vôtre honneur, vous sembleraient étranges. On dit de même, à la louange, à la gloire du Roi. Mais on ne dit point, en fa louange , ou en fa gloire, comme on dit, en son honneur. J: A. A. A. signe dont les Chimistes se servent pour signifier, Amalgamer, Amalgamation & Amalgame. AARBRER- Se cabrer, dans le Roman de Perce- val. Vieux mot. ABA, ou AMBA, s. m. PERE. f Pater."] Mot Hébreu, & le titre que les Eglises de Syrie donnoient à leurs Evêques. ABACO , s m. f Abacus. J Ital. Abaco. Terme d ’Aritmétique. Table où l’on gravoit des nombres, pour apprendre l’Aritmétique, dont se servoient les Anciens. í Les Italiens disent aussi Abaco, pour exprimer une petite table polie, sur laquelle on trace des figures & des nombres. ABADA , st m. Animal sauvage, qui se trouve en la basse Ethiopie ; sa tête est semblable à celle d’un cheval ; son crin est peu diférent ; sa queue ressemble à celle d un beuf, mais moins longue ; il a les piez fendus comme le cerf, mais plus gros. II a deux cornes, l’une fur le front, l'autre fur la nuque. Les Nègres font un remède de fa corne. Votés le voyage d’Abistìnk du P. Lobo. ABADIR. Terme de Mitbolostt. Ck# k swn d® ABA la pierre qu’Ops, femme de Saturne, lui donna à dévorer, au lieu de Pensant dont elle étoit accouchée. A BAIE , f st Prononcez abéie, en Latin, Ahbatia. C’est un lieu érigé en Prélatine, où vivent des Religieux, ou des Religieuses fous l’autorité d’un Abé, ou d’une Abcisse, & qui a du revenu pour les faire subsister, sans songer à autre chose qu’à leur salut, & à chanter les louanges de Dieu. (Une bonne Abaïe, une riche Abaïe, une grande Abaïe, une petite Abaïe, une belle Abaïe, une Abaïe considérable. Abaïe en Réglé, en Commande.) Les plus puissantes Abaïes font en Ale» magne. Depuis le Concordat, le Roi de P’rance a droit • de nommer à toutes les Abaïes, hormis à celles qui font Chefs-d’Ordre, comme Cluny, Cîteaux, Prémon- tré, &e. Autrefois les Maires du Palais donnoient toutes les Abaïes du Roïaume. (Avoir une Abaïe, obtenir une Abaïe, conférer une Abaïe. Voyez Fra-Paolo, traité des Béwefices, chap. 10.) ABAIER. Voyez Aboier. AB A JOUR, f. m. (Fenistradeclivis.)Tetme d’Ar- chítefiure. Fenêtre en forme de soupirail, pour recevoir le jour d’enhaut. Disons un peu plus clairement, après Daviler, que l’Abajour dit une espcce de fenêtre en maniéré de grand soupirail, dont l’ébrasement ck l’appui est en talu entre deux jouées rempantes par dedans, & au-dessus de la vue, il sert à éclairer le souterrain, & les offices. On apelle aussi Abajour , la fermeture eu glacis d’un vital! d’Eglise ou de Dôme , qui se fait pour en accorder la décoration interieure avec l’exterieure. J ABAJOUR. Terme d z Botanique. On apelle ainsi certaines Lucarnes, qui fe trouvent sous le Chapiteau du fruit de certains pavots, parce qu’elles éclairent les loges de ces fruits. j ABAJOUR. Efpece de fausse vue, ou de faux jour, que les Marchands ont ordinairement dans leurs magasins & boutiques, pour empêcher que la trop grande lumière ne diminué la beauté de leurs étoffes. ABAISSE , f f Terme de Pâtissier. Pâte qui fait le dessous de la pièce de pâtisserie. (Faire une Abaisse.) ABAISSER, v. a. prononcez abefser. [ Déprimere. ] Mettre plus bas une chose qui étoit plus haut. (Abaisser un pont-levis. Abl.) Abaisser une lanterne. ABAISSER. Oter de la hauteur. (Abaisser une muraille de deux piez.) *_ ABAISSER. [Deponeref Ravaler, humilier. (Dieu abaisse l’un & élève l’autre. Abaisser les ennemis de PEglise. Arn. Abaisser P orgueil de Cartage. Vaugel. Quint. I. 10. L’habitation terrestre abbaisse l’esprit. JJicole, EJs. t. 2.) J ABAISSER l’oiseau. Terme de Fauconnerie. C’est lorfqu’on lui ôte une partie de ion pât ordinaire, pour qu’il soit en état de mieux voler. J ABAISSER. ( Ternie de Jardinier. C’est couper une branche près du tronc , pour le rendre plus vigoureux. í ABAISSE’, adj. Terme de B/q/ò». On le dit proprement du vol des aigles, & en général du vol des oiseaux, qu’on représente díordinaire ouvert Sc étendu; ensorte que le bout des ailes tende vers le chef de Léon. Mais lorsque ce bout regarde vers la pointe de Pécu, ou que les ailes font pliées, on Papesse Vol abaissé. On dit encore un pal, un chevron abaissé , une bande abaiffee, lorsque la pointe finit au cœur de l’écu. Une P-èce est aussi abaissée, lorsqu’elle est au-dessous de fil situation ordinaire ; comme le Chef, &c. S’ABAISSER , ver. r. Devenir plus bas ; être plus bas. (Abjicere J’e.) Jem’abaistè, je me Juis abaissé, je m’abaìjsai, je m’abaifj'erai. (Le païs est rempli de montagnes tjui s’abaissent peu à peu. Abl. Tac. Ger. c. 2. La rivière s’abaisse. Les parties de Peau qui font élevées dans les vagues, s’abaissent pour revenir à leur niveau. Perrault, t. 2.) * S’ABAISSER. Se ravaler. (L’humilité n’est souvent qu’un artifice de l’orgueil qui s’abaisse pour s’é- lever. Réflexions morales.) * S ABAISSER. C’est-a-dire, s’humilier , s’incliner avec restpeéí. . (L’homme s’abaissera devant celui qui Pa creé, & il ne s’abaissera plus devant les autels qu’il avoit faits de ses mains. Saci, Isctíe, c. 7.) Tripaulí dérivé ce mot du Grec îtaTa/Mç-tcfa/ ou de /3 a crier, fondement; mais le P. Labbe, grand ennemi des Etymologies Greques, soutient que ce terme vient de la pMHeuk d, & de l’advetbe bas, mettre 4 bas. Nôtre lan- ABA langue, dit-íl, nous fournit eite-même plusieurs Etymologies, fans être obligé de passer la mer, d’entreprendre le voyage de Grece. ABAISSEMENT,/»*- ÍDeprejsios J Ce mot a un usage fort borné au propre. C’est la maniéré d’être d’une chose qui estplus basse qu’eìle n’étoit. (La confidence est rabaissement des choses qui font apuïées les unes fur les autres. Perrault, Ejjais de Physique , t. Rabaissement de ce mur a donné du jour à cette maison.) * ABAISSEMENT. Humiliation, prosternation, action d’une personne qui s’abaisse pour fuplier, ou pour donner quelques marques de ses respects. [ Demiffìo , submijsio.] ( L’orgueil humain est bien-aise de jouir de la grandeur par rabaissement des autres. Port- Royal. Ce trìsie abaissement convient à ma fortune. Racine, Iphigenie, a. ]. sc. ;.) * ABAISSEMENT. Diminution de crédit, /honneur, forte de disgrâce. (II déchire la réputation de ces grands hommes, comme si leur abaissement contribuait quelque-chose à sa gloire. Abl. Luc. tom. i. Dans son abaissement il vit sans ejperance. ' Main Poe f.) ABAISSEUR, s m. [ Ab dusior. ] Epitéte que les Médecins donnent au second muscle des yeux qui les fait mouvoir en bas. ABALOURDIR, ou ABASOURDIR, selon Danet; vieux verbe actif dans nôtre Langue, & d’usage seulement parmi le menu peuple. Verbis protelare. C’est abrutir quelqu’un à force de crier après lui & de le reprendre , ou l’abatre & l’étourdir par quelque grand coup. II l’a abasourdi du coup qu’il lui a donné. ABANDON » s m. [ Derelifíio , desiitutio. J Ce mot vient de Yltalien Abbandono, ou des mots adban- dum , de la basse Latinité , qui signifient, à la volonté : & il signifie abandonnement , délaissement: mais abandon ainsi pris, n’est plus guére usité. ( Dans un tel abandon , leur sombre inquiétude ÌPevoit d’autre recours que le métier de prude. Mol. Tart. a. r. Jc. r. (si On ne peut pas dire certainement si nous avons emprunté ce mot de l’Italien abbandonare, ou si l’Italien nous en est redevable; quelques-uns dérivent le mot du Grec írtus Jurai , donner tout. Ce qui revient assez à la signification de nôtre abandonner. Ferrari , dans ses Origines de la Langue Italienne, compose abbandonare de Banda , un lieu écarté. Les Italiens disent, flar da banda , poner da banda , mettre une chose à l’écart, & la laisser : Ita , dit cec Auteur, abbandonare , es discedere ab alìquo , separari , salum relinquere , gj? c. Mais cette Etymologie ne le satisfaisant pas entierement, il en propose une autre que voici. Banda signifie , dans la Langue Italienne., une Bannière , un drapeau ; ainsi abbandonare , c’est déserter , abandonner son drapeau. Refíiùs tamena ban- do derivare , quod vexìlíum erat , quo exposita milites can- vocabantur , undè , abbandonare, bandum dejerere ssi ah exercitu discedere. Mais pourquoi aller chercher chez nos voisins une source que nous trouvons dans notre fond? Nos peres ont dit bandon, pour volonté ; témoin le Roman de la Rose : ( Moult eut largesse pris tsi lots , Les sages avoit , ssi les fols , Communément à son bandon. ) On peut donc dire qu’abandonnér une chose, c’est lá laisser à la volonté , & à la disposition du premier occupant. A l’abandon , adv. s Neglefíns. Dìreptìonì permiffits , datm. ] Au pillage , dans l’abandonnement. ( Laisser tout à l’abandon. Abl. Luc. Mettre tout à l’a- bandon, Abl. Arn. Tout étoit au pillage & à l’abandon. Vaugel. Quint. I. ;.) (si ABANDON. Terme dont on se sert dans quelques Coutumes, où l’on distingue la prise des bêtes trouvées en dommage, ou par abandon , ou à garde faite , ou par échapée. V. la Coutume de Troyes , art. 171. & autres. ABANDONNEMENT, / m. [Dissolutio , ef- sranatìo.] Désordre, dérèglement, débauche, prostitution. (Etre dans le dernier abandonnement.) Se repentir de son abandonnement. Avant que Néron se ABA 3 fût laissé aller à cet abandonnement, personne ne lui étoit si agréable que Pétrone. S. Evremont. ABANDONNEMENT , s. m. s Desertío , AereliHio. ] Acte de la personne qui abandonne. (Faire un abandonnement de tous ses biens. Le Mait .) 11 n’y a de différence entre la cession de biens, & l’abandonnement , qu’en ce que la cession est faite en justice , & l’abandonnement se fait par un contrat particulier. D’ailleurs , par la cession faite en justice, le débiteur oblige ses créanciers d’accepter le peu de biens qu’il leur cede ; & quand l’abandonnement est fait hors jugement, il faut qu’il soit accepté du moins des trois quarts de la créance commune, suivant Partiel e 6 . du titre 10. de l’Ordonnance de 1675. mai» cet abandonnement ne préjudicie point aux privilèges, & aux hy- Î iotheques des créanciers , comme il est décidé dans ’article 8- du même titre. ABANDONNEMENT est quelquefois Sinonyme avec déguerpisjément , & délaissement d’un fond surchargé d’une rente foncière excessive. ABANDONNER, V. a. f Relinquere , deserere.’J Ce mot vient de l’Italien abbandonare , c’est laisser, c’est quitter entièrement. (Henri quatrième voyant un Médecin Huguenot qui abandonnoit sa Religion, dit à un Seigneur Huguenot, mon ami, ta Religion est bien malade , puisque les Médecins l’abandonnent. Pére- sxe, Histoire de Henri IV. Abandonner les armes. Abl. Tac. Abandonner Pétude. Port-Royal. Barte- lemi des Martyrs.) Abandonner le Commerce. Abandonner une entreprise. ABANDONNER, v. a. s_Alterius poteflati permittere.~\ Laisser entièrement à la disposition d’un autre. (Nous la renonçons & l’abandonnons à vôtre colère. Mol. George Dandin. Est-ce aimer une maîtresse que de l’a- bandonner à tout le monde ? Abl. Luc.) ABANDONNER, v. a. [Cedere.] C’est laisser à la merci de quelcun. ( Abandonner ses biens à ses créanciers. Abandonner un Ecclésiastique au bras séculier. ABANDONNER, v. a. [Direptionz, ruina permitte- re , dare.] Laisser en proye. (Abandonner une ville au pillage. Abl. Tac.) î On dit aussi abandonner un Vaisseau à la merci des vents & des flots, abandonner son cœur à l’amour, aux passions, à la séduction du monde ; abandonner la vertu , le chemin du salut, &c. f ABANDONNER l’oiseau. Terme de Fauconnerie . C’est le mettre bien en campagne , ou le congedier. ABANDONNER, v. a. &c. N’abandonnez pas les étriez. f Utere sortuna. ] Proverbe, pour dire , ne quittez pas les avantages que vous avez. S’ABANDONNER, v. r. Je m’abandonne , je me suk abandonné , je m’abandonnai. {Traders se , com ». mitterese.] S'e donner entièrement à quelque, chose, se rendre comme esclave de la chose à laquelle on s’a- bandonne , se donner entièrement & aveuglément, se prostituer. (S’abandonner à toutes sortes de vices. Abl. Luc. tom. 1. S’abandonner au désespoir, à la haine, à la colère. Abl. Luc. S’abandonner à faire P amour. Monsieur de la Rochefoucaut. Fai ce que tu voudras , je m’abandonne à toi , Dans le trouble où je fuis , je ne puis rien pour moi. S’ABANDONNER. [Se tradere voluptati , se subjiee - re.] Ce mot, qui marque ordinairement un transport honteux, se prend aussi quelquefois en bonne part, (S’abandoner à la joye. V esprit plein de contentement , S’abandonne au ravissement. Voit. Poës.) ABANDONNE' , abandonnée , part. (Desertus , in< cultus , desirufim.] (Païs abandonné, ville abandonnée. Abl. Une cause abandonnée. Personne n’est assez abandonné de Dieu pour cela. Pasc, l. 6 .) ABANDONNE', abandonnée , adj. [Adftrifítiï ,sub~ jeffus , jérvus.] Ce mot signifie celui, ou celle , qui est tellement abandonné à quelque chose , qu’il en est comme esclave, qui s’est donné entièrement, & livré tout-à-fait à quelque chose , & qui s’est comme prostitué. (Abandonné à ses désirs, à ses passions , à ses plaisirs, au vice, au libertinage.) 11 signifie auisi celui qui se porte dans l’excès, qui ne garde plus de mesure, & ne suit que sa passion. . (II faut que vous passiez pour les plus abandonnez calomniateurs qui furent jamais. P use. let. 16.) ABANDONNE'E , / f. [Depravata , perdita , p‘0- siigata.] Fille ou femme de mauvaise vie, Tome I. A L (J* 4 ABA (Je ne veux -point brûler pour une abandonnée. Mol.) (f ABANDONNER au bru» séculier. L’Eglise ne pouvant condamner Les coupables à une peine afflicti- ve, ni faire executer ses jugemens, n’ayant point de territoire, elle est obligée de renvoies les Clercs au bras séculier, c’est-à-dire, au Magistrat qui a la Jurisdiction du glaive, pour les punir selon le crime qu’ils ont commis, après leur avoir imposé les peines Canoniques ; en ce cas, le procès est instruit conjointement, suivant l’Ordonnance, par le Juge laïque & par l’Ec- clesiastique. Je ne trouve point d’exemple de ce renvoi au bras séculier dans les premiers siécles de l’E- glise, parce que les Magistrats furent, pendant long- tems, ses plus cruels persécuteurs ; mais les Empereurs étant devenus favorables ■& même ses protecteurs , elle se servit de leur autorité pour punir les incorrigibles. Eusebe nous fournit, dans son histoire, Liv. 7. cb. le premier exemple du recours de l’Eglife à la Puissance séculière. Paul de Samosate ayant été déposé dans un Concile tenu à Antioche, on donna à Domnus le gouvernement de cette Eglise. Paul n’ayant point voulu abandonner son Siège, les Peres du Concile implorèrent l’autorité de l’Empereur Aurelien pour l’exécu- tion du jugement du Concile ; mais on voit dans le Canon 41. d’un Concile tenu à Tours en 810. l’origi- ne plus précise de cette discipline. ABAQUE- C Abacus. ] Terme à'Architecture. C’est le couronnement du chapiteau d’une colonne. II signifie aussi un Bufet, une Table , & vient du Gree En termes d’Architecture, l’Abaque est une espece de table quarrée qui est dans la partie supérieure des chapiteaux des colonnes, qui sert comme de couvercle áu vase ou tambour. Ce terme vient du Grec ou , qui a plusieurs significations ; mais les Architectes ne s’en fervent que dans le sens que je viens d’expliquer. L’Abaque est quarté dans les ordres Toscan, Dorique & Ionique, & échancré sur ses faces aux chapiteaux Corinthiens, & Composites. f AB AS- Poids dont on se sert en Perse pour peser les perles. II est d’un huitième moins fort que le Carat d’Europe. Savary. ABASSIS , ou ABASSI. f m. [Moneta Perjìca feu Orientalis.) C’est une forte de monoïe d’argent , qui est ronde, qui a cours en Perse, & qui vaut dix-huit sous six deniers. (Païer en Abaffis.) ABAT AGE, f m. [Lignorum abfcijsto .] Mot usité armi les marchands de bois ; il signifie la peine d’a- atre & de couper les bois qui font fur pié. (Faire l’abatage des bois. L’abatage des bois monte à cinq cens francs. Caron , Traité des bois, Préface.) ABATANT- Voïez Abatre. ABATARDIR , v. a. C Depravare , corrumpere.) Faire dégénérer, corrompre, altérer le naturel d’une personne. Abâtardir vient de l’Espagnol bajîadear. (La servitude abâtardit le courage. Abl. Tac. L’oisi- veté abâtardit les gens. Abl. Luc.) S’ABATARDIR , v. r. Je m’abâtardis , je me fuis abâtardi , je m’abâtardis. [ Depravor , corrumpor. J C’est dégénérer de ce qu’on étoit, se relâcher, se corrompre. (Venant peu à peu à s’abatardir, ils parloient un langage corrompu. Van. Quin. I. 7.) ABATARDISSEMENT, f. m. [Corruptìo, depravatio.) C’est l’alteration qui fe fait dans une personne à cause de quelque vice, ou d’autre chose de cette nature. (Un honteux abâtardissement, un étrange abâtardissement, un horrible, un épouventable, un éfroïable, un détestable abâtardissement. Ils font tombez dans un honteux abâtardissement. Nicole, Effais de Morale.) ABATE'E, f f. Terme de Marine , qui fe dit du mouvement du vaisseau en pane, qui de lui-même revient au vent, après être arrivé à un certain point. ABATEMENT, f m. Ce mot, au propre , ne semble pas bien usité, & en fa place, on dit abatis ou abatage. ABATEMENT , f. m. [ Tefefíio vìrìum. Infraéiio animi .] Ce mot, au figuré, signifie accablement, langueur. (Elle a besoin de mille autres soutiens, par la soustraction desquels elle tombe dans l’abatement. Nicole , Essais de Morale. Cette nouvelle le met dans l’abatemént. Voit. I. 74. Etre dans l’abatement & dans le trouble. Port.Royal, PJ'eaumes. Réduire l’hom- ABA me à l’abatement Sc au désespoir. Nicole , EJfais, tom. 1. ABATEUR, f. m. £ Everfor. J Celui qui abat. Ce Bûcheron est un grand abateur de bois. C’est un grand abateur de quilles. * C est un grand abateur de bois. Faqon de parler proverbiale, qui veut dire que celui dont on parle, se vante de faire beaucoup de choses qui sont au-dessus de ses forces. AKATTAL, ABATIALE, adj. [Abbatialis.) Qui apartient à l’Abé, qui regarde l’Abé, qui touche l’Abé. (François de Bourbon, Prince de Conti, mourut en 1614. à l’Hôtel Abatial de S. Germain des Prez. Sain . te-Marthe , Généalogie. La maison Abatiale est belle & bien bâtie. Je tiens ton ouvrage parfait, Et ta demeure Abatiale Est une maison sans égale. Boifrobert, Epit. t. 1. ep. 22.) ABATIS , f rn. [Eversio, demolitio. Dejeéfm arbo - rum.) Ce mot, devant une consone, se prononce aba~ ti. Plusieurs choses abatuës, comme arbres, bois, plusieurs choses démolies, démolition. (Abatis d’arbres, de maison, de murailles, &c.) í ABATIS d’arbres. C’est un retranchement fait avec des arbres abatus, fortement liez ensemble, & dont on présente les branches à l’ennemi. Mr. de Fo . lard en parle dans plusieurs endroits de son Polybe, comme du retranchement le plus fort & le plus redoutable qu’on puisse oposer à l’ennemi: car de toutes les fortifications de campagne, il n’y en a point qui uisse être comparée à celle-là , & surtout sur les rêches. ABATIS. |[ Tramites luporum. ) Terme de Chasse, petits chemins que font les jeunes loups, en abatant î’herbe à force d’aller aux lieux où ils sont nourris. (Trouver l’abatis des jeunes loups. Sol. c. x.) ABATIS. [Cades pecorum.) Terme de Chasse, bêtes tuées par les vieux loups. (Quand le loup & la louve chassent ensemble, ils font un plus grand abatis de bestiaux. Sal. chasse du loup, c. 4.) ABATIS, f Reliquia avium aut carnium.) Terme de Boucher, cuir, graisse, tripes, & autres petites choses de bêtes, qu’on a tuées. ABATIS, s. m. Terme de Rôtisseur. Ce sont les ailes, le cou, lespiez, legefier, & le foie de quelque oïe , ou de quelque Poulet-d’Inde. Ce que les Rôtisseurs apellent Abatis , ils l’apellent aussi petite oie , & ce sont les mots les plus ordinaires. Cependant ils disent tous les jours entre eux , voilà un bon abatis, voilà un excellent abatis. ABATIS, m. Terme de Rôtisseur. Ce mot se dit encore parlant d’agneaux. Ce font la tête, les piez, le foie & le mou de l’agneau. Ils nomment aussi cette forte d’Abatis, issue ; mais le bourgeois de Paris dit toujours abatis. (Bienheureux qui peut avoir en carême un bon abatis d’agneau dans son pot.) ABATIS. Terme de gens qui travaillent aux carrières, pierres que les carriers ont détachées , & qu’ils ont fait tomber. Ce mot se dit aussi des démolitions & décombres des maisons. ABATRE , v. a. [ Diruere. Evertere. ) Ce mot vient de l’italien abbattere , & sc conjugue ainsi, j’abas, j’abatois , j’ai abatu , j’abatis , j’abatrai. II signifie jetter par terre , jetter bas. (Abatre une forêt, abatre des arbres.) ABATRE , v. a. [Cadere.) II signifie auffi , faire tomber par le moïen de quelque hache, de quelque épée, ou de quelque autre instrument. (11 abatit l’o- reille d’un Tribun. Abl. Tac. II lui abatit l’épaule d’un coup de hache. Abl. Retor. _ ABATRE , v. a. [Sternere , frangere .] Ce mot se dit de la plaine & du vent ; & il signifie, faire tomber. (La pluie abat le vent.) Petite pluie abat grand vent, faqon de parler proverbiale , pour dire que peu à peu on calme les troubles. ABATRE, v. a. [Evertere, diruere.) Démolir, ruiner. (Abatre les fortifications d’une place. Abl. Tac. Abatre un Palais. Vaug. suinté) ABATRE, v. a. [Vincere,jûperare, frangere.) Ce mot, au figuré , signifie acabler, vaincre , ruiner. (La vieillesse abat les corps , les malheurs abatent le courage. Abl. Tac. Se laisser abatre à la douleur. Port-Royal. Pseaumes.) ABA- ABB ABATRE, v. a. [Th'dmare , deerrare.J Terme de Mer. C’est s’écarter de Faire du vent qui doit regler le cours du Vaisseau. C’est changer la droite du Vaisseau. (Les courans, les marées, les erreurs du pointage, & le mauvais gouvernement du timonier, font abatre un Vaisseau. On dit aussi , abatre le Vaisseau d’ùn quart de vent, ou d’un demi-rumb, c’est-à-dire, virer le Vaisseau , & lui faire changer fa course en droiture d’un quart de rumb, ou d’un demi-rumb.) ABATRE, v. n. [DefleHere , deviarei] Terme de Mer. C’est obéir au vent pour arriver plus aisément. (Le Navire abat. , ABATRE , v. a. C Idem.2 Terme de Mer. C est mettre un Vaisseau sur le côté, lors que l’on veut travailler à la carenne , ou à quelque partie qui n’est pas hors de l’eau. (Abatre un Vaisseau. Desroches , Dictionnaire de Marine .) On dit aussi : le Vaisseau s’abat, quand l’ancre a quitté le fond, & que le Vaisseau arrive & obéit au vent. Aubin, DIB. de Marine. ABATRE , v. a. [Eveliere.) Terme d ’OculiJle. C’est ôter avec des instrumens une chose qui nuit à la vue. (Abatre la cataracte.! ABATRE ,».«.[ Excoriare , decorticare. ] Terme de Boucher. C’est enlever le cuir de dessus une bête avec le couteau. (Abatre le cuir d’un bœuf, d’une vache.) H ABATRE un Chapeau. Terme de Chapelier. C est après qu’on a donné l’aprêt au chapeau & qu’il est bien sec, en applatir les bords & la forme fur un bassin chaud , mais couvert de papier & de toile qu’on arrose avec un goupillon. $ ABATRE l’oiseau.. Ternie de Fauconnerie. C est- à-dire, le tenir serré entre deux mains pour le garnir degets, ou lui donner quelque remede malgré lui. S’ABATRE , v. r. Je m’abus, je me fuis^ abatu , je m’abatis. Ce mot signifie s’abaisser , se laisser tomber. (L’oiseau s’abat. Cheval qui s’abat sous l’homme. Sca. Rom.) * S’ABATRE. [ 'DebUitari , vinci ,superas!, frangi. J Perdre courage , íè laisser acabler. (Se laisser abatre à la moindre afliction. Arn. cons.) (f M. de Scudery fit cette observation sur ce vers du Cid: Si dessous fa valeur, ce grand guerrier s’abat. Outre que cette parole de s’abat a un son trop appro-, chant de celui de {'abat, il fuioit dire, est abatu, U non. pas, s’abat. Mais FAcademie n’aprouva pas cette critique : /’ observateur, dit-elle, a mal repris s’abat, U il riy a point d’équivoque avec l'abat ; mais il devoit remarquer, qu’il falìoìt dire , est abatu, N Kon P‘ u àbat. ABATANT, participe. Qui veut dire, qui abat. [Ca- dens, Jìtperam, vìncens , frangent. ABATANT, f m. [Menja versatilis.2 Terme de Marchand de drap , maniéré de dessus de table éleve au fond d’une boutique, & à l’un & à l’autre bout des magazins, s’abatant, ou s’élevant, selon le jour qu’on veut donner au lieu où est la marchandise. ABATANT de fermeture. Faire un Abatant: abaisser un Abatant. Lever Y Abatant, Y Abatant est levé, Y Abatant est abaissé. On appelle aussi Abatant de comptoir, une maniéré de petit ais, qu’,on léve & qu’on abaisse pour entrer dans le comptoíf, ou pour en sortir. ABATU, abatu'ê, adj. [ Ctejits , everfm, dirutus. ] Coupé, démoli. (Bois abatu, tour abatuë. * ABATU , abattit’, adj. [ t'raclus, vìllus, proftratm .] Acablé, ruiné, vaincu, terrassé. (Le parti des ennemis est abatu. Abl. Tac. On me porta à mon logis, fort abatu. Voit. 1. 6. On voit Ìorgueil à ses piez abatu. Gomb. Poés.) ABATURES , f. f. pi. [Deprejfa cervi alvo virgulto- rum cacumina.li Terme de Venerie. Foulures, brof- sailles, &c. que le cerf abat du bas de son ventre en passant. (On connoit le cerf par ses abattîtes.) ABAVENT , f m. [Tegeticula flramineai] C’est un grand paillasson qui sert à rompre les vents qui nuisent aux plantes. Ce font aussi de petits toits en forme d’apends dans l’ouverture des clochers pour rompre les vents & le son trop aigre. {$ ABBE'E, ouverture pour donner passage à l’eau d’un Moulin. II est dit dans la Coutume de Montar- gis, tit. io. art. Z- On ne peut empêcher les rivières courans perpétuellement , que les Moulins ne moulent, où ABE 5 qu’ils ri ay ent une abbée, ou lancier e ouverte pour donner cours a l’eau. V. FHoste, fur cet article. ABBE' ; voyez ABE'. ABBREUVER ; voyez ABREUVER. A, B , C , f. m. On prononce Abécê. C’est la Croix de par Dieu, ce sont les 24. lettres de l’alphabet. Un bel a, b, c; connoìtre les lettres de Fa, b, c ; savoir Fa* b, c ; commencer son a, b, c ; aprendre son a, b, c.) Renvoyer quelcun a l’a, b , c, façon de parler proverbiale , pour dire , traiter quelcun A’ignorant. . * A, B, C , [ Elementum.2 Fondement de quelque art, ou de quelque sience , principe de quelque art, de quelque sience, ou de quelque doctrine. (La doctrine des opinions probables est le fondement & Fa, b, c, de toute notre morale. Pajç. I. ç.) ABCE'S , f m. Ce mot vient du Latin abcejfus. C’est une tumeur où il y a des humeurs enflées ^ ou supurées. (Un dangereux abcès, un fâcheux abcès. Panser quelcun d’un abcès. On dit aussi, panser un abcès, guérir quelcun d’un abcès. On lui a guéri un abcès qu’il a voit.) ABDICATION, f /. [_Renunciatìo, abàicatìo » demijjiofs Prononcez abdication ; mot qui vient du Latin abdicatio. C’est Faction de celui qui fe défait de quelque grande dignité, renoncement à quelque dignité considérable. ( L’abdication de Charles-quint est fameuse. Entretien d’Arifte, devises. L’abdication que Casimir fit du Roïaume de Pologne , est connue par tout le monde.) ABDIQUER, v. a. [ Abdicarc, repudiare , renuncia - re, demittere.J Mot qui décend en droite ligne, du Latin abdicare, & qui ne fe dit que dans les discours graves, & même il fe dit rarement. On se servira en sa place, du mot quitter, abandonner, ou renoncer. C’est se dépouiller d’une grande dignité. (Du Ryer, histoire de Strada, dit que Charles-quint abdica l’Empire.) ABDOMEN, f m. Terme d’Anatomie. [ Abdo - men.2 C’est la partie du bas .ventre qui est depuis les cuisses jusqu’au diaphragme, & qui enferme les intestins. ABDUCTEUR , adj. m. [ Abdufior.2 Epitéte que les Médecins donnent au quatrième muscle des yeux, qui les fait mouvoir en dehors, & regarder de côté quand on marque du mépris pour quelque chose ; c’est pour cela qu’on lui donne le nom à’orgueilleux. ABE', f m. {_Abbcuf\ Le mot A’Abé signifie Pere : & l’on croit qu’il tire son origine du Syriaque. Voïez le Dictionnaire Ecclésiastique de Frere Jean Bernard. 11 y a des gens qui assûrent que l’Abé est un homme qui vit de F Autel, & n’en approche point. Ces gens sont des railleurs. Mr. Pinson, Auteur grave & habile, dit dans son Traité des Benefíces, que Y Abé est le Chef de quelque Abaïe, & celui qui polfede la sétiéme dignité de l’Eglife, & celle qui est immédiatement au-dessous de la dignité d’Ëvêque. Les Latins le nomment Ab- bas. Le Berni a fait leur panégyrique , & on le peut voir pag. 59. Les Abez furent d’abord faits par les Moines, & confirmez par les Evêques, ensuite par les Maires du Palais, & depuis par les Rois , ce qui subsiste toujours. Voyez Fra Paolo , traité des Bénéfices , chap. L. 10. n. On dit, un Abé régulier, un Abé séculier, un Abé commendatuire , un Abé électif , un Abé crosse & mitre, un bon, un généreux, un sage, un savant, un pieux, un vertueux, un saint Abé. Ces dernières qualitez font assez rares, mais celles-ci font par malheur, plus ordinaires. Abé íénéant, mou, ignorant, délicat, voluptueux, galant, éveillé , gaillard, amoureux, &c, II n’y a point de jeune homme un peu bien fait, & qui ait l’air d’Eccléíìastique , qui, par un abus infuportable, ne fe fasse donner du Monsieur l’Abé. On honore même sotement d’un si beau nora le moindre petit grimant à manteau court, à petit co- let, & à petite perruque. La Cour & la Ville fourmillent d’Abez; mais les Abez de Cour sont propres, lestes, & les Rois des autres. (On dit, faire un Abé; bénir un Abé, les Abez sont les passe-volans de la galanterie; & il n’y a rien de plus à la mode qu’im Abé. ) 11 pleut des Abez & des Demoiselles ; dès qu’un petit cuistre est habillé de noir, on le traite de M. l’Abé. C’ejl un sur-tout de bagatelles, Un íijfu. de chansons nouvelles, A z Un 6 ABE Un petit coquer tout plaisant, Qui sgait du coin de l’ongle ou vrir sa tabatière , Carejser son petit colet, Tourner son casor de maniéré Qu’il sase toûjours le godet. Ces un Abé de sainte espérance, c’est-à-dire, que eelui dont on parle, n’a ni Bénéfices ni Abaïe. La France est pleine d’Abez de sainte espérance. Pour un Moine, on ne laisse pas de faire un Abé ; c’est-à-dire, que dans l’affairê dont il s’agit, on ne laissera pas de passer outre, quoiqu’il y ait quelcun qui y manque, ou qui s’y oppose. On l’attend comme les Moines font f Abé, c’est-à-dire, qu’on ne l’attend point du tout. Car dès que le dîné ou le soupé est sonné, Mrs. les Moines se mettent à table, & n’atendent pas Mr. leur Abé. . . La matière mérité bien un plus long éclaircissement. Les Abez sont ou Réguliers, ou en Commende. Entre les Réguliers , les uns font Chefs-d’Ordre ; les autres font dépendans d’un Chef. Les Chefs-d’Ordre, font Cluny, Citeaux, Prémontré, Grandmont, le Val des Ecoliers, Saint Antoine de Viennois, la Trinité, ou les Mathurins, le Val des Choux,dont les Abez íont électifs. Les quatre Filles de Citeaux, Ravoir, Pontigny, la Ferté, Clairvaux, & Morimont, jouissent du même privilège. , Les Abez Réguliers font ceux qui font fournis a l’obfervance d’une Réglé, plus ou moins févere : il y en a qui ont été sécularisez, & les Ab aies converties en Eglises Cathédrales ou Parroiffiales. II y a des Abaïes actuellement Conveptuelles, & occupées par des Moines ; & d’autres , qui ne font Conventuelles que habitu, c’est-à-dire, où la Conven- tualité a cessé depuis long-tems, & qui pourtant font encore en état de recevoir des Moines , & de les loger. La difference est grande entre les Abaïes Conventuelles aélu, & celles qui ne le font que habitu : pour posseder celles-ci, il ne faut avoir que quatorze ans ; d’ailleurs il faut prendre des Bulles pour les Abaïes Conventuelles aéiu ; & pour celles qui ne le font que habitu , une signature futìt avec cette clause, habitu, non tamen aéíu à quadraginta annis, ultra, Conven- tualis. Hors les Abez Chefs-d’Ordre, & les Filles de Citeaux, le Roi nomme tous les autres Abez de son Royaume ; il nomme même les Ab esses qui font perpétuelles ; celles qui ne le font que pour un tems, font élues par les Religieuses. Les Abez électifs doivent avoir vingt-trois ans, suivant la Pragmatique Sanction qui est observée. Les Abez Réguliers doivent être Prêtres, ou prendre la Prêtrise dans farinée. Ordonn. de Blois, art. 9. Anton. Augusin. Epitome Juris, lib. 4. tit. 45. cap. 3. Ils doivent être légitimes, ou légitimez par le Prince, ou dispensez par le Pape. Si le Roi connoit le vice de la naissance, il dispense de ce défaut par fa feule nomination. L’élection des Abez Réguliers doit être confirmée par le Supérieur, & la Bénédiction doit suivre la Confirmation gratuite, cap. 38- de Simon. Extr. Presque tous les Abez font exemts de la jurifdiction des Evêques, par des exemtions que les Papes leur ont accordées, & que l’on regarde comme des playes faites à f Eglise, & un relâchement de l’ancienne discipline, qui foúmettoit les Moines à l’autorité Episcopale. Les Conciles de Latran, de Vienne , de Constance, & de Trente, ont tâché de restraindre les exemtions ; mais elles subsisteront toujours, au grand dommage de l’Eglife. Les Abez Réguliers, Prêtres , peuvent donner la Tonsure, & les Ordres Mineurs à leurs Moines, pourvû que ce privilège ait été accordé à leur Abaïe, c. 1. dis. 66 . can. contingit, extr. de atat. qualit. £ç? ord. prxsc. ABE' Mitre U Cros'é. II ne peut porter la Mitre & la Crosse fans un privilège particulier. ABEZ Commendataìres. Voïez Commende. ABECEDAIRE, adj. {Elementarìuss, Qui n’en est encore qu’à fa, b, c. (Un vieillard abécédaire.) ABECHER ; voyez ABEQUER. ABE'E, f.s. [For amené] Ouverture par où coule seau d’un ruisseau ou d’une rivière pour faire moudre un moulin, & qu’on ferme, quand on veut, avec ABE une pâlie. Voyez fart. F- du titre 10. de la Coùtume de Montargis, & l’Hoste, pour son intelligence. Ce mot vient de Béer, béant, ouvert. ABEILLE, f f. íAps , apess Infecte qui vole, & qui fait la cire & le miel. (Une petite abeille, une grosse abeille. L’abeille mérite d’être admirée. Abl. Luc. On trouve des abeilles blanches vers le Pont- Euxin. Thevenot , voiages, toni. 1. pag. $1. Les abeilles de l’Abyffinie ont cela de particulier, qu’elles n’ont point d’éguillon pour fe défendre; elles font leurs ruches fous terre, où elles fe retirent par un trou fort étroit. Ludolf, histoire d’Ethiopie, c. 8- L’abeille bourdonne.) H ABEILLE. C’est l’une des dix-huit Constellations australes, composée de quatre étoiles de la cinquième grandeur. {$ Pour exprimer la douceur du stile de Pindare, l’on a inventé cette fable qui est racontée différemment. Elien dit que les abeilles furent les nourrices de Pindare qu’on avoit exposé, & que le miel fut le lait dont elles le nourrirent. Philostrate dit que les abeilles firent du miel fur les levres de Pindare lors qu’il étoit encore dans le berceau. Paufanias raconte l’avanture d’une autre maniéré : il dit que ce Poète étant encore jeune, & allant de Thebes à Thefpies pendant de grandes chaleurs, il fut surpris du sommeil sur le midi, ce qui Pobligea de s’écarter du chemin ; des abeilles vinrent faire du miel fur ses levres, &c. C’est fans doute fur cette idée qu’Horace a feint qu’étant encore jeune, il s’endormit fur le haut d’une montagne de la Fouille, & pour lors des pigeons l’a- voient couvert de feuillages verds : Me fabulose, vulture in Appulo Altrices extra limen Apuliœ Ludo fatigatumque somno Fronde nova puerum palumbes, T extr es mìrum quod foret omnibus. On dit que le Roi Henri III. ayant mandé le Docteur Rose qui avoit prêché vivement contre une mafquara- de nocturne, bien loin de le maltraiter , il lui donna une assignation de 400. écus, pour acheter , lui dit-il, du sucre & du miel, pour aider de passer le Carême, N adoucir vos trop aigres paroles. Mémoires pour servir à l’Histoire de France, tom. 1. ABEL, f m. sAbelus, i. Abel, éliss] Nom d’hom- me, qui signifie rien ou vanité, & l’on donna ce nom à Abel, parce qu’il ne laissa point d’enfans, dit la Roque, origine des noms, c. a. í ABEL-MOSC , Ambrette ou graine de Musc. C’est la semence d’une plante qui croit en Egypte & dans les Isles Antilles, dont les feuilles ressemblent à celles de la Guymauvc. Les nouveaux Botanistes l’ap- pellent, Althaa Indica Villosa. Cette graine est fort petite & son odeur tient de l’Ambre & du Musc. Son principal usage est pour la composition de quelques parfums. L’Ambrette de la Martinique est la meilleure. Savary. ABENEVIS. ABENEVISER. On ne connoit l’abenevis que dans le Lionnois & dans les Provinces voisines, où l’on nomma ainsi la conceflìon que le Seigneur Haut-justicier accorde de prendre les eaux des ruisseaux ou des chemins pour arroser les fonds voisins, ou pour servir à des moulins. Ces fortes de concessions donnent au Seigneur le quart du lods, ou du milods du fond arrosé, quand il est aliéné, ou qu’il change de maître, étant bien juste que le Seigneur de Peau profite du benefice qu’elle apporte au propriétaire ; les trois autres quarts appartiennent au Seigneur direct. Quand_ on a joui de Peau pendant trente années, on la prescrite & l’on n’est pas obligé d’en prendre un abenevis. Voïez Lapon Jur Varticle 545. de la Coutume de Bourbonnais. Ce droit peut être autorisé par P exemple des Romains, qui ne permettoient pas de prendre les eaux des fontaines publiques fans payer un tribut à la République , & dont Frontin a fait mention, lib. 2. de aquœduéí. ou veéligal. forma, l. 27. J. de Ufufr. & l. 34. §. 5. de légat. Nous apprenons par une inscription rapportée par Gruter, que forma signifie un canal , par lequel on conduit Peau destinée pour le service du public, ou des particuliers. Quant A BI Quant à l’origine du terme Abenevit, il y a apparence qu’il vient de Btneficium. M. du Gange , sur le mot Benefisum , cite un endroit des libériez accordées par Guy, Comte de Forests, à la ville de Montbri- son, où il est fait mention de Benevisum , dont nous avons fait Abenevií, & abeneviser. ABEQUER, abécber, v. a. [ biescare. ] Terme d’Oiseleur T Le mot abéquer est d’ufage, l’autre est vieux. C’est nourrir un petit oiseau qui ne peut pas encore manger tout seul, & cela en lui mettant dans le bec de la mangeaille avec un bâton fait exprès. (Abéquer un merle, abéquer un perroquet. ABESSE, s f- [Abbatissa.] Religieuse qui possède une Abaïe, & qui en vertu de fa dignité, a pouvoir fur ses Religieuses, & fur les séculiers qui servent dans son Couvent, & qui déservent des Chapelles qui en relèvent. Pinson. (J ABERGEAGE. Terme fort usité dans la Bresse. C’est une posseilion précaire d'un droit Seigneurial sous une redevance annuelle. Colet , Statuts de Bresse. ABETIR > abejììr, v. n. [ ’Stupefieri , hebetarié] L’un & l’autre s’écrit, mais on ne prononce point la lettre f, & l’on fait seulement longue, la seconde sdabe du mot abêtir. 11 signifie, devenir bête, devenir plus sot, plus innocent que l’on n’étoit. Les Espagnols appellent cela, abejìialijar. (C’est un enfant qui abêtit tous les jours. 11 commence d’abêtir de plus en plus.) Af Nous ne disons guéres abêtir , mais , il devient bête. C’est une véritable bête. Quelques-uns disent ébe'ter, il est tout ébe'té, mais c’est mal parler. Les Italiens ont un terme bien expressif, pour marquer qu’un homme devient brute, & n’a rien de l’humanité, _ c’est disbumanare. Linco conseillant à son ami Sìlvio de quitter la chasse, & de s’humaniser parmi les bergers, il lui dit: Quarda Che nel dishumanarti Pion divenghi una fera, anzìcbe un Dio. Païtor fido, ail. i. sc. i. ABETIR , ou abelìir, v. a. f Stupìdum reddere , ali- quern hebetare, Jìupefacere.] Ce mot est aussi actif Q & en ce sens, il veut dire, èter f esprit, faire devenir bête , faire devenir sot N innocent. (Le vin abêtit les gens.) * AB HÛC & AB HAC. Alors Latins qui sont devenus François, & qui lignifient, fans ordre^ & fans raison, à tort & à travers. (Discourir ab boc (-f ab bac , parler ab boc U ab bac. Ici gît Monsieur de Clezac. Qui baisait, ab hoc & ab hac. Ménage , Poésies. ABHORRER, v. «■ Ce mot vient du Latin ab- horrere, & sc prononce abhorré. 11 signifie, avoir en horreur, en aversion, détester. (Les Loix abhorrent le vice, & embrassent la vertu. Patru , plaidoìé 9. Ceux qui abhorrent le mariage, ont le cœur plus dur que les autres. Les femmes abhorrent les maris jaloux. Bacon, politiques U morales .) S’ABHORRER , v. a. [,SV exborrere, abominart, exe- crarié] Avoir de l’horreur de soi-même, avoir de l’a- veríìon pour soi-même. (Objet infortuné des vengeances cêkjles, Je m abhorre encor plus, que tu ne me déifies. Racine. Phèdre, a. 2. sc. 5.) AB TECTUS , ab je fie , adj. [AbjeAm, contemptus , desiefíusé] Mot qui vient du Latin abjecíus, St qui signifie , vil, bas , méprisable. On ne se sort d’ordinai- re du mot d 'abjett, qu’en i’acompagnant du mot bas qui le précédé , & qui aide à le mieux faire passer. (Néron n’avoittiré de l’amour d’une servante, que des sentimens bas & abjects. Ablanc. Tac. an. I. 15. c. 16. Le commencement des arts est bas & abject : mais celui du parasite est illustre, & commence par l’amitié. Ahl. Luc. tom. 2. Parasite. La gloire qui s’aquiert fur des ennemis vils & abjects , perd bientôt son lustre. Vaugel. Quint. L 7. Volsei étoit d’une naissance basse & abjecte. Maucroix, Schisme, l. 1. ABJECTION , f f. [Contemptus , its. Contemptìo. abjeiïîo. Humilìatio.] Ce mot signifie abaissement , & il se dit dans les matières de piété. Jésos-Christa vécu dans la dernière abjection.) ff ABIGEAT. [Abigeatmé] Terme de Jurisprudence. Le larcin d’un troupeau de bétail est appellé ABI 7 ahigeatus par les Jurisconsultes Latins ; on peut voir le titre 24. du livre 47. du Digeste , & le 57. du neuvième livre du Code : la peine de ce crime étoit différente selon la qualité des personnes , & celle des bêtes dérobées. Cette Jurisprudence n’est plus en usage. ABÎME ou ABISME , f. m. [ purges , voragoé] L’un & l’autre s’écrit : mais l’r ne se prononce point, & l’on fait seulement un peu longue la seconde filabe du mot abîme. 11 vient du Grec, & en Latin on dit abijjhs, en Italien abijso , & en Espagnol abismo. ( C’est une profondeur qui n’a point de fond.) Un abîme profond, un éfroiable abîme , un horrible abîme , un abîme immense. (L’Ocean étoit jaloux de voir sonder ses abîmes. Abl. Tac. 11 y a des abîmes profons dans ces eaux.) ABÎME , s. m. [Parvafigura in medio scuto , majore interposita ab iis veluti absorpta.'} Terme de Blazon. C’est le milieu de P Ecu , & de toute pièce qui est au milieu ; l’on dit qu’elle est mise en abîme. ( 11 porte une fleur de Lis en abîme. La Colombiére , sience héroïque. ABÎME, Enfer. [Insernusé] Ils ont à combattre toutes les puissances de f abîme. Patru, Plaidoìé A~ près avoir enseigné aux autres le chemin du Ciel , il craint d’étre précipité dans l’abîme. Maucroix , Homélie 1.) ABÎME. [Hoc baratbrum, bœc voragoé] Fond immense & infini. (La raison humaine est un abîme où l’on se perd. Abl. Luc. Précipiter du faîte de la gloire dans l’abîme du néant. Abl. Lucs) II est masculin. M. Ménage, tom. 2. obferv. ch. 74. H ABÎME. Vaisseau dans lequel les Chandeliers mettent le suif fondu, où ils trempent leur mèche pour fabriquer la Chandele. Savary. ABÎMER, abìsmer, v. a. [Aliquid absorbere, exhau- rire , absumere.] La lettre s ne se prononce point, & l’on fait un peu longue Ja seconde lilabe d’abîmer. Ce verbe est actif, quand il signifie précipiter dans des abîmes, dans des gousses profons, faire périr. (Abîmer les coupables , les uns par des tremblemens de terre, & les autres par des déluges. Abl. Luc. II ne faut qu’un moment pour abîmer toutes vos richesses. Mau.- croix,,S. Chryjojìome, hom. 2.) ABÎMER, v. n. [Evertere,submergere mvoragìnem, profundè abdere.] Ce mot est neutre quand il lignifie tomber dans un abîme, périr. (Cette Ville abîmera un jour. C’est un homme qui va abîmer dans peu.) * ABÎMER , v. n. [Perire. PeJJhmdare , funditùs evertereé] Périr. Je le veux croire, Et m’embarquer dessus la même mer , Où j’ai pensé tant de sois abîmer. Volt. 2. Elégie. * ABÎMER, v. a. [Desiruere , perdere, fortunés omnibus evertereé] Faire périr , ruiner , perdre entièrement. (On tâche de l’abîtóer entièrement. II abîma, dans cette profusion, toute l'opulence de Rome. Abl. Ces.) S’ABÎMER, v. r. [In gurgìtem demergi , pracipitari , evertié] Je ni abîme , je me suis abîmé , je m’abîmai. Se précipiter. (11 s’abîma dans les enfers après avoir frapé du pié. Abl. Luc. tom. 2.) * S’ABÎMER. [Se in barathrum altè demergere , in voraginem profundè abdié] Se jetter dans quelque chose de fâcheux comme dans un abîme. Si tu savois dans quels maux mon cœur s’eft abîmé, Toi-même tu voudrais qu’il n’eùt jamais aimé. Aloi.) * S’ABÎMER. S’apliquer profondément à quelque chose à force de contemplation. (S’abîmer dans la méditation.) ABÎME', abîmée , adj. [Dijetfus.] Précipité dans des abîmes, péri, ruiné, perdu, qui est entièrement en quelque chose. ( Que tous les peuples qui ont oublié Dieu, soient abîmez. Pj'eaumes de David. Ils prétendoient que tout ce grand travail seroit bien-tôt abîmé. Vaugel. Quint. I. 4.) * C’est un homme abîmé. Cefl-à-dire, qui a perdu tout son bien , qui esi sans ressource. (Abîmé dans la douleur. Arn.) AB-INTESTAT. [Intestatò.] Terme de Jurisprudence. Celui qui hérite de droit d’une personne qui n’a point testé, & qui pouvoit le faire, (je suis héritier de mon père ab-intestat. H On privoit autrefois de sépulture ceux qui étoient décedez ab-intejiat parcs qu’ils n’avoient rien donné à l’Egli. 8 ABL l’Eglise. Un legs pour l’Eglise étoit alors essentiel pour la validité d’un testament. Cette coutume a été sagement abolie. AB IURATION, s f Prononcez abjuration. Ce mot vient du Latin abjuratio, & se dit en matière de Religion. C’est une action qui se fait en public, & dans un lieu destiné à cela, par laquelle on proteste de renoncer à quelque erreur. (Abjuration solemnel- le, abjuration publique, abjuration íàge, abjuration judicieuse, abjuration bienfaite. (Faire abjuration de quelque erreur. sf L’usage des abjurations est fort ancien : les Conciles de Nicée, de Constantinople de 381. d’Alby de 1254. en font mention ; elle doit précéder l’abfolution. Pegna , in Direflor. Nicol. Emerici. lib. 13. ch. 35. Lorsque le soupçon de l’hérésie est violent, on exige une abjuration précise de celui qui est soupçonné. Le Concile d’Alby de 1234. Can. XI. a réglé l’âgeauquel les hérétiques sont reçus à faire abjuration de ì’herésie, les mâles à quatorze ans, les femmes à douze. ABJURATION, s. f. C’est aussi un acte par lequel on témoigne qu’une personne a abjuré son erreur dans le lieu qu’elle devoir. ( L’abjuration est en forme , quand elle est signée par l’Ecclésiastique entre les mains de qui elle a été faite.) AB JURER , v. a. Ce mot vient du Latin abjura- re. C’èst renoncer publiquement & dans les formes à quelque erreur. (Abjurer une hérésie.) * ABJURER, v. a. Quitter, laisser, abandonner tout-à-fáit. (Les Poètes ont abjuré la Poésie. Scaron, Roman Comique. Elle a abjuré tout sentiment de pudeur & de vertu. Patru , plaidoié 9.) ABLAB , f m. Arbrisseau de la hauteur d’un sep de vigne , qui croît en Egypte & qui est toujours verd. Cette plante produit des fèves qui sont bonnes contre la toux &les retendons d’urine. ABLAIS , f m. Terme de Pratique. Dépouillé de blé. (On ne peut enlever les fruits & ablais , fans donner caution au Seigneur, pour ses droits.) Voïez la Coutume d’Amiens, art. 214. ê ABLAQUE, adj. Soie Ablaque, ou Soie Ar- dalsine que l’on tire de Perse par la voie de Smirne. Savary. ABLATIF, m. [ Ablatìvsss .] Terme de Grammaire. Le sixième cas de quelque nom. (Ablatif absolu.) Cf Le P. Bouhours a fait un article particulier de Vablatif absolu , dans ses remarques nouvelles fur la langue Françoise , où il dit que l’on entend , par l’abla- tif absolu des Latins , une locution détachée & indépendante , & qui n’estrégie de rien, telles que sont celles-ci, mortuo Casare , deleto exertitu. II rapporte ensuite quelques exemples des ablatifs absolus dans notre langue : tout bien considéré ; cela fait ; les compliment faits ; le prìntems venu , eu égard, vu Pétât des choses. ABLE, f tn. Poisson de rivière, qui est de la grandeur d’un doigt, & quelquefois un peu davantage, qui a le dos verd, & le ventre blanc. (Un petit able.) ABLERET, f m. Terme de Pêche. C’est un filet carré , attache au bout d’une perche, avec lequel ón pêche les ables & autres petits poissons. (Pêcher à l’Ableret.) ABLOQUIEZ, adj. La Coutume d’Amiens défend aux Tenanciers de démolir aucuns édifices ablo- quiez & Jblivez dans l’héritage qu’ils tiennent en roture , fans le consentement de leur Seigneur. f§ C’est la disposition de la Coutume ; mais il faut expliquer ce que c’est que des édifices abloquiez & fo- livez. De Heu , fur cet article, a dit, que édifices abloquiez &Jblivez , sont posez sur des ablots enfermez , & masionnez, avec des solives, & posez pour y demeurer. EtDufresne, fur ce même article, explique ainsi ce que c’est qu’âà Ablocqs , dit-il, Jont pilastres , ou pieds-dlestai , de pierre , ou de brique , élevez d’un pied £V? demi ou de deux pieds du rez de chauffée, ur lesquels font plantez en long , les poutres d’un e'difice de bois , pour garder que la pluie, A fes eaux , ne les pourrissent au pied , Ae. ABLUTION , f nt. [ Ablutio .2 Terme d’ Eglise. Prononcez ablucion. L’Ablution se fait, lorsqu’après la communion le Prêtre lave ses doigts dans îe Calice avec le vin, ou avec l’eau & le vin. C’est aussi le vin, AB° & l’eau qui ont servi à laver les doigts du Prêtre. (La première Ablution. Faire l’ablution. Prendre l’ablu- tion.) f ABLUTION, se dit chez les Moines de faction de blanchir & de nettoïer les habits. J: ABLUTION ou Lotion. Terme d ’Apoticaire. C’est la préparation qu’on fait d’un médicament pour le nettoïer , ou pour le purger de quelque mauvaise qualité. ABNEGATION , f f- lAbnegatio.j] Prononcez abnégation. Terme de" Dévotion. Renonciation à ses plaisirs, à ses passions , à ses intérêts. Ce mot vient du Latin abnegare , désavouer. ABOIER, Abaier, v. a. [Latrare.J Ces mots, au propre, sc disent des chiens; mais il n’y aqu’aboier qui soit bien d’ufage ; abaier , n’est que du peuple. L’un & l’autre signifie japer , en Italien Abbajare. (A- boïer les passans; on dit aussi, Aboïer après les paffans.) Pour abdier un huguenot , On nia mis en piteux être. L’autre jour je mordis un Prêtre, Et personne ne m’en dit mot. Poète anonyme. fy M. Ménage dérive ce mot, de adbaubare. Lucrèce a dit : aut cum defertis baubantur in œdibw. Til- paut lui donne un origine Greque, ainsi qu’Henri E- tienne dans son traité de la conformité du langage François avec le Grec. Mais le P. Labbe veut, qu’il vienne du Latin adbaubare , ou plutôt de la voix des chiens. Les chiens, en aboiant , font ab ab , auau, af af, ap ap , dit-il, &c. t* ABOïER. Médire, crier après quelcun, reprendre , attaquer quelcun. (* II y a de certaines gens qui aboient tout le monde. Abl. Luc. 11 ne fait rien que crier & aboïer tout le monde. Abl. Tac. I. 2. II faut avoir du mépris pour eux, & les laisser aboïer. Scar. pois. ) f * ABOÏER. Aspirer avidement après quelque chose , l’attendre avec passion. (11 y a des gens autour de lui qui aboient fa succession. Abl. Lucs J* ABOÏER à la lune, Prov. Faire des éforts inutiles contre des gens qui sont au-dessus de nos atteintes. Rude aux voleurs, doux à l’amant, J’abdiois , U faifois caresses s Ainst je fçûs diversement Servir mon maître , U *na maîtresse. Malleville. Despreaux a dit, fat. 7. Mais un fat me déplait , U tne blesse les yeux ; Je le poursuis par tout, comme un chien fuit fa proye , Et ne le sens jamais , qidaujjìtét je n’aboie. II a plus fait, il a mordu très-cruellement, & l’on peut dire que dans ces trois vers il a fait son portrait d’après nature. ABOIEUR. f m. Qui aboïe. [Latrator.~\ On le dit des chiens qui aboient devant le sanglier fans l’apro- cher. Academ. Fr. ABOI, f. m. [ 'Latratm.~\ Le cri naturel du chien. (Au premier aboi que fait le limier, le loup sort de son liteau. Sal. Ouïr l’aboi d’un chien. Abl. Luc.) ABOIMENT , aboiement , f m. \_Latratux.~\ L’un & l’autre s’écrit ; mais on prononce Aboîment, en alongeant un peu la seconde silabe. {L’aboîment est le cri naturel d’un chien quand il attaque, qu’il se défend ou qu’il craint. aboîment de ces chiens m’a empêché de dormir. Acad. Fr. Aboîment affreux, fâcheux, étonnant, horrible, épouvantable, ennuieuxO (f M. Girac , se plaignant des calomnies de Costar, dit dans íà Répliqué , page 6 . car lequel de tous les sea- vans de notre lìecle a pû éviter ses aboimens & ses morsures ? ABOIS, f. m. fUltìma bellua âeficìentis necejsttasfj Moment où la bête expire. Etat ou foiblesse de la bête quand elle expire. (Cheval qui rend les abois. Vau- gel. Quint. I. 6 . c. 13, Tenir les abois. Sal.) ABOIS. [Agon.J Ce mot se dit des personnes , & veut dire agonie , combat de la chaleur naturelle avec la maladie. (Etre aux abois.) * ABOIS. {Extremœ angustiieé] Moment où une chose est prête à périr , moment où l’on est prêt à succomber. (Mettre ses ennemis aux abois. Voit. po'éf. Mettre la pudeur aux abois. Benferade. On y voit tous les jours l’innocenee aux abois. Defo. Sat. 1.) ABO- 9 AB O ABOLI, IB. part. U adj. [AboìitîU , abrogatus.'} (Loi abolie. Crime aboli.) ABOLIR , v- a. ZAbrogare .] Casser »anuler , mettre hors d’usage , éfacer & ôter entièrement. (Abolir une coùtume , des impôts , une superstition, la mémoire & le souvenir de quelque belle action. Ablan- court. ) , ABQLISSEMENT, f m. ZAbolìtìo , extìnchost, Abrogation, extinction. (Abolissementdes loix , des coutumes.) ABOLITION, f f. Mot qui vient du Latin Aboli- tio , & qui se prononce abolition. C’est une grâce que le Prince fait en pardonnant un crime , voulant qu’il soit aboli, & que la peine portée par la Loi, en soit entièrement remise. (Acorder, obtenir, avoir des Lettres d’abolition. C’est en la grande Chancélerie où l’on expédie des Lettres d’abolition; la personne qui les obtient se doit mettre en état ; les Lettres que les Gentilshommes impétrant, s’adressent aux Parlemens, & celles des roturiers aux Juges subalternes.) ABOLITION , f. f. C’est l’anéantissement de quelque impôt, ou d’autre pareille chose. (Demander Fa- bolition de quelque gabéle. Obtenir Fabolition de quelque impôt, accorder Fabolition, refuser Fabolition d’unetaxe. Vous voïez dans ce livre, tantôt Fabolition des vieilles Loix , & tantôt F établissement des nouvelles. Saint Evremont, 7. des Historiens François.) ABOLITION- Les Loix Romaines font mention de deux sortes d’Abolitions : l’une étoit accordée aux criminels dans certaines occasions de joye, & de réjouissance publique : l’autre étoit nécessaire aux accusateurs qui vouloient se départir de leur accusation sans encourir une peine, selon le Senatusconsulte Tur- pilien. Abolitio , dit M. Cujas, ad tit. de abolit, eji venia onúttenda accusatmiis quam petit accusator à ju- dice, in cujm officio accusationem instituit. II falloit demander cette abolition dans les trente jours de l’ac- cusation. C’est dans ie titre de Indulg, Crìmìn. que Fon trouve Fabolition publique & generale, que nous appelions amnistie. On voit dans plusieurs loix du Code Théo- dosien, tit. de Indulgent, debitor. que Fon accordoit quelquefois aux débiteurs du fisc une abolition de leurs dettes. Nous avons une Médaillé de FEmpereur A- drien, où Fon voit cet Empereur debout tenant un sceptre de la main gauche , & de la main droite un flambeau allumé avec lequel il brûle plusieurs papiers en présence du peuple, qui témoigne fa joye & fa re- connoissance, en élevant les mains au Ciel ; la légende est en ces termes : Reliqua vetera H. S. Nummis abolitia. ABOMINABLE, adj. Ce mot semble venir du mot Latin abominandm, & signifie qu’on doit détester, & qui est horrible. (Un reproche abominable. Une action abominable. Pascal, lettre 16. Un lieu abominable. Tous les animaux qui se remuent & qui vivent dans les eaux, fans avoir eu des nageoires ni d’é-- cailles, vous seront abominables. Sacs,'Leviti que, chap. n. Balfac, relation à Ménandre, 1. partie, dit que son ami Philarque l’apelle exécrable, détestable, abominable, & lui donne pour épitétes quatre ou cinq de ces vilaines rimes. N’est-ce pas une chose abominable qu’il consente à cette opinion ? Pascal, lettre 34. On dit aussi : c’est une chose abominable que de faire cela.) ABOMINABLEMENT , adv. [Abominandum in mo- Aian .) D’une maniéré détestable, d’une faqon horrible. (Vivre abominablement.) ABOMINATION , s. f. Prononcez abomination. 11 vient du Latin abominatio. [ Res detejìanda. ] C’est l’horreur qu’on a de quelque chose que ce soit. (Une vraie , une juste, une sainte Abomination. Etre en abomination à tous les Peuples. Ablancourt, Tac. Le Seigneur a en abomination les sanguinaires. Port-Royal , Prov. de Salomon. Tout ce qui vole & qui marche fur quatre piez, vous sera en abomination. Port-Royal, Lévitique, c. 11. Tous. les trompeurs font en abomination au Seigneur. Port-Royal, Proverbes, c. 3.) ABOMINER, v, a. ZAbominari, deteflari .] Avoir én horreur, détester. Ce verbe est vieux en notre langue, & n’est plus en usage. Danet. ABONDER, v. a- ZAjfluereJ Ce mot vient du La- tin Sundare. C’est avoir abondance , avoir en quantité, (Toutes fortes de délices abondent en ce lieu. Voit.lert. 86, ABO Paris ejl fans comparaison ,. II n’eji plaistr dont il n’abonde. Main. Poës.) f II abonde m son sens. C’est-à-dire, qu’il est attaché avec opiniâtreté à son sentiment. ABONDANT , abondante, adj. Ce mot vient du Latin abundans. C’est-à-dire , qui a en quantité , en abondance , qui est fertile. (L’Alemagne est abondante en troupeaux. Ablanc. Tac. Ger. La Perse étoit alors paisible & abondante en toutes choses. Vaugel. Quint. I. 9. c. 10. ^ On dit un homme abondant de paroles , une langue abondante en mots & en phrases , une. maison abondante en biens , une table abondante en mets. f D’ABONDANT , sorte d’adverbe , qui signifie de plus , & qui n’est pas en usage parmi ceux qui parlent bien. ABONDAMMENT, adv. ( Abundanter , copiosè .1 Avec abondance , en quantité , avec fertilité. (Le Parasite ne sème ni ne moissonne, & trouve tout abondamment. Abl. Luc. t. 2. Le Seigneur rend abondamment aux superbes ce qu’ils méritent. Port-Royal , PJeaume 30. L’Angleterre , l’Alemagne, la Hollande & la France donnent abondamment ce qu’il faut à ceux qui en cultivent la terre.) ABONDANCE , f. f. Mot qui vient du Latin abun. dantia. [ Copia. ] C’est-à-dire , grande quantité de quelque choie. (Etre dans une heureuse abondance de toutes choses. Patru, pìaidoiez. Us se reposèrent dans une abondance de toutes choses. Abl. Ret. I. 4. On se lasse des plaisirs, & Fabondance engendre íe dégoût. Ablan. Luc. Saturnales, t. 3. Tu épouseras, mon bon Monsieur, une femme gentille, qui fera venir Fabondance chez toi. Mol. Mariage forcé, sc. 6 . Varillas & Chapelain, ce sont les Auteurs de mon tems, qui ont trouvé la nécessité dans Fabondance.) De ïabondance du cœur la bouche parle. Sorte de Proverbe. [£v abundantia cordh, os loquitur.f t * ABONDANCE , f. f. Terme à’Académie & de Co'ége. Vin où il y a beaucoup d’eau que ses gens de Colege & ceux d’Académie donnent à leurs pensionnaires,, Faire de iabondance, c’est faire de Peau rougie, & mettre avec un peu de gros vin rouge presque la moitié d’eau. (Donner de Fabondance aux pensionnaires. Tant qu’on boit de Fabondance, on ne se brûle pas le foie, & charitablement on doit croire que c’est dans cette vûe que Monlìeu Gratien & autres gens qui tiennent pension font boire de Fabondance à leurs pensionnaires grands & petits.) $ ABONDANCE. On apelle corne d’abondance, la corne de la chevre d’Amalthée. Dans les ouvrages de sculpture & de peinture, c’est une figure de corne d’où il sort des fruits. On orne Farchitecture á’un Palais, de Cornes d’abondance. O11 les donne dans les Médailles, aux Divinisez, & aux Héros, pour designer les biens & Fabondance, que la bonté des Dieux, & la valeur des Héros ont procuré aux hommes. î ABONDANCE. Divinité qui est quelquefois re- prescntee lûv les Médailles. Elle tient des épis à la main ; K on voit à ses piez un pavot entre des épis sortant d’un boisseau. Une armée d’abondance, c’est une année fertile. ABONNER, v. a. ZJ ura vendere, vel redimere .] Traiter avec un fermier public de ce qu’on doit donner à cause des choses qu’on veut vendre durant un tems, fur lesquelles ce fermier a pouvoir de lever un certain droit pour le Roi. (S’acorder de ce qu’on doit donner pour une certaine chose. (Abonner un vilage aune certaine somme d’argent.) $ ABONNER. Ce terme lignifie aussi, aliener, changer , & est en usage dans les coûtumes de quelques Provinces. Quand un Vassal aliéné ses rentes, ou change une forte d’hommage pour une autre , on sc sert du terme , abonner. 8’ABONNER , Je ni abonne, je niabonnai, je me fuis abonné, je ni abonnerai. C’est convenir avec une personne , de lui donner un certain prix pour une chose qu’on aura pouvoir de vendre , & sur laquelle cette personne a quelque droit. (11 y a des Cabaretiers qui s’a- bonnent avec les fermiers. ABONNEMENT , J. m. ZJuris venditio , redemptio. (j Traité qu’on fait avec un fermier public , par lequel on convient de donner une certaine somme d’argent pour la vente de certaines choses durant un tems. Tome I. B AB ON* i o ABO (f ABONNER. On disoit autrefois home, dont nous avons fait borne. Le Roman de la Rose : Les terres ensemble -partirent. Et au partir bonnes y mirent. De bonne on a composé le verbe abonner, qui lignifie, donner des bornes à une chose , & dans plusieurs Coutumes du Royaume, les droits dûs aux Seigneurs Féodaux , font fixez, & abonnez à une certaine somme , où aune certaine quantité de grains. Mante, art. 2;. Tours, 12a. Anjou , art. 13. dit abournê; ce qui est la même chose. Voïez Ragueau, dansson Indice. ABONNIR, v. a. [Retn meliorem facere.) C’est rendre meilleur. (Les caves fraîches abonnissent le vin. ) ABONNIR , v. n. Ce mot se dit aussi des choses & des personnes, & il lignifie devenir meilleur. (11 n’a- bonnira jamais.) ABONNIR, v. a. Terme d e Potier. Faire lécher a demi, & rendre en état de rebattre. (Abonnir le carreau. ) S’ABONNIR, v. r. Je r,1 abonnis , je m’abonnais , je me fuis abonné, je m’abonnirai. ['Meliorem fierì .] C’est devenir meilleur. (II s’abonnit de jour à autre. Le fruit s’abonnit de plus en plus. A BORD , f m. [Aditus.) Ce mot se dit des personnes & des choses, & signifie aprocbe. (Un abord civil, un abord galand, agréable, honnête. Avoir sabord galand , éviter sabord des mignons. Préparez vous à soutenir avec fermeté sabord de vôtre père. Mol. Scapin. a. 1. sc. 3. L’abord de vôtre père me fait trembler. Mol. Scapin , a. 1. sc. Ah ! que mal à propos, Son abord importun virent troubler mon repos. Corneille, menteur, a. 4. sc. 4. ABORD , f. m. [Appuljhs.) Ce mot se dit en parlant de lieu & de place , & veut dire arrivée. (A notre» abord dans lTsle , nous fûmes attaquez. Abl. Marmot. Notre abord dans le païs, fut remarquable par les prisonniers que nous y fîmes. Riche/et. Floride.') f ABORD,/ m. II se dit de safluence des personnes ou des marchandises qui arrivent dans un même lieu. Paris , Londres & Amsterdam font des villes de grand abord. ch ABORD , Attaque, soit par mer , soit par terre. (L’abord des vaiílèaux est terrible. L’abord des François est à craindre ; on ne peut soutenir leur premier abord , lorsqu’ils, chargent avec Parme blanche.) D’ABORD , adv. [Prima fronte, initio, Jlatim.) Incontinent , auffi-tôt, la prémiére fois & avant toutes choses. Premièrement. (Ataquer l’ennemi d’abord. Abl. Ret. Accepte les présens qu’on avoit refusez d’abord. Abl. Ret. I. 3. On lui demanda ù’nZwá ce qu’il vouloir donner. Abl. Luc. t. 2. ) ABORDABLE, adj. [ Portuofm. ] Accessible, parlant des côtes de la mer où l’on peut aborder & prendre terre. Cette côte n’est pas abordable à cause des écueils. On l’aplique aussi aux personnes que son aproche aisément. L’académie n’a point mis ce mot dans son Dictionnaire. ABORDAGE , f. m. f Appulfus.) Terme de Mer. Ce mot se disant des vaisseaux ennemis , c’est l’aproche fç? le choc des vaisseaux ennemis qui se joignent & s’a- crochent par des grapins & des amarres, pour disputer à qui le port demeurera. (Venir à sabordage , craindre sabordage, éviter sabordage. Notre flûte : est de difficile abordage. Aller à sabordage.) ABORDAGE,/ m. Terme de Mer. Le mot d’a- bordagete disant des vaisseaux d’un même parti, signifie le choc des vaisseaux que la force du vent fait dériver les uns fur les autres , quand ils vont de flote , ou qu’ils sont dans un même mouillage. (L’abordage fait souvent périr les vaisseaux. L’abordage est quelquefois dangereux, &, s’il est possible, il le faut eviter.) ABORDER, v. a. Ce mot peut venir de l’Espagnol abordar , & signifie arriver au bord , arriver en un lieu, 011 en un pais , prendre terre dans un païs, entrer dans un endroit. J’aborde, /’ abordai 0 jejuis abordé, f aborderai. [Navem, &c. ad portum appellere.) (II ne put aborder , à cause que la rive étoit escarpée. Abl. Luc. Aborder en des païs inconnus. Vaugel. Quint. liv. 4. Les presons abordoient chez moi de toutes parts. Abl. Luc. Aï.) ABORDER, v. a. [Adiré.) Aprocher. (Us abordent le Roi avec une insolence. Vaug. Quint. L 14. ABO Voici la Princesse, prenons notre tems pour saborder. Molière, Amans magnifiques, aH. i.Jc. 4. J’abordai Homère, & le priai de me dire d’où il étoit. Abl. Luc. t. 2. Iìfi. véritable, t. 2. Les esclaves abordant cette côte , se trouvent libres. Volt. I. 4.) ABORDER , v. a. Terme de Mer. C’est tomber fur un vaisseau ennemi, (/a frégate, qui nous avoit abordez, ayant vu nôtre résistance , fit tous ses efforts pour se déborder.) Aborder un vaisseau de bout au corps, c’est lui mettre l’éperon dans le flanc. S’aborder de franc étable , se dit de deux vaisseaux qui s’aprochent en droiture, pour s’enferrer par leurs éperons. if ABORDER. Terme de Guerre. Aborder l’enne- mi avec une contenance ferme. Aborder un retranchement , un bataillon , c’est l’attaquer. f ABORDER larémisé. Terme de Fauconnerie. On le dit lorsque la perdrix est cachée dans quelque buisson. On aborde la remise sous St les autres, de Minori Parco. Leur fonction est de dresser les minutes des Bulles, qui s’expedient en Chancellerie, & de les examiner avant que de les envoïer au plomb. On leur a donné le nom d ’Abrcvìateurs , parce que abreviatura , & abreviatio signifient , dans la loi Chi- rographis , jst de administ. tutor. la minute abrégée d’un Notaire : peut-être aussi que qa été parce que£m>e signifie une Lettre fuccinte du Pape & que nous appelions ordinairement un Bref du Saint Siégé. Le lieu où ces Officiers s’assemblent , étant une efpece de Parc & d’enceinte , on les a nommez Abrévìateurs de Farco Majori ou Minori , selon la grandeur de leur Parc, ou Parquet. Les Abreviateurs de Parco Majori , font beaucoup au-dessus de ceux qui font de Parco Minori, lesquels ABR n’ont presque point d’autre fonction , que de porter les Bulles à ceux de Parco Majori. L’origine de ses Officiers est fort ancienne ; on l’at- tribuë au Pape Jean XXV. mais ils ne furent érigez en corps & en collège , que par Pie II. Paul V. vint ensuite qui les supprima ; mais Sixte V. les rétablit, & depuis ils ont toujours subsisté , & sont enfin parvenus à la dignité de Prélat. Ceux qui en voudront fqavoir davantage, peuvent s’en instruire dans le Traité de Jean Clampiny , imprimé à Rome en 1691. & qui a pour titre : Disserta- tio historica de abbreviatorum de Parco Majori , ^stc. ABREUVER, V.a. [ Adaquare.J Le petit peuple de Paris dit abruver ; mais les gens du beau monde prononcent & écrivent abreuver. C’est mener à l’a- breuvoir , faire boire quelque animal. ( Abreuver un cheval. Abl. Ces. Abreuver une mule, abreuver un âne. Vicquefort dit qu’il a vûBes seaux de vermeil doré, dont on fe fervoit pour abreuver des chevaux. Olearius , tome 1. /. 4. page 90.) * ABREUVER, f HumeHarest Tremper & mouiller de telle forte que l’eau pénétre. (Abreuver la terre.) f * ABREUVER. [ Imbuere.J Informer & faire savoir. ( C’est assez qu’il le sache, il ne manquera pas d’en abreuver toute la ville.) * ABREUVER. Terme de Vernisteur. Faire boire. ( La prémiére couche de vernis n’est que pour abreuver le bois. ) S’ABREUVER , v. r. Je me suis abreuvé , je tríabreuvai. Boire. ( Sitôt que du Neflar la troupe est abreuvée. Defpreaux , Lutrin. Chant. 1. ( Souvenez-vous de ces immortelles sources où vous vous êtes abreuvez des saintes eaux de la sagesse. Pa- tru , plaidoié 4.) ABREUVOIR ,s.m. ^Aquarium.] Lieu où l’on mène boire les chevaux , les mules St les mulets & plusieurs autres bêtes. (Un petit abreuvoir, un grand abreuvoir, un bel abreuvoir , mener à l’abreuvoir.) 0 Le droit de mener boire ion bétail dans les fontaines , & dans les réservoirs d’autrui , est une servitude que les Jurisconsultes appellent ju> pecorum ad aquam appuijus ; cette servitude est du nombre des rustiques. L. r. §. in prœdiis, js. de servit, rujìic. prad. L’ufage de cette servitude doit être réglé par les termes du Contrat , qui ne doit point être étendu'. L. ï. §. rZ. de aq. cotid. œjiiv. Et si celui, à qui la servitude est duë, augmente dans la fuite le nombre de son bétail, on peut le réduire fur le pied de la servitude telle qu’elle étoit lors qu’on l’a aquiië. t * ABREUVOIR à mouches. Blessure sanglante à la tête. ( ii lui a jette une coupe à la tête, L lui a fait un grand abreuvoir à mouches. Ab!. Luc.) ABREUVOIR. [Apertura , rima. J Ternie de Maçon, St de Tailleur de pierre. Ouverture qu’on laisse entre les joints des pierres de taille pour y couler du mortier. Ce mot abreuvoir fe dit en ce sens , mais il n’est pas si usité que celui de godet, qui est le mot d’ufage. ABRI, f m. [ Lochs à tempestate teflnsf\ Lieu où l’on fe met à couvert du mauvais tems. ( Un bon abri, un abri commode , un favorable , un heureux abri, un méchant abri, être à l’abri du vent ; ce lieu nous servira d’abri contre le vent ; chercher un abri, rencontrer un abri , trouver un favorable abri. Se mettre à l’abri, cet abri est très-commode , il y faut demeurer jusqu’à ce que le mauvais tems foit passé.) ABRI , f. nt. \_Persugium . ] Sûreté, couvert. (Leur amitié me servira d’abri contre la nécessité. Abl. Luc. Je veux une coisure en dépit de la mode, Sous qui toute ma tête ait un abri commode. Mol. Ecole des maris, a. 1 .sc. 1.) A L’ABRI, adv. A couvert de la pluie , du vent, en un mot, du mauvais tems. ( Se mettre à l’abri, demeurer à l’abri , être à l’abri.) A L’ABRI, adv. Ce mot , au figuré , signifie à couvert du malheur , en fureté contre tout ce qui peut arriver de fâcheux , à couvert de quelque chose de nuisible. (Se mettre à l’abri de la nécessité. Abl. Luc. t. 3. Je ne saur ois trouver un favorable port, Oh me-mettre a l’abri des tempêtes du fort. Racan , Bergeries, a. 3. Jc . r. Tout jbn métier ABR Est de courir le jour de quartier en quartier, Et d’aller, à l’abri d’une perruque blonde, De ses froides douceurs fatiguer tout le monde. Boil. fat. 4.) ts ABRICONER. Vieux mot. Cajoler, tromper par des caresses. Bien sot la mere Abriconner. Dans l’Ovide dont j’ai le manuscrit. ABRIER, v. a. Terme de Jardinier. C’est mettre à couvert du mauvais tems. (Abrier une planche.) * ABRIER, v. a. [ Defendere .] 11 se dit aussi au figuré , mais ce n’est qu’en riant. Et signifie protéger, mettre à couvert, mettre à l’abri de quelque chose de fâcheux. ( Enfin , le bon Dieu nous abrie, Courage, voici les convois de la Beaujfe de la Brie. St. Amant, pois. ^.partie p. 92.) 0 Presque tous les Grammairiens dérivent notre mot Abri, & le mot Espagnol abrigo , qui signifie la même chose, du Latin apricus. Covarruvias, dans son Trésor de la langue Espagnole ; Muret, sur le Sonnet J07. du premier livre des amours de Ronsard; Pas- quier , dans ses Recherches ; Sau m aise fur Solin , font de cet avis. Nicod, dans son Trésor de la langue Françoise , condamne cette Ethnologie, sans en donner une autre. Pithou , des Comtes de Champagne, çroit que abri vient de arbre , qu’encore , dit-il, en tout évenement , je déduirais plutôt d’arbre , selon notre prononciation. M. Ménage propose une autre opinion ; il estime cpa’abri vient, de opericus , inusité, & duquel on a fait operio , comme apricus de aperio , en chan- eant 1 ’o en a. Le P. Labbe désaprouve ce sentiment e Pithou, & semble admettre celui de Saumaise & d’autres de son parti. Mais s’il est vrai, comme cet Auteur en convient, que apricus signifie un lieu ouvert & exposé au Soleil & au froid, comment en a-t-on pû former le mot abri qui signifie tout le contraire ? Virgile a dit, Egl. 9. Ecce, Dionœi processif Cœsaris aflrum, Astrum, quo segetes gauderent frugibus , quo Duceret apricis in coìlibus una tolorem. Les Commentateurs entendant par apricis coìlibus, des montagnes, des . cóteaux exposez au Soleil. Et Horace , dans le même sens. Lib. 1. carra. Od. z 6 . - O quœ fontibus bttegris Gaudes, apricos nefle flores. Mr. Caseneuve est pour apricus, & je crois, comme lui, que apricus est la verirable origine d’abri. ABRICOT , f m. [Prunum Armenìacum.fi Fruit, qui étant meur , est jaune avec quelque peu de rouge d’un côté. Voïez AI. Ménage fur l’Etimologie de ce mot. ABRICOTIER , f. m. [Prunus Armeniacus .] Arbre assez haut qui porte des fleurs blanches, & qui ressemble au pêcher, excepté qu’il a les feuilles aiguës, & dentelées à senteur. Dal. ABRICOTIE', f m. [ Prunum Armeniacum fac- cbaro conditumf] Dragée faite d’un petit morceau de fruit de l’abricot entouré de sucre. H ABRIER, mot ancien, qui signifioit, protéger, défendre. Les Jardiniers disent abrier une couche, une fleur ; c’est-à-dire , les garantir du vent qui pour- roit leur nuire. ABRIVER, mot ancien, encore connu parmi les gens de Riviere ; c’est aborder, se joindre au rivage. ABROGER, v. a. Ce mot vient du Latin abrogare , & c’est un terme de Palais. II signifie, détruire, casser, annuler. (Abroger un édit. LeMait.pl. r;. II abrogea tous les privilèges. Patru , pi. r;. Abroger la puissance du Pape. Mauc. schisme d’Angleterre, tom. 2. ABROGE', ée, part. pajs. [ Abrogatus .] Cette loi a été abrogée, elle n’a plus de force. , ABROGATION , f. f. Prononcez abrogation. Ce mot vient du Latin abrogatìo , & c’est un terme de Palais. C’est un acte par lequel on casse & annule quelque chose. ( On fit plusieurs opositions à s ubrogation de la Pragmatique.) í ABROHANI, ou MALLEMOLLE. Espece de Mousseline, ou toile de Coton blanche, claire & fine, ABS 1 z qu’on apporte des Indes Orientales , & surtout de Bengale; chaque piéce a seize aulnes de long fur trois quarts a cinq-huit de large. ABROTONNE , f f Herbe ou plante fibreuse & odoriférante , qui craint le froid , & qui aime une terre maigre & sèche. ( Abrotonne mâle. Abrotonne fénrelle. Marin, traité des Fleurs.) ABRUTIR , v. a. [ Stupidum, reddere.J Faire devenir stupide, & rendre comme bête. (La solitude acheve de leur abrutir l’esprit. Vaug. Quint. /. 9. c. 10.) ABRUTISSEMENT , f. m. Prononcez abrutijseman. [ Stupor .2 C’est une stupidité grossière. Etat d’une personne abrutie. (Un abrutissement épouventable, un abrutissement étonnant. II est tombé dans un furieux abrutissement. C’est une chose étonnante de voir comment un homme peut être réduit à un si grand abrutissement. Nicole , Essais de morale, t. r. chap. 45. S’ABSENTER, ». r. Je m’absente , je me fuis absenté , je né absentai. £Abesse , aliundè difcederefi S’é- loigner d’un lieu , ou d’une personne. ( S’absentex de la Cour. Abl. Tac.) ABSEN CE , f. f. Ce mot vient du Latin absentìa. Eloignement d’un lieu, ou d’une personne. ( Une absence cruelle , longue & ennuyeuse ; son absence de la Cour a fait son malheur. Souffrir les maux de l’absence. Rac. Adoucir les maux de l’absence. Segr. Eglogue L’absence Est un prétexte à l’instance, Plutôt qu’un remède à l’amour. Quand ïamour résisté à l’absence, II est à l’épreuve de tout. La Suse , Poës. * ABSENCE. Egarement d’esprit qui vient faute duplication , maniéré de distraction sensible. (* Avoir des absences d’esprit.) ABSENT, absente, adj. [ Abstens. ] Qui est éloigné, qui n’est pas présent. ( Mépriser les dangers abl'ens. Abl. Tac.) Abstens de vos beaux yeux, je languis, jesoupire. Soar. ABSENT, s. m. Qui n’est pas présent, qui est éloigné. Je me passe aise'ment des abstens. Volt. 1 . r. Les lettres font la feule consolation des abstens. Qui nefiait que tout change dans ! Empire amoureux, Et qui peut être absent , A s’estimer heureux ? Ségrais , Elogue 5.) f§ M. de Balzac a dit, absent de son intérêt. Le P. B. condamne avec raison cette locution. V. ses doutes. ABSE'S , ou ABSCE'S ; voyez ABCE'S. ABSIDES , f m. [Absides .J Terme d’Astronomie. Ce mot signifie ensemble l’apogée & le périgée d’une planète , c’est à-dire, son lieu le plus éloigné & le plus proche de la terre. L’excentrícité se prend dans la ligne des Absides. ABSINTE, Absinte. Ce mot n’a point de pluriel & s’écrit de lune & l’autre forte. II vient du Latin Absinthium. Quelques-uns font Absinthe masculin en François; mais la plupart le croyent féminin. L’ab- smte est une herbe odoriférente, amére & toûjours verte, qui est chaude, astringente, & corroborative. ( Absinte Romaine , absinte amére. Cueillir de Rabin te.) sf Malherbe l’a fait masculin & féminin. ( Tout le fiel , U tout l’absinthe. Adoucir toutes mes absinthes.) * ABSINTHE,//. Déplaisir , aigreur, amertume. ( II adoucit toutes nos absintes. Corneille , notes fur les remarques de VaugeUs, t. 2. p. 96t.) ABSOLU, absolue , adj. [ SummmJ Indépendant. Souverain. (Roi absolu, Monarchie absolue. ABSOLU , absoluè , adj. [ Imperiosm .J Impérieux. Qui tient du maître. (Parler d’un ton absolu.) ABSOLU, absoluè , adj. Terme de Grammaire. Qiû n’est régi de rien. (Ablatif absolu.) ABSOLUMENT, adv. \_Summo jure .] Souverainement , indépendamment , impérieusement. ( Commander absolument. II parle bien absolument.) ABSOLUMENT , adv. [ 'Prorjits .] Entièrement, tout- à-fait. ( 11 est impossible que quelque chose se fasse absolument de rien.) B ; ABSO- 14 ABS ABSOLUMENT , adv. Sans restriction. ( J’ai trouvé à propos de mettre la chose absolument. Abl. ABSOLUTION, s.s. [Absolution Terme de Palais. Sentence ou Jugement par lequel une personne est déclarée innocente d’un crime dont elle etoit acusée. ( Le parquet a conclu à l’absolution.) ABSOLUTION, Terme à’Eglise. Signe de croix avec quelques paroles , par le moyen de quoi le Prêtre remet les pechez à un penitent. s Donner l’absolution. II a reçû l’absolution de tous ses péchez.) ABSOLUTION à Cautele. Ce terme Cautele signifie prévoyance , précaution. Lors qu’un homme est excommunié , il peut apeller ou au Juge Supérieur Ecclésiastique , ou comme d’abus ; & parce que toute communication est interdite aux Excommuniez , à qui il est défendu de se presenter aux yeux de la Justice, on a introduit une absolution de précaution que l’on donne à Pactisé , qui est plutôt suspendre l’effet de ('Excommunication , qu’absoudre FExcommunié. V. Touvenet gf François Florent qui en ont traité. ABSOLUTION ISacramentele, & non Sacramentale. Ménage , objerv. t. i. ch. 144. f ABSOLUTION. Terme de Bréviaire. C’est une Í iriere , qu’on récité aux nocturnes des matines , avant es bénédictions & les leçons. Les encenlêmens & aspersions qu’on fait fur le corps d’un Prince ou d’un Prélat, qu’on enterre avec cérémonie , s’apellent aussi absolutions. ■ t ABSOLUTOIRE , adj. Qui porte absolution. ( Obtenir une sentence absolutoire.) H ABSORBANS. Les Médecins apellent absorbons les medicamens qui ont la vertu de consumer l’hu- meur amollie & atténuée sans la dissoudre. Après avoir emploie les émolliens & les attenuatifs , on fait usage des absorbans pour guérir les tumeurs. ABSORBANTER. Terme de Médecine. Ce sont des médicamens qui consument l’humeur amollie & atténuée , sans la dissoudre. ABSORBER , v. a. [ Absumere .] Engloutir, ati- rer.- (Les eaux absorbent presque toute la lumière qu’elles reçoivent du Soleil. Roh. Pbis. Les plaisirs de Henri huitième absorbèrent tout. Maucroix , Schisme , /. 1.) ABSORBE', absorbée , adj. Ce mot vient du Latin absorptm. Perdu , abîmé. ( Ils sont absorbez dans le vin , & ils chancellent comme étant ivres. Port-Royal, Isaie , chap. 2g.) ABSORBER. Les Jardiniers disent qu’il faut retrancher certaines branches , de crainte qu’elles n’absor- bent la subsistance nécessaire pour la nourriture de l’arbre. ABSOUDRE , v. a. Ce mot vient du Latin absol- vere , ct est, en François , un verbe irrégulier. C’est déclarer innocent de quelque crime. Absoudre régit l’acusatif de la personne , & le génitif de la chose dont on absout ; J’absous , tu absous, il absout, nous absolvons , vous absolvez, ils absolvent. J’absolvois. J’ai absous. J’absoudrai, absous , qu’il absolve , que j’absolve. J’absoudrais. J’absolusse ; ce 2. imparfait est inusité. Que f aye absous, N'c- Absoudre , Absolvant. Ce participe est hors d’usage. Absous. ( Obligez les Juges d’absoudre les criminels qui ont une opinion probable. Pajc. let. 6. Que peux-tu dire quand je t’ab- soudrois du serment de. fidélité que tu a juré ? Abl. Luc. t. 2. Dialogue de f amitié. La Sorbonne déclara le peuple de Paris absous du serment de fidélité qu’il devoit au Roi Henri III. Voyez le Journal de la vie de ce Roi, p. 128.) ABSOUDRE. lAbsolverel] Terme d 'Eglise. Donner l’absolution. ( Absoudre quelcun de l’excommunica- tion. God.) ABSOUS , absoute , adj. Qui est déclaré innocent de quelque crime. (On l’a déclaré absous d’une voix. Abl. Luc.) ABSOUS , absoute, adj. [ Absolutus .] Qui a reçu l’absolution. ( Pénitent absous , elle est absoute de ses pechez.) ABSOUTE, f. f. \_Dies absolutioniss Ce mot se dit de la cérémonie du Jeudi saint, où l’Evêque donne l’absolution au peuple : le mot d 'absoute signifie absolution. ( Donner l’absoute au peuple. Refuser l’ab- soute.) ABSTEME , s tn. [Abstemìuss Ternie dont on se sert dans ('Histoire Ecclésiastique, pour marquer ce- ABS lui qui en communiant ne pouvoit point boire dé vin, & que l’Eglise dispensoit de la participation au Calice, en lui distribuant seulement le corps de Jeíus-Christ sous l’espéce du pain. S'ABSTENIR , V. r. Ce mot vient du Latin ab- Jìinere. C’est se contenir à P égard de quelque chose, s’empêcher de quelque chose. Je m abstens , je trí abstenois , je m’abjìins , je me fuis abstenu , je m’abstiendrai , abjiien-toi , qu’il s’abstienne , je nt’absiendrois. Je m’abstinsse , que je me sois abstenu , fsc. ( Ils di- i'oient qu’Auguste s’étoit abstenu de la qualité de Dictateur. Abl. Tac. R’abstenir régit le nom qui le fuit, au génitif, ou le verbe qui le fuit, à l’infinitif avec la Particule de. ( 11 s sentent , à chaque péché qu’ils commettent, un avertissement intérieur de s’en abfle- nir. Pas. let. 4. 11 s doivent s’abstenir de pecher, Pas. let. 4. S’abstenir du crime. S’abitenir du vin pendant la fièvre.) » í ABSTERGER , ». a. Terme de Médecine & de Chirurgie. C’est nettoïer une plaie. $ ABSTERSIF , s. m. Médicament propre à pénétrer & à nettoïer. On apelle aussi absteriìfs, les re- medes qui par leur humidité détrempent les marie, res fécales, & nettoient les intestins. ABSTINENCE , s.s. [Absinentia .] Vertu qui sert à nous modérer à l’égard du boire & du .manger. (Faire garder, rompre Fabstinence. S. Cyr.) t ABSTINENCE. On dit l’abstinence des plaisirs. (Les bons Chrétiens vivent dans une abstinence générale de tous les plaisirs défendus.) On dit aussi l’abstinence des femmes. ABSTINENT, ENTE, adj. [ Abstinent , sobrius.'] Sobre, modéré, tempérant. ( Cet homme est fort abstinent.) ABSTRAIRE, »■ «• On prononce absrere. C’est un terme de Philosophie lequel vient du mot Latin absìrahere. J’abstrais , tu abstrais, il abstrait ; les autres personnes de ce tems sont hors d’usage. L’im- parfait, & le prétérit simple ne sont pas ulìtez. Mais on dit, j’ai abstrait, j’avois absrait, j’eus abstrait, j’abstrairai i à l’Imperatif, abstrais les autres personnes de ce tems sont hors d’u sage ; le présent du subjonctif n’eít point reçu. On peut dire, j’abstrairois. On ne se sert point de l’autre imparfait ; mais on dit, que j’aie abstrait , ctc. ' ABSTRAIRE , abstrait. Ce verbe n’est pas bien usité au participe , absrniant. C’est , par le moyen de l’efprit, séparer quelque chose de la matière , ou d’un autre sujet. ( Abstraire une chose de la matière. Dernier, Philosophie de Gassendi.) Au reste , en la place des tems inufitez , on se sert de périphrase, & l’on dit, nous faisons abstraHions , f£c. ABSTRAIT, abstraite, adj. Ce mot vient du latin abstracius, & signifie qui est séparé de quelque chose par le moyen de Fesprit. (Ce sont des idées pures & abstraites de la matière. Recherche de lavérité, 1 . 6 . c. 6 . ABSTRAIT, abstraite, adj. Qui est détaché des choies sensibles, mal-aisé à pénétrer , vague. Discours abstrait. Pose. penses. Preuve abstraite & métaphisi- que. Ces idées sont fort abstraites & ne tombent point sous Piinagination. Malebranche, Recherche de la vérité, l. 1. C’est une Philosophie abstraite & chimérique; Port-Royal, Logique, 1. partie. ABSTRAIT , abstraite, adj. Qui ne s’attache à rien, ou aussi qui est contemplatif. (Avoir l’esprit abstrait. íf Ce terme, absrait, est François , dit le Pere Bouhours , ct très-élegant. Nous disons , des raisonnement abstraits, des discours abstraits, pour dire, trop subtiles, b trop vagues. Cela veut dire , un esprit qui est toujours en Pair , qui ne s’applique à rien. Quelques-uns disent distrait pour abstrait. Je n’ai jamais vu un homme plus distrait. Monsieur Pelisson dit dans son Discours fur les Oeuvres de M. Sarrrasin, en faisant les caractères de la conversation : On en volt d’autres qui rìont ni ce chagrin , ni cettestertés mais qui par une trop forte application k leurs desseins , font toûjours distraits , Ê? ne portent en aucun lieu que la moitié de leur esprit. Distrait, est un très-beau mot, dit le P. Bouhours ; mais il n’exprime pas tout ce que lignifie abstrait, ou plutôt il signifie quelque autre chose : qui dit abstrait, dit une personne qui n’entre point dans la conversation , qui n’écoute nullement ce qu’on dit, qui 11e songe à rien , ou qui songe à toute autre chose qu’à ce qu’on dit ; qui songe par exemple , à la matière subtile A BU de Mr. Descartes, quand on parle de nouvelles de la guerre. Distrait , au contraire , dit une personne qui écoute , à íavérité , ce qu’on dit, mais qui n’y donne pas une attention entiere. Un esprit distrait dans la conversation, est un esprit qui ne suit pas la conversation ; que ses pensées emportent ailleurs de tems en teins, & que la conversation rappelle aussi de tems en teins. Apres tout , abjlrait & dijirait ,' se confondent quelquefois, & on peut s’en servir indifféremment dans plusieurs rencontres , où il seroit assez inutile de les distinguer. ABSTRACTION, s. s. Prononcez abstraction. Mot qui vient du Latin abstraclio. C’est une séparation qui se fait par le moyen de l’esprit. (Faire abstraction de tout Cens. Vase. let. r. La présence intime de l’idée vague de l’Etre en général, est la cause de toutes les abstractions déréglées de l’esprit. Malebrancbe , Recherche de la vérité , /. 3. c. g. , ABSTRUS , abstruse , adj. Mot qui vient du Latin abstruses. C’est-à-dire , caché, mal-aisé à pénétrer. (Sens abstrus , Abl. Luc. Tout ce qu'il dit là-dessus, me paroi t Fort abstrus. Spond , Recherche de l antiquité , dissertation 29. La Phisique est une science abstruse. Réflexion sur la Phisique.) ® ABSURDE, adj. Ce mot vient du Latin absurdus, II lignifie sot, ridicule , impertinent, un fat, & se dit des choses & des actions. (Un raisonnement absurde, un discours absurde, un entretien absurde , une proportion absurde, une opinion absurde. Le mot d 'absurde se dit aussi des personnes. Le Seigneur Abé de Maument est si fier & si vain , qu’il en est absurde.) ABSURDEMENT , adv. D’une maniéré absurde. [ Absurde .] Les anciens Philosophes ont raisonné fort absurdement sur la Phisique. ABSURDITE', s f. Mot qui décend du latin absurdité , & qui signifie sotise , impertinence, extravagance. (C’est une vraie absurdité. C’est une absurdité manifeste. C’est une opinion pleine d’absurditez. Abl. Luc.) ABSUS- Herbe qui croît en Egypte, & dont les feuilles ressemblent à celles du Triolet. f ABUCCO , ABOCCO ou ABOCCHI. Poids dont on se sert dans 1 c Royaume de Pegu, Voies Savary. ABUEMENT- Terme de Menufiers. C’est une maniéré d'assembìage de deux pièces de bois coupées, différemment. Felìbien. 0 í ABUKESB,/si Nom que les Negocians d’Egip- te donnent à l’Ecu de Hollande. Savary. ABUNA, f rn. Nom de dignité que les Abyssins donnent au Patriarche qui leur est envoyé par celui d’Alexamìrie. On le nomme aussi Abouna. ABUSER, ®. ». Ce mot vient du Latin abutì s c’est en user mal, se servir mal de quelque avantage , ou de quelque pouvoir qu’on a. Le mot d 'abuser régit l’ablatif. (Alexandre tua Clitus qui avoir abusé de sa patience. Vaugel. Quint. I. 18. Abuser de sa Charge, l. 10. Un Prince abuse de son pouvoir , quand il s’en sert pour oprimer ses peuples. Fevr.l.r. Vous me rendez le sceptre Af peut-être le jour , Mais fi j’oj'e abuser de cet excès d’amour, Je vous conjure . Corneille, Pompée , a. 4. sc. 5. ) ABUSER , v. n. [ Fit/are.] Jouir d’une femme , en avoir les dernieres faveurs. (Etoit il juste Remprunter mon nom & ma ressemblance pour abuser de ma maîtresse ? Abl. Luc. Quand un Confesseur a abusé de sa pénitence, son Benefice vaque. Le Pelletier , ch. 16. page 86.) ABUSER, v. n. Ce mot se dit des jeunes gens, & signifie les corrompre honteusement. (On dit que Néron avoir abusé plusieurs fois de Britannicus. Abl. Tac. Annales , /. 13. c. 3.) ABUSER, v. a. Tromper. \Falkre , deápere.’) (Comme on conduisait au suplice Mongommeri, qui était Huguenot, le Prêtre, qui l’affistoit, étoit un Cordelier,.. & il lui dic, pour le faire changer, qu’on savoir abusé. Comment abusé, reprit Mongommeri ? Si j’ai été abusé c’est par ceux de vôtre Ordre ; le prémier qui m’a donne la Bible en François , q’a été un Cordelier. Votez Colotnsfii opuscula.) ch ABUSER, signifie aussi interpréter mal la pensée de quelcun, & donner un mauvais feus à ses paroles. (On ne dçit pas abuser dc quelques paroles ambiguës ACA 15 qui font dans les ouvrages d’un Auteur , lorsquelies font susceptibles d’un bon sens.) S’ABUSER, v. r, Je m’abuse , je m’abusai , je me suk abusé , je ni abuserai.' Se tromper, donner dans Terreur. (Le dépit veut qidon s’engage fous de nouvelles Loix f Lors qu’on s’abuse au premier choix. Poète anon. ABUS t s m. Ce mot vient du Latin abusus. C’est le mauvais usage qu’on fait d’une chose. (C’est un grand abus , c’est un abus considérable, commettre un abus, soufrir un abus , reformer , empêcher, corriger les abus.) ABUS , / Terme de Palais. C’est une entreprise injuste d’une Puissance , ou d’une Juridiction sur les droits d’un autre. (Abus clair, abus notoire. L’abus ne sautoir être couvert quand il a été formé. Févret a traité savamment de l’abus. On dit apeller comme ô!abus , d’une Sentence de quelque Juge. Convertir un apel comme d 'abus en apel simple , faire droit au principal de l’apel, & prononcer fur F abus , recevoir un apel comme à’abus. Les moyens d’abus font, lors- qu’il y a contravention aux Conciles, & aux ancien? Canons ; qu’on a entrepris contre les libériez de l’E- glise Gallicane , les intérêts du Royaume, le Concordat & fur quelque Juridiction. Fevret , traité de l’abus. On interjette un apel comme d’abus, lorsqu’un Offi : cial a jugé contre l’intention de l’Ordonnance de ía Cour contre les saints décréts, les libertez de l’Eglise Gallicane, & que les Juges Ecclésiastiques entreprennent fur la Juridiction Royale. On interjette aussi un apel comme d’abus , lorsque les Juges Royaux onr entrepris fur la Juridiction Ecclésiastique , & les privilèges du Royaume de France., Les apels comme d’abus relèvent au Parlement, à la Grand’-Chambre pour le civil, & à la Tournelle pour le criminel. Les apels comme d’abus ne commencèrent d’être en usage qu’en 132.9. Mémoires de du Tillet.) ABUSEUR if. ni. [Deceptor , veteratorl] Qui trompe , qui abuse & séduit. (Les Hérésiarques ont été des abuseurs de peuples.) ABUSIF, adj. Mot qui vient du Latin abufivm , & qui veut dire pris improprement. (Terme abusif, diction abusive.) ABUSIF, abusive , adj. [Errorì ohnoxìusst Terme de Palais. 11 signifie qui est fait fans pouvoir, & au-delà de la Juridiction ordinaire & naturelle de celui qui a excédé les bornes de fa puissance. Jugement abusif, procédure abusive. Entreprise abusive. Toutes les usurpations de la Juridiction Ecclésiastique fur la temporelle, font abusives. Fev. tr. de l’abus, l. 1. c. 2. 3.) ABUSIVEMENT, adv. [P er abufionemd] Prononcez, abufiveman. Ce mot est en usage parmi les gens áe Grammaire, & veut dire improprement. (Ce mot est pris abusivement.) ABUSIVEMENT , adv. Terme de Palais. C’est à tort, & fans cause. II a été nullement & abusivement prononcé. II a été mal, nullement & abusivement décrété. Févret , traité de l’abus , /. 1. Juger abusivement. Le Maître , plaid. 10. ) ABUTER, f. n. Terme de Joueurs de quilles. C’est poser une boule à trente ou quarante pas du quil- lier , & jetter des quilles auprès de la boule , pourvoir là quille qui en fera le plus près , & celui qui jouera le prémier. (On ab u te pour savoir cjui jouera le premier ; qelui dont la quille est la plus près de la boule, joue le premier. On abute avant que de jouer aux quilles. On a abuté , & je fuis le prémier. ABUTILON,/ M. Plante dont la graine est très bonne contre la gravelle , selon quelques modernes, ch ABYSME; Voies ABIME. ABYSSINS ,s m. [AbyjpniJ Peuples d’Ethiopie, gouvernez par un Evêque, ou Métropolitain que leur envoie le Patriarche d’Alexandrie qui réside au Caire, & qui suivent la religion des Cophtes, à l’exception de quelques cérémonies. ACABIT , f m. [Natura , genusst Ce mot se dit de-la qualité des viandes , parmi les Rôtisseurs de Paris. (Piéce de bon ou de méchant acabit. ACABLE', E'E ,part. pais. g? adj. [ Oppresses. 3 Qui est abatu , surchargé. ( Cet homme a été àcablé de coups. ) ACABLEMENT , s m. [ Everfio , dìsturbatio .] Ce mot, au propre, signifie bouleversement, accident ; il est 16 ACA est plus d’ufage au figuré ; pour lors 11 signifie emba- ras, langueur, abatement causé par quelque accident, surcroît d’afliction, multitude de choses qui arrivent à une personne. [Qpprejjìo mœror .3 (Je n’ai pas ces heures de chagrin & d’acablement, qui empoisonnent jusques à saine. Voit. I. 40. Celui fut un nouvel aca- blement, d’aprendre la mort de son ami. Acablement de visites, d’afaires.) ACABLEMENT de poux. [Vente inordinatte .2 Terme de Médecine. Dérèglement de poux, lorsque l’accès commence, ou redouble. Deg. ACABLER , v. a. [ Opprimcre. ] Abatre à force de trop charger, abatre à force de coups. (11 ne faut pas acabler la nature en la surchargeant. Abl. Lue. On sacabla de traits après qu’il se fut signalé dans le combat.) ACABLER. [Obruere.J Abatre à force de maux, d’afaires, & d’embaras. (La fortune acheva de Taca- feler par ce dernier coup. Vaug. Quint. 1 .;. La tristesse m’acable au milieu des plaisirs. Gomb. po'és. Acabler de visites. Scar. lett.) ACABLER. [Cumu!are.~\ Combler de faveurs , de grâces. Faire force choses obligeantes à une personne. (Acabler un homme de caresses. Mol. Mis. Ce font des bontez qui m’acablent. Mol. Geor.) , ǧ ACABLER. II pourroit bien être formé du verbe barbare Caplare , dit Monsieur Caseneuve, duquel pourtant, ajoute-t’il, je ne trouve autre marque, que le participe Caplosus, qui dans les Glossaires de Papias, signifie froissé jette contre terre , ou contre quelque chose dure. Caplosus, elisus. D’où vient, sans doute, ce mot Chables, qui dans les Ordonnances des Eaux St Forêts, signifie les branches des arbres que les vents, où quelque autre accident, font tomber par terre. Toutefois je ne sqai si je le dois former d’une machine de guerre, apellée Cabulus , laquelle , selon la description qu’en a fait Guillaume le Breton, liv. 7. de fa Philipide, jettoit de si grandes pierres , que non feulement elle abatoit les murailles; mais encore par le milieu fe froissoit elle-même. II me semble que ca- pulare , étant plus usité & plus connu dans les Auteurs de la basse latinité, que caplare , il y a plus d’aparence que acabler ait été formé du premier que du dernier. Monsieur du Gange a remarqué dans son Glossaire, que capuiare, que l’on trouve dans laLoiSalique & dans celle des Bourguignons, des Ripuaires, & dans les Capitulasses, signifie rompre , briser , mettre en pièces : ce qui arrive souvent, quand le poids est exceslif, & que l'on ne peut résister à fa pesanteur. î ACÀCALIS, f m. C’est selon Dioscoride le fruit d’un arbrisseau qui cross en Egypte. Voies là- dessus C. Baubin & P. Tournefort. ACACIA, / m. Arbre qui vient assez haut, qui porte une fleur jolie, qui sent comme la fleur d’orange, & qui sert à embélir les alées des jardins, & à faire des avenues & des bosquets. ACACIA. Suc épaissi, composé de prunelles sauvages. (Acacia commun.) -t ACACIA vera. Suc épaissi d’un arbre qui croît en Egypte & en Arabie. Quelques Auteurs prétendent que la gomme 1 Arabique coule de ce même arbre. Cette drogue entre dans la composition de la Théria- que. Savary. H ACACIA Germanique. Acacia contrefait, & dont ìa couleur est noire. Ibid. f ACACIA, f. m. Nom qu’on donne à une efpece de rouleau long, qui paroit dans les médaillés à la main des Consuls & de quelques Empereurs. On ignore de quoi étoit composé ce rouleau. Les uns assurent que c’étoit un mouchoir roulé , que jettoit le Président des jeux, pour les faire commencer. D'autres prétendent que ce rouleau étoit composé des mémoires & des placets, que l’on préscntoit à l’Empereur ou aux Consuls, pour en obtenir quelque chose. ACADE'MIE, / f. Mot qui vient du Grec. C’étoit proprement un lieu public, planté d’arbres, à Athènes, ainsi nommé d’un certain Académe , qui le donna. Port-Royal , racines gréques. Les Latins ape 1 lent cet endroit Academia, & il signifie, parmi les François , un lieu où s’assemblent des personnes qui font profession de quelcun des Arts libéraux, comme de Musique, de Peinture, de Sculpture & d’Architecture. II y a dans Paris une Académie de Peinture , de Sculpture & d’Architecture, où l’on trouve d’habiles gens. ACADE'MIE , f. /. Endroit où s’aiíèmblent des per- ACA sonnes de lettres, de quelque art illustre, pour y parler des belles lettres, ou de leur art. (Aler à Y Académie.) A Le mot Académie est tout Grec ; il a d’abord signifié le lieu où certains Philosophes s’assembloient, & même l’affemblée de ces Philosophes dont la Secte doutoit de toutes choses, & 11e trouvoit rien de certain. Platon institua la prémiere Académie, dans les Jardins à’Ecademm , selon Hesychius , ou Academm , selon Sex tus Empirions. Les changemens qui arrivèrent dans la maniéré de raisonner, & dans les sentimens des Académiciens, ont formé differentes Epoques, qui furent autant de Sectes que l’on distingua par les titres d’Académie ancienne, qui étoit celle de Platon , d’A- cadémie moyenne, dont Arceiìlas fut auteur, & de troisième Académie, formée par Carneades. Si l’on a la curiosité de savoir le détail de cette Académie, & des opinions qu’elle a eues, on peut s’en instruire dans les Vies des Philosophes, écrites par Dioge- ne Laérce, dans S ex ws Empirions. Je crois devoir me contenter de remarquer que les Académiciens n’affir- moient rien, & qu’après avoir examiné les raisons qu’on pouvoit alléguer de part & d’autre , ils concluoient qu’il n’y avoit rien de certain. ACADE'MIE Françoise. Assemblée de 40. personnes de lettres'? établie par Edit du Roi, en Farinée 1655. pour polir la langue, faire un Dictionnaire, une Grammaire , une Rétorique & une Poétique. Cette Compagnie a trois Officiers, un Directeur, un Chancelier, un Sécrétasse , & outre cela un Libraire. Le Directeur & le Chancelier fe changent de deux mois en deux mois ; mais le Secrétaire est perpétuel & le Libraire aulîi. Au commencement, l’Académie s’assem- bloit toutes les semaines, le Lundi après midi à l’Hô- tel de Séguier : mais à présent que le Roi est le Protecteur de cette Compagnie, il lui a donné une sale au vieux Louvre, où les Académiciens fe trouvent trois fois chaque semaine ; la plupart ne manquent guère à cela, aparemment parce que Sa Majesté fait distribuer à chaque Académicien présent, un beau jetton d’ar- gent ; & ce qui est de bon , les presens profitent des jettons des absens. Cette Académie, depuis son établissement jusqu’à Tannée 1692. n’avoit encore fait en corps que les observations fur le Cid du célèbre Corneille. Mais enfin après s o. ans de travail, le Dictionnaire de T Académie a paru. ACADE'MIE Françoise. Sale où s’assemblent la plupart des Académiciens toutes les semaines. II n’y a dans T Académie Franqoifè , que le portrait du Roi, celui du Cardinal, & celui de Christine, Reine de Suede. Et même ces p eintures ne font point belles, & n’em- béliffentpas bea jcoup l’Académie ; l’excélcnt Monsieur Pélision a composé T Histoire de T Académie Françoise, & la Vie de plusieurs Académiciens. Votez la liste des Auteurs de Y Académie. Mr. L’Abé d’Olivet a continué cette Histoire jusqu’à Tan 1700. ACADE'MIE des Sciences. C’est une Académie de gens favans, établie à Paris, à la tête desquels est le célèbre Abé Bignon, ct où Ton cultive la Chimie, la Phisique & les Matématiques. Les Académiciens font distinguez en honoraires , & en éleves. Le P. Male- branebe étoit des prémiers. ACADE'MIE Royale de Peinture de Sculpture. Compagnie d’habiles Peintres & d’habiles Sculpteurs , que le Roi établit à Paris le 27. Janvier 164g. pour y exercer avec honneur la Peinture & la Sculpture. 11 leur a donné, afin des’assembler & de fe perfectionner dans ces arts , un logement au Palais Royal, avec 6000. livres de rente; quand il leur en eût donné davantage, il n’eûtque bien fait: car il auroitfait mentir le proverbe , gueux comme un Peintre. Cette Académie est de quarante hommes, tant Peintres que Sculpteurs, qui tous les ans donnent aux étudions un prix, qui a pour sujet quelque belle action du Roi. II y a entre ces Académiciens , quatre Recteurs perpétuels , nommez par Sa Majesté , un Directeur, un Chancelier, un Secrétaire, un Trésorier , des Ajoints, douze Professeurs & six Conseillers. Personne n’est de l’Académie qu’il ne soit reconnu capable, & ne lui ait présenté un ouvrage de Sculpture ou de Peinture de sa façon. Ensuite devant TOfìcier qui préside , il jure de garder les statuts , & est interrogé fur la conduite qu’il a tenue dai;s son ouvrage. _ Les Académiciens de Peinture & de Sculpture ont droit de Committimm , & font exemts de guet, de garde, de tutele, de taille & de Lettres d* Maîtrise. ACA- ACA ACADE'MIE Royale de Peinture F? de Sculpture , signifie aussi le lieu où s’assemblent les Peintres & les Sculpteurs pour se rendre plus habiles dans leur art ; l’Académie de Peinture & de Sculpture est ouverte tous les jours de la semaine , excepté les Dimanches & les Fêtes. Les jeunes gens, qui tâchent à se rendre habiles Peintres ou habiles Sculpteurs, y entrent poui dessiner deux heures & profiter des leçons que l’on y fait fur les modelés. Voïez les réglemens de cette Académie imprimez par Petit. ACADE'M/ÍF ,s f. Lieu où la jeune Noblesse aprend à monter à cheval, à faire des armes & tous les exercices que doit savoir un Gentilhomme. (Entrer à l'A- cadémie , demeurer à P Académie , être pensionnaire à l’Académie , c’est faire penitence & aprendre à ne pas valoir grand’ chose.) ACADE'MIE , s. f. C’est une maison où l’on donne à jouer aux dez , ai:x cartes, & autres jeux , ou jouent d’honnêtes gens. ( Tenir académie , hanter les académies. Fréquenter les académies ., perdre son bien à l’académie , se ruiner aux académies. ) ACADE'MIE de Danse, s. f. Assemblée de treize des lus habiles Martres à danser en un lieu particulier de aris pour s’y exercer dans la danse , la corriger & la polir. Les Maîtres à danser de cette Académie ont droit de Committimm , sont exems de taille , de guet, de garde, de tutele & de toutes Lettres de Maîtrise. Tel fut le plaisir du Roi, qui l’an 1661. établit une Académie Royale de Danse. Voyez les Lettres de cet établissement. , , ACADE'MIES de Dansées, f. C’est le lieu ou les 15. Maîtres à danser se trouvent pour les exercices qui regardent leur profession. Ils s’y assemblent une fois le mois ; & deux de ces Académistes , tour à tour se trouvent tous les samedis à l’Académie, afin de montrer les anciennes & les nouvelles danses à ceux qui les veulent aprendre, & les enseigner. Tout Maître à danser peut aspirer à être reçu Academiste à la pluralité des voix des 15. anciens, après avoir danse en leur présence. Le nouvel Académiste etant fils de Maître, paie , à fa réception , cent cinquante livres, & s’il ne l’est pas, trois cens. Ensuite il jure de garder les statuts de l’Académie. Voyez les Lettres de rétablissement de l’Académie Royale de Danse. 4 = ACADE'MIES Militaires. Les Romains avoient établi des fameuses Académies dans toutes les Villes d’Italie ; on les apelloit 1 e Champ de Mars. Tousses jeunes gens propres pour la guerre y étoient reçûs indifféremment , pour y être dressez & exercez aux dépens du Public. Ils y aprenoient à faire des armes, à monter à cheval, à tirer de Parc, à nager, à courir , à sauter, à voltiger, à se retrancher , & toutes les évolutions de cavalerie & d’infanterie. II paroît que les Romains ne poussèrent pas plus loin dans ces écoles Militaires. Les Grecs comme plus habiles ne s’en tinrent pas là ; ils établirent, outre ces Académies , des écoles & des Professeurs militaires, qu’on apelloit Tactiques , qui enseignoient toutes les grandes parties de la guerre, qui regardent le Général d’ar- mée. Voyez le Polybe de Mr. de Folard. Tom. II. p. 19. de 1 ’Edit. d’Amfi. ACADEMICIEN , f. m. Ce mot vient du Latin Aca- demiew. C’est celui qui est d’une Académie de personnes qui font profession de quelque bel art , comme de Sculpture , de Peinture , d’Architecture ; ou qui est d’une Académie de gens de lettres. ( Académicien honoraire , Académicien habile , fameux , célébré , illustre, renommé ; être Académicien. On doit honorer de cette qualité , ses Messieurs de l’Académie Françoise. On est reçu Académicien François par Ba- lotes , & il faut être vingt pour en recevoir un. L’aspi- rant , pour être admis , rend visite à tous les Académiciens , & les fuplie de lui être favorables à la première assemblée , où l’on parlera de fa réception. Si ces Messieurs lui donnent leur agrément par leurs Ba- lotes, on 1e fait avertir de la grâce qu’on lui a faite, & on lui marque 1e jour qu’il doit être reçu ; ce qui se fait publiquement. Au jour designé, il se trouve à l’Académie , où les Académiciens sont autour de leur Bureau ; 1 e nouveau reçu à Pun des bouts , & 1 e Directeur de P Académie à l’autre. Le nouveau reçu leur fait son remercîment & le Directeur lui répond. Ensuite l’Académicíen, qui a composé quelque chose , le lit, s’il veut, aux autres qui lui aplaudissent & bâtent des mains. Tout Académicien François est exemt de ACA Í 7 guet, de garde , de tutele, de curatéle, & a droit de- Committimm. Ces Messieurs ont eu & ont encore leurs ennemis ; l’Abé de St. Germain ses a raillez : mais c’est peu de chose. Saint Evremont a composé contre eux une Comédie, où il y a deplaisans endroits. Furetiére , qui étoit Académicien , en a fait de sanglantes railleries ; mais mal à propos. II les avoit volez , ct ils l’avoient chassé de leur Corps. Le savant ct agréable Monsieur Ménage ses a jouez avec esprit dans fa Requête des Dictionnaires , & elle mérite d’ê- tre lûë. On donne aussi le nom d’Académicien à celui qui est de l’Académie Royale de Peinture & ds Sculpture. Comme ceux qui composent cette Compagnie , ont plusieurs belles connoissances , ils méritent bien 1 e nom d’Académicien ; aussi dans les Réglemens de cette Compagnie , on donne aux Peintres & aux Sculpteurs 1 e titre A’Académicien , & non pas celui á’Académiste. Voyez ces réglemens, page 26. 1. règlement. ACADEMICIENNE , f. fi [. Academica .] Mot nouveau , fait au sujet de Madame Des-Houlieres. II signifie la personne du beau Sexe qu’on a reçûë dans une Académie de gens de lettres. L’Académie Royale d’Ar- les a envoyé à la spirituelle Madame Des-Houlieres, des Lettres d’Académicienne ; & elle est la première qui ait reçû des femmes. Cette célébré Compagnie est- aussi très-galante , & ne sç-auroit être assez louée d’une si glorieuse conduite en faveur du beau Sexe. Voyez ce qu’en dit Mr. Visé , Mercure galant du mois de Mai de l’année 1689. ACADEMIQUE , adj. [AcademicmJ C’est ce qui regarde une Académie de gens de lettres. ( C’est un ouvrage Académique à quoi l’on ne sautoir trop penser. Faire des conférences Académiques fur d’agréa- bles matières.) ACADEMIQUEMENT , adv. [ Academicè. 1 D’une maniéré Académique. ( Traiter une question académiquement.) ACADEMISTE , f. ni. [ Equefiris disciplina tyro.~} C’est celui qui est d’une Académie où son monte à cheval, où son danse ; où son fait des armes, & d’autres honnêtes exercices dignes d’un Gentilhomme. C’est 1 e plus diligent de tous ses Académistes , qui fait le mieux son devoir. C’est l’Académiste qui paie le mieux. C’est l’Académiste le mieux fait, & le plus sage. On apelle aussi Académiste , celui qui est de P Académie Royale de Danse. Les réglemens de cette Académie lui donnent ce nom. Chaque Académiste, dssent-ils , aura droit de Committimm , & fera exemt de taille, de tutéle , de garde , de Lettres de Maîtrise. Mais ce que ces réglemens ne disent point , & qui vaut mieux que tout le reste , chaque Académiste, lorsqu’il est un peu habile , a , tôt ou à tard, cinq ou six mille livres de rente , tandis que le pauvre Ame- lot de la Houssaye ne gagne que des poux à faire traduction fur traduction. O siécle ! Pour réussir , faut- il être de ces bien-heureux Académistes ? ) Poéta Exierm , venies dum Cithanedw eris. S’ACA GNARDER , ©. n. [ Inertiœ , igr.aviœ trader e jc.jj Je m’acagnarde , je m’acagnardai , je me fuis acagnardé , je m’acagnarderaì. S’acagnarder , signifie avoir un attachement qui ait quelque chose dé bas & de honteux, & cela pour un sujet qui souvent ne le mérite point. II s’acagnarde au Cabaret. Entre le blanc & le- Clairet. Mainard , priapées. Je m’acagnarde dans Paris Parmi les Amours & ses Ris. Boisrobert , Epîtres. Ce mot est rude ; il me semble qu’il'ne doit point entrer dans 1e stile poli. ACAJOU, / rn. Arbre de l’Amérique, dont le bois est'rouge , & dont il sort une gomme semblable à la gomme arabique. 11 y a encore d’autres espèces d’Acajou. 4 II y a trois sortes d’arbre-s qui portent ce nom , mais il n’y en a qu’un qui produise du fruit Voyez le P. Labat & Savary. ACANTE , f fi C Acantbm. ] Plante , qui a les feuilles fort larges , ct qui fleurit en Juillet. ACANTE. Terme d ’ Architeffure, [ AcantbinafoliaJ Ornement qui a la figure de l’acante, qu’en met dans Tom. I. C ses i S ACC les chapiteaux des colonnes, & dont on embelit la plupart des membres d’Architecture. (Chapiteau taillé a feuilles d’acante.) 0 Vitruve, liv. 4. chap. 1. raconte qu’une jeune fille de Corinthe mourut dans un âge auquel elle commen- çoit à pouvoir prétendre au mariage ; fa Nourrice porta fur son tombeau certains vases , pour lesquels cette fille avoit eu beaucoup «Rattachement ; & pour les garantir des injures du tems, elle les couvrit d’u- r.e tuile. Le panier, dans lequel ils étoient, fut placé par hazard fur la racine d’une plante d’acante. Le Printems étant de retour, la tige trouvant de la résistance , fut obligée de répandre son feuillage autour du panier ; il se recourboit tout autour, & fit le con- tournement des volutes. Le Sculpteur Callimachus passant auprès de ce tombeau , aperqut le panier tout couvert de feuilles d’acante, & cette figure lui paroifl'ant agréable, il forma le dessein d’orner ses Chapiteaux de semblables feuillages, & établit fur Le modèle les proportions, & les mesures de l’ordre Corinthien. ACAPATHI, s »r. Plante de la nouvelle Espagne , qui porte le poivre long. 0 Acaptes. Ce mot n’a point de singulier. C’est un droit seigneurial qui n’est connu qu’en Guyenne, & en Languedoc , où il se paye en ligne directe, Comme en ligne collatérale ; & c’est le double de la censive ; on le compare au relief. Monsieur de Caseneuve dérive ce terme du verbe Accaptare , qui est formé de caput , parce que les vassaux reconnoissent leur Seigneur comme leur chef,lequel en effet est appelle Dominm capitalis ; & comme les mots passent, avec le tems, d’une signification à une autre , & produisent d’autres termes qui portent toujours les marques de leur origine , le verbe accaptare, qui ne servoitque pour signifier la reconnoissance du nouveau vassal, fut étendu à toutes sortes d’inféoda- tions. Voyez la Roche-Flavin, ch. 12. des Droit! Jet - gneuriaux ; Antoine Dominicy , de prarog. AUodior. cap. iç. La Peyrere , lett. A. May nard, liv. 4. ch. 46. Dolive , liv. 2. ch. 6. ACARER , v. a. [ Testes cum reo componere. ] Terme de Palais. Confronter les témoins & les criminels. Ce mot vient de PEspagnol cara , qui signifie tête à tête. (Acarer les témoins à un criminel. ACARIATION , st st í Teftium cum reo cotnpo- sitio.} Confrontation des témoins. Ces mots sont vieux ; on dit confronter, confrontation. t ACARIATRE, adj. [ Moroj'us , acerbus , perti- nax. Fantasque , bourru , bizarre. (Ses héritiers sont gens acariâtres , & qui n’aiment point la Poésie. Sca. On dit que les Acariâtres doivent faire une neuvaine à S. Acaire. Le Vayer , hexameron , 6. journée. 0 Le P. Labbe prétend que Acariâtre est dérivé de adquadrare , & condamne ceux qui font venir ce terme de à privatif, & de y.olg* , la tête, ou de désagréable , ou du Latin barbare acariaster. Peut- être que toutes ces étymologies valent mieux que la sienne. Ménage propose une autre étymologie ; il dit que Jacques Sylvius & Nicod dérivent ce mot de S. Acaire, qu’on appelle en Latin Acarim , auquel on mene les Acariâtres. ACATíQUE, AQUATIQUE, adj. [ Aquaticus. J L’un & l’autre se dit, mais le premier est plus doux & plus en usage. Qui est dans les eaux. ( Lieu aca- tique. Les oiseaux acatiques ont les jambes courbes, & les piez largès. Bel. des oiseaux. 4.) A C AUSE DE l [ Propter. ] Préposition qui régit le Génitif. ( Cassandre est pauvre à cauj’e de son maudit panchant pour les lettres.) A CAUSE QUE. [Quia. Quod.} Conjonction qui demande l’Indicatìf & qui signifie, parce que. ( On écrivit cette lettre en gros caractères à Antigonus , a cause qu’il étoit borgne : & un aveugle, dit-il, y mordroit. Abl. Apophtegmes des Anciens .) ACCABLER; voyez ACABLER. 0 Accazer. Ce terme n’est en usage que dans la Coutume de Bordeaux , art. 101. C’est imposer un cens fur un fond. Sousaccazer , c’est créer un second cens qui ne produit aucun droit. C’est, dit Ragueau, une rente seche, differente du fief vif. ACCASTILLAGE , s m. Terme de Mer. C’est ACC le château de Pavant & le château de l’arriére du vaisseau. (Faire quelque changement aux accastillages.) ACCASTILLE', accastilìée , adj. Terme de Mer. C’est-à-dire , qui est accompagne d’un château d’a- vant, & d’un château derrière. ( Le vaisseau est fort bien accastillé.) ACCE'LE'RATION , s st í Accélération Mot qui vient du Latin , & qui le prononce accélération , & qui n’est pas encore bien rétabli. 11 signifie augmentation , & acroissement de vitesse dans le mouvement des corps , & ne se dit que dans des matières de Phi- fique. t. Gallilée est le premier qui ait trouvé la proportion de l’accélération du mouvement. Voyez les réflexions fur la Phifique. On dit auffi mouvement accéléré. ACCE'LERER, v. a. [Accelerare.] Presser une afaire. Mais ce mot n’est guere en usage que dans la Philosophie. 0 Accent. Terme de Grammaire , que les Grecs & les Latins appellent Toroo - , un ton , parce qu’il sert à relever ou à rebaisser la voix en prononçant un mot. 11 y a trois sortes d’accens : l’aigu , le grave , & le circonflexe. Les deux premiers sont simples , & le troisième est composé des deux autres. L’aigu est une petite ligne tirée de la droite à la gauche , ( ' ) : le grave , au contraire , est une ligne tirée de la gauche a la droite , (') le circonflexe est compose des deux autres accens , ( * ). L’aigu marque qu’il faut élever la voix ; le grave qu’il faut l’abaisser ; & le circonflexe, qu’il faut tenir un milieu. Ces accens servent aussi à faire connoitre que l’on a supprimé une lettre dans le mot, comme Monsieur de Vaugelas l’a remarqué dans l’article 217. Les an. tiens, dit-il, écrivaient , ajjureement, effronteement, &c. Mais comme les langues le polissent, & se perfectionnent juí'qu’à un certain point, on a supprimé , pour une plus grande douceur , Te , comme on le supprime en ces mots , agrément , remercîment , &c. & cette suppression est marquée par ceux qui écrivent , en mettant un accent sur l’e, sur l’i , & sur Y u ; & elle est marquée par ceux qui parlent en prononçant cet é, cet t & cet k , comme contenant le tems de deux syllabes réduites à une seule. L’accent Grec non plus que le Latin, ne peuvent être placez au-dessus de Tantepenultieme syllabe ; l’aigu peut être mis sur Tune des trois dernieres syllabes ; le grave , fur la derniere ; & dans la fuite du discours, fur les mots qui devroient avoir un aigu ; & le circonflexe ne se met que fur la derniere, & fut la pénultième, suivant cette Réglé. L’aigu peut en trois lieux passer, Sur breve ou longue se placer, Le circonflexe une longue aime En la derniere ou pénultième ; Le grave à la fin J'eu/e est vù Dans le dij'cours pour l’aigu. Joachim Perion , dont Touvrage est assez rare, a donné plusieurs régies pour placer les accens dans notre langue. i°. Tout participe prétérit de deux syllabes, terminant par un é, demande un accent aigu fur la derniere , comme, aimé, loué. 2°. Tout nom de deux syllabes , & terminant par e, & étant précédé d’une voyelle breve, reçoit Taccent aigu fur cette voyelle , comme lime. 5°. Les mots de trois ou de plusieurs syllabes , reçoivent un accent aigu fur Tantepenultieme , comme, serviteur official. 4°-, Mais ceux qui finissent en re, ure, ise, use,eun & euj'e, exigent un circonflexe fur la pénultième. Voyez le reste, pag. m. & 112. ACCENT , J', m. f Bonus votif.J Certaine inflexion de voix. ( Avoir bon ou mauvais accent.) ACCENT. Cri. [ Clamor. ] Pousser de funèbres accens. Abl. Luc. tom. 3. . ACCENT. Terme de Grammaire. \_Accentm.} Petite note introduite pour régler la prononciation du discours. Accent aigu, grave ou circonflexe. ACCENTUER , v. a. [Accentum apponere sylla- bal} Marquer une syllabe d’un accent. ACCEPTANÌT , s m. Terme de Pratique. [Ac- cipiens. ] C’est celui qui reçoit. (Un tel est Tac- ceptant.) f AC- ACC H ACCEPTANT , ou Accepteur , s. m. Terme de Commerce. Celui qui accepte, qui signe une Lettre de Change , qui s’oblige d’en payer la valeur à son échéance. Parmi les Negocians on se sert quelquefois du terme d’Acceptator , qui signifie la même chose. Savary. ACCEPTANTE , f f. t Terme de Pratique. C’est celle qui reçoit & qui agrée. (Elle est [acceptante.) f ACCEPTATION. Terme de Commerce. Faire ['acceptation d’uue Lettre de change, c’est la souscrire, la signer, se rendre le principal débiteur de la somme qui y est continue, s'obliger en son nom de l’acqui- ter dans le tems marqué. Savary. ACCEPTATION , f. f. Mot usité dans la Pratique; il vient du Latin acceptatio, & se prononce acceptation. C’est Pacte de celui qui agrée, & qui reçoit quelque chose, ( Inacceptation est nécessaire pour la validité d’une donation.) ACCEPTATION , f.s. Ce mot se dit auffi dans les discours ordinaires, & qui ne font point de Pratique. C’est faction de celui qui accepte , qui reçoit & qui témoigne qu’une chose lui est agréable. ( Vacceptation du duel consiste dans ['intention expreflê de se battre. Pose. let. 7. Nous ne pouvons exercer la soumission que nous devons à la volonté de Dieu, que par une acceptation générale de tous ses ordres , & de toutes ses volonté? , Nicole, Essais, t. 1.) On dit auísi Acceptable, adj. [ Accipiendm .J Et il signifie ce que l’on peut accepter, & qu’on ne doit pas raisonnablement refuser. (Ces ofres sont acceptables.) ACCEPTER, v. a. Ce mot vient du Latin acceptare. C’est recevoir ce qu’on offre & l’avoir pour agréable. Accepter le combat. Pasc. let. 5. Accepter ['alliance de quelque personne Abl. Tac. C’est un homme que je n’épouse point par amour ; sa seule richesse me fait refondre à l’accepter. Mol. Mariage forcé, sc. 7. Elle venoit , Seigneur, fiiiant vôtre courroux , A la face des Dieux l’accepter pour Epoux. Racine, Phedre, a.f.sc. 6 .) ACCEPTER, v. a. Ce mot semble auffi venir de ['Italien accetare. II signifie agréer une chose, & la recevoir. (II a fort civilement accepté le présent qu’on lui a fait.) p ACCEPTER une Lettre de Change. C’est la souscrire, s’engager au paiement de la somme , dans le tems marqué , ce qui s’apelle accepter pour éviter à protest. Savary. ACCEPTEUR, f. m. Ce mot vient du Latin accep- tator , & signifie celui qui accepte une chose, & qui ['agrée. ACCEPTEUR, est un mot de peu d’usage, & qui n’entre que dans le discours simple & familier. (Mr. passe pour ['accepteur. 11 aime mieux être l’accep- teur que le donneur.) ^ ACCEPTEUR. Celui qui accepte une Lettre de Change. Le terme Acceptant est plus en usage. Voyez Acceptant. ÁCCEPTION , f. f. [ Rej^eclus , discrimen , delesluí.) Considération, égard qu’on a pour une personne plutôt que pour une autre d’un mérite égal. Dieu ne fait point d’acception de personnes. P. Quesnei, S. Paul Rom. Quelques-uns ont voulu introduire accepteur dans le même sens, mais ç’a été fans succès. ACCEPTILATION. f f [ AcceptilaHo. ] Prononcez acceptilacion. Terme de Jurijsrudence Romaine. Quittance donnée fans recevoir d’argent, déclarant qu’on est satisfait d’une déte , & qu’on la remet. 0 L’Empereur Justinien explique dans ses Institu- tes ce que c’est que l’ acceptilation. C’est, dit-il, un payement imaginaire ; car si Titius veut décharger son débiteur de ce qu’il lui doit par stipulation , il le pourra faire en permettant à son débiteur de dire ces paroles, te nez-vous pour reçu ce que je vous dois? a quoi le créancier répondra, je le tiens. Injìit. lib. %.tit. 30. §. 1. Nous ne connoissons plus cette maniéré de payer ce que l’on doit. V. Bríjj’on, deform. ACCE'S , s m. [ AditmJ Abord, entrée dans un lieu, ou auprès d’une personne. (Avoir accès dans la maison de quelcun. Ce maudit jaloux me fermera tout accès auprès de ma belle. Mol.) ACCE'S. [Accejsus.) Retour de fièvre , nouvelle irritation de la maladie , qui, après quelque relâche, redouble fa force. (Avoir un accès de fièvre violent.) ACC 19 f ACCE'S , ou AcceJJÌon. Terme de Conclave , dont on se sert quelquefois dans les Elections des Papes. C’est une tentative que l’on fait, pour procurer à un Cardinal les deux tiers des voix. * f ACCE'S , se dit auffi des choses morales, & signifie alors un mouvement intérieur & passager qui produit des actions. (11 a rarement des accès de libéralité. II a quelquefois des accès de dévotion, des accès de fureur.) ACCESSIBLE, adj. Ce mot se dit des choses & des personnes ; & signifie que Ion peut appocher. [Ad quem facilis ejl aditus. (C’est un lieu accessible. C’est une roche qui n’est point accessible. C’est un homme t}ui n’est pas accessible. C’est une personne accessible à toutes les heures du jour.) ACCESSION, f f. Mot qui vient du Latin AcceJJìo. C’est la jonction d’une chose à une autre. (S’aproprier une chose par droit d’acceffion. Court'm , Droit de la guerre, de Grotim.) ACCESSIT, [Accessits adpramium.) Terme de Co- lége. Récompense qu’on donne à un Ecolier , dont la composition n’a pas été tout-à-fait auffi élégante que celle qui a remporté le prix. J’ai eu le premier prix en prose, & le premier accessit en vers. ACCESSOIRE , f. m. [Idem.) C’est ce qui est hors de la chose principale, & qui lui arrive par surcroît. (Je contracte une déte, je donne caution, & cette caution est comme un accessoire à mon obligation. Courtin , de jure belli es pacis. L’acceffoire suit le principal; parce que ['accessoire est une dépendance du principal.) ACCESSOIRE, adj. [ Adventitius .] Ce qu’on ajoute, & qui arrive comme par surcroît à la chose principale. (Cela est accessoire. La chose n’est qu’accessoire.) ACCIDENT , f. m. [Cajus. ] Malheur , ce qui peut arriver de fâcheux, t II n’y a point d’accidens si malheureux, dont les habiles gens ne tirent quelque avantage. M. de la Rochefoucauld) 4 = Les accidens imprévus étonnent les plus grands hommes , à plus forte raison les mauvais Généraux qui n’ont jamais ['esprit & le courage d’y remédier, & de tirer parti de la chose même. Polybe de Folard. ACCIDENT. Terme de Médecine. [Symptoma.J, Simptome. Ce qui arrive de dangereux à un malade durant le cours de fa maladie. (Le remede le travailla de telle sorte, que les accidens qui s’ensoivirent, fortifièrent l’acuíation. Vaug. Quint.) ACCIDENT. Terme de Philosophie. s Accidens. ] Propriété ^accidentelle d’un sujet, ce que l’on conçoit être indiférent à un sujet, ou qui lui convient en telle sorte qu’il pourroit bien ne lui pas convenir, fans qu’il cessât d’être ce qu’il est. (La noirceur dans un triangle est un acccident.) PAR ACCIDENT. [Fortuitòs Par malheur. (Chose arrivée par accident.) PAR ACCIDENT. Termes dont on se sert en Philosophie. Ils veulent dire, par hasard. (Cela est vrai par accident.) ACCIDENTEL , accidentelle, adj. [Adventitius.) Qui arrive par accident. (Le mouvement & le repos sont accidentels à la matière. Convulsion naturelle, ou accidentelle. La Chamb.) ACCIDENTELLEMENT, adv. [ Fortuit). ] Par accident , par hazard. (La chose est arrivée accidentellement , cela s’est fait accidentellement.) Ce mot accidentellement , n’est pas si en usage , que par accident. 11 y a des mots qu’on écrit quelquefois par acc, que vous trouverez dans la fuite écrits par un seul c , com- me aclamation , acommoder , &c. ACCISE, f f. [ VeHigal .J Taxe qu’on leve dans les Provinces-L nies, fur le vin, fur la bière, & sor d’autres choses qui se consument. if ACCLÀMATION. Cri de joye, d’applau- diffement. Le Prince fut reçu aux acclamations du peuple. Les Antiquaires appellent Acclamations, certaines Médailles où l’on volt le peuple marquer par son action , ou fa joye, ou fa reconnoissance pour quelque grâce considérable. Les Antiquaires appellent Acclamations , les vœux que l’on fait dans les Médailles, pour les Empereurs, -ou pour le bien public ; les bénédictions que les peuples leur donnoient, en reconnoissance de quelques bienfaits. L’Auteur de la Science des Médaillés en a rapporté plusieurs exemples : telle dit-il, est celle de Constantin , Plura naîíâitia féliciter : celle de Constans, Tome L C * Feli- 2 o ACE Felìcia deccnnalìa ; & celle-ci en abrégé que l’on voit dans une Médaille d’Antonin Pie : S. P. Q. R. A. N. p. F. optimo Principi Pio. C’est-a-dire, Sénatus, Po- pulusque Romamts , annum novum Paujlum , Felicem optimo Principi Pio. _ , Les acclamations étoient fréquentes au theatre & dans les Ecoles des Sophistes & des Déclamateurs : il y en avoit de deux sortes : celles qui se faisoient en frappant les mains l’une contre l’autre, étoient appellées plausus par les Latins, & %gív(& par les Grecs ; & quand on se recrioit de joye, ou d’admiration, on ap- pelloit ce cri acclamatio ; & les Grecs, S'ogvëcv. Voie? Crefsolius , Theatrum veterum Rbetorum. Voïez le premier tome de l’Histoire de P Académie des Inscris - rions, page 11 $. (3 ACCLAMPER- C’est joindre une pièce de bois à une autre avec des clous & des chevilles. [f ACCOLADE , ACCOLEE. Voïez Acolade. ACCON, bateau plat, dont on se sert dans l’Anjou pour aller fur les vases lorsque la Mer s’est retirée. (3 On dit familièrement, d!accord , pour oui, il est vrai. Acante dit à Pegjsse : Tu suivis autrefois le diligent Achile, Tans le cours glorieux deses hardis exploits. Pegase lui répond : T’accord, mais en dix ans il prenoit une Ville ; En prit-il jamais quatre en la moitié d!un mois ? ts ACCORDEMENT. C’est la convention que l’Aquereur fait avec le Seigneur, pour raison des droits qui lui font dûs. Berry, tìt. 6. art. ró. ACCORDER ; voïez Acorder. ACCROÎTRE. On prend quelquefois Accroître pour hausser , mais mal. IIs ont beau vers le Ciel leurs murailles f accroître. Malherbe. Pour se hausser, s'élever. <3 ACCRUES- Les arbres d’une Forêt étendant leurs'branches fur le terrein voisin, le rendent infertile, & insensiblement ce terrein accroît à la Forêt ; c’est ce que les Coutumes du Royaume appellent Accrues. ACCRUëS. Les faiseurs de filets de pêche & de chasse disent, jetter accrues s ce qui signifie, faire des boules qu’on fait servir de mailles pour accroître le filet. (f ACCUEILLIR. On a dit autrefois, Accueilli de la tempête , accueilli d’une fièvre. Mais du te ms de Monsieur de Vaugelas, cette locution commençoit à être décriée, & l’Académie , dans ses observations , a prononcé P Arrêt de fa condamnation. Sur la Remarque 295 . elle-même décide que accueillir quelqu’un favorablement, commenqoit à vieillir ; cependant il me paroît que l’on s’en sert encore assez souvent. t A CE FAIRE, EN CE FAISANT. Faqons de parler qui ne se peuvent plus souffrir que dans la Pratique. Vaug. rem. (En ce faisant, vous obligerez vôtre ami; ce feroit parler plus poliment, de dire, si vous faites cela, vous obligerez vôtre ami.) A CELA PRE'S. £Hocst excipiatur. 2^ C’est-à-dire, il ne s’en faut que cela, il n’y a que cela à dire ; à cela près, il a raison ; à cent écus près, nous sommes d’ac- cord. Vaug. rem.) A PE\J PRE'S. £Ferê, propemodùm .3 Façon de parler qui signifie, il y a peu à dire. .Je vous ai raporté à peu près la substance de fa Harangue. Vaug. rem.) A CELLE EIN DE. [ÍJí.J Conjonction hors d’usage, & qui régit l’infinitif. En sa place on dit, afin de, pour, avec l’infinitif, ou afin qUe, avec le subjonctif. (Un honnête homme travaille à celle fin d’aquerir de la gloire. On diroit aujourd’hui, un honnête homme ne travaille que pour aquerir de la gloire, ou qu’afin d’avoir de la gloire. II travaille afin que ses enfans ayent du bien.) A CE QUE [Ut.] Sorte de Conjonction hors d’usage ; & en la place on dit ; pour ou afin de, avec l’infi- nitif, ou afin que, avec le subjonctif. ( 11 faut prier Dieu de tous côtez, à ce qdil lui plaise d’apaiscr fa colere. On doit dire, il faut prier Dieu de tous côtez, afin qdil lui plaise d’apaiser sa colere. Vaug. rem. On dira aussi, il faut prier Dieu de tous côtez pour ì’ebliger d’apaiser sa colere.) ACH A CENSEMENT , f m. [Conduflio, locatìo fundi.2 L’action d’acenser. (Acensement d’un héritage.) ACENSER , v. a. \_Locare fundum .J Donner a cense, à rente. (Acenser une terre.) H On dit, héritage, acenfé, terre acenfée. (3 ACEPHALES. On appelloit ainsi certains Ecclésiastiques, lesquels faisant profession d’une extrême pauvreté, &ne possédant rien, ne vouloient reconnoi- tre aucun Chef, ni Laïque, ni Ecclésiastique. Les Conciles de Mayence, de Paris, les Capitulasses de Charles le Chauve, ainsi que Regino, en font mention. ACERBE, adj.' [ Acerbm. ] Terme d n Médecine. C’est un goût qui tient le milieu entre l’aigre , l’acide & Ramer. Un vin acerbe, est celui qu’on a fait de raisins qui n’étoient pas mûrs. Hors de la Médecine, on dit âpre. ACERER, v. a. [Ferri aciem dur are chalybe. J Terme de Coutelier & de Taillandier. C’est mettre de l’acier avec du fer, par le moyen du feu & de quelque instrument, afin de rendre ce fer propre à couper. (Acérer une serpe, acérer une bâche.) 11 signifie aussi, mettre les outils de fer & d’acier en état de couper, en les passant fur les meules. (On ne se peut servir de cette serpe, à moins qu’on ne l’acére.) ACE'RE' , acéré, adj. ['Ferrum acie duratmn .'] Terme de Taillandier. Ce mot se dit des inftrumens de fer, & il veut dire qui est accommodé de telle forte avec de l’acier, qu’il est en état de bien couper & de bien servir. (Hache bien acérée, serpe bien acérée. ) ACE’RE' , acérée', adj. Ce mot, au figuré , est beau & noble, & veut dire qui couple bien, qui taille bien. (La pauvreté est un glaive acéré. Maucr. Homélie de S. Chryjbstome.) f ACERTENTER, v. a. Vieux terme, qui si- gnifioit, assurer. ACE'TABULE , f. m. [ Acetabulum. J Terme à’Anatomie , qui sc dit des cavitez profondes de quelques os dans lesquelles sent reçus d’autres os pour faire le mouvement. La cavité de l’os ischïum qui reçoit l’os de la cuisse, est appellée acétabule. Harvée a donné ce même nom aux petites cellules du placenta dans les femelles qui portent plusieurs animaux. D’autres Auteurs ont ainsi apellé les glandes qui s’élevent dans la matrice des brebis & des chèvres, lorfqu’elles font pleines. ACE'TABULE. [ Acetabulum. J Petite mesure ancienne qui contenoit la quatrième partie de Fhérr.ine, ou deux onces & demi de liqueur ou de matière sèche. Tanet. ACETABULUM. Plante qu’on appelle autrement, Vmbilicus Veneris, qui a les feuilles larges & fort épaisses, & dont la graine a les mêmes propriété? que la joubarde. ACHALANDER , ®. «• ['Emptores allicere .] Donner des chalans à quelque marchand. (Achalander un marchand, une boutique.) S’ACHALANDER , v. r. Je m’achalandé, je me fuis achalandé, je m’achalandai. Commencer d’avoir des chalans. (11 s’achalande, & s’enrichira bientôt.) f On dit aussi en badinant, d’une personne qui a beaucoup d’intrigues, qu’elle est fort achalandée. (Elle est trop achalandée pour conserver se réputation.) ACHARNEMENT , f m. [. Libido , Propensio .] C’est un attachement à la chair avec passion. ACHARNEMENT. [ Vehemens , acerba insefíatio. J Ce mot, au figuré, se dit des personnes ; attachement cruel afin de se nuire, sorte de persécution cruelle & opiniâtre. Jamais contre un pecheur ils n’ont d acharnement. Mol. Tart. a. 1 . f Témoigner de Facharnement contre quelcun. Voyez le livre intitulé, Ablancourt vangé.) S’ACHARNER, v. r. [ Ad pradam allicì. J Je m’acharne, je me Juis acharné, je ni acharnai. S’achar- ner avec colere à la chair, s’attacher cruellement l’un contre l’autre. (L’ours s’acharne peu souvent sur un cadavre. La Fontaine.) F, ACHARNER. Donner aux bêtes le goût de la chair. (Acharner les chiens, les oiseaux de proie à la curée.) On dit aussi en Fauconnerie, acharner l’oiscau. Les oiseaux farouches ne s’acharnent jamais. 0" ACHARNER. Monsieur de Vaugelas a dit dans ses nouvelles remarques, si elles sent de lui, que acharner régit a & non fur ; ainsi il faut dire s’acharner à la ACH la proye , & non sur la proye : je crois que l’on peut dire, à la proye & sur ia proye. * S’ACHARNER. [írrifim,] Ce mot se dit des personnes, & il signifie s’atacher opiniâtrement l’un contre l’autre pour se faire quelque outrage, en vouloir opiniâtrement à quelcun. (C’est tout ce qu’ont pû faire tant de Docteurs acharnez contre un seul. Pqjc. I. 3. 11 s’est acharné fur moi long-tems après que je ne lui faisois plus de mal. Star. Rom. Com.) S’ACHARNER. £Ferri immoderatiùs .] Ce mot se dit aussi des choses & des personnes, s’atacher avec ardeur pour nuire à quelque chose, ou à quelque personne. (II s’acharne fur les pièces nouvelles. Bail. Epî. Elles étoient lì acharnées au combat, qu’elles ne vouloient pas obéir. Abl. Luc.) ACHAT , f m. [Emptio.'] Chose achetée. ( Un bon achat. Un méchant achat, un malheureux achat. Voilà tout mon achat, faire un bon achat, céder son achat, quitter Ion achat à un autre.) £ On dit, aller aux achats, envoyer aux achats. (II est plus avantageux à un Marchand de faire ses achats lui-même, que de les faire par autrui. Ce n’est pas le tout d’être habile à l’achat, il le faut être auffi à la vente.) ACHAT, f m. C’est une convention par laquelle on achete, & celui qui vend, livre, ou promet de livrer une chose pour un certain prix. f Achat passe loua- f f. Proverbe du Palais, pour dire que quand Pimmeu- le n’est point affecté à la garentie du bail, l’Aque- reur peut déposséder le Locataire, sauf son recours contre le Bailleur. Voyez le Dictionnaire civil. ACHE , s f. íApium.jj Herbe médécinale , & bonne à manger, qui devient haute & fleurit .blanc la seconde année qu’elle est plantée. ACHE Royale. Plante qui fleurit tous les ans, & qui au bout de ía tige produit une fleur jaune ou blanche. 0 ACHE'ES. Vers qui naissent dans la terre, & dont on fait un apas pour attirer les poissons. Les Latins appellent ces vers, Lumbrtci. Plante dans son Aululaire, appelle Lumhricw , un homme qui sortoit de terre, où il s’étoit enfoncé pour chercher son trésor : Forai, foras, lumhrice,sib terra, crepststi modo , Qui modò nusquam comparebas, nunc, qumn compares, péris. ACHEMENT 1 f m. ['Fluentes circa scutum N galcam lacin'ueC\ Terme de Blason. Lambrequins ou chaperons qui envelopent le casque ou l’écu. ACHEMINER , V. a. [Perducere.J Ce mot se dit figurément, pour dire mettre les afaires & les desseins en état d’être exécutez. (Acheminer bien une afaire, c’est la mettre en état de réussir. S’A CHEMINER. Je niachemine, je me suis acheminé, je iriacheminai. [Iter instituerest Aller, marcher. (Pour obéir aux ordres du Prince, nous nous acheminâmes au lieu où il étoit. Abl. Duc. II s’achemina vers la Capadoce. Vaug. Quint. I. 3. 11 prit le devant & s’achemina du côté qu’if crut trouver à loger. Don Quichote, traduction nouvelle, t. i. c. iF.) S’ACHEMINER , v. a. S’avancer, être en train de se faire. (L’œuvre de Dieu s’achemine. Bossuet, Histoire universelle. 11 n’a point fait de conquêtes qu’il n’ait méditées long-tems auparavant, & où il ne sc soit acheminé comme par degrez. Eloge historique de Louis XIV. Depuis ce coup fatal, le pouvoir d’Agripine Vers fa chute à grands pat chaque jour s’achemine. Racine, Bri t. a. i .sc. i. Faites place à la nuit la plus belle du monde, Qui dessus i’borison s’ac'aemine à grands pas. Benser. ballet de la nuit.) ACHEMINE', acheminée , adj. [ Aptus , idonem. ] Terme de Manège. II se dit des chevaux, & signifie que le cheval dont on parle, est dégourdi, & presque dressé. (De la maniéré que votre cheval manie, il fait voir qu’il est bien acheminé. Cette cavale est tout-à- fait acheminée, j ACHEMINEMENT , / m. [Via.J Ce mot est vieux & peu en usage dans le propre ; action de celui qui s’àchemine. ACHEMINEMENT. Moïen pour arriver à quelque chose. C’est un acheminement à une plus grande fortune. Les Peres ont dit que la Penitence étoit un acheminement à l’Eucharistie. Arnaud, freq. eomm. ch, 7. ACH 21 ACHETER, 1 ■u. a. [ Emere .] Avoir à prix d’argent. Le peuple de Paris prononce ajeter, mais mal. (Acheter à la livre, à la pièce.) f- ACHETER des Marchandises. C’est en faire l’achat pour un prix dont on convient, moyennant quoi on s’en rend le propriétaire. ê ACHETER comptant. C’est païer fur le champ en monnoye réelle les marchandises qu’on vient Tacheter. f ACHETER au Comptant , ou pour comptant. Ce terme semble lignifier qu’on doit païer comptant, cependant quand on achete de cette façon, on a quelquefois jusques à trois mois de terme pour païer. ^ ACHETER a crédit ou a terme. C’est-à-dire, acheter à condition de païer dans un certain tems dont on convient. On achete partie comptant, & partie à tems ou à crédit. f ACHETER à crédit pour un tems, à charge d’es- compte, ou de discompte, ou à tant pour cent par mois de diminution pour le prompt paiement. ^ ACHETER à profit. C’est acheter suivant le Livre Journal d’achat du vendeur, à tant pour cent de be- nefice. H ACHETER pour païer d’une foire à l’autre, ou pour païer de foire en foire. C’est proprement acheter à crédit pour un tems. í ACHETER pour son Compte. C’est acheter pour soi-même. ^ ACHETER par Commiffion. C’est acheter pour le compte d’autrui, moïenant un droit qu’on apelle de Commission. Voïez le DìHion. de Savary. * ACHETER, s Redimere carèst Coûter, avoir avec peine , péril ou autre moïen. (Acheter bien chere- ment un petit plaisir par beaucoup de chagrins. Abl. Luc.) ACHETEUR, / m. [j Esnptor. ] Celui qui achete. (Trouver des acheteurs. Abl. Luc. ACHEVER , v. a. [ Perficere. J Finir, terminer. (Achever un Palais. Que n’atens-tu que j’aye achevé de domter ? Abl. Lmc.) ACHEVER. [ AbJ'olverest Donner la derniere main à un ouvrage, le porter à là perfection. ( La plûpart des Auteurs ne se donnent pas le tems d’achever leurs ouvrages.) S’ACHEVER, v. r. Je niacheve, je m’achevai, je me fuis achevé, je m’acheverai. C’est le finir, se terminer, s’accomplir. (Nous voïons la folie toute formée dans nous-mêmes, fans que nous Radiions à quoi il tient qu’elle ne s’acheve par un entier renversement de notre esprit. Nicole, Essais de morale , t. 1.) í ACHEVER. Faire mourir. (Ces mourans laissez fur le champ de bataille, demandoient qu’on les achevât.) On dit Proverb. achever de ruiner, de perdre, quand il survient un nouveau malheur à quelcun. On s’en sert encore pour dire enivrer etitierement. (II ne faudroit plus qu’un verre de vin pour l’achever.) ACHEVE', achevee, adj. \_PerfeHus. J Fini. (Travail achevé. Peine achevée.) * ACHEVE', achevée. [ AbJolutus .\] Ce mot se. dit des choses, & des personnes : quand il sc dit des choses , il lignifie acompli, excelent : mais quand il se dit des personnes , il se prend en bonne , & en mauvaise part. {Exemples. C’est un ouvrage achevé , c’est un fou achevé , c’est un Auteur achevé. Balzac , meures diverses. Ce que Delorme fait , ce malheureux Rimeur, Montre que fa bizare humeur Est une folie achevée.) 0 Le P. Bouhours a observé dans ses remarques nouvelles, pag 330. que ce mot est toujours pris en bonne part, quand il se dit des choses, & il lignifie acompli, excélent, c’est un ouvrage achevé, & quand il sc dit des personnes, il est pris en bonne & en mauvaise part, un Auteur achevé, c’est-à-dire parfait, qui n’a point de défauts. On dit en mauvaise part, c’est un sot achevé. Le Traducteur des Homélies de Saint Chrylostome, a dit dans le ítile sublime: Je ne parle point a cespecheurs achevez qui désespérant d’eux-mhnes , sesont plongez dans le vice. Sur l’étymologie de ce mot, voïez Monsieur de Cafeneuve. ACHEVE' , achevee , adj. Ce mot, en termes de Manege, signifie dressé. (Ce cheval n’est que commencé , mais celui-là est achevé. Cette cavale est en- tieremeat achevée, car elle est bien dans la main & dans les talons.) c ; A6HEVE- 22 ACI ACHEVEMENT , s. m. £ Perseflio.'] Maniéré dont une chose est achevée, perfection qu’on a donnée à une chose, à force de travail. (Dans les ouvrage d’e- sprit, c’est le travail, & l’achevement qu’on considéré. Dejfreaux.') 4 ACHEVEMENT. Terme de Peinture. 11 se dit particulièrement des étoffes teintes en noir, qui font commencées par les Teinturiers du grand teint, & achevées par ceux du petit teint. On fait des desbouil- lis pour bien juger du bon achèvement des noirs. H ACHIER,/ m. Vieux mot. C’étoit le lieu où l’ost mettoit les ruches des abeilles. ACHILE, s- *n. C’est le nom qu’on donne en Anatomie à un gros tendon qui aboutit à la plante du pié, parce que, selon la fable , Achille mourut d’un coup qu’il reçut en cet endroit. ( Ce même nom d’Achile sert à marquer un fort argument pour repousser les objections des adversaires. L’endroit où Saint Augustin dit que l’homme eùt persévéré s’il eût voulu, est l’A- chile des Molinistes.) ACHILLEA. Plante qui est une espece de mille feuilles, & qui est souveraine contre les pertes de sang. H ACHIOTL. Nom que les Brésiliens donnent à la drogue des Teinturiers, qu’on apelle Rocon. ACHÏOTTE, //• Fruit cjui vient de la nouvelle Espagne , & qui est fort estimé par les Indiens. ACHIT,/ Plante qui croît dans l’Isle de Madagascar. ACHRONIQUE, adj. [Achronicus.] Terme d ’A- flrologie , qui se dit d’un Astre ou d’un Point du Ciel, qui est oposé au Soleil dans son lever ou dans son coucher. (Le lever achronique de Mars détruit l’ancien système du mouvement du Soleil autour de la terre.) (f ACHOISON. Ancien mot. L’Auteur du Blason des folles amours a dit : Sous ombre de bonne achoifion , On trompe des gens à foison. if ACHOISONNER, signifie, dans les Etablis- semens de Saint Louis , chap. 59. & selon Monsieur du Cange, inquiéter , vexer. II ajoute que ce terme est dérivé du Latin occafio, qui signifie dans les Auteurs de la baffe Latinité, des levées indues, des vexations que l’on fait au peuple, fous prétexte des occasions pressantes. Votez les autorisez qu’il cite. ACHOPEMENT, f m. Prononcez achopeman. Ce mot, au propre, n’est, ce semble, point usité. ACHOPEMENT, f. m. [ Offensa, qffendiculum.] Ce mot, au figuré, est fort en usage , & il veut dire écueil, obstacle, cause de malheur, désordre. ( Ce sera une pierre d’achopement & de scandale pour la maison d’Is- raël. Port-Royal, Ifiaíe, c. 8- II est de votre sagesse d’arracher de la terre des fleurs de lis, ces maudites pierres d’achopement, & de scandale. Patru, plaid. 7. Ceux qui de particuliers, deviennent Princes par bonheur, ne trouvent point d’achopement en leur chemin. Amelot, Prince de Machiavel , c. 7. Si Monsieur Amelot eùt daigné parler comme les autres, il se fût expliqué ainsi : ceux qui de particuliers , deviennent Princes, ne trouvent point de pierre d’achopement dans leur chemin. Ce mot d’achopement , est d’ordinaire précédé de celui de pierre .) ACHTELING. Mesure des liqueurs dont on se sert en Allemagne. ACIDE, adj. Ce mot vient du Latin acidus , & signifie , qui a quelque faveur, qui tire fur l’aigre. (Un suc acide, les choses acides rafraîchissent. Les liqueurs acides font agréables. II y a autant de diférens sels acides, qu’il y a de diférens corps dans la nature. Votez le traité de l’acide. ACIDE , f. m. Mot qui proprement signifie aigre ; mais en matière de science, il a un sens un peu plus etendu. Car l’acide signifie faveur, il signifie aufli le premier des sels simples. (L’acide, ou le sel acide, est toujours en liqueur. L’acide est composé de petites parties pointues qui s’insinuent dans les pores des corps qu’elles rencontrent, & font la désunion ou la coagulation des parties. Les acides dissolvent l’argent & les autres métaux, hormis l’or. Les acides coagulent les corps morts & fluides, tels que font le lait & le sang. Votez le traité de l’acide. ACIDITE' ,fi fi Ce mot vient du Latin Acidítas , & est un mot de Médecin & de Chimiste. C’est la qualité acide qui se rencontre dans quelque sujet. (L’asidité ACO de l’oseille a quelque chose d’agréable. Les Câpres réveillent l’apetit à cause de leur acidité. Les choses qui par leur acidité produisent la fermentation , causent la fièvre. Spond, traité des fièvres. Les limons rafraîchissent à cause de leur agréable acidité. L’orange a une agréable acidité. Augmenter l’acidité de l’oseille, corriger l’acidité, diminuer l’acidité des citrons.) ACIER , fi m. Ce mot peut venir du Grec, & du mot Latin acies. C’est du fer rafiné , & celui de tous les métaux qui est susceptible de plus de dureté. ( Cet acier est bon , excelent ou méchant. Les François ont donné l’usage de l’acier aux Indiens de la nouvelle France.) [f L’acier est un fer afiné, & bien épuré. Les Anciens le nommoient Chalybs , à cause de la trempe qu’ils lui donnoient dans l’eau d’un fleuve qui est en Espagne dans le Royaume de Galice , anciennement apel- lé Chalybs , & aujourd’hui Cabé , ou bien à cause des Chalybes, peuples de Capadoce, dont Virgile dit : At Calybes nudi serrum , &c. Voïez Félibien, des principes de l’Architecture, &c. où il traite fort au long des differentes especes de fer, & d’acier. Le P. Labbe le dérive de aciare ; Monsieur de Caseneuve le dérive de aciarium. f Voyez auffi le Diflion. de Savary , où l’on parle des diférentes fortes d’acier & des lieux où on le fabrique. ACIER. Ce mot, au figuré , est noble, & plus ds la Poésie que de la Prose. II signifie fer , épée. Qu’un tranchant acier s’aprîte A faire tomber fia tête, Rien ne le peut émouvoir. Deshoulieres, Ode à M. I. D. pag. soç. ACCLAMATION ,fi fi Prononcez aclamacion. Ce mot vient du Latin acclamatio. Voïez Acclamation. ACOINTANCE,/ f> {Commercium, confiuetudo.] Ce mot est vieux, & n’est usité qu’en riant. On dit en fa place, familiarité, commerce ou habitude. (Je ne veux point d’acointance avec la plupart des hommes ; parce que la plupart font des fourbes & des coquins. On diroit à cette heure, je ne veux point de commerce avec la plupart des hommes. Mais, comme je l’ai marqué, acointance trouve encore quelquefois fa place dans le comique. Le bel efiirit au siécle de Marot, Des Grans Seigneurs vous donnoìt /'acointance. Deshoulieres, Poésies.) ACOINTER, v. afí. ou s’acointer , v. ». Hanter quel- cun, faire amitié & société aveû lui. £In familiarita- tem alicujmfie dare. J Vous vous êtes acointi d’un malhonnête homme. if Dans le Blason des fausses amours , Bref, qui s’acointe de telle pute, Plus que bête je le réputé. ACQISER , v. a. Adoucir, apaiser. [Tranquìh lare , fie dare."] La sédition fut acoisée par l’adresse du Magistrat. Ce mot est tout-à-fait vieux & hors d’usage. ACOLADE , fi. fi [ Amplexus .] Ce mot vient du mot de col. Embrassement de part & d’autre, qui se fait en mettant les bras fur le cou. (De grandes acola- des. Se donner plusieurs acolades.) ACOLADE , fi. f. Embrassement. On donne l’aco- lade au Gentilhomme qu’on fait Chevalier. if C’étoit la dernière cérémonie de l’ancienne Chevalerie. Quant à l’Acolée, dit Faucher, des Chevaliers, p. 518- c’eji comme une marque de souvenance de s a fie, &, possible, à l’imitation de ce qui se faisoit à s affranchissement des serfs , en leur baillant Jur la joué. C’ttoit l’acolade qui faisoit le véritable Chevalier ; ainsi un ancien Poète cité par le même Auteur , a dit : Pas ne reçoivent telle collée, Tous Chevaliers qui craint f Epée. Voïez le Theatre d’honneur de Monsieur de la Co- lombiere, tom 1, ch. 2. Voïez austi Monsieur de Caseneuve dans ses origines, v. Acolée. ACOLADE fi.fi Terme de Rôtisseur. Ce font deux lapreaux joints & acommodez ensemble qui font prêts à rôtir. (Vendre ou acheter une acolade de lapreaux, donner une bonne acolade de lapreaux, manger ensemble une acolade de lapreaux.) ACOLER , v. a. £ Ampkfli .J Embrasser. Le mot d’aceler se dit souvent en riant. (Acoler la cuisse.) Elit A CO Elle le baise , elle /’aeole. Elle sait tout-à-fait la fole, Loret, Ict, 15. ff Les Vignerons disent, acolerles nouveaux jets de ta vigne aux Ecbalas, í§ ACOLER. Ternie de Blason , que l’on employé en quatre sens différens, i°. lorsque deux Ecus font joints ensemble, comme les Ecus de France & de Navarre ; 2°. quand il y a dans l’Ecu quelque bête , comme chien , bœuf avec un colier au col ; 5 0 . lorsque des choses font liées ou entortillées ensemble , comme un sep de vigne à un Echalas ; 4°. lorsqu’il y a quelque chose, comme bâtons de Maréchal, Drapeaux d’Infan- terie , passez en sautoir derrière l’Ecu. ACOLER, v. a. [Componere.J Terme de Rôtisseur. Joindre deux lapreaux pour les faire rôtir. (Qu’on m’a- cole ces lapreaux & qu’on me les fasse vite rôtir.) 'f ACOLER. Terme de Commerce. II signifie faire un certain trait de plume en marge d’un Livre, d’un Compte, d’un Mémoire , d’un Inventaire qui marque que plusieurs articles font compris dans une même supputation , ou dans une feule somme , laquelle est tirée a la marge du côté où sont posez les chifres, dont on doit faire l’addition à la fin de la page. Savary. ACOLITE if- m - C Acolytm. J Ce mot vient du Grec, & c’eft un terme A’Eglise. C’eft le plus haut des Ordres mineurs de l’Eglise. C’est celui qui acompagne l’Evêque & qui a droit de servir à l’Autel. (Recevoir l’Ordre d’Acolite. II sert à l’Autel en qualité d’Acolite.) 0 " Ce mot est en effet dérivé du Grec qui signifie suivre , accompagner. II y avoit dans la Cour des Empereurs de Constantinople un Officier ap- pellé -rx-àÂiA-, & qui étoit Capitaine d’une Compagnie qui servoit à la garde de l’Empereur, comme nous ì’aprenons de Codin, ch. n. 71. L’institution des Acolites est fort ancienne ; ils as- sistoient autrefois aux Conciles. Eufebe raconte que le nombre des Diacres, Soûdiacres , & Acolites, qui assistèrent au Concile de Nicée , étoit presque infini. Ils suivoient autrefois leurs Evêques dans leurs voyages , & portoient secrètement la sainte Eucharistie dans le tems des persécutions ; c’est par cette raison qu’ils furent apellez Acolites. Leur fonction est, de porter un cierge allumé devant íe Prêtre qui va dire l’Evangile, pour faire connoître que le monde a été éclairé par la lumière de l’Evangile. Dans les Eglises de Lyon & de Rouen, il y a sept Acolites qui portent chacun un cierge allumé dans les Fêtes folemnelles , pour signifier , selon Jean d’Avran- cbes, Archevêque de Rouen, les sept Dons du Saint Esprit. Saint Bonaventure & Saint Thomas tiennent que l’Ordre des Acolites est un Sacrement ; plusieurs Docteurs n’en conviennent pas; mais quoi qu’il en soit, cet Ordre ne peut pas être réitéré, non plus que le Diaconat & la Prêtrise. Volez les discours de Monsieur Godeau fur les Ordres sacrez, & le Traité des Saints Ordres, par Monsieur O lier. A COA 1 MOD ABLE , adj. [Quod componi , concì- lìari faciîè potes }.J Qui se peut acorder. Qui íe peut ajuster, qu’on peut pacifier, qu’il est facile d’apaiser. (Leur procès est acommodable. La querele n’est pas tout-à-fait acommodable. L’afaire n’est acommodable que par ce seul moyen.) ACOMMODAGE , f m. s Opéra , laboris merces. J C’etì l’aprêt des viandes que les Cuisiniers & les Rôtit seurs acommodent. (On lui fait parer l’acommodage des viandes. II demande un écu pour l’acommodage de toutes les viandes.) ACÔMMODANT. Ce mot est participe actif, &a- lors il est indéclinable. II signifie conformant, ajustant. (II parloit aux Soldats , acommoàant son discours à Phumeur des Nations. Vaug. Quint. /. ;.) ACOMMODANT, acommodante'. adj. [ ~Commodusf\ S’ajustant, conformant, ( C’étoit un esprit acommo- dant. Ail. Luc. t. 1. C’est par cette conduite obligeante & acommodante, que ces Pérès tendent les bras à tout le monde. Pasc. Lett. e ! . Vôtre humeur fi égale, si sociable & si acommodante, me charme. Costar, lett. t. 1.) JVCOMMODE', acommodée, adj. [Compostas. Ajusté, propre. ( Cabinet bien acommodé. L’air est accommodé aux paroles. Mol. Sa maison est bien acommodée. Abl. Luc. t, 5.) ACO 2 Z ACOMMODE', acommodée , adj. [Dives.’] Riche, qui a tout ce qu’il lui faut, qui esta son ailé. ( S’ils pouvoient rentrer ici dans leurs biens , ils seroient mieux acommodez qu’à Bruffelles. Voit. lett. 4;. On ne voit guére de bons Auteurs bien acommodez,à moins qu’ils ne le soient de naissance, ou que quelques Grands ne se mêlent de leur pauvre petite fortune.) ACOMMODEMENT, J. m. [ Conversions rerum difpo- JïtíoJ Ce mot vient de l’Itaìien Accommodarnento. Ajustement qu’on fait en quelque lieu pour sa commodité. (Ma maison est bien plus louable depuis l’acom- modement que j’y ai fait faire.) 0 " Le Pere Bouhours, pag, 142. de ses Remarques nouvelles , &c. a dit que ce mot n’a que deux significations en notre langue. On dit dans le propre , les a - commodemens d 1 une maison , il faut faire a cette maison quelques acommodemens. On dit dans le figuré, acom- modement pour réconciliation. Je travaille à leur acom- modement. Leur acommodement ejì fait : mais on ne dit point acommodement pour signifier commodité ou in- terêt , comme le dit un de nos meilleurs Ecrivains. Ne témoignenï-ils pas assez qu‘ilsfont amis d’eux mêmes , puis* qulils ne cherchent que leur acommodement , [f leur a- vantage particulier ? ACOMMODEMENT f. m, [ Compostio .] Acord & traité qu’on fait pour terminer les diférens entre deux partis ou entre des personnes. ( Le fort fut remis aux Anglois par acommodement. Conclure un acommodement. Signer un acommodement.) ACOMMODEMENT, s. m. [ 'Reconciliatio .] Réconciliation. Moïen de pacifier, maniéré d’ajuster, & d’a- commoder les choses. J’ai fait son acommodement. Abl. Luc. Etre homme d’acommodement. Mol. Proposer un acommodement à quelcun. Abl. Luc. II a trouvé un acommodement raisonnable. 11 y auroit, si l’on vouloit, un acommodement dans cette a faire. Ils coururent fortune de la vie , parce que le soldat ne voulut point ouïr parler d’acommodement. Abl. Tac, hifior. I. 5. c. 13. * ACOMMODEMENT, s. m. Adoucissement, ajustement. Le Ciel défend de vrai , certains contentemens , Mais on trouve avec lui des acommodemens. , Mol. Imposteur, u. 4. sc. 5. ACOMMODER, v. a. [Aptare, concinnare , reficere , reparere, rejlituere .] Ce mot semble venir de ITtalieti accommoder. Prononcez acommodé. II signifie habiller, ajuster. (Acommoder quelcun à la Françoise. Abl. Luc. t. 5.) ACOMMODER, v. a. [ Convenìre. ] Etre propre à quelcun, être le fait de quelcun, être à la bienséance de quelcun. (Cette maison acommodé fort un de mes amis. Cette Charge l’acommodera. II faut l’acom- moder de ce benefice.) ACOMMODER, v. a, [Aptare.] Conformer, faire quadre, faire convenir, ajuster. (Acommoder fa voix à la nature des choses qu’on récité. Le Faucheur, tiré de f Orateur. Acommoder un Sujet au téatre. Corneille,réflexions fur les tragédies. Vous songez à acommoder les confortes qui se choquent. Voit. I. 87.) ACOMMODER , v. a. [Componere.J Terminer, apaiser, acorder. (On vient d’acommoder leur querelle. Mol. Comtesse, scène derniere. Acommoder un difé- rend. Abl. Luc. Acommoder une afaire pour de Tangent. Abl. Tac.) ACOMMODER, v. a. [Condire.] Terme de Cuisinier. Assaisonner. Mettre en ragoût. (Accommoder du poisson, de la viande, acommoder des œufs.) ACOMMODER, v. a. [Rem facere.J Rétablir, mettre en meilleur état, mettre en meilleur ordre. (Cela sert à acommoder ses afaires. La petite Chapelle qu’on a donnée au Seigneur Maumenet, acommodé fort ses petites afaires, car fans cela son Pégase le meneroit en poste à l’Hôpital. ACOMMODER, v. a. [ Malè habere. ) Maltraiter quelcun de paroles, ou de coups, en agir mal envers quelcun. (Si j’étois Roi, je te ferois acommoder comme tu le mérites. Port-Royal , Terence , Adelphes , a. 2. sc. 1. Je m’en vais Raccommoder de toutes pièces. Abl. Luc. J’ai en moi dequoí vous faire voir comme votre fille m’acommode. Mol. George Dandin.) S’ACOMMODER, v. r. [Se aptare .]] Je m’acommo * de, je m’acommodai, je me suis acommodé, je nfacom - modérai. C’est s’ajuster. (S’acommoder pour aller en visite. II s’acommodera bien*tôt pour aller au bal. 11 a falu 24 A CO a falu qu’il se soit acommodé de bon air pour paraître devant le monde. S’ACOMMODER, v. r. [Fingere se ad. ] Se conformer. (Un esprit sage s’acommode aux vices de son siécle. Mol. Dom. Juan. a. 5. sc. 2. S’acommoder au tems pour le bien de ses afaires Vaugel. Quint. 1 . 4. Est-ce ainsi qu’à mes vœux, il fait s’acommoder ? Racine, Bajazet, a. 4. sc. 1. Ne savez-vous pas que nous nous acommodons à toutes sortes de personnes ; Vase. lett. 9.) S’ACOMMODER, v. r. Se servir de quelque chose. (Si vous pouviez vous acommoder de cela , je vous l’ofrirois. Voit. I. 78. II ne sauroit s’acommoder de fhomme qu’on lili a donné. Elle ne s’acommodera jamais de l’humeur de son galant, parce qu’il est vilain. S’ACOMMODER, v. r. S’acorder. Convenir. (Je voudrois bien que vous pussiez vous acommoder avec cet ennemi du genre-humain. Voit. lett. 14;. Elle s’acommodera fort bien avec lui Abl. Luc. t. 1.) S’ACOMMODER, v. r. Se finir paisiblement, se terminer en repos. ( II ne tient pas à lui que les afaires ne s’acommodent. Vaugel. Quint. I. 10. c. 8- On croît que leur diférend s’acommodera au gré de l’un & de l’autre.) S’ACOMMODER, v. r. Se plaire dans un lieu, se plaire avec quelcun. (II s’acommode mieux que jamais à Paris. Un jeune Franqois ne sauroit guére bien s’acommoder en Italie, ni en Espagne, parce qu’un jeune François n’est pas ordinairement fort sage.) S’ACOMMODER , v. r. Se trouver bien de quelque chose, où de quelque personne, en être content. S’en trouver satisfait. (Le moyen qu’on pût s’acommoder de leurs personnes ? Mol. Précieuses. Je voudrois bien que quelcun de vos amis voulût s’acommoder de ces esclaves. Mol.) S’ACOMMODER, D. r. Se servir de quelque chose en se l’apropriant, s’en servir comme du sien. ( On trouva beaucoup de nerfs dont les frondeurs s’acom- modérent. Abl. Ret. lìv. 3. chap. Ils s’acommodent de tout ce qu’ils trouvent à leur bienséance. ACOMPAGNEMENT , f m. [ Comitatw.l Prononcez acompagneman. Tout ce qui est joint à quelque chose, ce qui acompagne quelque sujet, ce qui acompagne une personne. (Un bel acompagnement. Un charmant, un agréable, un divertissant, un galant acompagnement. L’harmonie dans les pièces de Téa- tre, ne doit être qu’un simple acompagnement. St. Evremontfur /’ Opéra, ìn 4. pag. 498. Vous avez non as un grand acompagnement de chevaux, mais pro- ité, générosité, &c. Voit. lett. 145. On a chanté un prologue avec d’agréables acompagnemens. S. Evremont, ç. partie.) ACOMPAGNEMENT, f. m. [Stipatios} Terme de Blason. C’est tout ce qui est autour de l’écu, & lui sert d’ornemens. Comme les cimiers, les siiports, &c. On dit porter des armoires fans un acompagnement. ê ACOMPAGNEMENT. Terme de Musique. On le dit de la modulation & des acords des instrumens dont on acompagne la voix. (Aprendre l’acompagne- ment ; savoir l’acompagnement, l’acompagnement du Clavessin, l’acompagnement de la Viole, &c.) ACOMPAGNER, v. a. [ Comìtari. J Prononcez acompagne'. Ce mot vient de l’Italien accompagnare. II se dit des personnes : & signifie, faire compagnie à quelcun, aller de compagnie avec quelcun. (Les meres acompagnent leurs enfans en exil. Abl. Tac. Une Demoiselle acompagne sa Maîtresse. Scaron. Roman Co- miq. t. 2.) * ACOMPAGNER, v. a. [Coxfociare , conjungere.j} Ce mot se dit des choses, & signifie être joint avec une autre chose. L’éloquence du corps acompagnoit celle de l’efprit. Balzac, Entretiens. 11 faut éviter le grand jeu ; car la colere, l’emportement & les quereles l’a- compagnent d’ordinaire. S. Evremont, Oeuvres mêlées, t. 6 . f ACOMPAGNER, sc dit pour assortir, convenir ; mais alors il ne s’emploïe guére qu’avec l’adverbe bien. Ainsi on dit, cette garniture acompagne bien cet habit ; cette tapisserie acompagne bien ce lit ; ces deux pavillons acompagnent bien ce corps de logis, pour dire, que toutes ces choses Rassortissent bien, & conviennent parfaitement les unes avec les autres. H ACOMPAGNER. Terme de Musique. C’est jouer la basse, & les autres parties, fur un ou plusieurs instrumens, pendant qu’une ou plusieurs voix chantent, ou que quelque instrument joue le sujet. (Si vous voulez A CO chanter, je vous acompagnerai avec le Tuorbe. II chante bien, & s’acompagne lui-même avec la Viole.) En ce sens il se met d’ordinaire absolument. (Acom- pagner avec le Tuorbe, avec le Clavessin, avec la basse de Viole, &c. (II acompagne bien, il acompagne mal, il acompagne sur le champ & sans être préparé.) Acad. Franc. ch S’ACOMPAGNER , v. n. p. Mener quelques gens avec soi, pour quelque dessein. 11 se prend le plus souvent en mauvaise part. (. II s’acompagne toujours de méchans garnemens. II s’acompagna de gens de main pour faire ce eoup-là : ) Ibid. ACOMPLIR, v. a. Prononcez acompli. J’acom- plis , facomplis , & f ai acompli , j’acomplirai. En Latin, complere s en Espagnol , complir. Achever tout-à-fait quelque chose, faire entierement une chose. Tous les justes ont le pouvoir d’acomplir les Commandemens de Dieu ; néanmoins, pour les bien acomplir, ils ont besoin d’une grâce efficace. Vase. I. 1.) ACOMPLI, acomplie, adj. [ Completus .] II signifie achevé, fini, & il se dit en bonne & en mauvaise part. (Son vœu.est acompli. Abl. Luc. Leurs noces nous donnent l’image d’une impudicité acomplie. St. Evremont, auvres mêlées , t. 5. pag. 46.) ACOMPLI, acomplie, adj. [Perfettw.'] Ce mot se prend aussi toujours en bonne part, quand il signifie excélent, parfait. ( C’est un homme acompli. C’est une beauté acomplie. Abl. Luc. ACOMPLISSEMENT, f. m. [P erfiel w.) Prononcez acomplijjeman. C’est un achèvement entier & parfait. (Tu trouveras en lui l’acomplissement de ton dessein. Abl. Luc. C’est une erreur, de condanner généralement toutes les communions qui précédent l’acomplissement de la pénitence. Arnaud , Fréquente Communion, 2. part. chap. y. Toutes les instructions de l’Eglise tendent à porter les Fideles à l’acomplissement de la Loi de Dieu. Port-Royal , explication des cérémonies de l’Eglise.) ACON- Terme de Marine. Petit bateau à fond plat, dont on sc sert pour aller fur les vases quand la mer est retirée. ACONIT, s m. \Aconitum. ~ÏJapellus.~\ Mot qui vient du Grec. C’est une sorte d’herbe qui croît sur des rochers dépouillez de toutes choses, & qui fait promtement mourir les personnes & les animaux qui en mangent. Plusieurs Auteurs Grecs & Latins disent que L Aconit vient en la région du Pont, & qu’il y en a de plusieurs especes. Daléchamp, Histoire des Plantes, t. 2. 1 . 17. c. 9. fait de longues & de curieuses descriptions de divers effets de l’Aconit, & on les peut voir. f On croit que le mot d’aconit, vient à'Acone, Ville de Bithynie, aux environs de laquelle l’aconit croissoit en abondance. Quelques Auteurs disent qu’il vient d’aconos, qui signifie chez les Grecs, un rocher dénué de terre, où l’aconit croît volontiers. Les Poètes ont feint que cette plante a été produite de l’écume que le chien Cerbere jetta, lorsqu’Hercule le tira par force des enfers. De là vient, disent-ils, qu’on en trouve en abondance auprès d’Heraclée de Pont, où est la caverne par où Hercule décendit dans les enfers. $ ACONTIAS, f m. _ Efpece de serpent qu’on trouve en Calabre & en Sicile, ou on l’apelle Jaettone. 11 se jette fur les hommes comme une flèche, après s’être entortillé fur un arbre, pour s’élancer avec plus de violence. t ACOQUINER, v. a. f Tradere inertie. J Ce mot ne sc dit que dans le stile bas & satirique. C’est acoûtumer à quelque chose de bas & d’in digne, & qui mérite du blâme. (Nous verrions courir les femmes après nous, fans tous ces respects où nous les Acoquinons. Mol. ) f S’ACOQPINER, v. r. Je níacoquine, je nf acoquinai, je me fuis acoquiné, je m’acoquinerai. Ce mot ne sc dit que dans le stile bas & comique. C’est s’acoûtu- mer de telle forte à un lieu, à une chose , ou à quelque sujet que ce soit, qu’on ait peine à quitter ce lieu , cette chose , ou ce sujet. (S’acoquiner à Paris. Quand on est une fois acoquiné dans la Province, on ne la sauroit quiter. Mon Dieu ! qu’à tes apas je fuis acoquiné. Mol.) S’ACOQUINER. Ce mot régissant un autre verbe, veut la Particule à & le verbe qu’il régit à l’înfinitif. (Quand une fois on est acoquiné à faire des vers, on ne veut presque plus s’apliquer à autre chose.) ÁCORD, ACO ACORD, s. r/t. [Consensus. } Prononcez açor. Ce mot vient de l’Italien accorda. Consentement de plusieurs personnes fur une chose. ( Ils renoncent d’un commun acord à la servitude. Abl. Luc. Demeurer d’acord d’une chose, tomber d’acord d’une chose : c’est-à-dire, être du même sentiment qu’un autre sur une chose. On dit auffi proverbialement, être de tous bons acords : c’est-à-dire, consentir à ce que les autres veulent, vouloir ce qu’on veut. (Une bonne soupe fait que le gros C. est toujours de tous bons acords.) fg Tomber d’acord. On dit, f en tombe d’acord, c’est-à-dire , je l’avouë, j’y consens, je le veux bien. L’Abé Régnier, Rondeau : J’en puis dire quelque nouvelle, Et je sçai fort bien qu’elle ejì telle, Que pour peu qtìun habile amant Là presse vigoureusement, lisait bien-tôt tomber la belle, D’acord. ACORD , s. m. [ Conventum, paflio. ] Acommode- ment. $ Contract que fait un Négociant avec ses Créanciers. (Faire un acord avec quelcun. Ils ont rompu l’acord qu’ils avoient fait. Tenir l’acord qu’on a fait. N’entendre à aucun accord.) ACORD , s. m. [ Conjensìo.j Union d’avis & de scn- timens. ( Pour entendre de l’acord de nos opinions avec les décisions des Papes, il faudroit avoir plus de loisir. Pose. lett. s. Les Philosophes ne sont pas d’a- «ord de ce que tu veux Ravoir. Abl. Luc. ACORD , s. m. [ 'Reconciliatio, intelligentia .] Intelligence & union fur quelque chose. ( Us sont d’acord là-deffus. Mettre les gens d’acord. Sca. Roman, t. i.) ACORD , f m. [ Concentus, consonantia .] Terme de Musicien & de Joueur d’insrumens de musique. C’est une juste & agréable conformité de sons, ou de voix. (Charmans acords, de doux acords, de bons acords, d’aimables, de raviffans acords, de méchans acords, des acords désagréables, de faux acords, trouver les acords, remarquer la justesse des acords. S. Evremond, t. n.) Tout d’un acord, adv. Tout d’un consentement, tout d’un même avis, tout d’un même sentiment, de même intelligence. (Les Moines sont tout d’un acord en plusieurs choses. Presque toutes les femmes de Paris sont tout d’un acord à avoir des galans & à faire leurs pauvres maris cocus.) ACORDAILLES , s. f. Ce mot n’a point de singulier : ce sont les articles de mariage, acordez & signez par les gens qui se marient & par ceux qui y ont intérêt. (Les acordailles se font faites. Signer les acor- dailles. Se réjouir aux acordailles.) ACORDANT, TE, adj. [Ad concentum aptms Qui peut s’acorder. (Voix acordantes & discordantes.) ACORDE , s f. Terme de Marine. (Commandement qu’on lait à l’équipage de la chaloupe & aux rameurs, afin qu’ils nagent emsemble.) ACORDER , v. a. [Concedere.J Ce mot semble venir de l’Italien accordare, ou de l’Espagnol accordar. C’est donner, céder. ( Acorder une grâce , acorder une faveur. Je vous acorde cela & soyons bons amis. Abl. Luc. t. 5.) ACORDER, v. a. [Dejjondere.j Ce mot se dit en parlant de mariage, & signifie promettre de donner. (Acorder une fille en mariage. Les Arméniens acordent leurs enfans, quoiqu’ils n’ayent que trois ou quatre ans, & même quand deux femmes amies se trouvent enceintes, elles acordent leurs enfans, au cas que l’une ait un garçon, & l’autre une fille. Tavernier, voyage de Perse, l. 4. ch. 12.) ACORDER, v. a. Acommoder. [Componere.j On vous employé à acorder les Impériaux. Voit. lett. 187. Acorder les contradictions. Pasc. lett. 6 . Acorder les principes de chaque Secte. Abl. Luc.) ACORDER, v. a. [Concinnere.J Mettre ensemble, joindre. II acorde deux choses incompatibles, un maître, & la liberté. Abl. Tac. Dans toutes vos afai- res acordez toujours Dieu & le monde, & vous remplirez les devoirs d’un honnête-homme. La Chétardie, injìrufíions pour un Seigneur, 2. partiel) ACORDER, v. a. [ [Consentire .] Ce verbe signifie quelquefois consentir, & veut le subjonctif quand il est suivi d’un que. Exemple. Puisque vous le voulez, j’a- corde qu’il le fasse. Corneille, Cid. a. sc. j.) ACORDER, v. a. ['Concentum efflcere .'] Terme de Joueur d’inftrumens de musique. C’est mettre un in- A CO 25 strument dans une juste & agréable conformité de sons. (Acorder une Angélique, acorder un Lut, acorder un Tuorbe, &c.) (g Parmi les Sonnets de Malleville, on met celui- ci dans le rang des plus beaux, quoique le mot acorder y soit mal placé. Près d’un Temple fameux, fur les bords de la Seine , Ejì un lieu que nature a comblé de plaisirs : L’abondance des biens, en bannit les dejìrs, Et rien n’y vient jamais, qui n’y vienne fans peine : Une ample moisson d’or couvre toute la plaine ; Le Cid qui t environne, éclate de saphirs ; L’air est tout de parfums, fi rien que les Zephirs Au chant des Rossignols, «’acorde leur haleine Vombrage fi le Soleil dépendent du souhait ; Les prez font tous tXémail, la riviere de lait s Le rivage ejì jonché de perles fi de roses. O, vous qui ni entendez avec étonnement, Sachez qu’il ejì aisé de voir toutes ces choses Pourvû qu’on puijje voir Olympe seulement. Quoique l’exagération soit extrême, on la pardonne- à un amant prévenu de la beauté de fa maîtresse ; mais les Grammairiens ne peuvent pas s’accommoder, ni de l’expreffion, ni de la pensée du Poète ; ce rien que les Zephirs, fie. est une expression basse, & même obscure, & que les Zephirs acordent leur haleine au chant des Rossignols, ne peut être excusé. ACORDER, v. a. [Concordare.j Terme de Grammaire. Faire convenir selon les régies de la Grammaire. (Acorder l’adjectif avec le substantif.) S’ACORDER , v. r. Je ni acorde, je niacordai, je me fuis acordé. C’eft se conformer, c’est convenir, être d’acord, & en bonne intelligence. Mon amour s’acorde avec ma raison. Gomb. Poes. Ils ne s’acordent ni de la fin , ni des principes. Abl. Luc. Les Provinces s’acordent à cette sorte de Gouvernement. Abl. Tac. Tous les peuples fe sont acordez en ce point, qu’il y a un Dieu. S. Cyr an, Théologie familière, leçon première. S’acorder en quelque chose. Abl. Ar.l. 1. On dit aussi s’acorder fur quelque chose , & s’acorder touchant quelque chose. Ce mot s’acorder sc joint à un infinitif avec la particule à. Us s’acordent afraper en- semble. Abl. Luc. Tac.) S’ACORDER comme chiens fi chats. Façon de parler proverbiale , pour dire être mal d’acord, être mal ensemble. H On dit auffi proverbialement, Acordez vos flûtes , pour dire, convenez de ce que vous voulez faire , convenez des moïens de faire réussir votre dessein. £g ACORDER ou accorder. Robert Etienne veut que ce mot soit formé de ad cor, quasi ad unum cor. Quel- ques-uns disent que c’est une métaphore prise des iu- strumens de Musique; car on dit acorder un violon, une basse de viole, les Musiciens ne s’acordent pas ; mais acord a peut-être donné lieu à la métaphore des Musiciens ; on ne peut dire lequel des deux est l’origine. On dit, acorder, quand on ne refuse pas ce qu’on nous demande ; parce que nos volontez devenant conformes , sont semblables à deux cordes d’instrumens de Musique acordées par union. Caseneuve. ACORDE', acordée , adj. Acommodé, pacifié. Leur diférend est acordé. Leur procès est acordé. L’afaire est acordée. La querelle des Jansénistes & des Jésuites touchant la grâce n’est point acordée.) ACORDE', s. m. [Dejponsm.j Celui qui a promis en présence dé monde foi de mariage , & qui l’a reçue réciproquement. L’acordé est bien fait, l’acordé est galant, & a mille belles qualitez. L’acordé est un peu vieux, & il a l’air d’augmenter bien-tôt la grande con- frairie.) ACORDE'E, s f. '[ Desponsa .] Celle qui a promis, & à qui l’on a auffi promis foi de mariage. Une jolie acordée, une acordée fort belle. L’acordée est riche & sage. L’acordée est gaïe, l’acordée paroît gaillarde, & de bon apétit.) ACORDOIR , s. m. Prononcez acordoi. Terme de Organijìe. C’est un instrument de cuivre, dont on fe sert pour acorder l’orgue. (Acordoir fort bon ; cet a- cordoir est bien propre & bien fait.) AGORER, Ternie de Marine. [Fulcirefj Apuyer, ou foûtenir quelque chose. ACORNE', E'E , adj. [CornutusJ Terme de Blason. Animal marqué dans un écu avec ses cornes , d’une couleur & d’un métal diférent du reste du corps. (Tête de vache de fable acornée d’axgent.) ï*me L D f AGQRTj 26 A eo t ACORT, acorte , adj. [Comis , urbanus, cornmo- dm.'] Ce mot a commencé à vieillir, & il ne peut entrer que dansleltile bas & familier: il signifie complaisant , civil, honnête & adroit. (11 est sage & acort. Avoir des manières acortes. Elle est charmante, elle est acorte, Et tout ce que la belle forte, Lui sted bien, hormis son mari. Main. Poës. (f Les Italiens disent acorte. Le Tasse , dans fa Jérusalem délivrée : Servivano al convito acorte ancelle. f ACORTISE , f. f. [Cotnitas , urbanisas."] Ce mot est suranné. II lignifie civilité Sc complaisance qu’on a pour les gens. (Tu vas user de ta franchise. De ton adresse & de ton acortise. Bois. Epit. t. i. ep. 17. ACORUS 5 s rn. C’est une plante que les Apoticai- res apellent Calamus odoratus , qui a les feuilles odorantes & piquantes au goût. t ACOSTABLE, adj. [Faci/isJ Ce mot n’est bien venu que dans les discours familiers, & il veut dire qui reqoit avec civilité ceux qui l’aprochent, & qu’on aproche fans peine pour lui parler. (II est acostable à tout le monde.) U est civil & acostable, Doux , bénin, courtois U astable. Ménage poésies. II vous a vu , doux, civil, acostable, Dans le passage , à la chambre, à la table. Bois. Epit. t. 1. /. 4. ep. L. Ce sont des personnes peu acostables. Voit. let. 40.) * ACOSTER, v. a. [ Accedere .J Ce mot n’entre que dans les discours familiers , & signifie aprocher quel- eun pour lui parler. ( Que st quelcun tremble en vous acostant, II vous bénit en vous quittant .) Bois. Epit. t. 2. I. 4. ep. 2. Au milieu de quantité de Cupidons déchaînez , trois Dames masquées acostérent D. Carlos. Sca. Roman comique, t. 1. c. 9. ACOSTER, v. a. Terme de Mer. f Admovere.] C’est aprocher une chose d’une autre. Acoster une ma- neuvre. DeJ’roches , Diflionnaire de Marine. H ACOSTE à bord. Terme de Mer. C’est ce qu’on dit , quand on veut obliger un petit vaisseau à s’a- procher d’un plus grand. f S’ACOSTER, v. r. [ Frequentare .] Jem’acoste, je me fuis acosté, je m’acostai. Ce mot n’entre que dans les ouvrages familiers & plaisans. C’est s’aprocher de quelcun pour lui parler. (Les hommes s’acostent des femmes , & les femmes des hommes. Auteur anonyme , Hist. comique. Ils se défioient de telle sorte les uns des autres ; qu’on n’eût osé s’être acosté de personne. Vaug. Quint. I. 10. c. 8- On diroit à cette heure, plûtôt ', qu’on n’eût osé s’aprocher de personne pour lui parler.) ACOTAR, f tn. Terme de Marine. Piéce de bordage que l’on endente entre les membres du vaisseau pour empêcher seau de tomber entre les pièces qui le composent. ACOTE' E'E , adj. [AdpifíuS', apposttus .J Terme de Blason. Pièces posées à côté d’une autre piéce de l’écu. ACOTEPOT, s m. [ Fulcrum .] Petite piéce de fer, courbée en demi cercle, qu’on met au pié d’un pot ou d’un coquemart, pour empêcher qu’il ne tombe. ACOTER, v. a. [ Inniti .] Ce mot, dans les discours polis, n’est plus d’usage ; & en sa place on se sert à’apuyen (Acotez-vous un peu fur mon épaule, & vous en marcherez avec moins de peine. Dites, apuïez-vous un peu fur mon épaule.) ACOTER , v. a. ["Fulcìre .J Ce mot signifie apuier, & est usité parmi les maqons, les charpentiers & autres gens de métier ; mais cela ne tire point à conséquence pour le beau langage. Ils disent Acotey une cloison. ACOTOIR , s m. [Fulcimentum , adminiculum, sulfura, j Prononcez acotoi. C’est un morceau de bois plat qu’on atache dans les confessionaux & dans les chaises des porteurs pour apuier le confesseur , & ce- ACO lui qui se fait porter en chaise. (Un acotoir bien fait, un acotoir mal fait. Mettre un acotoir, ataclier un acotoir, embourrer un acotoir.) ACOUCHER. [Parere.] Ce verbe est n’eutre, Sc se dit proprement des femmes , & il veut dire, mettre un enfant au monde. Acoucber régit l’ablatif. ( Anne d’Autriche, Reine de France , épouse de Louis XIII. acoucha en i6;g. le 5. Septembre , de Louis XIV. & deux ans après , elle acoucha de Monsieur. Voyez l’Histoire de France. La nuit qu’Olimpias acoucha, le Temple d’Ephefe fut réduit en cendre. Du Ryer, suplément de Quinte-Curce, l, 1. c. 1.) ACOUCHER , v. n. Ce mot se dit de Jupiter en riant, & signifie produire un enfant au monde. (Ju- pit acoucha de Minerve par la tête. Abl. Luc. t. 1.) ACOUCHER. [Adejse parienti.] Ce verbe est aussi actif, & veut l’acusatif, quand il signifie aider à mettre un enfant au monde , & qu’on parle des services que les Acoucheurs , ou les Sages-femmes , rendent aux femmes qui font en travail d’enfant. Ce ne font pas aujourd’hui les Sages-femmes qui acouchent à Paris les Princesses, ni les femmes de qualité, mais les Acoucheurs. Les femmes de bons Bourgeois imitent les grandes Dames : car elles se font acoucher par des Acoucheurs. Vulcain n’acouchera pas si heureusement Jupiter qu’une Sage-femme. Abl. Luc. t. 1.) * ACOUCHER. (Edere."] Ce verbe se prend figurément & est neutre. 11 signifie produire quelque ouvrage d’esprit, faire quelque chose d’ingénieux. (Les Poètes acouchent par le bout des doigts. Abl. Luc. Le fort de ce sonner a droit de votes toucher, Et d est dans vôtre cœur que j’en viens d’acoucher. Mol. femmes savantes, a. ij.fc. 2.) ACOUCHE'E , f f. [Puerpera.] Femme qui est dans ses couches , & qui vient de mettre au monde un enfant. ( L’acouchée est gaie , l’acouchée est gaillarde. La nouvelle acouchée doit être traitée , dans les premiers jours de fa couche , presque comme si elle avoit la fièvre. Une acouchée ne doit être nourrie que de bons bouillons au veau , ou de bouillons où il y ait de bonne volaille. Une acouchée ne doit vivre que d’œufs frais , & de gelée. La nouvelle acouchée fe doit tenir en repos fur son lit, & sur son dos ordinairement. Mauriceau , maladies des femmes grosses, l. 1.) $ On dit proverbialement d’une femme qui est fort parée dans son lit, qu’elle est parée comme une acouchée. On apelle , les caquets de l’acouchée , le babil & la conversation des femmes qui visitent celles qui font en couche. On dit aussi, tant d’un homme que d’une femme , qu’ils font l’acouchée , quand ils fe tiennent au lit par moleste & fans nécessité. ACOUCHEMENT , f m. [ Partus , puerperium .] C’est ia sortie ou i’extraction de Pensant à terme hors de la matrice. Acouchement naturel, acouchement contre nature , acouchement fâcheux, pénible, malheureux , laborieux , acouchement vrai, véritable, acouchement faux. II étoit présent à l’acouchement de sa femme. Sentir les douleurs de l’acouchement. Les femmes âgées soufrent plus que les autres dans leur prémier acouchement. On s’étonnè comme Pensant qui est si gros , passe , au tems de Pacouchement, par l’ouverture de la matrice qui est fi petite. Médecin qui à fait plusieurs acouchemens. On doit faire prendre aux femmes, incontinent après leur ac-ouche- ment , une once d’huile d’amandes douces ; mail il faut que cette huile soit tirée sans feu)" Lorsque Pensant est au passage , presque toutes les femmes fe plaignent , dans leur premier acouchement, que la Sage- femme les pique. Mauriceau , maladies des femmes grosses, l. 5.) ACOUCHEUR , f m. [Adjutor partus .] Prononcez acoucheù. C’est un Chirurgien qui acouche les femmes. ( Un habile acoucheur , un acoucheur connu, un acoucheur emploié. L’un des plus renommez acoucheurs de mon teins , c’est Clement, qui est riche, parce qu’il lui est arrivé de bonnes aubaines.) ACOUCHEUSE , f f. [ Obstetrix .] C’est celle qu’on apelle ordinairement Sage-femtne, & qui acouche & delivre les femmes qui font en travail d’enfans. Une habile acoucheuse. Une acoucheufe fort connue. Aller quérir une acoucheuse. Port-Royal, Térence, An- drienne, a. 1 .sc. y. t S’ACOUDER, v. [Cubitu niti. J Je m’acou- de ) je m’acoudai, je me suk aeoudé, je m’acouderai. Ce ACO ©e mot commence un peu à se passer , & ne peut trouver place que dans les discours familiers & d’un ftile simple. 11 lignifie , s’apuïer fur le coude, s’a- puïer. (Affìs fur un fagot , une pipe à la thain , Tristement acoudé contre une cheminée, Je songe aux cruautez de mon fort inhumain . S. Amant, Poésies , i. partie, J_,a paix dessus lui s’acouda, ■ ■ • Comme furíun de ses pivots. Voit. poésies.) ACOUDOIR, f. m, \Cubìtalf Ce mot se prononce accudoi , & ne se dit que dans le discours familier. C’est ce qp’on met fous les coudes pour s’apuïer dessus. Un bon acoudoir fort propre. Donnez un acoudoir à Monsieur, il en a besoin.) ACOUDOIR, f m. [ Fulcrum .] Ce mot est un ter* me d’Architelìure, & signifie un apui. ( II faut mettre un acoudoir dans cet endroit. Faire des acoudoirs entre les pies d’estaux. Perraut. Vitruve.) (■§ Vitruve apelle Plutens , un acoudoir , un parapet. ACOUPLEMENT , f. m, f Copulatio . J Prononcez acoupleman. Ce mot se dit des bêtes qui se joignent pour la génération. (Le Dragon naît de l’acouple* ment d’une aigle avec une Louve. Abl Marmol. t. c. 23.) ACOUPLEMENT , f m. C’est l’union de l’homme & de femme , afin de produire leur semblable. Mais dans ce sens on ne se sert du mot acouplement qu’en 1’adoucissant, ou le relevant par quelque epitéte, & même il est plus de la Poésie que de la Prose. ( Un acouplement divin, un acouplement céleste, acouplement fatal , acouplement heureux, acouplement malheureux. Tu menois le blond hirnenét Qui devoit folemnellement Te ce fatal acouplement Célébrer l’beureufe journée. Malh. Poésies, /. 4. Ode.) ACOUPLER , v. a. [ Adjungere. Conjungere. ] Joindre ensemble. Mettre deux à deux. ( Acoupler des bateaux, acoupler le linge , acoupler des servie- tes, acoupler des mouchoirs, & en un mot, tout le menu linge.) * ACOUPLER , v. a. [ Copulare.'] Joindre pour la génération. Faire acoupler deux papillons. Le mot d’acoupler, dans cet exemple , est sérieux : mais au même sens il est un peu comique , loríqu'il se dit des hommes. On en va juger par ces faqons de parler. (f es foins ont acouplé nos Dieux, malgré la jalouse de nos Déejfes. Auteur anonime. C’est un Mercure de rofession , qui tâche , par le moïen de quelques ouis d’or , d’acoupler les galans-avec les belles^ qui ne font pas inhumaines.) S’ACOUPLER , v. r. Je ni acouplé , ja nt’aeouplai , je me fuis acouplé, je ni acoupler ai. Ce mot se dit des choses inanimées , & signifie se joindre ensembe. (Les principales qualitez tactiles peuvent s’acoupler de plusieurs faqons. Rohaut, Phifique.) S’ACOUPLER , v. r. [ CopulariJ Ce mot se dit de quelques animaux, & signifie se joindre pour la génération. La mouche vole en Pair , acoupìée avec son mâle. Abl. Luc. Les animaux de diferente espece qui s’acouplent en Afrique , font des monstres. Perraut , histoire des animaux. Lorsque la femelle du Castor a mis bas, elle chasse de son logement tous les petits de l’année précédente, qui alors s’acouplent, & vont chercher quelque maison. Denis, Histoire de VAmérique, t. 1. c. ig. La femme peut prendre le plaisir de la chair quand il lui plaît ; mais il n’en est pas ainsi des animaux qui ne s’acouplent qu’en de certaines faisons. Mauriceau, tr. des femmes grosses.) t ACOUPLE', ée , adj. Terme d’Arcbite/íure. Les Colonnes acouplées font deux à deux, & se touchent presque par leurs chapiteaux & par leurs bases. II y a aussi des pilastres acouplez. ACOURCIR ,v. a. [ Curtare , refecarel] J’acour - cis, j’acourcirai. C’est rendre une chose plus courte qu’elle n’est : c’est abréger une chose qui est trop longue. (II ne faut point alonger ce. qu’on peut acour- cir. Vaug. rem. Les histoires de Varillas sont trop longues, & pour empêcher qu’elles ne fassent bâiller, il les faudroit acourcir. H acourcir, v. a. On dit figurément , qu’une ACO 27 bonne compagnie , qu’une agréable conversation ont acourci le chemin ou le tems ; pour dire , que le plaisir de la conversation a sait trouver le chemin , ou le tems moins long. On dit aussi, acourcir le chemin, quand on prend une route de traverse , qui abrégé le chemin. ACOURCISSEMENTji m. [Contraiíio.J Prononcez acourcijjeman. C’est-à-dire, abrègements. C’est faction par laquelle on a rendu une chose plus courte qu’elle n’étoit. ( Eldìt, gentilátre de la Prusse Roïale , est diforme par P dcourcijfement de ses doigts , & infâme par la bassesse de fa conduite.) ACOURIR , verbe neutre pafff. Ce mot semble venir du Latin Accurrere. J’acours. J’acounts. Je fûts acouru, f acourmi, que f acouref acourroisfdcouruffe". Se rendre vite vers quelcun , aller promptement en quelque lieu. Se rendre à la hâte èn quelque lieu ou auprès de quelcun. (Acourìr au secours d’une personne. Abl. Ret. Acourir en hâte à la Ville. Vaugeh Quint. On acourt de tous cotez vers le pauvre Cas. pour l’empêcher d’aller , comme Chaumer , ou du verdier, àl’Hôpîtal. Us dévoient tous périr, si des. Magistrats ne fussent acourus à la rumeur, Scaron, Rom. t. 1. c. ;.) * ACOURIR , verbe neutre pafff. [ [Advolare .] Quî est quelquefois pris figurément , & qui se disant des personnes, signifie autant que courir tête baissée. Aller comme si l’on voioit. ( Acourir à la vengeance. Abl. Tac. On n’acourt à l’immortalité que par le travail & les grandes actions.) ACOURIR. Ce mot est quelquefois un Terme de Chase , & alors il est actif & signifie plier le trait tout-à-fait, ou à demi, pour retenir le limier, (II faut acourir le trait de ce limier. Salnove , traité de la Chase du Sanglier.) $ ACOURSIE, f f Terme de Marine, C’est un passage ménagé dans le fond de cale , & des deux cotez , pour aler de la poupe à la proue du vaisseau. ACOUSTIQUE , adj. Qui se dit d’un nerf qui va s’insérer dans foreille, & au conduit externe de l’oreille. (Nerf acoustique, conduit acoustique. Les Médecins donnent ce même nom aux remèdes qu’ils emploient contre la surdité.) f AGOUTI, f m. Petit animal des Isles del’A- merique. 11 ressemble à un lièvre ; les habitansApprivoisent , & l’acoútument à marcher fur les pâtes de derrière, comme les singes. f ACOUTREMENT , Jl m. [ Ornât m. J Prononcez acoutreman. C’est-à-dire , ajustement , habillement. Ce mot d’acoûtrement a vieilli, & ne peut bien trouver fa place que dans le ftile bas ou comique. Cinq ou six fois cette nuit en dormant. Je vous ai vu dans un acoâtrement Au prix duquel rien ne me fauroit plaire. Volt. Poésies.) 11 y avoit des acoútremens qui coûtoient dix mille écus. Charger d’acoûtremens. Avoir de magnifiques, de superbes , de beaux acoútremens. Journal de Henri III. p. 46.) t ACOUTRER , v. a. [Ornare.] Ce mot signifie habiller , ajuster, parer, & ne peut bien entrer que dans le ftile familier , ou plaisant, parce qu’il est un peu vieux. (II y avoit des singes qu’on avoit acoû. trez en charlatans. Abl. Luc. Un gros & gras Auteur à carosse , aCoûtre d’un air si mesquin son laquais & son cocher, qu’il fait rire tout le monde.) Voyez les Origines de Monsieur de CaJ'eneuve, v. acoûtrer. * ACOUTRER , v. a. [ Malè excipere .J Mot comique.figuré ,, pour dire mal-traiter. ( Qui vous a ainsi acoûtrez, mes amis ? Abl. Luc, Il l’apella putain & rusée , & la menaça de l’acoûtrer, en femme de sa qualité. Journal de Henri III. p. 42.) ACOUTUMANCE , f f. I Confuetudo.J Coutume , habitude. Le mot d’acoûturacmce , qui avoit vieilli , commence à rentrer en, usage ; & même il y a des lieux où il vaut mieux que coutume ., &qn’ha- bitude. (La jeunesse .change ses goûts pat - l’ardeur du sang, & la vieillesse conserve les siens par i’acoû- tumance. La Rachefoucaul, Réflexions. Un. esprit aba- tu & comme domté par i’acoûtumance au joug , n’o- seroit plus s’enhardir à rien. ' Defreaux, Longin. L’a- mour d’acoutumance est une affection contractée avec une personne à force de la voir. Corneille , notes fur Tarn. I. Da Vau- 28 ACR Vaugelas , t. ï. Quelques-uns préfèrent dans tous ces exemples habitude à acoutumance , & ils aiment mieux dire , il fait cela par une mauvaise habitude ; que de dire , il fait cela par une mauvaise acoûtumance. Thomas Corneille , notes fur Vaugelas, t. i. En ce dernier exemple, Monsieur Corneille a raison ; maïs dans les autres , acoûtumance est très-usité.) 0 Quoique le Pere Bouhours ait dit dans ses Remarques , que le mot acoûtumance s’est rétabli peu à peu , je ne vois pas que l'on s’en serve souvent, ni en écrivant, ni dans la conversation : & je ne scaurois m’y acoûtumer. J’avouë que Messieurs de l’Académie , fur la Remarque 363. de Mr. de Vaugelas , ont dit : cependant le mot acoûtumance , ne vieillit pas J% fort , qu’il n’y ait encore plusieurs personnes qui s’en servent aujourd’hui. ACOUTUMER , v. a. [Solere.'] Avoir de coutume, faire souvent , pratiquer souvent ; donner ou faire prendre l’habitude de quelque chose. Ce verbe acoû- îumer , dans un sens actif, demande que le verbe qui fuit , soit à l’infinitif, & que l’infinitif soit précédé de la particule de. (Les ignorans font acoû- tumez de s’en fier aux personnes habiles . Abl. Luc. II y a plus d’entoufiafme q u'ils n’ont acoûtume d’en avoir. Voit. lett. 132.) Cependant le verbe acoûtumer , pris activement, veut quelquefois la particule 4 au lieu de la particule de. (II faut modérer la légèreté de fa langue dans les choses évidentes, pour l’acoûtumer 4 ne fe point précipiter dans les choses douteuses & obscures. Nicole, Essais de morale , tom. i. traité 3. $i cette faqon de parler est reçue , Monsieur Corneille sc corrigera la premiere fois qu’on r’im- primera ses notes fur Vaugelas.) ACOUTUMER, v. r. [AJfuefere.) Je niacoutume, je m’acoûtumai, je me fuis acoûtume , je m’acoûtume- rai. C’est prendre l’habitude , prendre la coutume. Acoûtumer , pris réciproquement, veut que Je verbe u’il régit & qui le fuit immediatement, soit a l’in- nitif précédé de la Particule 4 . (II faut s’acoûtu- mer à se nourrir de la parole de Dieu. Port-Royal , Testament, Préface, r. partie. On doit s’acoûtumer 4 aller moins vite dans les jugemens , & à prendre plus de foin pour considérer les choses. M. Nicole, Essais de Morale, t. x. traité 3. On ne peut rétablir qu’a- vec beaucoup de tems un vieux corps d’Oficiers & de Soldats acoûtumez à combatre ensemble & à soufrir les fatigues de la guerre. Relation de Rocroi , page 48 -) ACOUTUMER. C AJfuefacereé] Ce verbe pris dans un sens actif, passif ou rétìexif, & suivi du nom qu’il régit, veut ce nom au datif. ( Les Oficiers acoûtumez à la discipline, fuccédoient fans trouble les uns aux autres. Sarazin , siège de Dunkerque, in 13. page 40. Acoûtumer le soldat au travail. Abl. Tac. t. 3.) H ACOUTUME', ée, adj. On dit, acoûtume à la fatigue, aux heures acoûtumées, en la forme & maniéré acoûtumée. f A L’ACOUTUME'E , adv. On dit, vivre à l’acoû- tumée, en user à l’acoûtumée, c’est-à-dire, à l’ordi- naire. On s’en sert en conversation. ACOUVE', E'E. adj. [ Inerss] Qui se tient au coin de son feu comme un paresseux , sans vouloir en sortir pour travailler. Ce mot est vieux & très- bas. ( II est content, pourvu qu’il soit acouvé au coin de son feu.) ACQUERIR- Voyez la colonne aquerir , & a- quít. t ACQUIESCER ; voyez AQUIE'CER. ACRA VANTER , V. a. [ Oneris alicujus môle ali- quem obruere.~\ Acabler quelcun fous un poids, ou fous une charge excessive. L’y faire succomber. Ce verbe est vieux. (La chùte de cette muraille l’a Acr avant é. Acad. Fr.) ACRE , f m. Terme de quelques Coûtumes de France. Il vient de l’Alemand , & signifie un arpent de terre. On apelle dans quelques Provinces les mesures de terre , arpens, & dans d’autres , on les nomme acres. Voyez l’Ecole des Arpenteurs, page 138. ( Un acre de terre bien cultivé. Labourer un acre dc terre. Semer un acre de terre.) L’a est bref. 0 Cette mesure est differente. On dit, un acre de terre , de vigne , de bois , & il est connu particulièrement en Normandie. II y a des lieux où sacre contient plus que l’arpent. L’acre de bois est de qu»-- ACR tre vergees, & l’arpent de deux vergées & demi ; la vergee est de quatre perches , & la perche de quatre- vingt pieds ; chaque pied , de quatorze pouces, & le pouce de douze lignes. V. Spelman. í ACRE. Monnoië de compte de quelques endroits des Indes Orientales. On l’apelle ordinairement Lucre. Savary. H ACRE. Poids dont on sc sert dans plusieurs Echelles du Levant. On le nomme communément Rotte. Ibid. ACRE, adj. Ce mot semble venir du Latin acris, & veut dire, qui a de l’acrimonie. (Urine acre & mordante. Chaleur âcre piquante. Humeur acre, goût acre.) L’a est long. A CREDITER, v. a. [ Commendareè ] Ce mot sem- ble venir de l’Espagnol acreditur. C’est donner du crédit à quelcun. C’est mettre en crédit une personne. ( Les belles cures que Monsieur Helvetius a faites dans Paris , l’y ont glorieusement acrédité , à U barbe de Messieurs les Médecins qui en enragent.) S’ACRE'DITER , v. r. [ Sibi autoritatem compara- re.J Je tn’acrédité , je m’acréditai, je m’acréditai , je me fuis acrédité, je m’acrédìterai. C’est s’aquérir du crédit. ( Ce n’est qu’en préférant le devoir au plaisir, qu’on d acrédité dans le monde. La Chétardie , infraction pour un jeune Seigneur , 2. partie. Le pauvre Thomas de Lormes , Avocat de causes perdues, se tourmente pour s’acréditer fur le Parnasse ; mais en yain, son destin n’y sera pas plus glorieux que celui de la Serre, ou de Neuf-Germain.) $ ACREDITE', adj. Un homme acrédité dans le inonde ? pour dire , qui est estimé. Un Banquier ^crédité, qui a la confiance du public. ACRETE ', f f Ce mot décend du Latin acritas, & veut dire qualité mordicante , & piquante. (Ainsi l’on dit, l’âcreté de la bile est fâcheuse, l’âcreté du sel ne me plaît pas.) ACRIMONIE , f f. Ce mot vient du Latin acrimo- nia. C’est une qualité qui est atachée à l’humeur, !& qui fait que cette humeur pique les parties où elle se rencontre. ( L’acrimonie des humeurs a ulcéré le conduit de l’urine. Degori, terme de Médecine.) ACROC , f m. f Scijfura. Prononcez acro. C’est une rupture qu’on se fait de quelque maniéré que ce seit, à un habit, ou à quelqu’autre chose. Un petit acroc ; un grand, un fâcheux , un malheureux acroc. C’est un acroc que je me fuis fait. Se faire un acroc à fa veste.) ACROC , f m. [Mora ìmpedìmentum. ] Se dit figurément de ce qui arrête & retarde une afaire. 0 ACROCE'RAUNIENS. L’extremité des monts Cérauniens que l’on voioit en venant de Grece en Italie ; Horace en fait mention, Lib. 1. Od. 3. Qui vidit mare turgidum , U Infâmes Jcopulos , Acroceraunia. A CROCHE , f. m. f Mora , rémora. J Retardement qui arrive en quelque afaire & qui survient inopinément. Ce mot n’est pas dans l’Académie. II est survenu une acroche qui a diferé le Jugement de mon procès. ACROCHEMENT , f. m. [Unci imrnìjjìo.) Prononcez acrocbeman. C’est faction de la personne qui acroche. Ce mot d ’acrocbement n’est pas de grand usage; & en sa place on se sert plûtòt de quelque tems du verbe acrocker. (Après l’acrochement des navires, le combat sc raluma plus fort qu’auparavant. On aimeroit mieux s’exprimer ainsi: Après que les navires fe furent acroebez, le combat fe raluma plus fort qu’auparavant. ) ACROCHER, v. a. [JJnco fujpendere.) Atacher à un . croc, ou à quelque chose de semblable, mettre au croc. (Acrocher de la viande, acrocher un aloïau, une éclan- che.) 0 II y a aparence que ce mot vient de Incrocare, terme de la basse latinité, & qui lignifie pendre au croc, être arrêté à un crochet. Incrocare se trouve dans la Loi Salique, tit. 69. dont voici le texte: Si quisfne confenfu Judicis de ramo ubi incrocatur, depo- nereprafumpferit, MCC. denar. qui faciunt fol. XXX. culpabilis judicetur. Pithou fur cette Loi & fur ces mots, ubi incrocatur, dit : indè pendre au croc. Wen- delin croit que incrocare signifie pendre une personne par les pieds : en effet, nos anciens Poètes ont dit mcroïiez, peur pendus à quelque branche d’arbre, M. d u ÂCR M. du Cange, verb. incrocare, nous en fournit plusieurs exemples : ainsi on peut dire que acrocher vient d ’incrocare. ACROCHER , v. a. [Harpagmem in navem injice- re.] Joindre un vaisseau ennemi pour entrer dedans, & s’y battre. (La Réale acrocha une Galère. Vaug. Quint. L 4. c. 4.) f ACROCHER , v. a. [ Faller e, decipere. ] Atraper .par adresse, gagner par finesse. (François Herard de la ■Grange, à force de fourberies , acrocbe toujours quelques pistoles des honnêtes gens qui le soufrent, & en cela il marche fur les traces de son père. Dans l’ame, elle ejì du inonde, N f es foins tentent tous, Pour acrocher quelcun , fans en venir à bout. Mol. Mifantrop. a. 3. f 5. * ACROCHER, v. a. [Rei moram injicerei] Retarder une chose, aporter quelque retardement à une afai- .re, être cause qu’une afaire ne sc termine pas. ( 11 faut que je lui dise que je trouverai rnoïen d ’acrocher cette afaire pour quelque tems. Port-Royal, Comédies de Térence, Andrienne, a. 3. f. 3.) ACROCHER, •v. a. Je m’acroche, je m’acrocbai, je tne fuis arraché. , je m’acrocherai. Ce mot signifie, íè prendre avec les mains à quelque chose. Se prendre au colet pour se battre. Se prendre à quelque chose. Se joindre pour se battre. ( Ils s’acrocberent aux arbres de la forêt. Abl. Luc. t. 2. Après que les Galères se furent batués, elles s’acrochérent Abl. Luc. Nos braves f dérochant, fe prennent aux cheveux. Defp./ní. 3. Son diadème s’acrocha à un roseau. Abl. Luc. H On dit proverbialement, belle fille & méchante robe trouve toujours qui Facroche. Un homme qui se noie s’acroche à tour. f S’ACROCHER. On le dit de ceux que le mauvais état de leurs afaires oblige de s’atacher à la fortune d’un Prince, d’un grand Seigneur. (II ne lavoit où donner de la tête, il s’est -acroché à ce grand Seigneur. Quand on est mal dans ses afaires, on s’acroche à tout, on s’acroche à ce qu’on peut.) Acad. Franc. ACROIRE, v. n. ['Imponere , verba dare.) Prononcez acraire. Ce mot emporte que celui de qui on ìe dit, a dessein de tromper. 11 se dit auffi des choses fausses qu’on veut faire passer pour vraies. Ce mot d ’acroire est toûjours emploïé avec le verbe faire , & í’on ne s’en sert qu’à l’infinitif. (Je fçai tout, ne pense pas m’en faire acroire. Abl. Luc. Vous croïez faire acroire à une infinité de gens que ces points ne sont pas essentiels à la foi. PaJc. lett. 7. 11 veut faire, acroire qu’il est gentilhomme ; mais fa conduite le dément, c’est ce qu’il ne fera jamais acroire qu’à des sots.) Gf Monsieur de Vaugelas, & Messieurs de l’Acadé- mie ont décidé que ce terme est du bon usage, & qu’il faut l’écrire avec deux c. Accroire, & non pas acroire. Obs. 231. Autrefois acroire signifiait prêter de l’argent, ou quelque autre chose. Patbelin : Or regny bieu,fi j’acrok De l’année drap. S’en faire acroire, v. r. fNiraium Jlbì fumere, trì- buerei] Je m’en fais acroire, je m’en sis acroire, je m’en fuis fait acroire. Je m’en étois fait acroire. Je m’en ferai acroire. C’est s’enorguëillir, avoir meilleure opinion de foi qu’on ne devroit. '(Un galant homme ne s’en fait point acroire, parce qu’il ne se pique de rien. PaJc. pensées. C’est un fat qui s’en fait beaucoup acroire. Corn. notes Jur Vaugelas, pag. 440.) ACROISSEMENT , f m. {Incrementum, accre- tio.) Prononcez acroijjhw.n. Ce mot semble venir de l’Italien acrescimento. C’est l’augmentation sensible d’un corps en fa propre substance. (On reconnoît qu’il y a de l’acroissement au tronc d’un arbre, quand on remarque qu’il est plus gros qu’il n’étoit.) ACROISSEMENT , f. m. [ Crcmentum.j Terme de Poésie Latine. C’est une augmentation de filabes. II y a divers acroissemens. II y a un acroissement des verbes, & un acroissement des noms. Cet acroissement, soit des.noms ou des verbes, est quelquefois long, & quelquefois bref. Ainsi l’on dit, abréger l’acroissement, alonger l’acroissement, ou faire long l’acroisse- ìnent. La quantité Latine explique les acroissemens, & on peut voir là-dessus la Méthode Latine de Port- Royal.) * ACROISSEMENT , f. m. [ Honorts , bonorum arn- ACR 29 plisicatio.) Ce mot est fort en usage au figuré, & il se dit d’ordinaire de la bonne fortune des Souverains, de leurs Etats, & de celle de toute autre personne. II signifie prospérité, augmentation heureuse & sommée. Faire des vœux pour l’acroissement de l’Empire. Vauge!. Quint. I. 9. Prier Apollon pour l’acroissement du domaine de Messieurs du Parnasse.) {f ACROISSEMENT. Terme fort usité dans la Jurisprudence. Les Jurisconsultes disent que l’acroissement , est l’union d’une place vacante à la partie ocupée. Pour rendre cette idée claire & intelligible, ii faut présuposer, que suivant les Loix Romaines , une personne ne peut pas disposer par acte de derniere volonté, d’une partie de fa succession au profit d’un ami, & laisser l’autre à la disposition de la Loi : ou, pour m’expliquer avec les termes de la Loi, partìm testa- tus , partìm intestatus. Ainsi, dans le cas d’une disposition du tiers, de la moitié, ou de quelque autre partie d’une succession, laquelle est acceptée, l’autre portion, qui est vacante & fans maître, s’unit & acroît à l’autre, en vertu de la Loi qui ne peut pas soufrir cette désunion. ACROîTRE , ou acroistre, v. a. [Augere.] Ce mot aroît dériver du Latin, accrefcere, & on l’écrit en rancois avec une S, ou fans S ; mais quoiqu’on l’é- crive avec une S, on la prononce pourtant fans S. à l’infinitif, & l’on prononce acroitre. II signifie augmenter , & se dit des choses qui peuvent recevoir quelque augmentation visible , ou invisible. J’acrois , tu acrois, il acroît, mus acroistons, vous acroifjez , ils a- croissent. J’açrus. J’ai acru, j’açroîtrai. Acroi , qu’il acroijfe. (Les richesses ne font qu’acroître la soif. Vaug. Quint. I. 7. 11 faut boire la raillerie, de peur de l’acroitre en se défendant. Abl. Luc. Acroitre fa maladie. Arn. cons. I. 6 . Acroitre son petit domaine. Patru , œuvres diverses. Ce terme limité que l’on veut leur prescrire, Acroît leur violence en bornant leur empire.') Rac. Thébaïde, a. i.fc. 9. S’ACROîTRE, ou S ! acroistre , v. a. lAmplisicari .] Je ni aérois, je mefuis acru, je m’acroîtrai. S’augmentef. (Rome s’acroissoit lisiblement. Bossuet , Histoire Unit verselle. La France s’acroît tous les ans de quelque chose de considérable. Visé , Mercure. II tâche par toutes sortes de moïens imaginables , à s’acroître en biens de fortune. S’acroître en honneur, s’acroitre en richesses. Abl. Tac. t. 3.) f ACROMÍON, Ji m. Terme A’Anatomie. Onapelle ainsiTextrénsité de l’épine de l’omoplate. f§ ACROPOLE- La forteresse d’Athènes consacrée à Minerve. C’est là qu’elle triompha de Neptune. & l’on y montroit encore, du tems de Paufanias , des rejetions de son olivier, les impressions du trident de Neptune fur le rocher, & les restes de l’eau qui en étoit sortie. Hérodote raconte , liv. g. que l’olivier de l’A- cropole ayant été réduit en cendres avec le temple où il étoit, Minerve le ranima, & il repoussa, en moins d’un jour, un rejetton de deux coudées, après un sacrifice ofert à la Déesse. ACROSTICHE , f m. C’est un mot Grec ; & en Latin on dit acrostichis. C’est un mot que font toutes ensemble chaque première lettre ou chaque autre lettre de chaque vers , ou de chaque ligne de quelque petite pièce. (Un bel acrostiche. Un heureux acrostiche. Faire un acrostiche.) St. Amant, dans son Poète crotté : 11 me souvient qu’un Acrostiche Anagramme' par l’emistiche. La mode en est passée. H Quelques Auteurs font ce piot féminin, mais l’Académie & Ménage le font feulement masculin. II est auffi adjectif de tout genre. (Lettres acrostiches, vers acrostiches.) Acad. Fr. ACROTERE, f m. [ Acroîeria .] Ce mot est d 'Architecture & décend du Grec ùxçoTíqia. C’est un petit piédestal fur le front d’une ordonnance. (Cet acrotére est bien fait. Cet acrotére paroit bien proportionné.) (si Le mot Grec, àx^oríqior, signifie naturellement toute forte d’extremitez, çomme sent dans les animaux le nez, les oreilles , & les doigts. On s’est servi dans PArchitecture, du inéme terme, pour signifier de petits piédestaux fur lesquels on met de petites figures, & qui sent posées fur ie milieu & aux deux extrémité? D j à 30 ACT du fronton. Ceux des cotez doivent avoir de hauteur la moitié de la figure d u milieu du tympan , ou fronton ; & celle-ci une huitième partie dé plus. Les Italiens les nomment, Dadi , Pedijîaletti , Quadricelli , Pilaftrett. Les Latins fe servent quelquefois de sajlìgia pour acroteria. Les acrotéres font encore des promontoires , ou lieux élevez qu’on voit de loin fur la mer. Je ne fqai si acrotéres a un singulier. V. Vitruve g? Perraut , liv. ch. 5. Telìbien , Principes de VArchitecture. Hieron Vitalis, Lexkon Mathematicum. v. A- cròteria. t S’ACROUPIR. U n cimes residere.J Je m’a- croupis , je m’acroupis , je meJuis acroupi , je m’acroupi- rat. C’est se baisser fur le derrière, afin de s’v reposer. S’acroupir n'entre que dans les discours familiers, ou dans les ouvrages simples & plaifans. {On ne vous verra plus dans le cercle acroupie En posture de pie , Au grand plaisir de tous , A? de vôtre ja'rret. Scaron, Poésies burlesques.) 0 “ On difoit autrefois acroupeton s témoin Villon - Ainsi bon tems regrettons Entre nous pauvres vieilles sottes, Assises bases a croppetons Tout en un tus comme une pelotte. ACROUPI, IE. \Jn clunes residens.) Terme de Jèlajbn , qui sc dit de tous les animaux assis. ( D’azur au Lion acroupi d’argent.) ACROUPISSEMENT, f m. [ Incubitus .] Etat de ce qui est acroupi. (L’acroupissement d’un Lapin.) ACTE ,/ m. Ce mot vient du Latin Atlus. C’est tout ce qui se fait, ou qui s’est fait. (Acte glorieux, Acte illustre, célébré, fameux, vertueux.) ACTE , f. m. Action. (Les Actes merveilleux des Saints. Mauc. Homélie 1. Ce n’est pas tant ici un présent , qiì’nn Aile de reconnaissance. Abl. Luc. Epître dédicatoire. Repensez mûrement à vos ailes tragiques. God. Poëf.) ACTE ,sm. Ce qui a été ordonné par une autorité oblique, soit de Prince , de Parlement, ou de Répu- lique. (Casser les Actes, infirmer les Actes , aprou- yer les Actes du Sénat ; de la République , &c. ACTES ,sm. [Alla.] Terme consacré, pour dire l’Histoire des Apôtres. (Le Livre des Actes des Apôtres est un trésor spirituel, & il n’est pas moins utile que l’Ëvangile : & comme on peut apeller l’Evangile les Actes de Jéfus-Christ, on apelle aussi le Livre des Actes , l’Evangile du Saint Esprit. Port-Royal, préface fur les AAes des Apôtres.') ACTE de Contrition , f. m. Terme d’ Eglise. C’est une douleur de ses pechez , acompagnée d’un véritable a- mour de Dieu. (Un vrai ou véritable acte de contrition. Un acte de contrition sincère. Faire un acte de contrition. Pasc. let. 6.) ACTE,/ m. Terme de Pratique. C’est tout ce qui se fait en Justice. Ces actes font apellez actes Judiciaires, & l’on donne ce nom aux arrêts, aux sentences , aux preuves , aux confessions faites devant des Juges. (Tous ces actes font valables.) ACTE , s. m. Terme de Pratique. C’est un écrit fait au gréfe , ou devant un Notaire. (Cet acte est bon. Cet acte est dans les formes. Passer un acte devant un Notaire.) ACTE , s. m. Tout ce qui sc fait fous seing privé, & qúi porte promesse de payer quelque somme à quel- cun. On apelle actes, les promesses, les cédules & les billets où l’on s’engage de payer. ( Ces actes s’apellent fous seing privé ; & les actes pardevant les Notaires, sc nomment actes autentiques.) ACTE, / m. Terme de Pratique. C’est Faction que fait quelcun à F égard de quelque afaire. ( Faire acte d’héritier.) ACTE ,'s.m. Terme de Poésie Dramatique. C’est une partie de Faction du Poème Dramatique. Toute Faction de ce Poème est régulièrement divisée en cinq actes, & le premier est le fondement de tout le Poème. L’acte ne doit être ni trop court, ni trop long, & chaque acte de la Tragédie ou de la Comédie , ne doit avoir que trois cens vers , ou un peu plus. Les Grecs n’ont point connu le mot d ’alle en ce sens , & ce font les Latins qui en ont les premiers parlé. L’acte finit quand le Téatre demeure sens action, & il commence lorsque Faction commence. On divise chaque ACT acte en scènes, qui doivent toutes être ingénieusement liées ensemble. _ Pratique du Téatre , /. 5. í$ Je ne fuis point content du raisonnement de M. Dacier sur la fixation des cinq actes du Poème Dramatique ; je conviens que les actes font nécessaires pour délasser le Lecteur qui ne peut être long-tems atentìf sens ennui : mais pourquoi s’atacher au nombre de cinq, & regarder comme défectueux les Poèmes de trois, de quatre, ou de six actes ? L’usege est la feule raison que l’on puisse aléguer. Les Grecs & les Romains sc font fixez à cinq actes : Neve minor neu sit quinto produllior alíu Fabula. ACTE , s m. Terme à’Ecole de Théologie, de Droit Canon , de Philosophie , ou de Médecine. C’est une action publique qui se fait dans une sale parée pour cela, & où un Théologien, un Jurisconsulte , un Médecin, ou un Philosophe, répond sur de certaines matières qu’il a fait imprimer dans des Thèses , répond, dis-je, à tous ceux cjui lui font l’honneur de disputer contre lui, & tâche a résoudre avec esprit les dificultez qu’ils lui proposent. ( Un bel acte, un acte célébré, un acte fameux, faire un acte. Soutenir un acte. Commencer un acte. Ouvrir un acte, finir un acte, terminer un acte.) ch ACTE de soi , / m. Solemnité de l’Inquisition pour la punition des hérétiques, ou pour l’abfolution des accusez. Cette cérémonie se fait avec beaucoup d’éclat, en Espagne & en Portugal. On conduit tous les coupables, ou accusez à l’Eglise, ou on leur lit leur sentence d’abfolution, ou de condamnation. Les condamnez à mort font livrez au Juge séculier par l’In- quisition. Votez la Relut. del’Inquis. ACTEUR , s. m. Ce mot vient au Latin aHor. C’est celui qui dans quelque piéce de Téatre exprime avec esprit, par ses gestes, & par ses discours , les mœurs & la passion du personnage qu’il représente. II faut, pour être bon acteur, être savant dans l’Histoire, & principalement dans la Fable, avoir le corps & les mains parlantes, & être judicieux, pour ne rien faire, ni ne rien dire qui ne peigne agréablement les mœurs & le caractère du personnage qu’il fait. L’acteur, pour réussir, doit avoir aussi très-bon air, & être fort bien fait de se personne, sens être ni trop grand, ni trop petit, ni trop maigre, ni trop gras. (On dit un bon acteur, un habile acteur, un excélent acteur, un fameux, un célébré, un illustre, un admirable acteur, un merveilleux acteur. Nous avons dans ce siécle d’aussi excélens acteurs que les Anciens en ont eu, & il y en a qui ne le cèdent point à Roscius.) (f Les acteurs Romains n’étoient pas plus heureux que les nôtres. On sifioit les mauvais, & quelquefois les bons. Horace, lib. 6 . fat. 1. fait mention d’une Arbuscula qui fut siflée par le Parterre, mais qui méprisa les siflemens du peuple , & se contenta de l’a- plaudissemenc d’un seul Chevalier. Le succès d’une Tragédie & d’une Comédie dépend souvent des acteurs, qui doivent paroître touchez des senti'mens qu’ils veulent inspirer aux spectateurs. II faut, dit la Menardiere dans se Poétique, que l’acteur anime ce qu’il dit, par des expressions réelles de ge- missemens & de pleurs, dans les endroits qui en font susceptibles, s’il veut que le spectateur le récompense par des larmes, qui sont le plus noble salaire que demande la Tragédie. ACTEUR , s. m. Ce mot se dit aussi quelquefois au figuré, & le prend toujours en bonne part. C’est celui qui a part à quelque afaire mêlée d’intrigues & d’embaras. C’est la personne qui conduit avec esprit l’intrigue de quelque afaire. (II a été un grand acteur dans cette afaire. E. I. Remarques fur la langue.) sis II ne faut rien retrancher de la Remarque du P. Bouhours. Quoique Alleur & Comédien , dit-il, soit le même dans le propre, ce n’est pas le même dans le figure. AHeur ne se prend pas en mauvaise part, comme Comédien , qui signifie une personne dissimulée & artificieuse , qui joue plusieurs personnages. On dit d’une femme qui n’étant pas fort régulière, a un extérieur modeste, & fait la prude : Je n’aí jamais vu une si grande Comédienne. M. Maucroix dit dans la traduction des Homélies de S. Jean Chrysostome au peuple d’Antioche : Tous les successeurs de Xénon £5? de Diogéne ne font que des comédiens, U ne Je font valoir que_ par. leurs barbes fsi leurs manteaux. Le Duc de Guise dit dans ses mémoires, qu‘Innocent X. pleurait ACT quand il lui plaisait, gf qu’il étoit fort grand comédien. Le mot est un peu fort pour un Pape ; mais il exprime bien en notre langue ce que le Duc vouloit dire. ACTIF , assis adj. Ce mot vient du Latin acíivus. Au propre, il veut dire agissant. (Feu actif. Principe actif, vie active.) , * ACTIF, afíive, adj. Ce mot, au figure , lignine vif, plein de feu. (Les nécessitez de la vie présenté âpefantissent l’esprit, quelque actif, & pénétrant qu’il soit : Nicole, Essais de morale, t. i. L’esprit d’une femme de Cour est plus vif & plus actif que celui d’une païfanne. Meré, Discours de i’Esprit.) ACTIF, afíive, adj. Terme de Palais. II signifie qui est électif, qui est réel, qui est véritablement dû. (Les éfets actifs montent à mille ou douze cens livres. II y a pour cent pistoles de dettes actives, & pour autant de dettes passives.) sg Les dettes qui produisent une action pour les exiger, sont apellées afíives & l’on entend par dettes passives, ce qui est dû, & dont on peut exiger le payement par les rigueurs de la Justice. ACTIF, afíive, adj. Terme de Grammaire, Ce qui marque quelque action. II y a, parmi les Grammairiens, des verbes qu’on apelle afíifs, & d’autres passifs. Ceux qu’on nomme actifs , désignent quelque action, & régissent l’acusatif; courre, chanter, danser, sont des verbes actifs, parce qu’on dit courre la poste, chanter une chanson , & danser une courante. ( On dit aussi, cé verbe a une signification active, c’est-à-dire , qu’il a un sens actif & qui marque une action. ACTIF, f m. Ce mot parmi les Grammairiens, est aussi substantif, & signifie un verbe afíis. (Ils disent, conjuguer l’actif & le passif. L’actif régit d’ordinaire l’acusatif. Savoir bien distinguer l’actif du passif.) ACTION,// Prononcez accion. Ce mot vient du Latin allia. Ce mot, généralement parlant, veut dire le mouvement de quelque partie ou de quelque chose que ce soit qui agit & qui produit quelque éfet. (On dit en ce sens, une action vive , une action ardente, & pleine de feu ; une action foible , une action languissante , une action morte.) ACTION , / f. Ce mot venant à sc particulariser, & se disant seulement des personnes, signifie chose que fait, ou qu’a fait une personne. C’est une belle action, une grande action, une glorieuse, une fameuse , une illustre , une célébré action , une action mémorable , renommée , courageuse , hardie , éclatante, brillante, surprenante , admirable , merveilleuse , étonnante , immortelle, sage, vertueuse , prudente , judicieuse , réglée , bien conduite. Mais parce que tous les hommes ne font pas toûjours fort sages, on dit aussi une action déréglée, une action fole, insensée , extravagante , une action afreuse, une action noire , infâme, horrible , éfroïable , haïssable , méchante, mauvaise , abominable , honteuse , détestable. II n’y a que les coquins & les gens qui n’ont ni cœur ni honneur, qui fassent de méchantes actions. Heureux qui conduit ses actions avec jugement. Port-Royal , Psaumes. Vous ferez une action de justice , & je serai oblige d’ê- tre avec respect votre très-humble serviteur. Voit. lett. 9. tom. r. dialogue de l’amitié. II est d’un honnête homme de bien régler ses actions. Mère , /. 1. t. 1. ACTION,/ /. Maniéré de la personne qui fait quelque chose avec chaleur. (Les Gascons , qui font ordinairement pleins de feu, ne font rien que d’action.) ACTION ,/ f. Ce font les gestes de l’Orateur , quand il prononce un discours, ou ceux de la personne qui récité en public. L’éloquence dépend des choses, des paroles, &de Faction de l’Orateur. Vòiez le Faucher, traité de fafíion de l’Orateur. (C’est un Comédien qui a Faction belle. C’.est une Comédienne qui a Faction naturelle : son action charme , & on ne sauroit l’en- tendre réciter sans être touché.) (f On peut dire que le succès d’un discours public dépend de Faction du Prédicateur , ou de FAvocat. II faut plaire aux yeux & aux oreilles, avant que de ersuader l’entendement. Philostrate a remarqué que hiliscus parioit parfaitement le Grec , & composent ses discours avec beaucoup d’art ; mais il les recitoit de si mauvaise grâce, que l’Empereur Antonin lui imposa silence , & lui refusa Fimmunité qu’il avoit acor- dé à plusieurs autres. Que dirai-je maintenant de Faction? dit Cicéron , liv. 1. de l’Orateur. Elle doit répondre à la voix , & régler les mouvemens du corps , de la main , & du visage ; en en peut connoître la dificulté, par la rareté ACT 31 d’acteurs qui montent fur le téatre avec succès, quoi qu’ils s’apliquent toute leur vie à former leur voix, & à composer leur action. Quintilien a fait un assez long discours, liv. ri . ch. fur l’importance de Faction de l’Orateur. II dit, que Démosthene ayant été interrogé, quelle étoit la première partie de l’Orateur, il répondit, que c’étoit la prononciation : & comme on lui demandoit quelle étoit la seconde & la troisième , il répondit toûjours la prononciation. ( II ajoûte que les Rhodiens admirant l’O- raison que Démosthene avoit composée pour Ctésiphon, Eschine, qui la leur recitoit, dit: QueJeroit-ce donc, si vous l’aviez entendu prononcer ? Je conseille à ceux qui Veulent parler en public , de lire avec soin cet Auteur dans Fendroit que j’ai marqué. ACTION , / / Discours prononcé par un Orateur. (Les actions publiques du Prédicateur Ogier , ne sont pas exactement écrites : néanmoins elles lui ont donné beaucoup de réputation , parce qu’il avoit Faction belle , lorsqu’il prêchoit.) ACTION, / / Ce mot se dit en parlant de Po'éjìi Dramatique. C’est tout ce qui se passe sur le téatre & qui regarde la piece qui s’y représente. (II faut donner de la chaleur à Faction téatrale. P. Corneille, re- flexions fur le Poème Dramatique. t (S L’ACTION qui est le fondement fur lequel on ê» léve l’édifice poétique des Poèmes Epiques & Dramatiques , est tout autre chose ; il ne faut pas confondre cette action avec ce qui se passe fur le téatre, qui consiste véritablement dans Faction de ceux qui réprésen- tent les personnes que l’on a introduites fur la scène ; car il est certain que Faction dont il s’agit, n’est pas moins une partie principale du Poème Epique, que du Poème Dramatique. Cette action est donc le fait principal du Poème, fus lequel le Poète travaille selon son génie , & selon fa capacité : c’est un évenement considérable & éclatant dans FHistoire, ou dans la Fable, & qui peut être renfermé dans un certain espace de tems. II ne faut pas encore confondre Faction du Poème , avec ce que l’on apelle la Fable , dont nous traiterons dans la fuite ; Yafíion est la matière du Poème ; la fa- b le en est la forme , que l’on compose de plusieurs parties. Aristote a dit que la fable est l’imitation d’une action ; c’est un compose de plusieurs évenemens, & de plusieurs faits ; & il nous aprend en même tems qu’il y a deux fortes d’action : l’une est simple & con. tinuë depuis le commencement du Poème jusques à la fin : l’autre est composée de plusieurs évenemens, comme d’une reconnoiffitnce , ou de quelque incident imprévú , mais qui naît naturellement de Faction. Les principales qualitez de Yafíion , sont i°. qu’elle soit une-, ce qui doit être entendu sainement; car quoique Faction soit composée de plusieurs parties , elle est une , lorsque toutes ses parties sont tellement u- nies , & dépendantes les unes des autres , qu’elles ne peuvent être séparées fans détruire cette unité. Le P. Le Bossu a raison de dire qu’il est plus aisé d’expliquer ce qui peut s’oposer à cette unité, que de dire en quoi elle consiste. 2°. Elle doit être continué ; c’est une des régies d’Ariftote, que l’Abé d’Au- bignac a expliquée en ces termes : C’ejt-à-dire, que de - puis l’ouverture du téatre , jusqu’à /’ouverture de la Ca - taflrophe , il saut que les principaux personnages soient toûjours agisfans, que le téatre porte continuellement , N fans interruption , l’image de quelques desseins, attentes, passions, troubles, inquiétudes , autres semblables agitations qui ne permettent pas aux Jfefíateurs de croi - re que l’aaion du téatre a cessé. 3 0 . L’action doit être enfermée dans un certain tems , & c’est fur quoi les Poètes, & ceux qui ont traité de l’Art Poétique , ont fort contesté ; parce qu’Aristote s’est expliqué en termes obscurs fur ce point. Ce Philosophe a dit, que Faction de la Tragédie doit être enfermée dans le tour d’un soleil : les uns prétendent qu’il a entendu parler du tour Vntier du soleil, ce qui comprend le jour & la nuit ; les autres l’expliquent d’un espace de vingt-quatre heures seulement. On peut voir ce que les Auteurs ont écrit fur cette matière qui n’est pas de mon sujet. Je dirai seulement, après l’Abé d’Aubignac, que la mesure de la durée du Poème Dramatique, doit être réglée sur le tems convenable à Faction & à la patience des Spectateurs ; & à F égard du Poème Epique, il faut de même se régler fur ces deux choses, & ménager l’esprit, la patience & la curiosité des Lecteurs & des Spectateurs. ACTION, 3 2 ACT ACTION, s /. Terme de Palais. C’esc le droit de poursuivre en Justice ce qui nous est dû. C’est une poursuite, qu’on intente en Justice ordinairement contre Une personne , & quelquefois contre une chose. II y a des actions personnelles, des reelles, des mixtes, des pétitoires, des poffeffoires, des hipotecai- res. (On dit, avoir action contre quelcun, intenter action contre quelcun. Loi/eau a traité en savant homme, de faction. Voyez ses œuvres, N l es Infinités de l’Empereur Justinien, liv. 4. tit. 6 . Les Jurisconsultes réduisent toute la Jurisprudence Civile en trois claffes ; la premiere concerne les personnes ; la seconde, les choses ; & la troisième, les actions qui furent inventées pour agir judicielle- jnent avec ordre : & afin qu’il ne fût pas libre à cha- ue particulier d’en inventer selon son caprice, on en xa le nombre, & on y attacha des formalitez invariables. On apella cette partie de la Jurisprudence, les actions de la Loi, dont les premiers Jurisconsultes faisoient un mistcre pour se rendre nécessaires au peuple; mais Gneus Flavius publia le livre qu’Appuis Claudius avoit compose fur les actions que l’on apella le Droit Civil Flavien ; mais la subtilité des Jurisconsultes inventa d’autres actions qui furent recueillies par Sextus lElius, & que l’on apella le Droit iElien. ê ACTION. Ce mot signifie quelquefois les eftets niobiliaires ; & l’on dit, que les Créanciers d’un Marchand sc font saisis de toutes ses actions, pour dire, qu’ils se font mis en possession & se font rendus maîtres de toutes ses dettes actives. Savary. f ACTION Redhibitoire. C’est celle par laquelle l’Acheteur peut obliger l'on Vendeur à reprendre des marchandises viciées & défectueuses. Savary. ( $ ACTION de Compagnie. C’est une partie ou égaie portion d’interêt , dont plusieurs jointes ensemble composent le fond capital d’une Compagnie de Commerce. Ainsi, une Compagnie qui a cinq cens Actions de mille écus chacune , doit avoir un fond de cinq cens mille écus ; ce qui s’entend à proportion, si les Actions font réglées plus haut ou plus bas. t ACTION. Ce mot se dit aussi des obligations, Contracts & Reconnoissances que les Directeurs des Compagnies’de Commerce délivrent à ceux qui ont porté leurs deniers à la caisse, & qui y font intéressez. Ainsi délivrer une action , c’est donner & expédier en forme le Titre qui rend un Actionnaire propriétaire de l’Action qu’il y a prise. Les Actions haussent ou baissent suivant que les Compagnies prennent faveur, ou perdent de leur crédit. Nourrir une aflion, c’est païer exactement à leur échéance , les sommes pour lesquelles on a fait fa soumission à la Compagnie. Ainsi une Action nourrie est celle dont tous les païe- mens font faits, & qui peut avoir part aux répartitions des profits de la Compagnie. Fondre des Aftìons, c’est les vendre & s’en défaire, suivant le besoin que l’on a de fonds. Ces maniérés de parler font usitées dans le négoce des Actions. Voïez Savary. ACTION débouché, f. f. Term,e de Manège. C’est une agitation de la langue & de la mâchoire du cheval qui, à force de mâcher son mords, se tient la bouche fraîche. On connoit par faction de la bouche de ce cheval, qu’il a du feu. Ce cheval à une belle action de bouche, & cela marque son feu & sa vigueur.) f ACTION de grâces, f. f. Témoignage de recon- noiffance qu’on rend à Dieu, pour un bienfait reçu. (Le Te Deum fut chanté en action de grâces. On lui rendit de très-humbles actions de grâces. ) Pour la priere qu’on fait après le repas, on dit, rendre grâces, dire grâces, Acad. Franc. ACTIONS de grâces. Remercîment, compliment par lequel on remercie une personne des obligations qu’.on lui a. Ces mots d’afíions de grâces , ne se disent point au singulier. (De belles actions de grâces , d’in- génieuses actions de grâces , des actioijs de grâces fort judicieuses & fort à propos. Rendre mille actions de grâces à quelcun. Arn. lett. Rendre d’immortelles actions de grâces à une personne. Ab. Luc. t. 1.) f ACTIONNAIRE ou ACTIONNISTB. Celui qui a des Actions dans une Compagnie de Commerce. En France on dit AHionnaire, & en Hollande Aflion- niste. II est permis à un Actionnaire de vendre ses Actions en tout ou en partie, à pecte ou à gain. (Les Actionnaires sc plaignent beaucoup quand on ne païe pas.) ACTIONNER , «- Terme de Palm, Ç’est iaten- ACU ter une action contre quelcun, & lui faire un procès. (François Herardde Vitri est un coquin que l’avarice oblige tous les jours d’actionner ses meilleurs amis.) ACTIVEMENT , adv. Prononcez aftiveman. Terme de Grammaire , lequel se dit de certains verbes. 11 signifie , qui est considéré d’une maniéré active , qui est regardé dans un sens actif, & qui marque une action. (Ce verbe est pris activement, & cet autre passivement. {Voie 2 plus haut le mot A’astis.) ACTIVITE’, s. s. [Vis in agenda."] Ce mot semble venir de l’Italien Attivita : c’est la force & la vigueur qui est dans quelque sujet que ce soit. (Une grande activité , une merveilleuse activité, une admirable activité. Le feu a souvent une activité surprenante. Les corps naturels redoublent leur activité, à mesure qu’ils aprochent de leur centre. Patru, Plaid. 12.) ACTIVITE’ ,s. f. Ce mot, au figuré, sc dit d’oidi- naire de l’efprit, & signifie le feu & la vigueur de l’e- íprit. (Les François ont une grande activité d’esprit, mais du reste je n’en dis mot. Au même tems que l’Ecriture sainte nous découvre l’activitc naturelle de l’esprit, elle nous fait voir aussi le misérable état où íl est réduit. II y a plus de bien réel dans une stupidité simple , que dans une activité pleine de déguisement & d’artifice. Nicole , Estais de Morale ,t. 1.) ACTRICE, f f- [Fcemina perfonam agens.] C’est celle qui dans quelque piéce de téatre exprime agréablement par,ses gestes & par ses discours le personnage qu’elle réprésente. (Une bonne actrice, une excé- lente actrice, une habile actrice , une actrice de bon air fait souvent tout le prix de la piéce. Une fameuse actrice doit être belle, bien faite, & bien ajustée, pour donner dans la vue des spectateurs , judicieuse pour ne faire aucun geste sans raison, & exprimer avec esprit le caractère du personnage qu’elle représente. Un Poète dramatique doit gagner les bonnes grâces d’une actrice qui a ces qualitez : & l’on connoit un de ces en fans d’Apollon au grand colier, qui doit une partie de fa fortune à une conduite si sage , & si galante.) ACTUEL, afluelle, adj. [Quod est reipsa.] Qui est en éfet, qui est véritablement. Ce mot d’aftuel, n’est pas. fort usité dans les discours ordinaires. ( Ce font des plaisirs actuels, des contentemens actuels, des réjouissances actuelles, des joies actuelles.) f ACTUEL. Un paiement actuel se dit d’un païe- ment effectif, en deniers comptans & à découvert. Savary. ACTUEL, aftuelle, adj. Ce mot est bien plus usité dans les matières où l’on parle de Religion, & fur tout de la grâce. C’est tout ce qui produit quelque mouvement dans la volonté, ou quelque lumière dans l’entendement. (La g-race actuelle nous empêche de tomber dans le péché. Bienheureux celui à qui Dieu donne une grâce actuelle.) f On sc sert de ce terme dans le stile dogmatique en diférentes phrases, & par oposition à diverses choses. Ainsi chaleur aftuelle se dit par oposition à chaleur en puissance. Intention aftuelle par oposition à intention virtuelle. Grâce aftuelle par oposition à grâce habituelle. Péché aftuelle par oposition à péché habituel, ct c. Acad. Franc. ACTUELLEMENT, adv. [Reipsa.] Prononcez ac- tuelleman. Ce mot signie, en éfet, vraiment, véritablement, réellement. (Ils ont déchargé les hommes de l’obligation d’aimer Dieu actuellement. Pascal, Provinciale. II n’y a que Dieu, qui mérite d’être actuellement servi, car presque tous les hommes font des ingrats. t ACTUELLEMENT, signifie présentement. (On juge son-procez actuellement. II demeure actuellement dans fa maison.) 4 = ACUDIA , s m. Animal des Indes Occidentales, qui ressemble à un escargot. 11 sert à éclairer pendant la nuit. 11 a deux étoiles proche des jeux , & deux autres fous les ailes, qui rendent une grande clarté. Les Indiens s’en scrvoient pour s’éclairer avant l’arrìvée des Espagnols, qui leur ont apris l’usage des chandeles. Voïez Herrera. ACUEILLIR, v>. a. [Accipere, excipere.] Ce mot semble venir de l’Italien accogliere. Faites trois sila- bes de l’infinitif accueillir, & prononcez le comme s il étoit écrit aquéilli. J’acu'eille, tu aatiìlles, il acuëille. Nous acuëilhns, vous acu'eillez, ils acuíiUent. J'acuVil- lis , j’ai acuéilli. J’acuèiUerai, acuiìlle , qu'il acueillc. J’acuêilleroh, que j’acuëillijse. Ce mot d ’acuéillir, signifie recevoir, & n’est pas à beaucoup pré* si usité qu’au- trefois. ACU tfefois. On emploie en fa place, recevoir ; mais quand on se'sertd ’acutilHr, on en use plus ordinairement en bonne qu’en mauvaise part. (Mahomet acuëillit fa- forablement les Ambassadeurs de Constantin. Cous n, Histoire de Constantinople. Sa maudite grimace est par tout bien ventiè, On ï acuëille, on lui rit, par tout ìlfìnfinuí. Mol. Mifantrop. a. i. Jc. i.) Etre acuíilli. Ce verbe, au propre & au figuré, trouve encore des partisans ; mais au figuré principalement. 11 signifie, au propre, être reçu ; & l’on peut dire, il a été obligeamment acuëilli cíe son Altesse. Personne ne fut jamais acuëilli si favorablement que lui. La plupart cependant disent, personne ne fut jamais reçu íi favorablement que lui, &, il a été reçu très-obli- geamment. * Etre acu'éilli. f Occupari , adorirt.'] Ces mots, au figuré, rencontrent aussi des gens qui les défendent, ìís disent & écrivent, il a été acuëilli de la tempête. Les autres qui font en plus grand nombre , disent, il a été batu de la tempête. Les premiers soutiennent qu’on peut dire, il a été acuëilli de toutes sortes de malheurs ; & les derniers qui font les plus forts, croient qu’il est mieux de dire, il a été acablé de toutes fortes de malheurs. Je prendrois volontiers le parti de ces Messieurs, fans oser pourtant condamner les autres. Votez le P. Bouhours. (g On dit parmi les Monnoïeurs, qu’un aspirant d’eltoc & de ligne est renvoie par la Cour des Monnaies devant le Prévôt pour être actíèiïïi, c’est-à-dire, pour être reçû à faire son aprentissage pendant un an &un jour. ACUëlL, f. m. [Acceptio, receptio.J Ne faites que deux filabes de ce mot, & prononcez aqueìl. II signifie la réception que l’on fait à une personne qui arrive ou qui nous aborde. ACUélL , se dit en bonne & en mauvaise part,. & principalement en bonne, & il n’y a d’ordinaire que f’épitéte qu’on lui donne , qui le détermine. (Un doux acuëil, un acuëil obligeant, honnête , favorable. Un bon acuëil, un acuëil civil & galand , un acuëil désobligeant ; un fâcheux acuëil, un méchant acuëil. Elle m’honora d’un charmant acuëil, S. Amant , Postes, 3. partie. II lui fit un acuëil le plus obligeant du monde. Abl. Luc. II a l’acuëil honnête, il a l’acuëil engageant. Scar. Roman comique. Je fuis ravi de l’astefí de ton Maître, Dont le Jeul acuëil obligeant Oblige plus que son argent. Boisrobcrt, Epîtres , t. 1. Ep. 12.) AÇUëlL ,f. m. Ce mot se dit quelquefois fans épité- te , & alors il se prend toujours en bonne part. II signifie la maniéré honnête & civile dont on reçoit ceux qui nous aprochent. Faire acuëil à tout le monde. Abs. Luc. 3. t. C’est recevoir honnêtement ceux qui nous abordent. On dit aussi : Son acuéilgagne tous les ■ cœurs. C’est-à-dire , que la maniéré dont ii reçoit les gens, les charme. f ACUITZEHUARIRÁ, / m. Plante des Indes Occidentales. C’est un excellent antidote contre le poison, que les Espagnols apellent/’f»»ewiie des venins. Cette plante sert dans la Médecine. I/eau qu’on en tire calme l’ardeur de la fievre, & les douleurs des reins , tempere les urines, & sert dans les maux de poitrine. ACUL, f m. [Angustiast Lieu étroit & d’où l’on ne peut sortir. 11 se dit particulièrement à la chasse , des lieux où l’on réduit le gibier, des terriers où les renards & les blaireaux ont leurs petits, &des extré- mitez des forêts. ACULE', E'E. Part. adj. £In o dunes restdensst Terme de Blason , qui se dit d’un cheval cabre en arriére & sur le cul, ou de deux canons fur leurs affûts , dont les culasses font opposées l’une à l’autre , comme on volt au bas des armoiries du Grand Maître d’Artillerie. AÇULEMENT , f m. Ce mot Te dit de la concavité & rondeur de quelques membres d’un vaisseau, (Aculement des varangues.) íg Disons plus clairement qu ’Acul & Aculement font deux termes de Marine le premier signifie parmi les Navigateurs de fAmerique , renfoncement d’u- ne Baye : ils disent l’Acul de Panama; mais on dit le cul-de-fac de k Martinique. ACU 33 Ceux qui construisent des vaisseaux, apellent Aculement , la proportion que chaque Gabarit s’éleve fur la quille , plus que la maîtresse côte , ou premier Gabarit, ou bien l’évidure des membres, qui se placent à Pavant, & à Barrière sur la quille du vaisseau. ACULE'. Deux canons sont aculez , quand leurs culasses font oposées l’une à l’autre. ACULER, v. a. Pousser & serrer dans un coin : faire ranger en quelque lieu pour s’y défendre. On voit, aux combats des taureaux, que les dogues les aculent souvent contre quelque chose. Ces dogues aculent aussi les taureaux , en des endroits où ils se bâtent avec plus de vigueur. * ACULER , v. a. \\Ad augustìas rédigere. J Pousser en un endroit d’où l’on ne puisse aller plus loin pour s’échaper. (Aculer l’ennemi. Abl. Arn. I. 3.) ACULER, v. a. Terme de Manège. C’est ne point pousser assez en avant un cheval à chacun de ses teins, c ou de ses mouvemens , de forte que ses épaules n’embrassent pas assez de terrein , & que fa croupe s’aproche trop du centre de la volte. Les Italiens aculent leurs chevaux en faisant le repolon. Arts de l’homme d’épée, i.p. S’ACULER , v. a. 0 Loco impervio utì ad defensto - nem.J Je niacule, je m’aculai , je me fuis aculé. Ce mot se dit proprement des animaux. C’est se mettre le derrière contre quelque chose pour se défendre. (Le taureau s’acule lorsqu’il est attaqué de quelque dogue, ou de quelqu’autre animal à craindre.) S’ACULER , v. r. Terme de Manège. C’est , est . maniant fur les voltes , n’aller pas allez en avant à chacun des tems , ou des mouvemens , fi bien que les épaules du cheval n’embraffent point assez de terrein , & que fa croupe aproche trop du centre de la volte. (Prenez garde que vôtre cheval ne s’acule.) ACUMULATION , f. f. II se prononce ucumu- lacion , & vient du Latin accumulatio. C’est un' amas de plusieurs choses. Acunmlation a un usage très- borné & même force gens le rejettent. Cependant il semble qu’on le puisse soufrir en cette façon de parler & autres pareilles. ( C’est une acumulatiois prodigieuse de toutes sortes de biens.) f ACUMULATION de Droit. Une augmentation de droit fur quelque chose. C’est quand quelcun prétend un héritage , un Benefice , en vertu de plusieurs droits de diférente nature, comme par mort, par résignation, &c. ACUMULER, v. a. II vient du Latin acumulare , C’est mettre en monceau, mettre en tas. II sembla qu’on ait voulu faire un fonds de quelque importance , en acumulant les arrérages de plusieurs années. Patru. plaid. 3. Chapelain de l’Académie Françoise ne s’est toute fa vie apliqué qu’à acumuler des riches, ses, & il a dans le monde Poétique , plusieurs braves & généraux confrères qui marchent fur ses pas, & qui font glorieusement revivre sa mémoire.) ACUSATEUR , f m. Ce mot vient du Latin accufator. C’est celui qui acuse quelcun, ( Un fâcheux acusateur , un dangereux acusateur, un accusateur à craindre, un acusateur redoutable , un méchant acusateur, un fin acusateur. Se rendre acusateur de quelcun. Abl. Tac. Se porter acusateur contre quelcun. Patru, plaid. 16. En quelque lieu qu’un parricide se trouve, il rencontre un acusateur, ua juge & un bourreau. Le Maître , plaid. 28. p. 523.) ACUSATION ,f. f. Prononcez accuzacion. Ce mot vient du Latin accufatio. C’est une plainte qu’ost fait du crime , ou de la faute d’une personne. (Une acusation redoutable, fâcheuse , dangereuse , terrible. Une acusation juste, une acusation injuste , & mal fondée. Intenter une acusation contre quelcun. Patru, plaid. 16. Poursuivre une acusation. Abl. Tac . Prévenir toutes sortes d’acusations. Abl. Tac.') ACUSATIF ,J'. m. Terme de Grammaire. II vient du Latin accufativus. C’est ie quatrième cas dè quelque nom. (Tout verbe actif régit Facusatif. L’acu- satif en François est semblable au nominatif de son nom substantif.) ACUSATRICE , f f. Ce mot vient du Latin àcctt- fatrix. * C’est celle qui acuse une personne, (Elle s’est déclarée l’acusatrice de fën ame. C’est une dangereuse acusatrice à craindre. C’est une fâcheuse acu- iatrice. Se rendre acusiitrice de quelcun.) ACXJSER , v. a. Prononcez acuzé. Ce mot vient du Latin accufare. C’est découvrir le crime , ou la Tome L , E faute 34 ADA faute de quelque personne à celle qui a droit d’en connoitre. de mot acuser , suivi immédiate ment d un verbe , veut ce verbe à Finfinitif, & cet infinitif doit être précédé de la particule de. (On l’acused’a- voir conspiré contre l’État. Rocbesoucaut , guerre de Park. On l’acusoit d’avoir eu des correspondances avec les ennemis du Royaume. Péréfixe , Histoire de Henri IV. Mais lors qa’acuser est suivi d’un nom qu’il régit, il veut ce nom au génitif précédé de F article de. Acuser quelcun de vol. On acusa la Brin- villiers de poison , & parce qu’on la convainquit, on la brûla à Paris, en la place de Grève.) ACUSER, ». a. Charger quelcun de quelque petite faute. (On l’acufe de paresse. Abl. Luc. t. i. (On acuse les François de légèreté & d’imprudence ; les Italiens, de fourberie ; les Espagnols , de trop de gravité ; les Alemans, de trop de franchise & de prom- titude.) ° ACUSER , ». a. [ Impugnare .] Ce mot se dit en parlant d’actes de Notaires & de Justice. C’est blâmer de quelque défaut, c’est-à-dire , qu’il y a des défauts dans quelque acte de Pratique. (Acuser un Testament de Ingestion. Patru , plaid, i.) t ACUSER, ». a. [Enunciare , exponere.J Ce mot se dit encore quelquefois entre Marchans qui Récrivent, & signifie donner avis qu’on a reçu: mais en ce sens , acuser est un peu suranné. J’acuse , Monsieur , la réception de la vôtre.) S’ACUSER, ». r. IConJiteri.]. Je m’acuse , je nìacusa: , je me suis acuse , je m’acuserai. Ce mot se dit en parlant de confession. C’est déclarer ses péchez à son Confesseur. (Mr.... N.... se confessant l’autre jour, s’acusa d’avoir tiré de grosses sommes de son Libraire pour des livres qui ne se vendent point , & après s’être acusé , le Confesseur l’obligea à restitution.) ACUSE', acusée , adj. Ce mot vient du Latin accusants. C’est la personne dont on a découvert la faute , personne de qui l’on a découvert le crime à celui qui a droit d’en connoître. ( 11 est acusé de vol. Elle est acusée de recélé. Patru , plaid. 11. ACUSE', f. m. Celui qui est déféré en Justice. Celui que l’on croit coupable de quelque crime , & qui pour cela a été découvert. (C’est un célébré acusé. Abl. Tac. La Bastille est pleine d’acusez , & parmi ces gens il y en a d’illustres.) ACUT- Terme d’Imprimeur. [Littera accentu acuto notatas Caractère marqué d’un accent aigu. lié acut est l’e ouvert ou masculin. f ACUTANGLE , adj. Terme de Géométrie. C’est un triangle qui a trois angles aigus. On Fa- pelle aussi oxigone. ADAGE , f rn. Mot qui vient du Latin adagium. C’est une façon de parler, courte, vive , & commune, qui renferme d’ordinaire quelque chose de vrai, & d’utile. Le mot d’adage a vieilli en notre langue, & n’est intelligible qu’aux gens de Lettres ; en fa place , on fe sert de proverbe. Adage n’a cours qu’en riant & dans le comique, ou qu’en parlant du recueil qu’Erafme a fait des proverbes Latins & Grecs. (On dit en ce sens, les Adages d’Erasme font beaux & fa- vans. Son burlesque n’a rien d’éveillé. II est plein de vieux mots & de vieux adages , qui font mal an cœur.) ADAM , f. m. Nom propre d’homme , qui signifie rouge. Adam fut le premier homme, creé de la propre main de Dieu, & mis au Paradis terrestre. 11 lui donna pour femme, Eve : mais Elle aima mieux , pour Pen faire conter, Prêter l’oreille aux fleurettes du Diable, Que d’être femme Af ne pas caqueter. Sarazin , Poésies. ADAMITES , f m. [ Adamita .2 Hérétiques qui assistoient tout nuds dans les Temples pour imiter la nudité d’Adam avant son péché , & qui se joignoient publiquement avec les femmes. S. Augustin & S. Epi- hane en ont parlé : Et cette Secte se renouvella en landres & en Alemagne au commencement du XV. siecle. 0 " Ce fut en 1633. que l’on publia un petit Livre intitulé , les Préadamites , & où l’on tâchoit de prouver qu’il y avoit eu des hommes avant Adam ; & l’on emploïoit, pour l’établir , la Genese , & les Epîtres de S. Paul. Le sieur de la Peyrere fut acuse d’avoir infecté le Public de cette hérésie ; il avoit été Calvi- ADE niste , & même il avoit soutenu l’opinion des Préadamites : mais il donna une espece d’Apologie en 166;. qui servit plûtôt à confirmer la créance où l’on étoit, qu’à le justifier. ADAPTATION,//- [Accommodatio .J Prononcez adaptation. Action par laquelle on aplique une chose à une autre. ( Inadaptation de ce mot convient fort bien au sujet.) ADAPTER, »■ a. Ce mot vient du Latin adap- tare , & n’est pas extrêmement en usage. 11 signifie,, apliquer, ajuster, faire quadrer. ( On lui a ingénieusement adapté ce quolibet , II faut mieux adapter f ADAPTER, Terme de Pratique. Le Créancier peut adapter des premiers païemens fur les arréragés. f ADAPTER. Terme d ’Architecíure. C’est aproprier une saillie, un ornement à quelque corps. ADARCA , / / Ecume salée qui s’amasse dans les marais pendant la sécheresse, & qui a une vertu caustique. t ADARME- Petits poids d’Espagne, dont on se sert aussi dans toute FAmerique Espagnole. C’est la seizième partie de Fonce , ce qu’on appelle à Paris le demi-gros. Mais il faut remarquer que Fone d’ËÍ- pagne est d’un septième pour cent moins forte que celle de Paris ; en sorte que roo. onces de Madrid n’en font que 93. de Paris. Savary. J- ADATAIS- Mousseline ou toile de Coton très- fine & très-claire , dont la pièce a dix aunes de longueur fur trois quarts de large. Cette Mousseline vient des Indes Orientales. Les plus beaux Adatais se font à Bengale. Savary. r ‘ 0 - AI)CENSEMENT- Ordinairement, c’est un bail à cens. Vitry , art. 33. Troyes , art. 38- ADDITION, f f Ce mot vient du Latin addi- tio. Prononcés en François addition. C’est-à-dire, augmentation , soplément , en un mot tout ce qu’on ajoute à quelque ouvrage d’efprit. (Une addition considérable , une belle addition , une agréable addition ; c’est une addition utile , nécessaire, importante ; c’est une addition ingénieuse , une addition superflue , inutile ; faire des additions , retrancher les additions qu’on avoit faites.) ADDITION,/ /. Terme d ’Aritmétique. C’est F Art d’assembler plusieurs sommes , ou plusieurs nombres pour trouver la somme totale. ( Addition mal faite, addition bien faite , faire des additions. í ADDITION, / / Terme de Pratique. Informer par addition, pour dire , ajouter une nouvelle information à la premiere. On apelle aussi additions, les nouvelles écritures qu’on donne , après avoir fourni les défenses & les répliqués. On dit en Physiques, que tous les- corps naturels se forment par addition de parties. ADDITIONNER, v. a. [ [Adderel ] Terme d ’Aritmétique. Prononcez additionne'. C’est de plusieurs sommes n’en faire qu’une. II faut additionner toutes ces sommes. Irjbn , Aritmétìquel) í ADDUCTEUR, adj. m. Les Anatomistes donnent ce nom au troisième muscle des yeux, qui les fait mouvoir du côté du nez. On l’apelle aussi buveur, parce qu’on fait ce mouvement en buvant. On apelle aussi, adducteurs les muscles qui menent une partie vers une autre. f ADDUCTION , / f. Terme d ’Anatomie. On apelle mouvement d’adduction , celui qui fait aler les doigts vers le pouce. ï ADEMPTION, / / Terme de Jurisprudence. Révocation , retranchement. L’ademption d’un legs. Ademption expresse, ou tacite. F ADENERÊR, ». «. [Ad œneum , aut arispre- tium consitueres Vieux terme de Pratique & de Coutume , qu’on emploïoit dans les citations, & qui fignifioit mettre à prix. ADENT , / m. Terme de Charpentiers & de Menuisiers. Ce mot se dit de certaines entailles , ou embouchures, en forme de dents, pour mieux lier & assembler les pièces de bois. (Assemblage en Adent.) 0 " ADE8- Ancien mot qui fignifioit , incontinent , maintenant. Les Italiens disent adellb. Le Roman de la Rose : ' Et tout ades en regardant. Voyez ADI Voyez les Etìmologìes de M. Ménage. ADEXTRE', E'E. adj. fHabens ad dexteramvel Smistrant. Terme de Blason, qui se dit des piéees qui se mettent au côté droit de l’écu ,de même que ce qui est au côté gauche , se dit senestré. ( Un lion íid extre.) if ADFILIATION. C’est une espece d’adoption qui est en usage dans la Coutume de Saint Jean d’Angély. ADHERENCE, s f Prononcez adérance. Ce mot, qui vient du Latin adharentia, n’est pas dàns Tuíage ordinaire ; néanmoins on ne le sauroit condamner tout-à-fait, & il y a des endroits où il j)asse. II lignifie atachement. (Son poumon est adhérent aux côtes, & cette adhérence lui causera la mort.) • ADHE'RENT, adhérente, adj. _ [Adbœrens. J Prononcez adéran. C’est-à-dire , qui tient fort, qui est attaché à quelque chose. ( Paumon adhèrent aux côtes , pierre adhérente à la vessie.) * ADHE'RENT, adhérente , adj. Terme de Balais. Qui consent, qui acorde. ( Apeller en adhérent. Le Maître , plaid. 20. j * ADHE'RENT , f. m. Qui est ataché à quelque erreur , sectateur de quelque hérésie. ( C’est un adhérent à craindre , adhérent puissant, considérable, célébré, fameux. Les Luthériens étoient considérables par la puissance de leurs adhérons. Du Ryer, Histoires de Flandres, t. x. /. 4.) ADHE'RER, ». n. [ Adbœrere .] Prononcez adéré. II signifie être ataché contre quelque chose. (Son poumon adhère aux côtes.) * ADHE'RER , ». n. Ce mot, au figuré, veut dire , consentir , s’acorder. II adhère tout-à-fait à son sentiment. ( II ne faut point adhérer aux malades en des choses contraires à leur santé.) f ADHE'RER , ». n. Terme de Pratique. II signifie infirmer un premier acte par un subséquent ; interjeter une nouvelle apellation en adhérant à la premiere. On dit, la Cour adhérant aux conclusions du Procureur Général. Acad. Franc. {§ ADHE'RITANCE, déshéritante, deshéritement. Ce sont des termes que l’on trouve dans plusieurs Coutumes , comme Hainaut , Cambrai, Mons, Lille, fisc. Ils signifient, saifîr, advesir , desaistr , dévêtir, Uc. Voyez Ragueau. _ ADHESION,//". [Adhastoé] Ataché, jonction, liaison. (La volonté a une forte adhésion à la vérité.). Ce mot n’est guére en usage que parmi les Scholastiques. f ADJACENT , adjacente , adj. Prononcez ad- jafsan. Ce mot décend du Latin adjacent. Le mot d ’adjacent est plus dans la bouche des gens de Pratique que dans celle des autres. II signifie , qui est auprès, qui est tout proche. (Pré adjacent, Terre adjacente.) í ADIANTE , s m. Voyez Adìantum. ADJECTIF , s- m. Diction qui vient du Latin adjeHìvum , & qui est un Terme de Grammaire. C’est un mot qui se joint à un substantif, & qui marque toujours la qualité de la chose avec laquelle il est. ( L ’adjefiis s’acorde en genre , en nombre & en cas avec le substantif. Exemple. Les Rois doivent être doux , généreux , & pleins de pitié. II y a des adjeHifs qui se mettent d’ordinaire après leurs substantifs , & d’autres, après ou devant. On peut voir là- deffùs P Auteur de la guerre civile des François , fur la Langue. (f II faut ici placer l’obfervation que M. Ménage a faite fur cet endroit de Malherbe: Mais ce Roi, des bons Rois l'éternel exemplaire, Qui de notre salut est U Ange tutelaire, Uinfaillible refuge U l’assuré secours. II cite d’abord l’Histoire de l’Académie de M. Polisson , lequel racontant un entretien de Malherbe & de Gombaud , dit que le premier ne pouvoitsou- frir certains vers de Mademoiselle de Rohan : Quoi, faut-il que Henri , ce redouté Monarque , fisc. sans en sçavoir la raison ; ce qui obligea le sieur de Gombaud de chercher cette raison, que Malherbe °ne pouvoit pas lui-même démêler , & lui dit, que c’é- toit fans doute parce que l’adjectif, redouté , pré- cédoit le substantif Monarque -, ce qui lui fit autant de plaisir, ajoute l’Historien , que s'il qvqit trouvé un ADI 3 5 trésor , fi f en forma depuis cette régie générale , que l’adjectif doit toujours suivre le substantif, quand la terminaison de l’adjectif est un e masculin ; & lors- quelie est féminine, on peut le placer devant ou après le substantif. . Mais Monsieur Ménage n’aprouve ni la régie générale , ni son exception ; & je crois , avec lui, qu’il faut suivre l’usage, .& consulter l’oreille ; car enfin qu’importe , pour l’intelligence de la phrase , que l’on dise , ce redouté Monarque , ou ce Monarque redouté? Inobservation du P. Bouhours , dans ses Remarques fur notre Langue , est plus utile & plus essentielle. C’est un des secrets de notre Langue, de Ravoir distinguer les adjëctifs qui régissent quelque chose , de ceux qui ne régissent rien ; & c’est un secret que quelques-uns de nos meilleurs Ecrivains ignorent. J’entens, par un adjectif qui régit quelque chose, un adjectif qui se peut joindre avec un substantif dans les cas obliques , ou avec un verbe. Sensible, insensible, capable, incapable , font des adjectifs de cette espece ; car nous disons : sensible à Vamitié, au plaisir, capable d’asaires , incapable d’afaires , capable de gouverner , incapable de gouverner. Au contraire, intrépide, incurable , insatiable , sont des adjectifs qui ne régissent rien ; nous disons : une ame intrépide , un mal incurable , un homme insatiable j mais nous ne disons point : une ame intrépide aux menaces , comme le dit M. Costar, un mal incurable à tous les remedes , comme le dit M. de Voiture , un homme insatiable dp voir, comme le dit un Auteur qui ne cede peut-être , ni à M. de Voiture, ni à M. Costar, pour la pureté du langage. M. de Vaugelas nous a donné plusieurs régies importantes fur l’usage des adjectifs , dont voici le précis : Tout adjectif mis après le substantif avec le mot plus , entre deux , veut toujours avoir son article. Exemple : c’es la coutume des peuples les plus barbares. C’est ainsi qu’il faut dire , & non pas , des peuples plus barbares. Remarque 85. Un adjectif joint à deux substantifs de diferent gen-* re , doit suivre le genre masculin. Exemple : ce peuple ale cœur ifs la bouche ouverte à vos louanges s il faut dire ouverts, selon cette régie. Cependant M. de Vaugelas croît que ouverte étant plus agréable à l’oreille, il doit être préféré ; mais il n’en est pas de même de cet exemple tiré des œuvres de Malherbe : II le faut être en lieu, oh le tems sis la peine soient bien emploiez. C’est ainsi qu’il faut parler, parce que deux substantifs, qui ne sont point finonimes, ni aprochant, comme le tems & la peine, régissent nécessairement un pluriel, lors que le verbe passif vient après avec le verbe substantif, ou que le verbe substantif est tout seul ; comme : le mari £5? la femme font importuns ; car on ne dira jamais : le mari la femme es importune. Re- marq. 93. Messieurs de l’Académie ont confirmé la remarejue de M. de Vaugelas. Quand le verbe, difent-ils, régit deux noms substantifs, dont le premier est masculin, & le second féminin, il faut que l’adjectif s’acorde en genre avec le dernier, auquel seul l’efprit s’atache, parce qu’il est le plus proche : il n’en est pas de même, quand les deux noms substantifs servent de nominatif au-verbe qui suit : comme ces deux noms demandent le verbe au, pluriel, il faut que l’adjectif, qui s’y raporte, soit auíli au pluriel, & masculin , comme étant le genre le plus noble : Le frere £•? la sœur sont aussi beaux t un que Vautre. En vérité, il faut avouer que Malherbe avoit raison de dire , qu’il faut éviter la dificulté , comme un écueil. Dans la Remarque 433. M. de Vaugelas examine, si l’adjectif de l’un des deux genres se peut apliquer à l’autre dans la comparaison. Exemple: un homme peut-il dire à une fille , je suk plus beau que vous ; & une fille peut-elle dire à un homme , je fuis plus vaillante que vous ? II répond que cette façon de parler ne se peut pas dire absolument mauvaise, mais qu’elle n’est pas fort bonne aussi, & qu’il la faut éviter, en se servant d’une autre phrase, comme : J’ai plus de beauté que vous, f ai plus de courage que vous. Mais si l’on regarde de si près, c’est nous mettre dans une servitude insupor- table. II faut s’en tenir à l’usage qui autorise cette locution, jesuis plus beau que vous, en parlant à une Tom. I. E 2 sein- 3 6 ADI femme, parce que l’on sous entend, que mus n’tes bclìs* L’adjectif tout, suivi de plusieurs substantifs, doit être repeté. Exemple : Toute la Syrie gè? toute la Phénicies si ce n’est lors que les deux substantifs font d’un même genre & finonimes. Exemple : II a perdu toute l’ajfeflion gì? l’inclination qu’il avoit pour moi. Remarq. 541. AD TECTION , f. f íAdjefíio , copulation , Terme Dogmatique. Jonction de quelque chose a une autre. (L’acroissement des corps naturels se fait par l’adjection des parties.) ADIANTUM , f m. [Capilli veneris-l Espèce des cinq capillaires, qui croît ordinairement autour des puits. ADIEU. C Valeéj Sorte d’adverbe qui semble venir du mot Italien Adio. On se sert de ce terme pour se saluer lors qu’on se quite. (Adieu s vous qui me faites rire, Vous gladiateurs du bien dire, Qui Jur un pré de papier blanc Versez de Vancre au lieu de sang. Saint Amant, Poésies. Iris, lors qu’il me faut retirer de chez vous, Plus de vingt fois en un quart d’heure, Je dis adieu, puis je demeure. La Sablière, Poésies.) ADIEU, adv. Ce mot se met quelquefois à la fin des billets & des lettres. (Adieu, faites fond fur mon amitié, & croïez que je fuis tout à vous.) ; ADIEU, adv. Ce mot marque qu’on se séparé quelquefois d’un lieu, ou d’une personne avec quelque ressentiment. Vous êtes un fat, & un brutal," adieu, Sc qu’on ne vous voye jamais ici. (Adieu Paris, adieu pour la dernière fois. Je Juis hts d’encenser l’autel de la fortune. Main. Poésies. ADIEU, adv. Ce mot marque quelque regret de perdre une chose qu’on tenoit chère. (Adieu tous mes plaisirs. La grâce qu’on m’a faite , ejì pire que la mort. Gomb. Poésies.) f * ADIEU, se dit quelquefois en parlant d’un homme qui est en péril évident, ou d’une chose qui court grand risque. ( Si la fièvre vient à redoubler, adieu le malade. Si vous touchez à ce cabinet, adieu mes porcelaines, adieu ma bouteille.) H On dit proverbialement, adieu paniers, vendanges font faites, pour dire : qu’on n’a plus que faire de panier quand les vendanges font passées. Cela se dit figur. de toutes les choses dont on n’a plus que faire, ou dont on ne se soucie plus. ( Adieu mon argent, adieu mes espérances ; ) pour dire, qu’on a perdu son argent, & qu’on n’a plus de prétentions à former fur quelque chose. ADIEU , f. m. Terme par lequel on fait connoître à quelcun de la civilité, & de la tendresse avec quelque regret de le quiter. (. Dire un dernier adieu à quelcun. De tout ce que l’on dit dans F Empire d’amour, L’adieu, belle Phìlis, coûte le plus à dire. Scar. Poésies. Je fors à regret de ce lieu Et lui fais en vers mon adieu. Boisrobert, Epit. t. x. epit. 10.) 0 " Marot, en parlant de la fuite de son valet, qui savoir volé : Soiez certain qu’en partant dudit lieu, Rien n’oublia, fors de me dire adieu. f On dit aussi figur. Dire adieu au monde, pour dire, renoncer au monde, se retirer du monde. (II a dit un éternel adieu au monde.) On le dit dans le même sens de toutes les choses ausquelles on renonce. (Dire adieu au palais, dire adieu à la chaire,dire adieu à la débauche, dire adieu aux Spectacles.) í ADIEU-VA. Terme de Mer. On le dit lorsque voulant faire virer le vaisseau pour changer de route, on en avertit l’équipage, afin qu’il se tienne prêt à obéir aux commandemens qui doivent se faire. ADIMMAIN, f m. C’est un animal qui naît en Libie, qui est fort privé, qui ressemble au mouton ; mais qui est aussi grand qu’un moïen veau. L’adim . ADI main a les oreilles longues & pendantes , & il n’y a que la femelle de cet animal qui ait des cornes. La laine de Yadimmain est courte : mais elle est très-fine. L ’adimmain fournit du beurre & du fromage aux ha- bitans de Libie. Là, il se laisse monter aux en fans & les porte sur son dos. L’adimmain fe montre par rareté en Numidie & en Barbarie , parce qu’il n’y en a point en ces pais, & qu’on n’en trouve qu’aux déserts de Libie. Abl. Marmol. t. 1. /. 1. c. 2. ff ADINERER. Terme que l’on trouve dans les Coutumes de Lille & de Blois. C’est , selon Rajjueau, vendre les meubles pour faire de l’argent, c’est-a-dire, les convertir en deniers. ADJONCTION , f f [Suhfcriptio .2 Terme de Palais. On demande l’adjonction du Procureur du Roi, c’est-à-dire , que le Procureur du Roi y soit joint. J On dit aussi, adjonction de nouveaux moïens. (Cette adjonction de moïens fortifie beaucoup votre cause.) Acad. Fr. ADIPEUX , EUSE , adj. [ Pinguis, nbefns.'] Terme de Médecine, qui veut dire gras. La membrane adipeuse. On nomme aussi, adipeux, un rameau qui fort du tronc descendant de la veine cave : & qui est un des cinq rameaux iliaques qui va à la tunique exterieure des reins. ADIRE', ADIRE'E , adj. [ AmiJJw.l ] Ce mot est vieux, seulement usité dans la Chambre des Comptes. II signifie perdu , égaré. (C’est un papier adiré. C’est une chose adirée, & il faut tâcher à la retrouver.) Volez M. Ménage , fur ce mot , dansses Etymologies. AD 1 TION ,f f [Acceptio.J Terme de Jurisprudence. Acceptation d’une hérédité , déclaration que fait l’héritier qui veut jouir de ses droits. L’Adition de l’hérédité oblige solidairement à toutes les dettes de la succession. Dans le Droit civil, on ne se servoit dix terme aditio que quand un étranger étoit apellé à succéder par le testament. A l’égard des héritiers, par la Loi du sang & ab intestat, on disoit immitatio. ADJUDICATAIRE A m. ffj f [Manceps.J Terme de Palais. C’est une personne à qui l’on a a jugé quelque bien dans les formes de justice. Adjudicataire est masculin , quand on parle d’un homme, & féminin, quand on parle d’une femme. II est adjudicataire de tous les biens de Furetierequi font montez à deux pistoles. Elle s’est renduê adjudicataire d’une ferme. Patru , plaidoié 6 . Se déclarer adjudicataire. Etre reqû adjudicataire. Admettre dans les fermes les Catholiques Romains comme adjudicataires , ou intéressez. Volez un règlement de Louis XIV. de Pan iógo. Adjudicataire général des Fermes. C’est celui à qui le Conseil du Roi a ajugé le bail des fermes, à la charge de donner caution , & ceux qui seront fa caution, feront leurs soumissions auGrefe du Conseil, & s’obli- geront de païer pour lui. Les personnes qui cautionnent l’adjudicataire , s’apellent les intéressez au bail des fermes. L’adjudication s’en fait au Conseil , à un Avocat qui a ordre d’un particulier d’en offrir une certaine somme , & lors qu’on les lui laisse à l’oft're qu’il en a fait, il déclare le particulier, qui convient de tout, & c’est ce particulier qu’on nomme Adjudicataire général des fermes. Comme il y a plusieurs fermes, il y a aussi plusieurs adjudicataires généraux. On dit être adjudicataire général des fermes ; sc rendre adjudicataire général des fermes. ADJUDICATION ,f. f. Ce mot se prononce adju- dicacion , & vient du Latin , adjudìcatio. C’est un Terme de Palais. Acte par lequel on ajuge à une personne quelque bien vendu dans les formes de justice. (On dit une adjudication par decret, une adjudication à la barre, une adjudication pure & simple d’une maison. Faire une adjudication. Poursuivre une adjudication.) -k ADJUDICATIF, adj. (Un arrêt adjudicatif, u- ne sentence adjudicative.) Ce terme n’est guéres plus d’usage. ADJUGER, v. a. Ce mot se prononce ,& même s’é- crit fans d. C’est un Terme de Palais, & vient du Latin adjudkare. C’est donner quelque chose à quelcun dans les formes de justice. (Adjuger une terre. On à ífdjugé par décret, les meubles de Mau. ... à dix sous à un pauvre gargotier de la rue S. Jaques. Adjuger un Philosophe au plus ofrant & derhier enchérisseur. Abl. Luc. t. 1. ADJURATION, f f [ Qbtestatio , imperium. ] Ter- ADM Terme Ecclésiastique dont on se sert dans les exorcismes pour faire commandement_au démon de sortir du-corps des poísedez. On dit auilì udjuvéï dans le même sens. On eut beau adjurer le démon de sortir du corps des Religieuses de Loudun, la mort de Grandier fit plus que tous les exorcismes. - â On n’excommunie point les bêtes ; on ne les adjure pas : mais, comme Eveillon observe, on s’adres- se à Dieu pour le suplier de nous délivrer des insectes & autres bêtes qui font de grands dégâts aux fruits; „ car, dit-il, d’adjurer & exorciser directement les „ bêtes, comme ayant quelque intelligence étant maîtresses de leurs actions, ce seroit absurdité & su- ,, perstition ,, &c. ADIVE , s.s Animal qui naît en Afrique, qui est un peu plus grand qu’un renard & de même poil, qui hurle comme un chien, & qui est fort haï du lion. Les adives suivent le lion pour manger ses restes ,, & ne l’aprochent point qu’il ne soit sou, ou qu’il n’ait abandonné sa proye : & cela montre que les adives sont rusées , car elles savent que le lion les dévoré quand il les rencontre & qu'il a faim. Ablancourt , Marmol. *' ADJUSTER ; Voïez AJUSTER. ADMETTRE, r>. a. Ce mot vient du Latin admit- íere , & se prononce, comme il est écrit. J’admets , f admis ; f ai admis , fadmettrai. Admets , qu’il admette. C’est recevoir. (C’est un homme de fort bonne compagnie, car sans cela je ne l’aurois point admis à ma table. Abl. Luc. On réadmet que deux principes des êtres naturels , la matière & la forme, Bernier, Philosophie de Gassendi.') ADMETTRE , v. a. Ce mot se dit en parlant de bénéficiers, & signifie recevoir, avoir pour agréable. 11 n’y a que le Pape qui puisse admettre les résignations m favorem. Néanmoins le Roi admet ces sortes de résignations pour les bénéfices sujets à la régale, le siège Vacant. Le Pelletier, traité des expéditions.) ADMETTRE, v. a. Aprouver , trouver raisonnable. Et en ce sens , c’est un terme de la Chambre des Comptes , qui se dit en parlant de recette. ( Admettre la recette d’un compte.) ADMETTRE v. a. Ce mot se dit aussi parmi les Praticiens. 11 signifie recevoir & agréer. Et lorsqu’il est suivi d’un verbe qu’il régit, il veut ce verbe à l’ìnfinitif, & cet infinitif doit être précédé de la particule à. (La Cour l’a admis à faire preuve de ses faits. Le Mait. plaid. 30.) ADMINICULE , f m. Mot qui vient du Latin adminiculum , & qui n’est que de Pratique. C’est tout ce qui aide à faire preuve. C’est un grand adminicule , c’est un puissant adminicule, il n’y a point de preuves formelles , il n’y a que des admiuicules.) f ADMINICULE ,s m. C’est aussi un terme de Médecine , & il se dit de tout ce qui peut faciliter le bon effet d’un remede, Acad. Frang. ADMINISTRATEUR , f- m. II vient du Latin admìnijlrator , mot général pour dire, celui qui gouverne avec zélé ce qui regarde le salut, la conscience & la religion. (C’est par l’ordre de Dieu que les Anges font établis pour être des esprits admintjlrateurs , & concourir à P «uvre de notre salut. Bossuet , TsoHrine Chrétienne , c. 4. C’est un saint administrateur, & pour lequel 011 ne sauroit assez avoir de la vénération. ADMINISTRATEUR , f. m. Ce mot se dit en parlant d’hôpital, d’hôtel-Dieu, de quelque pauvre maison religieuse ou de quelque communauté de religieux. C’est un Laïque qui a soin du fonds de quelque Hôtel- Dieu, de quelque hôpital, ou de quelque autre maison, & dont les fonctions regardent l’intérêt public. Cet administrateur, ou plutôt ce directeur, s’apelle administrateur temporel ou directeur temporel. II y a encore un administrateur spirituel ou plutôt un directeur spirituel. C’est un Ecclésiastique qui a l’œil sur la conscience des gens qui íònt dans les hôpitaux, & qui volt si Dieu & les pauvres gens font servis avec zélé. Messieurs de Notre-Dame sont les administrateurs ou les directeurs de l’hôtel Dieu de Paris : mais entre eux, Messieurs le Doïen, le Chantre, & quelques-uns des plus anciens de leur corps, se chargent d’un soin si glorieux. (Un sage administrateur, un administrateur soigneux, ardent, vigilant, un saint administrateur, un fidèle, un passionné, un vertueux administrateur. Etre administrateur de quelque hôtel-Dieu, ADM 37 ou de quelque maison religieuse. Les administrateurs des hôpitaux sont proprement les- tuteurs des pauvres; mais pour cela, ii faut que ces administrateurs soient véritablement honnêtes gens.) ADMINISTRATEUR , f. m. Ce mot signifie aussi celui qui a le soin & la conduite de la personne & des biens de quelcun. (Ainsi l’on dit qu’un père est le légitime tuteur & adminijìraieur de ses enfans. Celui qu’on nomme ailleurs un Régent, se nomme Administrateur dans le Duché de Wirtemberg, & le Prince qui est le Tuteur du Duc & le Régent de les Etats , le nomme le Prince Administrateur.) ADMINISTRATION , f. f. Ce mot vient du Latin adminiftratio , & se prononce en François admimstra- cion. C’est le manîment, 011 la conduite de quelque bien ou de quelque afaire temporelle, ou spirituelle. (Administration sage, judicieuse, & biep réglée. Administration temporelle, administration spirituelle. On lui a ôté l’administration temporelle de Fhôpita!, parce que cette administration l’enrichissoit trop visiblement & faiíòit aller l’éminent personnage en carosse, lui qui auparavant alloit de son pié gaillardement. Alexandre donna à Porus l’administration d’un Etat considéra- ble. Abl. Ar. I. 3.) 4 On dit l’administration de la Justice, pour dire, l’exercice de la Justice. (N’avoir aucun égard aux personnes dans l’administration de la Justice. Les abus qui se commettent dans l’administration de la Justice.) Acad. Frang. ADMINISTRATION , f. f. Ce mot, en matière dé choses spirituelles, signifie aussi quelquefois le soin de distribuer, le soin de donner & d’administrer. (Interdire à quelcun l’administration des Sacremens. 0 God. Prières,) f ADMINISTRATION. Les Espagnols de l'ô me tique nomment ainsi le Magasin d’entrepôt établie à Calao, qui sert de port à Lima. C’est à l’Administration que les étrangers sont obligez de décharger les marchandises qu’ils aportent d’Europe. ADMINISTRATRICE , f. f. ( Cwatrix .] C’est celle qui a soin de quelque chose qui regarde les intérêts d’une maison religieuse ou d’une maison de filles qui vivent en communauté. (La sœur Anne est administratrice de la maison. On ne pouvoit choisir une administratrice plus sage ni plus vigilante que la sœur Térése.) ADMINISTRER, ». a. Mot qui décend du Latin administrare , & qui veut dire , gouverner. L’illustre Fouquet, le Père des gens de lettres , administra long- tems les finances de Louis XIV. II administre sagement les revenus de la République. Abt. Ann. I. 4. c. 14.) Dans ces exemples & autres pareils, plusieurs préfèrent gouverner , à administrer. ADMINISTRER , v. a. Ce mot, en matière de justice , veut dire , rendre à cbacun ce qui lui est dû. Diss tribuer ce qui est juste à ceux qui demandent justice,. (11 est d’un grand homme & d’un homme vertueux, d’administrer à tout le monde la justice , fans être porté , ni d’interèts , ni de passion.) 4 ADMINISTRER , v. a. Terme de Pratique. On dit, administrer des témoins, des preuves, des titres, pour dire , fournir des témoins, des titres , des preuves. (II a administré les témoins nécessaires, pour vérifier la dénonciation qu’il avoit faite. Acad. Fr. "ADMIRABLE, adj. Mot qui vient du Latin ad- mirahilis, & qui veut dire, qui mérite d’être admiré, qui est digne d’admiration. (Pétrone est admirable dans la pureté de son stile , & la délicatesse de ses sen- timens. Saint Evremont , œuvres mêlées, t. 3. La fa. gesse de Dieu est admirable. Arnaud , Fréquente Communion. Ce sont des sobtilitez admirables , & propres à notre compagnie. Pascal. L 10.), ADMIRABLE , adj. Ce mot se dit quelquefois en raillant & avec un ton de voix qui marque qu’on defa- prouve quelcun, ou quelque chose. (Le détour est fort beau &l’excufe admirable. Mol. Comédies. Vraiment, vous êtes admirable.^ PaJ'c. I. 8.) ffs ADMIRABLE. Longfti, chap. 29. traitant, des choses qui peuvent faire naître l’admiration , dit que ce qui est utile , & même nécessaire aux hommes n’a souvent rien de merveilleux , comme étant aisé à’ aquerir ; mais que tout ce qui est extraordinaire, est admirable & surprenant. ADMIRABLE , adj. Cé mot se dit dans les discours familiers , & veut dire excélent , bon , beau. Ç Ce vin est admirable. II est plus délicat que celui de Heaume. 11 nous a fait manger d’un ragoût admira- E 3 ble. 38 ADM ble. Plus je mange de ce potage, & plus je le trouve admirable. C’est une fille qui a le teint admirable.) , - . . ADMIRABLE, adj. Ce mot etant suivi d un que, demande le subjonctif; & suivi d’un verbe, l’mfi- r.itif avec la particule de. ( 11 est admirable que vous, qui n’êíes qu’un petit fat , soïez toujours le premier à trouver à dire à tout. Je vous trouve admirable, petit Provincial, de vouloir l’emporter , en matière d’esprit, sur ceux qui toute leur vie ont étudié & vû le beau monde) ADMIRABLEMENT, adv. [ Mirabiliter. Prononcez admìrabkman. C’est avec admiration, excélemment, fort bien. (D’Ablancourt traduisoit admirablement. Pascal pensoit & écrivoit admirablement. Cette fon- tange couleur de feu vous sied admirablement. Cela rime admirablement. Voit. Po'és. ADMIRAL ; voyez AMIRAL. ADMIRATEUR , s. m. Ce mot se prononce comme il est écrit, & vient du Latin admirator. C’est celui qui admire. C’est celui qui a de l’admiration pour quelque personne , ou pour quelque chose. ( ( Un admirateur perpétuel, un admirateur passionné , je suis son admirateur très-zèlé. Costar, /ct. 2. Tit. I. 19. Les admirateurs font la plupart de sottes gens. Saint Evre- mont, œuvres mêlées, t. 1. On ne sauroit plaire a bien des gens , à moins que d’être leurs admirateurs, Ro- chefoucaut, Réflexions. C’est peu de chose que la fortune qui n’a point d’admirateurs. Abl. Luc. t. j. Saturnales. Ainsi qu’en sots Auteurs °Nêtre siécle est fertile en sots admirateurs. Desp. Poët. Ch. 1. Jl me dit en fausset , %? faisant un souris, Je fuis t admirateur de vos divins écrits. Scar. Epît. chagrine.) ADMIRATIF, f m. [Punfíum admirationis .J Terme de Grammaire. Ponctuation qui marque l’admi- xation. On le marque ainsi, (!) On dit auífi, un geste, un ton admiratif. f ADMIRATIF , ive, adj. Un point admiratif. Une particule admirative est celle qu’on emploie à marquer admiration. Ah, est quelquefois particule admirative. Acad. Fr. ADMIRATION , f. f. Mot qui vient du Latin ad- miratio ; & qu’on prononce admiracion. C’est faction de l’efprit qui admire à cause de l’excélence qu’il trouve dans quelque sujet. ( Une admiration juste & bien fondée. Admiration inouie, grande , particulière, singulière. Admiration vraie, sincère, trompeuse, fausse, continuelle, profonde. Ravir tout le monde en admiration. Abl. Luc. t. 1. L’admiration gâte & corrompt le cœur. Malbranche, Philosophie, l. 5. c. 8- U atira l’admiration de tout le monde. Abl. Tac. t. 2. L’admiration est la marque d’un petit esprit. Saint Evremont, œuvres mêlées, t. 1. Avoir de l’admiration pour la vertu. Patru, plaid. 16. J’ai de l’admiration de vôtre courage & de vôtre bon naturel. Voit. lett. 13. Bien des gens aimeront mieux dire : J’ai de ? admiration pour vôtre cour âge. j ADMIRATRICE , f f. Ce mot peut décendre du Latin miratrix. C’est celle qui a de l’admiration pour quelque chose , ou pour quelque personne. ( C’est la perpétuelle admiratrice de Mr. N. c’est une sincère admiratrice. C’est une ardente, & passionnée admiratrice. Elle s’eft déclarée devant tout le monde l’admiratrice des vers du crasseux Chapelain Beau- siois, & tout le monde s’est mocqué d’elle.) ADMIRER , v. a. Ce mot vient du Latin aàmirarì. Avoir de l’admiration pour quelque chose. S’étonner, & être surpris des admirables qualitez de quelque personne, être en admiration pour tout ce qu’on trouve d’excélent dans quelque sujet. ( On n’admire pas les Centaures pour leur beauté , mais pour leur extravagance. Abl. Luc. Un sot trouve toujours un plus sot qui sadmire, Desp. Poët. c. 1.) ADMIRER , v. a. Ce mot se prend quelquefois en mauvaise part, & signifie être surpris , être étonné. (On admire la foi blesse d’esprit du Seigneur Féri, de Vouloir grossir le nombre éfroïable des Barbouilleurs par des Livres de fa façon. Je vous admire , de penser que nous forons op osez à ('Ecriture. Pose. '■ w ADO ADMIRER. Ce verbe signifiant être surpris, étr® étonné, & etant immédiatement suivi d’un que, demande le subjonctif ; & lors qu’il n’est point suivi d’un que, niais d’un verbe qu’il régit, il veut ce verbe à l’infinitif, & cet infinitif doit être précédé de la particule de. (J’admire que vous osiez mesurer vos armes avec celles d’un brave à trois poils. Je vous admire, d’oíer traduire un ouvrage traduit par un homme dont les traductions charment tout le monde. Prenez garde à vôtre jugement , & faites pour lui quelque neuvaine à Monsieur Saint Maturin.) S’ADMIRER , v. r. Je m’admire , je m’admirai, je me suis admiré. C’est avoir de l’admiration pour foi. (Le pauvre bon homme Tomas de Lormes de Grenoble s’admire dans ses ouvrages, & prétend se van- ger par-là du cruel mépris que le public en fait. Auteur anonyme .) ADMISSIBLE , adj. [ Legitimus, probabilité] Mot qui est de' Palais , & qui signifie recevable , qu’on peut recevoir , qu’on peut admettre. ( Les moïens de faux donnez contre la pièce, font déclarez admissibles. La Cour a déclaré que toutes les preuves étoient admissibles.) ADMISSION,/!/'- Terme de Palais, qui vient du Latin íitimijjin, & qui signifie réception. (Son admission est glorieuse. 11 y a de l’honneur dans son admission.) f On dit aussi admission aux Ordres fierez. Depuis son admission aux Ordres , il a toujours vécu en bon Ecclésiastique , Acad. Fr. ADMITTATUR , terme purement Latin, qui signifie un brllet qu’on donne à quelque Eclésiastique pour marquer qu’il est capable d’obtenir quelque degré , ou d’être promu aux Ordres. (II a eu ion ad- mittatur.') í ADMODIER ; voyez AMODIER. ADMONETER , V. a. Terme de Palais , qui vient du Latin admmere. C’est faire venir à la Chambre de ('Audience, & ordinairement à huit clos, une personne , la faire tenir debout, & si c’est un homme , tête nuë. Mais si c’est une femme , on la fait tenir debout auffi, fans masque , ni gans ; & alors celui qui préside, fait devant tous les Juges, qui font à ses còtez , une réprimande à cet homme , ou à cette femme, & les avertit qu’ils aient à changer de vie, de peur d’être un jour exposez aux peines que la-Justice ordonne contre ceux qui vivent mal. Cette forte de réprimandé ne note pas, comme fait le blâme. Quand on admonête , on ne condamne point à l’amende ; mais on y condamne toujours ceux qu’on blâme. * ADMONêTER, v. a. On se sert de ce mot dans le comique ou le satirique , & il signifie avertir. çOn a admonêté les Philosophes de ne plus parler de ce qu’ils n’entendent pas. Abl. Luc. t. pag. 2^2. On a admonêté en plein Parnasse le sieur Tomas de Lormes Daufinois , de ne se plus distiller la cervelle à rimailler , fur peine d’être fouetté par les Satires , & renfermé au Palais de Monsieur Saint Maturin , où on l’atend depuis vingt ans qu’il se mêle de barbouiller.) ADMONITION , f. f. Ce mot vient du Latin ad- monìtio. 11 se prononce en François admonition ; & fe dit en ternies d 'Eglise. 11 signifie avertissement. (II a contracté Mariage par un atentat contraire à nos admonitions. Mauc. Schisme , page 117.) t ADOLE'CENCE , adolescence , s. f. Ce mot s’écrit de l’une & de l’autre façon , & vient du Latin adohscentia ,- mais on prononce adoleçance. C’est le premier âge après l’enfance. (Une belle adolécence, une charmante, agréable, aimable, heureuse adolécence. Une fâcheuse & malheureuse adolécence. Etre dans l’adolécence. Commencer son adolécence, passer son adolécence avec plaisir, achever son adolécence, finir son adolécence parmi les jeux & les ri s. Le mot d’adolécence, dans tous ces exemples, ne fe dit ordinairement qu’en riant, & en fa place on se sert du mot de jeune/jê.) * ADOLE'CENCE , s f Ce mot se prend quelquefois figurément, & en parlant du monde ; mais en ce sens, il ne se dit pas beaucoup, à moins que ce ne soit dans un discours grave & élevé ; hors de là, on se servira d’enfance, ou de quelque façon de parler qui marquera qu’il n’y avoir pas Iong-tems que le monde étoit créé. Adolécence, en discourant du monde, c’est l’espace ADO Tespace de tems qiii suivit immédiatement celui quî vit le commencement du monde. La vertu régnoit véritablement dans le monde, lors que le monde étoit encore en son adolécence ; mais cette heureuse adolé- cence ne dura pas long-tems. f ADOLE'CENT, adolescent, s m. Ce mot vient' du Latin adolescent , & se prononce adoléçant ; mais- il s’écrit adolécent, ou adolejcent, & il ne se dit qu’en plaisantant. . En sa place & quand on parle sérieusement, on se sert du mot, jeune, sans l’acompagner du mot d "adolécent. (Ce n’est encore qu’un jeune adolécent, & l’on parle de le marier. Pourquoi ne feroit- il pas l’amour ? Ce n’est encore qu’un jeune adolécent d’environ soixante ans. Si l’on parloit sérieusement, on diroit, il est encore trop jeune pour parler de le marier. Pourquoi faire l’amour quand on n’est plus jeune? A soixante ans, adieu bon tems.) ADOLPHE , s m. Nom d’homme. Adolphe de Nassau fut Empereur d’Alemagne en 1292. . II perdit la Couronne auprès de Spire, & Albert d’Autriche, contre qui il combatoit, lui ôta la vie. Deprade, Hisoire d’Alemagne. í ADO MESTIQUER, ». n. Vieux mot & hors d’usage. II lignifioit, se rendre familier & domestique chez quelcun. ADONC) adv. Ce mot est vieux, on dit Alors. ADONIA, Fête qu’on célébrait dans toute la Grèce en l’honneur d’Adonis. ADONIQUE, adj. [ Adonims.l C’est l’épitéte qu’on donne à un petit vers composé d’un dactile & d’un spondée, & qu’on met à la fin de chaque strophe des vers iaphiques. S’ADONNER , V. r. [Dedere je.) Je m’adonne , je m’adonnai, je me fuis adonné. Je m’adonnerai. S’a- tacher avec foin à quelque chose. S’apliquer avec passion à quelque chose. (S’adonner aux exercices du corps. Vaugel. Qumt. I. (S’adonner à l’étude des belles lettres. Ablancourt, Apophtegmes des Anciens. Cassandre s’est toute fa vie adonné aux belles lettres ; & les belles lettres n’auroient pas empêché qu’il ne fût mort à l’hôpital, fans la généreuse Madame de la Sablière , & Pobligeant Monsieur de la Fontaine.) f S’ADONNER. On dit aussi s’adonner à la vertu, s’adonner au vice; s’adonner à un lieu, à une personne; pour dire, fréquenter un lieu, une personne; voir fréquemment & familièrement une personne. ^ S’ADONNER , v. n. p. On dit en parlant de chemin, je vous prie de passer chez moi,11 votre chemin s’y adonne, pour dire. si c’est votre chemin d’y passer en allant ailleurs. Arad. Fr. t ADONNE' , adonnée , adj. Un jeune homme adonné aux femmes, au vin, au jeu ; une femme adonnée aux oeuvres de pieté. Ibid. f ADONNER. Terme de Mer. On dit le vent adonìte , lors qu’aïant été contraire, il commence à devenir favorable. ADOPTER , v. a. Ce mot vient du Latin adopta- re ; & est un terme de Droit. C’est prendre, dans les formes prescritéS par les loix, quelque personne pour fils, ou pour fille. (La fille de Pharaon adopta l’enfant pour son fils, & l’apella Moïse. Port-Royal, Exode, ch. 2. Auguste fit adopter Germanicus par Tibère ; mais Auguste avoit auparavant adopté Tibère, & l’avoit associé à l’Empire. Abl. 1 ’ac. Annales , 1. partie T l. 1. c. 1.) * ADOPTER, v.n. Ce mot, au figuré, veut dire considérer quelque ouvrage & le regarder comme sien, du consentement de celui qui Ta lait ; le mot d 'adopter, en ce sens, est favorable ; & Ton dira fort bien, Monsieur Ménage a adopté plusieurs petits Poèmes de ses amis, & en a composé un livre qu’il apelle livre adoptif. ADOPTER, v. a. Ce mot se dit aussi dans un sens injurieux, & lignifie s’aproprier mal-à-propos quelque ouvrage, fans le consentement du véritable Auteur. Boileau, dans son avis à Monsieur Ménage, a écrit, page 17. in douze. Ménage, ce pauvre Poète, Dit qu’il a fait mon épitéte ; Ce n’es pas chose étrange en lui D’adopter les œuvres d’autrui. M. Bailler se moqua de M. Ménage, qui non content d’avoir plusieurs enfans naturels, voulut en- ADO 39 core en avoir d’adoptifs, ayant fait imprimer, un Recueil de Poésies de divers Auteurs, fous ce titre : Atgi- dij Menagij Liber adoptivm s mais M. Ménage tache de se justifier dans son Anti-BaiUet, tom. 1. ch. gi. par l’exemple du père & du fils Heinlius, de AI. de Fustem- bérg, & de AI. Balzac. Adopter des louanges, c’est croire qu’on les mérite, & que c’est faire un présent agréable au Public, qui se plaît rarement à lire ou à entendre les louanges d’autrui. ADOPTIF , adoptive , adj. Ce mot vient du Latin adoptivus , & signifie qui est adopté. (Tibère fut fils adoptif d’Auguste. Abl. Tac. Annales, l. 1. c. 1. C’est fa fille adoptive.) ADOPTION, f. f. Ce mot vient du Latin adoptio , & se prononce adopcion. C’est un acte légitime , par lequel ceux qui n’ont point d’enfans, prennent pour fils , ou pour fille, des enfans qui ne leur font rien, ou qui leur font quelque chose ; comme quand un grand-pére adopte son petit-fils. (Adoption glorieuse, mémorable, illustre, adoption vraïe, juste, légitime, adoption fausse, feinte, frauduleuse. L’Empereur Galba fit Tadoption de Pilon au Camp, pour gagner l’afec- tion des soldats. Abl. Tac. Annales, 5. partie, l. 1. c. 5. L’adoption n’est point reqúë dans les Païs coutumiers. Du Moulin, Coutume de Paris.) ($ On ne doit pas s’étonner si Tadoption étoit si fréquente parmi les Romains, & fi peu connue chez les autres peuples : ils avoient, chacun en particulier, leurs Dieux domestiques, leur culte & leur Religion, qu’ils táchoient de perpétuer, quand la nature leur avoit refusé des enfans, en adoptant des étrangers, qui tuhc, pour me servir des termes de Air. Brisscn, in sacra N gentem transré- dicebantur. La honte de la stérilité, & les avantages atribuez à la fécondité, furent des motifs qui autorisèrent les adoptions & les rendirent si fréquentes à Rome. On s’en servoit quelquefois par politique : car lors qu’un Patricien avoit envie de sc faire Tribun, dont í’em- ploi ne pouvoit être prétendu que par un homme du peuplé, il se faisoit adopter par un Plébéien, ses enfans suivant toujours la condition de leur pere , vrai ou fictif. Les personnes afranchies de la puissance paternelle, étoient adrogées, & les autres étoient adoptées. L’adrogation se faisoit dans les assemblées du peuple. Aulu-Gelle, liv. 6 . ch. 19. nous en a fourni la formule. ADORABLE, adj. fAdoramfyts.) Ce mot signifie qui mérite d’être adoré, qui est digne d’être adoré. (Dieu est adorable. Arn. Fréquente communion, 2. partie. Les paroles de T Ecriture font saintes & adorables. Port-Royal, Nouveau Testament, Préface. L’Eucharistie est un mistére adorable. Arn. Fréquente communion, 1. p.e. 5.) ADORABLE, adj. [Fenerandw .] Ce mot, au figuré, se dit des personnes & des choses excélemipent belles, & il signifie, qui mérite d’être aimé d’un amour plein de respect. {Les yeux ne sauraient voir rien dé plus adorable, Si quelque objet mortel Je pouvoit adtrrer. Gomb. Poésies.) ADORATEUR , f. m. Ce mot vient du Latin ado- rator. C’est celui qui révéré par des actions de dévotion ce qui est véritablement adorable. ( Un vrai adorateur, un adorateur vraiment zélé. Un saint adorateur. On apelle, les Païens, les adorateurs des faux Dieux. Lamh.Trad. de S. Cyprien.) * ADORATEUR, f. m. Ce mot sc dit , au figuré, en amour, & signifie celui qui aime une femme d’une passion tendre & respectueuse. (Adorateur constant, passionné, ardent, sincère. Adorateur volage , léger, dissimulé. Oui, Prince, je languis, je brûle pour Tefée, Je Paime non point tel que Pont vu les Enfers, Volage adorateur de mille objets divers. Rac. Phèdre, a. 2.fc. 5.) ADORATION , f f. Ce mot vient du Latin adora- tio, & Ton prononce adoration. C’est faction de la personne qui révéré par une humilité , & une dévotion vraiment Chrétienne. (Adoration vraie, véritable, sincère, profonde, adoration extérieure, adoration intérieure. C’est à Dieu que nous devons de l’adora- tion. Arn. Fréquente communion , 1. part. L’adora-, tien intérieure que nous rendons à Dieu en esprit & en 40 ADO en vérité, à ses marques extérieures dans le sacrifice. Bossuet, DoHrine Catholique, cbap. 5. Ils cachent sous leur habit l’image de Jesus-Christ, à laquelle ils rapor. tent mentalement les adorations publiques qu’ils rendent à l’idole Chacinchoan. Pose. lett. 5.) * ADORATION, fi f. [Feneratio.] Ce mot, au figuré, se dit principalement en amour. C’est un profond respect & une soumission pleine d’estime & d’ar- deur qu’on a pour une personne que l’on aime véritablement. ( Adoration particulière , & singulière, vraie, feinte, fausse. Monsieur qui se tient debout, soufre ses fausses adorations. Ah!. Luc. Avoir une adoration particulière pour une personne. Monsieur de la Rochesoucaut , Mémoires.') * ADORATION , f. f. Ce mot se dit en parlant du Pape nouvellement crée, & des Cardinaux qui le vont adorer. C’est l’hommage que les Cardinaux vont rendre à un Pape qui est élû depuis peu, ct qui est mis fur l'Autel. (On dit, les Cardinaux vont à l’adoration, les Cardinaux font à l’adoration, les Cardinaux viennent de l’adoration.) Cette cérémonie de l’adoration est décrite par Guìckardin , Hiftoire d’Italie, 1. 1. Toute l’adoration que les Cardinaux rendent au Pape, c’est de lui baiser les piés , lors qu’il est fur l’Autel. H On dit aussi dans cette même acception, qu’un Pape est fait par voie d’adoration , lorsque tous les Cardinaux le vont reconnoìtre pour Pape , fans avoir fait de scrutin auparavant. (si ADORATION perpétuelle. On a établi dans plusieurs Paroisses l’Adoration perpétuelle, & pour rendre au Seigneur l’honneur qui lui est dû , on fait un rôle des P arminiens qui viennent tour à tour datis l’Eglise , prier pendant une heure devant le S. Sacrement , avant toujours un cierge alumé. II y avoit autrefois dans Constantinople des Moines qui chan- toient les louanges de Dieu fans interruption, le jour & la nuit ; ils se partageoient en disserentes bandes, pour soutenir une fonction si pénible. On les apelloit ànoi/unrei. ADORER, -o, a. [Venerari , colore.'] C’est révérer par des actions d’humilité, & de dévotion véritablement Chrétiennes. Un savant homme pense que le mot adorer vient des Perses. Ces peuples , dit-il, a- dorant autrefois le Soleil, ce prosternoient à terre, & portoient avec respect la main à la bouche. C’est de là que les Latins ont tiré le mot d ’adorare, qui signifie autant que si l’on disoi.t ad os manum applicare, porter la main à la bouche, & du mot à’adorare, les François ont fait adorer. (Venez adorer le Seigneur dans son Santuaire. Port-Royal, Pfiaumes. Les Bra- mines adorent le Diable pour ne point recevoir du mal de lui, ni de ses serviteurs. Hiftoire des Brami- m, 2. port. ch. 16.) [f La maniéré d’adorer une statue, depuis que Dioctétien en eut introduit l’usage , étoit de porter la main droite fur les levres ; témoin cet endroit de Minuties Eelix : Cacilius, simulacro Serapidis denotato, ut vulgns Jupersiitiosus filet, manum ori admovens, osmium lahiis prqjjít. Voïez , fur cette Coutume , Pierre Pithou , AAversar. lib. 1. c. 7. & Brisson, dans fis Formules. * ADORER , v. a. Ce root , au figuré, se dit en amour, & en parlant des gens qui aiment. C’est chérir d’un amour violent & respectueux. (JPhilis, que ne puk-je sims crime Adorer vos beautez. Gomb. Poésies. J’adore fans efioir une charmante brune, Au plaisir de la voir je borne ma fortune. Bouillon, Poésies. Je l'ai juré, Fulvie , £è? je le jure encore, Quoi-que f aime Cinna, quoique mon cœur l’adore, Stl me veut posséder, Auguste doit périr. Corn. Cinna, u. 1. fi. 1.) * ADORER , v.' a. Ce mot, au figuré, se dit des personnes qu’on révéré & qu’on aime seulement d’a- mitié. C’est révérer & honorer d’une maniéré pleine de respect, d’afection & d’estime. (Louis second de Coudé se seroit fait adorer de tout le monde, s’il se fût un pgu plus ménagé. La Rochefoucaut, Mémoires.) f ADORER. On dit prov. ct figur. Adorer le veau d’or , pour dire, faire la cour à un homme de peu de mérite, à cause de ses richesses, ou à cause de son crédit. Aceul. Fr. ADO * ADORER, v. a. Ce mot se dit du Pape qu’on vient de créer & qui est sur ì’autel. C’est lui baiser les piés avec respect & lui rendre l’hommage que l’Eglise Romaine veut qu’on lui rende. 11 n’y a que les Cardinaux qui adorent le Pape lors qu’i! est surl’autel. (Le Cardinal Polus eût été élû Pape, s’il eût voulu soufrir que les Cardinaux de son parti Poussent adoré. Maucroix, vie du Cardinal Polus, page 42. U4;. II étoit cinq heures de nuit, lors qu’on décçndit dans la Chapelle pour adorer le nouveau Pontife. Maucroix , vie du Card. Polus, p. 45.) + ADOS, fi m. Terme d t Jardinage. Terre élevée en talus contre une muraille bien exposée. ( On seme des pois & des fèves fur un ados , pour les faire avancerplus qu’en pleine terre, parce que la réflexion du Soleil échaufe ces talus.) S’ADOSSER . v. r. [Dorfium applicare .] Je nia- do/Je, je niadossai , je me fuis adossé, je ni adosserai. Ce mot vient de l’Italien addossmsi. Dictionnaire de la Crusca. C’est se mettre le dos contre quelque chose, ou contre quelque personne. (11 s’adossa contre le mur. A bi. Acr. L 6. c. 2. II avertit les Officiers d» s’adosser peu à peu contre la légion. Abl. César, l. 2- c. ;.) H ADO88ER. II se dit figure en parlant d’un bâtiment, ct c. qu’on place contre une montagne, contre un rocher, d’un apentis qu’on apure contre un bâtiment. Acad. Fr. ADOSSE', adossée, adj. [Aversm .] Terme de Blason. Ce mot se dit des figures ct des animaux qui font mis dos contre dos. (11 porte d’azurà deux bars adossez , deux Lions adossez , &c.) ADOUBER , v. a. [Ordinare , difionere Terme de jeu d’échecs , de dames & de triquetrac. Redresser , ajuster une piéce, ou une dame , fans la vouloir jouer , & alors on dit j’adoube. t ADOUBER , v. a. \_Reficere. ] Acommoder, boucher , dans une fontaine , dans une machine. (Tous lestuïaux de cette machine font bien adoubez, elle doit jouer maintenant. ) ADOUCIR , ». a. [Temperare , rem alìquam dul- cemefficere, mollire.~\ Rendre plus doux , rendre moins salé , ôter ce qu’il y a de plus salé , ou une partie de ce qu’il y a de salé dans quelque chose de liquide , ou dans quelque autre sujet. (L’illustre Monsieur Boile a fait voir la maniéré dont il faloit adoucir l’eau de la mer.) ADOUCIR, v. a. Rendre moins rude. ( La savonnette adoucit le poil ; Peau où il y a de l’écume de savon , adoucit un peu.) 0 * ADOUCIR, v. a. Ce mot a un sens étendu, au figuré. 11 lignifie apaiser , empêcher que les choses ne s’aigrissent. (Mes malheurs ne vous peuvent adoucir. Voit. lett. 29. 11 est bon d’adoucir les choses. Mol. Avare.) * ADOUCIR, v. a. Rendre moins dificile à supor- ter, rendre moins rude , rendre plus doux. Soulager. (Le te ms adoucit" les aigreurs.- Abl. Luc. Adoucir ses ennemis. Voit. lett. Vôtre Majesté adoucit mon malheur par la maniéré obligeante dont elle s’est expliquée. Mol. Tartufe, places 1. au Roi. Pour excuièr bien des pechez , il a été nécessaire d’adoucir les difficul- tez de la Confession. PaJ'c. lett. 10. Tous ces artifices de dévotion ne íêroient rien, si l’on n’avoit adouci la pénitence. PaJ'c. lett. 10. Adoucir Pobligation de quitter les ocalìons prochaines. PaJ’c. lett. 10.) * ADOUCIR , v. a. Ce mot se dit en parlant de certains instrumens de Musique , & veut dire, en rendre le son moins rude & moins éclatant. (Adoucir le son de la trompette. Adoucir le son du serpent. MerJ'en- ne, harmonie du monde.) * ADOUCIR, v. a. [Expolrre picíurant.] Terme de Peinture. C’est mêler tendrement les couleurs , & rendre les traits moins sensibles. (Adoucir les traits d’un visage. II faut adoucir ces teintes.) î ADOUCIR , v. a. Terme de Doreur en Détrempe. 11 lignifie quelquefois mettre le blanc en traînant le pinceau; & quelquefois il s’entend d’une façon qu’on donne au blanc après la dernière couche , en le mouillant légèrement & le frétant ensuite. í ADOUCIR, v. a. Terme de Teinturier. C’est mêler des couleurs moins vives avec d’autres qui le font trop, pour réduire celles-ci à leur véritable teinte. * ÁDOU- ADR * ADOUCIR, v. a. Terme de Gens qui travaillent mx glaces de miroirs. C’est froter avec adresse la glace d’nn miroir avec de fémeri, de l’eau , un morceau de serge ou de vieux chapeau. (On ne polit les glaces qu’a- près les avoir adoucies. Les lunetiers adoucissent leurs verres & leurs glaces avec du grez cassé & Lassé, & de l’eau.) f ADOUCIR , est le véritable terme de Fart, & on ne dit guéres dégrossir les glaces. On apelle atelier del’Adouci, le lieu où on leur.donne cette premiere façon. Pour les finir , on les porte dans l’atelier du poli. S’ADOUCIR, ». r. [ Mitescere .] Je m’adoucis. Je m’adoucijsois , je m’adoucis. Je mefuis adouci. Je m’a- douchai. C’est devenir plus doux. (L’eau salée s’a- doucìt par le mélange des autres eaux. Vaugel. Quint. Le tems commence à s’adoucir. Abl. Luc. t. ;.) S’ADOUCIR, v. n. Ce mot, au figuré, Le dit des personnes, & il lignifie, s’apaiser , Le modérern’être plus st fort en colère, avoir moins de cruauté, être plus humain. Vous faites ces souhaits après vous ê- tre de beaucoup adoucies. Voit.l. 50. Quand quelquefois il veut s’adoucir & aporter du tempérament à la violence de son esprit, il dit que je suis un sot, & un ignorant. Balzac, Oeuvres diverses, discours 9.) * S’ADOUCIR , v. r. Ce mot, au figuré , se dit auffi des choses, & signifie être moins violent, être moins rude. (Les grans maux «'adoucissent par le tems. Nicole , Essais de morale, t. 1. Son chagrin ne sçauroit s’adoucir. Abl. Tac. t. r. H ADOUCISSAGE, f m. Maniéré de rendre une couleur moins vive, en y mêlans des drogues qui en puissent diminuer la force. ADOUCISSEMENT, f m. [ Temperatio , mitigatio.l Prononcez adoucijjèman. L’action par laquelle on a- doucit, & Fétat ae la chose adoucie, tout ce qui a- doucit, tout ce qui rend plus doux. (Un merveilleux adoucissement , un . heureux adoucissement , un fâcheux adoucissement. Cela fait un agréable adoucissement. Cela cause un adoucissement qui chatoúile le goût. lis’est imaginé un adoucissement qui plaît. Cela est trop amer , & a besoin de quelque adoucissement.) * ADOUCISSEMENT , s. m. [ Levamen , mollimen- tum. ] Ce qui tempere les dificultez, ce qui rend les choses rudes & pénibles , plus suportables. Si ce n’est lin remède à mes maux, c’est a u moins l’adoucissement de mon chagrin. Balzac, Entretiens. Les adouciffe- mens de la confession font les meilleurs moïens que ces Pérès aient trouvez, pour artirer tout le monde. Pale. lett. 10.) * ADOUCISSEMENT, f. m. {Lemmentumiy Correctif, tout ce qui sert à corriger & à adoucir quelque chose, tout ce qui sert à le faire mieux passer, & à le rendre plus suportable. 11 faut aporter quelque adoucissement aux mots qui ne font pas bien établis. Balzac , Oeuvres diverses. J’ai mis des adoucissemens en plusieurs endroits de la piéce. Mol. Tartufe places 2.) ADOUCISSEMENT,)! m. [ \Expolitio.~\ Terme de Peinture. II consiste à marquer moins les traits, &à mêler tendrement les couleurs. (Radoucissement des couleurs plaît aux yeux. L’adoucissement des couleurs rend la peinture plus fine.) ADOUCISSEUR, doucijseur ,s m. [Expolitmr .] Terme de Gens qui tra vaillent aux glaces de miroirs. Quelques-uns disent doucijseur : mais le plus grand nombre & le bon sens font pour adoucisseur. C’est un ouvrier qui prend de Fémeri, de l’eau', un morceau de serge 011 de chapeau, & qui frote la glace d’un miroir pour la rendre plus luisante. (C’est un adoucisseur fort habile. ) •F ADOUE'ES. On le dit en Fauconnerie , de perdrix qui font appariées & accouplées. í ADOUX,).’ m. Terme de Teinturier. II se dit du pastel, lorsqti’aiaut été mis dans la cuve, il commence à jetter une fleur bleue. Volez le Règlement de 1669. pour les teintures. f ADRAGANTH, ou TRAGACANTH, f. m. Espece de gomme , qui coule pat incision du tronc & des grosses racines d’une plante ou arbrisseau , que le$ Botanistes apeílent du nom même de la gomme ; mais que les ffiarseillois nomment Barbe de Renard, & quelquefois Rame de Bouc. La plante ou arbrisseau, qui produit cette gomme, croît aux environs d’Alep & en d’autres lieux du Levant. On en porte beaucoup à Smirne. ADR 41 * ADRESSANT, ANTE, adj. [ tnscriptuf .] Qui est envolé à certain lieu,ou à quelque personne. (Lettre adressante à M**.) ADRESSE, s. s [ 'SuperJb-iptìo .] C’est le dessus de la lettre, ou du paquet qu’on envoie à une personne, & où l’on met le nom de la personne à qui l’on envoïe la lettre, ou le paquet. (Adresse bien écrite, adresse mal écrite. Cette adreflé n’est pas lisible. Mettre l’adresse d’un paquet , écrire l’adresse d’une lettre. Tour porter les lettres, il en Faut savoir bien lire toutes les adresses.) ADRESSE, s s. Lieu où on adresse les lettres. (Quiconque voudra écrire au S. Chapelain de B. son adresse est chez Monsieur Simon, gargotier , rué S. jaques, proche le Colétze de Clermont. f On apelle Bureau d’adreste , un lieu où l’on s’a- dresse pour diverses choses gui regardent la société & le commerce. II est principalement en usage en parlant du lieu ou l’on reçoit les nouvelles pour la Gazette, & où on la debite. On dit figur. d’une maison où l’on debite ordinairement beaucoup de nouvelles, que c’est un vrai Bureau d’adresse. ^ ADRESSE, se dit en Angleterre d’une requête qu’on présente. On dit souvent dans les Gazettes, que le Parlement a présenté une adresse au Roi de la Grande-Bretagne, c’est-à-dire, un placer, une requête, Vu un mémoire. ADRESSE, s. s. [ Infiitutio .J Moïens qu’on donne à une personne pour aler en quelque lieu, ou pour trouver quelcun. (On lui avoir donné l’adresse pour aler au Parnasse, mais le fat ne s’en est pas servi & s’est égaré. Dès qu’il fera à Vitri, il trouvera François He- rard, à l’adresse qu’on lui en a donnée. II n’a qu’à demander le plus ingrat, le plus avare & le plus..... de tous les hommes, & je fuis sûr qu’on lui dira , vôtre adresse est là. H trouvera, car je lui ai fort bien donné l’adresse.) ADRESSE , s. f. \Industria, solertia, ars .J Maniéré dont on fait une chose, ou dont il se faut prendre pour faire une chose, ou pour venir à bout d’une chose. (11 lui voulut faire volt son adresse à tirer de l’arc. Vaugel. Quint. I. 7. Vous serez plus sûr en aprenant cela d’eux mêmes, & je vous en donnerai les adresses. Pajc. I. 1. in 40. pag. ) ADRESSE , f. /. [Sagacitœs.J Prudence, prévoïan- ce. (On admire l’adresse dont Salomon se servit pour découvrir la vraïe mère. Port-Royal , a. 4.) Lui-même peut prévoir U tromper mon adresse, Pi ailleurs tordre me presse. Racine, Bajazet, a. 4. sc. 4.) ADRESSE , s. f. K Elegantta , Comitm. ] Maniéré honnête ou galante de dire ou de faire quelque chose. (Vôtre adresse à obliger est admirable. Balz. lett. 1. I. 4. On admire son adresse à parler éloquemment de tout. P’Aucourt,sentimens fur les entretiens d’Aristote, 2. partie. Son adresse en matière de critique surprend tout le monde. Meré, 1. partie.) ADRESSE , f. f. [Vasramen, Astutiast Finesse , ruse, subtilité, fourbe maligne, (/admire l’adresse de ma carogne de femme pour se donner toujours raison. Mol. George Pandin. En amour , il faut quelquefois jouer d’adresse. P’Alibrai , Postes. Aprens que son déteste, Tous-cekx qui comme toi par de lâches adresses , Pes Princes malheureux nourrissent les foiblisses .) ADRESSER , ». a. [ ’Mittere, dirigere.J Faire te- hir quelque chose à quelcun, envoïer quelque chose ou quelque personne à quelcun; faire qu’une personne en rencontre une autre. (Adresser une lettre à un ami. Balzac, lett. 1. /. 2. Adresser un paquet de lettres à qùel- cun. Cost. lett. t, 1. Sous quel ajlre, bon Pieu ! saut 4 l que je fois né. Pour être des fâcheux toujours assassiné? II semble que par tout le sort me les adresse, Et j’en vois , chaque jour, quelque nouvelle estéce. Aloi. fâcheux, a. 1. f. 1.) ADRESSER, ». a. f Confugere. j Avoir recours à quelcun pour le suplier de nous rendre de bons ofices, à nous, ou à un autre. (Ce n’est pas à Saturne seul que les pauvres adressent leurs plaintes. Abt. Luc, t. 5.) ADRESSER , v. a. [P/care, dedicare.J Dedier, sistre hommage dë quelque ouvrage à quelcun par la dédicace qu’on lui en fait, (Dans la lettre où il adresse Tome I. F à 2 ADR à Diana sa Théologie, il dit que ce grand homme a rendu plusieurs opinions probables qui ne l’etoient point auparavant. Pasc. lett, 6 . Quand la Serre adressoit un livre à quelcun, il lui disoit hardiment, cadedi, Monsieur, je vous immorcalisc, & cela mérite quelque reconnoissance.) f ADRESSER , ». a. {siignum fenre.J Tirer , aler droit au but. (Ce tireur a bien adressé.) , S’ADRESSER , ». r. \Mitti.~\ Je m’adresse, je m a- dressai, je me suis adressé., je m’adresserai. C’est être envoyé à quelcun, ou en quelque lieu. (Je crois que cette lettre fera assez heureuse pour ne se point perdre, puisque c’est à vous qu’elle s’adresse. Voie. lett. î2. II y a près de là une fontaine où Polistrate fut adressé. Vaugel. Quint. 1 . 5. c. 1 z.) S’ADRESSER , ». r. [Convenire, adiré .j Aler voir, aler trouver une personne pour quelque a fa ire. ( 11 leur donnoit sa parole pour les empêcher de s’adresser à Monsieur N. Mémoires de la Rocbefoucaut.) S’ADRESSER, ». r. [ 'Compellare .] Choisir particulièrement quelcun pour lui parler. (II ne me dit rien, mais en s’adressant au Père, il lui demanda en quoi les Jacobins étoient conformes aux Jésuites. Pafi. I. r.) S’ADRESSER, ». r. [ Confugere .] Avoir directement recours à quelcun pour en obtenir quelque grâce; avoir recours à quelque Puissant pour en être secouru. (II faut que dans tous nos besoins nous nous adressions à Dieu. Arnauld, Confessions de S. Augustin. Cela n’est pas en mon pouvoir, mon ami, il te faut adresser à Jupiter, lors que ce fera son tour de régner. Abl. Luc. t. 3. Saturn .) S’ADRESSER , ». r. C Oppugnare, infect art , peterest C’est ataquer une personne de gaieté de cœur, ou par haine, ou pour quelque intérêt ; ce qui peut tourner à l’avantage, ou désavantagé de celui qui ataque, 011 qui est ataqué. ( Si Furetiére ne se fût jamais adressé à l’Académie, l’Académie ne l’eût jamais chassé. , Ménage & Cotin se sont, par plaisir, adressez à Molière, & Molière, qui étoit sensible, & qui Tailleurs étoit soli- eité par Despreaux, les a bernez dans la Comedie des Femmes Savantes, Ménage fous le nom de Vadius, & Cotin fous celui de Trifjotin. Désespéré de ne pouvoir entrer dans le Cabinet du Roi, il s’adresse aux grâces à qui toutes les portes des cabinets font ouvertes. Balzac, Entretiens, ent. 27. Vous ne pouviez vous adresser qu’à lui, car c’est le plus merveilleux homme du monde. Mol. Médecin malgré lui, a. i.Jc. 4.) ADRIEN, f m. Ce mot vient du Latin Adria- nm, qui est un nom d’homme. (Le Pape Adrien premier fut persécuté par Didier , Roi de Lombardie , & heureusement secouru par Charlemagne. Adrien est le premier des Césars qui ait porté une grande barbe. Spanheim , Césars de Julien, p. 10. in quarto.) ADRIENNE , f. f. Ce mot vient du Latin Adriana, & est un nom de femme. (Adrienne est belle & sage. Adrienne est vertueuse, & généreuse , courageuse , & mérite par tant de qualitez d’être respectée.) ABROGATION , f. f. Terme de Jurisprudence. Adoption d’une personne libre par une autre, qui se faisoit dans l’assemblée du peuple pendant que la République subsistoit, & depuis par un rescrit des Empereurs. ADROIT, adroite, adj. [ ’Jnduflrius, solers, deseter, fiubtilis .J Qui a de l’adresse, qui a de l’habileté, qui a de l’esprit pour faire quelque chose, ou pour venir à bout de quelque chose. Ce mot, adroit , est suivi d’uri verbe, veut ce verbe à l’infinitif, précédé de la particule à ; mais quand adroit est suivi d’un nom, il veut la préposition en ou dans, selon que l’oreille, ou la raison le juge à propos. Tibère étoit adroit à cacher ses vices, & à faire paraître ses vertus. Abl. Tac. Annales, l. 3. c. 2 8. Les Tartufes font adroits à couper la bourse aux véritables dévots. La Cour de Rome est adroite à trouver des moïens pour s’enrichir. Amelot, Traité des bénéfices de Fra-Paolo. II est adroit en tout ce qu’il fait. Abl. Luc. t. 1. Elie est adroite dans son travail. t ADROIT, [Astutus, versipeUis .] Mis substantivement, sc prend quelquefois en mauvaise part, & se dit d’un homme fin & rusé & qui se sert de son esprit pour tromper. (Défiez-vous de cet homme, c’est un adroit.) ADROITEMENT , adv. sDextré, Jubtiliter, callidè.~\ Prononcez adroiteman. Avec adresse , avec esprit, avec prudence, avec finesse. (Conduire adroitement ADV une afaire. Abl. Tac. Annales , /. 2. Se tirer adroitement. Elle sqait adroitement gagner l’esprit de son maître.) f ADVENIR; voyez AVENIR. ADVENTIF, IVE, adj. [Adventitiu».'] Terme de Droit, qui se dit des biens qui arrivent à quelcun ou par succession collatérale, ou par la libéralité d’un étranger. (Une femme en puissance de mari , peut disposer des biens adventifs fans le consentement du mari, si l’on n’en fait aucune mention dans son Contrat de mariage.) 0 Quelques Coutumes regardent diferemment les biens adventifs & les profeHifs s ceux-ci provenans de la libéralité des pères & mères : telles sont les Coù- tumes d’Auvergne & de Bourbonnois. Mais les loix Romaines confondent tous les biens d’une personne, & n’en font qu’une espèce. ADVERBE, st m. Terme de Grammaire. II vient du Latin Adverbium. C’est une partie du discours qui veut être auprès d’un verbe, soit devant ou après. (Adverbe bien placé, ou mal placé. II ne faut pas mettre l’adverbe loin de son verbe.' Jamais, souvent, Jordinaire & ordinairement, font les adverbes qui sc peuvent le plus éloigner de leurs verbes, qui se placent quelquefois au commencement de la période. Souvent ceux qui croient de tromper les autres, font trompez eux-mêmes. Jamais on ne se doit fier ni à hipocrite, ni à doucereux : car il n’y a que ces gens-là qui trompent.) 0 Voici un Extrait du Traité des Adverbes, de la Grammaire Franqoise de l’Abé Régnier. Si la conjecture de M. Ménage fur les adverbes terminez en ment, n’est pas véritable, du moins elle est bien inventée & bien prouvée : mais, à propos de ces adverbes terminez en ment, il est à remarquer qu’ils font composez de l’adjectif féminin, & du substantif mente ablatif de mens, & que cet adjectif & substantif se trouvent séparément dans plusieurs Auteurs modernes, & même dans quelques-uns des anciens. Ovide, dans l’Elegie 2. du livre 3. des amours, dit : Sacro de carcere mifsis, Infeftam sorti mente vehendus equis. Seneque dans la Thébaïde, acte 1. feene x. Ire fer altum Magnâ mente volunt. Voïez les autres citations. Monsieur de Vaugelas, obst 136. a remarqué, que ,, l’adverbe & le verbe vont toujours d’une même sor- ,, te, & ont toujours même visée, comme inséparables „ dans le sens, aussi bien que dans la construction, „ ainsi que le mot adverbe, c’est-à-dire, ataché au. „ verbe, le témoigne. Mais fa Remarque 473. est bien plus importante, & explique plus clairement la régie que je viens de raporter.^ „ Cette partie de l’oraison, dit-il, veut tou- ,, jours être proche cl u verbe, comme le mot mime le ,, montre, soit devant ou après, iln’importe, quoique „ dans la construction il aille toujours avec le verbe, ,, comme l’accessoire après le principal, ou l’accident „ après la substance ; c’est pourquoi je m’étonne qu’un „ de nos plus fameux Ecrivains afecte de le mettre si ,, souvent loin de son verbe, à la tête de la période : ,, par exemple : Comme l’on voit que presque lev.rs „ propositions n’étoient que celles mêmes qu’ils avaient „ faites à Rome ; au lieu de dire : Comme on voit que ,, leurs propositions n’étoient presque que celles mêmes ,, qu’ils avaient faites à Rome, nonobstant ìa caco- „ phonie des deux que, presque, qui n’est pas con- ,, siderable, à comparaison de la rudesse qu’il y a à ,, mettre presque au lieu où il le met ; & il pouvoit „ éviter ces deux que, en mettant : Comme on voit ,, que leurs propositions étoient à-peu-près les mê- „ mes, Ucx „ Je croi néanmoins qu’il y a quelques adverbes, ,, comme, jamais, souvent, & quelquefois toujours, „ qui ont meilleure grâce au commencement de la pé- „ riode, cu’ailleurs ; mais aussi je n’en ai guéres re- „ marqué d’autres que ceux-là ; ce qui me fait foup- „ qonner que ce font principalement les adverbes du „ tems qui ont ce privilège, & encore n’est ce pas tou- ,, jours. „ Le même Auteur, dont j’ai alegué l’exemple de „ presque, a écrit: Quand jamais un deses bienfaits ne ,, lui devrait réussir} & en un autre endroit: II devoit „ faire ADV ,, faire ensorte qu’il riy eût móien de jamais les faire s»r- „ tir au jour. Cette transposition est étrange, au lieu ,, de dire : U devait faire ensorte qu’il ri y eût jamais ,, móien de les faire sortir au jour. Mais il ne saut pas s’arrêter au milieu du chemin, & laisser la matière imparfaite. Les adverbes font naître souvent des dificultez , soit pour la place qu’ils doivent ocuper dans le discours, soit pour leur prononciation ; il ne sera donc pas inutile de raporter ici ce que nos Maîtres en ont écrit. Monsieur de Vaugelas avoit observé dans ses Remarques qui ont paru après fa mort, que ,, les adverbes ,, qui viennent des noms, se forment toujours des ad- „ jectifs communs, & du féminin, quand il est dife- „ rent du masculin, comme , bellement de belle , cou- ,, rageusement de courageux , également de égale , fidéle- „ ment, richement, de fidèle & riche , adjectifs com- „ muns, servans au masculin & au féminin. Le P. Bouhours ne crut pas que la régie fût certaine & générale ; car , dans ses Remarques nouvelles, pag. 13 g. il prétendit que les adverbes étoient formez des masculins , comme des féminins : „ car , dit-il , il me „ semble que quand sadjectif masculin a un e fermé à „ la fin, sadverbe, qjui lui répond, a aussi un e fermé ,, devant ment. Mais M. Ménage ne laissant point échaper d’ocasion de contredire le P. Bouhours, íoûtint dans ses observations , tom. 2. ch. 31. que „ les adverbes terminez en „ ment , viennent de l’adjectif féminin , & de mente , ,, ablatif de mens , bonejlâ mente , honnêtement 3 bo- „ nâ mente , bonnement ; sorti mente , fortement. ,, Voilà une grande question à décider ; mais il me semble qu’il est plus utile & plus important d’examiner la prononciation des adverbes terminez par ment , & de Ravoir quand ils ont \'e ouvert ou fermé. C’est fur cette prononciation que les Provinciaux font souvent embarrassez ; & il me semble qu’ils ont un grand penchant pour l’e ouvert : ils disent volontiers , extremèment , conjointement. Le P. Bouhours a proposé cette régie dans ses Remarques fur la Langue , &c. pag. i;g. ,, 11 me sem- „ ble, dit-il, que quand l’adjectif masculin a un í fer- ,, mé à la fin , sadverbe qui lui répond a aussi un é ,, fermé devant ment ; ainsi on dit assurément d 'assûré, ,, démesurément de démesuré , aisément d’ aisé,sensément ,, de sensé-, & on prononce de même, quand l’adjec- ,, tif, d’oú vient sadverbe, a une s à la fin , expresse - ,, ment , précisément , confusément, à’exprès, précis, ,, confus. Au contraire, quand sadjectif masculin n’a „ ni é ni s à la fin , comme sûr & sort, ou qu’il y a ,, un e muet, comme jujle, horrible , &c. sadverbe a „ toujours un e muet devant ment, sûrement, forte- ,, ment , &c. II y a trois ou quatre adverbes qui ne „ suivent pas la réglé commune , communément, pro- ,, fondement , conformément. Monsieur Ménage n’a pas laissé passer cette décision sans la contredire ; il prétend qu’elle n’est pas véritable ; on dit bassement , grassement, diversement , per- versement. Il’ajoûte encore pour exemples, ces adjectifs terminez en x, doux, précieux, mélodieux , &c. qui sc prononcent par r, & que plusieurs écrivent par r ; tous les adverbes de ces adjectifs ont un e muet, doucement, précieusement , délicieusement , mélodieusement, ssc. ADVERBIAL , adverbiale , adj. Ce mot vient du Latin adverbialk , & signifie qui a quelque chose de sadverbe, qui tient de sadverbe. (C’est une façon dq parler adverbiale. C’est une expression qui a quelque chose d’adverbial. ) ADVERBIALEMENT, adv. Ce mot vient du Latin adverbialiter , & se prononce adverbialeman. C’est à la maniéré d’un adverbe. (C’est un mot pris adverbialement. C’est un terme considéré adverbialement) ADVERSAIRE, aversaire , s. m. Ce mot dé- cend du Latin adversariw. Quelques-uns prononcent aversaire , mais la plupart font sentir le d, & disent ad- versére. C’est celui qui est oposé à un autre. (Un rude adversaire ; un brave , un dangereux , un courageux adversaire ; un redoutable, un foible, un misérable adversaire. Nos adversaires ont bien vû que de simples figures & de simples signes ne nous contenteroient pas. Bossuet, Dofírine desmeeurs , c. 12. Les gens de lettres en ont souvent d’autres pour adversaires. Téophile a eu le Père Garasse ; Balzac, le Père Goulu & Téophile ; Pascal a eu les Jésuites ; d’Ablancourt, l’Abé deMaroles & Amdotde la Houssaïe3 Voiture, ADu 43 Girac; Costar, Girac & Boileau ; Ménage, Boileau; Cotin, Despreaux & Molière ; Despreaux, Desmares & Pradon ; le P. Bouhours, d’Aucour ; le pauvre de formes , le bon sens.) ADVERSAIRE , f. f. [AdverJ'aria. ) Prononcez ad- versére ou aversére. Ce mot est féminin quand on parle d’une femme, & veut dire , celle qui est oposée a une autre personne. (Une noble, une courageuse , . une dangereuse ' adversaire , une foible adversaire. L’Abé Cotin a eu une célébré adversaire, c’est l’illustre Demoiselle de Scuderi ; mais par malheur pour lui, elle l’a traité comme on fait le Chapelain Maumenet, elle l’a méprisé. ADVERSATIVE ,s.f. Terme de Grammaire. Conjonction qui montre que dans le sujet, dont on parle, il y a quelque chose qui contrebalance ce qu’on a dit. Ce$ conjonctions sont, mak , toutefok , néanmoins , pourtant , cependant, &c. ( Le Comte de . . . qui est Po- lonois , & Catholique Romain, est dévot jusqu’à entendre sept ou huit Messes par jour ; mais du reste je n’en dis mot. ) ADVERSE, averse, adj. Ce mot est un terme de Palak , & il se dit en matière de procès. 11 signifie contraire & oposé, & par une bizarrerie de susage oa prononce averse , & non point adverse. Ce mot dé- cênd du Latin adversw. (C’est sa partie adverse, dites , c’est fa partie averse.) ADVERSITE’, s.s. O11 fait sentir le d dans la prononciation de ce mot, qui vient du Latin adverjìtœ. C’est-à-dire, malheur, disgrâce. (Adversité dure, cruelle , grande, -extrême , incroïable , fâcheuse. Etre dans l’adversité , í’uporter avec courage l’adverlìté,. La grandeur d’ame releve l’adversité & lui donne du lustre. L’adversité n’est jamais fans espérance & fans quelque sorte de consolation. Votez la Morale du Chancelier Bacon. ) f ADVERTANCE , s. f. [Cautio.J Ce mot a vieilli. ,11 signifie atention à quelque chose , réflexion fur . quelque chose. (II a fait cela lans aucune advertance.) ($ ADVEST. Fruits pendans par la racine. ADULATEUR, s m. Mot introduit depuis peu dans la langue, lequel vient du Latin Adulator. 11 n’est pas reçu généralement, & l’on a peine à croire que son destin soit de longue durée. Votez VAuteur de la guerre civile sur la langue Françoise. Au lieu à’Adulateur, on dit d’ordinaire, Flateur. (II brise de Sejan la statué adorée s Soit qriil faste au conseil courir les Sénateurs, Du Tiran soupçonneux pâles adulateurs. Despreaux, Chant. 2. C’est un adulateur fade & qui n’a point d’eiprit. Les Daufinois & les Normands passent pour être un peu adulateurs.) í L’Académie admet ce terme, & dit que l’adula- teur est celui, qui par bassesse & par intérêt, donne des louanges excessives à une personne qui ne les mérite pas. II semble que sadulation renferme quelque chose de plus odieux que la fíaterie. ADULATION, f f. Mot nouveau qu’on a pris du Latin adulatio , & qui n’est pas encore bien établi. En fa place on se sert du mot flaterie , qui est reçu & entendu de tout le monde. Cependant des Auteurs de mérite aprouvent adulation ; mais aparemment il ne seront pas long-tems suivis. (La plupart des femmes doivent plus à nos adulations qu’à leur mérite. Saint Evremont , auvres mêlées , chapitre de Vidée de la femme qui ne se trouve point, page 210. in 4. Le foible des Grands est d’aimer avec plaisir l’adulacion & le mensonge. Bourdalouè, Oraison funèbre de Loùk II. Prince de Condé.) ADULTE, adj. Ce mot vient du Latin adultm , & il se dit seulement des jeunes gens. II veut dire , • qui est venu àl’âge de discrétion. Adulte, a un usage assez borné. 11 n’a cours que dans quelques matières de Théologie, de Droit, & de Médecine. ( Ou dit, il est adulte, elle est adulte.) ADULTE. Ce mot est souvent substantif. II signifie qui a passé l’âge de l’enfance , & qui est assez grand pour avoir du jugement. Adulte pris substantivement est masculin , quand on parle d’un garçon , & est féminin quand on parle d’une fille. (II y a trois adultes qui ont été batilèz aujourd’hui. Cela est bien dit pour marquer trois jeunes garçons, & l’on parlera correctement, lors qu’en marquant des filles, ondjra, onpor- Tme I, F # t« 44 ADII ta hier à l’Eglise deux adultes qui furent batifées.) ADULTE. Ce mot signifie, qui est en á^e d’avoir de la discrétion. Ce mot adulte, se disant généralement, & en parlant des garçons & des filles, est masculin. (Les adultes íònt plus assez à quérir de ce mal que les enïans. Spon , traité des fièvres. Les replis du Cartilage de l’oreille font plus marquez dans les adultes. Du- vemois , traité de fouie, pag. 2.) ADULTE'RE , st m. Ce mot vient du Latin adul- teriwn. C’est un commerce illégitime ave une personne mariée. (L’adultére est odieux, l’adultére est en horreur , l’adultére est condamnable ; l’adultére étoit bien autrefois plus rigoureusement puni qu’à cette heure qu’íl est en quelque façon soufert. Mars & Venus ont été surpris en adultère, & tous les Dieux en ont ri. Abl. Luc. t. 1. Par la Loi de Romulus , il étoit permis au mari de faire mourir sii femme lors qu’elle étoit convaincue d’adultére. Justinien veut que la femme atteinte d’adultére , soit fouettée & enfermée dans un Couvent. Par la Loi de Dieu, l’homme & la femme, qui ont commis un adultéré, doivent être punis de mort. Au Roïaume de Tunquin, quand une femme est tombée en adultère , on la jette à un Eléfant qui l’enleve avec fa trompe; &qui, lors qu’elle tombe à terre, la foule aux piez jufqu’a ce qu’il fente qu’elle n’ait plus de vie. Tavernier , Relation du Roiaume de Tunquin, c. 7. Le bruit de l’adultére d’Olimpias fe répandit par toutes les nations qu’A- lexandre fubjuga. Du Ryer, Quinte-Curce, Ereinshe- mius , /. 1. c. 1. ADULTE'RE ,s. m. Ce mot vient du Latin adulter ; & signifie celui qui commet un adultère. ( Un adultère devroit être puni. 11 est condamné comme adultère. L’adultére est souvent le meilleur ami du mari; & avec justice, car il fait sa besogne.) ADULTE'RE, f. f. Ce mot vient du Latin Adultéra, & se disant d’une femme , c’est celle qui fait son pauvre mari cornu & qui le met de la plus grande confrai- rie qui soit en France , & fur tout à Paris. Une agréable adultère, une belle adultère. Ce ne fut pas fans sujet qu’on parla de la mère d’Alexandre ainsi que d’une adultère. DuReyer, Freinshemius , Quinte-Curce , l. I. c. I.) ADULTE'RE , adj. Qui a fait un adultère. ( C’est lin homme adultère. C’est une femme adultère. La femme adultère , parmi les Turcs, est enterrée toute vive à demi-corps, & lapidée. Votez la Croix , Empire Ottoman, Mémoires , /. 4. Si quelcun commet adultère avec la femme de son prochain , que l’homme adultère , & la femme adultère meurent tous deux. Port-Royal , Lévitique, ch, 10. Quiconque quitte fa femme, si ce n’est en cas d’adultére, la fait devenir adultère. Port-Royal, Nouveau Tejìament, S. Matthieu , ch. Solon croioit que la plus grande peine qu’on pût ordonner contre les femmes adultères, étoit la honte publique. Le Maître, plaid, ç.) Çf ADULTE'RE , signifie dans notre langue, ou le crime ou le criminel: mais les Latins entendoient quelquefois par adulter, un amant, qui fait ses éforts pour fe faire aimer ; c’est dans ce sens qu’Horace, lìb. 1. od. 55. écrit à libelle pour la rassurer dans la jalousie qu’il avoit conçue contre Cyrus son rival, & de qui a laideur étoit extrême. Sed priùs Appulis Jungentur caprœ lupis, Çpuam turpi Pholoé peccet adultéra. A-t-on jamais dit un honneur adultère pour un honneur qui 11’eft pas dû ? M. Racine, dans Ester, a/l. 2. sc. 2. HéLií ! ce peuple ingrat a méprisé ta Loi ; La nation cherie a violé sa foi ; Elle a répudié son époux U Jbn père, Pour rendre à d’autres Dieux un honneur adultéré. ADULTERER , N. a. \_Adulterarì.~\ Commettre un adultère. Ce mot n’est guère en usage qu’au Palais. (Ces deux personnes ont plusieurs fois adultéré ensemble.) ADULTE'RIN , adultérine , adj. Ce mot vient du Latin adulterinm, qui est né d’adultére. Ce mot adultérin n’est proprement d’usege qu’au Barreau, où 1 on dit, les enfans adultérins sont plus odieux que ceux qui font nés de gens libres. ADUSTE , adj. Mot qui vient du Latin adujhis ; & qui est un terme de Medecine. 11 signifie brûlé. (C’est AER. un sang aduste, un tempérament aduste, une humeur aduste. Spon, traité des fièvres.) ADUSTION, f f. c Adustio.J Brûlement. (Cette maladie est causée par une adustion d’humeur.) Ce mot ne fe dit qu’en Médecine. (S EGIDE, Í-Egis , idit.2 Les Poètes ont apel- lé JEgts, un bouches fur lequel la tête de Gorgone étoit dépeinte, & duquel Jupiter fit présent à Pallas. Virgile a dit dans le Ze. de son Enéide : Arcades ipsum Credunt se vidijse Jovem, cùm sepè nigrantem JEgida concuteret dextrâ, nimbosque cieret. On ne pouvoit point regarder ce bouclier fans frémir d’horreur ; ce qui a donné lieu de dire , que fa vûé changeoit les personnes en pierre. Voici comment le tnême Virgile le dépeint : lEgidaque horrificam, turbatœ Palladis arma Certatim squammU serpentum auroque polibant ; Convexosque angues, ipjamque in peftore diva Gorgona defeélo vertentem lumina colio. Et Horace, lib. 1 . ode iç. Jam galeam Patins, & Kgida Currusque, rabiern parai. Tristan croit que l’sgide étoit un bouclier où l’on voioit la figure de la chevre Amalthée , qui selon les Poètes, avoit nourri Jupiter : & pour lui ressembler, Domitien avoit fait fraper des médailles, dans le revers defquelles il avoit fait graver une chevre au milieu d’une couronne. iEGIPTIAC, adj. m. sPharmacum Aègyptiacum .J Terme de Pharmacie. Efpece d’onguent détersif, composé de verd de gris, de vinaigre & de miel, & qui sert à consumer les chairs pourries. f AEM ou AME. Mesure dont on fe sert à Amsterdam pour les liqueurs. Six Aems font un tonneau de quatre barriques de Bourdeaux. Cette mesure est en usage presque par toute l’Allemagne, mais elle n’est pas la même que celle d’Amsterdam ; elle n’est pas même semblable dans toutes les Villes d’Allemagne. 0” iEOLIPILES- Vitruve, lib. 1 . chap. -6. fait mention de certaines boules d'airain, qui font creuses, & qui n’ont qu’un trou très-petit, par lequel on les remplit d’eau. Lors qu’on les met devant le feu, & qu’elles sont échaufées, elles envoient un vent impétueux, & servent ainsi à soulier le feu, & à chasser la fumée. AERER, v. a. [Liberiorìctelo exponere,supponere.~\ Ce mot n’a pas grand cours, & en fa place on dit, mettre en bel air. II faloit mieux aérer cette maison. On diroit, il faloit mettre cette maison en plus bel air, ou il faloit que cette maison fût en plus bel air, ou, il faloit donner plus d’air à cette maison.) AéRE , aérée, adj. [Liberiori crelo exposttzis .J Mot qui vieillit fort ; en fa place on fe sert de périphrase, & l’on dit, qui est en bel air. (A Meudon, vilage auprès de Paris, il y a un château qui est en très-bel air. On trouve autour de Paris des maisons de plaisance bien aérées ; dites, on trouve des maisons de plaisance qui sont en très-bel air. AERIEN, alirìerme, adj. Ce mot vient du Latin a’érim, & veut dire, qui tient de Pair, qui est de la nature de Pair. (C’est un corps aérien, c’est une substance aérienne.) * AéRIER, v. a. [Inseftam auram purgare.J C’est purifier Pair de quelque lieu, y brûler des senteurs, pour en rendre Pair plus pur, ou pour en faire sortir le mauvais air. Ce mot aèrier ne se dit que très-rare- ment, & en fa place on 1e sert d’un tour qui signifie la même chose. {II y a je ne sçai quoi qui ne sentp.ti bon dans cette chambre , U il la faut un peu défier , on diroit, il y a je ne sçai quoi qui ne sent pas bon dans cette chambre, il y faut brûler quelque pastille pour en chasser le mauvais air.) í§ AEROLE- Petite vessie pleine d’eau , qui se forme fur le corps. Voïez M. de Caseneuve. AEROMANTIE -, s s Ce mot vient du Grec, & l’on prononce aìromancie. C’est Pan de deviner par le moïen de Pair. II y a plusieurs sortes à’déromantie dont Bodin ne traite point dans le livre des sorciers. (L’aéromantie est curieuse, belle & agréable ; mais elle est vaine & peu véritable. Etudier, fçavoir l’aéro- mantie , e’atasher avec passion à Paëromantie. Les Païens AFA íaïens croioient à l’aëromantie : mais les vrais Chrétiens la regardent comme une illusion.) (3 AESMER- C’est comparer. Le Romande la Lofe: Ains le pooit-on aesmer A chant de firme de mer, JES-USTUM , f m. Terme de Chimie. Drogue qu’on apelle autrement Crocus Veneris, ou safran de Venus. H C’est un cuivre rouge coupé en petites plaques, & mis par lits dans un creuset avec du soufre & du sel marin , & ensuite exposé à un grand feu de charbon. Lorsque tout le soufre est consommé , la drogue est dans fa perfection. Le meilleur Afs-Ustum se fait en Hollande. On l’emploïe fur tout dans la Chirurgie pour manger & consommer les chairs & les excroissances. jETIOPIS- Plante qui est une espèce de touredonne ou fclarea , & dont la racine est d’un grand usage contre la sciatique & les maladies de poitrine. iETITES. C’est la pierre d’aigle , dont Laurent Bauíchius a fait un traité où il prétend qu’on ne la trouve point dans les nids d’aigles, mais fur les rivages, dans les champs & fur les montagnes. AFABILITE', f f. Mot qui vient du Latin affabilité. C’est une maniéré douce & honnête de parler aux gens. Le mot d 'afabilité n’est pas si usité qu’il étoit il y a environ 40. ou 30. ans. (Une grande afabilité , une afabilité particulière une afabilité charmante , & engageante. Son afabilité & fa bonté font des qualitez qui ne se trouventnulle part. Voit. L 59. Si Voiture vivoit , il diroit peut-être, Son extrême bonté J'es manières honnêtes U engageantes font des qualitez qui ne se trouvent nulle part. Molière a dit dans ses Amans magnifiques , acle 1. sc. 3. avoir de l’afabilité. Mais Molière est excusable, c’est une Comédie , & tout passe en ces sortes de poésies. (Un auteur anonyme a écrit, Ce grand homme étoit considérable par son afabilité. Cet auteur auroit peut-être mieux parlé, s’il eût dit, Ce grand homme étoit considérable par son extrême honnêteté , par son obligeante civilité, ou par ses manières douces gè? honnêtes. ) AFABLE , adj. Ce mot décend du Latin assabilk, c’est-à-dire , qui parle aux gens d’une manière civile & honnête , qui est civil & engageant lors qu’il s’en- tretient avec les personnes. Ce mot afable a un peu vieilli ; néanmoins des gens de mérite s’en servent, & croient lui redonner cours. On croit que ce ne sera pas fans peine ; & que civil , ou honnête valent bien afable. Philippe de Valois étoit doux , afable & libéral. M. l’Abé de Choisi , hijìoire de Philippe de Valois , /. ;. c. 13. Non , je ne haì rien tant que les contorsions De tous ces grands faiseurs de protesations, Ces afables donneurs d’embrass ades frivoles, Ces obligeant diseurs d’inutiles paroles. Mol. Mifantrope, a. l.s. 1. II ejì civil , acostable , Doux , bénin , courtois , afable. Ménage , poésies , /. 3.) Le mot afable est vieux , on doit en user rarement , du moins dans le sérieux. L’Auteur du Roman. de la Rose a dit : Macrobe , un Auteur très - afable. Le P. Bouhours , suites des remarques , Uc. écrit ce mot avec deux jp, où il dit que afable ne plaifoit pas à M. Patru. Ils font François , me dit-il un jour ; mais laij/'ons-les dire aux autres. Cependant il ajoute que afable & afabilité ont eu le bonheur de plaire à plusieurs personnes qui parlent très-bien. 11 cite ensuite M. Racine dans son Athalie : Lui , parmi ses transports , afable £«f fans orgiiíil ,, A. f un tendoit la main , flatoit t autre de t ail. Le Traducteur de Rodrigue? , en parlant de Saint Xavier : Encore qu’il eût foin de tant de choses , que de plus il étoit très-afable très-civil à tout le monde , il ne laissait pas d’être toujours très-recùeilli. On peut voir les autres autorisez dont il se sert pour conserver à ce terme le crédit qu’il a eu autrefois ; & il conclut, qu ’il ne faut pes après cela s’arrêter au dégoût , ou à l’antipathie de M. Patru. .J’avouë que jc me sens ls même dégoût. Je n’en condamne point AFA 45 l’usage ; la liberté est entiere sur ces sortes de choses. AFABLEMENT , adv. [Affabiliter , humaniser .J Prononcez afableman. C’est-à-dire , d’une maniéré civile & honnête. Afablement semble être pris de l’Efpa- gnol afablemente. Mais qu’il soit pris d’où les Etimo- logistes voudront, il est vieux , & bien des gens ai- meroient mieux dire , civilement , honnêtement , qu’ase- blement. Un Auteur moderne a dit dans un discours de morale & d’instruction : il est d’un galant homme, & d’un honnête homme de parler afablement aux gens. On trouve que cet Auteur auroit aussi bien fait de dire , il efl d’un galant homme U d’un honnête homme de parler civilement aux gens. AFADIR , v. a. [Saporem detrahere. J Rendre fade, donner du dégoût, ôter toute forte de saveur. ( La tarte à la crème m’afadit le cœur , & j’ai pensé vomir au potage. Molière , Critique de l’école des femmes , scène 3. Les choses trop douces afadissent le cœur.) AFAIRE , s s. Prononcez afére. Ce mot semble venir de Pltalien assure , & généralement il signifie chose. (Le mariage est une étrange afaire. Sages gens en qui je me fie , M’ont dit que c’est fait prudemment , Que d’y songer toute ma vie. Maucroix, Recueil de Poésies de Serci, Le mariage est une afaire trop sérieuse pour lui. Une femme Demoiselle est uné étrange afaire. Mol. George Dandin. Je viens d’aprendre de belles afaires. On me vient de dire d’étrànges afaires.) AFAIRE , s. f, \_Negottum , ra.] Chose qu’il faut terminer , chose qu’il faut achever, chose qu’il faut faire. ( IÍ s’est chargé d’une afaire importante. Le Mait. plaid. 13. Etre acablé d’afaires. Abl. Tac. t. 3° Prendre connoissance d’une afaire , conduire bien une afaire , mal conduire une afaire, s’instruire d’une afa> re , instruire une afaire, se reposer sur un Avocat, d’une afaire.) t Avoir des afaires par-dessus la tête. [Negotiis obrui.J Faqon de parler familière , pour dire , avoir beaucoup d’afaires. ( Les afaires font les hommes , forte de faqon de parler proverbiale , pour marquer que les hommes ne sc font habiles que dans la conduite des afaires. Experientia artficem. Etrangler une afaire, faqon de parler proverbiale , pour dire , la mal juger en la finissant trop tôt, & fans savoir bien examinée.) AFAIRE , f f. Chose dont il est question. ( II a poussé l’afaire d’une assez vigoureuse maniéré. Mol. Mifantrope. Entreprendre vertement une afaire, commencer courageusement une afaire. Finir, achever, terminer une afaire avec esprit & avec cœur. AFAIRE , f f. Empêchement (II est en afaire, Sc on ne lui sauroit parler. Le matin il n’a point d’a- faire , & on le peut voir aisément.) AFAIRE , f f. Queréle , diférend , embaras. Ne vous faites point d’afaire avec cet homme-là , il a la mine de vous mal-mener. Scarron , Roman , 2. p. Se tirer d’afaire. II s’est démêlé avec esprit de l’afaire qu'on lui avoit faite.) AFAIRE , f.s. Ce qu’il apartient à une personne de faire , & ce qu’elle fera mieux que qui que ce seit. ( C’étoit l’afaire de Lucien t^ui étoit un peu Athée , & qui avoit P esprit enjoué , de se moquer du Ciel & de la Terre. C’étoit aussi l’afaire de Molière qui connoissoit les caractères des hommes , de jouer les bigots & les Médecins.) f AFAIRE , f f Ce qui est le fait d’une personne, ce qui acomniode bien une personne. Le mot d ’a- faire , en ce sens , est bas & comique. (Reposez- vous fur moi, j’ai vôtre afaire. Mol. Bourg. Si feu mon pauvre Père Etoit encore vivant , c’etoìt bien son afaire. Rac. PI. a. 1. sc. 3.J AFAIRE , s. f. [Opuf.j} Besoin. On a afaire de tout le monde. Un homme un peu Philosophe n’a pas afaire de beaucoup de bien pour vivre doucement.) AFAIRE, s f. Chose qui demande du soin , & de la peine pour être terminée. ( C’est une afaire que cela, & st n’en sauroit venir à bout. Ce n’est pas une afaire pour lui , & il la terminera avec honneur.) AFAIRE , s. f. Ce mot signifie chose qui s’est passée , & on dit, je scai l’afaite ; mais quand' on pârle F ) de 46 AFA áe ce > qui est arrivé de son tems , ou de íbn siécle, le mot d ’afaire se dit ordinairement au pluriel. (Ecrire des afaires de son tems. Abl. Tac. t. 3. S’instruire des afaires de son tems. Pénétrer dans le secret des afaires de son siécle. Voir clair dans les afaires de son tems. Savoir bien les afaires de son tems. 11 «st toujours dangereux d’écrire des afaires de son tems, quand on afecte trop d’en dire la vérité.) Aï'AIRE, fi. /. Ce mot, en parlant de la conduite des afaires d’un Etat, se dit toujours au pluriel, & fignifie le maniment de tout ce qui regarde PEtat. ( Entrer dans le maniment des afaires. Exclure quel- cun du maniment des afaires. Mémoires de la Rocbe- foucaut.) AFAIRE , fi. fi. Ce mot ne se dit qu’au pluriel, quand il signifie ce qui regarde les intérêts d’une, ou de plusieurs personnes. ( On doit se mêler de ses afaires, & ne point s’embarasser l’elprit de celles cf a titrai. Le service que vous voulez que je vous rende, ruine mes afaires , & n’acommode pas les vôtres. Saint Evremont , ceuvres mêlées , pag. 442.) Aï AIRE, fi. f. [Pacíum , conventio. j Marché, traité , convention. ( J’ai fait a faire avec un tel , de fa Charge.) Aï AIRE , fi f. [j Cura , follicitudo. ] Embarras domestique , qui vient du peu de foin qu’on a, ou que l'on a eu de son bien. Afaire , en ce sen* , n’est en usage qu’au pluriel. (Malherbe étoit mal dans ses afaires : car Gombaud dit qu’il est mort pauvre , & que lui vit comme Malherbe est mort ; l’excellent Monsieur Patru étoit mal dans ses afaires lors-qti’il est mort. Chapelain étoit bien dans ses afaires, puis- qu’il a laide en mourant plus de cinquante mille écus. Tous les Comédiens, & tous les danseurs font bien dans leurs afaires , parce qu’ils gagnent ce qu’iìs veulent , & qu’ils ont pour la plupart de belles & de donnes pensions.) f AFAIRE , fi. fi. On se sert de ce terme particulièrement quand il s’agit des actions de guerre. (Cet Officier a bien vû des afaires. L’afaire a été quelque tems disputée. C’est une afaire glorieuse. C’est une afaire malheureuse.) H AFAIRE , f. f. Est aussi un terme général, qui se dit de toute sorte de chose , & que l’on substitue souvent à la place des termes propres & particuliers de chaque chose. Ainsi on dit, c’est une afaire fâcheuse , une afaire aisée , une afaire dificile , une afaire agréable. On dit, cet homme a eu afaire avec cette femme ; pour dire, qu’il a eu un mauvais commerce avec elle. f * AFAIRE , f f. ['Ventris J’olutio.'] Nécessitez naturelles. Ce mot, dans ce sens , veut toujours un pluriel. ( Depuis ria guéres fiai vu le Roi dans J'es afaires. Volt. Poésies. Iî est constipé & il ne sauroit faire ses afaires.) f AFAIRE', afairée , adj. [Negotìofiw , negotiis plexus , are alieno oppreffits .2 Mot bas pour dire qui a bien des afaires , qui est acablé d’afaires. ( II fait î’afairé. Elle paroît toujours afairée.) AFAISSEMENT , f. m. [ Sedimentum .3 Prononcez afaiffeman. C’est 1 ’abaissement de quelque chose, causé par fa propre pesanteur. ( L’afaissement de la terre en cet endroit, est considérable.) S’AFAISSER, v. r. [ Deprimere _/i\) C’est s’abaisser par fa propre pesanteur. S’afaijfir , se dit de la terre , & des bâtimens. ( Mur qui commence de s’a- faiffer. La terre en cet endroit s’afaiíì’a extraordi- nairement. {$ On dit qu’un bâtiment est afaiffé , lors qu’étant fonde fur un terrein de mauvaise consistance , son poids l’a fait bailler ; ou lors qu’étant vieux, il menace ruine. On dit aussi qu’un plancher est afaiffé, lors qu’il n’est plus dans son niveau. f AFAITAGB , fi m. Terme de Fauconnerie. Som qu on prend pour afaiter , ou pour bien dresser un oiseau de proie. f AFAITER, v. a. C’est aprivoiscr un oiseau sau- 1 on rend familier & doux, qu’on assure pour revenir sur le poing , ou au leurre. C’est aussi l’in- troduire au vol, le curer , le traiter, &c. f AFAITER des peaux ; c’est les travailler à la Tannerie , « kar donner cette façon. AFE AFAITEMENT , fi m. Terme de Plomb*-,-. Voyez enfaitement. AFALE', Afialée , adj. [Nazis coassas Terme de Mer. Ce mot se dit des bâtimens qui font fur mer, & signifie, forcé par le vent de fe tenir près de la terre , ce qui cause quelquefois leur perte. ( Leur vaisseau est afalé. Des Roches Dictionnaire de Marines AFALER , v. a. [ Deprimere . ] Terme de Mer. C’est faire baisser. (Afaler une poulie , afaler une manœuvre. Des Roches , DìHionnaire de Marines AFAMER , ». «• [ Famé premere -2 Faire foufrir la faim. Causer une faim qu’on ait peine à suporter, ou qu’on ne puisse endurer. ( Afamer l’ennemi. Le moïen de prendre des Villes imprenables , c’est de les afamer.) AFAME', afamée, adj. [ Famé prejjus.'] Qui est pressé par la faim , qui est acablé de faim. L’enne- nii est afamé , & il périra bien-tôt ; la Ville est afamée, & il faut qu’elle fe rende promtement.) H On dit Froverb. Ventre afamé n’a point d’oreil- les, pour dire qu’un homme pressé de la faim , réécoute guère ce qu’on lui dit , qu’un peuple afamé n’écoute point la raison dans la disette. * AFAME', afamée , adj. [Cupidus.] Ce mot , au figuré est beau. II signifie la personne qui délire ardemment quelque chose , qui a une ardente passion d’avoir quelque chose. ( 11 est afamé de gloire. Abl. Luc. t. Pensez-vous que ce soit un homme afamé de femmes ? Mol. Pourceaugnac , a. 2. De louange U d’honneur vainement afamée, Vous ne pouvez aimer & vouiez être aimee. Volt. Poésies.) Cfi M. de Balzac écrivant à M. Chapelain Autrefois j’étois de ces afamez d’honneur , que le dejìr de vaincre inquiète jour £ef nuit. AFAME' , afamée , adj. f Confiriflttí , ar( latins Mot de Tailleurs & de Couturiers. Ce mot fe dit des habits aufquels on n’a pas mis autant d’étofe qu’il en faloit pour les faire raisonnables. Le mot d’af.t- mé, en ce sens, est figuré. (On dit, ce juste-au-corps est afamé. Cette veste est afamée. Cette jupe est un peu afamée, & cela fait qu’elle n’a pas tout-à-fait bon air.) AFANURES , f f plur. C’est, en quelques Provinces, le ble que gagnent les bateurs & les moissonneurs au lieu d'argent. V. Ajfianeun. AFE'AGER, V. a. Donner à féage. C’est quand le Seigneur aliéné une portion de terres nobles de son fief pour être tenuës en roture , a la charge d’une certaine redevance. Voyez T art. 35 g. de la Coutume de Bretagne , 359. 0 II y a plusieurs articles dans cette Coutume, concernant les aféagemens , & j’ai remarqué que Devin , dans ses Notes fur les Arrêts de Frain , est très- opofé fur cette matière , comme fur plusieurs autres, aux lèntimens de d’Argentré. AFECTATION , fi f Ce mot vient du Latin affeHatio s & on le prononce en HcAncois ajfiflacion. C’est un atachement particulier qu’on a plutôt pour une chose que pour un autre. (Afectation fote, ridicule , impertinente, grossière, infuportable. Afectation loíiable, fuportable , tolérable , particulière. Avoir de l’afectation pour le bleu. Elle fait paroi- tre trop d’afection pour cela. Tout le monde blâme son afectation à cet égard. On condamne son afectation en cela.) AFECTATION, fi. f. C’est un soin particulier & trop plein d’art. Le motd’n/L?à,» , en ce sens , !é dit en matière de langage & de choses d’efprit- (L ne afectation basse, puérile,ridicule, indigne, fade, Impertinente. Tomber dans l’afectation. Abl. Luc. Le Tasse donne quelquefois dans Pafèctation, lors-que Ion sujet 1 en éloigne. Maniéré de bien penser, dialogue 2. L’afectation vient de trop d’efprit, & si cela est vrai, >1 ne faut pas s’étonner, II les Poètes Italiens, & les Poe tes Espagnols en ont ; ear ils ont de l’elprit. Croît-il réjouir les honnêtes gens par quantité de basses aíecta- tions, qu’il trouvera condamnées par tous les bons Auteurs? Racine , Iphigcnie, préface.) [fi L’afectation est désagréable dans toutes choses, mais principalement dans le discours. Le Cardinal Pallavicin comparant le stile de Seneque aves celui de Cicc- AFE Qiceron, dit que le premier parfume fes pensées avec d(e l’ambre & de la civette, dont l’odeur ne manque pbint de nous entêter : Parfuma dico i suoi concetti con ambra, è con un cïbetto, cbe à longo adore danno m tejìa. Mais Cicéron répand, au contraire, une lumière îemperée fur fes Ouvrages, qui les rend & plus agréables & plus intelligibles, & les arrose legerement avec un peu d’Eau d’Ange, qui flate l’odorat, & réjouit le cerveau : Illumina le Pbiloj'ophicbe Speculazioni, con una luce îemperata, cbe le fà ejfere, nom solo piu ador- ne, ma piu chiare, le Jpruzza d’un’ acqua d’Angeli, che lujìna l’odorato, ed ìnsìeme conforta l’intelleto. N’est-ce Í ìoint là tomber dans le défaut dont on veut corriger es autres ? Que la remarque attribuée à M. de Vaugelas, fur la diference entre afeHée & afétée , soit de cet Auteur, ou non, elle est utile , & il ne faut pas l’oublier. Ce sont deux mots ausquels beaucoup de gens se trompent, parce que, y ayant quelque aparence que afété vient d ’aseHé , d’autant qu’il n’y a point d’aféte- rie sans afellation , on les confond ensemble ; & cependant on dit, une femme afétée , & non pas afeHée ; & la diference est si grande , que celui-ci a la signification passive , & f autre active. On dit aussi , un stile afété ; & afeHé ne vaudroit rien en ce sens-là. AFECTER , v, a. II vient du Latin affeHare. C’est tâcher avec un foin particulier d’avoir. -C’est tâcher ..avec un atachement & remarque d’être ou de faire paraître. (Chacun dans toutes les professions «/êâ une mine , N un extérieur pour paraître ce qu’il veut qu’on le croie. Nicole , essais de morale. 11 afecte de paraître ce qu’il n’est pas. Abl. Luc. Ce mot a- fefler régissant un nom , veut Yacusatif , & régissant un verbe, il a Yinfinitif , précédé de la particule de. Quoique gueux , il afecte un air grave , & fier, qui fait rire tout le monde. Ménet afecte de faire voir qu’il est tout ce qu’il n’est pas , honnête, sincère , re- connoissant & vertueux. Les plus habiles afectent de blâmer les finesses pour s’en servir en quelque grande occasion. Maximes de Monsieur de la Roche- foucaut. On n’est jamais si ridicule par les qualitez que l’on a , que par celles que l’on afecte d’avoir. La Rocbefoucaut maximes , z. partiel) AFECTER, v. a. [ Adjungere. ] Atacher, joindre. ( On a afecté ce droit à la Charge.) * AFECTER , v. a. Destiner quelque chose pour un usage particulier. On a afecté tous ces biens pour nourrir les pauvres soldats estropiez.) AFECTER, v. a. [Oppignerare.J Terme de Palais. C’est-à-dire , hipotéquer , obliger , engager. ( Cela n’empêche pas que la dette ne demeure, qu’elle ne subsiste & n’afefte tout le bien. Patruplaidoié ;.) f AFECTER , v. a. Terme de Médecine , un humeur maligne a afecté cette partie. II est à craindre que ce remede n’afecte la partie. Cet homme a la poitrine afectée. AFECTE’, a sellée , adj. \_Affeflatitís\ Qui a de l’a- fectacion , qui paraît recherché & étudie avec trop de soin , & trop d’art. ( II a un air afecté, & cela ne sied pas bien à un galant homme. Je ne saurois soufrir vos rigueurs afectées. Gomb. fonn. Cette simplicité afectée est une imposture délicate. La Rocbefoucaut , maximes morales. Le livre du P. B. est d’un stile afecté, flaté ,. peint, de nul usage, un pur artifice. If Aucour, sentir,icns de Cleante , /. 8- t. 12 . ) * AFECTE ', afeíléè, adj. \_AdjunHusl\ Qui est joint, qui est ataché. ( Le nom de Taxile étoit afeHé à ceux qui fuccédoient au Royaume. Vaug. L 8. c. 12 .) AFECTE’, afeHée , adj. [ Oppigneratw. J Terme de Palais , c’est-à-dire , engagé, & obligé. Cet héritage est déclaré afefíe' & hipotequé à cette dette. La maison est afectée & hipotequée à cela.) t AFECTÍF , afeclive , adj. [AffeHuum movendn- rum potens .] Ce mot vieillit fort , & signifie qui excite , qui touche. (Son discours est afectif. Ses manières de prononcer &.de parler font afectives. On dit plutôt , fes manières de parler font touchantes. Ses manières de prononcer & de parler touchent, & vont au cœur.) ($' AFECTIF n’est point en usage , & le Livre de la Théologie afefíìve ne l’autorise pas. Les gens qui parlent bien , disent , un naturel tendre , un naturel afeHueux , au lieu à’afeHif. L’Auteur anonirne, est d’un avis contraire dans la fuite de fes Réflexions fur la Langue Françoise. S’il en sti u t croire l’Auteur des Remarques nouvelles afethf AFE 47 n’est point en usage : mais s’il faut s’en raporter à tout ce qu’il y a de gens qui sçavent nôtre langue, afeHif est un bon mot. Cet Auteur ne considéré pas qu ’ afeHif a un sens diférent d’ afeHueux. AfeHif erf ce qui produit, ou peut produire des sentimens touchons ; & afeHueux , est ce qui contient les afections mêmes, ou qui les exprime : par exemple , certaines véritez font afetliv.es , & les sentimens qu’elles inspirent, sont afeHueux ; ainsi on peut dire, des véritez afellives , des sentimens afeHueux , des discours afeHifs , des mouve- mens afeHueux. La Théologie afeHive, que notre Auteur condamne, est fans comparaison mieux que Théologie afeHueuj'e. Quoi que ce faiseur de Réflexions puisse dire, afec- tueux est plus en usage eps afeHif, & ;1 arrive rarement que ce dernier trouve à se placer aussi bien que dans le Livre de la Théologie afeHive s il semble même que sa distinction est juste. ÀfeHif est ce qui produit Yafec- tueux : mais il faut s’en tenir à l’usage. f L’Academie dit que ce mot n’a guère d’usage qu’en parlant des choses de pieté. (II parle des choses de Dieu d’une maniéré très-afective, S. Bernard est un des Peres de l’Eglile le plus afectif.) AFECTION , f f [ Benevolentia. ] Prononcez afection. Ce mot semble venir du Latin affefiio , c’est- à-dire, bienveillance, amitié qu’on a pour une personne. (Afection grande, violente, ardente, durable, extrême, sincère, précieuse, véritable, particulière, importante. Afection fausse, afection aparente. Afection fossile, puérile , basse. Le mot d ’afeHion se dit des Grands à l’égard des personnes qui font beaucoup au- dessous d’eux. Son Altesse Sérénissime le Prince de B.** a de l’afection pour fes sujets. II témoigne une particulière afection aux personnes qui le servent fidèlement. II porte de l’afection aux honnêtes genâ, Alexandre prenoit en afection le mérite. Abl. Ar. Le mot d ’afeflion se dit aussi des égaux les uns à l’égard des autres. Une afection parfaite vaut mieux que toutes choses. Voit. lett. 50. D’Ablancourt avoir beaucoup d’afection pour Patru, & Patru en avoir une in= croïable pour d’Ablancourt. L’afection des jeunes femmes un peu coquettes n’est pas fort ardente pour leurs vieux maris, à moins que ces pauvres bons hommes n’aient une aveugle complaisance pour leurs chères moitiez, & pour toutes leurs petites manières.) AFECTION, f f. [ Amor. ] Signifie aussi amour, tendresse, & il se dit proprement des amans, des pères & des mères à l’égard des enfans, & des enfans à l’égard des pères & des mères. (II a une ardente afection pour fes enfans, & fes enfans en ont aussi une toute particulière pour lui. Son afection est remarquable pour fa famille. L’afection qu’il fait paraître pour fa mère, est digne d’estime. II me reste, Mademoiselle, beaucoup d’années à vous aimer, & mon afection étant fi grande, & si parfaite , je m’imagine qu’il n’est pas possible que je cesse si-tôt d’être vôtre très» humble serviteur. Voiture, lett. 30.) AFECTION , f. f. {fìtudiumfs Ce mot veut dire souvent, un atachement ardent & un zèle passionné qu’oa sent, & alors il fe dit des inférieurs à l’égard des supérieurs, & il fe dit aussi des choses pour lesquelles on a un grand panchant & une atache particulière. (Vous direz, s’il vous plaît, aux deux belles Princesses , auprès de qui vous êtes, que j’ai une afection fans pareille pour leur très-humble service, & que cette pas. sien duréra après ma mort. Voit. lett. no. On fessait honneur de faire comprendre à des personnes supérieures l’extrême afection qui nous atache à elleS. Volez le livre de la guerre civile des François fur leur Langue, queflion 18. page 69. II est d’un honnête homme de fe porter avec afection à tout ce qui regarde son devoir. Méré, discours de i’efirit.) ff M. de Voiture a dit dans une de fes Lettres : Trouvez bon que je vous assure qtéil y a beaucoup de pajjìon dans l’afeHion que f ai de vous servir. Le P. Bouhours s’explique ainsi dans fes doutes fur cet endroit : N’auroit-il point mieux dit, que la passion que f ai de vous servir, efl très-ardente P On joint un verbe avec pajjìon ; mais je ne fqache pas qu’on en joigne un avec afeliion, ni qu’on dise, f ai une grande afection de vous servir. II faut prendre garde, dit le P. Bouhours , dans fes nouvelles Remarques, comment on se sert de ce mot. On dit fort Bien, afeliionner une afairec’efl une afai - re pour laquelie je m’afeHionne, pour dire, à laquelle je m’inter es e , c’est une chose à laquelle je ne m’afec- îian- 48 AFE tionne pas grandement. Mais ce ternit mal parler que dire, afeftionner une personne, fur tout quand elle est égale, ou qu’elle est au-dessus de nous ; & le Surintendant Bullion ne parla pas juste, quand aïant fait bâtir une Chapelle aux Cordeliers, il répondit aux Peres qui vinrent lui demander à quel Saint il vouloir qu’elle fût dédiée : Helai, mes Peres, ils me font tous indìfé- rens, je rìen afeHionne aucun en particulier. On pour» roit dire peut-être afeHïonner, d’un Prince à l’egard de son sujet, & d’une personne de grande qualité à l’é- gard d’une personne de basse condition : Le Roi afec- tionne un tel. Des personnes très-polies disent, afeHionner en un autre sens ; elles disent, par exemple : Les faiseurs de Comédies U de "Nouvelles historiques, doivent afeHion- ner les SpeHateurs [f les LeHeurs a leurs principaux personnages. Je n'ai jamais vu une Nouvelle historique plus languissante U plus froide ; en la lisant, on ne prend parts pour personne ; l’Auteur n’afeHionne à rien. On dit, s’afeftionner a une chose. Quoiqu’on ne dise pas, afeftionner d'égal à égal, & encore moins d’un inférieur à l’egard de l'on supérieur, on peut le dire dans cette signification palììve : Je n’ai jamais vù. de serviteur plus afeHionné á son maître. Dans les Lettres, afeHionné serviteur ne lé dit qu’à l’égard des gens qui font au-dessous de la personne qui écrit ; & nous sqavons qu’un grand Ministre d’E- spagne ayant reqû une Lettre d’un Prince de France, qui lui donnoit du très-afefíionné, ne pût s’empêcher, avec tout son phlegme, de déchirer la Lettre devant tout le monde, & de se plaindre hautement de l’inci- vilité du Prince. Le Favori Espagnol fit voir par là qu’il entendoit le terme François. f AFECTION , f. f. [ Affeftio .3 Ce mot se dit quelquefois dans les matières de Philosophie, & il signifie Jes diférentes qualitez & les diférens changemens qui surviennent à quelque corps, & dont on dit qu’il est afecté, c’est-à-dire, chargé & revêtu. (On a trouvé l’art d’observer toutes les diférentes afections de Pair par le Termométre. Votez réflexionsfur la Physique.) t AFECTION, f m. Terme de Trigonométrie. Les ■angles de même afeHion font des angles de même grandeur ; ou qui font tous droits, ou obtus, ou aigus : les angles de diferente afeHion, font ceux dont la grandeur est diférente. AFECTIQNNER , v. a. [Amure .Ce mot semble Venir de l’îtalien afettionare, & signifie, aimer, avoir de l’inclination , sentir du panchant pour quelcun : mais il ne se dit dans P u sage ordinaire, qu’en faveur des gens au-dessus desqnels on est. L’on dira bien, le Roi afectionne ceux qui le servent fidèlement, mais on n’oseroit dire ; Polisson , Despréaux & Racine, qui sont des Historiens François de Louis XIV. P afeftion- nent véritablement. Au lieu d ’afeftionner, en ce dernier exemple, on dira, ils ont un véritable zèle, & un profond respect. AFECTIQNNER , v. a. [Propendere in aliquid.) Ce verbe, au figuré, se dit des choses, & signifie avoir une atache particulière pour une chose ; y prendre un véritable intérêt. (C’est une afaire qu’il afectionne particulièrement. C’est une chose qu’il afeétionnoit d’une maniéré singulière.) f AFECTIQNNER, v. a. [AfflccreJ Ce mot, au figuré, se dit auslì des personnes & signifie , atacher par quelque chose qui engage, & qui donne du plaisir. (Les faiseurs de Comédies & de Nouvelles historiques doivent afeHionner les Spectateurs à leurs principaux personnages. Nouvelles remarques fur la Lan- ■ gua Françoise, p. 50. Cette Nouvelle historique est froide & languissante , l’Auteur n ’afeHionne à rien. Nouvelles remarques. S’AFECTIONNER , í>. r. Je ni afeHionné, je me fuis afeHionné, je niafeHionnai. C’est s’atacher avec beaucoup de foin, c’est s’apliquer avec une ardente passion. C’est s’animer avec ardeur. S’afectionner veut au datif le nom qu’il régit. (On s’afeHionné à son métier pour y réussir. Us finissent avec trop d’exactitude certains endroits de leurs discours ausquels ils s’afec- tionnent. Votez réflexions fur l’éloquence. II s’afec- tionna tellement à la solitude, qu’il cherchoit le silence des forêts. Vie de S. Ignace.) AFECTIONNE', afeHionnée, adj. [Benevolus.J Aimé, chéri, pour qui on a de l’afection, de Pamour, de l’a- mitie, de Ondulation, ou du panchant. AfeHionné, en ce íens, íe dit des personnes, éè en matière de complimens, & de civilité, il se dit par la personne AFE supérieure en faveur de celle qui lui est de beaucoup intérieure. L’on n’étoit pas autrefois si atentif fur le cérémonial, les choses font bien changées, non seulement à cet égard, mais encore à l’égard d’une infini, té de mesures que l’on doit garder dans le commerce du monde & suivant les réglés de l’exacte politesse. On voit en effet plusieurs Epîtres dédicatoires adret sees à de grands Seigneurs, où PAuteur se contente de prendre la qualité de Vôtre très-humble fst afeHionné serviteur. A présent on est plus poli & plus exact à garder les bienséances. * AFECTIONNE', afeHionnée , adj. [ Studiosw. ] A taché avec ardeur, & avec amour. (II est afection- né à son parti. Les Ecossois ont été de tout tems fort afectionnez à la France. Nouvelles observations Jur la Langue, page 69. C’est une fille qui a du mérite & de la piété, & qui est particulièrement afectionnée a son Ordre. AFECTUEUX , afeHueuse, adj. [Amoris U benevo- lentiœ plenm.] Ce mot semble venir de l’Italien afet- tuoso, & il veut dire, qui marque de l’afeétion, qui témoigne de Pamour. AfeHueux, ne se dit que des choies, & est vieux. ( Discours afectueux, paroles afectueuses.) (S AFECTUEUX. Ce mot est fort bon , dit le P. Bouhours, dans la fuite de ses Remarques nouvelles, & se dit sur tout en matière de pieté, pour marquer ce qui vient du cœur. Les Pseaumes de David, dit le Traducteur de Rodriguez, font remplis d’une infinité de divers mouvemens aseHueux. Autre chose est de s’ocuper de longs discours, & autre chose de s’en- tretenir long-tems dans des sentimens aseHueux. H L’Académie admet ce mot, ce qui confirme le jugement du P. Bouhours. On dit, Discours aseHueux , mouvement aseHueux, paroles afeHueufes. t AFECTUEUSEMENT, adj. [Amanter, benevolè, studios .) Ce mot vient de l’Italien affettunfamente. 11 est surannée. C’est-à-dire, d’un air qui marque de l’afection. (Parler afectueusement.) AFE'RENTE, adj. f. Terme de Palais. 11 faut partager cette succession en trois lots, afin que chacun en ait fa part aférente. C’est-à-dire , la portion qui lui échoit. AFERMER, v. «. [Locare.) Ce mot se dit des terres, & des biens qu’on a à la campagne. C’est louer à quelcun les biens & les terres qu’on a hors des Villes. C’est les donner à ferme. ( Afermer une terre. Afermer un fief. Afermer des héritages.) AEERMIR, v. a. J’afermi , ou j’afermis , j’afer- mijjois, fajermis, f ai afermi, j’afermirai. Ce mot vient du Latin ajstrmare. C’est rendre plus ferme, & plus stable. (Les pieux qui afermissent cela en terre, ne s’arrachent jamais. Port Royal, Isaye, ch. 53. t AFERMIR, v. a. [Indurare, flrmare.) C’est rendre plus fort & plus vigoureux. (Le froid afermit le corps. La bonne chère, véritablement sage & délicate afermit la santé.) f AFERMIR, v. a. [Stabilires\ Rendre plus ferme, assurer , (rassurer. Cela n’a servi qu’à afermit nôtre amitié. Abl. Luc. La nouvelle de cette victoire afermit l’Alie qui branloit. Vaug. Quint. ch. 9. L’a- probation afermit & fortifie les hommes dans l’idée qu’ils ont de leur propre excélence. Nicole, Estais, t. 1. On tire dcl’Ecriture Sainte une consolation qui afermit l’efpérance des biens à venir. Port-Royaí, Nouveau Testament, préface, 1. partie.) S’AFERMIR , v. a. [Stabilité , firmare j'e. J Je tria- fermis, ou je m'afermi, je m’afermijjois, je m’afermis, je me fuis afermi , je triafermirai. C’est devenir plus ■ ferme, c’est devenir plus stable, & plus fixe. (La terre commence de s’afermir en cet endroit. t S’AFERMIR, v. r. Ce mot pris figurément, veut dire, fe rendre plus assuré , se rendre plus ferme, s’affiner. (Aimer à s’afermir famé. Voit. lett. t, 7. S’afermir dans ses connoissances. Abl. Luc. 11 l’afermit dans la mauvaise voie., Port-Royal, Psaume Mon repos, mon bonheur Jhnbloil être afermi , Aténes me montra mon superbe ennemi. Racine, Phèdre, a. 1 .sc. 5.) AFFERMISSEMENT , s m. [ Stabilimentum. ] Prononcez afermisteman. Ce mot, au propre, signifie tout ce qui afermit, tout ce qui rend plus fort & plus ferme quelque chose. ( L’afermissement des bandages est nécessaire. U faut songer à l’afermissement de tout A FI le corps. ïiegorì, mots de Médecine, f Ce mot n’a guère d’usage au propre, suivant l’Academie. f AFERMISSEMENT , f. m. Ce mot, au figuré, signifie établissement assuré , sûreté , apui, assurance. (C’est vôtre puissante & adroite main qui travaille avec _ tant de bonheur à l’afermiflement de nôtre repos, Cofiar, t. 2. lett. 29. Mon Dieu, vous êtes le seul soutien , & le seul affermissement des âmes. Arnauld, Confessions de S. Augustin, l. 2. c. 10.) AFE'TE', afétée , adj. [ Affeftatus .] Ce mot dé- cend de l’Itaíien affettato , & lignifie qui a de l’aféte- rie, qui a quelque chose de trop recherché. Afété se dit des personnes & du langage. (La plus petite est la plus afétée. Voit. lett. Le P. B. est un Cavalier fort afété. D’aucour , Cleante , t . 2. Je laisse aux douceur eux ce langage afété , Où s’endort un esprit de molejjé hébété. Desp .fat. 9. Ce marbre avec Ja nudité., Me paroijfoit trop afété. S. Amant, Rome ridicule.) Voïez AFECTE'. AFE'TERIE , f. f. [ Afeftatio .] Soin visible & plein «sart, dans les choses qu’on dit, ou qu’on fait. Manières afétées & engageantes dont on se sert pour venir à bout de quelque chose. (Aféterie pure, aféterie fo- te, ridicule, dégoûtante, ennuieufe. II y a trop d’a- féterie en cela. L’aféterie est visible. On remarque de l’aféterie dans toutes ses paroles, & cela ne sauroit plaire. Ses actions font pleines d’aféterie. stoppée, la plus belle & la plus spirituelle Dame de son tenís, prit d’abord Néron par ses aféteries & par ses caresses. Abl. Tac. ann. I. 15. ch. 16,) 0 AFEUBLE', habillé. AFEURAGE , ou aferage. [Aéftimatio Venaliumé] írix que í’on met aux denrées. ( Droit d ’afeurage. On dit dans le même sens, afeurer ou aforeré) 0 AFFAME'- Terme d 'Imprimerie. C’est un caractère brouillé, plus petit que les autres. Nous lisons dans le premier tome de l’Hiftoire de l’Academie des Inscriptions, pag. 212. Ces mots ajoutez J'ont d’un caractère affamé, qui effleure a peine le marbre , £s? ils font placez partie en entreligne , partie dans les lettres mêmes de P ancienne Inscription , qui font grandes, pleines N profondes. Voïez afamé. (f AFFANURES- On apelle ainsi dans la Bresse, dans le Dauphine & aux environs , le salaire en grains & en gerbes, des moissonneurs & de ceux qui bâtent le blé. Les Italiens disent ajfannare., qui signifie fâcher, afliger, tourmenter ; & comme Ménagé l’a expliqué dans ses Origines de la Langue Italienne, afa, che vale quel affanno cagitmato da gravezz-a ct aria, 0 del grand caldo, les moissonneurs & les bateurs de blé soufrent beaucoup de l’extrême chaleur de l’Eté. 0 AFFINER , signifie, achever une chose , la finir. L’Ovide manuscrit, souvent cité par Borel, & dont j’ai une copie : Achiìles le preux combatables Avoit été Jì destinez, Qifil nepouet ijìre affinez, Fors par la plante feulement. (f AFFUTER, signifie, parmi les Ouvriers, égui- fer. Affûter les outils. Quelques autres disent, affûter les crayons, pour dire, éguiser. Affûtage veut dire aussi, fourniture d’outiis. Etre bien affûté , avoir tout son affûtage, c’est avoir tous ses outils. Félibien. Voïez afutage & afuter. AFICHE, f f. f Libellas publicè affixus. J Papier qui est ordinairement imprimé, & qu’on afiche aux ca- refours des rués passantes, aux portes des Eglises , & auprès des Palais, pour avertir le public des choses qui regardent ses intérêts. (Une petite, une grande afiche , une afiche bien ou mal écrite. Afiche imprimée en gros caractères. Les aficheurs des Comédiens vendent les afiches aux épiciers, aux cbaircutiers & aux beurrieres. C’est dans la boutique de ces gens- là qu’on dit qu’on trouve les œuvres du pauvre Monsieur Vaumoriére. Parlant d’afiches, dites, mettre une afiche, ôter Une afiche. Dès qu’on voit le nom du Seigneur Tomas Delormes afiché, on en déchire aussitôt l’afiche, & cependant c’est la fleur des beaux esprits du Daufiné.) AFICHE j f. f. [Tabula publicè propojìta .] Terme AFI 49 de Pratique. C’est un exploit de Sergent, aíaché à la porte d’un particulier, à celle d’une Eglise, ou auprès d’un Palais pour faire savoir qu’un bien eu saisi dans les formes prescrites par la Justice. (Aposcr une afiche.) AFICHE , f f. Terme à’Ecolier de Jésuites. Papier embéli Ordinairement de quelque cartouche, nu dedans duquel il y a du Grec, de la prose Latine , des vers Latins, ou quelque énigme. (Une belle afiche, une jolie afiche, faire une afiche, atacher une afiche, expliquer une afiche. Ces anches font bien imaginées, elles donnent de l’émulation aux jeunes gens qui ont d u cœur. AFICHES , f f. Xfìohmnes litterarium lucubratio- num profcriptionesé] Terme à’Ecolier de Jésuites. Tems pendant lequel on fait & on explique les afiches dans les classes d’humanité des Jésuites. Afiches, en parlant de ce tems, ne se dit qisau .pluriel. (Les afiches font dans quinze jours. On fait les afiches un peu avant les vacances. Durant les afiches, on distribué les prix aux écoliers qui ont le mieux écrit en prose ou en vers, & l’on explique en Latin & devant tout le monde une énigme fur un Téatre bien paré. II n’y a point de classes aux Jésuites pendant les afiches. Les afiches durent quelques jours. II y a tous les ans des afiches aux Coléges des Jésuites. Les afiches réjouissent les écoliers, & les portent à l’étude. L’Uni- verfité de Paris ne fait pfeint de ces fortes d’afiches, & tant pis pour elle.) f AFICHE , f f. Terme de Maîtres Peseheurs, C’est une forte pointe de fer áû bout d’une perche. On s’en sert à arrêter le bateau* en la fichant & enfonçant profondément dans le fable ou la vase de la rivière. AFI CHE R, D. a. f Libellum publicè profcribere. J Mettre des afiches aux coins de rues, aux portes des particuliers , ou aux Eglises. On afiche pour avertir îe public de ce qui regarde son plaisir, ou ses intérêts. Le Lieutenant de Police fait aficher ses ordonnances. Les Libraires font aficher les livres qu’ils ont nouvellement imprimez ; mais ils ont beau aficher les ouvrages du Seigneur Amelot de la Houssaïe , personne ne va. les leur demander, & son Tacite est mille fois plus dur que les œuvres de nôtre ami Monsieur Charpentier. J AFICHER, v. a. Terme de Cordonnier. C’est couper les extrémitez du cuir lorsqu’il est fur la forme. (Aficher une paire de semelles, aficher une paire d’em- peignes.) AFICHEUR. , fi m. Celui qui pour l’intérêt du public & des particuliers met des afiches aux carefours & aux coins des rués passantes. Un bon aficheur, Pour être aficheur, on ne fait ni aprentissage, ni maîtrise. Un aficheur gagne tous les jours fa piéce de trente fols. Les Comédiens ont trois aficheurs, l’un afiche un jour, & l’autre un autre.) AFIDE', afidée , adj , [Fidus, fidélisé] Il vient de l’Italien afidato. C’est la personne en qui l’on se fie ; celui ou celle dont la fidélité est assurée. (II étoit afi- dé à Alexandre. Vaug. Quint. L 7. Elle étoit son afidée.) f AFIER, v. r. [Considéré alicuié] Je niafie , je me fuis afié, je m’afiai, jem’afierai. C’est faire fond sur la fidélité de quelcun, compter sur la bonne foi d’une personne. S’afier, est vieux , & en sa place on dira Je fier , se confier , s’assûrer fur la fidélité d’une personne, AFIER 5 v. ZSerere, propagare. J Ternie A’Agriculture. (Planter, provigner des arbres en fions o« boutures dans un jardin.) 0 Ce terme a signifié convenir, S’il vous afiert , c’est-à-dire , s’il votes convient. AFILER , v. a. [Aurum vd argentum infila ducereé] Terme de tireur d’argue. C’est mettre le lingot d’or ou d’argent dans la filière , mettre la verge d’or ou d’ar- gent dans la filière. (Afiler un lingot, afiler une verge d’or , afiler une verge d’argent. AFILER, v.fi. [ Acuere ,] Terme de Coutelier. íi vient de l’Italien affilare. C’est donner le fil fur la pierre. (Afiler un rasoir , afiler un canif ; 011 n’afìle qu’après avoir émoulu & poli. Les Jardiniers afiient leurs serpettes.) f * AVOIR le bec bien afilé. Façon de parler proverbiale & figurée, qui fe dit des personnes. C’est bien causer, c’est avoir beaucoup de caquet, e’est bien ba^ biller. Tome L G m 50 AFI (II lut fitseulement le bec Quoiqu’il l’eût afilé comme fine alumelle. St. Juffans, billet, F. 122. Elles ont le bec bien gelé, Et le caquet mal afilé. Poète Anonyme.) (C’est-à-dire, qu’elles ne causent pas bien.) AFILIER , ». a. [Communie are .] Terme de Religieux. On prononce presque afilié. C’est faire participant de tout le mérite , & de tout ce qu’il y a de saint & de considérable dans un Ordre. ( Les Cordeliers ont afilié la maison de Monsieur N. à leur Ordre.) AFILIATION , f. f. (Communicatios Ternie de Religieux. On prononce afiliacion. Communication qu’un Ordre Religieux fait à quelque maison particulière de tout ce que l’Ordre a de plus saint & de plus précieux. (Après l’afiliation de la maison de N. à l’Ordre des Pérès Récolets , cette maison a fait à ces bons Pérès un présent de conséquence ; car rien pour rien ; point de présent, point d’afiliation.) AF 1 N DE. Conjonction qu’on rend en Latin par ut , & qui demande en François le verbe qu’elle régit, à Pinfinitif. (Faites , Seigneur , que nous connoillions la brièveté de nos jours , afin d’aquetir la sagesse du cœur. Port-Royal. Elle veut qu’on l’oblige , seulement afin de pouvoir être ingrate. Gornb. Pois,') Cette conjonction afin veut dans une même période deux constructions; à la prémiere, Pinfinitif; &à la seconde , le subjonctif, avec la particule que. . .. j’ai tenu cette conduite afin de Paire voir mon innocence à mes Juges , & que l’imposture ne triomphe point de la vérité. Vaugel. rem. Mr. de Corneille dans ses notes fur les remarques de Vaugelas , n’est pas tout-à-fait pour cette dernière façon de parler. Mais M. de Corneille est trop sage pour vouloir qu’on le croie infaillible. J’ai un parent un peu troublé d’esprit, que je veux vous donner chez-vous , afin de le guérir avec plus de commodité, Si qu’il soit vu de moins de monde. Molière , Pourceaugnac, a. i.sc. 6 .) AFIN que. Conjonction qui régit le subjonctif, & dont on fous-entend la prémiere partie au second membre de la période. Car si ce n’est par figure & en matière d’éloquence, on ne repete dans le membre second de la période que la particule que. (Afin que vous ne vous plaigniez point de moi, & que vous soïez content de mes petites réflexions, jê vous ferai voir qu’il y a quelque choie de vrai dans la Chiromance. La Chambre, traité de la Chiromance. Ils livreront le fils de l’homtne aux Gentils, afin qu’ils .le traitent avec outrage, & qu’ils le foiietent & le crucifient. Port- Royal , S. Mathieu , chap. 20.) Au reste , afin que , & afin de ne font pas si en usage que pour avec Pinfinitif. AFINAGE,/. m. [ Purgatìo .] Ternie de Gens qui travaillent à la monoïe, 011 à quelque métal. C’est le secret d’afiner. C’est Part de rendre plus fin quelque métal. Afinage signifie ausil la peine qu’on prend ou qu’on a prise d’afiner quelque métal. (Chercher Patinage de Por , trouver Pafinage de l’argent. Faire l’a- finage de l’étain. Les afinages aïant été trouvez , Por & Pargent ont changé de titre, tant à la monoïe qu’à Torfévrerie. Votez Touset, traité des Essais , l. 2.) _ ê On dit aussi l’Afinage du sucre , du chanvre , des aiguilles, &c. voïés le DìHìon. deSavary , fur les diverses fortes d’Afinage. AFINAGE , f ra. f In pulverem tenuijfimum redu- clio. J Ce mot se dit aussi de quelques autres choses que des métaux ; & signifie l’adresse qu’on a euë de rendre plus fin. L’afinage du ciment que nous apollons roïal, est véritable, ct incertain. Traité des Essais. í AFINAGE, f. m. Terme de manufècture de lainage , qui se dit de la meilleure & dernière tondure, que le tondeur des draps leur peut donner. Le Regle- ment de 170g. pour les draps de Languedoc &c. destinez pour le Levant, ordonne, qu’ils seront tondus d’Afinage avant de les envoyer à la teinture, en donnant trois façons , au moins, aux plus fins, £«? deux façons , au moins , aux communs. On apelle Afineurs ceux qui donnent cette façon. AFINEMENT, / m. Ce mot signifie faction d’afiner les métaux , &c. AFINER, v. a. [In pulverem reduceres Ce mot se dit du ciment. C’est le rendre plus fin , plus délié , & presque en poudre, impalpable. (Afiner le ciment.) AFINER, ». n. [Purgme .J Ce mot se dit des mé- AFI taux. Rendre le métal pins fin , le rendre meilleur, (Afiner Por , l’argent, l’étain , le cuivre , &c. AFINER , [D/er aperiturs Ce mot, en termes de Marine , se prend dans un sens neutre. II se dit du tems, & veut dire s’éclaircir, devenir plus beau. (Le tems commence d’afiner, le tems afine. Des Roches, Diéfíonnaire de Marines g AFINER , ». a. [Spíffìorem chartam subigendoJlrin- gérés Terme de Relieur. C’est renforcer. (11 faut afiner ce carton.) AFINER , ». a. [Cannabim in fila tenuiffìma duceres Terme de Cordier. C’est passer le chanvre, ou le lin, par Pafinoir pour le rendre meilleur & plus fin. (Afiner le lin, afiner le chanvre.) AFINER, ». a. [Caseum acriorcm singer es Terme de Fruitiers & de Gens qui font & vendent du fromage. C’est rendre le fromage jaune & gras. (Mettre afiner du fromage , faire afiner du fromage , afiner le fromage pour le rendre meilleur.) 4 AFINER, » a. surprendre par quelque finesse. II me vouloit afiner. II s’est laissé afiner. Ce mot dans ce sens figuré, est bas. Acad. Fr. AF 1 NERIE , f. f. [Fabrica tenuandoìn fiamina ferra aptas Terme de Gens qui travaillent aux forges.' C’est une espèce de petite forge ou l’on tire le fer en fil d’archal. (Porter le fer à l’afinerie.) AFINERIE f f. [Ferrmn in laminas tenuatums II signifie aussi un fer rafiné & mis en rouleaux pour faire divers ouvrages. (Vendre un milier d’afìnerie. Voie 2 Forge. AFINEUR , s. m. [Atari , argentì , velferri excoquen- di , purgandì artifexs Terme de Gens qui travaillent à Por & à Pargent. C’est l’ouvrier qui rend Por & l’argent plus fins, & qui leur donne le degré de bonté qu’ils doivent avoir. ) Un bon afineur. Un habile afineur. Etre afineur. AFINER , f m. Terme de Gens qui travaillent aux forges de fer. C’est l’ouvrier qui afine le fer dans l’afi- nerie. (C’est un bon afineur.) í§ Les Latins apelloient les afineurs , Cenarii , comme M. Bouterouë l’a remarqué, pag. iov où il explique comment on afinoit autrefois Por & Pargent quand les matières n’étoient pas au titre nécessaire pour fabriquer la monoïe ; ce qu’ils connoissoient par la pierre de touche, avec tant de certitude, qu’ils ne se trom- poient jamais. Pline, FUJI. lib. 33. cap. 3. On les afinoit par le feu. AFINITE' , f f. Ce mot vient du Latin affinitas. C’est une forte d’aliance , & de parenté que l’on contracte avec une ou plusieurs personnes. (Une afinité honnête , glorieuse , illustre , une afinité honteuse & infamante. Cette dernière espèce d’afinité vient lors- qu’on a eu un commerce honteux avec des personnes.). 11 y a aulsi une afinitéspirituelle , qui dans PEglife Romaine se contracte ou par le Batême , ou par la Confirmation. Quand on a été parrain, ou marraine de quelques enfans , on contracte une afinité avec le père & la mère de cet enfant. L’afinité est quelquefois double, elle l’est lorsqu’on tient Pensant de celui quia tenu le nôtre. (On dit, ils ont afinité ensemble. A- voir afinité avec quelcun, contracter une afinité avec une personne, obtenir dispense pour une afinité spirituelle. Traité de l’afinité, chap. 33 .) f AFINITE',./!/ Ce mot , au figuré , signifie, liaison , connexion , & il se dit des choses. (Nôtre ame a comme une espèce de liaison & d’afinité avec ces choses. Défi. Long. c. 32. Ces choses n’ont aucune afinité entr’elles. Ab L Luc. t. 3. Je vous sçai fort bon gré de m’avoir supplanté, Coquettes U cocus ont grande afinité. Scar. Japhet. "a. 6. AFINOIR, f m. [Peélen, echinuss Terme de Cordier. Prononcez afin ot. C’est un séran dont les broches sont petites & près-à-près, au travers desquelles on fait passer le lin , ou le chanvre pour les afiner. (Un bon afineir, un méchant afinoîr s prenez cet aii- noir & afinez ce chanvre.) AFIQUET , /-" m. [Mundusmuliebriss Ce mot, selon Monsieur de Nicod , vient de Picardie , & il ne se dit d’ordinaire qu’au pluriel, & même il n’a, le plus souvent, coùrs que dans le stile bas , le comique, ou le satirique. Ce sont tontes les petites choses qui servent à paieries femmes & à en relever la beauté. Les femmes n’aportent rien @n mariage aux Alemands ; Sttt A FL ail Contraire, ëlîes reçoivent d’eux , non pas de% parûtes , ni des afiquets ; mais une couple de bèufs , un cheval enhatnaehé, le bouclier avec la lancé & l’é- ée. Abl. Tac. Germ. chap. i. Si Texcéìent d’A- lancourt vivoit, il diroit, elles en reçoivent au contraire , non point des parures, ni des vains- ajuste- mens, mais une couple de beufs , &c.) AFÍRMER , ®. a. Ce mot vient du Latin ajsirma- re. Terme de Pratique. C’est lever la main devant Un Juge en état d’oxiir les parties , . & faire serment de la vérité des choses fur lesquelles on est interrogé. (Seymord , Anglois de nation , afirma en malhonnête homme , qu’il ne devoit rien à Julien qui l’avoit pansé de la vérole, ni à tous les autres qui lui avoient fait l’honneur de l’obliger. Ce galant Seymord afirma cela, lors que Milord Preston' étoit envolé vers Louis XIV.) AFIRMER; v. a. Terme usité dans les matières de Physique. C’est assurer , c’est dire afirmativement quelque chose. (II afirme positivement que le chaud nuit plus aux corps que le froid. L’esprit, en concevant deux choses, afirme del’une quelle est l’autre , ou au contraire. Roh. Phys. AFIRMATIF , afirmatìve , adj. Plein d’assurance, allure , qui asfûre & ne doute point de ce qui est avancé. (Parler d’un ton afirmatif. Dire une chose d’un ton afirmatif. C’est une proposition afirmative, Port- Royal, Logique , z. partie, chap. 1 {.) AFIRMATIVE , s. f. [ 'AJséverans . Proposition qui afirme , sentiment qui afirme une chose. (L’aíirmati- ve & la négative de la plupart des opinions ont chacune leur probabilité. Pasc. lett. 6 . Etre pour l’afir- mative. Roh. Physique. L’afirmative paroit la plus probable. Roh. Physique.') AFIRMATIVEMENT , adv.si Affirmai:'] Prononcez afirmativeman. C’est-à-dire , T un ton afirmatif, d’un ton qui afirme, d’une maniéré qui assure positivement, (P n’ai pas acoûtumé de parler afirmativement des choses qui dépendent du fait d’autrui. So~ reau, lettres de Cicéron £e? de Brutm , lett. XI. Je n’ai jamais dit afirmativement que Pinfaillible Heinsius ait manqué contre son art. Balzac, entret. Je lui déclarai afirmativement qu’il avoit assez de force pouf faire son Volage. Pasc. I. z.) AFIRMATION , s. f. Mot qui vient du Latin affir - matio , & qui se prononce afirmation. Terme de Logique. C’est une proposition qui afirme & qui dit d’une chose qu’elle est. II est de la nature de l’afirmation de porter l’esprit à cela, Port - Royal, Logique , 1. partie.) AFIRMATION, / /. Terme dé Pratique. Jurement dérisoire déféré par le Juge , ou par la partie. (II a juré devant Apollon , qu’il avoit fait les vers qui ont remporté le prix d’Angers, & il a été cru à son afirmation. Le mot à 1 afirmation en ce sens , n’est pas si usité que celui de serment.) AFÏSTOLE'. Vieux mot, qui signifie orgueilleux. Dans le Blason des fausses amours : Homme pvurveu g ui tant a veu ’afistolez ; Bien est cornu S’il s'est venu Prendre aux filez. AFLEURER D. a. \_Ad libellant aquare .] Terme d ’Architefíure. (Réduire deux corps qui sont proches, a une même saillie , comme un porte en feiiilleure , au parement d’un mur, & une trape au niveau d’un plancher. Tìaviler. AFLICTIF, afiiHive , adj. [Pana , pœnaria .] Ce mot est de Pratique , & vient avec quelque changement, du Latin ajfli/im , & semble n’avoir bien cours qu’au féminin. 11 signifie punissante & infamante, qui cause un déplaisir sensible «compagne de mal & d’infamie. (II n’y a que le Pape qui puisse réhabiliter un séculier, ou régulier, qui a été condamné à une peine aflictive. Le Pelletier, traité des Expéditions.) AFLICTION, f. f. Prononcez afiiccion. Mot qui vient du Latin Âjsticíio. C’est une douleur causée par quelque accident, ou par quelque chose de fâcheux qui nous est arrivé à nous ou aux personnes que nous aimons , ou que nous honorons. (Une afliction sensible , une grande afliction, une extrême afliction, une afliction cruelle, amére , mortelle, une afliction légé- re. H reçut une sensible afliction de la mort de son a- AFO ^ i mi. _ Abl. Tac. Aussi-tôt qu’ellë lé vit, son afliction reprit de nouvelles forées , Nouvelle adultère, je trouverai la paix dans mon afliction la plus amére. Porte Rotai , Isaïe , c. 58. II n’y a qu’une afliction qui dure, c’est celle qui vient de la perte des biens. Teophraste , mœurs du siécle, pag. 164. L’afliction de la plupart des hommes d’aujourd’hui n’est que pure comédie. ) AFLÎGEAÌsT, afiigeante , adj. [_Acerbus .J Qui aflige, qui cause de la douleur, qui touche & donné ’de l’afliction. (Un vrai ami est une chose rare, & son trépas en est d’autant plus afiigeant. Si c’est une chose afli- geante que la perte de sa réputation , le pauvre T, est bien à plaindre.) AFLIGER , i. a. Ce mot vient du Latin ajstigére. C’est donner de l’aflictiòn , c’est caíiser dé la douleur à une personne. C’est fâcher une personne. (La pertè aflige, & aigrit les maux. , Téophtaste mœurs dusiécles. Rien n’afligetant un honnête homme que ringratitude» Les mauvaises nouvelles afligént les uns, &' réjouissons les autres. II nous a fait passer nôtre tems en récits Capables á’afiigér les moins sombres esprits. La Font. & Mauc, t. 1.) AFLIGER , v. a. [ Cruciare, ntâcerare. j C’est rnal- traiter par des austeritez & faire soufrir son corps. C’est le mortifier. (Afliger son corps par des austéritez, Port-Royal , Bartélemi des Martyrs. Les Saints ont a- fligé leurs corps par le jeûne & les disciplines ; & ceuX qui les devróient imiter, tiennent, helas ! une conduite toute contraire.) * AFLIGER, v. a. [Evertere.J C’ést tuiner, désoler pat toute forte de maniéré. (La guerre afligera l’E- tat. Main. Poès. La peste, & la famine afligént cruellement le Païs. Les grandes levées afligént un Ro- ïaume.) AFLIGE', afiigée, adj. Ce mot vient du Latin qM- fíus. Qui a du chagrin , qui a de la douleur , qui ressent de la tristesse de ce qui lui est arrivé de fâcheux à lui, ou à une personne qu’il aime, ou qu’il estime. (Trente cupidons faisoient beaucoup plus les afligez que leurs compagnons. Sar r,a. œuvres. II feint d’ê- tre afligé de la perte que son ami Vient de faire. Elle paroit afiigée : mais elle ne l’est que par intérêt, seulement pour sauver les aparenees d’honnéte femme.) AFLIGE ', f. m. Qui est touché de douleur, quia de l’afliction. _ (Le temple de la Justice est l’inviolable refuge des afligez. Patru, plaid. ;. II est généreux de se ranger du côté des afligez. Mol. critique , sc. 6 . Les afligez font quelque chose de sacré,) AFLIGE'E, s. f. Celle qui a de l’afliction , celle qui ressent de la douleur. (Les véritables afligées sont rares ; & on ne les sauroit assez estimer. Je partage la douleur de ces pauvres afligées. C’est mériter, que consoler les afligées. Je tâcherai d’adoucir la douleur de cette charmante afiigée. Mol.sc. a. 1. sc. z. Une afiigée de ce caractère est touchante.) AFLUEÌS CE, s f. Ce mot vient du Latin afflueti- tia , & se prononce afluence. C’est une abondance dtí toutes choses. Une quantité de choses. II a une a- fluence de paroles, qui toutes ne disent pas grand chose. Quand Menet est une fois fur les louanges, il a un babil & une afluence de mots, qui né tarit point.) AFLUENCE , s f [Concursus, fríquentia hóminum.J Concours du Peuple, concours dé personnes ou d’au- trés choses qiiise vont rendre èn Un certain lieu. (On célébré les jeux avec un concours & une aflue.nce in- Croïable de peuple. Vaug. shunt. I. 4. c. c,. Le chemin étoit rompu par l’afluence des ruisseaux, Vaugelasi (suint. l.%. c. 4,) AFLUENT , ente, ádj. £ájstuens.)\ II se dit d’une riviere qui tombe dans une autre. AFLUER. Ce mot vient du Latin ajfluère; On prononce aftué, & il se prend en François 'dans un sens neutre. Il signifie se rendre en foule en quelque lieu. Se rendre en quantité, cohcourir. Ce mot afiuer n’est pas trop au gré de bien des gens : mais ces gens-là ont tort. Un fameux Académicien s’en est servi, & c’est assez pour le trouver bon. On doit humblement croire que tout ce que disent ces Messieurs, est excé- lent. Voici l’autorité. ( Les peuples associent de tous cotez en ce lieu, pour voir cette Relique. Meze - rai, Histoire de France, t. 2. vie de Robert.) AFOIBLIR , a. [Debilitare , enervare. J Prononcez afébli. C’est rendre plus foible, rendre moins Tome L G % vi- 52 AFO vigoureux, & moins robuste, abatre la force. (Le trop grand chaud afoiblit le corps. La fréquente débauché afoiblit l’estomac & est la source de bien des maladies qui afligent le corps.) , * AFOIBLIR , v. a. Ce mot, au figure , a un lens étendu. C’eít rendre moins vif, ôter la vivacité, ôter la force, & alors il fe dit. de l’esprit , de la mémoire, des pensées & des raisons. ( La trop grande étude afoiblit le corps & l’esprit. La vieillesse afoiblit la mémoire, & fortifie le jugement. L’afection en matière de langage, afoiblit la pensée. D’aucour, Entretiens d’Arste, t. 2. lett. 7. £? 8- H n’y a rien qui afoi- blisse cette preuve. Bossuet, Dotírine de VEglise, * AFOIBLIR , v. a. [ Frtmgere, Infr'mgere. ] Ce mot, au figuré , signifie généralement aussi diminuer, amoindrir, abatre la force. (Afoiblir le parti des ennemis. Abl. Tac. t. r. Afoiblir le courage de son ennemi. II n’y a rien qui soit plus contraire au bien des âmes que ce qui peut diminuer le respect, ni qui soit plus capable de l’afoiblir qu’une si grande disproportion. Port-Roya /, Nouveau Testament , Prés. 1. partie. Le tems afoiblit l’amour. Pelìjson , recueil de postes. La longue absence afoiblit l’amitié de bien des gens. Les disgrâces afoiblissent l’amitié des personnes fans cœur.) AFOIBLIR , v. a. [ Pondais vìmque imminuere. ] Terme de Momie. Rendre de moindre valeur. (11 w’est point permis aux particuliers d’afoiblir la mo- noie. Les loix de chaque Etat & de chaque Royaume défendent d’afoiblir la monoie fur peine de la Vie.) fjf AFOIBLIR la monoie. II y a plusieurs moïens d afoiblir les monoies , dit Bouterouë , pag. 9. i°. en diminuant le poids , ou la bonté de la matière; 2°. en augmentant le prix ; 5°. en changeant la proportion des métaux ; 4 0 . en chargeant les efpeces de traite excessive , ce qui comprend le Seigneuriage, les frais de la fabrication , & les remèdes de poids & de loi ; st. en faisant fabriquer une si grande quantité de bas billon & de cuivre , que ces. efpeces, qui ne sont faites que pour les menues denrées, entrent dans le grand commerce , & sont reqûës en nombre pour les bonnes efpeces d’or & d’argent. S’AFOIBLIR , v. r. [ Debilitari , destcere .] Les deux premières silabes de tous les tems de ces verbes afoiblir , & s’afoiblir se prononcent afé. On dit, Je ni afoibli , je niafoiblis. Je me fuis afoibli , je m’afoi- blirai. C’est devenir plus faible. Perdre de ses forges , c’est n’avoir plus tant de vigifeur. ( Les genoux des vieilles gens s’afoiblissent. Le corps , après un certain tems, s’afoiblit tous les jours.) * S’AFOIBLIR , v. r. Ce mot. , au figuré, a un sens étendu, • & veut dire n’avoir plus tant de force d’eíprit , ou de mémoire. S’afoiblir , se dit aussi en matière de gens qui font ensemble quelque corps. ( Le parti s’afoiblit. Abl. Tac. Son esprit s’est tellement afoibli, qu’il fait pitié. Sa mémoire s’est fort afoiblie depuis la dernière maladie qu’il a eue.) AFOIBLISSEMENT , f. m. [Debilitatio , InfraHioJJ Prononcez afébliffeman , fans faire entendre le r , si ce n’eft devant une voïelle. C’est une diminution de forces , c’est une diminution de vigueur. Le mot d’afoib/ijfment a son sens propre , & le figuré. (Un afoiblissement général, un grand afoiblissement , un extrême afoiblissement , afoiblissement considérable. C’est un afoiblissement de toutes ses forces. La vigueur de son corps tombera dans l’afoiblissement & dans la maigreur. Port-Royal , IJaye , c. 7. La fleur de l’âge se passe , & la vigueur de la jeunesse a ses .afoibiissemens. Port-Royal , IJaye, chapitre 40. On a pitié du pauvre petit AI..... à cause de l’afoiblissement de son peu cîe sens commun , & fa conduite dans le monde marque cet afoiblissement.) t AFOLER, v. a. [Mutilare, obortum crearefj Ce mot lignifie , blesser , & au propre il est vieux , & n’est plus en usage qu’en riant , & méme, pour en bien parler , il n’y est plus. II a reçu un coup qui f afole sensiblement. On diroit à cette heure , il a reçu un coup qui le blesse sensiblement. * AFOLËR , v. a , f Cupiditatis motus exciiare .) Ce mot, au figuré , ne se dit que dans le bas stile, dans le comique , ou ie satirique. Afoler n’est en usage qu’en parlant de quelque mouvement de l’ame, de quelque violente passion. C’est toucher si íeniible- AFR ment une personne , qu’elle en soit en quelque façon troublée. ( Claris que t amour afole, Aime les galons de la Cour. Gomb. Epig. Quoi que chétif fils d’un misérable Procureur d’un Prélldial de Province , il a des visions de noblesse qui ì’afolent à faire crever de rire.) * AFOLE', afolée , adj. [Cupiditate insaniensst Ce mot , au figflré, ne sc dit que dans le comique ou le satirique , & il signifie : qui est touché de quelque passion presque ju'squ’à la folie. C’eli un Magistrat de Province Affilé de fa propre amour ; II demande-roit du retour Pour fe troquer avec un Prince. Nain. Po cf.pag. 251. Toute la ville de Grenoble connoit le mérite chimérique de N. Avocat Rimailleur , & rit de tout son cœur de l’en voir pourtant si éperdûëment afolé. fg Or avec tout ceci, le point qui me console, C’est que la pauvreté , comme moi , les afole. Régnier , Jdt. 2. ■ f * AFOLE', afolée, adj. Terme de Mer. Ce mot se dit en parlant d’éguille ou de boussole, & signifie défectueux, touché d’un aimant qui ne donne pas la véritable direction. (Boussole afolée , aiguille afolée. S. George , Arts de P homme d’épée. AFOLIR , v. n. Devenir fou. [ Infrnirest C’est un homme qui afolit tous les jours. ( Ce terme n’est en usage que dans le stile familier. Patheliu : Dites hardiment que j’afoles, Si je dis autres paroles. fy AFORAGE. Le terme aforer ou afeurer, signifia mettre le prix à une chose ; il viqjit du Latin astbrare , qui veut dire, selon M. du Gange, la méme chose que mettre le prix aux denrées ; & ce verbe a été formé d e forum , un marché. Voyez Pafquier, dam ses Recherches , liv. 8 - ch. 1. fst les Coutumes de Normandie , de Ponthieu , dé Artois , Q? Ragueau dans son Indice , U M. du Cange , v. Ajforagium. AFOUAGE , s. m. Le département des Tailles en Provence s’apelle afouagement. AFOURAGER , ou ajourer , v. a. [Pabulmn prœberef) Donner du fourage aux bestiaux. L’action d’asourager , s’apelle afouragement .) AFOURCHER , v. n. Terme de Mer. C estjet- ter à la Mer une ancre qu’on avoit oposee à celle qu’on y aura déja jettée. ( 11 faut afourcher. On a àfourché. II est tems d’afourcher.l Cette seconde ancre qu’on jette, s’apelle ancre d’asourche ou d’a- sourchéfj Elle assure le vaisseau contre l’ebbe ; tandis que la premìere ancre qu’on a jettée assure le vaisseau contre le flot. Aubin. AFOURCHER à la voile. C’est porter l’ancre d’a- fourche avec le vaisseau , lors qu’il est encore fous les voiles. AFRANCHIR, V. a. \JManimìttere , liber ares Exemter, délivrer , tirer d’une sujétion fâcheuse & contraire à la liberté naturelle. (La Reine Blanche, mère de Louis neuvième, afranchit plusieurs personnes , & abolit le droit de servage en plusieurs endroits de France. Le M dit. plaid. 20. pag. 547. II est d’une ame grande & généreuse , d’afranchir les peuples d’une cruelle servitude. Vaugel. Quint. I. 6 . c. S’AFRANCHIR, v. r. [ Se liberare , J'olvere.j Je niafranchis , je m’afranchi/fois. Je m’afranchis , je me fuis afranebi , je niafranchirai. S’exemter , se délivrer de quelque joug dur & fác'peux. ( On ne cherche qu’à s’afranchir de la domination des Souverains. Abl. Tac. an. I. 3. Descartes vivroit autant que ses ouvrages , íì le Sage pouvoit s’affanchir de la mort. Auteur anonime , Physique. * S’AFRANCHIR , v. r. Ce mot, au figuré, se dit en parlant d’amour. C’est fe délivrer de l’amour. ( Heureux qui s’afranchit du pouvoir de l’amour. Corn. Cinna.~) S'ìl songe à Pafranchir, il sent qu’il ne le peut. II combat, il fe rend , & ne feait ce qu’U veut. La Suze, Poésies.) f AFRANCHIR la pompe. Terme de Marine. C’est jetter A FR setter plus d’eau par la pompe , qu’il n’en entre clans le-vaisseau. Voyez Franchir. Aubin. AFRANCHI , s. m. £ Libertin ,] Terme de Droit Romain. Celui qui dans les formes prescrites par le Droit Romain, a été délivré de servitude. ( Phèdre, de qui l’on a cinq livres de très-jolies febles en vers Latins, étoit un afranchi d’Auguste. Port-Royal , traduction de Phèdre. Les afranchis révéroient comme des Dieux , les personnes qui les avoient cselivrez de la servitude. Le Muìt. f laid. 27. pag. 496.) AFRANCHI , afranchie , [ManumijjiiS , liberatus.~\ Mot qui vient du verbe être afranchi. C’est-à-dire, exemt , délivré de servitude , ou de quelque autre chose de rude & de fâcheux. ( II a été afranchi d’u-, ne .glorieuse maniéré. On est bien-heureux quand on est afranchi des misères de cette vie. Arn. lettres.) (§ Les Romains afranchiflbient leurs esclaves , en trois maniérés diferentes, causa , vindiHd , U tejla-, mento. Ils ne soufraient dans les Regîtres publics, qui contenoient le dénombrement des Citoyens , que des personnes libres, & ils regardoient des esclaves comme étant indignes d'entrer dans quelque concurrence avec les véritables Citoyens ; ainsi lors que le maître d’un esclave le faisoit inscrire dans ce Regître , ou s’il soufrait que l’esclave s’y fît inscrire lui-même , il étoit dès lors censé libre , selon le témoignage du Jurisconsulte Ulpien, dans un fragment de ses Ouvrages perdus , dont voici les termes : CenJ'u manu- mitiebantur , qui lujlralì causa , Ronue , jujsu Donïi- norum , inter cives Romanos , censum profitebantur. Cette manière d’afranchissenient fut abolie dans la suite , & voici la formule la plus ordinaire dont on se servit. Le maître conduisoit devant le Préteur son esclave , qui avoit la tête nue & rasée , & le tenant par la main , il lui faisoit faire un tour, & lui don- noit un souflet , en disant qu’il lui donnoit la liberté. Après ces deux formalitez , le Prétreur prononqoit son jugement : Aio te liberum more Quiritium ; & à même tems , il donnoit à FEsclave un coup d’u ne baguette , que l’on apelìoit vindiHa , & de laquelle un Licteur frapoit aussi l’esclave sur la tête , comme nous í’aprenons de la Loi 2?. de manmnijs. vindiH. ■ Enfin le Licteur conduisoit P Afranchi dans le temple de la Déesse Feronia , où il lui mettoit un chapeau fur la tête , pour derniere marque de fa liberté. C’est pour cette raison qu’un esclave fait ce souhait dans l’Amphitrion de Plante : - - - - - - - Quod .ille facial Jupiter Ut ego raso capite calvus , capiam pileum. . II faisoit avoir vingt ans pour pouvoir afranchir son esclave vindifíà ; ou il Faisoit avoir le consentement de certains Officiers destinez pour juger semblables afaires , comme il est décidé dans les Institutes de Justinien, Quib. ex cauf manumitt. non licet. - La manumiiïion tefiamento , étoit fondée fur cette régie , Uti legajslt , ita jus ejìo. II fiilloit être Domimts- jure Quiritium , c’est-à-dire, maître indépendant de l’efclavè , lequel étoit obligé d’acompagner , ayant un chapeau fur la tête , le convoi de son Patron. AFRANCHIE , f. f. [ Liberta. J Terme de Droit Romain. C’est celle qui a reqû la liberté dans les formes prescrites par le Droit. (Une jolie afranchie, une belle afranchie , c’est une afranchie qui mérite á’être aimée , parce qù elle a mille belles qualitez.) r AFRANCHISSEMENT , f. m. [ Manumijjìo , immunités, liberatio.~\ Prononcez afranchijjeman. C’est une grâce du Souverain en faveur de laquelle on jouit de la liberté. ( Un afranchissement général, universel , particulier, considérable, favorable , glorieux. Du tems de Louis IX. Roi de France, on fit en 1248. un afranehiílèment en faveur de certains vilages qui. dépendoient de l’Abaïe de Saint Germain des pfez. Le M ait. plaid. 20. pag. ; 47.) • f AFRETEMENT, f m. Convention faite entre un Marchand & le propriétaire d’un vaisseau pour le louage de son bâtiment. Ce terme est fur tout en usage sur l’Ocean. Sur la Mediterranée, on ditNo- lissement , qui signifie la même chose. L’afrétement se fait ordinairement à tant par volage, par mois, pu par tonneau. t AFRES , f f. Vieux mot, qui signifie , grande peur, extrême fraïeur. II est dans des afres continuelles ; les afres de la mort. Acad. Franc. ■ AFRETER , *>■ «. £ Navim conducere. ] ■ Prendre AFR 5 z un vaisseau a sou âge ; & celui qui le prend , s’apelle afréteur. ( Donner à louage , c’est afréter.) AFREUX , afreuse , adj. £ Horribi/is , horrendiu.~\ Mot qui vient du Grec. C’est ce qui épouvante , quî donne de l’éfroi, & inspire de la crainte. Ce mot, afreux , suivi d’un nom, veut le datif, & suivi d’un verbe , l’infinitif précédé de la particule à. ■ (La mort est quelque chose d’afreux à tout le monde & plus encore aux méchans qu’h tous les autres. Saint Cy- ran , lettres. La misère du pauvre Cas. est afreuse à tout le monde; mais ce qui le rend ridicule, c’est qu’il est fier , & orgueilleux dans cette derniere misère. Tout'n’est qu’or & que pourpre dans.vôtre armée; celle des Macédoniens, au contraire , est afreuse à voir. Vaug. Quint. I. ;. c. 2. Sa conduite est afreuse à dire, & on ne le peut entendre sans horreur.) íf Le Pere Labbe dérive ce mot du Latin afer , un more , qui fait peur, ou de l’ancien ternie affres. Tripault est de cet avis ; mais il tire ce mot du Grec asoçoç ; ce qui n’auroit pas plû au Jésuite , ennemi °dss Etymologies Gréques. AFREUX , afreuse , adj. [ Terribilis .] Ce mot, pour dire épouvantable , se met aussi sans régime. (II a le regard afreux. Abl.M'àrmol. I. 1. Sa mine est afreu- se. Arn. Joseph. Sa fin fut afreuse. Bosj'uet , Histoire universelle. Sa vie est afreuse.) AFREUSEMENT , adv. \_Terrïbilem in tmdum. J Prononcez afireuseman. D’une maniéré afreuse , d’u- ne façon horrible. Le mot d ’asreusement , dans cc sens , a un usage très-borné. ( Us ont asreusement massacré ce qu’ils ont rencontré. Quelques gens d’es- prit ne desaprouvent pas cette expression ; cependant ils aiment mieux ce tour , ils ont massacré d’une horrible maniéré ce qu’ils ont rencontré.) f AFREUSEMENT , adj. £Magnoperefj Ce mot, dans le discours bas & ordinaire , signifie autant que très , fort , beaucoup , grandement ou extrêmement. Monsieur N. est un bel esprit ; mais en récompense il est asreusement laid. Elle est riche , mais elie esc asreusement laide. Au lieu d’asreusement „ on sc sert se plus souvent du mot horriblement , & l’on dit plutôt, il est horriblement gros & laid, qu’asreusement gros & laid. t AFRIANDER ,©.«.[ AlkHare. J Mot bas. 11 n’entre que dans les discours ordinaires ou comiques. C’est rendre friand, rendre une personne plus délicate en lui donnant quelque chose d’extrêmement bon à boire, ou à manger. ( Vous m’afriandez à vôtre vin. Vous m’afriandez à vôtre bonne obère , dit Vaug. & j’enragerai, quand je serai chez moi, de ne manger qu’un peu de beuf à k daube mal aprêté, avec un demi-sctier de gros vin d’Orleans. C’est commencer de bonne heure à perdre les enfans , que de commencer à les afriander. - f AFRIANDER , signifie ausiîfigur. attirer par quelque chose d’utile, ou d’agréable. ( Le gain l’a afriandé. II s’est afriandé à la lecture de certains livres.) .. AFRIANDER f oiseau. Terme de Fauconnerie. C’est faire revenir l’oiscau fur le leure, avec quelque pât. - AFRIOLER , a- lAllicere."] Terme populaire qui lignifie , attirer par quelque amorce de plaisir. ( On afriole aisément les femmes par la vûe des spectacles , ou par les préscns qu’on leur fait.) f AFRODILLE , s f Efpece de plante. Voyez ASPHODEL. AFRONT , s m. [Injuria , contumelìa .] C’est un mépris qui consiste à fâcher, ou à nuire de gaieté de cceur à une personne en des choses qui lui font de la honte , Ou lui causent du déshonneur.- ( Un a front outrageux, un afront sensible , touchant, : cruel, sanglant, cuisant , mortel. Un petit afront, un léger afront. Faire un sanglant afront à quelcun. S'car. rom. Endurer un afront. Luc. t. 1. II est d’une ame véritablement Chrétienne , de soufrir les afronts pour l’amour de Dieu. Morale Chrétienne. A de pareils afronts pourquoi les exposer ? Pourquoi contre vom-même allez-vom déposer ? Rac. Phèdre , a. sc. 5.) ($ Aï. de Brebeuf, dans fa Pharsale : L’une U l’autre fortune a d’égales rigueurs, Et /'afront des vaincus est un crime aux vainqueurs. G j ' L» AFR te mot afront n’exprime point assez la disgrâce des vaincus ; je doute qu’un autre Poète moderne le ioit servi plus heureusement du même terme, dans une Ode dédicatoire à Messieurs de FAcademie, ou U dit, en parlant de la Comédie : C’est vous dont l’heureux artifice., En nous exposant nôtre vice, Fait nos plaisirs de nôtre afront. Et un peu plus bas: La Satyre eut bien moins de peine A charmer la malice humaine, Avide des afronts d’autrui. M. Defpreaux -l’a emploie dans fa véritable signification, Jàf. r. Ou que d'un bonnet verd le salutaire afront Flétrijje les lauriers qui lui couvrent le front. Nous avions , fans doute , besoin de Feclairciffement du Commentateur, pour aprendre que le Poète a entendu parler de la cession de biens qui se fait en Justice, "& pour en cònnoître l’origine. En 1^9;. le Parlement de Paris rendit un Arrêt par lequel il confirma la Loi Salique,& déclara les Princes étrangers incapables de regner en France. M. de Mayenne fut irrité contre le Parlement, qui lui députa M. le Maître & quelques Conseillers , pour lui faire des remontrances , & lui expliquer les raisons qu’il avoit eûës de rendre un semblable Arrêt. CeS Députez furent reqûs fort froidement ; & l’Archevê- que de Lion, qui étoit présent, leur dit, qu’** la ve~ rite , la Cour avoit fait à M. de Mayenne un vilain afront , qifelle ne Vavoit dâ faire. Le Preíìdent lui répondit, que la Cour n’etoit pus afronteuse , U que ce qu’elle a fait, elle l’a fait justement j le restes! qu’elle doit à M. le Duc , lui a fait bien prendre ce qu!il a voulu lui dire , mais elle ne vous doit pas dt r estes!, ains, au contraire , vous à elle. _ ll ne faut, dit Monsieur de Lion, tant s’arrêter fur les mots; afront , est un mot Italien. Hé nom ne sommes , répliqua le Président, ni Estagnols , ni Italiens. AFRONT AILLES, f f. p! £Lìmites .2 Confins de plusieurs fonds aboutissans aux cotez d’un autre fond. AFRONTER, v. a. £ H este m adoriri sortit er. ] Ce mot vient de l’Efpagnol Afrontar. C’est ataquer tête baissée, & avec hardiesse. II se dit des personnes. (Afronter Fennemi. Vaug. Quint. I. 9. Afronter le camp, afronter l’armée, afronter un bataillon, afronter un escadron. Ahl. Frontin.) * AFRONTER , v. a. [Adiré pericula .J Ce mot pris figurément, veut dire s’expofer avec hardiesse, s’exposer avec un courage intrépide , & alors il se dit des choses. ( Où est le soldat qui n’afronte pas le danger en présence de son Prince. Abl. Minutius Félix. Les Martyrs ont afronté la mort pour l’amour de Jefus- Christ. Pòrt-Royal, Bartélemi des Martyrs. * AFRONTER , v. a. [ Fraudaref] C’est tromper par une adresse basse, rusée, & maligne. Afronter , en ce sens , fe dit seulement des personnes. ( Afronter quelcun de dix pistoles. Abl. Luc. t. 1. H. de la G. est maître en ce bel art d’afronter les gens, A fur ce chapitre il dame le pion à son illustre Père. AFRONTER , v. a. [ Reum coram testibus compone- re.j Terme de Palais. 11 se dit seulement dans les matières criminelles. C’est montrer aux témoins la Î iersonne acufée , pour voir fi , dans l’incertitude où ’on est si cette personne a commis le crime dont il s’agit, ils la recorínoîtront ou non. (Afronter un acu- sé aux témoins. On a ce matin afronté l’acusé aux témoins , & les témoins ne Font point reconnu. I/a- cusé a été reconnu par le dernier témoin auquel on Fa afronté.) AFRONTER, v. a. s Adversts frontibus pingerèst, Terme de Blason. Se dit de deux animaux posez vis- à-vis Fun de- l’autre, & qui se regardent dans l’Ecu. (Deux lions afrontez.) AFRONTERIE , os. f [ Fraus. J Tromperie. L’usage de ce mot est rare. 11 y a bien des gens aujourd’hui qui ne vivent que d’afronterie.) AFRONTEUR, J. m. [Fraudator!] C’est un trompeur lâche & malin qui n’a ni foi, ni honneur. (Un lâche afronteur. I.e scélérat qui suoit la vérole à Paris, est un infâme afronteur, est un coquin d’afronteur. II y a bien des P. qui paslènt pour d’insignes afron- AGA teurs. Le grand E. qui a le bout de Fun deS doigts de la main coupé, est un bel exemple de cette vérité.) AFRONTEUSE , f. f. [ Mulier sycophanta. J C est celle qui trompe d’une maniéré lâche, maligne & adroite. (Une franche afronteuse. Elle est recost. nuë pour une insigne afronteuse. On la regarde comme une véritable afronteuse.) AFTOMAT'E. Ce mot s’écrit automate. Ainsi voïez la Colonne. AUT. AFUBLEMENT , s. m. £ Velamentum. ] Voile, habillement, ce qui couvre la tête & le corps. On ne fe sert de ce mot que dans le ftile comique. (Vous avez là un plaisant afublement.) + AFUBLER, D. a. £Amicire , obtegerefj Ce mot est hors d’issage pour dire se couvrir la tête. On ne dit plus, afublez-vous : mais afubler , pour dire fe vêtir, & se couvrir, a cours dans le comique ou le satirique. L’excélent Mainard a dit dans ses lettres : (On Fa afublé d’un froc. Quand une maison est chargée d’enfans, le Père ne fauroit mieux faire que d’afubler d’un froc ou d’une soutane les plus sots.) f Etre afublé. £Obtegi.~] Verbe passif qui ne trou- ve bien fa place que dans le ftile comique ou mordant. II signifie être vêtu , être couvert. (AI. a fort bien fait de s’ètre afublé d’une soutane ; comme il est fourbe & tartufe, elle servira au moins à cachet ses défauts à bien des gens. Le moindre de leurs valets Es afublé (Fécarlate, Leurs maisons font des p a 1 ais Ou l’or V f azur éclaté. Main. Poésies, pag. 285. O ! qu’il est indignement Afublé d’une soutane, C’es l’obrobre E-f l’excrément De ïEglise Gallicane. Main, Poésies, pag. $30.) j (f M. de Cafeneuve le dérive de Fìbula, agrafe. AFUT , s. m. £Tormenti lignea compages.J Terme de Guerre. C’est le logement d’une piéce d’artil- lerie, composé de deux grosses pièces de bois d’orme, & de quatre entretoises. (Un bon afut, un méchant afut. Faire un afut. Monter un canon de son afut. François Premier, à la bataille de Marignan , reposa tout arme, une partie de la nuit, fur l’afut d’un canon. Mez. Histoire de France. AFUT de bord. Terme de Marine. C’est un afut de canon dont on se sert sur les vaisseaux quand on est en.mer. çAvoir des afuts de bord autant qu’il en faut. Des Roches, termes de Mai me!) AFUT , j. m. £Locus frontibus ac virgultis teHus.~\ Terme de Chajjeur. C’est le lieu où l’on se cache pour attendre ie lievre, le renard , ou quelque autre animal, & le tirer quand il pavoit. (Etre à í’afut, demeurer une heure à l’afut, aller à l’afut.) AFUTAGE , J. m. £Umnia artis alicujus instrumenta. 1 Terme de Menuisier. Tous les outils nécessaires pour travailler. (Un bon afutage, un afutage tout neusi Acheter un afutage. Avoir tout son afutage.) AFUTER, v. a. [ Acuere. J Terme de Menuisier. C’est-à-dire, éguiser. (Afuter une varlope. Afuteï un fermoir.) F AFUTER, ou Afuser le canon. C’est braquer le Canon, le mettre en état de tirer. Acad. afuter, c’est mettre le canon en mire, Aubin. AFUTE', Afutee , adj. ÇAcutus.] Terme de MA nuisier. [C’est-à-dire, éguisé. (Outils bien afutez, demi-varlope afutée.) . AFUTE', afutée , adj. £Comparatus ab omnibus in - srumentis .2 Terme de Menuisier. C’est-à-dire, qui a tout Fafutage qu’il lui faut pour travailler. (C’est Fun des menuisiers de Paris le mieux afuté. í>a boutique est très-bien afutee, c’est-à-dire, que le menuisier a les outils nécessaires pour son métier.) t AGA. AI ot qui vient du Grec, & qui est une sorte d’interjection. II se dit pour marquer quelque étonnement ou quelque indignation : mais il est vieux & ne se dit d’ordinaire que par le petit peuple, ou dans des piéees comiques par quelque valet, ou quelque servante. (Aga donc ! Qu’est-ce que cela ? Aga ! le plaisant fat que M. de s’imaginer l’emporter fur tous les honnêtes gens de lettres de Paris.) C’est auílì un terme d 'Histoire. Les Turcs se servent de ce mot pour AGA pour exprimer un Commandant, L 'Aga des Janissaires, c’est leur Colonel. Le Capi-Aga est le Capitaine de la Porte du Sérail. j sf Le P. Labbe ne veut point que le terme aga, interjection, vienne du Grec : Je croi , dit-il, que nos bons ancêtres ne Pont point été cherger en Grèce, mais que la nature le leur a fourni, comme les autres interjections d 'ab, ho, hi, ba , &c. On peut aléguer ces vers de Pathelin, pour confirmer cette étymologie : Et qu’efl cecy ? Efl-ce meshuy Diable y ait part, aga quel prendre ? A Sire que Von le pueji prendre Qui niait. AGACE, f. f. [Pica glandulariad] Espèce de pie qui a les plumes plus noires que les autres pies. AGACEMENT, f. m. \_Dentium. bebetatio.~} C’est Péfet des choses trop vertes ou trop acides fur les dents, lequel les empêche de manger d’une maniéré libre & hardie. ( L’agacement des dents seroit fâcheux, s’il durcit.) t AGACER , v. a. [ Lacejsere, provocare. \ Mot qui vient du Grec. II n’entre que dans les discours familiers, plaifans, ou satiriques , & fur tout quand il se dit des personnes. (C’est irriter, ataquer, provoquer par de petites ataques à quelque ressentiment.) Cher Tirjls, je me sens piquer De vingt sonnets dont tu m’agaces, Et de vingt dont tu me menaces. Pallient. Le petit M. a un caractère d’esprit provincial qui l’oblige d’agacer sotement tout le monde, parce qu’il croit tout seul que personne le vaut. Auteur anonyme. Cas.... qui a maintenant dequoi rouler doucement, passe toute la journée à chercher les puces à son chat, & à agacer son moineau.) AGACER, v. a. [ Hebetare.~\ Ce mot se dit des dents. C’est imprimer aux dents une certaine qualité qui les empêche quelques momens de bien mordre.- (Les choses vertes & acides agacent les dents. Le citron rafraîchit, mais il agace les dents.) (f Le P. Labbe le dérive de agriacer, qui vient d’a- gria, du verjus, de l'aigret. M. de Caseneuve l'écrit agajfir, qui est formé du bruit que font les pies, lors que découvrant quelque bête quelles n’ont point vûë, elles criaillent fortement. PapLu, Pica, agac'ue. S’AGACER, v. r. Signifie s’ataquer , s’irriter, & n’est pas usité dans tous ses tems lorsqu’il est pris réciproquement. (Des laquais s’agaçans Font aboier les chiens (5? jurer les pajsans. Defpr. fat. 6 . Ils s’agacent les uns les autres comme des coquins.) $ AGACERIE , f f. Terme par lequel on exprime les petites choses que dit ou que fait une femme, & les petites maniérés dont elle se sert pour s’atirer l’a- tention de quelqu’un qui ne lui déplaît pas. II paroit qu’elle a quelque dessein fur lui, elle lui fait des agaceries continuelles. Acad. Fr. í AGALLOCHUM. Sorte de bois qu’on apporte des Indes Orientales, qui est une des efpeces d’A- loës. On en tire un suc. qu’on met au nombre des meilleurs cardiaques. f AGANTE- C’est-à-dire, prens. Ce terme n’est usité que parmi le commun des matelots du Golfe d’A-' quitaine. Aubin. AGAPE , f f- Mot qui vient du mot Grec dyànai, & qui signifie charité. Monsieur Teissier, si recommandable par sa vertu & par son érudition, m’a communiqué bien des choses fur le mot d’Agape. C’étoit un repas que les prémiers Chrétiens fai- íòient en commun pour se témoigner l’amour qu’ils avoient les uns pour les autres. Ils mangeaient tous à une même table comme enfans d’une même famille,' & prenoient tous d’une maniéré honnête & pleine d’amitié, des viandes & des fruits que chacun d’eux avoit portez à ce repas. Ils en nfoient de la forte pour montrer qu’en particulier ils n’avoient rien dont I’ufage ne leur apartint à tous. II y avoit trois espèces à'agapes, les unes fe célebroient les jours des nô- ces, les autres, les jours des fêtes des Martyrs , & les dernieres, les jours des funérailles. Comme les agapes ne feíaifoient que'pour se marquer l’amour qu’on se portoit les uns les autres, les premiers Chrétiens tece- AGA 55 voient le Corps de Jesus-Christ après ces repas, & ils confirmoient par là les assurances qu’ils s’étoient données de leur amitié réciproque. Les agapes ont duré long-tems, & Tertulien les a décrites dans son Apologétique. Les Conciles de Laodicée & de Cartage les ont défendues , parce qu’il s’y commettoit des désordres. Les agapes sefaifoient avec tant d’innocence & d’édificatiòn, que le Concile de Gangres excommunia ceux qui négligeoient de s’y trouver : mais il étoit bien dificile que la débauche & le crime n’en corrompissent la pureté ; aussi le Concile de Cartage les obo- lit dans l’Afrique ; le second , tenu à Orléans, les défendit dans les Gaules ; ce qui fut confirmé par Un Concile de Cbâlons. Volez Y Apologétique de Tertulien, chap. 39. le Cardinal Bona , de reb. liturg. c. r. Schelstrade , dans fa seconde Dissertation sur l’Eglìse Africaine. AGAPE’TES , s f. [ Agapetœ .] On apelloit ainlì dans la primitive Eglise, des Vierges qui vi voient en communauté fans faire aucun vœu ; c’est contre elles que S. Jérôme s’éleve si fort , parce qu’une si pieuse institution avoit dégénéré en libertinage, & la trop grande familiarité qu’elles avoient avec les Ecclésiastiques , caufoit beaucoup de scandale dans l’Eglise. (Léontius offrit de sc mutiler pour conserver fa chère Agapétel) _ AGARIC, s m. Mot qui vient du Grec, en Latin, agaricum. Sorte de boulet blanc qui croît fur les sapins, les méléses, & fur la plupart des arbres à glatld. L’agaric sent bon, & reluit la nuit fur ces arbres. 11 y a un agaric mâle, & un agaric femelle. L’agarie mâle a plus de force que l’agaric femelle. Da/. Plantes, t. 2. /. rç. c. 13. Cependant, selon Charas, traité de la tériaque, c. 22. l’agaric semelle est le meilleur pour plusieurs remèdes, & sor tout pour la tériaque. II y a dans le haut Dauphine des montagnes où il se trouve des arbres qui produisent de fort bon agaric. II faut seulement le savoir bien choisir, f II y a encore l’agaric faux, ou agaric de chêne, qui est fort peu estimé. AGARIC, f m. Sorte de drogue qu’on trouve dans les boutiques des Apotiquaires, & à laquelle Aléss fleurs les Médecins atribuent plusieurs éfets. (L’agaric, selon quelques-uns, purge le flegme, & selon d’au- tres, il est chaud & astringent.) $ Cet agaric minerai, sc trouve dans les fentes des rochers en divers endroits d’Alemagne. Cette pierre est très-blanche ; aussi l’apelle-t-on Lait de Lune. On lui donne encore le nom de moële de pierre, ou Lithomagra, & d’au- tres l’apellent Stenomagra. AGATE, f f- Mot qui vient du Grec, en Latin Achates, Pierre précieuse qui est d’ordinaire de couleur rouge , & qui fut très-recherchée parmi les Anciens. (11 y a diverses sortes d’A gâtes ; l’une s’apeile Agate-Serdoine, ou Amplement la Serdoine, l’Agate- Onix, 011 l’Onix, l’Agate-Calcedoine, ou la Calcédoine, FAgate-Romaine, & l’Agate d’Alemagne. Toutes ces Agates font diférentes en couleur & estimées difé- remment. Mitridate avoit dans son cabinet quatre mile tasses d’Agate-Onix. Pompée & Néron aimèrent particulièrement les Agates-Calcedoines. Les Agates- Romaines font diversifiées d’une infinité de couleurs* & celles d’Alemagne ont aussi leur agrément particulier. Voïezle Mercure Indien, l.^.ch. r. 2. & 3. L’Agate Orientale est polie, luisante, & l’on y grave en relief mille jolies choses. Pyrrus en portoit une, où les neuf Muscs étoient gravées en relief avec Apollon qui tenoit fa lyre. Voie 2 Berquin, c. 12. l’Agate préserve de la morsure des bêtes vénimeuses. Elle désaltéré un fébricitant, s’il la tient dans fa bouche, & cause du bonheur à celui qui la porte. II faut de la foi pour croire tout cela.) jjf AGATE. Ce terme est Grec. II vient de eì^ccTtiç. L’agate est une pierre rare que l’on a nommée agate, peut-être parce qu’elle fut trouvée dans une rivière dificile, dont le nom a du raport au terme agate s ou du Grec que le P. Labbe a raporté : mais ne pouvant pas. en trouver l’origine , qui, fans doute, est Gréque, il dit, comme dépité, c’efi de quoi je ne me soucie pas maintenant. AGATE, f m. Terme de Tireur d’or. C’est un instrument au milieu duquel il y a une agate qui sert à rebrunir l’or. (Prenez vôtre agate, & travaillez.! AGATE , f. f. íAgatha.] Nom. de femme. (Agate AGE 56 AGE te est belle, est charmante & sage, & cette qualité vaut mieux que toutes les autres.) -î- AGATHE. GATTE , ou Jatte. Terme de Marine. Voïez GATTE. {$ AGAT 1 S. Dégât, dommage. II est dit dans î’article 34. de la Coutume d’Angoulême : En matière d’agatis, s'il y a plainte, £«?c. Philippe de Beaumanoir, ch. 24. Et parche font maintes mejòns dechuez , N maint beritage agati. AGE j f- ni. La prémiere stlabe du mot âge se prononce longue, & se marque d’un accent circonflexe, quand il ne commence pas une période, & qu’il s’écrit par un petit a , en Latin atM. Le mot d âge, en parlant de la création fabuleuse du monde, veut dire un espace de tems, & il fut divisé en âge d or, en âge d’argent, en âge d’airain , & en âge de fer. L’âge d’or, & l’âge d’argent furent les âges où les hommes étoient les plus heureux ; mais dans l’âge de fer, & d’airain, ils commencèrent à se plaindre, à soufrât & à travailler. AGE , f. m. [Sœculumé] Siecle, espace de cent ans. (Monsieur d’Ablancourt a été l’un des ornemens de son âge. Seigneur, ferez-vous durer vôtre colere dans ía fuite de tous les âges ? Port-Royal, PJ’eaumes. Ami, dans cet âge brutal, Pégase ejì un cheval qui porte Les grands hommes à Phôpital. Main. Epigrammes. C’est-à-dire , que les excélens Poètes font d’ordi- naire pauvres; & si cela est, maître T. de L. ne doit rien craindre de ce côté-là.) AGE , f nt. C’est un certain tems de la vie. (La vie de l’homme est partagée en divers âges, en enfance, en jeunesse, en âge viril, en vieillesse & en âge décrépit. Bas âge, âge tendre, âge florissant, âge fait, âge mûr. Le bel âge , le bon âge, l’âge de discrétion, âge de consistence, âge caduc. Etre à la fleur de son âge. Abl Tac. Etre à la première fleur de son âge. Rac. Ipbigénie , pref. Etre sur l’âge, c’est-à- dire, être déja vieux. Etre sur le retour de l’âge. Abl. Tac. C’est-à-dire, fort avancé en âge. Se dispenser de l’âge prescrit par les Loix ; Rac. Britannicus, prés. Les sages Indiens tiennent qu’il y a de la honte d’at- tendre la mort à un âge caduc. Vaugel. Quint. I. S$. c. 9. La femme de Darius, qui étoit prisonnière, tenoit entre ses bras, son fils, qui n’avoit pas encore ateint l’âge de six ans. Vaug. Quint. I. 3. c. n. On ne peut, par la Coutume, vendre son bien, qu’on ne soit en âge. Le Maître, plaid. L’âge s’écoule , l’âge se passe insensiblement.) AGE, f. m. Ce mot, en parlant des personnes , & fe disant absolument, signifie vieillesse. Monsieur Pa- tru étoit d’ûge quand il mourut. Monsieur Pascal, ce savant & agréable Auteur des Lettres Provinciales, n’étoit qu’entre deux âges lors-qu’il rendit l’efprit, c’est-à-dire, qu’il n’étoit ni jeune, ni vieux. II étoit âgé de 39. ans quand il mourut. 11 naquit en 1623. & mourut en 1662. (f L’âge pour l’Episeopat, c’est vingt-scpt ans, suivant le Concordat, §. 1. de Regiâ ad Pralat. nomin. & suivant l’Ordonnance de Blois. Les Abez nommez par le Roi, doivent avoir vingt- trois ans, & de même ceux qui sont pourvus par le Pape. Les Prébendes Cathédrales exigent quatorze ans, & leS Collégiales, dix ; & quant aux Cures, il sufit d’a- voir vingt-cinq ans commencez, pour en être pourvû canoniquement. Les Prieurs Conventuels doivent avoir vingt-cinq ans, ou du moins commencez, suivant le Concile de Trente, tit. de EleU. JeJf. 24. A septans, on peut être pourvù d’un Benefice en commende ; c’est la Jurisprudence du grand Conseil ; parce qu’étant dispensé de la régularité, on est dispensé de l’âge requis pour la Profession. {$ AGE étoit autrefois féminin : Font un visage d'or à cette âge serrée. Mais il est à présent masculin. Age d’or , âge doré, ou doree, âge de fer, âge pour secle. Expressions très familières autrefois. Malherbe, à la Reine mere, fur fa régence : Que vivre au siécle de Marie, Sans mensonge U sans fiaterie , Cejì vivre au Jìecle doré. Et ailleurs : Que ta belle chimie étonne P univers, Dé cet âge de fer qui méprise les vers : Et dans les Larmes de Saint Pierre : Henry, de qui les yeux P image sacrée Font un visage d’or a cette âge serrée. Comment pouvoit-on autrefois souffrir un visage d’or, une âge serree P Un sécle de fer est plus tolerable. Voïez secte. {s Avec Pâge. On dit que certaines choses s’a- prennent avec l’âge : mais s’il s’agit d’une chose qui n’exige pas une^longue étude, ou beaucoup d’expé- rience pour la lavoir, on ne dira pas qu’on l’a apríse avec Pâge. * AGE, s. m. Ce mot fe dit, au figuré , des chevaux ; & signifie le tems qui s’est passé depuis que le cheval est né. (L’âge des chevaux sc connoît à leurs dents, elles ont chacune leur nom, & l’on ne peut bien parler de l’âge d’un cheval fans en connoîtrele* principales dents. En parlant proverbialement, on dit : L’âge ejì fait pour les chevaux , c’est-à-dire , qu’il n’importe pas quel âge on ait, pourvû qu’on soit vigoureux & qu’on fasse encore avec ardeur ce que font les jeunes gens. Les vieillards allégueront & expliqueront, tant qu’il leur plaira, ce proverbe en leur faveur ; mais il est sûr qu’en matière de vigueur, il en est d'eux comme des chevaux : les jeunes valent incomparablement mieux que les vieux. Si les Dames sont les juges de ces díférens, estes donneront toujours leur voix aux jeunes. * AGE, A' m. 11 fe dit, au figuré, du lait des nourrices. C’est le tems qui s’est écoulé depuis que la nourrice a été en couches. (Quel âge a vôtre lait, nourrice, a-t’il plus de trois ou quatre mois? On ne doit point faire de dificulté de donner deux nourrices à un enfant, pourvù que l’âge des laits & des personnes ait quelque raport. Martin , dìjjertation fur les dents,chap. 3.) AGE , J', m. Ce mot, au figuré, se dit en parlant des Lois. C’est le tems qui s’est écoulé depuis que le bois est fur pié. Le bois aïant passé un certain âge, ne fait pi us que dépérir. Pour savoir quel âge peut avoir un bois , on n’a qu’à le faire couper, & par le pié de l’abatage on voit combien il a de cercles, qui font autant de croissances que chaque année a produites. Caron , traité des bois, page 39.) AGE, f m. Terme d ’Ajironomie. L’âge de la Lune. C’est le nombre des jours qui se font écoulez depuis fa conjonction avec le Soleil. L AGE , J- tn. Terme de Chase. L’âge des Cerf» scconnoit par l’ouverture de la tête, par la grosseur du marrein , par les andouillers, parles pieds, &c. AGE', âgée, adj. [Decem aut viginti annos natta.) Ce mot se dit d’une personne qui a un certain âge. (Alexandre, âgé de vingt ans, succéda à EEmpire. Abl. Arr. I. 1. François premier, âgé de vingt ans & quatre ou cinq mois, fut sacré Roi de France à Reims le 2;. de Janvier 1313. Du Bellai, mémoires. AGE', âgée, adj. \JEtate proveélm.) Ce mot Te disent absolument & fans rien marquer , veut dire , qui est déja vieux , qui a de l’âge. (Le 14. de Mai de Tannée 1620, Henri IV. fut assassiné au milieu de Paris, & en ce tems-là il étoit âgé. Catherine de Medicis mourut de déplaisir à Blois le 3. Janvier 1389. & alors elle étoit âgée. AGENCE , f /• [ Adminifìratio. J Prononcez a- jance. C’est la charge & la fonction d’Agent. Ce mot d ’agenceCe dit par bien des gens , mais charge d’Agent vaut mieux , & est plus intelligible. (II prétend à Ta- gence du Clergé, ou plutôt à la charge d’Agent du Clergé.) AGENCEMENT, f m. [Diftostio , ordinatio.] Prononcez ajanceman. C’est la disposition dont les choses fe trouvent rangées. C’est Tordre & la maniéré dont les choses sont disposées. (Parler de l’agence- ment des os. L’agencement des os est merveilleux. L’agencement des os a quelque chose de surprenant. Vo.ez Dégori , termes de Médecine.') AGENCEMENT , f m. Ce mot, au figuré, signifie l’ordre dont les choses sont rangées. ( L’agencement des mots est dificile. L’agencement des mots donne de la beauté à un discours. Agencement, dans ce sens figuré vieillit.) AGENCER , v- «- [ Ornare, cornere , pecíere.) Ce mot, AGH mot, au propre , & pour dire , parer, aproprier, vieillit , & n’a bien cours que dans le stile bas , ou le comique. On prononce e vôtre douce halaine Eventez cette plaine , Eventez ce séjour, Cependant qué j’ahannë Çe mien blé que je vanné A la chaleur du jour. ( íf AHERDER- Vieux mot , qui signifie s’atacher a unë chose. Dans l’Histoire de Duguefcîin , p. 116. Avec lui , Thihaud du Pont , un hardi Chevalier , le~ quel vient ahërdre a deux ledit captai la chevechaiUe du Haubert. Ët dans le Roman de la Rose : Ceux qui ne voudront s’y ahërdrë, La vieleur conviendra perdre. t AHEURTEMENT , f m. [ Pertinaciaf) Pro- honcez Aheurteman. Ce mot vieillit A fe dit des personnes. II n’est usité que dans le ftile bas , dans le comique , le mordant , ou íe satirique; II signifié opiniâtreté, atachement ferme que l’on a pour quels que chose; ( 11 n’a pas été de l’avis dés autres , par Un pur aheurtement qu’il avoir à son opinion. Son aheurtement est condamnable. C’est un maudit aheurtement qui lui fait tort dans l’efprit de toutes les Dames qu’il a l'honneur de fréquenter.) AREURTE'', aheurtée, adj. [Obstinatusf] Cëmotfë ait des personnes, Ci signifie opiniâtre , qui est attaché à un sentiment dont il ne veut point démordre; ( II est ahëurté à cela. Elle est aheurtée à cette qpL niori, & elle n’en démordra jamais.) S’âHEURTER , v. r. f In sententia p'erflare, perma . nere.J Jc niaheurte , je m’aheurtai , je mej’uis áheurté. Ce mot ne fe peut dire que des personnes ; & jl signifie s’opiniâtrer , s’atacher avec opiniâtreté à quelque opinion , & la soûtenir opi.niâtrément, ( Il est d’un esprit sot & Orgueilleux de s’aheurter trop à son sentiment. II y en a quelquefois qui dans les corné pagnies s’aheurtent brutalement à eè qu’ils veulent^ & ils font rire les autres.) AHI. Quelques rafineurs en matière d’ortogtaphëj écrivent ce mot, Ahi fans h. Mais comme le nom; brë de ces Messieurs n’est ni fort grand , ni fort con,, fiderable , il est bon d’atendre pe que les plus fa r meux-Auteurs feront à eet égard. Ahi est une sorte d’interjection inventée pour marquer le mouvement naturel d’une personne qui sent qu’on lui cause quelque douleur , pu qu’on lui fait quelque mal en Ja .traitant outrageusement. ( Ahi , ahi, ahi, doucement , Dieu me damne , c’est fort mal en iiser. Moh préfacé $.9; Ahi , ahi, à C aide , au meurtre , au secours, on m’assomme. Molière, étourdis, á. 2. sc, 7. Ahi , ahi , ahi , vous ne m’avez pas dit que les coups en feraient, Molière, précieuses, sc. 15. ÁHI- C’est aussi une interjection qui sert à marquer quelque dégoût ou quelque mépris. (Ahi , laissons cela, il n’est pas question de causer.) ff AHONTER. Déshonorés; Le Roman de h Rôle: ' Adonc rejpondit jalousie, Honte , s ai paour d’estre trahie Car lécherie est tant tnonté, Que troìt p'ourroit eflre ahonté, f AHOUAI , s m. Arbre du Brésil , dé la hauteur du poirier. Lés sauvages fe servent de son fruit au lieu de sonnettes. AHURIR, », a, [ Obflupefacere ,] Vieux mot dont H j on 62 AID on se sert encore en quelques Provinces, & qui signifie afliger quelcun , le rendre tout interdit. (Levoi- là bien ahuri.) . AI „ rr AIDE ,//. [ Auxilìum.) Prononcez ede. En Espagnol ajuda. Secours, assistance . Le mot d’aide en ce sens n’a de pluriel, q u’en Poëlìe. (Apeller ses voisin à son aide. Abl. Luc. C’est le dernier des maux d’implorer l’aide d’un traître. Abl. Tac. ^ S’il ne tient qu’à vous prier bien fort pour obtenir vôtre aide, je vous conjure de prendre la conduite de notre barque. Mol. Scapin , a. i. Je ne sois pas assez heureux pour en venir à bout fans vôtre aide , ne me la refusez pas. Cojl. t. 2. lett. 121, Lors-que chacun nie fuit, tu dés eus ma querelles Je te fuis obligé Tune aide si fiàele. Godeau , Poës 2. part. Pseaume 26. Que ses maux obsiinez par ton aide il surmonte ; Mais leur extrémité ne J'e contente pas Que cette aide soit sorte , il faut qu elle soit promte. Godeau , Poës. 2. part. Pseaume 90. Enfin il n’est rien tel, Madame, & croiez-moi, Que Tavoir un mari la nuit auprès de soi, sise sut-ce que pour P heur T avoir qui vous salue lìioi Dieu vous soit en aide alors qu on éternuí. Molière, cocu , sc. 2.) P AIDE , s f. Terme de Religion. Aide , en ce sens, a un pluriel, & signifie la Religieuse qui aide à celle qui est en charge. ( Donner une aide a une otìciere, refuser une aide à une oficiere. Elle a plusieurs aides.) AIDES,/ / [ Tnbuta , vesiigalia J Ce mot, en parlant des gabelles , n’a point de singulier , & il a pris son nom du mot d ’aider , parce qu au commencement les aides étoient plusieurs petits droits qu on levoit fur, toutes sortes de marchandises pour favoriser les entreprises du Roi , à cause que les finances de son domaine n’y pouvoient sufire , & alors les aides ne duroient qu’un tems ; mais aujourd’hui elles íont perpétuelles. Les uns croient qu’elìes ont ete etabhes fous le régné du Roi Jean ; & les • autres , qu elles l’ont été auparavant. Voyez là-dessus le Guidon des finances & les divers traitez des aides. Quoiqûilen soit, on apelle aujourd’hui aides. , tous les impôts que paient le vin, la bière, le cidre , & toutes les boissons qui se consument sur les lieux, ou qui sortent & qui entrent par les bureaux des fermes établies pour cela. Ces impôts sont le droit de vingtième, de dixième, de douzième, de quatrième, de huitième, ou le droit réglé , le gros de vins, des cidres, des postez, eaux-de-vie, & autres boissons. Voyez le Bail des aides de France, imprimé en 1677. (Afermer les aides. Les aides sont ajugees.) j[jf Quelques-uns font aide féminin ; d’autres, masculin. Voyez Ménage, U les Doutes de Bouhours. [f AIDES Coùtumieres. Le secours que plusieurs Seigneurs exigent de leurs vassaux , & de leurs em- phiteotes , dans certains cas , est apellé Aides Coù- tumiers , où loyaux Aides , ou TaiUe aux quatre cas, ou cas Impériaux, ou Quête, ou Doublage. II a grande aparence que ces sortes à'aides ont été établies fur le modèle du droit de Patronage , qui a été en usage parmi les Romains. Denis d’Halicarnasse nous aprend , que les cliens étoient obligez de secourir leurs patrons dans leurs besoins, & c’est là justement Y Aide Coutumière. ch AIDE de Chevalerie. Lorsqu’un Seigneur, ou son fils aîné, étoit reçu Chevalier, il exigeoit un z aide de ses vassaux pour fournir à la dépense qui étoit considérable. Cette sorte d’aide est abolie. Voyez les Coutumes T Anjou, de Poitiers , d’Auvergne, &c. AIDE de Mariage. Lors que le Seigneur marie fa fille aînée, il peut exiger l’aide. II y a des Coutumes qui accordent Yaide pour le mariage de toutes les filles du Seigneur en premieres noces. Auvergne, tit. 2;. art. 2. Mais ordinairement l’aide n’est dûë que pour le mariage d’une fille seulement. On ne païe qu’une fois l’aide de Mariage. Quelques Seigneurs prétendent l’exiger pour la Profession de leur fille aînée ■: mais c’est une erreur. AIDE de rançon. Quand le Seigneur,faisant la guerre pour son Prince , est pris prisonnier , ses sujets doivent contribuer à fa rançon. On fait ici deux questions ; x°. Si le Roi païe la rançon, l’aide est-elle dûë ? 2 0 . Si la rançon est remise , le Seigneur peut- il l’exiger? On répond que dans ces deux cas , les redevables sont «franchis du droit. AID AIDE de volaged’Outre-mer. Elle n’est plus en usage;' AIDE de Relief. Elle se leve seulement en Normandie. Voyez l ’article 164. de la Coutume. AIDE de Cautionnement. Ellè n’a lieu que dans la Coûtume de Bretagne, art. 90. AIDE de rosi. Suivant l’ancienne Coûtume de No» mandie, certains vassaux dévoient aider leur Seigneur allant à la guerre. AIDE de Premejfe. Voyez la Coittume de Bretagne, art. 91. AIDES chevels. Ce terme est générique dans la Coûtume de Normandie. II comprend les aides de Chevalerie , de Mariage & de Rançon ; & on les apelle Chevels parce qu’on les païe au Ches-Seigneur. AIDES, f. f. [ Adjumenta . ] Terme de Manège. Ce sont les mouvemens des cuisses, des jambes, du son , de la langue , & les éfets doux & modérez de la bride, de l’eperon , du caveçon , de la gaule, de faction des jambes pour faire obéir les chevaux qu’on monte & les faire travailler. Le mot d ’aide, en ce sens, ne se dit point au singulier. (11 faut, pour bien travailler , donner les aides bien à propos , faire sentir doucement les aides à un cheval. Quand un cheval n’obéït point aux aides du gras des jambes, on fait venir l’éperon au secours. Se servir des aides avec adresse. Cheval qui s’endort aux aides. Cheval qui a les aides fines, donner les aides fines , donner les aides délicates. Donner les aides douces, donner les aides trop rudes. Cheval qui connoît les aides. Cheval qui répond aux aides. Cheval qui prend finement les aides. Se servir des aides de la gaule, sc servir des aides du caveçon.) if AIDE, en termes d ’ArchiteHure , signifie les petits lieux qui sont à côté de plus grands, pour leur servir de décharge , comme ceux qui sont auprès des ofices, sommeleries, dépenses, garderobes, &c. Daviler. _ AIDE des cérémonies , f m. C’est un Oficier qui aide le grand Maître des cérémonies aux Sacres des Rois , aux Batêmes , aux Mariages , aux Pompes funèbres des Rois , des Reines & des Princes. Quand f Aide des cérémonies est dans l’exercice de fa Charge , il tient à la main un bâton qui a le pomeau d’ivoire. L’Aide des cérémonies prête le serment de fidélité entre les mains du grand Maître de la Maison. Le Roi se sert quelquefois du grand Maître, du Maître des cérémonies pour porter ses ordres aux Parlemens , & alors le grand Maître ou l’Aide des cérémonies prend place , l’épée au côté, au rang de Messieurs les Conseillers. Le grand Maître a un Conseiller après lui : mais le Maître & f Ai de des cérémonies sont les derniers au rang des Conseillers, & ils ont le bâton de cérémonies à la main. Le Maître des cérémonies , & f Ai de des cérémonies se doivent trouver l’un ou l’autre aux premières & aux dernières audiences des Ambassadeurs extraordinaires. Le grand Maître des cérémonies , le Maître ou l’Aide des cérémonies marche un peu devant l’Amb.issadeur & à la droite de l’Ambassadeur, & cela depuis le bas de l’escalier jusqu’à la sale des Gardes , pour avertir le Roi que l’Ambassadeur monte , & qu’il est près d’entrer. AIDE à maçon , / m. C’est un manœuvre qui sert les maçons lors qu’ils travaillent. (Un aide à maçon a bien de la peine & gagne très-peu ; les aides à maçon sont presque aussi misérables que Thomas de Lor- mes , & autres pauvres & malheureux rimailleurs. Oui, n’ alliez-vom jamais , pour finir ma chanson, Dedans les sales mains de quelque aide a maçon ? Sar. Poës.) AIDE de Camp, f m. s Ferendis Ducum imperììs prasellm .] C’est un Oficier qui est auprès du Lieutenant général, ou du Maréchal de Camp , & qui reçoit & porte les ordres de l’un ou de l’autre aux endroits & aux personnes qu’on lui marque; il y a aussi des Aides de Camp du Roi ; ce sont ceux que le Roi choisit pour porter ses ordres, quand il est au Camp. (Etre Aide de Camp du Lieutenant général. Etre Aide de Camp du Roi. L’Aide de Camp doit être sage , fidèle , & vigilant.) AIDE-MAJOR, / m. [Prœfeffi caflrorumvicarins.J C’est un Oficier qui aide le Major , & qui fait la charge de Major quand le Major n’y est pas. Chaque régiment de cavalerie n’a qu’un Aide-Majnr, & chaque régiment d’iníanterie en a deux, à la réserve du régiment AIG jjîment des Gardes qui en a quatre. Chaque place de guerre n’a qu un Major, qui a' plus ou moins d’Ai- des-Majors , selon que la place est petite ou grande. ( II est Aide-Major au régiment de.) II y a aussi des Aides-Majors dans la Marine ^ des Aides - Chirurgiens, des Aiàes-Canonniers , &c. AIDE de cuijlne. Oficier de cuisine dans une maison opulente , lequel aide le cuisinier. AIDE de mouleur de bois , f. m. Oficier qui est obligé sur le port, & dans les chantiers , de mettre le bois par le milieu dans les membrures , & de fy arranger de forte que la mesure s’y trouve bonne. Ordonnances nouvelles de Paris. A L’AIDE , adv. [Adeflote, forteopem .2 Au secours. ( Crier à Laide. Abl. , , , , A L’AIDE. A la faveur. ( La sédition fut étoufee à Laide des troupes. Abl. Tac.') AIDER, v. a. Prononcez édé, en Latin juvare , en Espagnol ajudar. C’est être utile , servir , contribuer. Le verbe aider suivi immédiatement d’un verbe , veut l’infinitif précédé de la particule à. (Je te prie de m’aider à découvrir l’imposture. Abl. Lue. t. i. Cela aide à le tirer d’asaires. Nicole , estais de morale, t. 3.) AIDER, v. a. [Favered] Ce mot se disant des personnes , veut le nom de la personne à l’acusatif, & celui de la chose à l’ablatif; il signifie favoriser, a- puïer quelcun. ( Aider quelcun de son crédit. Abl. Tac. annales, l. 4.) AIDER , v. n. Ce mot se disant des choses, veut le datif & signifie , servir, supléer. ( Apollon aide A la naissance des beaux esprits. C'omb. Po'ès Aider à la lettre , c est Jupléer à ce qui n’eji pas ajfez exprimé.) AIDER , v. a. Terme de Manège. C’est soutenir un cheval , & faire ensorte qu’il travaille lorsqu’il le Faut , & qu’il marque bien tous lès tems. (Aidez vôtre cheval de la langue, aidez-le du gras des Jambes. Aider son cheval de la gaule.) S’AIDER, v. r. Je m’aide, je me fuis aidé, je m’aidas Se secourir , se servir, s’être utile à soi-même. (S’ai- der de ses mains. Vaug. Quint. I. 7. _ S’aider des armes de la foi. Gomb. Pois. II ne s’aide point, il demeure les bras croisez. Abl. Luc. t. 5. Aide-toi & Dieu t’aidera. Sorte de proverbe , pour dire qu’il faut travailler , & que Dieu bénira nôtre travail.) AÏEUL , s. m. En Latin avm , en Italien avolo , en Espagnol-afer/e. Le mot A’aieul fait au pluriel aïeux, & signifie le père du père, ou de la mère. ( Aïeul paternel. Aïeul maternel. Son aïeul étoit brave. Son aïeul étoit savant, docte. Son aïeul étoit un habile homme.) AÏEULE , s. m. [ Avtad} La mère du père , ou de la mère. ( Aïeule paternelle , ou maternelle. Son aïeule maternelle Madame N. étoit ce qu’on apelle uné femme forte.) AÏEUX , s. m. [Pâtres , ataviJ Ce sont les parens qui nous ont précédé, & qui font morts. (Ses aïeux ont été tous de grands hommes. Ses aïeux font estimez , parce qu’iìs ont été gens de mérite. Ses aïeux font illustres dans l’Histoire , ils font célébrés par la grandeur de leurs aétions. Ce long amas ù’ayeux que vous difamez tous, Sont autant de témoins qui parlent contre vous. Defp. Jdt. ;. AIGLANÏIER , f f. C’est une espèce d’épine qui porte un fruit rouge , dont on fait une tisanne contre la gravelle. Les pépins de ce . fruit infusez dans un verre de vin blanc lix heures de tems, font exceliens pour ce mal. Ils font mortels si on passe la pesanteur de 30. ou 40. grains.) AIGLE , f m. & f. [_ A.quila.) Oiseau de rapine, fauve , ou noir, qui a les jambes courtes & jaunes; le bec noir, long & crochu , & la queue courte. Nos Ecrivains ont bien de la peine à convenir de son genre ; mais la plus grande autorité que nous aïons, le fait masculin & féminin dans le propre , & plus ordinairement masculin. Pour le figuré , il y a quelque distinction à faire , dont on pourra être instruit par la lecture des articles qui suivent. .L’aigle nourrit ses petits jusques à ce qu’ils sachent voler, & alors elle les chaise de son aire. Bel. I. 1. c. 23. Aigle mâle, aigle femelle , un aigle noir. Abl. L’aigle sauve qu’on apelle royale, est bonne ; mais la.meilleure de cette forte d’aigle a des marques blanches fur le dos ct sur la tête. L’aigle noire est plus petite que la royale. L’aigle fait son aire far quelque haut rocher des païs AIG 6 3 d’Occìdent. L’Aigle se nourrit de la chair des oiseaux , ou des lièvres qu’eiie prend. Elle vit fort long-tems , & ne meurt ordinairement que parce qu’elle ne sautoir plus manger. L’aigle à la vûë très- percante , & aussi pour dire qu’une personne a bonne vûë, on dit qu’elle a des yeux d’aigle. Tardif, fauconnerie, part. i.c. 1. L’aigle haït le roitelet, & ea a peur.) , AIGLE , f. f. C’est Penseigne des Légions des Anciens Romains qu’on appella aigle, parce qu’il y avoir à leur enseigne la figure d’un aigle. Le mot d ’aigle, en ce sens , est toûjours féminin. (Une aigle bien faite , une aigle bien brodée. Porter l’aigle. II aima mieux mourir, que de fe laisser arracher l’aigle. 11* virent briller les aigles & les enseignes des Légions, Ablancourt.) * AIGLE. Ce. mot, au figuré, est féminin, & signifie , Armée des Anciens Romains , troupes des Anciens Romains. ( C’est vôtre sagesse feule qui a donné de la terreur à l’Aigle Romaine. Patru. Guerre plus que civile , oìi la fureur d’un homme Fit voir aigle contre aigle , A Roms contre Rome, Brcbeuf, Pharfale, /. 1.) (f AIGLE. Parmi les Antiquaires, 1 ’aigle signifie une Apothéose, une Consécration. Dans le propre il est masculin & féminin : un grand aigle. Une grande aigle. Dans le figuré , il est masculin. En termes de Blason : un aigle becqué, & membré. Mais on dit: les Aigles Romaines. M. Ménage , fur la fauvette de Mademoiselle de Scudery : Et_ qui fur l’aîle de vos vers Vole aujourd’hui par f univers, Et plus haut , N ph* s loin que les Aigles Romaines : Mairet, au contraire : Clair soleil, la terreur d’un injuste Sénat, Et dont /'Aigle Romain n’a pu souffrir l’éclat. * AIGLE. Ce mot est masculin, aussi féminin lors qu’il lignifie les troupes, & les armées du seul Empereur qui soit aujourd’hui en Europe. (On ne sauroit parler, ni de l’aigle étonnée, ni du lustre des lis, Gomb. Po'ès. (g On voit souvent des aigles dans les médailles, & on leur donne plusieurs lignifications. Tristan ra- porte, tom. 1. pag. 462. 463. une médaille de l’Em- pereur Hadrian, où l’on voit dans le revers, cet Empereur debout, montrant de la main un aigle qui lui aporte un sceptre, & tenant une verge de Ja gauche, avec ces mots : Providentia Deorum ; & voici comment il l’explique : ,, Pour le certain, dit-il, ce re- ,, vers regarde la pieté d’Hadrian, qui référé à la Pro- ,, vidence des Dieux, & non au destin, fa promotion ,, à l’Empire, cet aigle lui en présentant le sceptre de ,, la part de Jupiter, même l’aigle de Jupiter étant de „ soi le symbole de la Providence divine, &c. L’aigle a toujours marqué l’Empire des Romains : en effet, on voit des médailles, ou d’un côté l’éfigie de l’Empereur est gravée, & de l’autre, deux aigles, au milieu desquels est un laurier; ce qui marque que les Romains possedoient l’Empire . de l’Orient & de l’Occident. Voïez Tristan, tom. 2. & Spanheim, de prœstant, nmnismat. Horace apelle l’aigle , mimstrum fulmink alitem. Pline croit que cette fiction est fondée fur la prévention où l’on étoit que l’aigle étoit le seul oiseau que la foudre épargnât. * AIGLE , s. m. Ce mot signifie l’Empire d’Alemg- gne, & l’Alemagne même. (L’Aigie commence à triompher. Le Turc étonna l’Aigle ; mais à son tour l’Aigle a épouventé le Turc.) * AIGLE. Ce mot se dit de l’esprit, & il veut dire, grand, pénétrant, élevé. Le mot d’aigle en ce sens est masculin, ou féminin ; masculin d’ordinaire , fi on parle d’un homme ; & féminin, si on parle d’une femme. (C’est une aigle dont je ne puis suivre le vol. Pelìfson , histoire.) J: AIGLE. Pierre d’Aigle, que les pèlerins de S. Jaques raportent ct dont ils fe fournissent à leur passage par les pirenées, On lui attribue mal à propos la vertu d’avancer ou de reculer les acouchemens des femmes. O11 l’apelle pierre d’Aigie, parce qu’on supposé qu’elle ne se trouve que dans les nids de ces oiseaux, qui vont, dit-on, s’en pourvoir jusques dans ls fond des Indes , asin de faire éclore plus facilement leurs petits. II y a aussi une forte de bois précieux, qu’on nomme bois d’Aigle, Sc qu’on trouve àSíam. f AIGO* 6 4 AIG f AIGOCERAS, ou Corne de bœuf. C’eft la plante que l’on connoit en France, fous le nom de se- negré ou'senugré. AIGLETES- Terme de Blason, qui sc dit quand il y a plusieurs aigles dans un écu. AIGLON , s m. [Puìlitf aquìlte .] Prononcez églon. C’est le petit de l’aigle. (Un joli aiglon. Un bel aiglon. Je vous ai porté comme l’aigle porte scs aiglons. Port-Royal, Exode, c. 9. Le renard mit le feu à l’ar- bre, & les aiglons tombèrent. Port-Royal, fables de Phèdre. Les aigles éprouvent leurs aiglons en les exposant aux rasons du soleil, & les aiglons passent pour être de la race de l’aigle, lors qu’ils peuvent suporter l’éclat de cet astre sans filer les yeux. Votez le livre des courses de têtes , de l’Imprimerie Royale de l’an 1670. p. 28.) f AIGLURE , ou bigarrure , f f. Terme de Eauconnerie. On le dit des taches rousses, scmees fur le corps de l’oiscau. Le lanier est surtout bigarré d’aiglures. AIGRE, f m. Qui a quelque aigreur. (Je n’ai- me point l’aigre. Sentir l’aigre. L’aigrc déplaît à bien des gens.) AIGRE , adj. f Acer, acidus.'} Qui a de l’aigreur. Liqueur aigre. Devenir aigre. * AIGRE. [Acerbus, asser.J Piquant, choquant, mordant, rébarbatif. (Tibère étoit aigre dans ses répré- henfions. Abì. Tac. 11 te plaignoit de l’humeur aigre, oc incompatible d’Olimpias. Vaug. Quint. I. 10.) f AIGRE. II se dit des métaux, lorsqu’ils font faciles à se casser. De l’or aigre, du cuivre aigre, du fer aigre. L’or devient aigre, c’est-à-dire, difficile à mettre en œuvre, lorsqu’on le fond dans des creusets de fer, ou qu’on le brasse quand il est en fusion, avec des brassoirs de ce métal ; ce qui n’arrive pas à l’ar- gent. AIGRE de cèdre , f. m. C’est une forte de liqueur d’u n goût fort agréable. (L’aigre de cèdre est très- bon.) f AIGRE-DOUX , adj. 11 ne sc dit Huére au propre , que des fruits qui ont un goût mêle d’aigre & de doux. Un fruit atgre-doux. Des Oranges m gros-douces. Dans cette phrase & dans les autres semblables, aigre ne sc décline point. % AIGRE-DOUX, adj. 11 sc dit figur. de la voix & du ftile, quand on parle, ou qu’on écrit, d’une maniéré entre aigre & douce. Un ton de voix atgre- doux. Acad. Fr. AIGREFIN, f m. [ Jecorarius .2 Poisson de mer qui est une espèce de gros merlan. Rabelais fait mention d’une monoïe de son tems à qui l’on donnoit ce nom. On apelle aigrefin, un homme rusé & dificile à tromper. Callidus. -j: AIGREFIN. Terme ironique & burlesque, qui veut dire un escroc, un escamoteur. (Prenez garde à cet aigrefin. Cet aigrefin vous trompera.) $ AIGREFIN, se dit aussi dans le stile bas & par mépris, d’un jeune étourdi. (Cet aigrefin fait l’im- portant.) * AIGREMENT , adv. [ Acerbe, asterè. ] Prononcez égreman. Avec des paroles afensantes, pleines d’aigreur & de colère. (Tibère reprit les Juges aigrement. Abl. Tac. Lé monde est en posseslion de parler librement des défauts des autres en leur absence ; les uns le font aigrement & malignement, & les autres d’une maniéré plus douce. Nicole, essais de morale, t. 1.) 0 AIGREMOINE, f f- [Eupatoria.J Plante mé- décinale dont scs Feuilles sont couvertes d’un petit duvet, scs fleurs de couleur jaune, & la racine astringente. AIGRET , aigrette, adj. [RubacìdusJ Qui a un peu d’aigreur. (Fruit aigret, pomme aigrette, poire aigrette. H On dit aussi aigrelet , pour dire, un peu aigret. L’épine-Vinete à un petit goût aigrelet. Une sauce aigrelete. Acad. Fr. AIGRET TE, f f. [Ardeola aïba. J Prononcez égrette. Espece de petit héron blanc qui a une voix aigre, & fréquente 1e bord des rivières. (L’aigrette a 1e bec long, droit & pointu, scs jambes longues , de couleur cendrée , scs piez noirs & grands, 1e cou long & courbé, & sor le dos & à côté des ailes, elle a des plumes blanches, fines & déliées, qui sont chères. Sa chair est tendre & délicate. Bel. I. 4.4-, $,) AIG * AIGRETTE, f f. Terme de Joualier & â’ÔA fevre. _ C’est un ornement compose de plusieurs peti- tes pointes de vermeil doré en forme d’eguille relevée de plufieurs pendeloques de pierres précieuses , fines, de diverses couleurs, qu’on met fur le chapeau, ou fur quelque turban, & dont scs Dames se parent aussi le sein. (Une jolie aigrette, une belle aigrette.) * AIGRETTE , f f. [ Crista. ] Terme de Pluma, cier. Plusieurs brins d’aigrette au milieu d’un bouquet de plumes de lit. (Aigrette fine, ou fausse. Monter une aigrette. AIGRETTE. Crin peint & fait en forme de brosse qu’on met fur la tête des chevaux de carosse. f AIGRETTE , /. f. [Grappin.j] Espece de pinceau de poil délié, qui vient au haut des graines des chardons, de la dent de lion, &c. AIGREUR, f f- [Acor.J Ce mot sc dit des liqueurs, & autres choses qui s’aigrissent, & il lignifie la qualité aigre de quelque liqueur. (L’aigreur de ce fruit est agréable.) * AIGREUR. [Asterita.s.'] Haine, aversion. Paroles piquantes. (N’aïez point d’aigreur contre celui à qui tout succède heureusement. Pseaumes de David. Toute l’aigreur tomba sur lui. M. de la Rochesoucautl) * AIGREUR. [Acerbitdi .2 Amertume & déplaisir, (Pour adoucir l’aigreur des peines que j’endure, je me plains aux rochers. Main. Poës.) AIGRIR , v. a. [Acidum reddere , acescere .] Ce mot se dit des choses liquides & signifie faire devenir aigre, gâter. (Le tonnerre aigrit 1 e vin : on dit aussi, 1e tonnerre & la chaleur font aigrir le bouillon , & alors aigrir est dans un sens neutre.) * AIGRIR , v. a. [Irritare.'} Ce mot se dit aussi des personnes, & veut dire irriter, mettre en colere, exciter à quelque ressentiment, à cause de quelque torC qu’on a reqû. (Aigrir scs esprits. Abl. Tac. En contredisant de certaines opinions qui ne regardent que des choses humaines, nous choquons plusieurs personnes, & nous scs aigrissons. Nicole, essais de morale, t. 1. Les remèdes aigrissent 1 e mal au lieu de 1 e soulager. Cosìar,lett. t. 1. lett. 145.) S’AIGRIR, v. r. Je m’aigri, ou je m’aigris. Jt m’aigrijsois , je Maigris , je me fuis aigri. Je m’ai. grirai. Ce verbe, au propre, n’est bien en usage qu’à la troisième personne de chacun de ses tems. 11 se dit des liqueurs, & veut dire, devenir aigre, & perdra son goût naturel. (Le vin commence à s’aigrir. Le bouillon s’aigrit.) S’AIGRIR, v. r. Ce mot, au figuré, veut dire s’irriter. (Sans sujet voulez-vous vous aigrir contre moi ? Mol. Fac .) AIGU, aiguë , adj. [ Acutus. J Pointu. (Pointe aiguë. Fer aigu.) * AIGU, aiguë, adj. [Subtilisé} Qui est subtil, ingénieux, qui a de la pointe. Ce mot d’aigu, sc dit des pensees, & des petites pièces de poésies. (Les Madrigaux de Guarin & du Tasse sont aigus. Lee Son- nets de Pétrarque paraissent beaux & aigus. Les Epigrammes de Catulle sont jolies, mais elles ne font pas ii aiguës que celles de Martial.) * AIGU , aiguë , adj. Ce mot se dit des maladies, & des passions. 11 signifie violent, mais qui dure peu. (Les maladies aiguës sont plus aisées à guérir que le» chroniques ; mais elles sont plus dangereuses. Le mal est aigu, la fievre est aiguë. Ce qui rend scs douleurs de la honte & de la jalôulie si aiguës, c’est que la vanité ne peut servir à scs suporter. Maximes morales, a. part. max. 54. f AIGU , aiguë , adj. Ce mot sc dit de la voix, & signifie perqant, aigre, grêle. (Les enfans ont la voix plus aiguë que scs personnes âgées. La Chamb.) (S AIGU , signifie, dans nôtre langue, comme acutus dans la Latine, tout ce qui est violent, piquant , douloureux, impétueux. Horace a dit, dans son Ode neuvième du premier livre : -- geluque Flumina constiterint acuto. Les Commentateurs expliquent diferemment le mot acuto ; il signifie, en cet endroit, une forte gelée, qui augmente toujours, & produit un froid aigu. AIGU, J. m. Terme de Grammaire Gréque & autres. Les accens font des marques des relévemens, ou des rabaissemens de la voix. II y a trois accens. L'aigu, 1e grave, le circonflexe. L’aigu a été inventé AIL Venté pouï relever la voix. Me'iode Gréque de Port- Royal. .. AIGU- Terme de Géométrie. On dit un Angle aigu, c’est-à-dire, qui est moins ouvert que l’Equerre. AIGUADE, f /• lAquatio.] Terme de Mer. ïrcmoncez égade. Des Roches dit qu’on ne se sert du îiiot ô! aiguade qu’au Levant. C est 1 eau douce, & fraîche dont on fait provision pour s'en servir dans les Vaisseaux. AIGUADE 5 f f. Terme de Mer. C est aussi le lieu ou l’on envoie faire provision d’eau douce. _ (Faire de seau à l’aiguade de la Tramontanne, faire de i’eau à l’aiguade du Ponant.) f AIGUAIL , / m. [Rw.] Mot qui n’est guère en usage, & qui signifie la rosee qui est sur les feuilles des herbes, & des bois taillis. (L’aiguail ôte le sentiment aux chiens.) AIGUE-MARINE , f f. \_Aqua marinas Pierre précieuse qui est de la couleur de Peau de la mer , qui naît le long de ses côtes, & requit fa couleur de son fius & de son reflus. (Aigue-márine Orientale. II s’en rencontre dans quelques Provinces de l’Europe ; mais parce qu’elles n’ont ni la dureté, ni le poliment des aigues-marines Orientales, on en fait fort peu d’e- tat. Ronel. Mercure Indien, /. 2.) AIGUIE'RE , aiguille. Voïez la colonne EGU ,fout la lettre E. AIL , f tn. Vient du Latin allium, & est une sorte de petit oignon sec & chaud. (L’ail cuit est chaud, ìl provoque surine, & est un préservatif contre le venin ; mais l’ail crû est venteux, il dessèche l’estomac, il est nuisible à la vûë & corrompt shaleine. Ce mot à’ail faisoit, il y a quelque tems, son pluriel en aulx ; mais aujourd’hui il se termine d’ordiriaire en ails,. & même il est plus en usage au singulier qu’au pluriel. L’ail est la tériaque des païsans. Briot, histoire natu « relie £ Angleterre. Tu peux choisir, ou de manger trente aulx, J’entens fans boire, Ou fans prendre repos t Ou de foufrir trente bons coups de gaules Bien apliquez fur tes larges épaules. La Fontaine, contes, t. 1. 11 mange de l’ail, il aime l’ail, il mange deux têtes «l’ail, & non pas deux têtes d ’aulxl) M. Ménage, dans ses Observations , tom. 1. p. àçi. dit, que le mot d ’ail n’est usité qu’au singulier. Je conviens qu’il ne faut pas dire des aulx , comme IW. de Balzac dans des Dissertations politiques; mais pourquoi ne dira-t-on pas des ails ; Cependant il faut «'abstenir, autant qu’on le peut, des termes qui font encore incertains & douteux, & s’en tenir à ail au singulier : Donnez-moi de l’ail, & non des aulx. AILE , f f. Mot qui décend du Latin ala. C’est la partie dont l’oileau se sert pour voler. (Une grande, grosse aile, une petite jolie aile, une aile forte, une aile rompue , une aile refaite , une aile déliée. Déplier les ailes, étendre les ailes, rompre ses ailes , ramasser ses ailes, batre des ailes, voler à tire-d’ailes. Quand les pigeons font en colère les uns contre les autres, ils se bâtent à coups d’ailes, & à coups de bec.) f AILE. Ce mot entre dans des façons de parler d’armée en bataille, & veut dire les troupes à droite & à gauche. (Commander salle droite, commander salle gauche. Avoir la pointe de l’uile gauche. Alerter salle droite. Donner fur salle droite. Ataquer salle gauche, batre, défaire salle gauche.) f AILE , f f. Ce mot se dit aussi en parlant de bataillon & d’escadron, & ce sont les cotez droits & les còtez gauches du bataillon. (Défaire salle d’un escadron. Rompre saile d’un bataillon. Faire plier saile d’un bataillon.) AILE, f. f. Terme de Fortification. Ce sont les cotez de certains ouvrages de fortifications. (On dit, les ailes des tenailles, les ailes des ouvrages couronnez. Ataquer salle droite d’un ouvrage à corne. Insulter saile gauche d’un ouvrage à corne.) f AILE , f. f. Terme d ’ArchiteUure. C’est le côté de quelque ouvrage d’architecture. Les ailes de ce pont, les ailes de ce téatre font bien faites, bien proportionnées, & bien régulières.) * AILE , st f. Terme d’ ArchiteHure. C’est un rang de colonnes, ajouté aux cotez d’un temple, d’un vestibule, ou d’une basilique, soit en dedans ou en dehors. (Pour embélir cette Eglise, on y bâtira deux ailes au- dedans.) ÁÎL 65 f AILE, / /. Terme d ’Architecte. Ce sont les corps de logis qui sont aux cotez de quelque beau bâtiment. (Les ailes du Palais de Luxembourg sont belles.) * AILE8 , f. f. C’est ce qui fait tourner ìe moulin à vent par le moïen du vent & de îa toile dont ii est habillé." Les meuniers n’apellent pas cela aile , mais volant, & ils diront, il faut habiller ces Volans , & jamais, il faut habiller ces ailes. Cependant les gens qui ne sont pas meuniers & qui écrivent bien, disent les ailes d’un moulin à vent. On ne fera point mal de parler comme eux , mais on ne fera pas mal aussi de parler comme les gens du métier. Le mot de volant a quelque chose d’agréable. {$ AILES d’une fiche à ferrer des portes oû des fenêtres. Félibìen. Ailes de Lucarne. Ce sont les jouées de la lucarne, c’est-à-dire, les deux côtez qui vont s’a- puïer fur les chevrons. * AILE , f f. Ce mot, au figuré, signifie promptitude a courre, vitesse pour fuir. (Si la peur vous donne des ailes pour vous sauver, sespérance lui en donne de plus fortes pour vous éteindre. Vaug. Quint . 1,1. ch. 4.) * AILE , f. f. Ce mot, àu figuré, fe dit encore de l’amour, des vents, du tems, de la renomméè. Mais en ce sens, le mot d’aile n’est d’ordinaîre bien usité qu’en poésie, ou dans des ouvrages qui en ont quelque chose. Porté fur les ailes du vent. Les ailes d’amoun Voit. P défies .) * AILE -, f. st Ce mot, âu figuré, entré dans plusieurs façons de parler figurées & proverbiales. (On dit, II ne bat que d’une aile. C’est-à-dire , qu’il n’à plus tant de vigueur ou de crédit. En avoir dans l’aile, c’est n’avoir plus le pouvoir qu’on avoit. Scaron, dans ses Poésies, a dit en riant : Mon chér ami, f en ai dans l’aile, Je stuis perdu, j’ai regardé Cloris. C’est-à-dire, je fuis amoureux & j’ai perdu ma liberté. Saint Amant a écrit : Si vous en avez dans P aile, plaignez-vous adroitement. C'est-à-dire* fi vous êtes pris de quelque belle, plaignez-vous à elle avec adresse, & elle aura pitié de vous. II vent voler fans ailes^ c’est-à-dire, qu’il veut faire des choses qu’il n’a pas moïen de faire. Tirer pié ou aile d’une chose * c’est-à- dire, en tirer quelque partie. Le fils aîné de F. H. a escamoté en scélérat des pistoles à tout le monde , & personne n’en sauroit tirer ni pié ni aile, parce qu’H. le père en matière de cœur & d’esprit, est aussi misérable que son fils. On lui a rogné les ailes, c’est-à-dire, qu’on lui a ôté de son crédit, de son pouvoir, oii de son bien. Elle n’a pris fous P aile dé fa mère qu’une baffe habitude, c’est-à-dire, qu’elle n’a contracté qu’uné habitude grossière sous la conduite de fa mère. II veut voler avant que d’avoir des ailes , c’est-à-dire, qu’il Veut agir avant que d’avoir le pouvoir.) * AILE , f f. Terme de Faiseur de lardoires , Sé à’Eguilletier. On dit, ailes de la lardoire, les parties de la lardoire où l’on met le lardon , lors qu’on veut larder ou piquer. (Les ailes de cette lardoire d’argení font très-bien faites & très-jolies.) AILE , f f Ce mot fe dit par les Horlogeurs, parlant des pignons des montres. On apelle aile de pignon, la partie du pignon qui est à l’égard d u pignon ce que la dent est à l’égard de la roué. (On dit, cette montre ne va point, parce qu’il y a une aile de pignon rompuë.) * AILE , f f. Terme de Vitrier. C’est le plomb qui entre un peu fur la losange, & qui tient le verre. On dit, cette aile est trop foible. Cette aile est assez forte. Monheur Félibìen apelle cela aileron dans son Dictionnaire des quatre arts. Les vitriers rient, quand ils entendent ce mot. Us ont pourtant tort, car Monsieur Félibien est habile homme. Mais il n’efl cheval st superbe Qui ne bronche, dit le proverbe. H AILE , f f. Terme de Tourneur, qui signifie deux pièces de bois plates, de figure triangulaire, qui s’attachent transversalement à une des poupées du tour, pour servir de suport lorsqu’on veut tourner des quatre ronds. On apelle poupées à ailes, celles qui ont de ces sortes de fuports. H AILE, f f Terme de Blason. Lorsqu’il y a deux ailes, on dit un vol s & demi-vol , lorsqu’il n’f a qu’une aile. Tome L I f AILES, 6 6 AIM £ AILES i s-J- Terme de Botanique. Ce sont les branches ou les feuilles, qui pouffent à côté Tune de . i’autre, fur les tiges des arbres ou des plantes. t AILES , s }'■ Terme de Jardinier. Les ailes d’ar- tichaux font les petites pommes qui croissent aux cotez de la pomme du principal montant. _ AILE, s. s. Mot qui vient de l’anglois ale , & qui est en usage à Paris. On prononce un peu longue la première lilabe du mot aile. C’est une forte de biere angloise, qui íê faitsans houblon & qui est plus forte & plus chargée que la bière ordinaire. (L’aile est bonne, l’aile est forte, Pailc est petite.) AILE', ailée, adj. [Alains J Qui a des ailes , a qui l’on a donné des ailes. (II est monté fur le dada ailé. Voit. Poésies. Pegaze est le cheval ailé des Poètes. Abl. Luc. £ AILE ',adj. Terme de Blason. On dit un oiseau. ailé, quand ses ailes font d’un autre émail que íòn corps. On apelle aussi niiez , certains animaux , à qui il'n’est pas ordinaire d’avoir des ailes. Des ferpens ai- lez, un cerf ailé, un cœur ailé, un cheval ailé, &c. AILERON, / m. [Pinna.J Ce mot est usité quelquefois en parlant de poisson , & il signifie ce qu’on apelle ordinairement la nageoire du poisson : mais en ce sens je ne trouve le mot d 'aileron que dans l’illustre ami d’Ablancourt. C’est un poisson , dit-il, qu’on voit le dos apuié contre fa coquille , qui lui sert comme de proue ; sa tête qu’il élève lui tient lieu de voile, & ses ailerons font ses rames. Abl. Lucien , tome fl. su- plément de l’Histoire véritable , /. ;. pag. ;;6. On di- roit, & ses nageoires font ses rames. AILERONS , s. m. Petits corps cartilagineux situez aux deux cotez du bout du nez. Dégori, terme de Médecine. £ Les Anatomistes apellent aussi ailes ou ailerons, les lobes du foïe , le haut des oreilles, les chairs molles & spongieuses qui sortent de la partie naturelle de la femme, qu’on nomme nimpbes , &c. f AILERONS , f. m. On apelle ailerons d’une rouë de moulin à eau, les planches qui sont disposées au- tour de l’axe de cette rouë , pour être poussées successivement par le courant de l’eau qui passe dessous , fi le moulin est fur une rivière ,• ou pour être frapées de Peau, qui en tombant de quelque bassin élevé au-dessus de la rouë , fait baisser alternativement chaque aileron. Ces planches fe nomment auíli qu’elquefois des Ali- cbons & des Volets. x AILERONS. On apelloit autrefois ainsi une bande d’étofe qu’on mettoít au haut des manches d’une robe , ou d’un pourpoint, & qui débordoit tout autour. AILETTE f. f. Terme de Cordonnier. C’est une petite piéce de cuir qu’on met par dedans le long du soulier , & qui prend depuis le pâton jufqu’aux quartiers. (L’ailette de ce soulier est bien cousuë.) í A TT.FU R F.S , ou HILOIRES. Terme de Ma- rine. Ce sont deux solivaux , qui sont portez le long du pont d’un vaisseau fur les barrots , avec lesquels ils font un quarré nommé écoutille. AILLEURS, adv. {Alibi.'} Prononcez presque a. Heurs en deux filabes. C’est-à-dire, en un autre lieu, d’un autre côté. (11 est ailleurs. On me mande «Palier par ailleurs. Voit. 17. L’efprit de la Fontaine & son corps ne font presque jamais ensemble, quand Pu n est en un endroit, Pautre est souvent ailleurs. Celui de H. est de même.) D’AILLEURS , adv. [ Aliunde.} D’un autre lieu. (Ce bigot ne vient point de l’Eglise , mais bailleurs, de chez quelque belle dame , peut-être.) * D’AILLEURS , adv. D’une autre cause. Cela ne vient pas d’où vous croïez , il procède d’ailleurs.) * D’AILI.EURS , adv. [Prœterea.] Outre cela, de plus. (La plupart des riches qui n’ont point de naissance , sont fiers, insolens, & brutaux d’ailleurs.) AIMABLE , adj. [ Amahi/is. 3 Digne d’être aimé. (Dificilement on s’empéche d’aimer ce que les Dieux ont fait de plus aimable. Gomb. Poésies. Le tems ne bannira jamais de mon ame , ni ces aimables lieux, ni cette belle flâme. Scar. Po'ef) AIMER, v. a. II vient du Latin amare. C’est désirer qu’il arrive à quelcun ce qu’on croit lui devoir être avantageux , non point à cause de soi-même , mais à la feule considération de la personne à qui l’on veut du bien. C’est avoir de la passion pour quelque chose que .l’on en croit digne, f Vous qui aimez le Seigneur, baillez le mal. Port-Royal, PJeaumes. Nous aimons ceux qui nous font du bien, & les amis de nos amis,. AíM Il est d’un galant homme d’aimer la gloire & l’honneur, & de chercher de toute fa force l’un & Pautre. Je t'aime, cher Dapbnh , U P aimerai toujours, Ma vie , U mon amour ri auront qiéun mime cours. La Comtesse de la Suze. Si pour vous avoir dit , Madame je vous aime, Ce mot vous offense Jì fort, Punissez mon audace extrême, Vengez-vous-en, j’en Juis d’acord, Vous pouvez me traiter de mime: Pour me faire mime dépir, Eites-moi, Monsieur je vous aime, C’ejì tout ce que je vous ai dit. Poète anonyme. AIMER, v. a. Ce mot signifiant se plaire à quelque chose, ou prendre plaisir, veut le verbe qu’il régit à l’infinitif, précédé de la particule à. L’on n’aime point à louer , & l’on ne loué jamais fans intérêt. La Ro- chefoucaut , réflexions. ) ff L’Auteur de la Traduction de Limitation de Jé- sus-Christ a dit : Votre celiule vous Jcra eìtnuieuse , Jì vous aimez J en sortir. Le P. Bouhours , dans ses Doutes , croit qu’il faut dire , Jì vom aimez à en sortir. Mais cet à en me paroît bien rude ; c’est un véritable hiatus. On dit fe faire aimer; mais les uns disent,/? faire aimer à quelqu un ,■ les autres , de quelqiìun s & ce dernier est le meilleur. II éépouse , b ì e fii pourquoi, C’es qu il aime , comme les Princes, A nourrir des monjìres chez foi. Mainard , Poésies.) Aimez , Seigneur, aimez à vivre, Et faites que de vos beaux jours Le long le fortuné cours De toute crainte nous délivre. Voit. Poésies.) Le mensonge est tellement connu pour un vice, que ceux qui aiment le plus -r mentir, le condamnent. PeliJJbn , g? la Suze , recueil. Les vieillards aiment à donner de bons préceptes pour se consoler de n’être plus en état de donner de mauvais exemples. La Rochefoucaut, réflexions, 1. partie, pag. 34. Voïez aimer, plus bas. AIMER. Ce verbe est quelquefois neutre, quand il signifie vouloir , souhaiter , désirer , être bien aise , & alors il veut être suivi d’un^íe, & d’un subjonctif. {Aimez qu’on vous conseille , U non pas qu’on vom loué. Desp. Poët. chant. i. ) J’aime qu’on prenne de la peine , quand il s’agit d’honneur & de vertu.) í AIMER. Lorsque ce verbe se met absolument & sans regime, il signifie la passion de Pamour. (11 est dangereux d’aimer. II est doux d’aimer.) f S’AIMER. On dit aimer fa personne , s’aimer soi- méme, & absolument s’aimer , pour dire , avoir un attachement excellìs à sa personne. C’est un défaut très-ordinaire aux femmes , que de s’aimer trop. M. Sc. On dit encore s’aimer en un lieu , pour dire, s’y plaire, prendre plaisir d’y être. AIMER mieux, [ Malle .] Ces mots veulent être souvent suivis d’un verbe à l’infinitif , «L cet infinitif veut être immédiatement suivi des particules que & de qui en régissent un autre. (11s aimèrent mieux le prendre vif que de le tuer. _ Vaug. Quint. I. 4. II aime mieux dire du mal de foi que de n’en point parler. La Ro- cbefoucaut , réflexions. Fille aima mieux mourir que de rendre un lavement qu’elle avoir pris. Scarron, Poésies. AIMER mieux. Ces mots signifient préférer , & ils se dilent des choses dont on préfère les unes aux autres. 11 aime mieux une fortune basse & tranquille qu’une fortune élevée & tumultueuse. AIMER mieux. Ces mots se disent aussi des personnes , quand il ne s’agit point d’amitié , mais d’une simple préférence. (On aime mieux un valet mal-fait & sage, qu’un valet bien-fait & fripon. Nouvelles remarques. C’ejì Vhomme du monde que j’aime le mieux. On ne trouve pas bonne cette façon de parler. Comme il s’agit d’amitié , & non point de préférence , on doit dire c’estl’homme du monde que j’aime le plus, ou c’est l’homme du monde pour qui j’ai le plus d’amitié. Nouvelles remarques. Votez la remarque entiere du P. Bouhours, AIN limirs, pag. 37. elle est: très-instructive ; & la 320. de Sl. de Vaugelas. Voïez aussi M. Ménage , tom. 2. de ses Obferv. 33. AIMER mieux. Ces mots suivis immédiatement d’un que, veulent le verbe qui fuit leur que, w subjonctif. sonnerais mieux qu’il déclinât fan nom, Et dit , je luis Orejle , ou bien Ammemnon. Desp. Poët. ch. 3.) AIME aimée, adj. [Amatus.} Objet qu’on aime, pour lequel on a del’amour , de Famitié. (11 est aimé des grands, il est chéri des belles. Dejpr. fat. g. Jjf M. de Scudery a dit dans fa Tragicomedie : Ce cœur toujours confiant aime Ji cberement. AIMER cberement , ne se dit point ; chérir dit moins qu 'aimer. AIME'E, f. f. [Amata.} Nom de femme. Aimée est jolie. ) AIMAN 1 J' m. [Magnes.] Pierre qui atire le fer, & qui lui communique fes propriétez. (On donne plus de force à la pierre d’aiman lorfqu’on Parme. Voilà un aiman bien armé : & il faut que ce soit de la façon du sieur. .. .) AIMANTIN , dimantine , adj. [Vi magneticd prœdi- tus.} Qui a la qualité de Paiman. (C’est un fer qui a une vertu aimantine , c’est-à-dire, la force d’atirer le fer. ) AIMANTE' , aimantée , adj. [Magnete perfriAus. ] Touché avec Paiman. (Eguille aimantée.) AIMORAGIE, [Sanguinis emijsio.} Prononcez Emoragie. Terme de Médecine. Ce mot vient du mot Grec àiy.oppzyíci , & signifie écoulement de sang par le nez. (Provoquer une aimoragie , arrêter l'aimoragie.) AIN ,s. m. [Aamus.} Vieux mot. Hameçon. AINE , aijhe , f. f. [Inguen.} On l’écrit de Fune & de Fautre façon , mais on prononce aine , & l’on ne prononce point 1’/dans aîné ni aînée', & même il est libre de ne point écrire ces mots avec cette premiere f. Vaine est la partie du corps où la cuisse & la hanche s’assemblent. (Avoir Faine enflée.) f AINE , f. f. Petite brochette , ou menu bâton assez long , qui sert à enfiler les harengs par la tête, pour les mettre forer à la fumée. AINE', aifné, f.s. [Natu maximus.} Le premier né des enfans mâles dans une maison. (II est l’aîné de la famille.) ’AINE'E, aijhée , f f. [Natte maxima.'} La première née des filles d’une maison. (L’aìnée est la plus belle. AÎNESSE , f.s. [Jmpriorîs ortûs.} Ce mot d ’aînesse ne fe dit pas seul, & il est d’ordinaire acompagné du mot de droit. C'est l’avantage qu’on a d’être le premier né dans une famille. (Le droit d’aînesse est considérable , & en France il n’y a point de Coutume où il ne soit avantageux. On Fy a étendu, car après la mort du premier né, le puîné íirccéde au droit d’aîneffe. Eíau vendit son droit d’aînesse à Jacob. Arn.) f AINS- [Sed.} Conjonction qui veut dire mais, & qui en ce sens n’est plus en usage. Ains au contrai - re. Ces mots fe disent encore , mais en riant seulement. (Point ne fe repentit de son feint personnage, Ains au contraire il en fut très content. • Nouvelles remarques de Vaugelas.) AINSI- [Ita ,sic.} Conjonctive. De la forte , de cette forte. C’est pourquoi, tout de même. (11 parla ainsi à fes soldats. Abl. Je me riois de mon aveuglement , ainsi mon ame crût pour jamais être désenchantée. Volt. Poésies. Comme un père a de la tendresse pour fes enfans, ainsi le Seigneur a de la tendresse pour nous. Port-Royal , Pf. 102. _ [f On difoit autrefois , par ainsi ; mais on ne s’en sert plus. Vaug. art. 29. J AINSI fait-il. Façon de parler ordinaire , pour demander l’acompliíTement de ce que l’on souhaite. II se met à la fin de toutes les prières qu’on a fait à Dieu. Comme ainsi soit. Façon de parler ancienne, qui signifie, veu que, d’autant que. Puis qu’ainsi ejl, est u- ne autre façon de parler , dont on se sert à peu près dans le même sens. J AINSI que , ou de la maniéré que, dc la façon que. Cela est ainsi que je vous l’ai dit. II signifie aussi s’il est vrai que, s’iiest ainsi que nom ne forons créez que pour servir Dieu. Ainsi que , veut dire encore. AJO 67 au même tems que. Ainsi que j’arrivois, ainsi qu’il fortuit. AIO, f m. Les bouquetières de Paris apellent de ce nom une forte de fleur jaune qui vient en Janvier, qui dure presque jufqu’à Pâque, & qui est une manière de petite tulipe. Ces aios sont fort jolis , l’on s’en sert à mettre fur les autels. AJOINDRE , v. a. [ Adjungere ,] Donner un Collègue. Associer quelcun pour servir d’aide dans quelque négociation. (On a ajoint deux évangélistes à es raporteur pour examiner les pièces du procez.) AJOINT, f. m. [Tsiis.} Terme de Palais. Celui qu’on prend pour assister à une procédure ou à un jugement. AJOINT. [Collega, foetus.} Oficierde Libraire qui aide le Sindic. AJOINTS,Jl m. [AdjunAa.} Terme de Rétorique. Circonstances d’une chose. On se sert des ajoint# pour amplifier. AJOURE', adj. [Persnratus.} Terme de Blafin , qui se dit des piéees qui sont percées à jour, comme un chef crenelé , dont les créneaux font remplis d’une aurée couleur que le champ. AJOURNE', f m. [In jus vocatrn.} Terme de Pratique. Celui à qui on a donné un ajournement, c’est-à-dire, une assignation de comparaître à un certain jour & à une certaine heure devant le juge. (Les a- journemens pourront être faits devant tous Juges, encore que les ajournez aient ieur domicile ailleurs. Ordonnance de Louis XIV. a. 10. On a obtenu un défaut contre Fajourné.) o AJOURNEMENT , f m. [In jus vocatio.} Terme de Pratique , qui se dit en matières civiles & criminelles, mais d’ordinaire en matières criminelles. On s’en sert dans les matières purement civiles, comme on le peut voir par FOrdonnance de Louis XIV. titre 2. & titre 3. Mais son usage le plus fréquent est dans les matières. criminelles. L’ajournement en matière civile , est un écrit fait par un Huissier ou Sergent fur du papier timbré, qui doit contenir les conclusions du demandeur , ou de la demanderesse , qui doit fe donner à domicile en présence de deux témoins qui sachent écrire & déclarer le jour ou le défendeur, ou la défenderesse doivent comparaître pour répondre aux fins de la demande portée par Fajournement. Mais en matières criminelles , c’est un écrit qu’un Huissier donne à une personne acusée , pour comparaître dans un certain jour devant un tel Juge en propre personne, afin de répondre aux fins portées par Fajournement. (On lui a donné un ajournement personnel. L’ajournement personnel doit être libellé. II faut donner un ajournement 4 domicile. Voïez là-dessus le Code civil ffj criminel.) AJOURNER , v. a. [In jus vocare.} Ce mot se dit en matières civiles & plus ordinairement en matières criminelles. C’est, en parlant de matières civiles , donner une assignation à quelcun pour comparaître en personne , ou par procureur , & répondre aux fins de la demande portée par F exploit. Mais en matières cri-, minelles, c’est donner un ajournement à un acufé , ou à une acusée , pour comparaître en propre personne, afin de répondre dans un tel jour aux conclusions dey Fajournement. (Ceux qui ont droit de committimus , ne pourront faire ajourner aux requêtes de nôtre Hôtel ou du Palais, qu’en vertu de lettres de committimus. Voïez l’Ordonnance de Louis XIV. Article r r. Ajourner personnellement un acufé. Voïez 1 e Code criminel de Louis XIV. Voïez aussi les Origines dé M. de Cafeneuve.) AJOUTER, ®- a. [Addere.} Joindre à quelque chose, mettre avec d’autres choses. (Si on ajoute une Province à un Roïaume , la Province prend, au moment de l’union, toutes les loix & tous les Privilèges du Roïaume. Patru , plaid. 4.) J AJOúTER au Conte , c'est-à-d Ire, l’amplifier par des circonstances inventées. On dit ajouter foi à quelcun, ajoôte.r foi à quelque chose , pour dire , croire ce que quelcun dit , croire quelque chose. On peut lui ajouter foi. II ne faut pas lui ajouter foi trop de leger. Ajoutez-vous foi à ces choses-là? Vous pouvez ajoûter foi à tout ce qu’il vous dira. Acad. Fr. AJOUTE'E, f f- [AdjunCIa.} Terme de Géométrie , qui fe dit d’une ligne prolongée & à laquelle ou ajoûte quelque chose. (Si une grandeur.«st double Terne L I a d’urie 68 AÌR d’une antre, & Y ajoutée de Yajoûtée, le tour sera double du tout. Rohault.) MK,s m - íA'ér.] Un des quatre élémens. Toute cette matière liquide & transparente où nous vivons, & qui est répandue de tous cotez autour du globe composé de la terre & de seau. Air clair , pur , subtil, serein , grossier , doux , agréable, sain , mal sain, épais, impur, chaud, humide, froid, sec , corrompu,_natal. Prendre l’air, respirer Pair natal. L’air subtilise _ les humeurs , purifie le sang, réveille la chaleur , facilite la coction, réjouit le cœur, & le fortifie. L’air épais & impur osense & corrompit les humeurs. L’air chaud ouvre les pores , il excite la soif, afoiblit la coction. L’air trop froid condense les humeurs , les épaissit, resserre la peau , & empêche la transpiration. L’air trop humide cause des fievres. L’air trop sec consume les humeurs, les déseche, & engendre des fumées aiguës. Prendre l’air, changer d’air, donner de l’air, mettre ou exposer à l’air.) Voïez le P. Labbe. AIR, s m. Ce mot lignifiant un des quatre élémens, ne se dit d’ordinaire ati pluriel qu’en Poésie, ou qu’en des discours de prose qui ont quelque chose de la grandeur de la Poésie. (Des portes du matin l’amante de Céphale Ses roses épandoit dam le milieu des airs. Volt. Poésies. Eaux qui étés au-dessus des airs, bénissez le Seigneur. Port-Royal , Psaumes.} AIR , f. m. [ Cantilena.] Chanson notée, chanson. Les airs de Boisset charmèrent autrefois toute la Cour. Les connoisseurs admirent les airs de Bossuet. Saint Evremont , t. 2. Adorez Dieu & chantez des airs sacrez en son honneur. Port-Royal. Savoir leS airs de Cour, aprendre Pair d’une chanson, jouer un air, danser un air.) Air, chant. V. Cajeneuve, dans ses Origines. * AIR, f m. On se sert quelquefois du mot d’air pour marquer le peu de solidité & de fondement qu’il y a dans ce qu’on dit, ou ce qu’on fait. (Donner des préceptes en l’air. Abl. Luc. Discourir en Pair. S car. rom. Tous les personnages qu’il représente , sont des personnages en Pair. Mol. impromptu , Jc. 4. Cette injure est en Yair , c’est-à-dire , ne touche personne. Í 1 y a quelque chose en Yair, c’est-à-dire, il y a quelque bruit, quelques nouvelles, quelque quérelle. II prétend m’amuser par des contes en l’air. Mol. Sca- pin, a. 1 .sc. 4.) * AIR , / m. [ Vultus, Jlmilitudo. ) Phisionomie, mine. (Avoir un air de qualité. Avoir Pair grand & noble. Avoir Pair gai. Avoir Pair enjoué. Avoir l’air chagrin. Avoir Pair triste.) * AIR , f m. \_Mores , agendi, loquendi ratio.] Maniéré , faqon , forte. (Avoir Pair grand. C’est vivre à la manière du grand monde. Je vis d’un air à ne rien craindre. Vous verrez de quel air la nature a dessiné fa personne. Mol Pourc. Les Egyptiens n’é- toient pas fâchez des airs de familiarité d’Antoine.. Citri , triumvirat, 3. partie. Elles se donnent des airs qui achevent de les perdre. Avoir Pair empesé. L’air grand a tire l’estime & le respect ; mais Pair doux & favorable ne fait pas de moins bons éfets. S. Evremont, t. 6 . Donner un air de nouveauté à un sujeî rebatu. Abl. Luc. Humer Pair précieux. Mol. précieuses. C’est prendre des manières agréables & un peu singulières. PC Ce sont deux choses bien diférentes, dit le P. Bouhours dans ses Remarques nouvelles, avoir le grand air , & avoir l’air grand. On dit d’un homme qui vit en grand Seigneur, & à la maniéré du grand monde , qu’// a le grand air : On dit d’un homme dont la physionomie est grande, & la mine haute, qu’// a f air grand. Ce n’est pas la premiere phrase où la diverse situation de Padjectif fait une signification difé- rente : galant homme , homme galant, sont de cette espe- ce : à quoi on peut ajoûter ,sage femme, Si femme sage; car qui diroit, en parlant d’une femme prude & régulière , c’es une sage femme , ne diroit pas ce qu’il voudroit dire , à moins d’ajoûter devant sage , quelque chose qui ôte l’équivoque , comme , très , fort, plus : c’es une tressage femme , c’efl la plus sage femme que je connaisse : Aussi M. de la Chambre dit, dans le Discours de Pamitié & de la haine qui se trouvent entre les animaux , en parlant de la femelle du Butor ; U n’y a qu’elle qui ait soin de sa famille gif de son ménage ; U l’m pourrait dire que c’eji Itt plus sage sem. AIR me du plus heureux mari qui soit entre les animaux , AIR , J', m. Feu. (L’air du fèu • est bon en touC tems. Aprocher Pair du feu. Prendre Pair du feu. AIR de vent, ou aire de vent. Terme de Mer. Quelques-uns écrivent air de vent ; mais la plupart font pour aire de vent. C’est la 32. partie de la rose du compas. ( Ce vaisseau courut fur le même air de vent , ou le même aire de vent.) * AIR , f. m. [ Concinnitas. J Terme de Peinture. Harmonie des parties qui rend le visage agréable. (Donner de beaux airs de têtes à ses figures.) * AIR , f. m. [ Equi incefsm , saltus. J Terme de Manège. Action que fait un cheval de manège , laquelle a été apellée air , à cause que faisant cette action , le cheval s’éléve en Pair ; ainsi la capriole est un air. II y a aussi un air terre à terre , & un air relevé. ( Cheval qui prend un bel air , rencontrer bien l’air d’un cheval. II faut donner un air à ce cheval, parce qu'il n’en a point de naturel. Assurer un cheval fur l’air qu’il a pris. Cheval qui a des commence- mens d’airs relevez, c’est-à-dire, qui s’éléve plus haut qu’au terre à terre , & qui manie à courbettes & à ba- lotades , à caprioles , &c.) AIRAIN , f m. Prononcez érain. Ce mot vient du Latin as, aris , C’est un cuivre mélangé ; mais plus solide & plus malléable que le plomb , l’étain , ni le fer. On dit que Tubalcaïn fut le premier qui mit en usage l’airain & le fer, & que la première monoïe qui fut batuë , étoit d’airain. * Le Ciel es d’airain. Patru , plaid. 3. C’est-à-dire, que le Ciel ne répand point ses grâces. * Avoir un front d’airain. C’est avoir l’impudence fur le front, & être impudent au dernier degré. On dit aussi le siécle d’airain , pour marquer le troisième âge du monde : Voyez âge. H On dit d’un homme dur & impitoïable , qu’il a des entrailles d’airain. ^ On dit figur. que les injures s’écrivent fur l’airain, & sis bienfaits Jur le fable; pour dire, qu’on oublie aisément les bienfaits, & qu’on se souvient long-tems des injures. AIRE , f f. [ A.rea.] C’est la place (fans la grange ou on bat le grain. ( Une aire bien nette, une aire très-propre. Netteïer Paire de la grange , balaïer Paire de la grange. Ils mangeront les grains que vous aurez vannez dans Paire. Port-Royal, IJ'aie , chap. 23. 11 a le van à la main , & il netteïera parfaitement Paire de fa grange. Port-Royal , Nouv. Tesiam. S. Matth. ch. 3.) AIRE , f.s. [ Ai dus.] C’est un nid d’oiseau de proie, où d’autre pareil oiseau. (Laire de l’aigrette , de la grue , ou du héron est abatuë. L’aigle fait son aire sur quelque haute roche aux pais Septentrionaux, pour bien dresser l’aigle , on la doit prendre dans son aire. L’aigle ne change point son aire , & elle y retourne tous les ans. Fauconnerie , B. page 103. Le faucon fait son aire au mois de Mai, & alors il cherche un nid de corbeau , de milan, ou de buse ; il les en chasse , & y pond trois ou quatre œufs gros presque comme ceux d’une poule. Une aigle au sortir de son aire, íond dejsus les oiseaux d’une aile moins legere. God. Poésies, 1. partie. AIRE , f. f. [Superficies.] Terme de Géométrie. C’est la grandeur ou la capacité intérieure d’une figure. Mesurer Paire d’un triangle. Trouver Paire d’un cercle donné. Pardies, géométrie. Multiplier Paire d’un cercle par, ct c. On apelle aire de plancher , l’éten- duë de la chambre. AIRE de vent , f m. Terme de Mer. C’est lc rumb de vent , ou quart de vent. C’est la trente- deuxiéme partie de la rose du compas ou boussole de mer. ( La frégate courut toujours fur le même aire de vent. Des Roches , terme de Marine.) AIRES , J. f. Terme de Maréchal. Ce mot ne s’é- crit plus de la sorte. Voyez ars. 0 AIRE de moilon. C’est une petite fondation au rez de chaussée, fur laquelle l’on pose les lambourdes , le carreau , ou les dales de pierre , ct qu’il est de moindre épaisseur fur les voûtes , que fur la terre. Daviler. íf AIRE de chaux g? de ciment. C’est un massis de certaine épaisseur , en maniéré de chape , pour conserver le dessus des voûtes à l’air, comme il en a été fait un fur l’Orangerie de Versailles. Le même. 0 A 1*2 AIS ($ AIRE de recoupes, C’est une épaisseur d’envî- ron huit à neuf pouces, de recoupes de pierre, pour afermir les alées des jardins. Le même. t AIRELLE , f- f [ Vitis Idaca , ou Vacciniumà} Plante qu’on apelle mirtilîe , parce qu’elle porte des baïes semblables à celles du mirte. Voyez Baubin. Les baies de cette plante sont rafraîchissantes & astringentes , propres pour le cours de ventre & le vomissement. AIRER , v. n. [ Nidisicare.^ Ce mot se dit en parlant d’oiseau de proie. C’est faire son aire. (Les gerfauts airent fur des rochers. Les faucons airent dans les rochers, fur la terre & dans les bois de haute futaie. Franchiére , fauconnerie.') f AIRIER ,©.«.[ Aèrem purgare .] Ou plutôt a‘é- vïer. Mettre en bel air. (II faut bien airier cette maison. On aime à demeurer dans des endroits qu’on ait bien airiez. Voyez aérier. ê AIRIER. Ce verbe ne se dit guére qu’en parlant d’une maison infectée , dont on chasse le mauvais air en y alumant un grand feu , & en y brûlant des parfums. Airier une maison infestée. Acad. Fr. è AIRIE'. Airiée, adj. partie. On dit une maison bien airiée , c’est-à-dire , dont on a chassé le mauvais air. AIROMANTIE , aéromantie , s. s. Mot qui vient du Grec, & qui se prononce éromancie , mais qui s’é- crit plus ordinairement aëromantie. C’est la sience de deviner par le moïen de Pair. L’airomantie est curieuse. L’airomantie est belle. Savoir l’airomantie.) AIRRHES ; voyez ARRHES. AIS r s- m - Mot qui semble venir du Latin affh, & qui signifie une planche. ( Un petit ais , un grand, ais , un ais fort, un bon ais, un ais foible. Les ais de chêne font les meilleurs. Faire des ais , fier des ais. AIS , f. m. Terme de Relieur. Petite planche, planée , rabotée & unie, avec de la peau de chien marin , de laquelle un relieur fe sert pour fouetter ses livres. Un ais in douze, un ais in octavo, un ais in quarto , un ais in folio. ( Vite qu’on me défoiiette ce livre, & qu’on me mette les ficelles fur les ais.) $ Les Relieurs ont encore des ais à rogner, & des ais à presser. Tous ces ais sont diférens suivant ces divers usages. f AIS , j', m. Terme d 'Imprimeur. II y en a de deux sortes ; Ais à serrer ou à desserrer , & Ais à rame. te ou à tremper. Us sont de bois différent, d’un pouce environ d’épaisseur , sous lesquels sont attachées à deux pouces & demi des extrémitez , deux barres qui les élèvent assez pour donner prise, & les transporter facilement. Les ais à desserrer ont quelquefois deux pieds de long fur un de large , ou un pied & demi de long fur un bon pied de large , selon l’étendue des formes ausquelles ils sont destinez. Us servent aux Compositeurs pour desserrer & rimer leurs caractères. Les ais à ramette ou à tremper servent soit aux Compositeurs pour desserrer les placards & les ouvrages à longues lignes ; soit aux Imprimeurs de la presse pour ouvrir' leur papier lorsqu’ils le trempent , & pour le charger après qu’iis l’ont trempé. £ AIS feuillé. C’est un ais de bois de chêne, fur lequel sont poussées plusieurs rainures fort étroites. Les Vitriers s’en fervent pour y couler l’étain qu’ils emploient pour la soudure de leurs paneaux, & pour souder leurs liens , afin de les réduire, en petites lames. H AIS. Les Bouchers apellent ainsi un etablie ou forte table , sor laquelle ils coupent & dépècent leur viande pour le détail. H AIS de Carton. Ce sont des feuilles de Carton fortes Sc épaisses , qui servent particulièrement pour la couverture des grands Livres d’Eglise. H AIS , un coup d! ais , terme de jeu de paume. C’est le coup que la balle donne de volée, dans un ais qui est du côté du service. Voilà un beaucoup d’ais. t AISANCE , f f. [ Facilitas.2 Ce mot se dit des personnes, & commence de vieillir. C’est une certaine facilité qu’ont les personnes dans les choses. ( Une agréable aisance , une charmante aisance , une aimable aisance. Vous avez dans vos vers une ai. jlrnce qu’on ne peut assez estimer. Balzac , lettres à Conrart , livre i. let. 7.) AIS 69 On trouve dans mes vers une certaine aisance Qu’on peut °louer fans trop de complaisance, Boisrobert, epit. 1. vol. epit. 2g. (§ AISANCE. Les Notaires se servent de ce terme, dans quelques Provinces ; ils expriment ordinairement cette clause dans les ventes de fonds : avec leurs aisances U apartenances ; cela veut dire , avec les environs qui servent à jouir aisément & commodément du fond. AISANCES. On nomme ainsi les latrines & lieux communs ; & c’est par cette raison que des personnes délicates ne sc servent point du mot aisance au singulier, quoiqu’il soit reçu dans les conversations , & qu’on le trouve placé dans des ouvrages dont les Auteurs ont un grand crédit parmi les beaux esprits. AISCEAU , s nt. [Astia.J Instrument recourbé avec lequel on polit le bois, & dont les Tonneliers sc fervent pour ébaucher des pièces de bois creuses & courbées. AISE -, s m. [ Latitia, voluptas .] Contentement, plaisir, joie , satisfaction , repos. ( La guerre trouble Passe de nos jours. Main. Poésies. 11 n’est pas défendu de chercher ses aises. C’est un homme qui aime ses aises. C’est un gros & gras Chanoine qui prend ses aises. Cirus ne se laissa point transporter à l’aise de la victoire. Abl. ret. D’où vient que tu me veux ravir L’aise que f ai de la servir ? Mol. Poës. /. 4. Ton pouvoir absolu, pour conserver notre aise, Conservera celui qui nous P aura causé, Malh. Poës. t. 2. Ah ! que vous ni obligez , je ne me sens pas d’ aise. Rac. Plaid. a. 1. sc. 7. Etre bien à son aise. Vous en parlez bien à vôtre aise. Ils en discourent à leur aise, Alïdor ajjls dans fa chaise, Médit du Ciel tout à son aise, Desp. Poës.) ê L’Académie fait le mot aise féminin. Elle remarque qu’on ne se sers guére du pluriel aises , que pour signifier les commoditez de la vie. Aimer,prendre , chercher ses aises. * Etre à son aise. [ Commodâ uti fortunà. ] Avoir du bien médiocrement. ( C’est un homme à son aise qui ne dépense pas même son revenu. Maucroix . Les Moines font trop à leur aise, & cependant par un sot abus du siécle , on leur donne tous les jours.) tf Etre à son aise , n’est point du beau stile : aise , pour plaisir, bonheur , est banni de la prose , & on le soufre rarement dans les vers. M. Segrais, egl. 1. a dit : Et /’aife de vous voir , est à mon cœur blessé, Ce qu’une eau claire U vive est au cerf relancé. Mais il ne faut pas dire, après Malherbe : Sans jamais en son aise , un mal-aise éprouver. Mal-aise est très-mauvais. Le P. Labbe dérive aise ôiaistr , pour oistr , oisif, oisiveté s Perion, du Grec àitnaç , heureux. AISE , adj. [ Latus, contentus. ] Qui est content, qui a de la joie , qui a du plaisir , qui a de la satisfaction. Le mot aise , eu ce sens , veut quelquefois l’infinitif, & cet infinitif doit être précédé de la particule de. J’eusse été bien aise de voir ce que l’on eût répondu. Voit. Zelide. On n’est pas bien aise (savoir un étranger pour Maître. Vaugel. Quint. I. ■ 7. Mais quand aise est suivi d’un que, il veut au subjonctif le verbe qui suit le que. Vous ne ferez pas bien aise que je vous dise la vérité. Vaug. Quint. I. c. 2. Aise , en ce sens, étant suivi d’un nom , veut le génitif. N’étes-vous pas bien-aise de ce Mariage ? Mol. A L’AISE , adv. [ Commodé .) Aisément, commodément , & sans peine. ( Quatre chevaux de front y passent à Passe. Vaug. Quint. L On est assis à Taise au Sermon de Cotín. Dejp. fat. 9. On est auffi fort à Taise à ceux de l’Abé Sanguin , l’Hipocrate de son tems.) AISE’, aisée , adj. [ Commodus, facìlis. ] Facile. Le mot aisé demandé à, lorfqu’il est dans une façon de parler personnelle , & de , étant joint afec le verbe être I 5 pris yo AJll pris impersonnellement. ( II est fort aise à aprivoiser. Volt. let. 50. Les oreilles des Princes font délicates & bien aisées à blesser. Cojì. lett. t. t. lett. 140. 11 est aise de voir que cela part d’un esprit serein. Voit. let. 198. On dit absolument & sans régime, avoir l’esprit aisé. C’est une Poésie aisée.) AISE' , s m. [ Vives.) Oui est riche , qui est à son aise. ( On l’a taxé comme aisé. Taxer les aisez.) AISE'MENT , adv. sFacilè. ] Prononcez aij'éman, facilement, avec facilité , d’une maniéré aisée , d’un air facile. ( Les Philosophes triomphent aisément des maux passez. Alexandre fe laissoit gagner aisément à la flaterie. Vaug. Quint.) AISEMENT , / m. [ Latrína.) Ce mot signifie les lieux d’une maison. II est un peu vieux , & en sa place on dit, les lieux. L’aisement du logis & net, couvrir l’aisement. On trouve d’ordinaire à Passement les ouvrages du bon T.... & ceux de V.... SS. AISSADE. Terme de Marine. Aissade de poupe, est l’endroit où la poupe commence à se rétrécir , & où sont aussi les radiers. AISSEAU ; «w BARDEAU. AISSELLE , s f Mot qui vient du Latin axilla. L’aisselle est un creux fous le bras de Fhomme, & qui dans un certain âge est plein de poils. Aisselle puante. (f Les Latins disent aussi asceflte , ainsi que axilla, que le P. Labbe reconoît être la véritable origine de aijselles , qui vaut bien celle , dit-il, de nos Hellénistes , avec leur tiÁia, volvo , coarcío. AISSETTE , f /• [Ascia minor .] C’est une forte de petite hache dont les Vinaigriers & les Tonneliers se servent pour couper les fossets , & mettre & ôter les boudons. (Une bonne aissette , une méchante aiffette.) AISSIEU , s »r. En Latin axis. C’est un morceau de bois ou de fer arrondi, qui passe au travers de deux roués , & qui est arrêté par deux morceaux de fer, lesquels on apelle des esses. Un bon, un méchant, un petit ailsieu. Ferrer un aiflieu.) AISSIL- Vieux mot qui signifie vinaigre. II se trouve dans les anciens statuts de la Communauté des Vinaigriers. f AISSIN- Certaine mesure de froment, dont il est parlé dans les anciennes Ordonnances de Paris. AITIOLOGIE, f f- 11 vient du Grec , & est un terme de Médecine ,• on prononce étiologie. C’est la partie de la Médecine, ou l’on traite des difé- rentes causes des Maladies. (Fernel a fait un beau traité de l’aitiologie. Répondre de l’aitiologie.) f AJUBATIPITA , f. m. Arbrisseau du Brésil, qui produit une espece d’amande. Les sauvages en tirent une huile , dont ils se servent pour fortifier les membres afoiblis. AJUGER , ». «- Ce mot vient du Latin adjudi- gare. C’est donner à quelcun une chose dans les formes prescrites par la Justice. (La donation porte une clausekes. ALEXANDRE , f m. [ Alexander .] 11 vient du Grec & est ordinairement un nom propre. II veut dire, homme de cœur, protecteur & défenseur. (Alexandre,fils de Philippe & d’Olimpias, étoit un grand Capitaine. Plusieurs Papes se font fait apellèr Alexandre. On donne quelquefois à des filles se nom d’A- lexandre. ALG lexandre. La Reine Cristine se fit apeller Cristme Alexandre, & on dit, Cristine Alexandre mourut à Rome en 1689.) ALEXANDRIN, adj. [AlexandriMW.] Terme de Poèste Françoise. On apelle vers Alexandrins , les vers François de douze fiiabes : & on les nomma de la sorte, à cause qu’ils furent inventez par Alexandre Paris, vieux Poète François. Volez la versification de Ricbe- let. Les vers Alexandrins servent à faire des Poèmes héroïques & des dramatiques, des élégies, des satires, des épîtres, des églogues, des idyles, &c. ALEXIPHARMAQUE , s- m. [ Akxipbarma - cttmf] Médicament qui a la vertu de résister au venin. On l’apelle auffi Alexìtere. t§ ALEXIS. C’est le nom propre, d’un homme. Virgile Fait mention d’un Alexis dans fa troisième Eglogue ; Formosunt pajlor Coridon ardebat Alexin. On est en peine de découvrir quel étoit cet Alexis » Les uns disent que c’étoit un esclave dont Mécenas fit présent à Virgile, & citent pour témoin, Martial, liv» g. epig. ç6. Les autres soutiennent , que- cet Alexis - étoit esclave de Pollion, selon le témoignage d'Apulée. Mais il n’importe. ALEZAN, A/zan ou Alsan,fi m. [Equus ru* fus.'] Ce mot semble venir de PEspagnol alazan . II se dit du poil de certains chevaux. C’est un bai tirant sor le roux. (II y a plusieurs sortes d’alezans. Alezan brûlé, alezan clair, alezan poil de vache. L’ale- zau brûlé est le meilleur de tous les alezans , & l’on dit auffi alezan bridé, plutôt mort que laffi. L’alezan est très-vigoureux, & l’on ne le sqauroit jamais mettre à bout.) ALEZAN , dlezanne ou anzan , alzanne , adj. 11 se dit des chevaux qui sont d’un poil bai tirant fur le roux. II étoit monté fur un cheval alezan. C’est une Cavale alezanne, ou de poil alezan, qui travaille du manège que l’on veut.) f ALEZE, f. f- Grand linge dont on se sert pour enveloper des malades & des femmes en couche. On dit, enveloper un malade avec une aleze $ mettre tine aleze autour d’un malade. í ALFANDIGA. C’est ainsi que l’on nomme la Douane de Lisbonne, capitale du Portugal. ALFIER, f nt. [ 'Vexìllarim .] II vient de l’Ita- lien alfiere. Alfier sc dit dans des discours familiers ou de raillerie. C’est le soldat qui porte Pense!gne. (Pour moi, dit le second, je me tiendrois fort fier si j’étois seulement alfier. Baraton Postes.) ff ALFANE. Boileau a dit dans fa cinquième satyre, Mais la postérité d’Alfane U de Boyard , Quand ce n’est qu’une rosse , est vendue au ba2ard. Les Italiens apellent une cavale , Alfana, qui est un. mot Arabe , qui signifie la même chose. Arioste , chant , 2. de son Reland amoureux , Fut mention de la cavale de Gradasse , qui, toute forte qu’elle étoit, mit la croupe à terre , pressée par l’éfort du magicien, avec qui Gradasse combatoit. II grafe scontro f à cbinar le grappe Ral ver de prato a la gaglicarda Alfana ; Gradajo bavea una Alfana , la piu bella ' E la miglior , che mai portasse sella . M. Boileau a crû que Alfana étoit le nom de la cavale que montoit Gradasse ; & dans cette erreur, il a fait mention de sir postérité : mais c’est un terme génétique qui comprend toutes les efpeces de cavales , & ce n’est pas de leur postérité que le Poète a voulu parler. ALGALIE,/ f- Sonde creuse dont se servent les Chirurgiens pour faire uriner ceux qui ont une rétention d’urine. t ALGARADE, s fi xjnsultatio.] Ce mot vient de l’Espagnol algarada. II n’a cours que dans le stile bas & comique. C’est une insulte qu’on fait à quel- cun. Outrage insolent & plein de mépris fait à une personne. (Une algarade sensible, outrageuse, insolente. Une algarade indigne , & qui mérite du ressentiment. Faire une algarade à quelcun. On lui a fait une algarade dont il se ressentira. Soufrir une algarade. Suporterune algarade. Endurer lâchement une algarade.) ALGAROT ,s M. Terme de Chimie. Poudre qui ALI 77 est le régulé de Pantimoiné dissout par les acides dont on le sépare par le moïen de plusieurs lotions faites avec de Peau tiede. On l’apelle auflì Mercure de vie , ou simplement, Poudre émétìque. í ALGATRANE, s.s. Espece de poix, qui se trouve dans la baie que forme la pointe de Sainte He- lene, au Sud de Pile de Plata. ALGE'BR AI QUE, adj. Qui apartient à PAlgébre, (Caractère Algébraïque. Calcul Aìgébraïque.) , ALGE'BRE , /• f- De PEspagnol Algebra. Aritmé- tique qui emploie quelquefois les lettres pour les nombres , & qui sert à faciliter les calculs, & à résoudre des propositions mathématiques. (L’Algébre est pleine de dificultez. L’Algébre est belle & curieuse. Enseigner ou aprendre l’Algébre, entendre & savoir P Algèbre.) ^ On dit figUr. d’un homme qui n’entend rien du tout à une chose dont on parle , que c’est de i’algèbre pour lui. ALGE'BRISTÉ , s. nt. [\Algebrœ peritm .J Celui qui sqait l’Algébre , & qui en a la connaissance à fond. (Uri savant Algébriíte , un docte, un fameux , un célébré, un renommé Algébriste.) ALGUASIL, s. m. 11 vient de PEspagnol alguazih 11 se prononce comme il est écrit. Les Espagnols, à cé qu’assúre Covarruvias, Pont pris de l’Hébreu. Us Pau- ront pris d’où ils auront voulu, mais nous Pavons tiré d’eux , & il n’a point d’ula’ge en François que dans le Satirique & le Comique. II signifie un Sergent. (Mé- net est de race d ’Alguastl ; & cependant il est fier comme un Ecossois. ALGUE ,fi fi Herbe qui croît au bord de la mer, Ce mot vient du Latin alga. ALIAGE , s m. [Metallorum permìxtìo ; tempera - tio.J Terme ae Monoie & d’ Orfèvrerie. C’est un mélange de métal fait comme il faut, & de la maniéré que les Loix 1 e prescrivent. (Aliage bon , aliage juste, aliage bien fait, aliage mal fait. Faire l’aliage des métaux. II y a, en matière d’espéces, un certain aliage qui est permis , & cet aliage est dificile. II est mal aisé de faire Paliage auffi juste qu’il doit être.) 0" L ’aliage est un mélange de deux métaux, dont Pun est plus précieux que P autre ; & de ce mélange on fabrique des efpeces d’or & d’argent, & l’on fait des ouvrages de ces deux métaux aliez. Quand on travail- le fur un métal pur & fans aliage, on dit que c’est travailler fur le fin. On doit plutôt alièr Pargent que Pur, parce que , dit Bouterouë, le mélange est toujours suspect , n’étant pas facile d’en découvrir Pabus & dé l’empêcher, & il y a toûjours beaucoup plus à perdré dans Pargent, que dans l’or. ê ALIAGE. Terme à’Arithmétique , qui fe dit dii mélange de certaines efpeces de marchandises ou denrées de divers prix , ou de valeur diférente. Par la régie d’aliage on connoit , ou le prix commun de ce mélange de choses de diférentes valeurs , 011 combien il faut de chacune de ces choses, pour en composer un mélange fur un certain pied , afin de les réduire à un certain prix, ou à un certain nombre. Votez la Théorie Pratique des nombres de Jean Savary. * ALIAGE, f. m. [Conjunfíio.] Au figuré , il se dit dans des matières phisiques, & signifie mélange , union, (Les élémens font des êtres simples qui naissent du premier aliage des principes. Rob. Pbis ) ALI AIRE ,s- s ÍAlìiaria.] Plante qui est mie espèce de julienne , dont on se sert dans les sauces & dans les ragoûts, & qui est bonne contre les dificultez d’urine , le venin & la cangréne. ALI ANGE , s f ì Affinité . ] Parenté & liaison qui naît entre des personnes par le mariage. (Une véritable aliance , une vraie aliance, une solide aliance, Aliance sainte , sacrée , glorieuse. Ils ont fait aliance.) ALIANCE, s. fi Union qui se fait entre des personnes par le moïen du Barème. Cette aliance s’apellé aliance spirituelle. Le parain & la maraine contractent aliance. ALIANCE , s. f> [Fcedusf] Union de peuples pour leurs intérêts particuliers. (Une aliance durable , ferme , solide. Une fameuse aliance , une vieille oií nouvelle aliance , faire aliance , jurer aliance. Abh Luc. Accepter Paliance de quelque peuple, Prendre Falian- ce d’une République. Ab!. Tac. L r. c 2. Refuser Paliance d’une nation. Abl.ret. Quiter Paliance d’un peuple. Rompre Paliance qu’on a faite avec un Etat. Abh Luc. Les Athéniens changeant d’avis, reçurent K 3 lei y 8 ALI les Corciréens dans leur aliance. Abl. Luc. t. i. c. 2. On dit aussi, les Corciréens reqûrent l’aliance des Athéniens. Ab/. Luc. t. 1.) , * ALIANCE , s. f. [ Çommercium , Jocietas .J Union & mélange de diverses choses. (Ils font une aliance des maximes de l’Evangile avec celles du monde. P esc. lett. 7.) ALIANCE , s. f. Terme d 'Orfèvre. C’est une maniéré de bague ou d’anneau où il y a un fil d’or, & un fil d’argent. (Une belle ou jolie aliance , une aliance bien faite. Acheter une aliance , mettre une aliance , porter une aliance , avoir une aliance au doigt.) $ ALIBANIES , s- f- Toiles de Coton qu’on apor- te en Hollande des Indes Orientales. ALIBI, s m. Terme de Palais , qui est La tin, qui signifie ailleurs & qui se dit eu parlant d acuse. L’acusé a proposé un alibi c’est-à-dire , qu’il s’est ofert de justifier que lors que le crime a été commis en un lieu , il étoit en un autre. On dit aussi , faire voir un alibi , prouver un alibi , c’est montrer que lors que le crime, dont on est acusé, a été commis en un endroit , on étoit certainement en un autre. ALIBI-FORAIN, f m. [ Tergìverfatio. ] Vaines allégations qu’on fait pour là défense. Contes en l’air, échapatoire. (Tu n’aportes que des alibi-forains. On m’écrit fur les reins de grises & de dents mille alibi-forains. Reg .) , ( ALIBORUM. Ce mot, selon M. Huet, a été emploie d’abord pour dire un homme fécond & subtil à trouver des alibi. ( Vous êtes un maître aliborum.') í ALICA , f f- Espece de froment dont les anciens faisoient la boisson que nous apellons fromentée. ALICANTE , f. f. [Alone.J Ville d’Efpagne dans le Roïaume de Valence , renommée à cause de son excélent vin qu’on aporte en France. ( Vin d ’Ali- eante .) ALICHON, f- m. ( Pinna .) Planche de bois fur laquelle Peau tombe pour faire tourner la roué d’un moulin à eau ; c’est la même chose que aileron. f ALICONDE. Arbre de la basse Ethiopie, dont le fruit est semblable à la noix du Cocos , mais qui ne vaut rien à manger. On fait des toiles de la filasse qu’on tire de l’on écorce. ALIDADE, f.s. f Dioptra.J Régie mobile qu’on aplique fur un astrolabe , & fur tous les autres in- strumens qui fervent à mesurer les hauteurs & les longueurs. ( L ‘Alidade a ses pinnules , son écrou, son chevalet.) ALIENABLE, , adj. [ Quod alienari potefìf) C’est ce qu’on peut aliéner. ( Cette terre n’elt point aliénable , parce qu’elle apartient à un mineur.) ALIENATION , f f. Prononcez aliénacion. 11 vient du Latin alienatio , & il est fort usité au Palais. C’est la vente qu’on fait dans les formes , de quelques biens , ou de quelques charges qui apartiennent à celui qui les vend. , (Aliénation pure & simple , aliénation vraie. Aliénation bien faite , aliénation fausse, suposée, impossible. Justinien permit l’aliénation des biens de PEglisc , pour nourrir les pauvres seulement. Fra-Paolo, des bénéfices , chap. 56. On ne soufre aujourd’hui aucune aliénation des biens Eclésiastiques, si ce n’est pour une utilité entièrement évidente. L’aliénation de toutes les dignitez est défendue. Pa- tru , plaidoyer. 7. L’Empereur Léon en 470. défendit toute forte d’aliénation à l’Eglise de Constantinople. Les aliénations se défendoient à l’Eglise pour obliger de conserver les biens temporels. Fra-Paolo , des bénéfices, ch. ;6.) * ALIE'NATION , f f. [ Odium.'] Aversion , haine, grande froideur qu’on a pour une personne. ( Une aliénation horrible ; mortelle, cruelle , terrible. Une grande aliénation. Leur aliénation avoit pris son origine de l’etroite communication qu’ils avoient euë ensemble. La Rochefoucaut , mémoires .) . * ALIE'NATION , J. f. [ Infania. ] Egarement qui vient de la faiblesse de Pesprit. (Une fâcheuse aliénation. Une afreuse , une violente , une épouventa- ble aliénation qui fait pitié, une aliénation qui fait trembler La fureur est une forte, véhémente aliénation d esprit íàns fièvre. J’ai vú en elle de P aliénation d’eíprit. Mol.) ALI ALIE NER, D. a. Du Latin alìenare. II est plus du Palais que de l’usage ordinaire. C’est vendre dans les formes ; mettre un bien dans la possession d’au- trui. (Justinien en $}<;. fit un Edit pour toutes les Eglises d’Orient & d’Occident , où il défendait aux Eglises d’aliener, si ce n’étoit pour nourrir les pauvres. Amelot , bénéfices de Fra-Paolo , chap. 3 6 . La vraie possession d’un bien consiste dans la puissance de l’aliener. Le Malt. plaid. 7. Les émancipez peuvent aliéner leurs biens. Le Maît. plaid. 17. Qui ne peut aliéner, ne peut obliger , façon de parler proverbiale , au Palais >• c’est-à-dire, que quiconque ne peut vendre les biens, ne les peut hipotéquer. Un mari qui ne peut aliéner les biens de la femme, ne les peut aussi engager fans son consentement.) * ALIE'NER , v. a. Se prend figurément. C’est faire perdre l’afection qu’on a pour le parti de quelcun. Empêcher l’atachement qu’on a pour le parti d’une personne , ou Etat. ( Cela lui aliénait les esprits de la Province. Abl. Ces. Sa conduite lui aliéné Pesprit de tous ses parens. Sa dureté ne sert qu’à lui aliener l’afection de tous ceux qui ont afaire à lui.) * S’ALIE'NER, v. r. Au figuré il se dit des personnes , & c’est quiter le parti & les intérêts des gens. (Etant à nous , non-seulement ils s’en font aliénez de tout tems, mais ils nous font la guerre. Abl. Tac. I. 1. c. 2.) ALIE'NER , verbe , est fort en usage : mais aliéné n’a aucun bon sens en nôtre Langue , dit le P. Bouhours. Les bons Ecivains, je ne dis pas du dernier Régné , mais du Régné des Valois, n’ont point dit aliéné ; & si Joachim du Bellay l’a emploïé dans 17 ,- lujìration de la Langue Françoise , en disant que la vertu de l’éloquence gît ès mots propres , non aliénés du commun usage de parler , Charles Fontaine n’a pas manqué de le reprendre dans son Quintil, qui est la Critique de ITllujìration : Tu dis aliénés , pour étranges , écorchant la , & par tout , ce pauvre Latin, Jans aucune pitié. Ce mot étranges , en cet endroit, 11e vaut guéres mieux maintenant qa’aliénés ; mais il va- loit mieux alors. Aliéné n’a jamais rien valu nulle part, & c’est parler Latin en François , qúe dire , je n’en fuis pas aliéné ; aussi , pour l’ordinaire , ceux qui le disent, savent plus de Latin que de François. ALIER, f m. [ Rete triplici hamulo confertum. J Filet tendu fur deux bâtons, qui sert a prendre des cailles & des perdrix. On l’apelle aussi trimailìer , parce qu’il est de trois doubles de mailles. ALIER , v.a. [ Permifcere. J Ce mot en général veut dire , joindre, mêler : (Si Peau forte péchait, il faudrait Palier d’une moitié d’eau douce.) ALIER, v. a. [j Commifcere .] Mot de faiseur de mo- noïe. C’est fondre & mêler ensemble les métaux. (11 faut alier ces métaux.) ALIER, v. a. Terme à’Emailleur. C’est mêler du verre très-fin avec de Pémail, pour en faire diverses petites gentilesses. (Alier Pémail.) * ALIER , v. a. [ Inire ajfinitatem .] II se dit , au figuré, des personnes. C’est faire l’aliance d’une personne avec une autre par le mariage. C’est unir & joindre les gens par le mariage. II a alié son fils à une des meilleures familles de la Robe. 11 faut tâcher à vous alier avec quelque personne de la Robe.) , * ALIER , v. a. [Jungere, Jòciare.J Ce mot au figuré , se dit aussi des choies , il signifie joindre & mêler. (Vous aliez les loix humaines avec les divines. Pafc. I. 6 .) * S’ALIER, v. r. Je m’alie , je m’alîois , je m’aliai , je me J'uis alié , je m’alierai. Au figuré , il íè dit des personnes. C’est s’unir par le mariage , ou pour quelque intérêt. ( II s’est alié à l’une des plus glorieuses maisons de France. Les Alemands se sont enfin courageusement aliez pour faire tête à leurs ennemis.) * S’ALIER , v. 1. Ce mot se dit figurément aussi de certaines choses. ( La miséricorde & la vérité s’alie- ront heureusement. Ecriture Sainte, Pf. 84- J 1 ') ALIE', aliée, adj. [ Commixtus.) Au propre il se dit des métaux, & d’autres choses, & veut dire mêlé , joint. ( Argent alié , or alié, émail alié, eau forte aliée. * ALIE', aliée, adj. [ Sociatus .]] Au figuré, il veut dire, joint par quelque aliance , uni d’intérêt. (II est considérable par les gens qui lui font aliez. Implorer le secours des Princes aliez de la Couronne. Mémoires de la'Rochefoucaut. Ce sent des nations qui font ALI font aliées. Ceux qui implorent le secours d’un autre fans lui être aliez, doivent montrer que ce qu’ils demandent lui est avantageux. Abl. Tac. I. i. c. 2.) ALIE', s ni. \_Aspnis.~] Sorte de parent. Celui qui est uni d'aliance avec un autre. ( C’est mon alié, c’est son alié. II a du crédit par le moïeti de ses aliez. Servir ses aliez. Apuïer, soûtenir , favoriser ses aliez.) ALIEZ , s- m. [ Fœderatil} Ce sont des gens unis d'intérêts. Ce font des peuples confédérez, & qui se sont joints par de particulières considérations. (Les aliez furent rangez à l’aile gauche. Abl. Luc. Les Athéniens secouraient leurs aliez, lors qu’ils avoient du pire. Abl. Tac. I. 1. c. 2.] ALIEURS. Voyez Ailleurs. t ALIGNATION. C’est la même chose que la régie d’Aliage. Irson & le Gendre se servent de ces deux termes. ALIGNEMENT , f m. I Dires jurai Terme de Maçon & de Jardinier.° C’est faction de celui qui aligne. ( Prendre les alignemens des rues. _ Donner les alignemens d’une place. Dresser les alignemens d’une place. Planter des piquets d’alignement. Retrouver ses alignemens. Arcbitelíure militaire. Prendre les alignemens nécessaires pour faire un jardin.) ALIGNER 3 ©. a. [ Ad lineam dirigere .2 Terme de Maçon & de Jardinier. Prononcez alinié. C’est tendre les lignes pour prendre les proportions de quelque lieu , ou de quelque chose. (Aligner des colonnes. Aligner des piquets fur la fondation. Voyez Arcbitelíure militaire j jg Voici comment Daviler explique aligner & alignement : Aligner , c’est régler, par des repères fixes, le devant d’un mur de face fur une rue , en présence du Voyer : ou marquer la situation d’un mur mitoïen entre deux héritages contigus , pour le rétablir fur ses anciens vestiges , ou de fond en comble, selon le jugement d’Experts , de part & d’autre. íf ALIGNER , c’est réduire plusieurs corps à une même saillie , comme dans la maçonnerie , pour dresser les murs ; & dans le jardinage , pour planter des alées d’arbres : ce qui se fait, quand , après avoir jaugé les largeurs déterminées par des jalons aux écognures, on plante de ces jalons d’espace en espace , de telle maniéré qu’en les bornoyant , ils paraissent à l’œil sur une même ligne. ALIMENT , f. m. Prononcez aiïman. II décend du Latin , aìimentum. C’est tout ce qui entretient, qui nourrit & conserve le corps. (Aliment bon, succulent , excélent, mauvais, méchant. Aliment chaud, sec , humide , solide. Les alimens les plus simples, font les meilleurs. L’excès des alimens est nuisible. Ceux qui croissent, ont besoin de plus d’alimens que les autres , parce qu’ils ont plus de chaleur naturelle. Pour sc conserver les dents , & vivre longues années , il faut être sobre & bien mâcher les alimens. Si l’on ne se met point à table fans apétit, f estomac digérera mieux les alimens. Les alimens se corrompent , s’altérent dans l’estomac, quand il est plein d’ordures. Le sang se fait des alimens. Ne prendre aucun aliment. Ne recevoir aucun aliment. Rejetter tous les alimens.) * ALIMENT, f. m. Au figuré , il se dit des arbres, & des plantes. Suc qui fait croître & conserve les arbres & les plantes. ( Les arbres & les plantes tirent leur aliment de la terre.) £ On dit aussi au figuré, le bois est Yaliment du feu. Les sciences font les alimens de l’esprit. LaBr. ALIMENTAIRE , adj. II se dit souvent en Pratique , & vient du Latin alimentarius. II se prononce alimentére , & veut dire , qui regarde les alimens. ( Le Juge a ordonné une provision alimentaire à celui qui est blessé. Donner une pension alimentaire. ALIMENTER , v. a. [ Alere , nutrirei] II semble venir de f Espagnol alìmentar , & est plus d’usage au Palais que dans le commerce ordinaire. C’est nourrir , c’est donner des alimens. ( Chercher des moïens honnêtes d’alimenter fa famille. On diroit plútòt des moïen honnêtes de donner des alimens à fa famille , ou de nourrir fa famille.) ALIMENTEUX, EUSE, adj. lAlibilkJ Terme de Médecine. Qui sert d’aliment, qui nourrit. (Les chairs ont un suc alìmenteuxi) ALK 79 ALIMUS , f. m. Arbrisseau toujours verd , qui fleurit comme le muguet. ( L’alimus est fort joli. L’alimus est agréable.) í ALIPQN-MONTIS-CETI. Efpece de Tur- bit blanc, qui est un puissant purgatif. 11 sc trouve fur tout à Cete & en d’autres endroits du Languedoc. On le substitue quelquefois au Séné , & il Vit plus violent. ALIQUOTE , adj. Terme de Géométrie & d ’A- ritmétique , qui se dit des parties qui sont comprises plusieurs fois dans un nombre exactement. 2. Est une partie aliquote de 8 3 car il y est 4. fois ; mais il ne l’est pas de & de 7. Ces nombres & autres semblables n’ont point de parties aliquotes ; car ils ne se peuvent diviser en parties égales. Une partie aliquan- te est celle qui étant prise plusieurs fois avec une de ses parties aliquotes, compose le tout : Z- est une partie allouante de 20, & aliquote de 24; car 8- étant deux fois avec 4, qui est une de ses parties aliquotes, il fait 20 , & étant pris trois fois, il fait 24. D’autres la définissent autrement & plus simplement ; c’est une partie qui ne mesure point son tout exactement. Ces mots viennent d ’alìquotus & á’aliquantus. ALISE'- Epitéte qu’on donne dans la Marine aux vents reglez qui ont coutume de soulier en certains tems & le long de certaines côtes. Vents alij'ez , Briza. ALISIER, ou Alizier , f m. f AlifariaJ Prononcez alisié. Arbre qui a les feuilles grandes & larges, pleines de veines découpées par les bords, vertes par dessus & blanches par dessous- (L’alizier croît fur les plus hautes montagnes , & son fruit est rouge & bon contre la toux. Dal. Je grave son beau nom au bord de nos ruisseaux , Sur tous nos alisiers , & sur tons nos ormeaux. God. Poès. 2. partie, églogue 2. ê ALISE, ou Alizé , f. f. Fruit de salifier. Manger des alises. ALISMA. [ Alisma. ] Terme de Botanique. On donne ce nom à plusieurs plantes. 11 y a Y alisma de Mathiole , : qu’on apelle autrement le plantain de montagne. U alisma à grape. Le double feuille. S’ALITER , v. r. YLeflo se affligerej Je m'alite, je ni alitai , je -me suis alité , je ni aliterai. C’est se mettre au lit à cause de quelque maladie. (11 n’est alité que depuis huit jours. S’il s’alite une fois, il a la mine de n’en relever jamais. f ALITER , v. a. La fièvre l’a alité , ou l’a réduit à garder le lit. Acad. Fr. t ALIS ON, ou Alizon , f f. Nom de mépris qu’on donne aux femmes. 11 sert dans le stile simple, dans le comique , ou le satirique. (Taisez-vous Alifon, vous n’étes qu’une sote. Scar. Un feu secret , jeune Alizon, Vous a changée outre mejure; L’amour a brûlé sa maison Et n’en a sait qu’une masure. Gomb. epit. 1.) ALIX 1 s f. Nom de femme , & qui n’a maintenant cours que dans le comique ou le satirique , & méme ordinairement en Poésie. (Alix n’est plus jolie. Alix n’est plus si belle qu’elle etoit. Alix n’a plus rien qui me touche, J’ai fait banqueroute à J’es loix. L’ébeine qui branle en fa bouche. Branle au vent méme de fa voix. Main. Epigrammes. ALKAEST , f m. Terme de Chimie. C’est le dissolvant universel de Van-Helmont & de Paracelse, avec lequel ils se vantoient de dissoudre & de réduire tous les corps en leurs premiers principes. ALKALISER , V. a. [ Sales elicere .^ Tirer les sels de tous les végétaux & minéraux , après leur calci- nation , en versant de l’eau dessus plusieurs fois. ALKERMES , f m. Terme de Médecine. Confection faite avec le suc exprimé de grains de kermès, le suc de pomme , la soie crue , les perles , le santal, la canelle , l’ambre-pis , le musc , l’azur, les fetìil- les d’or. On le prepare à Montpellier. f AI.KOOL, f m. Terme de Chimie, II signifie une poudre très subtile & presque impalpable , & un esprit de vin très-rectifié , qui ne laisse point de phlegme. Ce terme vient des Arabes. fALKOO- $o ALL t ALKOOLISER , ». «. C’eft-à-dire , subtiliser , réduire un corps en une poudre très-subtile ; & purifier les esprits & les essences. ALLANTOYDE , s. /• Terme de Médecine. C’est la troisième membrane qui envelope le têtus, mais qui ne se trouve point dans les femmes. ss ALLECHER- Ce mot n’est guéres en usage ; il signifie, se servir de toutes sortes de moïens pour gagner la bienveillance d’une personne. £ ALLECHE M E N T. On disoit autrefois, les alleche- mens de la volupté , Abl. On dit à présent les charmes , les attraits de la volupté. ALLE'E. Dans les maisons on apelle allée, un passage commun pour aller depuis la porte d’en- fcrée jusques aux degrez , ou jusques à la cour ; c’est aussi un passage qui communique aux chambres, & les dégage. Dans les jardins , c’est un chemin droit & parallèle , d’une certaine largeur , bordé d’arbres , de bouis, ou autres choses dont on a coutume de se servir. On dit une allée couverte , ou découverte. CONTRALLE'ES. Ce font les deux petites allées qui font a côté d’une grande , & de différente largeur. ALLE'E de front, celle qui est droite en face du bâtiment. ALLE'E en traverse , celle qui coupe d’équerre une allée de front. ALLE'E diagonale , celle qui coupe un quatre de bois , ou de parterre, d’angle en angle. ALLE'E biaise , celle qui par sujétion , comme d’un point de vùë , ou d’un terrein , ou d’un mur de clôture , n’est point parallèle à l’allée de front ou de traverse. ALLE'E rampante , qui a une pente. ALLE'E en zïczac, celle qui étant trop rampante & sujette aux ravines, est traversée d’espace en espace , par des platebandes de gazon, ou chevrons brisez, ou autres retenues. ALLE'E sablée , celle où il y a du fable fur la terre batuë, ou fur une aire de recoupes , ordinairement de huit à neuf pouces d’épaisseur. ALLE'E de compartiment , c’est un large sentier qui sépare les carreaux d’un parterre. ALLE'E d’au, chemin bordé de plusieurs jets, ou bouillons d’eau fur deux lignes parallèles. (s Le P. Labbe dérive le terme allée de aller , qui vient de l’Alemand allen : il condamne Perion , qui le dérivé du Grec , & Bouille, qui lui donne arnbulare pour son origine, comme encore Jaques Dubois , qui veut que allée vienne de ala avium. II faut convenir que les Etymologistes font de grands rêveurs , qui vont chercher quelquefois bien loin dequoi remplir leur imagination de fausses idées. í ALLEVEURE- La plus petite monoïe de cui' vre qui se fabrique en Suède. ALLOBROGE, s m. [ Allobroxs Mot qui vient du Grec, & dont on appelloit ceux que nous nommons aujourd’hui Savoïards. (Les Allobroges ont été de pauvres peuples.) ALLOBROGE , s m. II se prend satiriquement , & signifie un grossier , un rustre, un animal, un homme qui n’a ni sens ni esprit , ou au moins qui en a très-peu. (Ah! tu me traites d’Allobroge.) 0 ALLOCUTION- Les savans dans la connoif- íànce des médailles, appellent allocution, des harangues militaires , representées dans une médaille où l’on voit un Empereur, ou un Général d’armée parler à un grand nombre de gens. La légende est ordinairement. Adlocutio. f ALLOUE', s m. C’est un garçon de métier, qui au sortit de son aprentiísage, s’engage chez un maître du métier dont ilestaprenti, pour y faire le tems du service ordonné par les statuts. C’est aussi un garçon qui s’engage pour un tems chez un maître , fans -avoir fait d’aprentiffage. II peut y aprendre la profession, mais cela ne lui donne pas droit de parvenir à la maîtrise. ($ ALLOUER. C’est aprouver. On dit, allouer un paiement, tenir compte d’une somme sur une plus grande. Dans les Jugemens d’Oleron, article 9 . allouer, signifie, rendre de bonne foi aux intéressez dans un vaisseau, ce qui reste de marchandises, que le maître du ALM navire pouvoit tenir, jusqu’à ce que la contribution ait été reglée entr’eux. Voïez aloùer. 0 ALLOUEZ. M. d’Argentré nous aprend dans son Histoire de Bretagne, que, parmi les Bretons , Allouez iont ács SubJUtuts, áes Lieutenant, des Procureurs, des Agens. 11 dit dans son Traité fur le partage des Nobles, & en parlant des Parlemens, que le Duc y pre/idoit en fa grandeur, y tenoit son lit de JuJlice, avec quelques Conseillers non formez en Office , ni ordinaires, fort bien peu, mais étoient le plus souvent allouez, qui étoient autant comme Substituts, ou Lieutenans, Procureurs, U autres, qui y étoient mandez N convoquez. M. du Gange, verb. Allocatits. ALLUSION, ou atìuzion , f.s. Du Latin alhjìo. C’eft une figure de Rétorique, qui consiste dans un jeu de mots. (Les aìluiìons font froides, à moins qu’elles ne soient heureuses. Vaug. rem. Faire une allusion, c’est faire une figure qui soit toute dans un jeu de mots ; comme : la fortune fait & défait les Monarques. Faire allusion à quelque chose, c’est dire quelque chose qui ait raport à “des paroles qu’on a dans l’efprit, & qui font connues.) ALLUVION, f f- [ AUuvio. ] Terme de Pratique. Acroiffement qui se fait le long des rivages de la mer ou des grandes rivières par la tempête ou les inondations. (Cette Isle s’eft faite par alluvion, le Seigneur prétend qu’elle est à lui par droit d’alluvion. ALMADIE , f /• [Cymbulas Terme de Marine. Petite barque longue de quatre brasses ; faite le plus souvent d’écorce de bois, dont se servent les Sauvages de la côte d’Afrique. H ALMADIE, est aussi un vaisseau des Indes, fait en forme de navete de Tisserait, à la réservé qu’il a l’arriere quarré. II y en a de quatre-vingt pieds de long & de fix ou sept de large. Ces vaisseaux peuvent contenir quantité de marchandises , & servent pour le commerce des Indes. ALMAGESTE , f m. Livre composé par Ptolo- mée, où il recueilli plusieurs problèmes des Anciens fur la Géométrie & l’Astronomie. Le Père Riccioli a fait un Almagejìe nouveau. ALMANAC , f m. [Ephemerh, Calendarium .] II vient, selon quelques-uns, de l’Hébreu, ou de l’Arabe, & selon d’autres, du Grec. Prononcez Almana. Petit livre imprimé, qui marque les mois, les jours, les fêtes, les Lunes, les changemens de tems, & ce qui peut arriver de remarquable dans une année. (Un bon ou méchant almanac. Almanac pour l’année mil six cens quatre-vingt-onze. Almanac ordinaire , extraordinaire, almanac général, universel. Almanac du Palais, c’est un imprimé d’environ une feuillé qui se met au lieu de l’almanac ordinaire, & qui marque ce qui se passe de plus considérable dans la ville & au Palais de Paris. Almanac perpétuel, ce font des tables imprimées, qui montrent, à perpétuité, les jours des mois, où se feront les nouvelles & les pleines Lunes, la Pâque, & autres fêtes mobiles & les jours de Dimanche. Le Chevalier Morland a fait avec honneur l’Almanas perpétue], & Questier, l’Almanac ordinaire. Mot Arabe , compose de l’article AI, & de y.a.va. pour (Usrii, lunes f * On ne prend point de ses almanacs. Façon de parler comique, c’eit-à-dire, on n’ajoùte plus de foi à ce qu’il dit. Ablancourt a écrit dans Lucien au même sens. ( J’ai beau dire la vérité, l’on ne prend pins de mes Almanacs. 11 signifie, j’ai beau dire vrai, j’ai le malheur de n’être plus cru.) ALMAN DINE, f f. Pierre précieuse qui tire sur la couleur du grenat, & qui est une espèce de rubis d’Orient, mais plus tendre & plus legére que le rubis Oriental. (Une belle Almandine, une jolie Alman- dine.) L ALMENE, f f- Poids de deux livres , dont on se sert à peser le safran dans plusieurs endroits du continent des Indes Orientales. ALMICANTARA, ou ALMUCANTARA , / m. Terme d’ Astronomie. Cercles parallèles à l’horison qui passent par tous les degrez de l’Equateur, & qui servent à montrer la hauteur des Astres. í ALíYíONDE, J. f. Mesure de Portugal, qui sert a mesurer les huiles. Les Portugais vendent leurs huiles d’olive par almondes, dont les vingt-fìx font une hotte ou pipe. Chaque ahnonde est composée de douze ALO douze canadors, & le canador est semblable au mingle ou bouteille d’Amsterdam. f ALMUDE, / /• Mesure des liquides, qui est la même que l’almonde. ALOCATION, s s [Computationis approbatio .2 Terni de Compte, qui se dit lorsqu’on aprouve & qu’on alloué un article, & qu’on le passe en compte. ALOE', ou ALOES. [Sempervivum marìnum .] II vient du Grec aXm. C’est une plante qui aime les lieux maritimes , qui porte une fleur blanche, qui a une odeur très-amére, & des feuilles grosses , rondes, recourbées, fort vertes, un peu larges & bordées de côté & d’autre, de petites pointes. (Le meilleur aloé vient des Indes, ou d’Alexandrie.) H ALOE' ou Aloes. On apelle ainsi le suc épaissi de la plante de ce nom. II y en a de plusieurs sortes, dont on fait usage dans la Médecine. if ALOCHES- Une forte d’engins pour pêcher. ALOGIENS. Nom que S. Epiphane a donné à d’anciens hérétiques qui nioient le Verbe , & qui par conséquent rejettoient l’Evangile de S. Jean. ALOI , f m. [Proba monetœ temperatio.~] Terme de Momie. Certain degré de bonté, lequel résulte de mélange de plusieurs métaux qui ont quelque conformité entr’eux. ( Piéce de bon ou de mauvais aloi. Abl. Luc.) £ On se sert à présent moins de ce terme que des mots de Titre, de Fin & de Loi. if II vient de Loi, comme fi l'on disoit ad legem, parce que la bonne monoïe est faite selon la loi, II y a un bon & un mauvais aloi. J'ai sermonne', f ai blasonné, J’ai la pour vray besogne', Mais peu gaigné, comme je croy ; Car je vous voy d’un dur aloy, Faux £sf très-mal examiné. Pathelin. ê ALOI. Ce terme est souvent emploie dans le commerce, pour signifier qu’une marchandise, une drogue, n’est bas de bonne qualité. * ALOI, f m. Au figuré, il signifie qui est requ dans l’usage ordinaire, qui est de mise, qui est aprou- vé & accepté. (Si vous jugez ces connoissances de bon aloi, je ne doute point qu’elles n’agréent aussi aux honnêtes gens. La Chambre, art de connaître les hommes, iet. i.) f ALQïAGE, f tn. Terme en usage chez les Potiers d’étain, pour signifier l’aliage ou le mélange des métaux. ALOïAU , f m. [Bubulal] Prononcez aloio, piéce de bœuf qu’on léve fur la hanche du bœuf, qu’on rôtit d’ordinaire ou qu’on met en ragoût. (Un gros ou petit aloïau , un excélent aloïau, un aloïau gras, tendre, dur, un méchant aloïau, mariner un aloïau. Faire rôtir un aloïau; mettre un aloïau en ragoût. Tu parois à nos yeux plus qu'un riche joiau ,, On n’aime plus que toi, gros gif gras aloïau, Aloiau mon amour, aldiau mon souci, Tu viens dus lits beau bœuf qu’on ait vu dans PoiJJì. Lignére, Mariage de I’éclanche & de l’aloïau.) if ALOïDES- C’étoient deux Géants, enfans gemeaux d’Aloé & d’Iphimedie, ou, selon la Fable, de Neptune & d’Iphimedie. Apoìlodore & Diodore racontent, que Neptune leur acorda le privilège de croître, les uns disent tous les Jours, les autres, tous les ans, d’une coudée en grosseur, & d’une aune en hauteur, ensorte qu’étant environ à l’âge de neuf ans, ils entreprirent d’ataquerles Cieux, & de mettre Ossa fur Pelion. q Hinc £? Aloidtu geminos, émmanìa vidi Corpora , qui rnanibus magnum rescindere Cœlum Aggreffì. ALC'ïER , v, a. [Légitima materiâ nummum as- ficerefj Terme de Monoie. Donner à l’or & à Purgent l’aloi requis & ordonné par les loix. f ALOIGNE , s f- Terme de Marine, qui signifie la même chose que Bouée. ALONGE,// [ Additamentum. J Terme de Tailleur. Morceau d’étofe pour alonger. (Mettre une alonge à une jupe.) ALONGE. 0 Nervrn bubulm intortus. J Terme de ALO 81 Boucher. Nerf de bœuf tortillé, au bout duquel il y a un crochet de fer où est atachée la viande. ^ ALONGE , / m. Terme de Marine. C’est une piéce de bois, ou membre de vaisseau, dont on se sert pour en alonger une autre. II y a des alonges de plusieurs sortes, qu’on peut voir dans Aubin. ALONGEMENT, f. m. fProduflio.J Agrandissement. (De quoi ai-je profité que d’un alongement de nom. Mol. Geor. Dan. a. i.sc. 4.) ALONGER , v. a. [ ProducereC] Etendre, faire plus long. (II ne faut pas alonger ce qu’on peut racourcir. Vaug. rem.) ê ALONGER. Terme de Manufactures de lainage, qui signifie rendre une étofe plus longue, à force de la tirer avec des machines ou instrumens , pour en avoir un plus grand aunage. Les Réglemens des Manufactures défendent de tirer, alonger, ni arramer aucune piéce de marchandise tant en blanc qu’en teinture. à Les Marchands qui alongent leurs draps font des fripons, & leurs Manufactures font décriées chez les étrangers. ALONGER. [Prapilato gladio adversafium petereC} Porter en alongeant. (Alonger une bote , un coup. Alonger la pique.) t ALONGER. Terme de Marine. Alonger le cable, c’est l’etendre fur le pont jusques à un certain lieu, ou pour le bitter, ou pour mouiller Pancre. Alonger une manœuvre, c’est P étendre, afin qu’on puisse s’en servir, s’il est besoin. Alonger la terre , c’est aler le long de la terre, ou ranger la côte. t ALONGER. On dit au figuré & prov. Alonger une esocade , ou alonger l’estocade , pour dire, emprunter de Pargent, sans être en pouvoir ou en dessein de le rendre. Alonger le parchemin, pour dire , faire de longues écritures, tirer un procez en longueur par des formalitez & des chicanes, pour en tirer plus de profit. Alonger la courroie, pour dire, porter les profits d’une charge plus loin qu’ils ne devroient aler. On le dit austr pour exprimer l’ceconomie dont on use dans la depeníe. II faut qu’il alonge bien la courroie, pour aler jusqu’au bout de l’année. ï ALONGE', adj. part. Terme de Chasse & de Fauconnerie. Un chien alongé est celui qui a les doigts du pied étendus par quelque blessure, qui a touché les nerfs. Un oiseau alongé est celui qui a toutes ses pennes, & de la longueur convenable. S’ALONGER, v. r. Je m’alonge, je ni alongeai , je me suis alongé. Terme de Fauconnerie, f Majoribus penms indui. J C’est s’étendre & devenir plus long. 11 a une queue qui s’alonge. Abl. Mar. Son corps se couvrit de plumes, son nez se courba en bec, & ses bras s’alongérent en ailes. Abl. Luc. t. 1. nouvelle de l’âne.) ALOPECIE,// [Alopecia.J En Grec Terme de Médecine. Sorte de maladie qui fait tomber le poil de la tête, des souftûls, & quelquefois la barbe. ALORS- [Tune.] Cet adverbe ne doit pas être immédiatement suivi d’un que. (Quand vous aurez acompli vôtre promesse, alors je verrai ce que j’aurai à faire. Vaug. rem.) 0 Cet Auteur a observé, Remarq. 220. la diférence qu’il y a entre alors & lors. Lors-que est une conjonction qui signifie càm en Latin ; & dès-lors, ou pour lors, sont des adverbes qui veulent dire tune, &c. Messieurs de l’Académie ont décidé, fur cette remarque que lors n’a plus aucun usage dans nôtre Langue, s’il n’est précédé de la particule dès & de pour, dès lors, pour lors, ou suivi de que, ou de la particule de, comme : Lorsque je le vis, Lors. du mariage du Roi. Encore cette derniere façon de parler n’est-eìle pas du beau Me. L’Académie n’a point aprouvé , Dès lors que je le vis. II faut dire simplement, Dès que je le vis , ou, Sitôt que je le vis. M. PAbé Régnier, Sécrétasse perpétuel de l’Acade- mie Françoise, a dit dans un de ses Madrigaux : Lors que f exprime à Ljstmene Le pouvoir de ses yeux, U les maux que je sens, Ses soupirs échapez,ses regards languijjans Me disent que son cœur est senstble à ma peine : Alors, d'un doux estoir j’ose enfin me flater , &c. Je n’ose presque pas dire qu’un Académicien si illustre a oublié les régies dont il nous a donné un gros volume. Lors & alors, si près P un de l’autre, sonnent Tome I. L mai S 82 ALP mal, & ils expriment la même chose, c’est-à-dire, le même moment. Pour lors suroît ete mieux, & il survit été encore mieux de íuprimer l’un & l’autre , & de tourner le vers dans ce sens: Et dans ce doux moment f ose enfin me siater, ALOSE , s s- [ Alosa .2 Poisson de mer, qui au printems & en été entre aux rivières d’eau douce, oú il s’engraisse. (Les Aloses de mer font sèches & fans suc. Rond.) (f ALOUAGE- On apelle ainsi, dans la Bresse, un certain droit seigneurial, qui est une espece^ de capitation réglée à une bicherée d’avoine. Collet, Stat. de Bresse. t ALOUER, o. a. {Approbare. ] Terme de Pratique. (Acorder, aloiier ses frais d’un compte. Voïez Allouer.) ALOÙABLE , adj. {Quod potejì approbari , concedi.) Terme de Pratique. C’est-à-dire , qui se peut acorder, & qui se dit en matière de frais , de comptes & de dépense. (Les frais de son compte sont aloíiables. La dépense de ce compte n’est point aloùable.) H ALOUCHI , s m. Espece de gomme de bonne odeur, qui coule de l’arbre qui produit la canelle blanche. ALOUETTE,//- [A/audaJ Petit oiseau gris, qúi chante agréablement, qui couve trois fois l’année, en Mai, Juillet & Août, qui élève ses petits en moins de quinze jours, & qui vit neuf ou dix ans. Olina, Histoire des oiseaux qui chantent. Alouette mâle, alouette femelle, alouette commune, alouette hupée. 0 " Le chant de l’aloiiette est trop , plaisamment exprimé, pour l’oublier en cet endroit. Du Bartas, liv. ç, de sa premieresemaine: La gentille allouent, avec son tire-lire Tire-lire-à-lire, & tire tirant tire Vers la voûte du Ciel, puis Jbrt vol vers ce lieu Vire, defire dire, adieu Dieu, adieu Dieu. ALOUETTE de Mer. Oiseau qui ressemble à l’aloiiette de terre, sinon qu’il est un peu plus gros, plus brun par dessus le corps, & plus blanc par dessous le ventre. Bel. H On dit prov. d’un paresseux, qui vaudroit avoir les choses fans peine, qu’il atend que les alouettes lui tombent toutes rôties dans le bec. Pour se moquer d’une supposition absurde, on dit aussi, si le ciel tom- fcoit, il y auroit bien des alouettes prises. f ALOURDIR , v. a. Rendre lourd, apesantir. Le bruit des cloches m’a tout alourdi. J’en ai la tête tout alourdie. On ne s’en í’ert guère qu’au participe ou aux tems qui en font formez ; & il ne peut être d’usage que dans la conversation familière. ALOUVI, alouvie, adj. [Famelicus.J Ce mot se dit des enfans nouveaux-nez, & qu’on ne peut jamais rassasier. (C’est un enfant alouvi, c’est-à-dire afamé comme un loup, & dont on ne peut apaiser la faim.) f ALPAGNE- Animal à laine , fort semblable aux Llamas & aux Vigognes. Les habitans du Perou metenr cet animal au nombre des bêtes de charge, & lui font perter jusqu’à cent livres pesant, sa laine leur sert à faire des étofes, des cordes & des sacs ; & ils la mêlent d’ordinaire avec la laine des Vigognes. ALPES, / / [Alpec.J Montagnes qui séparent iaï'rance de l’Italie. (Les Alpes font hautes.) t * (Prétendez-vous en belle taille avec les Alpes fur se dos, c’est-à-dire, étant bossu.') ' {$ Les hautes montagnes ont été apellées Alpes: mais celles qui séparent la France de l’italie , sont à présent les feules Alpes dont on salle mention. Ser- vius, fur cet endroit du dixième de l’Eneide, - Alpes immittit aperUu, a dit : fané , omnes altìtudines montium, licet à Galìis Alpes vocentur, proprie tamen montium Gallicormn sunt. ALPHA , s. s. On prononce alfa. C’est la première lettre de l’Alphabet Grec, & qui veut dire un^í. (Un Alpha bien fait, ou mal fait.) s ALPHA & Oméga. Faqon de parler figurée, pour dire, le commencement & la fin, laquelle se trouve en l’Apocalipse de S. Jean. ALPHABET , J. m. {Alphabetum .J Prononcez al- sabé. Ce mot est Grec. C’est la Croix de par Dieu, les 24. lettres qui composent les mots Franqois, & ALT ceux de quelque autre langue que ce soit. Voïez les diférens alphabets du Révérend Père Mabillon. (Aprendre son alphabet. Savoir l’alphabet, montrer l’aîphabet.) * ALPHABET. [Litterarum elementa .] Petit livre où est l’alphabet, & qu’on donne aux enfans à qui on commence d’aprendre à lire. ss Un certain Grec disoit à V Empereur Auguste, Comme une injìruciion, utile autant que juste, Que lors qze’une avanture en colere nous met, Hom devons, avant tout, dire nôtre Alphabet. Afin que dans ce tems la bile se tempere. Molière, Ecoie des femmes, ars. 2. sc. 4. ALPHABET. {Litterarum ordinem servans.] Terme de Doreur fur le cuir. Petits fers qui servent à écrire le tître-du livre en lettres d’or furie dos du livre. J: ALPHABET, Table, Index 011 Répertoire du grand livre. Les Négocians écrivent dans cet alphabet les noms & surnoms de ceux avec lesquels ils ont compte ouvert, & les folio du grand livre où ces comptes font debitez & créditez. 11 lèrt à trouver facilement & fans peine les endroits du grand livre dont on a besoin. ALPHABETIQUE , adj. {Alphabeticwst Rangé selon Tordre de l’alphabet. (Réduire par ordre alphabétique.) í ALPHAENIX,/ rn. C’est le sucre d’orge blanc, ou sucre tors, auquel on donne un nom extraordinaire pour le faire valoir. ALPHANET , / m. {Tunetanm accipiterd] Oiseau de proie, doux & agréable, qui sert au vol de la perdrix & à la chasse du lièvre. En France on l’apel- le Tunisien, parce qu’ii vient du Tunis en Barbarie. ALPHONSE- [ Alphonsus . ] Prononcez Aisance. Nom d’homme, introduit en Espagne par les Gots. Covarruviiíi, DiHiormaire. (Onze Rois en Espagne ont porté le nom d’Alphonse, j Mari ana, Hist. d‘Espagne. Alphonse, fils de Ferdinand troisième, fut Roi de Castille & de Léon. II accepta TEmpire par ambition : mais il y renonqa par prudence, & consentir à sélection de Rodolphe premier. Alphonse n’cntra jamais en Alemagne, & mourut à Sévilie , de regret d’avoir perdu son fils aîné, & la couronne d’Espagne. De Prude, Hist. d‘Alemagne.) ALPISTE, oa Alpice, s s. Graine pâle qui tire fur la couleur Isabelle. (L’alpiste est bonne à plusieurs choses.) $ On s’en sert pour nourrir les oiseaux, sur tout dans le tems de leur ponte, quand on veut les échaufer. Elle fait partie du négoce des Grainiers. í ALQUIER, ou CANTAR, s. m. Mesure de Portugal, dont on se sert pour les huiles & pour les grains. Voïez Savary. í ALQUIFOUX ,/ m. Espece de plomb minéral d’Angleterre , crès-pesant, facile à mettre en poudre, & dificile à fondre. Les Potiers de terre s’en fervent pour vernir leurs ouvrages en verd. ALTE , ou HALTE. [ Sstite milites. J Mot Ale- rnand , il s’écrit avec une h en ce langage , en François ordinairement fans h. C’est un terme de guerre par lequel on commande aux soldats de s’arrêter. On leur dit a/te ; c’est-à-dire , demeurez. ALTE , / f. {Statio militum .] Ce mot se prend aussi quelquefois substantivement. C’est la demeure que les troupes font pendant leur marche. (Les troupes firent alte de tems en tems. Abl. retraite, L 2. c. ?. L’armée fit cette marche malgré toutes ses altes. Gazette de Hollande de l’an 1686. du 29. Juillet.) M. de Vaugelas , Renias q. <544. assure que Tuíàge étoit d’écrire alte lans h ; mais TAcadémie a décidé que ce mot doic s’ccrire avec une h , & elle s’aspire : lahai- tefut longue , & non pas, Vhalte fut longue. t ALTE’RABLE , adj. {Mutabilis.) Oui peut être altéré , qui est íùjet à Taltération & au changement. Les métaux ne font pas tous également altérables. L ALTE'RANT , adj. Qui altère, qui cause la soif. í ALTERANT, / m. On apeile des altérans tous les remedes qui changent les humeurs & les esprits. Les altérans íont nécessaires dans beaucoup de maladies. ALTERATION,/ /. II se prononce alteracion , & vient du Latin de Philosophie alteratio. C’est un changement qui arrive à un corps, & qui ne le fait point entièrement méconnoître. (11 n’y a point á’al- tération. fans mouvement.) AI-.- ALT ALTERATION , s. f [ Commotìo , mutatìo. ] Ën général ce mot veut dire changement qui arrive en quelque sujet. (Altération visible , manifeste. Les vertus établies une fois chez nous, intéressent l’amour propre comme nôtre vrai Maître , & on ne sçauroit y a- porter la moindre altération sans nous Faire sentir ce changement. Saint Evr entant , œuvres mêlées, t. i.) 4 ALTE'RATION , f f. Terme de Monoie. C’est la falsification dés monoïes par un mauvais aliage. ALTE'RATION , f. m. Se dit fig. pour corruption , changement dans le texte d’un Auteur. Les livres des Anciens ont soufert diverses altérations. ALTE'RATION, f.s. [Sitis .2 Soif. (Une grande altération , une violente, cruelle, sensible altération. Le chaud cause de l’altération. Abl. Tac. I. ç. La chaleur venant à croître, l’altération se raluma. Vaug. Quint. L 7. c. y. ) ALTE'RATIF, IVE, adj. ['Vim habens ïmmutandi .2 Qui altère & qui aporte du changement dans les choses. Remèdes altératifs.) , , t ALTERCAS ,s. m. II est suranné. C’est un débat , une contestation entre des personnes. (11 s’émût de grans altercas entr’eux. II ne dit pas qu’on peut tuer un hommes Qui jans raison vous tient en altercas : Mais qu’on le peut pour quatre ou cinq ducats . Poète anonyme.) ALTER.CATION ,sf On prononce altercation.. Il décend en droite ligne du Latin altercatio , & il a vieilli. II veut dire débat, dispute. (II y a eu de l’alter- cation entr’eux ; mais elle a été bientôt apaisee.) , ALTE'RER, v. a. II vient du Latin alterare , & il signifie changer, corrompre, falsifier. çNovs reportons les choses comme nous les avons reçues, fans y rien altérer. Vaug. Qmnt. I. 7. c. 8- Ils ont altéré & falsifie quelques endroits de l’Ecriture pour séduire les peuples. Pert-Royal , Nouveau Teftament , prés. 1. part. Je me contente’de raporter la chose naïvement sans rien altérer de la vérité. Abl. Luc. t. 2. Dialogue de ï amitié. 11 est défendu fur peine de la vie $ altérer la monoïe. La rougeur de la honte altère son visage, Et ce n’est qú'en tremblant qu’etle dit sonservage. La Suze Poës. * ALTE'RER. , v. a. [Nocere ,] Nuire, faire tort. (Pourquoi condamnes-tu ma façon de vivre, puis-qu’el- le n’altére point mon corps? Abl. Luc. t. 5. Rien n’al- tére plus la santé que la grande débauche. Régies de la santé.') ALTE'RER , v. a. [Sitim accendere.J Causer de la soif. (Le chaud altère , le salé altère & nuit à la santé. Régies de la junte.) S’ALTE'RER , v. r. Je ni altère , je ni altérai , je me fuis altéré. [Corrumpi.J Se changer, fe diminuer, se corrompre. (La santé du Prince commençoit de s’altérer. Abl. Tac. t. 1. Lés arbres qu’on aporte de loin , s’altérent. Maniéré de cultiver les arbres.) S’ALTE'RER., v. r. [Sibisitim gignere .2 C’est se causer de la soif, c’est être cause qu’on ait soif soi-même. (Je me suis altéré à force de marcher. On s’altére en travaillant & en courant.) ALTE'RE', altérée , adj. Mot qui vient du Latin at- teratus , & qui veut dire changé, corrompu , falsifié. (Passage de l’Ecriture altéré. Vérité altérée. Monoïe altérée.) ALTE'RE', altérée , adj. [ Cormptus. J Qui a reçû quelque tort, quelque dommage. (Corps altéré, santé altérée. Vaug. Quint. L 10 .) ALTE'RE' , altérée , adj. [ Commotm. ] Troublé , émû , à qui il est survenu quelque chose qui le trouble & qui le change. (Cas . ., a Pair tout altéré, & il pa- roit avoir quelque chose qui lui brouille la cervelle. Un tel discours n’á rien dont je foi altéré > A tout événement le sage es préparé. Mol. femmes savantes, «, sc. i. ALTE'RE', altérée , adj. [Sitiens.J _ Qui a soif, qui a envie de boire, & d’apaiser fa soif. (Ligniére est toujours altéré, & il ne fe désaltéré point qu’il n’ait trinqué à l’Alemande & ne soit tombé soiis la table. ALTE'RE', altérée , adj. [Cupidw.2 Au figuré, il sc dit des personnes & signifie qui désire avec ardeur , qui souhaite avec passion.) Monstre altéré de sang. Cor. Heradius. C’est-à-dire, méchant qui ne désire que de faire mourir les personnes. ALT 83 ALTE'RE', f. m. Ce mot fe prend quelquefois substantivement , & veut dire celui qui a soif, celui qui désire de boire à cause de sa soif. {Un altéré , plutôt que d’y courir, Près de ses bords fe laisieroit mourir. St. Amant, Poës. 4. part.) * ALTE'RE', f. m. Ce mot, ali figuré & pris substantivement, se dit toujours en mauvaise part, & dans le stile comique ou satirique. Il signifie celui qui désire avec passion. f ALTE'RE , f. f. [ Sollicitude, j II a vieilli, & né se trouve que rarement dans nos Auteurs modernes. II signifie trouble £5? inquiétude d’ejjrit , peine (Vf chagrin qui vient de l’ejjrit ou du cœur. (Je ne vous saurois dire la peine & F altère où elle fut l’espace d’un quart d’heure. Brantôme , Dames galantes , t. 1. Je sens au profond de mon ame Brûler une nouvelle flâme, Et laissant les autres amours, Qui tenoíent mon ame en altéré, J’aime un garçon depuis trois jourt Plus beau que celui de Cithére. Volt. Poës. t On disoit aussi altères an pluriel. (L’apròché dé I ennemi amis leRoïaume en de grandes altères. ALTERNATIF, alternative, adj, [Altématús.J II vient du Latin alternas , & signifie tour à tour. Ordre alternatif, ofice alternatif. C’étoit une chapellë alternative entre l’Eglise dé Saint Honoré & les héritiers du fondateur. Charloteau , matières bénéficiâtes » Pelletier traité des expéditions .) ALTERNATIVE, f f. [Alterutrum .2 C’est le pouvoir de choisir l’un ou l’autre ; c’est le droit de faire tour à tour, ou l’un après l’autre. (François premier, Roi de France, demanda en mariage pour lui, ou pouf le Duc d’Orleans, son second fils , Marie, fille de Henri huitième ; mais cette alternative 11e plût point au Roi d’Angleterfe. Divorce de Henri VIII. ch, I. A- voir Palternative. Le Pape a acordé aux Ordinaires de Bretagne un induit, & lors qu’ils Pont obtenu , ils ont Palternative avec lui, c’est-à-dire , que le Pape confère les bénéfices vacans par mort un mois , & POrdì- staire 1 autre ; le Pape par exemple, au mois de Janvier , & l’Ordinaire an mois de Février. Pelletier, traité des expéditions. Donner Palternative , acorder l’aí- ternative, refuser Palternative. L’alternative ne lui plaît pas , Palternative le choque.) ALTERNATIVEMENT, adv. [Alternâtes Tour à tour , Pun après l’autre. (Faire une chose alternative- • ment. Commander alternativement. ALTERNE,, adj. [Altémus .2 Terme de Géométrie, On apelle angles alternes ceux que forme une ligne qui coupe deux lignes parallèles. (C’est aussi un terme de Botanique en parlant des feuilles d’uíie plante , lors- qu’elles sent placées alternativement. ALTERNE', E'E, adj. Terme de Blason, qui fe dit de la situation des quartiers oïl des figures qui se répondent en alternative. ALTHAEA, Jlf Nom d’une plante qu'on apelle communément guimauve. ALTESSE , s. f. II vient de lítalien altezza , en Latin cesitudo. C’est une qualité qu’on donne aux Princes & aux Princesses qui ne sont, ni Rois, ni Electeurs, ni Reines , ni Electrîces. On traite un Roi de Sire & de Vôtre Majesé ; une Reine, de Madame & de Vôtre Majesé ; un Electeur , de Monseigneur & de Vôtre Sérénité Lietiorale. On donne aux autres Princes d’Aie- magne le titre de Monseigneur & d ’Altejse Sérénijjlme, A ceux de France & des autres païs on donne aussi le titre de Monjèigneur & de Sérénisiime : Mais en France, quand ils touchent de près le Roi, on les apelle Monseigneur & Altesje Royale, hormis le Frère unique du Roi qu’on nomme Monsieur & Altejìe Roiale. On donne aussi le titre d ’Altejse Roiale au Ddc de Savoie. On dira peut-être tin jour dans tin autre lieu ce qui reste à dire fur ce chapitre. (f M. Ménage prétend , dans son Anti-Baillet, tom, 1. ch. 77. que ce n’est que peu de tems avant l’année 1650. que les Princes d’Italie ont été traitez d ’Altejse, • & que c’est ce qui obligea les Cardinaux de prendre le titre d 'Eminence. Le Decret du Pape , par lequel il est ordonné qu’on leur donneroit cette qualité, est du io« Janvier 1630. Dans ce même tems, on ne donnoit en France le titre à’Altesse qu’au Duc d’Orleans, frère de Tarn.- 1 . Là Louis 84 AL/LX Loiiis XIII. mais comme le Cardinal Infant, Gouverneur des Païs-Bas, & frère de Philippe IV. fe fit traiter d ’AlteJse Róiale , le Duc d’Orleans , & Madame de Savoie, la Sœur , voulurent aussi être traitez d’Altesse Ro- ïaìe. Loiiis de Bourbon, Prince de Coudé , arbora ensuite l ’Altese simple , dit M. Ménage , & ensuite , 1 ’AlteJje Sérénijjime, laissant 1 ’AlteJse simple aux Princes naturalisez de France , aux Princes de Savoie , & aux Princes de Lorraine. Quant aux Princes de Savoie , j’ai lû une lettre ano- nime , imprimée en Hollande, chez Reinier Léers , en 1703. par laquelle on prouve que les Ducs de Savoie ont droit, depuis long-tems, de sc qualifier d’Altesse Roiale ; mais à présent, il n’en est plus question , & depuis les derniers Traitez de Paix , ils prennent la quar lité de Rois ou de Sicile , ou de Sardaigne. ALTIER , altière , adj. [Superbm, ferox, arrogans.] II vient de l’Italien altic-ro, & signifie qui a de la fierté, qui a de l’orguëil, qui est fier & superbe à cause de quelques qualitez qu’il a ou qu’il croit avoit. (II a le cœur un peu trop altier. M. avec son air de cuistre & de bigot, est altier jusqu’à ne pouvoir êtresoufert, tant il ast folement entêté de ses rimes. Les honnêtes femmes font ordinairement altières à cause de la bonne opinion qu’elles ont de leur vertu. _ Le mot d’altier suivi d’un nom substantif régit l’ablatif. Souvent l’Auteur altier de quelque cbansonette, Au même instant prend droit de se faire Poète. Desp. Poët. ch. a.) ALTIME'TRIE, f- /• [Altimetria. 3 Première partie de la Géométrie Pratique , qui enseigne à mesurer des lignes droites ou inclinées, soit en hauteur, soit en profondeur, comme une montagne , une tour. H ALTIN, s m. Monoïe de compte de Moscovie. II vaut trois copecs, à quinze deniers de France le copec. $ ALUCO ,s m. Efpéce de hibou, de diférentes grandeurs. ALUCHON, s. tn. Efpéce de dent ou de pointe qui entre dans les fuseaux ou dans la lanterne des moulins , & autres machines qui ont des roues. ALUDE, sf. [Aluta.] Basane colorée , dont on couvre les livrés. ALUDEL , s f Terme de Chimie. Ce sont plusieurs pots fans fonds mis les uns fur les autres , en étré- cissant, & qu’on met fur un pot percé au milieu ; on s’en sert pour sublimer. ALVEOLE,//- Terme d e Chirurgien & de Médecin. 11 pourroit bien venir du Latin alveola. C’est une petite cavité où est la dent, lors qu’elle est dans la mâchoire. (Les prémieres dents des enfans demeurent dans leurs emboitures que nous apollons alvéolés , demeurent, dis-je, jusqu’à l’âge de six ou sept ans, & quelquefois jusqu’à neuf ou dix ans. Les dents étroites ne font pas les meilleurs, parce que leurs alvéolés font petites. Les dents qui sont séparées les unes des autres, sont plus long-tems à s’ébranler, à cause que leurs alvéolés font plus fortes. Les dents qui font pressées , ont leurs alvéolés (bibles & petites, & s’ébranlent plus aisément. Les dents qui font bien emboîtées dans leurs alvéolés, durent plus long-tems que les autres. Afermir les dents dans leurs alvéolés, empêcher que les dents ne branlent dans leurs alvéolés. Voïez Martin , dissertationsur les dents , chap. 6 . 7. 8.) f ALVEOLE ,s. m. Terme de Botanique. Ce mot signifie les petits trous ou creux, où font enchâssez les bouts de certains fruits , ou de quelques fleurs , comme Y alvéolé d’un gland, d’un œillet. On nomme encore ainsi, le bassin, ou cloche de certaines fleurs. í ALVEOLE ,s. m. On apelle ainsi la cellule de chaque abeille dans un raïon de miel. Chaque abeille a son petit alvéolé. Acad. Fr. ALUINE,//. Voïez Absinte, ALVIN, f m. Poisson propre à multiplier. AL, VIN ÂGÉ, s »». Poisson que rebutent les Marchands , & qùe les pêcheurs rejettent dans l’eau pour peupler. ALVINER , v. a. [ Pisces tn Jìagnum immittere. 3 Remplir un étang de poissons propres à multiplier. (Alviner un étang. ^ On dit aussi Aleviner. t ALUMELLE, J. f. [Lamina.] II sc dit des couteaux , des canifs, des ciseaux H des rasoirs, & lìguifií ALU tout le fer des coûteaux, des canifs, des ciseaux, ou des rasoirs, qui sert à couper : mais en ce sens il a un peu vieilli, & il n’est pas si usité que le mot de lame. Pour un coutelier, ou un honnête homme qui dira a- lumelle de couteau , de ciseaux , de canif, ou de rasoir, il y en aura cent qui diront lame de coùteau, de ciseaux, de canif, ou de rasoir. î ALXJMELLE. Outil avec lequel les Maîtres Tab- letiers-Peigniers polissent & achevent leurs peignes. U est d’acier, souvent fait d’un morceau de lame d’épée, dont ils émoussent le tranchant. H On dit prov. qu’un homme s’est tué de fa propre alumelle, quand il a poussé la débauche à l’excès. Ci gît le Seigneur de Mattos Lequel deJa propre alumelle Se tua, prenant ses ebas, Sur le corps d’une Damoiselle. ALUMELLE. [ Tunica talaris. j C’est une soutane sens manche. II est défendu dans le Diocèse de Rouen de dire la Messe avec une alumelle. Dans d’autreson le permet. Voïez soutane. ALUMER , v. a. [ Accendere .] Faire éclairer , exciter du feu , de la fiâme. Faire prendre le feu à quelque chose. (Alumer le feu, la chandelle, la lampe, &c. * ALUMER, v. a. [Incendere.] Au figuré il signifie exciter, enflâmer, embraser. çLa discorde alume la guerre, Abl. Tac. I. 1. Ce n’est pas peu de chose à vous d’avoir pú alumer le cœur d’un homme aussi froid que je fuis. Voit. lett. 24. La loi de Dieu excite, & alume dans nous son amour de plus en plus. Port-Royal, Nouv. Tejìam. prés. 1. partie. Oui, comme tous mes feux n’avoient rien que de saint , L’honneur les aluma, le devoir les éteint. Corn. Heraclius, a. 3. sc. 1) t§ Mademoiselle de Scuderi a dit dans son Amour tirannìque. Mais il n’est que trop vrai que son cœur alwnê Brûle d’un feu secret, dont il es conjûttté. II faut avouer que dans ce tems-là on ne connoif- soit pas cette exactitude qui régné à présent sor nôtre Parnasse, & que un cœur alume ei\ une expression bien basse & bien (bible pour l’amour, dont le feu est toujours violent dans se naissance. 0 ’ Nous lisons dans Joinville : ,, Sire, Sire , atten - ,, dez vôtre frère le Comte de Poitiers, qui s’en va à ,, vous dans cette autre gallée. Et le Roi commença à ,, dire à ses gens qui là étoient : Alume, alume. ,, M. du Cange croit que le Roi entendant dire que son frère, qu’il avoit laissé malgré lui dans les prisons, ve- noit íe joindre, ordonna que l’on alumàt une chandelle pour examiner fur la boussole, où l’on étoit. II este ensuite ces vers de la Bible Guiot, ouvrage de Hugues de Bercy, lequel, parlant de la boussole, a dit : Quand la nuit es obscure U brune , Qu’on ne voit esoile ne lune, Lors font à l’éguille alumer, Puis ne peuvent-ils s’égarer. $ ALUME', adj. En termes de Blason, alumê sc dit des yeux, quand ils sont d’un autre émail que le corps de l’animal. II sc dit aussi de la flâme d’un bûcher, d’un flambeau, & d’un bâton qui est brûlant. ALUMETTE , f f. [ Sulphuratum .] Petit morceau de bois sec, de roseau ou de chenevote, soufré par les deux bouts pour le rendre susceptible de feu. (Une bonne alumette, une méchante alumette. Alumette sèche, alumette qui prend bien, alumette qui ne vaut rien & ne prend pas. Faire des allumettes , soufrer des alumettes.) f On apelle par mépris Marchands d’alumettes, les Marchands dont le Négoce est peu considérable. ALUMINEUX , alumineuse , adj. II vient du Latin a/uminosus, & veut dire qui tient de la qualité d’alun, où il y a de l’alun. ALUMINEUX, a un usage très-borné. (On dit, cela. est alumineux. Cette pierre est alumineuse.) ALUN, f m. II vient du Latin alumen. Minéral dont plusieurs artisans se servent dans leur travail. (Alun blanc, rouge, gras, &c. f II y a de trois principales sortes d’alun ; l’alun de Rome ou de Civita- vechia ; l’alun d’Angleterre, autrement apellé alun de roche, alun blanc ou alun de glace ; & l’alun de Liege ou de Mcziers. 11 y en a encore d’autres sortes qu’on peut voir dans Savary, A MA $ Les Anciens croioient que l’alun avoit la vertu de rendre une matière incombustible. Ammien Marcel- lin dit en plusieurs endroits qu’on frottoit avec de l’alun les tours & les tortues pour les rendre incombustibles. C'est une opinion ridicule dont en est désabusé, auffi bien que de celle qui attribue la même vertu au vinaigre , comme l’a assuré Enée dans son Traité de toleranda ohjìdione. Voïez le Polyhe de Fo- lard, Tome III. ALUNER, D. a. [ Aluminì zmmergere. ] Faire tremper dans Falun, ou dans un bain d’alun. (Toutes les choses qu’on veut teindre en cramoisi, doivent être fortement alunées. Danet. Acad. Franç .) ALURE, Aleure,s.f. \_Cervi On l’écrit de l’une & de l’autre faqon, mais la maniéré la plus ordinaire , c’est alure , & alors on le prononce comme il s’écrit. II s’entend des cerfs, des biches , des dains, des chevreuils. C’est le bas d’une de ces bêtes. (II faut, quand on veut chaslèr le cerf, la biche ou autre bête fauve , s’étudier à en bien connoitre l’alure ; la connoissance de leurs alures est très-utile au chasseur. Parler des alures de la bête fauve, juger bien des alures du cerf : les alures des cerfs font réglées, mais celles des biches ne le font pas. Salnove , Vénerie roìale. c. ;8- L’alure de l’éléfant est un peu rude , mais sûre. M. de Choìjì , Journal de Siam , in 4. sage 268.) ALURE , f. f- Terme de Manège. [ Grejjrn 0 C’est le train , ou la démarche d’un cheval. ( Cheval qui a les alures très-belles. L’alure de ce cheval .n’a rien d’agréable. Cheval qui a les alures froides , & les mouvemens trop près de terre.) f ALURE , f.'f. s Incejsm J II se dit des personnes, mais en riant. C’est la maniéré de la marche d’une personne. ( L’ami Rosimont contrefaisoit plaisamment l’alure pédantesque du Seigneur Varillas.) ALYPUM. Nom déplanté que les Apoticaires apel-. lent turbith blanc , & qui est amére. ALYSSON. Plante dont il y a diverses espèces. Alyjson maritime, alyjson de Diofcoride , alyjson de Gallien. ALZAN- Voyez Alezan dans la colonne Aie. AMABILITE', s. s. [ Amabilitas. ] Qualité dans i’esprit & Sans l’humeur , qui rend une personne aimable. ( Ce mot a vieilli dans notre langue, & n’est point dans le Dictionnaire de l’Académie. On le trouve dans Danet. t AMACOSTIC, s- m. Arbre de la nouvelle Espagne , dont les feuilles ressemblent à celles du lierre. AMADES , s. m. \_Lacinia , fascìa brevior .] Terme de Blason. Ce font trois listes plates parallèles, chacune de la largeur d’un tiers de la face , traversant Fécu en même situation qu’elle , mais qui ne touchent point aux bords ni d’un côté ni d’autre. En quoi elles font diférentes des jumelles. AMADIS , s m. Roman autrefois fameux. Mais aujourd’hui ce font des bouts de manche atachez par dedans à la manche. (II a de beaux amadis, de jolis amadis, des amadis galonnez , des amadis brodez d’or les mieux faits du monde.) AMADOTE , s. m. Amadotes. ] Sorte de poirier qui porte les poires qu’on apeìle amadotes. AMADOTE, f. f. [ Amadotes .] Sorte de poire trouvée prémiérement en Bourgogne , & apellée tunado- te par abréviation & par corruption , pour dire poire de Dante Oudote , du nom d’une femme de ce païs-là qui les aímoít. Fer and, traité des espaliers. ( Les amadotes font bonnes. Les amadotes font ex- célentes.) í AMADOU , f m. Espece de mèche noire qui vient d’Alemagne, & qui se fait avec cette sorte de grands champignons, ou d’excroissances fongueuses, que les vieux arbres produisent. Cette mèche sert à mettre dans les fusils pour recevoir & entretenir le feu , qu’on excite avec sacrer & le caillou frapez l’un contre l’autre. AMADOUER , ®. a. j) Lenire.j II fe dit proprement des chats , & c’est les caresser , & leur passer doucement la main fur le dos pour les rendre plus doux. (Cas... passe toute la journée à amadouer son chat, & à chercher les puces de fa babiche. t AMADOUER , v. «. f, Bhndìïï , adulait. ] Mot AMA 85 bas & comique , lors qu’il se dit des personnes. C’est les flater & leur dire des douceurs pour gagner leur afection. ( L’homnre n’est né que pour amadouer la femme , animal qui n’est fait que pour être caressé.) AMAIGRIR , v. a. £ Emaciare. ] Faire devenir maigre ; faire perdre l’embonpoint qu’on avoit. ( Le carême amaigrit les gens. La peine que du ?... s’est donnée à faire des vers , l’a si fort amaigri, qu’ii n’a plus que la peau & les os. 11 est sec comme une alumette.) Jf AMAIGRIR un champ. M. de Segrais, liv. x. des Georgiques , a dit : Car Ìavoine £5? le lin amaigristent les champs. AMAIGRIR , v. n. [ Macescere. ] II se prend auffi dans un sens neutre. C’est devenir plus maigre & plus sec qu’on n’étoit. (Le Parasite Tuberau amaigrit tous les jours ; & Cas... n’a plus que la peau & les os.) í§ AMAIGRIR. Terme de Charpentier , ou de Menuisier , qui disent amaigrir l’arête d’une piece de bois, & la faire aiguë. Us disent au contraire , engraisser , c’est-à-dire, élargir une piece de bois , & la faire obtuse. On dit auffi , amaigrir une pierre. Les Apareilleurs & Tailleurs de pierre , apellent un lit, un joint, ou parement de pierre , gras , lors qu’il n’est pas à l’équerre , & qu’il est trop obtus ; & le nomment maigre , & démaigri , lors qu’il est trop aigu. Ils disent ordinairement , II a coupé fa pierre , pour dire , il en a trop ôté , U F a trop déntaigrie. AMAIGRISSEMENT , f. m. [ Macies .] Prononcez amegriffeman. C’est une diminution d’embonpoint. Elle est dans un amaigrissement à faire peur. L’amai- grissement où elle est, fait déserter tous ses galans.) AMALGAMATION , f f. Terme de Chimie. Voyez amalgame. AMALGAME , f. m. amalgamation , f. f. Amalgame est le mot d’usage ; & c’est un ternie de Chimie. C’est un composé de mercure , & de métal fondu. L’or & le mercure bien mêlez font un amalgame, ou un composé en maniéré de pâte môle , ou d’onguent blanc. ( L’amalgame de l’or sert aux doreurs. Cet amalgame bon & bien lavé s’étendra fort mince fur l’ouvrage des doreurs. Traité des essais , l. 3. On dit auffi amalgamation , mais non pas fi souvent qu’u- malgame. Personne ne doute de la liaison étroite qui se fait des parties de l’or avec le mercure , & c’est ce qu’on apelle amalgamation. Voyez le Journal des Savans de Vannée 1676. page 89. AMALGAMER, v. a. Terme de Chimie. C’est mêler du mercure avec du métal fondu. Cette opération sert à rendre le métal propre à être étendu fur quelque ouvrage ou à être réduit en poudre subtile. (On n’amalgame ni le cuivre ni le fer.) S’AMALGAMER, v. r. II sc dit de la plupart dés métaux, & signifie se calciner par le moïen du vif argent ou mercure. Tous les métaux s’amalgament, hormis le cuivre & le fer. Lemery , discours de la Chimie en général , pag. 2g. édition troisième. AMANDE , ss. I Amygdala .2 Fruit d’amandier, II tient de la figure du cœur , & a deux couvertures , dans la dernière defquelles on trouve un noïau âpre & dur. Dal. I. 3. c. 10. AMANDE. Chair de noïau d’amande. (Amande douce, amande amére. Les amandes douces font médiocrement chaudes, & font bonnes pour les poumons & pour les reins. Les amandes amères purgent les humeurs grossières , & empêchent l’ivrogne- rie. Ceux qui aiment Ligniére , lui devroient faire manger ces fortes de fruits.) H AMANDE. Fruit qui sert de basse monoïe dans plusieurs endroits des Indes Orientales. Ces amandes font si amères qu’il n’est pas possible d’en manger, & la coquille en est extraordinairement dure. Elles croissent dans la Caramanie déserté ; on les trajifpor- te à Ormus , d’où elles se répandent dans une grande partie des Indes. AMANDE. Terme de Faiseur de Lustres. Petit morceau de cristal en forme d’amande, dont font composez les lustres. AMANDIER , f m. [ Amygdala.~\ Arbre qui porte les amandes , & qui ressemble fort au pécher. AMANT , f m. £ Amaflus.'] 11 vient du Latin amans. C’est celui qui aime une Dame , & qui en est aimé. ( Un vrai amant, un ardent, un sincère, h z m 86 AMA un fidèle amant, un constant amant. Un amant sage , discret, indiscret, volage, inconstant, leger, heureux , malheureux, infortuné. Cher Tirsts , il n’est f lus qu’au pais des Romans J)e fidèles amis U de parfaits amans. Saint Evremont, œuvres mêlées.) Un amant obtient tout quand il est libéral. Corneille , menteur , a. 4./. 1.) L’amour ne fait point de tort à la réputation des Dames , le peu de mérite des amans les déshonoré. Saint Evremont, in 4. page 528. D'un nouvel amant qui soupire, D'abord on se trouve sort bien i Mah le meilleur ne vaut plus rien Dès qiflil a tout ce qu il defire .) Voyez Amoureux. AMANTE , f. f. [ Amatrixi} Celle qui aime & qui est aimée. (Une jolie amante , une amante de très- bon air , une belle amante , une agréable, une adorable amante. La belle Gabrielle d’Estrées fut une des amantes de Henri IV. Un amant qui a du mérite , se fait aisément des amantes. Déja parmi nos bois , mille jeunes amantes Ont pour vous dans le cœur , des fiâmes très-ardentes. God. Poës. e'glog. 8- j (f AMANTER- Vieux mot. C’est raconter. Le Roman de la Rose : Car FEcrìture amantoit bien Que toute puissance est de bien. AMARANTE , s s C Amarantusst Fleur d’un rouge très-vif, en maniéré de coq , qui fleurit en Août , Septembre & Octobre. On l’apelle auísi pajse- velours , ou fleur d’amour. AMARANTE-TRICOLOR , f. f. Plante qui ne fleurit point , & dont toute la beauté consiste dans les Feuilles. AMARANTE. Noin que les Poètes donnent à leurs maîtresses , lors qu’ils leurs adressent des vers. ( La divine Amarante s’en est alée. Gomb. Pois .) AMARANTINE , s s Sorte d’anémone dont les grandes feuilles font d’un rouge blafard , >L la pioche d’un amara nte brun. Morin , traite des fleurs. AMARQUE , f f [ Signumst On l’apelle autrement bouée. C’est un signal par un tonneau fio- tant, ou par un mât élevé qui avertit les vaisseaux qui font route de s’éloigner pour ne pas échouer, pour éviter les bancs. AMARRAGE , f m. [ Nodus , vìnculum .] Terme de Mer. C’est un endroit où deux grosses cordes font liées par une petite, c’est un endroit où une corde mise en double est liée par une petite. ( II faut considérer dans l'amarrage la force des courans.) AMARRE,/ / [_Rudensf\ Terme de Mer. C’est un cable dont on fe sert pour atacher quelque chose. (Couper une amarre.) AMARRES,//'. Rudentes , funes ancorales.J Terme de Marine. Ce sont les cordages avec quoi on ata- che les vaisseaux à quelques pieux ou anneaux, auf- quels on les lie & les arrête fur la mer avec Pancre. £íf AMARRES. Ce font deux morceaux de bois qui s’apliquent quarrément contre quelque autre piece de bois plus grande , & qui étant taillez en bossage par dessus , c’est-à-dire , moins relevez & moins hauts dans les extrémitez , ont une ouverture par le milieu pour y faire passer le bout d’un treuil ou molinet, &c. Félibien. AMARRER, v. a. [Rudentc , fune ligare navemst Terme de Mer. C’est atacher & lier fortement quelque chose. (Amarrer un cable à une ancre , amarrer un vaisseau , amarrer une chaloupe.) AMAS , / >n. VAccrvus , cumulus f C’est un assemblage de plusieurs choies. ( Un petit amas, un gros amas. raire un amas de pierreries. Abl. Arr. Les nations Orientales surpassent celles de FEurope -dans l’amas des titres. Nicole , essais de morale , t. 1. La plus grande partie de la Philosophie humaine n’est qu’un amas d’obseuritez , d’incertitudes , ou même de fausseté. Nicole, estais de morale , t. 1.) La vie n’est qu’un amas de crainte, de douleurs , de travaux, de soucis , de peines. Deshouliéres, Poésies, idyle,i. AMB Si le Seigneur n’en est l’apui, Eien-tôt ce riche amas d’or , de marbre gj? de pierre , A peine laissera quelque trace de lui. "God. Poésies 2. partiel) {§ Le terme , amas , vient dc massa , qui signifie un amas de plusieurs choses. Voyez Caseneuve. AMASSER, v. a. [Acervare.J Acumuler. (Pourquoi, fou que vous êtes, amassez-vous talent fur talent? Abl. Luc.) AMASSER , v. a. £ Calligerei} Recueillir ce qui est tombé à terre. Amasser , en ce sens , ne se dit guère ; en sa place, on use do ramasser. ( Amassez mes gans , ou plutôt ramassez mes gans.) f$ Baizac a dit, dans fa premiere Dissertation critique : Et le vrai Jupiter même n’íst-il pas apellé, dam les Fables , le tranquille , le serein , aussi bien que le soudroiant , £5? l’amaj'eur de nuées ? II me semble que ramajjeur seroit plus propre ; on dit , il ramasse tout ce qu’il trouve en son chemin. S’AAIASSER , v. r. [ Confluere.] S’assembler. (Elles s’étoient amassées en grand nombre. Voit. let. 9.) AMASSETTE , / f. f Cornu pigmentis colligendis. j Terme de Gantier & dtë Peintre. Morceau de bois, de corne, ou de cuir pour amasser les couleurs broïées. AMATELOTER , V. a. f N autos binos compone- rest Terme de Mer. C’est mettre les matelots deux à deux pour s’aider l’un l’autre. ( On a amateloté tout l’équipage.) AMATEUR , / / f Amatori] Celui qui aime. (Le peuple est grand amateur des voluptez. Abl. Tac.) AiVIA i IR , v. a. f Aurum impolitum inducere. ] Terme d’Orfévre. Amatir fe dit de l’argent. C’est prendre de la brique bien pilée & bien broïée avec de la ponce recuite au feu toute rouge & bien broïée. & en fréter avec un linge la vaisselle qui fort du marteau, jusqu’à ce quelle soit agréablement blanche. ( II faut vîte amatir cette vaisselle.) Ce mot amatir se dit aussi de P or. C’est rendre l’ornet, & lui ôter le poli. AMATISTE. Voyez amétiste. ÀMAUROSE, / / f Oculorum obscuritas. Terme de Médecine. Privation entiere de la vûë qui arrive fans qu’il y ait aucun vice sensible dans les yeux , & qui est causée par l’obstruétion des nerfs optiques. AMAZONES , f f. [ Amazones. ] Femmes généreuses qui se brûloient la mamelle gauche pour mieux tirer , & dont la Reine vint voir Alexandre le Grand. * AMAZONE.^ Femme guerrière , femme courageuse. (Vous êtes, l’une & l’autre , deux franches Amazones. Scar. let. La pucelle d’Orleans a passé pour ifne Amazone.) (3 AMB ACTES- Les Gaulois avoient leurs Am- balles , que César explique souvent par le terme de Client , d’où il semble qu’est dérive le terme Ambassadeur. î AMBACHT. Terme de Topographie. II se prend aujourd’hui pour une sorte d’étenduë de Jurisdiction, pour un territoire dont le possesseur a droit de haute & baise justice. On ne se sert de ce terme qu’à l’é- gard de quelques Villes de Flandres. Ce mot est ancien , mais dans une signification un peu diféren- te , quoique relative. On voit dans Festus, qu’En- mus a nommé Ambaflus , un esclave lotie pour de l’argent, un mercenaire; & Ceíàr apelle Ambafíus, une sorte de cliens , qui fans être esclaves, étoient attachez à quelques Seigneurs. Dans les Auteurs du moiën âge , Ambacbt signifie commission , office , commandement , juristMion d’une Ville & Ministère. Voyez Du Cange. Sur l’origine de ce mot voyel Saumaise l. de usitrís , les notes de Dacier fur Festus , & le Mercure Geogr. du P. Lubìn. Suivant ce dernier , .Ambacbt est la même chose que Castellenie. On dit les Ambachts de Bourbourg, de Bergues, de Fumes, de Cassel & d’Ypres. AMBAGES,/ / pi. [ Ambages.] Amas confus & obscur de paroles dont on a de la peine à deviner la signification. ( Vous ne parlez que par ambages.) Ce mot est d un tres-rare usage dans la langue Françoise , quoique M. d’Ablancourt s’en soit servi. f AMBAIBA, / m. Arbre du Brésil , qui fournit A MB nít une liqueur oléagineuse , propre pour la guérison des plaies. t AMBAITINGA, s Autre arbre cl u Brésil. On exprime de ses sommitez un suc fort bon pour les ulcérés & pour les plaies. £ AMBATE , s- ni. Grand arbre des Indes Orientales , qui ressemble à un noïer. II produit une espe- ce de noix qu’on confit avec du sel & du vinaigre. Ce fruit donne de l’apetit , & guérit les maladies bilieuses. ANBASSADE ,s.s. [Legatio . ] Commission dont un Prince , ou un Etat Souverain charge une personne d’expérience , ordinairement de qualité , en lui donnant des lettres de créance pour exécuter dans la Cour où on (envoie, ce qui lui a été ordonné. (Ambassade glorieuse , importante , illustre , solennelle , célébré. Aler en ambassade. Envoler une ambassade.) AMBASSADE. Charge d’Ambassadeur. Fonction d’Ambafladeur. (S’acquiter glorieusement de son ambassade.) AMBASSADE. Gens envolez en ambassade. (11 arriva une ambassade des Scites. Vaug. Quint. L 7.) f * AMBASSADE. Message. (Elle a reqû une ambassade de la part de son galant. Mol. Georg. Dand.) AMBASSADEUR , s. m. [LegatmJ Celui qui est envolé en ambassade. On apelle de ce nom tous les Ministres qu’un Prince ou un Etat Souverain envoie à quelque Cour étrangère , pour y faire les afaires en vertu de ses lettres de créance fous la foi publique établie par le droit des gens. Voyez les mémoires touchant les Ambassadeurs , par L. M. P. (Ambassadeur ordinaire , & Ambassadeur extraordinaire. Envoyer un Ambassadeur à un Prince Souverain. Etre Ambassadeur en France pour fa Majesté Suédoise. On traite d’Excélence les Ambassadeurs étrangers. Les Ambassadeurs doivent jouir d’une sûreté inviolable. f * AMBASSADEUR. Celui à qui on donne charge de faire quelque message. (II a bien choisi son monde que de te prendre pour son Ambassadeur. Mol. Georg. Dand. a. 2. Jc. 1. C’est un Ambassadeur d’a- mour.) £C II est dificíle de donner une juste définition de P Ambassadeur. C est, dit Vicquefort , un Ministre public , qu’un Souverain envole à un autre Souverain , avec un pouvoir sufisant pour représenter sa personne. Mais il reconnoit que cette définition est défectueuse : en éfet , elle peut être apliquée aux simples Envoyez , & aux Relidens. La définition que Pascal & Marselaer ont donnée , n’est pas plus juste. Si nous remontons aux Romains , nous trouverons qu’ils apelloient les Ambassadeurs du premier ordre, ou Legati, ou Omtores s & ceux du second , Feva- les ou Caduceatores. Les Fevaliens faisoient un corps, dont le Chef étoit apellé Pater patratus , c’est-à-dire , Pater par raport du peuple Romain, de même que les Sénateurs étoient apellez Pâtres : & quant au terme patratm , c’étoit un espece d’adjectif, à patrando jus- jurandum , parce que c’étoit lui qui juroit au nom du peuple & des Généraux , les Traitez d’Aliance ou de Paix ; & pour lors, ils avoient la tête couverte de vervaine. Voyez Tite-Live , liv. 1. dans l’endroit où il raconte le fameux combat des Horaces & des Coriaces. L’Arnbaffadeur Ordinaire , est celui qui demeure ordinairement, & pendant un long tems, auprès du Prince auquel il a été envolé. L’Ëxtraordinaire n’est que pendant un tems certain , pour une afaire considérable. Quoique dans le fond le pouvoir soit égal entre l’Ordinaire & (Extraordinaire , cependant Vicquefort a remarqué , que (Extraordinaire précédé toujours l’Ordinaire, & que s’ils font tous deux Extraordinaires , le dernier venu précédé le premier arrivé. Les Envolez , Relidens & autres Ministres du second ordre , n’ont point le caractère de représentans ; aussi ne sont-ils pas traitez comme les Ambassadeurs : mais ils jouissent des mêmes privilèges , & du droit des gens. AMBASSADRICE,//. [Legati uxor.] Femme d’Ambassadeur. t AMBASSADRICE. Celle qui fait quelque message. AMB 87 Celle qui porte quelque nouvelle. ( Je fuis une ambassadrice de joie. Mol.) A.MBESAS , / m. [ Btnum lusoria tesserœ punc- tums\ Terme d e 'Triquetrac. C’est quand le dé amène deux as. AMBIDEXTRE , adj. [ Ambìdexter. ] II se dit des' personnes. En Latin ambìdexter. C’est-à-dire qui se sert également des deux mains. (II est ambidextre, elle est ambidextre.) AMBIGU , ambiguë , adj. [ Ambiguus. J Qui a deux sens. Qu’on peut prendre à double sens. (Mot ambigu. Parole ambiguë. Pasc.l.16. II vient du Latin ambiguus.') AMBIGU, f. m. [Ccena dubia .J Festin où la viande & le fruit font ensemble. f AMBIGU , [ Admijìio.] Mélange. (C’est un ambigu de précieuses & de coquettes que leur personne. Mol. précieuses, sc. 1.) H On dit fig. & dans le stile familier, en parlant d’un homme qui ne se détermine pour aucun parti ; c’est un ambigu. AMBIGUITE’, s. s. [Ambiguïtés.] Paroles qui ont un double sens. (Une fâcheuse ambiguïté.) AMBIGÛMENT , adv. D’une maniéré obscure , & à double sens. (11 écrivit ambigûment aux Généraux. Abl. Tac.) AMBITIEUX, ambitieuse , adj. Prononcez ambitieux. 11 vient du Latin ambìtìosus , & signifie qui a de l’ambition. Esprit ambitieux. Les grands & les riches font ambitieux. Les femmes font d’ordinaire ambitieuses ; & l’ambitíon est leur grande foiblèsse.) AMBITIEUX , f. m. Qui a de l’ambition. (Séné- que étoit un ambitieux, qui prétendoit à l’Empire. S. Evremont, t. 3.) AMBITIEUSE , f. f. Celle qui a de l’ambition. (Catherine de Médicis étoit une ambitieuse, qui n’as- piroit qu’à régner souverainement.) AMBITIEUSEMENT , adv. [ Ambitiosè .] Avec ambition. (Ce 11’étoit point un esprit de supériorité qui cherchât à s’élever ambitieusement au-dessus des autres. S. Evremont , discours du peuple Romain, c. 2. * AMBITIEUSEMENT , adv. Au figuré, il se dit du stile, & veut dire pompeusement, avec enflure, & d’une maniéré trop sublime. )I1 a retenu son stile dans une juste médiocrité, fans lui permettre de s’elever trop ambitieusement. Pelijson , discours fur les œuvres de Sarazin, art. 2.) AMBITION , f. f. II vient du Latin ambitìo, & l’on prononce ambïcion. Désir d’avoir quelque chose de grand & de considérable. (Ambition grande, violente. Arrêter, régler, fixer, modérer, borner son ambition. Assouvir, satisfaire son ambition.) AMBITION. Ce mot se prend en bonne part, lors qu’il est acompagné de quelque favorable épitéte. On dit, une noble ambition. Une belle, une ingénieuse ambition. AMBITIONNER , v. a. [Ambire .] Ce verbe est fait du mot ambition, & il signifie désirer avec ambition, se faire une gloire de vouloir venir à bout de ce qu’on désire. Vaugelas condamne ambitionner , & pense qu’au lieu d ’ambitionner on doit dire, souhaiter avec ambition. Le sentiment de cet habile homme n’est point aprouvé de tout le monde. On peut bien dire, la gloire de vous servir, Mademoiselle, est l’une des choses que j’ambitionne le plus. T. Corneille , notes sur Vaugelas, t. 2. Le P. Bouhours n’est pas du sentiment de T. Corneille : mais je laisse à juger à qui il en faut croire. Voici comment le premier s’explique dans ses Remarques, pag. 408. „ Ambitionner , il n’a point „ réussi à la Cour, & ceux qui y prêchent , ne de- „ vroient jamais le dire : M. de Vaugelas a été meil- „ leur prophète à l’égard de ce mot, qu’à l’égard de ,, quelques autres. ,, En voilà deux contre un. Mais aussi Messieurs de (Académie , fur la Remarque 314. ont dit que ,, M. de Vaugelas n’a pas bien jugé ,, du mot ambitionner , quand il a dit qu’il n’y avoit ,, pas d’aparence qu’il dût s’étabiir : on peut Pem- „ ploïer avec grâce , mais non plus indiféremment, ,, pour signifier rechercher avec ardeur. On ne dit ,, point, ambitionner une charge, ambitionner les hon- ,, neurs , c’est-à-dire, qu’on ne (emploie point dans ,, toutes les choses dont l’ambition peut être fiatee ; „ mais on parlera fort bien, quand on dira : La gloire «8 AMB 2 , re de vous servir, est la chose du monde que fambî- ,, tionne le plus. AMBITIONNE', ambitionnée , adj ; [Cupitm , quœ- sttus ambitiosèf] Souhaité avec ambition. (Servir son pais est un honneur ambitionné de tout le monde. T. Corneille, notes fur Vaugelas, t. 2. La belle gloire est ambitionnée de tous les honnêtes gens.) . AMBLE, f [Asturconis alterna crurum expli- catu glomeraiio. ] Terme de Manège. Peut-être il vient du Grec, où plutôt du Latin ambulare, & il n a point de pluriel. Maniéré d’aler d’un cheval qui remue au même teins les jambes qui font,,d’un même côté, & ensuite celles de l’autre ; & qui continue a ce train jusqu’à ce qu’il cesse d’aler. (Un amble doux, un amble commode, parfait, rude, fâcheux. Ce cheval va un amble si doux , que celui qui est dessus, peut porter un verre de vin fans en verser une seule goûte. Dom. Quichote , t. 4- c - Mettre un. cheval a l’amble. C’est'un cheval qui a un amble le plus commode du monde. L’amble est banni des Manégés. La première alure des petits poulains est l’amble ; mais ils le quitent quand ils font forts. (Périon le dérive du Grec â/a^Xvva. AMBLE, f m. [Ajìurco, equrn tolutarius .] Cheval qui va l’amble. Dans ce sens, il n’est pas bien reçu. Le dernier Traducteur de Dom Quichote n’est point à imiter en cela. 11 l’a pris en ce sens. Voici Vendroit. (Vive mon grifon pour aler doucement, lors qu’il ne va point dans l’air ; mais fur terre par ma foi j’en défierois tous les ambles du monde. Dom. Quichote, t. 4. ch. 40.) AMBLER, v. n. [Gradatim ìre.~] Se dit des haquenées, & vieillit. C’est aler l’amble. (C’est une haquenée qui amble agréablement. On dit plûtôt, qui va agréablement l’amble.) Périon le dérive du Grec ; mais le P. Labbe veut qu’il vienne de ambulare. AMELEUR, f. m. Oficier de la petite écurie du Roi. AMBLIGONE, /. m. [. Amblygonium .] Terme de Géométrie. Angle obtus , c’est-à-dire qui a plus de 90. degrez. (Ce mur fait en cet endroit un coude ambligone.) AMBLIOPIE, f f. [ Amblyopia. ] Terme de Médecine. Maladie des yeux, lors qu’il fe fait un éblouissement continuel de la vue, fans que l’œil paroisse offensé. AMBONOCLASTE , /• m. Ce mot est Grec, & veut dire celui qui brise les jubez des Eglises. Ce mot est du ícavant Monfier Thiers, & n’est pas encore bien établi ; mais on efpere bien de fa fortune. AMBOUTIR , ou emboutir. Terme d ’Orfévre. (C’est lors qu’on rend l’argent convexe d’un côté , & concave de l’autre.) AMBOUTISSOIR, f m. Outil de Serrurier qui sert à former la tête des gros clous qui ont la figure d’un champignon. AMBRE , f ni. [ Succinum. ] Suc gras de terre endurci par la salure de la mer, lequel a la vertu d’a- tirer la paille. L’ambre couleur de citron est le plus estimé. (Pêcher l’ambre.) ch C’est celui qu’on apel- le Ambre jaune, ou Karabé. On le trouve dans la mer Baltique, fur les côtes de Prusse. 11 est jette fur le rivag'éfuuand certains vents règnent, & les habitans le vont rànhisser au plus fort de la tempête. On prétend qu’il y a de l’Ambre jaune fossile ; & qu’en Suède , aussi bien qu’en Prusse, on en trouve dans des sablons fort éloignez de la mer. On en a auili découvert dans quelques rochers de Provence. Voïez /’Histoire de /’ Académie des Sciences. AMBRE gris. [_Ambarum. ] Efpéce de bitume poussée furie rivage de la mer par les flots, qui s’endurcit etant à Pair, & fe forme en ce qu’on apelle ambre gris. -ch On trouve cette gomme précieuse fur la côte d’Afrique & des Isles voisines, qui s’étendent depuis Mozambique jusqu’à la mer rouge, sur les côtes des Isles Sainte Marie, de Diego Ruis prés de Madagascar, de l’Isle Maurice, & au delà du Cap de Bonne- Efperance. 11 y a aussi de P Ambre gris dans les Indes Occidentales ; fur les côtes des Isles Barmudes, dans le détroit de Bahama, & dans les Isles Simbales. On en trouve encore fur quelques côtes de la Méditerranée. II y a plusieurs opinions fur l’origine de í’Ambre gris, qui font toutes fort incertaines. AME ch AMBRE liquide, ou Liquid-Ambar. Efpece de résiné claire & rougeâtre , tres-liquide quand elle est nouvelle, mais qui s’épaiílit beaucoup à mesure qu’elle vieillit. On la met aussi au nombre des baumes. * AMBRE. Senteur agréable & douce. (Son haleine a perdu son ambre.) AMBRER , v. a. \_Ambaro su f ire.'] Terme de Confiseurs. C’est donner une odeur d’ambre à des noix confites, ou à quelque autre confiture. (Ambrer des noix confites, ambrer des pastilles.) AMBRE' , ambrée , adj. \_Ambaro suffituí.] Qui a une odeur d’ambre, qui est une odeur agréable. (Le tabac ambré est meilleur que l’autre. Ces pastilles font bien ambrées, & il est impossible qu’on ne les aime.) AMBRETTE, s f- [Cyanus floridus odoratus turcicus .] Plante fibreuse qui fleurit en Juillet & en Août. On l’apelle aussi fleur du grand Seigneur. Voïez Abel-Moj'e. ch AMBRETTE, f f. On apelle poire d’ambrete, une efpece de petite poire , qui a quelque odeur d’Ambre. AMBROISE, f m. [ Ambrostm .] Nom d’hom- me, il vient du Grec, & signifie immortel. f AMBROISE , f f. Nom de femme. ch AMBROISIE. On apelle ainsi une préparation de quelques médicamens, en forme de sirops, d’élecfuai- res, &c. qui font agréables au goût, & dont P opération ne fatigue point. AMBROSIE,// [Ambrosta.] Le manger des Dieux. (Se fouler d’Ambrosie. Abl. Luc.) AMBROSIE. Petite plante fort branchuë qui a Pudeur du vin, L qui porte de petits boutons en forme de grape de raisin, qui ne fleurissent point. (Ambroíìe mâle, ambrosie femelle. Dali) AMBROSIEN. Terme Ecclésiastique. [ Ambro- sianus .) Ofice divin qui est en usage dans P Eglise de Milan, parce qu’on croit que S. Ambroise en est sauteur , quoiqu’il y ait de í’aparence qu’avant ce saint Evêque, l’Eglise de Milan avoit son Ofice particulier. (Rit Ambrnsten. Messe Ambrostenne.) AMBULANT, ambulante, adj. [Erro, neuf.] II vient du Latin ambulans. Qui n’est pas fixe en un lieu. Qui va d’un lieu à un autre. (Commis ambulant. Troupes de Comédiens ambulantes.) ch AMBULANT, fe dit aussi à Amsterdam des Courtiers, ou Agens de Change, qui n’ont pas fait serment par devant les Magistrats. 11 s travaillent comme les autres, mais ils ne font point crus en Justice. AMBULATOIRE , adj. [Ambulatorim .] II vient du Latin & fe dit des fieges de Justice. Pour lors, c’est fixam U certam J'edem non habens. II signifie qu’ils ne demeurent pas toujours stables en un lieu. i/e grand Conseil est ambulatoire. Histoire du grand Conseil. La Chambre Impériale de Spire étoit au commencement ambulatoire, & elle ne fut sédentaire en cette Ville-la qu’en 1527. Eeifl, Histoire d’Aiemagne.) On dit, au Palais, que la volonté des hommes est ambulatoire jufqu’à la mort , en parlant des testamens qu’on est toujours en liberté de reformer.) AME', amée, adj. [Dilcflus.] 11 vient du Latin, & signifie aimé. Aimé est d’un grand usage dans les lettres qui s’adressent aux gens de Justice, aux Cours souveraines, aux Présidiaux, aux Prévôtez, aux Corps de Ville, ou de Métier. ( A nos âmes, U seaux les Conseillers de nôtre bonne Ville de Paris , fusons savoir que jur ce que nos chers U bien âmes, les Maîtres jures í ççj anaens bacheliers de la communauté des Vitriers de Paris, mus ont fait remontrer que _ Nom ordonnons que.... Voïez les Statuts des Vitriers. Nos cbé- res N bien amees les jurées de la communauté des Mai trèfles Bouquetières, nous ayant fait remontrer. .. faisons savoir que... Lettres Patentes du Roi pour les Bouquetières. AME, si f. Ce mot vient du Latin anima .- & il signifie généralement ce qui est le principe de la vie, (Ame végétative, aine sensitive, ame raisonnable.) AME, J. f. Ce mot fe dit en particulier de l’ame raisonnable, qui est une substance qui pense, que l’on connoìt avant toute autre chose ; & en laquelle on ne concoit aucune étendue. Esprit capable de penser à l’ocasion d’un corps. (L’ame d’un homme. L’ame fuit le tempéramment du corps. Roh. Phìs. t. 2. Ci AME Ci gît Ménage, il rendit Pâme Pour avoir fait une épigrame.) . * AME , s s. II signifie quelquefois une-personne. (Son livre ne tend qu’à détourner les âmes de la voie étroite de í’Evangile. Arnaud, fréquente communion, préface. Vous venez de sauver un milion d’ames. Voit. lett. 68. Ces âmes si pures fuient les choses qui peuvent déplaire à Dieu. Pasc. L 4. Je vous le garantis Ame damnée, phrase burlesque, pour dire, malheu- reux, misérable , qui soufre beaucoup .) * AME. Confience. (Avoir l’ame bonne. N’avoir point d’ame. Sur mon ame, cela est.) * A AIE- Tout ce qui anime, tout ce qui fait agir, qui fait mouvoir quelque chose. (La charité est l’ame des vertus chrétiennes. Pasc. I. 5. * AME. Cœur, courage , force acompagnée > d’a- mour & de passion. (Vos charmes domteroient l’ame la plus farouche. Voit. Pois. Avoir l’ame fort baffe. Mol. Louer Dieu de toute son ame. Arn.) * AME. Esprit. (Ame vénale , ame mercenaire. Abl. C’est là la seule chose qui trouble mon ame. Hejpreciux .) ($ AME, est un terme que l’on emploie en plusieurs sens , pour l’homme en général, pour l’esprit, pour le cœur. M. Racine a dit dans L Phedre, ail. 1. sc. 1. Tu scak combien mon ame atentive à ta voix, S’éckaufoìt au récit de ses nobles exploits. Je ne sqai si l’on peut dire, Pâme atentive à ta-voix ; ni même que l'ame d’Hìpolyte, s’écbaufoit au récit des exploits de Thésée. [f Les anciens Poètes, pour mon ame, disaient m’a- me. Villon, parlant du Roi : ■Quand de Prouesse, il en a trop Dé force ausjl par m’ame voire. * AME- Teripe de Caresse, s Corculum. ] Objet qu’on chérit autant que soi-même. (Si quelque amant vous croit païer en vous nommant son ame, vous n’entendez pas des termes si courtois. Voit. Pois.) t * AME. Ce mot se dit en parlant de fagot. Le bois qui est au milieu du fagot. (Brûler l’ame d’un fagot.) * AME. [Lemma.~] Ce mot se dit des devises. Paroles de dévise. (L’ame d’une devise.) AME. Terme de Lutier. Petit morceau de bois droit qu’on met dans le corps de l’inftrument de musique directement fous le chevalet, pour fortifier le son. (Ame de poche, de viole, £c de violon.) AME. Terme de Sculpteur, s Forma .]] La première forme des figures de stuc, lors qu’on les ébauche grossièrement avec du plâtre, ou avec de la chaux & du sable, ou des tuilots cassez. On nomme auísi ame, ou noyau , les figures de terre ou de plâtre, qui servent à former les figures, qu’on jette en bronze, ou en autre métal. AME. [Tormenti or.J Ce mot se dit des canons. Dame d’un canon. C’est le creux & l’ouverture du canon, dans laquelle on met la poudre & la baie. AME, s. f. Terme de Machiniste. Pièce de bois cannelée des deux côtez avec une poulie au bout d’en- bas & équipée d’une corde, le tout dans une caisse fous le téátre pour en faire sortir quelque machine. (Voïez fi Y ame de vôtre machine est équipée de cordes, de poulies ; voïez lì elle est en état.)* AMEÇQN; voyez HAMEÇON. , AMEISTER , s m. Mot Alemand devenu François ; c’est-à-dire, Bourguemestre de Strasbourg^ Les Âmeisters font ceux qui gouvernent la Ville avec les ^tatmeisters, & qu’on apelle en France Echevins. (Les Ameisters font puiíïàns à Strasbourg.) AMELETTE ; voyez OMELETTE. AMELIORER; voyez MELIORER. t AMELIORATION , f f Prononcez amelio- racion. Ce mot vient du Latin & est du Palais. II n’est point du beau ftiie & ne se dit ordinairement qu’au pluriel. Ce sont toutes les réparations qui fervent à rendre meilleur un héritage. (II y a des améliorations utiles & nécessaires, & d’autres qui ne regardent seulement que le plaisir de celui qui poffede. Faire des améliorations.) t A MEME ou à mejme , adv. La lettre / ne se prononce point dans ce mot ; mais la seconde filabe Sfi est un peu longue. II signifie au pouvoir, en état, AME 89 & en liberté de faire ce qu’on veut. Monsieur, vûus êtes à même, prenez s’il vous plaît.) f AMEN- Terme d’Eglise, qui signifie ainsi soit - il, & qui sert de conclusion à toutes les prières. On. dit figur. & prov. dire amen à tout, pour laisser dire, laisser faire. Le bon homme dit amen à tout. AME'NAGE, s m. Veffura.] Voiture. C’est un mot des Voituriers par terre & par ean. (Vous ms devez tant pour Y aménage de vôtre vin.) í AMENDABLE, adj. Ce qui peut s’amender, se corriger, être réparé. Ce terme est très-commun dans les Statuts des corps des Arts & Métiers, & sc dit des ouvrages saisis par les Jurez, qui font en état d’être rendus meilleurs, & qui pour cela ne font pas sujets à confiscation. A Paris, c’est à la chambre de Polie» qu’on juge si une besogne est amendable ou non. f AMENDABLE. Ce terme se dit aussi des Artisans qui méritent d’être mis à l’amende, pour avoir contrevenu à leurs Statuts & Réglemens. AMENDE, s s. [ Mulcía.J Peine pécuniaire à quoi le Juge condamne. (Païer une grosse amende.) {$ L’AMENDE est une peine pécuniaire, bien plus familière dans les Coutumes, que dans les Païs du Droit écrit. Je vais en faire un détail. AMENDE pour arrachement de bornes, soixante sols parisis envers le Seigneur. Melun, art. 15. AMENDE de reclain, Valois, art. 7. Ce reclam est une plainte donnée par un’ créancier contre son débiteur qui a déchire son obligation. AMENDE de Arrammes. C’est la peine du défaut. Même Coutume de Valois, art. 7. AMENDE pour entreprise sur chemin Róial , est de soixafite sols dans la Coutume de Troyes, art. 130. & de cinq fols tournois, si l’on y espette, c’est-à-dire, selon M. Pithou, tourner la charrue au bout du sillon, sur le grand chemin. AMENDE de fausje demande. Chaumont, art. 96. AMENDE pour bornes outrepassées. Vitry, art. 5. AMENDE pour desiruftion d’édifices abloquiez. A- miens, 198. AMENDE en cas de déchéance de conclusion. Amiens, 219. AMENDE en cas de nouvelleté. Amiens, art. 220. AMENDE de défaut. Amiens, art. 221. AMENDE , faute de moudre dans le moulin du Seigneur. Poitou, art. 33. AMENDE , faute d’emblaver. Poitou, 104. Emblaver, c’est ensemencer. AMENDE pour passage pris injustement fur la terre d’autrui, lors qu’elle est ensemencée, ou sur le point de l’être. Ponthìeu, art. 100. AMENDE de puits à marne. Peronne, art. n. De même la Coutume à’Amiens, art. 146. La marne est, selon Dufresne sur cet article, une argille blanche, avec laquelle les terres froides & humides font échaufées, & deviennent plus fertiles qu’avec le fumier. AMENDE pour forfaiture. Artois, art. z. AMENDE pour nouvelles éteuiles. Même Coutume à’Artois,' art. 49. & dans Partiels suivant, nouvelles éteuiles Je disent jusques a trois jours après les ablais emportez hors du champ où ils ont été crûs. On trouvera dans les Coíitumes de la Salle, de HeC- din, de Tours, d’Anjou, du Maine, plusieurs autres fortes d’amendes, qu’il seroit inutile de raporter. Je remarquerai seulement de Cujas, fur la Loi 1. cod. de fiscal, usur. & de Du Moulin , trací. de usur. qu. 2;. 71. 231. que les peines pécunaires ne produisent jamais d’interêt, parce que l'interét étant une peine on ne soufre point peine sur peine. AMENDE honorable. [MulHa honoraria. ] Réparation publique que fait un criminel pour avoir commis quelque faute qui ne mérite ni l’exil, ni le fouet, ni la mort. Le criminel, qui fait amende honorable, est en chemise, une torche ardente à la main , la corde au cou, acompagnédu bourreau, de ses supôts & de la Justice. En cet état il demande pardon de son crime au Roi, à la Justice, & au public. Columesius, mélange Historique, pag. 66 . Çef 67. On ordonne aussi l’amende honorable avant l’exécutîon de mort. * f Faire amende honorable au bon sens. Façon de parler qui se dit en riant ; c’est confesser piîbliquement qu’on a eu tort d’avoir fait ce qu’on a fait. Le petit A- melot de la Houffaie devroit être condamné au Parnasse à faire amende honorable au bon sens, pour avoir eu Tome I. M k 90 AME la témérité de Traduire Tacite après l’excélent d’A- blancourt.) £$ AMENDE , c’estune espece d’engin pour pecher, & qui est défendu par l’Ordonnance de Loiiis XI. de 1315. art. 89- AMENDEMENT, / m. [ 'Stercoratio .j Fumier, ou autre pareille chose qu’on met sur la terrre pour l’en- «raisser. (Donner l’amendement aux arbres , à la terre . &c. * AMENDEMENT , / m. [ Emendât 10 , correcìto. J Changement, correction. (Remettre de jour en jour l’amendement de fa vie. Abl. Luc.) t * AMENDEMENT. Meilleur état de malade. II n’y a point encore d’amendement.) AMENDER. [Stercorare.} Engraisser la terre. (Amender la terre.) 0 ’ M. deSegrais, liv. 1. des Georgiques : ll faut laijjer long-tems la Navale inutile. Qu’un long repos amende une terre infertile. AMENDER un ouvrage. C’est en corriger la defectuo- iité. Les Réglemens pour les Manufactures portent, que les draps & étofes de laine, qui ne pourront être amendez , seront coupez par morceaux de deux aunes de long, quelquefois fans amende , & quelquefois fans préjudice de f amende. f * AMENDER. [ Pretium minuere. ] , Rabaisser de prix. Le mot dì amender ne fe dit plus guére en ce sens, en fa place on dit r amender, ((/abondance aïant été universelle, le blé étoit amendé. Scaron, roman , i. partie, chap. 13.) t * AMENDER. [Convalescere.} ■ Se porter un peu mieux. (Ce malade n’amende point.) * S 3 AMENDER , v.r. [Corrigi, emendari.} Jem’a- mende , je me Jim amende', je m’amendai. Se corriger, s’avàncer dans la vertu. (Je ne sens qu’une très-foible résolution de m’amender. God. Pois.) AMENER, v. a. [Adducere.} C’est mener au lieu •ù est celui qui parle , ou de qui l’on parle. (Alexandre s’avanqa vers le Tanaïs , où l'on amena Bessus lié & toutnud. Vaugel. Quint. I. 7. c. Scaron étant chez lui, a fort bien dit, quand vous me ferez l’honneur de me venir voir, ne m’amenez point de mauvais plaisons. ) AMENER- [Persuader."} Au figuré il signifie persuader. (Je l’ai amené à la raison.) 0 M. de laBruïere, Caracl. II faut chercher seulement à penser & à parler juste, sans vouloir amener les 'autres à nôtre goût ct à nos sentimens; c’estune trop grande entreprise. AMENER, v. a. [Accedere.} Terme de Mer. C’est abaisser, c’est décendre quelque chose qui est élevé. (Leur navire nous contraignit d’amenerle pavillon par respect. Amener les huniers & amener les peroquets qui font des sortes de voiles.) AMENER ,v. a. [ Carbasa subjìrìngere. ] Terme de Marine, qui se dit des voiles qu’on n’étendpas tout-à- fait. (Ce mot n’est pas dans Furetiere , ni dans l’Aca- démie ; mais il se trouve dans Danet.) H AMENER , v. a. Terme de Mer. C’est baisser les voiles , ou son pavillon , pour se rendre , lors que le vaisseau est hors de combat. On dit, après deux heures de combat ce vaisseau amena ct se rendit. H AMENER une terre, c’est-à-dire , s’en aprocher. AME'NITF/ , / / II vient du Latin amœnitas, & signifie agrément. Aménité n’est pas encore établi: Mais on dit quelquefois parlant de prose ou de vers : 11 n’y a ni agrément ni aménité dans les rimes d .. . 11 est dur, sec, & plein de bourre. Le gros M. Charpentier est considéré comme le père $ aménité. Voïez la guerre civile des FrançoisJur la langue. On dit qu ’amé- nité'eít un mot un peu précieux , qu’on ne s’en doit servir qu’avec retenue & parmi les Savans.) 0 " Je conviens que Aménité n’a pas encore aquis le droit de Bourgeoisie : mais il est de certains mots pour lesquels on a un secret panchant ; celui-ci est, pour moi, de cette qualité. AMENUISER 1 V. a. (ffemmre , minuere.} Ce mot vieillit un peu. C’est faire plus menu, rendre plus menu. (Amenuiser un morceau de bois. ) 0 Régnier , fat. i. parlant de la vertu : Bien que faible £s? débile, (c? que mal reconnu’ê, Son habit décousu la montre toute nue, Qu’elle ait séché la chair, le corps amenuisé. Ce terme n’est plus en usage. AME AMER, amère, adj. II vient du Latin amarus, Qui a de ('amertume. (Fruit amer. Amande amére, AMER , amere , adj. En Poésie , il se dit des eaux de la mer , & veut dire salé. (Le Dieu, branlant ses cheveux blancs, Tout dégoûtant de l’onde amére ! Taisez-vous, dit-il, insolens. Bachaumont, voyage. ) AMER, / m. [Felf\ Ce mot se dit quelquefois au lieu de celui de fiel. L’amer est crevé ; ôtez l’amety mais prenez garde de le crever. Un amer de carpe, un amer de mouton. Les enlumineurs broient la laque avec de l’amer de beuf pour la rendre plus vive, & pour mieux faire couler les couleurs qu’ils emploient dans les ouvrages qu’iis enluminent.) On se lert aussi de l’amer de beuf , pour enlever les taches de dessus les étofes. On trouve dans cet amer une pierre , que les Peintres en miniature emploient pour faire quel- ques nuances de jaune. On l’appeìle pierre de fiel. * AMER , amére, adj. [ Acerbus. ] Au figuré, il signifie fâcheux, triste. (Vamour pressé d’une douleur amére , Eteint son flambeau , rompt ses traits. Desbouliéres, Poésies. Souvenir amer, douleur amére. Voit. lett. am.) (f L’abbé de Villiers > dans son Traité de l’Art dé prêcher. L’autre , depuis dix ans , fameux Prédicateur, Cherche , par tous les foins qui forment l’Orateur, Par les veilles, la brigue, & cent peines ameres, l.e droit de mépriser hautement ses confrères. C’est se donner bien de la peine pour peu de chose ; aussi les Prédicateurs ont d’autres vûës. Ne devroit-il point redoubler ce par , & dire , par les veilles , par la brigue? Enfin , peines amer es signifient des travaux plus grands & plus pénibles que ceux des Prédicateurs. t AMEREMENT, nà [Amare.J Fort, beaucoup. (Alexandre volant le corps de Darius, pleura amèrement. Vaug. Quint. I. 3.) AMERTUME , f f. [ Amaritudo. ] Saveur amére, qui rend la langue âpre & rude. * AMERTUME,/ f [Anìmi dolor , açerbitas.} Déplaisir, haine. (Adoucir des amertumes. Voit. lett. 4. Ma joie n’étoit point fans quelque amertume. Ce mariage lui a inspiré toute ('amertume d’une marâtre. Pu* tru, plaid.) 0 M. Corneille , dans Cinna : Un caur ef trop cruel, quand il trouve des charmes Aux douceurs que corromps /'amertume 'des larmes. t AMESSE' , amejfée , adj. Est bas & ne sert guets qu’en parlant familièrement. 11 signifie qui a oui la Messe. (Je suis amessé. Si vous êtes amessée, Mademoiselle , déjeunons.) AMETISTE , amatijìe , / / f Ametyfìus.) L’un ct l’autre fe dit ; mais amétiste est le plus doux & le plus usité. C’est une pierre précieuse fort agréable , qui est de couleur de pourpre , & qui aproche de celle du vin rouge où l’on a mis de Peau. (11 y a une amétiste 0 - rientale qui est la plus dure & la plus estimée, une amé- tifte Cartagéne , & une amétiste d’AIemagne. La Car- tagéne, est de couleur de la fleur qu’on apelle pensée, & celle d’AIemagne est de couleur de violette. Une belle , agréable, charmante amétiste. On dit que l’a- métiste empêche de l’ivresse ct rend la personne qui la porte, aimable ct ingénieuse ; Ligniéres en devroit porter une.) AMEUBLEMENT , / f. [ Supellex. J Les meubles qui garnissent une chambre ; les meubles nécessaires pour garnir & parer un logement, ou une maison. Un joli, un bel ameublement, un riche , un magnifique , un superbe ameublement, un chétif, un pauvre, un misérable ameublement, tel que celui du rimailleur M. qu’on peut apeler un ameublement vraiment poétique. Avoir un bel ameublement, acheter un joli ameublement. II faut quiter ïameublement Qui nous cache pompeusement Sotss de la toile d’or le plâtre de ta chambre. Main. Poës. * AMEUBLER , v. a. [SupélleHile domum infìruere.} Mot peu usité. C’est mettre dans une chambré tous les meubles qu’il faut pour la parer , & l’embélir comme elle le doit être. En la place ùiameublir , on se sert de AMI meubler. Pour bien ameubler la chambre de L. il la faut ameubler de brocs & de flacons de bon vin. On diroit, pour bien meubler le bouge de L. il lé faut parer d une quantité de brocs & de flacons de bon vin. AMEUBLIR, v. a. [ Terrant vertere , invertere. ] Terme de Jardinier. II fe dit d’une terre dont la superficie est devenue dure. C’est la rendre meuble , & y donner entrée aux eaux par des petits labours. (11 faut ameublir la terre de ces caisses. Quint. Jardin, j. partie , page 6g.) AMEUBLIR, v. a. [Insupellefiitem conversere.f Terme de Pratique. Rendre mobiliaire, & mettre en communauté une partie de la dot d’une femme. 0 Ce terme n’est en usage que dans les Coutumes où la communauté de biens est admise. Pour comprendre ce que c’est que l’amenblissement, il faut présupo- ser , que les immeubles, dont on jouit lors que l’on se marie , font apellez propres , & que les meubles qui n’ont aucune situation certaine, ne font point compris fous le nom de propres. Les propres n’entrent point naturellement dans la communauté de biens qui se contracte lors du mariage : les meubles, au contraire , font le prémier fond de cette communauté. Quelquefois on change la disposition du Droit commun à cet égard , ensorte que ce qui est meuble, devient immeuble ; & au contraire , l’immeuble est transformé en meuble. Votez les Traitez de la Communauté des biens , composez par Renujson , le Brien , & autres. AMEUBLISSEMENT , / m. [InfupelleHilem _ conver- sio.-] Tout ce qu’on a ameubli. ( L’ameublissement montoit à dix mille écus.) AMEUTER, v. a. [Canes aggregare.f Terme de Chasse. C’est mettre les chiens en meute, les assembler pour chasser, (II faut vite ameuter ces chiens.) f AMEUTER , v. a. On le dit fig. pour exciter à la sédition , animer contre quelqu’un. Ameuter le peuple. II a ameuté toute la ville. On dit aussi Rameuter , pour s’assembler, s’atrouper. AMI, Ji m. II vient du Latin amicus. C’est celui qui aime & qui est aimé par celui qu’il aime. (Un bon ami est rare , ami sincère , fidèle , constant, désintéressé. Ami courageux , généreux , ardent. On ne trouve guère de vrais amis. Un ami véritable mérité d’ê- tre adoré. La plûpart des amis du siécle font lâches , infidèles, faux , & leur amitié n’est que pure comédie. Se faire des amis, s’aquerir des amis. Conserver ses a- mis , ménager ses amis , épargner ses amis. Considérer ses amis , favoriser ses amis, aimer tendrement ses amis. Obliger en ami , servir en ami, traiter en ami ; c’est-à-dire sans façon. Etre ami jusqu’à ì’autel ; c’est- à-dire , qu’on sera ami d’un homme quoiqu’il fasse, pourvu qu’il n’y aille point de l’interêt de Dieu. II n’y a rien de tel que les vieux écus , 0? les vieux amis i c’est-à-dire, que les vieilles pistoles & les vieux amis valent mieux que les autres. Les Italiens disent, A- mico vecchio è cosa nuova. Trois amis font utiles, l’a- mi sincère, l’ami fidèle, & l’ami qui ne dit mot : Trois amis font dangereux , l’ami hypocrite , l’ami causeur L l’ami flateur. Ainsi c’est faire sagement que de se garder du petit B. de tous cotez.) AMI. II se dit quelquefois à une personne qui est beaucoup au dessous de celle qui lui parle, & sert pour marquer quelque asection & quelque sensibilité à cette personne inférieure. (Je te suis obligé, mon ami, & je te rends grâces de ton bon avis. Mol. Dont. Juan. a. 2. ) AMI. II se dit aussi quelquefois d’un ton de supérieur, & d’un air fier & insultant. (Mon petit ami, vous leur direz qu’ils font fous. Ab L Luc. D’où vient, mon a- mi , que tu as été domté par la mort ? Abl. Luc. AMI. II se dit du chien , & signifie qui aime. (Le chien est ami de l’homme. ) AMI. II veut dire, qui est utile , qui aide, qui favorise. (Le vin est ami du cœur & le citron aussi.) AMI, c’est-à-dire favorable. (Ami Lecteur, aïez pitié , l’on vous en conjure, des vers du pauvre T. de L. Us font misérables , il est vrai, mais c’est par pénitence qu’il rimaille , & fa pénitence est rude , car il n’a point de génie.) f AMI. On dit en proverbe dans le négoce, les bons comptes font les bons amis , pour signifier qu’on en vit mieux ensemble, quand on n’a plus d’interêt à démêler , & qu’on se paie exactement, AMI 91 ê AMI, signifie aussi correspondant, ou personnne avec laquelle on est en liaison & commerce d’affaires. On dit faire un achat, une négociation pour compte d’Arni, assurer des marchandises pour compte d’Ami. 0 AMI â ou à élire. Termes du Palais, fort communs parmi les Notaires. Le Roi Henri II. en réglant la formalité des Décréts , imposa la nécessité d’enche- rir par le ministère d’un Procureur , lequel ne voulant pas aquerir en son nom ni faire connoître celui pour lequel il agit, fait son enchère lur le regître, pour lui, son ami élù ou à élire. La Coutume d’Auvergne à une expression particulière : le Procureur encherit pour son mieux. Dans les Coutumes de Cambrai, & d’Artois , le Procureur encherit pour son command. t AMIABLE, adj. [Amiens .] Ce mot est usé. II signifie qui a de la bonté , de la douceur & de l’honnê- teté. (II est amiable, elle est amiable.) î AMIABLE. On apelle amiable compositeur , celui qui fait l’office d’ami pour acommoder deux personnes, qui ont des contestations ou des procez ensemble. 11 est diférent de l’Arbitre, en ce que pour concilier & ra- procher les esprits , il retranche souvent quelque choie du droit de chaque partie ; ce que l’Arbitre, qui remplit la fonction de Juge, semble n’avoir pas la liberté de faire. A L’AMIABLE , adv. II n’a pas le destin d’amiable, ni d 'amiablement , il se dit & se trouve dans de bons Auteurs. 11 signifie en ami, & d’une maniéré honnête & paisible. (Terminer les diferens à l’amiable. Abl: Tac. Sortir d’une a faire à l’amiable. Patru , Plaid. 6. f AMIABLEMENT, adv. [Amicé.f Ce mot est aussi un peu suranné. 11 signifie, d’un air doux, bon & honnête. (Parler amiablement.) A MI. C’est-à-dire , au milieu , à la moitié. (II se trouva un grand retranchement à mi-chemin. Abl. ret. t. i. /. 8- ) f AMIANTE,/ / Pierre qui n’est guéres connue que de nom, & qui pourtant est très-célébre par la vertu , que Pline & plusieurs Anciens lui atribuent , de pouvoir être filée, & de produire un fil incombustible. Voïez Amyante. AMIDON,/ m. [Amylumff Farine qui est faite fans meule , & dont on fait l’empois qui sert à rendre le linge plus ferme & plus beau. Quelques-uns croient qu’amidon vient du Grec , & d’autres de lltalien ami- do. On l’apelle en Latin Amylum. (Amidon fort beau. Voilà de bel amidon. Amidon très-blanc. Faire de l’amidon.) í AMIDON de racine. Outre l’amidon de froment, on a découvert une plante dont la racine sert à faire de bon amidon, qui est propre aux mêmes usages que le premier. Cette plante à presque autant de noms, qu’il y a de diferens endroits en France ou elle se trouve. Les plus communs font : l’Arum , l’EpileJle , le Choux à la serpente , l’Herbe à prêtre , les Pieds de veau , le Tarus, le Sara , l’Aron , Barba-aron , &c. Cette plante abonde fur tout dans les bois , les haies, les lieux marécageux, & les terres .incultes. Voïez Savary. AMIDONNIER,/ m. [Amyli artisex .] Prononcez amidonié. D’amidon s’est fait amidonnier. C’est celui qui fait & vend l’amidon. (Un bon amidonnier:) AMI, / / Celle qui a de l’amitié pour une personne & pour qui l’on en a aussi. Amie vient du Latin arnica. (Une bonne , une généreuse , une vraie amie ; une sincère, une fidèle, une constante amie, les véritables amies font très-rares. Se faire des amies, se conserver ses amies. Plutôt mourir que de rompre avec une vraie amie. Servir ses amies avec cœur.) AMIE, adj. s. II se dit des herbes, des fleurs de prairie, & veut dire qui aide , qui fait croître. (La Iuie est amie des fleurs , des herbes & de tous les iens qui croissent fur la terre.) f M’amie ; voyez amie. è AMIERTIES- Toiles de coton qui viennent . des Indes. AMIGDALES , / / [TonsdlaJ II vient du Grec, en Latin amygdale. Bartolin, Anaîomicì, l. 2 . ch. 21 . (Les amigdales font deux glandes proche la racine de la langue. Les amigdales font spongieuses. Elles reçoivent l’humidité du cerveau, elles la changent en salive, & humectent le gosier & la langue. Les amigdales s’enflent quelquefois, & alors on fait ce qu’on peut pour les désenfler.) t AMIGNARDER, amignoter , v. a. [_Blandiri.fi Tome I. M % Ils 92 AMI Ils ne se disent que parmi le petit peuple, & même bien plus dans la Province qu’à Paris. C’est caresser, Hâter, gagner par caresses. (On amignote les petits enfans.) AMIGNOTER, v. a. [Palpare.} Mot bas des mères & des nourrices à l’égard de leurs enfans qu’el- les amignotent en les flatant & les dorlotant. Da.net . (Vous amignotez trop cet enfant.) AMIRAL, s. m. II vient du Grec àSy .1 &, selon quelques-uns, de FArabe, en Latin mark prmsefíw, & en Italien Amiraglio. Ce mot viendra d’où voudront Mestieurs de Port-Roïal & Mr. Ménage. Mais selon toutes les aparences, nous Pavons pris de l’Italien Amiraglio. II y a des gens qui prononcent Admirai; mais les personnes les plus habiles que j’ai consultées là-dessus, sont pour Amiral. (L’Amiral est le Chef & le Général des armées navales de quelque Roïaume, ou de quelque Etat. L’Amiral de France est l’un des grands Otíciers de la Couronne. II a fa jurisdiction à la Table de marbre de Paris, & porte pour marque de fa dignité dans ses armes deux ancres en sautoir. L’Amiral doit être savant dans la Géographie, la Sphere & l’Astrologie. Miche! Ruiter fut un très-brave & très-fameux Amiral Holandois. II fut blessé d’un coup de canon auprès d’Augusta, & rendit Fesjjrit le 29. Avril 1676. son corps fut embaumé & porté à Amsterdam, capitule de Hollande. Voíez fa. vie. M. 1 e Comte de Toulouse, fils naturel de Louis XIV. est Amiral de France, & il fut pourvú de cette Charge en 168J.) AMIRAL , f. m. [Navis pratoria.} C’est le prémier vaisseau d une ilote, & celui qui porte le pavillon amiral. Le vaisseau d’après s'apelle vice-amiral. (_L’amirai a été pris & le vice-amiral coulé à fond.) AMIRAL , adj. qui apartient à l’atnirai. ( Vaisseau amiral , pavillon amiral , galère amirale.) AMIRALE, f f. Galère que monte F Amiral. (L’a- mirale est bien équipée. L’amirale a batu les ennemis. Ils lui firent présent de l’amirale qu’ils avoient remontée par la rivière. Ab/. Tac. AMIRALE, /■ f. L'Epouse de l’Amiral. On apelle l’Amiral, Monseigneur ; & son épouse , Madame, (Madame l’Amirale est généreuse , elle est bien-fai- sante.) AMIRAUTE', f. f. [ Rei maritima Tribunal. ] Ju- risdiction de l’Amiral, exercée par ses Lieutenans particuliers , & où l’on connoît des crimes qui se font fur mer , & de tous les diférens <]ui regardent la marine. ( Etre Oficier de l’Amirauté , faire juger une afaire à F Amirauté. L’Amirauté connoit des prises qui se font fur mer, & des contrats d’assûrance qui se passent entre les marchands. Miraumont , mémoires f) Mr. Pigou est Lieutenant Général de l’Ami- rauté de Normandie. C’est un des beaux esprits de cette Province , auíli - bien que M. son frère , Conseiller au même Parlement. AMIRAUTE', f. f. [ Mark prœfeffura.} C’est aussi la charge d’Amiral. Celui qui possède l’Amirauté de France , est un grand Seigneur. Monsieur le Comte de Toulouse est présentement grand Amiral. (On a donné PAmirauté d’Angleterre à un brave Capitaine, & celle de Finlande à un grand homme aussi. Etre pourvu de F Amirauté. Avoir les droits de l’Amirauté.) AMIT , f. m. Semble venir du Latin amìculum. C’est un linge qui couvre la tête & les épaules du Prêtre , & dont il se revêt lors qu’il s’habilîe pour dire la Messe. (Un ami t très-blanc. Un amit fort fin. Les Prêtres & les Diacres portent des amits fur leurs têtes en certains Diocèses , depuis la Tous- saints jusqu’à Pâques ; néanmoins , selon les Canons, on ne se peut servir d’amic fans une cause considérable. On dit porter l’aniit. Mettre l’amit sur sa tête. Se couvrir la tête de l’amít. Se servir de Pamir. Abattre l’amit sur son cou. Thiers , Histoire des Perruques , chap. g.) f.f Dom Claude Devert, dans son Explication des Cérémonies de la Messe , tom. 2. p. 242. prétend que M. Thiers s’est trompé dans son Histoires des Perruques , quand il dit , qu’on n’a commencé de se servir de Famit dans FEglise Latine , qu’au douzième siécle; ; puisque Fón voit dans FAbaïe de S. Acheul, près d’Amicns , la figure de S. Firmin , prémier Evêque d Amiens , ( & que l’on croit avoir été martyrisé dans le commencement du septième siécle ) avec AMN ses habits pontificaux , ayant la tête envelopée dé Famit en forme de capuchon fort serré. Mais ces sortes de figures font souvent obscures, mal gravées, & fort équivoques. Les Auteurs qui ont écrit de Divinis Officiis , com- me Amalarius , Rupert, Gemma anima , & plusieurs autres, disent que Famit est le premier vêtement que les Prêtres prennent pour célébrer la Messe. On le compare à l’Ephod des Hébreux. Le véritable terme Latin est Ambolagium , ou Amboladium ; car Ambole, selon Isidore, ou Amboladium , c’est amiéiorium li- neum fœminarum , quo humeri operìuntur. AMITIE -, f f- II vient du Latin anncìtìa. II fi. gnilie afection réciproque qu’on sc témoigne pour de particulières considérations. Le mot d’amitié n’a ordinairement point de pluriel. ( Une sainte , une constante amitié. Ce qui peut faire naître Famitié, c’est d’obliger & de faire du bien. Elle a des senti- mens d’amitié qui ne sont pas imaginables. Mol. Cultiver , entretenir & ménager Famitié. Abl.) fíf On passe aisément de Famitié à l’amour; mais c’est rarement que l’on décend de l’amour à Famitié: Qu’aisément famitié jusqu’à f amour nous mene, C’eji un panchant Jt doux, qu’on y tombe fans peine'; Mais quand il faut changer f amour en amitié, Que famé qui s’y force , efi digne de pitié, Et qu’on doit plaindre un caur , qui n’osant fe défendre, Se laisse déchirer avant que de fe rendre ! Heraclius de Corneille. Mad. Deshoulieres , que nous pouvons croire fur cette matière , a dit fort spirituellement : Comme un subtil poison je regarde f estime, Et je crains famitié , bien qu’elle soit jans crime. Pour Jàuver ma vertu de tant d’égaremens, Je ne veux point d’amis qui puissent être amans. Quand, par mon peu d’apas leur raison efi Jìduite, Je cherche leurs défauts, j’impofe à leur mérité , Rien , pour les ménager , ne me paroìt permis , Et dans tous mes amans , je vois mes ennemis. De semblables résolutions sc tiennent mal ; le courage lui manqua peu de tems après , témoin la chan*> son qui fuit cette Elégie: Hélas ! cruel amour, que je méprisais tant, Ces maux ne font-ìls point l’éfet de ta vengance ? AMITIE'. C Propenjìo. ] Inclination , pente pour quelque chose. ( Prendre de Famitié pour un mot.) AMITIE'. [ Favori] Grâce , faveur, plaisir. (Faites moi une amitié.) AMITIE'. [ Officiofa verbal} Ce mot au pluriel signifie honnêteté, caresse, civilité obligeante. (II m’a fait mille amitiez.) AMITIEZ. Nouveaux amis. (Vous ferez là des amitiez nouvelles. Boil. épìt.) AMITIE'. [Convenientia.J Terme de Peinture. Convenance de couleurs , ainsi on dit, famitié des couleurs. T AMITIE'. On dit quelquefois , qu’ust drap, qu’u- ne étofe de laine n’ont point d’amitié ; pour dire qu’ils font durs, & pas assez maniables. AMMI, f m. Graine aromatique semblable à Fa- nis , mais plus petite, qui vient du Levant, & qu’on emploie contre la colique , la dificulté d’urine , & les morsures des animaux venimeux, f On la fait entrer dans la composition de la Thériaque. Les Apoticaires l’apelloit Ammiofelìnmn , ou Cumìnwn AEthiopicum. AMMODITE , j', m. f Ammodites.} Serpent d# couleur de fable, & tout couvert de tâches noires. II ressemble à la vipere, AMMONIAC, f m. [Gummi ammiacumf] Nom d’une gomme dont on se sert en Pharmacie , & qui servoit d’encens atix Anciens dans leurs sacrifices. (II y a aussi du sel ammoniac ou armoniac .) AMNTOS J’- m. \_Amniuml] Terme d e Médechti, C’est la seconde membrane qui envelope immédiatement tout le fétus , & qui est plus déliée que le chorion. AMNISTIE , f f. II vient du Grec. En Latin amnistia , abolitio ; & en Franqois amnistie. La raison voudroit qu’on dit anmejìie ; mais l’usage est le plus fort, il veut qu’on dise amnistie. C’est une loi par AMO par laquelle le Souverain désire que ce qui s’est passé contre lui , soit en oubli ; l’amnistie est un oubli que le Souverain acorde à tous ceux qui font criminels à son égard. ( Les principaux articles de la paix étoient qu’il y auroit une amnistie pour tout le parti. Mémoires de la Rocbefoucaut, pag. 8- impression de Cologne de R an 1674. Acorder une amnistie , donner une amnistie, espérer une amnistie, refuser une amnistie. Jouir de l’amnistie.) jsf AMNISTIE. La Gréce ayant été pendant long- tems désolée par l’ambition & par la jalousie des Athéniens & des Lacédémoniens, ces deux peuples, fatiguez d’une longue guerre dont les evenemens avoient été incertains , firent enfin paix générale ; & pour prévenir les ruptures que le souvenir des maux que l’on avoit souferts de part & d’autre, pou- voit laisser, on fit entr’eux une Loi qui défendit de arler du passé , & qui imposa un silence & un ou* li, du' moins aparerit, des querelles générales ou particulières , & des dommages qu’elles avoient pro* duits. On prétend , que Thrasibule en fut l’inven- teur, fur le témoignage de Valere Maxime , de Pau- sanias & de Cornélius Nepos. D’autres veulent en atribuer l’inventon aux Athéniens , comme Cicéron, Plutarque , Dion. Cass. Velleïus Paterculus , &c. t AMODIER, ». a. [ Locare .] Terme de Coutume. En fa place on dit afermer , ou donner à ferme. (Amodier une terre en grain ou en argent.) AMODIATEUR , f m. [ Condufíor .] C’est celui qui prend à ferme. Amodiateur n’est usité que dans quelques Provinces ; & en fa place on dit fermier. ( II est amodiateur d’une terre. Se rendre amodiateur. AMODIATION , f. f. [Locatio. ] Prononcez amodiation. C’est la convention par laquelle on donne une terre à ferme en grain ou en argent. ( Faire l’a- médiation d’un bien.) AMOINDRIR, v. a. £Minuere.l C’est diminuer, rendre moindre. ( La clarté du jour amoindrit l’hor- reur que la nuit donne. Vaug. Quint. L 3. c. 4. La charité éteint la source des querelles qui ne naissent que des fausses idées qui grossissent tout ce qui nous touche , & amoindrissent ce qui touche les autres. Nicole, essais de morale , t. 1. traités, c. n. Ils dévoient amoindrir les maux de ce Berger, Mais las ! ils n y viennent qu’ajin de l’ajiiger. Ségrais , églogue 6.) AMOINDRISSEMENT , f m. [ Diminutio .2 Diminution. ( L’amoindrissement de plusieurs choses est presque insensible. L’amoindrissement est considérable depuis quelque tems.) A MOINS QUE DE. ÍNilif Ces mots signifient fi l’on ne , & demandent l’infinitif. A moins que de bien étudier & de fréquenter le beau monde , on ne peut, en matière de lettres, avoir un autre dessein que celui de Thomas de Lorme. C’est d’écrire pour les épiciers. 11s ne sauroient changer à moins que de renaître. Gomb. Poef. A moins que de prouver ce qu’on avance, on est ridicule. T. Corn. notes fur Vaug. t. 2. A MOINS DE. Ces mots signifient fi l’on ne, & ils ne se mettent pas avec un infinitif. (A moins de faire cela , on ne fera rien. On dira à moins que de Faire cela, on ne fera rien. Vaug. rem. T. Corn. rem. A MOINS DE. Ces mots demandent le génitif, quand ils font suivis d’un nom. (A moins de vingt pistoles ; il ne sauroit avoir une bonne pendule.) A MOINS QUE. Conjonction qui régit le subjonctif. ( N’atendez rien des grands , à moins que vous ne rampiez honteusement sous eux , & ne les adoriez, servilement, & cela est impossible à moins qu’on n’ait Famé d’un malheureux esclave.) AMOISK8 , f.s. Terme de Cbarpenterie. Pièces de bois qui embrassent les soufaîtes , liens & poin- qons, à l’endroit des assemblages pour les afermir. íf AMOISSONNE'. Les Terriers de plusieurs Seigneurs de la Province de Bresse font mention d’hommes taillables amoìjfonnez , c’est-a-dire, qui font obligez de moissonner pour leur Seigneur ; & cette obligation leur a été imposée par forme de taille, & ne les rend pas mainmortables. Recel, qu. iS. ^MOLETTES, f f Terme de Marine. Trous où l’on passe les barres du cabestan & du virevau. AMOUR, v. a. II vient du Latin mollire , & veut AMO 93 dire rendre mou. Le feu amolit le métal. Amolir un® dureté. Le soleil amolit la cire.) * AMOLIR. Adoucir , rendre moins vigoureux. ( On ne peut amolir cette fiére beauté. Gomb. Poef. II amolit leur courage par les délices de la paix. Abh Tac. S’AMOLIR, v. r. Devenir mou. II y a des corps qui s’amolissent avant que de se fondre , & d’autres qui se fondent sans s’amolir. f S’AMOLIR. [ Mollefcere .2 Devenir moins vigoureux , devenir mou & éféminé. ( Son courage s’a- molit. Ab If AMOLISSEMENT , f m. [ Mollimentumi] L’action qui rend une chose molle. ( L’amolissement de la cire se fait en la maniant & en l’echaufant.) AMOME , f. m. [ Amonumf Drogue médicinale & odoriférante qui vient des Indes , & qu’on aporte en grapes longues de trois ou quatre pouces. t AMOMI. Les Anglois & les Hollandois apellent Amomi , ce qu’on nomme en France , poivre de la Jamaïque , ou graine de girofle. AMONCELER, v. a. [ Cumulare. ) Mettre en monceaux. Amasser. (Amonceler du blé.) AMONITION. t Panis cafirenfis .2 Les Soldat? disent par corruption , pain d’amonition, au lieu de pain de munition : mais ils parlent mal. AMONT, adv. [_Surfum.-\ Terme de Batelier, En remontant. Joinville a dit de saint Louis , car il paroijjoit par dessus tous, depuis les épaules en amont. î, On apelle Vent d?amont , le vent d’Orient, opposé au vent d’aval ou á’abas , qui est le vent d : Occident. ^ AIMONT est aussi un terme de Fauconnerie, L’Oiseau tient amont, quand il se soutient en l’air, & en attendant qu’il découvre la proie. AMORCE , f f. [ Ignis ilììtium. J Poudre fine qu’on met dans le bassinet d’une arme à feu, ou autour de la lumière d’une piéce d’artillerie. ( L’anior- ce est mouillée.) AMORCE , f. f. [ IUicium . ] Terme d e Pêcheur. Ce qu’on met au bout de la ligne pour atraper le pois- son. Les bons auteurs se servent du mot d’amorce en ce sens ; mais les pêcheurs d’autour de Paris emploient le mot d ’éche au lieu de celui d’amorce. Ils disent aussi écher une ligne , & jamais amorcer une ligne. ( C’est assez , auffi-bien notre amorce est trop précieuse. Abl. Luc. t. 1. dialogue , le pecheur , ou la vengeance, page 232.) 0 AMORCES vives. L’Ordonnance de 1669. tit, de la pêche, art. 11. défend de se servir de lignes avec amorces vives e'chets. * AMORCE , f. f. [ Ilkcebrai] Ce mot est beau & d’un grand usage au figuré. II signifie charmes , apas, plaisir, délices , engagement. (L’amorce d’un fl doux plaisir l’arréte. Voit. Poef, Craignez d’un doux plaisir les amorces trompeuses. Despr. Poët. Toutes vos amorces font vaines Pour le retenir dans vos chaînes. Bens. Balet de la nuit. 2. partie. Plus fy vois de hazard , plus fy trouve d’amorce, Où le danger ejì grand , c’efi la que je m’éforce. Malh, Poef. /. Alexandre dès son enfance ne manqua ni d’exem- ples , ni d’amorces pour l’atirer à la gloire. Du Ryer, Freinshemius, l. 2. c. 1. Non, au lieu de goûter ces grossières amorces, Sa vertu combatuV a redoublé ses forces » P. Corn. Cinna, a. 5, fc. 3. Certes , d’un fi beau Heu les secrètes amorces, Pour charmer les douleurs avoient assez de forces, Ségrais, églogue 6.) AMORCER , v. a. [ Pulvercm ignis illicem alveo - lo immitteref Mettre de la poudre fine dans le bassinet d’une arme à feu , ou autour de la lumière de quelque piéce de canon. ( Amorcer un pistolet, un fusil.) AMORCER, ploter. [Efcambamo indereb] Terme de Pêcheur. L’un & l’autre se dit ; mais ploter est plus en usage. C’est jetter sur l’eau de petites plotes de mangeasses pour atirer le poisson. (Amorcer le poisson.) M ; t * AMOR- 94 AMO f * AMORCER. [ Ilìicere .] Atirer adroitement, gagner l’esprit d’une maniéré fine & caressante.) II lui faut donner quelque chose pour l'amorcer. Abl. AMORCER. Terme de Serrurier. Oter quelque cliose du fer avant que de le percer tout-à-fait. -j: AMORCER un feigne. C’est commencer à en ouvrir les dents avec le Carlet. On dit aussi amorcer, pour signifier , faire cette premiere ouverture , ou enfoncement des dents , qui fe fait par le haut feuillet de l’estadou. AMORçOIR , s. m. Sorte de tériére dont le Charron fe sert pour commencer les trous. AMORTIR , ». a. [Jure caduci f radium exsol- vere. Terme de Pratique. Eteindre. (Amortir une rente.) AMORTIR, ». a. [ Annuà fenjìonis oblìgatione sefe txsolvere. J Ce mot , en parlant de gens d’Eglife & autres personnes de main-morte , signifie permettre aux gens de main-morte de posséder perpétuellement lin héritage , fans qu’on les puisse contraindre de i’a- liéner , ni de le mettre hors de leurs mains. (II n’y a en France que le Roi qui puisse amortir un fief) un héritage, &,c. Voyez Bacquet , amortissement, c. 4.) AMORTIR, diminuer. [ Infringere.] (Le teins amortit les assistions. Pasc. sens. Son bufle plié en deux amortit le coup de la balle. Mémoires de M. de la Rochefoucaut. Amortir le son des cordes d’un instrument de Musique. Mers.) AMORTIR- [ Extinguere. ] Eteindre une chose alumée. (Amortir un incendie.) On dit aussi s’a- rnorrir , [ Extingui.] ( L’ardeur de la fièvre s’amorfit par la saignée.) AMORTISSEMENT, s. m. [ Exemptio caduca, li- beratio à caducitate.] Terme de Pratique. C’est une permission que le Roi donne aux gens de mainmorte, c’est-à-dire aux Ecclésiastiques ,. aux Hôpitaux, aux Collèges , Maladeries , Léproseries & Contraires , de posséder en France des héritages fans qu’ils puissent être contraints d’en vuider leurs mains. 11 y a trois sortes d’amordssemens : un amortissement général acordé par le Roi à un pais, à toute une Province ou à tout un Diocèse ; un amortissement particulier, & un amortissement mixte. ( Dresser des lettres d’a- ■mortijsement.) Pour obtenir des lettres d’amortisse- ment, on donne au Roi la valeur de la troisième partie de l’héritage. Les amortissemens doivent être vérifiez à la Chambre des Comptes , & en la Cour de Parlement. La somme que les gens de main-morte donnent au Roi pour posséder un héritage , s’apelle droit d’amortissement , & ce qu’on païe au Seigneur Censier , ou Féodal, dont l’héritage étoit tenu , fe nomme droit d’indemnité. Bacquet est l’un des Jurisconsultes François qui a le mieux traité de l’amor- tissement. AMORTISSEMENT, s m. [ExtinHio.] Adoucissement d’une douleur. (La saignée est souvent l’a- mortissement de la fièvre.) AMORTISSEMENT. [ Acroterion. ] Terme d ’Archi- teHe & de Ménuister. Tout ce qui finit quelque ouvrage d’architecture, ou de ménuiserie. Voyez Féli- bien. Dìtlìonn. d’ArcbiteUure , [sc. 0 AMOUDRES- On apelle ainsi, dans la Bresse , les poissons de chaque posée. Les carpes font leur prémiere posée au mois de Mai ; & la seconde, au mois d’Août. AMOVIBLE , adj. [ Mobilisé] Mot qui vient du Latin barbare , & qui ne fe dit guére. En fa place on díroit révocable à volonté. II signifie qui peut être révoqué, quand il plaît à la personne supérieure. C’est une supériorité amovible. Patru , f laid. 17.) AMOUR , s. m. [ Cufido .J Dieu qu’on peint avec des ailes, un carquois, des flèches , & un bandeau fur les yeux. ( Cruel amour. ) 0 Les Anciens distinguoient Amor & Cupido. Le premier étoit un Dieu paisible & modéré ; & l’autre, un Dieu toûjours violent & peu susceptible de raison. L’Auteur du Roman de la Rose a dépeint parfaitement l’Amour comme Dieu : A luy se tint de Pautre part Le Dieu d’Amours , Pil qui départ Amourettes à sá devise ; C’efl PU qui les amans attise, Et qui abbat i’orgueil des braves, AMO Et fait de grands Seigneurs esclaves s Qui fait servir Royne (5? Princesse, Et repentir Nonne [s Abbesse, [sc. R. Belleau l’apelle enfant oiseau , parce qu’on le peint avec des ailes. E P épineux souci de cet enfant oiseau. Melain de S. Gelais : Qu’est-ce qu'Amour ? Esì-ce une Déité ? Régnant en nom , [sc. C est un pouvoiP qui par sécrété sente, Se joint au cœur , dissimulant sa force, Et se sait maître avant que l’on le sente ; C'est un discord [s général divorce D'entre le sens, U le vrai jugement, Laissant le fruit pour la feuille gef fécor'ce. C’est un plaistr qui meurt en sa naissance, [sc. II étoit autrefois féminin, comme M. Ménage l’a remarqué dans ses Observations , tom. 1. cb. 74. Villon, dans son grand Testament. Qui d la fois dit de bons mots, 11 chante bien ma douce amour. Depuis, il a été des deux genres ; aujourd’hui, dans la Prose, il n’est plus que masculin, soit que l’on parle de l’amour divin, ou de l’amour profane ; car en Poésie, il est toujours hermaphrodite, mais néanmoins plutôt mâle que femelle. Le P. Bouhours l’a fait féminin en Prose, c’est dans ses Entretiens, pag. 419. de la seconde Edition : Comme une marque publique que fa premiere amour seroìt immortelle. Mais je ne crois pas qu’en cela il soit à imiter. 0 En amour, les goûts font bien diférens. Les uns veulent de la facilité ; les autres, de la résistance dans leurs maîtresses ; les premiers disent : Retarder mes plaiprs, P est me mettre au tombeau Par les dificultez ; je cherche peu la gloire, Et le plus court chemin qui mene à la vifíoire, Est toujours pour moi le plus beau. En matière d’amour, on fait que tout le monde N’est pus de mime sentiment ; L’un estime la brune, [s l’autre pour la blonde Se déclare publiquement. Pour moi, la plus aimable, est la moins inhumaine, Et de quelques douceurs qu’on flate mon destr, Ce qui me donne de la peine, Ne me donne point de plaistr. Ceux qui ne se rebutent pas facilement, tiennent un autre langage : L’aiguillon de l’amour est la dìficulté, Ses charmes font détruits par la facilité ; Dès qu’il est paisible, il sommeille ; S’il n’a point de frayeur, il n’a point de destr > L’asjitrance l’endort, la crainte le réveille Et s’il aquiert fans peine, il jouit fans plaistr. C’est le sentiment d’Ovide, de Pétrone, & ce seroit le mien si je m’en mêlois. AMOUR , f. m. [f f. [Amor.] Mais le plus souvent masculin. Mouvement de Famé par le moïen duquel elle s’unit aux objets qui lui parodient beaux & bons. Passion amoureuse. Pente à aimer. Afec- tion, inclination. ( Amour divin, & jamais amour divine, amour sacrée, & non pas sacrée. L’amour de Dieu doit être gravé dans nos cœurs, & non pas gravée. Hors de ces exemples qui regardent Dieu , le mot d’amour est masculin ou féminin. II faut quiter Philis, Amarante & Silvie, à qui ta folle amour élevé des autels. Main. Pos. Ce font ses folles amours. Abl. Avoir de l’amour pour la vertu. Pasc. I. 4. Se marier par amour. Qui se marie par amour, a dr bonnes nuits & de mauvais jours. Proverbe.) AMOUR. Objet de l’afection des gens. (Iris, l’amour de la terre & de Fonde. Voit. Pois.) L’AMOUR propre. [ Amor fui. J C’est l’amour dc soi-même. Rien n’est si impétueux qne ses désirs, rien dc si caché que ses desseins, rien de si habile que fa conduite. Roches. L’amour propre est le plus grand de tous les fiateurs. Idem. Dieu ne nous commande point d’étoufer absolument l’amour propre. Au contraire, AMP traite, l’amout de nous-mêmes est renfermé dans le précepte de Jésus-Christ, d’aimer notre prochain comme nous-mêmes. Abad. L'amour propre trahit ses intérêts à force d’être intéressé. S. Luc. Un amour désintéressé est une chimère, on n’aime que pour l'amour de foì-même. M. Scud, AMOUR. Témoignage de passion amoureuse qu’on explique tendrement & galamment. Douceurs amoureuses qu’on dit à quelque belle. II entretint une de mes compagnes avant que de me faire l’amour. AbL Luc. (§ Faire l’amour. M. de Balzac a dit : Noms sommes au mois où tout fait l’amour , fans excepter les lions , les tygres, U ^ es Philosophes. AMOUR. [Amoresd] Ce mot signifiant une maîtresse , est toujours féminin. 11 est même presque toujours pluriel. (Ce font mes pre'mieres amours ; c etì- à-dire, la première fille que j’aie aimée. Ce font mes folles amours , c’est-à-dire, c’est la première & la plus ardente passion que j’aie eue, étant jeune, pour une fille. On n’aime fortement que ses premières amours : c’est-à-dire, on n’a de fortes ataches que pour fa première maîtresse. II est enfermé avec ses nouvelles amours. Abl. Luc. II n’y a point de laides amours. C’est-à-dire, que quand.on aime une fille, on la trouve toujours belle. Celui qui n’aime U ne volt ses amours, Est malheureux ; mais encor plus maudit , Qui les votant, hantant tous les purs, Ejí d’un baiser de leur bouche éconduit. Hugues Salel, Poésies. AMOURS , f m. \_Gratia , veneres, lepôres. ] Ce mot, au pluriel, veut dire les jeux & les ris qu’on fait compagnons de Venus. (Les amours naissent fous ses pas. Vott. Po’éf. Nous devons aux amous les plus beaux de nos jours ) S’AMOURACHER , v. r. [ Amori capì. ] Je m’a- mourache, je me fuis amouraché, je m’amourachai. Devenir amoureux. S’amouracher de quelque belle. Les femmes s’amourachent quelquefois les unes des autres. Ce mot commence un peu à vieillir. f AMOURETTE, f f. Mot enjoué pour dire, quelque maîtresse. (Avoir quelque amourette en ville. Abl. Luc. 11 a fait quelque amourette en son voisinage. Gonrart, lettre 2i.) AMOURETTE , f. f. [ Clandestinus amor.J A tacitement coquet, passion qu’on a pour quelque belle. (Avoir quelque amourette en tête. Ceux qui font engagez dans des amourettes, ont peine à foufrir qu’on les marie. Port-Royal , Térence , Andrienne, a. i.fc. 2. Nies ardeurs les plus parfaites Ne fauroìent durer qu’un jour ; J’ai toujours mes amourettes, Mais je n’ai jamais d’amour. Opéra de Flore, a. i. fc. 2 . AMOUREUSEMENT, adv. [ Amanteré] Avec amour. (Baiser amoureusement. Abl.) AMOUREUX, f m. [ Amator .] Celui qui aime, qui a de la pente à aimer. Qui a de la passion pour les Dames. çC’est un amoureux à la mode. C’est un amoureux transi.) AMOUREUX , amoureuse , adj. [Amansf\ Qui aime, qui est porté à l’amour. (Etre éperdûëment amoureux de la gloire. Abl.) £g 11 faut distinguer, [amoureux, de l 'amant. On les confondoit autrefois. Malherbe a dit : Les ridicules avantures D’un amoureux en cheveux gris. On apelle amoureux, un homme qui a un grand panchant à l’amour ; & amant celui qui aime une fille ou une femme. Votez M. Ménage, tom. 2 . Observations, ch. iç. t AMPASTELER, v. «• Terme de Teinture. C’est donner le bleu aux laines & aux etofes de laine ; ce qui fe fait avec le Pastel, ou avec le Vouede & l’Indigo ensemble. On dit aussi guéder, paree que le Pastel s’apelle autrement Guéde. H AMPASTELE', adj. Drap ampastelé, c’est un drap à qui l’on a donné le bleu de Pastel, ou de Vouede & d’îndigo. AMPELITE , f f ZAmfelitis .2 _ Terre qui fe dissout dans l’huile, & qui sert a noircir les cheveux & les sourcils. AMP 95 t AMPHIARTHROSE, / /. Terme f Anatomie. C’est une efpece d’articulation neutre, qui n’a pas de mouvement manifeste , mais qui n’en est pas absolument privée. L’articulatîon des côtes avec les vertèbres, est une amphiartbrose. AMPHIBIE , adj. [ Bestia anceps. ] Prononcez anfibie. Mot qui vient du Grec, c’est-à-dire, qui vit dans l’eau & fur la terre. (Le castor est un animal amphibie ; les grenouilles, les tortues & les vaux marins font amphibies. Childrey, Histoire d’Angleterre.) _ AMPHIBIE , f m. II est aussi quelquefois substantif, & signifie un animal qui vit dans Peau & fur terre. (Us Penvotèrent recevoir par de petits poissons suivis d’amphibies. Abl. Luc. t. 5. Jùplément de l’histoire véritable, pag. 551.) f On dit fig. d’un homme qui fe mêle de diverses professions opposées ; c’est un amphibie. AMPHIBOLOGIE,// On prononce anfibo- logie, II vient du Grec àfy.psoÂoyioí , & signifie qui a double sens. (C’est une amphibologie. Faire uné amphibologie. On doit dans le François éviter avec foin les amphibologies : tout le monde les condamne, & on ne les peut foufrir que dans les rimes de T. de L. & autres misérables gâteurs de papier.) AMPHIBOLOGIQUE , adj. [Ambjgumst Prononcez anfíbologique. 11 vient du Grec, & fe dit du discours ; c’est-à-dire , qui a double Jens. (Mot amphibologique. Façon de parler amphibologique.) ÁMPHIBOLOGIQUEMENT , adj. lAmbiguè.'} Prononcez anfibologtqueman. II vient du Grec, il fe dit du discours & signifie d’une maniéré obscure, & à. double sens. (Les oracles s’expliquoient amphibolo- giquement. Abl. Luc . AMPHICIENS, ou amphìfciens. Prononcez an- ficiens: 11 vient du Grec. C’est un terme de Géographie. Ce font les habitans de la Zone torride que les Anciens ont apellez amphiciens, parce que ces peuples ont dgux fortes d’ombre à midi en diverses faisons ; majs il y a certains jours de l’année , savoir où le soleil passe par le zénith de quelques-uns de ces peuples, qu’ils n’ont point d’ombre à midi, & pour ce sujet on les > nomme Afciens, c’est-à-dire, fans ombre. Voïez Afciens. AMPHICTIONS , / m. [AmphiflyonesJ C’é- toit ceux qui chez les Grecs présidoient à P Assemblés des Etats ou au Conseil général des Villes. On apel- loit aussi amphipolk les Magistrats de Syracuse. (f Quelques-uns croient qu ’Amphifhon, fils de Deu- calion, aïant chassé Craneeus, son père, du Roïaume de l’Attique, dont il se rendit maître, institua cette AD semblée, & donna son nom aux Députez qui la com- posoient. D’autres reconnoissent Acrifius pour Fauteur des Amphictions : mais tout ce que dit Strabon fur ce sujet, est une pure fable. II peut être que Acrifius a changé ou réformé l’état de ce Tribunal : mais le nom qu’il a porté, nous marque assez, par qui il a été établi. II n’y eu d’abord que douze Villes qui eussent le droit de suffrages , & d’y envoler des Députez, & le nombre augmenta dans la fuite jusques à trente-un. Philippe, Roi de Macedoine, usurpa le droit de présider dans l’Assemblée, & de consulter le premier l’O- racle : ce que l’on apelloit Tt^o/j-avríia., [f Amphiction établit le premier une Assemblée des Députez de toutes les Villes de la Grèce, qui fe rendolent deux fois l’année aux Thermopyles, dans le temple de Cerès, près du fleuve Asope. Ce Tribunal étoit souverain, & dístribuoit les récompenses & les peines, Acrifius en institua de nouveaux, qui s’assem- bloient de même deux fois l’année dans le temple de Delphes. ' AMPHIDROMIE , / / [ Amphidromia,] Fête du Paganisme, qui se célébrait le cinquième jour après la naissance d’un enfant. $ AMPHIPOLES , / m. Archontes, ou Magistrats de Syracuse, établis par Timoleon en la 109. Olympiade. _ AMPHIPROSTILE, f m. f Ampbiprojîilos. ] Temple des Anciens qui avoir quatre colonnes à la face de devant, & quatre à celle de derrière. L’AMPHIPROSTILE , ditVitruVe, lìb. c. 1. a les mêmes parties que le prostile, & de plus il a, à la face de derrière, comme à celle de devant, des colonnes & un fronton. Ce terme signifie un double profils qui y6 AMP qui a deux faces pareilles. Voïez M. Perraut £ç? Bernard. Baldus, de verbor. Vitruvianor. Jignificatione. AMPHISBENE, f m. [_Amphisbena ou Caci- lia.'y Serpent des deferts de Lybie, qui mord par la tête & par la queue, & qu’on regarde comme le 11m- bole de la trahison. f AMPHISTERE , f m. Serpent ou Dragon qui a deux ailes, & qu’on volt souvent dans les armoiries. AMPHITE'ATRE , f m■ II vient du Grec. Un lieu élevé par degrez pour asseoir les spectateurs, & voir les jeux des Comédiens. Lieu élevé & environné d’échafaux. En Latin ampbìteatrum. Prononcez anfitéâtre. Un bel amphitéatre , un amphitéatre fort beau, un magnifique, un superbe, un grand, ou un petit amphitéatre, dresser un amphitéatre.) AMPHORE, f f. íAmphora.'] Mesure des choses liquides, qui étoit en usage chez les Romains. H C’eft aussi la plus grande mesure dont on íè serve à Venise pour les liquides. (§ Ecoutons le P. Bouhours, dans ses Remarques, pag. 58. „ Quels termes, bon Dieu ! qu ’bïdrit & am- „ phore. A quel marché, à quelle foire de France „ vend-on àeshidries & des amphores? Une servante „ n’étonneroit-elle pas bien fa maîtresse, de lui dire, ,, j’aì acheté aujourd’hui une hidrie & une amphore ? „ Ce seroit bien pis que la servante des Femmes Sauvantes de Molière, &c. „ Hidrie, c’est une cruche ; amphore , c’est une bouteille. AMPLE, adj. Prononcez ample. II vient du Latin amplus. II lignifie qui a de la largeur, & il se dit des étofes, des habits, & de tout ce qui se mesure à Faune. (Manteau fort ample, robe trop ample.) * AMPLE. II se prend au figuré, & veut dire qui a de l’étenduë. Ample, en ce sens, se dit des ouvra- f es d’esprit. (Les discours de la Ménardiére fur le 'oëme dramatique, font amples, savans & ennuieux. La seconde édition des livres est ordinairement plus ample que la prémiére.) AMPLEMENT, adv. [ Amplè .] Prononcez ample, man. C’est d’une maniéré étenduë. Amplement ne se prend d’ordinaire qu’au figuré. (On a amplement traité cette matière. Pétrone parle amplement des débauches de Néron. On parlera amplement de là vie. Abl. Luc. t AMPLIATIF, amplìativc, adj. [Amplians.j} II vient du Latin , & ne se dit qu’en parlant d’afaires. 11 lignifie qui étend , qui augmente. Touchant l'in- dult de Messieurs du Parlement, on doit consulter le Bref ampliatif de Clément neuvième. Définitions du Droit Canon, chap. de VInduit. AMPLIATION , f f. Du Latin ampliatio. Prononcez ampliacion. II est d’usage dans les matières bé- néficiales. 11 veut dire, extension , augmentation. (Obtenir des Lettres d’ampliation.) AMPLIATION , f. f. Terme de la Chambre des Comptes. C’est la copie d’une quitance d’un comptable, & qu’il raporte fur la recette dè son compte. (II raporte ampliation.) £ On dit signer une copie par ampliation, pour dire en signer une seconde. AMPEIER , v. a. Terme de Palais. Diférer. Xjhnpliare prafinitum sohendo debito tempusd] Ampìier le terme d’un paiement. On dit aussi amplier un criminel, lors qu’on difére son jugement; & amplier un prisonnier quand on le tient moins resserré qu’il n’étoit. AMPLIFICATEUR , f. m. Terme de Rétorique. II vient du Latin amplifieator. C’est celui qui amplifie & qui écrit quelque discours. (Démosténe n’étoit pas un íì grand amplificateur que Cicéron, & aujourd’hui dans le Barreau l’on fuit plus Démosténe que Cicéron, qui étoit un amplificateur touchant & ingénieux ; mais qui n’étoit pas si ferré que l’autre.) t * AMPLIFICATEUR , f. m. [AmplificatarJ} 11 se dit au figuré. C’est celui qui étend & qui augmente quelques droits ou quelques autres choses de cette nature. (Monsieur N. est le grand amplificateur des droits de la Couronne. AMPLIFICATION, J. f. Prononcez amplìficacion. 11 vent du Latin amplìficatio , & c’est un terme de Rétorique. C’est un acroiffement de paroles qu’on tire des circonstances particulières des choses, des lieux de Retorique, & qui remplit & fortifie le discours en apuïant ingénieusement fur ce qu’on a déja dit. L’ain- AMU plîfication ne sert qu’à étendre & a exagerer. L’am. plitìcation est bonne pour mettre en son jour un fait, ou pour manier une paflion. La belle amplification doit avoir du grand, du sublime, si ce n’est lors qu’on cherche à émouvoir la piété, on à ravaler le prix de quelque chose. Par tout ailleurs, si l’on ôte à l’ampli- fication ce qu’elle a de grand, on lui arrache, pour ainsi dire, Famé du corps. Dejp. Longin, traité du sublime , chap. 9. gj? 10. Une amplification parfaite, une amplification bien faite , judicieuse , ingénieuse, touchante, agréable. Une amplification froide, languissante & fans esprit. Faire une amplification bien à propos. D’ Aucourt,sentimens de Chante, 4. partie, lett. 8- Voïez Quintiiien , liv. 8. ch. 4. Cicéron U Longin. 0 Personne n’a jamais sçû Part d’amplifier, comme M. Godeau ; mais c’est avec raison , que Faret a dit, dans la fameuse Comédie des Académiciens : Vouí avez tort de mépriser Godeau ; Iì a R esprit fertile , gs? le tour ajjez beau ; Tout le défaut qu’il a,soit en vers, soit en prose, C’eji qu’en trop de façons, il dit la même chose. AMPLIFIER, v. a. Terme de Rétorique. I! vient du Latin amplificare, & l’on prononce amplifié. C’est agrandir, c’est exagérer avec esprit. (Amplifier un fait par toutes les circonstances qui le peuvent agrandir. Amplifier avec force, amplifier avec jugement. Quand on amplifie, on doit enlever l’esprit ou toucher le cœur ; & faire d’une autre façon, c’est mal amplifier.) AMPLISSIME , adj. [AmplijJìniuí.j Qualité dont on honore quelques personnes en leur parlant, particulièrement chez les Etrangers & dans les Coíéges. Ainsi quand on fait un compliment à un Recteur de quelque Université, on Papesse Recteur amplijjùne. AMPLITUDE ORT1V E , f. f. [Ortiva ampli, tudol} Terme d’Astronomie. C’est l’arc de l’horison qui se trouve entre le point où s’éleve un astre, & celui du vrai Orient où se fait Pintersection de l’équa» teur & de l’horison. On Papesse autrement latitude ortive. On dit aussi amplitude occajìve. AMPOULE, / f- 11 vient du Latin ampulla. Sorte de petite phiole pleine d’une sainte huile qu’une colombe, à ce qu’on dit, aporta du ciel pour sacrer Clovis à son Batême. Cette ampoule se garde précieusement à Reims, & de la sainte huile quelle renferme, l’on en a sacré presque tous les Rois de la seconde & de la troisième race : mais on ne voit point que les Rois de la prémiére, hormis Clovis, en aïant été sacrez. Mezerai, histoire de France, Morales, abrégé de l’hijìoire de France de Clovis. 0 Si le miracle de la Sainte Ampoule est supofé, comme le P. Daniel le prétend, ou s’il est véritable, comme M. l’Abé deVertot le soutient, ce n’est pas ici le lieu d’examiner cette question. On peut voir la Dissertation du F. Daniel, imprimée avec son Estai de l’HiJtoire de France, & celle de M. de Vertot, dans le second tome des Mémoires de Littérature, pag. 66 9. AMPOULE , f f. [ [Tumor .2 Elevure fur la peau. (Petite ampoule. II m’est venu de grosses ampoules aux mains.) * AMPOULE', ampoulée , adj. [Tumidut , infiatm .] Ce mot se dit, au figuré, du itile, & veut dire enflé. (Discours ampoulé. La maniéré d’écrire de Balzac est un peu ampoulée, mais esse est belle & ingénieuse. AMPOULETTES , f f. [FLoroIogium ex arenâl} Terme de Marine. C’est l’horloge à fable qu’on tient dans la chambre du vaisseau où est la boussole. AMPUTATION , f. f. r Amputatio. 3 Terme de Chirurgie. Retranchement d’un membre qui se fait avec le fer. (Faire ï’amputation d’une jambe. AMULETE. Médicament composé de simples. On prétend qu’en l’attachant au cou , il préserve de divers maux. Les Pérès ont déclamé fortement contre cet abus, où il n’y a que superstition. M. T hiers. AMURCA, f. f- [Amurca.J Terme de Pharmacie. Remède astringent fait de la lie d’huile d’olive, AMURER, ou amuler , v. «. s Pedem velì jìrin - gère.] Bander & roidir ies cordages qui tiennent au point d’en-bcs des grandes voiles. AMURES 1 f f- sPts veli.~] Trous pratiquez dans le plat-bord d’un vaisseau, pour y arrêter les cordages qui servent à bander les voiles. . AMUSEMENT , f m. [ Dïstraííìo , occupatio . ] Tout AN Tout ce qui sert à ocuper, & à rgtenîr quelcun. Prononcez Amuzeman. (Cette adresse servit d’amusement aux ennemis. Abl. Frontin. L i.) AMUSEMENT , s. m. sjocosa, levis occupatìo, ludifi- catio .] Ocupátion légére, & de peu d’importance. Finesse, tromperie pour gagner du tems par de fausses aparences. (Amusement vain, pernicieux, ridicule. Amusement condamnable , blâmable. Amusement dangereux; amusement agréable, aimable, charmant, plaisant La Comédie est l’un des plus agréables & des plus innocens amusemens. Allez-vous cacher, vilaines, & qui étés cause de leurs folies, pernicieux amusemens des esprits oisifs, romans, vers, chansons, puissez-vous être à tous les diables. Mol. Précieuses , jc. 17. On aime l’imprudence, & les amusemens des en fans, & l’on se détourne de la sagesse. Port-Royal, Proverbe de Salomon. Les Hollandoises font assez sociables pour faire l’amuscment d’un honnête homme. S. Evremont, œuvres mêlées , in 4. pag. 209. Tout le plus grand fruit qu’on puisse tirer des œuvres des Philosophes, est d’aprendre que la Philosophie est un vain amusement. Nicole, essais de morale, t. 2. Ce créancier est las de tant d’amusemens.) AMUSER , v. a. [ Morari, detinere .(j Ocuper, arrêter par quelque petite chose, par quelque adresse, ou par quelque rude. (Amuser l’ennemi. Abl. ret. Lë Général laissa quelques troupes à l’avenuò du passage & amusa l’ennemi. Abl. Frontin, L 1. c. 4. On est emporté par les ocupations qui nous amusent. Nicole, essais de morale , t. 1.) * AMUSER , v. a. [ '(Diflrahere , averterej Au figuré, il se dit des maux & des passions. C’est faire en- sorte que le mal ou la passion n’ait plus tant de violence, par tout ce qu’on fait, ou qu’on lui donne pour l’afoiblîr. (On doit dans l’état où il est, faire ce qu’on peut pour amuser fa douleur. Amuser son amour. Abl. Lucs * AMUSER , v. a. [ Ludificari. ] C’est ocuper & tromper d’une maniéré fine & adroite. Se servir d’amusemens auprès de quelcun pour Fatraper. (Amuser quelcun de paroles. Abl. Luc. í. 3. Ils prétendoient nous amuser par des contes en l’air. Molière , Scapin, a. j. Jc. 4.) S’AMUSER , v. r. [Occuparí.] Je m’amuse, je me suis amusé, je n?amusai, je m amuserai. C’est s’ocu- per, s’apìiquer, passer son tems. S’amuser suivi d’un nom, veut un datif; & d’un verbe, Finfinitìf précédé de la particule à. (A quoi bon s’amuser à des sotifes ? Abl. Luc. t. 2. 11 s’annií'e à la Poésie. Ne nous amusons point à chercher dans ces vaincs phantaisies, des preuves de nôtre foiblesse. Nicole, essais de morale, t. 1. S’amuser à expliquer une chose. Vaug. Quint. I. 4. D’où vient que laissant impunis tant de scélérats, tu t’amuses à foudroïer des chênes ? Abl. Luc. t. 2.) . f AMUSETTES , f f. sNugœ.J II ne se dit qu’en riant & dans le comique, c’est-à-dire, bagatelles, petites choses qui amusent. II se dit au singulier, mais le plus souvent au pluriel. (Oui, c’efl trop vous tenir avec ces amufettes , Laissons la. langue des Poètes. St. Ussans, billets en vers, pag. 197.) t AMU SEURS , f. m. Celui qui amuse. (C’est un amuseur.) f AMTJSOIR, f m. II n’est en usage que dans le stile bas, le comique, ou le satirique, & même il ne se dit guére. II signifie chose q ni amuse & qui ocupe. (Colonnes en vain magnifiques , Amusoirs des foux curieux, Faut-il que vous Jbiez debout? S. Amant, Rome ridicule, flancs 12.) AMYANTE , f /• [AmyajitbusJ Pierre incombustible, qui étant bouillie dans une lessive faite avec de ì’Indigo , perd les parties qui la rendent aride ; & après avoir été batué fous le marteau, devient li souple qu’on la peigne, qu’on la file, & qu’on en fait de la toile qui se nétoie quand on la jette dans le feu. Cette pierre croît en Chypre, & les Chypriens en fassoient autrefois de voiles. Diícoride & Mathiole croient que c’est la même chose que F alun de plume , qui est incombustible ; ils ne se trompent pas. M. FAbé de Valiemont en doit donner au prémier jour un traité qui étoit déja bien avancé en 1716. C’est un ouvrage de pièces de raport. Elle est rare à Paris ; on en trouve facilement à Rouen. AN > J- m. ou ANNE’E , f. f. II vient du Latin ANA 9 7 annm , & signifie le tems que le soleil met à parcourir les signes du Zodiaque. L’an solaire comprend 369. jours & un peu moins de six heures. Nouvel an. C’ejl aujourd’hui nouvel an, c’est-à-dire, c’est aujourd’hui le prémier jour de Fannée. Bon jour £Vf l bon an. Sorte de souhait qu’on fait le prémier jour de Fan aux personnes que l’on estime, ou que l’on aime. (Ne prenez à mauvais augure De voir aujourd’hui ma figure ; Bon jour, bon an, Monsieur EJsrit. Voit. Poésies, (soiez année.) AN, s m. Ce mot se dit aussi du tems pendant lequel se font douze lunaisons. L’an lunaire comprend 394. jours. AN , s m. On se sert de ce mot, parlant de l’âge déterminé d’une personne. (Louis XV. a cette année seize ans: il est né en 1710. & nous sommes à 1726. Tibère mourut à 78. ans, & fut étoufé à force de couvertures par le commandement de Macron. Abl. Tac. ann. I. 6 . c. 2g. C’est un lourd fardeau que 60. ans fur la tête. jéfus-Christ a vécu 33. ans acomplìs. S. Cyr an, théologie, l. 9.) AN , s. m. II se dit d’un certain tems réglé , d’un certain nombre d’années. C’est une étoile qui fait son cours en lin an. (Tous les ans mon gros & nouvel ami Cha... donne quelque chose au public & le public ne daigne pas regarder le présent qu’il lui Fait. AN , J’, m. On se sert aussi de ce mot par une espèce d’hiperbole, ppur dire un long tems. L’ami Pa- tru fut un an à traduire l’oraison de Cicéron pour Archias.) AN , s. m. II se dit de certains animaux, & c’est l’espace de douze mois. (C’est un veau d’un an. C’est un poulain d’un an.) AN , s. m. II est usité aussi parlant de fleurs , d’ar bres & de bois. (On dit, c’est un bois qui n’a pas plus de trois ou quatre ans. C’est un taillis d’un an. II y a une grande diíerence entre une anémone à grain qui n’a que trois ou quatre ans, & une anémone qui en a dix ou douze. Connaissance des fleurs, 2. partie, chap. 2. de l’anémone, page 61. ff Ce mot finit mal un vers. Malherbe a dit : ll astre .; N’aura point achevé Fan. ANABAPTISTE, f m. sAnabaptìftas Ce mot est Grec. Hérétique qui croit que le Bâteme des petits enfans est nul, & qu’il faut les rébâtiser lors qu’ils font grands. ANABAPTISTE , f. /. Ce mot, en parlant de fille ou de femme, est féminin. (C’est une Anabaptiste fort jolie.) f AN ABLE, adj. Capable, habile. Ce mot est vieux & hors d’usage. ch ANACALIFE , f rn. Insecte venimeux, qui se trouve dans FIsle de Madagascar. f ANACLYPTERIE, f -ni. Les Païens celé- broient cette fête le jour qu’une nouvelle mariée avoit la liberté d'ôter son voile. f- ANACANDEF , f- m. Serpent de Madagascar. í ANACARDES , f /• Espece de fèves qui sont aportées des grandes Indes. , Elles font un violent purgatif, & on s’en sert avec précaution dans la Médecine. On tire de Fhuile des Anacardes, qui a la propriété de Fhuile d’Acajou. Les Apoticaires en font aussi le miel qu’ils nomment Anacardin. H ANACARDES , antartiques. Ce sont les noix d’Acajou, à qui les Epiciers-Droguistes de Paris donnent ce nom, à cause de quelque ressemblance qui iï trouve entre ces deux dangereux purgatifs. T ANACONTS, f m. Arbre de FIsle de Madagascar, dont les feuilles ressemblent à celles du poirier. Le suc de son fruit coagule le lait. ANACORETE , f m. [ Anachoreta , eremita. 1 Ce mot est Grec. Celui qui s’est retiré du commerce des hommes, pour ne songer qu’en Dieu. Sorte d’het- mite. (Un saint Anacoréte. Arn. f ANACOSTE ou ANASCOTE , f. /. Espece d’étofe de laine croizée, très-razée, fabriquée en maniéré de serge de Caën, mais moins couverte de poil & de piciìleure laine. Elle fe fait à Leyden , à ^Bruges, à Apres & en d’autres lieux des Païs-Bas. On en fabrique aussi à Beauvais, où on Fimite tiès-hien. Tome L N ANA- 98 ANA ANACRONISME, / m. [Erratum contra tem- porum rationem .] Ce mot elt Grec. Faute contre la Cronologie, qui consiste à faire vivre une personne long-tems avant qu’elle ait été au monde. í ANAGALLIS, / /. C’est: la même plante, qu’on apelle mouron. ANAGOGIQUE , adj. [Mysictu.'] Ce mot est Grec. Mîstique. (Sens anagogique.) ANAGIRIS , s- f Plante qui est la même que le bois puant. . ANAGRAMME , / f 11 vient du Grec, en Latin anagramma. C’est le nom propre d’une personne retourné avec esprit, & dont on a si ingénieusement changé de place les lettres, qu’elles font un sens obligeant ou satirique. ,(H « est pas permis de changer plus d’une lettre dans l’anagrammé. L’anagram- me est heureuse quand il n’y' a aucune lettre de changée. Une heureuse anagramme , une ingénieuse anagramme, faire une anagramme.) S On dit que Montmaur, fameux Parasite, faisoit plusieurs anagrammes dont Guillaume Colleter se moqua par un madrigal que voici : J’aime mieux, sam comparaison , Ménage , tirer à la rame , Que d’aler chercher la raison Dam les replis d’une anagramme , Cet exercice monacbal Ne trouve font point vertical Que dam une tête blejj'ée Et fur Parnajje nom tenons , Que toits ces renverseurs de noms Ont la cervelle renversée. Le Cardinal Palavicin , dans son Traité, intitulé, Çonsderazioni Jbpra l’arte dello silo, cap. 17. n. 13. dit que l’anagramme ne plaît que par la rencontre fortuite d’une chose éloignée de la signification d’un mot dont on a changé l’ordre des lettres qui le composent. ANAGRAMMATISER , D. a. [ Anagrammata scribere. J Faire des anagrammes. ( Celui qui a ana- grammatisé sur le nom du meurtrier d’Henri III. Roi de F rance , a bien réussi, il se nommoit Frère Jacques Clément ; il a trouvé, fans changer une lettre, c’es VEnfer qui nia créé.) ANAGRAMMATISTE , s m. II vient du Grec , en Latin anagrammatisa. C’est celui qui fait des anagrammes. (Thomas Billon, gentilhomme Provençal, est un fameux anagrammatiste. II eut de Lotìis XIII. une pension de douze cent livres , & ce fut un heureux anagrammatiste. 4 = ANAGROS- Mesure pour les grains, dont on se sert en quelques Villes d’Eípagne , fur tout à Seville. Cette mesure contient un peu plus que la mine de Paris ; ensorte que trente-six Anagros font dix-neuf fep- tiers, mesure de Paris. 4 = ANAGYRIS ,s m. C’est la même plante, qu’on nomme boh-puant. ANALES ,//• Mot qui n’a point de singulier, & qui vient du Latin annales. C’est THistoire de ce qui s’est passé chaque année.) Anales bien écrites. ) ANALISTE , f. m. [.Annalìum fcriptors 11 décend du Latin. C’est celui qui écrit THistoire de ce qui s’est fait chaque année. (Un analiste fameux, renommé, célébré , illustre , fidèle. Plusieurs se sont déchaînez contre le grand Analiste Baronius.) AN ALE'ME ,/ m. [ Analemma .] Terme de Gnomonique. Projection ortographique de la sphère fur le cislure des solstices, en fupoíant que son plan convient avec celui du méridien. ANALEPTIQUE, adj. jlnsaurativm.~\ Restau- ratif, médicament propre à rétablir un malade atténué par la longueur de quelque maladie, ou par le défaut de nourriture. AN ALISE , / / II décend du Grec. En Latin A- nalyss ; il signifie méthode de résolution. C’est le dé- velopement qu’on fait d’une chose qui, n’étant connue qu’en gros a besoin qu’on en sépare les parties pour les considérer a psjrt & voir plus précisément la nature du tout. Amii, Taire réflexion fur un discours , en résoudre & examiner exactement les parties, & en voir l’ar- tifice , c’est en faire Banalise. Port-Royal , Logique. 4. partie , /.i.) ANA ft AN ALISE , est un terme de Géométrie, & de Chimie. On dit Yanalife d’un problème ; ïanalife d’une plante ; faire une analife Chimique. ANALITIQUE, adj. C- Analysions.J Qui résout les choses dans leurs principes pour les examiner. (U y aune méthode analitique. Logique de P. R. 3. par . tie. On dit aussi procéder analitiquement , quand on remonte jufqu’aux principes.) ANALOGIE ,s f \Analogia .] Ce mot vient du Grec , & lé dit du langage. C’est une conformité qui fe trouve aux choies déja établies , fur laquelle on se fonde comme fur un modèle pour faire des mots ou des phrases semblables aux mots , ou aux phrases déja établies. (L’analogie éclaircit les doutes de la langue, Vaug. rem.) K Voici comme M. de Vaugelas en parle dans fa Préface : „ Cette analogie n’est autre chose, en matière „ de langues, qu’un usage général & établi, que Ton ,, veut apliquer, en cas pareils , à certains mots, à cer- ,, raines phrases , ou à certaines constructions, qui ,, n’ont point leur usage déclaré ; & par ce moïen on ,, juge quel doit être, ou quel est l’uíàge particulier, „ par la raison , par Texempie de l’usage général : ou ,, bien f analogie n’est autre chose qu’un usage particu- „ lier, qu’en cas pareils on inféré d’un usage général, „ qui est déja établi : ou bien encore c’est une relieur- ,, blance , ou une conformité qui fe trouve aux choses ,, déja établies, fur laquelle 011 se fonde comme fur „ un patron & sur un modèle, pour en faire d’autres ,, toutes semblables. „ ANALOGIQUE , adj. [ Analogicm .J Qui a duraport. (La métaphore doit être analogique.) ANALOGUE , adj. [Analogue J Qui a quelque raport ou quelque convenance. Les Thomistes veulent que le mot à’ètre ne soit qu’analogue à l’égard de Dieu & de la créature : mais ils fe trompent. AN AN A, f f Fruit des Indes de la grosseur d’un melon , & qui a un goût sucré. On en aporte en France de confits au sucre. ANAPESTE f. m. [Anapasm .2 Terme de Prosodie Greque & Latine. C’est un pied compose dp deux brèves & une longue. ANAPESTIQUE- [Versus anaposici.] Vers composez d’anapestes. Les vers anapestiques étoient fort en vogue chez les Romains. ANARCHIE,// [Anarcbia .2 Ce mot vient du Grec , & se dit lors qu’il n’y a personne qui commande absolument > lors qu’il n’y a point de Magistrat pour gouverner. ANARCHIQUE, adj. f Anarchoni] Vient du Grec, & veut dire qui apartient àl’anarchie, qui regarde Ta- narchie. (Un trouble anarchique , un désordre anar- chique , une confusion anarchique.) ANASTASE, / m. [ Anafiasus .] II décend du Grec , & c’est un nom propre d’homme qui signifier/ suscité. Plusieurs Saints ont porté le nom d’Anastase.) ANASTASE, J. m. Ce mot se prend pour le livre qui contient un recueil de la vie de quelques Papes fait par leur Bibliotécaire, & qu’on apelle du nom de son Auteur. II lui envola la vie de la Papesse Jeanne qu’il avoit tirée d’un Anastase manuscrit de la Bibliotéque du Roi. Colmnefus , mélanges historiques, page 36. Les Anastases, qi?il avoit feuilletez, étoient tous défectueux dans Tendroit où devoit être la vie de la Papesse Jeanne. Columesm , méltmges historiques, page 36. 37.) } ANASTOMOSE, / f. [Anastomoses Terme d’ Anatomie. Ce mot est Grec & signifie Tendroit où une veine se joint avec une autre veine , ou avec une artère. ANA 5 TOMOTIQUE. venarum ostia a- periendivim habeti] Médicament qui par son acrimonie ouvre les orifices des vaisseaux, & en fait sortir du sang. AN ATE , r ou annote , / f. Terme de Droit Canon , qui est dérivé du Latin Annata. C’est un droit que le Pape prend sur tous les grands bénéfices coníìstoriaux, ou de la valeur de 24. ducats de revenu. Ce droit fe païe ordinairement selon la taxe qui en a été faite à Rome dans les livres de la Chambre Apostolique. Cette taxe est plus souvent le revenu d’une année du bénéfice , quelquefois elle va plus bas. Les annotes , selon quelques-uns , ont été instituées en 1260. & selon d’autres , elles tirent leur origine du Pape Jean vingt- deu- ANA deuxième qui tenoit le Siège en 1516. Mais la plus commune opinon est q.u’elles ont été établies en 1384- par le Pape Boniface IX. Le Concile de Bâle & rassemblée de Bourges ont abrogé les Anates par un esprit de religion , parue que les Anates s’exigeant lors qu’on donne les provisions de» grands bénéficeson croit qu’il y a en cela quelque chose qui sent la simonie, & c’est en quelque façon acheter un bénéfice , qui estime chose spirituelle , que d’en païer l’anateà Rome. Voïez le Recitiil des matières bènéficiales chez Serci, & le Sieur Froimont Abé Commendataire. ANATE, f. f. \_Annuum veHigal vacantis beneficiif} Le revenu d un an d’un bénéfice vaquant, que le Pape prétend lui apartenir. (De bonnes anates. ) Les Papes ne font pas les premiers Inventeurs des annates. C’est ainsi qu’il faut écrire ce mot , & non a~ nates. L’invention en est dûé à Antonio , Evêque d’E- phése , qui exigeoit des Evêques qu’il coníacroit, une somme proportionnée au revenu d’une année de leur Evêché. Le Concile tenu à Ephése environ l’an 400. condamna cette exaction : mais Antonio étoit mort. Les annates ont été introduites long-tems après dans l’Eglife Romaine ; mais leur origine est fort obscure, & il est dificile de déterminer le tems auquel elles ont commencé. Les uns font du Pontificat d’Alexandre IV. la première Epoque de leur établissement; les autres en font Auteur , Jean XXII. lequel, dès îa premiers année de son Pontificat, fe fit païer le revenu d’une année des bénéfices- des Eglises Cathédrales. Benoît IX. exigea en 1399. pendant le schisme , le revenu d’une année de tous les Archevêchez , Evêchez, & Abaïes : mais fous ces Papes, les anates n’étoient point fixes, & souvent on refufcit de les païer ; il y a eu même des Papes qui les ont condamnées, & plusieurs des Rois de France s’y sont oposez, & défendirent , dans cette Vûë, de porter de l’or & de l’argent hors du Roïaume. Le Concile de Bâle les abolit : mais enfin le Concordat, fait entre Léon X. & François I. les rendit certaines. II y auroit bien des choses à observer sur cette matière : mais elles ne feroient pas id dans leur place. f ANATE ou Attole. Sorte de teinture rouge , qui se fait d’une sieur que produisent certains arbrisseaux des Indes Occidentales. On la tire fur-tout de la Baïe de Honduras & de Porto-rico. ANATE'MATISER, «• [ Arcere ab Ecclejìâ. ] Ce mot vient du Grec. Excommunier. Séparer du corps des Fidèles. (Auatématiser quelcun.) 0 AN ATE'MATISER , c’est dévouer un criminel aux peines les plus feveres , & même à celles des enfers. Socrate raconte, dans son Histoire, liv. 7. ch. 34. que la déposition de Nestorius causa un grand trouble dans l’Eglife de Constantinople, dont le peuple é- toit partagé : mais les Ecclésiastiques prononcent ana- tême contre lui. C’est ainsi ( ajoute P Historien ) que nous apellons les sentences qui font prononcées contre ceux qui soutiennent des impíétez & des blasphèmes. Ces sentences font exposées aux yeux du Public, afin qu’elles soient connues de tout le monde. f ANATE'MATISER. [Betestari , execrari.j Maudire. (Combien de fois m’a-t’il pris envie d’anatéma- tifer vignes & vendanges. Patru , lettre 2. à Olinde, ANATE'ME , f m. [ Anatbema .] Ce mot vient du Grec. Excommunication fulminée avec folemnité & afravation. Eveil. (Anatême perpétuel. Fraper d’a- natême. PaJ’c. L 3. Prononcer un anatême contre quelcun. Eveil.') ANATêME, f m. Ce mot vient du Grec. Celui qui est en horreur à tout le monde , & avec lequel il n’est pas permis de communiquer. (II est anatême.) 0 ANATêME. L’ancienne discipline confondoit l’anatême & l’excommunication ; mais dans la fuite, il semble qu’on les a distinguez. Voïez le Canon En* geltrudam , c. 3. q. 3. Les Canonistes disent que l’ex- communié est celui qui est feulement séparé de la communion des Sacremens ; & l’anatématifé , c’est celui qui est séparé de la communion des Fidèles. L’anatême est une excommunication fulminée avec toutes les formalitez qui peuvent la rendre plus terrible , & inspirer une plus grande terreur. ANATOMIE ,f f- [ Anatomef] Ce mot est Grec. Dissection du corps avec ordre & par l’opération de la main. (L’anatomie est belle & curieuse.) ■f ANATOMIE , f. f. Ce mot se dit figur. de la discussion exacte de quelque sujet que ce soit. Faire l 'anatomie â’un ouvrage, d’un discours, &c< ANC 99 AN AT O MI QU E MENT j adj. [Ad corpomm tncìjb - nem pertinent."] Qui regarde l’anatoniie. Qui est d’a- natomie. (Discours anatomique. La Chambre.) ANATOMIQUEMENT , adv. II veut dire d’une façon anatomique, à la maniéré d’un anatomiste , & qui fasse voir toutes les parties d’une chose & les apelle chacune par leur nom. (Le bon homme Monsieur de la Mote-le-Vaïer a, dans son Exameron rustique , expliqué gaillardement & anatomiquementPantre des Nim» phes.) ANATOMISER ? v. a. [Corpora incidere .] II dérive du Grec. 11 fe dit rarement au propre, & signifie faire l’anatomie d’un corps, (II faut anatomifer ce corps.) * ANATOMISER , v. a. [ Examina-, e attenté. ] Alt figuré , il fe dit en riant & est plus usité qu’au propre. C’est examiner, voir avec foin toutes les parties d’un discours , d’un poème , ou de quelque chose de ce caractère. (On anatomifa l’autre jour les pièces de prose , & de vers du sieur T. de L. & l’on n’y trouva ni François , ni bon sens.) ANATOMISTE ,f m. [ Anatomìcus. ) IL vient du Grec. C’est celui qui dissèque ; & qui raisonne sur les arties dont il fait l’anatomie. (Un fameux, un célé- re anatomiste , un docte , un savant, un habile anatomiste, Un anatomiste expérimenté, être anatomiste. Monsieur du Vernai estl’un des plus renommes Anatomistes de nôtre tems.) ANAL- Voïez la colonne ANN. ANATRON ,f m. Sel volatil Si écume de la composition du verre que l’on tire des creusets dans les fourneaux des Verriers. 11 fe dit aussi d’un sel nitreux qui s’atache aux voûtes dans les lieux souterrains, & d’un composé de chaux vive , d’alun ^ de vitriol , de sel commun & de nitre, qu’on apelle sel anatron. í ANAZE' if m. Arbre, fait en forme de piramî- de , & qui croît dans l’ile deMadagafcar. Son fruit est rempli d’une efpece de pignons fort durs. î ANBOUTOU, f m. Plante semblable à la 11- naire , & qu’on trouve dans les prez de Pile de Madagascar. Elle est amere, d’un goût stiptique & fort cordiale. Les habitans mâchent cette plante pour se noircir les dents. ANGE ,ff. Voïez colonne ANS. ANCETRES, f m. [ Majores , pâtres ,] Ce mot ne fe dit point au singulier , & même il ne se dit dans l’ufage ordinaire que des personnes de qualité , d’épée, ou de robe. On apelle ancêtres les personnes de qui ort décend. (Ancêtres fameux, glorieux, renommez, célébrés , illustres , augustes. Cette action redonne aux Rois vos ancêtres autant de lustre que vous en avez reçu d’eux. Voit. let. 41. Le nom de ces glorieux an* cêtres vive à jamais dans vos anales. Patru , plaid.) 0 Malherbe a écrit ancêtre au singulier. On entend , par ce terme, ce que les Latins expriment par ls mot Majores} & comme ils ne disent point, Major mens , on ne dit point en François, mon an: . re» Ménage , fur Malherbe. ANCêTRES, f. m, [Pnora.], II se dit aussi pouf marquer les gens qui nous ont précédé, & qui ont vécu avant nous. (Nos ancêtres étoient plus sages que nous, & pour cela ils étoieut plus heureux.) ANCETTES- Terme de Marine » Ce font les bouts des cordes qui font jointes à la ralingue de la voile, & dont l’ufage est d’y passer d’autres cordes qu’on apelle pattes boulines. Voïez la colonne ANS. ANCHE, f /• Terme de Meunier. Conduit da bois par où tombe la farine dans la huche. ANCHE. Terme de Faiseur de musettes de flutes t fjjngula .] Petite partie d’instrumeiit de musique à vent, faite pour l’ordinaire de deux pièces de canes jointes de si près qu’il n’y ait entre deux qu’une petite fente pour passer le vent. (Anche de haút-bois, de cornemuse , & de musette. Mers ) ANCHE' , adj. [ Recurvm. J Terme de Blason. Qui se dit d’un cimeterre recourbé. ANCHOIS , anchoie , f. m. £EnchraJìcolm'} Quelques-uns font ce mot féminin & Pecrivént avec un e final : mais il ne les faut pas imiten Anchois s’écrit a- vcc unerou une», &est mafcuun. C’est un poisson de la longueur d’un doigt, fans écailles , axant le museau pointu , la bouche grande & sans dents , avec les mâchoires rudes comme une scie, Rond. (Anchois bien salé. ) Tom I, N * 0 AN- xoo ANC (3 ANCHOIS , est un vieux mot, qui lignifie, a- vctrat que , auparavant. Philippe Mouskes : Si reprit à force la ville , Mais anchois , eut grand assaut Sur li mur , crentfort , haut. f AN CHUE, s. f. Terme de Manufacture de lainage , qui lignifie ce qu’on nomme plus communément la trame d’une étofe. Le terme d’Anchuë est particulièrement en usage parmi les ouvriers de la sayetterie d’Amiens. Du côte d’Aumale on dit Enflure. ANCIEN , ancienne , adj. [ Antiqmuf) Qui a été long-tems auparavant. Ce qui s’est passé avant nous, qui a été autrefois, qui est depuis long-tems. (Aristote est plus . ancien que Cicéron. Les anciens Peresde TEglife. Pasc. I. 4. Savoir FHistoire ancienne & moderne. Donner quelque chose à l’ancienne amitié. Abl. ) ANCIEN, ancienne , adj. [Prior.J Qui est auparavant. (II est mon ancien dans le Parlement.) ANCIEN, ancienne , adj. Considérable par son antiquité. (Maison ancienne. Vaug. (suint.) ANCIENS , s. m. [ Veteres. ] Les vieux Auteurs Grecs & Latins. (II ne faut pas décider légèrement stir les ouvrages des Anciens. Racine.) ANCIENS,/ m. [Seniores.’) II se dit aussi en parlant de peuple & de Religion. Côtoient les hommes les plus considérables par leur âge , & par leurs mœurs. (Moïse fit assembler les Anciens du peuple, & leur exposa ce que le Seigneur lui avoit commandé. Port- Royal , Exode , chap. ig. Vous irez, vous & les Anciens, vers le Roi d’Egypte. Port-Royal, Exode , chap. Z. -v. 18. ) , ANCIENS , f m. [Primons .] C’etoient des personnes d’une probité reconnue que Messieurs de la Religion , du tems qu’ils demeuroient librement en France, choisissoient entre eux pour prendre garde aux intérêts de leur Religion, & faire observer la discipline par tous ceux du parti. (Le nombre des aneiens étoit réglé. Le Roi défendoit aux Anciens des Consistoires de France , de soufrir aucun Catholique Romain dans leurs Temples. Voïez l’Edìt de Louis XIV. de 1680.) ANCIENNES,/./. [Senioresf\ Religieuses qui font depuis long-tems aú Couvent, & dont on prend les suffrages pour les choses qui regardent le bien de la maison. ANCIENNEMENT, adv. s Priscé .J Autrefois. (Anciennement on vivoit dans le monde avec plus de franchise.) ■ ANCIENNETE', / / [ Antiquitm % ] Le long tems qu’une chose a subsisté, (/'ancienneté des maisons est une marque de leur noblesse.) ANCIENNETE'. [ Vetujìas .] Terme qu’une personne est reçûë dans une charge, ou dans une compagnie. (L’ançienneté régie les rangs.) ANCOLIE , / f- [ Aquilegia .J Fleur bleue , blanche , panachée, ou qui tire fur la couleur de chair, & qui fleurit en Mai. (Ancolie panachée.) í ANCONEUS ,/ m. Terme d’ Anatomie. On donne ce nom à un des muscles qui fervent à étendre le coude. II prend son origine de /extrémité de l’os du bras, & se joint à la partie postérieure & latérale du coude. ANCRAGE , / m. [Jaciendœ ancora locus.~\ Endroit de la mer propre à jetter l’ancre. (L’ancrage est bon.) í ANCRAGE. Ce mot signifie aussi le droit qu’on paye pour avoir la permission d’entrer dans les ports & les Havres. , ANCRE , / f. [Atramentum.J Composé noir & liquide dont on se sert pour écrire. (Ancre luisante. ANCRE pour imprimer. Composition de noir d’A- lemagne , de térébentine, d’huile de noix, de lin, ou de navette. t ANCRE de. la Chine. Espece de noir de fumée réduit en petites tablettes, dont les Chinois se servent pour écrire, après savoir détrempée avec de seau. On Temploie en Europe à dessiner. ANCRE pour imprimer les taìlles-àouces. Composé de noir & d’huile claire & forte. * Ecrire de bonne ancre. [Enixè commendare. J c’est-a-dire , de bonne façon, fortement. ANCRE- [Ancora.J Terme de Mer. Instrument de fer qu’on jette au fond de seau pour arrêter les AND navires. ( Jetter l’ancre. Etre à l’ancre. Lever l’ancre.) ' & J e crois qu’il faut écrire anchre. Ce terme est féminin. On s’en sert pour marquer dans les médailles, une victoire navale. ANCRE. Terme de Serrurier. Barre de fer, droite, ou faite en S, qui tient les encognures des grands murs, & qui sert à afermir les murailles. * ANCRE. [ [Réfugiant. J Recours. (La paroisse n’est que comme une dernière ancre. Patru, plaid. 8.) ANCRE', ancrée , adj. [Ancoratus.J Qui se dit des croix & des sautoirs, dont les bouts se divisent en deux, & sont tournez comme les pâtes d’une ancre. ANCRER , v. n. f Ancoram jacere. J Ternie de Mer. Ce mot est toujours neutre, & est peu usité. On dit en fa place jetter Vancre , mouiller l’ancre, ou amoúiller. _ On dit aussi laisser tomber sancre, mettre le vaisseau fur le fer, &c. (Nous ancrâmes en cet endroit-là.) ANCRER, o. ct. [Atramento imbuere. J Terme d’Itn- primeur en taille-douce. C’est faire entrer le noir avec le tampon fur la planche qui est gravée. (Ancrer une planche.) ANCRER , v. «. Terme d 'Imprimeur en lettres. C’est prendre de sancre sur les balles & en toucher la forme. (Ancrer une forme.) Ancrer , en ce sens, à vieilli, on dit toucher une forme. Voïez toucher. ANCRER , v. n. Terme d 'Imprimeur en lettres. Ce mot d 'ancrer se dit des lettres, & lignifie prendre bien l’ancre. (Voilà une lettre qui ancre bien. Cette lettre n’ancre pas comme il faut.) * S’ANCRER, v. r. [Sedem Jìgere a/icubi.j] Je m’ancre, je me fuis ancré , je ní ancrerai. S’étabíir. (II est bien ancré dans la maison.) ANCRIER , / m. [Vafculum atramentarimn .] Verre qu’on met dans le cornet de certaines écritoires, dans lequel on met sancre & le coton. ANCRIER. [ Tabula atr amen t aria*. J Terme à’Imprimeur. Morceau de pierre , ou de bois qui est fur le derrière de la presse, & qui est médiocrement large, où l’on met sancre pour toucher les formes. t ANCRUR.E , / f. Terme de Tondeur de Draps, qui lignifie un petit pli qui se fait à sétofe que l’on tond, parce qu’elle n’a pas été bien tendue ou arrêtée avec les crochets par les lisières fur la table ou couíîin à tondre. Z ANCYLOZE , / f. Terme de Chirurgie. C’est l’union de la tête d’un os avec la cavité d’un autre os, dans laquelle cette tête est reçue. Lorsque l’hu- meur glaireuse qui humecte les jointures s’épailììt trop, par la cessation du mouvement d’une partie, Yancyloze se forme. Z AN HA, / m. Arbre du Brésil , qui produit une espece de gland, fort purgatif. L’eau où l’on fait tremper sécorce de cet arbre, a la vertu d’endormir toute sorte d’animaux. ANDABATES , / m. [Andabatœ.j Gladiateurs qui combattoient les yeux fermez. ANDAILLOTS,/ m. Terme de Marine. Anneaux qui servent à amarrer la voile qu’on met de beau tems fur le grand étay. AND AIN , / m. [Fcenifeae manu trames nudatus berbâ. ] Détendue qu’un faucheur peut couper à chaque pas qu’il avance. ANDOUILLE, / f. [Hilla. ] Quatre 011 cinq boïaux de cochon en double , acommodez avec du sel & du poivre , & couverts d’un gros boïau qu’on apelle la robe de l’andoùille. ( Andouille tendre & délicate. ) ANDOùILLERS , / m. [Cornu cervì. 1 Chevilles qui sortent des perches , ou du marrain du cerf, du daim & du chevreuil. ( Andouillers gros, longs & bien tournez. Sal.) AN DOUILLETTE 8, / f. [Farcimen ovatum.) Chair de veau hachée & roulée ordinairement en ovale. ( De bonnes andoiiiliettes. ) ANDRE' , J- m. [Andréas .2 Nom propre d’hom- me; il vient du Grec & lignifie courageux. ( Saint André est le patron d’Ecosse ; & le jour de sa Fête, la plupart des Gentilshommes du Pais portent une croix bleue & blanche fur leur chapeau, & cette croix est de ruban. André Akiat étoit de Milan, illustre dans les belles lettres & dans le Droit qu’il enseigna à Bourges. ANE ges. II vivoit du tems de François I. & de l’Empereur Charles-Quint, desquels il fut considéré. M. Teijsier, éloges des hommes favans , i. p. ) » ANDROGINE, / m. \_Anàrogìnw, Hermaphrodisme Hermaphodite qui a les deux natures de mâle & de femelle. Les Astrologues apellent planettes An- drogynes , celles qui font tantôt chaudes & tantôt humides comme Mercure. ANDROMEDE,/ m. Terme d ’Astronomie. C’est Tune des vingt-une constellations septentrionales. ANDROSACES , / / Plante qui vit dans l’eau , & qui croît fur les rochers. On l’apelle en quelques endroits , nombril marin. II y en a une autre espèce. l\NDRQS/EMUM,f f. Plante qu’on apelle autrement toâ faine, qui a les feuilles, & les fleurs jaunes. ANE, ou asne. f m. On écrit comme l’on veut ; mais la lettre /', ne se prononce pas. En Latin astnns. Animal ordinairement de poil gris, lent, patient, avec de longues oreilles & de grosses babines, & qui ne sert qu’a porter. (L’âne vit env.iron trente ans. Jonston.... II n’y a point d’ánes en Suéde, en Danemarc, en Norvège, en Laponie , ni en Pologne , parce qu’il y fait trop froid. 11 est méchant comme un Une rouge. Cela signifie que celui dont on parle, est méchant comme un diable. II va comme un âne débuté; ç’est-à-dire , qu’il marche très-vîte, & va du pié comme un basque : car l’âne qui n’a ni bât ni fardeau, va assez légèrement. A laver la tête d’un âne , on y perd fa lejjtve. C’est se tuer inutilement à instruire un sot , ou une sots , & l'on y perd son honneur & son tems. f * II y a plus d'un âne a la foire qui s’apelle martin ; cela signifie qu’il y a plus d’une personne qui porte le même nom. ) ^ On apelle contes de peau d’âne, les contes fabuleux dont on amuse les enfans ; & pont aux ânes, une défaite, une solution triviale que les ignorans emploient quand on les presse, pour í'e tirer d’embarras. ANE sauvage , f. m. f Qnager. ] Quelques-uns ■ disent qu’il est blanc, & d’autres marqueté de blanc, & souvent de toutes couleurs, bleue , jaune, verte , noire & blanche. Tachard, volage de Siam, l. i. page 91. II y a bien des ânes sauvages dans les deserts d’Afrique. L’âne sauvage se nourrit d’herbes, de choux. Sa moile est souveraine , on croit qu’elle guérit de la goûte. L’âne sauvage est si vite, qu’il n’y a que les Barbes qui le puissent atraper. Opiam, traité de la chasse , l. assure que Fane sauvage est extraordinairement joloux. Le mâle aime à être suivi de plusieurs femelles. Quand l’ânesse met bas, fi c’est une femelle, l’âne caresse cette petite. Sí c’e§ un mâle, il se jette sur ce pauvre petit , & lui coupe les parties naturelles avec les dents. * ANE ,f m. f Stupidw. J Ce mot, au figuré, se dit des personnes & veut dire , ignorant, sot qui ne fait rien. ( 11 y a bien des ânes de qualité. Tout est plein d’ánes de bonne maison. Un Prince qui n’est point lettré , est un âne couronné. Mézerai, Histoire de Frange , tome 2. Louis IV. sjf Le mari batu par sa femme, est mené publiquement sur un âne, pour marquer fa fol blesse & sa honte. Coquillart, pag. 10. Et Je cejìe femme a touché Son mary, il chevauchera L’afne tout au long du marché, Amjì chacun fe moquera. Je ne sçaurois croire que la figure de cet animal que l’on volt au bout d’un bâton fur lequel une femme s’a- puïe, dans une médaille de l’Empereur Decius , soit celle d’un âne. Cependant Tristan , dans son tome second , pag. ;8i- tâche de persuader que l’âne a toutes les qualitez d’un bon soldat: ,, 11 est, ( dit-ìl, ) con- ,, stant, fans peur, patient, souple & obéissant ,• ainsi ,, on portoit sa tête devant les troupes , pour les faire „ souvenir de l’obéïssance qu’ils dévoient à leur Chef, ,, & pour leur marquer, qu’il seroit très-honteux à ,, eux , qu’ils fussent moins fermes & moins inébran- ,, labiés pour tenir bon contre les ataques, que cet a- „ ni mal. ,, Voilà un éloge à peu près semblable à celui de la Fièvre & de la Folie. L’âne est le simbole de la paresse & de la stupidité : mais on ne l’a jamais proposé pour le modele de la valeur , de la hardiesse & de la fermeté dans les dangers. J’ai remarqué que l’âne entroit dans plusieurs proverbes , dont Suidas a raporté celui- ci , cr©- riçòí ctuÀoi', l’âne au son de la flûte, pour ANE 101 marquer, ( dit-il ) une personne indolente , qui n’est propre à rien, parce que l’áne est un animal stupide , comme fi l’on disoit, cet homme est. aussi peu sensible à ce qu’il volt, ou à ce qu’il entend , qu’un âne au son de la lyre. ,, J’ai beau (dit Ariitene, liv. 1. ch. 17.) „ lui faire connoìtre ses défauts , elle méprise mes di- „ scours comme un âne , le son de la lyre , & se moque ,, de mes conseils. ,, Enfin , il ne faut que jetter les yeux fur le type , pour reconnoître que la tête, qui est au bout d’un bâton , n’est point celle d’un âne. * ANE, f. m. Terme de Relieur. Espèce de cofre où tombent les rognures des livres : âne en ce sens est figuré. Des Relieurs qui rafinent, font scrupule d’apeller ce cofre un âne , & ils le nomment un porte-prefje, parce qu’il porte la presse. A. cela que dire ? mais le gros des Relieurs de Paris, apelle ce porte-presse un âne; & ils disent : ( II y a trop de rognures dans cet âne ; il le faut vuider , ôtez les rognures de cet âne , mettez la table fur l’âne avec la pierre à parer , & achevez ces livres.) jf ANE. Espece d’étau , dont les Ebenistes, les ouvriers en marqueterie & en pierres de raport, se servent pour tenir leurs bois & leurs pierres, lorsqu’ils veulens ou les refendre , ou les contourner à la scie » suivant les desseins de leur ouvrage. ANEANTIR , V. a. f Ad nihilum redigere , dele- re penitw.~\ Détruire , ruiner , perdre, consumer entièrement. Ils tâchent d’anéantir la morale chrétienne. PaJ'c. I. 17. Le Seigneur anéantit ceux qui recherchent avec tant de soin ses secrets de la nature. Port- Royal, IJ’aye, chap. go. Son soufle vient perdre & anéantir la nation. Port-Royal, Ifaye, chap. 25. Les Atées ne sauroient anéantir l’impreision générale d’une Divinité que la vue du monde forme naturellement dans tous les hommes. Nicole, estais de morale, t. 2. On ne sautoir entièrement anéantir une substance. Roh. Phif. C’est en vain qu’on s’éforce de prouver que .nous anéantissons le sacrifice de la Croix. BoJJuet, DoHríne de íEglise, chap. 1;.) S’ANEANTIR , v. q. s Ad nihilum redigì , dekri penitm .] Je rd anéantis , je m’anéantis bis , je m’anéan -. ti , je me fuis anéanti. C’est se détruire , c’est se consumer entièrement , c’est se ruiner. ( Tout à la fin s’anéantit. Main. Poèf S’ANEANTIR , v.r. [ Abjìcere fe.j] C’est s’humiiier avec un profond respect , c’est rentrer dans son néant. (Les Saints s’anéantissent continuellement en la présence de Dieu , Nicole, estais de morale, t. ANEANTISSEMENT, J. m. [ ExtinHioJ Abolition,, perte, destruction totale , ruine entière. (Un afreux, horrible , un entier anéantissement. Après avoir distingué la nature des deux sexes, Dieu y a établi des bornes éternelles qui ne peuvent être violées fans la ruine de l’Univers & l’anéantissement du genre humain. Abl. Luc. t. 2. amours... Les Anciens regardoient la mort comme un anéantissement qui les dajivroit de tous leurs maux. Fleuri, mœurs des Chrétiens, chap. J. ANEAU ; voyez ANNEAU. ANEANTISSEMENT , f. [Sut contemptusJ] ( Ce mot au figuré signifie humilité. ( Etre dans l’anéan- tíssement.) II est dit dans la Vie de Dom Barthelemi des Martirs , pag. 197. Le saint Concile a ordonne que les anciens Décréts, qui font presque tous dans\’d.né- antissement , soient renouveliez. Le P. Bouhours prétend , dans ses Doutes , qu’il seroit beaucoup mieux dit, qui font presque tous abolis. II est vrai c yd abolis est plus précis ; & ou l’Histoire secrète de la Maison deMé- dicis.) ANELE'; voyez ANNELE'. ANE'MONE , f.s. [ Anémone .] Ce mot vient du Grec ávifjtmn , qui lignifie vent. Les Grecs apellent anémones , les fleurs qui durent peu & que le vent emporte fans peine. L’anémone est une fleur blanche, bleue ou rouge, qui fleurit en Décembre , en Janvier , Février, Mars , Avril & Mai. L’anémone est venue des Indes aux François , & elle leur fut, il y a environ 40. ou 45. ans , aportée par Monsieur Bachelier , fameux fleuriste. ( Anémone íìmple, double, anémone commune , extraordinaire , rare, grosse, anémone bien garnie , anémone brune, bizarre, anémone lustrée , nuancée , panachée, pommée. L’anémone terne n’est point estimée. Anémone qui a un coloris brillant , anémone qui a un charmant coloris. O11 dit , la Panne de l’anémone , la pluche de l’anémone , le vase d’une anémone , ou le calice d’une anémone , le cordon de l’anémone , la culote de l’anémone , la tige de l’anémone. Plus l’anémone est belle , & plus elle demande de foin. L’anémone doit être plantée dans une terre particulière. On plante l’anémone à la mi-Octobre , ou à la mi-Septembre. Cultiver, élever, gouverner des anémones. Voyez la connoijfance des anémones , c. 1. 2. 3. 4. ëî? ?• L’anémone est parfaitement belle , lors que le calice ou le vase , le cordon & la pluche sont de diférente couleur.) ANEMOSCOPE,./: m. £Anemoscopìum.-] C’est un nom que M. Gtiérik de Magdebourg a donné à une machine de son invention qui fait connoître le changement de l’air & du vent, le beau ou le mauvais teins, deux ou trois jours avant qu’il arrive. C’est un petit homme de bois qui s’éieve ou s’abaísse dans une colonne de verre où il est enfermé. M. Corniers prétend que ce n’est autre chose que l’aplication du baromètre. Voïez ce qu’il en a dit dans le Mercure galant du mois de Mars 168?. * ANERIE , f- m. [AJinina Jìoliditasà] II est toujours figuré. C’est une ignorance crasse , une ignorance grossière , une ânerie condamnée de tout le monde. (C’est une grande ânerie que de faire de si lourdes fautes. Hé bien , coquin, voilà de tes âne- ries. Molière , Comtejse. On est déchaîné à Grenoble contre les àneriels du pauvre bon homme Thomas de Lormes, on le fille , & on le berne.) ANESSE , s.s. £AJlna.j\ C’est la femelle de I’âne. ( One jolie ânesse , une bonne ânesse. Lorsque l’â- nesse a été couverte de l’âne & qu’elle est pleine, elle est treize mois avant que d’anoncer.) ANESSE , s. f. [Stupìda.'] Au figuré, il se dit de la femme , & veut dire qui ne sait rien , qui est ignorante. (C’est une petite ânesse , c’est une grande ânesse, f ANETH , f. m. [ Ânethum. ] Herbe qui ressemble au fenouilses fleurs sont jaunes & en bouquet ; fa semence est plate ; ses tiges sont hautes & bran- chuës , fa racine courte & peu chevelue. ANEVRISME , f- m. (j Tumor ex sanguine aut ex arteriarum remijjìone excrescens. ] Terme de Chirurgien^ Tumeur qui vient de ce qu’en saignant on a piqué une artère. (Traiter l’anevrisme. Guérir l’a- nevrifrae , empêcher qu’il ne se fasse un anevrisme. Voyez l’art de saigner , c. 2,2.) ANEXE, s. f. Ce mot vient du Latin annexrn. Ce qu on ajoûte a une chose. Les anexes qu’un testateur fait de son vivant à l’héritage qu’il a légué, sont comprises dans les legs. Patru , plaidoyer 4.) . ANEXE , f f. [ Ecclejta altérs adjunfía.] ’Ce mot se dit d une Eglise qui est unie à quelque paroisse. (Une bonne Anexe , c’est une Anexe qui augmente de beaucoup le revenu de la Cure.) ANEXER ou annexer , v. a. 11 semble venir du Latin annefíere C’est unir , c’est joindre une chose a une autre. , ( Le K01 Charles VIII, anexaen s Agé. la Provence .a la Couronne.) ANG ANFRACTUEUX , adj. nu lAnsraffibus ínter . Tuptus .] Terme de Médecine , qui se dit des conduits qui font plusieurs tours & détours irreguliers. (Les conduits de l’oreille font fort anfralíueux.) On dit aussi ansraclunpté. Les animaux qui ont plus cl’an- fractuositez dans le cerveau , ont plus de sagacité que les autres. ANG A R , s m. f Teffum declive U pVis nixum .] C’est une forte de toit qui prend un peu au dessous de l’entablement de quelque édifice , & qui est soutenu par quelques poteaux fous lesquels on met du vin ou autres choses. ( II y a divers angars dans les halles au vin de Paris. Les angars sont aussi apellez apentis. 11 vient du mot Alemand angen.) ANGE , f m. 11 vient du Grec. En Latin Angélus. Esprit créé , qui n’a nul raport au corps. Esprit céleste qui anonïe les ordres de Dieu. Joseph ayant résolu de quiter Marie , un Ange du Seigneur lui apa- rut en songe. Port-Royal , S. Mat. chap. 1. LE BON ANGE , ou Ange gardien. £ Angélus cujìos.l C’est celui qu’on croît que chacun a durant sa" vie pour le garder & le préserver de mal. ( 11 n’y a personne qui n’ait son bon Ange. II n’y a personne qui n’ait son Ange gardien.) Mauvais Ange. [ Cacodamm. 3 Démon qui tâche toujours à faire sucomber la personne qui vit dans la véritable crainte de Dieu. ( On ne doit point écouter le mauvais ange , il tente & porte au mal, &ne songe qu’à la perte du Fidèle qu’il tente.) ANGE de ténèbres. [ Angélus tenebrarum. J On apelltì aussi de ce nom le mauvais ange, & celui qui nous solicite au mal pour nous perdre. ( Nôtre premier Père écoutant le conseil superbe que lui donna l’An- ge dc ténèbres , viola la loi qui lui avoit été donnée. Port-Royal , poème de Saint Profiter,, chap. 27. ANGE , f. m. Au figuré, il se dit par excélence, des hommes qui ont des qualitez extraordinaires. ( Saint Thomas est Y Ange de l’école. Pqfi. I. 2. C’est une société d’hommes ou plutôt d’anges. Pasc. I. ç.) f ANGE , f. m. Nom dont les Poètes amoureux, ou les amans galans apellent leur maîtresse. Je vous adore , mon belange ; & plûtôt mourir que d’avoir le malheur de vous déplaire.) A la fin mes vaux font cosstens, Amour a ramené mon Ange. Théophile, Poésies. Qn me dit qu’à la fin toute chose se change, Et qu’avec le tems les beaux yeux de mon ange Reviendront m’éclairer. Malherbes, Poésies , l. 7. £ On dit prov. d’un niais, qui rit fans sujet, qu’il rit aux anges. On dit aulsi d’un fanatique, qui a des visions creuses , qu’il voit des anges bleus. $ ANGE. Terme de Marine. C’est un boulet de canon , fendu en deux , & dont les moitiez sont ata- chées par une chaîne de fer. On se sert sur mer de ces boulets, pour rompre les mâts , les cordages & les manœuvres des vaisseaux ennemis, Aubin. f ANGE. [Squatina .] Sorte de grand poisson plat, qui ressemble à la raie. Sa peau est fort rude , & on l’emploie à polir le bois & l’ivoire. . $ ANGE. Petit moucheron , qui naît du vin & du vinaigre. î ANGE. On apelle Lit d’ange , une forte de lit qui n’a point de colonne , & dont les rideaux sont suspendus au plancher. f ANGE. On nomme aussi eau d’ange une eau d’une odeur agréable , faite avec des fleurs d’orange, de la canelle, & d’autres Drogues odoriférantes. ANGEI 0 GRAPH 1 E , f m. ■[ Angeigraphia.~\ 11 vient du Grec. C’est la description des poids , des vases, des mesures & des instrumens pour l’agriculture.... L’angéiographìe est vaste , étendue & épineuse. Ferrari , Albert Rubens, Wormius & Sonetius ont écrit de P Angiographie. Voyez Spon , voiage de Grèce. ANGE'LlQjUE , adj 11 vient du Latin ange/icus, & signifie qui apartient à l’Ange , qui regarde l’Ange. ( Etat Angélique , nature Angélique.) f La salutation angélique , c’est ì’Ave Maria. * ANGE'LIQUF., adj. [Mirificm , egregius.j\ Au figuré , il veut dire excélent, rare par excélence & par ses grandes qualitez. ( C’est un esprit angélique.) ANGE'LIQUE , f. f. Nom de femme. ( L’Angélique de l’Arioste est fameuse par sa beauté.) AN- ANG ANGE'LIQUF., s- f. Instrument de Musique à seize cordes , qui s’acorde par sons continus , à la maniéré du claveísin. (Une bonne angélique , une angélique bien faite. Acorder l’angélique , monter l’angélique. Les parties de l’angélique , ce font la table, la rose, 1e chevalet, le bouton , les barres , îe corps , les côtes , le manche, la grande tête , la petite tête , le filet, les cordes , les touches, la poulie. Vignot excéíent joueur d’Inftrumens , est fun des premiers qui ait joué de l’angélique à Paris , & qui lui ait donné cours en France.) ANGELIQUE ,sf. [ Angelicad] Plante qui a une tige haute de trois coudées ou environ. Elle a les feuilles larges & dentelees , les fleurs jaunes & la graine ronde, plate & odoriférante. DaJ. ANGE'LIQUE , s. f. Sorte d’anémone blanche à plucbe gris de lin. f ANGE'LIQUE , / s. Liqueur agréable , ou hypocras fait avec quelque vin exquis. * ANGE'LIQUEMENT , adv. [Mìrisicè , egregiè.] II n’est usité qu’au figuré , & même il ne l’eíí guére. II veut dire d’une manière qui tient de l’Ange à cause de son excéience. ( Vivre angéliquement, ou plutôt mener une vie angélique.) ANGELOT , s rn. [ Angelotm caseus .] Petit fromage rafiné qu’on apelle angelot à cause de son excéience , & qui veut presque autant dire que si l’on di- foit petit ange en comparaison des autres fromages, parce que bien des gens le croient le meilleur de tous. (L’angelot est bon , & n’est pas cher.) £ ANGELOT. Monoïe d’or frapée en Angleterre. On l’à nommée Angelot , de la figure d’un Ange représenté fur l’empreinte d’effigie. II est du poids de quatre deniers trebuchans , & tient de fin vingt-trois carats trois quarts. On a aussi battu en France des Angelots d’or, qui portoient dans l’empreinte d’effi- gie un S. Michel tenant une épée d’une main, & de vautre un écu chargé de trois fleurs de Lys , avec un serpent sous ses pieds. - ANGELUS , f. m. Tintement qui consiste à neuf coups de batant de cloche frapez trois à trois Fun âpres l’autre, & trois petits intervales. ( L’angeltts sonne, il faut dire ses prières. Vangelm va sonner. Uangelm vient de sonner. ANGELUS , f. m. Prière qu’on fait à six heures le matin , à midi, & le soir fur les six heures áu tintement de la cloche de quelque Eglise. ( Dire Yan- geim.) ANGE MALE , ou angine. Terme de Blason , qui se dit d’une fleur factice qui a six feuilles, & qui quelquefois font percées. ANGER ,».«.[ Vexarc , angere. ] II n’est d’u r sage qu'en parlant familièrement, qu’en raillant, ou qu’en témoignant quelque colère. II signifie emba- raffer , incommoder. Vôtre père se moque - t’il de vouloir vous . anger de l’Avocat, &c. Mol. Pourc. í ANGHIVE , s M. On apelle ainsi deux efpe- ces d’arbre de l’Ile de Madagascar. Le fruit du grand anghive est gros comme un œuf de poule , & fort bon à manger. Les racines du petit anghive fervent dans la Médecine contre la gravelle & l’ardeur d’u- rine ; son frit est de la grosseur des groseilles. ANGLE , s ni. II vient du Latin anguhu , Terme de Mathématique. L’eípace enfermé entre le contour indirect de deux lignes fe joignant en un point. (Un petit angle , un grand angle , angle droit, obtus , ou aigu , angle fait par des lignes courbes, angle saillant, angle rentrant , angle emporté , coupé , incliné. Angle solide , angle composé, angle rectiligne, angle flanqué. Elever une ligne sur un angle donné, diviser Fangìe donné, faire un angle, former un angle.) jíf II ne fera pas inutile d’expiiquer en détail toutes les efpeces à'angles. L ’angle fe forme par la rencontre de deux lignes en un même point. ANGLE droit , est celui qui fe forme par la section de deux lignes perpendiculaires Fune à l’autre. On l’apelie aussi irait quarré , ou d’équerre. ANGLE obtm , ouvert , ou gras , est celui qui est plus grand que le droit. ANGLE reftiìigne , celui qui est fait par le concours de deux lignes droites. ANGLE curviligne , celui qui fe forme de la rencontre de deux lignes courbes. ANGLE mixtïtigne , celui qui est formé d’une ligne droite , & d’une courbe. ANG 103 ANGLE saillant ou extérieur , & rentrant ou intérieur. ANGLE au sommet , celui qui est opofé à la bâfe d’un triangle. ANGLE de Paveur, c’est la jonction de deux revers de pavé , laquelle forme un ruisseau en ligne diagonale dans Fangìe rentrant d’une cour. ANGLES de defenjh , ce font les éperons que l’on met devant les pilés d’un pont, & que l’on nomme aussi avanbec. Toutes les fortifications fe règlent par des lignes, & par des angles. Les principaux angles font, Van* ele de la figure , V angle du centre , F angle flanquants Y angle flanqué , & Y angle diminué. Tous les angles font sailìans , ou rentrans , visibles , ou invisibles. Les sailìans font ceux qui s’avancent vers la campagne ; & les rentrans , ceux qui fe retirent en dedans. Les angles flanquez des bastions , & ceux de l’é- paule, font visibles , de même que ceux des demi- lunes & autres dehors. Les angles de la figure du centre , fianqúans U diminuez , font invisibles, & ne servent que pour la construction. En fait de guerre , émouffer les angles d’un bataillon , c’est en retrancher les quácre encognures , & faire ern. forte que les chefs de files , & les ferre-files des angles forment , par leur disposition , un angle obtus, aprochant d’une feule ligne droite ; ce qui change le bataillon quarré en un bataillon octogone , & donne moïen de présenter les armes par tout, & de faire feu de tous cotez. ANGLE-PLAN , est le concours de deux lignes quî fe rencontrent en telle forte fur un même plan , que si elles étoient prolongées , elles fe couperoient. L’ANGLE-PLAN signifie un angle formé fur une surface plate ; ce qui le distingue de Yangle Jphérique décrit sur des surfaces convexes, ou concaves. ANGLE du centre, c’est, en matière de fortification , celui qui est formé au milieu d’une figure , ou d’un poligone , par deux raïons ou demi-diamétres, qui, sortant du centre , viennent fe terminer aux deux angles de la figure les plus proches Fun de l’autre. Guiilet , arts de l’homme d’épée. ANGLE de la courtine , ou angle du flanc , est celui qui est compris par un flanc & une courtine» ANGLE de l’épaule , c’est celui qui est formé parla face & par le flanc du bastion. ANGLE flanquant, ou de tenaille , est celui qui est formé devant la courtine , par les deux lignes de défense razante. flanqué , ou pointe de bastion, est le concours des deux faces d’un bastion. ANGLE de la figure , ou angle de poligone , est celui qui est fait par la rencontre des deux cotez de la figure. ANGLE mort, angle de tenaille , ou angle rentrant, est celui qui porte fa pointe dans le corps d’un ouvrage. ANGLE vif , angle saillant , ou angle sortant , est celui qui porte fa pointe, ou son coude au-dehors d’un ouvrage. ANGLE', E'E. adj. [Crux cujus ex angulis lilia. prodeunt. ] Terme de Blason, qui fe dit d’une croix ou sautoir, quand il y a des figures mouvantes. (La Croix de Malthe des François est anglée de quatre fleurs de Lys.) ANGLET , s. m. Terme d ’ArchiteHure. Petite cavité feuillée en angle droit, comme font celles qui séparent les bossages ou pierre de refend. ANGLEUSE, adj. [Nux'lignasa.] Epitéte qu’on donne aux noix qu’on ne peut détacher de leurs coques qu’avec beaucoup de peine. (Noix angkuj'e.) ANGLICAN, anglicane, adj. [ Anglicanm.] 11 semble seulement usité au féminin. II se dit de l’Eglife des Anglois , & veut dire qui regarde F Angleterre. (Défendre l’Eglife Anglicane. On tâche à détruits la Religion Anglicane ; mais en vain. Plusieurs ont traité des libériez de l’Eglife Anglicane , & de FE- glife Gallicane.) ANGLICISME , s. m. [Anglicismuist Façon ds parler Angloife. Les Anglois & ceux qui lavent bien l’Anglois , font sujets à faire des anglicismes , lors qu’ils parlent François. ( Ce qu’il écrit en François, est plein d’anglicismes. C’est un pur anglicisme. Tomber dans les anglicismes,) ANGLOIS, f m. f Angliie idioma. ] Langage dont ï04 ANG dont se servent les Anglois pour exprimer leurs pensées : le fond de l’Anglois est Saxon & François, & c’est une très-belle langue. On y trouve toutes fortes de morts pour s’exprimer avec beaucoup d’éner- xie. ( Aprendre l’Anglois, entendre l’Anglois , parler ÏAnglois , savoir l’Anglois. Alontrer l’Anglois.) íf Autrefois, on apelloit Anglois, certains créanciers fâcheux & persécutans leurs débiteurs. II y a à Lyon une rue fort obscure & détournée, que l’on apel- íe la rue fauve-l’Anglois, parce qu’un débiteur volant de loin son créancier, se jettoit dans cette rue pour l’éviter. Le Poète Crétin a dit : Et aujourd’hui je fait solliciter Tous mes Anglois, pour mes dettes parfaire. Et Marot: Un bien petit de prés me vents prendre Pour vous payer, çsf Ji devés entendre Que je ne vy oncques Anglois de vojire taille , Car à tous coups vous criés , baille, baille. Pasquier, liv. 8- ch. 7. nous aprend l’origine de cette faqon de parler : ,, En cas semblables, quand le „ peuple, pour un créancier, apelle un homme, An- „ glois, qui est celui auquel il ne tombe soudain en „ ì’entendement, que l’Anglois prétendoit avoir fait ,, plusieurs convenances d’argent avec nous, qui ne „ fui avoient été acquittées? „ Voïez le mime liv. eh. 47. ANGOISSE,//- [AngorJ Mot un peu vieux pour dire une douleur amére. (Les songes le fa isolent rire dans les angoisses de la mort. Voit. lett. am. Voilà un vilain dans de furieuses angoisses. Mol. fourb. Leur salut est en danger dans cette terre de tribulation & d’angoisse. Patru,plaìdoié 3.) Montaigne a dit : „ la vûë des angoisses d’au- ,, trui m’angoisse matériellement ; un tousseur conti- ,, nuel irrite mon poumon & mon gosier; je saisis le „ mal que j’étudie, & le couche en moi. ,, Ce mot est vieux il étoit fort à la mode au tems de Malherbe : II est bien assuré que /'angoisse qu’il porte. Et ailleurs: En ces propos mourans ses complaintes se meurent, Mak vivantes fans fin, ses angoisses demeurent. Poires d’Angoisse. [ Pirum anginam premens. ] Sont des poires de mauvais goût qui prennent à la gorge, que Ménage dit avoir été ainsi nommées d’un vilage qui est en Limosin, du même nom où elles furent trouvées l’an 1094. Poires d’Angoisse, est aussi une efpéce de cadenas qui s’ouvre par un ressort, & qu’on met dans la bouche d’une personne pour l’empêcher de crier au secours, ou pour la forcer à donner son argent. £ On dit fig. Avaler des poires d!angoisse, pour dire, avoir de grands déplaisirs. f ANGOURE de Lin. f Angina Lini. ] Espece d’Epithym , qui croît sur la plante dont on fait le lin. Les Epiciers-Droguistes l’apellent ordinairement Cuscute. ANGUICHURE , / / Terme de Chasseur. Bande de cuir qui est attachée par un bout au pavillon du cor, & par î’autre à une boucle du corps du cor , & que celui qui veut porter le cor, fe met en forme de baudrier. (Une anguichure trop longue, trop courte, trop étroite. Couper une anguichure. Atacher l’angui- chure. Mettre l’anguichure.) t ANGUILLADE, s f Fouet avec des peaux d’anguille. (Donner Fanguillade. Reg. fat. g.) ANGUILLE, / / [Anguilla J Poisson d’eau douce qui a la chair gluante, visqueuse, qui est long, glissant, sans écailles, qui est couvert de peau, qui a (a bouche assez grande , & garnie de petites dents avec deux nageoires auprès des oùies. Rond. H On dit prov. & fig. d’un homme qui a peur fans sujet, il ressemble les anguilles de Melun , il crie avant qu’on l’écorcbe. Lorfqu’il y a quelque chose de caché dans une intrigue, on dit il y a anguille fous roche : Sc quand on commence par où il fau droit finir, on dit, cet homme écnrche P anguille par la queu'é. $ ANGUILLE. Terme de Manufacture d’étofes de laine. 11 signifie les bourlets ou faux fils qui fe forment aux Draps en les foulant, lorsque les Foulons ne font pas assez attentifs à visiter leurs pilles. ANI ANGUILLERS, ou anguillées. Ternie ûcMari- ne. Canaux qui règnent à fond de cale à côté de la carlingue, pour conduire les eaux à la pompe. ANGULAIRE , adj. qui est à angles. (Côte angulaire.) II vient du Latin angularis. * PIERRE ANGULAIRE. Ces mots , au figuré, marquent Jéfus-Christ. (Us rejettent cette pierre an - gulaire, cette pierre choisie que les Juifs ont rejettee. Port-Royal, Saint Profoer, ch. 57. Je m’en vais mettre pour fondement de Sion, une pierre angulaire. Port- Royal, IJdie, c. 28- í ANOUSTI CLAVE , / m. Robe que portoient les Chevaliers Romains. Celle des Sénateurs s’apel- loit Lati-clave. Danet. ANICROCHE,// [Obex, ansa. 3 Certaines défaites dont on fe sert pour se dédire d’un marché ou de ce qu’on a promis. (Cet homme trouve toujours quelque anicroche. Ce mot est bas & populaire. ANIER, OU asnier, s. m. [Afonarius. 3 On l’écrit de l’une ou de l’autre façon ; mais on ne prononce point la lettre/: c’est celui qui garde des ânes, ct qui en a foin. C’est aussi celui qui a des ânes, qui les nourrit, qui les conduit au marché, chargez de marchandises, qui les loue à ceux qui en ont besoin ; & qui fait son profit du lait des ânesses qui lui apartien- nent. (Un rude ânier, un méchant ânier.) Un ânier, son sceptre à la main , Menoit, en Empereur Romain, Deux couifiers à longues oreilles. La Font. fab. /. 2. f ANIL , / m. Plante ou arbrisseau, dont les tiges & les feuilles servent à faire la Drogue apellée Indigo , dont les Teinturiers font un fi grand usage, à ê ANILLE , / / Terme de Blason. On apelle ainsi une figure en forme de deux crochets adossez & liez ensemble. On dit, porter d’azur à une anille d’argent, entourée d’une couronne de gueules. ANIMADVERSION, // [Animadverfio, ca- sìigatio. 3 Terme de Palais. Correction. (L’alléga- tion téméraire d’un fait fi faux, mérite l’animadver- fion de la Cour.) On le dit aussi en termes dogmatiques en parlant des notes qu’on fait fur les Auteurs. ANIMADVERSION, f Anìmadverfio, observation Se dit dans le dogmatique, pour quelques notes ou observations que les Critiques font quelquefois fur quelques Auteurs, comme les animadversions fur Pétrone. ANIMADVERSION , signifie aussi considération, remarque. La raison qui fut alléguée, méritoit quelque animadversion. II n’est point du tout en usage en ce dernier sens. _ ANIMAL , / m. [Animal.] Ce mot est tout Latin. C’est un Etre qui a du sentiment , & qui est capable d’exercer les fonctions de la vie par le moïen d’un principe qu’on apelle ame. (L’animal se divise en raisonnable, & en irraifonnable.) La femme ejì, comme on dit, mon maître, Un certain animal dificìle à connaître, Et de qui la nature est fort encline au mal, Et comme un animal efo toujours animal, Et ne fora jamais qu’animal en fa vie, La femme efi toujours femme, c. Mol. dépit amoureux, a. 4. fo. 2.) * ANIMAL, / m. [Stupidus.] 11 se prend figurément ct veut dire, une personne qui n’a ni esprit, ni sens commun. (Si j’en difois davantage, je définirois T. de L. Que pourroit-on faire d’un si malotru animal, si l’on n’en faifoit un fossoïeur ? Abl. Luc. t. 1. Arrêtez, animal, Iaissez-la monter. Mol. attique, fo. 2.) Mener n’esi rien qu’un animal, « Tout ce qu’il sait, il le fait mal, II 0fetsé quand il veut plaire. Richelet. Elle aime le plus sot animal, qui eut jamais la forme d’homme. Gomb. épìt. I. 1.) ANIMAL , animale, adj. Vient du Latin animalis, & signifie qui est d’animal, ce qui est opofé au bon sens & à la raison. (Esprit animal, sentiment animal, partie animale. Leurs connoissances ne chargent point cette maniéré animale de ne concevoir les choies que par les sens. Nicole, essais de morale, t. i.) ANIMATION , / / [Ammatio.] Terme qui fe dit ANN dit en Médecine , du tems où Famé est infuse dans le corps de l’homme. (L’animation- du fétus n’arrive qu’après quarante jours. Les fentimens font partagez là dessus ; car quelques Médecins prétendent que Panimation fe fait plûtôt dans un fétus mâle que dans une femelle.) ANIME, s s Terme de Pharmacie. (C’eftune gomme qu’on distingue en Occidentale & en Orientale ; celle-là fe tire par Fincision d’un arbre de la nouvelle Espagne ; celle-ci ressemble en quelque maniéré à la myrrhe. On F emploie dans les paralilies , & dans les catarres.) ANIMER , v. a. II vient du Latin animare. Donner Famé & la vie. (Dieu anima Fhomme d’un foufie de vie. Ami) * ANIMER. Rendre plus vif, échaufer, donner de la force, du feu & de la vigueur. (Animer une passion, un discours. Abl.) Les jeux & les amours qui voioient autour d’elle, Animaient ses asm N la rendaient p lus belle. * ANIMER, n. a. Rendre sensible. Je pourrois de ma plainte animer une souche. Gomb. Pois. * ANIMER, v. a. ['Rebm sensu carentibus animam eddere.] Terme de Sculpteur. Donner un air de vie. (Animer le marbre. * ANIMER , v. a. II se dit parmi les maîtres à danser parlant du pas, & signifie prendre un air plus vif en s’élevant fur la pointe du pié. (Alons Monsieur, courage, animez vôtre pas. * ANIMER , v. a. [ Incitare .] Encourager. Animer quelcun à la vengeance. Vaug. Quint. I. 8- Animer suivi d’un verbe , veut l’infinitif avec la particule à. (Animer un Prince à faire la guerre.) * S’ANIMER , v. r. [ Animarì , infiammari. J Je tn’anime, je me suis animé, je néanimai. Prendre courage de plus en plus. Faire paroìtre une nouvelle vigueur. Etre en colère. C’est un cheval qui s’anime de plus en plus. Etre animé contre quelqu’un. Abl. ret.) r , S’ANIMER. Prendre un nouvel éclat. ( Elle etoit animée d’une beauté capable d’être aimée. Voit. Pois) 4 ANIME', adj. On apelle, en termes de Blason, un cheval animé, celui qui est en action; on le dit même de fa tête seule, lorsque F oeil est de diférent émail. On porte d’or au cheval de sable, animé de gueules. ANIMOSITE' , s f. Odium. J Haine , aversion. (Leur animosité étoit grande contre le Roi. Vaug. Quint. I. 8.) ANIS, s m. [Anìsum.~\ II vient du Grec. Plante qui fleurit jaune, & fait une tige ronde, un peu canelée & creuse, avec plusieurs branches. (Anis qui commence à croître.) ANIS. Graine d’anis, blanche , un peu ronde, de fort bon goût, & qui est sèche & chaude. ( L’anis cru ou confit, pris après le repas, abaisse les vapeurs, cuit les cruditez & rend Fhaleine agréable. Semer de l’anis.) f ANIS ou Anil. Bois grisâtre , qui vient des Indes , & qu’on emploïe aux ouvrages de marqueterie & de tour. ANIVERSAIRE, adj. Terme d 'Eglise. D u Latin annhersariuf. Qui fe fait d’année en année au même jour. (C’est une fête aniverfaire. Faire une procession aniverfaire.) ANIVERSAIRE , s m. Terme d 'Eglise. , Service qu’on fait tous les ans pour un mort. ( Célébrer Fa- niveríaire d une personne. On donnoit autrefois tout son bien à FEglise pour se faire dire des aniverfaires. Fra-Paolo , des bénéfices, chap. y.) í ANKER- Mesure des liquides dont on sc sert à Amsterdam. Six Ankers font la barrique de Bour- deaux. f ANNA, f m. Petit animal du Perou, qui infecte par son odeur les lieux ou il couche. f^ANNABASSES. Couvertures ou pagnes, . a. [ Apparare , injìruere. ] Assortir. (11 faut apareiller ces choies.) APAREILLER. Terme de Bonnetier. Aprêter. (A- pareiller des bas.) APAREILLER, v. a , fOmnìa ad navtgandum compa - rare.'] Terme de Mer. Se préparer à mettre à la voile, (On apareilloit lors qu’il s’éleva une tempête. Vaug* rem. S’APAREILLER, v.r. [Paremjìbi adjungere.] Terme d’ Oiselier. Se joindre avec un pareil à foi. Quand la tourterelle a perdu fa compagne , elle île s’apareille jamais avec une autre.) APAREILLEUR, s. m. Terme de Bonnetier. Celui qui aprêce les bas , les bonnets & autre besogne. APAREILLER. [Apparator.] Celui qui a soin de tracer les pierres , & les marquer avant qu’on y travaile < APAREILLEUSE- fMulier amatoriorum commer - cìorum artìfex, lenafl] Terme qui se dit en mauvaise part, d’uné femme qui fait des intrigues & des commerces d’amour, & qui prépare les plaisirs des autres, Danet, AP AREN CE, s.s. íSpeàes, finúlitudo. ] Ton t ce qui aparoît. Signe extérieur par où l’on peut juger des choses. Sorte d’indice. (11 n’y a en cela aucune aparence de vérité, Abl. Donner tout aux aparences. Sauver les aparences. Abl. Toutes les aparences font contre lui. Patru, plaid. 11.) H APARENCE. On juge ordinairement des hommes dans les Cours des Princes, par les dehors & l’aparen- ce, ce qui est un grand défaut da:ls ceux qui font à la tête des afaires. Voïez le Tome I. du Polybe de Fohvrcl. APARENCE. [Phénoménal] Phénomène. (Expii- qiter les aparences de Mercure, de Venus,) APARENT, aparente, adj. [Clarus , evidens.] Qui paroît. Visible. (Bonheur aparent. II y a une infinité de défauts dans les vertus aparentes des hommes. Mémoires de la Rochefoucauld) APARENMENT, adv. [In jpecìem.] Sêlon les aparences. (Cela est aparenment vrai.) APARENTE' , aparentée, adj. [Affìnis.] Allé. Qui a des parens, Il est bien aparenté, Elle est bien a-, parentée.) APARESSER , V. a. [Stupidum facere.] Mot nouveau qui fait une maniéré de guerre civile entre les gens d’esprit. Si mcîn sentiment étoit de quelque considération parmi le monde spirituel, je me rangerors dù parti de ceux qui favorisent apareffer. Ce mot semble plus beau & plus expressif que mille autres qu’on écor- che tous les jours du Latin , aufquels on donne cours. Apareffer, signifie apefantir l’efprit; le rendre paresseux. (La facilité qu’il y a de dire des groffiéretez mal- Tome I. P hon- x-i 4 APA honnêtes, «paresse l’esprit. De la Cbétardie, injlrue- tions four un jeune Seigneur, i. partie , pag. 20.) APARIEMENT , J'■ m. [Copulation Action d’a- parierde joindre & d’assortir les choses ensemble. Ce mot n’est pas fort en usage. APARIER, v. a. [Pares paribw adjungere.) Mettre ensemble des choses qui font en quelque maniéré égales, & qui ont bien duraportles unes avec les autres. (Aparier deux chevaux.) ctf M. d’Ablancourt, dans le Toxaris de Lucien: tomme je m’étonnais que la fortune eut aparté deux personnesJì disemblables. S’APARIER, v. r. Je m’aparie, jem’apariai, je me fuis aparté. II signifie s’acoupler s & se dit des oiseaux qui sont en amour. (Les oiseaux s’aparient quand ils font en amour. Tardif, fauconnerie, pag. Les Oiseliers que j’ai vû fur le mot s’aparier ^aiment mieux celui de cocher, qui est presque général pour tous les oiseaux , horsmis pour la perdrix. Quelques-uns , à l’égard de ces derniers , se servent du mot s’aparier; mais pour les autres , ils disent, le coq coche la poule , le moineau coche sa femelle plusieurs fois fans reprendre haleine. (Si les hommes avoient ee destin à ì’égard des femmes, ils en scroient adorez.) APARITËUR , f m. [ Apparitor. ] Bedeau ou Sergent de la Justice Ecclésiastique. ( L’apariteur de l’Université porte la masse devant le Recteur & les quatre- Facilitez.) As Dans les Juridictions Ecclésiastiques, on ne con- noît point les Huissiers, ni les Sergens, & ceux qui font leurs fonctions , font apellez Apariteurs , du Latin Apparitores , terme generique que l’on donnoit à tous ceux qui suivoient les Magistrats pour exécuter leurs ordres : Ideoque Apparitor nominatw , quod appareat [f videatur ; [f prajio Jit ad obfequium, dit Isidore. APARITION ,f f [ Visio.l Vision. Aparition personnelle. Aparition qui se fait par le moien d un corps emprunté. (II n’y a rien de certain touchant la durée de l’aparition des comètes. Aparition de Notre Seigneur. Taille douce, qui représente l’aparition de Jésus-Christ.) APARÍTOIRE , f f [Parietaria.) Herbe qu’on apelle plus communément pariétaire. APAROIR. [Producere.J Terme de Palais , pour dire, produire , preuve. (Vous allégué?, beaucoup de titres , mais vous n’en faites point aparoir. APAROÎTRE , v. n. II vient du Latin apparere. J’aparoi ou faparois , faparoifjbis, j’ai aparu, j’aparus , f avois aparu , /’eus aparu , j’aparoìtrai. Aparoi. J’a- paroijje , j’aparoìtrois , j’aparujfe. II signifie se faire voir, se montrer, se rendre visible. (Les spectres a- paroissent aux hommes. Abl. Luc. t. 5. Unphantô- me lui aparut pendant la nuit. Balz. œuvres divers.) Voïez Apparaître. t APAROÎTRE. [Videri.) Ce mot est auffî quelquefois un verbe impersonnel, & veut dire , il semble , «'imaginer, croire. (II m’aparoît que vous êtes-là , & ue je vous parle. Mol. mariage forcé. C’est-à-dire, me semble , ou je m’imagine que vous êtes-là.) S’APAROÎTRE. _ [Videndumfe prœbere .J Je níapurais. Je m’aparoijjbìs. Je m’aparus , je mefuis aparu, je m’aparoìtrai. Ce verbe est réciproque & quelquefois neutre passif. C’est se faire voir, se montrer. ( Une de mes statues s’aparoît à eux toutes les nuits. Abl. Luc. Le Seigneur s’aparut à Moïse dans une flâme de feu qui fortoit d’un buisson. Port-Royal, Exode, chap. 3. Le Seigneur le Dieu de nos Pérès m’est aparu. Port Royal, Exode, chap.. 3. II m’est aparu de jour n’étant crasseux, ni chargé de chaînes. Abl. Luc. t. 3. II lui étoit aparu en songe. Fléchier, Histoire de Théodofe. II crut que c’étoit la Dame du bal qui lui étoit aparuë masquée. Star. rom. t. 1. ch. 9.) - tf A PART. Mettre à part , c’est séparer , distinguer deux choses. Terme bas. A PARTE’. Expression dramatique, inventée par La Menardiere , dans fa Poétique , & que l’Abé d’Aubignac a adoptée dans fa Pratique du Téatre, ch. t), lìv. 3. Les a-parté font, selon La Menardiere, les discours qu’un personnage fait à part, en la présence d’un autre, qui est oblige d’être», pendant le discours , fans yeux & fans oreilles, & même sourd & aveugle , afin qu’il ne voie faction & n’entende les paroles de celui avec qui il est fur le téatre.' APA Les Grecs n’ont point connu ces à-parté ridicules. Les Latins en ont use : mais Terence a été , fur ce point, plus réservé que Planté. Us sont excessifs dans les Poèmes Dramatiques des Espagnols & des Italiens. Nos Franqois étoient dans ce goût il y a cinquante ou soixante ans , & ce jeu leur plaisoit si fort, que j’ai compté jusques à trente-deux a-parté dans la Tragicomédie de l’Abé Boisrobert, intitulée Cajjàndre. 11 faut convenir , qu’ils ne font pas absolument ridicules , & qu’on ne doit pas les bannir entierement du Téatre: mais on doit les permettre fous les conditions qui ont été observées-par l’Abé d’Aubignac, liv. 3. ch. 9. La prémiére , que à-parté soit court, & en peu de paroles, principalement quand les acteurs s’entretien- nent ensemble. La seconde, que \’a-parté doit être fait à propos , & dans un intervale où l’on peut placer quelques mots , fans interrompre celui qui nous parle. „ La vraisemblance {dit cet Abé ) ne permet pas qu’un ,, homme s’arrête ainsi tout court au milieu de son ,, discours, & souvent même sans qu’il y ait aucun sens „ raisonnable achevé , comme il se fait en plusieurs de ,, nos Modernes. ,, II faut donc que le Poète prenne une ocalion favorable pour placer son à-parté , comme dans l’intervalë d’une exclamation , d’une admiration, ou de quelque incident. La troisième , si \’à-parté est un peu long, ensorte que l’autre acteur ne puisse pas s’empêcher de s’en apercevoir, il faut qu’il en paroisse surpris, & qu’il demande ce que l’on a voulu dire. En voici un exemple, raporté par cet Abé. Tranion , dans le Moftelìaria de Plante, aïant parlé bas , ou plutôt marmoté , Teuropides lui demande ,' quid tuto tecum. La quatrième, lors que deux acteurs ne se voient pas, il faut disposer les choses de maniéré qu’ils puissent parler séparément, sans s’interrompre , & pour éviter la confusion qui naîtroit, s’ils parloient tous deux en même tems. APARTEMENT , f m. [Aòdium pars.) Chambre , antichambre & cabinet. Sale , chambre & cabinet. (Etre logé au prémier apartement.) 0 f On distingue les apartemens par des noms dife- rens. Apartement de parade , celui qui est le plus orné. Apartement de commodité , c’est celui où l’on habite le plus. Apartement d’Eté ou d’Hiver. Apartement de plein'pied, c’est celui dont le plancher est de niveau, & où l’on va d’une chambre a l’autre, fans monter ni décendre. AP ARTENANCE , f f. [Quodpertinet ad, [f c.) Connexité, dépendance. ( Ce moulin est une des apartenances d’une telle terre. On a cédé au Roi un tel Bailliage avec toutes ses apartenances & dépendances, fans autre spécification. Ce mot n’est usité qu’en ces fortes de phrases. 11 vient du verbe pertinere. , t APARTENANCES, f. f. [Accejfìo. ] 11 est vieux , & signifie tout. le droit qui apartientà quelcun. Apartenance, en ce sens , semble n’avoir point de singulier. Quiconque sera véritablement Electeur, & paisible possesseur d’une Principauté Electorale, jouira du droit d’élire l’Empereur, & de toutes les apartenances qui concernent l’Electorat. Voïez la Bulle d’Or, traduite par Heijs, ch. 20. ) 0 " Ce terme est très-fréquent dans le Palais. Les rentes des immeubles font toujours faites avec leurs dépendances & apartenances. Les saisies des Fiefs & des Seigneuries , ne contiennent que le principal manoir & ses dépendances & apartenances , qui font deux mots finonimes qui signifient également ce qui est uni & annexé, au corps de l’immeuble , & qui n’en peut être séparé sans détruire le tout. C’est l’explication de Du Moulin fur la Coutume de Paris, gl. ç. v. le fief. D’Argentré, fur l’art. 265. de la Coutume de Bretagne, dit que les apertenances d’une chose Rétablissent, ou par la Loi, ou par la Coutume , ou par la disposition du père de famille , & cette dernière doit être faite expressément. APARTENANT , ante , adj. [Quod ad jus dominît pertinet.) Qui est à quelcun ou en propriété, ou jouissance, ou par légitime prétention. Les biens aparté- nans à l’Eglife , à la Couronne , font inaliénables. Ce mot n’est usité qu’en ces sortes de phrases. APARTENIR, v. n. [ Pertinere .] Etre à quelcun, (C’està faire à, &c. La maison lui apartiení. C’est un laquais qui apartient à un de mes amis. La vengeance apartient à Dieu. j APAS , f m. Charmes puissans , grands «traits. Beau- APA Beauté, agrément, plaisir. (Ses apas font trop foi- bles pour être dangereux. Mol. La campagne est pleine d'apas. Rac. Son langage .un peu libre a pour moi des apas. Benjerade. * APAS,s. m. [ llìecebra.2 Amorce, charme. Ce qu’on emploie pour gagner , ou pour atraper quelcun. (Ils sèment un subtil apas par où l’ame fe peut instruire au vice qu’elle ne fait pas. Téoph. Voïez Charmes.') f APAST, f. m. f EJcasaginandis avìbus. ] II est Grec d’origine. Prononcez apâ fans faire sentir la lettre s ; mais la fin du mot se prononce longue. Apast est un peu vieux ; & en fa place on dit paftée , fans prononcer la lettre /; mais on fait un peu longue la première silabe du mot. L’apât , ou plûtòt imputée n’est autre chose que des recoupes de son que l’on pétrit avec de l’eau , & dont on engraisse la volaille. (Faire de sapât ou plutôt de la pâtee. Donner de l’apât, ou plutôt de la pâtée aux chapons.) 0'APAST. Tout ce qu’on meta l’hameçon pour ati- rerles poissons , est apellé apajl. Nicod dérive ce terme de pastm. Le P. Labbe :,, Apqjl ne vient point de ,, a’îva ru, fraude , tromperie ; mais du Latin , pajco, „ paflttí , &c. II ajoute : C’est encore une lourde fau- „ te de quelques Hellénistes, de croire ou de vouloir „ persuader aux autres , que le mot d ’apeau vient du ,, susdit aV/rn, & non pas du verbe Latin appellare , „ duquel nous avons fait apel, apeau , apellation , Uc. f APASTER, ou apâter , v. a. [ EJ'cam m os ingéré - ra.] Les uns font venir ce mot du Grec , & les autres du Latin. De quelque langue qu’il vienne il a vieilli, & l’on ne prononce pointla lettre/dans le mot apasier. Mais la seconde silabe du mot se doit prononcer longue. II signifie donner de la pâtée aux poules & aux chapons pour les engraisser. Le mot d ’apajier est François ; mais il semble plus de la Province que de Paris, òù , au lieu de dire , il faut apâter ces chapons , on dit donner de la pâtée i ces chapons; ou plûtòt, entplo- ïant le mot général, donner à manger à ces chapons. f APASTELER, où apâteler , v. a. L’un & l’autre s’écrit ; mais la lettre /ne 1e prononce point. Apâteler est plus vieux qu ’apafier, & signifie donner de la pastée. (II faut apâteler des chapons pour ce Carême ; ou plûtòt, il faut donner de la pâtée à des chapons pour en avoir de bons & de gras ce Carême.) APATIE , f. f- [AjseHuum vacatio.J II décend du Grec, & ne sc dit qu’en Philosophie , dans des matières de morale & en parlant des passions. C’est une insensibilité qu’on a pour toutes fortes de choses. APATIQUE , adj. [AffèBuum expcrs .] II vient du Grec, & est d’ufage dans les traitez de morale. 11 signifie qui est insensible pour toutes choses & que rien ne touche. if II faut écrire & lire Apathistes , c’est-à-dire, homme fans passion. if APATISSER. L’on a dit autrefois , apaticher , c’est-à-dire, imposer une redevance pour les pastis , ou pâturage, ou , selon M. Ménage , faire contribuer les garnisons des places voisines. Voïez J'es Origines. APATURIES , f f C Apaturìa. J Fêtes que les Anciens célébraient en l’honneur de Baccus. II y en avoit aussi en Thonneur de Jupiter & de Pallas ; & Strabon parle d’un Temple consacré à Venus Apatu- rienne. í APAUME’ , ée , adj. Terme de Blason. II se dit d’un Ecu chargé d’une main étendue , & qui montre la paume. APAUVRIR , v- «• C Pauperent sacere.] J’ttpau- vri , ou j’apauvrk , f apauvrijfois , fat apauvrì , j’apau- vris, j’apauvrirai. C’est rendre plus pauvre. C’est faire plus pauvre. (La guerre apauvrit les peuples.) * APAUVRIR. iJejunam linguam sacere.] Ce mot.au figuré , íè dit des ouvrages d’efprit. C’est rendre moins fertile. {Souvent trop d’abondance apauvrit la matière. Defpr. Poët.) f S’APAUVRIR , v. n. Devenir pauvre. On le dit au propre & au figuré. (Une famille s’apauvrit par les dépenses excessives. Les Etats s’apauvrissent par la guerre & par le luxe. Les langues vivantes s’enrichis- sent & s’apauvrissent, selon la diférence des terns & des esprits.) APAUVRISSEMENT, f. m. \ProlapJio ad inopiam .] Signifie le changement par lequel une personne devient APE 11 5 pauvre. (On ne sçait pas bien d’où est venu l’apau- vrissement de cette famille.) APEAU, ou apelant , f. m. [Avis illex.jj Terme d ’OiJèlier. Oiseau qui fait venir les autres par son chant, & qui les oblige de donner dans les filets ou dans d’autres pièges qu’on leur tend. Pour aller à la pipée , il faut avoir un apeau ou un apelant. Le mot à’apelant est plus usité en ce sens que celui d’apeau. APEAU, / m. \jlllex.'] Mot d 'Oiselier. Manier» de petite bourse au bout de laquelle il y a un siflet qui imite le chant des cailles , & dont on se sert pour aller à la chasse de ces oiseaux. (Un bon apeau, un méchant apeau.) J APEAU,/ m. [ Tintìnnabulumf) Terme d 'Horloger , qui travaille en gros. C’est une maniéré de petite cloche fur laquelle il y a un marteau. Cette petite cloche de l’horloge , sonne les quarts & les demi- heures. Apeau , en ce terme n’est que dans la bouche des gens du métier. Les autres apellent ordinairement timbres ce que les horlogers nomment apeaux. On croit qu’on fierait mieux de parler en cela comme les horlogers. (Les apeaux viennent de sonner la demie , les apeaux vont sonner les trois quarts, voilà les apeaux qui sonnent. 11 n’y a d’ordinaire autour de la cloche de l’horloge que deux, trois , ou quatre apeaux , car quand il y en a davantage, la sonnerie qu’ils font, s’apelle carillon, & tous ensemble ils ont aussi le même nom ; mais séparément on les nomme cloche, timbre , ou apeau. * APEL, s m. Mot usité par les Gens qui travaillent aux grands ateliers. L’apel consiste à dire tout haut le nom de chaque ouvrier, pour obliger Pouvrier à se montrer & à venir oùir ce qu’on lui veut. (Faire F apel des ouvriers , c’est les nommer chacun par leur nom pour les faire paraître.) APEL, J. m. [Provocatìo , apellatìo adsuperiorem ju - dicem.2 Terme de Palais. Aéte qu’on fait à fa partie, quand on a perdu dans une Justice inférieure, & par lequel on lui lignifie qu’elle ait à comparaître dans un certain tems devant un Juge supérieur , pour avoir raison du tort qu’on a reçu du juge inférieur. (L’apel s’interjéte par un simple aéte qui est signifié par l’a- pellant, & où il se déclare apellant à cause du tort qu’il a reçu. On doit relever l’apel dans un certain tems prescrit par l’ordonnance. II y a plusieurs apels. II y a un apel à minima, & un apel comme d abus, & on peut voir là-dessus la Pratique du Palais. On dit aussi , interjéter un apel.) APEL, J. m. f Provocatìo ad Jingulare certamen .J Terme de Gens qui portent l’epée. Ordre qu’on donne à son ennemi de sc trouver à une certaine heure, & dans un lieu particulier pour vuider, l’épée à la main, la queréle qu’on a ensemble. C’est un défi pour s* battre. (Faire un apel. ) APEL, / m. [ AggreJJio Jìmulatad\ Terme de Maître d Armes. II consiste à pousser un coup de fleuret ou d’épée pour obliger celui avec qui Ton fait des armes , ou avec qui Ton se bat , à porter, afindevoir par-là son foible , & son fort. Quelques-uns se servent de tentement au lieu d’apel. ( Courage , Monsieur , faites-moi un apel. Cet apel , n’est pas bien fait, il le faut faire de la sorte.) Liancourt, exercice de l’épée, dit faire un tentement. Voïez tenter. APELLANT , apellante , adj. [ Appellator , provoca- tor .] Prononcez apelant, apelante. Ce mot étant ad- jeétif, est de Palais , & c’est la personne qui apelle d’une sentence qu’on a rendue contre ses intérêts dans une Justice inférieure. ( Monsieur est apellant, & Madame apellante.) APELLANT , / M. Terme de Palais. C’est celui qui apelle d’une procédure rendue contre lui par un Juge inférieur. APELLANTE , / f. Celle qui apelle d’une procédure qùun Juge inférieur a rendue contre elle, & signifie à fa partie qu’elle ait dans un certain tems à comparaître devant un Juge supérieur , pour voir k décision de leur afaire. APELLANT , / m. [ Avis illex .J Terme d’Oiselier. C’est un oiseau qu’on met dans une cage lors qu’on chasse , & qui par son cri en fait venir d’autres qui donnent dans les filets qu’on leur a tendus. ( Sans un apellant, on ne scauroit rien faire à la chasse.) APELLANT , / m. Terme de Rôtisseur. C’est un canard qui ne bouge des rivières & des étangs, & qui par son cri fait venir les autres canards , & est Tarn. I P s causé i i 6 APE Cause qu’on les prend dans les filets qu’on leur a tendus. (11 y a plusieurs apellanssur les rivières & fur les étangs qu’on atrape avec les autres canards. Les rôtisseurs de Paris vendent beaucoup de ces apellans. 11s disent, ce canard est un apellant ; mais gras & dodu comme il est, il vaut quelque autre canard que ee soit.) APELLATIF , adj. [ Apellativm. ] Terme de Grammaire. C’est un nom donné à une espèce, & opo- sé à un nom propre. (Anges , meubles, <&c. sont des noms apellatifs.) APELLATION , s. f. Du Latin appellatio , prononcez apellacìon. Ternie de Palais. Acte par lequel on signifie à sa partie qu’elle ait, dans un certain tems qu’on lui marque, à comparoître devant un Juge supérieur, parce qu’on a été lésé par le Juge inférieur. (Interjeter une apellation verbale. Une apellation bien fondée, former une apellation, recevoir une apellation. Les apellations, omijso média, ne se font qu’en matière criminelle. Les apellations des procès par écrit se portent aux Chambres du Palais qu’on apelle Enquêtes. Connoítre d’une apellation. Passer outre, nonobstant oposition & apellation. La Cour a mis í’apellation au néant. Un Président à Mortier de Normandie prononça ces jours passez : L’apellation a mis la Cour au néant. Un Président des Enquêtes prononça que les parties seroient mises au Greffe pour être paraphées.) Les apellations comme d’abus n’ont été introduites que sous les Régnes de Louis XII. & de François I. & on ne doit avoir recours à ces apellations que dans des afaires d’importance. Févret , de Vabiss, l. i. c. z. U APELLER, ». a. Du Latin , apellare. Prononcez apelé. C’est nommer. Donner un nom. (Alexandre se fit apeller fils de Jupiter. Vaug. Quint. L 8- Les Anglois apellent les François Frenchdog , c’est-à-dire, chien de François ; les Hollandois les nomment franche mugge , qui signifie moucheron ; les Italiens cervelìï leggeré, matti , qui veulent dire faux, esprits légers, & les Espagnols gavaches , qui signifie misérable cancre.) II n’y a dans toute l’Europe que les Ale- mands qui ne nous disent point d’injures ; & cependant par une injustice extrême nous n’en disons presque qu’à ces gens-là. APELLER, ». a. [Focare.J Envoïer quérir. Mander. (Ligniéres s’en va d’ami en ami escroquer quelque dîner sans qu’aucun de ses amis l’ait apellé ; & lors qu’il est bien saoul, il dit mille grossières injures à celui qui l’a régalé.) APELLER, ». a. [Focare in j w.2 Citer pour cora- paroître. (On apelle à Paris une personne en Justice lorsque cette personne a jetté d’une fenêtre quelque chose qui a gâté l’habit de celui ou de celle qui passe dans la rue.) APELLER, ». a. [Provocare ad certamen .] Faire un apel à quelcun pour se battre avec lui. (Les Ordonnances de Louis XIV. défendent d’apeller personne en duel'dans son Royaume.) APELLER, ». ». Terme de Palais. Réclamer 1e secours d’un Juge supérieur contre quelque procedure rendue par un Juge inférieur. (On apelle du Châtelet au Parlement. Apeller d’une sentence de la Prévôté au Bailliage.) H On dit figur. & dans la conversation, qu’on en apelle , lorsqu’on ne consent pas à quelque chose. Vous me condamnez £V? j’en apelle. Le Médecin avoit condamné ce malade, qui en a apellé , pour dire qu’il est revenu de fa maladie. APELLER , ». a. [Dicere nomìna litigantium.J Terme de Palais. Dire tout haut en pleine audience le nom & la qualité des parties qui sont en procès, afin que l’Avocat, qui est chargé de l’afaire & qui doit parler le premier, commence à plaider. C’est l’Huiffier Audiencier qui apelle les causes , & c’est le Gréfier qui écrit let arrêts, ou les sentences que rendent les Juges. * APELLER , ». a. [Focare.J Ce mot, parlant de Religion, signifie inspirer, porter à se faire Ecclésiastique ou Religieux. (Dieu apelle quelques personnes en Religion : mais la nécessité y en apelle au moins autant que Dieu.) * APELLER , v. a.' [Stimulare.J 11 se dit aussi parlant de gloire, d’honneur, d’inclination , & de pan- chant. C’est exciter, émouvoir, atirer, porter. (Rien n’apelle tant à la guerre que 1e libertinage. Rien APE ne peut l’arrêter quand la gloire l’apelle. Opéra.) * APELLER , ». a. [Evehere.J Ce mot, au figuré, signifie, faire monter, faire parvenir, faire arriver à quelque chose de grand. (Quoi ! Vom à qui Néron doit le jour qu'il rejpire, Qui P avez apellé de Jì loin a l’Empire.... Rac. Britannicus, a. i. sc. i. f APELLER , épeller , ». a. [ Appellare lìtteras. ] Terme de Maître d’Ecole. C’est nommer les lettres d’un mot, afin de lire & prononcer ce mot. Apeller, en ce sens, est très-peu en usage. Le mot dont se servent d’ordinaire les Maîtresses d’Ecole c’est épeller. (Apeller une lettre, dites epeller une lettre.) S’APELLER , v. r. [Nuncupari.J Prononcez s 1 apellé. Je m’apelle, je m'apellois, je niapel’ai, je me fuis apellé. C’est avoir un tel nom. (II s’apelle César. II s’apelle Alexandre. 11 y a quatorze Rois de France qui se sont apellez Louis. Celui qui régne, s’apelle Louis XV. & est âgé de z;, ans.) t APENDICE, /■ f- Mot qui n’est en usage que parmi les savans. 11 vient du Latin appendix. C’est ce qui tient ou qu’on ajoute à quelque chose , & qui en est aucunement détaché. (Les polipes ont des bras qu’ils apliquent à ce qu’ils veulent, & ces bras s’v ata- chent par le moïen de certaines parties qui leur tiennent lieu d’ongles. Ces parties sont comme des apendices faites en maniéré de boutons formez en faconde tasse dont le bord est dentelé. Perraut , essais , t. i.) Ce mot apendice se dit aussi de quelques remarques que l’on ajoute après quelque traité. t APENDICE , f. m. Terme à’Anatomie. C’est-à- dire , ce qui est joint comme ajouté à une partie. Le Colon a plusieurs apendices graisseux. Quelques os ont des apendices, ce qu’on apelle aussi épiphises. AFENDRE, ». a. Du Latin appendere. J’apens. J’apendis. J’ai apendu. J'apendrai. C’est atacher dans une Eglise , ou dans un Temple quelque chose. Vous volez un homme qui a apendu ses chaînes au temple de la liberté. Sar. Pro. II apendit à Neptune les dépouilles des ennemis. Abl. Luc. t. z.) t APENSER, ». a. Ce vieux mot, qui est hors d’usage, fignifioit examiner avec atention, bien penser à une chose. 0” APENTIS- C’est un demi comble en maniéré d’auvent, qui n’a qu’un égout : ainsi on peut dire, que tout angar est un apentis ; mais tout apentis n’est pas un angar. Voïez Angar. APERCEVABLE , adj. [ Quod obfervari potes. J Ce qu’on peut apercevoir par la vûë. (Les atomes ne sont presque pas apercevables.) APERCEVOIR, ». a. [Advertere.J Découvrir. (Les Barbares l’apercevant , n’ofërent s’aprocher. Abl. r et.) S’APERCEVOIR , ». r. [Animadvertere.J Je ni'ripercoi, je ni aperçus , je me fuis aperçu. Connoítre. Découvrir. ( Je m’aperçûs trop tard de son artifice. Gomp. Poij’.) APERITIF , apéritive, adj. [ Aperiendi vim ha- bens. ] (Qui fait uriner. (Le citron est apéritif. La rave est apéritive.) í APERT, v. impers. Terme de Palais. On dit il apert, comme il apert, par cette piéce. t APERTEMENT, adv. Du Latin .' e’est- à-dire clairement. Apertement ne se d i roi t pas bien dans un discours poli. (On voit apertement qu’Ame- lot traduit pour les grimaux; d’Ablancourt, pour les gens d’esprit. ) 0 Ce mot apertement, est absolument banni. On s’en est servi autrefois. On songe les nuits Moult de choses couvertement, Qu’on voit après apertement. Le Roman de la Rose. APESANTIR , ». a. [Aggravare.J Rendre plus lourd, rendre plus pesant. (L’âge est une lourde charge qui ápefontit le corps.) * Dieu apefantit quelquefois fa main fur les pécheurs} c’est-à-dire , il les punit. APESANTIR, ». a. [Ajfgere humi animum.J Au figuré, il se dit de l’efprit c’est rendre moins vif, rendre moins subtil , ôter une partie du feu , une partie de la vivacité. (Les nécessitez de la vie apesantis- sent APE sent l’efprit, quelque actif & pénétrant qu’il soit. Nicole , essais de morale , t. i.) S’APESANTIR , y. r. [Ingravescere.] Je m’apesan- tk, je m'apesantijsok , je me suk apesanti. C’est devenir lourd , devenir pesant. (On sent quand on vieillit, que le corps s’apesantit tous les jours. Ma tête commence à s’apesantir.) 0 ' On dit que les yeux font apesantk par le sommeil. Racine , Phèdre , afí. i. sc: z. Les forêts , de vos cris moins souvent retentisent Charges d’un feu secret vos yeux s’apesantiïTent. APETISSER, v. a. [ Minuere. ] Prononcez ape- tijj'é , faire devenir plus petit, rendre plus petit. (II n’avoit point de plus grand plaisir que d’apetisser tout ce qu’il peignoit.) f APETISSER, v. n. [Minui.J II est auffi quelquefois neutre & actif. Devenir plus petit, devenir moins grand qu’on n’étoit. On lui présente unesaucisse, On la lui met destïis le gril , uVIais auj]ì-tòt , s’écria-t-il , Maman , maman , elle apetiffe.. Dalibrai, vers satiriques, p. 44. C’est un goinfre devant qui tout apetiffe. Dalibrai, ouvrages satiriques, p. 86. t APETISSER, v. a. [Edevdi cupiditatentstimu- lare J II veut dire , désirer, souhaiter pour manger. Apétisergse semble point usité en ce sens, & quiconque se piquera de parler comme les honnêtes gens, ne dira pas cette perdrix est une perdrix rouge, & je Rapetisse tout-a-fait : mais cette perdrix rouge me paroît tendre, & j’en mangerois volontiers. APETISSANT, apétifsante, adj. [Appetentiam, a- vidìtatern edendi excitant.] Prononcez ce mot comme il est écrit. II est d’usage , quoi-qu’apétiffern’en soit pas. C’est-à-dire, qui donne de l’apétit, qui réveille l’apétit. (Ce pain est fort bon & fort apétiffant. Dalibrai , ouvrages satiriques , page 86. Cette gélinote paroît bonne & apétifiFante. f On dit auffi d’une jeune personne , qu’elle est a. pétijsante. ÁPETISSEMENT ,s m. [Diminution II ne se dit que dans de certains sujets particuliers, comme dans des matières; de Philosophie , & d’autres lîences. Prononcez apetijjeman. C’est-à-dire, diminution. (L’apétiifement qui paroît dans les objets éloignez, est une espèce de Phénomène. Perraut, essais de Physique, t. 3.p. 3,-2.) APETIT J' m. Du Latin appetitm. On prononce un peu long l’e du mot apétit. II signifie en termes de Philosophie, une puissance de raisonner, de souhaiter & démarquer quelque sentiment. (11 y a un apétit raisonnable , un apétit sensitif , concupiscible & irascible.) 0" M. de Costar dit à M. de Balzac : sans mentir, Monsieur, l’étudede la sagesse vous a fait un mauvais tour, de vous avoir ôté ce grand apétit de louanges que vous aviez à vine^daq ans. Défense de Voiture. APE'TIT , s. m. {syi appetentia. ] C’est un désir de manger, & de satisfaire aux besoins que la nature demande pour se conserver, & réparer ses forces. (Bon apétit, grand apétit. Avoir l’apétit ouvert, F est avoir faim de'bonne heure. Donner de l’apétit, exciter l’apétit. Les câpres réveillent l’apétit. Rétablir l’apétit. Perdre l’apétit. C’est Un apétit déréglé, c’est un désir désordonné de manger de quelque chose. On dit auffi, c’est un apétit de femme grosse: C’est une passion déréglée de manger des choses malsaines b d’autres m mangeraient p>ts.) f On dit prov. II n’est sauce que d’apétit. C’est un Cadet de haut apétit , en parlant d’un jeune homme à qui tout semble bon. On dit fig. d’un homme avide pour le bien , & qui n’en a jamais assez : C’eft un homme qui a bon apétit : ïapétit vient en mangeant. On dit d’un homme fort attentif à ses plaisirs & à ses intérêts. II a F apétit ouvert de bon matin. Demeurer fur son apétit , c’est se modérer, ne pas lê rassasier de certaines choses qu’on aime le plus, f * Faire perdre Y apétit ; on dit au même feus, faire perdre le goût du pain. Ces expressions sont comiques. Elles signifient, faire perdre la vie , sufo- quer, étrangler, faire mourir. J f * APE'TIT , s. m. Les femmes qui revendent par les rues de Paris fur des paniers qu'on nomme in- APL 1 1 7 ventaires, apellent apétit les harangs forez, & les raves ; en criant les raves, elles disent simplement apétit > & en criant les harans forez, elles crient apétit, craquelot apétit. , * APE'TIT , s. m. [Cupiditm , libido.'] Au figuré, c’est une ardente passion de venir à bout de quelque chose, un désir ardent de faire. (II y avoit en cela je ne sai quel apétit de vengeance. Abl. Tac.) A PEU PRE'S 1 adv. [Feré.] Presque tout, il y a peu à dire. (II a raconté à peu près comme la chose s’étoit passée. Je vous raporte à peu près la substance de sa harangue. Vaug. rem.) APHELIE , f m. [ Apogaum .] Terme d’Astronomie , qui veut dire la même chose osi apogée , lors qu’une planète est dans son plus grand éloignement de la terre; l’oposé de Periphélie. Voïez Phys. de Régis. „ APHE'LIE & Apogée ne sont pas la même chose, „ & l’on soit tort à M. Régis de le citer comme s’il „ avoit confondu ces deux termes ; le premier est em- ,, ploie par ceux qui embrassent le système de Coper- ,, nie , & l’autre par ceux qui suivent celui de Ptolo- „ mée, Aphélie lignifie le point où une planète est „ dans son plus grand éloignement du soleil ; & Apo- „ gée, au contraire, signifie le point où elle est dans son „ plus grand éloignement de la terre. ,, APHERESE , f f- [Apharesis, abscijjìo.] Figure de Grammaire, par laquelle on retranche quelque chose au commencement d’un mot, comme si l’on di- soit conia pour ciconìa. APHORISME, f m. [Aphorìstmus.] II vient du Grec; c’est un terme de Médecine. Sentence qui portemín grand sens en fort peu de mots. (Un bel aphorisme. Un aphorisme véritable , un aphorisme sûr, certain, assuré. Un aphorisme douteux, faux, incertain. Un aphorisme clair, net, un aphorisme obscur. Un habile Médecin doit avoir lú & relû les Apho- rismes d’Hypocrate, fameux Médecin Grec. Les Apho- rismes d’Hypocrate sont un peu obscurs quelquefois, mais ils sont savamment commentez par d’habiles Médecins. Les Aphorismes d’Hypocrate sont des Païs inconnus à Meilleurs les Médecins. L’Abbé, F. D. Limt... & autres heureux assassins. Car pour un epue je veux, j’en trouve plus de mille. Voïez le P. Labbe.) APHRONILLE. Plante qùi pousse des Feuilles dès fa racine, plus longues & plus étroites que celles du poireau. Ses racines provoquent l’urine quand on les prend en breuvage. APHROMTRE , st m. [Apbronítrum.] Ecume de nitre. Ce qu’il laisse de plus subtil & de plus leger. $ On le nomme communément salpêtre de roche. _ API. [Maium apìoìum .] Sorte de pomme fort petite & colorée d’un rouge assez vif. (On dit d’un enfant qui a le teint vermeil & qui se porte bien, que ses joues sont deux pommes d’api.) f S’APIETRIR, v. n. Vieux mot dont les Marchands se servent quelquefois. Ils disent qu’une marchandise s’apietrit , lorsqu’elle se gâte, qu’elle n’est plus à la mode, ou que la valeur en est diminuée. APIOS , f. m. Plante de lTslc de Candie qui a des fleurs comme celles de la rué. APIQUER, v. n. Terme de Marine. On dit que le cable apìque , c’est-à-dire, que le vaisseau apro- che de l’ancre qui est mouillée, & que le cable commence à se roidir & à être perpendiculaire. APLANER, v. a. [Villos carduis erigere.) Terme de Couverturier. Faire venir la laine à une couverture avec des chardons. _(Ap!aner une couverture.) APLANEUR , f m. [Opifex villk erigendis.) Celui qui avec des chardons soit venir la laine à la couverture. APLANIR , v. a. [--Square, complanare.) Mettre de niveau, unir, égaler, rendre égal. (Aplanir un chemin, aplanir une montagne. Abl. Luc. t. 3. Empares de F extravagance De vôtre brutale arrogance, Vous jures d’aplanir les monts. Main. Poës. pag. 303.) * APLANIR , v. a. [ Explanare , explicare.] II signifie, au figuré, rendre plus aisé, ôter ce qu’il y a de rude , d’inégal & de dificile. (Aplanir les dificultez d’une sience. Abl. Luc. II n’y a point de plus excé- P 3 len- i t 8 APL lente pratique de mortification que celle de suprimer ses humeurs, d’en aplanir les inégalitez. Nicole , estais de mord) H S’APLANIR , v. r. On dit, la montagne í aplanit d’un côté. Les dificultez qui vous arrêtent s’aplaniront bientôt. APLANISSEMENT , f. m. [ 'Exœquatio.] L’action de la personne qui a rendu égal, qui a uni, & qui a mis de niveau. (Songer à l’aplanissement des chemins. Faire l’aplanissement d’une montagne.) è APLANISSEUR , f ra. Terme de Manufacture. C’est l’ouvrier, qui après la prémiere tonture des draps, leur donne une seconde saqon. APLATIR, v. a. [Planum facere .] Rendre plat. (Aplatir une chose ronde.) S’APLATIR, v. r. [Planum sieri .] Devenir plat. (Les joués s’apladssent lors qu’on baille.) APLAUDIR, v. n. II vient du Latin applaudere . Aprouver par quelques marques extérieures. Ils ne faifòient plus que lui aplaudir des yeux & du visage. Vaug. Quint. L 8- c. 4. Ils ne faisoient qu’aplaudir à ses diverti démens. Abl. Tac. S’APLAUDIR , v. r. Je niaplaudi , ou je m’aplaudis , je m’aplaudijsois , je maplaudis , je me fuis aplaudi. II vient du Latin applauderefibi. C’est se savoir bon gre de quelque chose. C’est se féliciter soi-même de quelque chose qu’on a fait. (Après que le Père s’est aplaudi lui-méme, il juge souverainement des autres. D’Au- court, sentiment de Cléante , t. 2. pag. 2g 1. On apel- loit le Grammairien Appion , le tambour de toute la terre , à cause du bruit qu’il faisoit en s’aplaudiísant en tout & par tout. D’Aucourt, Cléante , í. 2. set. 9. Quand j’ai fait quelques petites épigrammes qui montrent que T. de L. est, en matière de prose & de vers, un animal achevé , je dis comme Delpreaux. AuJJì-tôt je triomphe , U ma muse en secret S’elìime F? s’aplaudit du beaucoup qu’elle a fait. Sat. 7.) Voïez le P. Bouhours, tom. 2. pag. 426. des nouvelles Remarques fur la Langue Françoise. APLAUDISSEMENT m. [Applaususd] Action de la personne qui aplaudit. (Recevoir des aplaudis- semens. Donner des aplaudissemens. Abl.) APLESTER, s s. [ Explicare .] Terme de Marine. Déplier ou étendre les voiles pour recevoir le vent & se préparer à partir. Explicare. On ne s’en sert plus. f APLETS, s m. Rets ou filets dont on se sert pour la pêche du haran. APLICABLE, adj. [ Applicandm .] Qui doit être apliqué. (Amende aplicable, un tiers au Roi, & l’au- tre tiers à l’hôpital.) APLICATION. Votez plus bas. APLIQUE, s s [Vermiculatum opm .] Ternie de Metteur en œuvre. Ornement de pierres précieuses qui s’aplique pour en embélir d’autres. (Une apli- que bien dressée. 4 APLIQUE. On apelle en termes d’Orfévrerie, pièce d’aplique, tout ce qui s’assemble par charnières, coulisses, goupilles, vis, écrones, agrafes, cliquets, crampons, boucles, clous ou riveures. ^ APLIQUE. On se sert aussi de ce terme dans la Menuiserie de raport, pour exprimer sart avec lequel on enchâsse une pièce dans une autre, dans les ouvrages de raport, de marqueterie & de damasquinerie. APLIQUER , v. a. 11 vient du Latin applicare. C’est áposer, mettre. (Apliquer le sceau, apliquer le scelé. Les Chirurgiens disent, apliquer l’apareil, une compresse, ou une bande. \oïez fi’art de Jdigner.) APLIQUER , v. a. [Impìngerè alapam.] ( Donner, apliquer un soufìet. Abl. Luc. Apliquer un bon coup de poing. Scar. rom. comique.) APLIQUER , v. a. [ Admovere. ] En matière criminelle & parlant de la question, c’est faire souffrir, faire endurer. (Apliquer un criminel à la question, donner la question à un criminel.) * -APLIQUER, v. a. [Impertired] Dans les sujets de piété, c’est donner, c’est conférer. (Les instrumens de la nouvelle Aliance font des instrumens du Saint Esprit qui servent à nous apliquer la grâce. Bossuet, doHrine de P Eglise, ch. 9.) APLIQUER, V. a. [Addicere.] 11 se dit parlant de l’esprit & des saculcez de famé. C’est atacher APO fortement son esprit à la recherche de la vérité. Port- Royal, logique , 3. part.) î APLIQUER, v. a. Signifie aussi destiner une somme d’argent à quelque usage. Apliquer une amende aux pauvres , apliquer une somme à son profit, à bâtir, à païer ses créanciers. * APLIQUER, v. a. [Accommodare, aptared] C’est aproprier. Faire l’aplication d’une chose à une personne. (II se moquoit du Père N... & lui apliquoit ces paroles. P esc. I. 4.) APLIQUER , v. a. [Apponere.] Terme de Doreur. C’est mettre for, c’est coucher for. (II faut vite apliquer l’or fur la besogne.) S’APLIQUER, v. r. [Imponi , admoverid] II est usité parmi les Chirurgiens. C’est se poser, se mettre. Je tn’aplique, je m’apliquai, je me fuis apliqué. ( II faut tremper les bandes, car étant trempées elles s’a- pliquent mieux.) * S’APLIQUER, v. r. [Animum adjungered] II se dit au figuré, de l’esprit & des facilitez de famé. C’est s’atacher avec aplication à quelque chose, se donner tout entier à quelque chose. Apliquer, en ce sens, régit le nom qui le fuit au datif, ou l’infinitif avec la particule à. (S’apliquer à la lecture des bons livres. Abl. Luc. Us s’apliquent sérieusement à la recherche de la vérité. Malebrancke , recherche de la vérité, l. c. 2. II faut se résoudre à sousrir, S’apliquer a bien vivre afin de bien mourir. Poète anonime. * APLICATION, s. s. Prononcez aplìcacion. II se dit au propre dans les matières de Chirurgie, & vient du Latin applicatio. C’est faction de Chirurgien qui met, qui pose une chose sur quelque partie du corps. (Aplication aisée , facile, commode , aplication bien faite , ou mal faite. Montrer l’aplication de l’apareil, enseigner l’aplication de l’apareil, aprendre l’aplication de l’apareil.) * APLICATION, s. f. [Intentio .] A u figuré. C’est Rattachement de l’esprit, ou d« quelcun des sens à quelque chose. (Une grande , une forte aplication, une médiocre aplication, une continuelle aplication. La trop grande aplication use l’esprit; & principalement celui des vieillards. Abl. Apoph. Cela détourne de l’aplication qu’on doit avoir. Saci, N. Testam. préface. La Poésie demande une grande aplication. God. discours fur Malherbe.) * APLICATION,// [Accommodatio. 2 Manicre dont une chose quadre avec une autre. (Aplication belle , E agréable, plaisante , spirituelle , ingénieuse. Aplication sote , ridicule. L’aplication de l’apologue me semble dangereuse. Voit, le t. 91. L’aplication est juste. Abl. apophtegmes.) A PLOMB, adv. Voiez Plomb. APOCALYPSE , fis [ Apocalypjts .] 11 vient du Grec, & veut dire révélation. ( Le livre de l’Ecriture, qu’on apelle Apocalypse , se nomme de la sorte, parce tju’il contient les Mystères que Jésus-Christ a révélez à Saint Jean. L’Apocalypse est nuflì admirable qu’el- le est peu connue. Port-Royd*, Nouveau Testament, t- 2. ) ! ' t * APOCALYPSE ,s. f. [ Obscurusferma .J 11 se dit, au figuré , du langage , mais en raillant. II signifie obscurité, discours obscur, & qui ne s’entend pas, ou du moins qu’on entend avec peine. [Ton Phébus d expliquefi bien, Que tes volumes ne font rien Qu’une éternelle Apocalypse. Main. Poës.) í APOCIN , f m. [ Apocynum .] Plante qui croît en Egipte, & qui est d’usage dans la Médecine. U ^ en a de plusieurs especes. Voit. Tournes. APOCOPE, f f. [Apocope.'] Figure de Grammaire , par laquelle on coupe quelque chose à la fin du mot. APOCRIPUE ou Apocrife , adj. II vient du Grec. C’dt-à-dire, caché , secret, inconnu, & dont on ne sait pas l’origîne. En Latin apocryphus .- il se dit dans l’Eglise , de quelques livres, & l’on y apelle apocryphes , les ouvrages dont les Saints Pérès n’ont pas sqû l’origine, ni les personnes qui en étoient les Auteurs. APOCRIPHE , adj. II se dit auffi des livres gardez & lûs secrètement dans l’Eglise, Port-Royal, racines gré- A PO gréques. 11 se dit aussi des livrés dont les Auteurs n’ont pas été divinement inspirez comme les Prophètes & les Apôtres. * APOCRIPHE, adj. II se dit encore des choses & des personnes. II veut dire , qui n’est pas autenti- que , qui n’est point aprouvé. (Ce sentiment est apo- cripbe. T. de L. est un auteur diablement apocriphe. Tacite de la traduction d’Amelot est un ouvrage si apo- criplie, que le Libraire qui l’a imprimé enrage, & donne tous les jours cent fois au diable un si maudit traducteur.) AP O CRIS AIRE , ou Apocrisiaire , f. m. [Apo- a'iparius .J Envoïé, Agent, qui porte les réponses d’un Prince. Sous Charlemagne , c’étoit le grand Aumônier de Frànce. Dans la fuite on s’est servi ds ce mot pour déìîgrier le Confesseur de tous les Officiers de la maison du Fsoi. Enfin l’on trouve encore que le Garde du Trésor dans les Monastères prenoit ce nom. APOCROUSTIQUES , f- m. Terme de Pharmacie. Médicament dont on fe sert pour arrêter les humeurs malignes qui se jettent sur une partie infirme. í APODE, ou l’Oiseau Indien. C’est' ainsi que les Astronomes apellent une des dix-huit nouvelles constellations australes, composée de douze étoiles de la cinquième grandeur. APODICTIQUE , adj. f Demonjlrativw. J Terme de Logique , qui se dit d’un argument demontratif & convainquant. APOGEE,/ m. [ Apogaum .] 11 décend du Grec ; c’est un terme à’Astronomie. II se dit des astres & des planètes. C’est le point où l’astre & la planète font les plus éloignez de la terre. (Planète qui est dans son apogée. Astre qui est dans son apogée.) f* APOGE’E ,s tn. [Summrn apex.'} Au figuré, il est un peu suranné. II se dit des personnes, & c’est le plus haut dégré d’élevation ou d’honneur , où une personne puisse monter. (Amelot croit sa gloire dans son apogée, parce qu’il a traduit Tacite en Gaulois. H APOINT m. Terme de Banque. C’est une somme qui fait le solde d’un compte , ou le montant de quelque article que l’on tire juste. J’ai un apoint de telle somme , à tirer fur un tel lieu. Voïez le Traité du Commerce par Ricart. f APOINT, signifie aussi la même chose que passe, dans les païemens qui se font comptant en especes ; c’est-à-dire , ce qui se païe en argent, si le paiement se fait en or ; ou en petite monoie , s’il se fait en argent, pour parfaire la somme qu’on païe & la rendre complété. APOINTEMENT ,s nt. [ Decretum , eàiHum.~\ Terme de Palais. Prononcez apointeman. C’est un règlement que le Juge donne à l’audience. (Les principaux apointemens sont les apointemens au Conseil, les apointemens à oùir droit, les apointemens en droit à écrire & à produire, les apointemens à informer , les apointemens à mettre. Signer un apointement, faire recevoir un apointement , faire passer un apointement par les parties, casser un apointement, abroger un apointement.) APOINTEMENT , f m. [Idonea ad vilíum cultum * que prastdia attributa .] Gage qu’un Prince , qu’une personne de qualité, ou qu’un riche donne à un serviteur qui est en quelque considération. Apointement en ce sens, est pour l’ordinaire au pluriel. (De bons apointemens, de grands apointemens, de considérables apointemens. Les Magistrats reçoivent des apointemens du Prince. Les tributs qu’on païe aux Rois, ce font comme les apointemens de la Iioïauté. Ab t. Luc. t. r. Diminuer, retrancher, augmenter les apointemens. Païer les apointemens, refuser les apointemens. Le Roi François I. doubla les apointemens d’Alciat, fameux Jurisconsulte. , Voïez TeiJJÌer, hommes Javans de Monsieur de T hou, t. J.) 4= On dit d’un galant qui aide à la dépense & à la subsistance d’une maison, qu’z/ fournit à l’apointement. APOINTER , v. a. s Con situer e , decernere. ] Terme de Palais. Ce mot immédiatement suivi d’un verbe, veut l’infinitif avec la particule à , & il signifie régler, ordonner. (Apointer les parties à écrire, Apointer les parties à produire. Apointer au Conseil. Patru, plaid.) (f Un apointement est un règlement dont en est convenu. C’est ajustement. Patkelìn ; APO ii9 J’ai pensé bon apointement Et ailleurs : Jamais je n’en apointeraí Qu’amJÌ que le Juge fera.) APOINTER, v. a. [stubigere ultìmùm.) Terme dc Corroyeur. C’est fouler en dernier , tout prêt pour mettre en suif. (Apointer un beuf, apointer une Vache.) APOINTER , v. a. Terme de Tapissier. C’est plier un matelas en deux, & y coudre vers chaque bout, deux ou trois pointes pour ì’arrêter. (11 f au t vite apointer ces matelas, & les emporter.) í APOINTER une piéce d’étofe. C’est y faire quelques points d’éguille avec de la soïe, du fil ou de la ficelle, pour empêcher qu’elle ne le déplie, & qu’elle ne fe fripe. APOINTE' , f. m. f Milesstipendiojhs.j Terme de Guerre. Soldat qui a plus de païe que le simple soldat. (Etre apointé. L’on a suprimé les «pointez des Régimens, horfinis ceux du Régiment des Gardes. Voïez les Réglemens de la guerre.) f On dit aussi un Commis, un garçon marchand apointé, c’est-à-dire, qui gagne tant d’apointemens ou de gages par an. t * Ils Jont apointez contraire. ['Contrariis opinìoni- btis inter fe pugnant.J^ Façon de parler proverbiale tirée du Palais. C’est-à-dire, que les personnes à qui l’on aplique ce proverbe, font brouillées ensemble. t APOINTE’, adj. Terme de Blason. On le dit des pièces qui fe touchent par les pointes, comme deux chevrons oposez, deux épées, & de toutes les pièces semblables mises en pairie. í ÀPOINTEUR, s. m. Juge qui fait apointer une •afaíre ; ou un homme qui s’empresse à accommoder tout le monde. Ce mot est vieux. t APOIOMATLI,/ m. Plante de la Floride, dont les feuilles font presque semblables à celles du porreau. Les Espagnols & les Indiens en font une poudre qui est bonne contre la gravelle. Cette herbe broïée guérit les afections de la matrice , & adoucit les maux de poitrine. APOLLINARISTES, s m. [ApollinarifLe.J Anciens hérétiques qui avoient pour chef Apollinaris de Laodicée. Ils prétendoient que Jésus-Christ n’avoit point d’ame humaine, mais que le Verbe de Dieu aní- mostson corps. Que la chair de Jésus-Chríst n’avoit pas été formée du corps de la Sainte Vierge , mais qu’elle étoit venue du Ciel. Us renouvelloient aussi l’erreur des Millénaires , à laquelle la simplicité de Papias, disciple de S. Jean l’Evangeliste, avoir donné lieu. Ils étoient au quatrième siécle. Catéch. de Montpellier , t. i. APOLLON , f m. s Apolioé] C’est le souverain du Parnasse, & celui qui inspire les Poètes. (Apollon n’a pas daigné regarder le pauvre T. d. L.) * APOLLON. [Poétaé] Ce mot, au figuré, lignifie un grand Poète. {L’Apollon de ms jours, Malherbe ici repose. Gomb. épigrammes.) APOLOGETIQUE , s rn. f Afologeticus.J n vient du Grec. C’est le nom d’une piéce d’éloquence que Tertullien a faite pour défendre les Chrétiens, (Giri fut reçu à l’Académie Françoise, à cause qu’il avoir traduit de Latin en François l’ApoIogétique de Tertulien, & que fa traduction plûtau C, de Richelieu.) APOLOGE’TIQUE, adj. 11 vient du Grec, & veut dire qui contient la défense de quelque personne, (On ■ a sait un discours apologétique en faveur de l’ánerie de la plupart des Médecins de Paris.) APOLOGIE , f. f. f Apologia.J II vient du Grec. C’est tout ce qu’on écrit pour fa défense, ou pour celle des autres. (Une belle, une éloquente 'apologie. Composer une apologie. Faire une apologie. Ogier a fait l’apologie de Balzac, & Costar celle de Voiture, & ces apologies sont fameuses. APOLOGIQUE, adj. 11 vient du Grec , & se dit du discours. 11 signifie qui défend, qui justifie. (Discours apologique. Ouvrage apologique. Oeuvre apo- logique.) APOLOGISTE , f. m. [ Defensor. ] II décend du Grec. C’est celui qui justifie , c’est celui qui défend une ou plusieurs personnes acusées. ( Tertullien est l’ùn des plus célébrés Apologistes des. Chrétiens. Giri j apologétique de Tertullien , préface. Le Père & son apo- 120 APO apologiste font de grandes bévues. Tf Aucourt , Clean- 4POLOGUE , s. m. [Apologies .] II vient du Grec. C’est une fable morale. (Un apologue filant, charmant, utile , nécessaire, agréable, récréatif, inge- nieux , spirituel. Un bel apologue, un apologue fort beau & fort divertissant. Un joli apologue. Esope a fait des apologues Grecs pleins d’efprit, & Baudoin les a traduits en prose. Phedre a compose en tres- beaux vers Latins les apologues ssEsoçe. Messieurs de Port-Royal les ont mis en un très-agréable François, & la Fontaine en vers François fort plaifans. Vapologue est un don qui vient des immortels, Oust c’est un présent des hommes, Quiconque nous l’a fait , mérite des autels. La Fontaine , fables, partie. APOLTRONNiR , [ Accipitrem ignavum ejstce- ref} Terme de Fauconnerie , qui fe dit lors qu'on coupe à un oiseau les ongles des pouces, en forte qu il n’est plus propre pour le gros gibier. APONEUROSE- Terme de Médecine. Nom qu’on donne aux extrémitez nerveuses des muscles qu’on apelle autrefois tendons. APOPHISE ,s.f. LApopbysts.l II vient du Grec. Terme à’Anatomie. C’est ce gui est ne fur quelque autre chose, & qui est ataché à cette chose tomme une excroissance naturelle. On apelle en anatomie , apo- phij'es , les parties qui ont une saillie, soit dans les os, comme celle qui est.au coude, soit dans le cerveau, comme celles qu’il y a vers le nez , açellées apophises mamillaires , parce qu’elles ressemblent à des mamelles, ou plutôt au pis d’une vache. APOPHLEGMATISMES, f m. [ Apophlegma- tifmis Terme de Médecine. Médicamens qu’on mâche pour atirer les flegmes du cerveau. APOPHORETE ,s.m. [ Apopboreta. ] Dons & présens qui fe faisoient pendant les Saturnales, & en d’autres folemnitez, ou pour quelques brigues. Martial a intitulé de ce nom quelques livres de ses épigrammes. APOPHYGE , st /■ {Apophygis , Endroit où la colonne fort de fa base & commence à monter. C’est pour cela que les ouvriers l’apellent escarpe ou congé. APOPHTEGME, / m. f Apopbtegma. ] II dé- cend du Grec. C’est un sentiment vif & court sur quelque sujet, ou une réponse prompte & subtile qui cause le ris & l’admiration. Un bel apophtegme, un apophtegme grave, sérieux, plaisant, agréable , nouveau, beau, admirable. Monsieur d’Ablancourt à fait un joli recueil des apophtegmes des Anciens.) f§ Les sentences & les apophtegmes font les fruits recueillis du lo'ng usage & des conclusions tirées de l’expérience. Balzac, Dijs critique. A P OPLE'TIQUE , adj. {Apopleflicuss II vient du Grec, & signifie, qui tient de l’apoplexie. (Simptô- me apoplétique. Mouvement apoplétique. Elle mourra apoplétique.) APOPLEXIE , f. f. f Apoplexia .J II vient du Grec. C’est une obstruction du principe des nerfs, qui tout à coup prive de mouvement & de sentiment tout le corps. (L’apoplexie est dangereuse, & à moins que d’être bien secouru, on en meurt. Charles VIII. Roi de France, tomba en apoplexie un jour qu’il regardoit jouer à la paume, il en mourut quelques heures après à son Château d’Amboise, le sixième d’Avril 1495. Cor- demoi, histoire de France .) APORE , f m. ■[ Aporon .] Terme de Mathématique. Problème qui est très-dificile, & qu’on n’a pû encore résoudre. La quadrature du cercle est un apore. ) APORT, f m. {Lotus adeuntium frequentiâ ce- leber. ] Lieu public. Espèce de marché où l’on apor- te des marchandises pour vendre. (Comme ï’aport baudet à Paris, que le peuple par corruption à changé en porte-baudet.) f APORT. Signifie aussi le concours des Marchands & du peuple, qui fe fait dans les foires qui fe tiennent dans quantité de Villages, ou petites Villes de France, le jour de la fête de leur patron. APORT AGE , f m. [ Advetfionis pretium. ] Peine & salaire de celui qui aporte quelque fardeau. (Outre l’argent qu’on donne pour la voie de charbon, il faut encore païer l’aportage .) APO APORTER, v. a. 11 vient du Latin apporta’,•?; C’est porter à une personne dans le lieu où cette personne est. (Si je suis chez un homme de lettres de mes amis, je lui puis dire, je vous aporterai demain les factums du Seigneur Furetiére contre l’Académie Françoise ; mais je fuis sûr que vous ne les lirez jamais fans bâiller.) £ APORTER, se dit parmi les Marchands & les Voituriers, de la conduite & du transport des marchandises. Ce Roulier m’a aporté six balots de drap ; ce Vaisseau a aporté beaucoup de riches marchandises. 4 = APORTER, lignifie fig. annoncer, faire savoir. (On a aporté la nouvelle d’une grande victoire. Ce courrier aporte de bonnes nouvelles.) £ APORTER , se dit aussi pour employer. Aportir ses foins, aporter beaucoup de précaution dans une affaire; aporter des facilitez, des difficultez & des obstacles dans une afaire, pour dire, en faciliter le succez, y former , y faire naître des difficultez & des obstacles. On dit aussi dans le même sens, aporter des adoucissemens, des temperamens dans quelque afaire. * APORTER, v. a. [Aferres Aléguer, dire. (A- porter de bonnes raisons pour se justifier. Abl. Luc. t. %. Aporter de méchantes raisons pour se défendre. Abl. Lucs APORTER , v. a. Etre cause , causer. (Cette prise aportera de la honte aux vainqueurs. Abl. Arr. L 6 ,) APOSE'ME, OU apozéme, s m. [ Aposema. J II vient du Grec , & est un terme d ’Apoticaire. C’est une décoction faite, & préparée avec des racines & d’autres simples pour la guérison de quelque malade. (Un aposéme laxatif, un aposéme purgatif, aftringeant, sudorifique , diurétique, un aposéme vulnéraire, & dans lequel on met quelque remède.) APOSER, v- a. II est de Pratique, & vient du Latin apponere. C’est mettre. C’est apliquer. (Si H.... qui comme son fourbe de père est neïé de détes, avoit ses biens échus, ses créanciers y feroient bientôt a- poser le scellé eux-mêmes. Le Procureur du Roi peut faire aposerle scellé furies biens d’une personne morte pour la conservation des droits des enfans mineurs de cette personne. Les créanciers d’un débiteur absent , ou d’un banqueroutier , peuvent faire aposer le scellé.) íf APOSIOPESE,/ / C’est une espece d’ellipse ou d’omission. Elle se Fait, dit le P. Lamy, dans son Art deparler, lors que venant tout d’un coup à changer de paillon ou à la quiter entierement, on coupe tellement son discours, qu’à peine ceux qui écoutent, peuvent-ils deviner ce que l’on vouloit dire. Cette figure est fort ordinaire dans les menaces : Si je vous, Mak Ëfc. APOSITION , f. f. Prononcez apozicion. II vient du Latin apposttio. Terme qui se dit entre Marchands. C’est Faction qui aplique une chose sur une autre pour la marquer. Les Orfèvres disent, se trouver à l’aposttion du point, pour marquer For & l’argent. Cette aposition faite s’apelle la marque, qui est un mot en quelque façon général, qui fe dit de l’étain, du papier, & d’autres choses qu’on marque pour l’in- terêt du Roi & du public. APOSTASIER, v. a. [ Apostatare, Catholicam religionem vel institutum religiosmn desereres 11 vient du Grec. C’est abandonner 1 a Religion que Ion avoit d’abord suivie, & en prendre une autre. (C’est un scélérat qui a déja apoltasié deux ou trois fois.) APOSTASIE,/./. {Apostasta, religionis vel institu- ti dej'ertios II vient du Grec. C’est un abandonne- ment de la Religion que l’on avoit embrassée. Julien, à son apostasie près, fut le premier des Césars. Span- heim, traduHion âes Césars, préface. Luther soutint constamment son apostasie dans la Diète de Ratisbon- ne. Fra-Paolo, Concile de Trente .) APOSTAT , / »r. {Apostata , religionis vel institu* ti desertors II décend du Grec. Celui qui abandonne la Religion qu’il avoit suivie, & en prend une autre. (Un franc apostat, un vrai apostat, un méchant apostat, un célèbre apostat. Luther s’étant retiré dans la solitude d’Alstat, y composa un Livre contre les vœux Monastiques, qui fit une infinité d’apostat. Vie d’Ignace de Loyola .) APOSTATE , / /. {Apoflatas II vient du Grec: C’est celle qui abandonne fa Religion pour en prendre une A PO ane autre. (Une vraie apostate, une franche apostate. Etre reconnue pour apostate.) APOSTER , -o. a. [Subornarel] II se prend toû- jours en mauvaise part, & signifie attirer , emploïer quelcun pour entreprendre & pour faire quelque chose. (Je vous demande une grâce, qui est, que vous ne vous imaginiez pas que j’aie aposté ce vieillard. Port-Royal, Térmce , Andrienne, a. ^.sc. 5. II pourroit méditer quelque indigne vengeance, M’imputer quelque crime , m’aposter des témoins. Des Marais, a. 5. sc. 1. APOSTILLE , s. f. [ Annotatìo ad margìnem. j Petite note qu’on fait pour fe rafraîchir la mémoire de ce qu’on a vù de remarquable dans quelques ouvrages. (De savantes apostilles, de jolies, de belles, Jle curieuses, d’agréables apostilles fur quelques livres curieux.) f APOSTILLE. Ce mot en matière d’Arbitrage signifie un écrit fuccint, que des Arbitres mettent à la marge d’un mémoire, ou d’un compte, à côté des articles qui font en dispute. Les apostilles doivent être écrites de la main des Arbitres ; & on les doit regarder comme autant de sentences arbitrales , puis qu’elles jugent les contestations qui font entre les parties. £ APOSTILLE', adj. Quand on dit qu’un mémoire , qu’un compte est apostillé des Arbitres ; c’est-à- dire, qu’il a été réglé & jugé par eux. APOSTILLER, o. a. [ Adscribere .] Faire de petites notes aux marges d’un livre pour fe ressouvenir de ce qu’il y a de plus beau dans ce livre. (Apoftil- ler un livre. Feu Patru apostilloit tous les livres qu’il lisoit.) APOSTIS , s. m. Terme de láarine. Deux longues pièces de bois de huit pouces en quarré un peu abaissées, dont l’une est le long de la bande droite, & l’autre le long de la bande gauche d’une galère, depuis l’efpade jufqu’à la conille : chacune portant toutes les rames de la chiourme par le moïen d’une grosse corde. APOSTOLAT 5 s- w. \_Apostolatuss II vient du Grec. Dignité d’Apôtre. Ministère & exercice d’A- pôtre. Nous avons reçu par Jéfus-Christ nôtre Seigneur la grâce & l’Apostolat que nous exerqons en son nom. Port-Royal, épître 1. de Saint Paul, c. 1. L’Apo- stolat est quelque chose de grand & de saint. Godeau , prières. Montrez-nous lequel vous avez choisi, afin qu’il entre dans l’Apostolat. Port-Royal, Ailes des Apôtres, cbap. 1. Judas déchut, de son Apostolat par. son crime. Port-Royal^ Ailes des Apôtres, c. 1. 0 APOSTOLE & Apostoiíe. C’est le Pape. Voïez PaJquier. Dans la Bible Guiot : De notre Père /’Apostoile Voulfîjse qu’il semblafl l’estoile Qui ne se muer , moult bien le voyent, Ue. Et dans le Romande Garin , qui vivoit fous Louis le Gros : j Et /’Apostoile durement s’en marri, Par S. Sepulcbre, Jésus-Christ, vous dt Venés avant, cbìl Martel, brave fils. APOSTOLIQUE , adj. [Apostolicus.J II est tiré du Grec, & veut dire qui est d’Apôtre , qui tient de l’A- pôtre. (Saint Paul n’a pas été éloquent à la maniéré que le font les hommes à qui l’on a donné ce nom, mais d’une éloquence Apostolique & toute divine. Saci, Nouveau Testament, part. 2. C’est un homme Apostolique. Patru, plaid. \ 6 . C’est une maxime Apostolique. God. prières.) APOSTOLIQUE , adj. Terme de l’Eglise Romaine. Qui est du S. Siège, qui vient du Pape. (Obtenir un reícrit Apostolique.) APOSTOLIQUEMENT , adv. [Apostolicè , Apostolo- rum in morem .J Prononcez Aposlolikeman. C’est à la maniéré des Apôtres, saintement. (Vivre apostoli- quement, prêcher apostoliquement.) APOSTOLQRUM, s m. Terme de Pharmacie. Onguent modificatif composé de douze drogues , inventé par Avicenne, qui, à cause du nombre des douze Apôtres, lui a donné ce nom. On l’apelle aussi onguent de Venus. APOSTROPHE,/ f. lApostropbus.l Prononcez apostrofe. II vient du Grec, Terme de Grammaú APO 121 re. Petite marque qui montre qu’on a retranché la dernière voïelle d’un mot qui le suivoit immédiatement. (.Que, je, me, te, se , le , la, ne, l &si devant z/ , soufrent apostrophe. Une apostrophe bien ou mal faite , une petite apostrophe. Faire une apostrophe. II faut mettre là une apostrophe. Les Aile- mans , les Anglois , les Suédois , les Danois , les Po- lonois'ni les Espagnols n’ont point d’apostrophes ; mais les François & les Italiens en font pleins.) APOSTROPHE , J. f (Apostrophe.) Terme de Rétorque. Figure qui consiste à s’adresser dans un discours oratoire à une personne , ou à une chose à' laquelle on ne parloit point auparavant. Une apostrophe ingénieuse , judicieuse. L’apostrophe est touchante lors qu’elle est faite avec esprit.) APOSTROPHE est un mot Grec , qui signifie conversion. En éfet, l’apostrophe fe fait, félonie P. Lamy, dans son Art de parler , lorfqu’un homme étant extrêmement: ému, fe tourne de tous cotez , il s’adresse au ciel, à la terre , aux rochers, aux forêts , aux choses insensibles, auíïì-bien qu’à celles qui font sensibles. Cicéron plaidant pour Milon , fit cette belle apostrophe : Vos , vos appello , sortijfimi viri, qui multum pro Republìcà sanguinem essudisiis ; vos, in viri V dvis mvicii, appello periculo , centurion es vosque milites. APOSTROPHER, v. a. [Vocalem elidere .J Terme de Grammaire. II vient du Grec. C’est retrancher la dernière voïelle du monoiîlabe qui fe rencontre immédiatement devant la voïelle du mot qui le fuit. (On n’apostrophe que les mots d’une silabe.) APOSTROPHER, v. a. [ Alloqui.) Terme de Réto- rìque. C’est adresser son discours à une personne, ou à une chose à laquelle on ne parloit point auparavant. (II a apostrophé le Prince au milieu du Panégirique , où plutôt il a fait une apostrophe au Prince.) . + * APOSTROPHER, v. a. [ Çompellare .] Apeller, qualifier. Apostropher , en ce sens, a quelque chose de satirique. {Vous allez de vos biens revêtir un nigaud , Un pédant qu’à tous coups vôtre femme apostrophe, Du nom de bel estrrit U de grand Philosophe. Mol. femmes savantes, a. z. sc. 9.) APOSTUME , s f [ Aposìema. J II décend du Grec. Tumeur où il y a des humeurs fupurées, ou assemblées. Teven.. (Une fâcheuse apostume, une apo- stume dangereuse , une apostume incurable. Panser une apostume, guérir quelcun d’une apostume.) Marot, dans une Epître au Roi : Le venerable Hìllot sut adverti De quelque argent que m’aviez départi, Et que ma bourse avoit groffe Apostume. Mauvaise allusion ; mais nos Anciens n’y regardoient pas de si près. f * II saut que l’apostume crève. Façon de parler proverbiale , pour dire, il faut enfin que la chose éclate. f APOSTUME R , v. n. [Suppurare.J II vieillit, & en sa place on dit, supurer, 011 venir à supuration. Abcès qui commence d’apostumer, ou plutôt qui commence de supurer, ou de venir à supuration. _ APOTE'OSE, ou apothéose. (Apotheosis.) II dérive du Grec. Ce font les jeux & les cérémonies que les Anciens faifoient,, lors qu’ils mettoient un homme ou quelqu’autre chose au rang des Dieux. Admirez une belle chose, La surprenante apotéose. De * * Faire l’apotéofe d’une personne. Jugement des Sa- vans , t. 4. page 194.) APOTE'OSE. Le mot est grec en éfet ; Ì 1 est formé de cewœSItoinç, placer un mort dans le rang des Dieux. La cérémonie étoit grande & magnifique : mais pour en donner une idée abrégée, je vais raporter ce que nous trouvons dans YHistoire d’Herodien , liv. 4. C’est une coutume, parmi les Romains, de mettre au nombre des Dieux, les Empereurs qui laissent leut fils furie trône. Cette apotéose fe faisoit avec de magnifiques cérémonies. La folemnité est mêlée de deuil & de joïe. Le corps est brûlé avec la pompe ordinaire : mais on met dans le vestibule du Palais, fur un lit d’i- voire , Couvert d’étofe d’or, une Image de cire qui re- Í ìréfente parfaitement le défunt, avec une pâleur fur e visage , comme s’il étoit encore malade. Le Sénat, Terne L Q. avec 122 APO avec ses robes rouges , est placé au côté gauche, l’on met les femmes & les filles de qualité , avec de grandes robes blanches , toutes simples , & fans leurs coliers & leurs braffelets. Cette cérémonie dure pendant sept jours, & dans cet intervale , les Médecins s’apro- chent dc teins en tems du lit, pour considérer letat du malade, ils trouvent le mal augmenté chaque fois qu’ils fe présentent, & enfin ils déclarent hautement qu’il est mort. Alors les Chevaliers Romains , les plus distinguez, & les plus jeunes Sénateurs , portent fur leurs épaules le lit dans le vieux Marché , où les Magistrats ont coutume de fe démettre de leur Charge. On dresse autour du lit deux arnphitéâtres , fur lesquels de jeunes garqons viennent fe placer d’un côté , & de jeunes filles des plus qualifiées de l’autre, & tous ensemble chantent des hymnes & des ^ airs lugubres, pour honorer le défunt ; & leurs chants étant finis, on porte le lit dans le champ de Mars , où l’on éléve une efpe- ce de pavillon de bois, que l’on remplit de matières faciles à s’enflamer, & le dehors est orné de draps d’or, d’ouvrages d’ivoire , & de peintures ; au-dessus , on é- léve un édifice, dont la forme & les ornemens font semblables à ceux de i’édifice inférieur ; & enfin on met un troisième édifice, au-dessus, un quatrième & plusieurs autres , dont la figure est diminuée de degré en degré ; ce qui forme un objet à peu-près semblable aux phares que l’on volt dans les ports de mer : dans le second édifice on met le lit, autour duquel il y a des parfums de toutes fortes , & des herbes odoriférantes, que les personnes qualifiées envoient pour rendre au mort leurs derniers hommages. Les choses étant ainsi réparées , les Chevaliers font plusieurs tours avec eaucoup d’adresse ; ils font suivis de plusieurs chariots, dont les conducteurs font revêtus de robes blanches,fur lesquelles on volt les images des Empereurs & des Généraux dont la mémoire est encore révérée. La pompe étant finie, le nouvel Empereur va mettre le feu au bûcher ; le feu fe communique par tout dans un moment , & pour lors on volt sortir une aigle de l’édifice îe plus élevé, qui porte dans les Cieux l’ame du défunt Empereur, auquel, depuis ce jour-là , on éléve des autels, & l’on adresiè des vœux & des prières. Toutes ces circonstances font parfaitement bien marquées pas plusieurs médailles qui ont été assemblées par Oifellius , Tab. cii. où l’on voit la forme des édifices d’un côté , & les aigles d’un autre, entre lesquelles il y en a une portant fur son dos l’ame de l’Empc- reur Aurélien. APOTICAIRE, s m. [Pharmacopolad] II vient du Grec. C’est un animal qui gagne extrêmement, & qui fait bien ses parties. Cette définition est trop particulière , celle-ci est plus générale. L’apoticaire est celui qui , fur l’ordonnance du Médecin, prépare les remèdes pour les malades. (Un bon , un habile , un fameux , un excélent apoticaire, un riche apoticaire. Apoticaire charitable. C’est celui qui donne par charité des remèdes. C’est aussi un Livre qui traite des remèdes & de la Médecine. Riche Apoticaire, vieux Médecin & jeune Chirurgien. Apoticaire fantasque , & Médecin yvrogne. Faire de son corps une boutique d’Apoticaire. C’est prendre trop souvent des remèdes & des Médecines. Voïez lettres de Patin , préface.') $ APOTICAIRE fans Jucre. On apelle ainsi par mépris, tout Apoticaire ou Marchand, dont la boutique ou magasin , n’est pas bien fourni de drogues , ou dc marchandises. Des parties ou comptes d’Apoticaire, font des mémoires de frais , ou de fournitures de marchandises, fur lesquels il y a moitié à rabatte ; cette maniéré de parler est proverbiale. APOTICAIRERIE , s. f. [ Pharmacopolium .] Le lieu du Couvent ou d’une maison de quelque Prince , ou de quelque grand Seigneur où l’on met les drogues & tout ce qui regarde la profession de l’Apoticaire. (Une belle apoticairerie , une apoticairerie bien rangée , en bel ordre, bien ordonnée. L’apoticairerie des Capucins dufauxbourg Saint Jaques de Paris, est tout-à-fait propre & bien entendue. Celle des Cordeliers de Paris est aufli fort jolie : mais l’une des plus belles apoticai- reries qui soitau monde , est celle de Lorette en Italie. Toutes les chévretes & les autres pots qui fervent aux Apoticaires, en ont été peints par Urbin & par Raphaël, excélens Peintres, & font tous embélis de quelque figure de l’Ecriture sainte. APOTICAIRESSE , s. f [ Medicamentaria. J Religieuse qui prépare les remèdes pour les malades de APR son Couvent, & qui consulte le Médecin en leur fa. veut. (Unè bonne , une vigilante apoticairesse. On a fait la Mère N... apoticairesse de la maison.) APOTICAIRESSE ,s. f. [PbarmacopoLe uxor.] Fem. me d’Apoticaire. APOTICAIRESSE , en ce sens , est bas & comique, Si l’on dit simplement, femme d’Apoticaire. APOTOME , s m. [ApotomeJ En Algèbre , c’est la diférence des nombres incommensurables dont on fait l’addition pour les binômes , trinômes , &c. En musique , c’est la partie qui reste d’un ton entier quand on a ôté le demi-ton majeur. APÔTRE, ou Apojìre, s. m. [ Aposo/w .J Us ne fe prononce point dans ce mot. II vient du Grec. C’est celui qui a été Disciple de J. C. Jésus-Christ a eu douze Apôtres , & leur vie a servi & devroit encore servir de modèle à ceux qui ont embrassé l’état Ecclésiastique. Saint Pierre a été un très-grand Apôtre , & Saint Paul un Apôtre très-zélé. Du tems du Pape Set- gins, les Sarazins emportèrent de Rome les corps des Apôtres Saint Pierre & Saint Paul. Columefiì opuscule pag. 157 - f * APÔTRE , f. m. 11 est quelquefois comique, & alors il signifie gaillard, éveillé, un peu libertin L qui fait de petites malices. (La plupart des jeunes A- bez font de bons Apôtres. Tout Picard que fétois , j’étois un bon Apôtre. Rac. plaideur, n. 1 . sc. 1 . APOZE'ME. Voïez APOSE'ME. APPAROÌTRE, est diférent de paraître. Le fo. leil paraît , & non apparoît. On dit, un Ange lui apparut ; Jésus-Christ apparut à ses Disciples ; les spectres n’apparoijjént que la nuit. Distaroître répond.également à paraître Si apparaître , Les étoiles distaroifjent , la comète a disparu. APPARITION ne se dit dans le propre, que de c* qui apparoît ; ainsi on dit, ¥ apparition d’un Ange, l ’apparition de Nôtre-Seigneur. Dans le figuré , apparition est élégant en certains sens. On diroit d’un homme qui vient rarement à la Cour , & qui n’y demeure pas long-tems , 11 n'a fait qtdune apparition ; ou d’une personne qu’il y a long- tems qu’on n’a vûë , & dont la visite nous surprend, C est une apparition. Mais alors il n’a point de régime, & c. Le P. Bouhours, fuite des Remarques. APPETER , v. «. Désirer. \_Appetere , defîderare.) Ce mot ne fe dit guère que de désirs qui viennent de causes naturelles. L’instinct des animaux fait qu’ils tìappetent que ce qui leur est propre. APPLATIR; Voïez APLATIR. APPLEGEMENT- On trouve ce mot dans plusieurs Coutumes. II signifie la même chose que cautionnement. Cs APPLIS- Dans le langage des Bressans, on appelle applis , tous les inltrumens d’Agriculture, que l’on remet au granger , lors qu’il entre dans une grange ou métairie, pour la cultiver. APRE, ou astre, adj. Us ne se prononce point dans le mot astre, & montre seulement que la première silabe en étant un peu longue , doit avoir un circonflexe. Apre vient du Latin Aster. II signifie qui a de l’âpreté, qui possède une qualité âpre , & qui a quelque chose de rude. Apre au propre ne se dit point des personnes. (11 y a en cela quelque chose de trop ápr». Ai les âpres frimais , ni les grandes chaleurs A’y ternissent jamafi le bel émail des fleurs. Ségrais, églogue 6. 1 3T Voici un vers de la Pucelle , où le terme , âpre, n’a pas été si bien placé ; c’est en parlant de la résistas» ce des habitans d’Orleans : Jusques vers le milieu de la neuvième lune, II avoìttenu tête à son âpr s fortune.) * APRE , adj. [Avidm .J II ne fe dit, au figuré , que des personnes, & signifie , ardent, avide , qui a une passion violente pour quelque chose. Apre suivi d’un substantif, veut le datif. Monsieur le Gréfier Ge- rardin est âpre à l’argent. Mais étant suivi d’un verbe, il veut l’infinitif avec la particule à. Le vieux penard N. est âpre à prendre , & lent à rendre. APRêLE , ou aprêt , s f. [ Equiselit .] Herbe dont les feuilles font fort rudes, & qui est propre à froter le bois & la vaisselle, APRE- APR APREMENT , adj. ^ [Afperè.] Fortement. Fronon- eez àpreman. (II gèle âprement. * APREMENT. [Vehementer.j} Au figuré, il signifie violemment, rudement. (On arrêta l’autre jour au Parnasse, qu’on rcprimanderoit âprement le petit A. d’avoir osé traduire les ouvrages d’une langue qu’il n’entend qu’en grimaud, en une autre où il ne s’expri- me qu’à l’antique.) * APREMENT , adj. [Ar denier .] Au figuré, il signifie aussi avec ardeur, ardemment. (Se prendre âprement au travail.) APRE'CIER , v. a. [Pretium imponere, eefiimare.'} II vient de l’Italien apprezzare. C’est régler le prix de quelque chose qui s’achete. (Aprécier une terre, aprécir une maison. Les beurriéres de Lyon ont apré- cié à deux petites pièces les ouvrages du pauvre T,. & le Libraire les leur a abandonnez.) APRE’CIATION , s. f. [AdJUmatio.'} Prononcez apréciacion. C’est le prix & la valeur qu’on a mis à quelque chose qui est à vendre. (Apréciation juste, raisonnable. L’apréciation est faite dans les formes.) ( APRE'ÇIATEUR , s. m. [ Afiimator. ] Celui qui régie , ou qui est établi pour régler le prix de quelque chose. (II a été ordonné que cette maison sera estimée par les apréciateurs.) £ On dit aussi, juste apréeîateur du mérite. Dans ce sens on ne le dit que joint avec une épithete. APREHENDER, v. a. [Metuere.J C’est craindre, avoir peur. (On doit apréhender la pauvreté, car elle est horrible, & elle fait trembler dans la personne de Cas... de Van... Si H. continue sa vie, on apréhende pour lui, la corde, ou tout au moins les galères.) APRE'HENOER , z-, a. Ce mot signifiant craindre, & étant immédiatement suivi d’un verbe, veut la particule de quand le verbe qui le suit est à la même personne que lui ; sinon il veut la particule que, avec le subjonctif. ( Les grands apréhendent de mourir, parce qu’ils font heureux fur la terre. On apréhende que les médians ne périssent pas ; c’est-à-dire, qu’on souhaite qu’ils périssent. On -apréhende que les gens de bien ne soufrent beaucoup, c’est-à-dire, qu’on voudroit qu’ils ne soufrissent point.) APRE'HENDER , v. a. C’est se saisir d’une personne. Apréhender , dans ce sens , vient du Latin apprehendere , & est purement du Palais. (Les créanciers du pauvre bon homme V. ont obtenu une prise de corps contre lui ; & ils le feront apréhender , à moins qu’il ne prenne vite une once de fuite purgative du côté de Provence.) APRE'HENSIF, apréhenfive, adj. [TimidusL} Qui craint, qui a peur. (Le lièvre est de tous les animaux celui qui est le plus apréhensif. La plupart des femmes font apréhensives.) APRE'HENSION , f. f. [Timor.J Crainte, peur. (Apréhension continuelle, perpétuelle, mortelle, grande, horrible , forte , particulière, efroïable, furieuse, incroïable, terrible. Etre dans une perpétuelle apréhension. Abl. Luc. Etre agité d’apréhension & de douleur. Etre tourmenté d’une continuelle apréhension. Les riches & les méchans ont une horrible apréhension de la mort. 11 est bon de donner à de certaines gens, apréhension de Favenir.) * APRE'HENSION , f. f. [Âpprehersio , intelkBìo. J Terme de Palais & de Logique. (Les archers ont fait l’apréhension de fa personne. La première opération de l’entendement est Fapréhension.) APRENDRE, v. a. [DocereJ J’aprens, j’apre- •nois, j’apris, j’ai apris , saprendrai , j’apriffe. 11 semble venir de l’Italien apprendere, C’est instruire, c’est enseigner, c’est donner à quelcun des connoiffances qu’il n’avoit pas. C’est montrer, c’est faire connoître quelque chose à une personne. Apremlre en ce sens, & étant suivi d’un verbe, veut ce verbe qui le suit à l’infinitif, 'avec la particule à. (L’on n’aprend pas aux hommes à être honnêtes gens, & on leur aprend tout le reste. Pascal, pensées. Cela vous aprendra à vous fier à vos alliez. Abl. ret. L ■;.) t On dit en menaçant quelqu’un. On vous «íw- dra vôtre devoir, on vous aprendra à vivre. Je lui aprendrai qui je fuis. APRENDRE, -j. a. [ Discereé ] Ce mot se dit aussi de celui qui est instruit & enseigné, & il signifie étudier & prendre du soin & de la peine pour aquérit quelque connoissance. (11 aprend la Philosophie , il APR ï 2 5 aprend à faire des armes, h a apris la Géométrie. Il veut aprendre un métier.) £§ Le P. Bouhours a remarqué, pag, ao^. que aprendre a deux significations diférentes , & toutes deux bonnes ; il lignifie tout ensemble le discere & le docere des Latins : il ajoute qu’il a fait cette remarque, parce qu’il y a des gens qui font scrupule de dire aprendre pour enseigner , & qui croient qu’il faut toujours dire enseigner. Ce seul exemple peuî les détromper : On n’aprend pas aux hommes à être honnêtes gens , on leur aprend tout le rejie. 11 y a même des endroits où enseigner ne vaudroit rien, comme celui-ci : Sa présence votv sait voir 'quelque chose de plus merveilleux encore , que tout ce qu’un bruit confus (i? la voix de tant de diverses nations avoìt pâ vous en aprendre. C’est ce que dit M. Patru, en parlant de Pompone de Béliévre. II sc peut faire qu 'aprendre soit meilleur qife nfii~ gner ; mais, généralement parlant, il faut éviter i’é- quivoque, & ne pas confondre enseigner & aprendre. APRENDRE, v. a. C’est mettre une chose en fa mémoire, & s’en ressouvenir. Un Comédien doit bien aprendre son rôle avant que de paroître fur le téatre ; & un Prédicateur son sermon avant que de monter en chaire. Aprendre quelque chose par cœur: c’est-à-dire , avec ardeur, parce que e’est au cœur qu’eít la passion de faire quelque chose. Et l’on se sert de ces mots aprendre par cœur-, pour dire, aprendre en telle forte qu’on, puisse redire mot pour mot ce que l’on a apris. Pasquier, recherches , /. 8- c. g.) APRENDRE, v. a. C’est aquérir de nouvelles lumières dans son esprit. (On n’aprend rien en apre- nant la Philosophie vulgaire.) APRENDRE. II signifie quelquefois s’instruire , & régit le verbe qui le fuit à Finfinitif avec la particule à. (En faisant bien, on aprend à faire mieux, & même quelquefois en faisant des fautes, on aprend a les éviter. Cojiar, lettres, 1 .1. lett.nq. On fait lavoir à tous ceux qu’il apartiendra que quiconque veut aprendre à mal écrire, il n’a qu’à lire les ouvrages de N. C’est principalement auprès des femmes qu’on aprend à être agréable.) APRENDRE. [Accipere famâ.jj C’est savoir quelque chose par le raport d’autrui. (Philis, je ne vous vois plus, parce que j’ai apris de vos nouvelles. La Gazette, le Journal des Savans, & le Mercure Galant nous aprennent souvent de jolies choses.) APRENDRE. [Pervidere, cognofrere .] Pénétrer, con- noitre, découvrir. Aprendre par les sacrifices le succès des affaires. Vaug. Quint. L 7. Plusieurs croient que par les figures de géomance on peut aprendre le bon ou le mauvais succès d’une affaire ; mais ce’s gens semblent de légère créance à bien du monde.) APRENTI, f. m. [Tiroé] C’est celui qui est sous un maître , & qui le doit servir un certain tems régls pour aprendre le métier dont ce maître fait profession. (Tout aprenti est engagé par un brevet passé devant Notaire, & Partisan qui prend l’aprenti & qui en a quelque argent, s’oblige aussi de lui bien montrer le métier qu’il veut savoir. (Un bon aprenti , un aprenti diligent, vigilant, laborieux, soigneux, négligent, paresseux. Prendre un aprenti, obliger un aprenti. Avoir un aprenti.) * APRENTI, f. m. Au figuré, c’est-à-dire , qui ne fait pas encore bien une chose, qui n'est pas adroit à faire quelque choie. (II n’étoit pas aprenti à manier les armes. Vaug. Quint. I. 4. Le petit A. est un aprenti traducteur, & quelque gêne qu’il donne à son esprit pour être maître passé dans ce bel art, il a bien la mine de n’être toute fa vie qu’un très-çhérif aprenti.) APRENTISSAGE , f. m. [TirociniumJ C’est le tems qu’un aprenti, ou qu’une aprentisse est à aprendre un métier. (Un long & pénible aprentissage. Un fâcheux aprentiffage, un heureux aprentissage. Commencer son aprentissage. Etre en aprentissage, faire son aprentissage. Entrer en aprentissage, achever son aprentiffage. L’aprentissage s’écoule vîte quand on a le cœur au métier. ) . APRENTISSAGE , f m. Au figuré , e’est le commencement auquel une personne s’exerce en quelque chose de considérable. (Un glorieux aprentissage, un illustre , un fameux aprentissage. 11 fait Faprcn- tissage du bel art de la guerre. Vous eussiez fait iur moi Faprentissage d’une impitoïable vertu. Voiture, /. 22.) APRENTISSE , f f. [Puella tirocinio mmscipata.j Tome L Q. 2 Un 124 APR Un savant de Province m’a fait la grâce de m’écrire que le mot d’aprentiffe etoit suranné , cela cil peut- être vrai dans la Province : niais à Paris , où je luis, il est fort uiité. L’aprentisse est une jeune fille , qui en présence de quelques Jurees s’oblige devant un Notaire à une maîtresse du métier dont elle fait profession, & cela en lui donnant quelque argent & durant un certain nombre d’années réglé. ( Une jolie, une agréable aprentisse, une aprentisse fort exacte, & fort soigneuse. L’aprentisse bouquetière est obligée pour quatre ans, l’aprentisse lingère autant. L’aprentisse couturière n’est obligée que trois ans.) APRE'S- Préposition dont la dernière filabe est un peu longue & qui régit l’accufatif, elle signifie ensuite. En Latin post. Le Temple de Salomon fut commencé quatre cent quatre-vingt ans après fa sortie d’Egypte. Port-Royal, Hìjìoire de la Bible. Je fus berné vendredy après dîné, pour ce que je ne vous avois pas fait rire. Voit. I. 9.) APRE'S tout. [Omnibus accuratè perpensts. J C’est- à-dire , tout bien considéré. (Après tout, M. n’est qu’un petit sot, plein de fourberie, & d’une vanité infuportable.) (J Quelquefois, après tout est un adverbe. {Après tout , je m’en console, j’ai fait mon devoir.) Locution bourgeoise & très-basse. Après tout ce qu’ont dit les gens , Je crois qilil j'eroit du bon J'ens De mettre Cloris e?2 ménage. Pourquoi différer plus long-tems ? Ses regrets ne seroient pas grands , T dût-elle perdre J'es gans après tout. Quand on tarde à jetter des bans Pour une fille de vingt ans , II rien est guère de st J'age, Qui ne mette son cœur en gage , Et puis P époux vient Jur les rangs après tout. APRE'S , adv. [DeindeJ Prononcez la dernière si- Jabe un peu longue, & marquez-la d’un accent. 11 veut dire ensuite. (Priez Dieu présentement, & vous travaillerez après.) APRE'S. Ce mot entre dans quelques façons de parler communes. Si l’on demande , travail]e-t’on ? On répond, on est après, C’est-à-dire, on y travaille. Je fuis après à faire ce que vous voulez s c’est-à-dire, je fais ce que vous avez ordonné. APRE'S. Conjonctive qui fe met devant le prétérit de l’infinitif, & qui fe rend en Latin par pojìquam, & en François lorsque. Jéroboam mourut après avoir régné vigt-deux ans. Port-Royal , Hijioire de la Bible. C’est comme si l’on difoit, lors qu’il eut régné 22. ans. APRE'S que. Conjonctive. En Latin, pojìquam. Après que , fe met quelquefois avec le subjonctif, & souvent avec l’indicatif. ( Après que Salomon eut bâti un Palais pour lui. Port-Royal. Après que j’eus dîné, je me mis à étudier.) APRE'S-DÌNE'E , f /. [Aprandio , post prandìi terri - pus.] Espace de tems qui est depuis le dîné jufqu’au soir. (Une belle après-dînéc, une agréable, une charmante après-dînée, Ne mettons point nôtre félicité dans une chose qui est ce matin à nous, & qui pourra être à nôtre ennemi cette après-dînée. Balz. entretien 22. Iris, vous avez souhaité De me voir avec liberté Quelque jour, quelque après dìnée, Mais vous en êtes détournée. Gomb. Poéf. APREST , où aprêt,J'.f. [Apparatio, apparatus.] II s’écrit de P une ou de l’autre façon ; mais l’r ne fe prononce pas, & montre seulement que la dernière filabe du mot d ’ aprêt est un peu longue. Aprêt signifie apareil. ( Les aprêts des repas d’Antoine & de Cléopâtre étoient magnifiques. Citri, Triumvirat, 3. partie, chap. r r. Nous retournâmes au navire faire les aprêts nécessaires. Ab L Luc. t. 2. Hidoire véritable. Vous verai-je toujours renonçant à la joie, Faire de vôtre mort les funejies aprêts ? Rac. Phèdre, a. 3. sc. 3. APRêX, f. m. Terme d z Chapelier. C’est de l’eau APR bouillie où il y a de la gomme, dont le Chapelier Ce sert pour donner plus de corps & de lustre aux chapeaux. (Cet aprét est bon , cet aprét ne vaut rien. Faire de l’aprêt. Alettre de l’aprêt à un chapeau. II n’y a point de chapeau où il rfy ait de ì’aprét, aux uns plus, & aux autres moins.) APRêX, s m. Terme de Bonnetier. C’est une forte de lustre qu’on met dans la marchandise pour la rendre plus belle & plus brillante. (11 n’y a point d’aprêt dans ces bas. 1 . Les bas qui font fans aprêt, ne font pas les plus beaux, mais ce font les meilleurs.) APRêX , j. m. Terme de Drapier. Eau gommée qui lustre le drap, & le rend plus ferme. (.Bon aprêt, méchant aprét. II faut bien ménager l’aprêt dans le drap.) $ APRêX, s. m. Dans le négoce de toiles, ce font les drogues que l’on fait entrer dans les toiles, & les diverses façons qu’on leur donne, apiès qu’elles ont été blanchies. H APRêX, J', m. Dans les manufactures de foirie, ce terme signifie toutes les eaux & drogues que les Ouvriers emploient pour donner du lustre, & rendre plus fermes les marchandises qu’ils ont fabriquées. Ainsi on dit, ce tafetas, ce ruban a trop d’aprêt, pour dire, qu’on lui a donné trop d’eau de gomme, & qu’il est trop dur. APRêX, s. m. Se dit aussi de la couleur que les Vitriers-Peintres fur verre emploient dans leur peinture, ou plutôt de la préparation de chaque couleur. APRE'TADOR, f- m. Ce mot est purement Espagnol. Sarazin le voulut introduire dans nôtre langue, mais en vain. C’est un ornement qui est enrichi de pierreries, & que des Dames de qualité portent en Espagne. (Un aprétador fort riche. Un bel aprétador. Un magnifique aprétador. Ils portoient des marques de plusieurs victoires galantes, des bracelets de cheveux, des barolets & des aprétadors. Sar. pompe de Voiture, édit. in douze, pag. 239.) APREXE', astreté, J', s. Prononcez presque âpreté. Cependant ce mot en vers fait nécessairement trois si- labes. II semble venir du Latin asteritas. II fe dit de certains fruits. C’est une faveur & une qualité âpre qui fe rencontre dans le fruit. L’apreté qui fe trouve aux fruits , diminue à mesure que les autres vieillissent. Manière de cultiver les arbres, ebap. 2. pag. 12.) APREXE’, f. f. [Rigslr.J II fe dit du froid & des hivers, & signifie violence. (La rigueur & l’apreté des hivers ne l’arrête point. Patru , discours Jur le travail .) APREXE', f. f. II fe dit des chemins, des rochers & des montagnes, & signifie ce qu’ils ont de rude & de raboteux. (Vous rétablirez un chemin que fa hauteur, & son âpreté rendent dificile. BoJJuet, oraijbn funèbre .) APREXE' , f f. [Acerbitas.] Au figuré , il fe dit des personnes. Maniéré de férocité mâle & courageuse. (Cette âpreté de naturel qui ne se rendoit jamais aux dificultez. Saint Evremont, génie du Peuple Romain, l. 2.) APRêXE , apreste , f fi [Frustulum panis oblongum.] II s’écrit de l’une ou de l’autre façon : mais la lettre J ne fe prononce pas, & montre seulement que la seconde filabe est longue. Petit morceau de pain délié & coupé en tranches & en long, avec lequel on mange un œuf frais & mollet. ( Aprête trop petite, aprête trop grosse. Faire des aprêtes. Voila trop d’aprêtes pour un œuf. On prend le jaune d’œuf avec l’aprête, & on le mange.) APRêXER, aprejìer, v. a. [ Parare, accurare.] La lettre J' ne fe prononce point ; mais on l’écrit fans / ou avec J, & il semble venir de l’ítalien aprejìer. C’est preparer, tenir prêt, faire tout prêt, tout l’apa- reil, ou toute la préparation qu’il faut pour une chose. (Aprêter le dîné, aprêter le soupé, apréter la colation.) APRêXER , v. a. Etant immédiatement suivi d’un verbe, il veut la particule a , «L ce verbe qu’il régit a l’infinitif. C’est faire tout ce qu’il faut pour quelque chose. (Vous aprêtez à rire à ceux qui vous entendent. Mol. eritiq. I. 3.) * APRêXER. Au figuré, il fe dit des louanges qu’on donne aux gens, L il lignifie ajuster, acommoder". (Sa délicatesse est fatiguée de beaucoup d’éloges qu’on a mal aprêtez. BetçJ’erade.) APRê- APR APRêTER, v. a, Terme de Chapelier. C’est mettre de l’aprêt à un chapeau, prendre de l’aprêt avec la main & le passer sur le chapeau, pour lui donner plus de force & le rendre plus ferme. (Aprêter un chapeau.) APRêTER, v. a. Terme de Bonnetier. C’eít rendre la Marchandise plus ferme & plus belle, en y mettant de l’aprét. (II faut aprêter ces bas.) î APRêTER, D. a. Donner l’aprêt aux étofes ou autres marchandises, pour les mettre à leur dernier dégré de perfection. | APRéTER pour dorer. Terme de Tireur d’or, qui signifie la même chose que tirer à Targue. f APRêTER des Lettres. Terme de Fondeur de caractères d’Imprimerie. C’est enfermer entre les deux branches du justificateur, autant de lettres nouvellement fondues qu’il y en peut tenir ; pour voir si elles font bien en ligne, & pour leur faire au pied cette petite cavité, ou rainure, qui sert à en assurer la position dans les formes dTniprimerie. C’est la derniere façon qu’on donne aux caractères. S’APReTER , v. r. [Prœparare fe.) Se préparer, fe mettre en état de faire quelque chose. Je m’aprétai, je me fuis aprêté, je nì aprêter m. Ce verbe suivi d’un autre, veut cet autre à ['infinitif, précédé de la particule à. (líne foule de mal-contens s’aprêteà le tourmenter. Abl. Luc. Mousquetaires aprêtez-vous.) APRêTEUR, aprejìeúr, f. m. [bistrufior.) On récrit de Tune & de l’autre forte ; mais if ne fe prononce pas, & montre feulement que la seconde Iliade du mot est longue. On apelle aprêteur, celui qui met la première couche sur le verre qu’on doit peindre. (C’est un aprêteur qui est habile.) APRIVOISEMENT, f m. _ [Bomitura, domi- tm.J Action par laquelle on aprivoife. L’aprivoife- ment des bêtes les plus féroces s’est fait par Tindu- strie des hommes. Ce mot n’est pas fort en usage. APRIVOISER , v. a. \_Manfuefacere , cicurare.J Rendre moins sauvage. Adoucir le naturel sauvage. (Aprivoifer une bête sauvage. Vaug. Quint. I. 8. * Apri- voiser une personne.) S’APRIVOXSER, v. r. Je níaprivoife , je me fuis aprivoife, je m’aprivoifaì. [ 'Manfuefierì.) Se rendre moins sauvage. (Loup qui s’aprivoife.) * S’APRIVOISER. [Familiariter eum aliquo agere -2 Se rendre plus familier. S’acoûtumer. S’adoucir. (11 commence à s’aprivoiser. Scar. On s’est aprivoife à ce mot. Vaug. rem. La perfidie s’aprivoife par les bienfaits. Vaugelas, Quinte-Curce , /. 7.) APROBATEUR, f «. II fe prononce comme il est écrit, & vient du Latin approbater. C’est celui qui aprouve une chose. C’est celui qui donne son aprobation à une chose, ou à une personne. (Un glorieux, un fameux, un célébré , un illustre aprobateur. Je vous remets le foin de m’aquiter envers mes illustresaprobateurs. Pafc. L Les aprobateurs font autant de témoins qui nous persuadent que nous ne nous trompons pas dans le jugement que nous faisons de nous mêmes. Nicole, estais de morale, t. 7. £ APROBATEUR, fedit aussi de celui qui a donné son aprobation publique à un ouvragp. APROBATIF, IVE, adj. Qui témoigne de l’a- probation. Ce mot ne se dit qu’en riant. (Vôtre souris m’a tenu lieu d’un langage aprobatif.) APROBATION , f. f. Du Latin Úpprobatìo. On prononce aprobacion. C’est le consentement qu’on donne à une chose , ou à une personne , & par lequel on confesse qu’on la trou^g bien. (Une glorieuse aprobation , une aprobation illustre, autentique , célébré, fameuse. Aprobation particulière , générale , universelle : aprobation favorable : aprobation qu’on ne peut assez estimer: être dans une haute aprobation: avoir ì’aproba- tion de tout le monde. Abl. Luc. t. 5. Mendier l’a- probation de (es amis pour quelque Ouvrage. Scar. lett. Rechercher Taprobation des gens d’efprit. II mérite Taprobation de la Sorbonne. Pafc. lett. Le public refuse íòn aprobation aux Lettres du Seigneur Milleran, & aux fatras du pauvre bon homme Vaumo- riere.) APROBATRICE ,f f. \JMiratrìx.~\ Celle qui loue & qui aprouve quelque personne , ou quelque chose. Aprobatrice n’est pas encore reçu de tout le monde ; mais on croît qu’il le fera bientôt. (Une glorieuse aprobatrice : une favorable aprobatrice : «ne aprobatrice APR 125 renommée : son aprobatrice est dans Testime : il est heureux d’avoir une aprobatrice de tant de mérite.) APROCHANT, aprochante , adj. \_Similitudme accedens.) Qui est peu diférent d’une autre choie. (L’air de ce Prince est fort aprochant de celui de cet autre Prince. Cette couleur est bien aprochante de celle-là. Vaug. rem.') APROCHE , f f. [ Appropinquatio. J C’est faction de celui qui s’avance vers un lieu , ou auprès d’une personne. (Rendre Taproche des murs dificile. Abl, Ces. II craignoit Taproche de TArmée. Vaug. Quint, l. 8- Elle doit craindre Taproche des galans. Moi, école des femmes.) APROCHE [Admotio exercitus ad muros , AA'.J Terme de Fortification. Chemin creusée dans terre, & dont les deux cotez font élevez afin d’aprocher d’une Place fans être aperçu de T ennemi. (Faire les a- proches , empêcher les aproches , apréhender les a- proches.) f APROCHES. Les Anciens faifoient leurs aproches du camp au corps d’une place , & ils aloient par tranchées ou par des lignes blindées jufqu’à leurs batteries, comme M. de Folard le montre dans son Polybe. II prouve que nos sap p es couvertes & nos parallèles en places d’armes ne (ont pas une invention moderne , & que les peuples de l’Asie, les Grecs & les Romains les ont pratiquées avant nous. Pohbe, Tome II. pag, 161. de TEdit. d’Amsterdam. * APROCHES. Au figuré , il est galant, & fe dit en. matière d’amour & d’amitié : il veut dire accès qu’on fait dans le cœur d’une personne. (C’est par la complaisance queTamour fait les aproches d’un cœur, La Suze , recueil des pièces galantes. C’est-à-dire , qu’on a accès dans le cœur , gs? qu’on le gagne. Un amant jeune , galant & libéral n’est pas long-tems à faire les aproches du cœur de fa belle.) APROCHER, v. n. [ Appropinquare , petere. J Aller , avancer vers quelcun , vers quelque lieu , ou vers quelque chose. (II fit aprocher le frère de Darius. Vaug. Qfiint.' L 7. Ils aprochent de la muraille , & ils donneront bientôt un assaut à la Ville.) APROCHER , v. n. [ Inftare .J Etre prêt d’arriver. (L’hiver aproche: le printems aproche : la jeunesse fe passe, &la mort aproche.) APROCHER, v. a. [ 'Admovere.] Mettre proche. (11 faut aprocher le canon des murailles pour les battre vite en ruine.) APROCHER , v. n. [Proximi accedere.J Ateindre eri quelque forte. (Gassendi & Defcartes ont plus aproche de la vérité, qu’Ariftote , & que les autres anciens Philosophes.) * APROCHER, v. a. Etre en faveur auprès d’une personne de qualité : avoir un libre accès auprès d’une personne de crédit & de mérite. (11 a l’honneur d’aprocher Monseigneur : elle a le bonheur d’aprocher Madame, & d’enobtenir beaucoup de grâces. Vaug. rem. ) H APROCHER Carreaux. Terme de monoïage au marteau. C’est après qu’on a coupé les quatre grands angles des carrez de métal, en rogner tout autour les autres petits angles qui restent, jufqu’à ce qu’ils aprochent du poids &de la rondeur des efpeces. ch APROCHER à la pointe, à la double pointe , ou dent de chien , & a la gradine. Termes de Sculpteurs & de Marbriers, qui signifient tailler & avancer un ouvrage de sculpture successivement avec trois outils, après Tavoir dégrossi avec la masse, & la pointe afu- tée de court. S’APROCHEK , v. r. [Accedere adfi\ Je m’aproche, je m’aprochaì, je me fuis aproché, je .m’aprocher ai. C’est s’avancer vers quelcun , vers quelque lieu, ou vers quelque chose.) Frère Clément Jacobin s’aprocha de Henri III. pour lui faire la révérence , & Tassaffina au même teins. Histoire de France, Henri III. Us s’a- ■ prochérent de la rivière pour y faire un pont. Abl. Cés. * APROFONDIR , v. a. [ Foderi, altè penetrare ,feru- tarì .) 11 ne sc dit guère qu’au figuré. C’est examiner à fond : tâcher de pénétrer dans la connoissance de quelque chose de dificile. (Aprofondir une matière, aprofondir unedificulté. 11 ne faut pas toujours aprofondir les choses. Pafc. lett. L.) * APROFONDISSEIVIENT, s. m. \_Altior fojflo , ac- curata penetratio.'} 11 semble seulement usité au figuré ; c’est-à-dire , pénétration dans quelque chose de mal-aisé à concevoir & à découvrir. (L’aprofondisse- Q. ? ment 126 APU aient de Descartes & de Gassendi dans les choses naturelles est surprenant.) APROPRIANCE , st st í Vìndkatio , ajsertio. ] Terme de Coutume. Prise de possession d une chose a- chetée ou donnée. APROPRIATION ,/ st [Vindicatio.l L’action de s’aproprier les choses. (Les ambitieux & les avares ne cherchent qu’à se faire l’apropriation du bien d’au- trui.) APROPRIER , v. a. [ Adornare , concinnare .2 Ajuster, acommoder : Aproprier en ce sens paroît bien vieux, & en fa place on dit ajuster , ou acommoder proptement. M. aproprie pitoïablement son petit bouge ; & quand il ne feroit pas voir par fa conduite & par son air qu’il est Poète, on jugeroit aisément par son taudis qu’il l’est , ou qu’il le veut être.) S’APROPRIER, v. r. [ Vindìcare , ajsterere sibi ali- quid.l 11 se prend en bonne & en mauvaise part ; mais le plus souvent en mauvaise. L’est prendre, pour soi, s’atribuer àsoi-même quelque chose. Je m’aproprie, je m’apropriai , je me suis aproprie'. Vous êtes un galant homme , & vous avez voulu vous aproprier les vers d’autrui. Avis à Ménagé. Judas étoit un larron qui s’aproprioit l’argent de Jésus-Christ & des Apôtres. Fra-Paolo , bénéfices. Je m’apropric de telle forte vos joies & vos déplaisirs , que je puis dire que ce font les bonnes & les mauvaises nouvelles que je reçois de vous qui font mes bons ou mes mauvais jours. Balzac , lettres à Conrat. cbap. I. let. i.) APROUVER5 v - a - vient du Latin approbare , donner son aprobation à une personne, ou à une chose : avoir pour agréable une chose , ou ce que fait une personne. Cas. est d’une humeur hétéroclite , & je ne vois point d’honnête homme qui l’aprouve. Le gros Charpentier aprouvera tous les Manuscrits qu’on voudra, quand on lui donnera de bons chapons gras , & de bon vin d’Avenai.) APTE, adj. [ Aptus , idoneus. ] Vieux mot dont on ne se sert plus à présent, & qui íignifioit, propre à quelque chose. ( M. Pourchot disoit en badinant que l’universel de la logique étoit une chose apte & idoine k être prêchée de plusieurs.) APTITUDE , st st [ Habilitas .] 11 pourroit être formé du Latin aptm , ou de l’Efçagnol aptitud. C’est une disposition naturelle pour réussir, en quelque chose. (Une merveilleuse aptitude , une heureuse , une admirable aptitude ; une aptitude qu’on ne peut assez estimer ; vous avez une aptitude à toutes les bonnes , & les belles choses. Balzac , lettres à Conrat , l.s. II a de l’aptitude pour tous les beaux Arts. On admire son aptitude.) (st Ce mot, dit le P. Bouhours, n’est pas connu à la Cour ; on ne laisse pas de le dire quelquefois. Voïez pag. 224. tom. 2. des nouvelles Remarquesfur la Langue Françoise. On dit plus souvent aptitude que apte. APUI» st m - [ Fultura , fulcrum. J Chose fur quoi l’on s’apuie : choie qui apuie : chose qui soutient. (Un bonapui, un apui ferme, un apui solide, un foible apui : ma canne est mon seul apui, & je n’en veux point d’autre.) * APUI , / m. Ce mot au figuré signifie soutien, & se trouve dans de bous Auteurs. (II est étrange à combien de choses l’ame s’atache , & combien il lui faut de petits apuis pour la tenir en repos. Nicole , estais de morale , t. 1.) (st Plusieurs écrivent ce mot avec dempp. appui. AI. Despreaux , dans son Discours au Roi , en parlant des mauvais Poètes : A l’ombre de ton nom ils trouvent leur azile, Comme on voit dans les champs un arbrijsteau débile, Qui fans l’beureux appui qui le tient attaché ., Languirait tristement , fur la terre couché. Cette comparaison a été condamnée par AI. Desmarets : „ II compare ( dìt-ìl ) le Poète a un arbrisseau qui a ,, vie, & le Roi a un bâton qui n’a plus de vie, & qui „ ne fait plus d’ombrage , &c. APUI de fenêtre , st m. [ Podium. J Terme d’Architecture. C’est la pierre qui couvre l’alége, & qui fait le bas du tableau de la croisée. ( Cet apui est trop haut ; cet apui est trop bas : voilà un apui qui est d’une belle hauteur : un apui d’une hauteur bien proportionnée , bien juste , & fort raisonnable.) APUI,/ot. Terme d ’ArchiteHure. [Podium acc/i- ve , rectum.) C’est la piéce de bois , le fer, ou les APU pierres qui suivent la rampe d’un escalier. ( On dit, voilà un apui qui suit bien sa rampe.) APUI ,/ m. [ Hypomochlium.) Terme à’Architecture. C’est une pierre, ou un morceau de bois qu’on met sous les pinces, ou sous les leviers pour remuer quelque chose. (Vite qu’on aporte un apui, & qu’on le mette là-dessous.) $ APUI,/ m. Terme de Tourneur. II signifie cette longue piéce de bois , qui porte des deux bouts fur les bras des deux poupées, & que le Tourneur a devant lui, lorsqu’il travaille, pour soutenir & afermir son outil. On l’apelle quelquefois la barre du tour, mais plus ordinairement le íuport. (st APUI continu. C’est une espèce de plinte, souvent ornée de moulures, & ravalée, qui sert de ta- blettes d’apui aux croisées d’une façade, comme l’on en voit en plusieurs Palais de Rome. (st APUI alegé. C’est celui qui est diminué de la profondeur de l’embrasure, autant pour regarder plus facilement au-dehors , que pour soulager le dessous. (st APUI depìédestal. Celui qui est en maniéré de piédestal double, pour porter de fonds les ornemens d’une croisée. (st APUI. Le droit d’apuïer sur l’héritage de son voisin , est une servitude que les Latins apellent strvitus oneris ferendi. II en est fait mention dans la Loi 32. jst. de servit, urban. prsœ lanugìnes.] Terme de Venerie , qui se dit de ces filandres, qui se trouvent au pié du cerf, à cause de la ressemblance qu’elles ont avec la toile des araignées. 4 ARARES- Nom que les Indiens donnent à cette forte de fruits, qu’on apelle en Europe Mirobolans citrins. Cette espece de Mirobolans est estimée propre à purger la bile. {§ ARASER. C’est conduire de même hauteur une assise de maçonnerie. On arase de niveau , lors qu’on conduit horizontalement les assises. On dit aussi, qu’un lambris de pierre, ou de marbre, ou qu’un assemblage de ménuiserie est arasé, lors qu’il n’y a point de saillie, & qu’il est comme du parquet. {§ ARASES- Ce sont des pierres plus basses, ou plus hautes que les autres cours d’affises, pour parvenir à une certaine hauteur, comme celles d’un cours de plinte, & des cimaises d’un entablement. Daviler. t ARATE ou Arobe. Poids de Portugal, qui est aussi en usage à Goa Si dans le Brefil. L’Arate ou Aro- ARB 129 be Portugaise est plus forte que l’Arobe Espagnole, celle-ci ne pesant que vingt-cinq livres, & celle-là tren- te-deux. ARAÏICUPANA, s tn. Arbre du Brefil de la grandeur d’un oranger, & qui porte un fruit d’une ex- célente odeur, & d’un goût agréable. ARBALETE, Arbalétre ,s. s. [ Balifia. ] Quelques-uns disent arbalétre , mais mal : II n’y a qu 'arbalète du bel usage. La pénultième du mot arbalète est un peu longue. C’est une arme qui n’est pas à feu, & qui est composée d’un arc d’acier, d’un bois qu’on apelle monture, d’une corde, & d’une fourchéte. On sc sert de l’arbalête pour tirer des flèches, ou des baies. II y a deux sortes d’arbalêtes, f une à flèches, & l’autre à jalet. Une bonne ou une méchante arbalète. Tirer l’arbalête, sc batre avec des arbalètes. Lés arbalétriers ne daignant pas couvrir leurs arbalètes, les mirent hors d’état de servir. Choist , Hijìoire de Philippe de Valois , /. 5. 11 est défendu aux Ecclésiastiques de tirer de l’arc ou de l’arbaléte. Tiers , traité des jeux , c. 24.) 4= O11 dit prov. pour marquer une grande vitesse; plus vite qrfun trait £ arbalète. (g ARBALêTE. On se scrvoit autrefois de cette arme : mais aïant souvent éprouvé que les traits & les flèches que l’on tiroit, étoient empoisonnez, on défendit sarbalête, dans un Concile tenu à Rome, fan n;9.. I/Empereur Conrard fit les mêmes défenses, M. du Gange a raporté, dans ses Observations fut Joinville, ces vers de Guillaume de Dole, ancien Poète, qui dit en parlant de Raoul de Hondane : Par effort de lance gj? d’estu Conquérois tos ses ennemis Ja arbalestriers ni fut mis, Por la guerre en autorisez Par avoir £s? par mauvaistié > Les tiennent ore li haut home Por demi le threj'or de Rome: Ne vostst’il, n’a droit , n’a tort Qu’uns en eut un preuX homme mort. 4 ÂRBALêXE , f. f. On apelle ainsi l’astragaîe, qui est le premier os du tarse ; l’os de l’arbalête. ARBALêTE , ou arbalefle , f. f. On écrit de l’une ou de l’autre façon ; mais la lettre f ne se prononçant pas, ne sert seulement qu’à montrer que la pénultième du mot arbalète est longue, & qu’elle se doit marquer d’un circonflexe , lors qu’on l’écrit fans la lettre f. L’arbalête est un terme de mer , & c’est un instrument dont on se sert pour prendre les hauteurs des astres, & déterminer combien on est éloigné de la ligne équinoxiale dans le lieu où l’on prend la hauteur. Les parties de cette arbalète font les marteaux & la flèche. 4 On l’apelle aussi bâton de Jacob. 4 ARBALêTES , arbalettes , ou Fourches. Cë íont les ficelles qui servent à monter le métier des Ferandi-' niers-faiseurs de gaze de foie. Chaque Arbalète tient, cinq lisetes ; ensorte qu’il y a cinq fois moins d’arbalêtes que de lissetes. ARBALêTRIER , ou arbalestrier , f. m. [Balfiarim, sagittarim.] Prononcez arbalêtrié. L’usage, en parlant de sancienne milice, veut qu’on écrive arbalétrier , mais qu’on prononce arbalêtrié. On apelloit de ce nom le soldat- qui portoit autrefois une arbalète ; & qui s’en servoit pour tirer & pour combattre. (Les arbalétriers étoient braves & hardis. II alla l’épée à la main avec des paroles de mépris faire sortir les arbalétriers d’un poste honorable qu’on leur avoit donné., L’Abé de Choist, Histoire de Philip'), t. 5. 4 On dit prov. en se moquant d’un homme qui n’est pas fort habile, qu’il n’est pas grand Arbolé - trier. On le dit aussi de ceux qui font le braves, fur tout en amour. II a beau se vanter c’est un méchant Arbalétrier. ARBALêTRIER, s. m. Les arquebusiers s’apellent aussi de ce nom dans leurs lettres de maîtrises, parcë que c’étoient les arquebusiers qui faisoient autrefois des arbalètes. (Le grand-pére de M. R. N. qui est aujourd’hui un fi grand Seigneur, n’étoit autrefois qu’un simple arbalétrier.) ARBALêTRIERS ,s. m. [Canterii minores.'] Prononcez arbalestriers. Terme A’Architecture. Ce sent des pièces de bois qui servent à la charpente d’un bâtiment, qui aident à en soutenir la couverture. Ces arbalétriers lont aussi apellez petites-forces. Quelques-uns disent & Tome L R • ‘ éeri- i zo ARB écrivent arbalétriers , mais la plupart des Architectes que j’ai vûs , font pour arbalçstriers. 0 ARB ANS- Ce terme est sinonime avec corvées » dans l’article i;6. de la Coutume de la Marche. ARBITRAGE ,/ m. Terme de Palais. 11 vient d,u Latin arbitrams. C’est la décision de quelques personnes qu’on a choisies d’un commun acord pour terminer une afaire. {Mettre une chose en arbitrage, c'est- à-dire , au jugement des Juges arbitres. Etre en arbitrage , c’est-à-dire, à la décision des Juges arbitres.. Travailler a un arbitrage , c’est-à-dire , travailler à terminer le diférend qu’ont des parties.) t ARBITRAGE, terme de Change , veut dire une combinaison, ou assemblage que l’on fait de plusieurs changes , pour connoître quelle place est plus avantageuse pour tirer & remettre. De la Porte, science des Négocians. Ricart donne une autre explication de ce terme dans son Traité du Commerce. ARBITRAIRE , adj. Prononcez arbitrére. II vient du Latin arbitrarius. C’est-à-dire , qui depend de la volonté , qui regarde la volonté , & l’idée qu’on se forme de certaines choses. (Ces choses font purement arbitraires. Arn. fréquente communion. Les hommes vont assez loin dans la sience des mots & des signes, c’est-à-dire , dans la connoissance de la liaison arbitraire qu’ils ont faite de certains sons avec de certaines idées. Nicole, essais de morale, t. i.) ch ARBITRAIRE. On apelle pouvoir arbitraire, une puissance absolue qui n’a d’autre régie que la volonté du Souverain. H ARBITRAIREMENT , adv. C’est-à-dire, d’une faqon arbitraire & despotiquement. (Agir arbitrairement. Gouverner arbitr air epient!) Acad. Fr. ARBITRAL , arbitrale , adj. Du Latin arbitralis. Qui est d’arbitres. (Jugement arbitral. Sentence arbitrale , c’est-à-dire , qui est prononcée par les Arbitres, ou par les Juges choisis.) ÀRBITRALEMENT , adv. [ Per arbitras. ] C’est-à- dire , par arbitres. ARBITRATION , f. f.' ZAZjlimatio.l Terme de Palais. Liquidation , estimation. ARBITRE , f m. Du Latin arbiter. Juge choisi du consentement des parties pour terminer leur diférend à l’amiable. (Arbitre sage , judicieux , désintéressé , juste , raisonnable , équitable. Choisir des arbitres , se mettre en arbitres. Convenir d’arbitres. Etre en arbitres. Prenons un arbitre que vous ne puisiez refuser. Pasc. lett. 14.) ARBITRE , s m. du Latin Arhitrium ; c’est-à-dire, volonté de la personne. Mais en ce sens, 1] ne se dit d’ordinaire qu’en ces sortes de faqons de parler, Libre- arbitre , sranc-arbitre, libéral-arbitre. Ces mots signifient la liberté de faire , ou de ne pas faire. Les mots de libre-arbítre sont plus ufitez , ceux de sranc-arbitre après; & pour ceux de libéral-arbitre, ils ne sc disent presque plus, quoiqu’en dise fauteur des observations fur la langue Franqoise. (On dit la grâce est soumise au libre-arbitre. Pasc. lett. 1. Acorder la grâce avec le libre-arbitre. Nouvelles remarques fur la langue. Chacun par son libre-arbitre obéît à la voix de Dieu, qui Papesse. Traduction du poème de Saint Projper, chap. x.) ARBITRE, f. m. [Smnmw arbzter .J Ce mot signifie , au figuré , maître souverain & absolu. (II est devenu l’arbitre de la vie & de la mort des citoïens. Vaug. Quint. I. 4. C’est l’arbitre de notre fortune , & il lui faut faire la cour.) ARBITRER , v. a. [ Summatìm ajtimare. J Terme de Palais. Régler comme arbitre, déterminer de la maniéré que feroit un arbitre, (ll faloit arbitrer les pensions des Religieux qui ne peuvent prendre la réforme. Patru, plaid, ç.) ARBORER , v. a. I Figere , locare, poncre. J II ne se dit qu’au figuré. II est en usage parlant de la sainte Croix. C’est planter la croix dans le païs des infidèles , la leur faire connoître , & la leur faire adorer. II alla en Orient y arborer la croix de Jésus- Christ fur le Calvaire. Voïez le Panégyrique de S. Louis. * ARBORER , v. a. Terme de Guerre. C’est élever, faire paroìtre une enseigne, un étendard ou autre semblable chose pour quelque dessein. (On donna ordre d’arborer l’étendard. Ahl. Luc. Ils arborèrent l’étendard de France , & implorèrent le secours du Roi. Eloge historique de Louis XIV- AKB W arborer ont-ils point l’étendard de Pompée ? Corneille b’ertorius.) 0 Et Brébeuf, dans fa Pbarsale: Lors que d’zm beau courroux ses troupes écbaufées } Devraient dans Babilone arborer des trophées. f ARBORER, v. a. Terme de Marine. Arborer un mat, c’est mater ou dresser un mât fur le Vaisseau. Le mât de hune est arboré !ur le grand mât. Arborer . le pavillon, c’est le hisser & le déploïer. Notre Amiral arbora le pavillon. Aubin. ARBORISER- Voïez herboriser. ARBORISTE. Voïez herboriste. ARBOUSIER, s m. [' Arbutm.’] Petit arbre dont les feuilles sont presque semblables à celles du laurier , & dont le fruit, qu’on nomme arbousé , ressemble à la fraise. (Planter , cultiver un arbousier.) ARBRE, / m. 11 vient du Latin arbor. C’est une plante qui pousse de grosses racines, une grosse tige , & de grosses branches. (Un petit arbre , un grand arbre, un arbre nain , un arbre fruitier, un bon arbre , un méchant arbre. Planter , élever, cultiver, conserver, entretenir un arbre. Avoir soin, prendre soin des arbres qu’on a plantez. 11 ne croît point d’arbres dans les Iles Orcades , quoique la terre y porte de forge, & d’autres grains, mais point de froment. Chìlirei, Histoire naturelle d’Angleterre , p. ;o8.) ARBRE de la sience du bien du mal. C’étoit un arbre qui étoit au milieu du Paradis terrestre, & au- quelDieu avoir défendu de toucher fur peine de mort. ARBRE de vie. C’étoit un arbre qui étoit au milieu du Paradis terrestre , & dont le fruit avoir la vertu de conserver la vie à l’homme, si l’homme eût conservé son innocence. f ARBRE de vie. [ Thuya Theopbrasti. ] C’est un arbre d’une odeur forte ; qui fut aportc du Canada en France sous le régné de François I. Cet arbre est d’une hauteur médiocre, le tronc en est dur & noueux, couvert d’une écorce rouge obscure , ses feuilles apro- chent de celles du cyprès. Son fruit oblong est composé d’ccailles, qui renferment des semences oblongues. Cet arbre demeure verd en hiver auffi-bien qu’en été. í ARBRE à enivrer. C’est le nom que l’on donne dans le Perou, à l’arbre qui produit le Quinquina, dont on se sert pour la guérison des fièvres ; parce qu’oiirre cette faculté fébrifuge, son écorce a encore cesse d’énivrer les poissons plus sûrement, que la drogue qu’on apelle en Europe, Coque de Levant. íjí On trouve dans les Ordonnances, diférentes sortes d’arbres qui peuvent embarasser les lecteurs. ARBRES encroïiez. Ce sont des arbres qui tombent sor d’autres arbres , & restent embarassez dans les branches. L’Ordonnance de Charles V. de i;y6. art. 2;. porte, que ,, chacun se garde doresnavant, „ d’abatre, ne faire a’oatre son arbre si follement, qu’il ,, s’encrouë fur un autre arbre à nous appartenant, „ tellement qu’il ne puisse être osté fans le nôtre „ abatre y car s’il le fait, il perdra son arbre , & fera „ acquis à nous. ARBRE de laye, que l’on laisse pour repeupler la forêt. ARBRES pieds-corniers , fsf tournans, de parny. Ce sont des arbres marquez diféremment, dans les ventes des forez. Les premiers sont aux extrêmitez de la vente ; ils sont marquez du marteau en deux endroits diferens : les pieds-corniers sortans sont marquez en dehors ; & les entrans, en dedans : le parny, c’est la ligne qui enferme la vente ; elle est arrêtée par deux pieds-corniers. Les arbres de paroy sont encore apellez arbres de lìfîere. ARBRES de réserve, sont les balifaux. ARBRES échoupez ou déshonorez. L’Ordonnance des Eaux & Forêts, tit. %z. art. 2. s’explique ainsi: „ Ceux qui auront échoupé, ébranché & déshonoré „ des arbres, paieront la même amende au pied le „ tour, que s’ils les avoient abattis par le pied. La distance que l’on doit laisser quand on plante des arbres, est diférente selon leur qualité. Les uns laissent sept pieds & demi aux chênes, ormes, tillots, châtaigniers, & aux noyers huit pieds : les autres laissent neuf pieds à tous ces arbres : & quant aux arbres fruitiers, comme amandiers, pêcheurs, deux pieds ; aux saules & peupliers, cinq pieds. Quand h distance n’a pas été observée, le voisin peut agir pour ARB faire couper les arbres qui les incommodent, fans qu’on puisse lui oposcr la prescription, suivant la Loi 7. jf. de servitut. urban. prœd. à cause, dit la Loi, du mouvement naturel de l’arbre. Quant aux branches d’un arbre qui s’étendent fur le fond, ou fur la maison d’un voisin, on peut obliger le maître de l’arbre , de les couper. Voïez la Loi prémiere, Jf. de arborìb. cœ- dend. §. 2. Si• le fruit d’un arbre planté dans fa situation, tombe dans le fond voisin , la Loi prémiere, jf. de glande , décide, que pendant trois jours le maître de l’arbre peut aler recueillir son fruit, & après ce délai, le maître du fond peut enlever ce qu’il trouve chez lui. Au reste , pour connoître si un arbre est dans la distance où il doit être, il faut la mesurer du diamètre du tronc de l’arbre. Lans le Lionnois, on apelle invetifon, cette distance dans laquelle les arbres doivent être plantez. ARBRE de haute futaie. On apelle ainsi lès grands arbres de tige, qui forment les bois, & les grandes alées. ARBRE de brin. Un arbre droit & de belle venue. ARBRE de plein vent , de haut vent. On nomme ainsi les arbres fruitiers que l’on a laissé pousser à leur gré; ARBRE nain ou buisson , que l’on tient fort bas. * ARBRE , s. m. [Axû.~\ Terme d’Horloger. C’est un petit morceau d’acier qui passe au travers du barillet de la montre, & qui sert à bander le ressort. (Voilà un arbre de barillet bien . fait. Faire l’arbre du barillet, * ARBRE , s. m. Parlant de certaines machines, il signifie une piéce de. bois, ou de fer, qui tourne fur un pivot, ou qui, demeurant ferme , foûtient d’autres pièces qui tournent dessus. (Voilà l’arbre tournant du moulin à vent.) f ARBRE de grué , qu’on nomme aussi la flèche, est une grosse piéce de bois, qui porte le poinçon fur lequel tourne le rancher. Cette piéce, qui est posée d’aplomb, & élevée dans le milieu de l’empatement, fait comme le centre des racinaux ; elle est soutenue par huit bras, ou liens en contrefiches, qui font arrêtez à tenons fur le bout de chacun des racinaux. f ARBRE , en termes de monoïage, signifie dans la machine qu’on apelle vulgairement un jument, qui contient tout ensemble le dégrossi & le laminoir, une grosse piéce de bois posée perpendiculairement, fur le haut de laquelle est la grande roué à dents, qui donne le mouvement aux lanternes & aux hérissons. On apelle encore dans cette machine, les arbres du hérisson & de la lanterne, les axes, ou essieux de fer, qui en traversent le diamètre par le centre, & qui ont au bout, des pignons , qui Rengainent dans les roués du dégrossi & du laminoir. Les ouvriers des monoïes apellent aussi arbre du coupoir , une piéce de fer posée perpendiculairement, dont le bout d’en- haut, qui est à vis, fe tourne avec une manivelle, pour la faire baisser ou lever, & qui à son autre bout porte le coupoir, c’est-à-dire, un emporte-piéce d’acier bien acéré, pour débiter les lames d’or, d’argent ou d’autre métal , en flaons convenables aux efpeces qu’on veut fabriquer. f ARBRE, en terme de Tourneur. C’est un mandrin composé de plusieurs pièces de cuivre, de fer & de bois, dont on fe sert, soit pour tourner en l’air, soit pour faire des vis aux ouvrages de tour, soit pour tourner en ovale, ou en d’autres figures irregulieres. £ ARBRE. Les Vitriers apellent les arbres d’un tire-plomb les axes ou essieux, qui font tourner les rouleaux d’acier, entre lesquels on passe la lame de plomb, pour l’aplatir & canneler au sortir de la lin- gotiere. $ ARBRE chez les Tireurs d’or. Voyez ARGUE. * ARBRE de meule, f Arbor molendinaria. ] C’est le fer qui passe au travers de quelque meule ou de quelque chose qui sert à la faire tourner. ( L’arbre de cette meule est bon, est fort, ou ne vaut rien.) * ARBRE de généalogie, f Arbor consanguinitatis. J Grande ligne au milieu de la table généalogique, qui fe divise en d’autres petites lignes qu’on nomme branches, & qui marquent tous les décendans de quelque famille. (Un bel arbre de généalogie. Faire l’arbre de généalogie de quelque personne illustre. On a trouvé par l’arbre de généalogie de la race du Seigneur N. qu’il décendoit en droite ligne du Patriarche Noé, le prémier qui planta la vigne.) ARC 1 3 1 * ARBRE fourchu. Terme de Poésie Françoise. Sorte de vieux Poème Franqois, de trois ou ‘de quatre couplets fur deux rimes ; & quelquefois d’une reprise à la fin de chaque couplet. (Un petit arbre fourchu, un grand arbre fourchu. Les arbres fourchus, les lais, & les virelais étoient la Poésie Lirique des anciens Poètes François. Voïez Fauches , de la langue N Poésie Françoise.) £ ARBRE. Terme de Marine. Les Levantins donnent ce nom à un mât. Arbre de Mesìre , c’est le grand mât. Aubin. ê ARBRE. Terme de Blason. On dit arbre fusé, quand le tronc est d’un autre émail que les branches. On dit arbre englaxté , quand son fruit est aussi d’un émail diférent. On spécifié en blafonnant 11 l’arbre est sec, ou s’il a ses feuilles. 4 ARBRE trilie. f Arbor tristis. ] Cet arbre croît dans les Indes Orientales, fur tout à Goa & dans le Malabaj. 11 ressemble au prunier, pour la grandeur, la figure & les feuilles ; & à l’oranger pour les fleurs. Son fruit est verd, gros comme un lupin, & a la figure d’un cœur. Cet arbre ne fleurit que la nuit. A l’a- proche du soleil ses fleurs tombent & fes feuilles fe flétrissent. On atribue à fes fleurs & à la semence, contenue dans íbn fruit, la vertu de fortifier le cœur. £ ARBRE. On dit fig. & prov. fe tenir au gros de l’arbre , pour dire, demeurer attaché au bon parti, au pouvoir légitime. ARBRISSEAU, f m. [ Arbufcula. ] Plante qui nC vient pas ordinairement à la hauteur de 10. ou 12. piez. (Un joli arbrisseau, un charmant arbrisseau, un. agréable, un aimable, un bel arbrisseau. Planter, cultiver des arbrisseaux. II croît dans la Province de Dorfet en Angleterre un arbrisseau fans feuilles, & qui, après qu’il est coupé, fe durcit & devient noir. Cbil- drei, hijioire naturelle d’Angleterre.) ARBUSTE , f. m. Du Latin Arbujìum. Plante qui n’a pas 10. ou 12. piés de haut. (Un bel arbuste, un arbuste très-beau, un arbuste qui agrée tout-à-fait. Vôtre compassion, lui répondit l’arbuste, part d’un bon naturel. La Font. fables , L 2.) ARC, / M. Ce mot vient du Latin arcm. Prononcez toutes les lettres dans le mot Arc. C’est un instrument plié en demi cercle, dont on fe sert pour tirer des flèches. (Un arc de bois, de corne , d’acier, ou d’autre matière qui fait ressort. Un bon arc, un méchant arc. Faire un arc. On répréfentoit toujours Diane avec un arc, & Apollon n’alloit aussi jamais fans arc. Bander un arc. Tirer de l’arc. Abl. ret. * Avoir plusieurs cordes à son arc , proverbe, pour dire avoir plusieurs moïens pour fe tirer d’afaire, ou de subsister, de sorte que ii l’un manque, on aura recours à l’autre. ARC , s M- [Arcm integer.J II fe dit des portes & des fenêtres. Haut de porte ou de fenêtre, cintré. (Décrire un arc de porte, diviser un arc de fenêtre.) {$' ARC en plein cintre , celui qui est formé d’un demi cercle parfait. ARC en anse de panier , celui qui est surbaissé , & qui fe trace par trois centres : ou au simbleau par deux centres. ARC biais , ou de coté , celui dont les piédroits ne font pas d’équerre par leur plan. ARC rampant , celui qui dans un mur à plomb , est incliné suivant une pente donnée. ARC en talus , celui qui est percé dans un mur en talus. ARC en décharge , celui qu’on fait pour soulager une plate bande ou un portail, & dont les retombées portent fur les sommiers. ARC à ïenvers , c’est selon Albert, un arc bandé en contre-bas, qui fait l’éfet contraire de l’arc en décharge ; il sert, dans les fondations , pour entretenir des piles de maçonnerie. ARC doubleau , celui qui excède le nû de la doiielle d’une voûte où l’on taille le plus souvent de la sculpture par compartiment. ARC, Arceau. On apelle l’arc, ou l’arceau d’une porte ou fenêtre, lors que par haut elle est construite avec des voussoirs , & non pas avec des clavaux, c’est- à-dire, qu’elle est cintrée, & non quarrée. On dit aussi, l’arc ou Varceau d’une voûte, pour marquer fa courbure & le cintre qu’elle fait. La sac® de front fe nomme tête & front en général : mais dans l’étenduë des piédroits , elle s’apelle tête ou front des piédroits; & dans l’étendué de l’arc, tête ou front de l’arc. Tome I. R 2 ARC- 132 ARC ARC-BOUTANS, ce font des arcs, ou demi-arcs, qui apurent & soutiennent une muraille, comme ceux qui sont aux cotez des grandes Eglises. Vitruve les a- pelle anterides, que Bernardin Baldo explique par ces mots : Eulcimenta siulcrave ejusmodi , ad parûtes siusti- nendos , jperones dicimrn , U contrasiortes ; résistant enim, U validifflmè murorum ponderibus renituntur. On nomme aussi arc-boutant , la barre d’une porte des ponts & passages. Arc-boutant de carojsie , ce sont les huit barres de fer qui soutiennent les moutons du carosse. f ARC-BOUTANS. Terme de Marine. Un arc- boutant est une efpece de petit mât, de vingt-cinq à trente pieds de long, ferré par un bout avec un fer à trois pointes, de six à huit pouces de longueur, dont l’ufage est de tenir les écoutes des bonnettes en étui, & de repousser un Vaisseau s’il venoit à sabordage. On apelle aulsi arc-boutans des pièces de bois entaillées fur les beaux ou barrots, & servant à soutenir les barrotins. ^ On apelle figur. arc-boutans, les personnes les plus considérables dans un parti , dans une afaire. C.e Prince est arc-boutant, ou le principal apui de l’Etat. Cet homme a été l’arc-boutant du parti. Les Moines sont les arc-boutans des opinions ultramontaines. ARC de carojse ,s. m. Çe sont deux morceaux de fer pliez en demi cercle qui portent d’un bout fur la flèche du carosse,. & del’autre fur le lisoir de devant. (Cet arc de carosse ne vaut rien. Cet arc de carosse est bon. Faire un arc de carosse.) ARC de triomphe, s. m. [ Forniçes .] C’est un bâtiment où il y a deux pu trois arcades, dressé dans un lieu public , & orné richement, sous lequel passoient ceux qui triomphoient anciennement, & sous lequel passent les Princes , & les Souverains qui font pour la prémiére fois leurs entrées dans les villes. (Un bel arc de triomphe, un magnifique, un superbe are de triomphe. Faire , dresser un arc de triomphe. II y a dans h Chine mille cent cinquante-neuf arcs de triomphe. Relation de la Chine, p. $6.) ARC-EN-CIEL , si m. [Mr.] Couleurs disposées en arc qui paroissent tout d’un coup daps un tems pluvieux dans la partie de Pair oposée aq soleil, & qui disparoif- sent aussi quelquefois en un moment. (Arc-en-ciel naturel, arc-en-eiel artificiel. Voir plusieurs ares-en-eiel. Vaug. rem.) H ARC-EN-CIEL, se dit figur. du signe de l’aliance que Dieu contracta avec les hommes après le Déluge. ARC. Terme de Géométrie. Une partie de la circonférence d’un cercle, moindre que la moitié. (On dit, un arc de cercle, les angles se mesurent par des arcs, çes deux arcs se coupent à un tel point. ARC. Terme d’Astronomie. Une partie de la circonférence d’un Cercle. ( Arc diurne , arc nocturne du soleil. L’élévation du Pôle se mesure par un arc pris fur le Méridien. ) ARCADE , si si. [ Fornix .2 C’est une ouverture cein- trée. ( Arcade basse , arcade haute. Faire une ar- ARCADE , si f. Terme de Talonnier. C’est le dessous d’un talon de bois coupé en arc. (Voilà une arcade de talon bien faite.) ARCADE , si. si. Terme de Lunetier. C’est la partie de la chasse de la lunette où. l’on met le nez. ( Cette arcade est trop large , l’arcade est trop petite. L’arcade de cette lunette me ferre trop le nez.) ARCANGE, si m. II vient du Grec. En Latin Archangelus. Esprit au-dessus de l’Ange. (Les Anges & les Arcanges chantent là-haut les louanges de Dieu. Godeau , prières. S. Michel Arcange.) H ARCANGE'UQUE. Plante médecinale , qu’on nomme autremenr Angélique, ou racine de S. Esprit. Voies ANGELIQUE. ARC ANNE , sis- [ Rubrica fabrilk.) Efpéce de craie rouge , qu’on nomme ainsi, parce que les Charpentiers Frotent leur cordeau avec cette craie pour marquer le bois. f ARCANÇON, autrement Cray siée. Efpece de poix-resine, qui se fait avec le galipot, ou encens madre , en le faisant cuire jusqu’á ce qu’il soit brûlé. C est avec 1 arcanqon qu’on fait la poix noire. Quelques-uns le confondent mal à propos avec la colofane. A R.CASSE , si si C Pars navk postjça. ] Terme de ARC Marine. C’est le derrière du gaillard , autrement apellé culajje de Navire. Il se dit de tout le bordage de la poupe. 11 signifie encore le moufle d’une poulie. Trochlea. f * ARCBOUTANT, si m. [ Prafidium .] 11 se dit encore quelquefois au figuré, mais il est vieux. C’est la personne qui en apure d’autres dans quelque entre- riíe. II est í’areboutant de la sédition. C’étoit l’arc- outant de la tirannie. Abl. Luc.) ARCEAU , si m. [ Arcusst Voûtes, portes & fenêtres courbées en arc. On apelle aussi arceaux, des ornemens de Sculpture en forme de trèfles. ARCELER. C’est presser vivement quelqu’un, c’est l’irriter par des termes injurieux. II vient de arcellere. Voïez le P. Labbe. ARCENAL, arsenal, ou arcenac, si. m. [ Arma- mentarimn. ] 11 semble venir de l’Efpagnol arsenal, ou de l’Italien arsienale. Les uns écrivent Arcena! ou Arsenal, & les autres Arcenac. Les prémiers font sentir / , L les autres ne font point sentir le derniere. Ceux qui écrivent arcenal, font arcenaux, au pluriel, & les autres arcenacs. S’il m’est permis de dire là- dessus thon sentiment, j’écrirois arcenal, ou arsenal, & me eontenterois seulement de ne point faire sentit / en parlant. L’arcenal est un lieu destiné pour mettre les poudres, les boulets , les bombes, l’artillerie, & les armes pour la guerre. (Un bel Arcenal, un grand Arcenal. Un Arcenal bien rempli. Quand jera-ce , grand Cardinal, Que la paix fera des marmites De tout le fer de l’arcenal? Main. Poëf. 11 y avoit quatre cent galères en mer , ou dans les arcenaux. Abl. ret. S’il ne faloit conserver que le fort ct le solide , rien ne subsisteroit que les arcenaux, fiais, entretien iç. Ils s’étoient saisis des arcenaux & des magazins. Masicaron , Qraision funèbre de la Reine d’Angleterre.) ARCHAL ; voïez Fil d’Archal. ARCHE , si si [ Fornix .] C’est une grande voûte qui sert pour un pont. C’est une ouverture ceintrée entre les piliers du pont. (Une arche bien faite, une arche rompue.) ARCHE de Noé, si. si £Arca Noe. J Vaisseau où Noé & toute fa famille so sauvèrent du déluge. L’ar- çhe où se sauvèrent les restes du genre humain, a été fameuse. Bojsiuet , histoire universelle.) ARCHE d’alliance , si. si [Arca siederkst Espèce de Poire de deux coudées & demie de long, d’une de large, & d’autant de haut. L’Arche d’alliance étoit dorée par dedans , & couverte par dehors de lames d’or très-pur , avec des anneaux d’or aux quatre coins de l’arche, & à chaque bout il y avoit deux Chérubins d’or. C’étoit dans cette arche qu’on met- toit les Tables de la Loi que Dieu avoit donnée. L’arche étoit au-dessous du propitiatoire & étoit très- magnifique. Voïez /’Ecriture Sainte, Exode, c. 2t. î On dit fig. Etre hors de l’arche , pour dire , être hors de la communion de l’Eglife. On apelle aussi fig. & prov. une maison, ì’arche de Noé, lorsqu’il y a toutes sortes de gens ramassez. t§ ARCHES. II est dit dans l’art. ir. du titre de la pêche, de l’Ordonnance de 1669. „ Défendons de ,, houiller , avec bouilles , ou rabots , tant fous les ,, chevrins , racines , saules, oziers, terriers & arches, qu’en autres lieux.” C’est-à-dire , sous les arches des ponts. ARCHE. Terme d’Architeffure. L’Archeestune voûte, qui porte fur les piles & les culées d’un pont de pierre ; il y en a de plusieurs sortes. ARCHE elliptique, est celle dont le trait est un demi ovale , ou ellipse , tracée au fimbleau, comme les arches du Pont-Roïal des Tailleries à Paris. îìavikr. ARCHE surbaissée , ou en anse de panier , est celle qui est de la plus basse proportion, & avec moins de montée. Le même. ARCHE en proportion de cercle , celle qui est tracée par un centre , & dont la corde est beaucoup moindre que le demi diamètre , comme il s’en volt à la plupart des ponts antiques. Le même. ARCHE extradojsiee , celle dont les voussoirs sont égaux en longueur, & parallèles à la doiielle , & ne font point liaison avec les assises des reins, qui revirent ARC gnetit presque de niveau, comme sont construits ia plupart des ponts antiques, & celui de Notre-Dame à Paris. Le mime. ARCHE d’Assemblage , se dit de tout cintre de charpente bombé, & trace d’une portion de cercle, pour faire un pont d’une arche. Les Latins apellent arcus, ou sornices, ces sortes d’arches. Voïez le Lexicon Mathematicum de Jerôme Vitalis. ARCHE’E , f /• Terme de Chimie , qu’on dit du feu qu’on s’imagine être au centre de la terre pour cuire les métaux & les minéraux , & pour être le principe de la vie des végétaux. D’autres ont crû que c’étoit cet esprit universel qui est la cause de tous les effets de la nature. f ARCHELET- Petit archet dont les Orfèvres, Horlogeurs & Serruriers se servent pour les ouvrages de tour les plus legers. Vóiez ARCHET. ARCHER , f m. [ Sagìttariusf\ On prononce Arche. Soldat qui étoit autrefois armé d’arc & de flèches , & qui s’en servoit pour combattre. ( Un courageux, un brave, un vaillant archer.) H On apelloit Franc-Archer , un homme de guerre qui étoit exemt des impôts. ARCHER du Prévôt , f. m. [ patelles. ] Cavalier qui acompagne le Prévôt des Maréchaux lors qu’il va prendre quelcun. ( Le Prévôt des Maréchaux avoit plu- íìeurs archers lorsqu’il alla arrêter l’illustre Maréchal de Biron.) ARCHER du guet , f. m. Cavalier qui va la nuit par Paris, pour empêcher le désordre & les filoux. (Etre archer du guet. Les archers du guet font païez règlement, & ils dépendent du Lieutenant de Police.) ARCHER des pauvres , f. m. Soldat à pié qui a ordre de prendre les pauvres qui mendient par Paris, & de les mener à quelque hôpital. Le peuple en riant, apelle ces sortes de soldats, archers de l’é- cuelle. ( Les archers des pauvres prirent l’autre jour V... dans les rués de Paris; & ils l’euffent mené à l’hôpital fans quelques personnes qui leur dirent que le bon homme ne mendioit pas encore.) $ ARCHEROT, f. m. Petit archer. Les vieux Poètes François donnoient cette épithete à Cupidon. Ce mot n’est plus en usage. ARCHET , f. m. [ Plecírum.~] On prononce Arche'. Terme de Lutier & de Violon. Manière de petit bâton poli, & plié en Forme de demi-arc avec du crin au dessous , ce qui sert à faire résonner de certains instrumens à cordes , quand on les en touche. (Un joli archet de poche, de viole ou de violon. Un bon archet, un méchant archet. Monter un archet, tenir son archet de bonne grâce , tirer son archet eií bas ; pousser son archet en haut ; poucet doucement son archet pousser son archet trop fort. Lever son archet, soutenir son archet, faire couler son archet. On dit aussi, couler son archet, tirer l’archet, donner un petit coup d’archet. Donner un grand coup d’archet. Apuïer l’archet, poser bien l’archet. Nourrir bien un coup d’archet. L’archet s’engraisse , &on le dégraisse avec de la colofane. Les parties de l’archet , ce sont le crin & la hausse. L’Auteur ne s’est pas souvenu de cette expression de M. Despreaux , Sat. ;. Et P autre l’apuiant de son aigre fausset , Semble un violon faux qui jure som P archet. Un violon faux qui jure fous P archet , mérite bien que l’on s’en souvienne. ARCHET , f. m. Terme de Serrurier , & d’autres. Morceau de fer ou d’acier qui plie en faisant ressort; & aux deux bouts duquel il y a une corde atachée qui sort a percer. ( Faire un archet. Se bien servir de l’archet.) ARCHET , f m. Terme de Maçon. Petite scie, faite seulement d’un fil de leton , de laquelle on se sert pour scier les pierres dures & précieuses. ê ARCHET, f m. Terme de Fondeur de Caractères. C’est un morceau de fil de fer faisant ressort, ou plutôt d’acier , plié en arc , qui est attaché au dessous des moules , dans lesquels on fond les lettres dTmprimerie. Cet archet sert à tenir en état la petite matrice dc cuivre, dont le métal doit prendre l’empreinte , & à l’arrêter précisément au bout de cette cavité du moule dans lequel ce métal est jetté. ARCHET de berceau , f. m. f Vimen arcuatum. 2 ARC iz z Bâton en arc, fiché fur le berceau ou côté de la tête de Pensant. (Mettre l’archet au berceau. Oter l’archet du berceau.) t * Etre fous P archet. Façon de parler figurée & proverbiale. C’est suer la verole. On met ceux qu’on en guérit , sur une maniéré de petit bois de lit fait exprès ; sous eux on fourre force linges chauds; on les couvre bien , leur mettant sor leur tête un archet qu’on garnit d’une bonne couverture, Sc avec tant de choses à leurs cotez qu’on les fait suer. t ARCHETIPE, f m. Terme Dogmatique. Original , patron , modele sor lequel on fait un ouvrage. Les Philosophes disent le monde archétype. C’est-à- dire , l’idée du monde en Dieu avant la création. Ost prononce Arquetype. H ARCHETIPE. Nom que l’on donne à la cour des monoïes , à l’étalon , ou poids original, qui y est gardé , pour servir à vérifier & étaloner les autres poids. ARCHEVêCHE', f. m. f Arcbiepiscopatus. J II vient du Grec. C’est une Dignité Métropolitaine , & qui est au-dessus de celle d’Èvêque. ( Un bon Archevêché , un riche Archevêché. Le Roi a droit de nommer à tous les Archevêchez & Evêchez de son Roïau- me , & les personnes qu’il y nomme, doivent avoit au moins vingt-sept ans commencez , avant les lettres de nomination du Prince. II y à en France dix- huit Archevêchez.) ARCHEVêCHE’, f. m. [Archiépiscopale palatium. 2 C’est l’hôtel de l’Archevêque. ( I/Archevêché est très- propre. II est beau , il est magnifique. Aller à l’Ar- chevêché , demeurer à l’Archevêché.) * ARCHEVêCHE’, s. m. C’est l’étenduë du Pais fur lequel l’Archevêque a jurisdiction Ecclésiastique. (L’Archevêché de Paris est grand. Sanson a fait des cartes fort exactes de tous' les Archevêchez & Evêchez de France.) ARCHEVêQUE, s m. [Archiépiscopal.2 II vient du Grec, & il veut dire celui qui est le prémier entre les Evêques , & ce n’est que depuis le quatrième siécle qu’on a introduit ce nom dans l’Eglisc. VoïeZ Du Pin , Ecclejùe disciplina, p. U 6 . On donne aujourd’hui ce glorieux nom au bienheureux Eclésiasti- que qui a des Evêques pour sofragans , ou qui dépendent de lui , qui les consacre, & qui a le pouvoir de convoquer les principaux du Clergé de sa Province pour tenir un Concile Provincial. ( Un sage, un savant Archevêque, un vertueux , un grand, un fameux , un illustre , un saint Archevêque.) ARCHI- Mot qui ne se met jamais seul, & qui joint à un autre, à la force d’un superlatif. On dit d’un avare , que c’est un archivilain. Du sieur N. q.ue c’est un archidévot. Du Docteur V. que c’est un archi- pédant. Du petit V. que c’est un archifou. ê ARCHIACOLYTE , s. m. C’étoit autrefois un S dignité dans les Cathédrales, qui a été abolie. On apelloit ainsi le chef des chanoines acolythes. ARCHI CHAMBELLAN , s m. [ Cubiculo regio pra - pojìtm.s 11 veut dire grand Chambellan , & il ne sc dit qu’en parlant de l’Electeur de Brandebourg qui porte le titre d’Archichambellan du Saint Empire , parce- que dans sélection de l’Empereur, & au festin Impérial qu’on lui fáit après son couronnement, l’Electeur de Brandebourg fait les fonctions d’Archichambellarî, 11 prend le bason , l’éguiére & la serviéte & donne à laver à l’Empereur. Voïez Limneus enucìeatus , /. a. c. io. De Prade , hiftoire d’Alemagne , a. partie, ch. 4 . ARCHIDIACONAT , f. m. II vient du Grec. En Latin, Archidiaconatm. C’est la dignité la plus considérable d’une Eglise Cathédrale après la dignité de l’Evêque , on de l’Archevêque. Le mot d ’Archidia- conat n’est pas à beaucoup près si usité que celui d’ Archidiaconé. Cependant quelques-uns disent, il a un très-bon archidiaconat. - A la faveur de ses amis, il a obtenu un Archidiaconat. ARCHIDIACONE’, f m. [ Archidiaconatm. 3 II signifie aussi la dignité & la charge à’Archidiacre. (Vous avez, contre la défense expresse des Conciles, un Archidiaconé , une Chanoinie de deux Prieurez simples. S. R. première partie. Vos deux derniers prédécesseurs, qui étoient fans comparaison de meilleure famille que vous , n’avoient chacun que leur Archidiaconé, Sc leur Chanoinie. S. R. 1 .partie.) R ; A R,- 134 ARC ARCHIDIACONE', s- m. [ Pan diacejìs archidiacono subjefía.2 C’est l’étenduë des Paroisses sujetes à la visite de l’Archidiacre. ; ( Son Archidiaconé est grand. Un petit Archidiaconé. Visiter son Archidiaconé.) ARCHIDIACRE , f. m. £ Arcbìdiaconus. J Mot qui vient du Grec, & qui veut dire le premier des Diacres. Acosta , dans un traité qu’il a fait fur les matières bénéficiâtes , çense qu’on apelloit autrefois Archidiacre, celui des Diacres qui étoit le plus sage & le meilleur ménager. On félifoit à la pluralité des voix de ses confrères , & il avoit l’administration des biens de l’Eglife. L’Archidiacre aujourd’hui n’est pas cela. C’est un Oficier Eclésiastique, qui est 1e Vicaire de l’Archevêque ou de l’Evêque , & qui va visiter tes Cures du Diocèse où il est Archidiacre : qui présente aux ordinations tes ordinans à l’Archevêque ou a l’Evêque , & qui lui répond de leur capacité & de leur mérite. II met presque par tout en possession les Titulaires des Eglises Paroissiales ; & il présente à l’Archevêque ou à l’Evêque , les Eclésiastiques choisis par ceux qui ont droit de se présenter pour de certains bénéfices. Les fonctions des Archidiacres ne font pas les mêmes dans tous tes Diocèses. 11s font en de certains lieux Curez de toutes tes Eglises vacantes & litigieuses, & en d’autres ils partagent avec l’Archevêque ou l’Evêque 1e droit de desservir , ou de Elire desservir tes Cures & d’en retirer tes fruits ; ce qui s’apelle Droit de déport. L’ofice des Archidiacres a toujours été d’avoir l’œil fur tout le Clergé, & fur tous les peuples des Diocèses. Le Maître ;, plaidoié Li. L’Archidiacre tient 1e premier rang après l’Archevêque ou l’Evêque. Votez Févret , traité de l’abm, tom. 1. 1. 4. c. 0" On donne une autre origine au mot Archidiacre. 11 y avoit, dit-on, dans chaque Diocèse un catalogue des Ministres de l’Eglisc, dans lequel ils étoient placez selon leur ordre : les Prêtres tenoient 1e premier rang, ensuite, les Diacres, tes Soûdiacres , tes Aco- lites, &c. 1e plus ancien des Prêtres étoit apellé Archi prêtre, & le plus ancien des Diacres , Archidiacre. Mais cet ordre n’est plus observé : l’Archidiacre est à présent une dignité dans tes Eglises Cathédrales. Le grand Archidiacre. C’est un Oficier Eclésiastique , qui a droit de visite & de correction par tout le Dio.ése , dont il a l’honneur d’être Archidiacre. En un mot, c’est 1e prémier de tous tes Archidiacres de quelque Diocèse. ( Le grand Archidiacre est savant, est fameux , est habite.) ARCHIDUC, / M. II vient du Grec & du Latin Archidux. C’est 1e prémier & 1e plus considérable des Ducs. (L’Archiduc d’Autriche est Empereur. Ma- ximilien I. fut l’inventeur de la qualité d’Auchiduc. L’Archiduc d’Autriche est 1e chef secret du Conseil de l’Empire. De Prade , histoire d’Atemagne , 2. partie , c. 5. , 0” Olivier de la Marche, pag. 9. a donne au terme Archiduc , une plaisante origine. 11 veut que l’Au- triche ait été un Roïaume ; ,, mais, (dit-il) 1e Roi „ d’Autriche considéra qu’il étoit de plus grands Rois „ que lui, & qui l’excédoient en siège, dignité ; & „ assez de semblables en qualité, ctvouloit avoir titre ,, à part, qui passast tes Ducs, & pourtant se fit Archi- „ duc, en laquelle dignité principale , il est 1e pré- „ mier Archiduc du monde. ARCHIDUCHESSE , f. [ Archìducijja. ] C’est-à- dire , prémiére Duchesse, & l’on n’apelle du beau nom d’Archiduchesse que l’épouse de l’Archiduc d’Autriche. ARCHIDUCHE', f. m. [ Archiducatm. ] Le païs que possède l’Archiduc. (L’Archiduché d’Autriche.) ARCHIEPISCOPAL, archiépiscopale , adj. [ Archie - piscopalis .] 11 vient du Grec, & se prononce Archiépiscopal. Qui regarde l’Archevêque, qui apartient à l’Archevêque. (Bénéfice Archiépiscopal. Mitre Archiépiscopale.) ARCHIE'PISCOPAT , s. m. II vient du Grec. En Latin Arcbiepiscopatw. On prononce arkiepiscopat. C’est la dignité d’Archevêque. Archevêché est incomparablement plus usité que Archiepiscopat , qui est vieux. f ARCHIFOU, archìfole , adj. 11 est composé du Grec & du François ; c’est-à-dire, qui est sot au suprême degré. ( Cela est archifou. C’est une chose ar- chifole.) •t ARCHIFOU , s. m. C’est un fou fiéfé, un fou ARC achevé. (C’est un archifou & un archifourbe que le pauvre T. de L. On voit cela dans fa vie.) f ARCHIFOLE, s. f. _ C’est une íbte fiéfée. Une vraie fole. C’est une véritable archií’ole. ARCHIMANDRITE, s. m. [ Archimandrita. ] 11 vient du Grec, & veut dire 1e Supérieur de quelque Monastère, & celui qui regarde lès Religieux, & toutes tes personnes qui lui font soumises, qui les regarde, dis-je, avec afection & de la même forte qu’un Berger ses moutons. Du Pin , antiaua Eccéisœ disciplina, pag. 5. (Monsieur l’Abé de la Trape est un véritable Archimandrite.) 0 Le mot est Grec, à la vérité ; il est composé de â$X ‘, & de (MLVçaÙ, 1e parc ou l’on enferme les troupeaux, & quelquefois même 1e troupeau : ainsi, dans les prémiers tems de l’Eglise, fignifioit une Communauté de Moines, & celui qui la gouver- noit, étoit apellé Archimandrite. ARCHIPE'DANT ,,/. m. 11 vient du Grec, & signifie un franc & un fiéfé pédant. En Latin archipeda- gogus t en Italien ct en Espagnol un pédante. L’archi- pédant est un animal chargé de tout le bagage de l’antiquité, qui est sot & fier sans raison , & qui ascète en les manières & en son langage quelque chose de ridicule & de singulier. Caporal! a lait il pédante , & Balzac le Barbon , qui est le portrait d’après nature, d’un véritable archipédant. ARCHIPEL , s m. , £Archipe!agm.~] C’est la partie de la mer Méditerranée , qu’on nommoit autrefois la mer Egée. L’Archipel est rempli de trés-belles Isles. t ARCHIPOëTE, s m. Nom qu’on a donné autrefois au fameux Pétrarque, & qu’on a ensuite apli- qué par dérision aux Poètes les plus méprisables. ARCHIPOMPE , s. f. f Anthlia primaria.2 Terme de Mer. C’est un retranchement quarté qui est fait de planches, & qui est à fond de cale pour conserver les pompes. On met quelquefois dans l’archipompe les boulets de canon. On dit, visiter l’archipompe. ARCHIPRESB'ÏTE'RAL , Archipresbitérale, adj. £Ar- chipresbyteralisé} II vient du Grec. C’est-à-dire, qui regarde l’Archiprêtre. Le mot à’archipresbytéral , ne se dit guère. On ne peut pourtant pas tout-à-fait condamner ces façons de parler. (C’est un devoir archi- presbytéral, cela touche la dignité archipresbytérale.) I ARCHIPRESBYTE'RAT,_/i m. £Archipresbyteratu:é] 11 vient du Grec. C’est la dignité de l’Arcbiprétre, c’est le bénéfice de celui qu’on apelle Archiprétre , ou le prémier des Prêtres. Le Père Lubin, dans son Mercure Géographique , emploie indiferemment, Archi- prêtré , Archipresbytérat : Alais à tort, Archiprétre \ aut mieux que tes autres. (11 a obtenu l’archipresbytérat. II a eu l’archipresbytérat.) ARCHIPRéTRE , f. m. [ Archipresbyter. ] 11 vient du Grec. C’est te prémier des Prêtres. C’est celui qui par son mérite & par sa conduite est le plus considérable des Curez, ct qui pour cela a droit d’avoir l’œil fur quelques-uns de ses confrères. En un mot, l’Ar- chiprêtre est une maniéré de D or en. II y a des Archi- prêtres de ville & des Archiprétres ruraux. Ceux de ville font tes Doïens des Curez des villes, & les ruraux , font tes Doïens des Curez de la campagne. C’est aux Archiprétres que s’adressent tes mandemens des Archevêques & des Evêques , pour les faire tenir aux Eglises qui font dans Pétendué de leur Archiprétre. Mr. 1e Curé de la Magdeléne, & celui de Saint Séve- rin, font les seuls Archiprétres de Paris. Les Paroisses des Archiprétres de Paris précédent toutes les Paroisses du Diocèse. Les Archiprétres précédent tes autres Curez ; mais comme cette préséance est contestée à Messieurs les Archiprétres , Monsieur l’Archevêque a donne rang aux Aïchiprêtres de Paris avec Messieurs les grands Vicaires & son Official dans toutes tes assemblées. 0 11 est vrai que 1e mot Arthiprêtre est Grec: nuis “W 77 '? eo '/2ÚT5|j©- n’étoitpas, dans l’Eglisc de Constrn- tinople, ce qu’est à présent l’Archiprêtre dans l’Eglife Latine. M. de Valois a remarqué, fur l’Histoire deSo- crate, liv. 6. ch. 9. que tes Evêques pouvoient placer dans tes prémiers rangs de leur Clergé, ceux qu’ils jugeoient dignes de cet honneur, & on tes apelloit açp^íTrçcçiSvTeçt:; ; & celui qui étoit pourvu de Poffice d’Archiprêtre, tel que nous 1e reconnoiflbns, étoit qualifié de TrçoTOTraVas-, c’est-à-dire, le premier des Prêtres ; car on apelloit tràtisa.) le simple Prêtre, de même ARC me que l’Evêque. II y a dans les Décrétâtes un titre, de Officia Archipresbyteri , où l’on volt que la préséance est acordée à l’Archidiacre sur l’Archiprêtre ^quoique, suivant l’Ordination , celui-ci devroit précéder l’autre : mais l’Archidiacre a une juridiction , & l’Ar- chiprêtre n’en a point. Les Archiprêtres ont succédé aux Chorévêques; on leur donne le titre de Doïens, parce qu’ils font les prémiers des Prêtres de leur di- ítric. ARCHIPKêTRE', Archiprévere' , Archipresbytérat, f. m. Ces trois mots n’ont qu’un même sens : mais Arcbiprêtré est le plus usité & le plus doux. Archipré- veré semble insuportable. Arcbiprêtré’, c’etì la dignité & la charge d’Arcbiprêtré. C’est le bénéfice de l’Archiprêtre. (Arcbiprêtré vaquant. Un bon Archi- prêtré- Conférer un Arcbiprêtré. Patrie, plaid. 14.) ARCHIPRIEURE', Archiprieré, f. m. L’tm & l’autre se dit, mais le premier est infiniment plus usité que l’autre, qui a vieilli. Archiprieuré vient du Grec & du Latin. C’eit îe premier Prieur. (Obtenir un bon Archiprieuré, avoir un Archiprieuré très-riehe.) ARCHITECTE , f- m. II vient du Grec. Les Latins disent Arcbitecim. C’est celui qui donne le dessein des Ouvrages d’Architecture. (Architecte ancien, moderne, fameux, renommé, illustre, connu, habile, expert, savant, intelligent, ingénieux-) Vitruve est le plus célébré de tous les Architectes. 11 a vécu lortg-tems & est mort fous l’Empereur Auguste. L’Architecte doit être fier en honnête homme, & ne point faire lâchement la cour aux Grands. II faut qu’il lâche le Dessein, la Géométrie, l’Optique , l’Aritméti- que, l’Astrologie, & PHistoire. Vasare a écrit en Italien la vie des plus excelens Architectes, des plus célébrés Peintres, & des plus célébrés Sculpteurs. A R C HI TE C T O N O GR A P t ï I E , f. /. [. Architecionò - f raphia. 11 vient du Grec. C’est la description des âtimens, des temples, des arcs de triomphe, des téa- tres, des piramides, des obélisques, des bains, des aqueducs, des ports, des machines de guerre anciennes, &c. Palladio, Pictro Bellori & Sandrat de Nuremberg ont traité de l’Architectonographie. Plusieurs Papes ont fait fleurir l’Architectonographie. ARCHITECTURE, f.s. [Arcbìtecíura 0 L’art de bien bâtir. Ornemens qu’on y employé. 11 y a cinq ordres d’ Archìtecìure. Le Toscan, le Dorique, le Ionique, lé Corintien, & le Composite. Le premier & le dernier sont des Latins, & les autres font Grecs. Le Portail de 8. Gervais à Paris, le Frontispice du Monastère de S. Pierre à Lyon, & le Portail des Chartreux à Rouen sont d’excélens morceaux d 'Architecture. ǧ L’Architecture a été cultivée par les Grecs, qui avoient élevé des temples & plusieurs Ouvrages magnifiques & réguliers. Pausanias fait mention du temple de Jupiter Olimpien, comme d’un Ouvrage admirable : en éfet, Pline, lìb. ;6. c. 6. nous aprend, que Silla fit ôter ies colonnes de ce temple, pour embe- lir celui de .Jupiter Capitolin, qu’il fit bâtir. Le goût de l’Architecture & de ia Peinture passa de Gréce en Italie; mais ce ne fut qu’après l’abolition de la Royauté , & même long-tems après. L’Histoire nous aprend, que jusques à l’invaíìon des Gaulois, qui brûlèrent ies chaumières des Romains , ce peuple n’habi- toit: que de petites maisons basses, & qui n’avoient rien de régulier. Mais Rome changea bien , dans la fuite, de face : les Romains, par une noble émulation, élevèrent, à l’envi, de superbes bátimens, donc il nous reste quelques monumens. Marcellus fit construire un tcatre magnifique, un temple à la Vertu, & un à l’Honneur. Marins fit de même élever de grands édifices, & particulièrement le fameux arc de triomphe que i’on volt encore près d’Orange , pour immortaliser ia mémoire de la bataille qu’il gagna sur les Cimbres. M. Scaurus fit, pendant son Edilité, un très-grand nombre de magnifiques édifices, qui rendirent Rome, la plus grande & la plus superbe ville du monde. L’Architecture dégénéra dans la fuite par l’invasion des peuples barbares & grossiers qui s’emparerent presque de toute l’Italie ; & ce fut dans ce trouble général de l’Europe, que le Gothique se forma, selon le goût & les mœurs des Goths & des Lombards. La Toscane vit renaître long-tems après l’Architec- ture & ia Peinture. Plusieurs ouvriers, qui avoient de grandes dispositions pour les beaux arts, y furent ap- ARC 13.5 peliez; ils travaillèrent à l’envi les uns des autres, & ils introduisirent un nouvel ordre que l’on a conservé sous le titre d’ordre Toscan. Le goût & l’émulation se répandirent dans toute l’Europe ; chacun travailla avec foin de s’inftruire & d’ateindre à la perfection de son art. Les Souverains & les Grands Seigneurs contribuèrent, par leurs liberalitez, au rétablissement entier des beaux arts, & même à leur embélissementj par de nouvelles inventions qui avoient été inconnues aux Anciens. C’est aux François & aux Flamans, que l’on est redevable de l’art de peindre fur le verre, & à l’huile. II est aisé de comprendre la suite de ce nouveau rétablissement de la Peinture & de la Sculpture. Plusieurs Auteurs François L Italiens ont donné au Public les Vies des Peintres & des Architectes, où l’on pourra satisfaire entierement fa curiosité fur le commencement, le progrès, & les particularisez de tout ce qui est compris fous le titre général de beaux Arts. í ARCHITECTURE militaire , JJ R C’est l’art de fortifier ies places. On ne sauroit trouver l’origine des fortifications des Anciens. Varillas dit que le fameux Zisea donna la premiere idée de notre maniéré de fortifier les places ; mais lé Chevalier de Folard fixe l’époque de la fortification moderne à Pan 1480, & en attribue l’invention à Achmet Pacha, qui fit faire à Otrante des Ouvrages nouveaux, que les Ingénieurs Chrétiens imitèrent & perfectionnerent dans Ia fuite. Vitruve entendoit fort peu l’Architecture militaire, comme M. de Folard le prouve très-bien. Ce savant Officier fait voir, que Ies fortifications des p’ates modernes , font infiniment au-dessus de celle, des Anciens , autant par la force que par la beauté & le nombre des Ouvrages. Polybe de Folard , Tom. III. cbap. 1. . f ARCHITECTURE navale , f f. C’est l’art de construire les vaisseaux, & tout ce qui y a du raport. ARCHITRAVE , f m. Ç Epijìylium. ] 11 vient du Grec. C’est une grosse piéce de bois apurée fur deux colonnes. Cet Architrave est foûtenu par deux bonnes colonnes. L’architrave n'est pas si saillant que les bras des colonnes. Volez Desgodets , édifices antiques de Rome. L’architrave est posé fur un petit filet quarté. Volez Dejgodets, édifices antiques, page 50g. j (f Daviler riòus en aprend davantage. ARCHITRAVE, c’est la principale poutre; ou poitrail, & .la première partie de l’entablement qui port® fur les colonnes , & qui est faite d’un seul sommier, comme il se voit dans la plûpart des bátimens antiques, ou de plusieurs clavaux, comme l’ont pratiqué les Modernes. 11 est diférent selon les ordres : au Toscan, il n’a qu’une bande couronnée d’un filet : deux faces, au Dorique & Composite : & trois, à Monique & au Corintien. Ce mot est composé du Grec, arches, principal, & du Latin trahi, une poutre. On le nomme aussi Èpistyle, du Latin Epijìylium fait du Grec ítt) çro’kQc ,, colonne. ARCHITRAVE mutilé , celui dont la saillie est retranchée , & qui est arasé avec la frise pour recevoir une inscription, comme au porche de la Sorbonne à Paris. ARCHITRAVE coupé , celui qui est interrompu dans une décoration, pour faciliter l’exhauffement des croisées , l’entablement étant d’une grande hauteur, comme à l’ordre composite de la grande galerie du Louvre. $ ARCHITRAVE. Terme de Marine. II y á une Architrave, ou piéce de soutien, dans les vaisseaux, au-dessous de la plus basse frise de l’arcasse, qui sert de base aux Termes. Aubin . f ARCHIVEE, f m. 11 vient du Grec ; quelques- uns disent archiver , mais mal,, & en fa place on se sert ordinairement d ’archivfie ; c’est celui qui a soin des papiers & actes publics d’un lieu de considération, d’un Empire, d’un Roïaume, d’une République ou d’une Province : c’est un des Archivels de l’Etat. ARCHIVES, f, f. [ Tabulartum .] II vient du Grec. C’est le lieu où l’on garde les papiers, les actes & écrits publics d’un lieu ou d’un pais. (La déclaration que faisoit un père parmi les anciens, qu’il lui étoit né un enfant, étoit gardée dans les archives publiques, & dans celles de fa maison; Le Muït, plaid. as. î- 57G) ARCHIVES de France , f. f. Ce font les Chartres & autres papiers considérables qui concernent i’Histoi- r® de France, & qu’on garde dans la Chambre des Comptes 1)6 ARC Comptes de Paris. (Lire les archives Franqoiscs, feuilleter les archives Franqoiscs.) ARCHIVIOLE , s st Terme de Musique. Espèce de clavecin sur lequel on a aplique un jeu de viole, par le moïen d’une roue tournante avec sa manivelle pareille à celle des vieles. ARCHIVISTE , s m. (Tabulario prœsteftus.'] II vient du Grec. C’est celui qui garde les archives, c’est-à- dire, les papiers & les actes publics, de quelque Etat ou de quelque lieu considérable. (Ce sont les Archivistes de l’Empire. C’est l’un des Archivistes de la République.) ARCHIVOLTE , f m. Terme d 'Architecture. Arc contourné. Bandeau orné de moulures qui régne à la tête des voussoirs d’une arcade, & dont les extrê- mitez portent fur les impostes. II y a \’archivolte retourné , quand le bandeau retournant fur l’imposte, se joint à un autre bandeau ; & Y Archivolte rustique, quand les moulures font interrompues par une clef, & par des boisages simples ou rustiques. ARCHURES, st f- Terme de Menuisier. Pièces de ménuiscrie qui font au devant des meules d’un moulin, & qui sc démontent quand il les faut re- batre. (si ARCIEUT. Ce droit n’est connu que dans le Eéarn, où les Ecclésiastiques, qui ont aquis des dixmes, par achat, ou par donation, font obligez de païer aux Evêques un droit apellé Arcìeut. Voïez l’Histoire de Bearn de M. deMarca, liv. i. ch. 28- n. i8- ARÇON , st m. [Sella equestris arc w. ) Terme de Sellier. On prononce arst'on, mais on ne fait sentir qu’une st. Morceau de bois plat & courbé qui soutient la selle du cheval. (Arqon de devant, arçon de derrière. Les arçons font nervez , c’est-à-dire, sont couverts de bons nerfs de beuf réduits en filace, & co- lez autour des arqons, pour les rendre plus forts. Bander les arçons , c’est les afermir avec des bandes de fer. Faire perdre les arçons. Terme d’homme de cheval ; c’est desarqonner, c’est jetter un cavalier hors de la selle.) f * ARqON, st. m. II entre dans quelques façons de parler un peu gaillardes. Les grandes femmes vont d’un air plus haut que les autres, & font souvent perdre l’arqon à leurs galans. ARcON, st m. Terme de Chapelier. Instrument en archet de violon, grand de quatre ou cinq pies, dont on se sert pour acommoder la laine, & la mettre en état de servir. (Un bon arqon, un méchant arcon, un arqon rompu.) ARqONNER , v. a. Terme de Chapelier. C’est acommoder la laine, & la faire voler avec l’arqon pour îa mettre en état de servir. (Qu’on prenne vite cet arqon, & que l’on arqonne cette laine.) ARCONTAT, Archontat , st m. [ Magistratus Athenimsis.'] Plusieurs écrivent archontat, parce que le mot vient du Grec, mais tous prononcent arcontat, & l’on ne feroit pas mal d’écrire comme on prononce. C’est la charge d ’arconte. C’est le teins qu’un Magistrat d’Athénes gouvernoit cette fameuse Ville en qualitc d’Arconte. (Alexandre le Grand naquit durant l’Ar- contat d’Espines. Codrus aquit de l’honneur pendant son Arcontat.) ARCONTE, archonte, st. m. 11 vient du Grec. On écrit souvent arconte , mais on prononce toujours arconte. Varconte ou Yarchonte étoit un Magistrat d’Athénes, obligé de rendre compte de son administration. Il y eut dans cette célébré Ville, des Arcon- tes annuels, & des Arcontes perpétuels. Médon, fils de Codrus, gouverna le prémier en qualité d’Arconte perpétuel, & lors que les Athéniens se choisirent des Arcontes annuels, Créon fut le prémier. Bostuet, Histoire universelle. (si ARCOT. C’est l’excrément du cuivre jaune , ce qu’on apelle potin, quand il est allié avec le plomb. ARCTIQUE, adj. Voïez ARTIQUE. (si ARCTURE. M. de Segrais, dans fa Traduction des Bucoliques, liv. i. Que si vous labourez des guerets moins seconds, Au lever de /’Arcture, il vous faut, au contraire, Pour conserver le peu qu’ils ont d’estritssalez. Ou que l’herbe aux fonds gras n’étoustepas les bleds. Cette Traduction a paru après la mort de son Auteur, qui n'auroit pas soufert qu’on imprimât les deux ARD derniers vers, tels qu’ils sont : salez & bleds ne ri- ment pas. L’Arcture est une constellation composée de quatorze étoiles, & est à la fuite de l’Ourse ; c’est pourquoi on l’a nommée Arclure, qui est le même que ArCio, phylax, garde-oursc : on l’appelle aussi Baotes, bouvier, parce que l’ourse est apellée par les Grecs dfj.ofa, un chariot. f ARDASSES , st f Ce sont ses plus grossières de toutes les soies de Perse, & comme se rebut de chaque espece. On dit en ce sens, des Le gis, des Ise effets, des Choufs & des Payas Ardasses , pour marquer les moindres de ces quatre sortes de soies Persiennes. í ARDASSINES, qu’on nomme en France Abìa- ques. Belles soies de Perse, qui ne cèdent guéres pour la finesse aux Sourbastis. On s’en sert néanmoins très-peu dans les fabriques de Lyon & de Tours, parce que cette sorte de soie ne soufre pas Peau chaude dans le dévidage. ARDEMMENT , adv. Prononcez ardamman. 11 vient du Latin ardenter. C’est avec ardeur, avec feu, avec force, avec passion. Disputer ardemment. Aimer ardemment. Abl. Luc. Nôtre Ordre s’est opose ardemment à la Doctrine de Molina. Pastc. lett. 2.) ARDENT, ardente, adj. II vient du Latin dens, & se prononce ardan. II signifie , qui est en feu , alumé, brûlant. (Mettre sor les charbons ar- dens, prendre un tison ardent, la flamme est toute ardente. * ARDENT , ardente , adj. [ Vehemens , aster. ] Au figuré, il veut dire violent, âpre, véhément, vif, passionné. Ardent, en ce sens, sc dit des choses & des personnes , & alors quand il régit un nom, il veut un datif, & quand il régit un verbe , il demande l’infi- nitif avec la particule à. L’honneur est la nourriture, & 1 e plus ardent désir des âmes bien nées. Patru plaid.. La passion des François est ardente. Ils bavent, ils grincent les dents, Et plus leurs J'ecoustes Jbnt vaines, Plus à la prise ils font ardens. S. Amant, Rome ridicule. 11 est ardent à vous servir, & moi je le fuis autant que lui. Cost. lett. t. 2. La Reine qui m'entend, peut me désavouer, Elle nia vù toujours ardent à vozts louer. ■ Racan , berg. a. 5. stc. derniere.) ARDENT, ardente, adj. (Fervent, acer.J Au figuré & lignifiant vif & violent, il veut aussi la préposition, dans ou en, lors-qu’il est suivi d’un nom qu’il régit, (jl est ardent dans ses désirs. Abl. Luc. t. 2. Elle elt ardente dans toutes ses passions. 11 est ardent en cela.) ARDENT , ardente , adj. Ce mot sc dit de certaines Chapelles, & veut dire où l’on brûle de l’huiie, oú l’on brûle de la cire. (Une Chapelle ardente, faire une Chapelle ardente.) ARDENT, ardente , adj. 11 sc dit quelquefois de certaine Justice qui juge ses criminels, & Veut dire, qui les condamne au feu , qui les fait brûler. (Etablir une Chambre ardente. La Chambre ardente est sens rémission pour ses empoisonneurs & autres scélérats, & en cela elle est très-jqste.) ARDENT, ardente, (Radii solis accensas.'] II ledit de certains miroirs, & signifie qui brûle, étant exposé aux rasons du soleil. (Ce miroir ardent est très-beau & très-bon. Faire un miroir ardent.) ARDENT, ardente , adj. 11 se dit de certains chevaux dont 1 e poil tire fur la couleur de feu. (C’est an cheval qui a 1e poil ardent.) ARDENT, st >n. (Ignés noise errantes. J Feu Pantelant autour des eaux, feu Pantelant autour des lieux marécageux. (On voioit des ardens autour des marais. On apelle aussi ces ardens , de.s feux folets.) H ARDENT, st. m. ou feu St. Elme. On apelle ainsi un météore , oufeu folet, formé de quelques exhalaisons grasses , qui s’élevent & s’enflamment après Forage , & paraissent fur ses mats & les vergues des vaisseaux. f ARDENT, st. m. On apelloit de ce nom ceux qui étoient ataqueZ d’une sorte de mal caduc qui les brû- loit, & les consumoit presque entièrement. (11 est très-dificile de guérir du mal des ardens. II y a une Vierge à qui les Catholiques Romains ont recours, & qu’ils ARE qssils nomment Sainte Geneviève des ardent ; c’est-à- dire , qui guérit le mal des ardens.) ARDENT. Terme de Blason. [ Candens. ] Ce mot se dit d’un charbon alumé. {§ ARDER. Vieux mot. C’est brûler. Joachim du Bellay. Aìnjl n’arderont -point ses moêles. ARDEUR , f f. II vient du Latin ardor. C’est faction d’un corps ardent, plein de feu & de chaleur. (L’ardeur du soleil est excessive. Vaug. Quint. L 7. Suporter l’ardeur du Soleil. Abl. Mar. I. 1. L’étéen Espagne & en Italie , l’ardeur du soleil est violente , & les gens qui n’y font pas acoûtumez, ne la soufrent qu’avec peine.) * ARDEUR, f f. [Fervor.J Au figuré , il veut dire passion, amour, action vive & pleine de feu. (Une ardeur vive , fidèle , sincère , constante , vraie , véritable , ferme, ffion ardeur me tient lieu de mérite. Sar. Po'ês. Avoir de l’ardeur pour les belles connoif- sauces. Abl. Tac. liv. 1. Ces de tes jeunes yeux que mon ardeur es née. Main. Poëf.) H Le pas lent & grave fait perdre aux soldats cette ardeur que la vitesse & relancement allument dans leur cœur , & qui les étourdit dans le péril : en effet l’ardeur s’éteint par la réflexion que la lenteur des mouve- mens nous donne le teins de faire dans les grands dangers. Polybe de Folard. ARDILLON, s m. f Fibula ,fibula , clavtculw. ] Terme à’Orfèvre , de Bourrelier & de Sellier. 11 se dit parlant de boucle , c’est la petite pointe qui est au milieu de chaque boucle. Un bon ardillon, un méchant ardillon , l’ardillon de la boucle est rompu, mettre des ardillons aux boucles, faire des ardillons pour les boucles. ) ARDOISE, s f. [_Ardosai} Pierre tendre & brune, qui se léve par feuilles , & qui est propre pour la couverture des beaux bâtimens. (Bonne ardoise. II y a cinq sortes d’ardoifes , la quarrée, la taillere, la cofine, la grosse ardoise, & celle qu’on nomme le poil. L’ardoise quarrée est bonne, la cofine , tortue, la taille te , petite , & celle qu’on nomme le poil, la moins considérable. On tire l’ardoise avec des engins, & avec des chevaux , & lors qu’elle est tirée, on la porte aux Tailleurs d’ardoife , ils la fendent & la taillent. 11 y a des perrières d’artoise en Anjou & en Bretagne. L’ardoife est propre pour couvrir les beaux édifices ; Versailles en est tout couvert. On se sert aussi de l’ardoise pour dessiner. II y a une ardoise noire en Irlande , très-bonne contre le flux de sang , & qui empêche que le sang ne se caille dans le corps après quelque chute. Hìs. nat. d’Irlande. ARDOISE', ardoisée, adj. II se dit de certains pigeons , & signifie , qui tire sur la couleur d’ardoise , & qui est d’ordinaire barré de jaune. (C’est un pigeon ardoisé, la femelle de ce pigeon est ardoisée. On dit aussi substantivement, c’est une très-belle ardoisée.) ARDOISIE'RE , s f. \_Lapidicina ardosarum .] C’est une carrière d’ardoife. C’est un endroit de la terre où vient l’ardoise, & d’où l’on la tire avec des engins, & des chevaux. (Les ardoisières ne font pas communes. II y a des ardoisières en Anjou. t ARDRE- Ce verbe est quelquefois allif, & souvent neutre. II vient du Latin ardere , en Espagnol arder. II n’est proprement en usage qu’au présent du subjonctif, lors qu’on fait des imprécations. Ainsi l’on dira , que le feu de Saint Antoine arde ces gros & misérables ânes qui empêchent les bons Dictionaires d’avoir cours. C’est de la forte que Scarron a parlé. Roman comique, chap. 2. Que le feu de S. Antoine les arde. t ARDU, ardu'é, adj. 11 vient du Latin arduus. En François il semble n’avoir point de masculin , & n’être usité qu’en riant ; il signifie dificile, malaisé, épineux. (C’est une des plus ardues questions que z’aie oui faire. Voìt.... lett. ç6.) AREC A , s m. Fruit fameux dans les Indes , qui est une espèce de noisette dont Acosta a fait la description. Ce fruit vient d’une espèce de palmier, & les Indiens en ont presque toûjours dans la bouche. ARECIUM ,s m. Plante qui est bonne pour les rétentions d’urine , & pour apaiser le mal de dents. JIRE'NE ,ss- Ce mot est d’ordinaire poétique, & ARE 137 vient du Latin arena. 11 signifie sable. (Elles conduisent leur argent sur un lit d’arénes dorées. God. Pois. Oúi , qui pourroit compter le nombre de me s peines» Pourrait aujfi compter le nombre des arènes. Men. Poéf. ídyle 1. On compterait plutôt les arènes volantes, Que V Afrique contient dans ses plaines bridantes» Que les dons infinis que tu fais aux humains . God. Poëf. 1. part. Ps. 13). . ÀRE'NE , f fi II se dit en prose lors qu’il signifie lé lieu où combatoient les gladiateurs du tenrs de l’an- cienne Grèce , & de l’ancienne Rome. (Néron obligea les Chevaliers Romains à décendre dans Y arène, Abl. Tac. Ils ont une arène propre à s’exercer à la lute. C’est une arène très-commode. Voïez CaraHé~ res de Tbéopbrase, carafíére du complaisant. Jamais les arènes de Pise N’en virent de plut obsinez. S. Amant, Rome ridicule. ARE'NE ,s. m. On apelle de ce nom un Amphitéâ. tre que les Romains bâtirent à Nîmes, & qu’on volt presque encore tout entier. Les Gots , í’an quatre cent vingt de nôtre salut, fortifièrent cet Amphitéâtre , & y construisirent un château qu’on apellé château des arènes. Voïez les antiquitez de Nîmes de Mr. Teiron. (f Lorsque l’on vouloir donner au peuple un combat de gladiateurs, on Faîfoit enlever tout le gros fable, pour y répandre un fable plus fin , fur lequel on pouvoir marcher, & se tenir plus sûrement dans les éforts que faisoient les combatans pour terrasser leuf ennemi. Pline, liv. 2 6. dit, qu’au lieu de fable , on se servoit quelquefois de la ratissure d’une pierre blanche. Cet usage d’un sable fin , & que l’on apelloit arena , a introduit la coutume d’appeller arena, le combat que l’on faisoit dans les amphitéâtres , & les amphitéâtress mêmes : nous disons encore , les arènes de Nîmes , pour l’amphitéâtre dont on y volt les restes. Voïez Lipse, de Ampbitb. ARE'NER , v. pajs. [Deprimerel] Terme d ’Archi* tellure. Baisser, s’affaisser par trop de pesanteur. (Ce plancher est arène.) f AREOLE j s f- [ Areola .] On donne ce nom au cercle qui environne le mammelon, ou le petit bout des mammeles. ARE'OPAGE,^! rn. II vient du Grec. C’étoit à Athènes , le lieu où les anciens Grecs rendoíent leurs arrêts , où l’on rendoit la justice fans aucune corruption. Les Latins appellent ce fameux lieu areopagus. (Ne crains point qu’on te fasse Un procès criminel dans r Aréopage. Abl. Luc. t. 1.) II se prend aussi pouf le Sénat d’Athènes, qui rendoit la justice dans l’Aréo- page. L’Aréopage est fi ancien , qu’on croit qu’il avoit été établi pour juger entre Mars & Neptune, fur ce que Mars avoit tué un fils de Neptune qui avoit violé fa fille, Te S. Réal, remarques fur les épîtres de Cicéron à Atticm, t. 1. (§ L’Aréopage fut institué par Cécrops ; son intégrité le rendit célébré. Les Poètes ont feint que les Dieux s’étoient soumis à son jugement. II fut établi fur le haut de lacollne de Mars ; e’est pourquoi il faut faire la pénultième breve ; autrement, dit M. Ménage , ce mot signifieroit la rué de Mars. Voïez Menagiana. Demosthëne déclare, dans fa harangue contre Aristocrate , qu’il ignore si ce tribunal a été établi par les Dieux ou par des hommes. On n’y traitoit que des afairës des particuliers , & l’on n’y parloit jamais des afaires d’Etat. Us rendoient leurs jugemens pendant la nuit, afin d’être plus atentifs & & moins distraits dans l’examen des procès. ARE'OPAGITE , f m. U vient du Grec, L fe dit en Latin Areopagita. C’étoit un Juge de l’Aréopage. (Solon établit le premier les Aréopagites. ( C’étoient des Juges incorruptibles, & ils étoienc si sévères , ces Aréopagites , qu’ils vouloient que dans les discours qu’on faisoit devant eux, on ne se servit ni d’exorde étudié , ni d’aucune figure qui les pût émouvoir en faveur de la personne pour quoi on parloit. On parle de S. Denis l’Areopagite.) ($ ARE'OSTYLE- Lè mot est Grec. Il signifie un édifice dont les colonnes font éloignées les unes des autres. Vitruve a dit qu’il y avoit cinq sortes de maisons & d’édificés, à qui il a donné des noms Grecs : Picnosylòs, un édifice où l’on volt un grand nombre Tome L 8 d® rz8 ARG de colonnes : Syjìylos , celui où le nombre des colonnes est moindre que dans la première espece : Dyajiy- los , quand les colonnes font éloignées les unes des autres : Arœojìylos , quand elles font un peu trop éloignées , rariùs quàm oportet inter Je àeduHas : Euftylos , lorlque les colonnes font à une juste distance. ARE'OTECTONIQUE, // Terme de Fortification. Partie de l’Architecture militaire qui regarde l’ataque & le combat. ARGOTIQUE,/ m. [Areotìcus .] Médicament qui ouvre les pores , & qui les rend plus larges pour faciliter la trafpiration. ARER, ». ». [Abare.J Terme de Marine. .C’est chasser fur les ancres, ce qui sc dit d’un vaisseau quand il traîne l’ancre. ARêTE , areste , / f. [ Spina. ] On l’écrit de l’unc ou de l’autre faqon : mais Y s ne fe prononce point, & montre seulement que la pénultième íìlabe du mot nre- ífeft longue. C’est un os, en forme d’épine, qui arrête & soutient la chair du poisson. Les grandes be- tes marines au lieu (Parâtes ont des os durs. Rond. (Une petite arête, une grosse arête ; quand on mange du poisson , il faut prendre garde aux arêtes.) * ARêTE ,// t Stria. ] Terme de Charpentier . Côté angulaire de quelque corps. (Cette poutre est à vives arêtes, c’est-à-dire, est bien équarrie.) (g ARêTE de lunettes. C’est l’angle où une lunette se croise avec un berceau. * ARêTE , / f. II se dit des Enclumes. C’est le bord de l’enclume. * ARêTE,//. Terme d’Orfèvre. Partie de la cuiller , élevée sur le cuileron. (Arête de cuiller bien» Faite, ou malfaite.) . f ARêTE, f. f. Terme de Fourbijfeur. . Partie élevée qui régne le long de la lame. (L’arete de cette lame n’est pas bien fourbie.) * ARêTE, J', f. Ce mot se dit des ajjlétes des plats. C’est l’extrémíté du bord du plat, ou de Passé te du côté du fond. (Faire l’arête d’un plat, ou d’une af- fiéte. ) f ARêTE, f f. Terme de Chapelier. C’est l’ex- trémité par où on arrondit un chapeau, & où l’on coud se qu’on apelle bord de chapeau. * ARêTES , ou arestes , f. f. II ne sc dit qu’au pluriel. Terme de Manège. Ce font des gales & tumeurs qui viennent fur les nerfs des jambes de derrière d’un cheval, entre le jarret & le paturon. On apelle auffi arêtes les queues de cheval dégarnies de poil, qu’on nomme auffi queues de rat. ARéTIER , f. f. Terme de Charpentier. C’est une pièce de bois bien équarrie qui forme l’arête , ou le côté angulaire des couvertures, qui font faites en pavillon, (f ARéTIER. C’est la pièce de bois délardée , qui forme l’angle d’une croupe, & fur laquelle font arrachez les empanons. ff ARéTIER de plomb. C’est un bout de table de plomb au bas de í’arêtier de la croupe d’un comble couvert d’ardoife. Dans les grands bâtimens, fur les combles en dômes, ces arêtiers revêtent toute Penco- gnure : & font faits de diverses figures, ou en maniéré de pilastre, ou en maniéré de chaîne de bossage ou pierre de refend. ARêTIERES. Ce font les cueilles de plâtre que les Couvreurs mettent aux angles de la croupe d’un comble couvert de tuile. ARGANEAU,/ m. [Annulas crajjìorè] Terme de Marine. C’est un gros anneau de fer, où l’on a tache des cordages. II y a des arganeaux , aux plat- bords, aux bateries, aux ancres, &c. ARGEMONE, / f. [ Argemonia. ] Efpéce de pavot sauvage qu’on nomme ainsi , parce qu’on s’en sert pour guérir de petites ulcères qui viennent aux yeux, & qu’on apelle argemons. ARGENT,/ m. Du Latin argentum. Prononcez ftrjan. C’est après Por, le plus précieux des métaux. (Bon argent, argent bas, argent fin. L’argent d’Ale- magne n’est pas si estimé que celui de France.) ARGENT , / su. f Pecunia , Nummi. ) C’est de la mono,e d’argent. (Amasser de Pargent, avoir de Purgent , être riche en argent, avoir de Pargent comptant. L’argent est un esclave fugitif; vous avez beau le charger de sers, il «'enfuira, avec tes chaînes ; tenez-le fous la cfcf & les Vcrroux, donnez-lui des gardes, & ils ARG échaperont de compagnie. Maucroix , homélies de S. ChryJ’oJiome , hom. 2 . II est indigne d un homme de cœur de ne pas gagner de Pargent glorieusement. L’argent fera bien-tòt l’afaire, Et quelle afaire ne fait ce bienheureux métal ? La Fontaine, nouvelles. Oui, cet heureux tnétal fait tout, Renverse murs , jette portes par terre , N’entreprend rien dont il ne vienne à bout, Fait taire chien , U quand il veut servantes , Et quand il veut , les rend plus éloquentes Que Cicéron. La Fontaine , nouvelles. ARGENT , / m. [Divitìœ.] Riens & richesses. (Est- il quelque talent que Pargent ne lui donne ? Dejfc.sat. ARGENT. Ce mot entre en plusieurs façons de parler proverbiales. (Qui a de l’argent, a des pirouettes , c’est-à-dire, que quiconque est riche en argent, a tout ce qu’il désire. Argent comptant porte ìnédecine. Abl. Luc. C’est-à-dire , que celui qui a de Pargent, est guéri de tous ses maux. Point d’argent, point de Suisse, c’est-à-dire, que fans argent, on n’a point de serviteur. L’argent ejl court chez moi ,• c’est-à-dire, que ma bourse est vuide, & que j’ai fort peu d’argent. Tu diras qu’aux cofres du Roi L’argent eji court , comme chez moi. Boisrobert, ép. t. 1 . èp. 12 .) Avoir de l’argent mignon ; c’est-à-dire, avoir bien de Pargent, avoir de Pargent qui n’est point emploie, & qui ne sert de rien. Avoir de l’argent frais. C’est de Pargent qu’on vient de gagner, qu’on vient de recevoir. Argent fait perdre les gens. Argent fait rage, amour , mariage , argent fait tout. 11 est chargé d’argent comme un crapeau de plumes. On dit ce proverbe du Seigneur V. & il veut dire que le pauvre bon homme est toujours à sec, & qu’il n’a ni sou ni maille, & que bien-tôt il ira finir chrétiennement & glorieusement ses jours à Phôpital. On dit auffi faire argent de tout, pour dire, métré tout à profit. ARGENT. Signifie quelquefois tout métal mo- noïé servant au trafic, ou à faire des païemens. J’ai paie cette marchandise argent comptant, quoiqu’elle ait été parée en or, &c. On dit faire valoir son argent c’est en tirer du profit de quelque maniéré que ce soit, mais plus communément cela s’entend de donner son argent à interét. t ARGENT comptant. Parer ou vendre argent comptant, c’est vendre ou païer fans délai, fans demander ou faire crédit. fr ARGENT mort. C’est un fonds dont on ne peut faire usage, & qui n’aporte aucun profit ou intérêt. 11 sc dit aulsi des-marchandises hors de mode, & qui n’ont plus de débit. í ARGENT en barre. On apelle ainsi les effets & les marchandises, dont on peut se défaire aisément & quand on veut. y ARGENT bm, c’est-à-dire, que l’on ne fait rien si l’on ne volt ou reçoit de Pargent. II en dit bien d!autres , dont il ne prend point d’argent j c’est-à-dire, il dit bien d’avftres pareilles choses avec peu de fondement. í ARGENT b,u ou bas argent. Argent au-dessous du titre des efpeces, jufqu’à six deniers. Quand il est plus bas que six deniers, on le nomme billon d’argent i ARGENT trait. Terme de Tireur d’or. C’est de Pargent qu’on a fait passer par les filières. (Avoir beaucoup d’argent trait.) Les Tireurs d’or vendent leur argent trait aux Fourbisseurs, & à tous les Ouvriers qui travaillent à des ouvrages où il entre de Por & de Pargent. í ARGENT blanc. C’est la monoïe qui est véritablement de ce métal, comme les écus, les pièces de trente fols, &c. £ ARGENT en. lame. C’est de Pargent trait, qu’on a aplati entre deux rouleaux d’acier poli, pour le disposer à être filé sur la soie, ou pour être emploie tout lat dans la composition de certains ouvrages, comme roderies, dentelles, étofes, &c. pour les Vendre plus brillantes & plus riches. L’argent en lame se nomme auffi argent batu. II y a de Pargent en lame fin , & de l’argent en lame faux. ) t ARGENT filé , qu’on apelle ordinairement du filé d’argent. C’est de Pargent en lame, dont on a couvert ARG Vert tin îong brin de foie, en le tortillant dessus le rouet. II y a de l’argent filé fin, & de l'argent filé faux. £ ARGENT en feuille , ou argent batu. C’est celui que les Bateurs d’or ont réduit en feuilles très-min- ces & très-déliées, à l’usage des Doreurs en bois, en fer, &c. 4 ARGENT en coquille. 11 est fait des rogneures des feuilles, ou des feuilles mêmes d’argent batu. On s*en sert à peindre & à argenter quelques ouvrages. è ARGENT fin fumé. C'est de l’argent fin soit trait, soit filé, soit batu & escaché, que l'on met long-tems prendre couleur à la fumée , afin de le vendre pour de l’argent fin doré. £ ARGENT, apellé faux. C’est un lingot de cuivre rouge, couvert de feuilles d’argent à plusieurs fois par le móïen du feu, à l’usage des Tìreiirs d’or. £ ARGENT tenant or. Quand l’ór est au-dessouS de dix-sept carats, & qu’il est allié fur le blanc , il perd son nom & sa qualité d’or, & n’est plus qu’ar- gent tenant on * ARGENT, s s. [Argentews Ce mot se dit de l’eau, & signifie clarté, & en ce sens, il est poétique* (Les Muses ont quité les fleurs de leur montagne , & l’argent de leur onde. Main. Po'és. Elles conduisent leur argent fur un lit d’arénes. God Pois. Les petits flots font luire dans la plaine l’argent de leurs ruisseaux. Rac. Po'és. ARGENT, s. m. II signifie blanc, & en ce sens il èst poétique. (Sous un voile d’argent la, terre ensevelie. C’est-à-dire, que la terre est toute couverte de nége & d’eau. * ARGENT, s ra, II se dit en termes de Blason, & signifie blanc. II est le symbole de la pureté & de la franchise. (Un Chevalier de la table ronde, qu’on ápeloìt le bon Chevalier sans peur,portoit d’argent simplement. Col. science héroïque, c. 4.) fs ARGENT fin. Celui qui est le plus éputé, & le moins alié. ARGENT-LE-ROX. M. Boizard nous aprend dans son Traité des monoiés, fart. 1. ch. ;. qUe l’argent à onze deniers douze grains , est celui qu’on apelle ar- gent-le-Roi, ou du Roi, parce que nos Rois n’aïant aucunes mines d’or ni d’argent en France , ont àcordé quelque profit aux étrangers qui en aportoient, en leur parant l’argent qui étoit à onze deniers douze grains, comme s’il eût été à douze deniers. Volez 1 ’Extrait des Regîtres de la Chambre des Comptes, qu’il raporte ensuite. ARGENT de coupelle. Le mêmç nous aprend encore que l’on apelle argent de coupelle, celui qui a passé par fessai, & qui s’est trouvé être d’onxe deniers vingt- trois grains. ARGENT en bain, ou en pâte. Quand l’argent est entierement fondu, on l’apelle argent en bains & quand il est prêt à fondre, argent en pâte , II y a encore, selon le langage des AfineUrs, un argent de cendrée, un argent de coupelle, & un argent de grenaille. _ L’ARGENT de cendrée, est celui qui est afiné avec beaucoup de plomb, & que l’on fond dans un vaisseau fait avec des cendres bien douces & bien lavées. L’ARGENT de coupelle, est celui qui est afiné avec du plomb, dans un petit vaisseau composé avee les jnêmes cendres : mais la coupelle est plus petite. L’ARGENT de grenaille, est celui qui provient d’un second afinage de la même matière, pour la rendre plus pure ; & quand les Afineurs croient qu’elle est sufisamment purifiée, ils la jettent toute chaude dans une cuve d’eau, & elle se forme en petites boules ou graines, que l’on apelle grenaille en nôtre langue ; & les Latins la nomment argentum pustulatum, parce qu’zY se met s dit Savot, étant ainjì versé dans l’eau, en forme de bassettes U puflules. Les Monoïeurs & les Orfèvres donnent à l’argent douze deniers de bonté , & chaque degré de bonté, est apellé denier, qui est composé de vingt-quatre f rains , & chaque grain est divisé en demi-quart & uitiéme ; de sorte que l’argent qui est à onze deniers douze grains , a perdu une vingt-quatriéme partie de fa bonté , par le mélange d’une vingt-quatriéme portion de cuivre. Bouterouê , Recherches des Momies, p. 3. f L’ARGENT chez les Chimistes, se nomme Lune, ARG 139 & reçoit plusieurs préparations. On tire une teinture d’argent ou de lune , lorfqu’on le fait dissoudre en petites lames ou grenailles dans de fesprit de nitre, & qu’on verse cette dissolution dans un autre vase rempfi d’eau salée ; par ce. moïen l’argent se précipite aussi-tôt en poudre fort blanche, qu’on lave diverses fois dans de l’eau de fontaine. On met cette poudre dans un matras ; on verse dessus de l’esprit de vin rectifié , & du sel volatile d’urine : on laisse digérer cette matière à quelque chaleur temperée pendant quinze jours , durant lesquels fesprit de vin se colore d’un bleu celeste très-beau, & on le fait entrer dans la composition de divers remèdes. On le nomme auflì lune potable. í L’ARGENT en cristaux est ainsi transformé pat le moïen de fesprit de nitre ; & c’est ce qu’on apelle Vitriol de Lune. La Lune caustique , qu’on nomme communément pierre infernale, n’est autre chose que de l’argent dissous dans de l’eau-forte qu’on laisse cri- staliser. . H ARGENT de permission. On nomme ainsi dans ía piûpart des Villes des Pais Bas, ce qu’on nomme ailleurs argent de change. Cet argent est diférent de l’argent Courant ; & les cent florins de permission, y valent cent huit florins & un tiers courans. C’est en argent de permission que se réduisent les remises que l’on veut faire dans lés païs étrangers. f ARGENT cornant, se dit des especes qui ont cours dans le public , & dont la Valeur est diférente suivant les diférens païs. $, ARGENT de Banque. On apelle ainsi Purgent des particuliers, qui est en dépôt dans une Banque, & dont chacun dispose à sa volonté, Cet argent de Banque vaut à Amsterdam depuis quatre jusqu’à cinq pour cent plus que l’argent courant. Cette diférence s’a- pelle Agio de Banque, ou simplement Agios elle est fondée fur ce que la Banque de cette ville ne reçoit les especes , que fur le pied d’environ cinq pour cent au-dessous dé leur valeur ordinaire. Votez le Negoce d’Amsterdam , & le Traité du Commerce par Ric art, ARGENTER, i>. a. £ Argenta obducere.~\ Couvrir de feuilles d’argent, apliquer l’argent fur le métal avec lé brunissoir, & avec tous les instfumens nécessaires. ( On argente le cuivre , le leton, f étain, &c. Argenter un plat, des Fourchétes, &c.) ARGENTE', argentée , adj. f Argentm. ] Qui est couvert de feuilles d’argent. (Manche de couteau argenté. ) ARGENTE', argentée , adj. sArgentatus. ] Qui a quelque chose de la couleur de l’argent, & en ce sens ce mot semble être un peu Poétique.’ ( Nourrices des grandes Citez, Rivières , doux sang de la terre, Louez Dieu qui présidé à vos flots argeîiteZ. God. Poës.) ARGENTERIE , f f. [ Vasa argentea , argentum. j] Toute sorte de besogne d'Orfévre, grosse ou petite, (II y a dans le gardemeuble de Louis XV. deux magasins d’argenterie , celui de la grosse & celui de la petite. On entend par la grosse argenterie , leS tables , les cuvettes , les sceaux d’argent; & l’on comprend sous le nom de petite argenterie , les tasses, les chandeliers, les bras, les plaques, & toute forte de besogne commune qu’on apelle vaiflelle d’argent. (Une belle argenterie.) L’année 168Y. au mois de Décembre , à l’exemple du Roi, les grands Seigneurs & les Bourgeois portèrent toute leur argenterie à la monoïe , pour en faire des espèces nouvelles. f ARGENTEUX , argenteus , adj. [ Petumosus. ] Mot du petit peuple de Paris ; c’est-à-dire, qui a beaucoup d’argent. ( Les Poètes, comme D. Avocat de Pilate , & les faiseurs de Romans , comme le pauvre bon homme V. ne font pas Fort argenteux.) ARGENTIER, / m. [ Quasar ararìì. ] Trésorier de l’argenterie. f ARGENTIERS. On donne ce nom aUX Orfèvres, en plusieurs endroits , fur tout en Normandie ; &dang les anciennes Ordonnances , les Argentiers signifient ceux qui se mêlent du Commerce de f argent, comme les Banquiers & les Changeurs. ARGENTIN , argentine, adj. f Argenteus. ] Vient de l’Italien argentine), blanc de couleur d’argent; pareil à celui de f argent clair ; sonnant clair. ( Sour- cs argentine. God. Poès.) Tom. I> S s, ÀpeL i40 ARG Les cloches , dans les airs , de leurs voix argentines, Apelloient à grand bruit les Chantres à Matines. Desp. Lut. ch. 4.) ARGENTINE , f f. [ Argentin a.'] C’est une plante qui fleurit en Mai, en Juin & Juillet, & qui porte une fleur très-blanche. ( L’argentine est belle.) ARGILE, f f- Vient du Latin argilla. C’est une terre grasse , propre à faire des pots. L’argile ne sert pas seulement aux potiers , elle sert aussi aux jardiniers. ( Cette pensée est fole, & c’est comme si l’argile s’élevoit contre le potier. Port-Royal, Isaïe, chap. 39. On trouve en Irlande une espèce $ argile très-pro- pre à faire de la brique, & toute forte de poterie. Histoire naturelle d’Irlande , page 284.) ARGILEUX , argileuse , adj. [Argilosus. ] Qui est d’argile , qui tient de l’argile. ( Tel qu’un potier expert à fa roué ocupé, T)'un limon argileux promtement détrempé. Fait. L’Abé Sorin , tradufíion. La marne est une matière grasse & argileuse , qu’on peut apeller la graisse de la terre. Boute , histoire naturelle d’Irlande , c. 12.) ARGO , s m. Nom du fameux navire des Argonautes , très-célébre chez les Poètes. Quelques Auteurs ont cru qu’il étoit ainsi nommé, parce qu’Argus l’avoit bâti. D’autres, parce-qu’il^voit été construit dans la ville d’Argos. 0 Quelques-uns croient que les Grecs apelloient Argo , un vaisseau plus long que les autres , ce mot signifiant, chez les Phéniciens, un vaisseau long. ARGONAUTES, /■ m. [Argonautce.J Nom qu’on a donné à quelques Héros de la Gréce, qui Rembarquèrent avec Jason dans le navire d’Argo , pour aller à Colchos y conquérir la toison d’or, Hercule étoit de ce nombre. ARGOT , s m. [ Lignumsucco destìtutum .] Terme de Jardinier. C’est l’extrémité d’une branche morte. II faut ôter cette extrémité, & quand on l’ôte , on apelle cela ôter argot. Quint, des Jardins , t. 1. p. 70. ARGOT , f. m. Terme de Coupeur de bourse. II peut venir du Grec, où il signifie sans travail, fans ouvrage. Mais dans la signification qu’on lui donne aujourd’hui, il veut dire le langage des gueux , & des coupeurs de bourse ; qui s’expliquent d’une maniéré qui n’est intelligible qu’à ceux de leur cabale. ( Savoir l’argot, aprendre l’argot, entendre l’argot, parler l’argot.) ARGOT , f m. II se dit des coqs. Voïez ergot. ARGOTER , v. a. [ Lignum aridum amputare. J Terme de Jardinier. Couper une branche à un ou deux yeux de fa mère branche. ARGOULETS , f m. O Equités levioris armatu- /<£.] Cavaliers Franqois , qui ont subsisté depuis le Régne de Louis XI. jufqu’a celui de Henri II. ils étoient armez de haussecou, de halecret, de gantelets , d’avant-bras, de grandes épaulettes , & d’un cabasset dont ils se couvroient la tête. Leurs armes ofensives étoient l’épée , la masse à l’arqon & une arquebuse de deux piés & demi de long dans un fourreau de cuir bouilli. ( On dit quelquefois en raillant, & pour mépriser une personne, c’est un pauvre ar- goulet.) 0 " On apelloit Argoulets , des soldats armez d’arcs, les arquebuses n’étant pas encore cn usage. On les nomma dans la fuite Arquebusiers achevai ; & depuis un siécle , on les connoît fous le nom de Dragons. Voïez Ménage, Origines, 0 le Pere Daniel, dansson Histoire de la Milice Françoise, tom. I. pag. 252. ARGOUSIN , ou argouzìn. [ Râtelles remigibus regendis ac euftodiendis prapoJitns.~\ II vient de l’Ita- lien , & il signifie celui qui prend garde que les Galériens ne se dérobent , & qui méne faire aiguade les forqats qui fervent volontairement dans les galères. L’argoufin enchaîne & déchaîne aussi les galériens, & rive le coller de fer qu’iss ont au cou. L’argousin gagne tous les jours huit ou neuf fous, & a fa portion comme un galérien.) ARGUE , f f. Lieu où l’on tire & où l’on dégrosse l’or & l’argent pour les Orfèvres & les Tireurs d’or. (Argue roïale , envoler à Largue, aler à l’argue.) ARGUE, f. f. Terme de Tireur d’or. Machine composée d’un gros pivot & de barres de bois, au- ARI tour de laquelle il y a un cable qu’on étend & qu’on atache avec des tenailles courtes & grosses à une autre machine qu’on apelle la tête de Largue, où l’on met une filière, au travers de laquelle on tire les lingots d’or ou d’argent pour les dégrofler. ( Tirer Largue.) Ce mot d 'argue vient du Grec, parce que l’invention & la machine ont été aportées de Gréce. 0 Voïez M. Boisard, dans son Traité des Momies. AROUER , V. a. Vient du Latin arguere. II fe dit en terme de Palais. C’est acufer , reprendre. (Arguer une chose de faux.) ARGUMENT , f m. Prononcez arguman il vient du Latin argumentum. C’est un raisonnement de deux ou trois propositions. Le mot d 'argument, en ce sens , est plus de l’école que du beau monde. (Un bon, un A>rt argument, un foible, un méchant argument, faire un argument, proposer, pousser, résoudre un argument , communiquer un argument, répondre avec esprit à un argument.) ARGUAIENT, f. m. Sujet de quelque Ouvrage d’e- sprit. Argument en ce sens, se dit, mais il n’est pas si usité que celui de Jujet. (On joué depuis peu une petite farce assez plaisante , qui a pour argument, le Provincial Visionnaire.) ARGUMENTANT , s m. [ Distutator. ] Celai qui dispute 5 c fait des argumens contre quelcun , qui soutient une thèse publiquement. ARGUMENTATEUR , s. m. f Argumentâtes. J Qui sait des argumens. ( C’est un subtil argumenta- teur.) ARGUMENTATION , f f. [Argumentation Action de celui qui argumente, & la maniéré de faire un argument. ( L’argumentation est une chose plus dificile qu’on ne pense.) ARGUMENTER, v. n. Prononcez argumanter s il vient du Latin argumentari. II est de colégc , & si. gnifie faire des argumens ; en fa place , on dit raisonner. Cependant dans les disputes de Philosophie, on se sert de ces faqons de parler. (Argumenter en forme ; argumenter contre quelcun ; argumenter fut la matière première. Ce Philosophe, ce grand visionnaire a fait voir , en argumentant, que les ouvrages d’Aristote , de Defcartes & de Gassendi, étoient des pais inconnus pour lui.) ARGUS , s. m. [ Argus. J Nom propre d’un homme fabuleux qu’on fuposoit avoir cent yeux pour garder la vache lo ; il fut tué par Mercure, & Junon mit ses yeux fur la queue d’un paon. ( Argus avoit cent yeux , cependant de fa vigilance Cupidon sçût venir à bout. Aut. ano. On apelle argus , un homme qui a la vûë bonne. On le dit aussi d’un jaloux qui garde sa femme à vùë d’œíl.) ARGUTIE , f f. s Argutiœ. J Petite subtilité d’es- prit ; un argument sophistique. t ARIADNE, f f. Les Astronomes apellent ainsi une étoile de la seconde grandeur , qui est placée dans la couronne septentrionale. ARIANISME , f m. [ ArianismnsJ C’est l’héré- fie d’Arius ; c’est l’opinion d’Arius, habile Prêtre d’A- lexandrie , qui soutenoit que le Père, le Fils, & le S. Esprit, n’étoient pas de même nature. ( Enseigner l’Arianisme ; établir, combatre , détruire , ruiner l’Arianisme. Jamais hérésie n’a été plus généralement embrassée , ni foùtenuë avec plus d’ardeur que l’A- rianifme. 'L’biftoire des Oracles, chap. 3. L’Arianisme' commenqa de se répandre dans le monde environ l’an 51 ç. de notre salut.) On apella ceux qui furent du sentiment d’Arius , Ariens. f ARIDAS- Espece de tafetas qui fe fabrique aux Indes Orientales, d’une espece de fore , ou fil lustré, qu’on tire dp quelques sortes d’herbes&de plantes; aussi les applle-t-on A ridas d’herbes. _ ARIDE , adj. II vient du Latin aridus , L veut dire sec. ( Un fablon aride , une terre aride.) * ARIDE , adj. Au figuré , il signifie stérile. ( Sujet aride, matière aride. II vient des teins de sécheresse & de langueur , où l’on fait de fâcheuses réflexions. S. Evremont, in 4. pag. ç;5.) * ARIDE , adj. II fe dit de l’efprit, & veut dire qui n’a point Limagination belle, qui n’a rien de fleuri ni d’agréable. (II a Lefprit extrêmement aride, je n’ai jamais vû d’imagination plus aride.) * ARI- ART * ARIDE, adj. 11 se dit aussi du ítile. 11 signifie, qui n’a rien d’aimable ni de charmant, qui n’a aucune beauté. ( Les répétitions qu’il fait, rendent son ftile afecté , sec & aride. D’Aucourt, Çléante , tom. 2. let. J.) * ARIDE , adj. s Sordidus , prœparcw.} II se dit de la libéralité d’une personne , & fait connoître que celui dont on parle, est très-vilain , & n’est aucunement libéral. ( II n’y a rien de plus aride que ses bonnes grâces. Mol. avare.) ARIDITE', / f. Vient du Latin ariditas , c’est-à- dire , sécheresse, & en ce sens il se dit rarement. ( L’aridité de la terre a été grande cette année.) _ * ARIDITE' ,s. f. Au figuré , il se dit de l’esprit; & c’est le peu d’agrément & le peu de [beauté d’un homme en tout ce qu’il dit ou ce qu’il fait. ( L’aridité de son discours est désagréable , l’aridité de son esprit est dégoûtante , & il ne sqauroit plaire dans la conversation.) ARINDRADO , / m. Arbre de l’Ile de Madagascar, dont le bois pourri jette une odeur agréable. f ARIC) METRE , ou Aréomètre , / m. qu’on apelle auffi pefi-liqueur. Ampoule de verre , lestée de vif argent, aïant un col étroit, divisé en parties égales , selon toute fa longueur. On juge de la pesanteur des liqueurs , en y plongeant cet instrument. Acad. des sciences. ARISARUM, / m. Nom de plante dont il y a plusieurs espèces. ARISER , v. a. f Demittere.} Terme de Marine. ( Arifer les vergues. C’est les abaisser pour les atacher fur le bord du navire. ARISTARQUE , / tn. ( Ariflarchm.} II vient du Grec , où, à la lettre , il signifie bon Prince. Mais dans l’usage ordinaire parmi les savans, il veut dire a n critique , parce qu’il y a eu un Grammairien qu’on apelloit Aristarque , & qui étoit un si grand censeur, qu’il reprenoit plusieurs vers d’Homére , le plus fameux & le plus aprouvé des Poètes Grecs. ( C’est un Aristarque moderne.) ARISTOCRATIE, // [Aristocratia.] II vient du Grec , & se prononce Aristocracie. C’est une forme de gouvernement, où commandent les honnêtes gens , & qui font le mieux instruits des loix & des mœurs de l’Etat. ( Le gouvernement des Chinois est fans aucun mélange d’Aristocratie. Nouvelle relation de la Chine , page 257 . ARISTOCRATIQUE, adj. [ Aristocraticw.} IIvient du Grec, & signifie qui est gouverne aristocratique- ment, & d’une sorte de gouvernement où il n’y a que les plus honnêtes gens , & les plus habiles qui gouvernent. ( Etat aristocratique. L’Enipire tient un milieu entre le gouvernement Monarchique & l’A- iistocratique.) ARISTOCRATÏQUEMENT , adj % f Arifiocraticè.} ITune maniéré aristocratique, & où il n’y a que les plus sages & les plus éclairez qui gouvernent. Les Suisses font gouvernez aristocratiquement. Heijf.hijìoi - re d’Akmagne , liv. 6 .) ARÏSTO-DEMO CR ATIE, / / C Ariftodemo- cratia. ] Gouvernement où la noblesse & le peuple ont conjointement l’autorité, comme en Rolande. ARISTOLOCHE,/ / [ Ariftolochia.} Plante; il y en a de trois sortes , la ronde , la longue & la clematitis. f L’Ariftoìoche ronde, ou femele , produit des feuilles semblables à celles de lierre-, qui font môles , acres au goût, & fort odorantes. Ses fleurs font blanches , de la figure d’un chapeau : on trouve au dedans un peu de rouge, qui sent très- mauvais. H L’Ariftoloche longue ou mâle , autrement apellée Sarrasine longue , ou DaHilh , a ses feuilles plus longues , fa fleur rouge & de mauvaise odeur, & qui en flétrissant prend la figure d’une poire. A' L’Ariltoìoche clematitis produit des branches déliées toutes garnies de feuilles rondes , semblables à celles de la petite jonbarde. Ses fleurs font comme les fleurs de la rue , & ses racines longues, minces, & couvertes d’une écorce épaisse & odorante, propre à entrer dans la composition des parfums. On trouve ces plantes dans les prez & dans les vignes du Languedoc. On s’en sert utilement pour les obstructions , étant fort purgatives, & on en fait auffi des ARM 141 décoctions, injections, lotions , & potions détersives & vulnéraires ; fur tout elles font admirables pour la grangrene. ARITENOïDE , adj. Terme d’Anatomie. Epité- te que les Médecins donnent à un des cartilages du larynx, qui forme une espèce d’anche , comme celle de flûtes & des orgues , & qui sert à rendre la voix plus aiguë , ou plus grave. Et les muscles qui prennent leur origine de la partie postérieure de ce cartilage , s’apellent Aristenoïdiens. ARITME'TICIEN , f. m. f Arithmetìatí.} II Vient du Grec. C’est celui qui fait l’aritmétique, & qui peut faire toutes sortes de calculs. ( Un grand, un habile , un fameux Aritméticien , un célébré , un renommé Aritméticien. 'Waliis étoit l’un des plus grands Aritmétidens du monde , & ce grand Aritméticien étoit Anglois.) ARITME'TIQUE , f f. [Arithmetica.} II dérive du Grec. Sience qui aprend à bien faire les calculs; ( Aritmétique universelle , spéculative , pratique. L’aritmétique est nécessaire à tous les gens qui font dans le commerce du monde. Irson enseigne l’Aritmétique , & s’est aquis de la réputation par les Livres qu’il a faits. Montrer l’Aritmétique : savoir l’Aritmétique ; une personne qui a un peu d’efprit , peut aprendre l’Aritmétique en deux ou trois mois.) f Cette sience a quatre régies principales d’où dépendent toutes les autres ; savoir , l’Addition , la Soustraction, la Multiplication , & la Division. Les autres nouvelles régiescomme celles de trois , de compagnie, de change, d’escompte , d’alíage, &c. se font par l’a- plication des quatre premières. ARITME'TIQUE , adj. [ Arithmeticm.j 1 II décend du Grec ; il lignifie qui regarde l’arithmétique ; qui apartient à l’aritmétique , juste & égal. (Nombre aritmétique, figure aritmétique , proportion aritmétique , progression aritmétique, diviser en parties arit- métiques.) ARITME'TIQUEMENT , adv. [ Aritbmeticè.} II tire son origine du Grec. Prononcez aritmétikeman , & presque aritméticman. C’est-à-dire , d’une maniéré aritmétique , égale & juste. ( C’est une quantité aritmétiquement proportionelle.) ARMADILLE, / f* Frégate legére dont se servent les Espagnols dans les Indes Occidentales. On donne auffi ce nom à la ilote que le Roi d’Espagne entretient en ce païs-là. ARMAND i f m. [ Armandits.} Nom d’homme. ( Armand de Richelieu , grand politique , fous quj bien des gens de Lettres ont été heureux. De son tems, V. ni C. ne íèroient pas morts de faim.) ARMAND, ou Armantes, m. Sorte de bouillie pour un cheval malade. L’armant est composé de plusieurs drogues qu’on peut voir dans le parfait Maréchal de Soleissel : on donne de l’armant à un cheval pour le remettre en goût. ê ARMARINTE , s. f. Plante qui pousse une tige Fort haute. II y en a de plusieurs‘especes. Voiez P. Tournefort. ARMATEUR ,/.»*. [ Pirata.'} Terme de Mer. Il semble venir du Latin. C’est celui qui par la permit fion de quelque République , ou de quelque Souverain , arme un ou plusieurs vaisseaux pour aler en course. { Puissant armateur, armateur à craindre, armateur redoutable. Les armateurs ennemis ont été batus.) f ARMATEUR. On apelle armateurs, les Marchands, Négocians & autres, qui font des arinemens ou qui s’y intéressent, quoiqu’ils ne montent point les bâtimens, & qu’ils en commettent le foin à des Capitaines, dont ils font le choix. Ainsi l’on dit Mrs. N. N. Négocians d’Amsterdam ou de S. Malo , font les Armateurs d’un tel vaisseau. Armateur se dit auffi du Marchand, qui équipe un vaisseau pour aller en marchandises, particulièrement si c’est pour les volages de long cours. f ARMATURE, / / Terme de Charpenterie. On comprend fous ce nom les barres, clefs & tous les autres liens de fer, qu’on emploie à retenir quelque piéce. ARME , / /, II vient du Latin arma. On apelle de ce nom toutes les choses dont on se sert pour ata- quer, pour se défendre, ou pour se mettre à couvert des coups. (De bonnes armes, de méchantes armes. S i Les 142 ARM Les armes particulières des soldats, ce font des armes à lame, à fût, ou à hampes. II y a des armes défensives, & des armes ofensives. Les défensives sont les casques, les cuirasses, les brassards , les tassettes, les boucliers, les gantelets, les hausse-cous, & les cotes de maille. Les ofensives sont celles à la faveur desquel- les on ataque, on frape, on blesse, & l’on tuë, comme sont lès épées, les pistolets, les fusils, les mousquets, &c. (Monter une arme à feu, se servir d’arnies a feu, défendre, permettre les armes à feu. Etre en armes, demeurer sous les armes, prendre les armes, poser les armes, mettre bas les armes, rendre les armes.) H ARME , se dit aussi de la cavalerie & de l’infan- terie. Dans toute sorte de combats une arme doit être soutenue par l’autre , c’est-à-dire, que la cavaleries í’infanterie doivent sc soutenir réciproquement. ( Celui qui n’observe pas cette maxime est surmonte par l’ennemi qui la suit. Polybe de Mr. de Folard. ; ( H ARME blanche. On donne ce nom à l’epee, a la baïonette, à la pique, &c. L’arme blanche est la plus redoutable lorsqu’on a le courage de joindre l’ennemi. La cavalerie n’est à craindre que lorsquelle emploie Larme blanche, c’est-à-dire, lorsqu’elle attaque l’épée à la main. L’infanterie doit avoir des armes de longueur mêlées avec les courtes, pour combattre avec avantage. 11 y a une certaine proportion dans les armes blanches, qui en fait le fort ou le foible, particulièrement dans la pique. On peut voir ce que dit Mr. de Folard fur ce sujet dans le Tome I. de son Polybe. Les Généraux doivent inculquer fans cesse aux Oficiers & aux Soldats, que le François a toujours raison de son ennemi, lorsqu’il le peut joindre sans tirer, & avec la feule arme blanche, tant sabord du François est vif, dangereux & redoutable. Ibid. p. 117. de 1 ’Edit. dlArnJì. ARMES, s. f. [Bellum aciesj II sc prend au figuré, & est toujours au pluriel. II signifie la guerre. (L’exer- eice des armes. Un homme qui a de l’honneur, aime les armes. Porter les armes contre les Barbares pour fa patrie. Abl. rets) t§ Le P. Bouhours a dit, dans son Histoire d’Au- fousson : „ La Providence qui le destina à une profes- „ sion & à une charge dont les engagemens regar- „ dent la défense du Christianisme, voulut qu ’il fit ses ,, premieres armes contre l’ennemi des Chrétiens. „ Plusieurs condamnèrent cette expression, comme étant nouvelle. II se justifia dans le premier chapitre de la fuite des Remarques nouvelles, &c. & raporta des exemples, tirez de Brantôme, de Balzac, & de Buffi Rabutin, pour prouver que l’expreffion n’étoit pas nouvelle : il finit ensuite par cette observation , que faire ses premières armes, ne se dit que dans un stiíe un peu élevé ; & qu’en parlant de quelcun , dans le discours familier , on devroit plutôt dire qu’i/ a faitses premières campagnes sous, &c. II me semble que s expression est belle & noble, lors que l’on parle de quelque guerrier fameux, dont les grandes actions ont répondu, dans la fuite, à son prémier coup d’essai. * Armes , f. f. [ Militïa. j] La profession des armes. (Faire honneur aux armes ; les armes font honneur à ceux qui les portent, rien de plus glorieux que les armes , les armes ne sont pas heureuses pour tout le monde.) * ARMES ,s f C Fafta bellica. ] Courage, valeur. (II n’y a point de lieu où vous n'aïez signalé vos armes. Abl. Ces. Vos armes sont célébrés partout.) * ARMES , s. m. Moïen de se defendre , chose qui donne quelque pouvoir. (Voilà un habile homme , qui soumit des armes à son ennemi contre soi-même. Abl. Luc. Je vous veux donner des armes pour vous défendre, & pour vous mettre tous deux à couvert de •la calomnie. Abl. Luc. épìt .) ,* ARMES , s. f. [llhcehra.J 11 se dit aussi, au figuré , en amour ; il est toujours pluriel, & même il est ordinairement usité en Poésie. H signifie , charmes , mîraits , pouvoir , puissance. C Me dois-je rendre , amour , à de Jl douces armes ? Gomb. Poës. Vousfiez-vous encore à défi foibles armes ? Fl ejì-ce que par des pleurs que vous me secondez ?) Rac. Iph. a. ç.sc.2.) ARMES, s s. s Glculìus prapilatm. ] Terme de Maitre d Armes.'] On s’en sert toujours au pluriel, & il lignifie epee, fleuret. ( Pousser de tierce au de- ARM dans des armes, pousser de quarte fur les armes, & pousser de seconde sous les armes , parer au dedans des armes. Liancourt , Maître d’armes , c. ç. & c. 7.) ARMES, f.s. [Gladíi prapilati exercitiums) II se dit en termes de Maître d’armes , & signifie l’exercice du fleuret. (Faire bien des armes. C’eíì s’exereer avec le fleuret pour aprendre comme il faut faire un coup d’é- pée. On dit aussi, il tire bien des armes : mais cette dernière façon n’est pas si usitée que la première ; & quand on s’en veut servir , on dit simplement, ce Gentilhomme tire bien, ce Gentilhomme tire juste. Liancourt , Maître d’armes. ) ARMES , f f. [ Milites plumbeh glandibm appeliti neeatio.) 11 s’emploie aussi en parlant de soldat criminel , & toujours au pluriel. Pajj'er un soldat par les armes s c’est le faire tuer à coups de mousquet, par trois ou quatre soldats à la tête du Régiment qui est en bataille, & cela après qu’il a été condamné par le Conseil de Guerre. * ARMES, f. m. {Gentilìtìiscuti ìnpgnia .J Armoiries de quelque Empire, de quelque Roïaume, d’un Etat, d’une Province , d’une famille, ou d’un particulier. (Armes anciennes, armes fameuses, illustres, honorables, nouvelles, armes rompues, armes chargées , armes déchargées, armes brisées, armes marquées d’infamie , armes pures U pleines , ce font les plus simples & les mofns embrouillées. Col.Jìence hé- roique , ch. 9.) * ARMES parlantes. [Pocalla.J Ce sont celles dont le champ est une chose naturelle, & qui marque le nom de la personne qui les porte : ainsi en Espagne, la Maison du Prado a pour champ un pré. On dit, en parlant des armes de quelque Etat, 011 de quelques personnes, blasonner les armes, porter dans ses armes telle ou telle chose, avoir dans ses armes telle chose. Dé- chifrer, décrire, connoitre les armes, graver les armes, &c. ARME'E , f f. \_Exercitm , copia , multitudo homi- nums\ 11 semble venir de l’Italien Armata. C’est une multitude d’hommes à cheval & à pié, divisez en plusieurs Régimens pour le service de quelque Prince, ou de quelque Etat, & commandez par un Général qui a plusieurs Oficiers sous lui. Cela ne regarde que P Armée de terres car l’Armée navale est une quantité de vaisseaux de guerre équipez, où sont montées plusieurs troupes pour le service d’un Prince ou d’une République, commandées par un Amiral aidé de plusieurs Oficiers. (Une petite, une grosse armée. Une furieuse, une puissante armée. Une dangereuse , une redoutable, une terrible armée. Faire une armée. Assembler l’armée. Lever une armée, donner le ren- dez-vous à Farinée. Faire marcher, faire partir, décamper l’armée. Batre une armée, ataquer une armée. Défaire une armée, afoiblir, désoler, afamer, ruiner, détruire, perdre une armée, rétablir, renforcer une armée.) H Les grandes armées sont ordinairement celles qui éprouvent les plus grandes infortunes contre les petites bien conduites & bien menées. La trop grande opinion où l’on est de ses forces, produit le mépris qui naît de la disproportion, & ce mépris est un des plus grands dangers qu’on puisse courir à la guerre. Polybe de Folard , Tom. I. Les petites armées, qui ont des Généraux habiles & hardis à leur tête, font celles qui sont le plus à redouter, & les plus propres aux entreprises extraordinaires. Ibid. On voit peu de grandes armées qui réussissent lorsqu’on se défend bien ; elles sont le plus souvent inutiles, & leur propre grandeur entraîne leur ruine. Air. de Turen- ne disoit, qu’une armée qui passoit cinquante mille hommes, devenoit incommode au Général qui la com- tnandoit, & aux Soldats qui la composoient. Air. de Folard fait voir dans Ton Polybe , que rien n’est plus judicieux & plus vrai que cette maxime. _ ARMELINE -, f f. Ou prononce presque Ârnt- Une. C’est une peau très-fine & très-blanche, qui vient de Laponie. L’armeline est belle, mais elle est chère, & l’on s’en sert pour faire d’agréables fourrures. ARMEMENT , f m. II vient de Fltalien arma- mento. On prononce armeman. C’est tout cc qu’il faut à un soldat pour être en état de servir.. I/arme- ment d’un fantassin François, c’est le mousquet, l’épée, la bandoulière, le baudrier, la bourse, les charges, & la mèche. L’artnement d’un Cavalier François, c’est u st colet de bulle, un baudrier de buste , un sabre. ARM une écharpe, une porte-mousqueton de bufle, pistolets d’arçon, mousqueton, botes, éperons, & dessus d’é- peron. ARMEMENT, s. m. [Apparatm belli.] C’est tout ï’apareil qu’on fait pour se mettre en état de faire la guerre. (Un grand armement, un puissant armement, un armement considérable. Armement surprenant, étonnant, formidable.) ARMEMENT , s. m. [ClaJJìs instruHio .] En termes de Mer, c’est í’équipage d’un ou de plusieurs vaisseaux de guerre, & la distribution des troupes qu’on embarque dans chaque vaisseau. ( 11 y a ordre pour un armement. On songe à faire un armement important. Empêcher un armement, détruire un armement, songer à un armement, servir à un armement. Le tems de l’armement aproche. Envoler un état de l’armement des vaisseaux à la Cour.) £ ARMEMENT, se dit aussi des vaisseaux marchands , yue l’on équipe pour des volages de long cours. Ainsi l’on dit, que l’armement de l’Amphitri- te, pour aler à la Chine, se fit à Port-Loiiis, pour dire, que ce vaisseau y fut équipé, & qu’il y prit son chargement. * ARMEMENT. [Navales copza.'] Au figuré , il se prend quelquefois pour tous les soldats qui font dans les vaisseaux de guerre. (L’armement est presque tout péri. L’armement a été en parti batu.) ARME'NIEN, f. m. [Armenus.] Peuples d’Ar- ménie qui n’ont à présent aucune demeure fixe, & qui sont dispersez en plusieurs lieux de la Perse & des Etats du Grand Seigneur. Us ne reconnoissent qu’une nature en Jéíus-Christ, & rejétent le Concile de Calcédoine. ARME'NIENNE, f f. Pierre précieuse bleue & tendre qui croît au Tirol, en Hongrie & en Tran- filvanie. L’arménienne est semblable en quelque façon à la pierre précieuse qu’on apelle lapis , & elle est ordinairement emploïée en Médecine. L’arménienne, quand elle est belle, vaut quatre ou cinq écus la livre. Mercure Indien, lìv. z. chap. 5. /. 4. c. 4. ARMER , v. a. 11 vient du Latin armare , équiper d’armes. Fournir à quelcun les choses qu’il lui faut pour se batre en soldat, lui donner les armes qui lui font nécessaires pour faire la guerre. (Armer un soldat, armer quelcun jusqu’aux dents. Façon de parler un peu comique^ pour dire, armer entièrement. Armer une compagnie, un régime'nt.) ARMER , v. a. s Navìm inflruere.] En termes de Mer , c’est mettre un vaisseau en état de faire la guerre, c’est l’équiper d’hommes, d’armes , de tout ce qu’il faut pour combattre. (Armer un vaisseau.) f ARMER. Un vaisseau armé moitié en guerre, moitié en marchandise, est celui qui outre l’équipage nécessaire pour le conduire, a encore des Officiers, des gens de combat, des armes & des munitions propres pour l’ataque & pour la défense. La plupart des vaisseaux, qui font des volages de long cours, font ainsi armez. î ARMER un Canon. C’est mettre le boulet dans un canon. Lorsqu’on ôte le boulet, on apelle cela, désarmer le canon. ê ARMER les avirons. C’est les mettre sur les bords de la chaloupe, tout prêts à servir. ARMER , v. a. [Bellum adornare.] Mettre sous les armes, obliger de prendre les armes. (On arma tout le pals pour soutenir l’éfort des ennemis. Abl. Luc. t. 2. dialogue de l’amitié.') ARMER , v. a. [Munìre se adversùs.] II est quelquefois neutre , & fur tout lors qu’il signifie s’aprêter pour faire la guerre. Se mettre en état de faire ou de soutenir la guerre. (L’année 1689. on arma de tous cotez en France, en Espagne, en Angleterre, en Rolande, & en Alemagne.) * ARMER , v. a. s Suscitare , commovere. ] II est d’un grand usage au figuré. C’est révolter, liguer, soulever, faire prendre les armes. (On arma les mains des victorieux contre eux-mêmes. Abl. Luc\ On Jera ridicule , je n’oserai rire ! Et qu’ont produit mes vers deJìpernicieux, Pour armer contre moi tant d’auteurs furieux ? Help. fat. 9. * ARMER, v. a. Munir, fortifier. (Ma fille , je vous voì rougir de cet outrage, ARM 143 Il faut d’un noble orgueil armer vôtre courage. Rac. Iph. a. 2. sc. 4. * ARMER, v. a. [Munire.] Garnir. (Armer une poutre de bandes de fer.) * ARMER, v. a. [Magnetem chalybe inflruere.] II se dit en parlant de la pierre d’aimant , & il est alors un peu figuré. C’est mettre les armures à une pierre d’aimant. C’est mettre deux plaques de fer aux deux pôles de la pierre , & les lier avec une petite ceinture de fer , de cuivre , ou d’autre métal. On arme la pierre d’aimant pour en augmenter la force. S’ARMER , v. r. [ Arma capere. ] Je m’arme , je m’armai , je me suis armé. C’est prendre les armes , fe mettre les armes fur le corps. Se saisir de quelque chose pour se défendre. S’armer de toutes pièces. Va. Jconcelle , Gomes , Ariojìe , t. 1. Tout le pais s’arma pour se défendre. Ils se sont armez pour íoûtenir l’é» fort de leur ennemi. Ils s’armérent de bâtons. Vaug, Quint. I. 4.) * S’ARMER , v. r. [Munìrefe , partes alicujus suscì~ pere.] Se munir de quelque chose. Prendre le parti de quelcun. (Prens garde à toi , mon cœur , arme-toi de constance. Gomb. Poés. Les loix s’arment en notre faveur contre l’injustice. Patru. plaid. 9.) * S’ARMER , v. r. [Societalem , Fœdrn inire.] Se bander , se liguer. (Le Ciel Parme contre la terre, Mon courage irrité , S’arma contr’elle, U cria liberté. Voir. Poës.) S’ARMER , v. r. Terme d’ Académste. II se dît des chevaux de manège. C’est baisser la tête , & courber son encoulure jusqu’à apurer les branches de la bride contre son poitrail pour ne point obéir à l’embou- chure , & défendre fa bouche qu’il veut soulager en se courbant trop le cou. (Vôtre cheval s’arme, parce- qu’il a Fencoulure mal placée.) * S’ARMER, v. r. Terme d’ Académiste.^ On s’en sert parlant des lèvres des chevaux de manège. (Vôtre cheval a les lèvres trop grosses , & il s’arme des lèvres , c’est-à-dire , qu’il couvre ses barres de ses lèvres, & rend l’apui de son mords trop ferme.) ARME', ée, adj. part. II a les significations de son verbe. ch ARME'. Terme de Blason. On le dit des animaux , dont les défenses sont d’un émail diférent de celui de leurs corps. Un Dragon armé , un Lion armé. On le dit auffi des armes qui ont les pointes d’un autre émail que le fût. ARMET , s. m. [ Galea. ] C’est un petit casque „ ( Un bon , ou un méchant armet. Faire un armet. Forger un armet. II n’y a point d’armet qui puisse résister à ses coups. Voit. let. 68- Cléopâtre récompensa d’un armet & d’une cuirasse d’or , le courage d’un cavalier de Marc - Antoine. Citri , triumvirat, chap. 51. * ARMET, s m. [Caput , anìmns.] Au figuré il signifie tête , esprit, cervelle. ( Apollon a brouillé l’armet du pauvre bon homme T. M. en a un peu dans l’armet. Quand t humeur , ou le vin , leur barbouillent l’armet , L’une fe pleins des reins , V Vautre dé un cautère. Regn. fat. 10.) ARMILLAIRE, adj. [Armillaris.] Terme d’A- fironome & de Géographe. Us nomment sthére armillaî- re , une sphère composée de plusieurs cercles qu’on a coutume de décrire fur les globes céleste & terrestre, Voïez Jphére. ARMISTICE , f m. [Inducìœ.] Se trouve dans les traitez de guerre & de paix , & dans quelques gazettes. Une sustenston d’armes ; mais peu de gensTaprouvent. U y aura un armistice , on diroit, il y aura une suspension d’armes. ARMOIRE , f. f. Du Latin Armarìum , à cause qu’on y mettoit autrefois les armes , &c. C’est un ouvrage de Ménuisier ou de Tourneur , fait de bois de chêne, de noïer , ou d’autre beau bois, avec deux tiroirs, quatre guichets , deux en haut, & autant en bas, & plusieurs ais de sapin ou de chêne au dedans pour mettre des habits, du linge & autres choses. 11 y a des armoires réassemblage & des armoires de placage. Les Me- 144 ARM Menuisiers font les premières , & les Tourneurs, les autres. On les nomme de noïer parce-que ce font des feuilles de beau bois de noïer qui vient de Grenoble, posées fur du sapin. (On dit, des armoires bien propres & bien faites. De jolies armoires , de belles armoires. Des armoires travaillées fort proprement. Elle avoit pris une phiolc pour l’autre , déqûë par la ressemblance , à cause qu’il y en avoit plusieurs dans l’armoire. Abl. Luc. t. r. Hiftoire de fane.) ' ARMOIRE à vaisselle, s. f. C’est un ouvrage de menuiserie qui sert à mettre de la vaisselle d’étain, & d’autres choses de cuisine. (De bonnes armoires.) ARMOIRIES, s f. [ Infignìa gentilitìa. ] II ne _ fe dit qu’au pluriel. C'e font des armes de famille peintes, & enluminées. (De belles armoiries, de curieuses armoiries, d’agréables armoiries.) f * ARMOIRIES de Bourges. Proverbe pour dire ànc m chaire , ou fur une chaire. Je ne fai pas Forigine de ce quolibet, car Bourges, Capitale du Berri, porte d’azur à trois moutons , & pour iuports un berger & une ber- gere, avec cette devise, Junmta Imperii penes Bituriges. Son Université a pour armes trois fleurs de lis avec une main qui fort d’une nue & qui tient un livre. íf II n’est pas possible de trouver une époque certaine de Forigine des Armoiries. Le P. Ménétrier a raporté dix-huit opinions diférentes fur ce sujet ; & somment pouvoir démêler la véritable dans ce grand nombre ? , , Quoique cet Auteur prouve assez bien, que le fréquent uíage des armoiries n’a commencé que vers l’on- ziémesiécle, cependant il reste toujours quelque doute fur Fétablissement de cet usage, comme sur son origine. Mais il me semble qu’il n’a pas eu raison de dire afirmativement que c’est aux Tournois que nous devons le premier usage des armoiries. II y a quelque chose de vrai dans cette proposition ; mais le fond peut être contesté. II dit donc, que „ ceux qui sc présentoient aux „ Lices pour le Tournoi, fonnoient du cor quand ils „ aprochoient , pour faire fqavoir leur venue ; 5 , les Hérauts , après avoir reconnu s’ils étoient Gen- „ tils-bommes , fonnoient de leurs trompes pouraver- ,, tir les Maréchaux & leurs Aides , & puis ils blason- „ noient leurs armoiries, c’est-à-dire, qu’après avoir ,, sonné de leurs trompes, ils crioient à haute voix ,, & décrivoient les armoiries de ceux qui se présen- ,, toient. „ II faut donc, furie récit que je crois véritable , que l’ufage des armoiries fût déja établi, & même fort commun parmi les Nobles , puis-qu’autre- ment les Hérauts n’auroient pas pû reconnoìtre la Noblesse du prétendant. Ce qui me paroît vrai-semblable, est que dès ce tems-là, on commenqa d’orner les armoiries, de leur donner une figure agréable, d’en faire un art, & d’en régler les principes ; mais quant à Forigine des armoiries , il faut remonter au tems qui a précédé les Tournois, & c’est un païs perdu où l’on s’égare, très-fúre- ment ; puisque si nous voulions suivre Favin, dans son Téatre £ Honneur, N de Chevalerie, il faudroit remonter au siécle des enfans de Seth ; ,, lesquels ( dit - „ il) pour se distinguer des enfans de Caïn , prirent, „ pour armoiries , des fruits, des plantes , & des fi- „ gures de divers animaux. Spelman , dans son Traité intitulé AJsilogia , a parlé fort judicieusement de cette matière : ,, Nous devons „ ( dit-il ) à nos ancêtres l’invention des armoiries; „ mais on les a si fort changées dans la fuite ; on les a „ ornées de tant de manières diférentes, qu’elles ne „ sont plus ce qu’elles étoient parmi les Grecs, & par- „ mi les Romains. Ces anciens peuples , qui sortirent du Septentrion pour inonder les Gaules, FEfpagne & Fltalie, por- toient fur leurs boucliers certaines figures qui répon- dosent au caractère de leur Nation , & il y a aparence / que les Nations guerrières donnerent l’exemple des armoiries qui ne furent en usage que parmi les Nobles , dont Focupation étoit uniquement de faire la guerre, & qui, pour fe distinguer , portoient de même fur leurs armes, des Figures , des Hierogliphes & d’autres marques , lesquelles furent, pendant long-tems, purement personnelles, & ne devinrent fixes & héréditaires , que depuis Hugues Capet. Volez Blason. ARMOISE -, s f. II vient du Grec. En Latin artemijia. _ C est une plante qui fleurit en Juin & Juil- let, & qui est blanche, jaune, ou panachée. II y a diverses sortes d’armoife. stlais soit la commune, ou ARM les autres, elles sont toutes chaudes au second degré. On en peut voir les vertus. Tome I. des plantes, l. i. c. ;i. ARMOISIN ,s. m. C’est le nom qu’on donne à une forte de tafetas. ^ ARMOISIN. Cette sorte de tafetas fe fait à Lyon, en plusieurs endroits de Fltalie & ailleurs. On fait à Avignon des demi Armoisins , qui sont de moindre prix & qualité que les autres. On prétend que ce mot vient de Fltalien Armefmo ; ou qu’il a été ainsi apellé, à cause que l’on mettoit des armoiries fur la toilete , qui en faisoit Fenvelope. £ ARMOISINS des Indes. Tafetas fabriquez aux Indes Orientales, & à la Chine, & de diverses qualitez, On en tire fur tout de Bengale. 11 y en a de plusieurs espèces, qui sont des tafetas rasez ou à carreaux; des tafetas à fleurs , & des tafetas unis. (g ARMOISIN. Vieux mot. Dans Rabelais, Préface du cinquième tome : ,, Us ne traitent que gestes ,, héroïques , choses grandes , matières graves & difi- ,, ciles ; & le tout en Rétorique armoifîne, & cramoi- ,, sine. ,, Le Commentateur a remarqué, qu’ancien- nement on donnoit à la Poésie le nom de Rétorique ; & dans ce sens, le mot, armoijìn: conviendroitparfaitement à de beaux vers : mais ici ( dit-il) armoijìn & eramoifin doivent, à mon avis, s’entendre principalement d’un poème , dont le sujet mérite qu’on F exprime en vers sublimes & élegans. ARMOGAN , f m. [ Temptu navigations ido. neum.2 Terme de Marine. Tems propre pour la navigation. ARMONIAC, adj. [ ArmoniacHs. ] Terme de Chimie. II semble n’être usité qu’au masculin, & se dire seulement de certaines sels dont l’un s’apelle sel ar- moniac naturel, & l’autre sel armoniac artificiel. Le naturel est quelque chose de volatile que le soleil fait sublimer de l’urine des animaux , de laquelle la terre est imbibée dans les païs qui aprochent le plus de la zone to,tride. Le sel armoniac artificiel se fait, & est un composé d’urine , de sel marin & de suie qu’on cuit ensemble , & dont on fait sublimer un sel qui ressemble au sel armoniac naturel. (Faire le sel armoniac. Purifier le sel armoniac. Lemerï cours de Chimie.) î Le sel armoniac est d’un grand usage, soit pour k Médecine , pour laquelle on en tire quantité de préparations chimiques, soit pour beaucoup d’ouvriers, qui perfectionnent leurs ouvrages avec son secours. Les Teinturiers l’emploient pour préparer les étoffe, soies, fils, laines, &c. à recevoir la couleur qu’on veut leur donner. Les Maréchaux s’en servent pour manger les taies , qui viennent aux yeux des chevaux. ARMONS , J. m. [ Armus. ] Terme de Charron. La partie du train de devant du carosse où est attaché le timon. (Faire les armons d’un carosse.) ARMORIAL, f. m. [Gentilitiorum insgnium ìn- dex.)\ C’est un livre qui renferme les armes, de plusieurs personnes de qualité. Livre où sont gravées les armes de plusieurs personnes considérables. ( Armoriai franqois, Armoriai Espagnol. On a imprimé un Armoriai Anglois, Alemand, Suédois.) _ ARMORIAL, armoriale, adj. Qui traite d’armoi- ries , qui parle d’armoiries, & qui contient les armes de quelques personnes. (Le Mercure Armoriai a été recherché en son tems.) ARMORIER , v. a. [Gentilìtìum insigne impriniere.2 Mettre des armoiries fur quelque chose. Peindre des armes de famille fur quelque chose. (Armorier uns courte-pointe, armorier des couvertures de mulet. II st armorier au dos deJ'on carojje, Et fa.mitre gèf J a croise, Defp. Lut.) ARMORIQUE, adj. [ Maritimus. J Vieux mot Bas-Breton qui lignifie maritime. (On apelle armorique,, toute la côte des Gaules, depuis les Pirenées jusqu’au Rhin. Mén. origines de la langue Françoije.) La côte de la mer occane a été apelìée Armorique. Nous lisons dans les Commentaires de César, lib 7 . de bell. Gall. cap. 14 . Univeijìs civitatibus qua Ocearnon attìngunt, qua eorum confuetudine Armoricœ appeUan- tur. ^ Et ensuite : Casera civitates pojita in ultimìs Cal- Uasnibm , Oceano conjunHie , qua Armnricœ appcllan- tur. M. Ménage veut que le mot soit Bas-Breton, & qu’il soit composé de ar , fur, & more, la mer. _ ARMORISTE ,J. m. f Gentilitiiscuti interpres , enun- ciator.2 Celui qui écrit du Blason, qui 1e sqait, & qui % ARO qliì i’enseîgne. Ôn l’apelloit autrefois Blasonneur. ARMURE , s fi en Latin , lorica, en Italien & en Espagnol, armaàura; duLatin armatura. , Casque qu’on porte pour se parer contre les coups d’épée , de fusil, & mousquet. Eh un mot, on apelle armure, tout ce qui couvre un homme d’armes qui va au combat. (Une bonne armure. Une armure à l’épreuve. Une armure enchantée. On volt l’armure de François premier L de Henri second, son fils, au garde- meuble Roïal. -On y volt aussi celle de Louis XIV. lors qu’il marcha contre les Hollandois, & plusieurs belles armures Chinoises très-curieuses à voir. Si vous aviez dam les combats, D’Amadis t armure enchantée, Seigneur, je ne me plaindrais pus De vôtre ardeur précipitée. Voit. Poës. ARMURE , / f. [Magnetis instruftiost II se dit parlant de \a.pierre d’aimant, & il est un peu figuré. Ce sont deux petites plaques de fer qu’on met aux pôles de la pierre d’aimant & qu’on lie avec une petite ceinture de fer, de cuivre, ou d’autre métal. L’armure qu’on met à la pierre d’aimant, sert à donner plus de force à cette admirable pierre. * ARMURE, / /. II se prend dans un sens plus figuré & signifie tout ce qui résiste à quelque chose de fâcheux, & qui garantit de tout ce que cela peut produire de triste. (La patience est une armure impénétrable. Maucroix, homélies de S. Chrystostome, hom. i.) ARMURIER , heaumìer, / m. Prononcez armu - rìé, heaumié■ En Latin Armamentarim , armorUM fa- ber. C’est celui qui fait & qui vend des brassards, des corselets, des casques, & de toutes fortes d’armures propres aux gens de guerre. Parlant dans le langage ordinaire, on dit seulement un bon armurier, un habile armurier. Les armuriers prennent pour leur fête, la saint George, qui vient tous les ans le 23. d’Avril ; & leurs aprentis font cinq ans d’aprentissage : mais ils n’en prennent presque plus, parce qu’ils travaillent írès-peu. ARNAUD,/ m. On prononce arnô , nomd’hom- Jne. En Latin Amaldus. (Arnaud, fils naturel de Carloman, Roi de Bavière, fut proclamé Empereur par les Princes d’Alemagne à Francfort, & couronné Empereur à Rome par le Pape Formose premier. Heijst hist. d’Alemagne, 1. part. L 1. c. 9. ) ARNOUD , s m. En Latin Arnolphw. C’est un nom d’homme. (II y a eu un Empereur d’Alemagne qui porta le nom d ’Arnoud. II défit sur le bord dé la Meuse une armée de quatre-vingt dix mille Normans, qui vouloient s’établir en Lorraine. Du reste, Ar- noud fut un nonchalant, qui ne songea point à étou- fer les factions des Princes qui déc.hiroient l’Alemagne. De Prade , Histoire d’Alemagne , c. 4. .AROMATE, aromat,s m , II vient du Grec ,- & est presque toujours pluriel. En Latin, Aromata. Des Auteurs écrivent aromat ; mais le bel usage , & le grand usage est pour aromate avec un e à la fin. C’est tout ce qui a une senteur agréable & odoriférante. (Un doux aromate , un bon aromate , un excélent, un charmant aromate. Les aromates viennent presque tous des pais chauds. C’étoient des .parfums composez d’aromates très-exquis. Port-Royal, Exode , c. 17. Vous recevrez d’eux de l’huile pour. entretenir les lampes , & des aromates pour en composer des parfums. Port-Royal, Exode ,ch. 2ç. Les aromates ne peuvgnt pas soufrir le feu, parce que leurs parties font fort menues & fort volatiles. Char as, pharmacopée , 1. part. ch. 32.) AROMATIQUE, adj. II vient du Grec. En Latin Aromaticus; c’est-à-dire , qui est odoriférant, qui â quelque chose d’odoriférant. Le clou de girofle est chaud & aromatique. Le fenouil de Florence a un goût agréable & aromatique. Le nard a une odeur aromatique. II y a des parfums aromatiques, des eaux & des poudres aromatiques qui recréent le cerveau. ) AROMATIQUE , / m. 11 est aussi quelquefois substantif & presque toûjours pluriel ; c’est-à-dire, aromatique s c’est tout ce qui a une senteur odoriférante, Les aromatiques sont communs en.Italie. Elle est pleine d’excélens aromatiques. Voïez Richard Cajstel, voyage d!Italie, 1. part. Aromatique , en ce sens, n’est point du bel usage. ’ II faut, au lieu d’aromatique* ARP 145 se servir d’aromates, & dire, les aromates íbnt communs en Italie. Elle est pleine d’excélens aromates. AROMATISATION , / f. [ Aromatum conditio. J On se sert quelquefois de ce mot dans les livres de Chimie & de Pharmacie. C’est le mélange qu’on fait de quelques aromates avec d’autres choses pour leur donner une odeur agréable. (L ’dramatisation est autant en usage pour augmenter la Vertu des médica- mens, que pour les rendre plus agréables au goût & k l’odeur. Charas, pharmacie, i.part, ch. 32.) AROMATISER, v. a. [ Aromatis condire.J Termé à’Apoticaire & de Chimiste. C’est mêler des aromates avec quelque chose. C’est se servir d’aromates pour rendre une chose de meilleure odeur. (Aromatisés Une tisane.) - ARON, f. m , [AaronJ Nom d’homme qui lignifie montagne. (Aron étoit le frère de M oïse, & grand Sacrificateur. Aron & ses fils font fameux dans l’Exode, & dans quelques autres livres de l’Ecriture sainte.) ARONISTE, f. m. [ 'Arònifia .] Prêtre Samaritain de la race d’Aron. (Les Aronistcs font connus des Savans.) t ARONDE , f / [Incisto caudte hìmndininœ in tnorem fafiast Ce mot est un terme de Charpenterie, qui n’est usité que dans cette façon de parler, quetii d’aronde, qui signifie une ehtaillure dans le bois faite comme la queue d’Une hirondelle , plus large en, dehors qu’en dedans. On dit aussi en termes de fortification, qu’un ouvrage à corne est fait en queue d’aronde ou d ’hironde ; lors qu’il est plus étroit à la gorge que vers les faces. Et au contraire, quand il est plus large du côté de la gorge, on dit qu’il est fait à contre-queu'è d’aronde. f ARONDELLE ; voyez HIRONDELLE, è AROUE- Poids dont on se sert dans le Perou* le Chily, & les autres Provinces de l’Amérique Espagnole. C’est la même chose que l’Arobe d’Espagne. í AROUGHCUM. Animal qui se trouve dans la Virginie, il est semblable au castor, à la réservé qu’il se nourrit & saute sur les arbres, à la maniéré de l’écu- reiiil. On en estime la fourrure. £f ARÏAGE. C’est un droit qui n’est connu que dans le pais de Gex, & dans lës montagnes, ou l’on p aïe aux Seigneurs Justiciers une redevance en fromage ou en argent, pour avoir la liberté d’y bâtir de petites maisons dans lesquelles on fait les fromages, L d’y faire paître le bétail. Voïez Colet, liv , 3. stefl. 1. des Statuts de Bresse. ARPAILLEUR, st m. [ Fodinarum scrutator. ] Celui qui cherche Por fur les bords des rivières, parmi les motes de terre, & qui tâche à découvrir les mines. ARPENT,/ m. [ Jugerum . ] Prononcez arpan. Ce font cent perches de terre, à raison dé dix-huiï piés par perche. L’argent n’est pas égal par tout, à cause que la perche n’est point également grande en tous lieux, & cela apporte du changement a la grandeur de l’arpent. Mesurer un arpent de terre. Voïez t école des arpenteurs. Plainvìlle , arpent . Voïez' perche , ARPENTAGE , / m. f Agrorum menfîo , metatio. J Art qui sert à mesurer la superficie des terres. (Enseigner l’arpentage , aprendre l’arpentage , savoir l’arpen- tage. Pour être habile dans l’arpentage , on doit con- noître les principales régies de l’aritmétique. £co- le des arpenteurs , page 4. 3. 6. Lorsque l’arpentage étoit défectueux, l’arpenteûr étoit tenu des dépens , dommages & intérêts des parties qui l’avoient emplo- ïé. L’Edit de Henri IV. défend a toute personne de faire aucun arpentage , à moins que d’avoir été pourvue par Lettres Patentes de Sa Majesté.) ARPENTER * v, a. [ Metiri , metari. J C’est mesurer avec la perche. (11 faut que l’arpenteut sache la grandeur de la perche dulieu où est la terre qu’il veut arpenter. Ecole de l’arpentage , page 3, Arpenter des terres, des bois, des forêts & des îles. Voïez L’école des arpenteurs , de M. Pi acquêt , Prêtre, ARPENTER, v. a, [Distcurrere per , grps.j Ce mot* au figuré * est comique, & signifie marcher à grands pas, {Fié chauffé,t autre nud , main au nez, l’autreeri poche, j’arpente un vieux grenier. S. Amant * Poës. 1. partie,) Tome L T ARPE- î 4 6 ARQ_ ARPENTEUR , s. m. [ Decentpedator, agrì ntensor. ] C’eft celui qui fait l’arpentage , & qui mesure avec la perche , ou la toise. (L’Aritmétique est nécessaire à un arpenteur. Il faut que l’arpenteur s’informe des Juges des lieux où il doit travailler , de la grandeur de la perche de ces lieux. Un bon arpenteur, un savant arpenteur , un habile arpenteur doit être bon aritmé- ticien & bon géomètre. On n’a commencé en France à parler du grand Arpenteur en titre d’ofice qu’en nr;. Voler VEcole des arpenteurs , pag. 179. Louis XII. donna en 19 n. à Guillaume Carbonnois des provisions de grand Arpenteur des eaux & forêts de France. Henri second créa en titre d’ofice six Arpenteurs en chaque Bailliage, ou Sénéchaussée de Bretagne, pour «xercer leur Charge fous le grand Arpenteur. , L’Edit de création des Arpenteurs de Février de l’année 15Ç4. leur donne le pouvoir de mesurer, d’arpenter bois, buissons , forêts , garennes, terres , eaux, iles, de mettre des bornes , & de faire des partages. 11 est permis aux Juges, haut-justiciers, de créer des Arpenteurs pour leurs terres.) t ARQUEBUSADE , f fi [ Ferrea fijlula ìBus , cmijfio. ] il est un peu vieux, & en fa place on dit, coup d’arquebuse, qui est ce que signifie arquebusade. (Is fut tué d’une arquebusade, ou plûtôt d’un coup d’arquebuse.) £ On apelle Eau d'Arquebusade , une eau composée d’un grand nombre de plantes vulnéraires , & dont les usages font fort connus. ARQUEBUSE, s. s [Sdopetm , ferrea sijìula. J Arme à feu, & à rouet, qui í'e bande avec un clé. (Une bonne arquebuse , une méchante arquebuse. Arquebuse raïée , arquebuse à croc, arquebuse butiére , arquebuse à mèche , arquebuse forcée , arquebuse à vent. On ne se sert presque plus d’atquebuse , & en leur place on a pris des fusils qui font plus commodes que les arquebuíès. Les parties de l’arquebuse sont le fût, la couche , la baguette, le canal de la baguette , le canon , le calibre, la culasse , le rouet, la clé , la platine, le chien, le bassinet, la lumière & la détente.) ARQUEBUSER , v. a. [ Sclopetum distlodere. J Tirer à coups d’arquebuse. Arquebuser est vieux , & en sa place on dit, tirer un coup d’arquebuse à quelcun. (II est dangereux de passer par les bois qui font du côté de la Lorraine, car les païsans y arquebusent les gens. On diroit, les païsans y tuent les passans à coups d’arquebuse , ou , ils tirent des coups d’arquebuse aux passans , ou, ils y tuent les passans à coups d’arquebuse.) ARQUEBUSERIE , f. f. fiEingendassula ferrea artifi - eium .] Métier d’arquebulìer. Tout ce qui regarde le métier d’arquebusier. (II y a un petit livre des pièces d’arquebuserie nouvellement inventées. L’arquebuse- rie n’est pas encore aujourd’hui si mauvaise que laplû- part des autres métiers.) ARQUEBUSIER, / m. [ Miles fclopeto armatw. J Celui qui tire de l’arquebuse. Soldat qui porte une arquebuse & qui en tire. )Une compagnie d’arquebu- siers. II y avoit autrefois des arquebusiers, & il y a à présent dans les armées, des mousquetaires & des fusiliers.) Voler Chevaliers de l’arquebuse. ARQUEBUSIER , s m. [ Sdopetorum faber. J On prononce arquebusé , & dans les lettres de maîtrise il s’apelle arquebuser artificier : mais écrivant dans le langage ordinaire , on dit seulement arquebuser. C’est celui qui fait & vend des arbalètes , & de toute sortes d’armes a feu portatives, comme pistolets, fusils , & mousquets. (Un bon arquebusier, un habile arquebusier. L’aprenti arquebusier doit faire cinq ans d’a- prentissage. Les arquebusiers prennent pour leur fête la Saint Eloi. Et comme il y a deux jours de Saint Eloi, ils font deux fois leur fête , l’une le 2;. Juin, & l’autre le 1. Décembre.) ARQUER , v. a. [Arcuare.) On prononce arké. Terme de Mer. II se dit d’un navire dont la quille fait arc ; ce qui lui arrive lors qu’il pose sur un fonds inégal, ou lorsqu’on le met à seau. (La quille du vaisseau est en danger d’arquer. On fera arquer la quille du vaisseau. Ce mot se dit par les charpentiers , des poutres qui font courbées à caule du grand poids qu’el- ies soûtiennent.) ARQUE' , arquée , adj. [ Arcuatus. J Terme de Mer. Plié en arc, courbé en aré. (La quille du vaisseau est arquée. ) ARR ARQUE', arquée , adj. s Crura arcuata. ] Terme de Manège. Plié en arc. (Cheval qui a les jambes; arquées , parce qu’il les a ruinées d’avoir trop travaille.) Les mots de cette colonne qui s’écrivent par une É. double , se prononcent comme s’ils n’avoient qu’une feule R. mais elle se prononce fortement. ARRACÍÍEMENT , f m. [ Avulso , écus. ] Action de la personne qui arrache quelque chose. ( L’arrachement des dents est sensible. L’arrachement des dents est quelquefois dificile ; mais à un arracheur de dents , il est d’ordinaire aisé. Tev.) 0 ARRACHEMENT , s’entend des pierres qu’on arrache , & de celles qu’on laisse alternativement pour faire liaison avec un mur qu’on veut joindre à un autre. On nomme aussi arrachement , les premières retombées d’une voûte enclavées dans le mur. t d’ARRÀCHE-PIE' , adv. C Continuò. ] Sans discontinuité, sans quiter son travail. (Le fameux d’A- blancourt travailloit chaque jour dix heures d’arm- cheptel) ARRACHER, v. a. [Avellere , evellere. ] Tirer par force une chose , ou une personne du lieu où elle est. ( 11 le faut arracher de son cabinet, d’où il ne sort pas. Un désordre éternel régne dans son esrit, Un chagrin inquiet l’arrache de son lit. Rac. Phèdre, a. 1. sc. 2. Arracher un bouton, un fil, une épingle. Arracher de ma queue la plume qui me rend invisible. Àbì. Luc. t. 2. te coq. Arracher un arbre. Les Mahométans ont fait arracher la plupart des vignes de l’Alie. Arracher les mauvaises herbes d’un jardin. Arracher les cheveux.) ARRACHER , v. a. s Lentes avdlere. ] II se dit parlant de dents. C’est ôter , & enlever par le moïen de quelque fer. (Arracher une dent, arracher une racine de dent. On dit auffi, tirer une dent, tirer une racine de dent.) * ARRACHER , v. a. [ Extorquere. ] 11 est d’un grand usage au figuré. Avoir par quelque moien, tirer adroitement. (Arracher un secret à quelcun. Abl. Luc. Arracher le secret d’un ami. Cojh let. t. r.) * ARRACHER, v. a. Avoir avec peine, avoir à force de travail. ( Je ne puis arracher du creux de ma cervelle Que des vers plus força que ceux de la pucelle. Desp. fat. 7.) _ * ARRACHER, v. a. Parlant d’amour , 011 d’ami- tié ; c’est ce détacher du coeur , de l’esprit , ou du souvenir. (J’avois soufert qu’on éloignât la femme que j’entretenois ; mais je n’avois pú l’arracher de mon cœur.. Arnaud , confessons , l. 6 . c. iç. Je t’ar- racherai à tes délices , & Renfermerai avec la pauvreté. Abl. Luc. t. 1. Philosophe a l’encan.) t * H vaut mieux laser son enfant morveux , que de lui arracher le nez. Façon de parler proverbiale, dont on se sert dans le stile familier , pour dire qu’il faut tolérer un petit mal, pour en éviter, ou de peur d’en faire un plus grand. í ARRACHER le Jarre. Terme dc Chapelier , qui signifie tirer ou Hter le long poil luisant, qui s’aper- çoit fur toute la superficie des peaux de castor. On dit auffi dans le même sens, éplucher le jarre. S’ARRACHER , v. r. Je m’arrache , je me suis arrache' , je m’arrachai. (Se tirer, s’arracher du corps la flèche. S’arracher du bras le bout de l’épée qui y étoit demeuré.) * S’ARRACHER, v. r. Se tirer de quelque lieu. (J’ai résolu de m’arracher de Paris. Voit.let. iy 11 s’est arraché de la compagnie où il étoit. Abl. tac.) ARRACHEUR de dents , / m. [ Avulfor. J C’est celui qui tire les dents , qui les nettoie, qui en remet d’autres aux personnes qui en ont perdu quelques- unes. ( Un arracheur de dents fort adroit, fort habile , très-expert, & très-renommé. Ces Messieurs les arracheurs de dents s’apellent Opérateurs pour les dents médecins pour la bouche : Mais on ne leur donne point ces qualitez , on les nomme simplement arracheurs de dents. Les inltrumens de l’arracheur de dents font de petits ferremens emmanchez d’ivoire ou d’argent. On les nomme, le déchaussoir, le burin , la feuille de sauge, la langue de serpent, la rugine aiguè , la rugine plate, le triangle, & la son- ARR de. Quand l’arracheur de dents parîe dans les termes de son art, il dit, cette dent branle dans son alvéole, & il l’y faut afermir. Déchausser , déraciner , ôter, arracher, tirer , coucher , nettoïer, blanchir les dents. Cette dent est cariée , c’ejhà-dire, pourrie. II y a de la carie en cette dent , c’ejì-à- dìre > de la pourriture. II faut buriner , ou ruginer la carie de cette dent, c’est-à-dire , qu’il en faut ôter la carie avec une rugine. Sonder une dent , c’est découvrir avec la fonde fi la dent est gâtée. Men-, teur comme im arracheur de dents , prov. C’est être grand menteur. Car les arracheurs de dents le sont. Ils ne tiennent point ce qu’ils promettent. Ils jurent de ne point faire de mal, & ils en font.) ARRACHEUR de cors aux pies , f. m. C’est celui qui arrache, coupe, ou fait tomber adroitement les cors des píés. H ARRACHEUSES ou Eplucheufes , f f. Noms que les Chapeliers donnent aux femmes , qui arrachent ou épluchent le jarre des peaux de castor. ARRACHIS, f m. {Evuljìo tenerarumplantarum.~\ Terme de Eaux & Forêts. C’est l’enlévement du plant des arbres. Par l’Ordonnance de i;i8- raportée par Rousseau , les arrachis font défendus. ARRAISONNER , v. ». f Alloqui, habere fer- moneml} 11 ne se dit qu’avec le pronom personnel. Entrer en propos avec quelcun , lui vouloir faire entendre raison. (II est inutile de s’arraisonner avec ce stupide. Ce mot n’est pas usité , quoique Mézerai s’en soit servi.) fg II est vieux en éfet. Villon s’en servit dans son Testament : ARR 147 ses pensées & de les rendre intelligibles : il faut encore consulter quelquefois son oreille , pour éviter le dérangement st contraire à la netteté & à la clarté de Texpreffion. On ne Cqauroit être trop exact à bien arranger les mots dans un discours , afin de le rendre intelligible, & d’éviter les équivoques. Voïez le tom. 2. des Nouvelles Remarques du P. Bouhours fur. la Langue Françoise , pag. 171. vous ferez convaincu de l’importance de cet arrangement. Voïez avili les Doutes du même , pag. 197. ARRANGER, v. a. \_Componere , dijponere, colloca- re , ordinare. ] Mettre en ordre , placer avec agrément , placer avec esprit. Mettre dans une situation naturelle. (II faut bien arranger tout cela; on dit plus souvent , il faut bien ranger tout cela. Vite qu’on arrange tous ces tableaux. II faut ingénieusement arranger les mots dans ie discours. Vaug. rem.) Ranger , dans ce dernier exemple , ne semble pas fi bon à bien des gens. ARRAS , f m. [Psittacut. ] Espèce de perroquet qui se trouve dans la Gardeloupe, & qui est plus grand que les perroquets ordinaires. ARRASEMENT, f m. Terme d ’ ArchiteHure. C’est la derniere assise d’un mur arrivé à hauteur de plinthe. ARRASER , v. a. C Lapides aut signa ectmdem alti - tudinem hori2onti refpondentem ad libellant cailacare, disponere .2 C'est mettre des pierres, & élever des murailles à une même hauteur , mettre des panneaux, des pièces de bois de niveau, qui aïent une égale faillie, & ne débordent pas plus l’une que l’autre. ARRENTEMENT , f. m. [ Locatip , conduHìo .J Bail à rente. L’Empereur Ji /'arraisonna, Pourquoi es-tu larron des mers ? ARRAMBER , V. a. [ Ferream manum in navìrn mjìcere. J Terme de Marine. S’actocher à un vaisseau avec le grapin. ARRAMER, v. a. Terme de Négoce. Mettre une piéce de drap ou de serge sur un rouleau pour la tirer & l'alonger. ARRANG. Terme que les Imprimeurs donnent aux Compagnons qui font peu d’ouvrage. ARRANGEMENT, / m. [_CompoJïtio , dspojïtio , coUocatio , ordinatio .] Ordre dans lequel on met les choses ; situation belle & naturelle où l’on range tout ce qu'on fait ou ce c;u’on dìc. ( Un bel arrangement, un arrangement agréable , un arrangement qui plaît, qui charme, qui ravit; un arrangement très-naturel. L’arrangement où sont ces choses , ne peut qu’il n’a- grée. Mettre tout dans un bel arrangement. Lors qu’on écrit, on doit avoir un grand soin de l’arrangement des paroles, car fans cela on ne sauroit plaire. Vaug. rem. On dit, en termes de Physique , que la diversité des couleurs ne dépend que de la situation, & de l’arrangement des parties qui font réfléchir la lumière.) (g ARRANGEMENT , est à présent un terme de Finances. On dit, nous atendons tous les jours un arrangement 'dans les afaires du Roi. C’est aussi un ternie de la Grammaire Françoise. Nôtre Langue ne soufre pas l’inversion des mots ct des phrases ; elle veut que l’on s’explique naturellement & fans détours. Cependant nos meilleurs Auteurs tombent souvent dans le dérangement des mots, que M. Vaug. regarde comme une faute capitale: „ l’arrangement des mots ( dit-il ) est un des plus „ grands secrets du stile ; qui n’a cela , ne peut pas „ dire qu’il sache écrire ; il a beau emploïer de bel- „ les phrases & de beaux mots; étant mal placez, ,, ils ne íçauroient avoir ni beauté, ni grâce , outre „ qu’ils. embarassent l’expreffion, & lui ôtent la clar- 3, té , qui est le principal.” Mais cet Auteur, à qui nous sommes fi redevables, n’a-t-il point commis la faute qu’il condamne ? Les mots font-ils bien arrangez dans cette phrase : II a beau emploier de belles phrases R de beaux mots s étant mal placez , ils ne sçauroìent avoir nì grâce ? Ne seroit-ii point mieux, II a beau emploier de beaux mots s quand ils font mai placez , ils rdont nì beauté, ni grâce ? Tant il est vrai que les plus habiles pèchent souvent comme les autres , & que l’arrangement des mots selon Tordre naturel , est dificiie à observer ; il faut avoir aquis une certaine justesse, par une longue attention fur la maniéré d’expliquer T AKKEN TEK , c. n. ( Locare , conducerei] II signifie donner à rente, mais à Paris il ne se dit pas. (Attenter une maison : ou plûtòt donner une maison à rente. Louer une maison.) ■ ARRERAGE , f ni. r Reliqua non solutarum pen- Jionum.J II est presque toujours au pluriel, & il signifie intérêts, ou revenus d’une rente constituée, lesquels- ont été retardez. ( C’est un arrérage considérable. De gros arrérages. Les arrérages sont échus du vivant du Donataire. Patru, plaid. Parer les arrérages. Le Malt. plaid. 17. Nier les arrérages, contester les arrérages , ajuger les arrérages, acumu- ler les arrérages. Devoir les arrérages. La donation porte une clause qui décharge les apellans des arrérages. Demander les arrérages qui sont dûs ; recevoir les arrérages, être quite des arrérages, disputer les arrérages. Patru , plaid.) fg 11 y a dans le Droit, des choses qui tombent en arrérages , comme le cens Seigneurial, les intérêts des dots , des légitimes, du prix d’une vente d’immeubles : & d’autres dont on ne peut demander les arrérages ; les corvées, les dixmes , doivent être demandées dans Tannée , après laquelle on n’a plus d’action. L’arrérage du cens est privilégié à toutes les autres dettes : mais en cas de decret, le Seigneur doit y former opoíition , non pour la conservation du cens, mais pour les arrérages. Dans certaines Provinces , on ne peut demander que les arrérages de cinq ans ; mais dans d’autres, on l’exige de vingt-neuf ans. On ne peut point agir par saisie fur les fruits du fond sujet au cens, que pour celui de la dernière année ; on n’a , pour le passé , que la simple action. Dans plusieurs Coutumes , le défaut de païer le cens, est puni d’une amende. Paris , art. gç. f ARRERAGES se dit aussi fig. en galanterie. Pater les arrérages , c’est réparer îe tems de Pabsence , & en dédommager l'objet aimé. On dit prov. d’un homme vigoureux , que c’est un bon pàìettr d'arré- rages. ARRERAGER, ®. ». ÍB.eliquari.'] Devoir beaucoup d’arrérages. ( II ne Faut pas se laisser arrérager. fg ARRES , f f L’usage a distingué ces deux ‘mots, arres , & erres , qui ne signifient au fond que la même chose , c’est-à-dire , des gages. Erres se dit dans le propre : Donner des erres au coche . Arres se dit dans le figuré : Les arres du salut. Ces gages, dit le Traducteur des Homélies de Saint Chrisostome, •sur Saint Matthieu , font les biens qu il nom fait en cette vie ; g? tant de grâces temporelles U spirituelles, font comme les arres £;? les prémices des biens à venir . On dit toujours arres, & ce mot n’a point de singulier : J’ai donné des arres, f at perdu mes arres. Ce- ïlww. L T s . Den. 148 ARR pendant on dit quelquefois carre au singulier : Le Saint Sacrement ejì ïarre de la. vie étemelle que Dieu nom promet. ARRER , v, a. [ Arrham dare. 3 C’est donner des terres. Ce mot est vieux, & de peu d’ufage. ARRESTOGRAPHE , / m. Auteur qui a fait un recueil de plusieurs Arrêts, comme Papon, Loiiet, Brodeau , Henrys , &c. ARRET , arr est , f m. [ Impedimentum , retina- tultmifj On l’écrit de l’une ou de Pautre façon ; mais iy ne fe prononce point, & marque seulement qu’on fait longue la dernière sdabe du mot. Arrêt lignifie ce qui arrête , ce qui retient. En ce sens , le mot A’arrêt a un usage fort borné. Les Horlogers disent quelquefois , on a trouvé P arrêt de cette horloge , & on y aportera remède. ARRêT , / m. [ Décrétant , consultant , placitum. J Terme de Palais. Jugement souverain contre lequel il n’y a nul apel. ( Rendre , prononcer , lever un arrêt,exécuter un arrêt. Mettre un arrêt en exécution. Loiiet est renommé par le recueil d’arrét qu’il a fait.) Un arrêt fous la cheminée. Voie?. Cheminée. $ ARRêT de défenses. C’est un Arrêt qu’un négociant , ou autre, obtient du souverain, pour empêcher que ses créanciers ne le fassent arrêter , & pour lui donner la sûreté & le tems pour traiter avec eux. f ARRêT de surséance. 11 y a peu de diference entre cet arrêt, & Parrêt de défenses. ARRêT , s. m. f M or a , impedimentum. ] Terme de Pratique. II consiste à se saisir de quelque chose. ( On a été pour faire un arrêt sur les meubles du pauvre V. & l’on n’a trouvé dans fa chambre que deux méchantes chaises de paille.) ARRêT de Prince. Lors que le Souverain fait arrêter dans son port un vaisseau d’un autre Souverain. Le Guidon , dans le titre des délais : Si le navire ou les marchands font en arrêt de Prince , U c. Et dans les Assurances d’Amsterdam , art. 8- Voïez les Us U Coutumes de la Mer. ARRêT , f. m. [ Carcer. ] II se dit encore parmi des gens de Pratique , & toujours des personnes. 11 signifie prison. (Mettre une personne en arrêt.) 0 " II y a en France des Villes que l’on apelle Villes d’arrêt , parce que , par un privilège particulier , on peut faire arrêter son débiteur forain, & mème saisir ses bardes. ARRêT, T m. Terme de Manège. C’est une pause, ou une discontinuation que le cheval fait de marcher. ( Cheval qui forme son arrêt de mauvaise grâce. Faire former à un cheval les tems de son arrêt.) ARRêT , / m. Terme de Manège. II se dit parlant des exercices de la lance. C’est Pair agréable dont on tient la lance, après en avoir fait le dernier mouvement, lors qu’on court les têtes. (Mettre de bonne grâce fa lance en arrêt.) Ce mot d 'arrêt de lance se disoit autrefois du fourreau de cuir qui servoit à arrêter la lance. ARRêT, f. m. [ [Promifjum .] Promesse , parole donnée. ( Défendez-moí , Seigneur , selon Parrêt que vous avez prononcé. P or t-Royal , Pseaumes.) * ARRêT, f. m. Ce qui a été absolument résolu touchant une chose , dernière résolution d’une personne. ( Philîs, je viens d’aprendre de vôtre belle bouche Parrêt de ma mort.) * ARRêT, f m. [ Quies , tranquillités. J Fermeté, constance. ( 11 n’a point f arrêt , c’est-à-dire , que c’est un homme sor la parole de qui l’on ne doit point Faire de fond, c’est un homme qui a de la legereté. Vous êtes fans arrêt, faible , vaine , légére, Inconstante , bizarre , ingrate , U mensongère. Voit. Poës. J/r n’ont aucun arrêt, ce sont esprits volagesy Qui souvent sont tout gris avant que d’être sages. Racan , bergeries, a. i.sc. j.) ARRêT, s: m. C’est aussi un terme de Couturier» « de Lingère. ARRETE' , ( Cansultum. ) Résolution prise par une compagnie fur quelque délibération. C’est un arrête de la Chambre des Comptes.) T ARRêTE' d un compte. C’est Pacte ou écrit qu’on met au bas d un compte, pour le régler & le finir. On 1 apelle aussi finito de compte. ^O^-GE, s s. [ Ananû.J Plante ainsi nommée, parce que ses branches & ses racines arrê- ARR tent souvent la charuë en labourant. Danet. II y en, a plusieurs espèces. ARRêTER , Arrester , v. a. f Morari, retinere. ] On l’écrit de l’une ou de Pautre façon , mais f/’ne se prononce point. II vient de l’Italien arrestar. C’est retenir; empêcher d’avancer ou de dire. (_ II ne rencontre personne qui ne l’arréte en chemin. L’Académie sur le Cid , pag. 8?- Ne songes-tu pas combien il y a qu’ils s’arrètent? Vaugel. Quint. I. io. c. z. Cela arrêta l’Armée. Abl. Arr. II arrêtoit les blez qui venoient à la Ville. Vaug. Quint. I. io. c. g. Ne pen- fez pas m’arrêter un moment, je ne faurois. Voit. Pois. Elle en eût bien plus dit , cette Muse irritée , Si le sage Apollon ne îekt vite arrêtee. Traité de la Chasse d’Opian, ;o.) ARRêTER , v. a. Faire demeurer , retenir tout-à- fait. (La fièvre l’arrête au lit. Une maladie l’arréte à la maison. Le vent arrêta long-tems le Navire. Ces Villes ne méritoient pas de l’arrêter, & de lui faire perdre le tems. Suplément de Quìnte-Curce , /. r. c. io. Je ne cannois que vous qui le puijse arrêter. Corn. Nicoméde , a. t. sc. i.) ARRêTER , v. a. [ Cohibere , coércere. ] Empêcher de couler. (11 faut tâcher d’arrêter le sang. Abl. Mer. 11 y a de certaines herbes qui arrêtent ie flux de sang. Dal. t. i. Arrêter les eaux. Abl. Cés. I. ARRêTER, v. a. [ Sistere , inhibere. J Empêcher le progrès de quelque mal. (Arrêter un cours de ventre , arrêter une fluxion.) ARRêTER, v.a. [ Alìctù manw injicere. ] Faire prisonnier. (Le u. d’Octobre de Pan 1107. Philippe le Bel, Roi de France, fit arrêter par tout son Roïaume, les Templiers. Mézerai , Histoire de France. II avoit fait arrêter les gens qui lui étoient suspects. Vaug. Quint. I. 7. c. 1. * ARRêTER, v. a. ( Conducere.) Engager pour servir. ( Arrêter un valet, arrêter une femme de chambre pour Madame. Scar. rom.) * ARRêTER ,v. a. [ Constituere , pacisci , convenire, statuere. J Conclure, résoudre. (Arrêter un marché. L’on arrêta qu’on députeroit vers le Duc.) ARRêTER, v. a. 11 sc dit des comptes & des parties. C’est régler. ( II dit à un valet de calculer & d’arrêter les parties. CaraHéres de Théophraste , n. 84.) 4 = ARRêTER un Mémoire , ou arrêter des parties. C’est régler les prix des marchandises qui y font contenues , en apostiller les articles , & mettre au bas le total à quoi ils montent, avec promesse de les parer & aquiter dans les tems convenus. * ARRêTER , v. a. [ Immorari , inststere . ] Fixer, borner, empêcher la continuation de quelque chose. Arrêter le cours de la cruauté. Vaug. Quint. I. 7. Avec deux mots que vous daignâtes dire, vous fûtes arrêter mes peines pour jamais. Voit. Po'és.) * ARRêTER , v. a. ( Diem , borant dìcere , constituere. J Marquer & déterminer positivement, fixer. ( Arrêter un lieu, un mot, ou une heure pour fe voir. On arrêta hier au Conseil le mois que les troupes marcheroìent.) ARRêTER , v. a. [Detinere.] Engager, retenir avec adresse ou par la force de quelques charmes, ou d’autres pareilles choses qui atachent. ( Les charmes, ni les engagemens de Paris, ne vous arrêteront pas. Voit. I. 46. Elle emploïoit tous ses charmes pour l’arrêter. Vaug. Quint. I. g. c. 5.) ARRêTER , v. a. [ Putare , resdndere. ] Terme de Jardinier. IÌ sc dit des melons & des concombres. C’est les tailler quand ils ont trop de branches, ou qu’ils les ont trop longues. ( 11 faut arrêter ces melons ; il faut arrêter ces concombres. Quint, des Jardins , t. 1.) S’ARRêTER , v. r. [ Stare , conststerej Je m’arrête, je m’arrêtois , je m’arrêtai , je me fuis arrêté, je ni étuis arrêté , je tri arrêterai. Demeurer, cesser de marcher, n’aler pas plus loin. (II ne pouvoient marcher, ni s’arrêter. Vaugel. Quinte Curce l. 7.) S’ARRêTER, v. r. [ Morari, manere .] Demeurer, faire son séjour , faire sa demeure dans un endroit. (II s’arrêta quelque tems dans le pais , parce qu’il 1« trovrvoit beau.) S’ARRêTER, v. r. [ Non moveri.J II fe dit des montres & des horloges. C’est ne point aler , ne pas mouvoir les ressorts qui sont nécessaires pour marquer ou sonner les heures. (La montre s’arrête très-íbn- vent. ARR vent. Cette pendule est bonne, elle ne s’arrête point.) S’ARReTER, v. r. [ Horere.] Demeurer court lors qu’on parle. ( II s’arrête souvent tout court au milieu de son discours.) S’ARRêTER , v. r. Demeurer long-tems quand on discourt d’une chose. ( II s’est arrêté un peu trop à réfuter une bagatelle.) S’ARRêTER , v. r. f Hœfìtare .] 11 se dit d’une personne qui ne poursuit pas fa pointe , & s’amolit dans ce qu’elle a entrepris. {II s’arrête en beau chemin} c’est-à-dire, qu’il demeure , & manque de courage, quand il en devroit avoir.) S’ARRêTER,®. r. [Immorari.] S’amufer , se donner tout entier à quelque chose , y emploïer son teins. $ arrêter , pris dans cette lignification , demande un à , lors qu’il est suivi d’un verbe , & le datif, lors qu’il est suivi d’un nom. ( Je m’étois arrêté à considérer des choses extraordinaires. Vajconcelk , Ariojïe moderne , t. i. Un homme d’esprit ne doit pass’ar- rêter à des bagatelles, ni un honnête homme , à des choses qui le déshonorent.) S’ARRêTER , v. r. [ Sijìere , cejfare.] 8e contenir, & cesser de faire quelque chose. ( II lui commande de s’arrêter. Abl. Luc. Et s’il ne se fût arrête, on lui auroit donné mille coups. Scar. rom.) S’ARRêTER , v. r. [ Ratìonem habere , moveri. J Etre retenu par quelque considération. ( Peu de gens s’arrêteront à cela , & fur tout dans la colère. Pasc. I. 9 -) ARRIE'RE, adv. C Apage. J II régit quelquefois le génitif, & signifie plus loin , loin du lieu ou 1 on est , ou de la personne à qui l’on parle. Un homme de lettres dit un jour à M. ( Petit fourbe , arriére de moi , je vous détens mon logis.) ARRIE'RE. [ Ponè , post , retrorsum , rétro.] II est joint quelquefois à l’acusatif, & signifie loin. ( Arriére , désormais tous ces conseils timides { Stti ta route , mon cœur. Gomb. Poës. Arriére , ces désirs de ces pompes suprêmes. II se faut élever , mais c es contre nous-mêmes . Maleville,- Poésies mêlées. ARRIE'RE. II se dit par les Chartiers à leurs chevaux , & veut dire recule, va en récusant. En Arriére , adv. En derrière. ( La tête en arriére, tenir la tête en arriére , porter de bonne grâce la tête en arriére.) En Arriére , adv. En reculant (Deux pas én arriére , retourner en arriére, sauter en arriére.) En Arriére , adv. 11 entre dans des faqons de parler familières. ( On dit, ses asaires ne vont ni en avant ni en arriére , c’est-à-dire , qu’elles n’avancent point, & qu’elles font toujours au même état. Demeurer en arriére : c’est ne pas païer le courant. Etre en arriére , c’est n’avoir point païé la somme échue. On dit , mettre une chose en arriére , pour dire mettre une chose en oubli, n'en faire aucun état.) f Tout Arriére, adv. [Omninò, penitùs.] Tout-à- fait, entièrement. (La porte est tout arriére ouverte.) ARRIE'RE , f m. [ Pupis.] Terme de Mer. Le derrière ou la queue du vaisseau , laquelle on nomme ausii la poupe. ( Un bel arriére de navire. De l’arriére du vaisseau l’on découvrit l’armée ennemie.) ARRIE'RE , f m. [ Pars navis poserior.] Terme de Mer. Ce sont aussi les départemens du vaisseau, qui règnent dans les hauts & dans les bas entre l’arti- mon & le gouvernail. ( L’Aumônier & Péquipage catholique faisoient dans nôtre bord la prière à F arriére du vaisseau. Guillet , Dictionnaire l) ARRIE'RE. [Secmdrn ventus.] En termes de Mer. C’est quelquefois une maniéré d ’adjeHìs. C’est une bénédiction que d’avoir wûjours le vent arriére. Voyage de Siam , pag. C’est-à-dire , le Vent en 1 poupe. Faire vent arriére , c’est prendre le vent en poupe. Porter vent arriére ; aler vent arriére ; venir vent arriére.) ARRIE'RE-BAN , f m. [ Edifíum principis ad bellica mimera nobilitatem clientelarem convocantU. J II vient de l’Alemand. En bas Latin , Heribannum. La peine que devoir avoir le vassal qui n’avoit point obéï à la proclamation qu’on lui avoir faite. Arriére - ban ne se prend plus en ce sens : c’est la proclamation publique des grands vassaux , aux vassaux subalterne! ou de leurs arriére-fiefs > de se trouver au lieu ARR 149 qui leur est assigné pour servir le Roi par eux-mêmes, ou par des gens qui les représentent. ( Publier l’ar- riére-ban , convoquer Farriére-ban , aler à l’arriére- ban, se trouver à Farriére-ban. De la Roque , traite du ban N arriére-ban , chap. 1. Voïez ban.) í$ FaUchet, Traité de la Milice Armes , Ose. tient que ban & arriére-ban sont la même chose. Ra- gueau dit, au contraire , dans son indice, que les vassaux de plein fief font sujets au ban ; & les arriére- ' vassaux , à Farriére-ban. Quelques-uns entendent par ban , le service ordinaire ; & par arriére-ban , le service extraordinaire. A présent, on confond le ban & Farriére-ban. Le ban & Farriére-ban sont fort anciens : mais c’a été fous la troisième race de nos Rois, que le ban & Farriére-ban ont été le plus souvent convoquez. Les nobles furent d’abord convoquez, & l’on apella les Roturiers , quand ils commencerenî à ptsseder des fiefs. Et il faut observer, que les Nobles, qui ont des fiefs en diférens Bailliages, font qui- tes en servant personnellement : mais les Roturiers, quoi qu’ils servent en personne , doivent encore contribuer dans tous les Bailliages où ils ont des fiefs. Le service fut réglé par FOrdonnance de François I. de r q40. chacun devoir être armé selon la qualité de son fief. ARRIE'RE-BOtiTIQUE , f fi. £ OJJìcina interìor , po- fiica.] Boutique de plein-pié après la prémiere boutique, (Une belle arriére-boutique , Une arriére-bou- tique obscure , louer une arriére-boutique.) ARRIE'RE- CHANGE , f. m. [Fœnrn àfœnore.] C’est l’interêt des intérêts. Ce terme n’est guéres d’usage dans le commerce. ARRIE'RE-CORPS , f m. [ Pars adificiì minus saliens.] II se dit en termes d ’Architefíure , des parties d’un bâtiment, qui ont moins de saillie sur la face. ARRIE'RE-COUR , f. f. [Areapoftica.J Petite cour qui dans un corps de bâtiment sert à éclairer les apar- temens de derrière, & les escaliers de dégagement. ARRÍE'RE-FAIX, f f. £ Secundo'. ] 11 s’apelle aussi le délivre , & le placenta. Ce dernier ne se dit que par les Acoucheuts & les Chirurgiens. On nomme i’arrié - re-faix ainsi , parce que c’est comme un second f.-ix dont la femme se décharge. L’arriére-faix est une masse ronde , plate , & spongieuse , pour recevoir & purifier le sang de la mère , destiné à la nourriture de Pensant. (Un gros arriére-faix , un petit arriére-faix , tirer Farriére-faix: il ne faut point qu’après la sortie de Pensant, Farriére-faix demeure dans la matrice : c’est un corps étranger qui feroit nourrir la mère. II est dangereux qu’il reste dans la matrice la moindre chose de Farriére-faix,- on doit, autant qu’il est possible , tirer Farriére-faix aVec la main. Quand Farriére-faix est tout-à.fait détaché & sorti de la matrice , on doit vite secourir Pensant. Lorsque Farriére-faix se présente le prémier, il faut promptement secourir la femme , si on lui veut sauver la vie. Si Farriére-faix ne vient point, & qu’il soit fort ataché , on le tire adroitement aVec la main, Examiner Farriére-faix , considérer l'arriére-faix , le corps de Farriére-faix, le cordon de l’arriére faix , pousser, faire sortir Farriére-faix ; être délivrée de _ l’arriére-faix. La femme doit se décharger de Farriére-faix lorsque Pensant est sorti de son ventre. Vuider l’arriére-faix, l’arriére-faix est commun à plusieurs enfans ; & quand la femme auroit dans le corps deux enfans , elle n’auroit qu’un arriére-faix. Maurìceau , maladies des femmes greffes , /. 2.) ARRIE'RE-FERMIER , f. m. \_Publicanus secunda- riw.] C’est un Soû-fermier. (Un arriére-fermier exact & fidèle. Faire des arriére-fermiers.) ARRIE'RE-FIEF , f m. [ Pnediunì translatitìum. ] C’est le fief qui relève d’un fief dominant. (Ceux qui ont des arriére-fiefs, font obligez au ban & arriére- ban, La Roque , traité du ban U arriére-ban , c. 1.) tz ARRIE'RE-FLEUR. Reste de fleur que l’on a omis d’ôter & d’enlever de dessus les peaux, en les éficurant. ARRIE'RE-GARDE , f. fi f Pòsrema ácies , novijjì- mum agmen.] Terme de Guerre. Les dernières troupes d’une Armée. (Arriére-garde défaite , arriére- garde batuë. Commander, mener l’arriére-garde, conduire Farnére-garde, charger Farriére-garde, mettre en déroute , tailler en pièces Farriére-garde , renforcer Farriére-garde.) f L’ataque d’une arriére-garde demande de grandes précautions & des mesures prises d’avance. Peu de gens font capables de conduire ces sortes d’actions. T ; Nous 150 ARR Nous manquons même de régies dans l’ataque & dans la défense. Voïez k Polybe Ae Mr. de Folard. ARRIERE-MAIN , fi m. [ImpaHus pofiìremà manu ifhnl) C’clt le revers de la main. Arriére-main n’est pas le mot le plus usité, & Ton dit ordinairement, le revers de la main. Cependant il y des endroits où revers de la main ne vaudroit rien, & fur tout quand on parle du côté de la main opoíe à celui qu’on apel- le revers. (Ce qu’ont pû faire vos amis, c’est de mettre en doute s’il a reçû le forât de l’avant-main, ou de farriére-main. Lettres Provinciales , lett. 14. à la f m.) ARRIE'RE-NEVE U, f. m. [Filii fratrit sororifve fi- lins .'] 11 fe dit de quelque descendant d’un neveu. ARRIE'RE-PANAGE, s. m. Terme des Eaux & Forêts. C’est le tems qu’on laisse les bestiaux dans la forêt après le tems du panage expiré. ARRIE'RE-PETIT-FILS , f. m. [Ex filio filiave ne- pos.) C’est le fils du petit-fils, ou de la pecite-fille. (Louis XIV. est l’arriére-petit-fils d’Antoine de Bourbon, Roi de Navarre, qui mourut d’un coup de mousquet au siège de Rouen.) ARRIE'RE-PETITE-FILLE , fi. m. [Ex filio filiave neptisd] C’est la fille du petit-fils , ou la petite-fille. (Marguerite de Valois, Reine de Navarre, & première épouse de Henri IV. étoit petite-fille de Charles, Comte d’Angoulême, père du Roi François I. ARRIE'RE-POINT , f. m. [Répétitifs trahente acu fili duclus.~\ Terme de Couturière en linge. C’est un rang de points fur le poignet de la manche d’une chemise, ou sur celui d’une manchette. (Arriére-point bien-fait, arriére-point mal-fait, de jolis, d’agréables arriére-points, arriére-points fort propres, faire des ar- riére-points.) t ARRIE'RE-POINTEUSE, fi fi. Couturière qui fait les arriére-points des manchettes, des poignets & des cous de chemises. (C’est une des meilleures ar- riére-pointeufes de Paris. C’est une arriére-pointeufe qui travaille proprement. Les arriére-pointeufes font du corps des Couturières en linge, des Lingères , & des Marchands Lingers.) Cependant bien des gens, & même des Lingères, ne font point pour arriere-poin- teufies ; elles disent, ouvrières en linge ; & en éfet, ce dernier est plus beau, & ne fe dira point autrement par une personne qui parlera bien ; arriére-pointeufe n’est proprement que dans la bouche du petit peuple. ARRIE'RE-S AIS ON , si /. ( Sera tempefim. ] C’est la fin de l’automne. (L’arriére-saison est plus dangereuse que les autres faisons, & il y a souvent plus de maladies dans l’arriére-saison que dans les autres tems. On doit ménager fa santé dans l’arriére-saison , & surtout quand on commence à vieillir ; quand l’arriére- faifon est belle , on se porte mieux. Dialogues de la santé.) * ARRIE’RE-S AIS ON ,fi f. [Ultimum tempus.~\ Au figuré, c’est l’âge avancé d’une personne , le commencement de la vieillesse, & la vieillesse même d’une personne. (L’arriére-íaison des beaux est toujours belle. Abl. Ap. II est plus galant dans son arriére-sai- son, qu’il nel’étoitàla fleur de son âge.) ARRIE'RE-VASSAL , fi. m. [ Translatitius cliens. ] C’est celui qui dépend d’un vassal. (Etre arriére-vassal. Les arriére-vassaux sont sujets d’obéïr aux ordres des vassaux supérieurs. La Roque , traité du ban çcf arriére-ban.) ARRIE'RE-VOUSSURE ,fi fi Terme d e Maçonnerie. C’est une espèce de voûte que l’on fait derrière une porte ou une fenêtre pour couronner l’embrafure , ou faire que la porte s’ouvre plus facilement. ARRIE'RE-VOUSSURE de, Marseille. Celle qui est cintrée par devant, & bombée par derrière, & sert pour faciliter I’ouverture des vent&ux cintrez d’une porte ronde. Elle est ainsi apellée, parce que la première de cette espèce a été faite à une des portes de la ville de Marseille. {f ARRIE'RE-VOUSSURE de Saint Antoine. Cellê qui est en plein cintre, & bombée par son profil. Elle prend son nom de celle de la porte Saint Antoine à Paris, bâtie par Clement Metezeau. Daviler. ■ T ARRIE'RE'. On dit qu’un Marchand est arriéré, lorsqu’il ne païepas exactement ses lettres de change, ses billets & lès autres dettes. Savary donne pour maxime dans son Parfait "Négociant , que depuis qu’un Marchand est une fois arriéré, il est presque perdu & qu’il rétablit rarement son crédit. ARR H ARRIE'RER un paiement. C’est ne pas le faire à son échéance , le diferer , le remettre. ARRIMAGE, 71 m. [Difiofitio.) Terme de à Quelques-uns disent arrtimuge. C’est l’arrangement des futailles qu’on met à fond de cale, c’est-à-dire, au fond du vaisseau. (Faire l’arrimage d’un vaisseau. Les futailles vuides d’un vaisseau ne se défoncent point, elles se remplissent, & servent à l’arrimage.) ARRIMER , ou arrumer , v. a. [ Componere , difione- re.) Terme de Mer. C’est arranger des futailles, ou autres choses dans un vaisseau. (11 faut promptement arrimer cela. (Quelques-uns disent arrumer j mais il ne semble pas si en usage qnWiwsr. ARRISER , ou ar ri fier , v. a. [Velaria juga àemit- tere.] Terme de Mer. On croit que le plus usité est arriser , il signifie abaisser , décendre : & dans le même sens on dit amener. (On doit vite arriser les huniers , c’est-à-dire les voiles qui íè mettent aux mâts de la hune , arriser le Pavillon , c’est l’aincner & l’abaiflèr. ) î ARRIVAGE, s- tn. [ Appulsus .] u fe dit quelquefois de sabord des Marchandises dans un Port. ARRIVER, Verbe neutre pafiìfi. [ Accedere , appel- lerefi\ J’arrive , f arrivai , je fuis arrivé. 11 vient de l’Italien arrivare. C’est aborder , c’est se rendre en un lieu; c’est faire quelque chemin &aler d’un endroit à un autre , par eau 011 par terre. Le vaisseau arriva heureusement au Port. Ab. Marmol. t. L. /. 3. Dès qu’Alexandre fut arrivé , il envoïa reconnoitre le pais. Vaug. Quint. I. 6 .) H On dit fig. arriver a fies fins , pour dire’, venir à bout de ce qu’on se propose. ARRIVER , verbe neutre pajfifi. [ Advenire , devenire , provenir e. ] Venir par accident, venir par hazard. (.Cela ne leur étoit point encore arrivé. Abl. retraite , /. ç. II lui est arrivé un malheur surprenant. Cofi.let. L’extinction de la primatie de l’Eglise d’Arles arriva en 791. Duport , Histoire de VEglise d’Arles, l. 5. c. $. On dit proverbialement, qu’un malheur n'arrive guère fans l’autre.) ARRIVER. [ Contingere , accidere , evenire. ]. II fe met souvent par élégance seulement. (Comme j’étois à la chasse , il lui arriva de faire une insolence. Vaug. g uint. I. 8- c. 8- C’est-à-dire , il fit une insolence. autre jour en présence des Muses, Apollon dit au pauvre bon homme T. de L. que s’il lui arrivoit jamais de barbouiller du papier, il le feroit fustiger autour du Parnasse par les Satires.) ARRIVER. [Clavum agitare ad ventorum opportuni- tatem.~\ Terme de Mer. C’est obéir au vent. {Arriver Jur un vaijfieau j c’est aler à ce vaisseau en obéissant au vent. Defiroches , termes de Marine.) ARRIVE'E , fi. f. [Adventifs , accefijus .J C’est la venue d’une ou de plusieurs personnes en un lieu. Arrivée fâcheuse , malheureuse , triste, aimable, agréable , heureuse , charmante , souhaitée , désirée. Célébrer sarrívéc d’une maîtresse par mille divertilsemens. Le peuple à l’arrivée de l’Empereur témoigna beaucoup de joie. Abl. Tac.) ARROBE, Terme de Marine , qui fe dit du poids de trente & une livre. (Une arrobe de laine.) ARROCHE , fi fi [Atriplex."] Herbe qui fleurit jaune, qui a les feuilles larges & longues, qui pousse en fort peu de tems, & nuit aux herbes qui font auprès d’elle. (11 y a une arroche sauvage, & une arroclie cultivée, celle-ci a des fleurs d’un rouge brun. La graine de l’arroche est détersive, & elle est bonne pour la jaunisse qui vient de l’opilation du foie. Dal. histoire des plantes , tom. 1. /. ;. c. 3.) ARROGANCE, f. fi. 11 vient du Latin arrogan- tia. En François, orgueil, fierté, superbe. Ce dernier n’est pas reçu de tout le monde en qualité de substantif. Arrogance brutale, insuportable, impertinente, extravagante, ridicule, méprisable, condamnable, haïssable. L’arrogance ne lied à personne. Les Gens de qualité ont d’ordinaire moins d’arrogance que les autres, parce qu’ils sont mieux élevez. L’arrogance marque un pédant, un petit esprit, ou une personne que la fortune a sottement élevée.) ARROGANMENT, arrogamment , adv. du Latin arroganter. Avec fierté, avec orgueil, avec arrogance, fièrement, superbement, orgueilleusement, ',11 est d’un sot de répondre arrogamment ; un honnête homme est toujours civil. 11 parle arrogamment à tout.Ic ' .. mon- ARR monde, & de cette maniéré il marque sa naissance & sa grossièreté.) ARROGANT, arrogante , adj. Du Latin arrogant, fier, superbe, orgueilleux, vain. (C’est un pédant arrogant, c’est un provincial sottement arrogant, parce qu’il n’a pas vû le monde. Elle est arrogante, car élis est fole, & de la lie du peuple, & ces sortes de personnes font d’ordinaire de ce caractère.) ARROGANT , s. m. Qui a de l’orguëil, qui a de la fierté. (On haït toujours un arrogant ; un arrogant pauvre est quelque chose de monstrueux. Si cela est, V. est bien haïssable.) S’ARROGER, v. r. Je niarroge, je me fuit arrogé, je ni arrogeai, je ni arrogerai. II vient du Latin ar- rogare. C’est s’attribuer, c’est vouloir avoir. (Ils font fi insolens que de r ’arroger les prémiers honneurs. Abl. Luc. t. 3. Henri VIII. s’étoít arrogé la qualité de souverain chef de l’Eglise Anglicane. Maucroix, schisme d’Angleterre.) ARROI, s m. [Apparatmi] Vieux mot qui figni- fioit train, équipage. (Ce Seigneur fit son entrée avec un magnifique arroi.) II lignifie autlì l’équipage d’un Fauconnier. ARRONDIR, v. a. s Rotundare. ] Faire rond quelque chose qui ne l’étoit pas. Les Chapeliers disent arrondir un chapeau ; & les Couturières, arrondir une jupe, une robe. Les Tourneurs disent arrondir une boule, ou un globe, une colonne, &c. £ On dit fig. & prov. qu’un homme a bien arrondi ses afaires, sa terre, son champ, pour dire , qu’il a mis ses afaires fur un bon pied, qu’il a fait des aquisi- tions qui étoient à fa bienséance. ARRONDIR , v. a. Terme de Sculpture & de Peinture. C’est donner du relief, & faire que tout soit bien juste, bien proportionné & bien rond. (Arrondir une figure.) ARRONDIR , v. a. Terme de Manège. C’est faire porter à un cheval les épaules, & les hanches uniment, & rondement dans un grand, ou un petit rond, fans qu’il fe jette de côté. (Pour mieux arrondir vôtre cheval, servez-vous d’une longe qu’on tiendra dans les cendres jufqu’à ce que vôtre cheval ait forme l’habi- tude de s’arrondir. Guillet, art. de ihomme d’épée.) * ARRONDIR , v. a. [Tornare periodum .] Terme de Rétorique. C’est ajuster, arranger & tourner avec tant d’efprit les mots d’une phrase ou d’une période, qu’il y ait de la justesse & de l’harmonie. (Balzac & Patru étoient les premiers hommes de France pour bien arrondir une période.) S’ARRONDIR, v. r. [RotundariJ Devenir rond. Les colonnes & les globes s’arrondissent fur le tour.) t ARRONDI, adj. Terme de Blason. On le dit des pièces de l’Ecu, qui ont certains traits, & des ombres qui font paroître leur arrondissement, soit naturel, soit artificiel. Un globe arrondi d’argent. Un tronc d’arbre arrondi. ARRONDISSEMENT, s. m. [RotundatioJ 11 est peu usité , au propre ; prononcez arrondijseman. II consiste à rendre ronde , juste & proportionnée , une chose qui ne l’étoit pas. Faites l’arrondissement de cela. On dira plutôt arrondissez cela. * ARRONDISSEMENT , s. m. [Apta periodi com- positio.') 11 est beau au fissuré; c’est l’harmonie qui vient de l’arrangement ingénieux des mots. (Un arrondissement de période, charmant, touchant, aimable, plein d’esprit. Les Latins ont charmé l’oreille par l’arrondissement ingénieux des mots dans leurs périodes.) ARRONDISSEUR, s. m. ÍQuì periodos ornât, componit .] C’est celui qui ajuste & qui arrondit : mais il n’est pas usité, & ne peut trouver fa place que dans quelque petit ouvrage burlesque. (C’est un arrondis- seur de périodes que Mr. T. 11 fait, il est vrai, quelques petites fautes, mais on ne regarde pas de fi prés aux grands hommes.) ARROSER, v. a. [AJpergere, conjjiergerej Jet- ter de l’eau avec un arrosoir. (Arroser un jardin. Si l’on n’arrose les tulipes à propos , on les perd. On doit arroser les fleurs dans le tems qu’il faut. Culture des fleurs, c. $.) * ARROSER, v. a. [ Rìgare, irrigarej II fe dit des fleuves, & des rivières. C’est couler, & passer par quelque pais. (Le Danube est le fleuve de toute l’Eu- rope, qui arrose le plus depaïs, /íbl. Arr. I. i- c. %. ARS 1 5 1 Ce fleuve venant'à s’épandre dans la plaine: arrose le« campagnes voisines. Vaug. Quint. I. 3. c. 1. Fuiez ces lieux charmant qu’arroje le Permejfe. Ce n’ejì point fur ses bords qu’habite la richesse. Defp. Poct. c. 4.) ARROSEMENT, s. m. [Rigatio, irrigatio.] C’est l’épanchement d’eau qu’on fait avec un arrosoir. (Un petit, un leger arrosement. Les arrosemens frais & gras, font du bien aux œillets, quand ils commencent à pousser leur dard. Culture des fleurs , c. 5. II faut donner à propos des arrosemens aux fleurs. Commencer ses arrosemens, continuer ses arrosemens. Arroser vos anémones au milieu où à la fin de Février ; & recommencez vos arrosemens au bout de trois ou cimj jours, selon la sécheresse ou l’humidité de la saison. Culture des fleurs, 2. partie, c. $.) * ARROSEMENT, f. m. II se prend au figuré, en termes de pieté intérieure qui pénétre jusqu au fond de Pâme. (Craignez Dieu , & retirez-vous du mal, ainsi vôtre chair fera faine , & l’arrpscment pénétrera jusques dans vos os. Fort-Royal, proverbes de Salomon, c. 3. vers. g.) sf ARROSER. Le P. Bouhours a condamné cette phrase, arroser set discours par de ferventes prières. II fait parler, fur cette locution métaphorique, un Curé de vilage, d’une maniéré qui ne convient point à un campagnard, & s’aplaudissant lui-même de fa critique, il mandie les suffrages de Messieurs de l’Acadé- mie, à qui il adresse ses Doutes: „ Vous voïez, Mes- „ fleurs (leur dit-il) que tous ces Prêtres de la cam- „ pagne ne font pas ignorant, & qu’il y a du bon „ sens au vilage, auffi-bien qu’ailleurs, quoiqu’il y ait ,, peu de politesse. ,, On voit plûtôt, que le P. Bouhours se faisoit un plaisir d’exercer sa critique sur P Histoire de la vie de Dom Bartelemi des Martirs. La métaphore peut n’être pas , en cet endroit, dans la rigueur des régies d’Aristote & de Quintilien : mais cette figure est trop utile & trop nécessaire dans une Langue auffi stérile que la nôtre, pour l’en bannir avec ja sévérité grammaticale du P. Bouhours. ARROSOIR , f. m. [Vas injpergendh aquis idoneumi} Terme de Jardinier. On prononce arrosai. C’est un instrument de cuivre, de fer blanc ou de terre, en forme de cruche, avec un goulot percé, au bout duquel il y a une pomme de métal percée de plusieurs petits trous, au travers desquels passe doucement l’eau, quand on arrose. (Un bon arrosoir, un méchant arrosoir, un arrosoir mal fait, un arrosoir qui ne vaut plus rien. A Paris, les Chaudronniers font les arrosoirs de cuivre ; & les Taillandiers en fer blanc , les autres. Les arrosoirs de cuivre rouge sont les meilleurs. On dit, le ventre de l’arrosoir, le cou, le goulot, la pomme & Panse de l’arrosoir : remplir l’arrosoir ; quand on porte l’arrosoir, on le tient par l’anfe ; vuider l’arrosoir.) _ {f ARRUMAGE, ou Arrimage. C’est la disposition, Perdre & l’arrangement de la cargaison d’un vaisseau. Voïez Arrimage. (f ARRUMER. C’est placer & arranger avec soin la cargaison d’un vaisseau. Voïez Arrimer. ARRUMEURS , f m. [DiJpofìtoresJ Ce sont de petits Oficiers établis fur les ports, & fur tout en Guyenne, qui rangent les tonneaux & autres marchandises dans les vaisseaux. ARS , f m. Quelques-uns disent aires ; mais les habiles Ecuyers & les habiles Maréchaux sont pour ars. On apelle ars, les vaines où Pon saigne le cheval, & il y en a une au bas de chaque épaule. ( U faut faire saigner des ars, vôtre cheval. II y a aussi des ars cuisses. f ARSCHIN, f m. Mesure, dont on fe sert à la Chine pour mesurer les étofes. Elle est de la même longueur que Panne de Hollande. ARSENAL ; voyez ARCENAL. ARSENIC , s m. [Arsenicum.) Minéral composé de beaucoup de soufre & de sels caustiques. II y a trois sortes d’arsénic, le blanc, le jaune & le rouget le blanc a proprement le nom d’arscnic , c’est le plus corrosif. Tout arsenic est un poison, & Pon n’en doit jamais avaler. L’arsenic sert à plusieurs remèdes : mais il faut s’en servir avec esprit : calciner l’arsenic. L’arsenic mange la chair. Lemerì, Chimie , c. 10. 11 s nous donnent l’arsenic dans une tasse de rubis. Cojìar , lettres, t. 2. lett. 239. Si tu í’ennuyes de vivre, tu t’en- yoyeras' 152 ART voyeras en l’autre monde avec un grain d’arsénic. Abl. Luc. philosophe à f encans) ARSENICAL , ALE, adj. Qui tient de Parsème. (Esprits arsenicaux & vitrioliques. On apelle mman arsenical, une préparation faite avec i’antimoine, le soufre & l’arsénic cristallin. ARS , Arstn , ou Arson. Vieux mots. Saint Louis a dit dans ses Etablissemens. ck. 4. que le Haut- Justicierconnoît de rat. de arson, de meurtre, fsc. c’est- à-dire, durapt, de f incendie, du meurtre. Ce terme vient, comme M. du Cange l’a remarqué , de ardere. Philippe dcBeaumanoir a dit: Vos arststes cette maison, EtGuiard, l’an 154. Qui forent trouvez en la cendre Des arsis , £«? les vaulent vendre. Nous lisons dans le Livre des Châtelains de Lille, la maniéré dont on punissent autrefois les arstns. f ARSINS. On apelle bois arlins, les bois fur pied, où le feu a pris par quelque accident. ART,/™- vu Latin ars, recueil de préceptes qu’on pratique pour une fin utile. (Arts mécaniques. Arts libéraux. Ceux-ci font la Logique , la Rétorique, la Grammaire , la Peinture, la Sculpture , les Maté- matiques, l’Astronomie, &c. (Aprendre, enseigner, savoir un art, posséder un art en perfection. Ahl. Luc. t. z. Bien des gens montrent des arts qu’ils n’enten- dent pas. On ne peut aujourd’hui gagner fa vie à travailler en quelque art que ce soit. Mettant leur Apollon aux gages d’un Libraire. Ils font d!un art divin un métier mercenaire. Desp. Poët. c. 4.) Maître ès Arts. Voïez Maître. ART Hermétique, f. m. [Chymiaf] C’est la Chimie. Elle a été apellee de ce nom* à cause Affermes, que quelques-uns en croient sinventeur , & qui pour cela ì’apellent Trismegiste : c’est-à-dire, trois fois grand. Lemeri a fait imprimer un art hermétique qu’on estime. L’ART de monter à cheval. C’est la maniéré de faire travailler un cheval de bon air, qu’on apelle d’ordinai- re manège. On trouve à Paris plusieurs habiles Ecuyers , qui aprennent cet art. Le fameux Soleisel nous en a laissé un livre. L’ART de la guerre. C’est celui qui enseigne à bien manier les armes &à faire la guerre en habile Cpitai- ne. Gaïa a donné au public un petit livre de l’Art de la guerre, fort joli. Le bon homme Maillet a fait aussi un Art de la guerre , où il y a d’assez agréables estampes. L’ART de naviger. 11 enseigne à conduire sûrement un vaisseau à la faveur des vents , des voiles , du gouvernail, des rames, de l’éguille aimantée, des cartes marines & d’autres choses. Guillet & Desroches ont fait chacun un petit Dictionnaire des termes de marine. * ART , f. m. f Solertia.'] Adresse , subtilité, esprit, maniéré délicate & ingénieuse. (II faut avoir beaucoup à'art & d’adresse pour la cajoler. Abl. Luc. t. 2. Ménager quelque chose avec art. Patru , plaidoyez. Un beau feu quelquefois, échaufe par bazarA Un Poète fans art. Desp. Poët. c. j. Chacun peint avec art dans ce nouveau miroir, Se vit avec plaisir. Desp. poët. c. Sciiez simple avec art. II faut dans les chansons , du bon sens U de fart. Desp. Poët. c. 2.) ' ARTEIL, orteil, f. m. [Pedis digitus .] L’un & l’autre se dit. Ce mot vient du Latin artìculm, & selon cette étimologie, il faudroit dire orteil s mais cependant tout ■ le monde dit orteil. II lignifie un doigt de pié. Les os des arteils se peuvent luxer de toute maniéré. Perdue, des {rassures, chap. 49. pag. 162. Cette autorité ne tire point à conséquence, Orteil est dans la bouche de tout le monde, & une hirondelle ne fait pas le printems. Voïez orteil. ARTEMON, f. m,.fArtemon.~\ Terme de Mécanique. Troisième moufle qui est au bas de la machine apellée polystaste, qui sert à élever des fardeaux. ART ERE, f. f. II vient du Grec. En Latin , ar- teria. Vaisseau contenant le sang , qui est long & creux comme un tuyau, & composé d’une peau assez épaisse , & il n’aproche pas si fort de la superficie que les veines. (La grosse artère , l’artére veneusc, l’âpre ART artère. II est dangereux' en saignant de piquer une artère. L’ouverturu d’une artère , à moins qu’elìe ne soit très-petite , est toujours suivie d’un écoulement de sang , qu’on a peine à arrêter. C’est un malheur a un Chirurgien qui saigne , que d’ouvrir une artère. Art desaigner , c. 20.) ARTE'RIEL, artérial, adj. 11 vient de artcrialii. II fait à son féminin artériele ou artériale , c’est-à-dì- re , qui est d’artére , qui est de l’artére. Les Médecins barbons disent artérial, & les jeunes artériel. Les gens de lettres polis étant de ce sentiment, je fuis pour artériel , & c’est le plus doux: car l’u est plus rude que IV. (L’épanchement du sang artériel produit de fâcheux effets. Art de saigner , c. 20.) On dit auísi arterieux, comme la veine arsérieuse. ARTE'RIOTOMIE , s. m. [Venœ incisioi] Terme de Chirurgie. C’est l’ouverture d’une artère , qu’on fait avec la lancette. ARTHRITIQUE , s. f Plante niédecinale , propre à guérir les maux articulaires. H ARTHRITIQUE, adj. On donne cette épithète aux remedes propres pour la goûte , qu’on apelle aussi anti-podagres. ARTICHAUD , f m. [Cinara, CardansJativus .] On prononce artiebo. C’est une plante qui a la tige droite , au bout de laquelle s’assemblent plusieurs feuilles qu’on fait cuire & que l’on mange , avec ce qu’elies renferment , qu’on apelle cu d‘artichaud. L’artichaud est sec & chaud, on le mange crû avec du sel & du poivre, & cela s’apelle artichaud à la poivrade ; l’artichaud est indigeste ; le frit ne vaut rien. L’artichaud au beurre & à la muscade est meilleur. (Planter des artichands , cultiver des artichauds , arroser des artichauds.) (f Le P. Labbe ne veut pas convenir que le terme artichaud vient du Grec cÌçtjm, condio, à^rxnim, condimenta. 11 demande, fur cela , du délai. ARTICLE , j- m. On l'a pris du Latin artìculm. Terme de Grammaire. Petite particule qu’on met devant les substantifs , & qui sert à en faire connoítre le nombre, le genre L le cas. Ces particules sont le & la au singulier : le masculin c’est le, & le féminin la. 11 s ont, l’un & l’autre au pluriel, les. (Décliner Parti cl e , se bien servir des articles , manquer à mettre l’article, oublier l’article.) (fs il faut observer 1°. que les articles ne doivent point être mis devant les noms propres ; on ne doit pas dire , par exemple , Le Mars , le Jupiter, le Via- ton , f Aristote : mais , Platon , Aristote ont dit , &c. Quand le nom propre est indicatif , on met l’article devant, comme , la Venus d’Apelle, la Diane d’Ephé- fe. On le met devant les noms propres Italiens, le Tasse , l’Arioste. Le Tasse s’enscandalisoit, Mais je fuis serviteur au Tasse. Sarrazin. Les noms signifient ordinairement les choses d’uns maniéré vague & générale : les articles, dans les langues où ils font en usage, déterminent cette signification , & s’apliquent à une chose particulière. Lami, Art de parler. ARTICLE ,s. m. Partie de chapitre de quelque Livre. (Un petit article, un article fort court, un grand article : chapitre divisé en plusieurs articles, réduire en articles. Je n’en puis plus de la tête, pour avoir lû l’article des Histoires de Varillas & des froides rapso- dies de Vaumoriére.) ARTICLE,T m. II se dit des Ordonnances, des comptes, des contrats, & d’autres pareilles choses. L’endroit de l’Ordonnance ou du contrat qui enferme une aspire, ou une circonstance particulière. Arrêter les articles d’un compte. Mettre les choses par articles , dresser les articles de mariage , débatre les articles, disputer un article. Acorder, aprouver les articles ; concilier les articles débatus. Maucroix , vie de Campege, pag. 195. Rejeter un article. Patru, plaid. 12.) ARTICLE,/ m. II se dit parlant de la foi. C’est l’une des douze propositions de la créance Chrétienne. C’est un article de fo.i. Je le croi comme article de foi. C’est pour moi un article de foi. Je ris de ces discours frivoles, Onsçait fort bien que ses paroles Nesont p.iì' articles de foi. Desp. épit AR- ART ARTICLE, f. m. [ Agon.} C’est le tems où l’on est prêt de rendre l’ame. (Etre à l’article de la mort. II íè repentira à l’article de la mort, d’avoir lâchement abandonné quatre ou cinq maîtresses après avoir fait bonne chère de leur bien, & le pauvre pleurera les tours de souplesse qu’il a fait pour vivre, & pour Rhabiller aux dépens du tiers & du quart.) ARTICLE , s. m. Terme d’Anatomie. C’est-à-dire, jointure , liaison. ( Chaque partie dont le doigt est. composé , est un article. Deg.) Article , en ce sens, n’est pas si usité que jointure ; & l’on dira bien plûtôt, il sent du mal aux jointures des doigts , qu’aux articles des doigts. ARTICULAIRE , adj. {Articularhf} Terme de Médecine. Epitéte qu’on donne à une maladie qui aflige & altère particulièrement la substance des articles causée par une matière acre. On l’apelle autrement goûte, parce que cette humeur diftile goûte à goûte , & qu’une seule goûte est capable de causer de grandes douleurs. ARTICULATION, s. s. Terme dé Anatomie. Prononcez articulation. 11 vient du Latin articulatio. C’est une composition naturelle en laquelle les bouts des os s’entretouchent, ou pour mieux dire , on apelle articulations en général, les diverses liaisons que les os ont entre eux, pour faire tous les mouvemens du corps. (II y a une grande & une petite articulation , & toutes ces articulations se subdivisent en plusieurs autres. On peut voir là-dessus Riolan , Degori , & les divers traitez de Chirurgie qui parlent des diférentes articulations. Les articulations sont égales dans tous les hommes. II n’y a dans le front aucune articulation. La Chambre , art de comioìtre les hommes , let.) ARTICULATION , f. f. [Dijtinfía verborum pro- nunciatio.} C’est une prononciation distincte des mots. (Une belle, une agréable, une aimable articulation. Son articulation plaît, son articulation agrée, & fait qu’on sent du panchant pour lui.) ARTICULER , v. a. [ Dstinfíè voces efferre. ] Prononcer distinctement & nettement ce qu’on dit. ( Si l’on veut plaire & être écouté, il faut bien articuler ses mots. A peine eus-je la liberté d’ardculer trois ou quatre misérables paroles. Balz. entretien. 14.) ARTICULER , v. a. [DstmAis capitìbm rem parti - ri.} Ternie de Palais. C’est donner quelque chose par articles. (Articuler ses demandes. Le Maît. plaid. Z. Articuler ses faits justificatifs. Patru, plaid. 17.) S’ARTICULER , v. r. \_Articulari .] Terme d’Anatomie. C’est se joindre. (La partie latérale de la tête de l’osselet, qu’on apelle marteau, a deux éminences, & une cavité pour P articuler avec un osselet qu’on nomme l’enclume. Du Vernaì, traité de Voùìe, 1. partie, p. 21. ARTIEN, f. m. Prononcez arcien. [ Artstas] C’est un terme dont on se sert dans quelques Coléges de Paris, pour signifier les Ecoliers qui font sortis des humanitez, & qui étudient en Philosophie. 11 y a dans le Coiége de Navarre un Principal des Artiens. Danet. ARTIFICE, f. m. Du latin artificìum. II fè prend en bonne part, & signifie adresse, art, maniéré ingénieuse. (Artifice merveilleux. Le joug du chariot du père de Alidas, étoit composé de nœuds entrelacez avec tant d’artifice qu’on n’en eût sqû découvrir le commencement ni la fin. Vaug. Quint. I. c. 1. J’enseignois avec simplicité & fans artifice, les artifices de l’éloquence. Arn. cons. 1 . 4. ch. 2. II y avoir beaucoup d’artifice dans Cette machine. Feux d’artifice. Votez feu.) ARTIFICE , f. m. ['Fraus, dolm.} 11 se prend aussi en mauvaise part ; c’est-à-dire, finesse maligne, tour d’esprit pour surprendre, adresse, méchante & dangereuse. (Artifice malin, dangereux, méchant, haïssable, grossier, sot, ridicule. Le principal artifice de vôtre conduite, c’est de faire croire qu’il y va de tout dans une afaire qui n’est rien. Provinciales, lett. 18. Ce font des artifices de la Demoiselle que vous connoissez. Voit. 1 . 46. ... L’artifice est grossier, Tu te feins criminel pour te justifier. Rac. Phèdre, a. 4. fie. 2.) ARTIFICE , f. m. [ Ignis artificîosus. ] Se dit des feux qui se font avec art, soit pour le divertissement, soit pour la guerri. ART 153 £ ARTIFICES, f. m. On le dit en générai de tou. tes sortes de bátimens à machines & à roues, construits fur les ruisseaux & rivières propres à diverses manufactures; tels que sont les moulins à fouler, à papier, à poudre, à scier des planches, &c. ARTIFICIEL , artificielle, adj. Du Latin artificia- lis, qui est fait avec art, qui est travaillé avec adresse. Ce que Fart fait naître. (Avoir un œil artificiel. C’est une fontaine artificielle. Une drogue artificielle. On parle en Astronomie du jour naturel, & du jour artificiel. Volez jour.) ARTIFICIEL, artificielle, adj, [Artefafím.} Terme de Rétorique. 11 se dit des preuves dont se sert í’Orateur, & veut dire, qui naît de son esprit , qui vient de son industrie. (Les preuves artificielles , ce sont les définitions, les causes, les éfets, les. ajoints & autres ; & les preuves fans artifice, ce sont les loix, les autoritez, les citations, &c.) ARTIFICIELEMENT , adv. On prononce presque artificielleman. C’est-à-dire, avec art, avec industrie. C’est un corps qui se meut artificiellement. Cela est fait artificiellement. Régis, philosophie.) ARTIFICIER , f. m. [ Ignìum mìjjìlmm artifex. J On prononce artificié. Ce mot en termes de Guerre, signifie celui qui est du corps de l’Artillerie, ou qui compose toute sorte de feux d’artifice , pour jetter dans les places qu’on ataque , ou au bas de celles qu’on défend. (Un bon, un habile artificier) ARTIFICIER, f. m. C’est aussi celui qui compose tous les feux d’artifice d’une ville. II n’y a dans celle de Paris qu’un artificier , mais il y en a plusieurs qui se nomment Artificiers du Roi. L’Artificier de Paris est celui qui fait tous les feux d’artifice que la ville est obligée de faire pour témoigner fa réjouissance des divers bonheurs qui arrivent à Sa Majesté ; & cet Artificier est gagé de l’Hôtel de Ville , & il y a des lettres qui font les marques de fa Charge. Les Artificiers du Roi font tous les Feux d’artifice que le Roi fait faire , & ces Artificiers n’ont point de lettres. II n’y a entre eux aucune maîtrise ; & quand le Roi ordonne un feu d’artifice, celui de ces Messieurs quia le plus d’amis , l’emporte. On dit, être Artificier, & F Artificier parle de roues de feu , de fusées volantes , de lances à feu , de saucissons , de pots à feu , de girandoles, de soleils, de boites à feu , de gerbes à feu & de pompes. Votez ces mots dans le Dictionnaire. ARTIFICIEUX , artificieuse, adj. Du Latin tírtisi - ciojhs. [ Callidm , astutus .] II se dit des choses & des personnes , c’est-à-dire , fin , adroit , d’une maniéré qui marque un peu de fourberie, & une adresse qui n’est pas tout-à-fait simple. (C’est un Normand artificieux : elle est bien artificieuse. Plainte subtile & artificieuse. Port-Royal, Saint Profiler , c. 5. Ce discours est artificieux.) ARTIFICIEUSE >î F, N T , adv. [ Callidè , ajiutè. j D’une manière artificieuse , avec ruse, avec adresse, avec finesse, ) Jamais la grâce éficace 11e fut plus ar- tificieufement défendue. Pajb. L íg.) ARTILLE'. ( On dit, un vaisseau bien artillé de tant de pièces.) ARTILLER, f- m. ['Tormenforum areorum artifex.'} Ouvrier qui travaille à l’Artillerie, comme Fondeur , Canonier, &c, ARTILLERIE. , f f- C’est un magazin de tous les canons , de toutes les armes, & de tous les outils qui peuvent servir à la guerre. ( On dit en ce sens , toute l’Artillerie est fous le commandement de Mr. le grand Maître , qui a fous lui des Lieutenans Généraux , & des Commissaires, & plusieurs autres Oficiers.l ARTILLERIE, f. f. [Fermenta muralìa bellìûa.} U signifie aussi toutes fortes de pièces de canon. (L’Artillerie fut inventée en 1 j^4. par un Alemand. Faire jouer ^artillerie. L’arrillerìe fait un grand, fracas. D’Aveleurs-, traité de f Artillerie.) ff ARTILLERIE. Terme de Guerre & de jurisprudence. II est plus ancien que l’invention des canons & de la poudre. Toutes les machines de guerre, dont nos ancêtres se servoient pour atuquer les villes , ou pour les défendre , étoient comprises fous îe terme générique, d’artillerie. Guillaume Guyart, cité pat íe P. Daniel, dans son Histoire de la Milice Françoise, t a dit. Tome f. U Ar- 154 ART Artillerie est le Cbarroy Qui par Duc , par Comte , ou par Roy, Ou par aucun Seigneur de terre, Est chargé de quarriaux en guerre, d’Arbalestes , de dards , de lances, Et de targes d’une semblance. Ceux qui étoient emploïez à construire ces machines, s’apelloient Artìllers ; & ce mot , aìniì qu’Ar- tilkrie, font dérivez de ars , artis , parce qu’il y avoit beaucoup d’artifice dans la construction de ces machines : ainsi , dit le I*. Daniel, le mot d 'engin vient d ’ingenìum s & d 'engin, engeigneur ; & d’engeigneur, ingénieur. A l’égard de la Jurisprudence , on demande si l’ar- tillerie , qui est à présent composée de canons, de boulets, de poudre , de mousquets, d’épées , doit être regardée comme éfets mobiliers , ou comme immeubles dépendans des châteaux où ils se trouvent. Cette question est amplement traitée par Brodeau, .sur la Coutume de Paris, art. 90. où il cite plusieurs Auteurs qui ont traité cette matière , dont la décision est, que l’artillerie composée de plusieurs pièces, est réputée faire partie du château,, lors qu’elle y a été mise pour y rester & pour le défendre. Mais il n’en est pas de méme des fusils , mousquets, pistolets , épées , qui ont servi au plaisir de la chasse, ou pour la défense , & pour l’ornement du maître. ARTIMON j j■ M. [ Acatium , vélum amplius. ] Terme de Marine. C’est le mât d’un navire qui est le plus près de la poupe, & qui porte ordinairement des voiles latines. ARTIQUE, ou ArHique, adj. [ Ar clic iu f Terme de Géographie s 11 vient du Grec. On donne le mot â’Aréique au pôle du monde, qui est du côté du Septentrion, & au petit cercle qu’on marque à Pentour. ( Cercle attique , pôle artique. Sanjbn, ìntroduHion à la géographie. Son opposé est Antar- tique.) ARTISAN, f. nt. Semble venir de PEspagnol artejdno. En Latin artifex. Celui qui fait profession de quelque métier , & qui à la faveur de ce métier gagne sa vie à force de travailler. Un vil artisan, un pauvre, un misérable artisan ; les artisans font presque tous malheureux en ce tems-ci , parce qu’ils ne travaillent pas. Un habile artisan, un artisan expert. Antoine & Cléopâtre alloient la nuit courir la Ville, entrant dans les boutiques des Artisans, & les ataquant par des railleries. Citri, triumvirat, 5. partie , c. 12. * ARTISAN , f. m. Au figuré, c’est-à-dire, qui est la cause , qui est Pauteur de quelque chose. (Dieu est le Souverain Artisan du monde. 11 donne du courage à tous les Artisans de fa gloire. Bah. entretiens. Chacun est artisan de sa bonne fortune. Regn. fat. %. C’est Partisan de la volupté. Abl. Lucs ARTISANNE , s. f. II n’est point en usage au propre , .& en sa place, on dit femme d’Artisan. * ARTISANNE , s. f. Au figuré , il est beau. II signifie celle qui est cause. ( La sagesse est Pouvrié- xe, Partisanne de toutes choses. Cos. let .) (s Un ami de M. de Balzac ayant critiqué ce vers. Et l’insolent Borée, artisan des naufrages, îl justifie dans ses Entretiens, ces mots artisan des naufrages, par plusieurs exemples: ,, Trouvez-vous, „ dit-il, le mot à’artisan des naufrages si étrange & „ si nouveau ? Dans les Tragédies Grecques , les ,, Dames Troïennes n’apellent-elles pas Ulisse, l’ar- „ tison de leurs malheurs ? Et Lucrèce n’a-t-il pas dit : „ Nam dolor ac morbus , lethi fabricator uterque ? „ Virgile ne dit-il pas aussi : ,, Mille nocendi art es? „ La cruauté n’est-elle pas ingénieuse ? Et Perîlle „ n’étoit-il pas un artisan de 'douleur ss de cruauté? „ Encore ce petit mot, auquel Apollon même ne „ seau toi t répondre , puis qu’il y a un art de la ,, guerre : Mars n’est-il pas un artisan de ruine çV? de ,, désolation ? Et comment apel Jerez-vous un Ingénieur „ qui aura fait sauter un bastion par une mine ? Car „ vous sçavez que les mineurs ne font pas moins em- ,, ployez à ruiner , qu'à édifier. Enfin, Monsieur, „ souvenez-vous que vôtre grand ami le P. Strada, ART „ dans le second tome de son Histoire, apelle je ne ,, scai qui , ruin.esuœ fabrum. ss Le P. Bouhours a fait une ample remarque, pag. 6;. fur ces deux mots, artisan , ouvrier , où il dit , qu’il n’y a peut-être point de mots dans notre Langue, qui doivent plus à l’ulage que ces deux-là: c’est Pusage qui les a élevez au-delà de leur origine, qui est basse d’elle-même. On dit , un pauvre artisan , un ouvrier a la journée : on dit aulii , ce divin artisan , cet admirable ouvrier. Nous disons d’un Prince , qu’il est l’artisan de la fortune des particuliers. Mais pour revelerla bassesse du mot ouvrier & artisan , on y ajoûte un adjectif qui en donne une idée bien diférente de celle que l’on a lors que le mot est tout seul. Le Pere ajoute , qu 'artisan & ouvrier n’ont jamais de régime dans le propre, & qu’ils en ont quelquefois dans le figuré 011 ne dit point en François, d’un Cordonnier, qu’il est Partisan de son soulier , ni d’un Ménuiiìer, qu’il est l’ouvrier d’une porte 1 on dit, c’est un bon artisan, c’est un bon ouvrier. Au contraire, dans le figuré , on dit élégamment artisan & ouvrier , avec d’autres mots qui en font régis. M. de Balzac dit dans Yen Entretiens, II y S quelque chose de plus doux à être soi-méme ,, Yartisan de sa propre grandeur, & à ne devoir rien „ qu’a soi-mêtne.” A l’égard d’ouvrier, M. Patru dit, dans PEloge de Pompone deBelliévre: „ Chanceliers „ de Belliévre & de Sillery, fameux ouvriers de la. „ mémorable Paix de Venins.” II dit ailleurs : „ Qui n’admirera cet esprit céleste , qui fut Youvrier „ de tant de fifíions ingénieuses, & qui nous méne, „ par un chemin semé de fleurs, jusques aux portes „ du Sanctuaire ? ” Mr. Pelisson a usé de la même phrase dans le Panégyrique du Roi: „ Qui ne l’ad- „ mirera lui-même infiniment davantage , fi par les „ voyes plus sécrétés , plus obscures, & plus incon- „ nues du gouvernement dont il est lui seul l’ouvrier, ,, le conducteur & le maître, il a sqû corriger, sur- ,, monter & changer en mieux les mœurs, lesincli- „ nations & le génie de ses peuples ? ” Au reste, quoi qu’on ne dise pas d’un manœuvre qu’i/ est l’ouvrier ou l’artisan de la maison,on ditdeDieu,qu’i/ ejll’ou- vrier dc toutes choses , le souverain artisan du monde; qu 0 selon l’Ecriture , la Sagesse est Vouvrière £5? l’arti- sanne.de toutes choses fans exception. Au premier exemple , artisan, ouvrier, font tout-à-fait dans le propre : au second , le figuré est mêlé avec le propre ; & c’est ce qui fait peut-être que l’on dit plutôt l’un quel’au- tre. Artisanne n’a pas encore aquis autant de crédit que artisan. ARTISON , s m. [ Teredo. J Petit ver qui s’en- gendre dans le bois & qui le perce avec son bec comme avec un foret. _ ARTISTE , s nt. s Artijìáosus. J 11 vient de l'Italien , ou de PEspagnol artista. Ouvrier qui travaille avec esprit & avec art. (Artiste fameux , artiste célébré , connu, glorieux, habile , intelligent, savant en tout ce qu’il fòit. L’Artiste ingénieux a tant fait, que sans fonte il a trouvé le secret de faire compatir l’or avec le laiton , sur la superficie seulement par le mélange du mercure. Traité des essais, c. ;. Aucun artiste ne doute qu’il ne faille préparer la tériaque au mois de Novembre. Charas, pharmacopée. La Chimie fait connoître à Partiste les premiers principes des choses. Van Helmont,sur la composttion des rentedes.) ARTISTE , adj. Qui travaille avec art, qui travaille adroitement, & selon Part. ( C’est une main artiste. ARTISTEMENT , adv. [ Artifidosè. ] Prononcez artijleman. Avec art, avec adresse , avec esprit, selon les régies de Part. ( Un vase artistement travaillé. Desp. longin. II vouloit questx vers artistement rangez, Fussent en deux tercets, par le sens partagez. Desp. Poët. c. 1.) ARTRIQUE , f f. Plante médecinale propre à guérir les maux articulaires. ARTRODÏE, f f. j jArtrodial} Terme d’Anatomie. Espèce d’articulation d’os, en laquelle une cavité ASC vit'c superficielle reçoit une tête plate. ( L’articuîa- tion de la têce de l’os du bras avec la cavité de l’o- moplate , s’apelie Artrodie. ARTRON, s w. Terme à'Anatomie. C’est une jonction naturelle d’os , en laquelle les bouts des deux os s’entretouchent. II y en a deux espèces, la diarthrose & la iìnarthrose. ê ARTS & Métiers. On apelle ainsi à Paris les Communautez «Partisans établis en corps de Jurande, & où il y a Aprentifl’age , Maîtrise & Jurez. Ils font diférens de ce qu’on nomme les six corps des Marchands. ARTUS, f m. Nom d’homme. II y a en un Roi qu’on apelloit Artus, qui a régné en Angleterre. II a été tué dans une bataille par les Saxons. Ce glorieux Prince a établi les Chevaliers de la Table-Ron- de. Histoire d’Angleterre. Depuis le régne de ce Roi, on n’entend plus parler d’Infantes enlevées. Ce n’est pas qu’à t Amour moins de gens s’abandonnent. Mais je ne sçai s c’est que l’on craint plus ses loix, Ou Jì c’ejl qu’à présent les Demoiselles donnent Ce qu’on leur vouloit autrefois. Pavil. ARVALES- Ces Freres Arvales, dont il est fait mention dans FHiftoire Romaine , étoient une société de douze hommes d’une naissance illustre, qui s’alsembloient pour faire des sacrifices, afin d’ob- tenir une abondante récolté. On dit que Acca Lau- rencia, nourrice de Romulus , faisoit , tous les ans, des sacrifices pour demander aux Dieux la conservation des fruits de la terre ; & afin de rendre fa demande plus favorable , elle avoit avec elle ses douze enfàns. L’un d’eux étant mort, Romulus voulut prendre fa place , & voulut que l'on apellât cette espèce de société, Fratres Arvales, parce que leur soin étoit de prier pour la fertilité des champs apel- lez arva. On continua depuis ce tems-là cette compagnie ou colége de douze Freres Arvales, qui s’assemblaient au "Capitule, ou dans le temple de la Concorde , ou dans celui de la Déesse Dia. Ils fai- soient, au mois de Mai , des lustrerions publiques autour des champs. Servius, fur Virgile, prétend que l’on sacrifiait une truye pleine, &c. Voïez So- meier , de Lujlrationib. cap. 29. ARUM , f m. Plante , dont la ripe est haute d’une" paume: lès feuilles ressemblent à la serpentine; . sa graine est aussi jaune que le safran. Elle a les mêmes proprietez que la serpentine. ARUSPICE , f m. Ce mot vient du Latin «ra- spex. II signifiait, chez les Romains , un Sacrificateur qui présidait l’avenir, en examinant la qualité des entrailles des bêtes sacrifiées. íg ARZEGAYF. Bâton ferré par les deux bouts, dont certains soldats que l’on apelloit Estradiotes , se servaient a toutes mains. Voïez le F. Daniel , tom. 1. p. 2; 1. de son Histoire de la Milice Françoise. ARZEL , arzeìle , adj. II fe dit des chevaux,, c’est-à-dire , qui a une marque de poils blancs au pié de derrière , depuis le boulet, jufqu’à sabot. ( On n’aime point les chevaux arzels. Cette cavale me plairait assez , si elle n’étoìt point arzelîe. C’est une folie de croire que les chevaux arzels soient plus malheureux que les autres.) AS , s ra. [ Monas testera. ] Carte à jouer , ou face de dez, marquée d’un seul point. Un as de cœur, de carreau, de pique , de trèfles. On dit, tous les as, cinq & as, &c.) ASARINE , f /• Plante qui est apéritive , & dont les racines font amères. Voïez Azarina. AS ARUM , f ’>n. Plante dont les Médecins fe servent pour atténuer, pour résoudre & pour guérir les duretez du foie & de la rate. Voïez Azarum. ASBESTE , f m. [ Asbetinurn. ] Matière incombustible dont on voit une expérience dans les Transactions Philosophiques d’Angleterre du mois de Juin 168;. C’est une espèce de lin fort délié & aussi fin que la foie , qui croît fur les Pyrénées. ASCARIDES , f- m. [ Ascarides.'] Nom que les Médecins donnent à une petit vermine qui s’atache au fondement, & qui tourmente beaucoup. On en guérit par l’aplication du blanc thasis. ASC 155 ASCENDANT , adj. Ce mot vient du Latin ascendens, qui lignifie montant. II se dit en Astrono- mie des Astres, ou des signes qui montent fur l’ho- rizon. Et en terme de Généalogies on parle de ligne ascendante ; & par les ascendant , on entend tous les pare n s qui font au-dessus de nous, comme père, aïeul, bisaïeul, &c. * ASCENDANT ,s. m. [ Indoles, innata voluntatk ìnclinatio.~\ II a au figuré plusieurs sens. C’est une pente naturelle , humeur , inclination. ( L’ascendant est plus fort que tout. Mol. amans , a. 1 .sc. 2. On ne peut réprimer cet ascendant malin, Qui le force à rimer. Desp. fat. Les honneurs forcent l’ascendant, Còme étoit civil, acistìable, Mais on l’a fait Surintendant. Gomb. ép. I. 1.) * ASCENDANT , f m. [ Aufìoritm. J Puissance, pouvoir , autorité. (.11 prit sur ses neveux le même ascendant que son frere avoit pris autrefois fur lui. Fléchier, Théodoje, l. 2.) * ASCENDANT , J’, m. Manière impérieuse de dire ses sentimens. ( 11 n’y a personne qui ne soit de cet ascendant , parce qu’il réprésente l’image d’une ame fière & hautaine. Nicole, estais de mor. t. 2. L’ascendant n’est pas un fi grand défaut, dans un homme de qualité, que dans une personne sans naissance. Avoir lin ascendant incommode , & plein de fierté. Nicole, essais de morale , t. 1.) ASCENSION, f.s. II vient du Latin ascenjìo. La première J' du mot Ascerson ne se sait point sentir. C’est la Fête qui marque le jour où Jésus-Christ est monté au Ciel ; FAscension est quarante jours après' Pâques , â e’est l’une des plus glorieuses Fêtes de i’E- gliíè. Après l’Ascenfion de Jésus-Christ , l’admini- stration des biens Ecléliastiques fut exercée par les Apôtres. Fra-Paolo , des bénéfices, a. 2. t A L’ASCENSION , blanche nape £V? gras mouton. Proverbe qui marque que le bon mouton se mange à l’Ascension. * ASCENSION , f. f. Terme á’Imager. Estampe qui réprésente le mistére de FAscension. En se sens, AJcenJton a un pluriel , mais il n’en a point dans fa prémiére lignification. Un imager dira , J'ai de belles Ascensions. (J’ai aujourd’hui vendu une douzaine d’Ascensions. Les plus belles Ascensions, font celles de Mr. ASCENSION, f. f., [ Ascensus. J Terme d ’Astronomie. C’est le dégré ou l’arc de l’équateur montant fur l’horifon avec un dégré , ou un arc du zodiaque. (Ascension droite. Ascension oblique , &c. On dit aussi diférence ascensonelle. Volez les livres qui traitent de la sphère. Bion.) f$ ASCENSION d’une étoile. C’est le point de l’équateur qui se trouve , en même teins que cette étoile, au méridien. AJcenson droits. C’est l’arc de l’équateur qui monte avec l’étoile sur l’horison de la sphère droite ; ou bien , c’est le teins qu’un ligne demeure à se lever sur Fhorison de la sphère droite. AJcenson oblique. C’est l’arc de l’équateur qui monte avec l’étoile sur l’horison de la sphère oblique ; óu bien , c’est le tems que l’étoile demeure à se lever sur Fhorison de la sphère oblique. ASCE'TIQUE , adj. [ Aficeticm. J Terme de Dévotion. Ce mot a servi de titre aux livres d’exercices spirituels, & de Méditations. ( Les ascétiques de S. Basile le Grand.). ASCIEN, s m. Terme de Géographie, Nom de ceux qui habitent la zone torride, & qui n’ont- point d’ombre lorsque le soleil est à leur Zenith. ASCLEPIADE- C’est une forte de vers corïanv biques ; il est composé de deux spondées, de deux corïambes , & d’un ïambe , comme la prémiére ode du premier livre d’Horace, Port-Royal, méthode latine. ASCLEPIAS , s m. Plante qui croît dans les montagnes, & dont les feuilles ressemblent à celles du lierre, f Les Botanistes l’apellent Hirundinaria. La racine de cette plante , à qui l’on atribuë les mêmes vertus du Contra-yerva de. la nouvelle Espagne , est fort déliée, blancheâtre, & assez semblable à celle de Y Azarum. í ASCYRUM , s m, [Ascyrum.-maqno flore, j C’est le nom d’une plante, qui pousse une tige à la Tom. L V % 6 hau- 156 ASP hauteur d’une coudée & demie : au sommet de laquelle naissent ses fleurs en forme de rose. Voïez C. Baub. {f ASIARQUE. On apelloit dans l’ancienne Grece , ácidç%a , celui qui étoit choisi par les Villes principales de l’Asie, pour présider aux jeux que l’on célébroìit à l’honneur de l’Empereur, & aux sacrifices que l’on faisoit pour fa prospérité, ou pour quelque autre cause qui le concernoit. Voïez Vandale, différs. 3. cap. 3. Plusieurs médailles nous aprennent, que les grandes Villes avoient leurs Alìarques en particulier ; & l’on trouve des Asiarques de Smyrne, de Pergame, dc Sardis. ASIATIQUE, adj. {Aslaticussi Ce mot, qui naturellement signifie celui qui est ne en Asie, est em- ploïé pour marquer un stile diíus & chargé de paroles superflues. (Cet auteur écrit d’un stile trop asiatique. II est oposé à Laconique.') t ASINE ,sf L Aslninus. ] Bête asine. On se sert de ce mot au Valait, pour designer un ane , & pour éviter de prononcer ce mot en public, parce qu’ïl excite à quelque risée. f ASLANI, qu’on nomme aussi improprement, Asselani , est le daller ou piastre Hollandoise , qui a cours dans toutes les Echeles du Levant. Les Turcs, qui nomment un lion, Aslani , lui ont donné ce nom, à cause de ceux dont la figure est empreinte fur cette piéce. ASME ou ASTME , f. m. {AstmaJ On écrit, & l’on prononce aussi ces mots des deux manières qu’ils sont écrits, avec un t ou fans t. Voïez aussi Ajìhme en son rang. ASME, J. m. 11 vient du Grec astma. C’est une dificulté de respirer, grande, fréquente & pénible, & ordinairement sans fièvre. (Un asine fâcheux, dangereux, incommode, cruel, convulsif. L’asine vient le plus souvent, de ce que les poumons reçoivent un air qui ne leur est pas propre , ou de ce qu’ils n’en reçoivent pas assez pour fournir à leurs fonctions. (Avoir un asine, être ataqué d’un asine. On l’a guéri d’un asine. 11 y a souvent des dispositions malignes dans la poitrine, qui peuvent causer l’asme. L’asine se forme quelquefois de la mauvaise conformation de la poitrine. On attribue aussi l’asine à la mauvaise disposition de l’air. Etre travaillé, être tourmenté d’un asine très-dangereux. II est malade d’un asine qui le tuë.) ASMATIQUE. [ AJlmaticm .] Ce mot, pris généralement; est un substantif masculin ; il signifie qui a de la peine à respirer. ( La laitue ne vaut rien aux asmatiques. On doit saigner les asinatiques & leur tenir toujours la tête un peu haute, lors-qu’ils sont ' couchez. Les vents froids sont contraires aux asinatiques. II y a de certains sirops de pourpié très-bons aux asmatiques. Pharmacopée de Char as.) ASMATIQUE, adj. Qui est malade d’un asine. (II est asinatique, elle est morte asmatique.) ASPALATHE, f tn. Bois d’un petit arbre épineux qui aproche du bois d’aloës, & dont les parfumeurs se servent pour donner du corps à leurs parfums. Les Botanistes en distinguent de quatre sortes, de couleur de boïiis, de rouge, de brun, & de couleur de pourpre. ASPECT, / m. II vient du Latin ajpeclus, c’est- à-dire, vûë, regard. (A cette heure je pourrois être ravi de l’aspect de ton maître. Bail. ép. t. 1. ep. 2. Croie-tu que mes chagrins doivent i évanouir, A l’aspeH d’un bonheur dont je ne puis jouir ? Rac. Iphigénie, a. 2. sc. 1. Je le vie,sonajpefl n’avoit rien de farouche, Rac. Iphigénie.) ’ t§ M. Corneille a dit dans son Polyeucte : Le Prêtre avoit à peine obtenu le silence, Et devers l’Orient assuréson aspect. Je crois aspect est proprement l’objet qui se présente à • nos yeux. ( Cette maison a un aspect agréable.) ASPECT , s. m. {Prospectus.)} Terme d’ Architecte. Objet de vûë, objet éloigné qui frape la vûë. C’est une maison d’un bel aspect. Aspect d’édifice fort correct, prendre lesalignemens des rues selon l’aspect du ciel le plus avantageux.) ASP ASPECT , f. m. Terme d ’Astronomie & á'AJìroh-, gie. 11 se dit des planètes à l’égard de la diférente situation qu’elles ont entre elles. (Aspect bénin, aspect malin. Les aspects de Jupiter sont bien-faisans. Regarder en trine aspect. Aspect quadrat, aspect sextil, aspect de conjonction d’oposition, &c.) £ ASPECT, f. m. On apelle ainsi la repésentation d’une côte & d’une terre dans les cartes marines. Les aJpeCís 0 f les vuês sont bien dépeints dans cette carte. ASPERGE ifs {.Asparagus hortenjls , sativus .] Plante apéritive qui produit des tiges tendres , vertes, lisses, rondes, fans feuilles , & presque de la grosseur d’un doigt. Les asperges sont chaudes , excitent à l’amour, & lèvent l’obstruction des reins. ( Petite asperge. Grosse asperge. Faire vendre des botes d’as- perges.) ASPERGEZ, f m. {Ajpergillum , ajpersorium.'] Ce mot vient du Latin aspergere, arroser. On s’en sert plus en Province qu’à Paris, où l’on dit goupillon ou aspersoir. Voïez ajpersoir. ASPERGOUTE , s s {Bubonium , inguinatit .] Nom d’herbe. ASPERSER, v. a. U vient du Latin aspergere. C’est jetter de seau avec un aspersoir. II ne se dit proprement qu’en parlant des choses saintes, & il n’estpas encore bien établi. Cependant des gens d’esprit le trouvent bon, & croient qu’il mérite aussi-bien d’avoir cours qu ’aspersion & qu’ aspersoir. (Vous asperserez le haut de la porte, & les poteaux. Port-Royal, Ecriture Sainte >, Lévitique, ch. 12. Ceux qui ne sont pas pour ajperser, disent, vous ferez l’asperslon fur le haut de la porte & des poteaux.) ASPERSION , s. s. II vient du Latin ajperso. II ne se dit proprement qu’en parlant des choses saintes. C’est l’épanchement qu’on fait de seau benite ou d’autre chose considérable, avec le goupillon. On ne faisoit autrefois dans l’Eglisc l’asperíìon qu’avec une queue de Renard, & pour cela on apelloit le goupillon, Vulpilio. Vous prendrez de shuile de consécra- tion, & vous en ferez saspersion sur les vêtemens du Roi. Port-Royal, Ecriture Sainte , Exode, chap. 29. Sous l’Empereur Valentinien , des personnes considérables firent des sacrifices nommez Taurobilia, c’est-à- dire, aspersion de sang de Taureau. Hisioire des oracles, i.part. c. 4.) * ASPERSION , f. f. 11 se dit aussi, au figuré, dans les discours de piété, parlant du cœur, de la consience ou de famé. C’est un saint épanchement, & un saint arrosement de la grâce sur le cœur, dans famé , ou dans la consience. (Avoir le cœur purifié des souillures dc la mauvaise consience par une aspersion intérieure. Port-Royal.) ASPERSOIR, f. m. ajpersoire , s. f. II vient du Latin ajpersorium. ( Quelques-uns disent afpersoire & le font féminin , sécrivant avec un e final ; mais la plupart sont pour aspersoir , & le font masculin, & même ils font sentir la lettre r à la fin. C’bst une maniéré de bâton de métal fort propre, ou de bois fort leger & proprement tourné, long d’un pié & demi, à l’un des bouts duquel on atache plusieurs brins de poil pour prendre de seau benite, & en faire saspersion. (Un aspersoir très-propre, & très-bien fait, prendre de seau benite avec s aspersoir, & en jetter sur le peuple.) í ASPHALTUM, ou Bitume de Judée. Ce bitume se tire du Lac Asphaltique, autrement Mer morte, dans la Judée. C’est une espece de graisse noirâtre , qui nage .sur la superficie des eaux de ce Lac. On croit que cette graillé est le véritable Asphaltant, dont les Juifs se servoient autrefois pour embaumer leurs morts, & qui est encore en usage ; soit dans la Médecine, où il entre dans la composition de la Té- xiaque ; soit pour faire ces beaux vernis noirs, qui imitent fi bien ceux de la Chine. í ASPHALTUM. Espece de pierre, ou de matière minérale, qui se trouve dans la valée de Sydim en Asie, près de l’ancienne Babylone. On en a découvert une mine dans le comté de Neuchatel en Suisse, & le Sr. de la Sablonniere obtint en 1720. le privilège d’en faire seul le commerce en France. On atribuë à cet Aspalte minerai trois proprietez. 1. On en fait un excellent ciment, incorruptible à l’air, & impénétrable à seau. 2 0 . Avec shuile qu’on en peut tirer, on compose une espece de goudron, propre à calfater les vaisseaux, qui les garantit mieux des vers, que les drogues ASP gués ordinaires dont on se sert pour le calfat, & qui résisté davantage aux impressions de seau douce & de seau salée. s. Son huile sert dans la Médecine & la Chirurgie pour la guérison de divers maux, fur tout pour celle des ulcérés, & de toutes les maladies qui surviennent à la peau. ASPHODEL , s m. II vient du Grec. En Latin Astbode/us. C’est une forte de plante que je ne trouve en François que chez l’ami d’Ablancourt. (Il ' n’y a parmi nous que l’asphodel, & de la viande pour les morts. Lucien, tome i.«pastage de la barque.) ASPIC , s m. On prononce toutes les lettres du mot astic. II vient du Grec; les François font pris du Latin astis. Serpent de couleur cendrée, long de trois ou de quatre coudées, fréquent en Afrique & aux p aïs chauds, qui sifle fort, qui a vingt-quatre dents, les yeux étincelans, la peau rude, & qui est très-veni- meux, Marniol , voyage d’Afrique , & Jonston. (Aspic mâle, aspic femelle. L’icneumon , petit animal rusé qui haït saspic, & qui en est mortellement haï , parce qU’il lui donne la mort , &c. Opian, traité de la t baffe, l. ;. Cléopâtre mourut d’un aspic qui la piqua, & son corps , après fa mort, fut mis auprès de celui d’Antoine son amant. Citri , triumvirat, %. partie,, cb. ;r. L’aspic fait sa piqueure presque imperceptible. Son venin d’abord cause une démangeaison agréable par le moyen de laquelle le cœur & les entrailles se débatent & reçoivent un poison contre lequel il n’y a plus de remède. Thiers , traité des jeux, cb. ;. D’au- tres disent que l’aspic envenime en mordant; & que si-tòt qu’on en est mordu, les yeux se troublent, le visage pâlit , & on tombe en sincope. Ce sentiment semble assez probable. L’aspic va toujours avec fa femelle, & si l’on en tuë l’un ou l’autre, celui qui survit, ne songe qu’à vanger la mort de l’autre.) * ASPIC, f. m. [ Malus, maledicm .] Ce mot au figuré est beau : c’est-à-dire , malin & méchant, méchant & dangereux. C’est un aspic que cette femme- là. Le Comte de Villa Mediana parlant, dans un sonnet, de la méchanceté des Dames, dit, es mas que un aspic arrogante y fiera. (Ou du monjìre Ecojfois la Doflrine insensée A cette ame blessée. Ou /'aspic de Capou'é inspire dans son cœur Cette insolente aigreur. Port-Royal, poème de S. Prosper. . Ce vieillard fi sage & si éclairé foule aux piés les aspics & les Basilics. Port-Royal, poème de S. Prosper en prose.) (g Et ce cruel aspic, tout écrasé qu’il est, Ou n’efl pas mort encore, ou mort même renaît. ASPIC , f m. Ce mot vient du Latin spica. C’est une plante qui a les feuilles longues, pointues & odorantes. II y a en Espagne & en Languedoc, des montagnes où fleurit saspic. On dit que saspic est odoriférant & agréable. Da/écbamp , Histoire des Plantes , t. i. /. 8- cb. 20. Morin dit que saspic est une plante qui craint le froid, & qu’elle est sèche & chaude. $ Les Botanistes l’apellent Lavande mâle, en Latin Lavendula mas. Ils lui donnent encore d’autres nomsj comme, Spica Hardi, Nardns Italica, ou Pfiudonardus. L’huile d’aspic est tirée des fleurs & des petites feuilles de cette plante. Elle entre dans plusieurs compositions galeniques ; les Peintres & d’autres Ouvriers s’en fervent. II n’y a que cette huile qui puisse dissoudre le Sandarac, ce qui fait reconnoítre la véritable d’avec celle qui est contrefaite. $ ASPINY , ou Epines Anglieres. Drogue qui sert à la Médecine. ASPIRANT, aspirante, adj. [Yocalis stiritu aspe- ro elata .] Terme de Grammaire , c’est-à-dire, qui aspire. Si l’on ne faisoit point Yb aspirante dans héros, on feroit une fâcheuse équivoque. Vaug. rem. ASPIRANT, f m. [ Candidates. ] Terme général qui se dit entre gens de métier. C’est celui qui a achevé le teins de son aprentissage, & qui aspire à se faire recevoir maître, faisant son chef-d’œuvre, & autres choses acoûtumées. (Les Jurez donnent le chef- d’œuvre à l’aspirant. Un des anciens du métier présente l’afpirant aux Jurez, & ils l’examinent. Statuts des Vitriers , article 7.J ASPIRANTE, f. f. ÍQUse aspirat, contendìtf] Terme de Religion. Fille qui a fait son Noviciat, qui A 88 157 aspire à être reçue & à faire solemnellement les vœux de Religion. (C’est une aspirante fort sage qui s’est bien aquitée de son devoir pendant son Noviciat.) ASPIRANTE, s s. Terme de Bouquetière, & d’autres filles qui ont fait leur aprentissage, & qui ne sont pas encore reçues maîtresses. C’est celle qui après avoir achevé son aprentissage, se présente aux Jurées de son métier pour faire le chef-d’œuvre qu’elles lui donneront. Les Jurées bouquetières ayant marqué à Palpitante le chef-d’œuvre qu’elle doit faire, s’enquié* rent de la vie de Palpitante, & si elles trouvent qu’il n’y ait rien à dire, elles lui font prêter serment de fidélité devant le Procureur du Roi du Châtelet, & la reçoivent maîtresse Bouquetière. Voïez leurs statuts. ASPIRANTE, adj. Terme de Mécanique. On apelle Pompe aspirante, celle qui éleve seau en sa- tirant. On ne se sert guère du terme aspirante au propre, que quand il s’agit d’une pompe de cette espece. ASPIRATION, s /• Prononcez aspiracìon. II vient du Latin aspiratio. Quelques-uns s’en servent dans le sens de respiration, mais ces gens parlent comme le pauvre T. & le bon homme N. pour dire très-mal. * ASPIRATION , s. f. [Breves U ardentes ad Deum preces .J II se dit dans des discours de piété. C’est un élancement du cœur à Dieu, ou vers le Ciel. (De saintes aspirations, de ferventes & dévotes aspirations. Tout le tems de 1 étude sc passoit en aspirations dévotes. Boub.vie de S. Ignace , /. 2.) ASPIRATION, f f. [ Vocalis elatio fortior U ttspe- rior .J Terme de Grammaire. C’est une prononciation aspirée, & qui marque qu’on doit prononcer la lettre b dans de certains mots, & que la voyelle qui est devant cette h , ne sc perd point. (Par exemple, le mot de Rolande se prononce avec une aspiration, car la voyelle qui le précédé ne se mange pas. On dit, la Rolande, & non pas, l’Hollande est un heureux païs, parce qu’elle est riche & qu’elle jouit d’une adorable liberté.) ASPIRER, v. a. [ Vocalem spirìtu aspero efferre.f Terme de Grammaire. Il se dit de certains mots qui commencent par une h, St il signifie que Yb de ces mots est regardée comme une consonne, & que la voyelle qui la précédé ne se perd point devant elle. Le mot de héros aspire son h. Vaug. rem. * ASPIRER , v. n. II vient du Latin aspirare. C’est prétendre, désirer, avoir dessein d’obtenir. (C(st au repos d’esprit qu’il noue saut aspirer , Desp. Dapbnis, n’aspirons plus aux grandeurs de la terre . Malevìlle, Poésies mêlées.) f ASPIRER , terme d e Doreur. On dit que for com leur aspire sor, pour dire, qu’il satire , ou plutôt qu’il le retient. II se dit pareillement de ce qu’on apelle l’Aaffiete dans la dorure en détrempe. í ASPRE, f f Petite monoïe d’argent, qui sc fabrique , & qui a cours dans tous les Etats du Grand Seigneur. Elle vaut un peu plus que huit deniers tournois. í ASPRESLE, ou PRESLE , qu’on nomme auíîì queue de cheval, en Latin Equijecum.. Herbe, qui a les feuilles fort rudes, & la tige creuse & noueuse, avec quantité de petites feuilles très-minces autour de chaque nœud, dont divers ouvriers & artisans se servent , pour adoucir leur ouvrage. ASPRES , &c. Votez APRE, &c. ASSABLER , v. a. f Arenà cumuiare. J Remplir de fable. Couvrir de fable. (On dit que la mer affable un port quand elle le remplit. La mer , avec le tems, a affable'le port d’Aiguemortes, où S. Louis s’em- barqua. On dit qu’une rivière affable des prez , quand elle les couvre de fable.) S’ASSABLER, v. r. f Arenà cumulari .] Se remplir de fable. (Quand un Ingénieur bâtit un port, il doit prendre soin d’empêçher qu’il ne s’assable.) S’ASSABLER, t», r. fin arenam impingere. ] Demeurer arrêté fur le fable. (On s’assable souvent en détendant sur la rivière de Loire. Les grands vaisseaux s’assablent fur les bancs, & y échouent.) ASSABLE’, affublée, part., f Arenà curnulatus, oper - tus. J Rempli de fable, arrêté sor le fable. (Port astable. Terres affublées. Vaisseau assablé, &c. U ? f AS- 15 B ASS í ASSA DOUX. L’on nomme ainsi quelquefois le Benjoin. ASSAILLANT , s m. lAggressor .] Celui qui ata- que, qui assiège. (Redoubler l’ardeur des astadlans. Abl. Tac.) ASSAILLANT. Terme de Tournois. [pppugnator.J Celui qui s’ofre de soutenir le contraire de ce que le tenant avance dans un défi. f * ASSAILLANT. Qui ataque de paroles ; qui entreprend de pousser quelcun. (Je n’ai déja que trop d’un si rude assaillant. Mol.) ASSA-FOETIDA, f fi Terme de Pharmacie Gomme visqueuse d’une couleur, & d’un goût amer & piquant. $ Cette gomme se tire d’une plante, qu’on apelle en Latin Laserpitium , dont la tige ressemble a la ferule, & les feuilles à l’ache, & qui porte une graine large. L’odeur de cette gomme est si forte , & si puante, que les Alemans l’ont apellée Stercus diaboli. Les Droguistes lui donnent le même nom en François ; l’apellant aussi Suc Syriaque, Liqueur de Syrie, & Suc de Medie. ASSAGIR , ». r. [Erudire.) Rendre sage. Les tems & les malheurs l’ont assagi. (Ce mot commence à vieillir.) ASSAILLIR, ». «. [ Aggredi, adoriri, invadere .] Mot qui signifie ataquer & qui vient du Latin AJJili- re. 11 est un peu vieux. Cependant, comme les bons Auteurs l’emploïent, on s’en peut servir quelquefois à leur exemple, & fur tout au figuré, dans les discours de vers ou de prose. Le verbe assaillir, se conjugue ainsi, Jafsaux, tu ajsaux, il assaut. Ces trois premières personnes ne se trouvent point dans les bons Auteurs. Mais on y trouve les autres, nous assaillons, vous assaillez, ih assaillent. J’assaillis, j’assaillirai. Que f assaille. Que f assaillisse, s assaillir ois. (Lorsque l’on se voit assaillir. Par un secret venin qui tue. Voit. Poés. J’étok dans les transports des prémiéres délices , Lors qu’une ardente fièvre assaillit la beauté , Qui d,edansses liens tenoit ma liberté. Habert, temple de la mort. Les défiances qui me venaient de quiter , m’assaillirent. Voiture, lettres amoureuses, lettre 55. Ma foi, le combat fera chaud, Lors qu’en l’amoureuse carrière Robin assaillira Cataut. Recueil de Poésies de Saci. ASSAISONNEMENT, s. m. [Conditio, condi- mentum.-] Aprêt. Ce qui sert pour acommoder quelque viande. * ASSAISONNEMENT. Ce qui relève une chose, & la rend plus agréable, ou plus délicieuse. (Les plaisirs sont de peu de durée, s’ils ne sont acompagnez de quelque assaisonnement.) ASSAISONNER, »• a. [ Condire. ] Accommoder avec des choses qui piquent & flatent le goût. Aprê- ter. (Assaisonner une fricassée de poulets.) * ASSAISONNER. [ Mscere, jungere , comitari. ] Mêler , joindre , acompagner. (Je veux que l’esprit assaisonne la bravoure. Mol. II faut assaisonner le plaisant à Futile. Desjt.sat. 9.) ASSAISONNEUR , s. m. [ Fartor .] Celui qui assaisonne. (Ce cuisinier a le goût fin, il est un bon assai- soeneur.) ASSAKI , s f C’est le titre qu’on donne dans les relations à la Sultane favorite, qui est la maîtresse du Grand Seigneur. ASSAPANIK , s m. Petit animal de la Virginie que les Anciens apellent écureuil volant , parce qu’il vole en étendant ses jambes & fa peau. ASSASSIN , s m. [ Percussor .] Celui qui assassine , celui qui tuë une personne en trahison. (Les assassins sont indignes de joiiir de s’azile des Eglises. Pasc. lett. 6 . Les assassins sont horribles , infâmes, cruels, exécrables & indignes de pitié. Oui, c’ est mon ennemi , l’objet de ma colère, L’auteur de mes malheurs, P assassin de mon père. Corneille , Cid. a. 1. sc. 3. Henri III. ayant reçû un coup de couteau au ventre, en retira le couteau. & en frapa son afajsin au front. ASS Journal de Henri IIT. p. 14).) Ce mot vient du Levant, d’un Prince des Arsacides 011 assassins , quien- voïoit des gens pour tuer les Princes ses ennemis. t * ASSASSIN. [Sicarius.J Qui tué impunément. (Que dit-il quand il voit avec la mort en trousse, Courir chez un malade un assassin en housse ? Desp. fat. 8-) f * ASSASSIN, assassine , adj. Si beau qu’il fait languir, soupirer , & mourir amoureusement. (Visage assassin. Voit. Poés. Beaux yeux assassins, soïez plus doux , ou bien nargue de vous. Scar. Poés. Que dit-elle de moi, cette gente assassine ? Mol.) ASSASSINANT , assassinante , adj. [Gravis , môle. fus. Ce mot, au figuré , est satirique , & veut dire, ennuieux , fatigant. (Un compliment assassinant , une douceur , une honnêteté, une civilité assassinante. Ce sont des redites assassinantes.) ASSASSINAT , f. m. \Cades ex improvìso , exinfidm.) Meurtre commis en trahison & de dessein formé. (Un cruel , un horrible assassinat. Commettre un assassinat.) f * ASSASSINAT. Meurtre galand & amoureux. Perte. (11 s’étoit caché toute fa vie pour faire cet assassinat. Voit. Poés. Je crains quelque assassinat de ma liberté. Mol Précieuses.) ASSASSINATEUR, f. m. Celui qui tuë une personne en trahison & de dessein formé. Quelques rafineurs desaprouvent le mot d ’ajjaj/inateur , & d’autres personnes d’esprit l’aprouvent & s’en servent. (11 est devenu l’assaffinateur de son père, & un monstre de nature. Caïn fut le prémier des assaffinateurs. Le Mail. plaid, ig.) Voïez le P. Bouhours, Doutes, pag. 13. & 14 - ASSASSINER, ». a. {Interimere, trucidare ex improvise, ex injldiis .] Tuer en trahison, & de dessein formé. (Un scélérat qu’on apelloit Raugaire , assaillira Grimoald, fils aîné de Pépin, Maire de France. Voïez l’Hisloire de France, vie de Dagobert. Henri 111 . se sentant blessé par son assassin , & voïant son sang couler, s’écria , ah! malheureux, que t’avois-je fait pour me venir assassiner? Journal de Henri III. pag. 147.) H ASSASSINER, ». a. On le dit aussi par exagération , pour outrager, exceder de coups en trahison, quoique la mort ne s’en soit pas ensuivie. On l’a assassiné de coups. 11 a rendu fa plainte contre ceux qui Font assassiné. t * ASSASSINER, ». a. II sc dit en riant, & en parlant d’animaux qu’on tuë à la chasse. (II portoit un grand fusil, dont il avoit assassiné plusieurs pies, Bear. rom. comique, t. 1. c. 1.) * ASSASSINER , ». ct. [ Detrahere. ] II entre dans des façons de parler, où il lignifie autant que médire. (C’est là qu’on épargne , qu’on assassine ses abscns à coups de langue. Scaron. rom. tom. 1. c. 3.) * ASSASSINER , ». ct. [ Gravent ac molesium esse. ] Dans le comique il signifie aussi fatiguer, incommoder, ennuier, faire bâillera force d’ennuis. (lis assassinent les gens de leurs ouvrages. Mol. crit. sc. 6.) ASSASSINER, ». ct. [Vexare.J Faire souffrir cruellement , acabler de chagrin & d’ennuis. ASSASSINER. En ce sens , se dit par raillerie. (11 est de ces maris que la jalousie assassine. Main. Pois.) [s Ne m’assassinez point , je vous prie, Par les sensibles coups d’un soupçon outrageux. * ASSASSINER , ». ct. 11 sc dit aussi en parlant d’sl- mour. C’est faire mourir amoureusement; mais en ce sens il est un peu comique. Votre beauté assassine. Voit. Poés. Ses regards assassinent tout le monde. Scar. Poés.) ASSATION , s s [Ufìio.s Terme de Pharmacie. Coction des médicament & alimens dans leur propre suc , & sans addition d’aucune autre liqueur. (Le cassé se prépare par assation.) ASSAUT ,s m. f Aggresjio, oppugnatio. J Ataque violente, & faite à Fimproviste. (Mener , monter à l’assaut. Emporter d’assaut. Donner Faisant à une place. Prendre par assaut. Prendre d’assaut.) ={= ASSAUT. II y a une grande diférence entre se terme à’assaut, & celui à’escalade ou à’ataque d’insulte, comme un savant Officier Fa remarqué. Cependant nos Historiens modernes, & nos Traducteurs ses plus habiles, confondent ces termes comme s’ils étoient ly- nonimes. Les Dictionnaires les plus aprouvez font la même faut*, & apellent alsaut toute sorte d’ataque violents ASS lente. Voici la véritable idéé qu’on doit se former de ce terme militaire. Assaut est une ataque vive & violente, faite à me brèche des murs d.’une ville , soit far le Bélier , soit far la sappe à la maniéré des Anciens } soit par le Canon , par les mines ; ou par tout. autre moien. Lors qu’on s’est rendu maître d’une place par escalade ou par une ataque d’emblés, on ne doit pas emploïer le terme à’assaut, qui íupote toujours une brèche. On insulte un poste, un camp retranché, on ne le prend pas d ’assaut. Les Anciens fortifioient leurs camps comme des villes de guerre. On les efca- Jadoitsouvent; & quelquefois on emploïoit les machines pour batre les retranchemens. Si on ataquoit les brèches pendant qu’on efcaladoit de toutes parts , c’é- toit une escalade accompagnée d’un assaut, comme celle du Pirée par Sylla. César & Tacite nous en fournissent divers exemples remarquables. D’Ablancourt, Arnaud d’Andilly , Mezerai, le P. Daniel & beaucoup d’autres Ecrivains célébrés , ont confondu ces termes militaires, qu’on doit distinguer avec foin. Votez le Commentaire du Chevalier de Folardsur Polybe, Tome III. page 20. de l’Edit. d’Amsterdam. (f Malherbe afectoit certains termes qu’il mettoit souvent en œuvre improprement. Dans le poème des Larmes de Saint Pierre : Cet assaut comparable à t éclat d! une foudre, Poust'e gs? jette d un coup ses défenses en poudre. Et ailleurs : Ce n’est pas en mes vers qu’une amante abusée Des apas enchanteurs d’un parjure Thésée, Après l’honneur ravi de fa pudicité, Laissée ingratement en un bord solitaire, Fait de tous les assauts que la rage peut faire Une fidèle preuve de l’infidélité. On a remarqué fort justement, que l’on dit livrer , donner un assaut , & non pas faire un assaut , st ce n’est chez les Maîtres d’Armes. II a parle plus juste dans des stances où l’on. lit ce vers : Non, non , quelques assauts que me donne t envie. Un assaut comparable à Iéclat dune foudre. Ea comparaison est elle-juste ? Le simple éclat de la foudre n’a . pas de raport aux funestes éfets qu’elle produit, ni au ravage qui est la fuite d’un assaut. Peut-on dire , une amante abusee des apas enchanteurs ? La régie veut que l’on dise, par des apas, Ç£c. * ASSAUT.,/ m. Ce mot signifiant une ataque vive & violente, est quelquefois pris figurément, & veut dire dans son sens figuré, une prise prompte & subite, vive & soudaine. ÇU amour, qui gagne un cœur plus vite qd il ne faut, A fe voir trompéje hazarde, Les cœurs que l’on prend d’assaut, Sont de fort difficile garde. . La Suze, recueil, i. part.) ASSAUT. Terme de Maître d armes. [Impetus, imprejjio.j Combat de deux personnes à coups de fleuret. (Faire assaut contre quelcun.) * ASSAUT. [Provocatiost Combat d’efprit. (Faire assaut de réputation contre quelcun. Scar. let. Faire assaut de zélé avec quelcun.) ASSAZOE , / f. Herbe qui croît dans l’Abissinie, & qui a une si grande vertu contre les venins, qu’on prétend que son ombre feule assoupit les vipères. ǧ ASSEC, quand un étang est pêché , il reste fans eau , & l’on dit en Bresse , que l’étang en est ajsec. í ASSECTEUM. Drogue dont il est fait mention dans le Tarif de la Douane de Lyon. ASSECUTION, / f. ÍConsecutio .2 Ternie de Droit Canon , qui fe dit de l’obtention d’un bénéfice. (Un prémier bénéfice est vacant par ì’ajfecution d u second , quand il y a incompatibilité entr’eux. ASSE'EURou ASSEVEUR , selon quelques-uns,/ m. [Qz« tributa difìribuit.j Mot d’ufage dans les élections , pour signifier un collecteur de tailles dans les Paroisses de la campagne. ( Ce païfan a été nommé pour faire la Charge d ’Ajséeur & Collecteur.) * ASSELANI. Volez ASLANI. ASSEMBLAGE, / m. [Compaflio , copulatio, jun- flura.j Union, ramas & conjonction de plusieurs choses ensemble. (Faire un heureux astembiage de sciences & de vertus. Maucroix. C’est par Yassemblage & le mélange des élemens., que le Principe éternel a pro- ASS 159 duit tout ce que nous volons. Abl. Luc. t. 2. Le discours n’est qu’un assemblage d’expreffîons , & les expressions qu’un assemblage de mots. B’aucourt , ep. lett. 7. II a fait un assemblage confus de bons & de médians livres.) ASSEMBLAGE,/ nt. Terme de Charpentier & de Ménuifier. U se dit des ouvrages qui se font de plusieurs piéces jointes & liées ensemble, ou simplement colées les unes avec les autres. (On fait des assemblages à mortaises^ & à tenons , à queue d’aronde, &c. Un ç. table d assemblage faite de plusieurs pièces jointes & colées ensemble , sans aucun placage.) ff ASSEMBLAGE. Ce terme est trop en usage parmi les Charpentiers & les Ménufiers , pour fe contenter de l’explication contenue dans le précédent article. Les Charpentiers apellent' *ajjemb!age par tenon U mortoìj’e, celui qui fe fait par une entaille apellée mortaise , laquelle a d’ouverture la largeur du tiers de la piéce de bois, pour recevoir l’about, ou tenon d’une autre piéce taillé de juste grosseur pour la mortaise qu’il doit remplir , & dans laquelle il est toujours retenu par une ou deux chevilles. ASSEMBLAGE à clef. Celui qui pour joindre ensemble deux plates-formes de comble , ou deux moises de fil de pieux, fe fait par une mortaise dans chaque piéce , pour recevoir un tenon à deux bouts, apelié clef. ASSEMBLAGE par entaille. C’est celui qui se fait pour joindre bout à bout, ou en retour d’équerre , deux pièces de bois par deux entailles de leur demi épaisseur, qui font ensuite retenues avec des chevilles ou des liens de fer. II se fait aussi des entailles à queue d’aronde ou en triangle, à bois de fil, pour le même assemblage. ASSEMBLAGE par embrevement. Espèce d’entaille en manière de hoche , qui reçoit le bout démaigri d’une piéce de bois, fans tenon , ni mortaise. ASSEMBLAGE en cremilìere. II se fait par entailles en maniéré de dents de la demi épaisseur du bois , qui s’encastrent les unes dans les autres , pour joindre bout à bout deux pièces de bois, parce qu’une feule ne porte pas assez de longueur. Cet assemblage se pratique- pour les grands entraits & tirans. ASSEMBLAGE en triangle. Celui qui, pour entre deux fortes pièces de bois à plomb , se fait par deux tenons triangulaires à bois de fil de pareille longueur, qui s’encastrent dans deux autres semblables ; enforte que les jointes n’en paroissent qu’aux arrêtes, ASSEMBLAGE en épi. Parmi les Menuisiers on dit, ASSEMBLAGE quarré. Celui qui fe fait quarrément par entailles de la demi épaisseur du bois , ou à tenon, ou à mortaise. ASSEMBLAGE en bottëment. Celui qui ne difere de l’assemblage quarré, qu’en ce que la moulure qu’il porte à son parement, est coupée en anglet. ASSEMBLAGE en anglet, ou plûtòt en onglet. Celui qui se fait en diagonale sur la largeur du bois, & qu’on retient par tenon & mortaise. ASSEMBLAGE en faujje coupe. Celui qui étant en anglet, & hors d’équerre , forme un angle obtus ou aigu. ASSEMBLAGE à chef. Celui qui pour joindre deux arcs dans un panneau, se fait par des clefs ou tenons perdus de bois de fil à mortaise de chaque côté colez & chevillez. ASSEMBLAGE à queuè d’aronde ou d’ironde. Celui qui fe fait en triangle à bois de fil par entaille, pour joindre deux ais bout à bout. ASSEMBLAGE a queuè percée. Celui qui fe fait par tenons à queue d’aronde, qui entrent dans des mortaises, pour assembler quarrément & en retour d’équerre, deux ais. ASSEMBLAGE à queuè perdue. Celui qui n’est di- ferent de la queue percée, qu’en ce que ses tenons font cachez par un recouvrement de demi épaisseur à bois de fil, & en anglet. ASSEMBLAGE en adent, que les Menuisiers apellent aussi grain d’orge. Celui qui pour joindre deux ais par leur épaisseur, fe fait par une languette triangulaire qui entre dans une rainure en anglet. ASSEMBLE'E , / f \Conventum , concilmmé] Jonction & rencontre de plusieurs personnes en un même lieu, & pour un même dessein. (Assemblée générale. Assemblée des Etats. Assemblée du Clergé. Les assemblées i 6o ASS hiées du Clergé de France n’ont commencé à se régler, à peu près comme elles font aujourd’hui, que fous le régne de Charles IX. Elles devinrent alors trés- fréquentes, & en 1606. il fut arrêté que les Assemblées générales í’e feroient de dix en dix ans , & les petites de deux en deux ans. Quand le Roi veut convoquer une assemblée du Clergé, il le fait par des Lettres de Cachet, qu’il adresse aux Agens du Clergé. Et ensuite le Clergé de chaque Province choilit les Députez, deux ou trois , selon la qualité de Y Assemblée. Patru, plaid. 2. partie. On dit, faire des assemblées ; tenir une assemblée clandestine, illicite, &c. ASSEMBLE'E , s. f. \CietM.~] Gens assemblez. (Parler devant une assemblée, comparoître devant une assemblée. Congédier,, rompre Rassemblée. Vaug. Quint. I. 8-) ASSEMBLF/E. [ Circulm. ] Terme de Religieuse. Lieu où dans un certain tems les sœurs s’assembient pour traiter des choses nécessaires, ou pour s’acuser des fautes légéres qu’elles ont faites. La chambre où l’on va se recréer a midi, &c. (Aler à Rassemblée.) ASSEMBLE'E [Signum tympani .] Terme de Guerre. Certaine baterie de tambour pour avertir les soldats qu’ils aient tous à s’assembler dans un lieu. (Batre Rassemblée.) H On apelle quartier d’assemblée, le lieu ou les troupes doivent se rendre ; & en termes de Chasse, on apelle lieu d’assemblée, le rendez-vous de la chasse. ASSEMBLER , v. a. [ Conjungere, copulare .] Mettre ensemble. Joindre ensemble. (Assembler le corps d’un pourpoint, un haut de chausse. Assembler les Lettres. Assembler du cordage, des gerbes, &c. ASSEMBLER. [Congregare, cogéré, convocare.'] Convoquer, amasser plusieurs personnes dispersées , & les faire trouver en un certain lieu. (Assembler des troupes. Le Seigneur les a assemblez de divers pais. Arn. Assembler les Chambres. Terme de Palais.') ASSEMBLER. [ [Compaginare .] Ternie de Libraire. C’est mettre les feuilles d’un Livre selon l’ordre des signatures, qui sont des lettres de Ralphabeth qui distinguent chaque feuille. ( II faut vite assembler les feuilles de ce Livre.) S’ASSEMBLER, v. r. [Convenire, in unum cotre.) 11 sc dit de diverses personnes qui sc rendent en un certain lieu. (Le peuple s'ajsemble. Le premier jour de la Semaine les fidèles R assemblaient, & chacun ofroit ce qu’il avoit mis à part du gain de la semaine pour les besoins communs. Fra-Paolo , des Bénéfices.) ASSENER, o. a. [Certo iclu desìinatam corporis partem petere .] Porter un coup, & fraper justement où l’on vise, & où l’on tâche de donner. Ce mot vieillit un peu. (On afsene mieux son coup à pié qu’à cheval. Abl. ret. On lui assena un grand coup de bâton fur la tête. L’Auteur des muv. remarq. de Vau- gelas. Je voudrais à plaisir sur ce mufle assener Le plus grand coup de poing quise puisje donner. Mol. tartufe, a. <;.sc. 4. Cf ASSENNE- Ce terme signifie, dans les Coûtantes de Valenciennes , art. 84. & de Lille, art. 203, la même chose que Assignat. {VAfferme de la dot d’u- ne femme.) Mais dans la Coutume d’Auvergne, cb. aï. art. 6 . assenner signifie mettre en Ja main. (Le Seigneur peut faire affermer la chose tenue de lui.) ASSENTATEUR m. [ AJentator.) Fiateur, complaisant. Ce mot est vieux. ASSEOIR, v. a. Mettre fur les fesses. (Asseoir un enfant fur une chaise.) ASSEOIR. [Collocare , ponere .] Poser. Mettre dessus. Etablir. ( Quand il eût eu des vasseanx , on n’y eût sqû asseoir les machines. Vaug. Quint. I. 4. Alexandre assit son camp, & se retrancha au même endroit. Vaug. Quint. I. 5. cb. 8- On ne fauroit asseoir aucun jugement fur cela. Vaug. rem.) ^ ASSEOIR une Cuve. Terme de Teinturier. C’est préparer une cuve de teinture, y mettre les drogues & ingrediens nécessaires, & la mettre en état qu’on y puisse laisser en bain les étofes , ou autres matières , auxquelles on a dessein de donner la couleur pour laquelle la cuve est préparée. S’ASSEOIR , v. r. f Sedere. ] Mettre les fesses fur quelque chose.> Se reposer, se poser , se percher : Je ni assieds , tu £assieds , il £ assied , nom nom asséions, ASS vous vous affiliez, ils Yajséïent. Et selon Vaugelas, ils Passent, je ni asseois., gVfc. Je me fuis assis , je m’assis, je niaffilerai. AJJeie-toi , asséiez-vous , qu'il s’affilie , qu ils Yajjeient, s’ujjéiant, assis , assise. (II faut s’alseoir sur ce banc en attendant des chaises. Un aigle s’étoit venu asseoir derrière les vaisseaux. Abl. Arr. I. 1. Tous les lits fur lesquels dormira la femme , qui hors le teins ordinaire soufre cet accident qni ne doit arriver que tous les mois, & toutes les choses sor lesquelles elle s’asséïra, seront impures. Port-Roial, Levitìque, ch. 15. v. 2;.) $ ASSERBE, ou Azerbe. C’est le nom que l’on donne à la muscade sauvage , ou muscade mâle. ASSERMENTER, v. a. [Sacramento aliquem adi- gere.] Terme de Palais. Interpeller une partie adverse de faire serment sur la vérité d’un fait qu’elle avance. Ce mot est vieux. ASSERTION , f f- sAJsertio .] Terme Dogmati - que. Proposition qu’on établit & qu’on soûtient. ASSERVIR , v. a. [Domare, subjicere , in servi. tutem redigere.J Assujétir. (11 n’a pas tenu à toi que tu n’aies asservi les Macédoniens à ceux qu’ils ont vaincus, Vaug. Quint. I. 8- c. 8- Ce Dieu las de me voir insensible à ses charmes, A pris, pour m’asservir, ses plus puissantes armes. LaSuze, Poës. Hela> ! du sang versé dans cette injufìe guerre, Tu pourrais R asservir Ççf la mer gif la terre. Brebeuf, Luc. t. 1.) f ASSERVIR se dit aussi fig. pour dompter, rendre esclave. Asservir les passions. L’amour, l’ambition, l’avarice asservissent les hommes. ASSESSEUR, s. m. Oficier du Présidial & autre Justice R oïale , creé en 1586. qui est le premier Conseiller du Siège où il est assesseur , & qui connoit des afaires en l’absence de ceux qui en doivent premièrement connoître. Joli. Assesseur civil, assesseur criminel. Ce mot vient du Latin afsejsor. í ASSETTE , ou Hachette , s f. Marteau avec une tête d’un côté, & un tranchant de l’autre, large de deux pouces, & un peu recourbé vers le manche. Les Couvreurs s’en servent pour dresser, couper , & clouer les lates. La Hachette à marteau des Charpentiers, & l’Essette des Tonneliers , font assez semblables à cette Assette. Ce sont pourtant trois outils dsserens , & qui servent à diferens ouvrages. ASSEZ, adj. fSatis. ] Sufisamment. Autant qu’il faut. (On est assez riche lors qu’on est content. On ne peut avoir assez de foin de son salut. Arn. Cela est assez de mon goût. Les avares ne disent jamais, c‘esì asjez. 11 est venu assez à tenu. On dit, cela est ajjez bien , ou assez mal , pour louer ou blâmer sobrement.) ($ II me semble que M. Defpreaux s’est oublié, en disant dans ses Observations critiques : Etant tombé malade d’une maladie assez peu dangereuse. ASSIDU, asjìdué, adj. Ce mot vient du Latin asjìdum , & signifie, qui s’aplique fortement & fort souvent à quelque fonction , à quelque devoir, ou à quelque travail, qui a de l’assiduité. (Etre assidu au travail , à l’Office, auprès d’un malade.) ASSIDUITE', s. f. [ AJJìduita ».] Aplication continuelle ; continuation assidue ; atacbement assidu & réglé. ( Avoir de Y assiduité m travail, à R étude, &c.) ASSIDÛMENT , adj. [ Asùiuè. J avec assiduité. ( Etudier , travailler assidûment. ASSIE'GEANT , s m. fObsessor .J Les troupes qui assiègent une Place. (J’aitne mieux être assiégeant qu’assiége. Voit. L 82.) J- L’Académie remarque qu’il ne se dit qu’au pluriel. Les assiégeant ont avancé leurs travaux. On a repoussé les asliégeans. ASSIE'GER , v. a. [ Obsdere , cop'rn cogéré urbem .] Mettre le Siège devant une Place. Camper une armée tout autour d’une Place , à dessein de la prendre par force ou par famine. (Assiéger une Ville. On prend aujourd’hui presque toutes les Villes qu’on assiège, à moins qu’elles ne soient secourues.) f Lors- qu’une armée environne une place à dessein de la prendre par force , on dit assiéger ; & Iorsqu’on veut réduire la place par famine fans pousser des travaux & des attaques , on dit bloquer. II est dangereux d’aílié- ASS á’affiégef uiie capitale , il est plus sûr de la bloquer. Mr. de Floard Comment, sur Polybe. * ASSIE'GER , v. a. II se dit en amour, & il signifie tâcher d’avoir. ( Oui, Philis , je prétens assiéger vôtre cœur. Voyage de Bacbaumont.) * ASSIE'GER. [ Circunftare. ] Etre assidûment auprès d’une personne. Environner. ( Assiéger l’oreillé du Roi. Vaug. Quint. 1 . io. Les douleurs de Penser m’ont assiégé. Port-Royal. On dit qu’on est assiégé par les eaux, quand il y a quelque inondation ; par les néges , par la pluie , & par le mauvais tems, lors-quon n’ose pas sortir. On dit qu’on est assiégé en quelque lieu par les brigans qui courent la campagne. On dit aussi qu’une ilote est aslégée par les vents , dans quelque port, d’où elle n’ose ou ne peut sortir à cause des vents contraires.) ASSIE'GEZ , s. m. \_Obsessi .2 Les gens qui font assiégez, & qui défendent une Place. (Les assiégez, ont fait une sortie.) (f ASSIE'GE'. Les Auteurs de la Vie de Dom Bar- thelemi des Martyrs , ont dit : II efi né en un tems où IEglise avait bien besoin d’un secours semblable , étant comme ajségée au-dehors par un déluge dlbérefies. Le P. Bouhours critique , dans ses Doutes, pag. -9. cette locution , & prétend que la métaphore n’est pas juste. Les exemples que l’on vient de raporter , la justifient sufssamment ; & quand elle ne seroit pas Fort exacte , le correctif, comme auroit dû la sauver de la critique du P. Bouhours. í ASSIENTE , ou ASSIENTO. Ce terme est Espagnol, & signifie une ferme. On l’entend d’une Compagnie de Commerce établie pour la fourniture des Negres dans les Etats du Roi d’Espagne en Amérique. L’ancienne Compagnie Françoise de Guinée, après avoir fait son traité pour cette fourniture en 1702. prit le nouveau nom de Compagnie del’Assien- te, à cause du droit qu’elle s’engagea de païer aux Fermes du Roi d’Espagne , pour chaque Negre, pie- ce d’Inde , qu’elle pafferoit dans l’Amérique Espagnole. Par la paix d’Ctrecht la France céda à l’Angle- terre l’Assiente , ou Ferme des Negres. La Cvmpa- gnie du Sud s’en chargea, & fit un traité fort avantageux avec les Espagnols , qui doit durer trente ans. On en trouvera un grand détail dans Savary. H ASSIENTISTE. Celui qui a part , qui a des actions dans la Compagnie de l’Affien-te. ASSIETTE , / f. [Sitm.J Lieu. Situation. (IÍ choisit une assiette propre pour bâtir six Villes. Vaug* Quint. L 7. c. io. h’astiette de cette Place est fort avantageuse.) ASSIETTE,/, f Situation, maniéré de placer une chose pesante sur une antre. ( Ces pierres ont été posées dans la même assiette qu’elles avoient dans la carrière. Ce pìé-d’estal n’a pas assez d’affiette. L’as- lîette d’un mur sus son fondement. Ce rempart â beaucoup d ’ assiette , c’est-à-dire , de talus , il ne faiit pas craindre qu’il s’éboule.) ASSIETTE. sLocus castrú stkcîmsi Ce mot se dit en termes de Guerre , & ii veut dire la maniéré dé camper, & la disposition des troupes. (Ùn Général doit savoir bien choisir Vassiette de son camp.) L’ASSIETTE d’un Cavalier. C’est la maniéré d’être assis fur la selle. * L’ASSIETTE des Tailles , se dit & signifie l’im- position & le département des Tailles. f ASSIETTE. [ Animi status. J Etat & situation. (Vous ne me pouviez mieux témoigner la bonne assiette où est vôtre aine , qu’en m’écrivant. Voit. I. 198. \Iassiette de l’esprit de l’homme est sujette au changement. M. de la Rochefoucauld) As Le P. Bouhours a observé dans ses Remarques fur la Langue Françoise , page 144. qu’autrefois on difoit dans le figuré : Son esprit n’est jamais dans une même assiette ; les afaires demeurèrent , pour quelque tems , en une assiette assez tranquille s mais depuis quelques années .situation se dit, dans le figuré, plus communément opa’assiette : Son esprit n’est jamais dans une même situation ; dans la situation où font les afaires , ’èstc. Air. de Condom a dit dans l’Oraison funèbre de Madame la Duchesse d’Orleans : Rien n’a jamais égalé la fermeté de son ariie , ni ce courage paisible , qui , fans faire éfort pour s 1 élever , s’est trouvé , par fa naturelle situation , au-dessus des accidens les plus redoutables . ASS 1 61 ASSIETTE , instrument de table. [ Orbh. J Rond, de métal , de terre ou de bois, fur quoi on mange & coupe ses morceaux. ( Une assiette plate, creuse , &c.) On dit d’un homme qui doit païer, quoi» qu’il ait été absent : Son assiette a dîné pour lui. On dit une assiette de champignons, une assiette de confitures , &c. pour signifier la quantité qu’on en sert sur une aflìette. 0 " J e s u ^ donc un sot ? Moi ? Vous en avez menti, Répond le campagnard , U fans plus de langage , Luit jette pour défi son assiette au visage. L’autre esquive le coup , tzf /'assiette volant , S’en va srapeY le mur", A revient en roulant. Desp. Sat. 5. Je fuis persuadé que SI. Despreaux n’auroit pas pardonné ce roulement de l’assiette , si quelque autre quê lui l’avoit imaginé. Une assiette a mouchétes , f. f. C’est une piéce qiu est ordinairement d’orfèvrerie , ou d’étain d’antimoi- ne , qui est faîte en forme d’afliëtte, autour de laquelle il y a des raïons avec un manche au bout, & fur laquelle on pose les mouchétes. L’assiette à mouchétes est à présent hors de mode , & on ne ss sert que de porte-mouchétes. ( Une belle assiette à mou - chétes.) Dans plusieurs maisons de qualité l’on apelle l’assiette à mouchétes un ejpavilladour. ASSIETTE , terme de Doreur fur tranche. Corapoa fition qu’on met fur la tranche du Livre avant que de la dorer , & qui est faite de bol fin, de sanguine fine , de terre d’ombre , de gomme adragant & Arabique , de colle de Flandre , & de savon de Castres, (Coucher , f assiette , mettre son assiette.) ASSIETTE, terme de Paveur. Pavé mis au sens où il doit être fur le fable. Une assiette de pavé era plein fable. £ ASSIETTE, terme de Teinturier, qui se dit d’une cuve préparée , & remplie des ingrediens nécessaires pour la teinture. H ASSIETTE. Vendre du vin à l’assiette. C’est Vendre du vin en détail , avec permission de donner à manger à ceux à qui on le debite, de couvrir la table d’une nape, & d’y servir des affieíes ; ce qui est diférent de vendre du vin à pot, qui est bien aussi une vente en détail, mais où l’on ne peut mettre nì nape , ni assiettes , ni donner à manger. Les Marchands cle vin, Cabaretiers., vendent à l’assiette ; les Bourgeois à pot. f ASSIETTE. Dans le commerce de bois, ce terme s’entend de la décente que les Officiers des Eaux & Forets font fur les lieux où se doivent faire les coupes, pour marquer aux Marchands les bois qui leur ont été vendus. En ce sens on dit , l’aísietté des ventes. ASSIETTE'E, s f. Plein une assiette. ( Cet enfant a déja mangé deux assiettées de soupe.) ASSIGNAT , s. nt. (j Constitutio. J Terme de Jurisprudence , qui se dit en p aïs de droit écrit. C’est une constitution ou assignation spéciale d’une rente sur un héritage qui demeure nommément destiné & affecté pour le paiement annuel de la rente. Hasts* gnat ne donne pas plus de privilège au créancier de la rente qu’une hipotéque générale & spéciale. Loisel. ASSIGNATION , s.s. [Constitutio rticerto tenu pore N loco faciendaf] Prononcez assignacion. Rendez-vous. (II la soupçonna d’avoir donné assignation à son rival. II se tint prêt pour aler à Vassignation* II se rendit le premier à l’ assignation. Scdr. rom. comiq t Ils se sont donné assignation à une telle heure. ASSIGNATION. [_ín jus vocátio.) Exploit dé sergent pour comparoitre dans un certain tems , & à une certaine heure devant le Juge. ( Donner assignation à quelcun. Les assignations doivent être faites en personne , ou en domicile. Les assignations à trois briefs jours se font à cri public.) ASSIGNATION. En termes de Pratique , signifie unê constitution de rente fur un certain Fonds , une Ordonnance, ou Mandement pour faire païer une dette. ( On a donné une assignation à ce créancier fur la coupe d’un tel bois , fur divers Fermiers, &c. Vassignation. du Douaire dé cette femme a été faite fur une telle maison.) En termes de Finances , ce mot assignation signifie la somme d’argent que le Roi don- , Tom. L X • • • -ne. 16 2 ASS ne à prendre fur ses Fermiers, ou ù son Trésor Roïal. (Païer une assignation , aquiter une assignation.) ASSIGNER , v. a. [ Canstituere , prsicribere. ] Donner. Prescrire. (Philippe second asiìgna à Marguerite de Parme une peniion de six mille écus : Du Ryer , histoire de Flandre. Le Roi leur ajstgna une contrée pour habiter. Vaug. Quint. I. 4.) 4 On dit prov. asiìgner une rente , un paiement fur les brouillards de la riviere , c’est-à-dire, fur un mauvais fonds. ASSIGNER. Terme de Pratique. [ Dient dicere, in jus vocare. J Ajourner , donner assignation pour comparoitre devant le Juge. (Assigner quelcun.) ASSIMULATION , f / \_AJsimulatio. ] Terme de Physique. Action par laquelle des choses sont rendues semblables. (L 1 dsiìmilation des parties se fait par le mouvement.) ASSIS, assise. Voïez S’ASSENIR. ASSISES ,stf. IJudicum ad jus statis diebus di- esnduni consensus. J IJ ne se dit qisau pluriel. C’est lors qu’un Juge supérieur tient son Siégé dans celui d’un inférieur. ( On tient les asiises en un tel lieu.) Ce sont aussi les jours que les Juges tiennent leur Siège pour écouter les plaintes des Sergens. ( On tiendra demain asiises , & il s’y trouvera plusieurs Sergens , qui feront leurs plaintes contre tel & tel.) î On dit prov. qu’un homme tient ses assises dans une maison , dans une compagnie , pour dire , qu’il y est fort écouté, qu’il y domine. Çsi Ce terme n’est connu que dans le Palais , & particulièrement dans quelques Coutumes du Roïau- me, il .a plusieurs significations qui ont été remarquées par Spelman & par Mr. du Cange ; ainsi que par les Commentateurs des Coutumes de Poitou, de Normandie , & d’Anjou. ASSISES de Jérusalem. Ce sont les Coutumes & usages de Jérusalem ; Mr. de la Thaumassiére les fait imprimer. ASSISE , s. s. [ Collocatio lapidum ad UbeïïamJ Terme de Maçonnerie. Rang de pierres dont les murs font composez. ASSISE , en ce sens , a un singulier & un pluriel. (Voilà la prémiére assise de cette muraille. Toutes les assises de ce mur sont dans ses régies. ASSISE de Parpin. Celle dont ses pierres traversent l’épaisseur du mur. , ASSISTANCE,// [ Cœtus. ] Assemblée de personnes qui sont présentes à une action publique. (Ce Prédicateur a satisfait toute l’astistance.) ASSISTANCE , / /. [ Prasentia. ] Présence d’une personne en un lieu. ( Les Chanoines ont un tel droit Í iour leur asiìstance à Matines.- Le Curé se fait païer 'assistance à un Enterrement. Chaque Curé de Paris a d’ordinaire dix livres pour son asiìstance à des funérailles , & chaque Prêtre au moins vingt sols pour son assistance.) ASSISTANCE , / f. [Assistentiast Terme de Jésuite. C’est le païs ou la Province où un Jésuite fait la fonction $assistant au Général, ou au Provincial de son Ordre- Chacun des aiìistans doit préparer ses afaires de son assistance. Bouhours, vie de S. Ignace, p. 25t. Un tel Père est parti pour aler à son asiìstance , & il s’y doit rendre fur la fin du mois. ASSISTANCE , / /. [ Auxiltum , adjumentum. J Aide, secours. (Seigneur, j’implore vôtre assistance. Aru. La grâce de Jésos-Christ ofre à tous ses hommes qui sc sont laissez tomber dans 1e péché , \’assistance du Sauveur. Port-Royal, pointe de S. Prosper, chap. 1. Grand Dieu, si nous saison quelque bien, c’est par vôtre assistance que nous 1e faisons , ch. 4^. Je ne me veux pas rendre indigne des asiìstances que je requis de vous. Scar. let. Son ami au-delà du fleuve, implorant son assistance, il passa l’eau pour Palet secourir. Abl. Luc. t. 2. dialogue de t amitié. C’é- toit un Apoticaire Flamand, dont je reçus toutes ses assistances imaginables durant ma maladie. Scar. rom. . ti 1. c. 11.) ASSISTANT , assistante, adj. [ Prsiens. ] Et quelquefois substantif. Oui altiste , qui est présent. (Ce Prédicateur a satisfait ses asistans par son sermon. 11 faut prier ses asiflans de se reposer. Donner congé aux asiìstans. Les assistons se sont séparez. ) ASSISTANT ,J. m. [Asiìftensf] Terme de Religieux & de Jésuites. C’est un Conseiller du Général de l’Qrdre, quia d’ordinaire quatre asiìstans. Le Séné- ASS ral des Jésuites à quatre ou cinq asiìstans , qui sent comme ses Ministres , d’une expérience consommée. Us portent 1e nom des pais dont ils sont originaires, par exemple de France , d’Espagne, d’italie , d’Ale- magne, &c. 11s sont choisis par toute la Compagnie assemblée , qui élit 1 e Général. Ils 1 e soulagent dans fa Charge, & ils observent aussi fa conduite. Bouhours , Vie de S. Ignace. ASSISTANT , / m. Terme d 'Eclestafiiques. C’est 1 e Prélat qui assiste le Consacrant, lors qu’on sacre un Evêque. {L’assistant doit jeûner la veille du Sacre , & sc trouver à l’Eglise revêtu de ses habits Pontificaux. Dubois, maximes canoniques.') ASSISTANT, / >n- Terme dé Séminariste. C’est l’Ecléliastique qui fait ses fonctions du Supérieur du Séminaire, quand 1 e Supérieur n’y est pas. (Air. l 'Asiìstans doit raire aujourd’hui la conférence , parce que Air. le Supérieur est à la campagne.) ASSISTANT , / m. Terme de Comédien. C’est un domestique d’un Comédien , à qui l’on donne ce qu’on juge à propos , lors-qu’il a été emploïé à la représentation de quelque piece. ( Un tel assistant est souvent emploïé, & il gagne quelque chose.) ASSISTANTE. Terme de Religieuse. Celle qui fait les fonctions au défaut de l’Abeffe. Celle qui fait les fonctions quand la mère Supérieure n’y peut vaquer. (La mère telle est aujourd’hui asistante.) ASSISTANTE , / f. C’est la Religieuse qu’on envoie au parloir pour acompagner celle, qu’on y demande, & oiiir ce qu’on lui dit; on l’apelle aussi écoute, & ce mot semble être plus usité que l’autre. ( On dit pourtant, on lui a donné une asistante. Envoler une asistante au parloir.) ASSISTER , v. n. [ Adejse , intéresse. ] Etre présent, sc trouver en un lieu , être spectateur de quelque chose. ( Asister à la Messe , au Sermon , au Parloir, au Chapitre, au Service. 11 a assisté à la consultation des Médecins. Asister au suplice d’un criminel. On dit d’une personne qu’elle a asiìsté à un vol , à un assassinat, &c. Pour dire qu’elle y a été présenté, & qu’elle en est complice. Asister au jugement d’un procès, assister aux jeux. Abl. ret.) ASSISTER , v. a. [ Auxiiiari, juvarc. ] Aider, secourir. ( Assister quelcun de son conseil, de son crédit, &c. Abl. Tac. Assister ses Alliez de ses troupes. Assister les pauvres , asister un malade, assister un criminel à la mort.) ASSISTER , v. a. s Adjuvare , prasto este. ] Aider à faire. ( II lui remit la Syrie entre ses mains pour assister à la guerre qui restoit à faire. Vaug. Quint. I. 4. ch. 5.) ASSISTER , v^ a. [ Comitari. ] Acompagner , soit pour quelque cérémonie , ou pour quelque afaire. ( Un Prélat doit être asilsté de deux autres lors qu’il sacre un Evêque. Les Députez étoient asistez des plus notables de leur Corps. Le Prévôt étoit asilsté de ses Archers. Un Sergent doit être asilsté de deux Recors. Un Procureur asilsté son pupille. Les Parens d’un mineur l’assistent lors qu’il passe quelque acte.) ASSOCIATION, / s. [ SocietM. ] Contrat de société. L’association se contracte par un consentement tout pur. Patru , plaid. 6 . ASSOCIER , v. a. s Societatem fncerc. ] Faire entrer quelcun dans le commerce qu’on fait. (11 a associé un de ses amis avec lui.) * ASSOCIER. [ In societatem asteire , stocium adjun- gere.J Donner part de quelque chose à une personne. ( II associa Tibère à cet honneur. Abl. Tac. 11 leur est permis d’associer d’autres personnes aux sacrifices. Pasc. I. 6.) S’ASSOCIER , v. r. f Conserre se in societatem cum aliquo. ] Entrer en association avec quelcun. ( S’af socier avec quelcun.) ASSOCIE' , / m. s Socius , Jocietate conjunsius. ] Qui entre dans l’association. ( C’est un des associez.) î Savary donne de bons avis à ceux qui se font associez pour un Commerce. Le bon ou 1 e mauvais succez des afaires csune société, dépend de la maniéré dont ses associez vivent ensemble. On anelle encore associez , ee.ux qui composent la troisième classe des membres de l’Académie des Sciences. Ces Associez sont au nombre de vingt dont huit sent étrangers. L’Académie des Inscriptions & Belles Lettres a aussi dix associez. ASSOMMER , v. a. f MafLìïe. J Tuer cruelle- ment. (Ils assommoient ses ennemis dans les rués. Vaut- ASS ìsaug. Quint. I. 4. Ils se voioient assommer comme des bêtes'. Vaug. Quint, Curce. /. -à . AS 80 MAIER. Terme de Boucher, f Validé impa&o htalìeo trucidare. ] Tuer à coups de hache. ( Assom* mer un beuf. ) ASSOMMER. [ Opprimere , obruere. ] Acabler. Ce mot se dit quelquefois des choses qui incommodent trop & qui pèlent. ( Quand on charge un cheval, cela est capable de Yafjommer.) * ASSOMMER. [ Affliger e. ] Ce mot se dit figuré* ment des choses qui chagrinent & qui abatent l’esprit, & il signifie acabler. ( Je n’en puis revenir , & tout ceci m’aflbmme. Mol. t art. Pour moi qu’un froid écrit ajjómme j la perte d’un procès l’assómme, cette afliction Y assomme.") ASSOMPTION,/ /• [Sanclìjsimœ _ Virginis in cdum asumptio. ] Ce mot vient du Latin. Prononcez njjémpcmi. II signifie une Fête que l’Eglife Romaine célébré tous les ans le 14. Août, en mémoire du jour que la Sainte Vierge fut enlevée au Ciel. (L’an 1500. le Pape Boniface VIII. ordonna qu’aux Fêtes de Noël, de Pâques , de Pentecôte & de 1 ’AJ- somption , on fit le service avec toutes les solemnitez ordinaires. Cojt. let.) : ASSOMPTION , s.s í Assumptio.) Ce mot en ter* mes de Logique signifie quelquefois la seconde propo* fition d’un siliogisme. ASSOMPTION. Terme d 'Imager. Image qui répré- sente 1 e miítére de l’Affomption. (Acheter une As* somption.) ASSONANCE, s f- Terme de Rétorique & de saisie , qui se dit d’une figure de mots qui ont même son, & même terminaison , comme le proverbe fran* cois : Après la panse , vient la danse. ASSORTIMENT, s. >n. [ Convenientla. ] Acompa* gnement, ce qui a du raport à une chose avec la* quelle on le met. (Un bel assortiment , un assortiment tort propre, galant, fort leste. Acheter u n assortiment de plusieurs sortes de marchandises.) ASSORTIMENT , s. m. [Lihrorum congerìes.) Ter* me de Libraire. Ce font plusieurs sortes de livres, qu’on n’a pas imprimez, & qu’on a des autres Librai* tes. (Un Libraire dira , j’ai un bel assortiment, J’ai beaucoup à’assortiment. Ce font des livres d ’ajjorti- ment.) H ASSORTIMENT des couleurs. Le verd & le bleu font un vilain assortiment. f ASSORTIMENT, terme à’Imprimeur, se dit ds tout ce qui convient à chaque corps de caractères ; comme les grosses & petites Capitales, FItalique , les lettres à accent, les points, les virgules , les vignetes, & tout ce qui peut entrer dans la composition d’une forme de cbaqiìe corps de caractères. Les Imprimeurs apellent auffi assortimens, un certain nombre de corps de caractères q u'ils ont ; ou doivent avoir pour entretenir suffisamment une Imprimerie. Suivant les Re* glemens les trence-lìx Imprimeurs de Paris doivent avoir au moins huit sortes de caractères romains avec leurs italiques, depuis le gros Canon jusqu’au petit Texte. ASSORTIR , v. a. [Adjicere quod convenit .] J’ajjor- tis , j’ajjortsj'oh, f ai assorti. Terme de Marchand. Ce mot se dit des étoles de laine ou de foie, des rubans, &c. Et il signifie acompagner une étofe de quelque autre chose, ou de quelque ruban qui ressemble à peu près, ou qui lui convienne. ( II faut ajsortir ce drap de quelque jolie doublure, de quelque tafetas, ou de quelque ruban. Cette garniture assortit bien cet habit, c’est-à-dire , lui convient bien.) ASSORTIR sa boutique. [Inflruere ojsicinam .] Terme de Marchand. C’est se fournit de toutes les cho* ses qui regardent le trafic qu’on fait. On dit dans le même sens s’asortir , v. r. Et à l’égard des Libraires, il signifie se pourvoir de toutes sortes de livres, (Tel & tel Libraire n’étoit autrefois qu’un pauvre regratier de livres, à cette heure il commence à s’asortir. ASSORTIR. Terme de Chapelier. Mettre la formé dans un chapeau en blanc. ('AJJbrtir un chapeau.) ASSORTIR, v. a. [ Convenire .] Ce mot se ditfigu* rément, & lignifie faire convenir, faire acorder l’un avec i’autre. (L’amour a assorti leurs cœurs. Us ont des casuîtes alFortis à touté forte de personnes. Vase. L 4.) " * ASSORTI, assortie , adj. [Convenions.) Gonvena* ASS 163 ble. (On dit eh ce sens , ce mariage est mal assorti , c’est-à-dire que le mari & la femme íont de diférencè humeur, ou de condition inégale.) ASSORTI, assortie, adj. f InJrruHuí. j Terme de Marchand. Qui a dans fa boutique toutes les marchandises qui font propres à son négoce. (Marchand, 011 Mercier bien asfirti.) On dit d’un Libraire, qu’il est assorti de toutes sortes de livres. (B. est bien ajjbr- ti , fa boutique est assortie de toutes sortes de Romans surannez.) ASSORTISSANT , ajsortiffdnte, adj. [Convenions.) 11 sc dit des choses qui ont du raport les unes avec les autres. (Voilà de plaisantes idées, & bien afjbrtiffan- tes à celles que vous allez voir. Cliente, t. i. lett. 6 .) ASSOTER ,©.«.&? n. [ Injatuare .] Rendre sot Ce mot est bas & n’est d’ordinaìre en usage qu’au participe. (Cet homme est assoté de sa femme. Jamais on ne vit père plus assoté de ses enfans.) 0 Ce mot étoit fort en usage autrefois ; il figni- fioit, aimer passionnément une chose. Dans Pathelin ',* Quel drap eft-ce cy ? vraiment Tant plus le voy, N plus m’assotte, II m’en faut avoir une cotte. Et dans un autre endroit : Vrayment cet homme m’affotte, C’est-à*dire, me charme. ASSOUPIR, v. a. [Sopire , conspire.J Donner une pente au sommeil. Endormir à demi, Le pa* vot assoupit. Je vois de tous cotez fur la terre fur l’onde , Les pavots qu’elle fente assoupir tout le monde. Malh. PoéT. L 4 II étoit assoupi de la débauche. Vaugelas. Quint. I. 8 - ) ^ * On dit figurément, que le vin assoupit Pelprit. * ASSOUPIR. f Sedare , comprimere. ) Apaiser, (Assoupir une querelle , ses ennuis, une mauvaise afai* re. Abl. Assoupir une sédition, assoupir un procès.) S’ASSOUPIR, v. r. [Sopore prenìi.) S’endormir. Etre abatu de sommeil, ou de quelques vapeurs, (II se couche & s’assoupit.) ASSOUPISSEMENT , f m. [Sopor.) Prononcez as foupisteman. Foiblesse de la faculté Imaginative obsédée d’une humeur froide & humide , qui donne une pente au sommeil. Deg. Quand te réveilleras-tu d’uii si long assoupissement ? Abl. Luc.) * ASSOUPISSEMENT , s. m. [Stupor.) Ce mot, au figuré , signifie manquement duplication pour uné chose qui nous regarde, négligence & peu de soin de ses aFahes. ( II est dans un assoupissement éfroïa- ble , épouventable , honteux. Ce pécheur est revenu de son assoupissement. 11 est sorti de son assoupissement.) ASSOUPLIR , v. a. [Fkflere -, flexilem reddere.) Terme de Manege. Rendre souple. (Assouplir Un cheval.) ASSOUPLI, assouplie -, adj. [ Flexilis .] Qui a été rendu souple. ASSOURDIR i v. a. [ Exsurdarè .] Ce mot se dit des personnes. Rendre sourd, ou presque sourd à force de bruit. Assourdir une personne. On dit que le bruit des Cataractes du Nil assourdit ceux qui habitent aux environs, ASSOURDI , assourdie, adj. [Exsurdatus.) Qui est devenu sourd, qui a été rendu iourìi, C Elle feint de parler , c’est moi qui n’entens goûte , Le cousin de César est assourdi sans doute. Scar. Dom Japhët, a. f. sc. 4,) S’ASSÛURDIR , v. r. [Surditateni contrahere , au. ditu. frivari.) Devenir plus sourd, ( Ceux qui Ont quelque dureté d’oreilles , s’assourdissent tousses jours en vieillissant.) f ASSQUROU; Nom que ses Indiens donnent au bois, qui est connu en Europe sous le nom de bois d’Inde. ASSOUVIR , v. a. [ Satiare. ] Rendre saoul, remplir de viande. (Cet homme est un si grand mangeur, qu’il est impossible de l’assouvir.) * ASSOUVIR , v. a. [ Explerì .] Ce mot se dit án figuré, & il signifie contenter, satisfaire. (Assouvir fa passion-, fa colère,,fa rage, son ambition. Vaug. Quint, Tome L X » /. g. 16 4 ASS /. 8- c. 6. Ce Tiran ne se peut assouvir du sang qu’il fait répandre. Et la fureur des Dieux trop prompts à le servir, Irrite son orgueil, au lieu de /'assouvir. Brébeuf. ASSOUVISSEMENT , s. m. [Explementum , exple- tio.J Ce mot signifie faction d'assouvir, mais il n’est pas fort usité dans les discours ordinaires, & on croit qu’il pourroit mieux trouver fa place en des matières de piété, qu’en d’autres. En éfet, j’ai oui un Prédicateur poli se servir du mot d’assouvissement en cette sorte. (Ils font tellement abandonnez de Dieu, qu’ils ne songent qu’à l’assouviffement de leurs infâmes plaisirs.) ASSU JETIR, v. a. [ 'Vincere , subjicere, sub pote- jìatem redigere .3 Vaincre, domter, soumettre, obliger d’observer. (Assujétir ses ennemis. Abl. ret. Assujétir à la riviere du Lis. Mr. de la Roebesoucaut. On l’assujétit à un nouveau Seigneur. Patru, plaid. 7. Assujétir à la régie. Patru, plaid. 16.) * ASSUJE’TIR. [Attrabere.] Vaincre par ses charmes. (Ses yeux ont assujéti mille cœurs. Voit.Pos.) _ S’ASSUJE’TIR v. r. [Subjicere /v.] Je m’ajjujé- tis, je niassujétijsois , je -me fuis ajjujéti. Se captiver, se soumettre, le contraindre à faire, à observer quelque chose. J’ai beau m’assujétir, me tenir auprès d’elle. Conib. Poéf S’assujétir à la réglé. Vaug. rem. Quand on veut bâtir ou fortifier une place, il faut s’aj- sitjétìr à la situation des lieux, au terrein, &c. 11 faut s’assujétir aux conditions portées par le contrat.) $ ASSUJE’TIR. Terme de Marine. AJsujctir un mât, ou une autre piéce, c’est Parrêter de telle forte, que ce mât, ou cette autre piéce , n’ait plus aucun mouvement. Aubin. ,, , ASSUJETTISSEMENT, s m. [Servit m.) Sujétion, soûmiffion. (C’elt une discipline qui a ses assujétisse- mens. Abl. Luc. David, PJeaume 61. parle de l’assu- jétissement d’une ame humble à Dieu. Port-Royal , PJ. Les maris paient la fidélité de leurs femmes d’un grand assujétissement. Saint Evremont , in 4°. p. 207. ASSURANCE , s /• [ Cautio , pìgnm. J Sûreté. (Prendre des maisons pour assistance. Abl. Tac. II me faut de vôtre cœur une pleine assurance. Mol. Donner des assurances à quelcun. Abl. Quand on prête de l’argent, on veut avoir des assurances. II lui a donné une promesse pour assurance. ) ASSÛRANCE. [Fidentìa , fiducia.'} Hardiesse , fermeté. (Personne n’avoit Passiirance de l’aprocher. Vaug. Quint. I. 9. Donner de l’assûrance au soldat.. Abl.) ASSÛRANCE. [SecuriUifi Confiance. (II faut mettre son assurance en Dieu. II n’y a point d’assûrance en la fortune, ni en toutes les choses de ce monde. 11 n’y a point d’assûrance au teins.) sf „ C’est une régie ferme , stable & perpétuelle ,, en amour, (dit Pasquier , dans une de ses Lettres ,) „ que de quelque façon que vous vouliez balancer l’a- „ mour, celui qui aime parfaitement, en une assúran- ,, ce de tout, craint tout; ou bien s’il éloigne cette ,, crainte de lui, il commence jà de diminuer je ne „ sçai quoi, de l’opinion & ardente afection qui se de- „ sire en tout amant. ASSÛRANCE. Terme de Négociant fur mer. C’est un contrat par lequel un Marchand répond à un particulier, des marchandises qu’il a fur mer, & pour cela ce particulier doit donner une certaine somme dont en est convenu par le contrat. (Faire une assûrance. Passer un contrat d’assûrance. (§ ASSÛRANCE. C’est un Contrat maritime , par lequel, selon la définition de l’Auteur du Guidon , un particulier promet indemniser un Marchand intéressé dans un vaisseau, des choses qui sont transportées d’un pais en un autre, & ce par le moïen du prix convenu de tant pour cent entre l’assûré qui fait ou fait faire le transport, & l’aífûreur qui promet l’indemnité. L’acte par lequel 011 convient de l’assûrance, est apellé police d’assûrance , terme emprunté de l’Italien polì-zza. II y a beaucoup d’aparence que ce Contrat n’a pas été inconnu aux Romains. Suetone a dit, dans la vie de l’Ernpereur Claude , Negocìatoribus certa lucra imposait , suscepto in se damnofi quid per tempeftates acci . Aerit. L’Ordonnance de'la Marine, du mois d’Août 1681. explique fort en détail cette matière dans le titre 6, du 3. Livre, dont je remarquerai seulement ASS ici ce qu’il y a de plus essentiel, i*. II est permis à toutes fortes de personnes d’assûrer, ou faire assurer les navires, marchandises & autres éfets qui Ion t transportez par mer & par des rivières navigables, & de stipuler un prix pour lequel l’assisteur prend le péril fur lui. 2°. La Police doit être rédigée par écrit, & contenir toutes les circonstances de la navigation, la prime ou coût de l’assûrance , c’est-à-dire , la somme que l’assûreur donne à l’assûré, & qui devant être païée d’abord & par avance , est apellée prime, & toutes les conditions convenues entre les parties. 3°. S'i la police ne régie point le tems des risques, ils commenceront & finiront dans le tems réglé pour les contrats à la grosse, c’est-à-dire , du jour que le vaisseau aura été voilé , jusques à ce qu’ii soit ancré au port de fa destination , & amarré au quai ; & quant aux marchandises, le tems courra aussitôt qu’elles auront été chargées dans le vaisseau ou dans les gabarres, jusqu’à ce qu’elles soient délivrées à terre. 4°. Les assurances peuvent être faites fur le corps & quille du vaisseau vuide ou chargé, comme aussi fur les victuailles & fur les marchandises conjointement ou séparément, comme aulli pour l’envoi ou pour le retour, comme il est décidé dans Fart. 3. du Guidon, f. On peut faire assurer la liberté de fa personne , & en ce cas, la police contiendra le nom, le pais, la demeure, l’âge & la qualité de celui qui se fait assurer, le nom du navire, du havre d’oú il doit partir, & celui de son dernier reste, la somme qui sera païée, en cas de prise, tant pour la rançon que pour les frais du retour, à qui les deniers seront fournis, &. sous quelle peine. 6°. On ne peut point faire assurance sor la vie des personnes, ni pour les contrats à la grosse. 7°. Les assurez courent toûjours le risque du dixième des éfets qu’ils auront chargez, íi par la police ils ne déclarent pas qu’ils entendent faire assurer le tout. 8°. Les risques dont les assureurs sont tenus, consistent dans toutes les pertes & dommages qui arrivent fur mer par tempête, naufrage , échouëment, abordage, changement de route de volage ou de vaisseau, jet, fret, prise, pillage, arrêt de Prince, déclaration de guerre, représailles, & généralement toutes autres fortunes de mer. Je n’entrerai pas dans le détail de toutes ces pertes ; elles font suffisamment expliquées par l’Or- donnance, & par les Assurances d’Amsterdam, inférées dans les Us & Coûtumes de la mer. J’observerai feulement que les assureurs né sont point tenus des pertes qui arrivent par la faute des maîtres ou des mariniers, ou par le vice propre de la chose. 9°. II y a encore plusieurs choses qui ne concernent point les assureurs, comme le louage, pilotage, &c. qui font exprimées dans Fart. trentième de l’Ordonnance , a» titre des Assurances. 10°. L’assûrance peut être faite pour un tems limité : mais si le volage est désigné, l’assûreur doit courre le risque du volage entier, n*. Toutes les assurances faites après la perte ou l’arrivée des choses assistées, sont nulles ; à moins que Fasstì- rance ne soit faite sur bonnes ou mauvaises nouvelles. Ceux qui ne feront pas contens de cette idée générale des Assurances , pourront se satisfaire par la'’ lecture de l’Ordonnance & du Livre intitulé les Us & Coutumes de la mer. t ASSÛRANCE de panier, f Firmamentum .] Terme de Fanier. Osier qui est fous Poster tors qui fait Lance du panier. Aler d’ajjûrtmce. Terme de ChaJJe. Qui Veut dire, que la bête va au pas & fans crainte. ASSÛRE’, ajjûré.e, adj. [CerbiuS] Sûr, certain. II est assisté de la vie. (Se tenir assisté contre les entreprises des méchans. Abl. Sa perte est assistée.) ASSÛRE’, Jl m. [VadatmQ Terme de Gens qui trafiquent fur mer. C’est le Marchand à qui l’on a fait un contrat d’assûrance pour les marchandises qu’il a fur mer, dont on lui a promis la garantie. (L’assûré pale à son assureur tant pour cent.) î ASSÛRE. Terme de fabrique de tapisserie de haute-lisse. C’est le fil d’or, d’argent, de fole, ou de laine, dont on couvre la chaîne de la tapisserie ; ce qu’on apelie la treme, ou la trame, dans les manufactures d’étofes & de toiles. ASSÛRE’MENT, adv. [Certà.J Certainement. (Cela est assurément vrai.) 0 ASSÛREMENT. Les guerres privées n’étantplus en usage, on ne connok plus les assûremens que dans nos anciennes Histoires, & s’il en est fait mention dans AST dans plusieurs Coutumes du Roïaume, les articles qui les concernent, font regardez comme inutiles. Je ne m’engagerai pas dans une explication détaillée de la formalité que l’on observoit, lors que par des affiire- mens on suspendoit les hostilité?, qui désoloient les - familles entieres ; Remprunterai seulement de Mr. du Cange quelques circonstances d’une ancienne pratique de nos pères. Ce savant homme a traité cette matière fort amplement dans Ya Distb'tation 29. sur l’Histoire de Joinville , où il remarque, que le Roi , ou le Seigneur Suzerain, pour arrêter la fureur des familles qui fe faifoient la guerre, commandoit aux Chefs de s’assûrer réciproquement & par serment, de ne point user de violences l’un contre l’autre ; & si l’une des parties refufoit raffinement, l’autre fe présentoir à son Seigneur ou à fa Justice, & demandoit alimentent contre les hostilitez de son ennemi, se soumettant, pour la décision du diférend qui étoit la cause de la guerre, au jugement du Seigneur , ou de son Juge- ASSURER, v. a. [Pignorare.J Rendre sûr. (Assurer une dette. Le Maìt. Assurer sa retraite. Vaug. Quint. II a couru à la tête du travail pour assurer le combat par sa présence. Sar. prof ASSURER. Z Affirmare, stabilire. ] Rendre certain d’une chose. Dire qu’assûrément une chose est, ou n’est pas. (Assurer une chose sur sa foi.) * ASSURER. [Firinare.J Rendre plus hardi, plus courageux. (Assurer le courage des soldats. Abl.) H ASSÛRER une Couleur. Terme de Teinturier. C’est la rendre plus fine, moins capable de s’évaporer & de changer. f ASSÛRER le grain. Terme de Courrdieur. C’est donner au cuir la derniere faqon, qui forme entiere- inent ce grain, qu’011 voit du côté de la fleur dans les vaches & veaux à chair grasse, ou blanches, & dans les cuirs de couleur. Quand le grain est assuré, il ne reste plus qu’à donner le dernier lustre au cuir. S’ASSÛRER , v. r. Se rendre sûr d’une chose. (S’as- sùrer la couronne. Vaug. Quint. L 10.) On dit t’ajsurer d’une maison, d’un cheval, &c. pour dire la louer, l’arrêter, la retenir en donnant des gages. On dit que par le long usage on s’asture la main pour écrire, ou pour faire quelqu’autre travail délicat , c’est-à-dire, qu’on la rend plus ferme K plus hardie. On dit aussi assurer un faucon, pour dire l’aprivoi- ser & le rendre plus hardi. £ On dit en termes de Manège, assurer la bouche d’un cheval, c’est-à-dire , l’acoûtumer au mors. Assurer un cheval, est aussi l’acoûtumer au feu, en tirant à ses oreilles. ASSÛRER , v, a. [Tadari.J Terme de Marchands qui trafiquent fur mer. C’est répondre d’un vaisseau qui va en mer, & des marchandises qu’on a fur des vaisseaux. ASSUREUR , f m. [Vus , stonfor .J Terme de Marchand de mer. C’est celui qui répond des vaisseaux ou de la marchandise qu’on met sur des vaisseaux. (L’affûreur exige une certaine somme de celui à qui il répond que le vaisseau arrivera à bon port, & de la valeur de la marchandise, si elle vient à être perdue.) f ASTELOIRE. Terme de Bourrelier ; voyez ATEL- LES. í ASTERIE , f f- Fausse opale que l’on nomme autrement Girasol. ASTE'RISME, f m. ZAsterisimu.l Ce mot est Grec, & est un terme d’Astronomie. II signifie constellation. ASTERISQUE , s m. ZAfteriscuí.J Petite marque en forme d’étoile qu’on met dans les livres pour renvoi. (Marquer d’un astérisque.) í ASTERISQUE, s f. Plante propre pour les inflammations des yeux, de l’estomac, &c. 11 y en a de plusieurs sortes. Volez P. Tournes. & C. Baub. ASTUME'- ZAtixiè, anhelans .J Terme de •Fauconnerie^ qui le dit d’un oiseau pantois qui a le poumon enfle, & qui ne peut avoir ion haleine. t ASTI- Gros os de cheval ou de mulet, pris ordinairement de la jambe de devant de l’animal, dont fe servent les Cordonniers L Savetiers pour lisser les semeles & quelques autres parties du soulier ; & dont AST 165 la cavité leur sert à mettre le suif pour graisser leur alêne. ASTME, f m. ZAJtbma.'] Ce mot vient du Grec, & fe prononce comme il est écrit. Toutefois quelques- uns écrivent & prononcent asme. II signifie courte- haleine. C’est une obstruction du poumon, qui produit une fréquente & dificile respiration sans fièvre. Vegori. (Etre travaillé d’un aftme. La Ch. C’est un astme très-incommode, très-fâcheux. II a un aftme. II est incommodé d’un astme depuis long-tems.) ASTMATIQUE , adj. gf / ZAstmaticms Celui ou celle qui a un astme, qui respire avec dificulté, qui a la courte-haleine. (11 est astmatique depuis un an.) ASTRAGALE , f- f- ZAstragalm.'] Terme d’Architecture. Petits membres ronds qui se mettent aux corniches, aux architraves, & aux chambranles , & qui s’apellent ordinairement Talon. íf ASTRAGALE. Ce mot est Grec, t iç^yáÁots > l’os du talon. C’est une petite moulure ronde qui entoure le haut du fust d’une colonne. Quand elle est ailleurs, on Papesse baguette & quand on y taille des grains ronds ou oblongs, comme des perles, ou des olives, chapelet. Volez Daviler Felìbien. ch ASTRAGALE , //. Terme d’Artillerie. L’Astragale d’un canon , est une efpece d’anneau qui est fur le canon, à un demi-pié près de la bouche. II sert de renfort & d’ornement au canon. ê ASTRAGALE , f f. Terme de Botanique. Sorte de plante dont il y a beaucoup d’especes. \Jastragale de Canada est un peu diférente des autres. Voyez les Mémoires de l’Acad. des Sciences , Zfi P. Tournes. f ASTRAGALE , terme d’Anatomie. C’est le même os qu’on apelle l’os de f arbalète, qui est le premier os du Tarse. ASTRE, / m. en Latin ajtrum. Corps lumineux qu’on voit au Ciel. Etoile. (Les planètes sont des astres. Les étoiles fixes sont les astres du Firmament. Contempler , observer les astres. On a découvert de nouveaux astres dans le Ciel. Les Comètes sont des astres. Un astre brillant.) Ce mot, astre, fe prend quelquefois en Astrologie pour une figure céleste. (Sous quel astre cruel l’avez-vous mis au jour ? Racine-. Le Sage commandera aux astres. Les Poètes nomment le soleil, Y astre du jours & la lune, /’ astre de la nuits * ASTRE. Beauté brillante & éclatante. Eclat lumineux. (Les yeux de Philis sont des astres doux & bénins. Astre qui se leve au Nord. La Suzes íf ASTRE'E étoit fille d’Astreus, Roi d’Arcadie & del’Aurore. Elle régna après la mort de son père, & commença, fans doute, à rendre ses sujets moins farouches, & à leur inspirer des sentimens de douceur & de justice, qu’ils ne connoissoient pas. Les Poètes ont feint, qu’elle étoit fille de Jupiter & de Thémis, & qu’étant détendue du Ciel fur la terre, elle y fit jouir ses sujets d’une félicité qui fit apeller le tems de. son régné, le Siécle d’Or: mais la corruption aïant gagné le cœur des hommes, elle quitta la terre, & aïant remonté a.u Ciel, elle fut placée dans le Zodiaque , fous le titre de Virgo , selon le témoignage d’Ovide , lib. 1. .- fit virgo cœde madentes Ultima cœlestûm terras Astrœa reliquit. ASTREINDRE, V. a. ZAstrìngere, obligares fia. Jìreins, j’ai astreint, j’astreignis, j’astreindrai. Contraindre , obliger à quelque chose. Le dégoût qu’on a des sciences , vient de ce qu’on est obligé de s’astrein- dre à la méthode pour l’instruction. Abl. apopb. préfaces ASTRINGENT, astringente, adj. [ Astringent, styp- ticus .] Terme de Médecin. 11 vient du Latin , astringent , qui est de qualité froide , & qui resserre. (Remède astringent. Emplâtre astringent. L’eau de plantin est astringente.) H ASTRINGENT. Terme de Teinturier. Les Teinturiers apellent matériaux ou ingrediens astringens , l’é- corce d’aulne, de grenade, de pommier sauvage, de. chêne en seve, la scieure de chêne , la coque de noix , la racine de noïer , les gales , le sumac, &ç. ASTROC > / m. [ [Rudens.] Terme de Marine. Grosse corde qu’on atache à une cheville de bois qu’on apelle efeome. ASTROïTES , f. m. [ Astroïics. ] Sorte de pierre, dont la structure a quelque chose de merveilleux. ASTROLABE , / m. Zslstrolabmns Instrument j 6 6 À 7A avec lequel on observe lu hauteur, la grandeur, ls mouvement & la distance des astres. {f ASTROLABE. C’est un instrument astronomique , dont les Pilotes sc servent pour prendre la hauteur , & en conclure, la latitude du lieu où ils font l’ohservation. L’instrument est composé d’une grande piece de cuivre plate, ronde par les bords, garnie d’un anneau pour la tenir suspendue , & d’une alhidate, ou régie mobile , qui porte deux pinules , c’est-à-dire, deux petites plaques de cuivre, percées d’un petit trou apellé dioptre , pour recevoir le raïon du soleil, ou pour conduire le raïon de vûé jusques aux étoiles, quoiqu’on ne s’en serve guéres que pour ie íòleil. ASTROLOGIE, // íAjirologia .] Science qui considère la qualité & la vertu des lignes & planètes , avec les éfets que ces lignes & ces planètes produisent sur les choses de la terré. Les Ethiopiens ont les premiers découvert 1 Astrologie , à cause que leur Ciel est sans nuage. Ab L Luc. t. z.) ASTROLOGIE judiciaire. [Aftrologìa divìnam.) Science par laquelle on prétend prédire l’avenir en observant les astres. (On rencontre toujours quelque imposteur qui fait profession d.e l’Aítrologie judiciaire. Abl. Luc. t. z. L’Astrologie judiciaire est quelquefois permise, & quelquefois defenduë. Elle est permise étant apurée sur des principes universels & invariables ; & défendue quand elle prédit avec assurance des choses casuelles , & qui dépendent de Dieu. T hiers ,superstitions , cb. 2i. ' ASTROLOGIQUE , adj. [ AJìro/ogicm. ] Qui est d’Astrologie. Qui regarde l’Astrologie. (Cause astrologique. Figure astrologique , prédiction astrologique.) ASTROLOGUE , / m. lAJirologm.) Celui qui considère la qualité & les vertus des signes & des planètes. (Les Dames de la Cour de Catherine de Médicis n’eus- se»t osé rien faire sens consulter quelque Astrologue. Tbiers ,juperjt. cb. 22.) $ On dit prov. Ce n’est pas un grand Astrologue, pour dire qu'un homme n’est pas fort habile dans quelque profession que ce soit. ASTRONOME,/ »/. \_AJìronomm .) Celui qui considère la grandeur, les mesures & le mouvement des étoiles & des corps célestes. ASTRONOMIE,/ f. [ Afhonomia. ] Science qui considère la grandeur, les mesures & le mouvement des étoiles & des corps célestes. ASTRONOMIQUE , adj. [ AJbononticus . ] Qui est d’Astronomie. (Calcul astronomique. Heure astronomique. Le Poète Manilius dit que les vers astronomiques n’ont pas un air poli.) ASTUCE, / / [Ajiucia , calliditm .3 Vieux mot qui signifioit autrefois finesse. Le renard a beaucoup 4 ’astuce & de finesse. Danet. ASTYNOMIE '/ f.sAsiynomia.) C’étoit le nom que les Athéniens donnoient a la Police, & l’on apel- loit Astynomes les Magistrats qui en avoient foin. ASYLE. Voyez AZILE. ASYMMETRIE , / / [ Asymmetria. ) Terme d 'Aritmétique. C’est lors que dans un nombre proposé l’on ne peut pas trouver une racine telle qu’on la demande , comme la racine quarrée de io. ASYMPTOTE , adj. [ Asymptotos. ] Terme de Géométrie , qui se dit de deux signes qui s’aprochent toujours, & qui ne se coupent jamais, quoique prolongées à l’infini, comme la conchoïde. De la Mire. ATABALE, / m. [Atabahis ,J Espèce de tambour dont se servent les Maures , comme on en voit dans des entrées de balet composées de Maures. , ATABULE , / m. [ Atabulm .) Vent fâcheux qui régné en la Poùille , & qui cause beaucoup de dommage aux arbres & aux vignes. ATACHE,// [ Vinculum , ligament] Lien. (Elles s’emboitoient Lune dans l’autre fans ferrement ni atache. Abl. Tac.) ÀTACHE de moulin à vent. Grosse pièce de bois plantée debout au milieu du moulin à vent pour le soutenir. ATACHE. ['EdiAum , projeriptum libello fixmn .] A- grement, permission. (On ne les recevoit point sans atache.) f Le Colonel Général de la Cavalerie ou de I Infanterie de France donne son atache^. aux Commissions des Mestres de Camp ct des Capitaines. Volez les Mémoires de EuJJ'y Rab „ ATA $ ATACHE. Terme de Bonnetier. On «pelle bás d’atache, de grands bas qui vont julqu’au haut des cuisses. On les nomme aulli bas à botes. * ATACHE. Aplication , ardeur, (jouer avec atache. 11 y a plus d’atache à Dieu qu’à toute autre chose. Porl-Royal. * ATACHE. f Amor , Jìudium.) Engagement volontaire. Atachement. (Vivre fans atache.) Af Le P. Bouhours a fait une remarque très-udle sor ces deux mots, atache & atachement ; elle est trop longue pour la raporter, & l’on n’en peut rien retrancher : on peut y avoir recours dans ie besoin, page 24. des Remarques. ^ ATACHES. Terme de Vitrier. Ce sont de morceaux de plomb de deux à trois pouces de long, d’une demie ligne d’épaillèur, ct d’une ligne & demie de largeur, que les Vitriers atachent avec de la soudure sur les panneaux de vitres, pour lier & retenir les verges de fer, qui les tiennent en place. * ATACHEMENT, / m. Engagement. (Les ata- chemens de la terre. Je sois libre fans engagement, fans atachement, fans liaison. Pasc. I. 1. Honteux atachemens de la chair ct du monde. Corneille. L’ata- chement qu’jl a auprès de son Prince, est une véritable servitude.) * ATACHEMENT. [Ardor, Jìudium.) Passion , ardeur , zélé. (11 a un grand atachement pour cette belle. Voit.let. 82. L’atachement qu’il a pour son Prince , lui fait négliger ses propres intérêts. Un si honteux atachement lui causoit un grand chagrin. Am- Jìe modem , t. 4. Moi, je n’aprouvois point ce bas atachement. Scarron , D.Japbet, a. 1. sc. 1.) ATA CHER D. a. [ Alligare , colìigare. ] Lier, ficher , coudre une chose à une autre. (Le neud qui atachoit le joug au timon, étoit sait d’écorce. Abl. Arr. /. 2. c. 2. A tacher un clou. Atacher la ceinture au haut de chausse.) * ATACHER. [Vinctre , illigare , ajìringere.) Engager. Unir. Joindre. (Mon devoir m’atache auprès d’elle. Gomb. Po'es Ce n’est pas ta bonne fortune qui nous atache à toi. Vaui>. Quint. /. Le Ciel n’a- tache point mon bonheur a lès jours. Racine , Ipbige- nie , a. e,. I. 2.) S’ATACHER, v. r. s Inbœrere , adbxrescere. ] Se prendre à quelque chose. (Quand on scneïe, on s’a- tache atout ce qu’on trouve.) S’ATACHER. [Adjungerese alicuirei , adaliquidin - cumbere.) S’apliquer, lè mettre ardemment à quelque chose. Se donner tout entier à une personne, s’y dévouer. (S’atacher à l’etude , à son devoir, au barreau. II y a des gens qui ne s’atachent jamais à dire ces deux paroles bon jour. Pasc. I. 9. S’atacher auprès d’un grand Seigneur. Je m’atache à tout vôtre destin. Moi. sent. sa-j.) S’ATACHER. Demeurer Ferme à quelque chose, n’efi pas démordre. (S’atacher à l’Evangile. Pasc. I. 7. S’atacher à une opinion. Pasc. I. 5. S’ATACHER. [Studere alicui .] Avoir de l’atachement. (Sont-ce des hommes que ces jeunes blondins , & peut- on s’atacher à ces animaux? Mol. Ava.) ATAMADAUTET, nom du prémier Ministre du Roi de Perse. ATA QUE , / /• [ '.AggreJJìo , irruptìo .(] Choc, commencement du combat, ct il signifie aussi un combat. (Une ataque furieuse, vigoureuse, rude, sanglante, cruelle. Faire une ataque. Donner , commencer une ataque. Soutenir courageusement une ataque , repousser une ataque avec vigueur, avec courage. Entreprendre une ataque avec cœur.) ATAQUE. [ Oppugnatio Ce mot se dit en parlant de siège de ville , & il signifie tout ce que font les assiégeais pour emporter une place , ou quelcune de ses parties. (Une vraie, une fausse ataque. Presser vigoureusement une ataque. Favoriser une ataque. Commander une ataque.) H ATAQUE des places., Cette sience est plus aisée à aquerir que celle de la défense. Mr. de Folard prétend que les ataques d’aujoiird’hiii ne sont presque sondées que sor la routine ; & il explique différentes méthodes dont se servoient les Anciens pour ataquer & prendre- les places. Voïez Polybe de Folard. Tome II. Faujse ataque. Ces mots signifient tout le travail que font les assiegeans pour obliger les assiégez à faire diversion, & ainsi les vaincre plus facilement ; & asm de ATE dé favoriser les véritables ataques. (Faire une fausse ataque.) * ATAQUE. [Exprobratio .2 Ce mot fe dit, au figuré, des personnes , & signifie tout ce qu’on écrit avec esprit pour choquer quelcun. (Ataque fine , délicate , spirituelle , galante, agréable , charmante. D’Aucourt, dans ses sentimens de Cléante, a donné d’ingénieuses ataques au Père Bouhours : çe livre est divertissant, & mérite d’être lû. On lui a donné quelques ataques fur son avarice.) * ATAQUE. [ Morbi tentatio. ] Ce mot se dit aussi des commencemens de quelque maladie. (II a déja eu quelques ataques de fièvre, de goûte, &c.) ATAQUE. [ Oppugnatiod] Ateinte. Insulte. (Donner une ataque à quelcun. Le riche est exposé aux ataques du démon. Maucroix , homélie 2.) ATAQUER , v. a. [ Oppugnare , invadere , aggre- di.) Commencer une ataque , ou une quérelle. Commencer à batte , détruire , combatte. (Ataquer une place. Ataquer l’ennemi. Ataquer une proposition.) . * ATAQUER. [Offendere.) Ofenser. (Ils ataquent la mémoire de vôtre père. Vaug. Quint. L F.) S’ATAQUER , v. r. f LacejJ'ere, adoriri.J Se prendre à quelcun. Ataquer quelcun. ( II ôtera l’ennvie à tout le monde de s’ataquer à lui. Abl. ret.) ATARAXIE /. [Ataraxia.) Terme de Philosophie , purement Grec. Immobilité de jugement qui exemte des agitations que nous recevons de Popinion , dans laquelle les Pirroniens & les Stoïciens faisoient consister le souverain bien. f ATEDIER, ». .'c Vieux mot, qui fignifioít, ennuïer, importuner par ses discours. On le disoit d’un mauvais Orateur qui endormoit ses Auditeurs. ATEINDRE , ». n. [Attingcre , contmgere.'J Arriver. J’ateins , faieígnis, j’ai ateint. Pouvoir toucher à une chose qui est un peu haute. ( Un renard ne pouvant ateindre aux raisins d’une treille , dit qu’ils frétaient pas mûrs. Port-Royal, Phèdre.) ■ ATEINDRE , v. n. [ Ajsequi , consequi. 2 Arriver. Parvenir. (Tu aspires où tu ne saurois ateindre. Vaug. Quint. t. 4. Je crois qu’ils pourront ateindre à la vertu de leurs pères, Voìt. i. 41. Ce verbe est aussi actif. Ateindre Page de iç. ans. Vaug. Quint. i. 8- c. 6.) ATEINDRE , v. a. [FerireiHu certo petere.J Toucher , assener. (Ceux qui lançoient des javelots, ne pouvoient ateindre les frondeurs. Ahl. ret.) ATEINDRE , v. a. Atraper à force de courir, ou de marcher. (Tu as beau suivre les Scytes , je te défie de les ateindre. Vaug. Quint. L 7.) * ATEINDRE, v. a. Au figuré, il signifie aler aussi loin , s’élever aussi haut qu’un autre qu’on considère à cause de Pélevation du rang où il est. (Ce guide est sans défaut , Animez-vow , Daman , de l’efioir de /'ateindre.) v ATEINT, ateinte, adj. [Impetitm, percustus , lœjw .2 Touché. Frapé. Blessé. (Ateint d’un coup de flèche. Elle fut ateinte d’un coup de pierre. _ Ceux qui étoient ateints de mal, récitaient des tragédies. Abl. Luc.) * ATEINT, ateinte , adj. [Taaus .2 Ce mot au figuré veut dire touché, qui ressent quelque mouvement de quelque passion , ou d’autre chose aprochante. Heureux , de qui famé est ateinte D’amour , de refieB & de crainte Pour la Majesté de fin Dieu. God. Poës. 3. part. Je ne viens pas ici pour troupier une plainte , Trop juste à la douleur dont vôtre ame est ateinte. Gornb. Pomp. a. sc. 2. De quel nouveau souci vous monírez-vous ateinte. Flore, opéra, a. ç.Jc. 2. ATEINT , ateinte , adj. ['Flagitii compertus , convi- stus .2 II se dit en parlant d'une personne acusée de crime, & il signifie convaincu. çLe trouvant ateint de plusieurs concussions, il le fit mourir. Vaug. Quin- te-Curce, l. 9. c. 8- Quiconque boira & mangera avec ùne personne condamnée , sera ateint du même crime. Voïez l’Hist. de Pologne.) Ateint & ateinte sont plus u litez en termes de Palais qu’en tout autre stile. Les conclusions portent que Pactise est ateint £•? convaincu. .d’avoir volé. D’Aucourt , plaid. 2. , ATEINTE , f. f. [Petitio .2 Coup leger. (II a reçu une ateinte au bras.) , ATEINTE. Ataque. Coup. Donner des ateintes a ATE 167 quelcun. (Vous n’eûtes jamais afaire à une personne fl hors de vos ateintes. Pose. I. 17. J’ai reçû de vos yeux une ateinte fatale. Gomb. Po'és. C’est une ateinte à son honneur. II a eu une rude ateinte, une cruelle ateinte. Se mettre hors des ateintes de la satire. Le terns qui détruit tout, ne pourra jamais donner d’ateinte à la gloire d’Ablancourt. Voïez Abl. vangé. II me fait ressentir les cruelles ateintes, De ce qu’ont de fâcheux les soupçons les craintes. La Suze, Poës. Ces nouvelles m’ont donné une cruelle ateinte. Mol. Scap.a. 1. fi. 3. C’est-à-dire, m’ont touché très-sen- lìblement.) ATEINTE , f. f. Terme de Maréchal. C’est un coup qu’un cheval reçoit d’un autre cheval, ou qu’il se donne lui-même au pié. (Ce cheval a reçû une rude ateinte. Vôtre cheval s’est donné une ateinte.) * ATEINTE , f. f. [ Tentatio levis. J Ce mot, en parlant de goûte, de fièvre, ou de quelqu’autre maladie, signifie ataque. (Unepetite, une légére ateinte de fièvre , une forte , violente , furieuse , fâcheuse ateinte. Les gens qui boivent trop & qui se divertissent trop, sont bien-heureux quand ils ensontquites pour quelques légères ateintes de goûte.) ATEL ,/ tu. [Equini helcii a/ata ferula.) Terme de Cbaretier. Maniéré de petit ais, ou de late courbée qui s’éleve au dessus du colier du cheval de harnois. (Atel cassé.) ATEL. Terme de Potier. Morceau de bois qu’on fe met au doigt pour lever la poterie qu’on fait fur la roue. ATELAGE , f m. Jumentorutn , (tf currùs instrumen- tumè] Quatre chevaux de carosse, de charrié , onde harnois. Quatre beuss pour le chariot 011 pour la cha- ruë. (Atelage tout neuf. Atelage de beuss. Balzac, dans ses entretiens , entr. 20. trouve que l’atelage du chariot de Venus, si fameux dans les Poètes anciens & modernes, est ridicule, & qu’il valoit mieux ateler au chariot de cette Déesse , des autruches , que des moineaux ou des ciguës.) ATELER, v. a. [Equos ad rhedarn , ad currumjttn- ^ere .2 Atacher des chevaux ou des beuss à un chariot, a une charuë, &c. (Les heures ardent les chevaux du soleil. Abl. Luc. La charete était atelée de quatre beuss. Scar. rom. Les chariots étoient atelez à quatre chevaux de front. Vaug. Quint. I. 9. c. 8-) (Ateler les chevaux au carosse. On pourroit parler de la forte ; mais on dit d’ôrdinaire , mettre les chevaux au carosse.) ATELIER, s tu. [ Ojstcinad] Lieu ou travaillent les Peintres , les Sculpteurs, les Maçons , les Potiers. Les ateliers doivent être exposez au Septentrion. Vi- truve, abrégé , s. part. ch. r. ATELIER de vers à foie. Piliers , ou soliveaux dressez dans une chambre avec des perches, des claies & des rameaux, où les vers à foie filent, Isnard. ATELLANES , s f. \FabuU Atellanœ.J Pièces comiques & satiriques chez les Romains. ATELLE , s. f. [Feni/sl.] Petit ais , ou éclissc qu’on lie autour d’uii membre rompu pour le tenir en état, jusqu’à ce qu’il soit guéri. -t ATELLE , s. f. Outil dont se fervent les Potiers de terre, pour diminuer l’épaisseur des ouvrages de poterie, qu’ils tournent à la roué ou au tour. Ils apel- lent aussi atelle, un petit morceau de bois, qu’ils tiennent entre les doigts, quand ils veulent lever Pouvragc de poterie de dessus la roue. H ATELLES , ou improprement Atteloires. Ce font deux especes de planches, ou morceaux de bois chantournez, que les Bourreliers a tachent au devant des coliers des chevaux de coches, charetes ou charrues. 4 ATELLES, ou Ateles. Ce font deux morceaux de bois creux, qui étant rejoints & mis Pun contre l’autre, font une poignée , qui sert aux plombiers à prendre leurs fers à souder. Les Vitriers & autres Ouvriers qui se servent de ces fers, apelient ces poignées, des Monfletes, ATELOIRE, f f. Cheville ronde qui se met dans le timon des afuts des pièces d’artillerie, & dans ceux des chariots , & des enarétes. ATENANT, ANTE, adj, (.âttìnsns , pertinent 1 } . Ter- 168 ATE Terre ou héritage , qui touche , qui joint à un autre, qui y tient. (II a aquis une vigne atenante à la sienne.) ATENANT , adv. prép. [ Propé, proxhne.j I out proche , joignant. ( II a bâti atenant une maison.) £§ La Fontaine a dit , dans ion conta du Berceau : Chacun couché , pour la belle on mettoit Un lit de camp ; celui de Phôte étoit Contre le mur atenant de la porte. Mais je ne sqai pas si dans le sérieux on peut se servir- d ’ atenant. ATENDRE , ». a. [Expeslare , prajìolari.s Demeurer dans un lieu jusques à ce qu’une chose, ou une personne arrive. Etre dans Latente de quelque chose. ( Atendre une maîtresse. II crût que ce seroit une folie à’atendre à les ataquer que leur cavalerie sût de retour. Abl. Ces. On doit atendre long-tems à se marier. On l’atend de pié ferme.) ATENDRE. Espérer. [ Sperare. ] ( On n ’atend rien de bon de cette maladie. Atendre son salut de la miséricorde de Dieu. Arn. cons. Les Juifs atendent encore le Messie. II a tend la succession de son oncle. Atendre une occasion favorable. On dit aussi s'atendre à quelque chose. II ne s’atendoit pas à perdre si soudain l’objet de ses apas. Ramp. idyl. Et en parlant des choses qui apparemment arriveront, on dira : Je sn’atendok bien q u'il seroit ce pas de clerc, & qu’il gàteroit cette affaire.) Ç$ ATENDRE. Voici une décision de l’Acadé- mie qu’il ne faut pas oublier. Mr. Quinault a dit : Vous ne devez plus atendre Rien qui trouble vos désirs. II semble , qu’atendre marque quelque esperance , & qu’en ces deux vers , craindre seroit moins de peine. On dit, atendre la mort avec fermeté. II a été décidé qu’on pouvoit se servir d ’ atendre, mais avec circonspection. f On dit proverbialement : On l’atend comme les moines font l’abé s c’est-à-dire, en se me tan t à tablé, & commençant toujours à dîner. II donnera à celui qui atend. On dit atendre quelcun au passage , c’est- à-dire , dans quelque ocasion favorable. f On dit, en matière de nouvelles , qu’il faut atendre le boiteux : c’est-à-dire , celui qui en aportera la confirmation. En atendant , forte de Gérondif ; c’est-à-dire, espérant. (Trinquons toujours m atendant nos amis. Prenez toujours ce présent, en atendant mieux.) En atendant. Ces mots se mettant à la fin de la phrase, ou du sens, font une maniéré d’adverbe, & ils veulent dire , cependant. ( Mr. fera bien-tôt de retour , tenez , voilà un livre de Mr. P. lifez-le pour vos péchez , en atendant. ) * En atendant que. [ Thmec , dmn. ) Maniéré de Conjonction , qui signifie jusqu’a ce que , & qui régit le subjonctif. Cette conjonction est presque surannée. ( Je vai tout doucement devant , en atendant qu’il vienne.) ATENDRIR , ». a. [ Mollire, emollires Faire devenir plus tendre. ( Atendrir de la viande.) * ATENDRIR. Emouvoir. Donner de la pitié. (Pour atendrir mon cœur anx larmes. Racines S’ATENDRIR, ». r. [Molliri , emollirif] Ce mot, au propre, se dit de la viande, C’eft devenir plus tendre. ( La viande s’atendrit lors qu’elle est un peu gardée , ou quand on la bat.) * S’ATENDRIR, ». r. [ Moveri , commoveri. j] Au figuré , il signifie être touché de pitié , avoir de la compassion , s’émouvoir. ( Une maîtresse s’atendrit par la persévérance qu’on a à l’aimer. C’est un cœur de rocher qui ne s’atendrit point. Je pressai , l’on se défendit, Je persiflai , l’on Latendrit. sf Dosage autorise, atendrir de la viande , aten- ârir par ses larmes son ennemi : mais il me semble que l’on ne peut pas dire , que les pluies ont atendri la terre , & que le mot ramolir est plus juste. Virgile a dit dans le prémier livre des Géorgiques. Vere novo gelidus canis cum montibus bumor IJquitur. Le Sieur Martin de Pinchêne , neveu du fameux Voiture , a traduit ainsi cet endroit : Au retour du prìniems , quand les neiges fondues, ATE De la cime des monts dans les champs décendu'iS) Ont atendri la terre. Et Mr. de Segrais : Sitôt que le zéphir , messager du printems, Fond la neige des monts , N ramolit les champs, Ramolir est , fans doute , plus propre qu’atendrir, ATENDRISSEMENT , f m. [ Misricardia.~] Mou* vement du cœur, qui lui sait concevoir de la tendresse , de l’amidé & de la compassion pour quelcun. ATENDU QUE, conj. [Quonianp, quandoquú dem.j\ Cette conjonction est plus du Palais que du beau stile. Vû que. Puisque. ( Atendu qu ’une plus longue contention pourroit causer quelque froideur. Abì. Luc. Jean XXII. vers Lan izro. révoqua la pluralité des Bénéfices , mais il n’en usa de la sorte que pour ses propres intérêts , atendu qu ’il étoit habile à trouver les rnoïens d’augmenter ses finances. Ame- lot , des bénéfices , c. ; ; . jsf Air. de Vaugelas , Rnnarq. 482. a dit : ,,Aten- „ du que commence à se rendre fort commun dans ,, le beau stile ; niais du tems du Cardinal du Perron „ & de Mr. Coëffeteau , il étoit banni de leurs Ecrits: ,, mais Lissage, comme la fortune, chacun en íàju- „ risdiction , en use comme il lui plait. ” Et l’Aca- demie : ,, 11 y en a qui font dificulté d’emploiêr aten- ,, du que , qui ne doit pas être absolument rejette. ’> A TENTAT, f. m. s Scelus, facinus.f Entreprise sur la vie d’une personne. (II a commis un horrible attentat.) Sous couleur de punir un injuste atentat, Des meilleurs combattant il afoiblìt l’Etat. Corn. Cid. a. 4. Jc. ç. •f * ATENTAT. \_AuHoritatis regi,t usurpatïo .] Entreprise criminelle. ( Toute aprobation qui marche devant la sienne, est un atentat sur ses lumières. Mol. crit. sc. 4. C’est un atentat contre Lautorité Roïale. Fevret, traité de l’abus, l. 1.) f ATENTATOIRE , adj. Terme de Palais. Qui est fait contre les régies. ( Sentence atentatoire.) ATENTE , f f [ Expdlatio. J Espérance. (Toute mon atente est au Seigneur. Arn. Mettre son «tente en Dieu. Arn- C’est en Dieu que je mets toute mon atente. Port-Royal , Pf 6 r.) * ATENTE , f. f. Prévoïance d’une chose qui doit arriver. 1. Les bienfaits de ion maître ont surpassé son atente. Ce jeune homme n’a point trompé La- tente qu’on avoit de lui.) Pierre J atente. [ Lapis emmens. J Terme à’Archi- tefíure. Ce sont des pierres qui avancent d’espace en espace , à l’extrémité d’un mur, pour en faire la liaison avec celui qu’on a dessein de faire auprès. On se sert de ces mots en parlant d’un dessein que l'on veut continuer. Table d’atente. [ Tabula rudis. ] Ce mot se dit d’une pierre , d’un quadre, ou autre place , 011 l’on a dessein de mettre quelque inscription , ou de faire quelque autre ouvrage, f On apelle , en termes de Blason , table d’atente , un Ecu où il n’y a rien. On dit, au figuré , que Lesprit d’un jeune homme est une table Patente , voulant dire qu’il est capable de recevoir les impressions qu’on lui voudra donner. ATENTER , ». a. fff n. [ Attentare , violas c, pete- re vitam. ] Entreprendre fur la vie , ou fur l’hon- neur, & c. (II a atente le plus grand de tous les crimes en la personne de son Roi. Vaug. Quint. L 6. c. 5. Atenter sur la vie d’une personne par les charmes & par le poison. Abl. Tac. Atenter à la vie de son ennemi. Pose. I. 7. Atenter à la pudicitc. Vaug. Quint. I. 5. c. 12. Sur nôtre liberté chacun veut atenter. Desh. Pois.) J A TENTE 8 , ou Flèches. Ce sont des filamens rougeâtres , acompagnez de petites languetes couleur (Lot, qui sortent du milieu du calice de la fleur du safran, & qui servent à íàire cette drogue si connue , qu’on apelle safran. ATENTIF , atentive , adj. [ Attentas , intentas. J Qui a de l’atention. (Etre atentif à son travail. Vaug. Quint. I. 4. Atentif à son devoir.) Le mot d ’atentif étant devant un verbe , régit Linfinitif avee la particule à. (II étoit atentif à oiiir ce qu’on lui disait de bon. Abl. apoph. ' Us étalent atentìfs à le regarder monter au Ciel. Port.Royal , AH. des Apôtres. Mon Dieu , forez atentif à. mes paroles , & exaueex-moi. Port-Royal, Psaume 54.) ATM- ATE ATENTIVEMENT , adv. [ Attente , intenté. ] Avec atention. (Ecouter atentivement.) ATENTION , s. s. C Attentio. ] Prononcez atencìm. Aplication d’esprit. I! vient d u Latin. ( Une grande atention. II n’y a rien qui soit digne de vôtre atention. Abl. Luc. Je donnai assez d’atention à ee qu’el- le dit. Réveiller ïatention du Lecteur. Abl. Luc. L’esprit n’aporte pas une égale atention à toutes choses. Faire languir ïatention des spectateurs. S. Evr. des comédie r Angll) f ATE'NUANT , adj. Les Médecins apellant remedes aténuant , ceux qui augmentent le mouvement & la fluidité du sang & des humeurs. ATE'NUATION, f f. [Attcnuatio, extenuatio.] AFoiblissement ., ou faction par laquelle on afoiblit. ATE'NUER , v. a. f Tenuare , attenuare , extenuare.] Afoiblit, diminuer. ( Les jeûnes , les veilles, les macérations atenuent le corps , & le débilitent.) £ ATE'NUER , v. a. Terme de Médecine. Atê- nuer les humeurs, c’est les rendre moins grossières & plus fluides. A TENUE', aténuée , [ Attenuaius , extenuatm , te~ motus.'] Abatu de maladie. Afoibli. (II est fort aténué. La Chamb. 11 est aténuée par les austéritez. Maucroix, schisme .) ATE'RAGE, s m. Terme de Marine. Endroit oû l’on vient reconnoître la terre en revenant de volage. ATE'RIR, v. n. f Ad terram apeUere. J Terme de Marine , qui signifie prendre terre. ATE'RISSEMENT , s m. [ Lìmi arenarum alienum ìn locurn departatio. ] Sable & limon que la mer ou les rivières transportent d’un lieu à un autre, qui leur font- changer de lit & de rivage. La mer a fait de grands atérissemens à Aigues-mortes, qui étoit autrefois un port de mer. ATERMOIEMENT , s m. f Dilatio diei pecu- nia.] Terme où délai de pa’éer. Les créanciers hi- potécaires ne font obligez d’entrer en aucune composition ou atermoiement avec le débiteur. H Les débiteurs obtiennent un atermoiement par des Lettres de chancelerie que l’on nomme Repy. 11 se fuit aussi des contrats volontaires d’atermoïement entre les créanciers & les débiteurs. ATERMOïER, v. a. [ Diem pecunìœ differre. ] Donner du terme ou prolonger celui qui est déja échu. ( Les créanciers ont atermoie leur débiteur pour empêcher le divertissement de ses éfets.) f ATERMOIE', adj. Un billet atermoie est celui qui doit être païé à certain terme , ou à certain tems. ATERRER , u. n. s Uejicere , jîernere. J Ce mot veut dire , jetter par terre. 11 vient de ritaïien ater~ rar , mais il vieillit ; on dit en fa place , terrasser, s II n’eji orgueil endurci , Oue brise' comme du verre Sous tes pies il n’aterre. Malh. Poës /. a.) ;Qf M. de Scuderi a dit, dans son Amour tìrannì- que , sc. 2. aH. 3. La ville d’Amasìe ejl un beau cimetiere, C’ejl ici que mon bras aterre son orguéil. Et le Tasse , dans son Aminte , a. i. sc, i. Seguir le ferre , fugaci , è le sorti Atterrar combatendo. Ce terme est expressif ; il marque bien la ruine , la destruction entiere de son ennemi. ATERRE', aterrée , adj. [ DejeHus , proflratus. ] Abatu , terrassé. ( Homme aterré , bête aterree.) ; * ATERRE', aterrée , adj. [ Oppresfm. ] Acable, abatu. (Le coup dont je suis aterré, c’est de voir que vous me préfériez un rival. Mol. D, Garde , a. 1- fi- i.) ATEST ATTON, s /• r Tesìimonìum; tesiìficatio.] Prononcez atejìacion. Témoignage qu’on donne à quelcun. ( Donner une atestacion. Les atefiations ne font point recevables , à moins qu’elles ne soient données par des personnes publiques. Sur ïatejìation du Médecin, il a obtenu la permission de manger de la chair en Carême.! ATESTER, v. a. [ Testifìcari , attestari. ] Rendre témoignage. (Atester la vérité. Port-Royal , logique, 4. p. cb. ir. ATESTER. [ Tejìem appellare. ] Prendre pour témoin. (J’ateste les Dieux que, &c. Abl. ret. I. 7. c. 7. ATH 169 Ils atestent contre les Dieux & les hommes. Abl. Tac. J’en ateste toute la Ville.) ATHANASE , f m. [ Athanajim. ] Nom d’hom- me qui signifie immortel. S'. Athanase étoit un fameux Docteur de l’Eglise. ATHANOR, f m. Terme de Chimie. Grand fourneau immobile fait de brique ou de terre , aïant une tour au milieu où l’on met le charbon , qui communique sa chaleur par des ouvertures qui font aux cotez du foie r à plusieurs vaisseaux voisins, où l’on fait diférentes opérations en même tems. ATHE'E, f. m. %? /. [ Athern. J Ce mot vient du Grec, & en générai il signifie une personne qui n’a point de Dieu , qui ne croît pas qu’il y ait un Dieu. ( On donne assez ordinairement ce nom à une personne qui s’opose à une Religion reqûë, & que l’on reconnoit pour véritable. Bacon , œuvres morales Ff politiques , ch. 12. En quelque sens qu’on prenne le mot d 'athée , il est masculin , quand on parle d’un homme , & féminin quand on parle d’une femme. (On dit que Mr. N. qui fait tant le dévot, est un vrai athée. Cette Dame est une franche athée , & sa dévotion n’est que grimace. Le mot d 'athée , est haïssable , détestable, & digne du feu. Epicure & Lucien, parmi les anciens , passent pour d’insignes athées. Dieu n’a point fait de miracles pour confondre les athées , parce que ses œuvres parlent assez pour leur faire voir leur erreur. Les plus grands athées font ordinairement les hipocrites , ils font semblant d’aimer les choses saintes , & ils s’en moquent dans l’ame. Les athées font d’autant plus détestables , qu’iîs tâchent d’en faire d’autres. Les athées font des gens dont il faut courageusement combatte la conduite.) ATHE'E , adj. [ Impius. 3 Qui est d’athée. ( C'est une opinion athée qui mérite d’être condamnée. Senti » ment athée.) ATHE'ISME , adj. [Imputas in Deum. Atheismml} Créance athée & impie.(On Pactise d’athéisme.L’«í/>ri/- me est odieux, scandaleux , horrible, haïssable, détestable , nuisible. Cette opinion libertine tient de l’«- théisme. Les véritables favans ne donnent point dans ïathéisme , mais les demi favans , parce qu’ils n’oní pas assez de connoissance ni de Dieu ni de la Nature. On dit que les Poètes & les Médecins ont àxs pan~ chant à l’athéisme. II n’y a que les fous qu’on puisse avec justice acuser dlathéisme. L’athéífme est plutôt fur les lèvres que dans le cœur de l’homme. Les choses qui conduisent à l’athéìsme , ce font les divisions que l’on a fur la Religion, la mauvaise vie des Prélats , des Prêtres , des Abez, des Moines, & ì’ha- bitude de rire des choses sacrées. Si l’on fe corrige de ces défauts, & qu’on acheve de reformer l’Eglise, on ne tombera jamais dans ïathéisme.) f ATHE'ISTE , s m. [ Athern. 3 C’est celui qui ne croît pas en Dieu. Baudouin de P Académie Franqoife s’est servi du mot d ’atkéiste , mais son autorité , ni celle de bien d’autres de l'Académie , ne font point de loi. Atbéiste est hors d’ufage. (II y a des athéis. tes si détestables, qu’ils tâchent d’avoir des disciples. Baudouin , traduîtìon des œuvres morales de Bacon t chap. 12. Dites, il y a des athées, &c.) 4 = ATHENE'ES , f /. On apeloit ainsi certaines fêtes qu’on célébrois à Athènes en l’honneur de Minerve. ch ATHEROME , f m. Terme de Chirurgie. C’est une espece d’apoftume, qui est produit parl’ali- ment destiné à la nourriture d’une partie, lequel se convertit en une matière épaisse comme de la bouillie. ATHLETE , /. m. [. Athleta . 3 Luiteur. (Un ardent , un vigoureux athlète. 11 y avoit des athlètes qui combatoient aux jeux olimpiques.) ATHLE'TE. Qui combat, qui a combatu. ( De quel honneur n’auroit-on pas jugé dignes ces incomparables athlètes de la Foi? Maucroix , homélie r. On n’oubliera jamais ces athlètes sacrez , Que le glaive infidèle a jadis majjácrez. God. Poëf. 2- part. égl. 2. j (f Ceux dont la profession étoit uniquement de combatte , dans les Jeux publics de la Gréce , & de toutes les manières qui étoient pour lors en usage, fe distinguoient des autres, par le titre d 'Athlètes. Les victorieux aqueroient une gloire immortelle ; du moins on le croioit ainsi , témoin i’Infcription rapor- tée pat Reinesius , clajf, mi. 44, Tmn. I. Y Ce 170 ATI Ce terme , dans le propre , signifie un homme élevé & instruit pour les combats publics ; & quelquefois 011 s’en sert pour signifier un homme propre à soûtenir ou une opinion , ou une cause , ou quelque autre chose semblable. Votez Antoine Havre de S. Joire dans son Traité intitulé , Agonisticon , lib. ■}.cap. 12. Voïez auffi le tome premier de VHistoire de VAcadémie des Inscrìpt. ATHMOSPHE'RE , st f ZAtbmospb*r AVANT-COUREUR , s m. [Pracursor, prodromus.] Ce qui précédé quelque chose. Signe qui préccde la fièvre. (La grêle est savant-coureur de la gelée. Le frisson est savant-coureur de la fièvre. Un malheur est AVâ est presque toûjours l’avant-coureur d’un autre. Mot. Sc. a. 3. sc. 6 .) AVANT-COURIE'RE , s. s. [ Prœvia .] Celle qui précédé. (L’aurore est l’avant-couriére du soleil.) AVANT-FOSSE', s m. [Prior stssal} Terme c< pauvres. Qui donne volontiers saumoné. ( L- Cardinal de Lorraine etoit si grand aumônier, qu’il portoit une gibeciere pleine d’argen t , & diftribnoit cet argent aux pauvres qu’il rencontrait par les rués. Brantôme , Dames galantes , t. 2.) ê AUMÔNIER est aussi adj. On dit, cet homme est grand aumônier cette Dame est fort auinôniere. Acad. Fr. í AUMÔNIERE , f. f. On apelloit ainsi autrefois une bourse propre à tenir ou à recevoir des aumônes. On trouve ce mot dans le Roman de la Rose, & dans la pompe funèbre de Voiture par Sarastn. AUMÔNIER. [Eleemosynarìw.-\ Serviteur Eclésiafti- que qui distribué les aumônes de quelque Prince, de quelque Princesse, de quelque grand Seigneur ou Dame , & qui lui dit la Messe. (II est Aumônier de Monsieur le Prince. Le prémier Aumônier du Roi. Le prémier Aumônier de la Reine. Aumônier ordinaire. Le grand Aumônier est le chef de tous les Eclé- siastiques de la Cour.) 0 AU- AUN (f AUMÔNIER de vaijsmu. C’ëst un Prêtre qui à le foin de faire la priere dans un vaisseau , d’y dire la Messe , & d’y administrer les Sacremens. J: II y a aulîi des Aumôniers dans les troupes de terre. H L’AUMÔNIER d’un Régiment. AUMUSSE , f ru. [ Pelliceuni ac viBofum amicu » lum. ] Du Latin Almutía. Peau de martre, ou de petit gris , que les Chanoines portent fur le bras lors* qu’iis vont à l’Olìce. (Une belle aumuffe. On dit que les Chanoines n’ont point porté d’aumuffe avant ì’an 1241 - Lors-que le Pape est couronné à Rome, les Chanoines de S. Pierre lui donnent une aumuffe. L’aumuffe étoit autrefois ou de simple étofe , Ou de drap doublé d’une fourrure , ou toute de peau ; elle se portoit fur la tête , & décendoit sur les épaules. Les Chanoines la mettoient même fous la chape. Us la portèrent aussi fur les deux épaules , & long* teins après fur le bras gauche pour la porter plus commodément. Thiers , des perruques, cb. f & 4.} ǧ On Convient que Paumuffe qui est aujourd’hui Cn usage , étoit autrefois une eípece de bonnet, dont les Eclésiaftiques , & même les laïques fe couvroient 3 a tête , & décendoit fur les épaules ; c’est pourquoi Isidore , dans fes Origines , l’apelle armilau-ze , quasi ìn armis , feu humer-is claufa. Baïf , de re vest. lui donne une autre origine : il la dérive du Latin amù chim , ab amicire , parce qu’elle couVroit les épaules. L’Auteur de Y Histoire de Tournai , la fait de- cendre d’un vieux mot Teutonique, boojì-mujjen , qui signifie un bonnet dont on couvre fa tête : il le prouve par un legs que Raoul de Corstbout, Doïen de St. Pierre , de Louvain , fit dans son testament de l’an 1I80. où il donne duo ahnutia diíía , bonté muU fen qui signifie bonnet de peaux. M. Ménage dérive ce terme de ahnutia , que l’on trouve dans les anciens Auteurs. M. de Cafeneuve est de ce sentiment; il cite un endroit de l’Histoire de Radevic, degcflis t're- dericì , lìb. 2. cap, 67. où parlant du Chancelier Roland , il dit, cum pellìbus nigro pallio coopertum , 0? cum nigro almutìo. 11 cite encore les Clémentines, de Stat. Monach. cap. 1. dont voici les termes : aU mutiìí de paiìMo nigro , Del pellìbw , caputiorum loco , pif c. ce qui fait connoître que les aumuffes étoient,- dans ce te m s , de drap ou de peaux. II ajoute, cette observation , que les aumuffes Ont été des marques de dignité , puifqu’un Chancelier en portoit, au raport de Radevic, & que les Empereurs s’en font servis. f * AUMUSSE. Ce morse dit en raillant, pour dire un Chanoine. ( L’ambition , l’avarice & l’amour fe cachent souvent fous l’aumusse. Reg.sat , 9.) f AUMUSSIERS. Les Marchands Bonnetiers de Paris , prennent cette qualité dans leurs statuts. AUN AGE , f tu. [ Tela , 0fs. ad ulnam menfìo.'j Le mesurage des choses. , Les aunes qu’on a mesurées. ( .Je n’ai pas trouvé saunage que vous m’avieZ dit.) f AUNAGE. On dit parmi les Marchands , bon d’aunagt , excédant d’aunage , benefce d’aunage. Ces termes font lïnonymes , & signifient quelque chose que l’on donne, ou que l’on trouve au-delà de la mesure , ou de saunage ordinaire. AUN AIE > f f Lieu où l’on plante des arbres qu’on apelle aunes. Lieu où croissent ces sortes d’arbres. (Une grande aunaie.) AUNE , f tn. En Latin aima. Arbre qui a plusieurs branches , qu’on rompt lors qu’on les veut plier, qui a l’écorce rouge, brune, la feíiille ronde, & le bois rouge lors qu’il est dépouillé de son écorce. L’aune aime les eaux , il est naturellement droit , & médiocrement haut, & son écorce sert à faire de la teinture noire. AUNE , f. f. Un Latin ttìna. Mesure pour mesures l’étofe , & la toile. (L’aune de Paris a trois pies sept pouces huit lignes. Savari , parfait négociant. (Une aune brisée. Achetter à l’aune. Vendre à saune.) $ L’aune est plus ou moins grande , selon les païs & les lieux. L’aune d’Amsterdanr , ou dé Hollande, a «n pied onze lignes, ce qui fait quatre septièmes de l’aune de Paris. Ainsi sept aunes d’Amsterdam ne font que quatre aunes de Paris. * AUNE. Chose mesurée qui a la longueur d’uné aune. (Acheter une aune de drap, de ruban s, de toile, &c« AVO 183 * I{ mesure tout le monde à son aune. C’est-à-dire, il croît que tous les autres sont faits comme lui. * II fait ce qu’en vaut l’aune. C’est-à-dire , il a deja eu de pareilles afaires. ' ,r ^ ne - f aMt me Jn y er les hommes à l’aune. C’est- a-dire , il y a dè petits hommes qui ont plus de cœur, plus de vertus, &c. que d’autres qui sont plus grands. r t Tout du long de l’aune. C’est-à-dire, tout-à - fait. ( Chacun y babille, & tout du long de Faune, Mol. tart.) Ce discours est bas. AUNE, L f. Plante medécinale , qui a les feuilles comme le bouillon mâle, mais plus longues & plus âpres, les fleurs jaunes , &c. Sa racine tire sor le roux , elle est odorante & piquante au goût. Les Médecins la nomment en Latin , Enula campana, òu Heknium, Voïez Diofcoride. AUNER , v. a. [ Vlnà metìri. ] Mesurer avec saune. (Auner une piéce de toile, une piéce de drap.) 0 ” AUNER par k fest ou saisie. C’est , selon le Proust , sor la Coutume de Lodunois , ch. 5. art. 7. auner l’étofe doublé. A aune courante. C’est mesurer en long & par la lisière. AUNER bois à bois , ou Auner pince à pince,. C’est-à-dire, auner juste , sans donner , ou faire aucune bonne mesure. AUNEUR,/ m. [Menfor.J Oficier qui aune les piecês de toile , de treillis, de canevas, & qui pour cela prend un certain droit, (Auneur juré.) AVQCASSER 5 D, n. [Caufts agerei ] Faire les Fonctions d’Avocat. (II avouasse depuis quelque tems.) f L’Académie remarque que ce mot est bas, & qu’il ne fe dit guére qu’en mauvaise part. AVOCASSERIE ,ff. J Ad-ûocatio .J Profeffion d’Avocat. ( L’avocasserie n’enrichit guére de personnes aujourd’hui.) AVOCAT, f. m. \_Advoeatus.~\ Celui qui en vertu de fes licences & de fa matricule , plaide & défend en justice les gens qui ont besoin de lui, (Avocat écoutant, plaidant, consultant. Etre Avocat au Parlement. Vaug. rem. Etre Avocat de ìa Cour de Parlement. Patru, plaid. Etre reqû Avocat, Pour être reçu Avocat -, il faut avoir pris fes licences dans, une Faculté de Droit , après y avoir étudié trois 'ans, avoir été deux fois examiné & avoir soutenu deux Thèses. Qpand on veut être reqû Avocat , on dispense de l’âge , pourvû qu’on soit capable , & reconnu tel : il faut prêter le serment, & se faire immatriculer au Parlement où son veut plaider,) 0” II y a long-tems que l’on abuse de ìa qttalité d’Avocat & que plusieurs s’en parent & en portent la robe très-itìdignement. Pathelin a raison de dires Si ont ceux qui de camelots Sont vêtus , N dé camocàs , Qui dient qiíils font Avocats, Mais pourtant ne k fmt-ih mîe>, C’est des véritables Avocats que l’on peut cìirc, avec M. Ménage , que les Avocats font une efpece de gens, qui font une profession particulière d’hon- nêteté. Segrais. AVOCATS généraux. [ Advocatì regïi ih fupremo Se- xatu.] Ce font des personnes de mérite & considérables dans la Robe , à qui les A vocats des parties communiquent les causes où le Roi & !e Public ont intérêt, & qui en fendent compte en pleine Audience à Messieurs les Préfidens & les Conseillers, & qui même donnent leurs conclusions , après avoir oui les plaidoïers des Avocats des parties, ( Avocats généraux célébrés., illustres, fameux , doctes, savansf * éloquens.. M. de Gaufridy est un Avocat Général célébré au Parlement d’Aix.) AVOCATS du Roi-, f Advocatì régit ïn ìnferidri curiâ .J Ce sont ceux qui sont les Substituts de Messieurs les Avocats généraux , & qui font empitìïez dans les .Jti- risdictions qui relèvent des Parlemens. Aeheter únë Charge d’Avocat du Roi, Les, Avocats du Roi concluent à l’Audienee pour le Roi, le public & les mineurs.) (f La Chargé d’Avocat Général dans les Parlemens. & d’Avocat du Roi dans les Bailliages & Sénéchauf- fées, n’a été érigée en titre d’Ofice , qu’après Péta- blissement du Parlement, & des autres Tribunaux, Loisel , dans fón Dialogue des Avocats , page 469. ers parlant de Pierre de Cugnieres , à qui il donne la qualité d’Avocat du Roi, dit ; „ Car il n’y avoir point „ encore v 184 AV0 „ encore d’Ofice d’Avocat du Roi ; mais on prenoit, „ pour la défense & remontrances des droits & cau- „ ses du Roi, l’un des Avocats Généraux de la Cour, „ selon que l’occafion s’en présentoit. ” II en ra- porte ensuite plusieurs exemples. * AVOCAT. ( Patronus, desensor. ] Celui qui seû- tient & défend les intérêts de quelque personne. ( Je ne vous prendrai pas pour mon Avocat. C’est un Avocat de causes perdues , c’est-à-dire, un méchant Avocat. C’est un Avocat de Pilate , proverbe pour dire un méchant Avocat.) AVOCATE , s. f. [ Patrona . ] Ce mot se dit de la Vierge , par les Catholiques Romains , & veut dire qui prend nos intérêts. ( La Vierge est nôtre avocate auprès de son fils.) * AVOCATE. Celle qui prend nos intérêts. Quelques-uns croient qu’il faut dire en ce sens , avocat, & non pas avocate. (Je veux prendre la vérité pour mon avocat. Abl. Luc. t. i. in 4 0 . 2. édition, p. 179. II est certain que c’est ainsi que Mr. d’Ablancourt croioit qu’il faloit parler, & je le sqai d’original. Cependant il semble que Pusâge veuille que dans cette phrase on dise avocate. C’est pourquoi ceux qui ont eu le soin de la nouvelle édition de Lucien après la mort de Mr. d’Ablancourt, ont écrit : Je veux prendre la vérité pour mon avocate. Voïez Lucien imprimé en volumes in 12. t. i. p. 218. AVOCATE. [ Advocati uxor. ] Ce mot se dit de la femme de Mr. l’Avocat général, & non pas d’autre. (Madame l’Avocate générale a un grand fonds de mérite.) fff AVOIER- On dit , fur la mer : le vent d’Est iavoia , pour dire , commenqa à souster, ou soufler d’un autre rumb. II vient de voie , & est non-seu- lement fort vieux, mais bas. Voïez Aubin. AVOIR , v. a. [ Habere , pojjìdere, uti.J Posséder. Jouir. (Avoir du bien. Avoir le pouvoir en main. Avoir à étudier. Avoir à travailler. II y a du plaisir à voïager. 11 n’y a que lui qui ait usé de ce mot. Vaug. rem.) 3 = AVOIR ses voiles au vent. C’est la même chose que porter ses voiles , mettre toutes Jìs voiles hors : ce qui signifie , avoir toutes ses voiles apareiUees , £5? toutes au vent. f AVOIR. Terme de Commerce & de Teneurs de livres. Ceux qui tiennent les Livres ont coutume de mettre ce mot, AVOIR, en gros caractères, au commencement de chaque page , à main droite du grand Livre, ou Livre d’extrait & de raison ; ce qu’ils apellent le côté du crédit, ou des Dettes actives, par opposition aux pages à gauche , qui sont le côté du débit, ou des dettes paflìves , qu’on distingue par le mot DOIT , aussi écrit en grosses lettres. Tous les autres Livres des négocians , qui se tiennent en débit & crédit, doivent avoir ces deux titres à chacune des pages opposées. AVOINE ; voyez AVEINE. A VOISINER, v. a. [Vicinum , propinquum esse.) Ce mot n’est guère bon en prose , & n’est guère meilleur en vers, il signifie aprocher, aler proche. ( II jette sur la terre un spacieux ombrages Avoisine le Ciel de son vase branchage. Perrault, poésies. C’est une tour qui avoisine les Cieux. Vaug. rem.) , AVORTEMENT, s m. [ Ahortus. J Ce mot se dit des bêtes, & signifie faction d’avorter. Breuvage qui cause l’avortement. II se dit quelquefois des femmes par les Chirurgiens. C’est une sortie de Pensant imparfait , hors de la matrice , avant le tems prescrit par la nature. C’est lors que le fétus est formé , & mis hors avant sept mois. Maurkeau , traité des femmes grosses. ( Une maladie aiguë , un violent & fréquent vomissement, & des trenchées violentes peuvent causer un avortement. Maur.l. 1. f- 2. Fausse couche , dans tous ces exemples, vaudroit beaucoup mieux qu’avortement.) AVORTER , v. n. £Ahortum pati , facere, J Ce mot se dit proprement des bêtes. Mettre au monde avant le tems prescrit par la nature. ( Que nos vaches soient grasses & qu’il n’y en ait point qui avortent. Port-Royal. Vache qui a avorte. Un Auteur de réputation , & qui est de PAcadémie , a dit dans imè de ses traductions, l’impératrice avorta. L’usage AUP n’est pas pour ce savant homme. Avorter ne se dit point des femmes, car lors qu’on parle des femmes, on doit dire , une telle a fait une fausse couche , ou une telle s’est blessée.) AVORTER. [ Maie procedere.) Ce mot fe dit au figuré , & est ordinairement neutre. 11 signifie ne réussir pas ; n’avoir pas l’effet qu’on souhaite. (Fair* avorter une entreprise. Abl. Luc. Oui, lors-que le ha2ard me Jiate avec excès, Tout mon dessein avorte , au milieu du succès. Corn. Heraclius, a. 2. sc. 7. {$ Corneille a dit dans son Héraclius : Tout ridicule , il plaît , le peuple es credule; Mais avant qu’à ce conte il fe laisse emporter, II vous es trop aisé de le faire avorter. AVORTON , s m. [ Abortivm. ] Qui est né avant le tems , ou qui demeure imparfait, & n’aquiert pas la perfection ordinaire. (Le fruit d’une bête qui avor- te, est un avorton. Un nain est une espèce d’avorton.) fjf AVORTON, ne sc dit plus que des animaux. En parlant d’une femme, il faut dire , qu'â s’esl blessée , ou qu’â a sait une fausse couche. Ménage, tom. 1. ch. 150. f * AVORTON, s. m. Terme Injurieux. Quel petit avorton est-ce là ? Si quelque avorton de l’envie ose encore lever les yeux, &c. Mol. poès. I. Us périssent comme des avortons de vanité. Gomb. ép. 1 . 1.) AVOUE'- C’est ainsi que l’on apelloit autrefois des personnes que les Eglises & les Monastères choisissoient pour les défendre dans les occasions, & pour les conduire dans leurs a faires. La matière est fort ample : plusieurs en ont fait des Traitez particuliers , & principalement Mr. Husson , Avocat du Parlement de Paris , dans son Livre de Advocato. Voïez aussi Ménage & Caseneuve. .AVOUER, v. a. [ Fateri. ] Confesser. Demeurer d’acord d’une chose. ( Avouer son crime. Je f aime, je Pavoise , autant qu’on puisse aimer.) AVOUER , [ Approbare. ] Autoriser, aprouver. (11 y a ici des personnes qui m’avouéront de tout ce que j’écrirai. Voit. I. 69.) (3 AVOUTRIE- Adultéré. Dans l’ancien Ovide manuscrit : Si com la Fable le raconte, Reprochait à Minos la honte, La vilenie , £5? le diffame, Et /’avoutrie de fa femme. AVOUTIRE signifie auffi adultéré. AUPARAVANT, adv. [ Antè. ] Prémierement. Avant toutes choses. Le mot A’auparavant , ne doit jamais être suivi d’un que. (Alexandre donna a Parus un Roïaume plus grand que celui qu’il avoit auparavant. Vaug. Quint. I. 8- C’est la grâce qui rend feule les hommes justes & innocent, d’injuftes & pécheurs qu’ils étoient auparavant. Port-Royal , S. Frojp. ch. 7.) â Le vrai usage A’auparavant, dit Vaugelas, Re- marq. 448- c’est de le faire adverbe, & non pas préposition ; par exemple : II me presse de telie chse, mats il y faut songer auparavant. Ceux qui n’ont nul foin de la pureté du langage, disent & écrivent tous les jours, par exemple, auparavant moi, il es venu auparavant moi : au lieu qu’il faut dire , il es venu devant moi. S 3 Peut-être qu’à présent nous devons dire, il es venu avant moi , plutôt que devant moi. AU-PIS-ALLER , adv. [ Ut res pejsmè cadat. J Tout le pis qui puisse arriver. (Au pis aller, je puis avoir ici une belle maîtresse.’) AUPRE'S, adv. Tout contre. (II est auprès.) AUPRE'S. fPropê, propter ,J Préposition qui fe dit des personnes & des choses, & qui régit le génitif. (Seth fut élevé auprès de son père. Arn. On trouva les Barbares auprès du feu. Abl. ret. I. 4. Quand on a l’ame tendre & le coeur sensible, & qu’on est auprès des belles, il est dangereux qu’on ne s’y trouve pris. Pelisjon la Suze , pièces galantes, t. r.) Voïez Mr. Vaugelas, Rem. ) 4 v les observations de l’Académie. Voïez aussi le mot, près. Mr. Racine a dit dans fa Thébaide, a. 1 .sc. ;. Dites, dites plûtôt, cœur ingrat U farouche, Qu’auprès du Diadème il n’es rien qui vom touche. AUR Le terme auprès n’est pas là dans fa place. La plû- part des Auteurs confondent près & auprès, & s’en servent indiféremment. Mr. Chevreau a fort bien remarqué dans ses œuvres mêlées, pag. 462. que la signification de ces deux mots est quelquefois fort difé- rente. II en raporte d’abord cet exemple : II ejì bien près du Roi, & : II est bien auprès du Roi. Près est préposition, quand il marque ou le voisinage d’un lieu, comme : Nos troupes font campées près d’une r hier e ; ou le terme d’une chose, comme : II eji près de fa fin. II signifie quelquefois' environ : Ils font près de vingt mille hommes. On s’en sert aufli au lieu de presque : C’efl à peu près ce que j’avois à dire ; ou pour marquer la proximité du sang: 'II me touche de fort près. Souvent il marque une exception, comme : A celà près j ou une négation : II n’ejì pas Jì beau que vous , à beaucoup près , c’est-à-dire , qu’z/ s’en faut beaucoup , il s’en faut bien. Quand on dit, A cela près , il est aisé de juger que l’on veut dire, cette chose exceptée , nous ferons d’acord ; ce qui fait voir que près est quelquefois conditionné. Auprès est une marque de comparaison en quelque rencontre ; comme : II est ignorant auprès de vous. II signifie quelquefois avec , comme : Il ejì bien auprès du Roi ; ou chez, comme : II a de très-honnètes gens auprès de lui. t AURA, f. m. Oiseau du Mexique, grand comme une poule d’Egipte. Son plumage est noir, & il vole contre le vent. AUREA ALEXANDRINA, f. f. Opiat qui est un véritable antidote, à qui l’on a donné ce nom , tant parce qu’il entre de l’or dans fa composition, qu’à cause d’un Médecin nommé Alexandre qui en est l’in- venteur. AURE’OLE , f f [ Auréola .] Terme de Théologie Romaine. Couronne qu’on donne aux Saints, aux Martyrs. Petit cercle de lumière qu’on met autour de la tête des Saints dans les Eglises. (Cette auréole est jolie, agréable.) J- AURE’OLE, signifie aussi le dégré de gloire qui distingue les Saints dans le Ciel. (L’auréole des Martyrs , l’auréole des Vierges, l’auréole des Docteurs. Acad. Fr.) AURICULAIRE, adj. [ Auricularis.'] Terme d ’E- glife. Qui regarde l’oreille. Qui se dit à l’oreille. (Confession auriculaire. Maucroix.) Un témoin auriculaire. C’est un témoin qui dépose ce qu’il a oui dire ; mais un témoin oculaire est celui qui a vû ; celui-là ne prouve rien, mais celui-ci est reqû en preuve. Le doigt auriculaire , c’est le petit doigt de la main, qu’on nomme auriculaire , du mot Latin aurk , qui signifie oreille, parce qu’on fe sert de ce doigt pour curer & nettéïer les oreilles. AVRIL , f m. Prononcez Avri. II vient du Latin Aprilis. C’est le nom du quatrième mois de Tannée. (Avril est le second mois d u printems, il a trente jours. Dans les Roïaumes de Fez & de Tremefen, il y a des cerises à la fin d’Avril. Abl. Afriq. de Marmot. Avril est bien plus beau dans les pais chauds que dans les pais froids.) • * AVRIL. Mot poétique. Le beau tems de la vie. (En l’avril de mes jours, l’adorable Amarante eut toutes mes amours. Rac.) AURILLAS- [Auritui.) Terme de Manège, qui se dit des chevaux qui ont de grandes oreilles , & qui les remuent souvent. AURONNE , f fi \_Abr°tonum.~] Plante toûjOurs verte, qui fleurit en Juillet, jaune ou blanche. (Auxonne mâle, auronne femelle.) AURORE, f f íAurora .] Jeune Déesse que les Poètes feignent avoir été femme de Titon & amante de Céphale. . AURORE. Lumière qui paroìt au Ciel avant que le soleil éclaire Thémifphére. (Atendre le lever de l’aurore. Abl.) * AURORE. Ce mot fe dit, au figuré, des filles & des fenimes qui sont charmantes, & de toutes les belles choses qui sont suivies d’autres encore plus belles. (Je souhaite que cette aurore soit suivie d’un aussi beau jour qu’elle le mérité. Voit. I. 24.) AURORE. La partie du monde qu’on nomme Orient. tjf Air., de Malherbe a. dit dans son Ode à la . Reine : AUS 185 Et telle deffití Thorifon L’ Aurore au matin ne f étale Quand les yeux même de Céphale En feroient la comparaison. 11 semble que Y Aurore & le matin soient Ufi pléonasme : cependant l’Aurore est là une Déesse, & le matin marque le tems où elle paroìt sur fhorison. Mais il faut éviter ces sortes d’expressions qui arrêtent le Lecteur pour démêler l’équivoque. II y a deux crépuscules : l’un est le point du jour, & l’autre est la derniere clarté du jour : Taurore est le crépuscule du matin ; on Tapelle l’aube du jour, ou l’aurore, qui signifie cette prémiére clarté qui commence à dissipes les ombres de la nuit & à illuminer Thorison. Le Comte Bonnarelli, dans fa Filli di Sciro, art. i.fc. 1. Ecco l’alba, odi l’aura, Ch’è la fquilla del Ciel, ond’ei rìcbìama In fui mattia gli addòrmentati augelli A riverìr nell’ Oriente il fole, Mà chi vide gìamai dal grembo obscur» Di sì torbida notte Nafcer Jì beÏÏ aurora ? Les Poètes ont expliqué ce crépuscule en cent manières diférentes, & toujours en termes figurez. Le P. Le Moine a commencé presque tous les chants de son Poème de Saint Louis, par la description de Tauro» re. II ouvre le second Livre par ces vers : A peine le Soleil ramené par les Heures, Parfit J'ur le balcon des celefies demeures . Ce balcon est plaisamment inventé. Le cinquième Livre commence ainsi : Sitôt que vers les bords d’oà nous vient le Soleil, Le jour parut rayé de blanc (t? de vermeil. Un jour rayé de blanc U de vermeil, est une étoks Curieuse, & qui ne peut être que Touvrage d’une main habile & délicate. Voici un autre ouvrage qui n’est pas moins curieux ; c’est au Livre septième : L’Aube bientôt après, d’une clef de vermeil, Réouvre de l’Orient les portes au Soleil. Les Poètes ont encore feint que T Aurore étoit fille d’Hypperion & de Thée, & par conséquent, sœur du Soleil & de la Lune, qui reconnoissent le même père & la même mère. Quelques-uns la font naître de Titan & de la Terre. Virgile représente TAurore dans un char tiré par des chevaux d’une couleur de roses» lib. 6 . Aïneìd. Hœc vice fermonum rofeìs Aurdra quatrigîi Jam médium œthereo curru trajecerat axem . Homere veut que l’Aurore, ainsi que le Soleil & le* Astres , sortent tous les matins du sein de l’Ocean ; qu’elle soit devenue amoureuse de Céphale , qu’elle enleva pour jouir paisiblement de son amour. Sophocle apelle l’Aurore, la prunelle du jour dont le Soleil est la paupière. AURORE, adj. [Flavus.J Ce mot se dit des couleurs, L signifie qui tire fur le jaune. (Crépon aurore. Ruban aurore. Sa couleur est aurore & blanc.) AUSPICE > fi m. II vient du Latin aujpex . C’étoit celui qui, parmi les anciens Païens, jugeoit de Tavenir par le vol des oiseaux, par leur chant & d’autres. fi- ' gnes. L’Antiquité Païenne étoit si atachée aux auspices, qu’elle n’eût pas voulu faire la moindre chose fans les consulter auparavant. Thìers,fuperfi. c. 17. AUSPICE, f. m. Du Latin aufiicìum s c’est-à-dire, présage par le vol des oiseaux. (Auspice heureux, favorable, malheureux. II y a des auspices naturels & des auspices artificiels ; les prémiers font permis, & les autres condamnez. Thiersffuperjì. ch. 17. Qu on redouble demain les heureux sacrifices , Que nous leur ofrirons fous de meilleurs auspices. Corn. Cinna, a. ç. sc. ?.) * AUSPICE, f. m. II signifie quelquefois conduite heureuse, ou malheureuse de quelque grand Capitaine, de quelques grands hommes, & alors il n’a point de singulier. (Je raconterai ce qui s’est passé sous les auspices & par les ordres d’Alexandre, Vaug. Quint. l.i;. 0 ” C’est dans ce sons qu’il ' faut entendre ces vers d’Horace, liv. 1. ode 7. Nil defperandum Teucro dace fcf aujjice Teucro. Ces termes, aufiiee Teucro, ne doivent pas être entendus d’un auspice, ou pronostic, tel qu’on le prati- guoit dans la Religion Païenne : iis signifient ici la Tonte L A a même 186 AUS snême chose que conduite, bonne fortune. Le sens est donc, que ceux qui acompagnoient Teucer dans son entreprise, se rassurent, en disant: Nous n’avons rien à craindre Jous la conduite de Teucer. Malherbe a dit de même au Roi Henri IV. Quoique les Alpes ehenu'ês Les couvrent de toutes parts, Et fusent monter aux nuis Leurs éfroiables remparts : Alors que de ton passage On leur fera le mejjage , Qui verront-elles venir Envoie fous tes auspices, Qu’aufji-tòt leurs précipices Né Jé laissent aplanir ? ($ AUSPICE étoit aussi finonime avec augure & présage. Cicéron a observé dans son premier livre de la Divination, que le Roi Dejotarus n’a jamais entrepris quelque chose fans aujjices , & qu’un jour étant en chemin pour un.volage, un aigle l’avertit li à propos de retourner fur ses pas, que la chambre, où il au- roit couché, tomba tout à coup cette même nuit. Le même nous aprend encore, que l’on reconnoissoit deux sortes d'aujfces : les uns étoient libres , & les autres étoient forcez. Lors que les poulets mangeoient la pâte qu’on leur avoir préparée, il faloit nécessairement qu’en mangeant, il leur en tombât quelques morceaux du bec pour en former un auspice, & quand l’oiseau faisoit tomber quelque chose qui frapât la Serre, l’auspice passoit pour libre. 11 faut er^ore remarquer deux choies importantes : l’une est, que lors que les Augures consultoient le vol des oiseaux , le plus noble prévaloir, & formoit l’auspice : par exemple , si un oiseau ordinaire se présentoir le premier à l’Áugure & qu’ensuite un aigle vint à paroître, cet auspice prévaloir, & détruisoit le premier ; auflì on apelloit ce dernier auspice, majus austicium. La seconde est, que le droit d’auspice apartenoit aux Patriciens ; & comme il y avoir des Magistrats dedifé- rens ordres, les auspices des prémiers étoient encore apellez majora auffcia ; & ceux des moindres Magistrats, minoia aujjída. C’est par cette distinction que l’on explique cet endroit du troisième livre de l’Eneïde, où Helenus dit à Enée : Nate Dell : nam te majoribus ire per altum Aujfcik manifesta fides. * AUSPICE, f m. [Proteffio.) II signifie auflì pro- teHion, autorité , & dans ce sens il n’a point de singulier. (Mon livre ne pouvoir honnêtement paroître en public fous d’autres auspices que fous les vôtres. A'ol. Luc. épître dédies) * AUSPICES , f m. Ce mot veut auífi dire destin, fort, fortune, tems heureux ou malheureux. (La République de Venise prit naissance fous d’heureux auspices, dès le t. siécle de nôtre salut. T'aleman , Na- ni, bijì. de Venij'e.) AUSSI- [ Tamquam , aquè, ac.) Conjonctive qui signifie autant comme, & qui alors veut être suivie de la particule que. (Porus étoit un homme d’auísi bon sens qu’il s’en pùt trouver. Vaug. Quint. I. 8. c. 13. A l'âge de vingt ans, il a fait deux combats aulìi beaux que celui des Coriaces. Scar. lett.) AUSSI, conj. [Etiam, quoque.) Pour cela. A cause de cela. (Ce sont des remèdes qu’on ne doit pas rejeter , mais on ne doit pas croire aussi qu’ils soient infaillibles. Mr. de la Rochesbucaut.) AUSSI, conj. [Etiam, item.) Encore pareillement. (II faut aussi faire de bonnes œuvres.) AUSSI-BIEN que, conj. [Tamquam , eodem modo .] De même que, comme. (Les hommes les plus foibles, aussi-bien que les héros, ont fait voir que lamortn’est pas un m d.) AUSSI-TÔT que, conj. f Simul ac , ubi primum .] Au même tems que. (Auffi-tôt qu’il m’invoquera , je l’exaucerai. Arn.) Malherbe a mis comme après aujjì-tôt : mais on îie le met plus. Et rendra les desseins qu’ils feront pour lui nuire, AuJJi-tòt confondus comme délibérez. II faut dire, confondus aujjì-tôt qu’ils font délibérez. AUSSI-TôT dit, auíjî-tòt fait. C’est-à-dire , prointernent. ( Auffi-tôt dit, auffi-tôt fait, ils bùrent deux coups, & se travestirent. Scar. rom, com. t , 1. c. 3.) AUT AUSSIF/RE , f; f [ Rudens .] Terme de Marine. Grosse corde à trois tourons. AUSTERE, adj. [Aujìerus, durus, severus.) Rude, sévére. (Directeur austère. Vie austère. Paso. lett. 4.) 0 II y a cette diférence entre austère, & sévère, que l’on est anjìére à Regard de soi, & sévtre à Regard des autres. L’austérité est dans la manière de vivre; la sévérité est dans la maniéré d’agir & de penser. (Les Chartreux font austères ; quelques Cásuistes font sévéres. Traité de la JusteJjè.) AUSTE'REMENT, adv. [Ausierè, feverè, durit ».] Avec austérité. (Jeunet austérement. Maucroix , ho. mélies.) AUSTE'RITE', f. s. [ Aujìeritas, sévérités.) Ce qui est opofe à la manière douce & aisée. (Austérité pénible. Pafc. I. 4. Les austéritez de la vie religieuse. Arn. Faire des austéritez. Am. Renoncer aux austéritez. Maucroix, hom.) AUSTRAL, australe , adj. [Ausira’k . ] Terme de idéographie. Méridional. (Pôle austral. Terre australe. Latitude australe.) AUTAN, / »»• [Altanus.) Vent de Sud-Est. (Autan furieux, violent, rude, fâcheux, &c. Les terreurs, les infrmttez Te la froide vieillejje ordinaires compagnes, Font fur nous ce que font les autans irritez, Est les néges j'ur les campagnes. Deshoul. Poésies.) AUTANT, adv. [Tantum.) De même. Comme aussi. Quand il est suivi d’un verbe, il veut être suivi de que : mais lors qu’il est suivi d’un nom, il veut être suivi d’un de. (Aimez-nioi autant que je suis vôtre serviteur. Pafc. /. 5. Les modernes ont autant d’esprit que les anciens. Vous devez avoir autant d’amitié pour moi que j’en ai pour vous. Vaug. rem.) AUTANT, adv. [Tot. quot.) Pareil nombre. (II envoïa Parménion avec deux mille étrangers , & autant de Macédoniens. Vaug. Quint.) Ce mot sert à faire des comparaisons. C’étôit une montagne qui s’elévoit peu à peu de la plaine , avec autant de largeur qu’il en faloit pour tenir, &c. AUTANT, adv. Extrêmement, tout-à-flit, entière- ment, fort. Et dans cette lignification, le mot .~\ Ce mot se dit en riant, & veut dire, enjoué, gaillard & plaisant. ( 11 avoit un tour admirable dans son esprit enjoué & badin. Buss Rabut'm.) BADINAGE , s. m. [ Nuga. J Action par laquelle on folâtre de la main. (Un badinage impertinent, plaisant, aimable.) BADINAGE. ( Ineptia . ] Maniéré badine & ridicule. (Je laissai passer tout ce badinage où l’esprit de l’homme se joue de l’amour de Dieu. Pose. liv. 10.) BADINAGE. £Jocm. J Enjouement. Maniéré de dire agréablement les choses. (Imitons de Marotl’é- légant badinage. Despreaux.) f Etre instruit au badinage. Etre fait à tout c* qu’on veut. Etre instruit de toute l’intrigue. Etre acoûtunîé à tout ce qu’on désire. Q Mr. Sarrasin, dans fa Pompe funèbre de Voiture , a dit: Voiture est mort , ami Ménage , Voiture , qui st galamment Avoit fait , je ne sçai comment , Les Muses à son íadinage. BADINANT , / m. Dans le Parlement de Paris K de Rouen , on donne ce nom au Conseiller qui est le neuvième dans fa Chambre, & qui n’est des grands Commissaires que quand un des huit premiers est absent. BADINEMENT, adv. [ Jocosè. ] D’un air badin & folâtre. (Pégase s’agenoùilloit badinement quand Voiture le montoit. Sar. pompe funebre de Voiture .) BADINER , v. n. [ Ludere. J Jouer , & folâtrer de la main. (11 ne fait que badiner auprès des Dames.) * BADINER , s Jocari. ] Dire les choses d’un air fin & plaisant. Se jouer agréablement. (Ce n’est pas qu’une muse un peu fine, sur un mot en passant , ne joiie & ne badine. Badiner noblement. Despreaux. ) f BADINER. [ Nutare. J Ce mot se dit des pe.tits ornemens qu’on atache , & veut dire avoir quelque petit mouvement agréable. (II faut que cela badine un peu.) RADINERIE , / / s Ineptia. ] Sotise. ( C’est une grande badinerie. II y des badineries tout-à-fait in- íuportables , & qui ose u se n t l’esprit ; il y en a d’au r tres qui I’arnusent agréablemenf. Balzac, entr.i, g.) _ BADINERIE. [ Nuga. ] Niaiserie , bagatelle, puérilité. ( Les génies les plus élevez tombent quelquefois dans la badinerie. Despreaux , Ion gin, ch. 7.) BADINERIE. [Ludus , jocus .] Enjouement, badinage. ( La Déesse badinerie soivoit les Auteurs. Sar.) L BAFFETAS. Toile de fil de coton blanc , qui vient des Indes Orientales. Les meilleurs font ceux de Surate. BAFFETAS. C’est aussi une étoffé des mêmes Indes, qu’on nomme autrement Shaub. BAFOuER, v. a. [' ContumelBs vexare. ] Traiter in- jurieusement. ( Bafouer quelcun avec. ignominie. Patru , plaidóié $.) BAGAGE, / sn. s Impedimenta , sarcinast Equipage de gens de guerre qu’on porte fur des chariots, fur des charetes , fur des chevaux. f Plier bagage. C’est s’en aler d’un lieu pour n’y pas revenir. ( Notre tems a plié bagage ; phrase burlesque pour dire qu’on est vieux.) t BA GARRE , / m. [ Pugnast Bruit. On a bien fait du bagarre. Un horrible bagarre.) BAGASSE , ou BAGACF. , / / [ Lupa , proflibu - lum. J II vient de l’Efpagnol, bagaca, ou del’Italien bagacia. C’est un mot Provençal & Gascon, qui signifie putain. Dans les antres païs où l’on parle bon François , le mot de bagasse n’entre que dans les dis- Tom. f. B b cours 194 BAG eours familiers & plaifans. C’est ainfi que Fa emploie PAuteur des Dames galantes. Lais , dit-il, s’aban- donnoit comme une bagaffe. & l’agréable Chapelle, en parlant d’un Poëte quiaimoit le page, comme V. la fcagasse a écrit : ( Chacun y mmrnoìt d’AJfouci, 11 fera brûlé , Dieu merci, Criait une vieille bagasse. Voïage de Bachaumont & Chapelle.) BAGATELLE > f f. [ Nugœ, frivola. ] Afaire de rien. Chose de peu de conséquence. Petite chose, & qui presque ne mérite pas d’être considérée. Petite production d’esprit. (Vous voilà bien embarassé .pour une bagatelle. Mol. fourb. A moi cent mille vers font une bagatelle. Scar. poéf Oublier comme îine bagatelle tous les maux qu’on a souferts. Scar. Ï 1 y a une grande diférence de toutes ces bagatelles à la beauté des pièces sérieuses. Mol. crit.) t BAGATELLES. Ce mot signifie , point du tout. (Par exemple si on dit à quelcun , cela fera, & qu’il témoigne qu’il ne le croit pas ; il répondra , bagatelle. " Voïez Molière, fourberies de Scapin, a. ì.fc. 4 .) (§ BAGAUDES- Troupes de voleurs qui cou- roient par les Gaules fous le régné de Dioctétien, & qui furent dissipez par Maximien. Bagaudes fut formé du mot gau , qui fignifioit, dans le langage Gaulois , un bois, une forêt, où ces sortes de gens se refugioient. Ils reparurent fous Théodose & Valen- tinien : mais on en fit mourir un si grand nombre, que le reste disparut. BAGNE , f m. Mot Turc. C’est le lieu où l’on renferme les Esclaves. (A Constantinople, le Bagne est grand & spacieux.) BAGUE , f f. [ Annulus. ) Anneau d’or ou d’ar- gent, au-dessins duquel il y a quelque pierre précieuse, ou quelque diamant enchâssé. (Une bague bien travaillée.) BAGUE , f f. [ Equefrts pales ra. ) Ce mot se dit entre Académifles. C’est un grand anneau de fer , ou de cuivre , qui pend au bout d’une maniéré de clé, suspendue à un bâton , qui s’apelle potence , & qu’il faut emporter , la lance à la main , en courant à toute bride. On dit, le canon de la bague, le nombril de la potence. Les phrases dont on se sert dans cet agréable exercice, font, courre la bague, faire une levée de bonne grâce avec la lance, mettre la lance en arrêt, baisser la lance , brider la potence, mettre dans le nombril, faire aù dedans , emporter la bague, gagner le prix, &c. BAGUE Astronomique. Voïez Anneau Astronomique. BAGUE. Terme de Marine. C’est une petite corde mise en rond , dont on se sert à faire la bordure d’un œil de pie , ou œillet de voile. Aubin. ^ BAGUES U jóiaux. {Gemma , monilia , vafa , fu- pellex pretioforf Terme de Pratique , en parlant de gens mariez. Ce font les pierreries & les autres bijoux qu’un époux a donnez à son épouse. (La femme reprend , préférablement à tous les créanciers , ses bagues fj jaiaux , lorsqu’ils se trouvent en nature. Voïez Richard, traité des donations, p. ;. ch. 9 . {§ BAGUES U Jóiaux. Ces deux mots font sinoni- mes dans nôtre Jurisprudence ; ils comprennent tous les ornemens que le mari donne à fa femme , fous la condition de la survivance. Quelquefois on stipule en détail les bagues & joïaux : souvent on les promet fous l’obligation générale du mari de fournir à fa femme des joïaux selon sa condition , ou , pour éviter toutes contestations, on convient d’une certaine somme. Les bagues & joïaux ont le même privilège que l’augment; mais l’augment est paie le prémier. Tous les deux íònt sujets aux peines des secondes nôces ; & quand les bagues & joïaux n’ont été ni fixez ni détaillez , on les régie au dixième de l’augment pour les personnes qui font au-dessus du commun ; & au vingtième, pour celles du bas étage. . f Sortir vie U bagues sauves. C’est en termes de Guerre, sortir d’une place avec permission d’emporter sur soi ce que l’on peut. t * U s’en est retiré bagues sauves. Façon de parler proverbiale ; c’est-à-dire , il s’est heureusement tiré de i’afaire qui lui faisoit de la peine. BAGUENAUDE, f f C’est une sorte de vieille poésie de rimes masculines. Pasquier en parle dans ses recherches. BAI BAGUENAUDE ,f. f. {Halicacàbw, solanums hmt de Baguenaudier, que les enfans font crever entre leurs mains , & les font claquer. Cueillir des baguenaudes & les donner à des enfans pour les amuser.) ’ ' BAGUENAUDER, v. n. [Nugari.] Ce mot est vieux , & ne se dit que par le petit peuple , même rarement. C’ests’amuser à des choses vaincs. (Je n’ai- me point à baguenauder. II ne fait que baguenauder. ê L’Académie reçoit le mot baguenauder dans lests le familier. f BAGUENAUDIER ,f m. [JhigatorJ C’est celui qui baguenaude. Ce mot est vieux en ce sens. (C’est un franc baguenaudier.) BAGUENAUDIER ,f m. [ Colutea .] C’est une forte de petit arbre qui fleurit jaune. (Le baguenaudier est joli, quand il est bien fleuri.) BAGUER , v. a. Terme de Couturier en drap. Faire tenir les plis d’un habit avec de grands fils. BAGUETTE,/ f. {Virga, baculm ,J Bâton long & délié. (Porter une petite baguette.) BAGUETTE de fusée. C’est un bâton long qu’on ata- che à une fusée volante qui doit être de même poids que la fusée, pour lui servir de contrepoids, autrement elle ne monteroit pas en haut. BAGUETTE de tambour. Petits bâtons longs d’en- viron un pié & demi, & bien tournez, avec quoi on bat la caisse. J BAGUETTE. C’est aussi une longue verge de bois, qui se fourre dans le fût d’une arme à feu, & qui sert à la charger. H BAGUETTE. On apelle ainsi le bâton d’un Fauconnier, qui s’en sert pour faire partir la perdrix des buissons, ou pour tenir les chiens en crainte. Les baguettes des Autoursiers s’appellent cbajseoires. 4 BAGUETTE de Peintre. C’est un petit bâton dont les Peintres se servent pour soutenir la main qui travaille avec le pinceau. Ils l’appellent apuì-mam. * Commander à la baguette. C’est-à-dire, commun, der absolument. BAGUETTE divinatoire. Branche de coudrier fourchue , par le moïen de laquelle on prétend découvrir les mines & les sources d’eau cachées fous la superficie de la terre. Celui qui porte la baguette, marche lentement sur les lieux ou il soupçonne qu’il y a des mines ou des eaux, & alors les corpuscules qui s’exha- lent du métal ou de l’eau que l’on cherche, empreignent la baguette & la font incliner. Avant le XV. siécle , on ne trouve rien de la baguette divinatoire dans les Auteurs. Depuis qu’on s’en fut avisé , on lui chercha de beaux noms. On l’apella le Caducée , la verge divine , la verge à’Aaron. Les uns contestent le fait & nient que cela soit possible. Les autres se rendent aux diverses expériences qu’on allègue. Après ce que j’ai vù, on n’en doit point douter. II y a un homme à Rouen à qui elle est si naturelle , qu’il découvre l’or caché , l'argent & Peau. L’eau , en mettant du papier au bout de fa baguette ; l’or avec une epingle de fer. BAGUIER ,/ m. Terme de Lapidaire. Manière de petit cosse où l’on met des bagues. (Un beau ba- guier. On l’apelloit autrefois boîtier. II est divisé en plusieurs raies , dans lesquelles on met les bagues, en sorte qu’il ne paroît dehors que la pierre précieuse. f BAHAR- Poids dont on se sert dans plusieurs lieux de l’Orient, particulièrement aux Indes & à la Chine. II y a le grand bahar & le petit bahar. C’est au petit bahar qu’on peso les marchandises précieuses. BAHUT, s m. [Arca camerata.J Cosse couvert de cuir, orné de petits doux rangez agréablement. Bahut est vieux, on dit cofre. BAHUTIER, s. m. {Arcarum cameratarum opisex.] Ouvrier qui vend, & fait de toutes fortes de cofres, valises, maies , cantines, le tout couvert de cuir d* veau , de vache de roussi, de porc & de toutes sortes de cuir , à la réservé du chagrin. BAHUTIER est vieux ; on dit Mallier ou Cofretier, Voïez Cofretier. f L’Académie admet ce terme. On dit prov. qu’un homme ressemble aux bahutiers , lorsqu’il fait beaucoup de bruit & peu d’ouvrage. BAI, baie , adj. Prononcez Bi. ['Equus Badins , OU Ph,eniceus .] Qui est de couleur de chatégne, plus ou moins claire , ou obscure. (Cheval bai, cavale baie, bai clair, bai chatein , bai doré, bai brun, bai mi- ïoiietté, ou à miroir.) BAIE, BAI BAIE, / f [Bacca.] Graine ou fruit de certains arbres comme de laurier , de genévrier , de houx, &c. (L'if porte des baies rouges, douces & pleines d’un suc qui ressemble au vin. Dal. Cette graine ne s’apelle baie que quand on parle de l’íf, du laurier , du houx & du lierre. Acad. Franç. $ BAIE , étofe de laines ; Voyez BAIETTE. BAIE. Ternie de Maçon. [ Hiatus.] Ouverture qu’on laisse dans la muraille lorsqu’on bâtit pour mettre une porte ou une croisée. (Sortir par la baie.) On dit auiìì, les baies d’un vaisseau , pour dire , les ouvertures qui sont en fa charpente , comme celles des écou- tiiles , les trous par où les mâts passent. Acad. Franç. BAIE. Ternie de Mer. [Sinus.] Enfoncement de la mer dans la terre', beaucoup plus large par le dedans que par feutrée , à la difçrence des anses de mer qui font plus larges par f entrée que par le dedans. ( La baie de Cadis. La baie de Gibraltar.) f BAIE. Tromperie. [ Jocofimt mendacium. ] Donner une baie à quelcun. Païer d’une baie. C’est un donneur de baies. Voïez la farce de maître Pierre Patelin. {f Mr. Corneille s’est servi de ce mot dans son Menteur, afí. i .Jc. i. On leur fait admirer les baies qtion leur donne. II faut le bannir du ftile serieux. BAIER. [Hiante ore aliquid ajpicere.] Voir & regarder niaisement en ouvrant la bouche comme font les niais. Messieurs de f Académie écrivent Béer. Baier aux Corneilles , s’amuser à regarder en f air niaisement. ( Allons, vous revez baiez aux corneilles, Jour de Dieu , je saurai vous froter les oreilles. Mol.) - BAIETTE, f. /- Efpéce d’étofe qui est une revêche de Flandres ou d’Angleterre. Acad. Franç. £ On fabrique aussi une grande quantité de baïettes en France, dont on fait un bon débit hors du Ro- ïaume. BAIGNER , v. «. £ In balneum dimittere. ] Faire entrer dans seau. Faire nager dans l’eau pour prendre du rafraîchissement. (Baigner ou faire baigner un cheval. ) * BAIGNER. [Alluere.] Ce mot sc dit des rivières & des fleuves, & veut dire couler auprès, arroser. (L’Indus baigne la forteresse vers le Septentrion. Vaug. Quint. I. 9.) BAIGNER , v. a. Au figuré, il signifie arroser. (Baigner son lit de ses larmes. Port-Royal , Ps. 6.) * BAIGNER, v. n. [Supernatare.] Ce mot sc dit des choses qui trempent entièrement dans la liqueur où on les a mises. (II saur que ces herbes baignent dans la liqueur ou on les a mises infuser.) On dit hi- perboliquement, qu’un homme assassiné baigne dans son sang. [Sanguine madet.] Pour dire qu’il en a beaucoup répandu. On dit que le visage d’une personne qui pleure beaucoup , est baigné de ses larmes. [ La - crymU perfujus.] SE BAIGNER, v. r. Prendre le bain. Se mettre dans l’eau pour se rafraîchir. (11 me prend envie de me baigner. Oiseau qui se baigne.) f SE BAIGNER. [ Deleclarì. ] Se plaire. (Vôtre cruauté sc baigne dans les pleurs que versent vos amans. Voit. pas. II se baigne dans lq joie , dans les plaisirs. Ce cruel Tyran se baigne daná le sang de ceux qu’il a fait massacrer. Ce terrible Conquérant se baignoit dans le sang des ennemis qu’il avoit défaits.) BAIGNEUR , s m. [Quìd corpus lavat.] Celui qui sc baigne dans le bain de tjuelque rivière. ( II y a bien des baigneurs cette année.) BAIGNEUR. [ Baineator. ] Barbier qui a des bains chez lui. On apelie auffi un Baigneur, Etuviste. 4 BAIGNEUSE , f. f. Celle qui sc baigne. C’est aussi celle qui Baigne les autres, & qui prend foin des bains. BAIGNOIRE,// [Labrum , solium.] Vaisseau composé de douves , & lié avec des cerceaux , ou l’on se baigne dans la maison. (Une baignoire ovale, ou quarrée. ) BAIGU. Votez BEGU. BAIL, / m. [ Locatio pafíitia. ] Ce mot fait au pluriel baux. Contrat passé devant Notaire , de quelque maison , ou de quelque ferme. 0 BAIL, Ce terme, dans son ancienne signification, BAI 195 marquoit une autorité, un pouvoir ; & celui qui avoit ce pouvoir , étoit apellé Baithjìre. L’Auteur du Roman de la Rose a dit : Piéça sut morte , ou mal sortie , S 1 elle ne fut en ma baillie. BAIL est un terme purement de nôtre ancien Fran. qois^ & l’on en a fait les mots de Baillis, Bailììflres, que l’on a donnez à ceux qui étoient établis pour gouverner les Provinces , les Justices Roïaies & Seigneuriales , & biens des mineurs. De bail, les Vénitiens ont fait leur Balle, titre qu’ils donnent à ceux qui résident à Constantinople. Dans plusieurs Coutumes qui ne reconnoissent point les tutelles selon les Loix Romaines , on a introduit une efpéce d’admmistration des biens & des personnes des mineurs, que l’on apelie bail, o u garde: ces deux mots font sinonimes dans les Coutumes de Peronne , art. 220. d’Orleans, art. 26. Ê? 27. de Melun, art. 2gç. de Rfieims, art. 32g. Le bail est diférent de la garde. U y a deux fortes de gardes, la Râle, & la'Seigneuriale. La premier» est expliquée dans l’article 21 ç. de la Coutume de Normandie , où l’on voit que la gqrde Ro'jale est , quand elle échet pour raison d’un fief noble , tenu nu'émcnt U immédiatement du Roi , qui fait les fruits siens , ffic. Et dans l’article 216. la garde Seigneuriale consiste en ce que le Seigneur Féodal a la garde des fiefs nobles tenus de lui immédiatement, non des autres fiefs. Suivant la Coutume de Paris , art. 227. le mari peut faire des baux à loier , ou à moisson , jusques à Jtx ans pour les héritages assis à Paris, @ jusques à neuf ans pour les héritages assis aux champs. t * BAIL d’amour. Contrat de mariage. Une assurance d’aimer & de ne pas quiter une maîtresse. (Pour rendre vôtre esprit certain, Je vous passerai des demain , Un bail d’amour devant Notaire. Sar. Poëf. BAIL D’AMITIE'. Furent présens Tircis , Climéne , Tous deux résolus à la peine Qtsendurent les pauvres amans, Totts deux résolus aux tour mens, Tous deux résolus aux souffrances, Des maux que cause leur absence. Tous deux résolus aux ennuis, De pafjer bien souvent les nuits, A regreter Vobjet qu’on aime , Et cent autres choses de même, Où se hazarde un pauvre cœur, Dont l’amour s’eji rendu vainqueur. Tircis promettant fur Jôn ame D’entretenir toujourssaflàme, Climéne jurant sur sa soi De ri avoir d’autre som sa loi ^ Tous deux donc T amitié sincère, Prenant Cupidon pour Notaire, Quatre soupirs pour ses adjoints, Et 'ces petits vers pour témoins, Ont signé d’une main hardie De s’entr’aimer toute leur vie. Auteur anon. R ATT,F.. / m. [Bajulus.J II vient du motEfpagnqî Bayíe. [Légatus.] II se dit dans le Rouffillon & en Languedoc , & signifie une sorte de juge Roïal. (On prétend assujétir les enrôlez au paiement des entrées , quand les Consuls ou des Baises l’ordonnent. Patru , plaid. 1.) On donne aussi ce nou^de Baise aux Rési- dens de la République de Venise à Constantinople. H BAILE , / m. On apelie ainsi à Bourdeaux ces Officiers , qui font à la tête des communautez, & qu’on nomme ailleurs Jurez. BAILLE ,sf.[Cupa.] Terme de Mer. Selon le sieur Aubin , dans son Dictionnaire de la Marine, baille est une moitié de tonneau en faqonde baquet. Les vaisseaux de guerre ont une baille amarrée à chaque hune, pour tenir des grenades & autres artifices, & par précaution elles font couvertes de peau de moutons. On met auffi dans des bailles, le breuvage qui se distribue chaque jour aux gens de l’équipage. BAILLER, v. a. Ce mot se dit des terres qu’on laisse à ferme. Hors de là , il n’est pas dû bel usage. On dit en sa place, donner. (Bailler à ferme quelques Tome L B b 3 Ré- 196 BAI héritages. Voïez Donner. On dit en proverbe vous mêla baillez belle , pour dire , vous voudrez bien rn’en faire acroire ; je lui en ai baillé d’une, pour dire , je lui en ai fait acroire. Acad. Franc.) (f Voïez Mr. de Vaugelas, art. zig- N M. Ménagefur Malherbe, p ag. 276. Le terme bailler étoit autrefois fort en usage. Malherbe & Balzac l’ont souvent emploie dans leurs Ouvrages. On dit encore , bailler à rente, à ferme ; d’où l’on a introduit bail à ferme, à loier , à rente. Mr. de Ségais raconte dans ses Mémoires , qu’un Gascon demanda un jour dans une compagnie, qui ejì-ce qui baille le bal ? Depuis ce tems-là , l’on a banni le mot bailler, qui avoit plus de zoo. ans de bourgeoisie. f- BAILLER, ou donner à la grosse avanture. Terme de Commerce de Mer. BAILLET , adj. m. [Helvní equw. ] Cheval bailles , est un cheval de poil roux, tirant fur le blanc. B AILLEUL, f m. [OJJium luxatorum reflìtutor.'] Celui qui remet les os disloquez, & les côtes enfoncées ou rompues. BAILLEUR, &BATLERESSE,/ m. îf.ffLo- cator U locatrix J Celui ou celle qui donne a ferme un héritage. (Un bailleur à ferme est obligé, &c.) BAILLI, f m- [Prœtor peregrinus. ] Celui qui dans une Province a le foin de la justice , qui est le juge ordinaire des Nobles , qui en est le chef au ban & arriére-ban , L qui conserve les droits & le bien d’au- trui contre l’opreffion de ceux qui l’ataquent. Met sieurs de FAcadémie récrivent avec une f. Baillis. $ BAILLI. II y a deux fortes de Baillis , dans l’Ordre de Malte. Les Baillis conventuels, qui font les chefs des huit langues qui résident à Malte; & les Baillis Capitulaires , qui jouissent des Bailliages de l’Ordre. Ces derniers ont séance dans les Chapitres après les Grands-Prieurs. t BAILLIVE ,s.f. [Ballivi uxor.J Femme de Bailli. Le mot de Baillive est burlesque, on dit femme de Bailli. ('Vous irez visiter pour votre bien-venu'é, Madame la Baillive , £tf Madame l’Elû'é. Mol. Imp. a. 2. Jc. 4) BAILLIAGE , s m. [Preetoris peregrini jurisdiélìo.) II y a deux sortes de Bailliages , un Bailliage général & un Bailliage particulier. Le général est une Ju- ïisdiction Roïale, qui ne reconnoït point de Juge supérieur que le Parlement, & qui est composée d’un Lieutenant général , d’un Lieutenant particulier, d’un Lieutenant criminel , d’un Avocat du Roi, & de plusieurs Conseillers. Le Bailliage particulier est composé de même, sinon que le Lieutenant du Bailliage particulier s’apelle Lieutenant civil, & que le Lieutenant général a droit d’y tenir les assises. On juge dans ces Bailliages des caiifes des Nobles & du Domaine du Roi. Le Lieutenant général a droit de faire assembler le ban & l’arriére-ban , à l’exclulion du Bailliage particulier, &connoît, par apellation, des causes des Prévôtez & autres Justices inférieures. Le Bailliage général & le particulier jugent de toutes fortes de causes, excepte des afaires des Bailliages des Ducs & Pairs qui ressortissent, omijfo medio, à leur Parlement. Les Bailliages jugent prévôtablement en dernier ressort avec le Prévôt des Maréchaux. Les Conseillers jugent des criminels, avec le Lieutenant criminel, & alors il y a apel de leur Sentence au Parlement. C’est le Procureur d u Roi qui apelle ; & quand il n’apelleroit pas , il faut toujours aporter la procedure au Parlement. BAILLIAGE ,s.*n. C’est l’étendué de la Juridiction d’un Bailli. Le Bailliage du Châtelet de Paris est grand , il est beau & considérable. $ BAILLIAGE,/ m. Efpece de grain dont il est parlé dans le Tarif de 1664. & qui paye les mêmes droits de sortie que Forge. í BAILLOQUE. Plumes d’Autruche mêlées naturellement de brun obscur & de blanc. La plume bailoque est une des moins estimées, j (f BAILLOTE- Petit Sceau. BAIN, f. m. [ Balneum .] Endroit de la rivière le plus propre à fe baigner. (Le bain est bon en cet endroit. Entrer dans le bain , sortir du bain. Demeurer une bonne heure au bain. II est bon de ne fe point agiter quand on est au bain.) BAIN ,s»t. [Ternue , balneum.) Ce mot, en par- BAI lant de bains publics, fe dit d’ordinaire au pluriel, parcc-que dans ces fortes de bains, il y a plusieurs pe- tits réduits qui font chacun apellez bain , où l’on sc peut baigner séparément. C’est de la sorte que les bains des Anciens étoient bâtis ; car il y avoit des chambres pour les hommes, & d’autres pour les femmes, séparées les unes des autres. On s’y pouvoit baigner commodément. Vitr.l.^.c. 10. On dit, (aler aux bains, revenir des bains de Bourbon. 11 y a des bains froids, & des bains chauds , &c.) H BAIN. Ordre de Chevalerie institué en Angleterre ar le Roi Henri IV. en.iziy. pendant qu’il etoitau ain. Les Chevaliers du Bain portent un ruban rouve en écharpe. J jQT L’ufage des bains est fort ancien ; Futilité, le plaisir & la propreté les ont introduits presque parmi toutes les nations: mais c’est principalement dans Rome où l’on a vû des bains publics & particuliers d’une magnificence & d’une dépense extraordinaire. L’an- cien Pline a fait mention dans son Histoire des bains, que Agrippa avoit fait construire & orner d’un nombre infini des plus rares tableaux. Sénéque fe recrie hautement dans fes lettres , contre la fùmptuosité des bains. Les Romains apelloient Balnea , les bains domestiques ; & Therma , ceux qui étoient publics, dont les uns étoient pour les .hommes, & les autres pour les femmes. Les heures de fe baigner dans les thermes, étoient réglées depuis huit heures du main, jusques à neuf heures du soir, comme Raderus Fa remarqué dans son Commentaire fur l’Epigramme 47. de Martial, livre 10. L’on païoit pour chaque bain, un quadrans, qui étoit, selon Mr. Bouteroué, le quart de Vas, & peso! t douze de nos onces. Juvénal en fait mention dans fa sixième Satire, & Horace de même , dans la troisième Satire du prémier livre : - - Dum tu quadrante lavatwn Rexibis. Mais on n’exigeoit rien des étrangers , des esclaves & des domestiques, pour lesquels il y avoit des bains fondez & gratuits , comme il paroít par les Inscriptions. BAIN , f. m. C’est fur la rivière de Seine à Paris, un grand bateau couvert d’une grosse toile, autour du- quel il y a quelque nombre de petites échelles pour décendre dans un endroit de la rivière, où il V a quantité de petits pieux enfoncez d’efpace en espace, auf- quels on fe tient quand on prend le bain. Bain, en ce sens, se dit au singulier & au pluriel. Voilà le bain des hommes. Le bain des femmes est un autre bateau un peu éloigné de celui des hommes. II y a des bains fur la Seine assez commodes, ils coûtent deux fols ou six blancs à chaque personne qui se baigne. BAIN , f. m. s Lavatio .2 C’est Faction de se baigner. II consiste à fe mettre dans l’eau, & y demeurer quelque tems. Les jeunes gens fe baignent par plaisir, & les autres prennent le bain pour fe conserver en lanté, car on dit qu’il est bon pour cela. Quand les Médecins ne savent plus où ils en font, ils ordonnent le bain à leurs malades. On dit que le bain est meilleur à la rivière qu’au logis , parce qu’il est plus naturel. - Le mot de bain, en ce Cens, n’elt, ce semble, bien en usage qu’au singulier. _ * BAIN de crapaut. S. Amant a ainsi nommé un lieu qui est sale & bourbeux. BAINS. Médicamens externes préparez avec de l’eau, où l’on fait bouillir des médicamens simples, & où l’on ajoute quelquefois du vin, du lait, ou autres liqueurs pour prendre le bain. En ce sens, le mot de bain fe peut emploïer au pluriel. (Madame ne fau- roit dormir, & le Médecin a ordonné un bain pour la rafraîchir. On dira auss, il a ordonné des bains pour abatte les fumées qui montent du bas ventre au cerveau de Madame.) Les Médecins apellent les étuves, des bains secs, parce qu’elles font sortir l’humidité du corps par les sueurs. Et par les bains humides, ils entendent une fomentation de tout le corps. BAIN , en termes de Teinturiers, fe dit d’une cuve pleine d’eau & de drogues servant à la teinture, dans laquelle on trempe & on fait bouillir les étofes qu’on veut teindre. Le bain d’alun fe doit donner à froid, parce que la chaleur fait perdre le lustre de la foie & la rend rude & acre. (Un bain de cochenille, un bain de garence.) On BAI Gn dit en maçonnerie, qu’une cour est pavée à bain de mortier, quand on y a mis du mortier abondamment, comme doivent être celles qu’on fait fur les caves. BAIN-MARIE , s. m. [Balneum maris.'} Vaisseau plein d’eau avec un ou plusieurs alambics, pour faire distiler, ou pour s’en servir à quelqu’autre chose. (Passer par le bain-marie. Mettre au bain-marie.) f Outre le bain-marie , les Chimistes ont auffi lé bain de cendres , le bain de fable , le bain de limaille. Ils posent la cucurbite, ou sur des cendres, ou du fable, ou de la limaille de fer ; en forte que le feu qui est fous ces matières, ne la frape pas immédiatement. 0 " Les Monnoïeurs usent de cette locution, l’or en bain, qui est un or entièrement fondu ; & quand il commence à fondre, ils disent, de l’or en pute. II en est de même de l’argent. BAIONNETTE, J-f C Sica.} Ce mot semble venir de Gascogne. C’est une sorte de petite epee, longue de douze à treize pouces, qui n’a ni garde ni poignée, mais seulement un manche de bois de huit a dix pouces, qui a une lame en forme de lancette, large d’un bon pouce, longue d’un pié, & fort pointue. La baïonnette est d’un grand service aux Dragons & aux Fusiliers, parce que quand ils ont fait leur décharge, & qu’ils se trouvent fans poudre & fans plomb, ils peuvent mettre le manche de la baïonnette dans le canon de leur fusil, & s’en servir comme d’une pertuisane. £ Charger la baïonnette au bout du fusil, est une méthode excellente, la plus à craindre, & la plus redoutable que nous puissions opofer à nos ennemis. C’est à elle que nous devons toutes nos victoires depuis plus d’un siécle ; c’est pour savoir négligée dans la dernière guerre que nous avons souvent eu du dessous. Polybe de Mr. de Folard, Tome I. p. 116. de 1 ’Edit. d!Amsterdam. BA JOIRE , f f- Piece de monnoïe d’argent qui a cours en Alemagne, en Hollande, &c. & qui vaut un écu & un quart. BAJOQUE, f. f- Petite monnoïe d’Italie, qui est la dixième partie d’un Jule. BAJOU , f. m. Terme de Charpentier. C’est la plus Haute des planches du gouvernail d’un bateau toncet. £ BAJOUES, qu’on nomme auffi CouJJInets. Cé font les'éminences ou bossages, qui tiennent aux jumelles du Tireplomb, dont les Vitriers se servent à fendre le plomb qu’ils emploient aux vitres. B AISEMENT , f m. [ Ofculatio .] , Action de baiser. II ne se dit guéres que de la cérémonie où l’on baise les piés du Pape. ( II a été introduit au bassement des piés de Sa Sainteté. Acad. Franç .) BAISER , v. a. [ Bajiare , osculari. } Aprocher fa bouche de celle d’un autre pour marque d’amour ou d’amitié. (Baiser quelcun de bon cœur. Voit. t. 42. Baiser sur la bouche ; baiser à pincettes. Les pères baisent leurs enfans au front. Mon cœur sous ton empire est prit de s’engager, Et je baise les fers dont tu veux me charger. Ep. d’Ovide. Tai-je fait voir de joie une belle animée, Qui souvent d’un repas sortant toute enfumée , Fait même à ses amans trop faibles d’estomac, Redouter ses baisers pleins (Pail U de tabac. Desp. fat. 10. Un baiser bien souvent se donne à l’avanture, Mais ce n’est pas en bien user, ll faut que le désir fst l’estoir t assaisonne, Et pour moi je veux qu’un baiser Me promette plus qu’il ne donne. La Sabl. * On dit de celui qui a une grande obligation à un autre, qu’il devroit baiser les pas où il marche. 0 Cette expression est très-populaire. Mainard a dit autrefois, en parlant de la paix : Baisons la terre qtielle touche, C est un humble U juste devoir Qtielle demande à notre bouche. Je ne fuis pas surpris du peu de cas que le Cardinal de Richelieu fit toujours des vers de cet Auteur. 0 BAISER le verrouil de la porte. Les Cpûtumes BAI 197 de Berri, art.’ 40. d’Auxerre, art. 44. de Sens, art. igi. veulent que les vassaux aillent au manoir principal du Seigneur, pour y faire la foi & hommage ; & si le „ Seigneur ne s’y trouve pas, ils feront le devoir def- „ dits foi & hommage à la porte dudit lieu du fief „ dominant, en baisant le verrouil ou porte dudit' ,, manoir, du Seigneur. ,, Baiser le verrouil, est, selon Pithou sur la Coutume de Troyes, art. 51. en signe de foi. L’usage le plus naturel du baiser, est pour marquer l’amitié & la tendresse que l’on a dans le cœur ; ainsi Catulle demande à fa maîtresse des baisers fans nombre, comme une assurance certaine de fa tendresse fans bornes : Da mihi basìa mille, deinde centum, fsc. Le baiser est auffi une marque réciproque Rengagement ; c’est pourquoi c’est là le fondement du basser du Seigneur & du vassal dans la prestation de l’homma- ge. II est dit dans le chap. 207. des Assises de Jérusalem, qu’après que le vassal aura déclaré qu’il est homme lige de son Seigneur, cejui-ci doit répondre. ,, Et „ ce en cy vous reçois en foy, comme ce faire le dois, ,, de ligesse faite, par salisse, & baise le en bouche en „ foy. ,, Du Moulin a eu raison de dire, sur la Coutume de Chartres, art. 1$. que cette formalité est ridicule, parce que, dit-il, l’hommage ne peut pas être fait parìetìbuí vel ostiis, ut stulti putant ; J’atis est offer - re, @ instrumentum oblatìonis referre. BAISER le verrouil, étoit un triste adieu que l’on fassoit en s’éloignant avec peine d’un lieu ; ainsi Ru- tilius exprimant la douleur qu’il ressentoit en quitant la ville de Rome, a dit : Crebra relìnqutndk ìnfigimw oj’cula portk. Invitì juperant lìmina sacra pedes. BAISER le babouin. Voïez Babouin. BAISER. Avoir la dernière faveur d’une Dame. * BAISER. Ce mot se dit des ais qui se touchent sans qu’il y ait rien entre deux. (II ne faut pas que les ai* se baisent, de peur qu’ils ne se gâtent.) BAISER les mains à quelcun. [Alicui salutem dice- re.J C’est assurer quelcun de ses services. ( Je baise les mains à Mademoiselle Atalante. Voiture, l. 42.) Je vous baise les mains, s Ad populum phaleras. J Ces mots prononcez sérieusement, marquent qu’on est serviteur d’une personne ; mais si on les prononce d’un ton un peu fier, ils marquent quelque refus. BAISER , f. m. En Latin osculum, bastum. 11 semble que c’est de ce dernier mot que nous avons fait baiser, qu’on prononce baisé. II se dit proprement & ordinairement des personnes. C’est l’aprocbe honnête & civile qu’on fait de la joue ou de la bouche d’une personne, pour lui marquer son amitié ou son amour. (Un baiser civil, honnête, galant, doux, agréable, aimable, touchant, tendre. Donner un baiser, prendre un baiser, recevoir un baiser, rendre un baiser. Abl. Luc. Ne les déférez pas ces baisers adorables, Qui seuls peuvent changer le fort des misérables. God. Poésies, 1. part. églogue 1. Philis, laijfez-moi prendre, Ce qui peut triapaiser, Je ne veux qu’un baiser Autant qulil peut s’étendre. Bouillon, Poésies. Un baiser obtenu fur les lèvres de rose. Soulagerait le mal que son bel œil me cause. T. Corn. berger extr. a. ì.jc. 5. Un baiser de Judas. C’est un baiser d’une personne qui trahit, & qui comme la plupart des gens du monde ne flate que pour tromper plus facilement. BAISER de paix. [ Osculum paris.} C’étoit une marque d’amitié que se donnoient les prémiers Chrétiens à la fin de leurs assemblées, & par laquelle ils té- moignoient qu’ils étoient unis par la charité. On donne encore aujourd’hui le baiser de paix en diverses cérémonies de fEglife Romaine. 0 - BAISER FUNE'BRE. C’étoit une coutume parmi les Romains, de baiser les mourans. Sénéque dit dans son traité de la brièveté de la vie, que Druses expira dans les embraffemens & parmi les baisers d’Auguste. Ils s’imaginoient que l’on recevoit l’ame au sortir de la bouche du mourant, par un sentiment d’hospítalité ; ainsi Virgile a dit dans le quatrième livre de son Enéide : B b j — Ex- 198 BAL - Extremus f quis super halitus errât , Ore legam. Le Tasse rempli des idées de l’antiquité , oubliant qu’Olinde & Sophonie étoient Chrétiens, fait dire à ce premier qui voioit déja le feu alumé pour le consumer avec fa chere Sophonie : Que je serois hettreux,f je pouvois expirer fur ta belle bouche ! O fortunati mìei dolci martiri, S’impetrero, che ghmte Jéno à j'eno Vanima mìa la tua bocca Jjiri ! Eft-ce ainsi qu’un Chrétien doit parler en mourant? & que peut-on penser de la Religion du Poète.) BAISE-MAIN, s. m. [ Oblatum. ] C’elt une sainte ofrande qu’on fait à Meilleurs les Curez Je jour des Fêtes fòlemnelles, en leur baisant la main. Ce n’est que dans ce sens que ce mot baise-main a un singulier. Paug. rem. EAISE-MAIN. Ce terme, dit l’Académie, n’a présentement d’usage qu’en matière féodale. ; 11 se dit de la soumission que le vassal rend au Seigneur de fief, èn lui baisant la main. II ne doit que le baise-main. BAISE-MAINS , s. m. [Alicui diHa faim.'] Terme de Civilité. Qui signifie assurance de service, de respect & d’amitié. (Vos baife-mains ont été bien reçùs.) f A belles baife-mains. 11 n’y a que dans cette phrase consacrée où baife-mains soit féminin. II lignifie, avec joie. Très-volontiefs. (Recevoir une chose à belles baife-mains.) BAISEUR, f. m. [BafiatorJ Qui baise volontiers. (Un grand baiseur.) •0 Ces baiseurs qui apliquent de grands baisers indiféremment aux hommes & aux femmes qu’ils rencontrent, font insuportables. Tristan a dit que le baiser étoit l’enfant d’une belle bouche : mais le baiser d’homme à homme est souvent Pensant d’une bouche très-laide, & souvent quelque chose de plus. Le Gua- rini a raison de dire dans son Paf or fido: - E quello e morto bacio cuì La baciata belta bacio non rende. BAISEUs'e , f. /. Celle qui baise volontiers. * BAISOTER , v. a. [Crebra dare baftola.À Baiser souvent. BAISSEMENT, f m. Action de celui qui baisse la tête. (Les Séminaristes font des baissemens de tête.) BAISSER, v. a. [ 'Demittere .] Abaisser. (Baisserun pont-levis. Baisser les piques pour donner. Abl. ret. 1. 1 . Baisser la tête.) $ BAISSER les yeux , c’est regarder en bas. Baiser la voix, c’est parler plus bas. Baiser la main a un i cheval , c’est lui rendre la main, lui tenir la bride moins courte. Baiser la lance, baisser le pavillon devant quelqu'un. Cette expression figurée signifie céder, déférer à quelqu’un. H Donner tête baijfée, aler tête baissée au combat. C’est aler au combat hardiment, courageusement. Un brave homme va à l’ennemi tête baisée , quoiqu’il connoisse le péril où il s’expose. On dit aussi d’un homme de résolution qui sait profiter de l’ocafion ; aufì-tôt qu’on lui propose une bonne asaire, il y donne tête baissée. BAISSER, v. n. [Decrescere.) Diminuer, s’abaisser, devenir plus bas. (La mer hausse & baisse deux fois le jour. La rivière baisse & diminué à vûë d’oeil.) * BAISSER. Diminuer. S’afoiblir. [_Mitiuif\ (Son esprit baisse. Bear.) SE BAISSER, v. r. s S? submittere.’} Se courber. S’abaisser. (La porte de sa chambre est si petite, qu’il se faut baisser pour y entrer.) BAISSE’, baijfée, part. & adj. Qui est abaissé. * Donner tête baijfée dans les ennemis. [Inconfidératé.) C’est inconsidérément, & fans connoître le péril qu’il y a. On dit en proverbe, d’une chose qu’on croit aisée, qu’il n’y a qu’àse baisser fs en prendre. On dit èn- core de celui qui n’a pas réussi dans une entreprise, qu’il s’en revient les oreilles baissées , parce que le chagrin ou la honte lui font tenir une contenance humiliée, & lui donnent un air mortifié. & BAISSIERE. C’est ce qui est au fond du tonneau. Le vin est à la baijjìere. Les dernières Poésies de Defpreaux sentent l’esprit épuisé (dit Mr. de Serrais, dans'ses Mémoires) ce n’est plus que h baijjìere, & il íe copie lui-mêtne. i BAL BAISURE, f /•_ C’est ce qu’on apelle à Paris biseau, savoir l’endroit du pain qui est le moins cuit & qui dans le four a touché un autre pain. BAL, f m. [Chorea nociurna .] Ce mot fait au pluriel, bals. Assemblée de personnes de fun & d e í’autre sexe qui dansent, au son des violons, toutes sortes de danses & de courantes. (Ouvrir le bal. II y a plusieurs bals durant le carnaval. Courre le bal. Que la danse & le bal sont dangereux, & combien d* tragiques éfets ils produisent, ils réveillent la passion criminelle d’Herode, &c. P. Quesnel, reflex.) Ce mot vient du Grec flalhísu, je danje. H On apelle la Reine du bal, celle à qui on donne le bal, & qui en fait les honneurs. Tous ceux qui dansent dans un bal, doivent la prémiere courante à la Reine du bal. Acad. Fr. BALADE, J. s. \Rithmw.\ Chanson de trois couplets & d’un envoi, le tout fur deux , trois ou quatre rimes, avec un refrain qui lé répété au bout de chaque couplet & de l’envoi. {La balade asservie à ses vieilles maximes, Souvent doit tout son lufre au caprice des rimes. Dèspr. art Poét.) 0 Le même a dit : Marot bientôt après fit fleurir les balades. De ce teins, chacun s’en mêloit. Coquillart, Monologue du Puis : Autrefois ay été en cours Pour faire balades U rondeaux , Et ne donnois ne nuits ne jours A penser les termes nouveaux. BALADIN , f m. Farceur. [Beurra, Mimus .] Celui qui fait ou dit quelque chose pour faire rire ceux qui sont présens. (Arlequin & Scaramouche font des noms de Baladins. On fit entrer un Baladin pour réjouir la compagnie. Abl. Luc. t. %. saturnales.) BALADIN. Sot, ridicule. (C’est un franc baladin.) BALADINE , f f. Farceuse. [Saltatrixì] Celle qui fait ou dit quelque chose pour faire rire. (II la fi» chanter & danser, avec les façons, les gestes & les mou- vemens qu’avoient à Rome les Baladines. S. Evre- mont, Historiens François.) f Refrain de la balade. On apelle ainsi dans la conversation, le discours fur lequel quelqu’un retombe toujours, après avoir parlé de toute autre chose. 0’ BALADOIRE. Fête de village. Voiture, lett. $6. (Elle ne me pouvoit rien promettre qui me fît fi aise que la danje baladoìre , que vous dites qu’el- le veut instituer à mon retour.) Mais c’est fête bala- doire qu’il faut dire. BALAFRE, f f. [Stigmaf} Estafilade au visage. (Une vilaine balafre.) BALAFRE , f. f. [ Incij'ura longior .] Longue découpure de deux travers de doigt, qu’on faisoit autrefois fur des pourpoints de satin. On le dit encore des acrocs qu’on fait par accident fur des habits. BALAFRER , v. a. [ Stìgmatibm exarare. ] Faire une balafre. (Balafrer quelcun.) BALAI, f m. [Baipx.J C’est environ deux poignées de verges de joncs , ou de plumes liées & emmanchées au bout d’un bâton , ce qui sert à néteïer les ordures. (Un balai de bouleau, de jonc, de plumes dures, &c.) î On dit prov. d’un valet nouveau qui sert bien les prémiers jours, que c’ejl un balai neuf, qu’il fait le balai neuf. On dit aussi d’un homme qui vieillit dans un emploi, fans y faire fortune, qtfil rôtit le balai. * BALAI du Ciel. Terme de Mer. Ceux qui na- vigent fur l’Ocean, apeilent de ce nom le vent de Nord-Ouëst, parce qu’il néteïe lc Ciel de toute forte 1 de nuages. DeJ'roches, termes de Marine. BALAïER, v. a. Voiez BAL1ER. BALAÏEUR , f. m. [] Scoparius. ] Celui qui fait & vend des balais de joncs & déplumés. Voïez Ba/ieur. BALAïEUSE , f. f. Celle qui fait & vend des balais par les rués de Paris. BALAïURES , /. f. [Purgamenta , fardes.) Ordures amassées avec le balai. í BALAïURES. Ce mot signifie au figuré un objet de mépris. Les saints ont été les balaiures du monde. BALAIS, adj. m. [Carbunculus pretiofìor .] Rubis- balais. Ce nom vient de Balassia, qui est un Roïau- me BAL me en terre ferme , entre Pegu & Bengale, où se trou- vent ces rubis-balais. On le dit figurément des boutons rouges qui viennent fur le visage des ivrognes. Où maint rubis-balais tout rougijjans de vin, Montroknt un hâc itur a la somme de pin. Régnier.) BALANCES / C Trutina. ] Instrument dont on se sert pour peler, composé d’un fléau , d’une chasse , de deux bassins de métal, ou de deux plateaux de bois. (Ajuster les balances.) Ce mot est fait du Latin bilcmx. ( Tous deux la contestaient, lors que dans le chemin La Justice passa la balance à la main. Despreaux.) £ BALANCES fines , ou Trebuchets. Ce sont de petites balances dont on se sert pour peser les monoïes d’or & d’argent , les matières & choses précieuses, qui font en petite quantité. f BALANCE sourde. Sorte de balance, dont on fe sert dans les Monoïes, qui a les deux bouts de son fléau plus bas que son clou , & sa chape qui est soutenue en l’air par le moïen d’une guindole , que les ouvriers apellent guinole. f BALANCE d’ejsais. Terme de Mono'ieurs. C’est une balance de la plus grande justesse , & de la plus Î iarfaite précision ; que l’on enferme encore dans une anterne de verre, afin que l’air n’y puisse causer aucune agitation. f BALANCE. Terme de Teneur de Livres à parties doubles. Ce mot lignifie l’état final, ou la solde du grand Livre , ou d’un compte particulier. ê BALANCE , se dit encore de la clôture de l’in- ventaire d’un Marchand , qui se fait en débit & crédit. Quand il a défalqué ce qu’il doit d’un côté, de ce qu’il a d’effets d’un autre , il connoit , tout étant compensé & balancé, ce qui lui doit rester, ou ce qu’il a perdu-ou-gagné. BALANCE. [ ALquilibrium. ] Egalité. Action de celui qui n’incline pas plus d’un côté que de l’autre. (Tibère a tenu la balance égale entre son fils & Germanicus. Abl. Tac. La plus ardente des afections humaines n’a pû emporter la balance en faveur du légataire. Taira , plaid, io.) BALANCE, f Animi fluHuatio. jj Incertitude. Irrésolution. (Son esprit est en balance.) * BALANCE. Délibération pour savoir si on fera, ou ne fera pas. ( Mettre une chose en balance. BALANCES. \_Libra. ] Le signe des Balances, qui est un des douze signes du Zodiaque. BALANCEMENT, f. m. [ Lìbratiofi\ Etat d’une chose qui balance. (Le flux & reflux de la mer vient du balancement que le globe de la terre a sur son axe. Entretiens d’Ariste U d’Eugène. BALANCER- v. a. [ SeJ'e librare. ) Prononcez ba- lancé. Ce mot, au propre , signifie faire aler quelcun haut & bas fur une brandilloire. ( Un petit garçon en balance un autre fur une brandilloire, ou balançoire.) £ Se balancer. C’est aussi se pencher tantôt d’un côté , tantôt d’un autre, en marchant. è Se balancer en l’air. On le dit d’un oiseau de proie qui se tient suspendu en l’air, sans presque remuer les ailes. * BALANCER,».«.[ Pensare . ] II signifie au figuré , examiner , considérer. ( 11 se mit à balancer en lui-même , tantôt son avis, & tantôt celui denses capitaines. Vaug. Quint. Cure. I. 4. Ils balançoient sagement leurs forces. Abl. Lac.) BALANCER , v. n. [ Harere , hasttare. J Ce verbe signifiant être irrésolu, incertain & indéterminé, hésiter , ne savoir de quel côté pancher, est ordinairement neutre ; & au figuré, il régit un autre verbe à í’infinitif, avec la particule à , ou pour , selon qu’il est nécessaire , ou que l’oreille le trouve à propos. Le tems est cher , Seigneur , plus que vous ne pensez } Tandis qtià me répondre ici vous balancez, Matan , étincelant de rage , Lemande le sgnal £sf preste le carnage, Racine, Atalie , a. sc. 2. 11 homme a connu la mer , ses flots , & ses caprices, Mais ses moindres vertus balancent tous ses vices, Boil. La crainte de vous déplaire, nie faisoít balancer à vous dire. Auteur unanime , histoire galante, BAL 199 ... Si jttsqu’ici, par un trait de prudence , J’ai demeuré pour toi dans un humblestlence ; Ce n’est pas que mon cœur vainement juspendu, Balance pour t’ofrir un encens qui t’eji là. Defpr. dise. au Roi. On dit encore : II balançait entre l’honneur du monde & la crainte de Monsieur le Prince. Mem. de la Rochefoucaut. II ne balança point sur le parti qu’il devoit prendre. VaJ'concelle , arioste , t. 1. Racine a fait ce verbe aHif en ce même sens : quand il a dit : Rien ne fau- voit balancer son respefi. La victoire balançoit fans fe déclarer. Vasconceíle , ariose , t. 1.) BALANCER. Terme de Chase. II fe dit de la bête qui est courue , qui va ça & là. II fe dit atM du limier qui ne tient pas la voie juste. SaL ( Une part de mes chiens fe séparent de Vautre, Et je les voi, Marqui , comme tu peux penser, Chasser tom avec crainte , §t? Finaut balancer. Mol. fach.) t§ BALANCER. Les Peintres fe servent de ce terme. Dufresnoy a dit dans son Art de Peinture , que les figures d’un tableau doivent être inégales dans leur position , en forte que celles du devant contrastent les autres qui font en arriére, & soient toutes balancées fur leur centre. Anterìora dabît membra m contraria motu Divers7 varìata , suo librataque centro. Ce Balancement est une partie très-essentielle du dessein , sur quoi -VOUS pouvez voir Léonard de Vincy, ch. 181. jusques au 27;. & encore Paul Lomasse, dans ion sixième livre , ch. 4. Del modo del corpo humano. Se balancer , v. r. Se brandiiler. Se faire aler de côté & d’autre fur une brandilloire , ou balançoire. BALANCIER , f. m. Trutinarum opifex . J Artisan qui fait & vend toutes sortes de balances , de poids, de pesons , de romaines & de trébuchets. BALANCIER, ferme (PHorloger. ( Lïbrciment;.ni, J La piéce de l’horloge qui régie les heures. C’est une verge de fer qui modère le mouvement des roués, cause par le poids d’une horloge ; ou une roué qui modère le mouvement des roués causé par l’éfbrt que fait le ressort d’une montre. ( On dit, charger le balancier, pour retarder le mouvement, décharger le balancier , ou ôter du balancier, póur hâter le mouvement d’une montre. Poser le balancier. Ajuster un balancier. On charge un balancier avec de la mine de plomb, qu avec de la cire.) BALANCIER de tourne-broche. C’est une maniéré de petite verge de fer qui est au haut du tourne-broche, & qui sert à ie gouverner. . BALANCIER. Machine à faire les monoïes , les jetons & les médailles. í BALANCIER. Se dit aussi du lieu où font établis les presses & balanciers pour les médailles & les jetions ; dans lequel on doit les fabriquer & les fraper» C’eft ce qu’on apelle autrement, la Monoïe des médailles , qui fut établie sous Louis XIII. dans les galeries du Louvre. BALANCIER décampas . Terme de Mer. C’est un double cercle de léton , qui tient en équilibre l’afut du dedans de la boussole, Defroches , termes de Marine. A BALANCIER de Lampe , Terme de Mer. C’est un cercle de fer qui est mobile , & qui tient la Lampe de l’habitacle en équilibre. BALANCINË , f. f. [Libratores funes.^ Terme de Mer. Manœuvre ; c’est-à-dire, corde qui par un bout est frapée à la tête du mât, & passe fur une poulie âu bout dc la vergue. L’usage de la balancine est de tenir la vergue en balance , lors qu’elle est dans ía situation naturelle. Defroches , termes de Mer. 0 Le Sieur Aubin a Fait mention dans son DiHio- toaire de Marine , de plusieurs balancines. Ce sont des maneuvres ou cordes qui descendent des barres de hune & des chonquets , & qui viennent former deux branches fur les deux bouts de la vergue , où elles passent dans des poulies. On s’en sert ’pour te- liir la vergue en balance , lors qu’elle est dans fa situation naturelle , ou pour la tenir haute ou basse, selon qu’il est à propos. II y a des balancines de la grande vergue , & des balancines de la vergue de miséne. Balancines de Sìvadiére. Elles font amarées 200 BAL au bout du beaupré, & servent aussi pour border le perroquet. II y a deux poulies courantes , dont les cordes viennent se terminer au château d’avant , & outre cela, aux deux tiers de la vergue de lìvadiére, il y a deux poulies doubles & de grands cordages pour tenir la vergue ferme, le tout se rendant au château d’avant. Elles servent à apiquer la vergue de lìvadiére , lors que l’on va à la bouline. II y a des balancines de grand U de petit hunier. Elles servent d’écoutes aux perroquets. Balancines de perroquet de fougue. La vergue d’artimon n’a point de balancines : mais le bout d’embas est amarré aux hauts-bans par deux bras , & le bout d’enhaut est amarré par des marticles, qui font des cordages qui coulent du haut bout du grand mât de hune , & à l’endroit de la vergue d’artimon se fourchent en plusieurs branches. BALANÇOIRE , f. f. [ 'Libramentum .] C’eít une pie- ee de bois , assez grosse & longue , mise en équilibre sur quelque chose d’élevé , aux deux bouts de laquelle se mettent de jeunes garçons, jambes deçà, jambes delà , pour se balancer en la faisant hausser & baisser. C’est aussi une grosse corde atachée au plancher, ou à deux poteaux , sur laquelle on s’assied & l’on se balance pour se divertir. ( Monter sur la balançoire. Se mettre sur la balançoire. Les petits garçons se divertissent à la balançoire. La balançoire est au nombre des plus agréables jeux des enfans. Stella a fait de jolies estampes de la balançoire. (Votez Brandilloire.') t BALANDRAN , f tn. [ Gausapina cb!arays.~\ Mot comique , pour dire un gros manteau pour le mauvais tems. , f * BALANDRAN. Mot bas , comique & figure, pour dire , ténèbres. Voile obscur. (Nuit, couvre íunivers de ton noir balandran. S. Am. BALANT, f *»■ Ternie de Mer. C’est la partie de la maneuvre ; c’est-à-dire, de la corde qui n’est point hâlée , e’est-à-dire , ni roidie, ni bandée. í BALAOU , f tn. Petit poisson de la Martinique , lequel ressemble à la sardine , & est fort délicat. BALAST. Terme de Marine. Amas de cailloux & de fable qu’on met au fond de cale , afin que le vaisseau entrant dans Peau par ce poids, demeure en assiéte. Acad. Franc. BALAUTRIER , f tn. [Malus punica , fylvejìris.j C’est le grenadier sauvage dont le fruit s’apelle ba- laujie. BALAY, en termes de Fauconnerie , se dit de la queue des oiseaux ; & en termes de Venerìe , du bout de la queue des chiens. f BALAZE'ES, ou Sauvaguzées de Surate. Toiles blanches de Coton , qui se fabriquent dans cette Ville & aux environs. BALBUTIER, v. n. Bégaier. Prononcez halbucié. BALCON, f tn. [PodiumJ De l’Italien balcone. Saillie qui est íìir le devant d’une maison, & qui est entourée d’une balustrade. BALDAQUIN, f tn. [ Umbella. ] Dais ou poile qu’on porte fur le saint Sacrement, ou fur la tête du Pape dans les grandes cérémonies. On donne le même nom à un ouvrage d’architecture élevé en forme de dais , ou de couronne fur plusieurs colonnes, pour servir de couverture à un autel. {Le Baldaquin du Val de Grâce. ^ On écrit aussi Baldachin. B ALE , f m. [ Glohus plumbem. ] Maniéré de sort petite boule de plomb de la grosseur d’une noisette ou environ , qu’on met sur une charge de poudre dans les fusils , dans les mousquets & dans les pistolets. (Sortir tambour batant, baie en bouche & mèche alumée.) BALE à feu. [ Glans ignita. ] C’est une boule composée de poudre , de salpêtre, de soufre, de cam- fre , qu’on arrose d’huile de pétrole, dont on lait un corps avec du suif de mouton, de la poix noire, de la colofane, de la cire. Cette boule se fait de la grosseur d’une grenade , & on l’envelope d’etoupes & de gros papier. On y fait un trou , où l’on met l’amorce, on y met le feu , la nuit, pour découvrir le travail des ennemis. BALE-RAME'E. f Glans veruculo trajecla. ] Ce font deux baies jointes ensemble par un morceau de fer long d’un demi pie , ou environ. ( Les bales-ramées font dangereuses. Ces bales-ramées sifient quand BAL on tire des fusils , ou des mousquets où l’on en a mis.) $ BALE. Terme d ’Artillerie. Quoiqu’on dise ordinairement le boulet d’un canon , on. se sert quelquefois du terme de baie. Un canon chargé à baies un canon de vingt-quatre livres de baie. BALE. [Mercium coUigatarum fafcis.} Sorte depe- tit cofre que portent de pauvres Merciers , où ils mettent leurs marchandises. ( Un rimmr de baie ,• c’est- à-dire , un méchant rimeur.) BALE. [ Pila luforia. ] Petite boule faite de recou- p es d’étofe serrées avec de la ficelle , couvertes d’é- tofe blanche , dont on se sert pour peloter , ou jouer artie dans les tripots. (Bien pousser une baie, ien jouer la baie. Prendre la baie au bond.) BALE. Terme d’ Imprimeur. [ Foliiculus Typogra- phicus. ] Boix creux en forme d’entonnoir, avec une poignée de bois au dessus, & par dedans rempli de crin ou de laine , couverte d’une peau de mouton, qu’on trempe dans l’ancre pour toucher les formes. BALE , f. f [ Gluma , foliiculus. ] Paille fort mince, qui envelope le grain de blé quand il est dans l’épi, & qui fe sépare quand on le bat , & qu’on le vanne. sf BALE. Vieux mot qui signifioit une chose de peu de valeur. ( Parce que les Etats tenus n’agué- res à Paris , ne font point Etats de baie, & ceux qu’on vend à la douzaine.) Sur quoi Mr. Dupuy a remarqué, qu’on lifoit dans les premières éditions de la Satyre du Catolicon d’Espagne, ne font point Etats à la douzaine , ni communs. On dit proverbialement : Au bon joueur la baie lui vient , pour dire , qu’un homme qui est habile en sa profession , n’y sait point *le fautes. Marchandises de baie , comme les pistolets dc Saint Etienne en Forêts , pour marquer des marchandises (jui ne valent rien. A vous la baie, pour dire, c’est a vous à parler , ou à parer. Baies perdués , pour dire , étofes inutiles. BALEINE, f f [ BaLma. ] Bête marine, couverte d’un cuir dur & noir , longue le plus souvent de trente-six coudées, épaisse de huit, avec une ouverture de gueule de huit piés , & deux grandes nageoires fous le ventre. (La Baleine báiiloit plus lentement & referment auffi-tôt fa gueule. La Baleine a une grande gueule. II y avoir dans la Baleine quantité de poissons qu’elle avoir avalez. Abl. Luc. * BALEINE. Côte de baleine. Partie de côte de baleine qu’on met dans les corps de jupe, & dans les busqués de pour-points. La matière de ce qu’on nomme côte de baleine , est prise des fanons & du membre génital de la baleine. BALEINON, f m. [ Balauœ vituhss. ] Une jeune baleine. Le petit d’une baleine. H L’Académie dit- baleineau. BALENAS , f. tn. On apelle ainsi le membre de la Baleine, qui sert à la génération: ce qui est particulier à cette forte de poisson , qui engendre comme les animaux terrestres. + BALER , v. n. Ce mot vient de l’Italien balar. 11 est vieux , & veut dire danser. On trouve dans nos anciens Historiens, le Roi fit faire un balet, où balérent plus de six-vingt personnes des deux sexes. Baler ne peut plus entrer que dans le comique. (Pour un vrai galant, il faut toùjours babiller , danser, baler. Sar. Pois. B ALET , s. m. [ Larvata saltatio. ] Danse qui est presque toute par saut , & où plusieurs personnes dansant ensemble , font diverses sortes de figures. Danse figurée par faut. ( Danser une entrée de balet.) BALET. [ Cborea dramatica. j] Maniéré de Poème dramatique , contenant un sujet fabuleux, divisé en entrees , où il y a des personnes illustres qui font des récits fous le nom de quelque fausse divinité. Ces récits expliquent agréablement le balet, & font en stances d’un caractère enjoué. Us renferment d’ordinaire les louanges du faux Dieu , & de celui qui le répréfente. ( Votez les balets de Benl'erade, ils sont écrits d’une manière aisée & galante.) BALEURE- En termes d’Architefíure , Uestce qui passe d’une pierre plus que d’une autre près d’un joint de la douelle d’une voûte , on dans le parement d’un mur. On donne ce même nom à la lèvre d’en-ba*. BA- BAL BAL 201 BALIER , balaïer, v. a, [Verrer f. ] Ce dernier inot se prononce comme s’il étoit écrit baleier. Ba- lier & balaïer font bons tous deux , mais balier est plus en usage que balaïer, parce qu’il est plus doux à Poreiile : II signifie nétéïer avec un balai. (Balier une chambre. Eole lâche les vents quand il faut balier le monde. Scaron , Virg. travesti , l. i.) H L’Académie dit baldisr. BALIER , balaïer. £ Humum verrere. ] Ce mot se dit des habits longs qui traînent & amassent des ordures. ( D’une robe à longs plis balier le Barreau. Despr. Jat. i.) BALIEUR , baldieur , f m. [Scoparitts.] Quoiqu’on dise , balaìeur & balieur, pour dire celui qui balle les maisons, les rues , &c. il est pourtant vrai qu’on ne dit que baldieur pour dire celui qui fait & vend des balais. BALIEUSE , balaieuse , f /.- Quoiqu’on dise balieuse, & balaieuse, pour dire celle qui balle, on ne dit pourtant que balaieuse , pour dine celle qui vend des balais. f BALINE , s. f. Espece de grosse étofe de laine, qui sert à faire des emballages. BALISE , ou bouée , s. f. Terme de Mer. Mât élevé, ou quelque autre marque , comme du bois ou des tonneaux flotans, qui donne avis aux vaisseaux qui passent , qu’il y a en cet endroit-là quelques sables , ou quelques roches cachées fous l’eau , & qu’ils doivent les éviter. (Découvrir une balise.) BALISER, V. n. Terme de Mer. C'est mettre des balises, pour obliger ceux qui font voile, d’éviter les passages dangereux. (II y a une heure que nous ne saisons que baliser.) BALISIER, s m. Plante des Isles Antilles qui croìt de diférente grosseur & hauteur selon les territoires où elle se trouve ; ses feuilles font si larges que les Caraïbes en couvrent leurs cabanes. BALISTE , s f. [ Balista. ] 11 vient du Grec , & est écorché du Latin balista. Machine dont les Anciens se servoient pour lancer des pierres. On ne pouvoit se servir des balistes fans les bander. Voter le premier tome, pag. 62. de l’Histoire de la Milice Françoise du P. Daniel. £ BALISTE. La plupart des Auteurs ont confondu cette machine avec la Catapulte. Mais Polybe & les autres Historiens militaires distinguent avec foin ces deux machines ; & ils nous aprennent que laBa- îiste jettoit des dards , & ^ la Catapulte des pierres. Mr. de Folard en a donné la description dans son Commentaire sur Polybe , où il montre les effets de la Baliste. II prouve en même tems que Lisse , Perrault, le P. Daniel, & plusieurs autres Auteurs n’ont rien compris dans cette machine. C’est à ce savant Officier qu’on doit cette découverte ; & les expériences qu’il en a fait, ont surpris tous ceux qui en ont été les témoins. Votez son Polybe , Tom. II. p. 234. & suiv. de l 'Edit. d’Amsterdam. H BALISTIQUE , /. /. Terme de Mechanique. C’est l’art de lancer des corps pesans. La Balistique du P. Merscnne est un traité fur la projection des corps. BALIVAGE , s »}■ [ Destgnatœ ad propagationem arbores. ] Terme des Eaux & Forêts. Compte ou marque des baliveaux qu’on doit laisser fur chaque arpent de bois qu’on a à couper, ou qui sont à couper , pour les laisser croître en haute futaie. BALIVEAU , f m. [ Taie a, stolo. J Jeune arbre qu’on laisse lors qu’on coupe le bois. BALIVEAU , f. m. [ Relicla ad propagationem quer- cw.\ Terme des Eaux & Forêts, jeune chêne au dessous de 40. ans. II est enjoint par les Ordonnances des Eaux & Forêts , de laisser seize baliveaux de Page du bois dans chaque arpent de taillis qu’on coupe , outre tous les anciens & modernes. t§ 11 est dit dans l’article 11. du titre 15. de l’Or- donnance des Eaux & Forêts, du mois d’Août 1669. que dans les ventes on choisira dix arbres dans chaque arpent de futaie ou haut recrû , des plus verds & de la plus belle venue de chêne , s’il se peut, brin de bois, & de la grosseur compétente, que l'on marque avec le marteau du Roi. Ivïr. Du Gange ra- porte plusieurs Chartres dans ses Notes fur Villehar- doiiin , dans l’une desquelles on lit ces termes : Item , il demora à (Empereur m parc de pistons , cent etrpens de bois de huit ans , les boìviaux qui demeurent au parc. On voit que boìviaux signifie bois vieux , d’où , fans doute, l’on a fait baliveaux. í BALIVEAUX , Terme de Maçon , qui signifie les grandes perches, ou autres brins de bois, ausquels les Maçons attachent les boulins de leurs échafauds, lors- qu’ils en font plusieurs les uns fur les autres. BALIVERNES , f f. [Nugœ.jj Discours ridicules. Sotises. Je n’entens rien à toutes ces balivernes. Mol. Po'êJ. II n’est rien de fi commun, & ce sont balivernes. Benferade, balet de la nuit, 1. p. entrée xi. (Toutes les raisons de ce chicaneur ne sont que balivernes. Mol.) B ALOIRE, f f. Terme de Marine. Longue piéce de bois, qui, dans la construction d’un vaisseau, lui donne la forme qu’il doit avoir. ; BALON, f m. [Follis.J Vessie enflée , & entourée de cuir, dont les écoliers jouent dans les Coléges. (Jouer au balon. Pousser, & eseafer le balon.) BALON,/! m. [Cymbaé} Sorte de vaisseau à plusieurs rames, duqueï on se sert pour aler sur les fleuves & les mers du pais de Siam. II y a plusieurs sortes de halons, de communs, de petits, de grands, & des halons d’Etat. Ces derniers halons sont magnifiques & bien parez. Ils sont tout brillans d’or, & il s’en voit qui ont la figure de chevaux marins. Voïage de Siam, l. 4. (Equiper, armer un balon. Monter un balon. A peine a-t-on été dans le balon, qu’on est venu complimenter son Excélence. II est parti en balon pour s’aler promener. On l’a reçu civilement à la décente de son balon , qui étoit un balon magnifique, superbe , éclatant, dore, paré, &c.) H BALON. Terme de Chymie. C’est un gros matas, ou bouteille ronde , qui sert de récipient dans quelques distillations, ou opérations chimiques. BATONNIER , s. m. [Fotlium artifex .] Faiseur de halons. BALOT, s m. [Sarcinarum sascisé] Marchandise, ou autre chose embalée. (Faire un balot. Corder & plomber un balot.) BALOTADE, f /• Terme de Manège. Air de cheval qui aproche de la capriole. Pluv. (Cheval qui se met à balotades.) (§ Guillet, dans son Difíionnaire de (homme d’épée, part 1. Balotades sont des sauts que le cheval doit faire entre deux piliers, ou par le droit, avec justesse, soutenu de la main, & aidé du gras des jambes , en sorte qu’aïant les quatre pies en Pair, il ne montre que les fers des prés de derrière, fans détacher lc mage ou séparer ; & c’est par là que cet air ou manège difére de celui d es caprioles ; car le cheval qui manie à caprioles, sépare de toute sa force, & noue l’ai- guillette. Les balotades diferent aussi des croupades, en ce que le cheval qui manie à balotades, montre les fers quand il leve la croupe ; mais en maniant à croupades, il retire les piés de derrière sous lui. (Vôtre cheval se mettra à balotades, quand il fera lassé d’aler à caprioles ; car quand le grand feu des caprioles est passé,, les chevaux se mettent d’eux-mémes à balotades, puis à croupades, à moins que le poinçon bien apuïé ne leur fasse nouer l’aiguillette, & continuer Pair des caprioles.) BALOTE , f f- [Calculm.2 Petite chose dont on sç sert pour donner sa voix aux délibérations. H BALOTE. On donne aussi ce nom à la plante, qu’on apelle Marrube noir. BALOTER, o. a. Mouvoir, agiter. (Cheval qui fait haleter le mords dans fa bouche.) BALOTER , v. n. [Pilant agitare.] Ce mot se dit quand on joue à la paume, sans jouer partie. * BALOTER, v. a. [Aliquem ibudere.] Se moquer de quelcun. L’amuser par de vaines promesses. On l’a baloté. ê BALOTER , signifie aussi se servir de balotes pour donner les sufrages, ou pour tirer au sort. II est peu d’ufage en ce sens. Acad. Fr. ch BALOTER une affaire, v. a. C’est la discuter, l’agiter de part & d’autre, en délibérer. BALOURDE, adj. [Stupidm, plumbemst C’est une personne stupide & grossière qui n’a point d’esprit. (C’est une vraie Balourde. Acad. Fr. Ce mot n’est en usage que dans le ftile simple & comique.) BALSAMINE, f. f. [ Balsamum .] Fleur rarnpan- Tom. L Ce te 202 BAN te qui fleurit blanc aux mois de Mai, de Juin & de Juillet. f BALSAMIQUE, adj- Oïl le dit des choses qui ont une vertu , une propriété du baume. Une odeur balsamique, une plante balsamique. BALSAN, s »*. [Equus pedibus albus.~] Cheval qui a une balsane. (C’est un balsan.) BALSANE , f f- Marque blanche que les chevaux ont aux jambes. (11 y a une smilìre fatalité atachée à la balsane du cheval.) BALTAZARD , f- m- Nom d’homme. BALUSTRADE , f f- [Clathratum J'eptum.'} Assemblage de plusieurs balustres qui font de rang & qui servent de clôture, comme celles dont on ferme les autels. Rang de balustres. Une balustrade d’efca- lier & de balcon. (Une balustrade de chaise tournée.) BALUSTRE , f. m. [Columella , pi!a.~] Petite colonne qu’on met fous des apuis pour faire des clôtures, soit que cette colonne soit de pierre, ou de marbre, de bois, ou de fer. BALUSTRE, f Pìlarum ardo.~] Balustrade qui environne le lit des Rois & des Princes. BALUSTRE du chapiteau de la colonne Ionique, est la partie latérale du rouleau qui fait la volute. BALUSTRE. Terme de Tourneur. Petite colonne de bois au dossier d’une chaise tournée. BALUSTRE. Terme de Serrurier. Petites pièces de fer en forme de balustre qui fervent à couvrir la clef, ou à atacher les serrures. BALUSTRE. Terme à’Orfévre & de Potier d’étain. Partie de chandelier d’Eglile, ou de Cabinet. £ BAMBIAYE, f m. Oiseau de l’Isle de Cuba, qu’on prend à la course, parce qu’il ne s’éleve presque point de terre. BAMBOCHES , f f C Nani, pumiliones. ] Marionnettes grandes comme nature. (Aler voir les bamboches. On apelle aussi une femme de fort petite taille, une bamboche. Acad. Fr. BAMBOCHE , f. f. (To dosa arundo .J Sorte de canne qui a de certains nœuds agréables de distance en distance. (Une belle bamboche. 'Les bamboches ne font plus aujourd’hui à la mode.) H BAMBOUC, s m. Bois noueux qui croît en plusieurs endroits des Indes Orientales. C’est une ef- pece de Canne, qui vient d’une hauteur & d’une grosseur extraordinaire. Les gros bamboucs servent à faire les bâtons, fur lesquels les esclaves portent les palanquins, qui font la voiture ordinaire des Orientaux. B AN, U arrìérc-ban, s. m. [Beneficiariorum mi- lìtum evocatio.J La convocation des Gentilshommes & des personnes qui ne font pas nobles, & qui tiennent des fiefs à la charge de servir le Roi à leurs dépens dans les besoins de l’Etat. (Convoquer le ban & arriére-ban. BAN , s. m. [ 'Solemnìs futurarum nuptìarum proclamation Terme d ’Eglise Romaine. C’est une proclamation de mariage qui se faitsolemnellementàl’Egli- se Paroissiale par trois Dimanches consécutifs durant le Prône de la Messe de Paroisse, pour savoir s’il n’y a point d’empêchement légitime au mariage qui fe doit faire entre les personnes acordëes. Meilleurs de la Religion R. apellent anonce , ce que les Catholiques Romains apellent ban. On dit en langage d'L- glise Romaine ; (Jetter un ban : Ils ont eu un ban : proclamer ou publier les bans de mariage en face d’Eglife. On épousé après la publication des trois bans. Le Curé, le Vicaire ou celui qui fait le Prône, publie les bans de mariage. Acheter un ban. On donne ordinairement trente fous pour chaque ban qu’on achète. L’Archevêque ou l’Evêque donne dispense des trois bans, mais on ne donne cette dispense que pour des raisons considérables. II n’y a pas long-tems que la publication des bans a commencé en France. Le Mail. plaid. 22. Le Conseiller Argant eut la même furie ; II vit Clark , L aima , pressé de son amour, II publia fis bans fa honte en un jour. {f BAN de mariage. Publication du mariage quî doit être célébré entre deux personnes dont on déglace hautement les noms & les qualitez, afin que le BAN public en soit informé, & que ceux qui peuvent être intéressez à l’empêcher , se déclarent. Air. Fevret dans son Traité de l’abus , liv. ç. ch. n. ». 15. gv’ prouve que la publication des mariages a été en usage dans les premiers siécles de l’Eglise, mais avec quelques diférences, & même avec beaucoup de négligence & de relâchement. En éset, la clandestinité des mariages s’étant introduite particulièrement en France, & y aïant causé de grands désordres clans les familles, les Ambassadeurs du Roi présenterent une requête au Concile dc Trente, pour demander la nul. lité de ces sortes de mariages, ou du moins que le Concile prit toutes les précautions possibles pour abolir un abus si préjudiciable, & même fi contraire à la dignité & à l’essence du mariage. Les Historiens de ce Concile, Fra-Paolo & Pallavicin, ne s’acordent point fur cet incident, qui ocupa long-tems le Concile; lequel, après plusieurs délibérations, déclara, dans la session 24. de la réformation, que „ les mariages clan- „ destins étoient de véritables mariages, que l’Eglile „ avoit eus en horreur, & qu’elle avoit toujours clé- „ fendus : mais s’apercevant que lès défenses ne „ pouvoient pas arrêter l’abus & le désordre, il or- „ donna conformément au Concile de Latran, tenu ,, sous Innocent 111. qu’à l’avenir, le propre Curé „ des parties contractantes anonceroit publiquement „ trois fois dans l’Eglise, pendant la Messe solennel- „ le, dans trois jours de Fêtes consécutifs, les noms „ de ceux qui prétendoient se marier. „ 11 ajoute cette modification à l’obligation de publier le mariage avant sa célébration, que si l’on s’apercevoitqu’il y eût de la mauvaise foi dans les opolitions formées au mariage, & que la continuation des publications pût causer de plus grands empêchemens , en ce cas, on n’en fera qu’unc, on même le mariage fera célébré fans publication, en présence au moins du Curé & de deux ou trois témoins, & ensuite , avant qu’il soit consommé, les publications fe feront dans l’Eglise, atìn que s’il y a quelques empêchemens cachez , ils fe découvrent plus aisément; à moins que l’Ordi. nuire ne juge plus à propos de dispenser de ces publications, que le Concile laisse à son jugement & à fa prudence. L’Eglise de France accepta cette décision, & en ordonna l’exécution, & dans quelques Diocèses, on y ajoûtala peine de l’excommunication contre ceux qui se marieroient sans publication, ou fans dispense. BAN. [Ediclum benefciarios clientes evocansl] Terme de Palais. Cri public. (Apester à ban. Ajourner à ban.) BAN , f m. [ Exilìum. J C’est-à-dire , banissement. (On lui a ordonné de garder son ban. II est obligé, à peine de la vie, à garder son ban.) î BAN de l’Empire. Mettre un Prince au ban de VEmpire , c’est le dépouiller de ses biens, le déclarer déchû de ses dignités. On met aussi une Ville au ban de l’Empire, au bán Impérial en lui ôtant ses privilèges & ses droits. BAN , f m. C’est Détendue du lieu où le Seigneur a pouvoir d’assujétir ses vassaux à lui païer certains droits. Volez Banlieue. BAN , f m. f Militarií proclamation II fe dit dans une Armée. C’est une proclamation qui se fait au son du tambour, de la trompette, ou des timbales, à la tête de quelques troupes & dans les quartiers, avec ordre aux soldats de garder la discipline militaire, sous peine de mort, ou Tous quelque autre peine. (Faire un ban par tous les quartiers de farinée.) i 3 f Le droit de ban est prohibitif; il emporte la défense de faire certaine chose : ainsi dans les Coutumes, le ban de moissons & de vendanges, consiste dans une défense de moissonner, & de vendanger sans la permission du Seigneur Haut-Justicier. A f égard du premier, il n’est plus en usage, comme Charondas l’a remarqué fur la Somme de Boutillier; & Chopin, dans son Traité du Privilège des Rustiques, liv. 2. cb. 7. que, suivant l’usage de France, le Laboureur peut couper ses blés quand il lui plaît. Quelques-uns alé- guent la Loi 4. JE de Feriis, qui veut que les Magistrats règlent le tems des moissons & des vendanges: mais cette Loi ne doit être entendue que par raport aux féries de moissons & de vendanges, pendant lesquelles le Barreau étoit fermé, & non point â la liberté de moissonner.. 11 n’en est pas de même des vendanges. C’est un usage général dans tous les païs : on ne peut point vendanger avant f ouverture qui fe soit publiquement 203 BAN qUement par les Oficiers des lieux, & jufques-là, les Vignes font en bannie, selon Texpression de la Coutume de Nevers, cb. 13. art. 1. Ce droit présupofe la Haute-Justice. II y a pourtant des Bas-Justioiers qui par la Coutume on le droit de ban de vendanges. Voïez Anjou, art. 18;. La permission de vendanger doit être précédée d’une visite des vignes, faite par les Oficiers des lieux, acompagnez des anciens & plus notables habitans, comme il est réglé par l’article 5. du titre 1;. de la Coutume de Berri, & par l’article 4. du titre 13. de la Coutume de Nevers, laquelle, par l’ar- ticle 3. du même titre, donne au Seigneur ía permis- fion de vendanger la veille du jour de l’ouverture ; ce qui est pratiqué dans le Dauphiné. Voïez Mr. de Boìjjteux, de l’usage des fiefs, fart. 1. cb. 39. {f BAN-D’A 0 úT, Ban-vin. Je me servirai des termes de Ragueau dans son Indice, pour expliquer ce que c’est que Ban-d’Août & Ban-vin, qui lignifient la même chose : ,, Quand un Seigneur, pendant quaran- „ te jours continuels de Tan, peut faire défenses à ,, toutes personnes qui demeurent en fa bannalité, de ,, faire vendre du vin en détail, où autre denrée, afin „ que cependant il puisse vendre le vin du crû de s , son fief, bon, pur & net, ou la denrée à prix rai* „ sonnable, selon le cours du païs. ,, Voilà en abrégé, ce que contiennent les Coutumes fur le droit que l’on apelle Ban-d’Août , parce que le Seigneur l’exer- ce pendant le mois d’Aoùt, selon la Coutume de quelques lieux. Bandie, dans la Coutume de la Marche, cb. 23. est la même chose. Mr. de Marca a remarqué, dans son Histoire de Bearn, liv. 4. cb. 17. que le Comte Centulle sc conserva le droit de vendre son vin & ses pomades & cidres pendant le mois de Mai, & que ce droit fut apellé Mdiasques. Au reste, il y a dans l’Ordonnance de 1680. concernant les Aides, un titre exprès concernant le Ban-vin, où l’on pourra s’in- ftruire parfaitement de l’étenduë de ce droit, & de ce que l’on doit observer. H BAN. C’est aussi le cri public, qui se fait pour annoncer la vente de quelque marchandise, particulièrement quand il est précédé du son du tambour. On se sert aussi du Ban pour recouvrer les choses perdues, en promettant quelque récompense à ceux qui en donneront des nouvelles. BANAL, banale , adj. [îndittiva legi obnoxim.} Ce mot sc dit des choses, & signifie, qui est dans l’étenduë du lieu où les vassaux doivent païer quelque droit au Seigneur, & qui est commun à tous ceux qui demeurent dans ce lieu, en païant ce droit. (On est obligé de porter cuire son pain au four banal, de moudre au moulin banal, de pressurer au pressoir banal, & de brasser à la brasserie banale. Le Malt. f laid. 20. sage 341.) 4 On apelle fig. Témoin banal , celui qui est toujours prêt à servir de témoin dans toutes les occasions. On dit dans le même sens un galant banal, une caution banale. BANALITE', f f. f Indìclivum jus dominicum. ] Terme de Pratique. C’est le droit auquel le Seigneur de quelque fief assujétit ses vassaux, &_ les oblige de cuire à son four, de moudre à son moulin & de pressurer à son pressoir. Le mot de banalité ne se-dit pas seul. Et quand on s’en sert, on dit, Avoir droit de banalité. (II a perdu le droit de banalité qu’il avoit fur ses sujets. Les Seigneurs n’ont point de droit de banalité, s’ils ne montrent leurs contrats. Le Maìt, plaid. 20. gag. 341.) La banalité est un droit prohibitif, contraire a la liberté publique. Le Seigneur, qui a ce droit, peut empêcher ses sujets d’aler moudre dans d’autres moulins que dans les siens ; d’aler cuire leurs pains dans d’autres fours, & de pressurer leur vendange dans d’autres pressoirs que dans ceux dépendant de la Seigneurie. Le terme Latin, bannum , & le François ban, signifient, dans les anciens Auteurs, une proclamation prohibitive de faire certaines choses. La banalité est aussi prise pour le district & l’étenduë du territoire dans lequel le droit peut être exercé. Saligny, fur la Coutume de Vitri, croit que ,, ban est un mot Tu- ,, defque assez fréquent dans les Constitutions de Char- „ lemaigne, en la Loi Françoise, aux Ripuaires^ en „ celles des Lombards, quoique il signifie à présent ,, distrait , d’où vient l’ancien mot esbanoyer , qui veut „ dire, prendre l’essort, ainsi qu’il se volt dans le Ro- „ man de la Rose : BAN ,, Quelquefois pour esbanoyer ,, Si vient en ce lieu umbroyer. „ Le district de la banalité est aussi apellé banlieue. II y a diférentes espèces de banalité. Les Coutumes font mention des fours, des moulins, des pressoirs banaux , des taureaux banaux, des rivières banales : jé traiterai des unes & des autres dans leur place naturelle : je remarquerai seulement que la banalité de fours & de moulins est une servitude personnelle, & la banalité de pressoirs est une servitude réelle. L’obli- gation de faire cuire son pain, de faire moudre son blé dans le four & dans le moulin du Seigneur, afecte la personne, enforte qu’au moment que l’on n’habite plus dans la banlieue, on n’est plus sujet à la banalité, II n’cn est pas de même de la banalité de pressoir ; elle afecte les vignes dont les propriétaires doivent faire porter les raisins dans le pressoir banal, quoiqu’ils habitent hors de la banalité. La Cléricature, même la Prêtrise, n’afranchissent point de la banalité, n’étant point du nombre des servitudes honteuses. Voïez Brodeau, art. 71. de la Coutume de Paris. Quant aux Curez, si la banalité est fondée fur la Coutume de la Province, ils y sont assujétis : si elle est établie fur un Traité fait avec les habitans, ils n’y sont point sujets. Baquet, Traité des droits de JuJìice , cb. 29. n. 36. A l’égard des Nobles, je crois qu’en termes généraux, ils sont soûmis à la banalité coùtumiére ; ainsi il faut examiner les Coùtumes, comme celles d’Anjou , du Maine, de Poitou, & autres qui en disposent diférem- ment. Enfin, les Ecclésiastiques, ni les Nobles ne sont point afranchis de la banalité de pressoir, parce que c’est une servitude réelle. BANANIER, f m . C’est un arbre des Indes qu! sert à divers usages. BANC, f m, [ Scamnum , subsellìum.) Prononcez ban ,. Sorte d’ais de bois dur & épais, soutenu de quatre piés, & autant élevé de terre qu’il le faut pour s’a& seoir dessus commodément. BANC, m. {Caujldicorum mensa .] Terme d ’A- vocat de Paris. Certain lieu du Palais , où quelques Avocats s’assemblent pour être consultez après l’Au- dience de la Grand’ Chambre. Ils fe mettent d’ordi- naire sept, huit, neuf ou dix à un banc, & ils disent, je m’en vais au banc, se rendre au banc, on me trouvera au banc. Le Libraire Guignard tâche à vendre à notre banc , les misérables rapsodies du Chevalier de l’industrie V... mais en vain. * BANCS, f Theolngia exercìtationes. J Ce mot se dit en parlant des actes qu’on soutient en Sorbonne, lors qu’on prend ses degrez, (Etre fur les bancs, II a bien fait fur les bancs ; c’est-à-dire, il a fort bien répondu en faisant ses actes pour prendre ses degrez. Et jamais fur les bancs on ne vit Bachelier, Qui J'çàt plus à propos interrompre N crier, BANC. [Fada, arenarum cumuli.} Terme de Mer, Amas de fable sous Peau. Lieu dans la mer où il n’y a pas assez d’eau pour porter Un vaisseau. Roche cachée sous Peau. (L’entrée du port est dangereuse, à cause des bancs qui s’y rencontrent, Sar. Jìege de Dun - querque ,) * BANC. [Scopús.} Ecueil. (En écrivant ('Histoire, je crains de donner à travers quelque banc, ou quelque écueil caché sous Peau. Abl, Luc.) BANC , f. m, [ Sedìlia, transira.'} Terme de Mer. C’est, dans les Galères , un siège où l’on met quatre ou cinq rameurs , pour tirer une même rame. ( Les Galères ont trente-deux bancs , & six ou sept forçats par banc ; d’autres ont moins de bancs & moins de forçats à chaque banc.) $ BANC duRoi. C’est une Cour souveraine en Angleterre, où le Roi prèfidoit autrefois fur un banc elevé. La Jurisdiction de cette Cour s’étend fur tout le Roïaume. On y plaide les causes de la Couronné entre le Roi & les sujets , & toutes celses qui regardent la vie des sujets. BANC commun. [Tribunal fecundàrìum.} C’est la seconde Cour de Justice en Angleterre, ainsi apellée parce-qu’on y plaide les causes communes & ordinaires entre sujet & sujet. BANC , signifie aussi Un lit de pierre dans les carrières. Un banc du ciel, est celui d’en-haut qui est le plus dur, & s’apelle en Latin lapidicina caluni. $ BANC à dégrojfer. Terme de Tireur d’or. Efpe- Tome L C c a ce 204 BAN ce de petite argue que deux hommes font tourner, pour réduire les lingots d’or, d’argent, ou de cuivre, à la grosseur d’un ferret de lacet, en les faisant passer par environ vingt pertuis ou trous, d’une moïenne filière , que l’on nomme Ras. ch B,\NC a tirer. Autre terme de Tireur d’or, qui signifie la machine avec laquelle on tire le fil d’or ou d’argent, à travers les pertuis d’une petite filière apel- lée pregaton , pour le mettre en état de passer par les pertuis du fer a tirer, qui est la plus petite de toutes les filières. 4- BANC. On donne aussi ce nom à une espece de grande table, dans les manufactures de glaces , fur laquelle on pose la pierre de Liais, où fe mettent les glaces que l’on veut dégrosser, ou adoucir. 4= BANC. Les Banquiers avoient autrefois des Bancs dans les places publiques ; où ils faifoient leur commerce d’argent & de lettres de change. Quand un Banquierfaifoitfaillite, on rompoit son Banc, comme pour avertir le public, que celui à qui apartenoit le Banc rompu , n’étoit plus en état de continuer son négoce. Comme cet usage étoit ordinaire en Italie, on prétend que le terme de banqueroute , dont on fe sert en France , vient des mots Italiens, Banco rotto , qui signifient Banc rompu. t§ BANCAGE- Ce terme signifie , dans la Coutume de Tours , art. n. l’étenduëdu fief dans lequel s’e- xerce la banalité de moulin : c’est ce que l’on apelle Ikiii de moulin , dans plusieurs autres Coutumes. BANCELLE , / f. [ 'Scabellum.] Petit banc, long & étroit, tel qu’on le met aux tables des cabarets. (La bancelle nous y sert de tabouret. Scar.) B ANCHE ,/ Terme de Marine. Nom qu’on donne à un fond de roches tendres & unies qui fe trouvent au fond de la mer. BANDAGE, / m- C Ligatura, fafeia. 3 Terme de Chirurgien. Bandes apliquées fur les parties du sorps afin de leur rendre , ou de leur conserver la santé. (Bandage simple , ou composé. Apliquer un bandage. Tev.) BANDAGE. [Fascia berniœ co'ércenda.) Braie. (Porter un bandage. Voïez Braie.) BANDAGE. [Circuit ferrer, j Terme de Maréchal. Bandes de fer atachées avec de gros doux aux jantes des rues de carosses, de chariots, de charétes, &c. f BANDAGE, fe dit aussi des pièces qui servent à bander une arme à feu. BANDAGISTE. Voïez Chirurgien. BANDE , / / C Injìzta, limbus.) Morceau d’éto- fe, ou de toile , long & délié, dont on fe sert pour bander & pour enveloper. BANDE. [Fascia.) Terme de Chirurgie. Partie de bandage. Lien long & large qui doit raisonnablement couvrir les parties qui en ont besoin pour leur conservation , ou leur rétablissement. (Apliquer une bande. Tev.) BANDE. [ Ferrea lamina. J Terme de Maréchal. Partie du bandage de la roue. Lien de fer plat qui couvre quelque jante de roue , & qui est ataché avec de gros doux. (Atacher une bande.) ^ BANDE. Terme à’Imprimerie. On apelle bandes des pièces de fer, attachées aux deux longues barres du milieu du berceau , fur lesquelles roule le train de la presse. 4= BANDE. Les serruriers & autres ouvriers en fer appellent bandes , divers morceaux de fer plats, étroits & longs, qu’ils forgent pour attacher, fortifier, ou soutenir plusieurs ouvrages de ménuiferie, charpente & maqonnerie. 4= BANDES de tremie. Ce font les barres de fer, qui soutiennent l’enchâestrure des solives , à l’endroit où l’on fait le passage & l’âtre des cheminées, & celles fur lesquelles on éleve leurs languettes. 4= BANDES Flamandes. Elles fervent aux portes cochères, & leur tiennent lieu de pentures, dont onfe sert pour les portes communes. BANDE. Terme de Pâtissier. Morceau de pâte étendue qu’on coupe en long pour bander des tourtes, des gOdiveaux & autres ouvrages de pâtisserie. (Faire des bandes, grandes, larges, petites, &c.) BANDE de cervelas. Terme d ^Charcutier. Six cervelas atachez au bout l’un de l’autre. BANDE de carreaux. Terme de Potkr. Plusieurs carreaux de fuite & en forme de bande. BAN BANDE de baudrier. Terme de Couturier. C’est presque tout le corps du baudrier. BANDE. Terme de Sellier. En parlant de la selle, on apelle bande de selle , deux pièces de fer plates & larges d’environ trois doigts , clouées aux arqons de la selle, pour les tenir en état. (Mettre un arqon fur bande. 11 y a encore deux autres bandes à la selle ; mais elles font plus petites. 4= BANDE. Petit poids d’environ deux onces, dont on fe sert en quelques endroits de la côte de Guinée, pour peser la poudre d’or. 4= BANDE de glace. Piéce de glace , qui n’est bonne qu’à faire des bordures de miroirs. BANDE. [Navem inclinare.) Terme de Mer. En parlant de vaisseaux, on dit, avoirson vaisseau à la ban. de. Mettreson vaijseau à la bandes c’est le faire pan- cher fur un côté , apuïé d’un ponton , afin qu’il présente l’autre flanc , quand on veut le néteïer, ou le radouber. BANDE du Nord. [Plaga, regio.) Terme de Mer. Ce mot signifie le côté du Nord. BANDE du Sud. C’est le côté du Sud. Nous navì. geons à trois degrez de la Ligne, de la bande du Nord , ou du Sud ; c’est-à-dire , à trois degrez de latitude septentrionale ou méridionale. A la vûë de ce cap , & par les cinq degrez de la bande du Nord , on trouve une basse très-dangereuse. Guillet , art de l’hom- me d’épee. BANDE. [Tania.) Terme de Blason. Piéce hono. rable d’écu qui représente le baudrier du cavalier, qui prend d’ordinaire depuis le haut de sangle droit de l’é- cu, jusques à sangle gauche du bas de l’écu. (Porter d’argent à la bande de fable. Colomb.) 4= BANDE. Plusieurs personnes de compagnie. f BANDE pieuse [Coëpulones.) Plusieurs personnes qui fe réjouissent ensemble. (Ensuite avec solemnité, Toute nôtre bachique bande Bût un grand verre à ta santé. La Chap. ) La grande Bande des vingt-quatre Violons. Ce sont les Violons de la chambre du Roi. t Faire bande à part. f SeceJJlonemfacere .J C’est-à-dire, fe retirer de compagnie pou» être seul. Ne point fréquenter. BANDES. [Turma.] Troupes considérables de gens de guerre. Déja les bandes gréques avoient joint le gros de son armée. Vaug. Quint. Curt. liv. 5 . ch. 8 . Au milieu des combats , mille invisibles bandes Viendront groJJIr tes Escadrons. Char. poês. ) Le Prévôt des Bctwrfef Franqoifes est reqú à la tête du Régiment des Gardes. [Legionariorum miiituni Tribu- nus capitalisé] On ne dit plus ; les Bandes Francoi- ses, pour dire l’Infanterie, à moins qu’on ne parle du Prévôt des Bandes. BANDE. ( Boum armentum. ] Terme de Boucher. Troupe. Mener vendre à Paris des bandes de bœufs. BANDE de voleurs. [Latronum caterva.] On a pris des voleurs qui ont déclaré tous ceux de leur bande. , Bandes d’Egiptiens ou de Bohémiens. Ce qui fait dire à Poisson, dans le Baron de la Crasse. (Mon sieur l’on vous demande, C’eji un Comédien. Parbleu voici la bande, Dites troupe. L’on dit bande d’Egyptiens, Et bande offenseroit tous les Cotnétiiens.) BANDE,//. [Fallìosorum manus.) Assemblée, ou troupe de conjurez & de liguez. BANDEAU, / m. [Fajcia , redimiculum .), Bande de toile , de crêpe ou de camelot, qui sert à couvrir le front de quelque femme. (Un bandeau de femme veuve.) BANDEAU de Religieuse. Bande de toile que les Religieuses portent fur le front, pour faire voir qu’elles doivent avoir les yeux bandez, & ne plus regarder toutes les folies du monde , auquel elles ont renoncé. BANDEAU, f Velum.) Bande qu’on s’imagine couvrir les yeux de l’Amour, de la Justice. (L’Amour a un bandeau fur les yeux, pour montrer que la maison des Amans est dans les ténèbres. Sar. dial. La Justice à un bandeau fur les veux.) BANDEAU Royal. Voïez Diadème. BANDEAU. Médicament externe qu’on aplique fur U BAN le front composé de fleurs, de semences concassées , de décoctions de plantes, ou d’huiles & d’onguens pour apaiser la douleur de tête & faire dormir. * BANDEAU. [Caligo.j Espèce d’aveuglement d’e- sprit, causé d’ordinaire par quelque passion , ou quelque prévention. (La discorde avoit mis un bandeau fatal sur tous les yeux. Racine , Ipbigénie , a. ;.) BANDEAU. Terme d ’Architefiure. Se dit d’une architrave ou moulure qui s’étend depuis une imposte à l’autre, en se courbant en arc par-dessus une porte ou une fenêtre. BANDELETTE- Terme A’Architecture. C’est un ornement, qu’on apelle auííì régie, plus petit que la plate bande, & plus grande que le liteau. C’est comme la moulure plate qui couvre l’architrave du Dorique. BANDELETTE , s. f. [ Taniola , vitta. ] Petite bande. (Les victimes étoient ornées de bandelettes.) BANDER , v. a. [ Fasciií devincire. J Lier avec quelque bande. Boucher. (Bander le bras, les yeux. Bander un enfant.) BANDER. [Intenderel] Mettre une arme en état de tirer. (Bander un arc , un fusil.) BANDER. [Tendere.J Etendre en tirant. (Bander les cordes d’un luth.) BANDER , v. a. [ Adduccre. ) Terme A’Horloger. On dit bander un ressort de montre , d est-à-dire, le faire plier davantage, afin qu’il ait plus de force pour faire avancer la montre. BANDER. [Torquerepilant.'} Terme de Tripot. Prendre avec la raquête une baie qui roule, & la jetter dans les filets. (Bander une baie.) BANDER , v. a. Faire oposer. Faire soulever. (II a bandé tout le monde contre son ennemi.) * SE BANDER, v. r. [Conjurare.] Se soulever contre quelcun. Se liguer. (Les principaux Sénateurs fe bandèrent contre lui. Abl. Tac.) * BANDER , v. a. [ Animum intendere. ] Ce mot se dit, au figuré, de l’esprit, & lignifie, l’apliquer avec atachement à la considération de quelque objet. (Bander son imagination, il faut trop bander son esprit pour jouer aux échecs.) BANDER , v. a. Terme de Pâtissier. C’est mettre de petites bandes de pâte fur des tourtes , &c. (Qu’on bande cette tourte & qu’on la mette au four.) BANDER, v. n. Terme de Marine. Bander une voile, pour dire , coudre des morceaux de toile de travers, ou diagonalement , afin qu’elle dure plus long-tems. Academ. Frmç. BANDER. Terme de Fauconnerie . Oiseau qui bande au vent, pour dire , qu’il se tient sur les chiens en faisant la cresserelle. Acad. Franc. BANDEREAUAT m. [Funicuha.] C’est le nom qu’on donne au cordon qui sert à pendre la trompette au cou de celui qui en sonne. BANDEROLE, s-f- Petite enseigne qu’on arbore au haut des navires. BANDEROLE. Morceau de tafetas garni de frange, qui est ataché à la branche de la trompette. , , + BANDEROLE. Terme de Marchands de bois a brûler & de charbon. C’est une petite planchete de bois, ou feuille de fer blanc, fur laquelle est cote le Tarif du prix de ces efpeces dé marchandises. B ANDI, A m. [Grajfator.) Ce mot vient de l’I- talien bandito. C’est le nom qu’on donne en Italie aux voleurs. (Les Princes font souvent obligez d’envoyer des troupes pour néteïer leur pays de bandis. II a été volé , ou pris par les bandis. II est tombé entre les mains des bandis. II est tombe dans 1 embuscade que les bandis lui avoient dressée.) Voit. lett. 94. à Madame de Rambouillet, les décrit ainsi : Les bandis font des hommes les plus horribles qu’on puisse voir. Le plus innocent en a tué quinze ou vingt autres ; ils font tous noirs comme des diables ont des cheveux qui leur viennent jusqu’à la moitié du corps. BANDINS , f- m. [ Clathri , cancelli.2 Terme de Mer. Ce font les lieux où l’on s’apuïe étant debout dans la poupe du vaisseau. Acad. Franç. (f Les bandins font placez au-dehors environ une toise, pour soutenir les grandes consoles , qui font ordinairement en Hercules, en Amazones, en sure, &c. en façon de banc fermé par dehors de petits balustres , qu’on apelle jaloujte de mezapoupe. Ozanam. 4 BANDOIR,/ m. C’est une efpece de roué, ou BAN 205 de poulie de buis, dont les Ouvriers qui travaillent aux tissus, & galons d’or & d’argent, sc servent à bander le battant de leur métier; C’est-à-dire, ce petit châssis où est attaché le peigne, avec lequel ilsfrapent la trente de leur Ouvrage. C’est par le moïen de cette roué, que le battant fait ressort, & qu’il retourne de lui-même à fa place. t BANDOULIER, f. tn. [Latrones.J Sorte de fripon , de gueux & de vagabond. Voleur. S’étant écartez pour aler au fourrage, ils furent chargez par des bandouliers qui décendirent des montagnes. Vaug. Quinte-Curce , l. 7 . c. 6 .) Borel dans ses recherches Gauloises dit que bandoulier est le nom qu’on donne aux voleurs qui se tiennent dans les Monts Pi- renées, & que ces voleurs font apellez de la forte, parce-qu’ils vont en bande. Ce font les voleurs de ces lieux-là qui ont donné le nom à tous les autres. BANDOULIE'RE , f.s. [Balthew minor.2 Bande de cuir qui croise sur le baudrier, & qui prenant sur l’épaule gauche & décendant par devant & par dernière , se vient rendre au côté droit de la ceinture. Les bandoulières des Mousquetaires & des Gardes du Corps font d’ordinaire enjolivées , couvertes de velours, bordées d’un galon, & atachées avec un crochet ; mais les bandoulières des simples soldats ne font garnies que de leurs charges. B ANE , s. f. Espèce de grande manne faite dc branchages où l’on met le charbon pour l’amener par charoi à Paris. (Amener du charbon en bane.) BANE. [Operimentum linteum.~\ Toile dont on couvre les bachos qu’on mene fur la Seine. Toile dont on couvre le vin & le blé des bateaux. BANE. Terme de Lingère. C’est une pièce de grosse toile large de trois quartiers & longue de cinq ou six aunes , que les lingères atachent immediatement fous sauvent de leurs boutiques. (Mettre la bane, l’ata- cher, l’ôter, la défaire, la détacher.) BifNE, s. s. [ Benna , cijiaj Baneau, s. m. dans les Provinces signifie un vaisseau de bois à contenir des choses liquides, & à les transporter sur des bêtes de somme. BANER, v. a. [Velare , operire .J Couvrir d’une bane. (Baner un bachot. Baner des sacs de blé.) BANERET , s. m. [Vexilli prarogativa donatm.J Un Seigneur qui a droit de porter baniére, pour faire assembler ses vassaux. On les apelloit aussi Banderets » mais ces mots ne font pas à présent en usage. 4 BANETTE, f f. Efpece de panier fait de menus brins de bois de châtaignier, fendus en deux, & entrelassez les uns dans les autres, qui sert à mettre des marchandises, pour les pouvoir faire voiturer & transporter. 4 BANETTE- Les Boucaniers François de l’Isle de S. Domingue se servent aussi de ce terme dans le commerce des cuirs, pour signifier un certain nombre de peaux de taureaux, de bouvarts & de vaches, dont ils composent ce qu’ils apellent une charge de cuirs. La banette contient, ou deux taureaux, ou un taureau & deux vaches, ou quatre vaches, ou trois bouvarts, autrement trois jeunes taureaux. On apelle ces cuirs hanettes, à cause de la maniéré dont ils font pliez. BANETTON, /• m. Terme de Pêcheurs de rivière. C’est une efpece de cofre, ou de réservoir de bois, pour conserver le poisson. Ce cofre est percé de plusieurs trous, pour donner passage à Peau, & sc ferme à clef par dessus. 4 B ANGE de Bourgogne. Etofe qui se fabrique dans cette Province, & dont on fait commerce à Lyon. BANGMER, sm. Efpece de camelot façonné, qui se fabriquoit autrefois à Amiens. 4 B ANGLE, s. m. Plante fort semblable au chanvre, qui croît dans les Indes, mais d’une forte diférente. Les Indiens en font usage pour exciter leur apetit, & pour se rendre plus propres au plaisir des femmes. B ANIANS , s. m. Idolâtres des Indes qui croient à la Métempsycose, & qui font fi superstitieux qu’ils ne mangent d’aucun animal qui ait vie. Volez Religion des Banians. BANIE'RE, f f. [Vexillum.'] Grand morceau de tafetas, ou d’autre etofe de foie, garnie de frange par les bords, au fond de laquelle il y a quelque figure de , Oe z Sains 206 BAN Saint en broderie. Ce tafetas est ataché le long d’un bout d’un morceau de bois assez long, & bien tourné. On porte les baniéres à la tête des processions, & chaque Paroisse a fa baniére.) H On dit prov. Aler au devant de quelqu’un avec la croix U la banìere , pour dire, lui faire une réception honorable, lui rendre de grands honneurs. BANIE'RE de France. [VexiUum Gallicum .] Drapeau des anciens Rois François. *■ [g Du 'sillet, & quelques autres, ont confondu l’O- riflame & la baniére de France, laquelle étoit parsemée de fleurs de lis, avec une croix blanche ; & ceux qui ont lû nôtre histoire, reconnoissent facilement la di- férence qu’il y avoit entre l’un & l’autre. Votez Alain Cbartier , ann. 1448- On expofoit la baniére de Fran-* ce aux fenêtres, pour marquer le logis du Roi. Guiart, qui vivoit en iaoç. A la seneflre derreniere, Du Roy de France la bannière , A fieurs de lys bien apertes Par les villes, maisons ouvertes. La Cornette blanche a succédé à cette baniére. Volez Cornette blanche. II ne faut pas oublier ici le proverbe , Cent ans baniére , cent ans civière , pour marquer la décadence des plus illustres familles , la baniére dénote la noblesse ; la civière, la pauvreté. BANIE'RE , f. f. Ce mot fe dit du pavillon ou de l’étendart d’un vaisseau. (Nous voïageâmes fous la baniére de France.) II y a diverses fortes de baniéres, dont parlent les Auteurs, qui traitent de la Marine. (g La baniére sert à marquer la nation dont est le vaisseau , & à le distinguer. Baniére étoit autrefois un terme fort en usage parmi les gens de guerre : mais on ne s’en sert plus que dans PEglife & fur la mer. Les processions que l’on fait dans l’Eglise , font presque toujours précédées par une baniére, fous laquelle les Paroissiens marchent comme autant de soldats de Jefus-Christ, & répréfentent l’Eglife militante. II y a aparence que l’on a introduit l’ufage de ces baniéres, depuis que l’Empereur Constantin eut fait porter à la tête de ses armées ce fameux étendart de la Croix, qui lui étoit aparu ; aussi toutes nos baniéres ont une Croix , au-dessous de laquelle l’on atache la baniére ; te qui répréfente fort bien l’étendart de PEmpereur Constantin; & c’est fi bien la Croix qui prédomine & sert de guide aux Fidèles , que l’on apelle la btì- * niére Crux Jìationalis, parce que les processions s’ar- rêtent en certains lieux pour faire des prières : Prì- miceritis cum scbolâ N Subdiaconi rcgìonarii , U Aco- lythi cum Cruce jìationali S. Pétri , levant inde Crucetn eum colleUâ procesfionali, usque ad sanfíam Mariant Majorem. Ce font les termes de POrdre Romain, xaportez par le P. Mabillon, dans son Voïage d’Ita- lie. En termes de Marine, baniére & pavillon font finonimes, & lignifient également un éténdart , une enseigne qui se met sur la poupe du vaisseau : mais il faut observer que le terme pavillon est bien plus en usage que baniére. On ne fe sert de ce dernier, que fur les vaisseaux du Roi, où l’on dit, Mettre■ le perroquet en baniére. II est dit dans P Ordonnance de lógi. Hv . 5. tit. 9. art. 1. que défenses font faites à tous les Sujets de Sa Majesté , de prendre commissions d’aucuns Princes , ou Etats étrangers , pour armer des vaisseaux en guerre , N courir la mer sous leur baniére , fi ce n’est par nôtre permifflon , à peine d’être traitez comme pirates. Ce fut dans les volages d’ou- tremer, que l’on inventa les baniéres, pour distinguer les diférentes nations qui s’étoient croisées. II y a des. baniéres de diférentes espèces : la baniére de combat, la baniére de partance, la baniére de conseil , la baniére de paix, la baniére d’aide & d’assi- stance , la baniére de nation , la baniére roïale. Clairac dans son Livre des Us U Coutumes de la mer, pag.çîì. a observé que les Ordonnances de la Marine ont conservé à l’Amiral le droit des baniéres, livrées , couleurs & dévifes aux vaisseaux ; & il n’est pas permis aux Capitaines , Maîtres , ou Bourgeois, d’en prendre selon leur fantaisie , cela étant du droit public, & de toutes les nations, ajoûte-t-il* Le vaisseau que monte PiTmiral , porte la baniére blanche, quarrée , au grand mât. Ordonn. de 1681. Quant à la baniére des Banerets, on dìfoit autrefois. Lever baniére , bouter baniére hors , relever baniére. 11 y aurait bien des choses à dire fur les baniéres & fur les BAN Banerets : mais je ne pourrais que répéter ce que Mr. Du Cange fur Joinville , Fauchet, Pafquier, & tout récemment le P. Daniel dans son Histoire de la Milice Françoise , en ont dit. BANILLÈS , s s Petite gousse , longue & étroite, remplie d’un suc mielleux & de très-bonneodeur: elle entre dans la composition du chocolat. BANIR , ou bannir , v. a. [ Exilio mule lares Exi. ler. ( Bannir quelcun. Le Parlement de Paris en 1594, bannit de France les Jésuites, & à son exemple, plu! sieurs Parlemens les banirent aussi ; mais le Parlement de Bordeaux & celui de Toulouse, ne les voulurent pas banir. Mezerai, histoire de France , t. 7.) * BANIR. f Expellere. ] Chasser. ( On l’a bani de la compagnie des Dames. Abl. Luc. Banir la crainte. Vaug. Quint. Cur. I. 5. J’entretiens des pensers que je devrots banir, Je pouffe des sanglots que je veux retenir , Chassez votre importune U froide indifférence, Pour banir mon chagrin U mon impatience. La Suze, poésies.) Se banir, v. r. f Mundo valé-dicere. Se retirer. ( Se banir du monde.) BANI , s. m. [ Exul, extorrìs. ] Exilé. (Rapeller les banis.) ' J 3 ANISSEMENT, f. m. [Exilium.] Exil. (Punirde mort, ou de banissement. Abl. Tac.) BAN-LIEUE ,/• m. [ Urbana jurifilìéíionis extra pomarium fines. ) Terme de Pratique. L’étenduë de la jurifdiction d’une ville & d’une Prévôté, où un Juge peut faire des proclamations environ une lieuë autour de la ville. sg Brodeau fur l’artícle Sf de la Coutume de Paris , a observé que la banlieue, dì, à proprement parler, Pefpace & district dans lequel on peut faire publier son ban , ou proclamation de Justice , hors les murs de la ville ; & cet espace est ordinairement marqué par une croix, ou par quelque grande pierre fort haute. Quelques Coutumes se servent du terme distroit, ou de territoire , pour banlieue. On voit donc que banlieue est composée de ban , publication, proclamation, & de lieut, certain espace de chemin. Ce mot est originaire François , conune je l’ai mon- tré dans son rang. Loisel a remarqué dans ses Insti- tutes, liv. 2. tit. 2. art. que la banlieue est fixés à deux mille pas , chaque pas étant de cinq ou six piés ; mais les Coutumes ne conviennent pas de cette fixation ; il faut les examiner. Les moulins banaux ont leur banlieue. Dans la Coutume de Bourges , le mot , Septaine , signifie la même chose que banlieue. Voïez Ragueau. Et dans la Coutume d’An- gers, le terme Quinte est finonime de banlieue. BANQUE t f; f [ Argentarìa. ] Lieu où l’on met son argent en dépôt. ( Mettre à la banque à fonds perdu.) BANQUE. Terme de jeu de Hoca. L’argent du jeu que garde le Banquier. Distribution de l’argent du jeu à ceux qui ont gagné. ( Tenir la banque.) BANQUE', adj. m. 11 sc dit d’un vaisseau qui va à la pêche de la morue fur le grand banc de Terre- neuve. BANQUEROUTE , f. f. [Creditorum fraudatios Fuite d’une personne, qui se volant acablée de dettes , emporte le bien de ses créancier, & change de pais pour s’échaper des poursuites qu’on ferait contre fui. ( Faire une banqueroute de mille écus. La banqueroute est volontaire & frauduleuse, mais la faillite ne fe fait que par nécessité.) H Voiez au mot Banc, l’étimologie de Banqueroute. * BANQUEROUTE. [ Argentarìa diffolutìo. L’aban- donnenient qu’on fait de quelque chose, comme du plaisir , de l’honneur, &c. ( Faire banqueroute à Phonneur, au plaisir , à l’amour. Abl. Luc. Je n’ai plus rien qui me touche, J’ai fiait banqueroute à ses loix. Main. Faites-lui, disoit-ils, au plutôt banqueroute ; Pour sortir d’embaras , il n’est point a autre route• Poète fans fard.) BANQUEROUTIER , f. m. [ Creditorum dessouda- tor. J Celui qui fait banqueroute. ( C’est un franc banqueroutier.) BAN- BAR BANQUEROUTIE'RE , s f. Celle qui a fait ban- oueroute. BANQUET , s. m. [ Epulum.~\ Ce mot lignifie festin , mais il ne fe dit qu’en parlant de choses sacrées , & des sept Sages de Gréce. (Le banquet de FAgneau. Le banquet des Elus. Le banquet des sept Sages. Vaug. rem. Pour une nôce céleste , pour un banquet roïal, plaindrez-vous la dépense d’un habillement. Maucr. boni. 20. de S. Cbr.) BANQUET. Terme á’Epronier. Trou où tient l’em- bouchure. (Le banquet ne se volt point.) t BANQUETER. [Dare Epulas. ] Ce mot est hors d’usage ; en sa place on dit, faire un bon repas. Se régaler. BANQUETTE , s.s. [Agger loricatus .2 Chemin relevé comme font les cotez du Pont-neuf de Paris, où il n’y a que les gens de pié qui marchent. BANQUETTE. [ Cejpes séduis in morem ad loricam adjeclm.'] Terme de Fortification. Marche d’un pié & demi de hauteur derriere & au bas du parapet, fur laquelle montent les Mousquetaires pour découvrir la contrescarpe & tirer sur F ennemi. BANQUETTE. [ Sedile. ] ; Terme d eTapiJJîer. C’est une sorte de liège d’un pié & demi , long d’autant, & haut de deux prés. (Une jolie banquette. Bourrer une banquette. Couvrir une banquette.) BANQUIER - f m. [ Trapezita. ] Celui qui fait la banque. H BANQUIER, en cour de Rome. C’est celui dont la fonction est de faire venir les expéditions de la cour de Rome ; comme les dispenses, les bules & provisions de benefiees, &c. BANQUIER. Terme de Hoca. Celui qui est au haut bout de la table , qui garde l’argent du jeu , qui prend la boule dès mains du joueur, qui pousse hors de la boule le billet qui y est enfermé , qui déplie ce billet , & le montre pour voir ce qu’on a gagné, ou perdu. f- BANQUIER. Se dit encore, aux jeux de la Bassette & du Pharaon , pour marquer celui qui tient le jeu & l’argent, & qui a le fonds devant lui pour païer ceux qui gagnent. A. BANSE , f- f. Grande mane quarrée , faite de menus bois entrelassez , qui sert à transporter les marchandises , particulièrement les chaudrons , &c. B AN VIN , f- m. [Jus ad vinum divendendmn. 2 Droit qui donne pouvoir aux Seigneurs , de vendre le vin de leur cru , durant le tems porté par les Coutumes ou par leurs titres , à l’exclusion des autres. BAPTEME ; voyess SATêïVIE. BAQUET, f m. [ Cadm. J Ouvrage de Tonnelier, qui est relié de cerceaux , haut d’un pié ou environ, & large d’un pié & demi , ou un peu plus. Un baquet tout neuf. £ BAQUET à mortier. C’est une demi futaille dont fe servent les Maqons , pour élever le mortier au faite des bâtimens. £ BAQUET. Terme de Carrier. C’est ce qu’on nomme ordinairement un Bouriquet ; C’est-à-dire , une civiere fans bras , qui sert à tirer le moëlon & les autres échantillons de pierres, qui ne se peuvent pas brider avec le cable. •f BAQUET a laver. Terme ATmprimeur. C’est une pierre de liere, creusée de quatre ou cinq pouces, dans laquelle les Imprimeurs portent les formes après l’imprefsion , pour nettoïer les caractères. BAQUETER , v. a. [Exbaurìre aquatrt. J Terme de Jardinier. Oter de l’eau avec la pêle. Baqueter de l’eau. Quint, injlr. pour les Jardins, t. i. BAQUETURES , f. f. Terme de C ab arêtier. Prononcez presque baHures. Ce mot n’a point de singulier. C’est le vin qui tombe dans le baquet , lors-que le Cabaretier remplit fous le tonneau des bouteilles , ou autres vaisseaux. De bonnes baquetures toutes fraîches. Les Cabaretiers disent qu’ils vendent leurs baquetures aux Vinaigriers ; mais , à ce qu’on assure, les •perfides les mêlent avec d’autre vin, & les vendent à ceux qui ne s’y connoissent pas assez. í BAQUIER. Coton de très-médiocre qualité, dont il se fait quelque négoce à Smirne. BAR, f. nu [Crûtes brachiata.] Civière renforcée qu’on porte à deux , à quatre & à six hommes, & qui sert dans les atteliers à porter les pierres, 1e moilon & les autres matériaux nécessaires. BAR 207 BAR- [Barbus. ] Terme de Blason. Poisson qu’011 met souvent dans les armoiries ordinairement courbé & adossé , comme à celles du Duché de Bar. BARAGOUIN , s m. [ïncxpluitm sermo.J L’Auteur des origines de la langue Françoise pense que ce mot est bas Breton, & qu’il veut dire pain & vin. Je croi que le mot de baragouin fignífioit cela autrefois ; mais aujourd’hui, il signifie une sorte de jargon & de langage qu’on n’entend pas bien. (Je ne puis rien comprendre à ce, baragouin. Mol. préc. sc. 4. BARA6OÙINER, baraguiner. [ Plané non loqui .2 Ce dernier mot est hors d’usage. Baragouiner , est le mot qui est reçu dans le burlesque, & qui veut dire parler un certain baragouin. Prononcer , dire. Je ne me souviens jamais comme ils baragouinent ce mot. Mol. geor. t BARAGOUINEUX , s. nu [ Homo serments inexplU citi. J Celui qui baragouine. Qui parle un certain jargon qu’on n’entend pas bien. Celui qui parle d’u- ne maniéré qu’on a peine d’entendre. ( Quel baragouineux est-ce là ? Mol. * BARAGOUINEUSE , s. s. Celle qui parle un certain jargon , une forte de langage qu’on n’entend pas bien. ( Deux baragouineuses me font venu acuser de les avoir épousées toutes deux. Mol. Pourc. a. 2.sc. 10.) BARAQUE -, s f- [ Tugurhmu ] Petit logement, petit réduit couvert que les soldats font dans un camp pour se loger. On distinguoit autrefois la bute pour les fantassins, & la baraque pour les cavaliers: mais à présent, on dit baraque pour les uns & pour les autres. f Je baraquer, v. a. Faire des baraques pour fe loger. Les soldats se baraquent dans le camp. Acad. Françoise. BARAT , s. m. [ D olus. ] Terme de Mer. Malversation , ou déguisement de marchandises, commis par la faute du Patron de navire. Voie z Baraterie. BARATE, s.s [Situla.J Baril haut de deux piés, rond & large par le bas, & étroit par Feutrée. Cette entrée est couverte , & le couvercle est percé d’un trou , au travers duquel passe la battebeurre. On remplit cette barate de crème qu’on bat jusques à ce qu’il se fasse du beurre. BARATERIE , f f. [ Fallacìa. ] Terme de Mer. II signifie la même chose que barat. Fourn. íg BARAT, & baraterie. Ce sont deux mots anciens qui ne font en usage que dans le commerce maritime. Villon a dit : Te ce mot en disant, escoute Si damer deflrange reboute Le barat de celles nommées, Tu J'çais bien qtiune folle âoubte , Car Je J ont femmes diffamées. Et dans la Comédie de Pathelin, Vous l’emportastes par barat Mon drap fans payer , Maistre Pierre, Par la chair bieu moy las pechere , Ce ne fut pas fait de preud’homme. II est dit dans l’Ordonnance de 1681. pour le fait de la Marine , lìv. tìt. des Assurances , art. 28- que „ les assureurs ne seront pas obligez de suporter les ,, pertes & dommages arrivez aux vaisseaux & mar- „ chandifes par la faute des maîtres & mariniers, II ,, par la police ils ne sont chargez de la baraterie ,, de patron. ” Cette baraterie est pleinement expliquée dans le Guidon, ch. 9. du Barat & Baraterie, que l’on peut voir, ainsi que Pasquier, dans ses Recherches , & Mr. Ménage, dans ses Origines. BARBACANE , f f [ Spiramentum.J Terme de Maçon: Ouverture qu’on fait dans les murs d’espa- ce en espace pour faire écouler Peau, principalement lorsque les murs soutiennent des terrasses. Ces bar- bacanes s’apellent plus ordinairement ventouses que barbacanes. * BARBACANE, f f. [ Tabulare vallmn arcendis telis. J Ce mot vient de l’Italien, & il se disoit des ouvertures des murs, par lesquelles on tiroit fur Fennemi. ^ BARBACOA. Espece de grand gril de bois élevé dans le milieu d’un Boucan , fur lequel on met la viande & le poisson , qu’on veut faire boucaner. Ce terme, qui est Caraïbe , a passé dans la Langue Françoise , depuis que les François se sont établis dans les Isles Antilles de FAmerique, BAR* 200 BAR BARBARES , / m. [ Barbare.] Les Romains apel- loient barbares , tous les peuples, hormis les Grecs, & ceux qui vivoient selon leurs là. Ils donnoient des étages à des barbares dans l’étSt le plus florissant de la République. Abl. Ces. I. i. cb. z. [f Parmi les Romains , barbants a signifié , & même le plus souvent, étranger. C’est ain fi qu’il saut entendre ces vers de Virgile , où décrivant la magnificence de l’armée d’Antoine , lib. g. v. 685. H dit: Hinc ope barbaricà , variifque Antonius armis Vittor , U Aurores populis , gè? lìttore rubro, AEgyptuni vires que Orientes , N ultìmajecum. Battra vehit. Voici comment Mr. de Segrais a traduit cet endroit : De la mer rouge , Antoine ayant quitté les bords > Des peuples de VAurore étale les trésors, Les Battres éloignez , les Arabes , les Perses Soutiennent fan parti de leurs armes diverses. Barbarico postes auro , Jpoliisque super bi. C’est encore dans ce sens qu’il faut expliquer ce ?ers d 11 même Poète , liv. 2. de son Enéide : Quelques Commentateurs ont crû que barbarico étoit ici mis pour Phrygio : mais quelle aparence qu’Enée , qui parle, eût apellé fa patrie barbara , c’est- à-dire , rude , sauvage , outre qu’il auroit insulté à la mémoire de Priam, dont il auroit parlé comme d’un tira n qui se seroit enrichi de tout sor & de tout l’ar- gent de ses peuples ? Barbarico marque ici sor & les richesses de l’Asie. Cicéron s’est servi du terme Bar- baria , pour exprimer tout ce qui n’est pas l’Italie & la Gréce : Pbilosophus nobilis , à quo non solitm Gracia Çtf Italia , sed etiam omnis Barbaria commota ejì. Et Festus : Barbari dìcebantur antiquitùs omnespopuli, excepté Gracis. De tout ce grand nombre de peuples & de nations qui ont habité la terre , il n’y a eu, pendant long-tems , que les Grecs & les Romains qui aient connu la politesse du langage & des mœurs : ils traitaient de barbares , c’est-à-dire , d’étrangers, ceux qui avoient de la rudesse dans leurs manières, ou qui péchoient contre la pureté & les régies du langage : mais la férocité & la grossièreté étant des vices naturels aux hommes qui ne connoissent que les sentimens que la nature inspire presque à tous les animaux, on n’a pas eu de peine à s’acoûtumer de nommer barbares , les hommes durs , cruels & sauvages : ainsi Euripide , dans son Oreste, fait dire à Tyndarée, qui reprochent à Menelas fa dureté & son insensibilité : Je vois bien que vous avez pris les mœurs des Barbares , en demeurant parmi eux. BARBARES , f m. [ AgreJHs .J Peuples fans police, ignorans, & qui vivent d’une maniéré grossière. (Ce font des barbares. EJl-il cbez les Romains un peuple Jì barbare, Qui n’estime le prix d’une amitié Jì rares Vill.) 0 " Le P. Bouhours , fuite des Remarques, dit qu’il y a une distinction à faire entre barbare & sauvage : tous les sauvages font barbares à notre égard & dans notre langue ; mais tous les barbares ne sont pas sauvages : nous disons des sauvages du Canada & des Isles, que ce font des barbares ; mais nous disons aussi , en parlant des Turcs & des autres peuples qui ne font pas Chrétiens , les Barbares. Par ce mot, on entend des Infidèles , ou Mahométans, ou Idolâtres , & on leur donne le nom de Barbares , quelque polis qu’ils soient, dans l’idée qu’on a que ce font des âmes féroces. Barbare & sauvage doivent être encore distinguez, quand il s’agit des choses, & îl_y a de la diférence , par exemple, entre des maniérés barbares, & des manières sauvages ; l’un va à la cruauté , & à je ne sai quoi de féroce ; fau tre à la retraite & à l’éloignement du monde. En matière de langue , barbare est oposé à politesse : on dit, vous parlez comme un barbare , c’est-à.dire, vous parlez peu poliment : mais fi l’on dit, vous parlez comme un sauvage , on entend par cette expression un homme qui ne connoît point le monde, qui a vécu dans la retraite. Lorsque la Gréce ne faisoit point encore un corps certain , & que les peuples étaient répandus dans l’Atique , ils ne reconnoiflbient point de diference entre eux & les autres peuples : mais quand ils furent réunis dans des villes & fous certaines loix civiles, ils fe donneront le nom de Citoiens , BAR & aux autres peuples ils donneront celui de Barbares c’est-à-dire, étrangers, peu polis, & ne cormoiffans ni civilité, ni politesse. „ On apelle Barbares (dit „ Strabon, liv. 14.) ceux dont le langage eit dur, „ lans construction , & dont les termes sont irnpro- „ prés , ou hors d’usitge. ” Les Latins en uscrent de même : tous ceux qui ne parloient pas leur langue étaient, pour eux , des Barbares ,• ainsi barbare & rustique font sinonime dans Horace ; & nous apollons encore barbarisme , les termes peu uíitez , ou qui pochent dans la construction , ou dans le régime. BARBARE , adj. [ Incultus , agrefis.] Qui est fans police. Grossier, ignorant. ( Peuple barbare. Souvent le plus barbare est sujet à l’amour. Théopb. BARBARE. [ Barbarus , durits. ] Ce mot se dit du langage des paroles & des personnes. 11 signifie qui est étranger à la langue , qui est mauvais, & qui n’y est pas recû. Oui est grossier & qui ne parle pas bien la langue. Rude & grossier. (Etre barbare en François. D’un seul nom quelquefois le son dur ou bizare. Rend un poème entier, ou burlesque ou barbare. Despr. BARBARE , s. m. sFerus, crudclis.] Cruel, rude & fâcheux. (Arioviste étoit un barbare furieux & téméraire. Abl. Ces. I. r.) BARBARE, adj. [Inhumantts.] Inhumain. (Les peuples septentrionaux sont les plus barbares de tous les peuples. Et le barbare auteur des maux dont on m’acable) Ofe-t-il fe servir de Tbemis £5? de vous , Pour ni immoler bien-tôt à ses chagrins jaloux, Et me faire périr pour être trop aimable? Poét. anon.) BARBAREMENT, adj. [ Crudelitcr.] D’une maniéré cruelle. (Massacrer barbarement. Ablanc. An. I. 1. c. 4 .) BARBARIE, f. f. [Barbaria. J La partie septentrionale de l’Afrique, qui est abondante en froment, en orge & en bétail. Abl. Mar. BARBARIE. [Feritm, Javitia.] Cruauté. (C’est une horrible barbarie.) BARBARIE, s. s. [ Barbaries .] Ignorance grossière. La Gréce, qui étoit autrefois le pais des sciences & de la politesse , est aujourd’hui dans une grande barbarie. BARBARISME, f. m. C Barbarismes .] Vice contre la pureté du langage. On fait un barbarisme, en disant un mot qui n’est pas François , en usant d’une phrase qui est hors d’ufage, ou ’en oubliant une des particules, des pronoms & des prépositions où elles font nécessaires. Vaug. rem. (Mon esprit n’admet point un pompeux barbarisme. Despr.) BARBE,// [Barbe.] Tout le poil qui est au- dessus des lèvres, aux joués & au mouton. (Une grande & vilaine barbe. (Jne barbe à triple étage. Une barbe à la Henri IV. Une barbe à la Capucine. Une barbe in folio. Une barbe large, ample & bien tou- fuë. Se faire la barbe. Faire tous les matins dix ou douze barbes. Terme de Barbier. ÍS La barbe & le manteau distinguoient les Philosophes des autres hommes. (Je vois la barbe & le manteau ; mais je ne vois point le Philosophe. Aul. Gel!. I. 9. c. 2. Barbe, marque d’autorité. Perte, fat. 4. /. 2. dit : - Barbatum hoc crede magiflrum Dicere. Certains troupeaux d’entre eux ont la barbe de chèvre. Et d’autres n’ont jamais aucun poil fous la Uvre. Poète anon. BARBE. [Hircina barba.] Ce mot joint à d’autres, fe prend quelquefois un peu au figuré, pour dire une personne avec une grande barbe. (Les vilaines barbes de boucs font de faux mélancoliques, qui font toujours en querelle. Abl. Luc. t. 2. p. 30. Malgré fa barbe rouste fa robe crasseuse. La dévote sucrée en devint amoureuse. Poète fans fard.) f Jeune barbe. Terme de mépris dont on sefertà l’égard d’un jeune homme, qui entreprend ce qui est au-dessus de son âge. Fous avez la barbe trop jeune. Rire BAR Rire dans sa barbe prov. C’est être bien aise de quelque chose, sans en faire semblant. f * BARBE. [Invita.] Ën nôtre présence. De vive force & malgré nous. (Son temple à ma barbe il fonda. Voìt. po'es. II vient par le coche vous enlever à nôtre barbe. Mol. Pourc. BARBE , s. s. Ce mot se dit des lièvres , des lapins & des chats, &c. Ce font de grands poils qu'ils ont de côté & d’autre de leur bouche. (Barbe de chat, de bouc, de chèvre, de lièvre, &c. L’Auteur de l’Epître de la Muse coquette , pag. 61. parle ainsi du lapin : II est alerte £Vf fringue comme un Barbe, Soir N matin, il se joué à sa barbe. BARBE , s. f. [Arista.] Ce font les poils de quelques épis. (L’épi est mûr, & toute fa barbe est grande il y a long-tems.) BARBE de cheval. [Maxìlla inserior ..] La partie extérieure de la bouche du cheval, qui est l’apui de la gourmette, & où elle se repose quand on tire la bride pour ramener le cheval en sa belle posture. BARBE. [Ranœ equìnte.] Excroissance de chair qui vient dans le canal & fous la langue du cheval, & qui empêche le cheval de boire. Soleisel, parfait Maréchal. BARBE. [ Radii .] Ce mot se dit des comètes, & signifie les raïons que darde la comète vers Pendroìt du ciel où son propre mouvement la semble porter. BARBE. s Ramenta .'] Terme de Monoie. Ce qui demeure au ftaon des monoïes. Oter les barbes des flaons des monoïes.) BARBE. [Barbara."] Nom de femme. (Barbe est belle.) Sainte Barbe, s. f. [ Cubiculum jan f t te Barbarie. ] C’est ainsi que les Canoniers fur mer apellent la chambre où ils lè tiennent du côté de la poupe, parce qu’ils ont choisi Sainte Barbe pour leur Patrone. BARBE. Ce mot se dit par les Canoniers, tirer le canon en barbe, c’est tirer le Canon par dessus le parapet, au lieu de le pointer par les embrasures. sg BARBES d’un vaisseau. Ce font les parties du bordage de lavant, auprès du rinjot, c’est-à-dire, vers l’endroit où i’étrave s’assemble avec la quille. Voïez Aubin. BARBE, s. m. [Equus punicus.] Cheval de Barbarie q.ui est fort beau, & fort vite, mais qui ne dure pas tant .à la course que le cheval Arabe. Abl. Marm. (Les Barbes meurent, mais ils ne vieillissent jamais.) BARBE’. [Barbatus. ] Terme de BlaJ’on. Qui se dit principalement du coq , comme s’il étoit barbu. (II portoit de gueules au coq d’argent barbé, béqueté & membré d’or.) BARBEAU s m. [Barbus, mullus.] Poisson de rivière, de chair "blanche & molle, qui est fans dents, qui a le dos verd & jaune, le ventre blanc, le museau pointu , aux còtez dnqueí pendent deux barbillons; Rond. Les œufs du barbeau font venimeux, à ce que dit Mathiole. BARBEAU. [Cyanus.] Herbe qui vient parmi les blez, lors qu’ils font en épi, qui fleurit bleu , & quelquefois blanc, & qui ressemble à un œillet simple. II y a des lieux où l’on apelle le barbeau bluet : mais aux environs de Paris : le mot ordinaire est barbeau. (Les perdrix aiment le barbeau. La graine de barbeau bouillie & jettée aux perdrix, les endort si fort, qu’on les prend à la main.) BARBE de bouc , f. f. [Barba capne.] C’est une plante qu’on mange en hiver en salade : elle est douce : ses feuilles ressemblent à celles du safran , mais elles font plus longues & plus larges : fa fleur est jaune & elle fort d’un bouton qui s’épanouit dans le beau tems. De la cime de ce bouton pend une assez grande barbe blanche, qui lui donne son nom. $ BARBE de Renard, ou Rame de Bouc. _ Efpece de gomme, qui vient du Levant. On la connoit d’avanta- ge fous le nom d ’Adraganth. f BARBEïER , ou Barboter. Terme de Marine. C’est lorsque le vaisseau étant trop près du vent , le vent rase la voile, & lui étant presque parallèle la bat d’un côté & d’autre, fans la remplir. Cette agitation- continué jusqu’à ce qu’elle ait pris le vent, & alors elle ne barbeie plus. Quand on a mis le vent fous les voiles, il faut qu’elles barbéient. BARBELE', barbelée , adj. [Barbatus .j Ce mot se BAR 209 disoit des traits & des flèches qui avoient des dents, ou des pointes à leur ferrure. (Les flèches barbelées étoient plus dangereuses que les autres.) í BARBERIE, f f. Nouveau mot, qui signifié dans les statuts des Maîtres Chirurgiens & Perruquiers, 1 art de faire & de raser la barbe & les cheveux. BARBERO T , f. m. [Tonsor radié [j ìmperìtus .1 Mot satirique , pour dire un méchant petit Barbier ou Chirurgien, un âne & un sot qui exerce la Chirurgie, & ne la fait pas comme il devroit. (C’est un bar- berot. Les Provinces font pleines de barberots. Malheur à celui qui tombe entre les mains d’un barberot. Un barberôt mal-airoit, Me charcutait par íendroit Où s entonne le breuvage. S. Am. poés. ;. part.) BARBET , f nt. [Cirratus canis.] Chien qui va à l’eau, & dont le poil est frisé. On apelle aussi ce chien canart, & sa femelle canne. (f Les barbets raportent ce qií’on leur jette, ou dans l’eau ou fur la terre. II est dit dans le Mena - giana, qu’un jour dans le cabinet de la Reine on cher- choit la ressemblance de quelques personnes à un animal ; & comme il y avoir dans la compagnie Un homme qui étoit soupçonné de raporter au Ministre , on dit de lui, qu’il ressemblait à un barbet , car il ra - porte. BARBETTE, s s [Mámillaré lìnteum.] Sorte de guimpe qui couvre le sein de la Religieuse. BARBIER , s m. [Tonsor.] Celui qui a droit dé tenir boutique, où pendent des bassins blancs , avec cette inscription, céans on fait le poil proprement , U l’on tient bains U étuves. Il est aussi permis aux Barbiers de vendre en gros & en détail des cheveux, & de toutes sortes de perruques, de poudre , de savonnettes, de pomades, de pâtes de senteurs & d’éssences. Les Barbiers furent érigez en Corps en 1674. & païe- rent pour cela chacun quinze cens livres au Roi. II est défendu aux Barbiers de faire la Chirurgie, & dans cette vùë les Chirurgiens ont droit de visiter chez les Barbiers. Us font au nombre de deux cent à Paris; 11 s s’apellent dans leurs lettres de maîtrises, Barbiers , Baigneurs, Etuvijies N Perruquiers, & c. On dit proverbialement. (II est glorieux comme Un Barbier. Un Barbier rase l’autre.) PjT Dans tous les tems, les Barbiers ont passé pour des conteurs de nouvelles & d’histoires, dont ils entretiennent ceux à qui ils font la barbe, A leurs boutiques ont été la retraité dés nouvellistes ; témoin cet endroit dé la septième satire du premier livre d’Horace. Je ne crois pas ( dit-il) qu’ily ait à Rome une feule boutique de Barbier, où Pon n’ait Oui parler de l’avanture de Persius : -—— - Opinor Omnibus N lepph noium £5? tènsoribm esse . BARBILLON, s m. Poisson qu’on apelle âùíH petit barbeau. BARBILLON; [Barbula.] Cé qui pend en forme dé moustache, ou de barbe, au bout & aux cotez de lá bouche du barbeau, & dé quelque autre poisson. BARBILLON , s. m. C’est une maladie de cheval Voïez Barbe. BARBILLON. Terme dé Fauconnerie. C’est une maladie de la langue de l’oiseau , lôrsqu’un rhume chaud lui fait enfler les glandes. BARBON , s m. [Senex austerior.] Qui a beaucoup de barbe. Qui est déja vieux. (Elle n’aimé point les Barbons. Moquez-vous des fermons d’un vieux barbon de Père. Mol, A l’âge dé quinze ans, vous êtes plus savant en l’art de régner qu’un Roi barbon. Scar. Japhet, épître au Roi. On trouve des médailles qui représentent d’un côté ('Empereur Adrien barbon , & de l’autré son mignon sans barbe. Spanheim, Césars, p. 77. Balzac à fait en prose une satire, qui a pour titre le Barbon, où il y a d’asièz jolies choses. Je fais cela fur l’efpérancë de me voir bien-tôt délivrée du barbon que je prens. Mol. mar . forcés BARBOTE , s f. Poisson dé lac & de rivière, àïant le bec & la queue pointus aVec un barbillon qui pend de la mâchoire basse. (Auprès du trou par où Tome Iì D d for- 210 BAR sortent ses exeremens, la barbote a une aile qui continue jusques à la queue. Rond .) BARBOTER, v. a. [Ccenum agit are. ] Ce mot se dit des canards, & des oies. II lignifie , chercher à manger dans des ruisseaux bourbeux en y fourrant le bec, & y faisant un peu de bruit. (Les oies barbotent dans les ruisseaux.) £ BARBOTER. Voïez Barboter. â Colletet fit ces vers : La canne s’humecter dans la bourbe de Peau , J?une voix enrouée, N d'un batement d’aile, Animer le canard qui languit auprès d’elle. Le Cardinal de Richelieu ne pût jamais l’obliger à mettre barboter au lieu à’ humes ter : mais son opiniâtreté lui atira la disgrâce de ce Ministre. t BARBOTER, v. a. [Muflière, Muflìtare.] Gronder, dire, prononcer. (II barbote je ne fqai pas quoi entre ses dents. Mol. Barbotons les paroles que la magie enseigne. S. Am.) f BARBOTEUR, f m. ÇAnasJ Canard privée. BARBOTINE , fl f- [Santolicum , abflentium ma- rìnum.] Ce mot signifie une sorte de poudre qu’on donne pour faire mourir & jeter les vers qui font dans îe corps des enfans ; mais ce mot ne se dit point à Paris. Les Parisiens, au lieu de barbotine , disent de la poudre aux vers. Les Apoticaires, les Epiciers & les Médecins apellent cette barbotine, Semen contra. Et ceux qui ont fait l’histoire des Plantes, la nomment Semen Sanéíum , ou Santolinum. Voïez Daléchamp , histoire des plantes, tom. i. /. 8- BARBOUILLAGE, f- m. [TinHura.] Ouvrage de barbouilleur. Méchante peinture. ( Tout cela n’est que du barbouillage.) * BARBOUILLAGE. [Pìclura rudior.] Portrait satirique qu’on fait en prose, ou en vers. (Voici en petit, le portrait de Du Clérat, il tourne la gueule, il est sot, je n’en dirai pas davantage , il ne vaut pas mon barbouillage.) BARBOUILLER, v. a. [ 'Maculage, inquinare .] Gâter, tacher, fouiller. (Barbouiller le visage de quel- cun.) BARBOUILLER. [Colorem inducere .] Peindre avec de l’ocre. Peindre les murailles des chambres avec quelque forte de couleur. (Barbouiller le haut & le bas des murailles d’une chambre.) * BARBOUILLER. [Rudiori penicillo pingere.] Composer mal. Peindre mal. Se brouiller l’esprit à force de se le charger. (II barbouille du papier, & puis c’est tout. Se barbouiller l’esprit de Grec & de Latin. Mol. fem.) BARBOUILLER , v. a. s Atramento inftcere .J Terme d’ Imprimeur. Etre trop noir aux marges, & au fond. (Feuille qui barbouille.) f BARBOUILLER un récit. C’est l’embrouiller. H BARBOUILLER une afaire. C’est la gâter, la rendre plus difficile. H Se barbouiller. C’est gâter fa réputation. II se barbouille dans le monde par fa mauvaise conduite. BARBOiilLLEUR , f m. [ 'Infeflor .J Celui qui avec de l’ocre barbouille le haut & le bas des murailles des chambres, les cheminées, les solives & les poutres. (Ce n’est pas un peintre, ce n’est qu’un misérable barbouilleur.) t * BARBOUILLEUR. Méchant auteur. (C’est un barbouilleur de papier.) BARBU , barbu'é, adj. [Barbotas."] Qui a beaucoup de barbe. (Homme barbu.) BARBUE, st ' ['Rhombus levis.] Poisson large & plat, qui ressemble au turbot, horsmis qu’il n’a point d’éguillons. Rond. jQT Un Prélat se plaignant de n’avoir point de marée, Benserade regardant la belle-sœur du Prélat, qui avoit un peu de barbe, dit : De quoi s’ìnquiete-t-on ? "Nous aurons to&jours une barbu'é. BARBU ë, f. f. f Vi vira dix. ] Marquote, sarment avec sa racine, & toutes autres sortes de plantes qu’on tire avec leurs racines ou chévelures pour les transplanter. BARRUQUET,/. m. [Postula.] Ecorchûre, ou petite gale sur le bord des lèvres. Je n'ai và ce mol que dans Furetiére. í BARCALLAO- Espece de morue, semblable à BAR celle de Terre-neuve. On la trouve en plusieurs endroits de la mer du Sud, & fur la côte de Chily. BARCALON , f '-n. [Regni Siamensis supremw admìnister.] Nom que l'on donne à celui qui fait les fonctions de prémier Ministre dans la Cour du Roi de Siam. ch BARCES, st s- Sorte de canons dont on fe servoit autrefois fur mer. Us ressemblent aux faucons & fauconneaux, mais ils font plus courts, plus renforcez de métail, & d’un plus grand calibre. f BARD, st ni. Civiere a bras, fur laquelle on porte les pierres, le fumier, &c. BARD ACHE, st m. [Asterstecomes.] Jeune garçon dont on abuse honteusement. (César étoit le barda- che de Nicoméde.) BARD ANE, st f- [Lappa.] Plante qui porte une feuille large & dont les fruits s’atachent aux habits. On apelle aussi cette plante glouterm. BARDE , st st [Equi armatura.] Armure qui cou- vre le poitral & la croupe du cheval. BARDE. [Lardum in osteUas steHum.] Tranche de lard, déliée & large, dont on couvre quelquefois les poulets, les chapons, &c. avant que de les mettre à la broche. (Une bonne barde. Une barde trop large, trop mince. Levez une barde, & mettez-là fur ce chapon.) BARDEAU, st m. [Scandula.] Petit ais dont on se sert au lieu de tuile pour couvrir les maisons. BARDELLE , st f. [Ephippium.] Espèce de selle à piquer, qui n’est que de toile, qui est garnie de paille & piquée fortement avec de la ficelle, sans qu’il y entre ni cuir, ni fer, ni bois. On ne se sert point de bardelle en France : mais en Italie, où l’on trote, les Cavalcadours trotent les poulains en bardelle. Guil- let, art de Phomme d’épée. Quelques-uns nomment simplement barde, ou paneau, une selle de cette sorte, dont se servent des païsans. BARDE, / m. [Heroum prœco.] Poète Gaulois dont la poésie enseignoit la vertu & lasience, ou servoit quelquefois à encourager, & quelquefois à terminer le diférend des armées au moment qu’elles aloient combattre. j(f Le Président Fauchet, liv. i. ch. 5. dit: „ Quant „ aux Bardes, ils chantaient au son de la lyre, ou „ autre instrument de musique , les faits des vaillans „ hommes, mis en vers héroïques, & donnerent telle ,, autorité à la Poésie, qu’aucuns Poètes fe mettant „ entre deux armées, maintefois appaiferent la fureur „ des gendarmes prêts à choquer. ,, Strabon, Dio- dore de Sicile, Athenée, ont fait mention de ces Poètes si fameux, & nous lisons leur éloge dans Lucain, lib. i. Vos quoque qui sortes animas belJoque peremptas Laudìbus in longum, vates, dimittitk œvum. Plurima stecuristudistis carmìna Bardi. Mr. de Brébeuf a traduit ainsi cet endroit : Ces divins enchanteurs, de qui les puijj'ans charmes Font revivre un héros abatu fous les armes, Qui transmettent sa gloire à la postérité, Et trouvent dans fa mort son immotalìté, Les Bardes entortnans leurs cantiques célébrés, Rapellent les guerriers du milieu des ténèbres. L’Abréviateur de Festus s’est trompé, quand il a dit, Bardas, à gente Bardorum, de quibas Lucanus ; puisque Lucain a parlé des Bardes, comme Poètes, & non point comme une nation. Meursius, tout habile qu’il étoit, ne s’est pas moins trompé. Baç/©-, via, c’est un chemin (dit-il) & l’on a apellé Barda- cuculhu , un manteau dont les voïageurs fe fervoient. II cite Hefychius pour son garant. BctÇí/'a aì ócA» traqà yaÁciraiç: mais il a dû savoir qu’au lieu de é des chemins , il faut lire ci à Loi , des chantres, B ARDENOCHE- Espece d’étofe dont il est par- lé dans le Tarif de la Douane de Lyon. BARDER, ®- a. [Equum tegere, armare.] Armet un cheval d’une barde. (Barder un cheval.) BARDER. [Larda in ojfellas J’ePlo altilia tunicare.] Terme de Rotisteur. Couvrir d’une barde de lard quelque volaille ou quelque oiseau. Barder un chapon, une poularde.) BAR- BAR B ARDEUR, f M. [Cratk btachiata bujulm.) Celui qui traîne les pierres fur les petits chariots dans les grands ateliers des Maçons. H BARDIS. Terme de Marine. , C’est un batar- deati fait de planches, fur le haut du bord d’un vaisseau , pOur empêcher seau d’entrer fur le pont, lorsqu’on couche ce vaisseau fur le côté.» pour le radouber. £ BARDIS. C’est aussi les séparations de planches qu’on fait à fond de cale, pour charger des blez & d’autres grains. BARDOT, / m. \JMuhtí puJWrn.'} Petit mulet qui porte les bardes des voituriers , & qtii leur sert quelquefois à passer les ruisseaux. Les Latins Pont apellé burdo , c’est-à-dire, félon Isidore, un animal né de Tacouplemént d’une cavale & d’un âne, ou de celui d’un cheval & d’une ânesse : In animantibm bige- nera àìcuntur, qua ex diverfis nafcuntur, ut nlulm ex equâ £sf afino, burdo, ex equo £s? astnâ. BARÉT , s. m. [Clamorfstdn d’un éléphant ou d’un rhinocéros. à" BARETTE- Calote rouge des Cardinaux , de, biretum , ou bireta, qui signifie toute forte de couvertures de tête d’homme. Chacun en portoit à fa fantaisie. BARGE , s f. Poisson qui ressemble fort au corlis, horfmis qu’il n’a pas le bec íi long. Voïez Corlis, î BARGE. On difoit autrefois barge , pour dire une barque, un esquif. On dit encore à Londres , la barge d u Maire. t BARGUIGNER, ®. ». [f» Hcitando cunHarì , b.est t are.'] Contester pour le prix de quelque chose qu’on veut acheter. (II y a une heure qu’il barguigne pour acheter un livre de vingt fous. A" Nous lisons dans Joinviíle : Quand le Souldan entendit la bonne volonté du Roi , il dit , Par tna loi, franc N libéral est le François , qui n’a voulu barguigner fur Jlgrande somme de deniers. On voit par là que barguigner , c’étoit autrefois comme aujourd’hui, marchander exactement une chose, & par les ofres d’une médiocre somme. Mr. Du Cange a remarqué fur cet endroit , que les Anglois usent du mot de bargaine, pour exprimer un traité ou une convention. Et nous lisons dans les Capitulasses de Charles le Chauve, tit. 28- Quia 0 ? faminœ barcántdréfilent. Sur quoi le P. Sir- mond dit que barcaniare est licitandò cunHari. Le même Mr. Du Cange cite un endroit d’un ancien titre, où l’on lit : Si quis barguinaverit ; ce qui est fans doute , la iource de nôtre barguigner. Scaligér fur Festus, croît que barguigner dérive de bargenna : Hoc genus bominum, bargúigneurs vacant. Galìi ab antiquà ap- pellatione ; qua ad posteriora etiam latinitatis tempera du- ravit, nempe bargenna. Air. Ménage veut que barguigner dérive de barcaniare, d’où les Italiens ont aussi fait bargasnare. Voisins, de vitiisserm. Mr. Du Cange , Glossaire , font du même sentiment: mais il fe peut faire (dit Mr. Ménage) que barcaniare ait été fait de bargenna. Si les nouvelles Remarques de Air, de Vaugelas , imprimées en 1690. à Paris, chez Defprez, font de lui, cet Auteur décide nettement, que barguU gner est un mot de la lie du peuple , dont il ne fe faut Jamais servir : il est ajoute—il (si bas & si ab j et, que je ferois même scrupule d’en user en une lettre que j’é- crirois à mon Fermier. Au lieu de dire, sans barguigner , dites, fans marchander, fans héfîter. L’Ano- nime qui a donné ait Public ces nouvelles Remarques, & Mr. Ménage , estiment avec raison , que l’on peut fe servir de ce terme dans le ftile familier ; & nous entendons dire tous les jours , qu’une femme barguigne, aïant un talent merveilleux pour marchander ; enfin quand on hésite à prendre son parti, soit homme, soit femme, on dit, qu’il barguigne , ou qu’ell s barguigne, t BARGUIGNEUR , f m. [ CunHator. ] Celui qui barguigne. (C’est un sot barguignent.) B ARGUIGNE USE , f f [ Cunclatrìx. j Celte qui barguigne. (C’est une étrange barguigneufe.) t BARICAVE , f f r Ce mot signifioit autrefois une fondrière, ou un précipice au pié des montagnes. On ne fe sert plus de ce terme, quoique Mezerai l’ait emploie. BARIL ,s m. [Cadm.] Fort petit vaisseau de bois composé de deux fonds & de douves liées avec des cerceaux. (Baril à moutarde , à verjus, à vinaigre, Le.) BAR 2ir f BARIL. II fe dit aussi des marchandises contenues dans un Baril, & souvent il en dénote 1 a qualité , ou en fixe le nombre ou le poids. Ainsi on dit, un Baril de morue verte, un Baril de thon , d’anchois , un Baril ou caque de hareng , un Baril de fer blanc ; un Baril ou caque de poudre pour les vaisseaux , est ordinairement le poids de cent livres. í BARIL , en Italien Barile , C’est la seconde deS mesures , dont on fe sert à Florence pour les liquides. BARILLAGE ,f m. Terme do Finances. Le Ba- rillage est défendu par l’Ordonnance des Aides ; c’est-à- dire, de faire arriver du vin en bouteilles, cruches, barils , ou vaisseaux moindres que d’un huitième de muid , à la réserve des vins de liqueur venant en caisse. BARILLAGE. Terme de Marine. Ce font des barils ou petites boriques de grandeur au-dessous de la huitième partie d’un muid , en France. Le goudron de Weibourgdu barillage de chêne , est préféré àtóut autre, excepté celui du Roïaume. ch BARiLLARD , f m. Officier de Gafere, qui a le foin du vin & de Peau, BARILLET , f m. [ Dolium. J Petit baril ; mai* dans ce sens , il est hors d’usage, BARILLET* Terme d 'Horloger. Piéce de monts® dans quoi est le grand ressort, & qui sert à faire mar-, cher la montre , lorsqu’on remonte 1a fusée : ou à faire aler la grande roue , lorsque la montre n’a point de fusée. (Le barillet est trop jgrand , ou trop petit. Les gens qui ne font pas du métier, apellent tambour , la piéce que les Horlogers nomment barillet.') F BARILET. Terme à’Hydraulique. C’est le Corps de pompe, ou le tuïau d’une pompe dans lequel le piston agit, en haussant & baissant. BARIOLAGE , f m. C’est un assemblage de diverses couleurs peu convenables entre elles. Les personnes de mauvais goût aiment le bariolage dans leurs habits. On dit aussi barioler. BARIOLE’, bariolée , adj. [ Variìs colorìbm ìnfee- à.j Marque de diverses couleurs, (Cruche bariolée. Fève bariolée.) * BARIQUAULT ,f m. Se dit quelquefois de Certaines petites futailles, ou tonneaux , dont les grandeurs ne font point réglées. Ainsi Port dit un bari- quault de sucre, un bariquault de soufre, &c, pour dire Un petit tonneau rempli de fuite de ces marchandises. BÀRIQUE r f f t Cadm , dolium. j Sorte de futaille. Petit tonneau. (Une barique de vin, II faut quatre bariques pour faire le tonneau de vin à Bour- deaux.' ) BARIQUÈ foudroiante. ['Ignea munitionís cadm , dolium. ] Baril à feu. L’un & l’autre fe dit. Ce sont des futailles de divetfe capacité , où Pon met des pots à feu & de grandes rangées parmi quantité dé filasse arrosée d’huile de pétrole & trempée dans de 1a poix noire & de la poix gréque, On défend souvent des brèches à la faveur des bariques foudroïantes.) BARLONG, bar longue, adj. Terrils de Géométrie, qui fe dit d’une figure où il y a deux cotez plus longs que les autres. On le dit de même des habits qui ont plus de longueur d’un côté que de l’aiitre. BARNABITES , Bemabites j f m. £ Barnabita. J Le peuple de Paris dit Bemabites; mais les gens qui parlent bien , disent & écrivént Barnabit.es. On les apelle de ce nom, à cause de l’Ëglife de S. Barnabé de Milan. Ce font des Religieux, qu’on nomme Clercs Réguliers de la Congrégation de Saint Paul, faisant deux ou trois mois de probation, un an de no- vitiat, & ensuite profession. Ils sont vêtus de noir, & ont retenu Phabit que portoient les Prêtres qui vi- voient du tems de leur établissement. Ce fut en 15;;. qu’ils furent établis par Bulles expresses du Pape Clément VIL Leur ocupation est d’instruire, de catéchiser, & de servir dans Jes Missions. Ils enseignent la jeunesse en plusieurs endroits d’Italìe, d’AIemagne & de France ; néanmoins leu r principal but n’est pas cela. Ils ne songent qu’à travailler au salut des antes par la prédication , & autres pieux exercices. Ils desservent quelques Cures en communauté en France, en Italie & en Aìemagne ; & même ils ont des Evê- chez en plusieurs lieux, lis vivent dans une grande Union & une véritable simplicité. Ils ont pour leur Tome L D d * Fan- 212 BAR Fondateur Antoine Marie Zacharie, qui se joignit à Milan avec Jaques Antoine Norigia , & Barthelemi Ferrari, tous deux Nobles Milanois. (S BARNAGE- Ancien mot abrégé de Baronna- ge , & dont nos anciens Poètes se sont servis pour signifier i°. une ancienne noblesse. Dans le Roman de Garin, cité par Duchesne , liv. i. cb. de l’Histoire de la Maison de Montmorenci, qui fut moult preux Chevalier, & de haut Barrage. 2°. Le corps des Barons & de la Noblesse. Mathieu Paris, ann. 1242. dit, que le Roi agit de l’avis de son Barnage, decon- Rlio Barnagii. Le Roman de Vales , cité par Mr. Du Cange, voyez BARONAGIUM. Moult sut grand h Barnage que Rou eut amené. Le Roman de Garin. Mult fut pruz , & Chevalier gentil De haut Barnage , g? de moult riche prit. Le train , l’équipage , la fuite des hauts Barons átoient apellez Barnage, comme Spelman Pa remarqué dans son Glossaire. Enfin Barnage , signifioit courage, magnanimité & fidélité. Le Roman de Florimond : Qsil avoit grand prit de Barnage, Du prouesse de vatsellage. Duchesne cite ces vers du Chanoine Gaffe, qui í’est servi de barnage pour fidélité : Tour remembrer des ancejjbrs Les fez, les dits, & les mots, Les félonies des félons Et les barnages des Barons. BAROMETRE , f m. [ Barometrum .] _ Tuïau de verre qui sert à marquer la pesanteur & la légèreté de l’air par le moïen de quelque vif argent. 11 y a des Baromètres simples & des composez. BARON,/ m. [Baro.J Ce mot a premièrement signifié un homme sort & vaillant , qui étoit auprès de la personne du Roi. Ensuite il a signifié un homme noble de qui la terre relève du Prince, & enfin un Seigneur qui est au-dessus des Seigneurs Châtelains & qui •st moins que les Comtes. BARONE , f. f. [Barmk conjuxj Femme de Baron , laquelle porte la qualité de Dame damée. f BARONET , Chevalier Baronet, C’est en Angleterre une troisième classe de nobles au-dessous des Barons , & au-dessus des simples Chevaliers. Cet Ordre de Chevalerie fut institué en 1611. par le Roi Jaques I. BARONIE, f. f [ Baronatui , Baronia. ] Terre & Seigneurie de Baron. Terre à laquelle est atachée une dignité qui est au-dessus du Seigneur Châtelain , & qui est moindre que la qualité de Comte. ( Les Baronies sont considérables en Bohême. Une grande , une illustre B atonie. La Reine Christine Alexandre a donné au Baron de Bidal, la Baronie de Wildenbrug. Le Chevalier de Terlon , mémoires, t. 1.) BAROQUE , adj. [ Gemma rudes %? ìmpolita. ] Terme de Joùaìílìer. Ce mot se dit des perles , qui ne sont pas rondes comme il faut. (Ces perles font un peu baroques, & fans cela elles seroient admirables. C’est un coller de perles baroques.) BARQUE,//. [Navicula, cymba.J Vaisseau de voiture pour aider quelque navire, ou autre pareil bâtiment. (Barque longue. Barque droite.) íf BARQUE. Terme de Marine. C’est un bâtiment à un pont, qui a trois mâts, le grand, celui de misene, & celui d’artimon. Les plus grandes barques ne passent guéres cent tonneaux , &c. Voïez Aubin. * BARQUE. Ce mot au figuré, est pris personnellement. (Avec un peu d’éfort, on arrive toujours au port, quand on fait bien conduire fa barque. C’est-à- dire , quand on se fait bien conduire. S’il ne tient qu’à vous prier bien fort pour obtenir vôtre aide , je vous conjure de prendre la conduite de nôtre barque. Mol. Jcap. a. j. sc. 3.) C’est-à-dire, de conduire nos afaires. f BARQUE. Dans le stile poétique c’est la nacelle fur laquelle les anciens Poètes soposoient que les âmes passoient dans les enfers. Dans ce sens on dit, la fatale barque, la barque de Caron. Nous passerons tôt ou tard dans la barque. BARQUEROLLE , ou Barquette. Vaisseau médiocre de voiture , fans aucun mât, qui ne va qu’à la rade, de beau tems , fans aller jamais en haute mer. BARQUETTE ,/ /. Pâtisserie venue de Languedoc, BAR qui est en forme de barque, qui est faite de fine fleur de sucre & d’ambre gris , & qui se vend chez les Limonadiers de Paris. f BARRA, OU BARRO. Mesure dont on se sert en Portugal pour mesurer les corps étendus, comme draps, serges, toiles, &c. $ BARRE, est aussi une mesure de longueur, qui sert en quelques endroits d’Espagne à mesurer les éto- fes. C’est la même chose que la verge de Seville. BARRACAN- Bourracan ,s. m. [Pannus è caprU nbs pilit contextw .1 L’un & l’autre se dit ; barracan est plus en usage. C’est une étofe où il entre du poil de chèvre. ss BARRACANS teints en laine. Ce sont les barra, tans dont la laine est teinte avant de la travailler fur le métier. BARRACANS teints en piéce. Ce sont ceux qu’oa ne met à la teinture qu’au sortir du métier. î Rouleau de Barracan. C’est une piéce de barracan qui a tous ses apréts , & qui est roulée & empoíntée. í BARRACANIER, / rn. Ouvrier qui travaille en Barracan. BARRAGE , / m. [Jus exigendi vcéligalis pro tran- fítu.j] Droit de peage qui se lève pour le Roi fur de certaines marchandises. V osez Loifeau , droit de police. ($ Plusieurs Seigneurs ont droit de barrage, qui est, selon Coquille , dans son Institution au Droit François, un droit qui se lève, tant par terre que par eau,’fur les marchandises qui passent par le détroit où ils ont ce droit. La Thaumaisiere a remarqué fur la Coutume de Berri & de Lorris, que ce droit ne se leve point furies bourgeois. Je ne sqai si ce droit n’elt point le même que bardatio, dont S. Grégoire fait mention dans la 41. Lettre du premier Livre , & qui signifie un droit pris fur chaque charge de cheval, de mulet, & d’âne. Le terme Grec Ró íje/ 1 ©-, signifie un mulet, que l’on prend pour toutes sortes de bêtes de charge. De , 011 a fait bourrique. í BARRAGE. Sorte de linge ouvré, qui se fabrique dans la Basse Normandie. II y a du grand barrage fin, du grand barrage commun , & du petit barrage. BARRAGER , f. m. [ Vefligaiium conduHor. ] Fermier qui reqoit le droit de Barrage. £§ BARRAGOIN- Ancien mot. Pourvu qu’on soit morgant, Çsc. Qu’on parle barragoin, N qu’on suive le vent, Ex ce tems du jour d’hui on est ajfez savant. Régnier, fat. ;. On peut sc servir de ce mot dans la conversation. BARRAQUE,//. Votez Baraque. í BARRAS , / m. Gomme , ou résine , qui décou' le des pins , par les incisions qu’on y fait. 11 y a de. deux sortes de Barras , qu’on nomme communément, encens blanc, & encens marbré. Le premier est le véritable galipot. f BARRAT, / m. Cheval ramassé. Un cheval, barrai.) BARRE,,/ f [Peélù.J Piéce de bois de moïen- ne longueur, qu’on met derrière une porte, ou derrière une fenêtre pour les fermer. (Mettre la barre à la porte.) Ce mot sc dit de diverses pièces de bois qui servent à divers usages. BARRE de fer. [Veélis ferreaé] Morceau de fer long de neuf ou dix piés, épais d’un pouce & large de quatre ôu cinq doigts. H Donner cent coups de barre. C’est maltraiter quel- cun, le batre rudement. On dit prov. d’un homme à qui op ne peut faire entendre raison , ou qui ne veut point démordre de ses prétentions , qriil ejlroide comme une barre de se P. BARRE de Palais. [ Curia repagula. ] Banc où fe met le premier Huissier du Parlement & où sc font les adjudications des biens saisis réellement. 0 BARRES. Les anciens Praticiens François ont apellé barres, tout ce qui pouvoit arrêter Faction & la proccdure de la partie averse. Ce terme lignifie naturellement une piéce de bois, de fer, ou de quelque métal, dont on sc sert pour fermer les portes & les fenêtres, ou pour arrêter quelque chose. Ménage le dérive de verra, un pieu, dont l’on a fait barra, que l’on trouve dans Guillaume le Breton, lib.q,. lequel fait dire aux vainqueurs du Marquis des Bar- ras. BAR sas , au nom duquel il fait cette froide allusion ï Barras, gaudete Quirites, Fregimtu, in manibm barra Junt denique nojiris ; Nulla potest nostris, jam barrula tollere barras. Tout empêchement a été depuis apellé barre. Philippe Mouskes a dit dans la Vie de Saint Louis. Fu li Tybaud de Champagne, Sam ce qu’aucun y mit barre, Couronnez à Roi de Navarre. Loisel, dans ses Inítitutes Coùtumiéres , 4. tit. 2. art. 1. a remarqué, qui de barres Je veut servir , doit commencer aux déclinatoires, pour venir aux dilatoires, ës? finalement aux peremptoires, çìfr. Mr. du Gange a observé dans ses Notes fur les Etabliífemens de S. Louis, que dans certaines Lettres qu) font au trésor des Chartres duRoi, le mot barre est pris pour un Liège de Justice ; & dans son Glossaire de la basse latinité ; Barra , Jeptum Curìee, Cancelìi, Auditorium , ubi cause coram Judicibus ab Advocatis peroranturnostri, Barreau. Dubreùil, dans ses Antiquitez de Paris , lìv. 1. pag. 141. raconte que les Maîtres de Requêtes de l’Hôtel, fâchez de rétablissement des Requêtes ssu Palais , firent du bruit, ensorte que le Roi Charles VIII. fut obligé d’évoquer plusieurs Causes pendantes aux Requêtes de l’Hôtel: „ Et dès-lors (ajoute-t’il) onre- „ prit l’ancienne & prémiére discipline du Parlement ; „ car les Conseillers de la Grand’ Chambre & des En- ,, quêtes commencèrent à connoître des requêtes „ qu’on leur présentoir ; & à cette fin, se vinrent „ présenter à la porte de la Grand’ Chambre , appuïez ,, sur une barre qu’on volt encore près de cette porte „ en la Grand’ Salle du Palais, l’usage de laquelle „ barre étant perdu maintenant, nous sert seulement „ de remarque , que de là est venu, que nous apel. ,, Ions encore toutes instances pendantes à la barre. ,, BARRE- [ Tœnia diagonalií à Jìnijirà ad dextram duHa, N tertiamsciai partent occupant. J f Terme de Blason. L’une des parties honorables de l’écu , laquelle marque le baudrier du cheval. (II porte d’hermi- nes à la barre de gueules. Colomb.') íg BARRE. Terme de Blason. Les cadets des Nobles & les bâtards mettent une petite barre dans l’écu des armoiries de la famille. La barre des cadets légitimés part de la droite à la gauche ; & celle des bâtards & de leurs décendans , de la gauche à la droite. Plusieurs raisons ont introduit cet usage , & particulièrement l’Archiduc Albert s’expliqua dans son Edit du 14. Décembre 1616. sur lequel, un Auteur anonime a fait un long Commentaire , sous le titre de Scientia Heratdica. D’ailleurs on connoissoit par la barre, la qualité de ceux qui te présentoient aux tournois. Olivier de la Marche dit dans ses Mémoires, lìv. 1. ch. 19. „ Au jour ordonné, Messire Bernard „ entra en lice, armé de toutes armes, la cotte d’ar- „ mes, comme il apartient à bastard de cette Mailon.,, Et dans un autre endroit : ,, Le bâtard de Bourgogne ,, étoit paré de fa cotte d’armes à une barre de tra- ,, vers, pour montrer qu’il étoit bâtard. ,, Votez Bâtard. BARRE. [Cingulum.J Terme de Ceìnturier. Bande de cuir qui sert aux sangles & aux ceinturons. BARRE de muid. [Ajjerculus transverjum doliisun- dum dividens .J Terme de Tonnelier. Petit ais atache avec des chevilles aux douves pour soutenir les pièces du fonds. (Le muid est à la barre. Quand le vin est au-dessous de la barre, il n’est bon que pour les valets.) BARRE , /'. f. [Ajjerculus.) Terme de Faiseur de clavejjlns. C’est un morceau de bois blanc de la longueur de l’épinette & du claveiììn, raboté, drapé & embelli d’ordinaire de petites fleurs, posé au-dessus des sautereaux, & ataché à ('assemblage de l’épínette, ■ ou du clavessin, pour empêcher que les sautereaux ne sortent de leurs mortaises. ( La barre de cette épi- nette est agréablement enjolivée. Poser la barre, lever ou ôter la barre d’unc épinette.) BARRE. Terme de Cocher ou de Postillon. Perche qu’on atache d’espace en espace aux piliers des écuries, pour empêcher que les chevaux ne s’aprochent, & ne se bâtent. BARRE, J", f. [ Portas nisi alto mari invius .] Terme de Mer. Amas de fable , ou plusieurs roches fous Peau, à feutrée d’une rivière , ou d’un port , qui empêchent qu’on n’y puisse passer que de haute marée , ou par des passes ; c’est-à-dire, par des ouver- BAR 213 tures qui s'y rencontrent par intervales. ( On ne eut passer par ce port à cause des barres qui en em- arrassent l’entrée. Guìllet, Diff. du Gentilhomme . On apelle fur la Seine , la barre , un certain flot particulier à cette rivière , & fur la Dordogne, Mascaret.) Votez 1 e Difíionnaire de la Marine, du Sieur Aubin , où il explique les ditérentes sortes de barres qui font en usage parmi les Marins. $ On dit barre d’arcasse , barre de pont, barre d’arcasse de couronnement , barre de cabestan , barres de virevaut, barres d’écoutilles , barre de gouvernail , barres de hune, barre de pompe, barres de cuisine , barres de porte, barres des ports, &c. BARRE , s. m. Terme de Monoie. C’est une pièce de fer longue de huit 011 neuf piés , & grosse comme le bras , qui passe au-travers du balancier, & qui sert à le faire tourner par des ouvriers , qu’on apelle barriers , ou tireurs de barre. O11 tire la barre lors qu’on monoïe les iìaons d’or ou d’argent. BARRE de panier. Terme de Vanter. Bâton , ou cerceau fous le fonds du panier. BARRE , f f. [ Linea. ] Ligne qu’on tire avec la plume , pour marquer la fin d’un chapitre , ou bien fur quelque partie d’un acte , passant la plume pardessus ou de travers. í BARRE. Mesure étendue dont on se sert en Espagne , pour mesurer les étofes, ainsi que l’on fait de Faune en France. II y a de trois fortes de barres ; celle de Valence, celle de Castille & celle d’Arragon. Dix aunes de Paris font treize barres de Valence, quatorze barres de Castille , & quinze barres d’Arragon. f BARRE, se dit aussi des choses mesurées avec la barre ; une barre de tafetas, de serge, &c. f BARRE. C’est le poids que les Européens nomment autrement Bahar, dans les Indes., ^ BARRE, se dit encore de certains morceaux, ou pièces de metail , étendus en longueur , une barre d’argent, &c. On dit prov. d’une marchandise rare, ou d’un débit assuré , que c’est de For en barre. í BARRE. Terme d 'Imprimeur. Les barres font deux tringles de bois , qui traversent tout le berceau dans fa longueur, où font atachées deux bandes de fer, fur lesquelles coule le train de la presse. ê BARRE. Pièce de bois, ou de métail, qui sert à divers Artisans & Ouvriers , pour afermir, soutenir & apurer leurs ouvrages, ou leurs outils. H BARRE. Terme de Carrier. C’est ce qu’on apelle communément une pince de fer chez les Maçons & autres Ouvriers , qui ont de gros fardeaux à remuer. ^ BARRE. On apelle barres , en termes de Cou- verturier , ces deux rates de laine bleue , qui font aux deux bouts de la couverture , & qui n’y servent que d’ornenrent. BARRES, s Gingiva pars genuinos irtter U canines dentes média.) Terme de Maréchal. Parties extérieures de la bouche du cheval, qui font une espèce de gencive, sans aucunes dents. ( Barres tranchantes & décharnées.) BARRES. [ Decursto pakstrica .] Jeu où deux troupes de jeunes gens se rangent en haïe à la tète & a quelque distance les uns des autres sortent de leur rang , & courant les uns après les autres , tâchent de s’atraper & de se Lire prisonniers , & celui qui atrape son camarade, lui donnant de la main quelques petits coups surl’épaulc, lui dit, f ai barres jur vous, & l’arrête. Ceux qui jouent à ce jeu, disent, commencer ses barres , c’est commencer à courir. Donner barres fur quelcun , c’est quiter le poste où l’on est , & courir après quelcun pour l’atraper. Avoir barres jur quelcun, c’est avoir atrapé quelcun. (Les petits garçons jouent aux barres en hiver pour s’échaufer. (Jouer aux barres.) * Rats qui jouent aux barres. C’est-à-dire, qui courent & qui font du bruit, * Avoir barres jur quelcun. Façon de parler figurée. C’est avoir prise fur quelcun. * On dit figurément au’on joue aux barres , lors qu’on se va chercher réciproquement en même tems, & qu’on ne se trouve point. BARREAU , f m. [Clathri.) Barre de bois 011 de fer. BARREAU, f Cancelìi. ] Petite barre de fer qu’on met aux fenêtres des premiers étages qui donnent fur la rue , pour empêcher d’entrer dans la maison par les fenêtres. D d % BAR- 214 BAR BARREAU. s Forum, ] Terme de Palais. Lieu dans l’Audience où plaident les Avocats , & qui ell fermé pour empêcher la foule des parties. BARREAU. L Cur'ut claujira. \ Tout le Palais, qui est le lieu où l’on rend la justice. (Fréquenter le Barreau. Abl.) * BARREAU. [ Patroni omnes . J i out le Corps des Avocats. (Feu M. le Maître étoit l’ornement duBarreau. Pour être habile , on doit fréquenter le Barreau.) BARREAU. [ Manubrium . ] Terme d Imprimeur. Morceau de fer qui tient dans l’arbre de la presse, qui a un manche de bois. 11 sert à faire tourner la vis & à serrer les formes avec la platéne qui y est , tachée. BARRER , v. a. [ Obduliis obicibus occludere. J Fermer avec une ou plulieurs barres. ( Barrer une porte.) , . BARRER. [Venant intercidere. J Lier. Arreter. ( Barrer les veines d’un cheval.) BARRER. Terme de Lutìer. Mettre dans un luth les barres qui lui font nécessaires (Barrer un luth.) BARRER , v. a. f Scripturam expungere. ) Lignes ou ratures qu’on fait fur un aéìe pour en annuler les clauses ou même toute la substance en raïant la signature. BARRER. [HarereJ Terme de Chase, qui se dit quand un chien balance sur ses voies. $ BARRER le chemin. C’est fermer le passage, du chemin. On dit fig. barrer le chemin à quelqu’un, pour dire, l’empêcher d’avancer fa fortune, mettre obstacle à ses desseins. (S BARRETE. Espece de calotte. Ce terme vient de biretum , ou bireta , qui signifie toute sorte de couverture de tête d’hommes ; & comme birrus ou birrum , d’où biretum , ou bireta , font dérivez, signifie un habit qui couvre le corps , biretum , ou bireta signifie la chose dont on couvre la tête. Volez Biréte. f BARRE', part. adj. Terme d’Anatomie. On apelle T os barré, l’os pubis, ou du persil. BARREZ , s. m. [ Birrati , radiati, siragulati. ] On apelloit autrefois de ce nom, les Religieux qu’on nomme aujourd’hui Carmes. On les apelloit Barrez, à cause qu’ils portoient des manteaux qui étoient divisez par quartiers, blancs, & noirs. Voici ce que dit de ces Religieux, le P. Louis Beurrier, Antiquitéz des Cilejìins de Paris, l. i. ch. i. Louis IX. à son retour d’Orient en France amena en 12 59. six Religieux Carmes , apellez alors Barrez , à cause qu’ils portoient des manteaux divisez par quartiers, blancs & noirs. BARRICADE , f f. f Munitio à doliis in aditu via- rum.] Chaînes qu’on tend aux avenues des rues. De vieilles barriques, ou autres choses qu’on met aux avenues des rues pour se défendre & arrêter l’en- nenn. BARRICADER , v. a. [ Viarum sauces obduclis doliis occludere. ] Faire des barricades aux avenues des rues. Fermer & appuïer une porte avec quelque chose qui empêche d’entrer dans le logis. ( Barricader les avenues des rues. Barricader une porte. Fermez portes & fenêtres , qu’on barricade tout, afin qu’il ait plus chaud. Racine, plaid. aH. 1.sc. 4.) Se barricader , v. n. [ Obduclis obicibus munire se."j Empêcher qu’on n’entre où l’on est, op osa n t quelque chose qui retienne ceux qui veulent entrer & nous forcer. (Appuïer une porte de quelque chose qui la fortifie , afin d’arrêter ceux qui veulent entrer. Se barricader dans une maison. Mol.) BARRIER , f m. Prononcez barié. Terme de Momie C’est l’ouvrier qui tourne la barre d’un balancier qui sert à monoïer les staons d’or & d’argent. (II y a plusieurs barriers , qui font tourner le balancier. On dit aussi tireur de barre. Boifard , traité des Momies.) BARRIE'RE , f f. [ Obex , repagulum ,, porta , ca- tarafla.~] Pieux fichez en terre près à près, & arrêtez par des poteaux & des pièces de bois mises de travers pour se batre , póur se défendre , & empêcher le passage. ( Ataqúer, défendre , & forcer une barrière.) BARRIE RE. [ Veflú. ] C’est quelquefois , aux lieux où l’on païe les entrées , une grosse piéce de bois posée de long sur deux poteaux ; c’est aussi des pieux BAS fichez en terre , & arrêtez ensemble. (Une barrière» de renvoi.) BARRIE'RE. [ Repagulum.'] Grandes pièces de bois couchées de leur long , & élevées à deux pies (se terre , ou un peu plus , avec des poteaux d’espace en espace pour les soutenir.) BARRIE'RE de Sergent. ( Apparitorum offcma.] C’est en de certains endroits des rués de Paris, nng manière de réduit couvert d’un toit, & ouvert de tous les cotez , où fe trouvent des Sergens pour la commodité du public. * BARRIE'RE. [Obex, objhmdum .] Obstacle. (Le Rhin n’étoit pas une assez forte barrière à leur courage. Abl. Tac. Je prévois trois ou quatre inconvé- niens , & de puissantes barrières qui s’opoferont à vôtre course. Pafc. I. 5.) BARRIQUE , f /• Tonneau que le soldat porte pour faire son logement , & qu’on remplit de terre ou de sacs à terre pour fe mettre à couvert, & se batre contre l’ennemi. BARRIQUE. [Dolium. J Gros tonneau à mettre se vin, & dont on fe sert principalement en Gascogne. f BARROIR , f m. Instrument en forme de longue terriere , dont la mèche est fort étroite , & amorcée par le bout. 11 sert à percer au-dessus du jable, les trous où entrent les chevilles qui tiennentla barre. í BARSES. Grandes boètes d’étain , dans lesquelles on aporte le thé de la Chine. II y a des basses de diverses grandeurs. BARROTS. Terme de Marine. Ce sont les pièces de bois qui traversent le vaisseau d’un flanc à l’autre, & qui soutiennent les ponts. Et celles qui font de moindre grosseur , s’apellent barotins. BARRURE , /. f- Terme de Lutter.. Barres du corps du luth. BARTELEMI, f m. [Bartbolomaus.] Nom d’hom- me. Le peuple de Paris dit Bertelemi f mais ceux qui parlent le mieux , disent Bartelemi. f BARUTH , f m. Mesure des Indes pour 1e poivre. Le Baruth en contient cinquante à cinquante six livres, poids de Paris. BAS , BASSE , adj. [ Humilis, injhnm. ] Qui est situé en un lieu peu ou point élevé, par raport à ce qui est plus haut. ( Apartement bas , sale basse. Toit fort bas. Maison basse. La basse fosse d’une prison.) BAS, baffe. [Inferior. ] Ce mot, en parlant de pais, veut dire, du côté de la mer. (Bas-Langue- doc. Basse-Normandie. Le Païs-bas. Le bas Palarmât. La basse Saxe.) BAS , baffe. [Depreffus.] Se dit de la mer & des rivières, <& il lignifie qui a peu d’eau. ( La rivière est basse.) * BAS , baffe, f AbjeHus , demiffus .J Ce mot se dit du stile , des penfees , & de l’efprit , & il signifie, peu élevé , peu noble , rampant. Qui n’est pas du bel usage. ( Mot bas. Pensée basse. Les Auteurs de la basse Latinité. Je considère combien mon esprit est bas , & au-dessous du lien. Voit. I. 42.) $ On apelle le bas Empire, les teins de la décadance de l’Empire Romain. * BAS , baffe , adj. [ Humilis. ] II fe dit des actions & de la conduite des personnes , & signifie , indigne , qui ne mérite point de louanges. Un semblable soupçon , esi bas ridicule; Alez , dessus ce point n’aiez aucun scrupule. Mol. cocu , a. 1. sc. 1. -J- On dit d’un homme toûjours inégal, qu’il y á du haut du bas dans son esprit , dans fa conduite, dans son humeur, dans ses ouvrages. * BAS , baffe. [ Ignobilis. ) Lâche , honteux, malhonnête , indigne. ( Avoir l’ame basse & mercenaire. Abl. Un esprit né sans fard , fans basse complaisance, fuit ce ton radouci. Despreaux , fat. y.) * BAS , baffe , adj. s Vilis. ] Qui coûte peu. (Acheter une chose à bas prix, à vil prix.) * BAS , baffe. Ce mot se dit des cartes, & signifie, qui ne vaut pas tant que les autres cartes. (Oter toutes les basses cartes d u jeu de cartes.) * BAS, baffe , adj. 11 fe dit de for & de l’argent, & veut dire, de moindre valeur. ( Bas or, bas ar-‘ gent.) * BAS , baffe, adj. II fe dit des choses qui valent moins. ( Ce vin est bas, & il sent la lie.) * BAS, BAS * BAS , baffe , adj. s Inferior .'] Inférieur, de moindre dignité. (Bas-Justicier. Baffe-Justice. Les bas Officiers d’une Compagnie. Les basses classes ci'im €olege. 11 est de baffe naissance , de baffe condition.) * BAS , baffe , adj. [Submiffm, debilis.~\ II seditdu ton & de la voix, & veut dire inférieur. (D’un ton bas. A baffe voix. Meffe baffe , c’eií-à-dire , qui se dit d’une voix basse.) f Avoir la vu'è baffe , c’est ne pouvoir distinguer les objets que de près. Avoir le cœur haut N la fortune baffe , c’est avoir plus de courage que de fortune. H BAS , baffe , adj. En fait de tapisseries , on dit haute & basse lisse, ou basse marche , pour exprimer la faqon de leur travail. f A baffe note. C’est-à-dire , fans élever la voix. Chanter à baffe note , dire des injures à basse note. B AS , J. m. f Clivas , radix montis. La partie la plus basse de quelque chose. ( Le bas d’une montagne. Vaug. 'Quint. I. II y avoit au bas de vôtre lettre trois écritures diférentes. Voit. I. 50. Le bas du visage. Le bas de la robe. ff BAS. Les hauts & les bas d’un vaisseau. Les parties qui font fur le pont d’enhaut, font les hauts ; celles qui font dessous , font les bas. On dit: (Nous apareillons pour le combat, & nos Charpentiers font distribuez par les hauts & par les bas.) Bits le paviL ion; c’est abaisser le pavillon, pour saluer plus puissant ; c’est aussi le signe,que l’on veut se rendre. BAS. [Alvusf\ Le fondement de la personne. (Dévotement par haut & par bas. ) BAS , f m. f Tìbìale. ) Chausses dont on fe couvre les jambes. (Bas à étrier. Bas de foie. Bas de laine. Bas de la Chine. Mettre ses bas, chausser ses bas, tirer ses bas. De bons bas , des bas fins, de gros bas, de médians bas. Il fe fait un grand trafic de bas de laine & de foie à Dourdans. Ce commerce de bas y fut introduit en içóo. & l’on dit que Monsieur de Guise contribua fort à cela ; auparavant on n’y fai- soit que des bonnets. L’Ecornai , Histoire des Dourdans.) (f On dit qu’Henti II. ne voulut jamais porter des bas de foie , quoique la mode eût commencé fous Charles VIII. après íbn volage de Naples. _ f BAS au tricot, 011 bas brochez, bas à Léguiste. Ils se font avec des longues éguilles, ou petites broches de fer, ou de leton poli , qui en fe croisant les unes fur les autres , entrelassent les fils , & forment les mailles dont les bas font composez ; ce qui s’apelle tricoter , ou brocher les bas , ou les travailler à Léguiste. On prétend que l’invention du tricot est duë aux Ecossois, parce que les premiers ouvrages au tricot qu’on a vûs en France , venoient d’Ecosse. H bas au métier , se manufacturent par le moïen d’une machine de fer poli , très-ingenieuse , & d’une construction fort composée. Les Anglois fe font attribué Lhonneur de cette invention ; mais on assure qu’un François inventa cette machine , & que n’aïant pû obtenir à Paris le privilège qu’il demandoit , il passa en Angleterre , où il fut magnifiquement récompensé. Savary. H BAS d’ejìame. Ces bas fe font avec du fil de laine très-tord , que l’on nomme fil d’estame ou fil d’estaîn. Ces bas font fort ras , n’aïant point été tirez avec le chardon. f BAS drapez , ou foulez. Ce font des bas fabriquez avec de la laine un peu lâchement filée, que l’on apelle fil de trente, & qui ont passé par la foule. On en tire le poil avec le chardon , ce qui rend la superficie de ses bas semblable àl’étofe, qu’on apelle drap de laine. ï BAS à étrier. Ce sont des bas coupez par le pied, qui ne servent qu’à couvrir la jambe & à la garent!r du froid. Cecíe espece de bas ne se met que sous un bas à pied. ch BAS d’attacbe. C’est une forte de bas qu’on at- tachoit autrefois au haut des chausses avec des rubans ou des éguillettes. Ces bas d’attache ne font plus d’ufage. BAS de foie , f. m. [ Manica. ] Terme de Mer. Barres de fer, où il y a des fers , pour mettre aux mains & aux piés de ceux qui fe gouvernent mal. ( Donner les bas de foie à quelcun. Fourn.) BAS , adv. [ Tacite. ] Doucement, & d’une maniéré qu’on n’entende qu’à peine. ( On dit tout bas, mourra-t’U, ne mourra-t’ii pas ? Voiture Po'ést) BAS 21 5 BAS. [Arma deponere.J Parterre. (Ils jetterent les armes bas. Abl. Arr. I. 1. Mettre les armes bas. Vaug. nouvelles Remarques. C’est quitter les armes.) stf BAS. Malherbe aimoit fort le terme , bas ; il s’en fervoit en plusieurs sens : Un jour qui n’ejì pas loin , elle verra tombée La troupe qui l’assaut , £cf la veut mettre bas. Larmes de S. Pierre. Dans fa profopopée d’Ostende : Et fait émerveiller tous les yeux de la terre , De voir que le malheur ne m'ose mettre bas. Dans l’Ode fur la bienvenue de la Reine Marie : Qu’il lui fufife que R Espagne , [fc. A mis lire , U les armes bas. Et Beys , dans une Ode fur la naissance du Roi : Et les Dragons qu il mit à bas, Furent les jeux de son enfance. Bertaud, dans son Enéide : Les Dieux jetterent Troye son Empire à bas. Malleville , dans un Sonnet fur la mort du Roi Gu. stave : Depuis le coup fatal dont je fus mis à bas. Cependant tous ces exemples ne m’obligeront point à tolérer Lissage du mot , bas , que dans fa signification naturelle ; car toutes ces phrases font aujourd’hui trop basses. A peine foufre-t’on , mettre bas les armes , ou, mettre les armes à bas. II me semble que si Lon veut se servir de cette faqon de parler, mettre bas les armes , est plus doux, & sonne mieux que mettre les armes à bas. Au reste , on dit fort bien, en parlant de quelque bête femelle qui a fait des petits , qu 'elle a mis bas. Mettre bas. [ Parere. ] Faire des petits. (La chienne a mis bas.) BAS. [ Inclinata faim , fortuna. J Au bas. • ( Sa maladie La mis 6ien bas.) H Ras , mettre bas. On dit qu’un Manufacturier a mis bas une partie de fes métiers , pour dire, qu’il en a retranché plusieurs , à cause du peu de débit de fes marchandises. On dit absolument qu’une manufacture , ou Fabrique , est bas , ou à bas , pour dire , qu’il n’y a plus d’ouvriers , que le travail en est tout-à-fait cessé. H BAS à homme , Bas à femme. On donne ces noms à certains papiers très-communs, dont les Marchands Bonnetiers fe fervent pour empaqueter leurs marchandises. A bas. [ Dejeclus. ] Par terre. II y avoit déja deux tours à bas. Abl. Arr. I. 1. (Voilà le Marquisat à bas. Mol. préc .) Ici-bas , là-bas , adv. * Ici-bas , adv. Dans ce monde. ( II n’est rien ici-bas qui par fes bontez nc subsiste. Mol.) * Faire main-baffe fur les ennemis. C’est-à-dire, tuer par tout, ne donner point de quartier. Le bas-bout d’une table. [Lochs infimrn. jj C’est le côté le moins honorable. BASANE , bazane st fi [ Aluta. j] Peau de mouton tannée, & travaillée par le peaucier , de laquelle ou fe sert pour couvrir des Livres. ( Livre couvert de bazane. BASANES tannées , ou de couche, font celles qui ont été étendues & couchées de plat dans la fosse au tan, où on les laisse moins de teins que les peaux de veau. On les emploie d’ordinaire à faire des tapisseries de cuir doré ; & autrefois on s’en fervoit à faite de talons de soulier. f BASANES coudrées , sont des basanes qui n’ont été que rougies dans Leau chaude avec le tan, après avoir été pelées & plainées par le moïen de la chaux. f BASANES chipées , font celles , qui après avoir trempé un certain tems dans la cuve , font cousues tout autour. On les remplit de l’eau de la cuve, & on les remué fortement pour bien faire pénétrer le tan ; ce qui s’apelle chiper les peaux , d’où elles ont pris leur nom de basanes chipées. £ BASANES passées en mefquis , font celles qui font aprêtées avec le redon, au lieu de tan. On les teint de diverses couleurs. BASANES, qu’on nomme Aludes, font pour Lordi- naire teintes en verd & (n violet. On les apelle Alu- des, 2i 6 BAS des , à cause de l’eau d’alun qu’on emploïe dans les aprêts qu’on leur donne. BASANE', basanée , adj. [Fusant , subniger. ] Halé. Brûlé. (Avoir le teint basané.) Les troupes basanées. Mots burlesques , pour dire, les Espagnols. BAS-BORD , f m. [Latrnsimstrutn.'] Terme de Mer. C’est le côté d’un vaisseau qui est à main gauche, au regard d’un homme qui, étant à la poupe, fait face vers la proue. (Faire,,feu du bas-bord.) 11 est oposé à jstribord, qui est le côté droit du vaisseau. ís BAS-BORDS. On apelle ainsi la partie de I’équi- page qui doit faire le quart de bas-bord. Aubin. On dit d’un vaisseau qu’il est haut-bord , ou de baut- bord. Vidiez Bord. Terme de Mer. BASCULE, f m. [TollenoP] Machine qui n’est souvent que de deux pièces de bois, soutenues par le milieu fur un essieu, de forte que lors qu’on pose sur l’un des bouts, l’autre hausse. BASCULE de Pont-levis. [Cratitia porta sufpensa quœ modò sublevatur , tnodò in deorsum agitur.j} C’est le contre-poids d’un Pont-levis, & qui sert à le lever. II y a plusieurs sortes de machines à bascule. BASCULE de contoir. [Lamina tollenonh instar suspensif] Petite plaque de fer qui hausse & baisse sur les contoirs des Marchands, & par où l’on jette l’ar- gent qu’on reçoit, dans le contoir. BASCULE de moulin a vent. C’est une piéce de bois qui abat le frein du moulin, & qui sert à l’arrêter. BASCULE pour jettes des grenades, [Fulmentumf] Machine pour jetter des grenades. BASE, /• /• [Bass , Fulcrumf] Ce mot est Grec, & il signifie en général tout ce qui sert de soudent à quelque corps qui est posé dessus. BâSE. [Bqfîs triangulif] Terme de Géométrie. II se dit de la ligne sur laquelle la figure est posée, & du côté sur lequel un corps est apuïé. (Tout côté d’un triangle peut être pris pour la base- ; c’est-à-dire, qu’on peut concevoir qu’un triangle est posé , sur lequel de ses trois cotez que l’on voudra. Le côté d’un triangle oposé à un angle droit, se nomme particulièrement base, ou hipotenuse. La base d’un cube : c’est le quarré sur lequel il est posé. La base d’une piramide, & d’un cône, c’est le côté oposé à sangle du sommet. La bâse d’un cilindre, c’est le côté sur lequel il est dressé. (On dit, couper la bâse ; prolonger la bâse ; tirer une ligne sur la bâse.) BâSE. [Basisf] Terme d’ArchiteHure. C’est généralement tout ce qui sert dc prémier fondement hors du rez de chaussée, pour soutenir un bâtiment ou quelques-unes de ses parties , le pié ou le fondement de quelque corps. La bâse d’une colonne. C’est la partie de la colonne qui est au-dessous du fût, & qui pose sur le piédestal, lors qu’il y en a. Le piédestal a aussi fa bâse. 11 y a autant de sortes de bâses de colonnes qu’il y a de divers ordres d’Architecture, à la réservé du Dorique, qui n’a point de bâse particulière. On dit, en terme de Fortification. La bâse d’un rempart, d’un parapet, &c. 0 BâSE des sabords. C’est le cordage qui est entre la préceinte, & le bas des sabords. Aubin. * BâSE. [ Fundamentum , columnaf] Principe. Fondement. (La doctrine des opinions probables, est la source & la bâse de leur dérèglement. Pas. I. ç. Lui seul de la nature est la bâse & l’apui. Dtjp. Jat. F. La Religion & la pieté sont la bâse la plus solide de l’hon- nêtetè. S. Evrem. t. 6. Cette vérité est la bâse de tout son discours.) BâSE. [Pars précipita.] Terme de Médecine. II signifie le principal ingrédient qui entre dans une composition. Le citron est la bâse du sorbet. Le cacao est la bâse du chocolat.) Les Anatomistes disent auffi, la bâse du cœur , qui est fa partie supérieure & la plus large, oposée à la pointe. î BaSE. Terme de Botanique. C’est le bas des feuilles, ou des tiges. On l’apelle aussi la naissance des feuilles. í BASIGLOSSE. Terme d'Anatomie. On donne ce nom a un des muscles de la langue, qui sert à la tirer vers le fond de la bouche. Ce muscle prend son origine de la base de l’os hyoïde, & sc joint à la racine de la langue. BAS f B ASILAIRE , adj. Terme d’Anatomie. L’os bas/aire est placé au haut de la bouche, & on l’apelle auffi los du Palais. BASILIC, s m. [Basilscus.] Dragon qui porte une maniéré de couronne lur la tête, & qui par son fiflement épouvante les autres dragons. II ales yeux extrêmement rouges, & est d’une couleur jaune tirant fur le noir. Il aime les marais, & vit de grenouilles, de couleuvres, & d’autres animaux. II tue les vaches. Son soufle est fi dangereux, qu’il fait mou- ri r les herbes & les arbrisseaux qui en font ateints. Jonsion. (Fiers dragons , Basilics brûlans , Qui dans vos yeux étincelans Partez un venin redoutable, Louez l’Auteur de l’Univers. Godeau, Ps.) Les Anciens ont dit des choses extraordinaires du basilic. Mais il y a plusieurs Modernes qui croient que le basilic est un serpent fabuleux. * BASILIC, f m. On donnoit ce nom aux plus gros canons, qui portoient 160. livres de baie. BASILIC. [ Ocimum. ] Plante odoriférante, qui craint le froid au prémier dégré, & qui fleurit en Juillet, Août, Septembre & Octobre. II y en a de plusieurs sortes. BASILICON , f- »>. [Tetrapharmacum.] Terme de Pharmacie. Certain onguent, c’est-à-dire roïal, à cause de ses vertus & de ses fréquens usages. Les Chirurgiens l’apellent ordinairement supuratif, parce qu’ils s’en servent à faire supurer les plaies. BASILIQUE , f f [ Basilica.] Ce mot vient du Grec. Sale à deux rangs de colonnes qui faisoient une grande nef au milieu avec deux ailes à côté, & , deux galeries. Les Rois rendoient justice dans ces Basiliques. On a auffi apellé Basiliques , les Eglises & les Temples. Perraut, Vitruve. (Constantin aïant embrasse le Christianisme, ne voulut point faire graver son nom sur les Basiliques qu’il fit bâtir. Le Mût. plaid. n. p. 244.) BASILIQUE , f f. [Basilica.] Terme de Médecin. C’est une veine qui naît du rameau axillaire , qu’on nomme auffi hépatique , ou jecoraires c’est-à-dire, du foie, qui va le long du bras. Elle a deux rameau, l’un décend le long du grand fàucile, & l’autre le long du petit, & dont les petites branches s’étendent jusques aux doigts de la main. 11 y en a deux; l’une se nomme la superficielle, ou Joui cuirs & l’autre, la profonde. ê BASILIQUES. Les Jurisconsultes donnent ce nom à une collection des loix Romaines traduites en Grec. On croit que l’Empereur Léon le Philosophe fit ce recueil, quoi qu’il en ait cédé l’honneut à Basile son père, qui avoit commencé à faire travailler à la version Greque des loix Romaines. Cet ouvrage étoit partagé en soixante livres, dont dix-neuf ont été perdus. Mr. Fabrot a taché de les rétablir dans l’Edition Greque & Latine des Basiliques qu’il publia en 1644. en 7. vol. in folio. BASIN , f m. [Tela ex filo xilino texta. ] Toile pour faire des camisoles. C’est auffi une espèce de futaine faite de coton. BASOCHE, f fi Volez BAZOCHE. BASQUE , f f [Tboracis scutulaf] Petite partie d’étofe qui est au bas du corps du pourpoint, & où il y a des oeillets. Atacher les basques du pourpoint. Î1 y a des basques au bout du corps de jupe des Dames.) (g BASQUE de pourpoint. Elles ne sont guéres plus en usage. M. Huet a remarqué que l’on pou- voit croire que ce mot vient des Basques, qui portoient des pourpoints : mais il soupqonne qu’il peut être corrompu de Tasques, qui signifie bourse, les basques aïant été prémiérement des bourses que l’on atachoit aux pourpoints. BASQUE. [TeHoruniscutuLc.] Terme de Plombier. Piéce de plomb au droit des arêtiéres , & fous les épis ou amortissemens. Elle sc nomme basque, parcs qu’elle est coupée en forme de basque. Félìbìen. BASQUE , adj. [Vasczts, cantaber. ] Qui est de Bis- caïe. (C’est un Basque. Aler du pied comme un Basque. Prov.) BAS- BAS \ BAS 217 BASQUE, s. m. [Vascorum idionta.] Langage qu’on parle dans la Biscaïe & dans la baffe Navarre. BAS-RELIEF , sl »». [.Minora figilla.'] Ternie de Sculpture. Ouvrage qui ne parole pas entier, & qui est ataché à son fond. BASSE , s f- [Lochs aqua. deprejforí] Terme de Mer. C’est un fond mêlé de sable, de roche, ou de pierres, qui s’éléve fur la surface de seau. On apelle auffi ces baffes, batures ou brisant , & principalement lors que la mer y vient briser de baffe eau. (L’en- trée du port étoit étroite & dangereuse à cause des bancs & des baffes qui s’y rencontrent. Sarasin, fiége de Dunquerque. Se tenir loin des baffes. Naviger parmi les baffes. A tirer les vaisseaux ennemis dans les batures. Se tenir loin des batures. Sortir heureusement des baffes.) BASSE , f. f. [ Gravier , inius fontes. Terme de Musque. C’est la partie la plus baffe de la Musique, qui sert de fondement aux autres parties, & fur laquelle toutes les autres font bâties ou composées. (Faire la baffe.) BASSE , f. f. Terme de Musque. C’est le Musicien qui fait la basse. (Monsieur est une baffe.) BASSE, f. f. [Sont gravis rnufleum organum.} Terme de Lutter, & de certains Joueurs d’injìrumens de Musque. Le mot de baffe se dit en parlant de viole & de violon. C’est une sorte de viole, ou de violon, qui fait la partie de musique qu’on apelle baffe. (Toucher la baffe.) BASSE-CONTRE, f. f. Terme de Musque. Ce n’eft proprement que la baffe, qui est apellée basse- contre, parce qu’elle peut être diférente de la baffe- continuë, selon la volonté du Musicien , & alors on peut dire que c’est la partie la plus proche de 1a basse. (Faire la baffe-contre.) BASSE-CONTRE , f. f. [Gravìorum partium cantor.~\ Terme de Musique. C’est le Musicien qui fait la bas- se-contre. (Monsieur un tel est une baffe-contre. La baffe-contre à Potier plût 11 fort, que.) BASSE-TAILLE , f. f. [Sont fitbgvavk organum pul- fare.'} Terme de Musque. C’est la partie qui est entre la baffe & la taille ordinaire. (11 n’a point de voix pour chanter la haute-taille, & on le met à la basse- taille. Chanter la baffe-taille.) BASSE-TAILLE , f. f. [Sont jubgravis cantor .2 Terme de Musque. C’est le Musicien qui chante la partie qu’on apelle baffe-taille. (Monsieur est une baffe- taille.) BASSE-TAILLE , C Sont subgravis infrumentutn. J Terme de Lutter , & de Joueur de viole. C’est une forte de viole moins grosse que celle qu’on apelle baffe. (Toucher la baffe-taille.) $ BASSES voiles. C’est la grande voile & celle de Miséne. BASSE-COUR , f. f. [Area poflicaf] La cour du Logis où sont les volailles. (§ BASSE-COUR. Plusieurs Coutumes acordent à l’aîné la baffe-cour du château , pourvu qu’elle soit contiguë au manoir principal. Paris, art. 15. La baffe- cour est, ou la première cour dans laquelle font ordinairement les écuries, ou c’est une cour destinée pour la retraite du bétail, ou pour l’entrepôt des instrumens d’Agriculture. Vitruve, lib. 9. cap. 9. a fait mention de ces sortes de cours : Cbortes , magnitudinesque ea~ rum , acl pecorum númerum , atque, quot juga boum optts fuerit, ibi verfari, ita finiatur. Bernardin Baldus ra- porte dans son Dictionnaire sur Vitruve, cet endroit de Novius Marcellus : Çbors villarum intra macertam , jjiatium. Brodeau fur Paris , dérive le mot cour de cortis ou de curtis, & non de chors. II dit que la baffe- cour est la cour de la cour, 011 la seconde cour, apro- priée aux granges, étables & écuries, & à la ménagerie , & il ajoûte, que les tenues d ’accint , pourpris & préclòtures , dont les autres. Coutumes se sont servi, comprennent la baffe-cour, & que tous les bàtimens qui font construits dans la baffe-cour, apartiennent à saine, lans aucune distinction. t BASSE, f f Mesure dont on se sert en quelques lieux de í’italie, pour les liquides. í BASSE-E'TQFE. Ternie de Potier d’étain. C’est une composition Faîte en partie de plomb, & en partie d’étain. On l’apelle auffi petite étofe , claire étofe & claire soudure. BASSEMENT , «à [Humiliter, demijfé.J D’une maniéré baffe. II est ordinairement au figuré, & il s« dit en parlant du stile, des pensées & des mœurs. Peu noblement. (Agir bassement comme les avares, S’exprimer bassement.) (f (Nais on ne doit pas dire avec Malherbe : Et dire bassement, ò fogejfe étemelle , Titre tout bas, & non, dire bassement. BASSEMENT, adv. [ Ignobiliter. 3 U se dit de ta naissance ; & veut dire peu glorieusement, d’une maniéré peu illustre. (II faut bien se garder de mépriser ceux qui sont nez bassement, on ne le sauroit faire sans injustice, ce n’est point leur faute. S. Evremont.) * BASSESSE , /. f. [Humilité, viliusf] Ahaiffement d’une personne. Etat bas & obscur, (lst ne cessaient de ravaler ce Prince à cause de sa bassesse & de sa pauvreté. Vaug. Quint. I. 4 , c. 1. j’ai trop de sincérité pour nier la bassesse de ma naissance. Star. rom , Leur grandeur n’eft ,que bassesse.) * BASSESSE. [Stylus demijjìts, humilis oratio ,3 Ce mot se dit du langage, & il signifie qui n’a nulle beauté , nulle noblesse. Maniéré de s’exprimer baffe & rampante. (Quoi que vous écriviez, évitez la bassesse. Tejfreaux.) 0 Le même Auteur a dit, dans fa Traduction de Longin, ch, I. en parlant du Traité queCécilius avoir composé sur le sublime : Nous trouvâmes que la bas fejjé de son file répondait assez mal à la dignité de son sujet. Mr. 'ûacier a prétendu que Longin a voulu dire, que le Livre de Cécilius étoit trop petit par ra- port à son sujet : mais Mr. Boivin, grand Grec, a aprouvé la Traduction de Mr. Despreaux. O11 dit fort bien, un file bas £5? rampant. * BASSESSE , f. f. [Abjeflio animi.j} C’est ce qui est oposé à élévation. Ce vers se sent toujours des bassesses du cœur. Defreaux. Bassesse d’ame, de courage, de naissance, &c.) * BASSESSE. [Ignavia, dedecm.J Lâcheté. (Faire des bassesses.) ff BASSES-VOILES. On apelle ainsi la grande voile, & celle de miséne. Quelques-uns y ajotìtent s artimon,, qui ni doit pas être compris , quand on dit, amarrez les bafses-voiles ; car l’artimon n’a point dé couets. Bajfi.eau , c’est quand la mer est retirée , & qu’elle a refoulé. BASSET , adj. [Homo satura brevìork.] Qui est un peu bas. Ce mot n’est presque en usage que quand on parle d’un homme qui est d’une taille médiocre, & qu’on dit par exemple ; cet homme a bonne mine, mais il est un peu basset. BASSET , f m. f Canis brevtoribus tibik. 3 Terme de Veneur. Ce mot se dit d’un chien qui est d’une petite taille, & qu’on nomme auffi chien de terre, parce qu’il est propre à chasser en terre. BASSETTE , f. f. Sorte de jeu de cartes qui est venu de Venise en France, environ l’an 167g. mais qui n’y fut pas long-tems en vogue. C’est une maniéré de Lansquenet, auquel peuvent jouer deux, trois, ou tant de personnes qu’on voudra. Chaque joueur choisit une carte, fur laquelle il couche l’argent qu’il veut jouer. Ensuite le Banquier ou le Tailleur qui tient à la main un jeu de cartes entier, les mêle , en prend une , dont il coupe , ou taille les autres , puis il les tire deux à deux : Si la première des deux cartes est celle où il a mis son argent, il perd, sinon il gagne. (Justiniani est lé premier qui a fait conncítrc la Bassette en France. Préchac en a fait un petit discours. Jouer à la bassette. Gagner ou perdre de l’argent à la bassette.) Les mots de bassette sont le banquier ou tailleur , alpin, face, livre, leva, pose, p a. roli , &c. f BASSICOT,/ M. Espèce de cage de charpente , ouverte par en haut, dans laquelle on met le: masses de pierre, qui se tirent des ardoisieres d’Anjou, BASSIERE. Votez BESSIE'RE. BASSIN , f tn. [ Pelvk. 3 Grand plat rond ou ovale & peu creux, dont on se sert pour laver les mains, & pour parer des bufets, BASSIN. [Lanx , cat'mus. 3 Grand plat à mettre fur la table, fur lequel on sert plusieurs viandes ou plusieurs fruits en piramide , & sor lesquels on met des affrètes de divers mets, ou de confitures. ( On a servi tant de bassins à ce repas. ) BASSIN. Grand vaisseau de cuivre fort plat, qui sert aux Rôtisseurs à porter leurs volailles lardées. Trn. L Ls BAS- / 2 18 BAS BASSIN à barbe. [ PelvU tonsoria. ] Ou bassin de Barbier. Plat creux avec une gorge , dont on se sert pour faire la barbe. BASSIN. Terme de Chapelier. Plaque de fer ou de cuivre pour fabriquer un chapeau. BASSIN de fontaine. [Crater.] Espace rond, ou demeure Peau de la fontaine. On nomme aussi bassin , le lieu où l’on requit & reserve les eaux des sources qui doivent servir aux fontaines jalillantes. C’est aussi un grand réservoir d’eau pour entretenir les canaux & les écluses. BASSIN. [Alveusì] Ce mot se dit aussi d’un port. (Le port de Dieppe n’est pas considérable , parce que son bassin est trop petit.) C’est aussi l’endroit d’un port où l’on radoube les vaisseaux. BASSIN. [ Infundibulum.l Terme $ Anatomie. On donne ce nom à quelques cavitez qui contiennent quelques parties en divers endroits du corps. î * Cracher au bajjìn. Proverbe pour dire, donner quelque chose contre son gré. BASSIN de chambre , ou bajjìn de chaise percée. [La. sanum , scaphiumfj BASSIN à queue. Bassin dont les malades se servent dans le lit lors qu’ils font fort abatus. BASSIN de balance. [Lanx.J Cuivre façonné en forme de plat creux & fans bord, ataché avec des cordes, dont on se sert pour peser. t BASSINS de balance. Les Astronomes donnent ce nom a deux étoiles lumineuses qui font dans le signe de la balance ; l’une placée au septentrion, & l’autre vers le midi. BASSIN. [Crater.l Petite tasse ronde & creuse, ou les aveugles des Quinze-vingts à Paris reçoivent les aumônes qu’on leur fait. * BASSIN. [ Mortarium .] Terme de Maçon. Ce mot est figuré, & veut dire un rond de chaux, ou de mortier, qui a des bords, & est un peu creux, où avec l’outil qu’on apelle rabot, les Maçons détrempent de la chaux ou du mortier. (On dit, il faut vite faire un bassin pour y raboter cette chaux ou ce mortier, ou pour les y détremper ou délaïer. H BASSIN. Les Botanistes emploient ce terme dans la description des fleurs , dont la figure aproche de celle du bassin. $ BASSIN. Terme de Commerce. On dit en Hollande vendre les marchandises au bassin, lorsqu’on les vend dans un cabaret au plus offrant, & au son d’un bassin. BASSINE , s. f. [PelvhJ] Bassin large & profond, espèce de chaudière à deux ances , que les Chimistes & les Apoticaires mettent fur des fourneaux pour faire toutes sortes d’infusions & de décoétions. (Une grande ou petite bassine.) BASSINER, v. a. [ Lecíum tepefacere. J Echauffer avec la bassinoire. (Bassiner un lit.) t BASSINER une plaie , [f c. [Abluereì] C’est l’é- tuver avec quelque liqueur pour la rafraîchir, ou pour la nétéier. BASSINER, v. n. [Leviter a/pergere , rigareì] Terme de Jardinier. Arroser légèrement. (Bassiner une planche. Quint.) BASSINET ,/ M- [Ranunculm.il Fleur sauvage qui fleurit jaune. BASSINET double. Fleur jaune qu’on cultive. BASSINET double. Fleur jaune qui vient dans les prez. BASSINET. Terme d 'Orfèvre. La partie des chandeliers d’Eglife qui est en forme de petit bassin , où tombe la cire des cierges qui font allumez. BASSINET. [Sclopi alveo/us.) Terme d’Arquebusier. La partie de Parme à feu où l’on met Pamorce. BASSINET, J', m. [Cassis, galea.J Ce motfe disoit autrefois pour signifier un chapeau de fer que por- toient les hommes d’armes. BASSINET. Terme d 'Anatomie. C’est une petite «avité qui est au milieu du rein. BASSINOIRE , /■ f. [ Vas excalfaBorium. ) Instrument qui est ordinairement de cuivre , & quelquefois d’argent composé d’une queue, d’un couvercle & d’un corps rond & creux , où l’on met de la braise pour chauler le lit. (Une bassinoire toute neuve.) BASSON, f. m. [ Gravìorh fini tibia. J Instrument de musique à vent & à anche , qui est fait de bois, & est long de quatre piés , qui fe démonte & qui sert de basse aux concerts de flûtes, de hautbois & de mu- BAS settes. Le basson a deux clez , deux viroles & un cuivre au bout duquel on met l’anche lors qu’on veut se servir du basson. Un bon basson vaut bien quatreou cinq pistoles. (Hauteterre fait des bassons , & montre à jouer du basson & de tous les instrument à vent.) BASTANT, àe, adj. [Quodsujjìcit , quod satis eji.l Quifufit, qui contient, qui contente. Les vivres ne font pas baftantes pour me nourrir. Les raisons ne font pas ballantes pour me persuader.) Cela ne se dit guéres que dans le stile comique & familier. BASTE ,s m. Terme de Jeu d’ombre , qui signifie l’as de trèfle. (Le balte me vient souvent, mais c’eft un fourbe qui m’éngage mal-à-propos , & qui me fait faire la bête. S. Evr. œuvres mêlées , pag. 442.) f BASTER, v.n. [ Sujsicere .] Ce mot signifie fifre, mais il n’est proprement en usage dans ce sens, qu’à la troisième personne du subjonétif. Ainsi on dit, en parlant familièrement, ou dans le stile le plus bas, base , pour dire ilsufit , c’st ajse2. Prononcez 1/ de ce mot bajìer , & des autres qui suivent. * BASTER. [Benê Jlare , procedere féliciter .] Réussir. (Lambris, qui voit des siens baster mal les afaires. Sa. rajin , défaite des bouts-rimez , chant. 3. (f BASTERNE , de bajìerna , terme de la basse latinité, & que le P. Daniel a emploie dans la vie de Clovis, fans expliquer précisément quelle espèce de voiture c’étoit. 11 dit que Gondebaud aïant fait comp. ter une grosse somme pour la dot de sa nièce Clothilde, il la fit partir dans une espèce de chariot que l’on apel- loit une bajterne , &c. & il remarque à la marge , que cette voiture étoìt tirée par des bœufs , pour aler plus doucement. Je ne trouve point que la basterne fût traînée par des bœufs : mais on voit en plusieurs endroits, qu’elle étoit portée par des mulets ,& quelquefois par des esclaves. Ce que l’on peut assurer, .c’est que la basterne étoit, 1°. une voiture dont on fe servoit dans les volages : 2°. que les femmes s’en Ter- voientplus ordinairement que les hommes: 3°. qu’elle étoit close & enfermée, sans doute, pour garentir les femmes du hale & de la poussière : 4 . que l’on y étoit mollement couché ou assis : & enfin qu’elle étoit portée par des mulets ; d’où il me semble que l’on peut conclure que bajìerna étoit ce que nous apellons une Iitiere. Pour justifier toutes choses , il faudrait citer un grand nombre d’Auteurs : mais je me contenterai d’indiquer Mr. Du Cange , dans son Glossaire , v. Bajìerna , Rosweid, in OnomaJlic. Vitar. Sanlíor. & Alstorphius, dans son Traité de letfis Ff lefíicis veterib. on y trouvera de quoi se satisfaire. Mais pour donner seulement une idée de cette espèce de voiture, je reporterai ici les termes d’Isidore, lib. 20. Orig. cap. r 2. Bajìerna , vehìculum itineris , quasi via jlerna , mollibus jlramentis est fojita , à duobus animalibus deportatur. BASTIDE,/ - /. [Boums , villas Vieux mot qui signifient autrefois une maison , & qui est encore en usage en Provence. (On compte cinq à six mille bastides autour de Marseille.) BASTILLE , s f. [Cajlrum , caftellum defmewAis reû.J C’est le nom d’un Château de Paris, qui est fortifié à l’antique , & où l’on met des prisonniers d’Etat. (11 ne branle non plus que la Bastille. Proverbe trivial pour dire, il est ferme & inébranlable.) BASTINGUE, bajtingure, bafiinguere. C’est la même chose qu e pavois, ou pavefade. ff BASTINGUE. La lettre f. fe prononce. C’est une bande d’étofe ou de toile , que l’on tend autour du plat-bord des vaisseaux de guerre, &qui est soutenue par des pièces de bois mises debout, que l’on apelle pontifies , afin de cacher ce qui se passe sur le pont, pendant le combat. BASTION,/ m. [ Propugnaculum .] Grand corps de terre élevé, soutenu de muraille, de. gazon, ou de terre batuë, & disposé en pointe sur les angles saillans du corps d’une place, avec des faces & des flancs qui fe défendent les uns les autres. (Ataquer, botre, insulter , prendre un bastion , fe loger fur un bastion, atacher le mineur à la face d’un bastion.) BASTION plein, ou solide. C’est un bastion qui est tout rempli de terre , fur lequel on peut combatre & s’y retrancher. BASTION vuide. C’est un bastion qui n’a qu’un rempart avec son parapet, le long de ses faces & de ses flancs , & dont le dedans est creux & vuide. BASTION double. On le nomme ainsi lorsqu’il y en a deux l’un dans l’autre. BAS- 1 BAT BASTION fiat, C’est un bastion mis au devant d’u- ne courtine , dont la gorge est fur une ligne droite , au lieu que les bastions se mettent ordinairement sur les angles de la place , & que les deux demi-gorges forment cet angle. BASTION coupé. C’est un bastion qui a un angle rentrant à fa pointe , & qui est fait en tenaille. On fait des bastions coupez , lorsque b rencontre des deux faces prolongées feroitun angle trop aigu. Demi-Bafìion. Cet ouvrage n’a qu’une face & qu’uil flanc, & de l’autre côté une longue ligne, loríqu’il est seul ; comme aux deux cotez d’un ouvrage à cornes. On joint quelquefois ensemble deux demi-ba- stions ; de forte que leurs cotez font un angle rentrant ; & alors ils forment une espèce de bastion coupé. f BASTION de France. C’est rétablissement que les François ont fur 1 a côte de Barbarie , près des fonds où fe fait la pêche du Corail. BASTIR, D. n. Terme de Chapelier. Former un chapeau avec des capades. t BASTONNABLE, adj. {Dignusfujlibw.~] Mot burlesque , pour dire, qui mérite des coups de bâton. (Le héros de son roman est trés-bastonnable. Bear. Pots. ) BASTONNADE, s. f. {Fusih iflus , fustuarium .] Coups de bâton. II vient de l’Efpagnol bajlonade.. (C’est une calamité à bastonnades. Façon de parler baffe & figurée , pour dire que celui dont on parle , s’atire souvent des coups de bâton.) t BASTONNER, v. a. [ Fuflibm cœdere. ] Donner des coups de bâton. (Sa bosse est souvent bastonnée. Main. Pots.) BASTUDE. ; Espece de filet dont on se sert pour pêcher dans les étangs salez. BâT, ou Bafl , s. m. {Clitellast] Prononcez ce mot long. II signifie une maniéré de harnois qu’on met fur le dos d’une bête de somme avant que de la charger , & qui est composée d’un bois qu’on apelle fût, d’un panneau , & de deux crochets. C S ufit, vous savez bien ou le bât me fait mal ; c’est-à-dire , ce qui me choque & qui m’irrite.) í BAT,s- ra. C’est la queiie du poisson, ainsi nommée, parce qu’il s’en sert pour battre l’eau. Le grand poisson de rivière & d’étang se mesure entre œil & bat. BAT AIL, s r». Voïez Batant. , BATAILLE, si si {Pralìuni , vert amens] Combat réglé prémédité de deux armées ennemies. (Présenter , livrer , donner la bataille. Ofrir, ou refuser la bataille. Bataille illustre , célébré , fameuse , heureuse , malheureuse, infortunée. La bataille de Cannes fut malheureuse pour les Romains. En 1316. Les An» glois gagnèrent la bataille de Poitiers fur les François, & prirent le Roi Jean prisonnier. Froijsiard, t. 1. Sous le règne de Henri II. les Espagnols emportèrent la bataille de S. Quentin sor les François; & en 1654. les François celle de Rocroi fur les Espagnols.) (§ Entre bataille & combat , on doit mettre beau- coup de diférence. Bataille est toujours précédé de quelque préparation ; c’est une action plus générale. La bataille de Rocroi fut résolue le jour auparavant, & elle fut donnée presque par les meilleures troupes de France , & d’Espagne. Le combat est souvent imprévu. On ne dit point , la bataille des taureaux : mais on dit, k combat des taureaux des coqs , Uc. Le mot bataille est souvent suivi du nom du lieu qui dénote faction : la bataille de Fleurus , de Coutrcu ; parce-que faction a été grande, & générale, & par conséquent , ce que le mot combat n’exprime pas suffisamment. BATAILLE. [_Acies.'j Les troupes qui composent le milieu d’une armée en état de combat. ( La bataille des Indiens fut rompue. Vaug. Quint. I. z. c. 14. On la nomme aussi le corps de bataille. BATAILLE. {Acies ad pugnam comparata.J Armée rete à combatre. Troupes rangées en état d,e cornac. (II donna beaucoup de hauteur à fa bataille. Abl. Arr. L 1. Marcher en bataille avec le bagage au milieu. Abl. ret. L 5. Marcher en bataille fur quatre fronts. Abl. ret. I. 5. Mettre , ranger une armée en bataille. Abl. Rompre une bataille. Choquer une bataille. Quint. Cure. L 8- ch. 14.) BATAILLE rangée. C’est un combat auquel on a le BAT 219 loisir de ranger les armées en bon ordre des deux cotez. BATAILLE navale, f Pugna navalU. J Combat sor mer , ou le choc de deux ilotes ennemies , rangées en plusieurs escadres. Le Champ de bataille . {Lochs prœliij C’est obliger f ennemi à se retirer du lieu où la bataille a été donnée. Le Champ de bataille demeure ordinairement au victorieux. Un cheval de bataille. {Equus bellator .] C’est un cheval fort & adroit, qu’on reserve pour s’en servir dans les combats. f * BATAILLE. Combat. Assaut. (Ses charmes ont livré _à mon cœur une horrible bataille. Lésina - rais , visi.~) BATAILLE', ée , adj. siClavatui, tudiculà instruft/tssi Terme de Blasion. Qui fe dit d’une cloche "de métal avec son batail d’une autre couleur. ( Debellegarde porte d’azur à une cloche bataillée de fable ; on dit aussi batelée.) . t BATAILLER , v. n. [ Pagnare.J II signifie cóm. batre; mais il n’est plus en usage, & ne se dit qu’en cette façon de parler assez basse : II m’a falu long-tems batailler avant que d’obtenir ce que je demandois; c’est-à-dire , qu’il y a eu de grandes contestations. BATAILLON , si. m. [ Agmen.J Corps d’infanterie prêt à combatre. (Tête & front de bataillon. Ailes & flancs de bataillon. Hauteur de bataillon , c’est la longueur du bataillon depuis la tête jusques à la queue. Enfoncer , renverser, rompre un bataillon. Un bataillon est composé de cinq à huit cens hommes. Les piquiers sont au milieu d’un bataillon , & les mousquetaires fur les ailes. On dit , le front ou la tête d’uy bataillon, & la queue du bataillon , &c.) t BATAILLON. Mr. de Folard sait voir que la Tactique moderne est imparfaite , foible , fondée uniquement fur la routine. Nos bataillions , dit-il, ne sauroieut attaquer ni se défendre indépendamment les uns des autres , parce qu’ils combattent fur fi peu dè hauteur, qu’ils peuvent aisément être percez & rom- pus, défaut essentiel contre les régies de lu Tactique. La véritable force d’un corps consiste dans l'on épaisseur, ou dans la hauteur de ses files , dans leur union, dans leur prestement & celui de ses rangs à la jointe de f épée. Cette épaisseur rend les .flancs auffi forts , ou presque aussi forts que le front. On doit regarder comme une maxime, que tout bataillon, qui ataque, rangé fur beaucoup de profondeur & peu de front, quoique plus foible , doit en surmonter un autre plus fort, rangé selon la méthode ordinaire. Voïez le Tomel. de Polybe. $ BATAILLON quarré. Evolution militaire , dont Mr. de Folard a fait voir la foi blesse. Voïez son Traire de la Colonne , où il parle du quarré plein & du quarré vuide, qui selon lui sont également mauvais. Rompre un bataillon. Terme d’ Evolution. C’est remettre un bataillon par compagnies pour le faire défiler. BATAÏOLES. Ce sont des pièces quarrées de bois, épaisses d’environ quatre pouces , & hautes de trois piés, lesquelles sont atachées à plomb au baca- ias. Ozanam. $ BATANOMES* Espece de toiles qu’on vend au Caire. BATANT* [ Plagofits .] Qui bat. (Je ne fuis point batant, de peur d’être batu. Mol. coc . Mener batant. Sortir tambour batant.) BATANT , si. m. {Clava , tudiculà , tìntìnnahulum .] Morceau de fer gros & rond par le boutd’enbas & délié par celui d’enhaut, qui pend au milieu de la cloche , ataché à la bélière , & qui frapant sor les bords, excite un son qui retentit. (Un batant de cloche mal ataché. On dit auffi un batail , BATANT. Terme de Menuisier , Morceau dc bois qui bat, & porte fur un autre, (Batant de fenêtre, d’armoire , &c. On dir les deux batans d’une porte.) BATANT delcquet. {Pejjûlmsi Terme de Serrurier. Morceau de fer plat qui est ataché derrière la porte à un crampon , & qui fe baisse ou fe hausse en mettant le pouce fur la coquille de fer qui est devant ia oorte, BATANT. Terme de Ruhanier. Partie du métier de Ruhanier, où il y a des dens d’acier, avec quoi on travaille & on bat le velouté. £ BATANT. C’est auffi ce qu’on apelle autrement ja chasse dans les métiers d’ouvriers en soie , en laine,' Tome t, Ee a & 220 BAT & en fil. Les ouvriers en gaze ne fe servent que du terme de batant. ± BATANT. Métier batant. ferme de Manusa- fíure. C’eft un métier monté de la chaîne de l’étofe qu’on. y doit faire , & sur lequel l’Uuvrier bat & travaille actuellement ; c’elt-à-dire , jette sa tréme a travers des fils de cette chaîne , & la bat, ou ferre avec la chasse. On dit, qu’un Maître Drapier a six métiers batans, quand il a six métiers montez & travaillans. H BATANT de pavillon. Terme de Marine. Le batant du pavillon c’elt fa longueur qui voltige en Pair, le guindant, c’cst la largeur ou hauteur qui régné le long du bâton. BATARD m. [Adulterio natus , nothusâ] Enfant qui est illégitime, & qui n’est pas né de gens mariez ensemble. Fils naturel. C’est un franc batard. Un bâtard adultérin. C’est un enfant qui est ne d tine personne qui est mariée & d’une autre qui ne 1 est pas. Un bâtard incejlueux , c’est un bâtard ne de deux personnes à qui il n’est pas permis de fe marier ensemble , à cause qu’ils font parens de trop prés. Bro- deau dit qu’un bâtard né d’une personne qui n’est point engagée, peut recevoir des legs & des donations de son père & de sa mère , pourvu qu’elles ne soient pas excessives. Un père doit faire doter son bâtard. Un bâtard ne peut posséder aucune dignité Ecclésiastique , à moins qu’il ne soit légitimé. Quand les bâtards veulent avoir dispense du S. Siégé, ils doivent bien exprimer la qualité du défaut de leur naissance , s’ils sont bâtards adultérins , ou non. Le père & la mère peuvent légitimer leur enfant en fe mariant ensemble , & reconnoissant cet enfant devant un Notaire. Us le peuvent aussi légitimer, obtenant des lettres de légitimation du Prince. Mais il n’y a que ceux qui sont nez ex soluto , b J'olutâ , qui puissent être légitimez. Les adultérins & les incestueux ne peuvent être légitimez, parce-qu’au tems de leur naissance le père & la mère ne pouvoient contracter un mariage légitime. En ce sens , nec genus nec familiam babent. Si le bâtard a du bien, & qu’il meure ab intestat, le Roi ou le Seigneur Haut-,justicier lui succèdent. BâTARDE , f. f. Fille illégitime. Fille naturelle. Fille née de gens qui ne sont pas mariez ensemble. Presque tout ce qui a été dit des bâtards , se peut apliquer aux bâtardes. (Reconnoître une bâtarde. Légitimer une bâtarde. Le Maît. plaid. ]. & 4-) BâTARD , bâtarde, adj. [Nothm , adulterinus.J II se dit de certains animaux de deux diférentes espèces , & particulièrement des oiseaux, en termes de Fauconnerie. On le dit des arbres & des fruits qui tiennent du sauvage, & participent d’une sorte moindre que celle dont ils portent le nom. $ BâTARD , bâtarde , adj. On apelle papier bâtard , celui qui n’est pas de la grandeur ordinaire. On le dit aussi des étofes qui ont une fausse largeur un drap d’une largeur bâtarde. On apelle laine bâtarde de Vigogne, ou laine Carmeline, la seconde espèce de laine, de celles qui fe coupent de dessus la peau du Vigogne. 11 y a aussi des laines communes de Levant, qu’on apelle laines bâtardes. BâTARD de racage. C’est une corde qui sert à tenir, & à lier un assemblage de bigots, & de raques, dont le tout pris ensemble, porte le nom de racage , qui sert à amarrer la vergue au mât. Aubin. BâTARDE. Troisième sorte de pièce d’artillerie du calibre de France , longue d’environ neufpiés & demi, avec trois pouces dix lignes de calibre. Dav. BâTARDE, f. f. [Area.l C’est le nom d’une grande voile qu’on déploie fur les galères lors qu’il y a peu de vent. BâTARD, bâtarde , adj. Ce mot se dit de la pleurésie , & veut dire, qui n’est pas vrai. (C’est une pleurésie bâtarde.) * BâTARD , bâtarde. Ce mot se dit de récriture, & veut dire qui aproche de l’écriture Italienne. (Ecriture en lettre bâtarde.) BâTARDEAU, f. m. [ 'Pulvinus .] Cloison d’ais , de .terre glaise , ou d’autre chose qu’on fait dans l’eau , pour y bâtir quand l’eau est épuisée. t BâTARDEAU. C’est aussi un échafaut fait de quelques planches fur le bord d’un vaisseau, pour empêcher l’eau d’entrer sor le pont, Iorsqu’on couche le vaisseau pour le radouber. BáTARDIE'RE, J. f. [ Plantarimn .] Terme de Jardinier- Plans d’arbre tous gréiez, mis en un endroit BAT du jardin, où ils sont plantez plus serrez qu’ils ne doivent être quand on les met en espalier & contr’es. palier. BâTARDISE. [Flotbamim genus .Ou plûtôt droit de bâtardise. Droit par lequel le Roi de France succède aux bâtards. Yoïez Eacquet, surson traité de la bit. tardise. t BATATE > ou PATATE. Plante qui croit dans jes Isles Antilles de l’Amérique. BATE, s.s. \_Mulleus biceps J Ternie de Maçon. Sorte de grosse massue quarrée , propre à batte les gravois. BATE. Ternie de Cimentier. Morceau de bois en façon de forme de chapeau, entouré d’un lien de fer avec un manche ce qui sert à battre des tuilots & les grès dont on fait le ciment. BATE. Terme de Potier. Manière de batoir portant sept pouces en quarté pour battre le carreau. BATE. Terme de Panier. Morceau de fer plat pour fraper sor les hottes & les manequins. BATE. Terme de Bâtier.. Ratons , au bout des- quels il y a des cordes, dont on se sert pour battre la bourre. BATE. Terme de Sellier. Morceaux de cuir qui sont autour du siège de la selle , & qui s’élevent un peu au-dessus de ce siège. (Poser la bâte.) BATE. Terme de Blanchisseuse. Petit banc à quatre pies au bord de la rivière de Seine, fur quoi les blanchisseuses de Paris savonnent & bâtent leur linge. BATE. Terme de Faiseur de batoir. La partie du batoir qui frape & qui reçoit la baie. BATE à bœuf Terme de Boucher. Bâton gros & court avec quoi on bat les bœufs & les veaux lors- qu’ils font tuez. BATE à beurre , s. f. Ç Butyaria pavicula.'] Bâton rond , d’environ deux piés & demi de long, enchâssé par le bout à une effiéce de tranchoir avec quoi on bat la crème , jufqu’à ce qu’elle sc forme en beurre. BATEAU , s tu. [Navicula, ponto.~\ Bâtiment dont on fe sert pour voiturer par eau, pain , vin, blé, foin , aveine , & autre marchandise. Les bateaux de cuivre sont de nouvelle invention , & servent à faire des ponts pour passer des rivières. H BATEAUX de Selles, Ce sont à Paris des grands bateaux plats & couverts , qui ont le long de chaque bord , des bancs, ou especes de tables, fur lesquels les blanchisseuses lavent leur linge , moïenant un droit qu’elles paient aux propriétaires des bateaux. í BATEAUX de poste. Ce sont des bateaux établis sor la riviere de Loire , qui font une grande diligence. II y en a aussi sor le Rhône , qui vont ordinairement de Lyon à Avignon en vingt & quatre heures. í BATEAUX Maires. Terme de Gabelle. C’est le nom qu’on donne aux principaux bateaux destinez à la voiture de sel. t BATEAUX. _ Terme de Sellier-CaroJJìer. C’est Assemblage de bois de menuiserie , qui fait le corps d’un carosse, sor lequel on cloue les garnitures de cuir & d’étofe , tant par dedans que par dehors. f * II est étourdi du bateau. Façon de parler proverbiale , pour dire, il lui est arrivé quelque infortune qui lui trouble l’efprit. (II n’a pas l’efprit assez fort pour soutenir le poids des afaires.) BATE'E ; f m. Terme de Relieur, & de. marchand Papetier. Ce qu’on bat à la fois de papier, ou d’un livre en blanc sor la pierre à batre. t BATELAGE , f m. [ Ludus mnnìcus. ] Mot burlesque, pour dire, badinage , singerie. (Un plaisant batelage. Un batelage réjouissant; un agréable, un admirable batelage. ìls amassèrent quantité (Urgent par ce batelage. Abl. Luc. âne.) BATELE'E , f f. s Navigii vefíura. ] Terme de Batelier. Plein un bateau. "Tout ce que peut tenir un bachot. ( La batelée n’est point mauvaise. La bate- lée est petite , n’est pas considérable. Faire une batelée de foin, defragots, &c. BATELET , f m. f Cymba. ] II se dit souvent en riant. C’est un petit bachot. ( Un petit batelet. Un joli batelet. II prend , Pété , tous les Dimanches un batelet pour aler à S. Cloud. BATELET , f. m. Grand bachot. Sorte de petit bateau. BATELIER , f M. [ Nauta. ] Voiturier par eau. Celui BAT Celui qui méne sur la rivière des bachots, nacelles & bateaux. BAT ELEMENT, s. m. Terme de Charpentier. C’est ['extrémité d'une couverture , ['endroit où l’eau entre dans les goutiéres. BATELEUR ,s m. f Hiftrìo , mìmm.) Baladin qui monte fur un théâtre dans les places publiques, & amuse le peuple par des contes, des hâbleries, & des tours de souplesse , pour l’engager à faire quelque petite dépense. 0 ' II y a eu dans tous les tems, des Bateleurs, & des Charlatans, qui pour surprendre la crédulité du peuple, & s’aquerir fa confiance, font certaines expériences , tantôt avec dn feu, tantôt avec des épées, & jettent ainsi les ignorans dans l’admiration de leurs secrets & de leur science. Le Jurisconsulte Paul les apelle , dans la Loi derniere , ff. de ex- traord. crimin. Cireulatores, qui serpentes cìrcmnferunt £«? propommt. Les Grecs les nommoient 7n^toJ'ívrai > ou ravumovoíot. Apulée fait mention de ces sortes d’imposteurs, dès le commencement de fa Métamorphose. L'origine du terme Bateleur est fort contestée. Saumaife , fur l’ilistoire d’Auguste , le dérive de batalator. Guyet le fait venir de bajìurn , un échafaut de bois. Quelques-uns vont chercher son origine dans l’Hébreu. Batelavin , Périon , Henri Etienne, le P. Labbe, disent que le mot est Grec: fiaTohoy®* lignifie un grand parleur , terme qui convient parfaitement aux Bateleurs, & vendeurs de drogues. Enfin Bartbius veut qu’il soit Alemand. , Les Romains encore rudes, se plaisaient fort aux répréc Tentations des Pantomimes , que nous pouvons comparer à nos Bateleurs. Nous trouvons dans les anciennes Inscriptions, plusieurs Epitaphes où les Pantomimes font traitez d 'Honorât:. Mais leurs impudences & leurs mœurs corrompues obligèrent Tibère de les bannir , au raport de Tacite , lib. 4. annal. La Loi unique. Cod. Theod. de ufuset/ar. les déclare infâmes. Le Concile Eliberitain défend de batifer ces sortes de gens, s’ils ne renoncent à leur profession. Voïez les Ordonnances de Blois , d’Orléans. BATEME, ou batesme , s. m. [ Baptismus , bap- tìsma. J L’un & l'autre s’écrit, mais l’s ne se prononce point. II y en a mème qui écrivent baptesmei mais cette maniéré d’ortogtafier est un peu antique. Le mot de batême vient du Grec , & les Franqois Pont pris du Latin baptisma Sacrement qui éface le péché originel, & qui unit les personnes à Jesus-Christ. (Le sacré batême. Batême sautillant, adorable, désirable , &c. Donnel le batême. Conférer le batême. Recevoir un enfant au batême. Refuser le batême à un enfant. Le bâteme se fait avec de Peau au nom des trois personnes de la Trinité. Les Albigeois qui professoient la Religion de Jesus-Christ > n’aprouvoient pas le batême des petits enfans. Columefius, mélanges historiques, pag. 62. François I. ordonna par un Edit en 1 ç59. que les Curez des Paroisses dresseroient des regîtres de batême, où ils écriroient le nom & la qualité des enfans, des parrains & des marraines. Le Maìt. plaid.) 0 " Corneille , dans son Polyeucte , afí. i. sc. 1. nous donne une belle idée du batême. Cer pleurs que je regarde avec un ail d’époux , Me laissent dans le cœur aujjî Chrétien que vous : Mais pour en recevoir le sacre' caraBére Qui lave nos forfaits dam une eau salutaire , Et qui purgeant notre ame, N défilant nos yeux, 2 Lom rend le premier droit que nous avions aux Cieux. BATêME. Mot usité par les Sages-femmes. C’est tout l’argent que le parrain. & la marraine d’un enfant donnent à la Sage-feinme, pour la peine qu’elle a euë d’acoucher la femme, dons ils ont tenu Pensant fur les fonts. ( La Sage-femme n’a eu pour acoucber Madame la Conseillère, que le batême; mais ce batême est assez bon , car le parrain & la marraine sont honnêtes. La Sage-femme a eu un batême de Pensant de Mr. R.... parce-que la marraine est généreuse. Le batême de Pensant de M. N. n’a pas valu grand’ chose à la Sage-femme.) BATêME. Terme de P âtiffìer. C’est toute la pâtisserie qu’on fait lors qu’on batife.un enfant. (Un beau- batême. Faire un batême. Le batême de fa etite-fille lui coûte trois pistoles, mais aussi il étoit eau. BAT 221 BATêME. Ce mot se dit aussi d’une cérémonie de l’Eglise Romaine qu’elle fait sur les cloches , lors qu’elle leur impose un nom , en les consacrant au service divin. BATêME. [Lotio, lavatio .] Terme de Mer. C’est une cérémonie profane qui se fait par les gens de mer , fur ceux qui la prémiére fois passent de certains endroits. Ce batême fe fait ainsi : celui qui le reçoit, passe fur le tillac du vaisseau, entre deux haies de matelots , qui ont chacun une espèce de sceau d’eau à la main , & qui l’en arrosent. Ensuite, il se vajetter à genoux devant un matelot, qui lui présenté un Uvre de marine , & qui le fait jurer que dans la rencontre il exercera fur d’autres la même cérémonie qu’on exerce fur lui ; & cela s’apelle le batême. On dit, un tel, en passant la ligne , a reçu le batême. Voïez le DiHìonnaire de Marine par Aubin. BATEMENT , f. m. [ Percujso , plausus .] Action de celui qui bat, qui frape. (Un fréquent batement de mains. S. Am. Un batement de piez & de mains. Mauc. sc. L 2. p. 554.) BATEMENT. [Cordis, arteriœ palpitatio.) Terme de Médecin. (Mouvement, batement d’artére. Deg.) BATEMENT de pouls. On compte jufqu’à 80. ba- temens d’artére , d’un homme tempéré, dans une minute d’heure. BATEMENT de cour. Palpitation. Mouvement violent & précipité du cœur opressé qui se veut délivrer de ce qui lui nuit. C’est aussi une maladie qui vient aux chevaux. Soleifel. ( On ne sauroit entendre parler de ce qu’on aime , sans quelque batement de cœur. Avoir un batement de cœur. Bachaumont, voiage.) BATEMENT , f m. [ Conjìiflw. J Ternie de Maître d’armes. Action de celui qui faisant des armes, bat en même tems du pié & de son fleuret, & porte vite à celui contre qui il fait. (Batement fur , un bon batement, un batement sec , un méchant batement. Un batement qui sert de parade. Faire un batement sec à l’épée de son ennemi. Liancúurt , Maître d’‘armes , ch. n.) BATEMENT, f. m. Terme de Maître à danser. C’est un mouvement propre & galant qu’on fait avec lé pié lors qu’on danse. (Un batement croisé. Fairè un batement serré.) BâTER ; v. a. [ ÇlìteUas imponere. ] Mettre le bât sur le dos d’une bête de somme. (Bâter un âne.) BATERIE , s f. [ Rixa, pugnal ] Gens qui sc bâtent. (11 y a presque toujours dans cette rué quelque baterie.) BATERIE. [Majomm tormentorum sedes ,suggestus.) Terme de Guerre. Lieu où l’artiîlerîe est à couvert & en état dé tirer , posée sur une plate-forme faite de grosses planches , fur des solives , & derrière un bon parapet à l’épreuve , percé d’autant d’embrasures qu’il y a de canons. ( Mettre le canon en baterie. Baterie bien ou mal servie. Baterie croisée : baterie en écharpe : baterie d’enfilade : baterie meurtrière : baterie enterrée : baterie de revers. Faire uné baterie; dresser, élever, avancer une baterie.) BATERIE. [Tormenta bellica in Juggestu posta.) Ca P nons en baterie. (La baterie, lait peu d’éfet.) $ BATERIE à ricochet. C’est lorsque les canons font chargez de telle maniéré , que les boulets en tombant dans un ouvrage, ou dans une tranchée font plusieurs bonds & ricochets. Ces bateries font meurtrières & .fort incommodes. Mr. de Valiere-s’en servit au siégé d’Aire , & désola les Alliez. Voïez lè Polybe de Mr. de Folard. Tom. II. f BATERIE. Terme de Marine. Ce sont les canons rangez fur les ponts d’un vaisseau , & qui tirent par les sabords. Les grands vaisseaux ont trois bateries. La premiere est celle qui est la plus baffe sor le premier pont & près de l’eau ; la seconde est sor le second pont, & la troisième sor le pont d’enhaut. Mettre la baterie dehors , c’est mettre les canons aux sabords. Mettre la baterie dedans, c’est ôter les canons des sabords , pour les remettre dans le vaisseau. Outre les trois bateries dont on vient de parler, il y a des bateries fur les châteaux, ou gaillards d’avant & d’arriere. Voïez Aubin. BATERIE. [Lamina ferreacui allisus catapulta canis ìgnem excitât.) Terme d’ Arquebusier.^ Morceau de fer contre quoi bat le chien de Larme à feu. Le Z BATE- 222 BAT BATERIE. Terme de Joueur de guitarre. Certaine maniéré de batre agréablement sur les cordes de la guitarre. Mer. ,, BATERIE. [Pulsus.] Terme de Tambour. Maniéré parriculiére de batre la quaiil’e ; ainsi la diane, l’aílèmblée & la chamade font des bateries de tambour. BATERIE. C Vasa coquinarìa. ] Ce mot se dit en parlant de cuisine , & il signifie tout ce qui sert à la cuisine , comme sont les fontaines , les cuvettes, chaudrons, casseroles, poêles, &c. (Avoir une belle baterie de cuisine.) ‘ * baterie. [ Sollicitâtio , média. ] Invention. Moïen qu’on trouve pour détruire ce qu’on tait contre nous. (Nous avons préparé une bonne baterie pour renverser ce dessein ridicule. Mol.pourc. Je vais dresser une autre baterie. Mol. pourc .)_ * Changer de baterie. Ces mots se disent, au figuré , pour signifier, se servir de nouveaux moïens pour faire réussir une afaire. * Radouber la baterie. C’est faire de nouveaux efforts , emploïer de nouveaux moïens pour venir à bout d’une afaire. * BATERIE, s f Terme de Joueur de gobelets. La baterie des gobelets consiste à çoscr trois petites muscades fur le cu d’un gobelet, a mettre subtilement les gobelets les uns fur les autres, & à faire que ces muscades se rencontrent avec adresse sous un des gobelets. (Faire bien la baterie des gobelets.) f BATERIE , f f- Terme de Chapelier. , C’est le lieu où l’on foule les chapeaux , & où font établis le fourneau , la chaudière & les fouloirs. $ BATERIE , f. f. Les Maçons •& Charpentiers entendent par ce terme , les hies ou sonnettes, qui fervent à enfoncer des pieux profondément en terre. BATEUR , J’, m. [ Percujfor. J Ce mot ne se dit guére seul, & il signifie, celui qui bat. BATEUR en grange. [ Tritor frumentarìus. ] Manœuvre qui bat le grain & le vane sur l’aire de la grange. BATEUR dV. [ Malleator. ] Ouvrier tireur d or, qui fait passer le trait d’or ou d’argent sur le moulin pour le rendre plat. BATEUR d’or. Ouvrier qui bat For, qui le fait devenir en feuilles à force de coups de marteau, & S ui le distribué aux Peintres & aux diverses fortes de loueurs. BATEUR d’estrade, f m. Concursator , excurfatori] Terme de Guerre. Ce font des cavaliers qui font détachez & qui s’éloignent de Farinée environ une lieue pour reconnoître le païs, & en avertir le Général. ( Nos bateurs d’estrade ont raporté que l'en- nemi aprochoit.) BATEUR de pavé. [ Otiosus ambulator. J Fénéant qui ne fait autre chose que se promener, au lieu de s’apliquer à quelque chose d’utile, ou d’honnête. BATEUR de foute , f. m. C’est celui qui, en un grand & gros mortier de métal, bat & pile la foute dans les boutiques des Epiciers de paris. (II faut avoir de bons bras pour être bateur de foute.) f BATEUR d!étain en feuille , f. m. C’est un Maître Miroitier , qui bat F étai n fur des grands blocs de marbre, pour les réduire en feuilles très-minces, propres à être apliquées derriere les glaces à miroirs par le moïen du vif-argent. $ BATEUR de plâtre , f. m. C’est celui qui bat la pierre à plâtre , après qu’elle a été cuite au four. f BATEUR de Ciment, f. m. C’est celui qui concasse les tuilots dont on fait le ciment. BATEUSE d’or , f f. [ Malleatrix. ] Ouvrière qui fait passer le trait d’argent doré par dessus les roués du moulin , afin de rendre le trait plat , de rond qu’il étoit. BâTIER , f m. f Clitellarum opifex. ] Ouvrier qui fait & vend feulement les harnois & tout l’équipage des mulets , comme bâts , brides, sonnettes , grelots, &c. (II n’y a que cinq bâtiers à Paris.) t BâTIER. \_Stolidm , plumbem.~] Mot de la lie du peuple , pour dire benêt. ( C’est un franc bâtier, & il en a l’air. C’est un sot bâtier.) BATIFOLER , ©. w. [ Nugari , ludere , jocari .'] Terme dont le peuple se sert pour signifier ceux qui badinent les uns avec les autres personnes de séxe diférent. BAT BATILIE', adj. f Pinnis deorfum stecíantìbm m. siruclusi] Terme de Blason , qui se dit des pièces qui ont des crenaux renversez qui regardent la pointe de l’écu. BâTIMENT, ou bastiment , f m. [Aèdificiuni.'] II s’écrit de Fune & de l’autre maniéré , mais ljn e se prononce point. Prononcez hâtiman. Ouvrage d’Architeéhire propre à loger. (Un superbe bâti- ment.) BâTIMENT. [Navis, navigium.2 Navire, ou quelque sorte de vaisseau considérable. ( Bâtiment de haut bord, ou de bas bord.) í BâTIMENT ras. C’est un bâtiment qui n’estpas ponté. f BâTIMENT délicat. C’est un bâtiment foible de bois. Aubin. £f Les Marins apellent bâtiment , tous les vaisseaux qui ne sont p>as armez en guerre ; & quelques- uns apellent indiféremment bâtiniens, les vaisseaux de guerre, & les vaisseaux marchands. II y a, se. lonDaviler, cette diférence entre batimens de marine , & bâtimens de mer , que les lieux où l’on construit les vaisseaux & où l’on prépare les équipages, comme les parcs , les arsenaux, les corderies, font des bâtiment de marine ; & les galères sont des bâti - mens de mer. L’Ordonnance de 1681 . tit. des ports & havres , art. io. veut „ qu’il y ait des places de- „ stinées pour les bâtimens de charge ; & d autres, „ pour ceux qui sent déchargez, comme aussi pour „ rompre, & dépecer les vieux bâtimens, & pour „ en construire de nouveaux.” Et dans l’article suivant , elle enjoint aux propriétaires des vieux bá- timens , de les rompre , & d’en faire enlever incessamment les débris, à peine de confiscation , &de cinquante livres d’amende. í BATIN , f m. Foin , ou jonc d’Efpagne. BâTIR, ou bafiir , v. a. \_jEdificarei] II s’écrit de Fune & de l’autre maniéré , mais if ne se prononce pas , & montre seulement que la prémiére íìlabe du mot, bâtir, est longue. Prononcez bâti. 11 signifie construire. (Bâtir une maison , un Palais. Louis XIV. u bâti les Tuilleries, les Invalides & Versailles. Caïn bâtit une ville , qu’il apella Enoc , du nom de son fils, & Noé bâtit l’Arche , où il se retira durant le déluge. Félibien , vie des Arcbitefles , l. i. Pour bien bâtir, il faut bâtir solidement, agréablement & commodément. Abrégé de Vitruve.) 11 se dit tant de celui qui fait la dépense, que du maçon qui construit le bâtiment , & de l’Architecte qui en a donné le dessein. * Bâtir à chaux à ciment. C’est bâtir solidement. * BâTIR en l’air, ou bâtir des châteaux en EJjia- gne. Prov. C’est se mettre des chimères dans l’esprit, se repaître de vaines espérances , & l’on parle ainsi, parce-qu’en Espagne , les Nobles habitent tous dans les Villes. Voïez Châteaux. * BâTIR. [ Extrucre, fundare. ] Fonder ses espérances fur quelque chose. ( Le bien de la fortune est un bien périssable. Quand on bâtit fur elle , on bâtit fur le fable. Rac.) í§ Le Terme est rude à la prononciation ; il ne faut s’en servir que rarement. Est-ce bien dit : Quel astre malheureux ma fortune a bâtie ? A quelles dures loix nia le ciel atacbél Malherbe. BâTIR. [Componere , copularei] Terme de Tailleur. Coudre à grands points. (Bâtir une doublure.) $ On apelle le bâti d’un habit, d’une robe de chambre, d’un meuble, le gros fil qui a servi à les bâtir & à en assembler les pièces. Ainsi on dit, ôtez le bâti de cet habit, de cette jupe; pour dire, ôtez, le fil avec lequel ils ont été assemblez. Bail, bâtie, adj. [ JEdìficatus, struéhu .] Construit. (Maison bien bâtie.) f Voilà encore un homme bien bâti. Mots bas & burlesques, pour dire : Un homme mal fait. (Varil- las est très-mal bâti.) f * 'Ríal-bâti, mal-batie , adj. II se dit quelquefois en riant, & alors il est bas , & il signifie qui est mal, qui ne se portq point bien , qui a quelque chose qui est en mauvais état. C’est un homme qui est souvent mal-bâti. C’est une personne qui est toujours mal bâtie.) £f BA- BAT {§_ BATISE'. Qui a reçu leBatême. On dit dans le discours familier, c’est un bon batisé 3 & de même, on apelle les porteurs de chaises, des muletsbaisez. Mais on ne doit point se servir de ces expressions dans le sérieux, ni imiter Mainard , lequel, après avoir prédit à Louis XIV. un régné glorieux, finit ainsi son Sonnet : J’envie un st beau stécl'e à ma postérité3 inévitable arrêt de la fatalité M’aura déja porté dans les champs Elistées , Quand ta forte vaillance U ton sage conseil Feront un âge d’or par tout oà le soleil Touche de ses ratons les têtes batisées. BATISER, ». a. [ Baptisare. ] Conférer le Ba- tême. ( Batiser un enfant. Etre batisé en Jésus -Christ.) * BATISER. Ce mot se dit des cloches & il lignifie laver les cloches avec de l’eau benîte , les bénir & leur donner un nom. ( Batiser une cloche , ou pour parler plus proprement, Bénir une cloche.) BATISER , v. a. \ Aquâ perfundere.] Terme de Mer. C’est faire palier un homme entre des gens de I’équipage , rangez en haïe , & qui ont chacun un seau d’eau qu’ils lui jettent fur lá tête. (Batiser un matelot. Guillet , art de P homme d’épée.) Voïez Batême. BATISER. II se dit auííi des vaisseaux. C’est les bénir. (Batiser un vaisseau. Desroches , terme de Marine. ) f * BATISER. [Aquâ diluere. ] Ce mot se dit du vin, & veut dire , mettre bien de l’eau dans son vin ; mais en ce sens, il est bas & burlesque. (IIfaut batiser son vin tout l’été. Dans les Académies, on.ba- tife d’ordinaire le vin des Académistes & des Ecoliers, & ce vin batisé s’apelle abondance.) BATISMAL , batismale , adj. [ Baptismalis. ] Qui apartient au batême. Qui dépend du batême. ( Les fonts batifmaux. Etre dans l’innocence batismale. Pasc. I. 4. ) BATISTE'RE , s m. [ Baptisterium.] Certificat par lequel il paroìt qu’on a été batisé en telle année , & quelles font les personnes qui nous ont tenus fur les fonts. (Lever son batistére.) BATISTE'RE , adj. [Sacra fonte tinéíi index.] Qui Fait foi qu’on a été batisé. (Extrait batistére. Les extraits batistéres font des dépôts sacrez de la foi publique. Le Meut. plaid. 7.) f BâTISSEUR, f m. [ Aidificator. ] Celui qui bâtit, ou plutôt celui qui fait bâtir, ou qui fait beaucoup bâtir. Ce terme n’est pas bien usité depuis plusieurs années. (Un grand bâtisseur; un habile, un heureux bâtisseur. .Jean Duc de Berri, oncle du Roi de France Charles V. a été l’un des grands bâtisseurs de son tems, & c’est lui qui a bâti le Château de Bice- ítre. Tbuana , pag. 25. ) f BATISTE,// Toile de lin , très fine, qui se fabrique dans les Provinces de Hainault, Cambresis , Artois & Picardie. II y a des batistes fort claires , & d’autres plus fortes. Ces dernieres s’apellent batistes hollandées, parce qu’elles aprochent de la qualité des toiles de Hollande étant très-ferrées & très-unies. Ces dernieres batistes fe fabriquent à Valencienr.es & aux environs. -j- BATITURE D’AIRAIN, / / C’est l’écaille qui fe sépare de l’airain, lors-qu’on le frape avec le marteau , après l’avoir tiré du feu. í BATOLOGIE , st f Terme de Grammaire. On apelle ainsi Pafluence d’expreffions superflues, & les paroles inutiles dans le discours. í BATMAN, ouBATEMANT, poids de Turquie. II y en a de deux sortes ; l’un pefe vingt-deux Livres & demie, poids de Paris, & est composé de six oc- quos. L’autre est aussi composé de six ocquos plus petits , & ne peso que cinq livres dix onces. $ BATMAN. Poids de Perse. II y en a deux comme en Turquie : l’un est ie poids de Roi & fe nomme batman de Chahi, ou Cherai; & l’autre s’apelle bat- man de Tauris. Celui de Chahi sert à peser les choses nécessaires à la vie , & les charges des bêtes de somme ; il pese douze livres & demie de Paris. Le batman de Tauris n’est d’ufage que pour les marchandises de négoce ; il pèse six livres & un quart qui est moitié moins que celui de Chahi. Voïez Tœvernìer. BATOIR ,/ m. [Vahnula.] Instrument composé d’une bâte & d’un manche assez propre , dont on se sert pour jouer à la longue paume. BAT 223 BATOIR. Instrument de bois en forme de petits pêle plate & courte, dont on sc sert pour batre le linge quand on lave la lessive. î BATOLOGIE ,/ f Répétition inutile de la même chose. BâTON, J. m. [Fujìis , baculm , scipio.] Morceau de bois rond & poli qu’on tient aisément à la main , ' & dont on se sert pour marcher. C’est aussi un morceau de bois atondi dont on ié sert pour Laper, & en ce sens le mot de bâton est une espèce d’arme offensive. (Ils étoient armez de piques & de bâtons durcis au feu. Vaug. Quint. I. 5. c. z.) BâTON à deux bouts. [Fustis biceps.] Bâton de trois ou quatre piés , ferré par les deux bouts. ( Jouer du bâton à deux bouts.) BâTON àfeu. C’est une arme à feu. BâTON de chaise. [Fefíit.] Morceau de bois épais de deux ou trois pouces , & long de six ou sept piés, qu’on met dans les portans de la chaise pour la soulever & la porter par la ville. BâTON àgans. [Bacillum.] Maniéré de grand fuseau , dont le gantier se sert pour en former les gans lors qu’ils sont faits. BâTON de Jacob , ou raton Astronomique. [Radius Astronomicus.] Instrument de Mathématique, composé d’un long bâton , & d’un autre plus court, mis en croix, & qui sert à mesurer les distances des lieux éloignez & des étoiles. (On peint les anciens Astronomes avec un bâton de Jacob à la main.) Cst Le terme bâton a plusieurs lignifications parmi les Marins. Bâton de pavillon ou Renseigne , c’est un petit matereau qui sert à arborer le pavillon. Bâton de girouette , c’est un autre matereau très-petit, où est plantée la verge de fer qui tient la girouette. Bâton de flame , c’est un bâton qui n’est long qu’autant que la flame est longue par le haut, c’est ce bâton qui la tient au haut du mât. Bâton de vadel, Bâton ou manche de guipon 3 ce font certains bâtons où l’on atachc les bouchons d’étoupe ou de penne, dont se sert le calfateur à goudronner ou braïer le vaisseau. Bâton a mèche , c’est une mèche qu’on entretient toujours brûlante fur le château d’avant. Bâton de Jacob , instrument de Mathématique. Voïez Arbalète. Arbalète. Périon dérive bâton du Grec fiaxrqov. BâTON de Jacob. Terme de Joueur de marionnettes & de gobelets. Fort petit bâton dont on se sert pour faire des tours de passe-passe. BâTON de cire d’Estagne. Morceau entier de cire d’Espagne fait en maniéré de petit bâton. f BâTON, parmi les Marchands de bois , fe dit de quelques menus bois qui servent au chaufage : un bâton de Coteret, un bâton de fagot. BâTON rond. Les ouvriers en gaze apellent ainsi, un gros bâton qui est au bas de leur métier, & qui le traverse dans fa largeur. II sert à foncer , ou faire baisser la soie. f BâTON de Jauge , qu’on nomme aussi simplement Jauge. C’elt l’instrument qui sert à jauger ou mesurer les tonneaux & futailles à liqueurs, pour conrtoître leur consistance & capacité. $ BâTON ou Rouleau. Instrument dont fe fervent les Fondeurs en terre & en fable , pour corroïer ces deux matières , dans lesquelles ils ont coutume de faire leurs moules. J: BâTON de croisture. C’est un bâton rond > dont les haute-liffiers fe servent pour croiser les fils de leurs chaînes. -J BâTON à stafser. Terme de Boulanger. BâTON d’Exempt. [BaciUus , radius.] Sorte de bâton particulier qui marque que celui qui le porte , est un Exempt. BâTON de Maréchal de France. [Bacillum M.are- fcalli.] Bâton semé de fleurs de lis , qui est la marque de la dignité de Maréchal de France. yU aspire au Bâton. II a éu le Bâton.) BâTON. [Torm.] Terme d ’ ArchiteHure. C’est ur> gros anneau, ou moulure en faillie, qui est un ornement de la bâfedes colonnes , qu’on apelle aussi tore. * Le bâton haut , ou le bâton a la main. C’est-à-dire , de force & avec autorité. * Etre réduit au bâton blanc. C’est être ruiné & être contraint de sortir de fa maison un bâton a la main. * II crie comme un aveugle qui a perdu son bâton. C’est-à-dire , qui a perdu une chose qui lui étoit tout-à- faid nécessaire. * C’est 224 BAT * C’est un aveuglesarnr bâton , un Apoticaire sans sucre ; c r dí-à-dire , qui manque des choses les plus nécessaires à son état , ou à fa profession. ' 1,6 tour du bâton. \_Lucrumfurtivum.~\ Ce sont les profits illicites qu’on fait dans quelque charge, dans quelque maniement , ou en quelque autre emploi. On dit aussi que le tour du bâton marque les coups qu’on en a rcqûs. C’est en ce sens qu’Arlequin dit d’un Auteur qui avoit reqû quelques coups de bâton pour des expressions trop libres contre un grand Seigneur , que lit piéce lui avoit valu mille écus, fans le tour du bâton. f * Tirer au court bâton avec quelcun. C’est-a-dire ne lui vouloir pas ceder. Disputer quelque chose à la rigueur. f * Dormir à bâtons rompus. [ Interrupte. ] C elt mal dormir, & à plusieurs reprises, avec interruption. f * Je fuis , fur cette matière , très-ajjúré de mon bâton. C’elt-à-dire , je fuis sûr de mon fait. Je fuis certain de ce que je dis. * Ce fera mon bâton de vieillesse. C’est-a-dire , ce Je- ra mon apui lors que je ferai vieux. BáTONNE'E d’eau , f. f. Terme de Mécanique. C’est la quantité d’eau qu’on puise à la pompe, à cha- quefois que la brimbale joue. (Faire pluiìeurs bétonnées. ) f BâTONNER. Terme de Pratique , qui lignifie Canceler, rater. (Bâtonner une clause, bâtonnet un article.) BâTONNIER , f. m. [Caujtdicorum Coryphausd] A- vocat qui est l’unique Oficier des Avocats, & qui est le chef de leurs députations. BâTONNIER, f m. Bâtonniere , f f. Celui ou celle qui a en garde le bâton d’une Confrairie, & qui le porte , ou le soit aux processions. f BATRACHITE ; -à CRAPAUDINE. B ATRE, v. a. [ Ferire , percuter e , cœdere , Verbe- rarej Fraper, Maltraiter. Je bas, j’ai batu , je bâtis. (Batre cruellement une personne. De quoi , pauvre homme , te plains-tu ? II eut la honte de te batre, Et toi Vhonneur d’être batu. S. Am. Poés.4. p. t BATRE quelcun dos & ventre. C’est batre comme il faut. BATRE. [Fundere , profligare. ] Ce mot se dit en parlant des gens de guerre. C’est défaire, mettre en déroute. (Le Duc d’Anguien bâtit en 1643. les Espagnols devant Rocroi. Relation de cette bataille. Les petites armées bâtent quelquefois les grandes. Samson bâtit les Philistins avec une mâchoire d’âne.) BATRE. [Tundere , fabricared] Fraper avec quelque chose que ce soit. (Batre le fer, le plâtre , un livre , le beurre, le carreau , le blé, la toile, &c.) BATRE. [ Mifcere , J'ubigere. ] Mêler en batant. (Batre des œufs pour faire une omelette.) BATRE. [Quaterest Ruiner à coups de canons , de bombes, &c. Batre une ville.) BATRE. [ Imminere. ] Donner fur quelque chose. (Le soleil batoit à plomb sur la terre. Abl.) BATRE. [ Tympanum tundere. ] Terme de Tambour. Fraper la q naisse avec des baguettes pour avertir le soldat de son devoir. (Batre la quaisse. Batre l’as- semblée. Batre la marche, la générale. Batre aux champs. C’est-à-dire, batre pour marcher où l’on est commandé. H BATRE la Diane. Les Marins apellent ainsi une certaine maniéré de batre la quaisse au point du jour, pour réveiller ou les équipages , ou les soldats. Aubin. BATRE 1 estrade. [Concmfare , excurrered] Terme de Guerre. C’est-à-dire , courre la campagne pour faire quelque découverte , ou autre chose. BATRE. Terme de Maître à danser. Faire un mouvement figuré avec le pié. BATRE. [Tundere.'] Terme de Tireur d!or. Passer les filets d’or ou d’argent fur les moulins pour les aplatir. BATRE. f Monetam cudere. ] Terme de Momie. Fabriquer. Batre monoie.) BATRE. Terme de Musicien. ['Mujlcum concentum rnoderari manus agitatìoned] Baisser & élever la main pour marquer les tems qu’il faut donner à chaque note. (Batre la mesure.) BATRE. [ Palpitare. J Remuer. Se mouvoir. ( Le ' BAT cœur bat étant hors du corps de l’animal. Monsei. gneur , en ce triste état , confessez que le cœur vous bat. Voit. Poèf. C’est-à-dire , que vous tremblez , & que vous avez quelque peur. 1 * BATRE des mains. [ Piaudere J Aplaudir. f * BATRE le pave. [ Concurfare .j C’est-à-dire, être oisif, & ne faire autre chose que sc promener, au lieu de s’apliquer à quelque chose de bon. ^ BATRE le fer. C’est faire souvent des armes, sty along-tems qu’il bat le fer. On dit aussi fìg. d’un homme qui s’aplique depuis long-tems à quelque étude , à quelque profession, qu’il y a long-tems qu’ii bat le fer, ê BATRE en retraite. C’est sc dégager, fe retirer du monde , des compagnies. Se batre en retraite. ■ c’est combatre de telle forte qu’on ne laisse pas dé continuer fa marche. BATRE a la main. [Agitare , movere, fuccutere.] Terme de Manège. Cheval qui bat à la main ; c’est. à-dire , qui secoue la tête, pour éviter la sujétion de la bride. Empêcher qu’un cheval ne bâte à la main.) SE BATRE, v. r. [ Pugnare , decertare , dimicared] Se fraper, porter des coups. Combatre. Etre aux mains avec les ennemis. (Se batre en duel. Le Régiment des gardes sc bâtit vaillamment. Le Roi Jean, après s’être bien batu, en 1336. à la bataille de Poitiers, fut pris prisonnier par les Anglois. 11 s fe font battis long-tems.) Se faire batre. [ Ictus , plagia , accerfere. ] C’est fe faire maltraiter à force de coups. Se faire batre. (j Venatores ìongiùs morari. ] Terme de Chasse , qui fe dit des bêtes qui fe font chasser long. tems dans un certain canton de pais. Sal. (Une heure , là-dedans , notre cerf se fait batre, J’apuie alors mes chiens , U fais le diable a quatre. Mol. fâch. a. 2.fc. 6.) * BATRE la campagne, hatre bien du pais. [Fagarì, defleHere apropojìto.'} Ces mots fe disent figurément d’un écrivain & d’un orateur, pour dire qu’il s’éloigne de son sujet, & qu’il dit bien des choses inutiles. 0 " C’est de tous les chasseurs , le plus sûr de Jâ prise Et pour en bien parler , nul chasseur aujourd’hui Ne bat plus de pais que lui, Benferade, balet de la nuit. * On dit, au propre , des oiseaux , quV/r bâtent des ailes , pour se soutenir en Pair. Mais on dit au figuré d’une personne. * 1 /ne bat plus que d’une aile, pour dire qu’il est afoibli ; ou que fa fortune a fort di- minué, & qu’il a de la peine à subsister. (Decejsìt a sor- tunâ. ) * II a été batu comme un chien. On l’a batu comme plâtre. C’est-à-dire, on l’a bien batu. II fait bon batre un glorieux , car il n’oserait s’en vanter. Prov. * BATRE l’ectu. C’est-à-dire , travailler en vain, prendre une peine inutile. On dit au même sons. II vaudroit autant batre de la tête contre un mur. Ce qui feroit non seulement inutile, mais aussi nuisible. t * II faut batre le fer tandis qu’il est chaud. C’est- à-dire , il faut fe servir de l’ocaiìon quand elle fe présente. •f * Nous avons batu les buissons, d’autres ont pris les oiseaux; c’est-à-dire , qu’ils ont profité de notre travail. BATRE le chien devant le lion. C’est reprendre, ou châtier un petit devant un grand, pour faire connoî- tre à celui-ci ce que nous ne voulons, ou isolons pas lui dire. í BATS, f. m. Petite monoie d’argent, qui a cours à Nuremberg, & dans plusieurs autres Villes d’Allemagne. Le Bats vaut quatre crutzers. $ BATS. 11 y a aussi des Bats en Suisse qui font des monoïes de billon, c’est-à-dire, d’argent & de cuivre, qui y ont cours fur diférens pieds, suivant le plus ouïe moins d’aìiage dont ils sont composez. BATTERIE- Voïez Baterie. t * On dit qu’une personne est batui de Voiseau, pour dire qu’elle est rebutée par les persécutions qu’on lui a faites. BATU, batu'i , part. &_ adj. [Percujfus , castíf.] Frapé, maltraité. ( II a été bien batu.) Ces mots* ont presque toutes les mêmes significations que le verbe batre. " * EA- BAV * BIT U, battis. [ 'Tritus .] Fraïé. (Chemin batu. Abl. ) * BATU, baliii. {Perflrinftus fluvio.~] Baigné de quelque fleuve. (La ville étoit batuë des flots de tous côtez. Vaug. Quint. I. 4. H BATU, butui. Etre batu de la tempête. f - * Autant vaut bien batu que mal batu. Faqon de parler proverbiale , pour dire, qu’on n’est souvent pas plus puni en Justice pour avoir donné plusieurs coups, que pour en avoir donné un seul. t BATU , batuë , adj. ( Eivens. J Abatu. On dit d’une femme, qu’elle a les yeux batus, lors qu’iís n’ont plus le vif éclat qu’ils avoient. f II y a long-tems que f ai les oreilles batuës de ces discours. ' C’est-à-dire, il y a long-tems que j'en fuis importuné. BATU , batu; , adj. [Profiigatus.~\ II se dit en parlant de Gens de guerre , & veut dire , mis en déroute, défait. (Hormis à la bataille de Castel que Philippe de Valois gagna, il avoit toujours été batu. Choisi, biji. de Ph. de Valois. Les Franqois en 1^7. furent batus par les Espagnols à la bataille de S. Quentin. BATU , f. m. [Mâle exceptm.) Celui qui est batu & outragé. (Le batu païe I’amende. Proverbe , qui veut dire qu’on ne rend pas justice à celui qui est maltraité. Celui qui a raison, & qu’on devoit protéger, est celui à qui on donne le tort & qu’on maltraite. Qs C’eft la Coutume de Lorris , le batu paie l’amende. Loisel, lib. 6. tit. 1. art. 28- a dit dans ses Institutions Coutumières, le mort a le tort le batu paie l’amende. Pasquier a dit, que l’on ne trouve point cette maxime dans la Coutume de Lorris : mais on trouve dans plusieurs établissemens de Coutumes particulières , que les cautions de celui qui a été vaincu en combat singulier, dévoient païer au vainqueur une certaine somme par forme d’amende. BATU, f m. Terme de Tireur d’or. [Aurum , ar- gentum textile. ] Trait d’argent, ou d’argent doré qui est écaché. (C’est du batu. Le batu sert à faire des filets d’or ou d’argent.) ff BATUE- Le poisson s’enfonce dans la boue pendant l’hiver ; on reconnoît fa grosseur par le creux qu’il v fait : on apelle ee creux, la batus du poisson. Revel, p. 27 v H BATUë, f si Terme de Chasse. On le dit d’une assemblée de gens qui bat les bois & les taillis, pour en faire sortir les bêtes. On a assemblé les paï- íans pour faire une batué dans ce bois-là. BATURES, s m. {Scopuli.) Terme de Mer. Ce font des bancs, ou un fond mêle de fable, de roches ou de pierres, & qui s’éíeve vers la surface de l’eau. (Se tenir loin des batures. Atirerl’ennerri dans les batures. Guìllet, terme de Marine.') Voïez Baffe. 0" BATURES. On apelle ainsi en Bresse, le salaire de ceux qui bâtent le blé, & qui se leve sur le monceau, avant le partage entre le maître & le granger. L’usage régie ce salaire. f BATURE. Terme de Doreur en détrempe. C’est une espece de Dorure, dont Paffiéte se fait avec du miel détrempé dans de l’eau de Colle & du Vinaigre. On ne s’en sert guéres, que pour faire des rehauts aux tableaux, & autres ouvrages en détrempe & à fresque, où elle tient lieu de ce qu’on apelle or couleur, dans les peintures à huile. On Papelle autrement Dorure à miel, & quelquefois Colle à miel. fsi BAU, Baux , Barrots. C’est une solive qui est mise avec plusieurs autres semblables par la largeur ou par le travers du vaisseau d’un flanc à Pautre, pour afermir le bordage , & soùtenir les tillacs. Voïez le Difíionnaire de Marine , par Aubin. t BAVARD , si m. [Loquaz ineptè, infusé.) Mot bas & satirique, qui ne se dit qu’en mauvaise part, & d’un homme qui parle trop, & qui ne dit rien qui vaille. (C’est un grand bavard. Son Maître Aristote n’est qu’un bavard. Mol. mar. forcé.') Brantôme dit : comme il y a toujours des bavards dans le monde. Vie d’Henri II. * BAVARDE, si f. Femme qui parle trop , & fans beaucoup de sens. (C’est une vraie bavarde.) * BAVARDER, v. n. ( Ineptè , insiulsiè loqui , garri- «.] Causer trop, & ne dire rien qui vaille. ( Les femmes du petit peuple aiment à bavarder, quand elles font ensemble.) BAVARDERIE, si. si. [Stulta loquacité , infusa gau BAV 225 ruliui .} Mots bas & populaires , qui signifient indiscrétion. f BAUBIS , si m. Espece de chien Anglois, dont on se sert pour la chasse. BAUD, si m. Espèce de chien courant, qu’on apelle chien muet. í§ BAUDEMENT. Rabelais , liv, 1. ch. 4. Après disiner , tous allarent pesle-mesle à la siaulsiaie , U là siur l’herbe drué dancerent au Jbn des joyeux jiageo- lets , U douces cornemuses , tant baudement que detoit pasietemps celefle de les veoir ainsi sioy rigoailler. Ce mot, que l’on trouve souvent dans cet Auteur , a été fait de valida mente , vaillamment & bravement. Dans l’Histoire en vers du Duc dé Bretagne, Jean IV. cité par le P. Lobineau. Quand Jean sie fut avisé, Et resrahi , N repousé, Si se leva moult baudement, Et fit crier bien hautement. BAUDES, si si Petites pierres attachées aux filets des Madragues. BAUDET , s m. f Asinm .J Ane. (Un joli Baudet.) Qui pour hâter son misérable baudet tout errené des coups & du fardeau. Catholic. d’EJpag. f * BAUDET. [Stupidus.J Ignorant. (Un franc baudet.) BAUDETS ou hours. [Tigna. J Terme de Scieurs de long. Tréteaux fur lesquels les Scieurs de long posent leurs bois, pour les délibérer. (On apelle auffi de ce nom, un lit de sangle.) BAUDIR , v. a. [ Excitare. ] Exciter les chiens à la course. On dit baudir un faucon après un héron. ch BAUDOUINER, v. «. Vieux mot qui se dit des baudets qui travaillent à la conservation de l’espe- ce. Voïez Rabelais. BAUDRIER , si m. [ Baltern , balteum .J Bande de cuir large de quatre ou cinq doigts, qui est le plus souvent enjolivée, qui prend depuis l’epaule droite, & se vient rendre au côté gauche, & qui est composée de la bande & de deux pendans , au travers des- quels on passe l’épée. 0' BAUDRIER. Mr. Ménage le dérive de haldin- grarium > mais il est plus naturel de dire qu’il vient de balteus, puis que c’est ainsi que les Romains apel- 1 oient leurs baudriers, témoin Virgile, dans le douzième livre de son Enéide: - Humero cùm apparuit alto. Baltern, U notis fusierunt cingula bullis. Varron dit que les baudriers des Romains étaient faits d’un cuir. Celui qui avoit le foin des baudriers, étoit apellé Baltearim, comme dans cette inscription : M . Citonim. M. F. Adollonius miles ex armamen tario Augustorum Baltearius. ch BAUDROIER, V. a. Vieux terme, qui signifie courroïer & préparer les cuirs. II 11e se disoit que des cuirs courroïez en couleur. ch B VUDROÏEUR, si. m. Artisan qui courroie les cuirs de couleur. Les Courroïeurs de Paris se qualifient auffi Baudroïeurs. ch BAUDRUCHE, voyez BODRUCHE. BAVE, si si {Saliva ex are jtuens.] Ecume qui fort de la bouche. Eau gluante qui fort de la bouche des enfans au maillot. II se dit de quelques animaux, comme des limaqons, &c. 1 BAVER, v. n. {Salivam ex ore emittere. J Jetter de la bave. (II bave de rage.) f * BAVER. Etre traité de la vérole. (II a bavé.) BAVER. {Diffluere.J Terme de Plombier. Ce mot de baver se dit des tuiaux qui ne jettent pas l’eau droite, & il signifie, ne pas couler droit. (Tuïau qui bave.) - BAVETTE , si si r Linteum ptHorale.) Petit linge qu’on met devant l’ettomac des enfans qui sont au maillot. (Une jolie bavette. Une bavette bien blanche. Mettre ou ôter la bavette. On dit d’une fille fort jeune, il n’y a pas long-tems qu’elle étoit encore à la bavette.) BAVETTE. Terme de Plombier. Bande de plomb Tome I , F f qui 226 BAZ qui couvre les bords & les devants des chênaux, & qu’on met fur les grandes couvertures d’ardoise. BAVEUR, s m. [Salivant emìttens.] Celui qui bave. (C’est un buveur perpétuel.) BAVEUX, baveuse, adj. [Saliva fiuens.] Qui bave. (II est baveux. Elle est baveuse.) BAVEUSE , f. f. [Salivaria.] Poisson de mer, brun sur le dos & moucheté ; il est npelïè baveuse, parce qu’il se couvre de la bave qu’il jette. Rond. f On apelle une omelette baveuse, lors qu’elle n’est pas bien cuite. t BAUFRER, ®. a. [Helluari.] Ce mot est bas, il ne se dit qu’en riant, & lignifie manger avidement. (II baufre bien.) f BAUFREUR , s m. [HeRuo.] Mot bas, pour dire, un grand mangeur. BAUGE , s s [Volutabmm.] Terme de Chase. Lieu où les bêtes noires se couchent & demeurent le jour. Prononcez boge. BAUGE. [Lutamentum , lutum paleatum.] Terme de Maçon. Maçonnerie qui se fait avec de la terre franche, & de la paille bien corroïée & bien pétrie. f BAUGE. Droguet qui se fabrique en Bourgogne, avec du fil filé gros, & de la laine grossière. BAUME, s nt. II vient du Latin balsamum. Herbe médécinale & odoriférante, dont on mange en salade & dans le potage. (Baume panaché.) BAUME , s. m. C’est une liqueur précieuse, qui distile d’un arbre, qu’on nomme de ce nom , l ’Arbre du Baume, & qui ne se trouvoitque dans la Judée, & dans l’Egypte. (Baume naturel.) BAUME. Onguent propre à guérir des blessures & autres maux. (Excélent baume. Faire du baume. 11 a du baume qui est précieux.) BAUME. Composition noire qui est une forte de senteur qui vient ordinairement du Nord, & qui se porte dans de petites boites. (Baume odoriférant, aromatique. Baume artificiel. Baume apoplectique, stomachique, vulnéraire, &c. Préparer, composer du baume. Faire du baume. Le baume récrée les parties nobles & les fortifie.) BAVOCHE'. Terme de Peintre, qui se dit d’un contour qui n’est pas couché nettement. F BAVOCHER. Les Imprimeurs se servent de ce terme, pour dire qu’une impression n’est pas assez nette, & qu’elle est brouillée par des taches qui paraissent entre les lignes, & aux extrémitez des pages. Bavocher & Papilloter, font des termes sinvnimes. F BAVOIS, ou BAVOUER. Terme de monoie. C’est la feuille de compte, où est contenue l’évaluation des droits de Seigneuriage, soiblage, écharseté & brassage, suivant le prix courant. BACOLET, s tn. [ Calantica, capital .J Coífure de païsane des environs de Paris, qui est de toile, & qui pend en queue de morue fur le dos de la païsane. (Vous voulez faire voir dans vos trophées amoureux des callcs & des bavolets. Scar. lett.) {§ BAVOLET. Cette espèce de coifure vient de volet, qui se disoit autrefois pour voilet, qui est un diminutif de voile. * BAVOLET. Ce mot, au figuré, est de raillerie, & fignifie quelque jolie païsane. (Loin de la Cour, je me contente jyaimer un petit bavolet. Boisr. rec. de Poésies.) BAUX if nt. Terme d e Mer. Poutres qui soutiennent les Macs & les ponts du Navire, l'ourn. f BAZAC, f. m. Coton filé, très-beau & très-fin qui vient de Jérusalem, ce qui le fait aullì apeller Co- > ton de Jérusalem. Le demi Bazac & le moïen Bazac, sont des cotons qui viennent du même endroit, mais d’une qualité beaucoup inférieure. BAZARI, f m. Ce mot est usité entre les Orientaux. Rue longue, large & voûtée, qui sert au commerce. F BAZARI, ou Bazar. II y en a beaucoup en Perse. Les uns font découverts, comme les marchez d’Europe, & servent aux mêmes usages ; mais feulement pour vendre les marchandises communes. Les autres Bazars sont couverts de voûtes fort élevées, & percées par des especes de dômes, qui y donnent du jour. C’est dans ces derniers que se débiteur les ri- BEA ches étofes & les marchandises précieuses. On croit que le terme de Bazar est Arabe, & qu’il signifie achat & échange de marchandises ; il íe dit auísi par exten- sion, des lieux où se fait le Négoce. F BAZGENDGE^ Espece de noix de galle rouge, dont les Turcs se servent pour faire l’écarlate. BAZOCHE,//• L’Auteur du Dictionnaire Civil & Canonique, dit que le mot de Bazoche vient du Grec, & qu’il fignifie un discours plaisant & piquant. La Bazoche est une jurisdiction qui s’exerce entre les Clercs du Palais. Les plus anciens en sont les 0 liciers, & celui qui préside, est Chancelier. 11 ne s’y juge que les causes entre les Clercs, ou de celles dans lesquelles un Clerc est défendeur contre un Artisan ou contre un Marchand, pour des marchandises prêtées ou pour des ouvrages faits. (Aslìgner un Artisan à la Bazoche. Plaider à la Bazoche. La Bazoche a pour armes trois écritoires. £f „ 11 y a (dit Miraumont, tom. i. p. 6ço.) dans „ la clôture du Palais, une Justice souveraine &Roïa- „ le, laquelle s’exerce sous le nom & autorité du „ Roi de la Bazoche, & concession ancienne de nos ,, Rois, autorisée & confirmée par la Cour, composée „ déjugés & Oficiers ordinaires. „ Cette Jurisdiction est bornée entre les Clercs du Palais ; &, le même Auteur remarque, que dans les Audiunces que le Roi de la Bazoche donnoit, „ les Clercs raportoient & „ réprélêntoient fort librement les fautes des fupôts „ & sujets du Roïaume de Bazoche , & plusieurs au- ,, tres plaisantes & secrètes galanteries des maisons „ particulières, indiferemment, fans respect ni excep- „ tion de personnes ; ce qui auroit mú quelquefois la „ Cour, fur les plaintes d’ancnns qui par avanture se „ lèntoient ofensez en leur honneur & famille, & „ scandalisez par ces actes & jeux publics, de leur ,, faire défenses de plus jouer fans congé. J’en trou- „ ve deux Arrêts ; l’un du 14. Août 1442. par lequel „ ils sont condamnez à être prisonniers, & jeûner „ quelques jours au pain & à seau ; & l’autre, du „ j a. Mai 1475. par lequel défenses sont faites à la ,, Bazoche de non jouer fans permission de la Cour. „ Quant à l’étimologie du terme Bazoche, volez les Origines de Ménage. F BAZZO- Petite monoïe d’Allemagne, qui vaut environ deux fols de France. BE’ANT , béante, adj. [Hiant J Qui a la bouche ouverte. (Ils recevoient l’eau à bouche béante. Vaug. Quint. Leur sueur humecte le peuple béant à l’entour. Cette nation à la bouche béante engloutit tous les trésors du Roi. Vaug. Quint. I. y.) F On le dit de plusieurs animaux, dont la gueule est fort grande, comme la balaine, le lion. F On dit figur. de ceux qui ont une continuelle avidité de manger, que ce sont des gueules béantes, BE'AT , f m. [Probitatis ac pietatis smulator .] Du Latin beatm. Bienheureux. Homme de sainte vie. (Dn béat pourroit-il s’exprimer plus heureusement? Boi. Ce mot béat ne se dit ordinairement qu’en riant, & son usage le plus fréquent est dans le sole simple, comique, burlesque ou satirique. (Mon révérend, dìt-elle, au béat homme, je viens vous voir. La Fontaine, contes nouv. pag. iç§.) f BE'ATE , f. /. [Probitatis ac pietatis Jhnulatrix.'] Bienheureuse. Ce mot ne se dit d’ordinaire qu’en riant, & dans le stile le plus simple. (Pour béate par tout le peuple la renomme. Regn. satire 15.) RECTIFICATION , s. f. [ln beatos relatiom beatomm numerum adjeriptio.] Elle consiste à être mis au nombre des Bienheureux. (Sa béatification est certaine.) BE'ATIFIER, [In beatos referre.] Mettre au rang des Bienheureux. (Le Pape béatifie les gens qui ont vécu saintement. BE'ATIFIQUE, adj. [Qui beatum efficit.] f Qui est bienheureux. Qui rend bienheureux. (C’étoìt une femme sujette aux visions béatifiques.) BE'ATILLES , f. f. [Fartile .] Toutes sortes de petites choses délicates qu’on met dans les pâtez, dans les tourtes, comme sont les crêtes de coq, des ris de veau, &c. BE'ATITUDE , f f. [Béatitude.] Ce mot sc dit en ternie de Pieté. 11 signifie bonheur. Vision de Dieu. (Les huit béatitudes. L’ivrognerie nous rend indignes de la béatitude. Maucroix, homélie 1. Béatitude par- BEA feite, extrême, entière, ravissante, indicible. Lucien a dit en raillant, le parasite vit dans une parfaite tranquillité, en quoi consiste la béatitude. Ablanc. Luc, dialogue du ■parasite.') BEAU, bel, belle , adj. [ [Pulcher , formostu, venu- Jìuí, decorm .] Qui a de la beauté. Beau & bel sont masculins, & belle féminin. Beau se met devant le substantif masculin qui commence par une consone. Lesgens qui parlent bien, assurent que le Tacite d’A.... n’est pa> un beau livre. Bucephale, qui étoit le cheval d’AleXancire, étoit un beau cheval. On dit auíli beau après le substantif masculin. Le Lucien d’Ablancourt est un ouvrage très-beau. Néanmoins on dit Charles le Bel, mais ce n’est que dans ces façons de parler consacrées : encore y a-t-il des gens qui disent, Charles le Beau déclara, en mourant, son cousin Philippe le Bel, Régent du Roïaume. Bel se dit a u masculin devant une voïelle. François ï. étoit un bel homme. Arnauld le Docteur est un grand esprit, & a® bel esprit. Cependant on dit quelquefois beau devant une voïelle ; mais c’est lors que beau n’est pas devant un substantif, auquel il soit immédiatement joint. Ainsi l’on dira, r/ est beau en tout tems. A cela près, on dit bel devant le substantif masculin. Un bel faire beau feu. C’est un beau manger. II a eu belle peur. 11 fait une belle dépense. Beau signifie aussi la même chose que bien. Un beau joueur , un beau parleur ; c’est-à-dire , un homme qui joue bien, fans fe fâcher ; un homme qui parle bien. Avoir le commandement beau, c’est commander de bonne grâce. , 0 BEAU , bel. Air. de Vaugelas, rem. 287. prétend que l’on ne met bel que devant les substantifs qui commencent par une voïelle, comme bel homme : mais Mrs. de l’Académie ont observe que l’oíi dit fort bien, BEA 227 cela est bel U bon; quoique bel ne soit pas devant Uft substantif & qu’il soit devant la conjonction U, _ BEAU-FILS , s. m. [Privignm.} C’est le fils du mari qu’on épouse. C’est le fils de la femme qu’on épouse. (Son beau-fils est mort.) BEAU-FILS , s. m , [Gener.} Gendre qui a épousé la fille d’un autre, f BEAU-FILS. [Politus.'} Mot burlesque, pour dire, garçon qui est beau Mignon, &c> (Un de ce dernier ordre Pajfoit dans la maison pour être des amis. Propre, toujours razé, bien disant gif beau-fils. La Fontaine, nouv. contes, p. i;g.) íf Ce terme, beau-fils, étoit commun autrefois, S, Louis étant malade à Fontainebleau, dit à son fils, att raport dé Joìnville : Beau fils, je te pry, que tu te faces amer au peuple de ton Royaume. BEAU-FRERE, f. m , [Mariti vel uxoris frater .] Celui qui est d’une autre lit, Celui qui a épouse la sœur, ou la beile-sœur. BEAU-FE'RE, f. m. [Socer U vitricm.} Celui qui a épouse notre mère après la mort de notre propre père. Celui de qui nous avons épousé la fille. BEAU partir de la main , f m. Terme de Manège . C’est la vigueur du cheval à partir de la main sur une ligne droite, sans qu’il s’en écarte depuis son partir jusqssà son arrêt. (Cheval qui a un fort beau partir de la main.) BEAUPRE', f m. [Malus anUrior.} Terme de Marine. C’est le mât d’un vaisseau le plus avancé, qui est fur la prouë. Sa voile s’apelle stvadiére, & lé mât qu’on ente au-dessus, tourmentin ou petit beaupré. í§ L’explication du Sieur Aubin me paraît plus claire. C’est un mât qui est couché fur l’éperon, à la prouë des vaisseaux; son pié est enchâssé sur le premier pont, au-dessous du château d’avant, avec une grande boucle de fer, & deux chevilles aussi de fer, cjui sortent entre deux ponts. Beaupré jur poupe ; c’est- à-dire, au’un vaisseau se met le plus prés qu’il peut, de Barrière d’un autre, BEAUREVOÍR , f m. Terme de Chasse, qui se dit, quand le limier bande fort fur la bête & fur la trait étant fur les voies, BELLE, s. f. Volez Beau & la colonne BEL. BELLE-FÌLLË, belle-mére, belíc-saur. Volez la colonne BEL. BEAUCOUP, adv. [Multùm.} Ce mot lignifiant quantité, grand nombre-,, demande la particule de lors qu’il est suivi d’un nom qu’il régit. (II y a beaucoup de fautes de langage dans le Tacite du petit barbouilleur Arnelot, Oh trouve par tout beaucoup dé beaux esprits & de grands hommes.) BEAUCOUP, adv. [Muiti, plurimi.} II fìgniíìe p/u- steurs; mais en ce sens, il ne doit pas être emploie tout seul, à moins qu’il ne soit précédé du pronom personnel, & même que ce pronom ne soit au nominatif, (Les lettres n’enrichiffent pas beaucoup de gens, Ca... & V... font de tristes exemples de cette vérité. Du reste, on dit, nous sommes beaucoup. lis sont beaucoup; mais on ne dira point, c’est l’ami de beaucoup, j’ai oui dire à beaucoup : mais c’est l’ami de beaucoup de personnes, j’ai oui dire à beaucoup de gens.) BEAUCOUP, adv. [Longé, niultò.} Ce mot signifie bien davantage, & étant mis après l’adjectif, veut être précédé de la particule de. (L’esprit de qui la promptitude est plus diligente de beaucoup que celle des astres. Vaug. rem.) BEAUCOUP, adv. [Multò mnpìim.} Ce mot signifiant bien d’avantage, & étant devant Fadjectif ne veuf point la particule de. (Gassendi & Descartes sont beaucoup plus éclairez què les autres philosophes. On excepte seulement, si beaucoup est précédé de la particule en , à laquelle il se raporte ; car alois il veut de , quoi-que devant Fadjectif. On en trouve de beaucoup plus dangereux. Saint Evremont , ra 4. pag. 176.) BEAUCOUP , adv. [Plurimùm.} Extrêmement ( Rabelais fit ainsi son épitapbe , & le pauvre V. l’i- hiiteía en cela. je dois beaucoup, je n’ai rien , gf je donne le reste dux pauvres.) 0 Ajoutons Cette remarqué dè Mr. dé Vaugelas. Ce mût étant emplois pour, plusieurs , ne doit pas Tome L F f à être 228 BEC être mis tout seul ; il y faut ajouter personnes , ou gens, ou quelque substantif, comme, il clonnoit peu à beaucoup ; cela n’est pas bien dit ; il faut dire , à beaucoup de personnes , ou, à beaucoup de gens : mais il faut remarquer que cela n’a lieu, que quand le pronom personnel le précédé , lequel fait voir que ce beaucoup qui suit , se raporte au méme pronom. De même , quand on dit, il yen a beaucoup, cet m emporte avec soi la signification de gens , ou de personnes , comme il se volt par cette phrase, il y en a, qui veut dire , entr’autres choses , il y a des gens. Quand beaucoup est adverbe, il y a une belle remarque à faire ; c’eft que lors qu’on le met après l’adjec- tif, il y faut neceffairement ajoûter de devant, & dire, de beaucoup ; car si je dis , l'esprit de qui la. promptitude est plus diligente beaucoup que celle des astres , ce n’est pas bien dit ; il faut dire , l’esprit de qui la promptitude es plus diligente de beaucoup que celle des astres. Mais quand beaucoup est devant l’ad- jectif, il n’est pas nécessaire d’y mettre le de ; même il est mieux de ne l’y mettre pas , comme, l'e- sprit de qui la promptitude es beaucoup plus diligente, est mieux dit, que , /’esprit de qui la promptitude est •de beaucoup plus diligente. (§ Voici la remarque de Messieurs de l’Académie. Beaucoup peut passer dans la conversation , fans qu’on ajoute personnes ou gens, pourvu qu’il serve de nominatif au verbe, comme en cette phrase , beaucoup croient que cette afaire ne tournera pas à son avantage ; mais beaucoup ne peut être emploie dans les cas obliques ; on ne dit donc point, c’es l’avis de beaucoup , f ai entendu dire à beaucoup, je cannois beaucoup qui se persuadent > il faut dire necessairement, de gens , ou de personnes , & ainsi des autres. On peut bien dire , j’en connois beaucoup qui se persuadent , par ce que la particule en qui est devant beaucoup , fait foufentendre personnes. Lors que beaucoup est adverbe , la particule de doit toujours le précéder après un comparatif: il es plus riche de beaucoup , que tous ceux dont nous parlons. On croit qu’on peut aussi mettre cette particule de devant beaucoup, quand beaucoup est mis devant le comparatif , & qu’on peut dire également bien , il es de beaucoup plus savant que moi , Bc, il es beaucoup plus savant que moi. L’Auteur anonime des Réflexions fur la Langue Françoise, a fait fur beaucoup cette remarque. On dit bien , il s’est beaucoup enrichi, il s'es beaucoup dis tingué , il s’est beaucoup tourmenté. Beaucoup ne s’a- corde qu’avec un adjectif soufentendu , comme , je le crois habile , l'on nia dit qu'il l'étoit beaucoup. II faut remarquer néanmoins , que si la proposition çtoit négative ; beaucoup fe peut mettre devant l’ad- jectif, fans qu’il y ait faute, comme , il n’es pas beaucoup sage. Tandis que ces choses fe fàisoient dans l’Asie, la Gréce & la Macedoine n’étoient pas beaucoup tranquilles. Vaug. Q. Cure. BEAUTE’ , f. f. [Pultbrìtudo , décor, Jpecies.J Proportion charmante entre les parties de quelque tout. ( La beauté est diférente à raison des diférens figes.) * BEAUTE’ , f. f. f Veneres , venusaies. ] Objet charmant. Fille ou femme fort belle. (La beauté que je fers , est la peine du cœur & le plaisir des yeux. Bear. Po'ef. La beauté que j’aime, est comme moi. Téoph.) BEAUTE'. [Prasantia , elegantia , amœnìtas. ] Qualité qui fe rencontre en quelque chose que ce soit, & qui rend cette chose aimable, belle & engageante. (La beauté de la campagne , de l’efprit, du langage, &c.) BEAUTE'. [ Novitas. ] Se dit en stile plaisant pour «ngularité & pour quelque chose d’extraordinaire. {Je voudrais, m’en coútât-il grand' chose, Pokr la beaute du sait , avoir perdu ma cause. Mol.) J f BEBI. Sorte de toiles de coton, qui fe fabriquent a Alep & aux environs. BEC , s. m. [Rostrum. ] La partie dure & solide avec laquelle l’oifeau prend ía nourriture. (L’aigle a le bec noir , long & crochu. L’aigle étant vieille, Ion bec s alonge & devient si crochu qu’il l’empê- che de manger , & cela la fait mourir. V. B. Fauconnerie , ch. a. gj? j.) BEC * BEC. Ce mot fe dit de certains poissons, si f,, gnifie la partie qui fe termine en pointe , & f a ij l’entrée de la bouche du poisson. ( Les saumons ont le bec plus pointu que les truites. .Rond. * BEC d’éguiére. C’est le petit conduit par où coule l’eau de l’éguiére. * BEC de plume. Le petit bout de la plume qui est fendu & qui sert à former les lettres. * BEC , s. m. [Terme de Taillandier.} II fe dit de certaines serpes. C’est la partie crochue du bout de la serpe. Toutes les serpes des Jardiniers & des gens qui travaillent au bois, ont un bec, purce que ce bec leur sert à prendre les branches & le bois; mais les autres serpes n’ont point de bec. * BEC. [On] Bouche. Langue. Langage. (II fit sortir de son divin bec telles & semblables paroles. Scar. Po’és. Quand ma muse est échaufee, elle n’a pas tant mauvais bec. 5. Ami) f * Tour de Bec. [ Osculum. ) Baiser. Donner un petit tour de bec.) f * Coup de bec. Ces mots , au figuré, signifient, Coup de langue, Raillerie. BEC. [ Suavium , suaviolum .] On fe sert de ce mot en termes de caresse & en parlant à . une Maîtresse. (Mon pauvre petit bec, tu le peux fi tu veux. Mal Qu’il est heureux de baiser ce bec amoureux; c’est- à-dire , cette fille ou femme jolie & amoureuse.) BEC. [ Monere. ] Ce mot entre dans quelques proverbes. Exemples. ( On lui a fait le bec. _ C’est-à- dire , on l’a instruit. On lui a dit ce qu’il devoir dire ou faire. On lui a tenu le bec en l’eau. C’est- à-dire , on l’a amusé & entretenu. * Prendre par le bec. C’eft prendre une personne par ses paroles mêmes. Arguere. Lors que vous-même fans respetf, Vous vous déclarâtes coquette Vous fûtes prise par le bec, Et vous confessâtes la dette. Pelisson , recueil de Poésies. * Avoir bec U ongles. Proverbe qui veut dire fe revancher de paroles lors qu’on est ataqué. II a bec ongles. C’est-à-dire, bien attaqué, bien défendu. * Passer à quelcun la plume par le bec. [Ludiflcari.] C’est lb frustrer de quelque avantage qu’il avoit efperé, BEC cornu. [Ineptîss. ] C’est-à-dire, sot. (Que maudit soit le bec cornu de notaire. Mol.) BEC d’âne , f. m. Outil de Charpentier , deCha- ron & de Menuisier. H C’est une efpece de gros ciseau quarré , avec un manche de bois , dont le bout est abattu en chanfrain. Les Ouvriers s’en servent à évuider les mortelles, après les avoir ébauchées avec le ciseau. í BEC d’ane. C’est aussi un petit outil tout d’acier, dont se servent les Arquebusiers, pour travailler fur le fer , comme les Menuisiers fe servent du leur sur le bois. H BEC de canne. Sorte de grands clous à crochet, qu’on nomme aussi clous à pigeon. Ils fervent à attacher dans les volets des paniers à pigeon. H BEC de canne. C’est aussi une sorte de ciseau de Charpentier. BEC de lièvre. Fente qui se voit aux lèvres de certaines personnes. BEC. [ Lingula quafluvii inter se junguntnr. ] Ce mot fe dit des pointes de terre qui fe rencontrent aux lieux où deux rivières s’assemblent. Lebecd’Am- bez est celui où la Dordogne fe joint à la Garonne. Le bec d’Alier, où l’Alier fe joint à la Loire , vers Moulins. Ce mot fe dit aussi de quelques pointes de terre qui avancent dans la Mer. BEC de corbin. [ Corvini rostri in morem recur- vum insrmnentum .] Terme de Chirurgien. Instrument de Chirurgien fait en forme de pincettes , qui a un long bec , dont il sc sert à tirer ce qu’il y a d’étran- ger dans les plaies. 11 y a divers autres instrumens de Chirurgie nommez, bec de grue coudé, bec de canne , de lézard , de cigne , de perroquet , &c. Voïez Bejaune. BEC de corbin. Terme de Maréchal. C’est une petite piéce de fer, soudée en saillie à la pince d’un fer de cheval qui oblige le cheval à marcher sur le talon , & qui l’empêche d’apuïer sur la pince, quand il est boiteux. f BEC de corbin. Efpece de crochet de bois, qui fait partie de l’arqon des chapeliers ; & qui par un bout BF.n bout soutient la corde à boïau, qui sert à faire voguer l’étofe. ê BEC de corbin. On donne ce nom à l’instru- ment de fer avec lequel le calfat d’un vaisseau tire la. vieille étoupe d’une couture. t BECABUNGA, ou ■ Mouton fléau. Plante qui est bonne contre le scorbut ; elle pousse des tiges rondes & rougeâtres. Mr. Tournesort la met fous le genre de véronique. 0 ” BEC JAUNE ; Voïez béjaune. B EGARD , f m. f Sulmo fœmina. J Femelle de saumon. Elle est apellée de la sorte parce qu’elle a le bec plus crochu que le mâle. BE'CASSE,, s f. Ç Rujìicula major. ] Oiseau passager marqueté de gris : II est apeìlé bécasse à cause de son grand bec. Bel. I. ç. BE'CASSE de mer. Oiseau plus gros qu’un canard. La bécasse de mer a le bec long de quatre doigts, la tête, le cou , le dessus de l’estomac, & le bout de la queue noirs , le dessus du corps & des ailes de couleur de fumée , & les cotez avec le milieu des ailes & de la queue blancs , les jambes grosses & rougeâtres , & trois doigts à chaque pié. Bel. I. 4. BE'CASSE. Poisson de mer qui a le bec pointu fait cn éguille , & qui, fans avoir , de dents , a des mâchoires qui coupent comme une fie. Rond. BE'CASSE. Terme de Vanier. Outil de fer en forme de cou & de bec de bécasse , duquel on fe sert pour enverger les hottes & les vans. * BE'CASSE. Maîtresse. Fille ou femme qu’on aime & qu’on tâche d’avoir. ( Ma foi, Monsieur , la becasse est bridée. BE'CASSEAU , s. m. [ Rujìicula minoré} Prononcez bécajso. C’est le petit de la bécassine , c’est un oiseau passager qui a le bec long. ( Un bécasseau gros & gras. II mange fort dévotement deux ou trois bécasseaux à son souper.) BE'CASSINE , J', f. [ Rujìicula miner. } Oiseau passager qui est plus petit que la bécasse , qui a le bec long & noir au bout. La bécassine est comme rousse & marquetée de petites taches, & elle a les doigts longs & noirs. Bel. I. 4, BEC-FIGUE , bécafigue , s. s. [Ficedula .J L’un & l’autre se dit, mais bec-figue est le plus usité. C est un petit oiseau qui sc nourrit de figures dansletems qu’elles sont mûres , qui vit neuf ou dix ans , qui sise agréablement & qui a quelque chose du chant de la fauvette, & du rossignol. Voïez Oiina , traité des ciseaux qui chantent. II y a plusieurs bec-figues en Piémont. Martial lui fait faire cette jolie plainte : Quant me ficus alat, N pascar dulcibus uvk, Cur potiùs nomen non dédit uva, mihi ? BE'CHE , f.s. í Ligo. ] Outil à fer large & tranchant , avec un manche de bois d’environ trois pies, servant à creuser & couper la .terre. ( Je suis contraint de philosopher ici avec la bêche. Abl. Luc. t. 1. BE'CHER , v. a. [ Ligone terrant fodere. ] Couper & creuser la terre avec ìa bêche. ( Timon s’amusoit à bêcher la terre.) BE'CHOTER ; voyez Béquìller. BECQUE', becquer. Votez la colonne Béq. f BECULO- Plante médecinale , qui est la même que 1 ’lpecacuanha. t BECUNE- Poisson qu’on pêche sur les cotez de l’Amerique , & qui a la figure & le goût du bro- ’chet. Votez le P. Labat. t BEDAINE, / /• [ Abdomen. ] Mot comique, qui veut dire , gros ventre. ( Une grosse bedaine. Quand f aurai fait le brave, U qu un fer pour ma peine, M’aura d’un vilain coup tranj'percé la bedaine. Dites-moi , mon honneur , enferez-vous plus gras! Mol. Cocu. Vous qu avec que ma bedaine, à cloche-pié jesauterok. S. Amant, Romerid. BEDEAU , BEDAUT, s. m. [Accensus, appari- íor.J II faut écrire bedeau , & nofst pas bedaut , & prononcer bedo. Ce mot, en parlant de l’Universite d'e Paris , est un O licier qui porte une masse d’argent d-evant les premiers O liciers de l’Université , lors qu’ils marchent solennellement en Corps ; qui est obligé de de se tenir prêt pour exécuter les commandemens da ces premiers Qficiers, qui porte leurs billets & BEF 229 leurs ordres, & apelleks fuplians dans les assemblées. On apelloit, chez les Romains , ces serviteurs , lillo- res. Spelmanus croit que le mot de bedeau vient de l’Anglois. Mais Voisins pense que le mot de bedeau , qu’on apelle en Latin bedelhts , dérive du mot pédant, & qu’ií faudroit dire, pedellus a pedo , Jeu baculo quem gejìant. 11 y a dans l’Université de Paris quatorze bedeaux.: deux en chacune Nation, & deux en chaque Faculté. On divise les bedeaux en grands & en petit bedeaux ; les grands bedeaux ont le double des gages des petits , & les petits qu’on nomme íbus- bedeaux , font comme les serviteurs des grands. Entre ces bedeaux, il y en a un qu’on apeíle le grand bedeau de France, qui est le premier bedeau de la Nation de France. On ne fait pas positivement le tems de l’institution des bedeaux , mais il est constant que l’Univeríìté n’a jamais fait corps qu’elle n’ait eu des bedeaux pour porter ses ordres. Les bedeaux des Nations font plus anciens que les bedeaux des Facultez , lesquels n’ont commencé que lors que les Nations ont commencé à faire corps. Les bedeaux de la Faculté des Arts s’éliscnt par les Nations. Les bedeaux, à leur réception , prêtent serment, & lors qu’ils ont bien servi, on leur permet de résigner leur O si ce. Les grands bedeaux ont quatre livres pour chaque Ecolier qu’on reçoit Maître es Arts , & les petits bedeaux ont quarante fous. Tous les nouveaux Maîtres és Arts donnoient autrefois à chacun des grands bedeaux une paire de grands & un chapeau ; fuitcon- cluj’um quòí magni bidelli Theologia £5? quatuor Natio- num haberent de cœtero à quolibet Magijiro noviter in Medicinse Facultate ìncipiente , bìretum chirotecits. Voïez les Remarques de du Boulai fur les bedeaux, pag. 36. BEDEAU , ou porte-verge. Celui qui sert les Prêtres à l’Eglife , les Fêtes & les Dimanches , qui leur fait faire place & leur rend d’autres petits ofìces, ainsi qu’aux Marguilliers. Voïez les Origines de Ménage. BEDON , f. m. [Exiguum tympanmn,} Petit tambour dont on joue avec la flûté. f BEDELIUM , Bendelen , ou Bdelìum. Efpece de gomme , dont on ne connoit que le nom. II en est fait mention dans le Chap. II. de la GeneJ'e. Joseph e assure que c’est la gomme d’un arbre , qui ressemble à l’olivier, Mais Scaliger avoue avec plusieurs autres favans , que le Bedelìum de l’Ecriture sainte est inconnu. H BEDELIUM. Celui que les Droguistes vendent, n'est guéres plus connu que le Bedelìum des Anciens. Cette gomme est aportée par la voïe de Marseille, ou par les vaisseaux de la Compagnie d’Afríque. On croit que celle de Marseille n’est autre chose , que la gomme nommée Alouchi , & que le véritable Bedeiium est celui du Sénégal. f§ BEDON , bedondaine. M. Ménage dérive bedon daine, de de & de dondaine , comme qui diroit double bedaine. On apelloit proprement dondaine, lin certain instrument de guerre , qui jettoit des boulets de pierres rondes , & que le Président Fauchet, en son livre de la Milice, compare à la catapulte des Anciens ; & parce que cet instrument étoit court & gros, on a de là apellé les gros ventres , des be- dondaines , & ensuite des bedaines , & grojfe dondón, une femme grosse & courte. Nous lisons dans Rabelais , liv. 1. ch. 20. Pour tenir chaude la bedondaine. Le Commentateur donne à bedondaine , une origine diférente : Mais n’en déplaise ( dit-il ) à l’un & à l’autre (à Fauchet & à Ménage) bedon est la racine des mots bedaine St dondaine ; on a dit bedon par onomatopée , pour tambour ,• de bedon , bedaine, & par re- duplication , bedondaine , d’où l’on a tiré dondaine, &c. £ BE'E- On apelle futaille à gueule bée, une futaille ouverte , & défoncée par un bout. BE'ER , t), n. [Hiare. ] Ouvrir la bouche d’une maniéré admirative. Inhiare , avidìus appetere , se dit figurément de ceux qui désirent quelque chose ardemment. On dit béer aux corneilles , pour dire être oisif. t BE'FLER, f. a. [ Illudere. ] Vieux mot qui ne peut entrer que dans le burlesque , comique , &c. & qui signifie moquer, U Je moquer. Tromper. (11 a vù ses espérances béflées.) BE'FROI, f w- [Spécula canterii.~\ Charpenterie qui soutient les cloches d’une tour, ou d’un clocher. Ffj le 230 BEJ Le mot de béfroi , lignifie aussi la cloche qui est destinée à sonner l’alarme. ( Sonner le béfroi.) BE'FROI de vair. [ Laterculis argenteìs ac esruleis infiruHw .] Terme de Biafin. Ce sont trois rangées de vair dans l’écu d’armes. (Porter de gueules à bandes de béfroi de vair. Colomb.') îs BE'FROI, ou basrai, étoit anciennement une machine de guerre , faite en forme de tour , & composée de plusieurs pièces de charpenterie , qui for- moient plusieurs étages , dans lesquels on mettoit des soldats , qui fe servant de leurs arbelêtes, tiraient dans la ville fur ceux qui la défendoient. Ces machines étoient fur quatre roues ; & afin qu’on ne pût les brûler par des feux d’artifice , on les couvrait de cuirs de bœuf, ou de cheval. Voler Mr. dti Congé, sur Joinville , pag. 68. BE'GAIEMENT , s m. [ Lingua b optant ia.~\ Défaut de langue qui fait qu’on ne peut prononcer la lettre r. BE'GAïER, v. n. [ Balbutire. ] Avoir un défaut de langue qui empêche qu’on ne puisse prononcer ces deux lettres t & r. f BE'GAïER. On dit figur. qu’un Auteur ne fait que bégaier , lors qu’il entreprend d’expliquer ce qui est au-dessus de fa portée. BE'GAïER, v. ». ( Succutere. ) Terme As Manège. Cheval qui bégaie , cela veut dire qui bat à la main, qui n’a pas la tête ferme , & qui la branle pour éviter la sujétion du morts. -î- BEGLERBEY, ou BEGLERBEG,/ m. C’est le nom que les Turcs donnent aux Gouverneurs de Province. BEGUE , adj. En Latin balbus. II fe dit seulement des personnes , & veut dire qui bégaie. ( 11 est bègue. Elle est bègue , & son bégaiement lui donne plus de grâce.) /j Nos peres ont dit bauboyer , pour bégaier , & beaube pour bègue. Duchène , fur Alain Cbartier , pag. 8^2. BE'GUEULE , f f- [ Fatua ,_ infusa. ] Injure qu’on dit à une femme , mais qui n’est que dans la bouche du peuple le plus grossier de Paris, & autres filles de Province. Voler cette bégueule. BEGU, bègue , adj. ou h aigu , baigu'é. f Equus cujus in dentìbus atatis ìndicium remanet. d On prononce bégu. Ce mot ne fe dit que des chevaux, c’est celui qui depuis cinq ans jufqu’à fa vieillesse , marque naturellement & fans artifice à toutes les dents de devant, & y conserve un petit creux & une marque noire , qu’on apelle germe de fève. (Un cheval bégu, aïant une fois marqué, marque toûjours, parce que ses dents font plus dures que celles des autres chevaux. Les cavales font plus sujetes à être bègues que les chevaux.) BEGUIN, f m. [Puerorum calantica l'mea .] Coi- fe de toile qu’on met fur la tête des enfans jufqu’à ce qu’ils portent un bonnet. BEGUINS. [BeguinJ.J Hérétiques venus d’Alema- gne, qui fe difoient pauvres Itérés du Tiers-Ordre de S. François. BEGUINE , f f. [Beguina.] On apelloit autrefois de la forte, des filles qui vivoient ensemble dévotement fans faire de vœu de Religion ; mais aujourd’hui le mot d e Béguine fe prend d’ordinaire en mauvaise part, pour dire une fausse devote ; on dit quelquefois, c’est une béguine. t BEGUELLA- Plante médecinale, dont la racine est souveraine pour la dilfenterie. BEHEN. Racine médecinale. BEHEN. Fruit dont on tire de l’huile. t BEHOURS , f m. [I.ancearum exercitatio pa~ Isstrica.] Ce mot a vieilli, & il ne fe dit plus que par galanterie & dans les ouvrages plaifans & comiques. 11 signifie joute, choc de lances, combat que l’on fait à cheval la lance à la main, course de lances. (Qui prémier inventa le joli jeu d!amours, Devant Dieu repose son aine, Mieux vaut ce jeu que tournois ni behours.) BE'JAUNE , J. m. [Pulktí recentior.] Ce mot fe dit paf corruption, pour bec-jaune, & il fe dit, au propre, en terme de Fauconnerie , des oiseaux jeunes & tout niais, qui ne savent encore rien faire. BE'JAUNE, f. m. [Ignoranlia, Jìupor.] Ce mot fe BEL dit au figuré, & signifie niaiserie, ignorance, bévue ânerie. (Je lui ferai païer son béjaune. Mol.) Use dit des jeunes gens, des aprentifs & des jeunes écoliers. (Paier Jon béjaune ,• c’est-à-dire , fa bien venue. Lettres de béjaune, &c.) (f La bien-venuè que l’on païe en entrant dans les compagnies, a été apcllée, pendant long-tems, le Bec-jaune, ou Béjaune, par allusion aux jeunes oiíèaux qui naissent presque tous avec le bec-jaune. Ainsi l’on a donné le titre de Béjaune aux personnes niaises & ignorantes, & à ceux qui font encore novices dans une proíèflion. Ce ternie a été fort à la mode autrefois. Villon a dit dans lès Repues : Qu’es-ce cy, estes-vous bejaune ? Vuidés-moy mon broc vilement. Et dans la Comédie de Pathelin, le Marchand Drapier dit : Ce trompeur-là est bien béjaune, Quand pour vingt-quatre fols faune, A pris drap qui n’en vaut piis vingt. Pline a remarqué dans son Histoire , que l’Orateur Hortensius fut le prémier qui fit servir sur sa table un paon dans un festin de bien-vcnuë, lors qu’il fut honoré du Sacerdoce : Pavonem cìbi gratia Roms: pi. mus occidit Orator Hortensia, adïtiali canlx Jacerdotii. On volt par là, que les festins de bien-veuué étoient apellez cans aditiales. Voïez Pline le jeune. Loifcuu, des Qfices,liv. 3. eh. 1. n. s o. 51. Godefroi , ad L. 5. Cod. Theoà. de Senator. U Gleba. t BEID- Plante qui croît en Egypte, & qui sert à divers usages dans la Médecine. Elle produit des fleurs, fur lesquelles les abeilles recueillent de la cire, & d’excellent miel ; fa semence & son fruit sont couverts d’un coton, plus doux que la foie. f BEIGE. Serge beige. C’est le nom qu’on donne en Poitou, à une forte de serge, noire, grise ou tannée, qu’on apelle aussi serge de couleur de brebis, ou serge naturelle ; parce que la laine dont elle est fabriquée n’a recû aucune teinture. í BEIGNET. Voïez BIGNET. BEL. Voïez BEAU. BEL ANDRE- Belande , f f. Fournier, dans fou Hidrographie, écrit belandre, & Sarazin , Histoire du Siège de Dunkerque, pag. 15. dit hélanàe. Il semble que belande & belandre soient tous deux bons. Je ferais, volontiers pour belande , parce qu’il me semble plus doux ; & Tailleurs Sarazin étoit au moins autant instruit du véritable nom de ce bâtiment que Fournier. La belande est une forte de vaisseau dont on fe sert dans la baffe Flandre, qui a autant de plat que de baux, qui est propre pour aler fur les canaux & fur les rivières. On voit en éfet dans cette manière de bateau, un Flamand ou un Holandois avec toute fa famille, lequel n’aïant point d’autre maison que sa belande, va de rivière en rivière pour trafiquer & gagner sa vie. BELE- Voïez plus bas. î BELEDIN , f. m. Nom que l’on donne à une efpece de coton filé , qui est peu estimé dans le commerce. BELEMENT , f m. [Balatus.~] La première sil- labe de ce mot fe prononce longue. Prononcez bé- leman. 11 signifie le cri naturel que font les brebis. (J’entens le bêlement de quelques moutons. Dom Qui - choie, l. 1.) í BELEMMITE , f. f. C’est la pierre qu’on apelle ordinairement Pierre de Linx. BêLER , v. a. [Balare.] Faire un bêlement. (Les brebis bêlent.) BELETTE , f m. [Musela.'] Petit animal qui a le mulèau étroit, la queue courte, le dos & les côtez rouges avec le gosier blanc. La belette vit de taupes, de souris, & avale les œufs de pigeons dans les colombiers. Elle haït le corbeau , la corneille & les poules, & elle fe bat contre les chats & le serpent. 11 se trouve, à ce que dit Jonlton, des belettes blanches dans les païs septentrionaux. BE LIER, s w. C’est le mâle de la brebis. Ce mot fe dit en Latin Arles. Un bélier, un méchant bélier, un jeune ou vieux bélier. Le bélier dogue ; c’est- à-dire, fe défend en présentant fa tête au chien ou à un autre bélier qui Pataque, & va doguer contre lui. BEL (Il y a un quart d’heure que ces béliers le doguent, ou doguent les uns contre les autres. Le bélier lent quand les brebis font en rut. II ne faut dans un troupeau de brebis qu’un bon bélier, & en avoir bien foin.) EE'LIER. (Arietarïa machina. j Machine de guerre , qui étoit une grande poutre de bois qui étoit ferrée par le bout gros & maífif, qui étoit suspendue par deux chaînes , & fervoit aux anciens pour batre les tours & les murailles des villes. (Batre les murailles avec le belier. Vaug. Quint. I. 4. Les tours étoient tombées à coups de bélier. Suppl. de Quint. Curets l. 2. cb. y.) Voïez l’Histoire de la Milice Françoise du P. Daniel, tom. 1. pag. ig. ch EE'LIER sustendu. On a attribué l’invention de cette machine aux Carthaginois ; mais Mr. de Folard la croît aussi ancienne que la guerre, & il fait voir clans son Commentaire sur Polybe , qu’elle étoit connue des Peuples de l’Aíie long-tems avant que les occidentaux s’en servissent. II en donne la description, & explique la maniéré dont on s’en fervoit, & dont on la tranfportoit dans les pais dificiles. 11 fait voir que Lisse & Perrault rfont pas compris le texte de Vitru- ve, & qu’ils ont ajouté de nouvelles tenebres à celles de cet Auteur, qu’il soupçonne de n’avoir pas entendu les machines des Anciens. f EE'LIER non justendu. Ce Bélier étoit posé sur des cilindres parallèles, qui rouloient autour de leur axe. Ces cilindres étoient attachez par leurs centres près à près les uns des autres, & fans fe toucher pour éviter le frontement. Le Bélier posé fur ces 'cilindres agiffoit avec plus de force & de violence que le Bélier suspendu. Ses coups étoient directs & plus souvent redoublez, & il falloit une force moindre pour le pousser en avant & en arriéré. Comme les Anciens font fort obscurs dans c| Q qu’ils disent de cette machine, nos savans modernes ont douté de son existence. Lipse, le P. Daniel & Perrault n’y ont rien compris, & on doit cette découverte aux recherches de Mr. de Folard, qui explique dans son Polybe la structure & les forces mouvantes du Bélier non justendu , d’une maniéré auffi simple qu’elle est ingénieuse. BE LIER. Terme ^Astronomie. Le premier des douze signes du Zodiaque, qu’on nomme Aries. Cette constellation est composé de 15. étoile. (Afronter en plein champ les fureurs de Janvier, Ou demeurer oistve au retour' du Bélier. Boil.) , (f Le bélier signifie, dans les médailles, un Prince, un Roi ; ainsi il est le premier des lignes du Zodiaque. Manilius, lib. 2. __ Aries caput est, ante omnia Princeps , Sortit us. , Voïez Tristan, tom. i.p. 525. fstc. BE'LIERE , f f (Annulus.) Terme de Fondeur & à’Orfèvre. Anneau qui tient le battant de la cloché suspendu. Anneau qui est au-dedans du dessus d’une lampe d’Eglife. f BELINGE. On nomme ainsi en Picardie, une Tiretaine fil & laine très-groffiere, qui fe fabrique à Beau-champ le Viel. ., , BELITR.È , f ni. [Ville hommimáo.) Homme de néant, gueux, coquin, misérable. (C’est un franc bélître.) , sf Mr. Ménage a remarque, que ce mot estcelui.de toute nôtre Langue, dont l’étimologie est la plus incertaine; il reporte ensuite le sentiment de plusieurs Auteurs; & Mr. Huet le dérive du Grec qui signifie un rien , selon l’expression de Clément Alexandrin, dans ses Stromates, l. 8. de là est venu le mot blitri, dont on fe sert dans l’Ecoie, pour designer un homme fans nom : nous disons en François un quidam. Remarquez que cet Auteur écrit blitre s mais je crois qu’il faut prononcer & eçrire bélitre. í BELLADONA, / /• Elante qui pousse plu- heurs tiges à la hauteur de quatre pieds, oes jeuilles ressemblent à celles du solanum ordinaire, niais beaucoup plus grandes. Son fruit est gros comme un grain de raisin, d’un noir luisant ; & les Peintres s’en fervent pour préparer un beau verd. Les Italiens ont donné à cette plante le nom de Belladomi, parcs qu’ils s’en fervent pour faire du fard. Ses feuilles BEN 2 3 1 font empìoïéês dans la Médecine, pour ramolir & refondre des ulcérés, & les durillons des mamelles. BELLE , f f. [fPulchra .] Ce mot est pris substantivement, & est le féminin de l’adjectif beau. J 1 signifie fille ou femme qu’on aime, qui mérite d*être aimée, & qu on cajole pour fa beauté. Fille ou femme qui est belle. (II faut regarder les belles comme de beaux tableaux, ou d’aimabies fleurs. Auffi-tôt qu’on donne son cœur à une belle, on ne doit songer qu’à lui plaire. La Sme. t De plus belle, adv. [Mc gis quàtn anteà ."] Mieux que de coutume. (II commence de plus belle. Plus fort cju’auparavant. II commence de plus belle à jurer, à blasphémer, &c.) t BELLE. Ce mot entre dans quelques façons de parler proverbiales, & a divers sens selon les verbes aufquels il est joint, par exemple. (II l’a échapébelle} c’est-à-dire, qu’il a couru un grand danger. La donner belle à quelcun ; c’est-à-dire, Valarmer.) BELLE de nuit , f f. Plante qui porte des fleurs rouges ou jaunes, qui s’ouvre & fleurit la nuit, & fe ferme le jour. BELLE-F 1 LLE, f. f. [fNurusd] La femme du fils qu’on a mis au monde. Fille d’un autre lit. EELLE-AIERE , f. f. [ [Noverca .] Celle que nôtre père a épousée après la mort de nôtre propre mère. Celle de qui nous avons épousé la fille) BELLE-SOEUR, f. f. (Glos, fratrie uxor.J Fille d’un autre lit. Celle que nôtre propre stère a épousée. Celle de qu! nous avons épousé la sœur. BELLE, J. f. Terme de Mer. C’est la partie du pont d’en-huut, qui régne entre le haut-ban de misaine, & les hauts-bans d’artimon. Cette partie du pont est presque à découvert par les flancs, à cause que son plat-bord est moins élevé que le reste. (.C’est ordinairement par la belle qu’on vient à sabordage. t BELLEMENT, adv. £ Lentè, placide, leniter. j] Doucement, à pas lent, & fans bruit. (II faut marcher tout bellement dans la chambre d’un malade.) t BELLERIS, que les Indiens nomment Gotin, C’est une eípece de myrabolans. _ BELLIQUEUX, belliqueuse, adj. Il vient du Latin beHicojìis. Guerrier, qui est plein de valeur. (Peuple belliqueux. Nation belliqueuse. Abl. Avoir l’hu- meur belliqueuse. Ce sont les marques d’un grand courage & d’une ame belliqueuse. Abl. ret . I. 2. ,ch. 4. Ceux qui ont bien connu l’Egypte, ont , reconnu qu’elle n’étoit pas belliqueuse. Bo/juet, Hist . univ.) t BELLISSIME , adj. £ Pulcherrimm. J Très- beau. (II est belliffime, elle est belllffime.) í BELOCULO* C’est un des noms que l’on donne à une plante médecinale, souveraine pour la dissenterie. Voïez Ipecacuanha. BELLOT, bellotte , adj. [Bellulus .] Ces mots fe disent des personnes, & particulièrement des enfans, & signifient qui a quelque beauté. (II est bellot, elle est belette.) BELOUSE» ou blouse , f. f. [Fundulast Terme de Billard. Le trou où l’on pousse la bille. (Pousser, jetter dans la beloufe.) L’Académiè,dit blouse. BELOUSE. [ Cavum. J Terme de Jeu de paume. Creux qui est au bout de la galerie de chaque jeu pour recevoir les belles, & qui est couvert de gros barreaux de bois. BELOUSER, blouser, v. a. [In fundulam trudere.j Terme de Billard. (Jetter une bille dans la beloufe.) H Blouser quelqu’un, c’est. blouser la bille de celui contre qui on joué. * Se belouser,se blouser , v, r. [ Fklìi, decipi , haUu- cinari.] fe tromper, fe méprendre. (Je me blouse , je me suie blousé, je me blousai.) BELVEDER, s st ÍQJyris.) Plante qui a,une verdure agréable, & qui fleurit rouge. Dal. Les Italiens l’apellent Belvedere.) BELVEDER , s. m. [ Lochs edìtus praclsiro asteHu.~j Ce mot est purement Italien, & signifie un lieu dont l’aspectest agréable, dont la vue n’est pas bornée, soit en rase campagne, soit en un lieu élevé, & quì découvre un passage agréable. (C’est un belveder.) î BEN, ou BEHF.N. ( II v. en a de deux sortes, qui font deux drogues très-diferentes. (L’un est une racine médecinale, tfu’on met au nombre des cardiaques & des contrepoisons, & qui vient de Syrie. II y en LZ2 BEN y en a de blanc & de rouge. Le Ben est aussi un fruit gros comme une aveline, qui croît fur un arbre semblable au tamarise. On en exprime une huile que les Parfumeurs de gands emploient. On s’en sert aussi pour enlever les taches ou lentilles du visage. f BEN de Judée. C’est un des noms que les Marchands Epiciers-Droguistes donnent à la drogue, qu’on apelle autrement Benjoin. $ BENARDE , s- s- Terme de Serrurier. On donne ce nom aux serrures qui «'ouvrent des deux cotez. * BENDELEON; voyez BEDELIUM. BE'NE'DICITE', s tn. [Mensœ benediClìos Prière qu’on fait avant que de fe mettre à table- (Dire son bénédicité.') BE'NE'DICITE', s. m. Ce mot est un peu figuré, & se dit en riant. II signifie aCtion de grâces. (Jamais personne n’eut plus de raison de dire son bénédicité que vous. Voit. I. 66 . C’est-à-dire, n’eut plus de raison de louer Dieu, & de le remercier.) è BENEDICTE, f- fi Electuaire fort purgatif, qui a de grandes vertus, & qu’on emploie dans les lavemens. BE'NE'DICTINS , f m. [Ordinis S. BenediCti Monachi .] Religieux fondez par Saint Benoît, & qui font vêtus d’un ample froc noir, à grandes & larges manches, avec un capuchon, qui leur couvre la tête, & qui finit en pointe, & pend fur le derrière du froc. Ils font divisez en plusieurs Congrégations , dont les plus savantes font celles de Saint Maur & de Saint Vannes. BE'NE'DICTINES , / / [Ordinis S. BenediCti Moniales.^ Religieuses habillées de noir, qui suivent la régie de Saint Benoît. Elles ont un voile noir, une guimpe de bonne toile blanche, & une grande robe de même serge que leur voile. (II y a de simples Congrégations, il y a des Prieurez & des Abaïes de Bénédictines. Le Roi nomme à leurs Prieurez & à leurs Abaïes, & leurs Prieures & leurs Abesses font perpé* luelles.) BE NEDICTION, f. f. II vient du Latin bene'diCîio, & il signifie les grâces & faveurs de Dieu. Bonheur. (Seigneur, répandez vos bénédictions fur le juste. Arn. cons. I. io. ch. 2. Je prie Dieu de combler les justes de ses bénédictions. Port-Royal , Prov. Dieu versera sur vous, pour récompense de vôtre vertu, les bénédictions que je vous souhaite. Voit. I. 13.) BE'NE'DICTION , fi f. [ Faujìa frecatio. J Vœux & souhaits favorables qu’on fait a une personne. (Câbler ses bienfaiteurs de bénédictions. Ce nom est en bénédiction à tout le monde. Patru , plaid. 4. C’est-à-dire, c’est un nom pour lequel chacun fait des vœux. BE'NE'DICTION ,s. f. [ Signum Cructi. ] Terme d 'Eglise Romaine. C’est un signe de croix acompa- gné de quelques prières. (Le Prêtre, à la fin de la Messe, donne fa bénédiction. La bénédiction Apojio- iique, c’est la bénédiction du Pape. Bénédiction nuptiale , c’est le signe visible du Sacrement de Mariage. La bénédiction nuptiale fe donne par le Curé. La Communauté commence, & le douaire est dû, du jour de la bénédiction nuptiale. Votez la Coâtume de Parti. BE'NE'DICTION , signe de croix que donnent les Evêques ou Archevêques quand ils vont en Procession ou en d’autres cérémonies. f * On dit d’un païs où tout abonde, & d’une maison 011 l’on fait bonne chère, c’est un païs de bénédiction, une maison de bénédiction. BE'NE'DICTION des cloches. Voïez cloches. BE'NE'FICE • fi nt. [Beneficium Ecclefiasticum.’] Charge spirituelle, acompagnée d’un certain revenu que l’Eglise donne à un homme qui est tonsuré, ou dans les Ordres, afin de servir Dieu. Pinson , traité des Bénéfices. Tel homme entre dans les Ordres, fans autre talent ni vocation que le besoin du bénéfice. La Bruyere. BénéficeJìmple , c’est un bénéfice qui n’a as charge d’ames ; Bénéfice à charge d’âmes ; c’est un énéfice qui a des peuples à gouverner. Bénéfice incompatible, c’est un bénéfice qui ne peut subsister avec un autre. Bénéfice séculier ; bénéfice régulier. Bénéfices conjìstoriaux, ce sont ceux qui sont de fondation Koïale & qui étoient électifs avant le Concordat. Févret, traité de C abus, l. 1. ch. 8. Le Roi nomme à tous les bénéfices consistoriaux dc son Roïaume. BEN Quand le Roi a nommé à un bénéfice, le Nommé doit avoir un Brevet contresigné par un Secrétaire du Roi, afin que par ces Lettres le Pape connoiffe que la volonté du Roi est conforme au Brevet. On fait mention dans ce Brevet, du nom, du surnom, & de la mort de celui au lieu duquel le Roi a nommé. 11 faut que ce Brevet soit expédié pour Evêché, Archevêché ou Prieuré Conventuel, vacant par mort, & qu’il soit donné à des personnes qui aïent les qualitez requises. On envoie ce Brevet à l’Ambassadeur du Roi à Rome & ensuite, le tout bien examiné, le Pape envoie'ses Bulles , ou ses Provisions. Févret, traité de Rabin l. 1. ch. 8. ' A chacun le fien c’est justice, A Parti jeize quartenìers, A Montj'aucon Jeize piliers, C’ejì à chacun son bénéfice. Cat. d’Efpagne. {§ Bénéfices majeurs, ont une dignité annexée, k une jurisdiction contentieuse. Les mineurs n’ont ni l’un ni l’autre. Les Bénéfices font simples, ou facer, dotaux ; ils font sacerdotaux, ou lors que la fondation exige que le Bénéficier soit Prêtre, ou lors que le Bénéfice exige la Prêtrise : telles sont les Cures, que l’on ne peut posséder qu’en prenant la Prêtrise dans l’annee de la prise de possession ; ou enfin, quand on ne peut gagner les fruits fans la Prêtrise. Les Bénéfices sont séculiers ou réguliers , & ils ne peuvent être possédez que par des personnes dont leur état réponde à la qualité du Bénéfice. C’est une maxime : Regularia regularibus , Jltcu/aria stcularibus. í B'ENE'FICE., C’est aussi le lieu, où est l’Eglise & le revenu du Bénéficier. On dit, résidera son bé- néfice ; un bénéfice bien situé. BE'NE'FICE , j. m. [Luc ntn , commoàum .] Gain, profit. Un Traitant a eu 1.1 bénéfice en une afaire, quand il y a profité. f BE'NE'FICE d’aunage. C’est le profit qui se rencontre sur saunage des étoles, des toiles, &c. II y a des endroits, où l’on donne un bénefice considérable fur saunage. BE'NE'FICE d!Inventaire. Terme de Palais. Lettres par lesquelles le Roi permet à une personne d’a- prehender une succcession, sans être pour cela obligé aux dettes de la succession, & cela en faisant faire inventaire. (Etre héritier par bénéfice d’inventaire. BE'NE'FICE de ventre. L Alvì profluvium. ] Terme de Médecin. Flux de ventre favorable. (Avoir un petit bénéfice de ventre.) BE'NE'FICE. Ce mot se dit en parlant du tems, & veut dire, grâce & faveur, dont le tems est souvent la cause. (Atendre le bénéfice du tems. Mr. de la Ra- chefoucaut.') f BE'NE'FICE. Signifie aussi privilège , acordé par le souverain , par les loix. On dit, jouir d’un droit par bénéfice du Prince; jouir du bénéfice des loix; obtenir des Lettres de bénéfice d’âge. f BE'NE'FICENCE ,sf. [ BemficentiaC] Ce mot plaît à un très-petit nombre de personnes ; mais il déplaît ù une infinité d’autres. Je me rangerois volontiers du côte de l’usage , & des plus forts. Benéficence , veut dire , bonté particulière , grâce extraordinaire. (C’est une bénéficence roïale. C’est une benéficence qu’on ne sauroit assez exalter. Le bon Mr. de la Mothe, de f ancienne Académie Françoise, a écrit que des peuples avoient adoré le Soleil, à cause de sa bénéficence. Diversité des Religions, p. 3;4.) BE'NE'FICIAIRE. [Beneficiariuss Héritier qui a ob" tenu des Lettres de bénéfice d’inventaire. (Un héri" tier pur & simple n’exclut point le bénéficiaire en li' gne directe.) BE'NE'FICIAL, bénéficiale , adj. [Quod ad bénéficia pertìnets Chose qui regarde les bénefices. (Savoir les matières bénéficiales.) BE'NE'FICIER. Ç Beneficio Ecclefiajìico praditm. ] Celui qui a un bénéfice.) BENEFICIER, v. a. Terme usité parmi les Ouvriers qui travaillent aux mines. II fe dit du plus ou du moins de facilité qu’il y a à tirer le métal du minerai. Cet or, cet argent est dificile à bénéficier , les frais en seront grands. Cette mine se bénéficie aisément , elle produira un grand profit. BE'NE'FIQUE , adj. [Beneficui.J Ce mot se dit cn parlant des Astres à qui on atribuë des influences favo- BEN favotables. (Jupiter & Venus sont des planètes bénéfiques.') j’ainie mieux dire , biensaij antes. BENET, f. m. [ Infalsus , Jíolidm.J Sot, ridicule. (Avoir l’air fier & benêt.) II nom -présente encore pour surcroît de colère , Un grand benêt de fils auffi lot que son père. Mol. fâch. a. 2. sc. 6. BENIN , benigne , adj. [ Benignm, humanus. ] Doux, favorable, humain. Qui fait du bien. Le mot de bénin se. dit en parlant des Astres & des Lieux ; mais hors de là, il ne se dit guère qu’en riant. (Astre bénin. Influence benigne. Les maris sont ici les plus bénins du monde. Mol.) BENIGNE, s. m. [Benignm f\ Nom d’homme. ( La Ville de Dijon honore un Saint qu’on apelle Benigne, & la France honore un homme qui s’apelle Benigne , & qui est illustre par fa vertu & par son mérite.) C’é- toit le feu Evêque de M eaux. EENIGNEMENT , adv. [ Benignè. ] Favorablement. (Recevoir benignement. ) BENIGNITE', f f. [Benignitas , humanisas .] Douceur , humanité, indulgence qu’on a pour. quelque chose. (C’eít là où vous verrez la dernière bénignité de la conduite de nos Pérès. Bajc. liv. 9.) BENJOIN, s s [ 'Ben-zuinums] Gomme odoriférante qui vient d’un arbre qui croît en Afrique. Votez Matiole, l. 3. (11 entre du benjoin dans cette composition.) £ II y a plusieurs sortes de benjoin , qu’on peut voir dans Savary. L’arbre qui le produit croît aussi dans la Cochinchine , dans les Royaumes de Lao & de Siam , & ressemble à l’amandier. On fait des incisions à son tronc & aux principales branches , par où coule le benjoin. sis Arrien, liv. 3. des guerres d’Alexandre, a remarqué , en parlant du Mont-Caucase , qu’il n’y croît que du benjoin , & de la terebinthe; que cependant il est fort peuplé, & couvert de plusieurs troupeaux qui vivent de ces plantes , & courent à l’odeur du benjoin , dont ils mangent la fleur , & rongent la racine. BENIR , v. a. II vient du Latin benedicere , & signifie faite un signe de croix acompagné de quelques prières. (Bénir un autel, un cierge , du linge , bénir du pain , bénir de l’eau , &c.) BENIR, v. a. [Fortunare.J II se dit de Dieu à Regard de ses créatures , & signifie , donner fa bénédiction afin de faire prospérer. (Dieu bénit ceux qui l’adorent vraiment, & de tout leur cœur. Dieu bénira toujours les armes de ceux qui combattent pour fa gloire. ) BENIR , v. a. [ Laudare.J II se dit des créatures à l’égard de Dieu , du Ciel, Le. C’est-à-dire , combler de loiianges & de bénédictions. (Créatures qui étés les ouvrages du Seigneur, bénissez toutes celui qui vous a créées. Port-Royal, Psaumes. (Jue la terre benisse le Seigneur, & qu’elle célébré éternellement ses louanges. Port-Royal, Psaumes.) BENIR , v. a. [ Faustaprecari. ] II se dit des créatures à l’égard les unes des autres , & il signifie combler de bénédictions & de louanges. (Aimez vos ennemis , & bénissez ceux qui vous maudissent. Port-Royal, Evangile de S. Matb. ch. 3.) jff Bénir ft-s maux, bénir son martire , bénir sa blessure , ce sont des expressions Poétiques, qu’il ne faut pas imiter. Mr. Voiture a dit dans son Sonnet d’Uranie. Je bénis mon martire , content de mourir, Je n’os murmurer contre sa tirannie. L’Abé Régnier, dans un Madrigal : Tant que je vous ai via insensible g? cruelle, f ai pû trouver en vous de quoi vous adorer , j’ai plm fait, j’ai béni ma blessure mortelle, 'Et j’ai pu, tout près d’expirer, ' Von,- trouver feule aimable fsi belle, fsic. M. de Balzac examinant les Sonnets d’Uranie & de Job, a dit, que bénir Jon martire , est le plus haut degré de patience où puisse parvenir la Philosophie Chrétienne ! mais cette expression n’est point juste ni propre a la patience d’un amant, dont la maîtresse n’a que des du- retez pour lui : je ne scai même si l’on peut dire qu’uii tel & un tel Saint ont béni leur martire au milieu des tourmens qu’ils ont souferts. Seroir-ce bien parler, que de dire: Saint Pierre a béni f s chaînes dans fa prison i que Saint Laurent a béni le gril sur lequel il BEN 233 étoit ? II y a beaucoup d’aparence, que le Sonnet d'U- raniese présenta tout entier à Air. l’Abé Régnier, lors qu’il composoit son Madrigal ; & particulièrement ces trois vers : Mais quand à mon besoin je me veux servir à’eUe, Après beaucoup de peine fcj £ efforts impuijfans, Elle dit qu ’ Uranie esi Jìule aimable belle. Puis quil adopte & la pensée & les paroles de Mr. de Voiture; ce qu’il n’auroit pas fait, s’il s’étoit souvenu de la critique de Mr. de Balzac ; qui dit avec.raison, que cette expression , fuie aimable U belle , ofense tout le reste du beau monde , est injurieuse à toutes les Cours, à tous les Cercles, & à toutes les assemblées , &c. BENI, benìe, adj. [BenediHm,fortunat-uss] Favorisé de Dieu, & comblé de ses grâces. (Prince béni de Dieu. Etat béni de Dieu. La Vierge est benie entre toutes les femmes. C’est une Nation qui fera fans cesse benie. C’est une famille benie du Seigneur.) (f Mr. de Vaugelas a remarqué, que béni & bénit tous deux sont bons , mais non pas dans le même usage : bénit semble être consacré aux choses saintes : on dit a la Vierge, Tu es benite entre toutes les femmes , de seau benite : mais hors des choses saintes & sacrées, on dit toujours béni. Une famille benie de Dieu. BENIT, benite adj. [Sucer. J Qui a reqû quelques signes de croix , fur qui l’on a fait quelques signes de croix, aconrpagnez de prières, & souvent d’eau benite. (Donner du pain bénit, prendre du pain bénit , rendre le pain bénit, faire de l’eau benite , jetter de l’eau benite, prendre de l’eau benite.) BENIT, benite , adj. Qui est fait pour être béni, & pour recevoir la bénédiction de ceux qui la doivent donner. On dit tous les jours dans ce sens , j’ai commandé au Pâtissier de me faire un pain bénit. Faire faire un pain bénit par le Pâtissier. Le pain bénit coûte environ un Loris; ou 13. francs à celui qui le rend , & qui veut s’en aìquiter en honnête homme. t * Eau benite de caur. (Ce sont les grandes caresses & les protestations d’amitié que font les gens de Cour, & qui font simulées, & n’ont aucun éfet.) BENITIER , benêtier ,s. m. [_Aquœ sacra vas.J 11 n’y a que le premier de ces deux mot s, en usage, St c’est une maniéré de cuvette de métal, de marbre , ou de pierre , faite d’ordinaire en forme de voûte , qu’on met à Feutrée des Eglises , & où l’on prend de l’eau benite. Le bénitier est aussi une manière de petit vase de métal, de bois ou de Faïance, qu’on met au côté du chevet du lit, & qu’on remplit d’eau benite. (Et la fièvre demain s rendant la plm forte, Un hemáeï aux pieds, va f étendre a la porte. Despr. ) jQf A faux titre insolent, U Jans fruit hazardeux, Pijjent au bénitier pour faire parler £ eux. Régnier ,fat. 2. BENNE- Petit vaisseau qui sert à charger les bêtes de somme , pour transporter des grains, de la vendange, &c. fH BENNE , vient de benna , qui signifioit autrefois parmi les Gaulois, un Chariot , selon la remarque de Festus. On apelle encore aujourd’hui benne, un certain espace enfermé dans la rivière de Saône, pour y arrêter le poisson ; enfin, benna , dans la balle Latinité , a signifié un vaisseau à poner le vin & l’eau ; d’où l’on a formé benot, dont on í'e sert dans le Lionnois, pour porter la vendange , de la vigne , dans la cuve. BENOÎT , f m. [ ’BenediHm .] Nom d’hpmme. Saint Benoit est le Fondateur de l’Ordre desíBénédictins- Les Céléstins font de l’Ordre de Saint Benoît. Beurrier Hijl. des Célejlins de Paris. On oprime un nourrisson au Grand Saint Benoît. Patru. plaid. 3. f BENOÎT, benoîte, adj. [Sacer.j] Vieux toot qui S’est dit autrefois sérieusement ; il signifie , béni. Le benoît Apôtre Saint Pierre. La benoîte Vierge Marie. Mais aujourd’hui benoit ne se dit qu’en riant (Caillou noble fans doute, N de race ancienne, Decendant du caillou Au benoît S. Etienne. Sarasin, Poës.) j: BENOÎTE , f. f. [ Caryophyíiata.J Plante qui a de grandes vertus ; fa racine à l’odeur du Girofle. Le vin où l’on fait tremper cette racine est bon pour les obstructions du foïe, il est aussi fort vulnéraire & de- Tom. I. G g ter- 234 BER tersif. II y a plusieurs especes de benoîte ; Voïez C. Bauh. H jjEORI, s tn. Animal des Indes Occidentales, qui ressemble à un veau, & dont la peau eiì fort dure & fort épaisse. .-j: BËQUE' , «ch. Terme d e Blason. C’est un oiseau dorìtíe bec est d’un autre émail que le reste du corps. KEQUE'E , s f [ Esca. ] Mangeaille qu’on met dans lebec d’un oiseau. (Donner la bequée a un oiseau.) On dit, dans le sens figuré, qu’un Directeur donne à fa dévote la béquée spirituelle, quand il lui donne quelques avis hors du confellionnal. BE'QUETER , v. a. [ Rojiro appetere , impetere. ] Donner des coups de bec. (Prometée est bequeté d’un vautour. Voit. Poils Un folâtre verdier l’autre jour plus d’une heure , avec vous bequeta dans une prune. Pelijson , RecuiU de fieces galantes. Un Peintre peignit íì bien des raisins, que les oiseaux les aloient béqueter. Ablanc. apopb.) BROUILLARD , f m. [gai baculofuperè rosir ato utituré) Mot plaisant, pour dire , celui qui va avec une béquille. BE'QUILLE , s. f. [Baculumsuperne rojiratum.j bâton dont on se sert pour marcher lors qu’on n’est pas libre de la jambe, lorsqu’on y est incommodé. (Marcher avec des béquilles. Bail. ep. II est condamné à une perpétuelle béquille.) f BE'OUILLER , v.n. [Uti baculo supernè rosir ato .2 Mot comiquë. C’est aler avec une béquille. (Alors sortit d’une portière , Un béquillard tout sec U tout ê r * S ’> Béquiílant de même maniéré, Que Boyer béquille à Paris. Voïage de Bachaumont.) BE'QUILLER , v. a. [Terram pedo vertereé] Terme de Jardinier. C’eft faire un petit labour dans quelque planche, ou quelque caisse. (11 faut béquiller cette planche, ou cette caisse. On dit au même sens, bi- cboter , ou biner cette caisse. Quint. Jardins , t. i. p. 7a. ) BE'QUILLON , f. m. Terme de Fleurisie. Les béquilles font de petites feuilles qui ont peu de largeur, & qui finissent en pointe. (La peluche de l’anemone doit faire le dôme & être garnie de béqui lions. Voïez la culture des fleurs.) Ce mot se dit aussi du bec des petits oiseaux, en terme de Fauconnerie. (S BER. Terme ancien, dont on se servoit pour signifier un grand Seigneur , un homme d’une ancienne noblesse ; ainsi Ber & Baron ont été , pendant long- tems , deux mots sinonimes. Villehardouin , en parlant de la mort du Comte du Perche, a dit, nom b. a?, de son Histoire de Constantinople : Enjt fina li Cuens , U morut , dont grant domages fu. Et bien fu droiz , car mult ère hait Ber & honorez E-f bons Chevaliers. Spelman , fur le mot Baro , a dit : Francis an- tiquis , Ber , ex quo forte Baronessupradifli , £sf Haut- ber, pro vira summo , vel majori Domino. Duchêne a remarqué dans son Histoire de la maison de Montmorency, liv. i. ch. ç. que Baron ou Ber signifie auflì vaillant & généreux ; Barnage , vaillance & magnanimité , &c. Quelques-uns croient que les fiefs du prémier ordre , & qui relèvent immédiatement du Roi, étoient apellez^/je/i de Hautber , comme étant les plus illustres, & les plus considérables : mais d’autres estiment, avec plus de raison , que les fiefs de Hautber étoient ceux qui engageoient à servir le Roi, avec armes pleines? c’est-à-dire, avec la cotte de mailles, apellée Hautber. Pithou a pris un autre parti dans les Mémoires de Champagne. ,, On ne peut ( dit-il ) bonnement ì, entendre, comment entre les fiefs Roïaux on com- ,, prend indiféremment ceux de Hautber , fans reítrain- „ dre ce mot à ceux qu’on apelle pleins fiefs ”. t BERAMS- Grosse toile de coton , qui vient des Indes Orientales , & particulièrement de Surate. t BERCAIL, / m. II se prononce comme il est écrit. En Latin, ovile, 11 signifie bergerie. C’est-à- dire, le lieu où demeurent les brebis l’hiver, & où elles font l’Eté quand elles retournent de la pâture. Le mot de bercail n’eftpas 11 connu, ni 11 usité qne celui de bergerie , qui est le mot d’usage. (Bergers , faites rentrer les brebis dans le bercail. Fontenelle, discours fur l’églogue, pag. 156.) , Ce met se dit, au figuré, dans cette faqon de parler, BER ramener une brebis égarée au bercail de l’Eglise. (Com. bien de brebis errantes & dispersées a-t’il lait rentra dans le bercail. Fléché) t BERCE ,s m. [Eritachnssi Petit oiseau qui vit seul dans les bois. Son bec est fort pointu, & s ori plumage est de couleur de cendre tirant fur le jaune H BERCE,_/! f. Plante de la hauteur de deux où trois pieds. Ses fleurs forment un parasol aux fotn. mets des branches, & ont chacune cinq feuilles disposées en fleur de lis , de couleur blanche. La Décoc* tion des feuilles ou de la racine de cette plante est laxative, 6 c bonne contre les vapeurs. 11 y a plu. sieurs especes de berce ; Voïez C. Bauh. F BERCEAU , f. m. [Cunœ , cunabula .] Petite machine de bois , ou d’olìer, quarrée & soutenue de pies" dans laquelle on met un petit lit pour un enfant aiì maillot. * BERCEAU. (Infantia ,pucrilis attisé] Bas âge. II a mémoire de ce qu’il a fait au berceau. Voit. L 57 L’Egypte lui a servi de berceau. Les vrais Israélites étoient élevez, dés le berceau , à la connoissance de Dieu. Fleuri , mœurs des Chrétiens.) * BERCEAU. Moment qu’une chose naît ou paroît. (Etoufer l’héréfie dans son berceau. Patru plaid. 4.) * BERCEAU. [Vinea arcuata, camerata .] Terme de Jardinier. Couverture en forme de voûte, faite avec des perches de charpente ou de fer, qui régne le long d’une alée de jardin , où l’on joué à la boule, & ou l’on se promène au frais. * En berceau. [Arcuatèsi Comme un berceau. (Faire une voûte en berceau.) ^ BERCEAU. Terme d 'Imprimerie. C’est la partie antérieure de la presse, qui sert à soutenir le train sur les barres , & lui donne le mouvement par les poulies BER CELLES , f f Terme d’Orfèvre. Ce motn'a point de singulier. Ce font des fortes de pincettes dont on fe sert pour manier sémail. ( Ales bercelles font égarées, & il m’en faut donner d’autres, si l’on veut que je travaille : car fans bercelles je ne puis rien faire.) BERCER, v. a. [Cunas agitare.) Mouvoir le ber ceau pour obliger Pensant a dormir. ( Bercer un enfant.) * BERCER. [Laclareé] Entretenir, amuser. (De plaisir mon ame est bercée. Voit. Pois. Je sai bien les discours dont il le faut bercer. Mol. 11 fe berce de ses propres chimères. Desr. fat. z.) 0 ” Comme nos citoiens de race désireux, Qui bercent les enfans qui ne font pas à eux, Régnier ,sat. 2. Despreaux, fat. g. parlant de l’homme : Cependant , à le voir plein de vapeurs legéres, Soi-même fe bercer de fes propres chimères, Lui seul de la nature cjl la bàjè N l’apui. í BERCHE- Terme de Marine. On apelloit ainsi des petits canons de fonte verte , dont on se servoit autrefois fur les vaisseaux , & qui ne font plus d’usage. II y en avoir aussi de fer fondu , qu’on apelle barees. f BERCHEROCT- Poids dont on se sertà Archange! , & dans tous les Etats de l’Empereur de Russie , pour peser les marchandises de grande pesanteur, ou de grand volume. Le Bercheroct pese 400. livres Moscovites, qui font environ ;rg. livres poids de Paris. _ BER GAME , f f [Tapetia Bergomona .] Tapisserie grise ou rouge , qui est de peu de valeur & vient de Bergame, ville d’ítaíie. í BERGAME. On fabrique aussi en Normandie une grande quantité de bergames de toutes les couleurs & nuances , & de diverses façons. On en fait d’une sorte à Tournai , qui est beaucoup plus estimée que les Eutrcs BERGAMOTES , f f. [Pyrum bergomium .] Poires , qui, à ce qu’on croit, font venues de Turquie. (Les bergamotes font bonnes.) f BERGAMOTE. Sorte de parfum qui vient de Bergame. Essence de Bergamote ; tabac parfumé de Ber- gamote , sentir la bergamote. BERGE , f f. [ Môles , aggeré) Bord d’une rivière élevé ou escarpé. (Quand une armée doit passer une rivière, il faut abatte la berge, sur tout si elle est escarpée.) BERGER , f r>ì. [Ovium custos, pastoré] Celui qui garde les brebis. (Un berger, un heureux berger, etre berger.) BER- BER BERGER. Amant qni est berger. BERGERE, s. f. Cëlíe qui garde ies brebis. ( Une bonne, jolie, aimable bergers.) * BERGERE. Maîtresse de quelque galant qui est berger. (La bergére est aimable.) * L’beure du berger. C’est le tems favorable à un amant. {II est aise ', quand on a tant de charmes, De trouver l’beure du berger. Sarazin.) $ * L’beure du berger. C’est en termes de guerre, le tems propre pour la victoire. Quand on veut surprendre l’ennemi, on doit arriver sur lui & le combatte une heure avant le jour. Ces heures ont toujours été & seront toujours , tant qu’il y aura du bon sens dans le monde, ies heures du berger pour la victoire , lors qu’il s’agira de surprises d’armées. Polybe de Folard. BERGERIE , f. f. [ Ovile. ] L’étable des moutons. (La bergerie est pleine.) * BERGERIE. Maison sous nôtre conduite, tant pour ie temporel que pour le spirituel. (Elle voie le feu dans fa bergerie. Patru , f laid. ió. ) BERGERIE , f f [ Pastorale carme». 3 Ce mot, au pluriel ■, signifie des Postes pastorales. Ainsi l’on dit que les plus belles poésies de Mr. Racan , ce font ses bergeries. Mr. de Fontenelle , discours fur l’églogue, a écrit dans le même sens, l’agrément aes Bergeries consiste à n’ofrir aux yeux que la tranquillité de la vie pastorale, pag. 174. 0? 174. Enfermer k loup dans la bergerie. Façon de parler de Chirurgien , pour dire laisser du pus dans une plaie qui se ferme trop tôt, & qu’on est obligé ensuite à rouvrir. Ces ternies lignifient aussi laisser quelcun dans un lieu où il peut nuire. f BERGERONETTE, f /■ Jeune bergere, petite bergers. Ácad. Fr. BERGERONETTE, f.s. C MotacWa . ] Petit oiseau fort joli, qui vit trois ou quatre ans , qui a le corps noir & blanc, le bec noir & bien fait , qui remue toujours la queue , & qui fréquente le bord des rivières. Quelques-uns apellent la bergeronette hochequeue ; mais le vrai mot de Paris, c’est bergeronette. BERTL, f m. [ Berillus. J Pierre précieuse fort semblable au cristal. $ Elle vient des Indes, & il y en a de plusieurs sortes. On en compte même jusqu’à dix especes. Les Naturalistes & les Philosophes lui ont attribué mai à propos des propriété? fort extraordinaires. BERLAN ; Votez BRELAN. BERLE , f. f- Plante dont les tiges s’élevent à quatre ou cinq piez de hauteur. Ses feuilles font oblongues, dentelées, & rangées par paires fur une côte terminée par une seulesseuilìe, Ses fleurs ont chacune cinq feuilles blanches disposées en rose. Cette plante est bonne contre le scorbut, les obstructions , & propre à purifier le sang. ffî BERLINE* Espèce de carrosse , inventée depuis quelque tems. La berline est plus propre à la campagne que les autres carrosses : quatre personnes y font fort à Taise. II y a aparence que nous avons pris ce mot chez les Italiens; 11 apellent Berltna , une maniéré d’échafaut fur lequel ils exposent à la vûë du Public, ceux qu’ils condamnent au carcan. Berlina (dit Ferari , origin. Lìng. Ital.) Juggestus nempe ligneus, in quo ignominiosè traducendi jlatuuntur, quo magis consticuì 0 ? ludibrio obnoxiifint , isque Juggestus instar podioli , aut pergula est. f BERLUCHE, ou BRELUCHE. Sorte de Droguet de laine fur fil. BERI.Uë, s. f. [ Oculorum caligatio. ] _ Eclairs bril- îans qui paraissent devant les yeux & nai fient des vapeurs qui s’elevent des parties basses, ou du pétillement d’un sang échaufé. Dejpreaux. Eblouissement de la vûë par une trop grande lumière. (Avoir la berlue.) * BERLUë, s.s. Ce mot se dit figurément, pour dire une méprise, un défaut d’avoir considéré. (Vous aviez la berlue quand vous avez fait, ou dit telle gnose.) BERME, s. f. Terme de Fortification. Chemin de trois piés de large au pié du rampart, entre le rampart BER 2ZZ & le fossé. (La berme est défendue d’une haie vive. Palissaderune berme.) BERNABE' , s. m. [Barnabas.l Nom d’homme. BERNABITES ,fm. Religieux habillez d’une robe noire , avec un manteau long. 11 s ont été apeilez Bernabites, à cause de l’Eglise de S. Barnabé de Milan , la première qu’ils aïent eue. 1 Volez les remarques fur Barnabites. BERNABLE, adj. [ Irridendmst Qui mérite d’être berné & moqué. (C’est l’homme le plus bernable qui soit au monde.) í BERNAGE ,f m. Vieux mot, qui signifioit au- trefôis , le train, le bagage & l’équipage d’un grand Seigneur. On apelloit ainsi la maison du Roi, & toute sa suite. Mr. Ménage le fait venir de Baronagiam, qui veut dire i’affemblée des Barons. BERNARD,/ m. f Bernardus .] Nom d’homme, qui vient de FAlemand, & qui signifie , qui a un esprit d’ours ; art en Alemand, veut dire esprit, naturel, & ber , ours. BERNARDINS, f. m. [Ordinis S. Bernardi Mo- nachist Religieux fondez par Robert Abé de Molême. Ils suivent la régie de 8 . Benoit ; mais à cause qu’ils ont été reformez par S. Bernard on les apelle Bernardins. 11 s ont une robe blanche avec un scapulaire noir, &lors qu’ils oficient, ils font vêtus d’une coule ample & large qui est toute blanche & qui a de grandes manches avec un chaperon de la même couleur. Volez O dard» Fialetti. BERNARDINES , f. f. [Ordinis S, Bernârdì Moniales .] Religieuses qui suivent la régie de S. Benoit, & qui sont habillées comme les Bernardins , & qui ont de bonnes Abaïes ausquelles le Roi nomme. BERNE 1/ /• [Ludìcra in altum)aHatìo .] Action de berner , ou couverture où Ton berne, (jamais sot he mérita mieux d’étrê poussé d’un coup de berne jusqu’à moitié chemin des cieux. Main. P nés.) 0 La berne étoit en usage ebés Ies Romains. Martial dit à ion livre , qu’il s’expose, en se produisant ën public , à être berné : Audierk cum grandesophos , dum basta captas , Ibis ab excusa mijjus in asra fago. Epig. í. 1. 4- Sagum signifie un drap grossier, sur lequel on mettoit la personne que Ton vouloir faire sauter en l’air. H BERNE. Terme de Marine. Mettre le pavillon en berne, c’est iffer le pavillon au haut du bâton de pavillon , & le tenir ferlé. C’est un signal qu’on donne aux autres vaisseaux. BERNEMENT , f m. [Insublime jaBatiost Manière dont une personne est bernée. L’siistoire du berne- nient du Cavalier nous donne de quoi rire. D. Quichoie , tom. 2. ch. 52. Son bernement est plaisant. On parle par tout de son bernement, & ii réjouit les gens.) BERNER , v. a. [Alíquem in altum jaBarel] Mettre quelcun dans une couverture & le faire fauter en l’air. (Je fus berné vendredi. Voít. L 9.) * BERNER. [ Laudere , irridere.] Se moquer. (On le berne par tout. Abl.) BERNE', adj. & s. m. [In altum jaBatrn , irrisus .J Celui qui est berné. i.Les cris afreux que faisoit le misérable berné, alérent jusqu’aux oreilles de son maître. D. Quichote , t. 2. ch. 53.) BERNEUR,/ m. [Jastator, iliusor.'] Celui qui berne. (U n’y a ici ni berné ni berneur. D. (smehote, t. 1. ch. ig.) BERNIQUET , s. s. Ce mot ne se dit qu’en proverbe. 11 est allé au berniquet. C’est-à-dire , il a mal fait ses afaires. £ BERTAUDER; voyez F.BERTAUDER. BERTE, s /• [Berta.] Nom de femme, qui signifie illustre. Robert, Roi de France, épousa en secondes noces Berte, veuve d’Eudes, Comte de Chartres ; mais parce qu’elle étoit là cousine issue de germaine, le Pape déclara le mariage nul. Robert ne voulant pas quiter Berte, qui étoit douce & charmante, le Pape mit le Roïaiime de France en interdit, & excommunia les Evêques qui avoient consenti au mariage. Hiíloire de France, vie du Roi Robert. BERTRAND , s m. [Bertrandmj Nom d’hom- me. (Qui aime Bertrand, aime son chien.) Tome I. G g 2 BE- 2Z6 BES f BERUBLEAU, s m. C’est ce qu’on apelle autrement cendre verte, ou verd de terre. $ BERUSE , si f Sorte d’étofe dont il se fait quelque commerce a Lyon. BESACE ■> s; f- íP (ra , mantìca.) Morceau de toile acommodé de telle sorte qu’il fait comme deux grandes poches, ou deux petits sacs qui font joints, & qui ont chacun leur ouverture séparée. (Je ne demande rien, car ma besace me sufit. Abl. Luc. t. i.) * Etre à la besace. C’est-à-dire, être pauvre. Mettre à la besace. C’est rendre pauvre. BESACIER. Celui qui porte la besace. (O-r se voit d’un autre œil qu’on ne voit son prochain, Le fabricateur souverain 'Nom créa Besaciers de la même maniéré. La Font. BESAIGUE , s f ÍEipennis.) Outil de fer dotìt se servent les Charpentiers pour unir & tailler le bois. j: BESAIGUE. C’est aullì un outil de Vitrier fait comme une espece de marteau, dont la panne est longue, pointue d’un côté, & tranchante de l’autre. BESANT , bezant , s. m. [Byzantii nummi.) Pièce de monoïe d’or ancienne, dont on païa la rançon de S. Louis. Volez Joinville, Histoire de S. Louis, Le besant valoit environ un double ducat. 11 étoit marqué au coin des Empereurs de Constantinople. Les Rois de France ofroient treize b élans le jour de leur sacre. Henri H. en ofrit encore. Le Blanc, traité Hisi. des Mono'ies. _, BESANT. Terme de Blason. Piece d’or ou d’ar- gent, ronde & plate, que les Paladins François mirent fur leur écu pour faire voir qu’ils avoient fait le voïa- ge de la Terre-Sainte , & été dans la Palestine. (Porter de gueules à trois besans d’argent. Colomb.') t BESICLES , s. f. [ VitrUm ocularium. ] Mot burlesque pour dire des lunettes. (De bonnes besicles, de méchantes besicles, mettre ses besicles.) 0 Costar écrivant à Voiture, lui fait cette question : „ Je fuis (dit-il, pag. 225.) de vôtre avis , que bigle „ íe dit quasi binm oculms mais ne croiez-vous pas „ aussi que besicles, que l’on prend quelquefois à Paris „ pour des lunettes, font dites quasi bis oculi, de dou- „ blés yeux, ou de seconds yeux? „ -f * Prenez vos besicles s c’est-à-dire, considérez bien la chose. II n’a pas bien mis ses besicles s c’est-à-dire, il n’a pas bien considéré. BESICLES. Terme de Lunetier. C’est Une sorte de masque, où il y a des yeux de verre, & qui sert à ceux qui vont à la campagne pour empêcher que le vent ou la poussière ne leur fassent mal à la vûë. (Faire des besicles, mettre & porter des besicles, se servir de besicles. BËSI-D’HERI , f m. Sorte de poire qui a été ainsi apellée de Heri, qui est une forêt en Bretagne entre Rennes & Nantes où ces poires ont été trouvées. (Le belì-d’heri est fort bon, ou les poires de beli- ' d’heri font fort bonnes. II faudroit écrire besi de heri, mais l’ufage, contre la raison, fait écrire besi-d’heri.) (■f Mr. fluet écrit besie d’heri, & dit que heri , en vieux Gaulois, signifie bois, & besie, poire, de sorte que besi-d’beri lignifie poire de bois, pyrum sylvestre. Ce mot lé trouve dans la Langue Irlandoise. Londonderi, en Irlande, signifie Londinum Sylvestre ; car c’est une colonie de Londres, établie dans les bois d’Irlande. BE'SOARD , ou bézoard, s. f. [.Lapis Bezohar.) Pierre précieuse qui naît dans l’estomac d’un animal des Indes. Le bésoard oriental naît dans l’estomac d’une espèce de chèvre sauvage qu’on trouve aux Indes, & le bésoard occidental naît dans l’estomac d’une forte de bouc du PëroU. BESOGNE , f.s. ÍOpus, opéra, labor ,] Travail. Quelque chose à faire. Ouvrage d’Orfévre, de Potier d’étain. Tout ce qu’un maître de quelque métier donne à faire à un compagnon. (Besogne plate, montée, ciselée. Faire sa besogne, Achever sa besogne.) t * BESOGNE. Ouvrage d’esprit. Production d’es- prit. (Muse, on admire vôtre besogne, mais vous n’a- vez ni feu ni lieu. Main. Poês.) f * BESOGNE. A faire embarassante. (Le séjour de Catalogne vous peut donner de la besogne. Voit » Poési) í BESON, Mesure des liquides, dont on se sert à Ausbourg & en d’autres lieux d’Allemagne. BET f BESORCH- Monoïe de métal d’alliage qui a cours à Ormus, à peu prés fur le pied des liards de France. BESOIN , f- m. INeceJsttas, penuria .] Nécessité Disette. Ce qui est nécessaire. (II faut implorer Dieu dans nos besoins. Pasc. I. 4. Pour rétablir fa santé il a besoin de bons bouillons. Les grands hommes ont besoin de l’assistance des autres & de celle de la fortune. Voit. Je n’ai besoin, pour vivre, que de nain & d’eau. Abl. Luc. t. 1.) * Ce mot suivi d’un que veut le subjonctif, sinon il a un de avec l’infinitif lors qu’il est suivi d’un verbe. (II a besoin que vous fassiez quelque chose pour lui! Pour devenir savant, on a besoin d’étudier. [f BESOIN, & faute, signifient difërentes choses, selon un Auteur anonime. On s’en sert quelquefois pour marquer une chose qui nous est nécessaire ou utile. (Exemple. J’ai besoin de mon cheval. Si vous n’avez pas besoin de vôtre carrosse, je vous prie de me le prêter.) Mais avoir faute signifie toujours man- quer, & emporte nécessairement privation. BESSIERE, Baiffiére, s. f [_ Vinum feculentum. ] L’un & l’autre se dit, mais besiìére est le plus doux & le plus usité. 11 signifie du vin qui est au bas & où il n’y a presque plus que la lie. f BESSON , boston , bouche, ou bouge. Terme de Marine. C’est la rondeur des baux & destillacs, & proprement tout ce qui est relevé hors d’œuvre, & qui n’est pas uni. Aubin. $ BESSON, adj. Jumeau, l’un des deux enfansd’une même couche. Ce mot est vieux. Acad. Fr. BESTAIL, s m. [Pecus.) Ce mot ne sc dit bien qu’au pluriel, & il signifie beufs, vaches, moutons. Leurs bestiaux sont morts. Leur richesse consistoit en bestiaux. Abl. Marmol. BESTIALITE', f. f [Coitio cum bellua .] Crime qui se commet avec des bêtes femelles, & pour lequel on brûle ceux qui le commettent. 0 " Le Blason des Fausses Amours : C’est vivre en bestialité, Qui n’a quelque félicité, Fors de plaisirs mondains ensuivre. f BESTIALITE', signifie aullì brutalité , maniérq de vivre en bête en s’abandonnant au gré de ses passions & de ses sens. BESTIOLE ,s f. [BestiolaJ] On apelle ainsi tous les petits animaux, comme sont les plus vils & les plus petits insectes. f On le dit fig. des jeunes personnes,cette fille n’eíí qu’une bestiole. 0 BESTION- Terme de Marine. C’est le bec ou la pointe del’éperonà Pavant des porte-vergues : il est apellé beflion , parce que d’ordinaire il porte, pour ornement, la figure de quelque animal , & on y met fi souvent celle d’un lion, que beaucoup de matelots lui donnent le nom de Lion. Voïez Aubin. T On apelle aussi tapijserie de lestions , celle où il y a de grands animaux représentez. Acad. Fr. _ 0 BESTOURNE. Ancien mot dont Alain Charrier s’est servi, & que Duchêne a expliqué par ces vers d’un vieux fragment, intitulé desfiateurs U des habits. Mont va li siécles beflournant, Car che derrière va devant, Et che devant si va derrière. BE TAIL m. [Pénis.) Ce mot na point de pluriel , & il signifie les beufs , les vaches & les brebis. (Lent bétail est pris. Abl.) BêTE, f. f. [Bestia , bellua .] Animal irraisonnable. (Bête brute.) Bêtes fauves. Ce sont les cerfs, les chevreuils & les dains. Les bêtes noires. Ce sont les sangliers & les marcassins. Bêtes de charge, dejhnme,de voiture. Ce sont les bêtes qui portent, ou qui tirent, (Le Gouverner,/ des Indes lui avoit envoïé quantité de chevaux & d’autres bêtes de somme. Vaug. Qum- te-Curce, liv. 9. ch. 10.) 0 La Coutume de Troyes, art. 169. distingue les bêtes grosses, menues, & blanches, quand il s’agit du pâturage. BêTE. [ Stupidm , stolidus. J Sot, sote. Ridicule. (Suis-je pas une grosse bête, de faire de ma pauvre- tête une boutique de Latin ? Main. Focs.) . f * BéTE. [Vulpecula.J Ce mot se dit quelquefois en BEU en riant. Par exemple. (La bonne bête a ses raisons. Mol.) f * Une bête épaulée. C’est-à-dire, une fille qui a fait un enfant fans être mariée. (Epouser une bête épaulée.) £ Remonter sur sa bête. C’est recouvrer son avantage, rétablir sa fortune. Prendre du poil de la bête. C’est chercher du remede dans la chose qui a causé le mal. ch Faire la bête. C’est refuser quelque chose mal à propos. On vous ofre un parti avantageux , fi vous faites la bête vous vous en repentirez. f * BeTE. Mot burlesque, pour dire chose. (Par ma foi, je ne sai pas quelle bête c’est là. Mol.) BêTÉ. [MulHaJ Jeu de cartes qui se joue à quatre, ou à cinq, en donnant cinq cartes à chacun, après avoir òté du jeu les petites cartes. (Jouer à la bête.) f BêTE. Terme de Jeu de Rombre , qui signifie la perte de la partie, ou de quelque chose qui est au jeu. (Faire la bête de vingt ou trente sols. On ne renoncé jamais à sombre, à peine de la bête. Qui renonce deux fois, fait deux bêtes, Votez le jeu de l’ombre par le Chevalier de Mère.) BETEL, OU BE'TLE,/ /. C’est une plante qui s’atache aux arbres, & qui y monte comme le lierre. f BE'TEL. Cette plante est en grande réputation dans tout i’Orient, fur tout dans les indes, où il s’en fait un commerce incroïable. Les Orientaux en ont continuellement dans la bouche , & lui attribuent de grandes vertus. BE'TERAVE, s f C BetaJ Racine grosse & rouge qu’on fait cuire & qu’on acommode au beurre, ou a î’huile. (Les béteraves font un peu fades, à moins qu’elles ne soient bien assaisonnées. Planter des béteraves. Fouler des béteraves , c’est en rompre les feuilles ou les montans, pour empêcher_ que la fève n’y monte pas davantage, Quint, des jardins ,) f * Un nez de bëterave. C’est un grôs nez rouge & enluminé. C’est la marque dstm homme qui aime Je vin. Rubìcundm. f BETILLES, f f Mousselines, ou toiles de co. ton blanches, qui se fabriquent aux Indes Orientales. II y en a de plusieurs sortes, £ BETILLES. Ce font auííi les toiles de coton, qu’on peint de diverses couleurs. BêTISE. f f [ Stoliditas , Jìupor.) Sotise. (II a fait la plus grande bêtise du monde. C’est une bêtise que ^BêTISE. Stupidité. (Le silence est quelquefois signe de bêtise. Port-Royal , art de penser.) BETOINE, s s. [BetonicaJ Plante qui pousse une tige déliée , haute d’une coudée, ou un peu plus, qui dés fa racine produit plusieurs feuilles longues, démêlées, odoriférantes , & presque semblables à celles du chêne , & qui porte fa graine au haut de fa tige, La bétoine fleurit en Mai & en Juin. Dal. Quand elle est pulvérisée , elle fait éternuer. £ BETON, s m- Sorte de mortier qui se pétrifia dans la terre, & qu’on jette dans les fondemens des bâtimens. Volez Pontey. BETTE , ou Púirée , s. f. [Beta.) Plante commune qui est blanche , rouge , & d autres couleurs. BEVEAU- Instrument de Géométrie , dont on fe sert pour transporter un angle mixtiligne d’un lieu à un autre. ; , - , BEUF , s ni- Prononcez beu. II vient du Latin Sos. C’est uti animal domestique, châtré , fort connu & fort nécessaire dans le commerce de la vie. Les gros beufs qu’on tue à Paris, viennent de Poitou & de Normandie. Les bouchers , parlant de beufs, disent : Assommer un beuf, poindre un beuf. F aire un beuf. Une bande de beufs , ce sont plusieurs beufs ensemble. On pais au Roi un écu pour chaque beuf qui entre à Paris. , * BEUF. Chair de beuf. (Aimer le beuf. Manger du beuf.) , f * BEUF. Un grossier. Un stupide. ( C est un gros beuf.) . „ BEUE-MARIN. Animal qui se nourrit dans 1 eau, & dont la chair est fort bonne. II ressemble au beuf, il est de la grandeur d’une geniffe de six mois , & a (a peau très-dure. On trouve de ces beufs dans -le Niger & dans le Nil. Abl. Marmol. L’Auteur de la science des Médailles a remar- BEU 2 37 qué , que le beuf & le taureau marquent plusieurs choses diférentes ; que fur les médailles d’Epigte, ils signifient Apis ; fur d’autres médailles ils signifient la force & la patience , & la paix favorable aux Laboureurs : quand ils ont la tête ornée de rubans, ils font connoître qu’ils doivent servir de victime datìs quelque sacrifice : quand ils paraissent vouloir fraper avec leurs cornes , ils dénotent quelquefois la guerre, & quelquefois les combats de taureaux , dont le peuple a été spectateur : quand ils font représentez pas- . sans & marchans simplement, fous la conduite d’un homme voilé , ils désignent une colonie. I y BEUF viélé. On apelle à Paris , beuf viélé i ce - lui qu’on mene, le jeudi gras , par les rués , auson de la viéle. í BEUGLEMENT , f jn. Mugissement, meuglement , ou le cri des beufs & des vaches. BEUGLER, v.n. [Boare. ] Ce mot se dit des beufs & des vaches lors qu’ils poussent un cri qui leur est naturel , & qui marque quelque chose que la nature leur inspire. (Le beuf & la vache beuglent.) f- BEUGLE. On donne ce nom en quelques endroits, à l’a grosse étofe de laine qu’on apelie ordinairement bure. BEURRE', f m. [ Pyrum bufymceutn. J Sorte de poire mûre en Septembre & en Octobre. (Beurré Commun. Oil dit aussi poire de beurrée.) BEURRE , f ni. [ Butyrum . ] Crème & lait qu’on met dans une b ara te, & qu’on bat jusqu’à ce qu’íl s’é- paiffisse, & se forme en ee qu’on apelle beurre. (Beurré frais. Beurre fort. Batre le beurre, beurre fondu, beurre salé. Le beurre de Bretagne est excélent, Lé beurre de VanVre est bon , il fe met en petits pains, marquez d’une fleur de lis.) On met aussi le beurré en livre & en demi-livre , &c, Martin Scookhius a fait un traité du beurre. f BEURRÉ de Saturne. Sorte d’onguent liquide, qui est propre à la guérison des dartres, í BEURRE de nitre , ou de Salpêtre. Efpece dé drogue , qui fe tfre du Salpêtre par le moïen dú tartre. Voyez la chimie de Charras. í BEURRE d*Antimoine. C’est une préparation de ce minerai. BEURRE'E, f. f [Panis butyró ilìitia.) Pain fur lequel on a étendu du beurre. (Faire une beurrée à un enfant. BEURRER ,».«.[ Butyro ìílinir’e. ] Etendre dit beurre fur du pain. (Beurre du pain.) Pain beurré , fur lequel on a étendu du beurre-. BEURRER, f Butyro conâire. J Terme de Pàtijjîer-, Faire tremper dans du beurre, (Beurrer des choux» Beurrer un poulain.) BEURRIE'RE ou vendeuse de beúrre ,s s [ Quœ bu- tyrum vendit , J C’est celle qui dans les marchez dé Paris vend du beurre frais & fondu, des œufs , des fruits, des pois, des fèves, &c. ( Úr.e bonne beur- riére, Les beurriéres donnent la plupart de leurs marchandises fur du papier & fur des feuilles de médians livres que leur vendent les Libraires. Le bruit court que plusieurs de ces beurriéres ont été depuis peu acheter une bonne partie de l’impression de T, & que par permission des Muses, elles font raison aux manès de l’excélent Ab. de la témérité qn’à eue un petit orgueilleux, qui fait parler en pédant, celui que l’ilìustre A. faisoit parler en langage de Cour» BEURRIER , ou plûtôt , Marchand beurrier , s m. s Qui butyrum vendit. ] Celui qui vient des champs aportet du beurre dans les marchez de Paris. BE'VUë , s. s. [Error , erratum.] Faute. (Faire tine bévûë. Scar. Po’éf. Découvrir les bévûés de quel- cun. Boil. Avi.) ff Quelques-Uns disent qti’une bévûë est une fauté que l’on commet, lors que par ignorance on prend l’un pour l’autre. D’autres estiment que c’est une méprise grossière , dont on a eu le tems & les moïehs de s’éclaircir & de s’instruirë. II ne sufit pas ( dit un auteur anonime ) que l’on ait pris l’un pour l’autre , pour avoir commis une bévûë : il faut qu’il y ait dans la méprisé, quelque chose de plus que í’i- nadvertancq, & que la légèreté, ou ia paillon, y aïent quelque part. í BEUVEUR ; â BUVEUR. t BEY , f m. On donne ce nom aux Gouverneurs de Province dans le Roïaume d’Alger. 11 y a 6g î le 238 BIB le Bey da Levant, le Bey du Ponent & le Bey du Midi. Volez lur ce sujet Y Histoire du Roiaume d’Alger , par Mr. Laugìer de T asti. f BEZANT ; voyez BESANT. ^ BI A- Les Siamois nomment ainsi les Cork , ou coquillages blancs qui viennent des Maldives , & qui servent de petite monoïe en plusieurs endroits. BIAIS , s m. [ Obliquité. J Côté. Travers. (Mettre une chose de biais.) * BIAIS. [Rstízv, modw.~] Maniéré. Faqon. Moïen. (Vous avez pris le biais pour toucher son cœur. Mol. Ils l’exclurent par des biais dont ils étoient convenus. Mr. de la Rocbesoucaut. je ne vois qu’un biais pour faire réussir salaire de vôtre ami.) BIAIS , s m. f Linteum obliquésecium. ] Morceau de vieille toile de lin , que les femmes mettent fur leur gorge, mais il y a quelque tems qu’elles n’en portent plus. , BIAIS. Terme de Maçon. (Biais gras. Biais maigre.) C’est-à-dire, angles inégaux entre eux , l’un obtus, l’autre aigu. De biak , adv. [ Obliqué. ] De travers. ( Mettre une chose de biais. Pique de biais.) BIAISER , v. n. [ Obliquâte. j Aler plus d’un côté que de l’autre. (II ne marchoit pas droit, mais en biaisant, il suivoit le fleuve. Abl. Arr. I. i. Pôle d’une pierre d’aiman qui biaise d’un degré vers le couchant. Rob. phi.) * BIAISER, f Parùm stncerè agere. ] N’agir pas sincèrement. N’aler pas rondement en ce qu’on fait. C’est un homme qui biaise.) * BIAISER , v. n. \_Detorquere. ] Agir, ou en user avec un détour ingénieux. (II y a des hommesqu’il ne faut prendre qu’en biaisant. Mol. ava. a. i. sc. <;.) BIAISEMENT , s m. [ Obliquités. ] Maniéré d’aíer en biaisant. ( Le vent de bouline fait par son biaisé- ment pancher le vaisseau. Guillet , art. de la navigation.) é BIAMBONNE'ES , s s Sorte d’etofes des Indes , qui font toutes d’écorce. í BIARIS. Espece de baleine qui a des dents, & qu’on nomme aussi Cachalot. C’est de la cervelle de ce poisson qu’on fait le Sperrna-Cetì , ou blanc de baleine. 0 " BIANS. Terme sinonime avec corvées , dans les Coutumes du Poitou , art. 99. &c. de Berry & de Lorris. BIBERON, f m. [ Rotor acer , bibax. ] Qui aime le vin. ( C’est un franc biberon.) H BIBERON. (C’est aussi un petit vase , qui a un bec ou un tuiau par lequel on boit. BIBLE ,sf- [ Biblia. j Mot Grec , qui veut dire Uvre. Livre contenant l’Hirtoire Sainte , divisé en vieux & nouveau Testament. (La Sainte Bible. Bible Hébraïque imprimée ou manuscrite. Bible Poli- glote ; c’est-à-dire, en plusieurs langues. Bible Samaritaine , Caldaïque , Siriaque , Arabe , Gréque, Latine. Bible en langue vulgaire. La Bible Françoise traduite sur la Vulgate par les Docteurs de Louvain est fort connue. Mrs. de Port-Royal ont traduit, tout de nouveau , la Bible en Franqois, & leur traduction est pure & exacte. Les Bénédictins en ont aussi donné une traduction avec desCommentaires fort exacts fur le sens littéral. Le public a reqû cet ouvrage avec aplaudissement. Les Pasteurs & Professeurs de Genève ont aussi traduit la Bible en Franqois. On a traduit la Bible en plusieurs autres Langues vulgaires. Mr. Richard Simon a composé une Histoire critique de la Bible. Cette Histoire est curieuse & savante. ( On dit lire la Sainte Bible, méditer sur la Bible. On doit regarder la Bible comme la source de toutes les hautes & sublimes Veritez ; en un mot comme le livre de tout le monde. , Après cela , Dofleur , va pâlir fur la Bible, Va marquer les écuêils de cette mer terrible, Perce la sainte horreur de ce Livre divin. Despr. BIBLIOGRAPHIE , s. f. [ Bibliographia .] II vient du Grec. C’est la connoissance & le déchifrement des anciens manuscrits fur l’écorce des arbres, fur le papier & le parchemin. Scaliger , Saumaise , Casnubon, Sirmond, Petau, & le P. Mabillon étoient habiles dans la Bibliographie. Spon , réponse à la critique du vdiage de Gréce. BÍC ch BIBLIOMANIE , s. s. Folie , ou manie d’amaffer des Livres. On le dit en riant , & c’est Patin qui s’est servi le premier de ce mot. BIBLIOTHE'QUAIRE , s m. [ Bibliotheca custosprt- fefliti.} Celui qui a soin des livres d’une Bibliothèque. On a dit d’un Bibliothéquaire ignorant, que c’étoit un Eunuque à qui l’on avoit donné à garder le Sérail. Le Bibliothéquaire de Mr.d’Estrées est, en ce sens , un Eunuque. BIBLIOTHEQUE ,//.!! vient du Grec. En Latin fíibliotbeca. C’est l’endroit d’une maison , où sont rangez , par ordre sur des ais , les livres imprimez & les manuscrits, dont une personne de lettres a ordinairement le foin dans les grandes Bibliothèques. (Une belle, grande, riche, fameuse Bibliothèque. Une curieuse & rare Bibliothèque. 11 y a des personnes de qualité qui ont de très-jolies Bibliothèques. N. se fera avec le tems une petite Bibliothèque aisée, raisonnable , composée de livres qu’il emprunte & qu’il ne rend jamais. Les plus renommées Bibliothèques de Paris , ce font celles du Roi, de Sorbonne, des Céiestins , du Cardinal Mazarin, de l’Abaïe de S. Germain, des Feùillans, de Sainte Geneviève, & de S. Victor. Cette Bibliothèque, aussi-bien que celle de Mazarin, font publiques ; c’est-à-dire , qu’il y a de certains jours de la semaine , que ces Bibliothèques font ouvertes aux particuliers qui y veulent étudier. Mr. Nicole , estak de morale , t. 1. apelle les Bibliothèques , le magazin des fantaisies des hommes , & cette pensée est nouvelle & agréable.) BIBLIOTHE'QUE , f f. ( ColleHanca , excerpta .] Ce mot signifie aussi des recueils de livres. Divers Auteurs en ont composé. Telles font la Bibliothèque des Pères, imprimée à Lyon en 1678. chez Messieurs Anisson & Poiuel. La Bibliothèque du Droit François par Laurens Bouchel, &c. On apelle aussi Bibliothèque , une compilation qui renferme le nom des livres & l’abrégé de ce qu’ils contiennent 11 y a une nouvelle Bibliothèque des Auteurs Ecléfiastiques de Air. Dupin Docteur de Sorbonne , contenant Histoire de leur vie, le catalogue, la critique & la chronologie de leurs Ouvrages, le jugement de leur stile & de leurs diférentes éditions. Un Abé de Clairval a déja donné deux volumes d’un mérne dessein fur les Auteurs profanes. Moniteur le Clerc a aussi mis au jour une Bibliothèque Universelle , depuis l’an 1686. jusqu’en 169;. & í’a continuée sous le nom de Bibliothèque Choilie , & de Bibliothèque Ancienne & Moderne. 0 On dit souvent, qu’un homme savant & qui a beaucoup lù , est une Bibliotéque vivante : mais d'ha- biles gens désaprouvent cette locution , disant que cette figure n’est guéres meilleure que celle-ci, M. est une Bibliotéque qui boit , qui mange , qui dort, N qui veille. On dit d’un homme qui fait beaucoup, niais qui fait mal & dont les idées font confuses, que c’est une bibliothèque renversée. t BIBUS. Terme de Méprit. \_Nuïïms nominis, pondtrk. Res nibili. Homo vilk.~\ ( Colletet est un Poète de bibus. Un méchant Poète. 11 y en a bien d’autres depuis ce tems-là.) BICEPS , f w. Nom d’un muscle de I’os du coude qui sert à le fléchir , & par la même raison, d’un des muscles de la jambe. Dionk. BICHE , f.s. í Cerva.st C’est la semelle du cerf. Elle n’a point de bois fur la tête. Elle est d’une couleur tirant fur le bai-rouge. Elle court sert vite, & a la vûë très-bonne. Elle est en rut en Août & en Septembre. Elle porte huit mois, & ne fuit d’ordi- naire qu’un fan en Avril ou en Mai. (Fuir comme un biche. Jamak la biche en rut n'a , pour fáit d'imf aisance, Traîné du fond des bok un cerf à l’audience. Despreaux.) BICHET , f m. ' [ Modins. j Mesure de grains usitée dans les Provinces de Bourgogne , _ Lionnois, &c. contenant environ un minot de Paris. On 1 * dit tant de la mesure que du blé qui est mesure. ( Un bichet de blé.) £ BICHET. C’est aussi une certaine mesure de terre , qui s’estime parcelle d’un bichet de grain, qu’on y peut semer. 0 BICHETAGE , ou B 1 CHONAGE. Bichet, est, BIE dans le Lvonnois , dans la Bresse , & dans le Dauphine , une certaine mesure de blé ; ainsi le hiché- tage ou bichtmage , est un tribut qui se léve sur le blé qui est vendu dans le marché. BICHON, st m. [ Cateïim. ] Sorte de petit chien de chambre. ( Un joli bichon.) BICHON, f.s, Nom diminutif, qui veut dire petite Elizabeth. Petite Babet. ( Bichon est belle.) BICHONNE , f f. [ Cateiìa. } Petite chienne couverte de grands poils. ( Une jolie bichonne , une bichonne aimée , une belle bichonne.) î BICQQ_, ou pie' de chèvre. C’est le troisième pie qu’on ajoûte à la machine que les Charpentiers & maçons apellent une Chevre , quand il n’y a point de muraille pour i’apuïer. BICOQUE , f. s. [ Vile oppiduhmi, ] Petite ville mal fortifiée. (C’est une méchante bicoque. Abl. Une jolie bicoque. Une agréable bicoque. Le Prince nom bloque, Et prend bicoque fur bicoque . Scar. Poés. Tout me défiait U tout me choque Dam cette maudite bicoque. Boisr. t. i. épit. 12.) Ce mot vient d’une place sur le chemin de Lodî à Milan qui étoit une simple maison de Gentilhomme, entourée de foísez, dans laquelle les Impériaux s’é- tant postez en 1522. soutinrent l’affaut de l’armée Françoise , conduite par le sieur de Lautrec , sous François I. & cette bataille s'apella la journée de la Bicoque. f BICORNIS , f m. Terme à’Anatomie. On donne ce nom à l’un des muscles qui servent à étendre le carpe. BICQUETER , v. n. [ìhsdulum parere .J Ce mot se dit des chèvres j & signifie faire un petit chevreau. (Notre chèvre a bîcqueté , & a fait le plus joli chevreau du monde.) í BIDÀUCT. Nom que les Teinturiers donnent à la fuie de cheminée qu’ils emploient pour leurs couleurs. t BIDEÂUX, f m. Vieux mot qui signifioit autrefois les gens de guerre à pié. On les a aussi apel- lez pitants. BIDET , f m. [Manmss.} Petit cheval. (Pégase fut un bon bidet. Voit. Pois. La France produit d’admirables bidets. Ori dit figurément, pouffez vôtre bidet ,• c’est-à-dire , faire fortune. Mol. A mon secours, Pegaste, en ce besoin extrême, II me. manque un cheval il saut suivre le Roi, Le suivre, U quel móien P je ne le puis moì-mime j Non plut que ton bidet, ou ton grand Palefroi. Peliífon.) b ; BIDONS, f m. Terme de Mer. Vaisseaux de bois où l’on donne à boire pour chaque plat ; c’est- à-dire , pour sept hommes. Fourn. On í’apeile autrement canette. BIEN , f m. [ Bonum. ] Ce que souhaite tout cë qui a du sentiment & de la raison. Chose souhaitable à cause d’elle-même. Patrimoine. Richesses. ( Biens étrangers. Biens qu’on trouve en soi-même. Le souverain bien. Elle ne voulut pour tous biens, que son manteau. Maucroix , homelies.f sf Ce que l’on apelle bien , n’eft pas une idée, ni une opinion.; il est tel par son essence ; autrement, l’opinion feroit seule le bonheur des heureux. Cicéron, de leg.lib. r. a dit : Quod laudabile bonum est , inse habeat quod laudetur necejse est ; ipsum entm non est in epmionibus , se d in n attira , nam ni ìtâ ejset , beati quoque opinione estent. SIENS. [ Bona, opes , fortuna.} Les gens de Palais divisent les biens , en biens meubles & immeubles, ou biens mobiliers & immobiliers. 11 y a aussi des biens nobles & des biens roturiers. On dit s’obliger corps es biens, faire cestlon de bien , &c. Biens para- phernaux, ce font les biens dont la femme, outre fa dot, donne la jouissance à son mari. BIEN. s Augmentum , commodum. } Acroissement (Le dessein que notre société a pris pour le bien de la religion , est de ne rebuter personne. Pasc. I. 6. BIEN. [ Bonum , commodum , utilita*.} Intérêt. Utilité. ( Cela regarde le bien public.) BIEN, [ Gmdium, vóluptas , latitia, ] Plaisir, Bon- BIE b eu r. (Nul bien sans peine. 239 Tous ìes biens dé _ r _ Voit. Vo'is, maux que j’ai soufferts, n’égaient pas les Lavoir vûë. Voit. Poés. Les dangers me font des apa-i, Un bien fans mal ne me pliât pus. Malh. Poésies , /. 4.) BIEN. [ Favor , gratta. ] Faveur. Grâce. ( Ton amour est un bien qui m’est justement dû. Main, Pois Votre Majesté ne se feroit .pas grand tort, si elle me faisoítun peu de bien. Scar. Japh. épître au Roi. On dit un jour à Henri IV. qu’il y ayoit un grand Capitaine qui ne l’aimoit pas : Je lui ferai tant de bien , répondit-il, que je Vobligerai à m’aimer. Voïez les amours d'Henri IV.) BIEN. [Lans. } Loiiange. (Chacun dit du bien de son cœur, & personne n’en ose dire de son esprit. Rochefoucaut. Ne parler de personne , ni en bien , ni en mal. Voit. I. 62.) . BIEN. [ Probìtas, virtrn. j] Probité. Vertu. ( Gens. de bien. Femme de bien & d’horinèur. Abl.) BIEN, adv. [ Multum, prudenter , relié.’} Très Fort. Beaucoup. Sagement. ( Doctrine bien subtile. Pasc. I. 1. II y á bien à profiter auprès de vos Docteurs. Pasc. I. 6. II feroit fort bien de se taire. Voit. liv. ;6. 11 y a bien des malades. Ablànc.) fst Nos pores oh dit , bien efl-ìl vrai, bien est-ìl aisé. Malherbe, Paraphrase du Pseaume 128- Bien est-ìl mal-aisé que l’injiiste licence Qstils prennent chaque jour d’áfliger Vinnocence. Et ailleurs ; • Bien est-elk un soleil, N ses yeuse adorables, Bien semble être la mer une barre astez forte. Bien sera-ce à jamais renoncer à la joie. Voici le jugement dé Mr. de Vaugelas,fur cette façon de parler, danssaRemarque jiç. „ L’ítdVerbe bien, au „ commencement dé la periode , sent son ancienné façon d’écrire , qui aujourd’hui n’est plus guéres ,, en usage : par exemple , un de nos plus fameux „ Auteurs a écrit bien est mal-a fé, bien crois-je. .On „ le dit encore quelquefois : niais il. semble que cê „. n’est , pour l’ordinaire , qu’eri raillerie, & qu’orì ne l’écrit que rarement, j’entëns én prose ; car eii „ vers , Monsieur dé Malherbe eti a souvent usé , St „ je trouve qu’il â aussi bonne grâce en vers , qu’il „ l’a mauvaise en prose, pourvû qu’il soit bien pla- „ cé, comme cet .excélent ouvrier ávoit àcoûtumé ,, de s’en servir. Que si en prose j’avoïs jamais à le „ mettre , ce feroit , fans doute , à cette phrase, „ bien efi-il vrai, qui a beaucoupplus.de fbr.ee & de ,, grâce , qtie de dire , il est bien vrai.” Méssieurs de l’Académie ne se sont arrêtez que sur bien. ejì-il vrai, & ils recònnoissent que cette façon de parler n’est guéres plus en usage que bienstais-je : on dit môme plus ordinairement, il est vrai que , fans y mêler, bien, que, il est bien vrai que. Je fuis persuade que personne ne voudroit dire , ni en prose , ni en vers, bien efi-il mal-aisé, bien sera-ce à jamais. BIEN. [ Commédè, ] A son aise. Commodément, (Quand on est bien, on s’y doit tenir.) BIEN. [Jure merito.} Avec justice , avec raison. Justement, comme il faut. (Elle mérite , bien cela. Mol. Je vous aprendrai bien a faire vos réponses de vous-tnêmes. Mol.) Mettre à bien. Cette phrase n’est pas du beau ftile ; on l’emploïe tantôt en bien, tantôt en mal. Mettre à bien une personne , c’est la mettre dans le chemin de la vertu, ou dans celui du vice. Encor faut-ìl dii tems pour mettre un caur à bien. La Fontaine, Joconde. Voici une remarque de Air. Chevreau dans ses Oeuvres mêlées, pag. 445. L’adverbe bien .ne doit point être mis avec un nom, dans une exclamation , & l’on ne dit point, ô qu! il est bien sage J ô qu’il tst bien grand! que notre fortune est bien étrange ! mais ô que nôtre fortune est étrange ! ô qu’il est grand ! ô qu’il est sage ! II en est autrement avec un verbe : ô qu’il a bien travaillé ! ô qu’il a bien réuffi ! Et c’est avoir découvert la régie. f BIEN Aire « v. n. [Belle dicere.J Dire du bien de quelcun, louer, parler avantageusement de quelcun. Ce verbe bien dire, en ce sens, n’est pas fort usité ; A on dit plutôt, dire du bien de tout le monde, qu’e bien 240 BIE bien dire de tout le monde. Je dis bien, je disois bien, f ai bien dit, je dit bien, je dirai bien. BIEN dire. Q Diserte dicere.] Dire bien. Bien réciter. Dire de bonne grâce. (11 a bien dit son compliment.) BIEN dire , s. m. s Elegantia. ) Maniéré de s’expri- mer plus agréable que de coutume. Langage poli & disert. Eloquent. ( 11 s font les arbitres souverains du bien-dire. Se mettre fur son bien-dire. Cette derniere phrase est un peu proverbiale.) f BIEN disant, bien disante , adj. s Disrtus , ele- f ans, politm. ] Qui parle poliment. (C’est un amant lien disant & matois. Voit. Pois.) H Ce terme 11e s’emploïe qu’en raillant. Acad. Fr. BIENFAISANT, bienfaisante, adj. [Benesicm .] Qui aime à faire du bien, qui oblige les gens par les grâces qu’il leur fait. (C’est un homme bienfaisant. Elle est bienfaisante.) BIEN faire, v. a. [Officio fungi.) S’acquiter de son devoir. Réussir en ce qu’on fait. Je fais bien, tu fais bien, il fait bien. Nous faisons bien, vous faites bien, Us font bien. Je faisais bien, f ai bien fait, je fa bien, je ferai bien. (II faut tâcher de bien faire son devoir. II a bien fait sa commission.) BIEN faire, v. n. [Benè mereri.J Faire de bonnes œuvres. Pratiquer la vertu. Avoir de la charité. (II faut bien faire à ses ennemis. Faites du bien, & Dieu vous bénira. Arn.) BIEN fait , bien faite , adj. [Apprimè fatm. ] Bien exécuté. (Son devoir est bien fait. Ouvrage bien fait.) BIEN fait, bien faite, f Egregius, venustm.) Qui a de la beauté, de l’agrément & de la grâce. (C’est un homme bien fait. C’est une des filles la mieux faite de France.) * BIEN fait , bien faite. [Ad unguem f a A us, excellent, decorusj Bien tourné. Bien place. Honnête, beau, excélent. (Esprit bien fait. Cœur bien fait.) BIENFAIT , f- nt. [Benestcium munm.) Faveur- Grâce. Plaisir qu’on fait à quelcun qui en a besoin, & cela non pas par intérêt, mais simplement à cause qu’on est bien-aife d’obliger une personne & de lui faire du bien. Rétorique d’Aristote. (Un bienfait reproché tient toujours lieu d’ofenfe. Racine. Répandre îes bienfaits fur les épaules. Les Rois & les Seigneurs font des bienfaits à leurs sujets, mais jamais des préfens. Un bienfait perd fa grâce à le trop publier s Qui veut qu’on s’en souvienne, il le doit oublier. Corn. 0 " Ces vers expliquent fort bien la nature du bienfait : Qui veut faire le bien, doit le faire en secret, Sans intérêt, fans faste, fans regret , Sans le faire valoir, ff fans en rien pre'tendre ; Celui qui le fait promtement, Sans le faire long-tems atendre, Oblige toujours doublement. N’oublions pas ces vers de Mr. Corneille, dans son Cinna, ail. 1. sc. 2. Les bienfaits ne font pas toûjours ce que tu penses : D’une main odieuse, ils tiennent lieu d’ofenjes, Plus nom en prodiguons à qui nom peut haïr, Plus d’armes nom donnons à qui nom peut trahir. Et ensuite : Pour qui vange son père, il n’es point de forfaits, Et c’es vendre son sang, que se rendre aux bienfaits. BIENFAITEUR , bienfaiteur , ou bienfaiteur, f m. [Benè meritm .] Celui qui fait quelque largesse, quelque bien à quelcun, ou à quelque maison religieuse. (C’est une horrible ingratitude que de tuer son bien- faicteur. Abl. ret. liv. 2. ch. 3.) Le prémier de ces mots té dit par afectation, & il n’y a que le second en usage. Danet. BIENFAITRICE, bienfaitrice, ou bienfaitrice. [Benè mérita .] Celle qui fait quelque grâce, quelque faveur, ou quelque présent. (Une charmante , une aimable, une adorable bienfaictrice. Quand vous ne seriez pas ma bienfaictrice, je ne laisserois pas d’être vôtre très-humble serviteur. Balzac, let. choif. 2. part. liv. 3. lettre'fa. Pourquoi Pactisé auroit-il voulu entrer dans le détestable dessein de tuer fa bienfaictrice ? E’Aucourt, fatum 2. pour le Brun.) BIE BIENFAITRICE, bienfaitrice, ou bienfaitrice , f f. Celle qui après avoir vécu dans le monde, sc retire dans un Couvent pour y vivre chrétiennement & y faire du bien. Au reste, de ces trois mots, la plupart font pour bienfaitrice. (^Madame N. est la bienfaictrice des Religieuses de N.) BIENHEUREUX, bienheureuse, adj. [Beatles.] Qui jouit d’un grand bonheur, d’une grande félicité. (Les esprits bienheureux. Bienheureux ceux qui font doux. Part-Royal.) BIENHEUREUX , f. m. [Calites.] Ceux qui jouissent au Ciel d’une félicité fans bornes. BIEN loin. [Tantum abeji, ut : adeò non , ut.] Conjonction qui signifie à, & qui régit l’infinitif avec la particule de. Exemple. (Bien loin de lui envoïer des députez, ils vinrent efcarmoucher. Abl. Arr. 1 . 1.) BIEN que. [ Etiams, quamvis, etst.] Conjonction qui régit le subjonctif, & qui signifie encore que, quoique , & dont le mot bien ne veut pas être repeté , principalement dans le stile simple , ou historique. (Bien que l’expérience nous fasse voir qu’il n’y a point d’inno- cence à l’épreuve de la calomnie, & que les plus gens de bien soient exposez à la persécution, si est-ce, &e. Bien que l’amour soit enfant, c’es un enfant discret, Qui ne parle jamais s’il ne parle en secret. Racan, bergeries. BIENSE'ANCE , s f [Décorum, condecentia,] Action qui quadre au tems, au lieu & aux personnes. Egards qu’on a au tems, au lieu ou aux personnes. (Garder & conserver la bienséance. Cela est contre la bienséance. Choquer la bienséance.) BIENSE'ANCE. [Commodum, convenientia.] Tout ce qui convient & qui est propre à quelque personne. (Rien n’est plus à la bienséance du Roi que cette ville. Abl.) BIENSE'ANT, bienséante, adj. [Decorus, decens.] Ce qui convient. (Cela n’est pas bienséant à un homme de qualité.) f BIEN-TENANT , bientenante, f m. &f. Terme de Pratique. Celui ou celle qui possede les biens d’une succession. BIEN venu, bien venu’é , adj. [Qui féliciter adve - nit.) Bien reçii. Regardé de bon œil. (Un honnête homme est toujours bien venu par tout.) t BlEN-VENUë , f f. [Félix adventus.] Heureuse venue. Entrée. Venue. (Païer sa bien-venuë.) BIENVEILLANCE , f f. [Benevolentia.] Action. Amitié. (Je vous demande, Monseigneur, l’honneur de vôtre protection & de vôtre bien-veillance. Voit.) BIENVEILLANT, ante, adj. [Benevotm.] Qui veut du bien à quelcun, qui a de la bienveillance pour lui. Ce mot n’est pas fort en usage. BIEN voulu , ué , adj. [tíratm, acceptus.] Qui est aimé, pour qui on a de Testime & de la vénération. (Ce Prince a été si juste & si doux, qu’il a toujours été bien voulu de ses sujets.) BIE RE , f s^ [Feretrum fantapi/a.) Cercueil. (La bière est un séjour fort mélancolique. Mol. Les bières de bois précieux coûtent quelquefois deux cens, & jusqu’à mille écus. Nouv. relation de la Chine, p. 56. Elle tira le corps de son époux de la bière, & l’atacha à la croix, où il n’y avoit plus rien. Matrone d’Epbe- fe, S. Evremont.) fjf Notre défunt étoit en carojfe porté, Bien dûe’ment empaquets, Et vêtu d’une robe, hélas ! qu’on nomme bière, Robe d’hiver, robe d’été, Que les morts ne dépouillent guère. La Fontaine, fab. 10. BIE'RE, f.s. [Cerevifia.] C’est une forte de boisson, qui íè fait d’orge, de froment & de houblon. On met germer le blé, & on le réduit après en farine. (Bière blanche, bière rouge, double bière, bière simple, bière poufée. Cette dernière forte de biere se trouve en Flandre, & celle qu’on apelle aile , en Angleterre. On fait de l’aile au Fauxbourg S. Marceau de Pans, mais cette aile n’est pas si bonne que l’aile Angloife. La biere engraisse & rafraîchit, & la fleur de houblon qu’on y met, sert à la conserver. La meilleure bière se fait en Mars & Avril. Quelques Médecins disent qu’elle cause des obstructions. Elle enivre comme le vin.) BIE'VRE , f m. [Cajìor, fiber.] Animal qui vit fur terre & dans Peau. II est couvert d’une peau pleine BIG pleine dê poils mous & drus. II a la tête semblable à celle d’un rat. Ses yeux, fa langue & ses dents ressemblent aux yeux, à la langue, & aux dents d’un cochon. Son museau ressemble à celui d’un barbet. Ses pies de devant font semblables à ceux d’un linge, & ses pies de derriere à ceux d’une oie. Le bièvre a au-decà & au-delà de ses parties naturelles deux tumeurs de la liqueur desquelles on se sert en Médecine. Rond. BIE'VRE. Oiseau de rivière, gros comme un moïen- ne oie sauvage. II a le bec long, menu , dentelé n - [Gemma, lapilli, monilia & alia bujusmodi ornammta .] Petites choses belles, jolies & agréables qui servent à parer. Toute sorte de petits joïaux, comme bagues , anneaux, bracelets, coliers. (Pour aler au cœur , le plus court chemin de tous, c’est par bijoux.) t * BIJOU. Chose propre & jolie. (Son cabinet est un bijou.) BIJOUTERIE , f. f. [Pretiose cujuscumque supelle- fíilis commcrcìum.] Profession de gens qui font commerce de bijoux & de pierres précieuses. Bijouterie , en ce sens, ne se dit pas, & en fa place, 011 dit jouait- lerie. Vaug. rem. nouv. La bijouterie ne va pas aujourd’hui, dites jouaìllerìe. Quelques Marchands de bijoux ne condamnent pourtant pas bijouterie, & disent que ce mot a un sens plus général que joùaillerie. Et ces gens-là pouroient bien avoir raison. BIJOUTIER, f m. [Qui gemma, monìha, [sc. vendit. ] On prononce bijouiié. Le Bijoutier s’apclle auílì JoïiaiUier , & c’est celui qui trafique de toute forte de pierreries, de petits & de jolis tableaux, de vases de orcelaine, & de petits cotres agréables. (Un riche ijoutier. Etre Bijoutier. Les Bijoutiers prennent la Saint Louis pour le jour de leur Fête, & ne font qu’un corps avec les Orfèvres. On est reqû Joùaillier-Bijou- tier au Châtelet devant le Procureur du Roi, & cela après avoir fait trois ans d’aprentissage.) BIJOUTIER, f m. [Supelleflilts pretibs alicujus dominas.] II signifie aussi celui qui aime & qui amasse des bijoux, parce qu’il a de la passion pour ces sortes de jolies choses. Bijoutier, en ce sens ne se dit qu’en parlant familièrement. Mr. N. est un grand Bijoutier. ) ch BUS- Poids tout ensemble & mesure, dont on se sert aux Indes Orientales. BIL, f- m. [Rerum ediHo vel lege sanciendarum li- bellm.] Mot Anglois. C’est un papier contenant les propositions qu’on veut faire passer parles Chambres du Parlement d’Angleterre pour les présenter au Roi, & en faire Acte ; c’est-à-dire, un règlement, ou une Loi. Ç Faire , dresser, présenter, confirmer un Btl. Le premier qui s’est servi du terme de Bil, en François, c’est le Gazetier dans la Gazette de Juin i68v BILAN, s- m. [Peculiaris ac privatw nominum codex .] Terme de Marchand. Etat de ce qu’on doit, & de ce qu’on a reqû. C’est l’extrait d’un livre de Marchand. (Faire un bilan , bilan d’entrée, bilan de sortie.) BILBOQUET, f- m. [Crepundia.] Petit morceau de bois tourné & creusé en rond par les deux bouts avec une corde ,^-au milieu de laquelle il y a une balle qu’on fait fauter dans le creux du bilboquet. Henri ÍII. portoit quelquefois à la main un bilboquet, dont il se joiioit. Journal de Henri III. p. 89. BILBOQUET , f. m. Terme de Doreur. Petit morceau de bois où est ataché un morceau d’étofe. 4 = BILBOQUET, f. m. Terme de Maçon. C’est un petit morceau de pierre détaché d’un plus gros. Les Ouvriers apellent encore ainsi les moindres carreaux de pierre qui se tirent de la démolition des bâtimens. 4 BILBOQUET. C’est aussi une petite figure qui a deux plombs aux deux jambes , & qui se trouve toujours debout de quelque manière qu’on la tourne. On dit aussi d’un homme qui se tient toujours debout, qu’il se tient droit comme un bilboquet. BILE , s r f- C Bilit. ] Humeur mobile & active, chaude & sèche qui se trouve dans le corps. (La bile cause des maladies. Purger la bile ; temperer , rno. dérer, rafraîchir la bile. La bile se dégorge souvent. Empêcher , arrêter un dégorgement de bile.) BILE noire. [Atra bìlbs.] C’est la lie du sang. (A- paiser la bile. Volt. I. §7. Les choses douces se tournent en bile. Ibid.) .* BILE. [Tra.] Colère. (Ce discours m’échaufe la bile. Mol. II sentit émouvoir Jd bile ; c’est-à-dire , il s’apercut qu’il étoit prêt à se mettre en colère, j BILIEUX, bilieuse, adj. [BUiosus.] Eli qui la bile domine. (Tempérament bilieux.) BILL A RD , f m. s Lud-us trudicularbs.] Jeu de billard. Table qui a des rebords tout autour, garnie BIL d’untapix avec six blouses , une passe &une sonnette, BILLARD. [Clava trudìcula .] Bâton dont on pouf. se la bille lorsqu’on joué au billard. Ce bâton est de beau bois , garni d’une masse d’ivoire au bout. As En Bourgogne , on apelle billard, un boiteux ar métaphore, du billard avec lequel on pousse les illes ; & comme il est recourbé par le bout, on apel- le billard, un boiteux, à cause de la ressemblance du billard tortu au boiteux. Mr. de la Monno,e, dans son Gìojjairesur les Hoéls Bourguignons. BILLARDER , v. n. [BU giobu'.um ìmpellere.] C’est toucher sa bille deux fois en jouant, ce qui fait un coup perdu. BILLE, f. f. [Globulus eburnem, aut buxesis.] Pe. tite boule d’ivoire qu’on pousse avec le billard. (Faire une bille, c’est mettre une bille dans la belouse. 11 n’a pú encore taire une bille.) BILLE de Billard. [Glohu'm trudicularh .] On dit Í )roverbialement , que deux hommes font èà patelles , qu’ils font sortis d’une affaire bille pareille , quand ils n’ont point remporté d’avantage F un fur l’autre. BILLE. [Sarcinatoris clava.'] Ternie d ’Embaìeur. Gros bâton de bonis, avec quoi on ferre les balots, lorsqu’on les corde. 4 BILLE. Plusieurs Ouvriers & Artisans apellent ainsi plusieurs sortes de bâtons qu’ils emploient dans leurs ouvrages. ê BILLE. C’est le bâton dont les voituriers se fer- vent pour serrer la charge des chevaux &des mulets. 4 BILLE d’acier. Morceau d’acier quarté, qu’on apelle ordinairement Acier foret , Clamecy [£ Limousin. f BILLE. Terme de Marine, C’est un bout de menu cordage , où il y a une boucle & un nœud : son usage est de tenir le grand coùet aux prémiers des grands haubans lorsqu’il ne sert pas. BILLER , v. a. [Stringere. ] Terme d ’Embaleur. Serrer avec la bille. (Billet un balot.) BILLER. [Allìgare.] Terme de Batelier , & deVoi turierpar eau. Atelier les chevaux deux à deux pour tirer quelque bateau. (Billet les chevaux.) BILLEBARRE', E'E , part. adj. [Variatus.] BILLEBARRER, v. a. [Variare.] Mettre plusieurs couleurs diférentes & peu convenantes fur un habit ou fur des meubles. Cela s’est dit originairement des habits des boulons & des masques. í BILLEBAUDE , f f- Ce mot signifie confusion. C’est une bìllebaude que tout ce ménagé là. Acad. Fr. A la bìllebaude , c’est-à-dire, fans ordre, en confusion. BILLET , f m. [Litten/la.] Petite lettre écrite fans toutes les cérémonies dont on se sert quand on écrit à des personnes de qualité, ou de respect. (On écrit un billet à ses amis. Billet galand , billet doux, ou billet amoureux.) BILLET. [Scbeda , fyngrapba.] Promesse fous seing privé. (Je lui ai prêté cent pistoles dont il m’a fait Ion billet.) BILLET de blanque. [Sufsragium.] C’est un morceau de papier roulé qu’on distribué à ceux qui mettent aux lotteries. (11 a eu un billet noir. II a eu tout billets blancs.) BILLET pour entrer à la Comédie. [Commeatus.] C’est un petit morceau de carton marqué , qu’on distribué au Bureau des Comédiens, & qu’on rend ensuite à leur portier pour entrer à la Comédie. BILLET dé enterrement. [Scheda funebris.] Feuille de papier imprimée d’un côté, où l’on avertit de la mort d’une personne où l’on marque l’heure de ses funérailles, & où l’on prie ses parens & amis de s’y trouver. ( Envoler des billets d’enterrement. Les Crieurs donnent ordre au Semonneur de porter des billets d’enterrement aux parens & aux amis de la personne morte. Faire imprimer des billets d’enterrement) 4 BLLIETS de P épargne. Ce font d’anciens billets fur l’épargne du Roi qui ont été supprimez. 4 BILIETS Lombards. Ce font des billets dont on se sert en Italie & en Flandres. On les donne à ceux qui prennent part à l’armement d’un vaisseau , ou qui empruntent fur gages. 4 BILLETS de monoie. Ce font des billets qu’on donnoit dans les monoi'es à ceux qui portoient des vieilles cspeces. Ces Billets ont eu cours dans le commerce & ont été supprimez. ■ 4 BIL- BÍL f BILLETS de FEtat. ‘Ce sont les billets qUe le Roi donna pour éteindre divers papiers qui étoient répandus dans le public. On les apella billets de l’Etat , párce que le Roi en fit fa dette, & qu’il promit dé les parer fur les revenus de l’Etat ; au lieu qu’aupara- vant ce n’étoit que des billets de particuliers, quoique faits pour des sommes fournies pour les besoins de l’Etat. La plupart ont été depuis retirez, ou convertis en rentes. BILLETTE , f. /. [Scheda O Terme de Blason. Petite figure quarrée qu’on met dans l’écu pour signifier la fermeté & la constance-. (Porter d’azur à quatre billettes. Col.) H BILLETTE. Terme de Tondeur de draps. C’eft un instrument de bois fait en équerre, que le Tondeur tient à la main droite , pour empêcher que les forces rfaillent trop Vite. £ BILLETTE R , v. a. Attacher des étiquettes, mettre des billets aux étofes. t BILLEVESE'ES, s.s. [TJugœ ysomnia , fabula.'} Folie, sotise, imaginations en Pair. ( Sotes billevesées , pernicieux amusemens : Romans , puiffiez-vous être à tous les diables. Mol. Chacun fait que c’est billevesées. Sar. Poés) 0 Mr. Ménage avoue dans ses Origines , qu’il ne fait pas d’où nous est venu ce mot. Voici ce que Mr. de ía Monnoïe en a dit dans son Glossaire sur les Noëls Bourguignons : Veze est une elpece de musette. Ce mot , veze , est souvent repeté dans les Noëls Poitevins ; & c’est de Veze que vient bille-vezee , petite boule pleine de vent, comme celle dont parle Ver- ville, dans son Mdìen de parvenir , cb. 7. Veze pour- roit bien venir de vejìca , parce qu’on y fait entrer le vent, comme dans une vessie qu’on veut enfler. BILLON , f m. \JNummi forfice incip iterum confiandì .] Terme de Momie. Toute forte de matière d’or ou d’argent, qui est alise ou mêlée au dessous d’un certain degré, & principalement de celui qui est fixé pour la fabrication des monoïes. BILLON. [ìFummi exauclorati. Toute forte de mo- noïe décriée. Toute forte de matière d’or ou d’argent décriée, & qui se trouve à plus bas titre que celui de l’Ordonnance. (Ainíi on dit, piéce de billon, mo- noïe de billon.) 0 II y a deux sortes de billon d’argent ï l’ún nommé haut billon , qui est à dix deniers & au dessous, jusques à cinq; l’autre , bits billon, qui est au dessous de cinq deniers. Ce mot vient de huila , selon Mr. Bouterouë, pag. 142. ou de ^ú?Lov ì que les nouveaux Grecs ont tiré du Latin buUa , qui signifie , au pluriel, les bouteilles qui s’élevent fur l’eaú , quand;' il pleut, comme encore les clouds à tête dorée, que l’on met aux portes pour les orner & les boussettes & les clouds que l’on met auxharnois des chevaux, mais particulièrement les sceaux que Ponjnet aux Lettres Patentes des Souverains , à cause qiíMls ressemblolènt à la tête des clouds dorez. Le terifle billonner la même source ; il signifie proprement, ramasser les ef- peces décriées & mises au billon ; ce qui n’étoit pas défendu autrefois : au contraire, on en faisoit un commercé public: les billonneurs avoíent sous Charles VI. des boutiques dans la rue aux Leurres , au long du Cimetière des Saints Innocens , ou l’on portoit les ef- peces défectueuses, pdur en retirer un certain prix : mais c’est à présent, un crime punissable de la peine du double, & que son commet en plusieurs manières ; i°. qiiand on achete, ou que l’on change la monde pour moins qu’elle n’a cours, pour la remettre à plus haut prix ; 2°; en achetant des espèces dans un lieu, au-dessus du prix, pour les débiter ailleurs au-dessous; ?°. qiiand 1 es Receveurs & Collecteurs gardent les bonnes espèces qu’ils ont reçues, & donnent des espèces de cuivre & de billon. Volez Fon- tanon, torn. 1. pag. 58- N 656. 4°; quand les Changeurs remettent dans le conimefce les espèces qu’ils ont changées ; 5°. quand on ne veut recevoir les espèces qu’au prix de l’Ordonnanee , & qu’on ne les veut païer qu’au prix qu’elles Ont par le surhaussement du peuple ; 6°. quand on fait commerce des espèces étrangères & décriées ; 7°. quand on choisit les espèces plus pesantes, pour vendre la matière aux Changeurs ou Orfèvres. BILLON. [Fiumnii arei.J II signifie aussi la petite monoïe de moindre prix. (Les doubles tournois , lés doubles parisis & les deniers tournois étoient des mo- BIM 243 noies de billòn. Les liards , lés oboles & lés gros dé Nê-le j étoient aufli des monoïes de billon. Le Blanc, traité hijîorique des mono'tes.) BILLON. [OJJìcina conftandis ac reficiendis numnií.'J Lieu où les Billonneurs tenoient leur boutique. (Porter au billon. Envoìër au billon. Bouterou'é -, traité des monoïes) f * Hors de Paris, je mets tout au billon. (C’est- à-dire , de toutes les villes d* France je n’eJHme que Paris. H BILLON de garance. C’est une des espèces dë garance , qui est la moindre de toutes. BILLONNAGE , f m. [Nummorúm exauBoratorum commercium .] Crime de celui qui billonné. (II a été puni de billonnage.) BILLONNER, v. n. \Monetam conquìrere.) Ternie d e'Monoie. Recueillir les espèces décriées & mises au billon. BILLONNER. L Monetam commercii gratiâ colligere.'} Acheter ou changer de la monoïe pour moins qu’elle n’a cours, afin de la remettre à plus haut prix. Remettre dans le commerce de méchantes pièces qu’on a changées. Trafiquer la monoïe étrangère & décriée. Bouterou'é. . BILLONNER. £ 'Corrumpere , vìtiare-.') C’est altérés les espèces, & lés convertir eii d’autrës plus Foibies; par lé mélange du cuivré. (Billonner les espèces étrangères. Le Blanc , traité bijì. des monoïes.) BILLONNEUR ,s. m. [Moneta conquifîtor .2 Celui qui billonne ; celui qui Fait marchandises des espèces. Celui qui fait métier de billonner. (C’est un Franc billonneur. Les Ordonnances n’ont pas toutes des peines de mort contre les billonneurs. Boisard ; traP té des monoïes.) = 5 = BILLOS , f. ni. Droit d’Aide qui se levé eti Bretagne & en d’autres Provinces de France , fur le virí & les autres boissons qu’on vend en détail-. BILLOT , / m. [Br'evior ligni truncus.J Morceau de bois gros & court, fur quoi les Boisseliers & les Tourneurs travaillent. BILLOT. [ Brevior Judes J Morceau de bois fur quoi oii pose une enclume. H BILLOT. C’est aussi le coin qu’on pose sous uíi levier , quand on veut remuer ou lever quelque fardeau; .. BILLOT. Ternie de Courtier de chevaux. Bâton qu’on met le long des flancs des chevaux neufs qu’on amene d’Alëmagne , & qu’on vend au marché aux chevaux. . BILLOT. Terme de Làletier. Espèce dë souricière* qui est en éfet une maniéré de petit billot, où il y a des trous & du fil d’archal, pour atraper les rats & les souris. 11 y a de plusieurs sortes de cës billots ; il y en a à. bilboquet, à fil ou à rejet. Oil dit, je ne veux point de souricière à bâton, à pont- levis j ni à bascule ; donnez-moi ún billot ; on y prend plus de souris qu’avéc d’aUtre souricières. Quand les souris sont prises au billot, elles sont mortes. BILLOT. Terme dë Raquétier. Voïez Chévré. jQf En termes de Marine billots sont des jfiéces dé bois, courtes, qu’on met entre iés sourcats dés vais. seaux, pour les garnir en les construisant. Ces mots de bille , billard & billot viennent du Latin billus, qui signifie uíi bâton. í BIMAES. Sorte de bois dë Brésil, qui est unë des deux èspeces qu’on apelle Sapan, ou Japon. BLMAUVE, f m. \_Alchea.) Terme de Botaniquéi Espèce d’althée, ou de guimauve. BIMBÈLOT , / m. f Crepundia. ] Petit jouet d’enfant, comme poupée, moulins; carosse, ou autre petite machine de carte ou dë bois pour réjouir les enfans. BIMBLO QUIER , f. in. [Crepundiorutn opifex ;] Ouvrier qui fait de petits plats, de petites eguiéres, & autres pièces de ménage pour les enfans. II y en a qui disent bimbelotier-. t BIMILION, f. tu. Ancieri terme qui it’est plus d’uíàge, & qui signifié la même ehofe que Mil- lard. BINAIRE, adj. & f. m. [ Bìnariús ,] Terme êéA- ritmetiqué. , I,e nombre de deux, & tout nombre qui est composé du nombre deux ; Un nombre binaire s’apelle un nombre pair. BINARD , f. m. [Carrus.] Gros chariot à quatre Tome L H h 2 roués 244 BIS roues d’égale hauteur, avec un plancher fur lequel on met de grands fardeaux, & des choses fort pesantes. ê BINDELY, s m. passement de foie & d’ar- gent, qui fe fabrique en Italie. BINER, ». a. [Vineam repajìmare.) Terme de Vigneron & de Jardinier. Donner un second labour à une vigne, ou à une planche. (Biner une vigne.) BINER, ». n. [Eodem die duos Mijfît* dicere.) Tet- me d 'Eglise. Permettre à un Prêtre de dire deux Messes en un jour. (Son Evêque lui a donné la per- million de biner.) BINET, s. m. Petit morceau de léton plat & délié, & large comme un grand écu blanc, avec une queue qu’on met dans la bobèche du chandelier. Au milieu de ce binet, il y a une pointe de fer où l’on fiche le bout de chandelle qui reste à brûler. (Faire binet. C’est ficher le bout de chandelle à la pointe du binet.) BINOCLE , s- m. [] Bìnui oculm. ] Instrument oculaire dioptrique, & par le moïen duquel on voit un même objet des deux yeux conjointement. Le binocle fut inventé en 166;. par le Père Chérubin Capucin. Voïez le Livre de la vision parfaite. Quelques- uns croient qu’il n’a été que renouvelle par ce Capucin, & qu’un autre nommé le Père Rheite, Capucin d’Orleans, l’a inventé. BINOME , s m. [ Binomius .] Terme à’Algèbre. Nombre, ou quantité, composée de l’addition de deux grandeurs incommensurables ; s’il y en a trois, il s’a- pelle Trinôme, &c. BIOUAC ; voyez BIHOUAC. + BIQJJE, f. f [Capra. 3 Ce mot fe dit dans quelques Provinces de France , & principalement en quelques endroits de Champagne , pour marquer la semelle du bouc. Mais à Paris ce mot est inconnu, & en fa place on dit une chèvre. BIQUET, s m. [Nummaria trutina .I Terme de Momie. C’est une forte de trébuchet. (Peser avec le biquet.) BIQUETER , v. a. \Appendere . ] C’est fe servir du biquet pour peser. (II faut biqueter cela.) BIQUETER, ou bicqueter , v. n. [Htedum parere .] II fe dit des chèvres, & signifie faire de petites chevreaux. (La chèvre vient de biqueter. Voïez Bicqueter.) BIRAMBROT, s. m. Mot corrompu du Hollan- dois , & qui ne fe dit qu’en riant, & ne fc trouve que dans les lettres de Scarron, qui a dit : Adieu mon cher mangeur de birambrot & de tartines, revenez-vous mettre au beurre de Vanvre. p. 105. Le birambrot est une soupe qu’on fait avec de la bière , du sucre & de la muscade, & quelquefois avec du beurre & du pain, & qu’on mange comme de la soupe. BIRETTE ifs- [ Biretum. ] Terme de Jésuite. II vient de l’Efpagnol birete. C’est une forte de bonnet de grosse étofe noire, fans carton ni cornes , & qui à la couleur près, a quelque air de celui de Gille ou de Scaramouche. La birette ne fe porte que par les Jésuites Novices. Ils portent la birette deux ans, ensuite s’ils font reçus , il prennent le bonnet à trois cornes. BIS , bise , adj. [Cibaritti, secundarim panis.)) Pain qui n’eft pas blanc. Prononcez bi. (Pain bis. Pâte bise. Bis blanc, c’est-à-dire, moitié blanc) Le P. Labbe a remarqué dans fa seconde partie des Etimologies Franqoifes , que l’adverbe Latin bit , a fourni à notre langue le pain bit , lequel est secundut Jìvesect'.ndarius punit. En éfet, le pain bis est la seconde forte de pain, dont le pain noir est la. première. Voïez la preuve que ce Pere raporte de son sentiment ; elle est trop étendue pour l’inserer dans cet article. t BISAGE, ou rèparage. Terme de Teinturier. C’est la façon qu’on donne à une étofe , lorfqu’on la met dans une autre couleur, que celle où elle avoit été teinte la prémiére fois. II est permis aux Teinturiers du petit teint, de faire toutes fortes de bisages & rèparages. BISAÏEUL, f m. [Proavm.) Deux fois aïeul. Le pere du grand-pére , ou de la grand’ mère. BISAÏEULE, /.’ f. sProavia.) Deux fois aïeule. La mère de la grand’ mère, ou du grand-pére. BíS í BISCACHO ,/■ m- Animal du Pérou, dontla chair ressemble à celle du Lapin. í BISCAPIT,/ m. Dans le sole de la Chambra des Comptes , 011 apelle Bifiapit , faction de celui qui porte deux fois la même chose en compte. Ce mut est Latin. _ T BISCORNU, adj. Mal bâti, mal fait, irrégu- lier. Un bâtiment biscornu. On dit auih fig. rut esprit biscornu , un ouvrage , un raissmement bisormt. BISCOTIN ,f rn. [ Placenta. ) Pâte cuite avec du sucre qu’on met fur table au dessert. BISCUIT , J. m. [ Copta duiciaria. j Pâte faite de la plus fine fleur de Bornent , de sucre & d’œnfs, qu’on fait cuire au four dans des moules de fer blanc ou de papier. (Biscuit Rotai. Biscuit de Piémont, de Savoie , &c.) BISCUIT. [ Punit nautictts. ) Pain cuit deux fois qu’on mange fur mer. Le biscuit fe cuit quatre fois pour les votages de long cours , & deux fois feulement pour les petites traverses. (Faire provision de biscuit. Prendre de biscuit à discrétion. Ménager, épargner le biscuit. Distribuer le biscuit aux matelots. On leur donne d’ordinaire à chacun trois biscuits par jour. L'Ecrivain du vaisseau a soin du biscuit. 11 faut avoir de bonnes dents pour manger du biscuit. Le bon biscuit sec fe garde un an & quelquefois plus ; le biscuit fe met dans le magazin, mais il y faut prendre garde , car seau lc gâte.) f S y embarquer Jans biscuit. C’est s’engager dans une entreprise , lans avoir pris les moïens nécessaires pour y réussir. í BISCUIT. Ternie de Teinturier. C’est une fausse teinture défendue par les Regiemens. BISE t s f [ Aquilo , Boreas. ] L’un des vents cardinaux , qui est sec & froid, & qui au cœur de l’hiver régne & soufle du Septentrion. (II a etéfra- pé du vent de bise ; c’est-à-dire, il est ruiné. Prov.) BISE. Petit pain d’un sou , ou de deux liards, qu’on donne le matin aux pensionnaires de certains Coléges de Paris. On dit aussi un biset. BISE. [Amia.J Poisson de mer , presque semblable au ton. Rond. I. g. •t BISE , ou Bize. Monoïe de Pegu, qui y a cours pour un demi ducat. C’est aussi un poids du même Roïaume, qui sert à peser les marchandises. BISEAUS, bijeau , s. m. f Panis pars maHior . ] Terme de Boulanger. On prononce bize. C’est la marque qui est à côté du pain lors qu’il a été pressé au four , & où il n’y a pas de croûte. BISEAU. [ Lingula angulata . ] Terme de Miroitier. C’est le bord de la glace du miroir , coupée en talus. ( Couper un biseau , faire un biseau, tailler un biseau. Dans la manufacture des glaces , il y a des ouvriers qu’on apelle Tailleurs de biseaux , parce qu’ils font feulement les biseaux des glaces.) BISEAU. [ Obliqué angulata ferri extremitas . ] Terme de Coutelier. Ce qui est coupé en talus fur le dos du couteau & du rasoir , & au bas de la partie du rasoir qui est immediatement après le talon. (Faire un biíèau.) BISEAU. Terme d’Orfèvre & de Metteur en œuvres. Ce qui tient & arrête la pierre de la bague dans le chaton. (11 faut certir cela en biseau d’onix.) BISEAU. Terme A’Organiste. Petit morceau d’é- tain ou de plomb , qui couvre le tuïau , & qui aide au rélbnnement de l’orgue. BISEAUX. Outil servant aux Tourneurs. í BISEAUX. Terme d 'Imprimerie. Ce font les morceaux de bois en forme de coin, qui servent à entourer les pages & à les serrer. BISER. [ Nigrescere , nigricare. J Terme d’Agriculture. Devenir bis. Les blez bisent ; c’est-à-dire, qu’en semant toujours du pur froment, dans quelque tems il déviendroit méteil. í BISER une étofe. C’est la reteindre & la repasser. T BISEIGLE , ou Regloin. Instrument de buis, qui sert aux Cordonniers & savetiers. BISET, s m. [ Palumbns. J Oiseau de passage qui a les piez & le bec rouge, la plume de couleur de plomb & presque noire. Bel. On donne ce nom au pigeon sauvage plus petit que le ramier. í RISE TTE , f. f. Sorte de petite dentelle de peu de valeur. f BISSETTIERE. Celle qui travaille à faire de la disette. rj* BI- BIS f BlSEURS , ou Répareurs. On apelloit ainsi au- írefois les Maîtres Teinturiers du petit teint. í BISMUTH. On ne fait pas précisément ce que c’est. Les uns disent que c’est un métail , & les autres que c’est un minerai. On eroit que c’est la mar- caffite de l’étain. U’y a du Bismuth naturel , ou étain de glace , & du Bismuth artificiel. í BISNAGUE, OU VISNAGUE. Plante du Levant , semlable au fenouil ; dont les mouchets, ou petites branches , servent à faire des cure-dents qu’on préféré à ceux de plume. 0 BISOUARD. Dans le Dauphiné , & dans le Lyonnois, le peuple apelle bijbwrds , des personnes qui décendent des mo ntagnès , pour venir porter une petite balle avec quelques marchandises qu’ils débitent dans les rues, & que l’on a vú faire dans Lyon- de grandes fortunes. Le mot est ancien. Rabelais, lïv. i. ch. 9. a dit : Ung , dites-vous, livre trepelu qui Je vend, par les bisnuarts £s? porte-bales. Ménage dans ses Origines Italiennes, a dit , que i valàisi ritirati neJle valìi del Delfinato cbiamanp oggidi Bizi e Bìzordì. Voilà, fans doute, l’origine de bsouard. t BISON , Terme de Blason. C'est la même chose que bufie. On dit, une tête de bison couronnée. f BISON, s. nt. Animal cruel & dangereux , qui habite dans les bois des Indes. C’est une efpece de beuf sauvage , qui a les cornes crochues, pointues &, noires. Ses yeux font grands & enflammez. BISQUAINS , f m. Peaux de mouton en laine, préparées & passées par les Mégiffiers. BISQUE, s /• f Jus ex diversarum carniùm succo conàìtum. ] Potage succulent. ( Rien ne charme leur esprit que la bisque & la fricassée. Gamb. ép. /. 1. Vive la France pour les ragoûts & pour les bisques. Main. lett. 78. Qu’ejî devenu ce teint dont la couleur fieurie Semblait d’ortolansseuls £j? de bisque nourrie ? Despr.) BISQUE- C Quadrant pilarii quindcnarii, ] Terme de Jeu de paume. Avantage de quinze à prendre en quel endroit de la partie qu’on veut. ( Prendre sa bisque , donner bisque. Donner quinze & bisque. Ces derniers mots se disent en parlant d’une personne sur qui l’on croit avoir de l’avantage. Je lui donne- rois quinze & bisque.) BISSAC , f m. [ Mantica. ] Besace ,, & c’est comme si l’on disert qui a deux sacs. (Réduire au bissac ; c’est-à-dire à la mandicité.) BISSE -, f m. [ Bis us. j C’est le nom de la foie dont les Anciens s’habilloient en Egypte & en Syrie. On portoit parmi les Israélites ., du fin lin, du coton & du bisse. Voïez les mœurs des Israélites.') BISSE, f.s. [ Anguis. J Terme de Blason. II signifie un serpent, & est la même chose que guivre ou vivre. BISSE'TRE , s m. [ Calamités. J Malheur , accident cause par l’imprudence de quelcun. (f Les Bourguignons disent, vo mesenongé bijsétre c’est-à-dire , selon Mr. de la Monnoïe, vous me présagez malheur. La superstition ( dit-il) a fait croire anciennement , & fait croire encore, qu’il y avoit un mauvais fort ataché , tant aux années bissextiles , qu’aux jours intercalaires du bissexte de Février. Votez le Glojs. de Mr. de la Monnaie , sur les Uo'êls Bourguignons. (fie bien, ne voila-t-il pas ton enragé de Maître, U nous va faire encore quelque nouveau bissétre. Mol.) BISSEXTE , f m. Terme de Chronologie. II est formé du Latin bijjextus. C’est le jour qu’on ajoute de quatre ans en quatre ans après 1 e 24. de Février, afin de faire quadrer l’année avec le cours du soleil, qui passe 365. jours , qu’on donne à chaque année ordinaire, d’environ six heures, qui font un jour en. quatre ans. ( II ne voulut point paraître le lendemain , parce que c’étoit le jour de bissexte , qu’une ancienne superstition faisoit passer pour malheureux parmi les Romains. Fléchir , Theodnfe , l. 1. c. 4.) BISSEXTIL, bissextile , adj, ( Intercalaris. J II se dit de l’année où se rencontre le .bissexte. (On aura BIZ 245 bien - tôt l’an bissextil. L’année bissextile est passée.) Cette année arrive tous les quatre ans. f BISSONNATA , à faire frocs de Moines. Grosse école dont on fait les habillemens de quelques Religieux. On en fait mention dans le Tarif de la Douane de Lyon. t BISTL Petite monoïe de Perse , qui suivant Chardin est une monoïe de compte. BISTORTE , /• f f Bijìorta, colúhrina , hritanni- ca.] Plante médicinale , qui est ainsi nommée du Latin , bis torta , parce que fa racine est entorílléè comme un serpent. £ Cette plante croît dans les hautes montagnes. Sa racine entre dans la composition de la théííaque , & elle est souveraine contre les poisons. BISTÛRTIËR , f m. Terme d ’Àpóticaire, Prononcez bijìórtié. C’est une forte de pilon de bonis pour batre , mêler & agiter diverses compositions dans un mortier de marbre, (tin biftortier bien net & bien propre.) BISTOURI , f m. [ Novacula incurva , ] Instrument de Chirurgien pour faire des incisions. 0 Pistoie étoit autrefois renommée pour les on- vrages de fer. (Piftorienjìs gladim.) BISTOURNER i a. [Invertere.J Tordre de telle forte les testicules d’un cheval, qu’il ne peut engendrer. ( Bistourner un cheval.) On dit, cheval biftourné. Et ce mot se dit aussi en riant d’un homme qui a quelque chose qui le rend impuissant. BISTRE , /■ f. ÍFuligo coHa ac dilutaj Terme de DeJJinateur. C’est de la suie cuite & détrempée, dont les Peintres & Dessinateurs se servent pour laver leurs desseins , ils s’en servent aussi dans les couleurs. BITORD , f m. [Fmkulus.J Terme de Marine. Menue corde à deux fils dont on se sert pour faire des enfléchures, pour amarrer & pour renforcer les manœuvres. BITTES- Terme de Marine , Ce font deux pièces de bois autour defquelles on atache le cable quand on a mouillé P ancre. On dit aussi bitter le cable. f BITTON. C’est une piéce de bois ronde , & haute de deux piez & demi, par où l’on amarre une galere en terre. BITUME, / m, [ Bìtumen, J Limon gras, visqueux, adhérent, qui a quelque chose del’odeur du soufre. II y a un bitume qu’on apelle de Judée. Ce bitume est une matière onctueuse & inflammable qu’on rire du Lac. AJphaltite, nommé la mer morte , qui est aux endroits où étoient Sodome & Go. morre : ce bitume est le plus excélent , & il est net, pur & luisant, d’une odeur forte & désagréable , & d’une couleur qui rire sur la pourpre , & qui entre dans la tériaque, Charas , phar, Froter un vaisseau de poix , de soufre & de bitume. Vaug. Quinte-Curce, l. 4. c. Les Chinois bouchent les bières de leurs morts avec du bitume , afin que leurs corps ne rendent point de mauvaise odeur, & ils les laissent deux ou trois ans dans les bières. Nouv. relut, de la Chine. BITUMINEUX , bitumineuse , adj, [ Bituminosus. ] Ce qui a du bitume, ce qui tient du bitume. (Terre bitumineuse , limon bitumineux.) f BIVENTER. Terme J Anatomie, C’est 1§ musclé de la mâchoire inférieure. BIVIAIRE , adj. í Bivium. J Place où deux chemins aboutissent. Voïez Triviaire. $ BlVOïE. C’est un chemin fourchu , qui tend vers deux lieux diferens. BIVOUAC ; voyez Bihouac , BIZARRE , Adj. [ Morosiis , tetricus, ] 11 vient de l’Italien bizarro, 11 signifie fantasque , capricieux, bourru. ( Un esprit bizarre ; sa conduite est bizarre.) On dit aussi une voix bizarres c’est-à-dire, désagréable , & qui marque quelque caprice en celui qui parle. 11 y en a qui écrivent & prononcent hijarre mais ce ne font que des barbouilleurs, ou le menu peuple qui parle ainsi. J: On dit aussi fig. une couleur bizarre, un plumage bizarre , un habit bizarre ; c’est-à-dire, extraordinaire, ( tJne humeur un peu bizarre, Sert de ragoût en amour » La Sab.) 246 BLA BIZARRE , s. m. Bourru , fantasque. ( C’est un bizarre.) BIZARREMENT , adv. [ Morose. ] D une maniéré capricieuse ; d’une maniéré extraordinaire. ( La fortune dispose bien bizarrement de moi. Voiture, /. 4;.) BIZARRERIE , f. f. [ Morosité. ] Caprice , fantaisie , folie. (C’est une bizarrerie la plus ridicule du inonde. ) BIZARRERIE , f. f. C VarieUs. ] Variété bizarre & agréable. ( La satire est comme une prairie , qui n’est belle sinon en sa bizarrerie. Reg.satire, 1.) BLAFARD, Blafarde, adj. [ Pallidus, p allens. ] Qui est de couleur qui tire sur le blanc. î BLAFARD. C’est une couleur passée & effacée. II se dit particulièrement des étofes mal teintes & décolorées. Les etofes de couleur legere font sujettes à devenir blafardes. {$ BLAIRIE- C’est un droit atachc à la Justice, dans la Coutume de Nivémois , tìt. 5. où il est décidé, i°. que le droit est inséparable de la Justice, si ce n’est lors que l’on a un titre, ou une prescription sufisante. art. 4. 2°. Les justiciables peuvent faire pâturer leur bétail dans les vaines pâtures , en païant une certaine redevance. Le Seigneur Blaier a droit d’arréter les bétes de ceux qui ne font pas ses justiciables , & d’éxiger une amende. 4 0 . Le droit de blairie n’est pas établi dans l’étenduè de la Coutume ; il y a des lieux où elle n’est point admise. f BLAIREAU ; voyez BLEREAU. BLAISE, f- m. [ Blajîus. ] Nom d’homme. BLAISOT , f. m. Petit Biaise. ( Blaisot est joli.) BLâMABLE , adj. [ Vituperabilis. ] Méprisable. ( 11 est blâmable. Sa conduite est blâmable.) BLâME, f. m. s Vituperatio , reprehersio. J Paroles qui marquent le peu d’éstime qu’on a d’une personne , ou d’une action. Discours qui fait voir qu’on méprise & qu’on désaprouve. (Donner du blâme à quelcun.) H On dit encourir le blâme , éviter le blâme, porter le blâme, donner le blâme à quelqu’un , rejet- ter le blâme sur un autre, prendre sur soi le blâme d’une afaire. BLâMER , v. a. [ Vituperare. J Mépriser. Témoigner par ses paroles qu’on désaprouve quelque chose. ( Je l’ai fort blâmé de son emportement. Blâmer la conduite de quelcun.) 0 Quand une action mérite une répréhension, & qu’elle n’est pas assez criminelle pour être punie, les Juges ordonnent que l’acusé sera blâmé ; & ce n’est qu’à l’égard des O liciers , comme Juges , Procureurs, Notaires, &c. que l’on se sert de cette espece de correction. Loisel à remarqué dans ses Opuscules, pag. içç. que „ ce que la Cour ordonne quelquefois, ,, que des 0liciers ou autres personnes qui ont failli, ,, seront blâmées , peut avoir été pris, de ce que ,, nous voïons en Droit Romain , que quelquefois ,, les libertins aïant 0sensé leurs patrons, cajligabantur „ verbis, cum comminatione severitatk non Aefutmra, „ si rursum querelte causam prabaissent, sic dimit- ,, tebantur.” L. 1. D. de jur. patron. BLâMER. [ Repugnare , adversari .] Terme de Pratique. Contredire. Acuser de quelque défaut. Débatte. ( Blâmer un dénombrement, un aveu.) 0 II est dit dans la Coutume de Paris , art. 10. Après que le vajj'al a donné son dénombrement au Seigneur féodal, ledit Seigneur féodal csi tenu de blâmer ledit dénombrement dedans quarante jours, fsc. Plusieurs autres Coutumes font conques en ces mûmes termes. Brodeau, fur l’article que je viens de ra- porter , croit que blâmer vient de blafpbemare , & blâme de blasikemium ; & c’est le sentiment de Ménage & des Auteurs qu’il cite. Votez aulli CaJ'eneu- z,e dans ses Origines. BLANC, blanche, adj. s Albm , candidat .J Qui a de la blancheur. (Pain blanc. Toile blanches) BLANC , blanche. [ Nitidus. ] Ce mot se dit du papier où il n’y a rien d’écrit. ( Papier blanc.) BLANC , blanche. [ Purus. ] Ce mot se dit du linge , & veut dire qui n est pas sale. ( Linge blanc.) * BLANC , blanche. Ce mot au figuré a divers sens. Exemples. (Ils font tout blancs au dehors, & tout noirs au dedans. C est-à-dire, qti’ilsfont vertueux en aparence , b qu’au fond ce font des méchans. Quand je veux dire blanc , la quinteuse dit noir. Celt-à-dire, que BLA quand on veut dire d’une façon , elle dit d’une autre-, L’homme va du blanc au noir, il condanne au matin ses sentimens du soir. C’est-à-dire, l’homme est volage inconsiant. Dejstr. fat.) BLANC , blanche , [ Varna. ] Qui est si vieux qu’il a les cheveux blancs. ( Etre blanc de vieillesse.) BLANC , f m. [ Condor. ] Couleur blanche , dont l’éfet est de dissiper la vûë & de la séparer. ( Le blanc est le lìmbole de la pureté & de l’innoccnce.) 0 BLANC, doncqucs (dit Rabelais, liv. 1. c b. 10.) signifie joie, foula & Hisse. - BLANC de ceruse de Venise. [ Cerufsa .J Couleur dont on se sert pour peindre en miniature. BLANC. [ Canities. J Blancheur, maladie des cheveux par laquelle ils deviennent blancs, (Usn’arrê- teront pas le tems qui vole, & qui d’un triste blanc va peindre ses cheveux. Main. Pois.) BLANC. Terme de Jardinier. C’est une rouille qui est jaune, & quelquefois blanche , qui se met sur le pié & sur les feuilles des melons, des laitues & des chicorées, & les fait périr. ( Cer melons ont le blancs c’est-à-dire, qu’ils périssent. Quint, jardins, t. 1. p. 100.) BLANC. [ Signant. ] Feuille de papier ou de carton , au milieu de laquelle il y a un rond noir qu’on atache environ trois piés de terre pour tirer dedans. ( Tirer au blanc.) BLANC,J. m. [Quincunx Francicus.'] Espèce de monoïe , dont il y avoit de deux sortes, l’une qu’on apelloit le grand blanc , & l’autre, le petit blanc, on le demi blanc. Les grands blancs valurent d’abord dix deniers tournois , ensuite douze , & les petits cinq & six. Ils commencèrent d’avoir cours fous Philippe de Valois ,& ils l’eurent jusqu’à François I. Louis XI. fit fabriquer des blancs & des demi-blancs au Soleil, & des blancs à la Couronne. D’un côté, ils avoient une croix , avec cette légende. Sit m - men Domini benediclum , & de P autre trois fleurs de lis , avec cette légende, Ludoviaa undecimm Rest Franche. Voïez le traité Historique des Mondies. Le blanc de l’ail. f Oculi albor. j C’est tout ce qui environne le rond noir qu’on nomme Iris, au milieu duquel est la prunelle, & ce blanc est la derniere tunique qui envelope P mil. ( II a le blanc de l’œiltout rouge.) BLANC d’teuf , f. m. [ Albumen. ] C’est ce qui entoure le jaune de l’œuf. (Le blanc d’œuf est de dure digestion. Voyez le Nouveau traité de la santé.) On dit aussi glaire d’ceuf, mais plus rarement. BLANC de chapon, f. m. C’est l’estomac du chapon , & qui est la chair la meilleure & la plus blanche du chapon cuit. ( Un bon blanc de chapon du Alans est excelent , & force gros Abez en mangent dévotement tout le Carême , en servant la sainte Eglise.) BLANC d’Espagne, f. m. [ Fucus, pigmentant .] Manière de craie très-flne & très-blanche, que les Epiciers de Paris vendent, dont on se sert pour blanchir la vaisselle d’argent, & pour composer un fard pour embélir le teint des Dames. ( Voií-tu cette Honzelle altière Que le blanc d’Espagne embélit, Jamais son mari toute entière Ne l’a pù tenir dans le lit. Main. Poës.) BLANC de plomb , f. m. s Certtfsa , psimmytbium. ] Composition de plomb qui se réfond , la mettant sur un fourneau , la couvrant bien , & lui donnant une médiocre chaleur. ( Le blanc de plomb. Le meilleur blanc de plomb qui se fasse en Europe, eít celui de Venise.) BLANC manger, [j Jus è carnibm elixis concretum, & albidmn colorent referens. J Sorte de manger délicieux , qui est véritablement blanc , qui est composé d’amandes & de gelée faite du suc de fort bonnes viandes & d’autres excélentes choses. BLANCS-MANTEAUN , f f [Monachw alls veste indutiu.'] On apelle ainsi les Religieux Bénédictins qui demeurent à Paris dans la rué qu’on nomme les Blancs-manteaux ; & qu’on nomme ainsi , pavce qu’avant eux il y avoit des Religieux qui portoient un manteau blanc, & qui s’apeiloicnt Guillemins. BI.ANC-SIGïsE', J. m, fPotefhis rei gerenda ad ar- bitrium.’] Feuille ou demi .feuille de papier blanc, & signé au bas par celui qui prétend s’obliger. (Remplir BLA plir un blanc-figné. Donner un blanc-íìgné. Recon- noître un bíanc-signé.) En blanc, adv. [Pura charta .] Endroit du papier où il n’y a rien. (Laisser une ligne en blanc.) Livre en blanc. [Folia dìjjoluta .] Terme de Libraire. C’est-à-dire, qui n’est pas relié. (Ce font des livres en blanc.) En blanc. Terme de Chapelier. Qui n’est pas teint. (Chapeau en blanc.) En blanc. Terme de Rôtisseur. Ce mot se dît de la viande, qui n’est pas vuidée, lardée, piquée, ni bardée. (Chapon en blanc. Vendre de la viande en blanc. Prendre de la viande en blanc chez les Rôtisseurs.) Ce mot blanc se joint encore à divers autres mots qui se trouveront en leur rang. Comme entr’autres, argent blanc, armes blanches, bâton blanc, épée blanche, fer blanc , gelée blanche , magie blanche, mer blanche , meurier blanc, poivre blanc , fausse blanche, &c. £ BLANCARDS- Toiles de Normandie, ainsi apeMées, de ce que le fil de lin qui sert à les fabriquer, a été à demi blanchi, avant que d’être mis en oeuvre. On envoïe beaucoup de ces toiles dans les Indes Espagnoles. ch BLANCHAILLE , s f. C’est le fretin, ou menu poisson qu’on pêche dans un étang. Acad. Fr. BLANCHEâTRE , adj. [ Albicans.] Qui tire fur le blanc. (Le borax est un minéral ordinairement blan- cheâtre.) BLANCHE, s- f- [Blanca.] Nom de femme. (Louis VIII. épousa Blanche de Castille, fille d’Alphon- se IX. & de ce mariage nâquit Louis IX. qu’on a p elle ordinairement SaintLoûis. Après la mort de Charles le Bel, la Reine fa femme acoucha en 1328- au Château de Vincennes d’une fille qu’on nomma Blanche. Choisi , Hifl. de Phil. de Valois, l. 1. ch. 2. BLANCHE , f m. Note de Musique qui a une queue avec un peu de blanc à la tête. f BLANCHEMENT , adv. [Pure, candide, nitidè.] D’une maniéré blanche, avec du linge blanc. BLANCHES. [ Folium album.'] Terme de Piquet. Cartes fans figure. (Avoir blanches, avoir cartes blanches.) BLANCHERIE, f. /. Lieu où l’on blanchit la cire. BLANCHERIE. [Ojpcina albarìa.] II fe dit aussi du lieu où l’on blanchit la toile.. $ L’Académie au lieu de blancherie, dit blanchisserie. BLANCHET , s m - Terme à’Imprimeur. Morceau de drap blanc qu’on met entre le grand & le petit timban, & qui sert à faire imprimer les lettres. 0 " On païoit autrefois les Régens des Universitez, moitié en argent, & moitié en étofe de laine blanche, dont ils faifoient des chemisettes que l’on apelloit blanchets. Dans Patelin : Et pour un blanchet, Guillemetse, Me saut trois quartiers de brunette. On faifoit des blanchets de toute couleur ; mais les prémiers furent blancs, & on a continué d’apeller ces sortes de chemisettes, blanchets. BLANCHEUR,//. [Albor, albìtudo.] Ce qui est opofé à la noirceur. (La blancheur de la nége fait mal aux yeux.) BLANCHIMENT, / m. [Alboris induHio.] Terme de Blanchisseur. Maniéré de blanchir. (C’est du blanchiment de Troie.) BLANCHIMENT. Terme d ’ Orfèvre. Baquet où il y a de Peau, & de l’eau forte pour blanchir la vaisselle. (Mettre la besogne dans le blanchiment.) £ BLANCHIMENT. Terme de Momie. C’est cette façon qu’on donne aux flaons avant de les monoïer, pour leur donner de l’éclat. $ BLANCHIMENT , fe dit aussi de l’attelier où fe blanchissent les flaons dans les Hôtels des monoïes, & les pièces d’argenterie chez les Orfèvres. BLANCHIR, v. a. [Candefacere.] Prononcez blanchi , faire devenir blanc. (Blanchir de la toile, de la cire.) BLANCHIR. Terme A’Orfèvre. Faire bouillir de Pargent avec de l’eau forte & de Peau commune, & la sablonner ensuite avec de Peau fraîche. (Blanchir de Pargent.) BLANCHIR, ». «. [Purgare.] Terme d e Cbaudron- BLA 247 nier. C’est mettre la besogne sur le tour, & en ôter avec la paroire la superficie qui est sale & crasseuse. (Blanchir un chaudron. Quelques chaudronniers fe servent, en ce sens, du mot de parer, mais il n’est pas si usité que blanchir.) BLANCHIR. [Do/are, polire.) Terme de Serrurier. Nétéïer avec la lime ce qu’il y a de taches noires. (Blanchir les tergettes, c’est les bien nétéïer, & les rendre blanches avec de l’étamure. On dit aussi, blanchir un mords, &c.) BLANCHIR, v. a. Terme de Rôtisseur. C’est faire revenir de la viande fur des charbons après l’avoir vuidée. Quelques-uns disent refaire. (II faut blanchir ou refaire ce chapon, cette poularde, & la mettre à la broche.) BLANCHIR, v. a. Terme d’ Arracheur de dents. C’est mettre un linge autour d’un petit instrument, le tremper dans une certaine essence ou liqueur, & en fro- ter les dents pour les rendre blanches. On ne blanchit la dent qu’après qu’on l’a décrassée & nétéïée. BLANCHIR , v. n. [ Canefcere.] Commencer d’avoîr les cheveux blancs. (II est déja vieux, il commence à blanchir.) $ On dit fig. d’un vieux Officier, il a blanchi dans le service, il a blanchi dans les armes, il a blanchi fous le harnois. On dit aussi prov. Tête de fou ne blanchit jamais, parce que les fous font exemts des soucis qui font blanchir les cheveux de bonne heure. * BLANCHIR , v. a. [ÌLivibus operire .] Couvrir de nége. (Quand la vieillesse de l’année blanchit la terre ailleurs, elle est toujours verte ici. Voit. lett. 39.) f * BLANCHIR, v. n. Faire des éforts inutiles. (Vous avez beau faire & beau dire, pour Pobliger à être honnête homme, tout cela ne fait que blanchir.) £ BLANCHIR, v. a. On le dit fig. pour faire paroî- tre un homme Innocent, le justifier. Ses amis l’ont blanchi à la cour. Acad. Fr. BLANCHISSAGE , / m. [. Albatio, dealbatlo.] Travail de blanchisseur , pour avoir blanchi du linge. (Parer le blanchissage.) BLANCHISSANT, blanchissante, adj. [Camscèns, albescens.] Qui blanchit, qui paroìt blanc. (Voïez- vous l’Hélefpont blanchissant fous vos rames. Racine.) f BLANCHISSERIE , / / Lieu où l’on blanchit la toile. Acad. Fr. BLANCHISSEUR , / m. [Lintem veftes purgans.] Celui qui blanchit la toile. Celui qui blanchit 1 ® linge. BLANCHISSEUSE , f. f. Celle qui blanchit le linge , femme de blanchisseur. (Une blanchisseuse de gros ou de menu linge.) Les blanchisseurs & les blanchisseuses parlent d’acoupler le linge, l’échanger, le batre, l’égaïer, le tordre, &.c. ch BLANDICES ,//?/. Vieux mot, qui signifie, flateries pour gagner le cœur de quelqu’un. BLANQUE, / f- [Luàìcra fortifia.] Sorte de jeu de hazard auquel on joue avec un livre où il y a des feuillets noirs & des feuillets blancs. (.Jouer à la blanque.) f BLANQUE. Ce mot est burlesque-, & il signifie fans éfet. Rien. (Aux unes cela opère, aux autres blanque. Si elle n’atrape rien , elle dit blanque , mais d’un air triste. Brantôme, Dames galantes.) BLANQUETTE, / / [ Vinmn album. ] Vin blanc qui vient de Languedoc, & qui a un goût délicat. 11 fe dit aussi d’une forte de poires. ch BLANQUETTE. Efpece de biere très-foible. En Flandres & en Hollande on l’apelle de la Molle. ch BLANQUILLE. Petite monoïe d’argent, qui a cours en Barbarie, & qui vaut deux fols six deniers de France. ch BEATE- Monoïe de cuivre mêlé avec un peu d’argent, qui fe fabrique à Berne en .Suisse. BLASON, / m. [Scutì gentïUtii ir.terpretandì ars.] La sience des armoiries. Art qui aprend à con- noìtre & à déchifrer les armes d’une personne, (éprendre, savoir le blason.) f£ BLASON. Les opinions font diférentes sur l’éti- mologie de ce terme; Mr. Ménage en a raporté trois. Les uns le dérivent de PAlemand blafen, qui dans un sens figuré signifie louer. Le P. Ménétrier, ch. 4. de Porigine des armoiries croit en trouver la source danis la même Langue Alemande, où blafen signifie sonner du cor, comme l’on pratiquoit anciennement dans les 248 BLE les tournois: ceux qui en aprochoient, íbnrioientdu cor, pour avertir les Hérauts de leur arrivée : après la reconnoissance de leur qualité, les Hérauts fon- noient de leurs trompes, pour avertir les Maréchaux & leurs Aides ; & en leur présence , ils blafonnoient les armoiries du champion ; ce qu’ils faisoient à haute voix. Mr. Bochart donne une autre origine au mot blason: En Anglois (dit-il) toblase , c’est publier> & blasng , c’est publication ,■ Abazer c’est un Crìeur , un Héraut qui publie. Cette dernière opinion revient à celle du Jésuite. Mais, quoi qu’il en soit, par bla- sonner , nous avons entendu dépeindre & marquer une chose par des figures & par des couleurs ; & comme la louange ou le blâme est une manière de peinture & de portrait, nos pères se sont servis de blason- ner, pour, louer , ou blâmer. Dans Patelin : Je l'ai aimé U blasonné ., Si qu’il me Va presque donné. Et dans le Roman de la Rose : Par son parler faux blasonneur. Voïez le P. Ménétrier. Une épitaphe du fameux Aretin finiffoit par ces mots : ... - Contre Dieu son blason Narresa , s’excusant qu’il ne le connoijsoit. BLASON. [LaudatioJ Sorte de vieux poème François, qui n’est d’ordinaire qu’une épigramme, comme òn le volt par le beau & laid tetin deMarot. (Faire un blason.) BLASONNER, v. a. [Scutum gentilitium interpre- tari.] Déchifrer les armes de quelcun. (On commence à blasonner les armes d’une personne par la partie qui est au-dessus de l’autre. Colomb.') ch BLASONNER , lignifie tìg. médire, critiquer, blâmer. II vieillit en ce sens. Acad. BLASPHE'MÀTEUR, s m. [Divini numinh »btreflator.~\ Prononcez blasfémateur. Celui qui blase phême. (Corrigez les blasphémateurs de paroles & de la main. Mauc. hom. Qui est ce blasphémateur qui crie 11 haut? Abl. Luc. t. 1. BLASPHE'MATOIRE. D Contumeliosm in Deum. J Plein de blasphèmes. (Proposition impie & blasphématoire. Pasa',1. 5.) BLASPHêME , s m. [Pox in Deum contumelìosa. ] Parole injurieuse à Dieu. Parole injurieuse aux Saints. Jurement sacrilège contre Dieu, ou contre les Saints. II n’y a rien que Dieu haïsse plus que le blasphème. Maucroix, hom. 1. (Avoir en horreur le blasphème. Détester, combatre le blasphème.) BLASPHE'MER, v. n. [Divino nomini obtrellares Proférer un blasphème. Faire injure à Dieu par des paroles impies & sacrilèges. Jurer le Saint Noin de Dieu. (Malheur à celui qui blasphème le Saint Nom de Dieu.) H Ce verbe est actif dans ce dernier sens. f BLATIER , s m. Marchand qui va acheter des blez dans les greniers de la campagne, pour les villes ou bourgs. 0 BLAUDE- Terme fort usité parmi les païsens des Provinces de Bourgogne & du Lionnois. C’est une espèce de surtout, fait d’une grosse toile, & qui dé- cend au-dessous du genou. BLE', s m. [ Frumentum .] Plante qui produit un chaume noueux, qui a la feuille comme les roseaux, & qui porte dans des épis une graine propre pour faire du pain. (Couper les blez.) BLE'. [Òranum.J Graine que porte le blé dans les épis. (Le blé est cher.) BLE' sarazin. [Fagopyrum. J Graine noire & cornue, qui a été aportée d’Afrique, & qui pour cela a été apellée blé sarazin. BLE' de Turquie. [Tragusf\ Froment, qui, à ce que cro.it Daléchamp, /. 4. des plantes , a été apellé fans fondement blé de Turquie, puis-qu’il a été premièrement aporté des Indes Occidentales. H On apelle petits blez , divers grains, comme l’avei- ne, l’orge, les vesses, &c. í_BLE' meteil. Mélange de plusieurs sortes de blez, particulièrement de froment & de seigle. f JUS! barbu. [Melica.J EspeCe de millet, dont les tiges s’élevent à la hauteur de huit à neuf pieds. BLE' seigle. 11 difére du froment, en ce que ses feuilles íont plus étroites, ses épis plus longs, plus fermes & plus applatifs. On dit proverb. Manger son blé en herbe , pour dire, manger son revenu par avance. BLE Crier famine sur un tas de blé , pour dire, se plaindre dans l’abondance. 0 BLE'CHE- On apelle ainsi en Normandie, un homme de mauvaise foi, dit Air. Huct dans l’une de ses dissertations. On dit bléche pour blaque ; c’est ainsi qu’on apelloit autrefois les Valaquts ; & Ekc- quie pour Valachìe. Froiísert dit que les Vainques étoientde fort méchantes gens, & Leunclavius, dans ses Pandectes 7'uniques, dit que c’est une Nation fort infidèle à ses maîtres & à lès Princes. Vcilhique à la même lignification & la même origine. BLF.IME, f f Terme de Manège. Maladie de cheval, qui est une inflammation de la partie intérieure du sabot, entre la sole & le petit pié. Soleifel. BLêME , adj. \Palìïdus , pallens .J Pâle. Plus défait çV? plus blême , Oue n’ejì un pénitent fur la fin du carême. Despr. set. BLeMIR , v. n. [Pallcscerc.] Pâlir, devenir blême. (II commence à blêmir. Blêmir de crainte, de colère.) BLE'REAU , ou Blaireau , s. m. [Maies, taxas, taxo.J Petit animal qui s’engraisse comme le loir à force de dormir, & qui vit de vermines, de charognes & de fruits. (Bléreau mâle, bléreau femelle.) BLESSER , v. a. [ Ferire. J Fraper rudement. Fraper de telle sorte qu’on fasse sang. (Blesser quel- ciin à la tête.) £ BLESSER. C’est aussi causer de l’incommodité. Mes souliers me blessent. On dit d’un homme qui cache son chagrin, je J'ai oà le bât le blesse. * BLESSER. [Ladereé] Ofenser, faire tort. (Maintenir íòn honneur, sens blesser se conscience. Pasc. L 7. Blesser la pudeur. Mol. Blesser la réputation.) * BLESSER. [Offendere. J Ce mot se dit en parlant de navire & de galère, il lignifie endommager. (La réale rencontra l’éperon d’une des galères, dont elle fut blessée. Vaug. Quint. I. 4. c. 4.) * BLESSER. Ce ni ot, au figuré, fa dit, parlant d’a- mour, & veut dire, toucher le cœur, donner de l’a- mour. (Elle m’a blessé le cœur.) On ne peut vous entendre, Ni voir vos beaux yeux fans mourir, Ab ! vous êtes pour nom , trop jeune N /r«p belle, Attendez, petite cruelle, Attendez a blesser que vous puissez guérir. î SE BLESSER. Se faire du mal à foi-même joar accident. On dit qu’une femme grosse s’est blessée, lorsqu’elle est acouchée avant terme. BLESSE', blefjee, adj. [Vulneratus,sauciatm.~\ Qui a reçu une blessure. (11 est blessé à mort.) í On dit d’un homme qui n’est pas sage, qu’il a le cerveau blejje. BLESSE', f. m. Qui a reçu quelque blessure. (Avoir soin des blessez.) BLESSURE , f. f. [ "Vulnus,plagal\ Coup sanglant. Une sanglante blessure. II s’est chargé de blessures pour vous gagner des batailles. Vaug. Quint. I. 8. On dit qu’Auguste fit empoisonner les blessures que le Consul Panse reçût devant stlodéne, Soreau, lettres de Bru - tus N de Cicéron, p. ioç. * BLESSURE. Ateinte que font de beaux yeux sur le cœur d’un amant. (J’ai montré ma blessure aux mers d’Italìe. Main. Pois.) Je nesauroit penser qu’aux peines que j’endure, Je prens même plaisr d’irriter ma blessure. La Suze, Poës.) * BLESSURE. [Contumelia.) Outrage, injure. (Si vous méprisez cet outrage, il ne va pas jusques à vous, & cette langue pleine de venin ne voirs a point fait de blessures. Mauc. bom. r.) BLETTE, s. s. [Blìttum.] Espèce de plante bonne à manger. _ BLEU, s s. [Carulem , cyaneus.J Couleur qui tient de la couleur du Ciel, qui est celle que portent les Rois de France, & qui est le simbole de la fidélité & de la justice. (Un beau bleu, bleu chargé, bleu clair, bleu mourant, bleu turquin, bleu céleste. 0 Mainard a dit dans une Ode au Cardinal de Richelieu : Le Marchand fur le bleu de Vende, Pour s’enrichìr, verra le monde. Un BLO ' Un disciple de Malherbe a-t’il pû dire le bleu de fonde ? On dérive ce mot de l’Alemand blo, qui signifie la même chose. H Mettre une carpe au bleu ; c’est la préparer, l’a- comnioder .à une sorte de courbouillon. BLEU , bleui , adj. Qui est de couleur bleue. (Ruban bleu. Couverture à barre bleue.) Cordon bleu. Volez Cordon. H Parti bleu. Terme de Guerre. C’est un parti composé de gens fans aveu, qui vont piller de côté & d’autre. BLEiiâTRE, adj. [ 'Subcseruleus .] Qui tire fur le bleu, qui aproche de la couleur bleue, qui est entre le blanc & le bleu. BLEuIR, v. a. Terme d ’Artisan & de Chimiste. Faire devenir bleu. (Bleuir de l’acier.) - (f BLIN. C’est une pièce de bois quarté, où diverses barres font clouées de travers à angle droit, ensorte que plusieurs hommes, en la maniant ensemble, peuvent agir de concert pour faire entrer des coins de bois fous la quille d’un vaisseau, lors qu’on veut le mettre à l’eau. On se sert du blin, pour assembler des mâts de plusieurs pièces. Voïez la figure dans le millionnaire de Marine. BLINDE, f f. Espèce de brancart fait de quatre pièces de bojs, deux longues & deux courtes, qui sert à couvrir les tranchées découvertes, en mettant des facines dessus, ou des paniers remplis de terre. (Se couvrir de bonnes blindes.) BLINDER, v. a. Terme de Guerre. Se couvrir de blindes. S’assûrer par des blindes. (Blinder une tranchée. Guillet, art de l'homme d’épée.) BLOC, / m - [Sudes,} Billot. (Un gros bloc.) BLOC de marbre, [Deformatum marmor mafia.} Piéce de marbre telle qu’on la tire de la carrière, & qui n’a aucune forme de la main de l’ouvrier. BLOC de plomb. [Mafia plumbea .] Terme de Graveur. Espèce de billot tout rond de cinq à six pouces de diamètre, & de trois pouces de haut, ou environ, fur lequel on pose F ouvrage. En bloc U en tâche, adv. [Summatim, acervatim .] En gros. (Vendre en bloc & en tâche. Le peuple de Paris parle ainsi, mais il faut dire en bloc & en tmi) L’Académie dit est bloc [fi entache. BLOC , f. m. En termes de Fauconnerie, fe dit de la perche fur laquelle on met l’oiseau de proie. Le bloc doit être garni de drap. £ BLOC. Terme de Marine. Voïez Chouquet. f BLOC , ou Roc d’ifias. Terme de Marine. Voïez Sep de Drisse. BLOCAGE, f. m. [ Camentum .] On apelle de ce nom les petites pierres de maçonnerie. (Gros blocage, petit blocage. Les premiers matériaux qui feront jettez dans les fondations, seront de gros blocage. Archit. mìliti) BLO C AILLE ,s- f. [Camentum saxeum.} Moi- lon , cailloux qui fervent à remplir la muraille. BLOCHET , f. m. Terme de Charpenterie. C’est une piéce de bois posée sur les sablières des croupes , qui entretient les chevrons des couvertures. BLOCUS, f. m. [Omnium ad Urbem adìtuum in - terchfiîo .J Campement d’une armée fur les avenues d’une place , pour empêcher qu’il n’y entre rien, ni hommes pour la défendre , ni munition pour la faire subsister. (Un fâcheux blocus , un blocus incommode. Résoudre le blocus. Commencer le blocus ; convertir le siège en blocus. Faire lever le blocus. 8 carton & les autres poètes de son tems, firent de jolies chansons fur le blocus de la ville de Paris.) t Le blocus d’Alexia est le plus fameux de tous ceux dont l’Histoire fait mention. C’est le chef-d’œuvre de César. Les Commentateurs n’ont presque rien compris dans la description que ce grand Capitaine en a fait. Les Auteurs en parlent fous ce titre de siège, quoique ce ne soit qu’un blocus , & ils confondent fort souvent ces deux termes quoique fort diférens. Polybe de Folard. Tome II. BLOND, blonde, adj. [Flaviisi] Qui a les cheveux de couleur de paille. ( II est blond, elle est blonde. ) BLOND, s.m. Celui qui ales cheveux blonds. (C’est un grand blond.) II y a des femmes qui aiment mieux les blonds BLU 249 que les bruns. L’Angelique de l’Arioste étoit de ce goût: E per questo ad Angelica non piacque Ch ella voleva ad ognì modo un biondo. * i Un blond d’Egypte. C’est un homme fort noir. (L’aìnée Dorieux est une blonde d’Egypte.) BLOND , s. m. Ce mot se dit des cheveux. Par exemple. (Ses cheveux font du plus beau blond du monde. BuJJì. Vous êtes-vous rendue avec tout le monde, Au mérite éclatant de la perruque blonde ? Mol. BLOND ardent. C’est un blond fort vif. BLOND doré, f. m. C’est un blond qui tire un tant soit peu sur le jaune. BLONDE, f.s. Celle qui a les cheveux blond. (C’est une blonde fort jolie.) BLONDIN ,s. m. Jeune homme a cheveux blonds, galant à perruque blonde. (Elle aime les blondins.) BLONDIR , v. a. f Elavejcere .] 11 fe dit des cheveux. C’est devenir blond. ( Les cheveux blondissent. ) f L’Académie remarque qu’il n’est guére d’ufage qu’en stile poétique. On dit les épie blondifians , les campagnes blondissantes. BLONDISSANT, blondissante , part. [ Flavescens. ] Qui devient blond. BLOQUFR , v. a. [) Omnes ad urbem adìtm in - tercludere .] Faire un blocus autour d’une Ville. Garder les avenues d’une ville avec des troupes. (Bloquer une place.) Tandis que le Prince nom bloque , Et prend bicoque fur bicoque, Nom nous amusons à chanter . Scar. Poësi 1 . p. BLOQUER, v. a. (Inanìa Litterarum fiatia claude- re.} Terme áTmprimeur. Ce mot fe dit lors que 1@ Compositeur n’aïant pas assez de lettres d’une même façon , en prend quelqu’autre de la même grosseur, qu’il renverse en attendant qu’il en ait d’autres pour mettre en la place de la lettre renversée. (II faut bloquer cette lettre. On dit, c’est une lettre bloquée, BLOQUER , v. a. Terme de Fauconnerie. II se dit lors que l’oifeau a remis la perdrix, & que la tenant à son avantage, il gagne le haut, ou quelque arbre prochain. (L’oiseau a bloqué la perdrix. On dit aussi que l’oiseau se bloque , pour dire qu’il se soutient ea l’aìr fans batte de l’aîle. $ BLOQUER , v. a. Terme de Marine. C’est mettre de la bourre sur du goudron entre deux bordages, quand on foufle, ou que l’on double un vaisseau. SE BLOTIR , v. r. [Abscondere se , delitescere.} Ce mot fe dit des perdrix, & signifie fe cacher en fe ramassant & s’abaissant. ( Les perdrix fe blotif- fent. ) II fe dit aussi d’une personne qui se cache. (On a trouvé ce criminel qui s’étoit bloti dans le trou d’une fenêtre.) =£ On dit aussi se blotìr dans le lit à cause du froid. BLOUSE. Voïez belouse. BLUâTRE , adj. [Suhaerulem, cyaneus .] Qui tire fur le bleu. (.Eclat bluâtre. Defisr. lut, chap. 4 . Un cristal épais & bluâtre. Bachaumonti) C§ BLUET- Voïez les Origines de Mr. Ménage, mot Bluet. =j: BLUET , Blavet, ou Aubisoin. [Cyanm.J Plante qui sert à composer plusieurs rcmedes dans la Médecine , qu’on tire de la décoction de fa racine , & de l’eau distillée de fa fleur. C. Bauh. en donne la description. BLUETTE is s [Scintilla.} Petite étincelle. (Une petite bluette de feu.) 0 On les apelle Muettes, parce qu’elles font ordinairement bleues. On apelle ainsi ces étincelles qui sortent des fournaises, & du fer rouge quand on le bas. H BLUETTÈ du Rhin. Efpece de laine , qui vient d’Allemagne. BLUETTE d’estrit. On dit fig. qu’il y a quelques bluettes d’efpric dans un ouvrage. Acad. Fr. BLUTEAU, f. m. [Pollinarium cribrumi] Instrument d’étamine blanche en forme de manche fort longue , dont on fe sert pour passer la farine. BLUTER , v. a, [Farinam incernere, fitccernere. ] Terme de Boulanger. Passer de la farine avec le blu- teau. (Bluter de la farine. Bluter la farine.) Tom. L li BLU- 2^0 BOC BLUTERIE is f. [Succretoria cellaj\ Terme de Boulanger. C’ert un lieu qui est d’ordinaire le plus haut de la maison, & où le Boulanger blute, ou passe la farine avec le bluteau. (Une bluterie fort propre & fort commode. Etre à la bluterie. Monrer à la bluterie. ) t BLUTOIR > f- tn. C’est la même chose que Bluteau. B O AGE- C’est une corvée dont les redevables doivent s’aquiter en fournissant à leur Seigneur une charette avec deux beufs, pour aller dans un vignoble, & en raporter la vendange. Voïez la Coutume d’Auvergne , cb. ze,, art. ri. è? tit. ;i. art. 70. Le mot bouge signifie aussi un bail fait avec un Laboureur, à qui l’on remet deux beufs pour s’en servir pendant trois ans , fous une redevance en grains, & à condition de les rendre, ou d’en parer le prix. Voïez Re- vel usage de Bresse , p. 2 r o. Cg BOBANCE. Ancien mot qui signifie magnifiante , profusion , éclat. Mr. Ménage le dérive de pompantia & Mr. de la Mounoïe, dans son Glossaire fur les Noëls Bourguignons , a remarqué qu’on a dit originairement boban , faire des bobans , ensuite bo- bance , & enfin bombance les Italiens , bombanza , & burbanza. BOBAQUE, s m. Animal qui fe trouve autour du fleuve Niéper , & qui a de l’air du Lapin. Le bo- baque a quatre dents , deux en haut, & deux en bas , & son poil est de la couleur de celui du bléreau. Le bobaque fe terre comme le lapin ; & au mois d’Octo- bre il fe retire dans un trou, & n’en fort qu’à la fin d’Avril & alors il court la campagne , & cherche à faire ses provisions pour l’hiver. 11 mange de l’herbe sèche , il vit avec police , & fa conduite ne cède en rien à celle de la mouche ni de la fourmi. Les bobaques font tous hermafrodites. Us font faciles à aprivoifer, ils font jolis dans la maison, & donnent autant de plaisir qu’un singe. Ils sont si fins, que quand ils sortent pour paître , il y en a un qui fait sentinelle , & sifle pour avertir les autres de ce qu’il découvre. BOBE’CHE , s /. Terme A’Orsévre. Partie du chandelier où fe met la chandelle. BOBE'CHE ou mèche. Terme de Taillandier en fer blanc. Petite machine de fer blanc qu’on met dans les flambeaux quand la chandelle est trop menue, afin qu’elle ne chancelle pas dans l’embouchure du flambeau. (Faire une petite bobèche.) f BOBELIN , s m. Ancienne chaussure, dont se servóit le commun du Peuple. H BOBELINEURS , s. m. Faiseurs de bobelins. On apelloit ainsi les savetiers, à qui il étoit permis d’en faire. BOBINE if. /• ÍFusus , Succula.l Instrument long d’un demi pié tout au plus , avec des rebords à chaque bout , autour duquel s’arrange le fil, la foie, ou le trait d’or ou d’argent. (une grosse ou une petite bobine. ) BOBINER , v. a. [Torquerc fusum.~\ Terme de Tisserand. (Dévider du fil fur la bobine.) f BOBINEUSES,// Nom que l’on donne dans les manufactures , aux femmes qui dévident fur des bobines ou rochets, le fil destiné pour ourdir la chaîne des étofes. t BOBO ,s m. [ Dolor , vulmrn. ) Terme dont on se sert parlant aux enfans pour dire un petit mal. L’a- ini Patru apelloit d’abord bobo , l’ulcére qui lui vint fur la langue , mais peu à peu ce petit bobo devint un grand mal, qui avec les Médecins lui donna la mort.) BOCAGE , s m. [Sylvula , nemw .] Sorte de petit bois. (Un plaisant bocage. Un joli, charmant, agréable bocage. Que deviendrai-je , heim ! aufond de nos bocages, Moi qui n’ai pour tous avantages Que ma musette £s? mon amour ? La Fontaine. f ROCAGE. Nom que l’on donne en général, à toutes les espèces de linge ouvré, qui fe font en basse Normandie. f BOCAGER, bocagere , adj. [jdylvosws II n’est en usage que quand on dit une Nimfe bocagére. Une Nimfe des bois. BOCAL -, s w. f Lagena vitrea. ) Sorte de vase BOI de terre , de verre, de cristal, &ç. (Faire tremper du bois de brésil dans un bocal de vinaigre.) í BOCAN,/ m. Lieu de débauche. Voïez Boucan. BOCANE,// Danse grave & figurée qu’ima- gina Bocan , & qui fut long-tems daniee , parce que Bocan étoit maître de danse de la Reine Anne d’Au- triche. La bocane n’a plus de cours , & l’on danse, à ce que disent les jeunes Maîtres à danser , de plus jolies danses que celles du fameux Bocan. A 11 faut dire, de très-ridicules, ou l’oreille &le port fpnt inutiles ; aussi les apelle-t-on des contredanses. í BOCARDO , f f. Terme de Logique. On dit faire un argument en bocardo. BODRUCHE ,/ /■ [Membrana tenuis."] Parchemin fort délié , qui fe fait de la prémiére peau qu’on leve fur les boiaux d’un beuf. H Les bateurs d’or s’en fervent pour former les deux derniers moules , dans lesquels ils battent l’or & Barge n t , pour les réduire en feuilles très- minces. Le prémier de ces moules ; qui est le plus petit, s’apel- le chaudret; & le second, grand moule à achever. BOëMIEN, f. m. [ Bohemm .] Coureur qui fe mêle de dire l’horofcope. BOëMIENNE,/ f. [ Bohema .] Femme ou fille qui court le monde , & fe mêle de dire l’horofcope. ^ BOE88E, ou GRATE-BOESSE. Instrument avec lequel on ébarbe dans les monoïes, les lames d’or , d’argent & de cuivre , au sortir des moules, pour les mettre en état d’être passées au dégrossi & au laminoir. t BOESSE. C’est auffi un instrument de Sculpteur & de Ciseleur. f BOESSER , v. a. C’est ébarber les lames des métaux qui fervent au monoïage, ou nettoïer avec la boesse les ouvrages de Sculpture & de Ciselure, qui se font de bronse & de plomb, í BOEUF ; voyez BEUF. BOETE. Voïez BOITE. f BOGUE, f m. Poisson de mer, qui a de grands yeux. Voïez Rondelet. ch BOGUE , f f. Sorte de drogue , ou d’arbre. Bien de gens croient avec Pomey , que la bogue est la couverture piquante qui envelope la châtaigne. fg BOHADE- Droit, ou corvée, dans Partiels aï. dutkre 2$. de la Coutume d’Auvergne. II est encore apellé vinade. La servitude consiste dans l’obli- gation de charrier la vendange que l’on recueille dans une vigne ; & si elle est grêlée ou endommagée par la gelée , l’emphiteote est obligé de faire les charrois des plus prochains vignobles , en quelque distance qu’ils soient, même hors de la Justice, si le lieu où la vinade doit être faite, n’est pas spécialement déterminé par le titre ou par la prescription. Voïez Basmaison, Aimon , £çf BeJJìan , Commentateurs de cette Coutume. BOÏARD. Terme de Pécheur de moru'f. Civière à bras , fur quoi l’on met la morue pour la porter où il faut. (Visiter les boïards ; charger la morue fur les boïards. Quand il est question de porter le boïard, personne n’en est exempt. Denis , Amérique , t. 2. ch. 14. ) í BOÏARS. On apelle ainsi les Grands & les Seigneurs de Russie. Les vieux Boïars ont vù avec chagrin les changemens que le Czar Pierre le Grand a faits dans ses Etats. V oïez P Etat de Ruffìe par Perry. BOÏAU,/ m. [ Intefiinum .] Intestin, corps membraneux , creux, rond ct étendu depuis le bas de feston! ac jusques au fondement. Partie de l’animal qui reçoit les excremens. * Je P aime comme mes petits boiaux. Proverbe qui fe dit en badinant, pour dire , qu’on aime fort. f BOÏAU. On apelle Cordes de boiau , certaines cordes faites de boiaux d’animaux, qui servent pour les instrumens de Musique , les raquetes & divers autres ouvrages. BOïAU. \_Fojsa.~] Terme de Guerre. Tranchées qui vont en serpentant, & qui sont sans angles. (Border les boiaux de Mousquetaires. S’avancer dans un boïau pour assurer les travailleurs.) BOïAU. Lieu étroit & long. (II y en a qui disent que Londres n est qu’un boïau, mais ils fe trompent- Lon- BOI londrès est une ville étendue , & plus grande quê Paris. ) H BOïAXJDIER ,s m. Les Boïaudiers font les Artisans qui préparent & filent les cordes de boïau. Fu- retiere dit Boyautìer. f BOIE, s /- Efpece de revêche, qui se fabrique par les Saïetteurs Drapans d’Amiens. f BOILIAMINI; Voïez BROUILLIAMINI. BOIRE , v. n. [Bibere.2 C’est avaler quelque liqueur que ce soit. Je bois , ou je boi, tu bois, il boit, nous bhvons , vous buvez , ils boivent, je bûvoìs, je bus, j’ai bû, j’em bû , je boirai , & non pas je bùrai, que je boive, jeboirois, je buste. (Le chameau ne boit point, & ne broute que des chardons , ou des herbages pleins de suc. Poulet, relation du Levant , 2. fart. cb. 3. Quand je bois de bon vin, toutes mes inquiétudes font assoupies. Mademoiselle le Févre, Anacréon, ode L;. Je vous conjure au nom des Dieux, de me laisser boire de grands coups. Je veux perdre la raison à force de boire. Madem. le Févre, Anacréon, ode 31. Bûvons, Tirjìs, à pleine tasse, L’âge insensiblement se passe, Et nous méne à nos derniers jours, Rec. de Poës. r. 3. On dit aufTì, boire à plein verre, boire comme un trou, boire à tire-larigot, boire à l’alemande, boire à laronr de, boire à la santé de quelcun.) b Nos pères, dans leurs débauchés, bûvoient autant de coups qu’il y avoit de lettres dans le nom de leur maîtresse. Ronsard, dans son Voiage d’Hercu'ëil, a fait mention de cette Coutume : Ores, amis, qu'on rìoublie De L amie Le nom qui vos cœurs lia, Qifon vuide autant cette coupe , Chere troupe, Que de lettres il y a. Iléus fois, au nom de Caffandre, Je v4s prendre Neuf fóis du vin du façon, Asn de neuf fois le boire En mémoire Des neuf lettres de son nom. Ronsard fit ces vers fur le modèle de l’épigramme 72. du premier livre de Martial : Nœviasex cyathis , septem Jusìna bibatur, Quinque Lycos, Lyde quatuor, Ida tribus t Ornais ab infusé numeretur arnica falerno, Et quia nulìa venit , tu mihi somne veni. BOIRE. [CompotareJ Ce mot pris absolument, fi- nifie quelquefois : Faire une agréable débauche de vin. i-tôt, que je bois, la joie s’empare démon cœur, & je me mets à chanter. Madem. le Févre, Anacréon, ode 59. Passer le tems à boire. Abl. Luc. BOIRE. Ce mot pris absolument, se prend aussi quelquefois en mauvaise part, & fait voir que la personne dont on parle, aime trop le vin. (Le Seigneur Ligniére boit, & c'est dommage.) (s BOIRE par procuration. On dit que les vieux & les vieilles, qui n’ont point de dents, boivent par procuration, quand ils amolissent la croûte du pain dans du vin, pour la pouvoir manger ; & comme le pain qu’ils avalent, a bû pour eux le vin de leur verre, ils ne boivent que par procuration. Dans Rabelais, liv. 1. ch. 3. Quoi ? je ne bois que par procuration. C’est-à-dire, on ne me donne à boire qu!avec peine, de même que les Bénéficiers ne donnent qu’à regret aux Evêques & aux Archidiacres le droit de procuration qu’ils leur doivent en faisant leur visite. Voïez Procuration. Les Romains aimoient le vin, & passoíent les nuits à boire. Horace, lib. 3. od. z. dit à Mece- nas : Et à la clarté de ces lampes , buvez jusques au jour : ----- £î vigiles lucemas Perfer in lucem , BOIRE à la glace. Voïez Glace, $ BOIRE. On apelle chansons à boire , des chansons faites pour être chantées à table. . $ BOIRE sec , c’est bien boire, boire beaucoup. Boire d sa soif, c’est boire feulement quand on en a besoin. Ì BOIRE ensemble , c’est faire un repas avec quel- BOI 2 5 i qu’un. Alans boire ensemble. On dit fig. de deux hommes qu’on a réconciliez & à qui on a ensuite donné un repas. Ils font bons amis, je les ai fait boire ensemble. 4 Donner pour boire. C’est une libéralité qu’on fait à des petites gens, ou ce qu’on donne à un Ouvrier au-delà de son salaire. Voilà pour boire. On le dit aussi de l’argent qu’on donne à des Ouvriers, après avoir conclu quelque marché avec eux. Us vont boire le vin du marché. f BOIRE le vin de l’étrier. C’est boire un coup en partant d’une hôtelerie, ou en sc séparant de ses amis. sf On dit prov. & fig. On ne peut faire boire un kne s'il n'a soif, c’est-à-dire, qu’on ne peut persuader à certaines gens de faire un chose qu’ils n’ont pas envie de faire. I,e Roi boit, cri de réjouissance qu’on fait en bûvant à la santé du Roi ou de la Reine de la fève le jour des Rois. Le Roi boit , la Reine boit, 4 On dit prov. & fig. Le vin est tiré il faut le bou re , lors qu’on s’est engagé dans une afaire & qu’on ne peut plus s’en dedire. On le dit aussi d’un Général qui par une fausse démarche s’est mis dans la nécessité de combattre malgré lui. 11 ne peut plus reculer , le vin est tiré il faut le boire. BOIRE , v. a. \_Haurire calicem .J 11 signifie , au figuré, endurer avec patience quelque chose de fâcheux qu’on nous fait. Soufrir doucement & fans murmurer. ( II faut boire la raillerie, de peur de l’acroître. Abl. Luc. Malheureux que je fuis, il faut que je boive l’afront.) * BOIRE , v. a. Atirer. (Ce papier ne vaut rien, il boit l’ancre. Je hais le papier qui boit, la terre boit, le pain boit, les arbres boivent le suc de la. terre. Mademoiselle le Févre , Anacréon , ode 19.) * BOIRE. Ternie de Tanneur. C’est faire tremper. (II faut faire boire une peau 24. heures dans la rivière.) f BOIRE. Terme de Couture. On dit mener boire une étofe , mener boire de la toile, lors que de deux lifieres de toile ou d’étofe, que l’on joint ensemble avec l’éguille, il y en a une cousue plus lâche que i’autre , en forte qu’elle plisse un peu. BOIRE , s. m. [ Potus, potio. ] C’est le breuvage dont on se sert, c’est la boisson dont 011 use. ( Le gros Mr. de V... a une jolie fillette qui lui aprête son boire & son manger. Le Cocher du dur & vindicatif Char., est admirable; c’est son Barbier, son Apo- ticaire, son Martre d’Hôtel & son Cuisinier ; car il n’y a que lui qui lui prépare son boire & son manger. Quand le pauvre & sec V. est hors de condition , & qu’il est malheureusement contraint de travailler pour l’irraisonnable Libraire au grand nez , il n’a pour son boire & pour son manger que de seau & des croûtes bien sèches.) BOIS , f m. [ Lignurn. j Substance qui forme le corps des arbres. ( Bois dur, bois leger. Entre le bois & l’écorce.) BOIS , f. m. [ Sylva. J Forêt. ( Bois de baute- futaie. C’est un bois taillis. C’est un bois épais & haut pendant par ses racines. 11 y a là un bois de haute-futaie arrosé d’une infinité de ruisseaux. Vaug. Quinte^Curce , /. 6. cb. 4. On doit couper les bois depuis le commencement de l’automne jufqu’au prin- tems.) BOIS , f m. [ Lucus. ] Lieu consacré à quelque divinité. BOIS , f m. [ Nemus.st Lieu agréable garni d’ar- bres où l’on prend le frais. (La solitude & les bois impriment je ne fai quelle tendresse qui enfonce le trait dans le cœur au lieu de l’en arracher. S. Evre - mont!) Morvboìs, C’est tout le blanc bois, comme le fau- le, le peuplier, forme. BOIS-MORT. [ Lignurn aridum. ] C’est le bols qui est abatu, ou qui étant de bout est sec, & ne peut servir qu’à brûler. ( Bois à brûler , bois de corde, bois de charpente.) BOIS à bâtir. [ Materies. ] Ce font tous les arbres dont on se sert pour faire des bâtimens; le chêne, forme , le peuplier, le sapin, ie ehâtaigner, le ci- prés, &c. sont bons pour bâtir. BOIS. [ Vìrgulta. ] Terme de Jardinier , Petite branche. ( Faire pousser de jeune bois aux arbres.) {f BOIS abougrì, C’est un bois court & tortu, plein de nœuds. Arbor retorrida , selon Columella : Si in olea unut ramm aliquanto cœterk latiw est , nijì Tome L lia eum 252 BOI rum reciderií , arbor tota set retorrida. Rousseau, sur l’Edit d’Henri III. de l’an 1383- prétend que abou- gri est ce qui ne produit point de bourgeons, tomme 'ne fait ( dit-il ) le jeune bourgeon qui a été brouté far le bétail, mêmement par les chèvres U bêtes à laine, jusqu’à ce qiiil ait été recepé. Mr. Ménage veut que rabougri vienne de abortivm : de cette maniéré , abor- turìre, abolturire, abolture , aboltritus , raboudri , & à présent rabougri. Bois abrouti , c’est un bois qui a été brouté par les bêtes , & particulièrement par les chèvres. II est dit dans l’Ordonnance de 1669. tit. des Grands Maîtres : Si les Grands Maîtres , en faisant leurs vifîtes N résormation dans nos bois N forêts, re- eonnoijsent des places vaines, £V? vagues, des bois abrou- tií gçf rabougris, ils pourront les faire semer N replanter , &c. Le Moine Périon dérive ce terme du Grec, , depascere , brouter. Le P. Labbe, grand ennemi des étimologies Gréques, condamne le sentiment de Périon , & celui de quelques Auteurs qui dérivent brouter de ftgviTíiV} ou de fi^utsmiv , qui signifie aussi manger U paître. II s’explique ensuite en ces termes : „ Voilà bien de l’embaras & de la „ dépense pour un mot qui est à nôtre porte ; brou- ,, ter, c’est paître l’herbe , à brutis animantibm; ,, brut, brute , brutal, abruti , pierre brute , &c. „ du mot brutus il commun.” M. Ménage a préféré l’étimologie Gréque, à la Latine du Jésuite , laquelle, en éfet, vient du Grec. Bois afoibli. Les Charpentiers disent qu’un bois est afoibli, quand on a diminué considérablement de la forme d’équarrissage, pour le rendre d’une figure courbe, droite , ou rampante , & pour laisser les bossages aux poinçons des corbeaux, aux poteaux de membrure. Daviler ajoute que le bois le toise de la grosseur de son équarris- sage pris au plus gros de son bossage. Bois de brin ou de tige. C’est le bois dont 011 a seulement ôté les quatre dosses Haches pour l’équarrir. On apelle encore bois de brin ou de tige , le bois droit, qui est propre aux Charpentiers. Bois de corde. II est dit dans l’Ordonnance concernant la Jurifdiction des Prévôts des Marchands de la ville de Paris , ch. 17. art. 24. que tous bois qui n’auroiént dix-sept pouces de grosseur au moins, feront reputez de corde ou taillis , £5? vendus par la membrure qui aura quatre pieds de haut fur quatre pieds de large , N demeureront , les Marchands qui auront fourni les membrures , U les Mouleurs qui s’en seront servis, responsables de la contenance d’icelles. On entend à Paris , par bois de corde , le bois neuf qui n’a point été flotté ; & la corde contient deux voies de bois. Bois flotté. C’est le bois qu’on amene à Paris en trains , & lié avec des perches & des rouettes fur des rivières. On l’apelle flotté, parce qu’il vient à flot : ainsi dans l’Ordonnance de 1669. tit. 1. flottage veut tire le transport du bois par le flot d’une rivière. Bois perdu. Dans la même Ordonnance de la Jurifdiction des Prévôts des Marchands, il est fait mention dans l’article 6 . du bois perdu, qui est le bois que l’on jette dans les petites rivières qui n’ont pas assez d’eau pour porter des trains ni des bateaux, & qu’on va recueillir & mettre en trains aux lieux où les rivières ou ruisseaux commencent à porter. Bois canards , font les bois qui vont au fond de l’eau , & y demeurent ; ce font aussi les bois qui restent fur les bords du ruisseau où l’on a jetté le bois à bois perdu. Bois volans. Ce font les bois qui viennent par le flot, droit au port, où on les recueille. Bois échapez. Ceux qui par les inondations s’échapent dans les prez & dans les terres. Bois de moule. C’est un bois que l’on mesure dans un moule qui est composé de quatre pièces de charpente ; chaque branche de ce bois doit avoir trois pies & demi de longueur. Bois de taille. C’est le bois coupé dans les taillis , & qui doit avoir du moins six pouces de grosseur. Bois tortus. II est défendu aux Mouleurs de bois , de mettre dans la membrure des bois qui soient si tortus, que la mesure en soit notablement diminuée. Bois de sciage. C’est un bois qui est propre à refendre, ou qui est débité à la scie , en chevrons , en membrures ou en planches. Bois de charronage. C’est le bois propre aux ouvrages des Charrons, comme l’orme & le chêne. Bois merrein. C’est le bois fendu en petits ais, dont on fait des douves de tonneau , ou des cuves. On l’apelle aussi bois à baril, bois d’enfonçure , bois à douves , bois à pipes. Lç terme merrein est dérivé du BOI Latin materia. Voyez Mr. du Cange, Glojsar. Bois d’ouvrages. C’est celui dont on fait des sabots, des pelles , de seaux, des lattes , des cercles. Bois avorté. C’est un bois qui est resté imparfait , qui n’est pas crû autant qu’il pouvoit croître. Pline , lib. ,r. cap. 1. s’est servi du mot abortus , dans ce même sens. Bois vif. C’est celui qui prend nourriture , qui pousse des branches & des feuilles , & qui porte du fruit. Bois d’entrée. C’est le bois qui est entre verd & sec, & qui a quelques branches sèches, ou dans le corps de l’arbre , ou dans les houpiers & cime de l’arbre. On apelle éhouper dans l’Ordonnance de 1669. quand on coupe la tête d’un arbre , ou quand on en coupe les branches sèches. Bois mort , qui est séché fur fa plante , & qui n’a plus de fève. Mort bois, qui ne produit aucun fruit. Bois blanc. Le peuplier, le bouleau , le tremble, & autres bois legers & peu solides. II est dit dans l’Ordonnance de la Jurifdiction des Prévôts des Marchands & Echevins de la ville de Paris , qu’il ne doit y avoir dans la voie du bois de corde ou à brûler, que le tiers, au plus, de bois blanc. Bois de grume. C’est le bois qui n’a pas été équarri, & qui a son écorce. Boistrenché, qui ale fil de travers, & dont les fibres, au lieu de suivre le long de l’arbre , le traversent d’un côté à l’autre de l’écorce. Bois charmez, sont ceux à qui l’on a fait quelque chose pour les faire mourir. Bois arsms-, sont ceux où le feu a été, ou par hazard, ou de dessein. Bois rustique. C’est celui qui a le plus gros fil, & qui est propre pour les Charpentiers. Bois madré. C’est le même que le bois rustique. Bois carié, mouliné, vicié. On apelle ainsi les bois pourris. Bois bombé, est celui qui est naturellement courbe. Bois éqmrrìjfable , est celui qui est équarri au-dessus de six pouces , & qui a diférens noms selon ses grosseurs. Bois floche ou flacheux , est celui qui ne peut être équarri fans beaucoup de déchet, & dont les arrêtes ne font pas vives. Bois lavé, le bois dont on a ôté tous les traits de la scie, & qui est bien poli. Bois gauche , ou deverse. C’est le bois qui n’est pas droit par raport à ses angles, ou à ses cotez. Bois gelif, celui qui a des gerlures, ou fentes causées par la gelée. Bois de refend, celui qui se refend par éclats , pour faire du merrein, des lattes, des écha- las. Bois d’échantillon. On apelle ainli les pièces de certaines grosseurs & longueurs ordinaires, comme elles font dans les chantiers des marchands. Bois refait , celui qui de gauche ou flache qu’il étoit, est équarri, & dressé au cordeau fur fes faces. Bois méplat , celui qui a beaucoup plus de largeur que d’é- paisseur, comme les membrures pour la menuiserie. Bois plat, est du bois menu & rond dont on a ôté l’écorce. Bois de compte , est celui dont les foix'ante- deux bûches au plus , composent la voie de bois. Bois d’Andelle , dont il est fait mention dans l’Ordonnance concernant la Jurifdiction des Prévôts des Marchands & Echevins de la ville de Paris, tit. 17. art. 8- C’est un bois qui vient du lieu d’Andelle, parles Rivières de Somme & d’Oise , & qui n’a de longueur que deux piés & demi. Bois Jur le retour. C’est un bois vieux qui commence à se corrompre & à sécher sur fa plante. Bois taillis, qui se coupe de tems en tems, suivant l’ufage des lieux. Bois fau- cillon , un petit taillis qu’on peut couper avec un petit instrument. Bois en petiil. C’est un bois nouvellement coupé. 11 est dit dans la Coutume d’Auver- gne, tit. 28. art. 23. Jeunes bois étant en peùil, font désensables trois ans après la coupe d’iceux, fous peine d’amende arbitraire. Plusieurs autres Coutumes en font mention , comme la Marche, Bouvbonnois, Nivernois & Berri. Bois en défens. Ce font ceux dans lesquels il n’est pas permis d’envoïer paître le bétail pendant le tems détendu par l’ufage & par la Coutume. Bois corroié. C’est le bois repassé au rabot par les Charpentiers, ou que les Ménuisiers ont aplani à la varlope. Bois bouge , celui qui courbe en quelque endroit. Bois roulé, est celui dont les cernes font séparées, & qui ne faisant pas corps, n’est pas propre à débiter. Bois vermoulu , qui est piqué des vers. Bois rouge , celui qui s’échaufe, & est sujet à fe pourrir. Bois qui J'e tourmente, est celui qui se déjette , n’étant pas sec lors qu’on l’a emploie. Bois montant. C’est un bois de haute tige. Bois étalons. Dans les Ordonnances des Eaux & Forêts, étalon signifie un arbre laissé dans les taillis pour les repeu- BOI repeupler. Ce ternie est fino'nime avec baliveaux i & dans cette signification , il est dérivé ( selon Mr. de Caseneuve) de la particule 0 ? , & de talea, qui veut dire un scion qu’on coupe pour faire des entes,& que les Latins apellentstalones. Ce même terme étalon signifie aussi un cheval dont on se sert pour couvrir les juraens , & dans ce sens il vient de stalon, une étable. On prononce à présent étlan , & non étalon. Bois de garde. C’est un bois désensable , dans la Coutume de Nevers , tit. 17. art. Bois de coupe, qui se coupe dans certain espace de teins. Bois revenant. C’est, dans la Coutume de Bourbonnois , art. 514. la même chose que bois de coupe. Bois de serpe. C’est encore un bois que l’on a acoùtumé de couper avec la serpe. Xaintonge , art. 14. Bois de touche. C’est , dans la Coutume de Blois, art. 78- un bois planté pour la commodité & l’ornement d’une maison. Bois de délit , qui a été coupé contre la disposition des Ordonnances. Bois rabines , dont il est fait mention dans l’article2çç. de la Coûtume de Bretagne. C’est une espèce de haute futaie , & que l’on ne coupe point. Bois marnienteaux , sont comme les bois de touche que l’on plante pour le seul agrément, Voïez la Coutume d’Anjou , art. 10;. U n;. Bois de danger. Ce sont les bois sujets au droit de tiers & danger, & qui font aussi apellez, dans la Coutume de Normandie , bois domaniers. Bois écuiffé, ou éclaté. 11 est dit dans l’Ordonnance de 1669. tit. de Taffiéte', art. 42. Les futaies seront coupées le plus près que faire se pourra , 0f les tailles abatUès a la coignée à fleur de terre, fans les écuijjer. Ce terme écuijfer est sinonime avec éclater. Qn dit qu’on a fait éclater un bois , lors qu’en le coupant, quelques cou- peaux se séparent de la piéce : ainsi l’on dit., ce bois a éclaté , ou s’est éclaté. Bois encroúé. On dit que deux arbres font encroïiez , lors que celui que l’on abat, tombe fur un autre qui est debout , & est engagé dans les branches. Bois en estant. C’est un bois qui est fur fa plante. Alain Charrier a dit, il tomba de son estant , c’est-à-dire , de sa hauteur. Bois gisant. C’est l’oposé du bois en estant. Le bois coupé ou arraché est apellé bois gisant , tandis qu’íi est couché fur la terre. Bois hérable. C’est une espèce de bois que l’Ordonnance de i^iç. art. 47. met au rang du mort-bois. Bois de hêtre. Le hêtre est un arbre de haute-futaïe , qui porte un fruit que l’on apelle saine; il brûle fort aisément ; ouïe nomme aussi fau, ou fouteau. Mr. Ménage le dérive de l’Alemand he- sier. Bois caable , ou chablis. On apelle ainsi le bois qui a été rompu ou abatu par les vents. C’est ainsi que l’Ordonnance de François Premier de r;i8- art. 12. a elle-même expliqué le terme caable par ces mots, bois abatu 0 ? versé : Sur quoi Terrien a observé de même, que ces termes, bois abatu U versé, font mis pour déclaration : car ( dit-il ) caable est bois versé ou abatu par vent, soit brisé ou arraché. II y a un titre exprès dans l’Ordonnance de 1669. concernant la vente des chables , que j’expliquerai dans M fuite. Après avoir fait le détail de chaque espèce de bois, il faut les considérer en générai ; Ton en trouve de diférentes espèces : la première est des forêts : la seconde, des taillis du bois de coupe : la troisième , des bois marnienteaux : la quatrième est le bois-mort, ou mort-bois : la cinquième , des bois usagers : & la sixième , des bois désensables. Voïez chaque efpéce dans son rang alphabétique. Les Romains avoient auffi diférens noms pour exprimer les espèces de bois : par nemus, ils entendaient une forêt où ils faisoient paître le bétail,ce terme est dérivé de úfaw , pasco : vífa& , selon Hesychius, est un lieu lanté d’arbres fans ordre, & propre au pâturage, estus a remarqué que les Grecs apelloient les peuples de la Numidie vi/auJ'a.ç , stve quòd id genm ho, tninum pecoribtts negotiatur , stve quòd herbis ut pecora aiuntur. Par sylva , ils entendoient un bois de coupe, & dont on tiroit un revenu , ou par le Trois', ou par la glandée. On volt dans les Loix 10. A ir. js. de usufruit. que le terme sylva etoit divisé en sylva palans , en & sylva caduœ ; & Ton trouve encore dans Varron, lib, 1. c. 7. sylva glandaria. Par saltm , les Romains entendoient ún petit bois où les bêtes sauvages se retirent ordinairement, & où Ton menoit paître le bétail domestique. Enfin lucits étoit un bois de plaisir , planté auprès des maisons de campagne, ©n apelloit auffi luci , les bois consacrez à quelques BOI 253 Divinisez, & ils étoient ainsi nommez à contraria, comme remarque Quintilien , lib. 1. c. 6 quia umbrk opacuS' parùm luceat ? 11 y avoir de ces bois sacrez au milieu des villes , témoin cet endroit de Virgile, dans son Enéide : Lucas in urbe fuit mediâ latistlmus umbrâ. Sur quoi Servius a observé , que ubicumque Virgilius lucum ponit, J'equitur etiam conjecratio. {st Le bois aquìert le plain. C’est une des Régies de Loifel dans ses Inititutes, lìv. 2. tit. 2. art. 29. C’est ( dit Ragueau ) quand la terre qui est demeurée Jans labeur 0f exercice fejjace de vingt ou trente ans, apartient au Seigneur Haut-Jujìicier , qui a forêt ha, nat y joignant , fil rfy a séparation entre la forêt 0? le plain par sossez , bornes, murs , ou autres enseignes. Voyez la Coutume de Bourgogne , tit. 1;. art. r. Selon la Coûtume de Paris , art. 92. le bois étant fur pied , & pendant par racines , est immeuble : celui qui est coupé , est meuble. í BOIS de teinture. Ce font tous les bois dont on peut tirer quelque couleur , propre pour les étofes, les foies , les laines, les fils , &c. comme le Fujìel, Y Inde , le Fustok , le Brestl, ou Brestlìet , A autres semblables , dont on parlera dans leurs articles. BOIS , f. m. Terme de Mer, On dit, vaisseau qui dans un combat a reçû des coups en bois ; c’est- à-dire , dans les bas. On dit encore faire du bois. C’est faire provision de bois pour tout le te ms qu’on doit être en mer. Voïez le Dillionnaire de la Marine d! Aubin. BOIS. f Ramosa cervì cornua. ] Les cornes des bêtes fauves. ( Un cerf qui a un beau bois. Bois de daim. Bois de chevreuil.) * BOIS. Ce mot , au figuré est comique, & signifie les cornes dont les femmes galantes embélissent la tête de Mrs. leurs maris. ( Les hommes de Paris ont Ja plupart chacun un beau bois fur la tète. Robin de ses cornes Je vante, Car il en vit, le pauvre Jbt ; Du bois que femme lui plante , Le cocu fait bouillir J'on pot. {st Porter du bois dans la forêt. Horace , lib. 1. fat. 10. dit : In sylvam non ignés feras inj’aniùs. H Porter bien son bois. C’est tenir bien son corps, & marcher de bonne grâce. Cette expression métaphorique vient de ce qu’on difoit autrefois d’un gendarme qui portoit fa lance de bonne grâce , qu’ìl portait bien Jbn bois. Abatte du bois. Oh dit au jeu des quilles & au tric-trac Abatez du bois , c’est-à-dire, abatez des quilles , abatez des dames. On apelle fig. un homme fort & vigoureux , un grand abateur de bois. BOIS de lit. \jFulcrum.] Co font les pans, les colonnes, le dossier, les tringles & les goberges du lit. BOIS de raquette. [Lignum reticuli.J Tout le bois qui compose la raquette. BOIS de tourne-broche. C’est la fusée & les poulies. t J e s a * de quel bois il se chaufe. C’est-à-dire , je saì J'a conduite , ou je sai ce qu’il est capable de faire. f Ne Javoir de quel bois faire flèche. C’est-à-dire, être réduit au petit pié. Etre si misérable qu’on ne sache de quoi subsister. ê II ne faut pas mettre le doigt entre k bois 0? l’é. corce. C’est-à-dire , il ne faut point se mêler mal à propos des querelles des personnes qui font naturellement unies ensemble, comme le mari & la femme. £ Trouver vij'age de bois , c’est trouver la porte fermée. A gens de village trompette de bois ; c’est-à- dire , qu’il ne faut point des choses exquises à des gens de mauvais goût. Ces deux proverbes font du itile bas. £ II est du bois dont on les fait. C’est-à-dire , il est d’une qualité , ou d’un mérite à pouvoir prétendre à cette charge , à cet honneur. ^ II est du bois dont on fait , les flûtes , il est de tous bons accords. C’est-à-dire , c’est un homme complaisant , qui fait tout ce qu’on veut. BOISAGE , f m. Tout le bois dont on s’est servi pour boiser. (Le boisage de la chambre revient à 40. écus.) BOISER , v. n. [ Tabulis vestire. ] Garnir les murailles d’une chambre de bois de menuiserie bien façonné. (Boiser un cabinet, une chambre , &c. Salomon fit boiser le dedans du Temple.) Ii ; íBOI- 254 LOl ch BOISERIE , s- /• Bois travaillé pour lambrisser des chambres. BOISEUX, boiseuse , adj. Terme de Jardinier. Ce mot se dit des plantes qui ont leurs racines, troncs, branches & rameaux de bois. (Le bouleau est une plante boiseuse.) BOISSEAU , s m. C Modius. ] Mesure ronde qui sert à mesurer toute sorte de grain. * BOISSEAU de blé , d'aveìne. [Frumentì moditu.J C’est un boisseau plein de cette sorte de grain. BOISSEAU. Terme de Boutonnier. Gros couffin fur quoi on fait' des tresses, du cordon rond, &c. 0" Le boisseau, dans les médailles, est le íìmbole de ì’abondance, lors qu’il en sort des épis de blé, ou des pavots, ou des grains que l'on fait aporter des pais étrangers, dans un tems de famine. H BOISSEAU. Terme de Potier de terre. C’est un gros cylindre de terre cuite, fait en forme de boisseau fans fonds, plus étroit par en bas que par en haut, avec un petit rebord. Ces boisseaux de poterie s’em- boitent l’un dans l’autre, & fervent pour faire ce qu’on apelle la chausse, ou conduit d’une aisance. f BOISSELE’E. Ce qui est contenu dans un boisseau. Une boisselée de froment, de pois, de fèves, &c. 4= BOISSELE'E. C’est auffi une certaine mesure de terre , dont on se sert en plusieurs Provinces de France. Cette mesure consiste en autant de terre, qu’il en faut pour contenir la semence du grain, dont un boisseau est rempli. Huit boisselées font environ un arpent de Paris. BOISSELIER , s m. [Modiorum opisex.~] Artisan ui travaille en bois, qui fait & vend des boisseaux, emi-boisseaux, cribles, seaux, tambours, éclisses, salières & autres ouvrages qui fervent au ménage. BOISSON , s. f. [Potm , potio.] Tout ce qu’on boit, ou qu’on peut boire. (Une agréable boisson.) BOITE , ou bo'éte, s. f. [Pyxis. ] Prononcez Ion- ue la prémiére silabe de ce mot. C’est un vase d’un ois fort leger & fort mince, avec un couvercle. (Boite quarrée, ronde, ou ovale. Boite d’Apoticaire. Boite à poudre. Boite à quêter. Boite à mettre du pain à chanter. Boite de prisonniers. Boite de confitures, &c.) BOITE. Terme d 'Imprimeur en taiUe-douce. C’est un morceau de bois qui est en forme d’arc, & qui par dedans est garni de fer blanc pour faire tourner le rouleau. BOITE de montre. Terme de Gainier. Petite boite de métal où l’on met une montre de poche. BOITE à foret. Ce dans quoi les Serruriers & les Couteliers mettent le foret lors qu’ils veulent percer. BOITE de navette. Terme de Tisserand & autres. Partie de la navette où l’on met la trême. BOITE de roue. Terme de Choron. Trou du moïeu où l’on met l’effieu. BOITE à poivre. Terme de Taillandier. C’est d’or- dìnaire une maniéré de vase de fer blanc partagé en petits quartez pour mettre le poivre, les doux de girolle & la muscade. BOITE à moutarde. Vase de bois où le Vinaigrier met la moutarde. 0 Les Antiquaires disent que les boites & les urnes mises fur une table, & d’où il fort des palmes, ou des couronnes mises à côté, avec le Jtmpulum, c’est-à-dire, avec le petit vase dont on fe servoit pour faire les libations, désignoient lès jeux qui étoient toujours acompagnez de sacrifices. BOITE à feu. [Crépitaculum.~\ Terme à’Artificier. C’est un petit carton , ordinairement de demi pié, rempli de poudre, & batu avec violence, qui fait un grand bruit quand on le tire. (Tirer une boite à feu.) C’est auffi une efpéce de petit mortier qu’on ne charge que de poudre, & qui fait un grand bruit. (Mettre le feu à une boite, &c.) * On dit proverbialement : Tans les petites boites font les bons onguens , pour dire qu’on met les choses précieuses en un petit lieu, & auffi pour dire qu’un petit homme peut avoir de l’efprit, du cœur & d’autres belles qualitez. On dit d’une chambre chaude, qu’elle est close comme une boite. í BOITE. Terme de Vitriers. Espece de petite pourde à long col, percée par le bout, dans laquelle ils mettent la polx-raiíîne en poudre, dont ils fe fer. vent pour faire tenir la soudure des plombs de leurs panneaux & des liens. BOM H BOITE, fe dit auffi de plusieurs sortes d’outils & d’instrumens, dont divers ouvriers & Artisans fe servent pour la fabrique de leurs Ouvrages. 4= BOITE. Terme de Momie. C’est le petit cofre, où l’on enferme les diverses efpeces de monoïe, qui ont été estâmes & pesées. II fe dit auffi en termes de Balancier, de l’endroit où l’on met le quarté des médailles, quand on les frape. H BOITE. Terme de Tourneur. C’est une piéce de bois qui s’ajoûte à vis au mandrin, où à l’arbre d’un tour, lorsqu’on veut tourner quelque ouvrage en l’air, ou lui taire des vis & des écrouës, tant en dedans qu’en dehors. ch BOITE. Terme de Pêcheur. On apelle ainsi l’apas dont les pécheurs de morue fe fervent pour amorcer leurs hameçons. $ BOITE de gouvernail. C’est la piéce de bois percée, au travers de laquelle passe le timon ou la barre. BOITE, f f [Bibendi vinì maturité.'] Ce mot fe dit en parlant du vin , & il a la prémiére silabe brève. C’est le tems où le vin doit être bû. (Vin qui est en fa boite.) BOITER , y. n. [ClaudicareJ Clocher. Ne marcher pas bien à cause de quelque mal aux parties qui servent à aler. BOITEUX, boiteuse , adj. [Clanduí.~] Celui qui boite. (11 est boiteux. Elle est boiteuse.) BOITEUX, s. m. Celui qui boite. (Saint Pierre guérit un boiteux né.) BOITEUSE, s. s. Celle qui boite. (Une petite boiteuse.) BOITIER, s. m. [Capsula unguenta.ria.'] C’est une efpéce de petit cofre de métal divisé en quatre com» partimens, où les Chirurgiens mettent les onguens. Les parties du boîtier, ce font les corps du boîtier, les séparations & le couvercle. (Un boîtier d’argent, d’étain, de fer blanc, &c. Un joli boîtier. Un boîtier fort propre.) t BOIT-TOUT , s. m. Prononcez boì-tou. Ce mot sc dit en quelque sorte en riant & parlant familièrement. II signifie un verre qui n’a point du tout de ate, un verre dont la pâte est cassée. (C’est un joli oit-tout. Puis-que Mr. ne veut pas trinquer comme il doit, il lui faut donner un boit-tout, pour l’y obliger. BOL -, s- «t. [ Bolus.2 Réméde qu’on prend par U bouche avec du pain à chanter, ou tout seul, qui est faií de médicamens purgatifs, simples, & composé avec de la casse, & formé avec du lucre, ou sirop. BOL D’ARME'NIE, f. m. [Gleba Armena, bo- lut Armenw , bolus orientalis. ) C’est une efpéce de terre de couleur rouge pâle, tirant sur le rouge venant de l’Arménie proche de la Capadoce. Les Doreurs s’en servent dans leurs ouvrages pour faire l’affiéte del’or. H BOL. II se dit en général de diverses sortes de terres, qui entrent dans les préparations galeniques, ou dont se servent les Peintres & quelques Artisans. f BOL fin du Levant. C’est une terre médecinale, qu’on aporte du Levant, à peu près de la même nature, & avec les mêmes qualitez que le bol d’Arménie. f B0LL08- On nomme ainsi dans les mines du Perou , les lingots ou barres, qui sc font de l’argent qu’on tire du minerai, par l’ope ration du feu souvent repetée, par le moïen des eaux fortes. 4 BOLZAZ. Efpéce de coutil, fait de fil de coton, qui vient des Indes. t BOMBANCE, f. f. Vieux mot qui ne fe dit qu’en goguenardant, ou qu’en imitant le stile du siécle précédent. II signifie régal, bonne chère. (Ce ne font que festins, que bombances. Faire des bombances.) BOMBARDE , f. {• Ç JEneum tormentum murait .3 Canon gros & court qui fait beaucoup de bruit, & qui à cause de cela a été apellé bombarde. BOMBARDEMENT, f. m. [r£nei tormenti jaflus.} Action de bombarder, fracas que l’on fait en jettant des bombes dans une place. BOMBARDER, ». a. [Tormento aneo muros quêter e. ] On prononce bombardé. Terme de Guerre. C’est jetter des bombes dans une place forte qu’on assiège pour la ruiner & la mettre, s’il est possible, toute en feu, & la forcer de se rendre. Louis XIV. fit bombarder, il y a quelques années, en divers tems, la ville de Gènes en Italie, & celle d’Alger en Afrique, fans que ce bombardement & le fracas des bombes les ait pu obliger à se rendre. L’Electeur de Brandebourg , hom- BON bombarda la ville de Bonne sur le Rhin en iSZy- La ville de Mons fut en quelque façon bombardée en 169r. par Louis XIV. à qui elle fe rendit. BOMBARDIER, / m. [AEnei tormmti jaculator.J On prononce bombardié. C’est un soldat commandé pour jetter des bombes en y mettant le feu : comme on jette plusieurs bombes à la fois, il y a auffi plusieurs bombardiers, qui ont un chef auquel ils obéissent. Les bombardiers ont plus de solde que les autres soldats. Mr. N. commandoit les Bombardiers au siège de Mons, & il a eu le bonheur de plaire. •f BOMBASIN, s- m. Etofe de foie qui fe fabrique à Milan, d’ou la manufacture en a été apor- tée en France. BOMBE,// [Jìolií igniaria J Croise boule de fer , creuse, qu’on remplit de feux d’artifice & de cloux, & qu’on jette fans les places assiégées pour les ruiner. Bombe foudróiante. C’eit une bombe qui tué, fracasse & brise tout. Bombe fiambóiante. C’est une bombe qui etant seulement pleine de feux d’artifice ne sert qu’à éclairer. Jetter des bombes. On les jette par le moïen d’un mortier dans lequel on les met, & qui étant chargé de poudre les pouffe fort haut & assez loin avec grande, violence, & le feu fe met à la fusée lente qui entre dans la lumière de la bombe, qui par son poids, quand elle tombe, & par ses pièces, quand elle fe brise, fait un fracas épouvantable. Quelques- uns disent qu’un habitant de la ville de Venlo , dans la Province de Gueldre, inventa les bombes fur la fin du dernier siécle, pour s’en servir dans des feux d’artifice ; & d’autres donnent l’invention des bombes à un Ingénieur Italien , qui en avoit fait des essais k Èergopfom. Les prémiéres bombes dont on fe soit servi à la guerre furent jettées en 1588- en Gueldre, & l’ufage qui s’est fait des bombes en France, a commencé en 1624. au siège de la Mote. Volez le Journal des Savant. Un Caìjjbn de bombes. C’est un fourneau superficiel, ou un creux dans lequel on met cinq ou six bombes, qu’on couvre d’un peu de terre, & oû l’on met le feu quand Fennemi arrive fur ce terrein. BOMBEMENT, / m. [Arcm.J Terme d ’Ar- chiteìíure , qui signifie curvité, renflement, convexité. On dit auffi bomber. ( Arcum dej'cribere.) Pour dire faire un trait plus ou moins renflé. í§ BOMERIE- Terme de la Jurisdiftion maritime. C’est l’interêt des sommes de deniers prêtez entre Marchands, fur la quille d’un vaisseau, ou lur les marchandises qui y font chargées, moïennant quoi, le prêteur fe soumet aux risques dê la mer & de la guerre : cela s’apelle autrement, prêt à la grosse avan- ture. Le prêt est fait fur la quille, fous l’interêt de quinze, vingt & trente pour cent, & il est autorisé à cause du grand risque auquel le créancier s’expose. Les Hollandois apellent la quille fur laquelle on fait le prêt, boden, fur lequel ils ont fait bodemerije, & nous bomerie. BON, bonne, adj. [Bonus. J II vient du Latin, & signifie qui a de la bonté, de l’honnêteté & de la vertu. (Ataquer Chapelain, ah ! c’est un si bon homme. Dejjreaux, satire 9. C’est une action_qui n’est ni bonne ni mauvaise. Pasc. I. 4. Je dois remercier les Dieux de m’avoir donné de bons aïeux, un bon père, une bonne mère, une bonne sœur,'de bons précepteurs, de bons amis, & tout ce qu’on peut souhaiter de bon. Dacier, Antonin, /. 1. p. 19. BON , bonne. [Solers , generosm. ] Vaillant. Adroit. Qui fait bien ce qu’il fait. Qui travaille bien. Bon cavalier. Bon soldat. Rabats de la bonne faiseuse. Mol.) Les Commentateurs d’LIorace expliquent difé- remment le bona Cynara de la première Ode du quatrième livre : Non sum qualk eram bonté. Sub regno Cynara. Les uns veulent que bona signifie , en cet endroit, une femme bonne, obligeante , les autres traduisent bona, par douce, aisée, & les autres, par belle. BON, bonne. [Prasìans .] Exceient. Qui a quelque qualité considérable, & qui le fait souhaiter, ou estimer. (Un bon Curé. Un bon Avocat.) H On dit qu’un homme a la main bonne , lorsqu’il écrit, qu’il peint bien ; qu’une afaire ejì en bonne main, lorsqu’elle est entre les mains d’une personne capable de la conduire ; qu’un homme ejì en bonne main, lors- BON 255 qu’il est soumis à l’autorité d’un homme capable ds Pinftruire, de Favancer, & de le ranger à son devoir. BON , bonne, adj. [ Indujìrius , jubtilis , grains. J Ingénieux, subtil, plaisant. (Pour un bon mot, il va perdre cent amis. II y a de bonnes épigrames dans Catulle & dans Martial.) BON, bonne. [Fortis , vigens.jj Fort, vigoureux. Un bonne preuve. Pasc. I. 4. Un bon coup de poing. Abl.) BON, bonne. [Sincerm .) Vrai. Franc. Véritable. (Ce sont de bons nigauts que ces gens-Ià. Mol. En bonne galanterie, on ne fauroit íè dispenser de ces régies. Mol. préc.) BON , bonne. [ Solemnis. J Considérable. Célébré. (Les bons jours de l’année. Les bonnes fêtes de l’année.) BON , bonne. [Utìlh. ] Utile. Nécessaire. (N’être bon à rien. Gomb. ép. Contre ce mal il étoit bon de porter quelque chose de noir devant les yeux. Abl. r et.) BON , bonne. [Idonem, aptas.j Propre, & dans ce sens 11 veut un à quand il régit un Verbe, ou un Datif, quand il gouverne un Nom. (II n’ejì point d’bomme fans défaut, Chacun ejì bon à quelque chose, Je le Juií à ce qu’il vous faut. Recueil galant, t. 1. Pendant une aimable jeunesse On A ejì bon qu’à se divertir ; Et quand Je bel âge nous laisse, Qn n’ejì bon qu’à se convertir. ' La Suze, Poésies.) J: On dit prov. d’un méchant homme, qu ’ìl n’ejì bon qtíà noíer ; d’un homme qui n’est propre à rien, qu ’ìl n ejì bon ni a rôtir ni à bouillir ; d’un homme qui fait ce qu’il veut fans être blâmé, quoique tout autre ne pût faire la même chose fans risque, fi un autre que lui avoit sait cela il ne seroit pas bon à jetter aux f'hipr} t BON, bonne. Qui est de bon usé. Bon cuir. Bonne étofe.) BON , bonne, f Probus , fimplex .J Ce mot joint avec homme, ou femme, se prend dans un bon , ou mauvais, sens, selon le ton dont on parle. (Exemples. C’ejì un bon homme. C’est-à-dire, honnête. Qui n’est pas méchant. C’ejì un bon homme. ■ Ces mots signifient auffi bon & fimple.) BON, est souvent un éloge, & quelquefois un blâme, & une marque de mépris, quand il s’agit d’une choie inanimée, ou qui est animée. Bon est un adjectif qui en dénote le mérite & l’excellence. Nous disons : voilà de bon vin, ce vin tji bon, il fait bonne chère , une bonne perdrix, un bon cheval; mais bon est rarement un éloge en parlant d’une personne. Ces mots, c’ejì un bon homme , forment d’abord dans notre esprit l’idée d’un homme de peu de mérite, de peu d’efprit, & qui n’est bon à rien. Mr. Costar , après avoir tâché dans son Apologie, d’adoucir F expression de bon homme , en disant que il buon Rìnaldo, est, chez le Tasse, le vaillant & le courageux Renaud ; & que Juvénal, en parlant de Pison, a crû que c’étoit assez de l’apeller bon, il est pourtant contraint d’avoiier que le mépris & le dégoût de Cicéron pour cet honorable titre a passé jusques à nous , & que ce surnom n’est guéres ph% propre qu’aux Minimes que l’on apelie à Paris les bons hommes, & aux vieillards. II est vrai que bon, est quelquefois apliqué à un vieillard, non point par mépris, ni pour lui faire injure : mais auffi ce n’est pas pour l’honorer : car on veut, par ce mot, faire entendre que Fâge aïant éteint les passions dans cet homme, il ne lui reste plus qu’une certaine bonté de peu de mérite. II n’en est pas de même de la qualité de bonpere; c’est une louange cjue l’on donne à un père qui emploie ses soins à Feducation de fesenfans, pour lesquels il a toutes les complaisances qu’un père sage & judicieux peut avoir pour ses enfans. Le P. Bouhours a remarqué que le mot bon étant joint avec les noms apellatifs , comme Juge, Capitaine , Soldat, Ami , fait une louange de bon Juge , • de bon Capitaine, & de bon Soldat, & il n’y a (dit-il) que Seigneur avec lequel il marque du mépris. Bon Seigneur signifie dans la conversation & en ftile bas , un petit génie , & alors Seigneur ne se dit qu’au figuré. Un de nos meilleurs écrivains n’a pas laissé de dire : Ce fut 256 BON fut une grande perte pour tous les pauvres dont ce bon Seigneur étoit le refuge le plus ordinaire. Les gens de la campagne disent, à la vérité , c’ejì un bon Seigneur , c est un bonne Dame , pour louer le Seigneur & la Dame de leur village; maison ne parle pas à la ville comme au ■village , & les gens de la campagne ne font pas de bons modèles; tout le monde fait que dans le discours familier , ce mot, avec homme & femme , se prend dans un bon ou mauvais sens , selon le ton que nous lui donnons. Mr. Ménagé qui ne laiffoit échaper aucune ocalion de marquer son ressentiment au P. llouhours , a fait un grand Chapitre dans ses observations, partie L. ch. 81. fur la remarque que l’on vient de raporter ; mais elle ne lui a pas fait honneur; car bien loin de le corriger , il entre dans son sentiment ; & le confirme Î iar plulieurs exemples, ainlì que la colère ofusque e jugement. BON , bonne. Qui a de l’avantage. Qui sempor- te. (Ainsi on dit en jouant au piquet, quatre as sont bons. ) BON , bonne. [Lepidus .2 Ce mot se dit en raillant, & il veut dire qui n’est pas solide. Foible. Ridicule. Plaisant. (O la bonne raison ! Pasc. I. 4. Ah ! vraiment je vous trouve bonne ; est-ce à vous , petite mi- gonne, à reprendre ce que je dis ? ) BON , f. m. [ Bonum. ] Ce qui est de plus avantageux. Ce qui est de meilleur. (Se former une idée du beau & du bon. Le bon de la Médecine est qu’il y a parmi les morts une discrétion la plus grande du monde. Mol.) BON. Profit. (II y a cent écus de bon. Des deniers revenans bon. Vaug. nouv. Rem. Vous aurez du bon , plus que vous ne pensez.) $ Faire bon pour quelcun. C’est s’engager à païer pour lui. Faire bons les deniers , c’est se rendre garant pour une somme. Trouver bon. C’est aprouver. Trouver tout bon , c’est s’acommoder de tout, être content de tout. -j- Tenir bon , c’est résister avec courage, témoigner de la fermeté, ne pas sc rebuter. f Coûter bon. C’est païer fort cher. Nous avons remporté la victoire, mais il en a coûté bon. BON-BON. Voïez plus bas. BON. Ce mot, pour dire agréable , se prend adverbialement. (Trouvez bon qu’on vous écrive. Voit. poitf. Ils sc mettent à crier qu’il les méne où bon lui semblera. Vaug. Quint. I. 4. C’est-à-dire, où il Voudra.) BON, adv. ou interj. [ MaHo anime. J On sc sert de cet adverbe pour aprouver ou pour animer. (Bon , courage, poursui. Bon , voilà qui va bieïl. Abl.) BONNEMENT. Voïez plus bas. BONACE , ou bonasse , f. f. [.MalaciaJ Calme qui arrive fur mer. (Je crains les bonaces qui me euvent retarder le bonheur de vous voir. Voit. I. 57. oûird’une agréable bonace.) * BONACE. Tranquillité publique. (Tout nous rit, notre navire a la bonace qu’il désiré. Mol.) <3 BONAVOGUE. C’est ainsi qu’on apelle ceux qui s’engagent volontairement à tirer la rame, fous certain salaire. BONBANC , f- m. Sorte de pierre fort blanche qui se tire des carrières qui font aux environs de Paris. f BON-BONS , f. m. [Cruftula , cupediaé) 11 ne se dit guéreque dans le discours familier, ou dans le comique & en parlant aux enfans. Et même on ne s’en sert d’ordinaire qu’au pluriel. 11 signifie toutes les petites friandises qu’on donne à manger aux enfans , pour les amuser , ou les apaiser quand ils pleurent. (Manger des bon-bons. Ofrir, donner des bon-bons. Avoir des bon-bons pleines ses poches.) BONNE Chère. Voïez Chère.) BON-CHRE'TIEN , f m. [ Pyra panchresta. ] Grosse poire fort bonne. (Du bon-cretien d’été. Du bon-crétien d’hiver.) BOND , f. m. [ Saltus ex soli repercujsu. ] Saut que fait une chose en s’élevant de bas en haut. (Faire un bond. Abl. Luc. Ils se mettent à rouler des pierres du haut de la montagne, qui faisant plusieurs bonds, en tomboient avec plus de violence. Vaug. Quinte-Curce , /. c. 3. ) BOND , s. m. [Saltus .] Sauts fréquens que font les chevaux, les chèvres & autres. Et la même chose se dit figurément d’une certaine maniéré d’écrire fougueuse. BON (Sa muse déréglée en ces vers vagabonds , Île s’éleve jamais que par Jauts A par bonds. Despr. ) $ On le dit aussi d’un jeune étourdi, d’un homme inégal & plein de saillies , il ne va que par sauts & par bonds. BOND. Terme de Jeu de Paume. Saut que fait la baie s’élevant en Pair, de dessus le carreau du jeu de paume. (Prendre la baie au bond , c’est la prendre quand elle fait un faut. Prendre la baie entre bondis volee. C’est prendre la baie lors qu’elle est prête a tomber.) f * Autant de bond que de volée. Proverbe. C’est- à-dire , tant d’une maniéré que de l’autre. Faire une chose du second bond , quand on la fait de mauvaise grâce. H Faire faux bond , c’est manquer à quelque chose, ne pas tenir ce qu’on promet. Je comptois fur cet ami , il m’a fait faux bond. Ce galant a fait faux bond à fa maîtresse ; c’est-à-dire , il l’a trompée. On dit aussi , cette femme , cette fille a fait faux bond ason honneur. C’est-à-dire , a manqué à son honneur. BONDE , s [Objeffaculum ligneum .] Ce qu’on leve pour faire écouler Peau de quelque étang. (Lever la bonde d’un étang. Baisser la bonde.) =j= BONDE, s m. Arbre d’une grandeur prodigieuse, qui croit dans le Roïaume de Quoïa, & qui s’éleve beaucoup au dessus de tous les autres arbres. Son écorce est toute hérissée d’épines, & son bois sert à divers usages. Ses cendres font estimées pour faire du savon. BONDIR , v. n. [ Salir e , resûire. ] 11 sc dit or- dinairement des jeunes animaux, comme des jeunes taureaux, des jeunes genisses, des agneaux & autres bêtes, lots qu’elles font en pleine liberté. C’est faire des sauts, & être en quelque forte transporté d’aise. (Le jeune taureau bondissoit íur Pherbe. Les agneaux bondissoient fur la tendre verdure. Goi. égl. Là le s troupeaux errans bondissent dans les plaines, Le zéphyr e amoureux nage dans les fontaines. La Suze, élégies. II sc dit aussi de quelques autres animaux furieux. (De rage £f de douleur le monjire bondissant, Vient au fié des chevaux tomber en mugijjant. Racine, Phèdre, a. <;.sc. 6 .) f BONDIP,, sc dit des boulets de canon. Les boulets bondissent fur le pavé. H BONDIR, sc dit fig. de l’aversion & de la répugnance qu’on a pour une chose qui fait soulever le cœur. Ce ragoût détéstable fait bondir le coeur. Le cœur me bondit contre. BONDISSEMENT, f. m. fNausea.) Ce mot ne se dit que du cœur, soulevé par quelque prochain soulèvement , ou quelque dégoût. H On dit aussi le bondijjément des agneaux dans une prairie. Acad. Fr. BONDON , f m. [Dolii obturasnentum .] Petit morceau de bois qui bouche.le trou qui est fur les muids & autres futailles. BONDONNEft, v. a. [ Dolium ob t ur are.) Boucher .avec un bondon. (Bondonner un muid.) H BONDONNIERE. Instrument en forme de terrie- re , ou tarriere , qui sert au Tonnelier à percer le trou ou sc met le bondon, dans une des douves des futailles ou tonneaux. BONDRE'E if f [ Gaccia. ] Oiseau de rapine qui a le bec court & la tête plate & grosse, le col fort court, garni de beaucoup de plumes. BONHEUR if m. [ Félicitas , secunda fortum. ] Ce mot ne se dit ordinairement qu’au singulier, si ce n’est en de certaines phrases. (C’est un grand bonheur. II lui pourroit arriver tous les malheurs & tous les bonheurs du monde, qu’il ne se hausse ni ne fe baisse. Vaug. rem.) H Par bonheur , signifie heureusement. Par bonheur pour moi il vint à mon secours. BONIFACE, s m. [Bomfacius .J Nom d’homnie, que plusieurs Papes ont porté. f BONIFIER , v. a. [ Mel'mrem reddere. ] Rendre meilleur. ^ On ne le dit guére que des terres, qu’on bonifie en les fumant, en les marnant. P§ Les Marins disent, bonifier une baleine , c’est la mettre en pièces , c’est en fondre le lard, pour en tirer tout ce qu’il y a de ben. BON ê Au lieu de bonifier , on trouve dans le Hiflion. de Commerce de Savary , bonficier une baleine. f BONJON- Terme de manufacture de toiles. BONITE , s m. Poisson de mer. BONNAVENTURE , s- m. Nom d’homme. (Bonnaventure est pauvre & sot.) BONNAVENTURE , s. f. ou Bonne-avanture. Horoscope. [Sw\r, fortuna.J Bonheur prédit par l’horos- cope. (Savoir ou ignorer sa bonne-avanture. Voici des Egyptiennes , il faut que je. me fasse dire ma bonne-avanture. Mol. mar.forcé , sc. 5. Oùï , par ma foi, c’est la figure H’un certain vieux Evêque Grec, Qui faisant le salemelec , Hit à tous la bonne-avanture. Voyage de Bachaumont.) BONNE , s f. [Bona.J Nom de femme. (Elle s’apelle Bonne. Bonne fut la première femme de Jean Roi de France , & elle étoit fille d’un Roi de Bohême. Hu Tillet , Hist. de France. f BONNE. Mot qui entre dans diverses faqons de parler , & qui a des sens différens. {La donner bonne à quelcun. C’est en faire acroire. Surprendre en disant des choses à quoi on ne s’atend pas. La garder bonne; c’est épier l’ocasion de faire quelque déplaisir.) BONNE fortune, s. s. [Prostera sortuna.~\ Bonheur. On apelle proprement bonne fortune, lors qu’il arrive ou qu’il est arrivé à une personne des biens dont la fortune est cause. (II lui est arrivé une bonne fortune. Etre homme à bonne fortune. C’ést-a-dire , être homme à avoir des faveurs des Dames, parce-qu’on est jeune & bien-fait.) BONNE-GRAÇE , s. f. [ Lepor . ] Bon air. (Avoir bonne-grace.) /f BQNNEAU. C’est un morceau de bois, ou de liège , ou un baril relié de fer , qui dotant fur Peau, marque Pendroit où les ancres font mouilliées dans les ports ou rades. BONNEMENT, adv. {Bonâ fide ,simpliciter.] D’une maniéré (impie & peu fine. De bonne foi. (11 y va tout bonnement. Avouer bonnement une chose. Je ne (ai bonnement que dire. On permet aux filles d’emploier bonnement leur galanterie à se procurer des époux. S. Evremont, tn 4. p. 106.) BONNEMENT, se dit quelquefois pour précisément, & on ne l’emploïe en ce sens qu’avec la négative. Je ne puis dire bonnement ce que c’est. Je ne (ai bonnement quel est son mal. BONNET, s ni. {Pilem , pìleum .] Tout ce dont on se couvre la tête, & qui n’est pas chapeau. (Bonnet d’homme, bonnet d’enfant, bonnet de femme. Bonnet à la dragonne , bonnet de soldat dragon , qui est fait en pointe , & dont la pointe pend par derrière. Les petits laquais commencent à porter des bonnets faits comme ceux des dragons. Bonnet à la raie. C’est un bonnet pour coifer les femmes. Bonmtplein. C’est un bonnet de femme , & pour jetter les cheveux tout unis. Bonnet quarré. C’est un bonnet à quatre cornes que portent les Prêtres , les Avocats , & ceux qui professent publiquement dans des écoles , lors quils s’aquìtent de leurs ministères.) tg L’ufage des bonnets est fort ancien dans l’Egli- se , puisque nous lisons, (dit le P. du Molinet, dans son discours fur les habits des Chanoines , page 20. fsj 21. dans l’Histoire de Liège) quel’Evêque Norgere, environ Pan 980. voulant reprendre le Château de Ché- vremont, qu’on avoit ravi à son Eglise , fit déguiser des soldats en Clercs & en Chanoines , leur faisant porter des chapes, & cacher leurs cheveux fous leurs bonnets de laine ; idicalem comarn pileis canis celari jubet. „ La figure (ajoûte-t-il) qui est fur le tombeau de Jean „ Ermeiin, dans le cloître de Sainte Geneviève, de „ Pan 1252. a le capuce de Ta chape abatu , & porte „ fur la tête un petit bonnet en forme d’une calote , „ sinon qu’il est plus large en haut qu’en bas. La „ coutume vint par après , de les faire encore plus am- „ pies mais ronds & fort plats presque en la même „ maniéré de ceux que portent aujourd’hui les Novi- „ ces des Jésuites, & on les apelloit des barrétes , du ,, mot Latin biretum : enfin on leur a donné, il y a „ plus de 20 o. ans, la figure quarrée étant tout tissus , r de laine , & aiant quatre espèces de cornes, qui pa- „ roissoient néanmoins fort peu au-dessus , &c. Quant BON 257 „ à ceux qui font de carte , couverts d’étofe, & qui „ font tout quarter, l’invention en est assez moder- „ ne, puisqu’à peine passe-t-elle ce siécle. ” Si quelcun a la curiosité d’en savoir davantage il n’a qu’à voir ce qu’un Auteur en a écrit dans un Traité de piléo, où il dit que la corne qui est au dedans, sert à soutenir le bonnet, & à empêcher qu’il ne s’enfonce ; & que (Bailleurs, la disposition des cornes réprésente la croix que les Clercs doivent toujours porter. Cet Auteur est Solerius, depileo. Voïez Thiers, des perruques, page i]í. * Quiter le Bonnet , la Sorbonne les Bancs. C’est- à-dire , quiter le Barreau, la Sorbonne, & la Théologie. 4 Prendre le bonnet. C’est se faire recevoir Docteur. Donner le bonnet. C’est mettre le bonnet de Docteur sur la tête à quelcun. Opiner du bonnet. C’est suivre Pavis d’un autre fans en alléguer de raison. Cette afaire a passé du bonnet. C’est-à-dire, tout d’une voix. Cette proposition passera du bonnet; c’est-à-dire , sera unanimement aprouvée. 4 Avoir la tête près du bonnet. C’est être emporté, & se fâcher aisément. Mettre son bonnet de travers. C’est se mettre en colère , entrer en méchante humeur. 4 On dit de deux hommes liez d'amitié & d’interêt, qui font toujours d’un même sentiment ; ce font deux têtes dans un bonnet. f BONNET de nuit. [Nocíurnum pileum .] (f Triste comme un bonnet de nuit fans coife. ) Proverbe qui veut dire fort triste ; mais ce proverbe est burlesque. f BONNET blanc, blanc bonnet. Proverbe pour dire , c’est toute la même chose. f * Porter le bonnet verd. C’est avoir fait ceffio» de ses biens à ses créanciers. {Et que d’un bonnet verd le salutaire afront, FlétriJJ'ent les lauriers qui lui couvrent le front. Despr. BONNET , f. m. Terme de Fleuriste. Pot où l’on plante des tulipes. Les bonnets font plus hauts que les autres pots. Culture des fleurs. BONNET à Prêtre. Terme de Fortification. Pièce détachée qui forme à la tête trois angles (milans & deux rentrans , & qui est comme une double tenaille dont les cotez ne font pas parallèles, mais s’étrecil- sent vers la place. (Faire un bonnet à Prêtre.) BONNET , est le nom du second ventricule du beuf & des autres animaux qui ruminent. 4 BONNETTE., v. a. [ Salutare .] Saluer. Oter son chapeau. (Bonneter tout le monde.) 4 BONNETER , signifie aussi rechercher, faire la cour à quelqu’un , lui faire des soumissions. Acad. Fr. BONNETIER , J. m. sPìleorum opifex.2 Ouvrier qui fait des bonnets, des bas, des chaussons de laine. Marchand qui vend, qui fait, ou fait faire toutes sortes d’ouvrages de laine. BONNETTE , j', f. [Boneta. J Terme de Fortification. Ouvrage composé de deux faces qui forment un angle saillant, qui a un parapet & une palissade au devant. C’est un petit ravelin. ^Construire une Bonnette.) 4 BONNETERIE. On apelle ouvrage ou marchandise de bonneterie , les bonnets , les bas, & autres marchandises & ouvrages de cette nature, que les Marchands Bonnetiers ont la faculté de vendre & de faire fabriquer. 4 BONNETTERIE, se dit aussi du corps des Mar- . chauds Bonnetiers, qui est le cinquième de lix corps des Marchands de Paris. 4 BONNETEUX , f. m. Ce terme ne peut être em- ploïé que dans le stile familier. II signifie un homme qui se sert de tours d’adresse, & principalement ds tours de main , pour duper, soit au jeu , soit dans quelque négoce. 4 BONNETADE , f. f. Friponnerie ou quelque souplesse du corps à part. Quelques-uns entendent par ce mot, les cajolleries qu’on fait à ceux dont on croît avoir besoin. BONNETTES, f. f. pi. Terme de Mer. Petites voiles dont on se sert lorsqu’!! y a peu de vent. (On met les bonnettes pour agrandir, ou pour augmenter les voiles d’un vaisseau. 11 y a des bonnettes maillées. Desroches , Terme de Marines) (g BONNETTE maillée. Ces bonnettes servent à alonger les basses voiles pour aller plus vite quand il fait beau tems : on les atache à des mailles, c’ést-à- Tome I. Kk •sa.c, 258 BOR dire, des œillets qui font près de la ralingue , après quoi, on amarre les écoutes aux points des bonnettes. II y a des secondes bonnettes maillées : on les laisse encore aux bonnettes maillées par dessous, du moins chez les Holandois. Bonnettes en étui. Ce font des petites voiles qui ont la figure^ d’un étui, & qui fe mettent par le bout le plus étroit, à chaque extrémité des vergues, fur des pièces de bois qu’on nomme boute-hors : ainsi elles règnent le long des cotez des deux balles voiles, & des huniers. Bonnette lardée. Lorsque les Calfa- teurs veulent découvrir une voie d’eau , dificile à trouver , ils lardent une bonnette avec de l’étoupe qu’on pique fur la voile avec du fil de voile ; & après avoir mouillé la bonnette , ils jettent de la cendre ou de la poussière fur ces bouts de fil de carret & d’etoupe , a. fin de leur donner un peu de poids pour faire enfoncer la bonnette dans seau : en cet état, ils la décendent dans la mer, & la promènent àstribord, & à bas-bord de la quille , jusques à ce qu’elle fe trouve opofée à l’ouverture ou débris qui est dans le bordage, car alors seau qui court pour y entrer, pousse la bonnette contre le trou ; ce qui fe connoit par une efpéce de gazouillement, ou de frémissement, que font la bonnette, & la voie d’eau : les matelots, pour exprimer ce bruit, disent que la bonnette sappe. BONS-HOMMES , f m. [. Mìnìmì .] Minimes qui ont été apellez bons-hommes de François de Paule leur Fondateur ; que Louis XI. nommoit d’ordinaire le bon homme. Dupleix , vie de Louis XI. BONTE',// [Bénignité.] Pente à faire du bien. Inclination à obliger. (Us ne peuvent manquer de bonté pour moi, eux qui en ont pour tout le monde. Voit. I. 37.) 4= On dit abuser de la bonté , profiter de la bonté du Prince. La bonté fait animer les grands, la fierté , & la dureté les rend odieux. 4 BONTE', signifie quelquefois civilité , honnêteté. Je fuis sensible à vôtre bonté. Je ne mérite pas les bontez que vous me témoignez. 4 BONTE',fe prend encore pour simplicité, facilité excessive. Se laisser ruiner, tromper par bonté. BONTE'. [Bonitits J Ce mot fe dit des murailles de place , & veut dire, qui est fort, qui peut résister. (11 te confioit en la bonté de la place. Vaug. Quint. I. 4. Les machines ne firent pas grand.éfetà cause de la bonté du mur. Abl. Arr.) 4 BONTE', fe dit aussi de la qualité de tout ce qui est bon. La bonté d’une montre, la bonté d’un cheval , la bonté d’un remede ; la bonté du vin , la bonté d’un drap, la bonté d’un terroir, &c. BONTE', f. f. £Prafiantia.2 U fe dit des ouvrages d’efprit, & signifie excélence , quelque chose qui fasse valoir l’ouvrage , & qui le distingue. (11 est arrivé de cette piéce , ce qui arrivera toujours des ouvrages qu; auront quelque bonté. Racine , Britannicus , préface.} BONZE- C’est le nom qu’on donne aux Prêtres Orientaux dans la Chine & au Japon. Us croient la transmigration des âmes. 4 BOOPE , f m. Poisson de mer qu’on prend au Brésil, & qu’on sale. II ressemble au thon d’Efpagne, & on tire de l’huile de sa graisse, qui est aussi ferme que du lard. BORAX, ou boras, f m. [Chrysocollafaf{itia.~] Les Epiciers de Paris qui vendent du boras , écrivent d’ordinaire borax fur les boites où ils le tiennent. Cependant ils prononcent boras , comme la plupart, des ouvriers. On peut dire & même écrire boras. C’est une eípéce de minerai, ou de pierre blanche, qu’on met en poudre , & dont on fe sert pour faire couler la soudure, quand on soude quelque besogne. (Le boras est blanc. 11 est bon, il fait fondre la soudure.) Le boras artificiel est composé d’alun & de salpêtre. 4 BORAX. C’est aussi une efpéce de bézoard de crapaud ; c’est-à-dire , une sorte de pierre qui se trouve dans la tête du crapaud , à laquelle on attribue de grandes vertus. 4 BORBORITES, í m. Secte de Gnostiques dans le second siecle, qui nioient le Jugement dernier. BORD ■, f m. { Limbus. J Extrémité de quelque chose. (Le bord d’une robe, d’un chapeau, d’une affiéte , &c.) BORD. C# mot se dit de la mer, des rivières & des BOR fossez; en Latin ora , littrn. II signfie rive, rivage. (Une fut pas plutôt à l’autre bord du fleuve , qu’ilfuè envelopé par les ennemis. Abl. Luc. t. 2 . de l’amitié. On ne repajj'e point le rivage des morts , Et l’on ne voit jamais deux fois les sombres bords. Rac. IIhonneur efi comme une isle escarpée (5' sms bords, On n'y peut plus rentrer dés qu’on en ejí dehors. Despr. Mettre à bord. 'ferme de Batelier. C’est conduire à bord. * BORD. Terme de Mer. Navire. Vaisseau. (On lui tua cinquante hommes fur son bord. 11 n’y a sur notre bord i^u’un matelot malade. (Sortir de son bord. Retourner a son bord. Aler à bord. Venir à bord. Etre à bord. Fait à bord de N. C’est ainiì qu’on date les lettres lors qu’on écrit, & cela en nommant le vaisseau où l’on est.) Volez dawj le DiHionnmre d’Au. bin , les diférens usages de ce terme parmi les Marins. BORD, f. m. [Latus dexlrum,finijtrura.] Terme de AVer. Route , bordée. çA bas bord ou à stribord ; c’est-à-dire , à main gauche , ou à main droite. Faire un bord. Courre même bord que l’ennemi. Courre bord fur bord. C’est gouverner tantôt à stribord, & tantôt à bas bord. Avoir fait un bon bord. C’est avoir avancé à fa route , étant au plus près du vent.) BORD de bafiln. f m. [Labrum.] La tablette de marbre ou de pierre, ou le cordeau de gazon ou de rocaille qui pose fur le petit mur circulaire, quarté ou à paus, d’un bassin d’eau. * Un rouge bord. Verre plein devin. ( Un laquais éfronté m’aporte un rouge bord. Defir.sat. 3.) f Etre sur le bord de sasojse. C’est être fort vieux. 4 Avoir l’ame sur le bord îles lèvres. C’est être prêt à expirer , être fur le point de mourir. On dit aussi d’un mot qu’on cherche, & dont on croit à tout moment qu’on va fe ressouvenir , qu’on l’a fur le bord des lèvres. 4 Etresur k bord du précipice. C’est fig. être fur le point de périr, de fe vok ruiné , de tomber dans un grand malheur. BORDAGE , f m \_Marginum navisconfiruflio.] Les planches qui couvrent par dehors les côtes & la carcasse du navire. Les planches les plus proches de la quille lé nomment gabords. Fourn. Le ternie bordage est emploïé en diférentes manières. (Bordage de fond. Premier bordage des fleurs. Bordage des fleurs. Bordage d’entre les pré- ceintes. Bordage des sabords. Bordage des castiliages. Bordage pour recouvrir les ponts.) Votez le JMíionnaire de la Marine , par Aubin. {$ BORDAGE. Volez la Coutume de Normandie. 4 BORDAïER. Terme de Marine. C’est faire ou couvrir des bordées ; c’est-à-dire , gouverner tantôt d’un côté , tantôt d’un autre , lorsque le vent ne permet pas de porter à route. 4 BORDAT , f m. Petite étofe , ou tissu étroit, qui fe fabrique en Egypte. 4 BORDE , f- f. Vieux mot qui signifioit autrefois une petite ferme, ou une petite maison de campagne. On apelloit Bordier le Fermier , ou le Me- taier. 4 BORDEAU, Vieux mot. Voyez BORDEL. 4 BORDE', bordée , adj. part. tìne muraille bordée de mousquetaires, un fossé bordé de Indes. 4 BORDE', f. m. Galon d’or , d’argent, &c. Mettre un bordé fur un habit, fur les meubles. Lc bordé d’une veste. BORDE'E , f f. Terme de Mer. C’est le cours d’un vaisseau depuis un revirement jufqu’à l’autre. (Notre vaisseau fit diverses bordées pour monter au vent ; c’cít-à-dire , fit plusieurs routes. Le vaisseau continua fa première bordée. Faire ses bordées au Nord-oiiest. Guillet , errt. de naviger. Courre la mime bordee. C’est courir fur un même aire de vent. DeJ'rocbes. Terme de Marine.') Volez Aubin. BORDE'E , f f. [ Navigii tormenta. ] Terme de Mer. C’est la décharge de l’artíllerie d’un navire fur quelqu’autre vaisseau. ( Notre vaisseau a donne la bordée aux vaisseaux ennemis. Envoler une bordee à un navire. U a par diverses bordées désempare les vaisseaux ennemis ; c’est-à-dire , il a démâte les vaisseaux , ruiné leurs maneuvres, & les a mis hors de service.) BOR- BOR BORDEL , s »r- C Lupanar. ] Maison de débauche. ( Fréquenter, çourir le bordel. ) £f Mr. Du Cange a remarqué dans ses Observations fur Joinville , page 6;. que bordel vient de borde, vieux mot qui signifioit une petite maison ; & comme les femmes & filles débauchées logeoient ordinairement dans ces maisons baises & obscures , nous avons apellé bordels , les lieux où les personnes qui menent la même vie, habitent. H BORDELIER , f. m. Celui qui fréquente les bordels. Cet homme est un grand bordelier. Acad. Fr. f BORDEMENT. Terme de Peinture en émail. II se dit de la maniéré d’emploïer les émaux clairs, en les couchant à plat , bordez du même métal, fur lequel on les applique. BORDER , v, a. [ Pratexere , cingere. ] Couvrir ]e bord de quelque chose. ( Border une jupe , les- poches , un chapeau , &c, avec un ruban , un galon, ou quelque chose de semblable. BORDER une ale'e. [ Circumdare. ] Terme de Jardinier. Mettre quelques arbres ou autre choie le long du bord d’une alce. * BORDER. [ Circumfundere. ] Etre au bord. S’é- tendre fur le bord. S’étendre le long de quelque chose que ce soit. ( L’armée bordoit le rivage. Vaug. Ouint. I. 7. Border une haie pour faire sa décharge. Abl .) BORDER les avirons. Terme de Batelier. Mettre les avirons dans les tourrets du bachot pour nager. BORDER , v. a. Terme de Mer. II se dit des navires & des vaisseaux. C’est leur mettre leurs bordages ; c’est-à-dire , des planches de chêne , qui fervent à couvrir leurs membres. ( Border un navire, un vaisseau.) BORDER, v. a. Terme de Mer. £ Explìcare. ] II se dit des voiles, & signifie les étendre par en-bas, pour prendre le vent, en tirant les cordages , qu’on apelle écoute. (Border la grand’voile. Border le hunier ; c’est-à-dire , la voile apareillée.). BORDER , v. a. Terme de Mer. C’est suivre de côté un vaisseau afin de l’observer. ( Notre ilote borda quelque teins vers l’Escadre ennemie.) BORDER, v. n. Terme de Mer. Naviger le long des côtes. ( Vaisseau qui borde toujours les côtes, pour porter des marchandises de ville en ville. Robe, abrégé de la Navigation. BORDER, v. a. Terme de Servante, qui fait les lits. C’est faire entrer les bords de la couverture dans le bois de lit lors qu’il est fait. ( II faut border un lit sitôt qu’ón l’a fait.) BORDER , v. a. Terme de Chaudronnier. C’est achever le bord de quelque besogne. ( Border une poissonnière. Border une tourtière, &c.) BORDEREAU , f r,i. [ Scheda, nota. ] Prononcez borclero. Papier qu’on prend de celui de qui on reçoit de l’argent, où il marque les espèces qu’il a données, afin qu’on voie s’il n’y a point eu de mécompte. $ BORDEREAU. On apelle livre de caisse & de bordereaux , un livre particulier fur lequel les Marchands écrivent toutes les sommes qu’ils reçoivent & qu’ils païen t journellement. t BORDEREAU. Petit livre de poche , fur lequel les commis & garçons , qui vont à la recette par la ville , écrivent les païemens qu’on leur fait, & en quelles especes ou monoïes. $ BORDEREAU. On apelle table de bordereau d’aunage , une table composée de diverses fractions de faune, suivant qu’elle est diféremment divisée, comparées aux parties de la livre tournois de vingt fols. On peut voir cette table & la maniéré de s’en servir dans le Gendre & Savary. BORDIER. Terme de Marine. C’est un vaisseau qui a un côté plus fort que l’autre. í BORDIGUE , J- f- C’est un espace retranché de roseaux , ou de cannes, fur le bord de la mer, pour prendre du poisson. í BORDOÏER , v. a. Terme de Peinture en émail. C’est le mauvais effet que font les émaux clairs, lors- qu’étant emploïez fur de bas or, ils plombent & deviennent louches ; en forte qu’une efpece de noir obscurcit la couleur de l’émail, & la bordoie , en se rangeant tout autour. BORDURE , / /. [ Ora , M argo.'] Bois de me- BOR 259 miiserie pour mettre un portrait , ou une glace de miroir. ( Une jolie bordure bien sculptée. BORDURE. [ Limbus. ] Terme de blason. Piéce quî environne l’éçu , & l’envelope sans le couvrir. (Porter de gueules à la bordure d’hermine. Colomb. BORDURE. Terme de Tapiffler. Le haut & le bai de la tapisserie. BORDURE. Ternie de Jardinier. [ Puhinorum hor- tenfium margo. ] Bonis qui borde les plates bandes, les planches , les carreaux, &c. ( Faire les bordures des plates bandes.) BORDURE. Terme de Doreur sur cuir. Ornemens au haut & au bas du dos du livre , qui font immédiatement après les filets du premier ou du dernier bouquet. BORDURE. Terme de Boijselier. Cerceau large de trois doigts qu’on met au haut & au bas du seau pour le tenir ferme. BORE AL , boréale , adj. [ Borealk , borem. J Septentrional. (Partie boréale.) BORE E , s. m. £ Borem. ] Mot Poétique , pour dire , Vent Septentrional. Bise. Vent du Nord. BORGNE, adj. £ Unocultss , lufcus.] Qui a per. du un œil. (Cheval borgne. Cavale borgne.) BORGNE. £ Cocles. ] Ce mot est injurieux quand il se dit des personnes , & signifie qui a perdu un œil, ( 11 est borgne , elle est borgne.) Sdiez borgne , bossu , sufit Pour mettre les gens en crédit, Et le sot peuple f imagine ■ Que les monstres ont plus d’esprit Que les hommes de bonne mine. Poète anonyme.) f Changer son cheval borgne contre un aveugle. 3 C’est faire un change désavantageux. BORGNE , s. m. Qui a perdu un œil. ( C’est un méchant borgne.) H Causer comme une pie borgne. C’est ne faire que causer , babiller continuellement. 0 Martial a dit fort plaisamment d’un borgne, grand larron : (11 est borgne, mais quand il est question de dérober, il volt des deux yeux : Tune surit, atque oculo lufcus, utroque vides. ) f * BORGNE , adj. £ Obscurus, tenebrosus. ] Ce mot se dit de certains coléges &, de certains cabarets. 11 veut dire, qui n’est point fréquenté. Qui est obscur. ( Colége borgne. Cabaret borgne.) H BORGNE. Ternie de Pêcheur. Efpece de panier que l’on met à l’ouverture des bouchots, du côté de la mer. f BORGNE. Un conte borgne , c’est une fable, un conte de vieille. f BORGNESSE , f f. £ Lufca. ) Terme injurieux, pour dire celle qui a perdu un œil. (C’est une méchante borgnesse.) BORNAGE, f. /. [Metatio. ] Terme de Palais. Action de borner, ou de planter des bornes. L’Ac- tion de bornage peut être intentée , ou entre particuliers pour les confins de leurs héritages, quand l’un sc plaint que ion voisin entreprend fur son héritage ; ou entre les Curez , & les Décimateurs, pour les limites de leurs Paroisses, &c. BORNE, f f [Meta. ] Limite. Pierre ronde qui finit en piramide , & qu’on met aux coins des rues, & contre les murs dans les endroits passans, de peur que les roués des harnois ne ruinent les murailles. Poser une borne.) * BORNE. [ Terminus. ] Ce qui est fixe. Ce qui termine. Limite au-delà de laquelle on ne doit pas aler. Marque de limite. Mettre des bornes à ses désirs. Abl. Se tenir dans les bornes de l’honnëte satire. Mol. préc. Mon chagrin n’a plus de borne. Benserade. ) BORNE. Terme de Vitrier. Morceau de verre quî finit en pointe par les deux bouts, & qui est autour d’une piéce quarrée dans un panneau de vitre. f BORNE'ïER , v. n. £ Obfcrvare , injpicere. ] C’est regarder d’un œil en fermant l’autre , pour voir yst une allée est droite , ou si des arbres font plantez en droite ligne. II n’y a guère que les Jardiniers qui se servent de ce mot bornéier. Ils disent, il bornéie , si les trois bâtons se rencontrent dans une même ligne. Quint. Jardins , S. i. pag. 69. Tom, L K k », BOR- 260 BOS BORNER , 2 -, a. [ Me lare. J Mettre des bornes. (Borner un champ.) * BORNER.. [ TerminarcJ Fixer. Terminer. (Borner les espérances des grands. Abl. Tac. Quand on fait se borner , on est aisément heureux. Quelque démesurée que fut son ambition , il l’auroit bornée à une si rare faveur. Voit. I. ;â. Se borner , v. r. [ Sibt fines constituere , jìgere, ] Se fixer. Se régler. ( Se borner aux qualitez du cœur & de l'esprit.) BORNE', bornée , adj. [ Terminatus , metatuí. ] Qui a des bornes. ( Champ borné.) 4= BORNE', bornée. Une maison dont la vue est trop bornée. On dit fig. un esprit borné , capable de peu de chose ; une fortune bornée, ou médiocre qui ne peut guère augmenter. Avoir des vu'és bornées. c’est avoir peu d’ambition, ou peu de lumières. 4= BORROW , f m. Arbre des Indes dont l’é- corce est couverte d’épines crochues. On en tire par incision un suc purgatif. BOSEL, f. m. [ Tortu. J Terme d ’Architefíure. Membre rond qui est à la hâte des colonnes , & qui est comme un gros anneau ou bourelet. jQT BOSPHORE- C’est une mer qui sépare deux continens , & par lequel deux mers peuvent fe communiquer ; ainsi par le Bosphore de Constantinople, on passe d’une mer dans une autre. On l’apelloit autrefois le Bosphore de Thrace. BOSQUET, s- m. C Nemut , sylvula. ] Ternie de Jardinier. Arbres & arbrisseaux qui font une maniéré de bois. (Faire un bosquet. Ce bosquet est tout- à-'fait joli.) BOSSAGE , s. tn. [ Eminentia , anaglyphum. ] Terme á’Architefíe. Partie du mur qu’on fait saillir hors d’œuvre. ( Faire un bossage.) 4= BOSSAGE. Terme de Charpentier. C’est la rondeur , ou bosse que font les bois courbez , ou cintrez. BOSSE , s. s [ Gibbus. ) Elévation de l’épine du dos en voûte. Elle tâche à cacher fa bosse, mais elle n’sn peut venir à bout. Je confesse que saint Pavin. A l'esprit délicat 0? fin , Mais par fa bosse on le renomme. Poète anonyme. BOSSE. [ Tumor. 4 Tumeur qui vient de quelque coup. ( II lui a fait une bosse. 11 a une grosse bosse à la tête.) BOSSE. Sorte de serrure. ( Ouvrir la bosse. Fermer la bosse.) BOSSE. [Torreuma.J Terme de Sculpture. (Ouvrage relevé en bosse. Ouvrage de bosse ronde ; c’est- à-dire , en relief. Ouvrage de demi bosse ; c’est-à- dire , de demi relief. Relevé en bosse. Termes burlesques pour dire bossu.) 4 BOSSE de Chardon. Globule long & épineux, que produit une plante , qui est une efpece de chardon. On se sert de ces boises dans les manufactures , pour laner ou tirer la laine du fonds des étoles, asm de les couvrir de poil. -t BOSSE , J. s. Terme de Verrerie. C’est le verre qu’on a souflé avec la selle , pour en faire un plat de verre, avant qu’il ait été ouvert. BOSSE , s /. sSubula.fi Terme de Chasse. 11 se dit de la première poussée du bois d’un cerf, ce qui commence dès le mois de Mars ou d’Avril. * On dit proverbialement des Chirurgiens , qu’ils ne cherchent que plaie U bojfe j c’est-à-dire , qu’ils ne demandent que la pratique. 4= On le dit fig. de ceux qui prennent plaisir à exciter des querelles pour se divertir ou pour en profiter. (11 ne demande que plaies U bosses .) 4 BOSSE. Terme de Jeu de paume. C’est un Endroit de la muraille du côté du dedans par bricole. Attaquer la bosse donner dans la bosse , c’est pousser la baie vers cét endroit. Défendre la bosse , c’est rechaper la baie avant qu’elle puisse entrer dans cet endroit. ÍS BOSSES. Terme de Marine. Ce font des bouts de cordes d’une médiocre longueur, aïant à leur ex- tremitez , des nœuds nommez cui-deport doubles. L’ufage des bosses est de rejoindre une maneuvre rompue , ou qu’un coup de canon aura coupée ; ce qui est fort nécessaire dans un combat. Bosses à éguiìlé- tes , ou raban ; bosses de cables. Ce font des bosses BOT qui font pour le cable , c’cst-à-dire, qui ont au bout une petite corde qui sert à saisir le cable, lors q ue le vaisseau est à l’ancre. Bojjes à fouets. Ce font celles qui étant tressées par le bout, vont jufqu’à la pointe en diminuant. Bojfes du bossoir. C’est la maneuvre qui sert à tirer l’ancre hors de l’eau , pour l’a- mener au bossoir , lors qu’elle paroi t. Bosj'es de chaloupe. Ce font les cordes dont on lé sert pour amarrer les chaloupes & les canots. 0 BOSSES. Ce font aulli de grosses bouteiles de verre mince, pour des feux d’artifice. 4 BOSSELAGE , f m. C’est le travail en bosse fur la vaisselle. 4 BOSSELER , v. a. Travailler en bosse. On ne le dit guere que du travail en bosse fur de l’argenterie, ou tur de la vaisselle. 4 BOSSELE', pwt. adj. On le dit des feuilles de certaines plantes , qui font naturellement cìselees, & qui ont des éminences creusés en deílòus. Les feuilles du chou font bosselées. 4 BOSSELURE , f. fi C’est la ciselure naturelle qu’on voit fur certaines feuilles. 0 BOSSEMAN. Ouvrier marinier qui est chargé du foin des cables & des ancres , des j as & des bouées; il doit faire épisser & fourrer les cables aux endroits nécessaires, caponner & bosser les ancres, y mettre des orins de longueur convenable au fond des mouillages, y tenir des bouées dotantes au-def- fus de l’eau. BOSSER , v. a. Terme de Marine. C’est mettre l’ancre fur les bosseurs ou pièces de bois destinées à la recevoir. BOSSETTE , / /• [ Vmbo equinì lupati. ) Terme d ’Eperonnier. Ornemens d’embouchure qui couvrent le banquet , & qu’on met aux deux côtez du mords d’un cheval. (Une bossette bien faite.) BOSSET1ER , f. m. [ Umbonurn finber. J Prononcez Bojjetié. C’est un des noms dont on apelle les Fondeurs , & on les nomme de la forte, parce-qu’ils peuvent faire quantité de petits ouvrages d’airain, de cuivre, ou de léton , en bosse ; comme grelots, bof- settes,dez, clochettes, sonnettes, &c. 11 est reçu fondeur , mouleur en terre & en fable , & bolfetier de la ville de Paris. BOSSEURS , ou Bossoirs , qui font des poutre» «n saillie pour soutenir i’ancre quand on l’a levee. Et celui qui a soin de l’ancre & des cordage-s , s’a- pelle Bosjeman. , BOSSU , bossue , adj. [j Gibber. ) Qui a une bosse fur le dos. ( II est bossu. Elle est bossue. BOSSU , s. m. [ G ibbm. ] Celui qui a une bosse fur le dos. ( C’est un bossu. C’est un petit bossu qui fe croit fotement être quelque chose. On dit que les bossus ont le poumon mauvais. Patin, lettres .) BOSSUë , f. f. [ Gibba. ] Celle qui a l’épíne du dos relevée en voûte. 4 BOSSU, bossue , adj. homme bossu , femme bossue. On le dit aulli d’un pais inégal, & montueux ; un pais bossu. BOSSUET- C’est la feule tulipe qui ait de fadeur , & dont on ne fait point de cas. BOSSUER , v. a. \_Lacuna* facere. ] Ce mot fe dit de la vaisselle , & de quelque autre ouvrage de métail. ( Bossuet un plat, une assiette.) BOSSUE', ée. adj. [ Lacunaires.’} Vaisselle ou batterie de cuisine qui a des bosses. On dit bosselé, mais bossue est plus en usage. + BOT, bote , adj. [ Pes in obtusum coucha. ] II n’est usité qu’au masculin , ct ne fe dit que du pié. ( On dit c’est un piébot ; c’est-à-dire , une personne qui a le pié tortu & mal fait. Nicole , Claudine, Margot, Et Perrette N Jeanne au pic-bot. Ont fait fiai... Poète anonime.) (s BOT- C’est un petit vaisseau dont on se sert aux Indes Occidentales ; il est maté en heu, & n’est point ponté. C’est aussi un certain gros bateau Flamand , ou une espèce de petite flûte ; il est ponté par le haut , & au lieu de dunette , ou de chambre un peu élevée , il y a une chambre retranchée à savant , qui ne s’éleve pas plus que le pont. Voïez Aubin. ± 110 - BGT 4 BOTANE- Sorte d’étofe, dont on fait négoce â Lyon. BOTANIQUE , s f' [Pari medecinœ quœ in plantis versatur. ] Art dépendant de F Agriculture qui enseigne à connoître & à cultiver les plantes mé- decìnaíes. (Etudier la botanique. Se plaire à Ja botanique.) BOTANISTE , s. m. [Qui in plantis cognoscendh versatur. ] Qui fait la botanique. ( C’est un fameux botaniste. Botaniste savant, docte , renommé , célébré. Un habile botaniste sait Fart de cultiver les plantes médecinales. Mr. Tournefort étui t un très savant Botaniste.) BOTE, s- s [ Ocrea. ] Chaussure de cuir qui est composée d’un pié , d’une tige , & d’une genouillie- re , & qui est propre à tous cavaliers & autres gens qui vont à cheval. ( Aler à la bote. Cela se dit d’un cheval qui mord lors qu’on est dessus.) f On le dit aussi d’iin homme toujours prêt à faire dés réponses piquantes. ~Ne vous y puez pas , il va d’abord à la bote. H Prendre la bote , graisser ses botes. C’est se préparer à partir pour quelque Volage. f- Mettre bien du foin dans ses botes. C’est faire ses afaires dans un emploi & amasser bien de l’argent. H BOTE. Terme de Sellier. C’est une espece de petit marche-pié , attaché au brancar des berlines, a l’endroit où s’ouvrent les portières, fur lequel on apuïe le pied pour monter. BOTE. [ Fasáculus. ] Quantité de petites choses liées ensemble. ( Une bote d’osiers , de raves , d’oi- gnons, d’asperges, de foin , de paille, d’échalas.) BOTES. [ Manipulas. \J Terme de Marchand Mercier. Petits rouleaux longs d’un pié qui pendent à l’étalage de la boutique des Merciers, & de quelques autres Marchands de Paris. BOTE. Terme de Mercier. Quinze onzes de foie. (Acheter une bote de foie.) BOTE. Ternie de Maître d’armes. [Gladii prœpilati issus. ] Coup. ( Porter une bote. Alonger une bote. Une bote secrète. Bote de seconde , de tierce , de quarte sur les armes. Liancourt , Maître d’armes , ch. 15 .) £. On dit fig. porter une bote à quelqu’un , c’est-à-dire lui emprunter de l’argent, fans savoir comment on le lui rendra. Porter une rude bote , c’est aussi faire une objection pressante dans une dispute ; & rendre à quelqu’un un mauvais office capable de le perdre. II lui a porté une terrible bote. BOTE. Terme de Chasse. Culier avec lequel on mène le limier au bois. Sal. BOTE,/!/. [Cadus.] Vaisseau à tenir du vin , qui est environ de la grandeur d’un muid , & qui est en usage aux Provinces de France méridionales. 4 BOTES. On le dit au pluriel de la terre qui Rattache aux souliers dans un terrain gras. (5>i vous allez dans ce jardin , vous y prendrez des botes , vous en rapporterez des botes.) BOTELAGE , f m. [Manìpulorum coaHïo. J L’ac- tion de celui qui botéle du foin. (Le botelage de ce foin coûte tant.) BOTELER , -v. a. [ In manipules collisare. ] Mettre en botes. (Boteler du foin, de k paille.) BOTELER, v. a. Terme de Vendeuses de raves , %?c. C’est mettre cinq ou six raves ensemble & les lier; ce qui s’apelle en faire des botes, ou les boteler. (II faut vìte boteler ces raves , les porter au marché , ou les crier par les rués. On dit aussi ce mot boteler , des autres choses qu’on met & vend en botes, comme oignons , asperges , &c.) ■ BOTELEUR , f. m. [ Coaftor .] Celui qui met le foin & la paille en botes. BOTER, v. a. [Ocreas induere.'] Mettre les botes à queìcun. 4 BOTER , signifie aussi faire des botes. Ce cor- donnier bote bien. Se boter , v. a. Mettre ses botes. Se boter pour aler en campagne.) 4 On dit aussi qu’un homme fe bote bien , ou se bote mal, lors qu’il porte des botes bien faites ou mal faites. 4 Se boter , fe dit encore de ceux qui emportent beaucoup de terre à leurs piez en marchant dans un terrain gras. On le dis aussi dans le . même sens d’un cheval. BOU 261 BOTINE ,//. [Levier ocrea.J Petite bote. (Le bon homme de k Motte le Vaïer a porté des botines toute fa vie. De jolies botines. . Des botines très-commo- des. Philippe Second envoïa à D. Juan des botines parfumées, qui lui coûtèrent k vie. Bis. de D. Car- los, p. 3IS-) í$ BOTINEUIIS- On apelioit ainsi les Moines chaussez. Villon dans le grand Testament : Les autres font entrez aux cloijlres Des Céleftins , U des Chartreux , ■ Botez , housez , compejcheurs d’oijìres. Rabelais : matagots , boutineurs. 4 BOTUA- Plante médecin ale , plus connue fous le nom de Pareira-brava. 4 BOUAR- Terme de Monoiage. Gros marteau assez semblable à celui que les Monoïeurs apellent/«í- toir , mais plus gros & plus racourci. On s’en servait à bouërles monoïes , quand on les travailloitau marteau. 4 BOUBIE , / /• Oiseau aquatique , qu’on trouve en quelques lieux de F Amérique, dont la chair est noire & a le goût de poisson. BOUC, f m. [ Hircus. ] Le mâle de la chèvre. (Puant comme un bouc. S. est lascif comme un bouc.) BOUC émissaire, étoit chez les Juifs le bouc envoie dans le désert, pendant que l’autre etoit destiné au sacrifice. Sacy. 4 BOUC-ESTAIN. voïez Bouquetin. 4 BOUC , se dit aussi d’une peau de bouc rempli de quelque liqueur. Un bouc de vin , un bouc d’huile. On apelle barbe de bouc , la barbe d’un homme qui n’a du poil que fous le menton. BOUCAGE,/ m. Plante dont la racine est fort apéritive. 11 y en a de plusieurs efpeces. Voïez Tournefort. BOUCAN, f m. Mot Américain. Gril fait de bois de Brésil, qu’on éleve au dessus du feu pour y faire griller de k viande. (Mettre le boucan furies charbons. Mettre fur le boucan, tìijioire des Boucaniers. ) f BOUCAN , f m. [Lupanar , fornixs Bordel. Aler au Bordel. Ces mots ne te disent, en ce sens, qu’au ftile comique & satirique. BOUCANER , v. a. [Fumo secare pisces vel carnes.f Terme de Boucanier. C’est mettre de la viande sur le boucan, & k faire fumer & griller. Les Boucaniers Américains font boucaner de la chair d’homme , éc les Boucaniers François de la chair des animaux qu’ils ont pris à la chasse 4 BOUCANER, v.n. II signifie aler à la chasse des beufs & des autres animaux , pour en avoir les cuirs. BOUCANER. [ScortarLJ Est aussi un v. n , qui fe dit dans le ftile comique & satirique , de ceux qui fréquentent' les lieux de prostitution & de débauche. (C’est un infâme qui ne fait que boucaner.) BOUCANIER , / m. [Qui pisces, fumo, vel carnesJìc- cat.] Prononcez Boucanié. Les boucaniers font des Indiens naturels des Isles Antilles , qui vivent dans les bois, qui ontacoûtumé d’y chasser, & lors qu’ils font des prisonniers de guerre , ils les coupent en picces, ensuite ils les mettent fur des boucans pour les fumer & les griller. (Les boucaniers font dangereux. On est malheureux quand on tombe entre les mains des boucaniers.) BOUCANIERS,/ rn. Des boucaniers Indiens, d’où les boucaniers François ont pris leurs noms. Ce sent des gens qui dans f Amérique s’assemblent dans les bois, y vont chasser, & après avoir pris plusieurs bêtes , les coupent en pièces & les mettent griller lûr le boucan. Ensuite ils en vendent les peaux ; & de l’argent qu’ils en retirent, achètent clu vin, & sc plongent en toute forte de débauche. Ces boucaniers sent armez de fusils & de baïonnettes, ils sont habillez de haut-de-chausseS , de casaques & de bonnets da toile , & ils portent avec etìx une tente de toile pour se reposer dessous, & fe garentir des moucherons. 4 BOUCANIERS. On entend aussi quelquefois par le nom de boucaniers , ces fameux avantufìers de toutes les nations d’Europe, qui s’unìssent pour faire la guerre atix Espagnols de FAmeriqiie. BOU CASSEN , ./! ru. [ Lìnteum tetcttím , àfuíhne fubaHum ac tìnHum.'] Futaine polir doubler, (Bou- caílìn fort bon,) K k î 4 BOU- 2 6 2 BOU f BOUCASSINE', adj. Une toile boucajjìnée , est celle qui est aprêtée, & mise en boucassm c’est-à-dire , gommée & calendrée. tí BOUCAUT. C’est le nom de quelques rivières , qui s’embouchent à la mer, ou dans les lacs , ou qui prennent en leurs embouchures le nom de boucaut , comme les embouchures des rivières des Basques & des Landes. . f BOUCAUT. Moïen tonneau, qui sert a renfermer diverses marchandises. Un boucaut de girofle, de muscade, de morue, un boucaut de vin, à. C’est-à- dire, un tonneau rempli de ces marchandises. BOUCHARDE , s. f Outil de Sculpteur en marbre qui est une espèce de cizeau en pluiieurs pointes de diamant. BOUCHE,/^/ [Or.] Ce mot se dit proprement des personnes, & veut dire tout l’espace qui est depuis les lèvres jusques à la gorge, où sont contenus le palais, les dents & amigdales. (Bouche vermeille. Bouche riante. Bouche d’œillet. Bouche de rose. Aprochons-nous pour voir si fa bouche respire. Mol. cocu, a. 4. 11 m’a mis dans la bouche un nouveau cantique. Je n’ai point eu la bouche fermée quand il a falu parler de vos merveilles. Port-Royal, Ps. 59.) Fermer la bouche. Votez Fermer. Flux de bouche. Volez Flux, Stc. * BOUCHE. Ce mot, au figuré, a plusieurs sens. Exemples. (Avoir bouche à cour. C’est être nourri dans un logis. Nous avons pris fur nôtre bouche la dépense des funérailles. Patru, plaid. Z. C’est-à-dire, nous avons vécu petitement pour fournir aux frais des funérailles. On ne lui J'auroit plus ouvrir la bouche. Voit. I. C’est-à-dire, on ne le íàuroit plus faire parler. 11 y a plut de cent mille bouches a l’armée. C’est- à-dire,'cent mille créatures qui mangent. Fermer la bouche à quelcun. C’est-à-dire, faire taire, empêcher de parler, de répliquer. Elle n’en fait point la petite bouche. Proverbe, pour dire : Elle le dit franchement. Elle fait la petite bouche. Faqon de parler baise, pour dire : Elle ne mange pas à table. Cela vous fera bon- ne bouche. C’est-à-dire, cela vous rendra l’haleine douce Sc agréable. Garder pour la bonne bouche. C’est-à- dire, garder pour la fin du repas. Avoir bonne bou- che. C’est-à-dire, ne rien découvrir. Bouche cousue. C’est-à-dire, ne parler pas. ETavoir ni bouche ni éperon. Proverbe, pour dire, n’avoir ni parole ni esprit. Ne dire mot, paroìtre sot ou sote. Veau lui vient en la bouche. C’est.à-dire, il désiré. 4 = Avoir toujours à la bouche. C’est redire continuellement une chose, ou certaines paroles. Cette afaire va de bouche en bouche. C’est-à-dire, cette afaire devient publique. On apel- le un Saint Jean bouche d’or, un homme indiscret, incapable de se taire, qui dit tout ce qu’il sait. Se traiter à bouche que veux-tu. C’est faire bonne chère, ne se rien refuser. Laisser quelqu'un fur la bonne bouche. C’est le laisser sur quelque pensée agréable, ou sur une esperance qu’on lui donne. BOUCHE , f. f. [_Menfa régis prafeéîura .J Une des principales ofices où sont les viandes destinées pour être servies au Roi. ( Quand le Roi demande fa viande, le Maître d’Hôtel qui est de jour, se rend à la bouche.) BOUCHE , f. f. Ce mot se dit de quelques animaux, comme du cheval, du mulet, & de quelques poissons. (Cheval qui a la bouche délicate, tendre, bonne, fine, sensible, assurée. Cheval sans bouche. Cheval qui n’a point de bouche ; c’est-à-dire, qui n’obéït point à la main. Cheval qui à la bouche joia- le. Cheval qui a la bouche fausse , c’est-à-dire, qu’il n’y a aucune sensibilité. Cheval qui a la bouche chatouilleuse i c’est-à-dire , qui craint trop le mords, &c. La bouche du saumon. La bouche de la carpe, de la grenouille. Rond.) î On dit fig. d’un homme stupide, insensible, qu 'il lia ni bouche ni eperon. Un homme fort en bouche , est celui qui est hardi à parler, & qui est toujours prêt à repartir. BOUCHE. Ouverture. Entrée. (Bouche d’estomàc, de matrice, de ventricule. Bouche de tuïau d’orgue. Bouche de four. Bouche de pétard, de canon, St c.) BOUCHE, s. f. [ Ostium. ] Ce mot se dit de l’en- droit où les rivières se déchargent dans la mer. (Le Danube sc décharge par sept bouches dans la mer noire. On parle aullì des bouches du Nil. On apelle BOU ces bouches, les embouchures des rivières. Voïez embouchure.) De bouche , adv. \jOre.) De parole. En parlant. (11 est plus expédient de consulter de bouche que par écrit. Abl. Tac.) ǧ ha bouche & les mains. Dans un très-grand nombre de Coutumes, la bouche £Vf les mains , s’en- tend d’un hommage sec, & fans être acompagné d’au- cune redevance féodale. Le fameux Chevalier Bayard tint un jour ce discours à la Dame de Fluxas qu’il aimoit: Vous étés la Dame en ce monde qui a premièrement aquis mon caur a son service , par le moien de vôtre bonne grâce; je fuis assuré que je rien aurai ja. mais que la bouche sf les mains ; car de vous requérir d’autre chose , je perdrais ma peine ; aufjì fur mon ame, j’aimerais mieux mourir que de vous presser de déshonneur ; bien vous prie que vous veuitliés donner un de vos manchons, car j’en ai à besogner. Loi sel a dit dans ses Injlitutions Coutumières, íiv. 4. tit. 3. art. 10. En quelques contrées, la femme ne doit que la main ; mais la courtoisie Françoise doit aujsì la bouche. Saint Julien raconte dans ses Antiquitez de Bourgogne, que Louis le Débonnaire inféoda à Warin, ou Guarin, Comte de Châlon, le Comté de Mâcon, St sc réserva la bouche les mains , pour marque de sa dépendance à la Couronne. BOUCHE E, // [ Buccella, bolus.) Plein la bouche. (Avaler une bouchée.) BOUCHER, v. a. [Claudere, occludere .] Fermer avec un bouchon, ou autre chose. (Boucher une bouteille. Se boucher les oreilles. Mettre quelque choie dans ses oreilles afin de ne pas entendre. Boucher. Fermer.) Boucher les passages, boucher les con- duits. Se boucher les yeux, &c. &au figuré, ne vouloir pas entendre. 4 = BOUCHE', bouchée , part. Qui est fermé. Entrée bouchée, chemin bouché. On dit fig. d’un homme qui ne peut rien comprendre, qu’on enseigne inutilement, c’est un esprit bouché. BOUCHER , f. m. [Eanius.J Celui qui tué beufs, veaux & moutons, & qui en vend publiquement la chair, dans un lieu destiné pour cela. (Un riche bou- cher.) Voiez Mr. Ménagé, fur l’etimoiogie de ce mot , Çg le P. Labbe. BOUCHERIE , f. f. [ Carnarium.) Lieu où le bou- cher vend la chair. (La boucherie ne se tient ni le vendredi, ni les jours de jeûne. Les boucheries se ferment le Carême. Ouvrir la boucherie.) BOUCHERIE, [CœdesJirages.J Grand carnage. Plusieurs personnes tuées en quelque combat, (ils enfoncent l’elcadron, St en font une cruelle boucherie. Vaug. (suint. I. }. c. 11. II y eut une grande boucherie, & le sang ruisselois de tous cotez. Abl. Luc. t. 2. On les mène à la boucherie.) 4 = BOUCHET , J. m. Efpéce d’hypocras qui se fait avec de l’eau, du sucre, & de la canelle, bouillies ensemble. BOUCHETURE , f. f. [ Obturamentum .] Tout ce qui sert à fermer, St à boucher un pré , une terre labourable, & autres héritages pour empêcher que les bêtes n’y entrent. BOUCHIN. C’est la partie la plus large du corps d’un vaisseau. Voiez Aubin. BOUCHOIR,/ m. [ Operculum.) Terme de Boulanger St de Pâtissier. C’est une grande plaque de fer, au milieu de laquelle il y a une poignée, & qui sert à boucher le four. (Ce bouchoir est neuf St bon. Le bouchoir est vieux & use. Mettre le bouchoir. Oter, tirer le bouchoir.) BOUCHON,/ m. [ Obturamentum .J Tout ce qui sert à boucher quelque chose. Un bouchon de bouteille. Un bouchon de cornet d’écritoire.) BOUCHON de cabaret. [Ramus viridis, venalis index.) C’est un chou , quelques brins de lierre, ou quelqu’autre petite branche qu’on met devant le cabaret. * Et ce mot, bouchon , étant pris figurément, signifie le cabaret même, & le lieu où l’on vend du vin à pot & pinte. ( Lieniére met toute fa gloire A Je soûler comme un coenon , Et prend plaisir à boire De bouchon en bouchon. BOUCHON de paille. JStramineus peniculus.) C’est une poignée de paille tortillée dont les valets d’étable bouchonnent leurs chevaux. $ |ûV« BOU 4 BOUCHON. Mettre m bouchon signifie chifonner, Sc mettre en un tas. II a mis tout ce linge en bouchon. BOUCHON , s. m. [ Corculum .] Nom qu’on donne aux jeunes enfans ; mon petit cœur, mon petit bouchon : d’où vient que bouchonner se dit pour cajoler. (Sans cejfe nuit g? jour je te caresserai , Je te bouchonnerai, baiserai , mangerai. Mol.) f BOUCHON. Sorte de laine d'Angleterre, ainsi nommée , de ce qu’elle est tournée & pliée en des es- peces de paquets , ou bouchons. BOUCHONNER,», a. [ Defricarel] Froter avec un bouchon. (Bouchonner un cheval. ) H Bouchonner du linge , c’est le chifonner. í BOUCHOT, / m. Parc, ou pêcherie , que l’on construit fur les greves, ou bords de la mer, pour prendre du poisson. BOUCLE,// [ Fibula. ) Instrument de métal rond ou quarré composé du corps de la boucle , d’une chape , d’un ardillon , & d’une goupille. (Une petite ou grosse boucle. De bonnes ou de méchantes boucles. Porter de belles boucles à ses fouliez.) $ BOUCLE. On apelle ainsi Panneau que les dames attachent à leurs oreilles. Des boucles d’orcilles. BOUCLE àe baudrier. Cette forte de boucle n’a oint d’ardillon, ni de chape, & ne sse met fur le audrier que pour l’embélir. (Monter les boucles fur le baudrier.) BOUCLE à boucler les cavales. C’est une forte de petit anneau. BOUCLE de forte. \_Annuiml\ Sorte de grand anneau de fer attaché à la plupart des portes cochéres & autres, servant pour heurter. BOUCLE de cheveux. [Cineinni.] Cheveux anne- lez & tournez en rond. BOUCLE de perruque. Cheveux qu’on tourne en rond , qui sont derrière la perruque , & qui pendent sur le dos. BOUCLE , / / [Carcer.] Clé , ou prison. (Tenir fous boucle. C’est-à-dire , sous la clé , ou en prison. Fourni) (f Les Marins se servent aussi de ce terme dans la même lignification. (Mettre un matelot fous boucle.) (■§ Un port bouclé , c’est-à-dire , qui est fermé, & dont on ne peut sortir. On dit boucler un port. BOUCLER , v. a. [Cincinnarre.] Ce mot se dit des cheveux, & veut dire, les faire en boucle. (Boucler des cheveux.) BOUCLER- [ Fibulare .] Ce mot se dit des cavales, & c’est fermer la nature d’une cavale avec quatre ou cinq boucles, ou autres pareilles choses, de peur qu’elle ne soit couverte de l’étalon. (Boucler une cavale.) BOUCLE'. [ 'Fibulatus .] Terme de Blason. C’est le colier d’un lévrier, ou d’un autre chien qui a des boucles.) BOUCLIER , / m. [ Clyfeus , fcutuml] Arme défensive, laite anciennement de plusieurs cuirs de beuf; niais aujourd’hui elle est de métal, & on s’en couvre our empêcher les coups de l’ennemi, lors qu’on se at de près. f Le bouclier n’est plus en usage dans nos armées. * BOUCLIER. Défenseur. Protecteur. ( Le Seigneur est mon bouclier. Port-Royal, Ps Celui qui a été le bouclier de la France, n’a pu se mettre à couvert de leurs coups. Voìt. I. 68-) On dit, une levée de bouclier. ['Incœptum magna fama irrìtum .3 Pour dire , une entreprise de grande aparence qui demeure vaine & sans effet. Le Duc de Savoie a fait une levée de bouclier devant Toulon en 1707. (§’ La perte de son bouclier dans une bataille, ren- doit un soldat infâme pour toujours. Epaminondas mourut content, lors qu’il sçût que son bouclier étoit auprès de lui ; & les mères Lacédémoniennes recom- mandoient à leurs enfans, lors qu’ils aloient à la guerre , de revenir avec leurs boucliers , ou fur leurs boucliers. {g Le bouclier que l’on voit fur des médailles signifie des vœux publics rendus aux Dieux pour la conservation d’un Empereur, ou d’un Roi. II marque aussi la reconnoiffance autentique de la protection d’un Souverain dont l’autorité conserve ses sujets dans une tranquillité assurée. Ces sortes de boucliers furent nommez clipei votivi, & on les exposoit BOU 263 dans les temples. On trouve en quelques-uns , ce mot, Anciliœ , par raport au bouclier envolé du Ciel pour la protection de la ville de Rome. Mr. Spon en a fait une assez longue Dissertation dans lès Recherches d’Antiquités, ; & Mr. l’Abé Massieu en a de même fait un Traité, que l’on trouve dans le premier tome de FHiJìoire de F Académie des Inscriptions. BOUGON, J- m. (Venenum, toxicum .] Le mot de boucon vient de l’italien boccone , où il signifie poison. 11 n’entre que dans le stile familier, ou dans des ouvrages qui ne font pas d’un stile fleuri & élevé. Mahomet mourut à soixante & trois ans, d’un boucon que lui donna dans une pomme son Sécretai- re Buhanduca, à la ville de Médine. Abl. Marmol. t. a. I. i. ch. a. On lui a donné un boucon.) . t BOUDER, v. n. [ Mujsarel} Gronder. (Elle ne fait que bouder. Les esprits fossiles & timides font sujets à bouder. Si son amant ne veut point s’acorder, Point n’en pleure la belle , II le faudra laisser bouder. Airs, /.i.) f BOUDER, se dit proprement des enfans. (Ces enfans ne font que bouder, ils font toujours mauvaise mine.) f BOUDER, est quelquefois actif dans le stile familier. ( Cet homme me boude depuis long-tems. Pourquoi me boudez-vous ? ) BOUDERIE , / f. [MoroJItasl] Mauvaise humeur, fâcherie cachée. (II lui faut laisser passer fa bouderie.) BOUDIÍUR, / m. f Morosus. ] Celui qui boude. C’est un franc boudeur.) f BOUDEUSE, / m. [MorosaJ Celle qui boude. (C’est une franche boudeuse.) f BOUDELLE , / / [Penna.J Petite plume pour écrire. (Une bonne boudelle. Ce mot vient de bout- d’aile, parce que c’est une plume tirée du bout de l’aile. BOUDIN, / M. [ Botulus , botullus .] Boïau de cochon rempli de sang & de graisse , assaisonnez, qu’on fait cuire & griller ensuite avant que de le manger. (Faire du boudin.) LaNovelle iZ. de l’Empereur Léon , défend de manger du boudin. BOUDIN blanc. Ce boudin fait de blanc de chapons , & d’autres bonnes choses bien assaisonnées. H On dit prov. qu’un projet s’en ira en eau de boudin , pour dire , qu’il n’aura point de succez. Ce proverbe est bas. BOUDIN. Terme de Mineur. Fusée où il entre des étoupes , & autres matières susceptibles de feu , & dont on se sert dans les mines. BOUDINE , f. f. Terme de Faiseurs de Verres & de Vitrier. C’est le milieu du plat, ou d’un rond de verre , & l’endroit par où il se finit quand on le fait. (Quelques-uns le nomment boudin. Les boudinés lignifient aussi ces ronds de verre qu’on met aux châssis & aux fenêtres. Les boudinés sont plus fortes que les autres. Garnissez-moi ce châssis, & n’y mettez que des boudinés qui soient bonnes.) H BOUDINIER , / m. Celui qui fait, ou qui vend des boudins. C’est une des qualitez que prennent les chaircuitiers de Paris. BOUDINlE'RE, f. / {Jnfundibu!uml\ Petit entonnoir de fer blanc pour faire du boudin. BOUDINURE , / / Terme de Marine. C’est une envelope de cordages, qu’on met autour de l’ar- ganeau de l’ancre , pour conserver le cable. BOUë,/ f. [ Lutum , canuml] Terre môle, foulée & trempée de pluie. (Je les anéantis comme la , boue des rués. Vort-Royal , Psi) ^ Pdier les boués. C’est palet la taxe pour le nettoiement des boues. * C’ejì une ame de boué. C’est-à-dire, une ame vile & basse. Tu vas couvrir de boué les beaux titres de ta maison. Main. Poés. C’est-à-dire, tu vas déshonorer les titres de ta maison. L’bomme n’est qu’un peu de boue; c’est-à-dire, quelque chose de vil. (II a été tiré de la boué ,• c’est-à-dire , d’une condition basse & vile. ) 4= Bâtir une maison de boué. C’est prov. la bâtir avec des méchants matériaux. jg On dit figurément : sa mort nom les ravit, la fortune- s’en joué ; Ax- 264, BOU Aujourd’hui sur le trêve, U demain dans la bout. Cornéille, Polieucte. f BOUë, se dit aussi du pus qui fort d’un abscez. (Si cet abscez crève, il en sortira beaucoup de boue.) BOUE'E, f /• Ternie de Mer. Ce sont des paniers, tonneaux, barils, bois flotans, qu’on met pour marquer les passages dangereux, & obliger ainsi à les éviter. On apelle aussi ces bouées , des balises , & l’on dit, découvrir des bouées ou des balises, mettre des bouées. BOUE'E, f f. Terme de Mer. C’est aussi une marque qu’on met pour reconnoître l’endroit où l’on a laissé tomber l’ancre. (Cette bouée est amarrée par un bout avec un botìn ; c’est-à-dire , qu’elle est nouée par un bout avec une grosse corde.) H BOUeR, v. a. Ternie d e Monoiage au marteau. C’est fraper les flaons, placez les uns fur les autres, avec le marteau nommé Bouar , afin de les joindre, coupler, & toucher d’assiette, pour les faire couler plus aisément au compte, & à la main. BOUEUR , f m. [Purgandte luto urbis curât or. ) Celui qui ôte les boues des rués. BOUEUR. Oficier sur les Ports de Paris, qui a foin de nétéìër le Port, & d’en faire enlever toutes les ordures. BOUEUX , boueuse , adj. [Lutosus, cœnosus .] Rempli de boue. Les lieux bas font sujets à être boueux. * Le Parnasse doit être boueux, car il en vient beaucoup de Poètes crotez. H BOUFANT, bousante , part. On ne le dit guère que des étoles qui ont de la consistence, & qui se soutiennent d’ellcs-mêmes. (C’est une étose bousante .) BOUFE'E DE VENT , s. f. [Ventì fiat m.s C’est un soufle de vent prompt & violent, mais qui ne dure pas long-tems. (II vint une si Furieuse boulée de vent, que nous fûmes contraints de relâcher quelque iems.) $ * BOUFE'E , s. s. [Halituï.] Ce mot se dit des personnes, mais en mauvaise part. 11 signifie un soufle qui sort de la bouche d’une personne. (II sort de la bouche de ces ivrognes des boulées qui engloutissent le coeur.) f BOUFE'E de fièvre. C’est un accez de fièvre, qui n’a point de fuite. On dit fig. s’adonner à une chose par bousées , c’est-à-dire , par boutade, par intervalle. Acaà. Fr. BOUFER, D. ». [Instar e.3 Enfler. (Le vent fait bouler les habits. Vôtre chemise bouse.) f BOUFER. [IraJ'ci, fiomachari.'} Etre en mauvaise humeur. Etre dans une colère qui n’éclate pas. (II bouse.) BOUFER, v. a. Terme de Boucher & de Rôtisseur. Soulier une bête tuée pour en rendre la chair plus belle. (Bouler un beuf, un mouton , un veau, un agneau.) BOUFETTE , s f [ Floccuí, fiocculus. ] Toufe de petits rubans, ou de nompareille, que les Dames se mettent aux oreilles. C’est aussi une houpe de laine qui pend fur k nez, & à côté de la bride du cheval de harnois. BOUFI, boufie , adj. [Tumìdw, turgidus, tumens .3 II se dit le plus souvent parlant de maladie , & veut dire, enflé, à cause de quelque mal qui lui est arrivé. (11 a le visage tout boufi.) * BOUFI, boufie, adj. II se dit au figuré, & se prend toujours en mauvaise part ; il signifie qui est so- tement rempli de lui-même , qui pense trop avantageusement de son petit mérite. (N. s’est imaginé tout seul qu’il avoit du mérite, & il en est boufi d’un orgueil insuportable, qui le rend ridicule à tout homme qui a du bon sens. Elle est sotement boufie de sa vaine naissance, & de ses qualitez imaginaires. Toutes ces remarques ne sont que des productions d’un homme boufi de lui-même. Traité de la parejje , a. entr. page 146.) BOUFI, boufie, adj. [ Infiatus, tumidus .) II se dit aussi au figuré, du stile, mais toujours en mauvaise part, & signifie qui est trop élevé , trop haut. (Balzac a eu quelquefois le stile un peu boufi. Le Père le Moine, Jésuite, a des expressions trop boufies.) BOUFIR , v. a. [Tumidum facere , inflareé ] II se dit parlant de maladie, & signifie enfler. (L’hidropisie boufiti tout le corps. On croit qu ’enfle tout le corps, BOU vau d roi t mieux que boufit tout le corps.) f L’Acadé- mie admet ce terme dans ce sens. BOUFISSURE , f. f. [Tumorfl Enflure. ( On juge mal de fa santé par la botifissure de son visage; on pense qu 'enflure vaut mieux que boufisfure.) BOUFISSURE,/ /. II se dit au figuré, du stile, mais toujours en mauvaise part. La botifissure de son stile déplaît. BOUFOIR , / m. Prononcez boufoi. Terme de Ronfleur. C’est un petit instrument de cuivre, qui est grand & gros comme une lardoire , qui est percé par les deux bouts , & dont on met l’un dans la partie de l’agneau qu’on veut bouler, & l’autre on le tient à la bouche , au travers duquel le Rôtisseur pousse son vent pour bouler l’agneau. (Un joli bonsoir. Un bonsoir très propre. Prenez votre bonsoir, & boulez les mignons de cet agneau.) BOUFON,/ m. [Beurra , mimnsfl Ce mot & les suivans viennent de l’Italien , & se disent plus en mauvaise part qu’en bonne. Celui qui plaisante. (C’est un froid boulon. Molière & Poisson étoient les plus agréables boulons de leur tems.) BOUFONNE , f f. [Mima. J Celle qui plaisante. (C’est une franche boulonne. Elle est une charmante boulonne. ) H Faire le boufon. C’est aimer à faire rire la compagnie , la divertir. Servir de boufon ; c’est servir de sujet de moquerie , & de risée. (Personne ne prend plaisir à servir de boufon. BOUFON , boufonne , adj. [ Scurrilis , mimicus. ] Gaillard , plaisant. ( Esprit boufon, humeur boufonne. ) BOUFONNER , v. ». [Scurrare , scurrìliter ludere.] Plaisanter. ( 11 se plaît à boulonner. Abl. Luc. íl boulonne avec esprit.) BOUFONNERIE ,/ s. [Scurrilis jocusfl Chose boufonne , plaisanterie. ( Une froide , une fausse bou- fonnerie. Une boufonnerie spirituelle.) BOUGE, / m. [Cellulafl Sorte de petite chambre sans cheminée. (Un petit bouge.) BOUGE. [ Arcuatio. ] Terme de Potier A’étam. C’est le demi-cercle qui est autour du fond de l’alïìette. BOUGE. [Umbo.J Terme de Tonnelier. Le milieu de la futaille, & la partie la plus grosse & la plus élevée. £ BOUGE. Espece d’étamine fine , blanche & claire , dont on fait les chemises de la plupart des Religieux , qui n’usent point de toile. 4 = BOUGE. Espece de grand sac où l’on mettoit la vaisselle en campagne , avant qu’on eût inventé les cosses garnis de revêche , & séparez en forme d’étuits, our chaque pièce d’argenterie. 11 y avoit aussi des ouges plus petits, pour porter Purgent monoïé. On les apelle à présent bougettes. H BOUGE. On nomme ainsi sur les côtes de Guinée & en quelques lieux d’Afrique, le Coquillage blanc des Maldives, qu’on apelle Coris, ou Garnis , & qui y sert de petite monoïe. BOUGEOIR, / m. [ Cerarium. ] Manière de petit martinet ou de chandelier. Ce bougeoir a une queue, une bobeche, & un bassinet avec des rebords. 11 y a un autre bougeoir qui est aussi composé de deux petites plaques rondes jointes ensemble , au milieu desquelles on met de la petite bougie. BOUGER , D. ». [Confistere.3 II ne se met point sans négative, & il signifie, se tenir en la place où l’on est. Etre toujours avec une personne. ( farinée ennemie s’avançoit au petit pas, & la notre ne bougeoir. Abl. Arr. ì. 1. II ne bouge d’avec les Dames. Vmt. Pots.) BOUGER, v. ». [Moveri, movere se.~] Se remuer, changer de lieu. 11 ne s’emploïe guere qu’avec la négative. (Ne bougez pas, Monsieur.) 0 " Molière , dans son Avare , a dit : Ah ! Valero, ne bougez point d’ici. Rejìez ici, est plus élégant. Ce verbe est neutre ; ainsi on ne doit pas dire , les soldats ne se bougèrent point , mais ne bougèrent point. BOUGETTE,/ f. [ Bulga .3 Grande bourse qu’on porte à l’arçon de la selle , & où l’on met des vivres. ê L’Académie dit que ce terme est vieux. BOUGIE, s. f. [Filuin inceratum. ] Chandelle de cire blanche. C’est une sorte de fil particulier apellé de Guibrai , trempé dans de la cire fondue , & passé par un instrument qu’on apelle filière. (Bougie jaune, B OU jaune, bougie blanche , celle-ci est plus chère que la jaune. Bonne ou méchante bougie. Bougie peinte, verte, rouge. Filer de la bougie. Plier de la bougie. Faire un pain de bougie. Mettre de la bougie en pain. Un brin de bougie.) BOUGIER, v. a. [Incerare oram vestiariam.'] Terme de Tailleur. Ce mot se dit des étofes de foie, & il signifie, passer de la cire d’une bougie fur les bords de l’étofe quand elle est taillée , de peur qu’elle ne s’éfile. (Bougier du tafetas, du damas , du velours, de la moire.) BOUGRAN i s- m. [ Tela gummì oblìîa. ] Sorte de toile noire. H BOUGRANE', ée, adj. On apelle toile bougra- née , celle qui a été aprêtée & mise en bougran. BOUGRANIE'RE , adj. Ce mot n’est usité qu’au féminin , & ne fe donne qu’aux Lingères dans leurs lettres de maîtrise. (Le sieur Barbin Libraire m’a montré celles de fa femme, où j’ai vû qu’on l’apel- loit maîtresse Lingère , bougraniére Sc canevasiìére.) £§ BOUGRES. On apelloit autrefois Bougres, les Bulgares ; & Bougrie , la Bulgarie. Depuis , Bougres Sc Hérétiques devinrent sinonimes. Nous lisons dans Froissart, liv. i. ch. 227. Et fut (il parle de Dom Pedro de Castille ) en plein Consistoire en Avignon , U en la Chambre des excommuniez , publiquement déclaré & réputé pour bougre U incrédule. Et dans le ch. 7. du second volume : Un certain Betifach, Trésorier du Duc de Berri, fut brûlé vif à Beziers , pour avoir avoué qu’r/ étoit Hérétique , U quil tenoit Vopinion des Bougres , qui nioient la Trinité & l’Incarnation. Le terme , Bougre , devint après sinonime , avec Sodomi- te ; Sc à présent il signifie un coquin, un perdu d'honneur & de réputation, enfin un homme de mauvaise vie. Sancy raconte dans fa Confession , liv. 1. ch. 2. qu’un Poitevin lui demanda un jour s’il fauroit lui résoudre une gaillarde question , pourquoi les Bougres font plus zélez contre les Huguenots que les autres Catholiques. Je me pris à rire (dit Sancy) U il me souvient d’avoir autrefois oùi dire au bon homme Maréchal d’Aumont : Mais Dieu , il n’y a que les Bougres qui nous nenaçent du tiers parti , qui veulent chasser les Huguenots. Sur l’étymologie de ce terme, voïez Ménage. BOUILLANT, part. [Fervent.] qui veut dire, qui bout. * BOUILLANT, bouillante , adj. [FervidmJ Chaud, ardent, vif, prompt. (Sablon bouillant, esprit bouillant. Vaug. Quint. I. 4. Humeur chaude & bouillante. Abl. Lucl Tout bouillant de vin & de colère. Defrr.fat. 3.) {§ Mr. Corneille , dans le Cid , a dit : On l’a pris tout boitillant encore de fa querelle. Mais l’Académie a remarqué qu’on ne peut dire , bouillant d’une querelle , comme on dit, bouillant de colère. BOUILLE, f f. Terme de Pêcheur. C’est une longue perche, large par un bout, dont les pêcheurs fe fervent à remuer la vase, Sc à troubler Peau, asm que le poisson entre plus facilement dans les filets. f BOUILLE , f. f. Droit qui fe païe en Rouffil- lon, pour la marque des Draps, & autres étofes de laine. £ BOUILLE , f. f. C’est auffi l’empreinte, ou marque, que les Commis mettent à chaque pièce de Drap ou d’étofe de laine, déclarée au Bureau des Fermes du Roi. £ BOUILLE-CQTONIS , Bouille-Charmaiy. Ce font deux espèces de ces satins des Indes, qu’on nomme en général des Atlas. BOiilLLER, v. n. [ Limum agitare. ] Terme de Pêcheur. Se servir de la bouille pour troubler Peau. £ ROUILLER une étofe. C’est la marquer suivant les Arrêts & les Réglemens. BOUILLIE; voïez plus bas. BOUILLIR, v. n. [Fervere, bullire.J Je bous, tu. bout , il bout. Nous bottillons, vous bouillez , ils bouillent. Je bouillis , f ai bouilli , je bouillirai. Rebaisser tellement quelque liqueur, ou quelque chose de liqueur, qu’elle fe renfle & fe gonfle. (Bouillir à gros bouillons. Faire bouillir de Peau.) * Faire bouillir la marmite. C’est-à-dire , la faire bouillonner. Ces mots signifient aussi dans le burlesque & le figuré, fournir à la dépense de la maison ; ainsi Mainard a dit, le feu des vers ne fait plus bouillir la marmite. BOU 265 BOUILLIR. Ce mot fe dit du vin nouveau, & veut dire bruire, fe gonfler & écu me r. (Le vin nouveau bout dans les vaisseaux.) * BOUILLIR. Ce mot fe dit du sang, & signifie être chaud. (Quand le sang bouilloit dans mes veines, &c. Mol.) ch On dit aussi, la tête me bout , la cervelle me bout ; c’est-à-dire, je sens une chaleur excessive à la tête. H On dit fig. & prov. je croi qu 'on me bout du lait, c’est-à-dire, on me prend pour un enfant, on veut se moquer de moi. Dans ce sens le verbe bouillir est actif. BOUILLI, bouillie, adj. [Decofím, elixus.~] Qui a bouilli. (Lait bouilli. Eau bouillie.) BOUILLI, / m. {Elixum .] Viande bouillie. (Le bouilli n’est pas si sain que le rôti.) BOUILLEUX, bouilleuse , adj. II ne fe dit d’ordi- naire qu’au masculin, & même toujours de Messieurs les Normands. II veut dire, qui aime la bouillie. ; C’est un Normand bouilleux. Debrieux , origine des Coutumes anciennes, p. 6 .) BOUILLIE, boulie, f f. [Puls.~] Quelques-uns disent boulie, mais mal. L’ufage est pour bouillie. C’est du lait & de la farine qu’on fait bouillir, & dont on nourrit les enfans au maillot. ( Détremper de la bouillie. Faire de la bouillie.) t BOUILLIE. Les Papetiers & Cartoniers nomment ainsi, les drilles ou drapeaux qu’ils ont réduits en une consistance liquide. C’est avec cette bouillie de drapeaux, qu’on fait le papier & le carton. ch BOUILLITOIRE. C’est proprement en termes de monoïe , ce qu’on apelle le blanchiment des tìaons. Ainsi donner le bouillitoire , c’est donner la couleur à Por, & blanchir l’argent. £ BOUILLOIR , f m. Terme de Monoiage. C’est un grand vaisseau de cuivre, dans lequel on fait bouillir les flaons, pour leur donner le blanchiment. BOUILLON, st f [Unda.] Renflement d’une liqueur ou de chose liquide échaufée par le feu, (_Le bouillon du pot.) BOUILLON. [Jus, storbitiost Potage liquide, potage fans pain. (Prendre un bouillon tous les matins. Bouillon succulent, exquis pour son opéra , il nous a fait manger d’une soupe a bouillon perlé. Mol. bourg. a. 4. sc. 1. C’est-à-dire, d’un bon bouillon, exquis & blanchi par du lait d’amandes.) * Modère les bouillons de ta mélancolie. C’est-à- dire, modère les excès, l’ardeur, la fureur de ta mélancolie. Destreaux, fat. 7. * BOUILLON. [Crista teniola .] Terme de Tailleur. Ruban enjolivé pour mettre au bas des hauts-de-chauf- fes. Cet agrément est hors de mode. * BOUILLON, s. m. [Segmentum cristatum .] Terme de Tireur d’or. C’est un petit trait d’or ou d’ar- gent écaché, qu’on fait avec un rouet, & qu’on tourne en rond fur une éguille faite exprès. (Le bouillon entre dans toutes sortes d’ouvrages de broderie. 11 y a du bouillon fin, & du bouillon faux, qui n’est que de cuivre doré ou argenté. BOUILLON de chair. Terme de Maréchal. C’est une fuperfluité de chair qui vient fur la fourchette ou à côté; ce qui fait boiserie cheval. (Les chevaux de manège qui ne fe mouillent pas le pié, font sujets aux bouillons de chair. Guillet, homme d’tpée.) ch BOUILLON. Terme de Teinturier. 11 fe dit des eaux~préparées avec quelques acides & drogues non colorantes, dans lesquelles on fait bouillir les étofes, foies, laines, &c. pour les disposer à prendre & retenir plus facilement la couleur qu’on doit leur donner ensuite. Quand les foies ont une fois passé par les bouillons & par la teinture, on les apelle foies cuites ; au lieu qu’on les apelle foies crues, quand elles n’ont point encore eu d’aprêt. ch BOUILLON. S'el de bouillon. C’est le sel blanc de Normandie, qui fe fait avec de l’eau marine, qu’on fait bouillir dans des espèces de chaudières de plomb. f BOUILLON. C’est encore !e nom d’une espèce d’étamine. * BOÛILLON, st m. ['Segmentum undatum .] Ce mot, au figuré, fe dit parmi les Dames, & parmi de certains Marchands de rubans & de galanteries pour femmes. C’est un agrément de ruban qu’on éleve d’un air mignon, & dont on embélit le tablier des Dames. (Un joli bouillon. Un bouillon bien propre & bien mignon.) Le bouillon étoit auL, ii y a quel- Tome I. LI que 266 BOU que tems, un agrément de ruban qu’on passoit au bas des haut-de-chausses ; mais depuis le régne des culo- tes, ces derniers bouillons font hors de mode. BOUILLONNEMENT, s. m. \Liquoris erumpentes globié] Action de bouillir. (Le bouillonnement du vin bouru commence.) BOUILLONNER , v. n. [Ebullire .] Bouillir à gros bouillons. * BOUILLONNER. Ce mot fe dit du sang, & veut dire bouillir, être chaud. (L’amour régne, & le sang bouillonne.) * BOUILLONNER, v. a. [Cristarest Terme de Marchand Rubanier! Ce mot est ligure. C’est mettre du ruban bouillonné , ou un agrément de ruban qu’on apelle bouillon, autour de certains tabliers de femme. (II y a des tabliers qu’on lace , quelques-uns qu’on borde, & d’autres qu’on bouillonne , & qu’on apelle à cause de cela, Tabliers bouillonnez .) t BOU JON if m. Terme de ManufaHure de laine, en usage à Rouen en quelques autres lieux. II lignifie la même chose que Jurande. On s’en sert pour distinguer les Jurez des Drapiers-Drapans, d’a- vec ceux des Drapiers-Teinturiers. t BOUJONNEURS , ./.' m. Maîtres & Gardes, ou Jurez du Corps de la Draperie & Sergetterie de Le:,rivais , à qui il apartient de faire les visites par les maisons & Ouvroirs des Drapiers & Sergers , aux bateaux & moulins , & chez les Ouvriers & Foulons. BOUIS, buis i f. m. [ Buxus. j Le prémier de ces mots est le plus usité. Petit arbre toujours verd, qui vient en forme de buisson toufu , ( & qui se tond lors qu’il est un peu grand. L’Académie dit Buis. BOÙIS. Petit instrument de bonis dont le Cordonnier se sert pour lisser les talons. ( * Donner le boùis. Adoucir quelque choie.) Menton de bonis est un menton qui est large & qui avance en dehors. BOULANGER, f m. [ ;>/>>-.] C’est un artisan qui fait & vend du pain. ( Un Boulanger de petit pain. Un Boulanger de gros pain.) Le métier de Boulanger est le prémier, & le plus nécessaire de tous , & les meilleurs Boulangers de France , font ceux de Gonesse, gros bourg à quatre lieues de Paris. Ils fournissent les Bourgeois de cette Ville , ausquels ils vendent deux fois la semaine , le Mécredi & le Samedi , le pain dont ils on besoin. Le patron des Boulangers est S. Honoré , & ils en célèbrent tous les ans la Fête. Les Jurez Boulangers vont en visite chez les personnes de leur profession , & même chez les Meuniers , pour voir s’ils ne font point de fraude dans la mouture , & chez les Cabaretiers , pour con- noître s’ils vendent le pain au degré de l’Ordonnan- ce. Quiconque a quelque mal dangereux , & qui se ourroit communiquer, ne sera pas reçû Boulanger. e maître garçon se nomme Ceindre , & les autres, compagnons ou garçons Boulangers. On apelle quelquefois le Boulanger & ses garçons, Mitrons , mais c’est une injure. Les principaux outils du Boulanger , ce font le rable , le péleron, l’écouvillon, &c. BOULANGER , v. n. [ Farinant Jubigere.'] On prononce boulangé. Ce verbe est d’ordinaire neutre , & ne fe dit qu’en parlant familièrement ; c’est-à-dire, faire du pain. (C’est un des Mitrons de la Ville qui boulange le mieux. Faire boulanger.) BOULANGE'RE , f f. [ Pstoria ftemina. ] Sœur converse qui fait le pain d’un Couvent de Religieuses. ( La Sœur boulangère fatigue beaucoup.) BOULANGERIE , f. f. [ Piflrina. ] Lieu dans un Couvent , ou dans quelque grande Maison , auquel on fait le pain. Tout ce qui regarde le métier de Boulanger. ( Aler à la boulangerie. Ouvir ou fermer la boulangerie.) C’étoit autrefois le lieu où l’on pi- loit le blé avant l’invention des moulins , & où l’on envoïoit les esclaves travailler pour les punir. BOULANGERIE , f. f. C’est dans un Arsenal de Marine, le lieu où l’on fait le biscuit. (Une petite ou grande boulangerie.) t BOULANGERIE ,s f. I Pistura , pistoria. ] L’art de faire le pain. ( Ce garçon entend bien la boulangerie.) BOUÉE, f. f. [ Globus. ] Globe , corps sphérique tourné en rond , qui a un point au milieu duquel toutes les lignes à la surface sont égales. BOULE. Terme de Jardinier. On le dit de quelques arbrisseaux taillez en forme de boule. Une boule de Mirthe. BOU BOULE. Bois tourné en rond , dont on fe sert pour jouer aux quilles ou à la boule. ( Joiier à la boule. Jouer à la longue ou à la courte boule.) Le fort de la boule. C’est l’endroit de la boule où le bois est le plus pesant. On peint la Fortuné sur une boule, pour marquer son inconstance & son peu de fermeté. BOULE. Terme de Tourneur. Bois tourné en forme ronde, & qui sert à porter quelque ouvrage de Tourneur & de Menuisier. Ainsi on dit , boule de guéridon , de cabinet, d’armoire , de table , &c. í BOULE. Terme de Carrier. C’est ce qu’on apelle dans d’autres protestions , un rouleau, fur lequel on conduit les marbres , les pierres, les poutres, Sc autres matériaux peí'ans. On dit , mettre la pierre fur les boules, pour dire, la charger fur les rouleaux, pour la pousser au trou par où on doit la tirer de la carrière. £ BOULE , ou Sphere. Instrument de Miroitier- Lunettìer. C’est un morceau de cuivre, de fer, ou de métal composé, coupé en demie-sphere, monté avec du mastic sur un manche de bois, avec lequel ces Ouvriers font les verres concaves, qui servent aux lunettes à longue vue , aux lorgnettes, aux mi. croscopes , & autres instrumens. ê BOULE. Terme de Fourbijfeur. C’est un instrument qu’on nomme autrement Chasse-pommeau, par- ce qu’il sert à placer le pommeau d’une épée sur la foie de la lame. f BOULE , ou Finclume ronde. Terme de Chaudronnier. C’est sinstrument sur lequel on fait la quarre des chaudrons , poêlons , marmites, & autres ouvrages de chaudronnerie , qui ont des enfonçûres. * Tenir pié à boule. C’est ne quiter pas son travail. * A boulevuë , adv. Assurément. Jouer à boulevuë. Ménage , obs. fur la Langue Fr. c. 78. p. 149. * A boulevué. Inconsidérément. (Faire quelque chose à boulevuë. Ménage , obs. c. 78. p. 14g.) BOULEAU , s. m. [ Betulla. ] Arbrisseau à plusieurs branches, d’où sortent plusieurs verges qui pendent contre terre, & qui font aisées à plier. BOULER , v. n. [ Intumescere. ] II fe dit de certains pigeons qui ont une grosse gorge, & lignifie enfler la gorge. (Les jeunes pigeons qui viennent de grosses gorges , commencent à bouler à trois mois ou environ. (Voilàun beau pigeon , volez comme il boule.) BOULET s tu. [Globulm ferretts.'] Boule qui est d’ordinaire de fer , & dont on charge l’artillerie. ( Calibrer un boulet.) BOULET rouge , boulet enflammé. [ Fervent globu- lusf\ Ce font des boulets ordinaires de canon, qu’on fait rougir & enflammer dans une forge qui est auprès de la baterie. On s’en sert pour embraser les toits, & tout cc qu’ils rencontrent de combustible dans les places où l’on les jette. BOULET à deux têtes. [ Globuli bicipites. ) Qu’on apelle aulli Ange. Ce font deux moitiez de boulet jointes par une barre de fer, ou par une chaîne, comme la baie ramée d’un mousquet. On s’en sert fur mer pour couper les cables & les cordages, &c. BOULET,./.’ m. Terme de Maréchal. II se dit en parlant du pié du cheval. C’est un jointure au-def- fus du paturon. ( Le boulet est sujet à être entamé par le côté de l’un des fers du cheval qui a le boulet gorgé. 11 vient des crevasses au-dessous des boulets de derrière.) BOULETE', bouletée , adj. II fe dit du cheval, & veut dire celui dont le boulet est hors de fa situation naturelle. (Cheval bouleté. Cavale boulétée.) BOULEVARD, / >«. [ Agger. ] Terme dc Fortification , qui vient de l’Alemand. Le mort de Boulevard signifie un Bastion ; mais aujourd’hui, dans le propre , ce mot est vieux & hors d’ul’age, & en là place on dît, Bastion. Voïez Bastion. BOULEVARD. [ Propugnaculum .] Obstacle , défense. Le Tigre & l’Eufrate sont les deux boulevards dí ce Roïaume. Vaug. Quint. I. 4. Rhodes étoit autrefois le boulevard de la Chrétienté.) BOULEVERSEMENT ,s »t. [ Eversto, di- sturbatio.J Renversement, désordre. (C’est un bouleversement dans l’Empire des lettres. Boi. avi.) BOULEVERSER, v. a. [Evertere, demoliri , disji- cere. J Renverser fans dessus dessous. ( 11 s ont tout bou- BOU bouleversé. Abl. Ils tournent & bouleversent lag consciences à leur gré Pasc. I. ç.) ê BOULEUX , s. m. On apelle ainsi un cheval trapu , qui n’est propre qu’à des services de fatigue. Ce cheval est un bon houleux. Ce mot n’a point d’autre usage dans le sens propre. On apelle an figuré un bon houleux , un homme d’un génie médiocre , qui fait pourtant bien son devoir dans l’oca- sion. Acad. Fr. í BOULI,/ rn. Pot à préparer le thé. II y en a de cuivre étamé, qui viennent du Japon ; & d’au- tres de terre rouge, qu’on aporte de Siam. BOULIER. Filet fait comme une seyne, dont les Pêcheurs se servent sur les côtes de la Méditerranée, & qu’ils tendent ordinairement aux embouchures des étangs salez. BOULIMIE , s- m. Mot qui vient du Grec, & qui veut dire une grande faim. ( Plusieurs furent travaillez de la boulimie. Abl. r et. I. 4. c. 5.) BOULIN , f m. Trou du colombier où le pigeon fait son nid. ( II y a 500. boulins dans son colombier. Voïez Colombier d) H On apelle aussi boulins , des pots de terre qui fervent de retraite à des pigeons. BOULIN. Terme de Maçon. Trou où l’on met les pièces de bois qui fervent à échafauder. BOULINE, f f- [Vélum obliqué intentumd] Terme de Mer. Corde amarée vers le milieu de chaque côté d’une voile , & qui sert à la porter de biais pour prendre le vent. ( Haler Jur les boulines. C’est tirer & bander les boulines , afin que le vent donne mieux dans la voile , pour courir près du vent. Guil/et, art. Ue naviger. Aller à la bouline. C’est tenir le lit du vent, quand on est porté d’un vent de biais qui semble contraire à la route, & qu’on se sert de boulines. Vent de bouline. C’est un vent éloigné de cinq pointes ou aires de vent, de celui de la route. Courre la bouline , c’est lors qu’on est coupable , être obligé de passer au travers de l’équipage, qui est rangé en haïe , chacun une corde à la main, & qui en donne chacun un coup au criminel qui passe, & qui est lié. Voïe z Aubin s il explique fort au long tous les usages de ce terme.) BOULINES., ». ». [ Obliqua vento navigare. ] Aler à la bouline, prendre le vent de côté. On apelle aussi cette maniéré de naviger, hunier. BOULINER , v. a. [ Furari. ] Terme Ae Gens d’armée. C’est voler dans le camp. ( II s’amuse à bou- liner. II est dangereux de boulines. II se prend aussi activement , & on peut dire, il a joué ce quil avoit bouline.) BOULINEUR , f m. [ Fur , !atro.j\ Soldat qui vole dans le camp , qui pille dans le camp. ( C’est un boulineur. On pend les boulineurs quand on les atrape.) $ On prononce boulineux. Acad. Fr. BOULINGRIN, f. m. [Area cefpititiad] Mot qui vient de l’Anglois. II faudroit dire bolìngrin pour parler correctement ; mais pour la douceur , on prononce , & même on écrit en François boulingrin. C’est une place longue , large & quarrée en forme de tapis, couverte de petites herbes douces & fines, où les honnêtes gens d’Angleterre jouent à la boule. ( Un beau , un joli , un agréable, un aimable , un charmant boulingrin. Faire un boulingrin. Comme les Anglois aiment le jeu de boule, il n’est presque oint en Angleterre de Gentilhomme qui n’ait un oulingrin dans son jardin. Les Jardiniers entretiennent les boulingrins, & pour empêcher que l’herbe n’y croisse , ils roulent tous les matins une maniéré de cilindre de pierre fur l’herbe du boulingrin. II n’y a pas en France beaucoup de boulingrins , & ils n’y servent qu’à embelir quelques jardins ou autres lieux de plaisir.) BOULINGUE , ou bouringe. [Vélum ad ipsa carchejìa obtentum. J Petite voile au haut du mât. í BOULINIER. Terme de Aàà. Onditqu’un vaisseau est bon ou mauvais boulinier , selon qu’il va bien ou mal, lors que les boulines font hâlées. í BOULINIS , ou BOULIGNIS. Monoïe de cuivre qui se fabrique à Boulogne en Italie. Elle y tient lieu de sols ; & on y compte par boulinis , comme on fait en France par fols. BOULON, f m. [ clavui trabalk. ] Morceau de BOU 267 fer rond , au bout duquel il y a une tête , & auprès de l’autre bout il y a un trou où l'on passe une clavette. ê BOULON. Morceau de fer , dont la tête est ronde , & ordinairement de cuivre , qui sert à tenir les mains des ressorts du carosse. 11 y a seize de ces boulons à un carosse. f BOULON. Piéce de fer , ou de cuivre, ronde &. longue , qui sert de noïau au moule , dans lequei Jes Plombiers fondent les tuïaux , qu’ils veulent faire fans soudure. f BOULONS. Terme d ’ Artillerie. On donne ce nom àux branches de fer, qui servent à joindre les flasques. Les boulons font les plus grosses & les plus longues pièces fur lesquelles pose la canon. BOULONNER , ». a. Arrêter une piéce de char- penterie avec des boulons. BOULU , boulue , adj. [ Elixus. ] II faut dire, bouilli & bouillie. Cependant le peuple de Paris dit chatégne boulu'ê. Sarafin dans le Testament de Goulu, a dit aussi , deux litrons de chatégne boulue; mais ce n’est qu’en riant & dans le burlesque. Hors delà, il faudroit dire chatégne bouillie. , BOUQUER, ». a. [ Vi cedere. J Ce mot figni- fioit autrefois, au propre, baiser par force quelque chose qu’on présente, & il se dit quelquefois au figuré pour signifier être contraint de faire quelque chose par force. Et il n’est guére en usage que dans cette façon de parler : Faire bouquer quelcun. C’est-à-dire , lui faire dépit, le faire enrager, l’obliger à céder. (11 dit qu’il fait bouquer les ennemis de l’Eglife. Main Poef.) BOUQUET , f. m. [ Sertum . ] On prononce devant une confone , bouqué. Plusieurs fleurs jointes ensemble avec agrément. (Un bouquet de jasmin. Un bouquet de fleurs d’oranges, bouquet d’Autel. Faire un bouquet , lier un bouquet, canetìller un bouquet.) H On dit fig. Donner le bouquet à quelqu’un, c’est l’engager à donner à son tour un régale ou une fête. Rendre le bouquet, c’est rendre un repas à ceux par qui on a été régalé. f On dit aussi prov. & fig. d’une chose qui est à vendre , qu ’elle a le bouquet fur l’oreille. On le dit aussi d’une fille qui est à marier. BOUQUET de plumes. Terme de Plumacier. Ce font douze branches de plumes. ( Bouquet à rang, bouquet à double rang.) BOUQUET. Terme de Doreur fur cuir. Fer pour poser le bouquet dont on enjolive le dos du livre qu’on relie en veau. BOUQUET. Petite figure dorée dont on embéiit le le dos des livres qu’on relie en veau. (Pousser les bouquets.) On apelle aussi quelquefois cette forte de bouquet, fleuron. BOUQUET de paille. Terme de Maquignon. Paille qu’on met à la queue & aux crins des chevaux qui font à vendre. f * BOUQUET. Ce mot signifie quelquefois un recueil de beaux fentimens, d’Hiftoires choisies , &c. En ce sens , il est figuré, & un peu vieux. (Iveza a fait une Grammaire , avec un bouquet des plus belles Sentences de la Langue Françoise & de l’Ale- mande.) f BOUQUET Xémail. Ce font des fleurs artificielles, que les Emaiileurs font avec de émaux de diverses couleurs. BOUQUETIER , f. m. Terme de Fàiancier. Vase de finance ovale, où l’on met des fleurs en forme de bouquet. (Remplir un bouquetier de fleurs.) BOUQUETIER , f m. Celui qui fait, ou qui vend des bouquets. Les Bouquetiers à Paris ne composent point une Communauté particuliers , mais ils font du Corps des Marchands Merciers. Us ne font apel- lez Bouquetiers , que parcs qu’ils font principalement le commerce des bouquets, 011 de fleurs artificielles dont on lès compose. H BOUQUETIER. Les Plumaciers fc qualifient aussi dans leurs Statuts Marchands Bouquetiers , parce quils font toutes fortes de bouquets de plumes peintes ou naturelles. BOUQUETIERE , f. f. [ Coronarìa. ] Celle qui fait & vend des bouquets de fleurs. BOUQUETIERE , f. f. C’est celle qui a droit d’ex- pofer & de vendre toutes sortes de bouquets de cha- Tom. I. Lia peau. 268 BOU peau , de guirlandes de fleurs aux portes des Eglises de Paris , ou d’autres villes. Les Bouquetières sont obligées d’emploïer des fleurs nouvellement cueillies, & elles ne doivent point í'e servir de fleurs d’acacia. Aucune maîtresse Bouquetière n’aura deux aprentif- ses au rnerne tenis. Les Bouquetières font apellées bouquetières chapeliéres en fleurs. Elles sont reçues Bouquetières devant le Procureur du Roi de Paris. Elles ont leur Confrairie à S. Leufroi , & prennent Î iour le jour de leur Fête Saint Fiacre le Patron des ardiníers. Les Bouquetières parlant des bouquets disent, faire un bouquet, monter un bouquet, lier un bouquet avec de la canetille , ou canetiller un bouquet. Voter les Statuts des Bouquetières. BOUQUETIN ,s m. [ Ibex. J Bouc sauvage, qui ressemble au chamois , excepte q u'il a Jes cornes plus longues & plus larges. 11 elì fort chaud & se tient presque toujours sor la glace. On en trouve dans les Alpes du Dauphine & de Savoie, & dans le pais des Grisons. On tient que son sang elì extrêmement chaud , & que iì l’on en boit, il a la vertu de dissoudre le sang caillé. BOUQUIN , s »>- [ Hircin. ] Vieux bouc. Un vieux bouquin ; un homme puant & lascif. BOTJQUIN , s m. [ ViUis codex. ] Ce nom est venu d’Alemagne. Les premiers Livres qui ont été imprimez, nous étant aportez de ce pais, & les Ale- mans apellant un Livre Bucb , on a retenu ce mot ; pour dire un vieux Livre un peu fripé, f Lire de vieux bouquins. Abl. Ta besace est pleine de bribes & de vieux bouquins. Abîme. Luc. t. i.) 0' II est vrai que Mr. Naudé a dit dans son Ma- ícuret , p. t; I. que bouquin est dérivé de l’Alemand Bucb , ou bouc ; Mr. Naudé se fonde fur ce que bucb ou ter signifient un Livre: „ & d’autant (dit-il) „ que les plus anciens Livres imprimez , nous sont „ Venus d’Alemagne, où l’imprellion fut trouvée il „ y a environ cent quatre-vingt-dix ans , puisque „ Jean Fuft nous donna en 1461. le Durandm de ,, Ritibus Ecclefitc , & la Bible en 1462. qui sont les ,, premiers Livres imprimez que l'on ait jamais vus ,, en Europe ; cela a été cause que les François vou- „ lant parler d’un vieux Livre , on dit que c'étoit ,, un Bucb ou bouquin , comme qui diroit un de ces „ vieux Livres d’Alemagne , qui ne sont plus bons „ qu’à faire des fusées, &c. ” Le P. Labbe, dans fa seconde partie des Etimologìes Françoiser , veut bien que l’on dérive le terme bouquin de l’Alemand Bucb, qui signifie un bouc, caper , qui dans la Loi Salique est apellé buccus , & „ de la ( dit-il ) bouquin , „ sentir k bouquin , bouquiner , ou lire de vieux Li- „ vres manuscrits couverts de peau de bouc , ou puants „ de vieillesse , comme ces animaux. ” 11 ajoute ensuite , que „ le mot de bouquin est plus ancien en „ France que l’impreffion d’Alemagne , qui fut trou- „ vée en 1440. ou environ: il y a plus de deux cens „ ans, que les Livres , avec la civilité, les sciences, „ & la Religion, sont passez de la France dans l’A- ,, lemagne ; que le mot Alemand Bucb ne vient „ point de buis , & que nos anciens avoient, avant „ i’impression , le papier , le parchemin , le vélin, ,, les écorces d’arbres , & s’en scrvoient autant ou „ plus que des tablettes cirées. Enfin ( ajoûte-t’il ) „ ceux-là se trompent , qui avancent que les pre- „ miers Livres que l’on ait jamais vus en Europe, „ ont été le Dur un dus de Ritibus Ecclesa , & la Bi- „ ble de Pierre Reboiser. S’ils avoient dit que ce sont „ les premiers Livres marquez de l’année de leur im- „ pression avec le Catbo/icon Jannenss , qui est aux „ P. P. Feùillans , imprimé l’an 1460. ils auroienteu „ raison. ” Quoique Mr. Ménage dise d’abord que bouquin vient de l’Allemand Bucb , qui signifie Livre, il reconnoit dans la fuite que le mot de bouquin étoit en usage parmi nous avant l’invention del’lm- primerie. 11 me semble que ce fait étant constant l’étimologie du P. Labbe est la véritable ; du moins, on ne peut pas dire que l’injure de vieux bouquin dérive de l’Alemand Bucb , Livre. BOUQUINER , v. n. [ Veteres U obsoletos librns ac eodices Jcrutari evolvere. ] Chercher de vieux livres. ( 11 ne fait que bouquiner.) f II signifie aussi, lire de vieux livres. ( Je m’amuse a bouquiner dans cette Bibliothèque.) BOUQUINER. Ce mot sc dit du lièvre lors qu’il est en amour, & qu’il tient la hase. Sal. BOU Sentir le bouquin, f Hircum oìere. ] Ce mot se dit lors que les aisselles d’une personne rendent une odeur forte comme celle du bouc. Cornet a bouquin. Voïez Cornet. í BOURA- Sorte d’étofe foie & laine. Voler Jrloncahiard. t BOURACAN ; voyez B A MAC AN. BOURACHER 5 f m. C’est le nom que l’on donne à Amiens aux Ouvriers qui travaillent à certaines étofes, comme ras de Genes, &c. BOURASQUE; voyez BOURRASQUE. BOURBE, /• [0»aw.] Terre molle & pleine d’eau bourbeuse au fond des étangs ou des marais. (Enfoncer dans la bourbe.) BOURBEUER , f m. Terme de Chase. O11 apelle ainsi la poitrine du Sanglier. BOURBEUX, bourbeuse, adj. [Cœnosus.] Plein de bourbe. (Etang bourbeux. Marre bourbeuse.) BOURBIER, s. m. ['Canosa lacuna.] Lieu plein de bourbe. (Se jetter clans un bourbier. Les chariots efans demeuroient la plupart enfoncez dans des bousiers. Vaug. Quinte-Curce , liv. Z. cb. 14.) F * BOURBIER. ' [Afí , locus difficiiis , periculofus,] Péril, danger, afaire fâcheuse. ( 11 l’a laissé dans le bourbier.) BOURBILLON, f f . [Pu/, sanies.-] Terme de Maréchal. Pus endurci qui sort tout d’un coup d’un apostume, d’un clou, d’un javar. (Ce cheval a un ja- var, mais il ne laissera pas de marcher quand le bourbillon en fera sorti.) BOURCER- [Colììgere vélum.] Terme de Mer. Carguer. Ce mot sc dit des voiles, & il signifie les trousser en partie, & ne laisser qu’une partie de la voile pour prendre du vent. BOURCET , f m. [Do/o.] Terme de Mer. C’est un nom qu’on donne au mât de misaine & à sa voile. f BOURDAIGNE. Espèce de Pastel bâtard, qu’on nomme autrement Pajiel-Bourg. BOURDALOU,/-/ Mot nouveau. C’est une étofe modeste, qui a été nommée de ce nom à cause d’un fameux Prédicateur Jésuite, qui avoit nom Bour- daloití , & qui prêchant un jour contre la magnificence des habits des femmes, en toucha si fort la plupart, qu’elles lui firent connoître qu’elles fe réformeroient & ensuite changèrent pour quelque tems leurs superbes étofes en d’autres, qui furent alors , & qui font encore aujourd’hui nommées bourdalou. (Son habit est une bourdalou fort jolie.) BOURDALOU , f f. Tresse d’or ou d’argent & ds soie, ou de soie feulement, large d’environ un doigt, qu’on met au lieu de cordon de chapeau, & qui s’ata- che avec une petite boucle d’or ou d’argent, ou d’au- tre métal. (Une bourdalou trés-propre & trés-bien faite. Faire une bourdalou. Avoir, mettre, porter une bourdalou à son chapeau.) ch BOURDALOU. Efpéce de linge ouvré , qui fe fabrique en baise Normandie, fur tout à Caen & aux environs. BOURDE, f f. [Mendacium, commentum.] Mensonge. (Donner une bourde à quelcun. Dire des bourdes. Philippe le Hardi, Duc de Bourgogne, difoit que quiconque avoit dit qu’il avoit mis des impôts, avoit dit une bourde , & une franche bourde.) Ce terme est du stile familier & bas. Acad. Fr. BOURDE. Terme de Mer. C’est la voile que l’on met quand le tems est temperé. F BOURDE , f /. Sorte de soude qui est très- mauvaise. 0 BOURDELAGE- Droit Seigneurial, connu dans la Coutume de Nivernois. Voïez ce qu’elle en dit dans ses questions, depuis le chapitre 41. F Le droit de Bourde/age 1e paie quelquefois en argent ; mais plus ordinairement en blé, en plume & volaille. Dans quelques lieux le droit de Bourdelage est de même nature & qualité, que celui de la taille réelle. BOURDELAIS , f W. Gros raisin blanc, ou rouge, de treille. F BOURDELIER. II sc dit également, & de celui qui doit le droit de Bourdeiage, & de l’hérítage qui en est chargé. tBOUK- BOU t BOURDER, v. n. [Mendaciis fallere, impone- f-e .2 Mentir. (C’est un coquin qui bourde.) 0 " Selon l’ancien usage de ce mot, bourder signi- fìoit mentir , Ou agréablement, ou malicieusement : ainli on apelloit bourdes, certains mensonges plaisans & ingénieux, dont on se sert quelquefois pour flater & pour plaire. Parmi les enseignemens que S. Louis donna à ses enfans avant que de mourir, Joinville ra- porte relui-ci : Ecoute le service de Dieu (en s’adreísant à Paine) (Vf de nofire Mere Sainte Eglise, dévotement , de cœur N de bouche , N par efiecial^ à la Mejse depuis que la Consécration du Corps de Nofire Seigneur fera, Jans bourder ne truffer avecques autres. Ce ter» me signifie aussi un mensonge criminel & indigne d’un honnête homme. Quelques-uns croient que bourde, bourder, viennent du mot behours, behourder, qui étoit une espèce de divertissement. Scaliger dérive bourde de burra, dont Ausone s’est servi : At nos illepidum rudem lìbeVum , Burra.s, quijquiliqfque, ineptiaj'que, Credemw gremio cui favendum. Les Italiens se servent du mot hurla , qui signifie la même chose que nôtre bourde. Les Espagnols apel» lent burin, les choses de néant, hombre de burlus, un homme fans naissance & fans crédit : El che tienepoco valor, y affìento , dit Covarruvias, dans son Trésor de la Langue Castillane. II ajoûte : CoJ’a de burla, la de paca JubJlancia. II cite ensuite ces deux vers de nôtre Ronsard : Assez vrayement on ne révéré Les divines bourdes d’Homére. BOURDEUR, f. m. [Mendax , illusor. ] Menteur. (C’est un franc bourdeur.) BOURDEUSE, s. s. Menteuse. (C’est une vraie bourdeuse.) í BOURBILLON , s. ni. Bois de chêne refen» du, propre à faire des tonneaux & futailles. BOURDON j s nu [FuctisJ Grosse mouche en» Hernie des abeilles. (Un bourdon m’a piqué.) BOURDON. Partie qui sert aux acords de la musette & de la cornemuse, & qui est apellée bourdon, parce qu’elle fait toujours un même ton. (Un bourdon de cornemuse.) H Chanter en saux-bourdon. BOURDON. [Ordo tuborum fini gravioris.J Terme de Facieur d’orgues. Jeu d’orgues, qui fait une espèce de bourdonnement. (Gros ou petit bourdon.) f BOURDON , f. m. Terme d 'Imprimeur. C’est la faute que commet le Compositeur, lors que dans lá composition de fa forme il omet un ou plusieurs mots de fuite. BOURDON , f. m. [ Báculw longïorff C’est un bâton de Pelerin de S. Jaques, au haut duquel il y a une petite pomme de bois. (Un bon bourdon. Un bourdon assez fort, un bourdon bien tourné. Porter le bourdon.) * BOURDON , / m, [Peregrinw.j Au figuré, il signifie le pèlerin qui porte le bourdon. (He quoi ! Madame, à fin chevet Pourrait voir un bourdon . La Fontaine, nouvelles. "Un bourdon fait passer /’ amour , Quelque bourdon que ce puise être. Poëté anonyme.) * Planter le bourdon en quelque lieu. Façon de parler proverbiale & figurée, pour dire s’établir en quelque lieu. BOURDONNE', E'E. adj. [Globatu,.] Terme de Blason. Qui se dit des croix garnies aux extré» mitez de pommes ou bâtons semblables à ceux des pèlerins, ou dont les branches font tournées & arrondies en bourdons de pèlerins. On les apelle ordinairement, Pommetées. BOURDONNEMENT, f m. [Bombw, fremu tus. ] 11 se dit des mouches au propre , & c’est le bruit qu’elles font autour de leurs ruches. (Le bourdonnement est naturel aux mouches.) BOURDONNEMENT , f m. [ MurmUr . J Bruit sourd & obscur. (Le bourdonnement est importun, le bourdonnement est fâcheux, faire un bourdonnement, sentons un bourdonnement désagréable. II se dit premièrement des bourdons, & après des personnes.) BOU 269 BOURDONNEMENT d!oreille, f. m. C’est une maladie d’oreille qui consiste à y avoir un certain bruit qui incommode considérablement. (Avoir un bourdonnement d’oreille. Guérir qúelcun d’un bourdonnement d’oreille. Traiter quelcun d’un bourdonnement d’oreille.) BOURDONNER , v, n, [ Bombum facere, edere. 1 } 11 se dit proprement des mouches, & veut dire bruire, faire un certain bruit confus qui leur est naturel, & qu’elles font volant autour de leurs ruches. (Les mouches bourdonnent quand elles commencent à sortir de leurs ruches, Le moindre bruit éveille Un mari soupçonneux ; Qu’à L entour de sa femme une mouche bourdonne , C’eji cocuage qu’en perjbnne II a veu de ses propres yeux. La Fontaine, nouvelles, U 2, t BOURDONNER. [Strepere, fusurráte , murmura- rej Au figuré, il ne se dit qu’en parlant, ou que dans le bas stile. C’est murmurer tout bas & entre ses dents. Ce vieux fou bourdonne fans cesse. BOURG , s. m. [View, pagwlj II vient de lT- talien borgo. Gros village qui d’ordinaire est fermé de méchantes murailles. (Gonesse à quatre lieues de Paris est Pun des plus fameux bourgs de France. Nogent le Rotrou est le plus grand bourg qu’il y ait en France. Le bourg d’Elbeuf est fameux par fa manufacture de draps.) î BOURG. Pastel bâtard, qu’on nomme aussi Bour » daigne. BOURGADE,//. [Pagw.J De l’ítalien bôrgata , C’est un gros bourg, (Cette Comté a dix villes, trente bourgades, & quatre à cinq cens villages, Patru , plaid. '7.) (f BOURGAGE. Ce terme est connu dans la Normandie. Tenir en bourgage , c’est , selon l’article iz8- de cette Coutume , tenir un héritage exemt des droits seigneuriaux & coutumiers, & fous la feule obligation de donner une déclaration des rentes & redevances qui font dúës. Le droit de bourgage est plus connu en Angleterre, & l’on ne fait si c’est le fameux Guillaume qui le porta en Angleterre, lors qú’il en fit la conquête, ou si Rollon chassé de cette Isle , l’intro» duisit en Normandie, où il vint s’établir. Litleton, dans ses Tenures; Spelman , dans son Glossaire 5 Co» wel, dans ses Institutes du Droit Anglois , Ont fait mention du bourgage : mais ils marquent en même teins, que l’ufage avoit établi Une certaine redevance qui fe leve fur chaque bourg, comme Ragueau l’a expliqué dans son Indice : mais cette redevance n’a rien de commun avec le cens & les autres droits dûs aux Seigneur de fief : il y a même en Angleterre, des bourgages entièrement libres, & d’autres sujets à une redevance qui dépend de l’ufage, On trouve dans le premier volume du Monasticum Anglicanum, p. 561, í’Acte de la fondation d’un Monastère dans la Province de Midlefex, par lequel Henri lui donne un bourgage libre, Au surplus, voïez les articles 270. 276. de la Coùtume de Normandie , & les Commentateurs s ils vous expliqueront bien des choses qu’il ne me convient pas d’examiner, BOURGEOIS , f m. [Civis.J Celui qui est habitué dans Une ville. (Un gros bourgeois. C’est-à-dire, un riche bourgeois. Un bourgeois considérable. Petit bourgeois. C’est-à-dire, un bourgeois qui he fait pas figure, Laissez les bons bourgeois fe plaire en leur ménage, C’es pour eux seuls qu’himenfit les plaisirs permis. La Font.) Le bourgeois est quelque chose de plus que lë citoïen. Le citoïen est un habitant depuis plusieurs années ; il est membre de l’Etat, & doit en supórter les charges, & remplir les emplois dont il est capable de s’aquiter, En France, hors le Roi, tout est citoïen depuis le Prince du sang jusques aú païfan. Dans les Républiques, il n’y a point de condition au-dessus du citoïen : ceux qui possèdent les plus grands emplois, font citoïehs comme les autres, mais avec plus d’éclat & de lustre. Le bourgeois est celui qui aquíert, par l’habitation d’un certain hombre d’années, les privilèges, qui font comme la recompénfe des services que l’on a rendus à la ville où l’on a habité. On reconnoit dans les païs de Coutume, deux.íortes de bourgeois ; ses uns font originaires ; les autres, L1 } étran» 270 BOU étrangers ou forains * les premiers font nez Sc domiciliez dans la franchise : les autres font ceux qui viennent s’établir dans la franchise^ & font leur déclaration d’y vouloir habiter, & après une année ils aquié- rent la qualité de bourgeois. On ne peut être bourgeois en deux diférens lieux. Les serfs d’un Seigneur ne peuvent point être bourgeois d’un autre. Francs bourgeois, grands bourgeois, & petits bourgeois sont diférens, en ce que les premiers ne paient aucun droit de bourgeoisie : les autres font apellez grands, ou petits bourgeois, selon la qualité de la redevance qu’ils font obligez de païer. BOURGEOIS, Combourgeois. 11 y a deux sortes de maîtres ou patrons de vaisseaux marchands : les uns font postifs, c’est-à-dire, à gages : les autres font combourgeois , parce qu’ils participent au chargement, Sc au fret. Le terme, bourgeois , signifie, dans les Ordonnances de la Ban ze Teutonique , le propriétaire d’un navire, ou celui qui tient lieu du propriétaire : la raison de cette dénomination est, qu’en Alemagne, il n’y a que les bourgeois des Villes Anséatiques, qui puissent avoir, & faire construire des vaisseaux. BOURGEOIS. [Dominns.] Ce mot, parmi les ouvriers, veut dire celui qui met en œuvre. (Travailler pour le bourgeois. Le bourgeois veut cela.) f * Cela eji du dernier bourgeois. C’est-à-dire, peu poli. Peu galant. BOURGEOIS, bourgeoise , adj. Qui est pour le bourgeois. Qui est de bourgeois. (Pain bourgeois. Caution bourgeoise.) H BOURGEOIS, adj. On apelle vin bourgeois , le vin que les bourgeois de Paris recueillent de leur crû, & qu’ils ont droit de vendre à pot chez eux. On le nomme ainsi pour le distinguer du vin de cabaret, qui a la réputation d’être frelaté. f * BOURGEOIS , bourgeoise, adj. [Rudis, agresis.] Qui n’a pas Pair de Cour. Qui n’est pas tout-a-fait poli. Trop familier. Qui n’est pas assez respectueux. (Cela est un peu bourgeois. Maniéré d’agir bourgeoise. Le Bourgeois Gentilhomme, comédie de Molière.) BOURGEOIS , f. f. C’est une sorte de petite mo- noïe de billon, qui eut grand cours fous le régne de Philippe le Bel. II y eut de ce tems-là , des bourgeois simples & des bourgeois doubles. Les bourgeois simples étoient les deniers parisis, & les bourgeois doubles, les doubles parisis. Le Blanc, traité des momies, p. ; 10 . BOURGEOISE, f. f. Femme de Bourgeois. Celle qui est habituée dans une ville. (Une bonne bourgeoise.) jQf Car à la bourgeoise sien chaut, Fors que son plaisir se fasse , Or donc, pour faire au nouveau place, ' Vieil amoureux, faites un faut. BOURGEOISEMENT, adv. ( Agrejìiàs, rudiùs,Jlm- pliciùs.] En bourgeois. (Vivre bourgeoisement.) BOURGEOISIE , f. f. [Cives.'] Le corps des bourgeois. Tous ou presque tous les bourgeois d’une ville. (La bourgeoisie est toujours la copie de la Cour. Scar.) £ BOURGEOISIE. C’est ausli le droit de jouir des privilegez qui ont été accordez à ceux qui font nez dans une ville, ou qui y font leur demeure. BOURGEON, / m. [Germen, Jurculm.] jet de vigne ou d’arbre. Petit bois tendre & jeune. Petite branche tendre. * BOURGEON. [ Papula .] Pustule ou rougeur qui vient fur lc visage, & qui est causée par une chaleur de foie. (Un visage plein de bourg' ans.) BOURGEONNER , v. n. [ Genm.are. ) Ce mot se dit de la vigne & des arbres. Jetter, pousser des bourgeons. (La vigne commence à bourgeonner. Le mûrier ne bourgeonne point que le froid ne soit passé. Bal.) * BOURGEONNE'. [ Gemmatus .] Ce mot se dit du visage, & signifie qui a des bourgeons. (Avoir le visage tout bourgeonné. Abl.) í BOURGETTUERS , / m. On apelle ainsi à Lille en Flandres , les Ouvriers qui travaillent aux Manufactures.de lainerie. Ce nom leur vient parce que das Ouvriers de Bourges porterent à Lille la fabrique des étofes de laine. BOURGUEMESTRE , / m. ['Consul, senator .] BOU On apelle ainsi les Magistrats du Païs-bas qui ont foin de la Police. Volez les Mémoires de la Reine Max . guerìte, t. 2. * BOURGUEMESTRE. Les plus considérables bourgeois d’une ville. (Tous les honorables Bourguemes- tres jettérent les yeux fur nos inconnus. Scar.rom.) BOURGUIGNONS- Peuples qui habitent deux grandes Provinces, fous le nom de Bourgogne • mais dont l’une porte le titre de Duché ; & l’autre* celui de Comté : comme ils n’ont composé autrefois qu’un même corps, & qu’ils étoient une même Nation ils ont toujours eu le même nom. On convient qu’ils furent apellez Bourguignons, à cause du grand nombre de bourgs qu’ils établirent lors qu’iïs entrèrent dans les Gaules , mais s’il faut en croire Saint Julien, dans son Traité de l’Origine des Bourgongnons liv. I. ch. 3. ce ne fut pas seulement à cause des bourgs qu’ils formèrent, qu’on les nomma Bourgmgs, ce fut encore parce qu’ils se fixèrent particulièrement dans une contrée apellée Ongne; d’où il conclut qu’il faut dire Bourgongnons, & non pas Bourguignons : mais supofant son origine véritable, il y a aparence que l’on a voulu adoucir le mot, Bourgongnon, en disant Bourguignon, qui est en usage. 11 reste à savoir pourquoi on a apelle ces peuples, Bourguignons salez. Voici la raison de Pasquier dans ses Recherches, liv. 1. ch. 9. 11 dit : „ On les a apellez salez , par ma- „ niére de moquerie , lequel surnom je croi avoir été „ aporté du pais de Germanie, en cette Gaule, pour ,, autant, que tant qu’ils résidèrent au pais delà le „ Ehin, ils querelleront perpétuellement contre les „ Alcmans leurs salines. „ Mais Gollut, dans ses Mémoires de la République Sequanoise U de la Fran- che-Comté, ch. 2;. se glorifie de ce sobriquet, en di- „ sant que les Bourguignons aïant été les premiers „ des Nations Germaniques, qui reqùrent le Chriftia- „ nisme, & qui passeront entre les Séquanois , qui „ étoient pareillement des prémiers en Gaule qui „ avoient reqù cette pure & très-salutaire Doctrine, „ & d’iceux avoient été instruits, batisez, & catéchi- „ fez, l’on fit des deux, une Nation feule, & donna- ,, t’on à toutes deux ce très-agréable broquard, du- „ quel jusques à ores nous nous glorifions, combien „ que les corrompus , envermissellez, & mal salez ,, s’en moquent. „ je crois que les Bourguignons Comtois ont été apellez salez, à cause des salines qui sont dans leur Province, & qui ont donné le nom de Salins à une de leurs villes. BOURGUIGNOTE,/ f IGalea.] Pot en tête qui est couvert par devant, & qui est à l’épreuve de la pique & du mousquet. f BOURLET, / m. Faux pli qui se fait aux pièces de drap lorsqu’on les foule. f BOURME,. ou BOURMIO. Ce font les foies legis de Perse ; qui ne sont que des soies de la seconde espece. í BOURNAL, / m. Miel contenu & encore renfermé dans fa cire. Ce mot est presque hors d’u- sage, & on dit un Rdion de miel. BOURRACHE, / /. [Forago.] Herbe qui ales feuilles larges, rondes, âpres, garnies de petits égaillons, qui porte des fleurs bleues ou blanches, en forme d’étoile, f L’Académie écrit bourrache. BOURRADE , / f [Petitio.] Action de celui qui btturre quelcun. (Donner une bourrade à quel- cun.) BOURRASQUE, / m. [ Levidensa. ) Sorte de gros drap, (Du bon bourras.) H C’est la même étofe de laine qu’on apelle aujourd’hui Bure. BOURRASQUE , / f OU bourasque. [Tempepi, turbo, procella.] Tempête fâcheuse, dangereuse. (Bourrasque violente , impétueuse. Nous fîmes voile au matin par un doux vent qui se changea sur le midi en une violente bourrasque. Abl. Luc. t. 2. II s® leva une bourrasque qui mit en danger une partie de la flûte.) BOURRASQUE, s. f. II signifie quelquefois, au figuré, un trouble & désordre qui se fait dans le corps, Sc qui est causé par quelque mal ou par quelque remède qu’on prend. (Les vomissemens étoient acom- pagnez de tant d’éfort que tous les assistans dcscspe- róient de sa vie ; & au bout d’une heure que dura cette BOU «étte bourrasque, il se trouva très-foible & très-aba- tu. Dom. Quichote , t. i. ch. 17.) 4 BOURRASQUE , signifie aussi au figuré , un accident imprévu , une persécution qu’on excite contre quelqu’un. (J’ai essuie une violente bourrasque.') On le dit encore des caprices d’un homme bouru. ( On se lasse de soufrir les bourrasques de cet homme.) BOURRE , f /■ [Tomentum.J Poils de beuf, de vache & de veau que le Tanneur abat & vend aux Bourreliers. BOURRE-LANICE, f f. [Tomentum laneum .] Lai- ne-bourre. Laine qu’on tire des fins draps avec des chardons , & dont on fait des matelats. f Bourre- tontìjje , c’ést la laine qui tombe des draps- lors qu’on les tond. II y a aussi de la bourre de foie. 4 = BOURRE de Marseille. Sorte d’étofe moherée, dont la chaîne est toute de foie, & la trême entièrement de bourre de foie. On a commencé à en fabriquer à Marseille, d’où lui vient ce nom. 4 BOURRE. Terme de Teinturier. C’est une drogue colorante, faite avec du poil de chèvre le plus court, aprété avec de la garance. On s’en sert à teindre en rouge , que l’on apelle Rouge de bourre , ou Na- carat de bourre.. BOURRE , s. s. [ Muscm .] Terme de Fleuriste. II fe dit des anémones & signifie la graine. On apelle la graine d’anémone bourre , parce qu’elle ressemble à de « bourre. Voïez le traité des anémones , c. 1. p. (La bourre des anémones tient, & il la faut séparer.) BOURRE, f /. Terme de Jardinier. C’est un petit endroit rond & assez gros , où est la fleur , lequel on nomme aussi bouton. Les pêches ont été gelées en bourre. Quint. Jardins, t. i- p. 75.) C’est le commencement d’un bourgeon qui est garni d’une efpece de bourre, comme le bourgeon de la vigne, ou le commencement d’un bouton qui est velu, comme il Test aux pêchers. * BOURRE. II fe dit figurément, & signifie une chose inutile. (II y a plusieurs bons endroits dans ce livre , mais il faut avouer qu’il y a aussi bien de la bourse.) f * BOURRE. Ce que l’on met dans les armes a feu pour retenir la poudre , & après le plomb dont on les charge, soit que ce soit de la bourre, du papier , ou autre chose servant à cela. Et de là vient qu’on apelle tire-bourre l’instrument dont on fe sert pour décharger Parme à feu , fans la tirer, BOURREAU, f. m. [ Tortor , earnifex. ] Prononcez bourô. Celui qui exécute les sentences & les arrêts criminels. Le bourreau ne fe saisit de la personne condamnée qu’après avoir oùi la prononciation de la sentence, ou de l’arrêt, & il ne quitte pas cette personne qu’il n’ait entierement exécuté l’arrêt ou la sentence. 11 lie d’abord les bras & les .mains du criminel avec des cordes qu’il apelle J'astJsement , & celle qu’il lui met au cou, tourtouses. Sur toutes les choses qu’on amène de dehors au marché, le bourreau prend ou fait prendre par ses valets , un certain droit qu’il apelle bavé , & qui consiste à quelques doubles ou quelques fous, selon la qualité ou la quantité de la marchandise qu’on Vend. Le bourreau n’est plus si en horreur qu’autrefoìs, puisque des gens de qualité font gloire d’aler faire débauche avec lui , & que des plus beaux esprits de l’Académie Françoise lui dédient des livres. (Etre brave comme un bourreau qui fait ses Pâques , c’est être bien habillé. Quand les Juges ou les Commissaires, ou autres parlent au bourreau , ils l’apellent exécuteur, parce que le nom de bourreau est ofenfant.) í§ On donne plusieurs origines à ce mot : M. Ménage les a remarquées, & Mr. Huet a observé dans fa Dissert. 19. que l’on disoit autrefois boye , témoin Rabelais , qui a dit, la montroient au boye. De boye , on a fait boyereau , d’où s’est formé le mot de bourreau, On fait qu’en Italien, bóia signifie bourreau. * BOURREAU ,s. m. II Veut dire, au figuré , celui qui se tourmente ou en tourmente quelque autre. Ce qui donne de la peine à quelcun. (lì est lui-même son impítoïable bourreau. Patru , plaid. 5. Les envieux sont eux-mêmes leurs bourreaux. VaUg. Quint. I. 8- c. 12. En quelque lieu que fe trouve uh parricide , il rencontre un accusateur, un juge & un bourreau. Le Maître , plaid. 28 - Lé vice est lui-niême son cruel bourreau. Abl. Luc. Vous ne savez en quel em- BOU 271 barras je me trOuve réduit par les conseils de ce malheureux , qui est devenu mon bourreau. Port-Royal , Ter ente , Andrienne , a. 4. Jc. 1.) £ On dit prov. d’un homme qui exige le paiement d’avance, qu’zï se fait potier en bourreau. On dit aussi fig. d’un dissipateur, qu’il est un bourreau d’argent. f BOURRUE , s. s. [Tortoris uxor.] Ce mot, pour dire la femme du bourreau , n’est en usage que parmi le peuple, encore n’y est-il pas beaucoup. f * BOURELLE ,ss. Celle qui exerce qUelque action de bourreau , & qui fait quelque cruauté. Bourel- le , en ce sens, ne se dit guère, & ne fe dit que dans le satirique, (Je me fis tant païer pour chaque coup de fouet, à cause de l’ofice de bourelle qu’ils me fai— soient exercer. Auteur unanime , traduBion de la pu - tain errante.) BOURRER, s f. f Fascìs virgem. ] Fagot composé de bois fort susceptible de feu, ( Brûler une bourrée.) BOURRE’E. Danse gaie qui, à Cé qu’on croît, vienè d’Auvergne, (Danser une bourrée.) La bourrée d*Au- vergue est pourtant diférente de la bourrée ordinaire, BOURRELER, v. a. [ExcarnisicareJ Maltraiter quelcun à force de coups. Tourmenter. LemotBoar- reler ne se mettra pas dans un beau discours, mais on s’en servira dans la conversation, & dans un stilâ comique. ( C’est un coquin qui bourrèle fa pauvre femme qiíand il est saoul.) * BOURRELER, v. a. [ExcruciaYe , vexare.J Âu figuré, il est beau , & veut dire , tourmenter. ( La grandeur de son crime le bourrèle , le méchant qu’il est. Le remords de son crime le bourrèle. Abl . Tac.) f BOURRELE' , bourrelée , part. adj. s Excru- cìatm , cruciatus. J Au figuré, il est noble , signifie gêné & inquiété de quelque méchante action qu’on â faite. ( Etre bourrelé en sa conscience. Abl. Tac. Avoir i’ame bourrelée, Vakg. Qùinte-Curce. Les médians ont l’ame bourrelée, & ne sauroient reposer, VaUg Qmnt. liv. 6 . chap. 10.) BOURRELET, f. m. [spira pulvínàtá capitiì bó- norarii .2 Morceau de serge bu de tafetas formé en ovale, vuidé par le milieu , & rempli de crin , ou de quelque autre chose dans les endroits qui ne font pas Vuides. On fe sert de cette sorte de bourrelet pour collet. BOURRELET dé chaise percée Rond de serge rempli de bourre & vuide par lc milieu. BOURRELET d’ensant. D Cïrculm tòmentò fartiis. j Rond rempli de crin qu’on met sur le front & derrière la tête des enfans qui commencent à marcher. f BOURRELET , ou Bourlet. On donne ce nom à I’enflure qui survient autour des reins d’une personne hidropique. 4 - BOURRELET. Terme de Blason, C’eft tin tous de livrée que les anciens chevaliers portoient dans leS tournois, & qui étoit de la couleur des émaux deî’é- cu, ou des couleurs des Chevaliers. Les Dames at- tachoient elles-mêmes ces livrées aux casques, & on les apelloient les faveurs des Dames. Ce Bourrelet qu’on voit encore fur les casques de quelques Gentilshommes, s’apell efresque, torque, & tortil. 4 BOURRELET , ou Bourlet. Terme dé Marine , C’est un gros entrelassement de cordes & de tresses , que l’on met autour du grand mât, du mât de miséne, & du mât d’artimon, pout tenir la vergue dans un combat , au cas que les manœuvres qui la tiennent fussent coupées. f BOURRELET, Teimè A* Artillerie, On apelle ainsi dans le canon , la partie du métal arrondie qui régné autour de la pièce, près de la bouche. 4 = BOURRELET. . Terme de Jardinier. C’est l’ën- droit des arbres , où la greffe devient plus grosse quê le pié. BOURRELIER,/ m. ProUOneeZ bòutrelié. [ Helcia- rim.] Artisan qui Fait les barnoîs des bêtes de somme , & tous les enharnachemens des chevaux de Caresse , de charroi & dé charrue. 11 y a dans Paris deux sortes de Bourreliers , qui pôurtant ne font qu’un corps. Les uns font Bourreliers en barnois de Caresse, &les autres Bourreliers en paille. Ceíìx-ci font ies moins honorables , parce qu’ils 11e font que des har- nois de chëvauk de charroi. Ces Bourreliers font àpellez paími les gens du métier , Bourreliers en pátl- le , à cause qu’ils mêlent de la paille dans la besogne s- 272 BOU cnc qu’ils font, au lieu que les autres n’y en mettent point. 11 s ont les nns & les autres pour principaux outils , des pinces, des aleines , des couteaux à pie, & des trenchets, & ils se servent tous de manique pour coudre. On fait quatre ans d’aprentissage pour être reçu Bourrelier. 11s prennent pour leur Fête, Notre-Dame des Vertus , qui arrive tous les ans , le fécond mardi du mois de Mai. BOURRER , v. a. [Far cire .] Mettre de la bourre ou autre pareille chose sur la charge dans le canon de l’arme à feu. (Bourrer un fusil.) _ f BOURRER, v. a. [Petere , laces) ere , fer ire.'] Ternie de Maître A’armes. Batre à coup de fleuret celui contre qui on fait assaut. (11 bourre le Prévôt de sale.) Bourrer , en ce sens a vieilli, & l’on dit battre. Vosez L'umeoart , maître d’armes. -f * BOURRER. Pousser quelcun à coups de langue. Vaincre en disputant. Maltraiter de paroles. (11 s y prend bien & nous bourre de la belle maniéré. Mol.) H BOURRIER, ere, adj. Ce qui est fait de bourre. On apelle Bures-bourrìeres , les bures, qui se fabriquent à Thibiviiliers dans le VexinNormand, par- ce qu’eiles font faites en partie de bourre-tontisse, ou tonture de draps , pour les distinguer des bures de Dreux, qu’on nomme Eures-laïales , parce qu’il n’y entre que de bonne mere-laine. t BOURRIQUE j: f. [Asina.] Anesse. (I.a bourrique vient d’anonner.) Ce mot se dit aussi des ânes, & par mépris d’un méchant cheval. BOURRIQUE. Sorte de civière à maçon pour élever les matériaux. On dit aussi, un bouriquet. BOURRIQUE. Machine composée d’ais, fur quoi les Couvreurs mettent l’ardoisc quand ils travaillent fur les toits. f BOURRIR- Terme de Chajse. On apelle ainsi le bruit que font les ailes des perdrix , quand elles partent. * BOURRU , s- tu. Bizarre. Capricieux. (C’est un franc bourru. Un bourru critique.) BOURRU , bourru'é, adj. [ Morosus .] Capricieux. Fantasque. (Un esprit bourru. Humeur bourrue.) BOURRU. [Vinum turbidum .] Ce mot se dit d’un certain vin blanc un peu doux & trouble , qui n’apas assez bouilli. (Le vin bourru est agréable à boire. ) BOURRU, bourrue, adj. Terme de Naturaliste, qui se dit de certaines plantes , & veut dire qui a de la bourre & qui ne porte aucun fruit. f Le Moine bourru. [ Larva. ] Est un Lutin qui dans la croïance du peuple, cour les rués aux Avents de Noël. II demande étonné Si le Moine bourru niavoit point promené. Regn. fat. BOURSE ,s f- [Crumena , marsupium.') Ce dans quoi on ferre de l’argent ou des jetions, & qui est fait de cuir , de velours , de cheveux, ou de quelque jolie étofe , & qui se ferme avec des cordons ou avec un ressort. (Une belle bourse.) (f Ce terme bourse est dérivé du Grec j, qui signifie du cuir, parce que l’on se sert volontiers de quelque peau pour faire des bourses. Les Latins en ont fait bursas les Italiens, borfa ; & les Espagnols, boisas & nous bourse. Ce terme est fort usité dans les Païs Coutumiers. II est dit dans l’article 140 . de la Coùtume de Paris, que, lignager qui veut retraire un fond , doit ofrir bourse , deniers, loiaux coûts, fj à parfaire , esc. Les Commentateurs de cette Coutume conviennent que ce seroit une nullité essentielle, si l’on oublioit dans l’exploit d’ajournement en retrait, le terme bourse, mais il n’en est pas de même du terme deniers , puis qu’Ausanet a raporté sur le même article , des Arrêts qui ont jugé que l’ofre étoit bonne, dans laquelle on s’étoit servi du terme argent , au lieu de deniers. Et je croi avec Brodenu , que ce ne seroit as une nullité d’ofrir un sac de toile , au lieu dune ourse de peau. Cet Auteur à raison de se recrier contre la trop scrupuleuse observation des Coùtumes, & de l’excès où la porte le caprice des efirits dans les » formalitez des retraits. Dans les Coutumes d’Anjou, art. 17°. t ?7i. du Maine, & de Blois, venir entre la bourse tzs les deniers , c’est lors qu’un lignager intervient dans l’instanse du retrait commencée par un lignager plus éloigné, & fait ses ofres dans le tems. Bourse est quelquefois finonime avec argent : ainsi Loi- BOU sel dans ses institutes, liv. 3 . tit. 7 . art. 9 . dit, hoir- se ss argent n'a point de suite s C’est-à-dire ,' que (argent est dénaturé en passant en d’autres mains. * BOURSE. Ce mot, au figuré, a plusieurs sens. Exemples. Vivre Jur la bourse d’autrui s c’est-à-dire" aux dépens d’autrui. Ofrir J'a bourse aun amis c’est-à- dire , ion argent. Mal mener la bourse d’autrui s c’est faire faire de la dépense. La mort, en lui coupant la vie coupa la bourse a bien des gens s c’est-à-dire, apauvric bien des gens. Donner au plus larron la bourse s c’est- à-dire , se fier à celui à qui on devroit le moins se fier. Avoir la bourse plate s c’est avoir peu d’argent.) BOURSE. [ Vfeula. ] Ce mot se dit en matière d’anatomie , & veut dire petite vessie. (La bourse du fiel. ) BOURSE du Secrétaire du Roi. C’est ce qui revient à chaque Sécrétasse du Roi sur les émolumens du seau. BOURSE de Colége. [ Jus gratuite gratificatimis. j Certaine rente fondée dans les Coléges de l’Univeríité de Paris , pour y faire étudier quelque pauvre garçon. (f 11 y a dans l’Univerlité de Paris, certains revenus affeétez à la subsistance des pauvres écoliers, & que l’on apelle des bourses , & ceux qui en jouissent, font distinguez des autres écoliers par le titre de Bour- sers: ainsi dans le langage de l’Univerlité , bourse est une somme certaine, désignée par l’exprellion d’une bourse, dont on se sert pour enfermer l’or & l’argent. On a demandé si ces bourses de l’Univerlité étoient des Bénéfices ; mais on ne doute plus qu’elles ne soient de pures pensions alimentaires. Voïez Castel, Définit, du Droit Canons les Mémoires du Clergé, f f Histoire de l’Univerfité par Du Boulai. BOURSE ,s f. [ Forum argentarium.'] Terme de Banquier, & de Marchand. C’est dans de certaines villes de commerce, une place publique, entourée quelquefois de galeries, où les Marchands s’assemblent à une heure particulière pour conférer avec ceux avec qui ils ont a faire , ou pour se parler les uns aux autres des choses qui les regardent. II y a une bourse à Rome , il y en a à Paris , à Londres, à Amsterdam, à Hambourg, à Stockolm , à Bourdeaux, &c. II y a dans ces villes, des lieux apellez la grande bourse U la petite bourse, & l’on dit, aler , être , se trouver, se rencontrer à la bourse. ($ On apelle bourse, dans plusieurs villes de l’Eu- rope, le lieu où les marchands s’assemblent ordinai- rement-pour traiter de leur commerce. En voici l’o- rigine. Dans le tems où le plus grand commerce des Pais-Bas se faisoit à Bruges , les Marchands s’as- sembloient dans une grande place où il y avoir une maison magnifique & spacieuse , qui apartenoit à la famille délia Borsa , que Guichardin apelle nobil fami- glia, & cette maison communiqua son nom à la place, qui fut apellée la Place de la Bourse : mais le commerce aïant été transporté à Anvers, les Marchands acoùtumez à s’assembler à la bourse , transportèrent ce nom, avec leurs afaires , dans Anvers, & meme il a été porté ensuite à Amsterdam, à Londres, à Toulouse , &c. BOURSE. Dans le Levant, c’est une manière de compter. ( Ces bourses font de cinq cens écus, & l’on dit : L’Egypte doit tant de bourses au hacha. Le Grand seigneur à tant de bourses de revenu.) BOURSE de cheveux. Maniéré de grande bourse de toile ou de tafetas noir, où l’on met les cheveux & tout le bas de la perruque, & que l’on jette ensuite derrière la tête. 11 n’y a que les Chasseurs, les jeunes Cavaliers & les Voïageurs , qui se servent de bourses de cheveux. BOURSE de corporaux. [ Corporaliumtheca .] Carton ou boite où l’on ferre les corporaux qui servent à la Messe. í BOURSE à Berger , qu’on apelle aussi tabouret. C’est une plante astringente & vulnéraire , propre pour les hémorragies & pour les cours de ventre. Ses feuilles ressemblent à celles de la Roquette, ses fleurs font disposées en croix ; & son fruit est fait en besace. í BOURSEAU Rond. Instrument de bois, rond d’un côté & plat de l’autre, dont les plombiers se servent pour batre & arondir les tables de plomb fur les Tondins, BOURSES, [scrotum.'] Ce mot, au pluriel , veut dire la membrane qui couvre les testicules. (Avoir les bourses enflées.) BOURSIER , s m. [Loculorum opisex .] De bourse s’est fait boursier. Prononcez bourse. Celui qui frit & vend BOU Tend de toute sorte de bourses, des besaces,.des sachets, des sacs de peau & de velours. Us ont été apellez boursiers, parce qu’ils font plus de bourses que d’autres choses. Us ne prennent presque plus d’aprentifs , à cause que leur commerce va fort peu. Ils ont pour Patron S. Brieux, dont ils céléirrent la fête tous les ans au mois de Mai. BOURSIER, [,/mí nacluísiatx attrìbutìonìss Pauvre écolier qui a une bourse dans un Colége, & qui actuellement y étudie. (§ BOURSIER, ou bursal. Les Coutumes duMaine, de Chartres & du grand Perche, font mention du fief bursal ou boursier , lequel est diférent dans ces trois Coutumes, où l’on volt en général, que l’on apel- le fief bursal , ce que chaque héritier, ou partageant, contribué pour aquiter ce qui est dû au Seigneur , à qui famé prête la foi & hommage pour ses freres. BOURSIER. Terme de Célesiin. C’est le Religieux qui fait les petites dépenses journalières du Couvent. (Le Père N. est boursier, & il s’aquite fort bien de fa charge.) BOURSILLER , v. n. [ Pecunïas in commune con- ferres U fe dit de quelques personnes qui font ensemble , & veut dire donner chacun quelque peu d’ar- gent, & en faire une petite somme pours’en divertir, pour acheter quelque chose , ou en affister quelcun. (Chacun boursilla pour envoler au vin. Hsi. comiques BOURSIN,yi m. [Símì recrementum.j Terme de 'Maçon. C’est une croûte de terre, qui n’est pas encore bien pétrifiée, & qui est atachée à la pierre de taille, & qu’il faut ôter, de méme que l’áùbier à l’é- gard du bois. BOURSON , s. m. [Locellúí .] Petite bourse de cuir atachée au côté droit de la ceinture du haut-de-chauf- se. (Un petit bourson.) ' f BOURSOUFLER, ct. On ne le dit qu’en Î iarlant de I’enflure qui survient à la peau. Le vent ui a boursoufle le visage, BOURSOUFLE', boursouflée, adj. [Tumidns, tume- faHusé] Enflé à cause de quelque reste de maladie. (11 est tout boursouflé.) * BOURSOUFLE', f. m. Terme de Méprit, qui marque qu’on a le visage trop gros, trop gras, & mal- fait. (C’est un gros boursouflé.) On dit auslì : (Un stile enflé & boursouflé déplaît infiniment aux gens de bon goût. S. Evremont.) BOUSE , f f [Stercws Ordure de vache, ou de beuf. (La bouse engraisse la terre.) $ BOUSILLA.GE, f. m. C’est une construction de terre ou de bouè. Le meilleur boujillage fe fait avec de la paille hachée. BOUSILLER , v. a. £ Luto conflruere. ] Prononcez bouzillé. Terme de Maçon. Travailler mal. C’est travailler avec de la terre , ou de la boue. ( On ne fait que bousiller en ce pals.) Bousiller fe peut aulsi prendre activement. (U faut vite bousiller cela. t BOUSILLER , v. a. Mot bas du petit peuple de Paris. C’est faire mal quelque besogne. Travailler fort mal quelque chose, & d’une maniéré grossière. (11 a bousillé cette besogne. On dit aussi passivement : Cela est bousillé. Cette besogne est bousillée.) L’A- cadémie admet ce terme au figuré, comme au propre. f BOUSILLEUR, s. m. \_Imperituf opifexs Motdu petit peuple de Paris , pour dire , celui qui travaille mal. (C’est un bousilleur.) On pouroit dire en riant, A.... en matière de traductions , n’est qu’un bousilleur ; c’est-à-dire, n’est qu’un misérable qui défigure les Auteurs qu’il traduit , parce qu’il les fait parler Gaulois. f BOUSIN , si m. Les Carriers & les Tailleurs de pierre apellent bousin , une substance molle , qui couvre le dessus des pierres au sortir de la carrière. Le bousin est une espece de souchet qui ne vaut rien, & qu’on doit abattre en équarrissant les Pierres. BOUSSOLE , si f [ Pixií nautica. ] Boite balancée fur quatre pivots , ou il y a une éguille frotée d’aimant qui soutient une rose de carte divisée en trente-deux vents. ( Durant la tempête , le vent fit le tour de la Boussole. La Boussole nous donne la connoissance du nouveau monde , & elle lie les peuples de la terre par le commerce. Nicole, essais , t. 2.) On atribnë l’invention de la boussole à Jean Gire ou Goya Napolitain en r;02. D’autres , à Marc Paul Vénitien en i?6o. mais Faucher la met avant iaooi BOU 273 Volez le TfifBonnaìre d.’Aubin , U Pafquier , à 4, de ses Recherches, chap. 25. BOUSSOLE de quadran. Boite avec une éguille au centre du quadran, pour montrer l’heure & les parties du monde. BOUT, f nt. [ Extremum, extrémité. ] Prononcez boû. Extrémité. ( Le bout de la ville.) * BOUT. [ Finis. J Fin. Commencement & fin. ( Au bout de soixante jours ils fe rendirent. Vaug, Quint. I. 5. Entendre la Comédie d’un bout à l’autre. Mol. 11 a lû le Livre de N. d’un bout a l’autre ; mais c’est par pénitence, il a bâillé tout son foû, car il est pitoïablement écrit. Laijsez-les faire, ils ne font pas au bout. J’y vendrai ma chemise , U je veux rien ou tout . Rac. plaid. a. 1. sc. 7. Je vous prie de croire que je poursuivrai mon droit jusques au bout. Port-Róial, Térence, Adelphes, a. 2.fi. r.) * On dit figurément, le bout du monde. [ Extrema pars. ] II est allé loger au bout du monde ; c’est-à- dire , dans un lieu fort reculé. Si cela vous coûte dix écus , c’est tout le bout du monde , c’est tout ce qu’il vous peut coûter. BOUT. [Papu/a. ] Petite partie qui finit une chose, (Le bout du teton, de l’oreilìe, du nez, &c. Pen» fez-vous (jue ces peuples soient gens à être repoussez par de mechans bâtons brûlez par le bout ? Vaug. Quinte.Curce , l. %. ch. 2.) BOUT. [ P articula. ] Reste de quelque chose. ( Un bout de chandelle.) H Brûler fa chandele par les deux bouts. Cette fa- ç 5 >n de parler prov. & fig. signifie, consumer son bien en le dépensant inutilement & mal à propos. £ Un bout d’bomme ; c’est un homme fort petit. Savoir quelque chose sur le bout du doigt. C’est la savoir parfaitement bien. Avoir un mot sur le bout de la langue. C’est Poussier dans le moment qu’on croît Palet dire. $ Tenir le bon bout. C’est être nanti, & avoir ses furetez , & de grands avantages dans une afaire. H Ceder une chose par le bon bout. C’est ne la céder qu’à des conditions avantageuses , ou ne la ceder que par force. H Bâton à deux bouts. C’est un grand bâton ferré par les deux bouts. BOUT. Ce qu’on met à Pextrémité d’une chofs pour Passortir. (Mettre un bout à un Poulie.) Se mettre fur le bon bout. C’est s’ajuster. (Le haut & bas bout d’une table, &c.) BOUT à bout, adv. U fe dit des choses dont les bouts des unes font mis à l’oposite du bout des autres. (11 faut mettre ces épées bout à bout. Ces flèches font bout à bout.) A bout, adv. [ Vehementìùs. J Ce mot a divers sens qui dépendent tous du verbe auquel il est joint. ( Pouffons à bout Pingrat,_ & tentons la fortune. Rac, Baj. a. 4. sc. 4. C’est-à-dire , volons jufqu’où peut aller son ingratitude. Plut à Dieu que Clitus ne m’eût point poussé à bout, mais vous savez comme il me traita. Vaug. Quint. Curce, /. 8- ch. 8. C’est-à-dire, qu’il ne m’eût point obligé d’éclater contre lui. ■ II ne veut que Vhonneur de l’avoir mise à bout, II en triomphe , Î U V c '‘ e s tout. Benserade , ballet de la nuit. C’est-à-dire , il ne désire que Phonneur de Pavoir poussée aussi loin qu’on pouvoir, & celui d’en faire la conquête. Tu mets ma patience à bout. C’est-à- dire , tu m’obliges à me mettre en colère. Venir à bout de quelque chose, c’est l’achevér. f Venir à bout de quelqu’un. C’est íe feduire , le forcer, en triompher. Etre au bout de son rôle , c’est ne savoir plus que dire , ni que faire.) ^ Etre au bout desá carrière,Cdk être à la fin de ses jours ; ou être prêt a finir le tems qu’on devoir passer dans un emploi. Au bout du compte. C’est-à- dire , après tout, tout considéré. A bout portant, f Admotà proximè catapulta, j Le bout de Parme étant presque sur le ventre de son ennemi. ( Tirer quelqu’un à bout portant.) f A tout bout de champ. £ Identidem , ferè , contî. venter. ] Mot bas & vieux, au lieu de quoi on dit, ordinairement, A chaque moment, H L’Académie admet ce terme dans le stile familier. Tom. L M m í BOUT, 274. BOU ^ BOUT. Terme de Marine , qui a diverses significations. On apelle bout de corde une corde de moïenne longueur , c’est aussi une corde dont le Prévôt se sert pour châtier , & les gens du quart, ou de l’équipage , tiennent aullì des bouts de corde, pour fraper ceux qui font condamnez à ce châtiment. f BOUTS de cable. Ce font des bouts ou morceaux de cables inutiles , usez , ou trop courts. H BOUT de vergue. C’est la partie de la vergue qui excede la largeur de la voile , & qui sert quand on prend les ris. A BOUT pour bout. On dit filer le cable bout pour bout, ou bout par bout. Volez Filer. $ BOUTE de lof , ou boute-lof. C’est une piéce de bois ronde, ou à huit pans , qu’on met au devant des vaisseaux de charge qui n’ont point d’éperon : elle sert à tenir les amures de miséne. H BOUT-DEHORS, Boute-bors. Ce font des pièces de bois longues & rondes , qu’on ajoute par le mote n d’anneaux de fer , à chaque bout des vergues du grand mât , & du mât de miséne , pour porter des bonnettes en étui, quand le vent est foible , & qu’on veut chasser fur l’ennemi, ou prendre chasse & faire diligence. ch BOUT-DEHORS. Ce font aussi de longues perches , ou pièces de bois , avec des crocs , pour empêcher dans un combat sabordage du brûlot ; ou pour empêcher dans un mouillage que deux vaisseaux, que le vent fait dériver l’un fur í’autre , ne s’endom- magent. f BOUT-DEHORS. Petit mât qui sert à la machine à mâter , pour mettre les chouquets & les hunes à place. BOUT. Terme de Ceinturier. Petite plaque de métal qu’on met au bout des boucles du baudrier pour leur donner plus de grâce. BOUT. [ Extremœ acinacU vagin a munimentum. J Terme de FourbiJ'eur. C’est un petit morceau de cuivre , d’or, d’àrgent ou de vermeil doré qu’on met au bas du fourreau de l’epée , du poignard , ou de la baïonnette. ( Mettre un joli bout à un fourreau. Un bout de cuivre vaut deux ou trois fols.) BOUT d’argent. Terme de Tireur d’or. Gros bâton d’argent fin. BOUT d’or. Terme de Tireur d’or. Bâton d’argent doré. BOUT de l’an. [ Anniversuria aemortui parenta/ia.~] Terme d’Eglise. Service qu’on dit pour un mort, lors qu’il y a justement un an qu’il est mort. (Faire dire le bout de Pan.) BOUTS-RIMEZ. [ Extrema rithmica. ] Terme de Foéfte Françoise. Rimes en blanc qu’on a dessein de remplir. (Sonnet en bouts-rimez. Sarrazin a fait une poème intitulé , la défaite des bouts-rimez.’) BOUT J'aigneux. [ Jugulmn. ] La partie du colet de mouton où il y a du sang. ) On fait un bon potage d’un morceau du trimeau de beuf, d’un bout saigne ux de mouton , d’une vieille perdrix, ou d’un Vieux coq , dont on aura cassé les os.) ^ BOUT d’aìles. Plumes tirées du bout de l’aîle des oies , dont on fe sert pour écrire. Voïez Bou- delle. t BOUT-D’ETAMINE , ou Bout-tC Eflamine. C’est une étofe façonnée à la maniéré des étamines , & qui est fort connue à Lyon. t BOUT ADE ■, f- f [ Prxceps anìmi impetus. ] Caprice. Emportement promt. Tirade de vers faits par caprice. ( 11 lui prend de fâcheuses boutades. Prenez en gré cette boutade. S. A m.) UOUTADE , f. f. C’est une danse figurée , qui fut inventée par le fameux Eocan maître à danser , du régne de Louis XIII. laquelle à été apellée boutade , à cause qu’elle commence d’une maniéré qui a quelque chose de brusque, de gai & d’éveillé. (La boutade est agréable. La boutade a été extrêmement en vogue , mais on ne la danse plus , à peine la con- noît-on que par les livres. Elle vous prie de ne plus tant danser la boutade , & de choisir quelque danse plus grave. Voit. let. ioz.'i 0 BOUTAGE. C’est (dit Ragueau ) de même que le droit de Forage , qui fe prend fur ceux qui boutent ef mettent vin en broche, pour le vendre en détail en la Jufiìce Seigneurie. t SOUTANES , ]'. f. Toiles de coton qu’on fabrique dans l’Isle de Chypre, BOU BOUTANT- Voïez Arcboutant. BOUTARGUE , f f- [Saljamenta pijcium . J Ce font des œufs de paillons salez qu’on mange pour s’exciter à boire en Provence , ce font des œufs de muge confits avec de l’huile & du vinaigre. BOUTE, J-f [Do/ïu.j Terme de Mer. Futaille où l’on met Peau douce qu’on embarque pour l’équi- page. La boute s’apelle auíii quelquefois baille. ( Les boutes font pleines.) í BOUTE, ou Baille. C’est aullì une moitié de tonneau en maniéré de baquet : On y met le bru- vage qui est distribué chaque jour à l’équipage. Voïez Aubin. H BOUTE. C’est aussi un vaisseau propre à transporter le vin dans le pais de montagnes. II élisait de peau de beuf préparée, & on le charge commodément fur les mulets. Le vin ne fe garde pas long- tenis dans les boutes. 0 ' Favin , dans son Traité des Oficiers de la Couronne de France , dérive le terme bout , & boute , de buteur , un vaisseau de bois enduit de poix , ,, poissé „ ( dit-il ) par dessus , afin de le mieux conserver, „ & garder le vin plus long-tems en fa force & „ fans l’évent : inde , boute , & bouts , peaux de ché- ,, vres poissées & liées par les quatre pies , dans les- ,, quelles les Trezeniers portent le vin és Pyrénées ,, & aux Sevennes, du Languedoc. Boute en Fran- „ cois ; en Latin, uter ; & en Languedoc & Gascogne, ,, outre. ” BOUTE’, boutée, adj. Ce mot se dit du cheval, & veut dire qu’il a les jambes droites depuis le genou jusqu’à la couronne. ( Cheval bouté. Cavale boutée.) î BOUT-EN-TRAIN , f m. C’est un petit oi- seau qui sert à faire chanter les autres , <& qu’on apelle autrement Tarin. On dit fig. d’un homme de plaisir, qui excite les autres à fe divertir. C’est un bout-en-train. BOUTE-FEU , f. m. \_Incendiariuí. ] Celui qui de dessein formé met le feu en quelque lieu. (11 commanda de tuer tous les boute-feux. Abl. Arr. 1 . 1. et. 7. C’est t. n boute-feu , qui a brûlé le château pour piller le trésor. Abl. Luc. t. 1.) * BOUTE-FEU. [ Seditionk aufíor , fax. ] Celui qui aime la division, qui fente des querelles. (C’est un vrai boute-feu.) 0 Malherbe a dit : bnpudens boute-feux de noise & de querelle. Ce terme mérite-t’il d’entrer dans stile sublime? BOUTE-FEU. Terme de Canonier. [ Quod ignem tormento Jutjicit. ] Fourchette au bout de laquelle il y a une mèche pour donner le feu au canon. f BOUTE-HORS , s. m. [ Expedila in dicendo célérités. j Ce mot pour dire , facilité de parler , est bas & vieux. (C’est un homme qui a le boute-hors, 11 n’a point de boute-hors.) f Jouer au boute-bors [ Expufìo. ] Façon de parler vieille & basse, pour dire , tâcher de fe fuplantet l’un l’autre. $ L’Acadéntie l’admet. BOUTEILLE , f.s. [ Ampulla , lagena.j] Vase de verre , de terre, ou de cuir bouilli, propre à mettre du vin , ou autre liqueur. * BOUTEILLE. [ Vinum. ] Aimer la bouteille. La bouteille a des charmes qui consolent de tout. Mol- La bouteille fait perdre la raison à Ligniere, Que Dubuijfon dorme ou s’éveilìe, C’éjì au secours de la bouteille A qui tout l’honneur en ejì dûs) BOUTEILLE d’eau. Petite boule qui s’éléve fur l’eau quand il pleut fort ; c’est aussi une bouteille pleine d’eau. BOUTEILLE de vin. C’est une bouteille pleine de vin. ( Coi fer une bouteille. Décoiserune bouteille.) H Coup de pie de bouteille. C’est un bourgeon sur le visage d’un homme qui aime trop à boire. 4 = On dit prov. & fig. d’un homme qui n’a aucun usage du monde , qui en ignore les bienséances, qu’il n’a rien vu que par le trou d’une bouteille. 0 BOUTEILLE. Terme de Marine. Les bouteilles font des saillies de charpcnterie (ur les còtez de Barrière du vaisseau de part & d’autrc de la chambre du Capitaine. Les bouteilles font à la place des galeries , dont l’usage fut suprimé par l’Ordonnance de 167;. 0 BOV- BOU ì§ BOUTEILLES de calebasse. Ce sont des bouteilles que prennent fous les aisselles, ceux qui veulent aprendre à nager. BOUTELIER , s. m. [_ Supremus vint difionendì mi- mjler. j Oficier de la maison du Roi , qui étoit autrefois un des premiers Oficiers de la Couronne. C’est le grand Echanson, f L’Académie dit Boutììier. t BOUTER , Se bouter , v. r. [ Ponere. ] Ce mot est passé de la ville au viiage , & ne se dit qu’à la campagne, & méme les lieux où il a cours sont fort éloignez de Paris. 11 signifie s’asseoir. ( Boutez-vous là , & puis nous parlerons d’afaires.) f BOUTER, v. a. Bouter un cuir de veau, c’est enlever avec le boutoir ce qui peut être encore resté de la chair de l’animal , attaché à la peau , après qu’on la tirée de la tannerie. (f BOUTER de lof. Terme de Marine. C’est venir au vent, bouliner , serrer le vent, prendre l’a- vantage du vent , mettre les voiles en écharpe pour prendre le vent de côté. f BOUTEROLLE , f f. _ Outil en forme de poinçon rond , dont les Lapidaires se servent à graver les pierres dures. f BOUTEROLLE. Poinçon de fer acéré , dont les Faiseurs de boutons de métal se servent , pour emboutir les lames qu’iis ont coupées avec l’emporte- piéce , & pour les fraper dans la matrice, ou comme ils disent, dans le tas , où elles doivent prendre leur empreinte & leur forme. H BOUTEROLLE. C’est aussi la garniture que les Fourbisseurs mettent au bout du fourreau d’une épée, pour empêcher qu’elle ne le perce. ê BOUTEROLLE. On apelle ainsi une fente de clef par où passe le rouet, ou les, gardes du’ne serrure. BOUTE-SELLE , J', ra. [ Signum equitibus datum con- scendmdorum equorum .j Le premier son de la trompette pour avertir les cavaliers qu’il faut monter à cheval. (Sonnerie boute-selíe.) t BOUTE-TOUT-CUIRE , s. m. Terme familier & bas qui signifie un dissipateur , un goinfre. C’est un boute-tout-cuire. & BOUTEUX- Petit filet ataché à un bâton fourchu , que les pêcheurs poussent devant eux fur les sables , & dont on se sert sur les côtes de l’Ocean. BOUTIQUE , s f. [ Taberna , ojficina. ] Lieu qui sert aux ouvriers , & aux artisans pour travailler, & aux marchands pour débiter leurs marchandises. (Lever boutique. Ouvrir boutique. Tenir boutique. Garder , mener , conduire une boutique. Fermer la boutique. Garçon de boutique. Fille de boutique. Alexandre étant à Eféfe, aloit à la boutique d’Apelle, pour se délasser i’esprit. Bu Ryer , suplément de (L Ctcrce. Les ouvrages du pauvre N. pourrissent au fond de la boutique du Libraire , qui donne tous les jours cent fois au Diable ce barbouilleur. $ Garde-boutíque. C’est une étofe hors de mode qui reste depuis long-tems dans. la boutique d’un Marchand ; & on le dit en général de toute marchandise de mauvais débit. ■ Un courtaut de boutique. Terme de Mépris. (Un garde-boutique. Une arriére boutique.) Un Poète a dit en parlant des petits Abez: ( Les Clercs, les Ecoliers, les courtauts de boutique , Séparent fièrement de ce titre autentique.) j- Faire de son corps , une boutique d’Apoticaire. C’est prendre souvent des remèdes. Faire de fa tête, une boutique de Grec N de Latin. C’est n’aprendre que du Grec & du Latin, f On dit qu’une chose vient de la boutique d’un tel , pour dire , qu’elle est de son invention. Les fausses nouvelles viennent toujours de la boutique d’un Gazettier. On ne le dit d’otdinaire qu’en mauvaise part. BOUTIQUIER. On apelle áínfi les Marchands qui vendent en boutique. Les Marchands boutiquiers. BOUTIS , f m. ( Imprejsum solo aprugnì rojiri vejhgïum. ) Terme de Cbajse. Lieux où les bêtes noires fouillent, BOUTISSE, f. f. Terme de Maçon. Ce mot se dit des pierres mises en œuvre, en forte que la longueur entre dans le mur, & que la feule largeur paroisse en dehors. (Pour bien bâtir, il faut mettre des pierres en parement, & d’autres en boutiffe alternativement.) BOU 275 BOUTOIR , s nt. [ Scalprum . 3 Instrument avec lequel le Maréchal pare le pié des chevaux & des mulets. A BOUTOIR , f. m. Instrument avec lequel les Courroïeurs boutent les peaux de Veau qu’ils veulent courroïer. BOUTOIR , f- ra. [ Apri rofirum. ] Le bout du nez des bêtes noires. (Le boutoir du sanglier. Salé) On s’en sert aussi dans le blason. BOUTON , f n>. [ Globulus. ] Petit morceau de bois rond & couvert de fil , de soie, ou de trait d’argent, 011 d’argent doré qu’on pousse dans les boutonnières. Morceau de verre, d’étain , d’or ou d’argent façonné qu’on met dans les boutonnières , ou dont on pare un habit. _ ( Bouton à boutonner. Bouton à queue. Bouton à jufte-au-corps. Bouton massif.) * BOUTON de fleur. [ Caìix , follìculus , oculus, -gemma. ] Bouton de rose. C’est une fleur ou une rose qui n’eít pas épanouie , & qui est en forme de bouton. On peut dire aussi que le bouton est une maniéré de petit étui qui renferme les feuilles de la .fleur. (Un beau bouton mérite du soin. Un gros bouton fort agréable. Bouton qui commence à grossir. Aider un bouton à fleurir. Bouton qui pourrit.) Le fleuriste apelle aussi ce bouton, bourre. Volez bourre. * BOUTON, f Papula. ] Bourgeon qui vient au visage. Son pourpoint n’a plus qu’un bouton, & son nez en a plus de trente. Gomb. ép. I. 1 . , * BOUTON de verole. Sorte de pustule ou de petite tumeur rougeâtre qui ne supure pas, & qui laisse toujours une marque aux endroits où elle vient. Et quand une personne a de ces sortes de boutons, on .dit qu’elle a le Chapelet de S. Côme. * BOUTON de sacin. Sorte de petit grain qui vient fur le corps du cheval, & qui le rend farci- neux. * Serrer k bouton à quekun. C’est le presser avec vigueur. H Se mettre le bouton bien haut. C’est donner d’a- bord une idée avantageuse de soi. Ce jeune homme en entrant dans le monde s’ejl mis le bouton bien haut. BOUTON, f ni. [Duflilh habenarumnodus.'] Ternie de Manège. Morceau de cuir, à peu près rond, boucle de cuir au travers de laquelle passent les rênes de la bride , & qui sert à les resserrer. (Hausser ou abaisser le bouton. On dit mettre un cheval sous le bouton, lors que le cavalier décendant du cheval abaisse le bouton fur le col du cheval, jusqu’à ce que la bride ramène la tête du cheval en bon état , & qu’elle soit bien placée.) BOUTON de feu. [ Çauterium .] Terme de Chirurgien & de Maréchal. C’est un morceau de fer rond par le bout qu’ils font rougir pour l’apliquer dans des ulcères, afin de les guérir. (11 faut apliquer le bouton à cette fistule. 11 faut mettre le bouton de feu à chaque bouton de farcin.) BOUTON, Ce mot se dit d’un petit morceau de fer, ou d’autre métal qu’on met sur le bout du canon des armes à feu, pour servir de mire. __ vvupvri, uii peut morceau d’or ou d’argent qu’on leur donne pour faire l’effai de ces métaux, & voir à quel titre ils sont. * On dit figurément qu’une chose ne tient qu’à un bouton, pour dire, qu’elle tient à peu de chose. BOUTON. Terme de Lutier. Bois en forme de gros bouton, où est atacbée la queue du violon. BOUTON. Terme de Serrurier, de Taillandier, de Tourneur. Morceau de métal, ou de bois en forme de bouton. (Un bouton déporté, de serrure, de pelle à feu.) (f BOUTON. Ce terme à plusieurs significations parmi les Marins. (Bouton de mire. Bouton d’ecou- villon. Bouton de pierrier. Bouton de cuillier de canon. Bouton de refouloirs. Bouton de canon. Bouton de trompette. ) 'Volez le BiUionnaire du Sieur Aubin. BOUTONNE', boutonnée, adj. [Globulh asirichts.J Ce mot ne se dit guére au propre. On ne dira pas du pourpoint qu’il est boutonné, pour signifier qu’il est garni de boutons, mais seulement pour dire que les boutons ont été mis dans les boutonnières. H On dit fig. c’est un homme boutonné, pour dire, c’est un homme fort circonspect dans fa conduite. Acad. Fr. Tom. L Ima BOU, 276 BOY BOUTONNE', boutonnée, adj. [Papulus rubens.) Ce mot, au figuré, se dit du visage qui a des bourgeons. (Visage boutonné, nez boutonne.) BOUTONNE' , ée. [ Globatm. ] Terme de Blason. Qui se dit des roses & autres fieurs, lors que les feuilles font d’un émail, & le milieu, ou le bouton d’un autre. On le dit auílì d’un rosier qui a ses boutons épanouis. BOUTONNER , D. a. [ Globulk ajhingere. ] Mettre les boutons dans les boutonnières, (boutonner «n pourpoint.) BOUTONNER, v. n. [Folliculos emittere.) Ce mot se dit des arbres, & veut dire pousser de petits boutons. (Les arbres commencent à boutonner.) BOUTONNERIE , f f. [Globulorum officinal Marchandise de boutonnier. (La boutonnerie est meilleure qu’elle n’a encore été.) BOUTONNIER , f. m. [Globulorum opifex .\] Ouvrier qui travaille sur le boisseau, à l'égaille, sur forestier, & au crochet, qui fait de toutes sortes de boutons, de tresses, de ceintures de Prêtre, cordons d’Evêque, cordons de miroirs, crépines, & qui enjolive divers ouvrages. . BOUTONNIE'RE, f f. [Fissura cut globulus tnjeri- tur-3 Fente au pourpoint, ou au juste-au-corps, entourée de foie ou de fil, & arrêtée par deux brides pour mettre les boutons lors qu’on se boutonne. (Couper les boutonnières.) BOUTURE, /• f- [Talea, clavola, clavula. ] Terme de Jardinier. Branche d’arbre qu’on plante. Petits rejettons qui poussent au pié de quelque arbre. (Planter des boutures. Elever du plan de boutures.) BOUTURE. Terme d 'Orfèvre. Eau où l’on met de la gravelle & du sel pour blanchir la besogne. (Mettre la besogne dans la bouture.) f BOUTURE. Terme de Monoiage. C’est une lessive composée de lie de vin séché, bien battue, de sel, & de quelques autres ingrediens, qui sert au blanchiment des flaons. f BOUVART , f. m. Les Boucaniers apellent bouvarts , les demi-taureaux qui font jeunes & n’ont pas toute leur grandeur. Dans le commerce des cuirs on donne trois bouvarts pour deux beufs, ce qui doit «'entendre des peaux de ces animaux. BOUVEMENT, f. m. Instrument de Menuisier. C’est une espèce de rabot dont le fût est étroit, & le fer taillé comme en onde. 11 sert à pousser sur les ouvrages de Menuiserie, ce qu’on apelle une doucìne. BOUVERIE , s s [Boum flabulum.) Lieu où le bouvier tient les beufs. (Aler à la beuverie.) í BOUVET, s- m. Instrument de Menuisier. Sorte de rabot, qui a comme deux fûts & deux fers. II sert pour faire des rainures, ou des languettes, quand on veut emboîter & assembler des ais. BOUVIER , s. m. [Bubulcns.) Celui qui garde le bétail, comme bœufs, vaches. (Un bon & fidèle bouvier. Apollon a été le bouvier d’Adméte. Abl. Min. Félix.) BOUVIER. Celui à qui les Bouchers de Paris donnent la garde de leurs beufs, qui les nourit, & qui les leur amène le jour des tueries. -j- * BOUVIER. [ Rujiicití, inconditw. ] Grossier, rustre, mal propre. (Quel bouvier est-ce là.) BOUVIER. [Bootes.) Constellation céleste. * BOUVIE'RE, f. f. [Rujiica, incondita .] Ce mot ne se dit guère au propre, pour signifier une femme ou une fille qui garde les beufs & les vaches ; mais au figuré, il est en usage dans le stile bas, & dans le satirique. II signifie une grossière, qui n’a ni esprit ni adresse. (La grosse bouvière. Votez cette mal adroite bouvière, cette butorde. Mol. Comtes.) BOUVILLON, s. m. [Juveqcus.] Jeune beuf. $ BOYCININGA , s. m. Serpent très-venimeux qu’on trouve au Brefil. 11 a une sonnette à la queue, dont le bruit avertit ceux à qui il pouroit nuire. (§ BOYER. C’est une espèce de bateau ou de chaloupe Flamande. Ce bateau est mâté en fourche, & a deux semelles qui font qu’il va bien à la bouline , & qu’il dérivé peu. Voïez la figure dans Aubin. BRA ê BOYEZ, f m. On apelle ainsi certains Prêtre» de l’Amérique. (§ BRABANÇONS- C’est ainsi que l’on a nommé un assemblage d’un grand nombre d’avanturiers, qui formèrent des compagnies nombreuses, qui coururent dans plusieurs Provinces du Roïaume, & y fi. rent des ravages considérables, ne vivans que de leurs larcins, & des violences qu’ils exerçoient indiférem- ment par tout où ils passoient. On les apelloit encore , Cottereaux, & Routiers. Voïez l’Histoire de la Milice Françoise du P. Daniel, liv. ch. g. t BRADANTES- Toiles d’étoupes de lin, qui f» fabriquent aux environs de Gand, de Bruges, &c. BRACELET , s >». [ArmìUa, brachiale .] Petit ornement qui embrasse le bout du bras auprès des rasettes de la main. (Un joli bracelet.) ê BRACELET. Instrument de cuir, dont les Doreurs fur métal se couvrent le bras gauche, afin de ne se point blesser, lorsque pour polir & brunir leur ou- vrage, ils s’apuïent fortement fur l’étau. í BRACHIAL, adj. m. Terme à’Anatomie. On apelle ainsi les deux muscles de l’os du coude. L’un est le brachial interne, & l’autre le brachial externe. BRACMANE, s m. Prêtre Indien, un Philosophe Indien. t BRACON, s m. C’est un vieux mot, qui íìgni- fioit apui, console, potence. $ BRACONNER, v. n. C’est chasser furtivement sur les terres d’autrui, pour profiter du gibier. Les paisans vont braconner, & on les châtie quand on les surprend. 4 BRACONNIER , s. m. Celui qui chasse furtivement & sans permission fur les terres des autres. On le dit aussi d’un homme qui tue beaucoup de gibier. Acad. Franç. BRAGUE, s s Terme de Lutier. Morceau de bois au bout du corps du luth pour en cacher les éclisses. f BRAGUE- Voïez Drague, terme de Marine. BRAI, s m. [ Navalis untfura cera. ] Composé noir, fait d’herbes & de poix résiné, dont on se sert our froter les bateaux. (Faire du brai, fondre da rai, apliquer du brai bouillant fur les couches d’é- toupe, dont les cassas remplissent la jointure des blanches qui composent le bordage d’un vaisseau. 11 y a un brai sec, & un brai gras, qui servent l’un & l’autre à braïer le vaisseau.) * BRAïES, s. s. [Femoralia. J II ne se dit qu’au pluriel. 11 signifie haut-de-chausses, culote; mais en ce sens, il est vieux & hors d’uíage : au propre, on ne dira jamais, les braies du pauvre V. font toutes percées, & le Sieur Barbin, pour qui il travaille, est un lâche de ne lui en pas donner d’autres. Braies, au figuré & dans le comique , entre dans quelques façons de parler proverbiales : 11 en est sorti braies nettes. C’est-à-dire, il est heureusement sorti d’afaire. Nos libertez auront peine à s’en tirer braies nettes. Mol. préc. C’est-à-dire, que nous y perdrons la liberté. f B R AïE. Vieux mot. Voïez Faujse-brdie. BRAïES. [Panniculsts.J Linge qu’on met fous la chemise des enfans qui sortent du maillot, & dont on leur envelope le cu, de peur qu’ils ne gâtent leur robe. BRAïES , f f. Cuir ou toile poissée qu’on met au pié d’un mât auprès du tillac, de peur que seau ne le pourrisse. Fourn. f BRAïES. On apelle braies ; dans la construction des moulins à vent, les pièces de bois qu’on met fur ce qu’on nomme le paillier du moulin, pour soulager les meules. BRAIER, u. a. [Navem incerare.J Froter un vaisseau de brai, de poix, de goudron & de suif. (Braïer un bateau.) BRAÏER , f. m. [Subligaculum hernix .] Prononcez brée. Bande de fer délice, large d’un pouce, façonnée en forme d’un demi cercle, couverte d’abord de toile, & ensuite de cuir, dont l’un des cotez, & quelquefois les deux font de la largeur d’environ la paume de la main, pour arrêter les décentes de boïau. (Un braïer bien fait, un braïer commun, un braïer de BRA fil de fer à ressort. Porter le braïer. Voïez Chirurgien. Hernies.) BRAÏER , f. nt. Morceau de cuir, large de deux bons doigts, au bout duquel il y a une espèce de sachet de cuir, ou l’on met le bâton de la baniére quand on la porte. (Prenez vite vôtre braïer pour porter la baniére. Sans braïer on ne feuroit porter la baniére qu’avec peine, le braïer soulage.) BRAÏER, f m. [ Anus. ] Terme de Fauconnerie. C’est le cu de l’oiseau. BRAÏER, / r». Terme de Balancier. Petit morceau de fer qui passe dans les trous qui font au bas de la chasse du trébuchet & des balances, & qui sert à la tenir en état. BRAÏER, f. m. Espèce de bandage de gros cuir, avec une boucle & son ardillon, qui sert à soutenir le battant d’une cloche. BRAïERS. Terme de Maçon. 11 se dit des cordages qui servent à élever le bourriquet, où l’on met le mortier & le moilon pour l’élever au haut des bâti- mens. BRAïE'TE, f. f f Braccarum pars anterior. j Ce mot ne se ditguére ; en sa place on di t, fente de baut- de-chaujse. f On dit, fermer sa braïette, boutonner sa braïette. Acad. Fr. t§ BRAIL. La Coûtume du Maine, art. 40. s’est servi de ce terme, au lieu de treuil, qui est le véritable. Qui ria forejì, ni brail de forejì, qui est à entendre buisson, tel que convenablement les grojfes testes puistent s’y retirer , titre, ou longue postejston, n’est fondé d’avoir chaste désensable à groJJ'es bestes, s’il n'est Châtelain pour le moins. Brodeau explique ainsi ce terme dans son Commentaire sur cet article : ,, Quant „ au mot de brail, je tiens, avec Mr. Guillaume le „ Bouille, qu’il vient de brailler, qui est le propre „ des grosses bêtes, ou de bramer, qui est le cri des „ cerfs. ,, Mais brail est dit, par corruption, de breúìl, qui est un terme des Eaux & Forêts, & que l’on dérive du Latin bralium, un buisson, un parc où l’on a enfermé des bêtes. Les Italiens en ont fait de même leur brolo. Sur quoi voïez les Origines Italiennes de Mr. Ménage, v. Brogliare. Brolo. f BRAILLARD , braillarde , adj. Celui ou celle qui parle beaucoup, fort haut, & mal à propos. On s’en sert d’ordinaire au substantif. C’est un grand braillard, une grande braillarde. Acad. Fr. í BRAILLER, V. n. [Clamare, vociferari.) Criailler. 11 ne fait que brailler. [f BRAILLER, & bramer, sont deux mots difé- rens. Rabelais, liv. 1. ch. 19. dit : Jusqu’à ce que vous nous les ayez rendu'ês (nos cloches') nous ne cesserons de crier après vous , comme un aveugle qui a perdu son bâton , de brailler comme un âne sans croupière : b de bramer comme une vache fans cimbales. BRAILLER le haren. Terme de Mer. C’est saupoudrer le haren de sel, & le remuer avec la pelle. Four n. f Les Hollandais ne le remuent point avec des pelles. Ils le mettent dans des paniers, & après savoir sapoudré, ils le secouent & le font sauter pour le mêler avec le sel. Aubin. BRAILLEUR , s. m. [Clamator, rabula .] Criailleur. (Un franc brailleur.) BRAILLEUSE, s. s. Criaiileuse. (Une vraie brail- leuse.) BRAION, s m. Terme d'Imprimeur. Petit morceau de bois, pour broïer l’encre. BRAIRE, ri. n. (Rudere.) Ce mot se dit de l’âne qui pousse un cri naturel, & qui marque ce que la nature lui inspire. (L’âne brait.) * BRAIRE. [Vodferari.2 Crier, chanter d’une maniéré désagréable. ( J’oi braire matin U soir, Cinq ptâsans vêtus de noir. Boisr. ép.) BRAISE, f f [Pruna.] Bois que le feu a consumé & réduit en charbons. (La braise du feu , la braise d u four.) 11 est tombé de la poêle dàns la braise. Faqon de parler basse & proverbiale, qui signifie, il est tombé d’un grand mal dans un pire. $ On dit d’un homme qui s’est vangé promtement d’un afront, ou qui a reparti vivement à un discours piquant, U l’a rendu chaud anime braise. Donner BRA 277 une mauvaise nouvelle chaud comme braise , c’est l'annoncer sans aucune préparation. Passer fur quelque chose comme chat sur braise, c’est dans un discours ou dans un écrit passer legerement fur une chose, qu’on ne veut pas trop aprofondir. BRAISE. [Ardens focus .) Ardeur amoureuse. (Lise, un courtisan du feu Roi ne sauroit modérer ta braise. Main. Poef.) BRAISIER. Voïez Brasier. BRAISIE'RE , f. f Terme d e Boulanger. C’est une maniéré de fontaine de cuivre, où le Boulanger étou- fe fa braise lors qu’il la tire du four, & avant qu’il la mette dans le brasier qui est en fa boutique. (Eteindre la braise dans la braisiére. Mettre, étoufer la braise dans la braisiére.) BRAMER, v- ». [Clamorem edere cervino simili-,n.~] Terme de Chaste. Quelques-uns disent bramer pour exprimer le cri du cerf, mais le vrai mot c’est braire. (Le cerf qui brame au bruit de seau, s’amuse à regarder son ombre. Théoph.) Voïez Brailler. BRAMIN, f nt. Prêtre de la Religion des Indiens idolâtres, successeurs des anciens Bracmanes. t BRAN- [ Stercus, alvi purgamentum. ] Excrément d’homme. (Qu’elle puiste crever d’ahan, Et vomir l’ame avec le bran. S. Am.) t BRAN. (Vah! malè sitst Terme qui marque 1 e peu d’estime qu’on fait d’une chose, ou d’une personne. (Bran de vous, bran de vos clistéres. Sar. Pois.) BRANCARD , s rn. [Valetudinarium ferculum.J Prononcez brancar. Sorte de litière. Voiture fans roues, dans laquelle on transporte un malade tout couché sur des matelas, avec des couvertures fur des cerceaux, & qui est portée par deux chevaux ou mulets ; & quelquefois par deux hommes, l’un devant & l’autre derrière. (Le conducteur du brancard, que l’ardeur du soleil avoir assoupi, alla planter le brancard dans un bourbier. Scar. rom. t. 1. c. 7. Sur une maniéré de brancard embéli de plusieurs branches de laurier, & porté par deux satires, parut Lullì, petit homme d’assez mauvaise mine, & d’un extérieur très-négligé, avec de petits yeux bordez de rouge, qui avoient peine à voir. Voïez la Lettre fur l’arrivée de LuUï aux Champs élifées.) BRANCARD, f. m. [ Leclicariurn ferculum. ] Ce mot signifie aussi les deux pièces de bois posées sur les lifoirs, & qui joignent le train de derrière au train de devant d’un chariot, ou d’une chaise roulante. BRANCARD , f. m. sCarrucarìum ferculum. ] C’est auiîi un assemblage de plusieurs pièces de charpente- rie, qui forment une machine propre à transporter des pierres, ou autres choses d’une pesanteur extraordinaire. BRANCHAGE , f nt. [Rjunalìa. ] Nom collectif. Plusieurs petites branches. (Soïons chargez de branchages. Vaug. Quinte-Curce, 1.6. c. ç.) BRANCHE , f. f. [Ramus .] Partie de î’arbre qui fort du tronc. (Branche rompue, pousser des branches, jetter des branches.) * BRANCHE. Petite partie qui fort d’une chose qui fait une espèce de corps entier. (Branche de lustre. Branche de girandole, branche de garde-d’épée, branche de pincettes, de tenailles, &c.) * BRANCHE. Partie de quelque chose. Partie qui sort ou qui se sépare d’une chose. Branche de veine, ou rameau de veine. Branches de bouquet de plumes. Branche de ciseau. Branche d’embouchure ou de mords.) f BRANCHE. Terme de Verrerie. C’eft un instrument avec lequel on élargit la bosse, du côté qu’elle a été séparée de la selle, qui a servi à la soufler. H BRANCHE. ; On apelle les branches d’un earot se, les deux pièces de bois qui sont au derrière du train du caresse, vis-à-vis les moutons, & qui en soutiennent les arcs boutans. C’est fur ces branches que les laquais se tiennent debout» f BRANCHES d’une pique. Ce sont leS deux bouts dufeí, par où il s’attache à la hampe. î BRANCHES de cerf Ce font les deux parties du bois d’un Cerf. BRANCHES de bride. Terme d ’ Eperùnnìer. Deux M m J pièces 278 BRA pièces de fer courbées qui portent l’embouchure, les chaînettes & la gourmette. (Branche hardie, branche flaque. Forger les branches dune bride.) * BRANCHE de flambeau. Terme de Potier d'étain. C’est toute la partie du flambeau qui est élevée au dessus du pié, & au bout de laquelle on met la chandelle. Cette partie du flambeau s’apelle tige par les Orfèvres. * BRANCHE de trompette. Ternie de Chaudronnier. C’est une forte de tuïau qui est le long du pavillon de la trompette. BRANCHE. C’est la verge de fer dans la balance romaine, fur laquelle le contre-poids est mobile. * Sauter de branche en branche. Cette faqon de parler proverbiale fe dit de ceux qui fans raison paf- lent d’un discours à un autre. * II es comme Poiseau sur la branche. C’est-à-dire, dans un état incertain & mal assuré. * BRANCHE de crochet. Terme de Crocheteur. Ce font les deux grands bâtons de devant les crochets, qui posent fur le dos du crocheteur. * BRANCHE. [’Linea collatéral^.] Terme de Généalogie. Ligne collatérale. (II étoit décendu de la tige roïale, bien que d’une branche un peu éloignée. Vaug. Quint. L 4. c. 1.) pf Un sou dont les accès vont jusqu’à la furie , Et d’un tronc fort illustre, une branche pourrie. Defpreaux, Jat. ç. BRANCHE , s. f. Terme de Vieille Poésie Françoise. II fe dit parlant des lais & des arbres fourchus. Les branches de ces fortes de poèmes, ce sont leurs plus petits vers. Les branches des arbres fourchus n’ont d’ordinaire que trois fìlabes. Gratien , Dejpr. art. poétique. BRANCHE-URSINE. Voïez Branque-ursne. f BRANCHER la baffe. C’est tourner en rond l’in- ftrument que les Verriers apellent branche, au-dedans de ('ouverture qu’on a faite à la bosse, pour la séparer du col de la selle. H BRANCHER , v. a. Terme usité parmi les gens de guerre & les prévôts. Brancher un soldat ou un vagabond, c’est le pendre à la branche du pré- mier arbre. j (f BRANCHIER. Un oiseau qui se tient sur les branches des arbres. Brantôme a dit fort plaisamment , dans le prémier Discours.; des Femmes : Suivant donc ma fantaisie , j’en dirai comme il me plaira ce mois d’Avril , qui en ramenela saison & venaison des cocus, je dis des branchiers ; cardes autres , il s’en voit tous les mois U saisons de Pannée. (§ BRANCHIERES. Lieux où l’on met les Pancartes des Péages. Voïez Ragueau. BRANCHIES , f f. Terme de Physique. Nom que les Médecins Grecs ont donné aux oùies des poissons. BRANCHU, branchu’é, adj. [Ramosus.] Qiii a plusieurs branches. (Un arbre fort branchu.) t BRAN-DE-SON, s m. C’est le plus gros son des grains qu’on a fait moudre, qu’on en tire par le bíuteau. f BRAN-DE-JUDAS. On donne ce nom aux rousseurs qui viennent fur le visage. ch BRANDES. Terme de Chasse. On apelle ainsi les branches des arbres. Ce sont aussi de petits arbustes qui croissent dans les campagnes incultes. On chaule le four avec des brandes. On apelle brande une campagne remplie de ces arbustes ; & on dit entrer dans une brande , traverser une brande. BRANDEBOURG , s m. C Penula , phlamys. J Vêtement qui tient du manteau & de la casaque, qu’on porte l’hiver durant le mauvais tems. BRANDEVIN , f m. [Vinutn igné filiation.'] Ce mot est Alemand, & signifie vin brûlé. Le mot de brandevin ne fe dit guère à Paris que parmi le petit peuple : les gens qui parlent bien , disent Eau de vie. (On boit force brandevin en Holande , & l’on dit aulï fi que le brandevin de Holande, est le meilleur de tous les brandevins.) í BRANDEVINIER , f. m. Celui qui crie & qui vend du brandevin dans un camp , dans une ville. L’Académie écrit Brand-vinìer , Brand-vin. 4 = BRANDILLEMENT, f. m. Mouvement qu’on se donne en fe brandissant. BRA BRANDILLER , V. a. [Agi t are fe fune ex arbore sujpenso.] Balanser. (Brandiller quelcun.) BRANDILLOIRE, j’, f. [Funis aut r tonus arboris quo se quis jallat. J Cordes ou autres pareilles choses a tachées au plancher, ou à deux poteaux, qui servent à se brandiller , ou à brandiler quelque chose. BRANDIR , V. a. [Quassure , succutere , vibrare.] Jetter. Lancer. (II brandit un long bâton. S. Am.) 0 Ce terme n’est point en usage dans le beau Itile du moins il ne doit être emploïé que dans le burlesque & dans la conversation familière. Peut-être qu’il vient de l’Alemand brand , qui signifie tison ; car selon la remarque de Mr. de la Monnoïe, dans son Glossaire Bourguignon , les tisons , ainsi que les pierres, sont les prémieres armes qu’on brandit, & qu’on jette de part & d’autre dans une émûte : Jamquefaces Q )fixes valant, dit Virgile. L’italien brando, dans la signification d ’épée, vient du même mot Alemand ; pareeque des épées nues brillent comme des brandons, & delà le nom de flamberge donné à l’épée qe Renaud. * BRANDIR un chévron. Terme de Charpentier. C’est atacher un chévron à une panne par le moïen d’une forte cheville. q: BRANDI , brandie, part. Enlever un grand fardeau tout brandis c’est-à-dire , tout d’un coup. Enlever un homme tout brandi , c’est l’enlever dans le même état où on le trouve. On l’enleva tout brandi, fans lui donner le tems de s’habiller. BR ANDON, f. m. [ Fax. ] Ce mot est un peu vieux, & il signifie feux , feux errrans. ( C’est un feu passager, pareil à ces brandons qui errent à la faveur du vent qui les conduit. Voit. Pois. Ces ailes, ces brandons , ces carquois , font un mistère que je ne croi pas. Téoph.) 0 ' Un brandon est une branche d’arbre, ou de la paille, que l’on alume pour éclairer pendant la nuit, faute de flambeaux & de torches. Crétin a dit: Laser,u-tu cn deuil [£ ennui, celles Que les brandons N vives esincelles De Cupidon attouckent des près? BRANDONS , f m. Ce mot signifie des feux qu’on fait pour se réjouir en Carême. Mais outre qu’il est vieux en ce sens , il ne se dit guére qu’au pluriel, & en fa place on dit simplement des feux. (C’étoit autrefois la coutume de faire des brandons , & fur t«t à la campagne. C’est demain la veille des brandons Févret, de P abus. Le Dimanche des brandons, c’est le prémier Dimanche de Carême.) 0 Les Coutumes font mention du brandon en des sens diférens ; car dans l’article 74. de celle de Paris, & dans plusieurs autres, brandon Si arrêt font sinoni- mes. Un Seigneur censer peut proceder , ou faire procéder par voie d’arrêt, ou de bnwdon , [f c. Mais il signifie naturellement la marquQ'& le signal de la saisie interposée sur un héritage ; ainsi on trouve dans plusieurs Coutumes, les mots, appostion de brandon ca faste d’héritages ; dans celle de Tours, ajjlgner bran- donsfur les héritages tenus en fief ; dans celle de Châ- teauneuf, art injure faite au Seigneur par brandon dépecé’} & dans celle de Bretagne, art. 38 .firffiist par le brandon du Seigneur souverain. ^ BRANLANT , branlante , adj. part. Qui branle , qui panche tantôt d’un côté, tantôt de l’autre. Avoir les bras branlans , la tête branlante. On apelle fig. & prov. un chateau branlant, une chose mal assurée, & qui paroit prête à tomber, à se renverser. BRANLE , s. m. [Motus.] Action de celui qui branle, & qui remué quelque chose. ( Sonner en branle. Mettre une cloche en branle.) * BRANLE, f Autor , impulsor ad rem faciendam. ] Action de celui qui met une chose en train de se faire. Qui la met en état de s’achever, ou qui est la principale cause de ce qu’une chose se fait ou arrnve. (Donner le branle à une afaire. Pasc.l. 18. Ce font eux qui donnent 1 e branle à la réputation. Mol. ^ BRANLE. [Saltatorim orbis.] Terme de Maître à danser. Danse où plusieurs dansent en rond , le tenant par la main. (Un branle gai. Méner un branle.) t * BRANLE de sortie. Mots burlesques pour marquer la retraite qu’on est obligé de faire en Pistant un lieu ou une personne. BRANLE, s. m. [Fluffuatio , jallatio .] Incertitude, délibération. (Sa fortune est en branle & fort incertaine.) BRAN- BRA BRÂNLË i, s. m. Terme de Matelot. C’est un lit de Vaisseau , qui est une tofle suspendue à des cordes par les quatre bouts. (Tendre ou détendre les branles.) ff BRANLE bas. Terme d z Marine. C’est un commandement que l'on fait lors que l’on ordonne de détendre tous les branles d’entre les ponts, afin de se préparer au combat, ou pour quelque autre raison. BRANLEMËNT ,s. m. [Concustìo , motus.'] Mouvement en decà & en de là. (II a consenti par un braillement de tête.) BRANLER , v. a. [ Movere. ] Remuer, mouvoir. (Branler la tête.) BRANLER , v. n. {Titubare.] Chanceler, ne pas tenir ferme. (Dent qui branle.) Parmi les troubles de la guerre, Son Ut ne peut jamais branler Que par un tremblement de terre. Téoph. Poète i. p.) * BRANLER. [ Animo vacillare , fluHuare.] Avoir peur. Trembler, chanceler. Vous faites branler la nature par le moïen de vos regards. Voit. Pois Quand il vit les ennemis branler, il se mit à les charger. Vaugel. Quint. I. 4. c. 13. La renommée de cette victoire arrivée si à propos , afermit l’Aíte qui branloit de toutes parts. Vaug. Quint. Curce, l. 7. cb. 9. BRANLER dans le manche. Phrase proverbiale, pour dire : N’être pas ferme dans fa résolution. H N’qfer branler devant quelqu’un. C’est être dans Une contrainte continuelle en présence de quelqu’un. C’est aussi n’oser rien faire ni rien dire qui puisse déplaire à une personne qu’on craint. Ces lâches loferaient branler devant lui. BRANLOIRE, f f- Petite chaîne ou autre pareille chose , avec quoi les Taillandiers , Maréchaux * & autres gens dé forge, font aller les souflets de leur forge. BRANQUE-URSINE, f. f. {Achantus, Branca- urjìna , Marmoria.] Sorte de ? plante qui fleurit en Juillet. , BRAQUE , f m. [Canif sagax.] Sorte dé chien de chasse qui est bon quêteur, & qui excelle par l’o- dorat. f BRAQUEMART, s. m. C’est une épée cour, te & large qu’on portoit anciennement. Voïez Fauches , CRAQUEMENT ss.m. {Libramentum.] Disposition d’une piéee d’artillerie à tirer vers un lieu certain. BRAQUER , v. a. [ Librare , dirigere.] Tourner. (Braquer'ïín chariot, un carosse. Braquer le canon.) . H BRAQUES , s. m. On a donné ce nom aux pinces d’une écrevisse. BRAS Q.' m. [ Brachíum .] Partie de l’homme qui commence depuis la jointure .de l’épaule jusques à la jointure du coude. Voïez Degori , D'tH. de Médecine, p. 193. q Un beau bras, un agréable tour de bras. Avoir le bras bien fait. Plier le bras de bonne grâce. Ouvrir agréablement le bras. Porter bien le bras. Laisser tomber ses bras de bon air. Avoir de la grâce au bras. Les Poètes ont feint que Briarée avoit cent bras. ) A brin , adv. C’est-à-dire , à Force de bras, ' (II a falu monter le canon à bras.) A tour de bras , adv. De toute fa Force. (Jettes une pierre atour de bras.) A plein bras , adv. A la brassée. (Prendre à plein bras. ) * Brus dessus bras dessous, adv. ( Embrasser quelcun bras dessus bras dessous. Le rat campagnard pria l’autre^ Bras defjHl bras dessous, Serviteur, moi le votre . Le Noble, Esope. * BRAS. Ce mot, au figuré a divers sens. (Exemples. Elle avoit les mains crasseuses & les bras retrous. fez, Abl. Luc. Le mot de à- dans cet exemple est mis pour manche. Avoir des af air es furies bras . C’èst- à-dire , avoir beaucoup d’afaircs. Faire retraite avec ì’ennemi fur les bras. C’elLà-dirè , se retirer & être poursuivi de l’ennémi. S’attirer un puissant ennemi fur les bras; c’est-à-dire, se faire un ennemi qui né nous épargne pas.) * Le bras de Dieu. [ Potentia dextera. ] C’est la puissance de Dieu, Les Rois ont les bras longs, G’est-à- BRA 279 dire, leur pouvoir est grand, & il s'étend loin. pose cette conduite obligeante, ils tendent les bras à tout li monde. Pafc. I. 9. C’est-à-dire, ils secourent tout le monde. II étoit le bras droit du Cardinal. C’eft-à-di- rè, son apui, celui qui le soutenoit. Prêter fin bras à quelcun. C’est-à-dire , le servir dans une entreprise- Je me lasse de vous avoir fur le bras. C’est-à-dire , je me lasse d’avoir foin de vous. Demeurer les bras croisez. C’est ne rien faire. Le Comte de Foix , & lé Connétable de Bourbon demeurèrent, par jalousie, les bras croisez, tandis que le Prince de Galles pilloit lè Languedoc. Choijl. Hijì. de Jean. Si le bon homme fût demeuré lés bras croisez , il eûî été gueux toute fa vie. AJl. Luc. t. 1. Qtfun voisin malicieux A vous ruiner s’aprête, Qu menace vôtre tête, . L’estime a les bras croisez. Pelisson , recueil de pièces galantes-, ì. %. ) $ Se jetter entre les bras de quelqu’un. C’est se mettre sous fa protection , implorer son secours. Faire quelque chose haut lés bris. C’est la faire d’autórité. * A bras ouverts. {Pastis ulnis.] Façon de parler proverbiale, pour dire, Favorablement, avec dès témoignages d’amitié. Recevoir quelcun à bras ouverts^ Abl. Luc. t. 1. dial. de Tilìemont, a dit figurément » la pauvreté m’a reqû de tout son cœur & avec afec- tion. ) * Le bras séculier. {Profana jurùdiflionis potcstas. j Magistrats qui font exécuter les Ordonnances du Juge Ecclésiastique. (Implorer le secours du bras séculier.) * BRAS. Ce mot se dit de quelques animaux. (Bras décrevisse.) Bras de cheval. C’est la partie de la jambe de devant qui prend depuis le bas de l’épaule juss qu’au genou. (Cheval qui plie bien le bras.) * BRAS. {Fretum , alveus.] Cè mot se dit de la mer & des fleuves. (Bras de fleuve. Bras de mer.) C’est un cours d’eau que la mer fait entre deux terres fermes. ($ BRAS-SAINT-GEOltGE. C’est lé détroit dû Bosphore qui sépare l’Europe de l’Asie, vis-à-vis dé Constantinople, & on l’apelle ainsi, à cause du Monastère de Saint George , qui étoit bâti sut le rivage, hors le mûr de la Ville. BRAS , f m. Terme dé Mer. Cordes polir croiser les vergues , & les faire aler de côté & d’autre. Fonrn. H BRAS. Terme de Mer. Les bras d’un ancré sonï les deux portions de la pièce de bois , qui le traversent par en haut, chaque bras faisant la moitié de la croisée. On dit aussi les branches d’un ancre. * BRAS. Ce mot se dit des Fauteuils , des civières j & autres pareilles choses. (Bras de fauteuil, de civière , de brouette; Bras de presse d’Imprimeur en taille-douce. ) * BRAS. Chandelier en formé de bras. A BRAS. On apelle les bras d’une scié -, les deux pièces de bois 3 ausquelies la feuille d’une scie est attachée. ss BRAS. Les Tourneurs apellent bris-, les deux pièces de bois qui traversent les poupées un peu au-dessous des pointes, & qui servent à soutenir la barre, ou suport, sur lequel l’úuvrier apuïe les outils aveè lesquels il travaille. í BRAS. Les Charpentiers apellent les bras d’une chevre , les deux longues pièces de bois qui se joignent par en haut, & qui s’éloignant par en bas , forment un triangle. Ce sont Ces bras qui - portent 1« trueil, fur lequel le cable se roule , quand on élevs quelque fardeau. H BRAS. On apelle les bris d’une grue, aVec laquelle on éleve des fardeaux , les huit pièces de bois , ou liens, ou contrefiches, qui apuïent l’arbre d’un bout, & qui font posées de.I’autre â tenons & à mortoisé sur les huit racinaux dé l’empatemènt; H BRÂS. Darìs les engins & ies autres machinés, qui servent aux mêmes usages que les grues , les bfas sont deux grandes pièces de bois, qui en soutiennent & urcboutent le poinqòn ; .& qui forment avec l’étheîier qui l’apuïe de l’aûtre côté , une espece de piramidé triangulaire. H BRAS. On apelle íés bras d’une baleine, cè que dans les autres poissons on nomme des nageoires. * BRAS , j. m. {Ramas, Braçhium.] Terme de jardinier. II se dit des melons, des concombres & des d’une fièvre Maniéré de 280 BRA citrouilles, & il signifie branche. On dit pié de melon qui commence à faire des bras. 11 faut ôter les médians bras , car les melons n’y peuvent tenir. Quinti- nie des Jardins , t. I. page 75.) B R ASER, v.a. [Ferruminare.] Terme d’Ouvriers tn fer. C’elt souder quelque piéce de fer d’un autre maniéré que ne le font ordinairement les forgerons, savoir avec une soudure particulière faite avec du cuivre, du borax , de la roche ou du verre pilé, que l’on fait fondre sur un brasier ardent. C’est de cette maniéré qu’on met des pièces à des canons de fusil ou de pistolet qui font crevez ; qu’on fait de petits ca- denats & qu’on racommode d’autres ouvrages. BRASIER, f >». [Ardentes prunœ.J On prononce brasié. La raison voudroìt que de braise on dit braiser , mais l’ufage est le plus fort, & fait dire & écrire brasier. C’est Ta braise du feu. (Un petit ou un grand brasier , un bon brasier, un brasier ardent. Voilà du bois qui va faire un bon brasier. Eteindre le brasier.) BRASIER, s. ru. [Focuts Vase de métal où l’on met du feu. (Un brasier bien fait & bien travaillé. Elle eut le plus gros lot, qui étoit un brasier d'argent. De Buffì , Hisi. des Gaules.) * BRASIER, f. w. [Ardens focw.2 Ce mot, au figuré est plus de la Poésie que de la prose. C’est-à-dire, une flamme amoureuse. Un feu ardent dans le cœur. flJn brasier ardent me consume, Maleville, Poésies.) 11 porte dans le sein Un brasier qui n’a point de fin. Volt. Poésies.) f On dit aussi d’un homme attaqué ardente , que son corps est un brasier. BRASIER ,s. m. Mot de Boulanger. _ petite huche où le Boulanger met de la braise quand elle est ctoufée. Les Boulangers de Paris font partagez fur brasier. II y en a presque autant qui disent brai- fier, que de ceux qui disent brasier. (Le brailler est plein.) Si j’ose dire ma pensee là-dessus, je serois pour brasier, parce qu’il distingue ce mot, autant qu’il est un terme de métier, de toutes les autres significations. î BRASÎLLER, v. a. Faire un peu griller fur de la braise. On ne s’en sert guére à {'actif, mais on dit au neutre, fairebrasiller despesihes. Acad. Fr. BRASSAGE,/m- [Bracbiorum labor. ) Terme de Momie. Frais de la fabrication de la monoïe. Petite somme d’argent que le Roi permet de prendre au Fermier des monoïes fur chaque marc d’or, d’argent, de billon, 011 de cuivre mis en œuvre. Volez Boute - roiíé. (Prendre le brassage. Lever le brassage.) Volez Boisard , page ;8- du Traité des Momies. BRASSAR , f. m. [ Brachiale ferreum. ] Terme $ Armurier. Tout le fer qui couvre le bras de l’hom- me armé de pié en cap. (Les deux brassars d’un homme armé de pié en cap.) BRASSAR. [Brachiale follis jacidatorìì.'j Ce qui couvre le bras de l’écolier, lors qu’il joué partie au ba- lon dans la grande cour de quelque Colége. BRASSE , si f [Orgya.j La longueur des deux bras étendus. (Le fleuve avoit trois brasses d’eau. Abl. On mouilla dans le port fur six brasses. Une brasse de corde est ordinairement de la longueur de deux aunes de Paris.) t§ BRASSE. C’est une mesure dont on se sert sur les vaisseaux. Sa longueur est déterminée, & comprise entre les extrémitez des deux mains d’un homme quand il ouvre les bras de toute leur étenduë ; ce qui vaut à peu près six pies de Roi ou de douze pouces. V oïez Aubin. On mesure par brasses la profondeur des rivières & des mers. BRASSE , f f. C’est une forte de mesure dont on se sert dans quelques villes d’Italie, pour mesurer les étofes. (Une brasse de satin.) BRASSE. [Senumpedum mensura.j Ce mot se prend figurément. Il est cent brasses au dessus de lui. ( Lon- go intervallo ilìum superas.) C’est-à-dire , il est bien plus que lui. II ç/f cent brasses au dessous de lui. C’est- a-dire, il est beaucoup moins que lui. 4 BRASSE. Ternie de Boulanger. On dit, un pain de brasse, pour signifier un très-gros pain. BRASSE'E, s f. [Quantum serripatesi ambabm uí. BRA à) Ce qu’on peut embrasser tout d’tine fois avec st bras. (Une grosse brassée. Prendre à brassée.) BRASSER, r>. a. [Spatha subigere, miscere.j Ter. me de Brasseur. (Faire de la bière. Brasser de la bière.) BRASSER. Terme de Momie, & de Gens qui travaillent en métal. Mêler des choses liquides en les remuant en rond, comme on fait for, f argent, & st cuivre fondu dans le creuset pour les alier, afin que le mélange soit égal dans toutes les parties. Bouterouí. Brasser les métaux.) t- BRASSER, signifie encore en termes de Monoïe, remuer dans des sacs, for, f argent, ou le billon, lossl qu’on les a réduits en grenailles, afin de les mêler avant de les mettre à la fonte. ’ f BRASSER. Terme de Pêcheur. C’est agiter & troubler l’eau avec finstrument, qu’on apelle bou- loir, afin que le poisson donne plus facilement dans les filets. BRASSER, V. a. Terme de Mer. C’est fe servir des bras pour faire aler les vergues. (Brasier au vent, c’est braiser les vergues du côté du vent. Brasier joui le vent, c’est brasser les vergues d’un côté opole à celui du vent. Defr. Terme de Marine.) * BRASSER. [Machinari, moliri.j Machiner quelque mauvais dessein. (Brasser quelque chose contre quelcun. Patru, plaid, p) BRASSERIE , f f. [Cerevisie ojficina.j Lieu où l’on fait la bière. (Une grande brasserie.) BRASSEUR , f m. [ Cerevisia propola. ] Celui qui fait brasser de la bière. Ouvrier qui brasse de la bière. (Un bon brasseur.) BRASSEUSE , f f. Femme de Brasseur. (Une jo. lie Brasseuse.) í BRASSICOURT, ou BRACHICOURT. Ter. me de Manège. On le dit d’un cheval dont les jam- bes font naturellement courbées en arc; & lorsqu’il les a courbées par la force du travail, on l’apelle cheval arqué. BRASSIE'RES , f f [Brachialia.] Eíp.ece de ca- mifole que les enfans mettent la nuit. f * Etre en brasiìéres. Etre embaraffé. N’être pas tout-à-fait libre. BRASSIN , f m. Terme de Brasieur. Cuve pleine de bière. Ce braflin est bon par excélence.) BRASSOIR , f m. [ Rudicula . ) Terme de Ms- noie. ' Efpéce de canne de terre cuite, avec laquelle on brasse for en bain. T BRAVACHE, f >«• [ Thrafo. ] Mot vieux qui ne peut entrer que dans le comique & dans le burlesque , & qui lignifie fanfaron, qui a quelque bravoure. ( C’est un bravache. ) BRAVADE , .f. /. [ Ferocior insultatio. ] Ménac» fière & insolente. (Voilà où se sont terminées ses bravades. Voìt. I. 74. Les bravades enfin font des discours frivoles, Et qui songe aux éfets , néglige les paroles. Corn. Pomp. a. 2. sc. 4. psi Le même, dans la scène 4. afl. de Pompée: Otons-luì les moiens de plaire U de régner , Et ne permettons pas qu’après tant de bravades, Mon sceptre soit 1e prix d’une de ses ailhides. Bravade n’est plus du beau ítile, & ces deux derniers vers font indignes du grand Corneille. BRAVE, adj. [ Audax , éntrepidus.j Hardi, cou' rageux. (Un brave soldat.) £f Ce terme , dans le sens de courageux hardi, e?o ne peut s’apliquer qu’aux personnes, quoique Malherbe ait dit : Tantôt nos navires braves De la dépouille d.’Alger, Viendront les Mores esclaves A Marseille décharger. Et encore aux personnes vivantes, & non a celles qui n’existent que dans l’imagination ; ainsi Malherbe n’a pas moins failli, quand il a dit dans ses Stances à Mr. de Bellegarde. Les Muses hautaines U braves Tiennent le fiater odieux , Et comme parentes des Dieux, Ne parlent jamais en esclaves. ERE Lejlater odieux-, & parentes des Dieux, valent encore moins que les Muses hautaines N braves. Cette épithéte ne leur convient point ; elles ne cherchent que la paix & le repos ; & fans oser s’expofer aux fatigues L aux dangers de la guerre, elles se contentent de célébrer la gloire des Héros , & de leur former des couronnes de toutes les fleurs du Parnasse. BRAVE, f m. f Animo N virtute prastans. ] Celui qui a du courage. ( C’est un brave à trois poils. Mol.) $ Brave comme son épée. Brave en paroles se dit d’un lâche , qui fait le fanfaron loin du danger. Un faux brave. f BRAVE , se dit aussi dans un sens odieux. II avoit toujours des braves à fi fuite pour executer ses mauvais desseins. £ BRAVE. II ne dépend pas de nous d’être braves & courageux, la lâcheté coule dans le sang ; mais il dépend de nous, de nous rendre habiles & capables de commander, Polybe de Folard. f Je crains peu les braves du Parnasse. Despr. * BRAVE, adj. \_Comptm , cultus.] Leste, bien vêtu. ( 11 est brave , elle est brave.) t BRAVE, adj. [Egregiw, eximim , instgnk.] Honnête , galand. ( Vous étés un brave d’avoir fait ce que vous m’aviez promis.) BRAVEMENT, adv. [ Fortiter, egregiè.] Fort bien, de la bonne forte. ( Vous avez bravement crié. La Font. fables , /. 2.) f Aler bravement à Passant, attaquer bravement. BRAVER , v. a. £ Infultare. ] Insulter, se moquer, gourmander. ( La satire brave l’orguëil, & fait pâlir le vice. Destr. fat. 9. Vous triomphez cruelle, & bravez ma douleur. Racin. Iphig. tine critique aura la hardiesse de me braver. Abl. Luc. t. 1.) f BRAVER. On dit fig. braver la mort , braver les dangers, pour dire , s'exposer à la mort sans crainte, afronter les dangers. f BRAVERIE , f f. í. Cultw, ornatiu. ] Beaux habits. ( Adieu notre braverie. Mol. Les filles aiment les braveries.) BRAVOURE ,/. /■ [Magnanimitm, fortztudo .] Valeur. Je veux que Pesprit assaisonne la bravoure. Mol. Avoir de la bravoure. Scar. II y a des hommes qui mettent une forte de bravoure & d’intrépidité à courir tout le risque de l’a- venir. La Bruyère.) £ BRAVOURES. Ce mot ne se dit qu’au pluriel lorsqu’il signifie des actions de valeur. Raconter ses bravoures. Cet Officier fait tous les jours le récit de ses bravoures. BRE'ANT , f m. { Anthus. ] Petit oiseau qui a le bec court & gros , qui est d’un verd obscur, & comme gris, avec quelque chose de jaune sur P extrémité des gros tuïaux des ailes. f BREAUNE , f f- Espece de toile blanche faite de lin , qu’on nomme aussi Brionne. BREBIS , brebì, f. f. [ Ovis. ] Animal cornu & couvert de laine, qui se nourit d’herbes , de Foin , de paille ; qui hait les ours, le loup, l’aigle , le corbeau , le serpent , les chenilles & les abeilles , & qui vit neuf ou dix ans. (La brebis bééle. Une brebis grasse, ou maigre. Une brebis galeuse. ; La brebis paît. La brebis agnéle d’ordinaíre tous les ans une fois. La brebis alaite son agneau sept ou huit semaines, & quelquefois plus , selon qu’on le lui laisse. La brebis est en rut, & lorsqu’elle y est, le bélier le sent bien. Les brebis commencent d’en- trer en rut à la Toussaints , & elles y font jusqu’en Avril. Le berger méne & garde les brebis. Heureux qui vit en paix du lait de ses brebis, Et qui de leur toison voit filer jes habits. Racan , bergeries, a. sj.fc. 1.) Qui fe fait brebis, le loup le mange. Proverbe , qui veut dire que plus on, est bon , & plus on donne prise sur soi aux médians. On apelle une brebis galeuse qu’il faut séparer d u troupeau, une personne dont la compagnie est dangereuse. On dit proverbialement, Brebis comptées le loup les mange. Pour dire que ce n’eft pas assez d’avoir amassé du bien & de le compter; mais qu’il faut aussi prendre foin de le conserver. On dit, faire un repas de brebis ; c’est-à-dire, manger fans boire. BREBIS , f f. Ce mot, au figuré, fe prend pour les fidèles Chrétiens qui font fous la conduite d’un BRE 281 Pasteur. ( Ramener une brebis égarée au troupeau ; dest-à-dire , dans l’Eglise. ) Et généralement il se dit d’une personne qui est entièrement soumise aux volontez de quelcun qui a droit de lui commander, & qui a l’œil sur la conduite de ceux qui lui doivent obéir. Pour moi, comme une humble brebis, Je vais où mon Pafieur m’apeUe. Racan, Poésies.) BRE'CHE , f f. [Mûri ruina.'] Ouverture Faite à une muraille par mine , par coups de canon, ou autrement. ( Faire une brèche. Défendre une brèche. Réparer une brèche. Abl.) f Les Anciens emploïoient divers moïens pour réparer les brèches, pour les couvrir & en disputer Rentrée. Ce n’est plus la mode de défendre les brèches , de s’y présenter à corps découvert, & d’y opofer à l’ennemi des obstacles tels que les Anciens emploïoient en pareil cas. Lorsqu’ils manquoient des choses nécessaires, ou lorsqu’ils n’avoient pas assez de tems pour réparer les brèches , ou pour íè retrancher derrière , ils s’y présentaient de bonne grâce , & falsifient rempart de leurs corps. Polybe de Folard. * BRE'CHE. [ Labes , detrimentum, macula.] Tort. Diminution. (II faifoit une grande brèche à fa réputation. Vaug. Quint. I. 4. Sa conduite a fait brèche à son honneur.’) BRE'CHE , f. f. Terme de Coutelier. Petite fracture le long de la lame d’un couteau, d’un canif, des cizeaux, ou du taillant de quelqu’autre instrument dont on se sert pour couper. On apelle auíli dent ce que les Couteliers apellent brèche. ( Une grande ou petite brèche. Faire une brèche. La lame de ce couteau est pleine de brèches. Otez les brèches qui font à la lame de ce rasoir.) $ BRE'CHE. On apelle ainsi une sorte de marbre fort dur qu’on tire des pirenées, & qui est fort estimé. Le fond en est noir avec des taches & des veines blanches , & quelquefois jaunes. f BRE'CHEDENT. [ Dente captus , mutilus. ] Ce mot est adjectif, & de tout genre, & ne peut entrer que dans le discours familier , ou le stile le plus simple. II signifie qui a perdu une dent de devant. ( II est bréchedent. Si elle n’étoit pas bréchedent, elle feroit belle.) t BRE'CHET , brichet, f. m. [ Pecfus. ] Qjiel- ques-uns disent brichet ; mais ceux qui parlent bien, font tous pour brèches. Les Anatomistes le nomment en Latin sternum. C’est un creux externe qui est au haut de l’estomac , au défaut des cartilages. ( Avoir mal au bréchet.) f BRECINS , ou BRESSINS. On apelle ainsi certains crocs de fer. BREDINDIN , f. m. Terme de Mer. C’est une manœuvre qui passe dans une poulie amarrée au grand étai, & qui sert à mettre les petits fardeaux dans le navire. BREDINDIN , f m. Mot burlesque qui se dit en pariant. C’est une sorte de petit méchant caresse à cinq sous par heure , qu’on apelle plus ordinairement fiacre. BREDOUILLE , f f. Terme de Triquetrac. Partie double qu’on marque de deux jetions. ( Grande bre+ douille. C’est douze jeux de fuite qui emportent le double de ce qu’on avoit mis au jeu. Partie bndouille. Partie qui en vaut deux. Gagner , perdre bredouille. Marquer Jd bredouille. * Etre en bredouille.) C’est- à-dire , être un peu troublé. Ne savoir où l’on est, soit en ses discours , ou en quelque afaire. £ Sortir bredouille de quelque heu. C’est en sortir sans avoir fait ce qu’on s’étoit proposé. Cette Dame croioit briller au bal, mais elle en est sortie bredouille ; c’est-à-dire , que personne ne la prise pour danser, que personne n’à fait attention à elle. Cet homme qui veut toujours parler, est Jbrti bredouille de Rassemblée ; c’est-à-dire , il n’a pu ouvrir la bouche. BREDOiilLLEMENT , s. m. [ Sermo vitio l'meuœ vï~ tìatm. ] Vice de langue , qui empêche qu’on ne prononce bien. BREDOUILLER. [ Verba frangere , interscindere. ) Ce verbe e/ì ordinairement neutre , Jsf plus rarement actif. Avoir un. vice de langue qui empêche qu’on ne fe fasse bien entendre. Parler en bredouillant. Tom. L N n (à 282 BRE ( En bredouillant maint terme soutenu , 11 te fagote un compliment cornu. S. A m. II ne Fait que bredouiller.) BREDOÙILLEUR, s. m. [Qui verba frangitf] Celui qui bredouille. BREDOiilLLEUSE , s. f. Celle qui bredouille. BREF i brève , adj. [ Erevh. ] Court, qui n’a pas une prononciation longue. ( Discours fort bref. Sila- be brève. f BREF, adj. Signifie le peu de durée , le peu d’étenduë. Le tems est bref, ou court. Cet homme est bref & court dans ses décisions. Bref lìgnitìoit autrefois la même chose que petit , de petite taille ; on ne le dit qu’en parlant du Roi Pépin , qu’on apelle , Pépin le bref. p Observer les longues [■]' les brèves. C’cil se conduire avec circonspection ; ou être cérémonieux. BRE'VE , f. f. Terme de Musique. Note qui vaut deux mesures. Elle est blanche & figurée comme un quarré fans queue. ( Une longue vaut deux bré- ves.) . BREF , s. m. C Summi Pontijìcis diploma. ] Relent du Pape avec le sceau public , qui est l’Ameau du Pêcheur, imprimé en cire rouge ; tendant à conserver les Bénéfices à ceux qui les ont obtenus. ff BREF. On apelle ainli, en Bretagne, le congé que l’on est obligé de prendre pour sortir d’un port de mer. 11 y a trois sortes de Brefs : le Bref de fau- veté, qui exempte du droit de bris : le Bref de conduite , que l’on prend pour être conduit hors des dangers de la côte : & le Bref de victuailles, qui donne la liberté d’acheter des vivres. f On les apelle aussi Brieux , & dans le langage ordinaire , on dit : Parler aux Hebrieux , pour dire, obtenir ces Brefs. BREF. [Ordo recitandi Offiçii divini.) Calendrier Eclésiastique , qui contient l’ordre de réciter l’Ofice divin , selon le rit de chaque diocèse. (Bref de Paris.) t BREF , adv. [ Breviter. J En un mot. Enfin. Bref vieillit fort. f En bref , adv. [ Propè diem. ) En peu de tems. Bien-tôt. En bref , est vieux. BRE VE , brévement , breveté. Voïez plus bas. (§ BRE GIN- C’est un filet dont on se sert sur la Méditerranée , dont les mailles font fort étroites ; on l’atache à un petit bateau, & on le traîne fur les lâfolcs t BREHAIGNE , adj. [ Sterilis. ] Terme Inju. rieux , pour dire , Femme stérile. BRE'HAIGNE. Ce mot fe dit des biches > & veut dire qui ne fait point de fans. (Biche bréhaigne. Sal. c. On dit auíli corps bréhaigne.) Ce terme vient du Bas-Breton, brahaing , qui signifie la même chose. f BREHIS, f f Animal sauvage de l’Isle de Madagascar. II est de la grosseur d’une chèvre , & n’a qu’une corne sur le front. BRELAND , berland , f. m. f Ludus aleatorius. sj Le premier de ces mots est le meilleur. Sorte de jeu de cartes qu’on joue à deux, à trois, à quatre , ou à cinq , donnant trois cartes à chacun , après en avoir ôté les petites , jusqu’aux sept inclusivement. (Jouer au breland.) Le monde est un breland , où tout efl confondu : Tel pense avoir gagné qui souvent a perdu. Régnier, Jat. ;. BRELAND, s. m. [Forum aleatorium. ] Lieu où l’on s’assemble pour jouer, & où l’on paie quelque chose au maître de la maison pour y fournir aux joueurs ce qu’il faut pour joiier. Le mot de breland est un terme de mépris. En fa place on dit Académie. ( Les brelands font condamnez par les Loix, par les Conciles , & par les Synodes. Tbiers , traité des jeux , ch. 20 . Rac. plaid.) BRELANDER , v. n. [ Aleam exercere, perpétua in aleà versari.) Jouer continuellement, être toujours dans des Académies de brelans. BRELANDIER , s. m. [Aleator. ] Terme de Méprit , pour dire un homme qui ne fait que jouer. ( C’est un lirelandier. La maison des jeux Académiques n’est qu’une école de brelandiers. Thiers , traité des jeux, préface.) BRE t BRELIQUE , breloque , adv. [ Tetnerè , me ». Jiiltê , inconstderatè -] Un peu inconiideréinent fans y regarder de fi près. 1 T BRELLE- , Nom que les Marchands de bois quarré donnent à une certaine quantité de pièces de bois liées ensemble , en forme de petit radeau. BRELOQUE , / f [ Frrvola. ] Bagatelle ou pe . tites curiosité?, de peu de valeur. Monsieur N. a un cabinet qui n’est rempli que de breloques. í BRELUCHE , ou BERLUCHE. Droguet de fil & laine, qui se fabrique en Normandie. On apelle aussi Brelucbes les tirtaines de Poitou. BREMME , f f [Brentma. ] Poisson de lac L & de rivière , grand & large , qui a la chair grade & môle , la tête petite , le corps plat & couvert de grandes écailles , avec deux nagoires auprès des ouïes & deux autres au milieu du ventre. Rond. ' BRENEUX , breneuse , adj. [ Stercore illitus, ] Plein de merde. ( Cu breneux.) í BRENNE- Sorte d’étofe legere, dont il est parlé dans le Tarif de la Douane de Lyon. H BRENTE , en Italien Brenta. Mesure des liquides dont on se sert à Rome & à Veronne. f BREQUIN, f m. Instrument de Menuisier & de Charpentier , qui sert à faire des trous. On l’a- pelle ordinairement Vilbrequin , ou Virebrequin. î BRESICATE, f f Espece de revêche, dont il se fait quelque commerce avec les Negres. BRESIL , f m. [ Brasilkum lignum .] Bois rouge & pesant qui vient du Brésil, pais d’Amérique. î BRESILLER , v. a. Terme de Teinture. C’est teindre avec du bois de Brésil. On dit bnjìHer des toiles , des fils , &c. Brestller signifie aussi couper par petits morceaux. í BRESILLET , f m. Bois de Brésil , qui est le moindre de tous les bois qu’on apelle bois de Brésil. Le BresiUet vient des Isles Antilles. {§ BRESSIN- C’est un cordage qui sert à isser & à amener une vergue, ou une voile. t BREl'AUDER, ». a. [Tondere inuqualiter .] Ce mot se dit quelquefois en riant, mais il ne s’écrit pas, .& tout au plus il ne peut entrer que dans le comique , ou le bas burlesque. C’est couper les cheveux à quelcun bien plus courts (ju’il n’a coutume de les porter. ( Qui vous a bretaude de la forte ? Vous voila tout bretaudé. ( Ce mot signifie austi, couper les oreilles à un cheval. BRETELLE , f. f. [ Funales babena dojfuarii cor- bk. J Corde , ou bande de cuir aux hottes, & aux •crochets des crocheteurs , qu’on fe passe dans les bras lors qu’on porte la hotte , ou les crochets. ( De bonnes bretelles.) BRETELLES. Terme de Rubanier. Tissu pour soutenir le corps du Rubanier , lors qu’il travaille, de peur qu’il ne tombe devant. BRETE , f f [ Rudis gladiatoria. ] Longue épée. (Porter la bréte , une grande bréte.) BRETELLER. Terme d ' Architellure. Graterun mur avec une truche qui a des dents, ou tailler une pierre avec un marteau breté ou dentelé. C’est pourquoi on nomme bretures les dents qui font aux ex- trémitez de ces outils. £ BRETELLER. Terme de Sculpteurs. Ils apellent ainsi une certaine maniéré de travailler leurs ouvrages de cire & de terre , avec un ébauchoir à dents. On apelle bretures , les traits que le Sculpteur laisse fut un ouvrage qu’il dégrossit avec un outil breté. BRETESSES , OU BRETE'CHES. [ Pinarum »m- ralium ordo, geminus. ] Terme de Blason , qui fe dit d’une rangée de créneaux fur une salée, bande ou pal , ou fur les cotez d’un blason de plate figure. Bretejse est un vieux mot qui lignifie une forteresse à créneaux. Turris pinnis instrufta. ( Mainte pucelle iliec avoit Dest'm la Bretéche montées) Dans les Coutumes d’Artois , de Lille & de Tournai, Bretéche signifie , selon Ragueau , le lieu où l’on fait les proclamations de Justice. C’est un ancien mot, qui signifie un lieu élevé. Le Roman de la Rose : Quand en haut en croix seriez ■Pour preseber destitt / [Frangere, .perfringere.J Rompre. Mettre en pièces. Froisser , fracasser. (Briser le sel, le chanvre avec le brîsoir. * Les marauts ont dessein de me briser à force de heurter contre la muraille. .Mol. ) $ BRISER. On dit fig. briser ses chaînes ; C’ést-à- dire, se délivrer d’une domination thermique. On dit aussi d’un homme qui s’est dégagé d’une passion amoureuse, cet amant a brisé ses chaînes. * BRISER. [ Finem imponere , dicendi Jinemfacere .] Rompre avec quelcun. Rompre un discours commencé. (Ils ont brisé ensemble ; C’est-à-dire, ils ne Ton t plus amis. Brisons là - dessus. .C’est-à-dire , ne continuons pas davantage notre discours.) * BRISER. [Diruere , e ver ter es Renverser. Détruire. (II doit briser toute la puissance des enfers. Pa- tru , plaid. ç. ) BRISER. [Ramos Jj>argere.J Terme de Chase. Rompre les branches & les jetter fur les voies de la bête. BRISER., v. a. [ Frangere .] Terme de Mer. II se dit des vagues, & c’est batre & choquer avec violence. (Les houles vont briser dans cette baie. Les vagues brisent ou coupent avec violence.) 4 BRISER, o. a. Terme de Blason. C’est charger un écu de brisures , comme bordure , lambel, &c. pour distinguer les diverses branches d’une famille , & les cadets de leur aîné, qui a seul le droit de porter les armes pleines. La branche de Condé brise d’un batan alésé , celle d’Orleans brise d’un lanlbel. 4 BRISER , n. p. Se dit de divers ouvrages de fer ’& de bois, composez de plusieurs pièces qui se joi- nent, & se plient. Des portes , des fenêtres qui se risent, des armes à feu qui se brisent, &c. BRISE., s. s. [ Favonim ventm . ] Terme de Mer. Vent qui vient de 'la mer suriles dix heures du matin. .D'autres disent que la brise est un petit vent frais qui fort de terre fur le soir. L’Auteur du volage de Siam semble être de ce dernier'sentiment; car p. ;LF. .11 écrit, la brise vient.le soir. Guillet, terme de Mer, tìit que la'brise n’est serísible qií’à ceux qui rangent la côte. Sur la rivière des Amazones, il se leve tous Tes jours certains vents orientaux qu’on nomme brises, qui durent trois ou quatre heures, & qui repoussent les eaux de la rivière On apelle brise , un vent BRI 287 d’Avril, qu’il faut atendre pour venir des Isles de TAmérique en France. 4= BRISE carabinée , ou brise forcée. C’est celle qui soufle avec une grande violence. 4= BRISE. Terme de Charpenterie. C’est une poutre posée en bascule sur la tête d’un gros pieu fur 1e- qiíel cette poutre tourne. H BRISE', brisée , adj. On apelle équerre brisée , régie brisée , une équerre , une régie qu’on plie par le moïen d’une charnière. On dit en termes de. blason , un chevron brisé. BRISE ES, s f. f Kami à venatore feram ìndagante sparsts Terme de Chasse. Chemins marquez avec des branches que les veneurs rompent & jettent à-côté parmi les bols pourreconnoítre leur enceinte. (Jetter les brisées fur les voies. Salnove.) * BRISE'ES. Vesìigia. ] Dessein. Route. Propos. (Retourner fur ses brisées., suivre ses brisées. Alersur les brisées .de quelcun. Mol.) f BRISECOU, s. m. £Focm ■disscilis ., lubricm. J .Mot de conversation. Marche , ou dégré d’escaliers dangereux à faire tomber. (11 y a des brisecous dans votre escalier ; son escalier est un br'ìfepsat ; c’est-à-di- re., qu’il y a du danger, •& qu’on y-,peut aisément tomber, si on ne prend garde ;à soi.) 4= BRISE-GLACE ,f. m. C’est un rang de pieux posez devant une palée de pont, pour bisser les glaces, & conserver la palée. BRISEUR DE SEL J. m. Ofirier fur le Port de Paris.qui découvre le Tel dans.les bateaux , Je brise ,& le met en tas pour faire chemin aux.mesureurs L porteurs. ^Nouvelles Ordonnances de.Paris. BRISEUR de sel. [Ruptors Celui qui .avec une sorte de pic .brise Je sel dans les greniers à sel, afin de le mettre dans 'les minois. .BRISEUR , j. m.sVorax, helluos Ce mot est burlesque , pour signifier un .grand mangeur. BRISE-VENT , j'. m. sPoricula flraminea.'] Terme de Jardinier. Clôture pour arrêter l’é'fort -du .vent, & en garentir les atbres. -(Fahe un 'brise-'vent. Qisn- tin InfiruHion pour les Jardins ., t. j.) • "" 4= BRISIS , f m. Terme-d’Af rchitéflme. On-donne ce nom dans un conible coupé , ourdit à la mansarde, à l’endroit où ,1e toit est coupé .& 'brisé, & où se soit la jonction du vrai comble avec Je Taux. On apelle aussi brijis la partie supérieure du -toit. BRISOIR , f. m. Terme d e Chanvrier. Prononcez ■brisoi. Instrument de bois quarté avec des dents , qui sert à briser le chanvre. BRISURE, f.s. [Scutigentilitìi ascititia seélias Terme de Blason. Figures étrangères.ajoùtées aux armoi- riers , pour distinguer les cadets & les bâtards d’avec les aînez & les fils 'légitimes. BRISURE. Terme de Fortification. Ligne de quatre à cinq toises qu’on donne à ,!a courtine .& à l’oríl- lon-, pour faire .la.tour creuse o.upour couvrir le flanc. t BRITANNIQUE , s f- Plante mcdecinaie qu’on apelle en Latin Herba .Britemnica, vel lapathum longisolium nigrum palustre , -vel plydroiqpathum ni- grum j les Anciens font aussi apellée , Rurnex agnslis niger. Cette plante croît dans les marais & fur le bord des Toisez , à la hauteur de deux pieds plus , ou moins, suivant l’expoíìtion ct le terreín. Sa racine se divise en plusieurs parties. Elle ressemble assez par fa figure extérieure à un tronc de chou ; & les parties qui s’en détachent, conservent toujours la même grosseur jusqu’à leur extrémité. Tsouvellernent c_oup.ee elle a une couleur de chair où un blanc de lait domine. Elle est charnue, spongieuse ct remplie de suc. Elle pousse des feuilles plus longues que les autres espèces de Lapathum. Le dessus des feuilles-est d’un verd de pourpre tirant fur un brun noirâtre. 11 fort du milieu des feuilles une feule tige de trois à quatre pieds grosse , ronde & rouge en bas. Elle produit des fleurs mousseuses ou à plusieurs étamines , attachées au fond du calice, & posées comme' à doubles rangs trois à trois ; so semence est petite, triangulaire, & d’une couleur brune un peu -foncée. La Britannique croît abondamment en Hollande, surtout en Frise : il y en a en Picardie auprès de la petite ville de Rhuë fur la Somme. On en trouve en Italie fur .le bord du Lac de Garde, du côté de la sortie du Minci o ; dans les endroits où le Pô se dégorge dans la mer; dans les marais qui environnent la ville de Mantoue dq côté de la Citadelle; en Savoye fur le bord 288 BRO bord du Canal par où le Lac du Bourget dégorge ses eaux dans le Rhône ; enfin on en trouve dans les marais qui font auprès d’Alexandrette, Ville de Syrie. Cette plante quoique inconnue de la plupart des Médecins est admirable par ses vertus. Elle est astringente, defficative, confortât!ve, vulnéraire, & fort cordiale. La Britannique est auflì spécifique contre le scorbut, que le Quinquina contre la fièvre ; elle l’est auflì contre toute sorte de flux immoderez, contre la dissente- rie, le diabète, le crachement de sang, & particulièrement contre la rage & la morsure des bêtes venimeuses. On trouvera dans le Tome XIV. de la Bibliothèque Françoise, une dissertation curieuse sur la Britannique par Mr. le Docteur Pingré, qui emploie cette plante avec un succez extraordinaire dans un grand nombre de maladies. {§ BRIVE- C’est un ancien mot, qui signifie, selon Fauchet & Canrden, un pont dans le langage Gaulois & dans le Britannique. Plusieurs villes ont pris le nom de Brive, pour marquer qu’elles ont un pont, ou dans leur enceinte, ou aux environs : ainsi nous disons, Brive la Gaillarde. Brioude , ville d’Auvergne, a pris son nom d’un pont bâti sur une rivière qui coule auprès de la ville. Pontoise, en latin est apellée Briva Isara, par la même raison. BROC, s. m. [ 'Oenophorum , amphora .] Grand vase pour mettre du vin. ( Emplir, ou vuider les brocs.) De broc en bouche. Broc signifioit autrefois une broche. [Féru.] II n’est plus en usage que dans cette phrase proverbiale, qui veut dire de la broche à la bouche , manger une chose si-tôt qu’elle est rôtie. BROCANTER, s- m. [Elegantioris supelleHilis negotiator.] Terme qui se dit parmi les Peintres & les Curieux de Paris. C’est celui qui achète & revend des tableaux, & qui par ce commerce gagne fa vie. (C’est un des adroits Brocanteurs de Paris.) BROCARD , f. tu. [Textile sericum fiarihus pic- tum.] Etofe à fleurs. (Un beau brocard.) t BROCARD. [Cavillum, cavillatio.] Mot piquant. (Donner un brocard à quelcun.) (§ Coquillard, Monologue du Puys. Si médit ung adieu Joannes, Et je vous scoute, quoi voire, Ah ! ventrebleu, quel broquart Pensai-je à moi, c’ejì un coquart. Le mot brocard est vieux, comme vous volez ; cependant Mr. Despréaux a dit dans fa dixième épître : Vous n’entendez par tout qu’injurieux brocards, Et fur vous, E-f fur lui, fondre de toutes parts. Le terme est rude ? on peut en user dans la conversation : mais il sonne mal dans le beau stile. H BROCARD , ou Broquart, f. m. Terme de Chasse, C’est un jeune cerf d’un an. BROCARDER, v. a. [Ditleria dicere.J Piquer de paroles. Se moquer de quelcun avec des paroles plaisantes. (On ne me brocardera pas de m’être voulu commenter moi-même, S. Am.) BROCATELLE , f f. [Attalicum textile.] Etofe de fil & de laine, qui se fait en Flandre, dont on fait des housses de lit, dont on couvre des chaises & tapisse des cabinets. On apelle auflì cette étofe, éto- fe de la porte de Paris, mais les Marchands l’apellent mézelines. II y a diverses manières de brocatelles. (Ainsi on dit, Brocatelle à fleurs. Brocatelle à petits carreaux.) H BROCATELLE. On donne ce nom à une certaine espèce de marbre, qu’on apelle brocatelle d’EJpa- gne, parce qu’il vient d’Andalousie. II est nuancé de diverses couleurs. BROCCOLI, f m. Mot qui est venu d’Italie, & qui veut dire de certains petits choux qu’on mange en salade. (Les broccolis font bons , lors qu’ils font cuits.) f BROCHANT , adj. Terme de Blason. On le dit d’une pièce qui passe toute entière d’un côté de l’écu à l’autre, en couvrant une partie des autres pièces de l’écu. Les Ducs de Bourbon portoient autrefois de France à la bande brochant sur le tout. BROCHE, s. f. [Féru.] Manière de verge de fer un peu plate dont on se sert pour embrocher la viande lors qu’on la veut faire rôtir. (Mettre à la BRO broche. Mettre en broche. Un Médecin entra m jour dans la cuisine d’Antoine, il y vit huit sangliers entiers à la broche. Citri, triumv. 3. p. ch. ia. ° BROCHE. Terme de Chevalier de l’Arquebuse. Fer au milieu de la feuille de canon où l’on tire. (Paire un coup de broches c’est-à-dire, enfoncer la broche! BROCHE. [Fifiula.] Terme de Tonnelier. Petit morceau de bois arrondi qu’on met au fond des futailles pour en tirer quelque petit filet de vin. (Met tre une futaille en broche. C’est y mettre une broche' une canule, ou une fontaine pour en tirer le vin a pot & à pinte. ) BROCHE. Terme de Brodeur. Outil fur quoi on met les étoles & les foies retorses propres à broder. BROCHE. Terme de Rubanier, de Pileuse auroïiet Fer délié qu’on passe au travers du rochet, ou du ro! quetin, de la bobine & de l’épinglier , lors qu’on filé au rouet. BROCHE. [Verutum, veruculum.] Terme de Serrurier. Morceau de fer qui est dans la serrure, & dans" quoi entre la forure de la clef. BROCHE. Terme d s Cordonnier. Outil de Cordonnier pour brocher les talons. BROCHE. Terme de Balancier. Petits morceaux de fer ronds qui passent au travers de la virole du pefon. BROCHE. Terme de Chandelier. Petit bâton où pendent les mèches. Petit bâton où pendent les chandeles. ( Une broche de mèches. Une broche de chandeles.) L BROCHE. Les Marchands Ciriers apellent broches, des petits cônes de buis avec lesquels ils percent les gros bouts de leurs cierges, afin qu’ils puissent entrer dans les fiches des Chandeliers. ê BROCHE. Terme d’ Imprimerie. C’est la barre de fer où l’on attache la manivelle , qui sert à faire rouler le train de la presse. f BROCHE. Terme de Chasse. On apelle broches les défenses du sanglier. f * Couper broche à quelque chose. Ces mots se disent figurément & dans le stile bas ; pour dire, em- pêcherarrêter quelque chose. (Ainsi couper broche à la médisance s c’est-à-dire, en ôter tout prétexte & toute ocaíìon. Je lui ai refusé de l’argent tout à plat pour couper broche à sesimportunitez.) BROCHE'E, f. f. [InjlruHum veru carnibuí.] Terme de Rôtisseur. Broche pleine de viandes. (Une grande ou petite brochée.) BROCHE'E. ; Terme de Chandelier. Plusieurs mèches de chandéles fur une broche. BROCHER, V. a. [Acu texere.] Terme de Tricoteuse. Travailler avec des égailles à tricoter. (Brocher un bas.) BROCHER. [Equosole.u indurre.] Terme de Maréchal. Mettre un clou au pié d’un cheval. (Brochet un clou.) BROCHER. Terme de Cordonnier. Atacher avec des doux. (Brocher un talon, une semelle.) BROCHER. Terme de Couvreur. Mettre la tuile en pile entre des chevrons. BROCHER. Terme de Cordier. Mettre le boulon au travers du touret. (Brocher le touret.) BROCHER. [Auro,serico intexere.] Mêler avec l’étofe quelque chose qui la releve. (Brocher une étofe d’or & d’argent. Vaut’, nouv. remarques. Et de la on dit, une robe brochee d’or. Faug. Quint. Curce, l. 4 .) BROCHER , v. a. C’est ébaucher. Brocher un ouvrage. Faug. nouv. remarques. BROCHER, v. n. Terme de Jardinier. La Quinti- nie trouve le mot de brocher peu poli, & les autres Jardiniers que j’ai consultez , apellent de son jugement. 11 se dit des arbres nouvellement plantez, & c’est commencer à pousser de petites pointes, pour faire des branches ou des racines. (Voilà un arbre qui commence à brocher. Ces arbres ne brochent point encore.) t * BROCHER. [ Deproperare. ] Faire à la hâte. (11 broche tout ce qu’il fait.) BROCHER ou brochant. [ Supergredi, ftperfeni.] Terme de Blason. II fe dit des bandes, cotices ou bâtons & autres pièces , même des lions & des aigles qu’on fait passer d’un bout de l’écu à l’autre , ou qui traversent sur d’autres pièces. (11 porte d’azur au lion d’or , à la face de gueules brochant fur le tout.) f BRÒ- BRO f BROCHER im Livre. C’est coudre îegCreftient, sans nervures, avec une simple couverture de papier blanc i ou de couleur. BROCHET , s. «t. [ Lucitt ».] Poisson connu, qui est de lac, d’étang, & de rivière. (Un gtand brochet.) ê BROCHET de terre. Reptile long de quinze pouces & couvert d’écailles luisantes. On le trouve dans les Isles de l’Amérique. BROCHETON, f. m. \LucìoÌw.'\ Petit brochet. (Un bon brocheton.) BROCHETTE , fi fi [ 'Veruculum .] Terme de Rotijfeur. Petit morceau de bois en forme de broche- qu’on passe dans la viande qu’on larde pour la tenir ferme & en état d’être mise à la broche proprement. BROCHETTE. Terme de Fondeur. Elpéce de petit cilindre de bois, ou de léton, fur lequel on marque les diférentes épaisseurs des cloches. £ BROCHETTE, fi. fi. Terme à’Imprimerie. II se dit des fiches qui tiennent la frisquete sur le grand timpan. BROCHETTE, fi. fi. Terme û’Oiselier. Petit bâton fait exprès, & dont on se sert pour donner à manger aux oiseaux. (Prenez cette brochette & donnez à manger à ces petits merles.) BROCHETER , v. a. [Veruculo transfiigerefij Terme de Rotijfeur. C’est mettre une brochette au travers des cuisses de quelque chapon, ou de quelqu’autre oiseau qu’on veut rôtir, pour le tenir en état - ferme & de bonne grâce. (Brochetez ce dindon. Qu’on bro- chête ce chapon & qu’on le mette à la broche.) ch BROCHETER, v. a. Terme de Boucaniers de PAmerique. Ils disent bròcheter un cuir , lors qu’ils Pétendent fur la terre , avec plusieurs brochettes de bois, pour le sécher, & le mettre en état d’être embarqué lans se gâter. BROCHETER- Terme de Marine. C’est mesurer les membres & les bordages d’un vaisseau, BROCHEUR. Tricoteur. [Textor.] Ouvrier qui tricote. (Un habile brocheur.) BROCHOIR, fi. m. Prononcez brocboi. Marteau dont le Maréchal aogne les doux dans la corne du pié de l’animal qu’il ferre, H BROCHURE , fi. fi. C’est un petit livre de papier blanc ou imprimé, cousu legerement avec une simple couverture de papier marbré ou de couleur, (Les brochures dont M. Barras de la Penne a inondé Marseille & les bastides des environs pour être trop vives & trop violentes, n’ont eu ni lecteur ni réponse, Polybe de Folard. BRODE, adj. [ Fufciis. ] Ce mot se dit d’une femme dont le teint est un peu noir. (Elle est brode.) Ce mot est du stile bas, BRODEQUIN, fi. m. [ Cothurnus. ] Chaussure ancienne dont les Comédiens fe servoien.t, & dont se servoient aussi les hommes & les femmes. Mais , quoi ? je chauffe ici le cothurne tragique , Reprenons au plutôt le brodequin comique. Defpr. stf Les brodequins étoient la chaussure des Empereurs de Constantinople, & ils ressembloieht aux cothurnes des Romains, qui portaient des souliers fort hauts devant & derrière, desqueìs il s’élevait une tige que l’on faifoit monter jufqti’au milieu de la jambe. Juvénal, dans cette satire où il fait le portrait des femmes, après avoir parlé de leur cassure, qu’elles élevaient excessivement, dit, que celle qui a la taille fort basse, ressemblerait à un pigmée, si elle n’avoit pas des cothurnes , c’est-à-dire , selon tous les Commentateurs, des souliers fort hauts. Virgile, dans le premier livre de son Enéide, dépeignant Vénus déguisée sous tin habit de chasse, dit que les filles de Tyr avaient acoûtumé de porter un carquois, & d’avoir un cothurne de pourpre, qui couvre une partie de la jambe : Virgìnibus Tyrììs mos ejl gefiare pbaretramj Purpureoque altè Juras vincire cothurno. Ce que Air. de Ségrais a traduit de cette forte ì Chajfetestì elle avoit le brodequin chauffés Le carquois fur le dos * le bras retroussés . Quelques critiques ne peuvent pas goûter la chaussure que Virgile donne à Vénus chasseresse , n’étant pas possible de courre dans les bois, dans les Montagnes- BRO 289 avec tin cothurne fort élevé, peu sûr, 8c qui ne couvre qu’une partie de la jambe : mais on peut dire prémiérement, que nous dépeignons au haZard & sens beaucoup de certitude, l’ancien cothurne : en fécond lieu, une chaussure telle que le cothurne, a paru au Poète, plus digne d’une grande Déesse - qu’un soulier ordinaire. Les Empereurs de Constantinople avòient une espèce de cothurne que nos pères apelloient hue - fies. Villehardouin raconte que Murtzuphle aïant enfermé l’Empereur dans une prison, chauça les huefies vermeilles , par laie , N far le conseil des autres Grex} JiJé filjì Empereur. Mr. du Cange nous aprend dans ses Observations fur cet endroit, que huefies est tin ancien mot qui subsiste encore parmi les Picards, & qui signifie une butine qui vient jufqu’au genou : mais oïl apélle à présent ces butines, brodequins , qui est de même assez ancien - puis que Rabelais & Villon s’ert font servis. L’étihiologie du ternie brodequins est contestée. Votez Ménage dans fies Origines} Car je né puis rien ajouter à ce qìi’il a dit. BRODEQUINS j / m. [Caliga. ] Terme á’Acadé- mifle. Sorte de petits bas à étrier qui font de laine - & que les jeunes Académiciens mettent avant que de fe botet, & qui viennent presque jufqu’à mi-jambe. (On met des brodequins afin que la bote soit bien remplie & ne fasse point de grimace. Les botes vont mieux avec des brodequins qu’avec des coussinets.) BRQDEQJJINS , fi. m. [Cothurni quitus nocentiuni crura premuntur. j Sorte de su plies qui consiste en quatre petits ais forts & épais qu’on ferre avec de bonnes cordes. On met deux de ces ais entre les jambes du criminel, & les deux autres ais se mettant l’un d’un côté d’une jambe & l’autre de l’autre. Ensuite , Venant à serrer ces cordes elles pressent les jambes contre les ais , & faisant craquer les os du criminel, elles lui causent une douleur très-sensible. (On donne les brodequins à un criminel qui n’avouë pas, & dont on veut savoir quelque chose avant que de le juger.) Voïez Question. BRODER j D. a. [Acu pingerei] ' C’est faire - avec Féguille & avec la broche sur un métier, toute sorte d’ouvrages de broderie , tant de relief que de plate , en or , en argent & en foie. On brode avec Léguiste feule des figures, des Histoires, des fleurs ou des fruits , & cela s’apelle peindre avec Veguìlle. On poste alors les jours entiers , A broder fut de grands métiers. Perr. la chasse. BRODER. Terme de Faiseuse dé point , Èílrlchìï îe point de divers ornemens, comme de fleurs & dé branchages. . (Broder Un point de France.) BRODER à féguille. Terme de Faiseuse , & de Rem- plijseuse de point, jettcr plusieurs petits filets 3c les Couvrir à point noQé. BRODER , V. a. Terme de Chapelier. C’est coiidré autour de l’extrémité du bord d’un chapeau Un petit fil de foie, qui fait cohime Un petit galon, afin de conserver le bord , & le faire tenir sens qu’il se défase se. (Broder un castor.) f BRODER. [Adornare.J Mot burlesque qui ne sé dit qu’en parlant, & qui signifie bourdet. (Vous brodez comme il faut.) BRODERIE ,s fi. ['Ack piclumôpuí Q C’est l’oûvrà- ge du Brodeur. II y a des broderies d’or & d’argent ; d’auttes de relief, dont les plus riches font garnies de perles , & les autres font de foie ; & même il y en a de laine - qui font les moins estimées. ( On dit uné belle , agréable , charmante , magnifique broderie. Une riche & prétieuse broderie, telle qu’est celle de Mademoiselle de Guise, qu’elle a fait faire par Denis Pichote brodeur & habile dans se profession. Un lit en broderie tout garni de perles.) BRODERIE. C’est aussi le travail de la rempiisseuss de point.) Cette^ broderie est jolie & bienfaite.) BRODERIE, ferme de Jardinier . Figures qu’on fait avec du boiiis, Ouvrages figurez de boûis dans les parterres, ( Qn dit, un parterre en broderie > ou de broderie.) BRODERIE, fe dît figurément des embelissemens qu’on donne à un conte , & à des Histoires, & le plus souvent aux dépens de la vérité, (Il y a dans ce conte quelque chose de vrai, mais le reste est de la broderie.) BRODEUR, fi. rn. [ Ph'rygii ’opem artifex. ] C’est celui qui avee l’eguille & se broche fait fur de Féto- Tome L © ® p e 290 BRO fe , sur du tafetas, du satin , ou du velours , toutes sortes d’agréables ouvrages pour FEglisc , les Princes , & les personnes de qualité. (Le Brodeur qui ne travaille que pour l’Eglisc , s’apelle Brodeur-Chasublier ; & celui qui sert les personnes de condition, dont souvent il n’est pas trop bien paie , se nomme simplement Brodeur. Un bon Brodeur , un habile Brodeur. 11 faut pour être reçu Brodeur, six ans d’aprentilsa- ge ; mais depuis 40. ans 011 ne fait plus d’aprentifs , & l’on ne reqoit point de Brodeur qu’il ne soit fils de Maître. La grande Fête des Brodeurs, c’elt sainte Claire , qui vient tous les ans le 18- Juillet ; & la petite , c’est le jour de la Purification. BRODEUSE , s. f [Phrygie operis artisex.] Ouvrière qui brode. BRODEUSE DE GAZE, s.s C’elt une ouvrière qui brode des coites de gaze , & qui les embélit de divers petits agrèmens, de Heurs, d’ètoiles, & ronds figurez , & d’autres jolies choses qu’elle fait à l’eguille, & qui servent à relever la gaze , & à rendre les coites plus belles. (C’est une des meilleures Brodeuses de gaze de tout Paris.) On dit proverbialement. Autant pour le Brodeur. [Ad populum phaler.ti.2 Pour se moquer d’un homme qui fiable, comme si on disoit pour le Lourdeur qui nous donne des menteries , des bourdes, & qui brode des contes. BRODOIR , s m. Terme de Chapelier. Prononcez brodoi. Sorte de petite bobine autour de laquelle est la foie dont on te sert pour broder les chapeaux $ BROïE, ou Broioire. C’est l’instrument avec lequel on rompt le chanvre, après qu’il est roui, pour le filer plus aisément. BROIEMENT, s m. [Tritura.] Réduction en Í ioudre, & mélange de couleurs avec de l’eau & de 'huile. BROÏER , v. a. C Terere. ] Casser menu. (Broïer de la moutarde. Broïer les couleurs. On dit que le moineau ne boit point tandis qu’on lui broie du ché- nevi avec du pain & de l’eau. Poulet , relation du Levant, 1. p. c. ;. p. 45.) BROïEUR , s. s. [Tritor.] Prononcez brèievr. C’est celui qui avec une molette broie les couleurs dont les Peintres se servent. (Un Broïeur n’est pas fort riche, car il gagne peu de chose.) H BROïON, s. m. C’est une espèce de molette, avec laquelle les Imprimeurs broient le vernis & le noir, dont ils composent leur encre. BRONCHADE , s s [Lapsus , ofensio. ] Un faux pas que fait un cheval. (Ce cheval a fait une lourde bronchade.) Ce mot se dit aussi , au figuré, des personnes, & il signifie une faute légère. BRONCHER , v. n. [Pedem offendere .] Ce mot fe dit des chevaux, des mulets, &c. Faire un faux pas. (II n’est cheval si superbe qui ne bronche, dit le proverbe. Volt. Po'éf.) f * BRONCHER. [Offendere, labi . ] Trébucher. Se laisser tomber. ( Sa canne s’acrocha dans l’un de ses canons , & mon homme broncha. Bear. Po'éf) f * BRONCHER. [ Errare. ] Manquer. (Si vous bronchez , on vous rélévera d’une belle forte.) BRONCHER , hésiter en prêchant, lors que la mémoire n’est pas sûre. ( Lui cependant modeste au milieu de fa gloire, Se plaignoit qu’on avoit vu broncher fa mémoire. Vill.) (§ Enfeigne-moi , Molière , ok tu trouve la rime. On diroit, quand tu veux , qu’elle te vient chercher , Jamais au bout du vers , on ne te vit broncher. Despr. fat. 2. BRONCHER. Ce terme est rude ; je ne sqai s’il «st bien placé : broncher , forme une idée de faux pas & de chute. Un Poète arrêté par une rime dificile, fe tourmente & s’agite , & s’il est obligé de se servir d’une rime défectueuse , je ne sqai si l’on peut dire qu’il a bronché au bout d u vers , comme un cheval s’abat au bout de la carrière. BRONCHIES- Tuïaux de la trachée artère répandus dans le poumon. î BRONCHIAL, adj. Terme d’ Anatomie. On apeL- le artere bronchìale , une artère particulière des poumons. Elle est acompagnee de la veine bronchìale , qui raporte à la veine cave le sang que l’artêre a porte aux bronche*. BRO f BRONCHIQUE , adj. Terme d ’Anatomie. C’est la premiere paire des muscles communs du iarinx BRONCOCE'LE , f m. [ Gutturis beruhì.) Ter. me de Médecine. Tumeur du cou, grande & ronde" atachée à la trachée artère. ’ BRONCOTOMIE , f f- Terme de Chirurgien Ouverture qu’on fait à la trachée artère , lors que l’infiamation du larinx empêche la respiration. M BRONZE, f m. & f. mais bien plus souvent m que f. Airain , léton. {Aïs.) Tout ce qui imite lé bronze. Voiture fait bronze ïzmìrnn, mais aujourd’hui la plupart le croient masculin. ( Elles ne se peuvent non plus comparer à elle que le bronze à For. Voit.l. Ce que les hommes écrivent fur le bronze, n’est pas immuable. Entret. d’Arijie a’Eugène. .Jetter une statué en bronze.) í BRONZES. Ce font diverses figures de bronzes que les curieux rassemblent. On distingue aussi dans les médailles , le grand , le petit, & le moïen bronze. ^ BRONZE. Signifie au figuré l’inscnlìbilité, la dureté. On dit, avoir un cœur de bronze. BRONZER , v. a. [ ALris colore inficere , imbuere ,] Faire en maniéré de bronze. (Bronzer une figure.) BRONZER, v. a. II signifie encore , peindre eu couleur de bronze , avec de la limaille de bronze. BRONZE’, bronzée , part. U adj. [Abris colore ìn- fcHus. ] Ces mots fe disent des peaux passées en noir. 'Maroquin de bronze, c’est celui qui n’est point grenu , qui est passé en noir, & dont on fe sert pour faire des souliers de deuil. On dit aussi veau bronzé , &c. BROQUETTE , f f. [ Clavulus. ] Petit clou propre à clouer des chaises, à tendre des lits & de la tapisserie. BROSSAILLES , broussailles, f f. [ Fruteta, dx- meta. ] Menus bois de branches rompues. Le bel usage est pour broffailles. (Ramasser des brossailles pour faire du feu. Abl. ret. I. 4. c. 2. Le lion voulant chasser avec l’âne , fe cacha dans les brossailles. Port- Royal. Ph. I. i.fab. n. Ce n’étoient que petits sentiers pleins de brossailles. Vaug. Quint. Curce , /. 5. eh. 4.) BROSSE , f f. f Scopultb ] Espèces de vergettes pour nétéïer les habits. BROSSE. [ PeniciUtis. J Terme de Peintre. Pinceau de poil de cochon dont les Peintres se servent. BROSSER , f. st. [ Scopulà tergere. ] Nétéïer avec des brosses ou autre chose. ( Brosser un enfant, un cheval.) BROSSER les lettres. Terme d 'Imprimeur. C’est en ôter l’encre avec de l’eau & de la lessive. BROSSER, s Sylva-i pererrare. J Courre au travers des bois. ( Brosser à travers les buissons. Vaug. Quint. Curce, l. 6. II travaille fans cesse à brosser les forêts. Théoph. í BROSSIER , f. m. Celui qui fait des brofes. j BROSSURE , f f. Les Peaussiers-Teintùriers en cuir apellent Jhnple brasure , la couleur qu’ils donnent aux peaux, en les imprimant simplement avec la brosse. t BROTTES , f f On nomme ainsi à Lyon & aux environs, les cuiílierres de bois, qui servent à table. BROU , f m. [ Gulioca, putamen. J Ecorce verte qui couvre les noix, le coco, & qui i’envelope. $ BROUAILLES , f f Intestins de volailles, ou de poissons qu’on vuide pour les apréter. BROUE'E -, f f [ Nebula. ] Ce mot sc dit d’une petite pluie de peu de durée. (11 a fait une broiiée. 11 y a des brodées dangereuses pour les blez.) f BROïiET , f. m. [Jufculum. J Vieux mot qui n’entfe que dans le burlesque & le stile comique. On croit même qu’il s’est plus dit en Province qu’à Paris. (Le galant pour toute besogne avoit un brotiet clair. La Font. fables , l. 1. f ab. ig. C’est un bouillon qu’on fait de lait, d’œufs & d* sucre , qu’on portoit autrefois aux nouvelles mariées, le lendemain de leurs nôces. BROUETTE , f. f. [Vehiculum trufatile.] Especede petit tombereau qui n’a qu’une roué & deux bras. (Méner la brouette.) f BROUETTE. [ Sarracum. ] Ce mot sc dit par mo- qjíerie des médians caresses mal propres & mal ate- lez, BRO lez, & de même des chaises qui font traînées par des hommes. BROUETTER , v. a. [ Vehiculo trahere. ] Mener avec une brouette. (Brouetter les terres.) On dit auííì par raillerie , en parlant de ceux qui louent de médians caroffes. ( On fe fait brouetter à Paris par toute la ville pour un demi écu.) BROUHAHA, s m. [ Plausus , .clamor. ] Terme de Comédien. Pour dire , le bruit qu’on fait à la Comédie lors qu’on fe récrie fur quelque endroit de la beauté de la pièce. ( Le Comédien s’arrête aux beaux endroits de la piéce , & ainli il avertit qu’il faut faire le brouhaha. Mol. préc.) BROUI, fi. m. [ Calamus. } Terme de Gens qui travaillent en émail. Sorte de tuïau par où le vent passe quand on foufle pour travailler, & qui fait du bruit quand le vent y passe. (Travailler au brouï.) On l’apelle auíïì chalumeau. Çf BROUïLLAGE. Le droit de brouillage consiste, suivant les Statuts de Bresse, à pouvoir envoler son bétail paître dans un étang lors qu’il est en eau. Volez Rével ., pag. 27;. X BROUILLAMINI, fi m. [ Tembr* , caligo, obscurité.} Mot burlesque pour marquer quelque chose d’obscur & d’embarassé. (II y a là-dedans trop de brouillamini. Mol.') On apelle encore broùiUamini , une terre rouge & visqueuse qu’on trouve dans les minières de fer, & dont fe fervent souvent les Médecins & les Peintres. C’est le bol d’Arménîe. BROUILLARD , fi- m. fNebula.} Vapeurs qui font arrêtées en un endroit de Pair, & qui l’obfcur- cissent. ( Le brouillard tombe fort lentement. t Abl. L’air n’est plus obscurci par des brouillards épais. Desboul. Po'éfi. Les brouillards épandus aux environs, ne laissoient voir les troupes qu’en gros. Quint. liv. 4. ch. 12. II s’éléve un brouillard épais qui obscurcit tout Pair. Abl. Marmol. t. 1.) ê BROUILLARD , adj. On ne le dit qu’en parlant d’un papier gris qui boit, papier brouillard. BROUILLEMENT, fi- m. [ 'Permifiio , mixtura.} Mélange * confusion. Ce mot est très-peu d’ufage. f On dit le brouillement des couleurs. BROUILLER, v. a. [ Miscere .] Mêler. Confondre ensemble, & de deux ou de plusieurs choses ne faire qu’un composé. (Brouiller des œufs avec du jus d’éclanche.) BROUILLER , [Turbare] Terme de Plumacier. Mêler ensemble le poil de plusieurs plumes qui ont chacune une couleur particulière. ( Brouiller les plumes. Plumes bien brouillées.) * BROUILLER. Semer la discorde. (J’aurai pû jufqu’ici brouiller tous les Chapitres. Dejjs. lutr.) * BROUILLER. Embarasser. ( Brouiller les a faires. Brouiller les cartes. Brouiller la cervelle à quelcun.) * BROUILLER. [ Invertere. ] Confondre & embarasser. ( Ce mot n’a été inventé que pour brouiller. Pasc. I. 1. Ce mot de grâce actuelle me brouille. Pasc. I. 4.) Se brouiller , v. a. [ Miscerì . ] Se mêler. Se confondre. ( Ils ne fe brouillent point avec le reste des troupes dans les défilez. Abl. ret. I. 5. c. 3.) * Se brouiller , v. r. Terme de Manège. II fe dit des chevaux. 11 signifie , fe désunir. Se traverser. (Vôtre cheval se brouillera, si vous n’y prenez garde.) On dit proverbialement, les cartes font bien brouillées. ( Ira jam facLe fient ampliores. ) Lors qu’il y a quelque guerre civile, quelque grande querelle entre deux partis, dont on ne prévoir que de loin l’acom- modement. * BROUILLERIE , fi fi. [Dijfenfio , difltdium.fi Trouble dans un Etat. ( Dans toutes les brouilleries du Roïaume , il s’eit toûjours montré bon François. Voít. L <53.) * BROUILLERIE. [ Contentiones. ] Petite querelle. (Ils ont eu quelque petite brouillerie , mais cela est passé.) * BROUILLERIE. [ Trie*. } Dispute pleine d’em- baras & de chicane d’école. ( Vouslez-vous recommencer nos brouilleries? Pafic.l. T.) BROUILLERIE. [ Mificellanea. J Petits bouts de ruban , de passement, de dentelle , & autres pareilles choses qu’on met ou qu’on trouve ensemble. (Ce que BRU 291 vous cherchez , est parmi de petites brouilleries dans une cassette.) BROUILLON , fi m. [ PaUmpfiefim. ] Papier fur quoi on jette ses premières pensées , qu’on corrige & retouche en changeant & éfaçant jusques à ce qu’on croie que ce qu’on fait, est bien. BROUILLON , brouillard , fi. m. [ Adverfiaria. } Terme de Marchand. II y a des gens de Province qui disent un brouillard s mais on dit à Paris un brouillon. Les Marchands y apellent de ce nom, un livre fur lequel ils écrivent, & où ils raient ce qu’il leur plaît. (Ecrire fur le brouillon , éfacer un article fur le brouillon. Le pauvre V. ne fera de fa vie raie de dessus le brouillon de fes Marchands. Ecrire un article fur le brouillon. Efacer un article fur le brouillon.) * BROUILLON. [ Turbator , novarum rerum molì - tor. ] Celui qui fe plaît à brouiller les gens , ou Igs assures. (Avec cette puissance si énorme , un brouillon feroit à craindre. Patru , plaid. Châtier les brouillons. Abl.) f * BROUILLON. [ Stolidus , levis.} Petit étourdi, petit sot, petit quérelleux. ( C’est un petit brouillon.) BROÙIR , v. n. \_Areficere. ] Terme d’Agriculture.'} Ce mot fe dit des blez & des arbres qui pendent par les racines , & signifie gâter. ( Epi qui commence de brotìir. Pêcher qui bruit.) BROiilSSURE, fi fi. [ Aridi folliculi. ] Terme d ’A- griculture. II signifie le mal que cause un mauvais vent d’Avril, ou de Mai aux feuilles ou aux fleurs des arbres , qui les fait retirer, & leur ôte leur verdeur. ( II faut ôter la brouissure des arbres. Cette broùissure tombera aux premières pluies douces. Qmnt. des Jardins , t. 1.) BROUSSIN D’ERABLE , fi m. [ Molluficum. } C’est une excroissance qui vient à un arbre qu’on apelle érable , & qui étoit si précieuse aux Romains, qu’ils l’auroient préféré au citronier , s’ils avoient pû en faire des tables. BROUT , fi. m. [ Pafiio ex dumetis. ] Ce que pousse le bois au printems , & qui enivre en quelque façon les bêtes fauves qui en mangent. ( Aler au brout.) BROUT de noix [ Gulieca. ] Ecailles de noix vertes qu’on laisse pourrir dans un muid , & qu’on fait bouillir avec de l’eau pour mettre le bois est couleur de noïer. BROUTER,».«.[ Paficì. ] Ce mot fe dit des chèvres, des chameaux, des lapins , &c. & signifie manger la pointe des herbes. ( La chèvre broute. Le chameau broute continuellement, & ne broute que des chardons , ou des herbages pleins de lait, ou les extrémitez des parties des arbres où fe for-' ment les bourgeons, & où toute la fève fe porte. Poulet , relation du Levant , 2. p. ch. ;.) . > 0 Ce terme brouter a été fort au gré de Remy Belleau ; il commence ainsi son Eglogue fur la gua- yifion d’amour. Broutez , chèvres , broutez , broutez l’herbe tendrette % Sorts les ombrages frais de la verte coudrette > Broutez , g? emportez ce soir dedans le teff Le ventre plein de trefle , N le tetin de lait. Ce fut par de semblables vers que Belleau mérita, au raport de la Croix-du-Maine , le titre d’homme docte en Grec & en Latin , & fur tout d’excélent Poète François. On dit en proverbe, oà la chèvre efi liée , il faut qu’elle broute ; pour dire, qu’il faut demeurer ataché à son état. L’herbe fiera bien courte , s’il ne trouve ' dequoi brouter ; pour dire , qu’il trouvera bien le moïen de gagner fa vie. ( Inveniet qui vitam dlat, ubi alios inopia prejfierit.) BROUTER , v. a. [ Putare , refiecare. ] Terme de Jardinier. C’est rompre l’extrémité des menues branches. (Broutez ces branches.) BROUTILLES , fi fi [ Virgulta.} Menues branches qui restent dans les forêts après qu’on en a retranché le bois de corde, & qui fervent à faire des fagots. BRU , fi fi C TSurw. ] Ce mot est peu usité ; on dit en fa place , belle-fille. Cependant ce mot de bru , trouve encore fa place dans les ouvrages comiques , satiriques , & autres d’un stile familier , & de • raillerie. ( Sa bru est jolie, elle est belle, elle est galante. Tom. I. O Q 2 nui- 292 BRU Quiconque à son mari veut flaire seulement, Ma bru , n’a f m bcsòin de tant d ajustement. Mol. tart. a. t.sc. I. BRUANT- Oïl dit aussi bréant. [ Antbus.s Petit oiseau , gros comme un moineau , de Couleur jaune & verdâtre. BRUGNOLES ; voyez BR 1 GNOLES. BRUïANT , bniiante , adj. [ Strepens. ] Qui a fait lin bruit éclatant. ( Le fleuve rouloit ses eaux avec violence , & ses flots bruïans & écumeux se rompoient en divers endroits. Vaug. Quint. Curce, 1 . 8- eb. 15. La mer brûlante. Une voix’brûlante. (On ne désaprouve pas ces exemples, mais on aime mieux bruissante dans quelques autres faqons de parler. Cependant un Poète, dans une satire contre Mr. Despreaux , se sert de initiant. ( Ces mulets importuns bizarrement ornez, Et d’un airain brillant par tout environnez. Poète anonyme.) f On apelle dans le stile familier un hommebruiant, un homme qui fait beaucoup de bruit. BUUïE'RE , f f. [ Erice. ] Plante dont il y a plusieurs espèces. En France , c’elt le nom qu’on donne à plusieurs petits arbres sauvages qui croissent dans des terres incultes parmi les genets , & autres semblables arbustes. ( Ce discours fasse un feu nos f enfers ordináires, Et s’éléve au-dest'us de nos humbles bruïeres.) BRUÏE'RE , f f. Plante sauvage , basse & branchuë, Hui est dure comme du bois , qui a les feuilles fort petites & faites quelquefois en forme de petit bouton. La bruïére est , parmi les plantes sauvages, la première & la derniere qui pousse des fleurs ; car elle fleurit au commencement du printems & en automne. Bal. t BRUïERE , f. f. Sorte de laine d’Alemagne. 11 y en a de plusieurs espèces ; comme de la bruiere du Rhin , de la bruiere de W dinar , &c. BRUINE -, f f \ Pruina. ] Petite pluie. (Brouillards & bruines, bénissez le Seigneur. Port - Kami, Daniel, 5.) BRUINER , v. n. [ Pruina cadit. ] Faire de la bruine. ( 11 n’a fait que bruiner toute la journée.) BRUIRE-, v. n. [ Strefere. ] Je bruis , tu bruis, il bruit. Nous bruistbns, vous bruiffez , ils bruistìnt. Ce verbe bruire n’est guére usité qu’à l’infinitif, & encore ne l’est-il pas beaucoup. 11 signifie faire quelque bruit. Faire un bruit sourd & confus. ( Les soldats firent bruire leurs armes. Abl. César. I. 7. J’ois bruire les vents & les flots. Théophile. Les douleurs des femmes grosses font causées par des vents, qui vont & qui viennent en bruissant par tout le ventre. Mauriceau , traité de femmes grosses, l. 2. ch. r.) BRUISSEMENT , f. m. [ Strepitus , fragor. ] 11 se dit de la mer, & veut dire une sorte de bruit sourd & confus que font les vagues. ( J’entens le bruissement des vagues. Le bruissement des vagues n’éton- ne pas , comme fait la tempête.) BRUIT , f m. [ Murmur , fremitw. ] C’est l’éfet d’une agitation particulière que la rencontre de deux corps produit premièrement dans Pair voisin , & presque au même tems dans un plus éloigné, & jusques dans Porgane de loiiie. C’est quelque chose de bruissant. ( Un grand, 011 petit bruit ; un bruit sourd, confus ; un bruit éclatant, extraordinaire. Faire du bruit. Exciter du bruit. Modérer, arrêter, empêcher k bruit. Apaiser, étoufer le bruit. Le bruit du tonnerre , du canon, du tambour. De ces ruisseaux k bruit délicieux frape mes seqj. Voit. Poes. Marcher à petit bruit j c’est-à-dire , doucement, L sans qu’on l’entende. Point de bruit J ai déja massacré dix hommes cette nuit, Et Jì vous me fâchez, vous en croîtrez le nombre. ) Main. com. ,* BRUIT, / m. [ Rumor. ) Ce mot, au figuré, a divers sens. 11 signifie une forte de nouvelle qui se dit & qui court. (C’est un bruit de ville qui n’est pas bien fur. Faire courre le bruit de la mort de quelcun. , Un bruit sourd vent que le Roi respire. Rac. Phèdre, a. 2.sc. 6 . Examinons le bruit qui court.) * BRUIT ,/ m. [ Fumai] Réputation. Nom. (Ses exploits auront un bruit durable. Voit. Poes. IL ne BRU faut que cela pour nous donner bruit de connoisseu, ses. Mol. fréc. C’est-à-dire , pour nous donner le nom & la qualité de connoisseuses. BRUIT , s m. [ Magnum nomen. ] II signifie encore l’éclat de la réputation. Fracas. {Son nom sait grand bruit dans le monde. Voit. let. 7. C’est-à-dire son nom éclate , on parle fort de lui. La neutralité sait du bruit. Voit. Poes. C’est-à-dire , fait du fracas on en parle par tout. Le bruit de sa réputation le's étonna. Abl. Arr. L 1. C’est-à-dire , que l’éclat & la grandeur de fa réputation les épouventa. Cette stère raison dont on fait tant de bruit, Contre les passions n’est pas un fur remède. Deshoul.) BRUIT. [ Seditio , rixa. ] Signifie quelquefois sédition , querelle, confusion. BRULANT, brûlante, adj. [ Ardens, flagrant. ] Chaud. (Les brûlans deserts de l’/lfrique. Voit. Poés] BRÛLE’, J. m. [ Ustus. J Chose cuite Sc un peu Brûlée. Chose que le feu brûle , ou a brûlé. ( Omelette qui sent le brûlé. 11 y a quelcun qui brûle ici, je sens le brûlé. Le café sent le brûlé.) ’ BRÛLE’, s. m. C’est un terme d’Orfèvre , & d’au- tres qui travaillent en or & en argent. C’est l’or ou l’argent filé fur la foie , qui vient du galon , des bou- tons , des dentelles , ou des franges d’or ou d’argent, 11’on brûle & qu’on vend aux Orfèvres ou au Bureau e la Monoïe. (Vendre, ou acheter du brûlé. Le prix du brûlé n’est pas fixé. Le brûlé se vend au poids , & Ponce vaut trois livres & quelques fols plus ou moins. Quand les Orfèvres ont beaucoup de brûlé , ils le sondent, & en font de Pnrgcnt.ì BRÛLEMENT , J. m. ( Ustio , crematio. ] L’action de brûler. (Les brûlemens devroientêtre défendus, & ne se dévroient pas pratiquer entre des Chrétiens.) BRÛLER , brusler, v. a. [ Urere. ] L’un & l’autre s’écrit, mais if ne se prononce pas, & on prononce un peu longue la prémiére silabe de ce mot, & des autres qui en viennent. II signifie consumer par le moïen du feu. ( Brûler du bois. Philippe le Bel en 1507. fit brûler les Templiers de son Roïaume pour s’emparer de leurs biens. Mézerai, hist. dt France. Les Anciens brûloient leurs morts, & tout ce qu’ils avoient eu de plus cher pendant leur vie. Pour brûler un corps , ils le posoient fur un bûcher, & après qu’ils l’avoient brûlé , ils en mettoient les cendres dans une urne. Duport, hist. Ecclest. d’Arles, l. 1. ch. 9. BRÛLER , v. a. Faire mal en touchant quelque chose de chaud. (Vous m’avez brûlé de ce tison, cat il est ardent.) BRÛLER, v. a. Causer quelque douleur. IIse dit des choses chaudes à l’égard de celles qui font sensibles. (Cette écuelle me brûle quand je la tiens, car elle est trop chaude. Cela brûle, ne le touchez pas. Quand on se bride au feu que Jbi-méme on attise, Ce n’est point accident, mais c’efl une sotifi, Régnier.) BRÛLER , v. a. [ Adurere. 3 11 se dit du soleil à l’égard des fruits de la terre. (Le soleil est à cette heure trop ardent, il brûle les biens de la terre ; c’est- à-dire, il les déséche trop. On dit aussi que le soleil brûle le teint.) BRÛLER, v. a. Faite du feu de quelque chose. (En Angleterre, & dans les Isles voisines , on brûle du charbon de terre, & en Hollande on brûle des tourbes.) BRÛLER, v. a. Faire du feu de quelque chose pour s’en éclairer. (Brûler de la cire, de la bougie blanche, de la bonne chandéle. Brûler de Phtisie.) BRÛLER, v. a. [Torrere.] II se dit encore de la fièvre. C’est échaufer excessivement par une trop grande ardeur. (II a une fièvre qui k brûle.) BRÛLER, ». n. Se consumer en s’allmuant. (Le bois brûle, Phtisie brûle, la chandéle brûle, la bou- gie brûle.) * BRÛLER, ». a. |~Ad amnrem incitare .3 Donner de l’amour. ( 11 faut qu’après avoir brûlé tant de Castillanes , il fasse fondre quelques Portugaises. Voit. I. 44.) BRÛLER,», n. [Asdere, sagrarei] Etre consumé d’amour. Avoir de Pamour. Avoir de la passion pour quelque chose. Désirer ardemment. (De la même ardeur que je brûle pour elfe, elle brûle pour moi. Md BRU J Mol. Pa'ts l. Vous brûlez d’une soif qu'on ne peut assouvir. Destr. fat. 4. Brûler d’amour, de colère, de haine, d’impatience. Racin. Ipbigenie. J’aime à brûler d’une si belle flâme. Voit. Po'és. BRÛLER. [Cupere, ambire .] Ce mot signifiant désirer, souhaiter avec ardeur, & étant suivi de la conjonction que, veut le verbe qui le suit au subjonctif. (Oui, mon caur au mérite aime à rendre justice, Et je brûle qu’un nœud d!amitié vous unisse. Mol. Misantr. a. 1. sc. r. Se brûler, v.n. [Uri.] Se faire du mal, ou se consumer par le feu. (II s’est brûlé lui & son fils. Se brûler à la chandéle. (Indicïo suo ut sorex perire.) Proverbe qui veut dire,_/è jetter dans lé péril.') A brûle-pourpoìnt, adv. C’est poser Parme à feu presque sur le corps de la personne qu’on tire, de peur de la manquer. (II l’a tiré à brûle-pour-point.) BRÛLER. Ce mot entre encore dans plusieurs proverbes. Brûler la chandéle par les deux bouts, c’est se ruiner bien-tôt. (Varibs modU rem oblimare.) J’en viendrai à bout ou fy brûlerai mes livres ; pour dire, je poursuivrai salaire avec la dernière vigueur. (Rem gnaviter pertendam.) Brûler de l'encens devant quel- cun ; c’est l’idolâtrer en Pencensant sans cesse par des louanges. (Blanda, tbura alicui dare.) Graissez les botes d’un vilain, il dit qu’on les lui brûle. La chandéle se brûle, pour dire, hâtez-vous. Le tapis brûle, pour exciter quelcun à mettre au jeu. BRÛLEUR, f m. [ Incendiarim , incensor. ] Celui qui brûle. Mais ce mot ne se dit pas seul. (Un brûleur de grange. Pasc. I. g. Un brûleur de maisons. Scar.) BRULOT, f m. [Navis incendiaria.] Vaisseau chargé de matières combustibles propres à brûler un autre vaisseau. Voïez le DiHionnaire de la Marine du Sieur Aubin. £ On dit, adresser, ou conduire un brûlot, détourner un brûlot. (f L’usege des brûlots est fort ancien. Les Grecs apelloient chelaidia , les navires qu’ils destinoient pour mettre le feu aux navires des ennemis ; & ce fut particulièrement pour porter le feu grégeois. Vil- lehardoùin raconte, que les Grecs, pour tâcher de mettre le feu aux vaisseaux des François & des Vénitiens qui affiégeoient Constantinople, prirent dix-sept grands navires, qu’ils remplirent de fascines & de bois sec, avec beaucoup de poix, d’étoupes & se servant du vent favorable, ils laissèrent aler au gré de Peau ces vaisseaux embrasez, qui furent repoussez, & rendus inutiles par les affiégeans. Guillaume Guiart raconte que les Flamands sc servirent de ces brûlots ait siège de Ziriczée. Flamens font remplir deux nacelles De pois, de j'uen, U de busche Leur geu feu & huile y embufche, Cil qui en c’ejì sens les attirent, A mont le rivage les tirent , Les font vers les quatre nefs cotírre „ BRÛLOT, [Catapulta incendiaria.] Machine dont se servoient les Anciens pour lancer des dards, à laquelle étoit attachée une matière combustible qu’ón alumoit, lorsqu’on les vouloir darder. Perraut. Vi- truve. f BRÛLOT, f. m. [Buccea incendiaria.] Mot burlesque. Morceau trop salé & trop poivré. Morceau qu’on sale trop à dessein, & qu’on donne pour rire à une personne. ( Je lui ai donné un brûlot, & il Pa avalé. J’ai avalé un brûlot, & j’en ai la gorge toute en feu.) BRÛLURE, f f [ Adustio .] Le mal que le feu, ou quelque chose de chaud a fait. ( Une cuisante brûlure.) Onguent pour la brûlure. Ouvrage en vers. Les Charlatans vendent de l’onguent pour la brûlure. Le suc de la racine d’asphodelle cuite, guérit les brûlures, selon Pline. BR.UMAL, brumale , adj. [Brumalis.] Terme de Jardinier. II vient du Latin brumalis, & signifie qui vient l’hiver. (Iacinte brumale ) BRUME , f. f. f Emma. ] Terme de Mer. C’est un brouillard épais qui s’éleve quelquefois fur la mer. (Une fâcheuse brume. L’Isle étoit couverte d’une brume noire & épaisse. II s’est élevé une brume írès-incommode. II y a des brumes pendant lesquel- BRU 293 îes on peut être en présence de Pennemi, sens être a vûë.) Dans la brume tout le monde est pilote . Sorte dé proverbe, pour dire que durant un brouillard de mer, chacun est libre de dire se pensée touchant la route qu’on doit tenir. BRUN, brune, adj. [Fufcus , Jûbnìger.] Qui est de couleur presque noire. Qui a des cheveux qui tirent fur le noir. (Un drap brun. Anne de Bou- len étoit brune, & de belle taille. Mauc. schisme.) H Bai-Brun. Se dit des chevaux qui font de couleur de châtaigne fort obscure. BRUN , s. m. Celui qui a les cheveux bruns. Ce qui'est de couleur brune. (C’est un beau brun.) BRUNE , s. s. Celle qui a les cheveux bruns. (C’est une fort jolie brune. Belle charmante brune, Que mon sort seroit doux, Si j’avois la fortune, De me divertir avec votas. On ne voit pins, Tirsis, de ces bergers constant, Dans nos hameaux ni dans nos champs s Leur caur est aujourd’hui plus mobile que l’onde Malgré leurs plus afreux ferment, Ils vont de la brune à la blonde , Et leurs feux les plus beaux ne durent pas long-temí, Poète anonyme.) t BRUN, brune, adj. [Obscurm,tetrictis.] Mélancolique. Sombre. (Humeur brune.) f Sur la brune. [Flexo in vejperum die.] Ces mots signifient, sûr le soir, mais ils font un pé,u vieux. ch BRUNELLE , s fi Plante vulnéraire & astringente propre pour les ulcérés du poumon & les maux de gorge. Voïez C. Bauh, . . f BRUNES. Toiles qui sc fabriquent à Rouen & aux envirpns. , . ... t BRUNETTE , s s [Subnigra.] Ce mot n’éntrô que dans les discours familiers, & dans les chansons. II signifie une jeune fille qui est brune. (Une belle, jolie, charmante brunette fort éveillée. Unë petits brunette, qui a Pœil gai & fripon. Le beau berger Tirsts, Sur le bord de Loire astis, Chantait fur fa musette, Ah ! petite brunette, Ah ! tu me fiais mourir. Vive le mari de Jannette, Vive le jour Qst il fit f amour A sa brunette. Muse coquette, 2. p. 24.) BRUNETTE ,• s. f. [Pannus fubnigér.] Ce niòt signifie aussi unè forte d’étofe fineq qui tiroit fur le noir, & dont s’habilloient autrefois en France les personnes de qualité, d’où vient ce proverbe François : Austt-bien sont amourettes, Sous bureau que fous brunettes. C’est-à-dire , que les riches & les pauvres aiment également, & que Paniour fait sentir lès coups aussi-bién à ceux qui font habillez de bureau que de brunette. BRUNIR, v. a, [Ftstcare.] Terme de Brunìjjéur, Eclaircir avec le brunissoir. (Brunir de la vaisselle d’argent.) BRUNIR. [ P dire , expolire.] Terme de Relieur, Eclaircir, polir la tête , la queue & la tranche d’un livre à force de froter dessus avec la dent de chien. (Brunir urt livre fur tranche.) BRUNIR. [Levigare.] Terme de Taillandier. (Brunir des pincettes.) BRUNIR. [Tingéré,] Ce mot sc dit des bêtes fauves qui font devenir leur tête rouge, grise, ou de couleur brune, de blanche qu’elle étoit. (Les cerfs, les dains, & les chevreuils se brunissent la tête. Sali) BRUNISSAGE , f. m. [Politura.] Ouvrage de bru- nisseur. (Païer le brunissage de la vaisselle.) BRUNISSEUR , f. m. [Polìtor.] QuVrier qui brunit la vaisselle d’argent. BRUNISSEUSE , f f. Celle qui brunit la vaisselle d’argent. BRUNISSOIR, f. m. [Ferrum po/iendis metallis comparatum .] Petit bâton au bout duquel il y a de îa sanguine avec quoi on brunit de Pargent mat. f BRUNIS&URE, f. f. Terme de Teinture. C’est Oo ; se 294 BRU la faqon qu’on donne aux étofes que l’on teint, pour diminuer & brunir leurs teintes, afin de mieux assortir les nuances des couleurs. BRUNO > s. m. [ Bruno.'] Nom du Fondateur des Chartreux. BRUSC, s m. [Ruse w , ruscum.] Petit arbrisseau qui a quelque chose de commun avec le mirte, qui elì plein de bois, qui a la tige ronde, couverte d’une écorce épaisse , tirant fur le brun ; ses feuilles font dures, aiguës & piquantes, & son fruit est rouge & croît fur ses feuilles. C’est une espèce de boux-srrìm. BRUSQjJE , adj. [ Acer , praceps ..] Ce mot se dit des personnes & de leurs actions, il signifie , un peu rude. Qui n’a pas toute la douceur que demande une exacte civilité. Qui est un peu précipité. (.11 est brusque. Elle est brusque. Action brusque.) La conduite de la nature n’est pas brusque , & fa méthode est d’amener tout par degrez presque insen- íìbles. F ont en el. Dans vos brusques chagrins Je ne puis vous comprendre. Mol.) BRUSQUEMENT , ad. [Pr.uipiti impetu. ] D’une maniéré brusque & promte. Agir brusquement. (Je lanqai un peu trop brusquement mon foudre contre un Philosophe. Abl. Luc. t. i.) BRUSQUER , v. a. [Dure, acerbe excipere , habere , traclare.] Ce mot est assez nouveau , & se dit des personnes. II signifie, faire quelque brusquerie à quelcun. Agir avec une personne d’une maniéré rude & peu civile, qui n’a rien de doux ni de poli. (On ne voit guére de scélérats brusquer quelcun. E. Pr. au doigt coupé, bien loin de brusquer ceux qu’il veut Courber, les endort par ses contes & ses promesses frivoles.) H BRUSQUER, en termes de Guerre, on dit brut quer i’ennemi, brusquer une place ; c’est-à-dire, charger vivement l’ennemi sans lui donner le tems de se xeconnoître ; attaquer une place pour l’emporter d’em- blée, sans s’amuser à ('assiéger dans les formes. BRUSQUERIE , f. f. [Prœceps animi impetus .] Action brusque. (C’est une brusquerie infuportable. Faire des brusqueries.) BRUT , brute , adj. [Belluinm, belluina.] Ce mot fe dit des bêtes, & veut dire qui est fans raison , mais dans ce sens il ne fe dit proprement qu’au féminin. (Une bête brute. Pasc. I. 6 .) * BRUT, brute. [Aster, scaber , hnpolìtw. J Qui n’est pas poli. Raboteux. Qui n’est pas taillé. (Dia. mant brut. Pierre brute. C’est une pierre qui fort de ]a carrière.) 4 = BRUT, ou bout d 1 étamine. Sorte d’étofe assez semblable à l’étamine, qui se fabrique en quelques lieux de France. ê BRUT, fe dit fig. d’un ouvrage d’elprit, auquel on n’a pas encore mis la dernière main. Cet ouvrage est encore tout brut. BRUTES , s. s. Les animaux. Les bêtes brutes. (Les brutes ont plus de sens que lui.) 4- On dit fig. des gens qui n’ont ni esprit ni raison, que ce sont des bêtes brutes. BRUTAL, brutale, adj. [ Ferinuf, férus, soli dus.] Qui tient de la brute. Qui a quelque chose de l'animal. Qui est de bête. (Un plaisir brutal. Humeur brutale. Penfent-ils que brutaux, peu complaisons , fâcheux , Parez du nom d’époux, ils seront sûrs de plaire, Au mépris dé un Amant soumis, tendre, stncere ? Poète anonyme.) BRUTAL , f. m. Qui a des scntimens brutaux. Qui aime les plaisirs brutaux. Rustre. Impertinent. (Un franc brutal, contestant comme un diable. Scar. Poes.) On íè damne en honnête homme, on se damne en brutal. Quesnel, N. Test. BRUTALE , s. s. Rustre. Sote. Croisière. Rude & peu civile. (Une franche brutale.) BRUTALEMENT, adv. [Ferino more , serociter.] D’une maniéré brutale. D’une faqon rude & grossière. (Parler brutalement.) BRUTALISER, v. n. [ Feraciter excipere. ] Terme de Précieuse. Pour dire, fe divertir amoureusement. Prendre dcs-plaisirs sensuels. Prendre les plaisirs qùi regardent les sens. Prendre les plaisirs de la chair. BUC ' (Je ne fai pas comme une femme de bon sens peut se résoudre à se marier pour brutaliser toute sa vie avec un homme.) H BRUTALISER, v. a. Outrager quelqu’un, lui dire des paroles dures. (Vous pouvez refuser une grâce, sans brutaliser celui qui la demande.) BRUTALITE', s. f. [Aciio belluina.] Action b ru ta. le. Action courageuse. (Une brutalité exécrable. Pa. tru, plaid. 5. Pour pouvoir díim ail sec voir mourir ce qiíon aime Ah ! c’ejí brutalité plus que vertu suprême. ’ Quint.) 4 = BRUTALITE', signifie aussi une parole dure & brutale. On ne doit jamais dire des brutalitez aux dames. Asouvirsa brutalité, c’est contenter fa concupiscence brutale, acorder à sa passion ce qu’elle demande. GRUTIER , s m. [Ales pradator.] Oiseau de proie qui est la même chose que la bnj'e, ou le butor. Quoique quelques-uns y mettent de la diférence. BRUVAGE. Voïez Breuvage. BRUYE'RE. Voïez Bruiére. {$ BSI DE HERI. C’est une espèce de poire trcs-recherchée ; Costar nous en a apti, l’étimologie dans une de ses Lettres à Mr. de Voiture, page 19. de leurs Entretiens. „ Tout le monde n’est pas d u goût ,, d’un lqavant homme de cette Province, qui se mec „ dans une véritable colère, lorsqu’on dit devant lui, „ des poires de bst de beri, parce qu’il a fqû qu’en „ Bas-Breton, bst signifie poires, & qu’aìnsi c’est com- ,, me si l’on diíoit, poires poires de la forêt de Heri. “ BUANDIER, /• rn. ’Buandme, f. f. [LixivU adminijìer, ou administra .]] Ce mot 11’est en usage qu’en quelques Provinces, & signifie blanchisseur ou blanchisseuse. BUANDERIE , f. f. [Officina lavandis lintek cotn- parata.] balle ou il y a un fourneau & des cuviers pour faire la lessive. BUBE , f f. [Tumor , postulai] 11 vient du Grec. Petite élevure qui vient fur le corps. (II lui est venu une fâcheuse bube.) Le Roman de la Rose : Et le col de bonne mesure, Sans aucune bube ni tache. BUBERON, f m. [Guttus.] Petit vase de grès, de faïance, ou de métal , qui a un petit goulot par où l’on donne à boire aux enfans qui font à la mamelle. BUBERON, f. m. Terme d 'Orfèvre &. de Potier dé étain. Manière de tuïau, qui est la partie du vaisseau qu’on apelle vinaigrier, par où coule le vinaigre quand on en verse. /■ BUBON , f. m. [Bubo.] Il vient du Grec bubon. Tumeur à Faine. (Un dangereux bubon. Un bubon vénérien. Un bubon pestilenciel. Avoir un bubon.) BUBONOCE'LE , f m. Tumeur qui arrive à Faîne, & qui est causée par la chute de l’épiploon. C’est aussi une espèce d’hernie qu’on apelle incorn- plette, & à laquelle les femmes font sujetes comme les hommes. BUCCINATEUR , adj. in. Terme à'Anatomie. [Buccinator.] Epithète qu’on donne au second des muscles communs des lèvres, ainsi apellé parce qu’en s’enflant il fait grossir la joue. BU CENTAURE, f m. [Bucentaurus. J Espèce de galion où la Seigneurie de Venise va épouser la mer. Amelot , rel. de Venise. BUCHE, s. f. [Stipés , truncm.] Gros morceau de bois propre à brûler. (Grosse bûche. Fendre une bûche.) t * BÛCHE. [Sripfí.] Sot. Ane. (C’est une bûche, il n’a point d’esprit.) BÛCHE. Espece de flibot dont les Holandois fe servent pour la pêche, Acad. Franç. BUCHER,/ m. [Bustum, pyru, roguí.] Pile de bois qu’on faifoit du tems des anciens pour brûler les morts. (Dresser un bûcher. Vaus. Quint. L 10. Porter le corps au bûcher. Abl. Tac.) BÛCHER. [ Celìa lignaria. ] I.ieu oû l’on met le bois de quelque maison, qui est destiné pour être brûle. BÛCHERON , f. m. [ Lignator.] Celui qui met le bois en bûches. Ct- BUG César, comme le bûcheron, Tous les jours au bord du Cocyte, Se trouve au lever de Caron. f BUCIOCHE, / f. Sorte de Draps de Provence & de Languedoc, que les François debitent en Egypte. ' ' BUCOLIQUE , adj. [ Bucolicm.] Les Latins ont pris ce mot du Grec, & nous Pavons du Latin bucoli- cus. 11 veut dire pastoral , qui a Pair des gens qui gardent les troupeaux à la campagne. (Moíchus & Lion font les plus agréables Poètes bucoliques de P antiquité. Théocrite a quelquefois le stile un peu trop bucolique. Fontenelle, nature de l’églogue. Longepierre, préface fur l’Idyle. La Poésie bucolique est la plus ancienne de toutes les Poésies. Font. dtfc. fur l’églogue. BUCOLIQUES , f. f. [ Bucolica .] Ce mot est quelquefois substantif, & alors il fe dit feulement au pluriel. II signifie les Poésies pastorales de quelque Poète. Ainsi Pon dit, les Bucoliques de Virgile font plus fines & délicates que celles de Théocrite ; Virgile dans ses 'Bucoliques, a imité Théocrite ; mais souvent en Limitant, il Fa surpassé. Mr. Furetiére croit que bucoliques veut dire encore un amas de plusieurs bardes, ou papiers qu’on veut faire voir. Mais il est difficile de savoir où il a pris cette expression qu’on ne trouve dans aucun Auteur. BUE'E, f. m. [Lixivia.] Vieux mot qui signifie lessive. BUFET, f. m. [ Armarium.] Table qu’on met dans les laies à manger, où Pon étalé la vaisselle d’ar- gent lorsqu’on est prêt à dîner, ou à souper. (II lui donna un bufet garni de vases cPor d'un très-grand prix. Citri, triumv. p. cb. 12 .) [f Mr. de Maucroix dans fa traduction de la quatrième Verrine, dit : Les précédens Gouverneurs de la Sicile, ri ont jamais trouvé à redire que Caldirn eut, des urnes d’argent ciselé, ni qu'il en parât son bufet, quand il traitait, ou nos Magistrats, ou ses amis. Les Romains avoient trois bufets dans leurs festins : le premier étoit apellé lapis albus, Horace,/«f. 6. lib. a. Cana minstratur pueris tribm, N lapis albus Pocula cum cyatho duoJuftmet. Le second, cylibatum s & e’étoit Une table ronde de pierre , sur laquelle on mettoit les vins , & on l’apel- loit encore cartabulum ; & le troisième étoit nommé urnarium , parce-que Pon y mettoit les coupes & les verres dont on se servoit à boire. * BUFET. C Supellex argentaria , argentum expojì- tum.] Toute la vaisselle d’argent qu’il faut pour un service de table. Service complet de vaisselle d’argent dressé sur une table dans une sale à manger. (Avoir un beau bufet de vaisselle d’argent.) BUEET. Terme de Faiseur d orgue. Bois fur quoi font posez les tuïaux d’orgue. BUFETLR., v. a. [Ors oppojìto vinum fugere ad dolium.) Ce qui se dit des Voituriers qui percent les tonneaux avec un foret, apliquentla bouche contre le tonneau pour y boire. BUFETER. [Vexare, colapbos impingere.] Vieux mot qui signifie exciter quelcun, le tourmenter. è BUFETEUR, / m. Voiturier qui perce les tonneaux pour boire en chemin. BUFËTIN , / m. [Thorax è Bubali corio.] Ju- ste-au-corps fait d’un jeune buste. ( Avoir un bon bufetin. ) BUFLE, f. m. [ Bubulus. J Animal sauvage d’une couleur qui tire furie noir, qu’on aprivoise , & qu’on fait travailler en Italie &en d’autres pais, comme on fait les beufs en France. Le buste ressemble au beuf, mais il a un mugissement bien plus terrible que celui du beuf. (Un buste mâle. Un buste femelle.) * BUFLE. [Thoraxè bubali corio.] Juste-au-corps fait de peau de buste bien passée. Quelques-uns disent buse , mais mal. (Son buste plie en deux amortit le coup de la baie. Mémoires de Mr. de la Roche- foucaut.) f * BUFLE. [ Stolidw.] Ignorant. Sot. C’est un gros buste. Cacher un bufle fous son pourpoint. Phrase burlesque , pour dire , être un sot.) ^ Se laster mener par le nez comme un bufle. C’est se laisser tromper comme un sot. BUGLE, s s- [ Bugula. ] Terme de Botanique. Plante dont la tige est quartes , velue, & de la hau- BUI 295 teur d’une paume, dont les feuilles font épaisses, peu longues, pointues, rougeâtres & dentelées ; elle est Vulnéraire, & propre aux maladies du paumon. BUGLOSE , s. /• [Bugiossum , lingua bovis , Cir - Jlum Italicum . ) Herbe qui se mange, qui devient haute & fleurit bleue en forme de violette. BUGRANE, ou bugrate, f f. [ Ononk.] Terme de Botanique. Plante qu’on apeíle autrement arrête- beuf, & quelquefois bugronde. t BUGRONDE , f- f- C’est la même plante que celle qu’on apelle Arrête-beuf. BUHOT , f m. Terme de Pìumacier. Prononcez buo. Plumes d’oie peintes qui servent d’étalage & de montre sur les boutiques des Plumaciers. (De beaux buhots.) ff BUIE- Les païsans de plusieurs Provinces, comme du Lionnois, & de la Bourgogne, se servent ordinairement de ce terme , qui signifie la lessive. Faire la buie , c’est faire la lessive. BUIRE, / s- [Hydria, urceus . ] Terme à"Orfèvre. Grand vase d’argent pour mettre des liqueurs. (Une belle buire. Remplir , ou vvider une buire.) BUIRE, / f. Les Faïanciers de Paris apellent de ce nom , une forte de pot de finance assez grand & assez gros, qui a une anse. (Une buire de faïance est jolie pour aider à parer quelque cabinet.) BUIS- Voï'ez Boúis. BUISART, ou busart, s. m. [Buter.] Oiseau de proie. Vanet. BUISSON, s. m. [Dumus.] Toufe de petits bois remplie souvent de ronces & d’épines. (Mats cet ami peu s’en informe, Et veut , parce-qAun lièvre en forme Vattend, dit-il, dans un buisson, Que l’on Je léve, fans façon. Perr. lâchasse.) BUISSON ardent. [Oxiacantha Diofcoridis.] Buisson où Dieu aparut à Moïse. BUISSON ardent. Arbrisseau toujours verd qui fleurit blanc en Mai, & qui porte un fruit rouge qui demeure fur l’arbre durant l’hiver. BUISSON. [Arbor coafíœ brevitatis.] Terme de. Jardinier. Arbre qu’on plante d’ordinaire dans les bandes des parterres le long des sentiers, & qu’on taille de figure ronde , q narrée, plate par dessus , ou de telle façon qu’on veut. (Planter des arbres en buisson. Tenir en buisson.) On dit en termes de Chasse , que les cerfs prennent le buijjon, quand ils vont chercher un lieu secret pour faire leurs têtes, quand ils ont mis bas. Et l’on dit aulíi des cerfs & des sangliers , qu’ils prennent le buisson, quand ils quitent la compagnie des autres, lorsqu’ils ont trois ans. ^ Trouver buifjon creux ; c’est ne trouver plus dans l’enceinte la bête qu’on a détournée. On le dit aulíi fig. lorsqu’on n’a pas trouvé celui qu’on cherchoit. II a trouvé buston creux. II a batu les buistons , g? un autre a prh les oiseaux. [Sudavit multùm , alter honores tulitÇ] Proverbe , qui veut dire qu’un autre a retiré le profit de la peine que le prémier avoit prise. BUISSONNIER, buiffonniére, adj. [Jgnavus, ìners, fegnis.] Qui se tient parmi les buissons ; mais ce mot n’est guére en usage. H BUISSONNIER, / m. C’est un Officier ou garde de la Navigation, préposé pour veiller à Pobserva- tion des regíemens. Aubin. BUISSONNIER , / m. Terme de Rôtisseur. C’est un lapin nouri dans quelque clos, parmi les haies & les buissons. Le Rôtisseur , parlant de ces lapins , dit, je n’ai point trouvé de lapins de garenne à la vallée, & j’y ai acheté des buissonniers. Les buissonniers né font pas si bons que les lapins de garenne, mais ils font meilleurs que les clapiers. -j- * Faire l’école buijjbnniére. [ Frangere diem ludo. ] Façon de parler basse & proverbiale; pour dire, aler se jouer & se divertir, au lieu d’aler à l’école. â Faire Lét ale buìjfonniére. C’est manquer de se trouver dans les lieux, & aux heures où l’on a acoû- tumé de s’assembler. Le P. Labbe a remarqué dans la seconde partie de ses Etimologies, que ce n’est pas déserter les écoles, ensorte jjfue les buissons y puissent «roi- 296 BUL croître : „ mais (ajoûte-t’il) c’est lors qu’un ou plu- ,, fieurs écoliers, au lieu d’aler en clalîe écouter leur „ maître , aiment mieux aler aux champs , lé prome- „ ner, s’entretenir, jouer, & palier le tems à l'om- „ bre des huilions ”. BULBE , si si [ Bulbus .J Terme de Jardinier. Oignon de plante. ( Une grosse bulbe. ) II y a aussi des plantes qu’on apelle bulbes. BULBEUX , bulbeuse , adj. [ Bulbosm. 3 Ce mot fe dit des plantes qui ont des racines fibreuses, ou li- amenteuses avec des oignons. (Oignon bulbeux, lante bulbetafe.) BULBONAC , s- m■ [Lunaria major siliquàrotun- diore.] Terme de Botanique. Plante dont les feuilles font semblables ficelles d’ortie, mais plus grandes-, & le fruit semblable à une iilique. Sa racine est bulbeuse. BU LE, / si f Pontifiàmn diplorna.] 11 vient du Latin Buda. Écrit autentique, expédié sur le parchemin , avec un sceau de plomb , où sont les images de S. Pierre & de S. Paul, servant fi conférer les bénéfices & autres grâces. (Un Légat doit faire vérifier lés Bules au Parlement & au grand Conseil. Expédier, taxer, plomber une Bule. Enregistrer une Bule. Le Péletìer traité des expéditions. Interpréter une Bule. PaJ'c. provìnc. 1. 6. Par les Bules de Gregyire XIV. les astassins font déclarez indignes du privilège des E- glifes. Vase. let. 6.) BULE A’or. On dit ces mots en parlant de l’Empire d’Alemagne. C’est un écrit contenant la Loi fondamentale de l'Empire, laquelle régie sélection & le couronnement de PEmpereur , les droits des Electeurs, & autres cholés qui regardent les intérêts de l’Empire. L’Emperetir étant couronné , jure de conserver & maintenir la Bule d’or. La Bule d’or fut publiée en la Diète de Nuremberg en i;$6. par Charles IV. Voïez De Jure publico hnperii Germanici , /. I. ch. Bule ìn Çtena Domini, est une Bule qu’on lit tous les ans le Jeiuli-íàint fi Rome en présence du Pape , & qui contient plulìeurs excommunications contre les hérétiques , schismatiques, &c. Elle n’est point requë en France. Rébujsie, A 11 est certain que le mot Bule vient du Latin Bul- la, qui est dérivé du Grec /3«?uí, selon Festus. Voici comment il s’explique : ,, La Bule d’Or (dit-il) étoút „ une marque que les jeunes gens de qualité portoient „ au col, d’où elle pendoit fur l’estomac , pour faire „ connoître que dans la jeunesse on a besoin de con- „ seil pour iè conduire : on l’apella Bulla , du Grec ,, SkAh , que les Latins traduisent par conjliium, par- „ ce que cette Bule étoit placée fur l’estomac, où rési- ,, de naturellement le conseil & le raisonnnment. ”. De Buda , on a fait Bule , & l’on a donné ce nom à toutes les Lettres Apostoliques , écrites en parchemin, contenant la suplique quia été faite au Pape, avec sa concession, au bas desquelles est un sceau de plomb , de figure ronde , portant d’un côté les têtes de Saint Pierre & de Saint Paul, & de l’autre le nom du Pape qui ocupe le Saint Siège : ce sceau, à cause de sa figure , a été nommé Buda, & a communiqué son nom au parchemin, qui en tire toute sa force, comme Boucbell’a remarqué dans fa Bibliothèque Canonique: „ Aussi faut-il ( dit-il ) pour être apellé Bule, qu’il y „ ait du plomb attaché”. On ne peut posséder cano- niquement un Bénéfice, fans Bule, ou fans une lim- ple signature , qui est expédiée en parchemin & fans plomb. Les Bules font nécessaires pour les Bénéfices qui font taxez dans les Livres de la Chambre Apostolique , c’est-à-dire, pour les Evêchez, Abaïes, & Prieurez conventuels, bien qu’ils ne soient pas taxe» dans les Regîtres de la Chambre , fi ce n’est lors que la conventualité y_ a été fuprimée ; ce qui doit être exprimé. Les premières Dignitez des Eglises Cathédrales^ Collégiales, font, scion Castel, du nombre des Bénéfices qui exigent des Bules, ainsi que les Dignitez des Monastères de filles : mais on peut dire en un mot, que, selon notre usage, on ne prend des Bulles que pour les Bénéfices Conlistoriaux. BULAIRE , s. m. prononcez bulére. 11 vient du Latin Budarium. C’est un recueil de Bules, il y en a deux, 1 un en quatre volumes , qu’on apelle le grand Salaire, & 1 autre en , un ; qu’on nomme le Bulaire de Clugni. Les Bules d’excommunication de la Reine de Navarre ne font point dans les Bulaires. Voïez Tbumia. p. ç. Le Pape sylvestre est le premier de BUR tous les Papes dont nous aïons les portraits dans 1« premier tome du grand Bulaire , & qui soit répréicnté la mitre en tête. Tbiers , liist. des perruques, é. 2. p■ 74- BULE' , ée, adj. [Bulla msiruaus.] _ Qui est autentique. Qui est dans les formes. J’ai ma résignation bien signée & bien bulée. * BULETIN , f. m. [/Edilitiœ litera.] Billets que donnent les Magistrats pour loger des soldats, pour des certificats de santé, &c. î BULETIN. Petit billet, sufrage donné par écrit. L’Académie dit qu’il n’a guére d’usage qu’en parlant des fufrages donnez de la forte pour sélection d’un Pape. (Les Cardinaux portent leurs buletins. On compta les buletins.) BULLE ,f f- L Bulbe. ] Terme de Physique. Ce mot sc dit des petits globules d’air qui paroissent dans l’eau , lors qu’elle s’échaufe, & qui montent vers fa surface. BUPRESTE , / f [Buprcsiis.] Mouche sembla, ble fi lacantaride. Cet insecte fait tellement enfler les beufs, lors que par hazard ils en avalent en paissant l’herbe , qu’ils en crèvent. Elle produit le même éfet dans les hommes. f BU RAIL , qu’on apelle ordinairement Fencmii- ne. Etofe de foie tramée, quelquefois de soie, & plus souvent de laine, de poil , de fil , ou de coton. BURAT, / rn. [Panmis lima rudiore contextm .] Sorte de grosse étofe dont s’habillent quelques Religieux , comme Capucins , Récolets, Pénitens, &c. BURATINE, si si Espèce de papeline dont la chaîne est de soïe fort déliée, & la tréme de grosse laine. On la passe fous la calandre. ^ BURATINES. On apelle foies buratines , des foies qu’on tire de Perse. f BURBAS- Petite monoie qui se frape à Alger & à Tunis. BURE,// [ Burrm, burra .] Sorte d’étofe de peu de prix , de laquelle on habille les pauvres. (Cette bure est fort bonne.) BUREAU, / ni. [Stragulw.] Table pour écrire. Table à plusieurs plés & à plusieurs tiroirs qui est propre dans les cabinets des gens (salaires. (Faire un bureau. Avoir un bureau.) BUREAU. [Mensii.] Ternie de Palais. Table fur laquelle on met les sacs des procès a juger. (Le procès est fur le bureau.) -f BUREAU. Ce mot, au figuré, a plusieurs sens. (Exemples. Le bureau rièjl pas pour lui. [lili mn fa - vent Judices. J C’est-à-dire , que les Juges ne font pas pour lui. Prendre l’air du bureau; c’est-à-dire, fonder & voir quel sentiment on a de salaire. Tâcher fi découvrir le sentiment des Juges. Conmitn l’air du bureau ; c’est pressentir l’événement d’une afaire. Savoir l’air du bureau. [Judicmn tnentem caík- re. C’est avoir découvert le sentiment qu’on a d’une chose. Le vent du bureau esi bon ; c’est avoir de bons pressentimens dune afaire & en bien espérer.) BUREAU. [Quajìorum œrariorum Curia.j Ce mot se dit entre Trésoriers Çsi gens de finance. C’est le lieu où ils s’assemblent pour travailler, (Messieurs les Trésoriers font au Bureau. C’est le Bureau des Finances.) II y a encore les Bureaux des Domaines, des Aides , des Gabelles , de la Monoie , des Postes, & autres qu’on trouvera selon Tordre alphabétique. Le grand Bureau >à Pauvres. [Conjejsm nosocomìi.] C’est un lieu où «'assemblent le lundi & le samedi a trois heures après midi, plusieurs des plus considérables Bourgeois de Paris , qui ont été choisis de chaque Paroisse, pour avoir loin des intérêts spirituels & temporels des pauvres, dont chaque Paroisse est chargée. Ces Messieurs ont pour Chef le Procureur Général du Parlement, qui préside toujours lui-même, ou pat quelcun de ses Substituts, à cette Compagnie- Et c’est d’elle qu’on tire les Administrateurs des hôpitaux de Paris & des environs. (Aler, fe rendre , fe trouver au Bureau. Revenir , retourner au Bureau.ì BUREAU, f Consejsiw siocìetatk 0? coímniinitatis. j Ce mot, au figuré, veut dire les gens qui composent la Compagnie qui s’assemble au lieu que soft apelle 1s Bureau. On dit, le Bureau ne tient pas encore, le Bureau réassemble, le Bureau est levé. Le grand Bureau des pauvres con cl u d l’autre jour qu’on mettroit à i’hôpital des petites maisons, le pauvre V. & qu à BUK cause de l’intention qu’il avoit euë de faire de bons livres , on le traiterait mieux que les autres. On volt par-là combien le Bureau est honnête & charitable, puis-qu’il reconnoìt jusqu’à l’intention, & ce qu’il ne fera point pour le Seigneur A. lorsqu’il ordonnera qu’on le loge avec N. &c. BUREAU d’Adresse. [Aides mercuriales .] C’est un lieu où l’on va donner & prendre des avis touchant les choses dont on a besoin. (Le premier établissement du Bureau d’adresse à Paris, a été fait par Lettres Patentes en faveur de Renaudot Médecin.) £ On apelle en plaisantant, bureau d’adrejfi , une personne qui s’informe de tout ce qui se passe dans une ville , & qui le débite de tous cotez. Cette femme est un vrai bureau d’adresse. BUREAU. [Merck exponendœ menfit.} Lieu établi pour vendre de certaine marchandise. Le bureau des flambeaux. BUREAU. [Publicanorum menfa.'} Lieu où sont les Commis. Lieu où un homme d’afaire a ses papiers , & où il régie une partie des choses qui regardent son devoir. (Monsieur est à son bureau. Les Commis font au bureau. Aler au bureau.) f * BUREAU. Lieu. Endroit. (Paris est le grand bureau des merveilles. Mol. précl) BUREAU , f m. [ Menfa tapes. ] Espèce de petit pupitre, couvert d’une étofe verte , qu’on a devant soi pour écrire. BUREAU. [Burra. ] Sorte de grosse étofe. Avant que N. fût maître de langue Italienne des filles de Libraire de la rue Saint Jacques de Paris il n’étoit couvert que de haillons , & n’étoit habillé que d’un misérable bureau. Damon n’étant vêtu que defímplebuteau, Passe l’étésans linge , [fi fhiver fans manteau. Despr. H L’Académie dit que bureau dans ce sens, est un vieux mot. BURELE', burelée , adj. [ Scutum fascibs minutìs numéro pari djflinHum duplici métallo , feu colore ador- natum.} Terme de Blason. 11 se dit d’un écu composé de diverses fasces d’émail diférent en nombre égal, & ordinairement de dix , qu’on nommeburelées. BURET , f m. [Murex.} Espèce de poisson d’où l’on tirait autrefois la pourpre. BURETTE, f fi [Urceoha.} Petit vase de métal, ou de cristal, dont ón se sert à l’Eglise pour mettre le vin & l’eau qu’on emploie au Sacrifice de la Messe. (Des burettes bien travaillées.) BURETTE. [Urfeolus.} Petit vase de grez à petit goulet où l’on met de l’huile à manger ou à brûler. (Une jolie burette.) BURETIER, f m. Prononcez presque Burtié. C’est un Oficier de la Sacristie de Notre-Dame de Paris, qui porte les burettes devant le Prêtre lorsqu’il va à quelque Chapelle de Nôtre Dame dire la Messe. II y a douze Buretiers à Notre-Dame , qui fervent par semaine. t BURGAU , f m. C’est un Limaçon qu’on trouve en Amerique. On tire de sa coque cette belle nacre qu’on apelle burgandine, & qui est plus estimée que la nacre des perles. BURGRAVE, /. m. [Cafellanm Judex.} Juge ou Châtelain de quelque Ville ou de quelque Château en Alemagne. Acad. Franç. BURIN , f m. [ Cœlum. ] Terme de Graveur. Outil d’acier avec quoi on grave fur les métaux. (Un bon burin. Un méchant burin. Les Serruriers ont aussi des burins.) * On dit figurément d’un habile Graveur, c’ef un bon burin , pour dire, qu’il manie bien le burin. BURIN , f m. Terme d’Arracheur de dents. Petit instrument d’acier pour ôter la carie des dents. (II faut avec le burin ôter la carie de cette dent.) BURINER , v. a. Ternie d’Arracheur de dents. C’est ôter la carie d’une dent avec le burin. (Vous avez oublié de buriner cette dent.) BURINER , v. a. [ Cœlare. J Terme de Graveur. C’est travailler fur les métaux avec le burin. (II faut buriner cette planche.) Buriner, en ce sens, a vieilli; sn dit, il faut graver cette planche. •t L’Académie admet lejnot buriner. BURLESQUE, adj. [Jocularis.} Plaisant. (Sca- BUS 297 ron a été le prémier Poète burlesque de son tems. Stile burlesque. Action burlesque. J’aime mieux Bergerac [fi fa burlesque audace , Que ces vers oùMorin fi morfond [fi nottí glace .) Despr. art. Poët.) BURLESQUE, f m. [Ludìcra dìHio.} Maniéré d’écrire plaisante. (Le Berni, parmi les Italiens , est le prémier Auteur du burlesque, & celui qui a le mieux réussi en ce genre d’écrire. Au mépris du bon fixs, le burlesque éfir&ntí\ Trompa les yeux d’abord, plût par fa nouveauté. Despr.) fig Le stile burlesque est à présent fort décrié, & avec raison. „ Ne sauroit-on rire en bon François „ (dit Mr. de Balzac) & en stile raisonnable? On „ peut se travestir & se barbouiller au Carnaval : mais „ le Carnaval ne doit pas durer toute Vannée. “ Le P. Vavassor a prouvé dans son Traité de diHiane ludtcrà , que ce stile a été inconnu aux Grecs & aux Latins. Plante pouroit passer pour un modèle de burlesque, aïant affecté de se servir, dans quelques-unes de ses Comédies, de certains mots qu’il fabriqua selon sa fantaisie. On peut dire que Scaron est le véritable inventeur de ce jargon. Marot, Crétin, Villon, ont écrit suivant Vissage de leur siécle, & non point en stile burlesque, comme quelques-uns se Vimaginent. BURLESQUEMENT, adv. [Ludicrè.} D’une maniéré burlesque. (Cet homme est vêtu burlesquement. BURSAL , ALE , adj. (Pecuniarìus.} Qui regarde la bourse. Un édit hurlai qui est fait pour tirer de l’argent dans quelque nécessité publique. BUS. Terme de Blason. [ Signum pefíore tenus ejfiormatum.} Représentation d’une figure humaine où il n’y a que le col, & une partie de la poitrine finissant en pointe. (Un bus de femme.) Dans le langage ordinaire ou dit buji , en pronoçant l’J, & Messieurs de l’Académie Vont écrit ainsi.) B L SE , f fi- [Bufo, Orìpelargus.} Oiseau de rapine, noirâtre, qui est mal adroit, qui dépeuple les garennes, mange les poules & les poissons. Bel. I. 2 . f * BUSE. Sot. Niais. (Traiter quelcun de buse. Prendre pour une buse. Faire passer pour une buse.) Faire d’une bufi un épervier. Proverbe, pour dire, faire d’un fit un habile homme. BUSE, f fi. Terme de Mineur. Tuïau de bois ou de plomb, qui sert de communication entre les puits dans les mines, & qui y conduit Vair. BUSQUE, & plus rarement, bufi , f m. [Afsu- la, régula peHoralis.} Planchette de bois, d’ivoire, &c. que les Dames mettent dans leur corps de jupe devant leur estomac pour se redresser le corps, & pour se conserver la taille. L’Académie dit bufi. BUSQUE de pourpoint. [Virilis thoracis anterior pul - vìBus.} Terme de Tailleur , Baleines entre deux toiles pour tenir le pourpoint en état. BUSQUER, v. a. Terme de Couturière. De busqué est décendu busquer , qui signifie faire en busqué, former en maniéré de busqué, faire aler en busqué. Ainsi les Couturières disent entr’elles, busquer un corps, une jupe, un manteau. t BUSQUER , v. a. [Querere.} On prononce buské. Et il vient de l’Italien bufiare, qui signifie chercher quelque chose avec ardeur ; & Von dit en François, dans le langage populaire, busquer fortune. BUSQUIE'RE , f f. [Foramen per quod régula pec- toralis infiritur.} Terme de Couturière. Morceau de toile que Von coud à la piéce du corps de la jupe, & qui est fait en façon de gaine, pour mettre le busqué. (Donnez-moi de la toile, que je fasse une busquiére.) BUSQUIE'RE , f f. [Tania peHoralis.} Piéce d’é- tofe brodée de dentelle d’or ou d’argent, fin ou faux, que les Dames qui font en manteau mettent devant leur estomac fur le corps de jupe, & qu’elles laissent un peu entrevoir. (Elle a une jolie busquiére. BUSQUIE'RE , f fi. [Fibula.} , Maniéré de petit crochet, que les femmes portent à la ceinture, & qui à l’un des bouts est assez souvent en maniéré de petite rose ornée de diamans, de perles, où d’autres pierres précieuses. (Cette busquiére est belle, mais elle est chère. 11 yen a de simples pour les Bourgeoises, & ces busquiéres font d’argent, ou d’acier bien poli. Une riche, une agréable busquiére : son galant lui a fait présent d’une busquiére fort précieuse. Tome L P p BUS- 2y8 BUSSARD, busard , s. m. [Oenophorunt , vm vina- riuín.] Terme de Marchand d’eau- de - vie, de vin, & de vinaigrier. Quelques-uns disent busard , mais mal ; on dit buJJard , L le ri ne 1e prononce point. C’ell un vaisseau composé de douves & de cerceaux , qui tient presque un muid de Paris. (Un builard d’eau- de-vie , de vin , &c.) BUSTE , s m - flSignum peflore tenus esthrmatum.) De l’Italien busto. Figure de sculpture qui n’a que la tête , le liant des bras , & qui finit un tant soit peu au dessous des mamelles. Demi corps de figure de marbre , ou d’autre matière. (Un beau bulle. Un buste bienfait. Faire un buste. Mouler un buste.) f BUSTES. Boètes de sapin , legeres & a demi rondes , dans lesquelles on aporte les raisins de Damas. BUT ,s m. [Mein.] Point où l’on vise. Endroit où l’on veut donner, ou qu’on veut toucher. (La boule est sur le but. Le cœur de l’homme est comme un but où chacun vise. Ab!. Luc.) * BUT. [F/w/í.] Fin. Deíìein. (Le but de 1 Ora- teur est de prouver, de plaire , & d’émouvoir. Ils n’ont pour but que de résonner les mœurs. Pajc. /. $. J’ai atrapé mon but. Abl. Luc. f * Le Ciel est mon unique but, Le rumatìj'me sfl la verole Seront cause de mon salut. Lign. Poës.) De but en blanc , adv. [ Relia à lineis ad metam. ] Terme de Gens qui tirent. Ces mots , au propre , l'e disent en parlant d’armes à feu & de gens qui tirent ; c’est-à-dire, depuis le lieu où l’ons’est posté pour tirer jusques à celui où l’on doit tirer , & où est attaché le blanc auquel on vise. (Le canon des arquebuses bu- tiéres peut porter de but en blanc mille pas , ou environ Gai a , traité des armes) -j - * De but en blanc , adv. [Inconstderatè) Inconsidérément. A l’étourdie. (Se marier de but en blanc. Mol.) t , Venir de but en blanc a l’union conjugale , il n y a rien de si marchand que ce procédé. Mol. BUT à but. [ Ex aquo , paribus momentis. ] Sans avantage. (Jouer but à but. Etre but à but.) (§ BUT AGE- Bernier , dans son Histoire de Blois , raporte un ancien titre, par lequel Eudes & Adelle déchargent les Habitans de Blois, de certaines corvées apellées butage , parce qu’elles se faisoient avec des hottes , qu’on apelle burétes , dans le Blésois. BUTE , f f- ['Meta terrea.J Petite hauteur. (Us aperqûrent une bute ocupée par les ennemis. Abl. ret. I. 4 . La bute S. Roch a été rasée.) BUTE. Le jeu des Chevaliers de l’arquebuse. Maison où tirent les Chevaliers de l’arquebuse. * BUTE. [ Ad invidiam exposttm. J Objet. But. (Etre en bute à de nouveaux dangers. Abl) Muse , raconte-moi quel crime ou quel malheur , De la Reine des Cieux irrita la douleur , Mit en bute aux fureurs d’une haine implacabe Un Monarque pieux , un Héros équitable. BUTE. [Scalprum. Terme de Blason. Qui se dit d’un fer dont les Maréchaux se servent pour couper la corne du pié des chevaux. On en trouve fur plusieurs écus. t BUTE', butée , adj. [Fixus ,firmus .] Fixé, arrêté. (Je fuis buté à ne donner que cela.) BUTE E, f f- [Môles jfdxea .] Terme de Maçon. Massif de pierre dure qui aux deux extrémitez d’un pont soùtient la chaussée. On l’apelle aussi bute & culée. Acad. Franç. BUTER, v. n. [ Co/limare. J Tâcher à donner en quelque endroit où l’on vise. (On dit, il bute là. II bute à ce rond. 11 bute à donner dans ce noir. * BUTER, v. n. [Speflare .J II signifie, au figuré , tâcher d’avoir. Faire ses éforts pour obtenir quelque chose. (M. bute, à la faveur 'de ses pauvres rimes, à se mettre en crédit dans le monde ; mais tout cela, chimère. Tous les gens de négoce, & fur tout les .Parisiens, ne butent qu’à s’enrichir L à tromper.) BUTER , v. n. Terme de Jeu de billard. C’est toucher avec la baie, la corde où font les grillets. (J’ai buté. Je viens de buter. Je n’ai pas encore buté) BUTER , v. a. f Aggerare. J Terme de Jardinier. 11 se dit des arbres. C’est élever au pié d’un arbre une maniéré de metts de terre, pour le soutenir. (II BUV là ut buter cet arbre , car si on ne le bute bientôt les vents le pouront renverser. 1 KUTIE'RE, f f. [ Fijìnla ferrea. ] C’est une sorte d’arquebuse qu’on apelle butiére ou rainoise, qui ne difére des autres arquebuses, qu’en ce qu’çlle est plus grande & plus pesante. (Les Chevaliers de l’arque- buse se servent de butiére pour tirer l’oiseau & le prix.) BUTIREUX- On apelle dans le lait, partie à tireuse , quœ ad butyri naturam accedit , la partie grasse dont se fait le beurre. Acad. Franç. ’ BUTIN t s m. [ Prœda. ] Ce mot n’a point de pluriel en prose, il lignifie tout ce qu’on prend sur les ennemis pendant la guerre. {Comme on voit au printems la diligente abeille Qui du butin des fleurs va composer son miel. ’ Despr.) BUTINER , v. a. [Pradari.J Faire quelque butin. Prendre quelque chose à quelcun. (11s ne pouvoicnt s’imaginer qu’on trouvât tant à butiner fur un pauvre faiseur de rimes. Theoph) BUTOR, s m. f Ardeola , afteria. ] Oiseau de la grandeur d’un héron. Le butor a les plumes roua- nées & marquetées de taches brunes par le travers. Son cou est long d’un pié & demi, entouré de plumes pâles , distinguées de taches noires. II a les plumes du haut de la tête noires, le bec droit & long de quatre doigts , de couleur entre cendrée & plombée , tranchant parles bords, gros comme le doigt, & pointu par le bout. II a les ailes grandes chacune de vingt- quatre grosses plumes, la queue courte, les jambes d’un demi pié de long, qui participent du jaune & du plombé. 11 a de grands doigts aux piez, les ongles noirs & grands , & principalement l’ergot qui est le plus long. Lors-quele butor aproche quelcun, il effare de lui crever les yeux, & mettant son bec en l’eau, il fait plus de bruit qu’un beuf qui meugle. Bel. * BUTOR. [Stupidus , plumbeus .] Sot. Mal-adroit. (Peste soit du gros butor. Mol) f * BUTORDE ,s f. [Stupida , siolida.) Alot satirique , qui ne trouve place que dans le comique & le bas stile. C’est une femme ou une fille mal-adroite, & qui n’a point d’efprit. ( Volez cette mal-adroite, cette bouvière, cette butorde. Mol) BUTURE, st fl [ Tumor. ] Terme de Chaste. Grosseur qui arrive à la jointure au-dessus du pié du chien. On se sert de ce terme, quand cette jointure grossit tellement qu’il lui tombe des glaires qui le rendent boiteux. On apelle un chien ataqué de ce mal, un chien buté. Acad. Franç. t BU , bui , part. pajs. Mon verre est bû, nos bouteilles font bues, elles font vuides. ê BUVANT, buvante , part. a fl. Un homme bien mangeant (j? bien buvant , c’est un homme qui se porte bien. ( J’ai quatre enfans bien mangeant sfl bien bùvans. ) BUVEAU , f. m. j~Norma utrimque mobilisé) Outil de Maçon, qui ressemble à une équerre, mais dont les branches s’ouvrent & se serrent comme l’on veut, pour prendre & tracer des angles de toutes sortes. Acad. Franç. BUVEUR , f. m. [Potor , potator .J Celui qui aime à boire du vin. ( Celui qui boit bien du vin. (C’est un bon buveur. Avoir la mine d’un franc buveur. Un grand buveur ciifoit qu’il ne bûvoit que pour s’empêcher d’avoir soif Abl. apoph. Les Ale- mans font aussi bons soldats que bons buveurs. Un bon buveur ne compte jamais son argent ni les coups qu’il boit. BûVEUR. Terme d ’Anatomie. C’est le troisième muscle del’œil, qui sert à le faire mouvoir du côté du nez. BûVEUR d’eau. Celui qui ne boit d’ordinaire que de l’eau. Celui qui boit peu ou point de vin. Trentc- six ivrognes comme vous ne valent pas en l’amoureuse afaire un buveur d’eau. Voit. Pois.) BùVEUSE, s. fl. Celle qui aime à boire. Celle qui boit beaucoup. Celle qui aime un peu trop le vin. (Elle est un peu trop bùveuse, & c’est dommage.) BÙVEUSE , è / Qui boit beaucoup. II se dit auffi en bonne part. Une femme buvant de l’eau & en buvant beaucoup , dira fort bien en riant, ne vous étonnez pas lì je bois tant, pour moi je fuis une grande buveuse. BÛVET- BUV f BÛVËTTË , s f. C’est un repas qu’on fait entre amis pour fe réjouir. Le mot de buvette , en ce sens, se dit plus souvent au pluriel qu’au singulier, L même il ne sauroit guére entrer que dans le stile familier, & en fa place , on dira un bon repas , un régal, un magnifique repas. (On ne doit point faire de bûvet* tes pour la réception d’un aprend. Les statuts des métiers défendent aux Jurez de faire des buvettes. Voïez ces Statuts.') BúVETTE. [ Lochs potioni desinatus.] Efpéce de cabaret au Palais de Paris , où l’on traite fort bien , & où vont ceux qui plaident, & d’autres gens aussi. (Aler à la buvette. Au reste , il y a une buvette pour chaque Chambre de Parlement; mais dans ces sortes de bûvettes , 11 n’y va que Messieurs du Parlement. Ces bûvettes font de certains lieux où ces Messieurs BY 299 fe chaufent, boivent & mangent quelque peu , & c’est le Roi qui païe cette dépense. 11 y a une certaine somme réglée pour la buvette de chaque Chambre.) BûVETIER , f. m. [Caupo.] Le maître de la buvette. Celui qui tient quelque buvette au Palais de Paris. (Elie eût du bûvetier emporté les serviettes , Plutôt que de rentrer au logis les mains nettes . Racine, plaideurs.) BÛVOTER, v. n. (Sorbillare, pìtijsare.] Boire peu à la fois. (II ne fait que bûvoter.) (§ BY- C’est un grand fossé, lequel traversant un étang , aboutit à sa bonde. II sert à recevoir , & à retenir les eaux, quand on veut vuider l’étang. Voler Rével , page 271. C. f. m. C’est la troisième lettre de l’Alphabet. Ún petit C, un grand C. Faire un C. Tout nom terminé en c , est masculin, le bis- sac, le sac. Le c, se prononce à la fin de presque tous les mo- nosilabes ; le troc, le broc, le choc, le croc, le froc, le hoc, le pic, le roc, le foc. On excepte le clerc, le blanc, le marc. Le ose fait aussi sentir à la fin de quelques noms de plusieurs filabes. Le bissac, Enoc, Lamec. On excepte Almanac. Arsenac. Le c a le son de If devant e, ou devant i. Le Censeur, le Cinabre. Le c acompagné d’une cédille, ç , laquelle est une maniéré de petite virgule, sc doit presque prononcer comme une double js, parce qu’autrement, il feroit quelquefois de fâcheuses équivoques, ou une prononciation qui ne rendroit pas intelligible le mot où il fe rencontre. Exemples, leçon façon. Prononcez ces mots à peu près comme s’ils étoienï écrits , lejfon, fajfon. Le c qui fe prononce comme un k à la fin des mots , excepté en Almanac & Arsenac , en conserve le son. Le c conserve le son du k devant tontes les consonnes, comme, accès, accident able, afíeur, fableur, contracter, &c. II faut excepter juccer où le premier c ne se prononce point ; celui de contraH, où l’on ne prononce point le dernier c. Desmarets. Le c se rencontrant immédiatement devant a , devant 0, devant u, dans les terns des verbes dont l’infi- nitif est en cer, ou en cevoìr, veut être acompagné d’une cédille. Ainsi aux ternis du verbe placer, recevoir, & autres pareils où fe trouvent ces voïéles a, 0, ou u, de la forte que je viens de le marquer, mettez une cédille fous le ç, pour bien écrire & bien prononcer. Exemple, nom plaçons, je plaçois, je plaçasse, plaçant. Je reçois, je reçus, je reçusse. C / chez les Romains étoit une lettre numérale qui signifioit Cent. Etant mise toute seule , elle signifie chez les Jurisconsultes Codice ou Consulte , & quand elle est double , Consulibm. C’étoit aussi une lettre funeste. Elle signifioit condemno, je condamne. ÇA- [ Ebodum, adesdum, cedo.J Prononcez sa. Interjection qui désigne quelque commandement, qui veut être acompagnée d’une cédille, & avoir un accent grave lorsqu’elle ne fait pas le commencement d’une période. (Çà la main droite , qà la gauche , qu’on l’atacbe. Abl. Luc. t. 1. qà qu’on mette la main à l’œu- vre. Scar. roman comique.) cà, adv. (Hue.] II signifie ìcì , & marque toujours quelque commandement. (Venez cà; ca qu’on mette la main à l’œuvre. Scar. ront.'j qà, (Eìa, âge, agess,] Sorte d’interjection qui sert à exhorter, à encourager. (Çà jouons ; qà trinquons jufqu’à demain. 5 . Amant, premières Poésies.') Èn çà. [Paucis ab bine diebus .J 11 ne fe dit que lorsque l’on compte, & que l’on parle de jours, de mois, ou d’années. II est vieux, & l’on ne s’en sert bien que dans le comique , ou dans les discours familiers en riant. (Depuis cinq ou six ans en çà, Au travers de mon pré certain binon passa. Racine, plaideurs, a, 2. sc. 7.) CAB, Or çà. [ Age, eia verò âge.] Sorte d’interjection. Elle signifie presque autant que si l’on disert, à présent que nous sommes en état, faisons ce qu’il faut faire : mais elle n’est d’ufage que dans le comique, & dans les discours familiers. (Or qà , verbalisons. Racine, plaideurs, a. 2. sc. 4.) cà & là. [Hue illuc.] Sorte d’adverbe, qui veut dire de côté U dìautre. (Courir cà & là. Ablane. Luc. 1 . 1. Que mes ennemis courent qà & là pour chercher à vivre. Port-Royal, Ps ç 8. IÌ voltigeoit qà & là. Abl. Luc. t. ;.) f Çhie çà que là. Faqon de parler commune; pour dire , de côté & d’autre. On dit encore , par deçà ; C’est-à-dire, en ces quar- tiers-ci. Deça £5? delà, au deçà , U en delà. Qui çà qui là} pour dire les uns d’ùn côté, & autreLd’un autre. 4 = CAABLE', adj. Terme de Commerce de bois. On apelle bois caablé , les arbres que les vens abatent dans les forêts. On dit aussi , pour exprimer la même chose , bois versé, & bois chablis. f CA AOBETINGA ts. /• Petite herbe qui croît au Brésil, & qui est bonne pour consolider les plaies í CAAROBA, /• f Arbre de Brésil, dont les feuilles fervent pour la guérison de diverses maladies. + CABAÇET , ou cabajset, s. m. (Cassis , Galea.] Mr. Borel dit qu’il vient de l’Hébreu. C’est une forte de casque qui couvre toute la tête. Le cabacet est à présent inconnu & hors d’ufage. tf CABAL , ou cabaux. Ce font dans les Coutumes du Bourdelois & de Baronne, les deniers, ou marchandises que l’on prend d’un autre, à moitié , au quart , ou au tiers de profit. Les Espagnols apel- lent cubai, tout ce qui est achevé & parfait dans toutes ses parties : d bombre cabal ; c’est : (dit Covar- ruvias) un homme acompli, quando es perfeto en vir-- tudes. Dans le Languedoc , cabal, c’est un fond de. boutique, le total du bien d’une personne. Voïez cabas, CABALE, f f. [Occulta , arcana Hebraorum disciplina.] II vient de l’Hébreu , & lignifie proprement une doctrine prise Tailleurs. Ç’est l’exposition de la Loi divine donnée de la bouche de Dieu à Moïse, & révélée par Moïse aux Juifs. ^Etudier la cabale, s’a- tacher à la cabale, comprendre la cabale, pénétrer la cabale, savoir la cabale.) L’Abé de Villars a exposé les ridicules sécréts de la cabale dans son Ouvrage. Le Comte de Gabalis, dans son livre de la cabale, dit qu’il y a des peuples- élementaires fous le nom de Sylphes , de Gnomes,- de Salamandres , &c. Voïez le' Comte de Gabalis, CABALE , J. f. ' [ Ctììtio , faftio , conjuratìo. J 11 signifie , au figuré , des personnes qui font d’intelìi- gence pour faire quelque chose. Personnes qui agissent de concert pour leurs intérêts particuliers. Le mot de cabale , en ce sens , n’est point avantageux pour ceux de qui on le dit. ( Cabale forte , puissante , fossile , dangereuse , honteuse. 11 est de leur cabale. Port-Roial, adelphes , a. 2. jc. z. R n ’y a point de cabale qu’ils n’aient faite. Rac. brìtannicus préface. Détruire -, afoiblir la cabale. Ablanc. Luc Ruiner la cabale. Tome L P p a ^ / 300 CAB Ah ! c’eft un dévot de cabale, Mah qui ne sait encor son métier qu'à demi, II faut de t art au choix des raisons qu’on etaìe. Deshoul. Hon , je tombe d’acord de tout ce qu'il vous fiait ; Tout marche far cabale & far fur intérêt. Mol. milant. a. sc. 1. CABALE , s. s. [ Societas. ] Ce mot se prend quelquefois en bonne part, fur tout fi on le dit en riant, & alors il signifie une société d’amis qui ont de la liaison entr’eux, & qui s’assemblent quelquefois , soit pour la conversation , ou pour ( le divertissement. ( Nous nous divertissions fort agréablement dans notre petite cabale.) CABALER , v. a. [ Coitionem , fafíionem facere. J Ce mot, au figuré, veut dire tâcher par de secrètes pratiques, & par des moïens fins & adroits, à faire réussir un dessein. Le mot de cabaler a quelque choie qui n’est pas bien favorable. ( lis ont cabale cela entr’eux. Cabaler se dit quelquefois dans un sens neutre. Ils ont long-tems cabale pour avoir une charge qui les tire de la misère.) CABALER. [ Aucupari. ) II signifie aussi , au figuré, se gagner un parti de gens qui nous apuient. {Son mérité cabale four lui. C’est-à-dire, que son mérite lui gagne des gens qui le protègent.) CABALE', cabalée , adj. [ Aucupatus. 3 II ne se dit qu’au figuré , & signifie aquis par cabale, gagné par cabale , & par le moïen des gens qu’on s’est acquis avec adresse. I.e mot de cabale n’est point obligeant ou r ceux de qui on le dit. ( C’est un mérite ca- alé. C’est une réputation cabalee ; c’est-à-dire , un mérite & une réputation qu’on ne s’est aquis que par cabale & par adresse.) CABAI EUR, f nu [ Fafìiosus. ] Celui qui par adresse & par de secrètes pratiques qu’il a avec des personnes de crédit, s’ésorce pour faire réussir quelque chose. ( C’est un franc cabaleur , un adroit cabaleur , un ardent cabaleur, un dangereux cabaleur ; être cabaleur.) CABALISTE , f m. Les François l’ont pris du mot cabalijla. C’est celui qui fait profession de la science secrète de la cabale. ( Un savant cabaliste , un habile cabaliste, c’est un très-docte cabaliste. Robert Flud étoit un grand cabaliste.) H CABALISTE, f. m. Terme de Commercé , qui est en usage à Toulouse & dans toute la Province de Languedoc. C’est un Marchand qui ne fait pas le Commerce sous son nom , mais qui est intéresse dans le négoce d’un Marchand en chef. CABALISTIQUE , adj. [ Caba/JUcus. ] Qui tient quelque chose de la cabale, & de cette Théologie secrète de l’Ecriture que Moïse révéla aux Juifs. (Sentiment cabalistique , créance cabalistique. Le mot de cabalistique a le plus souvent un mauvais sens, & l’on dit, ce sont des rêveries cabalistiques.) t CABAN , f. m. [ Panula. ] Vieux mot qui signi- fioit un manteau contre la pluie , qu’on portoit à cheval. {f II est dit dans la satire Menippée : Ce pauvre charlatan ne vivoit que de ce mestier , U se morson- doit fort , combien qu’il sut affublé d’un caban fourré tout pelé. Mr. Ménage veut que caban soit fait de cappaunum , formé de cappa : c’est (dit-il) un vieux mot inusité , qui signifie une sorte de vieux manteau avec des manches. CABANE , s. f. [ Cafula , tugurium. J II pouroit venir de l'Espagnol cabana , ou de l’Italien capanna. C’est une petite maison couverte de paille ou de chaume. (Une cabane bien propre , une cabane bien nette , une aimable cabane , une jolie cabane. Faire une cabane. Les habitans logeoient dans des cabanes eparses. Vaugel. Quint. I. 5. ch. 7. La mort des rigueurs à nulle autre pareilles, Le pauvre en fa cabane où le chaume le couvre, Est sujet a ses ìoix; Et la garde qui veille au barrières du Louvre, H'en défend point les Rois. Malh. Poëf. I. 8- Après avoir passé par diférens détours, Que son cteur amoureux se plaît à reconnaître, II trouve enfin la cabane champêtre, Où logent ses tendres amours. Ferrant, Griselidis. CAB CABANE , f. f. Terme de Berger. Manière depe. tite loge faite de planches , soutenue de quatre roulettes , où se met le Berger lors qu’il garde les brebis , & qu’il fait mauvais tems. ( Le Berger est dans fa cabane , car voilà son chien tout auprès.) CABANNE, f f. Terme de Batelier de Paris : ce font huit ou neuf cerceaux pliez en sor me d’aresur un bachot, ou un bateau, couverts d’une toile qu’on apelle banne. ( Se mettre sous la cabanne du bachot. La banne qui couvre la cabanne de ce bachot, né sauroit résister à la pluie , elle ne vaut rien.) CABANNE. Terme de Marine. C’est un petit logement de planches, pratiqué à Barrière , ou le long des cotez du vaisseau, pour coucher les Pilotes & autres Oficiers. Ce petit réduit est long de six piés, & large de deux & demi ; & comme il n’en a que trois de hauteur , on n’y peut être debout. CABANNE , f f. Terme d 'Oiselier de Paris. C’est une maniéré de grande cage ; c’est aussi une espèce de petite loge où l’on ne voit le jour que par un endroit, où l’on fait nicher des oiseaux. (On a mis depuis quelques jours des Canaries nicher dans cette cabanne.) CABANNER , v. n. [Casa construere , adificare. ] II íè dit entre gens qui voïagent’aux Indes Occidentales, & signifie faire des cabannes. (11s font contrains de cabanner pour se mettre à couvert de l’in- jure du tems.) CABARET , s m. [ Caupana , popina, tabermf] Logis où l’on donne à boire & à manger , qui a une enseigne qui pend devant sa porte , & qui est souvent acompagnée d’un bouchon de lierre. II y a dans Paris trois sortes de cabarets ; les uns font à pot & à pinte , & vendent en détail ; les autres à pot & à assiette; & les troisièmes donnent à manger & logent, & s’apellent proprement auberges ; mais ces derniers sc nomment dans la Province hôtelleries. (Un bon, un méchant cabaret. Faire cabaret. Tenir cabaret.) Voïez Taverne. (f C’est avec raison que les Conciles & les Papes ont toujours défendu aux Ecleliaftiques de boire & de manger dans les cabarets , fans nécessité. Alva- rus Pelagius , de Vianet. Ecdes. Nicolas de Clemen- gis , de Corrupt. Ecchsafl. cap. 20. sc font recrie hautement contre la licence des Eclelìastiques de leur tems , qui ne faisoient pas disiculté de fréquenter hardiment les cabarets. Le Concile tenu à Oxfort en 1274. fous Grégoire X. celui d’Aix-la-Chapelle, tenu long-tems auparavant , & en g 16. & plusieurs autres, raportez dans le Recueil de Bouchel, ont prononcé de sévères peines contre les Clercs qui fré- quenteroient les cabarets : mais rien ne fait mieux connoître les fuites de cette fréquentation, & la corruption des mœurs que l’on contracte, que la Lettre que Julien l’Apostat écrivit à Arsace, par laquelle il lui marquoit, que pour rétablir le culte des Dieux dans fa Province, il fuioit imiter la conduite des Chrétiens en plusieurs choses , mais principalement en défendant aux Prêtres de la Glacie, les teatres& les cabarets. Sozomene , liv. 5. ch. 16. Quant aux laïques, il scroit à souhaiter que l’on pût modérer l’habitude que la plupart ont d’aler aux cabarets. Mr. de Sainte Beuve estime que les Evêques peuvent défendre aux laïques d’entrer dans un cabaret pour y boire & manger pendant les Otìces divins des Dimanches & des jours de Fêtes. 11 est aussi du devoir des Oficiers de Police de faire de semblables défenses , conformément aux Ordonnances d’Orleans, art. 25. de Blois , art. 59. CABARET borgne. [Nigra popina.'} Terme injurieux. Misérable petit logis , mal propre , où l’on vend du vin à quatre ou cinq fous , à pot & à pinte. (Quand on va pour voir le bon homme V. òc le gaillard Lignie- res , & qu’on ne les trouve pas dans leurs cabanes, on n’a qu’à aler au premier cabaret borgne de leur rue , & on les y trouvera assurément, trinquant avec quelque porteur ou quelque crochcteur.) * CABARET, / m. Terme de Financier. Maniéré de petit cofre plat, fans couvert , & avec de petits rebords pour mettre des tasses de case, des soucoupes , un sucrier, & des cuilliers , lors qu’on prend du thé , du café , ou du chocolat. (Un joli cabaret; un cabaret de beau bois de la Chine K bien enjolivé coûte cher, mais il est propre & agréable.') _ CABARET , f. m. f AJdrum , nurdus fyhcfhts- J CAB Terme de Botanique. Plante dont les racines font très-déliées, & d’une odeur force, ses feuilles rondes ; ses fleurs sortent du creux d’un calice découpe en trois parties. La racine du cabaret est vomitive ; on la croie bonne contre la goûte , la sciatique , l’hi- dropisie, & les fièvres intermittentes. [f Mr. Ménage, dans ses Origines , prétend que Bourdelot se trompe, en dérivant cabaret du même mot, qui lignifie un certain Ample , & il estime qu’il vient du Grec vm rti, qui signifie un lieu où l’on mange. Le P. Thomaffin prétend , dans fa méthode d’étudier la Grammaire , que le Grec Vient de F Hébreu : mais quoi qu’il en soit, le sentiment .de Ménagé & de Caseneuve est , que le terme cabaret a une origine Gréque ; & même le P. Labbe, malgré la répugnance qu’il a pour les Etiniologies, Gréques, est obligé d’avoiier que cabaret est dérivé du Grec v.an\ j ou de itáirctm , lieu où l’on mange , dont la racine est iícteip, manger avidement. CABARETIER , f m. [ Caupo , tabernarius. ] On prononce toujours Cabartìé , & on l’écrit quelquefois Cahartier. C’est celui qui tient cabaret , & à la maison de qui pend une enseigne , au bas de laquelle il y a ordinairement du lierre. Pour être reqû Cabare- tier à Paris, il faut avoir une lettre des Maîtres & Gardes, de l’Hôtel de Ville, & du Procureur du Roi, & tout cela revient environ à cent francs. Les Cabaretiers ont cinq fêtes chaque année , pendant lesquelles ils réouvrent point, Pâques , la Pentecôte, la Notre-Dame d’A oût, la Touffaints, & Noël. _ Les Cabaretieîs à pot & k pinte ne ferment point, il n’y a que ceux qui font à pot & à aílìette ; mais soit à pot ou à assiette , il est vrai ce ou’Horace en a dit, perfidus caupo. Ils font la plupart tous trompeurs, & aulìi grands fourbes du tems de Louis XIV. à Paris, qu’ils l’étoient à Rome du tems d’Auguste. CABARETIE'RE , f. /. [ Mulier cauponia. ] On prononce Cabartiére , & même on l’écrit souvent comme on le prononce. C’est la femme du cabaretier. ( Une grosse cabaretiére. Une jolie cabaretiére. Avoir i’air d’une cabaretiére. Façon de parler injurieuse qui iê dit d’une femme qui a une mine grossière , & qui ne sent point sa personne de qualité.) CABAS, f tn. [ Fiscina .] Petit panier rond qui est fait de joncs, & qui sert à mettre des figues. On couvre le cabas d’une toile de couleur , & il a d’ordinaire deux petites ances. ( On dit , figues de Marseille, & cabas d’Avignon. Un cabas fort mignon.) [f CABAS , cabal. Ce terme signifioit autrefois le fond d’un commerce , tout le bien d’une personne. C’est dans ce sens que i’Auteur des fausses amours a dit : Vieil homme Lu Pensant son cas , A courroux maint , Quand son cabas Vo'id mis au bas. Voïez cabal. (§ CABASSE- Le peuple apelle, en quelques endroits, cabaffes , de vieilles femmes débauchées & infâmes , parce que , au raport de Borel, on charge un cabas de jonc , couvert de plumes , aux garces qu’on bannit. Ce qui m’est inconnu. £f CABASSER. Vieux mot. Pathelin dit à fa femme : Sainte Marie , Guillemette , Pour quelque peine que je mette A cabaffer , n’a ramasser , _ Nous ne pouvons rien amajjer. í CABASSET , f m. Efpece de morion. On représente Mercure avec un cabasset ailé. Ce mot est vieux. tz CABAT- Se dit en quelques Provinces de France , d’une mesure à mesurer les grains, particulièrement le blé. * CABESAS- Elpece de laines, qui viennent d’E- ítramadure. CABESTAN, f.s. [ Ergota . ] Terme de Mer. Machine de bois liée de fer qui tourne fur un pivot , & dont F usage ordinaire est de lever l’ancre. ( Un grand cabestan , un cabestan double , un cabestan à Fangloise, un cabestan volant. Virer au cabe- CAB 301 stan. Pousser le cabestan.) Le sieur Aubin explique fort au long cette machine , dans son DìHionnaire de la Marine. H CABIDOS , ou CAVIDOS. Méfure étendue dont on se sert en Portugal, pour mesurer les étofes, les toiles , &c. & qui est égale à Faune de Hollande. $ CABILLAUD , f. m. Efpece de Morue , fort connue fur tout en Hollande. CABILLOTS , f m. Terme de Marine. Petits bouts de bois qu’on met au bout de plusieurs herses, qui tiennent aux grands haubans , ou petites chevilles de bois qui tiennent aux chouquets , & qui fervent à tenir la balancine de la vergue de hune quand les perroquets font ferrez. Acad. Franç. CABINET, f tu. [ Conclave , secretimcubiculumlj Prononcez devant une consonne cabine , terme á’Ar- chìteHure. Petit endroit qu’on met souvent au bout d’une galerie , & que Vitruve apelle exedra. C’est aussi un petit lieu qui est auprès de quelque aparte- ment, & où l’on se retire pour converser. ( Les petits cabinets , les bois U les ruelles, Sont propres aux larcins que l’on fait fur les bellesd) CABINET , f. m. [ Muséum. ] Petit lieu dans une maison, destiné pour étudier. (Nôtre ami Fillustre Mr. Sanson entre tous les jours dans son cabinet à quatre heures du matin, & n’en fort qu’à midi.) CABINET , s. m. Petit lieu orné de tableaux. Vitruve apelle ce cabinet, pinacotheca. On trouve à Paris de ces cabinets qui font très-curieux. CABINET , s. m. Endroit où, l’on met toutes sortes de médailles & de curiositez. Ce cabinet est apel- lé cimïíium. 11 y a à Paris , dans la Bibliotéque de Sainte Geneviève du Mont, un cabinet de cette sor- te-là , qui est très-curieux, & très-digne d’être vû. Le Père de Colonia Jésuite de Lyon a un petit ca~ bines assez curieux. II ne faut pas oublier le cabinet de Mr. de Sarvié- res, de la même ville, qui est des plus beaux, auffi- bien que celui de Mr. Pigou , Lieutenant Général de l’Amlrauté de Rouen. CABINET, s. m. [ Pergula , trichila , umbraculum.'] 11 Te dit parlant de quelques beaux jardins. C’est un réduit en forme de petite chambre ronde , faite ordinairement de perches liées d’osier & entouré de verdure & d’arbres jolis. Le cabinet des jardins se fait aussi de bois de charpente , & quelquefois de fer. ( Embélir un jardin de jolis cabinets. Faire d’agréa- bles cabinets dans un jardin.) CABINET. [ Organi mujlcì armarium. ] II se dit parlant d’orgues. C’est tout ce qui soutient , & qui est comme l’étui des tuïaux d’orgues. (Le cabinet de ces orgues me semble très-propre.) CABINET , s. m. [ Armarium. ] En parlant de menuiserie. C’est un ouvrage de Tourneur , fait d’ébé- ne , de bois de noïer, ou d’autre beau bois plaqué, composé de quatre armoires, qui ont chacune leur porte , & deux tiroirs entre ces armoires. Et autrefois on faisoit des cabinets à colonnes, mais aujourd’hui, ces cabinets sont hors d’usitge. * CABINET , J. m. [ Sécréta , arcana. conjìlia. ] Au figuré , & en parlant du Roi , c’est le Conseil secret du Roi ; & dans ce sens, Mr. de la Rochefoucaut a dit, dans ses Mémoires, page 91. imprimez en 1664. II ne voulut pas accepter le commandement de Farinée par le goût qu’il prenoit à régenter le cabinet. * CABINET. 11 est encore en usage au figuré , & en parlant d’un homme de lettres. On dit, c’est’un homme de cabinet ; c’est-à-dire, que celui dont on parle , est une personne qui aime le repos & les livres. CABINET , s. m. [Forma.] Lieu secret pour les nécessitez de nature. (Molière a dit , en cariant d’un méchant sonnet : h Franchement il n’efl bon qu’à mettre au cabinet. CABIRES. Prêtres préposez pour le culte des Dieux du premier ordre, & que l’on honoroit sur le Mont Cabire , dont Strabon fait mention dans le dixième Livre de fa Géographie. On ne convient pas du nombre, ni de la qualité des Dieux Cabires : les uns comprennent sous cette dénomination , Jupiter Junon , Minerve : les autres, Neptune & Apollon : il en est même qui admettent les Dieux Pénates • & cl’autres, Cérès -, Proserpine , Pluton, & Mercure, p P 3 & 302 CAB & enfin Castor & Pollux. On tient que le culte des Dieux Cuistres commença dans Jleryte , ville de la Phénicie, & se répandit dans la fuite en plusieurs lieux, dont il se roi t inutile de faire le détail. CABLE, s »*• [Rudens.) Terme de Mer. Grosse corde dont l’usage est de tenir un vaisseau en rade, ou en quelqu’autre lieu. ( On dit , biter le cable, c’cst le rouler , filer le cable sur les bites ; c’est-à- dire , autour de grosses pièces de bois. Filer du cable, c’est le lâcher, & en donner ce qu’il en faut pour la commodité du mouillage. Donner le cable à un vaisseau. Lever le cable , c’est le mettre en rond.) CABLE , f m. f Crajjìor funis. ] Terme de Batelier de la rivière de Seine. C’est une grosse corde dont on se sert pour tirer les bateaux en remontant. (Un petit cable , un gros cable. On apelle aullì cable, toute forte de grosse corde , qui sert à lever de terre de gros fardeaux. Vite qu’on prenne un cable , & qu’on léve ces choses-là.) CABLE'. [ Crux è fùnibus intortis contexta. ] Terme de Blason. Se dit d’une croix laite , ou couverte de cordes, ou de cables tortillez. CABLEAU , s. m. [ F un U minor. ] Terme de Mer. C’est un cordage de la grosseur des cannes qu’on porte à la main , & de la longueur de plusieurs brasses. ( Godronner un cableau, amarrer un cableau. Fourrier , hydrographie.) CABLER , v. a. [ Funes intorquere. ] Terme de Cor- dier. C’est assembler plusieurs fils , & les tortiller pour n’en faire qu’une corde. (Câbler de la ficelle.) CABOCHE , f f. [ Clavorum capita. ] Terme de Cloutier. Petit clou à grosse tête , & dont la tête est faite en maniéré de diamant, que les porteurs de chaise mettent fous leurs souliers pour s’empêcher de glisser fur le pavé. ( Mettre des caboches à ses souliers. Acheter pour deux fous de caboches pour mettre à ses souliers. Les porteurs de chaise apellent aussi ces doux , diamans , & disent a un cloutier, vendez-moi pour une pièce de diamans.) CABOCHE , f f. Terme de Maréchal. Clou qu’on tire des piés des chevaux , parce qu’il ne peut plus servir. ( 11 faut tirer ces caboches.) t CABOCHE , f. f. [ Caput. ] Mot comique pour dire la tête. ( Une grosse caboche , une petite caboche. Quelques-uns croient que le mot de caboche en ce sens a été apellé de la forte , à cause d’un certain séditieux à grosse tête, qui du tems de Charles VI. étoit le chef d’un parti qu’on apelloit Cabochiens. Je laisse cela à débrouiller à rEtimologiste François, tandis qu’on dit familièrement & en riant, mettre une chose dans fa caboche. On ne sauroit rien faire entrer dans fa caboche. Sa caboche est dure, il ne sauroit rien comprendre. On dit aussi, c’est une bonne caboche ; pour dire , une personne qui a du sens, & du jugement.) CABOCHIENS- Voici comment Jean Juvénal des Ursins parle des Cabochiens , qui firent tant de maux sous Charles VI. c’est à la page 315. & 314. j, Et étoit pitié de voir , & sqavoir ce que saisissent ,, lesdits melchants gens , lesquels on nommoit Ca- ,, bechiem , à cause d’un escorcheur de bestes, nom- „ mé Caboche , qui étoit l’un des principaux Capitai- „ nés defdits melchants gens. ” CABOCHON. [ Lapìílw pretiosus. ] Ce mot est une maniéré d’adjectif qui n’a point de féminin , & qui est un terme de Metteur en œuvre. 11 se dit des gré- nas & des rubis , & veut dire qui n’est ni net ni taillé. ( Ce rubis est un rubis cabochon ; les rubis cabochons ne font pas si chers que ceux qui ne le font pas.) CABOCHON , f. m. Ternie de Cloutier. C’est une petite caboche, c’est-à-dire , un clou dont la tête est large & faite en quelque sorte comme le diamant, & qui n’est pas 11 gros que le clou que le cloutier nomme ordinairement caboche. (Vendre des cabochons, acheter des cabochons.) CABOTAGE- Terme de Marine. Voïez Caboter. (Aprendre le grand , le petit cabotage. II est reçû pour le grand cabotage.) CABOTER , v. ». [ Littosa radere. ] Terme de Mer. C’est naviger le long des côtes de cap en cap, ou de port en port. (11 y a long-tems que nous ne faisons que caboter.) 0" CABOTIERS- Ce sont de petits bâtimens, dont on se sert pour aler de cap en cap, & pour na- CAB viger le long des côtes. C’est ce que l’on apelle c*. botier , quoique l’on dût dire capotier , de cap. CABRE , s f. On apelle ainsi de gros boutons à rond , joints par le haut, & passez proche des apoltils aux extrémitez d’un côté de la galère. Acad. Franc (f En terme de Marine, cabre est une espèce de chèvre, composée de deux ou trois pieux joints ensemble par le haut, qui s’étendent beaucoup par le bas , au haut desquels on met une poulie de caliorne avec une étague , pour enlever, ou plútòt pour ti! rer des fardeaux. CABRE'. [ Equus arreclm , arreclo perfore . ] Terme de Blason. Se dit d’un cheval actilé. , CABRER , v. n. [ Efferare, pefíus arrigere.) II se dit des chevaux, quand 011 fait élever un cheval sur les deux pies de derrière , & sc renverser. (Faire cabrer un cheval.) Se cabrer , v. r. [ Priores pedes in area surrigere. ] 11 sc dit des chevaux; c’est s’éleversor les deux piés de derrière , en état de renverser. ( Les chevaux de Darius tout percez de coups , commencèrent à se cabrer & à secouer le joug. Vaug. Quint. liv. 3. c h. 10. S’il pensoit presser Bayard de l’éperon, il se cabroit. Vasconcelles , ariojie moderne, t. 1.) CABRER, v.n. [ Efferare. ] Au figuré, il fe dit des personnes, L ne sauroit entrer que dans le stile familier & dans le satirique. C’est se fâcher, s’empor- ter, sc mettre en colère. ( Pour faire plaisamment cabrer le petit Amelot, il n’y a qu’à lui dire ce que tout le monde dit, que sa traduction de Tacite n’est pas digne d’être comparée à celle de l’excelent d’A- blancourt. Iris qu’une démangeaison Fait cabrer contre la raison, Veut aimer U veut être aimée. Gomb. ép. /. a. * Se cabrer , v. r. [ Facilem , pronum ejse ad ojfen- Jionem , ejserri. ] 11 sc dit des personnes au figuré, & n’entre que dans le stile simple. C’est s’emporter, se mettre en colère lors qu’il arrive que quelque chose fâche. ( II n’est pas d’un homme sage de se cabrer. Un homme qui a un peu vû le monde , ne se cabre pas souvent, ou 11 cela lui arrive , il ne se cabre jamais en compagnie.) CABRI, s m. [ Hœdulus. J C’est le petit de la chèvre, Le mot de cabri n’est pas 11 usité à Paris que celui de chevreau. Le cabri est éveillé, & faute presque toujours, d’où vient le proverbe : il faute comme un .cabri. En cette façon de parier, chevreau ne se pouroit soufrir. L’Académie écrit cabrit. CABRIOLE , capriole, f f. [ Levis , agilis in sublime facim. J 11 vient de l’Italien caprìola , & l’on dit cabriole, & capriole ; mais cabriole paroít plus usité dans la bouche de ceux qui dansent, & qui en font tous les jours. C’est un faut figuré d’un danseur qui s’éleve agilement, & qui coupe l’air par le mouvement redoublé de ses piés. (Une jolie cabriole, une belle , une agréable cabriole , une petite cabriole. Faire des cabrioles.) L’Auteur des réflexions fur la Langue Françoise, se déclare pour capriole , ct Airs. de T Académie semblent le préférer aussi. Mais l’usage est pour cabriole. CABRIOLE , capriole , f. f. Terme de Manège. C’est un saut haut & élevé tout d’un tems, que fait le cheval dans la main & dans le talon. ( La cabriole est le plus diflcile de tous les airs relevez ou manèges par haut. Vôtre cheval 11e maniera jamais bien à cabrioles , qu’il ne soit mis entre deux piliers, & qu’il n’aprenne à lever premièrement le devant, ensuite le derrière, lors que le devant est encore cn Pair. Soutenez vôtre cheval de la main ct des talons, pour lui faire faire des cabrioles. Sauteur qui fe présente à cabrioles. Sauteur qui fe met de lui-fflè- me à cabrioles.) Mr. Guillet, art. de l’homme A'épéi, fe sert dans toutes ces façons de parler , de capriole ; & il parle bien , mais d’habiles Ecuïers ne condamnent point cabriole , c’est tout dire. CABRIOLER, caprioler , v. n. [ Agili vel levifallu se in sublime tôlier e. ] L’un & l’autre fe dit, mais cabrioler semble plus usité. C’est faire des cabrioles. Presque tous les danseurs que j’ai vus sor ce môt, disent cabrioler. ( C’est un homme qui cabriole bien. II y a du plaisir à le voir cabrioler. Les danseurs de corde disent que les Anglois cabriolent mieux fur la cordé que les François.) CAC CABRIONS , s. m. Terme de Marine. Pièces de bois qu’on met derrière les afuts des canons pendant 3e gros tems , & de peur qq’iis ne rompent leurs dragues & leurs palans. CABRON , s. m. [ Pellis badina. ] Peau de cabri. ( On fait des gands de cabron.) f CABUIA- Efpece de chanvre, qui croîtauxIndes Occidentales , dans la Province de Panama. Les Indiens en font un fil qui est si dur, qu’on s’en sert comme d’une scie, pour scier le fer , en le montant sur un archet, & en mettant par dessus un peu de fable très-fin, à mesure que l’ouvrage s’avance. £ CABUïA , est aussi une efpece d’Aloës qu’on trouve en Amérique. CABUS- \_Caulis capitatm.f) 11 ledit parlant de certains choux dont les feuilles font une espèce de boule. Les choux cabus font meilleurs que les choux verds , & ils font ordinairement blancs. t CACA, f M. [Stercus. ] 11 semble venir du Latin cafare. II se dit proprement des petits enfans, & signifie excrément d’enfant. ( Si-tôt qu’un enfant est hors du ventre de la mère, il commence à pisser & à faire caca.) CACADE , f f í Alvi dejeHio. ] Décharge de ventre. CACADE , f f [ Casus. ] Au figuré signifie, mauvais succès de quelque fole entreprise , où on s’étoit vanté de réussir. ( Faire un cacade.) t CACALIA , s- m. Plante dont les feuilles apro- chent de celles de la tussilage. II y en a de plusieurs especes. Voïez C. 'Bauk. CACAO , s m. f Avellana Mexìocana. ] Manière d’amande qu’on trouve dans un fruit roux, raie, cannelé, qui tient du melon , & qui vient de Gua- timala Province de la nouvelle Espagne, sur un arbre haut comme un oranger, & qu’on apelle cabuagua- built. Le cacao a un goût qui a quelque chose de doux & d’amer , & qui est froid & sec. Le cacao sert à la composition du chocolat, & pour cela on le choisit lé plus sec qu’on peut. On le broie, mais on ne le tamise pas, & c’est le seul des ingrédiens du chocolat qu’on ne fasse point passer par le tamis. Voïez Voyage d’Herrera. £ CACAOïER , Arbre qui produit la semence, dont on fait le chocolat f CACHALOT- Sorte de baleine. Voïez Biaris. CACHE -, f- f- C Latebra. ] Lieu où l’on serre quelque chose pour n’être ni vû ni trouvé. (Une bonne cache, une méchante cache. Savoir la cache, trouver la cache, découvrir la cache , rencontrer la cache.) f CACHE. Monoïe de cuivre , qui vaut un peu plus qu’un denier de France. On î’apelle à la Chine Cayas ou Canus y & en plusieurs endroits des Indes, Cas , Casse , Cajie , & CaJJie. * CACHE AIENT , s. m. [ Oris vel vultus tegmen. ] Maniéré dont une chose , ou une personne se cache, ou est cachée. Vachement ne paroît pas encore bien en usage. Des gens à qui la nouveauté plaît, s’en fervent; mais je croi qu’on ne feroit point mal de ne les pas imiter si-tôt. Quand elle va par la ville , elle Je cache toujours le nez , U ce cachement déplaît. CACHER, ®. a - [Abdere, occultare , abscondere.J Mettre si bien une chose , qu’on ne la puisse voir, ou qu’on ne la puisse trouver qu’avec peine. ( Cacher une bribe de pain Tous son manteau. Abl. Luc. t. i. Le Poète Tristan cachoit son argent derrière des cotrets , ou des fagots. Cacher son jeu , c’est ne le pas montrer ; mais, au figuré, cette façon de parler est un peu proverbiale, & signifie agir avec tant de finesse , qu’on ne donne nulle connoissance de fa conduite.) * CACHER , v. a. [ Dijjìmulare , tegere.] C’est ne pas faire connoître , ne pas découvrir , dissimuler quelque chose. (II y a de l’adresse à bien cacher sa passion. Abl. Tac. t. i. Cacher ses sentimens. Patru, plaid. Cacher ses desseins. Cacher fa haine fous de fausses caresses. Racine , préface de Britannicm. Ne cache rien à ton Confesseur , à ton Avocat, ni à ton Médecin. II tâche de cacher fa folie , mais on n’a qu’à l’entendre, ou à le voir, pour être persuadé qu’il la cache en vain ; & que par charité il lui faudroit donner un petit apartement aux patites maisons. CAC 303 Heureux qui , satisfait de son humble fortune , Vit dans ïéclat objcur où les Dieux font caché. Racine. Se cacher , v. r. [Abscondere se f] Je me cache. Je me suis caché. Je me cachai. C’est se retirer dans un lieu où l’on ne soit pas vû. ( II s’est caché à Luxembourg pour se mettre à couvert de ses créanciers & des sergens. Rien n’ejì plus aimable qu’une jeune Bergere , Qui ne peut Je montrer ni Je cacher Jans plaire. Fontenel. Se cacher , v. r. Ne se pas montrer , ne se pas faire voir au monde. (Allez-vous cacher , vilaines. Mol. Préc.) Se cacher , ». r. [ Tegere se. ] Couvrir de quelque chose une partie de son corps. ( Elle se cachoit le visage de peur de montrer sa douleur. II se cache toujours le nez de son manchon.) * Se cacher , [ E conjpecíu se abdere. ] II signifie ne vouloir pas être connu , & dans ce sens, il est un peu figuré. ( Plus il se cache , plus on le connoît. Généreux inconnu , pourquoi vous cachez-vom ? Le plaisir de donner ejì un plaisir Ji doux. Mad. Scuderi. CACHE'', cachée , adj. [ Latms , abditus , occuitus .] Qui est ferré , qui est dans un lieu qu’on ne fait point. Us n’ont point d’argent caché ; c’est-à-dire , que ce font de pauvres drilles. * CACHE', cachée , adj. [ Reconditus. ] Qui est un peu éloigné de la connoissance de l’homme , chose que tout le monde ne connoit pas. ( Descartes & Gassendi ont pénétré dans la connoissance des choses les plus cachées.) * CACHE', cachée , adj. [ DiJJìmulatus , teflus. j II se dit des personnes, & veut dire dissimulé, couvert, qui ne laisse pas voir ses sentimens. (Tibère & Louis XI. étoient des esprits cachez. ǧ I! y a quelque dìférence entre caché , dissimulé & déguisé : le caché ne se fait point connoître : le dissimulé. empêche qu’on ne le connoifíè : le déguise se montre tout autre qu’il n’est. CACHET, / m. [ Signum , JigiUum.] Petit sceau, ordinairement de cuivre , ou d’argent, sur lequel on a gravé les armes d’une personne. ( Un beau, un joli cachet, un cachet bien fait. Faire un cachet , acheter un cachet, graver un cachet. Pour mériter un cachet fi joli , Si bien gravé , fi brillant , fi poli, II faudroit avoir , ce me jemble, Quelque joli secret ensemble. Mad. de Scuderi. CACHET , s m. [ Figurasigillo impressa.] Empreinte qui est ordinarement faite sur de la cire par le cachet qu’on a gravé. ( Pour ouvrir une lettre cachetee, il en faut rompre le cachet.) CACHET volant. C’est un morceau de papier sur lequel est Pempreinte d’un cachet, pour en fermer une lettre quand on le trouvera bon. C’est aussi le dessus d’une lettre pliée, fur lequel on a mis de telle forte l’empreinte d’un cachet, que la lettre ne soit pas tout-à-fait fermée , laissant la liberté de la cacheter tout-à-fait quand on voudra. ( C’est une lettre à cachet volant.) H Lettre de cachet. C’est une lettre du Roi, contresignée par un Secretaire d’Etat , qu’on expédié d’ordinaire pour punir quelqu’un. (Expédier une lettre de cachet , obtenir une lettre de cachet , recevoir une lettre de cachet.) Les lettres de cachet font les armes que certaines gens emploient en France contre leurs ennemis. Les Lettres de cachet font trembler les Abez & les courtisans. CACHETER. [Signare , objignare . ] C’est mettre de la cire d’Espagne toute chaude sur le dessus d’une lettre pliée, & y aposer auffi-tôt un cachet : c’est mettre un petit morceau de pain à chanter sur le dessus d’une lettre pliée , & y aposer en même tems le cachet. La plupart des Religieux & Religieuses ne cachèrent leurs lettres que de cette dernière façon , mais le reste du monde cacheté d’ordinaire avec de la cire. CACHETTE , / f. [ Latebra. ] Petit lieu où l’on se cache, petit lieu où l’on cache quelque chose. Cachette ne trouve bien sa place que dans le stile simple. En 304 CAC En cachette., 011 en cachettes , adv. f Clam, occulte, latenter. ] L’uii & l’autre se dit íans s , ou avec r, mais le premier est le meilleur, & lignifie en secret, secrètement & sans être vú. Furtivement , à la dérobée, & fans toutes les formalisez. (Ce jugement est nul , s’il en fut jamais , car il ne fut donné qu’en cachette , & dans une chambre destinée à toutes autres choses. Patru, plaid. 1;. On ne doit pas user de duel, si l’on peut tuer son homme en cachette. Paso. L 4. Mais ce n’ejl pas ajjez de ni aimer en cachette, Etre aimez en secret ne nous tient lieu de rien. Ombre de Descartes. (f La Fontaine a dit agréablement : Pain vole' U qu on mange en cachette, Vaut mieux que pain qu’on cuit qu on achette. Cette pensée est fort ancienne. II est dit dans le neuvième chapitre des Proverbes , vers. 15. qu’une femme débauchée s’allìt à la porte de fa maison pour apeller ceux qui palliaient, & dit au débauché : les eaux dérobées font les p lits douces , U I e V a,n prrr en cachette en ejl d’autant plus agréable. Clément d’Ale- xandrie , croit, dans le troisième Livre de ses Tapisseries, que Pindare a tiré de cet endroit de l’Ecriture, cette pensée , que les plaisirs de íamour dérobez font doux: mais (ajoûte cet Auteur ) ce malheureux ignore les suites funestes de ces plaisirs. CACHOS , f »r- [ Cachos , solanum pomìferum folio rotundo tenui. j Plante qui se trouve sur les montagnes du Pérou. Elle croît comme un arbrisseau, elfe est d’un fort beau verd. Sa feuille est ronde & mince ; son fruit est plat d’un côté, & rond de l’autre , de couleur de cendre , d’un goût agréable & sans acrimonie , contenant une semence fort menue. Elle a la propriété de faire uriner, chasser le sable & la pierre hors des reins, elle brise même la pierre dans la vessie , si elle est encore tendre, & qu’elle se puisse rompre par quelque médicament. CACHOT , s. m. [ Locm in carcere angujlus .] Endroit obscur & souterrain d’une prison, où l’on met les criminels. ( Ouvrir le cachot, fermer le cachot, mettre dans le cachot.) Les cachots font des sépulcres funestes où l’on enterre les hommes vivans pour qui il semble que le soleil ait cessé de luire. Flechier. CACHOT, f. m. Sorte de petite loge qui est fermée à clef, & qui n’a qu’une petite ouverture à la porte , par laquelle on voit le fou qui est dedans, & par laquelle on lui donne à boire & à manger. (Nétéïer les cachots des inl'ensez. On a soin que le cachot d’un insensé soit toujours bien propre. Le bruit court que le pauvre N. est aux petites maisons dans l’un de ces cachots, où l’on dit qu’il a des visions de son mérite, qui font crever de rire les gens.) CACHOU , f m. [ Kaius , terra saponica. ] C’est le suc d’un arbre des Indes Orientales , duquel on coupe le bois en petits morceaux qu’on fait bouillir. L’eau où bout ce bois, s’épaisiit, & forme une espèce de gomme qu’on lèche & qu’on envoie en Europe. On y fait en petits grains cette espèce de gomme qu’on mêle avec du musc & de l’ambre, & ces petits grains fervent à l’haleine ; mais pour le vrai cachou , il est bon pour les dents & pour l’estomac. Quelques-uns croient que c’est une terre du Levant apellée Masquiqui , laquelle se trouve ordinairement fur les montagnes les plus élevées où croissent les cèdres , fous les racines defquels on trouve cette terre, qui de foi est fort dure & en masse. Mr. de Ca'én Docl. en Méd. de Paris. 4 CACHOU. Le cachou est le suc de l’écorce d’un arbre qui croît dans le Japon , & les gens du Pais l’apellent Catechu. 11 ressemble au poirier sauvage épineux, excepté qu’il a son écorce beaucoup plus verte & succulente. Ce suc est d’un goût amer & austere au commencement, laissant néanmoins dans la bouche une imprellion douce & agréable. 11 est propre pour fortifier le cerveau , les poumons , l’estomac , pour les catarres , pour l’enrouement de la voix, pour corriger la mauvaise haleine , pour arrêter les flux immodéré/ , & pour fortifier le íistéme des fibres qui sc trouve assoibli & relâché. Mr. le Docteur Pingré a vû cet arbre chez le grand Prince des Arables, & il en donne la description dans l'on Voyage. CAD f CACHRIS , f m. Ternie de Botanique. C’est la plante qu’on nomme aussi armarinte. On apelle cacbris la semence de cette même plante. On don. ne aussi ce nom aux boutons que le chêne & d’aiû tres arbres produisent au printems & en automne. t CACIQUE , f m. C’est le nom des chefs des Arabes & des Tartares vagabonds. On donne aulfi ce nom en Amerique aux Seigneurs, Princes & nerú* Rois du Pais. P CACOCHIME, adj. f Vitìojis humorìbusredundans.] Terme de Médecin. 11 vient du Grec, & lignifie qui est plein de mauvais suc, rempli de mauvaises humeurs. ( C’est un corps tout-à-fait cacochime.) CACOCHIME , adj. [_Merosm, ingénia varim.J II sc dit des personnes , & en parlant de leur esprit il veut dire qui a l’efprit gâté , qui est un peu fou! (C’est une manière d’esprit fou , & d’esprit cacochil me, une sorte de pédant chimérique.) CACOCH1MIE , f f. [ Viiiojorum humorum reiun. dantia. ] Réplétion de mauvaises humeurs , qu’on apelle pléthore quand elle est simplement de sang. CACOETHE , adj. Terme de Médecine. Nom qu’on donne aux ulcères malins. CACOPHONIE , f. f. ÍSoni asteritas. ] st vient du Grec. C’est un assemblage de mots qui font un mauvais son. Rencontre de filabes qui ont un son qui n’est point agréable à l’oreille. II faut, autant qu’on peut, éviter les cacophonies , soit qu’on écrive en prose , ou en vers. ( Ces mots font une cacophonie désagréable. C’est une cacophonie fâcheuse , & qui choque tout-à-fait l’oreille. On a de la peine à soufrir de fréquentes cacophonies. Si cela est, on donnera au diable les ouvrages qui sont remplis & de cacophonies & de mots furannez & pédantefques. Et les moindres défauts de ce grossier génie, Sont ou le pléonasme, ou la cacophonie. Aloi. 0" Les Latins ont apellé hiatus, ce lòn désagréable, formé par la rencontre de deux voïéles : tum voca- lium concursus, qui cùm accidit, hiat, interfifiit, U quasi laborat oratio. Quint. lib. 9. c. 4. Volez cet endroit, vous y trouverez la matière très-bien traitée. í CACOZELE- Ce mot signifiait autrefois un zele indiscret & violent. II n’est plus en usage.- $ CADAMOMY, OU graine de Perroguet. Dro- gue dont il est fait mention dans le Tarif de la Douan- ne de Lyon. CADASTRE, s tn. [VeHigalium tributorum co- dexfi Ce mot est en usage dans les Provinces de Dau- phiné & de Provence, où il signifie un regître qui contient la qualité, l’estiniation des fonds de chaque Communauté, & les noms de ceux qui les possèdent. t CADAVEREUX, adj. Avoir le teint cadavéreux, c’est avoir la couleur d’un cadavre. CADAVRE, s m. 11 vient du Latin cadaver, qui signifie un corps mort, & il se dit particulièrement des personnes qui ont été tuées, qui sc font donné la mort à elles-mêines, ou qui ont été exécutées à mort. (11 faut apeller les 0liciers de justice pour lever le cadavre d’un homme qui a été tué ou néïé. Le cadavre d’une personne exécutée est souvent privé de sépulture. On fait le procès au cadavre d’une personne qui a été homicide d’elle même ; on le condamne à être pendu par les piez, à être traîné fur une claie, & à être jette à la voirie. On dit d’un homme blême & défait, qu’il a un visage de cadavre.) 0“ Ce terme est souvent emploie heureusement dans le figuré. Un Poète Latin de nôtre tems, apelle Rome, telle qu’elle est, le cadavre de l’ancienne : jjjsice murorum môles, pratuptaque Jaxa, Obrutaque horrenti vafia theatra litu : Hac sunt Roma : vident velut ipsa cadastra tant* Urbis adhuc Jsirant imperiojh minas ? Sulpicius écrivant à Cicéron, lui dit, qu’il a vû, cn revenant d’A fie, plusieurs villes, autrefois florissantes, & pour lors entièrement ruinées ; il lui vient en 1 esprit : Eh quoi! nous autres qui ne sommes que de petits hommes, nous volons les cadavres de tant de villes, & nous ne pouvons pas voir, fans indignation, mourir quclcun de nous, dont la vie doit être plus courte? Hem nos homuncuti indignamur , fi qus rto- Jtrám interiit, quorum vita brevior ejje débet; cumWs loco , tot oppidorum cadavera projelía jaceant ? Mr- de CAD Balzac s’est servi de carcaffes des villes , dans ses Entretiens. CADEAU -, f M. f Une arum volumina .3 Prononcez cadô. Trait de plume figuré que les Maîtres à écrire font autour des exemples. CADEAU. [Smnptw.~] Chose spécieuse & inutile. U Faire des cadeaux.) f CADEAU. [Epuluml] Grand repas. Au lieu de cadeau, dans ce sens on dit d’ordinaire fête. (Donner un cadeau aux Dames. Mol. J’aime le jeu , les visites, les promenades, & les cadeaux. Mol. Mar. forcé .) (§ C’est là fa signification naturelle ; & Mr. Ménagé dérive ce terme de catellum, qui veut dire un assemblage de traits inutiles, dont les Maîtres. Ecrivains ornent les bords des exemples qu’ils donnent à leurs écoliers ; & par métaphore (ajoute Mr. Ménage) nous disons , donner des cadeaux , pour dire, donner de grands repas ; c’est-à-dire , faire des cboj’es spécieuses, mais inutiles : & dans ses Observations fur nôtre Langue, tom. 2. ch. igi. il a remarqué que, donner tin cadeau , est plutôt de la Ville, que de la Cour, où l’on dit, donner un grand repas, donner une fête. CADENACER, D. a. [Serâ catenaceà claudere .J Mettre un cadenat à une valise , à une porte, &c. (Cadenacer une porte.) CADENAT, f. m. [Sera catenaria .] Petite machine de fer pour fermer les portes , les valises, & les cotres. Car si-tot que du soir les ombres pacifiques, JD’un double cadenat font fermer les boutiques. Despr. H CADENAT a vieilli, & l’Académie dit cadenas. Le cadenas d’une porte, d’une valise, &c. Elle écrit auffì cadenasser. CADENAT. Quarré d’argent, ou de vermeil doré, soutenu de trois petites boules de métal, à l’un des côtez duquel il y a une maniéré d’étui où l’on met la cuillier , la fourchéte , le couteau de quelque personne de grande qualité, comme Princesse, Duchesse, &c. CADENCE , s f. [ Numeriu, modm .] Terme de Rhétorique. Chute harmonieuse de période , ou de partie de période. (Une belle & charmante cadence. Est-il possible que nous travaillons à la structure, & à la cadence d’une période, comme s’il y aloit de nôtre vie. Balzac, Entret. 15.) CADENCE. Terme de Danse. La chute du mouvement de corps. (Danser en cadence. Aler en cadence.) CADENCE. Terme de Musique. Certaine conclusion de chant, qui se fait lors que ses parties viennent tomber & ft terminer fur une corde que l’oreil- le atend, ce semble, naturellement. (Suivre la cadence. Ecouter la cadence.) CADENCE. Terme de Po'sie. Signifie certaine mesure de vers, qui est de plusieurs sortes selon la difé- rence des vers. {Enfin, Malherbe vint, le premier en France, Fit sentir dans les vers une jufie cadence. Despr. art poët.) f CADENCEE, v. a. On ne le dit guére qu’en parlant du stile. C’est rendre ses periodes nombreuses & agréables à l’oreille. Cet Auteur cadence ses periodes. Acad. Fr. {$ CADE'NE. Ce mot est Latin. Cadéne, une chaîne. Cadénes de hauban, ce font des chaînes de fer, au bout desquelles on met un cap de mouton, pour servir à rider les haubans. Voïez Aubin. f CADE'NE. C’est une des sortes de tapis que. les Européens tirent du Levant, par la voie de Smyrne» Ils font les moindres de tous. tz CADE'NE, pour chaîne , est vieux. On dit mettre un homme à îa chaîne, le tirer de la chaîne. CADENETTE , f. f. [ Coma. J II lignifie une moustache de cheveux ; mais il ne se dit plus qu’en parlant de perruque nouée, & c’est une boucle de cheveux qui pend, & qu’on noué au milieu. (Une cadenette trop courte , ou trop longue.) Voïez les Origines de Ménage. CADET, f m. [silatu minor, minimm.'] Le plus jeune de deux frères. (Un joli cadet, un agréable «adet, un cadet qui vaut cent ainez.) CAE t 305 (§ Benserade, pour Monsieur, Frère unique du Roi, dans le Balet de la nuit : Quand les aînez ont tout, quesauroit-on y faire ? C’efl aux cadets à fe pouffer. Le mot, cadet, est fait de capitetunt, petit chef de famille. On disoit autrefois capdet , où l’origine est mieux marquée. CADET. II se dit aussi de celui qui est plus jeune qu’un autre, ou qui a été reçu dans une charge après un autre. (Les cadets doivent ceder à ieurs anciens.) CADETS , f. m. On apelle de ce nom, de jeunes gens dont la plûpart font Gentilshommes , qui font dans les villes fortes en Flandres & en Alemagne, ausquels le Roi fait aprendre les Mathématiques, à dessiner, à danser, & à faire tous les exercices. lis font quatre cens dans chaque Compagnie , & ils ont par jour dix fols du Roi. (Etre dans les Cadets, entrer dans les Cadets.) CADET aux Gardes. [ Miles voluntarims. 3 Jeune Gentilhomme volontaire qui est dans le Régiment des Gardes. f * CADET de haut apetit. Celui qui est toûjours prêt à boire & à manger, & qui s’aquite bien de l’un & de l’autre. CADETTE , f. f. [Natu minor, minima..'} La plus jeune des deux sœurs. (La cadette est la plus spirituelle.) CADETTE , f f. [Lapis quaâratm.~\ Pierre de taille pour paver. H CADETTE. On dit ; branche cadette d’une maison. C’est une branche sortie d’un cadet. CADETTER , v. a. [Lapidibus quadratis pavimên - tumsternere.~\ Paver avec des pierres de taille. t CADÍ, f m. C’est le nom des Juges chez le^ Turcs & les Sarrasins. í CADILESQUER, f m. C’est le chef de la Justice chez les Turcs. CAD1S, f m. Sorte d’étofe. CADMIE , s ff- [ Cadmia, climia . ] Terme de Pharmacie. Espèce de minéral, dont Tune est naturelle, & l’autre artificielle. Voïez Calamine. CAD OLE , s f C Peffulus .] Nom que les Serruriers donnent au loquet d’une porte, ou à une espèce de pêne, qui s’ouvre & se ferme en s’haussant, avec un bouton ou une coquille. CADRAN- Voïez Quadran. CADRE , cadrer. Voïez Quadre & quadrer. CADUCEE, f m. [Caduc mu. ] Baguette de Mercure entortillée de deux scrpens. (Mercure nous fit signe avec son caducée, que nous eussions à nous tirer à quartier. Abl. Luc.) f$ Le caducée est un fimbole fort commun dans les médailles : il signifie la bqnne conduite, la paix, & la félicité: il est composé d’un bâton, qui marque le pouvoir; de deux serpens , qui font les íìmboles de la prudence ; & de deux ailes, qui marquent la diligence. CADUCITE', f.s. [ Caducitas. J Vieillesse débile, (Ma caducité est pauvre & délaissée. Main. Pois. Vous étés fort éloigné de la caducité. Cofiar , entret. t. 2. /. 2;o. Les vieillards, dans leur caducité, craignent de manquer des nécessitez de la vie. Tbeopbrasie, p. 24. ch. de Bhommel) CADUQUE, adj. [Caductu.j Vieux, infirme, St cassé. (11 est fort caduque. Elle est fort caduque. On dit Yage caduc, pour dire, la vieillesse.) Le mal caduc. [Morbus comitialh, epilepsiafi Terme de Médecine. C’est l’épilepiie, le haut-mai ou le mal de Saint Jean. * CADUQUE > adj. Fragile. Périssable. (Masson caduque. Les biens caduques & périssables.) On dit, en termes de Palais, qu'une succession est devenue caduque, lors que personne ne se porte pour héritier. Voïez le colonne QjJA. f COECALE, adj. On apelle và escale, celle qui reporte le sang de l’indestin cœcum dans le trône mesenterique, CïECUM, f m. Premier des gros boïaux, aussi apelle t’aveugle , parce qu’il n’a qu’une ouverture qui lui sert d’entrée & de sortie. II est situé dans l’hi- Teme L Q. q pòcon- 30 6 CAF pocondre droit, & plus bas que le rein. II a une apendice en forme d’un ver oblong, qui est plus grande aux enfans nouvellement nez qu’â eeux qui sont avancez en âge. CAFARD , /• M. [ Religionis, probitatis JlmulatorFS Celui qui afecte extérieurement de paroître dévot & Religieux, & qui intérieurement n’est rien moins que tout cela. Ménage, dans ses Origines, soutient que cafard se dit proprement d’un homme qui de Chrétien s’est fait Turc. Cela est peut-être vrai, mais l’u- fage y semble contraire. 0 Mr. Ménage, dans la seconde édition de ses Origines de la Langue Françoise , se justifie de Terreur que Richelet lui impute. Voici l’article. Cascr, de l’Arabe Cajsara , qui se dit d’un homme, qui de Chrétien s’est fait Turc, ou qui de Turc s’est fait Chrétien. Selon les Arabes Mahométans, Casara signifie renier la vraie Religion. Les Arabes ont pris ce nom del’Hébreu, casar, qui signifie renier, d’où vient casre, qui signifie renier , renégat. Les Turcs disent encore aujourd’hui Kapbir, par injure, pour dire renégat. Mr. Richelet, dans son Dictionnaire , défaprouve cette étimologie ; voici ses ternies : Ménage dans J'es Origines , soutient que cafard se dit proprement d’un homme qui de Chrétien s’est fait Turc. Cela peut être vrai , mais fustige y semble contraire. Mr. Richelet me fait dire ce que je n’ai point dit : j’ai parlé des Arabes, & non des François. Mr. Ménage pouvoit bien se passer de faire cette observation ; & moi, peut- être , de la raporter. Au reste, ce terme est ancien. Rabelais, liv. r. ch.i. de Gargant. Ce sont les calomniateurs de cafards. Quelques-uns le dérivent d’un mot Hébreu, qui signifie cacher , couvrir ; d’autres de capa, habit de Moine. Volez le Commentaire de fendrait de Rabelais, que je viens de citer. CAFARD, adj. m. [ Damasceni operh bombycinus pannus.~\ C’est une efpéce de damas ou de satin, dont la tréme est seulement de fil, & les chaînes de foie, & qui se manufacture en Flandres. t CAFARD de Village. On nomme ainsi une éto- fe grossière, faite toute de laine, ou de fil & lain,e. CAFE', ou Casses selon Wilis. On l’apelle encore cojjl , cachué , cacoua,s. m. [Caffàum.J Sorte de graine étrangère qui croît fur un petit arbre , qui est grosse comme une petite fève, qui est ronde d’un côté & plate de l’autre, & d’une couleur entre blanc & jaune obscur. Le café est envelopé de deux écorces, l’une déliée, & l’autre noirâtre & assez épaisse. II croît dans les grandes plaines de l’Arabie heureuse. Le vieux café ne vaut pas le nouveau. Le café un peu jaune est meilleur que le blanchâtre. On prépare le café ainsi : L’on fait rôtir le café, on le pile, on se met en poudre, & puis on le passe par un tamis ; mais il ne faut point que la poudre du café s’évente. Le café n’est connu en France que depuis quarante ou quarante-cinq ans, & Ton n’en prend que depuis vingt-cinq ou trente ans. Pour prendre le café, on en met trois dragmes dans l’eau, on le fait bouillir une douzaine de bouillons, & Ton empêche qu’il ne s’enfuie. On prend 1e café tout chaud, & il est bon de jetter un peu d’ambre dans la tasse où on le verse. En Levant, on ne prend point de café à jeun ; mais en France on le prend d’ordinaire à jeun. Le plus chaudement qu’on hume le café, c’est le meilleur. On l’avale à gorgée. Les Cafetiers & les Epiciers qui vendent à Paris du café, le gâtent, y mêlant du pain & des haricos brûlez. Le café est apéritif, & dé- lopilatif ; il rabat les vapeurs qui montent au cerveau. H rafraîchit Tété, & échaufe l’hiver. II fortifie Testomac, réveille les esprits & désenivre. II fait venir les mois aux femmes, il désopile, il empêche la goûte & la gravelle , il est souverain contre la migraine. Mr. Dufour , traitant du café , en dit bien d’autres merveilles; mais probablement il avoit du café à vendre. Le café sert d’amuscment & d’entretien dans une longue conversation, ou de prétexte pour sc taire avpc bienséance.. II n’est point propre aux bilieux, ni à ceux qui digèrent trop vite. II fut découvert par un Prieur, qui connoissant sa vertu, en donna à ses Moines pour empêcher qu’ils ne dormissent à Matines. CAFE', f. m. [Cajsteì taherna.J Lieu à Paris ou Ton prend du case ; la tasse coûte six blancs. Nos casez ne sont pas si beaux que ceux des Turcs. On CAG apelle en Turquie, Cavehane, les endroits où ils pren- nent le café, & il y a dans ces endroits des joueurs d’instrumens que le maître de la cavehane paie pour divertir ceux qui prennent du café. Volez voya«e de Pietro délia Valle. A Paris, dans les casez, on joue on boit de toutes fortes de liqueurs, du thé, &du chocolate. CAFETIER , f m. [Casai propolaf\ On prononce ca/íie, c’est le marchand qui ne vend que du café en fève ; car ceux qui en débitent à Paris, & qui Ta. prêtent pour le boire, s’apellent Limonadiers. CAFETíE'RE , f. f. [Vasculum coquendo cassa iio. neum.] Pot où l’on fait bouillir le café dans Teau De ces pots, les uns sont de terre , & ses autres dé métal. (Une grande cafetière, une petite cafetière. On emplit presque d’eau la cafetière ; mais quand elle bout, on ne doit point la laisser enfuir.) f CAFFA- Toises de coton peintes de diverses couleurs & de diférens desseins, qu’on aporte des Indes Orientales. f CAFILA. C’est dans ses Indes & en Afrique la même chose qu’on apelle caravane dans ses Etats du Grand Seigneur & en Perse. f CAFILA. Se dit aussi des petites flottes marchan- des des Portugais, qui partent des Ports que cette Nation occupe fur les côtes du Roïaume de Guzarate, pour aller à Surate , ou qui en reviennent fous Tes- corte d’un vaisseau de guerre. CAGE , s st [Cavea.] Petit logement à jour, fait de fil d’archal ou d’olìer, avec des perchoirs pour reposer Toiseau, & des augets pour lui donner à boire & à manger. + * On l’a mis en cage. Termes burlesques, pour dire, on l’a mis en prison. Ce fut peut-être le Maréchal de Matignon qui mit Philippes de Comines en cage. Thuana, page 54. CAGE. Terme de Meunier. Le corps d’un moulin à vent, garni de ses planches & de ses poteaux. CAGE. Terme d 'Orfèvre. Fil d’archal travaillé presque en forme de grande cage, où les Orfèvres étalent leurs marchandises. CAGE de bâtiment. Terme à’Architecte. Enceinte de bâtiment. CAGE d’escalier. Murs ou pans de bois qui enferment Tescalier. CAGE , s. f. [Feneflra cancellata.'] Treillis d’ofier qu’on met devant ses fenêtres en forme de jalousie, pour voir au dehors fans être vû au devant. CAGE, s. f. [ ÇEdicula.2 Au figuré , signifie une maison étroite & retirée. CAGE , s. s. \_Mali orbital Terme de Mer. Espèce d’échauguéte faite en cage , à la cime du mât d’un vaisseau, qu’on apelle gabie fuitzla Méditéranée, & hune sur l’Ocean. Votez Mr. Ménage , dans ses Origines. t CAGIER , f m. Terme de Fauconnerie. Celui qui porte des faucons, ou autres oiseaux de proie à vendre. C/AGNARD , ARDE, adj. [CeJJator, defes,piger, ignavm.s Fainéant, paresseux, poltron , qui ne veut point quiter le coin du feu. H Ce mot est du stile familier. 0 Voici ce que Pasquier a écrit sur ce mot, liv. 8- ch. 42. de ses Recherches : „ Quand au mot de „ caignard, cela dépend d’une Histoire dont je puis „ être témoin, de tant qu’en ma grande jeunesse, les ,, laineans avoient acoûtumé, au tems d’été, de se „ venir loger sous ses ponts de Paris, garçons & gar- ,, ces, pesle messe, & Dieu fçait quel mefnage ils „ faifoient ensemble : tant y a qu’il me souvient „ qu’autrefois par cris public, émané du Prévost de ,, Paris, il leur fut défendu, fur peine du fouet, de ,, plus y hanter; & comme quelques-uns furentde- ,, fobëissans, j’en vis fouetter tout d’un coup plus „ d’une douzaine sous ses mêmes ponts, depuis le- „ quel tems ils en oublièrent le chemin ; ce lieu „ étoit apellé le caignard , parce que tout ainsi que „ leS canards & ceux qui le frequentoient, ils vou- „ oient leur demeure à Teau. “ Mais Ménage prétend que Pasquier s’est trompe, & que caignard vient de canis. CAGNARDpR , ». ». LOtiari, cesare.l S’acoû- tumer à la fainéantise, demeurer au coin du feu. CAGNAR- CAH CAGNARDERIE , Cagnar&se , s. /. [Otiofias, ìnertia, segnities.} Paresse, fainéantise, gueuserie. CAGNEUX, Cagneuse, adj. [Varus.} Qui cloche, qui boite. (Sa ringrave étoit courte, & son genou cagneux. Scar. Pois.) (g La plupart des chiens, & particulièrement les bassets, font cagneux; ce qui me fait dire que ce mot a été fait de l’Italien cagna , une chienne, canis, cane,cagna, cagno sagneux. Ménage. t CAGOSANGA- C’estla même plante, qu’on nomme autrement Ipecacuanha. CAGOT , s m. [Simulator pietatk.} Hipocrite. (Un franc cagot. Un véritable cagot. Un méchant, détestable , & dangereux cagot. Quoi ! jesoufrirai , moi , qtPun cagot de critique. Vienne ocuper céans , un pouvoir tìrannique.- Mol. tart. a. i . Jc. i. f CAGOTE, s. s. [Simulatrix pietatk.} Hipocrite. (Toute cagote est méchante.) f CAGOTERIE ,s f. [ Pietatk ajsettatio. ] Hipo- crifie. (Sa dévotion est une pure cagoterie. Oui , Tìnsolent orgiièìl de sa cagoterie , N’a triomfé que trop de moit jupe couroux. Mol. tart. a. 3. sc. 3.) f CAGOTISME , s m. [Simulatee pìetatis ambìtiojlor affefíatio.} La maniéré d’agir d’un Hipocrite. [Son cagotifme en tire à toute heure des sommes , Et prend droit de gloser sur tow tant que ?zous sommes. Mol. impost. a. t. sc. 2.) ts L’origine du terme cagot est contestée : on peut voir Pafquier, dans ses Recherches ; Ménage , dans ses Origines; & Mr. de Marca , dans son Histoire de Rearn , à r. ch. 16. que Ménage a transcrit entièrement , parce qu’en éfet il est dificile de l’abréger. Mais je ne fqai pas pourquoi on a donné le nom de cagots à certains faux dévots, qui couvrent beaucoup de vices fous les fausses aparences d’une vertu rigide , & d’une févere Religion. Les malheureux restes de Sa- rafins , défaits ou chassez de la Gascogne par Charles Martel, étant regardez comme des personnes infectées de la lèpre , & dont la puanteur étoit infuportable, furent séparez de la société civile, ensorte qu’on les obligeoit de porter une patte d’oie ou de canard , pour être reconnus : ils avoient leur place séparée dans l’E- glise, où ils portoient leur bénitier. Je ne trouve pas beaucoup de raport entre ces vilains hommes , & nos cagots. Le Commentateur de Rabelais a peut- être mieux rencontré fur la prémiére Préface du quatrième Livre de Pantagruel : „ Cagot (dit-il) matagot, „ hurgot bigot, font des mots métis , comme de l’Ale- „ man Gott, Dieu, & d’un mot tiré de quelque autre ,, Langue ; ainsi on peut s’imaginer que ca dans cagot, „ vient de cano , je chante, les cagots chantant Dieu, „ & affectant de le louer à tout moment : dans ma- „ got , l’Italien matto nous marque les folles idées „ que les matagots fe forment de Dieu : bur dans bur- „ got , fait songer aux Moines Bars , dont parle Rabe- ,, lais : enfin bi dans bigot , signifie par , en vieux ,, mot Normand, les Hipocrites mettant Dieu., & le faisant intervenir dans toutes leurs paroles, & dans ,, tous leurs mouvemens”. $ CAGOU, f m. Terme bas qui signifie un homme avare qui vit d’une manière mesquine , sans fréquenter personne. Cet homme est riche , mais il vit comme un cagou ; c’est un cagou. CAGOUILLE , f f- [Voluta , hélix.'} C’est ainsi que quelques-uns apellent en terme de Marine , une veloute, qui sert d’ornement au haut de P éperon du vaisseau. {$ CAGUE'. Espèce de bâtiment dont on se sert en Hollande. 0 CAH AI- C’est (dit Mr. Ménage) un vieux mot inusité, qui signifie une sorte de vieux manteau avec des manches. CAHIEU , ou caieu , f m. [Bulbulus.} Terme de Jardinier.. C’est un petit oignon qui s’atache au gros oignon, ou à la mère plante. (S’apliquer à la multiplication des cahieux. Culture des tulipes , ch. 1. ) Yoïez la Quintìnìe. . í CAHIN CAHA, adv. Terme bas, qui Te dit des choses qu’on fait de mauvaise grâce, avec peine. Cet homme ne fait plaisir que cahin caha. CAI 307 # CAHOANNE. Sorte de tortue, qu’on apelle auísi Xaouanne. CAHOS , f m. Prononcez cao. Il vient du Latiil chaos. Confusion de toutes choses, séparées depuis , & mises chacunes en leur place. (Ovide à parlé du cahos. Débrouiller le cahos.) * CAHOS, f m. Il fe dit, au figuré, des ouvrages d’esprit. C’est un mélange grossier & sans jugement de plusieurs choses dans un discours. (Qui peut débrouiller cette confusion & ce cahos? Arnaud . cons. I. 2, C’est un cahos que tout cela.) CAHOT, f. nt. [RbedœJuccujsus.} Saut que fait un chariot, une charette , ou coche & autres voitures qui roulent dans des chemins raboteux. (Un fâcheux cahot. Les cahos sont importuns & déplaisons, je ne les puis soufrir.) Votez Ménage. CAHOTAGE , f m. f Succujsm durior. ] C’est un mouvement, où un secouëment causé par de fréquens cahos. (Ce cabotage me tué , & je ne sourois l’endu- rer. Soufrir le cahotage'd’un coche.) CAHOTER, v. a. [ Succuteredurìter. j Donner des cahos. (II nous a cahotez durant le chemin. Personne n’aime qu’on le cahote.) t CAHUETTE ,f f [Casa, tugurium.} Ce mot est bas & de raillerie. Petite loge, petite cabanne, maisonnette. (Quand il est hors de condition , il est logé dans une misérable cahuette auprès des tuiles.) f CAHUTE, s f. Ce mot est bas & de raillerie , quand on goguenarde. C’est une loge faite de terre , ou de méchantes pierres, où se mettent de certains pauvres fur les grands chemins, & d’où ils importunent les passans par leurs demandes. Juvénal apelle Ces sortes de pauvres, dirui à ponte stitelles. Votez Mr. Ménage , ou Cahuette. CAIE. C’est l’esqtiif destiné au service d’une Galère. í CAIE. C’est auísi une petite barque, dont les Cosaques se servent pour naviguer & aler en course sur la mer noire. CAïER, f m. Trots ou quatre feuilles de papier cousues ensemble. Les écoliers écrivent dans ces cdiers, ce que leurs maîtres leur dictent. On nomme cdiers , les écrits qui contiennent les délibérations des Assemblées du Clergé, des Etats du Roïaume , ou de quelque Province, & où sont contenues leur demandes ou leurs plaintes. 0 CAIES- C’est un banc de fable 011 de roche, couvert d’une vase épaisse , ou de quantité d’herbages : beaucoup de petits bâtimens y échouent: mais plusieurs en echapent sons danger. Quelques-uns écrivent cayes, CAIEU ; voyez CAHIEU. CAILLE 1 f /• [ Coturnìx. ] Oiseau de passage , gris, qui se repaît dans les blez, & qui est d’une complexion trés-cbaude. Votez Ménage. CAILLETEAU ,s. m. [Pullm coturnicis.} Jeune caille, qu’on sert sur les tables, comme une viande fort délicate. CAILLEMENT, f m. [Coagulatio.} Il se dit du lait, _& en parlant denouvelles acouchées. C’est une maladie qui vient aux femmes nouvellement acouchées , parce que leur lait s’est caillé, & s’est mis en petits grumeaux dans leurs mammelles. (Le caille- ment cause une grande douleur, & un frisson au milieu du dos. Le caillement de lait vient à cause que la nouvelle acouchée n’a pas été assez tétée. II arrive aussi quand on a eu trop grand froid aux mammelles. Le caillement fe convertit quelquefois en inflammation. Pour remédier au caillement de lait, & pour l’empêcher, il faut fe faire teter, & vuider les mam- melles. On apelle cette maladie, le poil. Maurìceau, traité des femmes grosses, l. 1. ch. 17. ) SE CAILLER , v. r. [Coagulart, cogì.} Je me caille, je me fuis caillé, je me caillai. Se prendre, S’é- pajffir. Se congeler. (Le lait se caille. Le sang se caille. Pour empêcher que le lait ne se caille, ìl y faut mettre’de la muscade râpée, avec quelques grains de sel. On a trouvé en Irlande une sorte d’ard'oise noire, excélente contre le flux de sang, & pour empêcher qu’aprés les grandes chûtes, le sang ne se caille dans le corps. Hist.nat. d’Irlande , ch. 19. sf{. <5. * 272. L’huile de tartre, & l’esprit de vitriol mêlez ensemble se caillent après quelque légère effervescence. ) CAILLER , v. a. [Coagulare , cogéré,} II fe dit du Tome L Q q 2 soir zvg CAJ lait & dusang. En Latin , coagulare. II signifie , faire que le lait se caille ou se prenne. Pour faire cailler du lait, on y jette quelques goûtes de présure délurée , & le lait í'e prend une heure ou deux après. A Florence, on caille le lait pour faire des fromages avec des fleurs d’artichaux , au lieu de présure. (La morsure des serpens tuë parce qu’elle fait cailler le sang , & empêche la circulation.) CAILLE', / m. [ Coagulatm , coaH-us .] Lait pris par íe moïen de la présure, & dont on fait des fromages. (Le caillé est bon , & il rafraîchit. Le caillé s’aigrit par trop de présure.) CAILLEBOTTE ,/ f [Concreti lactìs majsas] C’est une malle de lait caillé qui est ferme & épaiíli. CAILLEBOTIS , / m. Terme de Marine. Espèce de treillis fait de petites pièces de bois entrelassees qu’on place au milieu des ponts des vaisseaux pour ' donner de Pair. Acad. Fr. CAILLELAIT , / m. [ Gallium .] Terme de Botanique. Plante ainsi apellée , parce qu’elle fait cailler le lait. On Papelle aussi petit muguet. ch CAILLELAIT. Cette plante pousse des tiges menues , foibles, à la hauteur de quatre pieds, nouées , rameuses , vertes & un peu purpurines. II fort de leurs neuds sept à huit feuilles, disposées en raïon autour de lu tige, comme celles du grateron. Ses fleurs font nombreuses, découpées en quatre parties, petites & blanches , rendant un peu d’odeur 11 on les échaufe ; il leur succède à chacune deux graines. Elle croît dans les haïes. Elle difére dir grateron par ses feuilles qui ne font point velues. Cette plante est deffi- cative & astringente. Elle arrête le saignement du nez , guérit la gratelle & soulage le cancer des mam- melles. Son infusion dans Peau froide convient à l’épilepsie. Elle a aussi la vertu de faire cailler le lait. ■ CAILLOT de Sang. C’est un petit morceau de sang caillé, ou en masse. (Un chat vint qui mangea tous les caillots de sang.) Nouveau traité des femmes grosses , /. 2. cb. 9. p. 252. CAILLETTE, f f- [Abomasum.-] Tripe qui est en forme de petit sachet, & qui tient à la panse du veau, de Pagneau , du mouton. (Les caillettes de mouton font bonnes, mais les plus délicates font celles de veau & d’agncau. C’est dans la caillette des veaux & des agneaux que le forme la présure qui est un lait caillé: & c’est ce qui lui a sait donner le nom de caillette. } f * Ce mot, au figuré, ne se dit qu’en riant & dans le bas ftile, & il lignifie les parties naturelles de l’homme. (s On dit en quelques endroits, ce vin échaufe la caillette, C’est-à-dire, Pcltomac. Aï. Ménagea remarqué dans ses Origines , qu'autrefois caillette étoit un nom injurieux; il cite ce vers de Alarot : Si jamais s en tremble de frisson , Jesuis content qtìon m’appelle caillette. II ajoute que Caillette étoit le fou de François I. í CATLLOTIS 1 f m. Sorte de soude, dont les pierres font de médiocre grosseur, & fort semblables a des cailloux, d’oii elle a pris son nom. CAILLOT-ROSAT , f m. [ Pirum callionium. ] Sorte de poire fort bonne., Nommée aussi poire d’eau rose. Votez Ménage , observât, tome I. art. 201. CAILLOU 1 f m. f Silex , ealculm , scruput.J Pierre qu’on peut jetter avec la main , & qu’on emploie dans quelques ouvrages de maçonnerie. (T antòt l’onde brouillant l’arène, Gémit Af frémit de courroux , Se roulant dejsm les cailloux , Qtfelle aporteÇf qu’elle rentraìne.') CAILLOTAGE , f m. [Scruporum acervu j\] Amas de cailloux. (Faire une grotte de caillotage.) H CAïMACAN. C’est le nom d’un des prémiers Ministres de P Empire Ottoman. t CAIMAN D,./I m. [ Mendicus .] Prononcez ké- mand , forte de gueux. (C’est un caimand.) f CAIMANDER, v. n. [ Mendìcare. j] Prononcez kémandé. Gueuser. (11 ne fait que caimander.) CAJOLER, v. a. s Blandiri. j] Dire des paroles civiles & obligeantes. (Cajoler quelcun. Cajoleries belles. II faut beaucoup cl’art, d’adresse , & d’éfprit pour savoir cajoler un riche , & pour gagner ses bonnes grâces. Ail. Luc. t. 2. parasite . CAL Voir cajoler sa femme ’ss n’en témoigner rien, Se pratique aujourd’hui par force gens de bien. Aloi. cocu. a. i.J'c. 17. (§ Mr. Corneille, dans le Menteur , atl. 1.f. j, Et malgré la douceur de me voir cajolée , II faut que nous f osions feules deux tours d’alêe. Ce terme a été autrefois plus en usage qu’à présent. On le dit dans la conversation & dans le stile comique! 0 CAJOLER. Terme de Marine. C’est mener m! vaisseau contre le vent, à la faveur du courent. C’est aussi faire de petites bordées , ou atendre fous voiles, en faisant peu de route. Voïez Mr. Ménage , dans ses Origines. CAJOLERIE , T f. [Blanditia .J Paroles civiles & obligeantes qu’on dit à quelque personne. (Tout cela n’est qu’une pure cajolerie.) CAJOLEUR , f m. [ Vrocus , amasms. ] Prononcez cajoleû. Celui qui cajole. CAJOLEUSE , f f. [Garrula , amasa .2 Celle qui cajole. 0 CAIQUE- Terme de Marine. Un petit vaisseau. CAISSE,// [Cup/f.] Prononcez hisse., Quelques, uns écrivent quaijse , mais l’usage est d’écrire eni/fi. C’est une espèce de cofre où l’on met de la marchandise. (La caisse est pleine.) CAISSE, s f. Ce mot signifie aussi un cofre fort, dans lequel un Banquier, ou un Marchand tient son argent. Et ensuite il se prend pour tout Purgent qui est dans la caisse , & avec lequel on négocie. (La caisse d’un tel Financier est de cent mille écus.) CAISSE. [ Tympanum .] Instrument de guerre, com. pose d’un fût, & de deux peaux de mouton qu’on bat avec deux baguettes bien tournées. (Batre la caisse. Voïez Tambour.) CAISSE. [Lacunaria.J Terme dc Jardinier. Quarrc creux, fait de bois , ordinairement enjolivé, où l’on met des orangers avec de la terre propre a les entretenir. ( Faire des caisses. Remplir ou vuider des caisses. Mettre des arbrisseaux dans des caisses. On dit aussi , encaisser des arbrisseaux. J CAISSETINS. Petites caisses de sapin, plus longues que larges , dans lesquelles on envoie cette forte de raisins en grapes, séchez au soleil, qu’on apelle raisins aux jubis. CAISSIER , / m. [Capjts prœfefha, capsarmn cuftosl} Prononcez kesjìé. Garçon marchand qui a soin de U caisse. CAISSON,/ m. [Annonarius currus.] Manière de grand cofre avec lin couvercle qui est ferré & en dos d’àne , ce qui sert à mettre du vivre quand on va a l’armée. J On porte aussi les munitions de guerre dans des caissons. H CAISSON. C’est aussi un fourneau superficiel, qu’on fait avec une caisse remplie de bombes ou de poudre, pour faire sauter Pennemi d’un endroit lorf- qu’il y aura fait son logement. CA JUTES. Terme de Marine. [ Leftulimutici .] Ce soiit les lits des vaisseaux qui font la plupart em- boétez autour du navire. CAL, / m. [Callus .J C’est un durillon qui vient aux piés , aux mains, & aux genoux. (11 vient des cals aux mains à force de travailler. 11 vient des cals aux piés à force de marcher. II a les genoux pleins de cals pour s’être trop agenouillé.) J CALÀDAR 1 S, / m. Toile de coton raïée de couge ou de noir , qu’on aporte des Indes Orientales. CALADE,/ f- Terme de Manège. [ Paviinen- tum quadratum flratwn lapide. C’est la pente d uti terrein elevé par où on fait décendre plusieurs fois un cheval au petit galop , pour lui aprendre à plier les hanches , & à former son arrêt. Acad. Frartç. Voïez Ménage. J CALAMANDE, CALAMANDRE ou CALMAfí- DRE. Divers noms d’une étofe , qui se manufactuie en Flandres & en Brabant. J CALAMBOUC,/»!. Efpéce de bois qui vient de la Chine. f- CALAMBOURG , / m. Bois odoriférant, q« vient des Indes, & qui est diférent du Calambouc. On en fait plusieurs ouvrages de tour & de tahleite- rie. 11 contient beaucoup d’huile exaltée S de * e j. ■ CAL íèntiel. li fortifie l’estomac, le cerveau , & les fibres relâchées. CALAMENT , / M. [Calamintba , calamentum.~\ Plante qui croît volontiers dans les païs chauds, & qui a les fleurs plus petites que celles du romarin. II provoque les mois & les urines, & dissipe les humeurs causées par la goûte en l’apliquant fur les jointures. Acad. Fr. CALAMINE, s- f- C Caâmìa , /apis calaminaris.'] Pierre, ou terre bitumineuse , qui donne la teinture jaune au cuivre. £§ Selon Mr. Ménage , qui aprouve le sentiment -duPere Fournierdans son Hydrographie, liv. 10. ch. i. ce terme est dérivé de calamite , petite grenouille verte. II condamne ensuite toutes les autres étimolo- gies. Vdiez-le. CALAMITE , / / [ Magnes . J C’est un des noms qu’on donnoit autrefois à la pierre d’aiman, & ensuite à la Boussole. f CALAMITE. C’est une des huit sortes de Calamine , ou Cadmie artificielle , & la meilleure de toutes. CALAMITE',// [CalamitíU.'] Malheur. Une grande calamité. II est tombé dans une afreuse calamité. Ab!.) CALAMITEUX, ca/amiteufe , adj. f [ Calamitosus. ] Malheureux. Plein de troubles. (Régnes calamiteux. Mauc. schisme , L 2. p. 514.) f CALAMUS AROMAT 1 CUS. C’est une espèce de roseau des Indes Orientales , dont les feuilles font longues , pointues , & vertes, & les fleurs disposées en bouquets jaunes. Sa tige est grosse comme une plume médiocre, rougeâtre en dehors , parsemée de nœuds & remplie d’une moelle blanche d’un goût fort amer. Ce roseau contient beaucoup d’huile & de sel essentiel. 11 est apéritif, il excite les mois aux femmes , il fortifie les parties vitales , & il résisté au venin. CALANTES, ou CALENDES, / / [ Calmd*. ] Ce mot vient du Grec, & il n’eít en usage qu’en parlant de la maniéré dont les Anciens Romains comp- toient les jours des mois. Pbur en marquer tous les jours , ils ne se servoient que de ces mots , Calendes , Nones , & Ides. Calendes ne se dit qu’au pluriel, & signifie le prémier jour de chaque mois. C’est demain les calendes. On aura bien-tôt les calendes) A Ce terme,selon le P. Labbe,ne vient point du Grec staAía, apeller , convoquer , assembler , parce que l’on apelloit les païfans à la Ville pour leur. prescrire tous les fêtes du mois : mais de l’ancien verbe calo , d’où calatœ comitiee , calendarum , dies intercalares. La maniéré dont les Latins comptaient les jours de chaque mois , paroît dificile & embarassante à ceux qui n’y font pas acoûtumez : ils divifoient les jours du mois en Calendes, Nones , & Ides. Les calendes étaient, dans les mois , les premiers jours : mais les nones & les ides n’avoient pas une place fixée par exemple , dans les mois de Mars , Mai, Juillet & Octobre , les nones font de six jours; & dans les autres mois, elles font de quatre : ainsi ces quatre mois , le septième jour s’apelle les nones, & le quinzième les ides , & dans les autres mois où les nones n’ont que quatre jours , on apelle le cinquième nones , & le treizième , ides : quant aux autres jours , on les compte à - rebours, & vont toujours en diminuant. Volez la pratique de ces Régies dans l’Hiftoire du Calendrier Romain de Air. Blonde!, ch. 5. part. 1. Renvoies aux calendes gréques. [ Ad calendus grœcœs.J C’est-à-dire, à un tems qui n’arrivera jamais , parce que les Grecs n’avoient point de calendes. J: CALENDES. On donne aussi ce nom à certaines assemblées des Curez de campagne, convoquez par ordre de l’Evéque. QAler aux Calendes.) CALANDRE , / f. [ Coridalus minima.. ] Sorte de grosse alouette qui a comme un collier de plumes noires. CALANDRE , / f. [ Prœlum Uvigans. J _ Machine par le moïen de laquelle on fait aler & venir un fort gros poids fur des rouleaux autour desqueis on a roulé de l’étofe. CALANDRER, v. a. [ Expolire , lavigare. ] Presser avec la calandre. . ;'f Ce mût est dérivé du Grec barbare. Voïez Ménage. J: CALENDREUR ,./ m. Nom del’ouvrier qui conduit la Calendre , qui met dessous les étoles & les CAL 309 toiles , après les avoir étendues & roulées fur les rouleaux. CALANDRIER , / m. [ Calendarium. ] Petit livre qui sert à connoître les jours fêtez & non fêtez. Table qui contient l’ordre des jours , des semaines & des mois, & qui fut en dernier lieu réformée pat Grégoire XIII. par le retranchement de trois jours bi L- sextes dc quatre siécles. Les Grecs & les Protestait» n’ont point reçû cette réformation. Quelques Protestait s cependant Pont reqûé dès le commencement de ce siécle , en Pacommodant à la circonstance du tems. Voïez Mr. Blondél. f CALASTIQUE , OU Chalaflique. Remede qui a la vertu de raraolir .& de relâcher les parties trop tendues. , CALATRAVA. Ordre de Chevaliers en Espagne, réuni à la Couronne par Innocent VIII. (f CALBACE. Petite bouteille , de l’Espagnoî calabaça. Voïez calebace. CALBAS , f m. [ Funis antennarum eretîhus.J Terme de Marine. Cordage qu’on amarre par un bout à l’un des pacfis , & par l’autre bout à un ar- ganeau qui est au pié du mât. f CALBASSE de Guinée. C’est un fruit qui a la figure de nos Calebaces, long d’environ un pied & & de six pouces de diamètre. Son écorce est ligneuse , le dessus est velouté & verdâtre. Sa chair est de la même couleur que le dedans de la citrouille; mais elle a beaucoup moins de semences. Ce fruit croît fur un arbre haut & gros comme nos plus grands noïers. Sa feuille est épaisse & plus grande que celle du maronier d’Inde ; & le fruit est attaché à l’ar- bre par une queue. Dans fa maturité fa chair a un goût aigrelet , un peu stiptique. On le trouve délicieux dans les païs chauds , & on en donne aux malades pour le cours de ventre. Ses semences font grosses comme des pignons & de la figure d’un rein. Les gens du païs l’apeìlent. Macha-mona. CALCANEUM- Terme d ’ Anatomie. C’est le second os du tarse, & le plus grand de tous. í CALCANTHUM- c’est le Vitriol rubifié. Voïez F omet. í CALCIDIQUES , / / Quelques Auteurs prétendent qu’on apelloit ainsi les sales où les Anciens rendoientja justice, & d’autres croient que c’étoient des endroits , où les Païens feignoient que leurs Dieux venoient manger. Voïez Perrault fur Vitruve. CALCEDOINE,// '\_Chalcedonim laph.'} Sorte d’agate à demi opaque, & à demi transparante, le plus souvent de couleur de rose , & remplie de nuages qui s’étendent par toutes ses parties. Ronel, Mercure Indien , dit que la Calcédoine est d’une couleur qui tire fur le jaune ou fur le bleu, qu’eìle est dur® & transparente , & très-propre à graver en creux ou en relief. í CALCEDOINE u X , adj. Terme de Jouaìllier, qui se dit d’un défaut qu’on trouve en plusieurs pierres précieuses, quand en les tournant on aperqoit (juelques marques , ou taches blanches, semblables à celles de la Calcédoine. CALCINATION , / f. [Extistio rei metallicat, calcinatio. J C’est Faction de réduire en chaux par 1 ® moïen d’un feu violent. ( La calcination est fort en usage dans la Pharmacie Chimique. On divise la calcination en actuelle & en potentielle. II y a des minéraux qui demandent plus ou moins de feu pour leur calcination. Char as , pharm. ch. ;ç.) CALCINER , v. a. [ Torrere , in calcem redigere, calcinare.] Réduire en chaux , par le moïen du feu actuel ou potentiel. (On calcine les végétaux & minéraux. Gla.) ï CALCI1E, ou Colchotar naturel. [ Chalcitis. j C’est un vitriol calciné naturellement par des feux souterrains, rouge ordinairement, traversé par des veines jaunes. 11 se trouve dans les mines de cuivre en Alemagne & en Suede, ct on le met en fusion par le feu. II est detersif & fort astringent. Ií arrête les hemoragies. On s’en sert extérieurement. & il entre dans la composition de la Theriaque. CALCUL , / m. Du Latin calculm. Epaississe- ment d une humeur terrestre & visqueuse, qui se pétrifie dans les rems par la chaleur. H 1 . Q.ss ì. Cetcç 3fo CAL Cette maladie s’augmente par les excès , le long dormir & le coucher fur le dos. ' CALCUL , fi m. £ Computâtio. ] Suputation. ( Se tromper en ion calcul de tous les articles de ce compte. Quand on arrête un compte, on sous-entend toujours, sauf, erreur de calcul. L’erreur de calcul ne se couvre jamais, & se doit toujours réparer dès qu’on vient à la connoître. Ce mot calcul fe dit auíli des suputations qu’on fait en Géométrie & en Astronomie. 11 faut un long calcul pour faire des Tables , des Sinus , &c. des Logarithmes & des Ephémérides. Faire un calcul qui soit juste.) * 11 fie trompe en fin calcul. [In conjiliis capiendis errât. ] Faqon de parler proverbiale, qui se dit d’un homme qui fait des desseins , ou des raisonnemens, fur de faux principes, ou sor des sopoíìtions fausses. ' CALCULER, v. a. sComputare , supputare.) Compter. Suputer. (Calculer une somme. Irson , Arithm. Les Astronomes calculent les éclipses , & les prédisent long-tems avant qu’elles arrivent. Le vois-tu qui calcule ses intérêts avec ses doigts crochus. Abl. JLuc. t. 2 .) f CALCULATEUR, s. m. [ Ratiocinator , computa- tor.J Celui qui calcule. (Adrien Vlac est un grand calculateur de tables. Origan, Replet, Argole, &c. ont été de grands calculateurs d’Ephémérides.) CALE , fi f. f Caiantìca. ] Sorte de bonnet de laine dont se couvrent la tête les paifannes de certaines Provinces de France, comme en Champagne. * CALE. Femme ou fille qui porte une cale. (Voiture a aimé dépuis la couronne jusqu’à la cale. Sears) CALE ,s.f. [ Piieus .] Bonnet d’étofe qui est large & fronce avec des petits rebords en forme de petit chapeau que portent de jeunes laquais qui servent des Demoiselles. Ces sortes de cales commencent à n’être plus en usage. * CALE. Le petit laquais qui porte la cale , & dans pe sens , le mot de cale est féminin , & ensuite masculin dans une même période. ( Elle est suivie par une petite cale qui est fort éveillé.) * 11 a porté la cale. ( C’est-à-dire , il a été laquais de deinoìjelle.) CALE , ou fond de cale. [Infimum navis tabulatum.] Terme de Mer. Le creux du navire. Foum. £§ C’est la partie la plus basse d’un navire, qui entre dans l’eau sous le franc tillac : elle s’étend de poupe en proue, & est , dans un bâtiment de mer, ce qu’une cave est dans un bâtiment de terre. Le fond de cale du vaisseau est au-dessus de la carlingue , jusques pu franc tillac, ou premier pont : c’est le lieu où l’on met les munitions & les marchandises. CALE , fi f. £ Immerfio. ) Terme de Mer. Sorte de íuplice qui consiste à jetter du bout de la grande vergue un homme en mer , attaché à une corde par le corps. ( Donner la cale. Foum.) A Marseille.& à Bourdeaux , l’on punit ainsi les femmes de mauvaise vie. Cg II y a deux fortes de cale, l’ordinaire , & la seche ; & parmi les Iiollandois , une grande cale. Le sieur Aubin a donné un détail de ces trois cales, que vous pouvez consulter. (g CALE. C’est un talus , où l’on monte , & d’où l’on déeend fans marche. (g CALE. C’est un plomb dont on se sert à faire enfoncer l’ameçon au fond de l’eau, dans la pêche de la morue. CALE , fi fi [ Aprica sauces. ] Terme de Mer. C’est un abri propre à tenir les vaisseaux à couvert des vents & des flots. (Notre vaisseau se retira dans une cale. Se mettre en embuscade derrière une cale.) CALE , fi. f. £ Phalanx , hypomoclion. ) Terme de Menuisier. Petit morceau de bois qu’on met sous le pié de quelque ouvrage pour le hausser & le tenir ferme. (Mettre une cale sous le pié d’une table.) CALEBACE , ou calebasse , fi fi. [ Cucurbita lon- ga. ] Sorte de fruit froid qui croît en forme de citrouille. ( La calebace est doucereuse.) CALEBACE. £ Cucurbita. J Bouteille faite d’une courge ou d’une calebace vuide & sèche. ( Sa cale- bace est pleine.) 4= On se sert de Calebaces vuides & bien bouchées pouraprenrfre à nager. (Nager avec des calebaces.) î On dit fig. & prov. Tromper , frauder la calebace , pour- dire , tromper. CALEBACE , s. fi. Terme de Jardinier. II sc dit des prunes, qui au lieu de grossir en Mai, & de con- CAL server leur verd, deviennent larges & blanchâtres & tombent enfin fans grossir. (Prunes calebaces! Quint. Jardins fruitiers, t. i.) L CALEBACIER , fi. nt. Arbre de l’Amerique qui ressemble à un pommier. L’écorce de lòn fruit fournit aux habitans la plupart des petits meubles du ménage. CALEBOTIN , fi m. [ Quq/ìBus Jutoris. ] Terme de Cordonnier. Espèce de piquotin , ou de cu de chapeau ou l’on met le fil & les alênes. CALECHE , J', fi- £ Rbeda minor. ) Maniéré de petit carrosse fort propre , & pour deux personnes feulement. ( Une belle calèche. Marquis , alons au cours faire voir ma calèche, Elle eji bien entendue. Mol. fâcli.) CALEÇON , Calfon , fi m. [Subligaculum , iti. teriora faminalia. ) Ce mot est d’ordinairc de trois iìlabes. Efpece de haut-de-ebausse de toile , de taie tas ou de chamois qu’on met fous le haut-de-chausse. ( Etendus fur la roué en sales caleçons, Abjurerez trop tard vos profanes chansons. Scar. Poés.) t CALEçONNIER , fi m. Ouvrier qui fait des Caleçons. CALEFACTION ,J.fi ÍCalefaclio .] Terme Dog. matique. Action du feu qui cause de la chaleur; cela sc dit des choses qu’on chaufe seulement fans les cuire. CALEMAR , fi. >». £ Calamomm tbeca .] Mot hors d’ufage , dont Sarazin s’est servi en riant. II veut dire cornet d’écritoire, & l’écritoire même. f CALEMARE , ou TANTE. £ Loligo. ] Poisson qui ressemble à la seche, dont la chair est plus molle. 11 a en dedans deux réceptacles ou canaux remplis d’une liqueur fort noire. 11 est stomacal & propre pour chasser les vents. f CALEMBAC , ou TEMBAC. Bois précieux qui vient de la Chine, & qui est le véritable bois d’Aloés. L CALENDES ; voyez CALANDES. é CALENDER ,fi m. Efpece de Moine, ou Dervis , qu’on voit en Turquie & en Perse. Les mœurs des Calenders sent fort suspectes , & on les respecte moins que les autres Dervis. î CALENDER , Churanfim , Chatepeleufii. £ Cur- culio. ] Efpece de ver ou de petite chenille, qui ronge le froment & les fèves. Elle a la gueule & le gosier fort grands. Elle se tient ordinairement fur la sabine , sur le liere, sur les feuilles de noïer, d’ab- sinthe & du nigella. Cet insecte dégénéré en une mouche , il multiplie beaucoup & en peu de tems. 11 est propre pour arrêter le sang, étant brûlé & apli- qué sur la plaïe. f CALENDULE , fi fi C’est la même plante qu’on apelle à présent souci. . ig CALENGER. Terme ancien. Alain Chartier a dit, dans son Quadrilogue : Mais il s ont failli aux places , quand la proye leur a failli , U prìns des amk i ce qu’ils n’eujsent osé fur les ennemis calengier. Duche- ne , dans scs Annotations fur cet Auteur, pag- 817- dérive ce mot de calmnniari , qui signifie quereller. 11 ajoute : ,, Les vieux François ont premièrement ,, dérivé caloigner , & de là, par quelque altération ,, & changement de lettres , calenger. ” Quelquefois on donnoit à ce terme un sens bien opose ; car, dans le Roman de la Rose, il lignifie , louer , jìater. II eji seul qui maine dangier Vers celui qu’il doit calengier, Et qu’il lui convient supplier. Borel, dans son Trésor des Recherches fë? Antiquités Gauloises , dit que calenger lignifie auíli barguigner, & que l’on s’en sert en Normandie. Ra|ueau a remarqué dans son Indice , que dans les Coutumes de Hainaut, de Tournai & de Mons , calenger, c’eltacu- scr quelcun ; c’est aussi Farté ter & le mettre dans les prisons. CALER , ». a. [ Vêla àïmìttere, contrabere.) Q?i signifie abaisser ; mais ati propre il est vieux , « fa place on dit amener. ( Caler les voiles, ou p tôt amener les voiles. Les flots se soulevèrent, Q P tsrcnt CAL térent le vaisseau jusqu’aux nues avec tant d’impétuo- iìté , que les Matelots furent obligez de caler, & de baisser promptement les voiles. Vasconc. ariost. t. i.) f * CALER. [ Cedere , se submittere. ] Ce mot, au figuré, est bon, mais il est bas. II signifie obéir , soumettre. S’acommoder au tems. ( * II faut caler la voile. Je la ferai bien caler.) CALER,©, a. [Hypomodion subjicere.] Terme de Menuisier. Mettre une cale fous quelque ouvrage de menuiserie pour le tenir ferme. ( Caler leà piez d’une table.) CALE VILE, s s. [Malum cahirium.) Sorte de pomme douce & rouge. ( La calevile est bonne.) C ALFA S , s m. [Navalis JHpatio .J Terme de Mer. Etoupes fourrées avec force dans les fentes d’un vaisseau , fur lesquelles on a apliqué du brai tout bouillant. Fourn. CALFAT , f m. [Navalis stipator.'] Terme usité fur la mer Méditerranée. Celui qui calfate un vaisseau. Fourn. CALFAT , si m. [ Insirumentum ftipanda navi com- paratum. J Instrument qui sert à calfater un vaisseau. CALFATER , v. a. [ JunHura; navigii siipare .] Terme de Mer. Garnir de poix & d’étoupes les fentes d’un vaisseau. ( Quelques-uns disent aussi calfeutrer. Fourn. Aubin , Ménage. ÇALFATIN , f m. [ Stipatoris nautìci adminisier. Terme de Mer. Le valet du calfat. Fourn. f CALFEUTRAGE, f m. Ouvrage de celui qui travaille à calfeutrer quelque chose. - CAFEUTRER , ». a. f Stupa navis rimai sarciref) Bouchet des fentes avec de la colle & du papier, ou quelqu’autre chose. (Calfeutrer des fenêtres. Calfeutrer une chambre , un navire.) ($ Rabelais a dit plaisamment : Mais la réponse notes contentera , , ou f ai le sens mal gallefreté. C’est- à-dire , éventé U calfeutré. CALIBRE , f nt. [ Tormenti amplitude , modus.l La largeur de la bouche du canon d’une arme à feu- ( Etre de gros ou de petit calibre. Baie de calibre- Baie qui n’est pas de calibre ; c’est-à-dire, baie qui est , ou qui n’est pas de même grosseur que le calibre du canon pour lequel on s’en voudroìt servir.) t * CALIBRE. [ Convenientia. J Sorte de qualité. ( f Cela s’entend fans faire comparaison de deux Comédiens de campagne à deux Romains de ce calibre- là. Scar. rom. i. p. c. 16.) CALIBRE. [ Amplitude. ] Terme Cí Architecture. Etendue d’une chose en grandeur & grosseur. ( Cette colonne de marbre est de même calibre que cette colonne de pierre. ) CALIBRE. [Ajferculm in triangulum incifm."} Terme de Charpentier. Bout d’ais entaillé en forme d’un angle rentrant, & qui sert à prendre des mesures. ijf Les Marins apellent calibre , le modèle que l’on fait pour la construction d’un vaisseau, & fur lequel on prend fa longueur, fa largeur, & toutes ses proportions. C’est la même chose qu e gabarit. Aubin. CALIBRE. Instrument de Serrurier , pour vorr si les forets vont droit, quand ils forent les tiges des clefs. í CALIBRE. Terme à’Horloger C’est l’espace entre les deux platines d’une montre, qui en font la cage, afin d’y placer les roués & les autres pièces, de telle forte qu’elles ne se nuisent pas dans leur mouvement. CALIBRER, v. a. [ Globorum aneorum modum tem - perare. J Faire de calibre. Dau. ( Calibrer les boulets de canon. Dau.) CALICE, f m. [ Sacer calix .] Vase d’étain, d’ar- ent, ou d’argént doré, dont se sert le Prêtre à la Messe pour faire la consécration. * CALICE. C Tristitia , infortunium, adverfm c asm.'] Tristesse. Disgrâce aftigeante & acablante. Malheur acablant & assassinant. Mort fatale & afìigeante. ( Mon Père, faites que ce calice passe , & s’éloigne de moi. 2 souv. Tesiam.) * II faut boire ce calice. Façon de parler proverbiale , pour dire , il faut soufrir constamment , ou faire quelque chose pour laquelle on a de l’aversion. * CALICE. [ Calix. ] Terme de Fleuriste. Ce mot se dit en parlant de tulipes. C’est le haut de la fleur, dont les feuilles forment comme une espèce de calice. ( Calice de tulipe.) U se dit auífi de quelques autres CAL 311 fleurs-, (Narcisse blanc à calice orange. Jonquille simple à grand calice.) CALIFE, [ Caliphas. ] Prémiére dignité Eclésiasti- que chez les Sarazins. ÇALIFORCHON , adv. f Furcatim. ] Jambe deçà, jambe delà. H L’Académie dit Califourchon!. í CALIN. Espèce de métail plus beau que le plomb, mais inférieur à l’étain. On s’en sert à couvrir les maisons dans les Indes ; & les boëtes à thé qui viennent de la Chine , font faites de Câlin. Bien de gens croient que c’est plutôt un mélange d’étain & de plomb , qu’un métail d’une efpece nouvelle. CALIORNE , st f. [ Funk nauticus traélilk.) Terme de Marine. Gros cordage passé dans deux moufles à trois poulies , qui sert à guinder & lever les fardeaux. CALISTE , f f i Califla. ] Nom que les Poètes donnent à leurs maîtresses quand ils leur adressent des vers. ( Caliste est belle , mais elle est cruelle.) CALIXTE , st m. [ Calìxtus. J Nom d’homme qu’onadonnéà quelques Papes- (Le Pape Calixte prémier étoit Romain : Calixte troisième, Espagnol.) f CALLE'E. Les cuirs de callée, font des cuirs de Barbarie , qui Cachettent à Bonne, & qui font fort estimez. $ CALLOTS, st nt. On nomme ainsi les masses de pierre, que l’on tire brutes des ardoisieres, pour les fendre & tailler en ardoises. CALLEUX , EUSE , adj. [ Callostm.j Où il y a des cals , ou dur comme un cal. CALLOSITE', / /. [ Câlins. ] Petit calus qui se fait en quelque partie de la peau. CALME , adj. [ Tranquillm. ] Qui n’est point agité par la tempête. ( Mer calme.) * CaLME , adj. f Quietrn , pacatus. ] Qui n’a l’e- sprit ni émû ni agité. (* Son esprit est calme. Son ame est calme. Tout est calme ici. Abl. Luc.) CALME, / m. [Malaria.] Bonace. (La saison n’est pas propre a la navigation, à cause des grands calmes qu’il y a. Voit. I. 39. On a résolu , de peur des calmes, de laisser Plsle à bas-bord ; c’est-à-dire, à gauche.) Etre pris de calme . C’est demeurer fans vent. Voyage de Siam. * CALME. D Tranquillité. J Repos , tranquillité. (* La discorde , à l’afpect d’un calme qui l’ofenfe, fait lister les serpens. Destr. Lutrin , chant. 1. Peut-on s’acoûtumer à ne sentir plus rien, Et pour les ctsurs enfin le calme est-il un bien ? Deshoul.) CALMER, ». a. [ Sedere , 1íranquillare. ] Faire ces- fer la tempête. ( Calmer la tempête.) * CALMER , [ Vlacare , moderari. ] Apaiser, modérer. ( * Calmer les esprits. Mémoires de M. de là RochefoUcaut. * Calmer son dépit, Dest. lutrin , chant. 1. La haine entre les Grands se calme rarement. Corn. fst On ne dit point calmer tout seul ; il faut qu’il régisse quelque chose. Malherbe a dit : N’esterons plus, mon ame , aux promesses du inondes Sa lumière est un verre , N fia faveur une onde Que toujours quelque vent empêche de calmer. Mrs. Ménage & Chevreau n’ont pas osé condamner absolument cette locution, empêcher de calmer. Je fuis persuadé qu’il faut dire, de se calmer. CALOIER, / m. Ce mot vient du Grec, & il se donne aux Moines ou Religieux Grecs qui suivent la Réglé de S. Basile. CALOMNIATEUR , st. m. [Caltimnìatoré ] Celui qui acufe faussement, qui fupofe à une personne un crime qu’elle n’a pas commis. Ce mot vient du Latin calumniator. (Un franc calomniateur. Un infâme, un horrible, un détestable calomniateur. Passer pour insigne calomniateur.) CALOMNIATRICE , / f. 11 vient du Latin calumnia- trix. C’est celle qui acufe faussement. (C’est une calomniatrice haïssable.) CALOMNIE , / / II vient du Latin calumnia. Acu- fation fausse. (Une noire calomnie. Une infâme, une outra- 312 CAL outrageuse calomnie. 11 n’y a rien de plus ordinaire dans vos écrits que la calomnie. Pose. ì. io.) Les plus gens de bien se laissent quelquefois tromper par la calomnie. CALOMNIER , v. a. II vient du Latin calumnia- re. Suposer à quelcun des choses fausses. Blâmer faussement. (Calomnier quelcun. Calomnier une ali- ance. Patru, plaid. 4.) CALOMNIEUX , calomnieuse , f Calumniosw .] Faux. (Chose calomnieuse.) Les Ouvrages de N. font pleins de faits injurieux & calomnieux. CALOMNIEUSEMENT , adv. [Calumniosè .] Faussement. (Acuscr calomnieusement.) f CALONIERE. Voïez CANONIERE. CALOTE, f f [Pileolus , galericuluss] Morceau de maroquin ou de velours, de toile, de laine, de foie, d’étofe, qui couvre tout le dessus de la tête de ceux qui font déja fur l’âge, ou qui n’ont guére de cheveux fur le haut de la tête. (Calote, grande, petite, bonne, méchante. L’ufage des calots est fort ancien ; cependant les Ecclésiastiques n’en ont pas porté à l’Ofi- ce avant l’an 1243. & même alors il n’étoit pas permis à un Ecclésiastique d’avoir une calote fur la tête qùand il étoit revêtu d’un surplis ou d’un autre habit qui marquât son caractère. La permission de se servir de calote à l’Eglise ne fut tout-à-fait acordée aux Ecclésiastiques infirmes qu’en i;6;. & même elle ne leur fut pas acordée quand ils diroient la Messe. L’un des prémiers qui ait porté la calote à la Cour, du tems de Louis XIII. ce fut le Cardinal de Richelieu. II n’y a pas long-tems qu’on ne parloit ni aux Papes, ni aux Cardinaux, ni avec une calote, ni avec une perruque à la tête. A cette heure , cette coutume est heureusement changée. Mais les Prêtres doivent quiter la calote au Canon de la Messe, & à l’élévation. Tbiers, traité des perruques , ch. 10. U autre s é) CALOTE de pistolet. Terme à' Arquebusier. Voïez Culote. CALOTIER, s. m. [Galericulorum opifexé] Celui ui fait & vend des calotes. (Les Calotiers étalent 'ordinaire autour du Palais.) CALQUER , v. a. [Rei lineamenta graphio de- scribere.2 Terme de Peintre & de Graveur. Prononcez calker. Contre-tirer un dessein pour en avoir les mêmes traits. f CALQUIERS. Les Atlas Calquiers font des satins des Indes. II y a aussi. des tafetas des Indes qui portent ce nom. CALVAIRE , s m. [Calvaria.] Mont où Jéfus- Chrrst a été crucifié. CALVINISME ì s m. f Calvinismuss} C’est le sentiment du Docteur Jean Calvin fur la Religion Chrétienne. (Suivre, embraser le Calvinisme. Hair, persécuter le Calvinisme. Le Jésuite Maimbourg a composé une Histoire du Calvinisme , & Mr. Jurieu lui a répondu, & a fait une histoire du Papisme. Le Cardinal de Richelieu a commencé en France à détruire le Calvinisme, & Louis XIV. a achevé de l’en chasser.) Ce qui fut exécuté par la révocation de l’Edit de Nantes en 168;. (Des treize Cantons Suisses, il y en a six qui font profession du Calvinisme.) CALVINISTE , adj. [Calvinista .2 Huguenot ou huguenote. Celui ou celle qui suit les sentimens de Calvin. (II est Calviniste, elle est Calviniste. II faut, pour être absout d’un crime confessé. Avoir pour Dieu du moins un amour commencé. Ce dogme, me dit-il, isì un pur Calvinisme ; O Ciel ! me voilà donc dans 1 ‘erreur, dans le schisme. Despr.) CALVITIE , s s Prononcez calvicie. II vient du Latin calvities , & il signifie chauveté , l’état de la tête qui est chauve ; c’est-à-dire, qui n’a point de cheveux. Calvitie n’est pas bien établi, mais où il s’en faut servir, ou dire en deux ou trois mots ce qu’on dit en un. Car plusieurs aiment mieux dire Calvitie que chauveté. Charles le Chauve, Roi de France, eut besoin d’une perruque pour cacher sa calvitie, & cependant il n’en porta point. Tbiers, hijl. des perruques, ch. 2. CALU S, f m. [CaHum.J Durillon qui vient aux CAM mains à force de travailler. (II lui est venu des calus aux mains.) ch CALUS, signifie fig. un endurcissement d’esprit & de cœur , qui se forme par la longue habitude. On le prend en bonne & en mauvaise part. Cet homme se donne à la vertu, il s’est fait un calus contre les railleries des Libertins. Ce Juge s’est fait un calus contre les sollicitations , il est incorruptible. Cet avare est insensible aux besoins des pauvres il s’est fait un calus là-dessus. Les méchant se font un calus contre les remords de leur conscience. Acad. Franç. J (f CAMAGNES- Ce font des lits de vaisseau dont la plupart font emboîtez autour du navire. Ce terme n’est point usité dans le Ponant. CAMAIEU, f >». [Lapis in quo videnturfigura non imprejja, sed ingenitœ.'] On a donné ce nom à de certaines pierres, où par un jeu de la nature , fe trouvent plusieurs figures, passages & autres choies ; de forte que ce font des espèces de tableaux fans peinture. CAMAÏEU, s m. [Imago monothromatea.'] Terme de Peinture. Ouvrage de peinture qui n’est que d’une couleur. Dr Pile, traité de peinture. CAMAIL, s m [Epomú, humerale.'] Habillement dont les Evêques, les Curez & les Chanoines, tant séculiers que réguliers, se couvrent la tête & les épaules dans l’Eglise, depuis Novembre ou Décembre jusques à Pâques. Les Camails font redevables de leur origine aux capuchons des Moines. On croit que les Ecclésiastiques n’ont porté le camail à l’Eglise que vers la fin du iç. siécle ou au commencement du 16. Les Barnabites & les Théatins, &c. ne portent point de camail à l’Eglise, parce qu’on n’y en portoit point du tems de leur établissement. Les Ecclésiastiques portent le camail à l’Eglise quand ils y servent, & qn’ils font au cœur. Ils les abatent fur les épaules à l’Evangile, à l’élévation de l’hostie, & toutes les fois que celui qui préside au cœur, à la tête nuë. Tbiers, histoire des perruques. ch CAMAIL. Terme de Blason. Camail, ou man. telet , c’est le lambrequin dont les écus & les casques des chevaliers étoient autrefois couverts. CAMALDOLITES , s m. [Camaldulanì.'] Religieux habilez de blanc, qui ont été fondez en Italie par S. Remuald, & apellez Camaldolìtes à cause du lieu où ils furent d abord établis, qui s’apelle Campo maldoli. Quelques-uns les apellent Camaìldoli. II y a aujourd’hui en France quelques maisons de ces Religieux. CAMARADE , f m. [ Socim, commilito.1 Compagnon. Celui qui est de même qualité & de même profession. (Un fidèle camarade.) CAMARD , f m. [Simus vir.J Celui qui est camus. (Un vilain camard.) CAMARDE , f. f. [ Sima mulier. ] Camuse. (Une laide camarde.) CAMBAGE , f m. [Vecligal ex cerevista. ] Droit qui se léve sur la bière. 0 Voïez la Coutume de Boulonnois, art. 4;. 6a- land, dans son Traité du Franc-aleu , dérive ce terme de Camba, une Brasserie, lieu où l’on fait la bière. Voisins, de vitiis sermon, lib. 2 . c. 4. le Glossaire de Lauriére. CAMBISTE , s m. [ Argcntarius , mensarmi. ] Terme de Banque & de Négoce , qui se dit des gens qui fournissent des lettres de change, ou qui en acceptent. CAMBOUI, s m. [ Curulis exur.gia. ] Graisse noire qui fort du moïeu de la roue, & vient au bout de l’efsieu des chariots, des charettes, &c. f CAMBRASINES. Toiles fines d’Egipte. Elles font nommées Cambrajìnes , à cause de leur ressemblance avec les toiles de Cambrai. ,ch CAMBRAI, ou CAMBRESINE. Toile de lin très-claire, qui se fabrique à Cambrai ou à Peronnc. CAMBRER, v. a. [Fleclere , camerare.] Plier. (Cambrer une forme. Ternie de Formier. Cambrer un soulié, terme de Cordonnier .) 0 CAMBRER. C’est courber les membrures, planches & autres pièces de bois, pour quelque ouvrage cintré. La cambrure fe fait en présentant au se» ces pièces de bois qu’on a ébauchées en dedans, & en CAM en ïes laissant entretenues quelque tems par les outils que les Charpentiers apellent sergents. CAMBRURE , f f- [Flexura.) Terme de Fermier & de Cordonnier. Maniéré dont une chose est courbée. (Cambrure de forme de soulié. La cambrure d’un soulié.) f CAMEADE- Espèce de poivre sauvage, dont le grain est d’abord verd, puis rouge, & enfin noir quand il est sec. On l’apelle quelquefois Bois gentil & poivre des montagnes. 4 CAMELE'E, f f. Arbrisseau qui jette beaucoup de sarmens, & se divise en plusieurs branches. Ses feuilles ressemblent à celles de l’olivier, mais plus brunes & plus petites. Son fruit devient rouge en meurissant, & fa peau est d’un goût amer, & fort brûlant. Le suc qu’on en tire, mêlé avec d’autres purgatifs s’emploïe quelquefois dans les hidropisies. CAME'LEON , f m. [ChamAeon.) Animal grand comme un lézard ordinaire. II a la queue longue comme une taupe, il marche peu à peu, & se nourit d’air & des ratons du soleil, qu’il reçoit à gueule ouverte. II n’a point de poil, mais des taches fur la peau qui prennent la couleur du lieu où il est. Abl. Marm. $ CAMELEON. On donne ce nom à Tune des dix- huit Constellations australes que les Astronomes modernes ont observées. Elle est composée de dix étoiles de la cinquième grandeur. f CAMELINE , ou CAMENINE, f. f. [Mya- - grumsativum.) Plante dont la semence fournit une huile propre à adoucir les aprêtez du cuir & aux usages ordinaires. C. Bauch. CAME'LE'OPARD , f m. [Cameleopardus .] Animal qui se trouve dans PAbiffinie ainsi apellé; parce qu’il a la tête & le cou comme le chameau, & qu’il est tacheté comme le léopard. CAMELOT , f. tu. [Pannus ê vìllo caprino con- textm.j Sorte d’étofe de laine & de poil. (Camelot ondé.) II ressemble au camelot , il a pris son pli. Proverbe, pour dire, qu’une personne ne changera plus de mœurs ni de conduite. CAMELOTE', E'E , adj. [ Cilicìi operk more contextus. Etofe tissuë ou ondée en forme de camelot. (Etamine camelotée.) f CAMELOTIER, f. m. C’est le nom qu’on donne a une forte de papier très-commun. í CAMELOTIER, f. m. Les Líonnois donnent ce nom à ceux qui font la contrebande. On dit ailleurs Contrebandiers. CAMELOTINE, f. f. [Pannus tenui fib cilicìi operk more contextus .3 Etofe tissuë ou ondée comme le camelot. CAMERIER , f m. [ Camerarius. ] En Italien, Camerìere. (Camerier d’honneur. Camerier secret. Oficier du Pape & de Cardinal ; mais en France cet Oficier de Cardinal s’apelle Maître de chambre.) CAMERLINGUAT, f m. [Camerarii dignités.'] Dignité ou charge de Camerlingue. CAMERLINGUE , f. m. [Camerarius Ecclejìœ.) Ce mot est Italien. C’est un Cardinal qui est le chef de la Chambre Apostolique. CAMION, f m.. [Cisolium.~] Petit baquet qui est traîné par un cheval ou par deux hommes, & dont on se sert pour mener de la marchandise, & traîner du vin & de la lie, A c. Le mot de camion n’est pas li usité que celui de baquet. Le camion a plus de oours à la campagne, & le baquet en a beaucoup plus a Paris, où le mot de camion n’est guére connu. CAMION, f. m. [Brevk acicula.) Epingle courte & déliée qui sert aux Dames pour s’ajuster. T CAMIONS , ou Rondelles. Nom que l’on donne aux plus petites bosses, ou têtes de ces chardons dont on se sert dans les manufactures de lainerie. On les apelle aussi têtes de lìnotes. í CAMISADE , f /. [Noffurna pppugnatio.) Ata- que qu’on donne aux ennemis le matin, mais ce mot camijade n’est presque point usité présentement. T L’Academie admet ce terme , & on! dit donner une camìsade à l’ennemi, le surprendre. CAMISOLE . s f. s Thorax intcrior. ] Habillement qui décend deux ou trois doigts plus bas que la ceinture, qui a des manches, qui se met sous le CAM 313 juste-au-corps, qui se fait d’ordinaìre de futaine ou de basin, qui se boutonne comme un pourpoint, ou qui a des œillets, & qui se lace. CAMOMILLE , s. f. [Anthémis .] Petite plante qui a plusieurs branches, & plusieurs petites feuilles fort menuës. Ses fleurs font jaunes au milieu, & tout autour. H CAMOMILLE. [Cbamcemelum.) C’est une plante médecinale dont il y a plusieurs espèces. II y en a une simple & une double, qui est odoriférante. Cette dernière s’apelle Camomille Romaine. La pré- miére sert pour les lavemens & les fomentations, & la double fe prend intérieurement. Elle convient à toute forte de coliques en infusion, chasse les vents & adoucit les aigres. H CAMOMILLE puante. [Barthenium Laptophyl- Ion , vcl cotula sylvestris vel fatìda .J Cette plante a une odeur forte & très-puante, & on la trouve dans les champs. Elle contient beaucoup de sel & d’hui- le exaltée. Outre les qualitez des précédentes Camomilles , elle est particulièrement histerique ; elle abat les vapeurs, & excite les mois. On s’en sert en fomentation & en lavemens. On l’aplique fur le nombril. H CAMOMILLE, qui n’a pas d’odeur, Cotula non fatida. Cette plante n’est pas en usage dans la Médecine. Cependant Mr. Fingré s’en est servi avec succez pour apaiser les douleurs causées par les cancers. Volez fa Métode Générale pour conserver la santé des hommes. CAMOMILLE , f. f. Graine de camomille, ou de fleur de camomille. C A MOTARD, f m. [Pannm è villo textus. ] Etofe faite de poil de chèvre sauvage, f On l’apelle camoiard dans Furetiere. t CAMOUFLET, / m. [Fumì in osinsuffiatio,) Cornet de papier qu’on brûle par le bout, & dont on soufle la fumée au nez de celui qui dort. (Donner un camouflet à quelcun. Grand nez , digne d’un camouflet , Belle au poil de couleur d’orange, . Mâchoire à recevoir soùflet, Portrait de quelque mauvak ange , Tu veux donc plaider contre moi. Scar. Poésies.) f * CAMOUFLET , s. m. Je n’aì vû ce mot, au figuré, que dans le Réteur Richefource : mais quoique ce Mr. de Richefource soit auteur au grand coller, il y a des gens qui doutent un peu de l’usage de ce mot, au sens qu’il le prend. On en jugera par la titre de l’un des beaux livres dont il régale le public. II apelle cet ingénieux livre, le camouflet des Auteurs, & il y a des personnes qui osent dire que ce bel ouvrage mériteroit qu’on donnât véritablement toutes fortes de camouflets au grand homme qui l’a composé. Mais ces personnes ont un peu tort ; on ne traite pas si indignement les grands Orateurs. On n’en pouroit dire d’avantage du grand Poste T. & du Co- riphée des Traducteurs Gaulois. f CAMOUFLET. L’Académie l’admet au figuré. Ce terme signifie un afront, une mortification. II a reçu un vilain camouflet. CAMP , f m. [Ca/irum.] Lieu où une armée fe loge, se retranche , & prend ses quartiers. (Asseoir bien son camp. Abl.) £ On dit fig. Palatine est au camp ; c’est-à-dire, on craint un malheur, une disgrâce. £ CAMP, se prend aussi pour l’armée campée. Le camp est tranquille , le camp est alarmé de l’aproche des ennemis. f CAMP. II seroit utile pendant la paix de former plusieurs camps en été, où les Oficiers Généraux exerceroient eux-mêmes les troupes dans les grandes manœuvres de la guerre ; c’est-à-dire, dans la tactique , que Les Soldats non plus que les Oficiers ne peuvent aprendre que par l’exercico. Polybe de Folard. CAMP volant. [Expedita manus.) Troupes montant à quatre, cinq ou six mille hommes, & souvent à d’avantage , qu’on envoie pour obliger l’ennc-mi à faire diversion, pour faire lever quelque siège, ou pour terminer quelque chose d’ïmportance, asin d’avancer les desseins qu’on a, & retarder ceux de l’ennemi. (Commander un camp volant.) í On apelle Maréchal de Camp , un Oficier Gêné- Tome L R í ral 314 CAM ïal au dessous du Lieutenant-Général : Mcstre de Camp , c’est un Colonel de Cavalerie ; c’est aussi un Colonel d’infanterie : Mestre de Camp du régiment des gardes. Aide de Camp, est un Oficier qui porte les ordres des Généraux. î CAMP , se dit aussi des lices où l’on faisoit autrefois entrer les champions pour vuider leurs diférens par les armes. On dit, demander le camp, donner le camp , nommer un Juge du camp. CAMPAGNARD, / m. {Ruris incolast Qui est des champs. Qui n’est pas habitué à Paris. Qui est de quelque Province du Roïaume de France. (C’est un franc campagnard avec longue rapière. Mol. sàch. a. 2. sc. 6 . Deux nobles campagnards , grands leHeurs de Romans s Qui m’ont dit tout Cyrus dans leurs longs corapli- mens. Defpr.) CAMPAGNARDE , f f- Qui est de quelque Province du Roïaume de France, & qui ne fait pas d’ordi- naire son séjour à Paris. f Avoir l’air campagnard, les manières, campagnardes. C’est n’avoir pas les manières & la politesse qu’on acquiert dans le grand monde. CAMPAGNE, f.s. {CampusJ Etendue de pais. (Rase campagne, c’est une campagne où il n’yapoint de bois. Se mettre en campagne ; c’est-à-dire, en marche. Abl. Tenir la campagne. Voit. I. 74. La campagne de Flandres. Les Allemans ont commencé tard leur campagne.) CAMPAGNE. [Bellicte uniuscujusque anni expeditio- nes .] Espace de teins qu’on sert le Roi à l’armée. (Faire une campagne. Servir une campagne.) CAMPAGNE. {Rsssé] Ce mot est quelquefois oposé à celui de ville, & signifie qui ejl des champs. (C’est un de mes amis de la campagne. O 'úi, Lamoignon, je fuis les chagrins de la ville, Et contre eux la campagne est mon unique asile. Defpr.) H CAMPAGNE. On dit fig. qu’un Auteur, & un Orateur battent la campagne , quand ils disent des choses inutiles qui ne prouvent rien, & qui font étrangères au sujet. CAMPANE, f /• {Campanula ex auro vel argento textili.'] Ornement en maniéré de frange ressemblant à une cloche, telle qu’on en voioit à la bordure de la chape d’Aaron. CAMPANE, / f. f Campanula operissculptilis .J C’est un ornement de sculpture, d’où pendent des îíoupes en forme de petites cloches. CAMPANE, f m. [Capitulum corinthiacum vel com- posttum, abacus .J Terme d’ ArchiteHure. Chapiteau Corintien, qui représente un panier ou une corbeille entourée de feuilles. CAMPANE énule, ou campane aunée. {Emula cam- pana , Helenumst C’est une plante , selon Dioscoride, qui a les feuilles comme le bouillon mâle , mais plus longues & plus âpres. II y a des lieux où elle ne jette point de tige. Sa racine confite est bonne pour l’e- stomac. £ CAMPANE jaune. [ Eulbocodium .] C’est une espe- ce de Narcisse sauvage, qui a les feuilles hautes & étroites. Sa tige porte à son sommet une belle fleur à une seule feuille évasée en campane, pâle, soutenue par un calice jaune , doré, envelopé d’une gaine membraneuse & entouré de six feuilles pointues & pâles. A cette fleur succèdent des petites semences presque rondes & noires. Sa racine est bulbeuse. Elle croît dans les lieux humides & dans les bois. Elle contient beaucoup d’huile & de sel essentiel. CAMPANELLE , f / {Campanula maximafolìis latijjìmss .] Fleur blanche , bleue , rouge , ou de couleur gris de lin , qui fleurit en Juin , Juillet, Août & Septembre , & qui est faite en forme de petite cloche. H CAMPANETTE , ou Liseron convolvulus. II y a plusieurs especes de cette plante. La prémiére s’a- pelle grand liseron, & croît dans les haïes entre les arbrisseaux; elle est un peu amere & acre. La seconde est Je petit liseron, qui ressemble en tout au grand, mais qui est plus petit. II croît dans les blez & les lieux incultes. L’un & l’autre liseron rendent du lait. Ils contiennent beaucoup de sel essentiel. Ils sont detersifs, apéritifs, vulnéraires, propres pour l’asthine, CAM pour les ulcérés des oreilles, & pour lâcher le ventre. t CAMPANINI. Marbre d’Italie , qui sc tire des montagnes de Carrare , à Pietra-santa. On le nomme ainsi, à cause qu’il résonné en le travaillant, & qu’il imite en quelque sorte le son d’une cloche. $ CAMPANULE , ou Gantelée , ou Gands de Nôtre- Dame. {Campanula astierior .] C’est une plante qui s’éleve à la hauteur de deux pieds ou environ. Ses tiges sont vessies. Ses feuilles sont disposées alternativement le long des tiges , & semblables à celles de sortie, mais plus pointues & garnies de poils. Ses fleurs sortent des aisselles des feuilles ; elles sont faites en cloches évasées & coupées fur leurs bords en cinq parties , de couleur bleue , ou violete , 011 blanche. 11 leur succède des semences menues, luisantes & rougeâtres. Sa racine est blanche & a le goût de celle de la Réponse. Cette plante est laiteuse, croît dans les prez, le long des vallées & dans les lieux sombres. Elle contient beaucoup d’huile & de phlegme , & peu de sel. Elle est astringente , détersive , vulnéraire , propre pour les inflammations de la bouche & de la gorge. H CAMPANULE. II y a une autre Campanule, qui est le Médium Alpinum , dont les feuilles ressemblent a celles de YEchium , en François herbe aux vipères. Sa diference avec la Campanule dépend du nombre des loges de son fruit ; car il en a cinq , au lieu que celui de la prémiére campanule n’en a que trois. Cette plante est astringente & rafraîchissante. Elle arrête les hémorragies étant prise en décoction. î CAMPANULE. II y en a une troisième espece, qui est la Réponse, Rapunculus Efculentus. C’est une plante qu’on mange en salade, lorsqu’elle est tendre. Elle est aperitive , bonne contre la pierre, & la gra- velle ; elle aide à la digestion, fortifie sestomac, & résisté au venin. Elle contient beaucoup d’huile & de sel essentiel. _ CAMPEMENT , f m. {Castrorunt metatìoj Action de se camper. (Cela arriva après le campement de l’armée.) CAMPER, v. n. {Castra ponere , metari. J Ternie de Guerre. Chercher un lieu commode pour asseoir le camp, pour se loger, & prendre les quartiers. (Camper au milieu d’une plaine.) Ce verbe est quelquefois actif. Se camper , v. r. {Locum occuparest Je me campe, je me fuis campe', je me campai. Asseoir le camp & se loger. (Se camper avantageusement.) La rivière est comme là, Ici nos gens se campèrent, Et l’estace que voilà, Nos ennemis l’oeupérent. Mol. Amph.) * Se camper. [ Eximio habitu U statu reHo este. ] Terme de Maître d’armes. (Se mettre bien en garde. Campez-vous bien.) ss CAMPERCHE, f f- Les ouvriers en tapisseries de basse-lisse apelïent Camperche , une barre de bois qui traverse leur métier d’une miné à l’autre , & qui soutient les sautreaux , où sont attachées les cordes des lames. ss CAMPESCHE ,f m. Rois qui vient de l’Ame- rique , propre à la teinture, à la marquetterie , ou ta- bleterie. CAMPHRE , f m. [ Camphora. ] Gomme résineuse qui sort d’un arbre qui croît aux Indes Orientales. Oncroitle camphre contraire à la génération. Camphora per nares castrat odore mares ss CAMPHRE' , camphrée, adj. Où l’on a mis dlí camphre. Esprit de vin camphré , eau de vie camphrée. ss CAMP O, ou PETIT CAMPO. Laine d’Espa» gne qui vient deSeville ct de Mal aga. t CAMPOS, / m. {Facatio.J Terme de Colége- Conge qu’on donne aux écoliers de sortir pour aìer aux champs , pour jouer & pour sc divertir. ( Les clercs n’ont campos que les dimanches & les jours de fêtes. Hé bien , je vous donsse campos, Afin d’avoir plus de repos. Recueil de pièces galantes.) CAMUS, / m. £ Simm. J Qui a le nez petit, creux CAN creux & enfoncé du côté du front Camard. (C’est un laid camus.) CAMUSE, s. s [Sima.] Camarde. (Une vieillesle camuses ^ camK st çg Mente ; c’est-à-dire , triste U honteuse. , (f On dit qu’un homme est reste camus , quand u a manqué son coup, & que le succès a trompé ses espérances : il lignifie pour lors , triste , afligé , dans le ftile bas ; & nos Poètes ne diroient pas , comme Mr. Belleau a dit autrefois dans une Eglogue , en décrivant le triste état de ses Chevres, pendant la rigueur de l’hiver : Ha Dieu ! que je vous-plains , quand la froide saison Vous retient s long-tems camuses en prison. Et ensuite : Broutez donc hardiment, broutez donc camusettes. Sarrazin a dit, dans son Mélancolique. Moi , qui toujours fur toutes choses Honorais Momus N Cornus , Je fuis taciturne camus. H Rendre un homme Camus. C’est le couvrir de confusion , lui fermer la bouche. (Cet homme faifoit l’habile , mais on l’a bien rendu camus.) Ce terme ne doit être emploie que dans. le ftile familier. t CANADOR , f sn. Mesure des Liquides de Portugal. Le Cauador revient au mingle , ou bouteille d’Amsterdam. CANAILLES , f f í Infimì homines. ] Mot injurieux , qui vient de l’Italien canaglia , & dont quelques maîtres colères fe fervent pour parler à leurs serviteurs, quand ces serviteurs n’obéïflent pas , ou ne font pas aster vite leur devoir. ( Ces canailles me laissent toujours tout seul. Mol. préc.) ' CANAILLE, f f. [Populi , plebéia sex.'} Les petites gens, les personnes de la plus baffe condition. (La canaille est à craindre. Abl. Mann. t. i. I. z Etre apuré de la canaille. Mémoires des guerres de Paris. La canaille soûtenoit le parti de, &c. Là-même.) On a fait ainsi l’épitafe de Air. Clerinont de Tonnerre, Evêque de Noyon, qui vantoit sans cesse fa Noblesse : Cy gît & repose humblement, De quoi tout le monde s'étonne, Dans un f petit monument, Villustre Tonnerre en personne , On dit qiientrant en Paradis, II fut reçu vaille que vaille ; Mais ifen sortit par mépris, H’y trouvant que de la canaille, Aut. anonyme.) f CANAILLE, se dit aussi par badinerie, de petits enfans qui font du bruit. (Faites taire cette petite canaille.) {$ On croit que le terme canaille vient de canis , un chien, parce qu’on apelloit autrefois les Païens & les Juifs, chiens, canes. C’est ce que nous aprenons de Papias : Canis sgnificat Diabolurn Judœum U Gen- tilem. Juste-Lipse est de ce sentiment, Ep. 44. cent. 1 . ad Belgiíi. Ç’a toujours été , & c’est encore une extrême injure. Achille , dans fa fureur, ne dit-il pas qu’Agamemnon est un insensé , à qui les fumées du vin troublent la raison , N qu’il a !impudence d’un chien dans les yeux ? On dit encore à présent, C’est un chien un misérable , Uc. CANAL, / m. [Canalis.} Ce mot fait au pluriel canaux , &il signifie lieu creusé en forme de fleuve , & où il y a de seau. (Un grand canal. II y a dans la Chine un canal qui a plus de 245. lieues ,& 72. écluses. Nouv. rélat. de la Chine. Le canal du Languedoc ferr à la communication de l’Ocean avec la mer Méditerranée. Le canal de Briare joint la Seine à la Loire.) ($ CANAL. C’est un intervale de mer entre deux terres, dont les extrémitez vont répondre à la grande Wer; ou bien les eaux qu’elle pouffe dans les terres. On fe sert aussi des termes de détroit , bras de mer , manche, pas, ou passe. Le terme de détroit est plus afecte à quelques détroits particuliers, comme le détroit de Gibraltar, qui est entre l’Afrique & l’Europe, «c. Volez Aubin. CAN 315 jQT Faire canal. On dit des galères & des bâtimens de bas-bord , La galère fait canal, quand la traversée est si longue, qu’elle perd de vûé les côtes , ou du moins qu’elle passe des nuits entières au large en mer, fans aprocher de la terre. CANAL. [Alveus.} Lit de fleuve. (Fleuve renommé pour la grandeur de son canal. Vaug. Quint. I. c. 4.) CANAL. [AquœduH-us , tubas.} Lieu par où coule Peau. Petit conduit rond , fait de terre , de plomb , &c. par ou coule l’eau. (Canal d’aqueduc, canal de fontaine.) * CANAL. [Via.} Personne sainte, ou autre par qui nous vient une chose. (La Sainte Vierge est le canal d’où vient la gloire qui cause notre souverain bonheur.) * CANAL. [Canalìculw.} Ce mot en termes d’A- natomie veut dire , étendue d'une chose creuse. ( * Le canal de la matrice. Le canal de l’épine du dos. Deg. î Le Canal de la verge ou le conduit par où passe l’u- rine des hommes.) * CANAL. [Tubus catapulta. } Terme d’ Arquebusier. à Creux fous le fût du fusil, du pistolet, ou d’autrs pareille arme, où fe met la baguette. Le canal de 1 * baguette.) * CANAL. [Canaliculus.} Terme AI Architecture. C’est dans le chapiteau Ionique une partie un peu creusée qui est sous le tailloir , & posée fur l’ove, & qui fe contourne de chaque côté pour faire les volutes. * CANAL. [Canalis.} Ce mot, en parlant de cheval , est l’efpace qui est entre les deux barres, où fe loge la langue du cheval. CANAL. [ Aquee pluvhe emìjsarium , vomìtorìum. ] Terme de Maçon. Tuïau de plomb , qui sert à conduire les eaux pluviales depuis le toit jufqu’en bas. CANAUX, f Striatura. ] En Architefiure , ce font des canelures fur une fafee , ou fous un larmier, qu’on remplit quelquefois de roseaux & de fleurons. CANAPE ', f m. [ BstelUum. ] Espèce de chaise à dos fort large , où deux personnes peuvent s’asseoir fort à Passe , & que quelques-uns apellent sopha. {§ Le canapé a un dossier & acoudoir à chaque bout : on peut s’y asseoir & s’y coucher car on lui donne toute la longueur que l’on veut. Air. Ménage a crû que cette efpéce de siège pouvoit être nommée en Latin embrimium, mot entièrement Grec, qui signifie un banc large , propre à fe reposer , lors-que l’on n’a pas assez de tems pour fe mettre au lit. Les Chartreux en ont dans leurs cellules. Cassien en parle dans ses Conférences, collât. 1. chap. dernier. II signifie aussi ce que nous apollons un canapé , qui est une efpéce de petit lit de repos. Scaliger dit, qu’il 11e fait d’où vient embrimium : il vient de stqlcnv , dormitare , faire un sommeil leger. Briso étoit la Déesse du sommeil. Air. Du Gange croit avec assez de vraisemblance , que c’est un mot Egiptien : & Casau- bon sur Baronius , n. 9. lui donne une origine Gréque. t CANAPSA ,/ m - [Mantula, capsula.} Sac de cuir que porte un goujat fur les épaules , ou quelque pauvre artisan quand il volage. (Son canapfa est perdu. CANARD , s m. [Ana 1.] ' Oiseau de rivière ; de Couleur grise & violette , avec un gros bec & des piés plats. (Canard sauvage , canard privé.) * CANARD , [Canis crispus.} Chien barbet qui va à Peau quérir les canards & oiseaux qu’on y a tuez. H CANARD. On apelle Bois canard dans ie commerce du boisfloté, les pièces de bois que l’on met en flotage fur les petites rivières , & qui y plongent, ou s’y arrêtent. f CANARDER, v. a, [ Ferream fiftulam dstslodere.} Tuer avec une arme à feu comme on tue un canard. (On dit en proverbe, donner des canards à quelcun , quand on lui en fait acroire.) H CANARDIERE , / /. C’est le lieu où l’on prend les canards sauvages dans des filets, ou cages d’osier, par le moïen d’un canard privé, qui les apelie & les y conduit. f CANARDIERE, fe dit aussi d’une ouverture de muraille, d’un trou par où 011 peut tirer fur ì’enne- mi en sûreté & sans en être aperçu. CANARIES ,// [ Canaris hstula. ] Isles de la Mer Atlantique. (Les Canaries font fameuses, & il y a.sept Isles qui portent ce nom.) Tome I. R r a cA- 3 16 CAN CANARIE , s. m. [Siren canarienss.] Serin de canarie. Voïez Serin. (Un canarie mille. Un canarie femelle.) CANARIE , / f. f Canariens!)'saltatio. ) Danse ou l’on remue fort vire les piés. (Danser les Canaries.) t CAN ASTRE ,/ *>i. Lofre fait de peau de beuf, dont les Espagnols fe fervent dans les Indes. Le ca- nastre ressemble à nos manequins. í CANCAMUM. Espèce de gomme laque, qui sert dans la Médecine. f CANCANIAS- Atlas, ou Satin qui vient des Indes Orientales. $ CANCAN, / m. Terme bas & burlesque , qui signifie la même chose que bruit , tintamarre. f CANCEL,/ M. C’estla partie du chœur d’u- ne Eglise , qui est entre le maître autel & la balustrade qui la renferme. On dit aussi quelquefois chancel, mais l’Académie paroit préférer cancel. On le dit aussi du lieu dans lequel on tient le sceau, & qui est aussi entouré d’une balustrade. ch CANCELLE ,/ m. Sorte de petit cancre, qui ressemble à l’araignée. CANCELER, r>. a. II vient du Latin cancellare, & est un terme de Pratique. C’est annuller , casser , barrer par des traits de plume. (Canceler les lettres.) CANCER,/ m. Terme de Médecine. Tumeur impure, maligne, ronde & inégale, qui est au commencement fans douleur, & qui est engendrée d’une humeur atrabilaire. Tév. CANCER, / m. Un des douze signes célestes, qu’on apelle aussi Ecrevijse. CANCRE,/ nt. [Cancer.] Poisson d’eaudouce, d’étang ou de mer, couvert de croûte ou de coque dure , qui a le corps rond avec deux bras fourchus, & quatre piez de chaque côté. Le cancre n’a point de queue, ou s’il en a une, il la tient serrée sans retendre. Rond. Les cancres qu’on trouve dans l’eau douce , s’apellent écrevisses. [CancerfiuviatìlU.] fg Les Antiquaires se servent du cancre, pour marquer sur les médailles une ville maritime ; il est encore le limbole de la prudence ; & les Anciens l’ont consacré à Minerve, qu’ils reconnoissoient pour être la Déesse de la sagesse : & comme le cancre se dépouille de son écaille quand il en est incommodé, on regarde cette action , quoique naturelle, comme un éfet de la sagesse & de la prudence du cancre. f * CANCRE. [Miser, nequam.] Misérable, coquin , maraud. (C’est un cancre, un haire , un pauvre diable. La Fontaine , fables , l. r. Richelet a quatre ou cinq cancres en literature , qui font ses ennemis , & contre qui il fe déchaîne aussi quelquefois. M. T. I. A. d. H. le pauvre bon homme V. &c.) LANDE, est finonime avec Confiant, Coudé & Cognac. C’est l’embouchure où la Vienne fe joint à la Loire. CANDE'LABRE, / m. Mot écorché du Latin candelabrum. C’est un grand chandelier de sale qui a plusieurs branches. CANDELETTE , / / [Contas bamatus.] Terme de Marine.] Corde garnie d’un crampon de fer pour acrocher Panneau de l’ancre quand on la veut mettre fur les bosseurs, lors qu’elle est sortie de l’eau. CANDEUR ,// II vient du Latin candor. Une grande, charmante, aimable candeurs c’est-à-dire, bonne foi , sincérité. (11 a une candeur qui le fait aimer. Abl. Minutim. C’est un homme d’une sincérité & d’une candeur des premiers siécles. Vie de S. Ignace. Ses paroles forit acompagnées de vérité &de candeur. Morale du Sage. N’efperez plus de candeur ni de franchise d’un homme qui s’est livré à la Cour. La Bruyère .) CANDI. [Saccarum canditum.] Ce mot fe dit en parlant du sucre. C’est un sucre dépuré & réduit en forme de cristal. II y en a de deux sortes ; savoir le blanc & le rouge, le blanc est le meilleur. (Sucre candi.) f CANDI, ou CANDO. Mesure des Indes Orientales. Le Cando de Goa est de dix-fept aunes de Hollande. CANDIDAT, / m ., II vient du Latin Candidatus. C’est celui qui aspire à quelque dégré , ou à quelque dignité. Le mot de candidat semble être aujourd’hui CAN un peu de raillerie. (11 n’est pas rcqû dans cette charge , il n’en est que candidat.) CANDIDE, adj. 11 vient de candidat. Sincère. (Esprit candide. Humeur candide, procédé candide. Abl. Luc.) t CANDIDEMENT , adv. f Candide. ] Sincère, ment, d’une maniéré candide. (Parler candidement.) f CANDIE, ou CANDILE. Mesure dont on se sert aux Indes , pour vendre le ris &les autres grains. Elle pese environ cinq cens livres. f CANDIE- i C’est aussi un poids dont on se sert dans la Chine & à Galanga. í CANDIS- Espèce de confitures sèches , couvertes de sucre-candi & brillant. 11 en vient beaucoup de Genes & d’italie. On en fait aussi en France. Se candir, v. r. [Albicare. ] S’encrouter. ( Confitures qui fe candissent. ) CANDOU ,/ m. Arbre qui croît aux Isles Maldives , dont le bois a cette propriété, qu’en le frétant contre un autre semblable il en fort du feu : on s’en sert là comme ici d’un fusil. CANELADE , / / , C’est une forte de curée que les Fauconniers donnent à l’oiseau , & qu’ils font avec de la canelle, du sucre & de la moiielle de héron, pour les rendre héronniers , & pour les échaufer au vol du héron. CANELAT,/ m. [Saccbaro condita, Cinnamomum conditum.]' Morceau de canelle entouré de sucre qui est une espèce de dragée. CANELER, v. a. [Striare.] Terme à’ Architecture. Faire des canelures. (Caneler des colonnes.) CANELLE, / f. [Casa , cinnamomum.] La seconde écorce d’un certain arbre qui croît dans l’Isle de Ceylan , & qui est grand comme un oranger. On cou- e cette seconde écorce , on la roule & on Paporte en urope. (La canelle est chaude & provoque l’urine.) £ CANELLE matte. C’est une sorte de Canelle qui n’a ni goût ni odeur. C’est celle que les Arabes ont nommée Darcbeni , elle n’est d’aucun usage dans la Médecine. H CANELLE blanche, f Cortex MageUanm. ] C’est une écorce qui ressemble à la véritable canelle ; mais elle est beaucoup plus épaisse, plus forte , de couleur blanchâtre, & d’un goût fort acre. Elle est tirée du tronc & des grosses branches d’un arbre , dont les feuilles ressemblent à celles du Laurier. II croît en abondance à St. Domingue & à Madagascar. Cette écorce contient beaucoup d’huile & de sel. Elle fortifie l’estomac, chasse les vents, résisté au venin, & guérit le scorbut, ê CANELLE geroflée. [Cartes carynpbyllata.] Ecorce d’un arbre qui a les feuilles semblables à celles du Laurier. Elle a à peu près les mêmes qualitez que la précédente. * CANELLE. [Fistula.] Robinet de bois qu’on met à une fontaine. í CANELLE. Se dit de cette petite cavité , ou ca- nelure , qui sc voit de chaque côté du plat de la tête des égailles à coudre. On l’apelle aussi la raUette de VéguìUe f CANELLE', canellée , adj. Terme de Teinturier, pour signifier une étofe , des foïes, de la laine , & du fil teints en couleur de canelle. CANELURE, / f. [Strìatura.] Terme à’Architecture. Demi canaux creusez le long des colonnes. (Faire une canelure , creuser une canelure.) í CANEPETIERE , / /. Oiseau qui ressemble à une outarde , & qui est bon à manger. CANEPIN , / m. [ Summa ovis cuticula. ] Peau déliée qu’on léve de dessus la peau du mouton après qu’elle a été quelque tems dans la chaux. C’est de cette peau qu’on Fait des éventails & des gants de femmes , qu’on apelle gants de cuir de perle. CANETILLE , / f. [ Fila tenuifjìma , aurea, ar- gente-a, ’êsc. ] Petit fil d’argerrt faux tortillé, dont les bouquetières sc fervent pour lier leurs bouquets. La canetille est faite de ce qu’on apelle du batu. Ce font les Tireurs d’or qui font la canetille, & ils la vendent cent fous la livre aux bouquetières, & aux autres personnes qui s’en servent , comme les Brodeurs , &c. CANETILLER , v. a. [ Ligare aliquidfilo tcnuijjhno.] Terme de Bouquetière. Lier avec de la canetille. ( Canetiller un bouquet.) f CAN- CAN 4 CANETTE , ou Cavette , s. f. Petit pot qui sert à mettre des liqueurs. CANEVAS [Te/a cannabina .J Sorte de etosse toile qui se vend chez les Lainiers, & dont on le sert pour travailler en tapisserie. > CANEVAS , s. m. C’est aussi de la grosse toile serrée , dont on se sert pour doubler les pourpoints & les corps de jupe, afin de les tenir en état. f CANEVAS. Les Holiandois donnent ce nom à une forte de grosse toile de chanvre très-serrée, qui est propre à faire des voiles de navire. * CANEVAS de chanson. [ Exemplar primum. ] Certaines notes d’un Maître de musique qui marquent au Poète la mesure des vers de la chanson qu’il doit faire. CANEVAS. \_Argumentum.~] Mémoires qu’on donne pour écrire quelque ouvrage & le réduire en un état plus poli, comme le plan d’une histoire, d’un poème , &c. Mézerai a fait le canevas du Dictionnaire de l’Académie. | CANEVASSIERS. On donne ce nom à Lyon aux Marchands qui font Négoce de grosses toiles. Les Marchandes lingeres de Paris portent le titre de Ca- nevaffieres. CANGRE'NE, cangraìne , ou grangaine , gangrène , s f. [ Cangrma. ] On dit l’un & l’autre, mais le premier est plus usité. ( La cangréne est un acheminement à la mortification de quelque partie provenant par défaut de chaleur naturelle. Deg. La cangréne est dangereuse, avoir la cangréne au bras. ) Yoiez Ménage , tom. i. de ses Observ. où il se déclare pour Cangréne. * CANGRE'NE. [ Corrupteia.J Mal. Désordre contagieux, qui se répand & se communique. (C’est fait des loix , si pour arrêter cette cangréne vous n’emploïez le fer & le feu. Patru , plaid. 9.) Se cangréner , se gangrener , v. r. [Cangranâ vitia- «,] Le premier est le plus en usage : Je me cangréne , je me suie cangréné , je me cangrénai. S’achemi- ner à la mortification par le défaut de la chaleur naturelle. (Ses reins commencent à se cangréner.) í CANICA- Sorte d’épicerie qui croît dans l’Isle de Cuba. C’est une espece de candie sáuvage , mais dont le goût aproche plus du clou de girofle , que de la vraie canelle. Elle est d’usage dans la Médecine. CANICULAIRE, adj. [ Canicularis . ] Ce mot se dit des jours durant lesquels la canicule paroi t fur notre horison. On doit plûtôt dire que ce sont les jours dans lesquels le soleil est en conjonction avec l’étoile du grand & petit chien qui s’apelle caniculus. (11 faut prendre garde à foi durant les jours caniculaires.) CANICULE , / f. [ Canicula. ] Signe céleste qui se léve avec le soleil, depuis le 24. Juillet, jusqu’au r;. Août, & fait un cours de six semaines , qu’on apelie jours caniculaires. ( Ne suis-je pas bien ridicule D’être ici fous la Canicule , Dans un lieu sec [5? découvert, Où le soleil me prend sans verd ? Bois. t. 1. épit. ir. Comment peux-tu soufrir , à ton âge, les ratons du soleil en plein midi sur ta. tête , pendant les ardeurs de la canicule ? Abl. Luc. t. 2. exercices du corps.) ï CANIDE , f m. Perroquet des Isles Antilles, auffi gros qu’un faisan. Son plumage est très-beau ; & fa tête ornée d’une toque de plumes d’un rouge vermeil. CANIF , f m, [Cultelhu , scalpellum . ] Prononcez toutes les lettres de ce mot. Petite lame d’acier avec un manche servant à tailler des plumes. ( Un bon ou méchant canif. Faire un canif. Eguiser , polit un canif. Passer un canif fur la pierre. (Si vous manquez jamais à mon chétif ■ Je m ouvrirai îes veines d’un canif. Oeuvres dernières.) £f Mr. Ménage, tom. 1. de Jés Observ. art. 24T. veut que l’on écrive & que l’on prononce ganif , & non canif. CANIN, canine , adj. [ Canìnus. 1 Ce mot n’est bien usité qu’au féminin , & il signifie proprement qui tient du chien. (Une dente canine. Une faim canine.) C’est-à-dire , sort grande faim. í CANNAGE, s. m. Mesurage des étofes, toi- CAN 317 les, rubans, &c. qui se fait avec la mesure des longueurs , qu’on apelie canne. CANNAïE, s f. Lieu planté de Cannes & de ro- CANNE , s f. [ Annus. ] La femelle de l’oiscau qu’on apelie canard. CANNE privée. La semelle du canard privé , qui aime Peau , qui vit fur terre & dans la maison. 4 On dit fig. faire la came , c’est-à-dire, marquer de la peur , manquer de courage dans une occasion. CANNE de mer. Oiseau de couleur tannée avec un colier blanc autour du cou. Elle a le bec un peu long & noir, & les ïambes de la couleur du bec. Bel. CANNE , f f. [ Canna. J Mesure qui Contient une aune deux tiers de Paris. Cette forte de Mesure a cours en Languedoc & en Provence. 4 Cette mesure est plus ou moins longue , suivant les païs & les lieux où l’on s’en sert. Deux Cannes de Toulouse font trois aunes de Paris ; & trois cannes de Montpellier font cinq aunes de Paris. 4 CANNE , se dit auffi de la chose mesurée avec la canne. Une canne de Drap ; une canne de toile,&c. CANNE , f. f. [ Arundo. ] K oseau d’Inde. ( Porter une canne. Donner des coups de canne.) CANNE d’Inde. [ Arundo Indìca. ] Plante qui vient des Indes, qui fleurit blanc , & qui, la seconde année qu’elle est plantée, devient panachée. CANNE de sucre. [ Arundo sacchari. J Plante qui Î iroduit des tuïaux de sept ou huit piez , pleine d’une iqueur douce & blanche qu’on apelie sucre. 4 CANNE. Terme de Montíiage & de Fondeur .. C’est une longue tringle de fer, en maniéré de canne, dont on brasse les métaux quand ils font en fusion, à la réservé de l’or. 4 CANNEQUINS- Toiles de coton blanches, qu’on aporte des Indes, & qui font propres pour le Commerce de Guinée. 4 CANNER, v. a. C’est mesurer quelque chose avec cette mesure des longueurs , qu’on apelie canne. CANNETTE , s s. [ Anaticula. J C’est le nom des petits de l’oiseau qu’on apelie canne . ( Nos cannes ont fait des cannettes : Dieu les préserve des délestes. Voit. Po'és.) f CANNETTE , s f. Les Fabriquans-Gaziers aillent ainsi , le morceau de roseau fur lequel est dévidée la foie de la tréme dont on fait la gaze. La Cannette se met dans la boite de la navette ; c’est- à-dire , dans renfoncement qui est au milieu. 4 CANNETTE. C’est en termes de Blason , un canne représentée fans piez. 4 CANNETTER, v. n. C’est marcher à la maniéré des cannes , en inclinant le corps à droit & à gauche. CANON , s m. [ Tormentum bellicum. ] Fiées d’artillerie creuse en forme du tuïau, qui porte environ dix piés & demi de long , & six pouces quatre lignes de calibre. Dau. (Pointer le canon. Servir bien le canon. Le canon foudroïa toutes les murailles. Le canon fit un grand feu. Le feu du canon mit toute la ville en alarme, II se campa fous le canon de la ville. ) Sur les canons dont on se sert fur mer, volez le Dìflion. Marit. d’Aubin, où il explique fort au long tout ce qui peut concerner cette matière. 4 Le canon n’est redoutable dans les combats, que contre les corps qui restent fixes & fans mouvement ; lors qu’on n’a pas le courage d’en venir aux mains dans un terrain libre. Polybe de Folard. CANON. [Fistula area. ] Fer creux, rond & poli, où l’on met la charge de poudre & de plomb pour tirer Parme à feu. ( Canon de fusil, de mousquet, de Pistolet, &c. Canon relié.) CANON. [ Sacri Conciliorum Canones , Décréta. ] Régie , Statut, Ordonnance de l’Eglise touchant la foi, ou les mœurs. (. Les vingt Canons du Concile de Nicée.) Droit Canon. [ Canonicum , Pontificium jus .j C’est un recueil des Textes de la Bible, des Décréts des Conciles & des Saints Pérès, fait par Gratien Moine Bénédictin en 1151. (f On demande s’il faut dire , Droit Canon , ou Droit Canoniques Mr, Ménage, tom. 1. de ses ObJerv. ch. %. a dit que Mrs. de Port-Roïal sc font avisez, depuis dix ou douze ans, de dire, Droit Canonique ; tuais il soutient qu’il faut dire , Droit Canon. Entre R r j ce* 318 CAN ces deux autoritez, il me semble que celle de Messieurs de Port-Roïal doit prévaloir, 'puisque Droit Canon n’a pour lui que 1 ’usage de FEcole, qui n’a jamais passé pour le meilleur, & qu’en disant, Droit Canonique , on évite une équivoque, & son parle plus clairement, & plus selon sanalogie du terme Latin, Jus Canonicum. CANON. Se prend aussi pour le catalogue des livres sacrez. Celui des Juifs ne contenoit que vingt-deux Livres. L’Eclésiastiquc n’étoit pas dans le Canon des Juifs. {§ Le terme Canon a plusieurs significations. On apelle Canon, le catalogue des Livres que l’on a reconnus pour Livres sacrez ; & c’est de là que ces mêmes Livres ont été nommez Livres Canoniques , & non point parce-qu’ils font la Régie de notre Foi, comme quelques-uns font crû. Le premier Canon a été fait par les Juifs , & Esdras en a été l’Auteur , selon le témoignage de Josephe. Méliton est le prémier, depuis l’établissement du Christianisme, qui ait fait un catalogue des Livres sacrez. Le Concile de Laodicée est le prémier Synode où son ait déterminé le nombre des Livres Canoniques. Dans le troisième Concile de Cartage tenu en 597. on ajoûta à l’ancien Canon , le Livre de Judith, celui de Tobie , la Sagesse, rÈclésiaste , & les Machabées. CANON. [ Canon MiJJ'œ. ] Partie de la Messe qui se dit immédiatement après la Préface, & qui contient Perdre, la régie & les paroles avec lesquelles se doit faire la consécration. {g Après que le Prêtre qui célébré le Saint Sacrifice , a chanté à haute voix le Sancím , il reste comme absorbé en Dieu , & dit d’une voix basse la prière qui commence par ces mots , Te igitur clemen- tijjîtne pater , & cette prière est le Canon de la Messe , c’est-à-dire , la principale partie de la Messe, parue que , selon Strabon , on y trouve les principales régies qu’il faut observer pour la célébrer dignement. CANON. [ Tabula canonem Mijfœ continens. ] Por- te-feûille large qu’on dresse sur l’Autel , & où sont écrites les paroles sacramentelles pour la commodité du Prêtre. CANON empbitéotique. [ VeHigal annuum ex fundo «mphiteutico. ] Terme de Palais. Revenu annuel que doit celui qui a pris un héritage à bail emphitéoti- que ; c’est-à-dire, pour cent ans. CANON. [ CraJJìor caraHer. ] Terme d 'Imprimeur. Sorte de lettre. Sorte de caractère servant à imprimer. ( Gros ou petit Canon.) CANON de foie. [Tibialia longiora qute femorìbm astnnguntur. J Espèce de demi bas de foie de couleur , qui n’a point de pié , & qui couvre seulement le genou , & vient jusques à mi-jambe se joindre à un autre bas. Cette forte de canon est hors d’usage depuis 40. ou 50. ans. CANON. [ Linea ferica tibiata parmarum inmorem aptata. ] Terme de Tailleur. Ornement de drap, de serge, ou de soie , ataché au bas de la culote, froncé & embéli de rubans , ou d’autre chose , faisant comme le haut d’un bas fort large. CANON. [Longiora tibialia. ] Terme de Bonnetiers. Le* haut d’un grand bas fort large, ( Porter des bas à canon.) CANON. C Stillicidii tubus. ] Terme de Plombier. Goutiére de plomb ronde avec des feuillages, & faite en forme de canon. CANON. [ Tabulas. ) Terme d ’Eperonnier. Sorte d’embouchure pour un cheval. (Le canon simple, ou le canon à couplet est la meilleure de toutes les embouchures.) CANON. [ Tubului , cl avis. ] Terme de Serrurier. Espèce de tuïau de fer qui est dans les serrures, & par où entre la clef qui n’est p'oint forée avant que de la tourner pour ouvrir la porte. CANON , en parlant de seringue. C’est une forte de petit tuïau de bois arrondi qu’on met dans le fondement , & au travers duquel passe le lavement qui est dans la seringue. CANON. [ T ululas. ) Terme de Chaudronnier. Ce mot en parlant à’arrosoir , est unë sorte de tuïau qui entre clans le corps de l’arrosoir, & au bout duquel est la pomme de sarrosoir, qui est pleine de petits trous par où fort seau qui arrose. H CANON. Petite bobine sans bord, faite de roseau ou de sureau, qui se met dans la boite de l’e- spoulin ; & sur laquelle se, dévident, sor, sargent CAN St les soies, dont les Gaziers brochent leurs gazes. CANON à dévider. Maniéré de petit bâton tournée avec des rebords , qui presque à son extrémité a un trou pour mettre la broche du rochet. CANON. Pot de faïance un peu long & rond, ou les Apoticaires de Paris mettent les électuaires & les confections. CANON. [Tibia.] Ce mot, en parlant de cheval, est l’espace de la jambe qui est entre le genou & la seconde jainte près du pié, qui se nomme le boulet. Soleisel , Parfait Maréchal. H CANON. Les Emailkurs apellent ainsi , les plus gros morceaux , ou filets d’émail qu’ils tirent., pour le mettre en état d’être emploïé en divers de leurs ouvrages. H CANON. Les Tourneurs apellent aussi les canons d’un arbre à tourner en ovale, ou en d’autres figures irregulieres , deux cylindres creux , qui font traversez par la verge de fer quarrée qui joint la boète au mandrin. CANONIAL, canoniale, adj. [Canonicus.] Arrêté par sordre & les régies de l’Egìise. Tems réglé où l’on prie durant le jour , ou durant la nuit. (II y a sept heures canoniales. Laudes, Prime, Tierce, Sexte , None, Vêpres , Complies.) Mr. Joly Chantre de Notre-Dame de Paris , dans une consultation , touchant la réformation des heures canoniales, dit que sobligation de réciter ces heures en particulier n’est apuïée que fur une coùtume qui sert de loi, & qu’avant le Concile de Bàle on n’avoit fait là-dessus aucune constitution. CANONICAT , f m. [ Canonicatus. ] Bénéfice de Chanoine. (Un bon Canonicat.) CANONIQUE , adj. [ Canonicus, ortodoxw. ] Or- todoxe. Qui est selon le canon de l’Eglise. ( Livre canonique de la Bible. Epître canonique. II veut dire aussi qui regarde le Droit Canon. Cours canonique , ou Droit Canon.) CANONIQUEMENT , adv. [ Canonicè , légitimé. ] D’une maniéré canonique & conforme aux Canons de l’Eglise. ( 11 est pourvù canoniquement d’un Bénéfice. Le M ait. Plaid, r?.) CANONISEE , f. m. [Juris canonìcì perìtus. ] Celui qui est savant dans le Droit Canon. Celui qui enseigne le Droit. (Lancelot est un bon Canoniste. Le Pape Boniface étoit grand Jurisconsulte & grand Canoniste. Pal'c. I. 20.) CANONIZATION , f-f. [In numerum fmrlo- rum relatiò , adscriptio. J Cérémonie où le Pape, après une exacte information de vie & de mœurs, met une personne morte dans le Ciel, & au nombre des bienheureux. CANONIZER, v. a. [Aliquem in sanHorum album reserre. J Mettre dans le Ciel, & au nombre des bien-heureux une personne qui a vécu d’une maniéré sainte & exemplaire. ( Tout le monde, mes PP. canonise ceux que vous persécutez. ) CANONNER , v. a. [ Glandes ferreas tormentis émit- tere. ] Batre à coups de canon fur quelques personnes. ( On canonna les troupes en passant. Ablanc.) CANONNADE , J. f [ Tormenti etnifíìo. ] Un ou plusieurs coups de canon. ( 11 a essuie bien des canonnades en fa vie. Ce bastion a soùtenu une canonnade de trois jours. En ce dernier sens, on dira plùtôt une baterie.) f Une Canonnade réciproque marque une grande fermeté dans les troupes qui l’efluïent fans branler, mais trop de circonspection, d’incertitude ou de timidité dans le Général. Pour s’en délivrer , il n’y a qu’à joindre l’ennemi ; on évite par ce moïen la perte d’une infinité de braves gens , & le Général se garantit du blâme , qui suit ordinairement ces fortes de manœuvres. Polybe de Folard , Tom. I. p. LXX 1 X. de Y Edit d’Amst. CANONNIER , f. m. [ Tormentorum librator. ] Ofi- cier d’artillerie qui a foin de pointer , de charger, & de tirer le canon, qui doit savoir le calibre & les charges de chaque pièce , avec la perfection des gabions & des plates-formes des bateries. CANONNIF/RE, f. f. [ Tentorìum tormentorum lì- bratoribm ajsìgnatum .] Sorte de tente de toile à deux mâts pour reposer les canonniers. Dau. CANONNIE'RE. Ouverture qu’on laisse dans les gros murs pour écouler les eaux. Felibìen. £ CANONNIE'RE. C’est une embrasure , ou petite o u ver- CAN ouverture dans une muraille, pour tirer des coups de mousquet sur l’ennemi , san$. être vû. CANONNIERE. [ Tubulm sambuces. J Morceau de sureau long d’un démi pié , que de petits garçons ont vuidé, & où ils mettent des manières de baies de papier mâché, qu’ils jettent en l’air , ou qu’ils se jettent les uns contre les autres. f CANOPE. Les Astronomes apellent ainsi une étoile de la premiers grandeur , qui est située au gouvernail du Navire. CANOT , f. m. [ Cymbula. ] Vaisseau fàit d’un tronc d’arbre dont se servent les Indiens pour aller fur les eaux & pour naviger. C’est aussi une maniéré de petit bateau pour le service de quelque grand bâtiment. (Se sauver dans un canot.) CANTAL, f M. Sorte de fort bon fromage. II prend ce nom d’une montagne d’Auvergne. CANTANETTES,//. flur. [ FeneJielUg Terme de Marine. Petites ouvertures rondes entre lesquelles est le gouvernail, .& qui donnent la lumière au savon. r CANTAR. Espèce de mesure. Voìez ALQUIER. CANTARiDE , f. f. [Cantharií.J Insecte venimeux qui ressemble à la mouche, excepté qu’il ale corps plus long, & qu’il est verd & luisant. t CANTARO , f m. Poids dont on se sert en Italie, particulièrement à Livourne, pour peser certaines marchandises. IL y a trois sortes de Ccmtaros >- l’un pèse cent cinquante livres, l’autre cent cinquan- te-une livres, & le troisième cent soixante livres. La livre de Livourne est feulement de douce onces, poids de marc. $ CANTATE, f. f- Petit poème , mis en musique , composé de récitatif & d’airs chantans. ( Une belle cantate.) CANTHUS, f- m. Terme d ç Médecine. Le coin ou sangle de l’ceil ; celui qui est ìe plus près du nez, s’apelle le grand canthus & l’autre , qui est vers les temples, se nomme le petit canthus. CANTIBAL. Ç’est le nom que les Charpentiers donnent aux dosses ou pieds de bois qui font pleins de fentes , & qui ne valent guéres. í CANTIMARONS, ou CATIMARQNS, f. m. Ispece de radeaux , dont les habitans de la côte de Coromandel se servent pour aler à la pêche, & même pour trafiquer de proche en proche. Us font composez de plusieurs Canots liez ensemble. CANTINE -, f-f. [ Arcula divisa ìn cellulas. ] II vient de l’Italien , ou de l’Espagnol cantina cependant quelques-uns écrivent quantine , mais la plupart font pour cantine. C’est une petite cave qui est ordinairement faite de bois , - & couverte de cuir, dont les personnes de qualité se servent à l’armée, pour mettre du vin dans des bouteilles. (Les cofretiers font les cantines.) (f Le mot cantine est dérivé de l’Italien cantina, & non point de l’Espagnol. Covarruvias en convient dans son Trésor de Langue Castillane : CANTINA vale lo mesmo che bode a donde se tiene el vino, vocable ltaHa.no. Mr. Ménage lui donne la même origine ; & les Académiciens de la Crttsca, ont écrit dans leur Dictionnaire , Cantina, caugo sotterraneo dove Jt tiene, t conserva il vino. Franc. Redi, dans ses Notes fur son Poème de Bacco ìn Toscana, cite ces vers du Poète Gualterotti : Statmvemar pojsa ìn cucina. Chì mon ama Chi non brama Questo sangtie decantina. L’origine de cantina , est canova , ou caneva , qui signifie un cellier, une cave où l’on conserve le vin : Cuva, cavena , caneva (dit Ferrari, orig. ling. Ital.) quoi sub adììms effojfa ,. §j? excavat.e , sss crypta sub- tenaneœ. Mais Covarruvias va plus loin : ,, c’est „ (dit-il) un mot tiré de candina , parcs que les vins „ de Candie font les plus exquis de l’Italie ; ou de „ canto., parce que les caves font la plupart creusées „ dans ía roche vive. ,, Mais cet Auteur judicieux laisse la liberté d’en penser ce que l’on voudra. Cadet uno tomara lo que mejor pareciere è anadira otra cosa mus 4 CAPABLE, se dit aussi de ceux qui ont l’age compétent pour un benefice, pour exercer une charge. 4 CAPABLE. On dit d’un homme propre à exercer toute sorte d’emplois , qu’il ejl capable de tout. On le dit aussi d’un scélérat, qui peut se porter aux actions les plus noires. C’est un méchant homme, il est capable de tout. , £ Faire le capable. C’est faire l’habile, présumer trop de son habileté. Dans ce sens capable est emploie substantivement. CAPABLEMENT , adv. [Doftè , peritè , apte.) Doctement. (II parle de tout capablement. Voit. Po'es.) H Ce terme n’est plus guére en usage. Acad. Fr. CAPACITE', s. f. [Amplitude.) 11 est pris du Latin Capacité. C’est l’étenduë, la largeur & la grandeur d’une chose. L’Auteur de l’heureux Dictionnaire pense que capacité, en ce sens , ressemble au stile d’A ; c’est-à-dire, qu’il n’est point François : mais Mr. Dànet a tort d’avoir cette pensée. Capacité est très bon dans cette signification ; & l’on dit tous les jours, la capacité de ce lieu est considérable. (Cette place a assez de capacité pour contenir tant de monde.) f CAPACITE' d’un vaisseau Marchand. C’est son étendue, ou l’eípace qu’il a pour contenir des marchandises. , CAPACITE ', s.s. Terme de Géométrie. C’est 1 e- tenduë de quelque figure. (Mésurer l’aire ou la capacité intérieure d’un cercle, d’un triangle, d’un quar- ré, ct c.) CAPACITE', s. /. Les Médecins se servent aussi de ce mot dans le sens d’étenduë, & ils disent, il n’a pas une grande capacité de poitrine. * CAPACITE ', s f. [Captrn , facultas , ìntelligentìa.) II se dit, au figuré, de l’esprit, & il est beau. C’est-à- dire , grandeur, portée, étenduë, intelligence. (Sa capacité ne va pas là. Mr. Arnaud a une capacité d’e- íprit qui mérite d’être estimée. Le Père Quesnel le fiait de près pour la capacité. Une belle & élégante traduction de Tacite étoit au-dessus de 1a capacité de l’atrabilaire A.) CAPACITE', f f. [ DoHrina , eruditìo. ] Doctrine, sience, savoir, érudition. (Une grande , une profonde capacité , une rare, une admirable , une illustre capacité. Avoir une grande capacité. Etre considérable par sa capacité. Sa capacité lui a gagné l’estime, lui a aquis l’affection de tous les honnêtes gens.) CAPADE , f f Terme de Chapelier. Etendue de laine de vigogne. (Faire une capade.) CAPARAÇON,/ m. [Pendensjìragulum.) Couverture de toile ou de treillis pour un cheval, lorsqu’il est à l’écurie. Le caparaçon étoit autrefois une armure de fer dont on couvroit le cheval de bataille. CAPARAÇONNER , v. a. [ Equum amplo Jìragulo cooperire. ] Mettre le caparaçon. (Caparaçonner un cheval.) 0 CAPDEiilLH. C’est dans les Coutumes d’Acs & de S. Sever, le Château, l’hôtel noble , la maison principale qui apartient à l’aîné. Ragueau & Domi- nicy croient que ce mot est dérivé de Capìtolium ; étant certain que dans la Gaule NarBonnoise, il y avoit dans plusieurs villes des Capitules, pour marquer leur origine, & qu’elles étoient colonies Romaines. Les Poètes Gascons ont dit plusieurs fois , Régals Cap- de'úils. CAPE , câpre , f.s. [ Capparis. ] L’un & l’autre se dit, mais cape est le plus usité. Fruit de câpier, rond, un peu aigre, dont on mange dans plusieurs ragoûts, qui émeut le ventre & nuit à l’estomac. Dal. f L’Académie écrit câpre. CAPE, f f. [Muliebre capith tegumentum.) Morceau de tasetas enjolivé de quelques rubans servant à couvrir la tête & le sein des femmes lorsqu’elles sortent fans être tout-à-fait ajustées. Cette sorte de cape ne sc porte plus guére. La mode en revient cependant. CAPE, f. f. [Vélum summi mali maximum.) Terme de Mer. La grande voile. Pommier. CAP Mettre à la cape. C’est porter la grande voile au lit du vent, s’il est possible. Fourn. 0" Mr. l’Abé de Choisy a dit, dans son Voiage de Siam: „ Mais Joyeux qui a été aux Indes , a été con- ,, sulté , & la résolution a été de mettre à la cape à „ minuit, & d’atendre le jour pour suivre la route. ” Aubin nous aprend dans son Dictionnaire de la Marine , que fur mer capeeít la grande voile , & que ê»e à la cape , c’est ne porter que la grande voile bordée & amarrée tout arriéré. On met aussi à la cape avec la misene & l’artimon. CAPE de Bear» , f. f. [ Bardocucullus. J Habillement de gros drap , court, fans manches , au derrière duquel il y a un capuchon. {Fl’avoir quel’epée^f la cape. C’est-à-dire, avoir fort peu de chose. N’a- voir rien.) $ Rire sons cape. C’est rire en sc moquant de quelqu’un , fans qu’on s’en aperçoive. (Cet Officier rit fous cape des bévues & des sotiscs de son Général.) f CAPE'ES ou Capeïer. C’est aler à la cape, mettre le vaisseau à la cape. f CAPELER les haubans. C’est passer les haubans par-dessus la tête du mât, pour les mettre en place. í CAPELAN , f m. On apelle ainsi par mépris un Prêtre, qui sc rend méprisable. (Ce n’est qu’un Capelan.) CAPELET, f. m. [Tumor extremo equi ìn poplite excrescens.) Maladie de cheval, qui est une tumeur engendrée d’une matière flegmatique & froide, qui s’endurcit par fa viscosité , qui ne fait pas grande douleur , qui nait à la pointe ou à la tête du jarret de cheval. Soleifel , parfait Maréchal , c. 217 . í CAPELET, ou Chapelet. C’est ce qu’on nomme autrement canelle giroflée. CAPELINE ■>/■/•[ Caujia muliebris. J II vient de l’Espagnol capellina. C’est un bonnet couvert de plume, au-dessus duquel il y a une autre aigrette. (Une jolie, belle, agréable capeline. Elles firent partie d’aler à la chasse en habit de campagne avec des capelines. Bear. précaution inutile. Là les Dames en oapelines, Et tenant en main des koujjìnes , Frapent les mâtins fur le nez Pour les rendre mnriginez. Pcrr. ép. de la chasse. On apelle capeline , le petit chapeau qu’on peint fur la tête de Mercure.) CAPENDU, f. m. Sorte de pomme fort bonne. Votez Court-pendu. CAPHAR. Droit que les Turcs font païer aux Marchands Chrétiens, qui conduisent, ou envoient des marchandises d’Alep à Jérusalem, & autres lieux de la Syrie. CAPHARD- Un gros homme désagréable dans ses maniérés, fade dans son discours. On le dérive de capa , sinonime de cuculla >• ainsi de capa, capar- dns, caphardus , caphard. CAPIER, f m. [Capparis.) Plante qui s’étend en rond, qui a des épines crochuës avec des feuilles rondes, & dont le fruit s’apelle cape. Dal. CAPILAIRE- [Adiantum.) Herbe médecinale qui sert à faire des sirops, & qu’on trouve abondamment en Languedoc. 11 y en a cinq , qui sont, le vrai adiantum , Y adiantum blanc, le politric, le ce- terach, & le phiUitis. í CAPILAIRE de Canada. 11 a de plus grandes feuilles que le notre. _ 11 est pectoral, apéritif, excite le crachement, adoucit les acretez du sang, & provoque les mois aux femmes. , CAPILAIRE , adj. [Capillaris.) Qui est fait de ca- pilaire. (Sirop capilaire.) CAPILAIRE , adj. Ternie de Chirurgie. C’est-à-dire, si petit, qu’on ne l’aperçoit que comme un cheveu. (Fracture capilaire. Deg. On dit aussi vaisseaux capi- laires, en termes de Médecines) CAPILOTADE, f f. [Minutum misceSaneum.) Ragoût qu’on fait de quelque reste de viande. (Faire une capilotade. + * Mettre quelcun en capilotade. C’est railler & jouer quelcun. CAPISCOL , s. m. [Caput schohe.) Doïen d’un chapitre en Provence & en Languedoc. CA- CAP CAPITAINE, s. tu- [Centurie.] Chef de Compagnie de cavalerie ou d’infanterie. La personne qui commande en chef ; qui a l'intendance de tout ; qui a le principal soin. (C’est un bon Capitaine. II est Capitaine au Régiment de Piémont. La Reine est Capitaine de ses gendarmes.) , CAPITAINE aux Gardes. [Prœtorìanw centurie. J C’est-à-dire , Capitaine au Régiment des Gardes. CAPITAINE des Gardes, f Prœtorii prafefim.] C’est- à-dire, Capitaine des Gardes du Corps. CAPITAINE du Château, [Cajlelìi prasefítu.] C’est celui qui commande dans un Château fort. CAPITAINE des Chaises. [ Venationis prasefíus. ] C’eft celui que le Roi a constitué pour avoir l’œil que personne ne chasse sur des terres, que fa Majesté s’est réservées à elle feule pour y aler chasser quand il lui plaira. CAPITAINE général des chariots de Vartillerie. [Fia. rum, commeatuum prœfeftw.] Capitaine des Guides, &c. CAPITAINE. [Dux, imperator.] Grand guerrier. (Mr. de Turenne étoit un grand & un sage Capitaine.) Âf CAPITAINE. On apelle, sur la mer, Capitaine, celui qui commande un vaisseau, avec une commission du Roi. Voïez Y Ordonnance de iSgi. sur le fait de la Marine, & Aubin , dans son Dictionnaire. II y a plusieurs Capitaines fur les vaisseaux : CAPITAINE en second. CAPITAINE de Frégate legére. CAPITAINE de Galiete. CAPITAINE de Brûlot. CAPITAINE de Flûte. CAPITAINE à’armes. II a le foin des soldats, & sst au-dessus des Sergens. CAPITAINE des matelots. CAPITAINE de port. CAPITAINE de marine. II commande les soldats gardiens des ports. CAPITAINE garde-côtes. II commande la milice établie pour 5 ’oposer aux décentes des ennemis. II faut observer que les Capitaines de vaisseaux de guerre commandent par brevets de Sa Majesté : & les Capitaines de vaisseaux marchands prennent une commission de l’Arniral. C’est de ces derniers qu’il est íàitmention dans l’Ordonnance de i68t- liv. 2. tit. x. & à l’égard des Capitaines de vaisseaux de guerre, on peut voirl’Ordonnance maritime de i68y- Les Capi- ■ laines de vaisseaux marchands, font apellez Maîtres fur les côtes de l’Océan ; & Patrons fur la Méditerranée, où véritablement on les apelle Capitaines, lors qu’il s’agit d’un volage de long cours. Ceux qui commandoient les vaisseaux Romains, étoient apellez Pavarchi , ou Navicularii, ou Naucleri. Voïez Mori- fot, Orbis maritimm, lib. i. cap. 24. & le titre du Code Théodosien de Naviculariis. f CAPITAINE. Poisson de l’Amérique, qu’on apelle ainsi , à cause de fa couleur rouge, & de l’empen- nure qu’il a fur le dos, qui fe love comme un penna- che. II est armé de pointes longues & piquantes. , CAPITAINERIE , f. f. [Prœfelíura.] 'Charge de Capitaine de Château. CAPITAINERIE , f. f. .Jurifdiction pour les enrôlez de la Comté de Rouffillon. Patru, 1. plaid, page 5. CAPITAL , capitale, adj. f Littera major, ma- jufcula.] Ce mot, en parlant de lettre, veut dire grande. (Lettre capitale.) _ 1 CAPITAL , capitale , adj. Irréconciliable. (Ennemi capital.) CAPITAL , capitale, adj. [Capitalisé] Ce mot, en parlant de peine, fe dit du bannissement & de la mort. (Peine capitale.) CAPITAL, capitale , adj. [Sort.] Ce mot, en partent de rente , veut dire principal. . CAPITAL, capitale, adj. [Capitalis.] Grand, principal, considérable. (Le point capital de l’afaire. Le Meut. Dessein capital. Pose. I. 6 . Défaut capital. L'rfe. I. 6 . Les vêtirez capitales de la Foi. Arn. CAPITAL, capitale, adj. f Prìmaria , pìinceps. J Ce mot, en parlant de ville , veut dire prémiére. (rans est la ville capitale du Roïaume de France.) CAPITAL , f. m. [ Caput. ] Le point principal. (C est le capital de l’afaire.) CAPITALE , f f. [ Urhs provincia, regni caput. J Ca première ville d’un Roïaume, d’unc Province , ou e quelque Etat. (Rome est la capitale de toute l’I- a,ie ’’ Paris est la capitale de France : Londres, CAP 321 d’Angîeterre : Amsterdam, de Hoîande : Stokolm , de Suéde : Copenhague, de Danemarc : Vienne , d’Au- triche & de toute l’Alemagne. Un honnête homme doit vivre L mourir dans une capitale , & toutes les capitales, à mon avis, fe réduisent à Rome , à Paris, & a Londres. S. Evremont, ceiivres mêlées, page 445.) CAPITAN, f- m. [Thrafi.] Terme de Mépris, pour dire une forte de matamore & de fanfaron. CAPITANE, Capitaneffè, Capitainejse , s. f. [JSa- vis princeps, pratoria.] Le plus uíìte de CCS mots est Capitane, que probablement nous avons pris de l’Ita- lien Galea capitana. Ce mot de Capitane ne fe dit qu’en parlant de Galère, & c’est la Galère où est le Commandant. Mr. Rentier, fameux par la Philosophie d’Epicure & de Gassendi, & parles volages qu’il a faits fur mer, m’assure qu’il n’a jamais oiii dire que Capitane. Le Père Bouhours qui fait la langue à fond, & qui ne fe sert d’aucun mot sans Ravoir bien consulté, a entploïé le mot de Capitane. Saint Ignace, dit-il, s’embarqUa fur la Capitane qui étoit prête d’aler dans l’isle de Chipre. Vie de S. Ignace, l. 2. p, 96.) CAPITATION, f- f- [Tributum uníuscujusque capitk impojìtum.] Imposition, droit qui fe léve fut chaque personne en considération de son travail & de son industrie. On apelle aussi capitation, une certaine taxe qu’on impose par tête dans les besoins de l’Etat. CAPITOLE, s. m. En Latin Capitnlium , C’est le nom d’un ancien bâtiment, qpi fut nommé capi. tôle, parce qu’en creusant ses fondemens, on trouva la tête d’un homme qu’on apelloit Tolus. Le Capitale étoit un superbe Temple bâti dans la vieille Rome fur le penchant d’une montagne, & consacré à Jupiter. Voïez les EJìampes de l’ancienne Rome de Jaques Laurus. (Le Capitole étoit un superbe bâtiment.) CAPITOLIN , adj. Du Latin capìtolinus. Qui estdu Capitole. (Jupiter fut apelle Capitolin, parce qu’on lui dédia le Capitole. Voïez les antiquitez de Rome.) CAPITON, f- m. [Bombicinum infeflum.] C’est la bourre & le plus gros de la soie qui reste après qu’on a dévidé la soïe de la coque d’un ver, laquelle on sépare avec des cardasses. On en fait des ouvrages grossiers. CAPITOUX, f. «r- [Consules,]' Echevins de Toulouse. Ceux qui distribuent les prix aux jeux floraux de Toulouse. 0 " On apelle à Toulouse , Capitaux, ceux que l’on nomme Echevins en plusieurs autres villes du Roïaume. Quelques Auteurs s’imaginent que parce qu’il y avoir des Capitoles dans les plus grandes villes des Gaules , à Limitation de celui de Rome , les Echevins de Toulouse sont apellez Capitaux . Sídonius parlant du Marthe de S. Saturnin , dit : De gradu fimtmo Capitoliorum prœcìpitatum. Et Hauteterre, rer. Aquitan. L 5. c. 4. a dit, dans cette pensée , que clariores etiani urbes Aquìtanìee gf Gallia J'uos Conjules habuere, Romee urbis amulœ. Et ensuite : Habet hodèeque Tolosa j'uos Conjules , qui Capi- toîini vocantur. Mais, pour établir que c’est une erreur , il ne faut que remarquer , qu’il y avoir dans Nar- bonne , un Capitole, selon le témoignage de Sidoniuí Apollinaris : Salve Narbo potenssalubritate, Mûris , civibus Delubrk , Capitoliis , c. Cependant on n’y connoit point le titré de Capiteux. II faut donc observer, que les Comtes de Toulouse avoient un Vicaire, Vkarius , qui étoit le Chef de la Justice, que l’on apelloit Curía, ou Capitidum Comì- tis : & le Vicaire étoit aussi nommé Capituìaris ; enfor- te que les Capitaux aïant succédé aux Vicaires des Comtes, on trouve dans plusieurs actes , qu’ils y font désignez sous le nom de Capitulares, d’où l’on a fait Capitaux , qui jugeoient autrefois souverainement. Voïez Mr. Catel,page 33. H On écrit Capitouls & non pas capitaux,’ Les caei- touls de Toulouse font souche à noblesse, & il y a beaucoup de familles considérables, dont la noblesse tire fort origine du capitoulat. CAPITULANT, f m. [Potens, pollenssujsragii.] Qui a voix auX'ChapitreSi (On ne connoit ni les capî- tulans, ni les signatures. Patru , plaid. Tome L S s ÇA.- Z22 CAP CAPITULAIRES , s- tn. [Leges ad res Ecclestasti- cas pertinentes.] Réglemens touchant les choses Ecle- siastiques. (Les Capitulaires de Charlemagne.) CAPITULAIRE , adj. [Congregatorum monackorum aut equitum decretum .]] Qui est de Chapitre. (Acte capitulaire. Vatru , plaid. ?.) CAPITULAIREMENT , adv. [ Canonìcorum, [st c. in conjestul} II signifie en assemblée de Chapitre. (Us ont été assemblez capitulairement.) CAPITULATION , f /. [Dedatda urbU con. ditiones.] Conditions aufquelles une ville assiégée s’est rendue , & qui ont été acordées par les assiégeons. (Le Gouverneur fit la capitulation aux conditions qu’il lui plût.) ê Signer une capitulation, violer une capitulation, observer les articles d’une capitulation. (II n’y a rien de plus infâme & de plus contraire à la bonne foi, que d’user de supercherie dans une capitulation. Polybe deFolard, Tom. III.) CAPITULER, v. a. [De urbe dedendâpacisci.] Ce mot se dit des villes assiégées, & veut dire, proposer aux assiégeans des conditions ausquclles on se rendra. (La ville demande à capituler.) $ CAPOC,/ M- Espèce d’oiiate., qu’on tired’un arbre qu’on apelle Capoquier. Elle est fort fine , & íi courte qu’on ne sauroit la filer. Les Siamois s’en fervent au lieu de Duvet. î CAP O LIN,/ m. Arbre du Mexique, dont le fruit ressemble à nos cerises. CAP ON, f m. Terme de Marine. C’est un crochet de fer qui sert à lever l’ancre. CAPON , f. m. ( Nebulo. ] Terme de Colège. , Se dit d’un écolier fripon , qui n’a point le cœur à l’étu- de , qui trompe ses compagnons en jouant. CAPONER, v. a. [ Alligare , astringere. J Terme de Marine. C’est acrocher l’arganeau de l’ancre avec le croc de capon pour la laisser au bossoir. CAPONNER , v. a. [Surripere, fraudare, decipere .] Terme de Colége. Se dit d’un écolier rusé , qui atrape les autres , & les escroque. CAPONNIE'RE, /■ f- [InstdUl Terme d e For- tification. Voûte qui traverse un fossé sec, laquelle est capable de contenir des gens de guerre, qui to ut d’un coup font feu par des ouvertures qui fe découvrent inopinément. Logement couvert & creusé dans le fond d’un fossé sec pour loger des soldats. CAPORAL, caporal , f. m. [Decurio.] Les soldats qui ne parlent pas bien , disent coporal, mais les autres qui parlent bien , disent & écrivent caporal. 11 vient de l’Italien caporale. (Le caporal est celui qui est au-dessous du sergent. Le caporal est un bas ofi- cier d’infanterie , qui commande une escouade, pose & léve les sentinelles. Le caporal reçoit le mot des rondes qui passent auprès de son corps de garde. II y a trois caporaux à chaque compagnie, & quelquefois plus. Voïez Ménage , Observ. t. 2. p. 461.) ÍS CAPOSER. On capofe un navire en amarrant le gouvernail bien ferme, pour suive l’abandon du vent. CAPOT , f- m. [Qui nullum folium lusorium au- fert .] Terme de Jeu de Piquet. Coup remarquable qui consiste à lever toutes les cartes, & à compter quarante au lieu de dix qu’on a acoûtumé de compter. (Faire capot. II est capot.) f * Vous alez faire pic, repic & capot tout ce qu’il y a de galans dans Paris. Mol. f * On dit d’une personne, qu’elle est demeurée capot , lors que ce qu’elle attendoit, lui a manqué. CAPOT, s. m. [Chlamis hrevìor cucullata.~\ Habillement, capuchon , que mettent les Chevaliers lors qu’ils font reçus, ou les gens de mer fur leurs habits ordinaires. CAPRE. Voïez Cape. CâPRIER. Voie* Câprier. CAPRE , s. m. [Pirata.] Ternie de Mer. C’est le nom qu’on donne fur l’Ocean aux armateurs & aux vaisseaux armez en guerre qui vont en course. (Un fameux câpre. II a été pris par un câpre de Dun- querque. ) On apelle câpre à la part , celui qui va en course sans salaires, & dans la feule espérance d’avoir part au butin qu’il fera. CAPRICE > / m. [Morojltis , Imitas , mçonstm* CAP tia.~\ Fantasie bourrue. Sorte de folie. (II a des caprices à faire perdre patience aux gens.) * CAPRICE, s. m. [Fortuitus, fubitus animi impe- tus.] Ouvrage en vers fur quelque sujet un peu bizarre , & fur lequel les autres Poètes ne s’exercent pas ordinairement. CAPRICIEUSEMENT, adv. [Morose, leviter.J D’une manière capricieuse & bizarre. ( Se gouverner capricieusement.) CAPRICIEUX, capricieuse, adj. [Morosrn, in. conjìans, levis.] Fantasque, bourru , bizarre, qui a des caprices. (II est capricieux. Elle est caprieusc.) CAPRICORNE, f m. [Capricormts.J L’un des douze signes du Zodiaque , auquel , lors que le soleil entre , il fait le solstice d’hiver. (§ Ce signe que l’on trouve dans plusieurs médailles de l’Empereur Auguste , & dans une de i’Empereur Adrien, signifie l’abondance & la félicité dont les peuples joúissoient fous ces deux Empereurs. Suetone a remarqué qu’Augutìe étoit né fous le signe du Capricorne : mais ce fait a causé une grande dispute entre les Savans, les uns supputans les années d’Auguste fur l’ancien Calendrier Romain , & les autres fur celui qui avoit été réformé par Jule César. CARRIOLE, cabriole, f. f. [ Levit, agilis equi saltusl ] J’ai dit que cabriole , & cabrioler étoient plus u litez, que caprìole & caprioler. Je ne me puis encore rétracter. Caprio/e & caprioler venant de l’Italien ca- priola, semblent les plus réguliers. Plusieurs personnes qui traitent des arts, écrivent & prononcent ca- priole & caprioler ; mais tout le reste du monde qui parle bien , écrit cabriole & cabrioler. II est libre là- dessus de suivre son inclination. CAPRON , f- m. [Pannrn antè retròque vejìi ad. jechust Terme de Capucin. Morceau de drap fait en ovale que portent les Novices Capucins, & qui pend par derrière leur dos, &par devant leur estomac, environ un pié de long. CAP SE, / f. [Capfa , capsula. ] Terme usité en Sorbonne. Petite boite de cuivre, ou de fer blanc, où les Docteurs mettent leurs fufrages, afin de recevoir , ou de refuser celui qui est examiné pour Pacte de tentative , ou pour la licence. CAPSULE , f f. Terme d’Anatomie. Ce nom fe donne à des membranes qui envelopent quelques petits vaisseaux. (La capsule de la veine porte.) CAPSULE, f. f. Terme de Botaniste. C’est l’enve- lope , faite comme une petite bourse , dans laquelle font enfermez les pépins des poires ou des pommes. CAPTATEUR , f m. f Captator. ] Terme de Ju- ristrudence Romaine, qui se dit de celui qui par flate- ries & par mauvais artifices tâche à surprendre des te- stamens ou des donations. II n’est en usage qu’en ce sens. t CAPTER , v. a. [Capture.] Vieux mot dont on se servoit dans cette phrase , capter la bienveillance des Auditeurs. On dit, tâcher de gagner la bienveillance de ses auditeurs. CAPTIEUX, captieuse, adj. [Captiosuí, fallax.] Trompeur , qui surprend. ( Raisonnement captieux.) CAPTIEUSEMENT , adv. [Captiosè, fallaciter.] D’une maniéré captieuse , & par laquelle on tâche de surprendre. (II agit captieusement.) CAPTIF, s m. [ Captivm. ] Chrétien que les Turcs ont fait prisonnier. (Délivrer les captifs. Pa- tru, 5. plaid.) CAPTIF , captive, adj. Qui est prisonnier de guerre. Ce qui donna l’alarme , fut la mère de Darius avec fa femme, & d’autres Dames captives. Vaug. Quint. L t-.) CAPTIF, captive , adj. Tenu de court. Celui ou celle à qui on ne donne pas beaucoup de liberté. (II est trop captif où iTest.) CAPTIF, veut dire, un homme qui est dans la contrainte. C’est en ce sens que Mr. Defpreaux dit d’un homme qui n’est pas né Poète : Da?isson génie étroit il est toujours captif, Pour lui P k abus ejlsourd [s Pegaze est rétif. Defpr. CAPTIVER, v. a. [Captivum sacere.] Ce motdanî le propre , n’est pas bien en usage , & il signifie afjujé- tir. (Provinces captivées. Voit. Pois. p. ig6. CJndi- roit aujourd’hui, Provinces données ou assujéties.) î * CAPTÎ- CAQ. f * CAPTIVER, v. a. {Demereri , c/m cili are.2 Gagner le cœur, gagner i’esprit des gens. S’insinuer dans leur esprit. (Je rirai aux galans qui vous viendront captiver. Sar.) * CAPTIVER, v. a. [ Submitterc. ] Assujétir. (II faut captiver son esprit pour Tassujétir à la foi.) Se captiver , v. a. [ Ajìringere. ] Je me captive , je nie captivai , je me fuis captive'. S'assujétir. (II se saut long-tems captiver & s’attacher à la lecture , si l’on veut devenir savant. Un libertin ne se peut point captiver , parce qu’il aime trop ses plaisirs.) CAPTIVITE', f f. {Captivités , servi t us.2 Prison , grande sujétion. (Captivité honteuse. Abl. II a été prisonnier plusieurs années, & la captivité ne lui a point abatu l’esprit. Nouv. rem. Se tirer de captivité. Vaug. Quint. I. q. c. ;.) sf Air. Corneille a dit, dans son Heraclius , ail. ï.Jc. 4 . Et quelque éfort qu’on fajfe à rompre ces beaux nœuds. D’un amour Jt parfait les chaînes font Jì belles , Que nos captivitez doivent être éternelles. Un amour réciproque n’est point une captivité ; ce terme emporte quelque chose de dur, de pénible & de dificile à suporter : ce qui ne convient point aux douceurs que l’on goûte quand la tendresse unit deux cœurs. CAPTURE, f f { Prœâa. ] II vient du Latin captura. Butin , ce qu’on prend fur l’ennemi. '(Faire une bonne capture.) CAPTURE, f f. {Comprebenjìo.2 Ce mot se dit aussi entre Sergent & Archers. C’est la prise que les Sergens ou les Archers ont fait d’une personne qu’ils ont menée en prison. Faire une capture considérable. Faire un procès verbal de la capture d’unjoleur, d’un banqueroutier, &c.) CAPUCE, f M. {Cucullm.2 Ce mot vient de l’I- talien capuccio. Terme de Carme déchaussé , de Feuillant, d’Augustin, & de presque 1 tous les Religieux de FOrdredeS. François. C’eít la partie de l’habit qui «ouvre la tête du Religieux, & qui d’ordinaire est fait en pointe. (Un capuce mal fait.) CAPUCHON , f m. ( CucuUus. ] Terme de Marchand de toile cirée. Morceau d’étofe ou de toile cirée dont on se couvre la tête & les épaules pour se défendre du mauvais tems. CAPUCHON,/ m. Ce mot se prend en général pour la partie de l’habit du Religieux qui lui couvre la tête. Le capuchon est lune des plus anciennes couvertures de tête qu’on ait portées dans FEglise. Les Moines font les premiers qui en ont porté. Les Moines au commencement ne se sont pas couverts d’un capuchon dans l’Eglise. Les Moines n’ont assisté à l’Ofice divin que vers le milieu du XIII. siécle , la tête couverte d’un capuchon. Tbiers , Hijh des perruques, c. 4 . p. 96 . CAPUCHON, f m. II se dit proprement aujourd’hui , parlant des Bénédictins , & des Religieux de N. Dame de Merci. C’est la partie de l’habit du Religieux qui lui couvre la tête. (Un bon capuchon. Se couvrir la tête de son capuchon.) CAPUCINS,/ m. (j Capucinus. ] Religieux habillez d’un gros drap gris , avec un manteau de même couleur, un long capuce , à cause duquel ils ont été apellez Capucins. Us portent une ceinture de crin fur leur robe, L vont avec des sandales. Us ont été réformez del’Ordre de S. François. . CAPUCINES , / / [ Moniales S. Francifci. J Religieuses de l’Ordre de S. François , habillées d’une éto- fe grise, (Les Capucines vivent plus austérement que les Capucins. Etre reçûë Capucine. Se faire Capucine. ) CAPUCINE, / / Les Potiers de terre apellent capucine , une petite écuelle de terre de Flandre à queue ou l’on fait une fausse. Elle a été nommée capucine , parce que les Capucins s’en servent. (La capucine est fragile, & se casse aisément.) CAPUCINE,// {Najìurtium Indicum.J Plante qui nous a été aportée des Indes , dont les feuilles ressemblent à un bouclier, étant presque rondes , & aïant le milieu comme celui de la feuille de cotyleon. Ses fleurs font à cinq Feuilles disposées dans les échancrures du calice & de couleur jaune. On l’apelle autrement Crejfon d’Inde. CAQJJE > / m. {Dolklum , cadusj Quelques-uns CAR 323 font ce mot féminin mais la plupart des habiles gens & des personnes qui se servent de caque , le font masculin. Le caque est un quart de muid servant aux poissonnières , & servant aussi à mettre de la poudre à canon & du salpêtre. (Caque qui n’est pas bien lié.) f CAQUE. On dit prov. la caque sent toujours le hareng , pour dire, que les premières impressions ne s’éfacent jamais entièrement. Cet homme a passé fa jeunesse avec des débauchez, on n’en fera jamais rien de bon, la caque Jent toujours le hareng. On le dit aussi d’un homme de néant que la fortune a élevé, & qui conserve les inclinations & les manières de son prémier état, la caque sent toujours le hareng. On nc- le dit qu’en mauvaise part. CAQUER, v. a. {Haleces evfceratas àolìolo ingère- re.2 Terme de Mer. Ce mot se dit en parlant de hareng, & veut dire couper la gorge au hareng, & lui arracher les entrailles polir le mettre en caque. (Ca- quer le hareng.) CAQUEKOLE, / / [ Cacabus deprejfìor , R manubrio injirufíw. ] Petit pot de cuivre à trois piez, qui a une longue queue avec laquelle on le rient pour l’aprocher du feu , & pour secouer ce que l’on y fait cuire. • 9 t CAQUESANGUE, / / {JDiJfenteriaJ U vient de l’Italien caca-fangue; c’est-à-dire, flux de sang, dissenterie, qui est une douleur de ventre à cause que les boïaux sont écorchez, & qu’on vuide avec les selles des raclures , du sang, & quelquefois du pus. Le mot de cacafangue n’est usité en François que dans le comique & le satirique. Yoïez Henri Etienne , apologie pour Hérodote. Que la caquesangue vienne, di- soit l’autre jour le Libraire B. au lunatique & misan- trope A. qui avec sa méchante traduction me fait prendre avec lui le chemin de l’hôpital. t CAQUET,/ m. {Loquacités , garrulites .] Babil. (Le caquet est ordinaire aux femmes. Caquet impertinent , ridicule , importun, ennuïeux. Avoir dtt caquet. Contre la médisance il n’est point de rampart, A tous les lots caquets ridions donc nul égard. Mol. tart. Avoir le caquet bien afilé. Abl. Luc. C’est-à-dire, causer bien. Les femmes , dit Mr Patin, font fort dévotes à saint Trotet & à saint Caquet.) £ On apelle le caquet de îacouchée , les bagatelles dont on s’entretient d’ordinaire chez les femmes qui font en couches. Rabatre le caquet de quelcun. C’est rabatre l’orguëil de quelcun , & lui fermer la bouche , soit en le menaçant , ou le rendant convaincu sur ce qu’il avoir dit. CAQUETE,/ f- {Doliolum.2 Maniéré de petit baquet ou la harangére met des carpes. f CAQUETER, ». n. {Garrire , nugari.2 Causer , avoir du caquet. (Un Auteur a dit en parlant d’Eve : Elle aima mieux pour s’en faire conter. Prêter l’oreille aux fleurettes du Diable , Que A être femme ,. U ne pas caqueter. f CAQUETEUR,/ m. {Loquax, garrulm.2 Celui qui babiÙe, qui parle trop. (Un franc caqueteur.) f CAQUETEUSE , / / [ Garrula. ] Celle qui a du babil. (C’est une vraie caqueteusc.) CAQUETOIRE , / f. C Cathedra ad confabulandum apta , commoda. j Terme de Laboureur. Bâton qui est au milieu des mancherons de la charrue, fur lequel le laboureur s’affied lors qu’il cause avec quelcun. Cette caquetoire s’apelle par quelques-uns babilloire. On dit aussi ce mot de caquetoire d’un Fauteuil, fur lequel on cause à son aise auprès du feu. £jf Mr. de la Monnoye prétend dans son Glossaire Bourguignon, v. Caquetoire , que l’Académie a décidé qu’une chaise caquetoire n’étoit pas un fauteuil où l’on caquete à son aise , mais une chaise baffe & fans bras , & dont le dos est fort haut, £ Volez le Difíion. de f Académie. CAR- {Nam , enim.2 Conjonction qui signifie, à cause que. Parce que , & qui ne doit s’emploïer que de loin à loin. Volez la 93 . lettre de Voiture fur car. II ne se faut pas servir souvent de car , dans un discours châtié. Feu Gomberville haïssoit le mot car , parce, disoit-il, qu’il venoit du Grec. 11 ne s’en est point servi dans son Polexandre. Tome L S « a Leô 324 CAR jff Les Auteurs de la Comédie des Académiciens lui font dire dans ìa scène troisième du troisième acle : Que ferons - nom Messieurs de car de pourquoi ? Desmarests lui répond : Que âeviendroitfans car , l’autorité du Roi ? Gomberville : Le Roi fera toûjours ce que le Roi doit être, Et ce n’est plus un mot qui le rend nôtre maître. Gombaud : Beau titre que le car au suprême pouvoir, Pour prescrire aux Sujets la régie 0 ? le devoir. Desmarests : Je vous cannois, Gombaud s vous êtes hérétique, Et partisansecret de toute République. Gombaud : Je suis fort bon sujet, («f léserai toujours^ Prêt de mourir pour car, après un tel discours. Desmarests : D« car viennent les Loix , fans car point d’Ordonnance, Et ce neseroit plm que désordre & licence, [sc. II y a eu du caprice, ou trop de délicatesse à vouloir proscrire car : il y a quelque chose de dur : mais il est nécessaire dans le raisonnement, & il sert à rendre sensibles les conséquences & les preuves d’un fait ou d’un principe que l’on veut établir : cependant il faut convenir que car exige quelque atention, soit par raport à la place où on le met, soit pour en éviter une répétition trop fréquente. Quelle persécution le car n’a-t’il pas essuie, & s’il n’eùt trouvé de la protection parmi les gens polis, il étoit banni honteusement d’une langue à qui il a rendu de si longs services, fans qu’on sqût quel mot lui substituer. La Bruyère. Cartel est nôtre plaisir. Façon de parler de Palais, & des 'Déclarations du Roi. Elle veut dire, telle est nôtre volonté, nous l’avons ainsi ordonné & arrêté, après avoir mûrement considéré les choses. Loiseau , traité des Ofices , l. 3. ch. 2. 4 = CARABE', f m. C’est de l’ambre jaune réduit en poudre. CARABIN ,/ m. [ Equessclopetar'ms .] _ Gaïa, traité des armes , croit que le mot de carabin vient du mot Espagnol car a, & du mot Latin binus, qui signifie double, comme qui diroit gens à deux visages, à cause de leur maniéré de combatte, tantôt en fùïant, & tantôt en faisant volteface. Les carabins étoient des cavaliers qui servoient du tems de Henri IV. & de Louis XIII. qui portoient une cuirasse echancrée à l’é- paule, afin de mieux coucher en joue , un gantelet à coude pour la main de la bride, un cabasset en tête , une longue épée, & une carabine àl’arqon de la selle. II n’y a aujourd’hui plus de carabins, & en leur place on a des dragons. (Les carabins ont été défaits. Les carabins se sont défendus courageusement. Voïez r Histoire du P. Daniel, de la Milice Françoise, tom. 1. p. 232. f * C’est un carabin de Saint Corne. Façon de parler burlesque & proverbiale, pour dire, un serviteur Chirurgien. Un Frater. f CARABIN. On dit fig. qu’un homme est un vrai carabin au jeu , lorsqu’il hazarde une somme au jeu, & se retire aussi-tôt perte ou gain. On dit aussi qu’un homme a tiré son coup en carabin , lorsqu’il jette quelques mots vifs dans une conversation ou dans une dispute , & puis se tait ou se retire. 4 = CARABINADE , s m. C’eft un tour de carabin. (Cet homme n’est propre qu’à faire une carabinade.) CARABINER , v. n. s Carabina , sclopeti genus. ] Sorte d’arme à feu que porte le carabin. ( Une petite carabine. CARABINER , v. n. Se batre à la maniéré des carabins , décharger son coup , & puis se retirer. II se dit aussi de ceux qui entrent en quelque compagnie & qui se retirent auffi-tôt. (J’ai carabiné à la bassette ; c’est-à-dire , j’ai joué deux ou trois coups & me fuis retiré.) f CARABINIER, f. m. C’est un cavalier armé d’une carabine. II y a en France un régiment de carabiniers qui fut créé en 1693. & composé des carabiniers tirez des autres régimens de cavalerie. CAR A COL, caracole. ( Equejlrk vel Jpeculsmdo , CAR vel invadendo hojìi procursio.) Quelques-uns font ca- racol féminin, & l’écrivent avec un e à la fin ; mais tous ceux qui parlent bien , le font masculin , & récrivent fans e final. Le caracol est un tour en rond que le cavalier fait faire à son cheval. (Les Thefl'a- liens faisant promptement le caracol, revinrent à la charge Vaug. Quint. liv. 3. c. n.) t L’Acadcmie admet caracole & caracol. 4 CARACOL , s. m. Terme d 'Architecture. On dit un escalier en caracol , pour dire, un escalier en limaçon. Acad. Fr. CARACOLER, v. n. [ E’quos in gyrum , in orbem âge. re.) Faire des caracols. Faire des tours ou des demi tours. (Dans les combats, il faut souvent caracoler pour prendre avantage sur l’ennemi.) J 3 CARACORE- C’est un bâtiment dont les ha* bitans de l’île de Bornéo se servent. Voïez Aubin. CARACTERE , f. f. [ Litterarum typi.) 11 vient du Grec. Lettre dont on se sert pour imprimer. (Cette ligne doit être en caractère italique. Les Égyptiens se servoient des caractères hiéroglifiques. Les Chinois ont des caractères particuliers en très-grand nombre.) CARACTE'RE. [Caraller , nota, signum.J Ecriture de quelque personne particulière. (J’ai été content envolant seulement vôtre caractère. Voit. I. 19.) * CARACTE'RE. [ Caracíer magicus. ] Sortilège. (Avoir un caractère.) * CARACTE'RE. [Stilus. ] , Strie. (L’églogue ne , doit point être d’un caractère élevé. Bail. avis.) * CARACTE'RE. [Caracíer.) Certaine marque imprimée dans l’ame par le moïen des Ordres sacrez, du des Sacremens. God. (Le caractère du batême est un caractère indélébile. * Profaner son caractère. God.) CARACTERE. [Forma , indóles , dignitas .] Marque qui distingue une personne , ou une chose d’une autre. (Donner le véritable caractère des gens. Mol. * Soutenir bien un caractère. * Outrer les caractères. Les caractères d’Homére font paussi animez que ceux de Virgile font fades & dégoûtans. S. Evremont, réflexions fur les traduHions, in 4 .p. iór. Teus les tems ont un caractère qui leur est propre. S. Evremont, p. 337. caractères de Theophraste.) 4 On dit d’un homme qui n’a aucune autorité, qui s’ingere fans commission dans les fonctions d’un emploi, c’est un homme fans caractère. 11 parle fans caractère. * CARACTERISER, v. a. [Adumbrare, describeì-e, exhibere .] Donner le caractère des choses ou des personnes. (Molière caracterisoit bien les gens.) CARACTERISTIQUE , adj. [ Adumbrans, exhibons. ] 11 vient du Grec, & signifie qui marque le caractère. (Avoir une qualité caractéristique.) CARACTERISTIQUE,// [Litter a designons.) Terme de Grammaire. C’est la principale lettre d’un mot qui se conserve dans tous les changemens qui lui arrivent, & particulièrement dans tous les tems, & dans tous les modes d’un verbe , & dans tous les dérivez & composez. (Les caractéristiques font d’un grand usage dans les Grammaires Hébraïque & Gréque pour la formation des tems.) CARAFE,// ( Ampulla.) Vase de verre, large parle bas, & étroit par le haut, contenant ordinairement demi-sétier, & quelquefois chopine. (Une belle carafe.) CARAFON , / m. [ Ampulla crajjìor. J Sceau pres- ue tout couvert, où il y a un flacon de verre plein ’eau , autour duquel on met de la glace qui rafraîchit l’eau du flacon , afin de boire frais durant l’été. F CARAGI , / m. On nomme ainsi dans le? Etats du Grand Seigneur, les droits d’entrée & de sortie qui se païentpour les Marchandises. 4 CARAGI. Se ait aussi des Commis des Bureaux, où se perçoivent les droits. Le Douanier Général, ou Directeur de la Douane , se nomme Caragi-Bachi. •f CARAGNE , ou Karagne. Gomme très-rare, qui vient de la nouvelle Espagne. Elle est très-esti- mée dans la Médecine. Cette gomme est résineuse, grise, molasse , de bonne odeur, un peu aromatique, & elle décoble d’un arbre qui ressemble au palmier. Elle est résolutive, fortifie les nerfs, apaise les douleurs des jointures, déterge & consolide les plaies. Elle contient beaucoup d’huile exaltée & de sel volatil, f CARAGROUCH,// Monoïe d’argent de l’Em- CAR l’Ëfflpíre, qui pèse neuf dragmes, & qui vaut Un peu moins de trois livres de France. f CARAGUATA. Efpece de chardon qui croît au Brésil, & dans quelques autres lieux de l’Amérique. Ses feuilles fournissent un lin très-délié & très-fort, propre à faire divers ouvrages de corderie. Les Indiens en font des rets à pêcher. t CARAGUE, s m. Animal du Brésil, qui ressemble au renard. CARAïTES. Nom de Sectaires parmi les Juifs ; ce font des Sadducéens reformez, & il y en a encore aujourd’hui dans le Levant & dans la Pologne. CARAMEL, s tn. [ CoHum sacckarum. ] Sucre fort cuit & bon pour le rume. Quelques Dames font le mot de caramel, féminin ; mais les gens du monde qui parlent bien , & que j’ai consultez, le croient : masculin, & disent : {Ce caramel est fort bon.) CARAMOUSSATS, st f Terme de Mer. Vaisseaux Marchands de Turquie, qui ont la poupe fort haute. {$ CARANGUER. Les Matelots du pars d’Au- nix fe fervent de ce terme , pour dire, agir. =j= CARAPACE, st f Grosse écaille très-ferme, & très-folide, qui couvre les tortues, & où tiennent ces belles écailles transparentes, qu’on nomme Caret, ou écaille de tortue. {f CARAQUE. Les Portugais apellent ainsi les vaisseaux qu’ils envoient au Brésil & aux Indes Orientales. Ce font de grands vaisseaux ronds & propres au combat, plus étroits par le haut que par le bas, qui ont quelquefois sept ou huit planchers, & fur lesquels on peut loger jusques à deux mille hommes. II y en a de petits que l’on apelle caracons. í CARAQJJE. C’est le nom que l’on donne au meilleur Cacao, qui croît dans les Provinces de Guatimala & de Nicaragua au Mexique. On Papesse le gros Ca- raque. Le petit Caraque vient aussi du même pais. Ces deux sortes de cacao font les plus estimées. f CARAQUE. Les Hollandois apellent Porcelaine Caraque leurs plus fines Porcelaines , parce que les premières qui font venues d’Orient en Europe, y furent aportées par les Caraques Portugaises. f CARARA, st m. Poids dont on fe sert en quelques endroits d’Italie , particulièrement à Livourne, pour la vente des laines & des morues. Le carara pess cent soixante livres du pais. CARAT,/ m. [Nativa auri cofliost Terme d’O- févre. Partie ou dégré de bonté de l’or pur. C’est proprement le nom du poids qui exprime le titre de la perfection de l’or. Les Orfèvres & les Monoïeurs ont fixé à 24. carats le plus haut dégré de la perfection de l’or. Cependant on n’y peut jamais arriver, & il s’en manque toûjours quelque quart de carat, quelque foin que l’on prenne de rafiner l’or. L’or à í;. carats, c’est celui dont la masse pesant 24. onces, pat exemple, il n’y a que 2;. onces de pur or, & une once d’argent, ou d’autre métal mêlé parmi l’or. * CARAT, / m. [Gradus.] Ce mot se dit aussi au figuré, & signifie quelque dégré, quelque chose de plus. (J’espére que pour mon droit d’avis vous augmenterez de quelques carats la précieuse amitié dont vous m’honorez. Lettres de Costar, t. 2. I. 224. ) t * On dit aussi au figuré, & en riant : II est fou d 24. caraíj s c’est-à-dire, au suprême dégré. CARAT de fin. C’est un vingt-quatriéme dégré de bonté de quelque portion que ce soit. Bouterouë. CARAT de prix. C’est une vingt-quatriéme partie de la valeur d’un marc d’or fin. Bouterou'é. CARAT de poids. Petit poids de quatre grains, dont on se sert pour l’estimation des pierres précieuses. CARAVANE , f f [ Mercatorum aliorumve con- gregata manus. ] Ce mot nous vient de l’Espagnol Camvana. C’est une compagnie de marchands qui vont trafiquer par le Levant, de pèlerins, ou de voïa- geurs qui fe mettent de compagnie pour voïager plus sûrement. Ils ont quantité de chameaux chargez de provisions & de marchandises. Le Chef de la caravane s’apelle Caravan-Bacbi c’est lui qui loué les chameaux dont les autres ont besoin & qui régie la marche de la caravane, (pne petite ou grande caravane, l.es caravanes ne font ordinairement qu’une traite par jour, en hiver depuis sept heures du matin jusques a six ou sept heures du soir, & en été depuis sept CAR. 325 heures du sojr jusqu’au lendemain à six ou sept heures du matin. Voïez les relations de Perse, de Tavernier U de Poulet.) CARAVANE , s. f. [Navalis Melittnstum equitumex - peditio.] Ce mot signifie auffi une course, ou une campagne que les nouveaux Chevaliers de Malte font fur mer contre les corsaires & contre les ennemis de la Religion. (Faire fa caravane.) f CARAVANE. Troupes de gens qui courent la campagne. Scar. rom. 1. part. c. 1. C ARA VAN SER A , / m. f Hojpitium recìptendh pere* grinis deftinatum. ] Terme de Rélation du Levant, C’est le nom qu’on y donne à de grands bâtimens qui fervent à loger des caravanes. Us font faits en forme de halles, fous lesquelles les gens de la caravane, avec les bétes, peuvent fe tenir durant les grandes chaleurs. 11 y a dans le Levant plusieurs de ces Cara* vanseras, que la charité des Princes ou des personnes riches y a fait bâtir. -j- CARAVANSERASKIER , s. m. C’est l’Intendant, ou Gardien du Caravansera. CARAVELLE , / /> [ Aurìtì velì lembmst Vaisseau rond dont les Portugais fe fervent fur mer, qui est à voiles latines & à oreilles de lièvre, & qui est de deux cens tonneaux. Fourn. CARBATINE,/ f [Pelles recens avulste.J Peaux de bêtes nouvellement écorchées. (Ils eurent les jambes écorchées, parce qu’ils portoient des carbatines faute de souliers. Ab L ret. I. 4. c. 3. CARBONELLE,/ f [Carbmculus .2 Terme de Médecine. Espèce de gros phlegmon qui est fort en- flâmé, & souvent pestilentiel. CARBONNADE , f f- l Caro in prunâ tosta. 3 Viande qu’on leve dessus un porc frais pour la faire griller. S. Am. II fe dit auffi d’autre viande dont on fait griller des trenches. CARBOùILLON, f fi [ Quarta pars ex falinarum pretio. J Droit des salines de Normandie, qui est la quatrième partie du prix du sel blanc fabriqué dans Jgg fâllIÎSS CARCAN , / m. [Collare ferreumfì Coller de fer ataché à un poteau dans un lieu public , qu’on met au cou de ceux qui n’ont pas fait des crimes qui méritent la mort. (II a été condamné à être au carcan. Mettre au carcan.) 0 1 On croît, avec aparence, que les Romains ont connu la peine du carcan, puisque le Jurisconsulte Ulpien a dit, dans la Loi 7. ff'. ad Leg. .Julia , de vì, que l’on encouroit la peine portée par la Loi Julia, en exerçant certains mauvais traitemens fur un Citóïest Romain, & entr’autres , quod in collum injecerit ut tor~ queátur. On fait d’ailleurs, que l’on punissait les es- claves fugitifs, en leur mettant un coller avec une inscription qui marquoit leur fuite , & dont Pignorius a raporté la figure. M. Cujas, lib . 12. observ. cap » 23. apelle cette peine canina, parce que l’on enchaîne les chiens par le col, quand ils font médians & furieux, f CARCAN, signifie auffi une eípece de chaîne d’or- fevrerie , ou de pierreries, que les femmes portent au cou. (Un beau carcan de Dìamans.) f CARCAPULI,/ m. Fruit semblable à la cerise , qu’on trouve dans l’Isle de Java. CARCASSE,// [Osseacompages.] Corps où il n’y a presque plus que les os. (Une carcasse de poulet, de chapon, de poulet dinde , &c.) CARCASSE. [ Corpus macìlentum. ] Personne maigre , sèche , & décharnée. (Tu n’es qu’une ombre, une carcasse, je ne vol rien quand je te voi. Gomb. ép. I. 1. ) £ CARCASSE/ f. On apelle carcasse d’un vaisseau, le corps d’un vaisseau qui n’est point bordé. f CARCASSE , s. f [ Ferrea machina tgniatía. ] C’est une machine de guerre, faite de deux cercles de fer larges de deux pouces, épais de deux lignes, croisez en ovale , qu’on remplit d’un sac de toile go- dronnée, farci de grenades & de bouts de canons de mousquet chargez de grenaille de fer. La carcasse n’a été inventée que depuis environ 3g. ou 40. ans; & comme elle n’a pas répondu aux grands éfets qu’on en esperoit, on ne s’en est pas servi fort long-teins. On jette la carcasse comme une bombe avec un mortier. (Donner le feu à une carcasse. La carcasse fait un feu qui dure plus d’une demi-heure. Jetter des carcasses. # CAR 326 CAR $ CARCINOME, s. m. Terme de Médecins- C’est la tumeur qu’on apelle aussi cancer. CARCOIS , s »r. [Pharetra.] Espèce de grande gaine ou de fourreau où l’on met des flèches. (Un joli carcois. On peint Cupidon avec un arc & un car- cois, & de même la Déesse Diane. On écrit carquois, mais on prononce toujours carcois.') Tout est mijìére dans l’amour, Ses flèches, son carcois, son flambeau,son enfance. La Font. CARI)AMINE , s s. [ Nasurtium aquaticum . ] Cresson. Herbe qui croît dans l’eau, fur tout auprès des sources. Le mot Vasurtiurn convient proprement au Cresson Alénois. CARDAMOME , [Cardamomum.] Graine médecinale, & fort aromatique , contenue dans des gousses qui nous font aportées des Indes Orientales & de l’Arabie. Le grand Cardamome. Le Cardamome moïen.) CARDASSE , s. f íPefíen .3 Grosse carde. Espèce de peigne à carder la bourre de la foie, pour en faire du capiton. CARDES , s f- [Tener cinara caulis.] Côtes de poirée, ou d’artichaut qu’on fait cuire, qu’on mange avec du sel, du beurre & du vinaigre, & dont on fe sert dans les ragoûts. (De bonnes cardes.) CARDES , f f. [Ferreus peclen, quo lana carmina- turj Morceau de bois plat & quatre, long d’un demi pié, & large d’environ un demi, qui a plusieurs crocs qui font de petits fils d’archal courbez & mis par rangées, afin de carder la laine, la bourre, ou la foie. CARDE'E , f. f. [ Lana carminata. J Morceau de laine cardée qu’on léve de dessus les deux cardes. Ce qu’on carde de laine à la fois avec les deux cardes. CARDER , v. a. [Lanam carminare.J Acommoder la laine avec les cardes. Passer la laine au travers des crocs des deux cardes, pour la rendre propre à être em- ploïée. (Carder de la laine. ) II fe dit aussi de la foie. CARDEUR, f m. [Qui lanam carmìnat.] Prononcez cardeu. Ouvrier qui carde de la laine, ou de la foie. CARDEUSE, f. f. [ Qua lanam car minât.'] Ouvrière qui carde de la laine, &c. CARDIALGIE, f /• [Cardialgia.] Terme de Médecine. Douleur violente qu’on sent vers l’orifice supérieur de l’estomac, acompagnée de palpitation de cœur, de défaillance, d’envie de vomir ; elle est causée par des humeurs acres qui picotent cet orifice & les parties voisines. CARDIAQUE, adj. [Cardialis.] Terme dé Médecin. Ce mot vient du Grec, & signifie cordial, qui sert à fortifier le cœur. (C’est un remède cardiaque.) CARDIAQUE , f. m. Remède cordial. (Le vin est un grand cardiaque.) H CARDIAQUE. Plante qu’on nomme autrement Agrtpaume. On l’apclle cardiaque, parce qu’on la croit bonne dans les cardialgies des enfans. CARDIER, f m. [ PeHìnum ferreorum artifex.] Ouvrier qui fait & vend des cardes pour carder la laine, &c. CARDINAL, cardinale, adj. Terme dé Sience. II signifie principal, & vient du Latin cardinalis , & celui-ci d e car do, qui signifie un gond, ou un pivot, fur lequel une porte tourne. On dit en Grammaire , les nombres cardinaux , qui font indéclinables, qui fe disent les prémiers, & desquels font dérivez les nombres cardinaux. On dit dans la Morale, les quatre vertus cardinales, qui font la Prudence, la Justice, la Force, & la Tempérance, qui fervent comme de pivot & de fondement à toutes les autres. En termes de Sphère & d’Astronomie, on parle des quatre points cardinaux, où le Méridien & l’Equateur coupent l’horifon ; & qui font l’Orient, l’Occident, le Midi & le Septentrion , & de là vient qu’on nomme aussi vents cardinaux , les quatre vents qui fouflent directe* ment de ces quatre côtez du monde. On nomme en Astronomie , les points cardinaux du Ciel, le Zenith & le Nadir, & les points du lever & du coucher du soleil. ch CARDINAL, s. m. Les Tondeurs de draps apel- lent ainsi, une carde à carder la laine, remplie de bour- re-tontisse jufqu’à l’extrémité des pointes. 11s s’en fervent pour coucher le poil , ou la laine, fur la superficie des étofes, après qu’ils les ont tondues à fin, ou pour la dernière ibis. CAR CARDINAL , s. m. f Cardinalis , purpuratut Ecclé. pour dire, qu’iìs font comme les pivots & les gonds qui soutiennent l’Eglife. 11 y a soixante & dix Cardinaux , six Evêques , cinquante Prêtres & quatorze Diacres. C’est d’entr’eux qu’on choisit le Pape; ils ont voix active & passive dans le Conclave. Cardinal neveu, c’est le Cardinal qui est le neveu du Pape vivant. Cardinal Camerlingue , c’est le Cardinal qui est le chef de la Chambre Apostolique. On parle de fermer & ensuite d’ouvrir la bouche aux Cardinaux nouvellement élus. Un chapeau de Cardinal, c’est un chapeau rouge. On dit absolument , prétendre au chapeau , & avoir reçu le chapeau : pour dire , prétendre à être Cardinal , & avoir été fait Cardinal. Les Cardinaux dans leur prémiére institution , n’é- toient autre chose que les Prêtres principaux,ou les Curez de la Ville de Rome. Innocent IV. leur donna le Chapeau rouge, & Boniface VUE la pourpre , de forte que croissant toujours en grandeur , ils fe font enfin élevez au-dessus des Evêques, quoiqu’ils ne soient que destitution Ecclésiastique. CARDINAL , f. m. Oiseau gros comme un petit perroquet, qui a le bec & le corps rouge. CARDINALAT , f m. [ Cardinalatus. ] Dignité de Cardinal. (II est parvenu au Cardinalat. Les Ministres des Couronnes qui font d’Eglife , parviennent assez souvent au Cardinalat. CARDINALISME , f. m. f Cardinalismm. ] II vient de l’Italien cardinalismo , & signifie la même chose que Cardinalat ; c’est-à-dire , dignité de Cardinal. Le Cardinalisme est la plus haute dignité, & le plus haut dégré où un Eclésiastique puisse monter , àmoinsqu’ií ne soit fait Pape. CARDON , s- m. [ Tener Cy n ara caulis.] Sorte d’herbe dont on mange les côtes. (De bons Cardons d’Efpagne.) £§ On s’en fervoit autrefois pour farcir des chevreaux , & c’étoit un mets fort estimé , Marot, ea son second Poème du Coq-á-l’âne : S’il es vrai , adieu le Carême Au Concile qui se sera : Mais Rome tandis bouffera Des chevraux à la chardonnette. Henri Estienne , dans son Apologie pour Hérodote : Ce difner quadragésmal étoit de chevraux U autres viandes à la chardonnette. Pline a remarqué dans son Histoire naturelle, que les Romains étoient fort friands des cardons qu’on leur aportoit de Cartage & de Cor- douë , & que nous apollons cardons d’Espagne. f CARDOUZISLE , f f Petite étole de laine fans foie. C ARE , f f Taille ou mesure qui est entre les deux épaules. En parlant d’habits, c’est la coupe & la taille du derrière du dos. ( II faut retailler la care de cet habit. On dit en Normandie une care de foin , qui est de 22 . bottes.) $ CARE, ou carus. Terme de Médecine. Efpece de léthargie ; qui dégénéré souvent en apoplexie. CAREME , f- /• [ Quadragejìma. J Les six semaines qui précédent les fêtes de Pâques , durant lesquelles l’Eglife ordonne aux fidèles de jeûner , & d« ne point manger de viande fans cause légitime & fans dispense. (On dit que le carême es bas, lors qu’il commence en Février, & que le carême es haut, quand il ne commence qu’en Mars. ( Le carême est haut cette année. Garder le carême. Observer le carême. Rompre le carême. Viandes de carême, c’est le poisson & tous les autres mets hormis la chair, la graisse, le lard, &c. Fruit de carême, ce font les fruits secs, comme raisins , figues, prunes, &c. La mi-carême , c’est le jeudi qui estau milieu du carême, & c’est une fête où les harangéres fe réjouissent.) £ CARéME , fe prend quelquefois pour tous les sermons qu’un Prédicateur prêche pendant le tems du carêmé: (Un tel a publié son carême. Le carême d’un tel est estimé.) CARêME-PRENANT , f. m. (j Géniales ante quadra- genarium jejunium dies. ] Le dernier jour du carnaval. (Faire carême-prenant avec ses amis.) f* CARêME-PRENANT. [Plebecuìa larvata.) Homme ea masque, homme habillé ridiculement. Personne en CAR en masque. ( On dit que vous voulez donner vôtre fille à un carême-prenant. Mol.') CARE'NAGE , s m. [ Locus carihandis navìbm idonem. ] Lieu où l’on donne caréné aux navires. CARE'NE , s.s- í Caréna , imm alveus. 3 La quille, les flancs & le fond d’un vaisseau trempant dans l’eau. fourn. (Mettre le navire eti carène , c’est coucher tellement le navire fur le côté que la caréné puisse recevoir le radoub.) CARE'NER, v. r. [ Carïnare. 3 Terme de Mer. Mettre le navire fur le côté , en forte qu’on lui puisse voir la quille pour donner le suif. CARESSANT , caressante , adj. [ Blandus. ] Qui caresse. (II est caressant. Elle est caressante.) CARESSE , f f. s Blanditia , amorìs Jìgnificatìo. J Témoignage extérieur d’amitié, d’amour, ou de bienveillance. (Faire des caresses à quelcun. Pasc. I. CARESSER , v. a. [ Blandìtììs lenire , permulcere. 3 Faire des caresses. ( Caresser quelcun. Caresser un cheval. Volez jusqu’à quel point va ma douceur extrême : Un jour Lycdi U moi nous caressions mon chien, Nom le baisons ensemble , il me baisa moi-mîme , Je feignis de n’en sentir rien. Fonten. * CARESSER, v. a. Ce mot fe dit aussi des bêtes, & signifie faire ì’amour, brûler d’amour pour une femelle de son efpéce. ( Les taureaux & les béliers ne caressent que leurs femelles. Abl. Luc. t. 2. amours.) CARET, [■ m. f Tejìud.inis putamina. ] Sorte de tortue, dont la chair est fort bonne à manger , & dont l’écaille sert à faire des peignes & autres petites choses. f CARET. On apelle fil de caret, du fil qui sert à coudre les voiles, & autres ouvrages & manœuvres fur les vaisseaux. CARGAISON- ( Navis onus. ] Terme de Marine. La charge d’un vaisseau , & le tems propre à charger de certaines marchandises. ( La cargaison de ce vaisseau est de telles marchandises. Le tems de la cargaison des vins, & de la morue, &c.) ' t CARGAMON , f m. Sorte d’épicerie très-ra- re & très-précieufe, qui ne croît que dans le Roïau- me de Viíapour. CARGUER , v. a. [ Coltigere vélum .3 Terme de Ma - me. C’est trousser la voile & l’acourcir par le moïen des cordes apellées cargues , qui la lèvent jusques au tiers ou à la moitié du mât. On dit auffi bourcer la voile , ou carguer la voile. CARGUES , f. féminin quand il est seul. Masculin quand il est joint à un autre. Cordes disposées pour trousser la voile. ( Funes colligendis velis apti.) i CARGUEUR. Terme de Mer. Poulie qui sert à amener & à guinder le perroquet. ílf CARIAGE- Vieux mot que Borel dérive de chariot , parce que c’est par des chariots que l’on transporte le bagage d’une personne. On s’en sert quelquefois pour exprimer le tracas , l’embaras d’u- ne afaire , d’un ménage. Faiseu , dans fa Légende: Mais il survint un autre quariag^ Quart la fillette eut soudain un enfant. L’Historien de la vie du Chevalier Bayard : Levé qu'il fut , premier fait partir ses grands chevaulx , dont il tivoitfix par excellence , avec son cariage. CARIATIDES , s. f [ Cariatides. 3 Terme d’Architecture. Figures de femmes qui font vêtues de robes longues, & dont on se sert en quelques bâtimens au lieu de colonnes. CARIE, f f. {_ Cariojhs morbus. 3 Ce mot se dit des os & des dents. Us vient du Latin caria , & signifie une pourriture .qui les gâte & les mange. ( Oter la carie d’une dent ou d’un os. Empêcher la carie u une racine. QharaA , pbarm.) Se carier, v.r. [Cariosum effici .3 Se pourir. Use drt des os, des dents, & aussi du bois qui est rongé par les vers. ( Ce bois commence à se carier. Bois cane.) CARIE', ée , part. adj. [ Cariosus.) CARILLON, / m. [Numerosus arts campantso- n>tm. j Sonnerie harmonieuse dc plusieurs cloches. CAR 327 Musique de cloches. ( Le carillon de la Samaritaine est charmant. Le carillon sonne des hymnes ou des airs.) î CARILLON. C’est aussi une petite barre de fer, qui n’a que huit ou neuf lignes en quarré. On dit en riant. * Le carillon de verres. f * CARILLON , f m. [ Vociferatio , clamor immédiats .3 Ce mot fe dit auffi des crieries qu’une femme de mauvaise humeur fait à son mari, ou des crieries des personnes du petit peuple qui fe querellent & s’in- jurienr. ( Quand ce mari va au cabaret, fa femme lui fait un beau carillon. II lui a fait un furieux carillon.) f * Il a été batu à double carillon. Faqon de parler basse & proverbiale : pour dire , il a été furieusement & outrageusement batu. CARILLONNER , v. a. [ Aïs campanum numerosê pulj'are. ] Faire un carillon de cloches. ( On carillonne la veille des bonnes fêtes.) CARILLONNEUR , f m. [ Qui as campanum numéroté puisât. 3 Celui qui fait sonner le carillon. CARIOLE , s f [ Rheda minor. ] Maniéré de petit caresse. ( Une jolie cariole. ) # CARISEL, qu’on nomme CRESEAU. Grosse toile très-claire, qui sert pour travailler en tapisserie, de même que le canevas. ch CARISET , OU KAREZE'. Etofe de laine croisée, qui se fabrique en Angleterre & en Ecosse. t CARISTADE , / f [ Chantas , eleemojyna. J Ce mot vient de l’Efpagnol caridad. U signifie aumône , mais il ne fe dit qu’en riant. ( Demander la cariftade. On fait la _ carístade à de beaux esprits, qui fans cela ne vivroient pas.) f CARIVE- C’est un des treize noms qu’on donne au poivre de Guinée , connu en France fous le nom de Piment. f CARLA- Toile des Indes, qui se fabrique dans un Village de ce nom, près de Cananor & de Pon- tichery. CARLET , s m. [ Quadratulus. 3 Carrelet , f nt. Sorte de poisson plat. CARLET. [ Acus quadrata. ] Sorte d’éguille dont le cordonnier se sert. ( Le grand ou le petit carlet.) CARLET , f. m. C’est auffi une eípéce de petit châssis, fur lequel on suspend une étamine , ou un linge , au travers duquel on passe des choses liquides. | CARLET. Sorte de petite étofe toute de laine. î CARLET. Terme de Chapelier , & de Tablettier- Peignier. f CARLETTE , f f. C’est une des sortes d’ardoiscs qui se taillent sur les ardoisieres d’Anjou & du Païs di* Maine. $ CARLIN, f m. Petite monoïe d’argent qui a cours dans le Roïaume de Naples & en Sicile. Ls Carlin vaut environ sept sols de France. CARLINE , ou Caroline , f f. C Carina, chame- laon albm , carolina. ] Fleur blanche ou noire qui fleurit en Août & en Septembre. C’est une plante dont la racine est estimée contre la peste. On tient qu’un Ange la montra à l’Empereur Charlemagne pour guérir les soldats pestiférez de son armée, ce qui fut cause qu’il donna son nom à cette plante, & qu’elle fut apellée caroline. $ CARLINE. 11 y a deux especes de Carline , une "blanche, l’autre noire. L’une & l’autre font fudori- fiques , apéritives, tuent & chassent les vers ; elles excitent les mois aux femmes , & elles font propres pour les maladies contagieuses. CARLINGUE /• Terme de Marine. Grosse pièce de bois qui régne presque le long du vaisseau au-dessus de la quille , pour faire liaison ensemble, & que pour ce sujet quelques-uns apellent contrequìlle. t CARME , f m. i Carmen. 3 Mot burlesque, pour dire vers. $ CARME. Nom que l’on a donné à une espeee d’acier. f CARMELINE, adj. Laine Carmeline de Vigogne , qu’on nomme auffi laine bâtarde. C’est h seconde espece de laine qu’on tire du Vigogne. CARMES , f m. ( Carmélite. 3 Religieux qui raportent leur origine au Prophète Elie, qui ont une robe & un scapulaire qui tirent sur la couleur de cheveux. 328 CAR veux , avec une chape blanche. Les Carmes déchaussez furent reformez par sainte Thérèse en is^. Carmes mitigez. ) Ils ont soutenu dans les Thèses de Béziers , qu’il étoit fort probable que Pytagore étoit Carme. Voïez la lettre de l’Abé Faidit. CARMES. Terme de Jeu de Jet de Triquetrac. C’est deux fois quatre. CARMELITES, s f. [ Carmelitana moniales. ] Religieuses qui font du même Ordre que les Carmes. C’est le Cardinal de Bérulle qui les a amenées en France. CARMIN , f- tn. f Minium , carminum. ] Couleur faite de bois de brésil & d’alun, de laquelle on se sert pour peindre en miniature. (Ce carmin est beau. On vend & on achète le carmin à Ponce.) f CARMIN , f m. Le Carmin fait avec le bois de Brésil n’aproche en aucune maniéré de la beauté de celui qu’on tire de la cochenille. Ce dernier est une fécule, ou poudre qui reste au fond de l’eau , où l’on á fait tremper, & bien mêlé la cochenille, le chouan , & l’autous. Cette couleur rouge est très- vive & comme veloutée ; & c’est ce carmin dont se servent les Peintres en miniature. Quoiqu’on dise de fa composition , c’est un secret connu à très-peu de gens. CARMINATIF , Carminative , adj. [ Carminan- di vim babens. ] Terme de Médecin. Qui empêche les vents, qui chasse les vents. ( Lavemept carmi- natif. Huile carminative.) CARNAGE , f m. [ Cœdés , strages , internecio, cadaveré] Multitude de gens tuez. (Faire un grand carnage des ennemis. Vaug. Quint. I. 5. Faire un horrible carnage. 11 sc dit aussi des bêtes tuées. Le dragon assouvi de sang U de carnage , S’ejl enfin retiré dans une antre sauvage. Cadmus , a. f .sc. 4. íf CARNALER- C’est prendre une bête du troupeau que l’on trouve en dommage dans son fond. II est dit dans la Coûtume de S. Lever, tit. ;. art. 2. ,, Et si aucun bestail est trouvé pasturant efdites Ju- ,, rifdictions, si le Seigneur dudit bestail n’a droit „ de panage, ou possession d’y pasturer, peut être „ carnalé , ou tué & appliqué au Seigneur.” Voïez Varticle suivant U le i}. ainsi que la Coutume de Bàionne , art. 16. 0 1 CARNACIER. Ce terme signifie , dans la Bresse , le poisson de la posée du mois de Mai, quand il s’est écoulé une année. Voïez Revel, p. 274. CARNASSIER , carnajjìére , adj. [ Camivorm. 3 Qui aime la chair. (Le loup est le plus carnassier de tous les animaux. Sal.) II sc dit aussi des personnes goulues , & qui mangent beaucoup de chair. ( Les hommes carnassiers font sujets à avoir Phaleine puante.) CARNATION , // [ Nuda corporis cutis nativis coloribm expresfa. ] Terme de Peintre. Les chairs qui font peintes en un tableau. Ce Peintre a une belle carnation ; c’est-à-dire , que les chairs qu’il peint, font bien peintes. ( Les carnations de ce tableau font belles.) CARNATION. Ce mot ne se dit point d’une partie particulière d’une personne qui est peinte. Ce seroit mal parler que de dire , ce bras ejì d’une belle carna- nation , mais il faut dire ce bras est bien de chair. Ce dos est bien de chair. CARNAVAL, ou CARNEVAL, f. m. [ Baccka- nalia. ] L’un & l’autre se dit, mais carnaval est infiniment plus usité que l’autre. Ce sont les quinze jours qui précédent immédiatement le premier jour de carême, pendant lesquels on ne songe qu’à bien rire, à sc bien traiter , & à avaler plus de chair qu’auparavant. Un cdmologiste moderne prétend que c’est de là que nous avons fait le mot de carnaval. ( Un agréable , un aimable , un charmant carnaval. Un carnaval gai & gaillard. Faire carnaval avec ses amis. Commencer joïeufement son carnaval. Passer agréablement le carnaval. . Finir, achever gaillardement son carnaval. Les jours du carnaval sc nomment aussi les jours gras. Se bien divertir durant les jours gras, ou durant le carnaval.) CARNE, f.s \_Angulw. 3 Angle de quelque chose dure & solide. (Je me fuis donné un grand coup de la tête contre la came de cette table. Mol.) CAR r CARNE', carnée , adj. [ Color ad nativam corporit cutem accedens. 3 Terme de Fleuriste. Qui est de couleur de chair vive. (Anémone toute carnée. Fleur nuée de carne.) CARNE'LE, /. /. [ Or a nummaria dorsum > emi- nens nummi margo. J Le dos du bord de l’efpéce de monoïe , ou la bordure qui paroît autour du cordon qui ferme la légende. CARNELER , v. a. [ Nummum limbosuo cìrcumcin . gere. 3 Faire la carnéle. CARNELE', e'e, adj. \Pinnatmé\ Terme de Blason. CARNET t s m. [ Commentariolum exigendi suis temporibus debiti. J Terme de Marchand. C’est un extrait du livre d’achat d’un Marchand ; dans lequel font contenues ses dettes passives , & le tems auquel il les doit païer. í CARNOC , ou COMB. Mesure qui sert en Angleterre à mesurer les grains, graines & légumes. CARNOSITE', J. f. f Excrejccns in veretro tumor , carnojìtas. J Excroissance de chair, ou chair gonflée qui fe produit d’ordinaire dans la verge par le passage d’une humeur corrosive. t CARQGNE, f. f. I Stercm, Jordes. 2 Fripone, libertine, mauvaise. ( C’est une méchante carogne. ) Ce mot est injurieux, & il ne le dit qu’entre des personnes de lie du peuple. íf CAROLLE- Ancien mot, qui signifiait danse. Je reviens à ma paroìle Les nobles gens de la carolle. Le Roman de la Rose. Borel le dérive de chorea. ch CAROLINE. Monoïe d’argent de Suede , qui revient environ à dix-neuf sols de France. CAROLUS , f m. [ Caroleus. J Pièce de monoïe d’Angleterre, valant treize livres quinze sous. CAROLUS , f m. Monoïe de France , qui valoit cinq doubles, ou dix deniers, & qui est à présent hors d’ufage. On ne dit plus voilà un carolus, mais voilà cinq doubles , & en y en mettant encore un, vous ferez un fou. ( f * II a des carolus c’est-à- dire, il est riche , il a des écus. On dit , pour mépriser une chose : Elle ne vaut pas un carolus. Henri III. Roi de France , aïant avec lui Henri Roi de Navarre, qui a été depuis notre Henri IV. refusant de donner bataille à Charles Duc de Alaïenne, dit plaisamment qu’il ne faloit pas bazarder un double Henri contre un Carolus. CARON, f m. [ Lardisigmen. 3 Termî de Charcutier. Bande de lard d’où le maigre est ôté. CARONCULES , f fi [ Caruncula.] Terme â’A- natomie. Petites chairs glanduleuses & spongieuses qui sont en plusieurs parties du corps comme dans le. coin de l’œil, & aux parties honteuses de la femme. Voïez Mauriceau , traité des femmes grofjes, l. 1. ch. ç. CAROTE , f m. [ Pastinaca hortensts. ] Racine rouge ou jaune qu’on mange. H On dit d’un homme qui vit mesquinement, c’est un mangeur de carotes, il ne vit que de carotes. f CAROTE. On apelle ainsi un morceau de tabac, long d’environ un pic , gros suivant l’elpece du tabac, & tìcellé fortement dans toute fa longueur ; on le prépare ainsi pour être râpé. Les véritables carotes sont celles qu’on prépare en Hollande & en Angleterre. Elles ne font point ficelées, & elles ont la figure d’un cône long & étroit , assez semblable à la racine de la plante qu’on apelle carote. . f CAROTIER , carotiere , adj. On apelle ainsi au jeu les gens qui jouent timidement & fou à fou. Acad. Fr. CAROTIDE, adj. [Pi mie carotides. J Terme de Médecine. C’est lc nom qu’on donne à deux artères du cou qui portent le sang au cerveau , & qui montent le long des côtes de la trachée artère avec la veine jugulaire interne. CAROUGE, / M. Xstilìqua caulis.J. Arbre qui croît assez haut. Son écorce est grise. Ses branches s’étendent plus en largeur qu’en rondeur. Ses feuilles sont de couleur vert brun, & son fruit de certaines gousses larges, plates & longues, où fl y a un gros grain de couleur de châtègne. Dal. GAROUGE j f fi Z Ceratonia. ] Fruit de l’arbre qu’on apelle carouge. (Les carouges font douces, L ont quelque chose du goût des chàtegnes. Dal. C A- CAR CAROUSSE. Voïez camuse. L OARPASUM, s. m. Plantes dont Dbscorìde fait mention. Le jus de cette plante étoît un poison dangereux, semblable à la ciguë. CARPE, s s- Cyprinus.d Poisson de lac & de rivière, couvert d’écailles larges & grandes, brun lors qu’il est jeune, mais il est jaunâtre lors qu’il est vieux, aïant la chair molle & humide, & fans grande faveur. Ron. (La carpe n’a point de dents, elle a toûjours le ventre plein d’œufs, parce qu’elle a des petites cinq ou fix fois Tannée. Ron. Mettre une carpe au court-boíiillon. La carpe aime les eaux bourbeuses.) Le saut de la carpe. [Cyprins saltw.d Les baladins nomment ainsi us certain faut qu’ils font, auquel ils plient tout le corps, & joignent la tête à leurs piez ; car la carpe en fait un semblable pour sortir des filets. CARPE, s m. [ Carpismm.2 Terme de Médecine. Le poignet, ou la partie qui est entre le bras & la paume de la main. CARPEAU, s m. [Cyprìnus mìnor.~\ Petite carpe pour aluiner. On dit aussi carpìllon. H CARPETTES. Gros draps raïez, qu’on nomme autrement, tapis d’emballage. 4 CARPQ-BALSAMUM. On nomme ainsi les baies, ou Je fruit de Tarbre qui produit T excellent baume du Levant. ff CARPQT. Ce droit est fort en usage dans la Coutume de Bourbonnois, dont on peut voir l’ar- ticle ?S2. & le suivant. II consiste dans le quart de la récolté du vin cueilli dans une vigne remise sous la réserve du quart. í CARQUESE, f. m. Terme de Verrerie. C’est is four de frite, où Ton fait cuire les pots avant que de les mettre dans le four de la verrerie, dont il est séparé. í CARQUOIS. Voïez CARCOIS. r CARRA QUE , f f. C Carraca, navis ampliffìma.] Vaisseau rond de combat, du port de cent cinquante , ou de deux cens tonneaux. Four. CARRAQUON , carracan , f. m. Petite barraque. Four. CARRE- Voïez lettre Q.. Colonne QUA. CARREAU , f- m. Prononcez carra. Couffin pout coudre. CARREAU. [ Pulvinm .] Coussin couvert de velours de couleur, ou de quelque étofe, fur quoi les personnes de qualité fe mettent à genoux dans les Eglises. CARREAU, fs2uad.ratum.~d Terme de Vitrier. Morceau de verre taillé en quarté pour faire des châssis. CARREAU. Terme de Tailleur. Fer pour presser les coutures. (Passer le carreau fur la doublure.) CARREAU. [ 'Folium luforium. d Terme de Cartier. Point de carte lequel est rouge & carré. Carte où il y a un ou plusieurs points de carreau. Un as de carreau. Un Roi de carreau. .Jetter du carreau. Jouer du carreau.) CARREAU. [Fulmen.d Ce mot fe dit en parlant de foudre, & veut dire, un corps fort dur cjui fort d’entre deux nues. On croît que ce corps est chimérique. Roh. Phis. CARREAU. Terme de Potier. Morceau de terre franche fait en quarté, ou à pans. (Carreau cru, carreau cuit. Latte le carreau, mouler le carreau, poser, arranger, assembler le carreau. Abaisser le carreau, relever le carreau qui fe défait.) í CARREAU. Terme de Serrurier, & des autres Ouvriers en fer qui fe servent de la lime. Les carreaux font de grosses limes quarrées, qui fervent à dégrossir le fer. II y a des demi-carreaux, qui n’ont que la moitié de Tépaisseur des gros. f CARREAU. Terme de Monóiage au marteau. II fe dit des lames , ou morceaux d’or ou d’argent, qu on soupe, qu’on arrondit, & qu’on prépare pour en faire les flaons, dont ensuite Ton fabrique les efpé- C ? J ?\ Tàn carreaux ; c’est couper les lames avec les cuoires , & les réduire en petites pièces quarrées. Battre, ou fr aper carreaux} c’est les aplatir fur î’en- clume à coups de marteau , pour donner Tépaisseur aux flaons. Recuire carreaux} c’est les mettre au feu, pour en rendre le métali plus doux, & plus facile à ajuster. Ajuster, aprocher & rabaisser carreaux} c’est en les battant, les rognant, & les limant, les réduire a leur véritable poids. On dit aussi, Réchaufer, Fiat. CAR 329 tir , Eslezer , & Boiser carreaux ; pour dire, les mettre une seconde fois au feu, les arrondir avec le ftattoir, & les adoucir avec la gratte-boëffe. 4 CARREAU. Dans le commerce du poisson d’eau douce, on apelle Brochets carreaux , les pliis longs & les plus gros brochets. H CARREAUX, forte d’oppilation qui presse Teste- mac, la poitrine, & qui rend le ventre dur & tendu. Etre sujet au carreau. CARREAU de Pierre. [ Laterculm. J Grosse pierre pour bâtir. ( * Jetter fur k carreau. [Humi, foris.d Donner un tel coup à une personne qu’elle en tombe morte par terre ou sur le pavé.) f CARREAUX. Terme de Marine. On apelle ainsi en général toutes les ceintes ou préceìntes d’un vaisseau ; & quelquefois en particulier la lisse de vi- bord, qui est la plus haute de toutes les préceìntes. On donne aussi ce nom aux piéees de bois, qui font le haut des côtez d’une chaloupe. Aubin. CARREFOUR, carsour,/. m. [ Compitum , tri. vittm.J Ce mot est ordinairement de trois silabes, & il signifie T endroit d’un bourg ou d’une ville, où plusieurs rues font tête en quarré. (Mon ame est pour vous miaulante, & on l’entend en chaque carrefour. Voit. Pois.) {§ CARREFOUR. C’est un lieu où aboutissent plusieurs rues dans les villes, & plusieurs chemins dans la campagne : les Païens y plaqoient des statués de N leurs Dieux, à qui ils ofroient des fleurs & des fruits. Tibulle, l. 1. Ec. 1. Nam veneror, feu fipes habet defertus in agris t Seu vêtus in trivio florea ferta lapis. Octavius & Cœcilius allant fe promener fur le bord de la mer, rencontrèrent une statué du Dieu Serapis, qui donna lieu à l’entrétien qu’ils eurent en présence de Minutha Félix , sur la Religion Chrétienne & sur la Païenne : Cùm Cœcilius, fmulacbro Serapidk denotato, ut vulgus fuperstitiofm filet , manum ori ad - mor/em, osculum labiìs prejjlt, [stc. Voïez Mìnutii Fe- licis QHavium. CARRELAGE, f tn. [Striatura.d Ouvrage de carreleur. (Pater de carrelage. Le s Maqons entreprennent aussi le carrelage.) CARRELER, v. a. [Cubìculum semer est Placer dans une chambre des carreaux avec du plâtre & de recoupes de pierre. (Carreler une chambre, carreler à la toise.) -j- CARRELER, v. a. Terme de Savetier. C’est raccommoder de vieilles botes, & de vieux souliers ; y mettre des bouts & des femeles neuves. CARRELET. Votez Caria. CARRELETTES. Limes qui servent à limer & à polir le fer. CARRELEUR, f m. [Artifex siemendi cubiculist Ouvrier qui carrele. (Un bon carreleur.) CARRELEUR , f. m. [Veterum calceorum far t or.d II signifie aussi Savetier. Mais, en ce sens, îln’est usité que dans les lettres de maîtrise d’un Savetier, qu’on apelle maître carreleur - hors de là, ett parlant ou en écrivant, on fe sert toûjours du mot de Savetier, (II en coûte deux cens francs pour être reqû maître Carreleur à Paris. II n’y a guére d’hommes qui fa. chent mieux les rués de Paris que les carreleurs, St qui les enseignent avec plus de plaisir.) * CARRELURE , f f [ Veterum calcearaentorum fartura-d Terme de Savetier. Paire de souliers remontée. Paire de botes remontée. Carrelure, en ce sens, n’est plus en usage. On dit paire de souliers remontez ; c’est-à-dire , ausquels on a mis des femelles nouvelles : & de même à T égard des botes. CARRELURE , f. f. Au figuré & dans le comique, ce mot se dit plaisamment en parlant du ventre , & il signifie une bonne garniture de ventre, (Le tems qui fe passa jusqu’au soupé, me parut un siécle, tant j’avois besoin d’une bonne carrelure de ventre. Abl. Luc. songe du coq.) (-j- * Une bonne carrelure de ventre. Abl. Luc.) Termes burlesques, pour dire, un ventre bien rempli de viande. Se carrer , v. r. [ Anfatmn ambulare , ejferre ft magnificè-d Je me carre, je me fuis carré, je me carrai. Marcher les mains fur les côtez, & d’un air fier & orgueilleux.) CARRIER , f m. [Latomm, lapiddast Celui qui Tome L T k fait 330 CAR fait ouvrir la terre pour faire des carrières. On apelle carrier le manœuvre qui travaille à tirer la pierre des carrières par l’ordre du marchand Carrier. CARRIE'RE , s s. [ Lapidicina.] Lieu creusé & profond d’où l’on tire la pierre pour bâtir. (Percer une carrière.) * CARRIE'RE. Les Médecins disent qn’une personne a une carrière dans la vessie, lors qu’il s’y engendre de nouvelles pierres, après qu’on en a tiré d’autres, * CARRIE'RE. Les Botanistes apellent de ce nom fend roi t de certaines poires, où il y a plusieurs nœuds pierreux autour du centre de ce fruit. CARRIE'RE , s. f. (Currìculum equestre .] Ce mot signifie une étendue de terrain où l’on peut pousser un cheval jufqu’à ce que l’haleine lui manque. (II a fait faire une grande carrière à ce cheval, & par ce moïen il l’a suffisamment éprouvé.) H La cavalerie doit prendre carrière à soixante pas pour charger fennemi. Polybe de Folard. CARRIE'RE , f. /. [ Hippodronms .) Terme de Manège. Grande place destinée pour faire des courses de bague , de tête , de faquin, & autres pareils exer- CARRIE'RE, [ Stadium.] Route, chemin, course» Course de la vie, tâche. (Je voi les iacintes orientales , Qui le jour seine à son reveil t Sur la carrière du soleil. Voi t. Poës.) * Courir du bel esprit la carrière épineuse. Dejpr. * Fournir sa carrière, achever sa carrière. Bens. * Sa carrière qui pouvoit être plus longue, ne pouvoit être ni plus belle, ni plus heureuse. Pose. lett. 4. à OUnde. f * Se donner carrière, f Sese effundere. ) C’est se divertir. Passer son tems agréablement. (Se donner du bon tems.) CARROBE. Voïez carouge qui signifie la mêmé chose. CARROSSE , ou carafe , s. m. £Rheda , currus^ carpentum.] Mais on prononce carroce. Voiture à quatre roués fort commode & fort connue, couverte de cuir, de velours ou d’étofe, & dont on se sert pour aler en ville & à la campagne. (Un beau , un superbe, un magnifique carolìè. Mener le carosse. Aler en carosse. Faire rouler le carosse. Draper un carosse. Carosse de louage. Carosse coupé. Carosse vitré. Carosse drapé. C’est un carosse de deuil, qui est garni de drap dedans & dehors. Un homme à carolìè. C’est celui qui entretient un carosse, & qui fait rouler le carosse.) f * C’eji un cheval de carofe. Ces mots fe disent proverbialement, & dans le stile satirique, pour dire, c’est un homme grossier, & qui a peu d’esprit. sf Nous aprenons de Mr. de Thou , que l’on n’a vù de carosse en France, que fur la fin du Régné de François Premier, & que la Reine étoit la feule qui en eíìt. Quelque tems après, Diane, Duchesse d’Angoulême, suivit son exemple ; & Christophe de Thou aiant été fait prémier Président du Parlement de Paris, en fit faire un qui fut le troisième carosse; dont ï’uíage étant d’une grande commodité , plusieurs particuliers en firent faire, fur l’exemple de Jean de Laval, Seigneur de Bois Dauphin, lequel alleguoit, pour excuse, ìa peine qu’il avoit d’aler à cheval. Quelques- uns ont crû, que la leflica des Romains étoit une espèce de carosse qui a servi d’exemple aux nôtres. Ce vers de la prémiére satire de Juvénal est connu de bien des gens. Caujldici nova cìmt veniat leHica Mathonis Plena ipso. Mais ceux qui croient que leHica doit être entendu d’une espèce de carosse, se trompent, puis qu’il est certain que c’étoit une chaise portée par six esclaves, dans laquelle il y avoit des coussins pour y être commodément & à son aise. Cicéron écrivit à son frère, qu’un certain jour il étoit alé souper chez Crassi- pes, porté dans une chaise, leHìcà latw Jum. Non- seulement ori s’en servoit pour la commodité des vi- vans , mais on avoit acoûtumé d’en user dans les pompes funèbres, pour porter les morts au bûcher : c’est un fait historique, dont on peut s’éclairçir «M- CAR plement dans le chap, 19, du prémier Livre Electo. rum de Lipse, CARROSSIER, s m. [ Rhedarum opifex. ] Ouvriet qui fait des carosses. Ceux qui font de ce métier, s’apellent à Paris Selliers-carroJJiers , & ils font un corps séparé d’avec les Bourreliers. V On apelle aussi un cheval propre à bien tirer le carosse, un bon carrossier. Acad. Fr. CARROUSEL , f m. [Ludm equestris.] 11 vient de l’Italien carojjel/o , diminutif de carro. Course acompagnée de chariots , de machines , de récits, & de danses de chevaux. Ménejirier , traité du c an ou. sel. (Faire un carrousel.) + CARROUSSE, ou caroufe , s. s [ Libéral fr, JWenua perpotatio .] Repas où l’on boit beaucoup , où l’on fait bonne chère. Ce mot vient de l’AIemand gar aujs, qui signifie tout vuide , sous-entendant le verre. (Faire caro tisse avec ses amis. Ils ont fait carousse avec ces étrangers.) £f Ils font journellement carrousse avec les Dieux. Régnier, Jdt. 2. Lf Brantôme a dit, que Charlemagne fit une Ordonnance , pour défendre aux Alcmans & aux Fia. luans, de faire carroux à l’avenir : ,, car encorg ( dit-il ) qu’il fût de la partie , il n’étoit pas bibe- „ ron, que c’est d’une belle naissance & d’une belle ,, éducation, & fur peine d’une grosse amande contre „ les contrevenants. ,, II ajoute que l’on trouva le moïen d’éluder les défenses de l’Empereur : ,, c’est „ qu’aux banquets qu’ils faisoient, ils sc montroient „ les uns aux autres les gobelets & les tasses pleines j, de vin, & les soutenant , regardoient à qui ils les ,, portoient ; puis s’entredisant hola , celui qui étoit „ tenu de pleiger son compagnon , répondoit, U ,, quoi ? L’ assaillant repliquoit, ce que l’Empereur à ,, défendus & là-dessus, iì faloit trinquer, & faire „ raison. „ Mais je ne vois pas que ce fût là éluder sûrement les défenses de l’Enipereur. On sc sert rarement de ce terme. CARRURE , J. f. ['Spatium inter humeras inter- jefíum.] Terme de Tailleur. Partie de Plia dit qui couvre l’estomac & le derrière du dos. (La carrure de derrière.) f CARTAME- Espèce de safran bâtard, qu’on apelle aussi fafranbourg. CARTE, f f. [Folium lusorium.] Petit morceau de carton quarté avec des points de couleur noire ou rouge, ou quelque figure, avec urt seul point de couleur, servant à jouer. (Batre les cartes; donner les cartes. II y a plusieurs sortes de jeux de cartes. Jouer aux cartes.) * Les cartes font bien brouillées. [M/fcere, perturba - re .J Ces mots sc disent au figuré, pour dire, qu’il y a de grandes divisions entre des personnes, dans un Etat, ou entre des Souverains. CARTE. [Tabula piHk foliis lusoriU dijlinHa.] Terme de Cartier. Feuille de carton où il y a plusieurs cartes fans être coupées. (Savonner les cartes.) CARTE, f Tabula geographica.] En p niant de géographie, c’est une feuille qui contient Ja description du monde, ou de quelques-unes de ses parties. (Savoir la carte.) ss On dit aussi, carte générale , carte particulière, carte universelle, carte topograpliique. Faire la carte d’un païs. Etudier la carte. CARTES marines, f Tabula marina.'] Ce font des «présentations ou descriptions des côtes & des parages de la mer , pour connoitre les routes, & régler les estimes. 11 y a des cartes marines au point réduit, au point plat, au point commun, ou à distances itinéraires. Voïez là-dessus, Fart de la navigation de Mr. Guil/et. í On dit aussi, carte hydrographique. í CARTE ajìronomique , est une carte qui représente les constellations, dans la situation qu’elies ont les unes à l’égard des autres. CARTE généalogique , est une carte qui contient toute la généalogie d’une maison. * Donner la carte blanche à quelcun. [ Optmem dare.] C’est lui donner une entière liberté de faire ce qu’il lui plaira, ou de ne pas taire, fur une chose dont il s’agit. (Château bâti de cartes, c’est une maison bien enjolivée, «jais bâtie peu solidement. On dit CAR dltqu’un homme fait la carte, pour dire, qu’il sait les intrigues les plus secrètes. Acad. Fr. CARTEL , s. »r. [Pafíio de captivis inita belli temporel Acord qui se fait entre les Princes pour des prisonniers de guerre. CARTEL, f- m - [ Scheda provocatoria, ] Petit billet contenant un défi pour se batre, le lieu, la maniéré, le sujet, le jour & l’heure du combat. (En- voïer un cartel à son ennemi.) H CARTEL, est aussi le règlement qui se sait entre deux partis ennemis, pour. la rançon ou pour l’é- change des prisonniers. On a réglé le Cartel. | CARTELET. Petite étofe, ordinairement toute dê laine. CARTELLE, f. f- [Materìessi Terme de Charpentier. Crosses planches qui fervent aux moulins à porter les meules. , CARTELLE , f. f- ['Tejsela .] Faqon de debiter les bois recherchez, comme les frênes & érables , lors qu’on les divise par petites planches de quatre à cinq pouces d’épaisseur. CARTESIEN, s m. [Cartesianm .] Philosophe qui est dans les sentimens de Descartes. Mr. Rohaut étoit bon Cartésien, CARTE'SISME , ou Cartésianisme , s. m. [ Cartesia- nismm.J L’un & l’autre se dit, & signifie les opinions du Philosophe Descartes. (Défendre le Cartésisme. Soutenir le Cartésianisme.) CARTIER , s ra. [CartariufJ Celui qui fait & vend de toutes fortes de jeux de cartes & de papier. | CARTIER. C’est aussi le nom d’une forte de papier, destiné à couvrir les jeux, ou les sixains des cartes à jouer. CARTILAGE , s m. Terme à’Anatomie. 11 vient du Latin cartilago. C’est une partie du corps la plus froide, la plus solide, la plus sèche, la plus terrestre, & la plus insensible après P os. Deg. C’est un cartilage xipnoïde. Dionit. CARTILAGINEUX , cartilagineuse , adj. [Cartila- gmeusé] Oui aproche de la dureté de l’os. (Corps cartilagineux,) CARTISANE, f- m. Terme de Brodeur. Soie, fil délié d’or ou d’argent dont on couvre un petit morceau de parchemin qu’on met dans les dentelles. CARTON , f m. [ Charta siijsior. ] Sorte de gros & de grand papier fort épais, qui se fait des rognures de livres. CARTON. [ ‘Folìum vitiesi loco subsiituendum.’] Terme à’Imprimcur. Des feuillets qu’on imprime de nouveau, pour mettre en la place d’autres où il y a des fautes. (Faire un carton. Un nouveau carton, un carton bien correct. Le Relieur place les cartons, mais ceux qui font mal habiles & ânes dans leur métier, les placent souvent très-mal, & ainsi ils perdent un livre. On dit aussi, casser un carton, déchirer un carton.) CARTON. [Charta grajjìor figurit pilíit adumbra- ta. Terme de Peintre. Ce font de grands desseins de papier pour peindre à fresque, & qui servent à calquer les figures contre les murailles. CARTONNIER, s. m. [Spisiìorum chartarum opi- /tx] Artisan qui fait & vend le carton. Volez Papetier. CARTOUCHE, f- m. [Pointa, hélix.-] Ornement de sculpture, ou de peinture. Ornement qu’on met autour des inscriptions des armes & des chifres. (Un joli cartouche , un beau cartouche de caroffe.) CARTOUCHE , f. m. [Catenœ aliaque ferramenta.~\ Morceau de fer, de chaîne, de tête de clou , dont on charge un canon. (Canon chargé de gros cartouches.) CARTOUCHE , f m. f Granati bellïci genus. ] Pièces de fer batu , assez longues & déliées , se serrant & Rétrécissant vers l’ouverture , dans lesquelles on met plusieurs morceaux de fer & de dez, dont on charge les pièces d’artillerie. Dan. CARTOUCHE ,s. m. [Chartei ex arte globuli ferra- mentis inferti. ] Efpcce de rouleau de papier , ou de carton, en forme d’ctui, qui renferme la charge de ■l’arme à feu. Le cartouche des pistolets & des mousquets est de gros papier, & le cartouche des pièces, d’artillerie est de carton. C’est aussi une espèce de grenade ou boulet creux , ou boite ronde remplie de hales de mousquet, laquelle s’ouvrç à propos. CAS 33 î CARTULAIRES , ou Chartuìaitet , f. m. [Char- tuleéé] Mais on prononce cartuléres. Terme d’ Eglise. Ce font les papiers terriers des Eglises ou des Monastères , où font écrits les Contrats d’achat, de vente & d’échange ; les privilèges, les immunitez, exemptions & autres chartes. CARVI, s m. { Cuminum pratense. j Plante de l’Asie mineure , dont les Alemans & les Anglois se servent pour mettre dans les biscuits , dans les fromages &c. Carvii inde , àà», selon Pline. C arum , selon Dioscoride. CARYBDE ; OU charybde , s m. [ Charybdis. j Gousse vers les rivages de la Sicile. II n’est pas éloigné d’u n antre gousse apeli ëscylla; & de là est venu le proverbe ; qu’il faut prendre garde de tomber en scylla , en voulant éviter car.ybde. C’est-à-dire , qu’en fuïant un péril , on ne se précipite dans un autre op osé. í CARYOCOSTINUM ,s m. Terme de Pharmacie. Eiectuaìre purgatif qu’on emploie dans les goûtes bilieuses. 11 prend son nom des girofles & du co- stus, qui entrent dans fa composition. CAS ,sm. [CaJktJ Accident, malheur, événement. (II ne savoir pas de Phaëton l’histoire & pi- teux cas. Doit.) f CAS. Action. Tous vilains cas font reniables» C’est un vilain cas pour un honnête homme.) Facmut, CAS. {Pretium , ájiimatio .] Estime. Je ne sauroiâ faire cas d’un amant qu’un autre que moi gouverne. Voit. Pois. CAS. [ Asiimatio , pretium. ] Estime qu’on fait d’une personne ou d’une chose. (Le public & les gens favans ont toujours fait grand cas de Mr. Arnaud. Cet ignorant ne fait aucun cas des lettres.) CAS. [Tune.] Ocaíion. Rencontre. (On a recours en ce cas à la paroisse. Patru , plaid. 8 - ) CAS. [Rm.] Chose. (Cas étrange, & vrai pourtant. Voit. Pois.) f CAS métaphysique , hypothèse supposition par impossible , dont on tire quelque induction. f CAS. s Pudenda .] Partie destinée à la génération. (Ma langue au secret asservie, n’ose parler d’un certain cas. Voit,. Pos.) CAS. Terme de Pratique. Matière. Crime. (En cas de complainte.) £ Etre dans le cas de la loi, ds l’ordonnance. î On dit en matière criminelle , pour let cas résultant du procez. On ne le dit que lorsque les preuves ne font pas complètes. (II n’y avoir pas des preuves suffisantes pour faire mourir ce scélérat, mais on l’a condamné aux galères pour les cas résultant du procez.) CAS prévôtal. C’est le crime dont le Prévôt des Maréchaux , le Lieutenant criminel de Robe-Courte, le Vice-Bailli, ou le Vice-Sénéchal connoît en dernier ressort. Les cas prévôtaux, ce font toutes leâ actions criminelles de gens qui ont déja été condamnez à quelque peine corporelle , ou tous les excès criminels faits par les soldats dans leur marche , le port d’armes défendues, les levées de gens de guerre fans commission, les vols fur les grands chemins, les sacrilèges , les assassinats préméditez, les séditions & les émotions populaires. L’altération & l’expoíìtion de la Monoïe font aussi des cas prévôtaux. CAS. f De morìbus quteftio. J Terme de Cqfuisie . Question touchant la conscience. (Etudier les cas de conscience. Pose. I. 7 . CAS réservez. [ Casrn reservati. ] Certains péchez considérables, dont le Pape ou l’Evêque se réserve l’absolution. £ CAS privilégié. On donne ce nom à un crime commis par un Ecclésiastique, & dont la connaissance apartient au Juge séculier. CÁS. [ Casm .] Terme de Grammaire. Qui signifie chute , & qui marque le nominatif, le génitif, le datif , l’acusatif, le vocatif, ou l’ablatif. (On dit, ce nom est en un tel cas. Ce verbe régit un tel cas.) CAS. [ Sordetsi Populairement, signifie ordure. (Cet enfant a sait son cas.) Au càs que Lucas n’eùt qu’un œil , fa femme auroit épousé un borgne. Réponse qu’on fait à un homme qui prévoit trop d’accidens, Au cas que. [ Si. ] Conjeflion , qui lignifie Si. ( Au cas qu’il meure.) Posez le cas que ) ou prenez le cas que » [Facita eJTe.J Tome L T t » Ces z z 2 CAS Ces façons de parler régissent le subjonctif. Posez le cos que cela soit. Quelques-uns n’aprouvent pas tant la seconde, posez le c,u, mais mal à propos. Nouvelles remarques de Vaugelas. En cas. C’est-à-dire, en matière. (En cas d’amour, il ne faut jamais être foible, ni lent. Voit. Po'éJ'.) Je fat des vers ajj'ez passablement, Mais après tout je Juis un pauvre Prêtre En cas d’amour.') En tout cns. C’est-à-dire, au moins , & st quelque cliofe ne réussit pas, on prendra d’autres mesures. H CAS. Petite monoïe des Indes , partie de plomb & partie d’écume de cuivre, qui fe fabrique dans la Chine. Son nom Chinois est caxe. II en faut deux cens pour faire neuf deniers , monoïe de Hollande. (f CASAL- Vieux mot, qui stgnifie un hameau, un village. Voler le Glossaire de M. du Cangesur Vil- lehardoúìn. CASANIER, s m. [ Iners , otiosus, casariuí. ] Qui ne fort presque point du logis. (C’est un franc casanier.) CASAQUE , s f- [ Sagum , chlamis. j] Habillement qui est plus large qu’un julte-au-corps , & qui fe porte fur les épaules en forme de manteau. £ * Tourner casaque. [Abaliquo dejìcere. ] C’est changer de parti. CASAQUIN , s m. [Sagulum , cblamìdula.] Petite casaque. 11 n’est en usage qu’en cette phrase proverbiale. On lui a donné fur le casaquïn ; pour dire, onl’a batu . £ CASBEQUF/, ou KABESQUI. Petite monoïe de cuivre , qui fe fabrique en Perse. CASCADE, / / [Prxceps aquœ lapsus.] Ce mot vient de l’Italien cascata , qui stgnifie chute, & il se prend ordinairement pour un e chute d’eaux, qui tombant d’un lieu haut, font quelque bruit. (11 y a des cascades naturelles , & des cascades artificielles. On voit dans les montagnes quantité de cascades naturelles , qui y forment des ruisseaux qui en décendent. 11 y a de belles cascades à Versailles. f * CASCADE. [ Lapsus , errores , menda.] Ce mot fe prend aussi quelquefois au figuré , comme le mot de chute , & il signifie une bévue , une faute de jugement. (Où étiez-vous quand vous fîtes cette magnifique cascade? Balz. 11 a fait une rude cascade. Bens. rond.) On dit d’un discours, dont les parties n’ont aucune liaison , & où l’on passe d’une chose à l’autre fans aucun raport entre elles ; c’est un discours plein de cascades. On dit aussi, qu’on ne fait une nouvelle que par cascade, lorsque celui qui la raconte ne la sait pas de la prémiére main , & qu’il ne l’a aprife qu’après qu’elle a passé par plusieurs bouches. CASCANES ,s s [Subterranem ad vallum reces- sus.] Terme de Fortification. Lés cafcanes font certains puits qu’on fait dans le terre-plein proche du rempart pour éventer les mines. Deschales , art de fortifier. CASE s f f- Terme de Triquetrac. Deux dames ensemble. Ce mot, en ce sens , est serieux. II signifie auflì un carreau de l’échiquier ou damier. (Le pion avance de deux cases au prémier coup. Le Roi n’a que deux cases pour se sauver.) f * CAZE , ou Case , s. f. [Casa.] II vient de 1 T- talieivcsl/à , qui signifie maison. Mais le mot case en François ne signifie qu’une méchante petite maison. (Figurons-nous ces grandes fermes qui comprenoient le logement du Maître, labasse-cour, les granges, les étables & les cases des esclaves. Voïez les mœurs des Israélites, Bien des gens n’aprouvent point case, dans ce sens , & ils ne le soufrent qu’en riant, & disent, par exemple , nous alâmes hier voir A. en fa petite case , dans un grenier, & il nous parut un fantôme de la maniéré qu’il étoit fagoté. De thimen Griselde informé, Par la voix de la Renommée, En avoit pris son bel habillement, Et pour en aller voir la pompe magnifique , De dessous fa case rustique Sortoit en ce même moment. Perraut, griselidis.) t CASE, ou cache. Petite monoïe du Japon. Voïez CACHE. CASEMATE, f m. r .Ima crypta. I Prononcez CAS presque cazmate. II vient de l’Efpagnol cafemata. En Italien , casa annota. Terme de Fortification. C’est une plate-forme à loger du canon , qui est pratiquée dans la partie du flanc proche la courtine , & qui fait une retraite ou un enfoncement vers la capitale du bastion. On apelle aussi la casemate, place baffe, ou flanc bas , & au derrière on pratique assez souvent une , & méme quelquefois deux places plus hautes , où l’on met du canon. (La casemate est la plus parfaite de toutes les défenses d’une place. Les casemates font excélentes dans les fossez pleins d’eau , mais elles n’ont pas le même avantage dans ceux qui font secs. Guìllet , art de l’homme d’épée 2. p.) CASEMATE , s s. [Crypta machinatìonis averten- da cunicularu.] Bateries voûtées qu’on faifoit dans les flancs des bastions pour loger l’artiilerie. Puits & rameaux qu’on fait dans le rempart d’un bastion pour éviter les mines, Felibien. CASER , v. a. [ Scrupos superponere. ] Terme dc Triquetrac. Placer les dames. CASERNE- [CasuU.] Plusieurs petites chambres qui tiennent ensemble pour loger les soldats de la garnison dans une ville de guerre. (11 y a dans chaque caserne une cheminée & un plancher. Le Roi a fait bâtir dans les villes de guerre de grandes & magnifiques casernes.) CASEUX- [Casarius.] Epitéte qu’on donne aux parties les plus grossières du lait. (Le lait d’áneíTe contient peu de parties cafeuscs.) CASILIEUX, adj. [Fragilis.] Nom que les Vitriers donnent au verre , lors-qu’il fe casse en plusieurs morceaux , quand ils y apliquent le diamant pour le couper. CASQUE, f m. [Galea , cajfis.] Armure qui couvre la tête du soldat. (II tourne au moindre vent, il tombe au moindre choc, Aujourd’hui dans un casque £5? demain dans unfroc. Despr.) CASQUE. En termes de Blason, fe nomme aussi timbre ou heaume. (Casque ouvert, casque fermé. Voïez les Auteurs qui traitent du Blason. Voïez Heaume & Timbre. CASQUE , s. m. [Caput.] Au figuré il signifie la tête. II en a dans le casques pour dire, il a la cervelle brouillée, soit de vin ou d’autre chose. CASQUE , f. m. [Concha.] C’est une grosse coquille qui fe trouve dans la mer des Indes, dont les Ro- cailleurs fc servent pour faire des grotes parmi les autres coquilles. t CASSADE , f /• [Ludificatio , siropha.] Tromperie. t Donneur de cajsades ,s. m. [Ludificator.] Trompeur. 4 Faire une cajsade. C’est à certains jeux, comme au breland, faire un renvi avec vilain jeu, pour obliger les autres joueurs à quitter. CASSANT, cassante , adj. [ Fragilis. ] Fragile. Qui fe peut casser,' ou rompre aisément. (Le verre est fort cassant. Les métaux aigres font fort cassans. L’acier est plus cassant que le fer. L’albâtre est une pierre tendre & fort cassante.) Les Vitriers parlant du verre , au lieu de casant , disent qu’il est castlleux , lors qu’en y apliquant le diamant pour le couper , il fe casse en plusieurs morceaux. í CASSAILLE , s f. Terme de I.abourage. C’est la levée desguerets, ou la prémiére façon qu’on donne à la terre en Rouvrant après pâques. CASSATION,//. [Abrogatio.] terme de Pratique. Acte dejustice qui casse & annulle. (Obtenir une requête civile en cassation d’arrêt. Le Maìt.) On apelle aussi poires casantes , celles qu’on peut rompre aisément entre les mains , pour les distinguer des poires qui ont beaucoup d’eau , qu’on apelle poi- ressondantes. Acad. Fr. 4 CASSAVE, / / Fain fait avec la racine du Manioc , dont on se nourit dans les Isles Antilles. CASSE,// [Cajfia,] Gousse qui croît au Indes fur un arbre Fort haut, & qui purge la bile & la pituite de l’estomac. Dal. (Cette casse est bonne. On dit, un bâton de casse, & la casse est proprement la pulpe qui est contenue dans ces bâtons, & qui a une mouelle noire , douce & épaisse qui a été tirée de dedans les gousses de Barbie qui produit la casse. L £S CAS Apotiquaires font passer cette pulpe par un tamis avec une spatule , & ils apellent cela monder de la cajje. On se sert de la casse à des potions & à des lavemens. II y en a de deux sortes. La purgative, & l’aromati- que ou odorante. La case purgative. [’ Cajjìa , cajjìa fistula nìgra., filma Sgyptiaca , vel Indica.] CA.SSE odorante ou aromatique. [ 'Cajjìa, cajfia aro- íuatica , cajjìa odorata .] Q’est f écorce d’un arbre sauvage qui vient de soi-même & sans culture dans les Indes Orientales. Cette écorce ressemble à la canéle & aprochedeson goût. CASSE. [ Modioii.li Terme à’Architecture. L’entre- deuxdes modifions, où il y a des roses. CASSE. [ C ai inus excoquendo auro vel argento.] Terme d’Orfèvre. Vase fait de cendres de lessives & d’os pilez , qui sert à rafiner & à séparer l’or & l’argent. £ CASSE d’asinage , ou cajje a afiìter , que l’on nomme aussi coupelle d’usinage. C’est une terrine de grès que l’on remplit de cendrée; & dans laquelle , après qu’elle a été recuite dans un grand feu , on met l’argent que l’on veut afiner , avec le plomb qui .sert à Patinage. f CASSE. Espèce de mousseline , ou toile de coton, très fine, qui vient des Indes Orientales, particulièrement de Bengale. CASSE. [Capsula.] Terme d’Imprimerie. Ce dans quoi les Imprimeurs mettent leurs lettres , & qui est divisé en plusieurs petits quartez qu’on apelle cajjetins , & qui est posé fur des tréteaux dans Flmprimerie. $ On apelle Cafjéau , la moitié de la casse où les Imprimeurs placent leurs Lettres ; en suposant la casse partagée horisontablement dans fa longueur. Le Cas- seau supérieur, ou hautes casses , sert à mettre les grosses & petites capitales. Dans le casseau inférieur, ou basses-casses, on met le caractère courant & tout son acompagnement. CASSE. [Theca calamaria .] La partie de l’écritoi- re de poche où l’on met les plumes. (La casse del’é- critoire est rompue.) CASSE , adj. f. [ Vax fitsca. ] Ce mot se dit de la voix , & lignifie faible, débile. (11 dit cela d’une voix fi casse & si débile , que ceux qui étoient auprès de lui, eurent peine à l’entendre. Vaug. Quint. Curce , /. 7, ch. 7. CASSE', cassée , adj. [ Fracius, rv.ptus .] Rompu. (Bras cassé , verre cassé, tête cassée.) CASSE', cassée , adj. [Abrogatu í. ] Annulé. (Privilège cassé. Sentence cassée.) ' CASSE', cassée, adj. [-State consetfus .] Vieux, infirme. C’est un homme cassé.) * CASSE', cassée, adj. [ Voxfitsca .] Ce mot se dit de la voix, & lignifie foible , & qui n’en peut plus. (Chanter d’un ton triste & caste. Voit. Pois. í CASSE-COU, s. nu C’est un endroit dangereux, où il est aisé de tomber. L’escalier de cette maison est un vrai caíse-cou. f CASSE-CUL,/ m. C’est une chute qu’on fait en tombant fur le derriere. Se donner un casse-cul. Ce terme estdu stile bas & populaire. Acad. Fr : t CASSE-MUSEAU , s. m. [Pugmts in naj'um. Pisio- rjmglobulm.il Ce mot, au propre, pouroit signifier un coup de poing fur le nez , 011 autre chose qui ofense le visage ; mais il n’est pas en usage. Dans un sens contraire & au figuré, cajfe-mujcau est le nom qùon donne à une forte de pâtisserie molle , tendre , creuse & fort délicate , qu’on apelle autrement petits choux, CASSE-NOISETTE ,s m. Petit instrument de boùis pour casser des noisettes. On donne aussi ce nom à une sorte de geai qu’on apelle cajje-noix , ou cajje noisettes. ? CASSENOLLE. C’est proprement la noix de galle, dont on se sert pour la teinture en noir. Elle vient sur une sorte de chêne. -CASSER, v. a. [Frangere , confringere.] Rompre, briser. Un peu de plomb peut casser la plus belle tête du monde. Voit. Poès. Casser un verre , un miroir. Casser des noix , des noisettes, des noïaux. Casser du grès, du sel, c’est le briser & le réduire à de menues parties. Casser des motes de terre. Casser une corde de lut, de viole, &c. CASSER, v. a. [ Abrogare . ] Terme de Palais. Annuler, (Casser un arrêt. Casser une sentence , un aquit.) CAS 333 CASSER , v. a. [Militem militiasolvere .] En parlant de soldat, c’est désarmer un soldat à la tête de la compagnie , ou du régiment, le remercier de son service , mais en parlant d’oficier, c’est le faire remercier , de la part du Roi par un commissaire , des services qu’il a rendus, le renvoier. (Casser un soldat casier un capitaine , casser un oficier. On dit aullì casser un Prefidial , ou autre corps de justice ou de police ; c’est-à-dire, révoquer les lettres de fa création & de son établissement. Casser un Parlement, une assemblée, ct c.) CASSER, v. a. [Mijsum exercitum facere.] En parlant de régiment ou de compagnie , c’est le remercier , & le renvoier de la part du Roi. (Casser un régiment, casser une compagnie, casser des troupes ; c’est les licencier & les congédier.) t CASSER quelcun aux gages. [Dimittere .] C’est se défaire de quelcun qui est à charge. Se cajjer , v. r. [ Frangi , rumpi. ] Je tne casse, je me suis cassé , je me cassai. Se rompre. Se briser. (Une glace de miroir qui est en danger de se casser. Se Elire casser la tête. Les cordes de lut se cassent.) Se casser, v. r. [SeneClute , atate confici.] II signifie devenir cassé , foible & vieux. ( Cet homme se casse tous les jours : & dans un sens actif, on dit, les chagrins & la fatigue Font beaucoup cassé.) CASSERON, f. m. [Loligo.] Sorte de poisson volant. CASSEROLE ,ff [Catinm ex are cyprio.] Maniéré de plat de cuivre étamé , de fort petit bord , ct: bien plus creux que les plats ordinaires, propre à faire des fricassées, ou des ragoûts. (Une casserole très- forte & très-bonne.) CASSEUR , f. m. [Thraso .] Ce mot n’est en usage qu’en cette phrase, C’est un grand casseur de ra- quétesj pour dire, c’est un hâbleur, un fanfaron. CASSETTE , s f [Cajsula , arcula .] Petit cofre couvert de cuir ou d’etofe. (Une jolie cassette.) t CASSE-TêTE ,s. m. [Letum caput.] Ce mot est burlesque , & on le donne premièrement à des vins fumeux, grossiers & mal-faisans , qui enivrent & donnent des maux de tête. On le dit encore dans un sens plus figuré, en parlant de fiences dificiles, ct de tout ce qu’on a peine à concevoir fans une forte abdication. Ainsi la plûpart des gens qui ne connoissent pas Falgébre, disent que l’algébre est un cajse-tête. CASSETIN , s m. [ Typorum loculamentum. ] Terme d 'Imprimeur. Petit quarré qui est dans la casse, & où Fon met une même lettre. (La casse est divisée en plusieurs cassetins.) CASSIDOINE,/ /. [Murrba.] Manière de pierre précieuse, embélie de veines, de diverses couleurs. (Une belle caffidoine.) í C ASSIE- Monoïe du Japon. Voïez Cache. CASSIER. Arbre qui porte des filiques dont on tire une moelle purgative. í CASSIN- Terme de Manusatfure. C’est une espèce de châssis élevé au-dessus du métier des ouvriers à la navette , dans lequel font attachées plusieurs poulies, pour porter les ficelles, qui servent à faire les faqons des étofes. CASSINE , s. f [Casula.] Mot qui vient de l’ïta- lien cajjína , & qui signifie une petite maison de campagne. £§ Les Provenqaux apellent castìne , une petite maison hors de la ville, avec quelques fonds à l’en- tour. La ville de Marseille est environnée d’une infinité de caffines. On ne connoît point ailleurs ce mot, qui étoit fort en usage autrefois, pour exprimer une petite maison de campagne. Rabelais, /. 4. ch. 15. de Pantagruel : Finablement les mena banqueter dans une Cajjìm hors la porte. Et Belleau : Alez Ê? ridiez peur que les dents assassines Des vieux loups afamez ?i abordent vos caffines. ,CASSIOPE'E , f f [Cassiopeia.] Constellation céleste qui est dans la partie boréale du ciel, composée de plusieurs étoiles fort aparentes. CASSOLETTE , fi- f [Acerra odoraria.] Vase de métal où Fon met des senteurs pour exhaler;. * CASSOLETTE. Senteur agréable. $ On le dit auffi ironiquement d’une mauvaise odeur. (Quelle cassolette ! Voilà une bonne cassolette, une horrible cassolette.) Tt 3 LA- 334 CAS CASSONADE, casionade , s f [Saccharumnon expurgatum.3 L’un Sc l’autre sc dit, niais I uíage déclaré est pour caftìmade . Sorte de sucre un peu gros, & qui n’est point ralìné. CASSURE , ft ft [ Fra.Hu.ra , ftraffio. ] II sc dit en parlant de lame d’épée, de couteau, &c. Sc il signifie rupture. (Si vous cassez une lame d’épée, & que dans la cassure vous trouviez la lame de couleur grise, la lame est bonne. Liancourt , maître A’armes.') f CASTAGNETTE- Etofe de soie, de laine, & de fil, qui sc fait par les Hauteliifeurs de la Saïet- terie d’Amiens. CASTEGNETTES , ft ft ftCrumata.] Petit instrument de bois résonnant, qui se lie au pouce avec une corde, & qui est fait en forme de culiéron de culier. (Jouer des castegnettes.) Les Mores, les Espagnols & les Bohémiens s’en servent pour acom- pagner leurs danses, leurs sarabandes Sc leurs gui- tarres. Ce mot vient de l’Espagnol castannetas , & il a été formé de la ressemblance que les parties de cet instrument ont avec les châtaignes. Voie z les Recherches $ Antiquité de M. Spon , dijjert. 8 - í CATELOGNE, ou CASTALOGNE. Couverture de lit, faite fur le métier des Tisserans avec de la laine très-fine. Furetìere & Corneille prétendent, que ce nom vient de Cafta lana , qui signifie la toison des agneaux, dont ces sortes de couvertures , à ce qu’ils disent, sont ordinairement fabriquées. Mais comme ces couvertures se faisoient autrefois en Catalogne, & qu’on les a imitées en France, il est plus vraisemblable que c’est la véritable origine de leur nom. 11 y a même beaucoup d’Ouvriers qui leur conservent leur ancien nom de Catalognes. f CASTILLAN. Monoïe d'or, qui a cours en Espagne. Le Castillan vaut quatorze réales & seize deniers ; ou trois livres dix fols monoïe de France. f CASTILLAN. C’est aussi un poids dont on se sert en Espagne, pour peser For. C’est la centième partie d’une livre, poids d’Espagne, qui est environ d’un septième par cent plus foible que la livre, poids de marc de Paris. Ce qu’on apelle un poids d’or en Espagne, s’entend toujours du Castillan. f CASTINE, f ft. C’est un minerai, ou plutôt une espèce de terre particulière , qui se rencontre mêlée avec la mine de fer. CASTOR , ou bièvre , f. m. [ Fiber .] Animal amphibie qui a le poil d’un blanc couleur de cendre. II a les dents aiguës. Ses piez de devant font semblables à ceux d’un chien, Sc ceux de derrière à ceux d’une oie. Ses piez ont chacun cinq doigs. II a la queue fort grosse. A côté de Faîne il a deux tumeurs, & entre les deux tumeurs font ses parties naturelles. Le castor vit de feuilles & d’écorces d’ar- bres. II n’est pas vrai ce qu’on dit qu’il s’arrache les testicules lors qu’il est chassé. On ne les lui sau- roit arracher sans le faire mourir. Au reste, il aime éperdûëment ses petits, & il a une finesse admirable. Volez Jonfton. (Castor mâle. Castor femelle. La queue du castor est large, & quand il est dans l’eau il s’en sert comme de gouvernail. Cbìlderet , hift. nat. d’Angleterre.') CASTOR , ft m. [F et asm ex fibrinis pilis.2 Ce mot signifie, au figuré, un chapeau de poil de castor. Un demi-caftor, c’est un chapeau où il n’y a que la moitié de castor, & le reste d’autre poil. f CASTOREUM. Liqueur enfermée dans de petites bourses, qu’on trouve vers les aines du castor , & non pas dans ses testicules , comme le croioient les Anciens, puis que les femelles en ont aussi bien que ìes mâles. Le Caftoreum entre dans la Thériaque & le Mithridat, & on s’en sert à composer divers reme- des céphaliques & historiques. On en fait aussi Vhuile de Castor. ^ CASTOS. Ce font les droits d’entrée & de sortie, qu’on paie au Japon pour les marchandises : ou plûtôt ce font les préscns que les Européens fai- îbient tous les ans pour y être reçus , avant que les Hollandois se fussent emparez de tout le Commerce dtí ccs Isles. C ASTRAMF/TATION, ft ft. [Casirametatioft L’art de bien placer un camp , une armée. Ce mot est plus Latin que François. H On ne se sert guère du ternie caftramétation, qu’en CAT parlant de la maniéré de camper des anciensjRomains. Acad. Franc. CASUALITE', ft. ft. [Castes , ftortuna .J Ce qui est fondé fur le cas fortuit, qui n’a rien de certain ni d’assuré. CASUEL , caftuelle , adj. [ Fortuitm .] Qui est sujet au hazard. (Chose fort casuelle. Parties caftuelles. Volez parties. CASUEL, ft. m. [ Proventus fortuitm. J Profit qui arrive par hazard au Curé. (Le casuel de sa Cure lui vaut cent écus tous les ans.) CASUEL, ft. m. C’est le nom d’un fort gros oiseau qui fut aporté en 1597 . en Europe pat les Hollandois. On fit à l’Académie des Siences la dissection d’un ca- J'uel , qui avoit été quatre ans à Versailles. Mr. Per- raut en a fait la description dans ses mémoires. CASUELLEMENT , adv. [ Fortuitò .] D’une manière caluelle & fortuite. (Cela est arrivé caíuellement.) CASUISIE, Caftuitc, ft m. [Caftuista , moralk Theo/ogm.jj 11 faut écrire & prononcer Caftuifte , & non pas Caftuite. C’est celui qui entend, fait & explique les cas de conscience. ( Un caíuiste relâché. Paftc. 1. 5 . Escobar a fait un recueil des opinions des Cafuistes qui Font précédé. La plûpart des grands Casuistes font Espagnols. C’est du sein de l’Espagne dont on a vû sortir comme du ventre du cheval de Troie, tous ces fameux Cafuistes , Escobar, L am bou- rin, Bauny, Filliutius, &c. Baillet. Ne va point , Casuiste ignorant U chagrin , Damner, pour un ruban , ton innocent prochain. Vill.) CATACHRE'SE, OU catacréfte , ft. ft [Catachre- sts-2 Terme de Grammaire. C’est un mot Grée. Figure par laquelle, au défaut d’un mot propre, on se sert d’un autre qui en aproche, comme lorsqu’on nomme parricide celui qui a tué fa mère, son frère ou sa sœur, quoique ce mot parricide ne signifie proprement que celui qui a tué son père. CATACHRE'SE. [Abusto vocis.'] C’est aussi une figure de Rétorique par laquelle on abuse d’un mot, & on s’en sert comme d’une chose fort diferente. Comme lorsqu’on dit, un cheval ferré d’argent. Aler à cheval fur un bâton , & autres façons de parler semblables. CATACOMBES , ft pi. [ Catacumbœ .'] Les uns font ce mot du genre masculin, & les autres du féminin ; & s’il faut suivre l’étimologie, on le doit faire du genre féminin. On apelle de ce nom qvi vient du Latin catacumba , ou catatumba , des grotes souterraines qui font à trois milles de Rome, & que l’on croit avoir été les cimetières des prémiers Chrétiens, & qu’ils y ont enterré des Martyrs. On les va visiter par dévotion, ou par curiosité ; & l’on en tire des reliques qu’on envoie dans tous les pais Catholiques, après les avoir baptisées du nom de quelque Saint. On a découvert de semblables catacombes, ou cimetières souterrains proche de Naples, & dans la Sicile, &c. CATADOUPES. Votez Cataractes. CATAFALQUE, ft. m. [Tumulm inank.jj Décoration d'Archi tellure ou de Sculpture pour la représentation d’un cercueil. CATAGAIATIQUES, / «t- Médicamens propres à souder les os rompus, & à faire venir plus prom- tement le calus. CATALECTE- Terme de Poésie. Vers à qui il manquoit quelques piés ou quelques silabes. CATALEPSE. [ Catalepjls , congelatio.~\ C’est un» maladie du cerveau qui tient de la nature de l’apo- plexie. Cette maladie est très-rare & digne d’admi- ration ; tous les auteurs qui Font vûë, ont jugé qu’el- le méritoit observation, en ont décrit l’histoire. Le premier de tous est Galien, fur le premier Commentaire des Porrhétiques, feff. 2 . part. 56 . qui propose l’hiC- toire d’un de ses disciples surpris d’une catalepsie pour «'adonner trop à l’étude. ,, II étoit, dit-il , entiére- „ ment infléxible, étendu & roide comme du bois; il „ avoit les yeux ouverts & paroissoit nous regarder Û ,, fixement, qu’il ne les clignoit point du tout; néan- „ moins il ne parloir point. II dit aussi qu’il enten- „ doit tout ce que nous disions, mais confusément, „ & répétoit même quelque chose dont il se souve- „ noit, & il dit qu’il regardoi» tous les affistans; d? », forte CAT sorte que se souvenant des actions de quelques-uns, " jj j es exposoit ; mais qu’il ne pouvoit parler ni re- " mu er aucune partie. „ kernel, 1. 3. des maladies de- parties, chap . 2. raporce deux histoires en ces termes • , Un particulier, pendant qu’il s’apliquoit affi- dûément à l’étude & à écrire, fut subitement frape " de ce mal, & resta lì roide, qu’étant assis & pressant ” la plume avec les doigts aïant les yeux fixes fur ” son livre, il sembloit s’apliquer toûjours à la mè* ” me étude, jusqu’à ce qu’ayant été apellé & remué, ” on reconnut qu’il étoit sans sentiment ni mouve- ” ment. J’en visitai un autre qui étoit comme un ” mort, il ne voioit ni n’entendoit ; & quoiqu’on le " piquât, il ne le sentoit point ; il avoit pourtant la ” respiration libre, & avaloit promtement tout ce M q U ’on lui mettoit dans la bouche : si on lë levoit " du lit, il se tenoit tout seul ; si on le poussoit, il ” marchoit, & en quelque posture qu’on lui mit la " main, le bras, ou la jambe, il y restoit fixe & im- ” mobile ; vous eussiez dic que c’étoit un phantôine ’’ ou une statué qui marchoit par quelque artifice. „ On connoît aisément cette maladie par ces histoires proposées par Galien & par kernel ; car le mal surprend l’homme tout-à-coup, le tient dans le même état qu’il a été surpris, & le laisse aussi immobile que s’il étoit Congelé, CATALEPTIQUE , st. m, U st [ Catalepticus .] Celui qui est ataqué, ou celle qui est ataquée de catalepsie. CATALOGUE , st m. {Index, catalogm.} Listé de plusieurs noms de fuite. (Faire un catalogue. Le catalogue des Saints. Le catalogue des livres de cette bibliothèque est rangé par ordre alphabétique. Un régent à le catalogue de ses écoliers. Iras-tu me traitant d’ennuieux pédagogue , Des martìres d’himen grojjir le catalogue ? Poète anonyme.) CATALOTIQUE. Remède pour dissiper les marques grossières des cicatrices qui paraissent fur la peau. f CATANANCE, st st Plante dont les feuilles ressemblent à celles du coronopus , ou corne de cerf, mais plus blanchâtres, Voïez Tournefort. t CATAPASME, st m. C’est un mélange de poudres qu’on aplique fur la tête, fur le cœur, ou fur d’autres parties pour les Fortifier. On se sert de poudres esearrotiques pour faire consumer les chairs. Il y a aussi un catapasme, ou mélange de poudres de senteur, pour parfumer les habits. CATAPHRIGIENS , Hérétiques dont parlé St, Epiphane, hérésie 48, qui réconnoissoient Montan pour Prophète. CATAPLAME, st m. [ Cataplastma,} Médicament externe en forme de bouillie, fait avec des fruits, racines, feuilles, semences, fleurs récentes, pilées ou cuites, aufquelles on ajoûte poudres, farine, graisses & huiles pour adoucir les douleurs , ramolir, faire fupurer, refoudre, &c, í CATAPUCE, Catapuce. Plante qu’on apelle autrement Palma Christi , Rkinus , ou Regium gra- men. Elle croît aussi haut que le figuier ; ses feuilles ressemblent assez à celles du plane, mais elles font plus grandes, plus noires & plus lissées. On fait de fa graine une huile bonne à brûler, & qui entre dans, la composition de quelqnes emplâtres. CATAPULTE, st st {Catapultai} Machine de guerre dont les Anciens se servoient pour lancer des javelots & des traits d’une grosseur extraordinaire. Plusieurs auteurs ont décrit cette machine, & l’on en Voit l’expfication dans l ’abrégé de Vitruve , planche n. & dans le P. Daniel, pag. 60. du premier tome de son Histoire de la Milice Françoise. f CATAPULTE, Cette machine étoit fur tout em- ploïée à jetter des pierres d’une grosseur extraordinaire. On pouvoit aussi s’en servir comme d’une Balifte pour lancer des gros dards & un faisceau tout entier de flèches, en y ajoutant un canal, qui la ren- doit propre à cet usage ; ce qui peut avoir trompé ceux qin pnt confondu la Catapulte avec la-Balifte. La première étoit d’un plus grand usage, & les effets en etoient terribles. La moindre chassoit un corps de cent pesant, & il y avoit de Catapultes qui pouf- soignt des corps de douze cens. Tout ee qui regarde CAT 335 cette machine est expliqué dans le Polybe du Cbeva* lier de Folard s où l’on verra que tous les Modernes qui en ont parlé avant lui, n’ont rien produit que d’imaginaire. Les tirs de la Catapulte étoient directs comme ceux de nos canons ; on s’en servoit aussi de la même maniéré qu’on se sert à présent des Mortiers, fur lesquels la Catapulte a de grands avantages, les exemples que l’Histoire fournit à Mr. de Folard justifient la justesse de ses raisonnemens. Le Lecteur peut consulter le Tome II. de son beau Commentaire Jur Polybe. CATARACTE, f. f. { Oculi stufstusto.} Terme d ’OculiJie. Altération de l’humeur cristaline de l’œil qui a enti renient perdu sa transparence, & qui est devenue opaque, sinon dans toute fa masse, au moins dans une partie de son épaisseur. (La cataracte noire ne se peut guérir. Deg. Oter une cataracte.) CATARACTE. {Cataraéta.} Chute d’eau avec grand bruit, {Les CataraHes du Nil, qu’on nomme aussi «í- tadoupes. Les cataractes du Ciel.) í CATARRE. Voïez CATERRË. CATASTROPHE, f. f. {Catastrophe, exitusC] Ce mot vient du Grec, & il signifie, fin, issue d’une chose, La défaite générale de quelques choses. (AlonS voir alumer le bûcher d’HerCule, ct représenter fa catastrophé fur le Mont Oeta. Abl. Luc. t. 2, amours.} CATASTROPHE. {Fabula exitus.} Terme de Poé* Jìe dramatique. C’est un événement contraire aux prémiéres aparences, heureux quelquefois, & malheureux d’ordinaire. (Toutes ces choses qui font dans le nœud, doivent tendre à la catastrophe, & doivent la préparer avec esprit ; c’est-à-dire, sans la découvrir.) CATASTROPHÉ. Ce mot se prend aussi figurément, & signifie un événement fâcheux, (La vie dé Jules César se termina par une étrange catastrophe. C’étoit une Catastrophe des plus surprenantes que celle du Duc de Joïeufe, qui dé Maréchal de France íê fit Capucin.) í GATE', ou Lycium-. C’est un extrait d’un arbre épineux, que les Indiens apellent Hacchic , dont la feuille est semblable à celle de bruïere. Cet excitait est amer ct astringent. C’est un bon remed®. pour rafermir les gencives, pour arrêter les fluxions, pour lés flux de ventre , ct pour les douleurs de$ yeux, GAT EAU, f. st Petite Catherine. CATE'CHISER, a. {Pueras Christian# Yelìgìtt* nis myjteriis erudire.} Instruire fur les articles de la foi. (Catéchiser le peuple.) £ CATE'CHISER, v. a. Il signifie fig. tacher de persuader une clïose à quelqu’un, lui dire toutes les raisons qui doivent le déterminer à ce qu’on lui demande, (On a beau le catéchiser , il n’en veut rien faire. On perd son tems à catéchiser un amoureux.) CATE'CHISME , J. m. [ Catecbismus. ] Petit livré qui contient toutes les instructions de la Religion. (L® catéchisine de Canilìus est fort estimé. Celui de Montpellier par le Père Ponge t, est meilleur,) CATE'CHISME. {Puerorum injlïtutio ad chriflianam religionem.} Instruction qu’on fait fur quelque point de la Religion. (Faire le Catéchisme.) CATE'CHISTE , J. m. {QA Christian# relígionis f/e- menta tradit.} Celui qui íiiit le Catéchisme.) CATE'CUME'NE, adj. {Catecumenw.} II vient dû Grec, & est un terme d'Eglise, comme tous les pré- cédens depuis catéchiser ; il lignifie la personne qu’on instruit des principes de la Religion chrétienne. (IL est catécuméne. Elle est catécumene.) Ce mot est aussi substantif, car 011 dit un catécuméne bien in-. ftruit. Abl. Luc. tom. 3. a écrit: comme catécuméne, soufre que je t’instruise, si tu veux vivre éternellement. * (Les premiers Chrétiens enseignoient les ca- técumcnes avec amour. Abl. Luc.) CATE'DR A L, Catédrale , adj. {Cathedralh.} Ce. mot se dit des Eglises qui ont pour chef quelque Evêque , ou quelque Archevêque. (Une Eglise Catédrale.) CATE'DRALË , s. f. {Ecclepa catbeàralh.} Catédrale. iL’Eglise Notre-Dame est la Catédrale de Paris. Saint Jean est la Catedrale de Lyon.) (§ Les Eglises Catédrales font ainsi apellées à cause de la chaire, où s’affeïoit autrefois l’Evêque pendant EOfiee, ÇA- ZZ6 CAT CATE'GORIES , s f. [Categori a] Terme de Philosophie. Diverses classes ausquelles Aristote a voulu réduire les objets de nos pensées. Bon. Logique. Ce Philosophe en met dix ; mais Messieurs de Port- Roïal n’en comptent que sept, & l’on pouroit tout réduire à deux, à la substance & au mode. CATEGORIE. [Ordo.] Ce mot se prend quelquefois pour forte , & l’on dit de deux choses , qu’elles font ou ne font pas de même catégorie , selon qu’elles font semblables ou diférentes. t CATEGORIQUE , adj. [ Categoricm .] Ce mot se dit en riant, & signifie, qui est comme il faut. Qui est dans les régies de l’honnêteté, de la bienséance, du devoir. (Cela n’est pas catégorique.) Une réponse catégorique, c’est-à-dire, précise. t CATEGORIQUEMENT, adv. [ Categoricè.] Comme il faut. Raisonnablement. (Voila parler catégoriquement.) (S CATEL- Ancien mot, autrefois fort en usage dans la Bretagne, où l’on disoit, cateh , & en Latin catella , & catalla , biens meubles, & éfets mobiliers. II y a dans la somme de Boutillier, un titre en ces termes : De la différence des meubles cateulx 0 ? des héritages. Voïez "Hévin fur les Arrêts de Frain , N du Cange fur Joinville , pag. 57. » í CATERGI, f nu C’est le nom que l'on donne aux Voituriers dans les Etats du Grand Seigneur. CATERINE , f f [Catharina.] Nom de femme. Son diminutif est Cateau. (Caterine de Médicis attablée d’années & de chagrins, rendit l’esprit.) CATERRE , catarre ,f m. [ DiJìiUatio , epipho- m.] Catarre commence à vieillir. C’est une fluxion des humeurs de la tête fur quelque partie du corps. Deg. (Qu’il tombe fur tes dents un horrible caterre. S. Am. ) t L’Académic écrit catarre , catarreux , & fans décider elle dit, que quelques-uns écrivent & prononcent caterre , caterreux. CATERREUX , caterreufe , adj. [ Epiphor* obnoxiw .] Sujet aux fluxions & aux caterres. ill est caterreux. A quinze ou seize que nous étions, il ne donna qu’un vieux coq caterreux. Ab/. Luc. t. 2. Jupiter le tragique.) * CATHAERETIQUE, adj. £? f m. Médicament propre à consumer les chairs baveuses. $ CATHARTIQUE, adj. Terme de Médecine. On apelle ainsi les remèdes purgatifs. CATHE'DRATIQUE. Ce Droit est dû aux Evêques , par la Loi Diocésaine, en considération de la chaire Episcopale : il est évalué à deux sols dans le chapitre Conquerente , de ofstc. Judic. ordinar. Mais dans les Diocèses où il subsiste , on suit l’usage, ainsi que pourletems de l’éxaction ; car on ne l’exige, dans certains lieux, que dans les Synodes; & dans d’autres, il sc païe tous les ans : en France on ne le eonnoîtplus. CATHETER , f. m. [CathéterJ Mot Grec, & terme de Chirurgie. Sonde creuse & courbe, dont on se sert pour tirer l’urine de la vessie, ou pour en connoître les maladies ou celles de son canal. CATHETERISME, f m. [ Oà detraclio. 3 Opération de Chirurgie , par le moïen de laquelle on tire l’urine qui est retenue dans la vessie. í CATI, ou CATTI. Poids de la Chine, particulièrement en usage du côté de Canton. Le Cati de la Chine revient à une livre quatre onces, poids de marc. f CATI. C’est aussi le seul poids du Japon. On s’en sert aussi à Batavia, & dans d’autres endroits des Indes, mais il n’est pas Je même par ton t. H CATI. Petit poids, dont les Lapidaires Orientaux te servent pour peser les Emeraudes. Ce Cati ne pèse que trois grains. f CATI. Monoïe de compte , dont on sejsert à Ja- "a, & dans quelques autres Isles voisines. Le Cati vaut environ dix-neuf florins , monoïe de Hollande. ch CATI. C’est auffi une forte d’aprêt, qui se donne aux etofes de laine, par le moïen de la presse, pour les rendre plus fermes, plus lustrées, & d’un plus bel œil. î CATIANG. Espèce de legume, ou petit pois, qui croît en quelques lieux des Indes Orientales , particulièrement fur les côtes de Malabar. Les Hollan- CAV dois en font un commerce considérable dans les autres lieux des Indes où le Catiang ne croît pas. CATIMINI , adv. [Clàm , placide , J'uffenfo graduj C’est surprendre quelcun secrètement & d’une maniéré cachée. (II m’a pris en catimini. Danet.) CATIN, f /■ Nom de fille. Petite-Caterine. CATIR , v. a. IPremere.'] Terme de Dégraiffeur. Presser. (Catir des bas.) H CATIR. C’est donner le Cati aux Draps, aux ra- tines , aux serges, &c. II y a deux manières de catir s l’une sc fait à froid, & l’autre à chaud. Voïez Savary . H CATISSEUR , f. m. Ouvrier qui travaille dans les Manafaétures de lainage à presser les étofes, pour leur donner le Cati. CATOLICITE" , f /• [Fides catholica.) Foi ca- tolique. Ce mot sc dit en quelque faqon en raillant. (Sa catolicité n’est pas grande. C’est un Docteur dont la catolicité est un peu suspecte.) CATOLICON , f nt- [ Catholicum medicamen- Terme d ’Apoticaire. Composition de divers médicamens servant à purger toutes sortes de méchantes humeurs, la bile , la pituité. C’est un électuaire mol, purgatif. II signifie universel, à cause qu’il convient à toutes les maladies , & qu’il n’est nuisible à aucune. * CATOLICON. On apelle aussi de ce nom, mais par figure, un ouvrage en prose ct en vers, composé contre les Etats convoquez à Paris le 10. Février i;y;. Cet écrit est une ingénieuse satire contre les chefs de la Ligue. Et on le nomme Catolicon d’Espagne ; c’est-à- dire, remèdes éficaces que donnoit l’Espagne aux Ligueurs, pour venir généralement à bout de tout ce qu’ils entreprendroient. ( Le Catolicon d’Espagne est plaisant. On dit auffi, sans ajoùter le mot d’Espagne, le Catolicon mérite d’être lù, & il y a beaucoup d’e- sprit dans cet ouvrage.) * CATOLIQUE. Comme ce mot qui vient du Grec, signifie universel, on apelle en Chimie, fourneau catolique , un fourneau qui est tellement disposé, qu’on y peut faire toutes sortes d'opérations & même celles qui demandent le feu le plus violent. Et en Gnomique on apelle , quadran catolique , ou universel, un quadran dont on sc peut servir pour connoître les heures en divers pais, & à toute élévation de pôle. CATHOLIQUE , adj. [Catholicus .J Qui est dans la générale & véritable créance. (Eglise catolique. Doctrine catolique.) CATOLIQUE, f m. /. Celui ou celle qui est dans la génerale & véritable créance. (C’est un catolique, c’est une catolique.) (* C’est un catolique a gros grains. Proverbe, qui veut dire, qui n’estpaofort dévot.) CATOLIQUEMENT, adv. [Catholicè.] D’une maniéré pieuse & catolique. ( Vivre catoliquement.) CATOPTRIQUE, f f- [ Catoptrica. ] Sience qui considère la vûë entant que réfléchie de dessus les miroirs ou autres surfaces polies. Catoptrique est aussi adjectif. Quadran catoptrique , c’est un quadran qui marque les heures par un raïon réfléchi. ÇATTEROLES. Terme de Chasse. Lieu où les lapins font leurs petits, & qu’ils rebouchent tous les jours jusqu’à leur sortie. t CAVADAS, ou CAVADO. Mesure , dont on se sert en Portugal peur les huiles. Le cavadas est comme la mingle d’Amsterdam. CAVALCADE , f f [ Solemnis ad pompam hsti- tuta equitatio .] II vient de l’italien cavaìcata. Cavaliers habillez superbement, & montez sur de beaux chevaux magnifiquement enharnachez , & quiacompa- gnent quelque Prince ou quelque autre personne de qualité, a une entrée ou à la prise de possession d« quelque dignité. (Cavalcade superbe, pompeuse, magnifique , incomparable , glorieuse , admirable. On sait combien est fameuse la cavalcade qu’on fait à Rome , depuis le Vatican jusqu’à S. Jean de Latran , lors- qu’on fait un nouveau Pape. On peut voir là-dessus les livres qui décrivent ces illustres cavalcades, & qui Í iarlent de la maniéré que les Oficiers du Pape nouvel- ement élû & les Cardinaux l’acompagnent, & de quel air il donne fa bénédiction à tous ceux qui regardent fa riche & superbe cavalcade.) f CAVALCADE , f. f. [Ad obleclatìonem equitatio J CAV Í 1 signifie aiiffi une petite traitte qu’on fait à cheval; mais il ne se dit qu’en riant. í CAVALCADOUR, / m - On apelie chez le Roi & chez les Princes , Entier Cavalcaiour , l’Ecuïer qui a foin des chevaux, & de tous les équipages de récurie. Ce terme n’a point d’autre usage. CAVALE»// [Equa.] La femelle du cheval. (Une belle & bonne cavale.) CAVALERIE,// s Equiiatus.] Soldats à cheval. (La cavalerie de Darius étoit de trois cens mille chevaux. Vaug. Quint. I. 3 . Les ennemis font forts en cavalerie. Abl. t Entendre bien la cavalerie, c’est savoir la mener & la faire combattre. % La cavalerie n’est redoutable que l’épée à la main, & l’infanterie ne peut lui résister que lorfqu’elle est fraizée avec des armes de longueur. Polybe de Mr. de Folard. CAVALET,/ m. Terme de Verrerie. C’est oe qui couvre la lunelle & qui fait baisser la flâme , pour échaufer l’arche du four. CAVALIER » / m. [ Eques .] Celui qui est, ou qui va à cheval. CAVALIER. [Eques.] Soldat qui sert à cheval dans une compagnie de cavalerie. CAVALIER. Gentil-homme qui porte l’épée. CAVALIER. Gentilhomme Italien , qui est d’un ordre de chevalerie. (Le cavalier Marin est un des Poètes Italiens le plus fleuri.) CAVALIER. [Editus agger.J Terme de Fortification. Hauteur de terre qu’on élève pour y mettre de Tartillerie. f CAVALIER. Monoïe d’argent de Flandres, où l’on en fabrique peu. Le cavalier est à peu près une demie bajoire de Hollande. * CAVALIER, cavalière , adj. [Urbanus , liberalis, bonestus.] Aisé, libre, galant, honnête , noble. Qui n’est point assujéti aux régies. (C’est mal fait d’être sorcier, & cela n’est point cavalier. Voit. Poe f. Stile cavalier. Eloquence cavalière.) * CAVALIER, cavalière , adj. [Liberior , solutior.] Un peu trop libre. (Cela est un peu cavalier. Ce recédé est un peu trop cavalier pour un homme de réviaire. Cos.) A la cavalière , adv. [TJrbanè , comiter.] D’un air cavalier, libre & aisé. (C’est à la cavalière. Mol.prec .) CAVALIE'REMENT , adv. [Liberaliter , audaHer.] Librement, fièrement. (Parler de religion cavalièrement. Traiter quelcun cavalièrement.) CAVALOT, / m. Monoïe fabriquée fous Loiiis XII. valant six deniers. CAVALQUET. Terme de Guerre. Manière de sonner la trompette, lorsque l’armée aproche des villes ou qu’elle les traverse. ,í CAVAN,/ m. Mesure dont on se sert à Manille, & en d’autres lieux des Isles Philippines, pour mesurer les grains & les legumes , entr’autres le ris. Le Oman de ris pese cinquante livres, poids d’E- ipagne. CAUCHEMARE. Volez Cochemar. if CAUCHOIS- Pigeons fort gros. On les apel- le à Paris, Cauchois , parce que les pigeons de C aux font plus gros que ceux des autres lieux de Normandie. Je riois de le voir , avec famine e'tique, Son rabat jadis blême , U fa perruque antique , En lapins de garenne ériger nos clapiers. Et nos pigeons Cauchois en superbes ramiers. Despreaux , fat. ;. CAUDATAIRE, / / [Syrmatis gerulus.] Ce mot est Italien, & il ne se dit qu’en parlant de ceux qui portent la queue au Pape, à un Cardinal ou à quelque Prélat. CAUDE', E'E, adj. [Caudatus.] Terme deBla- jon , qui se dit des comètes & étoiles qui ont une queue. ( H porte d’azur à une étoile caudé d’or.) CAUDEÎEC ,f m. f Petafus Caìiàobeccì siipatus. ] oorte de chapeau ainsi apellé à cause de la ville de Caudebec en Normandie, où on fait ces chapeaux. if CAUDILLE. Votez Codilie. ,.CAVE , / f. [Cavus, cavum , cella vinaria.] Lieu souterrain voûté qui est au-dessous du rez de chauffée, & qui sert à mettre du vin, & quelquefois du bois, CAV 337 í On apelie Rats de cave , les Commis qui vont marquer les vins , ( que les Cabaretiers & les Marchands de vin en détail, débitent dans leurs caves & selliers. CAVE. f Capsula dimensionibus dijîinfìa. ] Espèce de eofre ou l’on met des bouteilles de vin lors qu’on va a l’armee. CAVE. Manière de bouteille d’argent, ou de vermeil doré qu’on met fur la toilette des Dames , & où il y a de Peau de fleurs d’orange, & autres. t CAVE, / /. On apelie caveau bréland & à d autres jeux de cartes, le fonds d’argent que chaque joueur met devant foi. Acad. Fr. CAVE’ , adj. [ Cavatus , excavatus. d Ce qui est creusé, ou cave. Ce mot n’est guère d’usage. CAVEAU , / m. [Crypta.] Petite cave. CAVEAU. Petite cave dans les Eglises à mettre les corps morts. CAVEÇQN, / m. [Capistrum.] Manière de bride dont on se sert dans ies Académies pour tenir un cheval qui a la bouche forte. (Serrer un/cheval avec le caveqon & la bride,) 7 ch On dit d’un jeune homme qui ne Tait pas se conduire, ou d’un homme fougueux & emporté, qu’il a. besoin de caveçon , c’est-à-dire , qu’onVse, retienne, qu’on modère ses emportemens. \ t CAVE'E,// Un chemin creux. Les trbupes trouvèrent dans leur marche une longue cavée , une grande cavée. CAVEHANE, si fi Ce mot vient des Turcs. C’est un lieu où l’on vend & l’on prend ie café. Le maître de cavehane gage des violons pour jouer & chanter pendant qu’on prend du café. Tevenot , voyage du Levant. CAVER, v. a. Creuser. Cuver vient du Latin ca- vare. C’est creuser ; mais en ce sens, il n’est pas fi usité que creuser. (Jl amis lepiédam la fosse Que lui cuvaient les dejìins. Malh. Poéf. /. a.) * H On dit, la mer a cave ce rocher, la rivière a ca- vé fous la pile de ce pont. Acad. Fr. * CAVER, v. n. Terme de Maître d’armes. C’est coucher son corps en portant, & en avanqantla tête. Caver , en ce sens , est fort usité ; car on dit, cavez le corps & portez. H CAVER , v. a. Terme de Jeu. C’est faire fonds d’une certaine quantité d’argent. On a obligé ce joueur de caver une seconde fois. íf CAVERAGE- C’est, selon Ragueau , un péage que l’on exige pour les réparations des chaussées. Hainaut , ch. iôó. CAVERNE, / / C Specus , fpelunca. ] Antre. (Une afreufé caverne. C’étoit Une caverne profonde qui étoit taillée dans le roc. Ariojìe , t. 1 . ) CAVERNEUX , euse , adj. [ Cavernojìu. ] Ce mot n’est guére en usage qu’en Médecine. Les nerfs caverneux font deux corps plus ou moins gros, dont la partie la plus considérable de la verge est composée. Leur substance interne est rare & spongieuse : lors-qu’elle vient á s’emplir de sang & d’eíprits, les nerfs caverneux s’enflent, ce qui fait la tention de la verge, f CAVESSE DE MORE ; voïez CAP DE MORE* CAVET , / m - [Situa.] Terme éé Archìteííure, C’est un membre creux, ou moulure rentrante , qui est faite de la quatrième partie d’un cercle. On s’en sert dans les ornemens des bordures de menuiserie. f CAVIAL, ou RA VIA. Oeufs d’éturgeon, dont il se fait un grand commerce en Italie , en Moscovie, & en d’autres endroits de l’Europe. ch CAVIDOS. Mesure de Portugal. Voïez CA« BIDOS. CAVILLATION, // [Cavìilatio.] Terme d’£- cole. C’est un argument faux , un raisonnement qui n’est fondé que fur une vaine subtilité. CAVIN , / m. [Fojsa.] Terme de Gens de guerre. C’est un lieu creux, soit chemin ou fossé , dans lequel on peut être à couvert des ennemis, ou aler à eux comme par une tranchée. CAVITE', /- /• [Caverna , cavus sinus.] Ce mot sc dit en matière dé Anatomie. 11 veut dire une maniéré de petite chambre. Ce qui est creux dans quel- Tome L U u que 338 CAU que partie du corps. (11 y a deux cavitez dans la substance de la partie antérieure du cerveau , & une dans la partie postérieure. II y a dans le cœur , des cavitez. Cavité d’os.) CAULICOI.ES. [ 'Caulicoli .] Terme & Architecture. Ceíònt de petites tiges , qui semblent soutenir le haut du chapiteau corinthien. H CAURIS, ou CORIS, que l’on nomme aussi Bouges. Espèce de petit coquillage blanc, qui vient des Indes Orientales, & qui sert de menue monoïe en divers endroits. CAUSATIVE , adj. [Causalit.) Terme de Grammaire , où l’on apelle une f articule causative , un mot qui sert à déclarer la cause , comme (ont les particules car, par ce que , vu que, &c. CAUSE , f f. [ Causa. ] Prononcez còze. Tout ce qui produit quelque éfet. (Cause phiíìque , cause morale. Le soleil est la cause phifique de la chaleur. (Le Père Malebranche croit qu’a l’exception de Dieu , toutes les causes font ocasionelles. f CAUSE première. C’est celle qui agit par elle-mê- me , & par fa propre vertu. Dieu seul peut être apellé en ce sens la cause première de tout. f CAUSE seconde. C’est celle qui n’agit point par elle-même, mais par la direction de la cause première. Les causes secondes dependent de la volonté de Dieu qui en dirige les mouvemens. Etre cause de quelque chose , c’est y contribuer, y donner ocasion. (J’ai été la cause de sa fortune. La lâcheté de cet Oficier fut la cause de toutes nos disgrâces. Folard.) CAUSE. Sujet, raison , prétexte. (Sans alléguer aucune cause , elle rompit tout commerce avec moi. Toit. I. 62.) ( . A cause. [Propter.J Préposition qui régit le génitif. (J’aime Cloris à cause de ses petites manières.) A cause que. [Proptereà quod.J Conjonction qui signifie , farce que , & qui régit ('indicatif. (On écrit une lettre en gros caractère à Antigonus , à cause qu’il étoit borgne ; & un aveugle , dit-il, y mordroit. Abl. apopb.) „ CAUSÉ. Parti. (Etre pour la bonne cause. Vaug. Quint. I. 4.) CAUSE. [Lw .3 Afaire qu’on doit plaider. Plaider une cause. Devant elle avec grand bruit ils expliquent la chose, Tous deux avec dépens veulent gagner leur cause. Despr. H Etre en cause, c’est être partie au procez. On dit dans le stile familier d’un Avocat qui n’est point emploie, c’est un Avocat fans cause. 0 Plaider plusieurs causes, juger plusieurs causes dans une Audience. Huissiers, qu’on face silence, Dit, en tenant l’Audience, TJn Président de Beaugé , C’efl un bruit à tête fendre, Hom avons déja jugé Dix causes fans les entendre. CAUSES majeures. Ce font celles qui doivent être jugées par le Consistoire. On prétend qu’Innocent I. a commencé d’apeller causes majeures , les afaires importantes & qui intéressent P Eglise, comme la déposition des Evêques, la discipline, la Foi, la translation des Evêques, les Elections, les Coadjutoreries, la Canonisation des Saints. Voïez M. Gerbais, de caufis majoribm. CAUSER, v. a. [ Creare.] Etre cause de quelque chose. (Causer du contentement à quelcun. Voit Pois.) , CAUSER, v. n. [Garrire, temerè , inconsultè loqui.) Caqueter. Parler presque toujours, & souvent d’une maniéré ennuïeuse. (Depuis que M. est devenu gri- maud de Parnasse , il assassine les gens à force de causer ; malheur à ceux qui le connoissent & qui le rencontrent.) H CAUSER, veut dire aussi , ne garder pas le secret. Ne confiez pas vos secrets à cet homme, il aime trop à causer, H CAUSER de choses £«? autres. C’est dans le stile familier , s’entretenir de diverses choses peu importantes. Nous causions de choses & autres, lorsque vous étés arrivé. Ce n’est que dans cette phrase que causer se dit avec un régime. CAUSEUR,/»?. [ Garrulus, loquax. ] Prononcez CAU côseu. Celui qui caquette. (C’est un causeur. Sau- maise étant à Paris , n’aimoit point à se rencontrer en compagnie avec Blondel, parce que celui-ci étoit un grand causeur. Columesm , mélanges historiques. Le ragot N. est un fatigant causeur, sur tout quand il a un peu trinqué , & qu’il parle de ses prouesses poétiques.) CAUSEUSE, f f. \_Garrula , loquax. ] Celle qui caquette. Ce mot est aussi adj. & on dit l’amour est causeur, la joie est causeuse. 4 CAUSEUR, signifie quelquefois un indiscret, qui ne peut garder un secret. Ne lui parlez pas de vos affaires , c’est un causeur. CAUSTIQUE, tidj. [Causticité, adurensi) Prononcez cojìique. Terme de Médecin. Corrosif. L’ar- sénic est caustique. On dit figurément qu’un homme est caustique , [obtreHator] pour dire, qu’il est médisant , injurieux & mordant en toutes ocasions. í CAUTERE , f f Vieux mot , qui signifie, finesse, ruse. On dit, en termes de droit, absolution à cautele , c’est-à-dire, absolution de précaution. CAUTELEUX, Cauteleuse, adj. [Versutm, va- fer.) Fin , rusé, trompeur. Prononcez coteleux. (A voir son visage assassin , son œillade cauteleuse, elle a part au larcin. Voit. Po'és. La femme est un animai fin & cauteleux. Abl. Luc. t. 1. Promethée.) t CAUTELEUX, / m. [ Veterator, verjipellh.'] Fin, rusé. (C’est un franc cauteleux.) H CAUTELEUX,se prend toujours en mauvaise part, & ce mot commence à vieillir. Acad. Fr. $ On a dit autrefois caut pour fin, rusé. Alalherbe, mascarade : Lassez-vous d’abuser des jeunesses peu cautes, Mais ce terme est tout-à-fait hors d’usage. Voiture a dit dans le P lacet au Cardinal Mazarin .- S’il fut peu caut à son chemin élire. Mais le Placet est écrit en vers à demi burlesques. Quant à cauteleux , il n’est pas meilleur , quoique Ménage ait dit dans son Oiseleur : Le cauteleux alier , la trompeuse tonnelle, Et qu’il dise dans ses Observations sûr Malherbe, qu’il ne se repent pas de l’avoir dit. CAUTELEU SEMENT , adv. [ Vafrè, versutè .] D’u, ne maniéré fine , & cauteleuse. 4 Ce mot, dit l’A. cadémie, commence à vieillir, & on le prend toujours en mauvaise part. CAUTE'RE , / f. [ Cauterimn. ] Prononcez co- tére. Petit ulcère en la partie extérieure du corps, fait de choses qui brûlent par l’adresse du Chirur- gien , afin de faire sortir quelque matiéríe de maladie. Deg. (Faire un cautère. La Chamb. Les vieux égouts, les puants cautères, Et les sueurs des Moines austères, Devant son pié paffentpour ambre gri. Poët. anonyme.) f CAUTE'RE, signifie aussi le bouton de feu, ou le caustique qui sert à faire ('ouverture. Pierre de cautère, apliquer un cautère. CAUTERISATION , s f. [ Adustio cauflica. ) Efet de la pierre caustique, action de celui qui cautérise. CAUTERISER, v. a. s Lapide caustico inurere . ] Faire un cautère. Prononcez cotérisé.) í CAUTERISER, signifie aussi brûler de la maniéré que font les caustiques. Le poison cautérise les intestins. * Consience cautérisée. ( Conscientia vitiata.) C’est- à-dire , endurcie. CAUTION , s f Ç Cautio , stonsor. ] Assistance, garand. Prononcez cocion. ( Donner bonne & su filante caution. Je fuis la caution de Monsieur.) CAUTION solidaire, f Sponsor in Jòlidum. J C’est celui qui s’oblige à païer lui seul, comme s’il étoit le principal débiteur. CAUTION bourgeoise. Ces mots dans le sérieux, signifient une bonne caution. Et ils se disent quelquefois en riant, comme dans cette façon de parler. Je veux caution bourgeoise , que vos yeux ne me feront point de mal. Mol.prec. H CAUTION banale.. Se dit d’un malheureux, qui n’aïant rien à perdre , est toûjours prêt à cautionner pour telles personnes qui se présentent, & pour telles sommes qu’on veut. t « CE f II est sujet à caution ; c’est-à-dire , que c’est un ■homme en qui on ne doit pat trop sc fier. On dit aussi d’une Histoire douteuse , que c'esì une nouvelle sujette à caution. CAUTIONNEMENT , s. m. ICautionis signifieatìo. ] Acte de la personne qui en cautionne une autre. CAUTIONNER, v. a. [Vadari, Jpondere pro aliquo.J Etre caution pour quelcun. ( Cautionner son ami.) f C AX A- Petite monoïe qui se fabrique à la Chine, St qui a cours dans l’Isle de Java & en d’autres lieux. Les Malais l’apellent Cot. Voïez CAS & CACHE. CAZANIER, s m. Comme le z entre deux voïel- les s’écrit ordinairement par une s, voïez ci-deflus casanier. CE ou CET. [ Hic. J Pronom démonstratif qui fait au féminin cette , & au pluriel ces. Ce fe met devant un substantif qui commence par une consonne , & cet devant un nom masculin qui commence par une voïelle. (Ce livre est bien écrit. Cet homme est habile. Cette Action est éclatante. Ces gens-là font hardis.) ' ( II m’a fait cet honneur de me dire. Cette façon de parler a vieilli. On dit , il m’a fait l’honneur de me dire. Vaug. rem.) Outre ce. Ces mots font hors d’ufage ; on dit outre cela. Vaug. rem. CE, est celui d’où tous les pronoms démonstratifs font formez , mais parce que les personnes ou les choses dont on parle & aufquelles on joint le pronom ce , font ou proches ou éloignées de lieu & de tems, de la personne qui parle , on ajoute quelquefois au substantif qu’on veut désigner , par le pronom ce, les particules adverbiales, ci St là, dont la première sert à désigner les choses proches ; & la seconde à marquer les personnes ou les choses plus éloignées. (Ce Prince-/» fe fait aimer de tout le inonde. Cette afaire-cï est fâcheuse, ces gens -ci ont raison. Gramm. Franç. par Destnarets.) CE. Chose. ( Quand on fait ce que Dieu commande, on atire fur foi les bénédictions du Ciel.) CE. Particule. Cette particule emploïée au commencement d’une phrase , fe répété devant le verbe substantif quand le premier ce en est éloigné. (Exemple. Ce qui efi de plus déplorable N de plus étrange en tout le cours de la vie , c’est, 'çfic. Mais quand le premier ce n’est pas loin du verbe , quelques-uns ne le répétent pas, mais la plupart croient qu’on ne feroit pas mal de répéter. Exemple. Ce qui efl de plus déplorable , c est ou est. Vaug. rem.) CE. Cette particule fe met devant le verbe substantif quand le nominatif en est fort éloigné. Comme, ( La cause de tant de malheurs de misères qui nom arrivent dans le monde les uns fur les autres, c est, este.) Que si le nominatif n’est pas trop près , ni trop loin, on peut mettre , ou laisser le ce. ( Exemple. La meilleure voie qu'on sauroit prendre désormais, est ou c’est. Vaug. rem.') CE. [ Id. ] Cette particule fe met élégamment avec le pluriel du verbe substantif. (Exemple. Les plus grands Capitaines de l’antiquité , ce furent Alexandre, César , Hannibal, &c. On peut dire aussi furent, fans ce. Vaug. rem. L’afaire la plus fâcheuse que j’aie ; ce sont les comptes , & non pas F est les comptes. Vaug. rem.) CE dit-il, ce dit-on. On fe sert de ces phrases en parlant, mais en écrivant il fufit de dit-on, dit-il, fans ce. Vaug. rem.) CE pour il, ne vaut rien en plusieurs phrases ; par exemple , si l’on demande quelle heure est-ce ? cela est mal-dit; on doit dire, quelle heure eft-ill CE lui fut force de bazarder la bataille ; dites, il lui fut force, &c. Vaug. nouv. remarq. CE fut pourquoi. Ce mot ne fe dit pas ; en fa place, °n dit c’est pourquoi. Vaug. rem. CE qu'il vous plaira , & non pas ce qui vous plai- ra - Vaug. rem. Car ce qtiil vous plaira signifie ce que. vous voudrez que je fasse, & ce qui vous plaira signifiait ce qui vous fera agréable. CE peu. C’est-à-dire , le peu de chose , le peu de bien. (Faites part aux pauvres de bon cœur avec joie de ce peu que vous avez. Port-Roial.) CE peu de lignes font pour, &c. Cette faqon d’écri- CED 339 re est un peu surannée, L en sa place on dira , je ne vous écris que deux mots , &c. Ost CE peu de mots ne font que pour , f c. Dans cette phrase, le génitif régit le verbe. Construction étrange (dit Mr. de Vaugelas, art. 319.) non feulement elle est extraordinaire , mais elle est du bas stile, & il faut la laisser aux Marchands, avec l’a» gréable votre , locutions qui leur font familières.). CE que. Ces mots fe mettent élégamment pour st. (Exemple. Ce que tu tiens de moi, des jardins , des maisons, ce font toutes choses sujettes à mille aeci- dens. Vaug. rem.) CEANS adj. [ Hic , intm. ] Ici. En cet endroit. En ce lìeu-ci. (II. est céans. Dieu soit céans. Quoi, je soufrerai, moi , qu’un cagot de critique Vienne usurper céans un pouvoir tirannique ? Depuis un certain tems, II ne sauroit soufrir qu’aucun hante céans. Mol. tait. a. 1. sc. 1.) f CECHIN, SEQUIN. Monoïe d’or, qui a cours à Venise & en Levant. Votez S EQUI A. CECI- [Hoc. ] Pronom démonstratif qui signifie cette chojì, & qui n’a point de pluriel. ( Ceci est étrange.) CECILLE ì s f [ Cacilia. ] Nom de femme. CE'CÏTE' ,s f II vient du Latin excitas, & veut dire privation de la viré. II y a des gens qui aiment ce mot cécité : mais l’ufa-ge est contraire , & en fa place on dit fort bien aveuglement, au propre. ( La cécité d’Homére est fameuse , dites , l’aveuglement d’Homére est fameux.) CEDANT , cédante , part. & adj. [ Qui vel qu 4 cedit. ] Celui ou celle qui cède. CEDER, v. a. II vient du Latin cedere. C’est abandonner. Donner. Transporter. ( Céder son bien à ses créanciers : céder son droit à quelcun. Un grand cteur cède un trône , N le cède avec gloire, Cet ésort de vertu couronne sa mémoire. Corn. CE'DER. Donner l’avantage. Ne pat céder t c’est. à-dire, l’emporter fur quelque personne, ou quelque chose. (II lui cède en tout genre d’érudition. NoS maux ne cèdent point à ceux de Job.) CE'DER. Succomber. (Pour moi, je cédé aux ans. Main. Poés) f Ceder au tems, céder à la force, céder à la raison. CEDILLE , s f [ Cedilla. J Petite virgule qu’on met sous le c pour montrer que le c fe prononce comme une s. (Le c ne peut faire leçon, s’il n’est acompagné d’une cédille. Abl. Luc. t. 3.) CED ON, s ni. Petite plante qui ne fleurit qu’u. ne fois, & qui fleurit blanc & en piramide. CE'DON arborescent. Sorte de petit arbre boifeux. CEDRAC , s. m. [ Malum citreum dulcistìmâ me- dullâ. ] Espèce de citronnier qui produit un fruit odoriférant. $ On dit aussi cédrat, & l’Académie apelle ainsi l’arbre & le fruit. CEDRE , st m. [ Cedrrn. J Arbre fort rond qui a la feuille comme le genièvre , le tronc droit & haut, surpassant en hauteur tous les autres arbres, allant en étrécissant jusques à la cime. II a l’écorce lisse & grisâtre. Son bois est odoriférant. Ses branches tendent en haut, & portent des espèces de pommes qui tirent fur le fauve , & font un an à meurir. Dal. (II est haut comme un cèdre.) ^ Petit Cèdre. Cedrrn baccifera. C’est un arbre dont il y a trois efpeces. La première s’apelle Codrm Lyeia: la seconde Cedrrn minor ,• & la troisième Ce- drm Hyjpanica frufíu maximo. Ces cèdres croissent en Italie , en Espagne , en Provence & en Languedoc. Ils demeurent toujours verts. 11 s contiennent beaucoup d’huile. Leurs feuilles font stomacales , leur bois est fudorifique , & leurs fruits font propres pour aider à la digestion : on les apelle cedrides. f CEDRIE. Les Droguistes apellent ainsi la gomme, ou refîne , qui coule de cèdre. CEDULE , f f- [ Schedula. ] Ce mot n’est pas fort usité. En fa place on dît , promesse, billet. On donne aux siéger,s des cédules où font écrits les noms des causeurs. £ Plaider contre sa cedule ; c’est prov, & fig. con- Nom. L Q u * tester 340 CEI tester mal à propos fur une chose, dont on peut être convaincu par son propre fait. CE'DULE évocatoire, s.s. [ Translatif lìtis diploma.) Signification qu’on fait à une partie pour l’avertir qu’on veut faire évoquer & renvoïer le procès qu’on a contre elle , à un autre Parlement, à cause des parens & de l’alliance qu’elle a au lieu où l’instance est pendante. CEINDRE, v. a. II vient du Latin cingere. Entourer. Je ceins , il ceint, nous ceignons, vous ceignez , ils ceignent. Je ceignois, f ai ceint, je ceignis, je ceindrai, que je ceigne. ( Ceindre une ville de murailles. Du côté qui regarde l’Orient, la Province étoit ceinte d’un fleuve très-rapide.» Vaug. Quint. Curt. I. 7 . c. 10 . Sa tiare étoit ceinte d’un bandeau de pourpre. Vaug. Quint. I. 5 . c. 3 .) t CEINDRE I’ép'ée à un Chevalier } c’est lui mettre l’épée au côté. On dit d’un conquérant, que la Victoire lui a ceint le front de lauriers. CEINTES , f. f. pi. [ 'Ravit corona. ] Terme de Marine. Ce sent des rebords , ou espèces de cordons qui règnent autour d’un navire. Ces pièces lui donnent de la grâce, le fortifient & fervent à marquer la division des tillacs. Les ceintes d’enbas fe nomment préceìntes , & celles d’en-haut carreaux de lise. CEINTRAGE. Terme de Marine, qui se dit de tous les cordages qui ceignent, qui lient , ou qui environnent le vaisseau. CEINTURE , s-f. [ Cingulum. ] Tout ce qui ceint , & qui entoure quelque corps, soit que ce qui ceint, soit étofe , ruban , ou cuir. ( Une petite, ou grande ceinture. Une bonne ou méchante ceinture, large ou étroite. Ceinture de haut-de-chau(Te. Ceinture de Prêtre , de Religieux , &c. Faire une ceinture. Lier, atacher , mettre fa ceinture. Défaire sa ceinture. On diroit que pour plaire , injìruit par la nature, Homère ait à Vénus dérobé fa ceinture. Defpr. CEINTURE , f. f. [ Rene s. ] C’est la partie du corps où pose la ceinture, & en quelque faqon le milieu du corps. ( Ils font semblables à nous de la ceinture en haut. Ablanc. Luc, t. 2 . Hift. vérit. p. z 8 - II n’y a de l’eau que jufqu’à la ceinture. Ils ne vont pas à la ceinture De ceux dont je fais la peinture. Scar. CEINTURE funèbre. [ Tœnia funebris. ] Bandé noire que lés Patrons des Eglises, ou les Seigneurs Haut- Justiciers ont droit de faire peindre dedans & dehors des Eglises, & de la charger de leurs armes, pour honorer la mémoire de quelques personnes de leurs familles qui font décédées. On apelle aulli ces ceintures funèbres , des litres. (§ On se sert plus souvent du terme de litres, que de celui de ceintures funèbres. On a donné plusieurs noms à cet honneur funèbre : Chopin l’apelle vitta lugubrit : Chassanée , zona funebris : & quelques autres , littura , ou lifta. Maréchal dérive notre litre de littura, qui signifie , selon lui , peindre , austì-bien qu’éfacer : mais Dadin d’Hauteterre , /. 5 . c. 5 . deDu- cib. N Comit. condamne cette étimologie : Red fton- gia , litturaque vert digna notatio. 11 veut, & Ciron le veut de même dans ses Observations, que litre soit dérivé de Sti3-ça , un cercle , Une couronne, parcè qu’en efet litre environne le dehors & le dedans d’u- ne Eglise. Quant au mot ceinture , il viént, par la même raison , de cingere , cingulum. Les litres du dehors de l’Eglisc sont ordinairement peintes; Scelles que l’on met dans l’intérieur des Eglises ou des Chapelles , sont ou de velours , ou de serge , ou de drap. On ne met la litre de velours que pour les personnes qualifiées ; & quand elles tiennent les premiers rangs dans le monde, on en met deux l’une fur l’autre , & les unes & les autres sont chargées des armoiries du défunt. La litre a été premièrement acordée aux Patrons , qui sc sont toujours conservé cet honneur, & même par préférence aux Seigneurs Hauts-Justiciers , lesquels , par tolérance , ou peut- être par usurpation, ont droit de litre dehors & dedans TEglise: mais en cas de concurrence , la litre du Seigneur doit être mise au-dessus de celle du Patron. Les Patrons Eclésiastiques pouroient , comme les CEL laïques, avoir le même droit : mais il n’en usent pas. 11 n’est permis d’avoir une litre dedans & dehors TE- glisc, qu’aux Patrons & aux Seigneurs , à qui cet honneur est acordé. Les Gentils-hommes qui ont des Chapelles particulières, peuvent y avoir une litre en dedans seulement, sans pouvoir í’étendre ni dans le chœur, ni dans la nef. Maréchal a encore observé que pour honorer la mémoire des personnes nobles St qualifiées , on peut mettre une litre d’étosc, ou dans une Chapelle , ou fur quelques piliers des Eglises de vilage , où ils ont ordonné de faire quelque service , ou lors que les héritiers en veulent faire célébrer , quoiqu’ils ne soient point Seigneurs du lieu : mais cette litre n’y doit pas rester après Tannée. 11 est certain que tous les droits honorifiques sont atacher au fond , &, comme Ton dit, à la glèbe : cependant Taquéreur d’une Seigneurie ne doit point faire éfacer la litre qu’il trouvera peinte dehors ou dans TEglise , fi Tannée du décès du Seigneur n’est pas encore expirée ; la bienséance exige cette tolérance. Bonne renommée vaut mieux que ceinture dorée. Ancien proverbe , qui Veut dire que la réputation vaut mieux que les richesses. Henri IV. par un de ses Edits donna lieu à ce proverbe. CEINTURE à /’ Anglaise. [ Militare cingulum , bal- teum. ] Sangle fort juste dont on se sert pour porter l’épée. CEINTURE. C B ait eus. ] Terme d’Arcbiteéíure. Petit liteau au haut & au bas de la colonne. CEINTURE de muraille. [ Ambitus , circuitus. ] Cordon de pierre qui environne principalement les murailles des villes , & des forteresses. CEINTURE de la Reine. [ Veciìgal tertio quoque an- no pendifolitum , ex vino domefticum reginafubftdìum. J Certain droit qu’on léve à Paris fur le vin. CEINTURE de Vénus. [ Ceftus. J Terme de Cbiro- mance. Ligne de la main, qui commence entre le second & le troisième doigt, qui traverse le mont de ces doigts , & va en forme d- demi-cercle finir vers le petit doigt. jíjf CEINTURE de Vénus. Les Poètes ont feint que cette Ceinture étoit la source des charmes & des plaisirs , & c’est suivant cette imagination qu’Homére dans le quatorzième livre d’Alciat , raconte que Junon voulant plaire à Jupiter & te rendre favorable aux Grecs qui etoieirt vivement pressez par les Troïens, ne se contenta pas d’empioyer tous ses soins pour se parer & tâcher d’inspirer à son Epoux des sentimens de tendresse, elle pria Vénus de lui prêter ses charmes & ses atraits dont elle avoit acoûtumé-de se servir pour vaincre ceux qu’elle vouloit soumettre à ses loix; en même tems, Vénus détacha fa ceinture qui étoit d’un tissu admirablement diversifié , & où reli- doient les charmes les plus séducteurs, les atraits, les amours , les désirs, les amuíèmens , les entretiens secrets, les innocentes tromperies , & le charmant badinage qui insensiblement surprend le cœur des plus sages, & en la lui remettant, elle lui dit : recevez ce tissu, & le cachez dans votre sein ; tout ce que vous pouvez deiìrer , s’y trouve, & par un charme secret qu’on ne peut expliquer , il vous fera réussir dans toutes vos entreprises. f On dit prov. & fig. en parlant d’un homme qui est toujours avec la même personne , qu’/V eft toujours pendu , toujours attaché à fa ceinture. On le dit aussi d’une fille que sa mere ne perd point de vue. ( Cette fille est toujous attachée à la ceinture de fa mere.) CEINTURETTE , f. f. \_Cingulus. ] Petite bande de euir qui entoure le cor de chasse. La ceinturette est large d’un doigt , & elle est ordinairement rouge. (TEINTURIER , f. m. [Zonarius.] Marchand ouvrier qui fait & vend de toutes sortes de baudriers, de sangles, de ceintures, de ceinturons, de jarretières , de porte épées, de porte-mousquetons , &c. CEINTURON , f. m. \_MiHtare cingulum. ] Sangle qui ceint les hanches, & qùi est composée de deux barres, de deux pendans, & d’une bande. CELA- [Hœcres, hoc. ] Pronom démonstratif qui n’a point de pluriel, & qui signifie cette chose. (Je ne vois rien de 11 grand que cela. Nous ferons ceci, nous ferons cela.) f Je vous ai vinque vous n’étiez pas plus grand que cela. C’est-à-dire, qui étiez petit.) t CELA, CEL f CELA, [/r, 0 e -1 Pour dire, cet homme, cèttô personne , est bas , & ne peut entrer que dans le stile le plus simple. ( Cela ne fait que jurer. Vaug.nouv. remarques.) » CE'LADONA f- f- [ Color tbalajjtnus .] Sorte de couleur. £ Tafetas céladon , ou verd-pâle. ( La pluche de cette anémone est céladon.) C’est auffi le nom du berger de l’Aítrée. CE'LE'BRANT , / m. [Rei sacra minifter.s Ce mot vient du Latin célébrant , & de même ceux qui suivent, viennent du mot Latin , celebrare , célébrer , &c. Eclésiastique qui célébré & qui oficie en cérémonie. (Recevoir la bénédiction du célébrant.) CE'LE'BRATION , f. f. [ Celebratio. ] Action de celui qui célébré. L’Action de solemniser. (II lui a interdit la célébration de la Messe. Patru plaidoié Célébration de fête , de mariage.) CE'LE'BRE , adj. £ Celeber , ilhiftris, inclytus. J Illustre. Connu. Fameux. (Nom célébré. $ On le rend quelquefois en mauvaise part un homme cele- re par ses* crimes. Un Général célébré par la perte de plusieurs batailles.. Le pas de l’Ane qui couvroit Suze, fut abandonné en 1707. par le B. homme celé - bre far fa lâcheté à la défense de la citadelle de Mo- dene. Polybe de Folard. CE'LE'BRE , adj. [ Celebris , solemnts. ] Solemnel. (Fête célébré.) CE'LE'BRER,».«.[ Celebrare. ] Kendre célébré. Publier. Dire. ( Célébrer les loíianges des grands hommes. Abl. Luc.) CE'LE'BRER. [ Fefla colère , fejìum dient agere. ] Solemniser. Faire les cérémonies de quelque chose. (Célébrer les fêtes , la Messe , le mariage , les jeux , &c. Tout ce qu’une femme résout, Arrive bien ou mal , comme il est dam sa tète , Je veux par des souhaits célébrer vôtre fête, Et f en trouve une afaire enfin selon mon goût. Deshoul. CE'LE'ERITE', s. f. Ç Celebritas. ] Solemnité.. Réputation. (La célébrité des jeux. Bah. Us lui disent par compliment, que fa haute réputation , & la célébrité qu’il a donnée au lieu où il est , les ont obligez de le venir voir. Bah. entret. Z-) t CELEP, fi wt. Liqueur sucrée & ambrée , que les Orientaux estiment beaucoup. CE'LER, v. a. Du Latin celare. Cacher. Ne pas dire. ■ Ne pas découvrir. ( Céler son martire. Sar. Nés. ) $ Se faire céler ; c’est faire dire à ceux qui viennent, qu’on n’est pas chez foi, pour éviter leur visite. ± CELERET , OU COLERET. Filet dont on se sert fur les côtes de Normandie. C’est une efpece de seine , que deux hommes traînent en mer auffi avant qu’ils y peuvent entrer & prendre pié. CE'LERI, s m. [ Apium macedonicum. ] Sorts d’herbe qu’on cultive dans les jardins, & dont on mange en salade la racine & Les branches qu’on a fait blanchir. í CELERIN , s m. C’est une efpece de sardine. CE'LERIER , s m. [ Cellarius. ] Terme de Béné- iiciins , Bernardins , fi autres. Celui qui a soin de tout le temporel, & qui est chargé de donner aux oficiers subalternes tout ce qui est nécessaire pour la vie & les vêtemens des Religieux. CE'LE'RIE'RE , fi. f. [Cellariafi Terme de Religieu* fi. Celle qui rend compte de lù mise & de la recette. C’est proprement l’économe dumien de la maison. (Quelle personne es-tu? dit-il à ce fantôme} La Céliere du Roìaume de Jhtan , reprit-elle. La Font. \ CE'LE'RITE ', f fi C Celerituda. ] N 11 vient du Latin célérités , qui signifie promtitude, diligence ; mais il ne fe dit guère qu’au Palais. ( C’est une afaire qui requiert célérité.) ÇE'LESTE , adj. [ Ccekjìii. ] Qui est du Ciel. Qui vient du Ciel. Qui répréfente le Ciel. (Esprits célestes. Globe céleste. La gloire céleste. Une figure céleste. Que le plus coupable de mus Se sacrifie aux traits du céleste courroux, La Font. CEL 341 Ah ! pour être dévot > je n'en fuis pas moins homme Et lors qu’on vient à voir vos célestes apa *y Un cuur fe laisse prendre ffi ne raisonne pas. Mol. * Cékjìe, adj. Admirable. Grand. Beau & charmant. ( Air celeste. Voit. Pois Une beauté céleste.) , Bleu céleste. Couleur bleue qui aproebe de celle do ciel quand le tems est serein. Votez Bleu. , CE'LESTINS , J. f. [ Ccelejìini .] Religieux qui ont ete apellez de la forte à cause du Pape Célestin cinquième, qui les fonda en 1244. Us font réformez dé l’Ordre de Saint Benoît. Us portent une robe blanche , & un scapulaire noir avec des manches grandes & larges. ( Quoi , dit-elle, d’un ton qui fit trembler íes vitres, J’aurai pâ juj'qu’ici brouiller tous les chapitres, Diviser Cordeliers , Carmes fi Célestins ? Defpr.) f * Voilà un plaisant célestin. Ancien proverbe, dont j’ai apris l’origine du Père le Comte Célestin ■ 11 me difoit qu’autrefois à Rouen , capitale de Normandie, les Religieux de son Ordre n’étoient exemts de païer Rentrée de leur boisson , qu’à la charge qu’uti frère Célestin marcheroit à la tête de la prémiére des charettes , fur lesquelles on, conduifoit le vin, & fauteroit d’un air gai , en passant auprès de la maison du Gouverneur de la ville : U ajoûtoit qu’un jour un de leurs frères parut devant les charettes plus gaillard que tous ceux qu’on avoit vûs auparavant, & que le Gouverneur s’écria, voilà encore un plaisant célestin ; c’est-à-dire , un Célestin qui e-n matière de sauts & gambades Remporte fur tous ses compagnons. On donne aujourd’hui un sens satirique à ce'proverbe; car lors qu’on dit à un homme, vous êtes un plaisant célestin , on marque à cet homm.e qu’il n’a pas le sens tout-à-fait droit. A la célefiine , adv. A la maniéré des Célestins. ( Faire une omelette à la célestine.) CE'LIAQUE , s s. Terme de Médecine. C’est une espèce de flux de ventre , dans lequel les alì- mens ne sortent pas tout crus, comme dans la lien- terie, mais à demi digérez. De forte que ces deux maladies ne diférent entre elles que du plus ou du moins. ê CE'LIAQUE , adj. On apelle encore artere célìdc que, une artere du bas ventre, qui vient de l’aorte, & sc partage en deux branches ; Rune va au foie, & l’autre à la rate. CE'LLBAT , / m. [ Celibatus. ] Etat opofé à celui du. mariage. ( Embrasser le célibat. Les Ecléfia- stiques font obligez de garder le célibat.) Dans le Concile de Nicée , Paphnuce dissuada d’imposcr aux Eclésiastiques la loi du célibat , disant que í’usage de sa propre femme est chasteté. Fra Paolo , Flijt. du Cône. de Trente. f Après maint fi maint combat, Vous saurez qu’en fix cens fi trente, Je fis vteu de célibat Entre les bras d’Amarante, Ménage, Poésies, l. 3.) 0 Tu vis dans une inquiétude Du parti que tu dois choisir, Et la femme , fi la solitude Suspendent tom deux ton d.éfir t Ainsi son voit que ton courage Afligé d’un rude combat, Est tantôt pour le mariage Et tantôt pour le célibat. Mais sais-tu ce que tu dois faire Pour mettre ton esprit en paix, Resous-toi d’imiter ton pere, Tu ne te marieras jamais. Malleville. CE'LIER , f m. Prononcez célié. II vient du Latin ceílarium. Lieu où l’on ferre lés provisions d’u- ne maison , le vin , le bois , le lard , &c. 11 difére de la cave , en ce qu’il est ordinairement moins profond. (Un grand ou petit célier. Un célier bien fourni.) 0 CELLERAGE. .C’est un droit qui se leve. fur le vin dans le cellier. Voïez Chopin , fur la Coutume d’Anjou , art. g. fur la fin. tJu ; 0 CEL- 342 CEM £f CELTES. Les peuples qui ont habité les anciennes Gaules , étoient apellez indiféremment Celtes & Gaulois ; & ce fut fous ces deux noms qu’ils fe rendirent si redoutables aux Romains , que dans les dispenses qu’ils acordoient aux Prêtres & aux vieux soldats , d’aler à la guerre , ils exceptoient toujours îa guerre contre les Celtes. On donne plusieurs origines au mot Celtes. Appian veut qu’un , Celte , fils de Polypheme & de Galathée , ait donné son nom aux peuples qu’il commandoit. D’autres font mention d’une fille du Roi Bretannus , appellçe Celtina, k qui ils attribuent l’honneur d’avoir donné son nom aux Gaulois. Mais ce sont de pures sables. Strabon trouve dans fa Langue l’étimologie de Celtes , & le dérive de KíhHç , dont Hornere & Pindare se font servis pour exprimer un cheval ; parce que les Celtes ai- moient les chevaux, & s’en servoient avec beaucoup d’adresse. Gosselin , ch. 2. de son Histoire des Gaulois , propose , pour origine de ce mot, ou gelt , mot Aleman , qui signifie la solde d’un soldat , ou gelten, autre terme Aleman , qui veut dire force , puissance , Enfin Mr. Bochart, qui veut, dans son Phaleg , lib. 3 . cap. 6. que l’Hébreu soit la source de toutes les Langues , dérive Celte de chalta , ou chelta , vox pro- ximè accédois ad Celtas. CELUI- Pronom démonstratif qui fait celle à son féminin , & ceux au pluriel masculin , & celles au féminin. En Latin ille & illa. ( Celui qui craint le Seigneur , est heureux ; celle qui met son esperance en Dieu, est heureuse.) CELUI, ni celle , ne fe placent pas bien après l’ad- jeflif. Vaug. nouvelles remarques. L’honnête homme qui a fait des observations fur les remarques, trouve que Mr. de Vaugelas s’est trompé ; & il a raison. On dit tous les jours , heureux celui qui craint le Seigneur. Heureux celui qui a trouvé le repos de la vie & qui le fait conserver. Ouvrage pojìume de Vaugelas , pag. 129. U 130. Le pronom celui n’a point de signification déterminée de lui-même , & ne peut jamais être emploie fans être suivi & soutenu de quelque énonciation qui restraigne l’idée générale de ce mot à une idée particulière, Gramm. Franc, par Hesmarets. Je ferai celui qui vangeraì , ou qui vangera. De ces deux façons de parler , la prémiére est la plus régulière , & que bien des gens aimeroient le mieux. CELUI-CI , celle-ci , au pluriel ceux-ci , celles-ci. Pronom démonstratif. Celui-ci a fait un Madrigal fur une jouissance. Mol. Prec. Celle-ci a chanté une charmante chanson. CELUI-LA , celle-là. Au pluriel, ceux-là , celles-là. Autre pronom démonstratif. ( C’est celui-qui l’a tué. Le feu qui brûla Gomore, He fut jamais Jì véhément Que celui-là qui me dévore. Volt. Poës.) On parle de la sorte. Cependant pour mieux parler, on ne doit jamais joindre la particule là au pronom démonstratif celui , lors qu’il est immédiatement suivi du relatif qui ,. à moins que le qui ne soie éloigné du pronom celui-là. Exemple. Ceux-là sont malheureux qui s’amusent à servir des ingrats. Cela est bien dit, mais on ne parleroit pas si bien si l’on di- soit, ceux-là qui s’amusent à servir des ingrats, sont malheureux. CELLULE , f f [ Cella , cellula. 3 Ce mot fe dit parmi la plupart des Religieux * CENDRES. Très-peu de chose. (Seigneur, t’o- serai-je parler, moi qui ne suis que cendres & que poussière ? Corn. * Cendres. Manès. Je viens pour rendre hommage aux cendres d’un Héros , Qu’un fidèle afranchi' vient d’arracher aux flots. Corn. Pompé®, a. $.J'c. 3 . * Rêvé. CE N * Révérer les cendres des morts. Patru , plaid. 6 . Outrager les cendres des morts. Patru , plaid. 8- Ses cendres reposent à Gènes dans l’Eglise Cathédrale.) Ce mot quelquefois se met au singulier dans le même sens. ( Ne verse point de pleurs fur cette sépulture, Tu vois de Léonor le tombeau précieux Où gît de son beau corps la cendre toute pure , Mats fa rare vertu vit encore en ces lieux. Poète anonyme.) CENDRE' , cendrée , adj. [ Cinerem. ] Qui est de couleur de cendres. ( Chevaux cendrez.) CENDRE'E , f f. [ Cinis plumbem. ] Terme de Plombier. C’est Pécume du plomb. La cendre est auffi une forte de petite dragée de plomb pour tuer du petit gibier. H CENDRE'E d’afinage. C’est une terrine de grez remplie de cendres , ordinairement d’os de beuf, ou autres animaux, dont on se sert pour faire i’afinage de Purgent au plomb. CENDREUX , cendreuse , adj. s) Cinere astersm, conjpersus. ] Qui est couvert & sali de cendres. ( Ce petit chat est tout cendreux , car il s’est couché fur les cendres.) H CENDREUX, adj. On apelle du fer cendreux, du fer qui prend mal le poli , & qu’on ne peut jamais rendre bien clair. CENDRIER , f m. [ Cinerarium. ] La partie du fourneau où tombent les cendres. CENDRIER , f m. [ Cìnerarìus. J C’est celui qui fait des cendres dans les bois , & le marchand qui achète, ou qui vend des cendres. Le mot de Cendrier , en ce dernier sens , pour celui qui achète ou qui vend des cendres, ne se dit que par le peuple, aulieu de Cendrier, on peut dire marchand de cendres. CE'NE , f /• Ce mot vient du Grec. En Latin, on dit cerna. Le dernier souper de Jesus-Christ avec ses Apôtres. CE'NE. Terme de Gens de la Religion. Lequel signifie Communion. ( Faire la cène.) CE'NE. Cérémonie , où, un jour de la grand semaine , le Roi lave les piés à de petits garçons. C’est le Jeudi Saint. CE'NELLE , f f. [ Aquifolia. ] Fruit d u houx qui est petit & rouge. _ CENOBITE , f m. [ Canobita. ] Religieux qui vit dans un couvent ou en commun fous une certaine régie. cp'NOBITIQUE , adj. \_Ccenobiticw.~\ Qui apartient à la vie Religieuse. (Saint Pacome est l’instituteut de la vie cénobitique. Mr. Dupin.) CE'NOTAPHE. C Cenotaphium. J Tombeau vui- de dressé à la gloire d’un mort illustre. (§ Les Romains mettoient une diférence essentielle entre sepulcbmm , monumentum , & cenotaphium. Ils apelloient sepulcbrum , le tombeau où les morts etoient ensevelis, ubi corpm ojj'ave homink condita sunt. Tout ce qui étoit élevé , colonne, pyramide, arc de triomphe, pour rendre immortelle la gloire d’un héros, étoit monumentum. Le cénotaphe ctoit lin tombeau vuide , une pierre (Patente, une figure de sépulcre. C’est une question dans la jurisprudence Romaine , si le cénotaphe est un lieu Religieux comme le sépulcre. Voïez Kirhnan , de sunerib. tìu- terim , de jure mantum. CENS , s. m. [ Censw. J Terme de Coutume. Charge sous laquelle un Seigneur donne un héritage. íf Le cens n’est pas seulement un terme de Coû- tume ; il n’est pas moins connu dans les provinces qui observent le Droit Romain : il est vrai qu’il a été établi avec les fiefs , dont les Romains n’ont eu aucune connoifiance , & que des pais coutumiers, il a passé dans les pais du Droit écrit. Le cens est une reconnoissance de la Seigneurie directe & foncière ; & c’est par cette raison que régulièrement il est imprescriptible parce qu’i.1 est dû en signe de supériorité , comme parlent les Praticiens. C’est la disposition de l’article 124. de la Coutume de Paris. (f CROIX de cens. Plusieurs Commentateurs de Coûtumes se sont trompez, dans la pensée qu’ils ont euë , que croix de cens est un acroissement du cens : mais Btodeau , fur. la Coûtume de Paris, ar fort bien CËN 945 remarqûê que. pendant plusieurs régnes, toutes les petites monoïes etoient marquées d’un côté par une croix : on peut en voir des exemples dans le Traité des momies de Air. Le Blanc; & le cens étoit stipulé païable en petites monoïes , comme oboles, mailles, & deniers : on les a apellez en général , croix de cens , c’est-a-dire, monoïe dont on païe le cens. íf Le dénombrement des citoiens Romains, que Servius Tullius institua Pan 177. de la fondation de Rome, étoit apellé cenfm , que nous expliquons par nôtre mot cens. Chaque chef de famille étoit obligé de déclarer son nom, son âge, la qualité de son père & de fa mère, le nom de ses femmes & de ses en- fans , & de donner un dénombrement exact de ses biens, fur peine d’être batu de verges & vendu comme esclave. Après l’expulsiorí des Rois , le pouvoir de faire le cens, passa aux Consuls; mais ces Magistrats ne pouvant pas remplir toutes ces fonctions, on créa, l’an 312. deux charges de Censeurs , qui devinrent, dans la fuite , trés-coníìdérables par le grand pouvoir qu’on leur atribua : en éset, ils chassaient du Sénat, ou de P Ordre des Chevaliers, ceux qui lé ren- doient indignes d’en ocuper les places : ils dispo- soient des revenus du peuple Romain ; enfin l’hon- neur, ou le déshonneur de chaque particulier dépen- doit absolument de leur jugement. On renouvelloic le cens tous les cinq ans ; c’est pourquoi on l’apel- loit lufirum. Voïez le premier tome de ! Histoire de l’Académie des Inscriptions, pag. 6;. ch CENSAL, f. m. Terme en usage sur les côtes de Provence & dans les Echelles du Levant. 11 signifie lac.même chose que Courtier; c’est-à-dire, celui qui s’entremet entre les Marchands & négocians, pour faire acheter & vendre des marchandises , ou qui lé mêle de quelques autres négociations mercantiles. t CENSE , f f. XJLocatìo .] Mot peu usité ; en fa place on dit, une Ferme. CENSE', censée , adj. [ Habitue, exifiimatm.J Estimé. (Cela est censé bien fait.) H CEN SERIE , s. f. Ce mot exprime tout ce que signifie courtage ; c’est-à-dire , quelquefois la profession du Génial, & quelquefois le droit qui lui est dû. CENSEUR , s m. [Censor.] Oficier de la République Romaine qui avoir soin des mœurs, & de la police. Magistrat de la République de Venise , qui est six mois en charge, qui a l’œil fur les mœurs. * CENSEUR. Critique. Qui juge bien des ouvrages d’esprit. Qui censure quelque chose. (* Faites choix d’un censeur solide & salutaire. Dejp.) CENSEURS des Livres. [Censtores Librorum .] Docteurs préposez pour l’examen des Livres, & pour en porter leur jugement. (Le théâtre fertile en censeurs pointilleux , Chez nous pour se produire eji un champ périlleux . Despr. CENSIER, s tn. \JndiHivi cenfm dommm.~\ Seigneur censier, qui a droit de lever des cens. % CENSIER , cenjlere , subst. Celui ou celle qui tient une censé à ferme. Le censier d’un tel Seigneur. H CENSITAIRE, s.s. Celui qui doit cens, & rente à un Seigneur de fief. On a assemblé tous les censitaires de ce fief. CENSIVE, s. f. \Fundus veBigalk.~\ C’est l’étenduë d’un Seigneur à qui il est dû des cens. (II est dans la cenlive d’un tel.) (§ Lors qu’il s’agit de prouver la censive , les Auteurs Coutumiers aléguent cette régie, Nulle terre fans Seigneurs : & les Auteurs des Provinces du Droit écrit, opofent cette régie contraire , Nul Seigneur fans titres. La prémiére impose une servitude sur les fonds ; & la seconde les maintient dans la liberté naturelle ; ainsi il ne faut pas les confondre. Voïez Galand As Cajeneuve, dans leurs traitez du Franc-aleu. Voici une autre régie. Une feule reconnoissance n’est pas un titre sufisant pour établir la censive; & l’on doit toûiours remonter au titre primordial, ou au plus ancien, si le premier est perdu , pour régler la certitude : la raison est, que dans l’origine des fiefs, les Seigneurs cherchant plûtòt des soldats que de l'argent, se contentoient d’exiger, pour le prix de l’inve- ftiture d’un fond, le service personnel à la guerre, avec la foi & hommage ; & ce fut par cette raison' que d’abord on apella les fiefs, honneurs, honores s témoin ces vers du Roman du Roux ; N’a 344 CEN N’a droit au fieu , ne à l’honnor , Qm se combat à son Seignor. Mais le service personnel étant devenu inutile par l’abolition des guerres particulières, les Seigneurs exi- gerent de leurs emphitéotes, des droits utiles, négligèrent les droits honorifiques, & tâchèrent de suprimer les titres primitifs, que l’on ne trouve presque plus : ils afecterent même de suprimer dans leurs nouveaux Terriers, tout ce qui pouvoit rapeller les titres primitifs, en forte que dans les anciennes reconnoissances on n’y trouve ni dérivation, ni confins, ni territoire, ni coníistence des fonds, qui font reconnus ; ce qui cause beaucoup d’embarras, dont on cherche souvent inutilement l’éclairciífement dans les anciennes re- connoiifances, que l’on peut obliger le Seigneur de raporter, ou d’afirmer qu’il n’en a point d’autres que celles qu’il a produites ; l’Eglife étant néanmoins exceptée de cette régie ; les grandes pertes qu’elle a faites dans les guerres, la dispensant de produire plus d’une reconnoissance, soutenue par des adminicules, qui font des preuves étrangères dont on fe sert par le raport qu’elles ont à la censive contestée : & quoique plusieurs Auteurs soutiennent que le rapel d’une ancienne reconnoissance est un adminicule fufiíant, il me paroît qu’il faut quelque chose de plus, parce que le Seigneur qui exige une reconnoissance injuste, peut y faire inférer avec la même facilité les clauses qui y conviennent. CENSURABLE , adj. [Censura dïgnusj Qui mérite la censure. Qui est digne de répréhension. (Leur censure, toute censurable qu’elle est, aura son éfet. Pas- /.iO CENSURE. [Censura.] Dignité de Censeur. * CENSURE. [Reprehensios] Critique. Action ou jugement de celui qui censure. Pas. Exposer une proposition à la censure. Pasc. I. 5. Craignez-vom pour vos vers la censure publique, Soiez-vous à votts-mime un sévère critique. Despr.) H CENSURE, défense, condannation. La censure donne une nouvelle autorité aux ouvrages, & ceux qui emploient les peines & les menaces contre certains livres, ne font qu’acroître leur honte & la gloire de leur ennemi. L’immortalité est assurée aux livres qu’on défend de lire & de garder chez foi. CENSURE. [Censura ecclesajìica , Pontifiât .] Terme à!Eglise. Peine eclésiastique par laquelle les Chrétiens, à cause de quelque faute considérable, sont privez des biens spirituels que l’Eglise communique aux fidèles. Excommunication. Interdit. (Etre sujet aux censures de l’Eglise. Fulminer une censure. Se soumettre aux censures eclésiastiques. Etre exemt de censure. Févret, traité de l’abus.') CENSURER, v. a. [Reprebendere , censurâ notare.J Critiquer. Faire la censure de quelque chose. (Censurer une proposition. Pasc. I. Aimez qu’on vous censure. Défi >r.) CENSURE', ré, adj. [Censura notatus , damnatus.'J Défendu, condamné. II ne se dit guéres que des livres ou des opinions. Le Pape Clément XI. a condamné le Nouveau Testament du Père Quesnel par une Bule du 8- Septembre 171;. Les Evêques deMi- repoix, de Senez, de Montpellier, & de Bologne en ont interjetté apel au futur Concile. Plusieurs autres Evêques, la Sorbonne, & presque toutes les Universi- tez Catholiques ; un grand nombre de Curez, de Chanoines, de Prêtres, tant séculiers que réguliers, ont adhéré à cet apel & apellé en leur nom. Ce Livre imprimé avec privilège du Roi, aprobation de Docteurs , & autorisé d’un Mandement de Mr. Félix de Vialart, Evêque de Châlons, mort en odeur de sainteté, de S. E. M. le Gard. de Noailles, Archevêque de Paris, & de M. de Noailles aujourd’hui Evêque de Châlons, a été lû avec édification par les vrais fidèles depuis 40. ans. CENT- Nom de nombre composé de cinq fois vingt. Cent est un nombre quarré , composé de dix fois dix. II vient du Latin centum. (II faut cent ans pour faire un siécle. Une compagnie de cent maîtres. II y avoit cent hommes dans la place. Une hidre à cent têtes. On vend cette marchandise au cent. On paie l’intérêt à raison de tant pour cent ; de cinq, de six, &c. pour cent. Cent pour cent, cent mille, cent millions. Avoir vaillant deux cens pistoles. CEN Argus avoit cent yeux dont il découvrait tout , Cependant de fa vigilance , Cupidon fut venir à bout. Poète anonyme.) 11 y a cent & un an acomplis, & non pas acompti. 11 y en eut cent de tuez. On parle ainsi , quand la particule se rencontre dans la phrase. Vaug. nouv. re. marq .) CENT. [Multus , plurimus .] On se sert de ce nombre pour marquer une quantité indéterminée. Plusieurs. (Je remarquois en elle cent attraits. Voit. Pois. Une rose à cent feuilles. Je lui ai dit cent & cent fois.) CENTAINE , s s. [Contenus , centenarìus numerus .] Nombre de cent. (Nombre, dizaine, centaine, mille, &c. Une centaine d’écus.) CENTAINE. [Fili in fiirant convoluti initium.jj Brin de fil ou de soye, par où l’on commence à dévider un écheveau. $ CENTAL, f m. Bois odoriférant qui vient des Indes. Voyez SENTAL. CENTAURE, / m. [Centaums.'] Ce mot vient du Grec. On a feint que c’étoit une forte de monstre, à moitié homme & à moitié cheval. 0 ” Les Poètes ont feint, que les centaures & plusieurs autres monstres naquirent de l’acouplement des bêtes & des hommes : ainsi le minotaure fut la production des amours de Pasiphaë & d’un taureau. Mais Lucrèce nous avertit de n’être pas si crédules que d’ajoûter foi à ces naissances monstrueuses. Ne sortè ex bornine, [s veterino semine equorum. Confieri credas centauros fosse. On voit des centaures dans plusieurs médailles anciennes : il y en a où ils traînent Baccus dans un char : dans d’autres, on voit un centaure avec un arc & une flèche. On les met fous la protection d’Apollon & de Diane, parce qu’iís étoient grands chasseurs : ainsi Tristan expliquant une médaille de l’Empereur Tra- jan, où l’on voit Diane dans un char tiré par deux centaures , a cru que cette énigme représente la liberté que Trajan donna de chasser, quoique Domitien eût défendu très-rigoureusement la chasse. Ce seroit perdre le tems , que de tâcher d’éclaircir la Fable , & d’en découvrir la vérité fur ce point: je me contenterai d’indiquer les lieux où l’on poura se satisfaire. Voïez le Commentaire de Mr. de Meziriac,sur l’épître de Pbilit à Démophoon, dans Ovide, N Vigenere , fur le Tableau des Centaurelles de Philojbat. CENTAURE , f f. [Centaura.] Femme de centaure. Abl. Luc. CENTAURF/E , f f. [Centaureum .J Herbe dont il y a deux espèces, l’une qu’on apelle la grande, & l’autre la petite. La grande a la fleur bleuè , & la petite rouge. Voïez là-dessus. Daléchamf. CENTE'NAIRE , f f. [ Centenarìus. J Nombre de cent ans ; mais ce mot ne fe dit guéres que pour signifier l’âge de cent ans. (C’est un homme centenaire ; c’est-à-dire, qui est âgé de cent ans. On dit aussi possession centénaire, pour dire, qu’elle a duré cent ans.) CENTENIER , f m. [ Centurio .) Ce mot ne se dit que dans des sujets de pieté. 11 íìgnifioit un Capitaine de cent hommes , chez les Romains. (Jésus- Cbrist admira la foi du Centenier. God.) CENTIE'ME, adj. [Centefimus/] Nombre ordinal, & qui montre l’ordre & le rang où l’on est rangé. (II est le centième. Elle est la centième. On a levé le centième denier.) CENTINODE, f fi [Centìnod'm , Polygonum latifiolium .'] Petite plante , ainsi apellée à cause que ses tiges font pleines de nœuds. Voïez Renouée. CENTON , f m. En Latin cento. Poème dont les vers font pris de côté & d'autre dans un Auteur connu, ou de plusieurs Auteurs. Auíbne a fait le centon nuptial tiré des vers de Virgile , mais il y a des choses obscènes. (f Les Romains apelloient centons, de vieilles bardes ramassées, dont l’on se servoit pour couvrir les galères & les logemens des gens de guerre, afin d’en éviter l’embrasement , à quoi l’on ajoûtoit des cuirs reccns. César a remarqué dans ses Commentaires, que l’on se servoit aussi de ces centons pour fe garantir des traits des ennemis. Le Centon, parmi les Poe- CEN Poètes, est un ramas de diférens vers coupez & détachez, dont Ausone nous a donné l’exemple. $ CENTRAL , adj. C’est-à-dire, qui est dans le centre. Les Chimistes, les Géomètres & les Astronomes Te servent de ce terme. On dit , le feu central de la terre, le point central d’une figure , une Eclipse centrale du soleil ou de la lune. CENTRE » s >n. [ Centrum .] Terme de Géomé trie. II vient du Grec. C'est le point du milieu d’un cercle ou d’un globe, duquel si on tire des lignes droites jufqu’à la circonférence du cercle, ou jufqu’à la surface du globe, toutes ces lignes seront égales entr’elles. On dit, en ce sens, le centre d’un cercle. Le centre de la terre. CENTRE. Dans les figures poligones, le centre est le point où se coupent les diagonales. (Le centre d’un quarré, d’un rbombe, &c.) Le centre de la parabole. [Focm.} Est le point où se rencontrent les raïons réfléchis. On le nomme autrement le soíer , ou le point brûlant. Dans une ellipse il y a deux centres ou foïers. On parle, en termes de Fortification , du centre Sun bastion. C’est le point où se rencontrent les deux demi gorges, & par lequel passe la capitale du bastion. Ce centre est ordinairement à l’angle du po- ligone intérieur. En termes d’ Evolution , on nomme centre d’un bataillon , tout le vuide qu’on y laisse vers le milieu pour y enfermer des drapeaux ou du bagage. On parle, en termes de Mécanique , du centre de gravité. C’est le point duquel un corps étant suspendu est en équilibre de tous cotez. * CENTRE. s Ce mot se dit, au figuré, d’un lieu où se ramassent & où abondent plusieurs choses d’une même nature. (Paris est le centre des nouvelles, des afaires & des beaux arts. Paris est le centre du bon goût. Mol. prec .) £ Etre dans son centre , c’est être dans un lieu où l’on se plaît ; être avec les personnes dont la compagnie fait le plus de plaisir. C’est aussi parler de choses qu’on entend le mieux. í CENTRIFUGE, adj. Terme de Physique. II ne s’emploïe que dans cette phrase, Force centrifuge , c’est-à-dire, force par laquelle un corps mû par une courbe, tend toûjours à s’éloigner du centre de son mouvement. Ce terme dogmatique est fort souvent emploie dans les Ouvrages de Physique & de Mathématiques. (La force centrifuge du Globe terrestre, de Jupiter, &c.) í CENTRIPETE , adj. La force centripète, c’est la force par laquelle un corps mû par une courbe, tend à s’aprocher du centre de son mouvement. (La nature même nous met par mille expériences fur les voies de deviner la cause Physique de ce que l’on apetle force centrifuge & centripète.) Voïez Dijsert. de Montmor. CENTUMVIR, s s. [ Centumvìr .) Oficier de l’ancienne Rome, établi pour juger de certaines afaires civiles, comme testamens, tutelles, prescriptions. On dit aussi, cemumviral , ce qui apartenoit aux Centumvirs, CENTUPLE , f r». [ Centuplùm .] Cent fois autant. (Quiconque abandonnera pour moi, fa maison, ses frères ou ses sœurs, en recevra le centuple. Nouv. Testament de Mons.) CENTURIATEURS , f m. \_Centurìatores. ] Ceux qui ont compilé ì’Histoire Ecclésiastique, aus- quels Baronius à répondu. II composa un livre contre les Centuriateurs de Magdebourg. Maucroix. Scb. I ;. c. 4 . CENTURIE, f. f. [ Centuria. ] Nombre de cent, (Un fameux Auteur s’est servi du mot de centurie pour dire, une compagnie de cent hommes. Les centurions, dit-il, fe plaqoient à la tête de leurs centuries. Le mot de centurie ainsi placé, peut passer, en parlant des milices Romaines ; mais hors de là , on dit toûjours compagnie de cent hommes. Le mot de centurie , en nôtre langue, ne s’entend guére que des centuries de Hostradamm. II apelle centurie , cent quatrains de vers Franqois de dix silabes, contenant plusieurs prédictions fur les choses qui doivent arriver dans ion siécle, & dans le suivant. La septième, l’onzìéme, & la douzième sont imparfaites, & n’ont CEP 345 pas le nombre des quatrains qu’ii fatidroit pour ê'trá nommées centuries. Noftradamus dédia ses centuries au Roi dé France Henri II. qui les reçût favorablement, & elles lui donnèrent tant de réputation , que Charles IX, sçachant que Noftradamus étoit aussi bon Médecin que Prophète, voulut qu’il fût son Médecin-. Plusieurs fe piquent d’expliquer les centuries de No- stradamus -, & plusieurs autres n’y font aucun fondement. CENTURIES de Magdebourg. (fteí Ecclefiajíwee pet centurìm annorum à Tochrìbus Magdeburgenjlbm descriptif} Histoire Ecclésiastique divisée en treize centuries, depuis Jésus-Christ jusqu’en 1298. Flaccius II- lyricus fut le directeur de cet ouvrage. CENTURION , s. m. [ Centurio,} Terme de Milice Romaine. Capitaine d’une compagnie de cent hommes. II y avoit deux Centurions en chaque compagnie, mais le second n’étoit que comme Lieutenant du prémien CENVE- Voïez Senve, CEP , s m. [Fitis, ftirpSi trunais.} Cè mot , Cst parlant de vigne, signifie une souche, ou un píé de vigne qui produit ordinairement plusieurs branches» On dérive ce mot du Latin cippus , & quelquefois ori écrit sep , mais par abus. (11 y a des ceps qu’on tient fort bas, & d’autres qu’on éleve fort haut fur des arbres & fur des treilles. Un seul cep couvre quelquefois une treille assez grande.) f CEPiEA, s s Plante dont les feuilles ressemblent à celles du pourpier, mais elles font plus petites & presque rondes. Voïez J. Bauk. CEPENDANT , adv. de tems. [Tartien, intereat intérim.'} Cette conjonction ne veut pas être immédiatement suivie d’un que, Vaug. rem. (Cependant que les autres se divertissent, il étudie. C’est mal parler, il faut dire, tandis que , ou pendant que, Cependant est un adverbe, il se met absolument & sang être suivi immédiatement d’un que. Exemple. L’ar- mée fe met en bataille, & cependant il court par les rangs, & exhorte les soldats. Abl. Cependant a deux significations : la première, qui est la plus ordinaire, est pendant ce tems-là , comme dans l’exemple qui a été alégué. II est alé dîner, & cependant son valet acommode, selle & bride son cheval. La seconde signification est lors qu’on l’emploie au lieu de toutefois : néanmoins. Ce fait est très-véritable, & cependant vous ne le voulez pas croire. On crie tous les jours contre le vice , & cependant peu de gens s’a« mendent. 0 Malherbe confondoit pendant U cependant, Grand Henry , grand foudre de guerre , Que cependant que parmi nous Ta valeur estonnòit la terres Les destins firent son éporn. Í1 devoit dire, pendant que. II devoit atifli prévoir que ces mots, que cependant que , produiroient un mauvais son. CEPHALALGIE » s /. , ÍÇephalaìgia.} Terme de Médecine. Qui se dit en général de toute sorte de douleurs de tête ; mais en fa propre signification, il fe dit d’une douleur de tête récente : quand elle est invétérée, on l’apelle céphalée : quand elle ne tient que la moitié de la tété, on l’apelle migraine. CE'PHALIQUE, adj. [ Cephalicm .J Terme dLí- natomie , & de Chirurgie. Le mot céphalique vient du Grec, & signifie qui répond à la tête. Ainsi on donne ce nom à une veine du bras qu’on a coutume d’ouvrir contre les douleurs de tête. (Veine céphalique. II faut ouvrir la veine céphalique.) CE'PHALIQUE. [Capiti utilis.} Ce mot fe dit aussi en parlant de certains remedes , & veut dire , qui est bon pour la tête , qui est propre à soulager & à fortifier la tête, (Ceux qui tuent lés genS impunément, disent tous les jours en parlant de léUrs remèdes , il est céphalique. Poudre céphalique. Cette confection est vraiment céphalique.) CE'PHALOPHARINGIÈN , adj. Muscles qui sont à l’orìfice de l’œsophâgé , qu’on apélle pbarinx. CEPPEAU, f m. Terme dé Manmage. C’est le billot dans lequel est arrêtée la pillé, ou matrice d’écíisson , fur laquelle fe frapent les monoïes au marteau. CEPS , s m : . [Compedes. ] Fers, ou bois qu’on Tome I » X-* met 346 CER met aux piez des prisonniers. Instrument qui est composé de deux pièces de bois entaillées où l’on met les piez d’un criminel. 11 n’y a pas encore long - tems qu’on se servoit de ceps dans la Conciergerie de Paris : mais aujourd’hui l’usage en est aboli, & on pense qu’ils font principalement en usage en Italie , où ils s’apel- lent ceppi , & en Latin compedes. Voïez II vocabola - ria délia Crufca. (Avoir les ceps aux piez. Mettre les ceps à un criminel.) 4 = II y a encore en France des Seigneurs qui ont des ceps dans leurs châteaux , & ils s’en fervent pour châtier leurs vastaux. íf Dans la Coutume de Poitou, art. 14. le terme ceps signifie les fers que l’on met aux pies des criminels ; mais dans la Coutume d’Angoumois , le mot septs est sinonime avec prison. Ceps vient de cippuss & septs est de septum. Les premières lettres de ces deux mots marquent leur origine. Air. de Caseneuve s’est trompé, en confondant ces deux mots , qu’il dérive également du Grec at/cpòç, qui lignifie courbés bossu : & les Grecs, (dit-íl) apellent Hucpòv, un bâton tortu ploie'. 11 faut encore observer ici que cippus étoit une machine composée de deux pièces de bois , entre lesquelles on enfermoit les pies de ceux que l’on vouloit obliger de renoncer au Christianisme. Voïez Gallon, de crucìatib. Martyr, cap. 3. Mr. du Cange prétend dans fa neuvième Dissertation fur Joinville, que les bernicíes étoient le cippus. 11 remarque encore dans son Glossaire , que cippus étoit pris quelquefois pour la prison même. t CERASTES, f m. Serpent d’Afrique, qui a deux cornes. CERAT, f- tn. [Ceratum .] Médicament externe composé d’huile & de cire , à quoi on ajoute ordinairement des graisses, des gommes & des poudres de plusieurs minéraux pour échaufer, digérer , rafraîchir, ou restreindre. CE'RATION , f. f. [Praparatio materia ad liqua- men.J Terme de Chimie. Disposition d’une matière pour la rendre propre à être fendue & liquéfiée. CE'RATOGLOSSE,/ m. t Musculede la langue qui la tire à côté & en arriére. CERBE'RE, f m. [Cerberus.J C’est le nom que les Poètes ont donné à un chien à trois têtes, qu’ils ont feint avoir été commis à la garde des enfers. (Hercule enchaîna Cerbère.) On dit aussi dans un sens figuré-: Ce portier eft un vrai Cerbère ; pour dire, c’est un homme rude , & inaccessible. Apoth. du Difí. q: CERBERE t f f Terme de Chimie. Les Chimistes donnent ce nom misterieux au minéral, qu’on nom- le vulgairement salpêtre. CERCEAU, J- /• [Circulus.] Branche de chaté- gner, ou d’autre bois, qui est fendue par le milieu , & qui est propre à lier des cuves , des muids, des feuillettes , &c. (Chasser le cerceau , c’est le pousser avec le chassoir. Batre le cerceau. Terme de Tonnelier .) CERCEAU , s m. Terme de Porteur d’eau. C’est une assez grande branche d’arbre pliée en ovale, & faite en cerceau, par le moïen de laquelle, & d’une paire de brételles, les porteurs d’eau portent de Peau par les rués de Paris. (Prenez votre cerceau & vos brételles , & alez vite porter une voie d’eau à cette maison.) CERCEAU,/ m. Ternie d 'Oiselier. Sorte de filet pour prendre des oiseaux aux abreuvoirs. ^ CERCEAUX, / m. Terme de Fauconnerie. Ce font les pennes du bout de l’aile des oiseaux de proie. CERCELLE, / / [,Q uerquedula , cerceris.] Petit oiseau aquatique ressemblant au canard , & qui est de plusieurs & de diférentes couleurs. Mr. Perraut, dans son épître sur la chasse, dit de ces oiseaux. On voït au travers des roseaux, Sur le tranquille sein des eaux, Nager les timides cercelles, Les noirs pluviers les jodelles. Perr. f ÇERCHE, ou SERCHE, qu’on apelle plus communément Ecìisse. Sorte de bois de refend, très- mince. II se fait de chêne, ou de hêtre. CERCLE, / m. [ Circulus. ] Terme de Mathématique. Figure ronde, fermée par une seule ligne qu’on nomme circonférence , au milieu de laquelle figure il y >« un point qu’on apelle le centre, duquel st CER l’on tire des lignes droites à la circonférence, elles' seront toutes égales. Le cercle est la plus parfaite de toutes les figures planes, & celle qui a le plus de capacité fous un même circuit. La quadrature du cercle consiste à trouver un quarré dont la surface soit précisément & géométriquement égale à celle d’un cercle. On conquit divers cercles qui coupent un globe , & dont la circonférence se décrit sur la surface du globe. Les grands cercles passent par lq centre de la Sphère , la divisent en deux parties égales, & ont un même centre avec elle. Les petits cercles ont leur centre dans l’axe de la Sphère. (Cercles perpendiculaires l’un à l’autre. Cercles obliques. Cercles parallèles. Cercles honoraires , fixes , mobiles, polaires , &c. Demi cercle. Section de cercle.) CERCLE. Ce mot se prend quelquefois pour la feule circonférence du cercle. ( Décrire un cercle, tracer un cercle.) CERCLE. Ce mot se prend aussi pour un cerceau. (11 faut tant de cercles pour relier ce tonneau. II y a deux cercles de fer à ce tonneau. On apelle aussi cercles, les cerceaux de carton, qui se coupant & se soutenant les uns fur les autres, composent la machine qui représente la Sphère céleste.) CERCLE. On apelle de ce mot tout ce qui entoure un autre corps , & qui est à peu près de figure ronde. On voit des cercles lumineux autour du soleil qu’on nomme parhélìes , & d’autres autour de la lune. On parle de divers cercles dans le Blason. (II y a un cercle autour de la prunelle de l’ceil. On voit quelquefois un cercle noir autour de la mammelle. Degori. Par vos ordres , ici se verront arrosées Cent colonnes de marbre en cercle disposés. Abé Régnier. CERCLE. [Provincia Imperii.] Terme de Géogra - phie. Ce mot se dit en parlant de l’Alemagne , & c’est une partie de l’Empire d’AIemagne ; car l’Alemagne est divisée en dix cercles. CERCLE. [Matronarum confesses .]] Ce mot se dit, en parlant de la Cour, & signifie assemblée de Duchesses, & d’autres Dames de qualité qui sont en conversation avec la Reine , où le s Duchesses ont un tabouret , & les autres sont debout. (Le cercle de la Reine. Le cercle roïal.) CERCLE de pompe. Terme de Marine. Double cercle de fer, dont l’un qui est rond, embrasse le haut de la pompe pour l’empêcher de se fendre, & l’autre quarré qui sert à joindre la potence à la pompe. 4 L es cercles de hune sont de grands cercles de bois , qui font le tour des hunes par en-haut. II y a aussi les cercles de boute-hors , où l’on passe les boute-hors , qui fervent à mettre les voiles d’étui ; & le cercle dletambraie de cabesan , qui est autour du trou , par où le cabestan passe & tourne. 4 = CERCLES à feu. Machine de guerre, composée de deux ou trois grands cercles de bois, liez ensemble avec du fil d’archal, autour desquels on met plusieurs grenades , canons de pistolets , & autres choses semblables, le tout entouré d’eftoupin & de feux d’artifices. On s’en sert pour la défense des places. CERCLE. Terme de Logique. Vice d’un argument qui seposc le principe qu’on doit prouver : ou définition de deux mots synonimes l’un pour l’autre. Art de penser. 4 CERCLER un tonneau, ou une cuve ; c’est y mettre les cercles. CERCLIER ,/ m. [Circulorum opisex.] Ouvrier qui travaille à faire des cercles ou cerceaux dans les forêts ou ailleurs. CERCUEIL , / m. [ Ferretum .] Maniéré de co- fre de bois ou de plomb, où l’on met le corps d’une personne morte. On fit, sur la pompe funèbre du Cardinal de Richelieu, un Sonnet qui finit par ces vers : Cependant sa puissance a trouvé son écueil ; Sa pompe n’ejl plus rien qu’une pompe funèbre, Et fa grandeur Je borne à celle d’un cercueil. CERVEAU. Voïez Ser-d’eau. f CERE'ALES, / / Fête instituée en l’hon- neur de Cérespar le Roi Triptoléme , à qui elle avoit enseigné l’agriculture. CÈ'RE'MONI AL, / m. [ Ritualis liber.'] Livre où sont les cérémonies qui sc pratiquent dans l’E- glise. (Un cérémonial exact, bien fait, curieux, savant. CER yant. Faire , composer un cérémonial. Mr. le Marinai fit imprimer, chez Vitré en . 1695. le Cérémonial des Evêques , c’est un petit livre où il y a de bonnes choses. ) CE'RE'MONIAL, cér (moniale , adj. [Sactr , rìtualis .J Les préceptes cérémoniaux. (Les Juifs avoient plusieurs loix cérémoniales.) CE'RE'MONIES , s. f. [Cérémonie , sacrì ritwf\ Le culte extérieur de la Religion. (Savoir les cérémonies de l’Eglise. Les cérémonies de l’Eglise Judaïque ont été abolies par la venue de Jéfus-Christ.) CE'RE'MONIES. [Urbanitas , comìtcu assefiataf] Actions & manières honnêtes & respectueuses qui se font en public par les Princes , les Grands, les Magistrats. Façons civiles & respectueuses qui se font entre les particuliers. (Traiter quelcun avec cérémonie, è Cérémonie signifie aussi pompe , grand apareil. Mé- ner en cérémonie. Recevoir avec cérémonie. Cet Ambassadeur a été introduit par le Grand-Maître des cérémonies. Marcher en habit de cérémonies. Sans cérémonie ; C’est-à-dire , franchement, familièrement & fans façon.) CE'RE'MONIEUX , cérémonieuse. (JNìnmtí comitatis affeflatorÇj Qui lait des cérémonies , des faqons. Qui a des manières de civilité trop affectées. Qui est façonnier. (Etre cérémonieux. Elle est trop cérémonieuse.) CE'RES, s- f- [ Ceres. ] Divinité du Paganisme qu’on prend pour les bleds. La fourmi tous les ans traversant nos guérets, Grofpt se s magasins des trésors de Cérés Despr. CERF, f m. [ Cervus .] Animal sauvage , rouge bai, qui a un grand bois fur la tête, de grands yeux , le devant de la tête plat, le cou long, les cuisses menues , la queue courte , & les piez fourchus. Le cerf vit long-tems. On dit qu’il n’a point de fiel, & qu’on trouve des os dans l’on cœur. II aime le fran- colin, & il haït l’aigle , le vautour, le serpent, le bélier , les chiens & les tigres. II est en rut au mois de Septembre. Voïez Jonjìon. (Jamais la biche en rut n’a , pour fait cC impuissance, ■ Traîné dufond des bois le cerf a l’audience. Despr. íf Le cerf, dans les médailles, marque la ville d’E- phése , & les autres villes où Diane étoit honorée. CERF de dix corps. C’est un cerf qui a sept ans. Sal. c. 24. (Lancer, détourner , courre & forcer un cerf. Sal.) BOIS de cerf. [Cervi cornua.J C’est ainsi que les chasseurs apellent ce que les autres gens nomment cornes de cerf ■ CERFEUIL , f. m .. [ Carefolium , ou carepbylhm. ] Herbe qu’on mange & qui jette plusieurs feuilles. ' CERF-VO-LANT, /■ m. [Scarabeus lucanw. ] Sorte d’insccte volant, qui est une efpéce d’efcarbot, qui est apellé cerf-volant, parce qu’il porte des cornes dentelées, comme celles du cerf. * CERF-VOLANT. [Ludicrascarabœi lucani effigies .] On donne ce nom à une forte de jouet d’enfans , qui est composé de quelques bâtons croisez fur lesquels on étend du papier, & exposant cette petite machine à l’air, le moindre vent la fait voler. On la retient, & on la tire comme l’on veut, par le moïen d’une longue corde qui y est atachée. f CERF-VOLANT. Les Tanneurs & autres Ouvriers qui font commerce de gros cuirs, apellent ainst les cuirs Tannez à fort, dont le ventre a été ôté. CÈ'RIACA , f m. Arbre qui fleurit blanc, & qui porte des fleurs qui ont de l’air de la feuille qu’on apellé étoile. ■ CERISAIE, f f - [ Lochs cerqfls conjltus. ] Lieu ou l’on a planté plusieurs cerisiers. (Une petite ou grande cerisaie. . Planter une cerisaie.) CE'rise-, f. f. [ Çerasum .] Fruit de cerisier, rouge ordinairement, & noir quelquefois , qúi a une chair nwle, pleine de suc, & au dedans un os qui enferme un noïau doux. (Les cerises lâchent le ventre, & les aigres senties meilleures.) f CE'RISE. Couleur rouge , qui-ressemble au fruit qui lui a donné son nom. C’est une efpéce d’incarnat,, qui fe teint avec les mêmes drogues , & de la même maniéré que le véritable incarnat, niais qui est diver- CER 347 sement rabatu. ( Un tafetas, un ruban couleur de cérise.) CE'RISIER ,s. m. [ Çerasm .] Arbre qui a le tronc droit, force branches , des feuilles longues & larges , & qui porte un fruit qu’on nomme cerïje. ( Un cerisier sauvage. Un cerisier nain.) CERNE, f m. [ Orbis. ] Trait en forme de cercle au dessous de l’œil. (Avoir un petit cerne fous l’œil.) CERNE. [Circulus.] Circuit. (Faire un cerne autour de quelque chose. Ce mot s’est dit en parlant de Magiciens, qui avec des verges faifoient des cernes , ou traqoient des ronds fur la terre , pour faire ensuite leurs charmes à l’entour. CERNEAU, f. m. [, Juglandium nucleus è putamine culiro educlus.'] Ce qu’on ôte d’une noix verte en cernant , & qu’on mange avec du sel & de l’eau. f Faire des cerneaux, éplucher des cerneaux, manger des cerneaux. On apelle vin de cerneaux , un certain vin qui est bon à boire dans la saison des cerneaux. CERNER, v. a. [ Viridem juglandem enucleare. ] Couper en rond. (Cerner des noix, cerner un arbre par lepié.) £ CERNE', cernée, part. On le dit des yeux battus. (Cet homme a les yeux cernez. f CERON, ouSURON. Sorte debalot de marchandise , couvert de peau de beuf fraîche, dont lç poil est en dedans. CERQUEMANEUR , f m. [ Cìrcator agrì. ] Terme de Coutume en Picardie & en Flandres : c’est un expert qu’on apelle pour planter des bornes d’hérita- ge, ou pour les rasseoir & les replanter. Acad. Fr. Voïez Rageau , dans son Indice. . CERRE , s m. [ Cerrus. ] Terme de Botanique. Efpéce de chêne dont les feuilles ressemblent à celles du chêne commun, mais plus longues & plus finement découpées. CERTAIN, certaine , adj. [ Certus indubìtatus. J Sûr. (Le combat est certain, la victoire est certaine.) CERTAIN , certaine , adj. [ Quidam. ] Ce mot devant un substantif, signifie quelque. (11 y a de certains principes qui ne s’acordent pas trop avec les vé- ritez de la foi. On m’a dit une certaine nouvelle que j’ai oubliée. Sur tout , certain hâbleur à la gueule afamêe, Qui vint à cefejlin, conduit par la fumée. ; Despr.) H CERTAIN , signifie aussi préfix, déterminé, & orc ne le dit que des choses. (Un certain jour , un cerf tain nombre.) - CERTAINEMENT, adv. [Certe, certò.] Assurément. (La chose arrivera certainement.) f CERTES, adv. [ Certò, certò. J Ce mot commence a vieillir , & ne s’écrit jamais fans une r finale. En fa place, on dit : En vérité , assurément , à n’en, point mentir , certainement. (Certes , Dieu est bon à ceux qui ont le cœur pur. Port-Royal , Ps. 72.- Certes elle auroit tort de se laisser mourir. Mol. cocu.) CERTIFICAT , s. m. [Scriptum tesìimoniumé} Ecrit de quelque personne d'autorité qui témoigne la vérité d’une chose. (Certificat ligné, scellé & atesté. Dans les assures de conséquence, on n’ajoûte point de foi aux certificats , à moins qu’ils ne soient légalisez; Donner un certificat en bonne forme. Obtenir un certificat de la.naissance ou de la mort . d’une personne. Prendre un certificat. Passer un certificat parde- vant Notaire. Le Malt. pi. 22.) CERTIFICATEUR , f m. f Conjfonsor. ] Celui qui certifie une caution solvable. On donne aussi ce nom à un Avocat ou Procureur praticien qui certifie des criées. CERTIFICATION ,s. f. [Gonjignata scripto certification Terme de Finances. Attestation qu’un comptable & un financier mettent au bas d’un mémoire, d’un regître, d’un compte , par laquelle ils afirment véritable, ce qui y est contenu. En terme de Palais, c’est une formalité requise après avoir fait des criées pour faire un décret valable. CERTIFIER a. [ Tejìari verbo. ] Assurer, déclarer. ( Je veux , je vous le certifie, Quefur le Parnasse on sacrifie. Volt. Poëf. X x 3 348 CER On dit, en termes de Palais & de Finances , certifie** teur & certification. CERTIR. Voie z Sertir. CERTITUDE , fi fi- {JExplorata rei notifia , cogni* tio.] Vérité assurée. (II n’y a point de certitude au bruit qui court. Les vraies démonstrations concluent avec certitude.) CERTITUDE. Créance ferme. (II faut croire avec certitude les vérité? que Dieu nous a révélées.) CERTITUDE. [Firmitas.] Assurance, fermeté. (II n’y a point de certitude aux choses qui dépendent de la fortune & de la volonté des hommes qui est sujette au changement. Ce que je trouve en cet exploit de plus considérable , c’est l’ordre, la diligence & la certitude avec laquelle il s’est fait. Voit. L 8?.) CERVAISON , fi fi C Tempestas agitandis cervis idonea.] Terme de Cbajfie. C’est lors qu’un cerf est gras & est en venaison. (Cerf qui est en venaison. Sal.) CERVEAU,/ m. [Cerebrum.] Substance môle & blanche enfermée dans le crâne, & qui fe continue dans les os de l’épine du dos. (Le cerveau est le principe de la faculté animale. Dans les fièvres, on craint le transport au cerveau, ce qui cause le áélire.) * CERVEAU. [ Ingenium , mens.] Esprit. (Avoir le cerveau perclus. Scar. Si je pouvois encore de mon cerveau tirer cinq vers, l’ouvrage seroit beau. Voit. Poéfi.) * Avoir le cerveau creux , c’est être fou. [ Cerebro lahorare. ] jjf On dit auffi , avoir le cerveau leger. Ces expressions ne font reqûés que dans le stile bas & familier. Malherbe a été repris, d’avoir dit, dans des Stances à Mr. de Bellegarde, en parlant des Muses : Mais aujfii nefiont-elles pas De ces beautez dont les appas Fiefont que rigueur ffi que glace , Et de qui le cerveau leger, Quelques services qu’an leur fiasse, Nefie peut jamais obliger. * S’alembiquer le cerveau de quelque pensée. C’est s’a- pliquer trop fortement à quelque méditation. CERVEAU. ( Superior campana pars. 3 Terme de Fondeur. La partie de la cloche qui est au-dessous de Panse. ( Cerveau de cloche.) CERVELAS, fi m. [EotiUuífiuiDâ carne fiartus.] Petit saucisson rempli de chair hachée & fort épicée que vendent les Charcutiers de Paris. ( Le cervelas n’est pas fort sain.) CERVELAS , fi m. Instrument à manche , & à vent, qui a cinq pouces de long ; mais qui est aujourd’hui hors d’ufage. Mers. CERVELLE, fi- m. [Cerebrum.] Substance qui ressemble à la moële. Cerveau. Ce mot fe dit ordinairement des bêtes. (Cervelle de beuf, de mouton, de porc, &c. II fe dit auffi de l 'homme, de qui l’on dit, qu’à proportion de son corps, il a plus de cervelle qu’aùcun autre animal. On dit auffi, il lui a fait sauter la cervelle ; c’est-à-dire, qu’il lut a cassé la tête.) * CERVELLE. [ Ingenium , mens.] Esprit, jugement, tête. (Avoir peu de sens & peu de cervelle. Je ne puis arracher du creux de ma cervelle , Oue des vers pins forcez que ceux de la Pucelle. Defpr. fiat. 7.) (§ II est dit dans le Menagiana , tom. 1. p. 120. que le Maréchal de la Feiiillade aiant été blessé à la tête d’un coup de mousquet, au siège de Landreci, les Chirurgiens lui dirent que le coup étoit dangereux, & qu’on voioit fa cervelle : Meilleurs (leur dit- il) prenez en un peu, & ì’envoïez au Cardinal Maza- rin, qui me dit, cent fois le jour, que je n’en ai point. * CERVELLE de palmier. Maniéré de moële douce qu’on trouve au haut du palmier. (Manger de la cervelle du palmier. Abl. r et.) CEF.VELLET , J', f.' [ Cerebellum .] Terme A’Anatomie. La partie postérieure du cerveau. í CERVELLIERE , fi f. Vieux mot qui fignifioit une efpéce de casque, ou d’arme défensive de la tête. CERVICALE, adj. Nom que les Médecins donnent à deux artères qui montent au cerveau , & qui font des rameaux des artères fouelaviéres. II y a de même des veines cervicales. CES f CERVIER, fi. m. Efpéce d’animal, dont la fourure est estimée. On l’apelle plus ordinairement Loup cervier. CERVOISE , fi. fi- t Cerevisiaf] Cervoise est vieux, & il ne signifie autre chose que la bière , qui est le breuvage des peuples septentrionaux, & qui l’étoit déja autrefois, comme le témoigne Pline, /. 22. tb. r-;. Voïez Bière. ^ CERVOISIER , ou Cervifier. Celui qui fait, & qui vend de la cervoise. C’est ce qu’on nomme un Brasseur. CE'RUSE, fi fi [Cerusfia.) Blanc de plomb. * CE'RUSE. [ Vultàs inanis fiulgor , apparatus.] Faux brillant. ( * Tu n’éblouis pas des lecteurs avec la cérufe & le plâtre. Main. Poïfi. La Coquette tendit fies lacs tons les matins , Et mettant la cérufe U le plâtre en «/lige, Composa de ses mains tes fieurs de son visage. Defpr. Jat. y.) CE'SAR, fi m. [ Cafiar. 3 Nom d’homme. ( II s’apelle César.) CE'SAR. Jules César, le prémier des Empereurs Romains. (César fut tué au Sénat, après avoir reçû vingt-trois coups de poignard.) CE'SAR. [Imperator .J Empereur. Souverain. (Rendre à César ce qui apartient à César. Suétone a écrit la vie des douze Césars. Et les Rois à genoux venaient de toutes parts , Adorer la grandeur du trône des Césars. Godeau. Elle trouve des Césars dans son haut parentage. Main. Poëf.) CE'SAR. [ Imperii princeps. 3 Titre d’honneur que les Empereurs donnoient quelquefois à leurs enfans. (Arbogaste tua Victor, que Maxime son père avoit laissé dans les Gaules, après Ravoir créé César.) CE'SARIEN, césarienne , adj. [Casarianus.] Ce mot n’est proprement en usage qu’au féminin & en terme» de Chirurgie. Faire l’opération césarienne ou la fiefiion césarienne. C’est une incision que l’on foit pour tirer un enfant de la matrice de fa mère, par une voie extraordinaire. Une marchande d’Amiens a été acou- chée de sept enfans par cette voie. ± CESSANT , cessante , part. Qui cesse. II ne s’emploïe qu’en ablatif absolu. (Toutes afaires cessantes, toutes choses cessantes , tous empêchemens cef- sans.) CESSATION, s fi. En Latin cessatio , intermifi* sìo. Difcontinuation de mouvement. Interruption de travail ou de quelqu’autre action. (Cessation d» poulx. Deg. Pendant qu’on parlemente, il y a ordinairement cessation d’armes & de toutes hostilité?. Cessation de plaidoiries.) CESSE , s- fi- [Asfidui, continenter , fine intermifi- sìone.) Ce mot ne le dit pas seul , mais ordinairement avec la préposition sans , & alors fans cesse est une efpéce d’adverbe, qui signifie incessamment, fans difcontinuation. (Etudier fans cesse. Le peuple croit que le Juif errant marche fans cesse. De leurs progrès fans cesse on les voit fie targuer , Ils n’ont point de faveurs qu’ils n’aillent divulguer-. Mol. Seigneur , afiige-moifans cijfie, Mais ne m’abandonne jamais. L’Abé Testu.) * N’avoir point de cesse. Cette façon de parler est un peu surannée; pour dire, ne cesser pat. Ih.n’a point de cejje qu’il n’ait fait cela. L’Auteur des ■ nouvelles remarques de Vaugelas , dit que cette expression se peut seulement soufrir en parlant. 11 a raison, mais quand on écrit, il faut dire. llxecejJepointqtl.il n’ait fait cela.) C§ On sc servoit autrefois de ce mot d'une manière qui n’est plus en usage. Malherbe a dit dans son Ode à la Reine : O toute parfaite Princesse , L’étonnement de íunivers , Astre par qui vont avoir cesse, Nos ténèbres nos hyvers. Defportes a dit : Depuis t’aube du jour je n’ai point eu de cesse. Sur quoi, Mr. Ménage a observé, que l’on dit encore quel- CES quelquefois dans le discours familier, II ria point âe test, pour sans, ceste, qui est toujours du bel usagé. CESSER. [Cefsare, desifterc, intermittere ,] Ce Verbe est naturellement neutre, & plus rarement actif. Vaug, rem. (11 ne cessoit de se plaindre dé fa destinée. Vaug. Quint. L ;. Faire cesser le travail. Vaug. rem. Celiez vos plaintes, cessez vos murmures. Vaug. rem. Cesser ses poursuites. Quand une fois nous cessons d’être, hélas ! c’est pour jamais. Deskoul. Pois. .... Quiconque prévois de n’aimer plut un jour, S’i! n’a ceste d’aimer, es bien près de le faire. Recueil de pièces galantes, t. à. La cause étant ôtée, l’éfet cesse : II ejt des maris fi cbarmans , Qfitls peuvent être époux fans cesser d’être amans. CESSIONS ,s f- [Cesiìo-] Acte de la personne qui cède. Transport. (Faire cession de son bien, de son droit.) . (f CESSIONS de biens. Les Romains l’introduisi- rent pour délivrer les Citoïens acablez par l’usure de leurs créanciers, de la rigueur des peines ausquelles ils étoient exposez tous les jours. 11s exigèrent d’a- bprd de grandes formalitez : mais elles furent ensuite abrogées ; & suivant la Loi dernière, au Digeste de cejjtone bonor. Oh pouvoit faire cession de biens par lettres , & par un simple acte. On a de même observé en France, diverses formalitez qui ne font guéres plus en usage : on oblìgeoit le débiteur de mettre sa ceinture sur le bureau, pour faire connoìtre qu’il abandonnoit tous ses biens à ses créanciers : il fuioit qu'il se mît en prison , d’où il étoit conduit à i’Audience, où il afirmoit par serment la vérité de la déclaration qu’il avoit donnée de ses biens : enfin, il étoit condamné à porter le bonnet verd. Quelques Coutumes ordonnent que les cessions dé biens seront publiées au prône de la Paroisse du débiteur. L'obligation de porter le bonnet verd, est si étroitement observée à Rome, que par les Statuts de cette Ville, le débiteur trouvé fans le bonnet, doit être puni de mort. On est moins rigoureux en France où l’on dispense facilement les débiteurs de porter le bonnet verd. La cession de biens ne note point d’infa- mie : mais elle flétrit extrêmement l’honneur & la réputation d’un débiteur. Les étrangers, les débiteurs frauduleux , les condamnez à une amende ou à une réparation civile, les débiteurs de deniers Roïaux, les fermiers, ne font point admis à faire cessions de biens. CESSIONAIRE , f m. [Qui jus fiutìn alienis cedit.] Celui qui a cédé son bien volontairement, ou par ordre de justice. Celui à qui on a cédé quelque chose. (Ceffionnaire réhabilité.) Cefl fait , c en efl fait , il n’y faut plus penser. [Aflum efl.'] On se sert de cette façon de parler, quand on parle absolument, & qu’après P est fait on n’y joint pas la chose dorit on veut parler; mais quand on y ajoùte immédiatement quelque chose, & qu’on donne un régime à c est fait , on n’y met point ra, & on ne dit pas est fait. Ainsi dites, c’est fait de deluf de moi , &c. & non pas c’en efl-fait de lui. Vaug. nouv. retnarq. J’étois dans les filets, c’étoít Fait de ma vie. Malh. Poésies. C’efl pourquoi. [ Quare. (j Conjonction qui répond au quare des Latins, & qui signifie ainsi. . CESTE, f m. [Ceflus.] Ceinture de Vertus. (Cu- fidon déroba le ceste à Venus. Abl. Luc. t. i. Elle avoit m Je .r yeux, en fa voix, en son gesie, Plus de charmes divers que Venus en son ceste. Ménage.) f CESTE, est encore un gantelet de cuir garni de plomb, avec lequel les anciens Athlètes combatcoient a coups de poing dans les jeux publics. CE'SURE 5 s. f. t Cesura. j] Terme de Poésie Greque^ Si Latine, lequel signifie la silabe qui demeure après un pié, à la fin d’un mot, dont elle semble etre coupée pour servir de commencement au mot suivant. Dans la Poésie Françoise, c’est le repos qu’on doit trouver au milieu des grands vers. 0 " Mr. Despreaux a dit dans son Art Poétique t Qu_e toujours dans un vers, le sens coupant les mots, Sujpinde l’hémistiche , en marque le repos » CHA 349 La plûpart des Poètes observent mal Cette régie, qui est pourtant très-importante. CET. Volez Ce. CET, cette-. Pronom démonstratif, en Latin ilìe, ìDa. C’est le même que ce. Cet se met devant les substantifs masculins qui commencent par une voïel- le. On dit, cet esprit, cette fille. Dans la prose & dans le langage ordinaire on suprime presque la lettre qui suit le c de ces mots, cet & cette. Et cet esprit se prononce presque comme siejprit, & cette f lit comme ste fille. Mais dans la Poésie, ou dans un dis. cours soûtenu, On prononce presque comme Jhjprít, & cette fille comme fie fille. Mais dans la Poésie, ou dans un discours soûtenu , on prononce cet & cettè comme ils font écrits, CETERACH, si m. [ Ajplenium. ] Terme de Botanique. C’est une plante qui croît fur les murailles & dans les lieux ombrageux. Et cetera . Terme emprunté du Latin , qui signifié le reste d’un discours qu’on «'abstient de dire. Dieu nous garde d’un U cetera de Notaires, parce qu’ils vont souvent au-delà de ce que les parties ont cru acorder. CETUI-CI, cette-ci. [Isie, isia.] Ce pronom est à présent hors d’usage, & en sa place, on dit, celui-ci, celle-ci. Voïez les colonnes CEL, f CHA* Espece de tafetas fans aprët, qui sis fabrique à la Chane, & dont les Chinois s’habillent en été. f CHA. C’est aussi le nom que l’on donne à la fleur de Thé, CHABLAGE, si m. [Lober , opéra prœfefli fiu- minum.] Peine & travail du chableur. CHA BLE. Voïez Cable. CHABLEAU , s. m. Petit cable» CHABLER, D. a. [Funem ponderì nlligare.] A tacher un cable à une pièce de bois pour la lever, On dit aussi, hâler, dans le même sens. CHABLEUR, s. m , [í'iuminum ac navicularum prafecfus,] Oficiér des ports de Paris qui met les coches & les traits aux champs. Celui qui est aux pértuis & passages des rivières pour-aider les Voitu- riers par eau, CHABLIS , s m. [Sttages arbomrn ab tempeflate .] Bois abatus dans les forêts par le vent. Les Maîtres des eaux & forêts font obligez, après les grands orages, de fe transporter dans les forêts, & de faire un procès verbal du nombre des chablis, pour ensuite en faire la vente. f CHABOTS j f m. Menus Cordages* avec lesquels les Maçons attachent les échasses & les baliveaux qui leur fervent à s’échafauder, f CHABNAM i ouROSE'E. Efpeçe de mousseline, qu toile de coton très-claire & très-fine, qu’on aporte des Indes Orientales, CHABOT, si m. [ Gogìtts, gobio capitatiis.] Petit poisson qu’on trouve aux ruisseaux & aux rivières, qui a la tête grande, large & plate, la bouche fort ouverte & fans dents, & qui diminué de grosseur depuis la tête jusques à la queue. Rond. ch CHA C ART , f. m. Espece de toile de Coton à carreaux;de diférentes couleurs, qu’on aporte des Indes Orientales. CHACELAS j si m. [Albi racemi genus.] Sorte de raisin blanc, que quelques-uns croient le meilleur & le plus doux de tous. CHACONE , f f [Càntici -, vel Jdltationìs genus.] Air de musique, ou danse qui est Venue des Mores, dont la base est de quatre notes qui procèdent par degrez conjoints, fur laquelle on fait plusieurs acords & plusieurs couplets qui ont un même refrain» CHACONE , J', m. [Taniola de colle pendens.] C’est Un ruban pendant du col de la chemise fur la poitrine des jeunes gens , qui font à demi déboutonnez. CHACUN ; chacune , adj [ Quisquis. ] 11 l’a dit à chacun d’entr’eux. Et en parlant de femmes, il l’a dit à chacune d’entr.’elles. CHACUN. [ Nemo non. ] Ce mot est plus ordinairement substantif. (Chacun le dit * chacirn le croît» Un chacun. II le dit à un chacun. Cette façon de parler n’est plus en usagé.) í CHAFFE j f /• Terme d ’Amidomitr. Ç’est X x % l’écor- 350 CHA l’écorce, ou son du grain, qui reste dans les sacs, lors- qu’avec de l’eau on en a exprime toute la fleur du froment. . , CHAEOûIN , adj. Mot injurieux qu on dit a un homme de mauvaise mine. On le prend aussi sub- Jiantivement. C’est un petit chafouin. CHAGRIN , chagrine , adj. \_Mastm , triflis.) Fâché , triste. Esprit chagrin. Humeur chagrine.) H est quelquefois adj. (Un esprit né chagrin , fiait far son chagrin même.) CHAGRIN, s. m. [ Maror , tristitia, sollicitudo.) Tristesse, fâcherie ; chagrin fâcheux , mortel, cuisant. (Un noir chagrin. Ce jus divin console un misérable du plus noir chagrin. _ Main. Poéj. Assoupir, endormir, étoufer son chagrin. Abl. Luc. Qtflris , quand on lui dit qu’on s aime, En témoigne un chagrin extrême, Je le crois bien. Mais qu’elle ne fût ravit D’avoir même chagrin Tous les jours de fa vie, Je n’en crois rien. Poète anonyme.) Le chagrin me dévore , & mon ame abatu'è, Sans force £=? fans secours cède au cous qui la tu'è. La Suze, Poésies. 11 lui paroissoit une impression de chagrin fur le visage , qui faisoit juger qu’il lui étoit arrivé quelque chose de fâcheux. Ariojìe moderne , t. i. Le chagrin qui éface le s agrément, n’a point d’accès en ce lieu. Là même. Les chagrins ont eu leurs tems, Pour jamais le Ciel les chasse, Les plaisirs ont fris leur f lace. Cadmus, a. i.fc. i. On a beau chasser le chagrin , il revient toujours. Mol. Se faire des chagrins de rien. Sca. Le chagrin monte en croupe çjf galofe afrès lui. Deípr. ) CHAGRIN , f m. [Squali corium .] Sorte de cuir d’un poisson , ainsi apellé par les Turcs, dont on couvre les livres, & de petits cofres, & qui sert à faire des étuis , des tablettes, &c. CHAGRIN , f. m. Sorte d’étofe légère dont on se fait des habits. CHAGRINANT , chagrinante , fart. [ Marorem , tri- jlitiam f ariens.)) Qui donne du chagrin. (Cette afai- re est fort chagrinante.) CHAGRINER, v. a. [ SoUicitudinem affèrre alicui. ] Donner du chagrin. (Les affichions secrettes chagrinent plus que les autres.) Se chagriner, v. a. [Angi anima.) Se donner du chagrin à soi-même. Se fâcher. (Cet homme a un esprit bourru, il se chagrine de tout. CHAHUANT- Volez Chat-huant. f CHAIAR, f ™. Espèce de melon d’Egypte, d’un goût désagréable , & dont la semence est plus rafraîchissante que celle de nos melons ordinaires. f CHAIE, f f. Espece de belandre, dont on se sert dans les canaux de Flandres. CHAÎNE,//- [Catena.J Plusieurs anneaux de métal atachez de rang les uns aux autres. (Tendre les chaînes, Voit. I. 82. C’est-à-dire, fermer avec des chaînes les avenues des rues.) On ferme aussi des ports & des rivières avec des chaînes. CHAÎNES de forçat. [ Comfedes, vincula .) C’est un lien de fer dont on atache un forçat de galère. On nomme aussi la chaîne, une troupe de forçats atachez ensemble. (La chaîne a pastë, & l’on mene ces forçats à Marseille.) * CHAÎNE. [ Contìnui montes. ] Terme de Géographie. Suite. Continue. (La Cilicie est enfermée d’u- ne longue chaîne de montagnes. Vaug. Quint. I. ;.) CHAÎNE. [QNexm, vincula .] Lien amoureux. (* Mon courage avec ma raison, Rompit ma chaîne & força ma frison. Voit. Poës. Et je puis jurer entre nous Sur les nauds sacrez de ma chaîne, Que jamais sentiment emporté ni jaloux JSe niatirera votre haine. Poète anonyme.) CHA CHAÎNE , s. f. [Stwj.) Ce mot se dit des choses qui ont de la fuite , & qui en attirent beaucoup d’au- tres, après elles. (Ce procès est une grande chaîne d’afaires , qui en attirera plusieurs autres. CHAÎNE. [Pretìì accej/o.) Ce mot se dit en parlant de marchez. Ce qu’on donne à l’homme ou à la femme en forme de présent outre le marché, & ce qui sc met dans le contrat pour en être remboursé en retrait lignager. H L’Académie remarque que le mot de chaîne dans ce sens, est vieux & de peu d’usage. CHAÎNE de pierres. [ Secíi lafidis pila tignaria. ] Terme t\’Architecte. Pile de pierres mises les unes fur les autres en liaison, pour porter des poutres ou fortifier une muraille. CHAÎNE. [Catella.) Terme de TiJJerand, de Féran- dinier , &c. Le fil & la soie qui sont montez fur le métier pour faire de la toile, ou de la férandh>e, &c. (Monter une chaîne.) CHAÎNE d’avaloire. Terme de Chartier. Chaîne qui est acrochée au limon. H CHAÎNE. Mesure dont pon se sert pour mesurer le bois à brûler. On apelle aussi chaîne la mesure des gerbes de toutes sortes de grains. II y en a pour les bottes de foin, & d’autres encore pour mesurer la hauteur des chevaux. f CHAÎNE , sc dit fig. pour servitude, captivité. (Ce peuple a rompu ses chaînes, ou s’est affranchi de la servitude. Cet amant ne sauroit briser ses chaînes.) H Huissier à la chaîne; c’est un huissier du Roi,par- ce que cet officier porte une chaîne d’or. CHAÎNETTE , J. f [ Catella. ] Terme d 'Horloger. Petite chaîne servant aux montres au lieu de corde. CHAÎNETTES , f f. Terme d ’Epéronnier. Petites chaînes qui tiennent les branches de l’embouchure en état. CHAÎNETTES. Terme de Bourrelier. Bandes de cuir cousues les unes fur les a'utres, qui sont passées dans un rond de cuir au bout du timon du carrosse , & qui servent à le faire reculer, CHAÎNETTE. Terme de Franger. C’est un petit tissu de soie , qui court fur toute la tête de la frange. (Une jolie chaînette de frange.) CHAÎNETIER , f. m. [ Catellarum opifex. ] Ouvrier qui fait des agrafes, & de toutes sortes de petites chaî. nés pour pendre des clefs & des trousseaux, & pour atacher des chiens , &c. CHAÎNON , f m. [ Catence annulai, j Anneau , ou boucle de chaîne. ( Chaînon fort ou foible, rompu, cassé. Un Orfèvre Holandois fit une chaîne d’or de cinquante chaînons , qui tous ensemble ne pesaient pas trois grains. Cimelia litteraria , p. 74. CHAIR -, f f [ Caro. ] Ce mot sc dit des hommes & des animaux. Partie simple du corps, môle & rougeâtre qui embrasse les fibres & les muscles. (Chair bonne ou méchante ; tendre ou dure ; grasse ou maigre. Les Mahométans ne mangent point de chair de cochon , ni les Bramines de chair de vache. Théâtre de /’ idolâtrie, chap. 1. On trouve avec peine les veines Emphatiques entre les chairs d’un animal vivant. Roh.) CHAIR. [ Caro piscium. ] Ce mot sc dit des Pois sons. (La truite de lac a la chair môle Sc humide. Rond.) CHAIR. {Caro frucluum.) Ce mot se dit des fruits, comme des glans, des chatcgnes, des pommes, des cerises, des prunes, des pêches , des abricots, des coings, &c. Ainsi on dit, (chair boutée fondante, cassante, coriace, mûre, grumeleuse, farineuse, pâteuse , fine , bonne ; la chair des pommes de capen- du est fort faine.) * Chair. [ Caro. ] Ce mot, au figuré , veut dire, l’homme en tant que sujet aux passions & aux faiblesses de la nature. ( * L’esprit est promt , & la chair est infirme. Mol. * La terreur d’un traitement inhumain ébranle la chair. Patru, plaidoié Nous portons par tout avec nous un cœur de chair. Patru, plaidoié ç.) f Le péché de la chair , c’est le péché d’impureté. On dit mortifier fa chair, mater la chair, c’est-à-dire , résister à la concupiscence , vaincre ses passions. 0 ” Dans la Vie de Dom Barthelemi : Toutes les ferjìnnes de pieté étoient fort afligées de son mal, ciiar.t conçu de très-grandes ejperànces d’une éleHion où la chair & le sang n’avoient aucune part. CHAIR. CHA CHAIR- [ Ctlor exprejsam ad vivum canem reserensé] Ce mot íe dit en termes de Peinture , & veut dire, qui représente naturellement la chair. ( Ce bras est bien de chair.) , CHAIR- [ Cutis. ] Signifie la peau & le teint. Cette femme a la chair douce , unie, blanche comme un On dit en proverbe : Jeune chair vieux foifíbn. Voiture a dit plaisamment dans fa Lettre de la carpe : En vérité , mon compere , vous faites bien mentir le proverbe , jeune chair, & vieux poisson ; car n’étant qn’un jeune brochet vous avez une fermeté que les plus vieux esturgeons »’ont pas. s f On dit d’un homme qui n’est bon à rien, qu’i/ A’èst ni chair ni poisson. On le dit aussi d’un homme qui n’embrasse aucun parti. f On apelle , piéce de chair , masse de chair, une personne fort grosse , & qui n’a point d’espnt. CHAIR. Ternie de Théologie. Le Verbe s'est fait chair. J. C. a pris chair humaine dans le sein de la Vierge. CHAIRCUITIER ; voyez Charcutier. CHAIRE, st /• ÍSuggestus, pulpitumé] Siège élevé où est assis celui qui parle , ou qui professe en public. Vaug. rem. ( Le Prédicateur est en chaire. Disputer une chaire de droit. Clavier, obligea S. Chryfo- stome de monter en chaire & d’annoncer les véritez évangéliques. Maueroìx, Chryst préfacé. Je ne t’arrête plus , va prêcher , monte en chaire, Sans relâche au péché va déclarer la guerre. Vill.) Quelquefois en pousant une voix de tonnere , lé fais le timbalier fur les bords de ma chaire. Saul. Bourfault à son fils , Théatin : Avant que de vous bazarder A paraître dans une chaire, Par de hautes vertus faites-vous regarder En homme de vie exemplaire s Qui vent bien persuader , Boit commencer par bien faire. ^ Interdire la chaire â quelcun , c’est lui défendre de prêcher, ou d’enseigner. L ’éloquence de la chaire, c’est l’éloquence qui convient à un prédicateur. Avoir des talens pour la chaire, c’est avoir des talens pour prêcher avec fuccez. f CHAIRE, se dit fig. pour le siège apostolique. (Le Pape est assis dans la chaire de Saint Pierre. ) On le dit aussi de la charge de professeur public. (Les meilleures chaires ne se donnent pas toujours aux plus habiles.) CHAISE , st f Ç Sella , cathedra .3 Siège où l’on est assis. ( Chaise à dos , chaise à bras, chaise à crémiliére, ou chaise de commodité. Chaise percée. Chaise roulante. Chaise haute ou basse. Chaise bien faite. Empailler une chaise. Saint Pavin ajjìs dans sta chaise, Médisant du Ciel à son aise , Peut bien médire aujji de moi. Defpr. épit.) íf Que la Muse, en groignant , lui défend sa fontaine , Et Je bouchant l’oreille au récit de J'es vers, Tourne les yeux à gauche, N l es Ut de travers, Et pour fruit de fa peine , aux grands vents dispersée Tous ses papiers servir à la chaise percée. Régnier, fat. 2 . Régnier auroit bien pû nous épargner une si sale idée, & nous représenter d’une autre maniéré le mépris de fa Musc. CHAISE de moulin à vent. Pièces de bois au haut (lu pié du moulin , fur quoi tourne le moulin. CHAISE de roué. Ce fur quoi est posée la roue des Couteliers. CHALAND , adj. ( Antopirus panis. ] Ce mot n’est en usage qu’au masculin , lors qu’il se dit d’un pain particulier , qui est d’une pâte forte qu’on pétrit avec les piez , & qui est blanc , haut de mie & gros de croûte. (Faire du pain chaland. II n'y a que les pauvres gens de Paris & des fauxbourgs qui mangent du pain chaland. On fait du pain chaland à S. Denis , & ce font, pour la plupart, des Suisses qui le font, car ils mangent ordinairement de ce pain-là.) CHA 351 CHALAND , & selon d’autres, chaland, f m. [Cym. ba. ] C’est une forte de bateau dont on se sert fur quelques rivières en France. Le chaland est long & étroit, & il y en a plusieurs aux ports de Paris fur la Seine. On dit auffi , c’est un bateau chaland, fans que l’on pense à faire le mot de chaland adjeHif. Ce n’est que par élégance qu’on parle ainsi, comme si l’on difoit, bateau qu’on nomme chaland. CHALAND , f m. jj Apud eundem emptor ajjìduw.] Celui qui a coutume d’acheter à une certaine personne , ou de se servir à une certaine boutique. (C’est un jeune homme qui a de bons chalands. La fidélité d’un marchand lui donne des chalands. La fourberie adroite fait aussi avoir quantité de chalands, mais la fourberie grossière les fait perdre.) CHALANDE , J. f {_ Quœ apud eundem émit assidues} Celle qui achète d’ordinaire chez un certain marchand. (C’est l’une de nos meilleures chalandes.) * CHALAND. II sc prend au figuré, & fe dit par raillerie, & signifie des gens qui ne vont souvent en des lieux que pour s’y divertir d’une faqon qui tient un peu du libertinage. ( Ses sœurs n’étoient pas alors en âge de lui donner des chalands, toutes maintenant font grandes & en la fleur de leur jeunesse. Patru , plaid, n.) * CHALAND. II signifie de plus celui qui se divertit d’une maniéré libertine avec des femmes qui aiment ce négoce. ( O maudit íiecle. N. se trouvant hors de condition, fournit des chalands à des femmes qui font commerce de sents corps. Cache ton corps som un habit funeste, Ton lit , Margot , a perdu ses chalands, Et tu n’es phtí qu’un misérable reste - Des premiers siécles U des premiers galcmds. .Main Focs) CHALANDISE , f. f [ AJJtduorum emptorum conci- liatio. ] Commerce de chaland. Plusieurs chalands qui vont acheter chez quelque marchand. ( Promettre fa chalandise à quelcun. Avoir de la chalandise. Oui , toute notre marchandise Ne sauroit dignement pàier JJhonneur de votre chalandise. Benscrade, balet de la nuit, i.p.entr. 10 .) f CHALCITIS , OU CHALCITE , quelquefois COLCOTAR. C’est une efpece de vitriol rouge, naturel , en forme de pierre rougeâtre. Les Anciens confondoier.t la chalcitis avec leMiJi, le Me’.unteria, & le Sori : ou plutôt ils difoient, qu’il se faifoit une transmutation successive de ces quatre minéraux, qui commençoit par la Chalcitis, qui devenoit Mifi, ensuite Melanteria , & qui enfin demeurait Sori. Cette drogue est aportée d’Alemagne, ou de Suede , elle se trouve ordinairement dans les mines de cuivre. CHALE'MIE , f f [ Pastoritius calamus. 3 Mot burlesque , pour dire , musette, muse. Grand Châtelain, de qui la prudlhommie Excite au los ma haute chalémie. S. Am.) Un pasteur qui les fit , faisant ses jérémies, Leur dit , chantez plutôt dessus vos chalémies. f CHALET , f m. C’est ainsi qu’on apelle ea Suisse, certains bâtimens bas , qui sc trouvent répandus dans les montagnes de Griers, uniquement destinez à faire des fromages. CHALEUR, f f. [ Cabré] C’est le pouvoir qu’ont de certains corps de causer en nous un sentiment de chaud. CHALEUR. £Fervor astivus. ] Chaud. ( II fait une chaleur excessive.) CHALEUR naturelle. [ Calor vitalis. 3 C’est la cause de toutes les actions. Cette chaleur dure toute notre vie. Elle est dans le sang qui a son centre dans le cœur, & de là cette chaleur se communique à toutes les parties du corps. CHALEUR de foie. Voïez FOIE. * CHALEUR. [Ardens fludium. 3 Ardeur, feu, véhémence, activité. Sorte de transport vif L plein de passion. ( Qui est celui qui dans la chaleur de la victoire considère le nombre des ennemis? Vaug. Quint. I. ;. c. n. Témoigner de la chaleur pour les intérêts de quelcun. Abl. Si cette chaleur est un défaut, c@ défaut est plus louable que la vertu qui lui est oposee, Maiuroix.) f Don* 352 CHA t Donner chaleur. C’est fig. & en termes de Guerre, donner du courage & de la vigueur. (Rien n’estplus propre à donner chaleur aux troupes que la presence d’un bon Général.) CHALEUR de fièvre. [ Ardor sebris. ] C’est la chaleur que cause la fièvre. * CHALEUR. C Aijìus veneris , maris appetitus. J Ce mot se dit des animaux , & veut dire le tems qu’ils entrent en amour. Amour des animaux. ( Cavale qui entre en chaleur au commencement de Janvier. Saì.) Jr On dit fig. que les grandes chaleurs d’une personne sont passées , pour dire , que sage a rallenti ses pallions. t CHALEUREUX , chaleureuse , adj. [ Fervidus. J Qui a de la chaleur ; mais ce mot ne se dit guère. ( Les vieillards ne font guère chaleureux.) On dit plutôt, les vieillards n’ont guère de chaleur. f CHALINGUE ,J'f Petit vaisseau plat des Indiens , dont les bordages font cousus avec le hl de caret qu’ils tirent du coco. CHALIT , f. m. [ Ldíï compages. J Ce mot ne se dit plus à Paris par les gens qui parlent bien ; en fa place ont dit, bois de lit. (Faire un châlit, monter un châlit.) (J CHALOIR- Vieux mot. On dit parmi le peuple. II ne m'en chaut , pour il ne réimporte. Alain Chartier a dit, dans le débat du ReveiUe-matin : Et de parler ne chaloit. í CHALON , f- *n. Terme de Pêcheur. C’est un grand filet, que les pêcheurs traînent dans les rivières , par le moïen de deux petits bateaux , au bout desquels les cotez du filet font attachez. CHALOUPE , f f [ Lembns. } Vaisseau à porter des gens & de la marchandise dans quelque navire , ou autre bâtiment. Chaloupe de pêcheur, chaloupe armée. f CHALULA , f m- Poisson fans écaille , qu’on prend dans les rivières du Perou , & dont la tête ressemble à celle du crapaut. CHALUMEAU , f m. f Calamus. ] Petit tuïau. (La distribution du lang de notre Seigneur se faisoit avec un petit tuïau , ou chalumeau d’or. Bouterou'é, traité des mon oies, p. z8Z.) CHALUMEAU. [Avenu , calamus.'} Petit instrument qu’on embouche , qui est à vent, qui a un ou plusieurs trous , & qui est fait de blé, d’écorce de saule ou de quelque autre arbre. ( Jouer du chalumeau.)) CHALUMEAU. [ Fiftula pajloritia. } Espèce de flûte atachée sur la peau de la musette & de la cornemuse. ( Ainsi on dit, chalumeau de musette , chalumeau de cornemuse.) Viendrai-je en une églogue , entouré de troupeaux, Au milieu de Paris enfler mes chalumeaux? Delpr.) CHALUMEAU. [Calamus aneus.} Terme d’Orfèvre, Petit tuïau creux de léton ou de cuivre , qui sert à souder. CHAM , ou RAM , f m. [ Scytharum Charnus, Imperator. } L’un & l’autre s’écrit, mais on prononce toujours Kam. C’est le nom de l’Empereur des Tartares. ( Le grand Cham des Tartares. Le Kam des petits Tartares.) CHAMADE, f m. [Signum tympans ad colla- quium. ] Son de tambour pour avertir qu’on veut parlementer. ( Batre la chamade.) SE CHAMAILLER, v. r. [ Inter se confligere.} Je me chamaille , je me suis chamaillé, je me chamaillai. Se batre , fraper à coups d’épée & autres armes. On dit aussi chamailler , dans un sens neutre. ( 11 s ont long-tems chamaillé l’un contre l’autre.) t * Il se dit aussi des personnes qui se bâtent à coups de poing. Brantôme, Vie de Henri II. dit : Après avoir long-tems chamaillé l’un fur l’autre. * t 11 se dit aussi , au figuré & en riant , des personnes qui sc quérellent, ou qui disputent seulement de paroles. ( Ces Docteurs ont long-tems chamaillé en disputant sur le fait & le droit du Jansénisme.) ï CHAMAILLIS , f. m. II signifie , mêlée , combat ou l’on chamaille durant le chamaillis. Un grand chamaillis. Acad. Fr. CHAM ARE R , v. a, s F ejì em tranfveifls fegmen - CHA tis distinguere. J Mettre plusieurs passemerts sc r utl habit. Garnir un habit de passemens. Mettre des passemens tout autour d’un manteau jusques au colec. ( Chamarer un habit, chamarer un manteau de dix ou douze passemens, chamarer en quille , chamarer à bâtons rompus.) CHAMARURE , f. f. [ Virgata vestis, segmentata. ] Passement dont l’habit est chamaré. CHAMBELAGE- Ce droit est connu dans quelques Coutumes du Roïaume : celle de Senlis, art. 157. porte, ,, qu’en ligne collatérale , ceux à qui ,, échéent lesdits fiefs, doivent plein relief au Sei- „ gneur dont lesdits fiefs sont tenus & mouvans, ,, avec lés droits de chambelage. ” Le Commentateur a remarqué que ce droit étoit fixé à 20. fols parisis. La Coutume de Poitou art. 147. ,, Au Seigneur Ba- ,, ron ou Châtelain , à causc des hommages liges, ,, est dû , pour chambelage , dix fols , & pour les ,, hommages pleins, cinq fols pour chacun honima- „ ge, & est compris en ce le scel de la Lettre de la „ faqon dudit hommage : mais autre qui n’est Sei- „ gneur , Baron , ou Châtelain , ne doit prendre, ,, pour chambelage , aucune chose. ” Rat , sor cet article , observe que dans son origine le chambelage apartenoit au valet de chambre du Baron, parce-que ce Domestique ôtoit les éperons au vassal, & tenoit son épée , tandis qu’il prétest son hommage. Ce droit a été autrefois Rotai ; lors-que l’on rendoit la foi & hommage au Roi en personne , des grands fiefs. Le Chambelan étoit présent, qui diseit au vassal : Vous devenez homme du Roi de tel fief. A quoi le Vassal répondait, Oui ; & le Chambelan le repetoit au Roi ; & pour récompense de cette fonction , le manteau du vassal lui apartenoit. Fauchet nous en fournit la preuve dans ion Livre des Dignitcz , ch. 9. où il ra- porte ces vers tirez du Roman de Renaut : Chambellan de ma chambre toujours-mez en ferez , Ai viendra nul haut homme, qui de femme soit nez, Pour terre , ni pour fief avoir relevez, Que n’ayez le mantel qu’il aura ajfeublez. On peut en voir un exemple dans Du Tillet, chap. Grand Chambelan de France : on y verra encore l’Or- donnance du Roi Philippe, de l’an 1272. qui convertit le manteau du vassal en deniers. Quelques Seigneurs introduiiirent ensuite ce droit dans leur cen- ïive , & il est passé en coutume dans quelques endroits. Voici deux Régies que Losse! a inférées dans ses Institutions , tit. des fiefs, art. 9. Les enfans ne doivent coùtumiérement que bouche (if mains , avec le droit de chambelage qui est du par tous. Et dans l’onziénre : Droit de chambelage ejì une piéce d’or au Chambelan du Seigneur , a la discrétion du vajjal. CHAMBELAN , s. m. [Cubkulo regioprapofituí.} Le premier oficier de la chambre du Roi. Autrefois le Chambelan gardoit le trésor du Prince ; il faisoit l’ofice de Maître d’Hôtel , d’Ecuïer tranchant, de Gentilhomme servant, & avoit plusieurs beaux droits fur tous les Marchands. Fauchet , des dignitez de France. í CHAMBERLAN , ou CHAMBRELAN , f. m. Artisan , ouvrier qui travaille en chambre. # CHAMBOURIN , f m. Espece de pierre, qui sert à faire les verres , qu’on apelle verres de Cristal. CHAMBRANLE , f. m. [ Antepagnientuni. ] Terme d ’ArchìteHure. Ornement de pierre ou de ménuiscrie qu’on met autour des portes de chambres & des cheminées. CHAMBRE ,f. f [Cubiculnm, conclave.} (Une jolie chambre. Tapisser , meubler, garnir des chambres. Louer des chambres.) * Avoir des chambres à louer, f Conclave excipìendk conviHoribus instruclum . J Ces mots, au propre, font connoître que la personne dont on parle , a des chambres garnies à louer. Mais, au figuré & dans le comique , il signifie que cette personne a le cerveau creux , & a un petit grain de folie. ( Infelix ejì ce- rebri.) Tenir une femme en chambre ; c’est l’y entretenir, LA CHAMBRE , absolument signifie la chambre du Roi. On dit premier Gentil-homme de la chambre , page de la chambre, huissier de la chambre, musique de la chambre. £ LA CHAMBRE, lignifie aussi l«s Officiers de la cham- CHA chambre du Roi. ( La chambre est entrée ; avoir les entrées de la chambre.) LA GRAND-CHAMBRE. £ Primarium tribunal. J Lieu du Palais où l'on donne les audiences célèbres, & où le premier Président dent son siège le matin. CHAMBRE de Justice. [ Capitales judices extraordi- nanì. ] Juges établis pour faire rendre compte a ceux qui ont manié les afaires du Roi. On fit une Chambre de Justice du te ms du célébré Mr. Fouquet. CHAMBRE de Justice. Jurisdiction qui a été créée de tems en tems en France par les Rois, pour réprimer & réparer les désordres commis dans l’admi- nistration de leurs finances. I/institution en fut trouvée fi salutaire dans le commencement, que par TE- dit du mois de Juin 162;. il est expressément ordonné qu’il fera établi de dix ans en dix ans une Chambre de Justice pour la recherche des gens d’afaires. Le feu Roi , dès Tannée idóx. en établit une; mais par les mémoires qu’il nous en reste, nous ne volons pas qu’elle ait eu tout le succès qu’on en attendoit. Par l’Edit du mois de Mars 1716. le Roi , fous la Régence de Monseigneur le Duc d’Orleans , a créé & établi une Chambre de Justice , qui a été révoquée par un autre Edit du mois de Mars 1717. Les Chambres des Requêtes. £ Instìtutum libellh stup- plicibm judìcandis tribunal. ] Deux chambres du Palais où l’on connoit des afaires des oficiers privilégiez. CHAMBRE du Trésor. £ Aìrarzi regií tribunal. ] Jurisdiction du Palais où Ton connoît des choses qui regardent le Domaine du Roi. Volez Baquet. CHAMBRE de l’Edit , ou Chambre mi-partie. £ Tribunal mixtorum ex Catbolicis £5? Calvinistis judicum. ] Chambre souveraine établie autrefois pour juger les procès où Mrs. de la Religion pouvoient avoir intérêt, & juger des apellations comme d’abus fondées fur les entreprises faites par les Eclésiastiques contre la jurisdiction râle , & contre l’Edit de Nantes , qui avoit été acordé en favéur de Mrs. de la Religion. II y a un très-grand nombre de Chambres à qui Ton dontine des noms d iférens ; comme J a Chambre des Comptes, & autres dont on parle en France : la Chambre Apostolique à Rome : la Chambre des Communes en Angleterre : la Chambre Impériale enAle- magne, & plusieurs autres. f CHAMBRE de Commerce. C’est une assemblée de Marchands & Négocians, où il se traite des affaires du Commerce. II y a de ces chambres dans les principales Villes de France, qui envolent leurs Députez au Conseil de Commerce établi à Paris. f CHAMBRE des Assurances. C’est une société , ou Assemblée de plusieurs personnes, Marchands, Négocians, Banquiers , & autres , pour entreprendre le Commerce des Assurances. Cette chambre fut établie à Paris en 16S8. f CHAMBRE Syndicale des Libraires. C’est une chambre établie pour y tenir les Assemblées du Corps de la Librairie. Elle est aussi destinée à servir de dépôt à tous les livres qui arrivent à Paris jusqu’à ce que les Balots & paquets y aient été ouverts, & les livres vòs & visitez par le Syndic & ses A j oints. p CHAMBRE Haute. C’est en Angleterre la première Chambre du Parlement, elle est composée des Pairs Ecclésiastiques & Laïques. On l’apelle aussi la Chambre des Seigneurs. f CHAMBRE Bajse , ou la Chambre des Communes. C’eft la seconde Chambre du Parlement d’Angleterre, qui est composée des Députez des Villes & Bourgs du Roïaume. $ CHAMBRE Impériale. C’est un Tribunal qui se tient à Spire, où Ton juge en dernier ressort les affaires civiles de tous les sujets de l’Empire d’Alemagne. Elle est composée de cinq Présidens& de cinquante Assesseurs, partie Catholiques & partie Protestans. CHAMBRE noire. [Obscurum conclave .] Lieu dans les Monastères où Ton se retire par dévotion, & ou l’on enferme ceux qu’on met en pénitence. íf CHAMBRE aisée. La Coùtume de Troyes , art. 64. défend de faire chambres aisées contre son voisin , s’il ny a pied £sf demi d’épaijseur. Pithon nous aprend que chambres aisées sont des latrines , des cloaques , £5? des égouts de cuistne. Chambres quoyes. II est dit dans l’article 110. de la Coutume d’Auxerre, qu’ow ne peut faire chambres quoyes , latrines , cloaques , ou fojj'ez de cuisine auprès du mur de fort voisin , oh du mitoyen , s’il n’y a épais. CHA 353 seur d’un pied £jf demi entre ledit mur mitoyen. CHAMBRE. Terme de Tisserand. Fente de peigne par où passent deux fils. (Laisser une chambre vuide.) CHAMBRE. Terme de Vitrier. Creux dans la verge de plomb, où Ton loge le verre lors-qu’on fait des panneaux de vitres. (Chambre trop étroite. CHAMBRE. £ Pars ephippìi camerata .2 Terme de Sellier. Petit creux qu’on fait dans la selle d’un cheval, lors-qu’on tire la bourre , de peur que la selle ne blesse le cheval. CHAMBRE de mine. [Cames pulverartmst C’est le lieu où Ton met la poudre qui fait jouer la mine. Voler; les travaux de Mars , partie , ch. 7. page 218- CHAMBRE de canon. [Interìor cavrn .j Terme de Canonier. C’est un creux dans la concavité de l’ame du canon, ce qui arrive lors-que la matière n’a pas bien coulé. f CHAMBRE Apostolique. Tribunal, Jurisdiction qui connoit des revenus de l’Etat Ecclésiastique, & qui en a Tadministration. H CHAMBRE de Mortier. C’est Tefpace creux qui contient la poudre, & où va se terminer la lumière. ^ CHAMBRE d’écluste. C’est Tefpace qui est entre les deux portes d’une écluse. On dit d’un ouvrier qui travaille en chambre ; pour dire, qu’il ne tient pas boutique. (§ Villon a apellé la Sainte Vierge, chambre de la Divinité , Premier , je donne ma poure ame A la benoîte Trinité, Et la commande à Nostre-Dame , Chambre de la Divinité. Est-il possible que Ton ait aprouvé une expression si impertinente? CHAMBRE'E , f. f. [Contubemiumst, Personnes qui vivent & qui demeurent dans une même chambre. CHAMBRE'E. [ConseJJwst Terme de Comédie. Ce qui revient de la représentation d’une pièce de théâtre. Ce qu’ont reqû les Comédiens le jour de la représentation d’une pièce. CHAMBRERIE , s. f. [Praseflura cubiculam apud mo- nachosl] Ofice de Chambrerie. CHAMBRER , v. a. [Camerare.J Terme de Sellier. Faire quelque chambre dans une selle , c’est faire de petits creux, & en tirer la bourre quand le cheval est blessé , de crainte que la selle ne le blesse encore d’avantage. (Chambrer une selle.) CHAMBRETTE , f f. [Angustum cubiculumst Diminutif. Petite chambre. CHAMBRIER , st m. [MonafterU provisor. J Ofi- cier claustral, qui a foin des revenus ruraux de quelque Abaïe. ff Les Empereurs Grecs & nos Rois ont eu des Oficiers qui avoient le foin de leur chambre. Codin, dans son Livre des Oficiers de la Cour de Constantinople , & après lui, les Peres Gretzer & Goart, qui Pont commenté , nous aprennent le nom de cet Oficier, & ses fonctions. Quant à nos Rois , Favin , Traité des premiers Oficiers de la Couronne , met un Chambrier dans ie rang des principaux Oficiers de la Cour de nos Rois de la première race, ,, pour avoir particulièrement „ le foin de leur personne, les lever & coucher , ha- ,, biller, foire leur lit & chambre, & par ce moïen ,, le Chambrier avoit l’adresse & la commodité d@ „ s’infinuer de près, par son fidèle service , en la ,, bonne grâce du Roi. ,, II y eut de même un Chambrier sous la seconde race, & cette charge a subsisté jusques au régne de François Premier, ,, qui fuprima „ cet Ofice distinct & séparé du Chambelan „ , dit le même Auteur. ■J CHAMBRIE'RE , s f. £ Anctlla .] Fille ou femme domestique. En ce sens, le mot de chambrière est hors d’usage à Paris ; en fa place, on dit, servante. CHAMBRIE'RE. £ Fhtgellzim è corrigià. j Terme d’Académie. Fouet dont on se sert dans les manèges, (Presser le cheval de la chambrière. Donner de la chambrière au cheval.) CHAMBRIE'RE. [Tœnio/a.] _ Terme de Fileuse. Petit ruban, ou autre chose pliée & atachée au haut du sein, qui tient la quenouille en état lors-qu’on file, j- CHAMBRIIAQN, s f. £ AndUula. J Petite servante de peu de considération. CHAMEAU, st rn. [Came/m.] Animal domestique, fort doux & fort docile, qui naît en Afrique & Tome I. Y y sn 3 54 CHA en Asie. II a une grosse bosse sur le dos , & quelquefois deux. 11 clt propre à porter toutes sortes de charges. U demeure quatre jours fans boire. Quand il est en amour, il se retire à part avec fa semelle , & la couvre tout le jour. II a de l’averlion pour le cheval, le lion, & le ton. 11 vit selon quelques-uns , cinquante ans , & selon d’autres jusques à cent, ou environ. Jonjlon. Le chameau est mélancolique & flegmatique. II ne paît point, il broute continuellement, & ne broute que des chardons & des herbages pleins de lait, ou les parties des arbres où se forment les bourgeons & où est toute la fève.' On les repaît de paille brisée qu’on forme en pelotes , & qu’on paitrit avec de seau & de la farine : & ainsi le chameau se passe de boire à l’aidc de cette sorte de nouriture. Poulet, volage de Levant, 2 . p. ch. (Chameau mâle, chameau femelle.) ± CHAMEAU moucheté, s. m. [ Camelopardalis. J Animal qui a la tête du véritable chameau , mais dont le reste du corps ressemble au cheval & au beuf. If Le chameau , parmi les Antiquaires , marque l’Arabie. CHAMEAU. [ Pilas camelinus. ] Poil de chameau filé en forme de laine très-déliée, duquel fe servent les Férandiniers dans les ouvrages. , , H CHAMEAU. Cest un gros bâtiment invente a Amsterdam pour faire passer le Pampus aux vaisseaux, & c’est avec cette machine qu’on leve un vaisseau juf- qu’à cinq ou fix piez de haut. Volez la description qu’en donne Aubin. $ CHAMELEON. Plante Médicinale , plus connue fous le nom de Carline. CHAMELIER , f. m. [Qui camelos curât .) C’est celui qui a la conduite des chameaux, & qui a foin de les nourir. (Les chameliers repaissent les chameaux de chardons &c. ou de paille brisée, &c. Voïez Chameau. Chamelier se dit aussi d’un marchand qui trafique des chameaux. $ CHAMES, f. f. Espece de moules qu’on trouve fur le gravier au bord de la mer. -f CHAMFRAIN, f C’est le pan qui se fait en rabatant l’aréte d’une pièce de bois. On dit cbam- fraìner un morceau de bois. CHAMOIS ,s. m. [ Rupicapra. ] Animal sauvage qui a deux cornes, longues de neuf ou dix doigts, noires & recourbées, & qui tire fur le roux, qui a les yeux rouges, la queue courte & ronde, qui court vite , & habite fur les hautes montagnes & fur les rochers. Sa peau étant passée , sert à faire des gands, des camisoles, des caleçons, ctc. (Chamois mâle. Chamois femelle.) * CHAMOIS. [PelHs rupicapra .] Peau de chamois. (Gands de chamois. Caleçons de chamois.) f CHAMOISEUR, f. m. Celui qui prépare & passe en huile les peaux de chamois , ou qui travaille a les imiter avec des peaux de bouc , de chevre , de mouton, &c. CHAMP ,f rn. [Ager ,seges.J Piéce de terre cultivée par les mains de l’homme, afin d’en tirer des commodité/, pour la vie. (Champ labouré. Champ qui est en friche.) CHAMP de bataille. L’endroit où deux armées ennemies fe font batuës. (Le victorieux demeura maître du champ de bataille.) CHAMP de bataille. [Prœlii locus.J Baterie de quelques particuliers. (Deux Capucins fe jettent par charité dans le champ de bataille. Scar. rom. ) CHAMP clos. [Arena.J C’est-à-dire , lieu fermé de toutes parts. (Se battre en champ clos. Ablanc. Luc. t. 2 . Le Roi Jean ofrit à Edouard Roi d’Angleterre le combat en champ clos , ou la bataille , mais Edouard refusa l’un & l’autre. Chris. Hifl. de Jean , /. i.) CHAMPS Elifées, Champs Elijìem. [Cainpi EHJìi. ] On dit l’un & l’autre, mais le bel usage est pour champs Edifies. (Venir des champs Lissées. Ralz. L’inévitable arrêt de la fatalité m’aura déja porté dans les champs élisées. Main. Pois.) CHAMP de Mars , f. m. [Canipm Martis.J C’é- toit hors de l’ancienne Rome, un endroit spacieux où on élisoit les Magistrats, ct parce-que la jeunesse y aprenoit aussi les exercices de la guerre , il fut consacré à Mars. II n’y eut d’abord point de bâtiment autour, mais avec le tems on y en construisit de bois, puis de pierres, & ensuite onl’environnad’amphitéa- CHA tres. Auguste y dressa au milieu une obélisque de cent vingt piez de haut, embélie d’hiérogliphiques & il y fit mémo élever un superbe mausolée pour lui & pour sa famille. Voïez les estampes de l’ancienne Rome. * Le champ de Mars. [ Bellum , acies. ] Ces mots se disent austì au figuré , & dans le ítile Poétique ; pour dire , la guerre , l’armée, le lieu du combat. (11 a montré son courage, il a donné des preuves de fa valeur dans le champ de Mars s c’est-à-dire, à la guerre) CHAMP. [ campus, materies, argumentum. ] Ratière. Sujet. Lieu de faire quelque chose. Carrière. (Le Ciel ouvrit un plus noble champ à sa valeur. Racine. Les victoires d’Alexandre ont été un beau champ où divers Historiens fe sont exercez. Les Poètes Païens avoient un beau champ où ils pouvoient donner carrière à leur imagination , vû la liberté qu’ils avoient de feindre & d’inventer ce qu il leur plaifoit. Tu prens un beau champ pour faire éclater la gloire de ton Héros. Abl. Luc. t. 2 . parasite.) CHAMP , f m. [Area.J Fonds fur lequel on peint, on représente , on grave quelque chose. (Le champ de cette tapisserie est brun. Les armes de France font trois fleurs de lis d’or en champ d’azur. Acad. Fr.) ch CHAMP. Les ouvriers de divers Arts & Métiers emploient ce ternie , pour signifier la maniéré dont ils posent leurs ouvrages. Poser une piéce de bois de champ , c’est la mettre parallèle à l’horifon , la coucher de plat, ou horisontalement; ce qui s’entend toujours de la longueur de la piéce. Une pierre placée de champ , est une pierre placée fur son côté le plus étroit. En Horlogerie , on apelle Roué de champ , une roue placee horisontalement dans la cage ; c’est celle qui fait mouvoir la roue de rencontre. CHAMP de tableau. [Area.J Terme de Peintre. Fond , ou derrière de tableau. CHAMP . [AreaJcuti.J Terme de Blason. Le fond de l’écu. (l.ors-que le champ est de couleur, il faut que Paillette soit de métal. Col. ) CHAMP. Terme de Peignier. Le milieu d’un peigne de bonis qui a des dents de côté ct d’autre. Les champs.. [R/«.] Ce mot, au pluriel, fe dit pat oposition à ce qui est renfermé dans les villes. (Etre aux champs, revenir des champs; c’est-à-dire, de la campagne. Une maison des champs, c’eft une maison de campagne, & ce dernier se dit plus noblement. Bouhours. Mener les troupeaux aux champs j c’est les sortir des étables & les mener paître. Fortunéséjour, ô champs aimez des Dieux, Que pour jamais foulant vos prez délicieux, Fie puis-je ici fixer ma course vagabonde, Et connu de vow seul , oublier tout le monde. Despr. A travers champs. [PaJJìm , extra viam. ] Sorta d’adverbe. Hors de chemin , fans ordre & íàns conduite. (Courir à travers champs.) * Courir les champs. [ Ceritum ejfe. ] Au figuré, c’est être fou. * Se mettre aux champs. [Irafci.J C’est fe mettre en colère. * Donner la clé des champs. [Abeundi facultatem largiri. J C’est donner à quelcun la libertc de faire ce qu’il voudra. * II a un ail aux champs 0? l’autre à la ville. [Per- JjiicaáJJimus ejl.j Façon de parler proverbiale , qui se dit d’une personne vigilante & qui prend garde à tout ce à quoi elle peut avoir intérêt. ch Batre aux champs. C’est battre le tambour pour se mettre en marche. La garde bat aux champs cjuand le Roi passe , on quand on veut faire honneur à quelcun. On dit austì, qu’on bat aux champs, pour dire, que l’armée fe met en marche. t * A chaque bout de champ, adv. [Qmcumqut tcmpore.J C’est-à-dire, à toute heure , à tout propos. * Sur le champ , adv. [Extemplò , ilìicò , ftatim.J Aufli-tôt. Incontinent. (Répliquer fur le champ. ) Feu Mr. de Harlay , Archevêque de Paris , avoir une facilité merveilleuse à bien parler fur le champ. A champ, adv. Terme de Jardinier: C’est-à-dire, a volée. Et fe dit proprement des raves , qui au lieu d’être semées dans les trous d’une couche , sont semées indifféremment, soit fur une couche ou en pleine terre , de même qu’on semé les autres graines en plein champ. t CHAMP Bejìatìe. Selon la Coutume d’Acs , art. 2 . CHA iìt. II. Ê? art. 4- c’est un champ commun à plusieurs personnes, & où il n’y a ni clôture, ni maisons. ± CHAMPAGNE, OU Plaine , s. /. Terme de g/n/ô». On apelle ainsi l’espace d’enbas qui ocupe le tiers de l’écu vers la pointe. ± CHANPANE, / f Petits vaisseaux du Japon, dont les membres font atachez fans clous avec des chevilles de bois , & les bordages emboîtez. Les champanes font longues , larges à l’arriere , & hautes à savant. ...... . f CHAMPART, f. m. [Jus agrarn Jolam legendi.J Terme d e Coutume. Droit qu’un Seigneur a de prendre une certaine quantité de gerbes dans la maison de- ses tenanciers fur les champs dépendans de fa Seigneurie. CHAMPARTER , ou cbampartìr, v. a. [Agrt solarium cogéré.) Lever le droit de champart. CHAMPARTERESSE, adj. f. [Manipulas Jolarìisru - mentarii.] C’est la grange seigneuriale où se mettent les champarts. CHAMPARTEUR , s m. [Coactor agri solarii.) Fermier ou homme, commis par le Seigneur pour lever son droit de Seigneur. CHAMPE', adj. [Camprn mìnìo ajseÏÏut .] Terme de Blason. C’est lorfqu’on ae veut expliquer que la qualité de champ. ( Middelbourg porte un château d’or champé de gueules.) (g CHAMPEAUX , ce font des prez. CHAMPèTRE , adj. [Rusticus.) Qui est des champs. Qui est aux champs. Grossier. (Lieu champêtre. Maison champêtre. Air champêtre. II s’arrêta à considérer les beautez champêtres, que fart , tout ingénieux qu’il est, auroit de la peine à imiter. Vase. Ario- jìe moderne, t. i.) f CHAMPL Sorte de papier propre pour les châssis. CHAMPIGNON, s- m. [FungwJ Maniéré de petit potiron qui vient dans les champs fans être semé, & dont on fe sert dans les ragoûts. (g Horace prétend que les champignons des prez font les moins dangereux. . Praienstbus optìma fungis Natura ejlaliis malè creditur. Lib. 2. fat. 4. Les Romains reconnoissoient plusieurs sortes de champignons, dont Apicius a fait mention, où il aprend la maniéré de les aprêter : mais les goûts font bien changez. *11 est venu en une nuit comme un champignon. C’est-à-dire, il a fait fortune en peu de tems. f CHAMPIGNON de Lampe. C’est le bouton qui se forme au lumignon d’uue chandele. f CHAMPIGNON. Terme de Médecine. C’est une tumeur , ou excroissance de chair, qui se forme en plusieurs parties du corps. f CHAMPIGNON. Terme d ’ ArchiteHure. C’est une coupe renversée , qui fait bouillonner l’eau d’un jet dans les fontaines jaillissantes. t CHAMPIGNONNIERE , f.s. C’est une couche de fumier préparée pour y faire venir des champignons. CHAMPION , f m. [Pugnator .] Ce mot fe dit plus en riant que sérieusement. Celui qui en un champ de bataille combat contre un autre. Comba- tant plein de cœur. . * CHAMPION. Brave, courageux & illustre assaillant. (J * Une palme si vulgaire n’est pas pour un tel champion. Voit. Poéf Tandis que les coups de poing alloient, & que nos champions fongeoient à fe défendre. La Font. fables.') (J CHAMPIS- Costar écrivant à Voiture, lui dit que dans le Poitou, les bâtards font apellez champis, comme qui diroit, faits dans les champs il ajoute : „ H n’y a pas encore dix jours qu’un Gentilhomme „ de ce païs-là me difoit d’un de ses voisins qui lui » contestoit quelques honneurs dans l’Eglife, c’ejì un :> coquin, je -prouverai qu’il est champy de quatre ,, races. “ t CHAN, ou KAN. On apelle ainsi dans quelques endroits du Levant, des lieux publics destinez pour Tissage des Marchands & Voïageurs. C’est à peu près ce qu’on nomme dans les autres Etats du Grand Seigneur, en Perse, & presque dans toute l’Asie, des C a. ravinferm. CHA 955 CHANCE, ; / f. [Fortuita purifia. ] Terme de Jeu de dez. C’est le dez qu’on livre à celui contre qui on joué, & qui est au-dessus de sept, & au-dessou« de quatorze. (Livrer chance.) , t * CHANCE, f Félicitas .] Bonheur. (Ce n’est pas là une grande chance. f CHANCE. [ «onjìlium .] Entreprise, dessein. Mais, en ce sens, il ne fe dit qu’en riant. {Au bazard du fuccez, sacrifions des foins, Et s’il poursuit encore a rompre notre chance, J’y consens, ôtons lui toute nôtre assistance . Mol. étourdi, a. 3. st. 5.) $ Conter fa chance ; c’est prov. conter ses aventures, ses malheurs, lès déplaisirs. -f CHAIRCEUX, chanceuse , adj. [Félix, fortunatusg Heureux. (Me voilà bien chanceux. Mol. Cette façon de parler est basse & comique. Je fuis si chanceux , que quand vous aurez une épée, elle n’aura de vertu que pour les Chevaliers. Hom Quìchote, t. 1. ch. 8.) ^ CHANCELANT- [Vacillant.) Participe qui veut dire vacilant. * CHANCELANT , chancelante, adj. [Titubant.] Qui n’est pas ferme. ( * Etre chancelant dans son devoir. Abl. Arr. Multitude déja toute ébranlée, & chancelante. Vaug. Quint. I. 3. c. 10. Gardez-vow bien fur tout, mémoires chancelantes, De montrer dans vos yeux deux prunelles roulantes. Saul.) CHÀNCE'LEMENT , f. m. [Titubatio , vacillatio.J Démarche qui n’est pas ferme , qui n’est pas assurée, Danet. CHANCELLER , v. n. [Tìtubare , vacillare. ] N’être pas ferme fur fes piez. Vaciler. Branler. Etre prêt à tomber. (II est fi plein de vin qu’il chancéle dès qu’il veut faire un pas. II chancéle, il va tomber. Si-tôt qu’elle chancéle, jettez-ía dans la ruelle. II s’aperçut que le Roi chanceloit & laissoit aler fes armes de faiblesse. Vaug. Quint. Curce. L 8. ch. 14.) * CHANCELER. N’étre pas assuré. N’être pas ferme. (Sa fortune chancela. Vaug. Quint. L ;.) CHANCELLERIE, / /. [Francis CanceUarii ju- ridiciale pratorium .J Lieu où Ton expédie les afaires qui regardent les sceaux. II y a en France deux fortes de Chan-célerie, la grande & la petite. La grande est celle ou s’expédiént les Lettres scellées du grand sceau, en présence de Mr. le Chancelier-Garde des sceaux, qui est assisté de quelques Maîtres des Requêtes, des Secrétaires du Roi & de quelques autres Ofi- ciers. La petite Chancélerie est celle où s’expédient des Lettres de Justice qui ne font pas de fi grande conséquence. II y a une petite Chancélerie dans cha*. que'Parlement. La Chancélerie Romaine. [ Cancellaria Romana. J C’est le lieu à Rome auquel on délivre toutes les expéditions de la Cour de Rome. CHANCELIER, / m. [CancellariusJ Le chef de Justice & du Conseil du Roi. C’est l’Ostcier de la Robe le plus considérable, qui a les sceaux, qui expédie les Edits & les Déclarations du Roi , & les grâces. II préside au Conseil du Roi, lors que le Roi n’y est pas. Le Chancelier est le Président du grand Conseil, & il prononce les Arrêts au nom du Roi, lors que le Roi tient son lit de Justice au Parlement de Paris. Les Cours souveraines lui rendent toutes sortes d’hon- neurs, après ceux qu’elles rendent au Roi. Le Chancelier ne porte jamais le deuil, parce qu’il fe détache en quelque façon de lui-même pour ne plus représenter que la Justice dont il est le chef, & qu’il 11e faut pas que cette vertu toute divine fe ressente des foi blesses humaines. Le Maître, plaid. 25. Du tems du Roi Dagobert, on Tapelloit grand Référendaire. On peut ôter les sceaux à un Chancelier de France, mais on ne peut lui ôter la charge qu’avec la vie. Acad. Franc. (g Voici ce que Miraumont nous aprend des Chanceliers de France : ,, C’est ( dit-ìl ) Un nom d’un Ofi- ,, cier domestique, duquel nos premiers Rois fe font ,, servis pour écrire lettres missives, patentes, & au- „ tres, lesquelles cet Oficier fcelloit & cachetois de „ l’annel Royal, qui lui étoit baillé à cette fin par le „ Prince. Ceux qui dérivent le mot de Chancelier „ du mot Latin corrompu cancellare, ne s’éloignenc „ beaucoup de l’étimologie. L’on pouroit aussi tirer Tome L Y y * ,, f* 356 CHA „ le nom de Chancelier, à cancellis Aulœ Principif, ,, intra quos Princes! J'upplicantibui reJj>onfiurus reji- „ débat, cui ajjidebat Cancellarim, qui ejuí nomme per „ cancello! rejidebat. Le mot de Chancelier, en vieux „ langage, fignifioit un Notaire ,-comme il se voit par „ les Ordonnances de Charlema$;ne : par ainsi , on „ peut avoir acommodé ce mot a cette grande digni- „ té, comme ayant autorité fur tous ceux qui rédi- „ geoient les actes publics par écrit. Grégoire de ,, Tours L’apelle Référendaire, parce que tous les au- „ tres Notaires & Chanceliers lui raportoient toutes „ leurs Lettres & expéditions, & non pour ce qu’ils M faisoient raport au Roi des Requêtes qui lui étoient „ présentées, ainsi qu’à présent font les Maîtres des ,, Requêtes. ,, Voïez l’HiJìoire des Chanceliers de France, par François Duchesne, fils d’André Duchej'ne. CHANCELIER.” Ce mot, en parlant de Chanoines, c’est l’Eclésiastique qui a les sceaux du Chapitre, & qui en quelque lieu a le soin des petites écoles. CHANCELIER de l’ordre de Chevalerie. CHANCELIER DE L’URIVERSITE', f m . C’est, selon quelques-uns , le chef de l’Université, &, selon d’autres, c’est la seconde personne de l’Université. Le Chancelier est perpétuel, & ses fonctions sont de donner le bonnet dans les quatre Facultez, & de faire un panégyrique en prose Latine à celui à qui la thèse est dédiee, ou à celui qui prend le bonnet. II y a deux Chanceliers dans l’Université de Paris, l’un de la Cathédrale de Paris, qu’on apelle le Chancelier de Notre-Dame, & l’autre de Sainte Géneviéve. 11s ont tous deux un pouvoir égal, & font établis il y a plus de huit cens ans. Du Chesne, Belleforejì & autres Historiens François, donnent le droit d’ancienneté au Chancelier de Sainte Géneviéve. CHANCELIER de ïAcadémie Françoise. C’est la seconde dignité de l’Académie, & celui qui fait la fonction du Directeur, quand le Directeur n’y est pas. (Monsieur un tel est Chancelier de l’Académie Françoise. CHANCE'LIE'RE , s. s. [ CanceUarii uxor .] Femme de Chancelier. CHANCELIER. C’est celui qui a le sceau du Consulat en plusieurs échelles du Levant. Acad. Franç. CHANCEUX. Voïez Chance. SE CHANCIR, v. r. [Mucidum fierif] Se moisir. (Pain qui commence à se chancir. II se dit auflì des confitures. CHANCI, chancie , adj. [Mucidui, rancidiu.] Moisi. (Pain chanci.) CHANCISSURE , f. f. [Situs , mucor .] Moisissure qui vient fur les choies humides qui se corrompent, comme les confitures. (Un morceau de chancifsure étant regardé avec un microscope, paroît comme un amas de fleurs fur deux tiges, les unes en bouton, & les autres épanouies. Voïez le Journal des Savans .) CHANCRE, fi m. [Cancer, carcinoma.J Tumeur dure & noirâtre, produite d’une bile noire , qui quelquefois se forme en ulcère. Voïez Cancer. H Manger comme m chancre. C’est prov. & fig. manger excessivement. Acad. Fr. $ CHANCRE. On donne ce nom aux élevâtes L aux postules qu’une fièvre ardente fait venir fur la langue , au palais, aux lèvres. On le dit aussi de la crasse qui s’amasse aux dents. (Avoir les dents pleines de chancre.) CHANCRE, f. m. Terme de Jardinier. Maladie qui survient aux arbres, espèce de gale ou de pouri- ture sèche qui fait mourir l’écorce. (On voit souvent des chancres fur la tige & aux branches de quelques poiriers. Pour arrêter un chancre , on fait incision tout autour avec un couteau jusqu’au bois.) CHANCREUX , eufie, adj. [Cancro affeflm, carci- node tentatm.] Qui tient de la nature du chancre. (Ulcère chancreux.) CHANDELLE, fi f._ c Candela.] Mèche de coton, grande d’un pié ou environ, plongée un certain nombre de fois dans du fois chaud , & réduite en forme ronde. Au bout de cette mèche on laisse un petit bout de coton qu’on ne plonche point, & qu’on alrime quand on veut avoir de la clarté. (Chandéle de deux, de trois, de six, de sept, de huit, de dix, ou de douze à la livre. Chandéle de veille. Alumer, moucher, éteindre la chandéle.) L CHANDE LE de Cordonnier, C’est une double CHA chandéle ; c’est-à-dire, une chandéle composée de deux autres, qu’on joint ensemble en les aprochant l’une de l’autre sor la proche iorsqu’on les a mis pré- tes, & en les unissant par deux ou trois trempes qu’on leur donne. On les apelle chandéle à cordonnier , parce que ce sont ces Artisans qui s’en servent le plus. ê CHANDE'LE des Rois. C’est une grosse chandéle qu’on fait dans des moules, & qui a divers ornemens de sculpture & de peinture. Les Chandéliers ont acoûtumé d’en faire présent aux gens du commun, pour célébrer la fête des Rois. C’est de là qu’eít venue l’expression proverbiale, dont on sc sert par dérision, en parlant des personnes dont les habits sent faits d’étoscs dont les couleurs trop vives font mal assorties : Riolé, Piolé, comme une chandéle des Rois. ì CHANDE'LE. Espèce de bois jaune, qu’on apor- te des Isles Antilles de l’Amérique. On l’apelle plus communément en Europe. Boi de Citron. II vient fie brûler à la chandéle ; pour dire, qu’il vient en un endroit, dans une afaire où il y a du danger pour lui. Donnez-lui un bout de chandéle , quand on voit un homme qui ne sauroit trouver ce qu’il veut dire. Acad. Franç. ■ t Le jeu ne vaut pas la chandéle. Proverbe , pour dire, qu’il y a plus de frais que de gain. PI tu exinde dijpendii quam lucri. t Fde ejì belle à la chandéle, mais le jour gâte tout. [EJi illi nollurna faciès. ] Proverbe, pour dire qu’unt fille ou femme est laide. t * On dit de celui qui fait de la dépense d’un côté, & fa femme de l’autre, que fia chandéle brûle par les deux bouts. (Ab utroque r es périt.) t * On dit proverbialement que la chandéle fie brûle; pour dire, que le tems sc passe, & que Pocasion se perd. t * On nomme figurément chandéle de glace , ces eaux glacées qui pendent des toits, des arbres, &c. CHANDELEUR , fi. fi. [ Cerealia .] La purification de la Vierge, qui est apellée de la forte à cause des chandéles, ou des cierges qu’on porte le jour de cette fête à l’Egsisc & à la procession, pour marquer que Jésus-Christ est la lumière du monde. CHANDELIER , fi. m. [Candelabrum.] Instrument de métal, de bois, de faïance, ou de cristal, où l’on pose la chgndéle pour éclairer dans le logis. Chandelier d’étude, chandelier de cabinet.) CHANDELIER d’Eglise. Grand chandelier qu’on met for les gradins de l’Autel, & for quoi on pose les cierges pour éclairer durant le service. CHANDELIER. [Candelarum opifiexf j Artisan qui travaille en fois, qui fait & vend de toutes fortes de chandéles, & qui trafique de marchandises de regrat. CHANDELIERS. Terme de Guerre. Deux pièces de bois de cinq ou six piez de haut, plantées debout for une traverse, à cinq ou six piez l’une de l’autre, on remplit l’entre-deux de faoines pour se couvrir dans les lieux enfilez. (Se cacher avec des blindes & des chandeliers. Mr. de la Chapelle, relation des campagnes de Rocroi [fi de Fribourg.) $ CHANDELIERS. Terme de Marine. II y a les chandeliers de pìerrnrs, les chandeliers de chaloupe, les chandeliers d’echajfies, les chandeliers de lijjes, le chandelier de fanal, ctc. Voïez Aubin. CHANDELIER. Ce mot sc peut dire en parlant de cerf , mais non pas en véritable terme d echajje. C’eit quand le haut de la tête d’un vieux cerf est large & creux. Sal. CHANDELIE'RE, fi fi. [Candelarum opìfick uxor.] Femme de Chandelier. Veuve de Chandelier. Mettre quelcun fur le chandelier ; pour dire , l’èle- ver en dignité. Acad. Franç. CHANFRIN, J- m. [Equina firontis tegumen- tum.J Terme de Sellier. Morceau d'étofe noire qu’on met for le nez des cheveux en deuil. CHANFRIN blanc, ou belle face. [Frons equina albà macula Jignata.] Plote ou étoile au front du cheval, & qui s’alonge jusques auprès du nez fans toucher aux sourcils, ni aler jusqu’au bout du nez. Soleifiel. CHANFRIN. Terme de Plumacier. Coifores d* plumes pour un cheval aux jours de pompe & de cérémonie, comme aux jours de tournois & de caruu- scl. (Un beau ehanfrin.) CHAN- CHA CHANGE, / 111 ■ [Asaíaíw. ] Ce mot signifie changement , & n’est usité en prose que dans de certaines phrases , hors desquelles on dit changement. Voici ces phrases, gagner au change, perdre au change, ne rien perdre au change. (On dit auiîì , il lui a bien rendu son change.) , , CHANGE, / m. En Poésie u est plus usité qu en prose dans la signification de changement. Cependant il ne s’en faut servir en vers que le plus rarement qu’on peut, & à moins qu’il ne soit dans quelque façon de parler, belle ou jolie. (II n’ejl permit d’aimer le change Que des femmes des habits. Malh. & Racan. Poës. Votez Bah. entret, Cefl elle , V non pas lui, qui fait sentir au monde Le change des saisons. Malh. Poës. /. ?. Si aux apas du change un homme ne f envole, On Je peut aJJ'urer, Qu'amour eji équitable, g? qu’enfin il console Ceux qu’il a fait pleurer. Malh. Poës. /. ;.) sf Quoi, vous apellez crime, un change raisonnable ? Corn. Horace. CHANGE pour changement, ne se dit plus. Malherbe a dit : 0 que nos fortunes projfreres Ont un change bien apparent . Mais il ne faut imiter ni l’un ni l’autre. CHANGE , J", m. [Erratio accipitris.J II se dit, en parlant de la chasse du faucon, du lièvre ou de quelque autre bête fauve. C’est la ruse que fait la bête pour se dérober des chiens ou des chasseurs, en leur donnant quelque autre bête à chasser, & se sauvant par ce moïen. Lièvre qui a donné le change. Les chiens ont pris le change. Sal. traité de la chajj'e du lièvre. Empêcher le faucon d’aler au change. Voïez lerecttíil des oiseaux de proie, p. 126, C’est-à-dire, de quiter l’oiseau qu’il chasse pour en prendre un autre. Un vieux cerf donne le change, & laisse à sa place son écuïer; c’est-à-dire, un jeune cerf qui l’acompagnoit.) CHANGE , f. m. [ ’Hallucinari, aliò abduci, aber - rare.] II se dit agréablement au figuré, & veut dire tromperie, qui se fait lors qu’on oblige adroitement une personne à perdre une chose pour une autre. J’admi- rois la conduite de ces Pères qui vous ont fait prendre le change. Racine, à l’Auteur des Visionnaires, CHANGE, / m. [ Publicœ pecunia eommutatio. J Lieu établi par le Roi pour changer les espèces. Le mot de change, en ce sens, est le seul qui soit bien d’usage. (AÌer au change , le change est fermé, le change est ouvert, je viens du change, & il est plein de monde.) CHANGE,/»*. [Permutata pecunia usura.J En général, il signifie la permutation d’une monoïe comptée dans une place pour en recevoir la valeur dans une autre, soit en même monoïe , ou en d’autre. Voïez la pratique de Claude Irson. Faire un change de place en place, de pars en païs; faire un change en droiture ; il y a un change étranger , un change manuel, un change réel ; un change commun qui est le profit que reçoit le Banquier ou autre négotiant qui fournit à un autre une lettre de change tirée sor un correspondant; le change commun signifie aussi le profit qu’on donne à un Changent pour son droit de change d’une espèce à une autre. Le 2;. de Mai de l’année 1689. le Roi ordonna que le Changeur, pour son droit de change, sor un écu, prendroit trois deniers, pour une pistole un sou, pour un demi Louis six deniers, &c. CHANGE. [Forum argentarium.J Place dans les villes de commerce, où les Marchands s’assemblent pour exercer leurs commerces d’argent. A Lyon, on îapelle absolument le change; & dans plusieurs autres endroits, la bourse. CHANGEANT. (Mutabiliífi Participe, qui veut dire, qui efi changeant. CHANGEANT, changeante, adj. [Levis , mobilis, ìncmjìuns.) Leger & inconstant. (Esprit changeant, humeur changeante.) f CHANGEANT, adj. Etofe de laine, ou espèce de Camelot, qui se fabrique à Lille en Flandres. II s’en fait de diférentes qualitez. í CHANGEANT , adj. On apell e tafetas changeant, «n tafetas dont la soie de la chaîne est d’une couleur, CHA 357 & celle de la trême d’une autre; Ce qui, suivant fa diférente exposition à la lumière, le fait changer, & lui donne de divers reflets de couleurs. CHANGEMENT , f. m. \JMutatio.~\ Change. Action Ae la personne qui change. (Aimer le changement.) & Tout est sujet au changement. Le tems au tems point ne ressemble ; L’Eté brûle tout, l’hiver tremble >• Toutes choses ont leur saison, Le Blason des folles amours. CHANGEMENT. XMetamorphofis.) Métamorphose» * CHANGEMENT. [Conversio.J Remuement Mou- veautez qui changent la forme du Gouvernement ou de l’Etat. (Aspirer au changement. Abl, Arr. I. 1. c . 4.) CHANGER, v. a. [Mutare.] Donner une chose pour une autre. Troquer. ( Changer une paire de pistolets. 11 ne s’en tend point en troc, de changer la Bassée pour Landrecl. Voit. Poës.) CHANGER. [Permutare.] En parlant d’or ou d’argent monoïé. C’est donner en monoïe la Valeur de quelque pièce d’or ou d’argent. (Changer une pistole , changer une quadruple, &c» CHANGER. Quiter un lieu pour aler en un autre, ou une chose pour en prendre une autre. (Changer de quartier, changer d’habit, changer de logis.) CHANGER. [Innovare.] Innover. On ne doit riest changer en matière de religion.) CHANGER. [Commutare.] Métamorphoser. 11 n’y a que les Dieux & les Déesses qui puissent changes les hommes en diverses formes.) CHANGER. [Immutare,] Donner un autre air à quelque chose. (Changer la face de la Chrétienté. Pas-, /. ;.) CHANGER. [ Agendi rationem mutare. ] Prendre une autre maniéré de vivre. Tenir une autre conduite. (Changer son amitié en amour.) Quittez votre rigueur extrême, Un jour, Philis , vous changerez, Je J'ai bien déja qui vous aime, Mais non pas qui vous aimerez. Poète anonyme.) Le tems seul me fera juger , Si l’on peut faire fonds fur vos belles pàrdles, Ousi vous aimez à changer. Poète anonyme.) Se changer, v. r. [Modum U rationenì agendi mu~ tare .) Changer d’air & de maniéré. Prendre un autre air. (A la fin toutes choses se changent. Malh. Poéfi, l. v II n’y a rien dans le monde qui ne l'e change de tems en tems.) Se changer, v. r. [ Se cónvertere. ] Se convertir. Tout le monde se change pendant le Jubilé, le Marchand ne trompe plus, le Procureur ne vole plus, &c. Mais ces changemens ne durent pas long-tems.) CHANGEUR , f. m. [Mensarius , nummularius. ] Celui qui est destiné pour changer les rstonoïes qui ont cours, & qui pour son change reçoit quelque profit qui est déterminé. (II y a de riches Changeurs. II est riche comme un Changeur. f Pdier comme un Changeur. C’est païer comptant. CHANLATE , f f- Terme de Couvreur . Chevron refendu diagonalement, & d’angle en angle, qu’on pose sur l’extrémité des chevrons d’une couverture, de même sens que les lates. CHANOINE, f m. C Canônicus. ] Celui qui possède un Canonicat eclésiaftique, qui vit ou qui doit vivre selon les Canons de l’Eglise, (On n’a donné le nom de Chanoine aux Ecclésiastiques qui possèdent un Canonicat, que depuis le tems de Charlemagne. Pinson. Je w ’aurai qu*à chanter, rire, boire d’autant. Et comme un gras Chanoine, a mon aiJeÇfi content, PaJJèr tranquilement, fans souci, fans afaire, La nuit a bien dormir, N k i our rien faire . Despr.) CHANOINE régulier, [ Canônicus régularisé ] C’est Uri Religieux Chanoine, tels sont les Chanoines réguliers de Saint Augustin. CHANOINE séculier-. \ Canônicus sécularisé} Prêtre séculier Chanoine. CHANOINIE , J', fi Canonici mumtí-, dignités.] Bénéfice de Chanoine. CHANOINESSE,/ /. [Virgo Canonica.] Fille. Demoiselle qui vit en Religieuse, sans toutefois renoncer Y Y i à son 358 CHA à son bien, ni faire aucun vœu. A Mons en Hainaut, & en quelques autres lieux de Flandre, il y a des Chanoinesses qui font en grande estime. CHANOINESSE de S. Augustin. [Canonica S. Au- gustini régula addicla.] Religieuse qui suit la régie de S. Augustin, & qui est habillée de serge blanche, avec un surplis de toile fine fur fa robe, un voile noir fur fa tête , & une aumusse fur le bras. Les Chanoinesses de S. Augustin font bien fondées, elles ont des Abef- fes que le Roi nomme. On apelle ces Chanoinesses, Madame, quand on leur parle. Postuler pour être reqûë Chanoinesse de S. Augustin. CHANSON, s- st [Cantilena , cantieum , cantiof] Vers tournez d’une maniéré fimple, aisée & naturelle qu’on chante , & dont chaque stance s’apelle couplet. ( Chanter une jolie chanson , danser aux chansons, chanson bachique ou chanson à boire , chanson à danser , chanson profane , chanson spirituelle. Faire une agréable chanson. Nos meilleurs chanson sont «elles de Boesset.) t CHANSON, f Cantilena. ] On se sert de ce mot, pour dire, bagatelle. (Chanson que tout cela. Tout ce que vous me dites , font des chansons. Un amant de son père écoute les leçons , Et court chez J'a maîtresse oublier ces chansons. Despr.) Je ne me paie point de chansons. C’est-à-dire , je veux des éfets, & non pas de simples paroles. f II redit toûjours la même chanson. C’est-à-dire, il répété la même chose. t CHANSONNETTE , s. st. [ Çantiuncula. ] Petite chanson. CHANSONNIER , s. m. £ Cantilenarumscriptor, can- tùs modulator. ] Celui qui fait des chansons & qui fait des vers fur des airs que le Musicien lui donne. ( On vit paroître sur les rangs le Sieur Perrin , ci-de- vant grand chansonnier de France. Lettre sur l’arrivée de Lulli aux champs élipens , p. 48. La plupart des Abez un peu galans font chansonniers , & se piquent même de faire imprimer des chansons.) CHANT , f ni. ( Cantus. ] Ce mot se dit des hommes , des oiseaux , & de la cigale. Voix harmonieuse , que la nature a donnée aux hommes pour témoigner leur joie & leur plaisir. Maniéré de chanter naturelle de certains oiseaux. Maniéré de chanter particulière. ( Le chant du rossignol est agréable, mais celui de la cigale ne Test guére. Le chant de l’Eglisc doit être grave & modeste. Le plein chant.) H On dit, qu’une piéce ria point de chant ; c’est-à- dire , qu’elle n’a rien d’agréable ni de gracieux, quoi- qu’elle soit dans les régies de la Musique. (§ CHANT & mode font finonimes parmi les Musiciens. Les Grecs réduisirent les diférens chants à quatre seulement, dont le prémier étoit le Dorien, dont on se servoit pour exprimer les choses graves, sérieuses , & qui concernoient la Religion. Les La- cedémoniens le préferoient a tous les autres , comme étant plus conforme à leur genie. Le deuxième étoit apelle Phrygien , & étoit propre à exciter l’em- portement, & quelque chose de plus que la colere, que l’on adoucisse»'t par le Semi-phrygien. Le troisième étoit le Lydien , dont la douceur convenoit au récit des choses tristes & languissantes. Et le quatrième étoit l’Eolien. De ces quatre modes , on en a composé jusques à douze , par le moïen du tétracor- de. Votez P Histoire de la Musique , chap. 2. où l’on trouvera plusieurs choses curieuses & agréables. Volez aussi mode , ton. CHANT. [ Modus , modulatio . 3 Air de chanson. En ce sens, le mot d ’air est plus usité que celui de chant. CHANT. [ Cantilena. ] Partie de poème héroïque, & ce qu’on apelle ordinairement Uvre. (Les Italiens divisent leurs poèmes en chants.) CHANT-ROYAL , f. m. s Carmen regiurn. 3 Poème Franqois. de cinq couplets & d’un envoi, le tout fur trois, quatre ou cinq rimes. Le chant du coq. [ Galìi cantus. ] Ces mots se disent pour signifier le grand matin , parce que le coq chante ordinairement au point du jour. On parle de chant nuptial qu’on nomme épithalame ,. ( epithala- mium ; ) chant de victoire , ( epinicium , chant pastoral, chant funèbre , {cpicidimn,) &c. CHANTEAU, f m. s Angulatum lustralit panis CHA frustum. ] Gros morceau de pain bénit qu’on donne à celui qui doit faire le pain bénit. CHANTEAU. Terme de Tailleur. Grandes pièces d’étofe rentraites au bas du manteau. CHANTEAU. [ AJstls doliarii segmentum angulatum.'] Terme de Tonnelier. La dernière piéce du fond du muid. Ce mot , chanteau , ( angulata rei ora , ) signifie dans fa prémiére origine une piéce retranchée d’un côté d’un corps rond , ou d’une figure ronde. Ce qu’on nomme en Géométrie un segment de cercle , qui a d’un côté une ligne droite, & de l’autre , une ligne circulaire , se peut apeller chanteau , comme font les Tailleurs , ainsi qu’on vient de le dire. Le. prémier morceau qu’on coupe d’un pain, ou une piéce qu’on en retranche , se nomme aussi chanteau. < 3 f Ainsi l’on dit dans les Coûtumes qui autorisent la mainmorte : Le chanteau part le vilain. II est dit dans l’article septième du titre 27. de la Coutume d’Auvergne, qu’entre personnes conditionnées, c’est- à-dire , de mainmorte, la séparation doit être faite par un partage , ou par commencement de partage par le parlement du chanteau , c’est-à-dire , selon l’expli- eation de Prohet , par le partage du pain, chacun vivant du sien en particulier : ainsi dans les Coutumes de Nivernois & de Bourgogne , on dit ordinai- ment. Le sel , le feu N, k pain partent les gens de mortemain. t§ CHANTEL. Ancien mot. On disoit ausli chantes pour exprimer le côté du sceau où les pies du Roi doivent être ; en voici la preuve ; Joinville a dit dans son Histoire de Saint Louis : ,,Desquelles ,, lettres, les sceaulx du Roi, qui autrefois y avoient ,, été, étoient tous brisez & cassez , & n’y avoit ,, plus desdits sceaulx que la moitié des jambes de ,, Limage du scel du Roi , & le chante! sur lequel le ,, Roi avoit les pieds. JÛT CHANTELAGE. C’est, selon Ragueau, un droit qui est dû pour le vin vendu fur les chantiers de la cave ou du celier. Ce droit est apellé chantele dans la Coutume d’Auxerre. CHANTE-PLEURE , s st [ Caudatum instundi- hulum. 3 Entonnoir à longue queuë qu’on met dans le bondon des muids pour les remplir , & qui est percée au bas de plusieurs petits trous, afin que rien n’y puisse passer de ce qui n’est pas liquide. On apelle aussi chante-pleure , une espèce de Barbacanne , ou ventouse qu’on fait aux murs de clôture , construits près de quelque eau courante, afin que pendant son débordement elle puisse entrer dans le clos , & en sortir librement, parce que ces murs étant solides, ils ne lui pourroient pas résister. Depuis deux jours on ni entretient Pour sçavoir d’où vient chante-pleure, Au chagrin que f en ai ; je meure : Si je savoìs d’où ce mot vient , Je l’y renverrok tout à l’heure. CHANTER , v. a. [_ Canere , cantare. 3 Ce mot se dit des hommes , des oiseaux , des cigales terrestres. Pousser un son harmonieux pour témoigner de la joie , ou quelque autre passion. Pousser un son naturel pour marquer de la joie. Le rossignol chante mieux que tous les auttres oiseaux, mais il ne chante guére que durant le mois d’Avril, & jusqu’à la mi-Août. S’il chante, il ne chante jamais auprès de son nid , de peur de faire découvrir ses petits. Volez Olina , traité des oiseaux qui chantent. On dit qu’il n’y a que le Franqois qui chante proprement. L’Efpagnol, au lieu de chanter , pleure ; l’ïtalien ne fait que gémir ; l’Alemand beugle ; & le Flamand hurle. Votez Saint Evremont , opéra in 4. p. 504. Je chamois, ne vous déplaise, Vms chantiez , f en fuis fort aise, Et bien , dansez maintenant. La Font. CHANTER. Dire lair d’une chanson. Entonner. ( Chanter une chanson. Chanter un verset, un couplet.) £ CHANTER a livre ouvert. C’est chanter a la première inspection des notes , des airs qu’on n’a point víìs. t CHANTER , signifie aussi réciter, déclamer, en prononçant d’une maniéré qui n’est pas naturelle. CHA Ce’Prédicateur chante, ce Comédien chante d*une maniéré désagréable. f CHANTER. C’est auíll faire l’aveu d’une chose dont on est actisé. On dit d’un criminel, qu’il a chanté, ou avoué son crime. ( S’il est opiniâtre la question le fera bien chanter.) | CHANTER. Faire chanter quelcun , c’est encore le réduire à la raison , le rendre traitable. Ne í'oïez pas ii fier, on vous fera bien chanter. * CHANTER. [ Canere , pradicare , celebraref\ Célébrer, louer les belles actions de quelque grand Capitaine , ou de quelque grand homme. (Alexandre n’a point d’Hiítorien ni de Poète , qui puisse assez dignement chanter ses victoires. Abl.Arr.l. i. Pour chanter un Auguste , il faut être un Virgile. Dtfpr. fat. i. N’atends pas que je chante ta prudente valeur. Chap. ode au Card. Riche!. Ou est cette merveilleuse fontaine qu’Ausonne a chantée de toute la force de fa voix ? Balz. entret. 30. A chanter ces fameux exploits J’emploirok volontiers ma vie s Mais je n’ai qu’un filet de voix, Et ne chante que pour Silvie. Sar. Poés. (f Parmi les Poètes chanter & Aire, raconter, c’est la même chose , & il y a 1 ong-tems que ces mots sont sinonimes. En efet j’ai remarqué qu’Anacréon s’est servi dans le premier vers de fa première Ode, du mot hîTíiv , qui signifie dire , & de oJítv , dans le second , qui lignifie chanter : Je veux dire , ou je vttix raconter ies faits des Atrìdes j je veux aujji chanter ceux de Cadmut. f CHANTER. Dire. Chanter poùilles à quelcun. Ces mots signifient, dire des injures. $ CHANTER à quelcun fa gante. C’est lui dire ses véritez , lui faire une forte réprimandé. On lui a bien chanté fa gaine. f CHANTER la Palinodie. C’est se dédire de ce qu’on avoir avancé , se rétracter. ( On fait chanter h Palinodie aux Abez Jansénistes avec des Lettres de cachet.) Lors qih'.ne fois on est marié , il faut chanter, C’est- à-dire , qu’il faut changer de train de vie. Pain à chanter. Voïez Pain. CHANTERELLE , f. f [ Chorda omnium acutijJìma.J La plus petite corde d’un instrument de Musique. f CHANTERELLE , f. f. Cheville de fer, ou de bois, qui sert dans i’arcon des Chapeliers à bander la corde, en la mettant entr’elle & ce qu’on nomme le paneau. On l’apelle chanterelle , parce qu’en effet cette cheville donne une efpece de ton musical à la corde de l’arçon , qui fait connoìtre à l’ouvrier, qu’elle est assez tendue pour arçonner la matière, soit poil, foie laine , dont on fait les chapeaux. f CHANTERELLE. On donne ce nom à la femelle de perdrix , & à d’antres oiseaux dont on se sert pour attirer les oiseaux dans les filets & les pièges qui leur font préparez. CHANTEUR , f m. [ Cantator. J Celui qui chante. (Un bon chanteur.) CHANTEUSE , f. f. f Cantatrixf] Celle qui chante. (Belle chanteuse. 11 le salut emporter ivre du festin entre les bras de quelque chanteuse. Abl. Luc, i i- Timon. ) CHANTIER. , f, tn. [ Strues lignorum, apotheca lignaria. ] Lieu oú les marchands de bois arrangent leur bois. ( Un grand chantier.) CHANTIER. [ Tabri ojjlcina. J Lieu où les Charpentiers travaillent. t CHANTIER. C’est aussi le lieu où l’on décharge les pierres pour les travailler. Les pierres font en chantier. CHANTIER. Piéce de bois fur quoi on pose les sacs de blé fur les ports de Paris. CHANTIER. [ Canterius. J Piece de bois où le vin est rangé lors qu’il est en cave. ( Mettre le vin fur le chantier. Mettre le vin en chantier.) CHANTIER. [Rhedarum receptaculum .J Grande remise où les loueurs de carrosse rangent leurs carof- les. (Je vous donnerai pour un' Louis par jour le meilleur caresse de mon chantier.) CH ANTIG.N OLE , T f. [Latercu!m.~\ Espèce de brique, qui doit avoir huit pouces de long fur CHA 359 quatre de large. Les Charpentiers donnent aussi ce nom à de petites pièces de bois qui soutiennent les pannes de charpenterie. CHANTOURNER, v. a. Terme d’ ArchiteHu- re. Couper en dehors une piéce de bois, de fer otì de plomb , suivant un profil. CHANTRE , f, m. s Cantor. ] Celui qui chante à l’Eglise. ( II y a de bons chantres à Notre-Dame de Paris.) Mr. Despréaux a dit, parlant des Chanoines : Ces pieux faìneans faisaient chanter matines, Veilloient à bien dîner , N laissaient en leur lieu, A des Chantres gagez le Join de louer Dieu, CHANTRE. [ Chori , cantorum prafeflm. J Ce mot, parmi les Religieux, signifie celui qui dirige le chœur, qui entonne les premières Antiennes. CHANTRE, f Cantor. j Celui qui, parmi lès Chanoines , a foin que ce qui se chante dans l’Eglise , se fasse comme il faut. C’est même lui qui a soin des petites écoles , & c’est une dignité de Chapitre ou d’Eglife Colégiale. CHANTRE , f. f. [ Cantatrix. ] Religieuse qui a bonne voix, qui fait le chant , & les rubriques de l’Ofice , afìn de redresser les manquemens qui se feront au chœur. (La Chantre dira tout haut ce qui regarde l’Ofice du lendemain. Voïez les Constitutions de Port-Royal.) f CHANTRE. On le dit fig. & Poët. d’un Poète, On dit, le chantre de laThrace, pour dire, Orphée, Les Rossignols font aussi Poèt. les chantres des bois. CHANTRERIE , f f [ Chori , cantorum prafeciura .] La dignité , l’ofice , ou le bénéfice du Chantre. CHANVRE , f. m. [ Cannabk , cannabm. ] Herbe qui produit une tige ronde, droite, creuse , & haute de cinq à six piez, qu’on brise & dont on tire le fil. ( Chanvre mâle ; chanvre femelle ; cueillir le chanvre ; rouir le chanvre ; briser , ébaucher , habiller , régaïer le chanvre.) f CHANVRE sauvage . [ Cannabk erratica. ] Cette plante croît dans les lieux marécageux. Sa semence est un excellent vermifuge; elle convient à la toux & à modérer l’ardeur de Vénus. £ CHANVRE cru. C’est du chanvre qui n’a eu que fa premiere faqon. On l’apelle aussi chanvre en masse , ^ CHANVRE serancé. C’est le chanvre prêt à filer, qui a passé par les peignes les plus fins , & qui a re- qû ses derniers aprêts. Le non-ferancé , est le chanvre cru & est masse. CHANVRE afiné. C’est le plus beau & le plus fitt de tous ; celui qui a reqû le plus de façons. On l’apelle simplement de YAfinage. CHANVRE. [ Tela cannabina. ] II se dit auíîi de la fil ace & du fil de chanvre. (Vendre du chanvre. Toile de chanvre.) CHANVRIER , s. m. [Cannabk opifex.'} Ouvrier qui habille le chanvre. CHAOS. Voïez Cahos. CHAPE ■> f f C Sacra trabea. ] Vêtement d’Eglife , ample , sans manches , & ouvert par devant, que pôrtent deux personnes qui chantent au lutrin. ( Porter chape.) CHAPE. Terme de Chanoine. Grande robe que îe Chanoine met par-deífus son rochet, & sur laquelle il met son camail. CHAPE. [ Operculum.) Terme de certains Religieux, comme d’Augustins , de Jacobins , de Carmes qui ne font pas déchaussez. C’est un certain vêtement fort ample que ces fortes de Religieux portent en ville. CHAPE. Terme de Bernardin. Espèce de manteau fort ample que portent les novices des Bernardins. CHAPE. [Extrema pars qucefibulà injeritur-.'] Terme d ’ Orfèvre , d’autres gens qui font des boucles , Partie de la boucle oú est le bouton, & qui est un peu plate & large. CHAPE. Terme de Ceinturier. Morceau de cuir qui tient les boudes de devant, & celles du remontant du baudrier. CHAPE. [ Penula. ] Terme de Faiseur de Fourneau de Chimie. C’est le dessus du fourneau. f Disputer la chape de l’'Evêque. Proverbe , qui veut dire , contester une chose où l’on n’a point d’intérêt. /F Mr- Du Cange dit que ee proverbe est fort an» cienl 36o CHA cien. On trouve dans les Auteurs de la baffe latinité , de cappa Ord'marii lìtigare. f * Chercher chape-chute. Phrase proverbiale ; pour dire, se gouverner de telle sorte qu’on s’atire quelque chose de fâcheux. f CHAPE. C’est ce couvercle de fer blanc , dont les Cuisiniers couvrent les plats ; pour conserver les viandes chaudes. C’eft de ce mot que les Maìtrcs- Traiteurs font qualifiez dans leurs statuts, Cuisiniers- porte-Chapes. f CHAPE. On apelle ainsi dans les fonderies ; cet enduit de terre composée, dont on couvre la cire des moules, où l’on veut fondre des ouvrages de fonte, ou de bronze. C’est la chape qui conserve la forme de la cire , & qui, lorsque cette cire est fondue, & toute sortie du moule , la communique au métail liquide, qui en prend la place. CHAPE', adj. [ Trabeatus. ] Terme de Blason. C’est une piéce faite en figure de chevron, mais qui est pleine au dedans , & massive, en forte que le champ de dehors qui est dans l’écu , lui semble servir de chape ou de manteau, & en ce cas, on l’a- pelle un écu chape , parce qu’il s’ouvre en chape ou en pavillon , depuis le milieu du chef, jusques au milieu des flans. sf Tous ces mots , & ceux de chapéle & de chapelain , font dérivez du Latin capa , un manteau. Capa , dit Papias, diHa , quòd capitit est ornamentum , vel quasi capìat totum homìnem. Le manteau de S. Martin fut nommé par les Auteurs Latins, capa, & par les Franqois, chape. DuTillet, au chapitre du Grand Chambelan : Le Grand Chambellan seul, por- toit chape , qui esì manteau. Joinville, dans l’Hiftoi- re de S. Louis : Le pauvre Chevalier ne sut mie es- bahy , mais empoigne le bourgeois par fa chape , bien ejìroit , g?c. Vacce , dans son Roman : Une chape à pluye aseubla , Sur sa chape se sait chaindre. Le manteau de S. Martin étoit porté à la tête des armées par un des principaux Oficiers de la Couronne , & scrvoit d’étendart général ; & la vénération que l’on avoit pour ce Saint, étoit si grande , que l’on apella chape cette espèce de manteau qui est en usage dans nos Eglises ; & chapéle les lieux où Ton célébré la Messe ; & Chapelains, les Prêtres qui les déservent. Walafrid. Strabo, cap. ult. Gemma anima , cap. 12 g. Capellani à cappá sanfíi Martini ap- pellati, quam Reges Francorum in praliis semper ba- bebant, fs eam deserentes Capellanos dicebant. Voïez Du Peyrat, dans son Histoire Eclésiastique de la Cour, liv. i. ch. i. Plusieurs croient que les Comtes d’An- jou avoient le privilège de porter cet étendart dans les armées , comme Grands-Sénéchaux de France. Nous disons volontiers, en parlant d’un pauvre Gentilhomme , qu’il n’a que la cappe E-? l’e'pée. CHAPEAU , f m. [ Pileus. ] Couverture de tête dont l’homme fe sert durant le jour, & qui est com- Î iosée de trois parties , dont Tune s’apelle forme, 'autre le lien, & la troisième le bord. 11 y a de diférentes sortes de chapeaux. (Chapeau de laine, chapeau de poil de castor. La matière des chapeaux est ordinairement de feutre. On dit, fouler un chapeau , teindre un chapeau, mettre de l’aprêt à un chapeau , abattre un chapeau , lustrer un chapeau, border , broder, rafraîchir , nétéïer un chapeau. Porter de bonne grâce un chapeau, mettre son chapeau, ôter de bon air son chapeau , mettre la main au chapeau , parler à quelcun chapeau bas. Un caudebec, un loutre , un castor , ce sont de diférentes sortes de chapeaux. On dit, un chapeau de paille. CHAPEAU en blanc. [ Petasus nullo colore imbutmlj Terme de Chapeliers pour aire, chapeau qui n’est pas teint. CHAPEAU à I’épreuve du mousquets [ Cassis serrea .] Terme à’Armurier. Maniéré de coife de fer que les soldats mettent dans la forme de leur chapeau. CHAPEAU de fleurs, f Florea corolla. ] Couronne de steurs. ( Les amans atachoient autrefois des festons d’olive , & des chapeaux de fleurs fur la porte de leurs maîtresses. Nicolas Richelet , notes fur les sonnets de Ronsard .) {$ CHAPEAU de Roses. Les Coutumes d’Anjou, art. 14.1. du Maine, de Lodunois , ont décidé, que les filles peuvent renoncer à la succession du père & de la mère lorsqu’ellc n’est point encore échue, pour CHA un chapeau de Roses , c’ejï assavoir quelque leger don de mariage s ce sont les termes des Coutumes que j’ai citées. . , * CHAPEAU, f Petasm purpureus. ] Dignité de Cardinal. (* Prétendre au chapeau. Mains f * CHAPEAU. [Homo, viré] II fe dit aussi figurément & parmi le petit peuple, pour signifier un homme. (II y avoit plusieurs femmes en ce lieu là, mais il n’y avoit pas un chapeau ; c’est-à-dire , il n’y avoit pas un homme parmi ces femmes.) sf Les chapeaux étoient en usage parmi les Romains, & ils marquoient que celui qui le portoit étoit libre ; pileras, parce que ex pilis fiebat. Lorsqu’on afranchissoit un esclave, on le menoit dans le temple de la Déesse Feronia, où le maître lui mettoit un chapeau sur la tête. Castor & pollux sont représentez pileatì , parce qu’ils étoient regardez comme les Libérateurs de la Grèce. Pendant les Saturnales , le peuple portoit un chapeau , pour aprendre qu’ils avoient la liberté, dans ces tems, de parler & de dire tout ce qu’ils pensoient, fans aucune crainte de châtiment. Voïez So/erius, de pileo. ^ CHAPEAU de Maître. Terme de Commerce de mer, qui lignifie un certain droit, ou présent, que les Maîtres des Vaisseaux Marchands fe font donner pour chaque tonneau de marchandise, qui se charge dans leurs bords. Ainsi on dit : tant pour le fret, & tant pour le chapeau du Maître. $ CHAPEAU. Terme de Blason. C’est une marque de dignité ecclésiastique. Les cardinaux mettent le chapeau rouge fur leur écusson, avec de longs cordons de soie entrelacez qui pendent du dedans & aux cotez, avec cinq rangs de houpes. Les Patriarches & les Archevêques portent fur leurs armes le chapeau verd, avec quatre rangs de houpes. Les Evêques ont le chapeau de même couleur, avec trois rangs de houpes. Enfin les Abez le portent noir, avec deux rangs de houpes seulement. L’usage des chapeaux sur ie timbre des armoiries, n’a été introduit que puis Tan i)oo. f CHAPEAU. Terme de Charpenterìe. C’est la plus haute piéce de charpente, qui assemble des poteaux corniers dans un clocher , ou autre bâtiment. Chapeau d’étaie est la piéce de bois au dessus des étaies qui soutient les poutres & les solives. Chapeau d’efca- lier , c’est la piéce qui apure le haut d’un escalier. Chapeau de Lucarne, c’est une piéce de bois assemblée fur les poteaux, qui fait la fermeture d’une lucarne. H CHAPEAU. Terme de Maçonnerie. C’est le couronnement, ou le haut d’une muraille en talut, pour donner l’égoût aux eaux. CHAPE'LE , ou Chapelle , s s. [ Sacellum.j Endroit dans une Eglise qui a un autel où Ton dit la Messe, qui est embéli d’images, qui est dédié à quelque Saint, ou à quelque Sainte. (Ainsi on dit la Chapéle Saint Pierre, la Chapéle Sainte Anne. Eglise qui n’a été bâtie que pour être une Chapéle. Ainsi on dit la Sainte Chapelle de Paris. Qui on eji édifié de voir une femelle, Assise auprès d’un Moine au fond dune Chapelle. Sant. Parmi les doux plaisirs d’une paix fraternelle, Paris voioit fleurir son antique Chapelle. Defpr.) Sur Tétimologie de ce mot, voïez ci-dessus Chape. CHAPE'LE. [Sacra supplicationes à Pontifice obiri soliste, j Ce mot fe dit en parlant du Pape, qui va faire ses prières, & entendre la Messe dans une Eglise. (Le Pape a tenu aujourd’hui chapéle. Sa Sainteté tiendra demain chapéle à Saint Pierre.) CHAPE'LE. [ Annuus ex sacello reditus. ] Sorte de bénéfice qui consiste au revenu d’une Chapéle, & qui est fondé pour la desservir. s§ Toutes les Chapéles ne sont pas Bénefices : il y en a de purement laïques, comme les Prestimonies, les Obits ; aussi elles ne fervent pas à former la ré- plétion qui empêche l’éfet des degrez, & exclut le gradué. Le collateur en pourvoie de plein , quand elles n’ont point été fpiritualisées & décrétées par l’Ordinaire. * CHAPE'LE. [Musical] Ce mot, au figuré , se prend pour les Chantres & Musiciens de quelque Eglise considérable. La Messe a été chantée par la Chapéle.) CHA- CHA CHAPE'LE. [Fomix, caméra.] Terme de Boulanger & de Paticier. C’est le dedans & le haut du four qui est fait en arc. (La chapéle de ce four est trop ardente.) CHAPE'LE de viole, [pperculum.] Terme de Lutter. La partie de la viole qui couvre la roue de la viole. H CHAPE'LE. Terme de Chimie. On donne ce nom à la partie de Talembic, qui lui sert de couvercle. f CHAPE'LE. Terme de Marine. Faire chapéle, c’eft un revirement inopiné d’un vaisseau, soit par la faute du Timonier, soit par le changement du vent, ou par la violence des courans. f CHAPE'LE de compas. C'est un petit cône concave de laiton, dans lequel entre le pivot qui suporte la rose de la boussole. {f CHAPE'LE ardente. L’endroit où Ton repose un mort jusqu’à ce qu’on l’enterre, étant tapissé de noir, avec beaucoup de flambeaux & de cierges allumez, est ce qu’on apelle une chapéle ardente. Ce terme me fait souvenir d’une épitaphe de la façon de Saint Gelais, & où l’on reconnoîtra le mauvais goût de nos pères. O voyageurs, ce marbre fut choijy Pour publier la grande extorsion De mort, qui prit Helene de BoiJJy Dont ici giji la moindre portion , CarJi elle eut eu, à proportion De ses valeurs , un jujîe monument , Toute la terre eÏÏeut entierement Pour son cercueil , (-f la grand! mer patente Ne fut que pleurs , le clair firmament Lui eut servi d’une chapelle ardente. CHAPELAIN, s m. [Sacrario pratfifíus.] Celui qui a un bénéfice qui consiste au revenu d’une Chapéle. CHAPELAIN. Prêtre gagé pour dire la Messe de quelque Prince, où de quelque personne de qualité. (II y a huit Chapelains de l’Oratoire du Roi, íêrvans par quartiers.) . M. Godeau répondit un jour à un de ses amis, qui lui conseilloit de faire un Poème Epique à T imitation de Chapelain , „ qu’il n’avoit pas le poumon „ assez fort pour la trompette, & qu’en cette ocasion „ TEvêque cédoit la place au Chapelain. „ Si cette réponse n’étoit pas sincère, elle étoit du moins d’un honnête homme, qui n’insulte jamais personne, & laisse à la satire le plaisir de déchirer le genre-humain. Voïez Menagiana, tom. I. pag. $i. CHAPELLENIE , s. f. C’est le bénéfice d’un Chapelain. CHAPELER , v. a. [Summas panis enflas decu- tere.] Oter la superficie de la croûte du pain avec un couteau à chapeler, (Chapeler le pain ; ce sont ordinairement les Boulangers de Paris qui chapelent le pain, & principalement celui qu’on apelle pain au lait. 11 n’a plus de dents, & il ne sauroit manger du pain, qu’on ne lui chapéle.) L’Auteur de Y Apothéose du Dictionnaire de P Académie veut qu’on écrive chapler ; & sa raison est que le mot de chapler est généralement usité en Provence pour batre en hachant menu : car on dit, chapler des herbes. Ainsi comme on bat la croûte du pain en hachant menu, il faut dire, chapler & chaplure ; ce qui vient de chaplir, terme Languedocien, qui veut dire, fraper, donner des coups redoutassiez. f CHAPELERIE, f. f. Négoce des Chapeaux. II fe dit aussi de la maniéré de fabriquer les chapeaux ; & de Pouvrage des Chapeliers. .CHAPELET , f m. [Globulorum sacrorumsériés.] Cinq dizaines de petits grains enfilez de rang, qu’on fait bénir, & fur lesquels on dit des Pater & des Ave. (Chapelet d’Hermites, Chapelet de S. François, dire son Chapelet.) CHAPELET. [ Lora jubicibm pédants instrufta. ] Terme d ’Académfle. Etriviéres & étriers qui viennent á toute forte de selles à piquer. CHAPELET de marons. Ce font plusieurs marons enfilez comme des grains de chapelet. CHAPELETS. [Taniola globulis incisa.] Ornemens d Architecture, qui font des baguettes taillées par pe- uts grains ronds. CHAPELET. Terme de Mécanique. C’est une «íehíúnure de planches ou de pots, qu’on fait mou- CH A 3 6 ï voîr pour élever des eaux, & ainsi dessécher des marais, &c. î CHAPELET, se dit aussi de certaines pustules qui viennent au tour du front, & qu’on croit être la marque de la maladie venerienne. (Avoir le chapelet.) f * On dit que le chapelet se défilé , lors que des ptersonnes qui étoient unies, commencent à se séparer. On le dit encore lors que plusieurs personnes d’une même famille, ou qui ont quelque efpece de liaison entr'elles, viennent à mourir coup fur coup, les unes après les autres. î CHAPELET. Se dit aussi de cette Verroterie, où. rassade, qu’on porte aux Negres de Guinée & aux sauvages de l’Amérique; parce que ces grains de verre font enfilez comme des chapelets. ^ CHAPELET. Ouvrage de serrurerie, qu! est du nombre de ces fortes de pentures , qu’on apelle des fiches. H CHAPELET. Les Marchands d’eau de vie apel- lent le chapelet, une petite mousse blanche , qui se forme en rond fur la surface de l’eau de vie, lors qu’on la verse dans un verre. Cette mousse en diminuant fait le cercle , qui est la marque de la bonté de cette liqueur. CHAPELIER , s m. [Petasorum mercator, opi~ sex.] Artisan qui travaille en laine, & qui fait & vend toutes sortes de chapeaux. CHAPELURE, fis ZÇrufla panis cl ay à decujfie.] Tout ce qu’on ôte du pain qu’on chapéle avec un couteau. (De bonnes chapelures. Passer des chapelures. Les Boulangers vendent les chapelures aux pauvres gens qui en font du potage. On s’en sert aussi pour nourir des poules & des poulets.) CHAPERON , f m. [Tegmen capitis quo veteres Franci utebantur, vulgò capero. ] Ancienne coífure qui étoit ordinaire en France durant la première race, & qui a duré pendant la seconde & la troisième, jusques aux régnes de Charles V. VI. & VIII. fous lesquels on portoit des chaperons à queue, que les Docteurs & Bacheliers ont retenu pour marque de leurs degrez, & les ont fait décendre de la tête fur T épaule. Bouterou'ê. CHAPERON. [Capitium.] Coífure de velours que les femmes de bons bourgeois portoient il y a environ quarante-cinq ou cinquante ans. Les chaperons étoient autrefois des habits, comme ils le font encore à présent, aux vieilles femmes en de certains païs. Thiers, Histoire des perruques, chap. 6 . CHAPERON. [ Amiculum dofíoris.] Ornement qu’on porte fur Tépauie, qui marque les dégrez de l’Uni- versité, & qui est diférent selon Tordre des dégrez, & même de diverses couleurs suivant les diverses Facilitez. On porte le chaperon fur Tépauie gauche. CHAPERON. £Cucul/ns.] Terme de certains Religieux, comme de Bernardins, Jacobins, de Mathu- rins, d’Augustins, &c. Espèce de camail qui couvre la tête, les épaules & Testomac du Religieux , & qui par derrière décend fort bas en pointe. Le chaperon étoit aussi autrefois une couverture de tête des Ecclésiastiques ; mais il y a plus de deux cens ans qu’ils n’en portent point à l’Eglise. Thiers, eh. 4, C’étoit aussi une coifure de tête qui avoit un bourrelet sur le haut, & une queue pendante sur Tépauie, que portoient les Chevaliers de TEtoile que le Roi Jean institua. Les Chevaliers de la noble Maison, ou de TEtoile, portèrent une côte blanche, un siircot & un chaperon. Choisi, Hifi. du Roi Jean, l. 4. ch. 2. On apelle une vieille femme, un grand chaperon , sous la conduite de laquelle on met les jeunes filles. [Mulìer annoj’a.] II n’est pas honnête à des filles de s’aler promener si elles n’ont quelque Dame qui leur serve de chaperon. CHAPERON. [Accipttris cucuihis.] Ce mot se dit de certains oiseaux, & veut dire le dessus de la tête de Toiseau. CHAPERON. Etofe qui couvre la tête de Toiseau de proie, pour Tempêcber de voir, (Mettre ou ôter le chaperon à un Faucon. Recu'êil des oiseaux de proie, p. 124.) CHAPERON , s m. [Aureum textile, pojììcam tra- beœsacra paríem adornans.] Terme de Chapier, Ornement en broderie qui est derrière la chape. CHAPERON. [ Mûri fajìigium utrìmque inclina- tum.] Terme d’Architeflure. . Le haut d’une muraille faite en talus. Rsbord de deux ou trois doigts. Tome I, Z z cha. 362 CHA CHAPERON. Terme de Sellier. Couverture qui se renverse sur la poignée du pistolet, & qui la conserve de la pluie. (Ainsi on dit un chaperon de fourreau de pistolet bien fait.) CHAPERON. Terme d ’Eperonnier. Partie de f es- cadre qui embrasse & lie le banquet de l’embouchure du cheval. CHAPERON de potence. Le dessus de la potence. CHAPERON de prefje à imprimer des ejiampes. C’est le dessus de la presse. CHAPERONNE', E'E. En termes de Blason , se dit d’un épervier, ou d’un autre oiseau de proie qui est armé de son chaperon. CHAPERONNER , v. a. s Murum, aut avis caput cucullo injìruere.] Mettre un chaperon, couvrir d’un chaperon, faire un chaperon. On chaperonne un faucon, on chaperonne une muraille de clôture, du côté de celui à qui le mur apartient; & si le mur est ftiitoïen, on le chaperonne des deux cotez. CHAPERONNER , v. a. [Aliquem obfiquiis Jlbi de- mereri.2 Faire beaucoup de révérences à quelcun, lui donner bien des coups de chapeau pour atraper quelque chose de lui. Danet. CHAPERONNIER, s. m. [Accipiter cuculli patiens .] Terme de Fauconnerie , qui se dit d’un oiseau de proie qui porte patiemment le chaperon. CHAPIER , f m. [Sacerdos sacra trabeâ infiru- cíuss Ecclésiastique qui porte chape durant l’Ofice divin qu’on fait en cérémonie. CHAPITEAU, s m. [Capitulum , capiteVum.2 Terme à’Architecture. Le haut ou le couronnement des colonnes. II se dit aussi en termes de Menuisier , des corniches & couronnement qu’on met au-dessus des buffets, &c. t CHAPITEAU, s. m. Terme $ Artillerie. Ce font deux ais joints ensemble, dont on couvre la lumière d’un canon, pour en garantir l’amorce du vent ou de la pluie. CHAPITRE, s «r. [Capitulum , caput.2 Partie de livre, où l’on traite particulièrement d’une chose qui regarde le gros de la matière dont on parle dans tout le livre. (Faire de trop longs ou trop courts chapitres.) En termes de Palais , & en fait de comptes, on dit, chapitre de recette, de dépense, &c. CHAPITRE, s Religiosorum conventus.2 Lieu où les Religieux s’assemblent en corps pour l’interêt spirituel ou temporel de la maison. (Aler au Chapitre.) * CHAPITRE. [CoUegium Canonicorum.2 Assemblée de Religieux d’un Couvent. Assemblée de Chanoines au Chapitre. (II arma tout le Chapitre contre lui. DkAr. Lut. On tient Chapitre général ; on tient Chapitre provincial. J’ai maints chapitres vus. Qui pour néant Je font ainjl tenus, Chapitres non de rats, mais chapitres de moines, Voire chapitres de chanoines. La Font.) £§ On atribuë à S. Augustin l’institution des Chapitres. II assembla des Clercs pour l’aider dans ses fonctions ; il vécut avec eux, dans une sainte & parfaite union, sans qu’aucun pût avoir la moindre chose en propre : mais il étoit dificile que cet établissement subsistât long-tems ; il se dissipa en éfet presque dans fa naissance : mais les Clercs restèrent auprès de Jeu r Evêque, & firent un corps qui réprésenta l’Evêque pendant sa vie, & après fa mort. Ce corps informe dans son commencement, se perfectionna peu à peu, & l’on fut obligé d’en établir non-feulement dans les Villes Episcopales, mais encore dans les autres Villes, où on leur donna le titre d’Eglises Collégiales. Les Chapitres peuvent faire des statuts, & établir des régies pour futilité particulière du corps, pourvu qu’ils ne contiennent rien de contraire aux Canons & aux Ordonnances : ils peuvent priver le Théologal des distributions de la semaine où il a manqué de faire des leçons : ils peuvent interdire feutrée du Chœur & des Assemblées. Les délibérations doivent être faites dans le Chapitre, réglées à la pluralité des voix ; & en cas de partage, il n’est pas encore bien décidé si la voix du Président doit former la conclusion de la dificulte que l’on agite. La juridiction du Chapitre est plus étendue, lors que le Siège vient à vaquer : je n’entrerai pas dans cette discussion, elle CHA n’est pas de mon sujet. L’assemblée des Moines pour leurs afaires particulières, est apellée, parmi eux, Chapitre ; la discorde y a régné dans tous les tems : on peut voir là-dessus , le chapitre onzième des Opuscules de Gcoffroi, Abé de Vendôme. $ CHAPITRE. On donne aussi ce nom aux assemblées des ordres militaires. * Avoir voix en chapitre. Proverbe, qui signifie avoir droit & autorité en quelque a faire. Pain de chapitre. C’est ainsi qu’on apelle le pain blanc qu’on distribué tous les jours aux Chanoines. CHAPITRE. [Causa, materia.2 Sujet, matière. (On s’est entretenu fur son chapitre.^ Passons fur ce chapitre. Mol. Après qu’on eut parlé de diverses choses , on vint enfin sur son chapitre, c’est-à-dire , à parler de lui. Ce goinfre entend fort bien le chapitre des fausses. Ne l’ataquez pas fur le droit, car il est fort fur ce chapitre-là.) CHAPITRE, J', m. [ Reprehenfio-2 Réprimandé publique dans une maison Religieuse ou dans un chapitre de Chanoines. t CHAPITRER, v. a. [Reprehendere aliquem.2 Ce mot signifioit proprement, reprendre & corriger un Moine ou un Chanoine en plein chapitre ; mais il se dit dans un sens général, & signifie réprimander. (Vous avez fait telle chose, vous ferez bien chapitré. Je l’ai chapitré fur le peu de respect qu’il portoit à son père. Mol. fours CHAPLER- Ce mot est vieux, & n’est guére en usage. 11 signifie, briser, hacher & mettre en pièces. Le Poète Guiart á dit: Tant flot de gens après s’arrive, JDefquieux chascun tant chaploie, Qtfils mettent Anglois à la voie. CHAPON , f m. En Latin capo. Coq châtré. Un coq y paroijj’oit en pompeux équipage, Qui changeant fur ce plat [fi d’etat[fi denom, Par tous les conviez fut apellé chapon. Despr. t CHAPONNEAU , f. m. [Junior capo.2 Un jeun* & petit chapon. (Ce n’est qu’un chaponneau. Le vol du chapon. [ Prarogativi juris prœdium. J Terme de Coutume. C’est une pièce de terre autour d’une maison noble, d’aussi grande étendue qu’en pouroit avoir le vol d’un chapon. Dans le partage des biens d’une maison noble, Paine a le vol du chapon qui est estimé, par la Coutume de Paris, à un arpent de 72. verges, ou environ irgo. piez ou ;i6. pas. £§ Du tems de S. Louis, on se servoit seulement du terme coq, pour marquer le vol du chapon, dont il est fait mention dans les Coutumes : Gentílhom, s’il n’a que fille, tout autrement prendra l’une comme f autre ; mais l’aijhee aura les héritages en avantage , [fi un coq, [fie. CHAPON. [Immerfum ollœ panis frufìulum.2 Morceau de pain qu’on met bouillir dans le pot. On dit proverbialement : Qui chapon mange, chapon lui vient ; pour dire , que le bien vient plutôt à ceux qui en ont déja, qu’à ceux qui n’en ont point. On dit encore, deux chapons de rente ; c’est-à-dire, deux personnes, dont f une est grasse, & l’autre maigre. CHAPONNER , v. a. [Pullunigallinaceum cqstrare.J Châtrer un petit coq , ôu cochet. CHAPONNIE'RE, /.’ f. [Vus caquesidis caponibus ido- neum.2 Vaisseau d’argent ou de cuivre ctamé pour mettre des chapons en ragoût. CHAQUE- Pronom adjectif. [Ouisque.2 Qui veut dire chacun. On dit, chaque langue a ses propriété?, & non pas chacune langue. Vaug. nouvelles remarques.') CHAR, f m. [CurrusJ Ce mot signifie chariot , mais il ne se dit qu’en parlant des chars de triomphe, & au figuré , où il est beau & noble. Hors de là, le mot de char pour chariot n’est point en usage. (L'e- loquence me sit monter avec elle sur son char. Abh Luc. Le char du soleil aïant atrapé le penchant du monde, rouloit plus vite. Scar. rem. Voilà le triomphe où j’étois amenée ; Moi-mime à vôtre char je meJùis enchaînée. Rac. Iphigénie , a. 2. fi. ;.) í CHARAG ,./• m - On apelle ainsi le tribut qus les Chrétiens & les Juifs paient au Grand Seigneur. ch CHARANSON, OU Cakndre, [CurculioJ Psi- CHA tite chenille qui ronge les fromens & les feves ; elle dégénéré en une mouche ; elle multiplie beaucoup en peu de tems. Elle est propre pour arrêter le sang etant brûlée , & apliquée sur la playe. CHARBON , s m. [Carbof] Bois allumé qu’on éteint avant qu’il soit réduit en cendres , & qui ne se pourrit jamais. (Le charbon est noir , à cause qu’il est extrêmement poreux. On y remarque avec le microscope une quantité incroïable de pores. On en compte un million dans un morceau d’un pouce. CHARBON de feu. Morceau de bois allumé, & qui va être réduit en cendres. H On dit fig. dans le stile de FEcriture, Amasser des charbons ardent fur la tite de son ennemi , C’est-à- dire , le rendre plus inexcusable & attirer sur lui la van- geance de Dieu, en lui rendant le bien poqr le mal. Un dit d’un homme qui a une fièvre ardente , qu’il brûle comme un charbon. CHARBON de terre. [ Carbo fijjìlis. ] Espèce de terre minérale foflìle & fort noire , dont les forgerons íé servent au lieu du charbon de bois. (II y a en France, quelques mines de charbon de terre , & il y en a plusieurs en Angleterre , où l’on se sert communément de cette sorte de charbon.) CHARBON de saule. [PiHoris carbo linéarisé] Ou d’autres bois doux. C’est celui dont se servent les Peintres & les Graveurs pour faire des esquilles de leurs desseins. On fait ce charbon dans un canon de pistolet qu’on remplit de ce bois de saule, &c. & qu’on met au feu pour le faire brûler. CHARBON. [Carbunculm .) Tumeur maligne , impure, brûlante, & souvent contagieuse, engendrée d’un sang atrabilaire & bouillant. Tév. CHARBONNE'E , f. f. [ Tosia carnk ofella. ] Morceau de chair de porc, ou de beuf fans graisse , qu’on fait ordinairement rôtir ou griller. CHARBONNER, ». a. [ Carbone denigrare . ] Noircir avec de charbon. f * CHARBONNER. [ Aliquem infamem facere.] Noircir & déchirer une personne par quelque sanglante raillerie. ( II me sollicite de la charbonner dans mes vers. Main. Poës.) CHARBONNIER, s. m. [Carbonariw .] Ouvrier qui fait le charbon dans les bois. f * Le charbonnier ejì maître en fa maison. Proverbe , pour dire , que chacun doit être maître chez foi. f * La foi du charbonnier. Ces mots signifient la foi implicite , par laquelle un Chrétien croit en général tout ce que l’Eglise croit. í CHARBONNIER. On donne ce nom à un oiseau, dont il y a deux espèces. La première s’apelle Mésange, Parus; la seconde Charbonnier, Carbonarius ma- jor. Ce dernier est propre pour FEpilepsie, & pour pousser par les urines. ^ CHARBONNIER, se dit aussi d’un petit lieu ou dans les maisons bourgeoises on ferre la provision de charbon. CHARBONNIE'RE , f. f. [Carhonarii fornaxf] C’est une place qu’on marque dans les bois pour faire le charbon. L’Ordonnance ne permet , en coupant les bois, qn’un nombre de charbonnières. J CHARBONNIE'RE, f.s. Regratiere qui fait le Négoce du Charbon a petites mesures. f CHARCANUS. Etofe de foie & de coton , qui se fabrique aux Indes Orientales. CHARCUTER, ». «. f Minutatìm concidere. ] Hacher ou tailler la viande, comme font les Charcutiers. CHARCUTIER , cbaìrcutier , f m. f Carnium cofkrum propola.] On devroit écrire chaìrcutier, ainsi que l’écrit l’Auteur des origines Françoises , mais l’u- sage y est contraire. On dit & on écrit charcutier , qui est celui qui tue des cochons , & en vend le lard & la chair crue, ou cuite & salée, & qui fait & vend de toutes sortes de boudins, d’andouilîes, de cervelas, de langues de beuf & de porc , de saucisses, &c. L’Académie Franqoise , dans son Dictionnaire , veut aussi qu’on prononce & qu’on écrive charcutier. CHARCUTIE'RE , f. f. [Coquela carnaria.] Femme de Charcutier, femme qui fait le métier de Charcutier. t CHARCUTIS,/ m. Vieux mot, qui fignifioit un grand massacre, uns grande défaite, un horrible carnage. CHA 363 CHARDON, / m. [ Cardum.] Herbe piquante qui fleurit couleur de rose sèche. O queJì l’âne alors .... Qu’il diroìt de bon cœur £(? fans être jaloux, Content de ses chardons U secouant la tête, Ma foi, non plus que nous, l’homme ?i’elì qu’une bête. Despr. CHARDON bénit, f Cardans benedïcim.] Plante apel- lée ainsi à cause de ses propriétés H CHARDON Panicaut, ou Chardon à cent têtes. Les Médecins se servent de la racine de cette plante, bouillie dans du vin , pour guérir les rétentions d’urine. f CHARDON "Notre-Dame. La décoction de cette espece de chardon est souveraine pour Fhydropisie , la jaunisse , & les douleurs de reins. CHARDON à carder. [CardumfuHmum.] On s’en sert pour tirer le poil des draps. CHARDON. [Cardum ferrais .] Crocher de fer au haut des balustrades de fer pour empêcher de passer. On l’apelle aussi chardon épi. CHARDONNER , v. a. [Pilos carduis erigere] Terme de Détacbeur. Tirer le poil d’un habit avec des, chardons. CHARDONNERET ,f m. [ Carduelis.] Petit oiseau fort joli, marqué de noir , de jaune & de rouge, qui chante agréablement, qui est sujet à des vertiges, & qui vit environ quinze ans. Voïez Olìna , U Ménage, torn. 1. défis Objerv. ch. 105. Lí CHARDONNERETTE. Espèce de sauce faitó avec du chardon ou cardon d’Espagne. II est dit dans le Catholicon d’Espagne: N’aiez point de Religion; moquez vom d gogo des Prêtres U des Sacremens de l’Eglise N de tout droit divin humain ; mangez de la chair en Carême, en dépit de l’Eglise s il ne vous faudra d’autre absolution , ni d’autre chardonnerette qu’une demi dra- gme de Catholicon. Marot en son second poème du coq- à l’âne-, S’il ejl vrai, adieu le Carême Du Concile quiJe fera ; Mais Rome tandis bouffera Des chevreaux à la chardonnerette. Henry Estienne , auchap. 39. de son Apologie d’Hérodote, p. 31 6. dit: Ce disner quadragéfîmal étoìt de chevreaux , autres viandes à la chardonnerette. t CHARDONNERETTE, ou Carline. [ Carlina. j Cette plante est sudorifique , & apéritive; elle résisté au venin, tuë & chasse les vers, & est propre pour les maladies contagieuses. 11 y en a deux elpéces principales. CHARDONNET , f. m. Ce mot signifie petit chardon , mais il ne se dit qu’en parlant d’une Eglise de Paris , qu’on apelle S. Nicolas du Chardonnet. CHARDONNETTE , / f. [Cynarafilvefìris latifolia .] Petite herbe qui n’est autre chose que le chameiœon noir , elle est semblable à l’artichaut, & ses fleurs font couleur de pourpre. CHARDONNIE'RE ,f. f. [ Carduetum .] Lieu OÙ il y a quantité de chardons. CHARE'E, charrée , f. f. [ Lixìvim cinis. ] Cendre qui reste Fur le envier, & dans le charier , après qu’on a coulé la lessive, f On emploie quantité de charées dans les verreries , pour y faire du verre commun , & particulièrement de celui qu’on nomme verre en table , ou verre de Lorraine. CHARENSON , f m. [ Curculìo. ] Insecte qui s’engendre dans les grains de blé , qui mange la farine, & n’y laisse que le l’on. (Quand il y a des charensons dans un grénier, il faut ôter le blé, car ils multiplient fort en peu de tems. ) ^ On apelle aussi cet Infecte., calendre. CHARGE ,sf [Onm , pondus.] Fardeau. Une charge de cotrets , de fagots. La charge d’un croche- teur, la charge d’un mulet, la charge d’un vaisseau.) {§ La charge est , à proprement parler , ce que l'on peut porter selon ses forces : ainsi on dit que la charge est forte , & que !e fardeau est lourd , que Fon est acablé du fardeau. CHARGE. Grand poids , chose fort pésante. (Ces colonnes suportent une charge prodigieuse. II faut étaïer cette poutre , de peur qu’elle ne sucombe sous la charge. CHARGE de ville. £ Mumis , offeium. ] Tout ce à Tonte I. . Z z a auoi 364 CHA quoi est obligé un bourgeois pour le bien de la ville où il demeure. Pat m , plaid. 1. (f On distingue ces charges des autres, par le titre de Municipales , parce que leurs fonctions ont pour objet le bien public , & l’administration des afaires de la communauté. La Prévôté des Marchands à Paris & à Lion , l’Echevinage de ces deux villes, les Charges de Consuls . de Maires , de Capitaux , font des Charges Municipales. Entre les Charges de cette efpéce , les unes ont une dignité atachée, & les autres font bornées dans quelque fonction particulière. Les charges Municipales fe donnent par élection : comme elles font souvent onéreuses , on tâche , dans la plus grande partie des villes & des bourgs, de s’en exemter : il est vrai que dans certains endroits , elles font fort recherchées par ceux qui savent en faire un usage utile à leur famille. Au reste il ne faut pas confondre les Charges avec les O lices. Le terme Chargé est générique : mais dans I’essence, la Charge s’exerce pour un tems , & fans titre du Roi : l’Ofice dépend de la provision que le Roi en donne. CHARGE. [Onus.) Tout ce qui incommode une personne dans ses biens, ou dans ses plaisirs. (Etre à charge à fa famille. Abl. Luc. II est à la charge de ses amis. Cette veuve a quatre enfans à fa charge. Une tutelle est une charge, & non pas un avantage. C’est une charge bien pesante fu’unfardeau de quatre-vingt ans. Quinaut, opéra.) CHARGE. [Mandatum.) Ordre de faire quelque chose , de dire quelque chose, d’avoir foin de quelque chose. (II m’a donné charge de vous dire qu’il étoit votre serviteur. Foi , liv. 2;. Ce Banquier a donné charge à son commis, ou à son correspondant d’aquiter la lettre de change. Un Procureur ne peut rien faire fans charge.) CHARGE. [ Munus , dignitas , magìstratus. ) Emploi considérable qu’on achete , ou que le Roi donne. (Disposer des charges de la Cour. Remplir les principales Charges de l’Etat. Mémoires de la Rochefoucaut. Les grandes Charges peuvent aisément devenir des mines d’or , lors que ceux qui les posl'édent veulent renoncer à leur honneur & à leur conscience. Thiers, traité des jeux. Epître .) La vénalité des Charges qui fe pratique en France, n’a été en usage dans aucune République. V argent seul, au Palais , peut faire un Magistrat. Boil. CHARGE. [ Onus , tributum , veHigal. ) Impositions. (C’estle peuple qui porte les charges del’Etat. On est obligé de mettre de nouvelles charges durant la guerre.) CHARGE. [ Onus , impensa. ] Terme de Palais. Pension , rente , redevance. (Les charges d’un bénéfice. Ce fond est obligé à de grandes charges.) CHARGES foncières. Terme de Pratique. Ce font les redevances qu’on a imposées après le cens , fur les héritages , lorfqu’ils ont été aliénez. Les charges ou rentes foncières doivent être païèes & fuportées par celui qui possède l’héritage , linon il le doit abandonner. Voïez Loiseau , traité des rentes , /. 1. ch. 3.) CHARGE. [Pulveris acglobi tormento distlodendomo- dus.) Ce qu’il faut de poudre ou de plomb pour charger une arme à feu. (Mettre la charge dans le canon. La charge ordinaire des canons est du tiers du poids de leur boulet. On double cette charge pour les effarer. CHARGE. [Pulveris ac plumbi modus.) Etui de bois, couvert de veau , qui pend à la bandoulière des mousquetaires fantassins , & où ils mettent la charge de poudre. (Ouvrir la charge avec les dents. Voïez le livre des évolutions.') CHARGE. [ Impetus , aggrejjîo .] Combat. ( Commencer la charge par l’aìle droite. Abl. Venir à la charge , méner à la charge , revenir à la charge avec de grands cris. Abl. Arr.) CHARGE. [Res per pìHuram exaggerata.) Terme de Peinture. Exagération burlesque des parties les plus marquées, & qui contribuent d’avantage à la ressemblance , ensorte qu’on reconnoisse la personne dont on fait la charge. CHARGE. [Accusatio , crìmìnatiod) Terme de Palais. Information. (Notre apel ne dépend pas proprement des charges. Patru , plaid. n. 11 y a beaucoup CHA de charges contre cet homme , il est acufé de plusieurs crimes. Les charges & les informations ont été rapor- tées. On entend les témoins , tant à charge qu’à décharge. ) {§ CHARGE , dans la Coutume de Bretagne , art. 417. c’est la prise des bêtes en dommage. CHARGE. [ Cataplaj'ma. ] Terme de Maréchal. Cataplâme fait de plusieurs drogues qu’on apliquefur la partie du cheval qui est afligé de quelque mal. (Ainsi on dit, une charge pour les jambes.) A la charge que. [Eli lege , ed conditioner A condition que. (Je vous donne mon cœur , à la charge que vous me donnerez le votre.) t A la charge d’autant. Sorte d’adverbe qui ne se dit que dans le stile familier, & qui signifie , a condition d’autant, du réciproque , à condition qu’on rendra la pareille. fui f a donné telle épousée ; Que je la baise à la charge d’autant. La Fontaine , nouvelles , t. 3. CHARGE. Voïez ci-après. * CHARGEANT, chargeante , adj. [Gravis, ont r* rofits.) Prononcez charjan. II fe dit, au figuré, en qualité d’adjectif. _ II fe dit des emplois , des afaires & des charges, & il signifie embaralfant, qui fatigue , & dont on ne fauroit s’aquiter qu’avec grand peine. (II difoit que fa dignité étoit très-chargeante parmi les troubles de ce siécle. Fléchier , Commendan. On peut dire aussi, cet homme est bien chargeant ; c’est-à- dire , il est importun, ou il engage à faire beaucoup de dépense.) £ On le dit auísi des viandes, & de tout ce qui est dificile à digerer. t CHARGEMENT, /." m. II fe dit également, & de la charge entière d’un vaisseau, L de la cargaison, ou charge des seules marchandises qu’il contient. On s’en sert dans toutes les significations du mot de charge. H Police de chargement. C’est une reconnoissance par écrit, que donne le Maître , ou Patron d’un vaisseau , de toutes les marchandises, dont un, ou plusieurs Negocians chargent son vaisseau. Voïez Connaissement. CHARGEOIR , s. m. [Instrumentant quo pulvis U globus tormentoindunturst Terme de Canonier. Instrument dont on fe sert pour charger les picces d’artil- lerie , & qui est garni de fa lanterne , de fa hampe, & de deux boètes pour charger la poudre à canon. CHARGER , v. a. [ Gravure , onerare. ] Mettre quelque chose fur la tête , fur les épaules, fur quelque siamois, comme chariot ou charrette, fur quelque vaisseau , ou fur quelque bête de somme. (II faut un homme pour charger les maneuvres. Les chameaux font dressez à fe baisser quand on les charge. Charger des meubles fur un chariot. Abl. Arr. Charger un vaisseau de pierres. Vaug. I. 7. Charger un navire en grenier; c’elt-à-dire ,fans embaler.) CHARGER. [Pulvere [f globo J'clopetum instruire.) Mettre dans une arme à feu , ou dans quelque pièce d’artillerie, la charge nécessaire pour faire l’efet qu’on désire. (Charger un fusil, un pistolet, un canon , &c. Charger une mine.) CHARGER. [In hostem irrumpcre.) Donner fur l’en- nemi, le batre. (Charger l’ennemi. Abl. Arr. I. 1. 11s avoient ordre de ne fe point découvrir que l’ennemi ne fût passé, pour le charger en queue. CHARGER. [Verberibus impétere, impugnare.) II fe dit au même sens dans des querelles particulières. (On l’a chargé de coups. On l’a chargé de bois, pour dire, on lui a donné des coups de bâton. II pouroit bien , mettant afront dessus afront, Charger de bois mon dos, comme il a fait mon front. Mol.) CHARGER. [ Dare alìcuì Provinciam , negotium. ] Donner la conduite de quelque chose, de quelque personne àquelcun. Ordonner, obliger quelcun de faire une choie. Donner le foin d’éxécuter, ou de faire exécuter quelque chose. (11s la chargèrent de dire à Alexandre. Vaug. Quint. 1 . 3. Charger quelcun d’une a faire. Abl. Un Avocat, un Procureur est chargé des afaires de fa partie. Le Greffier est chargé des pièces d’un procès. Un Ambassadeur est chargé par ses instructions , de demander la restitution de quelque place. II a fort bien réussi dans la négociation dont il avoit été chargé.) CHARGER. [Reddere, asserve.) C’est rendre & ra- p or- CHA porter beaucoup, en parlant des arbres & des moissons. Lors que la moisson est abondante autre part, mon champ charge moins. Vianet. CHARGER. [ Crìminari, accusare. ] Acuser. (Ils ne ceffoient de le charger, tantôt d’avarice , & tantôt de trahison. Vaug. Quint. I. io. lotis les témoins chargent l’acusé.) CHARGER. [Rationìbus inserre .J Enregîtrer, écrire dans un livre. (Un marchand charge son livre de ce qu’il achète, & de ce qu’il vend.) £ CHARGER. [Onerarej On le dit aussi de tout ce qui pese trop sur l’estomac, L qui est dificile à digérer. (Cette viande charge l’estomac. On dit aussi, se charger l’estomac de trop de viandes. CHARGER. [ûnerare.] Ce mot se dit au figuré, à peu près dans le même sens. On dit charger fa mémoire de quelque chose ; pour dire, la mettre en sa mémoire. II ne faut charger sa mémoire que de bonnes choses. CHARGER. II se dit aussi figurément, en parlant de k conscience. II ne faut rien faire qui puisse charger notre conscience ; C’est-à-dire, qui puisse sobliger á nous faire des reproches , & nous donner du regret & du repentir. CHARGER. [ Rem pingendo exaggerare. ] Terme de Peintre. Faire une exagération burlesque des principaux traits qui contribuent à la ressemblance. (Charger un portrait.) * CHARGER. II se dit au figuré, & signifie exagérer, ajouter - à la vérité. (II a chargé l’Histoire ; C’est-à-dire , il y a ajoûté beaucoup de choses de son cru. ) CHARGER. \_Implerc.] Terme de Vinaigrier. Emplir. Charger les vaisseaux. (Pot à charger , entonnoir à charger.) * CHARGER. [ Onm imponere. ] Imposer quelque chose d’onèreux. (Charger l’héritier de parer tous les legs & toutes les dettes. Charger le peuple de tailles, & de plusieurs sortes d’impofitions. Charger les marchandises de doiiannes.) CHARGER, v. a. [Tardare horologium addito pondéré .] Terme d 'Horloger , & il se dit du balancier , c’est mettre du poids fur le balancier pour empêcher que la montre n’avance. (Charger le balancier.) CHARGER , v. a. [ Cìrcumdare.] Terme de Fileuse. C’est mettre du chanvre, du lin, des étoupes, &c. autour de fa quenouille pour les filer. (Je vais charger ma quenouille, & puis je passerai le jour à filer & à chanter.) f CHARGER. Terme de Teinturier. Charger trop une couleur, c’est la faire plus brune & plus obscure, que l'échantillon qui a été donné. t CHARGER. Terme d 'Imprimerie. On dit, charger trop une feuille d’impression, lorsqu’on y met trop de lignes, soit dans le corps , soit en marge ; ou quand ì’imprimeur met trop d’encre. Recharger, v. r. [Sibi onm imponere.] Se mettre un fardeau sur la tête ou sur les épaules. (II n’a que faire d aide , il se charge bien lui-méme.) Se charger. [ Recipere. ] S’obliger. Prendre foin d’e- xecuter, ou de faire exécuter quelque chose. II se charge d’une dette, & en charge son bien. Patru, plaid. 5. Quand on voudra me faire de ces afronts, je vous suplie de ne vous en point charger. Voit. I. 24. De F intérêt du Ciel , pourquoi vom chargez-vous ? Pour punir le coupable a-fil besoin de nous ? Aloi.) CHARGE', chargée , adj. f Oneratus , onuflus.] Qui K un fardeau fur les épaules. ( Cheval chargé. Vaisseau trop chargé , &c.) CHARGE', chargée. [ Color pressm , nubilrn , auste- rm, futur , exaggeratm. ] Ce mot se dit en peinture , ^signifie trop marqué. Qui fait une ressemblance satirique d’une personne. (Portrait chargé , figure chargée , couleur chargée. Voter Charge .) f On le dit aussi généralement de tout ce qui se représente par le discours , quand l’exageration est trop forte. Cette narration est trop chargée. Cette piéce est trop chargée d’incidens. Cet ouvrage est trop chargé de citations. CHARGE', chargée. [ Gravit pìnguedine , Uc. J Ce mot se dit en parlant de cheval , & veut dire qui a trop de quelque chose. ( Cheval chargé de tête, che- valchargé de ganache , cheval chargé d’encolure.) On dit d’un homme gras , qu’il est chargé de cuu CHA 365 sine. [ Gravis pìnguedine , ventriofití : J & d’un homme vieux , qu’il est chargé d!années , [ annosm , gravis annis.] f CHARGE' de ganache , se dit aussi d’un homme qui a de grosses mâchoires ; & fig. d’un homme qui étant épais de corps, a aussi Tesprit grossier & matériel. f Le tems est chargé c’est-à-dire , couvert de nuages , & disposé à la pluie. f Avoir les yeux chargez s c’est-à-dire, les avoir enflez & remplis d’humeurs. J: On apelle des dez chargez , de faux dez, des dez pipez , dont se servent ceux qui veulent tromper au jeu. CHARGE', chargée. [ Onustm. ] Ce mot est aussi un terme de Blason , & il se dit quand sur les pièces honorables de l’écu , il y a quelque figure ; & quand fur celle-ci on en met quelque autre , on dit surchargé. ( II porte d’or à la croix de gueules, chargée de cinq coquilles d’argent.) Pistole chargée. [ Nummm aurem , cui metaílum ali- quod adjcHum est. J Cela se dit quand on a ajoûté de l’or ou quelque autre métal à une pistole trop légére pour la rendre de son poids. CHARGEUR , s. m. [ Prsteélm instruendis pulvere ac globo tormentis. ] Oficier d’artillerie commis pour charger le canon. CHARGEUR , f. m. Maneuvre qui sert à charger les autres ouvriers. CHARGEUR. [ Qui onus imponit. J Oficier qui sert à charger & arranger le bois dans les membrures fur les ports, afin que le bourgeois ne soit point trompé. ^ CHARGEUR. Celui qui charge un vaisseau. On apelle Marchand chargeur, celui à qui apartiennent les marchandises dont un vaisseau est chargé. CHARGEURE , f. f. [ Partes fcuti onustœ. J Terme de Blason. Pièces qui en chargent d’autres. La char- geure ne diminué pas la noblesse des armes comme fait la brisure. , CHARIAGE , s m. [ Vefíura. ] L’action de châtier & de voiturer quelque chose sur des chariots. (Le chariage est fort dificile en cette saison, & par les chemins où il faut passer, qui sont fort rompus.) CHARIAGE , s. m. [ Veflura pretium , merces. ] Le salaire qu’on donne pour faire une voiture. (Le chariage coûte beaucoup.) CHaRIER ,!>.«.[ Carro , plauflro exportare.] Prononcez charié. Mener avec un chariot, ou avec une charrette. (Charier de la pierre.) * CHARIER , v. n. [Non delirare.] Ce mot se dit, au figuré , de la conduite des personnes ; & quand on menace un homme , on dit qu’il faut qu’il charte droits pour dire , qu’il prenne garde de faire des fautes. * CHARIER. [ Vehere. J Ce mot se dit des rivières qui ne sont pas encore tout-à-fait prises de la gelée, & lignifie entraîner des glaçons. ( La rivière châtie.) t CHARIER. [ Vefíare. ] Ce mot se dit de surine, & veut dire aussi entraîner. ( Urine qui châtie une quantité de matières épaisses & grossières. Deg.) CHARIER, [ Cura prada avolare , instqui. ] Terme de Fauconnerie , qui se dit quand l’oiseau emporte sa proie , & ne revient pas quand on le réclamé. On dit aussi , que l’oiseau châtie un perdreau, lors qu’il le poursuit & le pourchasse. CHARIER , f m. [Cannabinum segestre lixìvii cinerk. ] Terme de Blancbijjeuse. Prononcez charié. Coutis qu’on étend fur le linge rangé dans le envier, & fur lequel on met les cendres , afin que la lessive qu’on jette ensuite dessus, les détrempe, coule au travers du charier, & mouille le linge. (Mettre le charier.) Les païsans disent un chari. CHARIOT , s m. [ Carrus , currus , plaustrum.J Harnois qui a quatre roues, des ridelles, un limon, ou un timon , & qui est propre pour charier & porter des meubles & autres choses. ( Un chariot de bagage. Méner un chariot. Chariot, ou char de triomphe. On couroit aux jeux olympiques avec des chariots. On combatoit autrefois fur des chariots armez de faulx.) Le grand ou 1 e petit chariot. [ Ursa major , urstt minor. J Ce sont les noms que le peuple donne à deux constellations que les Astronomes apellent la grande & la petite ourse , lesquelles font du côté du Septentrion, Zz ; CHA- 3 €6 CHA CHARIOT d’enfans. Sorte de petite voiture qui est ordinairement d’osier , & où l’on met les enssms pour les promener. CHARIOT. Terme de Cordier. Planche montée fur deux petites roués , servant au cordier pour assembler du cordage. H CHARIOT. Mesure , ou estimation , a laquelle on vend à Paris la pierre de taile ordinaire. Le chariot contient deux voies , & chaque voie cinq carreaux ; c’est-à-dire, environ quinze pieds cubes de pierre. f CHARIOT. Espece de poids en usage à Anvers. CHARITABLE, adj. [Libérait*, benignm , bene- ficus. ] Qui a de la charité. (Etre charitable envers son prochain. On ne peut être bon Chrétien , st on n’est fort charitable. Le Médecin charitable , l’Apo- ticaire charitable ; ce sont les noms de deux livres, qui en faveur des pauvres enseignent à faire des remèdes à la maison. On se fait un devoir extérieur de l’aumône, on la donne comme riche , & non pas comme charitable. Fléckier. Que àéjignai-je , à votre avis, Par ce rat p peu secourable ? Un Moine ! non , mais un Dervis : Je supose qu’un Moine ejì toujours charitable.) La Font. H CHARITABLE, se dit aussi des choses , & signifie qui part d’un principe de charité. ( Un avis charitable , un conseil charitable, un secours charitable.) CHARITABLEMENT ; adv. [ Beneficè , benignè , bénévole. ] Avec charité, avec amour. (Corriger charitablement son prochain. Arn. Recevoir charitablement les passans.) (S CHARITATIF- C’est un secours modéré que le Concile de Latran accorda aux Evêques dans leurs pressantes nécessitez : mais il ne pouvoit être exigé par chaque Evêque qu’une fois pendant fa vie. Et ce fut par cette raison que Jean de Salisbury, Evêque de Chartres , défendit par fa Lettre 49. à son Archidiacre de lever une seconde fois le Charitatif. CHARITE 1 '• f f- [ Charriai. ] Amour de Dieu & du prochain. ( Charité ardente , fervente , véritable, sincère. La charité est une des trciis vertus théologales, qui consiste à aimer Dieu de tout son cœur & son prochain comme soi-même. C’est aussi une vertu morale, qui consiste à secourir son prochain de son bien , de ses conseils & de son assistance. Le mot de charité , en ce sens , n’a point de pluriel. Charité vive, ardente , refroidie , morte , éteinte. La charité est la plus parfaite des vertus théologales. Saint Ciran , Théologie familière. On satisfait à la charité qu’on doit au prochain, lors qu’on lui souhaite tous les biens de la grâce, & tout ce qui nous rend capables d’aimer& de servir Dieu éternellement. Saint Ciran , Théologie familière. L’impudique fut éfraïé de ces paroles , & ravi de la charité d’ignace, il le suivit jusques à une petite maison où la charité le faisoit aler. Père Bouhours, vie de S. Ignace , l. 2. Tout Paris , toute la France répondra que la charité, que le zélé du grand Pompone opéra toutes ces merveilles. Patru , plaid, éloge de Monsieur de Belliévre.) CHARITE'. [ Inopia levamen , subjldium , eleemosy- na. ] Aumône. Le mot de charité, en ce sens , a un pluriel. Faire la charité. Régler fes charitez. Saint Ciran , lettres. Ignace avoit dequoi vivre honnêtement par les charitez qu’on lui faisoit. Bouhours , vie de S. Ignace, l. 2.) CHARITE'. Ce mot pris à peu près en ce même sens , entre dans cette façon de parler proverbiale : Charité bien ordonnée commence par J'oi-mhne ; [ Pro- ximw sum egomet mihì. ] C’est-à-dire , selon le langage des gens du siécle , qu’il faut songer à ses intérêts avant que de songer à ceux d’autrui ; qu’il faut commencer à se faire du bien avant que d’en faire à autrui. CHARITE'. C Catus ad suhlevamen pauperum. ] Terme de Paroisses de Paris. C’est une assemblée de quelques Dames dévotes de chaque Paroisse de Paris, établie fous l’autorité de Monsieur l’Archevêque, pour avoir foin des pauvres malades de chaque Paroisse, leur porter , ou leur faire porter par les Sœurs de la Charité, de la nouriture , & des remedes, leur faire , en cas de nécessité, administrer les Sacremens, & les faire enterrer, s’ils meurent. Monsieur le Curé CHA de la Paroisse est le chef de cette assemblée, & on apelle les Dames qui la composent, Dames de la Charité. Quand il y a dans une Paroisse une Dame d’u- ne vertu éminente, & d’un rang bien au-dessus des autres, elle est , pour l’ordinaire, la Supérieure de la charité ; sinon , les Dames font Supérieures tour à tour. Chaque charité de paroisse à fa Tresorière & fes Sœurs , qu’on apelle Sœurs de Charité , qui font de bonnes filles habillées d’une grosse étofe grise, qui ont soin de préparer les remedes, & de les porter aux malades. Le mot de charité , en ce sens, a un pluriel. ( La charité d’une telle paroisse donne tous les ans deux cens livres à son Médecin. Madame de Longueville, qui étoit une Princesse très-ver- tueuse, avoit fait établir avant sa mort, des charitez fur toutes fes terres. La charité de chaque paroisse de Paris , ne secourt les malades de la paroisse qu’en- viron trois semaines; ensuite , s’il n’y a point d’apa- rence que la personne malade guérisse, la charité la fait porter à l’hôtel-Bieu, 011 en quelque autre endroit destiné à recevoir les pauvres malades. II a été enterré par la charité de la paroisse. CHARITE'. Ce mot signifie auss le fonds qui est destiné pour les pauvres malades de chaque paroisse, & qui vient des quêtes qu’on fait en chaque Eglise de paroisse pour les pauvres malades , & des legs pieux que leur font les gens de bien lors qu’ils font au lit de la mort. E11 ce sens, on dit : ( La charité d’une telle paroisse est bien réglée , elle est riche, elle est bonne.) CHARITE'. [ As. ] Subsistance qu’on distribue aux pauvres malades de chaque paroisse de Paris. ( II est a la charité de la paroisse. On lui porte tous les jours la charité de la paroisse.) CHARITE'. [Infirmi. ] Tous les pauvres malades d’une paroisse. (11 est le Médecin de la charité d’une telle paroisse. C’est un bon Prêtre qui est le Confesseur de la charité de la paroisse.) La charité des pauvres honteux. [ Egenorum puden- dorumsociet.is. ] Cette charité n’est composée que de Monsieur le Curé de la paroisse & de Messieurs les Marguilliers, qui ont entre les mains un fonds qui vient des quêtes qu’on fait dans chaque paroisse pour les pauvres honteux, & des legs pieux & autres aumônes qu’on leur fait. Les Marguilliers aïant con- noissance de ces pauvres honteux de leur paroisse, leur donnent, ou leur envoient toutes les semaines, ou tous les quinze jours, quelque petite somme d’ar- gent, pour les aider à rouler tout doucement. Ainsi on dit : ( La charité des pauvres honteux fait subsister un tel Ménage. Ces jeunes gens font à la charité des pauvres honteux. On a établi à Paris plusieurs charitez pour les pauvres honteux.') La charité de Lyon , c’est un hôpital dans cette Ville , administré par seize Recteurs , dont le premier est un Comte de S. Jean , & le second un Trésorier de France , & les autres de gros Marchands, à l’exception d’un Avocat qui a foin des assures. On n’y reçoit que les sains , & les Recteurs font obligez de faire de grosses avances quand ils font élus. Ils ne font Recteurs que deux ans Mr. Ficher est actuellement en charge , & soutient également cet emploi par son assiduité & par fes aumônes. CHARITE'. [ Noj'ocomium. ] Sorte d’hôtel-Dieu, où l’on ne reçoit que de pauvres garçons & de pauvres hommes malades, servis par des Religieux instituez par S. Jean de Dieu. ( La première charité de l’Or- dre de ces bons Religieux est à Grenade. Toutes les semaines il sort trois fois de la charité de Paris des pauvres qui sont guéris , & il y en entre d’autres austì-tôt. II n’y a d mis Paris qu’une charité des hommes qui est au Fauxbourg Saint Germain. II ne faut nulle faveur pour être à la charité , & il n’y a que les parens de ceux qui ont fondé quelque lit qui soient préférez aux autres , & cela semble fort juste.) La charité des femmes. C’est une sorte d’hôtel-Dieu, où l’on ne reçoit que de pauvres femmes & de pauvres filles malades, qui sont servies avec soin & avec zélé par des Religieuses hospitalières. (Les malades sont fort bien à la charité des femmes. II y a trois charitez de femmes à Paris, l’une auprès des Minimes de la Place Roïale , l’autre à la Raquette , Fauxbourg Saint Antoine , & la troisième au Fauxbourg Saint AI arceau. O11 l’a portée à la charité ries femmes. On dit aussi très-bìen , on l’a portée aux hospitalières CHA taìîéres de la charité Notre-Dame. Elle elì mortè aux hospitalières de la miséricorde de Jésus. Voïez Jìohitalieres.) * CHARITE'. C Reprehensto , correHio. ] Quelques Religieux apellent ainsi la discipline qu’un Religieux donne à un autre. ( Faites-lui la charité.) | * On dit proverbialement, & dans un sens con- traire, qu’on frète une charité à quelcun , ( Runiorem de aliquo fpargere , ) quand on médit de lui, &qu’on lui impute à faux quelque défaut, ou quelque vice. Le petit Père André , Prédicateur gaillard, prêchant un jour , de la charité , difoit que la charité étoit le fondement de toutes les vertus ; qu’íl en faloit avoir- & que jamais on n’auroit la vie éternelle , si on n’a- voit autant de charité qu’un Jésuite, autant d’humi- líté qu’un Père de l’Oratoire, de fience qu’un Oapti- cin , de sobriété qu’un Cordelier; CHARIVARI, st m. [ nocîurme vóciferationes, va~ fqrutnque aneorum pulstationes. J Ce , mot vient du Grec, selon quelques-uns. Assemblée de personnes qui crient d’tme maniéré boutonne, & font un tumulte avec des poêlés & des cháuderons , pour faire quelque forte de confusion à des gens , & fur tout à de nouveaux mariez. ( Charivari fâcheux, ennuïeux- chagrinant. Charivari plaisant, divertissant. Le charivari est un mélange de voix discordantes, qui elì quelquefois assez plaisant. Ahl. Luc. t. 2. Les charivaris qui se font au sujets des noces , font condamnez comme une injure faite au Sacrement de Mariage. Thiers , traité des jeux , ch. 24. Les charivaris se font d’ordinaire aux secondes noces qui font disproportion* nées, & on les fait le soir pour chagriner les nouveaux mariez. On empêche les charivaris, en donnant quelque chose à la canaille qui les fait. Le même.) CHARIVARI. [Infusa mufîca , turbœ tumultus.] Ce mot se dit aussi par raillerie d’une mauvaise musique , & du bruit confus & tumultueux que font les débauchez quand ils font ivres. £ On apelle aussi charivari , toute forte de bruit- de crierie & de querelles entre petites gens. CHARLATAN , st m. [Circumstoraneus propolá, cìrculatar. ] Celui qui vend publiquement des drogues , & dit mille mensonges de leur vertu pour les mieux débiter. (La plupart des Médecins de Paris font charlatans.) t * CHARLATAN. [ Prajìigator , callidtts ajstentatórl} Cajoleur, hâbleur. Celui qui par ses cajoleries tâche à tromper les gens. * CHARLATAN. [ Probitatis ac pietatisJìmulator .J Ce mot se dit en parlant des faux dévots , & veut dire hipocrite - tartufe , & qui n’a la dévotion que fur le bout des lèvres. (Tous ces beaux diseurs ne font qué de vrais charlatans - & moi je haï plus qué la peste ceux qui disent plus qu’ils ne font. Que l’Eglise est fertile en dévots empiriques , Que de saints charlatans. S. Evrem.) CHARLATANE , f f. [ Praftigiatrix. j Cajoleuse, hâbleuse , qui tâche par ses paroles à atraper les gens. (Les Marchandes du Palais font des charlatanes.) t CHARLATANËR , u. a. [ Fraudulenter ajjèntari .] Faire le charlatan pour atraper quelque chose, f Ce terme n’est guéres d’usage que dans le stile familier* Acad. Franç. t CHARLATANERIE , f. f. [ Fraudulenta asenta- tio. J Cajolerie pour atraper quelque choie. Persuasion subtile & artificieuse pour surprendre quelcun. (C’est une pure charlatanerie que tous les secrets qu’on débite, quand on ne veut pas suivre les régies de fart.) CHARLES , f m. [ Carolus. ] Nom d’homme. CHARLOT , f. m. Nom d’homme. CHARLOTTE , f. m. Nom de femme; * CHARMANT , charmante , adj. [ Jûcundm, Jua-vis , admirabilis , eximim . ] Qui agrée - qui plaît; ( Esprit charmant - beauté charmante. ) CHARME , f m. [ Carpimis. ] Arbre de haute Futaie j dont le bois est fort dur, qui croît en fort peu de tems, & qui pousse des branches dès la racine ; il ressemble en quelque forte à l’érable ; on difoit autrefois, charne. t Les feuilles , les chatons & les racines du charme font astringentes, propres pour le cours de ventre & pour le Diabète, CHARMÉ ; f. m. [ Incantamenìum , festcinatio. ] Enchantement. Ce font des paroles qu’on dit pour produire des éfets surnaturels. ( Ces charmes font défendus. superstitions , ch. 55. Se ferVir de charmes. C’est une magicienne qui eut recours à ses charmes. Elle adroit les Chevaliers à elle par la vertu de ses charmes. Les charmes d'Aldus agissoient fur Roger. Arioste. Rompre un charme. Pajc. L 8.) * CHARME. [ Illecebra, lenacinium .] Apas. A traits, ( Quel charme a pour vous le danger ? Voit. Poésies. C’est un grand charme, que les louanges pour arrêtes un Auteur. Mol. crit. Tirsis est le charme véritable de tous les cœurs. La Suze élégies. Que J’es charmes font grands , que son tranjforì est doux, Quand il dit , je vom aime - U jè rìaime que vout% La Suze - Postes. Charme merveilleux, surprenant, &C; Enfans qué la douleur diminuât fis charme;,, Deses beaux yeux tombòient de grosses larmes, Ainst que quelquefois au retour du printems, Il fait soleil , Ê? pleut en même tems. Perr. grifelidiS.) . * CHARME. Moïen & adresse de gagner le coeur; (Ses yeux savent les mêmes charmes. Voit. Post {$ L’Auteur du Traité de la Justesse a - ce me semble , fort bien remarqué - que le mot de charme emporte dans fa signification- l’idée d’une force qui arrête les éfets ordinaires & naturels des eaufes : lé mot de magie - renferme l’idée d’une science capablé de produire dans la nature des choses extraordinaires s le mot d 'enchantement fe dit particulièrement pOur ce qui regardé l’illusioti dés sens & de l’imagination 1 le mot de fort signifie proprement quelque chose qui trouble la raison. Mr. Ménage , tom. r. ch. 540. dé fies Obstrv. .a remarqué que Malherbe met tûujtìurS quelque diférënce entre charmes & apas s dans ce Sonnet , Que l’honneur de mon père , gjV. CHARMER , v. a. [ Fastcinare . ] User dé sortiíégá & de charmés. (Pouvoit-il charmer la baie qui l’a tué : Toit. Po's.) Ses filles font encore en leurs tendres années, Et dejà leurs apas ont un charme.st fort-, Ët ailleurs : En quelle école nonpareille Auroit-eUe apris la merveilk De st bien charmer ses apas ? ÌÌ y en a en éfet, dit-il ; apas fe dit des bëatitëz qtií atirent, & charmes , dé celles qui agissent par une vertu oculte & magique. 11 avoue pourtant que Malherbe a confondu l’un & l’autre dans un autre endroit : Celle dont mes ennuis avoient leur guérison , S’en va porter ailleurs seï ápas gf fies charmes ; On voit par là - que les meilleurs Auteurs font souvent des garants peu sûrs de l’ufagé. * CHARMER; [Llkcebris Admire-, irrétire.~\ Agréer par son mérite, par fa beauté, par de belles qualitez-. (On peut encore aujourd’hui vóús ainïer s Mais st le tems , à tom inexorable, Vom ôtoit le nióien de plaire Jtf de chartnefj É’aimez pas moins ce qui paraît aimable. S. Evrém. œuvres melées- p. 465.) Etre charmé. [lìlecebris devinciri, illinirij C’eîì-a- dire, être touché avec plaisir. ( Laijste-níoi soupirer, ma peiné est fans remède , Mòn ceur est trop charmé du feu qui U posédèi La Suz'e, Poésies. Les Dames abordèrent Rògeï' avec un air il honnête- qu’il en fut charmé. Arioste moderne , t. 1.) * CHARMER. {Lenire, mollìre, placare.] Apaiser- enchanter. (Sa voix peut charmer les douleurs-, Voit, Po'éf. Le vin charme les chagrins.) CHARMEUR, f. m. [Magus -, veneficití.j ] Celui qui. fe sert de charmes ou dé paroles superstitieuses pour pfoduire quelque éfet surnaturel & surprenant. (Les charmeurs font condamnez par les Pérès &“par les Conciles. Thiers, superstitions,) * CHARMEUSE , f. f. QMulier iUecebràsa.) Cè moi fe dit dans le burlesque d’une femme qui se fait aimer; ( Jnst z68 CHA (Juge alors quel désordre auxyeux de mu charmeuse, &c. Corn. illusion comique.) CHARMILLE,//-, (Carpinea vìrgulta.] Petit plant de charmes qu’on eleve pour en vendre a ceux qui veulent faire des palissades ou des alées. (II faut acheter un milier de charmilles.) CHARMOISE , / / (Carpinetum.] Lieu planté de charmes. Danet. CHARNAGE , / [Tempw quo vescì omnibus licitum est. ] Tems où l’on mange de la viande. f CHARNAIGRES. Terme de Chasse. C’est une efpéce de chiens courans, qui chassent de gueule. CHARNEL, charnelle. [Voluptuarius , voluptatibus deditus.] Ce mot est ordinairement o p osé à spirituel. CHARNELLEMENT, adv. (Impure, libidinosê.] Se- lo* la chair, fenfuellement. (Vivre charnellement.) L’Académie remarque que ce terme n’a guéres d’ufage que dans cette phrase. (II a connu cette femme charnellement.) CHARNEUX, charneuse, adj. [Carnosus .] Terme de Médecine. (Les parties charmeuses, ce font les parties du corps où il y a beaucoup de chair ; comme font les muscles, les joues, les fesses, &c.) CHARNIER , / / [ OJJlum conditorium. ] Lieu dans un cimetière où l’on range & met en pile les os des morts. (Ainsi on dit, les charniers S. Innocent.) CHARNIER , / m. [Carnarium.] Lieu dans une maison destiné à garder les chairs salées. CHARNIER, / tn. [Pedaminum fajciculus.] Botes d’échalas pour mettre dans les vignes. Le bon charnier doit être fait de cœur de chêne. CHARNIER. Lieu où l’on communie dans les paroisses de Paris. CHARNIE RE, / f. [ Commiffura .] Deux pièces de métal qui s’enclavent l’une dans l’autre, & fe joignent avec une rivure, un clou ou une goupille. (Les Horlogers enchâssent le corps des montres dans des boètes, & les y font tenir avec une charnière. Les deux pièces d’un compas, d’une fausse équerre, & de divers autres instrumens, font atachées ensemble par des charnières. II y a des charnières simples, & des charnières doubles. La justesse des instrumens de Mathématique dépend principalement des charnières bien faites. CHARNIE'RE , / f. [Calum.] Outil dont fe fervent ceux qui gravent fur des pierres dures, il est fait en manière de virole & sert à enlever les pièces. CHARNIE'RE , / f. (Carnaria.] Endroit où le Fauconnier porte son leurre & fa chair dont il acharne l’oifeau. CHARNU, charnue, adj. Qui a beaucoup de chair. (Bout charnu de l’oreille. Partie charnue.) * CHARNU, charnue. (Corpulentus, carnosus.'] Ce mot fe dit des plantes qui ont leurs racines grosses & longues, fans envelopes, aufquelles font atachées quelques fibres. 4 = CHARNU, fe dit aussi des fruits des pruneaux biens charnus, des cerises, des olives bien charnues. CHARNURE , / /. (Caro.] Ce mot fe dit particulièrement de la qualité de la chair des personnes. (Charnure belle, vilaine, noire, molle, &c.) £ CHARNURE, fe prend aussi pour la peau. (Charnure douce, charnure délicate.) CHAROGNE, / / [ Cadaver .] Bête morte & puante. * CHAROGNE. [ Putredo. ] Puanteur. ( Puante comme une charogne.) CHARPENTE , charpenterie , / f. [Materiaria struHura, materiatio.] L’un & l’autre fe dit bien. C’est le bois qui sert à la construction d’un bâtiment. (La charpente d’une Eglise. Bois de charpente.) La charpenterie signifie aussi l’art de charpentier, qui enseigne à tailler & à assembler plusieurs pièces de bois pour bâtir des maisons & les couvrir, & pour construire des vaisseaux, faire des machines, &c. [Ma- teriatura, materiaria fabrica.] CHARPENTER , v. a. (Materiarium opttí facere.] Tailler du bois de charpente, pour le mettre en état d’être assemblé. CHARPENTER , v. a. [[Imperitè secare , incidere.] Au figuré, il fe dit de tout ce qui est mal coupé. (Ce Chirurgien est un ignorant, il a charpenté le bras de cet homme, voulant le panser.) CHA CHARPENTIER, / m. [Materiarius, lignarius fa. ber.] Ouvrier qui travaille en bois, & fait toutes for. tes d’ouvrages pour la construction d’un bâtiment. $ CHARPENTIER, / m. Oiseau de la grosseur d’une alouette, qu’on trouve dans l’Isle de S. Domin- gue. 11 a le bec si fort, qu’il perce jufqu’au cœur un palmier, pour en tirer la moelle, quoique le bois de cet arbre refisse aux meilleurs instrumens. CHARPIE, f / [ Linamcntum.] Terme de Chirurgie. Linge qu’on met aux plaies. Le nouveau traducteur de Dom Quichote a écrit ckarpi, pourdw- pie, mais en cela il n’est point à imiter; l’ufage est pour charpie. ^ L’Académie dit charpie. ê CHARRE'E, / / C’est la cendre qui a servi à faire la lessive, & qu’on met ensuite aux piez des arbres CHARRIER. Volez Charier. CHARRIOT. Volez chariot. CHARRETTE , / / (Currus, plaufirum.] Chariot à deux roues , avec des ridelles & un limon. (Mener du bois fur une charrette. On fouette les coupeurs de bourse au cul d’une charette. Quelques Parisiens disent chairette, mais mal.) f * On dit proverbialement, C’est un avaleur de chu- rettes serrées._ |“ Thrajo. ) Cette phrase est tirée du Grec, & fe dit d’un fanfaron, d’un capitan ; mais elle ne fe dit qu’en riant, & dans le stile familier. CHARRETTE'E , / f. f Vehes , plauflri onm.] La charge d’une charrette. (Une charretée de bois.) CHARRETIER, chartier , / m. (Carri, plaustri du- flor.] Ce mot est de trois ou de deux filabes, mais plus ordinairement de trois. Celui qui conduit- la charrette, celui qui n’a point d’autre métier pour gagner lâ vie, que de faire quelque voiture avec fes chevaux, fa charrette ou son chariot. (Hadrianus Junius bûvoit avec des Charretiers pour aprendre les mots de leur métier, & les mettre dans le Dictionnaire qu’il compofoit. Columepus, particularisez. Pour venir au chartier embourbé dans ces lieux, Le voilà qui détejìe £5? jure de son mieux. La Font.) * II n’ejì fi bon chartier qui ne verse. ['Aìiqmndo bonus dormìtat Homerus.] Proverbe, pour dire, qu’il n’est point d’homme si habile qui ne soit sujet à faire quelque faute. * II jure comme un chartier embourbé. Proverbe. CHARROI , / m. (Merces , exportatio in carra.] La peine du Charretier ou Voiturier qui a fait quelque voiture, qui a charié quelque chose. (Païer le charroi.) í§ On apelle charrois, les corvées que l’on doit faire avec chars & charrettes, & ceux qui les font, font apellez charriables, dans la Coutume d’Auvergne, ris, 2;. art. 19. CHARRON , / m. (Plaujlrorum, curruum faber.] Artisan qui fait le bois des chariots , des charrettes, des charrues, trains de carrosses, baquets, tombereaux & autres harnois. (On fait marcher force charrons avec l’équipage de l’armée.) CHARRONAGE,/ m. (Plaustrum, carrorum sabri- le opus.] Travail & ouvrage de charron. CHARRUAU. Dans la Coutume d’Angou- lême, art. 88- il est fait mention du chemin charruau, qui sert de borne au droit d’aíi.esse: sur quoi, Gan- dillaud a fait cette observation, qu’il faut „ que le „ chemin soit charruau, & de la largeur mentionnée, „ in Leg. Via latitudo , ff. de servit, rujì. prad. autre- ,, ment il 11e seroit charruau, „ Ce terme fait con- noître que le chemin doit être propre pour le passage des chars & des charrettes. CHARRUè, / f. (Aratrum.] Instrument propre à labourer, qui est tiré par des beufs, ou des chevaux, & qui est composé d’un sep, d’un soc, d’un contre, d’un écu, d’une haie, de deux mancherons, de deux rouelles, &c. (Méner la charrue. Les Dictateurs quit- toient la charrue, qu’ils reprenoient quand l’expédi- tion étoit achevée. Saint Evrem. génie du peuple Romain, ch. 2. D’Adam nous sommes tous ensans, La preuve en est connu?, Et que tous nos premiers parens Ont mené la charrue, Mais los de cultiver enfin, L’un CHA L'un à dételé le matin , L’autre l’aprestdinée. Coulanges.) Voici une pensée plus noble, qtie le ternie char- nie me rapelle. L’ancien Pline, en parlant, dans son Histoire, liv. Z. c. 3. de ces anciens Dictateurs , qui au sortir du triomphe, retournoient à leur charrue & labouroient leurs champs, dit qu’il sembloit que la terre ressentait une extrême joie dé se Voir cultivée par un laboureur au sortir du triomphe, L par une charruë couverte de lauriers , gaudente terra vomere laureato, R triumpbali aratore. * Mettre la charrue devant les bœufs. [Praposterè mrnia agere.) Proverbe, pour dire ; mettre au commencement ce qui devroit être à la fin. (Renverser Tordre des choses.) ç On dit dans le stile familier des personnes d une société qui ne s’accordent pas ensemble , c’est une tbmrttë mal attelée , c’est une charrue de chiens. f On dit, en parlant d’un travail pénible & fâcheux, faimeròis autant être à la charrue-, ou tirer â la charrue. % CHARRUè. Instrument de Jardinier, qui sert à nettoïer les allées d’un jardin. On ne Pemploïe que dans les allées qui font d’une trop grande étendue, pour se servir seulement de la ratiftoire & du rateau. CHARTRE-PARTIE , f- st [Nautica rationis dkidmm fatiurn.) Ce mot vient du Latin chartapar- tita, & c’est un terme de Marine , qui signifie un écrit contenant la convention que l’on fait pour l’affréte- ment, la facture & la cargaison d’un vaisseau. í$ CHARTE-PARTIE. II faut ajouter que c’est un acte par lequel le propriétaire s’engage à un marchand de lui fournir un vaisseau.pour íe charger de marchandises, & les transporter dans le lieu de leur destination, sauf les risques de la mer. L’Auteur du Guidon, tit. i;, art. 7. dit que ,, la charte-partie est di- „ stinguée du connoissement parce que la charte- „ partie est le contrat d’aífretemënt du navire ; con- „ noissement est la promesse particulière que fait lé „ maître du navire, de la réception de telles & dé „ telles marchandises appartenantes à tel marchand, „ & faut autant de connoissemens comme il y a di- „ vers,té de personnes à qui elles apartiennent. Plus „ charte-partie se peut faire pour aller & retourner; ,, Connoissemens font toujours divers ; Car lès uns „ font pour aller, autres font pour retourner. “ Voïez l’Ordonn. de 1Ô81. de la Marine , liv. 3. tìt. 1. f CHARTE-PARTIE. C’est aussi un certain acte, par lequel plusieurs personnes fe joignent & s’asso- cient, pour naviger de compagnie, & faire quelque entreprise. Les kil bustiers de l’Amérique font ensemble de ces fortes de Charte-parties. CHARTI, f. m. [Carrm longior.) Le corps de la charrette. f CHARTIL, f. m. C’est un lieu couvert, ou un hangard, fous lequel on ferre les chariots, charrettes, charrues, &c. pour les garantir des injures de Pair. CHARTIER. Voïez Charretier. CHARTRE , charte, f. f- [Veteres charta, mem- hmna.) Ces mots lignifient les titres & les papiers qui regardent Phistoire. Ils signifient aussi tous les titres & tous les papiers de conséquence qui concernent quelque corps ou quelque communauté. La raison voudrait qu’on dit charte , & comme l’a écrit Mr. Mézeraî, au titre de son Histoire de France, in folie > & comme Pécrit toujours Air. d’Epernon , dans son savant livre de la véritable origine de la première race des Rois de £ rance s mais Pillage plus fort que la raison, que Mr. d’Epernon & que Àlr. MéZerai , veut qu’on dise & qu’on écrive, chartre. (II est parlé de ce Saint dans une autre chartre. Mr. Patru , plaid-. H- page 519.) Mr. Fremont, Abé commendataire, 2. fart. écrit, p. 130. Vous pourrez vous détromper, fl vous prenez la peine de consulter les anciennes chartres. Le mot de chartre , dit Mr. Ménage, observations fur la langue Françoise, vient de charta; & ainsi, selon l’étimologie, il fáudroit dire charte, cependant °n dit chartres Tout le Barreau dit chartre. Les chartres font gardées avec beaucoup de foin. Les chartres de France font curieuses. Voir le trésor des chartres : & pour montrer que le grand usage a toujours été de dire chartre , le célébré Mr. de Hérou- Val m’a fait Phcmneur de me montrer plusieurs e.har- CHA z69 ifes anciennes qui commencent par ces mots : On fait á savoir à tous par oes présentes chartres, que. ÍS Voïez le Père Mabillon , de ré diplomáticâ , lib. 1. c. 2. ou il explique parfaitement toutes les espèces d’actes publics & particuliers qui étoient en usage parmi nos pères; CHARTRE , f f. f Tabès, atrophia. ] Maladie dé langueur qui consiste dans une telle sécheresse de tout le corps, qu’il n’y demeure que la peau fur les os; (Etre en chartre. On s’adresse à S. Mandé pour ceux qui font tombez en chartre. Ménage, origines de lei langue Françoise.') CHARTRE-NORMANDE. [Charta quibus privilégia Normannis concejfa continentur .] Ces mots signifient les Lettres de conservation des privilèges accordez à la Province de Normandie par le Roi Philippe , lors que les Normans secouèrent le Joug des Anglois. La Chartre-Normande a été confirmée par plusieurs Rois qui lui ont succédé. Ferrière introduHìon à la pratique. Ces vidimus sont contenus à la fin du Costumier de Normandie. On met à la fin cìe la piûpart des lettres de la grande Chancellerie, nonobstant clameur de Haro, Chartre-Normande, &c. f CHARTRE. [Carcer.) Terme de Palais. Ce mot est vieux, & il signifioit autrefois une prison. L’Oi- dennance de 1670. défend aux Prévôts de faire chartre privée j c’est-à-dire , de faire de leur maison une prison. On dit à Paris , l’Eglife de Saint Denis de la chartre -, c’est-à-dire, le lieu où Saint Denis fut autrefois mis en prison. t§ Le P. Labbe a raporté , dans son Abrégé Roïalj p. 6ç8. tom. 1. un Journal depuis 1409. jusques en 1449. où il est dit, qu’un bourgeois de Paris fut -prestché au parvis Notre-Dame, condamné en chartre perpétuelle aU pain (jf à tenu-, . CHARTREUX , st m- [ Cartbujìanus .] Religieux instituez par Saint Bruno natif dé Cologne eh 1086* 11s font vêtus dé blanc , avec une chape noire qui cûuvre l’habit blanc, & ils font apéllez Chartreux,st. cause d’un lieu en Dauphiné nommé Chartreuse , où ils ont été prémiérement établis par Hugues, Evêque de Grenoble. Leur régie est composée de cellé dé S. Hiérôme, de S. Caftan & de S. Benoit. (Les amis fur le bienstont comme les Chartreux, Tout doit être commun entre eux-.) CHARTREUX, st m. [Monaflerium Carthujtano- rum.) Couvent de Chartreux; Saint Louis a fait bâtir lés Chartreux de Paris. f CHARTREUX. Le peuplé apellè ainsi unè forte de chat, qui a le poil tirant fur lé bleu. C’est unè des espèces de fourures, dont les Pelletiers font négoce. f CHARTREUX. On apellè Pille des Chartreux , une efpéce de laine d’Efpagne, qu’ón emplôïe dans les meilleurs manufactures de ìaînérie. CHARTREUSE , st st f Mànasterìum Carthustano- rum.) Couvent de Chartreux, ou de filles Chartreuses. (La grande Chartreuse est auprès de Grenoble.) CHARTREUSES , st st [Cartbustana.) Religieuses de l’Ordre de Saint Bruno. (II y des filles Chartreuses à Salettè fur le bord du Rhône > au dessus dé Lyon.) CHAR'i'RTER , st ni. [ Tabularium .] Trésor, lieu où Pon garde les chartres d’un Abaïé, d’un Couvent, d’une Seigneurie. Dans les Couvents, il y a un Religieux Char trier. CHAS , st m. [Intertignium.) Terme de Maçon. Piéce de cuivre carrée qui á diamétralement une pièce de métal ronde qu’ori apëlle plomb, qui prend d’une ligne qtii passe au travers ,du chas, qui sert aux Maçons pour plomber les murs , & voir Vils sont droits, Ou s’il y à du fruit; C’est cé qu’on apellè maintenant travée. H CHAS. C’est Pendrait troué d’ùne éguîlle qu’on apelle aussi la tête ou le cul d’une éguille. H CHAS. Terme de Tijjeran. Sorte de colë dont on frotte les fils dé la toile, lòrfqu’íls font tendus fur le métier. , $ CHAS. . C’est aussi la fariné détrempée, bu cols d’amidorï, qu’on tire du grain par expression. GHASERET, ou chazeret, st m. C’est un petit châssis de bois, large de trois bons doigts , qui a un fond d’Ozier, & dont Ou fè sert ptíur faire des fromages. (U11 chaserêt fort propre. Ce sont les Tome L A a a Boisse; 370 CHA jBoisseliers qui font & vendent des chafferets.) CHASSE, s f- [Venatio.2 La première íìlabe de ce mot se prononce brève. II signifie la poursuite qu’on fait des bêtes avec des chiens, soit à pie ou a cheval. La poursuite qu’on fait pour prendre quelque forte de bête que ce soit. L’art & lenroïen d’atraper les bêtes. (Ak-r à la chasse.) Voilà-, dit-on, son penchant qui l’emporte, Et de ses passions , en dépit de l’amour, La chasse ejl toujours la plus forte. Perr. griselidis.) {$ La chasse est un exercice honnête & utile. Dieu a donné aux hommes le droit de chasser & de pêcher, comme il est dit dans la Genèse, ch. r. v. ió. Ut profit pijcibuí maris, (5? valatìlibus cceli , U bejìm ttniverjo terra. Ainsi selon la Jurisprudende Romaine, la chasse étoit permise à tout le monde. L. 2. & 5. jf. de acquir. rerum domin. Parmi nous, le droit de chasse est Roïal, & personne n’en peut jouir que par la permission du Roi. Nos premiers Rois ont été fort jaloux de lâchasse. Grégoire de Tours raconte que Contran fit lapider Chandon son Chambelan, parce qu’il avoit tué un bufle dans la forêt de Vassac. Par les Capitulasses de nos Rois, les forêts font désensables. La plus ancienne Ordonnance fur le fait de la chasse, est celle de Charles VI. On volt dans le grand Coutumier celle de Charles VIII. Les forêts du Roi ont toujours été désensables, & l’on tient à présent pour une règle certaine, que les Rois dans leurs Roïaumes & les Seigneurs Justiciers dans leurs terres , peuvent défendre la chasse , parce que tout ce qui est à tous en commun, est fous la puissance du Souverain. H CHASSE. Rien ne contribué davantage à former le coup d’œil militaire que l’exercice de la chasse, qui oous met au fait du pais & de ses differentes fortes de situations, qui font infinies & jamais les mêmes. Le Grand Cyrus eut moins son plaisir en vue , en se livrant tout entier à la chasse pendant sa jeunesse , que le dessein de se rendre propre pour la guerre , & pour la éonduite des armées. Voter le Polybe de Mr. de Eolard. * CHASSE. [Hojles fugare .] Poursuivre. (Donner la chasse à l’ennemi. Abl. Plusieurs font dificulté de l'e servir de cette faqon de parler, & en sa place ils disent poursuivre ou pousser Pennemi , mais mal. Tous les jours ont dit en parlant nos troupes ont donné la chasse aux ennemis ; mais on ne s’en sert pas dans un stile noble. Vaug. nouv. rems * CHASSE. Terme de Mer. [ Fugere, fugam ca- pere , cedendo pugnare. On dit donner la chaJJ'e, c’est obliger les vaisseaux ennemis à prendre la fuite. Prendre chasse , c’est s’enfuir. Soutenir chasse , c’est fe battre en retraite. Les pièces de chasse, ce sont les canons de Pavant pour tirer fur les vaisseaux qui prennent chasse. CHASSE. [VenatoresJ Ce mot signifie la troupe des chasseurs. (La chasse est à une lieue d’ici.) CHASSE. [Prada venatica.J Signifie aussi ce qu’on Z pris à la chasse. (II lui a fait part de fa chasse.) Equipage de chasse. [ Venatoria Jupelkx. ] Ce font les chiens, les chevaux, les piqueurs, les toiles ou filets , & généralement tout ce qui sert à la chasse. CHASSE. [Meta. Terme dc Jeu de paume. L’e n-, droit où tombe la baie au premier bond , & qui fe* marque, avec un petit morceau d’étofe. ' Petit morceau d’étofe pour marquer la chasse. Gagner une chasse. La chasse est au dernier. La chasse est à un tel carreau.) t * CHASSE. t Action d’une personne qui fait quelque chose qui déplaît, qui fâche, qui choque. (Remarque bien cette chasse, tu ne la porteras pas loin.) Id nota. * CHASSE-MORTE. Coup perdu. Action qui n’a aucune fuite. CHâSSE. [Sacrarum reliquìarum theca , capsa .J La première filabe de ce mot fe prononce longue , & il signifie une maniéré de cofre dont le haut est fait en cercueil 011 en toit d’Eglife , où font les os de quelque Saint ou de quelque Sainte. (La châsse de Sainte Geneviève de Paris est fort belle.) CHAS*3E. Terme d Orfevre & de faiseur de boucles. La partie de la boucle où est le bouton. CHASSE. [Anses, Terme de Balancier. Morceau de fer qui eif atache avec un clou au milieu du fléau CHA de la balance , ou du trébucher , & qui sert à tenir les balances ou le trébuchet, lors-qu’on pess. R CHASSE. [Margo interiore finu crenatuss T er . me de Miroúétier. Tout l’argent, le cuivre, l’ébène ou la corne qui tient les verres de la lunette, & où on met le nez de celui qui s’en sert. ( Une chasse bien faite. ) ch CHASSE. Terme de TiJJeran. C’est la partie du métier, suspendue en haut, avec laquelle l’Ouvrier frape le fil de la trême , chaque fois qu’il a lancé la navette entre les fils de la chaîne. CHASSE. Ce mot fe dit par plusieurs artisans signifie en général tout ce qui sert à tenir quelque cho. se enchâssée , comme on l’a vù dans les trois articles qui précédent. Les Couteliers disent, la cbujj’e d’tm rasoir , ou k manche d’un rasoir, &c. ch CHASSE. Outil de Serrurier. C’est une espèce de marteau, bien acéré par un bout, dont on sc serf pour entailler les pièces de diverses façons, suivant la figure des diferentes chasses. ch CHASSE. Efpéce de niveau, dont se servent les Maqons. CHASSE-AVANT , s m. [Opemmjnstinclors Celui qui dans les grands ateliers conduit & fait marcher les ouvriers. ch CHASSE-BOSSE , ou Corneille , / f. [I^smaáìas Plante qui croît dans les marais proche des ruisseaux, aux bords des fossez & autres lieux humides. Elle contient beaucoup de flegme, d’huile & peu de sel. Elle est fort astringente & vulnéraire, on s’en sert pour la dissenterie , pour les hémorragies, pour nettoyer & consolider les plaies. f CHASSE-COQ_UIN, s m. [AbaHor petulantium mendicorum. ] Bédeau qui chasse les gueux hors de l’Eglife. t CHASSE-COUSIN. Terme de Maître dames, Fleurec ferme , & qui n’obéit pas, propre à bourrer de certaines gens qui viennent faire assaut. t CHASSE-COUSIN. [Eteterìus vinum appostum hospitibus ad eos abigendos .] Méchant vin qu’on donne à ceux qu’on a envie de ne plus régaler. (Donner du chasse-coufm.) f CHASSE-ENNUI. [ Obleftamentum .] Ce qui ôte le chagrin & l’inquiétude de l’esprit. On dit du vin , que c’est un bon chajje-ennui. On l’a dit de certains livres facétieux , qui contiennent des contes pour rire. ch CHASSELAS , f. m. Sorte de raisin. Manger une grape de chasselas. CHASSE-MARE’E , f m. [Qui marinespifees vibit .] Celui qui amène de la marée à Paris tous les Vendredis & tous les Samedis. ch On apelle huîtres de chasse , des huîtres à l’écail- le qu’on aporte par chevaux de chasse-marée. CHASSE-MULET. [Mulorum dufíor , abafíori] Valet de Meunier des environs de Paris , qui reporte fur íès mulets les lacs de farine aux Boulangers , & qui va quérir le blé des boulangers , & le porte fur ses mulets au moulin. ch CHASSE-POIGNE'E. Terme de Fourbijseur. C’est un outil , qui sert à chasser & pousser la poignée d’une épée fur la foie de la lame, jufqu’à ce qu’elle soit bien jointe avec le corps de la garde. ch CHASSE-POMMEAU , ou Boule. Autre outil de Fourbijjeur , qui sert à chasser le pommeau de l’épée íùr la foie de la lame , pour le joindre à la poignée. ch CHASSE-RAGE , Iberis, ou cresson sauvage. Cette plante a un goût acre comme le cresson. Elle croît contre les vieilles murailles & aux lieux incultes. Elle contient beaucoup de i'el essentiel & d’huile. Elle est deterfive , apéritive , incisive , propre pour le scorbut & pour les obstructions de la rate, étant prise en décoction. On en aplique sur les morsures des chiens enragez , pour faire dissiper Je venin. On fe sert de la racine pour la douleur des dents & pour guérir k gale. CHASSER , v. a. [Fenari.J Poursuivre une bête pour la prendre ou pour la tuer. Tâcher d’avoir adroitement quelque bête. (Chasser au sanglier, un fièvre. Chasser aux oiseaux.) * CHASSER. [Fugare, pe/íere, abigere.] Poursuivre. Donner la chasse à quelque ennemi. ( Chasser l’ennemi sur terre ou sur mer.) * CHASSER- s Ejicere. J Mettre hors d’un lieu. (Chasser quelcun de fa m silo». 11 ataqua la derni-îu- ne. CHA ne, & en chassa l’ennemi. Abl. Sur la fin du XV. siécle, on chassa les Maures d’Espagne. Mariana , FUJI. d’Espagne-) CHASSER un cheval. Terme de Manège. C’est le porter & le faire aler en avant. CHASSER le mauvais air diane maison. C’est purifier F air de bonnes odeurs, & y laisser soufler le vent pour y renouveller l’air. f- CHASSER un domestique. C’est le congedier, le renvoyer quand on en est mal satisfait. (Ce valet est un fripon , qu’il faut chasser au plutôt.) CHASSER. Terme de quelques Artisans. C’est fraper avec violence fur quelque chese pour la faire avancer, ou pour la faire entrer dans quelque autre chose. On chasse à force un clou ou une cheville, pour les faire entrer dans quelque trou. Les Tonneliers chassent à force les cerceaux , pour bien serrer les douves d’un tonneau ou de quelque autre futaille. CHASSER. [Pellere longiùs.} On dit encore ce mot en parlant de la poudre à canon , dont la plus forte Sc la plus fine chasse la baie plus loin que la grossière. * CHASSER , v. a. [Amplius jpatium occupare.) Terme A’Imprimeur. II se dit des caractères , dont les plus gros ocupent plus déplacé dans l’impreffion que les petits. (On dit par exemple, le parangon chaste plus loin que le S. Augustin.) * CHASSER, v. n. [ Fugare, in fagam conjicere . ] Terme de Mer. II se dit d’un vaisseau, & l’on dit qu’il chaste surfin ancre , lors,que le vent & les marées entraînent le vaisseau, ouïe fontcuT lors-que l’ancre n’a pas mordu assez avant, ou que le fond est de mauvaise tenue, & qu’ainsi le vaisseau traîne son ancre. f * Un clou chasse Vautre. [ Clavus clavum peUìt. ] Proverbe, pour dire, que le plus fort chasse le plus foible, & qu’un grand mal en fait oublier un petit. f Un bon chien chaste de race, [ [Patristare.} Proverbe , pour dire, qu’une personne a ordinairement les mêmes inclinations que son père & sa mère. f Cet homme chaste bien au plat ; pour dire , qu’il a bon apetit, & qu’il aime bien à manger le gibier que les autres tuent. Acad. Fr. La faim chaste le loup hors du bois s pour dire , que la nécessité oblige les gens à travailler. H Chasser fur les terres de quelcun. C’est figur. entreprendre fur fa jurifdiction, fur ses droits. CHASSEUR, st. m. [Venatorf Celui qui poursuit les bêtes à la chasse pour les prendre, ou pour les tuer. Celui qui tâche d’atrapër les bêtes. (Un bon chasseur.) Les timides lapins N les renards rusez, Se cachent dans des trous par eux-mtmes creusez, Pour tromper des chasseurs la poursuite fatale. Perr.) H CHASSEUR, est aussi un domestique dans une terre , occupé à chasser pour son maître. f * Un repas de chasteur. C’est un repas prompt & léger. t * Une Messe de chasteur. C’est une Messe dite à la hâte. î- Afamé comme un chasteur. C’est un homme de grand apetit. CHASSERESSE , s. f. [ Venatrix .] Ce mots’est dit quelquefois d’une femme qui aime la chasse. (Diane etoit, parmi les Païens , une divinité chasseresse. II faut plûtôt dire que Diane étoit la Déesse de la chasse, ou des chasseurs.) CHASSIE , s s- [Lippitudo.] Humeur qui colle les yeux & s’ataclre aux paupières. Excremens des yeux qui vient d’une pituite épaisse. (Chassie puante.) CHASSIEUX, chasseuse, adj. [Lippus , lippiens.] Qui a de la chassie aux yeux. (Les vieilles font ordinairement chassieuses. On le dit aussi des yeux. Les fluxions rendent les yeux chassieux.) CHASSIS -,fi m. [Cancelli vitro instrufli , vel chartâ obduffi.} Ce mot, pris généralement, signifie tout ce qui enferme ou qui enchâsse quelque chose. (Ainsi on dit, un châssis à jyaneaux de vitre, & c’est le bois fur lequel est atache le paneau de vitre. Châssis à carreaux de verre, c’est le bois où font enchâssées les pièces, ou les carreaux de verre, c’est aussi le bois & les carreaux de verre. (Faire , assembler, clouer au châssis. Mettre le verre dans un chaffis. Coier le papier fur un châssis.) CHASSIS dormant. C’est un châssis qui est fixe, qui ne s’ouvre pas, ou ne s’éleye point. CHA 37 i f CHASSIS. Papier découpé de certaine maniéré, dont on se sert pour écrire en chifre. CHASSIS. [Lìgnei cancelli.'} Terme de Menuisier. Clôture de bois qu’on rabote & qu’on fait par carreaux, fur laquelle on cole du papier qu’on huile , & qu’on met ensuite aux croisées des fenêtres devant les vitres, afin que la chambre soit plus chaude. CHASSIS d!osier. [Lìgnearmn regularum compages .J Terme de Vanier. Clôture d’osier qu’on met devant les fenêtres des coléges , & de quelques autres lieux , pour empêcher qu’on ne casse les vitres à coups de pierre. CHASSIS de Uton. [Ms textile.} Terme à’Epinglier. Filets de léton travaillez par mailles, & atachez avec de petits doux fur un châssis de bois. CHASSIS. Espèce de petit quadre sur quoi on pqfe la toile d’un tableau. CHASSIS de par avant. Bois de paravant. H CHASSIS de Fondeur. C’est dans le vuide des châssis que les Fondeurs mettent le fable ou terre dont se font les moules. II y a aussi à un des cotez du châssis une ouverture , par où se jette le cuivre, lors- qu’il est en fusion. H CHASSIS de Monoieur. C’est aussi le moule où les Fondeurs coulent les lames d’or, d’argent, ou de cuivre , qui doivent servir à faire des flaons. 11 est semblable à celui des Fondeurs en fable, & il se prépare de même. f CHASSIS de Tapissier. Ce sont quatre tringles de bois, avec lesquelles on forme le châssis, qui sert à dresser des matelats & des sommiers de crin. H CHASSIS. Les cartiers donnent aussi le nom de châssis , aux femelles qui soutiennent les fourches de leur grande roue, & fur lesquelles font posez ce qu’ils apellent les Rossignols ; c’est-à-dire, les arcs-boutans qui tiennent les fourches en état. CHASSIS. [Lìgnearmn regularum compages.} Bois fur quoi on pose le dessus de la table. On dit aussi, châssis de porte, chaffis de fenêtre. CHASSIS pliant. Espèce de tréteaux de table. CHASSIS. [Ferrearum regularum compages.} Terme à’bnprimeur, C’est un quarré dans lequel on enferme les caractères qu’on ferre de tous cotez. Cet instrument s’apelle proprement châssis quand il y a une barre au milieu , car lors-qu’il n’y en a point, on l’a- pelle ramettc. CHASSIS. Terme de Jardinier. C’est un ouvrage de menuiserie, dans l’épaiiseur duquel il y a de tous les cotez des feuillures pour y loger, emboîter & enchâsser des paneaux quarrez du vitre, & eu couvrir les plantes qu’on veut avancer F hiver par des rechauffe- mens. Les chaffis des Jardiniers doivent être de bois de chêne. CHASSOIR, f m. [Cuneus ligneus.} Terme de Tonnelier. Morceau de bois qu’on pose sur le cerceau, & qu’on frape avec le maillet pour chasser le cerceau quand on lie des futailles. H CHASSOIRE. fi f. On donne ce nom à la baguette des Autourfiers. CHASTE, adj. [Castus, pudicus.} Qui a de la chasteté. (J’ai été toujours aussi chaste qu’une Demoiselle que vous savez. Volt. I. 33. Elles font plus chastes des oreilles que de tout le reste du corps. Mol. crit. On peut être chaste dans le mariage.) * CHASTE. [Purus. J Ce mot se dit du langage, & veut dire exact , correct , honnête & éloigné de toute impureté. ( Stile chaste. On ne peut avoir une diction plus chaste ni plus correcte. Ces. On a loué Virgile de ce qu’il étoit un Poète chaste.) CHASTEMENT, adv. [Castè, purê.} Avec chasteté. (Vivre chastement.) L’amour le moins honnête, exprimé chastement, 2V ’excite point en nom de honteux mouvemens. Despr.) CHASTETE', st f. [Cafiimonia , pudicita , pudor.} Pureté de mœurs. Continence. Vertu chrétienne & morale pour laquelle on s’abstient des plaisirs illicites de la chair, & Von use modérément des légitimes. (Faire vœu de chasteté. On peut conserver la chasteté dans le mariage. Conserver sa chasteté. Vivre dans la chasteté.) Si les hommes se sont dispensez du soin exact & scrupuleux de leur chasteté , c’est qu’ils ont cru que l’éminence de leur sexe consiste en la liberté de faillir. Saint Eoremont . Topit L Aaa » CHA- 972 CPM CHASUBLE ,/ s- ÍCasula, planetas Ornement d’Eglise. Vêtement court & sans manches qui couvre tout le corps du Prêtre quand il dit la Messe. CHASUBLIER , s. m. [Casularum opifex .] Ouvrier qui brode & fait des chasubles. Marchand qui vend des chasubles. CHAT, / m. [Felis , catms Animal très-connu, qui elì ordinairement gris ou noir, gris & blanc , ou noir & blanc, quia les yeux étincelans , qui elì fin, qui vit de souris , & de toute forte de chair, qui hait les rats, les souris , les chiens, les aigles, les serpens, &l’herbe qu’onapelle la rue. Sa cervelle trouble l’e- sprit. ( Chat privé , ou domestique. Chat sauvage. Chat d’Espagne. Le chat miaule. Henri 111. Roi de France avoittant d’averiìon pour les chats , qu’il en changoit de couleur & tomboit en lìncope lors-qu'il en voioit. Prude, Hijt. de francs , Henri III. Griset ejì mort, bé que c’eji grand dommage , Qu’un chat si beau , si fait au badinage , Perde la vie en la fleur de son âge. Com mire.) H CHAT effarouché. Terme de Blason. C’est lots. que le chat est rampant. On Papelle chat hérisjonné , loríqu’il leve le train de derrière plus haut que Ta tête. ^ CHAT. Terme à 7 Artillerie. C’est un fer avec des grises dont on se sert pour visiter le dedans du canon. £ CHAT. Terme de Marine. C’est un vaisseau du nord , qui n’a ordinairement qu’un pont : il a le cu rond, & porte des mâts de hune, quoiqu’il n’ait ni hunes, ni barres de hune. Sa construction, qui est grossière & fans ornement , tient de la flûte & de la pinasse. Le chat peut contenir beaucoup de marchandises & tire peu d’eau , aussi est il d’un grand usage. Volez Aubin. * Vendre le chat en poche. [Ante mercem qflentatam vendere. ] Proverbe , pour dire , vendre une chose sans la faire voir. * Eveiller le chat qui dort. [Irritare Carbones. Proverbe , pour dire , réveiller une quérelle assoupie. * Emporter le chat de la maison. [Tacite abires Proverbe, pour dire, s’en aler fans rien dire. * Laisser aler le chat au fromage. Volt. I. r. Ce Proverbe se dit des femmes & des filles, & veut dire, donner la dernière faveur à un galand. *A bon chat, bon rat. [Verbum verbo.] Proverbe, pour dire, bien ataaué , bien défendu. * A seller un chat un chat, Rolet un fripon. Des- préaux ,- C’est-à-dire , ne se pas contraindre. Ne rien dissimuler. Dire franchement- les choses comme elles font. Apeller les choses par leur véritable nom, fans y aporter aucun déguisement. * setter le chat aux jambes. [ In altquem culpam alicujus rei conferre. 3 Proverbe , pour dire , a.cuser quelcun de quelque faute, l’arrêter par quelque empêchement. On dit de deux personnes ennemies , qu’elles /aiment comme chiens £=? chats. [Diffideres * On dit de celui qui veille fur les actions d’un autre , qu’il le guête comme le chat fait la souris, s Illum observât, ut felis murent .J f IJn chat échaudé craint l’eau froide. Proverbe, pour dire , que celui qui a reçu quelque mal, craint toutes les choses de même nature. f * Se servir de la pâte du chat pour tirer les marons du feu. f Lucruni fecit ope aliénas Façon de parler proverbiale; pour dire , ( se servir & profiter de la simplicité ou de la témérité de quelcun qui se ha- zarde à faire quelque chose. f La nuit tous les chats font .gris i pour dire qu’une femme a toujours assez de beauté la nuit. f Bailler le chat par les pâtes s pour dire, présenter une chose par l’endroit le plus dificrle. Acad. Fr. CHATE , / f. [Felis feminas La femelle du chat. (Une belle & bonne ebate.) f CHATE .f.s Ternie de Marine. C’est une grosse barque, apareillée à deux mâts , dont les voiles portent des boriettes maillées. On s’en sert à transporter le canon & les provisions d’un vaisseau. CHATE'E, f. f [Catiûis Tous les chats de la portée d’une chate. CHAT-HUANT , f m. Voïez Hibou. CHATEIGNE , / f [ Casianea. ] Fruit de cha- teigner, qui ressemble aux marons , qui est astringent & couvert de trois couvertures. (Une grosse chatei- CHA gne. enateigne bouillie. V ivre de chateignes Ti a des Provinces où l’on fait du pain avec des cha ■ gnes moulues, après qu’on les a (ait sécher. í CHATEIGNE d’Acajou. L’arbre qui porte ce f m j t s apelle Aca,atba. II est haut & grand comme u „ chateigner. L etc il en fort une gomme claire tnns parente , odorante ; íà vertu est astringente ’ ’ CHATEIGNER , f. m. (Casianea.} Arbre qui porte les chateignes , qui aime la terre légére & sablonneuse qui devient gros & grand comme le chêne, & qu ; ’ les feuilles grandes & eu façon de scie. La/' a CHATEIGNER AIE , f. f [ Cajlamtum. ] L e lieu où viennent les chateigners. Un lieu oú l’on a nlanhi des chateigners. ” e CHATEIN- [ Ex rutilo nignfeens. ] Cet adjectif se dit des cheveux , & n’est usité qu’au masculin il veut dire qui tire fur le blond. (Monsieur d’Ablan coqrt avoit les cheveux chateins.) CHATEAU , / m. [ Cajhum , cafiellum.'] Mai- son seigneuriale. C’est aussi quelquefois une forte dé forteresse. Le château de Dijon est une maniéré de citadelle. ) On difoit anciennement un cbâtel. ch CHàTEAU. Terme de Marine. On apelle château d’avant, ou de proue , le gaillard d’avant, quí est l’exhaussement à la proue des grands vaisseaux au-dessus du dernier pont. Le château d’arriere ié château de poupe , ou gaillard d’arriere, est Téleva- tion qui régné à la poupe au-dessus du dernier pont. f * Faire des châteaux en EJbagne, Prov. Volt. i. 37 . Se forger des chimères dont on se repaît l’esprit," On dit que le Duc de Savoie a été avecl’Archiduc faire des châteaux cn Espagne. ' í CHàTEAU de carte. On apelle ainsi fig. une petite maison de campagne fort ajustée & peu solidement bâtie. CHATELAIN , / m. [ Castellanm , Dynasta. ] Seigneur qui a terre & maison seigneuriale avec droit de justice. CHâTELAIN. s Casiellanus judex. ] Ce mot lignifie aussi , un Juge , ou Oficier qui rend la justice dans h terre d’un Seigneur Châtelain. f CHâTELE' , adj. Terme de Blason. C’est b. pièce d’un écu chargée de figures de châteaux. Un lam- bel châtelé, une bordure cbatelee. CHâTE'LENIE , s. f. [ Ditio Castellani , Dym- sias Ce mot vient de châtelet, & veut dire, une terre de Seigneur Châtelain, qui a droit de .Château, où doivent faire hommage les Seigneurs qui ont des fiefs qui en relèvent. Sanson. £ CHâTE'LENIE. C’est aussi une certaine étendue de pais , soumise à la jurifdiction & au gouvernement d’une ville. La Chatilenie de Lille est très-considé- rable. CHATELET , ./.’ m. [ Casiellana Parifonm Carias Sorte de Jurifdiction Roïale, la prémiére&la plus considérable de France où l’on rend la justice. (Ainsi on dit : Le grand Châtelet de Paris. Le nouveau Châtelet de Paris.-) CHâTELET. Terme de Rubanier. La partie du métier de Rubanier qui soutient les ardoises & les hau- tes-lices. CLIATEMITE , //• [Pietatû, probitathsnm- lator. J Mot vieux & burlesque , qui signifie hipocri- te. Dissimulé. Qui déguise les fentimens de son cœur. (s Quelques-uns dérivent ce mot de Catamitm, un homme qui sert de femme à un autre. Ausone apelle Ganiméde , Catamitus Jovis, Mais il y a apparence que son origine est de Chat & de Mitis, doux. Les Chatemites font des flateurs, qui fous des douceurs affectées s’insinuent dans la confidence des gens. ( Vive la Sœur Marguerite, Pour bien faire la Chatemite. Poète anonyme.') CHATEPELEUSE , f f r Curculio. ] Petit in- secte ou vermine qui ronge le nié. C HATE R , v. a. [Catulos edere. ] Faire des petits chats. ( La chate a chaté. ) On dit auisi chatomm". Mais, selon Mrs. de l’Académie , ce dernier mot n elt guéres usitc. CHATIE'RE , f f [ For amen per quod subir? sel» posiit. ] Ouverture dans une porte par où passe le chat. CHATIMENT , s m. [ Castigatio, mimathnA fana. J Punition. ( Prendre châtiment des rebelles. Abl. Arr. /. 8- Toute faute mérite châtiment. La guerre , la famine & la poste sont des châtimens que Dieu envoie aux hommes à cause de leurs pechez.) ■f L’indulgence en faveur des hommes extraordinaires , est plus utile à FEtat que Fexemple des châtimens. Polybe de Folard. CHâTIMENS. Terme de Manège. C’est quand on pique , ou fouette un cheval, & que l’on se sert des aides avec rudesse lors-qu’il ne veut pas obéir. On apelle tout cela les châtimens qu’on fait à un cheval. CHATIER , v. a, st Cajhgare, punire. ] Ce mot se dit des personnes , des animaux & des choses ; il signifie corriger par quelque sorte de punition. ( Châtier ua enfant, un cheval, un chien. Châtier rigoureusement quelque faute. Abl. arr. 7. La Justice châtie les coupables. Non, com dis-je, m devroit châtier fans péché, Çe commerce honteux de semblant d’amitié. Mol.) CHàTIER. [ Corrigere, emendare. ] 11 se dit, au figuré , en parlant du langage , c’est le retoucher & ìe corriger. ( Quand' on châtie trop son discours, on iui ôte souvent une partie de la force , il le faut châtier jusqu’à un certain degré. Voiture a plus châtié fa prose que ses vers. Hijh de f Académie. Ceux qui ne châtient pas leu r stiie , semblent par leurs manières barbares & surannées , vouloir faire revivre le François de nos pères. CHATON ? /■ m. Le Verd qui couvre la coquille, de la noisette lors-qu’elle est encore fur le noisetier. CHATON. [Pala, funda. st Terme á’Orfèvrerie. Partie de la bague où est la pierre. CHATON. fjFelis, catuìus. ) Ce mot pour dire, jin petit chat , n’estpas bien usité. Un beau chaton, dites pìútôt un beau petit chat. 1 * CHATON. [ Paniculœ , nucamenta. J Terme de ■Fleuriste. C’est ce qui , renferme la graine de la tulipe. Chaton , en ce sens , est figuré. (Laisser la graine un couple de mois dans le chaton. On ne léve point les oignons réservez pour graine, que le chaton qui la contient' ne montre en s’ouvrant qu’elle est mure & sèche. Voïez la culture des pleurs , ch. 7. CHATOUILLEMENT, f m. [Titiiiathst C’est une action de la personne qui touchant doucement quelques parties du corps fait rire. Sorte de plaisir qui se fait sentir , ou qu’on sent en certaines parties du corps. ( C’est un chatouillement qui se rend universel par tout le corps. Ii y a bien des personnes gui craignent le chatouillement.) CHATOUILLER, v. a. [1 Titillare . ] Toucher de telle forte quelques parties du corps , qu’on fasse tire. (Chatouiller quelcun.) • - , * CHATOUILLER. Donner un plaisir délicat & sensible. Flater agréablement quelque sens. (La louange chatouille bien un Auteur. Mol. Chatouiller l’o- reille. Abl. Luc. t. 1. II n’y a rien qui chatouille tant l’oreille d’un homme soupçonneux que les reports. Abl. Luc. t. 5. Un auteur vertueux dans. ses vers innocent, Ne corromps point le cœur en chatouillant les sens. Despr.) CHATOUILLEUX, chatouilleuse, adj. \) Titillationis impatiens.st Qu’on Fait aisément rire en lui touchant doucement quelques parties du corps. (II est chatouilleux. Elle est chatouilleuse.) On dit d’un cheval qu’il est chatouilleux , lors qu’il est trop sensible à l’épéron, qu’il 1e suit & n’y obéit pas d’abord. CHATOUILLEUX- [ (stupin religìonis , vel honom ratio commovet. ] C.e mot ' se dit de l’esprìt, & signifie, qui est délicat sur le point £ honneur , & à l’é- gard de la conscience. * CHATOUILLEUX, chatouilleuse. Qui se fâche pour peu de chose. (Esprit chatouilleux.), CHATOUILLEUX, chatouilleuse. st Iles Jubica,^dif- stcilis , perìctdofá , dubià. J Chose où il est dificile de se bien gouverner. .(Afaire chatouilleuse. Abl. Les afaires ' d’Etat font Fort Chatouilleuses. Le manîment des deniers publics est un eniploi fort chatouilleux. La recherche de ce crime éíoit chatouilleuse. Faug. Ouint. Curt. I. 6. c. 11. II y a èn cela quelque chose de'bien chatouilleux.) $ GHAT-PARD , f m. Animai féroce, qui tient C HA -373 du chat & du léopard. On le croît engendré de deux especes. CHATRER , v. a. [_ Cafìrare.st Oter les testicules. Couper les testicules. (Châtrer quelcun , châtrer quelque animal. On châtre les beufs & les moutons, &c. pour les rendre plus dociles. On châtre les chapons pour les engraisser. Les Orientaux châtrent les hommes pour en faire des eunuques, & s’en servir pour être les gardiens de leurs femmes. Abélard , pour exprimer cet accident qui lui étoit arrivé pat ordre de Fulbert , dit : Je cessai d’être homme Jans cesser de vivre. st * CHâTRER. [Succidere, exìmere."] Oter, diminuer , soustraire. ( Châtrer un fagot , un cotret. Châtrer un livre , c’est en ôter quelque partie. Châtrer les ruches des abeilles, c’est en ôter une partie des gaufres de miel. Châtrer les melons su les concombres , cela se dit par les Jardiniers, & signifie les tailler , ou pincer , comme ils parlent.) CHâTRE', f m. st Caftratm , exfeelus. ] Celui à qui on a coupé tout net les testicules. ( C’est un châtré. Les châtrez n’ont point de barbe. Les châtrez conservent long-tems leur voix claire.) CHâTREUR , f. m. f SeHor, putator. ] Celui qui châtre les hommes, les animaux, ou les fagots. CHAUD , st. m. [ Afflm. ] Chaleur. ( 11 a faií grand chaud. La félicité du parasite consiste à n’a- voir ni chaud ni froid. Abl. Luc. t. 2. parasite.) CHAUD , chaude, adj. st Aijluans , fervidus. ] Qut' a de la chaleur, échaufé, brûlant. ( Teins chaud, eau chaude , avoir les piez chauds , le feu est chaud.) CHAUD , chaude, st Calidm. ] Ces mots se disent de tout ce qui a la propriété d’exciter de la chaleur, ou de la conserver. ( La chaux est chaude. Le vin est chaud. ) L’eau-de-vie est chaude. Le .poivre est chaud. Un habit est chaud. ( Une chambre est chaude. ) * Fièvre chaude. {_FebrU ardent. J C’est. une Fièvre 'ardente qui cause le délire , & quelque transport au cerveau. * Pleurer à chaudes larmes. £Fervidœ lacrymœ, magna vis lacrymarum. J C’est-à-dire , pleurer beaucoup ; c’est répandre des larmes qui sortent avec impétuosité, comme il arrive lors-qu’on a le cœur ferré, & que Ces larmes ne sortent pas gbute à goûte , ni lentement, comme dans une tristesse médiocre. * Avoir lé sang chaud, st NaturdJ'uà caìulus.st C’est- à-dire , être colère & emporte. On dit aunaème sens , avoir la tête chaude. , * 4 Avoir les'piez chauds . C’est être à son aise. * U faut batte le fer) tandis qu'U est chaud, st Nihil est , nijì dum caletur , hóc agitur. ] C’est-à-dire , il faut fe servir de l’ócasion quand elle se présente. * Tomber de fièvre en chaud mal. st Incidere in J'cyl - lam, cupiens vitare chárybdim. J C’est tomber d’un 'petit malheur dans un plus grand. * Soufler le froid stçf le chaud, st Uno eodemque or c mode laudare , modò vitùperare. ] Ces mots se disent d’une personne qui est inconstante, qui dit du bien & du mal des mêmes gens, &c. ( Ne plaise aux Dieux que je couche Avec vous finis même toit, Arriére ceux dont la bouche . Soufie le chaud gf le froid . La Font. H Cela. ne fait ni chaud ni froid. . C’est-à-dire, cela ne sert ni ne nuit dans cette afaire. f N être ni chaud m froid. C’est être ìndiferent, ne fe déterminer ni de côté ni d'autre. fjg Mr. de Balzac, en parlant du Sonnet de Mr.’ de Voiture pour Uranie a dit ; J’en parle comme ayant été la Jage femme de ée bd enfant ; U Payant reçu en venant au monde : Uranie ne le vit qu'après moi , Sc tout chaud qu’il étoit, fe le portai au bon homme Malherbe. Je fuis surpris que M. de Balzac , fe soit servi d’une locution si baise & fi populaire. - * Ne trouver rien de trop froid , ni d'e trop chaud. [ Qmnia œqualiter accipere. ] Ces' mots fe disent des personnes qui ne font point dégoûtées, à qui tout est bon, & qui prennent par tour, CHAUD, chaude, f) Ardent, fervents} Ardent bouillant. ( Chaud en amour -, & plus chaud en colère, II est bienheureux d’avorr un si chaud protecteur qu'e vous. MoL Chaud protecteur de la veçtu. Main. Ppef A a a 3 j e 374 CHA Je croît qu’un ami chaud, N de ma qualité, N’efi pas assurément pour être rejette". Mol.) f On dit en termes de guerre , une occasion chaude, une attaque chaude. C’ett-à-dire , une occasion, une attaque où le combat est rude & sanglant. Chaude alarme, c’est une grande & soudaine alarme. J: La donner bien chaude. C’est fig. donner une grande alarme , en faisant le mal plus grand qu’il n’est. Je la lui donnai bien chaude. H CHAUD, se dit quelquefois d’une chose qui vient d’arriver. Cela est encore tout chaud. _ ■ CHAUD , forte d’adverbe. [ Calidè potare. ] Boire chaud; c’est-à-dire, boire une liqueur qui est chaude. (Nous nous sommes vus en des lieux où il faisoitfort chaud. Mol. Pre'c. C’est-à-dire , en des lieux où l’on se batoit fortement , & où l’on couroit hazard de perdre la vie.) A la chaude , adv. [ Prœpropere, nimium festinan- te-r. ] Du premier abord, & dans le premier transport. CHAUDE , f f. Terme d’Orfèvre. Cela se dit quand on tire le métal du feu pour le forger. ( Donner une chaude à la besogne.) Les Vitriers disent aussi ce mot de chaude, d’une quantité de matière qu’ils fondent à une fois. Les forgerons le disent du fer qu’ils font chauler à un feu violent. t CHAUDEAU, f m. Sorte de bouillon chaud qu’on porte quelquefois aux mariez le matin du lendemain de leurs noces. Ce mot est vieux. Acad. Fr. ff CHAUDE-COLE. Ancien mot, qui signifie mêlée , tumulte, sédition. Mr. du Cange a remarqué, sur les Etablifsemens de S. Louis , c h. 27. part. 1. que les Loix de Robert II. Roi d’Ecosse , distinguent l’homicide commis dans la chaleur de la colere, & dans ces tumultes qu’elles apellent chaude-cole , de celui qui est commis d’un dessein prémédité : & c’est par la même raison ( ajoùte-t-il ) que l’on joint toujours au terme de mêlée , celui de chaude , parce que la colere U la, chaleur inconjìderée donne lieu à ces fortes de combats. H CHAUDE-SUANTE. Donner une chaude-fuante à un morceau de fer , c’est le chauler fi fort, qu’il commence à fondre, en forte qu’il dégoûte en le tirant du feu. CHAUDEMENT , adv. [ Calidè. ] D’une maniéré chaude , dans un état où l’on fente de la chaleur. ( Quand on est enrumé , il se faut tenir chaudement.) * CHAUDEMENT , adv. s Ardenter , ferventér. ] Avec chaleur, avec transport. ( Prendre les choses chaudement. Sarr. pompe de Voit. Ils pourfuivoient chaudement leur ennemi. Vaug. Quint. Curt. I. 6, ch. r.) H CHAUDERET , f. m. Les Batteurs d’or nomment ainsi le troisième des moules qui leur fervent à étendre l’or & l’argent. CHAUDERON , chaudron , f. m. [ Lebes. 3 Vase de cuivre jaune ou rouge servant la cuisine. CHAUDERONNIER , chaudronnier, f m. [ Vafo- rum areorum faber. ] Ouvrier qui travaille en fer, fonte, en léton , & en cuivre, & qui vend de toutes fortes de chaudrons, de chaudières , & tout ce qui regarde la baterie de cuisine , & même qui fait des cors , cornes, scrpens & trompettes. On prononce Charedronnier. CHAUDERONNERIE , chaudronnerie , f f. [ Lebe- tum ofjìcina. 3 Marchandise de Chaudronnier. CHAUDIER , V. n. Terme de Chasse, qui sedi,t des lices qui entrent en chaleur. ( Les mâtines chau- dient en Janvier.) CHAUDIE'RE , f f. [Cortina, caldarium.] Grand vase de métal propre à la cuisine. ( Une grande ou une petite chaudière.) Les Brasseurs de bière, les Teinturiers , les Chapeliers , les Rafineurs de sucre, ceux qui font cuire de l’eau salée pour en tirer du sel, & quelques autres ouvriers se servent de chaudières., í CHAUDIERE. Les Marins disent faire chaudière, pour dire préparer à manger pour l’équipage. ÇHAUFAGE , f m. [ Lìgnatìo. 3 Tout le bois qu on brûle durant l’hiver pour se chaufer. (On lui donne trois voies de bois pour son cbaufage.) í CHAUF , CHOUF, ou CHAUFETTES. Soies CHA de Perse , qui viennent par diverses Echelles du f e vaut, particulièrement par Alep & par Seyde. jyroit de cbaufage. [ Jus lignationvs. J C’est le droit que diverses personnes ont de prendre du bois dans les forêts pour leur cbaufage. ( Prendre son chaufage Aler quérir son cbaufage. Voïez Imbert, enckirïdm (§ Toutes les Ordonnances des Eaux & Forêts ont atribué le cbaufage aux Oficiers de cette Juridiction Voïez /’Ordonnance de 1669. titre 20. CHAUEE , f. f [ Focus , fomax. 3 Terme de Fonderie. Lieu où se jette & se brûle le bois que l’on emploie à la fonte des pièces. La chaufe est à côté du fourneau , trois picz plus bas. CHAUFE-CIRE , J] m. [ Obsignator diplomatorìus. 1 Oficier de la Chancélerie, qui amolit & prépare la cire , pour la rendre propre à sceller. ( Etre chaufe- cire.) CHAUFE-CHEMISE , / m. [ Machina lìntenum ex. calfafíoria. 3 C’est une machine ronde faite de lattes, qui est haute d’environ trois piez & large de deux, à demi pié du haut de laquelle il y a un réseau, & au dessus un couvercle. Cette petite machine, sert l’hiver à faire chaufer une chemise , ou quelqu’autre linge ; mais il faut qu’il y ait au bas du chaufe-che- mife , un bon réchaud plein de feu , & que le chau- fe-chemife soit bien fermé. * CHAUFE-LIT. [Vas excalfaflorium.] Ce mot se dit , pour signifier en général tout ce qui sert à chaufer un lit, soit bassinoire, moine ou autre utencile de cette sorte. CHAUFE-PIE , f m. [ Foculus calefaáendis pedibm comparatus. 3 Sorte de petit cofre doublé de fer blanc, & troué par en haut , où l’on met du feu, & que les femmes qui font dans les boutiques se mettent sous les piez. Quelques-uns apellent ce chaufe. pié, une chaussette. CHAUFER , v. a. [ Calefacere. 3 Aprocher du feu pour en recevoir de la chaleur. Mettre fur le feu ou dans le feu. ( Chaufer le fer , faites chaufer ce plat. Chaufer le four, chaufer un poêle.) H CHAUFER un vaisseau. C’est lui donner le feu, & en chaufer le fond lorsqu’il est hors de l’eau, pout le bien nettoies. Chaufer un bordage , c’est le chaufer avec quelque menu bois , pour lui faire prendre la forme qu’on veut lui donner. Chaufer les foutes, c’est les sécher afin que le biscuit se conserve mieux. Se chaufer , v. a. [ Ad focum fe calefacere. ] Etre auprès du feu pour en recevoir de la chaleur, (lise chaufe, & étudie toute la journée auprès de son feu. Se chaufer au soleil.) $ CHAUFERIR , f f- On apelle ainsi dans les forges où se fond le fer, une forge destinée à chaufer le fer qui a passé une seconde fois à la fonderie, & qu’on veut réduire fous le marteau, & fur l’enclume, en barres de fer. CHAUFE U R , f. m. [ Incenfor. ] Celui qui tire la branloire, & fait aler les souflets d’une forge pour faire rougir le métal. CHAUFOIR , f. m. [ Focus. ] Lieu dans le Couvent, ou dans un Hôpital où l’on se chaufe. (Le chaufoir est propre & net. ( II fait bon au chaufoir, parce- qu’il y.a grand feu. On passe gaiement le tems au chaufoir , parce-qu’on y dit des nouvelles. Aler au chaufoir. CHAUFOIR , f. m. [( Lintemn excalfaflorium.] Terme de Sagc-femme. Ce font les linges dont on fe sert pour soulager une femme en couche. (Cette femme a fait & préparé quelques douzaines de chau- foirs pour ses couches.) CHAUFOIR , f m. [Focus.] C’est une chambre dans l’Hôtel-Dieu de Paris où l’on acouche les pauvres femmes, où il y a un petit lit fort bas, & fait exprès pour les acoucber. Les femmes qui acouchení à rHôtel-Dieu , demeurent huit jours au chaufoir. CHAUFOUR , f. m. [ Fomax calcaria. 3 Fourneau à faire de la chaux. 0* C’est aussi le lieu où l’on tient le bois, & H pierre à chaux. CHAUFOURNIER ,7^ m. [ Cocíor calcarius. J Celui qui fait la chaux. CHAUFRETTE. Voïez Chaufe-pié. CHAUME , f »r. [ Cuhnus. 3 Partie du tuïau de blé qui demeure dans les champs après qu’on a moissonne. ( On brûle le chaume en plusieurs endroits pour engraisser la terre.) CHAU- CHA CHAUME. [Stipula.'] Ce même mot signifie atiíïi toute la paille dont on couvre les maisons. (Maison «ouverte de chaume.) Le pauvre en sa cabane, où le chaume le couvre, Est sujet à ses loix. Malherbe. CHAUMER , «. a. [ Stipulas cogéré , secare.] Cou» perou arracher le chaume. CHAUMIE'RE , s. f. [Casa, tugurium.] Maison cou» verte de chaume. (Méchante petite maison de campagne. Petite chaumière. CHAUMINE, s f. Petite chaumière. (Utijpauvre Bûcheron tout couvert de ramée, Qui tâchait de gagner sa chaumine enfumée. La Font.) ê CHAUONIS. Mousseline , ou toile de co» ton, qui vient des Indes Orientales. CHAUSSAGE, s m. [Calcearium.] Ce qui est né» cessaire pour entretenir quelcun de souliers. î CHAUSSANT, chauffante, adj. Qui se chausse facilement. On ne le dit guére que des bas. Un bas d’estame bien chaussant. f CHAUSSANT, se dit fig. dans le stile familier, d’un homme accommodant. Cet homme n’a pas l’eíprit chaussant, l’humeur chaussante. Acad. Fr. CHAUSSE, s /• [Tibiale.] Bas dont on se cou» vre les jambes. (Chausse rompue, déchirée.) (s Ce terme est dérivé par Ménage, de caliga. CHAUSSE d’bipocras. [Saccus quo vinum vel liquo- ycs liquantur , caliga, manica.] Maniéré de grande chausse pour faire de l’hipocras. CHAUSSES de Pages. [Braccx.] Sorte de haut-de- chaulfes retroussez. {Prendre les chauffes, c’est se faire page. Quiter les chauffes, c’est ne plus être page.) Tirer ses chauffes. Se déchausser. Mais dans le figuré & le stile simple, tirer ses chauffes, »c’est s’en* fuir d’un lieu, & le quitter à la hâte. Tirer ses chauf ses , signifie aussi mourir, & s’en aller de ce monde. Voïez haut-de-chauffes. On dit d’une jeune homme qui est hors d’àge de châtiment, qu’il a la clef de ses chausses. (Manum ferula fubduxit.j H On dit prov. & fig. qu ’une femme porte les chauf ses ; c’est-à-dire, qu’elïe est plus maîtresse dans la maison que son mari. f On dit qu'ê tient un homme au cul («f aux chauffes , lorsqu’on l’a arrêté, lorsqu’on lui fait son procez en justice, ou lorsque dans une compagnie on recherche tout ce qui regarde fa personne, ses actions, fans ì’épargner. (f CHAUSSE’E d’aifance. C’est un tuïau fait de plomb, & de pierre percée en rond , ou quarrément, & plus souvent de boisseaux de poterie. Daviler . CHAUSSE', chauffée, adj. [Calceatus,] Qui a ses chausses, qui a mis ses bas. (Une fille ou femme bien chaussée donne de l’amour. (Un homme bien chaussé, & avec un beau gras de jambe bien fait & bien d’ur, a bonne grâce.) CHAUSSE'E,//, [Molus.] Chemin élevé, soit pour retenir l’eau des étangs, ou pour empêcher que les rivières ne se débordent dans les lieux bas. (Faire une chaussée.) Pasquier croit que ce mot a été dit par corruption de haussée. . ff Mais Ménage prétend, que Pasquier, liv. fi. ch. 6ì. s’est trompé, & que le terme chauffée dérive de calcata , d’où les Italiens ont fait culcata, & les Espagnols calcatu. Voïez Bergier, dans son Histoire des grands chemins. CHAUSSE'E. [Agger.] Ce mot signifie un chemin élevé dans un lieu bas & marécageux pour y faire un passage sûr & commode. (La ville de Mexique est bâtie au milieu d’un lac, & l’on n’y peut arriver que par de longues chaussées.) f On doit faire les chaussées fort larges lorsqu’on est obligé d’en tirer sur un marais, pour communiques d’un quartier de l’armée à l’autre. Polybe de Mr, de Folard. t (f CHAUSSE'E. C’est la principale partie d’un étang & qui sert à arrêter, & à conserver Peau. Quel- ques-uns l’apellent la tête de l’étang; & l’extrémité est apellée la queu'é de l’étang. On a acoûtumé de revêtir la chaussée de fagots, & de ramée, pour arrêter Fimpétuosité de Peau ; & c’est ce que l’on apelle la chemise de la chauffée. Voïez Rével. j(f CHAUSSE'E de pavé. C’est selon Daviler, dan* CHA 375 tine large rue, Fespace cambre qui est entre deux revers. Ce mot se dit aufli du pavé d’un grand chemin, avec bordures de pierres rustiques. CHAUSSE-PIE', s. m. [Calcearium, talaris afsula.] Morceau de cuir dont les Cordonniers se servent pour chausser les gens, ou dont les particuliers s’aident pour se chausser eux-mêmes. CHAUSSER , v. a. [ Tibìalia induere , calceare. J Mettre les chausses ou les souliers, à quelque perfon» ne. Mettre ses bas. (Apellez mon laquais, qu’il me vienne chausser. Chausser ses bas. j(f La superstition des Anciens aloit jusques à croire, que si en chaussant ses souliers, le cordon ou Fata- che venoit à rompre , c’étoit un mauvais présage , & il n’en faloit pas d’avantage pour faire cesser une entreprise, ou pour ne la pas commencer. Le présage que Fon en tiroit, avoit, Fans doute, pour fondement, que la rupture de la courroie interrompoit le cours d’un voïage, & faifoìt perdre du tems au voïageur ; ainsi ils conjecturoient que cette rupture leur prédì- soit quelques fâcheux événemens qui s’oposeroient à leur dessein. CHAUSSER. Faire des souliers qui soient propres & bien justes aux piez. Etre fort propre au pié. (C’est le Cordonnier de Paris qui chausse le mieux. Un soulié qui chausse très-bien.) ê CHAUSSER un arbre. C’est mettre au pïé de Far» bre de la terre nouvelle, ou du fumier, pour lui don* ner plus de force. $ CHAUSSER le cotume . C’est figur. composer des pièces de téatre. On le dit aussi de ceux qui les représentent. ff Se chauffer au même point, c’est avoir les même* inclinations. Toutes en fait d’amour se chaussent en un point ; Et Jeanne que tu vois, dont on ne parle point, (fui fait fi .doucement la jhnple ffj la doucette, Elle n’ejì pas plus chaste, ains elle est plus secrette, Régnier* f CHAUSSE'E , «d/. Terme de Blason, On le dit d’un chevron renversé, en sorte que le champ de sécu l’entoure de bas en haut ; au lieu que quand il est droit, l’écu lui sert de chape, CHAUSSE-TRAPE , s f, [Murex ferrern.] Instrument garni de quatre pointes de fer, disposées de telle forte qu’il y en a toujours trois qui portent à terre, une qui demeure en haut. (On sème de ces chauííe-trapes aux lieux où Fon croit que la cavalerie ennemie passera, afin que ces pointes entrent dans les piez des chevaux, & les encloiient, On jette les chausse-trapes en des lieux labourez, ou parmi des fables, afin qu’on ne les découvre pas aisément. (f 11 y a diférentes chausse-trapes : les petites ont les pointes longues de trois pouces; on les jette dons des fosse?, secs, & dans les montées des brèches : les moïennes on c leur fer de quatre pouces ‘ les grandes les ont de cinq pouces ; on les jette fur le passage d’une troupe de cavaliers. Ce mot se dit encore des pièges qu’on tend pour prendre des bêtes sauvages. H CHAUSSE-TRAPE. [CulcatrepàlaC] C’est une espèce de chardon étoilé qui croît dans les champs. Elle contient beaucoup de sel essentiel & d’huile. Sa racine est apéritive & propre contre le calcul des reins, pour exciter l’urine, les sueurs & pour purifier le sang. CHAUSSETIER , f. m. [Tibialium farcinator.] Marchand qui ne fait ni ne vend que des bas, (II n’y a plus présentement de Chaussetiers. Les Chaussetiers & les Pourpointiers font réunis au corps des Mar* chands Fripiers.) CHAUSSETTE, s. f. [Lineum tibiale.] Bas de toile qui n’á point de pié, & qu’on met fur la chair, & fous le bas de dessus. (Chaussette usée.) CHAUSSON, s. m. [Udo. ] Maniéré de petite chaussure de toile qu’on met avant que de chausser le bas de dessus. (Tailler un chausson. Saint Amant dit de la toilette d’un débauché : Oà le luxe mis hors d*arçon, Ne montre pour tout équipage, fstun peigne dedans un chausson.) CHAUSSON. [Levìores calcei.] Soulié fort legêr & sans talon, qu’on met lorsqu’on joue à la paume, qu’on danse fur la corde, o# qu’on fait assaut en quel* qus 376 CHA que sale de maître d’armes. Les chaussons ont la femelle de feutre, ou de drap. Ceux qui font des armes dans les sales des maîtres, ont en un pié une sandale, & en l’autre un chausson. Voïez Sandale. Ce terme est dérivé à socco : selon Balduin de calceo. Cap. 16. CHAUSSURE , s. m. [Calceamentum , calceamen .] Tout ce qu’il faut pour chausser une personne. (Ma chaussure me coûte vingt écus par an.) f Trouver chaussure à son point. Proverbe, pour dire, trouver qui soit aussi méchant que nous, ou un ennemi auffi fort que l’autre. CHAUVE , adj. [ ÇalviM .] Qui n’a point de cheveux fur le devant ou fur le derrière de la tête. (11 est chauve, elle est chauve. Avoir la tête chauve. Les perruques sont fort commodes à ceux qui sont chauves. Lise, il n'apartìemt qu’à des foux, Jí adorer une tête chauve. Main. Poèf. Soctate ressembloit à Silène, & il étoit comme lui chauve & camus. Madem. le Févre, notes fur les nuées d’Aristophane.) (f Jule César étoit fort sensible à ce défaut. Les soldats se prévalant de la licence qu’on leur donnoit d’insulter leur Général au milieu de son triomphe, chantoient une chanson pendant le triomphe de César, dont le refrain étoit, nom vom amenons le chauve. Le Sénat ne crut pas pouvoir lui accorder aucun privilège qui lui fit plus de plaisir, que celui de porter une couronne de laurier pour cacher son front chauve. J: On dit prov. & fig. que 1 ’occajlon ejì chauve. C’esoà-dire , qu’il ne la faut pas laisser échaper quand elle fe présente, qu’il faut en profiter. CHAUVE souris, f. f. [ VefëertilioJ ] Oiseau de nuit presque noir, qui vole le soir & le matin, qui vit de mouches & de choses grasses, comme de chandéles, de graisses, de chair ; il a cinq doigts à chaque pié, munis d’ongles crochus, mais il n’a ni bec ni plume, & participe de la souris & de l’oiseau ; il a des dents, une langue ; il est couvert de poils , & a des ailes, en quoi il tient de l’oiseau. ( Une chauve-souris prise.) % Les Çhauve-souris du Brésil sont grandes comme nos pigeons. Elles courent après toutes -sortes d’animaux & en soccent le sang. Les habitans du pais mettent la langue & le cœur de cet oiseau entre les poisons. C H AU VETE', f. f. [Calvities .] C’est lorsque la tête est dépouillée par la chute des cheveux qui tombent, faute d’humidité qui les nourisse. Les Médecins disent plus ordinairement calvitie ; il y en a d’autres qui aiment mieux dire chauveté que calvities &ils’en trouve qui ne veulent ni l’un ni l’autre, & qui aiment mieux dire en deux ou trois mots ce qu’ils pouroient dire en un. (La chauveté est dégoûtante, ou la calvitie est dégoûtante.) Ce mot n’est point en usage. Voïez Ménage dans ses observations, totn. 2. ch.tt $. Ce terme ne se trouve point dans le Dictionnaire de l’Académie. £s CHAUVIR. Vieux mot. Rabelais, dans fa Pré- . face du septième Livre, a dit chauvant dts oreilles comme un asne d’Arcadie. Régnier a dit : je chauvy de Pareille. Messieurs de l’Académie expliquent ainsi ce mot: ,, Chauvir , c’est dresser les oreilles; il ne se ,, dit que des ânes , des mulets , & autres animaux ,, qui ont les oreilles longues & pointues. “ Mais Oudin l’explique autrement dans son Dictionnaire de la Langue Italienne : c’est (dit-il) ch'mare dimenando le orecchie s & cette explication s’acorde avec cet endroit de la neuvième ladre d’Horace, vers. 20. Demìtto auriculas, ut iniqua mentis asellm , Quum gravim dorso subiit onm. Je baisse les oreilles comme un âne qui est trop chargé. CHAUX , s s C Calx. ] Ce qui sert à lier les ouvrages de maçonnerie, & qui est fait de pierre très- dure ou de marbre, qu’on fait cuire à grand feu, dans un four bâti exprès. ( La chaux vive est celle qui sort du fourneau. La chaux éteinte est celle qu’on delaíe avec de l’eau dans un bassin, & qu’on réserve pour en faire âpres du mortier. La meilleure chaux est celle qu’on éteint au sortir du fourneau.) 4 La chaux fusée , est celle qui est restée long-tems à l’aii CHE fans qu’on l’ait éteinte ; dont toutes les parties ignées se font insensiblement évaporées, qui s’est réduite en poudre fort menue, & qui n’est plus propre à rien. CHAUX, en terme de Chimie , se dit d’une espèce de cendre ou poudre très-menuë qui reste des métaux ou des minéraux qui ont été long-tems en un feu très-violent. f La chaux d’étain n’est autre chose que de la à tée d’étai n plusieurs fois calcinée. f La chaux de plomb. C’est ce qu’on apelle ordinairement cerufe. J; La chaux dé airain , est du cuivre rouge calciné, if La chaux A antimoine, ou l’antimoineSdiaphore- tique. C’est de l’antiinoine de Poitou, & du salpêtre rasiné, incorporez ensemble par le moïen du feu. * Tenir À chaux U à ciment. Ces mots se disent au propre d’un ouvrage de maçonnerie qui est fort solide : & au figuré d’une afaire qui est bien établie, & qu’il est très-dificile de ruiner. ' í CHAY- Plante qui ne croît que dans le Roïau- me de Golconde , dont on tire cette belle coulent rouge qui fait tant estimer les toiles - de Mafulipa- tan. Cette couleur ne se déteint jamais, quoiqu’on lave les toiles peintes, ou teintes avec le chay, $ CHAV , Chayé, ou Schai. C’est la plus petite monoïe d’argent qui se fabrique, & qui ait cours en Perse. CHAZERET. Voïez Cbafiret. CHEAUS- Terme de Chajj'e. [ Catuli .] II sc dit des petits de la louve, & même des chiens & des renards. Acad. Fr. les Rois les portèrent courts. (Cheveux frisez. Cheveux blonds. Cheveux blancs, gris, &c.) (g Les adulateurs fe servent, pour flater les Grands, des choses qui d’elles-mêmes font désavantageuses.' Pline trouve dans les cheveux gris de Trajati, un surcroît de majesté, nec fine quodam munere Deùm festinanth fonefíutis injlgnìbus, ad augendam tnajesta - tem, ornata ctesaries. Malherbe a dit : Les ridicules avantures d’un amoureux en cheveux gris. Et qtìune main savante avec tant d!artifice, Bâtit de ses cheveux le galant édifice. Defpr.) Pouras-tu le teint frais faire aimer l’abstinence, Et les cheveux poudrez prêcher la pénitence ? Vill. Taux cheveux. [Méntiti, saisi capilli.] Ce sont des cheveux qui ne tiennent point à la tête, comme font ceux des perruques: On dit d’une femme qu’clle s’est coifce en cheveux, lors que fes cheveux font arrangez autour de la tête, & qu’il n’y a ni bonnet, ni coife qui les couvre : On dit d’une chose mince & déliée, qu’elle est déliée comme un cheveu. On dit, faire les cheveux, couper les cheveux, rafraîchir les cheveux, &c. On dit d’une chose qui fait horreur, qu’elle fait dresser les cheveux de la tête. [Anìguntur horrore comte.] Se prendre aux cheveux. C’est fe tirer par les cheveux. Tirer par les cheveux. C’est prendre une personne aux cheveux , & les lui tirer. î * Tirer un discours par les cheveux. [Altiùs arcejjêre jermonem.] Se dit d’un discours qui n’est pas naturel , qui est forcé & mené, pour ainsi dire, avec des machines. ^ Fendre un cheveu en quatre. C’est prov. & fig. fubtiliíèr trop. * ll faut prendre l’ocafim aux cheveux. [Oblata occafio tenenda est.] C’est-à-dire, il ne faut pas laisser échaper l’ocalìon lors qu’elle fe présente. Quand on dit que tous nos cheveux font comptez , on veut dire que la providence de Dieu prend foin des plus petites choses qui nous regardent. CHEVILLE , f f sCìavus lìgnern, fibula.] Morceau de bois ou de meta! arrondi, pour mettre dans quelque trou. (Ta Charpente & la menuiserie tiennent avec des chevilles. Les Cordonniers atachent les talons avec des chevilles.) Tome L G « e t Au- 38 6 CHE f Autant de trous, autant de chevilles. [Quidquìd objecerû, dilues. Proverbe, pour dire, autant de mots, autant de répliqués. Autant d’acusations, autant d’e- cbapatoires ; autant de demandes, autant d’excuscs.) CHEVILLE. [Inane versus complementumfi Ce mot se dit, au figuré, des mots qui ne font mis dans les vers que pour faire la rime, ou pour remplir la mesure, & ne servent de rien pour le sens & pour la pensée. Ces vers font pleins de chevilles.) CHEVILLE de piez. [Malleoli .] Ce font deux emi- nences d’os au bas de la jambe qui représentent un marteau. (Blessé à la cheville du pié. 11 n’y a de l’eau dans cette rivière que jusques à la cheville du pié.) CHEVILLES. [Cervini cornu ramuli .] En parlant de bétes fauves ; ce font des andoiiillets qui sortent des perches de la tête du cerf, du daim & du chevreuil. (On les nomme aussi chevillures. CHEVILLES. [ Clavïculus .] En parlant d’instrument de musique. Ce font de petits morceaux de bois ou de métal qui fervent à bander les cordes ou à les lâcher, & à les mettre d’acord. Ainsi on dit , che. ville de luth, de tuorbe, de harpe, de clavecin, &c. * CHEVILLES. [Clavus ligneus recurvmé] Ce mot se dit aussi de certains morceaux de bois en saillie sur lesquels on pend quelque chose, comme sont des habits & des sacs de papiers , que l’on pend à des chevilles pour les mieux ranger & les distinguer les uns des autres. H CHEVILLE de pompe. C’est une cheville de fer mobile, qui sert à assembler la bringuebale avec la verge de pompe. On npelle chevilles de potence de pompe celles qui passent dans les deux branches de la potence de la pompe, & dont l’usage est de tenir les bringuebales. H CHEVILLE dlafât. , C’est une cheville de fer qui fait la liaison de tout Pafût du canon qu’elle traverse. CHEVILLES à charger le canon. Ce sont des morceaux de fer plus longs que larges, dont on charge les canons , pour mieux couper les manœuvres des vaisseaux ennemis dans un combat. A CHEVILLES à croc. Ce font celles qui ont des crocs, & qui font aux côtez de ses bords pour y amarrer les canons. à CHEVILLE à tête de diamant , ou à tête ronde. Ce font celles dont la tête ne sauroit entrer dans le bois du vaisseau à cause de sa grosseur. -t CHEVILLES à tête perdue. Ce sont celles dont la tête entre dans le bois. CHEVILLE', chevillée , part. adj. [ 'Clavatus , fi- bulis afflxm.li Qui est ataché avec des chevilles. (Cet ouvrage n’est pas encore rout-à-fait chevillé.) t* On dit prov. & fig. d’un homme qui résisté aux blessures, aux maladies les plus dangereuses, qu’;/ a l’ame chevillée dans le corps. CHEVILLE E. ['Cornu cervinum ramulis difíinfíuml ] Terme de Blason. Se dit des ramures d’une corne de cerf ; & quand on veut exprimer le nombre des cornichons ou dagues qui font dans un bois de cerf peint fur un écu, on dit, chevillé de tant de corps. On apelle en vénerie, une tête de cerf bien chevillée, quand elle a beaucoup de pointes & de cornichons, qui font rangez en bel ordre. CHEVILLER , v. a. [Claris affligere , fibulis com- pingere .] Atacher avec des chevilles. ( Cheviller un talon. Cheviller un ouvrage de charpente.) CHEVILLETTE , f /. [Clavìculus,~] Terme de Relieur. Petit morceau de cuivre plat & troué qu’on met fous le couloir, & où l’on atache les nerfs des livres qu’on coud. CHEVILLES, f. m. [Clavïculus torno faHus .] Terme de Tourneur. Petit bâton tourné au dos des chaises de paille. CHEVILLON. Terme de Férandinier. Bâton de deux piez de long, fur quoi on léve la foie dessus l’ourdissoir. CHEVILLOTS, f. m. Terme de Marine. Petits morceaux de bois tournez qui fervent à lancer les manœuvres le long des côtez du vaisseau. CHEVILLURE, f. f. Terme de Vénérie. Volez chevilles. t CHEVIR , v. n. [Neflere , vìncire , adducere àli- quem quò velis.~] Ce mot est vieux & signifie venir à bout de quelque personne, ou de quelque chose, & s’en rendre maître. Cet enfant est si malin qu’on ne peut chevir de lui. CHEVIR. [Mutuò pacisci. Terme de Palais. Signi- CHE ne, traiter, computer. (Les parties ont chevì, a-dire, transigé ainsi qu’il s’enfuit.) CHE'VRE , j\ /. [Capra , capella.l La femelle da bouc ; c est un animal fort velu , qui a quatre nie? avec des cornes longues & aiguës, qui a le muscaù plat, la queue fort courte, qui broute, fe nourit d’U bes & de feuilles. La chèvre est si lascive qu’à sent mois elle s’acouple avec son mâle. Elle aime les brebis & hait le loup, l’élefant, l’oifeau qu’on apelle tettechevre. On fe sert de son poil à faire des cha peaux & des camelots, & de son lait à faire des fromages. (Sauter comme une chèvre. Si pour avoir le nom de sage , II sufit de porter une barbe au menton Une chèvre sur nom auroit grand avantage Elle vaudroit plus que Platon .) ’ * Prendre la chéve. Ces mots, au figuré, (W. fient s’emporter, fe fâcher tout d’un coup. (11 n ren î aisément la chèvre.) CHE'VRE sauvage. [Sylveflris capella.'] Animal qui se trouve en Afrique, & dont le mâle est de la grandeur d’un grand veau, & a le poil si long qu’il traîne à terre ; mais son poil est gros & rude comme le crin d’un cheval. Ablanc. Mar. I. i. CHE'VRE. [CapreolusJ Machine propre à lever des fardeaux. A" On fe sert de cette machine, particulièrement dans les bâtimens , pour lever à plomb de grosses pièces avec des poulies & des écharpes : elle est com. posée de deux pièces de bois, qui s’écartent l’une de l’autre par le bas, & fe joignent en haut avec une clé ou une clavette ; elles sont assemblées en deux diférens endroits avec deux entremises, entre lesquelles est le treuil, avec deux leviers qui servent de moulinet pour tourner le cable , lequel passe par dessus une poulie qui est en haut. Ozanam. CHE'VREATJ, f m. [ Hcedm .) Le petit d’une chèvre. On ne peut sauver la chèvre U les choux. Ce proverbe est bas, & signifie qu’on ne peut pas remédier en même tems à toutes sortes d’inconvéniens, & qu’il faut nécessairement perdre quelque chose pour conserver le reste. C§ Les chèvres font beaucoup de mal dans les bois taillis , & dans les pâturages ; leur dent est venimeuse, aussi on défend en plusieurs lieux, d’en mener paître, même dans les chemins. Volez la Coutume de Poitou, art. iy;. f Où la chèvre ejl atachée , il faut qu’elle broute. Proverbe, pour dire, qu’il faut s’acommoder aux choses & aux personnes avec qui l’on a quelque engagement. f On dit prov. & bassement d’un discours qui n’a ni liaison, m fuite, que ce ne font que crotes de chèvre. í On dit prov. d’un homme peu délicat en amour, & qui s’acommode de toute sorte de femmes, quelque laides qu’elles soient, qu’// seroit amoureux d’unt chèvre coisée. CHE'VRE-FEUILLE , s- s [ PeryB'mmon , co. prifoliumss Arbrisseau qui a les branches rondes, le bois blanc & le tronc de moïenne grosseur. II rampe ou vient en buisson lors qu’il est coupé, & fleurit par bouquets qui sentent bon, & qui sont jaunes, blancs & rouges. II y a plusieurs sortes de chévre-feiiille. (Le chévre-feiiille Romain. Dan. 1. 2 .) Quelquefois il s’écrit fans le à la fin. Antoine gouverneur de mon jardin d’Auteuil, Qui dirige chez moi l’if [f le chévre-feuil. Defpr.) î CHE'VRE-PIE'. Qui a des piez de chèvre. Les Poètes apellent les Satyres, des Dieux chévie-piez. CHE'VRETTE , s. s. [Caprea.3 La femelle du chevreuil. (La chevrette & le chevreuil fe gardent la fidélité tant qu’ils vivent. Sal.) Quelques-uns disent chévrelle. CHE'VRETTE. [Guttus.J Terme d’Apoticaire. Pot de faïance avec un goulot, où l’on met des sirops. (Chévrette cassée. Faire mouler une chevrette.) CHE'VRETTE. [ Fulìonium. ] Terme d’Artillerie. Petite machine de trois piez & demi de hauteur, composée de deux pièces de bois avec un bouton de fer qui les entretient, & une cheville de fer qui hausse & qui baisse, dans des trous faits exprès, a proportion que l’on veut hausser ou baisser les fardeaux qui posent dessus. CHE'VRETTE. Ffpéce de petite écrevisse de nier qui ressemble un peu à la chèvre par les cornes. CHE'VRET- CHE CHE'VRËÎTES. ['Fulcrum ferreum.'] Petits chenets avec une pomme seulement, qui servent à soutenir le bois du feu. (De belles chevrettes.) CHE'VREuIL, s m. [Capreohts.~\ Bête fauve qui ressemble au cerf, excepté qu’il est plus petit, qu’il s’aprivoise bien plus aisément, & qu’il ne fait point de mal de son bois. Jonfton, Je ressens des plaiprs bien doux, Et peut-àre non moins que vous, Quand même d’unefeule balle, Vous troussez un chevreuil en malle . Perr. chasse. CHE'VRIËR , f m. [CaprariusJ Celui qui garde les chèvres. (Un bon & habile chévrier.) Le Chanoine exagere l’éloquence du chévrier. Dom. Quicb. t. z. CHE'VRON, f w. [Canterim.] Bois de quatre pouces qui porte les tuiles, & qui sert pour la couverture des bâtimens. {f CHE'VRONS de long pan, Ceux qui font fur le courant du faite, & des pannes de long pan d’un comble. Chevrons de croupe , ou empanons , font ceux qui font inégaux, & qui font atachez fur les atestiers de la croupe d’un comble. Chévrons cintrez . Ceux qui font courbez, & assemblez dans les sternes d’un dôme. Chévrons de remplage , ce font les plus petits chevrons d’un dôme, qui ne fe suivent pas dans les sternes, à cause que leur nombre diminué à mesure qu’iis aprochent de la fermeture au pied de la lanterne. $ CHEVRON. Sorte de laine , ou de poil, quí vient du Levant. CHE'VRON. Ce mot fe dit en blafonnant. C’est la piéce de l’écu, composée de deux bandes plates, & atachée en haut par la tête, & s’élargissant en bas en forme de compas à demi ouvert. ( Porter d’azur an chévron d’or.) jfy Le Cardinal de Richelieu portoit dans ses armes deux chévrons brisez. Un Poète faisant allusion à ces deux pièces , fit ce vers , qui lui valut une ample récompense : FracialicetJìnt ligna, ferunt fafigia Regni. II y a dans le Blason, un chévron abaissé, alaise', afointe , brisé ou éclaté , coupé, couché, rompu, ondé, parti, ploie, renversé, Voïez PArt héraldique. CHE'VRONNE', adj. [ Canteriatus. ] Terme de Blason. Qui a quelque chévron dans son écu. (11 porte chevronné d’or ou de sable. Col. ss CHE'VROTAGE-, Droit dû au Seigneur par ceux qui nourissent des chèvres. CHE'VRQTER, »• [Htedulos edere, parere.fl Faire de petits chevreaux. ( La chèvre a chevroté. La chèvre soufre extrêmement quand elle chevrote.) f * CHË'VROTER , v. n. [ Stomachari .] Ce mot est du petit peuple ; pour dire , avoir du chagrin, du déplaisir, se mettre en colère. (Cest un enfant qúi me fait chevroter.) H CHE'VROTER, se dit aussi d’un homme qui chante par secousses & tremblotant. (II chévrote en chantant. Sa voix chévrote. CHE'VROTIN , f, m. [ Peìlicula badina. ] Peau de chevreau. Cuir de chévreau. ( C’est du chevrotin. Gans de chévrotin.) CHË'VROTINE. [Clans pluhtbeaP] Terme d’Artillerie. Balle de plomb d’un petit calibre, dont il y a cent soixante-fix à la livre. CHEZ. [Apud.J Préposition qui marque la demeure d’une personne, & qui demande l’acusatif. (II mange tous les jours chez Monsieur , &c.) f§ Ce terme est bas. Malherbe s’en est souvent servi ; il dit : Qui doute que fl de ses armet Illion avoit eu Pappui, Le jeune Âtride avéque larmes 21e s’en fût retourné chez lui ? t CHEZ Platon s chez Plutarque. Ces faqons de parler font hors d’uiage. 11 faut dire dans Platon, dans Plutarque, ou dans le? œuvres de Platon, &c. Vaug. remarq. t CHEZ les étrangers, Cette façon de parler n’est pas bonne; on dit en fa place. Dans les païs étrangers. Parmi les étrangers. Cependant on peut dire : II y avoit une coutume CHI 387 chez les Grecs , chez les Romains. Ost dît aussi chez le Roi. Je dois tant chez un tel Marchand. Desma - rets, gramm. française, f CHEZ. Cette préposition jointe à un pronom personnel, devient quelquefois un nom substantif. (Avoir un chez-soi. J’ai un chez-moi pour recevoir mes amis. ) ‘ t§ CHEZE. Dans les Coutumes de Tours, de Lodunois , & du Maine , on apelle cheze deux arpenS de terre autour du château , étant en fief, & qui entre Nobles apartient à Pains pour son preciput. Volez Ragueau. (s CHËZEOLAGE signifie la même chose que feu dans l’article troisième cíe la Coûtume locale de Va- lanqai. Le terme vient de casa , une maison. Voïez Cheze. CHIAOUX- [ Turcica aulé soribtìs prœfeflm, ] Huissier ou Sergent Turc , qui porte des armes ofensi- ves & défensives, qui aííigne les particuliers, qui acomniode leurs diferends , & en la garde duquel on met les prisonniers de qualité. Brios. Hijì. de l’Em - pire Ottoman , . f CHIARVATAR , f m, On nomme ainsi en quelques lieux de Perse, ce qu’on apelle en France un Douanier. í CHIASSE , f f C’est I’écume des métaux, Chiasse de cuivre, chiasse de fer, &c. H CHIASSE. On donne aussi ce nom aux excre- mens de la mouche , & du ver. H CHIASSE , se dit fig, d’un homme très-méprifa- ble. C’est le dernier des hommes, il est la chiasse du genre humain, íf CHIC* Mr. de la Monoïe dans son Glossaire Bourguignon , sor le mot chipote , dit, que le terme chic a donné , en diverses langues , une idée de peu de chose , témoin le sicciim de Plante, le chico des Espagnols , chiquet d’où nous avons fait chiqueter , dé - cbiqueter , comme de chicot, chicoter , pour contestes fur un rien, & de chicoter , chipoter, qui est fort eu usage parmi le peuple Lionnois. CHICAMBAUT, ou chicabaut, comme écrit PA- cadémie. Terme de Marine, Longue & forte piéce de bois vers Pavant d’un petit vaisseau , pour lui servir., de poulain ou d’éperon. CHICANE t f f-[Lìtìgatorum artessubdolœ.') Chicanerie. Abus qu’on fait des procédures judiciaires , quand on s’en sert pour tirer des procès en longueur, & pour surprendre les Juges , ou les parties. (C’est introduire dans une justice militaire toute la chicane deí autres Justices. Patru , plaid. i. --- T)’une gueule infernale, La chicane en fureur mugit dans la grandsale . Defpr.) On P apelle chicane , jç? ce monsre odieux , Jamais pour P équité n’eut d’oreilles ni d’yeux. Défpr.) La chicane a ses mots dont il sc faut servir. Vaug . remarques nouv. * CHICANE. [ Cavillatio , contentió , contrôverjla. ] Ce mot sc dit en parlant de Philosophie & autres sciences. Dans les livres que les Anciens ont écrits de la prudence civile, il y a du galimatias de Pécule L de la chicane Philosophique. Balzac, entret. 26 . Cela veut dire , du rafinement, & une subtilité fausse & ridicule.) f CHICANE, se dit aussi d’une maniéré de jouer au mail. Jouer a la chicane. CHICANER , V. n. [Callidè litigarel] Faire des procès à qtieicun pour des bagatelles. C’est user de chicane. (N. se plait à chicaner. Quiconque efl touché de P envie De ne païer qu’après fa mort, Doit chicaner toute fa vie. Main. Poéf. ) Jamais contre un renard chicanant un poulet, Un renard de son sac n'alla charger Rolet , Defpr. ) * CHICANER , v. a, [CavWari , vìlìlitìgarej Vétíí- ler. Rafiner trop fort sor Pouvrage de queícun. (Chicaner un écrit. Patru, plaid. 6. Chicaner un amant. Mol. II ne faut pas chicaner les Poètes sor cela. ScarJ CHICANER, v. a. [Diftlicere, molejium elfes I Fa- Tome I. C 6 c * c her 588 CHI cher, chagriner. (Cela me chicane, cette conduite le chicane.) F CHICANER le vent. Terme de Marine. C’est prendre le vent en louviant, en faisant plusieurs bordées, tantôt d’un côté ; tantôt d’un autre. F CHICANER^ vie, c’est fe bien défendre. CHICANER le terrain , c’est le disputer, ne le ceder qu’à l’extrémité. (Ce Gouverneur a bien chicané le terrain.) CHICANERIE , s. f. [Calìihe litigantìum rationes .] Chicane. (On lui veut ravir son bien par des procès & des chicaneries. Patru , plaid. 7.) CHICANEUR , s m. ( Versutus ac fraudulentus litì- gator, !itigiosus.~\ Celui qui chicane , qui aime à faire des procès fur rien. Celui qui plaide par malice, & qui fait des procès, ou pour troubler le repos de ceux contre qui il a des afaires , ou peur s’enrichir injustement de leurs biens. C’est un franc chicaneur. Un méchant, un malin, dangereux, détestable chicaneur.) Voïez Mr. Minage , Origines. Quelques-uns disent chicanier. $ II n’a d’ufage que dans le stile familier. Acad. Fr. CHICANEUSE ,s f. [Litigioja.'] Celle qui chicane, qui fe plaît à chicaner & à troubler le repos d’au- trui par fes chicaneries & ses biais pleins de ruse. (Cest une tranche chicaneuse.) t CHICHE, adj. [Parcus, tenax, restritfitsj A- vare. (Etre chiche de reconnaissance. Phrase un peu burlesque, pour dire , n’aimer pas à reconnoître les bons otìces qu’on nous a rendus. Humeur chiche. Scar. On dit aufli au figuré , être chiche de paroles ; c’est-à-dire, parler peu. Etre chiche de louanges. C’est ne louer pas volontiers. Les Courtisans ne font pas chiches de promesses.) Voter Mr. Ménage. CHICHE-FACE. (Homo avarìtid macilentmF} Homme maigre & chagrin , qui fait voir son avarice peinte fur son visage. Ce terme n’est d’ufage que dans le burlesque. CHICHE, adj. [Cicer.J O11 donne ce nom à une forte de pois. (Des pois chiches.) f CHICHEMENT, adv. [Parcè, restrifíê.2 D’une maniéré chiche , avare & sordide. ( Vivre chichement. ) t CHICHETE’, f. f. [Nimia parjhnonia, tenacitas.J Ce mot est vieux , &il lignifie , avarice, épargne trop grande. H L’Académie admet ce terme. CHICORE'E , f. f. [Chicoreum, intubm.-] Herbe rafraîchissante qu’on mange crue ou cuite, en salade , ou dans le potage. Adieu , planches , quarreaux, Adieu chicorée & porreaux, Adieu de f quoi mettre au potage. La Font. j f II faut prononcer chicorée, & non cicorit. CHICOT, f m. [Trunctss excisa rejïans arbore .J Petite partie de la racine d’un arbre. CHICOT. [Putridi dentis p articulas Reste de dent qui est dans la gencive. CHICOT, m. [Coliculus, ftagellum, surculusd] Petit éclat ou morceau de bois ; ce mot fe dit particulièrement de ceux qui viennent aux branches , & qui font les neuds. CHICOT, f. m. [StnloF] Terme de Blason, fe dit d’un bâton noueux, d’un jetton d’arbre, soit des racines , soit du tronc , soit des branches. CHICQTER , v. n. [Rixari, camllari.~\ Terme Populaire, qui signifie contester fur des choses de peu d’itnportance. CHICOTIN, s m. [ Colocintbii. ] Herbe d’un goût acre & amer. On donne le même nom à la chair d’une courge sauvage fort amère, que les nourrices mettent fur leurs mamelles pour sevrer leurs enfans , ou qu’on met dans les dragées de carême-prenant. Meilleurs de l’Académie disent que c’est un suc cfaloés ou de coloquinte fort amer. CHIEN , s- m. [Canis.j] Animal fort connu , qui est fidèle, réconnoissant , docile, propre à diverses choses, qui est en amour environ quatorze jours, qui nuit aveugle, qui vit dix ou douze ans , & qui a de l’averlion pour les crocodiles & pour les loups. (Le chien aboie, jape. Le chien votant sa proie en F eau représentée, La quitta pour Limage , gjf pensa s: néier. Éa Font.) CHI (f 11 y- a des chiens farouches qui mordent mt» lestement ; d’autres mordent quand ils font Les maîtres des premiers, font tenus du dommaeê quds font, aiant dû les tenir atachez: on n’a point d'acfion contre les autres , c’est la íaute du passa,,, Voïez le Journal des Audiances , tom. 5. li v , ^ ^ ' 2 i. Les Antiquaires regardent le chien comme’le íim bole de la fidélité; il est fur la médaille d’Ulisse par' ce-qn’i 1 le fit reconnoître à son retour à Ithaque. On le donne à Mercure à cause de fa vigilance & de Iim industrie à découvrir ce qu’il cherche. Quand iíy a un chien auprès d’une coquille , & qu’il a du rouge au museau, il lignifie la ville de Tyr, où le chien d’Her- cule aiant croqué le murex, en revint le nez tout empourpré, & fit connoitre, pour la première fois, là pourpre. Homère a remarqué comme une circonstance importante, que Télémaque aiant fait assembler les Grecs, il parut au milieu d’eux, tenant, au lieu de sceptre, une longue pique, Q ? suivi de deux chiens, ses gardes fidèles. 11 n’étoit pas mal gardé contre les entreprises de ce grand nombre d’amans de la mère. CHIEN courant. [ Canin celer, cursor. ] Chien de chasse pour le lièvre. CHIEN couchant. [Canis cubitorj Chien de chasse pour la perdrix. f * Faire le chien couchant. Faire le flateur. Faire des caresses basses & flateufes. * Nos chiens ne cbajsent pus ensemble. [ Non con- gruerej C’est-à-dire , nous ne sommes pas bien ensemble , nous ne sommes pas en bonne intelligence. F II ejìsou comme un jeune chien. Prov. c’est un jeune garqon étourdi & folâtre. F Etre comme un chien a F attache. On le dit d’un homme que son emploi & fa profession obligent à un travail continuel. F Qui ni aime , aime mon chien. C’cst-à-dire, prov. & fig. que lorfqu’on aime véritablement quelcun, on doit aussi aimer tout ce qui lui apartient. F N accorder comme chiens chats. C’est prov. ne pouvoir vivre ensemble , être toujours en dispute. F Les bons chiens chajfent de race. C’est-à-dire, prov. & fig. que les enfans ont les inclinations de leurs peres & de leurs meres , & suivent leurs exemples. Les noms particuliers de diverses autres sortes de chiens, fe trouveront chacun en son rang dans ce Difíionnaire. f CHIEN. Terme injurieux. [ Canis , r.eqm\r,\. ] Pour dire, méchant. Ainliondit, chien de coquin, chien de fripon.) j- Entre chien A? loup. f Crépuscules, luce dttbiâ. ] Sorte de proverbe, pour dire , fur le soir, & lorf-qu’ií est lì tard qu’on ne peut distinguer un chien d’un loup- F Qui veut néier son chien, dit qu’il a la rage. Proverbe , pour dire , que quand on veut rompre avec quelcun , on lui fupofe quelque crime ou quelque faute. * CHIEN qui aboie ne mord point. Ce proverbe est de toutes les Nations. Quinte-Curce , /. 7. c. 4 dit que les Bactriens s’en servent, pour dire, que ceux qui ont le plus d’emportement & qui font le plus de bruit, font les moins à craindre , parce-qu’ils font moins de mal , n’aïant qu’une fougue & un premier emportement. f CHIEN au grand Colier. On le dit prov. & fig- d’un homme qui a le principal crédit dans une compagnie , ou dans une maison. F CeJbnt lieux chiens après un os. On le dit de deux hommes qui font en débat pour emporter une même chose. F On dit aussi lorfqu’on a quelque prétention fur une chose , qu’o® n’en donnerait pasJa part aux chiens, F II n’ejî pas bon à jetter aux chiens. C’eft-â-dire, tout le monde le blâme & crie après lui. F Rompre les chiens. C’est prov. à fig. empecher une querelle, arrêter un discours qui pourroit avoir des suites fâcheuses. F II riejì chafe que de vieux chiens. Ce proverbe lignifie , que les vieillards qui ont beaucoup d expérience , font les plus propres au conseil & aux afaires. F Un chien regarde bien un Evêque. _ C’est-à-dire, que quelque élevé que soit un homme , il ne doit pas trouver mauvais que les autres lui parlent & s’adrellent à lui. £ Mener une vie de chien. C’est prov. & fig- mener ' une CHÍ une vie misérable. C’est aussi vivre dans la débauche & dans le libertinage. CHIEN de mer , s. m. [Canif marinus.] C’est une forte de poisson qui a la tête plate & large, & la gueule enfoncée. 11 est épais, il est long de quatre piez. Au dessous de la tête , fa peau est une efpece de gros chagrin , & à chaque côté de la tête il a six ouvertures qui lui fervent d’oiiies, & qui fe couvrent par le moïen dè quelques peaux fort minces : il a trois rangs de dents, dont les unes font droites , les autres courbes , & les autres triangulaires : il est dangereux & avide, & quand une fois il s’est saisi d’une personne , il ne la quite jamais : il est toujours acompagné d’une quantité de petits poissons, qu’on apelle ses pilotes, parce-qu’ils le conduisent où il y a de la proie. On apelle ce poisson Requin. Votez Requin. CHIEN , f. m. [JJncw veclarìw.] Terme A'Artisan. Barre de fer quarrée , qui a un crochet en bas, & un autre qui monte & décend le long de la barre. C’est ce que les Alénuisiers & autres ouvriers apellent Sergent. CHIEN. Terme d ’ Arquebusier. f Rofirum , rojiel- lum.] Fer qu’on abat fur le bassinet de certaines armes à feu lors-qu’on les veut tirer. (Abatte le chien d’une arquebuse.) CHIEtí-DENT, Jl f. [ Gramen. ] Sorte de racine blanche, servant a faire de la tisane. On dit des Moines qu’ils sont comme le chiendent, parce-que cette racine s’étend beaucoup, & qu’on a de la peine à l’arracher. CHIENNE , s.s. [Canit sœmina. 3 La femelle du chien. f * CHIENNE. [ Canicula , nequam. ] Mot injurieux , qui veut dire, Carogne. Méchante. Friponne; (Au diable soit la chienne, ha chienne ! ha carogne ! Mol. ) ± CHIENNE'E , s f. [ Colckicum .] C’est une herbe qu’on apelle aussi tuè-cbien , mort aux chiens , ou colchique. CHIENNER,». n. [Catulos edere , pareref] Faire de petits chiens. (La chienne a chienne , ou plutôt a fait de petits chiens, ou a fait des petits.) CHIER , ». a. [Ventrem exonerare , alvum Jolvere.J Décharger son ventre des excrçmens superflus. f * CHIER. Se moquer en faisant quelque injure, & quelque ordure. ( Laissons-là ce fat d’Apollon, chions dans son violon. S. Amant.) f * CHIER far la besogne. C’est travailler & ne rien faire qui vaille. CHIEUR,yl m. [gui cacat , cacaturìt.] Celui qui chie. Celui qui ne fait que chier. CHIEUSE , s. f. [Quœ cacat , cacaturìt .] Celle qui chie. Celle qui chie souvent. CHIEURE , ckìure , s. f. [Muscarum excrementum.] Excrément de mouches , qu’eUes jettent particulièrement fur la viande , & d’où naissent des vers. í CHIFRE i s-f- Terme de mépris, qui fe dit d’une étofe foible & mauvaise. Ce n’est là que de la chiffe. CHIFLER , ». w. [ Sibi/are. ] II signifie Jìfler , mais en ce sens il est hors d’uíage , & en fa place on dit Jìfler. CHIFLER , ». a. [ Irridere. ] II signifie fe moquer , railler. En ce sens, il est suranné , dites Jìfler. Le peuple nous chifle , après nous avoir aplaudi. Bah. entr. i;. Si Balzac vivoit, il diroit, le peuple nous Jìfie- CHIFLER , »• n. [Large ac libéraliser potaref] Mot burlesque, pour dire , boire d’autant. (Jeveux chi- fier à long traits à la santé des vivans & des morts. S. Amant. ) CHIFLET , f. m: [Exìlis fifiula.] Ce mot est hors d’uíàge en fa place, on di tjìflet. CHIFON , f. m. [Détritus panniculus ^, vilis larí- nia.] Morceau de linge, ou de drap usé qu’on jette, & qu’on trouve par les rues de Paris. ÇHIFON , chifonne , adj. Terme de Jardinier. II se dit des branches. (II faut ôter les branches petites & chifonnes. Quint. Jardins.) CHIFONNER, ». al [Deterere, turpare J Froisser. Friper. (Chifonner un rabat, un mouchoir de cou, une cravate.) t * CHIFONNER. [Amplecli, osculari inconsuîtè , fmterè .] Embrasser. Baiser. Patiner d’une faqon brus- CHÍ 3 89 que & étourdie. ( C’est un badin qui la chifonne, & la fait tourner en sabot. Gomb. ep. liv. 1.) CHIFONNIER , s. m. [Panniculorum propola .] Celui qui ramasse des chifons par les rués de Paris. CHIFONNIE'RE, s. f. Celle qui ramasse des chifons avec un crochet par les rues de Paris, CHIFRE , s m. [ Nota aritbmetica. ] Marque d’Aritmétique, qui vaut un certain nombre. (Apren- dre le chifre. Chifre Romain, chifre Arabe, le pré, mier s’écrst par des lettres de l’alfabet, & l’autre a des caractères particuliers, par exemple, Pan mil six cens quatre-vingt-douze , s’écrit ainsi , AI. DC. LXXXXII. ou M. DC. XCII, en chifre Romain, & 1692. en chifre Arabe. Et Pan mil sept cens dix-huit s’écrit en chifre Romain , M. DCC. XVIII. & en chifre Arabe 1718. £ C’efiun o en chifre. C’est-à-dire , prov. & fig, cet homme n’a aucun crédit, aucun pouvoir. CHIFRE. [ Arcana nota. ] Caractères inconnus, déguisez & diversifiez , soit en se servant des chifres, des nombres, des lettres de l’alfabet, ou d’autres caractères pris à discrétion pour écrire d’une maniéré qui ne puisse être entendue que par ceux qui en font convenus. On apelle aussi chifre , l’alfabet que chacun des correfpondans garde de son côté pour écrire & pour décbifrer les lettres. sf" On donne plusieurs étimologies ail mot chifre: mais il faut s’en tenir à l’opinion la plus générale, & dire avec Mr. Ménage, que l’on doit ce terme aux Hébreux, de qui les Arabes Pont emprunté ; & de ceux-ci- il a passé aux Espagnols aux Italiens & à nous. * CHIFRES. [ Noìarum index. ] La figure des choses. La manière de les décbifrer. (Avoir l’intelli- gence des chifres.) * CHIFRES. [ Litterarum nota implicite.] Entrelas. Choses entrelassées. (Ainsi on dit des chifres d’a- mour.) CHIFRER , ». a. [ Supputare , computare natif arìtbmetìcif. ] Ecrire des chifres. Faire & mettre des chifres. ( Chifrer les pages d’un livre.) CHIFREUR , f. m. [ Verìtus nunterandi , arithmeti- cus. ] Celui qui chifre , qui fait bien compter aves la plume. ( Un chifreur doit être bon aritníéticien.) CHIGNON , f- m. [ Cervìx.] Le derrière du cou. ( Donner un coup de bâton fur le chignon du cou.) Ì 1 ne. fe dit. guère seul, - Açad. Fr. í CHILCHOTES. C’est le nom que l’on donne à une des quatre fortes de poivre de Guinée. CHILE, / »». f Chylys. ] Portion liquide & fluide qui se sépare des viandes pour être çonvertie en sang. (Le chile sc meut dans les hommes comme dans les bêtes. Roh.phis.) On le volt dans les veines lactées & dans le réservoir de Péquet. H CHILE. Les habitans de l’Amerique donnent ce nom au piment, ou poivre de Guinée. f CHILLAS. Toile de Coton à carreaux, qui vient des Indes Orientales. t ÇHILPEL AGUA. Nom d’une des quatre fortes de poivre de Guinée. f CHILTERPIN. C’est une des quatre sortes de poivre de Guinée. CHIME'RE, s- f-, [Çhimara.] Bête monstrueuse & imaginaire que Bellerophon tua étant monté fur Pégase. Mr. Lancelot dérive ce mot du Grec yj/aaiça, qui étoit le nom d’une montagne de Licie , qui j étroit du feu , & au haut de laquelle il y avoir des lions ; au milieu , des chèvres dans un pâturage ; & au bas , des scrpens : ce qui a donné lieu à cette fiction, qu’il y avoir un monstre qui jettoit du feu par la gueule , qui avoit la tête & le poitrail d’un lion , le ventre de chèvre , & la queue de dragon ; & comme Bellerophon fils de Glaucus, rendit cette montagne habitable, les Poètes ont feint qu’il avoit tué la chimère. CHIME'RE. [Figmenta, delìramenta -3 Chose visionnaire. Chose chimérique. Vision. ( Se mettre des chimères dans l’efprit. Abl. Avoir l’efprit rempli de chimères. Scar. Le grand pouvoir qu’on lui donne n’est qu’une chimère. Mol. La tête d’un Philosophe est en proie aux chimères. Ccc ; Votre Z9o CHI Votre plus haut savoir n’est que pure chimère, Vains peu sages Médecins, Vous ne pouvez guérir par vos grands mots latins , La douleur qui me dejejpére. Mol. fàch.) En Philosophie on l’apelle être de raison. CHIMERIQUE , adj. [ Commentitim. ] Frivole. Visionnaire. (Esprit chimérique. Idée chimérique. Le dessein de la Monarchie universelle est un dessein chimérique. Toutes les raisons qu’il aporte font chimériques. Abl. Luc. t. 2 . amours. Aux portraits que je fais , sage savant critique , Le vice est réel, le refie est chimérique. Vill.) CHIME'RIQUEMENT , adv. [ Fille, inaniter , fa- hulasè. J Prononcez chimérikeman. D’une maniéré chimérique, fabuleuse, visionnaire. (L’opinion que ces gens-là ont eu de leurs grandes qualitez , leur a fait chercher chimériquement une origine diférente de la notre. S. Evremont , génie du peuple Romain, p. 2.) CHIMIE , f f- 11 vient d’un mot Grec, qui signifie suc. En Latin Cbimia. C’est un art qui enseigne à dissoudre les corps mixtes naturels, à les réduire séparément aux principes purs dont ils étoient composez , & à les réunir pour en faire des corps exaltez. Glas. Quelques-uns apellent la Chimie , art distilla- toire, parce-qu’elle fait la plupart de ses remèdes par la distillation. ( Etudier , aprendre , savoir, exercer la Chimie.) CHIMIQUE, adj. II vient du Grec. En Latin chi- micus ; c’est-à-dire ; qui traite de la Chimie , qui regarde la Chimie , qui est fait pour la Chimie. (11 y a plusieurs fortes de fourneaux chimiques. Auteur chimique ancien ou moderne. Les Auteurs chimiques admettent cinq principes de leur art, ie sel, le soufre, le mercure , le flegme & la terre. Les trois pré- miers font actifs , & les autres passifs. Charas, pharmacopée. On a établi des écoles chimiques en France & ailleurs.) CHIMISTE , f. m. f Chimi.e peritus. ] Qui fait la Chimie. ( Un savant chimiste.) t CHINCILLA,/ m. Animal de la grosseur d’un écureuil , qu’on trouve dans le Perou , & dont la peau est estimée à cause de la finesse de son poil. t CHINE- C China. 3 Racine médecinale, qui vient d’Orient. H CHINE. Sorte de tapisserie de Bergame , qu’on apelle ainsi, parce que ses faqons ressemblent aux ordres de ces ouvrages de foie & de laine que l’on fait à l’éguille fur le Canevas, qu’on nomme point de la chine. CHINFRENEAU, f.s. C IlUfits , offenjlo. 3 Coup qu’on reçoit à la tête , soit en se heurtant par hazard contre quelque chose , soit en se batant contre un ennemi. ( II a reçu dans ce combat un vilain chin- freneau.) CHINQUER, v. a. [Potare largiùs, cyathos cyathis illidere. 3 Terme Bachique ; pour dire , boire par excès en choquant les verres les uns contre les autres, & en se portant des lantez pour s’exciter à boire. ) (II a chinqué tout son sou.) t CHINTAL- Sorte de poids dont les Portugais se servent à Goa, capitale de ce qu’ils possèdent dans les Indes Orientales. Le chintal revient à cent cinq livres de Paris. t CHINTE-SERONGE- Toile blanche de coton , qui vient des Indes , & qui est propre à être imprimée & mise en couleur. CHIOURME y f f [ Triremis remiges. 3 Les forçats d’une galère. tf Ce mot se pronce en trois manières diférentes, chiourme, chiorme , chourme. Ménage, observai, tom. 2 . ch. i;6. veut quon dise chiourme. í CHIPAGE- Aprêt que les Tanneurs donnent à de certaines peaux. î CHIPER les peaux. Terme de Tanneur. Votez Basane. í CHIPE’, adj. Basane chipée , c’est celle qui a reçu de 1 ouvrier un aprêt particulier qui la distingue des autres basanes. CHIPOTER , v. n. [ EJltare. 3 Manger peu & à petits morceaux. 11 veut dire aussi vstiller, & celui CHI qui vétille s’apelle chipotier. Mais ces mots ne font en usage que parmi le peuple. t l 3F Mr. Lancelot le dérive du Grec %u\oTrnuv s'amuser à boire, du bout des lèvres feulement. Le P Labbe ne s’eloigne pas de cette étimologie; il ajoute " -, peut-être que ehipot est la même chose que chicot] ,, & chipoter , que chicoter. ” ' CHIPRE. Votez Poudre. t CHIQUE, sf. Espece de Ciron des Iles Antilles , qu’on a de la peine à arracher, lorsqu’il a pénétré dans la chair. CHIQUENAUDE , f f. [ Talitrum. ] Elle con. fiste à apurer ferme le bout du doigt du milieu fur le bout de celui du pouce, &à desserrer avec éfort le doigt du milieu contre une personne. (11 lui a doktnè une rude chiquenaude.) CHIQUET , f m. fParticula.’] Petite partie d’un tout. Ce mot n’est en usage qu’en cette phrase. (II m’a païé ce qu’il me devoir chiquet à chiquet.) CHIRAGRE, f m. [ Chiragrâ labomns.~\ Ce- lui qui a la goûte aux mains. Quand on le dit de la maladie, il est féminin. CH1ROGRAPMAIRE, adj. ÍChirographarim.] Terme de Palais. Créancier dont la dette n’est fondée que fur un billet fous seing privé, qui n’est pas reconnu en Justice , & qui par conséquent n’a point d’hipotéque. jj Le chirographaire ne peut point agir contre son débiteur, qu’après avoir fait reconnoître la promesse selon les formalitez préscrites par l’Ordonnance , & pour lors il a une action personnelle pour agir & pour obtenir une condemnation qui produit une action hipotécaire , pourvu qu’elle ait été prononcée par le Juge laïque ; car la sentence du Juge Eclélìa- ltique ne peut point produire d’hipotéque; il peut prononcer sur la reconnoissance de la promesse, quoique Mr. Févret tienne le contraire : mais le créancier sera obligé de recourir au Juge laïque , s’il veut agir hipotécairement fur les fonds de son débiteur. CHIROMANCIE,//. [Chiromanaa.-] Prononça kiromancie. Ce mot est Grec. Sience qui considère les lignes de la main , afin d’en faire quelque jugement pour prédire les choses qui probalement doivent arriver à une personne. La chiromancie n’est pas trop certaine. Votez la Chambre U Trieuse.) H L’Académie dit Chiromance , fans condamner chiromantie : savoir la chiromance. CHIROMANCIEN , enne , adj. [ Chiromantk ] Celui ou celle qui lait la chiromancie, qui prédit ou dévine les avantures ou le tempérament d’une personne par les signes & les linéamens qu’il trouve dan» la main. t CHIRONIEN, adj. On donne ce nom aux vieux ulcérés malins , qui ne peuvent se cicatriser que dificilement. On les apelle ainsi de Chiron, Médecin de l’antiquité, qui trouva le moïen de guérir ces fortes d’ulceres. CHIRURGICAL, ALE, adj. [ Chirurgiens .} Qui apartient à la chirurgie. Opérations chirurgicales. Acad. Franc. CHIRURGIE , Chirurgie , f. f. [ Chirurgie .] Quelques-uns ecrivent chirurgie , mais mal. Chirurgie est le seul qui soit du bel usage. C’est une partie de la Térapeutique , qui guérit les maladies du corps de l’homme par l’opération de la main. Leur fête est S. Côme. {§ Le mot est Grec , ;^çiçot/§>-(3^ , compose de yjtp > la main, & içyòv , ouvrage , travail; un Chirurgien opéré de la main. Plusieurs Constitutions Canoniques défendent aux Soûdiacres, Diacres & Prêtres , d’éxercer la Chirurgie Cap. Sententiam sanguins, tit. Ne Clerici vel Monach. Un Prêtre ne peut pas même saigner sans la permission de l’Evéque ; & su le faisoit fans cette permission , & que la personne saignée vînt à mourir , il seroit irrégulier. Voïeí Mr. de Sainte Beuve. CHIRURGIEN bandagiste. Chirurgien hernies. [ Chi- rurgus hernix. J C’est celui qu’on apelle faiseur de braïez. 11 est incorporé avec les autres Chirurgiens, & ils sont récris à S. Côme. CHIRURGJQUE , adj. lCbirurgicw.1 Qui est « cm- CHO chirurgien. Qui est de chirurgie. (Une opération chirurgique.) t CHITES- Toiles de Coton des Indes, fort belles dont la peinture ne dure pas moins que les toiles mêmes, fans rien perdre de leur éclat. Elles viennent de Mafulipatan fur la côte de Coromandel, où jes François ont un Comptoir. -i- CHITOME , ou CHITOMBE. C’est le chef de la Religion parmi les Nègres. f CHLORIS , s m. Espece de petit oiseau gros comme une alouette , tantôt verd , tantôt jaune. II contient beaucoup de sel volatil & d’huile ; & il est propre pour l’épilepsie. f CHNICUS exiguns. J. Bauh. l’apelle petit chardon. Sa racine est longue & menue. Elle est sudorist- que. Elle est rare. CHOC , s m. [] Confiiftio , collisus , conjtiHw. ] Coup qui se fait en heurtant contre quelque chose qu’on rencontre. ( Que le choc des armes retentisse par tout D 1 un carojse m passant il acro'che une roué, Et du choc le renverse en un grand tas de boui. Despr. fat. 6. * CHOC. [ Oppugnatio , concurfm .] Ataque. Combat. ( lis ne purent soutenir le choc de la cavalerie. Abl. Arr. II faut paroître ferme au premier choc. Mol. fourn. Soutenir un choc amoureux.) CHOC. Terme de Chapelier. Instrument de cuivre pour mettre la ficelle au lien du chapeau. CHOCAILLER. [ Inebriari. ] Terme populaire, qui se dit des petites gens qui s’enivrent fur le cu d’un tonneau. Acad. Franç. CHOCAILLON. Crapule. Femme adonnée au vin. Terme bas dont se servent les revendeuses & haran- géres quand elles s’injurient. Acad. Fr. CHOCQUER. Cherchez choquer. CHOCOLATE- Chocolat , f. rn. [ Ckocolatum. 3 Ce mot est Américain. Sorte de pâte solide composée de cacao , de sucre , de canelie, de poivre de Mexique , de doux de girofle, d’anis & d’eau de fleur d’orange , & qui détrempée avec une liqueur fait un breuvage agréable & utile. ( Le chocolate est stomacal & répare les forces quand elles font épuisées. Le chocolate est nourissant , trois tasses par jour peuvent nourir.) Excélent chocolate. Faire , préparer du chocolate. Prendre , boire du chocolate. Faire mousser le chocolate , c’est faire tourner le moulinet dans la chocolatière. Dufour a fait un traité du chocalate. H L’Académie dit chocolat. CHOCOLATIER , s.s. [Cbocolatì propola.~\ Celui qui ne vend que du chocolate. Un riche chocolatier. ( Le chocolate est aussi une petite forte de pâtisserie délicate où il y entre du chocolate.) CHOCOLATIE'RE , s. f. [ Vasculum coquendo chocolaté. ] Vase de métal, où l’on aconimode le chocolate Iors-qu’on le veut prendre. CHOEUR, / m. [Chorus.'] Prononcez cœur. Partie de l’Egtise où se mettent ceux qui chantent & qui aident à célébrer. (Aler au chœur. Chanter au chœur. On dit aussi parmi la plûpart des Religieuses, Dame de chœur. Sœur de chœur. Habit de chœur ; -pour dire, Dame qui chante & assiste au chœur. Habit qu’on porte quand on va au chœur. Tu dors Prélat , tu dors ? là-haut à ta place , Le Chantre aux yeux du chœur étale son audace, Despr.) 0 Le chœur étant la partie principale de l’Eglise, on n’y admet pas toutes fortes de personnes. Les armoiries gravées fur la clé de la voûte, ou fur Rentrée , marquent le patronage , & elles ne prouvent rien , quand elles font dans la nef. La réparation du chœpr doit être faite par les décimateurs. Le patron a seul droit d’avoir un banc dans le chœur : mais l’usage a autorisé les Seigneurs Hauts-.Justiciers d’y en avoir un : c’est aussi par tolérance que l’on enterre les Curez dans le chœur. Entre Enfans cohéritiers , l’ainé a le banc le plus honorable dans le chœur, & les puînez après lui. Mais on demande fi cet aîné vend fa portion dans la Haute-,[ustice à laquelle le rang le plus honorable est atache,_ l’ache- teur peut joiiir des mêmes honneurs ? Je crois qu’on peut répondre, que la scéance dans le chœur etant CHO 391 une dépendance de la Haute-Justice, celui qui possède la partie principale, doit joiiir de. la principale prérogative , non comme réprésentant son vendeur, mais comme possesseur d’une partie de la Justice, plus étendue & plus considérable que les autres. II en. est autrement des droits honorifiques qui font personnels , lesquels ne peuvent passer à un étranger, par cession, vente, ni autrement. * CHOEUR. Toutes les personnes qui chantent au chœur. ( Le chœur répond au Prêtre qui célébré. Enfans de chœur. Le maître des enfans de chœur.) On dit aussi les neufs chœurs des Anges. CHOEUR. Ce mot se dit aussi en parlant de piéce dramatique Gréque , ou d’ancienne tragédie Latine. C’est une troupe d’acteurs qui représentent ceux qui s’étoient rencontrez , ou qui vrai-semblablement se doivent ou peuvent rencontrer au lieu où s’est passée l’action qu’on réprésente au théâtre. 0 La fonction du chœur, étoit de chanter à la fin des actes, & ces chœurs étoient regardez comme des parties étrangères du poème: mais il y a eu des chœurs que l’on faisoit parler & entrer dans la composition du sujet, & pour lors il étoit un véritable acteur, & servoit, comme les autres acteurs, aux intrigues du théâtre , & en ce cas, Aristote le met au rang des parties de quantité de la tragédie. On dit que Thespis a été le premier qui ait mis dans lc chœur un personnage , afin de lui donner le tems de reprendre haleine. 11 y avoir des chœurs dans la moïenne comédie. JDacier , Poétique d’Ariflote. ( La tragédie informe U grossière en nuisants 21’étoit qiiun simple chœur. Despr.) CHOIER , v. a. [ Curare. ] Avoir un grand soin de n’ofenser pas une personne, de ne lui pas déplaire & de l’épargner. ( Choïer quelcun. II le choie , il f embrasse , N pour une maîtresse On nesauroit , je pense , avoir plut de tendrese. Mol. tart. a. 1 .sc. 2.) 0 Mr. de Benserade sur Prothée, dans le balet de la nuit : Et je les sçai s peu choïer, Que celles que je mène paître, sd’y devroient moi-même envoler. CHOÏER est un de ces mots pour lesquels on a une aversion naturelle. f Se choïer , v. n. Avoir un grand soin de soi. Ménager sa santé avec soin. ( C’est un homme qui se choie fort.) _ CHOIR , v. n. [ Cadere , excidere. ] Ce mot se dit élégamment en Poésie , & sur tout au figuré. En prose, on dit plus ordinairement tomber que choir. Je chois , je chus , je fuis châ. Le petit peuple de Paris , dit : Je choirai , pour je cherrai. ( L’élévation des Grands ne sert qu’à les faire choir de plus haut. L’académie Récrit avec un e, cheoir. Je n’ai ni toit , ni grande ni presoir Qui ne tombe , ou qui n*aide choir, Boisrobert, épit. t. 1. ép, 22.) 0 Et fa tête qu’à peine il a pu dérober, Toute prête de choir , cherche avec qui tomber. Corneille , Pompée. Le même dans Heractius , dit: Et je verrai du Ciel bien-tòt choir ton fuplice. De bons Auteurs n’aprouvent choir que dans le figuré. Malherbe a dit: Fais choir en sacrifice au démon de la France Les fronts trop élevez de ces âmes d’enfer. Ménage, tom. i. de ses Observât, ch. 25 r. l’admet quelquefois dans le propre , comme dans cet endroit de Malherbe: Et le Pò. > . . . . . S’aprête à le voir dans son onde Choir comme un autre Phalèton. II est pourtant obligé d’avouer que choir est par tout désagréable ; & il me semble en éfet qu’il sonne mal dans cet endroit de Mr. de Saint Ëvremont, où il dit, en parlant du Peuple Romain : Un peuple si magnanime aimoit autant périr que de choir , Qf tenait pour une chose indiférmte de ri être plut quand il m seroit 392 CHO p as k paître du monde. Mais s’il faut soufrir choir a l’infinitif, n’aïons pas la même tolérance pour lui dans les autres tems , & ne disons pas avec Deiportes : Icare esi cheut ici , ce jeune audacieux. Ni avec Gombaud ; Et la rosée est chute, la moi son est grande. Mr. Ménage ajoute, pour en faire connoitre le ridicule dans íimparfait & dans le futur, que l’on ne peut tolerer , il chétoit, il cherra. CHOISIR ,».«•[ Eligere , seligere. ] Faire choix- (II choisit la nuit pour mieux couvrir son entreprise. Abl. Arr. Si vous faites une Maîtresse, Choijìjsez-la d’un estrit doux, Et que son cœur soit tout à vous. Mais four faire encor d’avantage, II vous faut la choistr ss jeune (sf belle & sage. La Suze, Poésies.) CHOIX , s m. [ Electio, deleHus. ] Action de la personne qui choisit. (Donner le choix à quelcun. Un si beau choix fut une inspiration d’enhaut. Patru, plaid. Aimons toujours, aimons avec choix. 11 n’est lien de plus important que le choix d’une Maîtresse. La Suze, recueil, i. p. Le choix d’une Maîtresse est assez dificile, Sur tout quand on la veut, [s jeune, belle, N riche. Polisson, Poês.) í CHOLAGOGUE, s. m. Remede, ou médicament qui purge la bile par le bas. 11 y en a de bénins qui purgent doucement, comme la manne, la casse, &c. de médiocres, comme le senne, la rhubarbe, &c. & enfin de violens, tels que la scammonée, le jalap, &c. CHOLIDOQUE, adj. Terme à’Anatomie. (Le port cholidoque est un canal qui conduit la bile du foie dans l’intestin duodénum. CHOMABLE, adj. [Festus dies.jj 11 fe dit des Dimanches & des Fêtes, & veut dire, qu’on doit faire, qu’on doit célébrer. (Le Dimanche est un jour chomable. La S. Jean est l’une des fêtes la plus chomable de l’Eglisc.) CHOMAGE , f. m. [Cejsatio .] Etat d’une chose qui est fans agir un certain tems. ( Quand des ouvriers ont manqué de sc trouver dans un atelier, on leur déduit leur chômage. CHOMER, v - a. [Dies festos agere .] II sc dit parlant des Dimanches & des Fêtes. C’est ne rien faire durant une Fête ou un Dimanche, que prier Dieu. C’est se reposer & ne songer qu’à Dieu les Dimanches & les Fêtes. Chômer sc dit, mais il n’entrera point dans un beau discours ni dans un stile noble. En fa place, on dit : Célébrer, faire la fête de Saint ou de Sainte N. Cependant on se servira de chômer , parlant familièrement ; on dira, nous chômerons demain la Saint Martin. (II est d’un honnête homme de chômer les Fêtes que son Eglise chôme.) ê On dit prov. qu’i/ ne faut point chômer les fêtes avant qu’elles soient ■ venu'ês. C’est-à-dire , qu’on ne doit pas se réjouir d’une chose avant qu’elle soit arrivée. On dit dans le même sens, quand la fête sera venue nous la chômerons. 4 On dit prov. & fig. d’un homme dont on ne fait aucun cas, c’est un saint qu’on ne chôme point. CHOMER, v. n. [Cejsare , vacare.] II se dit des artisans, & plus entre les ouvriers que parmi d’autres. C’est manquer de besogne. (C’est un ouvrier qui ne chôme pas. On dit aussi : II chôme souvent. Chômer de Besogne. j- CHOMER de quelque chose. C’est manquer de quelque chose. On ne le dit que dans le stile familier. (N’épargnez pas l’argent, vous n’en chômerez point, on ne vous en laissera pas chômer.) Acad. Fr. {g On trouve dans le Menagìana, cette ethnologie du terme chômer : ,, Chommer, être en repos, ne „ rien faire, manquer de besogne d’où l’on a dit ,, chommer les Fêtes , s’écrivoit originairement chaul- „ mer, du Latin inusité calamare, qui vient de cala~ „ mus, chaulme, ou chaume, parce qu’aux jours de ,, Fête, les païfans demeurent en repos sous le chau- „ me ; c’est-à-dire, en leurs maisons couvertes de ,, chaume : Le pauvre «n fa cabane, où U chaume le couvre. “ CHO Mr. Lancelot dérive chômer, ne rien faire, être endormi , du Grec xù/uct, ajjôupijjcment ; de là vient (dit-il) que nous disons chômer une fête ; & le P. Lab- be, après avoir raporté cette étimologie , ajoute : „ Qui dira que ce mot vient de cornus & de coms. ,, sari, & que de profane il est devenu, saint, & em- „ ploïé pour signifier des choses saintes, aura au- „ tant de droit. “ f CHOMET , s m. Petit oiseau fort gras k d’un bon goût, qu’on trouve en Normandie. CHONDRILLE , s. f [ Chondrilla prima Diosn. ridts.] Herbe qui pousse de grandes feuilles, découpées comme celles de la dent de lion; ses brandies sont souples & flexibles ; ses fleurs jeunes, semblables à celles de la laitue ; fa semence ronde, canelée, ob. longue, cendrée & garnie d’une aigrette ; sa racine est simple, de la grosseur d’un pouce, remplie d’un suc lai- teux & fort gluant ; elle croît dans des lieux sablonneux. £ La Chondrille est humectante , adoucissante & aperitive. CHOPEMENT , f m. [ Offensto .] Action de celui qui chope. Ce mot n’est guéres d’usage. CHOPER, V. n. [Ofcndere pedem.j Heurter du pié contre quelque chose ; en sorte qu’on soit en danger de tomber. ( C’est un chemin raboteux, on y chope souvent.) f * CHOPER , v. n. [Emire. j Ce mot au figuré, signifie faillir ; mais en ce sens il est un peu vieux. (11 a chopé lourdement. Cet Auteur a chope en plusieurs endroits de son livre.) {g Ce terme est désagréable, il finit mal un vers. Exemple : sainte la gloire en enfant d’hélicon; Mais tel souvent après elle galoupe, Dont le Pégase à chaque moment chope. Le P. D. CHOPINE , s f ( Oenophori Gallici quadrant quarta pars.2 Mesure qui tient la moitié d’une pinte. La chopine d’eau commune pèse une livre de Paris. Çg Plusieurs veulent que le terme chopine vienne du Grec , verser une liqueur, & de arhu , boire. Mais Mr. Ménage soutient, au contraire, qu’il vient de cupina, diminutif de cupa. * CHOPINE. [ Quadrantem œnopbori exhaur'm. ] Plein la chopine. (Chopine pleine. Tirer chopine. Boire chopine. On ne croit boire que chopine, Et quelquefois on en boit deux. On croit rire atoec fa voifîne, Et l’on en devient amoureux .) 0 " Mad. Des-houliéres a dit, A prix d’argent, l’Auteur comme le sot, Boit sa chopine , [s mange son gigot. î CHOPINE , ou chopinette de pompe. C’eft un petit cilindre qu’on arrête fixe dans le corps de la pompe, un peu au-dessous de l’endroit où décend la h eu se : il est percé au milieu, & une soupape en couvre le trou. * CHOPINER, v. n. [Perpotare, largiàs bibereè] Boire à petites mesures. (Ils s’aiment, parce qu’ils chopínent ensemble.) (g CHOPINER théologalement. Cette expression est de Rabelais , liv. x. ch. iç. Puis commanda qu’on le fit bien chopiner théologalement. C’est-à-dire, du meilleur vin. Henri Etienne a dit dans son Apologie, p. 300. que c’étoit un proverbe, Vin théologal U table d’Abe. * CHOQUANT , choquante, adj. [ Ladms, of- fendens.jj Olènsant. (Esprit choquant, Humeur choquante. Discours choquant. Parole choquante.) $ CHOQUE. Terme de Chapelier. NdiezChoc. CHOQUER, v. a. [Offendere, impingere,' conjiige- re. ] Prononcez choké. Heurter. Ataquer. (Une de n os galères choqua celle des ennemis qui abordoit la réale. Vaug. Quint. !. 4. Fière (-s faible raison, qui par de vains combats. Choque les passions U ne les détruit pas, Ne me tourmente plus. . . . La Suze, Poésies.) f CHOQUER la tournevire. C’est rehausser la tournevire fur le cabestan, atìn d’einpêeher qu’elle ne se 393 CHO fe cïoSfe, oti qti’elle ne s’embarafle quand on la vire» * CHOQUER. [ 'Lœdere, insultareì] Ofenser. Bief» fer. (11 est dangereux de choquer la vanité des grands. Vau». Quint. I. Choquer la décision des Conciles. Pasc. I. ;.) (s Balzac dit, parlant des Ministres : II faut bien que cette assûrance, parmi les étonnez , U ce calme dans forage procede de la forte conJUtution de Famé, qui riejl point sujette aux désordres que causent les passons , U ne branle point de quelque impétuosté que la fortune la choque. J’avouê que choquer est un mot que je ne saurois aprouver. £ CHOREGRAPHIE , f f. L’art d’exprimer par des caractères toutes les figures & tous les pas des danses différentes. {f CHORE'VEQUE, f. nt. Les Evêques avoient autrefois d’autres Evêques fous eux pour faire leurs fonctions dans les villages, mais dont le pouvoir étoit limité. On les apelloit Chorévêques , d u mot Grec yfl , mi bourg , un village. On volt par le Canon 10. du Concile d’Antioche, que les Vicaires des Evêques , étaient ordonnez Evêques , & qu’on leur imposait les mains comme aux Evêques : mais ils ne recevaient pas la plénitude de la puissance épiscopale ; car ils ne pouvaient ordonner aucuns Prêtres, ni Diacres ; il leur étoit défendu de voiler des vierges, de consacrer des Eglises & des autels, & de recevoir les hérétiques à pénitence, & selon les Conciles d’Antioche, d’Ancyre, & quelques autres, ils pouvaient feulement faire des Lecteurs, des Exorcistes, & des Soû- diacres, tandis qu’iis ne furent que simples Oficiers. ÌS CHORIBANTES, f m. Prêtres de Cybéle. Les Plirigiens célébroient les fêtes de Cybéle avec beaucoup d’éclat & de pompe. Les Prêtres qui étoient dévouez au service de cette Déesse, faifoient retenir le bruit des tambours, & frapant adroitement leurs boucliers avec des lances, danfoient, & faifoient plusieurs mouvemens de leur corps ; ce qui fit qu’on kur donna le nom de Choribantes. CHORION, f. ra. Membrane extérieure qui envctope tout le fœtus de la matrice. Avec YAmnios elle fait le placenta. CHORISTE , f m. [In choro canens .] Prononcez corijle. Celui qui chante au chœur. (Lors qifen ce sacré lieu par un heureux bazarda Entrent Jean le choriste, Af le sonneur Girard. Defpr.) t CHOROBATE , s- m. [Chorobatess Efpéce de niveau dont les Anciens fe fervoient pour prendre la situation d’un lieu. II étoit composé d’un double équier- re faite comme un T. Voïez Vitruve, 1 . VIII. c. 6 . CHOROGRAPHIE , f.s. [Chorégraphias De- scriptionde région. Prononcez korographie. (Savoir la chorographie.) f CHOROGRA.PHIQTJE, adj. Qui apartient à la chorographie. Table chorégraphique, description chorégraphique. f CHOROIDE, adj. Terme $ Anatomie. On donne ce nom à la membrane qui sert d’envelope au Cerveau parce qu’eile est parsemée de petits vaisseaux somme le chorìon. On apelle aussi choroïde la seconde tunique de l’œil, qu’on nomme autrement uvée. f CHORUS, s. tm. Mot latin dont on ne se sert que dans cette phrase. Faire chorus . C’eft chanter ensemble à table, & d’ordinaire le verre à la main. í CHORYPHE'E. Voïez Coriphée. CHOSE, f.s. [/?«•.] Ce mot se dit de tout ce qui subsiste, & qui est au monde. (Le mariage est une chose choquante. Mol. préc. Une jolie chose. C est une chose admirable & qui enchante. II y a quatre choses fur la terre qui font très-petites, & qui font plus sages que les sages mêmes, les fourmis, les lapins, les sauterelles & les lézars. Il y a trois choses qui marchent bien, le lion, le coq, & un Roi à qui tien ne résiste. Port-Roya !, proverbes de Salomon, ch. 50. Les belles choses de la terre font toûjourS agréables à voir. Arioste moderne. ( Chose étrange, inouïe , incroïabie , &c. Sur toutes choses. Avant toutes choses. Entr’autres choses. Je ne íe dirois pas pour chose du monde; c’est-à-dire, pour quelque chose que ce soit. CHO Et farce que je ne prens rien, On me veut donner toute chose. Poète anonyme.) CHOSE. Ce mot se dit par opofition aux personnes. (Ce mot est un ternie général qui convient aux personrtes & aux choses.) CHOSE. [R«, negotìums Afiure, (11 est à prôOoS de dire comme les choses fe gouvernent dans le cabinet. Mr. de la Rochefoucaut. La chose parie d’elle- même. Voilà quel est Tétat des choses.) Quelque chose, s m. [Alïquids Quelque actiotí. Quelque afaire. (Ai-je fait quelque chose que VOUS n’aïez fait ? Vaug. rem. La pauvreté est quelque chose de bien dur. Patru, plaid. 6.) CHOSE, s. m. On emploie ce mot pour désigner une chose qui n’a point de nom, ou du nom de laquelle on ne se souvient pas, ou dont l’on ne veut pas se souvenir. (On dit d’un lieu, cela s’est passé à chose ; d’un instrument, c’est une chose avec quoi ort fait telle chose.) Et on dit encore ce mot des parties naturelles de Phomme ou de la femme. CHOSE, fe dit encore ordinairement dans Ces phrases. E 11 parlant de chose & d’autres. Cela est beau entr’autres choses. Je vous recommande cela fur toutes choses. 0 Le terme chose étant si familier, & si nécessaire , j’ai cru que je devois ici transcrire la remarque de Mr. de Vaugelas, s'il est vrai qu’eìle soit de lui, comme on la lui atrihuë. „ Je commis (dit-ilï un „ homme de grand esprit, & reconnu pour tel de „ tout le monde, qui n’écrit jamais chose , parce que ,, c’est un mot qui fait de sales équivoques : mais il „ y a en cela plus de pureté de cœur, que de pure- „ té de langage, n’y aïant pas de doute que c’est un „ scrupule & une vraie superstition en matière de ,, langage, de vouloir condamner pour une semblable „ raison un mot reqû d'un chacun, & donc l’usiga ,, est si nécessaire, que l’on ne saurait s’en passer fans „ user de circonlocutions importunes, L de tomber dans ce défaut signalé, de ne dire pas toujours les choses de la meilleure façon dont elles doivent être dites ; outre que s’il y a de la louange à éloi- „ -.gner les sales objets de ion cœur, il y en a en- ,* core davantage à éloigner son cœur de ces objets- „ là ; c’est-à-dire, à ne daigner pas seulement tour- ,, ner les yeux de la pensée vers eux, ni leur faire „ tant d’honneur que de se mettre en garde contre „ ces vains fantômes qu’il faut mépriser, & non pas „ combatte, & ausquels ausii-bien personne ne son- „ ge: ce que j’ai bien voulu dire, pour guérir les scrupules de beaucoup de gens, qui pour la même raison s’abstenant de quelques mots & de quelques ,, façons de parler excélentes, se donnent d,es gênes ,, non-seulement inutiles, mais qui les empêchent „ bien souvent de dire une bonne chose, ou s’ils la ,, disent, ils ne la disent pas fi bien qu’elle fe pou- ,, roit dire. “ Celui a qui nous devons les nouvelles remarques de Mr. de Vaugelas, ajoûte une réflexion qui doit faire cesser le scrupule que l’on pou- roit avoir d’user du mot chose. ,, Au reste (dit-il) ,, chojé in obscanif étant masculin, je ne vóis pas que ,, ce mot qui par tout ailleurs est féminin, fasse une „ si grande équivoque. “ 0 Les Philosophes disent que tout ce que nous concevons, est représenté à notre esprit, ou comme chose, ou comme maniéré de chose, ou comme chose modifiée. On apelle chose , ce que l’on conçoit comme substance par soi-même. On apelle manière de chose, un mode, ou qualité, ou atribut qui étant conçu dans la chose,_ & comme ne pouvant subsister sans'elle , la détermine à être d’une certaine façon, & la fait nommer telle. Une chose modifiée est lors qu’on considère la substance comme déterminée par une certaine maniéfe ou mode : ainsi , quand je .considère un corps rond, cette idée me représente une chose modifiée. 0 CHOSES de flot, sont tout Ce que la mer jette sur ses bords. CHOU y s tu. C Brajîíra, cau’vs. ] Herbe potagère qui pousse une tige assez grosse, au haut de laquelle font ordinairement ses Feuilles qui s’étendent, ou qui font ramassées en rond. (Choux blancs frisez, cabus, rouges, pommez. Choux raves. Choux fleurs. 5 ) -, -, -, -- Tome L D dd Le 39+ , CHR Le lièvre itoit gîte' dessous un maître chou, On le guéte, on le lance, il s’ensuit par un trou. La font.) f CHOU pour chou. Phrase proverbiale, qui se dit lorsqu’on prend & qu’on donne quelque chose, & qui signifie, toute la même chose. L’un vaut l’autre, c’eit chou pour chou.) f Je n'en donnerok pas un tronc de chou. Phrase proverbiale, qui marque le peu d’estime qu’on a d’une chose, & qui lignifie : Je n’en donnerois rien, ou très-peu de chose. 4 Sauver la chèvre U les choux. C’est prov. pourvoir à deux inconveniens contraires. J: Aler planter des choux. C’est se retirer dans fa maison de campagne. Envoler planter des choux. C’est donner ordre à quelcun de se retirer. H Faire ses choux gras de quelque chose. C’est Prov. en faire ses délices. Faire Jes choux gras dans un emploi , c’est y gagner beaucoup. 4 On dit d’un homme dont la naissance est inconnue, qu ’il a été trouvé fous un chou. Petit chou , f. m. [Placenta genrn leve ac vento- sum.J Sorte de pâtisserie. Voïez petits choux. CHOU-CABUS. [ Brajfica capitata.} Choux dont les feuilles font entassées les unes fur les autres. t CHOU de chien. Espèce de mercuriale sauvage. II y en a de deux especes, qu’on divise en mâle & en femelle. L’une & l’autre espece croît dans les bois ombrageux. Elles contiennent beaucoup de phlegme, d’huile & de sel essentiel. Leurs vertus font semblables à celles de la mercuriale commune. $ CHOUAN,/- «r. Petite graine legere, d’un verd jaunâtre, d’un goût aigrelet & sale, & assez semblable à la Barbotine , ou Jemen contra , hors qu’elle est plus grosse. Le chouan sert à faire le Carmin , & les plumassiers l’emploïent à teindre leurs plumes. Cette graine vient du Levant. CHOUCAS , f. m. Corneille aprivoisée. CHOUETTE , / /. [Monedula , noclua.~] Oiseau de couleur cendrée , qui fait son nid aux creux des arbres , aux trous des murailles. (La chouette chasse aux petits oiseaux, elle prend les lésards, les souris & les grenouilles, & s’en nourit. Elle paroît à la pointe du jour, ou lorsque la nuit commencera venir. Larron comme une chouette. Bel. La chouette est le fimbole de la sagesse, & elle étoit consacrée à Minerve. La chouette aime la solitude & fuit la lumière, elle volt plus clair dans les ténèbres que de jour, & elle chante de nuit.) La chouette a été donnée à Minerve, comme un fimbole de la prudence. Les Anciens ont cru qu’elle pénétroit dans l’avenir : & Dion Chryfostome raporte, orat. 12. qu’Esope racontait que la chouette avoir averti les autres oiseaux d’empêcher les chênes de croître, parce qu’il en sortiroit une glu qui leur seroit Fatale ; qu’elle leur avoit conseillé de manger toutes les graines de chanvre, parce que les hommes s’en serviroient pour faire des filets ; & qu’aïant vû un homme habile à se servir de l’arc & des flèches, elle leur avoit prédit qu’il auroit des ailes qui de- vanceroient les leurs. CHOUQUET , / m. Terme de Marine. Gros billot de bois quarré par dessous & rond par dessus, qui sert à chaque brisure des mâts au dessus des bâtes des hunes, pour emboîter les mâts l’un dans l’autre par le moïen des tenons & des mortaises qui y sont. í CHOYENE, f f. Fruit Américain gros comme une citrouille médiocre. II croît a un arbre dont les feuilles ressemblent à celles du Laurier. II n’est pas bon à manger, ni en usage en Médecine. L ’h dans les mots de cette colonne ne se prononce pas, & excepté le mot de Christ & de Chris , on peut écrire les autres fans h. CHREME , f m. [ Sacrum Chrisma. ] Huile sacrée. (Le Saint Chrême.) CHRêMEAU, / m. [Fascias\ Petit bonnet qu’on met sur la tête des enfans , lorsqu’on leur a apliqué le Saint Chrême. , CURE' HEN , ou Crétìen , s. m. [ Cbrstianus, Chrstiana.'] . Celui qui croit en Jéfus-Christ, qui a été batise, & fuit les maximes de Jéfus-Christ. CHRETIEN , s. m. Nom d’homme. CHRETIEN , chrétienne , adj. Qui croit en JésllS- CHR Christ & à son Eglise. Qui est d’un Chrétien ft. suis Chrétien. II est Chrétien. Sentiment qui M pas chrétien Maxime chrétienne : ô mon Père h, dis-je tout éfraïé, ces gens-là étaient-ils chrétiens'» Pasc. I. s. Le peuple chrétien. Le monde chrétien La morale chrétienne.) t CHRE’TIEN. [Chrstiano more loqui .] Sorte d’ad- verbe qui lignifie , intelligiblement. ( f II faut parler chrétien , si vous voulez qu’on Vous entende. Mol. préc.) t? On dit quelquefois , défi un bon chrétien , pour c’est un bon homme ; Une belle chrétienne , pour, unè belle femme. De Paris, dans ses Vigiles de Charles VII. Loys Dauphin duc de Guyenne, En bâtissant cette besogne, Print une belle Chrétienne Fille du Duc Jean de Bourgogne. Très-Chrétien. [ Cbrstianijjfimut .] C’est le nom que se donnent les Rois de France. Poires de bon chrétien, f Pirum bon-cbrifihnum. ] C’est le nom d’une forte de poires assez grosses & de fort bon goût. CHRETIENNEMENT, adv. [Ut Chrifiianum decet.) A la maniéré d’un Chrétien. (Vivre chrétiennement.) CHRETIENTE’, f. f. [ Chrifiianus orbis. ] Tous les pars où Jéfus-Christ est adoré. Tous les Chrétiens dispersez par le monde. (Jéfus-Christ est adoré dans toute la Chrétienté. Ce sont les seuls par qui nous gouvernons la Chrétienté. Pasc. 1. ç. ) (fi Guillaume Guiart dit : Ainsisceut par mer par terre Les François de guerre rente , Pour esj'aucier chrétienté. CHRETOFLE- Voïez Chrstophk. CHRIST, s m. [ cbrifiw.l C’est le nom du Sauveur des hommes. Cependant Christ, suivant son étímologie, signifie généralement celui qui a reçu Ponction, comme les Rois & les Prêtres. (11 comblera de gloire le règne de son Christ. Saci, Académie Franç.) CHRIST ,f m. [Chrsti crucifixi effigies , imago.} Terme de Peintre Sc d’ Imager. Prononcez 1/ du mot de Christ. Crucifix. Taille douce qui représente 1a tête seule de notre Seigneur. (Un beau Christ. Face de Christ. Un Christ d’ivoire ou de métal.) H CHRIST. L’ordre de Christ est un ordre militaire fondé en Portugal Pan 1318. parle Roi Denis I. CHRISTIANISME , / m. [Chrstiana Religio.} Religion Chrétienne. Maximes, esprit de la Religion de Jéfus-Christ. (Ce n’est pas là l’esprit du Christianisme. Port-Royal. Quand les hommes auront retiré du Christianisme ce qu’il s y ont mis , il n’y aura qu’unemême Réligion , aussi simple dans fa-doctrine que pure dans fa morale. S. Evremont. Unsi bas, fi honteux, fi faux Christianisme, Ne vaut pas des Platons Véclairé Paganisme. Défi. épit. de P amour de Dieu.) CHRISTIERNE , s. m. Nom d’homme Chri- stierne 1. régnoit en Suéde en 1457. Voïez Locentm, Hst. de Suede. CHRISTINE, / f. 0 Chrstina .] Nom de femme. Christine, fille du grand Gustave , céda en 1654. loti Roïaume à Charles Gustave son cousin germain. Ce fut elle qui fit venir Mr. Descartes en Suede pour aprendre fa Philosophie. {II arrive, ss déja l’atentive Christine, Reçoit avidement la solide doârine. M. Descartes.) $ CHRISTINE. Monoïe de Suede, d’argent de tres- bas aloi, qui vaut environ quinze fols de France. CHRISTOFLE, Chrétofle,s. m. [Cbristopbom.) Nom d’homme. Quelques-uns disent ClreMe, maïs mal. On doit feulement dire Christofle, & m Ênie °st le peut écrire fans h. (II y a une figure de S. Chrrtto- fle à l’entrée de la nef de Notre-Dame de Paris , & 1 on estime ce 8. Christofle à cause de son antiquité. Cnn- stofle Colomb a le premier découvert l’Amérique.) CHROMATIQUE. Voïez Cromatique. CHRONOLOGIE, Cronique. Voïez Cro. t CHRYSOBERIL. Pierre précieuse , qiu ek un beril pâle, un peu couleur d’or. f CHRYSOCOLLE- Minerai qui sert a souder CI c l’or. On le confond avec le borax ordinaire. II s’en trouve dans les mines d’or ,_d’argent, de cuivre , & de plomb ; qui selon la diversité de celles d’où on le tire est de diféreutes couleurs. f CHRYSOLITE- Pierre précieuse de couleur jaune , qui est la topaze des Modernes. f CHRYSOLITE, est auffi un nom generique, que les Anciens donnoient à toutes sortes de pierres de couleur , où le jaune, dominoit. Quand la pierre étoit verte, on la nommoit Chrysoprase : celles des autres couleurs avoient auffi leurs noms. Ces sortes de Chrysolites ne font plus connues, & on les comprend fous les espèces de pierres dont elles aprochent ]e plus: les vertes font confondues avec l’émeraude, les rouges avec les rubis, & ainsi des autres. f CHRYSOPRASIN- Pierre précieuse de couleur verdâtre , qui est une espece de beril. CHUCHETER , v. a. [Muffare , dicere aliquidin aurem.) Parler tout bas à l’oreille. (11 a éso long- tems à lui chucheter à l’oreille.) A L’Académie dit Cklicoter. f CHUCHETEUR , f. m. [Mujsitabundw .] Celui qui chuchéte & qui parle tout bas à l’oreille de quel- cun.) f On dit auffi ckucheterie , ou cbucboterie. f CHUQUELAS. Proses de foie & de Coton, qui font toutes à grandes ou à petites raies , & qu’on aporte des indes Orientales. Onlesapeíle aussi cher- colées & cherconnées. CHUT- ( Silete , tacete, favete linguis. 3 Sorte d’adverbe ou d’intejection , qui lignifie paix , silence, qu’on ne méne point de bruit. Prononcez le t de ce mot chut. (Chut, le voici qui vient.) [Après que la Reine eut dit chut, Chacun prit un siège Je tût. Scarron.) CHUT , chute. [Qui cecidit. J Ce mot est adjectif participe du verbe choir , & signifie tombé i mais il ne se dit guére. (La rosée est chute Gomb. poés On parleroit mieux si on disoit la roj'ée ejì tombée,') CHUTE, s f. [ Lapjìo , prolapjìo , lapsus. 3 Action de la personne, ou de la chose qui tombe. ( 11 est mort de sa chute. Ils répondirent qu’ils ne craí- gnoient rien que la chute du ciel & des astres. Abl. Arr. La chute de Phaëton dans le Pô est fameuse.) CHUTE d’eau. [Aquarum devexitas.J C’est-à-dire, une cascade. CHUTE , ou pente de toit. ( Fajìigii declivìtas. 3 C’est l’égout du toit. * CHUTE. [Caftes .3 Malheur. Péché. (Adam, après fa chute, travailla à la sueur de son corps. Arn. L’hom- me, après fa chute , fut esclave de ses passions & du diable , & sujet à la mort éternelle du corps & de l’a- me. S. Clran , Théologie , ch. 8- Tans le crime , ilsufit qu’une fois en débute, Une cliûte toujours attire une autre chute. Despr. fat. to. f- CHUTE de voiles. Terme de Marine. C’est leur longueur. CHUTE. [Numerus , sonus , clausula .3 Terme de kètorique. Fin de période, t* Les chutes des periodes doivent être diversifiées, ï CHYPRE , s m. Suc rouge, ou espece de mofcouade. On s’en sert ordinairement dans les la- vemens pour déterger & pour arrêter les cours de ventre. CI- Ce mot est une particule qui se joint à la fin du pronom démonstratif celui, celle ; car on dit, celui-ci, celle-ci ; & au pluriel, ceux-ci , celles-ci. Et de même après des substantifs précédez du pronom ce, car on dit ce tems-ci. 11 y en a qui disent ce tems-ici, mais mal, & contre 1’ulage. CIBOIRE, f m. [ Sacra pixis. 3 Du Latin cibo- rìunt. Vase où l’on met les hosties. (Un beau ciboire.) On le gardoit autrefois dans une colombe d’ar- genc suspendue dans les batistéres, & fur les tombeaux des Martirs, ou fur les autels, comme le P. Mabillon l’a remarqué dans fa Liturgie de l’Eglise Gallicane. CIBOULE, s f. [ Cepula. 3 Sorte de petit oignon. (La ciboule est chaude.) î CIBOULETTE, s. f. Petite ciboule. CICATRICE, s, f. Du Latin cicatrix. Peau du. CÏC 395 re & calleuse , avec laquelle la nature recouvre la chair & ferme les brèches que lui ont fait les plaies & les ulcères. (Une vilaine cicatrice. Une fâcheuse cicatrice. Une cicatrice un peu difforme, Regardez'ces visages hâves, ces corps hideux de plaies Sç tout couverts de cicatrices. Vaugel, Quint. Çurce, l. 9 .ch.\.) t CICATRICE, se dit auffi fíg. (Lorsqu’on reqoitz un pareil afront, la cicatrice en demeure long-tems.) CICATRISER, cìcatricer , v. ». [Cìcatricare, cica, tricem efficereé] La raison voudroit qu’on dît cìcatrh cer , & c’est pour cela que de bons Auteurs le disent ; mais le grand usage est pour cicatriser , qui se dit des chairs qui ont été séparées & veut dire se réunir de telle sorte qu’il y ait une petite peau qui les recouvre. (Laisser cicatriser une plaie.) Se cicatriser, v. r~~[Cicatricem recipeì-eé] Se former en cicatrice. (Plaie qui se cicatrise.) f * Se cicatriser, v-, r. [Deteri ,3 11 se dit en riant & en parlant des habits ; C’est-à-dire, se rompre , s® déchirer , & être rapetacé. (Pour moi, fl mon habit par tout cicatrisé Ne me rendait du peuple £ç? des grands méprisé, Je prendrais patience ..... Régnier, fat. 2 . On a vû le pauvre M. A. avec un juste-au-corps L une calote si agréablement cicatrisez , que cela faisoit rire tout le monde.) CICATRIATIF- Terme de Médecine. Remèdes deflìcatifs qui aident à la nature à réparer & à former une cicatrice. CICERO. Terme d’ Imprimeur. C’est le caractère entre le petit Romain & le saint Augustin. Acad. Françoise. f LÏCEROLE, s f- Plante qui est une espèce de gesse , dont les fleurs sont de couleur purpurine, & la semence presque noire. CI CLAM EN > s f. [ Ciclaminum .3 Plante odoriférante qui fleurit rouge ou blanche , & dont la racine est médecìnable, purg le flegme par les conduites d’en-bas , & l’eau du ventre des hidropiques. Prononcez ciclanian. Votez Mathiol. sur Dioscor. Une femme qui sentiroit souvent cette fleur, n’au- roit jamais d’enfans ; une Dame de campagne l’a reconnu par expérience pendant 18 . ans. Cette même Dame cessant de sentir cette fleur, eut peu de te m s après des enfans. Les Médecins lui donnent d’autres vertus qu’il n’est pas nécessaire de mettre ici. CICLAMOR, s m. [ Limbm J Terme de Blason. C’est une maniéré de bordure , que quelques-uns nomment Orle , rond. CICLK SOLAIRE , s. m. [ Cyclussalarie. 3 Terme de Chronologie & de Compute Eccléjiajìique. C’est une révolution de 2 g. ans, après laquelle toutes les lettres Dominicales reviennent dans le même ordre de 2 g. en 2 g. ans On nomme cette révolution le Ci- cle solaire , parce qu’il sert à connoître les jours du Dimanche que les Astronomes apellent le jour du soleil- LILLE lunaire. [Cidus lunarisf] C’est une révolution de 19 . ans, après laquelle les lunaisons reviennent à peu près aux mêmes jours des mois. Cette révolution s’apelle auffi le Nombre dor. LILLE de l’indiHion. [Ciclus ìndiHionUf\ Révolution de iç. ans. CICLOÏDE , f. f. [Cìclois.'J Terme de Géométrie C’est une ligne courbe décrite par un point de circonférence d’un cercle ou d’une roue , laquelle fe met en rond selon une ligne droite. Elle rend les vibrations & les pendules égales. Voïez N. Huyg. CICLOPE ,s. m. [Cyclops .3 C’est un nom que les Poètes ont donné à des Forgerons de Sicile , qu’ils ont feint avoir travaillé fous Vulcain à forger les foudres de Jupiter, &c. ■f CICOGNE, voïez Cigogne. CICOMORE, f m. [ Sicomoras .3 Quelques modernes donnent ce nom à une forte de petit arbre qu’on plante dans les jardins seulement pour les embelir, & pour servir de retraite aux petits oiseaux qui les aiment. Fendant que lefauvet (ç? moi dormons encore, Vous chantez fur le cicomore. Peliffon, recueil. Tome L D d d a Lc * 396 CIE Lc cicomore décrit par les Anciens, doit être une autre sorte d’arbre. Voïez Sicomore. CICUTAILE, ou cerfeuil musqué , s. s. [Myr- this , smyrrija.'} Nom que les Botanistes donnent a plusieurs sortes de plantes. La commune est une espèce de cerfeuil. CI-DESSOUS , adv. |[ Infrà. ] Plus bas. (Etre ci-dessous. Ci-dessous gît Monsieur l’Abé.) CI-DESSUS , adv. [S’upras En un lieu plus haut. (II demeure ci-dessus.) CIDRE , s m. [Succus èpomis expressif .] Le suc qui sort des pommes ou des poires écrasées fous la meule. (Le cidre des pommes s’apelle du pomme; & celui des poires du poiré. Le bon cidre rafraîchit & engraisse. Le bon cidre se fait en Normandie, les pauvres & les riches y boivent plus de cidre que de vin. ) fg Guillaume Le Breton a dit dans fa Philippide : 2 ion tot ìn autumni rubet Algìa tempore pomis, JJnde liquare soletsceram st Neusria gratam. De notre mot cidre ou citre , les Italiens ont fait pdro , qui signifie la même chose ; & nous avons pris le mot cidre de l’Hcbreu scera , que les Latins ont de même emprunté de la Langue Hébraïque. Isidore , lìb. 20. cap. 1. de ses Origines , nous aprend, qu cscera est omnispotio qute extra vinum inebriare potes , cujus licet nomen Hebrœum ft, tamen Latinum Jbnat , pro eo quod ex Jucco frumenti , vel pomorum conficitur. Le cidre fait avec des pommes , est apellé pomé , que Mr. Du Gange croit avoir été formé de pomada, mot Gascon. CIEL - s '-n. Du Latin calum. Ce mot fait à son pluriel, cieux. C’est une étendue de matière fluide , qui environne l’air & la terre. (Le ciel est beau, serein , étoilé. Les cieux sont l’ouvrage du tout-puií- sant. Arn. Les Philosophes anciens dilputoient fur le nombre des cieux; les uns en admettoient onze , & les autres moins , & ils croioient qu’ils étoient solides. Ciel cristalin.) CIEL. [ Paradism. ] Le séjour des Bienheureux. Le paradis. (II faut par ses bonnes œuvres tâcher à gagner le Ciel. Arn. Chacune de ses dévotions aisées su fi t pour ouvrir le Ciel. Pasc. I. 9. Jésus-Christ est monté au Ciel.) * CIEL. [CaUtes.~\ Dieu, & tous les esprits célestes. Grâces au Ciel. (Ainsi on dit, S. Paul a été ravi ail troisième Ciel. On le nomme aussi le Ciel Empirée. Nos péchez ont irrité le Ciel contre nous. Arn. II jouit du Ciel même irrité contre lui. Des- preaux , c’est-à-dire, quoiqu’il soit méchant & digne d’étre puni, le Ciel répand ses grâces fur lui. Le Ciel m’est témoin. Le Ciel vous bénisse. C’es un coup du Ciel > c’est-à-dire, un éfet extraordinaire de la bonté & de la puissance de Dieu. De P intérêt du Ciel, pourquoi vota ebarges-vout ? Pour punir le coupable a-t-il besoin de vota ? Mol.) CIEL. [Syderum vis , ceelì defiuvium.1 En terme d’ Astrologue , se prend pour les influences du ciel. (II a eu le ciel favorable à fa naissance. Le ciel est d’airain pour lui. Les Astrologues parlent du milieu du ciel, & du bas du ciel.) CIEL. [Aér, mtber.j Ce mot se prend pour l’air. (Le ciel est serein ; c’est-à-dire, il n’y a point de nuées dans l’air. Le feu du ciel , c’est la foudre qui se forme dans les nuées. La rosée du ciel. L’arc-en- ciel. Les oiseaux du ciel , dans le stile de l’Ecriture sainte. La manne du ciel.) CIEL. Les Marins disent que le ciel est enbru- mé , lorsque l’horison est couvert de nuages. Cielsn, c’est quand le ciel est clair & fans nuages. Gros ciel , c’est quand de gros nuages paroissenten l’air. Le Ciel se hausse , pour dire que le ciel s’èclaircit. CIEL. Toutes les divinisez que les fables des Poètes ont placées dans le ciel. (l.es petits amours font brûler le ciel, la terre & Ponde. Voìt. Pois. ) * CIEL. Ce mot entre , au figuré, en plusieurs façons de parler qui ont de diférens sens. (Exemples. On remué ciel jjtj’ terre contre lui. [ Omnem movere la- pìdem . ) P atru ., plaid. 9. C’est-à-dire, qu’on fait toutes sortes d’eforts pour le perdre. Je voi les cieux ouverts dans les yeux que f adore. Voit. Po'és. C’est-à- dire , je ne vois que briílans & que lumière dans les yeux de ma maîtresse. Vous m’ouvrites les cieux £5? CIG me mues en pa,x L'est-à-chre, vous me comblât de joie & de plaisirs en me faisant voir tant de Hn choies. Les mariagesfont faits au Ciel. C’est à d’ ” qu’ils ne ie font point fans la conduite de st à' dence de Dieu. Elever une personne jusqu’as áe ‘ c est la louer excessivement. On ne voit ni ciel 7 ' LSpiMtma nox est. ] C’est-à-dire, que l’o n est dans une «ntiere obscurité. On dit de deux chose tort diferentes, quelles font éloignées comme leci & la terre. uel + * Si le ciel tomboit il y auroit bien des alouettes M ses. [ Si calum caderet, multa caperentur alaudí l" On dit ces mots en maniéré de proverbe à ceux qui cherchent des précautions inutiles contre des choses qui n’ariveront jamais.) 3 í On dit en termes de l’Ecriture, un cield’mrai» pour dire, une grande sécheresse. II signifie aussi’ un ciel inexorable , un ciel sourd aux vœux oue U hommes lui adressent. ** * CIEL. [O/W, regio.J Pais. Climat. Contrée (Aler chercher la mort sous un ciel étranger. Racine ) * CIEL. Terme de Peintre & de Carrier. C’est îe haut du tableau & de la carrière. Le mot de ciel en ce sens est régulier , & fait au pluriel ciels. (Les ciels d’un tableau. Les ciels des carrières. Le banc de ciel.) O ciel! [ Prob calum ! ] Exclamation qui marque de la joie, de l’admiration, ou de la tristesse. (0 ciel! tout est perdu! Abl. O ciel ! du grec, il fait du grec, ma sœur ! Mol. femm. sçav.) CIEL de lit , s. m. \_Supremum lefli tegmen. ] Et au pluriel , ciels de lit. Mot hors cl’ufage, en fa place on dit fond de lit. Ciel de lit ne se dit plus guère qu’en Province, & il signifie le haut du lit, & q U i pose sur les quatre colonnes. On le trouve pourtant dans le Dictionnaire de PAcadémie & dans Danet. Non, elle n’eut, avant que pleurer son délit, Autre ciel pour objet que le ciel de son lit. Régnier. t * Ce mot de ciel se dit quelquefois d’un dais que Pon porte aux processions. CIERGE , s. m. [ Cereus. ] Mèche de coton qui est plongée ; c’est-à-dire, trempée un certain nom. bre de fois dans la cire chaude & fondue , & qu’on alunie dans les Eglises , lorsqu’on chante ou qu’on dit la Messe, &c. (Cierge de Pâques. Cierge béni. A la Chandeleur, on porte des cierges à la procession. Qtfon guérit de tous maux en leur ofrant m cierge, Qu’on en guérit plutôt s’il ejì de cire vierge. Poète anonyme.) CIERGE Pascal. On donne plusieurs raisons de la coutume d’avoir un cierge alumé pendant les Fêtes de Pâques. La lumière de ce cierge est regardée comme propre à dissiper l’obscurité de la nuit : elle est comme le finibole de la Résurrection du Sauveur, & de cette colonne de feu qui marchoit devant les Israélites , lorsqu’ils sortirent de PEgipte. Plusieurs Au- teurs en atribuent Pinvention au Pape Zosime : mais il y en a qui portent plus haut leur vùë fur ce point. Hugues Mainard , dans ses Notes fur la Concordance des Régies Monastiques, & le P. Alabiilon, dans le second livre de la Liturgie Gallicane, prouvent que Port se trompe d’apliquer à la bénédiction du cierge pascal, l’himne de Prudence , Ad incensum lucernœ , puis qu’elle n’y a aucun raport. On soutient après Saint Jerôme, contre Vigilantius, que les Apôtres se sont servi d’un luminaire dans les Ofices Ecclésiastiques, comme on peut l’établir par le 72. des Canons Apostoliques , & par les Auteurs qui ont traité cette matière , entre lesquels on prend pour témoins de cet ulàge, S. Athanase, S. Augustin, Euscbe, qui raconte que dans une veille du jour de Pâques, ne se- tant point trouvé d’huiie pour les lampes, il convertit de Peau en huile, en présence de tout le peuple. On peut ajouter le témoignage de S. Paulin, qui vi- voit en 420. & qui nous aprend que les Chrétiens faisoient peindre des cierges, pour s’en servir dans les grandes solemnitez. H CIERGER une étofe. Voïez Bougier. CIERGIER , s. m. [ Cereorum opisex. ] Ouvrier qui fait & vend des cierges, qu’on apelle plus ordinairement Cirier. Acarí. Fr. CIGALE , s f [ Cicada. 3 Insecte qui vole & chante tout Pété. ( Le chant des cigales est importun. CI G ía cîgalc diant chanté tout Pété, Se trouva fort dépourvu* Quand la bzze sut venu'ê. La Font.) (f Anacréon, ode 4;. a vanté la cigale par son chant mélodieux ; il a dit qu’elle chantoit en maître, ou, selon l’expreíîìon Gréque, comme un Roi ; que ks Muses chériffoient les cigales ; qu’elies anoncoient FEté : il apelle encore la cigale , prudente fille de la terre, & finit son exagération , en lui disant que n'aïant ni chair , ni sang, elle est presque semblable aux Dieux. C’est ainsi que les Poètes ont pris plaisir de s’égaïer, & de faire valoir infiniment les plus petites choses. 11 en est du chant des cigales comme de celui des ciguës, que personne n’a jamais entendu. Les cigales , dans le tems des plus grandes chaleurs , font un certain bruit aigu & rude, toujours fur le même ton, qui est fort déplaisant, & que l’on ne peut point apeller un chant, quoique Virgile se serve du ternie cantzzs pour exprimer le bruit que font les cigales fur le milieu des jours les plus chauds de l’Eté : Inde, ubi quarta sitim cali collegerzt hora , Et cantu querulœ rumpunt arbusia cicada, Ad puteos , aut alta greges ad stagna jubeto. Mais !e Poète toujours exact, ajoute un autre terme qui fait connoìtre qu’il n’entendoit pas donner aux cigales un chant agréable, puis qu’il dit que par leur chant rumpunt arbujìa cicada. Peut on mieux exprimer la dureté & ì’importunité du chant des cigales ? Ainsi les deux Traducteurs des Géorgiques de Virgile, ont rendu faiblement cet endroit ; Mr. de Segrais a dit : Quand la térre s’échaufe, U que de ses chansons La cigale fera retentir les buïjjons. Et Mr. Martin de Pinchêne , neveu de l’illustre Voiture : Vers le milieu du jour , quand les plaines égales Retentisent du cri des plaintives cigales. Retentir , est bien au-dessous de rumpere. Nous disons qu’un grand bruit rompt la tête. CIGALE. [ Cicada ftuvialis. ] Petit poisson d’eau douce qui ressemble à la cigale. Rond. CIGALE de mer. [ Cicada marina. ] Poisson de têt, moût & fans sang , qui a cinq bras d’un côté & autant de l’autre, avec la queue comme l’écrevisse. Rond. t CIGARROS. Sorte de Tabac de l’Isle de Cuba. II se fume ordinairement sans pipe , n’étant que des feuilles de plante , tournées en forme de cornets, qu’on allume par le bout. CIGNE , f m. [ Cygmts. ] Oiseau amphibie, qui fréquente les lacs & les étangs, qui a le bec petit, courbé , émoussé au bout, de couleur rouge, & auprès de la tête noir. Le oigne est tout blanc , il a fe cou fort long , composé de vingt-huit vertèbres, les pisz marquez de diverses couleurs , noirs , bleus & rouges. Le oigne vit d’herbes , d’œufe de poisson & de grains : il hait l’aigle, le tonnerre & les ser- pens : il vit fort long-teíns : sii peau aide à la digestion. Les Poètes content qu’il chante avant qu’il meure ; mais c’est une fable. Un jour un Cuisinier insigne, Oui buvait quelquefois un peu plus fort que jeu, four mettre la marmite au feu, Pensant tuer un oie , alloit tuer m çigne. Bours. Esope. On dit d’un homme vieux qui a les cheveux blancs & la barbe blanche , il esi blanc comme un cigne. f On dit prov. & fig. d’un bel ouvrage qu’un Auteur fait peu de tems avant fa mort , que c’est le chant du cigne. (si On demande pourquoi Horace a apellá les cinés purpurei, puis qu’il est certain qu’ils font tout lancs. La réponse de Mr. 1 e Fevre deSaumur, dans la prémiére de ses Lettres, a été , que l’on se fer- voit du terme purpura, pour exprimer toutes sortes de couleurs brillantes & qui ont quelque éclat ; il cite, entre autres autoritez , ce vers de Furius, ra- portée par Aulu-Gelle : Spiritm curorum virideh cum purpuras undits. OÙ purpuras veut dire , blanchir les ondes de la mer. * CIGNE. Poète. ( Par tous les coins de l’univers CIL 39 7 îe Cigne Mantoíian résonne. Voit. Po'ès. Je ne suis pas d’avis , fur le sujet des Belles , de ruiner les belles Stances de notre Cigne. Bal2. entret. 50.) {si Malherbe , en parlant de Coi, a dit au Roi Henri IV. Ce sera-là que ma lyre Faisant son dernier éfort, Entreprezzdra de mieux dire Qzfun cigne près de fa mort. Voïez Mr. Ménage, fur ces vers , page ;i;, où il re~ cherche la raison de cette imagination des Poètes, étant certain que les cignes ont un chant très-désa- gréable. CIGOGNE , f f [ Ciconia .2 Oiseau qui a le bee rouge & long , les jambes rouges & longues. La cigogne est blanche , hormis qu’eiîe a le bout des ailes noir , avec quelque peu des cuisses & de la tête de la même couleur. Elle a la queue courte, & elle rest semble au héron. Elle est le simbole de la reconnois- sance. (Cigogne mâle , cigogne femelle. Les cigognes mangent les serpens.) Compère k renard se mit un jour en frais, Et retint à dîner commère la cigogne, Le régal fut petit N s ans beaucoup d’aprêts , • La Font.) $ La chair de la Cigogne contient beaucoup de sel & d’huile ; elle résisté au venin & fortifie les nerfs. Sa graisse appliquée ( extérieurement est bonne pour la goûte. Son fiel éclaircir la vue , étant mis dans l’œil. Ses excremens font propres pour l’épilepsie, étant pris par la bouche. La cigogne injecte avec son bec de l’eau de la mer dans le derrière de ses petits quand ils font incommodez ; on prétend que î’invention des lavemens vient de là. (si Cet animal est le simbole de la pieté & de la charité , parce qu’on dit qu’il nourit son père & fa mère dans leur vieillesse. On voit dans les médailles d’Adrien , urie cigogne , avec cette inscription : Pistas Augusta. Voïez les Entretiens de Voiture de Cosiar , pag. 272. il écrit cicogne. H L’Académie écrit aussi cicogne. H On apelle prov. tontes de la cigogne, contes à la cigogne, des contes faits à plaisir. (Tout ce qu’il vous dira ne font que des contes à la cigogne.) CIGOGNEAU. [ Cìconia pullus. ] I.e petit de ía cigogne. Bel. I. 5 .c. 10. CIGUE , f m. [ Cicuta. ] Plante qui croît à s ombre dans les lieux qui ne sont pas cultivez , & qui est si froide qu’elle fait mourir. Sa Feuille ressemble à celle du persil. II y a des gens qui font devenus fous pour avoir mis dans leur potage des feuilles de ciguë au lieu de persil. Socrate étant condamné à la mort, but de la ciguë. L’emplâtre de ciguë est ex- célente contre les tumeurs schyrreuscs du foie & de la rate. CIL, f m. Ce mot vient du Latin cilium, qui signifie le poil des paupières. II n’est pas en usage, mais son composé sourcil est en usage. Voïez Sourcil. CIL a été dans ses beaux jours le plus joli mot de la langue Françoise : il est douloureux pour les Poètes qu’il ait vieili. La Bruyère. CILIAIRE , adj. [ Ciliaris. ] Terme de Médecu ne. Epithète qu’on donne à certaine partie de l’œil, qui sert à soutenir le cristalin, & qui est faite comme le cil des paupières. Acad. Fr. CILIÇE , f m. £ Cilìcium. ] Ceinture faite de fil & de crin de cheval, qui est large d’un demi pié, & dont on fe ceint les reins. Tissu de crin que ds certains Religieux austères, comme les Chartreux, fe mettent autour des reins. ( Porter >le cilice. Affliger son corps de ciliées & de jeûnes. F’oà vous vient cet air sombre jsi ce cilice afreux , Et cette cendre enfin qui couvre vos cheveux? Racine.) CILINDRE , f m. [ Cylindrm. ] Figure solide, ronde & longue comme une colonne terminée de part & d’autre par deux surfaces plates , rondes , égales & parallèles , comme un rouleau d’égale épaisseur par tout, & plat par les deux bouts. Ce mot de cìlindre est un ternie de Géométrie. II y a des cilindres inclinez. La ligne droite qui joint les deux centres des cercles parallèles, & qui passe par le milieu du ci- lindre, s’apelle Y axe du cilindm Ddd ; CILIN- 398 CI M. ■ C! í.l'J D RI QUE , adj. [ Cylìndrìcm. ] En maniéré de .ciíindrc. ( Figure cilindrique.) * CILLEMENT, / m. ÍNMalio. ] Terme de Médecin. C’est une maladie qui fait remuer incessamment les paupières qui clignotent fans cesse. CILLER , r>. a. f Niffare. ] Ce mot fe dit des yeux , lignifie remuer souvent les paupières. (II ne fait que ciller les yeux.) CILLER. [.AccipitrU palpebras infibuìare , tranffucrej] En terme de Fauconnerie , c’est coudre les paupières de l'oiseau, afìn que ne voiant point il ne le débute pas. ■ CILLER , V. n. Qui ne fe dit que des chevaux, quand ils commencent a avoir quelques poils blancs de vieillesse anx paupières au dessus des yeux. Acad. Franc. - CIMAISE, s. f. [ Çymatium. J Terme d ’Archi- técíure. il vient du Grec. C’est un membre dont la moitié est convexe , & l’autre concave. 11 y a deux sortes de cimaise, Tune apelie doucine , de laquelle la partie la plus avancée est concave , & l’autre apel- lée talon , de laquelle la partie la plus avancée est convexe. Vitruve , abrégé , i. p. chap. 4. íf II ne fera pas inutile pour l’intelligence de.ee terme, de raporter l’explication du íieur Félibien dans ses Principes d’Architeétnre. ,, Cimaise , c’est, ,, dans l’Architecture , un membre dont la moitié est ,, convexe, & l’autre concave, en Latin , Çymatium , ,, du Grec nuptánov, undula , petite onde , & non ,; pas de cyma , qui signifie l’extrémité de la tige & ,, de la pointe la plus tendre des herbes; car ce ,,, qu’on nomme cimaise, & qui sert d’ornement au haut ,, d’une corniche , ne tire pas son nom de ce que ,,- ce membre en fait l’extrémité & la plus haute par- ,, tie, mais plutôt de ce qu’il est taillé d’une forme ,, ondulante: aussi Vitruve, lib. p. chap. 7. fe sert ,, d.e unda , pour çymatium , qu’il nomme aussi quel- ,, quesois lyjìs , qui en Grec , lignifie rupure ou Fé- ,, parution, à cause que les corniches font une sepa- ,, ration d’une partie de l’Architecture d’avec une ,, antre , comme du piédestal d’avec la colonne, & de ,, la frise d’avec la corniche , &c. Les Italiens l’apel- „ lent goletta , pour parva gula , ou cy,naja. II y a ,, deux sortes cîe cimaise ; l’une droite , & l’autre ,, renversée , que nous disons gueule , droite , ou „ gueule renversée : celle dont la partie la plus avan- „ cés est concave , s’apelle doucine , ou gueule droite : ,, & i’autre dont la partie la plus avancée est con- ,, vexe , fe nomme talon , oti gueule renverse. Pal- ,, ladio apelie celle qui est au haut de la corniche, ,, intavolatum , pour dire entablement : mais la dou- ,, cine est particulièrement distinguée des autres, car „ dans le Latin , elle s’apelle Jtma , c'est-à-dire ca- ,, mnse. 11 est vrai que dans Fordre dorique, la ci- masse du haut de F entablement est diférente ; car ,, elle n’est composée que d’un cavet , qui est au ,, dessous d’un rcglet. Philander dit qu’il y a deux ,, sortes de cimaises doriques ; l’une faite de la moi- „ tie d’iinc scorie, que nous apellons un cavet ; & ,, Fautre qui est faite d’un quart de rond , qui est „ FAftragale Lesbien , selon Baldus : il nomme aulìi ,, cimaise Lesbienne , le talon ou gueule renversée. ” Voïez Eaviler. ClMARRE , /■ f- Sorte de robe de femme, ample 6a longue. II y a des païs où l’on donne le même nom à la robe noire d’un Ecléíìaítique. CIMBALARIA , ./•’/• Plante qui est une espèce de linaíre qui croît sur ies murailles & fur les masures. Cette herbe est excélente pour la gravelle , l’cx- périence en fait loi. Faire bouillir une poignée de cette herbe dans une pinte d’eau autant de tems qu’il en faut pour faire cuire un œuf , coulez cette eau & donnez-en un verre au malade dè tems en tems, ou dans fa boisson , il fera soulagé. On en'peut même donner à des enfans de deux ans. ( CIMB ALE , f. m. [ Cymbalum .2 Instrument qui d ordinaire est fait d’airain , en forme triangulaire, au travers dtiquel il y a de petits anneaux qu’on touche d’une verge de même métal. ( Toucher les cim- bales. ) {$ Le mot, cìmbale , est féminin. Ménage , ob- Jerv. -c h. 74. CIMBALE. lerme à'Organiste. Jeu harmonieux qu on meie avec le plein Jeu. CIM CTMP.RES , f. m. plur. [ Ciihbri. ] Peuple de la tberjonnéje Cmibnque , dans la partie Occidentale du Dannemarck, aujourd’hui le Jutland. CIME , f- f- C Cacumen , vertex , culmen. ] Ce mot vient de FItalien ou de FEfpagnol tìma. H f, gnifie, au propre, la partie la plus élevée d’une' chose qui est haute, comme d’une montagne , d’un clocher , de quelque grand arbre, Le. (Grimper fur la cime d’une montagne. Abl. Luc. Le Paradis terrestre étoit fur la cime d’une montagne. Voïez Entretiens fur la pluralité des mondes. Elle-même , aux cerfs pourchassez Prépare de profonds aziles, Sur la cime des monts glacez , Contre les chiens les plus agiles. Gomb. Poëf. ;. p. On n’a pas encore pû arriver à la cime du Pic de Ténériffe : ce rocher porte fa cime jusques dans les nuées. * Us fe croient à la cime du bonheur. God. CIMENT , / / C Arenatum , ìntrita. ] C’est un composé de chaux , de tuile cassée , & d’eau. Sorte de mortier propre à lier les pierres dans les bâti- mens. ( Bon ou méchant ciment. Faire du ciment. Les paveurs fe fervent de ciment pour paver.) {$' Arenatum , ni ìntrita, ne font pas ce que nous apellons ciment ; les uns le nomment camentunv. les autres , Jìguinum , dont Pline a fait mention, lit. !<;. cb. 12. 11 est vrai que cet Auteur entend quelquefois par JìguiKum , un mortier de chaux, de fable &^de cailloux, dont on faifoit les. citernes. Camm. tum est la maniéré de maçonner avec de la pierre d’une certaine qualité. í CIMENT. Les Verriers-Faïanciers apeìlent ainsi une composition de chaux-vive, de farine de scgle, de blanc d’œuf. & d’eau falee, dont ils fe fervent pour rejoindre les pièces du verre, de la faïance L de la porcelaine fine. Elle sert ausiì pour toute sorte d’ouvrages de terre. 11 y a encore une autre ciment propre aux mêmes usages, qui est fait de chaux- vive pulvérisée, de deux fois autant de brique passée au tamis , detrempee avec de l’huile de nois. CIMENT, f Ma.tbtc genus. ] Terme d’Orfèvre &de Metteur en œuvre. C’est un compose de brique, de poix-rélìne , & de cire, dont on fe sert pour tenir ferme la besogne qu’on veut polir, graver, ciseler, &c. CIMENT en morale , signifie ce qui sait la liaison entre des personnes. ( La vertu est le meilleur ciment qui puisse lier les amis ensemble. * On dit qu’une afaire est faite d chaux N ciment, quand elle est bien assurée , & qu’on croit qu’elíe durera long-tenis.) CIMENTER , v. a. f Sìguinum opm facere. ] Acom- moder avec du ciment. Se servir d’une chose pour en lier d’autres , & cela au lieu de ciment, p Les murs étoient cimentez de bitume, Vaug. Quint. I. 5. c. 1. Cimenter les pierres d’un bâtiment : cimenter le bassin d’une fontaine : cimenter le pavé de bitume. * CIMENTER. [ Firmure , vincire , ajìr'Kgere. 2 Ce mot fe dit au figuré , pour dire, lier, joindre ft affermir. ( L’amitié de ces personnes a ete cimentée par des aliances réciproques. Le sang des fflartiis a cimenté la foi de FEglife Chrétienne.) Mais un Roi vraiment Roi , qui sage en ses projets, Eu bonheur du public ait cimenté fa gloire, II faut , pour le trouver , courir toute l’HiJioìre. Defpr.) CIMENTIER, / m. £Cimentarm.] Artisan qui bat & fait le ciment. CIMETERRE,/ »7. [Gladirn falcatuí , acinaces.] Sorte d’épée large dont les Anciens Perses fe fervoient. ( Darius portoit une ceinture d’or , d’oú pendoir un cimeterre , qui avoir un fourreau couvert de pierres précieuses. Vaug. Quint. Curt. 11 s’en salut peu que Eessus ne tuât Cubâtes , car il avoir déja tiré son cimeterre. Vaug. Quint. Curt. I. 7. ch. 4.) CIMETIE'RE , Cimetière , / m. [ Cœmeterìm, sepulchrctum. J Le prémier de ces deux mots est en usage, mais Fautre n’y est pas. II vient du Grec, qui veut dire , je dors. Le cimetière est le lieu ou l’on enterre ies morts. ( Chaque patoisse a son cimetière.) (f CIMETTE'RE , du Grec , noiwiriiqiov, dormist- rium. Cc terme ne sonne jamais bien , ni en proie* CIN ni en vers. Malherbe, dans un fragment fur la prise de la Rochelle , dit: La Rochelle ejì en poudre , & ses champs désertez N’ont fait que des cimetières Où gijfent les Tirons qui les ont habitez. Mais ce n’est pas un exemple à suivre. Les cimetières ont toûjours été regardez comme des lieux d’asi- le, & que l’on ne peut violer sans profanation digne d’une peine très-sévere. Les prémiers Chrétiens prévenus d’un sentiment de respect & de Religion, y passoient les nuits à prier , & à invoquer les Bienheureux que l’on y avoit enterrez : mais la licence des festins que l’on y faisoit, obligea les Conciles & les Empereurs, d’abolir ces veilles, qui deshonoroient les morts & les vivans ; & ils y furent encore portez plus fortement par l’abus que quelques Magiciens y commettoient, en évoquant les morts par des cérémonies pieuses en aparence , mais très-criminelles dans le fond : ce fut principalement par ce motif, que les Pérès du Concile Illiberitain firent ce Canon, par lequel ils défendirent d’avoir des cierges alumez dans les cimetières pendant le jour ; ìnquìetandi au- tem Sanfíorum Jpiritus non Jùnt ce font les termes du Concile, qui ont été mal entendus par plusieurs Auteurs, lesquels fe font imaginé que les Pérès de ce Concile ont cru que les âmes ctes défunts erroient dans les cimetières , & qu’on troubloit leur repos par ces cérémonies superstitieuses : mais l’intention du Concile a été de chasser des cimetières les évocations des morts, comme étant très-criminelles ; inquietare lignifiant en cet endroit, évoquer , rapeller à la lumière ceux qui en ont été privez. * CIMETIE'RE. Lieu ou il meurt beaucoup de gens. (L’italie étoit autrefois le cimetière des François. On dit que les jeunes Médecins font les cimetières bossus. Pour dire , qu’étant ignorans , n’aïant pas de l’expérience , ils font mourir plusieurs personnes.) CIMIER , f m. [ Lumbus. ) Ce mot fe dit en parlant de beuf, & veut dire, la chair qui est fur la croupe du beuf, & qu’on coupe en rond. (C’estdu beuf de cimier.) CIMIER. [ Pars bovina coxendicis. 3 C’est la croupe des bêtes fauves , comme du cerf, du daim & du chevreuil. ( Ainsi on dit, c’est un cerf qui a quatre doigts de venaison sur son cimier.) CIMIER. [ Impofîta summœ galeœ figura. Terme de Blason. Figure ou ornement qu’on portoit sur le haut du casque. (Aléxandre le Grand portoit pour cimier la tête d’un bélier. Colomb.') CIMOLIE , s.s. [Terra cìmolia . ] Sorte de terre dont parle Diofcore, & qu’on trouve dans une des Isles Cyclades apellée Cimole. Elle tire fur la couleur de pourpre , & sert à résoudre les parotides, les tumeurs des testicules, & les enflures de jambes ; elle est aussi propre à apaiser la douleur de la brûlure. C’est aussi une terre qui se trouve au fond des auges des Enrouleurs; elle sert aux mêmes usages. CINABRE , s m. [ CinnabarU. ] Vermillon. (Broïer, purifier le cinabre.) H Bien des gens croient avec fondement, que c’est le Minium des Anciens ; parce qu’en effet le vermillon n’est autre chose que le cinabre broie avec surine & seau de vie. Le Cinabre se trouve dans presque toutes les mines de vif-argent. II a aussi ses mines particulières en Espagne & en Normandie. Les Chimistes en font un excellent Mercure, qu’ils croient le plus propre pour parvenir à la perfection du grand Oeuvre. f CINABRE artificiel. C’est une imitation du cinabre minerai naturel ; il fe fait par un mélange de mercure & de soufre sublimez & réduits en pierre. f CINAMOME. Epicerie, que l’on nomme plus communément canelle. CINCENELLE , fi fi [Funk nauticm.) Terme de Navigation. Corde de médiocre grosseur, qui sert aux Bateliers à remonter leurs coches & bateaux. C’est une espèce de petit cable. CINE'RATION , fi fi [ [Solutio in cineres.~\ Terme de Chimie. C’est la réduction du bois ou autres corps combustibles en cendres par la violence du feu. CINE'RIER, v. a. [ Cinefiacere. ] Réduire un corps en cendres par la violence du feu. CIN 399 CINGLAGE, / m. [fipatium quo navis decurrité] Terme de Marine. Le chemin qu’on croit qu’un vaisseau fait en vingt-quatre heures. CINGLE Ali , fi m. Terme d ’ ArchiteHure. C’est une espèce de cordeau, qui sert pour trouver & écrire la diminution des colonnes. CINGLER, v. n. [Pitjfii velis invchì , ferri. 3 Terme de Mer. Aler à toutes voiles. (II cingla avec cent voiles vers les Isles. Vaug. Quint. Curt. I. 4. La pluie a toujours beau cingler, II ne faut pas laisser d’aler. Perr.) (f Messieurs de l’Académie ( n’aïant pas décidé dans leur Dictionnaire s’il faut écrire cingler ou Jtn- gler, on peut en user comme on le trouvera à propos, je dirai seulement, que fi ce terme est dérivé du Latin sgla , une voile de vaisseau, comme Mr. Du Gange & Air. Ménage prétendent , il me paroît qu’il est plus naturel de récrire avec la lettre /, puis que les Auteurs Latins citez par Mr. Du Gange, ont écrit Jigla , & nos vieux Poètes ont de même écrit singler. H L’Académie écrit cingler , dans la nouvelle Edition de son Dictionnaire. CINGLER, v. a. [Virgam, flagellum incutere. 3 Fouetter avec une houssme, une corde. H CINGLER, se dit encore d’un vent froid. (Le vent cingle le visage.) On le dit aussi de la grêle, de la neige, & de la pluïe. CINIQUE, s m. [CynicusJ Philosophe ancien de la secte d’Antisténe, & qui étoit d’une humeur satirique & mordante. (Diogéne étoit un fameux cini r que. Voïez Laerce, des vies des Philosophes.) CINIQUE, adj. [Cinic/ts.J Philosophe cinique. On donne quelquefois cette épitète à des expressions trop hardies, comme a fait Mr. Despreaux, en parlant du Poète satirique Régnier. Et f du son hardi de ses rimes ciniques, II ri alarmait souvent les oreilles pudiques. Despr. Je crois qu’il faut écrire Cynique , & non Cinique, soit parce que les Philosophes de la Secte Cynique commencerent à s’assembler, & à publier leur Doctrine dans la maison d’Antisthéne çitoïen d’Athènes ; & que l’on apelloit Cynosarge , soit parce qu’on les compara à des chiens mordans tout le monde, fans égard & fans distinction, & que par cette raison on les apella rvvaç , ainsi le terme , Cynique dérive du Grec, & doit garder les marques de son origine. Les portraits que nous avons de ces Philosophes , font si diférens, & si opofez les uns aux autres, que l’on ne peut point découvrir le véritable. Voici comment Epictéte en parle dans le Livre troisième, Nomb. 42, de son Manuel, suivant la traduction de Mr. Dacier : ,, Le Philosophe Cynique est un homme orné de pu- ,, deur , & toujours exposé à la viié des hommes, ,, parce qu’il ne fait rien d’indécent ; c’est un hom- „ me envoie de Dieu, pour réformer les hommes, & „ pour leur aprendre par son exemple, que nud, ,, sans biens, & fans autre couvert que le Ciel, fans ,, autre lit que la terre, on peut être heureux ; un ,, homme qui traite les vicieux, quelque grands qu’ils ,, soient, comme des esclaves ; un homme, qui mal- „ traité, batu, aime & bénit ceux qui le bâtent & ,, le maltraitent ; un homme qui regarde tous les ,, hommes comme ses enfans, qui les avertit avec ,, bonté & avec tendresse, comme un père, comme „ un frère, & comme le Ministre de Dieu même, qui „ est le père commun : un homme enfin, que, mal- „ gré fa bassesse, les Rois & les Princes ne peuvent ,, voir fans respect, & c’est ainsi qu’Alexandre a re- ,, gardé Diogéne. “ L’idée que Suidas nous en donne fous le mot de Kvnirqoç, ressemble fort à celle d’Epictéte : ,, L’unique objet (dit-il) des Philosophes „ Cyniques, étoit de vivre dans la pratique de la „ vertu, comme Diogéne & Zenon ont vécu ; ils fe ,, contentoient du nécessaire pour vivre , & mépri- „ soient les richesses , la gloire & la noblesse ; quel- ,, ques-uns ne se sont nouris que d’herbes, & Peau „ froide a été leur boisson ; ils ont habité des lieux ,, obscurs & fans aucune propreté afectée, disant que ,, les Dieux n’avoient besoin de rien, & que ceux qui „ vouloient leur ressembler, n’avbient besoin que de „ fort peu de choses. “ Ecoutons à présent Lucien Her- 400 CIN Hermotime, dans le dialogue qui porte son nom; il décrit en peu dc mots le caractère des Philosophes de son tems. “ Les Epicuriens (dit-il) font volup- ,, tueux; les Péripatéticiens font avares, & disputent „ sur des bagatelles ; les Platoniciens font glorieux ; „ les Pythagoriciens, superbes ; les Cyniques sales & „ éfrontez. “ Ce n’est encore là qu’un foible craïon, soivons-le dans son dialogue des Fugitifs.' „ On „ nomme (dit-il) ceux qui se disent Disciples de „ Crates, d’Antisthcne, & de Diogéne , Cyniques , à „ cause de leur impudence : ils n’ont ni la vigilance, „ ni la fidélité du chien ; mais ils en ont la luxu- „ re, la gourmandise, la flaterie, avec cette proprié- ,, té d’emporter d’une maison tout ce qu’ils peuvent : „ ils demandent (ajoûte-t-il) hardiment, prennent „ de même, disent des injures quand on les refuse, ,, & ne remercient point quand on leur donne : ce- „ pendant ils croient vivre comme les Dieux, & se „ Patent de faire refleurir le siécle d’or : non con- „ tens de ces choses, ils débauchent jusques aux fem- „ mes de leurs hôtes, &c. “ II seroit aisé d’etablir par la tradition de plusieurs siécles , que Lucien est fidèle dans son portrait, & qu’Epictéte & Suidas ont eu leur raison pour farder, ou plutôt pour défigurer la vérité : mais je me contenterai, pour ne pas aler au- delà des bornes que je me fuis prescrites,_ d’ajoûter seulement ce dernier coup de pinceau , qui fera con- noître leur impudence. Ils croioient que l'on de- voit nommer impudemment toutes choses par leur nom, quoiqu’il y en ait, selon la remarque de Cicéron, dans ses OJìces , dont on ne sauroit parler sans honte. „ 11 ne faut pas (dit-il) écouter les Cyniques, & les „ Stoïciens demi-Cyniques, qui condamnent ceux qui „ se font un crime de nommer des choses qu’il n'est ,, point honteux de faire , pendant qu’ils ne font „ nulle dificulté de nommer par leurs noms des cri- ,, mes que l’on ne sauroit commettre sans infamie. “ Bien des gens ont loué ce que dit Alexandre après avoir vû Diogéne : SI JE N’ETOIS ALEXANDRE, JE VOUDROIS ETRE DIOGE'NE. Le Socrate de Mr. de Balzac n’aprouve point ce discours : ,, car „ (dit-il qu’est-ce être Diogéne? Je vais vous le di- „ re. Etre Diogéne, c’est violer les coutumes éta- „ biles, & les loix reçues ; c’est n’avoir ni pudeur, ,, ni honnêteté ; c’est ne connoitre ni parent, ni hô- „ te , ni ami ; c’est ou japer, ou mordre toujours, „ c’est manger en plein marché une fole crue, ou de ,, la viande toute sanglante ; c’est ofenser les yeux „ du peuple par des actions encore plus sales & plus ,, vilaines, des actions pour lesquelles il ne peut y ,, avoir d’affez grand secret, ni d’assez profonde so- „ litude, <&c. “ CINQ^ s Quinque.li Nom de nombre indéclinable. (Ils étoient cinq. Les cinq sens de nature. Les cinq doigts de la main. Cinq cens.) Quoi, cinq afles devant Notaire, Pour cinq fiUes qu’il faut pourvoir, O Ciel ! peut-on jamais avoir Opéra plm fâcheux à faire? Quinaut.) CINQUANTAINE , f f. [Quinquagenœriw numerm .] Le nombre de cinquante. (11 a gagné une cinquantaine de pistoles.) CINQUANTE. C Quìnquaginta. ] Nom de nombre indéclinable. (II y en demeura cinquante fur la place.) CINQUANTENIER , f m. [Dux quìnquagenorum Equitum .] Oficier qui execute les ordres de la Ville, qu’il reçoit du Quartenier pour les faire savoir aux Bourgeois. Chaque Quartenier a fous lui deux Cin- quanteniers. CINQUANTIE'ME. [Quinquagejlmus .] Adjectif de nombre ordinal. (II est le cinquantième. Elle est la cinquantième.) % CINQUANTIE’ME est quelquefois substantif & signifie, la cinquantième partie d’un tout. Avoir vm cinquantième dans un fonds. CIN QUENELLE, f f. [Funes trahendit mura - lihm machink.2 Terme à’Artillerie. Tous les longs cordages de l’ArtilIerie. Votez l’injìruftion pour les Gardes-Magajìns de V Artillerie. CINQUIE'ME. [Quintus.] Adjectif de nombre ordinal. (II est le cinquième : elle est la cinquième : en cinquième lieu.) f Cinquième, est aussi subst. & signifie, la cinquième partie d’un tout. J’ai un cinquième dans cet héritage. CIR CINQUIE'MEMENT, adv. [Qtfmtò.'] Ce mot ne se dit presque point, en sa place on dit, en cinquième lieu. Vaug. nouv. remarq, í CINTRAGE , f. m. Terme de Marine. On apelle cintrage toutes les cordes qui ceignent qui lient & qui entourent quelque choie. ’ ’ CINTRE , f m. [Arem quemJhuiïus fornix efíì cìt.~\ Terme d ’ArchiteHure. Trait ou figure qu’oÛ donne à une voûte, ou à une arcade. On apelle plein cintre , lorsque le trait est un demi cercle parfait. II y a des arcades qui ne font pas en plein cintre, qu’on apelle surbaissées , ou en anse de panier & qui ne font qu’une portion de cercle. ’ jíf II y a plusieurs fortes de cintres expliquez par Daviler. Cintre surbaiíje, celui dont le trait est une demi ellipse, & qui pár conséquent, est plus bas que le demi cercle. Cintre surmonté , celui dont le cintre est plus haut que le diamètre du demi cercle. Cintre rampant, celui qui est tracé au simbleau par des points cherchez suivant le rampant d’un escalier ou d’un areboutant. ’ CINTRE, s. m. [Arctts lignem firuendo desuper fer. nici accommodatus. ) C’est aussi un ouvrage de charpente qui est disposé pour bâtir dessus quelque arc ou quelque voûte, & en soûtenir les pierres, en aten- dant que les clez y soient mises pour les fermer. (Ce cintre n’est pas assez fort. Ce cintre est très-bon, & très-capable de soûtenir l’Architecture qu’on fera dessus. Cintrer un arc, cintrer une voûte. CINTRE. [Vinélus circulk aut bemìcyclisj Terme de Blason. Globe ou monde impérial entouré d’un cercle ou d’un demi cercle en forme de cintre. LION, Sion, ou scion. Voïez Sion. f CIPOLLINE, s m. On apelle ainsi une sorte de marbre, qu’on tire des montagnes de Carrare en Italie, vertes. f CIPPE, s. m. [Cippwè] Terme &’ Architeclure. Demi colonne fans chapiteau, fur laquelle on gravoit autrefois des Inscriptions. CIPRES , s. m. [ Cuprejsus.'] Arbre haut & droit, dont le bois dur & jaunâtre sent bon lors qu’on le brûle. (On se sert de Après pour faire des navires. Bochart .) /3f Plusieurs écrivent cyprès. On mettoità la porte des personnes décédées, un cyprès pour avertir qu’il y avoit un mort dans la maison : on méloit encore du ciprès avec d’autres bois dont on composoit les bûchers pour brûler les morts ; c’est par cette raison que Virgile a dit ferales cuprejfos ; & Horace, visas cuprejfos. CYPRIEN, / «r. [Cyprianut.J Nom d’homme. ê CIQUE , f f Plante dont il y a deux espèces. L’uìîe & l’autre espece croissent dans les lieux couverts, & dans les prez. Elles contiennent beaucoup d’huile & de sel essentiel & fixe. La grande a plus de force que la petite. Elle est résolutive, propre pour les sohirres, pour les loupes naissantes, pour les curetez de la rate, du foye, du mésentère, étant apliquée sor la tumeur. CIRAGE, f m. ( Ceratura.'] Composition de cite, de soif, & de noir de fumée, de térebentine de Venise, de blanc de plomb, & d’autres ingrédiens qu’on fait bouillir pour cirer les botes, les gros fouliez, &c. CIRAGE , f m. [Ceratura .J Ce mot se dit parmi les Cordonniers, & signifie cìrure, ou cire fondue apliquée fur le cuir. (Faire du cirage. Ces souliers ont besoin d’un bon cirage. II faut passer un cirage fur ces botes.) CIRAGE. [ Pillura monoebromatos. ] Terme de Peinture. Ce qui est peint d’une couleur tirant fut la couleur de cire. CIRCE’E , f f- [ Circea luteciana. ] Plante qui Croît dans les lieux humides & dans les bois. f Cette plante est résolutive, détersive, vulnéraire. CIRCONCIRE, v. a. [Circumcidere.] On conj. Je circoncis, au sing. au plur. nom circoncisons , vous circoncisez, ils circoszcijent. Couper la peau du prépuce de Pensant mâle qui a huit jours, ou celle d’un homme. (Circoncire un enfant. Les Juifs & les Mahométans circoncisent leurs enfans, & les hommes qui embrassent leur Religion. Les Etiopíens ont la circoncision , & même ils circoncisent les femmes. Voïez Peroniana, chap. 4 .) Amu- CIR Amurat I. fut le premier des Sultans qui se fît so- lemnellement circoncire. CIRCONCIS , adj. U s m. [ Circumcisuss) Enfant mâle, ou un homme à qui on a coupé la peau du prépuce. (Les Juifs & les Mahométans font circoncis, & se distinguent par là des peuples incirconcis.) CIRCONCISE UR , / m. [ Qui circumcidit. ] Celui qui circoncit, soit Juif ou Mahométan, &c. CIRCONCISION, s. s. [Circumcisìo.) Cérémonie des Juifs par la quelle on coupe le prépuce de l’en- fant mâle qui a huit jours. Fête que l’Eglise célébré le premier jour de l’an en mémoire de la circoncision de Jésus-Christ. Estampe qui représente le mistére de la circoncision de Jésus-Christ. Les Mahométans pratiquent aussi la même cérémonie. Les Egiptiens l’ont pratiquée, & l’on en volt des traces parmi d’autres Î ieuples. (La circoncision est utile, si on acomplit la oi. S. Paul, Epitre aux Romains.) CIRCONCISION. On dit fig. & en termes de dévotion, la circoncifion du cœur, la circoncision des lèvres. C’est-à-dire , le retranchement des mauvaises pensées, des mauvais désirs, des paroles qui peuvent blesser ou la charité, ou la pudeur. CIRCONFE'RENCE , / f- [Circumdufíio , cir- cumdutfus.) Ce mot vient du Latin circumserentìa, & est ordinairement un terme de Géométrie s il signifie en général le tout de quelque chose, contour d’u- ne figure plane ou solide, & en particulier, il se dit de la ligne qui enferme un cercle, & de la surface convexe d’une sphère ou globe. (Les lignes qu’on tire du centre à la circonférence, font toutes égales. L’angle du centre est toujours double de Fangle à la circonférence. On dit que les Cieux enferment toutes choses dans leur vaste circonférence. On dit aussi que le sang circule du centre à la circonférence, &c.) CIRCONFLEXE, adj. [Circumfiexus accentm.J Terme de Grammaire. Un accent circonflexe se marque ainsi , î, â , ê, &c. & il fait connoítre que la silabe est longue. CIRCONLOCUTION , f f. í Chcumhmtio, cìrcuitio.) Sorte de périphrase. (User dë circonlocution. Dejpr. longìn. c. 24.) CIRCONSCRIPTION, f. f. [Circumscriptio.) Espace circonscrit & limité, lequel borne & environne une espace petit, ou un corps. CIRCONSCRIRE, ®. q- [ Cìrcumscriberes) Ce mot signifie en général décrire autour. Borner, limiter. (Et en ternies de Géométrie l’on dit, circonscrire un cercle autour d'un triangle, ou autre figure poligo- ne. Circonscrire une figure autour d'un cercle. On dit qu’une figure est circonscrite à un cercle, quand tous les cotez dë la figure touchent le cercle, & qu’un cercle est circonscrit à une figure, quand il passe par les points de tous les angles de la figure.) CIRCONSPECT, circonsteHe , adj. [drcum. Jjicfjui, consderatuss) Prudent, sage. (Nos pères font fort circonspects. Pasc. I. 7. Soïez circonspect, adroit & prudent, mais ne soïez jamais fourbe. Rendre circonspect. Boss. Hift■ universelle. L’honnête homme est modeste & circonspect ; il remarque les défauts d’autrui, & n’en parle jamais. S. Evremont .) CIRCONSPECTION, s f. [Cìrcumjhetfio, considéra, tio. ) Prononcez circonjjiexìon. Prudence, retenue. (Parler avec la même circonspection. Abl. Je vous dirai avec la même circonspection que je me passerai aisément de cela. Balzac, lettre à Chapelain, l. 5. lettre ;. L’amitié s’acommode aussi peu des grandes circonspections que des féveritez de la Justice. S. Evremont.') (f La circonspection est principalement dans les discours ; la modération dans les passions ; la retenue, dans les actions ; les. égards & les ménagemens font pour les personnes, avec cette diférence, que les égards sont plus pour l’état & pour la qualité des personnes, & que les ménagemens regardent plus particulièrement leur humeur & leurs inclinations. L’Auteur de la JusteJse. GíRCONSTANCE , s- / c Circumstantia .] Tout ce qui acompagne quelque action , ou qui la rend moins ou plus considérable. (C’est une circonstance agravante, fâcheuse. S’arrêter aux circonstances du tems, God. En strie de Pratique, on dit en parlant d’un procès, CIR 401 qu’il est renvoie avec toutes les circonstances ; c’est- à-dire , avec toutes les questions qui en dépendent & qui en peuvent naître.) CIRCONSTANCIER , v. a. [ Circumflantiti expli- care.) Dire les circonstances. Marquer les circonstances. (Circonstancier un fait. Circonstancier une chose.) CIRCONVALATION , s. f. [ Çircummunitio , valli circumàuUio .] Terme de Guerre. Ligne pour défendre le camp contre les ennemis qui viennent de la campagne. (Faire tirer une circonvalacion. Ah l. Arr. I. 1.) î Les lignes de circonvalation & de contrevalation, & tout ce qui sert à nous couvrir contre les ataques des ennemis, ou pour les enfermer lorsqu’on est en état de le faire , sont de l’invention des Anciens. Votez le Polybe de Mr. de Folard. Tome II. t CIRCONVENIR , D. «. [ Circumvenìre .] Ce mot n’est usité qu’au Palais, & il signifie , tromper. Surprendre quelcun dans un traité. f CIRCONVENTION ,s /. [ Circunventìo, deceptio .] Terme de palais. Tromperie. CIRCONVOISIN , circonvoisine , adj. [ Vici- nw, propinquw, finitimus.) Qui est autour, auprès. (Un lieu cìrconvoisin.) CIRCONVOLUTION, / m. [CircumvolutioJ Terme d ’Architecture, qui sc dit des tours de la ligne spirale de la volute ionique. 0 " On dit aussi, les circonvolutions de la Lune , qui paroit d’abord dans son croissant , &, comme dit Apulée de Deo Socrat. corniculata ; ensuite on en voit la moitié , dividua puis les trois quarts, protumìda j & enfin pleine , plena. -j- CIRCUIRE, v. a. Environner, faire le tour de quelque chose. Ce mot est vieux & hors d’u sage. CIRCUIT , f m. [Circuitw , ambìtws) Tout le tour de quelque lieu. Sorte d’enceinte. (Faire un circuit. ) (* Un long circuit de paroles.) CIRCULAIRE, adj. [Rotundus, in eirculumjle- xm.) Qui va en circuit. (Ligne circulaire.) * Lettre circulaire. [ Circulares , encyclica littera. J Lettres qu’on envoie à plusieurs personnes, & en divers lieux de quelque païs. CIRCULAIREMENT, adv. lin orient, cìrculatìm .J D’une maniéré circulaire, en rond. (Une roue se meut circulairement fur son essieu.) CIRCULATION, s s [Circulatìa.) Terme de Médecine. Mouvement que fait lè sang des artères dans les veines, & des veines dans les artères. Larvée Docteur Anglois a le premier découvert la circulation du sang en 1628- quoi que d’autres croient que ce fut Frapaolo qui n’osa pas en parler de peur de l’Inquisition. CIRCULATION, s. s. [ Vasa JìiHandis per circula - tionem corporibus. ] Terme, de Chimie. Distillation' réitérée plusieurs fois. f CIRCULATION de l’argent. On Te dit fig. du. mouvement de l’argent qui passe d’une main à l’autre, & qui le fait rouler dans le commerce. ( Rien n’est plus propre à arrêter la circulation de l’argent que la défiance des peuples, lorsque le Prince leur donne sujet de se défier de sa bonne foi.) CIRCULATOIRE. [Circulatorius , adj.] [Vasasìil. landis per circuìationem corporibus accommodata. J Terme de Chimie , qui se dit des vaisseaux qui servent à fàire la distillation par la circulation. Le pélican & les jumeaux sont des vaisseaux circulatoires. Volez Léméry. CIRCULER , vi. a. [Circulares) Distiler plusieurs fois dans le vaisseau qu’on apelle pélican, ou dans quelque autre qui fait le même éfet. CIRCULER , v. n. Ce mot se dit du sang, & signifie se mouvoir vers le cœur, où il entre par la veine cave, qui le décharge dans fa cavité droite,. d’où il passe dans la veine arterieuse , da’ns la ve~ neuse, & de là dans la cavité gauche du cœur, d’où il est porté jusques aux extrémitez du corps par le tronc & les rameaux de la grande artère. (Le sang ne fait que circuler.) f On dit aussi fig. que Vargent circule , c’est-à-dire, qu’il roule dans le commerce. Faire circuler l’argent, . c’est encourager les particuliers à faire rouler leur argent dans le commerce. . Tome. L E.e e „ f On 402 C 1 R H On dit aussi , faire circuler des bih'ets $ «’est-à-dite , leur donner cours dans le commerce. CIRCUMINCESSION , f f- í Circunûmejsto. ] Terme dont on se sert en Théologie, pour ««primer ëans le mistére de la Trinité l’exiltence des Person- »es divines les unes dans les autres. -j- CIRCUS ,s m. Oiseau de proie aussi gros qu’un milan, qui se tient sur le bord de la mer. Sa graisse «st émolliente, résolutive , nervale ; ses excremens sont résolutifs & sudorifiques. CIRE , f-f- [ Cera. ] Ouvrage d’abeille, lequel renferme le miel lors qu’il est dans les ruches. Lire jaune, cire blanche. Blanchir de la cire. La plus belle cire, & la plus blanche qui soit, vient auffi d’un arbre, par le moïen d’un très-petit animal, qui est Soûjours en mouvement, & qui perce l’écorce des arbres , & qui convertit par une vertu admirable le suc des arbres en cire blanche comme la neige. Voïez lu nouvelle rélation de la Chine. CIRE vierge. [Cera flava.) C’est la cire qu on tire des ruches , fans qu’elle ait été fondue fur le feu. On dit, mou c emmi dt la cire. II fond comme la •ire au soleil. í On dit d’un enfant docile, & même de toute Î iersonne qui reçoit facilement toute sorte d’impres- ions , que C est une cire molle. ■ {$ Nos peres se plaisoient à des allusions bien fades ; en voici un exemple. Brantôme, dans la vie d’Henri II. ditqu’on acufoit ce Prince d’une extrême prodigalité pour la Duchesse d« Valentinois , & pour preuve, il cite ce madrigal : Sire ,_/? voue laissez, comme Charles depre, Comme Diane fait, par trop vota gouverner, Fondre , pestrrr, molhir , refondre , retourner , Sire voue n’estes pku , vous n’estes plus que cire. .1 propos de cette allusion ; les Païens faifoient de petites figures de cire, qu’ils divinifoient à leur fantaisie. Anacréon aïant acheté un Amour de cire, il lui dit dans une de ses Odes: Mon petit Amour, songez à m'enfiàmer au plkt&t , fanon je vous jetterai au feu. Nos pères ont dit, un nez de cire, pour exprimer un nez bien formé: De son nez ne mus Jai que dire Fors que mieux fait , ne fut de cire. Le Roman de la Rose. On le dit encore dans la conversation familière, î Etre jaune comme cire. C’est avoir la jaunisse, î On dit prov. de deux hommes également puis- sans, ou qui ont les mêmes inclinations, qu 'ils font égaux comme cire. •f On dit aussi d’un habit bien fait, & qui est- fort juste à celui qui le porte, qu’i/ lui vient tomme de cire. . íf H y a , dans quelques Diocèses, un droit de cire , que les Curez paient à la Catédrale pour fournir au luminaire. Les Auteurs de la basse Latinité l’a- pellent ceraghms. Yoïez Spelman. t * CIRE. Chassie. (Ses yeux font investis de cire. Main. Poésies.') CIRE. [ Cerastgnatoria .'} Composition de gomme laque , de gomme d’Efpagne, de lucre & de vermillon, & qu’on forme en petits bâtons, & dont on fe sert pour cacheter des lettres en fondant le bâton de cire à la chandéle. (Cire rouge , bleue, verte , noire, dorée. Cire d’Efpagne. Faire, composer, tirer de la cire d’Efpagne. Ceux qui font de cette sorte de cire, i’apellent ouvriers en cire d’Efpagne. ) CIRER, ». a. [Cerare, cera circumltnere.) Tremper dans quelque cirage. Apliquer le cirage fur le cuir. Froter de cire. (Cirer une paire de botes , une paire de souliers : cirer un bout d’argent, cirer de la toile, &c.) CIRER. [ Incerare. ] Terme de Tailleur. Froter le fil avec de la cire., (Cirer le fil. II fe dit aussi des étofes qu’on a coupées, aufquelles on aplique de la cire avec une bougie , de peur qu’elles ne fe défilent avant qu’on les couse. Voïez Bougier. CIRIER ,s. m.. [ Operum è cera sttlor , opifex, pro - pola.) Celui qui vend & fait toutes sortes de cierges & de bougies. CIROE'NE, f m. f Cerotum. ] Espèce d’emplá- tre que 1 on aplique fur les membres foulez ou blessez pat quelque contusion fans qu’il y ait ouverture. CIS Mettre un bon ciroéne fur la partie ofensée L’em plâtre de baïeul est un bon ciroéne. Acud. Fr. CIRON , f. m. [MinutiJJÌmm vermìculus.) P et it ver rond & blanc qui est engendré d’une humeur ac« qrn satache principalement à la main, & qui cause une démangeaison. ‘ í CIRON, signifie aussi la petite ampoule qu’un ci ron fait venir à la main. (Percer un ciron, crever des cirons.) ' On dit fig. de tout ce qui est fort petit, qu’;/ 22 cjt pai plus gros qu un ciron . * CIRQUE , st m. Il vient du Latin circus. En- droit de l’ancienne Rome, large & spacieux, entouré d’amphitéâtres très-propre à diférentes sortes de per . fonnes , cmbéli d’une obélisque & de colonnes, & des ftiné à divers spectacles , à des courses, à des chasses & à des combats de bêtes avec des hommes. II r avoit le grand cirque & le cirque Flaminiens Ces cirques étoicnt quelque chose de beau & de commo. de, & les estampes que l’on en trouve en divers li. vres particuliers , le disent assez. Le grand cirque étoit consacré au soleil, comme au père de la humé. re , & au Dieu dont on avoit le plus besoin dans les jeux que l’on faisoit. Les Grecs apelloient hipodrome , le lieu destiné aux courses de chevaux. Outre le cirque, il y avoit encore à Rome un lieu apellé stadium , où les gladiateurs s’exerqoient. L’Histoire Romaine nous apreud qu’il y avoit plusieurs cirques, dont le principal étoit apellé Circus maximus, soit parce qu’il étoit & plus grand & plus magnifique que les autres, soit parce qu’il étoit destiné aux Jeux que l’on y célébroit à l’hen- neur de Jupiter, de Neptune, &des autres Dieux du prémier ordre. Tarquinius prisais, le cinquième Roi des Romains, fit construire le prémier cirque entre le Mont-Avenrin , & le Mont-Palatin. Les Enipo. reurs en ont fait construire de bien plus grands, ft plus ornez. Suetone raconte que Jules César, après avoir vaincu ses ennemis, donna au peuple divers spectacles, & fit paraître dans le cirque, des luttes, des combats fur l’eau , des comédies, & qu’il k fit agrandir des deux côtez, & environner d’un fossé plein d’eau: il ajoûte, que s’étoit dans cec endroit que les jeunes gens, même de la première qualité, ctoient instruits à faire des courses de chevau, & auX exercices où l’adresse est nécessaire. Voïez Dosât. Rom a vêtus ac recens , Dempster , £V? c. í CIRSAKAS- Etofes des Indes. presque tomes de coton, avec mélange de très-peu de soïe. f CIRSIUM , f m. Plante qui a assez de ressemblance au chardon & au Jacea; excepté que les têtes du chardon font épineuses, & celles du cirlïum ne le font point. Les feuilles du.cirlïum sont garnies de petits piquans, & le Jacea na ni la tête ni les feuilles épineuses. La plante de cirsium est détersive, apéritive , résolutive, propre pour adoucir & apaiser les douleurs des varices, étant pilée & apliquée dessus, CIRSOCE'LE, / m. [Tumor Jcroti.) Ternie de Médecine. Dilatation des veines spermatiques, causée par un sang grossier & épais. ÇIRURE , f f. [Ceratura , cera obdufíio .] Cirage apliquésorle cuir. (Une belle, une bonne cirure.) CISAILLER, ». a. f Oram numnt’t forstee madère.) Couper avec des cisailles. (Quand on porte à la monoïe une pièce légère ou altérée, il la faut cisailler à l’instant pont l’ôter du commerce.) CISAILLES ,st f. p. [ Forfices.] Fort gros ciseaux dont les Chaudronniers, les Epingliers, &c. coupent le métal. t CISAILLES. On le dit auffi de ce qui reste des lames d’or, d’argent & de cuivre, après que les Ou. vriers desMonoïes en ont taillé des flaons auûoupoir. CISALPIN. [ Cifalpinus.) Qui est en d et, à dss Alpes. Gaule Cisalpine & Transalpine. CISEAU, f m. C Scalprum fabrile. J Instrument d’acier dont on s« sert pour travailler sur la pierre, ft pour ciseler. Là, vous vous hausserez pour contempler les Dieux, Qu’asç& tirer du marbre un ciseau curieux , Abé Régnier. $ CISEAU. C’est auffi un instrument de charpentier , servant à tailler le bois. On dit un grand ct- Jem , ciseau à deux biseaux - CÏS ê CISEAU de lumière. Pour percer le bois. 4 CISEAU ébauchoir. C’est celui qui sert à ébauches les mortaises. 11 a un manche de bois , avec des viroles par les deux bouts. f CISEAU i fiches. C’est celui dont on se sert pour ferrer les fiches dans le bois. ^ CISEAUX à froid. Ce font ceux qu’on emploie pour couper le fer à froid. On apelle aussi ciseaux, les tranches pour fendre le fer à chaud. H On dit Poétiquement, le ciseau , ou les ciseaux de la Parque. CISEAUX. [Forficula.) Instrument d’acier à deux branches & à deux taillons , dont on se sert pour couper de la toile & du drap, & autres choses qui ne font pas dures. CISELER , cizeler , v, a. [Cœlœrel) Prononcez «. fêlé, ou cizelé. Terme d ’Orfèvre qui cisèle. C’est travailler fur le métal , & le repousser de la même pièce avec le marteau & le ciseler, & y faire toutes sortes de figures agréables, & tout ce que la justesse de fart prescrit. (Ciseler un ouvrage de relief: ciseler un ouvrage en relief.) CISELER , ou cizeler , v. a. [ Incìâere .] Terme de Découpeurs. II ne se dit qu’en parlant de velours. C’est découper avec agrémens , & en maniéré de fleur, le dessus du velours avec la pointe du ciseau. (Ciseler du velours. H L’invention de faire du velours ciselé sur le métier, a épargné cet ouvrage long & en- nuïant. CISELET, ou cizelet , f. m. [ Scalpellum.) Prononcez cille: ou cizelet. Terme á’Orfèvre qui cisèle. C’est une forte de petit outil de fer délié, & environ grand comme le doigt, dont l’Orfévre ciseleur se sert pour cizeler. (On cisèle avec le marteau & le cizelet.) CISELEUR, ou cizeleur, s. m. [Cœiator.J Prononcez cizeleur ou ciseleur. C’est une sorte d’Orfévre qui cisele le métal avec le cizelet &le marteau , & qui y forme avec ces outils des figures naturelles & agréables , & autres choses que l’art demande. ( Un bon ciseleur, un fameux,, un habile , un excélent ciseleur.) CISELEUR , ou cizeleur. [Incisor.) C’est l’un des titres que les Découpeurs ont dans leurs lettres de maîtrise. lis s’y nomment Maîtres Découpeurs, Egrati- gneurs, Gofreuvs & Ciseleurs en drap de foie. De lotte qu’en terme de Découpeur , Cizeleur signifie l’ou- Vrier qui découpe proprement & agréablement le dessus du velours avec la pointe du ciseau ; mais en ce sens le mot de Cizeleur ne se dit pas seul, & sans être acompagné de fa fuite, Découpent, Egratigneur , Ciseleur & Gofrenr en drap de soie. CISELURE , Cizelure , s. f. [Calatura.) Ouvrage de Ciseleur, chose ciselée. (Une belle ciselure , une ciselure bien faite.) CISELURE , Cizelure. Terme de Tailleur de pierre. Ce qui est fait sur la pierre avec le ciseau & le maillet. CISOIR ,cizoir,s.m. f Forfex .] Outil d’Orfévre, qui est une espèce de ciseau propre à couper l’or & l’argent. t CISOIRE , s. f. Outil dont on se sert pour graver les poinçons, & les quarrez avec lesquels on fabrique les monoïes. í ÇISSOÌDE,/ /• Terme de Géométrie. C’est une ligne courbe. CISTE, s- m. [Cifrn.) Arbrisseau qui est de difé- rentes espèces. 11 y en a qui portent le Ladanum, & d’autres qui n’en portent point. $ Les feuilles des cistes & leurs fleurs font astringentes & propres pour la dissenterie. CISTIQUES 1 a dj- f- Artères qcsi sont des rameaux de l’artére céliaque , & qui y portent le sang : il y a des veines de même nom. Dionis. CISTRE , f. m. [ Sìflrum .] Instrument de musique , qui a quelque chose du luth , & qui est fort commun en Italie. (Le cistre est composé du manche , du corps, & de quatre rangs de cordes , qui font d’ordi- naire de léton. Mers.) CITADELLE, s f [Arx.) Petite forteresse qui sommande à une grande ville , & qui n’a point d’autres habitans que la garnison des soldats. (Une forte citadelle.) On disoit autrefois citadin. , t CITADIN , signifie Bourgeois , habitant d’une cite. II est encore d’usage en parlant des habitans de certaines villes d’Italie , pour lignifier ceux qui ne CIT 403 font pas du corps de la noblesse. Les citadins de Venise. Acad. Fr. CITATION , s fi [Scriptoris tejiìmonium , locrnf) Passage de quelque Auteur qu’on cite. (Marquer leg citations des passages. Pafc. I. 6 . Que tes citations soient courtes ff ferrées , Et rien change jamais les phrases consacrées. Vill.) CITATION, [In jus vocatio.J Ce mot signifie un» assignation devant un Juge Ecclésiastique. CITE', f. f. II vient du Latin civitas , & il signifie ville s mais il ne se dit ordinairement qu’en parlant des places où il y a deux villes, une vieille à une autre qui a été bâtie depuis. (Ainsi on dit la cité de Paris, c’estl’ancien Paris. Maìs du discours enfin f harmonieuse adresse, Rassembla les humains dans les forêts épars, Enferma les citez de murs Çf de ramparts. Despr.) {La sainte Cité. C’est la sainte Jérusalem.) CITER, v. a. s Autorem laudare.) Alléguer, aporter quelquês passages d’Auteurs, oti quelques Auteurs graves. (Citer un passage d’Auteur. Pafc. I. 6. Volez tm peu quelles gens je vous cite. Pafc. I. 7.) CITER , v. a. [Diemdicere , vocare hz jus .1 Donner assignation pour comparoir , devant un Juge. í CITER, se dit aussi de l’ordre, qu’on donne aux chevaliers de Malte de se rendre dans cette Isle. Ost a cité à Malte tous les chevaliers. CITER , v. a. [Loquì de aliquo , nominare aliquem .] Parler de quelcun, le nommer, le désigner simplement. CITER son Auteur. C’est nommer celui de quî on tient une nouvelle. (Ne me citez point. Vouí pouvez me citer.) CITE'RIEUR, EURE , adj. [Citerior.) Qui est en deqà. Qui est de nôtre côté, & plus proche de nous. L’Inde citérieure est celle qui est en deçà du Gange. CITERNE, / f f Cistema .) < Réservoir d’eau de pluie pour boire. (Une grande citerne.) CITISE ,f m. [Cy t fus.) Arbrisseau dont il y a plusieurs espèces. CITOÏEN, f m. [Cìvis.) Ce mot se dit propra* ment en parlant des anciens citoïens Grecs & Romains , & veut dire, qui joúissoit du droit de bourgeoisie. (Ils le vinrent prier de leur rendre leurs citoïens qu’il avoir fait prisonniers. Abl. Arr. I. 1. J’e- spére de vous faire voir qu’Archias est citoïen Romain. Patru.)- CITOÏEN se dit aussi quelquefois des enfans qui composent la famille. De voir autour de fii croître dans fa maison, Sous les paisibles loix d’une agréable mère , Des petits citoïens dont on croit être père. Delpf» Voïez Bourgeois. t CITOUART, ZEDOUART, ou ZEDOIRË, Graine Aromatique, qui ressemble au gingembre, mais qui est de meilleure odeur & d’un goût moins acre. í CITRE , f m. Arbre d’Afrique dont le bois! sert à divers ouvrages. CITRIN, INE, adj. [ Citrinus .] Espèce de couleur jaune semblable à celle de citron. (Les urines des personnes faines doivent être citrines.) CITRON, f m. [Malum citreum , malum me - dicum .] Fruit de citronier, qui a l’éeorce ridée, raboteuse, de couleur d’or, & de bonne odeur. (Le citron mangé avec du sucre fortifie l’estomac. Le citron qui est mou, & qui à l’écorce déliée est bon , & il est meilleur que celui qui a l’écorce rude. Le citron qui a l’écorce épaisse a moins de jus que celui qui a l’écorce déliée. II y a des citrons aigres & des citrons doux. II y a des citrons à écorce & dont ost se sert pour confire. CITRON. [Citrinus .] Couleur de citron. (Cela est citron.) r $ CITRON. Bois de citron qui vient de l’Ameri- que, où on Papesse bois de chandéle , & qui a i’odeur & la couleur du citron, Ce bois est propre à Faim de beaux Ouvrages de tour & de Marquetterie, & prend très-bien lè poli. CITRONAT , f m. [Mali citrea particules saccha - r* circunteftœ .] Confiture faite d’écorce da citron. Tome I. E e @ * C’ejst 404 CÎV C’est aussi une forte de dragée, dans laquelle on enferme un morceau d’écorce de citron. CITRONNE', cttrwmie , adj. [Jus citrinum , liqunr citrinus.J Qui sent le citron. Qui a le goût de citron. Liqueur où l’on a mis du jus de citron. (Bouillon citronné. Tilanne citronnée.) CITRONNIER , / m. [ 'Çitrus , mains medìcaJ] Arbre qui porte les citrons, qui a les branches souples, couvertes d’une écorce verte, & garnies d’épines, qui pousse des fleurs blanches, & qui a des fruits en tout tems. (Le citronnier vient en pleine terre dans les païs chauds & tempérez. Planter, élever, cultiver des citronniers dans des pots ou en des caisses.) CITROUILLE , f- f- [Cucurbita major. ] Plante qui fait une tige qui traîne par terre , qui produit une fleur jaune , & qui porte un fruit froid & humide, rond , pesant & couvert d’une écorce lisse, verte & blanche du côté qu’elle pose à terre. f On dit au figuré, & dans le bas stile , en parlant d’une femme dont la taille est grosse & mal faite. C’ejì une grojse citrouille. CIVADE , fi fi Poisson d’étang , de mer , couvert d’une croûte , qui est de têt mou , & grand comme un doigt. ( La civade a le corps moucheté & plulieurs petits piez. Sa chair est douce , & lors qu’elle est cuite elle est rouge. Rond.) CIVADIE'RE , f f- f Acclivis ad proram mali vélum. J Terme de Mer. C’est la voile du mât de beaupré qui est fur la prouë. CIVE', fi m. Ragoût qu’on fait avec le dedans & quelques pièces d’un lièvre. • (f CI VER AGE , OU Avenage , font finonitnes dans le Dauphine. C’est ainsi qu’on upelle le droit que l’on paie pour le passage que le Seigneur acorde à ses sujets , & dont les Gentils-hommes font exemts. Mr. de BoiJJìeux , de f usage des fiefs , part. 1. cb. 67. 4 = CIVES , f f. pi- Petites pièces de verre taillées en rond , quon emploïoit autrefois pour la fabrique des vitres. CIVETTE , f fi Sorte d’herbe qu’on mange en salade. CIVETTE. [ Feles odorata. ] Animal qu’on trouve aux païs étrangers : il est gros environ comme un renard , il est agréablement marqueté de taches noires fur un fond brun , pu blanc obscur. Son poil est mou , épais, d’une odeur suave. Ses dents font âpres, & fa queue est fort longue. CIVETTE. [ Zibettœ odoramentum. ] Odeur très- agréable , renfermée dans une maniéré de bourse qui est autour des aines de l’animal qu’on apelle civette. Jonston. Mais Marmol croit que la civette n’est que Rôdeur qui fort du corps de la civette. Voïez là- dessus le Marmol d’Ablancourt , t. 1. I. i. c. 25. CIVIE'RE , fi fi [ Bracbiata crates. ] Instrument de bois propre à porter du fumier , des pierres & autres pareilles choses , qui a quatre bras , & est porté par deux hommes, ou qui a deux bras & une roue, & qui est mené par une feule personne. CIVIL , Civile , adj. [ Civilis. ] Qui regarde les peuples d’une même ville , d’un même païs. (Droit Civil Romain. La société civile, guerre civile.) CIVIL , civile. Qui n’est pas criminel. ( A faire civile.) Requête civile. [ Libellus supplex ad hnpetrandum ju- dicatœ litis novam disceptationem. ] Terme de Palais. C’est une voie de droit, par laquelle on fe pourvois contre les Arrêts rendus injustement, &c. Voïez Requête. Mort civile. [ Mors civilis. ] On apelle ainsi tout ce qui emporte un retranchement de la société civile , comme une condamnation aux galères , un bannissement perpétuel , &c. On le dit aussi de ceux qui fe retirent dans les Monastères , & qui ont renoncé au monde. CIVIL, civile. [ C omis , bumanus , officiosus. 1 Honnête, poli, qui a de la civilité. (II est civil, elle est civile.) 4 CIVILEMENT, adv. En matière civile, en pro- cez civil. On dit proceder civilement , poursuivre civilement. On dit qu’un homme est mort civilement lors qu’il a été privé des droits & des fonctions de la fociete civile , ou lors qu’il a embrassé la vie monastique. CLA CIVILEMENT, adv. [Civiliter , comiter , humant, ter , ojjftcìosè. 1 D’une maniéré civile., avec civilité, honnêtement. ( U m’a reçu fort civilement. 11 en a usé très-civilement avec eux.) CIVILISER 1 v. a. [Ad ojficii munus ìnstmete.] Rendre poli, civil, honnête. ( La conversation des Dames Fa un peu civilisé..) CIVILISER, [Causant ad cegnitimis ordmarU jadi. ciuni tnmsferre. j Terme de Palais. Rendre civile une afaire criminelle. On dit qu’un procès a été ci. vilifé. CIVILITE', j. fi L Comités , humanités , civilisas. ] La maniéré de ne rien faire , & de ne rien dire qu e d’honnête & bien à propos dans le commerce de l a vie. Maniéré honnête & civile. ( On doit traiter tout le monde avec civilité , user de civilité, enseigner la civilité. La civilité est diferente parmi les Nations. La civilité doit être naturelle, polie, % & judicieuse. Combler une personne de civilité. Faire mille civilitez à une personne. II mérite toutes les civilitez qu’on lui fauroit faire.) _ La civilité est un désir d en recevoir, & d etre estimé poli. La Rochesoucaut. CIVILITE'. [ Liber ad urbanisaient eruaiens.} Livre nui enseigne les régies de la civilité. (Une civilité Françoise. ) Messieurs de Port-Roial ont écrit de la civilité. CIVIQUE , adj. [ Corana civica. ] Couronne chi. que. Couronne de chêne qu’on donnoit a celui qui avoir conservé un citoïen, & tué en même tems un ennemi. On donna une couronne civique à Cicéron, parce qu’il avoir découvert la Conjuration de Catilìna. On donna une couronne civique à Auguste, qui à ce sujet fit barre de la monoie avec cette devise, [Ob cives Jervatos , ] c’est-à-dire , pour avoir sauvé les ci- teïens. CLABAUD , fi m. [ Clamosus canis. ] Chien courant dont les oreilles font si grandes qu’elles lui paf- sent le nez d’un demi-pié. Prononcez clabò. t CLABMjD. [ Stolidus , ineptus. ] Mot de la lie du peuple, signifie sot, mal-fait , gros fat. (Chien de coquin , quel clabaud est-ce là?) t CLABAUD. [Petasus in partem altérant depen- dens. ] Mot de la lie du peuple qui fe dit des médians chapeaux , & qui veut dire , qui baisse les bords. ( Son chapeau fait le clabaud.) f CLABAUDAGE, f. m. C’est le bruit que font plusieurs chiens qui clabaudent. t CLABAUDER, v. n. Aboïer frequemment. II ne fe dit que d’un chien de chasse , qui aboie ordinairement lans être fur les voies de la bête. f CLABAUDER , v. n. [AUatrare , oblatme.} Crier , criailler. ( Maint Dieu jaloux clabauda contre Phonneur du grand d’Avaux. Voit. Pois. Vous clabaudez en pédans fur des vétilles de Grammaire. S. Amant. C’est auílì un verbe actif. Que deviendrai-je , entendant les Libraires, Me clabauder , crier de concert , Deçà , MeJJleurs , achetez Eoijrobert ? Boifrobert, ép. 1.) t CLABAUDERIE , f. fi [ Clamor. ] Crialllerie, cris fatigans & ennuïeux. ( Toutes ces clabauderies ne font qu’étourdir les oreilles.) t CLABAUDEUR , f. m. [ Clamator. ] Criailleur, importun & fâcheux. Criailleur. Qui clabaude lors qu’il parle. C’est un franc clabaudeur.) CLAIE , fi f. [ Crates. ] Ouvrage de Vanier, qui est plat, qui est long de 4. ou 5. piez , plus ou moins, & large d’environ 3. ou 4. & quelquefois d’avantage, selon les choses dont on a besoin. ( Une claie à ne- téïer les habits. Une claie à faire sécher du fruit, comme raisins , prunes, &c.) Passer à la claie. Terme de Jardinier. C’est jetter avec une pêle de la terre pierreuse , contre une claie qu’on tient entre droite & couchée, pour faire passer la bonne terre au travers, & faire tomber les pierres au bas de la claie du côté du Jardinier, & ainsi la terre qui est passée & épierrée sert à faire un bon Jardin. _ Traîner sur la claie. C est une forte de iupiice que l’on exerce envers ceux qui font condamnez a mort, & qui ensuite font mis fur une grosse claie, & tirez publiquement par un cheval que conduit le bourreau. CLA Ce suplice fegarde plus particulièrement ceux quî ent été tue 7 , eu duel ou qui se sont tuez eux-tnêraes. stf CLAIN./w.C’eít une peine que le maître du bétail trouvé en dommage, doit païer. Auvergne, cb. 2g. art. 6 . Pierre de Fontaines frit souvent mention du clain dans son Conseil. Dansles Coutumes d’An- jou, & du Maine, le mot clain lignifie une plainte faite en Justice ; & dans la Coûtume de Nivernois, le clain, c’est l’amende dûë à la Justice pour la prise des bêtes en dommage. CLAïON , s. m. \_Cratitius orbis. Ouvrage deVa- nier. C’est un petit cerceau, au travers duquel il y a plusieurs brins d’osier entrelassez. ( Un clai'on à fromage, un claïon à pâtissier.) ff CLAIONNAGE -s m- On dit, faire un cláion- nage , quand on assûre fur des claies faites de menues perches , la terre d’un gazon en glacis, qui pouroit couler , ou s’ébouler par le pied fans cette précaution. Daviler. CLAIR, claire , adj. [ Clams , lucidus , rutilus. ] Lumineux , luisant. ( Le soleil est clair. Étoile claire. La lune est claire. Vénus est la plus claire de toutes les plan ettes. Une lumière claire. Un feu clair; c’est-à-dire, luisant, & qui n’eft pas mêlé de fumée.) CLAIR, claire. II signifie ce qui reçoit beaucoup de lumière. ( Ainsi l’on dit d’une maison qti’elle est claire , par opofition à une autre qui est obscure , & qui reçoit peu de lumière. On fait aujourd’huis les Eglises fort claires , au lieu qu’autrefois elles étoient fort obscures.) CLAIR , claire. [ Nitidm. J Net & poli. II se dit des corps dont la surface est unie, & qui réfléchissent beaucoup de lumière. ( Les miroirs d’acier font plus clairs que ceux de verre, parce qu’ils reçoivent un plus beau poli. Vaisselle bien claire.) CLAIR , claire, f Perktcidus. ] Net & poli, au travers duquel on peut voir. ( J’ai fait n’étéïer mes vitres , elles font fort claires.) CLAIR , claire , adj. [ Limpidus. ] Du Latin clarus. Net & qui n’a point d’ordure , ni aucune chose qui le trouble, ou Poblcurcisse. (Vin clair, eau claire.) Vue claire. C’est-à-dire, nette & distincte. CLAIR, claire. \_Perìucidus , rarus ,. tenui silo tex- tas .j Qui n’est pas épais. (Panier à claire voie. Toile fort claire. Les blez font clairs dans les champs maigres. Les arbres font clairs dans cette forêt.) f CLAIRE-SOUDURE , claire étofe. Les Potiers d’étain apellent de la forte, une espece d’étain, composé de plomb & d’étain neuf. On le nomme aussi bajfie-éiofie , & petite etofe. (f CLAIRE voie , c’est l’espace trop large des solives d’un plancher, des poteaux d’une cloison. f CLAIRE-VOIE. Terme de Manufafíure de lainage. II lignifie le jour qui reste quelquefois entre les fils de la chaîne, après que les draps, ou autres étofes de laine , lbnt travaillez en toile. On les nomme aussi Etntrebat. * CLAIR , claire. Ce mot se dit du strie , & il signifie qui est clair lans obscurité. (Voiture a le strie clair & aisé. On dit aussi une voix claire ; c’est-à- dire , nette , distincte , aiguë & pénétrante. Un son clair. Remplis bien ton sermon , n’y laisse point de vuide, Et que jusqu’à la fin il soit clair U solide. Vill.) * CLAIR , claire , adj. [ Manifestas , apertus.] Manifeste. ( Cela est clair, ía chose est claire.) * CLAIR , claire, s Clams , dulcidus , enucleatns. ] -Net & débrouillé. (Un droit clair, une question claire. Ses afaires font claires. C’est le plus clair de son bien. Les plus clairs deniers du trésor du Prince.) ' CLAIR , claire. [ Clarus , Ailucídus. J Un esprit clair, un jugement clair.) CLAIR, ado. [ Clarè. ] Clairement, distinctement, nettement. (Voir clair, entendre clair, parler clair.) * CLAIR. [ Enucleatè. ] Profondément. Avec pénétration. (II voit clair dans salaire dont il s’agit. Le Mait. II n’a pas vû bien clair dans cette matière. Patrie , plaid. 4.) ,* CLAIR. [ Parùm. ] Peu, en petite quantité. (Les véritables honnêtes gens font bien clair semez.) A CLAIR, adv. f Diffufiùm , di/ulum vinum. J Ce mot fe dit du vin , & se peut dire aussi de toute au- CLA 405 tre boisson qui n’est point trouble. ( Tirer du vin à clair. Porter du vin ou du cidre à clair.) CLAIR ifs». fClarita; , Jp’endor.] Clarté, lumière. ( 11 fait un beau clair de lune.) CLAIRE , s. f. Nom de femme. ( Sainte Claire. ) CLAIREMENT , adv. [ Distinfíè. j Distinctement- (11 entend clairement ce qu’on dit.) * CLAIREMENT. [ Perlucidè , nitidè. ] Nettement, fans embarras & fans obscurité. (II écrit clairement.) CLAIR-OBSCUR. f Co/or lucidité obscuro rite tempera- tus. J C’est la fience de placer les jours & les ombres. ( Entendre bien le clair-obfcur.) t§ C’est un principe de Peinture , qu’après les grands clairs, 11 faut de grandes ombres, qu’on apel- le des repos , parce que la vûë seroit fatiguée par une continuité d’objets brillans : ainsi les clairs peuvent servir de repos aux bruns , comme les bruns en servent anx clairs. Félibien dit dans ses Principes de l’Architecture & de la Peinture, que l’on dit un dessein de clair-obfcur , celui qui est lavé d’une feule couleur, ou bien dont les ombres font d’une couleur , & les jours rehaussez de blanc. On nomme encore ainsi certaines estampes en taille de bois, que l’on tire à deux fois , de même que des peintures ou des tableaux qui ne font que de deux couleurs, comme les frises de Polydore qui font à Rome. Quelquefois on dit le clair-obfcur d’un tableau , pour lignifier seulement la manière dont on a traité les jours, les demí-teintes & les ombres , & avec laquelle on a fçû répandre la lumière fur tous les corps. Ce font deux mots dont l’on n’en fait qu’un , à Limitation des Italiens , qui disent chìaroscuro. Baldinucci, dans son Vocabolario dell’arte de! disegno ., a dit que le cbia- roscure étoit une peinture d’une seule couleur, que l’on releve par le clair & par l’ob'scur de la même couleur ; pìttura d’un colore solo al quale jì da relìevo con cbiari e con obscuri del. color medefìmo. 11 ajòúte que le clair-obfcur est une demi-teinte plus ou moins claire ou obscure , qui se forme pourtant de la même couleur, &c. CLAIRET. [ Vinum rubellum. ] Cet adjectif se dit du vin ; & signifie qui n’est pas fort rouge. (Vin clairet.) Eau clairette. [ Claretum. ] 11 se dit de Peau de vie, où l’on fait confire des cerises avec du sucre & d’au- tres iágrédiens , & qu’on a exposé au soleil. CLAIRIE'RES. s fi pi- [Loca fiylva raris arboribus conjìtaf] Terme des Eaux & Forêts. Lieux dans les forêts qui font dégarnis d’arbres , ou qui n’y font gué- res touffus. CLAIRON , f- nt. f Acutìoris fini tuba.] Ce mot n’est pas fort usité, & il veut dire une forte d’instru* ment à vent qui fone clair, (s’affemblent avec des timbales & des clairons. Abl. Mar. t. 1. Tout le Palais retentit dé clairons, De fiâtes , de hautbois , de rustiques musettes , Et l’on rientend aux environs Que des tambours £Vf des trompettes. Perr. grisclidis.) CLAIRON. [ Tubarum ordo fini acutioris. ] Ternie â’OrganiJie. Jeu d’orgues harmonieux qui réprésente le bruit d’un cornet. f CLAIRON. Les Marins donnent aussi ce nom à un endroit du ciel, qui paroît clair dans une nuit obscure. ' CLAIRVOIANCE , fi fi [ Perfcicacia , perfiica- ciu>. ] Discernement par lequel on voit la fin des choses , & on en prévoit les conséquences. * CLAIRVOïANT , claìrvozante , adj. [ Perfiicax, lynceus. ] Qui a de la pénétration, du discernement pour savoir les choses & leurs suites. ( Un esprit clair-voïant. II est clair-voîant dans les desseins de ses ennemis.) ch CLAM- C’est le plus petit des poids, dont on se serve dans le Roïaume de Siam. II pèse douze grains de ris. f CLAM. s.m. Monoïe de compte, qui vaut environ sept deniers de France, A Siam, à la Chine, & en plusieurs autres pais de P A fie, les monoïes d’argent» ou du moins les morceaux , " d’argent qui y servent, de monoïes , y servent aussi de poids. f CLAMESL s- m. Sorte de petit acier commun, qui vient de Limousin, fif CLAMEUR, s-fi- On trouve ce terme en deux E e e j endroits 406 CLA endroits de la Coutume d’Auvergne , tit. 2g. art. 6. & 12. il signifie amende, de même que. clam dans celle de Nivernois, & qui eft , félon Coquille, une amende de vingt deniers, quand on sc plaint d’une simple faute , non qualifiée. 0' CLAMER- Vieux mot. Le Blason des folies amours : Vojìre grande famé Par tout Je clame. Dans la Coutume de Lille , clamer veut dire saisir le bien de son débiteur. Voïez Ragueau , Indice , & le Dictionnaire de Mr. Du C ange J'ur Villehardouin .. Cla- mer ; dans la Coutume de Bretagne , clamer j’on garent , c’est nommer celui de qui l’on tient une chose qui a été dérobée ; & dans plusieurs Coutumes , c’cst saisir & arrêter une chose. Clamer en Cour s dans B article 406. de la Coutume d’Anjou, c’est apeller a la Cour Supérieure , & s’y pourvoir. CLAMEUR, f / H vient du Latin clamor, 6c il sc dit très-peu au singulier. Clameur signifie de grands gris. (.Faire de vaines clameurs. Remplir tout de clameurs. Le M ait. plaid. 11 s le demandèrent plusieurs fois en plein théâtre avec de grandes clameurs, pour fexpofer aux lions. Traduction de S. Cyprien , préface.) CLAMEUR publique. [ Clamores .] C’est une émeute du peuple contre une personne qui fait un crime de- Mnt tout le monde. Voïez Ragueau , dans Jbn Indice. CLAMEUR de haro , s. f. [Appelìatio adprincipem ad opem in lite ferendam.J Terme particulier de la Coutume de Normandie , qu’on voit dans les Lettres de Chancélerie. Nonobstant Clameur de haro , Chartre Normande , &c. Ces mots signifient une plainte , & une demande qu’on fait de Laide du Prince contre la force & l’opreflìon d’autrui. (§ La clameur du haro , n’est connue que dans la Province de Normandie. Je croiois d’en trouver l’o- rigine & la pratique dans le Commentaire de Lainage fur la Coutume de cette Province : mais il en parle fort fuccintement. 11 est certain que clameur vient du Latin clamor , q tri signifie une plainte , ou, selon le langage des Praticiens, une complainte formée en justice contre l’injustice ou la violence : ainsi la clameur du haro est une plainte par laquelle on apelle la justice à son secours contre la violence & la voie de fait, dont celui qui la commet, doit s’abstenir au seul mot de haro, à peine d’être puni comme d’un attentat. Le haro a lieu aussi bien en fait de crime, comme en matière purement civile. Quelques-uns le dérivent de Harold, Roi de Danemarc , qui embrassa la Religion Chrétienne en 826. & qui étoit très-apli- qué à rendre la justice. D’autres disent, que haro est composé de Aa Rou , qui veut dire aidemoi , parce que Rou, fils de Guyon, Seigneur de Danemarc, régna dans la Normandie, & y rendit la justice très-exacte- ment. D’autres prétendent que c’est au Duc Raoul que l’on s’adressoit contre les injustices ; & que de là est venu la clameur du haro. Pithou , fur la Loi Sa- liqu.e , le dérive de harouenna. Enfin Cascneuve & Ménage croient que haro est dérivé de la langue Thioife, & que le cri du haro est plus ancien que le Duc Raoul ou Rollo ; il cite le Glossaire de Raton qui vivoit du teins de Pépin, & où il dit, clamat , harcet, clamamus , haremées. CLAMP, f m. Terme de Marine. Piéce de bois qu’on aplique contre un mât ou contre une vergue pour les fortifier & empêche que le bois n’éclate. Acad. Fr an q. f CLAMP, ou clan de mât. C’est un demi-rond dans une mortaise apellée encornail, qui est au ton du mât. Ce demi-rond est fait dans le bois du même mât, & c’est là que passe l’étague. II y a deux clamps au grand mât de hune, parce qu’il y a deux étagues, ou une étague & une guinderesse : mais aux petits mâts il n’y en a qu’un. t CLAN, ou GLAND , f. m. Terme de Parch,emi- nier ,qui signifie un instrument de bois, qui sert à arrêter au haut de la herse, les peaux de parchemin en cosse, ou en croûte, qu’on veut raturer avec le fer fur le sommier. CLANDESTIN , clandestine , adj. [j Clandefli- nw.J Caché, secret, & qui n’est pas divulgué. (Mariage clandestin. Abl.) CLA CLANDESTINEMENT, adv. [Clandestine) DW maniéré sécrété, & qui ne sc découvre pas, ql ,W divulgue pas. (Se marier clandestinement. Le Maît'ì CLANDESTINITE',//: [Occulté contrastant) Ce mot n’est usité qn’en terme de Valais, & il signifie u manque de formalisez nécessaires qui rend une cho sc clandestine. ( La clandestinité d’un mariage ìë rend nul. ° CLANS , / m. Terme de Charpenterie. Ce font les bouts de pièces de lièvre qui font sous les porteíots pour a tacher les rebords & bordages des bateaux son. cets & autres. Acad. Fr. CLAPET , / m. Terme de Mécanique. C’est une espèce de petite soupape, qui se lève & sc baisse par le moïen d’une simple charnière. (Une pompe à simple clapet. ) CLAPIER, glapier , / m. [ Strucíile ìatibulum. ] Quelques-uns prononcent glapier , & écrivent clapier. On croît qu’on doit écrire & prononcer clapier, qui est le lieu où l’on nourit les lapins. ( 11 faut entrer dans le clapier , & prendre deux ou trois lapins. 11 y a toujours la stérilité autour des clapiers. Quint. Jar. dins, t. 1. I. 232.) CLAPIER,/ m. [Cuniculi domesticì.~] Ce mot se dit aussi pour signifier un lapin de clapier, qui est en quelque façon aprivoifé , & qui ne jouit pas de la liberté des champs, comme le lapin de garenne, & ceux qu’on apelle buissonniers. Le clapier n’est pas, à beaucoup près , fi bon, ni si friand que le lapin de garenne, & on ne mange guère aux bonnes maisons de ces clapiers ; c’est pourquoi l’on se moque d’un homme qui en faifoit manger à d’honnêtes gens qu’il traitoit. Je riois de le voir, avec fa mine ètique, En lapins de garenne ériger nos clapiers ; Et nos pigeons cauchois en excélens ramiers. Despr. fat. ;.) CI.APIR, v. n. [ Gannire .] 11 se dit des lapins, & signifie faire un cri qui leur est naturel, & qui les distingue des autres animaux. (Le lapin clapit. Les lapins commencent à clapit. J’entens clapit les lapins.) 4 = Se clapìr , c’est sc blottir, se tapir, sc cacher dans un trou. U sc dit particulièrement des lapins. + CLAQUE , / / [Palma percujfo .] Coup qui fe donne avec la paume de la main & qui fait du bruit en le donnant. (Donner une claque fur la fesse,) 4 = CLAQUEEOIS , / f. Sorte d’instrument de Musique avec un Clavier, dont les 17. touches répondent aux 17. bâtons de cet Instrument grossier. CLAQUEDENT , / /. [Mendicw , mendicabulum .] Claquement de dent. Fréquente agitation des dents, qui est involontaire, & qui vient de froid, de peur, &c. 4 - CLAQUEDENT, fe dit aussi d’un homme qui ne fait que parler fans savoir ce qu’il dit. Ce n’est qu ua claquedent. CLAQUEMENT , / m. [ Crepitus. ] C’est le bruit que font les choses qui claquent , comme les mains les dents, les os , un fouet, & tout ce qui frapelait avec violence. t CLAQUEMURER, a. [Includere, coenm.ì Renfermer. f Se claquemurer , v. r. [ Includere se. ] Se reflet- rer, sc renfermer, sc borner d’une maniéré qui rabaisse. Que vous joiiez au monde un petit personnage , De vous claquemurer aux chójìs du ménage. Mol. fem. fav. a. 1. sc. CLAQUER , v. ». [ Manibm plaudere. ] II ledit des choses qui frapent l’air avec violence , S font quelque bruit. (Claquer des mains , claquer des dents, &c. ) II se dit en particulier d’un fouet dont on e sert à fouetter les chevaux & d’autres bêtes, <& t bruit que fait ce fouet lors qu’on le remué fortemen & vite dans l’air. ( Cocher qui fait claquer sonsoue ■) f CLAQUER , v. a. [ Palma ; percutere. ] Donner des claques. (Elle lui a claqué les fesses.) J * Faire bien claquer son fouet. [Sibi nomen faceje.j C’est-à-dire , faire du bruit dans le monde , y t aue de l’éclat , y faire parler de foi à cause de quelqu- qualité , ou autre chose. ( Elle fait bien claquer CLA (f Faire claquer la rose. Espèce de badinage, dont autsefois on tiroit un bon, ou mauvais augure du succès de ses amours. Anacréon, ode 53. après avoir loué la rose par diférens endroits, dit que c’est elle qui nous fait juger du succès de nos amours, par le bruit que nous faisons avec les feuilles, lors que nous les frapons fur nos mains. Le jeu consiste à fermer la main, en laissant un petit vuide, au-deílus duquel on aplique une feuille de rose, ou quelque autre feuille d’arbre, sur laquelle on frape avec force de sautre main , & le bruit, que l’on fait, cause plus ou moins de plaisir, selon qu’il est grand ou médiocre, f CLAQUET ; voïez Cliquet. CLARIFICATION, //. [ Clarification diluendi ratio. Terme d ’Apoticaire. L’action par laquelle on rend une liqueur claire. L’état clair & net de quelque chose. ( La clarification d’un sirop. La clarification arrive à de certaines liqueurs par le seul repos. Chant*, Pharm. I. 1. c. 31. La clarification fe fait pour l’ordinaire par l’ébulition , la defpumation & la fil- tration.) f CLARIFICATION, se dit aussi du sucre ; elle se fait ordinairement avec les blancs & les coquilles d’œufs battus ensemble dans de l’eau de chaux. CLARIFIE', clarifiée. [ Dilutus, iUuJiratus. J part. CLARIFIER , v. a. [Lìquorem dilucre .2 Ce mot fe dit des choses liquides, & il signifie rendre clair U net. (Clarifier un sirop.) CLARINE, / f [Vaccinum tintinabulum .1 Sorte de petite clochette qu’on pend au cou des vaches qui paissent dans les forêts. CLARINE', clarifiée. [ T'mtìnabulum càtlo vaeca fujsnjìtm.] Terme de Blajan. II se dit des animaux qui portent une clochette. CLARTE',/ / C Clarisas, ftlendor, sulgor.'] Lu- mi ère, chandéle alumée. Feu alumé. (La clarté du soleil, de la lune ou des étoiles. La clarté des flambeaux , du feu , &c. Faire aporter de la clarté. Demander de la clarté. Ce mot vient du Latin clarìUi. La vué toujours sombre aime P obscurité, Mais la feule vertu peut Jbufrìr la clarté. Despr.) CLARTE'. [ PerJjiicuiUi , nitor.J * Netteté, beauté. (La clarté du stile est une des premières qualitez du discours. Vaug. rem. La clarté de son teint n’est pas chose mortelle. Malk. Po'éJ .) (f On ne dit point clairté , quoiqu’on l’ait dit autrefois. Desportes : Que luisert la clairté ,slmn pour Vacuser , Et la rendre confuse en votant tant de vices ? Celui qui a donné au public les nouvelles remarques de Air. de Vaugelas, veut que l’on dise clairté; il en alégue d’assez bonnes raisons : mais on lui opose l’usage. £ Jouir de la clarté du jour , c’est Poétiquement être en vie, vivre. CLASSE ,f f. C ClaJJÌs.ï Ce mot signifie le rang où l’on met chacune de diverses choses entre lelquel- les on fait distinction. (On range les corps naturels en diverses classes, des métaux, des minéraux, des végétaux , des animaux, &c. II fe dit aussi des personnes. , H CLASSE. Terme de Marine. C’est un ordre établi en France pour faire trouver les matelots par années ; ou une division de tous les gens de mer des provinces maritimes de France, qui sont enrôlez & distribuez par partihs, qu’on apelle classes. Ces classes ont été formées pour faciliter les armemens du Roi, fans interrompre la navigation des particuliers , comme on étoit souvent obligé de faire avant l’établisse- mont des classes. CLASSE, f f. [ Scbola , auditorium. ] Lieu dans un colége , où à une certaine heure fe trouve un régent qui enseigne des écoliers durant un certain teins prescrit. (Les basses classes , & les hautes classes d’un colége. Ce mot de clajje fe prend quelquefois pour tous les écoliers d’une classe. Toute la classe a demandé congé au régent. On dit aussi, pendant mes classes j pour dire , pendant que j’ai étudié au colége.) * CLASSE. [ Classes .] Ce mot se dit des Auteurs, 61 veut dire, rang, ordre , où l’eftime publique met les ouvrages de certains Auteurs. (Ablancourt, Pascal, Vaugelas & Voiture, sont des Auteurs Franqois d« la première classe.) CLA 407 * CLASSE. [ClaJsesJ] Terme de Crocheteur. Endroit où s’assemblent d’ordinaire les crocheteurs d’un quartier pour attendre des gens qui les emploient. CLASSIQUE, adj. {fciajjìcus .] Auteur qu’on enseigne dans les classes. Auteur qui est dans le rang des plus considérables, & qui mérite le plus d’être pris pour modèle. (Cicéron, Térence, Horace & Virgile, font des Auteurs classiques Latins.) CLAUDE , f m. [ Claudius. ] Nom d’homms. (Claude Seissel a écrit assez mal quelque chose de l’Hi- ftoire de Louis XII.) CLAUDE,// Nom de femme, (Claude fille de Louis XII. fut fiancée à l’âge de sept à huit ans.) CLAUDINE , / / [ Claudina. ] Nom de femme. (La fameuse Claudine, femme de Colletet est morte à l’Hôpital.) , CLAVEAU , / m. [ Pusitla , sacer ignis.J Maladie qui vient aux brebis en forme de petits boutons, & qui les fait souvent mourir, à moirts qu’elles ne soient bien pensées. Borel dit, que selon quelques-uns, ce mot vient de clades, à cause du ravage qu’il fait dans un troupeau : mais son sentiment est, qu’il est dérivé de cla~ vel , terme qui lignifie , dans le Languedoc , un clou, parce que les bêtes qui en meurent, sont toutes couvertes de tacites qui ressemblent à des clous. Messieurs de l’Académie disent aussi clavelée. CLAVEAUX. [Cunei.] Terme à’Architecture. Pierres qui serinent le dessus d’une porte , ou d’une fenêtre quarrée ou d’une corniche. C’est (dit Daviler) une des pierres en forme de coin qui sert à fèrmer une plate-bande. Claveau à croffette. Celui dont la tête retourne avec les assises de niveau pour faire liaison. (f Félibien explique ainsi les claveaux : ce sont (dit-il) les pierres qui forment le dessus d’une porte, ou d’une fenêtre quarrée, ou d’une corniche ; lorf-que ces portes ou ces fenêtres sont en arcades , ces mêmes pierres s’apellent Voufsoirs. La pierre qui porte fur des colonnes ou pieds droits , fe nomme Sommier. Comme les claveaux sont d’ordinaire taillez en plusieurs cotez, on donne à chaque côté diférens noms, de même qu’aux voussoirs. CLAVECIN, / m. \Organum majus fidibus inten- tum.J Instrument de Musique fort harmonieux, qui a des cordes de léton , qui a cinq pieds trois pouces d« long & deux pieds trois pouces de large vers le clavier , qui est d’ojdïhqire plus large à un bout qu’à l’autre , & qui a ce bout qui est le plus large , a un, deux & quelquefois trois claviers. Le clavecin est aussi un instrument de Musique quarté qui a deux claviers à chaque bout. (Toucher le clavecin.) {§ CLAVELE'. Rabelais a dit dans son Panurge, liv. 3. ch. 22. en parlant de Raminagrobis : II ejì par la venirebeuf hérétique, je dis hérétique formé , hérétique davelé , hérétique brklable. Et on lit dans la Satire Ménippée , Ladres clavelez ; C’est-à-dire , ateints de lèpre, & de cette maladie ordinaire aux bêtes à laine , qui fe communique aisément de même que l’hé- resie se glisse entre les personnes qui fréquentent un subtil & dangereux hérétique. CLAVETTE, / / [ Clavicuìa .] Morceau de fer qui passe au travers d’un boulon, d’une cheville de fer, ou d’autre pareille chofc, & qui sert à arrêter ce boulon, cette cheville, ou cette chose. Les Imprimeurs apellent clavettes ce qui leur sert à monter & à décendre le grand sommier de leurs presses. 4 = CLAVETTE. Les Ouvriers fe fervent de fer, pour tourner les métaux. Ils nomment aussi clavettes les petits coins de fer, avec lesquels ils serrent les poupées & les fuports fur les jumelles du tour. Les Tourneurs en bois leur donnent le nom de Clefs. 4 - CLAVETTE. Terme de Relieur. C’est un petit instrument de cuivre, dont les Relieurs se servent pour arrêter par dessous la table du cousoif, les ficelles qui doivent faire les nervure» des livres qu’ils relient. CLAVICULE,// [ Clavicuìa .] Terme A’Anatomie. Os tortu & inégal qui lie l’épaule au brichet. CLAVIER, f m. [Organi mujtci pinnœ .2 Terme de Lutier. Rang de touches de certains instrumens de musique, qui sont mises selon l’ordre de la musique, Sc qui entrent dans le corps de l’instrument. On les apelle touches parce qu’on pose les doigts dessus lors qu’on veut jouer, & pour le clavier on le nomme de la forte à cause qu’il contient toutes les clefs de la mu- \ 408 CLA musique. Un clavier d’orgue, d’épinette, de clavecin, de vielle, de manicordion, & de harpe ; niais celui-ci n’est pas semblable aux claviers des instrumens de musique. , CLAVIER. [Claviarius.] Chaîne de métal garnie de son anneau & de son crochet, dans laquelle on passe les clefs qu’on porte pendues au côté. 4 CLAVIER, s. m. [ Claviger .] Dignité de quelques ordres Militaires. Voie/ Flechier, vie de Ximenes. CLAUSE,//- Prononce/ close. II vient duLatin clausu/a. Terme de Notaire. Article de quelque contrat, contenant quelque convention. (Clause claire, nette intelligible, pure & simple. Clause obscure, ambiguë, embrouillée. La donation porte une clause mal aisée à expliquer. Examiner, comprendre, éclaircir, expliquer une clause. Patru , plaid. Contrat qui porte une clause avantageuse. Patru, plaid. 12. Examiner la clause d’un contrat. Patru, plaid. 3.) (g Les clauses que l’on infère dans les contrats & dans les testamens, font souvent naître de grandes di- ficulte/, parce que souvent les parties contractantes & les Notaires n’en connoissent pas l’éfet. Les clauses inutiles ne donnent aucune ateinte à Pacte qui subsiste, dans le reste de ce qu’il contient. Les dernières clauses dérogent aux précédentes, si ce n’est lors que le droit est aquis à quelcun. Les clauses résolutoires, sont celles qui emportent la nullité de la convention, quand elles ne sont pas acomplies & exécutées dans toute leur étendue : il en est de même des clauses pénales , qui produisent leur éfet par l’inexé- eution de la convention ou de la condition. Les clauses comminatoires, sont celles qui ménacent seulement, & qui ne produisent leur éfet qu’après avoir été apurées par un jugement qui met en demeure d’exé- «uter ce qui a été convenu ; ainsi la stipulation de pouvoir racheter le fond que l’on vend , dans un an, plus ou moins, ne laisse pas de subsister pendant trente années, si l’acheteur, après le terme expiré, ne fait prononcer que le vendeur rachètera dans un délai le fond, autrement il fera déchiî du bénéfice de la clause. Clauses dérogatoires. Elles fervent souvent à autoriser la surprise & la suggestion d’un testament, quoiqu’elles n’aïent été inventées que pour prévenir ces mêmes inconvéniens. Un testateur craignant ou la violence, ou la surprise d’une femme ou de ses parens, déclare dans son testament, qu’il entend qu’il soit exécuté comme étant sa _ véritable dernière volonté, U qu'au cas qu’il en faste quelque autre dans lequel ces mots, Mon Dieu soie/ à mon aide, ne soient p4i rapellez, il fera nul de nul éfet , ( comme n’étant point l’ouvrage de fa libre volonté. On énonce la clause dans les termes que l’on veut choisir. Souvent cette précaution est suggérée, comme Pinstitution ainsi il est dangereux de s’y atacher trop scrupuleusement. Clauses codicillaires. Les Notaires finissent très-souvent les îëstamens par cette clause, voulant ledit testateur, que le présent testament vaille, méme comme codicile. L’éfet de cette clause est de convertir le testament en codicile, lors que par quelque défaut qui se rencontre dans le testament, il ne peut plus subsister dans fa forme, & on lui donne le nom & la force d’un codicile, pourvû qu’il ait les conditions requises pour la validité de ces sortes d’actes. Les dificultez que la clause eodicillaire a fait naître très-souvent, Pont extrêmement décriée, & l’on y a peu d’égard à présent. Si la nullité est dans la volonté, le clause eodicillaire reste inutile, parce qu’il exige, de même que le testament, une volonté libre & certaine : mais si, par exemple, il y a un ou deux témoins des sept qui doivent atelier un testament, dont le témoignage est rejette le testament vaudra comme codicile , puis qu’il reste cinq bons témoins qui fuissent pour la validité des codiciles. * CLAUSE. [/?«, conditio, caput.] Chose. Condition principale. L’aurore obtint que Titon fût exemt de la mort, mais'elle omit la clause principale d’empê- cher l’âge & ses fâcheux progrès. Benser. rondeaux .) CLAUSOIR, s m. Terme de Maçonnerie. Petit carreau ou boutissc qui ferme une assise dans un mur continu, ou entre deux pieds-droits. CLAUSTRAL, claustrale , adj. [ Canobiticuf. 1 Prononcez clostral. Qui est de cloître. (Prieur claustral. Dignité claustrale. Les lieux claustraux doivent être considérez. Les ofices claustraux. La discipline claustrale.) CLE CLE'CHE', E'E , adj. [ Claviculatus , foratu I Terme de Blason. Ouvert à jour, ou percé en façon de la piece qui charge l’écu. Par exemple, une crost paroît comme si elle etoit chargé d’une autre croix de même email que le champ de Pécu, ou comme íì 0 n voioit le champ à travers ses fentes ; c’est-à-dire (Me les quatre extrémité/ de la croix sont arrondies, & f» présentent la forme des anciens anneaux de clefs" (Les Comtes de Toulouse portent d’or, à la croix vui dée, cléchée & pometée de gueules.) CLEF , s s- D u Latin clavis. Prononcez clé St même on le peut écrire fans f. Instrument de fer avec quoi on ouvre les serrures des coites, des portes & autres choses qui ferment à clef. Au reste, la clef est composée d’une tige, d’un anneau, d’un panneton, des garnitures, des dents & d’un rouet. (Fermeràlaclef Jouer à la clef.) fg Félibien dit quelque chose de plus. Une clé est composée de trois principales parties, scavoir de la tige, de la panne ou panneton, & dé Panneau. Quelquefois le bas de la tige qui tient à Panneau est orné d’une moulure qu’on apelle embase, ou de quel- que autre maniéré. Le panneton est aussi fendu & ouvert de diférentes sortes pour passer les roiiets, de même que le museau du panneton, où sont marquées les dents. On fait auíli Panneau en diverses manières : il y en a que l’on nomme à cuisse de grenouille. Les clés des ferrures benardes ne sont pas forées par le bout ; elles ont une hayne dans le panneton, qui les empêche de passer outre dans la serrure. Laurentius Molineus a fait un traité des clefs imprimé à Upsal. Fausse clé. [Clavis adulterina.] C’est une clé qu’on a contrefaite pour ouvrir la serrure d’une chambre ou d’un cofre, à l’insçû de son maître. Une clé fausse , ou forcée. [Clavis corrupta, vitia - ta.] C’est une clef qu’on a rompue, ou dont on a gâté quelque partie en la voulant tourner avec trop de force. * CLEF. [Regni claufirum.] Lieu par où l’on entre dans quelque pais, & qui ferme en quelque façon ce pais à ceux qui en sont dehors. (Calais est une des clefs du Roïaume. Pignerol est la clef d’italie. Considère que nous tenons les clefs de l’Asie & de l’Eu- rope. Vaug. Quint. Curt. I. 7. cb. g.) * CLEF. [Adìtiul] Ce mot a encore d’autres sens au figuré. (Exemples. J’avois mis les clefs de mon ame en la garde de ce voleur. Voit. Pois C’eít-à-di- r«, je lui avois donné un libre accès dans mon cœur. La clef du cofre sort [f des cœurs, c’est la mimt. Que st ce n’est celle des cœurs, C’est du moins celle des faveurs. La Font.) * Jetter les clefs fur la fosse. (Hœreditatem repeSi • re.] C’est renoncer à la succession d’une personne, Í iarce-qu’elle doit trop. (On dit qu’un prisonnier a a clef des champs, lors qu’il est en liberté.) (g Monstrelet raconte, part. 1. cb. 17. que Philippe , Duc de Bourgogne , étant mort à Hal, h renonça la Lucbesse Marguerite sa femme à ses biens meubles , pour la doubte qu’elle ne trouvast trop grands debtes , en mettant fur fa réprésentation fa ceinture, avec fa bourse , les clefs , comme il est de coutume. CLEF. [Notarum mustcarum intelligentm.] Terme de Mustque Marque qui sc met au commencement de chaque ligne de livre de musique , & qui enseigne que sur la ligne où elle est, on dit toujours la même note. Ainsi fur la ligne où est la clef de/«, on chante toujours un fa. 11 y a trois clefs dans la musique, la clef de/«, desol, & élut. H CLEF. On donne aussi ce nom à divers instrumens , qui, quoiqu’ils ne soient pas de véritables cleiS, servent à ouvrir, serrer, fermer, &c. des vis, des chevilles, des pignons, & autres telles pièces. f CLEF de meute. On apelle ainsi fig. un excellent chien, qui releve les défauts des autres chiens de la meute, acoûtumez à le suivre. f On apelle aussi fig. clef de meute, un homme qui dans une compagnie entraîne ordinairement les autres dans ses avis. CLEF de voûte. £ Clavis fornìcU. ] Terme d ’ Archi- teliure. C’est la pierre du milieu & du haut d’une voûte, & qui étant plus étroite en bas qu’en haut, preíle & afermit toutes le* autres pierres qui composent ì« voûte. „ fg CI S CLE if CLÉ' de bossage , est celle qui a plus de àîîliê que les clavaux ou voustbirs , & où l’on peut tailler de la sculpture. Clé passante , celle qui traversant Par- chitrave , & même la frise , Fait un bossage qui en interromps la continuité. Clé à crojsettes , celle qui est potencée par en haut avec deux crossettes , qui font liaison dans un cours d’asssses. Clé pendante , & sautante , c’est la dernière pierre qui ferme un berceau de voûte, & qui exerce le nû de la doùelle dans fa longueur. Clé de poutre , c’est une courte barre de fer dont on arme chaque bout d’une poutre , & qu’ost scelle dans les murs où elle porte. Clé de charpente* rie , c’est la piéce de bois qui est arcboUtée par deux décharges pour fortifier une poutre. Clé de menuiserie, c’est un tenon qui entre dans deux mortaises , colé & chevillé pour l’aflemblage des panneaux. CLE' de prejsoir. f Cochlea, ] C’est lavis qui le ferre & qui le tient fermé. Les clefs d’une poutre. [Fibula .] Ce font des chevilles de fer qui fervent à arrêter la poutre dans le mur» CLEF. [ Clavus ligneus. ] En terme de Marine , est une grosse cheville de bois qui joint un mât avec l’au- tre vers les barres de hune , & qu’on ôte à chaque fois qu’il faut amener le mât. f CLEF des ejìains. Terme de Marine. C’est une piéce de bois triangulaire qui fe pose fur le bout des estaìns, & qui les entretient avec l’étambord. On dit aussi contre-fort. CLEF de mousquet. [ Clavìcula .] Terme à’Arquebusier. Morceau de fer qui fait aller le serpentin du mousquet. CLEF de pistolet. C’est une piéce de fer percée en quarré qui sert à bander le pistolet, l’arquebuse, &c. CLEF de montre. C’est la piéce percée en quarté que l’on met au bout de l’arbre de la fusée , par le moïen de laquelle on bande le ressort de la montre. * La puissance des clefs, s Poteflus clavium. J Terme de Théologie. C’est la puissance d’ouvrir & de fermer le Paradis, de lier & délier , de condamner & d’ab- soudre, que Jésus-Christ donna à ses Apôtres. f La clef. [ Clavis. j] Ce mot se dit aussi en parlant de livres, & il signifie avoir de l’intelligence des véritables noms des personnes que l’on a cachez fous d’autres. ( Ainsi l’on dit, il faut avoir la clef de Rabelais pour entendre bien la plupart de ce qu’il dit.) II lignifie aussi la connoissance des choses particulières qui font dans un livre. Savoir la clef des épîtres deSaumaise, deScaliger, ou de Casaubon , &c. C’est savoir tout ce qu’il y a de plus caché dans ces épîtres.) Avoir la clef des caractères de Mr. de la Bruyère. CLEF de forme de Cordonnier. [ Clavus ligneus. ] C’est un morceau de bois qu’on fourre dans une forme brisée pour élargir le soulié. CLEF d’embouchoir. Morceau de bois que le Cordonnier met dans l’embouchoir pour élargir les botes. CLEF d’étau. f Clavus ferrew. J Morceau de fer avec quoi on ferre l’étau. CLEF de viole. Morceau de fer avec quoi on fait aller la viole. CLEF à vis. Morceau de fer qu’on met dans la tête des vis pour les serrer quand on monte un bois de lit, une armoire , &c. f CLEF. Terme de Tourneur. C’est une efpece de coin de bois, d’un pied de longueur & d’un pouce d’épaisseur , qui entrant dans une mortaise ménagée à la queue des poupées , les affermit fur les jumelles , par dessous lesquelles ces clefs font placées. í CLEF Terme de Blason. II y a des clefs posées en pal, en sautoir, ou couchées, ou adossées, selon la disposition des pannetons. Le Pape porte deux clefs passées en sautoir. $ CLEF. On apelle gentìls-hommes à la clef d’or , certains Officiers de la Cour de l’Empereur, ou de quelques autres Cours , qui ont droit d’entrer dans la chambre du Prince , & qui portent une clef d’or à leur ceinture, pour marque de ce droit. CLE'MATÍS , f. f [ Vinea pervinca. ] Plante mé- decinale , qui est la même chose que la pervenche. CLE'MATITE, f f. [Clématite.] Plante qui jette quantité de sarmens semblables à ceux de la vigne, & qui ressemble à la morelle. C’est aussi une espèce d’aristoloche. CLEMENCE, f f II. vient du Latin clementia. C’est une vertu qui porte à la douceur. ( La clémence CLE 409 est!a vertu des Rois. Abl. Le regard favorable díi Roi donne la vie , & fa clémence est comme la pluie de l’arriére saison. Port-Royal , Prov.de Salom.cb. 16, J’userai de clémence envers qui il me plaira. Ëxod. 5 ;. Implorer la clémence du Souverain. Abl. Luc. Traiter quelcun avec clémence. Les qualitez de la clémence font d’ètre grande , singulière, extraordinaire, admirable , illustre, &c.) ís C’est avec raison que le P. Bouhours trouve dé la noblesse dans cette pensée de Cicéron ; il défendoit Ligarius, & il dit à César, pour exciter sa clémence ; Vous n’avezreqû rien de plus grand de la fortune , que le pouvoir de conserver la vie, ni rien de meilleur de la nature, que la volonté de le faire. CLE'MENCE. [ 'Clementia ,] Nom de femme. Louis Hutin Roi de France , épousa en secondes noces Clémence de Hongrie, qui acoucha d’un fils postume qu’on apelìa Jean, & qui ne fut Roi que huit jours» Jiisi. de France. CLE'MENT, adj. [Clemens.J Ce mot vieillit un peu, & il signifie qui est porté à la clémence. (Le Roi est clément.) CLE’MENT, f m. [Clemens.J Nom d’bomme qui a été donné à plusieurs Papes. Clément VIII. s’npelloit auparavant Hipolite Aldobrandin', & étoit Docteur en Droit. II étoit de Florence. Sca/ig. Ce fut fous Clément IX. qu’arriva la paix de l’E- glife qui dispense de croire le fait de Jansenius , & qui n’oblige là-deffus qu’à un silence respectueux. CLEMENTINES, f f. [Pars Jute Canonicì ex Consiitutionibus Clemeníis Papœ conflati.] Terme de Droit Canon. Les Clémentines font composées des Décréts du Concile de Vienne , où le Pape Clément V. présidoit, & des épîtres ou constitutions de ce Pape. CLENCHE,/ f [. Pejsulus .] C’est le loquet ou le battant d’une porté. CLEPSIDRE, / / [ Clepjydra. ] Ce mot qui vient du Grec fignifioit autrefois une horloge qui me- suroît le tems par la chute d’une certaine quantité d’eau , Ail se dit à présent par abus du mot, d’une horloge à fable , qu’on apelle auffi fable ou poudrier. ff La clepsidre étoit une espèce d’horloge dont les Grecs & les Romains se servoient pour partager le tems dans un certain espace qu’ils apelloient heures , & c’est fur ce modèle que l’on a inventé les horloges qui marquent de même les heures par l’écoulement du fable dont elles font remplies. Vitruve en atribuë l’invention à Stesibius , natif d’Alexandrie , & qui avoir un talent admirable pour les mécaniques, mais principalement (dit Vitruve) pour les horloges qui fe font par le moïen de Peau. Cet Auteur dépeint ensuite la prémiére clepsidre que Steiìbius fit paroître, & qui fut imitée en diférentes manières. L’uîâge fitcon- noître que ces horloges à Peau n’étoient pas sûres ; car on remarqua une diférence sensible dans l’écoule- ment de Peau , selon la chaleur ou la froideur de Peau, que d’ailíeurs elle s’écouloit plus promptement, lors que le vaisseau étoit plein, que lors qu’une partie étoit décenduë, paree que la pesanteur de Peau étoit plus grande au commencement qu’à la fin. On dit que P. Scipion Nasica fut le premier qui aporta les clepsi- dres à Rome, & ce ne fut que fous le troisième Consulat de Pompée , que l’on s’en servit pour régler le tems que chaque Avocat pouvoit emploïer pour défendre fa cause. Quintilien condamne fort cet usage, liv. IL. ch, 6. car (dit-il) un plaidoier travaillé avec beaucoup de soins, n’est pas quelquefois prononcé à moitié, que Peau qui cesse de couler, nous avertit tout à coup de finir. Hans les acusations considérables, on demandoit au Préteur le tems nécessaire pour les plaider , & il acordoit plus ou moins de ciepsidres, selon le mérité du fait : mais il en donnoit toujours plus aux acusez qu’âiix acusateurs , ensorte que s’il donnoit six cleplìdres à l’aeuPateur, il en acordoit neuf à Pactisé. Nous aprenons d’une lettre de Pline, que lors que le jour ne suffisoit pas pour remplir les ciepsidres, la cause étoit renvoies au jout suivant CLE'RAGRE. [Morbm àccipitrum alis increfcensj Maladie qui vient aux ailes d.es oiseaux de proie. CLERC , f tn. [Doflm , peritus, litteratus J Ce mot qui vient de clerìcm , & qu’on prononce cíer, se disoit autrefois de tout homme de lettres , des Sécrétasses du Roi, Auditeurs des Comptes, &c. mais aujourd’hui il n’y a aucun de ces OR-iers, ni aucun' Tm. L F f f hom- 410 CLE homme de lettres qui voulût qu’on le nommât Clerc. A On dit, en se moquant d’un homme qui tait le savant, C’est un grand clerc. Dans le nouveau Me- nagiana, on a raporté ces vers d’un ancien Roman, «m l’Auteur se dit clerc, mais fans couronne : Nouvel écrit, tzf nouvel fait Que à il clerc a encor es fait, Clerc non, car coronne riot point, Par femme peràit-il ce point. Page L8- tom. i. CLERC, f. m. [Scribafj Celui qui étant dans fétu de d’un Notaire, d’un Procureur, ou de quelqu’autre homme de pratique, fait les copies des actes, afin de se former & de se rendre un jour capable des fonctions de son maître. (Etre clerc chez un Notaire. On l’a mis clerc chez un Procureur.) Maître-Clerc. [Primarius scriba . ] C’est le premier clerc de l’étude, qui entend les afaires, & est capable de les conduire, & de satisfaire les parties. (Aborde fans argent un Clerc de Raporteur. Defpr.) f * Faire tm pas de clerc. [ Aducinari .J C’est-à-dire , faire quelque faute. Tomber dans qpelque méprise. CLERC. ['Praposttus societatis negotiis .] Celui qui sert quelque corps de métier, & qui fait partie du corps. (Ainsi on dit, le clerc des Orfèvres, &c.) CLERC d’ojìce. [ Mens a régia prœfeflus. ] 0 licier qui est un de ceux qui suivent les plats qu’on sert devant le Roi, & qui a foin des choies qui fe font dans l’ofice. (II y a plusieurs clercs d’ofice chez le Roi.) CLERC. fClericus.) Celui qui est tonsuré. CLERC de Chapelle. Ecclésiastique qui est un des O liciers de la chapelle du Roi. (II y a plusieurs clercs de chapelle dans la chapelle du Roi.) f * CLERC. [Dolïus.J Habile, qui est savant. (.Depuis que Merlin mourut, Si sage Clerc que vous ne fut. Voit. Poêf.) Les plus grands Clercs ne font pas les plus fins. Rég. Jat. 5. C’est-à-dire, que les plus favans ne font pas les plus adroits. /jf Le même Poëte, en parlant de la science des clercs, qu’il apelle clergejse a dit de la fausse conversion de Ma.céte : Son teint mortifié presche la continence, ■ Clergejse, elle fait ja la leçon aux prescheurs, Elle lit saint Bernard, la guide des pécheurs. CLERC de l’tsuvre , Clerc de Confrérie , Clerc des Orfèvres , &c. Sont des hommes commis pour les afaires. CLERC du Guet. C’est celui qui a foin d’assembler le guet fur les ports de mer, & fur les côtes, & qui en fait le raport à l’Amirauté. On dit qu’un homme compte de clerc à maître quand il rend compte seulement de ce qu’il a reçu & déboursé. CLERGE', f. m. [Clerm.J Le corps des Ecclésiastiques de France institué pour administrer les Sacre- mens, instruire de la foi, & célébrer l’ofice divin dans l’Eglife. (Le Clergé en France est le premier des trois Etats, & il est composé en partie de personnes séculières, & en partie de régulières. II y a dans le Clergé une admirable subordination de puissances & dje dignitez. Assemblée du Clergé. Elle y voit aborder le Marquis, la Comtesse , le Bourgeois , le Manant, le Clergé, la Noblesse. Defpr. parlant de la Discorde.) í CLERGIE, s.s. Vieux mot hors d’ufage , qui sigoifioit la même chose que science, doHrine. O11 apelloit autrefois clergie , les charges de prévôt des Marchands, d’Echevin, de Grefier & de Notaire. CLE'RICAL , cléricale , adj. [ Ecclestasticm. J Qui est Ecclésiastique. Qui est de celui qui a pris quelque ordre. (Etre en habit clérical. Patru, plaid. 1 ç. Vous faites pitié lors que vous parlez de l’humilité chrétienne & cléricale, vous dont la fierté est si connue. Thiers .) ■CI.E'RICALEMENT, adv. \Clcricoruni more .] A la manière & selon le devoir des Clercs. (Si los Clercs cessent de viy.re cléricalement, ils font déchus de leurs privilèges. Févret.) CLÎ fe dit entre Ecclésiastiques, & signifie état de celui T qui est tonsure. (La cléricature étoit atachée à W ministère. Patru , plaid. 15. On fait le commence ment de vôtre cléricature. Thiers.) CLIENT , f m. [ Cliens .] Ce mot est un neu vieux, & en sa place on dit partie, qui signifie celui qu on défend en Justice. Voïez Partie. Non, loin de ce Palais où je rends mes oracles Est un vaste séjour des mortels révéré, ’ Et de clients soùmis à toute heure entouré. Defpr. & On apelloit autrefois clients , des Gentilshommes qui servoient fous le pennon du Chevalier ou fous la bannière du Banneretleur Seigneur, ou fous celle de l’Avoûé de quelque Abaïe dont ils étoient vassaux. Je fuis persuadé (dit le P. Daniel, dans son Histoire de la Milice Françoise, liv. ;. c h. 7.) qu’m donnoit à ces Gentilshommes le nom de clients , par raport a leur Chef fous la bannière duquel ils marchoìent £«? qu’ils regardaient comme leur patron. ’ (g CLIENT, dans le langage du Palais; signifie une personne qui plaide par le ministère d’un Procu. reur & d’un Avocat, desquels il est client. Le mot est Latin cliens , & nous aprenons de Denis d’Hali- carnasse, que Romulus permit au Peuple de choisir chacun un patron,, & il établit entre le client & le pa- tron , des engagemens réciproques , dont l’Historien fait le détail, & qui ont servi de modèle aux Seigneurs de fiefs, pour soumettre leurs vassaux & leurs emphi- téotes à des droits qui font très-onereux : tels sont les aides coutumières, ou la taille aux quatre cas exprimez par les Coutumes. Le patron devoir expliquera ses clients les loix obscures & dificiles : il étoit obligé de les secourir dans toutes les ocalìons d’afaires & d’interêts, & d’agir pour eux avec le même empresse, ment que les pères ont pour leurs enfans dans leurs besoins. Suétone a dit, que Jules César retourna chez le Roi Nicoméde, sur le prétexte d’exiger quelque argent qui étoit dû à un de ses clients. Les obligations des clients étoient bien plus onéreuses & plus précises. Ils dévoient aquerir la dot des filles de leur patron, quand il n’étoit pas en état d’y satisfaire selon sa condition : ils étoient obligez de parer la rançon de leurs patrons & de leurs enfans, quand ils étoient faits prisonniers de guerre : de païer les dépens auí quels les patrons étoient condamnez en Justice , fans aucun recours pour leur remboursement : enfin le patron & le client ne pouvoient point s’acuser réciproquement , être témoin l’un contre l’autre , refuser leurs sufrages , ni blesser par quelque action la mutuelle intelligence que la Loi leur ordonnoit de conserver avec soin. CLIENTE , f f. Mot un peu vieux, en la place duquel on dit partie , c’est celle dont on défend les intérêts en Justice. CLIENTELLE, f. f. [ Clientela .] Protection que les grands Seigneurs de Rome donnoient aux pauvres ci- toïens. H II n’a d’ajjleurs aucun usage. Accul. Fr. CLIGNEMENT ,s m. INiflatio .] L’actionde cligner les yeux. Alouvemens de la paupière qui fe ferme à demi. £ 11 fe prend ordinairement pour une mauvaise habitude de cligner les yeux. f CLIGNE musette, s. f. [Festigatoris andabaU ludierum .] Certain jeu ou les enfans fe cachent & font cherchez par un de leurs camerades, qui lors qu’il atrape l’un de ceux qui font cachez, le met en fa place, & se cache après lui-mème, tandis que celui quia été pris s’éforce de trouver quelcun de fes compagnons, & de lui faire comme on lui a fait. (Joxier a cligne-mufette.) ., CLIGNER, v. a. [NitfareJ Remuer les paupières des yeux, ce qui arrive souvent, à cause qu’on f les yeux un peu foibles. (Cligner les yeux. Lulli cli- gnoit de petits yeux, & les fermoít à demi pour voir plus clair. Lettre fur l’arivée de Lulli aux champ élifìens , p. ;ç.) f CLIGNOTEMENT, f m. [Niflatio.] Mouvement involontaire , qui fait qu’on remué continuellement les paupières. CLIGNOTER , v. a. [ Niftarc ocuìis. ] Remuer très-fouvent les paupières , les _ faire , presque toujours mouvoir. (La grande lumière éblouit & fait clignoter. Tau- CLÏ Tantôt je ris de voir sa paupière agitée Se mouvoir par article , U joindre a chaque infant Le jour avec la nuit dans un ail clignotant. Sanleq. CLIMAT, f «r. [Clyma, inclinatio ctsli.) Espace de terre entre deux parallèles. (Climat horaire : climat de jour.) f CLIMAT , se prend auffi pour la ligne, qui marque sur le globe la division des climats. * CLIMAT. [Regio.l Païs, contrée. (La France est un climat heureux & doux. Voït. Poés. La raison est de tous les climats. Théoph. Les climats font souvent les diverses humeurs. Despr.) CLIMATE'RIQJJE , adj. [Annus climaéîerìcus.) Terme de Médecine. II se dit de chaque septième année d’une personne, & qui, à ce qu’on croit est dangereuse, mais la plus périlleuse de toutes est lors qu’on a 6z> ans. (/épouse une vieille antique , Qui compte plus de vingt printems, Après Jon an clìmatérìque. Main. Poës. Jean-Baptiste de Monte, Médecin fameux, mourut en son année climatérique à Verone sa patrie. A. Teis- ser , éloges des hommes Javans.) í CLINART , f m. On donne ce nom à certains bateaux plats de Suede & de Danemarc. CLINIQUE > adj. [ Clinicm .] Terme de Théologie , qui signifie ceux qui recevoient le Bâtéme au lit de la mort. Dupin. CLINOIDES, adj. Epithète que les Médecins donnent aux trois apophises internes de l’os sphéroïde, qui est un des os du crâne. CLIN-D’OEIL, f m. [Niftatio .] Coup d’œil. Ordre qu’on donne en faisant quelque signe de l’œil. (Us étoient obéissans au moindre clin d’œil. „ Vaug. Quint. Curt. l.%.) En un clin-d’ail. {Panclo , momento temporis .] En un moment, fort pronitement. (Cela s’est fait en un clin-d’œil.) í CLIN OP Q DIUM , f m. ICÌinopodion.] Plante astringente & dessicative, dont il y a plusieurs espèces. Elle pousse plusieurs tiges à la hauteur d’envi- ron un pié & demi. CLINQU AILLE, f f. [Frivolaria merx.J Menue marchandise de fer ou de cuivre, &c. On apelle figurément les sous & les liards de la clmquaille. Acad. Fr. CLINQUALIER, Quinqualicr , f. rn. [ Frivola - rias , ia.J On dit l’un & l’autre, mais le grand usage est pour Ciinqualier. Le Clinqualier est un marchand qui vend des éguilles, des couteaux, & autres, petites choses. (C’est un marchand Clinqualier. ) CLINQUAILLERIE, quinquaillerie, J', f. [Minuta tnerx ferrea. ] Le plus usité de ces deux mots est le premier. Marchandise & commerce de Clinqualier. CLINQUANT ,/ tn. [Tœnia auro texta.) Terme de Tireur d’or. C’est du trait batu, ou écaché, qui est d’argent doré. (II y a du clinquant fin & du clinquant faux.) * CLINQUANT. [Fucatum lumen.) Faux brillant. Qui a quelque chose qui brille & qui paroìt. (II juge de travers & préféré le clinquant du Tasse, à tout l’or de Virgile. Dejfir. j'at. 9. Quand de vanter ses faits tu vois un homme avide , Ne prens pas pour de l’or tout le clinquant qui luit, Frupe fur les tonneaux, tu verras le plus vuide Faire toujours le plus de bruit. Poète anonyme.) t CLINQUANTER , v. a. f Auro vestem texere. ] C’est charger de clinquant.. (Clinquanter un habit.) CLIO , f f. {Clio.) Une des neuf Muses, selon les Poetes, qui avoit foin d’écrire les aétions des Héros. t CLIQUART- Sorte de Pierre qui se tire des «arriéres des environs de Paris. CLIQUET , J' m. [ Molendmarium crepitacu- lum. ] C’est une piécede moulin qui remué toujours, & fait un bruit continuel, & elle sert à faire tomber peu à peu le blé de la trémie sur les meules. L’Académie dit chiquet. CLO 41 i * On dit des femmes babillardes, que leur langue va comme un cliquet de moidin. CLIQUE'TE , f. f. [Crepitaculum .] Instrument fait de deux os ou de deux morceaux de bois qu’on fe met entre les doigts, & dont on joué quelque chose de gai, en les frapant les uns contre les autres. (Jouer des cliquétes.) Q CLIQUETES. Terme d e Pêcheurs. Ce font des pierres, ou cailloux trouez par le milieu, que les pêcheurs attachent à leur verveux, pour le faire aler à fond. II en faut trois à chaque verveux. CLIQUETIS, f m. \_Armorum crepitus, con - flic lus.) Le bruit que font des armes, lorsqu’elles fe touchent. (On entendit un cliquetis d’épées , qui fit sortir les bourgeois.) f CUISSON- Sorte de toile de lin blanche, qui a pris son nom de la petite Ville de Clisson en Bretagne, où elle se fabrique. * CLISTERE , f m. \_Clisterium .] Ce mot vient du Grec, & est vieux, & ne trouve place que dans le burlesque ; au lieu de cliftére on dit lavement. (Vos mots concluent si doucement que chacun d’eux vaut un clistére. Voit. P os. Donner un cliftére. Rendre un clistére. O merveilleux Apoticaire, De toi je veux prendre un cliftére, M’en dût-il coûter un écu : Je rien plaindrai point la dépense, Tu vas me montrer ta science, Et je te vais montrer le cu. Despreaux à Dénos son Apoticaire.) CLITORIS, f m. Terme à’Anatomie. C’est une petite partie de chair qui est ronde, & qui est dans l’endroit le plus élevé des parties naturelles de la femme. Elle a deux ligamens, quatre petits muscles, une glande couverte d’une peau fort déliée, & ressemble en beaucoup de choses à la verge de l’homme. í CLIVER un Diamant. Terme de Lapidaire. C’est le fendre avec adresse, au lieu de le scier. On ne clive guère que les diamans qui ont de grandes glaces. CLOAQUE, / m.&f.' [Cloaca.) Mais le plus souvent masculin. Lien plein d’ordures & de puan. teur. (Jetter dans un cloaque.) fjf Le cloaque est défini par le Jurisconsulte Ulpien, dans la Loi cinquième , ff. de novi operh nuntìat . un lieu souterrain, où s’écoulent les eaux & les immondices. Les cloaques de l’ancienne Rome, étoient des, ouvrages d’une dépense immense, & d’un travail infini. Caffiodore, lib. ç. ep. 50. dit qu’on ne pouvoit les considérer fans en être surpris ; & l’ancien Pline, lib. 33. c. 15. dans la description qu’il fait des ouvrages que l’on voioit dans Rome, a remarqué que í’on y ad- miroit les cloaques, dans lesquels Agripa, pendant qu’il fut Edile, fit écouler toutes les eaux qui fe répandoient par la ville. Denis d’Tialicarnaffe a écrit que le Roi Tarquinius Frisons commença de faire des canaux fous la ville, pour conduire les immondices dans le Tibre : mais ils furent bien augmentez dans la fuite ; & comme l’on trouva dans un des cloaques la statué d’une femme, ils erx firent une Déesse, qu’ils apellerent C/oa- caria , dont S. Augustin a fait mention dans fa Cité de Dieu. Feftus dérive le terme cloaca à conluendo ,, ou de cloacare, qui est sinonime avec inquinare ■■ mais le sentiment de plusieurs Grammairiens est, que cloaca vient de l’ancièn mot cluo , salir, infecter par la mauvaise odeur. H CLOAQUE n’est guère en usage qu’en parlant des ouvrages des Anciens ; en François on dit plus ordinairement, Egout. Acad. Fr, * CLOAQUE. Personne puante. ( C’est un puant cloaque.) % On l’apliquefig. aux vices, & on dit, cloaque d’im- pureté, cloaque de toutes sortes de vices. CLOCHE,//- [Camp ana, Campanum.) Instrument résonant, composé ordinairement de cuivre & d’étain fin, façonné en forme de vase rond & voûté, au milieu duquel pend un batattt de fer, qui frapant sur les bords de la cloche, excite un son conforme à la grosseur de la cloche, qui est particulièrement faite pour avertir les fidèles du Service Divin. (Ebranler une cloche. Sonner une cloche. Brimbaler les cloches. Cette dernière phrase eft burlesque. Bâtifer. une cloche. Bénir une cloche. Pendre une cloche, &c. Tome L F ff * Tan- 4i2 CLO Tandis que dans les airs mille cloches étroits, T)'un funèbre concert font retentir les nues Et se 'mêlant au bruit de la grêle & des vents, Pour honorer les morts font ;mourir les vivant. Despr.) {§ I! est certain que dans les premiers siécles de l’Eglife , on n’avoit garde d’emploiër les cloches pour apeller les Fidèles au Service Divin , ils avoient trop d’interêt de fe cacher, pour anoncer publiquement le tems , le lieu & les heures de leurs prières. Le Cardinal Baronius nous aprend , ann. s8- »• Cil. que pendant les persécutions, les Evêques & leurs Diacres avertissaient eux mêmes en secret les hideles de s al- sember dans le lieu , & aux heures qu ils leur mar- quoient. Ils se servoient encore du ministère de quelques personnes à qui ils confioient le secret. Saint Ignace écrivant au Diacre Héron, lui recommande d’être atentis aux assemblées des Fideles, de les avertir chacun en particulier : & dans la lettre qu’il écrit à Polycarpe , il l’exhorte a faire de fréquentes assemblées , dans lesquelles il appellera chacun par son nom , & sans aucune distinction des esclaves & des domestiques. Amalarius a dit , que dans ces tems où les Chrétiens se cachoientavec un soin extrême , on les assemblent au bruit d une cresselle, Jbnitu lignorum : mais ce n’étoit pas le m oie n de le dérober à la recherche & à la sévérité des Magistrats, & le Cardinal Baronius a remarqué que la cresselle n’a été en usage que parmi les Moines , & qu’il n’a point trouvé dans í’ancienne pratique de l’Eglise , l’usage des cresselles , si ce n’est dans les Actes du second Concile de Nicée, où il raconte , qu’à l’aproche des reliques du Martir Anastase, toute la ville fut les recevoir en procession, avec de grands cris de joie, qu’ils acompagnoient du bruit des desselles. Mais cette histoire n’est pas une preuve que l’on s’en servit pour apeller les Chrétiens au service divin. Po- lidore Virgile a dit que le Pape Sabinien qui fut élû en 604. introduisit le prémier l’usage des cloches dans l’Eglife Latine : mais l’on a des preuves qui établif- > sent certainement, que l’on se servoit des cloches avant le Pontificat de Sabinien , pour marquer les Ofices divins. On est plus certain du tems où l’on a commencé de bénir les cloches des Eglises ; & l'on convient que le Pape Jean XXIII. étant de retour à Rome , il voulut bénir avec quelques prières une cloche d’une excessive grandeur , avant que de l’élever dans le clocher de l’Eglise de Latran ; & depuis on a continué de bénir les cloches des Eglises & des Monastères , & d’y apeller des parrains pour leur donner un nom , & l’on a donné à cette bénédiction le titre de batême. On se recrie fort contre les cloches : Persécuteurs du genre humain, Qui sonnez sans miséricorde, Que n’ avez-vous au cou la corde Que vous tenez en votre main. On a raison de dire que l’usage des cloches est moins utile qu’importun au public. CLOCHE-FERME- II est dit dans la Coùtume d’Acs, tit. n. art. 16. Et f esdites vignes , vergers, jardins , prez clos ejì trouvé gros beftail, mais à garde faite, ou a vec cloche-ferme , ou bouchée , en temps de fruit, de nuit , le Seigneur du bejlail encouru í 1 amende de vingt fols. L’usage de mettre des cloches au cou des bêtes , est fort ancien; quelquefois elles étoient dorées ou argentées : Monstrelet écrivant feutrée du Roi dans Boulogne, dit: Et lui entrant en la cité , alla tout droit devers le Pape , Jc? ejìoit vejlu de vermeil, & son cheval ejloit couvert, N paré de clochettes dorées , &c. On volt encore aujourd’hui que l’on met aux mulets & autres bêtes de charge, des clochettes. 11 est dit dans la Loi Salique , tit. 29. Si quis tintinnum de porca aliéna furaverit, ’ffe. Et ensuite: Si verò de pecoribus tintinnum furaverit , &Jì quis kellam de caballis furaverit , [sc. On voit par là , qu ekella étoit une grosse cloche, que l’on met- toit au cou des chevaux ; & tintinnum, une plus petite pour les autres bêtes. CLOCHE, f Tejlu vitreum. ] Verre en forme de cloche pour couvrir les melons, les concombres , & les garder des injures du tems. Ces cloches de verre servent 1 hiver pour mettre sur les plantes qu’on echausse. CLO CLOCHE', clochée, adj. [ Opertrn tesiâ ] Te™ d e Jardinier. II veut dire , garni de cloches de ver* re. (Avoir deux cens piez de melons clochez n u t. Jardins, t. 1.) ' ■ * On dit au figuré , II es tems de fondre la cloche ■ C est-a-dire, de terminer i’afaire dont il s’agit &/ prendre une dernière résolution. [Jam tempm i rem islam conficere. r J * Etre étonné comme un fondeur de cloche. fTotus supet quòd res prater se m evenerit.J Etre surpris & muet, volant qu’une chose , ou qu’une afaire a niai réussi par notre faute. ê.* F‘dre sonner la grosse cloche. C’est faire parier celui qui a le plus de crédit dans une afaire. CLOCHE, s.s. [ Pullula .] Vessies pleines de lero fiiez qui viennent aux mains & aux pieds , par trop de travail, ou à d’autres parties qui ont soufert du st/ Académie Fr. CLOCHE. [ Tesu aneum. ] Maniéré de vase de métal ou de terre, où l’on fait cuire du fruit CLOCHE. [Pas ligneutn ad campani modum.) Vais. seau de bois en forme de cloche. ( On a trouvé lê moïen de faire décendre des hommes au fond de la mer , dans de grandes cloches de bois. On en voit la figure dans le Journal des Savans.) CLOCHE. [Calix.-] Terme de Fleuriste. C’est le haut de la fleur, lequel forme comme uneespecede calice. On l’apelle vase & calice ; mais on dit du hya- cinte. La cloche de ce hyacinte est belle. A CLOCHE-PIE', adv. £ Susenso altero inct. dens peded) Marcher, sauter avec un pié , courbant & élevant un peu l’autre. (Aler à cloche-pié.) î CLOCHE-PIE'. Espèce d’orgensm, qui n’a que trois brins de foie, dont deux font moulinez ensemble séparément, & puis moulinez une seconde fois avec le troisième. On l’apelle cloche-pié , comme s’il clochoit, ou boitoit, à cause du brin de foie qui manque, pour ainsi dire, à un de ses piez. On s’en sert dans la fabrique des foies. CLOCHER, v. n. [Claudìcared] Boiter. (Qu’astu à clocher Plutus ? Abl. Luc. Clocher des deux cotez. ) t * CLOCHER. [Besicered] Ne procéder pas bien, n’agir pas rondement, ni sincèrement. (Avoir fait quelque chose qui cloche. Benserade. Raisonnement, comparaison qui cloche ; c’est-à-dire, qui n’est pa* juste. ) * Il ne faut pas clocher devant les boiteux. Ces mots au propre, dans le ferieux, signifient qu’il ne faut pas contrefaire une personne, ni lui reprocher un vice dont il n’est pas la cause. Mais dans le figuré ces mots veulent dire, qu’il ne faut pas faire le capable devant une personne qui est plus habile. ££ Rabelais, lio. 1. ch. 20. de Garg. dit, Ne clochez pas devant les boiteux , f ai exercé la méchanceté avéques vous. CLOCHER , f. m. [Abris campani turris .] Lieu qui est le plus élevé de l’Eglife, où les cloches font suspendues , & au bout duquel il y a d’ordinaire quelque coq , ou quelque croix. (Un haut clocher.) t II ne peut perdre de vûë le clocher de son village.) H * CLOCHER. £ Aides sacra , templum. ] Eglise. (II soutint jufqu’au bout l’honneur de son clocher. Besr. Lut.) ^ Se battre des pierres du clocher. On le dit prov. & fig. d’un Bénéficier, qui jouit par provision d’un bénéfice qu’on lui conteste. CLOCHER. [Parocbia .2 Ce mot se prend quelquefois pour paroisse. (11 y a en France grand nombre de clochers. J’ai huit clochers dans ma Seigneurie.) CLOCHETTE , f. f. £ Tintìnnabulum .] Ce mot ne fe dit guère, on dit en fa place , une petite cloche. CLOCHETTE. Fleur de couleur jaune clair, tirant fur le blanc. í CLOFYF, / m. Oiseau d’Afrique, noir & gros comme un étourneau. Les Nègres croient que son chant prédit les évenemens heureux ou malheureux. CLOISON -, f f [ Sepimentum. ] Séparation qu’on fait par le moïen de quelque charpenterìe, aan* une chambre, & autre lieu de la maison. (Fans une cloison. Renduire une cloison. ) í CLOISON C’est un droit qui se paie en Anjou CLO sur la rivière de Loire. II fut imposé par Louis II. Duc d’Anjou, sous prétexte qu’il avoit besoin de faire la cloison des Villes d’Angers & de Saurnur; c’est-à-di- re, de les enfermer de murs, & de les fortifier. CLOISONNAGE, st. m. [Sepimentum .] Cloison ou plusieurs cloisons. (Le cloisonnage de cette maison a ccflâté tant. C’est du cloisonnage que cela.) CLOITRE, / nr- II vient du Latin Claujïrum. Lieu clos. Lieu environné de galeries couvertes. (Le cloître des Chartreux est beau & grand.) (f Dans les prémiers siécles de l’Eglife, les Clercs vivoient en commun fous la direction des Evêques, & à Limitation des prémiers Chrétiens, ils fe dépouillaient de tous leurs biens en faveur de la Communauté, pour maintenir Tordre de cette vie commune. On leur faifoit garder une efpéce de clôture : on bâ- tilToit des cloîtres auprès des grandes Eglises , dont nous voïons encore des vestiges en plusieurs endroits. Les Chanoines ont succédé aux Clercs ainsi enfermez. CLOÎTRE. [ Monasterimn.] II signifie proprement un monastère. (Se renfermer dans un cloître. Jet- ter dans un cloître. Arioste Moderne. On a condamné cette femme à être mise dans un cloître par pénitence.) Les pères & les mères regardent d’ordinaire les Cloîtres comme une décharge de ce qui les incommode dans leurs familles, & ofrent à Dieu ceux de leurs enfans qui leur déplaisent. f CLOÎTRE. L’on nomme ainsi le Comptoir, ou Magasin, que quelques Villes d’Alemagne ont dans la Ville de Berg en Norwege. Ce Cloître étoit autrefois le Palais Episcopal & la demeure des Chanoines. Ce Comptoir a conservé le nom de Cloître, & même les Négocians qui l’ocupent font apellez Moines. On n’y soufre point de gens mariez, & ceux qui y demeu» meurent font obligez d’en sortir, & de prendre maison ailleurs, lorfqu’ils font résolus de s’engager dans le mariage. Ces Moines, ou ces Négocians, font un très-grand commerce en poissons secs, ou salez. CLOÎTRER , v. a. [Intra cœnobii claujira claudere.] Enfermer dans un cloître. (Cloîtrer une fille.) t CLOPINER, V. n. f 'Claudicare .] Boiter. (Le gouteux qui sent la goûte, clopine des qu’il veut faire un pas où deux.) (f On apelia Jean de Mehun , clopìns , parce qu’il boitoit. CLOPORTE , f m. ou /. [Scolopendra , multi- peda , centipes , astellm.] Insecte à plusieurs pieds, qui s’engendre fous les pierres, dans les murailles, & particulièrement autour des muids de vin. ( Les cloportes font très-bons ou bonnes dans la colique né- frétique, le calcul, dans la jaunisse , dans les obstructions, & dans plusieurs autres maladies.) Les uns font ce mot masculin, & lès autres féminin. CLORRE , v. a. [Perficere , abstolvere , terminare .] Terme de Palak. Achever dans les formes. (Clorre un compte, un inventaire, &c.) CLORRE, v. a. [Claudere.] Fermer. (II n’a pû clorre Tœil de toute la nuit.) CLORRE , v. a. Faire une enceinte autour de quelque, espace. (Clorre une ville de ramparts, de murailles, &c. Clorre un parc.) Je ne sqai pourquoi Malherbe a tant aimé. ce mot clorre il est dur, & sonne mal ; il a dit : S’il advient quelquefois de clorre la paupière. Et ailleurs : Mats ô rigoureuse avanture ! Un chef-d’œuvre de la nature , Plu lieu du monde le plus beau, Tient ma libertést bien close. Et encore : Pour le moins la haine (V? P envie Ayant leur rigueur assouvie Quand j'aurai clos mon dernier jour. Le même : Bien te fâche lá-bas, c’est l’ennui feulement Qriun indigne trépas ait clos ta destinée. On pouroit citer plusieurs autres endroits de ses œuvres, où il a emploïé ce terme ; Mr. Chevreau a pris íòin de les recueillir. i CLORRE. [Astringere.] Terme de Vanter. Serrer Tôlier avec le fer à alorre. (Clorre une corbeille, un van, une bote, &c.) CLO 413 t CLOS, close, adj. [Claustus , cìrcumdatm.'] Fermé, ferré. (Ville close. Jardin clos de murailles.) Se tenir clos U couvert. [In tuto estes] Prendre garde à foi. Ne pas sortir. Champ clos. [Campns feptus. J C’étoit un lieu renfermé de barrières, où les anciens Chevaliers comba- toient & falsifient leurs tournois. ( Combattre en champ clos. Le Roi Jean ofrit à Edouard Roi d’An- gleterre le combat en champ clos. Choisi.) * Bouche close, [Silentium imperare , prœcïpere, com- mendare.] Ces mots fe disent à une personne à qui on recommande le sécret de quelque afaire qu’on lui confie. * Lettre close. Voïez Lettre. A yeux clos. [ Temere , mconfîderatè.] Sorte d’ad- verbe. Aveuglément, fans rien examiner. (II a tant de confiance en son ami, qu’il ligne à yeux clos tout ce qu’il lui présente. Si-tôt qu’il eut les yeux clos, on ne songea plus à lui, c’est-à-dire , si-tôt qu’il fut mort, on n’y pensa plus. Se tenir clos & coi, S. Am.) CLOS, f. m. [ [Septum .) Enclos. Clôture. (Le clos des Chartreux de Paris est beau. Un clos de vignes, un clos d’arbres fruitiers, &c.) ’ f CLOS. Terme de Manufaclure de lainage, dont on fe sert pour exprimer qu’une étofe est bien serrée, On dit, ce Drap est bien clos, pour faire entendre que la trême en a été bien frapée fur le métier, qu’il a été bien foulé, & qu’il n’a point été effondré dans les aprêts qu’on lui a donnez. í CI.OS. On dit, qu’un compte , qu’un inventaire est clos & arrêté, pour dire, qu’il est soldé, & que les parties intéressées l’ont apostille & signé. CLOSERIE, Clôture , f. f. Terme de Vanter. C’est cette partie de la Vanerie, où les Maîtres ne s’occu- pent qu’à faire les vans à vaner les grains, & des hôtes à vendangeurs. Les deux autres parties du métier font la Mandrerie, & la Faiferie. CLOSSEMENT , f m. [Glocientis gallinœ ge. mitus.] Cri naturel de la poule. CLÓSSER,, v. n. [Glocire.] Crier comme les pou- les. Pomey. CLOSTRAL, clostrale , adj. Voïez Claustral. CLOTOIR, st m. Outil dont le Vanier fe sert pour faire des vanettes. CLÔTURE, st. f. [ 'Sepimentum .] Tout ce qui sert à fermer un espace, comme muraille, haïe, palissade, fossé, &c. (Mur de clôture , c’est une muraille qui sert à séparer deux héritages. La rivière sert de clôture à ce jardin de ce côté-là.) * CLÔTURE d’un compte. [Claustura.] Terme de Pratique. C’est Tarrêté d’un compte. * La clôture d’un Inventaire. C’est la déclaration qui fe fait à la fin, par laquelle on charge quelque personne des éfets contenus dans Tinventaire. • * La clôture d’une assemblée. C’est la dernière séance de cette assemblée. CLÔTURE, st f. [Cœnobii claustrum.] Tout le circuit d’une maison religieuse, toutes les murailles qui ferment quelque Couvent. ( Entrer dans la clôture d’un Monastère. Garder la clôture. Voit. Faire la visite de la clôture en dehors. Patru , plaid. ;.) (J CLÔTURE des Religieuses. On a reconnu, il y a long-tems, la nécessité & l’importance d’enfermer les veuves & les filles qui fe dévouent par un vœu fo- lemnelau service de Dieu. M. Thiers a prouvé dans son traité sur cette matière, que des le quatrième siécle, Ton a défendu aux Religieuses de sortir de leurs monastères; & le fameux Arrêt obtenu par Mr. le Cardinal le Camus, Evêque de Grenoble , contre les Religieuses de Mont-Fleuri, fait bien connoître que Ton ne peut point prescrire contre Tobligation de la clôture. 11 est vrai, comme le même Auteur Ta remarqué, que dans tous les siècles de l’Ëglife, il y a eu des ocasions où Ton a acordé aux Religieuses la permission de sortir de leur cloître ; il cite même plusieurs Conciles, & plusieurs autoritez qui établissent cette tolérance; mais il ajoute que la nécessité doit être pressante & d’une grande utilité pour le Monastère ; & fur ce principe, il croit qu’une Abesse ne peut point sortir pour assister à la bénédiction d’une autre Abesse, parce qiie le Pontifical Romain ne donne que deux- Damesi avancées en âge , pour assister les Abesses que Ton veut bénir. Plusieurs régies Monastiques permettent aux Religieuses , F ff 3 en 414 CLO en cas d’un incendie général, de sortir pour mettre leur vie en sûreté. 11 en est de même, lors qu’elles ont un juste sujet de craindre les désordres de la guerre, & d’être exposces aux insultes des soldats. Le prétexte le plus ordinaire pour obtenir la sortie d’un monastère , est la maladie , dont on abuse souvent, quoique les Conciles , les Papes , & tous^ceux jqui ont composé des réglés monastiques , paroi tien t très-opo- sezà la sortie des Religieuses, pour chercher du soulagement à leurs maux : mais c’est aux Supérieurs à examiner la nécessité qui peut autoriser cette tolérance, & à prendre les mesures pour en prévenir les suites. 11 n’y a pas moins de précautions à prendre à l’égard de l’entrée dans les monastères, qui doivent être fermez aux étrangers avec beaucoup de sévérité ; & il est aisé d’en comprendre les raisons, qui ne peuvent cesser que pour des causes utiles & nécessaires , reconnues par les Supérieurs, auxquels il n’est pas permis d’en- trer que dans les mêmes cas de nécessité & d’utilité, comme pour administrer les Sacreinens à des Religieuses malades , ou pour leur donner les secours nécessaires suivant les maux dont elles sont ateintes. L’Abesse N. ne garde guéres la clôture. Elle allègue à son Evêque des infirmitez ordinaires , pour obtenir la permission d’aler aux eaux , où elle dépense en trois mois tout le revenu de son Monastère. CLÔTURE du chaur. C’est dans une Eglise une fermeture à jour qui sépare le chœur d’avec la nef, il y en a de menuiserie avec sculpture : il y en a de fer avec ornemens. CLÔTURIER, s m. {Clauflrarìus artifex.f] Vanier qui ne fait que de la besogne batué. Ce mot de Cìô- turier ne se dit qu’entre les Vaniers , ou qu’en parlant de la Vanerie. CLOU, f m. [Clavus.'i Pointe de fer avec une tête qui sert à fermer quelque chose. (Un clou à la- te , un clou à crochet, à roue , à deux têtes. Clou à brocher des talons , des femelles , à monter des souliers. On se sert de petits clous d’or ou d’argent pour atacher des fermoirs , & pour couvrir des étuis de montres. On se sert de clous dorez, qui sont de cuivre pour en garnir des cofres, des carosses , &c. Clou rivé, clou a vis, clou de rue. Cheval qui a pris un clou de rue.) * Un clou chasse l’autre. Voit. I. 104. C’est-à-dire, qu’une passion détruit l’autre. Une chose en fait perdre, en détruit une autre. Sans cela, je ne donne- rois pas un clou de tout l’esprit qu’on peut avoir. Mol. Poef Quand on est mort, il ne sert pas d’un clou d’être en statue de marbre. Bens. rond. On dit qu’un homme compte les clous d’une porte , pour dire , qu’il «'ennuie d’y atendre, & qu’il a le loisir d’en compter les clous. £íf 11 faut avoir deux maîtresses, & le changement vous donne guérison des tourmens , maux , peines, jalousies , qu’une feule maîtresse donne , ainsi qu’un clou chasse l’autre. Brantôme , vie de Henri II. CLOU de gyrofle. [ CaryophiUum.fi Aromate qui se forme sur un arbre des Isles Moluques, duquel les fleurs s’endurcissant se font en forme de clou avec une petite tête, qui est ce qu’on apelle girofle. Bal. CLOU. [Clavus , Furunculus. ] Petite tumeur dure & blanche, qui ressemble en quelque forte à la tête d’un clou, (Je fuis fâché de vôtre clou, mais il n’est rien au prix de celui que j’ai. Voit. I. ioç.) River le clou à quelcun ; pour dire, lui répondre fortement & vertement fur quelque chose qu’il dit mal-à-propos. Mettre un clou à la roué de la fortune C’est-à-dire, rendre fa fortune stable & assurée. Acad. Françoise. CLOùER, ». «. [ Clavum sigere. J Atacher avec des clous. (Clouer avec des lates.) * CLOùE'. Etre cloué. [Affixut.i Etre a taché fortement en un lieu. Etreatachéà quelque chose. (A moins que d’être cloué à Paris, rien ne m’eût pú empêcher d’aler à Poissi. Voit. I. 104. Tous le! jours malgré moi cloué fur un ouvrage , Retouchant un endroit effaçant une page. Despr. fat. 2.) t * Une gravité clouée. C’est-à-dire, une gravite qui ne se dement point. ÇLOUÇOURDE , f f. [ Cyantss. J Herbe gris- de-lm, qui vient parmi les blez, & dont les enfans CO A font des courones , ausquelles ils mêlent d’autre* fleurs qu ils apellent barbeaux. * & CLOUS 1 AUX , f m. Ce sont les limites de chaque Paroisse , selon la Coutume d’Orleans Art. iça. > f CLOUTER, v. a. Garnir de clous. On ne le dit que des petits clous qu’on met à certains ouvrages Glouter une boite de montre. On dit aussi clouter un carrosse, lorsqu’onle garnit de clous bronscz. CLOUTERIE , f f. [Clavorum officina.J Trafic de clous. Commerce de cloutier. (La clouterie va tou. jours. ) f CLOUTERIE, se dit aussi du lieu où se fabri. quent les clous. II y a à Charleville une excellents Clouterie. f CLOUTERIE, est encore un mot generique, qui comprend quelquefois toutes les espèces de clous La clouterie qui sc fait à Paris , est admirable ; pour dire, que toutes sortes de clous de Paris font bons, CLOUTIER , f m. [ Clavarius faher.j Artisan qui fait de toutes sortes de clous. II prend S. Clou pour son Patron. CLOUTIE'RE , f. f. [Typuf fingenàit clavit accom. modati 4 s.fi Pièce de fer percée de trous de diférente grosseur, dans lesquels les Cloutiers & Serruriers for. ment les têtes des clous, des vis, &c. CLUSE- Terme de Fauconnerie. C’est le cri ave« lequel le Fauconnier parle à ses chiens, lors-que Foi. seau a remis la perdrix dans le buisson. On dit dans le buisson. On dit dans le même sens, clufer la perdrix. f CLYMENUM , f m. Plante légumineuse dont il y a deux espèces. Elles sont semblables à la Gesse , excepté que leurs côtes portent plus de seuil, les. Elles font nourissantes , lâchent le ventre & font un peu apéritives. Elles excitent la semence. $ CLYSSUS , f m. C’est l’extrait qu’on fait du suc d’une plante , en y mêlant du sucre pour les faire cuire ensemble. On apelle aussi Clyffus , une teinture ou une quintessence. On dit un clyjfm de vitriol, un clyffus d’antimoine. ch CO, ou COS. Herbe qui croît dans la Province de Fokien ; à la Chine, dont on fait une toise apellée Copou , qui est estimée dans le pais. í CO ACTIF , coaHive , adj. Qui a droit de contraindre. Pouvoir coactif, puissance coactive. COADJUTEUR, [■ m. Ce mot vient du Latin Coadjutor ; & sc dit en ' parlant d’Evêque & d’Arche- vêque. C’est un Ecclésiastique qui a le Brevet du Roi, pour aider un Evêque ou un Archevêque, qui est vieux ou malade, dans les fonctions épiscopales, & pour lui succéder le siège vacant. (Le Roi a donné un Coadjuteur à Monsieur l’Evéque de.Prendre un Coadjuteur. L’Ordonnance enjoint aux Prélats infirmes de prendre des Coadjuteurs. II faut, pour être Coadjuteur , avoir le consentement du Prélat à qui l’on doit succéder, & l’agrément du Roi.) (f Les Coadjuteurs ont été établis dans l’Eglise pour le soulagement des Evêques & des autres Bénéficiers qui ont charge d’ames , lors-que l’áge, ou quelque infirmité ne leur permet pas de remplir leurs devoirs. II y a deux sortes de Coadjutoreries ; l’une est acordée pour un certain tems ; & l’autre sc convertit en titre après la mort du Bénéficier, à qui le Coadjuteur succède : cette dernière espèce de Coadjutore- rie a été long-tems inconnue dans PEglisc , soit parue qu’elle ne soufre pas deux Evêques fur un même Siégé , soit pour éviter le désir secret de la mort de celui dont on atend la place. Le Pape seul peut acor- der la 1 Coadjutorerie avec la clause de la future succession , parue que lui seul, par un éfct de cette puissance absolue qu’on lui attribué sur les bénéfices, peut en pourvoir avant la vacance. Le consentement du Roi & du Titulaire , est absolument nécessaire pour la validité de la Coadjutorerie, qui ne s’acorde que dans les bénéfices du premier ordre , comme Evêchés, Archevêchez & Abaïes Régulières, quand elle emporte le droit d’y succéder. II faut Tailleurs qu’elle ait pour fondement une utilité evidente de l’Eglise, suivant la décision expresse du Concile de Trente. Le Coadjuteur a non-seulement un droit aquis fur le bénéfice, il l’a encore en quelque maniéré dans le bénéfice ; c’est pourquoi il peut faire les fonctions épiscopales, avec le COB consentement du Titulaire, sans qu’i! soit nécessaire d'en prendre possession. Comme le Coadjuteur ne peut pas être sacré fous le titre du bénéfice qui est rempli; le Pape lui en confère un titre in pœrtìbm , qui lui donne toute l’autorité épiscopale, qu’il ne peut néanmoins exercer que dans le district du bénéfice auquel il est donné pour Coadjuteur. Le Coadjuteur n’eft point obligé à la résidence, il n’a point de part dans les fruits. COADJUTEUR. [ Adjutor. ] Terme de Jésuite. C’elt un état parmi les Jésuites. Un Coadjuteur temporel. C’est un simple frère Jésuite. Un Coadjuteur spirituel. C’est un Jésuite qui fait en public les trois vœux de religion; mais qui ne fait pas le quatrième, qui est celui d’aler en Mission où il plaira au Pape. (Un tel Père n’est que Coadjuteur spirituel, iln’estpas profez.) Voïez Jésuite. COADJUTORERIE, s f. [DigniUs desgnati Epifiopo alicuï Juccejjbrè.'] C’est la charge & dignité de Coadjuteur Ecclésiastique. Les Coadjutoreries ne font pas reçûës trop favorablement, parce que ce font des grâces expectatoires, qui portent le Coadjuteur à désirer la mort du Prélat à qui il doit succéder,) COADJUTRICE , f f [Vicarìa Abbatijsa eìque succedendi dcsignata.J Celle qui est reqûë en survivance pour être Abesse. (On ne pouvoit choisir une plus digne Coadjutrice.) í CO AGIS , s m. Terme en usage dans le Levant, parmi les Négocians, qui signifie la même chose que commissonnaire. II y a des coagh de toutes les Nations de l’Europe, dans les Echelles du Levant. COAGULATION, / / ICoagulatioJ Terme qui se dit en Médecine, lorsque les humeurs fluides font fixées par sécheresse, ou autre qualité qui les épaissit & les arrête. COAGULATION. Terme de Chimie. Elle consiste à rendre solides & dures les choses qui auparavant étoient molles & liquides. (L’acide est composé de petites parties pointues qui s’insinuent dans les pores des corps, & en font la désunion des parties ou la coagulation. Voïez le traité de Vacide .) COAGULE' , ée, part. Af adj, [CoagúlatmJ COAGULER, s. a. [ Coagulare. ] Terme de Chimie , & d ’autre Jìence de cette nature, C’est rendre dures & solides les choses qui étoient auparavant molles & liquides par la privation & la consomption de leur humidité. Glas. Les acides coagulent les corps mous & fluides. Traité de l’acide. L’esprit du vitriol ronge de certains mixtes, & en coagule d’autres, comme iont le sang & le lait. Chams :pharm. i.p. ch.ç. CO AILLER. Terme de Chasse. On dit que les chiens coaillent ., quand ils quêtent la queue haute fur les vieilles & nouvelles voies. Acad. Fr, (f Borel a remarqué dans son Trésor des Antiquités Gauloises , que coaille signifie urie grosse laine , qu’il croit dériver de queu'ê , qu’on écrivait anciennement queuê. Ainsi on lit dans le Roman de Flamel : Le dragon se sert de sa queue. De forte , (dit-il,) que la plus mauvaise laine étant aux queues de moutons, on í’a ap.ellédela quoaille; & les chasseurs ont dit coail- ier, pour marquer que les chiens avoient également la queue haute en chassant. COASSEMENT, / m. {Ranarum clamer, can - tus. ] Cri des grenouilles. COASSER, v. n. [Coaxare.J Ce mot se dit des grenouilles , & signifie le cri qu’elles poussent l’été, fur le soir, lors qu’elles font dans Peau. í COATI, / ra. Animal du BresiL Voïez Mémoires de í Acad, des Sciences. f COATLI, f. m. Arbre du Mexique, dont le bois est d’uíàge dans la Médecine, & qu’on apelle bois néphrétique. í COBALT, oa COBOLT,/ m. Minerai, qui est une forte de Cadmìe naturelle, dont on tire le bismuth, l’arsenic, & l’espece d’azur que les Peintres emploient ou de blanc de plomb pour pèindre en bleu, & qui sert à donner à l’empois la couleur bleue» 11 y en a des mines en Saxe , en Alsace, & en Dauphine. -t COBIT, f m. Mesure pour les longueurs dont on se sert dans plusieurs endroits des Indes pour mesurer les étoles, les toiles, &c. Cette mesure n’est pas égale par tout. Le Cobit de Surate est de deux piez *ie Roi & seize lignes. COC 4. î % . # CO-BOURGEOIS , ou COMBOtJRGEOIS ? f. m. _ Terme de Commerce de mer. C’est celui à qui un vaisseau apartient en commun avec un, ou plusieurs propriétaires, & qui en est Bourgeois avec eux. í COBRE, f f. Mesure dont on se sert à Canton & dans d’autres endroits de la Chine, pour mesurer Jes toiles, les étofes, &c. Dix cobres font trois aunes de Paris. H COBRE verte , ou Bojobi. Serpent du Brésil. U est long d’une aune & gros comme le pouce. 11 ne fait point de mal si on ne Pirrite ; alors fa morsure est si venimeuse, qu’à peine cède telle aux remedes les plus puissans. Sa chair a des vertus aprochantes de celle de la vipere. Les Médecins Indiens se fervent de la racine Caa-apia pour son contrepoison. í COBRISSO* On apeile ainsi dans le Chyli & au Pérou, la mine d’argent, lorsqu’elle tient de cuivre, & que par cette raison elle est teinte d’une couleur verte. f COCA- Plante du Perou , dont le fruit y sert de petite monoïe , de même que le Cacao dans le Mexique. Cette plante ne s’éleve que trois ou quatre piez. Son fruit vient en grape , dont les (grains rougissent en mûrissant , & deviennent parfaitement noirs, quand ils ont toute leur maturité. On en fait secher les feuilles, que les Américains estiment beaucoup & ils en. ont toujours dans la bouche pour fs Fortifier. H GOCATRlX , / f». C’est une efpece de basilic, qui s’engendre dans les puits & les cavernes. COCAGNE. Voïez Fais, 0 COC-A-L’ANE- _ Voici ce que Mr. Ménage en a dit dans ses observations fur la langue Françoise, tome I. ch. 29. ,, Le mot de coc-à-l’àne , pour une „ espèce de Poésie, a été introduit en notre larigue „ parMarot. Charles Fontaine en son Quintil-Cen- „ feu r : Cocs-à-l’ asne sont bien nommez par leur bon „ parrtin Marot, qui nomme le prémier, non, coc-à- „ l’asne, mais epijìre du coc-à-l’asne , le nom prins fur „ le commun proverbe François, sauter du coc-à-l’asne, ,, g? le proverbe sur les Apologues . “ Ainsi le coc-à- l’âne est un discours fans fuite, où l’çn passe en un moment, d’une chose à une autre ; en éset l’épître de Marot, écrite à Lyon son ami, est un amas de diféren- tes choses , qui n’ont ni liaison , ni raport ensemble» Par exemple : Je f envoys un grand million De saluts, mon ami Lyon ; S’ils ejìoient dor, ils vaudraient mieux, Car les François ont parmi eux Toujours des nations ejìranges. Et ensuite : Je n’y vis jamais tant de Moines, Qui vivent, gs? fi ne font rien, L’Empereur ejt grand terrien, Plm grand que Monsieur de Bourbon, $sc, Voïez Coq-à-l’âne » COCCIX, / m. Terme d Anatomie. C’est un os qui esta l’extrémité de Yos sacrum, qui afermit l’inte- stin rekum, le cou de la vessie & de la matrice. ê COCCUS , / m. La plupart des Botanistes donnent ce nom à l’arbrisseau qui porte la graine d’écar- 1-ate. . . COCHÉ , s »t. [EJjJèdutn , rheda , carpèntum, viatoriumj Espèce dé carosse, où un Messager de Province amène des gens & des halets de marchandises à Paris, & s’en retourne à fa Province, avec des gens & des balots, qui paient chacun une certaine somme. (Retenir urte place aU coche. Après bien du travail le coché arrive au haut, Respirons 'maintenant, dit la mouche áujji-tôt: J La Font.) COCHE , f m. [Viatorimn navìgitm j Maniéré de grand bateau, où l’on méne du monde, qui est tiré pa^ des chevaux, le long du bord de la rivière, lorsqu’ost la remonte. . f CÒCHE, f.s {Scrofa, porca effoetaj Ce mot, aU propre, est peu en usage à Paris, où l’on dit ordinairement truie , qui est la femelle du verrat. (Coche blanche, coche noire.) f * COCHE. [Obesa. mulierf\ Ce mot, au figuré, est fort bas, & signifie une femme trop grosse & trop grasse. (C’est une grosse coche.) COCHE, 4i 6 COC COCHE, s. f. [ Crena, incifîo , incifura. ] Entaille qu’on fait dans du bois , pour y marquer quelque chose. La corde d’une arbalète sc met dans une coche faite exprès. On fait des coches fur une taille, pour y marquer la quantité de pain ou de vin qu’on a pris chez le Boulanger ou 1 c Cabaretier. 4 = COCHE. Terme de Marine. Porter les huniers en coche, c’estles hisser au plus haut du mât. COCHEMARE ,/ m. [Incubm. J C’est un étou- fenrent qui prend la nuit, lequel est l’éfet d’une vapeur * grossière & terrestre , qui emplit les ventricules du cerveau, & empêche le commerce de la circulation des esprits animaux. (Sentant fur lui un fardeau qui l’étoufoit, il crût que c’étoit le co.chemare. D- Qui~ chot. tom. i. cb. 16. As On dérive ce mot de calcamarem , par métaphore tirée de la sodomie. 11 faut prononcer cochemar. í COCHENILLAGE, s. m. C’est la décoction , ou bouillon fait avec la cochenille , dans lequel fe teignent les Draps, & autres étofes. COCHENILLE, / f [Coccinil/a.] Graine dont on fe sert pour teindre l’ecarlate. COCHENILLE, fe dit aussi du berme , qui est une graine qu’on cueille fur une efpéce de chêne. Voïez Kermès. f COCHENILLE. Cette marchandise précieuse qui vient des Indes Occidentales, est véritablement un ver & non une graine, comme bien de gens le croient avec P omet. Cet insecte s’engendre dans le fruit d’un arbrisseau : Dampier l’avoit assuré dans son nouveau volage, & son témoignage a été confirmé par celui que des Espagnols qui ont été fur les lieux , ont rendu fur ce sujet en 1728. H La Cochenille est propre pour la pierre , pour la gravele , pour arrêter le cours de ventre , pour empêcher l’avortement, étant prise en poudre par la bouche. La dose est depuis 12. grains jusqu’à demi-dragme. f- COCHENILLER, v. a. C’est mettre les étofes à une teinture faite avec la cochenille. f COCHENILLIER ,/ m. C’est l’arbrisseau sur lequel croît la cochenille graine, où se nourit la cochenille ver. COCHER , / m. [Auriga , rhedarim.] Celui qui m.éne le carosse. Celui qui mene quelque coche par terre. (Un bon cocher qui mene fort bien.) ff La métaphore est, ce semble, juste dans ces vers de Benferade, fur le Roi, répréscntant le soleil levant : En montant fur mon char f f ai pris foin d’écarter Beaucoup de Pha'étons qui vouloienty monter s Dans ce hardi dessein leur ambition tremble ; Chacun cCeux reconnaît qiiìl en faut trébucher , Et qiìon verse toujours ,/ l’on n’est tout ensemble. Le maître £sf le cocher. COCHER , v. a. [Caire.] Terme d’Oiselier. Le mot de cocher se dit du mâle de tous les oiseaux, lors qu’il couvre la fémelle pour la génération. (Le coq cache la poule. Le pigeon coche la fémelle.) ( Gallm cmn gaìlinis coît ut eorum ova fœcundenturl) COCHET , / nt. [Pull us. J Petit coq, petit poulet coq. COCHE VIS , cochevi , f. m. [ Gulerita. ] Sorte d’aloùette hupée. (Le cochevis chante agréablement. f COCHINES, ou MARACAS. On donne ce nom dans le Perou, aux petits vases que l’on a tache au bout des branches coupées de l’arbre qui distille le baume, pour recueillir cette gomme précieuse. í COCHLEARIA ,f m. On apelle en Franqois Pherbe aux cuilliers. C’est une plante Médécinale qui fe plaît à l’ombre, & qui croît ordinairement dans les lieux marécageux. Elie est d’un goût acre, & d’une odeur pénétrante quand elle est écrasée. Elle contient beaucoup de phlegme , d’huile, de sel volatil & fixe. On l’employe pour le scorbut, les obstructions, pour exciter les urines. Elle déterge & rafermit les gencives; & elle est vulnéraire pourvu qu’elle convienne au tempérament. Ses racines sont petites, droites, entourées de quelques filamens blancs. Ses feuilles font presque rondes, charnues , assez larges, creusées en forme d’une petite cuillier, vertes, pleines de suc , attachées par des queues purpurines d’une longueur médiocre. J1 s’éleve au milieu, à la hauteur COC d’un pied plulìeurs tiges rougeâtres, anguleuses K revetuës de petites feuilles oblongues & s ans q lteu ^ Ses fleurs naissent le long des sommitez des tises ' composées chacune de quatre feuilles blanches dïspol fées en croix ; il leur succède des semences menue/ rondes & rousses. ’ í COCHOIS, f m. Outil de buis, dont les ci riers sc fervent pour équarir leurs flambeaux , tant dé poing que de table. COCHON , goret, f. m. [ Porcetlm , forculu, I Animal domestique a quatre piez, fort connu, blanc ou noir, qui a le poil rude , les yeux petits & enfon, cez dans la tête, le groin & le devant de la tête plat" le ventre grand & un peu pendant, la queue longue' avec de grandes soies fur le dos. Le cochon vit dè glands, d’orçe , de son , &c. 11 hait le loup, la Lie. mandre, l'éléfant, les beletes & les scorpions. ((j tt marchand de cochons. Acheter un cochon au mat. ché. Tuer un cochon. Un cochon de lait.) COCHON de lait. f. m. [Porcus laHensd] Cochon qui ne tête plus. (Les Mahométans ne mangent point de co. chon , parce que les cochons sont sujets à être ladres.) £ L’Académie remarque qu’il y a cette diférence en- tre cochon & pourceau , que cochon se dit de cet animal à tout âge , mais pourceau seulement quand il eft grand. Ainsi on ne dit pas un petit pourceau , un pour. ceau de lait , mais un petit cochon , un cochon de kit. £ On dit d’un homme qui a de petits yeux, qu’il a des yeux de cochon. Ilsfont cameraies cochons. C’eft. à-diré , prov. & fig. ils vivent ensemble dans une extrême familiarité. On dit à son inférieur, pour lui faire sentir qu’il s’oublie, & qu’il en use trop familièrement , il semble que nom citons gardé les cochons ensemble. f * Gros cochon. [Ventriosm , helluo .] Ces mots au figuré, sont bas, & signifient un homme gros & gras, & le disent en riant, ou par injure. COCHON d’Inde. [Porcm Indiens.] Petit animal, qui d’ordinaire est blanc & roux, qui a quatre piez, le groin aigu, de fort petites dents, de petites oreilles rondes , qui n’a point de queue , qui vit d’herbes, & qui dès qu’il vient au monde court, boit & mange. (Un cochon mâle d’Indesufit pour couvrir neufféme- les. Cochon d’Inde fémele. Jonf. H COCHON d’eau , que les Portugais apellent Capi. vard. II est amphibie, il a le corps d’un cochon & la tête d’un lièvre , & n’a point de queue. II fe tient fur son derrière comme un linge. II est bon à manger. ê COCHON de mer. C’est ce qu’on apelle Mat- soùin, fm maris. COCHONNET, f.s. [Porcellorum partus.] Tous les cochons de la portée d’une truie. COCHONNER o. ». [Porcellos ftrius edere.] Faire des petits cochons. (Les truies cochonnent deux fois Tannée, & sont pleines quatre mois.) COCHONNET , / m. [Tejfera luforia,] Petit corps d’os ou d’ivoire , taillé à douze faces pentagones, marquées de points depuis 1. jusqu’à 12. On le roule sur une table , comme si c’étoit un dé. (Jouer au cochonnet.) On dit zxsjft jouer du cochonnet, lorsque jouant à la boule , on change de but en promenant, & Ton jette devant soi une boule, une pierre ou autre chose qui sert de but à chaque fois, & qu’on nomme le cochonnet .) f COCKIEN ,/ »r. Monoïc de compte, dont on fe sert au Japon, à peu près comme nous nous servons de la Pistole. Le Cockien revient à dix livres Carolus du Païs-Bas. COCO , f, m. Arbre des Indes Occidentales, qui est une efpéce de palmier, plus haut que les autres. Son fruit sert à divers usages , car il fournit aux Indiens à manger, à boire, à filer, &c. Les indiens font de son ecorce des tasses pour boire le chocolate. Les Jouaiiers & autres gens qui vendent des bijoux, vendent aussi des tasses de coco, qui font fort mignonnes. COCON. Voïez Coucon. COCOLE,/ f- Nom de fille, qui signifie petite Nicole. (Cocole est tout-à-fait jolie. ) f COC8- Ce sont les pains, ou boules de pastel, avant qu’on Tait réduit en poudre. On les nomme aussi Cocaime. COC- c oc COCTION ÍDigeJìio, concoflioQ Du Latin îofíio. Digestion. C’est le changement de la nouri- ture qu’on prend, & qui se tourne en une qualité conforme à la partie qui doit être nourie. La coction se fait bien ou mal. Coction tardive. Coction imparfaite. Coction promte.) COCTION. [Cottios Terme de Chimie. II y a plusieurs sortes de coctions. Les principales font la maturation, l’élixation, la frixion , l’affation , la torréfaction & l’ustion. Cbarits, phannac, i.p.cb.24. Faire la coctúm, c’est donner le feu propre aux matières fur lesquelles on travaille. COCU,s ni. [Currucaf] Terme injurieux. On le donne à celui qui a une femme qui ne lui garde pas la foi de mariage, & qui donne à d’autres ce qu’elle ne doit qu’à son mari. (II y a de plusieurs sortes de cocus, il y en a de fous, de furieux, de dangereux, de médians, de cruels, de malicieux, d’om- brageux, de pacifiques. Si l’on veut dépenser cinq ou iìx mille écus , on fait cinq ou fix maris cocus. Sar. Pois. Etre cocu en herbe. II couronne Vulcain d’un chapeau de cocu. Ronsard. Si n’être par cocu vous semble un Jìgrand bien, Ne vous point marier en es te vrai moien. Mol. école des femmes, a. sc. 6. (s Mr. Ménage a raporté plusieurs origines du mot cocu. Mais il me semble que l’on n’a pas dû s’embarasser dans la recherche d’une ethnologie qui fe présente d’abord d’elle-même. Le chant de l’oiseau que nous apellons coucou , est, fans doute, la véritable source du nom que l’on donne aux maris, dont les femmes font infidèles. J’avoue pourtant qu’il se peut faire que l’on ait formé ce terme du Latin cucu r Im. Ce qui peut confirmer cette conjecture, c’est que par une fatalité pour ce pauvre oiseau, son nom. est dans le Latin comme dans nôtre langue , un terme injurieux , & une efpéce de note d’infamie : mais on ne trouvera pas que l’on ait apellé cuculus un mari trahi & déshonoré par fa femme. Quelquefois cuculus a signifié un paresseux, un fainéant, qui a laissé passer le tems propre pour tailler la vigne ; & nous aprenons par le témoignage d’Horace, & de Pline, que lors que les passans voioient des Vignerons travailler dans les vignes après la saison destinée pour les tailler, ils se moquoient de leur paresse, en les apellant cueilli s ce qui causoit souvent une longue suite d’injures de part & d’autre : mais les passans étoìent le plus souvent obligez de céder à l’insolen- ce des Vignerons ; c’est ainsi qu’il faut entendre ces vers d’Horace dans la septième satire de son premier livre , où il parle d’un certain Rupilius , lequel se défendit un jour en présence du Juge, par des injures dont il acable son adversaire ; semblable (dit-il) en cela aux Vignerons , qui ne cessent point d’outrager les passans, lors qu’ils leur reprochent leur paresse, en les apellant cuculi: Durits Vìndemiator , £«? invìHus , cui sape viator CeJJìjset, magnà compellans voce cuculum . Pline s’est expliqué fur cet ancien usage, un peu plus clairement dans le liv. ig- ch. 26. de son Histoire , où il dit que le Vigneron doit promptement parachever l’ouvrage , quand il ne l’a pas fini avant l’équi- noxe, afin qu’il évite le reproche de fa paresse, & le Hom déshonorant de cuculus , c’est-à-dire , d’homme fainéant & paresseux. Voici ses termes, que j’ai crû devoir raporter, quoique le passage foi t un peu long : XV. diebw primis agricola rapienda sunt ea , quibrn peragendk ante œquinoxìum non sujsecerit , dum sciât indè natam exprobationem ftedam , putantium vites , per imìtationem cant&s alitis temporarii , quem cuculum vocant j dedecus etiim babetur opprobriumque meritum , j'alcem ab illa volucre in vite deprehendi , N ob id petu- Umtits sales , etiam cum primo vere ludantur , Le P. Hardoùin, dans ses notes fur Pline ; le P. Tarteron, & Mr. Dacier, ont crû que dans la chaleur, il échapoit aux Vignerons & aux passans , des termes obscènes, que la modestie leur défendoit d’exprimer. 11 faut pourtant convenir , que cuculus a signifié long-tems avant la naissance d’Horace & de Pline, l’infidélité du mari, au lieu qu’à présent il marque l’infidélité de la femme, & la honte du mari. Plante , dans son AJtnaire, ací. sc. 1. introduit une femme qui COD 417 trouvant son mari couché dans tin lien de débauche , lui dit transportée de colère : Quoi, tu es encore couché, vieux cocu ? leve-toi, & va dans ta maison, At etiam cubât euculus,surge amator , i àomum. Elle ajoute ensuite : Faut-il que ta femme vienne te chercher dans cet infâme lieu, à l’âge oú tu es % Cano capìte te cuculum uxor ex lusris rapit. La comparaison du coucou & d’un mari infidèle à sa femme , est très-julte ; car 011 dit que le coucou est un oiseau très-pareffeux, & qu’au lieu de travailler à faire son nid, il se sert de celui qu’il rencontre, pour y pondre ses œufs : mais on ne trouve pas la même justesse dans la comparaison de cet oiseau avec un mari , qui voit son nid ocupé par un autre. Cependant l’usage le veut ainsi , & c’est en quoi consiste le déshonneur du cocuage , & Punique sujet raisonnable de la douleur & de l’affliction des maris qui éprouvent une si triste destinée. Erasme a remarqué dans ses Adages, Chiliad, art. 4. cent. 84. que le chant du coucou avertit les maris de garder leurs femmes; d’oû l’on peut conclure que l’on apel- le avec raison cocus, ceux qui ne veillent pas à leur conduite. Quiconque a soixante ans vécu, Et jeune fille épousera , S’il es galeux , se gratera Avec les ongles d’un cocu. COCUAGE , f ni. {Conjugk infidelitass Etat de celui qu’on apelle cocu. (Suporter patiemment le cocuage. Le cocuage est à la mode, il est plus en régné que jamais. Les Dames ont fondé le cocuage. 11 faut de l’infensibilité ou de la constance pour suporter patiemment le cocuage. Qu’on ne murmure plus Contre le cocuage, Puií-qu’il es en partage A des gens fort connus. Poète anonyme. L*homme le plus puissants ausl-tòt qu*U s*engage Des’ous le joug du mariage , Doit craindre a tous motnens un injurieux fort , Et les grands font sujets aux loix du cocuage, AuJJfibien qu’aux loix de la mort. Poète anonyme,) 0 " Moi qUt vous parle , Sire (ajôûta le Romain) Ee jour que pour vous voir je me mis en chemin , Je fûs forcé par mon destin De reconnaître cocuage Pour un des Dieux du mariage , La Fontaine, Joconde, $ COCOTIER , V. a. Terme burlesque, qui signifie faire cocu. Molière s’en est servi. CODE , f m. [ Codex.) Volume de droit civil, qui contient les Loix des Empereurs Romains , divisé en douze livres, dont chacun est partagé en plusieurs titres, & chaque titre comprend plusieurs loix. Plut à Dieu qu* ón réglât ainsi tous les procez, Que des Turcs en cela on suivit la méthode , Eesmple sens commun nous tiendrait lieu de Codé. II ne faudroit point tant de frais. La Font.) Le Code Grégorien. Le Code Hermogénien, & se Code Théodosien. Les Pandectes & le Code lui sont des pais inconnus. Main. Poés CODE. Ce mot se dit de divers recueils des Ordonnances des Rois de France. (Le Code Henri, Le Code Louis. Code civil. Code criminel.) f CODE. Ancien mot, qui signifie ce qu’on nomme à présent chez les Couteliers Pierre á éguifer. CODICILE, s m. lCodicilìm .2 Terme de Droit , Ecrit qu’on ne fait pas dans toutes les formes qus demandent les loix ou les coûtumes, & qui marque les dernières volonteZ d’une personne. Ecrit par lequel on changeOU l’on ajoute quelque chose à un Testament. (Faire un codicile.) CODÍCILIAIBE , adj. f Codicillark. j Qui est contenu dans un codicile, (Clause codiciíiaire.) Tome L G g g jer co- 418 COE {$ CODILLE. Terme d u Jeu de l’hombre. Celui qui fait le plus de mains fans faire jouer, gagne la mise & la bête, fans rien risquer. On dit, gagner co - dilìe , ou de codille. Le titre dn Jeu est Espagnol; hombre, c’est homme ; Jeu de 1 ’hombre, c’est ce que l’on a apelle le Jeu de Y homme; & comme celui qui gagne sans faire jouer, demeure le maître du jeu, souvent par son habileté, les Espagnols l’ont apellé cau- dillo , c’est-à-dire, brave, un grand capitaine. Nous lisons dans Y Histoire des guerres de Grenade, que cette ville fut peuplée par des Mores que conduisirent deux grands capitaines , Tarif y Muça : Sciendo to- da elìa occupada de Moros traydos, por aquellos dos bravos Caudilìos y Generales, uno llamado el Tarif , y el otro Muça. CODONATAIRE, adj. [Donationis socius.] Terme de Droit. Associé conjoint avec un autre , dans une même donation. (La condition des codonataires est égale.) CœCALE, adj. voïez COECALE. CœCUM , f- m. voïez Cœcum. COE'GAL , ALE , adj. [ Coœqualis, coequw. ] Terme de Théologie , qui ne sc dit que du Mystère de la Sainte Trinité. COERCITIF, IVE, adj. [Qui jus co'ércendi haleté] Qui a le pouvoir de contenir dans le devoir. (Avoir une puissance coercitive fur quelcun.) COERCITION , f f [ 'Coércitio .] Terme de Palais. Pouvoir qu’on a de corriger les méchans, & de les retenir dans le devoir. COEFE. Voïez Coife. COE'TERNEL, coéternelle , adj. II vient d u Latin coatermu. Terme de Théologie & de PhiloJb- f hie. Qui est de toute éternité avec un autre. (Le ils & le Saint-Efprit font coéternels au Père. L’ame n’est pas coéternelle à Dieu. Port-Royal .) COEUR, f- w», du Latin cor. Partie qui est le principe de la vie d’un animal, qui vit la première, & qui meurt la dernière, & qui est située au milieu de la poitrine, & qui est formée en piramide, ou en maniéré de pomme de pin. (Le cœur bat, sc meut, palpite , soupire. Le cœur a deux ventricules & deux oreilles. Le sang entre dans le cœur par deux veines, & il en fort par deux artères. Les ouvertures du cœur se forment par des valvules. Les animaux timides ont le cœur plus gros à proportion que les autres. Tout abatu qu’il fut, il demeura vainqueur, Son sang fut en cent lieux le prix de fa viHoire ; Et Mars ne lui laissa rien d‘entier que le cœur. Epitaphe du Maréchal de Ranzeau.) COEUR. [Stomachus.] Ce mot se prend quelquefois pour l’estomac , où sc fait la digestion des viandes. (Comme quand l’on dit, il a mal au cœur. Cette viande fait soulever le cœur. Défaillance de cœur.) * COEUR. [Animas .J Courage. Hardiesse. (Manquer de cœur. Prendre cœur. Donner du cœur. II a un cœur de lion. II a le cœur haut. La naissance hausse le cœur des Gentilshommes. Les heureux íùccez enflent le cœur des victorieux. C’est un homme fans cœur. La fortune jalouse (if t amour infidèle, Ne lui laijsoient ici que son grand caur pour elle. Corn.) (§ Le cœur banit la crainte, il empêche de reculer dans une action : le courage donne de la hardiesse, il fait entreprendre : la valeur embrasse l’oca- íion, elle exécute. * On dit, par maniéré de proverbe , contre fortune bon cœur pour dire, que c’est dans l’adversité qu’il faut témoigner le plus de courage. * On dit d’un homme qui est glorieux & pauvre, qu’il a le cœur haut ffj la fortune basse. COEUR. [Animeu.] Esprit. (Mon fils, écoutez mes paroles , & mettez-les dans vôtre cœur. Port- Royal. 11 me reste fur le cœur quelque chose contr’el- le. Voit. 1.2. 11 faut que je vous dise tout ce que j’ai fur le cœur. Boi. avi. Dieu est le scrutateur des cœurs. Dieu fonde les cœurs, & lui seul les connoît. Le Sage doit aprendre à connoître le cœur de l'hom- me, pour prendre chaque homme par son propre penchant, & le mener par là au bien. Confucius, morale, f. 9S-) COE * COEUR. [ Lœtitia, gaudium.] Plaisir, joie. (Baiser de fort bon cœur. Voit. Poes) ' aiier COEUR. [ Magnanimité, generofitas.] Fierté M, niére d’ame généreuse, & incapable de faiblesse & ju lâchete. Caractère d’ame plein de bonté de ten dresse,_ de générosité & d’amitié. (Je loùois son cœuï de Reine & ia grande bonté. Voit. Poes. C’eft nn homme tout de cœur. U a le cœur bon. Elle a da cœur. 11 a le cœur & l’efprit bien faits. Scar Son cœur est au dessus des sceptres & des couronnes Voit. I. 7 . Prendre un cœur de Roi. Vaug. Quint Curce, l. 4 . Avoir le cœur droit ct sincère.) ' ^ ' * COEUR. [Voluntus, Jìudium.] Ressentiment re connaissance. (Je reconnois vos bontez avec ce cœur que vous savez que j’ai. Voit. I. 1 . jó.) * COEUR. [Memoria.] Mémorie. (Savoir par cœur Mol. prec. Aprendre par cœur. Je mets bien avant dans mon cœur les moindres choies qu’elle me dit. Scar.) ^ * On dit, dîner ou souper par cœur ; pour dire ne dîner ou ne souper point, non pas volontairement' mais contre son gré. On l’a fait dîner par cœur; c’est! à-dire, on ne lui a point donné à dîner. Cette façon de parler est basse , & du langage familier. On dit auflì à cœur jeun. [ Jejuno Jìomacho.] * COEUR. [Mens, cogitatio.] Sentiment. (Le cœur de Philis dément ses yeux de tout ce qu’ils avoient avancé. Ouvrir son cœur à un ami. [Amico nudare animos.] C’est-à-dire, lui découvrir ses fentimens. Pénétrer jusques dans les replis du cœur d’une personne. [Scrutari. ] C’est-à-dire, voir ce qu’une personne peu! sc, ct quels sont ses fentimens.) j£f Le P. Bouhours a fort bierr remarqué dans son Art de penser, que le cœur & l’efprit font bien à la mode : on ne parle d’autre chose dans les belles conversations, & il n’y a pas jufqu’aux Prédicateurs, qui ne fassent rouler la division de leurs discours fur le cœur & fur l’efprit. Voiture est peut-être le premier qui a oposc l’un à l’autre, en écrivant à la Marquise de Sablé : Celles-là (dit-il, en parlant de ses lettres) partoient de mon esprit , celles-ci partent de mon cœur. L’Auteur des Réflexions morales rencherit fur Voiture, en disant que , l’ejprit est toujours la dupe du cœur; que chacun dit du bien de son cœur, & que personne n’en ose dire de son esprit ; que sesprit nesauroit jouir long-tems le perjonnage du cœur. COEUR. [Voluntas, cor.] Volonté. (II faut servir Dieu de cœur, le prier de cœur, & l’aimer de tout son cœur. Le cœur des Rois est en la main de Dieu. C’est- à-dire, il dispose de leur volonté. L’endurcissement du cœur.) * COEUR. [ Defiderium , animai.] Désir, envie. [Avoir le cœur au métier. C’est-à-dire, avoir un grand désir de réussir en quelque chose qu’on a entrepris. Le cœur lui en dit. C’est-à-dire, il souhaite, il a envie. De l’abondance du cœur la bouche parlt. Pour dire, qu’on parle volontiers de ce qu’on désire. En ma faveur Daphné ne s’est point déclarée, J’espère cependant avoir un jour sa foi : Mon cœur me le promet, c’est mon cœur que j’en croi. La Font.) * COEUR. [Libido.] Passion. (Pour plaire il faut remuer le cœur, & laisser l’efprit tranquile. II Yen est donné au cœur joie. C’est-à-dire , il a satisfait fa passion.) * COEUR. [Amor, sìudium.] Amitié, amour, inclination. (Enseigner le chemin du cœur. Trouver le chemin du cœur de quelque belle ; c’est-à-dire, le moïen de gagner son amitié. Donnez-moi vôtre cœur, ou point de quartier. Scar. setter son cœur à la tète deS gens; c’est-à-dire, faire les avances en matière d’amour. Pour gagner tous les cœurs, Le Ciel fit ma Bergere. La Font.) * COEUR. [Cor.] Une personne qui a de la bonté & de l’amitié. ( Je me tiens heureux d’avoir place dans le meilleur cœur du monde. Voit. I. 42 .) * COEUR. [ Cor, animas. J On atribuë au cœur par figure les mêmes choses qu’à l’efprit, & qu’à la personne. (Exemples. Le cœur a son langage comme l’efprit a le sien. L’efprit doit conduire les fen- timens du cœur. Mon cœur me conseille de me remettre dans vos fers. Voit. Pois. Le cœur me dit que vous êtes le plus cher de mes amis. Maucroix, jch. 1.2.) f COEUR. Ce mot entre encore figurément dans plu- COF plusieurs phrases. (Adieu, quoique le cœur m’en fende. Voit. Po'ís. C'est-à-dire, je vous dis adieu avec beaucoup de regret. Se ronger k cœur. Voit. Pois. C’est-à-dire , se chagriner. Cela lui tient au cœur ; c’est-à-dire , cela le fâche. Ces mots signifient aussi, il a une grande envie de venir à bout de quelque chose , qu’il a dans l’esprit.) Prendre une afaire à cœur. [ Rem cordi babere. ] C’est-à-dire , l’entreprendre avec affection. Parler à cœur ouvert. ['Anima stncerost C’est-à-dire, sincèrement, franchement, & sans dissimulation. * Mon cœur. [Animale mi, meum corculuml] Terme de Caresse , qui marque qu’on aime tendrement la personne à qui on dit ces mots. (Je vous affûte, mon cœur, que je mourai plutôt que de changer. Que tantôt un mon cœur , (if tantôt un mon cane, Ranime les ardeurs d'une mourante fiàme. Ep. d’Ovide.) * CœUR. [Médium .]j Milieu. (Etre au cœur de l’hiver. Ablanc. Etre au cœur de l’été. Vaug. Quint. Curce, l. %. Cette ville est au cœur de la France. Abl. Le cœur du chêne. Le cœur de la cheminée, c’est le dedans.) * CœUR. [ Folìum lusorium mìniato corde stgnatumfl\ Terme de Jeu de cartes .] C’est la figure d’un cœur, qui est de couleur rouge, & dont on voit plusieurs nombres fur diverses cartes. Ainsi l’on dit, un as de cœur, un six ou un sept de cœur, un Roi de cœur, &c. * CœUR. {Médiumfcutuml ,] En terme de Blason , c’est le milieu del’écu, qu’on apelle aussi abîme. * CœUR. [ Médium. ] Terme de Vitrier. Le milieu de la verge de plomb , qui a deux cotez qu’on apelle ailes. £ CœUR fleuri. Espèce dt linge ouvré , qui se fait en Picardie. £ CœUR. Terme d 'Astronomie. On apelle cœur du scorpion , & cœur du Lion, deux étoiles de la première grandeur, qui font dans les signes du scorpion & du Lion. II y a aussi le cœur de l’hydre. COFIN, s m. [Copbinus .] Les Vaniers apellent cofin, vin petit panier d’osier, haut & rond, avec un couvercle & une anse , propre à mettre quelques livres de chandelle , ou autre chose, comme des fruits, &c. (Un joli cofin , faire un colin.) H COFIN. Ancien terme, qui signifie dans les Statuts des Pâtissiers , ce qu’on nomme présentement Cor- billon d’Oublieux. f COFINE , adj. Ardoise cofine. C’est une sorte d’ardoife un peu voûtée, qui sert à couvrir les Dômes & autres édifices, dont la couverture se tourne en rond. Se cofiner , o. r. [In stiram, in orbem contorqueri , convolvi.J Terme de Fleuriste. II se dit des œillets, & veut dire, que les feuilles fe frisent, & qu’au lieu de demeurer étendues, elles fe recoquillent & se plissent. (Les feuilles de mes œillets fe cofinent toutes.) COFRE , f. m. [Arca.] Ouvrage de bois , creux & quarté comme une caisse, qui a un couvercle qu’on ferme à clef, & qui est propre à mettre des bardes & du linge, &c. (Un cofre dont le couvercle est en rond, s’apelle un bahut, cofre couvert de cuir: cofre de caresse.) COFRE fort. [ Arca œrea, ferrea , argentaria. jj C’est un cofre de fer, ou de bois, épais, garni de toile ou de bandes de fer, où l’on ferre de l’argent, &c. On y met ordinairement une forte serrure à plusieurs pênes, & dificile à ouvrir. ( La clef du cofre fort & des cœurs , c’est la même. La Font.) f Les cofres du Roi. [Airarium Regium.] Ces mots fe disent du trésor du Roi, où entrent les recettes des domaines & des autres revenus du Roi. ( Cela n’est pas entré dans les cofres du Roi.) f On dit des pertes qui tombent fur quelcun. Cela fera fur ses cofres. {In illum recident iltì fumptus.] * COFRE. [Organi rnufici corpus .] Terme de Lutier. Le corps & l’assemblage des parties du clavecin, ou de l’épinette. * COFRE. [ Corpus cervi. ] Terme de Chasseur. C’est le corps du cerf, du daim, ou du chévreuil, lors qu’on en fait la curée. (Mettre le cofre du cerf en une place belle & herbue. Sal.) * COFRE de presse. [Quadratum tignum eXcipiendo marmori incisumj] Terme à’Imprimeur. Bois où est enchâssé le marbre. CCG 419 COFRE. {Mìlitarìs Jlatio média in fojsâ excavata. Ternie de Guerre. C’est un logement creusé dans un fossé sec & élevé de deux piez au dessus du fond du fossé, & où il y a des embrasures pour tirer fur les assiégeans, & les repousser quand ils veulent passer le fossé. Ce cofre ressemble à une caponniére : il est profond de six à sept piez , & fe fait toujours dans le fossé , au lieu que la caponniére se fait quelquefois fur le glacis. Voïez Caponniére. f COFRE. Terme de Médecine. C’est le creux du corps humain fous les côtes , qui contient le cœur, les poumons, &c. í COFRE, signifie aussi un cercueil, une biere pour enterrer les morts. f * On dit d’un homme qui fait mal quelque chose : II s’y entend comme a faire un cofre. Maître Adam, Ménuisier de Névers , l’a dit agréablement de ses Poésies. f * Piquer le çofre. Cela veut dire , attendre assis fur un cofre. * Elle est belle au cofre. [Deformis natura , fed dote formofa.] Proverbe , pour dire , qu’une fille est laide, mais qu’elle est riche , & qu’elle a des pistoles. ê Raisonner comme un cofre. C’est prov. raisonner mal & sans esprit. f Rire comme un cofre. C’est prov. & dans le stile bas , rire à gorge de ploïée. (f Dans plusieurs provinces , sofre & trousseau' ou troufsel font sinonimes. On apelle ainsi les' habits, linge & bardes, que les parens donnent à leur fille lors qu’elle fe marie. Les gens riches ne font point estimer à certaine somme le cofre : mais dans le bas ordre, on ne manque point d’y fixer un prix qui fait partie de la dot; & s’il n’est pas fixe, la femme ne peut point prétendre de restitution ; elle peut seulement emporter ce qui existe. Si pendant le mariage le mari y met un prix , la femme ne peut le demander, que comme étant le prix d’une vente qu’elle en a faite à son mari. Voïez Catelan , tom. 2. liv. 4». ch.T, 1. Voïez aussi sur cette matière, dans les Païs Coùtumiers, Melun , art. 276. Sens , art. 268. Auxerre , Traies , Chàlons, Bretagne. t * COFRER, v. a. {Aliquem in carcerem trude- re.] Mettre en prison. (On l’a cofré.) COFRET , f. m. {Arcula , capsula .J Ce mot se dit quelquefois, mais on dit plus ordinairement un petit cofre , qu’un cofret. COFRETIER, s. m. {Faber capsaritts .] On prononce presque cofretié. C’est un artisan qui fe sert de bois & de cuir, & fait des cofres , des malles , des valises, des étuits de chapeaux, des fourreaux de pistolets , des caves, des cantines & des paniers de bagage. Le Cofretier s’apelle aussi Maletier. Us ont la même fête que les Libraires , savoir S. Jean Porte-Latine. COGNASSIER , coignajster, ou coignier, f. m. {Malm çydonia.] On dit ces trois mots , mais le coignier est un petit coignajster rabougri, quí ne fait pas de beaux jets, & n’est pas propre à la gréfe. La cognasse qui est le fruit du coignassier, n’est propre qu’a faire de la marmelade , de la pâte & du cotignac. C’est un arbre qui ressemble presque au pommier, sinon qu’il a les feuilles plus étroites, plus dures & plus blanches à l’envers. II jette un fleur à cinq feuilles , semblables à celle du rosier sauvage. ( Le coignassier aime les lieux froids & humides. Dal, COGNATION ,ff- [Cognatio .[] Terme de Jurisprudence. Lieu de parenté entre tous les décen- dans d’une même souche , tant par les mâles que par les femelles. L’agnation , au contraire , ne comprend que les décendanspar les mâles. Ainsi en France on fuit Yagnation pour la succession à la Couronne. En Espagne & en Angleterre on suit la cognation . Les Canonistes divisent h cognation en trois espèces : l’une est spirituelle : l’autre légale : & la troisième , naturelle. La première cognation se contracte dans le Batême, & c’est une espèce d’adoption spirituelle , par laquelle nous devenons tous frères en Jéfus-Christ , & comme par l’adoption civile, on chan- geoit entièrement de condition & de famille ; de même dans le Batême, on devient un nouvel homme afranchi de la servitude originelle. II faut observer que la cognation spirituelle finit dans les mêmes personnes qui l’ont contractée, & ne va plus avant. Voïez Alliance spirituelle. La conation légale est in- TomeL Ggg a tr0 . 42o COH troduite par la Loi. La naturelle, est celle qui se forme par la naissance & par le lang. COGNE'E, coìgnée, s. f. Outil de fer, acéré, plat & tranchant eu maniéré de hache. (Une grande cognée. Emmancher une cognée. Le bûcheron léve sa cognée haut, pour abatte des arbres. Un Bûcheron perdit son gagne-pain ; C’ejl la coignée, U la cherchant en vain, Ce fut pitié la-dejjus de l’entendre. La Font.) L * Aller au bois Jans cognée. Maniéré de proverbe; pour dire, entreprendre une afaire lans avoir préparé les choses nécessaires pour la faire réuílìr. ■j- * Jetter le manche après la coignce. C’est abandonner une afaire, lors qu'on désespéré de la pouvoir faire réussir. COGNER, coigner, v. a. [Tundcre, trudere. ] Pousser avant à force de fraper. Enfoncer quelque chose en (sapant. (Cogner un clou.) COGNER. [ Pulsare.) Heurter. Fraper une chose contre une autre. (II lui a cogné la tête contre la muraille.) H COGNER un chapeau sur le billot, c’est en fraper le dessus de la tête, pour en faire mieux la forme. Se cogner, v. r. [lllidere, impingere se.J Sc heurter contre quelque chose. (Je me suis cogné la tête contre ce poteau.) f Se cogner la tète contre le mur. C’est fig. entreprendre une chose impossible , ou dont on n’est pas capable. COGNE-FêTU, s. m. \_Multa agendo nìhil agens.~] Un homme qui se donne beaucoup de peine inutile. COHABITATION,//. [CopulatioJ Commerce criminel, qui se dit en terme de Pratique. COHABITER , D. n. [Flagitiofutn habere commer- cium .] Vivre dans une familiarité criminelle. COHERENCE , / / [Cokœrentia in sermone.J Terme qui se dit d’un discours dont les parties ont quelque fuite ou convenance les unes avec les autres. COHE RITIER, / m. [ Cohœres. ] Terme de Pratique. La personne qui est héritière avec une autre. (Contraindre ses cohéritiers. Patru , plaid.) f COHI, / m. Grande mesure, dont on se sert dans le Roïaume de Siam, pour mesurer les grains. Le cohi pèse çooo. livres juste. COHOBER, v. n. [Dénué dijìillare.j Terme de Chimie. Distiler plusieurs fois une même chose , en remettant la liqueur distilée sur la matière qui reste dans le fonds du vaisseau distilatoire , & la distilant de nouveau. Glu. On dit aulsi cohobation , / f. [Ite- rata diflillatio.J COHORTE , / / [Cohorsé] Terme de Milice Romaine. Le mot de cohorte répond aujourd’hui à ce que nous apellons régiment d’infanterie. Elle étoit composée de cinq à six cens hommes, & ces cinq ou six cens hommes étoient divisez en trois manipules ou compagnies, fous ('autorité d’un Tribun, qui étoit l’Oficier qu’on nomme présentement Meftre de Camp. Abl. Frontin. (II soutint avec quelques cohortes l’é- fort des ennemis. Du Ryer , Juplément de Quìnte-Curc. I. 2 . ch. ro.) f * COHORTE. Ce mot pris burlesquement & figurément, veut dire, une troupe de monde. (II brave des serpens la timide cohorte. Dejfr.fat. y.) COHUE, / / Ce mot se disoit autrefois des assemblées des Oficiers de Justice ; mais il ne le dit plus que des assemblées tumultuaires , où il n’y a point d’ordre, & où chacun parle en confusion. II signifie de plus, criaillerie, cris de plusieurs personnes à la fois. (On lui a fait une cohue, dont il a été fort touché. S car. . Que Jt pour P avenir, En pareille cohue on me peut retenir , Je consens de bon cœur, pour punir ma folie, Que tous les vins pour moi deviennent vins de Brie. Despr.) t COHYNE , / m. Arbre qui croît au pié des montagnes des Cannibales en Amérique. Sa feuille est semblable à celle du Laurier. Son fruit est gros comme celui d une citrouille médiocre. L’intérieur de ce fruit apaise la douleur de tête, apliqué extérieurement. On ne le mange pas. COI T f COI, coie adj. [ Quietm, tranquìllw, fidatml Le féminin ne se dit presque point, & est bas Tran quile, qui est en repos, qui ne fait point de bruit* (Cois & discrets on les voioit paraître. BoiJ'r. ép ) cherche des lieux sombres & cois. Bens rond ) * COI , adv. [Quieié, J'edatèJ En repos, fans faire de bruit. (Je leur commande de se tenir coi. Abl Luc. t. i. ' Tu nous étourdis tons, Que ne te tiens-tu coi. La Font.) t COIANG, / M. Poids, & tout ensemble niesu. re de Cambaïe,dans les Indes Orientales. Cinq Coiangs font quatre lasts. 6 ÇOIFE ,, / / [Capitis tegumenj Ce mot semble venir du Latin corrompu cuphia, ou cofea. Et en parlant de femme, c’est un morceau de tasetas rond, plissé par derrière, & ourlé tout autour, dont les dames & les bourgeoises íè couvrent la tête, qu’elles tournent autour de leur visage, & moùent un peu au dessous du menton. (Une belle coife de tasetas.; COIFE, cornette. C’est une coife de toile d’ortie dont les dames se servent la nuit, ou lors auVlles font incommodées. , q f On dit par manière de proverbe, cela efl triste comme un bonnet de nuit fans coife. COIFE de chapeau. Toile faite en forme de coife, dont on garnit le chapeau en dedans. t COIFE de perruque. C’est un leger réseau de foie , qui sert pour atacher & étager les tresses de cheveux dont la perruque est composée. £ COIFE. Terme de Botanique. C’est l’envelope de quelques fleurs & de quelques semences. * COIFE de ventre. [ Omentum, epiploon.) Terme dé Anatomie. C’est ce qui couvre les boïaux, & qui ressemble à un filet de pêcheur. COIFE. [Tunica.] Tenne d’ Anatomie. Ce mot se dit encore d’une petite membrane, que quelques enfans ont encore autour de la tête , quand ils naissent, f * COIFE', caifée, adj. [Félix, fortunatmé] Heureux. (II est né coifé. Elle est née coifée. Bens. rond.) Cette faqon de parler, vient de l’opinion du vulgaire, qui croit que les enfans qui viennent au monde avec une coife , font heureux. sf On dit ordinairement, II esl né coifé, pour marquer qu’un homme est heureux, & qu’il réussit dans tout ce qu’il entreprend. La prévention où l’on est, que les enfans qui naissent coífez font heureux, est fort ancienne. Lampride apelle cette coife pìlm na- turaiis, un chapeau naturel, que les Sages-Femmes de son tems vendoient aux Avocats crédules, qui s’i- maginoient que ce chapeau leur procurerait des clients, & un succès heureux dans leurs causes. 11 ajoute, qu’Antonin Diaduméne vint au monde , non point avec le chapeau naturel, mais avec un diadème, que l’on ne pût rompre , quelque éfort que l’on fit pour ('arracher. Balzamon , fur le canon 6i. du Concile. In Trulio , a remarqué que cette superstition se répandit parmi les Chrétiens , & qu’un particulier aïant ete acuíe d’avoir des talismans , & d’y ajoûter foi, ìl fut visité , & l’on trouva dans son sein la coife d’un enfant né depuis peu de jours ; il tâcha inutilement de sc justifier , en disant qu’elle lui avoit été donnee par une femme, qui ('assura qu’en portant cette coife, elle le garentiroit de tous les é forts de ses ennemis: mais il ne pût pas éviter la peine que le Concile lui imposa. 11 raporte en même tems plusieurs autres superstitions, dont le peuple étoit persuadé; & comme, pour les autoriser , on aleguoit cette raison générale, que l’usage des talismans & des choses qui procurent quelque bien à ceux qui s’en servent sans nuire aux autres, est innocent ; il répond que c’est une erreur tres-per- nicieuse , parce que Ton entre dans la convention tacite faite avec le démon, qui se sert de ce prétexte spécieux, pour surprendre les hommes. ǧ Malleville , sécrétasse du Maréchal de Bassom- pierre, fit un rondeau contre Boisrobert, dans 1? tems qu’il étoit en faveur auprès du Cardinal de Richelieu, dont le refrain fut, coife; le P. Lapin le loué extrêmement dans ses Remarques fur la Poèlie, & il mérite bien en effet d’être ici placé. Coifé d’un froc bien raf né, Et revêtu d’un Doïcnné Qui lui raporte de quoi frire, Frere René devient Mejfre, COI Et vit comme un déterminé, Vn Prélat riche N fortuné., Sous un bonnet enluminé, En est, s’il le faut ainjl dire, coifé. Ce n’est pas que firere René D’aucue mérite soit orné, Qu’ilsoit do fie, qu’il sache écrire , Ni qu’il dise le mot pour rire, Mais c’ejìfeulement qu il est né coifé. Les Italiens disent , nascer vestito. * COIFE', coifée, adj. [ Benè auritus canis. ] Ce mot se dic des chiens courans, lorfqu’ils font bien avalez, & que les oreilles leur passent le nez de quatre bons doigts. (Un chien bien coifé. Sal.) COIFE', coifée , adj. f Obturatm. ] Ce mot se disant au féminin d’une bouteille, lignifie qu’elle est bien bouchée avec de la filasse , de peur que le vin ne î’évente. (Bouteille bien coifée.) f COIFE', coifée , adj On apelle dans les Manufactures , un drap bien coifé, celui dont les libers font bien faites , & bien conditionnées pour la largeur & la couleur. COIFEE, v. a. [ Caput comere. ] Acommoder les cheveux d’une femme d’une certaine maniéré fur la tête. (Les demoiselles suivantes coifent leurs maîtres, ses. Coifer en moutonne, coifer en écheveau , corser à la parfaire.) f * COIFER. Donner un chapeau, ou une perruque qui fort propre à quelcun , & qui lui donne un bon air. (Chulot est le chapelier de Paris qui corse le mieux. On dit aussi, voila une perruque qui coifé bien. ) f COIFER un Livre. Terme de Relieur. C’est en arranger le tranche file. Se coifer v. r. [Capillis comere.J Ce mot fe dit des femmes. Acommoder & aranger de bonne grâce ses cheveux fur fa tête. ( Madame fe coife elle même tous les matins. Se coifer de faux cheveux. Pourquoi prenez-vous tant de peine A vous coifer de faux cheveux ? Margot, mon amour est trop vaine Pour vous honorer de ses vaux. Main. Poëf.) f * Se coifer. Se couvrir la tête. (Se coifer d’un Froc. [Monachi habitum ìndueref] Voit. Po'es. C’est- à-dire , fe faire Moine.) f * Se coifer. [ Imbuì alìquà re. ] S’amouracher d’une personne. (Elle est coifée de ce galand. Bens, rondeau. Votre pere, ma foi, est un bourru fiéfé. Qui s’est de son Tartufe entièrement coifé. Mol. Impost. a. z. sc. ;. Combien de Bourgeois (-f Marchands , Coifez de leurs -maisons des champs. Perraut, épit. fur la chasse.) ff Brantôme, dans la vie de Henri II. dit: Ainst ai-je oui dire , N v u pratiquer, que l’amour d’uneJeu - le, coife plus un amant , que deplusteurs autres. COIFEUSE , f. f [Cinisto.] Celle qui gagne fa vie à coifer & à montrer à coifer. (Une bonne coifeufe.) 0 ” Suetone , in Tiber. n. 40. s’est servi du mot ornatrix , pour signifier une coifeufe : PLec matris meœ liberta U ornatrix fuit. COIFURE, f.s. [ CapìtU tegmen. ] Maniéré dont une femme est coifée, avec tous les rubans & les or- nemens qui acompagnent la tête. (Cette coifure-là vous sied bien. Une belle co!sure , une jolie coifure, une coifure agréable , charmante , superbe , magnifique. Les femmes du Levant, en matière d’habit, ne diférent des hommes que par la coifure. Poulet, Relation du Levant, 1. partie, p. np) 0 ” Les Latins apelloient la coifure des femmes ca- liendrum. Horace, fat. g. l'tb. 1. Altum sagana calìendrum. On voit par là que la coifure des femmes Romaines, étoit fort haute; elle faifoit fur leur tête une petite tour de leurs cheveux; ce qui donna lieu de l’apeller corymbium ; & quand leurs cheveux ne fuffifoient pas, COI 421 elles fe fervoient de cheveux étrangers, témoin cet endroit de \Art d’aimer , d’Ovide : Fie'mina procestlt denfijjìma crinibus emptis , Proquefuis altos ejflcìt are fuos. Nous volons aujourd’hui la coifure des femmes auíïi basse, qu’elle a été autrefois élevée. H COIGNOIR. Instrument de bois , dont fe sert un Compositeur d’Imprimerie , lors qu’il veut chasser les coins avec lesquels il ferre & arrête la forme dans son châssis. f COIMENT, adv. ZQuietè.J Vieux mot qui signifie tranquillement, paisiblement. COIN, coing , j', m. [Cydonium malum.J Fruit de coignaffier, 011 de coignier. C’est un fruit à pépin, gros, cotonneux & pierreux , qui a la figure d’une poire , qui sent bon , qui est de couleur jaune, & qui est fort astringent. COIN, f m. f Angulus , recejfus, extrema ; ] Angle, côté, partie, endroit. (Le coin de l’œil, coin de rué, coin de maison , coin de chambre ; le coin de la cheminée; a u coin d’un bois, aux quatre coins de la France. On l’a cherché par tous les coins & recoins de la maison. Par tous les coins de l’univers le cigne Mantoiian résonne. Voit. Po'es. Qu’heureux est le mortel, qui du monde ignoré, Vit content desoi-même en un coin retiré. Despr.) . Tenir bien son coin'. [Partes suas tueri.J Terme de Jeu de paume, qui signifie savoir bien soutenir & renvoies les coups qui viennent de son côté. -j: On dit aussi fig. & dans le Me familier d’un homme qui fe fait estimer, qui fe fait distinguer dans une compagnie, qu’ il tient bien son'coin. Regarder ducoin de l’ceil c’est regarder à la dérobée, & fans faire semblant de rien. On dit aussi à peu près dans le même sens -, fairestgne du coin de l’ceil. f * lin’a jamais bougé du coin de fin feu. C’est-à- dire , il n’a point voïagé hors de son pals , il n’a point vû le monde. COIN. Typus monetalis. Terme de Momie, Poin- qon avec quoi on marque l’argent. (Louis d’or marqué au coin de France.) Les Orfèvres & les Potiers d’étain fe servent aussi de coins pour marquer leur. besogne. * COIN. [Modm.J Sorte , maniéré , façon. (Vous savez à quel coin se marquent les bons vers. Destr. fat. 2. ) ' COIN. [_Notœ imprejsx tégumentìs librommst Terme de Relieur-Doreur de livres'. Petit ornément autour des bouquets, qui font fur le dos des livres reliez en veau. (Pousser les coins.) COIN. [Typus ferreusf] Terme de Doreur de livres. Petit fer qui’ est figuré , quia un manche de bois , & qui sert à pouffer les coins fur le dos des livres reliez en veau. COIN. [Meniiti capillì , fafa coma, ] Terme de Perruquier. 'Cheveux ataçhez avec un ruban aú tour de la tête. Cheveux que quelques dames mettent au dessus des oreilles. ( Elle a des coins. Porter des coins. ) COIN. f Tentes extremi. ] Les dents d’un cheval les plus proches de celles qu’on apelle crocs, où l’on connoît l’âge des chevaux. COIN. [Angulif] Terme de Manège , Ce mot fe dit des quatre angles , extrémitez ou lignes de la volte , lors que le cheval travaille en quarté. (Ce cheval a fait les quatre coins.) COIN. [Angu/as.] Terme de Tailleur. Piéce de bas de chausse, qui est en pointe, & qui prend depuis la cheville du pié, & s’étënd jusques fous la plante des piez.' Atachet les coins d’un bas.) ' COIN. [ Cuneus. ] Terme de Cordonnier , Petit morceau de bois polir hausser le cou du pié des fouliez , lors qu’ils font fur lá forme: COIN. [Cuneissf] Morceau de fer Ou de bois, qui a une tête <& un taillant, & qui sert à fendre du bois. (Un gros ou petit coin. Un bon coin, Le fendeur d® bois fe sert de coins & de maillet pour fendre des bûches. ) Les Canoniers ont des coins de mire, qui font des pièces de bois , minces par un bout & épaisses par l’autre , qtïi fervent à élever cu bais, fer le canon lors qu’ils. mirent. Les Imprimeurs Ggg ? chas- 422 COL chassent des coins dans leurs formes, pour les serrer & les tenir en état. Les charpentiers, les Maçons, & divers autres ouvriers se servent de coins pour elcver leur besogne au point qu’ils la veulent. f COIN. [Cunemst Evolution militaire en usage chez les Anciens, & que les Grecs apelloient Embo- lon. Mr. de Folard panche fort à croire, que le coin n’étoìt pas un triangle, mais seulement un corps fur beaucoup de profondeur & peu de front. Le terme de coin ou à’Embolon , a fait une grande illusion auX Auteurs Tactiques qui ont écrit de la Milice des Anciens, & à nos Commentateurs modernes qui ont traité cette matière, & qui regardent le coin comme un triangle d’hommes. Le sentiment de Mr. de Folard est fondé fur l’autorité des Historiens Grecs & Romains. Le terme de cunem ne signifie pas toujours chez les derniers une figure triangulaire, mais une cohorte, cobors. Ce savant fait voir que le coin ou le Rqjtrum d’Elien est une chimere, & que rien n’est plus foible qu’une pareille évolution. On trouvera tout ce qui regarde cette matière dans le Tome I. du Poly- be de Mr. de Folard. * COIN de beurre. [Massa butyri in cuneì steciem .] 'C’est une piéce de beurre, telles que font celles qu’on vend au marché. COINE , s- s [Suilla cutis.) La peau qui couvre le lard. La peau du cochon qui porte quelques doigts de lard ; car d’un petit cochon de lait, on dit la peau. & non pas la coine. COINT- Vieux mot. Beau, agréable, ajusté. Borel le dérive de cultus. Pauvre fuis, jolie [st cointe. Roman de la Rose. {§ COINTEMENT. Vieux mot , que l’on trouve dans le Roman de la Rose : Comme elles balloient cointement, IJune venoît tout bellement. f COINTRE- Drogue médecinale, qui est du nombre des épiceries qu’on vend à Surate. f COïON , f m. [Ignavus .] Ce mot est vieux & bas, & en fa place on dit : Lâche, pagnote. COïONNER, v. a. [Probris lacejfere.] Faire soufrir à quelcun des indignité/, lui reprocher son infamie, sa lâcheté. t COïONNERIE , f. f. [ Ignavia, nuga .] Ce mot se dit souvent, mais en burlesque & en conversation. II signifie, bassesse, action de peu de cœur, sotifes qu’on dit aux gens, pauvretez. (II lui a dit mille coïon- neries. Faire des coïonneries. Soufrir des coïon- heries.) COIT, f m. Terme de Médecine. On prononce co-it en deux silabes. 11 vient du Latin co'itus, & signifie l’acouplement du mâle & de la semelle pour la génération. II fe dit en général de tous les animaux, ct en particulier de l’homme & de la femme, dans des discours de Médecine & de Chirurgie. t COITE, / /• [Culcitra plume a.) Ce mot est vieux. On dit, un lit de plumes. ê COITES. Terme de Marine. Ce font deux longues pieces de bois qu’on met parallèles fous un vaisseau, pour le porter quand on veut le tirer du chantier atìn de le mettre à l’eau. On apelle aussi coitcì de gu'mdas , des pieces de bordage, qui apuient les bouts de guindas, & fur lesquelles il tourne horison- talement. COL, f m. Volez Cou. COLACHON , f. m. Instrument de musique, fort commun en Italie, qui a deux ou trois cordes, qui est long de quatre ou cinq piez, & qui a la figure d’un luth, excepté qu’il a le manche bien plus long. Mers, COLARIN , f m. Terme d’ ArcbiteHwre. Frise du chapiteau de la colonne toscane & dorique. t COLAS , s. m. [FUcolam.) Nom d’homme, qui signifie Nicolas, & qui ne se dit qu’en burlesque. Le mot de Colas se prend dans les vers satiriques, pour quelque nom d’homme que ce soit. Colas est mort de maladie, Tu veux que je plaigne son sort, Ma foi , que veux-tu que j’en die, Colas vivoit, colas est mort. C O L ATE'RAL, colatérale , adj. [j Transversut COL cognationis gradw.J Terme de Palais. Qui n > e ft héritier en droite ligne. (Ainsi on dit, il est en ligne colaterale. Philippe le Long est le premier des Rois de France de la troisième race, qui ait succédé à la Couronne en ligne colatérale.) COLATE'RAUX, J. m. [Transverso cognationis era. du junlii .] Terme de Pratique. Ce font les oncles" les neveux & les cousins. Heritiers qui font en ligne colatérale. Ce font des colatéraux qui nous veulent arracher une aumône. Patru, plaid. ;.) COLATION , f f. [ Cœnula .] Léger soupé qu’on fait les jours de jeûne, où l’on s’abstient de viande de beurre, & même de fromage. (Colation légére* fuCcinte. Faire colation.) ’ (f Nous prononçons souvent le mot colation; car e’est ainsi qu’il le faut écrire & prononcer, pour ne pas confondre la colation, léger repas, avec collation provision d’un bénéfice, & que l’on prononce en articulant les deux //. J’avoué pourtant que si ce terme vient du Latin collatio , contribution ; il faut l’é- crire avec deux // : mais on en doit fuprimer une dans la prononciation ; & c’est déja un préjugé que cola. tion n’est point dérivé du latin. Nous prononçons (dis-je) souvent ce mot en diférens sens, & fans en connoître sûrement la véritable origine. On dit, don. ner ou présenter la colation : une colation magnifique : faire une légére colation. En Provence & en Languedoc, la colation est le déjeûné. Dans l’An- jou, & dans le Maine, c’est le goûté, comme nous l’aprenons de Mr. Ménage : mais ordinairement on entend, par ie mot colation, le repas du soir dans les jours où l’on doit jeûner. Quant à l’étimologie du mot, je vais raporter succintement ce que quelques- uns en ont dit on poura cboisir ce que l’on croira le plus juste. Caseneuve le dérive du latin collatio, qui signifie non-feulement taille, & contribution, mais encore repas, ou bien l’écot & la contribution qu’on fait pour la dépense d’un repas. Ferrari , dans ses origines de la langue Italienne, mot collatione, est du même sentiment : c’est (dit-il) le déjeuner des écoliers, qui mettent ensemble tout ce qu’ils ont aporté à l’é- cole, dont ils composent un repas médiocre. Filcsac, dans son Traité du Carême , adopte cette opinion. Dom Lancelot, dans fa Dissertation de fHémine, a pris une autre route : il dit, pag. 77. qu’après Vêpres, les Moines de saint Benoît demeuroient dans le cloître , où l’on faisoit quelque lecture ; qu’enfuite on sonnoit une cloche pour avertir de laver les mains, afin d’aler boire au réfectoire ; qu’après on lisoit encore, & puis on donnoit le signal pour la colation. 11 ajoute ensuite, pag. 109. que les Moines s’étant relâchez de la rigueur du jeûne, pendant lequel on ne faisoit qu’un seul repas , ils obtinrent la permission de boire le soir ; & des ce tems-là, on commença de faire la lecture dans le réfectoire, au lieu qu’auparavant on la faisoit dans le chapitre, ou dans le cloître; & pour s’y rendre, on disoit, ire ad collationem ; ce que l'on continua de dire , pour aler au réfectoire, ou, selon l’expreffîon de S. Bernard, accedcre ad leíiionem. Paf- quier a remarqué dans ses Recherches, que les séculiers ont emprunté le terme colation des Álqines. Sous ce terme collatio, il faut entendre la lecture des vies & des ouvrages des Pères. Si je copiois ici tout ce que Dom Lancelot, le P. Martenne, le P. Tliomaffin ont écrit sor ce sujet, je ferois une dissertation très-am- ple, & qui excéderoit infiniment mon dessein. Quand à moi, je crois que le sentiment du Père Lancelot,est celui qu’il faut suivre. Votez encore Ménagé, dans ses Origines, [st Dom Devert, dans son explication des cérémonies de f Eglise, pag. 102. 10;. COLATION. [Merenda.J Repas qu’on fait entre le dîné & le soupé. ( Servir la colation à la Reine. Aporter la colation. Donner la colation.) Voïez Collation & quelques autres mots, où l’on prononce les deux/, dans leur rang. COLATIONNER , v. a. [Merendam sacere.J Faite colation. (Allons colationner. Je viens de colla- tionner.) Ce mot colationner, en ce sens, est un mot de Province. COLATIONNER, v. a. [Exempla recognoscere ex- scripta ab archetypo.J Terme de Pratique. C’est conférer une copie avec [original, pour voir fi elle y est conforme. (Colationner les pièces.) COLATIONNER. [Explorare soliorum fidem.’) ferme de Relieur & de Libraire. Vérifier s’il ne manque point de feuillets à un livre, soit par les signatures a Regard COL l’égatá des cahiers, soit par les chifres à l’égard des feuillets. (Colationner un livre.) COLATURE , s s- [Puvificatio' quœ fit percolan - do.) Ternie de Pharmacie. Séparation d’une liqueur d’avec quelque impureté ou matières grossières, avec un couloir. COLCHIQUE , s s. [ Colchicum commune. ] Fleur de couleur vineuse qui fleurit en Automne. A COLCHIQUE , ou mort au chien. [Colchicum.] Plante qui croît dans les prez , & fur les montagnes. Elle contient beaucoup d’huiie , de phlegme , de sels essentiel & fixe. Sa racine est formée de deux tubercules , qui causent la mort fi on les prend intérieurement , en se gonflant comme une éponge dans la gorge & dans l’estomac. On les emploie pour le rhumatisme & la goûte, en les apliquant extérieurement. í COLCOTAR ,s m. Espèce de Vitriol rouge naturel, que l'on nomme Chalcitis ou Chalcite. COLE , fi fi. [Gluten , glutinum .J Sorte de composition qui astreint & unit des choses qui étoient séparées. II y a diverses espèces de coles ; celle qu’on apelle cole forte. (Cole de poisson. Cole de farine. Cole de Ménuilier.) t * COLE. [ Commentum , nuga.) Terme fort bas, qui signifie, bourde. Défaite frivole. (II m’a donné de la cole.) Colé, colée. COLE', colée , part. & adj. [ Qlutinatus. ] Ataché avec de la cole. (Papier colé.) * COLE', colée , adj. Ataché fortement à quelque chose. Joint à quelque chose d’une maniéré qu’il semble qu’il y soit ataché & comme colé. (Ainsi l’on dit. Cet homme se tient si bien à cheval qu’il semble colé sur la selle. II a eu long-tems la bouche colée fur les mains , ou fur le sein de sa maîtresse. L’ame de David étoit colée à celle de jonathas. Saci. (g L’Abé de Viiliers a dit dans son Traité de l’A- mitié : L’un cherchant au Palais un indignesalaire , Jeune encore aprend sart d’embrouiller une afaire > Et plus vieux, nuit 0? jour fur des contrats colé, Travaille à s’assurer le bien qu!il a volé. L’Auteur confond mal à propos tous ceux qui s’ocu* pent aux a faires du Palais : S’il a eu en vûë les Avocats , il se rend coupable d’une calomnie très-crimi- nelle : . S’il a entendu parler des simples Praticiens, il en orenfe un grand nombre qui s’aquitent de leur ministère avec une exacte probité, & qui valent bien une infinité d’Abez qui courent, après les bénéfices, & tâchent d’en aquerir par toutes sortes de moïens. COLE'GE , / m. [ Colkgium , gymnafium .] Lieu établi pour enseigner aux jeunes gens la Piété, le Grec & le Latin, & le plus souvent même quelque sience, comme la Philosophie. (Un bon Colége. Un colége borgne. C’est: un colége où il n’y a point d’é- coliers , ou au moins où il y en a très-p@u. Les Jésuites font cause qu’il y a plusieurs Coléges borgnes a l’Université de Paris. * Renvóìer un savant dans le fond d?un colége. Despr.) Le Colége des Sécrétaires du Roi. [ [Collegium.] ] C’est la compagnie des Sécrétaires du Roi. Le Colége des Cardinaux , ou ìesacré Colége. Ce font soixante & dix Cardinaux , divisez en trois ordres, six Evêques, cinquante Prêtres & quatorze Diacres. Cela a été ainsi déterminé par une bule de Sixte V. (11 y a dans l’Empire trois Coléges, le Colége des Electeurs, le Colége des Princes , & le Colége des Villes Impériales.) COLE'GIAL , colégiale , adj. [ Ecclefia collegìalk. J Ce mot se dit des Eglises où il y a des Chanoines qui. ont pour chef un Abé , ou un Prieur. (Eglise colégiale. Patru , plaidoyé , 4.) COLE'GIAL , adj. Qui sent le Colége. s InfulsmJ Vos manières font fort colégialess C’est-à-dire, n’ont rien de Pair du beau monde. CQLE'GUE, f m. ICollega, ] _ Compagnon dans quelque charge publique. Celui qui partage avec nous la peine qu’il ya à s’aquiter de quelque charge de Magistrature. LOUER, v. a. [ Glutinare .] Faire tenir avec de la ciste. Joindre par le moïen de la cole des choses séparées. (Coler du papier. Coler du carton.) Se coler, v. r. [ Glutìnari. ] S’atacher par le moïen áe la cole. (Feuillet qui se cole.) COL 423 t * Se coler. Se mettre, se joirtdrê fi près de quelque chose qu’il semble qu’on y soit comme ataché & comme colé. (Se coler contre une muraille. II est toujours colé fur le sein qu’il adore. Benserade , ron- deaux. ) CGLERA-MORBUS , s. m. [Volera repentina , dejefíio fimul Af vomitus .] Maladie violente où il te fait un épanchement de bile par haut & par bas. (Ií est mort d’un colera-morbus.) COLE'RE , f fi [/ni,] Désir de vengeance de laquelle nous croïons pouvoir venir à bout, mais un désir triste & mêlé de déplaisir, dans la pensée que nous avons qu’on nous a méprisé & traité indignement , ou quelcun de ceux qui nous apartiennent. (Se mettre en colère contre quelcun. Apaiser fa colère. Abl. Arr. Notre colère ne peut durer contre ceux qui nous font des soumissions. L’amour est saná raison, & la colère lans conseil. La soumission des vaincus a désarmé sa colère. La colère lui avoic bouché les oreilles. Vaug. Quint. L z. cb. 1. Leur colère se redouble par la considération des mœurs du Prince. Abl. Tac. ann. I. 2. Sur ce sujet pour écrire avec grâce, La colère sufit As vaut un Apollon. Despr.) £f Ce Philosophe qui disoit à son esclave qui avok manqué de faire quelque chose, Je te batrois, Jìjen’é- tois en colère , connoissoit bien la violence de cette passion. Apopht. des Anciens. COLE'RE , adj. [ Iracundus . ] Qui est sujet à se mettre en colère. (Esprit colère. Femme colère.) (Horace veut qu’on répresente Achille colère. S. Evremont. Ce mot se dit aussi des autres animaux, & même des choses inanimées. * On dit que la mer est en colère ; pour dire, qu’el- le est émûë & agitée. Cet arbre n’a pû résister à la colère des vents ; c’est-à-dire , à leur violence. * On dit que le ciel ejì • en colère , quand le tonnerre gronde. * On attribue même de la colère à Dieu , quoi qu’il soit exemt de passions , & cette colère ne signifie alors autre chose que sa justice, par laquelle il veut punir les péchez des hommes. II fut pour un tems l'hom- rne colère, & pour toujours l’homme dissimulé.) (g Racine a dit dans son Mithridate , acl. 1 .sc. 1. Et qui dam f Orient balançant la fortune , Vangeoit de tom les Rois la colère commune. Pourquoi ne se pas servir de querelle commune ? COLE RIQUE , adj. [ Stomachosus. J Qui est sujet à la colère. Qui a un tempérament qui le porte à la colère. (11 est trop colérique , & cela lui fait tort. Je haì de tout mon cœur les efirits colériques. Mol. cocu imag.) * COLERET, f on se sert sur les côtes n. Filet de Pêcheur, dont de Normandie. COLERETTE ,sfi sLinteolum .] Mot de Champagne , de Picardie & de Normandie. C’est une forte’de grand colet de toile que les païsanes portent fut le cou, & qui s’atache par devant & par derrière. COLET, f m. [Collare.) Rabat. Le mot de colet ne semble pas si usité que celui de rabat. (Un colet bien fait. Un petit colet.) * Un homme à petit colet , ou simplement, m petit colet. Ces'mots se disent des gens d 'Eglise, qui pat modestie portent de petits colets , pendant, que les gens du monde en portent de grands ornez de points & de dentelles. 11s se disent ensuite d’un homme qui s’est mis dans le dévotion & dans la réforme. (Dìscú plina Jeverioris cultor .] Et même on le dit en mauvaise, part, des Hipocrites , qui affectent les manières modestes, & fur tout de porter un petit coler. [Si- mulator , Hypocrita .] Les vrais ou faux Abez ont des douceurs parfaites^ La plusfiére beauté les reçoit en riant, Et le petit colet ejì un morceau [riant, y Poète anonyme. COLET de pourpoint. [AJfutum thoracis indufio colis tegmen.} Partie du pourpoint, qui est au dessus du corps du pourpoint, & qui entoure ie coude la personne. (Un colet de pourpoint trop bas , trop haut.) Prendre une perj'onne au colet. [Aliquem apprehen - dere.J Saisir une personne au colet. Abl, C'est-à-dire , le prendre par 1e cou. t§ Mats 424 COL Mais que plutbtson jeu mille fois se ruine Que fila famélique U honteuse lezine Venant mal à propos la saisir au colet, Elle te reduisoit à vivre sans valet. Despr. fat. 10. f * Prêter le colet. [Pugnam non recusare .] Essaïer ses forces avec celles d’un autre. Voir fi on a autant d’esprit, ou d’adresse qu’un autre. (II veut prêter le colet à tous ceux qui í'qavent écrire. Benserade, rondeaux. ) COLET de chemise. C’est une piece de toile double cousue au haut de la chemise , & qui s’atache autour du cou. ' COLET de manteau. Petit morceau d etofe quarte ou rond, qui est ataché au dessus du corps du manteau , & qui couvre les épaules. COLET de bote. Terme de Vanier. La partie la plus haute du dos de la hôte. COLET de forme de soulié. [Pars calcei refondent talo.] Terme de Formier. La partie de la forme qui répond immédiatement au talon. COLET de tombereau. La partie du devant du tombereau qui s’éleve au dessus des gifans. COLET de Chandelier. [Pars superior .] Terme à’Or- févre. La partie du chandelier qui s’éleve fur le pié du chandelier. Ils disent aussi colet d’aiguiére, de flaon, &c. C’est-à-dire, la partie par laquelle ces vaisseaux sont atachez à leur pié. COLET. [ Collum. ] Terme à’Artillerie. C’est la partie du canon où le métal est le moins épais. COLET de poche. Colet de violon. [Pars extrema.] Terme de Lutier. C’est la partie de ces instrumens qui est au bout du manche , & qui est faite en crosse. ê COLET de flambeau. Terme de Cirier. C’est le bout de la mèche de fil blanc, qui paroît à l’extré- mité des bougies de table, des cierges, & des flambeaux, par où on les allume. Les chandeliers apel- lent aussi le colet d’une cbandéle , le coton qui fort hors du suif. ê COLET d’étai. On apelle ainsi un tour que fait i’étai sur le ton du mât. Le colet d’etai se place au dessus de tous les haubans, H il passe entre les deux barres de hune d’avant. COLET de canon. Terme d 'Artillerie. C’est la partie la plus amoindrie entre le bourlet & l’astragal d’un canon. COLET. [Laqueus.] Terme de Chasseur. Corde qu’on tend avec un nœud coulant pour atraper quelque bête, comme renard, lièvre, lapin. ( Prendre les bêtes au colet.) COLET d’arbre. [Pars radicis superior.] Terme de Jardinier. C’est la partie basse de la tige d’un arbre, cachée dans la superficie de la terre. (11 faut empêcher qu’il ne reste des racines au colet d’un arbre, parce que la chaleur les altérant, l’arbre en soufre. Quint. Jardins , t. 1.) COLET de plante. Terme de Fleuriste. C’est le haut de la plante. (Endommager le colet d’une plante. Culture des fleurs , ch. 9.) COLET de veau , ou de mouton. [Fituli jugulum.] Terme de Boucher. C’est la partie de ces animaux qui est au haut des côtes , & de dessus laquelle on leve l’é- paule. ) COLET de bufle , ou Coletin. Voïez Buste. COLETE', adj. [Collari inpgnis. ] Terme de Blason. Se dit des animaux qui ont des coliérs d’un émail diférent. COLETER , v. a. [Injeclis in collum manibw lucia- ri.~\ Prendre au colet. Saisir au corps, & s’éforcer à terrasser. (Cirus soutint l’ataque d’un ours, & Parant coleté tomba avec lui. Abl. ret. I. 2. c. 9.) ^ COLETER. Terme de Chandelier. C’est faire le colet des Chandéles plongées, enforte que les deux branches de la mèche restent séparées. Se coleter , v. r. Se prendre au colet. Combatte corps à corps , & tâcher de se terrasser l’un l’autre. (Ils se sont coletez , & gourmez un bon quart d’heure. Scaron.) La mort qui se plaît à la lute , Volant Guillaume Colletet, Qui sa Claudine coletoit, Jr une jalouse ardeur éprise, Le grand Colletet coleta. Ménagé, Poës.) f COLETIER ,s. m. Celui qui fait & qui vend des Colets de bufle. COL COLhiiH, j. m. L Thorax sne manicis. ] p onr pou t nns manche. L,r " COLETIN , f. m. [ Corium peregrini , peHus R» h„ meros vcjHens. ] C’est une forte de grand moidìfo de cou de cuir , fur lequel il y a des coquilles, portent de pauvres gens qui vont en pèlerinage iC’ëft un beau coletin, il est embéli de cinqoulixcoJ les. Se taire un coletin de bon cuir.) 1 í COLETIQUES ,s m. On donne ce nom aux mé. dicamens delhcatifs & astringens, qui rejoignent & rétablissent dans leur union naturelle, les partiessé parées d’une plaie ou d’un ulcère. t COLEUR de feuilles, ou cartonnier. Celui q U ! fabrique des cartons. 4 f COLEUR , f. m. [ Glutinator. ] On apelle ainsi dans les Manufactures, un Ouvrier qui cole ou empèse les chaînes des draps , avant que de les monter fur le métier. í COLIAS , f m. [ Collas. ] Poisson qui ressemble beaucoup au maquerau , mais il est marqué de points noirs & de lignes obliques fur la peau. II est bon à manger, mais fa chair est indigeste. II est résolutif étant écrasé & apliqué extérieurement. ’ f COLIBRY , f. m. Petit oiseau de l’Amérique, dont la beauté le fait regarder comme un chef-d’œu- vre de la nature. CO LIER, / m. [Momies] Ce mot, généralement parlant, signifie tout ce qui entoure le cou. COLIER de perles. Fil de perles que les jeunes da. mes portent au cou pour fe parer, & pour montrer en quelque forte leurs biens , & leur qualité. COLIER £ ambre. Plusieurs grains d’ambre enfilez dans un fort petit ruban que les dames portent au cou. COLIER de l’Ordre. [Torques.] C’est la marque de quelque Ordre de Chevalerie. COLIER. [Collareclavis prœfixum.] Ce mot fe dit d’un cercle de métal que les esclaves portent au cou. COLIER. 11 fe dit des bandes de cuir que les chiens portent au cou. Les chiens qui gardent le bétail, ou qui vont à la chasse du loup, portent des coliers garnis de pointes de fer, pour empêcher que le loup ne les étrangle. Un chien au grand colier. f Antesignanm. ] C’est un chien d’atache qui conduit les autres. Ces mots fe disent figurément d’un habile homme , qui a grand crédit parmi ceux de fa compagnie, & qui entraîne les autres à son opinion. f * Te ces Auteurs au grand colier. Qui pensent aler à la gloire, Et ne vont que chez /’ Epicier. Scarron. COLIER de cheval. [Collare.] Morceau de cuir qui entoure le cou du cheval de harnois, qui est composé de deux atels de bourre & d’un lit de paille. ê COLIER. Ternie de Pêcheurs. C’est la corde qu* tient le bout du Verveux, & qui l’arrête au pieu fiché dans l’endroit, où on le veut tendre. f COLIER. Ternie de Marine. On apelle colier d’étai , un bout de grosse corde semblable à fêtai. L’usage du colier d’étai est d’embrasser le haut de l’é- trave , & d’aller se joindre au grand étai, où il est tenu par une ride. ê COLIER ria ton, ou Colier de chouquet. Terme de Marine. C’est un lien de fer fait en demi-cercle, qui conjointement avec le ton & le chouquet, sert à tenir les mâts de perroquet & de hune. Quelquefois ce lien est aussi fait d’une pièce de bois. f COLIERS de défense. Ce font plusieurs cordes tortillées en rond comme un colier, qu’on met à savant des chaloupes, ou autres petits bâtimens, à la place des défenses ordinaires. ^ COLIER. Ternie de Botanique. C’est une forte de cordon qui fe trouve dans quelques anémones doubles, & qui en diminue la beauté. COLIFICHET , s m. [Frivola , quisquilif.] Bagatelle. Chose de rien. ( II est riche en colifichets. Ce mot fe dit des petits ornemens d’Architecture, des pièces de peu de valeur , qu’on trouve dans les cabinets des curieux qui ne font pas fort riches. 11 fe dit aussi des morceaux de papier, de carton , ou de parchemin , coupez proprement avec des ciseaux, &qm réprésentent diverses figures. (Les Religieuses passent leur tems à faire des colifichets.) t COLIFICHET. On le dit fig. de certains ornemens nus COL mis mal à propos dans des Ouvrages d’efprit. (II y a des traits d’eîprit dans cet ouvrage, mais ce ne font que des colifichets. f COLIGER , ». a. [ Collìgere , excerpere. 3 Ce mot est fort peu usité, & en fa place on dit recueillir ou faire un recueil. (II a colligé tout ce qu’il a trouvé de beau dans Plutarque ; dites : il a fait un recueil de tout ce qu’il a trouvé de beau, &c. $ L’Académie admet ce terme. COLIN, s. m. Petit Nicolas. (Colin est bien fait.) COLIN. Ce mot dans les épigrammes fe prend pour Nicolas, & pour quelque nom que ce soit. (Colin dit qu’il fait bouquet les ennemis de l’Eglife. Main. Pots) (§ COLIN. *Ce mot a plû à nos anciens Poètes, qui l’ont emploie dans leurs Bergeries : il convient en éfet à un jeune berger ; mais on trouve rarement Colìnet- te ; en voici pourtant un exemple : Colin, en gardant son troupeau , ' Sur le tems du gai renouveau , Auprès d’une onde claire U nette , Vit venir par les beaux herbis Un troupeau laineux de brebis , Et derrière lui fa Colinette. COLIN-MAILLARD , f m. [Explorator andar bata.) Jeu où l’on joue dans une chambre, & où il y a une personne qui a les yeux bandez, & qui cherche un autre pour le prendre, & le mettre en fa place. (Jouer à colin-maiílard.) COLINE , f f. [ Collis. J Petite hauteur. (Ils étoient retranchez fur une coline. Abl.) f * Gagner la coline. Façon de parler proverbiale, qui signifie, s’enfuir & fe retirer en lieu de sûreté. COLÏNTAMPON, / *«. Le fondu tambour des Suisses. COLIQUE, f f- [Intestini dolor.) 11 vient du Grec. Douleur du gros boïau, qui étant long à plusieurs étages, fe charge de diverses matières qui le blessent & le mordent par leur long séjour. Dègori. t COLIQUE. [Or pisciculi adversùs dolorem intestì- ni.) Petite coquille, qui, à ce qu’on croit, guérit de la colique. COLIRE, f m. [ CoOyrium .] II vient du Grec. Médicament externe composé de sucs d’infusion, décoctions, eaux distilées, & poudres propres aux maladies des yeux. Mr. Godeau a fait le mot de colire féminin , mais mal ; on dit : (Un colire rafraîchissant. La Chambre. Faire un colire. Chartes.) í COLIS. Ce terme signifie à Lyon, une baie, un balot, ou caisse de marchandises. COLISE E, f ra. [ Amphiteatrum Vestastani. ] On apelle de ce nom, un vaste & magnifique amphi- teatre de Vefpafien, ou de Titus, où l’on voioit des statués qui répréfentoient les Provinces fujétes à l’Empi- te Romain, au milieu defquelles étoit celle de Rome, qui tenoit à la main une pomme d’or. Ugulion. On a aussi apellé cotisée, un autre amphitéatre de l’Empe- reur Sévére. On faifoit dans ces superbes colifées des jeux & des combats d’hommes & de bêtes farouches, qui étoient regardez du peuple & des plus considérables de Rome. Scamozzi, Antichita di Roma, tavola Z. Le tems & les guerres ont ruiné ces colifées, Piètre fs barbare colifée, Exécrable reste des Gots, Nid de lézards & d!escargots, Digne d’une amère risée , Pourquoi ne vous rase-t-o?i pus ? S. Amant, Rome ridicule.) t COLLATAIRE, / m. Celui à qui un bénéfi- ce 3 cts conféré. COLLATEUR , f m. [Collator benefiài eccle- stastici .] Celui qui a droit, & qui a le pouvoir de conférer un bénéfice vaquant. (Le Pape est le prémier Collateur.) CQI.LATIF , collative , adj. [ Collatitius. ] Qui fé confère. (Prieuré collatif.) COLLATION, f. f- [ Collatio .] Le don qu’on fait d’un bénéfice vaquant, mais un don pur, gratuit, & dans les formes, acordé par celui qui en a le pouvoir, à un Ecclésiastique capable. (11 y a une collation nécessaire.) COL 425 £§ II y a deux fortes de collations : les unes font libres : les autres font forcées. Les libres , font celles qui font faites du propre mouvement , & par le choix du collateur. Les collations forcées, font celles que le collateur ne peut pas refuser, quand on lui demande le bénéfice : telle est la collation du Pape par dévolus ; il ne peut pas, fans abus, conférer le bénéfice à un autre qu’à celui qui i’impétre Jure devoluto » La collation, ensuite d’une démission simple, est toujours libre : mais si elle est faire entre les mains du Pape ou du Légat, elle devient forcee : si un François demande le bénéfice vacant, on ne peut le lui refuser, s’il n’a pas été conféré à un autre. Les Evêques font collateurs ordinaires, parce que, selon nos principes, la collation des bénéfices leur apartient naturellement, suivant le chap. 5. extr. de instit. Çe n’est que depuis Grégoire le Grand, que l’on commença de résigner les bénéfices entre les mains du Pape. La collation ne peut être canonique, si le bénéfice n’est pas vacant. COLLATIONNER , ». a. [Benefiáum conferre .] C’est donner la collation d’un bénéfice, d’où est venu ce proverbe : L’Ordre de Cìteaux dine bien , mais collationne mal s pour dire, que les Abaïes de cet Ordre ont de grands revenus, mais qu’elles ont peu de bénéfices dépendans d’eux. COLLECTE, f /• Du Latin colletta. Terme d’Eglise. Prière générale que l’Eglife fait pour les fidèles, qui est comme un abrégé de tout ce que l'Eglise demande à Dieu. Oraison courte que le Prêtre dit à la fin des heures canoniales. (Le Pape Gélase a composé la plupart des collectes dominicales. Dire les collectes.) Çf Après que l’Evêque ou le Prêtre qui préfidoit au sacrifice avoir achevé son discours , il concluoit en prononçant tout haut i’oraison apellée collette, parce qu’elle iè disoit lors que le peuple étoit assemble, super colletta plebe. II est dit dans le prémier chapitre des Décrétales, tìt. de qffic. Archipresbyt. que l’Archi- prêtre peut célébrer les Messes publiques en l’absence de son Evêque, £V? coUettam dicere. II est vrai que quelquefois on entendoit par colletta la Messe entière, le divin Sacrifice : mais dans cet endroit, ce terme signifie seulement les dernières Prières de -la Messe, par lesquelles le Prêtre rend grâces au Seigneur pour tout le peuple assemblé. Volez Vicecomes , de saartf. Mijse. Durand. Mimât. Rationar. COLLECTE, s s La levée des tailles, ou autres impositions. (Faire la collecte des tailles.) COLLECTE , J', f. Ce mot fe dit aussi d’une quête de deniers, qui se païent volontairement, ou par aumône. (Elle a fait la collecte des aumônes.) COLLECTEUR , s. m. [Tributerum coattor ,J Celui qui est élû afin de lever pour le Roi, la taille du lieu où il est habitué. (II y a dans tous les villages tail- lables des collecteurs.) COLLECTIF, collettive, adj. [ Collefíivus .J Terme de Grammaire. 11 fe dit des mots qui signifient une multitude de gens, ou de choses ; comme les mots de peuple & de troupe sont des mots collectifs. COLLECTION , s. f. [Colìettanea , excerpta .] Plusieurs choses qu’on a recueillies. Le mot de câé/à n’est plus guère en usage. On dit ordinairement en fa place recueil: Le Spicilegium du savant Père d’Achery, est une collection de plusieurs pièces curieuses de Fantiquité. COLLE'GATAIRE , f m. & f. Terme de Jurisprudence. Celui ou celle à qui un legs a été fait en commun avec une ou plusieurs personnes. COLLIQUATION, s f Terme de Pharmacie. Action par laquelle on mêle ensemble deux substances- solides, qui fe peuvent rendre liquides par la fusion ou par la dissolution. COLLIQU ATION. Terme de Médecine. C’est une fonte de la graisse & de la substance du corps. (Quand il fe fait une colliquation, le corps devient sec & décharné.) COLLOCATION, s s [Collocatio, dstositio.) Terme de Pratique. Jugement par lequel on colloque. (Sentence de collocation. On paie les créanciers suivant leur collocation.) COLLOQUER, ». a. II vient du Latin coi’oca- re. Placer. (Le Pape le colloqua entre les Dieux. Voit. Poès.) Prononcez colloké & colloca. Tome L H h h COL- 426 COL COLLOQUER. Terme de Pratique. C’est mettre en rang & en ordre. Ainíì l’on dit : (On colloque les créanciers selon leur hipotéque. On sa colloque utilement ; c’est-à-dire , il y a du fonds suffisant pour le païer.) f Hors de là , colloquer ne se dit qu’en riant. (11 a mal colloque son argent ; dites, il a mal placé son argent.) COLLUDER , ». n. [Cosudere.] Terme de Palais. Faire des procédures simulées contre quelcun avec qui on est inintelligence au préjudice d’un tiers. Acad. Fr. $ COLLURION, f. m. \_Lanim minor.J Sorte d’oiseau. t COLLUSION, / f. II vient du Latin collufîo, & lignifie intelligence de deux parties qui plaident, & qui toute-fois s’acordent à tromper un tiers. II se dit plus en terme de Pratique que dans le beau stile. (II y a collusion entr’eux. Je fuis ennemi de toute forte de collusion.) COLLUSOIRE, adj. [ Collusorim .] 'ferme de Pratique. Chose ou procédé où il y a de la collusion. (C’est une arrêt collusoire entre les parties.) COLLUSOIREMENT, adv. sCollusoriè.'] D’une manière collusoire. (Ce procez a été jugé collusoirement.) t COLOCASIE, s. /• [Colacajìas] Plante qui erpit en Egipte, & dans les Isles de Candie & de Chypre, où l’oa mange fa racine, comme on mange ailleurs les raves. C’est une espèce d 'arum 011 de pié de veau. Sa racine est tubéreuse, grosse & en forme de bouteille. Elle se multiplie en jettant d’autres racines par les cotez. COLOFANE , Colofone , s. m. [Colophonia.'] Régulièrement parlant, il faudroit dire colofone , mais l’u- fage plus fort que les régies, veut qu’on dise colofane. C’est une cole rougeâtre, dont 011 frote le crin des archets des instrumens de musique qu’on touche avec Parchet. Messieurs de l’Académie, dans leur Dictionnaire des Arts & des Sciences, disent Colophone. H COLOFONE. C’est une terebentine cuite, dont il y a deux espèces. La blanche qui est cassante, est la Í irémiére & la meilleure. La seconde est la noire, que es Marchands apellent Arcançon, ou Brayfec. La première est fort aperitive, résolutive, détersive, consolidante, Narcotique. La seconde est résolutive & digestive. On l’emploïe dans les emplâtres. t COLOGNE. On apelle Fil de Cologne , une forte de fil blanc, qui se fabrique à Morlaix en Basse- Bretagne. COLOMBAGE , s. m. [ Paries intergerinw. ] Terme de Charpentier. Rang de colombes, ou de solives posées à plomb dans une cloison faite de charpente. (Ce colombage est bien fait.) COLOMBE , f- /• Du Latin Columba. Ce mot signifie fémelle de pigeon. Pigeon : mais il ne se dit qu’en parlant de certaines choses graves & comme consacrées par leur antiquité. (Exemples. Le Saint Esprit aparut en forme de colombe sur la tête de Jésus-Christ, quand il fut baptisé par S. Jean. Soïez pruriens comme des serpens, & simples comme des colombes. Des colombes nourirent Jupiter comme un pigeonneau. T>ijpreaux, Longin. On compte que la sainte Ampoule fut aportée par une colombe pour sacrer Clovis, lors qu’on étoit prêt de le bâti se r. Mézerai, FUJI. de France, vie de Clovis. Qui me donnera les ailes d’une colombe, pour m’envoler & trouver un repos. Port-Rojal, Pf. s 4 .) COLOMBE. [Tignum intergerino parieti deserviens.'] Terme de Tonnelier. Pièce de bois quarté , montée fur quatre piez, au milieu de laquelle il y a un fer qui sert à joindre les fonds & les raboter. Les Charpentiers se servent aussi de ce mot, & apellent ainsi une solive posée à plomb dans une sablière, pour faire des cloisons, des maisons & des granges de charpente. •J COLOMBE. Terme de Blason. On dit une colombe perchée, volante, essorée, &c. $ COLOMBE. H y a en Italie une congrégation des Hermites de la Colombe. II y a eu aussi en Espagne un Ordre de Chevalerie, apellé 1 ’Ordre de la colombe , qui ne subsista que pendant la vie de son fondateur Jean I. Roi de Castille. H COLOMBE , ou pigeon. Les Astronomes donnent ce nom à l’une des nouvelles constellations méridionales. COLOMBIER , f. m. [ Columbarium. J Bâtiment COL en forme de tour, où l’on nourit des pigeons. Voïez Coulombier. ’ 1 COLOMBIERS , en terme d’ Imprimerie , se Jij- j trop grand espace qu’on laisse entre les mots. Et / terme de Charpenterie , ee font deux pièces de bois en" dentées, qui servent à mettre un navire à IV»»" Acad. Fr. au ' £ Faire venir, attirer les pigeons au colombier. C’eA fig. &. prov. attirer des chalans, des personnes qui apor. tent du prosit. p H Chasser les pigeons du colombier. C’est éloigner éfaroucher ceux qui apercent du profit dans un ’ maison. £$ Pour décider les questions qui se présentent à l’égard des colombiers, il ne faut pas confondre les pais du Droit écrit, & ceux qui ont des Coutumes particulières. Selon les loix Romaines, l’usage des colombiers est permis à tout le monde. Le Parlement de Toulouze autorise cette liberté, suivant îes Arrêts raportez par d’Olives, liv. 2. ch. 2. de ses questions & par la Roche-Flavin. C’est aussi le sentiment dé Brodeau, sur la Coutume de Paris, art. 69. gf^o. II est vrai que l’on cite un Arrêt du Parlement de Paris, en faveur de Mr. de Lestant, Seigneur de Millery dans le Lyonnois, pais du Droit écrit: mais ce Seigneurs des titres que les autres n’ont pas. 11 y a diférentes sortes de colombiers. Les uns sont à boulins, dont il est fait mention dans l’article 69. de la Coutume de Paris. Les Maçons apellent boulins, des trous faits dans le mur intérieur d’un colombier, pour y faire nicher les pi. geons : Vitruve apelle ces trous columbaria, de même queVaron, Columella, & Isidore, qui ont dit que m. lumbaria sont loculamenta in quibus Jlngula columìa- rum paria nidificant. Colombier à pied, est celui qui tient à la terre, & qui a des boulins depuis le toit jus. ques au rez de chaussée. Volière. C’est un pigeonnier où l’on nourit des pigeons domestiques , qui ne vont point chercher leur pâture dans la campagne. Volets, Ce sont de petits réduits, qui n’opt qu’une médiocre ouverture, fermée avec une jalousie ou un ais^L que l’on peut apeller columbaria pensilia. Fuie. C’est une petite volière qu’on ferme avec un volet, & où on nourit des pigeons domestiques en petit nombre: on a apellé aussi fuie, un colombier qui n’a point de couverture. Mais dans la Coutume de Tours, art. 37. le mot de suie signifie, selon Palu, un colombier à pied avec boulins, jusques au rez de chaussée: il dérive le mot à fodiendo. COLOMÍUN , ìnc , adj. [Çolor viola dilutior. ] Espèce de couleur qui est du violet lavé, du gris de lin, entre le rouge & le violet. $ COLOMBIN, s. m. C’est la pierre minérale, d’où l’on tire le plomb, pur & fans mélange d’aucun autre métail. On l’apelle plombacine, quand on y trouve de l’argent mêle avec le plomb. COLON , s- m. Terme d’ Anatomie. C’est le second des gros intestins, qui va fe terminer au reflttm. (§ COLON. Terme usité parmi quelques Praticiens. On dit le droit de colon , qui doit être païé par celui qui perçoit les fruits p revenus du labeur & des foins du cultivateur. II est aisé de comprendre que coin vient du Latin colo, colere, cultiver la terre, & c’est aussi l’origine du mot colonie, un pais remis à plusieurs personnes pour le cultiver, & pour l’habiter. C’est ainsi qu'Iíìdore, l. 9. c. 4. explique le terme colonua & ces personnes dtoient atachées au fond qu’elles ne pou- voient pas abandonner. C’est de cette espèce de propriétaires que le berger M Dans les combats d’esprit, fameux maître d’escrime. Dejjireaux , fat. 2. Un combat amoureux. * COMBAT. [Mala , conatus .J Maux qu’on doit endurer, contre lesquels on doit s’éforcer. Efort pour détruire des passions. (Cruel , à quel combat faut il me préparer. Racine , iphig. ) * COMBAT, f Confliflm. J U so dit généralement de toutes les choses dont l’une détruit l’autre. (II y a un combat perpétuel du chaud contre le froid , & ■ du sec contre l’humide. II y a un combat de la chaleur naturelle contre la maladie.) COMBATANT. Participe, f Pugnans. 3 Qui combat. COMBATANT , f m. [ Miles , pugnator. ] Celui qui est armé , & qui fe bat contre un autre. ( Celui qui fe bat avec un autre. ( Les combatans étoient cruellement animez. Abl. De cent mille combatans qu’il y avoit dans son armée, il n’y en a pas vingt mille qui aïent combatu. Sous couleur de punir un injujìe attentat, Des meilleurs combatans il afoiblit l’Etat. Corn. Ciâ. a. 4. sc. 5. ) t COMBATANT. [Puess Ce mot sc sot plaisamment pour marquer des gens qui sc bâtent à coups de poings. (On fut d’avis de jetter deux ou trois seaux d’eau fur les combatans. Abl. Arr. I. 1. ) COMBATRE , v. a. [Pugnare , certare , dimi- care , pra/saris Je combats , f ai combatu , je com- batte , je combatrai. Se batte contre l’ennemi pour le defaire , pour le tailler en pièces, & pour gagner la victoire. Combatte de pié ferme. Abl. Arr. 11 n’y avoit point d’aparence de combatte une si puissante armee. Abl. Arr. I. 1. Combatre enseignes dépliées; & plus rarement , combatre enseignes déploïées. Voians arriver cet inconnu dans un si fâcheux contre- COM Tr r an 1 T coJere M'il résolut de U combatre. Vase. Jriofte.) 15 t Notre maniéré de combatre est pleine de dési»„° très essentiels. Voïez le Tome I. du Polybe de Z de Folard. "• COMBATRE. [ Conftigere. ] Se débatte avec quel cun. Se batte contre quelcun. Se batte corpsàcorns' Se batte main à main. Abl.) ^ ' * COMBATRE. [ Pugnare , confligeres Résister. Sou frir la violence. Soufnr quelque ataque du côté des sens & des passions. (Exemple. Outre les hommes nous avons encore le ciel à combatre. Voit. / 7 ' Je pense que fa vertu a bien souvent combatu' vif Po 'es. Sache2 que d’une fille on risque la vertu, Lors-que dans un hymen son goût est combatu Mol.) * COMBATRE. [Dejìruere , evertere , eruere , emiì. hilares Détruire. Renverser. Ruiner. Anéantir ren" dre nul. (Nos Pères ont défendu courageusement ceù te doctrine, quand on a voulu la combatre. Pas. î 10. C’est une ingratitude de combatre les intentions de son bienfaiteur. Patru , 3. plaid. Combatre l’amour de quelcun. Rac. Iphig.) COMBIEN-. [Quantum .] Adverbe qui répond à la particule très-sort, ou beaucoup , & qui sert fou. vent à exprimer quelque mouvement de l’ame. (On ne peut dire combien la miséricorde de Dieu est gtan. de. Arn.) COMBIEN. [Quots . Adverbe dont on se sert pour interroger, & qui sert à demander qu’on ait à déterminer la quantité, le nombre, ou le tems. (Com. bien êtes-vous ? Combien y a-t-il ? ) COMBIEN de fois. [Quotiess Adverbe dont on fe sert pour demander le nombre certain de quelque chose qui a été fait, dit, ou oui. 11 égnifie aufli un nombre indéterminé , comme beaucoup, plufieurs fois, (Exemple. Combien de fois ont-ils irrité Dieu dans le désert? Port-Royal. Combien de fois lui avez-vous oui dire qu’il le tuëroit ? Le Maìt. Combien , combien de fois de douleur arable, Par tes foins généreux me fuis-je consolé? Villf) t COMBIEN que. [Etjì, quamvte , licets Conjonction , hors d’usage. On dit en sa place. Encore. Quoique , ou Bien que. COMBINAISON, s s. [Complexio, varia Aìsosi- tios Variation de lettres, chifres , notes de musique, &c. en toutes façons possibles. ( Pour déchifrer des lettres, & pour faire des anagrammes, il faut faire un grand nombre de combinaisons. Le nombre des combinaisons que l’on peut faire de 2;. lettres del’al- phabet est extraordinairement grand. ) COMBINER, v. a. [Binas jungere , copulare, mu- tare , varié difinnere. J Terme d’Algèbre. Ce mot vient du Latin, & signifie prémiérement mettre deux à deux. Mais dans l’ufage il fe prend pour varier, S assembler les lettres, chifres, ou autres choses, en autant de manières qu’elles le peuvent être. (11 faut que les faiseurs d’anagrammes combinent plusieurs fois les lettres d’un ou de plusieurs mots. Trois lettres fe peuvent combiner en six manières diférentes, quatre lettres en 24. manières , &c.) Voïez [Algèbre du Père Prefiet. COMBLE , f m. [ Cumulus. J Terme à’Archi- tellure. Charpenterie qui fait le faîte d’un bâtiment, & qui porte la tuile. (Un comble plat. Un comble brise. ) * COMBLE. C Culmen , fafligium. J Le plus haut point de quelque chose. (Alexandre est mort au comble de fa gloire. Abl. Arr. I. 7. Ha? c’est le comble de ma peine d’être réduit à te flâter. Flore, osera. Et par les envieux un génie excité, Au comble de fin artejì mille fois monté. Defpr.) COMBLE. On fe sert de ce mot fur les ports de Paris ; pour dire , plusieurs cents de foin ou de fagots élevez en hauteur fur un bateau. (Un comble de foin: un comble de fagots.) COMBLE, adj. f.' [Supereminente cumulo pknuís Ce mot sc dit des mesures des choses sèches, & signifie la mesure avec tout ce qui peut fe tenir au deílus. On dit mesure comble, & ce terme est opofé a méfia* raji. COM rase. (II y a des lieux où l’on donne le grain auX Meuniers à mesure rase , & ils le doivent rendre à mesure comble. ê COMBLE, se dit fig. des crimes qui font montez jusqu’à l’excez. La mesure est comble. COMBLE. {CoronU contraHaf) Terme de Blason. Se dit d’un chef rétreisi, comme les hameides font des fasces rétreffies. COMBLE. [ Cumuli accejjto. ] Terme de Manège. Se dit lors-qu’un cheval a la fole arrondie par dessous, cn forte qu’elle est plus haute que la corne. De fond en comble , adv. f Funditùs. 3 Depuis le fond jusques au comble. Entièrement. Tout-à-fait. (Ruiner de fond en comble.) COMBLEAU if. m. [ Cumuli accejjìo. ] Terme à’Artillerie. Cordage propre à tirer le canon, long de toises, & gros de quatre pouces & demi de tour. COMBLER , v. a. {Cumulare, complere.] Remplir un lieu creux. (Combler un fossé : combler un puits. ) * COMBLER. {Cumulare honoribus , beneficìh.'} Ce mot fe prend en bonne & mauvaise part, mais le plus souvent en bonne. II signifie donner. Remplir. Charger beaucoup. (Combler de bénédictions & de louanges. Arn. Combler de douleur. Voit. Po'es. Combler de gloire. Abl. Combler d’un opróbre éternel. Racine , Iphig.) H COMBLER la mesure. C’est fig. Commettre quelque nouveau crime après un grand nombre d’autres. Leur rébellion a comblé la mesure , ils n’ont plus de pardon à efpe-rer. COMBLETTE, ss- {Fifur a cervini pedis.l Terme de Chasse , qui fe dit de la fente du pié du cerf. f COMBOURGEOIS- Terme de Marine. Voïez Bourgeois. COMBRIE'RE , / /. f R-ete capiendis majorikus pìscìhus accommodatum.~\ Filet dont on fe sert fur les côtes de Provence, pour prendre des thons , palami- des , & autres grands poissons. COMBUGER , v. a. [Imbuere.J Terme de Marine. C’est remplir d’eau des futailles pour les imbiber, COMBUSTIBLE , adj. {MateriauJHoni idonea.J Susceptible de feu. (Matière combustible.) * COMBUSTION , f. f. {Turba , feditio , difensio .] Désordre. Trouble & guerre ; & en ce sens, il est seulement figuré. ( Tout le Roïaume étoit en combustion. ) CôME , f m. {Cosmus.2 Nom d’homme. (Côme est glorieux & fat, parce qu’il est riche. Saint Côme est le Patrondes Chirurgiens.) COME'DIE , f. f. [ Comœdia. ] Poème dramatique , qui représente une action commune & plaisante, dont la fin est gaie , qui d’une manière ingénieuse corrige les défauts des hommes, & divertit par la peinture naïve qú’il fait de leurs diferens caractères. (La vieille Comédie , la moienne & la nouvelle. Aristophane , Plante & Térence nous ont laissé des Comédies fort plaisantes & fort ingénieuses. La Comédie est le délassement des gens polis, & l’amusement du peuple. S. Evremont , comédie Italienne.') II y a eu, parmi les Grecs, trois sortes de Comédies, la vieille, la moienne, & la nouvelle. La vieille n’étoitqu’une satire, fans ornement ; & les Poètes fe donnoient la licence de condamner les actions des citoïens d’Athénes, fans aucune réservé, & même fans déguiser leur nom : c’est de cette vieille Comédie qu’Horace a entendu parler dans son Art Poétique , où il dit, que cette liberté que les Poètes fe donnoient de reprendre le vice, dégénéra bientôt en une licence outrée, & qui méritoit d’être réprimée par la Loi : aussi Lyfander s’étantrendu le maître dans Athènes, défendit aux Poètes de nommer les personnes ^u’ils vouloient jouer fur leur théâtre : mais ils répresen- toient fi naturellement les actions & jusques aux moindres gestes de ceux qui étoient l’objet de leur satire, qu’il n’étoit pas possible de les méconnoître ; & c’est ce que l’on apelle la moienne Comédie, dont il y a des exemples dans les derniers ouvrages d’A- ristophane : mais ce changement ne fut qu’un adoucissement en aparence, & les plus honnêtes gens n’é- toient point exemts des traits satiriques des Poètes; ainsi on fut obligé de la défendre; comme l’onavoiS COM 431 défendu î’ancienne &, selon quelques Auteurs, ce fut fous le régné d’Alexandre le Grand, que l’on chassa la satire & la vérité du théâtre, pour y introduire des fictions & des représentations vagues & indéterminées des amours des Bergers & des Bergéres, & même des mœurs du peuple ; enfin ce ne fut plus qu’u- ne imitation de la vie commune. Voilà l’origine de la nouvelle Comédie, dont les Romains fe firent un modèle. On ne trouve point dans Plante , ni dans Terence, la satire & la malignité de l’ancienne, nî de la moienne Comédie : la fable, les personnes, les incidens, tout y est fiction, & les Poètes ataquoient uniquement les mœurs de leur siécle , & non point les personnes : leurs Comédies étoient distinguées par di- férens titres, qui marquoient, ou la fable, ou le lieu, ou la qualité des acteurs : je vais les expliquer séparément Togata Comœdia. Ce titre comprenois généralement toutes les Comédies dont le sujet étoit Romain. Toga signifie l’habit Romain. Mais lorsque le sujet étoit grave, & qu’il s’agissoit d’un Magistrat, ou d’une personne considérable par fa qualité, ou par ses actions la Comédie étoit apellée prétexta. S’il s’agissoit de quelque avanture d’un homme de guerre , on lui donnoit le nom de trabeata , parce que trabea étoit l’habit des Soldats, des Capitaines , & même des Chevaliers. Lorsque le Poète avoitpris pour son sujet un fait arrivé parmi le peuple , on donnoit à la Comédie le titre de tabernarìa. Souvent le sujet étoic tout Grec ; & comme les acteurs dévoient être vêtus de même veut dire un acteur, un homme qui paroît sur le théâtre sous difé- rentes figures, & ce n’est pas le personnage que Lo- pe de Vega a fait dans le monde : mais il étoit grand Poète comique. L’hístoíre de la Comédie & de ses diférentes époques, mérite un traité particulier, où l’on pouroit prouver qu’il y a eu des Comédiens estimez , & qui etoient honorez de l’amitié des plus honnêtes gens. Cicéron nous aprend lui-même combien il s’intéressoit pour Rojaus & pour Asopus , dont parle Macrobe dans ses Saturnales. Molière a été , de notre teins, Acteur & Poète tout ensemble, & son mérite le faisoit souhaiter par tout ce qu’il y avoit de gens de bon goût & de bon esprit dans Paris. On disoit d’Elizabeth, Reine d’Angieterre, qu’elle étoit une grande comédienne. Letì en Ja vie. COME'DIËNNE ,s f [ Mima. ] Femme ou fille , qui pour subsister dans le monde, joué des rôles de piéce de théâtre, & aide à représenter publiquement toutes fortes de Poèmes dramatiques. (Une bonne , une excélente comédienne. ) Epitapbe de Molière , fameux Comédien. Passant, ici repose un qu’on dit être mort, Je ne sai s’il l’ejì , ou s’il dort : Sa maladie imaginaire 2 fe peut pas l’avoir fait mourir, C’ejì un tour qu’il fait à plaisir, Car il aimoìt à contrefaire. C’étoit un grand Comédien. Quoi-qu’il m soit , ci gît Molière, S’il fait le mort , il le fait bien. * COME'DIENNE. í Simulatrix. j Dissimulée , & qui joue un personnage qu’elle n’est pas. ( C’eit une grande comédienne.) COMETTE, ou comète, f f. [Cometa.] Corps lumineux qu’on voit quelquefois paroître entre les astres, sous diferente grandeur, & qui aproche de celle sous laquelle nous votons les planètes de Mars , de Jupiter ou de Saturne. Koh. pbyf (Une comète chevelue. Comète qui darde ses raïons fort loin. Observer le cours d’une comète. Voir le corps ou la queue d’une comète. Les comètes font leur mouvement par une ligne, qui d’un côté s’aproche de la terre , & de l’autre s’en éloigne. CaJJìni , observation fur la comète de l’an 1687. On croioit autrefois que les comètes préfageoient des malheurs, ou en étoient la cause; mais c’est maintenant une erreur populaire. Journal des Savans 1688- fJT Le genre de ce mot fut fort agité à la Cour durant l’aparition de la dernière comète, dit Mr. Ménage, tome i. de ses obferv. ch. 74. & quelcun dit fort plaisamment, qu’il faloitlui regarder lòus la queue, pour savoir si elle étoit mâle, ou femelle : il croît que ce mot est féminin. t Mr. Bayle a fait un livre excélent , intitulé : Pensées diverses fur la comète de l’an 1682. où il montre que c’est une erreur populaire de penser que les comètes soient des causes ou des présages de malheurs. Bayle. Comète est aussi un jeu, dont parle l’Abé Régnier. (L’aimable Iris , qu’on ne peut trop louer Me proposa l'autre jour de jouer Un Madrigal en cent points de comète.) COME'TE, en terme de Blason , est une étoile qui a une queue flamboïante ou ondulante, on la peint d’ordinaire à huit rais. On donne à ces comètes les épitétes de caudées , ckévelées , hérissées. COMETE'. [ Crïnìtw , caudatm. ] C’est un raïon ondoïant comme celui de la comète à longue queue. COMICES , f m. pi. [ Comitia .] Assemblée du peuple Romain dans le champ de Mars , ou pour élire des Magistrats, ou pour traiter des afaires les plus importantes de la République. COMIQUE,, adj. [Comicus .2 Qui est propre à être mis en comédie. Plaisant. Qui fait rire. (Un sujet comique. Cet homme a l’air comique. Que la nature donc soit votre étude unique , Auteurs qui prétendez aux honneurs du comique. Despr.) COMIQUE , /.’ m. [Facetw , lepidus .J Le rôle le plus plaisant dune comédie, d’une pastorale, ou autre piece comique. (Raisin jouoit le comique des pièces qu’on réprcscntoit à l’Hôtel de Guénégaud.) COM COMIQUE ,fm. [ Comicw , facettes. 3 Celui de si troupe des Comédiens qui joué fur ie théâtre les tôles comiques & plaifans. (Feu Molière jouoit le comi- que de toutes ses pièces.) COMIQUEMENT , adv. [Comice.] D’une façon co. mique & plaisante. Plaisamment. D’un air qui fait rire & qui divertit. Prononcez presque aimic-mnn. (On représente comiquement ce qui fe passe de ridi! cule en divers lieux. _ S. Evrem. ;. partie, discourt sur la comédie Anglaise .) COMITE , s m. {Remigum praseBus .] L’Ofi. cier des galères qui a foin de faire voguer la chiou- rine. (Un fevére comité.) COMITE', f nu [fielegati ab Anglim comitiis ad rei alicujw examen .) Ce mot n’est en usage que depuis peu , & seulement en parlant des afaires d’An. gleterre. II signifie nn Bureau composé d’un certain nombre de Membres du Parlement commis pour examiner quelque requête, ou quelque proposition, & en faire raport à la Chambre. COMMA , f »\ Efpéce de ponctuation, qui s e marque avec un point & une virgule au dessous. Ceiî aussi en Musique la dixième partie d’un ton. Voïez le Père Merfenne : Les Latins l’apellent inefium: r.óy./xa, est un mot Grec qui vient de mVtm , fi co. f COMMA , f m. C’est un oiseau d’Afrique, qui est d’une grande beauté. í$ COMMAND- Ce terme se trouve dans quel. ques Coutumes, comme dans celle d’Artois, an. 193. ou il signifie ordre , pouvoir de faire quelque chose ; & dans celle de Baronne, tit. ;. art. i. il veut dire depôt. COMMANDANT, participe. [Imperam.] Ce. lui qui commande. COMMANDANT ,f m. [Praferluf.] Celui qui com- mande dans une place , & qui n’en est pas Gouverneur. Capitaine. Oficier. (Un bon Commandant.) COMMANDATAIRE , adj. [ Commendatariw. ] Ce mot fe dit de certains Abez , & veut dire , qui n’est pas Religieux. ( C’est un Abé commandataire. ) COMMANDATAIRE , ou commendataire , f m. [Ec. clejiajtici beneficii fiduciarius pojjejsor.'} Prononcez cotn- mandataire. Celui qui possède un bénéfice en commande , & qui n’est pas en régie. ( L’abus des com. mandataires est grand. Les commandataires ne font point en sûreté de conscience : ils ont été excommuniez par le Pape Jea« VIII. dans un Concile de Troie en Champagne, tenu l’an 878- Père Sirmond Cme. t. 3. tit. 3. Léon X. est le Patriarche de Messieurs les Commandataires.) Les Abez commandataires dévroient être plutôt nommez Abez comédataires, parce-qu’ils mangent fans rien faire le bien des Religieux. Voïez Abé comm. préfacé. COMMANDE , ou commende ,s f. [ Beneficii Ecclt- Jìajtici admimjiratio .2 Terme d’Eglise, On prononce commande. II y avoit autrefois deux sortes de commandes canoniques. La première étoit un simple dépôt d’une Eglise destituée de Pasteur, entre les mains d’un Prélat voisin , qui avoit foin de faire les fonctions du bénéfice, en atendant qu’on eût fait choix d’un Ecclésiastique, qui remplit dignement la place de celui qui étoit mort. La seconde forte de commande canonique étoit la garde d’une Abaïe, ou d’un autre bénéfice , qu’on donnoit de bonne foi à une personne puissante dansl’épée ou dans la robe, pour empêcher qu’on n’ufurpât les biens de l’Abaïe, ou du bénéfice ; & défendre les Religieux ou les Ecclésiastiques des insultes du dehors. Ces deux espèces de commandes étoient révocables, & n’étoient instituées que pour l’interét & la conservation des Eglises. Mais aujourd'hui les commandes sont perpétuelles, & la commande est une Abaïe, ou un Prieuré que possède un Laïque, ou un Ecclésiastique séculier, & dont cet Ecclésiastique ou ce Laïque jouit de la meilleure partie des revenus. Cette manière de commande a ete premièrement introduire en Italie, & Charles Martel est l’un des premiers qui les a introduits en France. Fret- mont , Abé commandataire , 2. partie , page 9. Le Clergé de France, & le Concile de Trente demandèrent la fupreffion des commandes. L’introduction des commandes a aboli dans l’Eglife la liberté des élections, qui ont duré jusqu’au Concordat. Rebufe est d’avis de u- prirner les commandes. Le Pape Boniface révoqua les com- COM commandes qu’íl avoìt favorisées. Innocent VI. les abrogea. (Mettre un Monastère en commande. Donner une Abaïe en commande. Tenir en commande. Favoriser les commandes. Autoriser les commandes. A prouver les commandes. Se déclarer contre les commandes. Foudroïer les commandes. Si les Papes faisoient attention sur le désordre des commandes, ils les aboliroient. ) Voler fur les commandes Rébufe, Rusé, Desbok U Froimont , Abé commandatai- re, première ç«f seconde partie. COMMANDE , s. s. [Res imperata, pracepta,] Ce mot se dit entre les artisans lorsqu’ils parlent des choses qu’on leur a commandé de faire. (C’est de la besogne de commande. On dit auffi, Colletet fait des vers de commande, &c. On dit à peu près au même sens, il y a dans í’année plusieurs fêtes de commande, qu’on est obligé de chômer. II y a dans les Couvents des jeûnes, & d’autres dévotions de commande.) (§ Le Chevalier d’Accilli. Oui de moi voudra de beaux vers , Que jamak il ne les demande j Je ne fais rien que de travers , Quand la besogne esì de commande. E COMMANDES. Terme de Marine. Ce font de petites cordes de merlin, dont les garqons de navires font toûjours munis à la ceinture. Elles servent à ferler les voiles, & à renforcer les autres manœuvres. COMMANDEMENT, s m. [ Imperìum, jus fumé] Chose commandée : chose ordonnée. (Faites- moi la grâce de m’honorer de vos commandémens, & vous verrez combien je fuis, &c. Commandement juste. Tous les commandemens d’une maîtresse font autant de faveurs.) COMMANDEMENT , s m. [Justes, edìHum , man- datum. j Ordre de Supérieur. (II faut obéir aux commandemens du Roi. Les Sécrétasses des commandemens. Un commandement exprès. On a fait commandement aux bourgeois de prendre les armes. Commandement absolu.) C’est un commandement exprès du Seigneur, de ne pas exposer les mistéres au mépris, & à la profanation des pécheurs , & c’est néanmoins de quoi on fait aujourd’hui un crime à ceux qui ie veulent observer. Quefnel , nouv. tejì. COMMANDEMENT, f Imperìum, potejìas, jus.'] Le pouvoir de conduire, mener & commander. (On lui a donné le commandement de Farinée. Mémoires de Mr. de la Rochefoucaut. Prendre le commandement de Farinée. Abl, Bâton de Commandement. C’est le bâton que porte un O licier pour marque du pouvoir s ue sa charge lui donne. Un bâton de Maréchal de rance, de Maître d’Hôtel, d’Exemt, &c. £ On dit d’un Capitaine qui commande de bonne grâce, qu ‘il a le commandement beau & lorsqu’il est altier & impérieux, on dit qu’// a le commandement rude. On dit auffi ironiquement à un homme qui commande une chose sans en avoir le droit, vous avez Monsieur le commandement beau. if On apelle homme de commandement, celui qui fait Fart de commander, qui est capable de bien conduire les autres. f COMMANDEMENT > se dit en termes de guerre» d’une hauteur de terrain qui découvre & bat quelque poste. H Avoir quelque chose à commandement. C’est savoir en main , en pouvoir disposer facilement. II a l’argent à commandement. On dit aussi d’un homme qui parle bien & avec facilité, qu’il a les expressions à commandement. COMMANDEMENT. [Scripte conjìgnata apparitork denuntiatio.] Terme de Pratique. Déclaration que fait un Sergent à un particulier, avec ordre de faire quelque chose prescrit dans Fexploit. On lui a fait un commandement de parler.) COMMANDEMENT. [Praceptum.] Terme d 'Eglise. Loix saintes que Dieu a données aux hommes. (Les dix commandemens de Dieu. Savoir, dire, expliquer les commandemens de Dieu. Faire les commandemens de Dieu. Un Chrétien doit pratiquer, doit acomplir les commandemens de Dieu. Saint Ciran, Théolog. leçon io. [s n. Garder les commandemens COM 42; de Dieu. Arnaud, fréquente communion, II y a aussi les commandemens de l’Eglise.) COMMANDER , v. a. [ Practpere , juberé. J Donner ses ordres. Prescrire. Ordonner. En ce sens, le mot de commander a divers régimes. Ceux qui ont commandé à tous les hommes, n’ontpas eu un empire de si belle étendue. Voìt. I. 7, On lui commanda cela absolument. On commanda aux archers de s’a- vancer. Abl. Arr. On commanda le Régiment deS Gardes, pour ataquer la demi-lune.) ijf L’obfervation de Mr. Ménage, tome 1. ch. 69. fur le régime de ce verbe, est importante. 11 régit le datif, quand on commande éfectivement ; ainsi on dit, on commanda aux chevauxdégers. 11 régit Facufatìf, lorsqu’il s’agit d’habitude , ou d’un pouvoir ordinaire de commander : Mr. le Prince, Mr. de Turenne commande Parmée. On dit de même, en parlant d’une éminence, ou d’une hauteur, qu 'elle commande la place , & non pas à la place. Mr. de Voiture a dit, J’aimerok mieux tre bien dans vôtre esprit, que de commander à toute la terre . Ce qui est très-biest dit, &c. COMMANDER, f Pracipere, ìmperare .] Donnet ordre à un artisan de faire quelque besogne. (II a commandé une paire de souliers à ce cordonnier, On a commandé íe soupé en tel lieu.) COMMANDER. (Exercitui prxejse.] Etre chef. Conduire. Le verbe commander, dans ce sens, régit toûjours Facufatìf. Mr. de Turenne commandoit Farmée d’Alemagne, lors qu’il fut tué d’un coup de canon. Commander la garde de la tranchée. Abl. f COMMANDER , se dit fig. des choses de morale, (Se commander à soi-même, commander à ses pat fions.) COMMANDER. [ Immìnere, injìdere.] Ce mot ss dit des places & des hauteurs. 11 signifie dominer , &, en ce sens, il a divers régimens, (La montagne commandoit au chemin par où l’ennemi devoir passer, Vaug. Quint. I. ;. cA. 4. II gardoit les hauteurs qui commandoient à la rivière. Abl. ret. I. 4. c. 2. Les montagnes voisines commandoient la plaine. Relation des campagnes de Frìbourg (5* de Rocroi, p. 97. Tòutè la furete dépend d’un Château qui commande sur là Ville. Rélation des campagnes de Rocroi, p. 92.) COMMANDEREZ, f f. [Beneficium equìtum Meli* tenfium.] Bénéfice dont jouit un Chevalier de quelque Ordre qu’il soit. (Avoir une bonne Commanderie.) {§ Les Commanderies de Malthe ne font point des bénéfices ; & selon Du Moulin, sur le stile du Parlement de Paris, part. 9. p. 249. & fur la Régie de infirm. refíg. on ne peut point les résigner, & elles ne font point sujettes, ni aux graduez, ni aux brevets de joïeux Avènement : c’est un bien temporel ; ensorte que les pensions qui y font réservées , ne passent point pour pensions cléricales. 11 faut en croire plûtôt Du Moulin, que Richelet. COMMANDEUR , f. m. [Eques Melitenjìs bénéficia praditw, commendator.] Chevalier de quelque Ordre que ce soit, qui a une Commanderie. Le mot de Commandeur se dit abusivement auffi des Chevaliers du Saint Esprit, quin’ont aucune Commanderie. COMMANDITE, s : f. [Inita cum quibusdam solim pecunìa muîua beneficio societas.] Terme de Négoce. Société en commandite lors-que l’un des associez ne fait que prêter son argent, sans faire aucune fonction. â Ce n’est là qu’une idée imparfaite de la société en commandite , qui est fort en usage, à cause de son utilité. Cette société consiste dans ce feu! point, que la somme que l’on met dans le Fond d’une société , est feule exposée auX pertes de cette société ; ensorte qu’en cas de banqueroute, l’associé en commandite , perd son fond : mais íl n’est point engagé au-delà envers les créanciers du commerce. C’est la disposition expresse de Farticle 8- du titre des so- ciétez , de FOrdonnance de 167;. Cette espèce de société est susceptible de toutes les conventions qué les Marchands ont acoûtumé de stipuler • en cas de dissolution de la société, on fait un examen pour recon- noître en quoi le fond consiste, & onléve sur là masse les fonds d’un chacun ; ensuite òn partage Jes profits,, ainsi qu’ils ont été réglez. II arrive quelquefois qui l’associé en commandite a prêté de Fargent à la société, dont on lui donné ua compte particulier, comme à Tome L ì i i «n 434 COM nn créancier étranger, & sa créance entre dans la composition des sommes dûës par la societe , & 1 aílo- çié en commandite est païé comme les autres, ne pouvant retirer son fond qu’apres que la société a été entièrement liquidée & aquitée des sommes prêtées. COMME, adv. [Ut ,stcut ,sicuti.] De même. (Darius portoit une ceinture cl’or comme une femme. Vaug. Quint. /. 5. Pour rendre encor mon sort plus heureux £•? plus doux, Donnez-vous tout à moi, comme je fuis à vous. La Suze, Poésies. Comme les Déitez vous étés adorable, Comme elles devenez aux amans favorable. II est fou comme un Franqois; grave comme un Espagnol ; dissimulé comme un Italien , & fier comme un Ecoffois , ou un Polonois. Brutal comme un Ale- mand.) COMME , adv. II signifie quelquefois autant. (Quand je ne serois pas vôtre serviteur comme je suis. Vaug. rem.) t COMME quoi, adv. [ Quomodo. ] Comment. (Comme quoi n’étes vous pas persuadé? Dites plutôt, comment n’étes-vous pas persuadé ? Vaug. rem.) _ COMME, est aulsi un adverbe de tems, pour signifier quand, lors-que. [Cum , quando , e0 tempore quo.] (11 arriva comme nous sortions de table. 11 fut arrêté comme il penfoit partir. II sert aulsi pour la narration. (Je vous dirai l’hi- stoire comme elle s’est passée.) De la maniéré que. [Quomodo, eo modo quo. Uti , quemadmodum .] 11 se pourvoira comme bon lui semblera. COMME , se dit aussi pour , en quelque sorte , en quelque façon. [Quast.] (Un bon ami est comme un autre soi-même. La lumière est comme Pâme des couleurs. Le soleil est comme le père des productions de la terre.) COMME , signifie encore , en qualité, [s//.] (Jésus- Christ peut-être considéré, ou comme Dieu, ou comme homme, il est mort fur la croix pour nos péchez ; & comme Dieu, il a triomphé de la mort.) COMME, signifie, à peu près. [Quasi, ut.] (Je tiens cela comme certain. 11 est comme mort.) L'ufage de comme & comment , a besoin d’é- claircissement. Voici ce que j’ai recueilli sur ce sujet : „ On doit dire, & écrire comment , quand il signifie ,, pourquoi. Exemple. Je ne vois pa* comment vous ,, l’avez Ji long-tems J'oufert. Je ne puis comprendre 5 , comment il a rompu avec moi. On se sert de com- „ ment pour combien, de quelle maniéré. Exemple. Si ,, vous fçaviez combien cette mort le touche: Jenefaì ,, comment il fe tirera de cette afaire. On peut dire „ quelquefois comme ou comment. Exemples. Vous ,, votez comment il joué. On nous ajfûroit qu’il avoit „ renoncé au jeu , cependant votez comme il joué. 3, Mais ces deux phrases signifient deux choses difé- 3, rentes. Dans le prémier exemple, comment veut ,, dire de quelle maniéré il joué : dans l’autre, le com- „ me tient lieu d’adverbe démonstratif, & signifie, U „ voilà qu’il joué. Quand on dit , votez comment il „ travaille, le comment tombe sur la maniéré dont il „ travaille: & fi je dis en raillant, votez comme il „ travaille il tombe fur la personne, & fait entendre „ que celui qui doit travailler, ne travaille point, ou „ qu’il ne travaille pas comme il faut. On ne dit „ jamais comme , mais comment, quand on interro- „ ge. Voici à peu près , “ (continue Mr. Chevreau dans ses Oeuvres mêlées, tom. 1. p. 452. ,, l’ufage du 3, comme. Dans les comparaisons ou similitudes fim- „ pies , c’est-à-dire , qui ne marquent ni le plus, ni ,, le moins, on se sert de comme. Cette montagne „ est haute comme les tours de Notre-Dame. Et dans „ ces sortes de comparaisons, le comme qui signifie la 3, maniéré, est rendu quelquefois fort élégamment par 3, la préposition en. Vivre en bête. Commander en 3, Roi. Vivre en homme de bien. Dans les compa- „ taisons exclusives, ou dans celles qui marquent le 3, plus 011 le moins, le comme doit être néceffaire- „ ment changé ta st que & aufjìque. II faut s’expli- „ quer. Aujjì, quand il est comparatif, doit toujours ,, entrer dans la proposition afirmative : II est aujjì „ vaillant, qu’Alexandre : II est austì beau que vous. „ Si , doit être mis nécessairement dans la propofi- „ tion négative : II n’est pas st vaillant qu’Alexan - COM „ dre. Comme est souvent mis pour de la maniéré „ que , de forte que. Exemple : II le croit commt il „ le dit. On fe sert de comme pour quand, lors que „ & il marque ordinairement le tems d’une chose - „ Comme il fortoit de son logis, il fut ajfajjlné. Quell ,, quefois on se sert de comme pour parce que j e „ n’ai pas manqué de lui obéir, comme il me l’avoit „ ordonné: Comme je le croiois un fort honnête hom . „ me, je ne pensais pas qu’il me dût jouer un st vilain „ tour: Comme il est bizarre, il m’est impossible de „ lui plaire. Autrefois on emploïoit comme pour avec „ & aujst-tòt ' que. Exemple. II est arrivé comme ,, lui, aujst-tòt que lui. Mais outre que cette manié. „ re de parler est aussi vieille que quand U quand „ & qu’elle n’est pas du bel usage, il y a une ellipl „ se ; ct quand on a dit, II est arrivé comme le Roi ,, on a sous-entendu, comme le Roi arrivait. " ’ . COMMEMORATION, f. f. 11 vient du Latin commemoratio. Prononcez commemoracìon. Terme à’Eglise > c’est-à-dire , souvenir. (Dans le mémento de la Messe, on fait commémoration des vivans pour lesquels on veut ofrir le Sacrifice. S. Ciran , ci. rénionies de la Messe. Faire commémoration d’untel Saint, ou plutôt faire mémoire d’un tel Saint.) f COMMEMORATION , signifie aulsi mention dans le stile familier, nous ne vous oublions pas, nous faisons souvent commémoration de vous. COMMENCEMENT , f m. [Principìmnjni. tium, exordium .] La prémiére partie de quelque chose. Tems qu’une chose commence ou a commencé. Le moment qu’on entreprend de faire quelque chose. Principe. Fondement. (Au commencement tout alois bien. Abl. On n’est encore qu’au commencement, & néanmoins on fe plaint. 11 est venu au commencement du sermon. C’est le commencement de la pièce. Les coinmencemens en toutes choses sont fâcheux & dificiics. Dieu n’a point eu de commencement, & il n’aura point de fin. Les grandes fortunes viennent souvent des petits commencemens.) f Prendre commencerpent, fe dit pour commencer. (La puissance de cet Etat prit son commencement dans le dernier siécle.) -h COMMENCEMENT, fe dit au pluriel, des pré- miéres leçons, des prémiéres instructions en quelque art, en quelque sience. (Donner de bons commencemens, avoir de bons commencemens.) COMMEN CER , V. a. [Incipere , inchoare, ex ordine ingredi.] Ce verbe veut avoir un si, ou un de après lui, il signifie : Se mettre à dire, ou à faire. N’y avoir pas long-tems qu’on s’est mis à quelque chose. N’y avoir pas beaucoup qu’on est dans un certain état. Avoir déja. (Je commence d’avoir plus d’espérance de mon retour. Voit. I. 5 7. II commence d’entrer dans Page de raison. Abl. Us commencèrent à batre la muraille avec le bélier. Ablancourt. Ils commencèrent à perdre courage. Vaug. Du moins, Abé, du moins avant de commencer, Lis encor les conseils que je te vais tracer. Vill.) t§ S’il faut dire commencer à faire , ou commencer de faire, c’est de quoi l’on a douté autrefois. Mr. de Vaugelas a dit rem. 405. que ,, dans la pureté de ,, nôtre langue, le verbe commencer demande toû- ,, jours la préposition si après soi ; & pour bien par- ,, 1 er François, il faut dire, par exemple, il commen- „ ce à fe mieux porter, non pas, il commence defe „ mieux porter ; & cela est tellement vrai, que même ,, au prétérit défini, à la troisième personne singulière, ,, commença, il faut dire si après, & non pas de, „ comme disent les Gascons, & plusieurs autres Pro- ,, vinciaux, & même quelques Parisiens, soit par con- ,, tagion, ou pour adoucir la langue, ôtant la ca- „ euphonie des deux a, & ne fe souvenant jaas de „ cette maxime fans exception, qu’il n’y a jamais „ de mauvais son, lors qu’un long usage l’a établi, ,, & que l’oreille y est acoûtumée , &c. II ajoute : „ Tellement qu’il faut dire, par exemple, II com- „ mença à avoir, & non pas, II commença d’avoir. ,, Ce n’est pas qu’il ne le faille éviter tant qu’il est „ possible : mais si par nécessité, comme il se ren- ,, contre quelquefois, la naïveté de l’expreflion obli- „ ge aux trois a de fuite, il n’en faut point faire de „ scrupule, parce que cette façon de parler étant natu- ,, relie, ne peut avoir que bonne grâce, tant s’en fa»t COM quelle soit rude. II est vrai qu’it y a cSes vervéè qui régissent a & de : d’autres qui ne régissent que de: & d’autres, qu'i, comme celui-ci. “ Le P. Bouhours a suivi pas à pas Mr. de Vaugelas, dans ses boutes, pag. 1S3. mais je trouve que Messieurs de l’A- cadémie n’ont point été du sentiment de Mr. de Vau» gelas, Obs. 403. Ils ont décidé, que „ commencer . á, & commencer de, font également bons, & que ’ l’on s’en peut servir indiféremment, si ce n'est à la ” troisième personne singulière du prétérit, qui se ter» ’ mine par un ct; car il est beaucoup plus doux de dire, il commença de parler , que il commença, à ” parler. II faut siir tout éviter les trois a de fuite, ,, & dire il commença d'admirer, & non pas, ilcom- me»ça à admirer. “ Mr. Ménage , tom. s. de ses Qbserv. ch. 30. après avoir raporté les termes même de Mr. de Vaugelas, & du P. Bouhours, dit, que le maître & l’écolier se trompent tout-à-fait en cette décision, & que l’on dit indiféremment commencer à, 81 commencer de, que le P. Bouhours s’en est dédit dans ses remarques. Voïez le reste qui ne regarde que la querelle de ces deux Auteurs : il faut donc s’en tenir à la décision de l’Académie. * COMMENCER un cheval. [ Prima tradere documenta ..] Terme de Manège. C’est lui donner ses premières leçons. f On le dit aussi d’un homme qui donne les pré» miéres instructions à quelcun. C’est lui qui a commencé mes enfans. 4 COMMENCER , s’emploïe quelquefois absolument. (Ce General a mal commencé. II pouvoit mieux commencer, 11 importe fur tout à la guerre de bien commencer.) COMMENCER, v. n, Avoir son commencement. (L’année commence au mois de Janvier. Le Carême ne commence cette année qu’en Mars.) f COMMENCER , s’emploïe aussi impersonnellement. (11 commence à pleuvoir, il commence à gê»< ler, il commence à faire jour,) COMMENSAUX,/»?. [Conviesores.*] Oficiers domestiques de la maison du Roi & d’autres maisons roïales, qui Ont bouche à cour. COMMENSURABLE , adj. t Qupd esse potes men- siira alterïus , commenfurabìlìs.'] Ce mot est un terme de Géométrie , ou l’on dit qn’une grandeur est com- mensorabìe à une autre grandeur , lors qu’elles sont entr’elles comme un nombre à un autre nombre, ou îors-qu’elles peuvent toutes deux être mésurées paf une troisième quantité. (Grandeur commensurable.) Voïez la Géométrie de Port-Royal, & les nouveaux élé- mens de Géométrie de Mr. H. .. . COMMENT , adv, [ Quomodo , qua ratione.~\ Dé quelle sorte. De quelle maniéré. On se sert dé l’ad» verbe comment, quand on interroge , ou après le verbe demander Vaug. rem. (Si vous demandez, .comment il faut faire pour se sauver, il faut aimer Dieu & son prochain. Arn. Comment parlez-vous, Monsieur l’insolent ? Scar.) COMMENT. IQuare, quóniam.'] On emploie aussi cet adverbe, pour exprimer quelque mouvement de Pâme. (Exemple. Qui répondra pour le Père Bari ; comment, dit le Père, il est de nôtre compagnie. Pafi. I. 9. Comment diable à trente pas d’elle on brûle comme dans un four ! Voit. Po'és.) COMMENT AIRE, s m. f Commentarium.'] Explication. Interprétation de quelque chose de dificile. (Le commentaire de Serviussur Virgile est le meilleur de tous. Le Père îa Rué jésuite s’en est servi fort à propos dans son commentaire fur Virgile. COMMENTAIRE. [Commentaritts.'] Rélation. Histoire écrite d’un stile simple & aisé: mais en ce sens, le mot de commentaire est pluriel, & est principalement consacré au livre que Jules César à écrit de ses guerres dans les Gaules. (Ainsi on dit, les Commentaires de César sont écrits, &Ablancourt les a traduits élégamment en François. COMMENTAIRE. Addition qu’on Fait de son cru à une histoire ou à un conte. On fit bien des commentaires fur la retraite de Charles-Quint.) COMMENTATEUR. \_Alicujus scriptorb interprcs.] Celui qui explique & qui interprète ce qu’il y a de plus dificile dans un Auteur. (Lubin est un des meilleurs commentateurs de Juvénal.) Les commentateurs , peuple superstitieux, admirent lotîtes ìes expressions d’un Auteur qu’íls ont choisi pouf lotîtes ìes expressions d’un Auteur qu'íls ont choisi pouf l’objet de leur culte. La Bruyere. COMMENTER , D. ct. f Scriptorent commentari, ïnterpretari .] Faire des commentaires sor quelque livre, (Commenter un livre. Commencer un Auteur.) COMMENTER. Signifie aussi, ajouter quelque chose à la vérité, la déguiser, & se prend alors en mauvaise part. (II ne saut point commenter les actions d® nos supérieurs.) f COMMER í v. w, Í1 signifie dans le stile familier, faire des comparaisons, Acad. Fr. f COMMERÇANT, f m , Celui qui fait commerce, qui négocie, qui trafique, COA 1 MERCE , f m - [Commercium.] Trafic dé marchandise. (Le commerce ne va plus. Le commerce n’est plus bon. Entendre le commerce. Savoir le commerce.) H COMMERCE de terre. C’est celui qui se Fait dé Ville en Ville, de Province en Province, ou de Roïau- me en Roïaume , par la voie des chariots ou autres voitures, fur le dos de divers animaux, & même fur les rivières, étangs & canaux, par le moïen des barques & bateaux. H COMMERCE de tker. C’est celui qui se fait paf mer dans toutes les parties du monde où l’on peut aborder, soit sor l’Ocean, soit fur la Méditerranée, soit fur les autres mers particulières, qui ne sont que des parties de ces deux principales. T COMMERCE intérieur. C’est celui qUè les sujets d’un même souverain Font Cntr’eux, dans l’étenduë feulement d’un même Etat, de Ville en Ville, ou dé Province eh Province. H COMMERCE extérieur. C’est celui que les sujets d’un Etat font par terre ou par mer, avec lés étrangers ,& au delà dé ses frontières, t COMMERCE en gros. C’est celui òù l’on vend seulement les marchandises, en caisses, en baies, oií du moins en pièces entières. Cette efpece de commerce comprend les manufactures qui se fabriquent, les marchandises ou denrées qui croissent dans le Roïaume, dont on fait magasin, pour lés reVetidre ert gros dans le païs, ou pour les envoïer chez l’étfanger, II comprend aussi les marchandises qu’on tire des Etats voisins, & le commerce qui se fait par les voïages de long cours dans toutes Ies parties du mondé, T COMMERCE en détail. C’est celui où les marchandises se vendent datis les boutiques, où fnêmé dans les magasins, à Panne, à la livre, à la pinte , &c, suivant les diférenteS especes & qualitez des choses dont on trafique. f COMMERCE d’argent. C’est le cônnïeíce dés Banquiers & Marchands, qui font des traites & des remises dans les lieux éloignez. Ils reçoivent dé l’argent comptant , & donnent des billets , ou lettres de change, qui doivent être payez par lents correspùndans, à ceux qui sc trouvent chargez de leurs billets. C’est aussi le négoce de l’argent que l’on prête à l’intérêt. T COMMERCE en papier. C’est celui qui sc Fait fans aucune espèce , ou monoïe courante , mais feulement avec des billets, lettres de change , actions de Compagnie , & autres papiers reçus dans le public. C’est aussi le commerce illicite de papier, qu’on nomme ert France agiotage. Voiez AGIOTEUR. T COMMERCE précaire. C’est celui qui se Fait avec une nation ennemie par le moïen d’uné troisième qui est neutre , & dónt on emprunte Ies terres & le nom pour le faire. * COMMERCÉ. Fréquentation, Correspondances (Je n’ai nul commerce avec lui parce-que c’est un malhonnête homme. Abl. 11 y a quelque chose de plus aisé & de plus poli dans le commerce des femmes- que dans celui des hdmmes. S. Eyremont. * Entretenir un commerce d’impudîcité avec une personne. Maucroix, schisme , I. 1. 11 faut rompre tout commerce avec les débauchez.) , * COMMERCE. Correspondance spirituelle & honnête qu’on a avec quelque personne d’esprít , sur leS belles connoiffançes. Entretiéns qu’on a par lettres avec quelcun. (Avoir commerce de lettres aveè uns personne. J’entre avçc vous dans un heureux commerce de réputation & d’honneur. 11 est avantageux d’â-, Voir commerce avec Mr. Pigou, Conseiller du Parlement de Rouen, l’on devient avec lui honnête ch savant.) Tome L lii » COM- 4 36 COM COMMERCER , v. a. [Habere commercimn.~\ Trafiquer , négocier. (Commerce de livres , de foie , &c.) COMMERE , / s- [Matrina.] Celle qui tient notre enfant fur les fonts de Batème. Celle qui a tenu un enfant avec nous. ( Avoir une jolie commère. Choisir une sage commère.) f C’est une bonne commère. C’est-à-dsse, une bonne gaillarde, une bonne éveillée, & qui aime un peu à se réjouir. H On le dit aussi d’une femme qui se mêle de plus d’un métier. COMME'RE. Ce mot, aussi bien que celui de compère, se dit aussi des animaux. Mon compère le brochet , ma commère la carpe. Volt. L’onde étoìt transparente, Ma commcre la carpe y faisoit mille tours , Avec le brochet son compère. La font.) í COMMETTANT- Terme de Commerce. Celui qui commet, qui confie le foin de ses afaires à un autre. 11 se dit par opposition à commissionnaire. COMMETTRE, v. a. II vient du Latin coiu- mittere. Je commets , f ai commis , je commis , je commettrai , que je commette , qu’il commette. Emploïer- Donner charge. Donner ordre. (C’est lui qui commet les Juges , c’est en son nom qu’ils prononcent. Patru, plaid. On l’a commis pour avoir l’œil fur ce qui fe passeroit.) COMMETTRE. Faire. Tomber dans quelque afai- re. Commettre un péché par ignorance. Past. I. 4.) COMMETTRE. [Periculo exportera.] Exposer quelcun à recevoir quelque mortification. ( Ne craignez pas que je vous commette jamais.) * Se commettre , v. r. [Adiré, subire periculumst S’engager à une quérelle avec quelcun de gaieté de cœur. (Ne vous commettez point avec cet homme là, il vous malmènera. Abl.) ǧ COMMETTRE. Terme de Coutumes. Commettre , & confisquer , sont la même chose. II est dit dans l’article 9. de la Coutume de Troïes : Et s’il advenait que ledit vassal commis son dit fies par félonie. On peut donc dire , que le vassal qui commet une félonie , qui fait un faux aveu, ou un désaveu de son Seigneur, commet & expose son fief à la confiscation. Commise (dit Coquille, sur l’article 61. du titre des fiefs de la Coutume de Nevers) se dit en cas de crime féodal, qui est félonie, defadveu, ou faux adveu. 11 y a des devoirs respectifs entre le Seigneur & son vassal, que l’on ne peut violer impunément ; & nous apollons commise, Faction par laquelle on a ofenfé son suzerain. Le terme est latin : committere signifie commettre un crime , suivant la loi 6 . §. sicuti ,js. de officia prastd. II y a dans le Code Théodosien, un titre de velligalibm U commijjìs , c’est-à-dire , des subsides , gf des fraudes Í me l’on commet pour ne les pas payer. De même , dans a Coûtume d’Artois , art. aï. commettre & forfaire, font finonimes. Le désaveu est, dans la Jurisprudence féodale, le plus grand crime que le vassal puisse commettre. COMMINATOIRE, adj. [Comminationem con- tìnens.~\ Terme d ’Eglise & de Palais. Qui ménace. (Peine comminatoire. Clause comminatoire.) COMMIS , commise , adj. [Commissus, admijsus .] Emploie. Fait. ( Juge commis pour décider le difé- rent. Faute commise.) COMMIS, s. m. [Prafeffus, praposttus, negotïo , vi- carius.f Quia une commission, un emploi, quelque forte de charge qu’on donne & qu’on révoqué quand il plaît à celui qui la donne. Celui qu’on a mis en fa place pour faire quelque commerce,ou quelque trafic. II est Commis en chef. II est Commis principal. Commis aux aides. C’est un Commis aux re- couvremens. II est Commis de Monsieur un tel.) COMMISE, f f. [Commis culpa.J Terme de Jurisprudence féodale. Confiscation d’un fief. (Ce fief est tombé en commmise.) t COMMISERATION , s f. f Commiseratio. J Mot écorché du Latin , dont on sc sert rarement. On dit en fa place, pitié, compassion. Cependant Mr. de Saint Evremont s’en sert. (Des airs superbes, ni une commisération afectée ne conviennent point à un vainqueur généreux. Saint Evremont.) COMMISSAIRE, s. m. [Recuperator.fi Terme de Palais. Juge commis pour informer, interroger & examiner la personne criminelle, ce qu’il a fait, les COM choses dont on Tacuse. ( Moniieur Fouquet ne st* pas plûtôtà la Bastille, qu’on lui donna des Commis faires. ! COMMISSAIRE. [ Legatus, causa cognitor , disce<-. tator. j Terme de Pratique. Celui qui elt établi pour avoir soin des choses qui font saisies par ordre de Justice. (Etablir un commissaire dans une maison.) COMMISSAIRE. [Curator disciplina civilis politicel Celui qui informe des choses qui sc font contre lés reglemens , qui fait observer par les Bourgeoisies or- donnances des Juges de Police , met à l’amende, & v â prendre dans la ville de Paris les prisonniers qu’il a or. dre d’arrêter. Une charge de Commissaire à Paris est lucrative , mais elle n’est pas fort honorable. Elle coûte dix mille écus. Les Commissaires répondent pardevant le Juge de Police. f COMMISSAIRE. On apelle Grands Commissaires au Grand Conseil & en plusieurs Parlements dé Franl ce , un nombre des plus anciens Conseillers avec deux Pjésidens, qui jugent souverainement certaines afaires. On apelle mfíì petits Commissaires, un nombre de .Juges nommez pour examiner un procez, & en faire qnfuite leur raport à la chambre assemblée , où leur avis est d’ordinaire suivi. COMMISSAIRE. [Legatus .2 Officier commis à quel- que emploi, où il ordonne , commande , & exécute ce qui regarde fa charge. (Ainsi on dit: Commissaire des vivres. Commissaire de l’Artillerie. Commissaire des guerres, &c.) COMMISSAIRE aux saisies réelles. C’est un Oficier qui a loin du régime des immeubles, qui en fait faire les baux judiciaires, qui en requit le revenu, & qui en rend compte. Et le Commissaire aux fastes imme . biliaires, est le gardien des meubles saisis, pour en empêcher le dépérissement. COMMISSAIRE ordinaire des guerres. [Armature fnilitaris mJpefior.~\ Oficier établi pour avoir foin de la police des troupes dans la marche, régler les étapes , & les logemens. H COMMISSAIRE de Marine. C’est un Officier pré- posé pour avoir foin de tout ce qui concerne les vaisseaux & la Marine dans son département. (Commissaire général. Commissaire ordonnateur. Commis- (aire de la Marine du Ponant. Commissaire de la Marine du Levant.) COMMISSAIRE. [ Legatus ad componendas rixes. ] Ce mot se dit parmi les Capucins , & quelques autres Religieux. C’est celui qui est commis de la part du Père Général, ou Provincial, pour régler les diférens qui naissent dans les Couvents parmi les Religieux. COMMISSAIRES des pauvres. [Pauperum qustior m- rius.f C’est un Bourgeois qui passe pour un homme de bien, & qu’on élit le jour ou les fêtes de Noël dans fa paroisse, afin de lever fur ceux des Paroissiens, dont le Gréfier lui donne le rôle & la taxe; afin , dis-je , de lever cette taxe pour le soulagement des pauvres de fa Paroisse. On élit tous les ans à Paris vingt - huit Commissaires , qui ont foin chacun dans fa Paroisse d’un certain nombre de pauvres qu’on lui a marquez. II leur fait distribuer quelques fols pat semaines ; mais en considération de cette petite charité , le pauvre étant mort, il en fait vendre tous les meubles , & porte les deniers au Bureau. Ce Commissaire doit tirer d’un Maître des Requêtes, 10. I. 8- f. d’un Président ou Conseiller, 10. 1 . 8- f d’mt Sécrétasse , d’un Auditeur des Comptes, d’un Avocat, 52. f. d’un Bourgeois, d’un Marchand, 26. f. d’un Artisan, i}. f. t COMMISSAIRE général. C’est aussi un Officier considérable , qui a inspection sur toute la cavalerie légere. On apelle son régiment, le régiment Commis faire. COMMISSAIRE du grand Bureau des pauvres. [Id quastoria pauperum jus fitjsragiil] C’est un Bourgeois, qui après avoir exercé la charge de Commissaire des pauvres en honnête homme, a droit de voix active & passive dans le grand Bureau des pauvres, _&peut un jour devenir Directeur d’Hôpital. Ce qui est un poste assez avantageux. Voïez Bureau des pauvres. COMMISSION,//. [Provmcia , potstssf Pouvoir. Puissance. ( Avoir commission pour informer. Commission pour connoìtre d’une afaire. On a delivre des commissions pour la levée des gens de guerre. COMMISSION. Emploi. (Donner une commission. Faire obtenir une commission à quelcun.) COM- COM COMMISSION. [Mandata rei curas J Charge qu’on donne á quelcun de faire quelque emplette, ou quel- qu’autre chose particulière. (Ce facteur est chargé de diverses commissions.) Exercer une charge par commission. C’est-à-dire, l’e- Xercer feulement pour un tems, & fans en avoir le titre. £ COMMISSION. On apelie Droit de Commission dans le commerce, ce qu’un Commissionnaire reqoit pour son salaire. ± COMMISSION. Terme de Marine. C’est la permission ou ordre que donnent les 8ouverains , ou leurs Officiers , pour aller en course sur les ennemis. Les Ar- mateurs ne peuvent faire la course sans commission. COMMISSIONNAIRE,,/.' m. [ Insìitor.] Ce mot est masculin, mais 11 on parloit d’une femme, on le feroit féminin. Le Commissionnaire est celui qui achète & qui débite par commission, fous le bon plaisir d’un ou de plusieurs particuliers. COMMISSOíRE. Terme qui se dit d’une clause, qui n’étant point acompìie , emporte la nullité du contrat. Par exemple , faute de paiement la confisca- tian de la chose. [ Jaillira rei cujuívis dausulœ im- flendœ vitio.J COMMITTIMUS, f. m. Lettres roïaux que le Roi donne à ceux qui ont leurs causes commises aux Requêtes du Palais. ff II y a une Ordonnance de Louis XIV. de 1669. tit. p. où l’on doit recourir en cas de dificulté : elle nous aprend , qu’il y a deux fortes d e committhnus-, l’un se prend au grand sceau , & l'autre au petit sceau : que ie committimus n’a lieu que dans les afaires civiles, personnelles, possessoires, & mixtes, & lors que la contestation n’a pas été nouée devant un Juge, dont on veut éviter la juridiction. Le committhnus est nul, fi on ne le meta exécution dans Vannée de son obtention. Voïez le sur plus de l’Ordonnance. í COMMÍTTITUR , f m. Terme de Formule. On ie dit d’une ordonnance de Conseil, pour commettre un Reporteur. On apelie Requête de com - mìttitur , la Requête par laquelle on demande qu’un Raporteur soit commis dans une a faire. On a mis le committitUY fur ma Requête. COMMODAT ,f m. [Commodatum.] Prêtquî se fait gratuitement, & où l’on ne transfère point la propriété, de sorte qu’il faut rendre la chose en essence. Et celui ou celle qui a reçu le commodat , est apellé commodataire. sf Le terme , commodat , est peu connu dans nôtre langue ; car nous n’avons point de terme particulier pour exprimer le mot Latin , commodatum ; c’est-à-dire , le prêt d’une chose sous la condition de la rendre dans son entier , après s’en être servi à Lissage à laquelle elle est propre. On ne peut expliquer cette espèce de prêt que par cette locution, prêt à usages ainsi on volt clairement qu’il y a deux fortes de prêts : dans celui qui est fait pour Lusage, il faut rendre la chose empruntée , comme je viens de le dire : & dans le simple prêt, il faut rendre ou la valeur de la chose, ou l’équipolent. II faut ici observer, que le précaire est dans le fond la même chose que le prêt à usage; car dans l’un & dans l’autre , on remet une chose à quelcun pour s’en servir, & pour la rendre : mais c’est dans la restitution que consiste la diférence de ces deux contrats. Le prêt à usage a toûjours un terme convenu pour la restitution du prêt ; & le précaire est indéfini & ne dure qu’autant qu’il plaît à celui qui prête. COMMODE , adj. [ Contmodus, aptus, opportu- nmi] Propre. Convenable. (Maison fort commode.) * COMMODE. [Molìior , remijjtor .] Aisé. Doux. Qui n’est point gênant. (Confesseur commode. Doctrine fort commode. Vase. L Des partis que l’on vous propose, Prenez un esprit droit , régie , commode , doux, Mais vous fuirez fur toute chose L orgueilleux , le bourru, l’avare N le jaloux. Poète anonyme.) t COMMODE. On apelie mari commode , celui qui ferme les yeux fur la mauvaise conduite de sa femme. On apelie aussi mere commode , une femme qui donne trop de liberté à sa fille. COMMODE , f. m. [ Capitìs mulìerum ornatus. ] Coiffure moderne des femmes, dont Monsieur Palaprat COM 437 fait í’énumération. La duchesse, le solitaire, la son» tange, le chou , le tête à tête , la culbute , le mousquetaire , le croissant, le firmament, le dixième ciel, la palissade & la souri. COMMODE. Se dit aussi d’une espèce de bureau dont on se sert à présent pour retirer les habits, cois» sures , & autres habits des femmes. COMMODE'MFNT , adv. [Commode.] Proprement. Avec les commodité?, qu’on peut souhaiter. Sans peine & fans que rien embrasse ou incommode. (Etre logé très-commodément» Nous vivons ensemble assez commodément. 11s ne pouvoient commodément tendre l’arc. Vaug. Quint. Curt. I. F. ch. 14.) COMMODITE', f f [Commodité, opportunités.] Chose propre L commode pour quelcun. ( C’est une commodité nécessaire dans un logis. J’ai trouvé une Commodité pour faire un petit volage.) A COMMODITE'. Ce terme a fait naître quelquefois une dificulté que les loix Romaines ont prévue. Un père constitué une dot à fa fille , qu’il s’oblige de païer à fa commodité. On demanda au Jurisconsulte comment il soloit entendre le terme de commodité ? II répondit, que l’on pouvoit agir contre le père , s’il étoit en état de païer fans se priver de ce qui lui étoít nécessaire. L. Avus , §. i.js. de jure dot. L. nepotes , js. de verhor.sgnijìc. COMMODITE' de bâtiment. C’est l’ordonnance & la disposition des parties d’un bâtiment. ( Maison qui n’a presque nulle commodité. La disposition ou la distribution des édifices contribue beaucoup à leur commodité. Vitruve, abrégé, 1. partie, ch. 1.5.) -J COMMODITE'. On apelie chaise , fauteuil de commodité, une grande chaise à bras , dont le dos est un peu renversé, & où l’on est à son aise. ch COMMODITE' , signifie Location , le tems propre. (Faire les choses à fa commodité. Prendre la commodité des gens.) ch COMMODITE', se dit aussi de 1 a proximité des lieux où l’on peutaler. (La commodité de l’eau , de la promenade, la commodité du bois. COMMODITES- Ce mot au pluriel signifie toutes les petites choses qu’il faut pour être à son aise dans un ménage , comme vaisselle, baterie : &c. (11 n’a que faire de rien emprunter, il a chez lui toutes ses petites commoditez.) COMMODITES. [ Larinœ. J Lieux où l’on va sc décharger le ventre. (Aler aux commodité?.) ch COMMODITES , se ditaupl. dans le stile bas Si populaire, des faculté? de quelcun. (Je ne sai quelles peuvent être ses commoditez.) COMMOTION , s f. [ Commoth. ] Ternie de Médecine , qui se dit des atteintes que soufre le cerveau. (La convulsion est une commotion du cerveau.) COMMUER, »• a. [Commutare. ] Terme de Pu- lais. (Commuer la peine. C’est changer la peine.) COMMUN, commune, adj. [Commuais.] Quî apartient à tous. Ordinaire à tous les hommes. Abl. ret. I. \. Le soleil est commua. L’air est commun à tout Ie monde.) COMMUN , commune. Qui est en communauté. Qui est entre deux ou plusieuurs personnes. (Qu’ya- t’il de commun entre vous & moi ? Port-Royul. Leur bien est commun. Leurs amis communs. Nos périls sont égaux , nos craintes font communes. CapU Jìroni) COMMUN, commune, adj. [Vulgaris, trìtw.] Vulgaire , trivial. Qui n’a rien d’élevé, de particulier , de noble» ( Esprit fort commun. Pensée très-com- mune.) ch On apelie sens commun , la faculté par laquelle le commun des hommes juge raisonnablement des choses. (11 n’a pas le sens commun. Tout ce qu’il dit répugné au sens commun.) ch COMMUN, commune , adj. Général, universel. On dit, le bruit commun, l’opinion commune. Le droit commun , est la Loi reqûë dans un Etat, Lusage qui y est généralement établi. ch COMMUN, commune, adj. signifie aussi ordinaire , qui se pratique ordinairement. ( C’eft un usage commun , une chose commune. La prudence & l’ha- bileté ne sont pas communes parmi les Généraux, qui doivent moins à leur mérite qu’à la fortune. L’in» terêt est le motif commun qui fait agir les hom» mes.) COM- 438 COM COMMUN, commune. Qui n’est pas rare. Qu’on trouve aisément. Ordinaire, (fiante commune. Ce livre est commun.) COMMUN , commune. II se dit en termes de Philosophie des genres qui font communs à leurs espèces. (Le nom d’animal est commun à l’homme&à la bête. Le nom de substance est commun à sesprit & au corps.) COMMUN , adj. En terme de Grammaire. Le genre commun est celui qui convient aux deux sexes , & qui est masculin & féminin. (11 y a plulieurs noms adjectifs, qui sont d u genre commun; par exemple, agréable, faible, riche, car ils se dilènt également de l’homme & de la femme, & se joignent à des substantifs masculins , & à des substantifs féminins.) COMMUN, commune, adj. En termes de Géométrie, ils se disent d’une ligne , d’un côte, d’une baie, d un angle , qui servent à deux figures. On dit que deux triangles ont un côte commun ou une base commune, & que deux triangles qui ont un angle commun , & dont les bases font parallèles, font équiangles.) Lieux communs. [Loci communes.] ferme de Co- lége. Ce font des recueils de ce qu’on trouve déplus beau dans les Auteurs , que l'on range fous certains titres généraux. (II y a des Diétionaires de lieux communs.) Ce terme est aussi en usage parmi les Théologiens. Melchior Canus savant Dominiquain a fait un traité des lieux communs. =£ On apelle aussi lieux communs , des matières triviales & rebatuës. (Ce livre est rempli de lieux communs, on n’y trouve rien de curieux. COMMUN , f. m. [Vulgm, plebs.] Peuple. Multitude. (Ainsi on dit, les gens du commun.) 0 " On a décidé dans l’Académie, qu’il faut dire, le commun des hommes dit , ou , efì d'avis, & non , disent, ou sont d’avis. Décifîons de t Académie par M. L. T. pag. n.) (* C ’est un homme du commun. \fUnm è vuìgo.] C’est- à-dire , qui n’a rien d’extraordinaire. H Vivre fur le commun, c’est vivre aux dépens du tiers & du quart. (On méprise les gens qui font métier de vivre fur le commun.) COMMUN. [Administer gradées infériorisé Oficier subalterne. (La sale du commun.) En commun , adv. [Commun: ter d] En communauté. En société. (Tout étoit en commun parmi eux. Abl. miné) COMMUNAUTE', f f. [Commuait as.] Le corps des habitans de quelque bourg, de quelque village. (La communauté du village est obligée à cette dette.) Platon & Lyeurgue avoient établi la communauté des femmes , & regardoient même comme une délicatesse ridicule , la jalousie des maris , qui ne peuvent soufrir de Partage. Mais il étoit dificile d’empêcher les désordres d’une communauté fi délicate. S. Evremont. COMMUNAUTE'. ; [Societas.] Tout le corps des gens de quelque métier. (Une partie de l’amende est aplicable au Roi, & l’autre à la boite de la communauté. Pour établir une communauté dans une ville , il faut des Lettres Patentes du Roi, le consentement de cette ville, & l’homologation de ces Lettres au Parlement. Févret, traité de íabus , /. 2.) COMMUNAUTE', f. f. [Congregatio.] Ce font des personnes qui se sont retirées du monde pour vivre ensemble dans la crainte de Dieu, & pour mieux faire leur salut, se prescrivant de certaines régies, avec un habit particulier. Madame de Maintenon a formé la communauté de Saint Cir. Louis XIV. a fondé cette communauté, & il l’entretient. Elle est composée de 36. Dames professes & de 24. Sœurs converses. On entretient gratuitement dans cette sage & heureuse communauté 260. filles, véritablement demoiselles , depuis l’âge de sept ans jusqu’à vingt. On les éleve, & on les instruit dans une solide piété, & on leur fait aprendre toutes sortes d’exercices conformes à leur naissance. Ensuite étant à l’âge de vingt ans , elle sont en liberté de se marier, ou de se faire religieuses. COMMUNAUTE'. Le corps des Religieux. Le corps des Religieuses. (Dîner à la communauté. La communauté a dîné.) COMMUNAUTE’ de draps. [Vejharìttm.] Terme de Capucin*. C’est la chambre où font les habits. COMMUNAUTE' de mariage. C’est ce qui est commun entre le mari & la femme. (Renoncer à la communauté. Patru, plaid. 9. Accepter la communauté. Le Mail. ) COM COMMUNAUTE' de biens. [ Bonoritm communv 1 Etle est composte de tout ce qui est mobiliaire d bien des mariez au tems de leur mariage & de qu’ils aquiérent ensemble , à moins que par ìe contr t de mariage , ce que chacun des mariez aura de molli liaires n’ait été stipulé propre. ǧ La communauté de biens introduite par à sieurs Coutumes , nous meneroit trop loin, si j’entre” prenois d’en expliquer le détail ; je vais pourtant en* donner une idée lùccinte, pour pouvoir en p ar | er ’ C’est une íòciete contractée entre un mari & une f em ’ me, de tout ce qu’ils aquiérent pendant le mariage" pour en jouir en commun, à la charge de païer les dettes contractées pendant cette communauté, dont les effets font ensuite partagez selon la convention des parties. Elle a été inconnue chez les Romains Dans les Coutumes qui l’autorisent, elle se contracté de droit sans stipulation. Paris, art. 220. Mais on peut y renoncer par clause expresse. Les meubles i£ les conquérs immeubles entrent dans la communauté lors qu’ils ont été aquis à titre onéreux : mais à l'é- gard des aquilìtions faites à titre lucratif comme par donation , on distingue. Ce qui est donné par im étranger, tombe dans la communauté, fi ce n’est lors que le donateur a déclaré précisément qu’il entend que la chose donnée apartienne au donataire , comme etant un propre. Si la donation est laite par un parent en ligne directe, elle n’entrera point dans la commti- nauté, parce que c’est un avancement d’hoirie : si elle est faite par un collatéral, la chose donnée tombe dans la communauté, s’il n’y a clause au contraire. La communauté ne cesse point par la mort de l’un on de l’autre des conjoints, comme la simple société ; elle continué de droit, & en vertu de la Loi. Le sur- vivant peut renoncer à la communauté, en faisant un inventaire en bonne forme. COMMUNAUTIER, f m. [Sm-íor.] Terme d’/fe. gufin dechaujjè. Celui qui a soin de faire les habits des Religieux. t COMMUNAUX ,s m. ’pj. Pâturages où les habitans d’un ou de plusieurs villages ont droit d’envoïer leurs troupeaux. On les apelle auss communes. COMMUNE , f. f. [Rum incoU , ruftici. ] Le corps des habitans d'un bourg ou d’un village. (Assembler les Communes. 11 fut tué par la Commune dans li Province. Maucroix , fchis l. 2. p. 304.) La Chambre des Communes, flnferior Curia.] C’est l’une des Chambres du Parlement d’Angleterre, laquelle est composée des Députez des Villes , & représente le Tiers-F.tat. COMMUNES , f. f. [Agri communes.'] Ce font aussi des héritages qui ont été donnez aux habitans d’un lieu pour leur usage. (Les communes ne sauroient être aliénées , & si elles l’étoient, les habitans y ponroient rentrer de plein droit. Volez A Journal des Audiences, t. 2. 1 . 3.) f A la commune, adv. ['Vulgari more , vulgate mo- do. Communément. Grossièrement. Vulgairement. (II philosophe à la comune. Gomb. épit. I. 1. ) COMMUNEMENT, adv. [Cemmuniter , vulgò.] Or- dinairement. ( Cela se dit communément. On les trouve communément dans les rués. Voit. let. 30.) COMMUNIANT, part. [ Sacrum Chrìjìicorfuí porrigens.] Qui communie. COMMUNIANT, f. m. [Quistacro Christ}corporere- ficitur.] Qui communie. (Dans la primitive Egliselî Diacre avertissait les communians d’être saints. Eveil. Cette Paroisse a quinze mille communians.) COMMUNICABLE, adj. [ Contagiosuí .] Qui sir communique, qui se gagne, en parlant de quelque mal. (Les maladies contagieuses font communicables. 11 signifie aussi qui peut se joindre à un autre. [Sociabiìh.] 11 est impossible de rendre le Rhône communicable avec la Loire.ì î COMMUNICABLE, se dit aussi d’une personne de facile accez. C’est un homme communicable. On dit d’un homme qu’on ne peut aprocher qu’avec peine, qu’il n’est point communicable. Acad. Franç. COMMUNICATIF , communicative , adj. [ïoaa- bìlh.] Qui se communique volontiers. (C’est un homme fort communicatif. Elle est communicative.) COMMUNICATION , st f En Latin commis catio. Prononcez conimunicacion. Action par laquelle on donne à un autre, & on le fait participant de bien ou de mal. ( La communication des grâces de Dieu- COM La communication de la peste se fait aisément dans les pais chauds.) COMMUNICATION. [Iter perviunt ab um laça ad alterumj Liaison d’une chose à une autre. Passage par lequel on va d’un lieu à un autre. (Cette galerie fait la communication des deux apartemens.) Lignes de communication , en terme de Guerre , ce font des fossez qu’on fait d’un fort à un autre, pour passer d’un quartier à un autre, sur tout dans un siège. f On doit établir de bonnes communications d’un quartier à l’autre, où les troupes puissent marcher fur un grand front, & fans aucun détour , pour fe porter plus promtement où il est besoin. Cette précaution quoique très-importante, est fort négligée par les Modernes. Votez le Polybe de Mr. de Folard , Tome II. COMMUNICATION, f f. [Society , commercium.) Entretien. Familiarité. Commerce. (Avoir une communication étroite avec quelcun. Abl. Empêcher la communication d’une ville avec celles de son parti. Ablancourt.') COMMUNICATION. Terme de Palais, t Instrumentants íitis communicatiost Récit court que font les Avocats des parties à Messieurs les Gens du Roi au Parquet, de salaire qu’on doit plaider. La vûë des pièces de quelque sac de procez. (Je lui ai donné communication des pièces du sac.) Elle consiste aussi à faire voir quelques pièces d’écriture aux parties. ( Ordonner, acorder, refuser, faire la communication des pièces.) COMMUNICATION, f. f. Terme de Rhétorique. C’est une figure qui consiste à entrer en délibération avec ses auditeurs, & à leur demander leur sentiment sur une chose. Par exemple, que feriez-vous, Messieurs, dans une ocasion semblable, qu’elles mesures pren- driez-vous ? 0 Saint Paul nous en fournit un exemple dans son Epître aux Romains, où après leur avoir raporté les avantages de la Grâce, & les misères qui suivent le péché, il leur demande : Quel fruit tirerez-vous donc alors de ces désordres dont vous rougissez à présent, puisqu’ ils n'avoient pour fin que la mort ? COMMUNIER , v. a. [Sacrum Cbristi corpus , porrigere.) Administrer le S. Sacrement de l’Euchari- ctie. (On a communié aujourd’hui deux cens personnes.) Dans les premiers siécles on a long-tems communié fous les deux espèces. COMMUNIER, v. a. [Sacrum Christi corpus perci- pere .2 Recevoir le Sacrement de l’Eucharistie. (Communier fous une espèce. L’Eglise Gréque communie faus les deux espèces. II communie tous les Dimanches. Les Chrétiens font obligez de communier à Pâques. Communier en esprit.) COMMUNION, f f En Latin communio. Union de plusieurs personnes dans une même créance de Religion. (La communion Romaine. La communion des Eglises d’Orient. Ils ont été retranchez de la communion des fidèles.) COMMUNION. [Sacri Christi corporù perceptioé] II signifie aussi faction par laquelle on conimunie au Sacrement de l’Eucharistie. (La sainte communion. Communion publique , ou particulière. La communion fous les deux espèces est celle qui fe fait avec le pain & le vin. Prières pour dire devant & après la communion.) On doit retrancher la communion aux pécheurs publics & scandaleux, & ne les y admettre qu’après une longue & sévère pénitence. Monsieur Arnaud a fait un excélent livre fur la fréquente communion. 0 COMMUNION. Ce terme étoit d’une grande étendue dans les premiers siécles de l’Eglise : l’efprit d’union qui régna d’abord parmi les Chrétiens , établit comme un principe général la communion, c’est- à-dire, la participation & la communication de toutes choses; & c’étoit une des plus grandes peines que l’Eglise imposa aux prévaricateurs des loix Ecclésiastiques, que de les séparer de la communion de l’Eglise & des Fidèles. Mr. de l’Aubépine, Evêque d’Orleans, a fait un détail des communions qui ont été en usage, & il dit que toute la juristliílion de l’Epistcopat ne constste qu’à ôter, ou qu’à recevoir un Chrétien dans la communion de P Eglise ; car , quelque peine que vous fuissiez choisir dans les anciens Canons , ou quelque récompense que vom y puissiez chercher , l’une ’es l'autre iront, ou à l’augmentation de la Communion chrétien* COM 439 ne, m a sa diminution. Pour donner une idée de la communion Chrétienne, j’en raporterai ici quelques- unes des plus considérables. Communion Ecclésiastique. Elle consistoit dans la participation & f u sage des ordres & des dignitez Ecclésiastiques, dont la privation étoit une des plus grandes peines. Communion íàique. Elle consistoit dans la participation du divin Corps de Jésus-Christ avec les autres laïques. Communion pérégrine , ou des étrangers. Elle étoit acordee par les Evêques aux Clercs d’un autre diocèse, lors qu’ils répréfentoient des lettres formées ou testimoniales de leur Evêque, selon le trente-troisiéme des Canons apostoliques. Communion d’oblation. C’étoit une participation de toutes les oblations qui servirent pendant quelque tems à l’entretien des Clercs. Nôtre Pain bénit est un reste de la communion des oblations. Communion par Eulogies. Les Chrétiens avoient acoûtumé, dans les premiers tems de l’Eglïse , d’en- voïer aux absens, des portions du Pain bénit, apellé Eulogie , comme nous l’aprenons de Saint Juslin, dans fa seconde Apologie, où il dit , qu’après les actions de grâces, & les prières du Prêtre pour le Peuple, les Diacres distribuoient le pain, le vin & l’eau consacrez , & portoient ou envoïoient aux absens. leur part, comme étant un gage de leur communion & de leur union fraternelle , selon les loix de l'Evan- gile. COMMUNION par le Paterne ’èst par l’Eucharistie donnée au défunts. On obfervoit autrefois exactement de bâtifer & de donner l’Eucharistie aux Ccthé- cuménes, & aux pénitens avant que de mourir , & de les admettre de cette forte dans la communion des Fidèles : & comme il arrivait souvent des morts précipitées & subites, qui ne permettoient pas d’acom- plir ces deux choses ; on crut avec une simplicité fans excuse, que l’on pouvoir bâtiler & communier les morts : mais une pratique si abusive & même si criminelle , fut abolie par plusieurs Conciles, & l’on souffroir que les parens ou les amis du mort fupi cassent au Batème & à l’Eucharistie , par des oblations & des prières ; ce qui fut autorisé par le second Concile d’Arles, dans le douzième Canon. Votez les Observations de lAr. de l’Aubépine, liv. 1. ch. 7. F- Communìon par le Viatique , c’est-à-dire , par le Ba- tême, & par l’Eucharistie, donnez dans l’extrémité de la vie. Communion par lettres formées. Votez Lettres canoniques ou formées. COMMUNIQUER , V. a. [Communicare , participent facere.J Prononcez communìké. C’est faire participant de quelque chose. (Le soleil communique sa lumière par tout. L’aimant communique sa vertu au fer. En me racontant ton mal, tu me l’as communiqué. Abl. Luc. Communiquer fa science. Abl. II communiqua sa Lettre à Socrate. Abl. r et. I. 5. c. 1.) COMMUNIQUER, v. n. [CoUoquis Conférer, parler avec quelcun. Ils ont long-tems communiqué ensemble, mais je ne sai ce qu’ils ont résolu.) COMMUNIQUER, v. a. [ Communicare .] Terme de Palais. Raconter en peu de paroles à Messieurs les Gens du Roi, l’afaire qu’on doit plaider à l’Audience. Faire voir à l’Avocat, ou au Procureur de la partie adverse les pièces du sac. (Communiquer au Parquet. On m’a communiqué deux pièces.) Se Communiquer , v. r. [Communie art .Etre communiqué. Se rendre commun. (La peste, la lèpre, &c. se communiquent aisément.) Se communiquer, v. r. [Familiariser uti alicujus consuetudinef\ Se communiquer à quelcun, c’est se découvrir à quelcun. COMMUTATION , st fi [ Commutatio .] Terme de Palais. C’est changement de peine. (Demander commutation de peine.) Messieurs de f Académie disent, que ce terme n’est en usage qu’en cette phrase, quoique d’autres Auteurs Retendent d’avantage , & croient qu’il peut 'signifier i’échange de toutes sottes de choses. (Le commerce s’est entretenu pendant plusieurs siécles , par la feule commutation des choses dont on avoir besoin. P. Job.) f COMMUTATIVE, adj. f. On apelle Jufiice com- mutative , la Justice qui regarde le commerce , où il s’agit de l’échange d’une chose contre une autre , en rendant autant qu’on reçoit. Ce terme n’a point d’au- tre usage. COM- 44° COM COMPACTE, adj. [ Compaflus. ] Terme de Physique. Corps qui est ferré ou condensé, qui a peu de pores & beaucoup de poids. L’or est le plus compacte de tous les métaux.) COMPAGNE, s fi- [Soda , coma. ] Ce mot vient de l'Italien compagna,_ & il se dit des personnes. C’est la femme ou la fille qui acompagne une autre personne , & qui est ordinairement sa bonne amie. (Une jolie, agréable, charmante, aimable compagne. C’est sa fidèle & son inséparable compagne. f COMPAGNE , se dit d’une femme mariée par ra- port à son mari. (11 est afligé de la perte de sa chere compagne. 3 = COMPAGNE , se dit aussi des Tourterelles. Que fais-tu dans ces bois , plaintive tourterelle ? Je gémis : j’ai perdu mu compagne fidèle. Fourcroy.) COMPAGNE. Celle qui travaille avec une autre. (Donner une compagne à une ouvrière.) COMPAGNE. Ce mot se dit aussi des choses, & veut dire la chose qui acompagne, ou qui en doit sans cesse acompagner une autre. (Ceux qui aiment les honnêtes gens, doivent considérer la gloire comme la véritable compagne de leur amour.) COMPAGNIE , f fi [Societas.] Une ou plusieurs personnes qui font avec une autre, & qui l’acompa- gnent. Gens qui font ensemble en un lieu pour se réjouir, ou pour quelque afaire. Humeur & entretien d’une personne en compagnie. (Exemples. Monsieur est en compagnie, on ne peut parler à lui. Faire compagnie à quelcun. Scarron. C’est un homme qui voit compagnie. C’est un homme qui reqoit compagnie chez lui. II y a toûjours chez lui fort bonne compagnie. Etre de bonne compagnie ; c’est-à-dire, de belle & agréable humeur en compagnie. Etre de mauvaise compagnie ; c’est-à-dire , être fâcheux, n’être pas agréable en compagnie. Faujser compagnie. Voïez Faujser. II n’y a si bonne compagnie qui ne se sépare. S. Evrem. œuvres mêlées,') COMPAGNIE. [Cœtus, con vent us.] Personnes assemblées en corps. (.La Reine de Suéde fit l’honneur à la compagnie de la venir visiter. Ou qiiil voit la Justice en greffe compagnie, Mener tuer un homme avec cérémonie. Despr.) Les Compagnies Souveraines du Ro'iaume. [Supremœ cuviœ.] C’est-à-dire, tous les Parlemens, & tous les Juges, qui au nom du Roi jugent en dernier ressort. (Les Compagnies Souveraines n’ont pas aujourd’hui Un pouvoir fi absolu qu’autrefois.) COMPAGNIE. [Societas.] Terme de Négoce. C’est une société de marchands, comme font en Holande & en Angleterre les Compagnies des Indes Orientales & Occidentales. Régie de Compagnie. Terme d!Arìtmêtique. C’est une régie de proportion simple ou composée, qui sert à trouver quelle part doivent avoir au profit ou à la perte du négoce, chacun des marchands qui ont fait société ou compagnie, à proportion des fonds qu’ils y ont mis, & du te ms qu’ils y ont été. COMPAGNIE de soldats. [Çohors, centurìa.] Certain nombre d’hommes lévez, enrôlez, armez pour le service du Prince , & commandez par un Capitaine qui a d’autres Oficiers fous lui. (Les Capitaines conduisent leurs compagnies. Faire défiler une compagnie.) COMPAGNIE de cavalerie. ['Equitum turma.] Ce font d’ordinaire cinquante maîtres. COMPAGNIE d’infanterie. [Caterva peditum. ] Ce font ordinairement cinquante fantassins, & quelquefois cent & davantage, comme dans le régiment des gardes. (Une compagnie complette. Lever une compagnie. Faire une compagnie. II y a des compagnies franches, des compagnies d’ordonnance, &c. COMPAGNIE de perdrix. [Perdicum grex.] Plusieurs perdrix ensemble. (Faire partir une compagnie de perdrix.) On dit aussi ce mot de compagnie de quelques autres bêtes qui vont en troupe, comme des sangliers. (A l’égard des bêtes fauves, on l’apelle barde.) COMPAGNIES franches , font celles qui prennent les ordres de leurs Capitaines. Compagnies d’ordonnance, font des compagnies franches, qui n’entrent jamais en corps de régiment, & qui consistent en gendarmes & chevaux-légers. COM 0" Le P. Daniel a fait l’Histoire des compagnies d’ordonnance, dans celle de la Milice Françoise, tom. i. depuis la page 207. COMPAGNIE, se dit aussi des jésuites. (Les savans Pérès Sirmond & Petau étoient de la Compagnie de Jésus.) “ * Jouer à la fausse compagnie. C est trahir ceux avec qui l’on est associé. * II vaut mieux être seul qu’en mauvaise compagnie, Proverbe. COMPAGNON, s m. [Socius, cornes.) Celui qui nous fréquente , que nous fréquentons soit fou- vent, & qui est nôtre ami. Celui qui acompagne queû cun, soit dans la guerre, en volage, ou autrement.' (C’est son fidèle compagnon, il est toûjours avec lui". Ils ont été compagnons des victoires d’Alexandre". Abl. Arr. Les Religieux ne vont pras ordinairement fans compagnons. Compagnon d’école: compagnon de débauche. Mais pourtant dans le même rôle Vous avez oublié Pascal, Qui pourtant ne pensait pa> mal, Un tel compagnon me console. Mad. Desh. au Père Bouh.) {§ COMPAGNON d’armes. Autrefois, les jeunes gens qui aloient à la guerre, s’afïòcioient avec d’autres de leur âge & de leur condition, & pour marquerleut union & leur amitié, ils s’apelloient compagnons à’m. mes. Nous lisons dans Joinville : Mais subit tire oui. tre avec le Comte de Salebruche mon compagnon. 11s s’apelloient aussi frères d’armes : Mais Alt. du Cange croit que frère marquoit une liaison plus étroite que compagnon. * àr a compagnon, a maître. Sorte de proverbe; pour aire, qu’on ne fait rien fans le communiquer, parce qu’on est associé ou lié de quelque manière avec une personne. On dit que l’ambition ni l’amour ne veulent point de compagnon.) H Se battre à dépêche compagnon. C’est se battre à toute outrance, & avec dessein de ne point se faire de quartier. f Travailler à dépêche compagnon. C’est se bâter de finir un ouvrage, sans fe mettre en peine de le perfectionner. f COMPAGNON, signifie aussi égal. II ne peut soufrir ni compagnon ni maître. (Traiter de pair à compagnon.) ^ COMPAGNON, fe dit aussi d’un brave soldat, & d’un homme capable de jouer de mauvais tours. (C’est un hardi, un déterminé compagnon. C’est un dan- gereux compagnon.) t COMPAGNON. [ Facettes, jocosus.] Gaillard. Qui aime à passer le tems & à fe divertir. (Vous avei été autrefois un bon compagnon. Mol.) f Petit compagnon. Homme de basse condition. COMPAGNON. [Qperarius, conduHitius .] Celui qui a fait son aprentissage en quelque métier, & qui n’y est pas encore passé maître. (Compagnon Imprimeur. Compagnon faneur.) Voïez Garçon. f COMPAGNON. Fleur rouge, ou blanche, en for- me de gros œillet. & COMP AIN. Ancien mot, qui signifie compagnon, comme mangeant du même pain. Dans le man de la Rose : Mais me dit, Compains, or soyez Seur, N ne vous ejmayez, Je cannois de pieça dangier Prejì à medìre, & le dangier. Et Pathelin : Dieu te gard , Compain, que te faut ? í COMPAN, fi- m. Monoïe d’argent, qui a cotits en quelques endroits des Indes Orientales. Le Com* pan vaut environ neuf sols monoïe de France. COMPARABLE, adj. [Comparandus, conférât* dus.] Qui peut être comparé. Qui mérite d’être com- paré avec une personne, ou avec quelque autre chose. (Us ne lui sont en rien comparables. Abl. Arr. I. 1.) COMPARAISON , f f [ Comparatio , contentio, collatio.] Le raport qu’on fait d’une personne, ou d’une chose avec quelque autre. Similitude. (Une comparaison belle, vive, touchante, ingénieuse, juste, sensible. La plaisante comparaison des choses du monde avec celles de la conscience. PaJ’c. L ç. Là comparaison est aussi une figure de rhétorique. Tu COM Tu peux, mais rarement , illustrer tes raisons, J)’exemples, de récits, de comparaisons. Vill.) (g II est peu de justes comparaisons. Quintilien nous aprend, qu’il faut fur tout observer de n’em- ploïer dans les comparaisons, que des choses connues, & qui puissent ajoûter un nouveau jour à la pensée. Aristote reconnoit dans fa Rhétorique, que si les comparaisons font un grand ornement dans un ouvrage quand elles font justes, elles le rendent ridicule quand elles ne le font pas ; il en raporte cet exemple : Ses jambes font tortu'ês ainst que le perstl. liv, Selon cet illustre Philosophe, liv. cb. 10. Rbetor. toute comparaison est une espèce de métaphore : mais il remarque en même tems que la comparaison n’est point si agréable que la métaphore , parce que celle-là tient trop long-tems l'esprit en suspens, & ne découvre point la nature d'une chose , & se contente de nous aprendre à quoi elle ressemble. Le P. Bouhours, dans fa Maniéré de penser , a emprunté d’Aristote, liv. ch. 4. ces deux exemples, qui font comprendre la di- férence qu’il y a entre la comparaison & la métaphore. Quand Homère dit qu ’Achille va comme un lion, c’est une comparaison : mais quand il dit du même héros, ce lion flélançât, c’est une métaphore. Dans la comparaison, le héros ressemble au lion : & dans la métaphore, le héros est un lion. Voici, ce me semble , un exemple d’une juste comparaison ; je remprunte de la Traduction du premier des Pseaumes de David par Mr. Godeau : Comme sur le bord des ruisseaux Un grand arbre planté des mains de la nature, Malgré le chaud brûlant conserve sa verdure, Et de fruits tous les ans enrichit ses rameaux ; Ainst cet homme heureux fleurira dans le monde s II ne trouvera rien qui trouble ses plaistrs, Et qui constamment ne réponde A Jés nobles projets, à ses justes destrs. Le texte du Pseaume est conqu en ces termes : Et erit tanquam lignmn quod plantatum est secùs decursus aquarum, quod frutlum stulim dabit in tempore Juo. Les comparaisons bien choisies , & tirées des grands sujets de la nature , font toujours des pensées fort. nobles. Bouhours , Art de penser. Celles que l’on tire des Arts, font aussi de grands éfets. L’histoire fournit de belles comparaisons. En comparaison. A comparaison. [In comparatif - nem, pra.] L’un & l’autre de ces mots se dit, & signifie, Au prix. A l’égal. (Les anciens héros ne font rien en comparaison des héros modernes.) f On dit sans comparaison , pour marquer la disproportion qu’il y a entre deux personnes, qui ont pourtant quelque raport ensemble. Une chose est sans comparaison , hors de comparaison , c’est-à-dire, qu’elle est excellente, sans pareille. H On dit prov. Toutes comparaisons font odieuses, c’est-à-dire, qu’il est dangereux de comparer deux personnes ensemble, parce que l’une des deux pouroit s’en offenser. $ Trêve de comparaison , point de comparaison. C’est-à-dire, qu’on ne se doit pas égaler à ses supérieurs, ni les traiter de pair à compagnon. ± Par comparaison , adj. Par raport. On ne peut juger de la plûpart des choses que par comparaison a d’autres, H COMPARAIS ON S écriture. C’est la confrontation qu’on fait de deux écritures, l’une avec l’autre, pour juger si elles font de même main. COMPARATIF ■> s f C Comparativus. ] Terme de Grammaire. Mot qui marque quelque comparaison, & qui augmente la signification, en prenant la particule plus devant soi. (Plus beau, meilleur, pire, &c. sont des comparatifs.) COMPARATIVEMENT , adv. [Comparatel En comparant une chose à une autre. COMPARANT , comparante , adj. [ Vadimonium obtens.] Terme de Palais. Celui & celle qui comparoir en Justice. (On donne défaut aux comparons contre les von-comparans .) COMPARER, v. a. [Comparare , conferre .] Faire comparaison. (Comparer César avec Alexandre. Comparer les petites choses avec les grandes. Qu’elle fille parmi nous peut se comparer à vous ? Pélijson, Pois.) COM 441 f COMPARER, signifie aussi, confronter, examiner les raports & la diférence qu’il y a d’une chose à une autre. t COMPAROIR, v. a. Terme de Palais. Etre assigne à comparoir, ou à se présenter en Justice. COMPAROITRE, V. n. [Vadimonium obère fl] Terme de Palais, je comparais , je comparus , f ai comparu, je comparaîtrai. En Latin comparêre. C’est venir devant le Juge, pour rendre raison de quelque chose, pour demander ou pour défendre, &c. (Com- paroître en personne. Comparaître par procureur.) COMPARSE , f f [Prœludium, Ingres jus in sodium.] Terme de Tournois. C’est une entrée de la Quadrille dans la carrière. Ménestrier, traité des Ca- rousels. COMPARTIMENT , st m. [Descriptio , dimen* siofl] Ce mot est commun à quelques arts. COMPARTIMENT de vitres. Ce font les embélissg. mens, les entrelats, & les traits figurez des vitres. COMPARTIMENT de jardin. [Horti descriptio.] Ce font les diverses pièces d’un parterre de jardin. COMPARTIMENT de plat-fond. Ce font les diférens paneaux séparez par des quadres, ou autres ornemens. COMPARTIR , v. ct. [Partiri, destcrìberefl] Faire des compartimens. COMPARTITEUR , f. m. [AuHor stententiœ ad par- tìendam litem prœvalentisfl] Terme de Palais. C’est celui des Juges de quelque Chambre du Parlement, qui dans une afaire civile est d’un avis contraire à celui du Raporteur, & dont le sentiment partage tellement les opinions des Juges de la Chambre, qu’il y en a la moitié pour lui. Cela arrivant de la forte, le Raporteur & le Ccmpartiteur passent dans une autre Chambre, pour faire valoir chacun leurs raisons devant les Juges de cette autre Chambre. COMPARUTION, st f. [Acfa obìtì vadimmii.] Terme de Palais. C’est la présence d’uoe personne assignée en un lieu où se rend la Justice ; ou en un lieu auquel se font quelques actes de Justice. (Prendre acte de fa comparution. Le Maìt.j COMPARUTION de Jésus devant un Juge idolâtre. Père Quefnel fur S. Jean. COMPAS , f m. [Circinmfl] Instrument de Mathématique, qui sert à décrire des cercles, & à prendre des distances entre deux points ou deux lignes. II est ordinairement de métal, & composé de deux branches pointues en bas, & a tachées l’une à l’autre par un clou rivé, autour duquel elles font mobiles dans une charnière. La tête du compas. Les pointes du compas. Un bon compas. Un compas à simple ou à double charnière. Tenir bien le compas. Ouvrir le compas à discrétion. Prêcher en soins climats avec la régie & le compas.) COMPAS de proportion. [Circinus proportionibns in- veniendis aptatus.] Autre instrument de Mathématique , composé de deux régies plates, mobiles dans une charnière. II y a fur ces régies diveríès lignes divisées, dont deux font de parties égales, deux des cordes du cercle, des lignes de plans, des lignes solides, de la proportion des métaux, &c. Quand on met des pinules fur les deux régies, cet instrument sert à prendre des distances & des angles, &c. Henrion a fait un livre du compas de proportion. Mr. Ozanam a aussi donne un traité de 1 ’ufage du compas de proportion, dont on a fait une seconde édition. II 51 en a un beau traité dans les instrumens de Mathématique de Bion. H COMPAS. Outre le compas de proportion, les Mathématiciens & les Géomètres se servent de plusieurs autres instrumens en forme de compas. En voici quelques-uns : le compas à pointes changeantes , le compas de division, le compas à quart de cercle, le compas de réduction ordinaire, le compas de réduction universelle, le campas à trois branches, ou trois jambes, le compas à verge, le compas elliptique, & le compas d’épaisseur, qu’on apelle auffi double compas. COMPAS de Mer. [Pixis nauticafl] C’est la boussole dont se servent les Pilotes. Volez Boussole. COMPAS de Tourneur, &c, [Circìnm cujus crut a arcuata tornando deserviunt.] C’est un compas dont les jambes font courbées, & qui sert à prendre des distances fur des globes, & les épaisseurs de quelque corps. COMPAS. [Tormafl] Instrument avec quoi le Jpuail- lier mesure les pierres lors qu’il les taille. Tome L K k k COM- 442 COM COMPAS de Tonnelier. [Cireìnw qui dolarii in ufu est.} C’est un compas de bois, rond par le haut, qui a des pointes de fer aux deux bouts, & qui se ferme & s’ouvre avec des vis. Le Tonnelier s’en sert à tracer les fonds des tonneaux. COMPAS. [ M m Jura stttoria.) Ce avec quoi le Cordonnier prend la mesure du pié de la personne à qui if fait des souliers. 11 est marqué de plusieurs divisions qu’on apelle des points. H COMPAS brise. Les Doreurs fur tranche se servent de ce compas pour placer l’or en feuilles fur raffiette, dont ils couvrent la tranche du Livre qu’ils veulent dorer. Cet instrument est composé de deux branches de fer plat, jointes par le milieu avec un clou rivé ; ce qui donne à ce compas la ressemblance d’un X. t COMPAS. Les Lapidaires apellent ainsi l’instru- ment avec lequel ils mesurent les pierres précieuses, lors qu’ils les taillent. * COMPAS. [Ordo, ratio , mensura.J Ordre. Ajustement afecté. Proportion étudié. 11 pèse toutes ses paroles, & crache même avec compas. Main. Poésies. Son discours, son gejìe & ses pas, Sont tous mesurez au compas. Gomb. épi. /. 2 . Tout son corps ejì fait par compas. Voit. Poësi) H COMPAS. Terme de Manufacture. II signifie modèle, mesure. Faire une étofe sur le compas d’une autre, c’est la faire de même largeur, avec le même nombre de fils, & autant de portées, que celle qu’on prend pour modèle. ff Malherbe airnoit ce terme ; mais il me semble qu’on ne doit point s’en servir dans le figuré. Ce Poète a dit: Bornez-vous, cróiez-moi, dam un juste compas. Et ailleurs : Mais pourois-je n’obéir pas Au destin de qui le compas Marque à chacun son avanture ? COMPASSEMENT, s m. [Collocatio , distosttio sub- soJjM'um fornacularum. ] Terme de Mineur. Régie pour espacer les fourneaux des mines. COMPASSEE, ». a. [ Circino dejcribere , dimetirì. ] Mesurer avec le compas. (Compasser une chose. Compassée un livre. Terme de Relieur. C’est le mesurer avec le compas pour le bien rogner.) COMPASSEE. [Distonere, aptare .] Ajuster. Mettre bien & comme il faut quelque chose. (Compasser la mèche.) T COMPASSEE les feux. Terme de Mineur. C’est les disposer de telle maniéré, qu’ils prennent tous ensemble pour produire un plus grand effet. f COMPASSER la carte, ou pointer la carte. C’est trouver avec la pointe du compas l’endroit ou peut être le vaisseau. * COMPASSER. [Omnibus modtt examinare, attenté sonsiderare , exf endette , excutere.J 11 signifie aussi au figuré, considérer, péser, examiner mûrement une chose. (Aïant tout compassé, il faut mieux encore être cocu que trépassé. Mol. cocu imaginaire.') * COMPASSER. [Mensturare.) Régler. (Compasser son tems. Taìemant, Plut.arque, t. ;. Un dévot orgueilleux n’admet de sainteté, Qsten ceux dont les vertus avec art compassées , Par la démarche S? f air font d’abord annoncées. Vill.) f COMPASSER une marche. C’est en termes de Guerre , régler si bien la marche des troupes, qu’elles puissent arriver à l’heure précise pour l’exécution d’un dessein. (On doit bien compasser sa marche pour surprendre l’ennemi.) On trouvera dans le Polybe de Mr. de Folard, toutes les précautions qu’un Général doit prendre en pareil cas. * COMPASSE', ée, adj. jVompofìtus.} Ce mot, au figuré, signifie réglé & ajusté avec foin. (Leurs manières font si compassées, q u'elles donnent du dégoût. Civilité Françoise, chap. z.) COMP ASSION s s s [Miseratio , commisersi- îio.j Afliction qu’on a pour un mal, qui semble menacer quelcun de sa perte, ou du moins de le faire beaucoup íòufrir, quoiqu’il ne mérite nullement qu’un tel malheur lui arrive, a condition toutefois que celui COM quia de la compassion, se trouve en un tel état, qu e iui-même apréhende qu’il ne lui en arrive autant, ou à quelcun des siens, comme n’en étant pas trop exenit, ni bien éloigné. Cajjandre, rhétorique st Aristote. iQn a compassion des personnes qu’on connoît. (.Donner de la compassion. Exciter de la compassion. Mirer la compassion. Emouvoir à compassion. Abl. L’aveu- glement des pécheurs est digne de compassion. Etre ému & touché de compassion. Philotas n’eut pas plû- tôt confessé, qu’il ne trouva plus de compassion, méme dans le cœur de ses amis. Vaug. Quint. 1. 6. ch. i ± p'aire compassion, se ditfig. en parlant d’une chose qu’on desapronve. Ses sots discours me font cota- paillon. II me fait compassion toutes les fois qu’il ou- vre la bouche. fg COMPATERNITF/. Alliance spirituelle qui se contracte entre le parrain & la marraine ; entre ceux-ci & le père & la mère de l’enfant. Cette com- paternité étoit autrefois un empêchement dirimantle mariage , nôtre Histoire nous en fournit un exemple. Cbilperic avoit trois enfans, & voulant se séparer de sa femme pour épouser Fredegonde, il obligea An- douere d’en tenir un au Batême, & sur le prétexte de l’alliance spirituelle contractée entre 1e mari & k femme , leur mariage fut résolu. Dans la suite, on s’est contenté d’excommunier ceux qui se marient fans permission, après avoir contracté cette alliance spirituelle. COMP ATÍEILITF/ , s. f. [Societas fympathm.) Ce mot est Latin. C’est la qualité & l’état des choies qui peuvent subsister, & demeurer paisiblement ensemble, & peuvent être jointes dans les formes & se. Ion les régies. (11s n’ont ensemble aucune compati- bilité d’bumeurs. 11 y a compatibilité de bénéfices.) H On apelle Lettres de compatibilité , des Lettres patentes par lesquelles le Prince permet à quelcun de posseder en même tems deux charges, qui ne pouvent pas être exercées par une même personne. COMPATIBLE , adj. [ Sociabilis. ] Qui peut bien subsister avec un autre. (Ofice compatible. Rénéfice compatible. Son humeur n’est pas compatible avee celle de son frère.) COMPATIR, ». n. [Commisirari, alicujus dolott coitimoveri.} Etre touché de compassion. Etre afligé du mal qu’un autre soufre. ( Compâtir à la douleur de quelcun. Mon Dieu ! de quelle humeur, Dorme, tu te rends, Tu ne compatis point au déplaisir des gens. Mol.) COMPATIR, ( ». »• [Postesimul conststere .] Avoir de la compatibilité avec quelque personne, ou avec quel- que chose. Pouvoir subsister & pouvoir être en bon. ne intelligence avec une personne. (Les fous ne peu. vent compâtir ensemble. Cette vertu impitoïable ne peut compâtir avec vôtre générosité, Voit. 1. 22 .) COMPATIR. [Indulgere, ignnfcere .] Etre indulgent à autrui, ne le pas 'condamner légèrement. COMPATIR. [Convenire cum a/iquo.] Signifie aussi, vivre bien avec quelcun. (Cet homme a bien de la peine de compatir avec son associé.) COMPATRIOTE, / m. [Civis conterramu.} Qui est de méme pais. (C’est son compatriote.) COMPENSATION , f f. Ce mot vient du Latin compenjatio. Prononcez companfacion. C’est Faction par laquelle on donne une chose pour tenir lieu d’une autre. Ce qu’on a corde à une personne pour égaler aucunement ce qu’il a perdu, ou qu’on lui a ôté. (Faire une compense don. La compensation est très-juste, & on auroit tort de s’en plaindre.) COMPENSATION de dépens. Terme de salais. C’est quand chacune des parties soporte les dépens qu’elle a faits, fans qu’aucune des parties en puisse rien demander à l’autre. La compensation deS dépens se fait, lors que chacune des parties se trouve avoir droit eu quelques-unes de ses p rétentions. COMPENSER, ». n. [ComsenJ'ure.] Faire une com. penfation. Donner une chose pour une autre. Céder quelque droit pour satisfaire à quelque obligation. COMPENSER les dépens. Terme de Palais. (Le service qu’ils a voient rendu n’étoit pas capable de compenser leur crime. Vaug. Quint. 1. 10 . c. 1 . Les bonnes qualitez d’une personne, doivent compenser ses défauts.) COM. COM COMP F/R A GE , s. tu. [Mutua panntutn afftnì- S;as, ex J'acris baptisini fontibw exorta.] C’est faction par laquelle on devient compère, en tenant sur les fonts l’enfant de quelque personne. Ce compérage lui tient au cœur. Patru, plaid. <;.) COMPE'RE , f m. [PatrinusJ Celui qui a tenu nôtre enfant fur les fonts de Batême. Celui qui a tenu un enfant fur les fonts de Batême avec nous. (Ainsi, un homme dont j’aurai tenu l’enfant, dira, un tel est mon compère. Une fille, ou une femme , avec qui un garçon ou un homme aura tenu un enfant, dira, un tel est mon compère. J’ai un galant, un brave, un aimable, un charmant compère. Tout va par compère U par commère. [ Omnia occultis artibus conficiuntur.} Proverbe, pour dire, tout fe donne à la faveur, & à la recommandation des amis ou des puissances.) f * Ceft un compère. [ Pergrapbicus nugator.} C’est- à-dire, c’est un gaillard, un bon dégoûté, un bon éveillé, un bon compagnon. COMPË'TANCE , st f [.Indicés potestas, jurifdi- ifio .1 Terme de Palais. Puissance de juger & de con- noìtre d’une afaire. (On a fait juger la compétance.) * COMPE'TANCE , f f. [ Captm, facilitas. ] Ce mot fe dit quelquefois figurément, mais en riant, & signifie le pouvoir, l’autorite & la capacité d’une personne. (Ces choses ne font point de ma compétance. Thiers, préface fur /’ Histoire des perruques. C’est-à-dire, il ne m’apartient pas déjuger de cela.) COMPE'TANT , compètante , adj. [Idoneus conve- niens, légitimas.'} Ce mot est ordinairement de Pratique , & veut dire convénable, légitime, propre pour l’a- fàire dont il s’agit. Capable de la décider. II est Juge compétânt. Mol.) f * COMPE'TANT , compètante, adj. [ Competens .] Qui est capable de juger & de dire son sentiment de quelque sience, ou d’autre chose. (Mr. Patru est Juge compétânt en matière de langage.) t COMPE'TANMENT. [Sujstcienter.} Cet adverbe est un peu vieux, il signifie sustlfanment. (II y a com- pétanment de quoi. II y a du bien compétanment.) COMPE'TANMENT. [ Légitimé, ex légitima auHorita - te.} Terme de Palais. C’est-à-dire , avec pouvoir de juger. (II a été jugé compétanment.) COMPE'TER, v. n. [ Pertinere.} Terme de Pratique. Apartenir. (II a reçu tout ce qui lui pouvoit com* péter & apartenir de la succession de sa mère.) COMPETITEUR , f. m. [ Competitor.} Celui qui prétend aux mêmes honneurs, & aux mêmes dignitez qu’un autre. (Ceux qui prétendent à la gloire , ont beaucoup de compétiteurs. C’est un dangereux compétiteur.) COMPILATEUR , f m. [Compilator ,] Celui qui compile quelques Auteurs. Du Chêne qui nous a donné cinq volumes de l’Histoire de France, est un fameux compilateur.) COMPILATION, st f. [ Compilatio.} Ramas & recueil de plusieurs choses qu’on a ramassées de quelques Auteurs. (Faire une compilation de plusieurs Auteurs.) COMPILER, v. a. [ Compilare.} Ramasser, recueillis de plusieurs Auteurs. (Escobar a compilé une Théologie morale. Pafc. I. $.) COMPISSER , »• a.^ f Meiere in aliquìd.} Tout foiiiller de pissat. Spermatîser. (Elle compisse en votant les postures d’Arétin. Les chiens compissent les jupes des femmes.) f COMPITALËS ,s m. Les Romains apelloient ainsi les Fêtes instituées par Servius Tullius en i’hon- neur de leurs Dieux Domestiques ; on les célébroit dans les carrefours, in compitis, d’où leur est venu le nom de compitales. COMPLAIGNANT 5 st m. [Petitor vtndieiarum adversùs interpeílatorem.} Terme de Palais. Pour dire, celui qui se plaint en Justice. (11 est complaignant. Patru, plaid. i. page y.) f Se complaindre, v. r. [_Queri .] Ce mot est vieux, & en sa place on dit ordinairement fe plaindre. f COMPLAINTE, f f L Querimonia, querela, vin- diciarum petitio.} Ce mot se trouve dans nos vieux Poètes ; pour dire, une élégie, mais on ne s’en sert plus ; on dit en fa place, plainte ou élégie le mot dé complainte signifie généralement toute forte de plainte,'mais il est vieux, & on n’emploïé le mot de complainte que dans des matières bénéficiales & dans COM 443 les tnonitoìres , où l’on dit faire complainte à l’Eglife, Monsieur Corneille remarque qu’ii ne rejetteroic pas absolument le terme de complainte en certains cas où il a plus de Force que plainte. (§ COMPLAINTE. Ce terme n’est point hors d’u» . sage ; & ce n’est pas seulement en matière de bénéfices que l’on s’en lert, c’est encore lors que le postes, seur d’un immeuble est troublé dans fa possession par Çjuelque entreprise nouvelle; en ce cas, il fe pourVoit à la Justice; il lui forme fa complainte concernant le trouble qui lui est fait, & que l’on apelie nouvellett \ ensorte que complainte & nouvelleté font finonimes, L’Ordonnance de 1667. fait mention de la complainte en matière de bénéfices, au tit. iç. art. 4. [f c. & de complainte en cas de trouble dans la possession d’un héritage, à ig. Les Latins ont apeilé cette plainte, Interdifíum quod 1n, aut clam, parce que celui qui étoid troublé dans fa possession , s’adressoit au Préteur, qui renvoïoit la connoissance du diférend à un Juge, avec pouvoir d’interdire ou empêcher le trouble que l’on faisoit au plaignant : Si paret illum , illi, per vim postes- stonis abstulijje, neque rejtítuetur, L. Tit'ms judex efio. Voïez Mr. Cujas, obj’erv. lib. 5, cap, 17. & Brisson dans ses Formules du Droit, COMPLAIRE, D. n, [Obfecpuì, indulgere.} Ss rendre agréable à quelcun, en déférant à ses' volontez & à ses sentìmens, COMPLAIRE , v. n, [Obfequi .] C’est, par respect, ou par civilité , conformer sa volonté aux sentimens d’une personne, afin de gagner ses bonnes grâces, son amitié ou son asection, (11 tâche à complaire à sa maîtresse.) COMPLAISANCE , f f [Obfequium ,• obfequentia, in » dulgentia.} Maniéré complaisante & condescendante aux volontez d’une personne, pour en avoir l’aniitié, l’estime, ou quelque faveur. (Une aveugle, une basse, line lâche complaisance. Avoir une complaisance honnête pour tout le monde. Ablanc . C’est par la complaisance que l’amour fait les aproches d’un cœur. La Su2e, recueil galant, La vérité n’a de ia complaisance pour personne, parce qu’elle dit nettement les choses. Thiers, opuscules. Je refuse d’un cœur la vaste complaisance ; Qui ne fait du mérite aucune disérence. Mol.) f COMPLAISANCES au pluriel se prend pour l’éfet & les marques de la complaisance. (On a de grandes complaisances pour lui.) t COMPLAÌSAMMENT. [ Ofstciofè .] Cet adverbe signifie avec complaisance, mais il n’est pas fort usité. COMPLAISANT, complaisante , adj. [Indulgens, of- ficiofus.} Qui a de la complaisance. (Un galant homme doit être complaisant aux dames : il a l’humeurdu monde îa plus complaisante, Un ami complaisant ÍJourira nos défauts en les canonisant. Vill.) $ COMPLAISANT est aussi subst. & on dit d’un homme assidu auprès d’un autre, & qui s’attache à lui plaire, qu’zï est le complaisant d’un tel. C’est un des complaisons de ce Seigneur. On dit aussi dans le même sens, qu’une femme est la complaisante d’une autre. Acad. Fr. t COMPLANT - s m, [Locus arborìbm , [st c, consttus,} Terme d’Agriculture. Voïez Plant. (§ COMPLANT. C’est un terme véritablement d ’Agriculture : mais dans les Coutumes d’Anjou, art. 160. du Maine, art. 177. de Poitou, art. <59, [st 6o. il signifie le droit que le Seigneur s’est réservé en donnant des vignes à planter, II est dit dans la Coutume de Poitou : Si aucun tient de Seigneur, vignes a comptant [st chargées de cens ou rentes-, il peut quitter [st exponfer ìefdites vignes toutes les fois qu’il lui plaira. Le champart est un droit qui fe leve fur les terres ensemencées ; & le complant se leve sur les vignes. COMPLEMENT , f m. [ Complementum.}Tls font toujours de complot, Un seul geste jamais ne dement un seul mot. Sanl.) COMPLOTER, v. a. [Conjurare, conjjtirare.} Fuir* un complot. Machiner quelque chose. Résoudre tm dessein noir & malin , pour nuire à quelque personne ou à plusieurs. ( Us ont comploté fa ruine. AU. Ils avoient comploté de livrer une porte de la ville aux ennemis.) COMPONCTION , s s. [Peccatorum acbnijso- rum dolor.} Ternie de Dévotion. Regret. Douleur de ses pechez. (Se préparer à la confession par une véritable componction. Port-Royal. Ai'ant oiii ces choses , ils furent touchez de componction en leur cœur. Port-Roial, alíe des Apôtres, ch. 2.) COMPONE', F,'E , adj. [Quadratis ex coloris M métallo alternatis dijìinfíus. Ternie de Blason , qui signifie composé. Bordure componée du premier & da second. Ce terme comprend les bordures, les paux, les bandes, les fasces , les croix ou sautoirs, qui sont composez de pièces quarrées d’émaux alternez comme une table d’écniquer. Componé est dit pour compose, parce que la piéce est composée de niétail, & de cou. leur alternativement, &dans une égale distance. On dit contreponé, quand, par exemple, l’ecuest fesoe d’or & de fable: lescompons d’or de la bordure répondent aux fasces de fable : & les compons de Isole , aux fasces d’or. (f COMPONENDE. Terme connu parmi les Expéditionnaires de la Cour de Rome ; il signifie la même chose que compqfition. II y a dans la Datene, COM des matières qui ne font point taxées, L qui font sii-- jétes à composition : telles font les causes matrimoniales , & plusieurs autres. II y a un Oficier que l'on apelle Dépositaire des componendes, qui dépend du Datai re : on envoïe à cet Oficier les supliques, après qu'eiles ont été revues par le second Reviseur , & après que le Préfet des dates y a mis la première date ; & lors que le prix est arrêté , il est païé au Dépositaire de la componende. COMPORTEMENT ,f. m. [Agendi ratio , mores.] Déportement. Conduite bonne ou mauvaise. COMPORTER , v. a. [Pati, ferre , admittere.] Convenir. Demander. Soufrir. Ce mot de comporter se dit en ce sens, mais il ne s’écrit pas. (Ce font des plaisirs que comporte la jeunesse. Notre langue ne comporte pas un stile si coupé. 'Nouv. rem.) Se comporter, v. r. [Gerere Je.] Se conduire bien ou mal en quelque chose. (11 s'est bien comporté en cette afaire. II s’est comporté en mal-honnête homme è mon égard.) COMPOSER , v. a. [ Componne. ] Mettre plusieurs choies ensemble, afin d’en faire une. (Composer une médecine.) COMPOSER. Faire une partie du tout. (Le corps des fidèles compose la multitude des Saints. Mau- croix, schisme.) COMPOSER. [Scribere , elucubrare.] Faire des ouvrages d'eíprit, soit en vers ou en prose. ( C’est un homme qui compose, & qui a dessein de se faire relier en veau. 11 signifie quelquefois inventer. La femme qui compose en fait plus qu’il ne faut, Mol. ) COMPOSER. [Fusiles litterm , typos , m tabellà con- neclere , dijponere. Terme á’Imprimerie. Mettre une rangée de Lettres furie compojìeur , pour en faire des lignes, des pages, & ensuite des formes. (Composer un mot, une ligne, une page, &c.) H COMPOSER. Terme de Fondeur de caractères. C’est aranger les lettres fondues , &les mettre fur l’ijn- ftrument qu'on nomme composteur, ou compositoire, enforte qu'eiles aient toutes le cran du même côté. Les Fondeurs disent aussi, composer des lettres , pour dire, Les ratisser du côté du cran, & de celui qui lui est opposé. On apelle simplement ratisser, quand on les unit des deux autres cotez, avant de les mettre fur le compositoire. COMPOSER,®, a. [Pacifci , transigeres] Terme de Guerre. Qui lè dit des places assiégées , & qui fe veulent rendre. 11 signifie convenir avec les afllégeans de certaines choses, moïennant quoi on fe rendra. (La ville compose , on espère qu’on y entrera demain.) * COMPOSER. Convenir avec quelcun sur quelque chose, (^Composer avec ses créanciers.) COMPOSER , signifie en morale , régler ses mœurs, ses actions, ses paroles. Voiez un dévot avec quelle circonspection il compose son extérieur. St. Evremont. * Se compoj'er , v. r. [ Mores , vìtam , vultum com- ponere.] Prendre un certain air grave, modeste & honnête. Se mettre en une posture qui soit propre & agréable. (Elle se compose si-tôt qu’elle aperçoit des gens qu’elle ne connoît pas.) COMPOSE', composée , adj. [Compositus,] Fait de plusieurs choses. Qui contient plusieurs personnes ou plusieurs choses. (Le reine de est composé. Sa pièce est composée. Son infanterie étoit composée de deux cens mille hommes. Vaug. Quint. I. ?. Les Etats du Roïaume font composez du Clergé, de la Noblesse, & du Tiers-Etat.) Malherbe, dans fa Prière pour 1e Roi : Qui pensent aler à la gloire, Et ne vont que chez l’Epicier. Le terme composé , est bas en cet endroit. * COMPOSE'. [Gravit, modefius.] Grave & modeste. (Elle a l’air composé.) COMPOSE', s m. [Ex dìversis partìbm constans.] Ce mot signifie tout ce qui est composé. II fe dit aussi des belles & des jolies dames qui ont force choses agréables. (On dit d’uné belle , c’est un composé de roses & de lis.) if On dit qu ’une machine est fort composée, lors qu’il faut beaucoup de pièces diférentes pour le mouvement & l’execution de cette machine. On dit d’un homme d’un bon tempérament d’une bonne constitution , que c’ejí m corps bien composé. COM 445 í Sem. composé. C’est en termes de Philosophie, le sens qui resiilte de tous les ternies d’une proposition, prise selon la liaison qu’ils ont ensemble. On l’apeile ainsi par opposition à sens divisé , qui se dit d’une proposition dont on prend séparément les termes. f COMPOSEUR, s. m. [ Malus ,ineptm scriptor.] Ce mot ne lè dit qu’en riant, & en parlant des médians^ Auteurs. (C’est un cornposeur de chansons & de médians vers.) COMPOSITE , adj. [ Ordo compositus , mistus. 3 Terme d’ Arckitefture. Un des cinq ordres de l’Archi- tecture. (Ordre composite.) COMPOSITEUR , f m. [ Typorum dijpositor. ] Celui qui dans une Imprimerie compose & range les lettres fur le composteur, pour en faire des lignes. COMPOSITEUR de Musique de la Chambre du Roi. [PerdusJ'cripendœ Musicœ.] Musicien qui compo.fe la musique pour la chambre du Roi. COMPOSITEUR amiable, f Arbiter.] Ces mots fe disent des arbitres d’équité, & qui ne font pas obligez-* de juger suivant la rigueur du Droit. COMPOSITION , f.s. [Compositio , coagmentatio , co « pulatio , conjunflio.] Mélange de plusieurs choses qui n’en font qu’une. (La composition est faite.) COMPOSITION , f f. [Scriptio.] Ouvrage d’esprit composé. Piécede musique qu’on a composée. (Cet auteur a donné plusieurs de ses compositions. II signifie aussi Faction de composer, & la peine de composer. La composition ne lui coûte guère.) COMPOSITION. [ Inventio , dijjositio , collocatio. ] Une des parités de la peinture , qui consiste à executer le dessein qu’on s’eít formé. La composition en fait de peinture, que l’on apelle l’invention , comprend la distribution des figures dans le tableau, le choix dps attitudes, les acom» modemens des draperies, la convenance des orne- mens , la situation des lieux, les bâtimens, les passages , les diverses expressions des mouvemens du corps, & des passions de l’ame , & enfin tout ce que l’imagi- nation fe peut former , & qu’on ne peut pas imiter fur le naturel. On dit fort bien , Ce qui compose un grand homme, confifte, [sic. Mais ce íeroit mal parler, si l’on disoit : II entre dans la composition d’un grand homme telles [si telles vertus. * COMPOSITION. [Çonventum ,paflum.] Terme de Guerre. Acord des assiégez , pour fe rendre à de certaines conditions aux assiégeans. ( Faire bonne composition. Demander composition. Se rendre à composition. Donner composition. Prendre une place par composition. Recevoir composition. Abl. Arr. I. 2. &c.) f On apelle homme de bonne composition, un homme acommodant, qui fe laisse aisément persuader. On dit aussi, qu ’une fille efl de bonne composition , lors qu’elle se rend facilement sans se faire beaucoup prier. fjí COMPOSITION. C’est ce que l’on donne aux pirates , forbans & corsaires , pour ra.cheter les marchandises & éfets qu’ils ont pris. Rachat est la même chose. Voyez l’Ordonnance de lógi. tit. du Fret, art. 20. * COMPOSITION. [Pallia, convmtum,] Convention. Acord. Paix. (On seroit de dificile composition, si on n’étoit content des maximes de nos Pérès. Pose. I. 6, Entrer en composition. Pajc. L 4.) f COMPOSITION. Terme de Commerce , Faire bonne composition d’une marchandise, c’est la donner à un prix honnête , à bon marché. COMPOSITION, f Typorum dijpositio.] Terme à’Imprimeur. Arangemeht des lettres. (II entend bien la composition.) H COMPOST. C’est en termes de Marine & d’Hy- drographie , la science de compter les tems ; ou l’art de trouver les jours de la Lune , & par ce moïen les marées pour l’usage de h navigation. Le compost est sur tout nécessaire pour le Cabotage. Les pilotes cô- toïers doivent savoir le Compost ; & il y a pour eux des Livres,, se u s le titre Compojì manuel , où l’on trouve la situation du pott , pour la connoissance des marées. COMPOSTEUR , f m. [Régula ferrea typis ordinan- dis accommodata.] Ternie & Imprimeur. Petit instrument de fer avec des rebords, dans lequel 011 justifia lès lignes. (Ranger les lettres dans le composteur, R k k j pour 446 COM pour en composer les mots. (Voïez Mr. Ménage , tome i. de ses Obj'erv. chap. 225. COMPOTE , /•' fi [Pomorum condimentum .J Poires ou "pommes qu’on coupe par moitié , qu’on fait cuire doucement avec du sucre. (Une compote bienfaite.) •f- * COMPOTE- C Contufio.J Ce mot est figuré & burlesque. (Exemples, f* lime prend des tentations d’acommoder Ion visage à la compote. Mol. C'est-à-dire, de lui donner force coups de poing fur le visage, & de le rendre mou comme une compote de poires ou de pommes. Dans ce même sens on dit : il lui a mis la tête a la compote. [Nimis om contufit.2 C'est-à-dire, il lui a rendu la tête môle à force de coups. ) COMPREHENSIBLE, adj. [Comprebensbìlis.2 Qui peut être compris. (Cela n'est pas compréhensible. ) COMPREHENSION, T f. II vient du Latin com- prehenjìo. C’est faction de l'esprit, par laquelle il comprend. C’est la faculté de l’esprit qui comprend. (II n’y a guere de gens qui ayent la compréhension plus lente, & pour le son des paroles, & pour entrer clans l’esprit du Compositeur , que les Franqois. S. Evrem. opéra, in 4. p. 50;.) * COMPRENDRE , v. a. [Comprehendere , percipere.2 Concevoir. Pénétrer. (Tâcher à comprendre une di- siculté. C'est un procédé que je ne puis assez comprendre. Scar. II y a trois choses que j’ai eu de la peine à comprendre, & la quatrième nr’est entièrement inconnue, &c. Port-Royul, Prov. de Salom. cb. 90. COMPRENDRE- [ Continere, compkcíi.2 Contenir. Renfermer. Embrasser. ( Cela comprend bien des choses. On a compris ce Prince dans le traité de paix.) COMPRESSE, f.s. [Penicìlhmi.2 Terme de Chirurgien. Petit morceau de linge blanc, plié & acom- modé comme il faut, qu’on met fur quelque plaie, ou autre pareil mal. Faire une compresse. Apréter une compresse. COMPRESSJBIUTE', f. f. [Quod comprimi potesi.2 Terme de Phifique. C’est la qualité d’un corps qui peut être pressé. COMPRESSIBLE , adj. [Quod comprimi potejï\ Qui peut être resserré. COMPRESSION, f f. [ Comprejjìa. ] L’action par laquelle on presse & l’on resserre quelque corps , comme Pair, une éponge , &c. Ainsi l’on parle de la comprejsbilité de Pair, & l’on dit que Pair est compressible. COMPRIMER, v. a. [Cemprimere.] Terme de Phtisique. Presser avec force. ( L’air que l’on comprime dans les arquebuses à vent, fait presque autant d’é- fet que la poudre.) COMPROMETTRE , V. a. [ Compromittere. ] Convenir d’arbitres, pour en passer par leur jugement fous quelque peine au contrevenant. * Se compromettre , v. r. [Exponere sc , adiré peri- culum, venire in discrimen .) Mettre en compromis son crédit, son honneur , & ce qu’on a de cher & de considérable, en se commettant & s’engageant à quelque querelle avec une personne. (II ne faut pas qu’un honnête homme fe compromette avec des coquins.) COMPROMIS , s. m. [ Compromijjum. ] Terme de Pratique. Acte par lequel on convient de part & d’au- tre de faire quelque chose, sous peine à celui qui contrevient au traité. (Faire un compromis.) * COMPROMIS. Ce mot fe prend figurément, & est beau. ( Mettre en compromis toutes ses afaires. Vaug. Quint. I. 4. Honorem , famarn, @c. in péri- culum adducere. C’est-à-dire, mettre en balance !e succez de ses afaires. Alexandre ne pouvoit soufrir qu’il y eût une Nation qui lui mît en compromis le titre d 'invincible. Vaug. Quint. I. 6. C’est-à-dire , qui lui contestât, qui lui mît en balance le titre d’invin- íible.) COMPTABLE , OU cûmtable , adj. [ Rationi ob- nox'msd] On écrit ce mot fans p , ou avec un p , mais le p ne se prononce point. De bons Auteurs écrivent même le mot de comtable avec Une n. Le comptable est celui qui doit comptet devant quelcun. Qui doit rendre ses comptes de quelque choie qu’il a eu en manîment, ou dont il a joui. (II est comptable de cinquante mille livres.) í COMPTABLE , adj. On apelle quitances comptables , les quitances & déchargés qui font en bonne for- COM me , & qui peuvent être requës dans en justifier les dépenses. un compte, po^ COMPTABLE , f m. [Qui rationem débet reddert.] Celui qui doit compter & rendre compte de quelque administration , de quelque argent. ( C’est l’un des comptables.) COMPTANT, constant, f Pecunia prœfiens, nwne. rataJ] Ce mot se dit entre gens qui trafiquent, qui vendent & achètent. II est indécinablc, & signifie, argent bas, argent à la main, en comptant l’argent au même teins qu’on donne la marchandise. ('Vendre vingt pistoles comptant. Pqfc. I. rg. Avoir mille écus comptant. Vaug. nouv. rein. Avoir du comptant. Lci Fontaine , fables, l. 1 . C’est-à-dire , avoir de l’argent comptant. Cc mot pris en ce sens, est bas & comique. ) COMPTE • comte, f m. [Computatio .] Pronom cez conte. C’est une foputation qu’on a faite déplu- sieurs sommes, ou choses particulières. (Faire un compte rond. Lc compte fe trouve. Le compte est bon. Le compte est juste. C” ejl un homme de fort b m compte; c’est-à-dire, que c’est un homme avec lequel il fait bon compter, & qui ne chicane point fur des riens- Les bons comptes font les bons amis , proverbe. Vu méchant comte on revient au bon , proverbe.) fig Malherbe dans fa Prière pour le Roi. Cependant son Dauphin , d’une vitesse prompte, Des ans défia jeuneJJ'e accomplira le compte. Acomplir le compte de ss ans , est bien bas. COMPTE. [ Accepti expensi codex. ] Le caïer qui contient la recette ou la mise. (Dresser son comp. te. Présenter son compte. Débatte un compte. Exa- miner un compte. Clorre un compte.) COMPTE. [ Ratio accepti expenfi. ] Raison de l’administration de quelque bien. Pièces justificatives de notre conduite à Pégard d’une chose, ou d'un bien dont on a eu la direction. (Le tuteur rend compte à son mineur. Tenir compte d’une chose à quelcun.) COMPTE. [ Pïí tium modicum , commodum, utilu tas ,firuéiusfij Profit, avantage , bon marché. (Ache. ter à bon compte. Travailler à bon compte. Trou. ver son compte à quelque négociation. II a Jim cmj>- te ; c’est-à-dire, il est satisfait, il est content.) COMPTE. [ Narratio. 2 Raison. Raport. Récit (Vous me rendrez comte de tout ce qui se fera.) [Prxjìabis faêta.2 t * COMPTE. Ce mot entre en quelques phrases proverbiales. (Exemple. Manger à bon compte; c’»st- à-dire, manger fans fe mettre en peine de rien, finis se soucier de ce qui arrivera , ou de ce qui peut ar- river. II m a pour son compte, [Sibi habet ilhtd m- fortuniurn. J C’eft-à-dire , il est atrapé , il est pris, il est trompé, c’est fait de lui. Je prens celasurmm compte. [Hoc mihi imputo.2 C’est-à-dire , je fuis garait d de cela. Je ne prens rien fur mon compte de tout ce qui fe dit de désobligeant. Mol. Mettre en ligne de compte. [ Subàucere ex rationi - bus expenfi summam. ] C’est écrire qu’on a reçu la chose dont il s’agit. Recevoir à compte, ou à bon compte. [Ratknibus inferrefj C’est-à-dire , à la charge de le déduire fut ce qui est dû. * En fin de compte, (j Ut res cadat. J C’est-à-dire, dans la fuite. * Au bout du compte. [Ut res pejfimè cadit.] C’eft- à-dire , au pis aller , que peut-il arriver ? * II est bien loin dejbn compte. [Longe eveniremul- tò intelligit. ] Pour dire , le succez ne répond pas à son atente , il avoir raisonné sur de faux principes. * On ne trouve point son compte avec lui. [No» iB committendum.2 C’est-à-dire, il est trop fort & trop habile , il ne faut pas lè prendre à lui. * COMPTE. [Animi tranquìbiUs, satissiiélb, W- filium.J Contentement. Satisfaction. Prétention. Dessein. Si vous ne trouvez votre compte tfun côte, vous vous jettez de l’autre. Pasc. I. 5. Je n’ai pas eu de peine à renoncer au grand monde , & à trouver mon compte dans la retraite.) 11 y a des Maîtres des Comptes , des Auditeurs des Comptes , des Correíleurs des Comptes. On dit encore livres de compte. On trouvera ces mots en leur rang. COMTE - PAS , j\ m. [Pedametrmn.] ^ Instrument dc Mécanique , qui sert à foire conoître à celui COM ' qui le porte, combien de pas iî a fait, allant d’un lieu à un autre , soit à pié , soit en caroffe. COMPTER , comter , v. a, [ Numerare. ] On écrit compter , ou comter , mais on prononce conter. ]1 signifie nombrer , suputer, calculer. (Compter une somme. Ah !soufrez qu’m Couvent dans les austéritez, Use les trilles jours que le Ciel nia comptez. Mol.) * COMPTER les morceaux. [ViHum exprobrare .] Cela se dit d’un avare qui traite & qui regarde les gens qui font à fa table , avec un je ne sai quel air morne, qui marque qu’il est fâché de voir qu’on mange bien.) COMPTER. [Ratìones consolidare.] Faire compte. Arrrêter compte. (Les Receveurs doivent compter de tems en tems avec leurs maîtres. C’est un homme qui ne veut ni compter ni païer. f COMPTER pur bref état. C’est compter sommairement , & sur de simples mémoires, ou bordereaux de compte. f COMPTER en forme. C’est lorsque le compte qu’on présente en bonne forme , ou lorsqu’on examine un compte avec le légitime contradicteur. £ COMPTER de Clerc à Maître. C’eft lorsq.u’un Comptable ne compte que de ce qu’il a requ , fans qu’on le rende responsable d’autre chose, que de la recette des deniers. f COMPTER par pièces. C’est compter en détail; ce qui est opofé à compter en gros. f COMPTER , signifie, quelquefois évaluer. Un Libraire compte , ou évalue fur les feuilles d’un manuscrit , combien le Livre poura contenir de feuilles d’impreffion. * Quand on compte fans f hôte , on compte deux fois. Proverbe, pour dire , que. quand on compte à son avantage en l’absence de la partie intéressée, on est sujet à se tromper. COMPTER. [Numerare, folvere .] Païer. (On lui a compté le prix de sa maison.) COMPTER , ejìimer. [Magni facerei] Vous devriez compter pour quelque chose, la violence que je me fais. Pasc. I. 8- Ceux qui se donnent la mort, ne la comptent pas pour si peu de chose. Mr. de la Ro- cbesoucaut. On le compte pour mort. On compte pour rien ce qui ne peut faire ni bien ni mal.) 0” Je doute que l’on puisse dire , après Mr. de la Motte dans son Ode au Roi. Sans témérité , fans allarmes, Tu comptes , pour prendre les armes , Non tes ennemis , mais tes droits. COMPTER ses ennemis pour prendre les armes , U compter ses droits ; faqons de parler entortillées & extraordinaires. * COMPTER. [Alicui considéré , in aliquo multum ponere J Faire fonds fur quelque chose, sur quelcun. (II faut toujours compter sor fa vertu , & jamais fur fa noblesse. Benfer . rond .) f COMPTE’, comptée , adj. part. On dit, nos jours font comptez. Marcher à pas comptez. C’est mar- «her gravement. f On dit prov. & fig. Tout compté , tout rabattus c’est-à-dire , tout bien considéré. COMPTEUR, f m. [ Numerarìws .J Celui qui compte. (Un Caissier doit être habile compteur.) Ce mot est peu en usage. COMPTOIR, comtoir , f m. [Menfa diribitorium.J Prononcez contoi , en faisant la derniere sillabe de ce mot un peu longue. C’est une table petite ou grande, sur laquelle le Marchand compte son argent, & où il l’enferme ; & sor laquelle il fait voir la marchandise qu’on lui demande à acheter. (Les Orfèvres ont d’or- dinaire des comptoirs assez petits ; mais les Marchands de drap en ont souvent de grands. Faire un comptoir. Ouvrir ou fermer un comptoir.) COMPTOIR , ou comtoir. [Ratioms conclave .] Terme de Nieocians. C’est un Bureau général de commerce établi en diférentes villes des Indes , pour de diférentes nations de l’Europe. (Les comptoirs des Holandois, des Anglois , &c. Les Marchands des villes anséatiques ont des comptoirs à Anvers, & à Vergue, &c.) $ On apelle aussi Comptoir en quelques endroits, quoiqu’improprement, le Cabinet, ou Bureau, où les Négo*iansont leurs Livres, & font leurs écritures, COM 447 f COMPTORISTE ,f.m. Terme de Négocians. U signifie un homme qui ne sort point de dessus les comptes de son commerce, qui les dresse, qui les examine, qui les calcule fans cesse. On le dit aussi d’un Négociant , ou d’un Teneur de Livres qui est habile dans les comptes. Savary. COMPULSER, v. a. [ Compeflere.] Terme de Palais. Se faire montrer quelque pièce qui est chez un Notaire , ou autre personne publique. (Compulser un contrat.) COMPULSOIRE , f m, [Mandatumjlgnatorix cathe- dra , quo TabeOio adigitur ad documenta litiganti necef. faria exhibenda .] Terme de Palais. Acte par lequel le Juge donne permission de compulser les pièces qui sont chez un Notaire ou autre personne publique. (Obtenir un compulsoire.) í COMPUT ,f m. Ce mot se dit feulement des supputations des tems, qui servent à régler le Calendrier & les Fêtes de l’Eglife. ÇOMPUTISTE , f nt. ( Qui computât. ] Celui qui travaille au comput, & à la composition du calendrier. (C’est un habile computiste.) COMTE,/ rn. [Cornes.J Ce mot, sous les derniers Empereurs Romains, étoit un titre d’honneur , & on apelloit de ce nom de Comte , ceux qui les fui- voient; mais sous les Rois de France de la première race , le Comte étoit un Bailli. Ensuite, & du tems de Charles le Simple , que la France fut troublée , ces Comtes se firent Seigneurs absolus de leurs terres & de leurs villes. Le mot de Comte sc prend aujourd’hui pour un Seigneur qui est sujet du Roi, & qui a une terre érigée en Comté, Mais un air trop galandsied mqlfur le retour , De tous ceux que j’ ai vu toucher à la vieillesse , Un Comte de Grammontpeutfeul faire l’amour. Epitre à Monsieur de Grammont. COMTE du Palais , Ou Comte Palatin. C’étoit, du tems de nos prémiers Rois , un Seigneur qui connoil- soit des diférens des particuliers , à moins que ce ne fut une afaire de grande importance , & qu’il ne fût obligé de reporter la chose devant le Roi, qui alors la décidoit fur le champ , & en présence des parties. Voïez Pitou, Coutumes do Troyes , & des Comtes Palatins. Voïez Hauteferre , de Ducib. [f Comitib. COMTE, se dit des Chanoines qui sont nobles & fondez en qualitez de Comtes. (Les Copites de Lyon. Comtes de Brioude en Auvergne. Comtes de Saint Etienne de Maçon.) COMTE’. [Comitatm.j Terre qui relève du Comte. Le mot de Comté est masculin & féminin ; mais il semble aujourd’hui qu’on le fait plus souvent féminin que de l’autre genre. (Le Conseil souverain de la Comté de Roussillon , s’éforce d’anéantir la milice des enrô. lez. Patru , plaid. 1. L’Espagne a bien des Roïau- mes qui ne sont pas si riches, ni fi peuplez que cette Comté. Patru , plaid. 7. Le Roi lui donna le Comté d’Essex. Maucroix , schisme d’Angleterre, l. 1. fg Voici ('observation de Mr. Ménage, tome 1. des Qbferv. cb. 74. „ 11 étoit autrefois féminin. Marot, „ fur la mort de Robertet : Tel fut conduit dedans Blois la Comté. „ II a été ensuite masculin, & féminin. II est présen- „ tement toujours masculin , si ce n’est quand on dit „ la Franche-Comté , ou quand on dit Comté Pairie. ” Messieurs de l’Académie font ce mot indiférem- ment masculin & féminin, COMTE’. Ce mot, en parlant d’une de« parties de la Bourgogne, où font les villes de Besançon & de Dole , est toujours féminin. (Ainsi on dit : La Franche - Comté est ruinée. La Franche-Comté a été prise en cinq ou six semaines. ) COMTESSE , f f [ Comitiffa. J La femme d’ua Comte. La dame d’une Seigneurie qui a le titre de Comté. (La Comtesse d’Efcarbagnas. Piéce de Molière.) CONARIUM , f f Terme de Médecine , qu’on donne à la Glande pineale. Voïez Glande pineale. CONCASSER, »• a. [ Terere , conterereg Terme de Pharmacie ., &c. Casser quelque chose à moitié , ou environ. (Concasser des noix : concasser des amandes,) Prenez un bâton de casse , concassez-le, & mangez- en la casse ; elle vous rafraîchira & vous purgera. CON- 448 CON CONCATENATION, / /■ sOw»».] Mot Latin , & Terme de Philosophie , qui se dit quelquefois , & lignifie enchaînement, liaison. (La concaténation des causes secondes, est un éfet de la Providence de Dieu, qui est la cause première. . P. Mallebr.) CONCAVE, «d/. [ Concavm .] Qui est creux, qui est rond par le dedans. ( Surface concave. Miroir concave. Les miroirs concaves réfléchissent tous les raïons, à un point q u'on apelie le/'à de ces sortes de miroirs. Lunette concave.) CONCAVITE', s f. [ Pars concava, cava.J La figure d’un corps creux , & l’elpace qu’elle contient , Le dedans d’un corps rond & creux. (La concavité d une sphère. La concavité d’une voûte.) On dit en termes d’Anatomie , les concavité? du cerveau. * CONCEDER , v. a. [Concedere , annuere.~] Ce mot lignifie acorder ; mais il ne se dit guere qu en ces façons de parler. Lu grâce qui lui íi etc concedee. Et en Philosophie, eu parlant d’argument, on dit, je nom concède la majeure , &c. CONCENTRER , v. a. [In unum cogéré , colli- m-e , coagmentare, conjlare. ] Terme de Philosophie. Pousser vers le centre , vers le milieu. Faire rentrer an dedans. (Le froid concentre la chaleur, & la fait retirer au dedans des corps. ) CONCENTRIQUE, adj. [ Cui commune cum aliií centrum est. Terme de Géométrie ? & d’Astronomie. Ce mot se dit des cercles & des sphères qui ont un même centre. (Cercles concentriques. Sphères ou globes concentriques.) CONCEPT , s m. [ConceptmJ Terme de Philosophie , & qui se dit rarement. II lignifie Vidée des choses que l’entendement conquit. La Philosophie devint pointilleuse par ces précisions & ces concepts abstraits qu’elle introduisit dans Pécule. Voie? Réflexions fur la Philosophie. Voie? plus bas. * Conception. Crains d’un brillant concept , cherchant t éclat trompeur , De donner pour lumière une fausse lueur. Vill. •t CONCEPT. Terme de Négociant, qui signifie un projet, un dessein , une idée d’afaire. CONCEPTION, s f En Latin conceptio. Prononcez concepcion. C’est faction propre de la matrice, qui aïant reqû les semences de l’hommc & de la femme , en forme un mâle ou une femelle, selon que la semence fe trouve disposée à l’un ou à l’autre. ( Une conception vraie, une conception fausse.) On ne fait pas bien quel est le moment auquel se fait la conception ; les uns le mettent au teins que les semences font retenues dans la matrice ; les autres le renvoient jusques au septième jour. CONCEPTION, s f. Le tems & le moment que la semence du mâle & de la femelle fe joignent pour former le fœtus. CONCEPTION. [Dies Maria fine lobe peccati concepts sacer.’] Une des Fêtes que PEglife célébré en mémoire de la conception de la Vierge. (L’immacu- lée Conception de la Meve du Sauveur. Arn.) Le Père Olavius aïant inféré dans des thèses qui dévoient être soutenues à Rome, Popinion de la Conception immaculée , Saint Ignace la fit ôter , de peur qu’il ne semblât qu’on vouloir ataquer la doctrine de Saint Thomas. Massée , vie de Saint Ignace. CONCEPTION. Ordre militaire , institué par Ferdinand Duc de Mantoue. C’est aussi un Ordre de Religieuses, qui suivent la Réglé de S. Claire, fous le nom de la Conception immaculée. CONCEPTION. [ Imago Mariam exhibons fine pec- eato orìginalì conceptam.'] Terme d Tmager. Taille- douce qui représente le mistére de la conception. * CONCEPTION. [Cogitatio , idea .] Terme de Logique. C’est la simple idée qu’on a des choses, laquelle Renferme ni négation ni afirmation. CONCEPTION. [Conceptus mentis .] Esprit. Intelligence. Imagination. (Avoir la conception un peu dure.è CONCERNANT , adv. & prép. [Dr.] Qui signifie touchant. (Donner des avis concernant la Religion.) CONCERNANT , ante , adj. [ Sp.eélans , pertinent , aMinent.) On a fait des réglemens concernans la police. CONCERNER, v. a. [Speélare , pertinere.) C’est ««garder & toucher les intérêts d’une personne , d’un CON état, d un corps. C’est regarder de quelque forte Qn - ce soit une personne, un état, une communauté Apartenir a quelque personne , ou à quelque choss en dependre. (On ne doit point négliger ce qui cn ’ cerne le salut. Arn. La liberté publique concerné tout le monde. Chacun doit être exact en ce qui con cerne les devoirs de fa charge. Parlons de ce qui co „ cerne la création de Phomme. Abl. Luc. t. i. ) íf 11 me semble que les choies qui nous concernent nous touchent de plus près que celles qui nous resar’ dent, & que le mot concerner est plus juste que rem der, lors qu’on a seul intérêt à la chose ; ainsi on doit dire , cela me concerne: & lors qu’on y prend part avec d’autres , on dira , cela me regarde. CONCERT,/ m. [ Concentus. ] Harmonie de voix & d’inltrumens de musique. (Un charmant concert de luths: un concert de tuorbes. Je destine mâ voix a de plus saints concerts. L’Abé Teftu.) * Le plaisant concert des oiseaux. C’est le chant de plusieurs petits oiseaux qui chantent agréablement. * CONCERT. Lieu où l’on fait concert. (Aller au concert.) * CONCERT. [Consensus .2 Résolution qu’on a pri. se d’un commun acord avec une ou plusieurs personnes , afin de faire quelque chose. Intelligence qu’on a avec quelcun , pour exécuter un dessein. (Faire une chose de concert. Agir de concert avec quelcun. CONCERTER, v. n. [ Vrdudtre , puparan ad conccntum. ] Ce mot vient de l’Espagnol corner- tar. II signifie acorder les inítrumens pour chanter & jouer ensemble. Faire concert. (On concerte aujourd’hui chez Monsieur un tel. Nous concerterons demain. ) * CONCERTER , v. a. [Consultare , deliberarel] Résoudre d’un commun acord avec une ou plusieurs personnes quelque dessein. Voir, examiner avec quelcun le moïen de faire quelque chose. (Ils ont concerté cela ensemble.) CONCERTE', concertée , adj. [Deliberatuíf Ce mot se dit des choses, & signifie , résolu par le commun acord de deux ou de plusieurs personnes. (C’estun dessein bien concerté. C’est une entreprise mûrement concertée. Les amitié? qui nous paraissent les plus fortes, ne sont que des intérêts concertez. S. Evrem .) CONCERTE', concertée , adj. [Meditatui, affefla- tuss\ Ce mot fe dit auífi des personnes, & signifie que toutes leurs paroles, tous leurs gestes & toutes leurs actions sont étudiées, afectées ,•& souvent avec dissimulation. (Cette personne est toujours fort con- CertCe> ^ CONCESSION,// [Concefilo.) Permiffion. Privilège acordé par un supérieur à son inférieur. (Tout cela n’est que par concession & privilège. Patru, plaid. 4. 11 prenoit la qualité de Roi par la concession du saint Siège. Maucroix , schisme l. 1.) CONCESSION. [ Concefilo. ] Terme de Rétoríque. Figure de Rétorique , par laquelle 011 acorde quelque chose à son averse partie, afin de mieux obtenir ce qu’on demande. ( Concession faite bien à propos: concession ingénieuse , adroite. ( Par exemple : je consens qu’on vante en Chapelain la probité, & qu’011 prise fa candeur,; mais je ne puis soufrir qu’on montre ses écrits pour des modèles.) CONCEVABLE, adj. Qui se peut concevoir. (Cela est concevable. La chose n’est pas concevable.) CONCEVOIR, v. a. [Concipere.) Je conçois, j’ai conçû , je conçus , je concevrai. Ce mot fe dit en parlant de génération, & c’est lors que la semence du mâle & de la femelle s’unissent pour former le fœtus. (La femme concoit le plus souvent lors qu’elle a eU ses ordinaires.") * CONCEVOIR. [Comprebendere, capere anime, «- gitatione.) Avoir une idée distincte de quelque chose. (Le corps est ce qu’on conqoit étendu en longueur, largeur & profondeur. Une chose est avilie auprès de bien des gens, dès qu’elle est facile à concevoir. W Font. * CONCEVOIR. Comprendre. Pénétrer par lc moien des lumières de I’efprit. (Concevoir les dificultez de l'Algèbre. Que Rohaut vainementsèche pour concevoir, Comme tout étant plein , tout a pu se mouvoir. Despr.) * CONCEVOIR. Se former une idée de quelque clio- se. Se former un modèle. Se former quelque clwe dans l’esprit, & mettre sur le papier, & écrire IMS CON qtì'oiì s’est faite. (Concevoir le dessein dhme agréable comédie. C’est une jalousie conçûë sur de fausses aparences. Mol. II reçût des lettres de Darius , conques en des termes íì superbes , qu’il s’en offensa. Vaug. Quint. Curt. I. 4. La permission étoit conçûë en ces termes. Maucroix ,schisme , /. 2.) ê CONCHE, s f Vieux mot, dont on ne se sert qu’en badinant. 11 se dit du bon ou du mauvais état des habits & de l’équipage d’une personne. ( Ce régiment est en bonne conche. ( Cet oficier est en mauvaise conche.) t CONCHI. Espece de Canelle, qui se debiteau Caire, & qui vient des Indes par la mer rouge. On y trouve aussi la Zeìlanì , qui est la véritable canelle de Zeilan, & la Malaburi , qui est la canelle grise des Portugais, & qu’on estime le moins. t CONCHIER , v. a. [ Concacare. ] Remplir & fouiller de merde. (11 a conchié toute la chambre.) Ce mot est très-bas , & ne se trouve point dans le Dictionnaire de /Académie. CONCHILE, adj . Ce mot est Grec, & c’est un terme de Géométrie , qui se dit au féminin d’une certaine ligne courbe, qui s’aproche toujours d’une ligne droite, fur laquelle elle est inclinée , & toutefois ne la coupe jamais. CONCHILE, s. m. [ 'Çonchilium .] Poisson dont on tire le suc pour teindre l’écarlate. Danet. CONCHOïDE. C’est à peu près la même chose que concbi/e. Ligne courbe , dont Nicomédes est Pin- Venteur. CONCIERGE,/ m. ICuJìos domûsregiœ.] Celui qui a foin de quelque maison seigneuriale, de quelque château. (Un bon Concierge.) sf CONCIERGE. Ce terme est dérivé par Mr. Ménage de conjérvim à confervando& il dit que dans les vieux livres on trouve consierge avec une S. Ce mot est sinonime avec Châtelain , & c’est dans ce sens qu’il en est fait mention dans la confession de Sancy. Il est encore sinonime avec Gardien , que l’on trouve dans le Catholicon d’Efpagne, où Haqueville est apellé Gardien du Pont Audemer ; & le sieur de Rieux, Comte LZM-dà de Pierrepont. CONCIERGE. [Janitor.J Oficier de Comédiens qui a foin d’ouvrir & de fermer la porte. CONCIERGE. [ Ergafiularìw .] Géolier qui a foin de la porte de la prison. CONCIERGERIE,//. XJLrgafiulum, carcer.] Prison qui est dans l’enclos du Palais de Paris. (On l’a transféré du Châtelet à la Conciergerie pour être jugé en dernier ressort. ) f CONCIERGERIE , lignifie aussi la charge , la commission de garder un château, un Palais. (On lui a donné pour récompense la conciergerie de ce château.) £ CONCIERGERIE, est encore la demeure, l’apar- tement d’un Concierge dans une maison. (La conciergerie de Fontainebleau.) CONCILE, / m. [ Concìlium , $ynodw.~\ Assemblée de plusieurs Ecclésiastiques graves , qui ont de la probité, de l’autorité & du savoir ; qui sont choisis pour régler les afaires de l’Eglise, pour en réformer les abus, s’il s’y en trouve , & qui ont pour chef le Pape. (Un Concile général ou écuménique. Un Concile national , provincial. Assembler un Concile ! convoquer un Concile : tenir un Concile : indiquer un Concile, &c.) La meilleure édition des Conciles, est celle du Père Labbe Jésuite. 11 y a dix-huit Conciles généraux, les huit premiers ont été assemblez par l’autorité des Empereurs. On apelle des ordonnances du Pape à un futur Concile. Le Concile dé Trente n’est pas reçu en France pour la discipline.) CONCILE. Lieu où font assemblez les Pérès du Concile. (Alcr au Concile.) Fom qui dans les détours de vos raisons subtiles , Embrassant les mots d’un des plwsaints Conciles, Avez délivré ïhomme , ô l’utile Doíleur ! De l’importun fardeau d’aimer son Créateur. Despr. épitre de l’amour de Dieu.) £jf CONCILES. Les uns sont ou écuméniques, ou nationaux, ou provinciaux, ou diocésains. Le premier est une assemblée des Eglises de l’Orient & de /Occident, qui représentent toute l’Eglise du monde chrétien : tel a été le premier Concile de Nicée, te- CON 449 nu sous le Grand Constantin. Le Concile national est composé des Evêques d’une nation. Le provincial est tenu par les Evêques d’une province, où l’Archevê'- que préside. Le Concile diocésain est une assemblée des Bénéficiers d’un diocèse : on l’apelle ordinairement, Sinode. Le Concile plénier étoit celui qui avoit été assemblé dans toutes les formes , & qui avoit la plénitude de l’autorité ; en forte qu’il n’étoit point permis d’en apeller : Justel en raporte plusieurs exemples dans ses notes fur le Code des Canons de /Eglise Africaine. Saint Augustin, en traitant la question de la validité du Batême des hérétiques , fait mention d’un Concile plénier, qui a reconnu ces sortes de Bâtâmes comme bons & valides : cette allégation fait naître une grande contestation entre plusieurs Savans du premier ordre, pour savoir de quel Concile Saint Augustin a entendu parler. Bellarmin a cru que c’é- toit du Concile de Nicée. Le Père Sirmond a dit que 8. Augustin avoit eu en vûë le Concile écuménique d’Arles, où, dans une assemblée, des Evêques de France, dTtalie , d’Espagne, d’Afrique, d’Angleterre , avoient défendu de réitérer le Batême, lors qu’il avoit été donné par un hérétique ; & comme ce Concile a été composé des Evêques des principales parties du monde chrétien , Saint Augustin l’a qualifie de plénier, c’est-à-dire , de général, & écuménique. Mr. Hallier proposa un troisième sentiment, & soûrint que le Concile plénier étoit celui d’Alexandrie , tenu sous le Pape Liberìus. Mr. de Lonnoi parut ensuite , condamna hautement cette proposition, & se rangea du parti du Père Sirmond : mais il fut quelque terni après, ataqué vivement par le Pere Jean Nicolai Dominicain, qui Fut à son tour repoussé avec la même Vigueur qu’il avoit ataqué. Cette dispute étoit peu importante , on convenoic du fond de ia question, & que le Batême des hérétiques étoit sufisant, & ne de- volt point être réitéré. 11 n’étoit pas fort important de savoir de quel Concile Saint Augustin a entendu parler, CONCILIABULE, / ni. [ Conctliabulum , comventi - culum. ] Ce mot se dit par mépris, pour signifier un Concile qu’on ne croit pas avoir été légitimement assemblé , & avoir été tenu par des hérétiques. H CONCILIABULE , se dit aussi ironiquement d’une assemblée de gens qui pensent à faire quelque mauvais complot. CONCILIATEUR, / tn, [ Concilìator .] Celui qm S fait des conciliations. Le Conciliateur crut qu’il vìendroit à bout De guérir cette folle déléjìable envie. La Font, CONCILIATION,/ / [Conríliath.] Ce mot n’apas un usage fort étendu, C’est l’acord & la conformité de quelques passages de /Ecriture , ou des Pérès. (La conciliation de tous les pallages de ia sainte Ecriture est dificile.) CONCILIER, v. a f Conciliare .] Ce mot â un usa* ge qui est plus étendu, II veut dire a corder, faire voir le raport & la conformité de quelques passages de /Ecriture. (Concilier les passages de /Ecriture qui semblent contraires.) CONCILIER, v. a . 11 se dit aussi des choses dont on est en diférent. Acorder. (On nomma trois personnes de chaque côté pouf concilier les articles dé- batus. Maucroix , vie de Campége , p. Se concilier-. £Sibi conciliare.] Ce mot se dit en termes de Rétorique. C’est gagner les gens par son esprit & par ses manières. C’est gagner ies juges -, pour les obliger à écouter plus favorablement. ( Sê Cónciliet là bienveillance des Juges , se concilier la bienveillance de son auditoire. Ces façons de parler viennent da Latin , sbi conciliare benevùlentiam. II ne fort de vôtre bouche aucune parole qu’elle ne vous concilie généralement tous les esprits. S. Evremont. 11 a un agrément qui se concilie l’afection de tout le monde» Civilité Françoise .) CONCIS, concise , adj. Du Latin Coficzsuh Cè mot se dit ordinairement du stile & de la maniéré de s’exprimer. II signifie coupé , serré , court. ( Le stile d’Ablancòurt est net , vif & concis. II est concis dans ses harangues & n’opíne que du bonnet» Main. Po'és. Tacite est concis dans lest stile») Tome t, L U CON* 450 CON CONCITOIEN , s m. [Civis.} Citoïen d’une même ville. (Ils sc représentent la fortune de cet illustre personnage, leur concitoïen. Vaug. Quint. I. 6 . c. y. J’aime mieux renoncer à l’Empire , que de répandre le sang de mes concitoïens. Vaug. Quint. I. 10 . cb. 8-) CONCLAVE i / M- [Sucer Patrum purpuras o- vum consefsm .] Lieu où se renferment les Cardinaux pour faire un Pape. (Aler au conclave, on est au conclave.) La cabale, les intrigues, & tout ce que l’expérien- ce d’une Cour rafinée peut avoir apris d’artifice & de íubtilitez, est mis en usage dans les Conclaves. Hijì. âes Conclaves. CONCLAVE. [Conclave.'] Tous les Cardinaux du Conclave. (Le Conclave a fait Pape un tel Cardinal, &c.) CONCLAVISTE, / m. [Domesticus Cardinale cum eo in conclavi conclusus,} Domestique qu’un Cardinal choisit pour le servir, & qui s’enferme avec lui dans le Conclave. CONCLUANT, concluante. Part. N adj. [De- cretorim.il Qui conclut, qui prouve. (Argument concluant. Preuve concluante.) CONCLURE , v. a. [ Concludere,finìre , absolve- re.} Je conclm , f ai conclu , je conclus, je conclurai, que je conclue, que je conclusse , je conclurois. Terminer son discours en se renfermant en peu de paroles. Venir à la conclusion. Faire voir le bût de son discours par une conclusion qui comprenne en fort peu de mots ce qu’on avoit à demander. ( Exemples. L’Orateur doit conclure son discours vivement & patétiquement. Je conclus à ce qu’il plaise à la Cour condamner la partie adverse apx dépens, dommages & intérêts. Le Maìt. Vhomme seul a, dis-tu, la raison m partage, II ejl vrai, de tout tems la raison sût son lot, Mais de là je conclus que ! homme ejì le plus sot. Deípr.) CONCLURE. [ Inserre, colligere.} Tirer une conclusion d’une chose qu’on a avancé. Inférer une chose d’une autre. (II a fort mal conclu son argument. De toutes les fadaises qu’il nous a débitées, je conclus que ce n’est qu’un fat.) CONCLURE. [Judicare, definire, judicium ferre.'} Se déterminer à quelque chose de particulier. Fixer son sentiment à quelque chose. (Conclure à la mort. Abl. Tous conclurent à la question. Vaug. Quint. I. 6. Vous voilà atrapé , il conclut tout le contraire. Pasc. I. 7.) CONCLURE. [Statuere, determinare.} Arrêter. Déterminer. Fixer. (Ils ont conclu salaire. Le traité fut conclu. Ablancourt, Arr. ret. I. %. c. %. conclure un mariage. Mr. de la Rocbefoucaut.') CONCLUSION, f f. [ Peroratio, epilogus, cìau- sula oratìonis .] C'est la fin d’un discours oratoire. Fin de quelque ouvrage d’esprit. Fin de quelque afaire. La conclusion d’un discours oratoire doit être courte, vive & ingénieuse. Faire la conclusion d’un roman. La conclusion de salaire a été malheureuse.) CONCLUSION. [Conclujìo.s Terme de Logique. C’est la dernière proposition d’un Illogisme, par laquelle on infère quelque chose de ce qu’on a avancé dans les propositions précédentes. CONCLUSION. Terme d 'Ecole de Philosophie , de Théologie , de Droit, de Médecine. Ce sont les senti- mens du Professeur fur les matières qu’il enseigne. (11 est bon de savoir les conclusions de son régent. Faire ses conclusions. Pasc. I. ;.) CONCLUSION. [Propojltio, expojîtio.} Terme de Palais. Le but de l’intention de la partie qui plaide. La demande que fait l’Avocat ou le Procureur aux Juges en faveur de fa partie. (On lui a ajugé ses conclusions.) CONCLUSION. [Conctujìo, definitio.} Terme de Palais. L’avis de l’Avocat général, ou de quelque autre Officier de Justice fur une afaire intentée. (Les conclusions de Mr. l’Avocat généra] ont été suivies. Mr. l’Avocat général a donné ses conclusions. Prendre de* conclusions contre quelcun, 11 scroit à souhaiter qu’on donnât au public les conclusions de Monsieur Vaginay, Procureur du Roi au Préfidial de Lyon, elles feroient l’adrairation des gens habiles en ce genre. CON H On dit d’un homme avec lequel il est mal-aifé de finir une afaire, qu ’il ejì ennemi de la conclufon. è CONCLUSION , sc prend quelquefois adverb, dans le ltile familier, & lignifie, enfin, bref, en un mot, [ Conclufon , je n’en veux rien faire .j CONCOCTION , [ConcoHio.} Ce mot est peu usité, & en fa place, on dit cottion. Cependant Messieurs de l’Académie s’en servent en parlant de k prémiére digestion des viandes & des alimens. CONCOMBRE , coucombre , f. m. [Cucumk sativm vulgark.} Quelques-uns disent concombre , niais ceux qui parlent le mieux font pour concombre. Messieurs de Port-Roïal, méthode Latine, traité des gen. res, écrivent concombre , aussi-bien que le Dictionnaire de l’Académie. Le concombre est une forte de fruit long, qui vient sor couche, qui est couvert d’une petite peau mince & déliée, qui est jaune quand il est mûr. (Le Concombre est rafraîchissant.) CONCOMBRE. Sorte d’insecte matin, qui a du ra- port au concombre de terre. Rond. CONCOMITANCE, s /■ [Unio, concomìtcm. tia.} Terme á’Ecole de Théologie. II veut dire compagnie. Acompagnement. Union. (Le corps & le sang de Jéfus-Christ sont dans le Saint Sacrement, & k Père & le Fils y sont aufisi par concomitance.) Selon la doctrine de l’Eglisc Romaine, le sang de Jé- sus-Christ est sous les accidens du pain par concomitance, de même que le corps de Jéfus-Christ est sous les accidens du vin. f- CONCOMITANT, concomitante, adj. On dit la grâce concomitante , c’est-à-dire, qui acompagne. Ce terme n’a guère d’autre usage. CONCORDANCE,// [Construit».} Mot de Grammaire. Petit rudiment avec une sintaxe, dont on fe sert encore çiuelquefois pour instruire les enfans qui commencent à aprendre le Latin. (Savoir ses concordances.) Ce mot concordance, signifie en partie l’acord & la convenance qui doit être dans la construction des noms & des verbes. CONCORDANCE. [ Bibliorwn concordants,} Ce mot sc dit en parlant de la Bible. Livre contenant une table exacte de tous les mots de l’Ecriture sainte, & qui renvoie au livre, au chapitre, & au verset où est le mot qu’on cherche. Le Cardinal Hugues emploïa cinq cens Religieux pour faire la Concordance. ê CONCORDANCE, signifie aussi, la convenance, íe raport. Qn le dit des Auteurs canoniques. (La con- çordance des Evangélistes, la concordance des Ecritures.) On dit aulli, la concordance des ordonnances, des loix des coutumes. CONCORDAT, / m. [ PaHum , faîlio, amvtn- tum.} Terme de Droit Canon. Traité entre le Pape Léon dixième & le Roi François premier, qui convinrent que les Eglises Cathédrales & les Métropolitaines, & les Abaïes venant à vaquer, les Chapitres, ni les Monastères n’auroient plus droit d’élire leurs Pasteurs, à moins que d’en avoir un privilège particulier du Saint Siège ; mais que le Roi, comme Patron de toutes les Eglises de son Roïaume, nommerait ces Pasteurs; qu® le Pape leur donnerait les provisions fur le Brevet du Roi ; que les nommez exprimeraient dans leur fupli- que, la juste valeur du bénéfice; qu’ils auroient 27. ans, qu’ils feroient licentiez, & qu’au cas que fa Ma, jesté vint à nommer des sujets qui n’auroient pas les qualitez requises, on lui donnerait un délai de trois mois pour en choisir d’autres ; sinon , que le droit de nommer scroit dévolu au S. Père. II fut aussi arrêté que pour le regard des Monastères & des bénéfices réguliers, fa Majesté y nommerait des Religieux de l’ordre du Monastère , ou que la nomination leroit nulle. Le Concordat fut commencé à Bologne en 151$. un peu après la bataille de Marignan. Mais il fut conclu à Rome, & accepté au nom de François premier par Roger de Barme son Ambassadeur. Le Roi devoit faire vérifier le Concordat six mois après qu’il avoit été fait. II alla pour cela en 1 ç 16. au Parle- ment, où le Chancelier du Prat aïant expliqué les intentions de fa Majesté, les Chanoines de Nùtre- Dame & les Docteurs qui s’étoient trouvez au Palais, répondirent par la bouche du Cardinal de Boifi, que les afaires dont parloit le Concordat, ne pou- yoient être terminées que dans une assemblée générale du Clergé de France. Monsieur le Lievre Avo- «at général remontra avec tant de vigueur, que íe CON Concordat étoit contraire aitx libertez de l’Egîise Gallicane & aux intérêts du Roïaume , qu’il fut résolu qu’on n’enregístreroit point le Concordat. Cependant le Roi preifa tellement la Cour, qu’en 1517. le vingt-deuxdéme de Mars , elle fut contrainte d’en- registrer le Concordat, mais elle déclara qu’on ju- geroit toujours selon la Pragmatique. La Cour en éfet s’opiniâtra de telle forte à juger conformément à cette ordonnance que François prémier, en colère cìe cette fermeté, obtint un bref du Saint Siège, pour nommer aux bénéfices privilégiez. Ainsi la liberté des élections fut entièrement détruite en France, & elle fa toujours été depuis. jff Pour donner une juste idée du Concordat , il faut commencer par l’histoire de la Pragmatique San~ fí'ton , qui fut abolie dans le plus essentiel fous Léon X. & François prémier, qui firent le fameux traité, apellé le Concordat , terme familier dans la Cour de Rome, qui donne le nom de Concordat à toutes les conventions, & à tous les actes réciproques que l’on peut faire au sujet des bénéfices : ainsi votez les mots Pragmatique PanHìon. CONCORDAT. Ce mot se dit en termes d’Eglise parmi les Marguilliers, & il veut dire : Acord. Faction. Convention. (C’est un usage qui s’observe de tems immémorial, & qui est autorisé par les concordats avec les anciens Curez. Voïez le Martirologe de S. Séverin , page I.) CONCORDE , s. f. [Concordia , consensio .] Conformité de volonté. Union. Paix & bonne intelligence de plusieurs personnes ensemble. ( Vivre dans une grande concorde.) H CONCORDE. Divinité que les Païens réprésen- toient sous la figure d’une jeune fille , couronnée de sieurs, & tenant deux cornes d’abondance. Cette Déesse avoit de beaux temples à Rome & en d’autres lieux. CONCORDE Evangélique, C’est l’harntonie, la conformité, la conciliation des Evangélistes entre eux. * CONCOURIR, v. a. [Concurrere.J Concourir ensemble ; ce mot ne se dit pas en ce sens. CONCOURIR. Terme de Philosophie. II se dit en parlant de Dieu & des causes secondes, & signifie, aider de son concours. (Dieu concourt aux actions des causes secondes.) * CONCOURIR. Aider à faire réussir quelque personne, quelque chose. Favoriser de son crédit. (Tout concourt à son élévation.) ch CONCOURIR, signifie aussi être en quelque égalité de droit & de mérite pour disputer quelque chose. (Ces deux discours ont concouru pour le prix. Ces deux prétendans ont concouru pour le même emploi.) t CONCQURME , autrement Terra mérita . Drogue dont on se sert pour teindre en jaune. CONCOURS, / m. [ Concursm .] Foule de peuple. Multitude de gens qui se trouvent ensembe en un même lieu. (11 y avoit grand concours de peuple.) CONCOURS. Terme de Philosophie. Secours que Dieu donne aux causes secondes, afin de pouvoir agir. 0 " CONCOURS. Terme de Jurisprudence Ecclé- pajtique. Le concours arrive en matière de bénéfice ; 1°. entre deux pourvus, par le Pape ; 2 0 . entre deux pourvus, l’un par l’Ordinaire, l’autre par son Grand Vicaire; 3 0 . entre un pourvu par le Pape & l’autre par l’Ordinaire ; enfin, entre deux pourvûs le même jour. Dans le prémier cas, si l’on ne peut pas découvrir lequel a pris date le prémier, les provisions font également nulles , elles se détruisent l’une & l’autre par le mutuel concours. S’il y a des provisions d’une même date, l’une acordée par le Pape , & l’autre par son Légat, celle du Pape doit prévaloir, parce que l’on présume que le Pape s’est réservé une autorité sur celle qu’il a conférée à son Légat. Eil concours de provisions de même date, l’une du Pape, l’autre de POrdinaire , on tient en France, que celle de POrdinaire doit prévaloir par plusieurs raisons. Les provisions du Pape font moins favorables que celles de POrdinaire, lequel confère par un droit primitif, & Je Pape par un qu’il s’est acquis Iui-même, outre que le Pape s’est bien réservé la prévention, mais non pas le concours. 11 est aisé de comprendre, qu’entre les provisions de l’Ordinaire & de son Grand Vicaire, toutes deux de même date, celles de l’Ordinaire rendent inutiles celles du Grand Vicaire. Au reste, la prise de CON 451 jûoffeffion du bénéfice ne réglé point le concours ; c’est par le titre qu’il faut juger du droit. Le Concile de Trente, sejs. 24. ch. ig. a établi un concours qui n’est plus en usage en France : jl ordonne qu’après la mort d’un Curé, PEvêque fera publier là mort, & fixera un tems où ceux qui y peuvent prétendre, com- paroîtront, & seront examinez , afin de connoître le plus digne. (s On voit souvent arriver une autre espèce dá concours entre diférens Seigneurs féodaux, qui prétendent également que le fond dont il s’agit, est de leur directe : mais c’est une maxime en France, qu’un fond ne peut pas avoir deux Seigneurs directs séparément. II est vrai que la Seigneurie peut apartenir à plusieurs personnes qui ne font qu’tm Seigneur ; & en ee cas , ils partagent les droits suivant leurs titres , & l’empbitéote ne païe qu’un seul droit: mais tons les prétendans font Fondez en titres destinez & séparez ; on les régie par l’ancienneté, ou par la possession ; ainsi, le plus ancien titre est présumé être le bail em- phitéotique, & la redevance est le cens primitif ; le second cens n’est regardé que comme un iurcens , Sc un cens mort qui ne produit aucun profit féodal. Enfin, les Seigneurs peuvent prescrire la Seigneurie l’un contre l’autre. H CONCOURS , signifie aussi dispute. Mettre une chaire de Professeur àu concours, c’est la mettre à la dispute entre les prétendans qui se présentent, pour là donner à celui qui montrera plus de capacité. CONCRET, adj. [ Concretum .] Terme de PhU losophie. Joint & composé, comme blanc, qui signifie le sujet & la qualité, à son contraire est absirait, comme blancheur. CONCRETION, s /• [Cóncretio.] Action pat laquelle les corps mous se rendent plus durs. 11 se dit également de l’endiìreissement & de la coagulation. CONCUBINAGE , s m. [Concubinatms Maniéré de mariage illégitime. Etat d’un homme & d’une femme qui vivent ensemble, & prennent des privautez de mari & de femme sans être mariez. Les Loix divines & humaines défendent le concubinage. Il vivoit dans un concubinage public avec fa maîtresse, jk íaucroix,schisme, l. 2.) Un Evêque a apellé la pluralité des bénéfices un concubinage spirituel. CQNCUBINAIRE , s. m. \Concubinus.] Ce mot se dit entre les Ecclésiastiques. C’est celui qui a une concubine. (C’est un concubitìaire.) II y a dans le Droit un titre contre les Ecclésiastiques concubinaires publics, qui les prive de leurs bénéfices. Et la pénitence est trop légère pour des personnes auííi scandaleuses. CONCUBINE , f f. Du Latin concubìnà. Célle qui fans. être mariée avec un homme, vit avec lui comme si elle étoit fa femme. (Une jolie concubine. Se défaire dé fa concubine. L’Empereur de la Chine a quelquefois dans son Palais deux ou trois mille concubines. Nouv. relation de la Chine, p. 30g. Darius se faisoit suivre à l’armée par 363. concubines, & toutes en équipages de Reines. Vaug. Quint. Curce , /. 3. c. 9, Alexandre eut tant d’afection poiir Apéles, qui étoit son peintre, qu’il lui donna Pancaste, la plus belle & la plus chérie de ses concubines, parce qu’il remarqua qu’Apéles en étoit devenu amoureux. Du llyer,sup * de Quint. Curce , l. 2 . ch, 6.) ǧ Le concubinage étoit regardé par les Romains comme une société d’un homme & d’une fille également libres , & vivans ensemble sans être unis que par le cœur ; ainsi l’on donnoit diférens noms à la concubine ; elle est nommée convìHrix dans une ancienne inscription raportée par Gruter, p. 795. n. g. de Pan« cienne Edition : ÍVLIO RVESARIO MEDIVÌTAË CONVIC. VIVAÈ. P. On ìeur donnoit encore le nom honorable de uixot gratuìta , de Jbdalitia, de usuraréa, comme dans le prologue de l’Amphitrion de Planté: Alcumenem uxorem cepit usurartam. Enfin le nom de concubine , étoit plus honnête que celui à’amie, comme nous l’aprenons du Jurisconsulte Paul, dans la loi 144. f. de verb. signifie. Mais quoi- Tonte I, LU % qug 45^ CON que l’on eût de grands égards pour les concubines , il y avoit pourtant beaucoup de diférence entre les femmes légitimes & les concubines. Le mariage étoit une union légitime,.autorisée par la loi : les enfans qui naissaient de cette conjonction, étoient qualifiez d’en- fhns légitimes : & ceux qui étoient le fruit du concubinage, ne passoient que pour enfans naturels seulement. Le terme uxor étoit un nom honorable, & de dignité ; & la femme avoit des privilèges que l’on «’acorde point aux concubines : aussi on voioit rarement un concubinage entre deux personnes libres; mais c’étoit presque toujours une esclave , ou une a franchie, qui ocupoit la place d’une femme légitime. Les Israélites ne se contentaient pas de la polygamie , & d’avoir plusieurs femmes ; ils soufraient encore parmi eux le concubinage, qui étoit si commun & si autorisé , que les femmes épousées dans les formes prescrites par la loi, n’avoient point d’autre avantage fur les concubines , que le titre de légitimes, en vertu duquel leurs enfans héritaient de leur père; & c’étoit feulement par les fiançailles & par le contrat qui contenait les conditions du mariage, que la femme aquéroit le titre de légitime, & étoit distinguée de la concubine, comme Selden l’a établi dans son traité du Droit naturel & des gens, selon la Jurisprudence des Hébreux: mais il ne faut pas s’en étonner ; le mariage n’étoit entr’eux qu’une union de consolation & de soulagement, les femmes étant chargées du soin de toutes les afaires domestiques , pendant que les maris étoient ocupez à la guerre, & à tous les travaux les plus pénibles. Samuel dit au peuple: Vôtre Roi épousera vos filles, dont il fera ses parfumeuses , ses cuisinières, ses boulangères. Ce qui fait bien connaître que le foin de tout le domestique, étoit le partage des femmes ; ainsi on n’en pouvoit point trop avoir pour remplir les devoirs aufquels les femmes étoient assujetties. CONCUPICENCE, / f- [Çoncupiscentia , im- moderatus , ejsrœnatus appetìtus .] Pente au mal. (La concupicence rebelle solicite l’ame au péché. Pasc. I. 4. Nous avons dans nous-mêmes une corruption naturelle que l’Ecriture apelle concupicence, & qui nous porte toujours contre la loi de Dieu. Toute la vertu du Chrétien consiste à combattre & diminuer peu à peu la concupicence. S. Cìran, théoL leçon. 12.) Au reste, le mot de concupicence est consacré aux matières de piété. Messieurs de l’Académie écrivent ce mot avec une s, concupiscence. CÒNCUPICIBLE, adj. [Appetitus qui concupiscit.] Terme de Philosophie vulgaire. (Apetit concupìcible , c’est-à-dire, qui nous porte à désirer le bien , il est opofé à l’apétít irascible , qui nous porte à faire le mal.) * CONCURREMMENT, adv. [Pariter.] II ne se dit guère qu’en Pratique, & il signifie avec concurrence. (Les uns avec les autres, ils jouiront concurremment de ce revenu.) CONCURRENCE, s s- [VEmulatìo, certamen.] Dispute d’efprit avec quelque savant, pour obtenir quelque chose d’honorable & de profitable. Sorte de brigue que deux personnes font l’une contre l’autre, pour avoir à l’envi quelque honneur, quelque ofice, ou quelque charge. (11 n’y a nulle concurrence entre eux.) * CONCURRENCE , // [Concursus.] U sc dit encore agréablement au figuré. C’est un concours plein de passion entre des personnes , pour l’emporter en quelque chose les unes fur les autres. (Ce font deux belles qui font en concurrence de beauté. Recueil de pièces galantes; CONCURRENCE d’office, f Concursus. J Terme de Bréviaire. Lors qu’aux secondes vêpres d’une fête double, il se trouve un autre ofice de fête double, qui se doit célébrer le jour suivant. CONCURRENT , f m. [Competitor, rivalis.] Celui qui concourt pour avoir le même honneur, la même charge. (C’est un concurrent qui est à craindre. César fut heureux de se délivrer d’un concurrent aufîi redoutable que Marc-Antoine. Citrì, triumvirat, t. 2. ch. 24.) CONCUSSION, f f. [Repetundarum crimen.] Exaction & vol que fait un sujet contre Tordre & l’in- tention de son souverain. (Ils avoient désolé les familles par leurs concussions. Vattg. Quint. 1 . 10. II a fait plusieurs concussions. Etre acufé de concussion. Abl.) CON CONCUSSIONNAIRE, f. m. [Repetundarum rem 1 Celui qui est convaincu de concussions. (C’eftun ^ signe concussionnaire.) m ' CONÒANNABLE, adj. [Damnandm, condem nandus.] Prononcez condanabìe. Qui 'mérite d’éi * condanné à quelque peine que ce soit. Le Parlement trouva Madame de BrìnvillieQ condannable, & il 1! condanna à avoir la tête coupée, & à être brûlée* * fuite.) * CONDANNABLE, adj. Ce mot signifiant blâmable se dit des personnes & des choses. (Son procédé est condannable. Elle est condannable, pour s’être trop emportée.) ** CONDANNATION , s. f. [ Danmatio. ] Prononcez condannacion. Arrêt ou sentence qui condanné une personne à quelque chose. CONDANNATION. Chose qui est la cause q ue l'on condanné. (Cela seul a fait sa condannation.) CONDANNATION. Acte par lequel on donne vo. lontairement gain de cause. (II a passé condannation là-dessus.) CONDANNATION. Aveu qu on fait qu’on a tort mais cet aveu sc tait souvent en riant. (Ne parlons plus de cela, je passe là-dessus condannation.) CONDANNER , v. a. [Condemnare. Prononcez con. dané. Terme de Palais. C’est prononcer une senten. ce ou un arrêt contre une personne, soit à l’égard de ses biens, de son honneur, ou de fa vie. (Le Préli- dial a confirmé la sentence de la Prévôté, & l’a con. danné aux dépens du procez. Le Maréchal de Biron fut condanné par arrêt de la Cour à avoir la tête cou- pée. Condanner au fouet, & à la fleur de lis. Con. danner à la mort & au feu. Condanner un livre.) * CONDANNER , v. r. [Fateri culpam , gfr] Avouer fa faute. (Je l’avouë, j’ay failli, & je me condanné moi-même.) * CONDANNER , v. a. [Vituperare, arguere , repe. hendere.] Bìâmer. Desaprouver. A enfer de quelque défaut. Condannerai-je la fidélité de mon Médecin. Vaug. Quint. I. ?. ch. q. Condanner la conduite d’une personne. Mr. de la Rochefoucaut. CONDANNER, v. a. [Proscribere, danmarei] lise dit aussi, au figuré, des mots & des phrases; & c’eíîdì. re qu’un mot ou une façon de parler, nc mérite point d’être emploïée dans le langage qui a cours. On ne fe sert guére de la raison quand on condanné un mot, fans lequel on ne fauroit raisonner. Vaug. nom. rem. L'un défenseur zélé des bigots mis en jeu, Pour prix de ses bons mots le condannoit aufett. Despr.) * CONDANNER. [ Obserare. ] Ce mot se dit des portes & des fenêtres, & veut dire, les fermer tout-à- fait, de forte qu’on n’en tire aucun usage. (Condan- ner une porte, une fenêtre.) Mr. Despreaux a dit dans fa Satire 10. Voilà nos deux époux fans valets, fans enfans, Tout seuls dans leur logis, libres U triomphant} Alors on ne mit plus de borne à la léfine, On condanna la cave , on ferma la cuisine. Je crois que le terme condanner est bas, & ne doit point entrer dans un ouvrage sérieux. CONDE'CENDANCE , s f. [Indu/gentk, ob. sequium.] Complaisance pour autrui. (Si nous soufrons quelque relâche, c’est plutôt par condécendance que par dessein. Pasc. I. 6 .) CONDESCENDRE , v. n. [Obfequi, indulgere , nmi- gerari.] Se conformer aux volontez d’autrui. S’acom- moder par une honnête complaisance aux sentiment d’autrui. (II faut condécendre aux volontez de ses supérieurs. Ami) f CONDESCENDRE- On dit aussi, condécmdrt aux faiblesses, aux besoins de quelcun ; c’est-à-dire, acorder quelque chose à ses besoins, à les foi blesses. ' tz CONDE'CENTE , f f. 'ferme de Pratique. C’est Faction par laquelle un homme nommé Tuteur dans un testament, se décharge fur un autre plus proche ou plus habile pour gerer la tutelle en fa place. CONDENSATION,// [Densatio , condors, ta;.] Terme de Philosophie. Action de í’art ou de la nature, qui rend un corps plus serré St plus compacte, plus dur, plus solide & plus pesant qu’il n’étoit; de sorte qu’il paroît sous une plus petite étendue que celle qu’il avoit auparavant, fans qu’on se soit aperçu qu’on en ait rien ôté. (La condensation estopoféeà la ra- La condensation de l’air.) réfaction. CON- CON CONDENSER, v. a, [ Condensare .] Terme de Philosophie. Ce mot se dit des corps, & signifie resserrer, rendre plus dur & plus solide ; de sorte que les corps paroissent fous une plus petite étendue que celle qu’ils avoient auparavant, fans qu’on se soit aperçu qu’on ait rien ôté de l’étenduë qu’ils avoient auparavant. (.Le froid condense Pair. L’eau se congèle, mais elle ne se c ondense jamais.) If CONDICTION,/ /. Terme d e Juriflirudence, qui est dérivé du Latin condiftio, dont les Jurisconsultes se sont servi, pour exprimer faction que le Propriétaire d’une chose volée ou usurpée, a pour la ven- diquer & la retirer des mains de ceux qui en jouissent injustement. Ils reconnoissent deux fortes de condi- ction : l'une est condiHio certi, & l'autre condifíio in~ certi. II y a encore une troisième condiction, apellée condifíio indebìti, qui consiste dans faction de repeter une somme que l’on ne devoit pas. Çfi CONDICTION furtive. Par le terme furtive , il est aisé de comprendre qu’il s’agit de la répétition d’une chose dérobée, lors qu’on est assez heureux pour la retrouver. Cette action est fondée fur le droit naturel, qui permet de reprendre une chose que l’on a perdue, ou qui est égarée : mais pour pouvoir exercer cette action, la loi exige, qu’il soit constant que la chose que l’on réclame, a été volée à son maître : & comme il est dificile d’établir le vol & l’identité de la chose volée, on est obligé de s’en tenir aux indices, qui doivent être examinez atentivement par les Juges, de crainte de se méprendre: ces indices- font, si la chose a été achetée à vil prix & en secret, d’une personne inconnue, & dont la condition peut faire naître quelques soupçons de larcin : on ajoute à cela, si l’a- cheteur ne nomme & ne fait pas connoître son vendeur ; ce qui est un fort indice dans cette ocasion. La bonne réputation de celui qui se trouve saisi de la chose volée, sert quelquefois à diminuer l’impref- sion que les indices ont pû faire ; mais elle ne doit pas prévaloir aux conséquences que l’on en tire, quand ils sont solides & concluant. Lors que l’on est convaincu du vol & du recouvrement de la chose volée, il reste une grande dificulté à décider ; car on demande si le propriétaire qui trouve son bien est obligé de rembourser le prix que Pacheteur en a donné : & il semble d’a- bord que la loi Incivilem du Code de fur t. refuse le remboursement à Pacheteur, en lui imputant la faute de n’avoir pas pris ses mesures : mais cette décision peut être injuste dans certains cas, où le propriétaire doit s’en prendre à fa mauvaise fortune : en éfet, si l’acheteur indique son vendeur qui soit connu; si la yente a été faite dans une foire , ou dans un marché public ; si le prix n’est pas excessif, on ne peut pas douter, dans toutes ces circonstances, que Pacheteur ne soit de bonne foi ; & n’est-il pas plus juste que le propriétaire rende le prix, s’il veut reprendre fa chose, que de priver Pacheteur de bonne foi, à qui l’on ne peut rien imputer, non pas même une négligence qui a peut-être été la cause du larcin, & dont il est juste que le propriétaire qui n’a pas sçù conserver son bien, en suporte la perte ? En éfet, le Parlement de Toulouse l’a jugé de cette maniéré, par Arrêt raporté Í 3 ar Mr. Cambola, liv. 2 . cb. ç. par lequel il jugea que 'acheteur de quelqne bétail vendu au marché, étoit en droit de le retenir jusques à son remboursement. Je sçai pourtant que quelques Auteurs sont favorables au propriétaire : mais l’équité est pour moi, & il n’en faut pas d’avantage. Enfin Pacheteur de bonne foi a une action de garentie contre son vendeur. CQNDILE , s m. ( [ Condilm .] C’est: le nom que les Médecins donnent à une petite éminence ronde de l’os, comme est celle de la mâchoire inférieure. Messieurs de l’Académie disent que les Anatomistes donnent ce nom aux nœuds ou jointures des doigts. CONDILOMES , s m. [ Condilomata. ] Excres- cences de chair ridées qui viennent aux muscles du siège, ou au col de la matrice. Acad. Fr, CONDITION, s- f [Conditio, lex, pafla.} Clause dont on convient de part & d’autre dans quelque traité. (11 traita avec ces conditions. Abl. Arr. 1. 2 . Les conditions furent jurées de part & d’autre. Abl, ret. I. 2 . c. 2 . Faire ses conditions bonnes. Abl.) 4 CONDITIONS. (La dureté des conditions qu’on impose aux vaincus, fait souvent leur salut en les redui- CON 4S3 sant au désespoir. Les conditions onéreuses que Re- gulus exigeoit des Carthaginois, furent la cause de leur salut, & de la ruine de l’armée Romaine.) Po- lybe de Folard. CONDITION. Chose à observer afin qu’un écrit soit valable, & dans les formes, afin qu’uné action soit de telle, ou de telle façon. (11 faut savoir les conditions qui sont nécessaires, pour faire qu’une action soit volontaire. Pasc, l. 4.) CONDITION. [Commodum , merces.} Ofre qu’on fait à quelcun : pourvû qu’il s’engage à faire ce qu’on veut de lui. (J’accepte la condition qu’il m’a ose r te. Abl. Luc.) CONDITION. [ Servitium. ] C’est l’état d’une personne qui sert en une maison où elle rend service en qualité de domestique. ( Exemples. II est en une très-bonne condition. Voit. 1 . 7. Sortir d’une condition, & rentrer dans une autre.) CONDITION. {Conditio, status, vitœ ratio, injîitu- tum. ] Profession, état de vie. Etat où la fortune met une personne. (Ils ont considéré les vices aufquels on est le plus porté dans toutes sortes de conditions. Pasc. I. 6. II n’y a pas une condition de gens où je ne trouve quelque sujet de douter. Voit, l. 2,. Je sai que dans la félicité où vous étés, il y aura quelques heures où vous vous ennuirez de la condition d’un banni. Voit. I, 40. Changer la condition des misérables. Voit. L 22. Bonne condition qui donne de quoi vivre, En lisant seulement quatre feuillets d’un livre. Poète anonyme. Le luxe & la vanité n’ont plus de bornes, & chacun se fait de ses propres vices les vertus de fa condition. Flécbier. Les Latins se sont servi de conditio, pour exprimer l’état de la fortune d’une personne. Horace a dit, lib. 1. od. 1. Gaudentem, patrios findere sarculo Agros, Attalicis conditionìbus. Voïez Lambin N Mr. D acier. CONDITION. {Locus, nobililai.} Qualité. Le mot de condition, en ce sens, n’a point de pluriel , & est moins usité que celui de qualité. C’est un homme de condition. C’est un fat de condition ; on dit plutôt, c’est un fat de qualité.) A condition que. {fia coniitìone, ea lege. ] C’est-à- dire, à la chargé que. (II leur acorda leur demande, à condition qu’ils reconnoîtroient tenir le Roïau- me du Saint Siège.) CONDITIONNE', conditionnée, adj. [Quod babet adjunHam conditionem.} Qui renferme quelque chose de conditionnel. (II prit une permission conditionnée. Maucroix,schisme, l. 2.) CONDITIONNE' , conditionnée, adj. [ Probatus. J Ce mot se dit entre Libraires, & en pariant de livres. II signifie qui est en bon état, qui est tel qu’il doit être. (Ce livre est bien conditionné.) Ce mot se dit aussi de quelques autres marchandises. CONDITIONNEL, conditionnelle, adj. £Conditiona - lis.'} Qui renferme quelque condition. (Proposition conditionnelle. Si étant une conjonction conditionnelle, veut, &c. Voïez Si.) CONDITIONNELLEMENT, adv. [Conditknalitn Avec condition.) Cela est couché conditionnellement dans le contrat.) ch CONDITIONNER , a. C’est donner à quelque chose les qualitez requises. ( Ce Marchand conditionne bien ses Draps , il fait conditionner fa marchandise. CONDITIONNER , signifie aussi, apposer des conditions à un contract, à un Testament, à un marché. (II a bien conditionné son marché.) CONDOLE'ANCE, f f {fiolom significatio.} Ce mot fe dit encore quelquefois, & n’est pas fi étrange que Vaugelas le croit. ( On dit, faire des com~ plimens de condoléances c’est-à-dire, faire un compliment à quelcun fur fa douleur, lui témoigner qu’on la partage.) è On dit aussi dans lestîle familier, faire des cnn~ doléances , pour dire, des plaintes. II m’a fait ses condoléances sor ì’afront qu’il a reçu. II fait ses condoléances à tous ceux qu’il rencontre, tz GÒNDQRIN,/»*- Sorte de petit poids dont les L11 3 Chi- 45+ CON Chinois se servent pour peser sargent dans le commerce. Le condorin vaut lin fol de France. Sc co}?cíouloh' . n. [ Colloquí. ] Parler ares quelcun. Avoir conférence avec une , ou plusieurs personnes. (Après que les Généraux eurent conféré ensemble, il répondit. Abl. ret. I. 5. c. 1.) CONFE'RER, v. a. f Conferre, comparare .J Comparer. (Ce qui paroîtbeau & délicat dans la copie, est froid & languissant lors-qu’il est conféré avec f original. Abl. Tac.) , CONFE'RER. [Conferre, dare.) Ce mot fe dit des ordres & des bénéfices , & signifie donner. ( Conférer les ordres à quelcun. God. On conféra des bénéfices & des dignité?, ecclésiastiques à des imposteurs. M 9 . a. [Credere, concredere , commit, tere.] Mettre une chose qui nous est chère à la garde d’une personne. Mettre en dépôt entre les mains de quelcun. Commettre une chose à la discrétion d’une personne. (Confier son bien à quelcun. Confier un sécret à un ami.) Se confier , v. r. [ Considéré .] Faire fonds fur la bonne foi d’une personne, s’y reposer. S’affûrer fur la probité & fur la bonne foi de quelcun, de forte qu’on croit qu’il ne nous trompera pas. (Se confier à quelcun.) 4 = CONFIGURATION , f f. C’est k surface des corps. (La configuration & la diverse situation des parties fait la difference specifique entre les corps.) CONFINER , v. n. [ Confinent, conterminmn esses] Ce mot se dit des terres, provinces, roïaumes, & autres choses qui ont des bornes, & il lignifie avoir des bornes qui tiennent & aboutissent à quelque terre, ou à quelque contrée. (La Champagne confine au Barrois. La Trace, à ce qu’on dit, confine à 1 a Macédoine. Vaug. Quint.] CONFINER , v. a. [Relegare, amandare , ablegare.] Reléguer. Banir. Envoler une ou plusieurs personnes demeurer dans de certains pals éloignez. (Vous me confinez parmi des bêtes sauvages qu’on ne peut apri- voiser. Vaug. Quint. /. ;. c. 1.) Se confiner , v. r. Se retirer en quelque lieu éloigné. (II se va confiner aux lieux les plus cachez. La Fontaine, sables , /. 1.) CONFINS, f. m. [ Confinia .] Lieux qui font les bornes d’un pals ; d’une contrée. (11 entra dans les confins de iaMédie. Vaug. Quint. I. ç. c. L.) CONFIRE, V. a. [Condire.] Je confi, tu confis, il confit , nous confisons , vous confisez , ils confisent. J’ai confit, je confis. Acommoder quelques fortes de fruits avec du sucre, avec du miel & du sucre, ou avec du miel seulement. Acommoder de certains fruits avec du sel, du vinaigre. (Confire des cérises, des prunes, du verjus. Confire du pourpié au sel & au vinaigre. Confire du concombre. Monsieur Despreaux parlant des Directeurs de femmes, dit : CON Le prémier majje-pain pour eux, je eroi, se fit Et le prémier citron à Rouen fut confit.) ’ CONFIRE. [ Parure, apparare.] Terme de Pelletier C’est acommoder les peaux avec de l’eau, duscl delà farine , & autres sortes de choses. ( Confire une peau.) CONFIT. Volez ci-après. CONFIRMAI ION, s f [Cnnfirmatio,] Assu rance. Assurance nouvelle de quelque chose. M niére de ratification qui rend encore plus certain tm’oà n’étoit. (On atend par le prémier Courier, la confir. mation de la nouvelle qu’on a déja euë de la défaite des ennemis. Pour la confirmation du traité on égorgea un bélier. Ablanc. ret. I. r. c. r.) 8 CONFIRMATION. [ Confirmations sacramentum. 1 Terme d ’Egltse. Sacrement qui nous communique le Saint Esprit. Sacrement dans lequel l’Evêque forme le signe de la croix fur le front de l’homme bâtifé pour l’afermir & le fortifier dans la foi. Jésus-Chrilì a institué le Sacrement de Confirmation.) Monsieur de Sainte Beuve a fait un excélent traité de la Confirmation, contre le Ministre Daillé. CONFIRMATION. Terme de Rétorique. Endroit du discours où l’on prouve les parties de la division, & où l’on range les preuves dans un ordre capable ds persuader. CONFIRMATIF, confirmative , adj. [Decretum, idi. tum.] Terme de Palais. Qui confirme. (Arrêt con- firmatif. Sentence confirmative.) CONFIRMER, a. [Confirmare.] Assurer ds nouveau. Rendre plus certain. Etablir plus forte- ment & plus assurément. Rendre plus ferme, plus constant. (Le Courier a confirmé la nouvelle qui court de la mort de Monsieur de Turenne. II a con. firmé par son exemple les régies de bien vivre qu’il nous a laissées. Abl. Luc. t. 5. On l’a confirmé de plus en plus dans les bons fentimens qu’il avoit pour elle. Confirmer quelcun dans la résolution qu’il a pris de bien vivre.) CONFIRMER. [Sacramentum Confinmtimk imper, tiri.] Terme à’Eglise. Donner la confirmation. L’Evé- que frape légèrement avec la main la joué de celui qu’il confirme, pour lui aprendre qu’il doit être prêt à foufrir toutes fortes de disgrâces pour Jésus-Christ. Se confirmer , v. r. [Firmari, confirmari .] Se rendre plus certain. Se rendre plus assuré, plus ferme, plus inébranlable. La nouvelle fe confirme tous les jours de la défaite des Suédois. Se confirmer dans la foi. Se confirmer dans scs principes.) CONFISCABLE, adj. [Fsco addicendus.] Qui peut être confisqué. (Ses biens font confiscables au Roi. Maucroix, l. 1.) CONFISCATION , f f. [Bonorum fifeo addiflio, con • fiscatio.] Ternie de Palais. Saisies qu’on fait de quel- ques biens au profit du Prince, ou de quelque Seigneur féodal. (Demander la confiscation d’un fief.) sf La confiscation a lieu dans tout leRoïaumeen cas de crime de leze-majesté divine & humaine ; mais pour les autres crimes , il y a des pais où elle a lieu par la Coùtume , comme dans celle de Paris, où c’est une maxime , que qui confisque le corps, confisque le bien. Dans d’autres, on n’admet la confiscation que pour les meubles du condamné ; & dans celles qui n’en font point de mention, on ne l’admet point du tout. CONFISEUR , fi m. [Conditor, condimentarim .] Celui qui fait des confitures. (Un bon Confiseur.) CONFISQUE', confisquée, adj. [Fisco addifím, con. fifeatus.] Saisi au profit du Roi ou du Seigneur. (Ses biens font confisquez.) t * CONFISQUE', confisquée. [ Peràïtw , everfw, confeHus.] Ce mot fe dit des personnes, & veut dire : Qui n’a plus de santé. Qui n’a plus de vigueur. Ruiné. Perdu. (C’est un homme confisqué.) CONFISQUER , V. a. [Fisco addicere , confise, re.] Terme de Palais. Saisir & aquérir au profit du Prince, ou du Seigneur féodal. (Sous le régne d’Edoùard, le Parlement d’Angleterre confisqua toutes les richesses des Eglises au profit du Roi. Aà- croix, schisme, l. 2. Tâchons d’avoir du bien qui ne coure aucun risque. Qn grand fond de vertu rarement se confisque. Bours) £§ COR- CON f$ CONFISQUER son fief Par Partiels 4?. de la Coutume de Paris, celui qui dénie le fief être tenu du Seigneur féodal dont il est tenu & mouvant, confisque icelui fief. Plusieurs Coutumes se servent du terme commettre. Le désaveu du Seigneur féodal est une espèce de félonie, qui emporte la perte du fief. Voïez Brodeau sur Parie. Qui confisque le corps, confisque le tìen % Cette maxime n’a pas lieu dans les païs du Droit écrit, si ce n’est dans le crime de leze-majesté , où les biens du condamné font de droit aquis au Roi : & dans les Coutumes où elle est admise, la condamnation à la mort, même à la mort civile, emporte la confiscation des biens du condamné. Tout Juge peut ordonner la confiscation des biens dans les Provinces, où la Coutume ordonne la perte des biens avec celle de la vie , ou au cas de la mort civile , qui produit le même éfet, comme Brodeau l’a décidé fur fart. iZZ. de la Coutume de Paris, n. 4. Cet Auteur, dans le nombre suivant, prouve que confisquer , est un terme Latin: il raporte plusieurs Auteurs que l’on p ou ra voir. La confiscation pour crime ordinaire, ne comprend que les biens situez dans le district de la Coutume , qui ordonne la confiscation, laquelle ne s’étend pas dans les lieux où la confiscation n’est pas recûë : mais il faut observer que la confiscation pour crime de leze-majesté, emporte tous les biens. Les créanciers du condamné, font parez de ce qui leur est dû, & dont la créance a été créée avant le crime. Les Docteurs ont traité plusieurs questions fur cette matière, que je ne crois pas devoir raporter en détail. Le crime du mari ne confisque point le bien dotal de la femme, ni son augurent ou son douaire. L’étimoiogie de ce mot est facile à trouver: Fiscw signifie proprement une poche, un sac ou l’on enferme de î’urgent; & dans le figuré, il signifie le patrimoine du Souverain ; ainsi confisquer, c’est unir le bien d’un homme condamné pour quelque crime de leze-majesté, au patrimoine au Prince. Les biens qui croient tombez par confiscation ou autrement, dans le trésor du peuple Romain , étoient vendus publiquement ; publìcaban- tur, selon le langage des Jurisconsultes, & ceux qui étoient adjugez à l’Empereur, entroient dans son patrimoine , confiscabantur. La confiscation est une peine pécuniaire, comme l’amende: mais quoique l’on confisque le bien d’un coupable, on ne laisse pas de 2e condamner à une amende que l’on prélevé fur la totalité du bien, comme étant la peine ordinaire, qui apartient de droit au Souverain ; & quant à la confiscation, elle est regardée comme une satisfaction qui tient lieu de dommages & intérêts : ainsi l’amende apartient au fermier du domaine , & la confiscation est adjugée au Roi, qui en dispose comme il lui plaît. Bodin, dans fa République, liv. 5. ch. & l’Echaffier trouvent que la confiscation générale est trop sévére, parce qu’elle prive les enfans ou les parens du coupable, quoiqu’ìnnocens ; il faudroit se contenter de prononcer une amende proportionnée à la qualité du crime. Demosthéne nous aprend dans une de ses Oraisons, que les Athéniens laissoient une partie du bien d’un condamné à fa femme & à ses enfans. Les Lacédémoniens n’ont point connu la confiscation, selon le témoignage de Cragius. Mais les Romains î’introduisirent dans le cas où l’acufé étoit condamné à mort, ou lors qu’ìl étoit privé des droits de Cité, ou enfin quand il étoit privé de la liberté, & qu’ii de- venoit esclave. Leg. 1. js. de bonis damnat. Et dans tous ces cas, on réservoir une partie du bien pour les enfans. Leg. 7. js. eod. L’Empereur Justinien changea, dans la fuite, la Jurisprudence, & ordonna , tout avare qu’il nous est représenté par Procope, qu’à l’a- venir la confiscation n’auroit pas lieu au préjudice des aseendans & des descendans jusqu’au troisième degré, & qu’on ne la prononceroit que dans les crimes de léze-majesté. Leg. 10. cod. de bonis proscript. Cette loi subsiste encore dans les Provinces qui suivent le Droit Romain : on ne confisque jamais les biens d’un criminel, que lors qu’il est convaincu d’un crime de leze-majesté; & souvent nos Rois, plus sensibles à la pitié qu’à la vengeance, ont laissé , ou tout le bien confisqué, ou une partie aux enfans & aux veuves. La plupart des Coutumes font plus sévères, & elles autorisent cette régie que Loi sel a insérée dans ses Institutes Coutumières : Qui confisque !e corps, confisque le bien, C’est aussi la disposition CON 457 de là Coûtume de Paris, art. 18;. & celle de Nivet» nois, cb. 3. art , 1. explique ce que c’est que confisques le corps, qui eji dire , que qui est jugé U exécuté à mort, par Justice , ou banni à perpétuité , il confisque ses biens , fans autre déclaration de la confiscation. Il faut ici observer que dans la Coûtumê du Duché de Bourgogne, les héritages sujets à la main-morte ne font point compris dans la confiscation. Tìt. 2 . art. 5 . Et qu’il y a des Coûtumes où la confiscation n’a lieu qu’à l’égard du crime de leze-majesté au premier chef seulement. On confisque sans préjudice du droit des créanciers. CONFIT, s. m, {Lochs ad parandas pelles ido - neus.] Terme de Pelletier. Sorte de cuve où l’on met confire les peaux de mouton, d’agneau & de lièvre, &c. (Mettre les peaux au confit.) * CONFÎT , confite , adj. [ Conàitus, repktwQ Ce mot se dit en riant au figuré, & signifie qui est rempli, qui est plein de quelque chose de bon & d agréable. (17 eji confit en dévotion ; c’est-à-dire, il est plein de dévotion. Elle est confite en douceurs. On dit auffi en mauvaise part, confite en malice. Cet himtn de tons biens comblera nos défirs*, IIfera tout confit en douceurs U plaisirs » Mol. tait. a. r. sc. 2. Les refus ne valent rien que confits, & encore faut-ít emploïer beaucoup de sucre en cette sorte de confiture, pour en ôter l’amertume. Cojìar , lettres , í. r„ /. Z88-) CONFITEOR. Terme qui vient du Latin, & qui marque la prière qu’on fait avant de se confesser, & qu’on dit à la Messe. Ort dit d’un homme prêt à mourir : il n’a qu’à dire son confiteor . CONFITURE , f f [Fruchtssaccharo cònditi.'} Assaisonnement de certains fruits qu’on fait cuire avec du sucre ou avec du miel. Fruits qu’on assaisonne avec du sel & du vinaigre, ou avec du moût. (Ainsi on dit : Confitures au sucre. Confitures au miel, an moût, ou au sel & au vinaigre. Confitures sèches on liquides. Faire des confitures.) CONFITURIER , s m. [Conditar .j Celuì qui fait f * Etre de la grande confrairie. Ces mots se disent en riant, pour marquer qu’un homme est au nombre des cocus, dont la troupe est fort nombreuse. CONF R ATERNITE' , f f. {Sodalitas.) C’estla meme chose que la confrérie. CONFRERE , f. m. [Sodalis.J Personne qui est d’n rie confrairie. (Un confrère fort dévot.) CON f * CONFRE'RE. [Socvw.] Celui qui est de même M. session. Celui qui est du même corps qu’un autre. (C’est mon confrère en Apollon. Scaron. Les Auteurs font à présent mes confrères. Mol Danton, depuis dix ans fameux Prédicateur , Cherchant par tous les foins qui forment P Orateur, Par fes veilles, la brigue, N cent peines amères, Le droit de mépriser hautement ses Confrères. v:n > CONFRE RE. \aoaaits.J Terme de Père de l’Omui. re. C’est le Religieux de l’Oratoire qui n’elt pas Père' (Ainsi on dit, le confrère un tel est sorti, le confrère un tel est mort.) Monsieur Richelet s’est trompé, il n’y a pas de Reli. gieux de l’Oratoirë, il faut donc dire : confrère elt un jeune clerc de l’Oratoire, qui n’est pas encore Prêtre. II est surprenant que les Auteurs du Dictionnaire de Furetiére, imprimé à Trévoux, qui connois. sent si bien l’Oratoire, aient fait la même faute que Ri. chelet. CONFRONTATION, f f {CoHatk, cmtm. tio, comparatio.) C’est lors que le Juge présente les té. moins de l’information à l’acuse, pour leur faire lecture de leur déposition, & la soutenir en face de i’acufé. -j- CONFRONTATION , est aussi l’examen qu’on fait de deux écritures en les comparant ensemble, ou de divers passages que l’on confère l’un avec l’autre. (se confrontation des passages, la confrontation des écritures.) CONFRONTER, v. a. {Conferre, comparaît.) Con- férer une chose avec une autre , pour voir fi elle est semblable. Voir le raport qu’il y a entre la copie & l’o- riginal, en les considérant l’un avec l’autre. (Confron- ter des écritures, confronter des passages.) CONFRONTER. {Componere tejies cum reo.) Terme de Palais. C’est lors que le Juge présente à Pactise les témoins qui Pont chargé par leurs dépositions, fait faire lecture par le Gréfier, afin qu’ils soutiennent à l’acufé ce qu’ils ont dépose contre lui, & que Pactisé de son côté leur réponde, demeure d’acord du fait, ou tâche à combatte la déposition. (Confronter des témoins, confronter les témoins au criminel.) CONFUS, confuse, adj. [ Confusus .J Qui n’est pas distinct. Qui n’est pas net. (Miroir qui fait voir tout confus. Vision confuse. Les plus sages Païens n’ont eu que des idées confuses de la Divinté. Port-Royaì.) -j: On dit aussi, un esprit confus, un savoir confus, un discours confus ; c’est-à-dire, obscur, embrouillé. CONFUS, confuse, adj. [ Perturbatm. j Plein de trouble & de confusion. (Ils jettérent un cri confus & épouventable. Vaug. Quint. I. 3. cb. 10.) H CONFUS , signifie aussi, incertain, dont on ne fait aucune particularité. (II court un bruit confus que nôtre armée a été battue.) CONFUS, confuse , adj. {Pudore sususm.) Celui ou celle à qui on fait de la honte. Qui a reçu de la confusion. (II a été confus en pleine assemblée. Abkni, Le corbeau honteux & confus Jura qu’on ne P y prendrait plus. La Font. sab. liv. I.) CONFUSEMENT , adv. {Confuse, obscure.') Obfcu- renient. Peu nettement. Indistinctement. (Voir les choses confusément.) CONFUSIBLE , adj. {Pudore siifundendtss.) Terme à’Augustin. Ce mot se dit du Religieux qui a fait quelque faute considérable, & il veut dire, qui est libertin, & qui mérite qu’on le châtie, & qu’on lui fasse confusion. (C’est un confulìble.) CONFUSION , s s [ Perturbatio .] Désordre. Trouble. (Remplir tout de confusion & de trouble, Vaug. Quint. liv. 3. Nôtre ame est en confusion, & toute nôtre joïe est perdue. Voit. Pots. Dans les confusions d’une guerre civile avec une puissance si énorme, un brouillon est à craindre. Patru, plaid.. 7. Les procez mettent de la confusion dans les familles. II eût voulu mettre l’Univers en confusion. Abl. Luc.) CONFUSION , s s. {Pudor.s Honte. (II a eu une grande confusion, voïant que fa trahison étoit découverte. Tomber dans la confusion. J’ai une grande confusion de recevoir toûjours de vos bien-faits.) Ó11 ne sc corrige presque jamais des vices qui ne font point de confusion au dehors. Flt'cb. «K- 1 i I CON CONFUSION. [Error publicm.] Terme ft Augustin. Faute publique qu’on fait en lisant ou en chantant. (II a fait une confusion à Vêpres.) f * CONFUSION. [Consujìo. J Quantité. (Une con» fusion de rubans. II y avoit une grande confusion de peuple à l’entrée du Roi.) CONFUTATION, f s. [Confutatio,] Ce mot ne fe dit presque point, on dit en fa place celui de réfutation. CONFUTER , v. a. [Confutare.] Ce mot est peu en ■usage, & en fa place on dit réfuter. CONGE , s m. [Congium.J Vaisseau pour mesurer les liqueurs chez les Romains. Comme on mefuroit le vin, l’huile & les liqueurs que l’on'distribuoit au public, on apella ces libéralisez , congìaria ; & nos Antiquaires nomment congiai - res, les médailles où l'on voit l’Empereur présider à la distribution : il y est à plusieurs dans les cabinets des curieux , & le P. du Moulinet nous assure qu’il y a dans celui de Sainte Geneviève , un conge que l’on croit être celui que Mr. de Peirefch aporta de Rome, & qu’il fit faire fur un original que l’on confervoit dans le Palais Farnefe. CONGE', f tn. [Potejhts, venta.] Permission de l’en aller. Permission de fe retirer. Ordre de fe retirer, & de quiter le service qu’on rendoit. (Les soldats eurent leur congé à charge de revenir. Ab/. Arr. 1. 1. Donner le congé à un soldat. Abl. ret. I. Obtenir congé de son capitaine. Abl. Donner le congé à un domestique. Vamour a des plaisirs solides , Leur piquante douceur ne fe peut exprimer, Mak ils ne Jbnt pus faits pour ces amk timides, Qui demandent congé d’aimer. La Sabl.) {f CONGE'. Terme 'Militaire. Les Ordonnances de Louis XIV. ont réglé plusieurs fois les congez que l’on peut donner aux soldats, i°. 11 est défendu aux soldats qui font en garnison dans les Villes ou Places frontières, où la gabelle n’est point établie; de sortir sans le congé exprès par écrit du Commandant, qui ne peut l’acorder fans une nécessité pour le service du Roi, ou dans quelque besoin pressant. 2°. Les Commandans des Provinces & des Places où les Rétiniens de cavalerie ou de dragons font en quartier d’hiver, ne peuvent donner congé aux Capitaines & aux autres Oficiers, qui p doivent être préfens, que pour quinze jours, & qu’à un Capitaine de chaque Régiment à la fois, pour aler acheter des chevaux, & autres choses pour leur compagnie, & que jufqu’à ce que le Capitaine qui aura un congé, y soit retourné, &c. 3°. Cet article doit être observé à l’égard des Capitaines d’infanterie. 4 0 . Nul parti de cavalerie ou d’infanterie ne peut sortir de la Place, sans un Passeport du Gouverneur, ou Commandant. Aucun Oficier ne peut donner un congé absolu pendant la guerre, pour quelque cause que ce soit, à peine d’être caste, & de prison pendant six mois ; & au cas qu’un soldat se trouve hors d’état de servir, il doit être mené au Commissaire, qui l’examinera, & lui donnera un certificat, fur lequel le Commandant ou Capitaine de la troupe lui expédiera un congé ou passeport, soit pour se rendre à l’Hôpital des Invalides, soit pour aler chez lui. 4°. Le congé absolu doit être acompagné du certificat du Commissaire à la conduite de la troupe dont sera le soldat, "f. 11 est défendu aux Capitaines & Oficiers d’exiger de l’argent pour le congé absolu. 8°- U est encore défendu aux Oficiers en- voïez dans les Provinces pour recevoir les recrues, de donner aucuns congez aux soldats qui leur auront été remis pour conduire à leurs Régimens. Volons à présent quelle étoit la discipline des Romains, fur le fait des congez qu’ils apelloient mijjlo. Ils en avoient de trois fortes, honesta, caufaria , U ignominiofa. Le pré* mier congé étoit acordé aux soldats qui avoient dignement rempli le tems du service : c’étoit un témoignage honorable de la valeur & de la fidélité des soldats, St un titre autentîque pour mériter la qualité de Vétérans, & le droit de jouir des privilèges qui leur étoient acordez. La seconde espèce de mission , étoit apellée caufaria , parce qu’elle étoit acordée pour. bonne & juste cause : elle étoit de même honorable, A ceux cjul í’obtenoient, joùissoient des privilèges dont les vétérans étoient récompensez : le grand âge, les infir» CON 459 «litez survenues, les blessures considérables étoient de justes causes d’un congé. Enfin, la troisième espèce de congé étoit déshonorante, puis qu’elle étoit fondée fur des fautes contre le devoir militaire, ou fur quelque crime ; & pour rendre publique la cause du congé, on l’acompagnoit de certaines formalitez infamantes, qui coníìstoient, ou à lui ôter fes armes ou fost cheval, à briser fa pique, ou à rompre ion épée, & ies marques militaires : on les punissoit encore par la privation des honneurs & des charges, qui ne pouvoient être possedez que par des personnes fans tache, & dont la réputation étoit entière. Voïez fur cette matière, Voet, de jure militari ; Ayala, de jure A offieik beUick. CONGE', YDip/oma navigandi potesiatem faciens, commeatus.] Terme de Marine. C’est une permission que doivent prendre les vaisseaux qui sortent des ports. (Ce congé s’apelle passeport, quand on le donne à des sujets , fureté quand on le donne à des amis, Stfauf conduit à l’égard des ennemis,) 0 On dit congé pour sortir d’un port, & permission pour y entrer. Le congé doit être enrégîtréau Grés® de l’Amirauté, à peine de confiscation. Le Maîtra ou le Patron doivent en faire les fraix. Le congé doit contenir le nom du Maître, celui du vaisseau, son port & sa charge, le lieu de son départ, & celui de sa destination. Voïez Y Ordonnance de 1681. liv. i. tit. 10. Voïez aussi la Loi unique, eod. de littor. itiner. eufodià, & l’Ordonnance maritime. CONGE'. [ DimiJJio, mijfìo.] Ce mot se dit à l’égard des personnes qu’on prie de se retirer d’une maison où ils avoient quelque habitude, ou quelque prétention. (Ce jeune homme recherchoit une telle fille» mais les parens lui ont donné son congé, & l’ont prié- de n’y penser plus. On a beau donner congé à cet écor- nifleur, il revient toujours. On donne congé à un locataire, cpiand on lui déclare qu’on ne veut plus continuer à lui louer quelque maison , ou quelque chambre.) CONGE'. C Vale dicere. J Adieu qu’on dît à une personne en la quitant, ou étant prêt d’aller à la campagne. (Quand on se sépare d’un honnête homme, on prend civilement congé de lui. Quand on est sur le point de voïager ou d’aller â la campagne pour un tems considérable, on va prendre congé des personne* de respect que l’on connoît.) f On dit aussi, audience de congé, en parlant d’un Ambassadeur qui se retire. 11 a eu son audience de congé. f CONGE', signifie aussi dans les coléges, l’exem* tion qu’on acorde aux écoliers d’aler en classe, (Donner congé pour un jour, pour une après-dinée, Le* jours de congé.) CONGE' d’encavement, [Facultés dimittendì pleva vino dolia in cellas fubterraneas.] Terme de Commis aux caves s c’est-à-dire, permission d’encaver ; c’est-à- dire, de mettre du vin dans la cave. CONGE', [Provocatio, data mijfìo adverfàs provotarì- tem.] Terme de Palais. Règlement ou ordonnance de Juge, qui renvoie absous le défendeur , lors que le demandeur ne comparoir pas à l’affignation qu’il a Fait donner au défendeur. 0 CONGE'. Terme de Palak. Le demandeur demande défaut, lors que fa partie ne compare pas ; & dans le même cas, le défendeur demande congé. CONGE'. [Scapm.] Terme ftArcbiteHure. Quart de rond qui va d’un petit filet, ou quarté, en fe retirant pour gagner le nû d’une colonne d’un mur ou d’une face. On le nomme aussi efeape. 0 Le congé , parmi les Architectes, est apellé efeape, ou apophpge, mot Grec , qui veut dire fuite ;• c’est l’endroit où la colonne fort de fa hase, & commence à monter, & à échaper en haut ; c’est pourquoi les Ouvriers apellent cet endroit efeape, congé, Vitruve s’en est servi dans son huitième livre, Voïez Mr. Perrault, liv. 4. de fa Traduction, & Bernardinm Baldm , de Vitruvianorum verbor. fgníficat. 0 CONGE'ABLE. Un domaine congéable, dont it est Fait mention dans la Coutume de Bretagne, art „ Ç41» selon Ragueau en son Indice, un domaine à- quel le pojfejfeur fe doit défaifìr a la volonté du Seigneur bailleur , en lui paianl ses mélïnratims. II a été jugé par Arrêt du Parlement de Bretagne, raporté par Lestât, qu’un domaine congéable étoit sujet au retrait lignagen CONGEDIER} #. «. [Dimi/tere,] Idcentief, Tarn t, M m tu » Don- 460 CON Donner congé. Donner permission de se retirer. Commander de quiter le service qu’on rendort. (Congédier les troupes. Abl. Congédier un domestique, congédier un Ambassadeur.) CONGE'LATION , /. f- [Congelât™. Terme de Chimie. Opération chimique, qui consiste a congeler par Pair froid quelque chose de liquide, & qui a été fondu. (La congélation des graisses. Gla. I. i.) La congélation du sang se fait par le froid, mais la coagulation du sang se fait par d’autres causes. _ (Ce mot de congélation signifie aussi les choses congélees par le froid. (On trouve dans les Alpes des congélations de divers sucs.) CONGELER , y. a. [ConçelareJ Terme de Chimie. Former en maniéré de gelee par le moïen de l’air froid, quelque chose de liquide , & qui a été fondu. (Congeler les sels & les métaux. Gla. I. i.) f CONGELER, est aussi n. pass. L’eau se congele, les humeurs se congèlent. CONGESTION, s. s. [ Congesim.l Terme de Médecine. Ce mot se dit d’un amas d humeurs , qui se jettent sur quelque partie du corps & y forment des tumeurs contre nature. Ce mot est oposé à celui de jìuxion. sjs CONGIAIRES. On entend par le terme de congiaire , cette forte de largesses que les Empereurs Romains faisoient au peuple ; & dans laquelle on avoit coûtume de distribuer à chaque citoïen une certaine somme d’argent, jointe à une certaine quantité de viande, de vin, d’huile, &c. í CONGLOBATION, s. f. Figure de Rhétorique, par laquelle on entasse plusieurs preuves , plusieurs argumens les uns fur les autres. CONGLUTINATION, T s. [ Conglutinath.) Terme de Chimie. Atache de deux corps par quelque chose de gluant. (La conglutination est plus forte quand on met de la cire ou de la poix résine dans la composition.) CONGLUTINER, v. a. [ Conglutinare. ] Atacher deux corps avec quelque chose de gluant & de tenace. Ces deux mots ne font guére en usage , qu’entre ceux qui travaillent en chimie. CONGRATULATION , s s [Congratulation Ce mot se dit, mais peu souvent. Oeil un compliment qu’on fait à quelcun , pour lui montrer qu’on Î irend part à son bonheur, à sa joïe, & à tout ce qui ui est arrivé d'heureux. CONGRATULER, v. a. [Congratularif] Ce mot se dit, mais en fa place on dit plus ordinairement, féliciter quelcun. Faire compliment à quelcun fur quelque bonheur qui lui est arrivé. . Moi ra e n voulant aller, Quoi, votss en irez-vous fans le congratuler ? Vill.) jÇT Mr. de Maucroix, dans fa Traduction de la qua» triéme Verrine , dit: je vous congratule donc , (dit-il, en S’adressant à Verres,) du larcin que vous avez fait, Ê? je soutiens que c’eji ce que vous avez fait de mieux en tout le tems de vôtre Préture. Je ne voudrois pas me servir de ce mot en aucune manière. CONGRE, f m. [Conger.J Poisson long & cartilagineux, qui a la peau semblable à l’anguille, & qui a la chair dure. Rond. ÇONGRE'GANISTE , f m. [Sodalis.) Ce mot se dit parmi les Jésuites, & veut dire, un écolier, un bourgeois, qui est de la Congrégation de ces Pérès. (Un Congréganiste fort dévot.) CONGRE GATION , f /• [Sodalitas , fodali- tium. ] Ce mot se dit en parlant des Religieux qui suivent une régie particulière, ou quelques points particuliers & essentiels d’une régie. Et c’est le corps des Religieux qui observent cette régie particulière, ou quelques points principaux de cette régie. (Cette Congrégation est unie à la réformation de S. Maur. Patru, ■plaid. 5.) Ce terme se dit aussi des Prêtres assemblez qui ne font aucun vœu. (La Congrégation de l’Oratoire.) CONGRE'GATION de Cardinaux. [Conventm, Con- grégatìo Cardìnalium.) C’est un certain nombre de Cardinaux choisis, ou députez parle Pape, pour éclaircir^ ou décider quelque a faire qui regarde l’Eglise. >C est cette savante Congrégation qui prononça contre Monsieur. Patru, plaid. 15.) CON i-urstiKt: tiAi'tON. ygodalitium beata Virginité] ( e mot parmi les Jésuites est une espèce de confrairíe de plusieurs écoliers, de plusieurs artisans, ou de plusieurs bourgeois .qui s’assembìent ordinairement tous les Di. manches dans une chapelle chez les Jésuites, & q u ; toutes les fêtes de la Vierge & tous les mois feconfes. sent au Père qui a le soin de la congrégation. (La con. grégation des écoliers, des artisans, des bourgeois & des Messieurs. Etre de la congrégation.) CONGREGATION. [Capelhinia.]^ Salle ou chapelle où s’assemblent les Congréganistes. (Aller à la Con. grégation.) f CONGREZ, / W- [ Congreïïm . ] Terme de Palais. Acouplement charnel de l’homme & de la femme, ordonné par arrêt de la Cour. (Ordonner le congrez. Le M ait. pt jamais Juge entre eux ordonnant le congrez, De ce burlesque mot lia sali ses arrêts. Defpr._/âí. 8 ) Ce terme est obscène, & le Parlement par un arrêt de 1677. abrogea l’usage du congrez. Journal du Palm. CONGRU, congrué, adj. [Sujjlciens, portiocou. grua. ] Sufisant. (Portion congrue.) CONGRU, congru'ê , adj. [Congrum.] Qtti est correct en matière de langage. (Etre congru en François.) CONGRùMENT, adv. [ Congruenter. ] Correcte, ment. (Parler congrûment.) On dit aussi grâces congrues , certaines grâces que Dieu donne conformément à la disposition des hommes, & ceux qui les soutien- nent sont apellez congruistes comme Suarez. CONJECTURAL, conjeHurale, adj. [Conflit. ralis .3 Qui est tout de conjectures. Qui n’a que des conjectures. (La Médecine est une sience fort conjecturale.) CONJECTURALEMENT, adv. [Conjeltoriè.] Par con- jecture. CONJECTURE , f f- [Conjectura, con jette tio.] Indice capable de faire foi à l’égard d’une chose faite ob à faire. (Conjecture vraie ou fausse. Se fonder sur des conjectures.) CONJECTURER , v. a. [Conjicere, conjetíarc.] Avoir des conjectures fufifantes, pour croire ou ne pas croire. Avoir des indices & des marques raisonnables pour se déterminer à quelque sentiment. Prévoir par ses conjectures. (Je conjecture par le raport désuni & des autres, que la chose qu’on nous a ditfe de lui, est vraie.) CON JOINDRE , v. a. [Conjungere, cornélien .] Ce mot ne se dit presque pas, & en fa place on dit joindre ensemble. CONJOINT, conjointe, adj. [Connexm, conjelím .] Joint ensemble. Joint. Les conjoints. [Conjuges.J Ce mot en terme de Pra- tique & de Coutume, signifie les mariez, les personnes conjointes par mariage. (Les conjoints font obligez de s’aimer, mais fur ce chapitre peu font leur devoir.) CONJOINTEMENT , adv. [ConjtmlH , conjunllim.] Ensemble. (Ce droit lui apartient conjointement avec l’Abé. Patru, plaid. q. On le nomma conjointement pour député avec les Princes. Mémoires de Mr. de k Ro.cbefoucaut.) CONJONCTIF , f. m. [Conjunllivus.] Terme de Grammaire. Un des modes d’un verbe. 11 est apel- lé conjonflif, parce qu’il est acompagné d’ordinaire de quelque conjonction. (Verbe qui est au conjonctif.) _ f CONJONCTION , f f. [1 Conjunlíio .] On apelle ainsi l’union du mâle & de la femelle, & principale- ment de l’homme & de la femme. (Conjonction pat mariage.) CONJONCTION, f.s. [Conjunftioi} Ce mot se dit en tenues d’Astrologie, & en parlant de la lune. C’eft la rencontre de la lune avec le soleil, sous un méme dégré du Zodiaque. (Cette conjonction s’apelle nouvelle lune, & la lune ne paroìt point au tems de fl conjonction. Rehaut, phis. de Régis.) CONJONCTION. Terme de Grammaire. II veut dire conjonctive. Particule qui lie les phrases & les périodes. (II faut placer ingénieusement les conjonctions.) CONJONCTIVE , f. f. [ Conjunfliva. ) Terme de Grammaire. Conjonction. Petit mot qui lie les phrases & les périodes. (Mot lié par la conjonctive, &c.) -J CONJONCTIVE, f. f. Une des membranes de l’œil, que l’on apelle vulgairement le blanc de l’œil. Volez Perraut. CON CONJONCTURE , / /• [Status , concursm re- yuì n.J C’est une certaine rencontre , bonne ou mauvaise dans les afaires. Vaug. rem. (Conjoncture heureuse ou malheureuse. Bonne ou mauvaise, fatale. La conjoncture étoit très - favorable.) SE CONJOuIR 4 v. r. [ Gratulari , congratulari. ] Ce mot est vieux & hors d’ufage. On dit en fa place , fe rejoiiir avec quelcun de quelque bonheur qui lui est arrivé. Féliciter quelcun de quelque chose d’heu- reux qui lui est arrivé. CONJOÙISSANCE , / f, [Gratulatio , congratulation Compliment qu’onfait à quelcun, pour lui témoigner la joie de quelque heureux fuccez qui lui est arrivé en fa fortune ou en ses afaires. CONIQUE- Voïez Cône. t CONISE , / f- [Conyza.J Plante dont les feuilles ressemblent à celles du verbascum noir, mais plus petites, odorantes, acres, & un peu ameres. Elle croît dans les bois , fur les montagnes , & le long des chemins. Elle excite l’urine & les mois aux femmes, chasse les vents, & résiste à la corruption étant prise intérieurement. On s’en sert extérieurement pour la gale, & pour faire mourir ou chasser les puces & les moucherons. CONJUGAISON»// [Conjugatio.J Termed e Grammaire. La maniéré de conjuguer. Ce mot est Latin. CONJUGAL» conjugale , adj. [Conjugalií. ] U vient du Latin. Qui est du mari & de la femme. Qui regarde le mariage. (Amour conjugal. La mort ne peut éfacer l’impreffion sainte de Puni on conjugale. Patru , plaid. i. Se donner la foi conjugale. Amour conjugal. Rien n’est plus fade que la tendresse conjugale. S. Evreml) CONJUGALEMENT, adj. [Conjugum more, ritu.J C’est-à-dire , vivre comme mari & femme. CONJUGUER , D. a. [ Conjugare.J Terme de Grammaire. C’est dire les modes & les tems d un verbe. On dit aussi nerfs conjuguez. CONJURATEUR , / [Conjuratm.J Ce mot n’est pas Franqois, & en fa place, on dit conjuré. Vaug. rem. f L’Académie admet ce terme dans son Dictionnaire, mais elle avertit qu’on dit plus ordinairement -M/ure. ê On apelle quelquefois conjurateur , celui qui se sert de certaines paroles pour conjurer les démons ou une tempête. (Conjurateur des démons, conjurateur des tempêtes.) CONJURATION,// [Conjuratio, constiratio.J Parti de plusieurs personnes unies ensemble, qui se sont donné la foi pour attenter sur un Souverain, ou sur son Etat. (Une dangereuse conjuration. Découvrir une conjuration. Etoufer la conjuration. ) f De toutes les conjurations qui regardent l’Etat & la liberté de la patrie , ou le salut du Prince, il n’y en a point de plus basses & de plus indignes , qui portent plus fur l’honneur, & qui démontrent davantage la lâcheté & la poltronnerie, que celles cjui fe forment & qui fe trament dans les places assiégées. Polybe de Foiard, Tom. III. _ f CONJURATION. [Obsecratio , obteftatio.J _ Prières qu’on fait à une personne. (II lui a fait mille tres- humbles conjurations.) Le mot de conjuration , en ce sens, commence à n’être plus si fort en usage. CONJURATION, / f- [ Exorcismm , adjuratio. J C’est un exorcisme , qui consiste à dire de certaines paroles ou de certains vers, pour fe préserver, soi ou les autres, de quelque maladie , ou pour empêcher quelques événemens , & pour produire quelques efets merveilleux & surnaturels. Ces conjurations font défendues. Tbiers , superfl. ch. 33. CONJURE' , / m. [Conjuratus.J Un de ceux qui ont conjuré. Auteur ou complice de quelque conjuration. Vaug. rem. (Les conjurez ont été condamnez a la mort. uîbl, Oúi , tons les conjurez entendront publier Qu’ Auguste a tout apris , N tseut tout oublier. Corn. Cinna. ail, )./■. 5-) CONJURER, V. n. & V. a. [ Sibidaresidem .] Se donner la foi les uns aux autres. Se prêter serment de fidélité pour exécuter de concert quelque «hose contre le Souverain , ou contre l’Etat. (Catíli- na avoir conjuré contre sa patrie.) CONJURER , v. a. [ Conjurare , conjjiirare. j Con- CON 461 spirer, résoudre quelque duise de fatal contre quelque personne. Se liguer , se bander contre quelcun. (Les astres ont conjuré ma perte. Théo. La France & PE~ fpagne font conjurées contre lui. Voit. I. 74.) CONJURER. [Objecrare , obtejìari. J Prier. Suplíef humblement. (Elle m’a conjuré de lui faire un rondeau. Voit. Po'éf. Je vous conjure, ma chère , de vous souvenir quelquefois d’un homme qui vous adore. ) CONJURER. [Damones ejieere , expellere adjuratio - ne divini nurninh, Terme d 'Eglise. Chasser le diable du corps de quelque possédé, de la part de Dieu. (Le Prêtre a conjuré le diable de sortir du possédé.) CONNETABLE , / m. [Cornes Jìabuli , rei. bel . licœ sumsnus in Galliaprœfeffus.J Le premier des O liciers de la Couronne , & qui après le Roi, est le chef des armées, & qui a rang irrynédiatement après les Princes du Sang. (Le Connétable portoit Pépée du Roi. On lui donna Pépée de Connétable. La charge de Connétable esta présent suprimée en France. (Cette Charge commenqa en France sous le régne du père de saint Louis en .1218. en la personne de Mathieu de Montmorenci, & fut suprimée en 1627. après la mort du Connétable de Lefdiguiéres. ££ CONNETABLE. Titre fort ancien en France, dont la première fonction étoit d’avoir le foin des écuries du Roi, & il fut apellé Cornes Jìabuli. La Charge de Connétable a toujours été considérable , & nous trouvons dans les anciennes Histoires , que le Connétable avoit un commandement dans les armées. II est dit dans Villehardouin , que Henri, frere de PEm- pereur Baudouin, envois des troupes pour fortifier la ville de Rajìmn , fous le commandement de Thierri Sénéchal, & de Tbierris de Tendremonde, qui eres Connejlable. On ne peut mieux faire connoître la grandeur de cette charge , que par le discours que le Roi Charles V. fit dans son Conseil, lorsqu’il voulut élever Bertrand Du Guesclin à cette haute dignité. II dit, (ce sont les termes de Mr. l’Abé de Choisy, ) que son mérite étoit au-dejjm des louanges , £t? que Jim- pie Gentilhomme Breton , il s’étoit aquis, par fa vateur, b par son expérience à la guerre , le droit de commander d tons les Grands Seigneurs du Roiaume ; que les Princes ses freresferaient les premiers à lui obéir. Le discours du Roi fut reqû avec aplaudissement ; il commanda auffi-tôt qu’on fît entrer du Guesclin , & lui dit d’ust ton de maître : Du GueJ'clin , prenez mon épée , gf l’empìoiez contre les ennemis de la France. L’Hiílorien ajoûte, que Du Guesclin voulut s’excuser sur son incapacité , & fur sa naissance, qui devoir l’éloigner d’une si haute dignité. Mais le Roi lui dit : Saches , MeJJire Bertrand , que je n’ai frere , cousin , ne neveu, ne Baron en mon Royaume , quin’obéïjje à vous; lisse nul en étoit au contraire , il me courroucerait tellement , qtíìl s’en appercevroit ; Jlprenez f Office joyeusement , gèf vota en prie. ê CONNETABLE , est aussi un titre de dignité qui fe donne en d’autres Etats à quelques personnes de qualité , dans la maison de qui ce titre est héréditaire. (Le Connétable de Castille, le Connétable Colonne.) Madame la Connétable. [Uxor J'ummipraseéii.J La femme de Monsieur le Connétable. CONNE'TABI IE , connétablerie , / / f JurhdilU0 Gallia Marescallorum.j On ne dit plus que conneta- blie , & c’est ce qu’on apelle d’ordinaire la Table de marbre, qui est une Jurifdiction qui conuoît de la milice civile , politique & criminelle, & qui est exercée parle Connétable & les Maréchaux de France. Voiez Miraumont , de la Cúnnétablie , p, 552. £ La Conné- tablie fe tient ordinairement chez le Doïen des Maréchaux de France , comme représentant le Connétable. CONNEXE , adj. [Connexus.J Qui a de la connexité , de la liaison & du raport avec un autre. (Ces deux afaires sont connexes.) CONNEXION, // [Connexio.J Liaison. Raport. Ces matières n’ont ensemble aucune connexion.) CONNEXITE',// [Connexio.J Ce par quoi une chose a raport à une autre. CONNILLER. [Subterfugere.J Esquiver, fe cacher, trouver des échapatoîres. Montagne fe sort de ce terme , qui est fort en usage dans PAnjou. f CONNIN , connil , / M. [Cuniculus.J On prononce connin , quoi-qu’on ecrive quelquefois ce mot par une í finale. Le connin est une peau de lapin : M m m 3 c’est 462 CON c’est aussi un lapin. Voïez Lapin. (Un joli connin. Un connin alerte, éveillé, fringant.) Mais ce mot de connin ne fe dit qu’en riant, & par les rues de Paris, ou l’on crie seau de connin. Hors de là, le mot d’usage est celui de lapin. x f CONNIN. Terme que les nommes dilent en riant, & en remuant les petites filles qui font au maillot. II veut dire petite fille : mais cela ne fe dit qu’en folâtrant. C’est le plus beau , le plus joli & le plus mignon connin du monde.) * CONNIN. Petite tasse qu’on porte a la poche , qui est ordinairement d’argent, & qui s’apelle ainsi à cause de fa forme. Le mot de connin , en ce sens, ne fe dit qu’en riant, car lors qu’on parle sérieusement, on dit monaco. . f CONNINE , s. f. [ Cunicula. J Lapine. O est la femelle du connin,'ou lapin. Ce mot se dit tres-peu. (Quand le connin veut « 11 er à la conmne , il grate la terre & s’échaufe. Fo'úilloux , vénerie , p. 100.) Au lieu de connine , on dit lapine , ou fémelle de lapin. CONNIVENCE, / f [pisilmulatio.} II est tire du Latin connìventia , & signifie dissimulation fur quelque afaire , conduite de personnes qui feignent de ne pas voir, ce qu elles voient fort bien. (Ce silence est peut-être une connivence véritable. Lettres de St. Augustin. Acufer quelcun de connivence. Les Supérieurs ont quelquefois de la connivence pour les fautes des inférieurs, quand ils en retirent du profit.) CONNÍVER, v. a. II vient du Latin cfmnivere , dìjfimulare. C’est user de connivence. Dissimuler ce qu’on volt. Etre d’intelligence avec d’autres fur quelque chose. Conniver n’est pas encore tout-à-fait établi ; mais comme des Prédicateurs de mérite s’en fervent, il y a aparence que biens des gens les voudront imiter. (Grand Dieu , il semble que votre bonté connive aux fautes des hommes. Ceux qui connivent aux crimes qu’ils pouroient empêcher , en font responsables devant Dieu.) CONNOISSABLE, adj. [ Cognoscibilis .',] Prononcez conéssable. Que l’on peut connoître. (De Pair qu’il est habillé, il n’est pas connoissabie. Elle est devenue si grande, qu’elle n’est point connoissabie. II a une marque au visage qui le rend très-connoissable.) CONNOISSANCE , / /- [Cognitio , notjtia , mens , ratio.] On prononce ordinairement conéjjance. Discernement qui se fait par la vûë. Notion qu’on s’est aquise par la vûë , par l’esprit ou par l’étude. Le mot de connoiffimce dans ces derniers sens est figuré. (Exemples. Les connoissances fe peuvent aquerir par le sens ou par le raisonnement. Rohaut , physique. On l’emporta dans fa tente plus mort què vif, aïant çer- du toute connoissance. Vaug. Quint. I. c. y. Dérober une chose à la connoissance d’une personne. Abl. ret. I. 1. c. 9. Us étoient estimez par la connoissance qu’ils avoient de la langue Latine. Maucroix , schisme, l. a. Juger des choses par ses propres connoissances. Monsieur de la Rocbefoucaut. Les connoissances honnêtes. C’est-à-dire, les belles lettres, & autres choses qui embélissent l’esprit. Donner à quelcun la connoissance des plus beaux sécréts de la nature. La Chambre. Donner à quelcun la connoissance de tous les simples. L’amour vient de l’aveuglements JJ amitié de la connoijlance. BuffiRab.) =f La plupart des grandes entreprises & des grands desseins dépendent de la connoissance du pais où l’on fait la guerre , ou de la position des forteresses. Poly- be de Folard. CONNOISSANCE. [ Familiaritas , amìcìtia , confue- tudo .J Personne t^u’on connoît familièrement. Personne avec qui on a été familier. Nouvelle habitude qu’on fait avec une personne qu’on a vûë autrefois. Personne qu’on connoît & qu’on fait connoître à un autre. (Monsieur un tel est une de mes anciennes connoiss Lances. Pasc. I. <;. Renouveller connoissance avec quelcun. Pasc. I. ;. Faire connoissance avec quelcun. Abl. Je lui ai donné la connoissance de mes meilleurs amis, & il en a mal usé. J’étois un jeune homme avide de connoissances illustres. Ménage.') H Etre en pais de connoijjance. C’est être dans un lieu, dans une maison, où l’on connoît ceux qui y font, & où on en est connu. Je me trouve en pais de connoissance lorsque je vais dans Cette maison. On le dit aussi d’un pais qu’on a examiné avec soin , & qu’on connoît parfaitement. L’Italie est un pais de connoissance pour cet Gficier. On dit aussi six. d’un homme CON oui entendles Livres & les langues, qu’il est en m v, de connoissance lorsqu’il entre dans une Bibliothén,,» * CONNOISSANCE ,//. [Malum cmmtrrìtmV^ bitation charnelle. Commerce charnel. (Avoir la con noissance d’une femme.) . í CONNOISSANCE. Terme de Chase. On apellí ainsi certaines marques imprimées par le pié du cerf & qui servent à faire connoître Page & la grosseur d.i cerf que l’on chasse. a CONNOISSEMENT, / m. [Aria manu prsieHi , ìa vis obsignata. Terme d t Mer. Ecrit par lequel le mai" tre du vaisseau confesse avoir chargé telle marchands fe. On apelle aussi ce connoissement Brevet. Four» (si Le Connoissement, est la reconnaissance qu’uii maître donne à un Marchand, de la quantité & qu a . lité des marchandises chargées dans son vaisseau, avec la soùmission de les porter au lieu de leur destination Cet acte doit être signé par le maître, ou par l’écrivain du bâtiment: il doit être bien circonstancié, il doit être fait triple ; l’un pour le chargeur ; le second sera envoïé à celui à qui les marchandises doivent être re- mises & consignées; & le troisième doit être mis entre les mains du maître, ou de l’écrivain. Voïez l’Or. donnance de la Marine. CONNOISSEUR, / m. [Homo intelligens , docha fin. mator .] Celui qui s’entend & fe connoît en quelqu» chose. (C’est un connoisseur. La piéce n’estpasaprou. vée, par les connoisseurs. Mol. La plupart des con. noisseurs demeurent d’acord de cela. Racine, Bri), préface. Et fur le mérite U les mœurs, On pouroit défier les plus fins connoisseurs, De vous souhaiter quelque chose. Deshoul.) CONNOISSEUSE , s. f. [ Docla asiimatrix. ] Celle qui s’entend & qui se connoît en quelque chose. (Cela nous donnera le bruit de connoisseuses. Mol.) CONNOÎTRE, v. a. [Noscere , cognoscere .] Pronon- cez connaître. Apercevoir. Voir. Distinguer quelque chose par le moïen de la vûë. Je connoi, j’ai connu, je connus. (Je connois fort bien que cette toile n’est pas blanchie , que cette chemise n’est pas bien blanchie. Je ne le connois point, car je ne í’ai jamais vû; connoître une personne de vûë. Je lui dirois hien-tòt : Je connois tous tes pères, Je sai qu’ils ont brillé dans ce fameux combat, Où fous l’un des Valois Enguien sauva f Etat, Defpr.) CONNOÎTRE. [ Novijfe. ] Avoir dans l’esprit un» idée nette & distincte' d’une chose qu’on a déja vûë. Avoir habitude avec une personne. (Exemples. Je connois la plûpart des herbes. Je connois cinq ou fe des plus beaux esprits de France. C’est un homme qui connoît tout Paris. Connoître une personne de longue main. Connoître une personne de réputation. Mol. fem.sav. aél. 1 -sc. 10.) í CONNOÎTRE. C’est aussi entendre bien une chose, en avoir un grand usage. On dit, cet Otìcier connoît bien la guerre, il connoît bien la mer. CONNOÎTRE. [Açstimare , considerare , reflefíiri.J Voir, juger , considérer, faire des réflexions fur foi ou fur quelque autre chose. Cela vous aprendra à vous connoître. Mol. Ils firent connoître par un acte fi de- testable à qui ils declaroient la guerre. Maucroix, schisme, L 1.) CONNOÎTRE. [Cognoscere .] Ce mot se dit dqs hommes & des femmes , qui ont ou qui ont eu commerce charnel ensemble; il signifie avoir des privautez de mari avec une femme. (Exemple. Prenez garde, mon fils, de ne connoître point d’autre femme que celle que Dieu vous aura donnée pour épouse. Port-Royal. Joseph n’avoit point connu Marie , quand elle enfanta son fils premier né. Port-Roial, nouv. tes. S. M‘d. ch. 1. ) CONNOÎTRE. [Jus habere cognoscendi. ] Terme de Palais. Etre Juge de quelque afaire. ( Le Roi voulut connoître de l’afaire. Vaug. Quint. L 10. ) (si 11 est dit dans l’ardcle 178. de la Coutume de Tours, que le retrait ne se connoît à présentp & pour entendre cette expression qui est obscure, il feu t observer que dans cette Coutume, le Seigneur qui exerce le retrait féodal, n’est obligé de prendre que ce qui relève de lui: mais en matière de retrait lignager, le retraïant est obligé de prendre tous les fonds vendus , quoique provenans d’une autre ligne , si l’aque- CON íêlif veut tout abandonner. C’est cè qúé la Coutume décide par ces termes : Retrait ne se connoìt à quartier , au préjudice de l’aquereur, s’il ne lui plaît, Voler Fallu fur cet art. Se connoìtre, v. r. [ Noscere se, ] Savoir vraiment qui on est, & qui font les autres. Savoir le foible & le fort des gens. S’entendre en quelque chose. Avoir de particulières lumières pour de certaines choses. (Exemples. La chose du monde la plus dificile , c’est de se bien connoìtre soi-méme , se connoìtre en gens, se connoìtre en peinture : se connoìtre en atchitectu- re, &c. Les femmes se connoissent plus finement a bien faire les choses, parce que l’avantage de plaire leur est naturel. Le Chevalier de Meré.) * CONNOÌTRE. [Notifiant dare , prœbere de aliquâ K.] Ce mot se joint à celui de faire , & alors faire connoìtre quelcun, se prenant en bonne part, lignifie lui donner du nom & de la réputation. CONNU, connue. {Cognitm , notus.] Fameux, qui a du nom & de la réputation. (C’est un Auteur très* connu. Embrase avec plaisir la vérité connue. Vill.) (f Rendre connu , pour faire connoìtre. Le fameux sonnet de Mr. Benserade commence par ces mots ; Job , de mille tourment atteints Vous rendra sa douleur connue, Mr. de Balzac se récrie en examinant ce sonnet, & celui de Mr. de Voiture pour Uranie : ,, Quelle sorte de „ langage est ce, je vous prie , Je veux vous rendre ce „ cavalier connu , ou , cette Dame connue , pour dire, „ je veux vous les faire connoìtre, ou , vous en don* „ ner la connoissance ? Est-ce un faqon de parler Poe* „ tique ? Est-ce une locution figurée ? Est-ce une mo. „ de étrangère , & aportée de dehors , qui depuis peu „ a été naturalisée en oe Roïaume? Ou plutôt n’est- „ ce point une nécessité de la rime? N’est-ce point „ quelque petit reste de colége ? N’est-ce point le jar- „ gon d’un Ecolier Alemand, nouvellement arrivé à „ Orléans , qui fait éfort pour parler Franqois , & qui „ prie son hôte de lui rendre connus les plus honnê- „ tes gens de la ville ? On peut dire, se rendre célébré ,, à toute la France, se rendre illustre par la grandeur „ de set allions : mais on ne peut pas dire de la même „ forte, se rendre connu j il faudroit que celui qui le „ diroit, eût plus de crédit que l’usage , pour le di* j, re avec succès ”. f CONODIS, s m. Petite motioïe , dont on se sert à Goa & dans tout le Roïaume de Cochin. CONOïDE , s m. [Cono'zt.J Terme de Géométrie . Corps qui ressemble à un cône, & qui a pour base une ellipse. Voïez le DiHion. Mat. d’Ozanam. CONQUE,/ f Coquille. (Vénus étoit portée fur deux tritons dans une conque marine. Ablanc, Luc. t. 2. ) * CONQUE. [Concha.J Trompette de tritons. (Les tritons montez fur des veaux marins enfloient deux conques marines.) CONQUES. Cavitez de l’oreille qu’on nomme autrement coquille. f CONQUE. Mesure de grains, dont on se sert à Baronne & â St. Jean de Luz. CONQUERANT , s m. IHoJlium victor, dorait or. ] Celui qui par les armes aquiert quelque chose de considérable fur ses ennemis. Celui qui triomphe fur ses ennemis , de leurs places & de leurs païs. Un glorieux , un fameux , un célébré Conquérant. Les conquérans ne peuvent pas toujours dormir jusques à onze heures. Volt. L 4 6. Mait ce Conquérant habile, A plûtôt pris une ville Qu’on n’a fait une chanson. Mr. Petit.) H CONQUE'RANT. Ce mot, dans son sens propre & naturel, & non selon l’idée qu’y a tache la fiaterìe, ne signifie autre chose qu’un illustre scélérat, un brigand insigne. II n’y a qu’une très-petite distance, ou même il ne s’en trouve aucune , entre un chef de voleurs de grands chemins , & un conquérant. Polybe de Mr. de Folard , Tome IL p. 126. de Y Edit, d’Amst , t * CONQUE'RANT. Ce mot se dit en parlant d’amour, & veut dire , un jeune homme bíen-fait, & qui par son air, par ses manières, & par fa bonne mine gagne le cœur des belles. (C’est un conquérant en amour. CON 4 63 CONQUE'RANTE, s. f Ce mot ne fe dît, ce semble , pas au propre ; mais il se pouroit dire, fi les dames fe méloient de ravager & d'enlever des villes & des Provinces. * CONQUE'RANTE, s. f. Belle qui gagne les coeurs par fes charmantes qualitez, par fa beauté, par son grand air. (On voit marcher à fes cotez les héros & lés beautez , dont vient de triompher la belle conquérante. La Suze, Si j’avois à revivre , je voudrois être une petite conquérante ; car la beauté a un, droit naturel de commander auX hommes. Fontenelle dialogue det morts.) CONQUE'RIR i ». a. £Armis quarere, subjicere, rédiger es Je conquiert , tu conquiert, il conquiert, nom conquérant, vous conquérez, Ut conquérant. Je conquis rois, f ai conquis , je conquis. Je conquerrai , que je con - quiére , que je conquisse. Ce mot signifie gagner quelque chose par les armes fur ses ennemis. (Alexandre a Conquis plusieurs villes & plusieurs Provinces. Abl, Il conquit la Normandie fur les Anglois. Patru, plaid, 4, L’Empereur conquit en is?ç. Tunis en Afrique , suris fameux Corsaire Barberousse. Maucroìx, vie de Campé - ge.) On a dit du Prince d’Orange dernier Roi d’An» gleterre : J’ai conquis, dis-tu , plus vite qu’un tonnerre, Un Roïaume. Alte-là, rapide conquérant, Un Courier ne voudroit qu’un an Pour conquérer toute la terre. * CONQUE'RIR , v. a. [ Devincire, J Gagner leg cœurs, les inclinations, l’amour. (Elle n’a qu’à fe faire voir pour conquérir tous les cœurs.) CONQUêT,/ m. [Bona parta .] Terme de Palais, Tout ce qu’on aquiert par son industrie, par son travail. Tout ce qui ne vient pas de succession , & qu’on a gagné à force de travail. (Les aquêts & les conquête de leurs mariages montent à dix mille francs.) CONQUéTE , f f £Bello quiesitas L’actiôn dii conquérant. Alexandre le Grand étendit fort loin fes conquêtes, & elles se firent en peudetems.) CONQUéTE , f f. ['Bello parta , imperio acquisita.J Tout ce qu’on a conquis par les armes fur fes ennemis. (Conserver ses conquêtes. Perdre fes conquêtes. Faire de belles conquêtes. Abl.) ^ On dit prov. vivre comme dans un páis de conquh te, c’est-à-dire, vivre à discrétion. * CONQUéTE. [ Concìliatio animorum .] Personns dont on gagne le cœur par de charmantes qualitez, comme par la beauté , par l’esprit. ( Une conquête amoureuse. Voit. Poës, Faire des conquêtes en amour. Ce n’est pas d’aujourd’hui que je fuis ta conquête. Main, Po’ês Mais, s’il eût dit : Voyez quelle est votre conquête, Je fuis un jeune Dieu , beau , galant , libéral, Daphnie fur ma parole auroit tourné la tête, Fontenelle. Tant qu’ils ne font qu’Amans, nóus sommes SoUve « raines, Et jusqu’à la conquête ils nous traitent de Reines . Corn. Polieucíe, afí. 1. sc, Une belle ne partage avec personne l’honneur de ses conquêtes. Font. dialogue det morts, En ces deux derniers exemples le mot de conquête, signifie faction de conquérir & de gagner les cœurs. La conquête a un cteur semble douce à garder, Corn.) CONQUêTER, v, a. Ce.nlot signifie conquérir , mais il n’elt point en usage dans le beau stile , & même il ne se dit presque pas, car il est vieux, aussi-bien que conquéreur dont fe sert Coejseteûu, £f COIMROI. Ancien mot. Troupe, suite, train, équipage. Le Roman de Gauvaitt, cité par Borel t La Reine eut en son conroi Dames pucelles plus de cent, CONROïER , Conroieur, Voïez Corroïer, córroïeur, CONSACRE', consacrée , adj. [Consecratus, devotus , addittia .J Dédié. Dévoilé. Sacrifié tout entier. Autel consacré. Nom consacré à la postérité. Personne consacrée à Dieu. Oh dit une hostie consacrée, ou noiî consacrée.) ’ CONSACRE'”, consacrée. £AddìflUs , mancipalms Ce terme se dit des mots & des phrases parliculiéres qui ne sont bonnes qu’en un certain endroit. Ces mots, paf exemple , Incarnation, Visitation , sont des mots consacrez. Re dépouiller du vieil homme, ces mots sont uns phrase consacrée. CONSACRER, ». «• £Sacrares Mettre- au rang 4 6 4 CON des Dieux. ( On consacroit les Empereurs après Jeur mort. Ablanc. apopht .) CONSACRER , v. a. [Consecrare , devovere. Dédier. Dévoiier. ( Consacrer un autel, une église à quelque Saint. ) * CONSACRER. [Mancipare , dejlinare , addicere.J Sacrifier. Donner tout-à-fait. (Consacrer son teras & fa peine à des ingrats. Abl.) * CONSACRER, s Immortalitati consecrare , œterna- »■. 2;. Dieu dit à Moïse : Prenez des parfums , de la myrrhe la première N la plus ex- eélente, le poids de cinq cens scies, de cinnanome la moitié, c’es-à-dire , le poids de deux cens cinquante s- c/es , de la canne aromatiquevous y ajoûterez cinq cens scies de casse au poids du Sanfíuaire , N tme mesure de hin d’huile Solive ; vous ferez de toutes ces choses une huile N une onfiion sainte , un parfum composé par sart fs l’adrejse du Parfumeur : vous en oindrez le tabernacle du témoignage , U Htorche du tesament, la table avec ses bases , le chandelier , U tout ce qui Jért à son usage, &c. La consécration du temple que Salomon fit bâtir, à été la plus magnifique qui se soit jamais faite dans Pune & dans l’autre Loi. Salomon sacrifia vingt-deux mille bœufs , & six vingt mille moutons : les Prêtres & les Lévites rendirent la fête plus éclatante par leurs chants , & par leurs instrumens : enfin la cérémonie dura pendant sept jours. Voïez le liv. 1. «h. 7. des Paralìpomenes. L’Histoire Gréque & Romaine est remplie de la dédicace, de la consécration des temples , & des cérémonies que l’on y olsservoit : le détail en scroit trop long , & me porteroit bien au-delà des bornes que je me fuis prescrites, si je l’entrepre- nois : il en seroit de même des dédicaces des temples, des églises, & des autels Chrétiens ; car il est certain, que, soit par émulation, soit par un sentiment de Religion , les prémiéres Églises que l’on bâtit après la destuction du Paganisme , furent consacrées au vrai Dieu avec beaucoup de magnificence de prières & de cérémonies. Eusébe nous aprend que Constantin dédia l’églisc qu’il avoir fait construire dans le lieu où il avoir été bâtifé. Socrate & Sozomene font mention des dédicaces solennelles que les Empereurs successeurs de Constantin firent en diférens teins & l’on comprend aisément que daris ces prémiers tems du Christianisme, on n’oublia rien pour rendre les temples & les églises dignes de la grandeur & de la majesté du Dieu auquel on les consacroit. CONSF/CUTIF, consécutive , adj. [Consequens, steb/èquens.] Ce mot se dit des choses & des actions qui s’entiesoivent immédiatement. (11 lui a donné trois coups consécutifs. 11 a étudié trois jours consécutifs.) CONSE'CUTIVEMENT , adv. [Continentes '.J Ensuite. Immédiatement après. Ce mot est un peu suranné, & on ne le trouve point dans des ouvrages polis. (II en- troit d autres personnes fur le théâtre , ensuite d’au- tres prenoient leur place , & ainsi consécutivement jus- qu’à la fin de la cérémonie. Le Chevalier de Terlon , mémoires, 3. part. p. 569. CON Cf CONSEIGNEUR. C’est aînfi quil faut dire selon Ménage , tome 3. objerv. ch. 99. & non pas Col seigneur. CONSEIL, / m. [Cnnfdìumf Avis qu’ on donne ou qu’on demande sor quelque afaire, ou autre chos’ de conséquence. (Un bon , un salutaire, un sincère 6 un fidèle conseil. Donner conseil à quelcun. ]] ] u ; ' donné conseil sur cela. Lors que les conseils font bons* on ne doit pas regarder d’où ils viennent. Les dia’ mans ont leur prix, mais un bon conseil n’en a point Aller au conseil. II signifie ici aller demander conseil à quelcun. Le conseil des viellards doit conduire lea jeunes. Proverbe. . $ Un bon conseil vaut mieux qu’u ne puissante armée. Le nombre & la valeur tíe peu! vent rien sans le conseil. Polybe de Mr. de Folard J’ai des conseils à vous donner, Ce n’ejl pas le mdien de plaire, Iris on ne divertit guere , Quand on ne fait que raisonner. Poète anonyme. 0 " Mr. de Balzac a dit fort judicieusement dans son Socrate Chrétien, p. 137- que c’es le moien de sain souvent ìnjusice, que déjuger toujours du mérite des cm, Jeils, par la bonne fortune des fvénemens. Créiez-mi ( ajoûte-t-il, ) &ne vous luisez pas éblouir à 1 ‘éclat its choses qui réùsìjjent : ce que les Grecs , ce que les Ru. mains , ce que nous avons apeílé une prudence admira, ble , cétoit une heureuse témérité. * CONSEIL. [Consliarius ,JuaJòr , aufíor.} Celui oui conseille. Celui qui donne conseil & qu’on va consul, ter. ( Monsieur un tel est son conseil.) CONSEIL. [ Conslium .] Assemblée & compagnie de Juges pour décider les afaires qui sont contestées entre les parties. (Le Conseil a jugé l’afaire.) CONSEIL. [Cubiculum conslii.'] Lieu où est le con. seil, où il s’assemble. (Aller au conseil.) Les conseils du Roi sc divisent en conseil à’en-haut , en conseil d’£- tat ou de Finances , en ceux qu’on apdhpetite kgran. de direfíion , en conseil des dépêchés , & conseil des parties. Le Conseil à’enhaut. [ Consliumsanfí'm , secretim.} Est celui où préside le Roi, & où se trouvent Mon. fleurie Chancelier, les Ministres d’Etat & autres personnes qu’il plaît à fa Majesté d’y apeller, & qui foní consommées dans les afaires qui s’y doivent traiter. Les arrêts de ce conseil commencent par ces mots : Le Roi étant en son conseil , pour faire voir la diférence des arrêts des autres conseils , qui ne débutent point par ces mots : Le Roi étant , & pour marquer la pré. sence de fa Majesté au conseil. Les Secrétaires d’£. tat expédient les articles du conseil d ’enbaut. Le Conseil d’Etat, ou de Finances. [Conslium de reins ad regnum (Vr .trarium pertinentìbus.] Est celui où se traitent toutes les afaires de finances, ou qui ont ra- port aux finances , telles que sont les afaires des set. mes & des gabelles, & même des ofices. Ce conseil se tient dans une sale au Louvre , où il y a une table, au bout de laquelle est la chaise du Roi. Monsieur le Chancelier préside à ce conseil, où le trouvent le Directeur général des Fnances , le Contrôleur général des Finances, les deux Intendans des Finances avec les Conseillers d’Etat , & les Maîtres des Requêtes qui ont quelque afaire à y raporter, les quatre Secrétaires de ce conseil y servant par quartier. Le Conseil. [ Conslium de regendo œrario regium. ] Qu’on apelle la petite direfíion, se tient chez le Directeur général des Finances , où se rencontrent le Contrôleur général des Finances , les deux Intendans des Finances , quelques Conseillers d’Etat, & les Maîtres des Requêtes , qui ont des afaires à y raporter, & qui y raportent debout & découverts. La petite direfíion n’est qu’u n premier examen des afaires qui sont des Finances , ou qui regardent les Finances.. Le Conseil, qu’on apelle la grande direfíion , sc tient au Louvre dans la sale du Conseil. Toute la diférence qu’il y a entre la grande direction & le Conseil d’Etat ou de Finances , c est qu’en la grande direction la chaise du Roi n’y est pas, que les Maîtres des Requêtes y sont assis, & qu’ils y raportent couverts. On traite dans la direction des afaires de finances, ou qui ont raport aux Finances, tout comme dans le conseil de Finances, excepté qu’on n’y fait aucune adjudication des Fermes du Roi. Les arrêts de la grande.direction s’intitulent : Extraits des regîtres du Conseil d’Etat du Roi- > CON ie Conseil des Dépêches. [Conjìlium de rébus ad extern régna pertinentibus .] Se tient aujourd’hui chez îe Roi, ordinairement le Lundi , & autrefois le Vendredi. II est composé de sa Majesté , de Monsieur le Chancelier, des trois Ministres d’Etat, & des quatre Secrétaires d’Etat. Le Roi, le Chancelier , & les trois Ministres sont assis, & les quatre Sécrétaires debout. On traite en ce conseil des afaires étrangères , du rôle des dons du Roi; & c’est proprement dans ce conseil que les Sécrétaires d’Etat parlent des afaires de leur Charge. Les autres jours, le Roi tient conseil avec Monsieur le Chancelier & les trois Ministres d’Etat, & ils parlent des afaires d’Etat. Il-ya aussi un jour en la semaine ou le Roi tient conseil de Finances, auquel assistent ceux qu’il plaît à fa Majesté y apeller. Tout ce qui est émané de ces conseils , est dit être émané du conseil à'en-haut. Le conseil des parties, [j Conjìlium ad dirimenda pri- •vatorum dìffìdia.'] C’est celui où préside Monsieur le Chancelier , où assistent les Conseillers d’Etat assis, & les Maîtres des Requêtes debout derrière les Conseillers d’Etat. La chaise du Roi est en ce Conseil au bout de la table , & on j traite des afaires des particuliers , comme des cassations d’arrêts , évocations , & autres choses à peu près de cette nature. II y a quatre Gréfiers de ce Conseil. Les arrêts de ce Conseil s’intitulent, Extraits des registres du Conseil privé du Roi. Conseil de Confience. [Conscientia conjìlium .] C’est un conseil particulier où est le Roi , son Confesseur, & quelques autres, & où l’on décide à qui on donnera avec justice les bénéfices vacans qui sont à la nomination du Roi. Le Grand Conseil. [Conjìlium majtts.} Cour souveraine , où les Conseillers ne servent que par semestre, & qui connoît des apellations de la Prévôté de l’Hòtel , & principalement des bénéfices confiftoriaux, & autres. H Conseil de Commerce. C’est en France une Assemblée établie à Paris, par Déclaration du Roi, dans laquelle on traite de tout ce qui concerne le Commerce intérieur & extérieur du Roïaume , où l’on discute & examine les propositions, les placets & les mémoires présentez sur cette matière, & sur celles des Manufactures , soit pour de nouveaux Etablissemens , ou pour perfectionner ceux qui sont déja faits ; & où enfin sont réglez tous les diférens qui surviennent au sujet du Négoce, tant de terre que de mer, & autres afaires qui y ont raport. Treize Députez du Commerce , choisis & envoïeZ par les principales Villes du Roïaume, assistent dans ce Conseil, avec les Magistrats & autres personnes que le Roi choisit pour être membres de ce Conseil. Conseil de guerre. ['Conjìlium milìtare.} C’est l’affem- blee des principaux Oficiers de l’armée, avec le Général ou Lieutenant Général. C’est aussi Rassemblée de tous les Oficiers d’un régiment.. ( Assembler le conseil de guerre.) Conseil de Ville. [ Conjìlium XJrhanum. J C’est Rassemblée de plusieurs Conseillers qui assistent le Prévôt des Marchands & Echevins à régler les afaires générales & importantes de la Ville. Ils sont au nombre de Vingt, & ils ne se mêlent point, de la police particulière. Le conseil en ejì pris. R Conjlitutum ejl corjìlìum. ] Ces mots se disent d’une afaire conclue & arrêtée. * La nuit porte conseil. Proverbe. II signifie qu’il faut pensera une afaire avant què de l’entreprendre. II ne prend conseil que de sa tête. C’est-à-dire, il ne demande avis à personne. Et en ce sens, on disoit que la mule de Louis XI. étoit bien Forte, & qu’elle portoit le Roi & tout son conseil. II a bien-tòt assemblé son conseil. C’est-à-dire, il est prompt à prendre ses résolutions. A nouvelle afaire , nouveau conseil. On se sert de Cê proverbe, pour répondre à ceux qui prévoient trop de dificulté dans quelque afaire. Un bon General doit prendre conseil sur ie champ. (f Varier conseil. Ancienne locution. JoinVÌlle raconte qu’étant à la table du Roi, avec Robert de Sorbonne , l’un auprès Vautre , N parlions , ( dit-il ) conseil tun à Vautre ; quoi voyant le bon Roi, nous reprint, vous faites mal de conseiller cy ; parlez haut, asm que vos compagnons ne doutent que vous parlez d’euX en mal, fffc. Mr. du Cangea observé sur cet endroit, que parler conseil , & conseiller , c’est parles en secret , & que cette façon de parler étoit commune en cè tems-là. CON 465 CONSEILLER , s m. [Cònjìliarius , suasor , au- flor.} Ce mot général veut dire celui qui conseille. (Nui ne peut résister aux puissans, & fur tout lors- qu’un mauvais conseiller se joint à eux. Port-Royal , Phèdre. Ab ! tu me rends la vie fS Ie sceptre à lasoìs, Un sage Conseiller eji k bonheur des Rois. Corn. Pomp, aéi. 2. sc. 4. ) CONSEILLER , s m. [Cònjìliarius , Sénator.} Ofi- cier de Cour Souveraine , ou de quelque Conseil d’Etat, ou de quelque Jurisdiction subalterne, comme de Bailliage, ou de Prévôté. (II veut faire de son fils un bon Conseiller au Parlement. Etre Conseiller d’Etat. Etre Conseiller au grand Conseil. Etre Conseiller au Bailliage. Etre Conseiller en Prévôté, &c. CONSEILLER lai. j] Cònjìliarius Idicus. } C’est Ust Conseiller laïque ou séculier. CONSEILLER clerc . [Cònjìliarius sécularisé} C’est un Conseiller Ecclésiastique. CONSEILLER d’bonneur. [Senator honorarim.} C’est Un Conseiller extraordinaire , qui dans les compagnies souveraines précédé les Conseillers ordinaires & les Maîtres des Requêtes. CONSEILLER honoraire. C’est un Conseiller qui a des lettres de Vétéran. CONSEILLERS de la Seigneurie. Ce sont dix Seigneurs Vénitiens qui répréscnt le corps de la République de Venise avec le Doge. f * Le Conseiller des grâces. Phrase burlesque & précieuse , pour dire , un miroir. f * Le Conseiller muet , dont les dames se servent. La Fontaine , fables,!. 1. C’est-à-dire, le miroir. CONSEILLER. [Suasor, auHor .] Se dit de toutes personnes qui donnent conseil. (Vous étés un bon Conseiller. ) Car chez moi les avis ont de tristes salaires, Un valet Conseiller y fait niai ses afaires » Mol. ) CONSEILLER, V. a. [conjìlium dare ,ìmpertmf\ Donner conseil à qiielcun. Donner ses avis à quelcun. (On lui conseilla de se défaire de cet homme. AbL Arr. L 1. c. 9. II est dangereux de conseiller des Grands. Vaug. Quint. I. ;.) CONSEILLE'RE, f. f. [Covjìliarì uXor.J Ce mot signifie femme de Conseiller, mais il ne se dit qu’en riant, & quelquefois en conversation ; quand on parle sérieusement, on dit : (Madame est femme de Monsieur le Conseiller tel, ou c’est la femme d’un Conseiller de la grand’Chambre, de la première des Requêtes, &c. Madame VAvocate est assez téméraire, Pour aller du même air que va la Conseillère. Bouts. Esope.) CONSENS ,s. m. Terme de Banquier & de Chancellerie Romaine. (Le jour du consens est le jour que la désignation d’un bénéfice est admise en Cour de Rome. CONSENTANT. Volez phu b*. CONSENTEMENT , s. m. [ Consensus , cónsenjìo.} Aquiécement. Mouvement de la volonté qui condé- cendà quelque chose, qui s’acorde à ce qu’on veut. (Donner son consentement à quelcun. Refuser son consentement. Un fils émancipé, quoi-que mineur, peut se marier fans le consentement de son père ; mais une fille, & même une veuve qui a moins de vingt-cinq ans , ne peut contracter mariage fans demander le consentement de son père, de fa mère, ou de ses proches, Le Maìt. plaid. 2.) jU Entre les figures de Rétorique , on met le consens tement, par lequel ori acorde libéralement ce que l’on ne peut refuser, afin d’obtenir ce que l’on demande. Cette figure est souvent malicieuse ; c’est dans cet esprit que Mr. Despreaux a répondu à ceux qui le bìâ- moieíit d’aVoir censuré avec trop d’aigreur les vers d’un Honnête homme : Sa muse en Vataqttaht, charitable (V? discrète, Sçait de l’homme d’honneur distinguer le Poète . Qtson prise fa candeur sa civilité ; Qu’il soit doux, complaisant, officieux , sincère , On le veut, fy souscris, fuis prêt de me taire : Mats que pour Un modèle on montre ses écrits, Qufìlsoit le mieux vanté de tous les beaux efrits, Comme Roi des Auteurs , on l’éleve à VEmpire, Ma bile s’en échaufe, U je brûle d’écrire. Tome L N n n Veîci 466 CON Voici un sonnet qui est connu de bien des gens , & qui mérite qu’on 1e propose pour exemple : Grand Dieu, tes jugement font remplis d’équité Toujours tu prens plaisir a nom être propice : Mais j’ai tant fait de mal, que jamais ta bonté Ne me pardonnera fans blesser ta jujìice. Oui , mon Dieu, la grandeur de mon impiété Ne laijse à ton pouvoir que le choix du suplice : Toit intérêt s’opofe à ma félicité, Et ta clémence même atend que je périsse. Contente ton désir, puis qu'il f est glorieux ; Ofenfe-toi des pleurs qui coulent de mes yeux i Tonne , frape, il est tems , rends-moi guerre pour guerre s J’adore, en périssant, la raison qui f aigrit : Mais dessus quel endroit tombera ton tonnerre. Qui ne soit tout couvert du sang de Jéfm-Cbrìst ? CONSENTIR , v. n. [AJfentire, affintiri.] Donner son consentement à quelque chose. (Prenez garde de ne consentir jamais au péché. Port-Royal. On lui proposa de la mettre en liberté, pourvu qu’elle consentit à passer seulement au travers du Temple. Mau- croix,schisme, l. ;. Mon cœur très-amoureux consent de se ranger sous vôtre empire. Scar. Povf ) jfjf Nous-consentons à ce qu’on veut; nous acor- dons ce qu’on demande. On consent aux choses qui dépendent plus des autres que de foi ; on acorde ce qui dépend plus de foi que des autres. Mr. Costar'a dit: Tant de preuves font superflues en une véritéJl visible fi généralement consentie. Le P. Bouhours prétend que consentir ne peut point être emploïé dans une signification passive. CONSENTIR, v. a. Terme de Palais. Acorder. Aquiécer. 11 a consenti mon renvoi. Pour contracter une société, toutes les parties la doivent consentir. Patru, plaid. 6.) CONSENTANT , part.^ [Consentions.] Qui consent. CONSENTANT , consentante, adj. Qui consent. Qui condécend à toute ce qu’on veut. (Je suis consentant de tout. Elle est consentante de faire tout ce qu’on voudra.) CONSE'QUEMMENT , adv. [ Consequenter, ìuxtà, jêcundmn.] D’une maniéré qui regarde la juste liaison que des propositions ont les unes avec les autres. (C’est un homme qui se jette toujours à quartier, & qui ne raisonne jamais conséquemment. Acad. Fr.) CONSE'QUENCE , f f. [Conficutìo, confiquen- tia, confequens.] Terme de Logique. Conclusion de quelque raisonnement. (Une conséquence mal prouvée. Nier une conséquence.) * CONSEQUENCE- [Rerum ordo, stries, connexio.] Tout ce qui résulte de quelque action, ou de quelque autre chose. Tout ee qui arrive après une action faite ; tout ce qui la luit. Raport. Liaison nécessaire d’une chose avec une autre. (C’est une chose de dangereuse conséquence pour l’avenir. Ab/. Arr. 1. i. O que cela me plaît ! que j’en vois de belles conséquences 1 ? Past. L 4. Les agrémens du visage & de la taille ne tirent point à conséquence pour ceux de l’esprit.) * CONSE'QUENCE. [Res magnì momenti, ponderisf ] Importante considération. ( Cela est d’une extrême conséquence. Past. 1. j.) Sans conséquence. Faqon de parler adverbiale, qùì se prend en divers sens. On dit d’un homme qui est en possession de tout dire & de tout faire fans qu’on s’en fâche, que tout ce qu’il dit est fans conséquence, qu’on auroit tort de s’en offenser. On dit en pariant des privilèges, des grâces, qu’on acorde à la naissance ou au mérite de certaines personnes que c’est Jans conséquence pour d’autres. Une grâce est fans conj'é- quence, c’est-à-dire, qu’elle ne doit pas être tirée en exemple. On dit d’un homme méprisable, dont les discours ne méritent aucune attention, que c’est un homme fans conséquence. f On dit aussi en matière de galanterie, d’un homme que fa réputation & son âge mettent à couvert de tout soupçon, que c’est un homme sans conséquence. CONSE'QUENT, f m. [ Confequens. ] Terme de Rétorique. Tout ce qui résulte d’une action, d’un évènement ou de quelque autre chose. On se sert de conséquent pour prouver & pour persuader, Le.) t CONSE'QUENT , f m. C’est en termes de Géométrie, le second terme d’une raison L d’un raport. Dans la raison de trois à quatre trois est l’antécedent L quatre le conséquent. ’ CON _agit bien dans les afàires publiques on ofensera les hommes ; lì l’on y agit mal, on ufenl fera Dieu, & par conséquent on ne s’en doit point mê. ler. Port-Royal, logique, p. c. iq.) CONSERVATEUR, / »'• [ Constrvator .] Ce- lui qui conserve. Qui protège. Qui desend. Qui re . garde. U sacrifia à Jupiter sous le titre de Conserva, teur. Abl. Arr. Les Dieux ne sont pas les Conservateurs Romains. Port-Royal.) CONSERVATEUR des Privilèges. [Judex confina. 1 0 r. J Oficier établi par le Roi, pour avoir foin de maintenir & de garder les privilèges acordez par le Roi aux Universitez, aux foires, &c. CONSERVATION , f /• [Confirvatso.] L action de conserver. Le soin qu’on prend de garder ce qu’on possède. (Songer à la conservation de son bien &dï son honneur.) CONSERVATION, f f. [Tribunal ad confiervatment jurium faáetatis erefium.] Siège de Jurisdiction établi pour conserver certains privilèges acordez à quelque communauté. (La Conservation de Lyon.) CONSERVATRICE , f. f. [Confervatrìx .] Celle qui conserve, qui garde, qui prend soin des choses qui lui font confiées. CONSERVE, f f. [Flores frufíufve facckaro condìtl] Sorte déconfitures qui font faites de sucre & de pâte de fleurs, comme de violettes, de jasmin, de roses, Le. (Ainsi on dit : Conserve de roses, conserve de jasmin, conserve sèche, conserve liquide. (Le mot de conserve, en ce sens, a un pluriel. CONSERVE. Terme de Mer. [ Fcederau mues tun- dem curfum tenentes.] Qui se dit des navires qui vont de compagnie. Ainsi on dit, aller de conserve. Pour dire, aller ensemble. fs CONSERVE. Réservoir où l’on garde Peau pont la distribuer par des aqueducs ou canaux. Les latins nommoient ces réservoirs, castella. CONSERVER , V. a. [Confirvare, custodire, tue- ri. J Garder avec foin. Maintenir. Avoir foin qu’on ne perde rien de ce qu’on possède. Prendre garde qu’on ne s’empare point de ce que nous avons. (Conserver ses conquêtes. Ablancourt. Quand on sacre les Rois de France, ils jurent de maintenir ia foi Catholique, & de conserver les privilégez & les libertex de l’Eglise. Et tant que nitre hijioire D’un parfait Magijirat conservera le nom, Les stécles à venir aimeront Lamoignon. Vil!.) t CONSERVER, en parlant de troupes, est op osé à licentier. On conserve les bons réginiens après la paix. On a licencié divers régimens, mais on en conserve les Oficiers. H CONSERVER les terres ; c’est les garantir de tout dommage. C’est aussi conserver la chasse de ses terres, & empêcher qu’on n’en détruise le gibier. H CONSERVER fa répution,J'on honneur ; c’est maintenir íà réputation, son honneur, sans aucune tâche. Conserver Jês droits,Jês privilèges , c’est empêcher qu’un autre n’y donne atteinte. CONSERVER' Jês amis ; c’est les savoir ménager. On dit d’un homme qui se brouille aisément avec ses amis, qu ’ìl ne fait pas conserver ses amis. Se conserver, v. n. [Servare fi.] Se garder. N efe point gâter. q La viande ne fe conserve pas durant le grand chaud.) Se conserver, v. r. [Curare fi.] Avoir foin de foi. Se choïer. (La peur de mourir 1 oblige à fe conserver.) $ Se amfirver , signifie aussi, se bien conduire dans un tems dificile, se ménager avec sagesse entre plusieurs partis, entre plusieurs personnes ennemies, fans se mettre mal avec aucune. II faut être habile pont se conserver à la cour, ou entre deux factions animées l’une contre l’autre. CONSERVES, f. f. [Consticillum confervamìis oaá adhibitum.] Espèces de lunettes qui ne grossissent pas les objets, L dont on se sert seulement pour se conserver la vûë. Le mot de conserves, en ce sens, est toujours pluriel. ( Des conserves vertes, Ds bonnes conserves.) CON 'CONSERVÉS >> Oïl contregardes. [Prœsidiumf] Terme de Fortification. Pièces triangulaires parallèles aux battions qu’elles couvrent ati-delà de la contrescarpe. CONSIDENCE, f- si íSedimentum .] Terme de physique- II signifie l’abailsement & l’afFaiffement des choses apurées les unes fur les autres. Perraut, ejfais de Physique. Quand les parties de l’eau qui ont été élevées, s’abaissen t pour revenir à leur niveau, on dit que c’est par confidence, CONSIDERABLE, adj. {Jnsignis, sipeHatw, cla- rus, illuflris.] Qui mérite d’être considéré. Remarquable. (Former un corps considérable. Pafc. I. i» Il est considérable à la Reine par les services qu’il lui a rendus. Mémoires de Mr. de la Ràchefoucaut. Un événement considérable. Trouver des ocasions considérables de servir quelcun. Abl.') CONSIDE RABLEMENT , adv. s Valdè , maxime > ] D’une maniéré considérable. Fort. Beaucoup. Visiblement. II augmenta considérablement le prix des monnaies. Mdiuroix, schisme, l. i. CONSIDE'RANT, ante, adj. [Consideratus, prudens, circumsieHus.] Qui est circonspect, qui prend garde à toutes les circonstances, à toutes les bienséances d’une chose, (Vous étés bien considérant, Acad. Franç.) CONSIDERATION , f fi \Confideratio . ] Réflexion de l’esprit sur quelque chose, ou sur quelque personne. (La considération de son mérite m’a gagné le cœur. Scar. II n’y a rien dans la nature qui ne mérite une grande considération.) i CONSIDERATION , signifie aussi circonspection, attention dans la conduite. Dans ce sens on dit d’un homme imprudent, qu’il n’a point de considération, qu’z/ a peu de considération dans tout ce qu’il fait, Acad. Fr. * CONSIDERATION. [ Momentum , pondus. J Importance. Conséquence. Poids & autorité. (Cela est d’une grande considération. Voit. Elles se rendirent avec trente autres villes de moindre considération. Abl. Arr. I. i. c. 8 - C’est une autorité qui n’est pas de petite considération. Pafc. I. On dit aussi, c’est une personne de grande considération ; pour dire, qu’on a de Pestime pour elle, & qu’elle est en autorité.) £ On dit d’un homme du commun, ou peu connu, que c’est un homme de peu de considération. Une chose de peu de considération, est aussi une chose de peu de valeur. * CONSIDERATION. [ Èxistìmatio, reverentia, ra - tio, rejpectm.] Egard. Sentimens de respect qu’on a pour des gens. Sentimens d’estime. Certains motifs. Certaines raisons qu’on a pour faire, ou ne pas Faire, N’avoir aucune considération pouf les gens, Voit.l, 2}. Puis-qu'elle n’a pas eu de considération pour nous, ïious ne sommes pas obligez d’en avoir pour elle. Le Comte de Bujsi.j f ( f On dit, diverses considérations l’obligent a changer de conduite. Je fuis engagé dans cette afaîre pat des considérations d’bonneur & d’interêt. C’est à vôtre considération que je l’ai épargné. Ç’est à ma considération qu’on lui a acordé cet emploi. ^ On dit, mettre en considération , faire en considération. C’est-à-dire, avoir égard. On à mis les services de cet oficier en considération, On peut faire entrer vos sefvices en considération, CONSIDERER , v, a. s Censiderare , contemplari, jpeculari, perpendere, ponderare.] Regarder avec mention. Contempler. Faire réflexion sur quelque personne, ou sur quelque chose. (On tremble quand on considère qu’il faut mourir & rendre un compte exact de íes actions.) CONSIDERER. ZAEftimare, niagni fiacere.] Avoir des sentimens d’estime & de respect pour une personne. Avoir de la considération pour quelcun, (On considère les gens pour leurs bonnes qualitez, & non pas pour leur naissance. On ne considère guère la vertu dans ce siécle de fer, Scar.) , . í CONSIDERER, signifie aussi, avoir égard, (Si on considérait ses services, ses belles actions, il seroit plus avancé. II ne considéré ni les personnes, ni tes recommandations, On considéré moins le mérite que la faveur dans la distribution des récompenses.) CONSIENCE, conscience, fi fi. [ Conscîentia. 1 Connaissance qu’on a dé soî-même, & que dicte la droite raison, dont les lumières nous font connóître ce que nous faisons de bien ou de mal. Intérieur éclairé par les lumières de la droite raison, qui est nô- CON 467 trè Jugé, (Avoir des remords dê cônfìëncè. Gouverner les consiences; Pafc. L 5. Troubler les consiences. Pafc. I. ;. Parler contre fa con si en ce, Pafc. L y. Tourner & bouleverser les consiences. Pafc. I. y. Pénétrer dans les consiences, Pif-, I 7. Nôtre consién- ce rend témoignage contre nous-mêmes. Pafc. L 4. Trouver une chose permise en confience. Pafc. I. 7. Avoir la consience large. C’est-à-dire, ne pas écouter la raison qui nous dit que nous faisons mal, N’avoir nul scrupule de mal faire. Selon divers besoins il éft une sience, D’étendre les liens de nôtre consience, Et de reHifier le mal de l’aHiòn, Avec la pureté de nôtre intention. C’est Tartufe qui parle dans Mol, jadis un Politique homme inexpérience, Répetòii fréquemment ces mots qu’il aprouvoït , Cràìons que tout le monde a de la consiencé, Agissons comme si personne n’en avoit. Poète anonyme.) Monsieur Basnage a fait un traité de la cojsience qui n’est pas son meilleur ouvrage. CONSIENCE. [Religio,scrupu!us .] Scrupule ■& difi- culté qu’on sent à faire ou dire quelque chose , parcC que la raison & le bon sens y íont contraires, (je fais consience de la règréter. Voit. I. 71 .) 4 = CONSIENCE. On dit -en termes de Commerce, vendre en consience, pour dire, vendre fans surfaire j & demander d’abord de sa marchandise le véritable prix qu’on en veut avoir, sans obliger ì’Acheteur de marchander. (Lorsque le Marchand a dit son prix en consience, l’Acheteur doit avoir la discrétion de ne plus marchander.) En consience. [Sincerè, ingenuè, verê.] En vérité. A n’en point mentir. Selon la connaissance intérieure qu’on a d’une chose. (En consience, mon Père, étes- vous dans ce sentiment ? Pafc, l. y. 0 Mettre fur la consience. On di t familíérement| mettre un verre de vin fur la consience : Un gros Prieur son petit fils baisioit Et mìgnardoit au matin en fa couche, Tandis rôtir fa perdrix on faìsioit, J Se leve, crache , émeutit, (c? se mouche ; La perdrix vire, au sel de broc en bouche, La dévora, bien savoit la science ; Puis quand il eut mis fur fa confievce Broc de vin blanc du meillenr qu’on elfe, Mon Lieu, dit-il, donnez-mùi patience , Qu’on a de mal à servir sainte Eglise. CONSIENTIEUSEMENT , adv. [ Sincerè, re/igiosê, ex anima.] En sûreté de consience. (Je ne sai fi l’on n’au- roit pas moins de dépit de se voir tuer brutalement pat des gens emportez, que de se sentir confientieusement poignarder par des gens dévots. Pafc. I. 7, Agir con- sientieuíement.) CONSIENTIEUX, consientieifé, ádj. fjusiui, intégeY, religiosité.] Qui a de la consience. Qui à la droite raison, & qui la suit. Qui ne voudrait point faire de tort à personne. (Pour lin marchand, il est aussi con- sientieux qu’on le peut être. C’est tine dévote, elle est fort ctìnfientieuse,) f CONSIGE , òtì CONSIVE. Ort apelle à Lyon Livre de Confige , le Livre du Maître des Cflches , fui lequel il consigne & enregître les baies, balots & paquets de marchandises, dont il fe charge, pour en faire la voiture. $ CONSIGE. On apelle ainsi en Provence , le Regître où les Commis & Receveurs des Bureaux marquent les tommes qu’un Marchand , ou Voiturier, leur consignent & déposent, pour sûreté que les marchandises déclarées auront été conduites à leut destination. Çonsige signifie aussi dans les mêmes Bureaux, la Tomme que l’on consigne pour cautiôn. Savàry. CONSIGNAT AIRE , fi m. [Seauejkr , depositarius,] Dépositaire d’une somme consignée. Terme de Pratique. CONSIGNATION , si f. '[pepositio, deposimm.] Dépôt qu’on met entre les mains d’une persotníe commise par Justice pour cela, oti d’une personne dont on convient de part & d’autre, pour recevoir ce que l’on consigne. Le Greffe des consignations est un goufrê ou une mer qui reçoit les eaux de tous les fleuves, & qui ne les rend pas. La Bruyère . Tome L N n n ss CON- 468 CON CONSIGNER ,».«•[ Consgnare , deponere. ] Mettre quelque chose qu’on a consigne entre les mains du Receveur des consignations, ou entre celles d une autre personne commise pour cela, ou bien entre les mains d’un particulier dont on convient. (Consigner de l’argent au gréfe. Consigner de l’argent entre les mains d’un Notaire, ou d’un ami.) 4 CONSIGNER en papier , c’est donner un billet portant obligation de la somme qu’on doit consigner. è CONSIGNER , signifie, dans le commerce la même chose que remettre & adresser. Consigner des marchandises, consigner un vaisseau à un Marchand c’est les lui adresser. CONSISTENCE, s f [Stabilité, firmitu ,sir- mitudo , fiatuf. j Maniéré ou état, auquel une chose est ou subsiste. (Je n’examine point quelle fut la con- sistence de la Monarchie sous François premier. Pa- tru, plaid. 4. Les assures de Rome scmbloient avoir pris quelque coniistence. Talemant, Plutarque, t. <;.) H CONSISTENCE , on dit fig. d’un homme qui manque de fermeté, qui change aisément de résolution, que c’est un esprit sans coniistence. CONSISTENCE. [Persetfionis gradrn .] Ce mot se dit en parlant de l’âge des personnes, & signifie certain tems de la vie, où l’homme demeure quelques années dans fa vigueur, fans décliner visiblement. (Etre dans l’âge de coniistence. H On le dit aussi des animaux, des arbres, &c. Ils sont dans un état de coniistence, quand ils ne croissent ni ne diminuent. (Toutes les choses de ce monde ont leur état d’acroissement de coniistence & de diminution.) CONSISTENCE. {Status, gracias fi Ce mot, en parlant des personnes, & joint avec une épithète , signifie la maniéré dont on se porte, bonne ou mauvaise ; mais il semble un peu vieux, & bas en ce sens. (Je n’étois pas en trop bonne coniistence. Voit. I. 20.) CONSISTENCE. [Firmitus, firmitudofi Terme à’A- poticaire. Liaison de quelque chose de liquide par le moïen du feu. (Ainsi on dit, socre cuit en consistenoe. Donner la consistenoe au sirop.) CONSISTENCE, se dit aussi de plusieurs choses qui n’ont pas encore aquis toute la solidité qu’eljes doivent avoir. On dit qu’elles n’ont pas encore toute leur consistenoe. ^ CONSISTENCE , se dit encore d’un terrain sablonneux, marécageux, dont les parties sc séparent facilement. Ce terrain n’a point de consistenoe. H CONSISTENCE , est aussi caqu’une terre contient dans son étendue, tant pour le sol de la terre, que pour les droits qui y apartiennent. (Demandez un état de la consistenoe de cette terre, avant que d’en faire l’achat.) CONSISTER, v. n. [Conssere, contineri , Jfare, Jìtum ejse. j Etre. Etre tout-à-fait. Ne tendre qu’à. (La loi de Jésos-Christ consiste à aimer Dieu, & son prochain comme soi-même. Arn. Je me persuade que tout mon bonheur consiste à la voir seulement. Gomb. Po'éf. Nôtre méthode de diriger l’intention , consiste à se proposer pour fin de ses actions un objet permis. Pafc. I. 7. La pureté du langage & du stile consiste aux mots, aux phrases, aux particules, & en la fin taxe. Vaug. rem. La félicité consiste à être libre.) CONSISTOIRE , f m. [Sacrum Pmitìfick con- cìliumfi Assemblée du Pape & des Cardinaux, pour les a faires de l’Eglise. (Le Pape est le Président de ce Consistoire, & les Cardinaux en sont les Sénateurs.) CONSISTOIRE. [Calviniflarum concilium .J Assemblée des Ministres & des Anciens, pour les afaires & pour la police des Eglises de Messieurs de la Religion. (Tant U tant fut ce discours répété , Qu’ensn satan dit en plein consistoire, Si ces gens-ci disent la vérité ., ll es aisé d’augmenter nôtre gloire, La Font.) CONSISTORIAL, conssoriale, adj. [Quod adsacrum Pontficic concilium pertinet.] Ce mot se dit en parlant de bénéfices, & veut dire : Le bénéfice que le Pape publie au consistoire ; mais en France on apelle bénéfice consistorial celui dont le Roi a la nomination. (11 demanda un induit pour les bénéfices consistoriaux de la Bresse. Patru , plaid. 14.) f CONSISTORIAL , se dit aussi de tout ce qui apar- tient à un consistoire. (Jugement consistorial , a faire consistoriale, débats cenfilforiaux , quérelles consisto- ïiales.) CON CONSISTORIALEMENT , adv. {Ex formula Vontìíì cts conventmfi En consistoire. (Cela a été résolu con fistorialement.) H On le dit aussi des consistoires des Proteílans (On a examiné cette afaire consistoríalement.) CONSOLABLE , adj. [ Confolabìlk. ] Ce mot se dit de la personne afligée & de sa douleur, & si gn itj e qui peut être consolé. Vaug. rem. (Elle n’est pas con solable de la mort de son galand. Scar.) CONSOLANT , ante, adj. [Conso/ansfi Qui sert à con. soler. (Un héritage avantageux est un remède conso. lant.) CONSOLATEUR, f. m. [ Confolator .] Ce mot ne se dit ordinairement qu’en termes de piété. II veut dire celui qui console. (Jésos-Christ est le consolateur des afiigez. Jésos-Christ est l’esprit Consolateur. CONSOLATRICE , f. f. [Confolatrix .] Celle qui console. On le dit principalement en des matières de piété. _ On dit, la Sainte Vierge est la consolatrice des afiigez. CONSOLATION , f f [ Consolatio, soktium.] Adoucissement d’afliction. Modération de douleur. Paroles civiles, honnêtes & obligeantes qu’on emploie pour consoler une personne. (Recevoir la consolation. Voit. /. A un si grand malheur que le mien, il né faloit pas une moindre consolation que celle que vous m’avez donnée. Vvit. I. 52. Ce fut un grand bonheur pour moi de recevoir tant de consolation. Voit. L 20.) îg II faut plutôt chercher sa consolation dans fa propre raison , que de l’atendre du tems, qui éteint les plus vives douleurs. Nam quod allatura est ips» diuturnìtAs , qux maximes luUiu diuturnìtate toílìt , ut nos pracipere conslio prudentiaque debemut. Cicer. lib. 5. ep. 16. ad famil. $ CONSOLATION, se dit quelquefois de la personne qui console. (Son innocence est toute sa consolation. Dieu est toute la consolation du juste persécuté.) L CONSOLATION , signifie aussi sujet de sadsfe- ction, de joïe. (La conduite de ce jeune homme est une grande consolation pour son père.) í CONSOLATOÍRE, adj. Consolant. (Epître con- solatoire, discours consolatoire.) Ce mot vieillit. CONSOLE , f f. [ Protyris. J Terme d’Archi- teflure. C’est un membre d’Architecture qui est ea faillie, & qui se met aux deux côtez de la porte ionique, pour soutenir la corniche qui est au dessus. (Les consoles à droit & à gauche décendoient jusqu’au bas du chambranle. Vitruve, 2. p. cb. 1. (g On les apelle aussi rouleaux ou mutules, selon leur forme. 11 y en a qui sont striées ou cannelées: d’autres en forme de cartouches : & d’autres qui ont des gouttes, & qui font en forme de triglyphes. CONSOLER , v. a. [Solari, confolari .J Donner de la consolation à quelcun. (Consoler quelcun de quelque chose. Voit. I. ;p) Iris me confoloit de tout, & rien ne me console d’eíle. La Sabl. On se peut assurer Qiéamour eji équitable , [fj qu’enfin il console Ceux qu’il a fait pleurer. Malh. Poëf. /. ;.) Se consoler , v. r. [Dolorem suum levarefi , N’être plus, tant dans l’afliction. N’être pas tout-à-fait si fâché. Elle s’est aisément consolée de la mort de son vieux mari. Scar. II ne se peut consoler de ne plus ouïr une personne qui raisonne fi parfaitement, soif. /. 8- Quelque déplaisir que je puisse avoir, j’en serois bientôt consolé par le soin que vous prendriez de moi. Voit. I. 16. Vous consoliez-vous fur la gloire de vivre dans l’Histoire? Voìt.Po'és. Je vous assure que vôtre atìiction me touche à un point, que j’aurois besoin qu’on m’en consolât. BujsRabutin.) CONSOLIDATION , s s [Conglutmatío, cita. trìxfi Terme de Médecine, qui fe dit de la réunion des lèvres d’une plaie, quand elle commence à se cicatrises. C’est aussi en Jurisprudence la réunion de susufruit a la propriété que l’on voit déja d’un héritage, ce qus arrive par la mort de l’usufruitier. CONSOLIDE , s s Du Latin consolida. Plante médécinale, qu’on apelle consoûde ou consve. II y en a de trois sortes, la grande ou oreille d’àne, la petite, & la roïale. CONSOLIDER , V. a. [Confilidare , solidesetn, solidari. ] Terme de Chirurgie , qui se dit en parlant de plaie, & veut dire, réunir. (Consolider une plaie.) f On CON f On dk aussi en termes de pratique, tons Mer Pu- susruit à la propriété, c’est-à-dire, réunir l’uíufruit à la propriété. f CONSOLIDER, signifie aussi afermir. (Consolider un traité, consolider une union.) CONSOMMATEUR, / ra. [Pflfrffor.] Terme de Théologie, qui ne se dit qu’en certaines phrases consacrées. (Jettant les yeux fur Jésus comme fur fauteur & le consommateur de la foi. Port-Royal, nouv, Testam.) CONSOMMATION, / / [Consumptio.] Dissipation ou emploi de ce qui se consume, s’anéantit, se finit & se détruit. (Je crains la consommation des denrées. Les troupes soufriront après la consommation des denrées.) CONSOMMATION, s. f. Terme d’ Artillerie. C’est tout ce qui se consume dans une place, ou tout ce qu’on en tire pour envoler ailleurs. (11 y a des consommations peu considérables, comme celle de la poudre pour les salves, &c. Injìrucíion pour les gardes* magastns de P Artillerie, page L.) CONSOMMATION , f. f. f Perfeélio , ahsolutio , con- summatio .] Acomplissement. Fin. (II n’y a point eu de consommation de mariage. Le Maît. Seigneur vôtre maison subsistera jusques à la consommation des siécles. Port-Royal, Psaume XCIII .) CONSOMME', consommée , adj. [ Perfetfw, consum - matus.) Acompli. (Mariage consommé. Vertu consommée. Vaug-el. rem.) CONSOMME', f. m. [Succus ex decoclis carnihm expre/jus .] Bouillon qui est fait de viandes délicates & nourissantes, telles que font le veau, le mouton, le chapon ; & qu’on donne aux malades pour les nourir un peu. (Faire de bons consommez.) CONSOMMER , »• a. [ Perficere , abfihere, con- summare.] Acomplir. Achever. Mettre daas fa dernière perfection. (Consommer un mariage. Vaug. rem.) CONSOMMER , ». a. [Conjumere , absumere, effkn- dere.j User, dissiper des denrées, des provisions , & autres choses nécessaires à la vie. f CONSOMMER , d. n. On dit, faire consommer de la viande, c’est-à-dire, la faire cuire tellement que tout le suc & la substance soit dans le bouillon. $ CONSOMMER , ». a. Terme de Jurisprudence. Consommer son droit, c’est lorsque le droit qu’on a en quelque chose a eu son effet. (Le Collateur d’un bénéfice a consommé son droit, lorsqu’il a fait la nomination de queîcun.) CONSOMPTION , f. f. Ce mot vient du Latin con - sumptio. 11 signifie la même chose que consommation, & se dit des mêmes choses. (II se fait une grande consomption de vivres dans cette place. 11 fe fait une grande consomption de bois dans les verreries. (La critique du Dictionnaire de l’Académíe soûtient qu'íl ne faut point confondre ces deux termes. * CONSOMPTION. Terme de Médecin. Ce mot fe dit d’une certaine maladie de langueur, pendant laquelle tout l’humide radical fe dessèche jusqu’à ce que la mort s’en ensuive. CONSONANCE, f- /• [Convenientia, confo nan « tia- ] Ce mot se dit en parlant de musique & des in- ftrumens de musique. II signifie la convenance de deux sons qui fe mêlent avec une certaine proportion, en forte qu’ils font un acord agréable à l’oreille. (L’Unisson, l’Octave, la Quinte, la Quarte, & c. font des consonances. Chaque touche principale du clavier doit faire fa consonance juste. Mers. I. 4.) CONSONANCE. [Consonantia , Jlmiliter defînens, ] Ce mot se dit en parlant de stile & de langage, & veut dire, mots qui ont un raport de son à la fin ; mots qui font une maniéré de méchante rime. (II faut lors- qu’on écrit se garder des consonances des mots. Par exemple, soleil & mortel font une espèce de conson- nance qu’on doit éviter. Van^. rem.) {$ Rien n’est plus désagréable que la rencontre de deux consonnances. L’Auteur des doutes en raporte des exemples qui nous le font bien connoître : On méprise Por alors. De grands ruisseaux d’eaux : Un Prince du Sang sans expérience. C’est pour éviter la cacophonie qui naît de la rencontre de deux consonnances, que nous disons, mon ame, mon envie, mon amie , U». * CONSONANT, confinante, adj. [ Conveniens , con- f nans.] Ce mot í’e dit au masculin, en pariant de tons ; & il signifie qui a de la consonance. II y a des tons con» foaans, & d’autres qui font dissenans.) CON 469 . CONSONNE,/. / [ Confinant. ] Terme de Grammaire. Lettre qui n’a nul son fans le secours de quelque voïelle. II y a des gens qui apellent cette sorte de lettres, confnantes. CONSORT» / m. [Confort, ficius.] Terme de Palais. : Gens qui font dans la même cause, dans le même état, dans la même ataire. (Je parle contre Pierre de Bourget & confors. Patru, plaid. ;,) Le mot confort est tout Latin. Sors a été íìnonîme avec bœreditas > ainsi on apelioit confirs, les cohéritiers, comme on peut le prouver par la disposition de la Loi 5 r. sur la fin, js. de excusât, tutor. & par cette ancienne inscription : QUINTUS DOMIT 1 US HfERES CONSORTI SUO BENE MER 1 TO FECIT, ET SI- BI POSTERISQUE SUIS. Ainsi on a apeilé confortes, ceux qui font intéressez dans une même afaire. CONSOUDE , / fi Nom qu’on a donné à plusieurs sortes de plantes, parce qu’elles sont propres pour consolider les plaies. CONSPIRATEUR , f. m. [Conjuratus,] 11 signifie, qui a conspire, mais il n’est pas encore bien établi. {Non, jamais d'asfajins, ni de conspirateurs, N’utaqueront le cours d’une Jì belle vie , Corn. Cinna, a. q.Jc. ;,) f L’Académie admet ce terme ; CONSPIRATION , / / [Confiratk , conjura . tio.] Union de plusieurs personnes pour exécuter quelque chose contre quelque Etat, contre quelque Grand, (Faire une conspiration contre un Souverain. Découvrir une confoiration.) f Les Conspirations qui se font contre l’Etat, & pont exciter une révolté générale , sont de grands crimes, mais non pas l’ouvrage de personnes dépourvues des ualitez qui forment les plus grands hommes, autant u côté de l’esprit que de celui du courage. Mais il n’y a que des lâches qui forment des conspirations dans une place assiégée. Polybe de Foìard, 4 CONSPIRATION, fe dit aussi en mauvaise part de quelques afaires particulières. (Les médians forment des conspirations pouf ruiner la fortune des gens de bien. Les ignorans ont fait une conspiration contre ceux qui sont habiles.) CONSPIRE', f. m. [ Conjuratus .) II signifie la même chose que conspirateur, celui qui a conspiré. Quelques uns préfèrent conspiré, & cependant on ne s’en sort pas librement. (Les conspirez ont été découverts, & si on les atrape, ils seront pendus.) CONSPIRER , ». a. [Conspirare, conjurare.] (S’u° nir de concert pour perdre quelque personne, quelque Grand, ou quelque Etat, de quelque Roïaume, &c, (Us ont conspiré contre leur patrie. Abl. CONSPIRER , ». n. Ce mot se dit en parlant des moïens qui peuvent faciliter le succez de quelque dess sein. (Toutes choses conspirent à son avancement.) CONSTANCE, s /• , [Constantia , atohni firmi - tas.] Persévérance dans le bien. Vertu qui oblige à demeurer Ferme dans les bonnes résolutions qu’on a prises, (Avoir de la constance. S’armer de constance. Scar. Je vous promets ici que vous verrez en moi Un exemple éternel de constance "f? de fi. La SuZe, Poés.) CONSTANCE , / s. [ Constantia .] Nom de femme. (L’Imperatrice Constance étant grosse à, la mort de l’Empereur Henri III. son époux, voulut que toutes les femmes de Palerme eussent la liberté d’entrer dans fa chambre quand elle accoucheroit. Voïez /’ Histoire de Sicile. Constance, femme de Robert, Roi de France, étoit fière, & du caractère des Femmes d’aujourd’hui ; car elle causoit. mille chagrins à son pauvre époux.) CONSTANMENT , adv. [Constanter.] Avec constance. Avec persévérance. (Aimer constanment.) CONSTANMENT , adv. [Certistìmè, ìndubitanter.] Certainement. (II est constanment vrai que tout le monde est plus grand que fa partie.) * CONSTANT , constante, adj. [Constats, sortis , stabilis, perpetuus.] Ce mot se dit de l’humeur & de l’esprit. II signifie qui a de la persévérance , qui a de la fermeté, qui n’est pas léger, (C’est un amant fort constant. Vôtre constance, bêlas ! en est-il en ce monde, On n’en voit plus, Tirets, de ces bergers constans, Dam n*s hameaux, ni dans nos champs, Nn« z leur 4 7° CON jFscar £««>• es aujourd’hui plus mobile que Vonde. Ma/gré leurs plus afreuxferment, lis vont de la brune à la blonde , Et leurs feux les plus beaux ne durent pas long-tems. Poëte anonyme.) f CONSTANT, se dit aussi fig. des choses qui demeurent toujours, oulong-tcms en même état. Etat constant , fortune constante , prospérité constante. Ii n’y a rien de constant dans ce monde. * CONSTANT, confiante. [Certw, indubitatms ] Ce mot se dit des choses, & il signifie, qui est certain. Sûr. (C’est une chose constante parmi les Philosophes, que le néant n’a nulle propriété. Rien n’est si constant que la mort.) . * CONSTER, v. n. [ Conflare .] 11 vient du Latin, & n’est purement que de Palais, encore commence-t-xl à n’avoir plus de cours. (II conste que... on dit plutôt , il est constant, il est certain que....) CONSTELLATION , f f- C Signum ceeleste. ] Signe celeste composé de quelques étoiles proche les unes des autres. (II y a douze principales constellations qu’on apelle les maisons du soleil, à cause que le soleil les parcourt toutes dans un an. * CONSTELLATION. [Sydus.] Influence. Etoile. (Etre né fous une heureuse constellation. Voit. 1 . 5. ) $ CONSTELLE', constellée , adj. Qui est fait sous certaine constellation. (Anneau constellé, pierre constellée. ) CONSTERNATION, f f- [Consternatio , pavots Abatement & acablement de cœur qui rend morne , triste, abatu, & qui vient de quelque malheur. (Cet accident mit la consternation dans l’armée. Abl. La perte d’une bataille met tout un pais dans une grande consternation. CONSTERNER, v. a. [ Consternare. ] Mettre dans la consternation. (II est fort consterné. La nouvelle de la mort de fa maîtresse l’a fort consterné.) CONSTIPATION, f f. [Alvm adstrìfla^ alvi supprejjto .3 Dureté de ventre. Dificulté à le décharger. (Les lavemens font les remèdes à la constipation. CONSTIPE', constipée , adj. [Cui est alvus adJiriHa.] Qui n’a pas le ventre libre. (II est constipé , elle est constipée. ) CONSTIPE', f m. [ Tristis , morofm , tetricus. ] Celui (jui n’a pas le venrre libre. (II a la mine d’un constipe. Abl. apoph .) CONSTIPER, v. a. [Alvum adstringérés] Resserrer le ventre. (Les nèfles constipent. Je suis de mon amour pressé cruellement. Mon estrit s’en altère , mon corps s’en constipe. Scar. D. Japhet, a. 3. }c. 4.) CONSTITUANT , f m. [Constituent.] Ternie de Pratique. Celui qui constitué & établit. (Le constituant donne pouvoir. La Dame constituante se réserve , &c.) CONSTITUE', constituée , adj. [Con (U t ut w , institu- tm.] Etabli. Mis. ( Personne constituée en dignité. Vaug. rem. Une rente constituée.) H CONSTITUE', se dit aussi de la complexion d’une personne , de la conformition intérieure de son corps. (Cet homme est bien ou mal constitué. II a le corps bien ou mal constitué.) CONSTITUER, D. a. [ Conjìitueresinstituere.] Etablir. Mettre. (Constituer une personne en dignité. Abl. II a constitué un tel son Procureur. Constituer de l’argent en rente.) f CONSTITUER. Terme de Pbystque. Faire consister, assembler des parties pour f en composer un tout. (Le mélange des élemens constitué tous les corps.) CONSTITUER. Terme de Palais. Constituer quel- cun prisonnier , c’est le mettre prisonnier. Constituer en fraix , en dépense , c’est être cause qu’un homme fait des fraix , de la dépense. Se constituer , v. r. [Constituerese.] Se mettre. S’é- tablir. (II s’est lui-même constitué juge de salaire.) CON'STITUT, s. m. Terme de Palais , qui ne se dit guéres que quand on parle d’un constitut de précaire , lors qu’un donateur abandonne la propriété de ses biens en se réservant l’usufruit. CONSTITUTION, f f. [ Dijstojfìtio , compost- tio.] Etat. Disposition. (La constitution du corps. La constitution du ciel. Vaug.) CONSTITUTION , f f [ ConJUtutìo, decretum.] Loix. CON 1,°- «. t§ Le terme de constitution est générique Loix des Empereurs ont été apellées constitutions i Ion donne ce titre aux décisions de nos Papes, qn l n “ faisoient jamais de loix nouvelles, qu’apres avoir as semble les Evoques & les principaux Ecclésiastiques q m í, e trouvoient dans Rome, ou aux environs scion le témoignage de Facundm Hemianensts, lk>. ì 2 c II est vrai que dans des cas particuliers, les Papes con sultez repondoient, par lettres que l’on a apellé Ds cretales , aux questions qu’on leur proposoit CONSTITUTION. [Constitutio.] Terme de Rdi gim & de Religieuse. Reglement. Statut. (Les constitu tions portent telle chose.) CONSTITUTION. [Pecuniœ inpradio cobocaU.m. nuapensto.] Rétablissement d’une rente annuelle ( Mettre de l’argent en constitution. Avoir de bon! nés constitutions.) CONSTITUTION , s.s. [Ordo, distositio, constitu. tio. ] Maniéré dont une chose est faite. La composition d’une chose. (La constitution de nos opéra ne sauroit guère être plus défectueuse. La constitution de nos opéra doit paroître bien entravagante à ceux qui ont le bon goût du vrai-semblable. S. Evremont opéra , in 4. p. 300. Çg’ 308. ’ CONSTRICTION , s s. [Confiriftio.] Terme Dogmatique. Action par laquelle une chose sc lie, sc ferre , se rétrécit. (La condensation se fait par la con- striction des parties, & le resserrement des pores. Di- Hionnaire de l’Académies) CONSTRUCTION, s s. [ Construélìo .] Action par laquelle on construit quelque forte de bâtiment que ce soit d’architecture, civile, militaire ou navale. (Songer à la construction des navires. Abl. Une construction belle & hardie de quelque Eglise, ou de quelque Palais. * CONSTRUCTION. [Verborum struflura .] Arran- gement de mots selon l’ordre de la surtaxe. (Faire la construction des mots. La construction des mots doit être claire , nette, aisée & naturelle. Une construction louche.) CONSTRUIRE, V. a. [Construere.] II signifie bâtir quelque édifice. Faire quelque bâtiment. Je construis , nous construisons. Je construiss. J’ai con- Jiruit. Je construirai , construi, qu’il construise , &e. (Construire une maison , un palais. 11 faut emploïer beaucoup de tems à construire des ponts pour le passage de l’armée. Abl. Tac. On a commencé à construire des édifices long-tems avant le déluge. ïili- bien , vie des ArchiteHes. Construire un vaisseau.) * CONSTRUIRE. Terme de Grammaire. [ Visio, ordinares] Ranger selon l’ordre de la íintaxe. (A- prendre à construire les mots, les uns avec les autres.) $ On dit auflì, construire un Poèmes c’est-à-dire, fig. arranger, disposer toutes les parties d’un poème. (L’imagination & le jugement font nécessaires pour bien construire un poème.) CONSTRUIRE. Terme de Géométrie & d; 'Astrologie. [Munire.] Construire une figure : construire un problème avant que de le démontrer. , CONSUBSTANTIALITE', f f- [ Consubstantk - litas.] On prononce consubstancialité. C’est un terme de Théologie, qui signifie, í’étatou la manier»d'être nne même substance. (Quand l’Eglise a courbatu les Ariens, elle les a acusez de nier la consubstantialité du Fils avec le Père. Lettre au P. Annat. p, 4-jjd- mettre la consubstantialité entre le Pere & le sus, la même. S. Athanase fut un zélé défenseur de la consubstantialité. Mr. Herman , vie de S. Atbafi.) CONSUBSTANTIEL, adj. [ Consubstantialis. Terme de Théologie. Coéssentiel. Qui est de même substance. Le Concile de Nicée s’est servi de ce mot «»- Jubstannel , pour signifier que le Fils de Dieu enduire même essence ou dune même substance que D ieu le Père. CONSUBSTANTIELLEMENT , adv. [ Consubstantm - liter.] D’une maniéré consubstantielle. CONSUL, s m. En Latin Consul. Souverain Magistrat du tems de La République Romaine, (w- céron étoit un très-vigilant Consul. Auguste Uiar se fit élire Consul par la force des armes. Soreau , lettres de Brut tu V de Cicérons) ^ ^ CON L e ferme de Consul nous est resté de îa dépotìil- le de Fancien éeìat des Consuls Romains. Cette dignité étoit le comble de l’honneur auquel un cicoïen pouvoit prétendre. On en créa deux après le bannissement des Tarquins, à qui l’on remit le pouvoir dont les Rois avoient été dépouillez ; & pour les distinguer des autres Magistrats, on leur acorda dlférens honneurs qui servoient autant à inspirer de la crainte que du respect : ils marchoient en public, environnez de faisseaux avec la hache , qui marquoient le pouvoir qu’ils avoient fur la vie & fur les biens des citoïens. Plutarque raconte que Publicola voulant, selon son génie populaire , adoucir la fierté & la menace des Vaisseaux en fit ôter la hache, & lors-que le peuple étoit .assemblé , il les faisoit mettre à terre , comme un hommage qu’il rendoit à son Souverain. Leur robe étoit magnifique , on l’apelloit toga trabeata, palmata, togapiHa. Claudien en a Fait une ample description dans son Panégyrique du quatrième Consulat d’Hono- rius. Ils siégeoient fur un siège distinct & particulier, que l’on apelloit fila curulis. (§ Les anciens Comtes portoient aussi le nom de Consuls. Mr. Catel, dans son Histoire des Comtes de Toulouse, liv. i. cb, %. a raporté plusieurs actes qui établissent cette remarque. CONSUL. Ce mot signifie Echevin , mais en ce sens il n’a guére de cours que dans la Provence & le Languedoc. (On a Fait un tel Consul.) CONSUL. Juge à Paris qui connoît des diférens entre Marchands, & dont la charge ne dure qu’unan. (Assigner quelcun devant les Consuls.) CONSUL. C’est un Agent considérable qu’un Prince, qu’une République , mettent en quelques pais éloignez , & particulièrement en des villes où il y a des ports de met, pour avoir foin des a faires du Prince , de la République, & des marchands de la nation dont il est. (II y a des Consuls François dans toutes les échelles du Levant, à Smirne, à Âlep , à Alexandrie , &c. On a établi un Consul à Cènes. C’est du Consul qu’on prend des atestations de tout ce qui s’est passé fur mer & èntre les marchands dans les lieux, pour lesquels il est établi.) 0" Selon l’Ordonnance maritime, le Consul doit avoir ;o. ans. La commission doit être enregìtrée dans la Chancelerie du Consulat, & dans la Chambre du Commerce. II faut voir l’Ordonnance maritime de 16 R 1 . CONSULAIRE , adj. [ Confularis. ] Ce mot se dit en parlant des Consuls Romains, & signifie, qui a été Consul. Qui est de Consul. (Homme consulaire. Médaille Consulaire. Famille consulaire. Abl. Tac.) $ CONSULAIREMENT, adv. C’est-à-dire, à la maniéré des Juges & Consuls. On dit qu’une a faire a été jugée consulairement, pour faire entendre qu’el- le a été jugée suivant l’ufage & les régies des .Juges & Consuls, dont les jugemens s’éxécutent par provision. CONSULAIRES , s. m. Ceux qui ont été Consuls Romains. ( Les Consulaires font pour nous. II s’assit entre deux Consulaires. Abl. Luc. t. rO CONSULAT , s. m. {Cònsulatits.i Dignité de Consul Romain. Le tettis qu’on a été Consul. (Briguer le Consulat. Poursuivre le Consulat. Abl. II se fit de grandes choses à Rome durant le Consulat de Cicéron. Auguste César fit demander le Consulat qu’il n’avnit que vingt ans ; mais à cet âge , il ne pouvoit prétendre au Consulat, parce qu’on étoit obligé d’en avoir quarante pour Fobtenir. Cicéron demande le Consulat pour Auguste & pour lui. Moreau , lettres de Brutui £?? de Cicéron.) CONSULAT. Ce mot se dit aussi de la dignité de toutes les sortes de Consuls , dont il est parlé ci-dessus. CONSULTANT. Part. [Consult or.) Qui consulte. CONSULTANT. [ Advocatm consultOrìlus refpon - dens.) Ce mot est adjectif, & ne se dit proprement qu’au masculin. II signifie celui que l’on consulte. Celui à qui l’on va demander avis sur quelqu? afaire. Celui qui donne conseil. C’est un Avocat consultant. Ecoutez tout le monde , ajjìdu consultant, Un fat quelquefois ouvre un avis important. Despr.) 4 CONSULTANT, se dit aussi des Médecins qu’on assemble pour examiner l’état d’un malade. CONSULTANT. Ce mot se peut aussi dire des personnes qui demandent avis à quelques Avocats ou à CON 471 quelques Méáecîns. (Son antî-chambre est toujours pleine de confultans ; c’est-à-dire , de gens qui viennent pour le consulter.) CONSULTATION , f f [Summa confultationis quod deliberatione decretum , conclufum est, delìberatio .] Avis d’Avocats fur une a faire. Sentimens que des Avocats disent sur une afaire sur laquelle on les a consulté, St, que l’un d’eux fait mettre par écrit, asm d’en donner copie à la personne qui a consulté. (Consultation bien faite.) CONSULTATION de Médecin. [ Confultatiof, Avi§ de Médecin sur une maladie» CONSULTATIONS. Ce mot au pluriel signifie leS Chambres du Palais, où les Avocats confultans vont îors-qu’on les consulte sur quelque afaire. (II est aux consultations.) t§ Lors-que les Juges avoient de la peine à se déterminer dans la décision d’une afaire, ils avoient recours à FEmpereur, qu’ils consultoient, dont nouá avons plusieurs exemples dans le Digeste & dans le Code, tit. de relation. U de appellat. où nous voïons la différence qu’il y avoit entre la consultation faite par le Magistrat qui raportoit à FEmpereur l’état de la question, & celle qui se faisoit sur l’apellation dé la décision de FEmpereur à FEmpereur même. La première étoit apellée confultatio ad relationem & la seconde, con - fultatio ad provocationem. Voici Fexplication de Fu« ne & de l’autre. Lors-que FEmpereur aMsit décidé fur le raport du Magistrat, on pouvoit apeller de la dé- cision à FEmpereur même, & lui Faire connoîtreque le Juge l’avoit surpris , en déguisant le fait & le droit : mais quand FEmpereur avoit prononcé fur l’a- pel, il n’y avoit plus de retour. CONSULTER, v. a. [Considéré aliquem. j Demander l’avis d’une personne fur quelque chose, quelque afaire, quelque maladie. (Consulter le Prince. Abl. Tac. Consulter un Médecin sus une maladie. J’ai fait consulter Fáfaire par trois des plus célébrés Avocats du Parlement. Les païens ne faifoient rien d’irn- portant sans consulter lès Oracles. Les Indiens consultent les Astrologues. Le Sage consulte quelquefois les hommes les moins ìntelligèns. Morale de Consu • cìus. Une femme acusée d’adultére par son mari parle ainsi à ses Juges : Ah, consultez de grâce §§ vòs yeux & vos cœurs , II voits inspireront d’être mes protefíeurs j Tout ce que fait l'amour n’eJUil pdi légitime ? Poète anonyme») (* On dît encore consulter ses Livres j c’est-à-dire , voir ce qu’il y a fur la matière dont il est question» Consulter ses forces,fin bien, &c. c’est examiner si l’on a assez de forces, de bien , &c. pour exécuter ce que l’on voudroit entreprendre» Cette femme consulte souvent son miroir ; C’est-à-dire, s’y regarde souvent à quelque dessein.) f On dit aussi, consulter sa conscience , son devoir, consulter ses intérêts , son goût. Se consulter sur soi-méme, avant que de prendre une résolution. 4= CONSULTER le chevet. C’est fig. se donner le tems de délibérer fur une chose , passer la nuit avant que de prendre son parti» $ CONSULTER, s’emploïe aussi absolument & signifie conférer ensemble. (Les Avocats ont consulté fur cette afaire. Les Médecins consultent sur cette maladie. ) f- On dit aussi consulter Une afaire, une maladie, & en ce sens il se dit au passif, (Cette afaire a été consultée aux meilleurs Avocats» Ceçte maladie a été consultée aux plus habiles Médecins.) Acad. Franc. t CONSULTEUR ,snt. [Conjultor . ] C’est un Docteur commis par le Pape, pour donner son avis fur quelque point de foi ou de discipline ecclésiastique» (Consultent du Saint Office. Les Tribunaux de Fin* quisition ont leurs confulteurs») CONSULTËUR, s. m. (Consulter.) Ternie de str- pucin. Celui qui donne avis au Général. CONSUMER , v. a. [ Àbsumere , consuniere , es fundere, disstpare.il Achever eh détruisant & en anéantissant. Dissiper. Ruiner. Détruire. ( Consumer son bien. Vaug rem. Le tems consumé toutes choses. Abl. Consumer ses forces. Le feu consume le bois» Les visites superflues consument bien du tems. Toute la récompense de ce travail qui nous use & qui NOUS 472 CON nous consume, c’est la simple satisfaction clu peuple. Balzac, entr. i;. Les Espagnols disent par maniéré de proverbe, que les Juifs consument leur argent en Pâques, les Mores en noces, & les Chrétiens en procez. Se consumer. ['Excedere , consumere se.] Ce verbe étant réciproque, a un usage assez étendu. (Exemples. Se consumer d’ennuiS. Vaus,. Quint. /. ;. c. 11. Se consumer en des regrets superflus. Ablanc. Luc. Que je meure réduit en cendre ct consumé d’amour. Voit. PoèJ: A'allez pas fur des vers fans fruit vous consumer, Ni prendre pour génie un amour de rimer. Despr.) CONTACT, f m. [Conta/lus.] Terme de Physique. Ce mot se dit quelquefois & signifie, atouche- ment. L’état de deux corps qui se touchent. (Le contact de deux corps sphériques ne se fait qu’en un point, ni celui de la tangente & de la circonférence d’un cercle.) CONTAGIEUX , contagieuse, adj. [ 'Contagiosus .] Qui se communique par farouchement, par la communication & la fréquentation. Pestilenciel. (Maladie contagieuse. Mauc. Jcbif l. 2. comme sont la peste, la ladrerie, la verole, &c.) * CONTAGIEUX, contagieuse. Qui gâte, qui cor- rompt les mœurs ou l’esprit. (L’exemple est contagieux. Mr. de la Rocbesoucaut. Lui seul pouvait m’ôter le titre d’invincìble, Et je n’avais pas crie l’amour contagieux, Lors-que fans y penser, je le vis dans Jes yeux. La Suze, elegies.) CONTAGION, / /. [Contagio,pestis.3 Ce mot fignifie peste, mais il n’est pas si usité que celui de pejìe. (La contagion a tout désolé.) * CONTAGION. Tout ce qui gâte & corrompt l’es- prit, les mœurs, ou cjuelque doctrine. (La contagion ne s'étoit encore guéres répandue dans les écoles publiques Maucroix, schisme, 1.2.) f CONTAILLES ,s.f. Les foies contailles font du nombre des boures de foie, qui font les foies de la plus basse qualité. On les apellc aussi Strajjés ct Rondelettes. CONTAMINATION , souillure, s.s. [Contamination C’est un terme de YEeriture, qui ne se dit que des souillures de la loi de Moïse. Acad. Franc. CONTAMINER , v. a. [Çontaminare.] Souiller? Ce mot ne se dit qu’à l’égard des souillures de l’ancienne Loi, dont il est parlé dans l’Ecriture. CONTACT , s m. Terme de Marine. Ce qui est au dessus de l’enceinte apellée cordons il est épais de trois pouces outre la fourure, & haut de treize ou quatorze pouces, & va en diminuant depuis le milieu, vers les extrémitez de la proue & de la poupe. Acad. Franç. CONTE. Voïez comte, compte. CONTE , f. m. [, Fabula .J Fable. Récit fabuleux. Avanture plaisamment imaginée ct ingénieusement racontée ou écrite. (Les contes de la Fontaine font plaisans. Feu Boisrobert faisoit agréablement un conte. La breveté est l’ame du conte. La Fontaine sables, préface. Une morale nu'é aporte de t ennui, Le conte fait pajjer le précepte avec lui. La Font.) /jf Un conte est une avanture feinte, que l’on débite dans la conversation, ou que l’on donne au public pour le divertir. Une fable est une avanture fausse, qui s’est répandue dans le public. Un roman est uíi tissu de plusieurs avantures, dont la plus grande partie est suposée. Les contes doivent être bien narrez ; les fables, bien inventées ; les romans, bien suivis, & écrits avec beaucoup d’ordre & d’élegance. * CONTE. [FiHa, commentitia narratio.J Folie. Phantaisie. Imaginations grotesques. Sotises. Vision chimérique & burlesque. (Conte jaune, bleu, violet, borgne. Conte pour rire, conte de vieille, conte à dormir debout, conte de ma mère Foie, conte de la cigogne. Abl. Luc. tom. 5.) í CONTE en Pair, est un conte qui n’a aucun fondement, ni aucune aparence de vérité. CONTE gras , c’est un conte licentieux & trop libre, qui peut blesser la pudeur. On dit, ajouter au conte, embelir, enrichir, enjoliver, ajuster le conte. CON CONTE. Créance. Espérance. (Si jamais il » monte, comme je sai qu’il fait ion conte. Voit pj\ CONTEMPLATEUR, f m. 11 vient du Latin contemplator. Celui qui contemple. (C’est un pZa contemplateur.) e anu . CONTEMPLATIF , contemplative, adj. [Contempla trous. J Adonne a la contemplation. Acoûtuméàcon templer, a faire de profondes réflexions. (Esorit r„n templatit.) ^ on " CON IEMPLAT 1 F , f. >n. [Contemplator,stecuhtorl 11 vient d u Latin. C est celui qui contemple, qui con sidéré, & qui a toujours quelque chose dans l’esorit' C est un homme qui rêve toûjours à quelque chose d’mi peu abstrait. Le mot contemplatif n’eft pas tout-à fait a la louange de celui de qui on le dit. Ainsi ce n’est pas taire un grand éloge du Seigneur A. que dire que ce n’est qu’un contemplatif en matière de politique • j’aimerois autant dire que fa politique n’est su érè moins visionnaire que son mérite & sa politesse. ° " Nouveaux contemplatif. [Rerum dìvinarum crmttm- platores.J Ce sont ceux qu’on apelle Ordinairement" Quiétijles, qui ont pour Patriarche le Docteur Michei Molinos, & qui font en priant dans un perpétuel ravissement d’ame à Dieu. (Les nouveaux contempla" tifs au commencement du Quiétisme n’eurent point de plus grands ennemis quq les Moines Confesseurs, par- ce que la plûpart des Pénitens quitoient les Moines Confesseurs pour se faire Quiétistes.) Innocent X'I. a condamné la doctrine des nouveaux contemplatifs êii condamnant le livre de l’Archevêque d.e Cambrai.' CONTEMPLATION, f. f. [Contemplatio .] Action de l’esprit qui contemple quelque chose. Atachement de l’esprit qui considère quelque chose. (Etre dans la contemplation. Etre ataché à la contemplation.) í CONTEMPLATION, en termes de traitez & ds contracts, signifie la méme chose que consderat'm. (En contemplation de la paix chacun a cédé de ses prétentions* En contemplation de son mariage on lui a cédé cette charge.) CONTEMPLER, v. a. [Contemplât! , Jjieculmi.] Considérer. Regarder avec une profonde attention. Contempler les cieux. Pour vous mieux contempler, demeure au desert, Ainjt parla le Solitaire. II sut créé, tout suivit ce conseil salutaire. La Font.) . $ CONTEMPLER, s’emploie absolument & sansre- gime, & lignifie presque toûjours méditer. 11 passe fa vie á contempler. CONTEMPORAIN. [Ejufdem atatis, tempo m, coManeusf\ Cet ad jectif ne se dit pas bien au féminin. 11 signifie qui est d u même tems qu’un autre. Qui a vécu au méme tems qu’un autre. (Catulle & Cicéron étoient contemporains.) * CONTEMPTEUR, f m. [Contemptors Ce mot lignifie, celui qui méprise, mais il est hors dulit- ge. Vaug. rem. II ne lé trouve point dans le Dictionnaire de l’Académie. Cependant Mr. de la Bruyère s’en sert. Uni de goût & d’interêt avec les contempteurs d’Homére, il attend paisiblement que les hommes détrompez lui préfèrent les Poètes modernes. T CONTEMPTEUR , se trouve dans le Dictionnaire de l’Académie, qui avertit que ce ternie n’a guère d’u- sage que dans la Poésie & dans le stile soutenu. On dit, contempteur des Dieux. CONTEMPTIBLE , adj. [Contemnendus,sternenitf, dcfpiciendus.] Ce mot signifie, qui est digne de mépris. Vaugelas a décidé que ce mot étoit hors d’usagc. " est vrai qu’il ne se dit guére. 11 se peut pourtant rencontrer des endroits où il ne fera pas un mauvais éfet. (Ils passent ici pour les plus contemptibles de tous les hommes. Maucroix,schisme d’Angleterre, !.]■. pag. 496.) f L’Académie dit que ce mot vieillit. 0 Malherbe aimoit contemptihle & contempteur, qui font également hors démodé. 11 dit dans une lettre: C’est un jeune lion, qui aura biembt de la force aux ongles, U alors malheur aux opprejjeurs du peuple, U tmx contempteurs de son autorité. . CONTENANCE , s s. [Capadtas.3 La capacité d’un vaifleau, l’étenduë de quelque quantité, (w contenance d’un tonneau est de tant de pintes, so contenance de ce jardin est de trois arpens, de tant de toises, &c.) * cos* CON * CONTENANCE , / / [ Vultns , toiimque corporit habitus, status , dijpositio , Jpccies.) Lamine, l’aparen- ce , le geste, la posture, l’air, le mouvement & la nia» niére de paroître d’une personne , de quelques troupes d’une armée , &c. Le mot de contenance est un peu vieux, & dans le discours ordinaire on ne s’en sert guére , mais dans les sujets graves & soutenus, & principalement dans'les choses de la guerre , il est encore beau & fait une belle image. ( La contenance des escadrons & des bataillons parût terrible. Abl. ylrr. I. i. Epier la contenance des ennemis. Abl. Arr. I. i. Pendant que les troupes se mettoient en bataille , il s’étoit ataché à reconnoître la contenance des Espagnols. Relation des campagnes de Rocroi. Je vous voiois marcher fur les précipices avec une contenance gaie. Voit. I. 54. Perdre contenance, J’en vois plusieurs d’une contenance bien réformée. Abl. Luc. t. 2. Qtfune sévére contenance Rie condamne jamais la modeste licence Des bons mots que vous entendez. Pavillon.) $ On dit de certaines choses, qu’on ne porte pas par nécessité, mais pour le bon air , pour la bonne grâce, qu’«M les porte par contenance , qu’elles servent de contenance. Acad. Ex. CONTENANT, contenante, adj. {Capiens, continens, complefiens.) Qui contient, (le contenant est toujours plus grand que le contenu.) CONTENDANT , f m. [ Competìtor , rìvalk. ] Celui qui conteste. Celui qui aspirant à quelque chose la dispute contre un autre. (Les deux contendans. Mézerai.) CONTENIR) ®. a. [ Contìncre, capere , ample, fli.) Je contiens , j’ai contenu , je contins , je contiendrai. Renfermer. Comprendre. (Livre qui contient l’Histoire de deux ans. Abl. Les anciennes prisons ne pouvoient contenir les prisonniers. Maucroix , schisme, l. ì. La toise contient six piez. Un arpent contient cent perches. Dieu vouloir faire adorer fa grandeur aux hommes , en leur faisant connoítre ses ouvrages & ce qu’ils contiennent. S, Ciran.) * CONTENIR. [Coércere , reprimere , refrœnare.) Empêcher de faire quelque chose. Retenir. Arrêter. (Contenir le peuple dans le devoir. Abl.) * Se contenir , v. r. [Coércere , reprimere se.] S’em- pêcher de faire quelque chose. Se modérer, se tempérer. (Le pauvre garçon ne sauroit se contenir, & c’est son malheur.) CONTENT , contente , adj. [Contentm.] Qui a son contentement. Satisfait. (Je fuis content de tout soufrirpour la cause de Dieu. Arn. On est content qu’ii prenne l’épée, pourvu qu’elle lui donne de quoi subsister en honnête nomme. Etre content de sa petite fortune. Abl.) $ Avoir le visage content , c’est paroître guai & de bonne humeur. £ Etre content de sa personne , c’est s’éstimer beaucoup , avoir trop bonne opinion de soi-même. (Cette femme est fort contente de sa petite personne. Cet homme est fort content de sa personne.) CONTENTEMENT , s. m. [Delefíatio , voluptas , U- tìtia , animi tranquillisas , gaudium.) Satisfaction. Plaisir. (Avoir un extrême contentement. Jouir d’un grand contentement. L'étude fait mon plus sensible contentement.) Madame tout conspire à mon contentement. Mol.) (s II y a quelque diférence entre contentement & sathfaHion ; elle a été remarquée par l’Auteur de la Justesse. Le contentement est plus dans le cœur ; la satisfaction est plus dans les passions. Le premier est un sentiment qui rend toujours l’ame tranquille: le second est un succès qui jette quelquefois l’ame dans le trouble. Un homme inquiet n’est jamais content : un homme trop ambitieux n’est jamais satisfait. On est content lors qu’on ne souhaite plus : on est satisfait lors que l’on a obtenu ce que l’on souhaitoit. Le goût de ce que nous possédons, nous contente : la possession de ce que nous désirions, nous satisfait. II arrive souvent, qu’après S’être satisfait, on n’est pas. content. CONTENTEMENT passe richesse. [Suh rébus contentas felix est U dives.) Proverbe, pour dire , qu’une vie tranquille vaut mieux que de grands biens. CON 47 3 CONTENTER ) «. [Satisfacere.] Donner du contentement. Satisfaire. (Contenter une personne. Contenter sa passion , son ventre. Abl. Contentez mon déstr , (if n’diez point d’éfroi, Je vous répons de tout , fs prens le mal fur moi „ Mol.) J Se contenter , v. r. [ Suum expiere destderium. J Se satisfaire. ( La vertu se contente, & vit à peu de frais. Dejpr.) Se contenter de quelque chose. [Sufpcere.) Ces mots signifient aussi que cette chose suffit, (La nature se contente de peu. II ne s’est pas contenté de lui avoir dit des injures , mais il l’a frapé de plusieurs coups.) CONTENTIEUSEMENT, adv. [Contentiojê .J Avec grande contention & opiniâtreté. CONTENTIEUX contentieuse , adj [ Litigiosus , controverses.) Plein de débat & de contestations. (Justice contentieuse. La jurisdiction contentieuse est celle qui s’exerce par Pautorité du Magistrat. Févret , traité de f abus , liv. 2. ch. 1. ) Volez Jurhdifíion. f CONTENTIEUX, qui aime à disputer, à contester, contredire. (C’est un esprit contentieux, il est d’une humeur contentieuse.) CONTENTION, f f [ Contenta ,] Prononcez cmtancìon. Efort de corps qu’on fait avec qtielcun. Grande aplication d’esprit. Chaleur avec laquelle on dit ou fait une chose. ( De peur que la contention n’allât trop loin, il est permis de les séparer. Abl. apopbt. p. 215. II y a en cela trop de contention d’esprit Parler avec contention. Feu Gautier plai- doit avec une éfroïable contention. CONTENU, contmué , adj. £ Contentas, ] Renfermé. Compris. CONTENU ,/ m. [ Srnnma .) Ce que contient quelque lettre, ou quelque écrit. (Le garde des sceaux a scellé des lettres, dont voici le contenu, lanturlu. Voit. Poést) CONTER- Volez Compter. CONTER, v. a. [JSarrare.] Raconter. Dire. Faire le récit de quelque chose. (Conter agréablement une avanture, une historiette.) CONTER des sornettes , conter des fagots. [ Nugat garrire , fabula ,., somma. ] C’est-à-dire , conter des choses incroïables & inutiles. O.n dit dans ce même sens , il nom en a bien conté , quand il nous a fait le récit de son volage.) ^ Conter ses raisons à une femme i c’est lui parler de galanterie. * S’en faire conter. [Procari.] C’est se faire cajoler par un amant. Eve aima mieux, pour s’en faire conter , Prêter l’oreille auxfleurettes du diable , Que d’être femme U ne caqueter. Sar. Poës. f CONÏERIË , f f. Espèce de Raflade, ou grosse verroterie qui se fait dans les Verreries de Venise. La conterie sert à traiter avec les Sauvages du Canada , & les Nègres de Guinée. CONTESTABLE ) adj. [Controversw .] Qui peut être contesté. (C’est un fait contestable. Ce droit est fi clair qu’il n’est pas contestable.) CONTESTANT, ante , adj. [Conîendens , concertons, litìgans , contentiofus.] Qui conteste , qui aime à contester. (C’est un esprit aigre & contestant.) CONTESTATION , f f. [Contenta, controversia, cmcertatio .] Débat. Former une contestation à quel- eu n. Pntru , plaid. 5.) C’est aussi un Terme de Palais, Et c’est quand on a fourni des défenses , & qu’ii y a règlement fur les demandés & les défenses des parties. H CONTESTATION, signifie aussi une simple dispute. ( Les Théologiens font toujours en contestation. On dit plus qu’on ne voudroit dans la chaleur de h contestatio ». La passion de vaincre de part & d’autre convertit la contestation en haine , & en querelle. De Vill.) CONTESTE,// f Lis , cmtentio.) il signifie con* testation , mais il n’est pas d’usage. (Ils ont tous les jours quelque conteste, dites, ils ont_ quelque contestation , quelque dispute, quelque débat ou quelque maniéré de querelle sur quelque chose. La maison à présent , commesavez de reste , Au bon Monsieur Tartufe apartientsans conteste. Mol.) Tome L Q 0 e CON- 474 CON CONTESTER , ». a. [ Coniendere , concertare , //íi- gare. ] Débatte. Disputer. (Contester ia couronne à un Roi. Ab!. A>r. I. 2. c. 2. Contester Je pas à quel- cun. On lui conteste la qualité d’hcritier.) CONTEUR, / [ Fabulator , nugator. ] Celui qui aime à faire des contes. Diseur de rien. (Je vieillis puis-que je fuis conteur de fleurettes. Scar. let. C’est un conteur auquel il ne faut pas ajouter de foi.) CONTEXTUEL , / / C Contextm.J Ce mot vient du Latin Contextura. 11 signifie la diípolìtion & l’arangement des parties du corps. ( On ne lauroit aller admirer la contexture des fibres du cerveau &c. ) CONTIGU, contkué , adj. [Contiguw.~] Ce mot se dit des choses qui font si proches les unes des autres, qu’elles fe joignent & fe touchent. (Notre maison est contiguë à la sienne. Ces deux Etats font con- tigus. Ce font des choses contiguës. On Rétablit Gouverneur des peuples contigus à cette Province. Vaug. Quint. Curt. L 10. ch. 10. CONTIGUITE ',/./ [ ContiguiUs. ) Voisinage ou proximité de deux choses qui fe touchent, & qui font tellement jointes, qu’on ne voit rien entre-deux. La contiguíté de ces deux maisons a été la cause qu’elles ont péri par un même incendie.) CONTINENCE,//. [ Continentia.l Vertu qui nous fait abstenir des voluptez & des plaisirs détendus. (Alexandre surpassa en continence tous les Rois. Vaug. Quint. I. j. c. 12. Vivre dans une grande continence. Arn. Ils trouvoient infuportable le joug de la continence. Maucroix , schisme , /. ;.) {J Air. de Vaugelas, que l’Auteur cite, & qui a dit dans Quinte-Curce, qu’Alexandre avoit surpassé tous les Rois , par fa justice & par fa continence , nous aprend dans ses Remarques posthumes, que Messieurs de Gombaud & Patru n’aprouvoient point le mot de continence , disant qu’il est niais de louer un homme de fa continence & de fa chasteté , c’ejì-à-dire , selon le monde ; car c’ejì tout autre chose selon Dieu. II me semble que ce mot continence peut trouver sa place dans les sermons & dans les discours de piété, mais continent St continente ne font point en usage. CONTINENT, continente , adj. [ Continent. ] Qui «'abstient. Qui fe modère. Qui s’empêche de quelque volupté défendue. (C’est un homme fort continent. Mais ce root n’est pas fort usité en ce sens , & ne peut entrer que dans des discours de piété, & encore fort rarement. On dit pourtant : II faut être continent, même dans les libertez , & dans l’ufage du mariage. CONTINENT , / m. [ Continent terra. ) f erme de Géographie. Ce qui contient plusieurs grandes terres jointes ensemble. (L’Asie, l’Afrique , & l’Europe sont trois grands continens, mais le plus grand de tous , c’est P Asie. On rencontre les Isles avant que d’entrer dans le continent de l’Amérique.) CONTINGENCE, s.s. [Eventus , fortuit us. Cafua- lité. Incertitude de quelque événement. Cela n’em- pêche pas la contingence. Port-Royal. CONTINGENT , Contingente , adj. [ Contingent, fortuitw. ] Cafuel , incertain, qui peut arriver ou n’arriver pas. C’est un ferme de Philosophie. (Tous les événemens humains font contingens. Port-Royal , Logique .) CONTINGENT ,/ m. [Pars quœ ad aliquem attinet.'] Ce mot se dit des parties d’une chose qui regarde plusieurs personnes en commun. C’est la portion qui peut convenir à chacun. (II a païé son contingent de Pimpolìtion qui a été faite. II a eu tant pour son contingent en cette succession. Les Princes & les Villes d’Allemagne doivent fournir tant d’hommes, tant de munitions & tant de deniers pour leur contingent. ) CONTINU , continué, adj. f Contìnuus. J Ce mot est un terme de Philosophie , qui fe dit de la quantité. (On la distingue en quantité discrète , qui est le nombre, & en quantité continué , qui est l’étenduë.) II sc dit aussi de ce qui sc fait fans aucune interruption. (Le mouvement des planettes est réglé & continu , & il sc dit principalement en parlant de fièvre , & veut dire, qui n’a point , ou très-peu d’interruption. II est mort d’une fièvre continué.) î BaJJe continué. Terme de Musque. On apelle ainsi la basse qui jouë toûjours, soit pendant les récits , soit pour soutenir les choeurs. CON •f continu , elt auth iubstantif. Les Philosont, disent, le continu est divisible à l’infini, le 2“ du continu. 11 n’a point d’autre usage dans cette ? ception. ac - f A la continués adv. [Denique, deniùm,~] p sr i, fuite dutems. A la longue. (A la continue'1W est un tourment. Benserade , rondeaux. ) r CONTINUATEUR,/ m. [Cnntinuator ] Ce lui qui continué, qui poursuit l’ouvrage. (Ezoviusà ete le Continuateur de P,aronius.) 4 CONTINUATION, / / [Continatio , -perse rantia.] Suite d’une choie commencée. ( La conti" nuatiofi d’un roman. La continuation d’une guerre' La continuation de l’Histoire de Dom Quichote / vaut pas les premiers volumes.) f CONTINUATION, ligifie aussi la durée, k fuite (On craint la continuation de la guerre, de la / lie, &c. ) v ' CONTINUEL, continuelle , adj. [ Contìnuus , a $. dum , perpétuas f\ Qui est assidu , qui ne cesse point" ou qui cesse très-peu. (Travail continuel. Wuiecotn tinuelle. Peine continuelle. A quelque dégré de ju! stice que nous soïons parvenus, nous avons besoin" d’une continuelle assistance de Dieu. S. Ciran. théol. leçon. i2. CONTINUELLEMENT , adv. [AJsduè,fme intermis. Jìone.) Toûjours. incessamment. ( 11 s font continuel lement mêlez les uns avec ses autres. Pasc. 1 . 1.) f CONTINÛMENT , adv. Sans interruption. II écrit continûment , il parle continûment depuis le matin jufqu’au soir. f Continu & continûment diférent de continuel & continue 11 ément , en ce que continu & continûment se di- sent des choses qui ne sont pas divisées ni interrom- pués depuis leur commencement jufqu’à leur fin; & que continuel & continuellement , sc disent aussi de celles qui sont interrompuës , mais qui recommencent souvent. Acad. Fr. CONTINUER, f. a. [Persequi , continuare , ex. tendere , perfijhre .]] Persister. Demeurer dans une in- terrupdon fort sensible. Etre fans difeontinuadon en quelque état. (Je continue à avoir peu de santé & de fortune. Voit. L 2;. Comme je continuai à me plaindre , il en fut touché. Pasc. I. ;. ) CONTINUER. [Prorogare.] Prolonger le tems de quelque O licier en charge au-delà du terme ordinaire. (On a continué 1 e Prévôt des Marchands de Paris. On a continué le Recteur de l’Univerlitc. Continuer les Echevins.) CONTINUITE', / / [ Continuitas , continuatk ] Terme de Philosophie. Suite & liaison de parties, La continuation d’un corps dans toute son étendue. (Les anciens attribuoient l’élévation de l’eau dans les pompes à l’amour de la continuité & à la crainte du vuide, parce que la pesanteur de Pair, qui en est la véritable caulè, ne leur étoit pas connue.) Solution de continuité. Terme de Chirurgiens, par lesquels ils expriment l’ouverture des plaies, laquelle interrompt la fuite & la liaison des parties extérieures du corps. (Les ombres ne craignent point la solution de continuité. Lettres de Marot,Jûr l ! arrivée de Lui- li aux champs élises , p. 14. ) CONTINUITE' d’afíion. C’est une des régies du poème épique & dramatique. Le sujet de ces deux poèmes doit être un & continu. Voici ce que l’Abé d’Aubignac a écrit fur la continuité d’action dramatique. ,, C’est un précepte d’Arillote, auflì bien que ,, de la raison ; depuis l’ouverture du théâtre, jusques ,, à la clôture de la catastrophe, il faut que lesprin- ,, cipaux acteurs soient toûjours agissans, & que le ,, théâtre porte continuellement & fans interruption „ Limage de quelques desseins, atentes, passions, ,, troubles, &c. qui ne permettent pas aux spectateurs „ de croire que faction du théâtre a cessé. ” On entend par principaux acteurs , tous ceux qui conduisent l’intrigufe ; &il sufit même que le moindre des personnages agisse , pourvu que ce soit nécessairement. L’action ne cesse pas toûjours, quoique les acteurs n a- gissent pas, parce que quelquefois cette cessation apa- rente est une partie de faction. Quant à l’unité de l’action du poème épique, le P. Rossu, liv. ì. ch. 9. emploie le terme intégrité , pour exprimer la continuité de l’action, qui, selon Aristote, doit avoir un commencement, un milieu , & une fin; & ces trois parties doivent former un tout fans interruption, Yoïez ee quil en dit dans ses chapitres fuivans. f CON- CON CONTONDANT , contondante , adj. Du Latin contundans. Ce mot n’est en usage qu’entre les Chirurgiens, qui dans leurs raports, disent qu’une personne à été meurtrie avec un instrument contondant ; c’est-à-dire, qui froisse & ne coupe pas, comme un marteau, une massue, un bâton, &c. CONTORSION, / /• [ Dijìortìo .] Mouvement du corps acompagné de postures peu agréables. (Faire des contorsions. Non, je ne bais rien tant que les contorjìom De tous ces grands faiseurs de protestations. Mol.) $ CONTORSION. C’est aussi îe mouvement violent causé par une maladie , qui tord les muscles & les membres d’une personne. (Cette maladie lui cause de furieuses contorsions. On diroit que ce Prédicateur a la colique, tant il se déméne, & fait de contorsions. A voir les contorsions qu’il fait, on diroit qu’il est possédé.) CONTOUR , / m. [Anibitus, circuit m.'] Circuit. Tout ce qui entoure. (Le contour d’une fortification. Les contours d’une figure. Quatre rideaux pompeux par un double contour , En défendent Ventrée à la clarté du jour. Despr. f Vaste contour. [Orbk.J Le monde. Dans ce grand U vaste contour, II n’est rien qui soit Jans amour. Voit. Poës. CONTOURS. [Sko circuìtu [fi ambitu figura delìnea- tio. J Terme de Peinture & de Sculpture. Lignes réelles ou imaginaires qui entourent un corps , & qui en font la superficie. (Les contours d’un corps. De beaux contours. Contours bien prononcez.) On dit que les contours font beaux, & bien prononcez, lors que dans les ouvrages de peinture ou de sculpture, les membres des figures font desseignez avec science & art pour représenter un beau naturel. Félibien, Dictionnaire de Peinture. Du Fresnoi , dans son poème de l’art de peinture , explique ainsi les contours : les parties doivent avoir leurs contours en ondes, & ressembler en cela à la flâme & au serpent, lorsqu’il rampe sur la terre ; ces contours seront cou- lans, grands, & presque imperceptibles au toucher, comme s’il n’y avoit, ni éminences, ni cavitez ; qu’ils soient conduits de loin fans interruption pour en éviter le grand nombre ; que les muscles soient insérez & liez, selon la connoissance qu’en donne l’Anato- mie ; qu’ils soient desseignez à la gréque, & qu’ils ne paraissent que peu, comme on le voit dans les figures antiques ; qu’il y ait enfin un entier acord des parties avec leur tout, & qu’elles soient parfaitement bien ensemble : Membrorumque Jrnits ignis fiammanth ad instar, Serpenti undantes fiexu, fed lavìa, plana, Magnaque signa, quasiJine tubere subdita taCtu, Ex longo deduCla fiuant, non feCla minutìm, Insertsque tork Jint nota ligamina juxta Compagem Anathomes, [fi membrificatio grœco Deformata modo, paucìfque exprefsa lacertk, Qualk apud veteres , totoque Eurithmia partes Componat. CONTOURNE', contournée, adj. [.Adstnistramscutf partem converjus, adverfus.) Terme à& Blason. II signifie tourné à gauche. (Animal contourné. Casque contourné ; ce qui est une marque de moindre noblesse.) CONTOURNER, »• a. [Circuitw N ambitus alicujus reì dejcribere, delineare.) Terme de Peinture Sc de Sculpture. Faire les contours d’un corps. (Contourner une figure. De Piles, conversations de peinture,) CONTOURNER , v. a. [ Çonvertere, obvertere.J Signifie aussi tourner d’une maniéré oblique. CONTOURNIATE. Terme d ’ Antiquaire. C’est un médaillon frapé avec une certaine enfonqure tout au tour. CONTRACT- Votez Contrat. CONTRACT, contraste, adj. [Contratlus.] Terme de Grammaire Gréque. Qui abrège quelque silabe. (Déclinaison contracte.) CONTRACTANT , f m. [ Pacifions .] Celui qui contracte. Qui passe un contrat devant Notaire. (L’acte demeure entre les mains de quelcim des contractans. Patru, plaidoyé 6.) CON 47 5 CONTRACTATION. On apelle chambre de contraflation , un tribunal établi à Seville en Espagne, qui tient regître de toutes les Marchandises qu’on envoie dans les Indes Espagnoles, ou qui en reviennent. Cette chambre est composée d’un certain nombre de Conseillers de robe & d’épée. CONTRACTER, ». a. [PaCfíonem facere.J 8’oblisser par contrat devant Notaire. (Un mineur ne peut valablement contracter. Le M ait.) CONTRACTER. [Contrabere, concipere , inire.J Se dit des choses qu’on aquiert à force de faire souvent, & signifie. Se former. Prendre. (Contracter une mauvaise habitude.) î CONTRACTER une maladie. On le dit des maladies qui se gagnent par une espèce de contagion, ou par quelqu’autre cause. 11 a contracté une fâcheuse maladie. í CONTRACTER des dettes. C’est s’endetter, faire des dettes. 11 a contracté tant de dettes, qu’il ne fau- toit les païer. CONTRACTER. [Jungere amìcìtiam, confuetudìnemCJ Faire. Etablir. (Contracter alliance. Abl. Contracter mariage. God.) CONTRACTION , f fi [ Nervorum contra - Cíìo.) Ce mot se dit en parlant de nerfs, & veut dire Faction du nerf qui se retiïe. CONTRACTION. [SyllabarumcontraCíio.J Terme de Grammaire Gréque. C’est un abrègement de silabes. CONTRACTUEL , contraCíuelle , adj. [ ContraClm, initus.J Qui est de contrat. Qui est stipulé par contrat. (Substitution contractuelle. Patru, plaid, ia.) t CONTRACTURE , J. f. [ ContraCtioC] Ternie' d ’ ArchiteClure. II se dit du rétrécissement des colonnes. CONTRADICTEUR , f. m. [ ContradìCior. ] Terme de Palak. Celui qui a droit de contredire. (Un légitime contradicteur.) Hors de là, ce mot n’est pas en usage. H I.es desseins les plus assez, comme les plus difficiles, & fur tout ceux qui font hardis & peu communs, trouvent toujours des contradicteurs. Polybe de Mr. de Folard, Tome I. CONTRADICTION , f. f. [ Contentio , controverjia, diverjìtas, varietas opinionum , objeCíio, oppojìtio.) Contrariété. Choses qui se contredisent. (Acorder des contradictions aparentes. Pose. I. 6 . Ces choses impliquent contradiction.) H En fait d’histoire les contradictions ne se pardonnent jamais. II faut les laisser en propre, & comme un privilège attaché aux Poètes, aux Orateurs, aux A- vocats, & aux Théologiens controversistes ; c’est là leur terrain, ils peuvent í’enjoliver, ou s’y retrancher selon le besoin. Polybe de Folard. f On dit d’une personne qui aime à contredire, c’est un esprit de contradiction. CONTRADICTOIRES, s. m. [Contrarias,secumpu-. gnans, non cobœrens.J Terme de Philosophie. Sortes d’oposez qui consistent dans un terme & dans la simple négociation de ce terme. Comme voir, & ne voir pus. Port-Royal, logique, 3. part. ch. 17. (II est impossible que deux propositions contradictoires soient vraies en même tems.ì CONTRADICTOIRE , adj. Terme de Palak. Ce qui est prononce par le Jugea í’audience, fur une afaire en présence de parties qui plaident. (II est condanné par arrêt contradictoire. Le Maìt.) CONTRADICTOIREMENT, adv. [Contraria ac pu - gnante JénJ'u. J Terme de Philosophie. D’une maniéré contradictoire. (Ces propositions font contradictoire, ment oposées.) CONTRADICTOIREMENT, adv. [Latum diClâ utrrn- que 'auj'â judicium .J Terme de Palak. En présence des parties. (Arrêt rendu contradictoirement. Le Maìt.) t CONTRAIGNABLE, «ch. |-Qui adhibitâ vi cogi poteji. Terme de Pratique. Qui peut être contraint selon les régies de la Justice. (Les femmes qui font en puissance de mari, les septuagénaires, les Prêtres & les Diacres ne font point contraignables par corps. (Hors de là, ce mot n’est pas en usage. CONTRAINDRE , »• a, [Cogéré, compeUere ait . quem ad aliquid. J Je contrains, j’ai contraint, je ctm- traignk, je contraindrai, je contraigne, je contraignisse, contraignant. Forcer. Obliger par force ou par nécessité. (£a pauvreté le contraignit de faire encore la campagne. Contraindre une personne par corps. Patru , plaid. q. Contraindre une ville à se rendre. Tome L Q 0 0 z 47 ® CON Le ,s ’fiut de ? amitié ne se saurait éteindre, _ ()n 'a beau F oublier, on a beau le contraindre. * CONTRAINDRE. Etre dans un état contraire à son panchant. Gêner. N’étre pas dans un état libre, mais forcé & peu naturel. (L’étude le contraint fort. La Religion nous contraint, & ne nous assujétit pas assez. S. Eurent.) * Se contraindre. [Confinera, réprimera s .2 Se forcer. Se violenter. Faire avsc une répugnance qui ne soit pas visible. Etre dans un état contraire à la pente naturelle. Etre d’une manière qui n’ait rien de libre, mais qui soit forcée, gênée & peu naturelle. (II se contraint pour me contraindre. Gomb. ep. On se contraint devant les dames & les personnes de qualité.) 4 CONTRAINDRE, lignifie aussi, ferrer, mettre à l’étroit, presser. (Ce îoulier, cet habit le contraint. La lìtuation de ce terrain me contraint.) CONTRAINT , contrainte, adj. [Coaéluí, compulsas C\ Forcé. Obligé. (Ií est contraint de travailler pour gagner fa vie.) * CONTRAINT, contrainte, adj. [Homo minus ad naturam accommodato vultu, ac gestu .2 Gêné. Qui ne peut agir librement. Qui n’est pas naturel. Forcé. (II est fort contraint avec les personnes de qualité. Ce vers est un peu contraint. Son stile est contraint. Son geste est contraint. Avoir u« air contraint. Un langage contraint & guindé ressent le pèdantisme. Val.) CONTRAINTE , f f. [Vis. j j Violence. Force ou nécessité qui oolige à faire ou à céder. (11 a fait ce contrat par contrainte.) CONTRAINTE par corps,]', f. [Potestas cogendiper fementiam judicis .J Terme de Pratique. Jugement par lequel il estditqu’un comme fera mis prisonnier. (On » obtenu une contrainte contre lui. Les contraintes par corps ne peuvent avoir lieu que pour les dépens, lors qu’ils montent deux cens livres & au dessus. Volez l’Ordon. de Louis XIV. Elle marque pour quel cas on peut exercer la contrainte par corps.) 0 11 ne faut pas s’en tenir là fur cette matière ; ce que Mr. Richelet en a dit, ne suffit pas pour l’instru- ction du lecteur. Les peuples les plus civilisez , & dont les mœurs ont été i’exemple des Nations qui leur ont succédé, se font déclarez très-févéres contre les débiteurs, fans fe laisser toucher par le moindre sentiment de piété. La servitude a été la peine presque générale dont on s’est servi pour tâcher de tirer du service d’un débiteur, & un dédommagement de fa mauvaise foi ou de son impuissance. Voici nôtre créancier , (s’écrie une veuve , dans le livre quatrième des Rois, en parlant au Prophète Isaïe,) qui vient pour enlever mes enfans, pour en faire jes esclaves. Cette sévérité s’établit facilement dans Athènes : elle est trop conforme aux sentimens de l’amour propre & de l’a- varice, pour n’être pas reqûë & autorisée par les riches : ils ne se contentèrent pas de la servitude de leurs débiteurs, qu’ils verdoient publiquement comme les autres esclaves ; ils suivirent l’exemple des Hébreux, & se rendirent maîtres des enfans, quoiqu’inno- cens, qu’ils traitèrent avec la même rigueur qu’ils ex- erçoient fur leurs pères. 11 n’étoit pas possible que ce peuple gémissant sous la tirannie des riches, fou frit patiemment la dureté de fa condition : il fe révolta, & demanda que l’on partageât les terres , & que l’on abolit la contrainte personnelle, dont on abusoit avec tant de rigueur. On eut recours à Solon pour tâcher d’apaifer le tumulte ; & nous aprenons de Plutarque, que ce Philosophe aïant été élu Archonte, sa médiation fut acceptée par les riches, parce qu’il étoit dans le même rang qu’eux, & par les pauvres, à cause de fa sagesse & de sa probité : ce ne fut pas fans beaucoup de peiné qu’il abolit les dettes contractées, & défendit que l’on ne prêteroit plus de l’argent sous l’obli- gation de lâ personne, & fous les rigueurs qui avoient fait tant de malheureux , & désolé tant de familles. Les Romains, après avoir chassé les Rois, établirent parmi eux la sévérité que l’on pratiquai t dans Athènes contre les débiteurs, qui ne s’aquitoient pas exactement de ce qu’ils dévoient : ils portèrent même cette sévérité bien plus loin, puis que par une loi qui fut inférée dans les douze Tables, les créanciers avoient droit fur la vie de leurs débiteurs. Cet endroit de ì’Histoire du Peuple Romain, fait bien connoitre la férocité du genie de ce Peuple, dans le commencement de la République. CONTRAINTE. [ Severitm, Jìatus violentas . J Etat gênant & contraignant. Etat qui violente un peu, qui CON est contre la pente naturelle d’une personne, maniéré fnrrée & neu naturelle. (II est Hans une fnrim,r<. ... , * ì-.-v »* wwv |/vnwuuvj ma forcee & peu naturelle. (11 est dans une furieuse con trainte. La contrainte est grande en cette maison.)»' La vertu est naturellement austère par la contrainte qu’elle impose au cœur , en réprimant ses désir* P. Rap.) CONTRAIRE , adj. [Adversw , inimieus, tnfm. fus, oppostus .2 Opofé. Qui empêche, qui nuit, qui çft ennemi. ( ( Avoir le vent contraire. La fortune lui a toujours été contraire. Les excez sont contraires à la santé.) CONTRAIRE , f m. [Contraríus.J Chose contraire Manière d’agir opofée. ..(Croire le contraire. Savoir lê contraire. La bizarre toûjours vient m’ofrir le con. traire. Destr.stat. 2. Le contraire scroit un prodige. M au croix, schisme, /. ;.) Souvent ma femme fst moi nous entrons en devis Ei fur divers propos demande mon avis Je lui dis franchement ce qu’il es bon de faire. Mats elle me répond, je ferai le contraire. Me faut à l’avenir être un peu plus adroits Lui parler de travers pour la faire aller droit. Poète anonyme. CONTRAIRES, f m. [Contraria, opposta, adverfi.] Terme de Philosophie. Sorte d’oposez, comme le froid & le chaud, sain & malade. Port-Royal, logique, par- tie, chap. 17. Au contraire, adv. [In prœjudiciumd] Au préjudice. (Elle cassa tous les actes rendus au contraire. Um. croix,schisme, l. 2.) Au contraire , adv. [Contrà, è contrarie .2 Bien loin de cela. (Ne rendez point mal pour mal, mais au contraire bénissez ceux qui vous maudiíTent.Porf-Aoja/, nouv. tefì.) CONTRARIANT , part. U adj. [T>ijsentiens .2 (Esprit oontrarinnr. Humeur contrariante.) CONTRARIER , v. a. [AdverJ'arì, repugnare .] Contredire une personne sur ses sentimens, lui être opofé. C’est un fat qui fe plaît à contrarier tout le monde, II vient juj'ques-la que de se méconnoìtre, De contrarier tout U de faire le maître. Mol. tart. a. 1. sc. 1. CONTRARIETE', s f. [Repugnantia, discrepaxtk .2 Opoíition. Choies contraires. (Une contrariété grot frète, vilible , manifeste. Acorder des contrarieteï. Pas. I. 6.) CONTRARIETE', s. ,f. [Mor a, difficulta , impidi. mentum .2 Signifie aussi, obstacle, dificulté qu’on trouve dans la poursuite de quelque chose. CONTRASTE, s m. [Varietiu opmionum, m- tentio .] Contrariété de sentimens. Contestation. (La chambre est partagée, il y a grand contraste entre les Juges.) CONTRASTE , s. m. [Controversa, rixa , altercatw) Brouilleries qu’on a avec quelcun, (De fâcheux contrastes. D’envieux contrastes. Réservez ce front tranquile, Pour les divorces qu!amènent Ces contrastes douloureux. Deshoul. Poéf. p. 202.) f L’Académie dit, que contrase est vieux dans ci sens. CONTRASTE", s. m. [Status, habitas , gesw , JMs varietas.] Ternie de Peinture & de Sculpture. C’est une diversité dans la disposition des objets & des membres des figures. (Par exemple, si dans un groupe de trois figures, l’une fe fait voir par devant, Vautre par derrière, & la troisième parle côté, on dira qu’il y a du contraste. Désir.) $ CONTRASTE, se dit encore des passions opofées, du combat des paillons. (Le contraste des passions fait quelquefois un bel effet dans une Tragédie ) í CONTRASTE, fe dit aussi des caractères & des sentimens opoíèz. (Contraste de caractères, contraste de sentimens. -j: CONTRASTE', contrastée, part. (Des caractères, bien contrastez, des figures mal contrastées.) CONTRASTER , v. a. [Statum , habitmn , &Ç- «j«* riare.) Terme de Peinture & de Sculpture. Varier les actions & les dispositions des figures. Contraster fe dit austi d’une figure , lors que dans son attitude les membres sont oposez les uns aux autres, qu'ils le croisent, ou qu’ils fe portent de diférens cotez. (Cette figure est bien contrasté*. De Ptl.) f Oe Terme n’a point d’autit usage. î CON- CON # CONTRASTER est aussi neutre. (Ces figures-contrastent bien ensemble.) CONTRAT ,/ m. [Pacíum , pafilio, conventum, conventìo .J Acte qui se passe devant Notaires , & qui se fait entre deux ou plusieurs parties qui s’obligent respectivement à quelque chose. (Un contrat de vente. Un contrat de donation. Faire un contrat. Passer un contrat. Dresser un contrat. Un contrat me déplaît , on sait mieux son afaìre, Sans (avis d’un Curé U le seing d’un Notaire . Poète anonime.) $ CONTRAT , se prend aussi dans une signification plus étendue pour toute convention faite entre deux ou plusieurs personnes; & on dit, contrat verbal, contrat tacite, CONTRAVENTION, contrevention , s. /. C Le- gis , pomijjì violatio.) Quoique contrevention soit plus doux , il n’est pas en usage , & on ne dit que contravention , qui est faction de la personne qui contrevient à quelque chose, qui ne satisfait pas à son devoir , à sa parole , aux loix, aux coutumes, &c. (C’est une manifeste contravention à l’Ordonnance. Le Maît. On apelle comme d’abus quand il y a contravention aux saints Conciles & aux anciens Canons. La contravention au Concordat donne lieu à l’apel comme d’abus. Févret , traité de l’abtss , /. i. cb. 2.) CONTRA-YERVA,/»». Racine qu’on aporte de la nouvelle Espagne, & qui est un contrepoison souverain. II y en a une espèce en France, que les Botanistes nomment Asclepias , ou Hirundinaria. On lui attribue les mêmes propriété? qu’au eontra-yerva de l’Arnérique. CONTRE. C Contra , adversks , adversàm , in. ] Préposition adveríative qui régit l’acusatif. (Les Juges font homicides, s’ils font mourir un innocent contre les loix. Pasc. 1 . 14.) f CONTRE. IPropè , juxta. ] Cette préposition se met au lieu de Ta préposition auprès. (Dorilas contre qui j’étois , a été de mon avis. Mol.) CONTRE,/ m. [Pars utraque.) Tout ce qui fait contre quelque sujet. Tout ce qui est contraire à quelque chose, & qui la combat. (L’Orateur doit savoir le pour & le contre. Dire le pour & le contre. Ne dijputez jamais avec trop de chaleur, Niais jugez de sang froid U du pour & du contre. Pavillon.) CONTRE-AMIRAL,/ m. [XJltimœ clajjls dhi- jìoni imperans.) Oficier de mer qui commandé l’arrié- re-garde , ou la dernière division d’une ilote. ^ On le dit aussi du vaisseau commandé par le con- tre-Amiral. Le Contre-Amiral fut pris. Le Contre- Amiral fut fort maltraité par l’ennemi. CONTRE-APROCHES, / / pi. t Adverse sofa cajirenses.) Terme de Guerre. Ce font des lignes ou des travaux que font les assiégez, quand ils viennent par des tranchées rencontrer les lignes d’a- taque des assiégeant. CONTREBALANCER, v. a. [JEquare , adéquates Egaler avec des poids. * CONTREBALANCER. [Comparare.) Egaler. Entrer en comparaison. Se comparer. ( Cette perte ne peut contrebalancer le profit qui vient du commerce. Vous jugerez fi des actes de cette nature peuvent contrebalancer trois ou quatre actes d’une foi irréprochable. Patru, plaid. 1 q. 11 voulut contrebalancer la perte par la prise d’une ville. Hjji. de Louis XIV.) j: L’Académie remarque que ce terme n’est guère est usage qu’en matière de morale. On dit, fes belles qualitez contrebalancent fes défauts. Contrebande , / / \_Mems interdira.) Ce mot fe dit des marchandises, & veut dire , marchandises dont on trafique contre les défenses expresses du Souverain. (C’est de la marchandise de contrebande. Les vaisseaux étosent chargez de marchandises de contrebande. Ablanc. Marmol, t. 1. CONTREBANDE. {Homo molestm , incommodus.) Se dit, au figuré , d’une chose incommode, d’une personne suspecte & importune. í CONTREBANDE. Terme de Blason, Ost apelle ainsi la barre , parce qu’elle coupe P écu dans un sens contraire & opposé. CONTREBAS, adv. i 'peorsum versus, deorsum version.) Vers le bas, ou de haut en bas z c’est l’opo- íé du contre-haut. CON 477 CONTREB ATERIE > / / {Tormenta belliea tor* mentis oppojìta.) Baterie opofée à une autre. (Dresser une contre-baterie.) * CONTREBATERIE, / / [Insidi* însidiìs opposite.) Ce mot, au figuré, signifie tout ce qu’on fait pou t empêcher que celui qui nous est contraire, ne nous fasse point de tort & ne nuise à nos desseins. (II fai- soit cela pour ralentir les eforts du Pape, & dresser une contrebaterie dans les Etats. Mezerai, tìtji. de France , vie de Pépin.) f CONTRE-BITTE , / / Terme de Marine » Ce font des courbes, qui apuïent, soutiennent & affermissent les Bittes. CONTRE-CARENE, / / Terme de Marine » C’est la pièce opposée à la caréné, qui est à l’égard d’une Galère la même chose, que la quille à l’égard d’un vaisseau. CONTRECARRER, V. a. s Alicui adversari. j Contrefaire avec mépris-& avec fierté les actions de quelcun, afin de lui faire dépit. Rabatre i’orguéii. Mortifier. ( II voulut faire ces nouvelles troupes, pour contrecarrer les vieilles. Vaug. Quint. L it>, c. 1. Dès ce soir, je veux pour la contrecarrer vous marier tous deux. Mol.) CQNTRE'CART ,/ m, [Partesscuti contra qua - dripartiti. Terme de Blason , Parties d’un écu con- tre-écartelé. CONTRECARTELER ,©.«.[ Contra quadri - partiri.) Terme de Blason. Diviser en quatre quartiers, un des quartiers de l’écu déja écartelé. CONTRE-CHANGE ,/ m. [ Mutua permuta^ tio.) Change mutuel, que de part ou d’autre on fait par contrat ou par traité. (Faire un contre-changc.) CONTRE-CHARMES, s m, [Adversum ìncan- tmnentum .] Charmes Contraires. (Se servir de con* tre-charmes.) CONTRE-CHASSÏS , / m. [ Ordo cancelhrum geminus .J Châssis de verre ou de papier , qu’on met devant un autre châssis. (g CONTRE-CHEVRONNE'. Contre-fascé, Contre . palé. On apelle ainsi les pièces du blason , dont les parties font opofées les unes aux autres. Ainsi l’on dit , contre-rampant , quand deux animaux rampaní font tournez l’un vers l’autre. CONTRE-ÇOEUR > / m. [Focus.) La partie de la chambre où l’on met une plaque qui s’étend entre les deux jambes, & qui prend depuis Pâtre jusques au commencement du tuïau de la cheminée. (11 est noir comme le contre-cœur de la cheminée.) A contre-cœur , adv, [Aigre , gravatè , inìquo anì » mol) Avec répugnance. ( Faire une chose à contrecœur. Avoir une chose à contre-cœur.) CONTRE-COMP ONE', ée, adj. [ ContrapqJÙ tus.) Terme de Blason. On dit fafcé d’or & de fable à la bordure contre-componée de même; c’est-à- dire , que l’écu étant fafcé d’or & de fable , les composts d’or de la bordure , répondent aux fascesde fable , & les composts de fable aux fasces d’or. CONTRE-COUP , / m. [Repercujsw.) C’est un coup qui répond à celui qu’on a reçu , ou qu’on s’est donné. (Un contre-coup à la tête est dangereux. ) ïf C’est proprement la répercussion d’un corps fur un autre. Lors qu’une baie ou une pierre donne contre une muraille, & frape ensuite un homme, on dit qù’il a été blessé du contre-coup. -j- CONTRE-COUP, / m. Ce mot se dit aussi au figuré. (J’ai senti jufqu’au fond de mon ame le contre-coup de votre douleur. Cojìar , lettres , t, i, C’est-à-dire , j’ai pris part à votre douleur , j’ai ressenti tous vos déplaisirs.) f LorsqUe le malheur de quelcun retombe fur un autre. On se sert du mot contre . coup. (S’il perd son bien , le contre-coup retombera fur moi. Sa ruine fera fcuftir bien de gens par contre-coup.) -k CONTREDANSE, / / Sorte dé danse où plusieurs personnes figurent ensemble. CONTREDIRE, v.a, ['Çantradicere -, repugnare-, adversari.) Je contredis , tu contredis , il contredit , mus contredisons , vous contredisez , ils contredisent. Je contredisais. J’ai contredit. Je contredis. Contredisant . S’oposer à ce qu’ust autre dit. Combatte ce que dit une Personne. ÀtaqUer. S’oposer. ( Contredire une vérité. Maucroix , schisme , /. 1. Q 00 | Q’est 47 8 CON C’est le Roi notre Sire , II ne faut pas k contredire. Benscr. rond. Je n’avois pas la hardiesse de contredire á des gens qui font si vénérables. Abl. Luc. t. 2. icaroménipe , p. 296. IIy faut joindre encore la revêche bizarre, Qui fans cesse d’un ton par la colère aigri, Gronde, choque , dément, contredit un mari. Defpr. 0 II y a bien des gens gui ne peuvent soufrir qu’on les contredise. Jules César étoit de cette humeur : íì quelcun osoit s’oposer à ses intentions , il les éfraïoit par ses menaces. II fit sortir un jour Caton du Sénat, parle Licteur, & ordonna qu’on le conduisit en prison , où M. Petrcïus le suivit ; & étant retourné dans l’assemblée, César le reprit aigrement de ce qu’il étoit sorti avant que le Sénat eût été congédié : J’aime mieux, lui dit-il, suivre Caton dans la prison, s ue d y être uvec César dans le Sénat. Voïez Suctone , £9 Yion CaJJìuí. * CONTREDIRE. [Reclamare , dicere contra ahqiud.} Terme de Palais. Réfuter. Détruire. (Contredire une production.) . Se contredire , ». r. £Secum pugnanUa loqut. J Se couper en ses discours. Dire ou ccrire des choses opofées les unes aux autres. CONTREDISANT , contredisante , adj. [ Pugnax , contentiosm. ] Qui aime à contredire. Qui contredit. Les humeurs contredisantes font incommodes & désagréables. Port-Royal, Logique, partie, c. 19. CONTREDIT, s. tn. £Controversta.~) Contestation. Dispute. Débat. (C’étoit sans contredit le prémier du Roïaume. Maucroix , schisme, l. a.) CONTREDIT. [Refutatio.'] .Réfutation. (Cette pie- ce n’a point besoin d’autre contredit. Patru , plaid. 15. ) CONTREDITS, f. m. [Objeftionesf\ Terme de Palais. Ecritures par lesquelles on contredit les pièces produites par la partie adverse. Des contredits bien faits. Fournir des contredits. Un plaideur est en Paradis , Quand il fournit des contredits. Perr. de la chasse.) CONTRE'E , f f íRegio, provîncia, traclm , vì- einia .2 Région. Pais. Province. Etendue de pais qui a ses bornes & ses limites qui la distinguent d’un autre pais, ou d’une autre région. (Ravager une contrée.) De contrée en contrée , adv. £E regione in regionemst De région en région. De pais en pais. Aler de contrée en contrée. Et gravant dans son caurson image adorée, II la traîne avec lui de contrée en contrée. Vill.) f CONTRE-ETAMBORD , s m. Terme de Marine. C’est une piéce courbe triangulaire, qui lie l’étambord fur la quille. t CONTRE-ETRAVE ,s f. Terme de Marine. C’est une piéce de bois courbe, posée au-dessus de la quille & de l’étrave , pour faire liaison conjointement. CONTREFAIRE , ». a. [Imìtari aliquem, imi- tando effingere. J Je contrefais , je contrefis, j’ai contrefait , je contreferai. Réprésenter ses manières de quelcun. Imiter. ( Molière contrefaisoit divinement les tartufes. Contrefaire l’écriture de quelcun. On eût dit qu’il ne contrefaisoit pas le furieux. Abl. Luc. t. 2. danse.) 0 Quintilien examinant comment on connoît l’es- prit des enfans, dit que c’est par Limitation, pourvu que Pensant n’imite pas ses défauts des gens. Je n’au- rai jamais (dit-il) bonne opinion de celui qui fait le Î «lassant, & qui met toute son étude à faire rire, par e talent de contrefaire : Non dabit mihi stem bon a indolis, qui hoc imitandi studio petet , ut rideatur. CONTREFAIRE , v. a. £ Librum adulterare. J II se dit des livres, & veut dire, imprimer de nouveau un livre qu’on ne devoit pas imprimer, parce que celui qui l’a fait imprimer en a le droit ou le privilège. (Le Libraire qui fait imprimer ses ouvrages du bon homme V. est heureux, car il est sûr qu’on ne les lui contrefera jamais.) On dit en ce sens , contrefaçon d’un livre. * Se contrefaire, v. r. [Simularest Dissimuler. Feindre. (II est bien-tôt las de se contrefaire. Scar.) CON CONTREFAIT , contrefaite, adj. £Adulteratus Q fíus, ementìtu ».] Imité. Bien répréscnté. (Seing con" trefait. Ecriture contrefaite. On dit encore: Cels vre a été contrefait. CONTREFAIT, contrefaite, adj. [Distortw , desor mis. ] Difòrme. Mal-fait. (Elle est laide & contre! faite. ) t CONTREFANONS, f m. Terme d t Mari. ne. Ce font des cordes amarrées au milieu de la vergue , du côté opofé à la bouline, pour trousser ou carguer un côté de la voile. On ses apelle autre! ment cargue-boulìnes. ÇONTREFASCE', E'E, adj. [FascHs, m tram. verjum dufíts , contraque alteratim posttis exaratm. 1 Terme de Blason, qui se dit des pièces, dont les sas. ces font opofées. Contrefafcé d’argent & de sable dí trois pièces. CONTRE-FENETRE, s f. ÍExterim frnestu osiium. ] Double fenêtre. Contre-vent. Voïez Con. tre-vent. 3 f CONTREFICHE,//. C’est une partie d'un assemblage de charpenterie , qui sert à en lier d’autres ou à ses arcbouter & soutenir. ’ CONTREFINESSE, s f Finesse oposée à un autre finesse , la finesse dont on se sert contre celui qui use de finesse. Cet homme veut vous tromper, il faut user avec lui de contrefinesse. CONTREFLAMBANT, ANTE, adj. [Cmtm vibrant, contra jaculans ftammasst Terme de Blason. On dit, d’argent à un bâton flambant & contreflam- bant de dix pièces de même. CONTREFLEURONNE', E'E, adj. [FUbm utrinque distinclws\ Terme d e Blason. II se dit d’un écu dont les fleurons font alternez & oposez, en sor. te que la couleur répond au métal. CONTREFORT , ou éperon ,s. m. [Anteris , erisina.] C’est un mur contre-boutant, servant d’apui à un mur qui est chargé d’une terrasse ou d’un rempart. (II faut faire des contreforts ou éperons bien liez avec le mur qui soudent ses terres, à la distance de deux toises l’un de l’autre.) f CONTREFRUIT, f m. Terme à’Architecture, On apelle fruit la diminution d’un mur du bas en haut; & contrefruit, lors qu’on fortifie le mur, soit en de- dans , soit en dehors. CONTREÏUGUE , f f. Terme de Musique. Sorte d’éco qu’on fait en musique. Contre-imitation de chant. Voïez Fugue. f CONTREGAGER, ». a. Prendre des furetez de quelcun avant que de s’engager avec lui, L de lui acorder ce qu’il demande. (Avant que de lui confier mon secret j’ai exigé le sien , je l’ai contregagé.) _ T CONTRE-GARDE , f f. Espèce de fortification qui est au devant de quelque ouvrage, d’un bastion , d’une demie-lune. La contre-garde a fait une grande résistance. La contre-garde a été emportée après un rude combat. CONTREGARDES. Voïez Conserves. On les apelle aussi, envelopes. CONTRE-GARDE ,s. m. ['Materiain monetmncon - flanda cuflos .3 Terme de Monoie. C’est le nom d’un oficier qui tient 1e regître des matières qu’on aporte à la monoïe pour ses fondre. 0 Les Gardes & ses Contre-Gardes furent créez dans ses monoïes , en 1214. par Philippe Auguste, qui ordonna qu’ils prendroient leur commission des Généraux Maîtres des monoïes : Mais depuis Charles VII. leur donna dès Provisions. Les fonctions des Contre- Gardes , font, de tenir regître exact de toutes les matières d’or, d’argent, & de billon, qui font aportées dans la monoïe , pour servir de contrôle aux regîtres des Maîtres ; de tenir un autre regître des breves qui seront livrées aux ouvriers , &aux monoïeurs, &dece qui sera par eux rendu ; d’assister aux délivrances qui seront faites aux Maîtres des monoïes ; d’arrêter les comptes entre se Maître & ses Marchands, & autres personnes , fur le prix des matières d’or & d’argent ; de faire fondre ses matières suspectes, & en faire faire l’eísai. Voïez VOrdonnance de 1670. t CONTREHACHER. Terme de Graveur & de D est- nateur. C’est passer de secondes lignes diagonalement fur un dessein , pour en rendre les ombres plus fortes. . CONTRE-HATIERS,/ m. stjncinis insiruclm caprest.} sites- 479 CON Utenciîe de cuisine. Le sont de grands chenets, qui ont plusieurs crampons, fur lesquels on peut mettre plusieurs broches. CONTRE-HERMINE , s f. f Air a senti area vellere pontico argento difl'mBa.] Terme de Blason. Champ de fable moucheté aargent. CONTRE-HAUT , adv. f Abimo ad summum.'] De haut en bas. Ce mot ne sc dit guéres qu’en Architecture. CONTREJAUGER , les assemblages de charpenterie. ['Çardinum cavo metìrì.] Terme d’ ArchiteFiure. C’est transférer la largeur d’une mortoisc fur l’endroit où doit être le tenon. CONTRE-JQUR , s. m. sAdversum lumen. ]' Jour ou lumière qui n’est pas propre à faire paroître quelque chose avantageusement. Jour qui donne sur un tableau d’un autre côté que celui selon lequel il a été peint. (Le contre-jour ôte beaucoup de la beauté d’un tableau.) CONTRE-ISSANT , adj. .[Contra emergens.] Terme de Blason. Animaux adossez, dont la tête & les pies de devant sortent d’une piéce de i’écu. J CONTRE-JUMELLES, / m. Terme de Paveur. Ce sont les pavez qui se joignent deux à deux dans le milieu des rués, & qui forment ce qu’on nomme vulgairement le ruisseau. Les contre-jumelles font liaison avec les mœzes &les cavinaux. $ CONTRE-LAMES , s. f. Terme de Manufacture. “Ce font dans les métiers de faiseurs de gazes, trois tringles de bois, qui servent à tirer., ou laisser les lisses, d’ou ils font aussi apellez tire lisses. CONTjR.EI.ATER , v. M. [StruBuram utrinque tegu- Us tegere, instruere.] Mettre des contrelates. CONTRELATES , f f- {.Posta ìn longum tegu- Ice tranfverssfeiftinendis.] Terme de Couvreur. Lates qu’on met de haut «n bas entre les chévrons, pour entretenir les lates. f CQNTRELATOIR, s m. Outil de Couvreur, qui sert pour soutenir les lates. II est de fer, d’un pié de longueur, & de quatre ou cinq lignes en quart é , avec un crochet à un bout, pour tirer la late, & une cheville, qui le traverse à í’autre bout, qui lui sert comme de poignée. CONTRE-LETTRES , s u [ Arcana fyngra. $ha. alterius vim refigens.] Lettre contraire à celle qu’on a écrite. íf CONTRE-LETTRES. Terme de Palais. Les con- tre-lettres font des actes par lesquels on déroge, ou on ajoûte aux clauses d’un contrat de mariage ; & c’est une maxime générale, que ces sortes de contre-let- tres font nulles, quand elles font faites hors de la présence des parens qui ont été témoins au contrat. Votez la Coutume de Paris, art. 2;8- celle d’Orleans , art. 22;. celle de Normandie ; art. ;88. & Mr. Loùet & son Commentateur. CONTRE-LIGNES. Votez Contrevallatìon, CONTRE-MAíTRE, f m. Terme de Mer. Celui qui commande sur savant d’un vaisseau. Fourn. J CONTRE-MAíTRE , f m. On apelle ainsi dans les .grande.s Manufactures , celui qui est préposé par l’Entrepreneur, pour avoir l’inspection sur tous les Ouvriers. CONTREMANCHE', E'E , adj, [Obversis mu - tuà constìdibus ìnjéHw.] Terme de Blason. Parti, coupé, & contre-manché de fable & d’argent en fuit & en l’autre. Cs CONTREMAND , s. m. 11 est dit dans les Etablissemens de S. Louis, part. 1. ch. 2. Nom défendons les batailles par tout nojìre domaine , en toutes querelles ; mais nous n’osons mie les devis , les feponjés , U les contremans qui ayent été acouftumez, Çsc. Le con» tremand étoit un excuse proposée en jugement, pour expliquer la raison que l’on avoit de comparoître au jour & au lieu indiquez par salsignation. On trouve cet ancien usage expliqué dans les Assises de Jérusalem, & dans Beaumanoir. Mr. du Cange a cité dans ses observations fur les Etablissemens , ces Vers de Guillaume Guiart en fan 1292. où il fait mention dé l’affignation donnée de la part du Roi Philippe le Bel* à Edouard, Roi d’Angleterre, Qu’à Paris vìengne au Parlement , Oir raison tzf jugement I>e ce qilon lui demandera i Si droit de soi s’excuser a, CON “Rêvant les mejives se dejsenâe Més ne vient , ne ne contremande. CONTRE-MANDEMENT, f m. C Prkri pr*. cepto posterim praceptum.] Un ordre contraire à celui qu’on avoir donné. (Donner un contre-mandement.) J CONTRE-MANDER , v. a. Révoquer Perdre qu’on a donné. Contremander un repas. On a contremande les troupes qui marchoient en Flandres. On avoit mandé cet Oficier à la cour, on l’a contremandé. J CONTRE-MARC. Terme de Charpentiers „ C’est une des marques dont ces Ouvriers se servent pour marquer leurs bois, à mesure qu’ils acbevent de les façonner ; afin de les reconnoître dans l’assemblage. CONTRE-AI ARCHE , f. f. [Prioris locipermu- tatio.’èS revers0 in eundem locum.] Terme de Guerre „ C’est une des parties des évolutions militaires. 11 y a deux sortes de contre-marche, l’une qui se fait par files, & l’autre par rangs. La contre-marche par files, est un changement de la face d’un batillon, & la contremarche par rangs , c’est le changement des ailes d’un bataillon. (On fut obligé de faire la contre-marche.) f CONTRE-MARCHE , se dit aussi d’une armée entière, qui fait une marche contraire ou opofée à celle qu’elle avoit fait auparavant. (L’armée avoit marché vers cet endroit, mais par une contre-marche elle tomba fur l’ennemi & le surprit avant qu’il pût sc reconnoître.) uc/i' A lVLy-lVJ..slj.VO JL. , J. J. L Z Terme de Marine. Marée dîférente. t yjitAht/n, CONTRE-MARQUE , f /• {Addita prkri nota nota pofterior.] Sorte de marque qu’on met pour empêcher quelque tromperie. f CONTRE-MARQUE, se dit aussi des marques, ou poinçons, que les Eflaïeurs & afineuts mettent fur for, l'argent, & l’étain ; pour témoigner qu’Ms font au titre, ou de la qualité requise par les ordonnances. CONTRE-MARQUE , f.s. {Signum adulterinum equì ûentìbm imprejsum.] Terme de Manège. En parlant de chevaux, il se prend dans un sens tout diférent de l’autre, car il se dit d’une fausse marque ; & l’on dit d’un cheval qu’il est contre-marqué , c’est-à-dire, que ses dents ont été creusées adroitement, L .qu’il y a une fausse marque dans le creux, pour faire croire qu’il n’a pas encore sept ans. CONTRE-MARQU.ER , v » a. {Prkri nota alteram addere.] Mettre la contre-marque. (IL est marqué & contre-marqué.) CONTRE-MINE , s s* [ Contrarias , a dversus cu- niculus. J Mine .contraire, & qui sert .à éventer & à empêcher la mine. Creux qu’on fait autour des murailles, des bastions & des boulevards, .pour empêcher l’é- fet de la mine des assiégeans. * CONTREMINE. {Melïorì fraude refusa fram.] Ce mot, au figuré, lignifie la même chose que contre-bate- rie pris dans le sens figuré. CONTREMINER , v. a. [Hostiles cuniculos adverse cumcuíis aperire.] Faire des contre-mines. (Contre- miner une place.) f Les Anciens contreminoient leurs places d’avance par des galeries souterraines , comme nous le pratiquons aujourd’hui. Polybe de Mr. de Folard. CQNTR.EM1NEUR , f m. £Fosfor advérs cimìculi.] Celui qui fait des contremines. CONTRE-MONT. [Sursum versm. 3 Vers le haut de quelque fleuve. (Aller contre-mont.) A contre-mont , adv. En remontant un fleuve. (Aller à contre-mont.) J CONTRE-MONT. On le dit de tout ce qui vient à être renverse, dc telle forte que ce qui étoit en bas, se trouve en haut. Tomber à la renverse les piez con» tre-mont. Ce mot vieilit. J On dit des soldats qui montent une montagne, qu’z/í gravissent contre-mont. CONTREMUR, s m. \_Murm mwo fultus. ] Mur double. Petit mur qti’on fait contre un plus grand pour le Fortifier. (Faire un contremur.) b Les Coutumes exigent des contremurs par di» férens raports ; i û - Qui veut faire une cheminée contre un mur mitoïen, doit faire un contremur de demi pied d’épaisseur. Paris. art. i$ç). Blois, art. %s,. gif c. 2 Ô . Pour construire Une forge, un Four, & un fourneau contre le mur, on doit laisser un demi pied de vuide. Paris , art. 190. & plusieurs autres ; 480 CON qui sont conformes. Quelques-unes exigent un pied de vuide ; d’autres, un pied & demi, Troies, art. 64. ou deux pieds, comme Châlons, art. 141. ( }°. En cas de construction d’un puits, ou d’un privé, aisances & latrines contre un mur mitoïen, on doit taire un con- tre-mur d’un pied d’épaisseur ; & quand il y a un puits d’un côté & aisance de l’autre, il suffit qu il y ait quatre pieds de maçonnerie d’épaijfcur entre deux, comprenant les épaijjeurs d'une part U d'autre ; mak entre deux puits, suffisent trois pieds pour le moins. Paris, art. 191. Ì 1 y a plusieurs Coutumes qui en disposent autrement. 4 0 . Celui qui veut faire labourer & fumer une terre, une place, ou jardin joint au mur d’autrui, ou au mur mitoïen, doit faire un contremur d’un pied d’épaisseur. Paris, art. 192. CONTREMURER , v. a. [Murum muro addere, mu- nire.J Faire un contremur. (La coutume oblige à con- tremurer les fossez d’ua privé, les autres, &c.) CONTRE-ORDRE, f. m. Voïez Contre-mandement. CONTREE A LE' , E'E , adj. ffiContrapalatus.] Terme de Blason , qui fe dit de l’écu , où un pal est opafé à un autre pal, en forte qu’ils font alternez , & que la couleur répond à un autre métal. CONTRE-PARTIE , s s {JLmw summo sinus oppofitus.~\ Terme de Musique , qui se dit de deux parties oposées. $ Chanter la contre-partie, jouer la con- tre-partie. On le dit de la baffe qui est opofée au dessus ; mais plus ordinairement de la partie qui sert de second dessus. $ CONTRE-PARTIE. Terme de Banque. II fe dit du Regitre que tient le contrôleur, fur lequel il couche & enregitre les parties, dont le Teneur de livres charge le sien. f CONTRE-PARTIE. Terme de Marquetterie. II signifie ce qui reste d’un dessein, lors qu’on l’a évidé fur les baquets de cuivre, ou d’étain, pour en faire des ouvrages de raport, & de placage. La contre-partie n’est jamais fi belle que le vrai dessein. CONTRE-PASSANT, adj. m. \Contra, ex ad- •verfi gradiens.] Terme de Blason. II fe dit de deux animaux Fun fur l’autre, dont l’un passe d’un côté, & l’autre de l’autre. CONTREPENTE , s f. [[Declivitatìs interruptio.] On apelle contrepente dans le canal d’un ruisseau, ou d’un aqueduc, Finterruption du niveau de pente, qui fait que les eaux s’arrêtent, soit qu’on ait mal conduit le niveau, soit que l’affaissement du terrain en soit la cause. t CONTRE-PESER , v, a. \JEquare pondéré.'] Péfer autant qu’une autre chose, soit au propre, soit au figuré. II se dit aussi, au figuré, de ce qui est égal en mérite & valeur. [AEquarepretio, esse ejusdem pretii.] Les services que je vous ai rendus contrepésent à tous les dons que vous m’avez faits. Où trouve-t’on des gens qui comptent de bonne foi, & qui ne mettent dans la balance le plus leger déplaisir pour contre-pefer le service du plus grand poids. Saint Evremont. Toutes les soufrances de cette vie ne peuvent être contre-pe- íëes avec la gloire de la vie. S. Paul. CONTREPIE' , s m. [ Contrarim , adversus. ] Tout le contraire. (II faut prendre le contrepié de tout ce qu’il dit.) f CONTREPIE'. Terme de Chasse. C’est lors que les chiens suivent la voie de la bête, mais tout au contraire du chemin qu’elle a fait. (Les chiens ont pris le contrepié du cerf.) CONTREPOIDS , s m. [ rEquipondium .] Tout ce qui contrebalance les poids de quelque machine. (Les contrepoids d’une horloge.) ^ CONTREPOIDS. [Sarcoma.] Terme de Danseur de corde. Sorte de moienne perche bien planée, longue de neuf ou dix piés, & garnie de fer par les deux bouts, qu’on tient avec les mains lors qu’on danse fur la corde, pour contrebalancer le poids du corps. CONTREPOIDS de tourne-broche. Gros morceau de pierre, qui avec le balancier sert à régler le tourne- broche. (Mettre le contrepoids.) Mr. Richelet s’est trompé en donnant un contrepoids au tourne-broche, dit N. qui prétend qu’il n’a qu’un poids, parce que pour avoir un contrepoids , il faudroit qu’il eut deux poids. S’il avoit fait réflexion que la viande qui est à la broche est Je poids, il conviendroit s’être trompé lui-même, & CON que Mr. Richelel » eu raison de dire, c« m, , tourne-broche, * m * CONTREPOIDS. [rEquilìbrittu, aqualitm 1 Ty.. cement (Ce défaut fait un plus grand contrefi aux belles dispositions qu’il a. L’avarice sert n,li quesois de contrepoids à la cruauté des Barbare ' Bouhours, Aubujjon, l. r.) MeS- A CONTREPOIL, adv. [Adverso capilh contra acctpere.] Terme de Barbier. D’un sens’con traire à celui qui est naturel & ordinaire. (Raser à contrepoil. On dit, au figuré, cet homme prend tout à contrepoil ; c’est-à-dire, au rebours.) . f CONTRE-POINÇON,Tm. Outil rond, dont les serruriers fe servent pour contre-percer les trous & river les pièces. 11s en ont aussi de barlongs, & de quartez, pour contrepercer les trous de ces figures CONTRE-POINT , f m. Terme de Muffiue C’est la composition des parties diférentes. st y \ [j contrepoint simple & le contrepoint sguré. On fe sert de ce terme, parce qu’on emploïoit autrefois des points au lieu de notes. CON TREPOINTE , &c. Voïez Courte-pointe, &c, CONTREPOINTE'. [Cusidibw mutuò obversis.] Terme de Blason. Qui a pointe contrepointe. (st p 0rts d’argent à deux chevrons contrepointez cl’azur.) CONTREPOINTER. [ Adversari .] Etre contraire en avis à un autre, le choquer en toutes cessions. (Toutes les fois que ces deux Philosophes font ensemble ils se contrepointent Sc se contrarient toujours.) ’ í CONTREPOINTER, v. a. On le dit au propre de divers Ouvrages de toile ou de tafetas, qu’on pique des deux côtez avec du Eil ou de la foie contrepointer un* couverture, contrepointer une jupe. •t CONTREPOINTER du canon. C’est dresser une baterie qu’on opofe à une autre. CONTREPOISON , s m. \_Antidotum, miio- tus.] Tout ce qui empêche l’éfet du poison, & qu’on prend ou qu’on donne lors qu’on est empoisonné. (Donner du contrepoison. Prendre du contrepoison. AbL) t CONTREPORTE , f /• [Obversa ìnurbeml in conclavi porta , janua.] Une seconde porte qu’oa fait pour se mieux défendre contre l’ennemi. C’est aussi une seconde porte qu’on fait pour se défendre du vent. On la fait souvent en partie d’étofe. CONTREPORTER, *■ a. \_Merces in donm circumferre.] C’est aller vendre sa marchandise en la portant chez les bourgeois, chez quelques marchands, ou chez quelques autres ouvriers qui en ont besoin. (Par les statuts de plusieurs métiers, il est défendu de. contreporter.) CONTREPORTEUR , f m. [Circumforaneus propola] Ce mot fe dit entre plusieurs sortes d’ouvriers, comme entre les Corroïeurs & les Cordonniers: c’est le Cor- roïetir qui, contre les statuts de son métier, va porter & anoncet fa marchandise chez les Cordonniers. CONTREE O SE' , E'E, adj. [ Contra positus. ] Terme de Blason. II fe dit de deux pièces posées d’un sens diferent, comme deux dards, dont un a le fer en haut, & l’autre en bas. ch CONTREPOSER, v. a. Terme de Teneur de livres en parties doubles. 11 signifie mal-porter, ou mal- pofer un article dans le grand livre, soit au débit, soit au crédit de quelque compte. f CONTREPOSER,/ m. Terme de Tailleur âepwz & de Maçon. C’est celui qui aide au Poseur ; c’est-à- dire, à l’Ouvrier, qui reçoit la pierre de la grue, pour la mettre en place d alignement, & à demeure. î CONTREPOSITION, s.s. , Avoir fait une contre - pojition , c’est avoir porté mal à propos dans un compte du grand livre un article pour un autre, soit en débit, soit en crédit. On fe sert aussi des termes externe, & rétorne, au lieu de contreposition. CONTREPOTENCE', E'E , _ adj. r Compati - bulatus.] Terme de Blason. 11 fe dit de plusieurs potences posées diversement, l’une le bois de traverse en haut, & l’autre en bas. CONTRE'PREUVE , s s ílmago ab excust re- cens imagine exprejsa.] Terme de Graveur. Epreut tirée fur une épreuve fraîche. (Faire une contre- preuve.) CONTRE-PROMESSE , s s Ecrit secrets CON annule une promesse. Déclaration par laquelle celui au profit duquel la promesse a été passée , déclare qu’eiíe n’est pas réelle , mais simulée. C’est la même chose que contré-lettre. CONTRE'PRQUYER , v. a. [Imaginera ab excusà re~ cens imagine exprimere.] Terme de Graveur. Tirer une épreuve sur une autre épreuve, lorsque cette autre épreuve est encore toute fraîche. CQNTREQUEUE d’aronde , / f. [ Propugnacu - ìum in forcipkjpeciem extrufíum.] Terme de fortification. C’est un ouvrage de dehors, plus largedu côté de la place, que de celui de la campagne. CONTREQUILLE ,s f Terme de Mer . Longue piéce de bois égale & oposée à la quille. On l’a~ pelle auíîì carlingue , ou efearlingue, t ‘ CONTRERONDE , si /. [ Altéra per contra* viam viam vìgilìarum luftratio .] C’est une seconde ronde qu’on fait autour des murailles d’une ville, pour voir lì les sentinelles font leur devoir. iONTRESANGLOT, f m. [Corrìgia.] Terme tic Sellier. C’est un bout de courroie de cuir cloûee a l’arqon de la selle , pour y atacher la sangle. CONTRESCARPE . si f. ÍFoJsi* declivh crepido.] Terme de Fortification, Ligne qui termine le fosse du côté de la campagne. CONTRESCARFER , v. a, [Exteriorem fojfe margì- nem munire .J (Faire une contrescarpe.) CONTRESEING, ou contreseing f. ni. [Cby* rographum chyrograpbo ex adverso pofîtum.] Petit sein que l’on met à côté, ou au dessous d’un autre seing. (Aposer le contre-seing.) CONTRESEL ,s m. [ SìgìUum sigillé adversum pofito.] Terme de Chancellerie. Petit seau apose a côté du grand seau. CONTRESELLER, v. a. [ Adversumsigillosigìllumap - ponere. ] Aposer le contresel. ( Contreseller des Patentes. ) CONTRESENS ,s m. [Contmrimsenfrn.] Sens contraire. Autre sens. Autre forte de maniéré. C’est un contre-fens. Un fer froté d’aiman atire un autre fer, mais il perd cette vertu, lorsqu’il est froté à con* tre-sens. Rob. Phys. ) * A contre-sens , adv. [ In contrarium siensum. ] Tout au contraire de ce qu’il faut. (Louer à contresens. Mol.) f Expliquer un discours à contre-sens, prendre une afaire à contre-sens, emploïer une éto- fe à contre-sens. CONTRESIGNER, V. a. [Cbyrograpbum chyn * grapho ex adverso apponere.] Faire un petit seing à côté , ou au bas d’un autre seing. (Le papier est signé du Roi, & contresigné par un Sécrétasse d’Etat. Contresigner une bule.) í CONTRE-SOMMIER, si m. Les parchemî- niers nomment ainsi une peau de parchemin en cosse, qu’ils mettent entre le sommet & le parchemin, lors- qu’ils le raturent avec le fer. CONTRES?ALIERS, si nt. [Ordo arborum mura ex adverso positiM. ) Terme de Jardinier, C’est la plate-bar.de oposée à l’espalier. (On ne fait presque plus de contr’espaliers.) CONTRETEMS , s. tn. [Alienum tempo/.] Action contrasse à ce qu’une personne adroite devoir faire. Défaut de conduite en une rencontre particulière. Action qu’on fait mal-à*propos, & fans avoir bien pris ses mesures. II a fait une étrange contre-tems.) A contre-tems , adv. [ Prínpojlerè , alieno tempore. ] Mal-à-propos. (Faire tout à contre-tems.) CONTRETEMS. [Sublatio pedis in altum , altéré suspens.] Terme de Danse. Pas qui coupe la mésure. (Faire un contretems de bonne grâce.) Ce mot se dit aussi au Manège , & par les Maîtres d’armes. CONTRETIRER , v, a. [Exemplar pingendo ìml- tari.] Terme de Peinture. Prendre les mêmes traits.) Contretirer un dessein, un tableau , &c.) CONTRETIRER. Terme d 'Imprimerie. Voler Con- treprouver. í CONTRETRANCHEE ) ssi_ Terme de For- tìfication, C’est une tranchée qu’on fait contre les as- fiégeans. CONTREVAIRE', adj. [ContrapetasatUs.] Terme de Blason. C’est lors qu’une figure d’aízur de l’écu, touche de son bord ou de son pié une autre figure d’a- aur. (II porte vairé L contrevairé. Col.) CON 481 CONTREVALATION,/ s. ír.fa h circumdufía.] Terme de Guerre. Lignes pour se défendre contre les sorties de la ville assiégée. (La con- trevalation est achevée. Faire des lignes de contre- valation. ) CONTREVENANT ,s m. [ Violator .] Celui qui contrevient. (11 y a quelque peine pour ie contrevenant.) CONTREVENIR, V. a. [Statuta , pafía violare, perfringere.] Aller au Contraire de ce qui est ordonné. (Contrevenir aux ordres de l’Empereur. Abl. Le Roi fit punir sévèrement ceux qui contrevinrent à ses ordres. Choisi , Hifl. du Roi Jean , L 5. CONTREVENTS , si m. [ Exterim fenestra oftium.] Grands volets de bois qu’on met par dehors, & qu’on ferme fur les vitres. On les apeile contrevents , parce qu’ils défendent contre le vent. (Fermer les contrevents.) CONTRE-VE'RITEZ, sis [Ironia.] Satire fine , en prose ou en vers, où l’on se moque d’une personne , lui attribuant des qualitv?, que visiblement elle n 5 a pas. ( D’ingénìeuses contre-véritez Chapelle & Bachaumont ont fait d’agréables, de jolies , de plaisantes & de piquantes contre-véritez. ) (g On dit aussi une contre-vérité , lors qu’on dit une chose pour être entendue dans un sens contraire à celui que les paroles portent. CONTRE-VISITE s J. [Insefíio, sefíatio ju - dìcisautoritate imperatà.] Ternie de Commis aux caves. Visite double, afin de surprendre les Cabaretiers. (La Justice ordonne des contre-visites, quand on cross qu’il y a eu de l’erreur dans les premières. Les Juges de police font aussi des contre-visites.) CONTRIBUABLES , adj [Qui de sud tribuere te - netur. ] Sujet à contribution. ( Pais contribuable. Village contribuable.) CONTRIBUER? n. a. [Contribuere , conferre. j Donner. Aider de fa bourse, de son crédit , ou de quelque autre maniéré. (Monsieur d’Avaux contribua beaucoup à la fortune de Voiture.) CONTRIBUER. [Imperatum vefíigal pendere.] Parer des contributions. (La partie de la Champagne qui confine au Barrois , contribuoit autrefois à Luxembourg. ) CONTRIBUTION iss [Pecunia coUatio.] Paiement que chacun fait de la part qu’il doit porter d’une imposition ou d’une dépense commune. CONTRIBUTION Jl f. [Decisio.] Terme de Palais^ qui se dit des éfets mobiliaìrcs d’un débiteur, qui se fait entre plusieurs créanciers, quand ces éfets ne sont pas fufisans pour les païer entièrement de leurs créances , auquel cas il faut qu’ils perdent à proportion fur les sommes qui leur font duës. f f II y a deux sortes de contributions. On contribué de son bien dans les besoins de l’Etat, ou dans des afaires communes entre plusieurs personnes. On contribué , c’est-à-dire , que l’on entre pour fa part dans une perte générale, comme dans une banqueroute , ou dans l,e jet que l’on a été obligé de faire pouf sauver un vaisseau agité par la tempête , ou enfin dans Un naufrage. Les tailles que l’on païe au Roi, sont autant de contributions aufquelles les sujets sont naturellement obligez. Toute contribution exige une égalité entre ceux qui y doivent entrer ; & l’on doit convenir qu’il est très-dificile de conserver cette égalité, principalement quand les charges font personnelles, & qu’il s’agit de régler leurs biens meubles , que l’on ne peut pas connoitre parfaitement, & de fixer leur industrie. Quant à la contribution en cas de jet, & de naufrage, il faut recourir à l’Ordonnance maritime de 1681. CONTRIBUTION , f f. [ Tributum , Vefíigal. J Ce qu’on païe aux ennemis pour être exemt de pillage, & d’autres malheurs de guerre. ( Païer de grosses contributions. De íAllemand vaincu , les contributions Jfiourïrent grafjement nos fières légions. Le Pays. ) t CONTRISTER, V. a [Contrìsiure , •ínœstìtìam tnserre. ] Afliger. ( Son ame a été fort contristée. Voît. I. s8») t CONTRIT - contrite -, âdj. [Cmtrìtus , de pec - catis dòlens.] Ce mot se dit proprement en terme de Dévotion . I! vient du Latin d’ËgHíe. 11 signifie avoir de îa douleur de ses fautes, ( Etre contrit de ses péchez. Tome f P pp Paso. 482 CON Pose. 1 . 4. Seigneur , ne rejetiez pas un cœur contrit & percé de douleur. Port-Royal , PJeaume 50. Tu ne te plais , Seigneur , à d’autres sacrifices, Qu a ceux d'un cœur contrit. Poète anonyme, Pseauml) f CONTRIT, contrite. [Affliflut, nueftus.] Ce mot se dit quelquefois en riant, & lignifie être fâché de quelque chose. (Le pauvre garçon est tout contrit de la mort de fa maìtreífe. Avoir Parue contrite. Sar. Poês. ) CONTRITION, s fi Terme de Théologie. En Latin d’Eglife contritio. Prononcez contriaon Douleur íincére de ses péchez , acompagnée d’un parfait amour de Dieu. (Une véritable & sincère contrition. Faire un acte de contrition. La contrition conque par la feule crainte des peines de Penser , ne lufit pas pour justifier le pécheur dans le Sacrement de pénitence. Nicole, infir. des Suer.j CONTRÔLE ,fi m- [Rationes rationìbm adverse .J Terme de Gabelle. Examen du reqû de quelque Commis. Commission pour être contrôleur. (On lui a donné un contrôle.) _ CONTRÔLE. [Atteflatio denunciatìonis.] L erme de Sergent. Témoignage de celui qui contrôle pour le Roi, & qui vérifie que Pexploit est valable ; car fans le contrôle Pexploit est nul. CONTRÔLER, ©. a. [sn aHa, referre.] Vérifier le reqû d’un Commis. Voir & examiner les comptes de quelque oficier qui manie quelque chose. CONTRÔLER- [Attefiari denunciationem .] Terme de Sergent. Certifier qu’un exploit est valable. (Contrôler un exploit.) CONTRÔLER. [Arguere , vellicare , censorem age- re.] Trouver à redire. (Taisez vous , ignorante , ce n’est pas à vous à contrôler les gens. Mol. Controler les actions des Dieux. Abl. Luc. t. r. Car il contrôle tout , ce critique zélé, , , Et tout ce qu il contrôle effort bien contrôle. Mol.) CONTRÔLEUR , s m. [ Qui adverses praest rationi- bus.] II y a plusieurs sortes de Contrôleurs ; mais en général, ce mot signifie celui qui tient regître de ce qu’un particulier reçoit. II signifie aussi celui qui examine les comptes cl’un autre. Celui qui voit, qui examine si ce qu’on fait est bien , s’il n’y a rien qui manque. (Contrôleur général. Contrôleur des guerres. Contrôleur de l’artillerie. Contrôleur des vivres.) CONTRÔLEUR de portes. Terme de Comédien. C’est celui qui est commis à la distribution des billets de contrôle pour placer les gens , qui fe présentent pour oiìir la Comédie. f * CONTRÔLEUR. [Censor importunas.] Qui trouve à redire à quelque chose. Qui reprend volontiers. CONTR’ORDRE , f m. Ordre contraire à celui qu’on avoit donné. Voïez Contremandement. CONTROVERSE , f fi Z Controverse.) Discours où l’on parle fur quelques points contestez entre les Catholiques Romains & les gens de la Religion. (Faire la controverse.) f Etudier la controverse, c’est étudier les matières controverfées. Prêcher la controverse. C’est traiter en chaire les points de réligion qui font en contestation. jôjT CONTROVERSES. On met ordinairement à la tête des Oeuvres de Sénéque , des controverses qu’on lui attribue: ce font des lambeaux de discours faits fur des événemens particuliers, & où l’on voit ce qui a été dit pour l’acufateur , & pour la défense de Pactisé. Juste-Lipse a fufisamment prouvé dans le pré- mier livre, chap. 1. EleHor. que ce recueil de controverses n’est point de Sénéque le Philosophe, qui vivoit fous le régne de Néron ; les Préfaces font curieuses , & méritent d’être lûës. CONTROVERSE', controverse, adj. ZControversm.] Qui est en dispute. Qui est contesté. ( Lieux de l’Ecriture controverfez. Matière controverfée.) CONTROVERSISTE , f m. ZControverfiarmnscrìp- íor.) Quia écrit de la controverse. Qui a prêché la controverse. (Les Cardinaux Bellarmin & du Perron ont ete de grands controversistes. On a aussi vû de petits controversistes. Le bon homme Jean de Beau- vais a 600. livres de pension tous les ans bien païées du Cierge, pour être controversiste. Un docte , savant , habile, subtil & éloquent controversiste étoit feu Monsieur Bossuet,) CON CONTROUVER v a [Fingere , commìnìs ] C est inventer, feindre & imaginer quelque cb / Controver se mble vieux a quelques personnes ,*1 font dificulte de s’en servir. Cependant d’autres i avec raison , disent qu’on s’en peut servir quelquefot dans un stile historique, & que controuver dei «M songes est tres-bien dit. Vaug. nouv. remar U Mr - de Vaugelas avoue dans ses Remarques posthumes , qu il a dit dans son Q. Curce , controu ver des mensonges : cependant, dit-il, ce mot a été iu’ gé vieux par Messieurs de l’Académie , qui veulent qu’on dise inventer. L’Auteur des Observations s ur cet article, croît que l’on peut dire, controuver dès mensonges , dans le stile historique , ou relevé ; cat „ je sqai bien , dit-il , que controuver ne seroi’t pas si ,, bien reqû clans le discours ordinaire ”. st me sem ble au contraire qu’on peut le soufrir dans la couver! sation , & qu’il sonne mal dans le sérieux. Ce qu’iì ajoute, que l’on ne se sert guère de ce verbe qu’à Pinfinitif, est vrai ; & il n’est pas vrai, comme il l e reconnoît lui-même , que l’on ne doit pas dire fou. vent, controuver des mensonges. CONTUMACE, contumace,f f. iContumacia.l Quelques-uns disent contumace, mais mal. La con - tumace est un terme de Palais, qui signifie le défaut que fait la personne criminelle que l’on a interpellée de comparoître. (Juger par contumace. Condamner par contumace.) CONTUMACE' , contumacée, adj. Jugé par contumace. (11 a été contumace. ) CONTUMACER, v. a. fPadimonìi deserti reumpn. nunciare , judicare.] Juger par contumace, poursuivre & faire condanner par contumace. ( II se laissa contumacer. Acad. Fr. CONTUMAX, ./! m. [Vadimonii desertor.] Celui qui refuse de comparoir en Justice sur les assignations qui lui font données. CONTUMF/LIE- Vieux mot qui signifioit autrefois une vilainie. On difoit aussi contumelkux, mais ces mots font hors d’usage. t CONTUS, confuse, adj. Ce mot vient du Latin contusus, & signifie meurtri par quelque r coup, 011 par quelque choc qu’il a reqû. Confus ne se dit d’ordinaire que parmi les Chirurgiens & Médecins. (Cela est tout contus.) CONTUSION , f f. ZContufio.] Meurtrissure qui fe fait en la chair & aux muscles, lors que par la chute ou le choc de quelque chose pésante, les chairs & les parties les plus profondes font froissées, fans que la peau soit blessée , ni paroisse endommagée. (Une petite contusion.) CONVAINCRE, [Convincere.] Jeconvain, j'ai convaincu , je convainquis, je convaincrai , je convainque , que je convainquisse , je convaincrois. C’est faire voir clairement que le crime dont on acusc quelcun est vrai. Faire voir, montrer sensiblement les défauts d’une personne. ( On l’a convaincu d’ignorance. Etre convaincu de la fausseté de quelque doctrine. Pajv. I. 4. Et je ne croirai rien, que vous n’áiez, Madame, Par des réalitez-sçú convaincre ma jiimte. Mol.) * CONVAINCANT, convaincante , adj. Qui est fort. Qui est puissant pour convaincre l’esprit, & pour persuader. (Une preuve convaincante. Patru , plaid. 1;.) CONVAINQUANT, part. ZÇmvmcensS] Qui convaint. CONVALE'CENCE, f fi Z Ab adversa valetu- dine recreatio. J Rétablissement & recouvrement de santé , lors que les corps étant consumez par les maladies , reprennent leur crémière vigueur. (Etre en parfaite convalécence. Retourner en convalecence. xltn. jtrr. 1. 2. c. ;. Oui, je vais à Madame annoncer par avance, La part que vous prenez en fa convalecence. Mol. tart. a. i. sc. 4.) CONVALE'CENT, s. m. [ Ex morbo convakscem. } Qui commmence à sc mieux porter. Qui est serti de maladie , & qui commence à reprendre ses forces. (U est convalécent.) - CONVENABLE , adj. ZConveniens, congrus- J Propre. Nécessaire. Qui convient. Tel qu u taut. (Cela est convenable au bien de l’Etat. Mémoires de Mr. de la Rochefoucaut. Us n’avoient pas encore nus tout Perdre convenable à leurs afaires. Maucroix > schisme,!. 2) J J J COR* CON CONVENABLEMENT , adv, £CònvenieAter , â° gruenter.) ^D unc maniéré convenable.) CONVENANCE,//. [Convenientia.) Raport (Quelle convenance y eut il entre l’ofrande & celui qui la recevoit. God. prières. II est ingénieux à trouver des convenances. Maucroix , préface fur les homélies de S, Chrijbjiome. ) f On apelle raisons de convenance, des raisons probables & plaulìbles , mais qui ne font pas démonstratives. Ce font auffi des raisons de bienséance. CONVENANT , ante , adj. [ Convenìens , eongruens.1 Sortable, bienséant. $ L’Académie dit que ce mot vieillit. CONVENIR, [ Convenire , congruere , ] Je conviens , je fuis convenu , je convins , je conviendrai . Quadrer. Etre propre à quelque chose. (Convenir au sujet. PaJ'c. I. Des mœurs si rudes & íi grossières convenoient à la République qui se formoit. S, Evre- mont , génie du peuple Romain , ch. 2. II m’ofrit plusieurs choses qui ne me convenoient pas. Pajc. /. 5. II y a bien des raisons pour montrer que la souveraine félicité ne convient pas à Epicure. Abh Luc. t. 2. parafée. ) CONVENIR. [ Consentire , ajsentiri, ] Tomber d’a- cord avec quelcun d’une chose. (Convenir d’un biais avec quelcun. Mémoires de la Rochefoucaut. Convenir d’un fait. Convenir de la vérité. Convenir _ d’ar- bitres, d’experts. Convenir de prix. Convenir des conditions d’un acord. ) í CONVENIR, lignifie aussi , être expédient, être à propos. (II n’est plus tems d’examiner s’il convient de se batre , lors qu’on est en présence de l’ennemi. Il ne convient pas que vous demandiez ce qu’on a résolu de vous refuser.) Dans ce sens il ne s’emploïe guére qu’impersonnellement. CONVENT- Voïez Couvent. , . t CONVENTICUXE,/ m. {Conventiculum.j Assemblée secrète d’une partie de Moines d’un Couvent, pour faire quelque brigue , ]$our quelque élection, &c. f CONVENTICULE , se dit auffi de toute petite assemblée secrète & illicite, & se prend toujours en mauvaise part. CONVENTION , f. f. [ Conventum , patiuml} Ce dont on convient avec quelcun sur quelque afaire. Condition qu’on fait avec une personne. Acord, Les conventions de leur contrat de mariage font telles, Le Mait. Faire une convention avec quelcun.) CONVENTIONNEL , elle , adj. [Paffitius.J Acte qui a été fait avec certaines conventions entre des parties. CONVENTIONNELLEMENT , adv. [ Ex patio , ex convento.J Par convention. CONVENTUALITE', / / ÍReligiosa fia#*. ] Société de Moines qui vivent ensemble. (Onaetabh la conventualité en plusieurs Prieurez qui passoient pour simples, On dit auffi vivre conventuellement.) fis La diférence est grande entre un bénéfice con- conventuel, & celui qui ne Test pas. Le prémier ne peut être possédé que par un Moine de l’Ordre, dont le bénéfice dépend. La dissipation des revenus des anciens Monastères, la destruction des lieux réguliers ont fait naître souvent des procès fur la qualité des bénéfices. On distingue en conventuel aà, ct conventuel habitu. Lors que la régularité est observée dans un lieu par un nombre sissisant, le benéfice est conventuel actuellement, atiu ; mais lors que les Religieux ont été dissipez, & qu’il ne reste que quelques vestiges de la conventualité, le benefice n’est conventuel que habitu , parce qu’il peut être rétabli dans ía prémisre condition. Mais cette distinction est plus propre à faire naître des procès, qu’à les terminer ; & comme le pourvû du bénéfice , comme n’étantpas conventuel, ne manquoit pas de foûtenir que la eon- ventualité étoit présenté par la cessation de la réglé j le Roi Louis XIV. publia une Déclaration , portant, que la conventualité ne poura être prescrite par aucun laps de tems , quel qiiil puisé être , lors que les conditions requises (s? nécejfaires pour ladite conventualité se trouveront dans lesdits Prieurez Abbayes , As particulièrement lorsqu’il y aura des lieux réguliers subjt- ftans pour y recevoir des Religieux , jusques au nombre de dix ou douze au moins , suivant les Conciles , Arrêts N Reglemens , As que les revenus desdits bénéscesseront Jufisans pour les entretenir. Voïez le Pere ThomaJJìn , dans fa Discipline 'Ecclesasìque. CON 48 3 CONVENTUEL , conventuelle , ttdj. jj Conventuì communie,J Qui est de couvent. (Prieur conventuel. Messe conventuelle.) t CONVENTUELLEMENT , adv. En communauté, selon les régies & P u sage de la société religieuse. On dit, vivre conventuellement, s’aisembler conventuellement. CONVERGENT, convergente , adj. s Coaduna - tus , congregatm.J Ce mot est Latin, & c’est un terme de Dioptrique , qui se dit des raïons de lumière, qui après avoir sou sert réfraction en passant dans un milieu plus épais, s’aprochent de leur centre, ct de la perpendiculaire. (Les verres convexes rendent les raïons convergens , mais les concaves les rendent divergens. ) CONVERS , / m, [Rei domeflica ín ctenobioH ad- mìnijler .] Terme de Bernardins & de quelques autres Religieux. C’est celui à qui on a donné l’habit de Religieux pour être domestique. (II n’est que convers,. C’est un Frère convers.) CONVERSABLE , adj , [ Sociabilìs , mnmodîís.'J Avec qui on peut converser, (II me semble que dans le monde il n’y a plus de personnes converfables, Volt, l. 8- Un honnête homme se rend conversabie.) Messieurs de l’Académie Françoise remarquent que ce mot est plus usité avec la négative : Il li’eíi pas conversabie, CONVERSATION,// {Conversaíio, congres- sus , coUoquium.J Entretien familier avec une ou plusieurs personnes. (Conversation polie, galante, enjouée , gaillarde , éveillée , agréable, douce , charmante , aimable, divertissante, spirituelle, ingénieuse, amoureuse, savante, libre, utile, sérieuse, en- nuieuse , fatigante , désagréable , importune , incommode. Une conversation qui dure trop , ennuïe, On doit aimer la conversation , c’est le lieu de la société, ç’eft par elle que les amitiez se commencent & se conservent. La conversation met en œuvre les talens de la nature & les polit. Elle épure & redresse l’es- prit, & elle est le grand livre du monde. On dit, la conversation roule sur beaucoup de choses. Lier conversation avec quelcun. Entrer en conversation. Renouer la conversation, Bear. rom, Rompre la conversation. Mademoiselle Seuderî a fait un traité dé la conversation , ct le Chevalier de Méré en parle très-agréablement. 11 faut que la conversation (bit un peu fìateuse avec les femmes , & qu’il y ait je ne sai quoi de retenu. Cheval, de Méré.') ($ II est vrai que plusieurs personnes nous ont donné des préceptes fur la conversation ; j’ajoûíeraì seulement après Air. Costar, que pour exceller dans la conversation , il faut ressembler à ces Riches qui ont tout leur bien en argent comptant, & avoir une merveilleuse présence d’imagination & de mémoire , quî tious fournisse avec autant de promptitude que d abondance , les choses & les paroles. f CONVERSATIONse dit aussi des compagnies, des assemblées. 11 brille dans toutes les conversations. II est de toutes les conversations. CONVERSE,/ / [ Âdmmiflra , adjutrix.'} Sœur Religieuse. .Fille à qui on a donné l’habît de Religieuse, pour être en qualité de domestique. Elle est Sœur converse.) $ CONVERSE , adj. & subst. f. Terme de Géométrie, Une proposition converse est celle où l’on supose ce qu’on a déja conclu d’une chose supposée. CONVERSER, v. n. [Uti aliquofamiiinriter , versart cum aliquo .] Etre en conversation. S’entretenîr familièrement avec une ou plusieurs femmes. Hanter, Fréquenter le monde. (Dans Fhumeur où je me trouve , je ne dois plus converser avec les créatures vivantes. Voit. L n. C est peu iïêtre agréabless charmant dam Un Uvre , II faut encore savoir As converser. Despr.) î CONVERSER avec les Uvres , converser àvec tei morts. C’est fig. s’apliquet à la lecture. CONVERSIBLE , adj. ^ [ Ouod converti potes.] Qui peut être converti, qu! n’est pas réciproque. CONVERSION , / / [ Conversa , ínutâtio. J Changement. Transmutation. (Les Chimistes cherchent la conversion des moindres métaux etï or & etî argent. ) f CONVERSION. Terine de Palais. C’est le chan- ■ gement des Actes & des titrés. On dit la conversion d’im Tome E P P P 2 apel 484 CON apel en oposition ; la conversion d’un bail conventionnel en bail judiciaire. f CONVERSION. Terme à’Arithmétique. La proportion par conversion de raison , & la comparaison dc l’antécedent, à la diférence de l’antécedent, & du conséquent dans deux raisons égales. * CONVERSION , s. f. [Mutatio in melius, conver- sio . ] Changement que Dieu opère dans le cœur d’un pécheur, & par lequel il satire à foi. (.Prier Dieu pour sa converlion des pécheurs. Songer à fa conversion. Obtenir de Dieu la converlion de quelque personne. Jamais conversion n’a cté plus heureuse que celle-là.) CONVERSION. [Conversa.] Terme de Guerre. C’est une des parties des évolutions militaires. C’est un mouvement qui fait tourner la tête du bataillon où étoit le flanc, ce qui L tait par quart de conversion , à droit ou à gauche. Guillet, art de [‘homme d’épée. Les Grecs firent la conversion pour l’aller recevoir. Abl, ret. L 1, c. 10. Faire le quart de conversion à droit. Faire le quart de conversion à gauche.) CONVERSION de proposition. Terme de Logique. C’elt changer le sujet de la proposition en attribut, & l’attribut en sujet, sans que la proposition cesse d’être vraie, si elle l’étoit auparavant. Le Bon, logique, 2. part. c. 14.) H CONVERSO- Terme de Marine. C’est la partie du tillac d’enhaut, qui est entre le mât de Misene & le grand mât. C’est le lieu où l’on se visite les uns les autres & où l’on fait conversation. Ce mot vient de Portugal. CONVERTI, f m. [Ad veram jjdem reversus .] Celui qui a renoncé à une religion où il ne croioit pas faire son salut. (Les nouveaux convertis.) CONVERTIE, f. f. [Ad veramfidem reversa .] Celle qui a renoncé à une religion, où elle croioit ne pouvoir faire son salut. (Les nouvelles converties.) CONVERTIR, v. a. [Convertere, mus are."] Changer. (On convertit les vases sacrez en des usages profanes. Maucroix,schisme, l. 2.) CONVERTIR. [ Aliquem ad bonam srugem revocare.] Mettre une personne dans le chemin du salut. Obliger une personne à quiter le vice & le libertinage, & à chercher les voies de salut. Faire renoncer une personne à une religion, où on ne peut se sauver. t * CONVERTIR. [ AUicere , demulcere.] Gagner quelcun par prières ou par adresse, & l’obliger à faire une chose qu’il ne vouloit pas faire. (Je l’ai enfin converti.) Se convertir, v. r. [Mutarì, converti.'] Se changer. (Se convertir en eau.) * Se convertir. [A pravis opinionìbm ad ver a since- raquefidei lumen reverti.] Changer fa vie en une meilleure par pure grâce de Dieu. Renoncer à une religion où l’on croit ne pouvoir faire son salut. (On dit que Mr. de Turenne se convertit quelques années avant fa mort. II faut penser sérieusement à se convertir à Dieu. Arn. Pendant une aimable jeunesse, On n’esi bon qu’à se divertir, Et quand le bel âge nom laisse, On n’esi bon qu’a se convertir. La Sabl.) f CONVERTIR. Terme de Logique. C’est renverser une proposition ou un argument. Voïez Conversion. t CONVERTISSEMENT , s. m. [ Conversio .] Terme de Monoie. C’est le changement des vieilles espèces que l’on fond, à de nouvelles que l’on fabrique. CONVERTISSEUR , s. m. [Qui revocandií ad catho- licam fidem hareticis, operam impertit, collocat.] Celui tjui réussit à convertir les personnes. (Mr. Polisson etoit un grand convertisseur, & il a^oit des manières particulières pour en venir à bout.) CONVEXE , adj. [ Gibbm , gibbosm.] Courbé en dehors , ou par dessus. (Miroir convexe. Lunette convexe.) CONVEXITE', s. s. [ Superficies .] Manière courbe d’une chose. (Convexité grande ou petite.) CONVICTION , f f. Prononcez conviccion. II vient du Latin conviHio. C’est une preuve convaincante du crime dont une personne est acusée. (La conviétion est claire & entière. On ne trouve point de conviction raisonnable contre le criminel. La conviétion est certaine , & l’on ne sauroit douter du crime. Pour la conviétion d’un crime capital, il faut que les preuves soient indubitables. CON f CONVICTION , f f. C’est aussi la persuasion dare & evidente d’une vérité qu’on avoit niée aupara* vant. CONVIE' , conviée, adj. [. Invitatw.] Prié. Porté à faire ou à ne pas faire. (Le mari est convié à dîner & la femme est conviée à souper.) ’ CONVIE', f m. Celui qui est prié de faire quelque repas. (Celui des conviez qui agrée d’avantage à la dame du logis, est le plus goguenard. Scar.) CONVIER, v. n. [Jnvitare. ] Porter à faire quelque chose. Prier de faire, ou de ne pas faire quelque chose. Inviter. (Cirus convia les Athéniens à quiter l’aliance de son frère. Abl. apoph. L’Empereur Ferdinand convia Elisabeth de ne point sc séparer de la créance des Princes Chrétiens. Maucroix,schismes. 5. Convier à dîner ou à souper. La nécessité des afaireê le convia à se réconcilier. Monsieur de la Rocbefou. caut. Le tems nous convie à la promenade.) CONVIVE, s. m. [Convìva.] Celui qui est invité à un même repas qu’un autre. (11 n’y avoit que des convives à cette réjouissance. Acad. Fr.) {§ On a toujours aimé un certain nombre d’amis pour goûter agréablement le plaisir de la bonne chère; & nous lisons dans Athénée , que monopbage étoit un titre injurieux que l’on donnoit à ceux qui man- geoient seuls fans apeller quelque ami. 11 cite ensuite un vers d’Antiphane, dont le sens est : Je ne puis te sousrir, malheureux monophage. CONVOCATION, s. f. Prononcez convoca- cion. 11 vient du Latin convocatios & signifie Faction d’assembler & de convoquer quelque Assemblée. (Acor- der la convocation d’un Concile. S’oposer à la convocation d’un Concile. Publier la convocation des Etats. On peut dire aussi la convocation des paroissiens, la convocation des parens.) CONVOI, / m. [ Commeatw .] Ce mot se dit en parlant d’armee. Ce sont plusieurs chariots & plusieurs charettes chargées de vivres, & escortées par des soldats, qui sont commandez exprès. (Escorter, prendre, enlever un convoi. ) H CONVOI. Terme de Commerce de mer, qui se dit des vaisseaux de guerre, qui conduisent, ou qui escortent les Fioles marchandes. H On apelle Lettres de convoi, un billet ou écrit, que le commandant de l’escorte donne à chaque Capitaine, ou Maître des Vaisseaux marchands, par lequel on leur permet de lë mettre sous la protection du convoi. CONVOI. [ Pompa funebris.] Terme d 'Eglise. Ce sont la plupart des Ecclésiastiques d’une Paroisse avec le Curé ou le Vicaire, qui acompagnent un corps qu’on porte en terre, qui chantent & prient Dieu en l’acorn- pagnant. Un gendre intéressé , pour le dire en un mot, 2Le compte que deux jours capables de lui plaire, Le jour qu’il a reçu la dot, Et celui qu’on desiine au convoi du beau-pére.) CONVOI général. Ce sont tous les Ecclésiastiques habituez d’une Paroisse , qui acompagnent un corps qu’on porte en terre. CONVOI de chœur. Ce sont les Ecclésiastiques qui composent le chœur de la Paroisse, & qui acompagnent un corps qu’on porte en terre. CONVOÏER, v. sl. [ Pompam funebrem comitari.] Ce mot est vieux, & l’on dit en fa place, acompagner ou escorter. * CONVOÏER une Flote marchande. C’est l’escorter, en prendre soin pendant sa route , & la garantir des pirates & des ennemis. Ce mot est en usage dans la Marine & dans le Commerce. CONVOITABLE , convoiter, convoiteux. Vieux mots, au lieu defquels on dit, désirable, désirer. Celui qui désiré. (Vous épousez ma fille & convoitez nia femme. Mol. tart. a. 4. sc. 7.) f Le bon homme, tout tartufe qu’il est, est convoiteux des belles filles. CONVOITISE,/ / [Cupidius.] Ce mot signifie grand désir, & il s’emploïe ordinairement dans les matières de pureté, où il est plus beau que dans les autres sujets. (Vivre fans convoitise. Arn. Avoir une insatiable convoitise de régner. Abl. Tac. an. I. 4. La convoitise ne sc peut prescrire des bornes. Vaug. Quint. I. 10.) t CONVOLER, v. n. [Ad alterum conjuguent transire.] Terme de Palais. Ce mot ne sc dit pas seul ; COP seul ‘ îtlaîs Otl dtt, convoler à de secondes noces. C’eft-à* dire,’se marier une seconde fois. ^ CONVOQUER, v. a. C’est apeller, mander. Con- voouer les Etats, convoquer un Concile, convoquer les membres d’un Parlement.) CONVULSIF i convulsive, adj. [Motus fiafticus.] Terme de Médecin. Qui cause des convulsions, ou des rétractions de nerfs. (Mouvement convulsif.) , CONVULSION , f. /. [ Convuljio , contralto ner- vorum.] Rétraction, ou mouvement de nerfs vers 1 e cerveau, dont ils tirent leur origine. f * CONVULSION. [ Spajmm .] Evanouissement. Sorte de pâmoison. (Vous n’avez-pas été jusques aux convulsions, ma chère. Mol. critique.') * CONVULSION. C Animì impotentia.] Se dit aussi au figuré, de quelque éfort & de quelques contorsions. (Et tandis que tous deux étoient précipitez Dans les convulsions de leurs civilitez , Je me fuis doucement esqui vé sans rien dire. Mol. fâch. a. i.J'c. i.) t COOBLIGE', E'E, adj. [Sponsor.] Terme de Pratique. Qui est obligé avec un autre. COOPE'RATEUR, f m. [Rei efficienàe adjutor, foetus.d Terme qui ne se dit guère que dans les madères de piété. Celui qui aide. (Nous sommes les coopé- rateurs de Dieu. Port-Royal, nouv. test. épìt. de S. Paul.) COOPE'RATION > f. /. [Opéra communìs coPatìo.] faction de deux ou de plusieurs agens pour produire un même éfet. (Cela ne s’est pu faire que par la coopération de plusieurs personnes.) COOPE'RER , v. a. [Conserve opérant, juvare ali- quern.] Ce mot se dit d’ordinaire en matière de piété, & signifie aider à agir, aider à faire. (C’est Dieu qui a coopéré à toutes ces merveilles. Coopérer à son làlut. Pasc. L iZ.) t COPAL , s. m. Espèce de gomme, d’une odeur aprochante de celle de l’encens, qui vient de la nouvelle Espagne. Cette gomme coule d’un très-grand arbre, en faisant des incisions dans son écorce. Ce Copal est très-rare en France ; mais il en vient un autre des Isles Antilles, qui en aproche, quoiqu’il n’ait pas les mêmes vertus. Ce Copal coule de certains arbres, fans incision. COPARTAGEANT , adj. m. gf f. [Consors,foetus.'] Qui partage avec un autre. Ils ne sont que trois copartageans en cette succession. H COPAYBA, f. m. Nom d’une plante, qui croît, à ce qu’on prétend, sur les bords de la rivière des Ama- sones, & qui produit un baume si excellent, qu’il surpasse de beaucoup le baume du Levant, & celui du Pe- rou. Savary. COPEAU, f m. [Affula , fegmen , segmentum.] Terme à’ Artisan qui travaiPe avec lu bâche, ou la plane. C’est tout ce qu’on ôte du bois avec la plane ou la hache. (Gros ou petit copeau.) COPEAU de bois. Terme de Petgnier. Morceau de bois pour faire un peigne. £ COPEC, f nt. RIonoïe qui se fabrique, & qui a cours en Moscovie. Le copec d’or pèse quatorze grains ; & le copec d’argent ne pèse que huit grains. COPERMUTANT* [Commutons.'] Terme relatif. Chacun de ceux qui permutent ensemble un bénéfice. Académie Françoise. COPHTES, /• m. Nom qu’on donne aux Chrétiens d’Egypte, qui sont de la secte des Jacobites , & qui ont un Patriarche résidant au grand Caire , & qui prend la qualité de Patriarche d’Alexandrie & de Jérusalem. Nouv. relation d’un voyage d’Egypte. COPIE , f /■ [ Exemplum, exemptas."] Le double de quelque écrit, ou de quelque autre cl.ose. Copie collationnée à Foriginal. (Ce tableau n’est qu’une copie.) f L’Académie Franqoise aïant examine le manuscrit du Traité de la Foiblejfe de l’Esprit bunn n , a déclaré qu’il étoit de la propre main de Mr. Huec ancien Evêque d’Avranches, & que l’Edition qu’on en a fait à Amsterdam en est un & fidèle copie. î On dit d’un homme qui s’éforce inutilement d’en imiter un autre excellent dans son genre , que défi une méchante copie d’un bon original. Un original fans copie , c’est un homme singulièrement ridicule. COPIE. [Manu ferìptus, codex.] Terme de Libraire & d 'Imprimeur. Ecrit sur lequel on imprime, & qui est foriginal de l’Auteur. (Acheter une copie bien oher. Conrart étoit l’agent du fameux d’Ablancourt, COQ 4 g^ tìu célébré Balzac, & de quelques autres excélens esprits de son tems, & pour en gagner & conserver Fami- tié, il vendoit à Augustin Courbé, riche Libraire, leurs copies le plus cher qu’il pouvoit. Corneille & Racine font bien valoir leurs copies, parce qu’elìes font bonnes, & ils en tirent de quoi faire bouillir leur marmite. Une méchante copie. Conter la copie, c’est juger combien elle fera de feuilles.) COPIER, v. a. [Defcribere, tranfcrìbere.] Ce mot fe dit des choses, & lignifie transcrire, imiter, tirer de dessus quelque original. (Copier un écrit. Copier un dessein.) COPIER un Auteur. [Subfurari.] Signifie quelquefois dérober l’invention, le livre ou le travail d’autrui. * COPIER. [Imitarì.] Ce mot se dit des personnes, & signifie imiter, prendre pour modèle. (II n’est rien tel que les Jésuites, les autres .Religieux ne font que les copier. Pafc. L 4. Aprenti tout au pins du célébré Molière , Tu devois copier son noble caraHére. Pradon.) COPISTE, f m. [Librarìusf] Qui transcrit quelque écrit. Qui copie. (Un bon copiste. Un habile & savant copiste. Un sot & méchant copiste. On copiste ignorant & négligent. II n’est pas besoin pour cela dç lasser la main de vôtre copiste. Balzac, lettre a Chap. I. 3. Les copistes ont donné au public les Sermons du Père Massillon, dont il est fort fâché.) COPISTE. Officier de Comédiens, qui a foin de garder les originaux des pièces, pour copier les rôles & les distribuer aux acteurs. C’est lui qui assiste aux représentations, qui sc met à une des ailes du théâtre, & relève l’Acteur s’il tombe en quelque faute de mémoire. Théâtre François, liv. ;. 2;?. f COPIEUSEMENT , adv. [ Copiofè , abtmdanter, J Beaucoup. Abondamment. (Boire copieusement.) t COPIEUX, copieuse , adj, [ Copiofm , ajfiuens.] Qui a beaucoup. Abondant. Riche. (La langue Gré- que est fort copieuse. Ejection copieuse. Terme de Médecin.) í COPOU- Espèce de toile qui se fabrique à la Chine, & qui est une sorte de toile d’ortie. f COPRENEUR , f m. Celui qui prend, avec un autre, des terres, une maison, des droits, des rentes, &c. à loïer & à ferme. Copreneur est soumis aux mêmes conditions & engagemens que le preneur. COPROPRIETAIRE , f m. & f Celui ou celle qui possède avec un autre. Patru, plaid . z. COPTER , v. a. [Pulfare alterum lotus avis campant.] Faire batre le batant de la cloche feulement d’un côté. t COPULATION, f f. [Coítití, coïtio.] Vieux mot, qui trouve encore fa place dans le burlesque, (Maint Auteur antique N récent, Bien instruit en toute doHrine, Soutient que la goûte décend De copulation divine, Et que de Bacchus N Ciprine Naquit un enfant maupiteux , M ah non objìant cette origine, C’ejì pauvre chose qu’un gouteux , Conrart) $ COPULATION. _ Ce terme est d’ufage dans ïes procédures d officialité. Copulation charnelle. COPULATIVE , f. f. [Copulativa .] Terme de Grammaire. Conjonction. (La copulative gçf, ne doit pas être répetée que bien à propos.) COQ_, f »». C Gallus. ) C’est le mâle de la poule. C’est une sorte d’oifeau domestique qui a une crête fur la tête, & une barbe fous la gorge. II sert d’horloge, & on dit qu’il est craint du lion. Bel. L y. c. 7. (Un petit ou gros coq. Bon ou méchant coq, gros ou maigre. 11 y a dans Lucien un plaisant dialogue du Savetier AI icile & de son coq. * Chétive est la maison où le coq se tait & la poule chante ; c’est-à-dire, où la femme est la maîtresse. Deux coqs vivoient enpaix, une poule survint , Et voila la guerre allumée. La Font.) Cs Le coq est le fimbole de la hardiesse & de la force. Quand les Lacédemoniens avoient vaincu par la force_ leurs ennemis, ils íàcrifioient un coc. Mmr - fins, miscell. Lacomc. lib . a. c. 1. B P H 3 L* 486 COQ. Le chant du coq. { Gaíli camus.] C’est le point da jour, parce que c’eít le plus souvent à cette heure-là que les coqs chantent, & réveillent ceux qui dorment. COQ. sauvage. {Gallw sylvestris.] Espèce de fai- sand particulier qu’on trouve dans les pais septentrionaux. COQ^de bois. Oiseau plus gros que le faisand, qui a les plumes noirâtres, luisantes & changeantes, & les sourcils très-rouges. Bel. L q. COQ -A’Inde. (Gallus Indiens.'] Prononcez co-d'Inde. Sorte d’oiseau domestique L fort connu, qui est gros & noir, avec une grosse crête fur la tête. COQ. de clocher. [ Inaurata galli figura.] Figure de métal, qui représente un coq, & qu’on met sur le clocher des Eglises. f C’eji le coq du village, d est le coq de fa paroisse. [Vir primarum intersuos partium.] C’est-à-dire, premier du village ou de la paroisse. 0 Horace s’est servi dans le même sens du terme Ales, qui signifie un coq ; il dit que Varius est le coq des Poètes Epiques : Scriberis Vario, sortis A? hostium Vif/or, maonii carminis Alite. f Etre coq de bagage. C’est un coq en pâte ; pour dire, un homme à son aise. COQ, Terme d 'Horloger. Pîéce, vuidée, qui tient le balancier sur la platine de la montre. COQ. (Costw hortensis.] Plante fibreuse , qui aime la terre maigre & sèche, & qui est toûjours verte. Cette plante est une espèce deTanesie. Elle a une odeur forte & agréable. Son goût est amer & aromatique. Elle contient beaucoup d’huile exaltée & de sel. Elle est propre pour fortifier le cerveau & les nerfs, pour exciter les mois aux femmes, pour résister au venin, & pour chasser les vers. On l’apelle encore pâté, parce que les Cuisiniers en mettent une feuille dans le beufà la mode & dans les patez. f COQ, Terme de Blason. On dit un coq bequé, creté, membré, barbe, barbelé, &c. COILd-l’âne , s. m. {Aliquid ab re alìenmn.] Dis cours lans jugement, & qui n’est point au sujet dont on s’entretient. (Ce que vous dites là, est un franc coq. à-l’âne, car à quel propos le dites-vous ?) CQQ^à-l’âne. Poème François, qui est une espèce de satire que Clement Marot inventa. Cette satire se fait d’ordinaire en petits vers, & on y passe fans aucune liaison d’un sujet à l’autre, en raillant les particuliers connus, & même de considération. (Un joli, un plaisant coq-à-l’âne. Faire un coq-à-l’âne contre les moeurs du siécle.) COQUARDE , s f. Terme de Plumacier. Ce font trois, cinq ou sept plumes qu’on met ensemble pour servir d’ornement. On met les coquardes fur le devant des bonnets des petits garçons, fur les trouísis des chapeaux. (Faire une coquarde. Porter une co- quarde rouge, blanche ou verte.) 0 COQUART,/ m. Terme ancien, & donc on se sert encore dans le stile familier & railleur. On dit d’une homme qui aime à coqueter, qui recherche les femmes & les filles, & qui a des talens propres à leur plaire: C'est un bon coquart. On trouve ce mot dans un autre sens, au commencement de l’Histoire de Bertrand Du Guesclin, qui fut, dans fa jeunesse, l’objet de la haine de son père & de sa mère, à cause de sa laideur & de ses manières : Mesmer souventefois l'apel- loient nyce, coquart, malotru, A mescheant, moult efloit débouté U dechajpé, tant dieux comme de leurs mesniés. Coquart (selon Borel) est un jaseur ; c’est aulîì un homme qui contrecarre les autres ; enfin Co- quillart, pag. i6(. vers. dépeint ainsi un coquart : Plusieurs coquarts font bien en point, Et ne sauraient finer de quoi Payer la façon d’un pourpoint, Ils n’ont d’argent ne peu ne point, Qfc, De coquart on fit ensuite coquardìe : Mais comme parle.t-il promptement , Pìcart, dont vient telle coquardìe? Pathelin. COQUâTRE , f m. {Gallus malè castratw.] C’est un coq mal châtré. * (On dit d’un homme qui chante mal, qu’il a une voix de coquâtre.) COQUE,/-/. (Nucis put amen.] L’écorce dure d’une noix, qu’on apelle aussi la coquille, í COQUE de Levant. C’est une espèce de fruit de COQ^ la grosseur d’un grain de chapelet, demi-rouge * q, la hgure d un peut rognon. La coque de Levant s! t a faire mourir la vermine, & à enivrer le poisse, ' 7 tout dans des eaux dormantes. Ce fruit vient fi,’,T Solanum d’Egypte. ur Je COQUE , f f. Ce mot se dit des œufs, & signifie 1 coquille blanche & dure qui renferme le blanr v , jaune de l’œuf. {Ovi putamen.] * e Manger des uufs à la coque. [Ova firbilia ] C-st les manger avec des aprêts dans leur coque, après U y avoir fait cuire avant que de les casser. t les COQUE devers à foie. (Bombyci, folliculus.] C’eftl, foie qui couvre & enferme le ver à foie. 4 í COQUE. Ternie de Marine. C’eít un faux nli qui fe fait à une corde qui est trop forte, ou qu’on n’a pas pris foin de détordre. ’ $ COQUES. Oeufs de poisson de mer, que l’on em- ploie pour amorcer les filets avec lesquels on pêche les sardines. v COQUES. Terme de Serrurier. Pièces de fer q U i fervent à conduire le pêne d’une serrure, & dans lesquelles entre l’oberon. COQUELICOT, OU coquelìcoq, f. m, [Enati- cum papaver.] Fleur rouge qui cro'it parmi les blez & qui ressemble en quelque chose à la tulipe. Cette fleur n’étant pas fleurie s’apelle ponceau, ou pavot simple. î Cette plante est pectorale, adoucissante, elle épaissit les humeurs, excite le crachat & les sueurs* elle est bonne pour l’aiìhme, pour la pleurésie, & elle excite foiblement le sommeil. COQUELICOT,/»!. Mot imaginé pour représenter le chant du coq. COQUELOURDE , / f. [ Pultatilla .] Plante dont le! Feuilles font minces, assez semblables à celles du panais sauvage. H La Coqueloutde est détersive, résolu- tive, propre pour la gratelle, pour inciser & atténuer les humeurs apliquée extérieurement. COQUELUCHE, //., [C ucullus morbus.] Terme de Médecine. Toux violente qu’on apelle aussi quinte. Elle est acompagnée d’une douleur de tête causée par des humeurs vaporeuses qui viennent des gros vaisseaux , & qui font poussées en haut par le mouvement de la matière. Voïez Jean Suau, traité it la piste U de la coqueluche. (Traiter quelcun d’une coqueluche. Guérir d’une coqueluche.) COQUELUCHON,/ m. {Cucullus.] Capuche deRe- ligieux. Chaperon de Religieux. (11 a quité le co- queiuchon.) COQUEMAR , / »!. ÍCucuma.] Vase de terre ou de métal, propre à faire de la tisanne, &c. (Un co- quemar bien fait.) COQUERELLES, / [Avella.] Terme de Blason, qui signifie de petites noisettes dans leurs fourreaux, toutes vertes, jointes ensemble au nombre de trois, & telles qu’on les cueille fur les noisetiers. Il y en a dans l’écu des Sieurs de Montagni. f COQUERELLES,/ / [Haticacabum.] C’est selon Mr. Danet, une espèce de Solanum fait comme des bourses, qui renferment un grain rouge de la grosseur d’un anis de Verdun. ï COQUERET, / m. (Alkekengi Officinanm.] Plante dont les feùllles ressemblent à celles de la morelle. Son fruit, qui a la figure & la couleur d’une petite Cerise, est emploié dans la Médecine. II y a plusieurs espèces de Coqueret. Son fruit contient beaucoup de phlegme, de sel essentiel & d’huile il est propre pour exciter surine, pour la gravelle, & pour purifier le sang, étant pris en décoction. CÒQUESIGRUE , s s. ou coquecigrué {Coneha.] On apelle à Paris coquesigrues les coquilles de mer qui font dans les cabinets des curieux. T cOQUESIGRUê, fe dit aussi des choses frivoles, chimériques. II nous vient conter des coquesigrues. COQUET, coquette, adj. [Procw.] Qui est tour- né d’un air qui marque qu’on aime la bagatelle amoureuse. Qui marque qu’on aime à dire & à oiiir des fleurettes, qui est amoureux lans avoir beaucoup d atacne- ment. (Avoir un atachement coquet. Scar. D’estrit coquet les Déesses étoient. Ligniéres, Poëf.) On trouve que les discours Du disert Père Bouhours _ Sont un peu trop coquets. (Savoirpour un JéJutte.) Ligniéres, Poéf.) CO- cocl COQUET , s. m. [Garrulm, nugator.'] Homme propre & ajusté qui fe plaît à dire des douceurs aux belles, & à leur faire l’amour galanment, & fans avoir détachement qui l’inquiéte. (L’Inde a moins d’or & moins de perroquets, que Paris né de coquets & coquettes. Sar. Poès.) , . COQUET. [Scapha. j Petit bateau qu on amene de Normandie à Paris. COQUETTE, f f. [Proca.2 Ce mot se prend en mauvaise part. Celle qui séjuste pour donner dans la vûë des galands. Celle qui aime qu’on lui dise des douceurs. Qui se plaît aux fleurettes que l’on lui conte, & qui né pas détachement qui lui faste peine. (Elle est femme de Paris, ce qui s’apelle en bon François coquette. Sar. Pois. C’est une franche coquette. Vautre se façonne en coquette, Qui sans cesse écoute ou caquette, Et n’a jamais ajfez d’amans. Per. grifelidis.) ís Les coquettes d’aujourd’hui ne font point difé- rentes de celles déutrefois ; voici leur portrait en ra- courci dans le poème des fausses amours : Luxure est stère, Sans don lui faire, C’est un cliflére, Ce dit Ovide, Pillule amere Qui bourse vuide, C’ejl un faux guide, Qui sans remède De plus en plus tombe en misere f A tous propos Sont demandantes , Pour tollir los, Pour ronger t os, Très-fort instantes , Faces plaisantes, Mains ravissantes, Risantes, puis tournant le dos, Âinst qifés fables élégantes, Virgile harpies volantes Dejcrit au tiers d’Enéidos, Faces font belles ; Poignantes mamelles, Valent or fin > Mais leur sequelle Sont moult cruelles A la parfin. Or donc qu’afin Que le plus fin Trop ne se fie en ses cautelles, Je dis, st le chef est bénin, Qu’à la quetií gist le venin. COQUETTER. ( Amatorìis nugis indulgeref] Ce verbe est neutre & actif, mais neutre le plus souvent. Cajoler les belles. Ecouter les douceurs que nous content les galands. Avoir quelque atachement coquet. (Jason coquetta Médée. Sar. Pois. Eve aima mieux prêter l’oreille aux fleurettes du diable, que á’être femme & ne pas coquetter. Sar. Pois. Bien moins pour Jbn plaisir que pour l’inquiéter, Au fond peu vicieuse elle aime à coquetter. Defpr.) f COQUETTER. Terme de Marine. On le dit d’un homme, qui avec un aviron méne & fait aler un bateau en avant, en remuant son aviron par le derriere. COQUETTERIE , s f [Assefíatio amatorìa , blan- dimenta amatorial} Tours, détours, & infidélité de coquette. (II prit en bonne part tout ce qu’elle lui fit de coquetterie. Bussì. On soupçonne aisément les femmes qui ont de la coquetterie d’être peu fidèles à leurs maris. La coquetterie est le fond de 1 humeur des femmes, & leur vertu n’est qu’une habileté à bien cacher leurs coquetteries. S. Evremont .) COQUETTIER, s. m. [Qvorum propola.'] Marchand d’œufs. COQUETIER. [Vasculum ovo suftinendo accommoda- tum. ] Petit vase dérgent ou d’étain, pour mettre un œuf à la coque. COQUILLAGE, s. m. [ Concha , conchylia , testa.) Plusieurs coquilles. Quantité de coquilles. (Un beau coquillage.) , f COQUILLART , s. m. Terme de Carrier. C est un des bancs, ou lits de pierre de taille, qui fe trouvent dans les carrières, où il est ordinairement le quatrié* COQ^ 487 me. On l’apelle Coquillart, à cause des petits coquillages dont il est tout rempli. COQUILLE , s. f. [ Concha, cochlea, testa .J Sorte de poisson à tête dure. Converture de poisson à têt dur, ou d’autre animal, comme la tortue. Abl. Luc. t. 1 . (C’est trop discourir, je rentre en ma coquille. Voit. Pois.') COQUILLE. [Ovi , nucis putamen.) Ce mot fe dit aussi en parlant d’œufs & de noix. (Elle est éclose de la coquille d’un œuf. Abl. t. 1 . p. g 4 . A qui ven- dez-vous vos coquilles ? Proverbe. C’est-à-dire, à qui pensez-vous avoir afaire ? Qui a de P argent à des coquilles. Proverbe. C’est-à-diré , quiconque a de l’ar- gent, à tout ce qu’il lui plaît. La coquille lui démange. Proverbe. C’est-à-dire, elle a grande envie d’être mariée. Elle est amoureuse, & voudroit satisfaire fa passion.) COQUILLE de Loquet. Terme de Serrurier. Petit morceau de fer en forme de coquille, fur laquelle on met le doigt pour ouvrir la porte. £ COQUILLE. Terme de Boutonnier. On apelie ainsi la lame, ou feuille de métail qui a été emboutie, & dont l’on couvre le moule de bois d u bouton. f COQUILLE. Petit instrument de cuivre, dont fe fervent les Lapidaires pour tailler le diamant, & les autres pierres précieuses. C’est dans le creux de cette coquille qu’est soudé avec de la soudure d’étain, le diamant qu’on veut tailler. tz COQUILLE. Terme d ’Anatomie. C’est ce qu’on apelie autrement le limaçon, ou la dernière cavité de l’oreille interne. On donne aussi quelquefois ce nom à la Caisse du tambour. H COQUILLES à boulet. Terme d’ Artillerie. Ce font deux coquilles jointes ensemble, dans lesquelles on coule le fer pour former le boulet. ^ COQUILLE. Terme de Sculpture. C’est un ornement imité des conques marines, qu’on met au haut, ou au cu defour d’une niche, ou qu’on taille fur le contour d’un quart de rond. A COQUILLE. Terme à’Architecture. On apelie ainsi le dessous des marches d’un escalier, qui tournent en limaçon. On donne aussi ce nom à plusieurs autres ouvrages qui représentent la figure des Coquilles. COQUILLE, s f. [Merces frivola.) Au figuré, veut dire, toute forte de marchandises dont on trafique. A Rentrer dans fa coquille. C’est prov. fe retirer d’une entreprise dangereuse. ê On dit d’une personne jeune & sans expérience, qu’elle ne fait que de sortir de la coquille. H On dit prov. à un homme qui veut en imposer à plus fin que lui, qui veut lui en faire acroire, portes vos coquilles à d’autres. A qui vendez-vous vos coquilles. f On dit d’un homme qui fait bien valoir son travail, & tout ce qu’il a à vendre, qu ’il vend bien ses coquilles, qu’il fait faire valoir ses coquilles. (f COQUILLON. Terme de Monoie. dont Mr. Boizart a donné cette explication. Quand on juge que l’argent est fufifamment afiné , on le retire avec une barre de fer qui ressemble à une canne , & à qui l’on a donné ce nom. L’argent s’y atache au bout en forme de coquille, lors.qu’il est pur A fin. On le retire ainsi, en remettant souvent la canne dans la coupelle, '& l’on apelie cette maniéré, tirer Purgent en coquiílons. COQUIN, f m. [Mendiais, egens, ìgnavns, vo- quam .] Gueux. Misérable. Sans cœur & fans honneur. (C’est un coquin, & c’est tout dire. Va chercher tes coquins ailleurs, coquin toi-même. Patris.) f * COQUIN, coquine, adj. Ce qui a coquine. Ce qui acoptume à un genre de vie fénéante. (11 n’y a point de mérite plus coquin que celui de l’amour.) COQUINAILLE , f f. [Fax hominum, pkbis quisqui- lia.'\ Troupe de coquins, de gueux. 0 COQUINBERT. Ancien jeu, où celui qui fait faire prendre ses dames par son ennemi, gagne le jeu ; ainsi on dit : Jeu de coquinbert, qui gagne perd, puis qu’on ne gagne que parce qu’on a perdu toutes fes dames. COQUINE , s f [Tfequam, improba.] Sorte de gueuse. Sorte de friponne, qui né point d’honneur nî de cœur. (C’est une franche coquine. COQUÏNER , v. n. [Mendicare , mendicato vivere.J Faire te métier de coquin, gueuser, COQUÎNERIE , s. f. [ Ignavum , pudendum facìnus.) Action malhonnête, lâche, & qui ne peut être faite qu® par un coquin. (11 a fait en cela une coquinerie.) $ CO- 48 8 COR f COQUIOLE, s. s- [ftyfcM, Plante qui croît parmi les blez. COR , s *n. [Coinu.J Instrument à vent, qui est d’ordinaire de métal avec deux trous , qui est fait en forme de demi cercle, & dont on lé sert à la chasse. (Le cor est composé d’une embouchure, d’un corps, de boucles & d’un pavillon. Quand on se veut servir du cor, il faut qu’ii ait une ceinture & une anguichure. On dit sonner du cor. Ce sont les Chaudronniers qui aprennent à sonner du cor à Paris, & ce sont eux aullì qui en vendent. Les Postillons fe servent aussi de cors de métal. Les Bergers se servent aullì de cors, qu’ils font de cornes de bélier & de beuf. $ COR de Chasse. C’est de tous les instrumens celui qui fait le plus beau bruit de guerre, & il semble digne d'être mis à autre usage qu’à servir à animer les chiens. Les Romains ne se servoient que de ces sortes d’instrumens de musique militaire , & les Suisses ï’en font servis autrefois dans leurs armées. Comme dans un combat, le bruit du canon, les décharges continuelles de l’infanterie & les cris des soldats, empêchent de distinguer les commandemens qui fe fònt au son du tambour, Mr. de Folard voudroit introduire deux cors de chasse par régiment, dont les différais sons distingueroient les diverses évolutions Sc les manœuvres qu’ií fàudroit faire. Voïez Polybe, Tomel. COR de mer. Coquille rude par dehors , unie & blanche par dedans, large par le milieu, qui va en pointe, & qui est propre pour recevoir la bouche afin de corner. Cette coquille renferme une forte de poisson. Rond. A cor & à cri. [Omni Jíudio ac diligentià.~\ (Crier à cor & à cri ; c’est-à-dire, à pleine tête, de toute fa force, comme lors-qu’on est à la chasse.) COR. Voïez Cors. £ CORADOUX. Terme de Marine. On apelle ainsi l’efpace qui est entre deux ponts. CORAIL , coral, f. m. [ Corallium , corallum. ] L’un & l’autre fe dit. Corail est plus en usage & plus régulier. II n’y a guère que les Poètes qui disent coral, y étant amenez par la commodité de la rime. Le mot de corail n’a ordinairement point de pluriel. C’est une sorte de fiente qui naît dans la mer, & qui peu à peu, par la vertu pétrifiante, se convertit en pierre, & «'adoucit de plus en plus lorsqu’elle est exposée à Pair, qui selon quelques-uns lui donne fa couleur. Le corail est rouge, blanc, noir ou jaunâtre, & croît dans les mers de France, par branches qu’on arrache avec des crochets en forme d’ancre, Sc qu’on coupe ensuite en grains. (Pêcher le corail.) f CORAIL , fait au pluriel, Coraux. On dit que le cabinet d’un curieux est rempli de beaux coraux, de coraux très-rares. Acad. Fr. f CORAIL. L’opinion la mieux établie met le Corail au nombre des plantes maritimes. Le fameux Père Kirker en fupofe des forêts entières au fond de la mer; &M. de Tournefort, à qui les Botanistes doivent tant de nouvelles découvertes, prétend que cette plante fe multiplie par fa semence. Voïez les Mémoires de F Acad. des sciences & F Histoire de la Mer par le Comte de MarJUli. f CORAIL. Espèce de bois qui croît dans les Isles de l’Amérique, fur tout dans les Isles du vent. On l’a- pelle en Europe bois de corail, à cause de la vivacité de sa couleur. II est propre aux ouvrages de tour & de marquetterie. f * CORAIL. [Labia coraOina.'] Ce mot, au figuré, est un peu vieux. II se dit des lèvres , lors-qu’elles font rouges & vermeilles, & même il est Poétique en ce sens. (Ses lèvres de corail &.fa bouche de roses. Rac.) H CORAILLEUR , f. m. Celui qui travaille à la pêche du corail. CORALIN , INE, adj. [Coral/inus.] Qui a la couleur, ou la vertu du corail. (Lèvres coralines ; c’est-à-dire, des lèvres vermeilles.) CQRALINE , f. f, [Mufcus maritimus.'] Plante qui vient au fond des eaux , haute d’un ou deux pouces, d’une couleur cendrée & quelquefois rouge, ou un peu jaune : Elle a quantité de petites branches grêles, d’une odeur mauvaise , semblable à celle du poisson. C’est aussi une espèce de mousse qui croît sur les rochers de la mer, fur les coquilles des poissons, & fur ie corail même, d’ou lui vient le nom de coraline. COR st très-bonne étant prise en poudre pour ft:,. ' les vers de petits enfans. 1 mn iïlle est mourir les vers de petits _ H CORALINE. On apelle ainsi, en quelques endroits du Levant une chaloupe legére, dont fe servent les Corailleurs pour la pêche du Corail. f CORALOIDES. Ce font les semences du Corail blanc, quand il commence à végéter, & qu’il n’a pas encore reçu toute fa perfection. CORBEAU, /• m. [Corvusl] Oiseau noir qui vit de charogne, qui a le bec gros & pointu. (Un petit corbeau. Un beau corbeau. Le corbeau n’est pas fi fin que le Renard.) Jìé, bon jour, Monsieur le Corbeau, Que vous êtes joli , que vous me semblez beau. La Font. fabl.) ris C’est avec raison que l’on a condamné Brébeuf dans cet endroit de fa Pharfale, où il est dit en pan lant des corbeaux : Ces oiseaux dont la gorge est de sang altérée , Qui du sang des Romains a fait souvent curée , Ces tombeaux animez , cessépulcbres volans, Vont se gorger de meurtre en ces funestes champs. t * CORBEAU. [Coracinus.] Ce mot fe prend au figuré en riant, & lignifie un homme qui a la tête tout» noire. {Ta Maîtresse a sesrit trop beau, Pour ne pas rire d’un bon homme, Tantôt cigne U tantôt corbeau. Main. Poës) CORBEAU de mer. [Corvus marinus .] Poisson dont le dos est d’un bleu obscur, les cotez rouges, le ventre blanc & la tête grande. Rond. f CORBEAU. Machine de guerre dont les Ancien* fe servoient pour acrocher les Vaisseaux, & dont C. Duillius se servit contre les Carthaginois à la bataille de Myle. _ Polybe en donne la description, en raton- tant cet évenement. II paroít que ceux qui ont écrit pour commenter les Anciens, n’ont pas réussi dans la découverte de cette machine. On l’a trouvera bien expliquée dans les observations du Chevalier de Folard fur Polybe. Tom. I. page 71. de F Edit. d’Amsterdam. L’origine de cette machine est inconnue , & Perrault, dans ses notes fur Vitruve, avance fans fondement, que Polybe & Frontin attribuent cette invention à C. Duillius. Outre le Corbeau de ce Romain, qui était un cône de fer pointu Sc fort pesant, qu’on laissoit tomber fur un Vaisseau pour l’acrocher, il y en avoit plusieurs autres qu’on va indiquer, & dont on trouvera la description & la figure dans le savant ouvrage de M, de Folard. f CORBEAU , apellé Dauphin, Selon Suida & !» Scoliajìe d’Aristophane , cette machine étoit en usage chez les Grecs. C’étoit une masse de fer fondu, qu’on suspendoit à un des bouts des vergues, pour la laisser tomber fur les Vaisseaux ennemis, qu’elle perçoit depuis le pont jusqu’au fond de Cale. ê CORBEAU démolisseur. Vitruve parle de cette machine de Diades, sans expliquer ce que c’étoit. II y a aparence que c’est la même que Végece apelle Tortue, au dedans de laquelle il y avoit deux longues pièces de bois, dont les bouts étoient armez de crocs de fer. On les poussoir contre les murailles pour acrocher & tirer à bas les crenaux ou les pierres ébranlées par les bélier. C’est la même chose qu e le Loup, dont il est parlé dans plusieurs Auteurs. î CORBEAU à Grises. C’étoit une machine suspendue, armée de crocs de fer, avec laquelle on enlevoit les hommes armez, pour les briser contre terre, ou les précipiter dans la mer. Archimede l’emploïa contre les Romains, lorsqu’ils assiégèrent Syracuse. f CORBEAU à tenaille, dont on se servoit pour acrocher & attirer le bélier. C’étoit une espèce de ciseaux dentelez & recourbez en forme de tenaille, ou de deux faucilles opofées l’une & l’autre. On fe servoit de ce Corbeau pour saisir, pincer, détourner, « enlever le bélier par la tête. CORBEAU double, pour abaisser la tête du belier, & en rompre le coup. Côtoient deux Corbeaux, ou deux Loups enfourchez & tournant fur leurs pivots, mis fur une même ligne, à la distance de la longueur d’une poutre suspendue à ses deux extrémitez. rat le moïen de cette poutre on rabattoit les coups du belier, en haussant Si baissant les deux corbeaux. H COR* COR ■f CORBEAU des Tjriens. Les Tyriens assiégez par Alexandre, attachèrent des faux à l’extrémité des ver- gués de leurs galères,. & lorsqu’ils étoientà portée des béliers qui battoient en brèche, ils baissoient les antennes où ces faux étoient enmanchées , & coupoient les gros cables au bout defquels les béliers étoient suspendus. Mr. de Folard remarque, que Quinte-Curce, Faugelas & Perrault, n’ont rien compris dans cette machine, que Diodore de Sicile a décrit fort clairement. ^ CORBEAU a laqs courant Çsf à pinces. C’étoient des lacets à laqs courans, attachez à des corbeaux, pour saisir la tête du bélier, qu’on élevoit en haut par le moïen de la machine. H CORBEAU, apellé Telknon. C’étoit une efpéce de Caisse suspendue, où il y avoit une porte qu’on bailì'oit comme un pont pour passer fur la muraille d’u- ne ville. Fegece prétend que cette machine avoit été inventée pour guìnder & jetter des hommes fur les tours & les murailles des villes assiégées ; mais Mr. de Folard croit que ce guindage ne fervoit qu’à recon- noìtre ce qui fe passoit fur les tours.& dans i’intérieur des villes. f CORBEAU d’Archìmede. C’étoit avec cette machine qu’Archimede enlevait les Vaisseaux & les plus lourdes masses, avec une vitesse surprenante. Polybe dit qu’eile étoit composée d’une balance & d’un levier. Ce levier avoit à son extrémité des grapins qui failìssoient les corps. Votez le Chevalier de Folard. * CORBEAU. {Fejpillo,) Ce mot fe dit au figuré, de ceux qui en tems de peste cherchent les corps morts pour.les enterrer, & qui ensuite n’étéïent les massons infectées de peste. On les apelle de ce nom, pa-rce qu’ils cherchent les corps morts, comme font les véritables corbeaux. * CORBEAU. [ Mutulw, ] Terme à'Architecture. Modiilon. Piéce de bois ou de fer, ou même une pierre en saillie, pour soutenir quelque poutre. ǧ Dans les Coùtumes d’Orleans art. 141. & d’Au- xerre, art. 10?. les pierres qu’on laisse dans un mur qui sert de séparation aux fonds de deux voisins, font apellées corbeaux , & fervent à marquer que le mur est commun entr’eux : Corbeaux mis d’ancienneté, apparent au dejj'us de terre d’une part d’autre du pmr, font demonjìrance que le mur ejì mito'ien entre deux voisins , s’il n appert du contraire. La Coutume de Paris fe sert de filets , au lieu de corbeaux. Ajoutons, que le corbeau, en terme d’Architecture, est une grosse console, qui a plus de saillie que de hauteur, comme la dernière pierre d’une jambe sous .poutre, qui sert à soulager la portée d’une poutre, ou à soutenir par encorbellement un arc doubleau de voûte qui n’a pas de dosserets de fonds. Nous apellons mu- fuies ou corbeaux, ces sortes de consoles ; & les Italiens , modulons , selon le témoignage de Philander, lib. 3. c. ;. Mutulos nostri coricos, Itali modiìiones appesanti représentant autem simulatmn canteriorum projecíionem. Le terme canterii- signifie des pièces de bois que l’on jette en faillie pour soùtenir quelque chose ; & les Architectes s’en servent, dans ce sens, par allusion aux chevaux de charge, que l’on apelle canterii; & de ce nombre est principalement cette piéce de bois qui du faite du toit régné jusques au bout de la subgronde, pour suporter le couvert. Voïez Bernardin Baldus, de verbor. Fitruvianor. signifie. CORBEAU , ou oiseau de Phœbus, est une des quinze constellations méridionales. CORBEILLARD , f. m. [Fiatorium navìgium. Parisis Corbeiam .] Coche par eau pour aller de Paris à Cor- beil, qui est une- petite ville fur la rivière de Seine. CORBEILLE, f f- [Corbi t.] Ouvrage d’ofler, large, creux, fort & assez haut, servant ordinairement à mettre du pain. (Corbeille couverte.) - CORBEILLE. [Corbulla.) Sorte de petit panier mignon & enjovilé de rubans, où l’on envoie un bouquet à une dame le jour de fa tête. f CORBEILLE'E , f. f. Une corbeille pleine. _ CORBILLON , f. m. [ Corhula .] Espece de petit picotin , où l’on met les baies ; lors-qu’on joué partie à la paume. CORBILLON. Sorte de corbeille longue, plate par les deux bouts, que fouisseur porte l’hiver tous les soirs fur son dos, & qu’il remplit d’oublies pour jouer contre ceux qui l’apelìent. (jouer le corbillon & les oublies.) CORBILLON , est aussi un petit jeu d’enfans ou l’on demande, qu’y met-on ? où il faut répondre St. rimer COR 489 en on. (Et s’il faut qu’avec elle on joué au corbillon. Mol.) f CORBIN , f. m. [Corv/ss .] Vieux mot, qui signi- fioit corbeau. On difoit aussi Corbiner , pour dire, Dérober, (tirer ce qu’on peut attraper d’une carcasse, comme font les Corbeaux.) Danet. Bec de corbin. [Insirumentum corvini roflri in mo- rem recurvum .] Instrument de Chirurgien, qui sert particulièrement à tirer de dedans des plaies, du plomb, ou quelque autre corps étranger. í Bec de Corbin. On donnoit autrefois ce nom à une efpéce de halebarde, & on apelle encore Gentilshommes aubec de Corbin, une compagnie de gardes instituée par Louis XI. qui portoient cette forte d’artne. í CORCHORUS , /•' m. Plante dont les feuilles ressemblent à celles de" la Mercuriale. On la cultive en Egypte, en Judée, où elle sert dans les alimens ; elle est émollíente, digestive, résolutive & pectorale. f CORCULUS , f m. Infecte aquatique, qui est apéritif & propre pour l’astme. t CORDA , si m. Efpéce de grosse serge croisée, toute de laine, qui n’est propre qu’à vêtir les personnes de basse condition. CORDAGE, f m. [Funìum apparatus. J Toutes sortes de cordes grosses ou petites. (Faire du gros ou petit cordage.) CORDAGER, v. a , [ Funes torquere. ] Terme de Cordier. (Faire du cordage.) CORDE , si f- [F unis , restisf] Ce mot vient de l’Italien corda. (Ce font plusieurs fils assemblez par le cordier, & par le moïen d’une roué, qui fait que ces fils s’entrelacent les uns fur les autres, & forment cet assemblage de fils qu’on apell c corde. La madère la plus ordinaire des cordes est le chanvre ou le lin, la soie, la laine, le crin, l’écorce de quelques arbres, &c. Les cordes servent à lier, à atacher & à tirer. Les plus grosses cordes fe nomment des cables, & la corde fort déliée s’apelle de la ficelle. Les enfans des Bramines portent à cinq ans une petite corde au cou en maniéré de chaîne d’or, & ils estiment tant cette corde , qu’ils la renouvellent tous les ans. Fie des Bramines , ch, g. p. 44. Fous qui sonnez sans miséricorde, Persécuteurs du genre humain, Que n’avez-vous au cou la corde * Que vous tenez entre vos mains.) Une corde à danser. [ Punis saltatorius extentm . j Efpéce de cable fort bandé & élevé de terre, fur quoi on danse. (Voltiger fur la corde. Danser fur la corde. ) * Traîner fa corde. [Laqueum fibi suere .J Proverbe. C’est-à-dire, mener une vie de fripon, & être à la veille d’être pris & pendu. On dit aussi filer sa corde. * Ce sont des gens de sac U de corde. [Homines ne- quisiimi, furciferi.'} C’est-à-dire, qui ne valent rien, & qui méritent d’être néïez ou pendus. Voïez Sac. * Se racheter de la corde. C’est corrompre ses Ju», ges, & faire en forte qu’ils renvoient absous celui qui a mérité la corde. {Justice est fans miséricorde A l’égard d’un petit larron, Mais au gros elle fait pardon, Quand il sie peut racheter de la corde.) Villon fit-lui-méme son épitaphe, que voici ; Je fuis François, dont ce me pose , Nommé Corbeïál en mon surnom , Natif de Paris prés Pontoise, Et du commun nommé Filions Or d’une corde d’une toise Sçauroit mon col que mon cul pose, Si ne sust un joli appel, Ce jeu ne me semblait point bel. 11 me semble que l’Auteur des Doutes fur la langue Françoise a eu raison de douter si cette expression doit être aprouvée : Les hommes font attachez par de petites cordes toutes humaines , dont ils ne s’aperçoivent plis. Pourquoi ne se pas servir du terme chaînes , qui est plus en usage, sur tout quand il s’agit de rattachement que l’on a pour les choses de cc ‘monde ? H La corde au cou. On le dit de ceux qui font amende honorable. II a été condanné à faire amende honorable la corde au cou, Tome I. Q. q q tz St 49° COR i Se rendre la corde au cou , venir la corde au cou. On le dit fig. de ceux qui se soumettent sans aucune condition à la merci du vainqueur du Prince. Après une mauvaise défense ces lâches se rendirent la corde au cou. Les rebelles sont venus la corde au cou. H Mettre la corde au cou a queìcun, c’eft fig. le mettre en danger d'être pendu. C’est aussi être cause de sa ruine, de sa perte. f CORDE , se dit d’un gros cable tendu en l’air fur lequel les bateleurs dansent. Aler aux danseurs de corde. On dit fig. qu ’un homme danse sur la corde ; c’est- à-dire , qu’il est dans une situation périlleuse , que sa fortune est incertaine & chancelante, qu’il court risque de succomber à tout moment. Un trait de corde. C’est un coup d’eûrapade. CORDE. IChorda, fidesé] Ce mot se dit en parlant de certains instrumens de musique. C’est une petite partie de boïau de mouton, nétéïée, tordue, séchée & acommodée, pour être montée sur de certains instrumens de musique, comme luth , tuorbe, guitare, violon, &c. La corde est aussi un fil de métal passé par les filières, qu’on monte fur quelques instrumens de musique, comme fur les épinettes, clavecins, &c. ■f * Ne touchez pas cette corde-là. [jVí refrices obdu- fíam cicatricem.2 Proverbe; c’est-à-dire, ne parlez pas de cette chose-là, ne dites mot de cette afaire-là. f * Toucher la grosse corde. [Tangere ulcus.j} Proverbe. C’est-à-dire , une chose qu’il faloit faire scrupule de dire. Friser la corde. \Funem persringereé] Terme de Jeu de Paume. C’est la toucher un peu. CORDE d'arc, corde d’arbalète. [_Arcûs nervus.J •f * Avoir plufîeurs cordes à son arc. [Duplici j}e xti.J Proverbe. C’est avoir plusieurs moïens pour venir à bout d’une chose, de sorte que si l’un manque, l’autre ne manque pas. La corde d’un arc. [Linea.] Terme de Géométrie. C’est une ligne droite tirée d’un point de la circonférence d’un cercle à un autre. La partie du cercle qu’elle soutient s’apelle un arc de cercle. (Les cordes des arcs sont marquées fur le compas de proportion.) CORDE d’étose. [ Filum.2 Terme de Marchand Drapier. Fil de laine qui fait la chaîne du drap. (Quand le drap est usé, il montre la corde.) f On dit prov. d’une finesse grossière , cela montre la corde. CORDE. Ce mot se dit en parlant de cheval. (Par exemple. Voila un cheval qui fait la corde ; c’est-à- dire, qui par la respiration retire la peau du ventre à soi au défaut des côtes. Soleisel, parfait maréchal. On dit aussi, une corde de farcin , quand il y a plusieurs boutons de fuite, qui font comme une corde.) CORDE. [Rigor, durities.2 Ce mot se dit encore par les Jardiniers, de certaines duretez qui viennent au milieu de certaines plantes & racines. Voïez cordé. CORDE de bois. f Menjura dejefli caudicis.J Tas de bois en quarré, coupé pour être brûlé, qui est de quatre piés de haut, <& d’environ huit piés de long, entre deux membrures. Le mot de corde, en ce sens, ne se dit guère qu’entre marchands de bois. A Paris, le bourgeois se sert ordinairement du mot de voie, pour dire, une demi corde de boiss & il dira, il me faut huit voies de bois pour mon chaufage ; c’est-à-dire, quatre cordes ; mais un Marchand dira : (J’ai vendu cet hiver deux cens cordes de bois, & j’en ai encore cinq ou six cens dans mon chantier.) CORDE de boiau. [Chorda, fuies.2 Cordes dont on fait des raquettes, & qu’on aplique fur des instrumens de musique. CORDEAU,/»!. [Funiculus.J Corde menue; corde pour conduire les chevaux de harnois ou de charrié, corde pour conduire un bateau. (Tirer au cordeau.) CORDEAU. [Linea.2 Corde menue dont se servent les Ingénieurs pour lever des plans, & pour tracer des desseins de bâtimens, ou de fortifications. Les Jardiniers le servent aussi du cordeau pour tracer leurs allées, leurs parterres, &c. Et les Charpentiers se servent du cordeau pour aligner leur bois. (On dit tendre le cordeau, tracer le long du cordeau, tortiller ou detortiller le cordeau. Allée tirée au cordeau.) CORDE', cordée, adj. Voïez corder. í CQRDELAT, f m. Etaie de laine qui se k- COR brique à Albi, & aux environs de cette Ville d 8 Languedoc. f CORDELER , v. a. Tresser, mettre en forme de corde. Cordeler des cheveux. CORDELETTE,/.»i. [ Funkulml} Petite corde menue. CORDELIER , / m. [ Francisant .] cordelìl Religieux de S. Franqois habillé de gros drap gris avec un petit capucc, une mozette ou chaperon - & un manteau de même étofe, portant le soc ou sandale & sur la robe une ceinture de crin où il y a trois nœuds , & à cause de cette ceinture, on apelle ce Religieux Cordelier. L’Ordre de S. François est di. visé en Frères Mineurs, Conventuels ou ’Cordeliets de la grand'manche, en Frères Mineurs de l’Obser. vance régulière , qui sont ceux qu’on nomme conû munement en France Cordeliers, qui font tous des réformez de l’Observance. 11 y a trois Généraux dans l’Ordre de Saint Franqois. Le premier ports le titre de Général de tout l’Ordre des Frères Mi- neurs. Le second, de Général des Frères Conven- tuels. Et le troisième , celui de Général des Capucins. Les Cordeliers font agrégez dans l’Univerlìté, & reqûs Docteurs. Ils suivent le sentiment de Scot, qui fut parmi eux un grand homme, & à cause de qui on les nomme Scotijíes. Les Cordeliers peuvent être Evêques, Archevêques, Cardinaux, & mêmes Papes, & il y en a beaucoup entr’eux qui l’ont été. H Les Religieux qu’on apelle cordeliers, font ceints d’tine corde, d’où ils tirent leur nom comme le te- marque l’Académie. II y a.d’autres Religieux de S. Franqois qui portent une ceinture de crin. H On dit d’un homme qui- ne fait scrupule de rien , qu ’il a la conscience large comme la manche d’un Cordelier. ch On dit aussi fig. & prov. d’un homme qui parle d’une chose devant des gens qui l’entendent mieux que lui, qu’i/ parle latin devant les cordeliers. £ Aler fur la haquenée des Cordeliers, c’est aler à pié un bâton à la main. CORDELIE'RE, f. f. [ Monialis Franciscana. ] Religieuse de S. Franqois, habillée de gros drap , & qui fuit la même régie que les Cordeliers. CORDELIE'RE , s. s. [Funiculw bombycinm.] Sorte de coller de soie noire agréablement travaillé, & plein de petits nœuds, que de certaines petites filles portent au cou. II sc noué fur le derrière du cou avec un ruban qui fait un nœud. (Une jolie cordelière, & fort bien faite.) CORDELIE'RE. f Funiculi variis modis impliciti. ] Terme de Blason. On apelle ainsi le filet plein de nœuds, que les veuves & les filles portent en guise de cordon autour de i’écu de leurs armes. ss La cordelière est la seconde distinction qui ait été introduite entre les armoiries des filles, & celles des mâles. L’écusson des filles est un lozange entouré par une cordelière, qui est composée d’une espèce de cordon , dont on a fait des lacs d’amour. Galliot, dans son Indice armoriai, nous en aprend l’origine : Cordelière, dit-il, ejl un cordon d’argent façonné comme les ceintures dont les Religieux de t Or - dre de S. François se ceignent sur leurs robes, R lesquels, à cause de cette forme de ceinture , sont communément apellez cordelières. II n’y avoit autrefois que les filles de la première qualité qui pussent mettre la cordelière autour du lozange, selon le témoignage du Président Fauchet : Car, dit-il , la cordelie- re jadis fut comme la marque d’honneur que la Reine Anne de Bretagne donnait à celles qu’elle choisfiit, ains que le collier à coquibes jadis donné par li Roj aux Chevaliers de tordre de Saint Michel. Maréchal a remarqué, dans son traité des droits honorifiques, qu’il a en son pouvoir un Arrêt du Parlement, portant condamnation de dix mille livres d’amende contre des enfans & héritiers, qui avoient fait peindre la cordelière autour des armoiries de leur mère, quoiqu il y eût une Earonnie dans leur maison. Mais ex eo que la famille n’ejìoit pas noble de Race, on jugea que la cordelière ne devoit être entours les armoiries > qu elle n a- partenoit pas même aux femmes des Gentilshommes , comme des Chevaliers, entours les armes desquels Imite peut U doit être peint. AuJJì la cordelière peut _ être peinte entours les armoiries de leur femme. Mais le même Auteur a remarqué dans la fuite, qo’à présent COR sent le moindre Haubereau prend la qualité d’Ffcuyer, £«? plus prennent qualité de Marquis qu’it n’y a de vrays Barons. Ainii les femmes & les filles prennent la cordelière , de quelque qualité qu’elles soient. CORDELIE'RE. Terme A’Architecture. Est un petit ornement taillé eu forme de corde sur les baquettes, ou en petit liteau qui se met sur les patenôtres. Acad. Fr. f * CORDELLE, f f. [Societas , pars.~] Ce mot ne se dit qu’en burlesque, & au figuré, & lignifie parti. {On attire à fa cordelle La femme la plus fidèle.) CORDER, D. a. ['Funem torquere, neHere.) Ce mot, au propre, lignifie tortiller quelque matière propre à en faire une corde. (Corder du chanvre.) Se corder, v. r. Signifie être propre à se former en corde. (II y a des matières qui fe cordent mieux, & plus facilement les unes que les autres.) CORDER , v. a. [DefeÁum caudicem metiri.) Terme de Mouleur de bois. Mettre le bois dans les membrures. (Corder du bois. Le bois tortu ne se corde pas bien, fi on ne fait l’arranger.) CORDER. [Nefíere, vincire funibus.) Terme d ’Em- baleur. Lier avec des cordes. (Corder des balots.) 4 CORDER du Tabac. C’est tordre des feuilles de Tabac, & en faire une espèce de corde. On dit aussi, tordre & filer du Tabac. Se corder, v. r. [Indurefcere, obdurefcere.) Terme de Jardinier. II se dit de certaines plantes qui viennent môles en dehors, & dures au milieu , comme font les raves, & de quelques autres plantes , dont le milieu de la racine devient dur, & forme une espèce de corde. (Les raves se cordent au printems. La racine de perlìl, de panets, &c. fe corde. On le dit aulìi des lamproies qui se cordent & deviennent cordées.) CORDE', cordée, adj. Ce mot se dit du bois , des balots, de racines, & des chevaux. (Bois bien cordé. Balot cordé. Rave cordée s c’est-à-dire, rave creuse, môle, & moins bonne que les autres. Persil cordé. Cheval corde': c’est-à-dire , qui a des duretez en forme de cordes, qui viennent entre cuir & chair. Larcin cordé. Lamproie cordée.) CORDERIE , f. f. [Funium texendorum officina .] Lieu établi pour faire des cordes. (Corderie roiale.) La plus belle corderie de France est à Toulon. £ CORDES. Les Rélieurs de livres apellent cordes, des ficelles de diverses grosseurs , dont ils se servent pour faire la nervure des livres qu’ils relient. CORDIAL , cordiale , adj. [ Cordi utilh, convenions, auxitians.) Qui est bon pour le cœur, qui le fortifie, qui le réjouit. (Julep cordial. Vin cordial. Potion cordiale. Poudre cordiale. Cbaras, pharm.) On dit des cordiaux ; c’est-à-dire, des remèdes cordiaux. * CORDIAL, cordiale. [Ex animo amicrn ,sinceruí, fidui .] Sincère. Fidèle. Qui a des fentimens d’amitié. (Un ami cordial. Afection cordiale.) * CORDIALEMENT , adv. [ Sincerè, verè, ex animo .] Sincèrement. (Agir cordialement. Pafc. I. 2 . Aimer cordialement.) * CORDI A LITE', f f. [Amor verus, singularis.) Sincérité. Amitié sincère. (Avoir de la cordialité pour ses amis. Port-Royal, constitutions.) CORDIER , f m. [ Restio, restiarius.) Artisan qui habille le chanvre, & fait toutes sortes de cordages. CORDILIAS, / m. [ Levidenfe, levidensis pan- mts .] Une grosse etofe de laine, qui est une espèce de gros drap ou de bure. CORDON , f m. [Vinculum, cingulum .] Tout ce qui entoure le bas de la forme du chapeau , & qui iert à l’embélir. * CORDON-BLEU. [Vitta cœmlea.) Chevalier du Saint Esprit, qui porte un cordon bleu. (II est cordon bleu. 11 y avoit plusieurs cordons-bleus.) Çg Voiture écrivant à Collât, convient que l’on dit, c’est un cordon-bleu , 11 y avoit plusieurs cordons- bleus : mais il condamne, lì est cordon-bleu. Ménage, tmn. 2 . obf au. dit avec raison qu’il ne comprend pas bien pourquoi on ne peut pas dire, II est cordon- bleu , quand on dit, C’eft un cordon-bleu. L’ufage est pour l’un & pour i’autre. [g Dans le Doigt d’une Dame, un Marquis cordon- bleu COR 1 Vit un gros diamant brillant [f plein de feu s II étoit avare , U fin ame N’étoit sensible qu’au profit : J’aimerois mieux ( dìt-il) ta bague que la Dame. U pariait ajfez haut, la Dame F entendit j Elle eut une ripojíe prête, Et moi j’aimerois mieux le licou que la bête. £ CORDON-ROUGE. C’est aussi un ruban large & couleur de feu , auquel est attachée une croix de S. Loiiis. On apelle commandeurs de S. Louis, ceux qui portent ce cordon-rouge. * CORDON de murailles. [Corona mûri.)) Pierres en forme de cordon qui ceignent les murailles des places fortes. CORDON de foulié. [Vinculum , vitta.) Ruban ou padou de foie ou de fil , qu’on passe par le trou des oreilles des souliers, afin de les lier, de les tenir fermes, & de leur donner quelque air. (Je ne luis pas digne de délier le cordon de ses fouliez. Port-Royal, nouv. tejìam.) CORDON Saint François , f m. [Cingulum fanfiì Francisa.) Terme de Religieux de l’OrdreS. François. C’est la ceinture dont les Religieux de Saint François font ceints ; les uns, comme les Cordeliers, les Capucins, les Minimes & les Récolets portent ce cordon blanc ; & les autres, comme les Piques-puces, le portent noir. On a institué une confrairie du Cordon de Saint François, en mémoire des liens dont Jésus-Christ fut ataché. Cette confrairie s’apelle la Confrairie du Cordon S. François , & elle est composée de plusieurs particuliers qui ne font pas Religieux. Ces gens, pour gagner les indulgences, font seulement obligez de dire tous les jours cinq Pater & cinq Ave, & un Gloria Patri, & de porter le cordon que tout Religieux de l’Ordre peut donner ; mais qui ne sautoir être béni que par les seuls Supérieurs de l’Ordre de S. François. (On dit être du cordon de S. François. Avoir le cordon, porter le cordon de S. François.’ Donner le cordon. Prendre le cordon Saint François.) CORDON à lacer. Sorte de lacet de fil. (Cordon de fil, ou de fole.) CORDON à la ratière. C’est le nom que l’on donne à la ganse, lorfqu’elle a été travaillée à un métier avec la navette. CORDON d’or. Les Cardinaux & les Evêques n’ont pas toujours porté un cordon d’or. Nous apre- nons de Mr. l’Abé de Maroles comment l’ufage du cordon d’or a été introduit dans la Prélatine ; voici ce qu’il en a écrit, pag. 22 %. de sis Mémoires, partie prémiére : „ Les Cardinaux François que j’ai vús, por- „ toient, au commencement, un cordon à leur cha- „ peau, tissu d’or & de foie rouge en plate bande, „ avec de petites houpes mélangées de la même forte. „ Depuis que Mr. le Cardinal de Richelieu le vit éle- „ vé à la puissance du ministère, il en prit un de pur „ or, en quoi il fut suivi par quelques-uns, qui avoient „ la même dignité que lui dans l’Eglise. Or , peu „ d’années après nos premiers troubles , Air. le „ Coadjuteur de Paris, aïant Paine grande & le cou- „ rage élevé, fans regarder encore de si près la digni- ,, té qu’il possede aujourd’hui, fe para de cet orne- „ ment ; & personne n’y aïant trouvé à redire, Aîon- ,, sieur de Sens le suivit bientôt en cela, comme „ l’ancien Métropolitain de Paris puis le bon homme „ Mr. de Valençai, Archevêque de Rheirns , comme „ le premier Pair de France ; puis Messieurs les ,, Evêques du Mans, d’Evreux, de Coutances, & ,, plusieurs autres, mais non pas tous , parcs qu’il „ ne s’en est point encore fait de constitution ; & „ Mr. de Tours m’a dit qu’il ne fe vouloir point hâ- „ ter de le prendre, aïant assez d’autres marques de „ fa dignité. “ CORDON. [Funìculm, resticula.) Terme de Cor- dier. Ce font trois ou quatre fils de chanvre ou de crin, pour faire une corde. (II faut plusieurs cordons pour faire une corde.) CORDÓN , f m. Terme d ’Acoucheur & de Sage- femme. C’est un boïau long d’environ demi-aune, qui est ataché à Parriére-faix , & qui est composé de plusieurs vaisseaux joints ensemble , qui fervent à conduire le sang destiné à la nouriture de Pensant. Mauriceau, traité des femmes grosses. Tirer , nouer, couper le cordon de Parriére-faix'. Qqq 3 Tome /, COR- 49 2 COR * CORDON. Terme de Fleuriste. C’est ce qui est autour de la pluche de l’anémone , & au bas de fes grandes feuilles. (Cordon charmant. Cordon violet, gris-de-lin, &c. L’anémone est belle quand l'on cordon est de plusieurs couleurs. Volez la culture des fleurs.) CORDON. Terme de Maréchal, de Charron, & de Cocher. C’est une forte de lien de fer, qui est à chaque moïeu de roue de caroíîe , de chariot, &c._ auprès des rais de la roue. (Les cordes ne font pas lì larges que les frettes des moïeux. Mettre un cordon.) CORDON, fe dit de tout ce qui aï an t peu de largeur L quelque étendue en longueur, ressemble à un filet. (.Autour de cet amas de viandes entassées, Régnait un long cordon d’alouettes prejj'ees. Despr. On apelle aussi cordon ou filet ce qui régne sur la circonférence d’une monoïe.) -f CORDON de Martres. On apelle en termes de Peleterie, Cordons de Martres Zibelines, plusieurs queues de ces animaux attachées ensemble. CORDONNER, v. a. [Filum torquere, contexere.] Tresser avec du cordon. (Cordonnet les cheveux à un enfant.) CORDONNERIE, st f [Tabernastutrina.] Lieu où l’on ne fait, & où l’on ne vend que des fouliez. (On va quelquefois à la cordonnerie , mais il en est comme de la friperie, on y est souvent trompé.) CORDONNET , s. m. [Contextus è filo funicu- im.j Sorte de petit lacet de fil, fait en forme de gance. CORDONNIER , f- m. [Butor calcearm .] Artisan qui, avec du cuir préparé par le Corroïeur, fait de toutes fortes de fouliez , de botes, de mules, & de pantoufles. (Les cordonniers font les plus mal chauffez. Proverbe, qui fe dit de ceux qui travaillant bien pour autrui, font négligens à travailler pour eux- mêmes.) CORDOÙAN, st tn. [Caprinum corium.] Cuir de peaux de bouc ou de chèvre, passée en tan ; ce qui le distingue du maroquin, qui est passé en gale. 0 Villon, ancien Poète, a dit dans son testament. Qui n’eji ne bœuf , ne cordoùan. On apelloit ainsi certain cuir que l’on aportoit de Cordouë, ville d’Efpagne. Nous lisons dans l’article 9. de l’Edit que Philippe le Bel fit le 15. Août 1549. en faveur des foires de Brie & de Champagne : Item, les marchands de Cordoùan meneront, iront esdites foires, &c. Pathelin en visitant les draps du marchand, dit : Celui-ci est-il teint en laine , 11 est fort comme un cordoùan. C’est de là que l’on a formé cordonnier, & non point, comme Voiture Pécrivit un jour à Costar, parce que tels ouvriers donnent des cors aux piés. On écrivoit autrefois Cordoúannier. Voïez Ménage. 0 CORE E- C’est ainsi que le peuple, dans quelques Provinces, apelle les intestins, la fressure, avec le cœur d’un agneau. Mr. de la Monnoye dans son Dictionnaire Bourguignon, a fait cette observation fur le mot corée , que le Bernia dans fa lettre en vers à Bac- cio son ami, a dit de même, curatelìa pour core : So che’l P'tdocchi , le cimici e’I puzzo M’hanno la curatelìa a stgangberare. Les Académiciens de la Crusca produisent un passage tiré d’une vie de Saint Jean-Batiste, écrite dans le bon siécle, où la mala curata est pris pour ce que nous apollons mauvais cœurs & ce qui est remarquable, c’est que corata, curata, curatelìa , & nôtre Franqois corée, terme si bas , font pourtant sinonimes du latin pracordia, qui est entré dans les plus nobles vers. CORE'VEQUE ou CHORE'VESQUE , f [Chnrepistcoptu.) Mais on prononce corévêque. Ce mot est Grec. Le Corévêque étoit un Ecclésiastique qui veilloit fur les oficiers de la campagne ; & c’est aux Corévêques que les Doïens ruraux ont succédé. Le Meut. plaid. 21. On a aboli les Corévêques, parce qu’îls ufurpoient l’autorité épiscopale. Le même.) Ce titre est resté dans quelques Cathédrales d’Alle- magne, où l’on apelle Chorévêque celui qui a foin du chœur. Voïez le Glossaire de Mr. du Cange. COR CORIACE, adj. [Caro dura.] Ce mot fe dit de la viande, & veut dire, dur. (Viande coriace. Chanon coriace. Chair de fruit coriace.) 1 í CORIACE, fe dit aussi fig. & dans le stile f am j lier d un homme avare, dur, dificile, & dont on à rache a moindre chose qu’avec beaucoup de veine (C est le plus coriace de tous les hommes.) CORIANDRE , coriande f. f. f Cmmdrum. 1 Les Epiciers de Pans disent de la coriande; mais cenv qm ont écrit de cette plante , la nomment coriandre Les íavans en François, que j’ai consultez fur ce mot' sont pour coriandre. Et Messieurs de l’Académiè 1 ecrivent de même. La coriandre est une forte de plante qui a une tige ronde, haute d’une coudée ou d’une coudee & demi , & qui porte des fleurs bian ches, d’ou fort de la graine ronde, creusée, canelée* & en façon de grape. ’ H La Coriandre fortifie l’estomach, aide à la digestion, corrige la mauvaise haleine, chasse les vents & résisté au mauvais air. CORIANDRE. Grains de 'coriandre couverts de fl,, cre, qui font une forte de dragée assez agréable. Petite coriandre. Grosse coriandre.) CORINTHIEN, adj. m. [ Çorinthms , corìntbk. eus.] C’est le quatrième des cinq ordres d’architecture, & le plus parfait de tous. CORIPHE'E , f. m. [Antestgnanus .] Prononcez corifée. Ce mot vient du Grec, & il signifie le chef, le principal d’une compagnie, d’une secte, &c. CORIS, T /. [Coris lutea.] Nom qu’on donne à plusieurs plantes. 11 y a la coris de Mathiole, qui est une efpéce de mille permis, & dont les feuilles font semblables à celle de la bruïére. £ Cette plante croît dans les païs chauds, elle est détersive & vulnéraire. H CORIS , ou Cauris. Petites coquilles blanches, qu’on aporte des Isles Maldives, & qui servent de menue monoïe dans les Indes. On en envoie beau* coup en Guinée pour l’achat de Nègres. ^ CORLIEU , ou corlis , f. m. [ Corlim. ] Sorte d’oifeau de rivière , du genre de ceux qui n’ont pas le pié plat, qui a les jambes longues, qui est marqueté de taches rouges & noires. CORME, st f. [ Sorbum .] Fruit de cormier. (Les cormes sèches resserrent le ventre.) CORMIER, st m. [Sorbus.) Arbre qui a le bois massif & coloré, qui ne fait pas beaucoup de racines, & ne les pousse pas avant dans la terre. CORMIE'RE , f. f. [Puppis produclio.] Terme de Marine. C’elt la dernière pièce de bois au plus haut de la poupe. On l’apelle aussi tréport. Acad. Fr. CORMORAN !? , f m. [Corvus aquaticus.) Oi- seau de rivière de pié-plat, & le seul des oiseaux de pié-plat qui se perche. II a un long-bec & un long cou, & mange les poissons. ($ CORNAGE , st m. II est dit dans la Coûtu- me locale de Châteauneuf, tit. ;. art. 3. Tous ceux de ladite liberté franchise , allans ou venons , font francs de péage, collage, ou eornage. C’est un droit qui fe leve fur les bêtes à corne. CORNALINE , f f. [Onyx corneola .] Sorte de pierre précieuse , rouge ou blanche, sur laquelle on peut peindre en émail. CORNARD , st m. [Curruca.] Cocu. (Un franc cornard.) ì 0' CORNAU, st m. Dans la Coutume d’Acs, tit. 11. art. 14. quand ceux qui nestont d’un même cor- nau. C’est-à-dire d’un même village. CORNE , st f. [Cornu.] Os rend, dur & pointu , qui vient à la tête de certains animaux, & qu® la nature leur a donné pour fe défendre. On apelle aussi corne , cet os dur & continu au bas du pie de certains animaux. C’est aussi de certains petits morceaux de chair déliez & menus, en forme de corne, que de certains animaux poussent & retirent quand il leur plaît. (Une corne de beuf; une corne de vache & de taureau. Les cornes de l’efcargot. Cornes de limasson. La corne du pié du cheval.) 0" Les cornes font données aux animaux, comme des armes ofenlives & défensives : elles font quelquefois prises pour la force & la vigueur. Horace a dit, COR dît, est parlant de iuî-même, Prenez garde , car je tiens Us cornes levées contre les méchans : Cave, cave ; namque in malos afperrimus Parafa totio cornua. * Donner un coup de corne à un cheval. [Cornu fan - guinem elicere.] Cela veut dire, saigner au dedans de la bouche avec le bout d’une corne de cerf. CORNE de cerf. [Cervinum cornu.] Pour parler en termes de Chasse, il faut dire bois de cerf, de daim, de chevreuil, & on ne dit corne de cerf , que lors-que le bois de cerf est mis en œuvre. (Car alors on dit: ce manche de couteau est de corne de cerf) * CORNE de cerf. [Coronopm hortenjìs .] Sorte de petite herbe qu’on mange en salade. î !lya deux espèces de corne de cerf ; l’une & fautre font astringentes, apéritives, vulnéraires , propres pour arrêter le cours de ventre, fhémoragie, pour la nefretique, pour déterger & consolider les plaies. * CORNE Ducale. Bonnet que porte le Doge de la République de Venise, & qui a une pointe arondie sur ]e derrière. Ameìot , hst. de Venise. CORNE d’abondance. [Cornu copia.] C’est la corne de la chevre Amalthée, que l’on peint remplie de toutes sortes de fruits & de biens. CORNES du croisant de la lune. Les parties du croissant, qui sont tournées vers la partie du ciel opo- fée a u soleil. On dit auffi les cornes de l’arc-en- ciel, &c. f * CORNES. Ce mot signifie _ cocuage , & en ce sens il est toujours pluriel. (Voilà un hardi maraut, de vouloir planter des cornes à Jupiter. Ablanc. Luc. t; i. Porter les cornes ; cacher les cornes ; elle fait porter les cornes à son mari. Jupiter admit Ixion à fa table. Ixion , pour reconnoitre cet honneur, voulut lui planter des cornes.) (§ Le terme cocu, est fondé fur des raisons aparen- tes : mais je ne trouve point pourquoi on apelle cor- nard un mari dont la femme est infidèle, ni pourquoi on lui donne des cornes, ni la raison sur laquelle Ca- saubon a cru que, dans une inscription qu’il raporte, homo bonus, signifioit un bon mari, qui soufre que sa ■femme lui plante des cornes : D. M. AEMTLIO VALERIO CORNTHO HOMINI BONO DEFVNCTO HONORIBVS AEDI LICÏIS ANTONIA TORTONIA MARITO OBSEQVENTIS SIMO B. M. F. II n’y a pas aparence qu’une femme ait insulté la mémoire de son mari, par une inscription qui la couvroit elle même de honte & d’infamie. f * CORNES. Marque de raillerie & de mépris qu’on fait à quelcun, en élargissant deux doigts de la main en forme de cornes. (Ainsi on dit, faire les cornes a quelcun. [Illudere alicui, digito monjlrare ;] pour dire, se moquer de quelcun.) H On dit fig. dans le stile familier d’un homme qui se met en état de défense , qu’i/ montre les cornes s & d’un homme qui se met en état d’agir avec audace contre son supérieur, qu’il leve les cornes. 4 On dit prov. d’un homme qui est fort surpris de quelque accident inopiné, qu ’il est auffi étonné que st les cornes lui venoient a la tete, * Les cornes de la matrice. [Tuba] Terme à’Anatomie. Ce sont les deux extrêmitez du fond de la matrice. Ouvrage à cornes. [.Propugnaculunì còrnutum.] Terme de Fortification. C’est un ouvrage de dehors, composé de deux flancs assez longs. Sa tête est ordinairement défendue de deux demi bastions, ou d’une tenaille. f- CORNE. Terme d’ Arcbiteaure, On apelle corne de belier, les volutes qui fervent d’ornement aux chapiteaux des ordres Ionique & Composite. Les cornes _ d’un chapiteau, ou cornes d’abaque, sont aussi les encoignures, ou les quatre coins du tailloir. _ , H CORNE de Vergue. Terme de Marine. C est une convacité en forme de croissant, qui est au bout de la vergue d’une chaloupe, & qui embrasse le mât lors qu’on hisse la voile. 11 y a plusieurs fortes de bâti. mens qui ont des vergues à cornes. COR 49 3 Un bonnet a cornes. [ Biretum .] Comme ìe font ceux des Docteurs, des Prêtres, &c. Volez Bonnet. íst Les Poètes ont donné des cornes aux grands fleuves. Virgile a dit dans le livre 8- de l’Enéïde : Corniger Hesteridum fluvim, regnator aquaruni. Et au livre 4. des Georgiques : Et gemina auratus, taurino cornua imita Eridanus, Stace, liv, 2. de la Thébaïde : Pater ipfe bicornis In lavum prona mixtm fedet Inachm urnà. Nos Poètes François ont suivi l’exemple des latins» Malherbe a dit dans l’ode fur le volage de Sedan 1 Déja le Tezin tout morne Consulte de fe cacher, Voulant garentìr la corne Que tu lui dois arracher. On donne plusieurs raisons de cette fiction. Quelques- uns croient que c’est à cause du bruit des eaux des grands fleuves, lequel ressemble au mugissement. Ronsard a dit dans sa première églogue : Je vis fa forte ville , gj? le Pô menaçant, Qui va comme un taureau par les champs mugissante C’est le sentiment de Fancien Scholiaste d'Horace» Quant aux cornes que l’on donne à Seleucus, I’un des successeurs d’Alexandre, Appien in fyrìac. nous aprend, que les Peintres firent ce présent à ce Prince, parcs qu’un taureau s’étant échapé, Seleucus l’arrêta seul, & le prit par les cornes ; & c’est par cette raison, (dit Phistorien,) que l’on met des cornes à ses statues.) í CORNE de bœuf. Plante que l’on connoit en France, fous le nom de fenegré ou fenugré. CORME'E , f. f. [Cornea.j Terme à’Anatomie, La seconde tunique de l’œi! qui est claire, dure & polie en maniéré de corne. CORNEILLE , / f. [Comicula, cornìx,] Oiseau noir plus petit que le corbeau, hantant le long des rivages, des fleuves & des mers , qui mange de toutes sortes de choses, qui fait son nid fur le haut des arbres, & qui, à ce qu’on dit, porte des noix en l’air, & les laisse tomber fur des pierres pour les casser. Bel, L 6. c. x. {$ C’étoit un proverbe parmi les Grecs : Babillard comme une Corneille. Voïez Anacréon, ode. CORNEILLE etnmentelée. [Cornix- partìm atri , par - îim cinerei coloris.] Oiseau noir & cendré, qui hante les rivages. CORNEMENT d’oreille, f m. [Tinnìtm aurium.] Ce mot s’est dit, mais il n’est plus en usage» On dit tintement. Voïez-Ie en son rang. CORNEMUSE , f f. [Uter fymphoniacus, utricu- lus.] Instrument de musique à anches & à vent, dont fe servent les bergers pour fe divertir, qui est composé d’un chalumeau & de deux bourdons , dont l’un est entre les mains de celui qui joue, & Fautre fur son épaule, & d’une peau qui est ordinairement de mouton» Mers. I, ç. (Jouer de la cornemuse. La cornemuse se joue à découvert, & la musette à jeu couvert.) ch CORNEOLE , f f. Plante qu’on apelle auffi petit genet, fleur à teindre, & herbe à jaunir. CORNER, v. a. f Cornu cancre,] Faire du bruit avec un cornet. Sonner du cor. f * Les oreilles me cornent, [Tinniunt aures.] C’eít- à-dire, il me semble qu’on parle de moi. f CORNER, v. a. [Aures perfonare.] Parler dans un cornet pour se faire entendre à un sourdant, & de là il signifie aussi, crier de toute sa force aux oreilles d’une personne qui est un peu sourde. (II faut lui corner aux oreilles.) f * CORNER. [Corrumpi.] Ce mot fe dit de la viande, & signifie commencer à sentir. (Viande qui corne. Viande qui commence à corner.) f * CORNER. [Vulgare, palam ferere, diffeminaref] Ce mot est bas, & il signifie publier, & dire par tout avec quelque éclat. (On lui avoit parlé de cette afaì- re en secret, & il l’est allé corner par tout.) CORNET ,f nt. [Cornus pastorttium , veredarii.] Ce mot se dit en plusieurs ocasions au lieu de cor. (Un cornet de chasse. Un cornet de postillon. Un cornet de berger. Mais f enroué cornet, dont tout Pair retentit , Q, q q 3 n’un. 494 COR T>'un ton aigre mus avertit Que nous sommes proche du gîte. L’Abé Régnier.) CORNET. Instrument de corne ou de métal, servant à ramasser la voix vers l’oreille d’un surdaut. CORNET, f. m. Sorte d’instrument de musique à vent, qui a d’ordinaire sept trous, & qui va en courbant tant soit peu. CORNET. [Pyrgm, fritillum.] Ce mot se dit en parlant de de2. C’est un morceau de corne en forme de petit gobelet rond & délié, dont on se sert pour mettre le dez quand on joue. (II voit sa vie ou sa mort sortir de son cornet. Despr. Jat. 4.) Les cornets furent inventez pour empêcher les coups de main dans le jeu des osselets ; ils étoient faits en forme de petite tour, plus larges en bas qu’en haut. Les Latins les apelloient turris , turricula , or- eu , pyrgits , phymus. Ils n’avoient point de fond , mais ils avoient plusieurs degrez en dedans, quifai- soient sistre aux osselets plusieurs cascades avant que de tomber fur la table. Altérais vìcìbus , quos précipitante rotatu Fundunt excujjiper cara huxa gradus. Auson. Onapelle encore fritillus, ce cornet, à cause du bruit que sont les dez quand on les agite. Le cornet dont on se sert à présent pour le trictrac & pour le jeu des dez, est lepyrgus des Latins. Horace parle d’un Vo- lanerius , qui ne pouvant pas tenir le cornet, parce que la goûte lui avoit ôté Lissage de ses mains, il prit à gage un homme qui remuoit pour lui le cornet tout le jour. Cui postquam jujîa chìragra Contudit articulos , qui prose tôlier et atque Mitteret in phrygum talos, mercede diurnâ Conduclum pavit. CORNET d’écritoire. [Scrtptorium cornu.'] La partie de l’écritoire, où l’on met l’ancre & le coton. CORNET de papier. [Papyraceui cucullm.] Papier roulé en forme de cornet. (Et f ai tout Pelletier Roulé dans mon ofice, En cornet de papier. Despr.) f CORNET à vantoufer. [ Cornea Cucurhita. ] Instrument servant à donner des ventouses. CORNET à bouquin. [ Mupcum Jymphoniacum cornu.] C’est une forte décor. CORNET. C’est l’un des principaux jeux de l’orgue. (II y a le grand & le petit cornet.) CORNET de faiance , cornet de porcelaine , f. m. [Vaj'a jìclilia faventina , vel porcellana , quœ fritìlli fi- guram imitantur.] C’est un vase de faïance ou de porcelaine , qui est fait en forme de cornet à jouer, & dont on se sert pour parer les coins de cabinets, ou ceux des cheminées. (Un beau cornet. Les cornets de porcelaine font chers en comparaison des autres.) CORNET. [Cibi genmpyrgi instar.] Terme de Pâtissier. Pâtisserie faite entre deux fers , & composée de beurre , de sucre & d’autres choses , qui étant cuites se roulent en maniéré de petit cornet; & c’est de là que cette sorte de pâtisserie a pris son nom. (Jouer des cornets, manger des cornets.) H CORNET de pourpre. Sorte de coquillage, ou plutôt de poisson à coquille , dont les teinturiers tirent une teinture très-estimée. On lui donne aussi le nom de Porcelaine. H CORNET d’essais d’or. Terme de Mono'zage. Ce font des petits morceaux d’or apellez Bourons , & très- minces, dont on fait des rouleaux en maniéré de cornet pour en faire fessai par le moïen du feu & de l’eau forte. H CORNET de mât. Terme de Marine. C’est une espèce d’emboitement de planches, vers l’arriére du mât de divers petits bâtimens , qui est néanmoins ouvert du côté de l’arriére , ou s’emboite le pié du mât, qui se baisse du côté qui n’est point fermé, & qui se relève lorsqu’on en a besoin. CORNETIER, f m. ou Refendeur de cornes. [Seclor cornitum.] C’est un artisan qui refend les cornes de beuf tuez , qui les redresse avec des fers chauds & d’autres instrumens , qui les revend aux Peigniers pour en faire des peignes, & aux Patenotriers, pour en faire des chapelets. ( Les Peigniers ont un procez contre les Cornetiers & les Patenotriers , pour les obliger a se faire passer maîtres Peigniers. Le procez COR eltiur le bureau. On croit que l es cornes demeure ront aux Peigniers. ) U 1 -raeiire- CORNETTE , f f. [Capitis tegumentum 1 r n ;r» de toile d ortie , de Rolande , ou de batiste, qu° se lie au dessous de la gorge , & dont se servent òrdin-ï renient les femmes a nuit & lorsqu’elles font i, com modees dans eur déshabillé, ou dans quelque S gris & qui n est pas tout-à-fait régulier ni modeste (Je la trouve en cornette fur son lit avec un desha bille de couleur de rose. Hist. amoureuse de France Attens , discret mûri , que la belle en cornette Le soir ait étaléson teint sur la toilette ’ Despr. fat. 10.) CORNETTE ,s.f. Ornement que les Magistrats nnr tent fur l’epaule à l’Eglise & dans les assemblées. Ces cornettes s’apellent ordinairement àpn-E. Quanta la cornette que les Présidens, les Conseillers portent par la Ville, aux Eglises & aux Assemblées, ce n’est pas une marque de Magistrat, mais de Docteur Ta Roche-Flavin. Coquillart, dans son Monologue du Puys : Etre toujours mignon , fringant, Portant cornette de velours. C’étoit, sans doute , un ornement dont les gens distinguez se servoient. CORNETTE, f f- íEquestris turime vexìllum .] Etendart de cavalerie. Le mot de cornette , en ce sens, ne se dit plus que de la cornette blanche ; car si l’on parle des autres compagnies de cavalerie Frati- qoise, on se servira d’étendart , & l’on dira, l’étendait a été pris, & non pas la cornette a été prise. CORNETTE blanche. Mots consacrez , pour signifier l’étendart du Colonel général des chevaux-légers. Cet etendart est apelle cornette blanche , parce qu’éfè- ctivement il est blanc. Et on dit, en parlant de cet etendart: II n'y a qu'une cornette blanche en France. * CORNETTE blanche. C’est la première compagnie du régiment du Colonel général de la cavalerie légere : c’est aussi tout son régiment & tout le corps des chevaux-légers , & en l’un ou l’autre de ces sens, on dit : (Monsieur un tel sert dans la cornette blanche. La cornette blanche marche. La cornette blanche eji commandée.') * CORNETTE blanche. C’est la charge de la cornette blanche. (On dit: Monsieur le Comte d’Auvergne a eu la cornette blanche de Monsieur de...) (§ La cornette blanche a succédé à la bannière de France, qui étoit semée de fleurs de lys : mais elle est à présent blanche sans aucun ornement. Le blanc a toujours été la couleur des François, pour marquer leur franchise & leur candeur. Guillaume Guiart, qui vivoit sous Philippe le Bel : Eut entre eux tous ses atours Et les grands gens U les menuiis Echarpettes blanches cousues. Et dans un autre endroit : Pour le bannier qui en F ost crie Que tout homme de fa patrie Face tant commant qu’il la tranche, Qu’il soit feignez d’escharpe blanche Pour être au serir connus. Favin, dans son Théâtre d’honneur &de chevalerie , liv. 1. ch. 2. explique ce que c’étoit autrefois que la bannière, le grand étendart, le guidon & la cornette, & à l’égard de celle-ci, il dit : ,, La cornette est de „ même façon que la bannière carrée, mais longue ,, en guise d’estendart coupé de droit fil, & non det- „ Cendant comme fait la bannière. _ II n’y a jamais ,, eu que les Princes souverains qui portassent cor- „ nette, laquelle doit être chargée d’armes, oudevi- „ ses. La cornette est, dans la marine, une enseigne qui distingue les Oficiers & les vaisseaux, elle doit avoir, selon l’Ordonnancc de i68y- quatre fois plus de batant que de guindant; le batant, c’est la longueur qui flotte en l’air; le guindant, c’est la hauteur qui régné le long du bâton : elle doit être fondue pat le milieu de la longueur des deux tiers, & les deux parties finissent en pointe. On ne doit poiter les cornettes que lors qu’il y a cinq vaisteaux fous un même Commandant, & quand plusieurs Chers utt- cadre font joints ensemble, il n’y a que le plus ancien qui puisse arborer la cornette. Quant au terme Cornette , il signifie plusieurs choses dans notre langue. Premièrement, on donne le nom de cornettes a certains COR Óficîers créez par le Roi pour porter la cornette ou étendart, comme dans une compagnie de Chevaux-le- gers, ou de Dragons. Les Mousquetaires ont un Cornette & un Enseigne ; & les Gendarmes ont un Guidon au lieu d’un Cornette. Les Magistrats & les Avocats portent fur l’épaule gauche une cornette d’une étofe noire avec un bord d’hermine ; elle est fort plissée par le haut, & très large en bas, & fur la plis- sure, il y a une espèce de rond ou couronne de la même étofe, qui est suivie d’une piéce de la largeur de trois doigts qui tombe en devant, & l’autre partie en arriére. L’origine de cette cornette est raportée diféremment. Les uns croient que les anciens Docteurs portoient fur la tête une piéce d’étofe dont ils faifoient plusieurs tours & l’atachoientà l’un des cotez par un nœud qui formoit une espèce de cornes ; ce qui donna lieu de nommer cornette cette maniéré de coifure, laquelle étant incommode, on ne la quitta pas entièrement, mais on la plaça fur l’épaule. _ Mr. de Cafeneuve propose un autre sentiment ; il croit (pie Ja cornette, dans le langage du Palais, est un abrégé de coronette ; ce qui peut être soutenu par la circonstance de la petite couronne placée fur la plissure : mais Pas- quierdans ses Recherches, liv. 8- ch. i8- est du sentiment de Du Belay. Le chaperon , fut , (dit-il) un as- feublement ordinaire de tête à nos anciens >• cboje que l’on peut aisément recueillir , tant le mot chapperonner , dont nom usons ordinairement encore aujourd’hui pour bonneter, &c. Or que les anciens ustajj'ent de cbappe- rtms au lieu de bonnets , nom l’aprenons mesmemmt de nos Annales , quand Charles cinquième Au nom , pendant la prison du Roi Jean son père , estant regent fur lu France , à peine put se garantir de la fureur des Fa- rifiens pour un decry de ntonoyes qu’il fit lors faire , fst eut été en très-grand danger de fa personne , sans un cbapperon miparti de pers ffi rouges que Marcel ^, lors Prévost des Marchands lut mit fur la teste , afin que l’on ne Je fajse point acroire qu’il n’y eut que les grands & puijfan s qui portassent le cbapperon , ainsi quecétoit une chose commune à tom , Maître Alain Chartier en donne advertijsement en FHistoire de Charles VIL trait- tant de l’an 1449. où il est dit que le Roi , après avoir repris la vide de Rouen , fit crier que tous hommes grands b petits portajjent la croix blanchefur la Robbe , ou le cbapperon. IIfinit en distant : depuis petit à petit s abolit cette usttnce , prémiérement entre ceux du menu peuple , U successivement entre les plus grands , lesquels par une forme de mieuxséance commencerent de charger petits bonnets ronds , portans lors le cbapperon fur les épaules pour le reprendre toutes £V? quantes fois que bon leur fembleroit , Uc. Et comme toutes choses par traitte U succession de tems tombent en nonchaloir , ainfi c’est du tout lassé la coustume de ce cbapperon , £ç? est seulement demeurée par-devers les gens de Palais ^ est Maistres es Arts qui encor portent leur cbapperon Jur les épaules U leurs bonnets rondsfur leurs testes. * CORNETTE , f. f. [Turina: vexillarìwfj Ce mot est en usage au figuré, & il signifie charge de Cornette ; c’est-à-dire , du troisième oficier de la compagnie. ( Le Roi a donné une cornette à Monsieur tel. 11 a acheté la cornette de la compagnie du Mestre de camp. ) * CORNETTE ,s. f. Ce mot, au figuré, est usité entre les chevaux-légers de la garde du Roi & autres, & il signifie tout le corps des chevaux-légers de la garde. (Ainfi on dit, un tel est à la cornettes c’est-à-dire, un tel est dans le corps des chevaux-légers de la garde, & il n’est point de quartier. IIsert à la cornettes c’est-à-dire , il n’est pas de quartier, & il sert dans le corps des chevaux-légers de la garde. Un tel est allé rejoindre la cornette s c’est-à-dire , qu’il est sorti de quartier, & est allé rejoindre le gros.) * CORNETTE , f. f. [Turma equitmnj Gros de cavalerie , & c’est en ce sens que Monsieur de Vauge- Lk , traduclion de Quinte-Curce , liv. 4. ch. 16. a écrit: Le Roi marchoit à la tête de fa cornette. [Rex ante figna ibat. ] Cette façon de parler de Monsieur de Vaugelas est contestée par que-lques-uns , mais mal ; on prétend qu’en parlant de Colonel général des chevaux- légers , on dira fort bien : II marchoit à la tête de Ja cornette. * CORNETTE, st f. Compagnie de cavalerie, & principalement de cavalerie étrangère. II defit fix mide Hongrois avec quinze cornettes de cavalerie. Sa- razin , conjpiration de Valfiein , in 12. p. 77. II y a ttlìe rse de soulier qui vaut mieux que neuf cornettes COR 49 5 Impériales. Voiture , lettre 66. J’ai consulté ces deux façons de parier à des gens d’épée fort expérimentez, qui d’aboid ont un peu froncé le sourcil & branlé la tête , & qui ensuite m’ont dit ; paJJ'e pour la phrase de Voiture qui n’est dite qu’en riant , mais pour l’expression de Sarazin , serviteur. II seroit bon de prendre un autre tour, & de mettre le mot d’ejcadron à la place de celui de cornette. Si Messieurs les gens d’épée parlent bien ou mal, il ne m’apartient pas d’en juger. Cependant c’est un sinistre préjugé pour le mot de cornette , au sens que je viens de marquer , que de n’être plus dans la bouche des gens de guerre qui se piquent de bien parler. On volt aujourd’hui le Diérionnaire de l’Académie, & cependant on n’y trouve rien de décidé sur ce terme. CORNETTE ,s. f. [Vexidum navales] Ce mot se dit siir mer, il signifie le pavillon du Chef d’Escadre : c’est une sorte de bannière qui est d’ordinaire d’éta- mine , qu’on arbore à la pointe du mât, ou sur le bâton de Barrière , embélie d’armes & de couleurs particulières , pour discerner les oficiers généraux de l’ar- mée navale , & faire la díférence des nations. Quand l’Amiral est en personne à l’armée , il porte lui seul le pavillon quarté blanc au grand mât, & les Chefs d’Escadre portent la cornette blanche au mât d’arti- mon. Voïez les Réglemens de la Marine. CORNETTE , f. m. [ Vexidarius .] Ce mot se dit ea parlant de chevaux-légers, de dragons & de mousquetaires qui se bâtent, tantôt à pié, & tantôt à cheval , c’est le troisième oficier d’une compagnie de chevaux-légers , de dragons & de mousquetaires , qui en l’absence du Lieutenant commande la compagnie, & qui porte ou fait porter l’étendart par tout où la compagnie marche , mais qui dans un jour dé revûè, de montre , ou de combat, le doit porter lui-même. (Le Cornette en un jour de combat est à la cinquième file au premier rang de l’escadron. Le Cornette de la compagnie du Mestre de camp a été tué. Un tel est le Cornette de notre Compagnie.) CORNETTE , f. f. Sorte de fleur sauvage , qui vient parmi les blez meurs , & qui ressemble à la violette. II y a aussi de la cornette cultivée, & cette forte de cornette est simple , double , violette , incarnate , panachée ; en un mot, il y en a de toutes couleurs. CORNETTE. [Apex.] Terme de Fauconnerie. C’est la houpe, ou le tiroir de dessus le chaperon de l’oi- seau. Acad. Franc. CORNICHE, st fi [Corona.] Terme d’Architecture. Assemblage de plusieurs petites moulures , dont les plus hautes font les plus avancées, & les plus basses le font moins, & qui toutes ensemble finissent quelque partie principale. (On dit corniche de pie lestai , corniche d’entablement, corniche de colonne. On dit aussi corniche de cheminée, de buffet, d’ar- moire, &c.) CORNICHE. Petit sabot qui est fait en pointe, qui est de bois, ou de corne, dont les enfans jouent en le fouettant avec des lanières. CORNICHON, f. m. [Cornìculum.] Petite corne. (Ce n’est qu’un cornichon.) CORNICHON. [Abortivm cucumk. ] Terme de Jardinier. On nomme ainsi de petits concombres, la plupart avortez & courbez en façon de corne, lesquels on confit avec du sel & du vinaigre. (On confit des cornichons, & l’on en fait des salades qu’on mange avec plaisir.) CORNIER, adj. [Angulare lignum , angularis tig- norum commìjjùra. ] Terme d' Architecture. Pilastre ou pilier qui est à un angle. Les .Selliers apellent corniers les quatre piliers qui soùtiennent l’impériale d’un carosse.) CORNIE'RE, f. fi. [ Imbricata N angulares complu- viorum cohiquia,] Terme de Charpentier. Canal de tuile ou de plomb , qui est à la jointure de deux pantes de toit & qui en reçoit les eaux. ^ CORNIERES. Terme d’Imprimerie. Ce font quatre Úquerres de fer atachées âux quatre angles de ce qu’on apelle le co Ire dans la presse des Imprimeurs pour y retenir la forme par le moïen de quelques coins de bois. £ CORNIERES, ou alonges de poupe. Ce font les dernières pièces de l’arriere d’un vaisseau , qui forment le haut de la poupe. CQRNOUILLE , fi f. [Cornum.] C’est le fruit dn Cornouider. Les Cornouïiles font rouges & acides & ne font mûres qu’en Septembre, ' COR- 4Y 6 COR CORNOUILLER-. / »'■ Urbre dont le tronc cil fort dur, & les branches pleines de nœuds, & qui porte une sieur blanche & un fruit qui est mûr en Septembre. (Cornouiller maie, cornouiller femelle.) | Les feuilles & les fruits des cornouillers sont altrin- gens ; ils arrêtent le cours de ventre & les hémorragies. CORNU, cornue 1 , adj. [ Cornutm. ] Qui a des cornes. Animal cornu. (Le pauvre homme elt cornu comme un Satire.) H CORNU, fe dit aussi de diverses choses qui ont plusieurs angles , plulieurs pointes. (Un pain tout cornu, une piéce de terre cornue, un jardin cornu.) H CORNU, se dit fig. & bass. d’un mauvais raisonnement, d’une mauvaise raison. (Raisonnement cornu , raison cornue.) $ CORNU Ammonis. Pierre qui a la figure d’une corne de Relier. Elle se trouve en plulieurs lieux d’Aiemagne. Etant prise en poudre , elle est propre pour les aigres. . CORNUe, f. f. [Antpui’a cornuta.) Vaisseau chimique , qui sert pour les distilations des matières qui n’envoïent pas facilement leur vapeur en haut. On apelle aussi ce vaisseau retorse.) COROLAIRE, f »>• [ Summa , summarium , corail anum. ] Proposition qui n’est qu’une suite d’une autre précédente. (Mettre en corolaire. Port-Royal, ílémens de Géométrie.') COROLITIQUE , adj. f. [Intexta srondibw co- ronaj Terme dé Architecture. Colonne corolitique , est celle qui est ornée de feuillages ou de fleurs tournées en ligne spirale à l’entour de son fût. Acad. Frang. CORONAIRE, adj. [Coronarius.] Epithète que les Médecins donnent à deux artères qui prennent leur origine de l’aorte , & qui portent le sang dans la substance d u cœur. CORONAL , coronale , adj. [Coronarius .J Terme à’Anatomie. ( Os coronal ; c’est-à-dire, l’os du front. Suture coronale c’elt-à-dire , suture extérieure du crâne.) Corone se dit aussi de la pointe de l’os. (f CORONATEUR. Le P. Bouhours demande à Meilleurs de l’Acadëmie , fi coronateur dont le Traducteur de S. Jean Climaque s’est servi, doit être reçu. Je fuis persuadé qu’il le condamne sans attendre la décision. í CORONILLA, / m. Petit arbrisseau qui croît en Espagne. Ses fleurs servent à amolir , à refondre, & à chasser les vents. CORPORAL. Voïez Caporal. í§ CORPORAL est l’ancien mot François. On dit encore, Corporat hors de la garde. Depuis ( dit Mr. Ménagé, tome i. obs. 2;;.) on a prononcé & caporal par corruption, & caporal k l’italienne; & c’est comme parlent aujourd’hui les honnêtes gens. CORPORAL , s. m. [ Corporale. J Terme d ‘Eglise. Linge bénit & quarté fur lequel on met le Calice & l’Hoftie. ( Corporal bien fin & bien blanc. Parmi les Latins , avant Saint Silvestre , les corporaux étoient les uns d’étofe, les autres de linge. Les corporaux eouvroient autrefois toute la surface de l’autel. Thiers, des autels.) CORPORALIER , f. m. [Corporalium theca.] Terme d’Eglise. Bourse où l’on met le corporal. CORPOREL, corporelle, adj. [Corporeus , corporatif , corporalis .] Qui regarde le corps , qui est au corps, qui est fur le corps. ( Punition corporelle. Les plaisirs corporels.) CORPORELLEMENT, adv. [ Révéra , reipsa. ] Au corps , fur le corps. (Punir corporellement. ) CORPORIEIER , v. a. [In corpus cogère.) Terme de Chimie. Faire prendre aux esprits le corps qu’ils avoient auparavant, & qu’ils avoient perdus en quittant les sels. Se corporifier, v. r. [Se in corpus cogéré .] Terme de Chimie. Se former un corps ; se faire un corps avec quelque composé. ( L’esptit se corporifie avec les sels , & en adoucit l’acrimonie. La terre fe corporifie avec les sels & avec ies esprits pour la formation des pierres dans la vessie. Char as, pbarmac. i. p. ch. 5- fis 8.) CORPS, f. m. [Corpus.] Chose que l’on concoit étendue, en longent, largeur & profondeur. (Corps dur , liquide, mou , lumineux, transparent, opaque. Avoir un abcès dans le corps. On parle ainsi, lors COR qu’on parle des maux , qui font aux parties extMeu-et du corp s mais lors qu'on parle des parties extérieures'du corps N des défauts qui s’y rencontrent , on emploie la préposition au, ou à. (Ce sont des filles qui n’ontni au corps, ni à l’ame aucun des défauts, dont il elt parle dans les constitutions. Patru , plaid. 16 n v * des gens qui plaisent, quelque défaut qu’ils aient aa corps & a l’esprit. Mr. de la Rochesoucaut, réflexions Le P. Mallebranche ctoit qu’il estimpofsiblédedo n ner aucune démonstration de l’existence des corps, J,-, naud, vraies & fwjjes idées. ’ CORPS a corps , adv. Se batte corps à corps. Vaue Quint. /. Les Bramines croient que [homme ne i'emporte sor les femmes que par la beauté du corps Hijioire des Bramines , 2. part. ch. ii. 1 * Faire corps neuf. Façon de parler vulgaire, pour dire, vuider ce qu’on a dans le corps parles conduits naturels, & le remplir de nouveaux alimens qui sas. sent comme un autre corps. A corps perdu , adv. (Se lancer sor quelcun à corps perdu. Ablancourt. * je te veux découvrir ies maux qui sont a tachez à cette profession , après tu t’y jetteras , íi tu veux , à corps perdu. Abl. Luc. 1 . 1.) A son corps défendant, adv. [ Invité , répugnantes -.] Tuer à son corps défendant. Pujr. I. 4. J * £i| e e ’n prude à son corps défendant; c’est-à-dire, elle est fa- ge parce qu’elle est laide. 0 Cette expression, à son corps défendant, n’est guéres en usage. Régnier à dit dans fa Satire 1 ;. Or ,Jiparfois j’écris, suivant mon ascendant , Je vom jure, encor eji-ce à mon corps défendant. On peut s’en servir dans la conversation, ou dans le stile familier. t Faire folie de son corps. [Copiam suifacere .] Pro. verbe, qui le dit des filles qui se gouvernent mal. t * C’eji un corps fans ame. [" Stupidus , ineptus, ignavus. ] Sorte de proverbe , pour marquer le peu de valeur d’une personne, qu’une personne, bien loin d’être considérable, n’est rien, est malheureuse, & comme ii elle n’étoit point animée. Je fuis à Paris , triste, pauvre reclus, Ainjì qu’un corps Jans ame, ou devenu perclus. Despr. fat. 1.) Un corps mort. [CadaverJ Répondre corps pour corps. [ Spondere .] C’est s’cn- gager entièrement pour un autre. * CORPS. [Ordo , catus.) Compagnie de personnes unies ensemble. Société de plusieurs personnes qui sont réunies sous un même chef. (C’est un Auteur qui n’est pas de notre corps. Pasc. I. Le Parlement lui est allé rendre lés respects en corps.) * CORPS. [Corpus.) Tous les gens d’une certaine prolêiììon , 011 d’un certain metier. (II y a six corps de marchands diférens. ) CORPS. [Prima , postrema , média acies.] Ce mot entre dans plusieurs expressions de guerre. On dit, corps de bataille. C’est la partie de [armée, qui dans là marche est entre l’avant-garde ,& I’arriére- garde. Le Général demeure ordinairement au corps de bataille, d’où il envoie ses ordres où il est besoin par ses Aides de camp , ou ses Majors de brigade. CORPS de réserve. [ Subjìdiaria cohortes .] Ces mots se disent en parlant de bataille, c’est une partie de l’arniée que le Général fait poster derrière ies lignes aux jours de combat, pour secourir les postes les plus foibles. (Le Général fait son corps de réserve de quelques brigades de cavalerie & d’infanterie , qu’il poste derrière les lignes, ou à la queue des lignes.) t CORPS. [ Exercitus, agmen , acies.] Ce mot entre encore dans plusieurs façons de parier qui regardent la guerre. (Exemple. Dans la marche désarmée, la cavalerie lé partage en deux corps; & [infanterie marche au milieu. C’est-à-dire, la cavalerie fe divise en deux gros. Faire un corps d’armee. Rasiem- bler les troupes en un corps d’armée. Ablanc. An. C’est-à-dire, de toutes les troupes qui font dispersées ça & là , en faire un gros qui compose [armée. Le vieux corps. ) CORPS de garde, fm. [Statio.] Cavaliers ou fantassins qui doivent garder un poste, & qui sont fous le commandement d’un ou de plusieurs oficiers. (Poíermi corps de garde. Le Meftre de camp qui entre en garde, doit détacher un corps de garde avancé de 24. maîtres, commandez par un Lieutenant. Caiu, art de la guerre, 1. part. ch. 19.) COR (g Le mot d c corps de garde ne signifie pas feulement le poste, mais encore les troupes qui (ocupent. * CORPS. Ce mot se dit encore figurément de plusieurs choses , soit en termes A'Art ou de Sience. (Exemples. Corps de cornette, corps de soleil, corps de note ; corps de jupe ; vin qui a du corps ; couleur qui a du corps ; étofe qui a du corps , corps de droit civil, corps de droit canon ; ouvrages capables de faire un corps ; corps de discours , corps de logis , corps de cuirasse , corps de navire , corps de caresse , le corps de la place.) CORPS. [ Régit siipatores , corporis custodes. ] Ce mot signifie la personne du Roi. ( Les gardes du Corps. Les Oficiers du Corps. Le caresse du Corps, &c. j- * II l’a enleve comme un corps saint. Ces mots se sont dits par forme de proverbe , & signifient enlever avec violence pour mettre en prison. Ce mot de corps suint , s’est dit par corruption pour coarfin , qui est le nom qu’on a donné aux usuriers & aux banquiers de la Cour de Rome , du tems du Pape Jean XXII. qui étoit de la ville de Cahors en Querci, &c. CORPS. Ce mot entre dans plusieurs façons, de parler de maîtres d’armes. (II dit plier le corps en avant, plier le corps en arriére. Plier le corps fur la jambe droite , plier le corps fur la jambe gauche. Avancer le corps , éfacer son corps. Pancher son corps en avant. Tenir le corps ferme. Partir du corps, baisser le corps. Tenir le corps droit, relever son corps. Caver le corps , volter du corps. Liancourt , maître d’armes , chap. 2. 5. 16. 17.) On dit d’une belle femme fans esprit, que c’estun corps fans ame : d’un homme méchant *& furieux, qu’il a le diable au corps ; d’un homme qui ne s’é- pargne rien, qu’il n’est pas traître à son corps. Acad, Franç. fgs II n’est pas vrai que la beauté du corps soit un préjugé favorable pour la beauté de l’esprit : ce fut une fausse louange qu’Eumene donna a Constantin, quand il lui dit , que la nature prépare elle-même aux grandes âmes des corps dignes d’elles ; car on ne voít que trop souvent des esprits mal faits dans de beaux corps ; & dans des corps défectueux & désagréables , de très-belles âmes, dont on peut dire qu’elles font très-mal logées. í§ CORPS de fer. Les femmes qui n’ont pas la taille droite, portent des corps avec de petites bandes de fer qui tiennent le corps en raison. Des Dames incertaines fi elles iroieín se promener dans un lieu dont l’éloignement faisoit de la peine à plusieurs, une d’entr’elles , que l’on savoit être bossue, quoi- qu’elle cachât parfaitement ce défaut, s’avisa de dire qu’elle étoit infatigable : une autre lui dit, cela vous est bien aisé , vous avez un corps de fer. Menagiana. A CORPS , en termes de Fondeur de caractères d’Imprimerie , se dit & d’un corps entier de caractères , & du corps d’une feule lettre. Un corps de caractères est tout ce qui peut entrer dans la composition d’une forme d’Imprimerie, d’une certaine forte de caractères. Chaque corps comprend ses majuscules, fa lettre courante, son italique, ses lettres doubles , ses lettres à accens, ses points, ses virgules, &c. Le corps d’une lettre signifie seulement cette petite masse de fonte , un peu longue , au bout de laquelle est gravée en relief une lettre , ou quelqu’au- tre caractère , dont on se sert dans 1’impreísion des livres. t CORPULENCE,//. [ Corpulentia. ] Ce mot signifie (étendue , le volume du corps. On dit grosse corpulence & petite corpulence. Nais il se dit plus souvent des personnes qui ont la taille grossière , que de celles qui (ont menue & déliée. (Les gens qui font de grosse corpulence font sujets à plus d’incom- moditez que les autres.) t CORPUSCULE , f m. Terme de Physique. Ce mot vient du Latin corpusculum , qui signifie petit corps ; & il ne se dit que des plus petits qu’on ne peut presque pas apercevoir par la vúë ordinaire, & qu’on ne découvre que par le moïen des microscopes ; encore fuppose-t’on qu’il y a des corps plus petits qu’on apelle proprement corpuscules , & qui font des parties insensibles des autres corps que nous apercevons. ) CORRADOUX, f m. Terme de Marine. C’est (espace enfermé entre les deux ponts des vaisseaux. Mrs. de (Académie écrivent Couradoux. COR 497 CORRECT, carrelle , adj. [ Emendatus , castiga- tus , expurgatm. J Qui est fans faute. Qui est selon les régies de (art. Qui est congru en quelque langue. ( Etre correct en Latin. Dessein correct. Ouvrage correct. Auteur correct.) CORRECTEMENT, adv. f Emendatè. ] Selon les régies. Sans faute. ( Ecrire correctement. Parler correctement.) CORRECTEUR , f. m. f CorreHor. ] Celui qui corrige. CORRECTEUR des comptes, f Regiarum rationum cognìtor. ] Oficier qui vérifie les comtes rendus à la Chambre. CORRECTEUR d’Imprimerie. f Emendutor. ) Celui qui corrige les épreuves de chaque feuille , avant qu’on tire le nombre des bonnes feuilles qu’on doit tirer. CORRECTEUR de Minimes. C’est le Supérieur d’un Couvent de Minimes. CORRECTEUR des classes. C’est parmi les Jésuites un pauvre garçon qui fouette les écoliers par (ordre du Régent Jésuite, ou du Préfet des classes. CORRECTIF , j', m. [ Emendans , molìiens , tetnpe- rans. ] Tout ce qui corrige, qui adoucit, qui rend moins rude. ( User de correctif. Un Orateur ne doit pas emploïer un mot barbare , quoique fort propre & expressif, ni bazarder un mot nouveau fans quelque correctif ou adoucissement. On dit aussi ce mot en Médecine, parlant des drogues qui se corrigent & se tempèrent les unes les autres. L’anis est le correctif du séné , il dissipe les flatuoíìtez que le séné cause, & qui donneroient des tranchées.) CORRECTION , f f. [ CorcHìq , emendatio. ] Prononcez cgrreccion. L’action de corriger , ou par laquelle on corrige. ( La correction des mœurs. Ls correction d’un livre.) CORRECTION , f. f. Chose correcte , propre & bien faite dans la justesse des régies. (11 y en a qui croient que tout consiste dans la correction du dessein.) f CORRECTION de quartier. Terme de Marine. Ce sont les metodes par lesquelles on corrige les r«- > gles de la navigation. CORRECTION. [ Casiigatio. ] Punition. Châtiment (C’est une faute qui mérite correction. Benserctde , rondeaux. II saut mettre le poids d’une vie exemplaire, A ces corrections qu’aux autres on veut faire. Mol.) f CORRECTION , signifie quelquefois le pouvoir de reprendre & de châtier. (Je ne fuis pas fous fa correction. Ce jeune homme a besoin d’être long- tems fous la correction de son pere.) $ Maison de correfíion. C’est un lieu destiné à enfermer par autorité publique les personnes dont la conduite est déréglée. f CORRECTION fraternelle, sAnimadversio.) Avertissement doux & civil qu’on fait à une personne qu’on aime. (II lui a fait une petite correction fraternelle. Tenez les voies de la correction fraternelle.) f Sous-correftion. [ Pace tuâ , bonà venià. ] Sauf le respect. (Vous en avez menti fous-correction de Monsieur & de Mademoiselle. Ces mots de sauf ou sow-correflion se disent par civilité ou par respect, pour corriger & pour adoucir ce qu’on a dit de trop fort, de trop libre, ou qui pouroit ofenser quelcun. Toutefois ils ne font plus si u litez qu’ils (étoient, & on leur donne aujourd’hui un tour plus poli. On dira, par exemple. Sans 1e rejfelî que je doit à Mr. ou à la compagnie , je dirois , ou je feroit telle ou telle chose.) CORRECTION , s. f. Terme de Rhéteur , & qui vient du Latin correBio. C’est une figure de Rétori- que , par laquelle on condamne ses prémiéres express fions, & on les corrige comme trop foibles. ( La correction augmente & amplifie le discours. La correction est touchante & pathétique, quand elle est bien faite. Hon, cruel , tu n'es point le fils d’une Déesse, Tu fucus , en naissant , le lait d’une tigresse.) f CORRECTRICE , / /. [ Emendatrix.'] Mot Latin, Celle qui corrige. CORRELATIF, IVE , adj. IQuodsihi resiondet, correlativm. ] Qui est opose (un à (autre avec quelque relation. ( Le père & le fils fout deux corrélatifs.) Totn. I. R r r * COR- 498 COR * CORRELATION, / / Ce terme n’a d’usage que dans le dogmatique. Les termes de pere & de tris emportent corrélation. Acad. Fr- CORRESPONDANCE , s-s- ÍMutuanegotio- rum ratio , consnsio. ] Commerce réciproque de deux -qu de plusieurs personnes qui font éloignées, ou dans des païs diférens. ( Avoir de particulières correspondances dans les pais étrangers.) è CORRESPONDANCE , signifie aussi, conformité entre deux personnes pour certaines choses. Correspondance de sentimens , correspondance d’humeurs. II a trouvé dans moi une parfaite correspondance a ses bonnes intentions. H CORRESPONDANCE , se dit aussi généralement des diférentes relations , des diférentes liaisons que des personnes ont ensemble. t CORRESPONDANCE , se dit quelquefois des personnes mêmes avec lesquelles on entretient commerce de lettres. Ma correspondance m’a apris , nies correspondances m’écrivent la même chose de divers endroits. H CORRESPONDANCE. On dit en terme de Guerre, former une ligne de communication & de correspondance. Lorsqu’un Général doit garder divers passages pour empêcher l’ennemi de pénétrer , il doit s’éta- jblir dans un poste qui soit comme un centre fixe, d’où il puisse soutenir tous les autres, & bien former L ligne de communication & de correspondance. jP olybe de Folard. CORRESPONDANT , s. m. [ Absentis negotiorwn frocurator .3 Celui avec qui on a correspondance. ( Un fidèle correspondant. Un bon correspondant.) CORRESPONDRE , v. n. II vient du Latin corre- Jpendere, & il retient If, qu’il a prise des Latins , & même il la soit sentir dans tous ses tems, & dans les mots qui précédent correjpondance & corr ejpondant. II signifie répondre aux soins & à la peine q don prend pour nous. Répondre aux sentimens de bonté, d’a- mitié ou d’amour qu’on a en notre faveur. ( 11 ne correspond pas aux foins qu’on prend de son éducation. Elle correspond fort aux sentimens de bonté que son père à pour elle.) t CORRESPONDRE, v. ». [Terminari.] Ce mot se dit aussi des choses qui sont placées vis-à-vis les unes des autres, ou qui ont communication les unes avec les autres. ( Ces portes se correspondent. Ces allées se correspondent. Ces deux maisons se correspondent par une voûte soûterraine.) [ Se imiicem projpec- tare. J CORRIDOR, f- m- [ Apertum iter ex altéra farte in altérant domûs. ] Terme à’Arcbitechtre. Sorte de galerie qui tourne autour d’un bâtiment. CORRIDOR. [ Imminens fosse porticus. J Terme de Fortification. C'est le chemin couvert. CORRIGER, ». a. [ Corrigere , emendare.J Rendre correct. Oter les fautes. ) Corriger un ouvrage. Corriger un livre , &c.) CORRIGER, f Reprebendere , arguer e, erudire , cor- ripere , plefiere , cajìigare. ) Défaire une personne de quelque défaut, l’en reprendre, l’en corriger , la châtier. ( On Ta corrigé de mille fautes désagréables qu’il se soit plus.) Celui qui corrige, montre la maniéré de recti- f ér le défaut. Celui qui reprend , ne soit qu’indi- quer la soute. Peu de gens savent corriger, & beaucoup se mêlent de reprendre. L’Auteur de la justesse. CORRIGER. [ Temperare. 3 Diminuer. Tempérer. Empêcher quelque éfet. ( Corriger la froideur des tamarins avec de la canelle. II peut corriger l’infiuen- •e des astres malins. Dejjjr. satire r.) * Se corriger , v. r. s Ad bonatn frugem se recipere , in melim mutarì. ] S’amender , devenir meilleur. Faire quelque progrès dans la vertu. Se défaire de quelque défaut. _ ( Se corriger de quelque vice. Ab!. Luc. t. i. Celui qui fe corrige en voïant les fautes d’autrui,ne peut manquer de devenir honnête homme.) $ CORRIGER son plaidoyer. C'est prov. & fig. changer de langage, parler avec plus de circonspection, rétracter ou expliquer ce qu’on a dit témérairement ou faussement. ( On lui a fait corriger son plaidoïer.) t CORRIGIBLE , adj. [ Qui , vel quod emendari, corrigi potejìf] Mot Latin. Dites plûtôt. Qui se peut corriger , qui est aisé à corriger. t. CORRlVAL , s m. [Rìvalit , amuhu.~\ Ce mot signifie un concurrent en amour, un compétiteur COR «n toute sorte de poursuite ; mais il efthorí d’uG... en fa place on dit, rival, Vaup. rem. 6 ’ ÇORROBORATIF , IVE. adj. I Corroborai 1 Qui donne ou augmente les forces. ( Cet homme pour rétablir fa santé, a besoin de bons corrobora! tirs. Potion corroborative.) t CORROBORER , v. a. [ Corroborare, ] Ter. me de Médecin. 11 signifie fortifier. 11s disent aussi un remède corroboratis. [Remedium corroborons 1 C’est-à-dire, qui fortifie. ' J , CORRODER ,».«.[ Corrodera. ] Ronger petit a petit, il se dit de la vermine à l’égard des grains. On le dit aussi des acides à l’égard des autres corps naturels. ( Les vers corrodent les blez ; l’eau fort» cortode les métaux & les ronge.) CORROI,/ m. [Extrema corii polìtio , politu- ra. J La dernière préparation qu’on donne au cuir. , CORROI , f m. [ Argitla benèjubaiïa.~\ Terre glaise bien batuë & paierie , qui retient seau , & dont on enduit les badins des fontaines, dont on fait des ba- tardeaux & des chaussées d’étang. (3 CORROI. Ancien mot , qui signifie l’ordre de bataille. Guillaume Guiart, cité par Mr. Du Lange, dans son Difíionnaire fur ViUehardoùin. Tot font en corrois divisez Des Reammes £sf de l'Empire. Les Auteurs de la basse Latinité ont dit corrtdim. Voïez Spelman. $ CORROI. On apelle ainsi en Picardie un rou. leau , ou efpeçe de métier, sor lequel on roule les étofes de laine , lorsqu’elles viennent de la teinture, & qu’elles sont sèches. On apelle aussi Corroil’Ou- vrier qui donne cette faqon. CORROIER , conroier , v. a. [ Corium subigere, polire. ] Terme de Corroieur. On ne dit plus à pré- sent que corróier , quoiqu’on prononce corréié. C’est travailler le cuir qu’on a pris des mains du Tanneur, & le mettre en état de servir. ( Corroïer un cuir.) 11 ensemble que Messieurs de l’Académie sont pour conroier , puis-qu’ils l’écrivent ainsi selon l’ordre alphabétique ; quoi-qu’ils remarquent que plusieurs prononcent corróier. CORROÏER. [ Ferrunt calens tundere. ) Terme de Serrurier & de Coutelier. Joindre deux morceaux de fer ensemble étant fort chauds & prêts à fondre. Joindre plusieurs morceaux d’acier fort chauds, &n’en faire qu’un. CORROÏER. [ Polire , lavigare. ] Terme de Menai- fer. Oter la superficie du bois par feiiiiles qu’on enlève en le rabotant. ( Corroïer du bois.) CORROÏER. [ Arenà calcem mij'cere. ] Terme de Maçon. Mêler bien le fable & la chaux ensemble. (Corroïer le mortier.) CORROÏEUR , conróieur , f m. [ Coriarìus.~] On ne dit plus que corroieur , l’autre est hors d’usage. Prononcez coréieu. Artisan qui prend les cuirs du Tanneur, qui les foule , les travaille , & leur donne toutes les façons nécessaires pour être en état de servit aux Cordonniers. CORROïEUSE , f f. f Coriarii uxor. ] Femme de Corroieur. Veuve de Corroieur qui fait travailler. CORROMPRE , v. a. [ Corrumfere , ultime, depravare. J Je corromps , j’ai corrompu , je corrompis , je corromprai. Gâter. Dépraver, llendre méchant. Débaucher. Violer. ( Corrompre les mœurs. Pose. L ç. Les hommes sont tellement corrompus, que ne pouvant les soire venir à nous , il faut bien que nous allions à eux. Pose. I. 6. Corrompre une fille. ) * CORROMPRE. [ Corrumpere pretio. ] Obliger quelcun à force d’argent, ou lòus de grandes promesses à soire quelque mal. ( Corrompre ses Juges. Pas- * CORROMPRE. [ Pretio fidem alicujm labefafían] Gagner à foi. Gagner à son parti. A tiret en fa faveur. ( Sa beauté a corrompu ses Juges, & ils l’ont renvoiee absoute.) * CORROMPRE. [ Immutare , adulterare. j Ce mot se dit en parlant de passages de quelque livre, « “■ gnifie, altérer, tronquer, changer. (II y a à" dan l’Auteur, mais l’endroit est corrompu. Abl. apoff- Corrompre fa Lei du Seigneur. Pas. L í- " COR que la crainte & la flaterie qui corrompent la vérité de l’Histoire. Bu Ryer, suplément de Qtúnte-Curce, l, i. cb. x.) * CORROMPRE. Terme de Corrtíieur. Faire venir le grain à un cuir de vache, par le moïen de la po- meile. (Corrompre la vache.) Se corrompre, v. r. [Corrumpi, vìtìari.] Se gâter. Ne se pas garder. La viande se corrompt Tété. Bois qui est sujet à se corrompre.) Se corrompre. [Polluere se .] Se souiller. Se faire tomber en pollution. (II s’est acufé de s’être corrompu deux fois.) CORROMPU, uë. [Corruptus , dépravants, aâulteratus. ] part. paf'. adj. Un mot corrompu par l’usage. Un siécle corrompu & dépravé. (Une chair corrompue & pourrie.) CORROSIF, corrosive, adj. [Rôdeur.] Qui ronge. Qui mange. (Ulcère corrosif. Humeur corrosive. Esprit corrosif.) f CORROSIF, est aussi subst. On a mis un cor-, rosis sur cette plaie. Les corrosifs font quelquefois nécessaires. CORROSION, s.s. [ Corroso.] Ce mot tiré du Latin se prononce corrozion. II peut lignifier Faction de ce qui ronge ; mais les Médecins l’emploient aussi pour signifier Fétat des choses rongées. (On vit en ouvrant le corps les marques du poison, par la corrosion des parties ; c’est-à-dire, volant que les parties avalent été rongées.) CORRUPTEUR , s m. [Corruptor.] Celui qui corrompt, qui débauche, qui viole , qui altéré. (Ce font des corrupteurs de la jeunesse. C’est un insigne corrupteur de FEcriture. Maucroix, schisme, L 2 . CORRUPTIBLE, adj. [Corruptioni obnoxim.] Qui peut être corrompu. (Chose corruptible.) £ CORRUPTIBLE , signifie aussi fig. Celui qui peut se laisser corrompre pour faire quelque chose contre son devoir. Cet homme est très-corruptible. Ce terme à plus d'usage avec la négative. CORRUPTIBILITE', s. f. [ Corruptio.] C’est la qualité d’une chose corruptible. CORRUPTION , s f- [Corrutìo.] Changement qui se fait dans une chose qui se corrompt & s’altére. L’action par laquelle ce changement í'e fait. (La corruption des humeurs. La cangréne est la corruption des chairs.) CORRUPTION. (Putredo , feetor.] Ordure , puanteur, choses corrompues. (On a cru autrefois que les insectes s’engendroient de corruption. La corruption de ce cloaque infecte tout le voisinage.) * CORRUPTION , s. f. [Morum corruptio, pravi- tas, corruptì, depravati mores.] Etat corrompu, dérèglement. (La corruption de la nature. Pajc. L 2 . Le monde est dans une étrange corruption. Arn. La corruption des mœurs, de la doctrine, du langage de Justice.) CORRUPTION , f. f. [ 'Corruptio, corruptela.] Signifie aussi séduction, artifice pour gagner , ou pour acheter la voix ou l’afection de quelcun. -p CORRUPTION, se dit aussi des changemens vicieux qui se trouvent dans un livre. (11 y a corruption dans ce passage.) CORS , f m. [Cervi cor,m , ramuli.] Terme de Chase. La cbevillure de la tête n’un cerf. (Un cerf de dix cors, c’est un cerf de moïen âge.) CORS-AU-PIE', s M- [Clavus, gemursa.] Sorte de durillon, ou de calus, qui se forme fur les doigts des piés, & à côté du petit doigt du pié. (Couper un cors. Arracher un cors.) t CORSAGE , s m. [Corporatura , satura.] Ce mot signifie le port d’une personne, la taille d’une personne ; mais il est un peu vieux, & n’a proprement lieu que dans le burlesque. (Rien n’est si droit que son corsage. Voit. Pois.] CORSAIRE , s m. [Pirata, prœdo maritimus.] Pirate. Ecumeur de mer. (Barberousse étoit un fameux corsaire. Ablancourt, Mar .) £ CORSAIRE , est aussi adj. lorsqu’on parle du vaisseau que monte un corsaire. (Deux vaisseaux corsaires nous attaquèrent dans notre route.) * CORSAIRE. [Durm, improbus nequam, immiseri- coít.] Scélérat, P,léchant. (Endurci-toi le cœur, fois arabe, corsaire.) Desr. satire g.) * CORSAIRE. [Improbm , detrafíor , maledìcm.] Malin. Satirique. Méditant. Méchant. COR 499 ( Corsaires à Corsaires, Vun Poutre s’dtaquans ne font pas leurs afaires. Regn. fat. 22.) CORSELET , f m. [ Levis lorica.] Cuirasse pour un piquier. ( Un corselet à F épreuve. Les matelots étoient armez de corselets. Vaug. Quint. I. 7. ch. 9.) CORSET , J. m. Tunica thorax. J Corps de jupe de païsanne. ( Elle a mis son beau corset.) í CORSET. C’est aussi un petit corps ordinairement de toile piquée & fans baleine , que les Dames mettent dans leur déshabillé. CORTF/GE , f. m. [ Honorificus combattis. ] Ce mot se dit proprement de la suite de quelque Grand d’Italie, & abusivement pour le train & la suite de quelque Grand. ( L’Ambassadeur étoit acompagna d’1111 grand cortège quand il fit son entrée. 11 y avoit trente caresses à ce cortège. Ils disaient , voïant ce cortège, Foin de F Ambassadeur de nége. Benserade.) f CORTUBA , s.s. Plante astringente & vulnéraire , qui pousse de sa racine des feuilles larges & rondes , attachées à de longues queues. t CORU, s m. Arbre des Indes Orientales, dont la figure & .les feuilles ressemblent à celles de Foran- ger. Les fleurs font jaunes, & presque sans odeur. Son écorce est propre pour fortifier Festomach, pour arrêter le vomissement , le cours de ventre, la dit senterie & l’hemoragie. í CORVE E , cmraée , s s. [ Opus tribut arîum.] L’un & l’autre se dit , mais le mot d’uíàge c’eit corvée , Fautre est presque généralement condanné. Ce sont des charges personnelles qui obligent les roturiers à donner leurs peines & leur tems fans en tirer aucun fruit. ( Les corvées sont des servitudes qui 0feule n t la liberté publique, & marquent les violences des Seigneurs fur leurs sujets. Le Maìt. plaid. 2 o. p. 540. Les corvées sont des charges aufquelies ne font pas sujets les Gentilhommes. Le Maìt. plaid. 20. Faire une petite ou une grande corvée.) f§ Les corvées font de tristes restes de i’opreffioíx des Seigneurs & de leur tirannie. Sous la première & sous la seconde race de nos Rois, ils imitèrent la sévérité que les patrons exerçaient à Rome fur leurs afranchis, de qui ils exigeoîent des services très-pé- nibles, non feulement de leurs personnes, mais encore des bêtes capables de cultiver la terre , ou de faire des charrois. II y a en éfet, plusieurs Loîx dans le titre du Digeste & du Code de operk libertor. que l’on peut apliquer à nos corvées. Ainsi , suivant la Loi 2. le patron ne pouvoit point exiger de service de son afranchï, s’il n’en avoit fait une réserve expresse. De même, il faut avoir un titre précis, pour pouvoir contraindre les justiciables à faire des corvées pour leur Seigneur. C’est la disposition expresse de la Coutume de Paris , art. 71. & de plusieurs autres. Si l’on avoit manqué d’exprimer dans l’acte de manumiffîon le service que Fafranchi devoit rendre , il en étoit quitte , quoique pendant plusieurs années il eût travaillé pour son maître, à certaines œuvres. L. ii.ff. de oper. libers. C’est de même une régie parmi nous, que l’on ne peut aquerir le droit de corvées par prescription , parce qu’elles font toûjours présumées faites par crainte ou par violence. Nous votons encore des reconnoissances où les corvées ne sont point limitées , & les tenanciers font corvéables à miséricorde : mais les Cours supérieures ont acoûtumé de les réduire à douze par année. Loisel, insit. liv. 6 . tït. 6. art. 6 . Les nobles font exempts de corvées personnelles. Le Seigneur dont les corvées sont réglées à douze par année , n’en peut exiger que trois dans un mois, & méme en diverses semaines. Les corvéables doivent être avertis un jour auparavant ; & s’ils manquent au service après avoir été avertis , ils doivent païer ce que ia Coûtume a réglé , ou selon le prix ordinaire , pour la journée d’un homme , ou pour le charroi, & la culture de la terre. Les corvées doivent être faites aux dépens de ceux qui les doivent, s- non que P on détient les débiteurs d’icelles pour le lendemain , auquel cas on les doit gîter U nourir. Loisel insit. cnûtum. * C'ORVE'E, s. f. [Operosus laibor.] Au figuré, ì! veut dire, peine inutile, travail vain. (j’ai du déplaisir Tom. L R r r % de 500 COS de la corvée qu’il vous a fait faire. Balzac , lettres choisies , r. part. f. lettre 4. Je vous exemterai dune corvée. Cosi.lettr. t. 1. let. Vous m’avez oblige de me relever d’une si fâcheuse corvée. Maìt. let. c. 19. Je vous donne de grandes corvées , mais quiconque m’aime ne les fauroit éviter. Maìt. à 21;.) 4 CORVETTE ; voyez COUVETTE. 4 CORYDALIS , f- m. Plante dont on fait usage dans la Médecine , & qui a la vertu de fortifier le cerveau. COS ou COSSE , f. m. Terme de Relations. C’est une mesure de chemin dont on fe sert par toutes les Indes , qui vaut une demi-lieuë de France. COSAQUES, st m- f Cosaci.-} C’est une milice qui a été établie par le Roi Etienne Battori en Pologne. C’étoit auparavant des Volontaires de Russie , Volhi- nie , Podolie , qui s’atroupóient pour butiner fur la mer noire. Ce Roi les assembla, & leur donna des privilèges pareils à ceux des Francs-Archers que le Roi Charles institua en 1449. Ce nom vient de Uo/ìe, qui en Polonois veut dire chef, à cause de l’agilité qu’ont ces peuples d’aller dans des lieux de dificile accès. f COSCOMA, st M- Arbre du Monomotapa, dont le fruit ressemble aux pommes d’amour ; c’est un violent purgatif. CQSEIGNEUR , s- M. [ Communis dominus ejm- dem pradii. ] Ce mot ne sc dit qu’en parlant des fiels, & signifie celui qui est Seigneur avec un autre. COSMETIQUE- Nom que les Médecins donnent à des remèdes qui fervent à embélir le visage, & à entretenir le teint frais. f COSMIQUE, adj. Terme $ Astronomie. Le lever ou le coucher cosmique d’un astre, c’estlorfqu’il sc leve ou sc couche en même tems que le soleil. COSMOGRAPHE , s r,i. f Cosmograpbw. ] Celui qui fait la Cosmographie. (Un savant Cosmographe.) COSMOGRAPHIE , s. f. [ Cosmographia. ] Science qui traite de la situation , de la grandeur, de la figure & des propriétez du monde visible. (La Cosmographie est fort utile.) COSMOGRAPHIQUE , adj. m. & f [ Cosmographi - cus. ] Qui apartient à la cosmographie. ( Carte cof- mographique.) 4 COSSA- Efpece de graine de navette, un peu plus grolfe que la navette ordinaire. On en tire une huille , bonne à brûler. COSSE , f f. [ Siliqua.'] Couverture de légume. ( Cosse de fèves, de pois, de lentilles , &c. Petite ou grosse cosse. Cosse dure ou tendre. Les fèves ressemblent aux parties naturelles ; ce qu’on remarquera íì l’on en prend une verte & qu’on lui ôte la cosse. Abl. Luc. t. 1. Philosophe à l’encan. La plupart des femmes qui vendent des pois & des fèves , disent écosse , mais elles disent mal. Les gens qui parlent bien , disent toûjours des pois fans cosse , & non pas sans écosse. f COSSE. Terme de Parcheminier. Le parchemin en cosse , ou en croûte , n’est autre choie que du parchemin , qui n’a point encore été raturé fur le sommier, & qui est tel qu’il est sorti de la main du Mégissier. t COSSE. Efpece de fruit, qui se trouve en quelques lieux des côtes de Guinée. Ce fruit est de la figure d’un maron d’Inde, & a même un peu de son amertume. CQSSIN. Voïez COUSSIN. COSSER , v. n. [ Coniscare. J ou st casser , v. r. Ces mots se disent des béliers qui heurtent de la tête les 11ns contre les autres. ( Ces béliers cossent ou se cassent d’abord qu’ils font sortis de la bergerie.) GOSSON , s. m. [ Curculio. J Charenson. Vei qui gâtent les blez. COSSUuë , adj. [ Pisa dura denstequcjiliquœ. Ce mot se dit des pois qui ont de grosses cosses. COS I IE'RE , s. f. [ Acdivis U apricití pulvim hortensts Jean murum. ] Terme de Jardinier. O prononce IV, terre large de six à sept pies, le Ion des murs bien exposez , pour y semer ou planter c qui craint le froid, comme laitues, pois, cerfeuil Sa f COSTIERE ,J\f. Suite des côtes de lamer/cro COT fer fur une costiere. On apelle Pilote Costkr, un Pilote qui a la _ connaissance , la pratique d’une côte! L’Académie dit qu’il faut prononcer \s. í COSTUS ARABICUS. C’est la racine d’un arbre semblable au sureau, qui croît en Arabie. Cette ra- ci ne entre dans la composition de la tériaque. 4 COSTUS Indu-us. C’est. un des noms qu’on donne à la canéle blanche. COTAU. Voïez COTEAU. COTE , st /. II vient du Latin costa. Os qui a la figure d’un arc , Si qui est au côté du corps. (11 y a d’ordinaire douze côtes de chaque côté. Rompre les côtes s c’est batre à grands coups de bâton fur les cô- tez. On dit d’un animal maigre , qu’on lui compte, roi t les côtes.) 4 Serrer les côtes à quelcun. C’est fig. & prov. le presser vivement & le poursuivre avec chaleur pour l’obliger à faire quelque chose. t/ COTE. [ Gens , Jìirps, gemts. ] Ce mot, au k. gure , est ordinairement burlesque , & signifie race. (Elle croit venir de la côte de Saint Louis. Putru. Nous sommes tous venus de la côte d’Adam.) f * CÔTE. Ce mot est encore pris au figuré d’une maniéré nouvelle & plaisante. ( II croit que Dieu d’une côte nouvelle, A tiré pour lui seul une femme fidèle. Despr. Jat. Z.) CÔTE. [ Ora , liltui.J Rivage dc la Mer. On apelle ainsi le rivage de la mer, parcequ’il est le plus souvent en côte. (Raser la côte de la mer. Abl. II lui donna le gouvernement de toute la côte de la mer. Quint. Curcc , /. 2. chap. F.) 4 On dit aussi alonger la côte , ranger la côte, donner à la côte , aler ou fe perdre à la côte. On apelle. côtes, ou membres de marine, les pièces d’un vaisseau qui font jointes à la quille , & qui montent jusques au platbord. Garde-côte. f Hommes, vel naves lïtîorum, orarum custodes. J Ce mot se dit des personnes qui ont charge de garder les côtes de la mer contre les courses des Pirates, & il se dit aussi des vaisseaux & des galères dont on fe sert à cet éfet. CÔTE. ICollis. ] Coline. (La place est située fur une côte.) Bâtir à demi côte. f Aides in declivi cogjiruere. ] C’est-à-dire , bâtir fur le panchant d’une montagne. f CÔTE. [ Commiffts lateribus viam mire , ex aquo incidere. ] Se dit de deux personnes quj marchent dans un rang égal. ( Deux Conseillers marchent côte à côte. Je révois cette nuit que de mal consumé, Côte à côte d’un pauvre on m’avoit inhumé. Battis.) CÔTE. [ Stamina. ] En botanique, fe dit des arêtes relevées, qui font fur le dos des feuilles. CÔTE de melon. [ Costa.J Morceau de melon en forme de côte. CÔTE de luth. Piéce du corps du luth. CÔTE rouge. Sotte de bon fromage. H CÔTE blanche. Autre forte de fromage de Hollande. 4 CÔTE de foie. Soie de médiocre qualité , qu’on nomme communément du Capiton, ou du fleuret. 4 CÔTE. Ternie de Vanter. On apelie côtes d’un panier, d’une botte , &c. les nervures qui font formées parl’entrelassement des menus osiers, autour des osiers plus forts , qui en font comme la carcasse. COTE', st m. [ Lattis. ] Partie droite ou gauche du corps. (II est blessé au côté.) 4 On dit d’un homme qui est si blessé ou si malade qu’il ne peut sc remuer qu’avec peine , qu’il st fur le côté. 4 Jetter quelcun fur le côté , c’est le renverser par terre mort, ou bien blessé. 4 On dit fig. d’un homme dont les a faites sont en méchant état, ou d’un courtisan qui commence à perdre sa faveur , cet homme est sur le côté , ce courtisan est sur le côté. CÔTE'. [ Genus , stirps, gents Race. Origine. (Du côté de fa mere, il est de bonne maison.) U st côté gauche, c’est-à-dire, il est bâtard. _ * CÔTE'. [ Lochs pars.] Endroit. Partie. Lieu. Râlez pas de ce còté-là. O11 entre de tous les côtez. Du côte du Midi. Les côtez d’un vaisseau. Les doux côtez COT citez de Peau. Les citez d’unc étofe , Fendroit 3t Fenvers. Des deux cotez. D’un côté on voit la rivière , & de l’autre côté la montagne.) * CÔTE'. [ Pars. ] Ce mot, au figuré, a plusieurs sens. (Exemple. Eve de son côté ne lui fut pas cruelle. Sar. Pois. On la décrie du côté de la tendresse. Voit. L 88- Chacun regarde les choses du côté qui le touche. Mol. Avoir leí gens de son côté. Pasc. I. 7. ff Benserade s’étoit aquis de la réputation par les vers qu’il faisoit pour les halets du Roi : mais il n’y faut pas chercher de Pexactitude dans la versification ; par exemple, il dit pour Madame la Princesse de Conti représentant Uranie : Les aflres dam leur carrière Me le cèdent du coflé De la nette pureté, Et de la vive lumière. On peut juger du reste de ses halets par ces quatre vers. £ Mettre quelque chose du côté de l’épée. C’est fig. mettre à couvert quelque somme de quelque maniéré qu’on Fait gagnée. H Mettre une bouteille sur le côté. C’est fig. la vui- der. £ Mettre un vaijseau sur le côté. C’est le coucher pour le carener, le radouber, &c. On dit qu’un vaisseau est sur le côté , lorsqu’il est renversé sur le sable, échoué. A CÔTE', adv. [Adlattff.j] Côté à côté. (Aller à côté de quelcun.) * A CÔTE'. A l’égal. ( César étoit trop impérieux pour soufrir quelcun à côté de lui. A CÔTE'. Préposition. [Propé , propter.2 Auprès. (A côté de l’Eglise.) * DE CÔTE', adv. C Obliqué. ] De biais. ( Aller de côté. Pendre dé côté. Regarder de côté.) Porter un cheval de côté. . [ Obliqué equutn agere. ] Terme de -Manège. C’est le faire marcher fur deux pistes , dont l’une est marquée par les épaules , & l’autre par les hanches. COTE , ou cotte , s.s. [Tunica.'J Ce mot signifie jupe , mais il ne se dit que dans le burlesque ; en sa place , on se sert de jupe. f Donner la cote verte. C’est-à-dire, baiser quelque fille ou femme sur l’herbe. COTE d’armes. [ Sagum. ] Sorte de casaque que les grands Seigneurs & les Chevaliers portoient fur leur cuirasse. ( Le Roi Jean étoit remarquable par fa cote d’armes semée de fleurs de lis d’or. L’Abé de Choij'y , vie du Roi , Jean, l. 1. ch. 2 .) f COTE de maille. [ Lorica hamis conjìta. ] Sorte de cuirasse Faite de mailles. £ COTE-MORTE. C’est parmi certains Religieux non réformez, l’argent, les meubles & la dépouille d’un Religieux après fa mort. La cote-morte des moines apartient à l’Abé. ' COTE-PART. [ Exaflio capitum. ] Ce mot vient du Latin quota. 11 signifie portion. ( Païer sa cote-part. On dit quelquefois le seul mot cote ; pour dire , la portion à laquelle on a été cotisé : chacun a païé sa cote : la plus haute cote est de trente livres.) f * Faire une cote mal taillée. [ Pafhonem arbitra- rsam , vel cum suo damno agere. ] On se sert de ces mots, pour dire , régler une chose incertaine à une certaine , sans entrer dans la discution desparticula- ritez de l’afaire dont il s’agit. COTE. [Superscripta littera. ] Terme de Pratique. Lettre qui sert de marque. (Cela est produit sous la cote a.) COTEAU , cotau , s. m. [ CoIIk , divin. ] Petite coline. Ceux qui savent la langue , écrivent coteau, & pensent, contre l’Auteur des observations , que coteau rime bien avec marteau. Despreaux , satire 5. a écrit : Qui se dit prosez en l’ordre des coteaux , a fait, en bien mangeant , l'éloge des morceaux. Si morceau rime avec coteau , à plus forte raison, marteau avec coteau. COTEAUX. Société de débauchez délicats qui ne vonloient du vin que d’un certain coteau. C’est de ceux-là dont parle Mr. Despreaux : & la Bruïére dit qu’il y a des Grands qui se laissent apauvrir & maîtriser par des Intendans , & qui se contentent d’étre gourmets ou coteaux. C§ A propos de coteaux & des vers de Mr. D est préaux, le P. Bouhours a remarqué dans son quatrième COT 501 dialogue de son Art de penser , qu’on ne doit pas imputer aux Anciens l’obscurité dans quelques endroits de leurs ouvrages , où ils font souvent allusion à des choses dont la mémoire ne s’est pas conservée, & qui nous font inconnues. ,, Ce n’est pas leur faute, ,, dìt-il , si nous ne les entendons pas , & les Com- „ mentateurs leur font dire ce qu’il leur plaît. Je ne ,, sçai, ajoûte-t’il, si la comparaison est tout-à-fait ju- „ fie ; mais je sçai bien qu’une partie de ce que nous ,, écrivons aujourd’hui, aura le fort des ouvrages de ,, l’antiquité, & je ne puis m’ôter de l’elprit, qu’on „ n’entendra pas Fauteur des satires dans la descrip- „ tion de son festin : Sur tout, certain hâbleur à la gueule affamée Qui vient à ce feftin , conduit par la fumée Et qui Je dit prosez dans l’ordre des coteaux , A fait, en bien mangeant , l’éloge des morceaux. „ Je me suis même mis en tête que les Commenta- ,, teurs se tourmenteront pour expliquer ce prosez ,, dam l’ordre des coteaux , & qu’on poura bien les ,, corriger, en lisant prosez, dans l’ordre de Ciseaux, ,, par la raison que l’ordre des coteaux ne se trouve ,, point dans l’Histoire éclésiastique , & que les gens ,, de ce tems-là ne sçauront pas que cet ordre n’étoit ,, qu’une société de fins débauchez , qui vouloient „ que le vin qu’ils bûvoient, fût d’un certain co- „ teau, & qu’on les apelloit pour cela, des coteaux. Les Commentaires de Mr. Brossette fur les satires de Air. Despreaux, & ies Dictionnaires de notre langue, aprendront a la postérité , ce que l’on entendoit, il y a quelque tems , par Yordre des coteaux. COTELETTE , f f ÍCosa .] Petite côte de porc ou de mouton , qu’on met d’ordinaire fur le gril. ( Côtelette bonne , tendre.) COTER. [ Superjcribere , inscribereé] Terme de Gens de Finance. Mettre en deux mots fur le dos d’un écrit ce qui est contenu dans cet écrit. ( Coter les pièces.) COTER. [ Scrìptoris verba afferre , proferrej Alé- guer , citer. (II a côté le chapitre.) COTERET , f m. [ Ligni fasciculw brevior,] Sorte de petit fagot composé de sept ou huit bâtons de bois de chêne , de charme , ou de hêtre. ( Un bon coteret. ) =£ L’Académie dit cotret. {§ Les coterets font faits d’un bois léger que l’on refend , & dont on fait de petits fagots qui brûlent facilement. L’origine de ce terme est fort incertaine. Volez Mr. Ménage. f Châtrer des cotrets. C’est en ôter quelques bâtons. A Etre J'ec comme un cotret , c’est être fort maigr» & décharné. ê Donner de l’huile de cotret , c’est fig. &baff. donner des coups de bâton. (f COTE'REAUX. C’est ainsi qu’tm apelloit certains voleurs qui firent de grands ravages dans le Roïaume, jusques au régné de Philippe Auguste, qui les défit entièrement dans le Berri. Fauchet, liv. 2 . de la milice des cotteries , c’est-à-dire, des societez de plusieurs villageois , qui possedoient quelque héritage en société , que l’on apelloit cotterie ; ainsi , on trouve dans plusieurs Coutumes , tenir en cotterie. II faut que ces cottiers fussent obligez de servir en armes leur Seigneur ; car cet Auteur remarque qu’ils étoient menez par des hommes élus & choisis , & comme dans ce tems-là on se servoit d’une espèce d’armes que l’on apelloit coterel , ainsi qu’il paroît par ces vers d’un auteur fort ancien : Si le convient armer Por la terre garder, Coterel U hamner , £f?c. 11 semble que ceux qui s’en servoient, surent apellez cottereaux. Volez Mr. Ménage, sur l’étimologie de cottereaux , & de cotterie , & Ragueau dans son Indice. t COTERIE , f f C Societm. ] Ce mot ne se dit que dans le ftile le plus bas. II signifie société de plaisir. (II est de notre coterie. Aimer les agréables coteries.) COTERON, f m. [ Tunicula. ] C’est une petite jupe de dessus.. ( Faire un coteron.) COT1, cotìe , adj. [ Contusw. ] II se dit en par- lant de fruit ; c’est-à-dire , meurtri, parce qu’i! est tombé sur quelque chose de dur, (Le fruit coti R r r ; pourit 502 COT pourlt bien-tôt après. Les pommes cotis, ni les poires eoties ne íè gardent pas long-tems.) COTICE » s /• [ Tanìola , fascioladiagonalis.J Terme de Blason. C’est une bande plus étroite & qui n’a que les deux tiers de bande ordinaire. COTIGNAC , s m. [ Cydonìatum , cydonites. ] Confiture faite avec du jus de coings , de sucre roïal, & du vin blanc , le meilleur qu’on trouve. ( Le meilleur cotignac est celui d’Orleans. Faire du cotignac. On rougit le cotignac avec de la cochenille.) f COTIGNAC de Bacm. [ Caseus. ] Fromage. ( 0 doux cotignac de Bacus, Fromage que tu vaux d’écus. S. Amant.) t COTILLON , f ra. [ Tunicula. ] Ce mot ne se dit que dans le comique. En fa place, on dit jupe. Perrette fur fa tête àiant un pot au lait, Bien posé fur son coujjìnet, Prétendoit arriver Jans encombre à la vilk ; Legére Af court vetui elle alloit à grand ptis, Cotillon Jtmple & soulier plat. La Font.) f Aimer le cotillon , c’est aimer les femmes, courir après les grifettes. t COTISATION , s f l Tributi in capita de- scriptio.] Règlement de la part que chacun doit donner. (Faire une cotisation.) COTISER , v. a. [ Tributum in capita describere. Jj Régler la part que chacun doit donner. ( On les a tous cotisez.) Se cotiser , v. r. [ Tributum fibi cequum imponere. 3 Se taxer chacun selon son bien. (Les gens de bien se cotisoient autrefois pour les pauvres ; mais on le fait moins souvent aujourd’hui. Nous sommes obligez de nous cotiser, de lui rendre une partie de l’argent qu’il a donné.) COTISSURE , s s í Contusio. 2 II se dit du fruit. C’est une meurtrissure qu’a reçu quelque fruit en tombant. (Cette cotissure fait pourir le fruit qui est coti.) - COTITE'. Voïez QUOTITE'. CQTOIER , v. a. [ Oram legere , littus radere.J Prononcez cotéié. Aller auprès. Aller le long. ( Cotoïer le rivage.) COTOïER, v. a. f Alicujus lattis tegere. ] Marcher à côté de quelcun. (Un valet ne doit pas cotoïer son maître.) COTON í ou cotonnier, f. f. Plante qui a les feuilles larges & blanchâtres , les fleurs jaunes qui font dentelées par les bords , & dont le milieu tire fur la pourpre. Elle porte un fruit plat & large, plein de laine très blanche, où fa semence est cachée. JDanet. COTON , f m. [ GoUypium. 3 Laine enfermée dans îe fruit du cotonnier. (La coton échaufe & dessèche. JDal. I. i. II croît dans la Chine quantité de coton, & même de toute forte de couleur Relation nouvelle de la Chine. Le peuple de la Chine s’habille de coton.) - * COTON. [ hanugo. ] Ce mot fe dit du duvet qui vient fur quelques Fruits & quelques plantes, comme fur les coings, fur les bourgeons de la vigne , &c. ( f * COTON. Mot poétique ; pour dire, barbe de jeune homme. j ê On dit fig. & prov. cpu’un homme jette un vilain coton , lorsque sa réputation a reçu quelque atteinte violente , ou que ses afaires font ruinées. Se cotonner, v. r. f Floculh perjjergi. 3 Ce mot fe dit des étofes qui ont déja été un peu portées , & lignifie fe friser. ( Drap qui se cotonne.) î On le dit aussi de divers fruits, dont la substance devient molasse & spongieuse comme du coton. Ces raves , ces pommes fe entonnent. COTONNEUX, cotonneuse , adj. sAridm, exuHm.2 11 fe dit des fruits qui font couverts d’un certain duvet qui ressemble à du coton. (Fruit cotonneux.) COTONIER , f. m. [ Gofjìpion , xylon. 3 Plante qui porte le coton. (II y a beaucoup de cotonniers aux Indes.) t CQTONNINE , f. f. Grosse toile dont la chaîne est de coton. COTTE ; voyez COTE. •{• COT. riAIO. Terme de Commerce de mer, en usage dans les Echelles du Levant. C’est une ìmpoli- cou tien que les Consuls , par ordre de la cour ; ou du consentement des Marchands, font fur les vaisseaux, soit pour le parement de quelques avanies, soit pour d’au- tres afaires communes de la Nation. * COTTINUS- C’est le Coggyna de Theoplira- ste, & le bois de Fustet des Botanistes François. Ce bois est propre aux Teinturiers , & aux Ebenistes. í COTYLE , f /• Mesure Attique pour les li. queurs , qu’on croit être la même que Fhemine. M ck COTYLE, J- m. Terme d’Anatomie. C’ est laça- vité exterieure des os , où s’enchasse 1a tête ou l’apo- phise d’un autre os. Cette cavité s’apelle aufli coty. laide. CO LURNE , f m. [ Cothurnm .3 Chaussure dont fe fervoient les anciens Comédiens , lors qu’ils repré- fentoient des tragédies. ^ * COTURNE. [ Sequipedalia verba , sy] m mflatui tragicm. 3 Ce mot est figuré quelquefois. (Exemples! Les coturnes ne J'ont pas une chaujsure qui me plaise' Main. Poes. C’est-à-dire, je ne me plais pas à faire des pièces de théâtre. Qui te ce langage tragique & met bas le coturne. Ab/. Luc. t. i. C’est-à-dire ne parle point d’un stile sublime & plein d’esprit poétique dont on se sert dans la tragédie. COU, col ,_ s. m. f Collum. 3 En prose on dit & on écrit cou , il n’y a que les Poètes qui fe servent du mot de col, ou pour la rime , ou pour empêcher la rencontre d’une voïdle devant une autre voielle. Le cou est la partie de l’épine du dos qui est lapins haute , qui est jointe & atachée à k tête , & qui est composée de sept vertèbres. (Couper le cou. Se rompre le cou. 11 me fauta au cou tout transporté, & dit qu’il me connoissoit bien. Ab!. Luc. t. 2 . Un jour sur ses longs pies alloit je ne Jai où, Un héron a long bec emmanché d’un long cou. La Font. fabl.) 0 Anciennement on difoit col ; nous disons présentement cou j il y a pourtant des exceptions a la régie generale: nous disons le col de la vessie , le col de la matrice : on dit de même , le col de Pertmje col de saint Jean , qui font des passages étroits & difficiles. Ce mot, en ce sens , vient de collis. Ménage , tom. I. observ. ch. 115. f * Un cou de grue. Voit. Pois. Grand cou. COU. [ Collum. 3 Ce mot fe dit en Anatomie, & lignifie entrée. ( Le cou de la matrice : le cou de la vessie. On dit aufli le cou d’une bouteille, &c.) COU de pie , s. m. f Tarshs pedis. 3 C’est le haut du pié. COU de pié de forme de soulier. [ Pars calcû tarfi rejpondens. 3 C’est le haut du pié de k forme. * COU de pourpoint : cou de chemise. [ Thorachftn- dusi collare amìculum. 3 C’est k partie de pourpoint ou de la chemise qui se met autour du cou. * COU, col. \_Fauces. 3 Ce mot se dit des passages étroits qui font au haut des montagnes. En ce sons, on écrit & on prononce col. ( L’armée a passé le col de Pertus pour entrer en Catalogne. On parle dans les Alpes du col de 1a Croix, & d’autres.) f On apelle col ou pas , un passage très-étroit, ou l’on est obligé de défiler fur un petit front, fans pouvoir prendre à droit & à gauche par les revers des montagnes & des sentiers détournez. Les anciens apel- loient Portes ces sortes de passages. Telles font les Portes cajsiennes très-celebres dans l’Ristoire. Polybt de Folard , Tom. IV. H Rompre ou casser le cou à quelcun. C’est fig- wi rendre des mauvais offices qui ruinent fa fortune. Cet homme s’ejì café le cou ; c'est-à-dire , il agate fes afaires, il a ruiné fa fortune. ^ , -■£ Rompre le cou à une a'faire. C'est empêcher qu elle ne fe fasse, la faire échouer. t COÙARD , couarde, adj. slgnavur. 3 Mot bas, pour dire, lâche , poltron. 0 Malherbe a dit: Fe vaillant fait- couard , defideìle fait traisre. Le mot est vieux & désagréable. COùARDISE , f j\ [ Ignavia. 3 Mot bas, pour dire» lâcheté, poltronnerie. f COUCHAGE. Terme de Laineur, ou Apphvgneur, qui signifie la même chose que réparage. COUCHANT, f m. Voïçz plus bas. t COUCHE, [L«7í*\3 Cc mot, pour dire va ^ beau cou beau lit, ne se dit guére que dans le burlesque. (On mit dans la couche nuptiale, la belle couple fans égale. Voit. Pons.) COUCHE. Ce mot est quelquefois emploïe, pour dire , un beau lit, lors qu’on parle du soleil, & en des matières de piété. ( Le soleil est comme un époux qui sort de sa couche. Maucroix , homélie io. PJ. 78- Lemot de couche dans le même sens, trouve aussi fa place dans la belle poésie. D’aucun gage ils n’hono- rent fa couche. Racine , Britannias, ait. 2.sc. 2.) * COUCHE , dans ce dernier exemple peut aussi signifier le mariage. ( Nuptiœ. ) Et l’on dit encore, ( Dieu à béni leur couche , & leur a donné des en- fans. Ce sont des fruits de leur couche. On dit d’u- ne femme qui a commis adultère , qu’elle a souillé la couche de son mari. Avant la fin de R an des fruits de l’himenée. Le ciel bénit leur couche fortunée. Per. grifelidis.) (g Rotrou a dit dans son Venceslas, ait. 6 . f. 1. J’attens toûjours du tems , qu’il meurijse le fruit. Que , pour me succéder , ma couche ma produit. Mais je ne crois pas qu’aucun Poète voulût aujourd’hui se servir de cette expression. COUCHE. Méchant petit lit, qui est fans rideaux, & pour une personne seulement. (Ainsion dit, couche de Capucin, couche de Feuillant, couche de garçon Boulanger, &c.) *’COUCHES. [Partus puerperium. ] Ce mot est ordinairement pluriel, quand il signifie enfantement. Le tems qu’une femme garde le lit lorfqu’elle est acou- chée. ( Ses couches ont été heureuses. Faire ses couches, ou être en couches. Etre relevée de couches.) Çg L’épigramme fur une fille en couches est assez plaisante : Life est en couche , en faut-ìl rire, Et st fort y trouver à dire ? Cejse-t-072 pour st peu d’être fille de bien ? L’enfant que Life a fait ri est pas plus grand que rien. Fausse couche , f f. [ Abortus , abortio. 3 C'est lors qu’une femme grosse jette une masse informe au bout de deux ou trois mois, & qui est suivie d’une perte de sang. ( Les violens & fréquens vomissemens , les coliques & les trenchées violentes font faire de fausses couches. La colère trop grande, la peur subite, les médecines fortes & violentes peuvent causer une fausse couche. Une femme à qui arrive une fausse couche est bien plus en danger de la vie, qu’une femme qui acouche naturellement. Mauriceau , traité des femmes groses. COUCHE. C Cuna. 3 Terme de Nourrice. Linge avec lequel on envelope Pensant qui est au maillot. COUCHE. C Pulvinuf. ] Terme de Jardinier. Planche de terre , couverte de fumier, propre à mettre concombres, melons, &c. ( Sémer fur une couche, faire une couche , renouveller une couche.) COUCHE. C Tela crajstor pani recipiendo comparata.J Terme de Boulanger. C’est un morceau de grosse toile fur quoi on couche le pain au lait. (Mettre le pain fur la couche. Les pains sont fur couche.) COUCHE. [ Color indultm, coloris ìndullio. ] Terme de Peinture. Etendue de couleur fur la toile, ou autre chose fur quoi l’on peint. (Mettre une couche de vermillon.) COUCHE. [ Bralía. 3 Terme de Tireur d’or. Feuille d’or ou d’argent, qu’on met autour du bâton qu’on veut dorer , ou argenter. COUCHE. C C cernent ì inàuliio. ] Terme de Maçon. Enduit de mortier ou de ciment. ( Mettre une couche. Etendre une couche.) COUCHE. [ Coloris indulíio. ] Terme de Doreur fur cuir. Composition d’eau & de blanc d’œuf qu’on pose fur le cuir avant que de le dorer. COUCHE. [Pelles indulîœ pellì.~] Terme de Tanneur. Ce font quatre ou cinq cuirs qu’on met fur le chevalet pour être quiossez, c’est-à-dire , en faire sortir la grosse ordure avec la quiosse. ( Faire une couche.) COUCHE. [ Ktratum super stratum . ] Ce mot fe dit des lits de diférentes matières qifon couche & étend les unes fur les autres. ( Une couche de pain , une couche de fromage, &c.) COUCHE. [ Fema fistule postica pars .] Terme A’Arquebusier. La partie du fût de fusil ou de mousquet qui est au bout du canon, qu’on apuïe auprès de l’é- COU 503 paule , & qu’on couche auprès de la joue Iorsqu’on veut tirer. Le gros bout du fût du fusil ou du mousquet. Quelques-uns apellent cette partie du mous. quet ou du fusil , la crosse, mais les habiles Arquebusiers de Paris que j’ai consultez, disent tous : Couche de fufil : couche de mousquet. On croit qu’il faut en cela parler comme eux. COUCHE , en Architelture , est la pièce de bois qui fe met fous une étaie qui sert de patin ; ainfi nommée parce qu’elle est couchée de plat. COUCHE , entre les Joueurs est le premier en jeu, ce qu’on met d’argent d’abord fans le renvi. [ Depo- fita à luforibus pecunia.J COUCHE'E , f. f. f Mansto. ] Lieu où l’on couche quand on volage. ( Notre couchée est à deux lieues d’ici. Nous irons à la couchée en un tel lieu.) Voilà déja que le jour baijfe, II faut bien aler autrement , Pour être à la couchée avant qu!il dijharoiOe. Abé Régnier.) f COUCHE'E , signifie aussi le souper & le logement d’un voïageur dans une hôtellerie. J’ai païé tant pour ma couchée. COUCHER, f m. [ Cubitus, cubât us. ] Le tems qu’on fe couche. ( Prier Dieu à son coucher & à son lever. Le petit coucher du Roi.) * COUCHER. [ Occafus. ] Ce mot fe dit des astres & des étoiles. C’est le tems que les astres & les étoiles disparaissent. ( Le coucher des pléiades, le coucher du soleil. II se rendit au fleuve sur le coucher du soleil. Vaug. Quint. Curt. I. g. ch. ;.) COUCHER , v. a. [In lella cotlocare. J Mettre au lit ou au berceau. (Coucher un enfant, coucher un malade.) COUCHER. C Alicujw nomen in rationes régis refer- re. ] Mettre. ( Coucher sur l’état. Abl, apopht. Cou- eher au jeu : coucher de l’argent sur une carte. [ De- ponere nummos in folium luforium.) ê On dit coucher en recette , coucher en dépense : c’est-à-dire , emploïer un article dans l’état de la recette ou de la dépense. $ COUCHER gros. C’est fig. bazarder beaucoup. C’est aussi promettre ou avancer des choses extraordinaires & au dessus de ses forces. f * COUCHER par écrit, f Scribere , scriptis man- dare. ) Cette dernière façon de parler a vieilli. (g Je crois en éfet que cette locution n’est plus en usage, & je ne crois pas me tromper , quoique Mr. Ménage ait dit dans tes observations, tome 2. ch. 42. que ceux qui disent que cette façon de parler n’est ni Françoise , ni construite, se trompent. Tous nos anciens Auteurs s’en sont servi. Crétin dans fa lettre des dames de Paris, au Roi Charles VIII. Est il papier , encre , ne plume en main , Pour bien coucher doux langage £j? humain ? Marot, en son épigramme fur François I. & fur Laure : O Laure , Laure , il Fa été besoin D'aimer Rhonneur d’être vertueuse ; Car François Roi fans cela ri eut prè foin De t’honorer de tombe somptueuse Ne d'emploier sa dextre valeureuse A par escrit ta louange coucher. II avoué enfin que cette façon de parler n’est plus du bel usage. COUCHER. [In planum collocare , prosternere.'J Etendre. ( Coucher une chose par terre. La pluie a couché les blez.) COUCHER un homme par terre , c’est le renverser , le tuer. Du premier coup il l’a couché par terre, il l’a couché sur le carreau. Les ennemis s’étant trop aprochez de nos retranchemens, on fit une décharge fur eux , qui en coucha un grand nombre par terre. * COUCHER la vigne. [ Vineam in terram proster - nere. 3 C’est étendre les sarmens en terre afin de la provigner, & que chaque sarment fasse une nouvelle souche. * COUCHER. Ce mot dans la signification de mettre , poser & étendre, est commun à plusieurs arts. Les Peintres , les Tireurs d’or & les Doreurs, disent : coucher les couleurs , coucher R or. [ Inducere. 3 Les Chapeliers disent: coucher un chapeau ; c’est le met - tzre dans la feutriére avec le lambeau, Les Boulanger* 504 cou rer* disent : coucher 1 esain. [Coffocarepanem.] C’eft le mettre sur la couche. 4 COUCHER , se dit aussi des dentelles & autres «hoses semblables qu’on étend de plat fur quelque •tofe. Coucher des galons , coucher une dentelle fur une étofe. * COUCHER en Ms. [ Ferream fistulam dirìgere, toììimare. ] Cette façon de parler signifie, mettre la couche d’un fusil ou d’un mousquet proche de fa joue en état de tirer. Mais au figuré , cette façon de parler , coucher en joue , est burlesque ; pour dire, regarder, considérer avec quelque deisein. [Speflare, alìquid aspirare .1 ( La Villageoise est belle (if jeune, je Vavoue, Dom Alfonse en pajsant peut la coucher en joue. Scar. D. Japhet, aft. 1 .sc. 1.) COUCHER ,».».[ Cubare. ] Etre couché. Gîter, f aster la nuit en quelque lieu. ( Coucher dedans ou dehors la ville : coucher dans fa maison, chez un de ses amis, au cabaret, &c. Et dans ce même sens 01» dit, coucher à lenseigne de la lune , ou à la belle étoile ; pour dire, coucher a l’air, n’avoir aucun gîte. COUCHER , v. n. [ Concubare. ] Ce mot signifie aussi avoir habitation charnelle avec une femme. (Us couchent ensemble depuis plusieurs mois.) Se coucher , v. r. [ Lefíum petere , cubitum ire. ] Se mettre au lit. S’étendre tout de son long sur quelque chose. ( Comme elle ne pouvoit s’empêcher de dormir, elle s’est couchée. Se coucher par terre. Se «oucher fur un cofre. Four moi , qu’une ombre étonne, acablé de sommeil, Tout les jours je me couche avec que le soleil. Defpr.) * Se coucher. [ Occidere. ] Ce mot se dit des astres & des étoiles, & signifie disparoitre. ( Le soleil se léve & se couche. Quand le soleil & la lune sont «n oposition , l’un se leve au même tems que l’autre fe couche.) COUCHANT , part. [ Prosterne»/ , cubant. J Qui souche , qui fe couche. COUCHANT, s. m. [ Occident.'] Terme de Géographie. Le côté du monde où le soleil se couche. (Re- f arder le couchant. Etre tourné vers le couchant, lu couchant au levant.) * On dit figurément, qu’on adore plûtôt le soleil levant que le couchant ; pour dire, qu’on suivra piûtôt la fortune d’un jeune Prince, que celle d’un vieux. Chien couchant. [ Canis anceps. ] Sorte de chien de chaste , qui est dressé pour arrêter les perdrix , & qui fe couche quand il les voit. f * Faire le chien couchant. [ Turpis adulator. ] Proverbe, pour dire , caresser & stator en fe soumet- *ant & se rangeant à son devoir. COUCHETTE , f. s. [ LeHulus. ] Méchant petit lit de Religieux ou de Religieuse. Petite couche. (Une couchette toute neuve, f * Un mignon de couchette. Abl. Luc. C’est un jeune homme'bien fait, propre, poli & un peu éféminé.) COUCHEUR , f m. \_ Le 8 i cornes. ] Ce mot ne se dit pas seul. II signifie celui qui passe la nuit avec un autre dans le lit. ( C’est un méchant coucheur, «n ne peut dormir avec lui. Vamour est un mauvais coucheur , Car la nuit fans cesse il frétillé. Poésies.) f COUCHEUR. C’est l’ouvrier qui travaille dans les papeteries à renverser les feuilles de papier fur les feutres , à mesure que les formes , ou moules , lui font présentez par celui qui les a plongez dans la cuve où est la pâte. COUCHEUSE , s. s. [ Lecii soda. ] Ce mot ne fe dit pas seul. II signifie celle qui couche avec une autre dans le lit. ( C’est une fort méchante coucheuse.) COUCHIS , s. m. [ Çorìum, crusta ex arenario. ] C’est la forme de fable d’un pie d’épaisseur qu’on met fur les madriers d’un pont de bois pour y asseoir le pavé. CQUCHQIR , s m. Terme de Doreur. Petit morceau de bouis fort propre , avec quoi on prend les tranches d’or pour faire les bords des livres. COUCI, COUCI. f Quomodo , utcumque.) Façon de parler basse & populaire, qui signifie tellement quellement. U s’est aquité de cette commission coud, coud. COU ( Puisse Pensant sans merci, Vous forcer à rendre hommage A quelque Iris de Village, Dont le cteur fourbe (Vf volage, Vous aime couci-couci. Desh.) , COUCON, f. m. C Bombycis follicultu. ] Peint™ de foie que fa.t le ver à foie, où il s’enferrne ° travailler , & d’ou il fort changé en papillon blanc (Paire un coucon. Aprêter un coucou. Former 1,n coucon. Isnard, traité des vers à foie.) un COUCOU , f m. [ Cuculus. ] Oiseau qui est d’un gris clair , ou gris brun , & qui, à ce quon croit é D ie l’ocasion que quelque oiseau sorte de son nid pourv aler pondre , & qui vit quatre ou cinq ans. OliJ traité des oiseaux qui chantent. ’ COUCOU , s m. [ Fragariasterilis. ] Espèce défiai fier qui fleurit beaucoup & ne noue jamais. Ces coucous ne valent rien, & il les faut arracher des jardins , quand au commencement de Mai ils fout leurs montans. COUDE ,f. m. [ Cubitum , cubitus. ] Partie du bras, composée de deux os. ( Partie de l’habit qui couvre le coude. Son pourpoint est percé au coude. Vous étonnerez-vous qu’un méchant pourpoint noir Qui m’a duré deux ans , soit percé par le coude. ’ Scar.) f Hausser le coude. C’est fig. faire débauche, boi. re plus qu’il ne faut. 11 a haussé le coude. COUDE. lAngulw .2 On nomme ainsi le contour d’un chemin, d’une muraille , &c. qui fait un angle fort obtus, & qui ne font pas en ligne droite. Les artisans nomment aussi coude les parties des outils ou autres instrumens, qui font des angles ou des re’ tours par des lignes droites ou courbes. (Le coude d’une branche de mors de bride , le coude d’un équerre, &c.) COUDE', coudée , adj. [ Angulatus, inflexm. ] (foi a un angle, ou un coude. ( 11 y a plusieurs infeu- mens qui doivent être coudez, afin qu’on s’en puistè mieux servir.) COUDE'E , f.s. [ Cubitus. ] C’est depuis le pli da bras , jusques au bout du doigt du milieu de la main. Mesure d’un pié & demi. ( Haut de deux bonnes coudées.) f * Avoir ses coudées franches. [ Laxo U lìbamt uti loco , spatio. ] C’est être libre, & en état de faire ce qu’on veut fans que rien empêche. COUDER , v. a. [ Cubito manicam aptare. ] Terme de Tailleur. Faire le coude d’une manche. (Couder une manche.) COUDOïER , v. a. f Pulsare cubito aliquem. ] Pouffer avec ses coudes. (11 coudoie ceux qui étoient assis auprès de lui. Ablanc. Luc. t. i.p. 59. Jecou- doïai les plus proches pour me faire place. Abl.Luc.t.ì. COUDELATTES , s s. Terme de Cbarpenterie. Ce font dans la construction d’une galère des pièces de bois qui font plus épaisses par les extrémi- tez que par le milieu , & qui fervent à recevoir la tapierie. Acad. Fr. COUDRAIE , jC. f. Z Coryletum. ] Lieu planté de coudriers. COUDRAN , s m. Terme d e Batelier de Paris. Composition de certaines herbes & de plusieurs ingre- diens qui empêchent la pouriture des cordes. Passer les cordes dans le coudran.) COUDRANNER , v. a. [Terme de Batelier de Park] C’est tremper & passer plusieurs fois une corde dan» le coudran. ( Coudranner une corde.) COUDRANNIER , f. m. C’est celui qui coudranM les cordes. ■ COUDRE- [ Suere. ] Je coud , tu couds, il coud, mus cousons, &c. Je coups, j’ai cousu, je coudm, cousant. J Faire quelque couture. Se servir du fil ou de la foie avec Léguiste ou autre instrument pour attacher & faire tenir de la toile , du drap on autre chose qui fe coupe. Coudre une chemise, coudre un haut de chausse , coudre une paire de fouliez, Jupiter cousit le petit Bacus dans fa cuisse. Benjerade, rondeaux.) t * COUDRE. [Consuere.J Joindre. Atacher. (J au- rois toujours des mots pour les coudre au beloin- Despreaux , satire 7.) , cou * II faut coudre la peau du renard avec celle du lion. Vieux proverbe , pour dire, qu’outre la force qu’on emploie contre les ennemis ; il faut encore se servir de finesse & agir contr’eux avec prudence. $ COUDREMENT, s m. Terme de Taneur. Mettre les cuirs en coudrement , c’est les mettre étendus avec de l’eau chaude & du tan, pour les rougir ; ce qui s’apelle , les brasser, ou coudrer, pour leur donner le grain. f COUDRER, ou brasser les cuirs. C’est les remuer, erl tournant pendastt un certain tems dans la cuve avec le tan L seau chaude , pour lès rougir. 4 = COUSE , coujuê , part. On dit fig. des finesses cousues de fil blanc, ou des finesses grossières. Avoir le visage cousu, les joués cousués,, c’est être fort maigre. On dit aussi d’un cheval eflanqué, qu’il a les flancs cousus. H On dit d’un homme qui a beaucoup d’argent comp-- tant qu’il est tout cousu de pistoles, tout cousu dlécns ; d’un homme couvert cíe blessures , qu’i/ est tout cousu de coups ; d’un homme fort marqué de petite vérole, qu ’il en est tout cousu. f Bouche cousué. C’est-à-dire , fig. garder le secret, ne dire mot. COUDRIER, / m. Arbre qui porte des noisettes. II s’apelle en latin corylus. COUENNE , f f. [Juilla cutis, ] La peau qui couvre le lard. Voïez Coine. COÙET. Terme de Mer. Quatre grosses cordes amarréesau bas des voiles. Acad. Fran. f§ COUETE , ou coite. Les Bourguignons & les Lyonnois disent , Avoir couete ou coite, pour signifier qu’ils font pressez. Mr. de la Monnoie croit que c’est Une expression métaphorique, tirée des chevaux qu’on pique si vivement, pour les faire courir plus vite, que les flancs leur en cuisent. Ce vers de Perceval rend indubitable cette étimologie. Brochant à cuite £ éperons. COiiETTE , f fi C Culcita plumea ] On l’apelle au* tremenr, lit de plumes. f COiiETTÈ , qu’on nomme aussi Grenouille & Cra- paudìne. C’est un morceau de fer, ou de cuivre, creusé en rond, dans lequel tourne un pivot. Les poupées à couettes font fur tout d’usage parmi les Serruriers, & les autres Ouvriers qui tournent les métaux. t COUFLES- C’est ainsi qu’on nomme les baies, dans lesquelles on aporte le séné du Levant. COiilLLARD , vieux terme de Marine , qui signifie la corde qui tient la grande voile à la grande étaque du grand mât. Acad. Fr, f COÚILLAUT , f m. Les latins eussent rendu cë mot par celui de benè mentulàtus . COÚILLAUT. Valet de Chanoine de TEglisc Ca- thédrale d’Angers. Voïez là-dessus les origines de la langue Françoise de Ménage . sf Ce terme fignifioit autrefois un Moine. Rabelais a dit, en parlant des Auteurs de la Massore, qu’il apelle Majsoreta ; Bons couillauts, U beaux corne- tnufeurs hébraïques. Ce terme forme une sale idée ; mais, selon la remarque du Commentateur de Rabelais , les Juifs apelloient couillauts, ceux qui parmi euxtenoient la place des Moines, des Abez, & des. autres Prélats de l’Ëglife Romaine. Ce terme, dans Cè sens , est dérivé de cucullelìm. COulLLË , f.s. [ Mentula. ] ( Couille de bélier. ) COùILLON ,f. m. [ Testiculus. ] Testicule. ( Couss- Ion de coq, Coiiillon de belier. ) í COULAGE- Terme de Commerce , II se dit dans le commerce des vins , des huiles & autres ligueurs , de la perte & diminution qui s’en fait par leur écoulement, ou imperceptible , ou subit, hors de leurs futailles & tonneaux. On apelle marchandises sujettes au coulage , celles où il peut arriver de déchet, en s’écoulant hors des vaisseaux où elles font contenues. COULAMMENT, adv . [ Levìter , Uniter , moL liter . ] D’une manière fluide & coulante. II ne se dit guéres que des paroles, qui n’ontrien de rude àl’oreil- le, qui viennent abondamment & naturellement à la fuite les unes des autres, qui coulent facilement de la bouche d’un Orateur, ou de la plume d’un Ecrivain. COULANT, ANTE adj. [Fluensjj Qui est fluide, propre à couler qui est doux & n’est pas rude, en parlant figurément des paroles. ( On dit aussi, le coulant COU 505 d’une croix que les femmes portent à leur cou, c’est le diamant d’au-dessus. COULE ifs- [ Pallium. 2 Terme de Bernardin. II y a deux sortes de coules , une blanche qui est urt habit fort ample, & dont le Bernardin se sert dans les cérémonies, & lors-qu’il assiste à l’ofice. La coule noire est un habit fort ample, dont le Bernardin se sert seulement dans les Villes, lors-qu’il va par les rues. COULE. Terme de Bernardine. Sorte de grand habit de chœur qui est blanc, & qui a de grandes manches. COULE E- [ Déclivités. ] Terme de Marine. C’est im adoucissement qui se fait au bas d’un vaisseau entre les genoux & la quille , afin que l’eau coupée par la proue coule, glisse & s’échape plus doucement jus qu’à la poupe. COULEMENT, f m- [FluxioJ Elus d’une chose liquide. ( Le coulement du sang, de la pituite , &c. ) * COULEMENT, f. m. Terme Ae Maîtres d!Armes* II consiste à glisser & à avancer au même tems. (Faire un coulement d’épée. Liancourt, maître d’armes .) COULER , v. n. [ Fluere, manare. 1 Ce mot se dit proprement des eaux & des choses liquides, il signifie í'e mouvoir , aler selon sa pente naturelle, se répandre doucement. ( Fleuve qui coule tout doucement. Vaug. Quint. L 1. c. 4. Laissez couler mes larmes. Les rivières coulent ordinairement vers le Midi, ou vers le Nord. Le Danube coule vers l’Orient. ) COULER , v, a. [ Co/are , percolare. J Faire passer quelque liqueur au travers de quelque chose. ( Couler le lait. ) COULER, v. a. Infundere. Terme de Blanchisseur & de Blanchisseuse. C’est mettre dans un euvier le linge qu’on veut blanchir, le couvrir d’un morceau de toile, qu’on apelle charier , fur lequel on met de la cendre & on jette la lessive chaude par dessus. ( Couler la lessive. ) COULER à fond , v, a. f Deprimere, demergere. ] Faire alér à fond. ( Couler un vaisseau à fond. Ahl. COULER à fond, v. n. [ Deprimi, demengi j Aler à Fond. ( Dix vaisseaux coulèrent à fond. ) t COULER à fond. C’est fig. fermer la bouche à quelcun dans une dispute. C’est aussi ruiner le crédit, la fortune d’un homme. ( On a coulé à fond ce Ministre , ce Courtisan , ce Financier , ce Négociant. ) f COULER , se dit aussi des corps solides , qui glissent , qui s’échapent. ( L’échelle a coulé & il s’est tué. Une tuile a coulé d’une maison & lui a cassé la tête. ) COULER. Terme de Fondeur , Potier d’étain, Çst autres gens qui fondent le métal. C’est fondre pour jettes en moule. (Couler le cuivre. Couler l’étain. ) COULER. [ Roratione defluere. J Ce mot se dit de la vigne, dont les grapes ne grossissent pas à cause du froid, ( la vigne coule. Ma vigne a coulé» COULER , v. n. [ Liquefacere , dijsundere. J Terme de Jardinier. II se dit des fruits, & signifie ne pas nouer, périr. ( Les fruits ont coulé cette année. ) ss Où quelque longue pluie inondant vos valons, A-telle fait couler vos vins §5? vos melons ? Despr. fat 3. * COULER. [ Labs, fluere -, effluere. J Ce mot se dit des choses successives & qui sont en mouvement, & signifie s’écouler, fe pajfer. L’heure coule. Le tems coule. La vie coule. ) $ COULER. On dit en termes de Chandeliers, que la chandéle coule, lorsqu’elle est faite de mauvais fuis, & qui n’a pas assez de confidence, * COULER. ( Fluere, prostuere. J Ce mot se dit dit discours, soit de prose ou de vers, & il signifie n’avoir rien de dur, ni de forcé. Etre aisé & naturel. ( Vos mots coulent doucement. Vers qui coulent doucement Volt* Poés. ) . î On dit aussi de tout ce qui est écrit d’une maniéré aisée & naturelle, cela coule de source. On le dit aussi de tout ce qu’un homme dit ou fait conformément à son genie, à fa capacité,, à fa générosité. Usait du bien à tout le monde, il témoigne fa générosité dans toutes les occasions , cela coule de source, * Discours coulant. Vers coulant. [Oratio, curmen leniter fluens. ] * COULER, f Instnuare , inducere J Faire glisser. Fourer. Mettre promptement & doucement. ( il lui a coulé de l’argent dans la poche. ) f COULER , fe dit aussi d’un homme qui dans un diG cours ne parle que légèrement & en passant d’une Tom. L Sss c hose 506 COU chose. Cet endroit étoit délicat & dangereux, il a coulé pardessus avec adresse. ) * COULER. [brrepere, nbrepcre , subrepere.J Aler a la file. Se glisser doucement. (11s commenqoient à couler fur la droite le long du camp. Relation des campagnes de Rocroi.) , , ir * Se couler , v. r. [ Insinuare , irrepere Je J Se gliller doucement & fans bruit. (Ils’est coulé dans le fosse fans être aperqû , & s’est sauvé.) COULER. {Crus movere molliter, terrant leviter crure perjiringere.'} Terme de Danse. C’est porter la jambe doucement, légèrement & à fleur de terre. (La danse consiste à lavoir bien couler, couper & pirouetter.) {f COULETAGE- C’est un droit dont il est fait mention dans la Coutume de Lille, art. 66. & que Galand explique dans son traité du Franc-aleu,pctge8o. Çouletier , ou coultier , à Lisle, est ce que nous apel- lons., courtier s & ce que nous apellons courtage , en la Coutume de Lille est couletage , salaire dû au courtier pour son entremise. COULEUR , f- f. [ Color. ] Sentiment qu’excitent èn nous les objets qu’on nomme colorez. Diférentes réflexions de la lumière qui ébranlent le nerf optique, & réveillent par ocafion dans notre ame l’idée que nous avons des couleurs. ( Une couleur belle, changeante, fuïante, voïante , éclatante , fausse , vraie, bonne, naturelle, artificielle, couleur rompue. Ces derniers mots font des termes de Peinture. Garder fa couleur. Perdre fa couleur. Mettre en couleur. COULEURS. [ Colores. ] 11 fe dit en matière de Peinture. Ingrediens qu’on a préparez, & dont on fefert pour donner aux objets qu’on peint, les ombres & les lumières qui leur conviennent. ( Couleurs naturelles , couleurs artificielles, couleurs rompues, ce font celles qui font diminuées & corrompues par le mélange des autres. Un des Prêtres de Diane s’étant mal expliqué fur des choses de peinture les valets qui broïoient les couleurs, fe moquoient de lui. Du Ryer , supl. de Quint. Curce , liv. 2 . cb. 6. Nuance de couleurs. ) í COULEUR Jlmple. On apelle ainsi les couleurs qui fervent aux Enlumineurs ce qui n’étant que des extraits de fleurs d’herbes & d’autres Végétaux, ne peuvent foufrir le feu. Ces couleurs font en quelque forte transparentes. í COULEUR minérale. Celle qui fe tire de quelque itiétail , telles que font presque toutes celles qu’em- ploïent les peintres fur émail. ch COULEUR legere, couleur pesante. Les Peintres apel- lent couleurs legeres le blanc , & toutes celles qui en- aprochentle plus ; & couleurs pesantes, le noir, & toutes celles qui font obscures & terrestres. f COULEUR changeante. C’est celle qui semble changer , suivant la situation des objets à l’égard de la lumière. On fait des étofes de couleur changeante , en montant la chaîne d’une couleur , & la tramant d’une foie d’une autre couleur. î COULEUR d’eau. C’est un brillant, ou couleur tirant fur le violet, qu’aquiert du fer , ou de l’acier bien poli , quand il a passé au feu jufqu’à un certain dégré de chaleur. (f On demande si l’on peut faire un tableau de deux couleurs feulement. Philostrate, dans la vie d’A- pollonius, décide qu’on le peut avec succès pourvu que l’on observe parfaitement les lumières & les ombres , &c. lib. 6. c. io. On dit , parmi les Peintres, que les couleurs doivent être vives, afin de ne pas donner dans la farine s c’est-à-dire, peindre avec des couleurs claires & fades tout ensemble. Couleurs fraîches. On fait des couleurs fraîches, en mettant toujours des couleurs, & non point en frotant après les avoir couchées fur la toile ; & s’il fe pouvoit faire qu’on les mît justement dans leur place, & que l’on n’y touchât point ensuite , elles conferveroient mieux leur fraîcheur, -parce que cette fraîcheur fe ternit & fe perd à force de les tourmenter en peignant.. Couleurs glacées. Le Commentateur de Dufrefnoi dit que les couleurs glacées ont une vivacité qui ne peut jamais être imitée par les couleurs les plus vives & les plus brillantes , dont , à fa maniéré ordinaire & commune, on couche simplement les diferentes teintes , chacune dans leur place, les unes après les autres: tant il est vrai que le blanc & les autres couleurs fières, dont on peint d abord ce que l’on veut glacer, en font comme la vie & 1 éclat. Couleurs rompues. Les couleurs font COU rompues , lors qu’elles ne font pas emploïées tout»s simples & pures , & qu’on en mêle deux ou plusieurs ensemble , pour en afoiblir ou éteindre une trou vive. Mais si les deux couleurs font séparées, coímrÈ si une draperie de jaune clair est ombrée d’une laqú e obscure , on dit ordinairement que cette draperie est jaune , rompue de rouge : mais il feroit mieux dit qu’elle est, jaune , ombrée de laque, si les deux couleurs font séparées ; car rompu ne fe prend proprement, que lors que la couleur n’est pas pure , & qu’elle est ris. lée avec une autre : enfin , une couleur rompuë" parmi les Peintres, est celle que l’on éteint, & dont l’oiì diminué la force ; ce qui sert beaucoup, pour l’unioii & l’acord qui doit être dans toutes celles qui composent un tableau. Le Titien, Paul Veronésc & l e j autres Lombards , s’en font heureusement servi. Les Italiens disent , rottura de colorì. Félibien , Difí'm- naìre d’Architecture fs de Peinture. COULEUR. [ Color. ) Ce mot fe dit du teint & du visage , & il veut dire, la qualité du teint plus ou moins coloré selon la disposition où l’on est. (Ainsi on dit avoir une mauvaise couleur. Avoir la couleur vermeille. Etre haut en couleur. Avoir les pâles couleurs. . Quelle étrange pâleur. Deso?t teint tout à coup ésace la couleur. Racine. ) COULEUR. Ce mot fe dit des fruits & du vin. Qua- lité qui rend le fruit ou le vin plus ou moins coloré. ( La couleur de ce fruit est belle. La couleur de ce vin est agréable. ) COULEUR. II fe dit entre rôtisseurs, parlant du rôti. Qualité colorée qu’on donne à la viande par le moïen du feu ; ce qui lui donne plus d’agrément, & la rend plus friande & plus délicate. ( Ce cochon de lait n’a pas assez de couleur , il lui en faut donner un peu d’avantage. ) COULEUR. II fe dit des étofes , de la foie, des rubans, &c. Les marchands Merciers de Paris font souvent le mot de couleur masculin, en parlant de leurs rubans. Us disent, nous avons du beau cou. leur de feu. Voulez-vous du couleur de feu ? On condamne ces Faqons de parler, & il faut dire & écrire, nous avons du beau ruban couleur de feu. Voulez-vous du ruban couleur de feu , j’en ai de fort beau ? On ne fe sert dans l’Eglise que de cinq couleurs principales , du blanc, du rouge, du verd, du violet & du noir. Porter un habit de couleur. C’est-à-dire , de quelque autre couleur que de noir. En ternie de Blason , on parle de cinq couleurs, qui fe nomment ainsi ; gueules, c’est le rouge: av.ir, c’est le bleu : snople , c’est le verd : le fable, c’est le noir : le pourpre est mélangé de gueules & d’azur. Les noms des autres couleurs fe trouveront chacun en son rang. 0" On ne connoit dans le Blason , que six sortes de couleurs pour prendre les diférentes figures dont on compose les armoiries, le blanc, le jaune, le bleu, le rouge , le verd & le noir ; & l’on comprend toutes ces couleurs fous le terme générique d’émaux, parce que l’on peignit d’abord les armoiries en émail fur les meubles & fur les armes qu’on portoit à la guerre ou aux tournois, & comme chaque art a ses tenues particuliers, les Rois d’Armes & les Hérauts afedc- rent de donner certains noms aux couleurs qn’ils nommèrent émaux en général; & en particulier, ilsapel- lerent le bleu azur , du mot Arabe ou Persan lazuri, comme Mr. Bochard l’a remarqué dans son Vbakg: les Espagnols le nomment de même azur, & les Italiens azurro. Le rouge fut nommé gueules , qui n a point de singulier: on lui donne plusieurs origines, qui ont été raportées par Mr. Ménage & par le P. Me- neítrier : mais Hauteferre fe moque de toutes ces c i- ferentes édmologies : ,, Plusieurs ( dit-il dans son li- „ vre ch. du traité de Ducìbus 0? Comitwni.) „ ont recherché l’origine du tétras gueules, fans avoir ,, pû la trouver : ils font alez chercher bien loin ce „ qui est né chez eux, & ils ont crû apercevoir chez „ les autres nations , une source dont l’ongine eit „ dans leur pa;s “. Pour expliquer fa penfee, n cite un endroit de la lettre que S. Bernard écrivit a Henri Archevêque de Sens , par laquelle il » ccrl les mœurs & la conduite des Evcques ; & optes u« détail de plusieurs choses que nos Evêques ne pra r cou quent point, il dit à celui ci qu’il eut en horreur de couvrir avec des hermines teintes en rouge, & que l’on â'pelle gueules, des mains consacrées au service de Dieu : Horreant murìum rubricatas peUicuUs, quw> gulaí vacants, manibus circumdarefacratis. J’aVouë que peut-être les Hérauts & Roi d’armes donnèrent au rouge le nom de gueules, parce qu’ils se servoient souvent des peaux d'hermine rouges pour orner leurs écussons : mais il me semble que Hauteserre, ni Mr. Du Lange dans son Glossaire, verb. Gicla, n’ont pas eu raison de condamner l’opinion de ceux qui ont cru que son a apeîlé le rouge gueules , parce que tous les animaux ont ce que l’on apelle la gueule d’une couleur rouge, ainsi on a lieu de croire , que gueules , dans le Blason, dérive originairement de la gueule des animaux ; & Hauteserre s’est abandonné à son imagination, quand jl a dit : videbis ,st rubrum colorent , gulas dixero native guU colore. La couleur verte , que l’on trouve rarement dans les armoiries , fut apellée stnople, dont l’étimologie est encore plus dificile que celle du mot gueules. Hauteserre n’a pas osé décider la disiculté. Le F. Menestrier propose deux opinions diférentes. La première est, qu’autrefois les Hérauts apelloient la couleur vert e prazìne, du mot Grec atto tís Tí-pcts - », un porreau; ainsi ìes armoiries vertes étoient nommées wpctWa o*Xat , & par le retranchement de la première silabe eivci , on fit ensuite stnopla. La seconde étî. mologie est , que stnople tic dérivé de la ville de Sino- pe, d’où l’on tire du verd & du rouge. Quant à la couleur noire , elle fut apellée fable , parce qu’autrefois on apelìcit tables , les martes zébelines, que l’on trouvoit dans le Pont, & quiavoient la couleur noire. Pour autoriser ce sentiment on peut alléguer cet endroit d’Olivier de la Marche, où il décrit les joutes qui se firent en Angleterre entre le bâtard de Bourgogne , & le Sire de l’Escale : le bâtard avoit douze chevaux couverts , les uns de drap, les autres àe martes ; que Von dit sables, R belles & Jt mires qu il estait pojstble d’en trouver. * COULEURS. £Pnstgnia.] Ce mot se dit aussi des livrées que les gens de qualité font porter à leurs domestiqués. II a porté les couleurs ; c’est-à-dire, il A été laquais, &c. Tel aujourd'hui triomphé au plu; haut de la roulé , Qu on verroìt de couleur bizarrement orné , Conduire le caresse oà l’on le vóit traîné. f L’Ac-ademie remarque que le mot couleurs vieillit ■dans ce sens & qu’on emploie plus ordinairement le mot livrée. f COULEUR. C’est aux jeux de cartes , le pique le tresse, le cœur , ou le carreau. Je renonce à la couleur. J’ai de toutes les couleurs. J’ai bien choisi la couleur. Prendre couleur , signifie au jeu de lansquenet, entrer au jeu & couper. * COULEUR. Prétexte. Couverture. Moïèn qu’on imagine pour palier quelque chose. ( Donner des couleurs à une afaire. Le Maìt. Pour apurer cette conjecture , on ne manque ni de preuves ni de couleurs. Patru , plaid. n. J’inventai les couleurs, f aimai la calomnie. Racine ) * COULEUR. Aparence. Raison. ( II lui reprochoît avec quelque couleur qu’il ne servoit Dieu qui par intérêt. Maucroix , homélie ç. ) * COULEUR. Ornement de langage. ( L’éloquence n’a point de couleurs assez vives pour représenter la grandeur d’une action si héroïque. Godeau. ) COULEUVRE, st /• C Cohtber. ] Sorte d’insecte rond, qui a les dents venimeuses , qui est long environ de trois quartiers, qui est marqueté de gris fur le dos qui a la tête plate & la queue pointue, & qui l’é- té se dépouille de sa peau comme le serpent. ( Une grosse ou une petite couleuvre. | H a bien avalé des couleuvres. Sorte de proverbe , pour dire il a bien eu de la peine ; il a eu beaucoup d’afliction. Resou-toi, pauvre époux à vivre de couleuvres. Despr. ) COULEUVRES , s. f. [ Bryonia ,vitis alba. J Plante rampante, qui ressemble à la vigne. ( Couleuvréè blanche, couleuvrée noire. La couleuvrée sert à couvrir des berceaux de jardin. ) í H y a deux especes de couleuvrée. Elles purgent les serositez , levent les obstructions, excitent COU 507 les mois aux femmes, poussent Famere-faïx après Pac- couchement, & font propres pour l’asthme & l’hy- dropisie. COULEUVRINE , st f. [ Tormentum à eolubm dìclum. ] Seconde espèce d’artillerie du calibre de France , qui à été apellée couleuvrine, a cause de sa longueur. f On dit sig. d’un homme qui a son bien dans le voisinage d’un autre plus puissant que lui, qu ’il eststom fa couleuvrine. f On dit aussi sig. qu’on est stoits la coulevrine Hun au- tre , lorsqu’on est en quelque sorte dans fa dépendance. En achetant cet emploi il s’est mis fous la couleuvrine d’un homme qui le fera marcher droit. COULIS , /"• ni. f Succus colatus , percolatus. ] Ce qui est coulé, filtré par la chausse , par F étamine ; par le papier gris. Ce mot se dit de plusieurs choses» comme coulis de jus de perdrix , de pigeons , & coulis de remèdes. COULIS , f. m. f Gypficm dilutim. ] En maçonnerie c’est du plâtre gâché, clair, pour remplir les joints des pierres, & pour les ficher. COULIS. Voïez vent. COULISSE ss- f- t Canalis per quern res aliqua du » fíilis truditur , movetur. ] Canal de bois dans lequel on fait aler & venir un châssis , une fenêtre, une herse , ou antre chose. Félibien. On apelle aussi coulijfè tout ce qui coule dans ce canal de bois qu’on nomme coulijfè. ( Ainsi on dit, la coulisse d’un confessionnal, qui est une petite planche fur la jalousie du confessionnal, que le Confesseur fait couler quand il veut entendre le pénitent. ) $ COULISSE de galée. Terme â’Imprimerie, C’est: la régie de bois , ou de cuivre, fur laquelle le Compositeur arrange ses lignes. ch COULISSE. Terme de Blason. On le dit d’ua chateau & d’une tour, qui ont la herse ou la coulisse à la porte. f COULISSE , se prend aussi pour les pièces de décorations , que l’on fait avancer & reculer dans les changemens de théâtre. Le feu a pris aux coulisses» II fe prend encore pour le lieu où ces coulisses font placées à côté du théâtre. Les Abez & les petits-maì- tres font merveille dans les coulisses. COULOIR , s. m. £ Trcmsitw. ] On apelle ainli en Charpenterie le passage qui conduit dans les chambres du vaisseau. COULOIR, s. m. f Colutn. ] Sorte de vaisseau dont on se sert pour couler le lait. COULOIRS, s.s. £ Colutn. ] Petit papier ovale qu’oa met sous Panse de la cuve , lors-qu’on tire le vin, ( Couloire de pressoir. ) CGULOIRE, f f. Vaisseau troué pour y faire passer quelque liqueur. ( Couloire d’Apoticaíre, ) COULOMBIER, Colombier, s. m. £ Columbarium.'] On ne dit plus présentement que coulombier , & tel est le bon plaisir de Pufage. Ce coulombier est un réduit qui est élevé à côté d’ùne maison ou au milieu , ou à quelque endroit d’une cour de la maison d’ua Seigneur, & qui est garni de perchoirs & de boulins, où couvent & se retirent les pigeons. fés Je crois qu’il fait dire colombier. La Jurisprudence est très incertaine & très-èmbarassée fur le fait des colombiers : les Coutumes font diférentes : lés Usages des Provinces où il n’y a point de Coutume, font ds même diférens. II y a plusieurs espèces de colombiers , & qui font distinguez dans les Coutumes paf des noms diférens. Le colombier à pied , est celui qui est élevé, fur des fondemèns èn forme de tour, & qui a des boulins , manès & trous depuis le rez-de-chaussée , jusques au toit. La fuie, dont la Coûtúme de Bretagne fait mention , est sinonime avec colombier à pied. La volière est suspendue sur des piliers, ou placée au dessus de quelque chambre ou lieu ocupé par le maître. Trie, est un terme que l’on trouve dans la Coutume de Thimerais. On apelle boulins , les trous que l’on fait dans le mur pour y placer les pigeons. Les manès, font de petits paniers que l’on. attache au mur. Je n’ai garde de m’engager dans la discussion des questions que les colombiers peuvent faire naître ; la matière est trop ample ; je remarquerai feulement , que les Romains faisoient construire, des édifices qu’ils apelloient columbaria , parce qu’ils étoient remplis de boulins, dans lesquels ils plaqoiení Tom. L S s s a les 5 o 8 COU les urnes remplies des cendres de leurs parens ou amis. Fabretti en a raporté plusieurs exemples dans son recueil d’inscriptions anciennes, pag. 9. En voici une qui sufira pour satisfaire la curiosité des lecteurs : C. AVILLIO. LESCHO. TI. CLAUDIUS. BUCCIO. COLUMBARIA. III. OL. VIII. SE. VIVO. A SOLO. AI). FASTIGIUM. MANCIPIO. DEDIT. On voit que ce particulier avoit fait construire trois colombiers, & huit urnes, pour y être placées lors- qu’elles auroient été remplies des cendres de ceux pour qui elles étoient destinées. Quoique Mr. Richelet soit pour le terme de Coulom- bìer , je ne sai point d’Auteurs qui s’en fervent; toutes Jes Coutumes disent colombiers, & Meilleurs de T Académie , dans leur Dictionnaire , Récrivent par tout de même. Arbres , joncs, colombiers, granges, toits à cochon. Du Troujj'et. COULPE, fi fi [ Culpa ] Ce mot sc dit entre Religieux & Religieuses, & en matière depiete, il signifie faute. ( Dire fa coulpe des choses qu’on a gâtées 011 perdues. Constitutions de Port-Royal, p. 50. Trois fois la semaine les Capucins disent leur coulpe devant lèur Gardien , & en présence de tous les Religieux. ) í COULT. Espece de bois qui croît dans la nouvelle Espagne, & qui sert à la Médecine & à la Mar- quetterie. COULURE , f fi [ Fluxus. 3 Ce mot signifie cou- lement. Le mouvement d’une chose qui coule. (La coulure du métal fondu. ) * /.a coulure de la vigne, s Vitis roratio. 3 C’est ce qui arrive quand la fleur de la vigne qui doit former le grain de raisin, au lieu de se nouer à la grape, s’en détaché & coule à terre par quelque tems froid. H- COULURES, Terme de Pêcheur. Ce font les deux longues cordes de crin, qui bordent le haut & le bas d’une seine, où l’on attache les lièges par en haut ; & les pareaux, ou cailloux , par en bas. í COUODO- Mesure de Portugal, qui contient deux aunes & un quart de Hollande. COUP , f m. [ Ulw. 3 Prononcez cou Action de celui qui frape, choque ou pouffe. Blessure. Ce que fait la chose qui a frapé. ( Donner un bon coup de poing. Le coup qu’iì a reqû est mortel. 11 s’elt donné un coup à la tête. Porter un coup à quelcun. Pouf. fer un coup. Alonger un coup. Rendre coup pour coup. Donner coup fur coup. Se donner des coups fourrez. Donner des coups d’épée. Recevoir des coups de bâton. Coups de poing. Donner des coups d’é- trivieres. Je veux ici l’attendre & le rouer de coups. Scar. D. Japbet, a. 4. Jc. 2. Se batte à grands coups d’épée. Vasconcelle , Arioste , t. 1. A ce bruit se mettent à nage Tom les chiens de Vautre rivage, Et viennent de colère ardent Donner aujjì leurs coups de dents. Perr. ép. fur la chasse. ) Air. Ménage prétend dans ses observations, tome 1. ch. qu’il faut dire, à coups de bâton, à coups d’epée , a coups de flèche , à coups de pistolet , de mousquet , & non au pluriel, à coups de bâtons , d’èpèes, %f c. quoique Mr. Sarrasin ait dit : Deux grands ajsastìns , Deux noirs Abyssins. A grands coups de traits , Ue. On dit fort souvent depuis quelque tems. A coup sûr , Je ferai cela à coup sur ; Je reviendrai Lundi à coup sûr. Mr. Defpreaux. fat. 12. dit: Mais vantez à coup sûr du Mercure galant ' Cette locution est bien populaire. COUP. Ce mot entre dans plusieurs faqons de parler de Maître d’armes, & il consiste à pousser & à parer. (Un coup fourré, c’est lors que ceux qui font des armes , R blessent au même tems, Un coup parfait, achevé. _ Porter un coup. Soutenir bien son coup. If n’y_a point de coup qui n’ait son contre-coup. La main doit partir la prémiere dans tous les coups. Pouf- fer , présenter un coup. Voir venir un coup. Parer le coup. Recevoir le coup. Eviter un coup. Faire un batement sec & achever son coup de quarte, & de COU , 7" tr J 11 * U11 LUU P u euraniacon , cWt coup d epee sur la tete, à la maniéré des Espagnol, Liancourt, maître d'armes. r b 3 ' Des filous éfrontez , d’un coup de pistolet Ebranlent ma fenêtre , U percent mon volet Despr. ) COUPS. Í Pugna acies. 3 Ce mot au pluriel (W. fie quelquefois combat, bataille. Lieu où l’on se ba (On estime de grands fous ceux qui se fourrent aux coups. Sar. Poéj. Aler aux coups tête baissée Abl î í Sans coup ferir ; c’est-à-dire fans se battre sans tirer aucun coup. Ces lâches ont rendu des places fortes fans coup ferir. On s’est rendu maître d’un grand pais fans coup ferir. , COUP de main. On dit qu’une place a été emportée à coups de main; c’est-à-dire ; fans canon, d’infulte" d’emblée , l’épée à la main. On doit fe précaution! net contre un coup de main , quand on a dans son voi! finage un ennemi hardi & entreprenant, t COUP d’ail Voïez. Oeil. COUPS. [ Iflus , plaga , vulnus. 3 Blessure amoureuse que senties beaux yeux. Blessure que fait la lan. gue en médisant. Traits satiriques & plaísans qui rejoûisl sent les uns & fâchent les autres. Atteintes des passions. ( Mortels déplaisirs, je ne crains point vos coups. Voit. Poâst Vos regards sont mortels, leurs coups sont redoutables. La Suze Poèst. L’amour me fait fen. tir ses plus funestes coups. Rac. ) * COUP. [ Divinitùs, fortuitò faéíum. 3 Efet. ) C’est un coup de désespoir. Abl. C’est un coup de hazard,un coup de fortune, un coup du ciel, un coup de vent. Çes monts pendants en précipice , Qui pour les coups du désespoir Sont aux malheureux st propices , Quand la cruauté de leur fort Les force à rechercher la mort. * COUP ,s m. [ Casus 3 II signifie quelquefois malheur. Accident fâcheux. A faire fâcheuse & chagrinante. ( Un coup de malheur. Vous vous troublez beaucoup, Mon caur n’est point du tout ébranlé de ce coup Mol. sent. sav. a. ;. scène dernière. ) * COUP. Ce mot se dit en parlant de tempête, d’ar- mes à feu, de tonnerre, & lignifie éclat & bruit. (Coup de canon: coup de fusil: coup de foudre: coup de tonnerre : coup de tempête , &c. ) * COUP. Ce mot entre dans plusieurs faqons d» parler proverbiales & figurées. ( Exemples. Avoir m coup de hache. C’est-à-dire, être un peu fou. Cesalks riant été faits qu’après coup. Patru, plaid ç. C’est-à-dire, que ces actes n’ont été faits qu’après le tems qu’il fa- loit. La plus petite tolérance porte coup. Patru, plaid. 6 . C’est-à-dire, la plus petite tolérance est de conséquence. Les plus grands coups font ruez. Façon de parler proverbiale , pour dire, les plus grands éforts sont faits ; les mouvemens amoureux que causent les passions ne sont plus si ardens, & n’obligent plus à les suivre aveuglément. C’est un coup de jarnac; [le- thale vulnus ; 3 c’est-à-dire, un coup qui acable & qui acheve tout-à-fait la personne qu’on veut détruire, ou à qui on veut nuire. C’est un coup d’état pour elle ; c’est-à-dire, un coup heureux. C’est m coup de partie ; c’est-à-dire , un grand coup ; un coup avantageux. Faire un coup de tête s c’est-à-dire , faire une chose par caprice, par boutade, & ne prendre aucun conseil que de fa paillon. Ces mots signifient aussi le contraire , & veulent dire , un coup , 011 une action d’un homme d’efprit. C’est un coup de maître. [Hue ortn optes est. 3 C’est-à-dire, un beau coup. ) ^ Faire son coup , manquer son coup. C’est réunir ou ne pas réussir dans une entreprise. On le prend le plus souvent en nauvaife part. Rabattre les coups ; c’est adoucir une afaire , apaiser les esprits, empêcher qu’iis ne s'aigrissent. , , ($ COUP d’Etat. Action importante bien ménagée , dont le succès produit un grand bien en évitant un grand mal. II s’agit de Pompée, & nous aurons la gloire, D’achever de César, ou troubler la vifloire ; Et je puis dire enfin que jamais Potentat. U’eut à délibérer un st grand coup d’état. * Faire d’une pierre deux coups. £ Unâ eâdemque 0/f- ra nmlta agere. 3 Voïez Pierre. * . cou * Faire un mauvais coup. [ Capitalefarinaspatrare. ] C’est faire une action punissable. * fl a fait un coup de fa main. [Furatmcft. ] Pour dire , il a pris, il a dérobé. * Celui qui a fait le coup. C’est-à-dire, L'action. COUP. [Semel, bis, ter.] Fois. (Soupirer quatre coups. Voit. Pois. Boire dix coups. Volt. Poef. Gagner un coup. Baiser encore un coup. Abl. II a deviné la chose du premier coup. II a fait tout d’un coup ce qu’il avoit à faire. Donner un coup de lancette , de rasoir, &c. Un coup de peigne. Donner un coup de corne à un cheval. Voïez corne. ) COUP. [ Pitié, infenestram immijjto ] Terme de Jeu de paume. C’est la partie du jeu qu’on nomme quinze. (Faireun coup de grille. Faire un coup de trop. COUP. Ce mot se dit encore en d’autres jeux , comme au billard , à la boule , &c. ( Prendre un coup , gagner un coup , perdre un coup. Coup de dez ; coup d’effai. f * Donner un coup de pié ou un coup d’e'peron jusques en quelque endroit} c’est-à-dire , y aler & en revenir promptement. ( Au premier coup de tambour , au premier coup de sillet ; c’est-à-dire, promptement. On dit encore, donner un coup d’œii à quelque chose, un coup de plume, un coup de chapeau, un coup de lance. ) * On dit aussi, un coup de langue , un coup de bec, c’est-à-dire, quelque médisance, ou quelque sorte d’ata- que qui se fait par le discours. [ MakdìHum. ] * COUP. [ Ruinant minari. ] Terme de Maçon. On dit qu’un mur a pris coup , qu’il n’est plus à plomb, qu'il fait ventre , ct qu’il menace ruine. $ Tout-à-coup , adv. Soudainement, en un moment. £ Tout d’un coup , adv. signifie la même chose , & auffi tout en une fois. II voudroit s’enrichir tout d’un coup. f COUP fur coup , adv. Immédiatement l’un après l’autre. 11 lui est arrivé plusieurs accidens coup fur coup. $ Après coup , adv. Trop tard, lorsque la chose est faite. Vous venez après coup. COUPABLE , adj. f Nocens , sons. ] Ce mot se dit des personnes, il signifie ; qui est en faute, qui est criminel , condamnable. ( Si on la trouve coupable, on la punira. Ne se sentir coupable en aucune chose. Pafc. L 4. Se rendre coupable de lâcheté. Arn. fréq. eomm. Pour un crime d’amour , dont je nefuis coupable , Pue pour avoir le cœur trop sensible U trop doux , Dois-je avoir un tircm fous le nom T un époux, Arbitre souverain de mon sort déplorable. Poète anonyme. ) COUPABLE , s m. [ Reus. J Celui qui est criminel, Celui qui a sait une faute. (Le coupable est sauvé , & l’innocent est puni. L’innocent soufre souvent pour le coupable. Ces mots se disent en diférentes ocasions ; par exemple , lorl'qu’on fait un mauvais jugement d’u- ■ne certaine forte de gens , parce qu’on a été trompé par quelques-uns d’entr’eux. ) ' ï COUPANT, f m. Piéce d’or ou d’argent du Japon. Les coupans font de figure ovale. Ils se prennent au poids, & servent comme de monoïes. f COUPANT. C’est auffi un petit poids , dont on se sert dans l’ísle de Bornéo , pour peser les dia- mans. Dix coupans pel'ent trente & quarante carats. T COUP ARA , Efpece de Laque. COUPE', f tu. [ Infiexio cruris , altero molliter extenfo. ] Terme de Danse. Mouvement de celui qui dansant se jette fur un pié, & passe l’autre devant ou derriere. ( Faire un coupé. ) COUPE' , adj. [ Scutuni tranffeHum bifariam. ] Terme de Blason. Divisé & coupé par le milieu, depuis.un flanc de réen jusques à l’autre. (II porte de vair coupé fur gueules. Col. ) COUPE, f f. [ Cuppa. ] Sorte de vase de métal rond, soutenu d’un pié de même métal, & dont on se servoit ordinairement pour boire. (Le Nectar est versé dans la céleste coupe. Racine. ) COUPE de calice. [ Patera calìcis. J La partie du calice, oùl’on verse l’eau & le vin qui servent au sacrifice de la Messe. COUPE , f f. Ce mot en terme de Religion sert à exprimer la partie de la Communion de l’Èucharistie, qui se fait avec le vin qu’on met dans !a coupe, Aiufi COU 509 on dit : Le Concile de Constance a retranché la coupe au peuple. COUPE. ( Casio , c.sfura. ] Ce mot se dit en parlant de bois, ct signifie l’abatis qu’on fait du bois avec la hache, & qu’on coupe ensuite pour !e mettre en état de vente & de service. ( La coupe du bois est faite. ) COUPE. [ Secíio. ] Terme de Tailleur de pierre & de Cordonnier. Maniéré de tailler. Maniéré de couper. ( Avoir la coupe bonne. La coupe des pierres.) í COUPE. La coupe perpendiculaire d’un Vais. seau , c’est le plan d’un Vaisseau pris perpendiculairement. COUPE. [Divijìo.] Ce mot se dit auffi généralement de diverses choses que l’on coupe , ou qu’on a coutume découper. On dit, la coupe du gateau qu’on fait le jour des Rois. ( Acheter des melons à la coupe. La coupe du drap. La coupe des monoïes, ct c. On dit auíiì la coupe des cartes; c’est-à-dire, la division qui s’en fait en deux parties par le joueur qui est proche de celui qui les a batuês. ) $ Etre fous la coupe de quelcun , c’est fig. avoir afaire avec lui, être dans fa dépendance, être exposé à son ressentiment, s’il me tombe fous la coupe je lui aprerv drai à vivre. COUPE-BOURGEON , f. m. Voïez Lisette. $ COUPE. Terme de Manufaflure. II se dit de chaque tonture que les Tondeurs donnent aux Draps , & autres étofes de laine. On apelle coupes cí endroit , toutes celles qui se donnent du beau côté de l’étofe, & coupes d’envers , traversage , celles qui se donnent fur le dos. f COUPE-CERCLE. Instrument qui sert à couper circulairement le carton que l’on emploie à faire des sphères, & autres pièces qui fervent à l’Astronomie & à la Géométrie. Les Compas à quatre pointes en ont toujours une qui est tranchante ; & c’est celle qu’on apelle coupe-cercle. $ COUPE - CERCLE pour le bois. Efpece de Ville- brequin , qui a la pointe centrale fur laquelle il tourne, a un pié tranchant attaché qui s’avance, & qui recule à volonté , par le moïen d’une vis. A coupe-cu , adv. Terme de Joueur. C’est-à-dire, fans revanche, & fans plus jouer. ( Jouer une pistole à coupe-cu. jsjf Nous lisons dans les Mémoires pour servir à l’Hï- stojre de France , tome 2. imprimez à Cologne en ,, 1719. que le Roi Henri IV. aïant pris Mante , vou- „ lant se divertir , joua une partie de pauline „ contre des boulangers de la ville , qui lui gagne- „ rent son argent, & ne lui voulurent donner fa re- ,, vanche,"parce que (disoient-ils) ils avoient joué à ,, coupe-cu en trois parties. ( Mais le Roi, pour se ,, donner carrière, fit le lendemain crier à deux liards „ le petit pain d’un carolus : de quoi les Boulangers „ bien empêchez , vinrent prier Sa Majesté d’avoir pi- ,, tié d’eux, & de prendre fa revanche telle qu’il lui „ plairoit , mais que ce ne soit pas fur leurs pains. “ COUPE-GORGE , f. m. ( Cœdibus infamis locus. J Lieu où l’on court hazard d’être égorgé ou tué par quelque voleur. ( Ce lieu-là est un vrai coupe-gorge. ) COUPE-GORGE. [ Tabernœ inquìbwplus aquo vce- neuntmerces. j] Boutique où l’on vend trop cher , & où l’on est rançonné. (Le monde est un coupe-gorge , il n’y a que fraude. S. Evrem. ) COUPE-GORGE. Terme de Marine. Ce font les courbes de charpenterie qui forment la gorge du vais seau, & qui s’élevent insensiblement en are vers l’étra- ve & fous l’éperon. Acad. Fr. COUPE-JARRET, f tn. [ Sicarim, grajpítor.] Assas fin, meurtrier. COUPE-PâTE , f m. Terme de Boulanger , qui est de fer, avec un rouleau au haut, & qui est plus délié & plus large que la paume de la main , duquel on se sert pour couper la pâte. - COUPELLE,//! \_Auro ar^entoque excoquendo catìnm. ] Ternie A’Asineur. Maniéré de cu de lampe , fait de cendre de serments , & d’os de pies de mouton. ( Afinerl’or à la coupelle. ) {§ Voici la description que Mr. Boizart, chap. 20. nous a donné de la coupelle. ,, On affine les matié- „ res d’argent dans une grande coupelle que l’on „ fait dans un fourneau couvert d’un chapiteau de „ carreaux ou de briques , pour déterminer Ja flam- ,, me à reverberer fur les matières ; ce que l’on a Sss ; j, apellé 5io COU „ apellé feu de réverbère. On chaufe ce fourneau ,, par un grand feu de bois, & on met du plomb dans „ la coupelle , à proportion de la quantité & de la ,, qualité des matières que l’on veut aífiner. 11 faut ici remarquer que le feu excité par un grand fou- „ fìet, venant déplus bas que la coupelle, & trou- ,, vant en haut une résistance, il fe réfléchit tout le „ long de la coupelle , & fait ainsi fondre les matié- „ res par la vivacité de son ardeur. Charger la cou- ,, selle , c’est y mettre les matières que l’on veut fon- „ dre. 11 y a dans la Monoïe , des essaïeurs qui fe „ fervent cfune efpéce de coupelle pour faire leurs ef- ,, fais ; & ce sont de petits vaisseaux plats & peu creux, „ composez de cendre de sarment, & d’os de pieds ,, de mouton calcinez & bien lessivez pour en fepa- „ rer les sels qui feroient pétiller la matière : l’on bat „ bien le tout ensemble , & après cela on met dans ,, l’endroit où l’on a fait le creux , une goutte de ,, l’eau dans laquelle on a délaie de la mâchoire de ,, brochet, ou de la corne de cerf calcinée ; ce qui „ fait une maniéré de vernis blanc dans le creux de „ la coupelle, a fin que la matière de fessai y puisse „ être plus nettement, & que le bouton de fessai „ s’en détache plus facilement : & on fait ensuite ,,. bien recuire les coupelles , pour en chasser l’humi- „ dité“. Voïez Mr. Boizart. î COUPELLE. On apelle or de coupelle , & plus communément, or d’essai, for très fin, & qui apro- che le plus de vingt-quatre carats , qui font le plus haut titre de for. L’argent de coupelle est f argent à onze deniers vingt-trois grains. ^ COUPELLE. Terme de Marine. C’est une efpe- ce de pelle de fer blanc ou de cuivre , dont les ca- noniers fe fervent pour manier la poudre, quand ils en emplissent les gargouffes. CQUPELLER , v. a [ Aurumcatino excoquere. 3 Faire passer de for & de fargent par la coupelle. COUPEAU s m. [ Montis cacumen , vertex , ju- gum. ] Sommet de montagne. COUPEAU. Voïez copeau. COUPER > v. a. f Secare , incidere , cœdere. ] Trancher net avec quelque forte d’instrument d’acier que ce soit, comme coutelas, sabre , ciseau , couteau, rasoir , &c. ( Couper du pain, couper une tranche de pâté , couper sa viande , couper les blez , le cou , le poing, le nez, les oreilles. ) % COUPER la bourse. C’est voler à quelcun fa bourse, ou les autres choses qu’il a fur lui. f COUPER la bourse , sc dit aussi fig. d’une personne de qui on tire de fargent, quoiqu’elle n’ait pas envie d’en donner. Si vous écoutez cet homme vous vous laisserez couper la bourse. COUPER la gorge. [ Jugulare ] Ces mots signifient tuer , massacrer. ( On coupa la gorge à tous les François dans la Sicile le jour de Pâques , à l’heure de Vêpres, en 1282. Les voleurs coupent la gorge à ceux qui passent dans ce bois. ) COUPER la gorge, f Nocere , grave detrimentum af- serre. 3 Ces mots fe disent au figuré, pour signifier seulement qu’on cause de la perte, ou quelque grand dommage à quelcun. ( On coupe la gorge aux passans dans une hôtellerie , où on les rançonne. Un juge coupe la gorge à une partie qu’il condanne injustement, &c.) COUPER. [ Cadere. j Abatte à coups de ,hache. ( Couper le bois. ) + COUPER la pierre. Terme de Carrier. C’est l’ou- vrir & la séparer en plusieurs morceaux, par le moïen des coins, & des pomelles. -t COUPER k poil. Terme qui est en usage chez les Cardeurs , & parmi les Chapeliers. H COUPER le grain. Terme de Corróieur. C’est former fur la superficie du cuir qu’on corroie , du côté de la fleur, ces petites figures entre-coupées de tous sens, à angles inégaux, que l’on volt fur les veaux & les vaches retournées, ce qui fait une efpece de grain. í COUPER carreaux. Terme de Monoiage au marteau. Vo'û'z. Carreaux. COUPER un cheval. [Cajlrare.] C’est-à-dire,le châtrer. * COUPER. 3 Aditum occludere , pracludere . conu Weatu intercludere. 3 Terme de Guerre. Prendre quelque traverse de chemin , pour atraper f ennemi, dans la marche. Arrêter. Empêcher de passer outre. (Cou- per 1 ennemi, couper le chemin, couper les vivres aux ennemis. Abl. COU COUPER. [Aíwí] Terme de Chasse, C’est W que le chien quite la voie de la bête qu’il chasse & t va chercher en coupant les devants pour prendre sen avantage. un COUPER. [ Videre. ] Terme de Jeu de cartes Sém rer les cartes en deux avec la main avant qu’on les don" ne. ( Couper nettement. Donner à couper. ) COUPER. [ Crus infteHere U altéra extenj'oprocedere 1 Terme de Danse. Se jetter fur un pié, & passer l> aiu ' rÈ í devant ou derriere. ( II faloit couper là. ) COUPER. [ Prasdere. 3 Terme de Mesureur . Racler avec la racloire, Jors-que la mesure est pleine. COUPER. [ Scindere. 3 Terme de Cordonnier & dê Tailleur. C’est couper le cuir , 011 l’étofe selon les régies du métier. ( Couper un manteau, un habit, uni paire de bottes , une paire de fouliez, &c. ) COUPER court. Voïez Court. f COUPER la parole à quelcun. C’est l’interromprí en prenant le parole , ou lui imposer silence. * COUPER l’herbe sous les pieí à quelcun. [Spemali. cujusinfr ingéré, pracídere. 3 Proverbe. C’est faire prendre à quelcun un avantage qu’il efperoit. * COUPER la racine à quelque mal. [ Malo occurrere obviam ire. 3 C’est fêter entièrement. * COUPER. [ Obliqué secare , incidere. ] Terme de Jardinier. Tailler. ( Couper a f épaisseur d’un écu , couper en moignon , couper en talus, couper en pié de biche , couper quarrément. shsmtin. Jardins, 1. 1.) Se couper , v. r. [ Incidere 3 S’entamer la chair aves quelque instrument qui coupe. ( II s’est coupéledoigt avee son couteau. ) * Se couper. [ Sibi repugnare. 3 Se contredire. Dire des choses qui se détruisent les unes les autres. (C’eft un étourdi qui se coupe à tous momens. ) * Se couper. [Incidere] Ce mot se dit des chevaux, & veut dire, s’entretailler, s’écorcher, & s’emporter le boulet. (Cheval qui se coupe. So/eisel, parfait Maréchal.) Cheval qui se coupe. C’est quand le côté de l’un de lès fers choque & entame f un des boulets. On dit aussi , qu’un cheval s’entretaille. Mr. de Soleisel a remarqué dans son Parfait Maréchal , part. 2. ch. 47. que les chevaux se coupent par quatre moïens: 1*. •par lassitude : 2 0 . par foi blesse : f. par le port des jam- bes en marchant : 4 0 . pour n’être pas encore accoutumez de marcher. Cet Auteur nous enseigne une maniéré de ferrer les chevaux , pour empêcher qu’ils fe coupent. Couper le rond. Terme de Manège. C’est faire un changement de main. Couper la voste. Lors- qu’un cheval travaille fur les voltes d’une piste, enserre que divisant la volte en deux , il change de main, & part sur une ligne droite pour recommencer une seconde volte. * Se couper. [ Incidi. ] Cela fe dit des étofes qui sc gâtent par les plis. ( Les étofes fortes fe coupent plutôt que celles qui font souples & déliées.) Se couper. [ Intercidere. 3 Terme de Géométrie. II lignifie se croiser, se traverser, & il se dit des lignes, des cercles & des plans. (Tous les diamètres se coupent au centre du cercle. Tous les Méridiens se coupent dans saxe du monde. Deux plans sc coupent selon une ligne droite, qu’on apelle leur commune section.) COUPE', coupée , adj. s Concijus. 3 Qui a été retranché ou abatu. ( Pain coupé. Bois coupé. ) * COUPE' , coupée , adj. f Divisus. 3 Divise. ( Ce païs est coupé par plusieurs rivières. ) * Vn Jìile coupé. [ Sermo concijus. ] C’est un stile court & laconique. COUPERET ,s m. [ Culter grandior. ] Maniéré de couteau , grand court & large, propre à dépecer la grosse viande, couper & fendre les os. f COUPERET. Outil d’acier, dont ses Emailleurî se servent pour couper les canons ou filets d’émail; à peu près comme le Diamant sert aux Vitriers, K aux Miroitiers, pour le verre & les glaces. On le nomme aussi lime, parce qu’il est fait ordinaire de quelque vieille lime aplatie', & réduite d’un côté en une efpece de tranchant. COUPEROSE , f f- [ Chalcantum ] Vitriol. Sorte de sel minéral, qui contient en foi quelque lu finance métallioue. * COUPEROSE', couperosée , adj. [ Os pustulk lìvef- tibus aajperjum. j Plein de rougeurs. (Visage couperose). f COUPE-TETE,/ m. Sorte de jeu que jouent les enfans en sautant les uns par dessus les autres.^^. cou - COUPEUR > / ;;í - C Zonarm steEor. ] Ce mot ne fe dit pas seul. ( un coupeur de bourse. ) L COUPEUR se dit auffi seul, en parlant de ceux qui coupent les grapes en vandange ; & de ceux qui jouent au Lansquenet. Acad. Fr. =5= COUPIS- Toiles de Coton à careaux, qu’on aporte de Bengale. COUPLE,//- C Copula.2 Deux choses de même espèce. (Une couple de pigeons, une couple de tourterelles , une couple de pommes , une couple d’œufs.) Ménage a décidé que le mot de couple , en ce sens , étoit masculin. L’usage est contraire à sa décision. (f Je ne sais pourquoi on veut que ce mot soit plutôt féminin que masculin : laiflbns-ìe , s’il se peut, de l’un & de l’autre sexe ; chacun prendra celui qui lui conviendra. Ménage raporte plusieurs autorités considérables pour apuïer fa décision. £ COUPLE , ne fe dit jamais des choses qui vont nécessairement ensemble ; comme les bas, les souliers, & alors on dit une paire. Acad, Fr. COUPLE. [ Par amantum. J Ce mot, en parlant de deux personnes , d’un amant, par exemple, &de fa maîtresse, est masculin. ( Heureux couple d’amans, notre grande Marie a combatu pour vous. Mal. Pois Couple ingrat & perfide. Corneille. Ce couple charmant s’unit long-tems avant le Sacrement. Destreaux, lutrin , chant- i. Voiture dans ses Poésies a fait > en ce sens, le mot de couple féminin. On mit dans la couche nuptiale la belle couple fans égale. Voiture n’est pas à imiter en cela. Je vak d!un coup de pinceau. Peind.re un couple fi beau. Péliffon , pièces galantes, t. r. p. i;y.) COUPLE , s m. [ Canmn copu/a. J Terme de Chasse. Lien de cuir ou de fer , dont on couple deux chiens ensemble. ( Mettre les couples aux chiens. ) COUPLES. [ Latera. ] Terme de Mer. Côtes de navires. COUPLER , v. a. [Canes copulare. ] Atacher ensemble. ( Coupler les chiens. Sal. ) t COUPLER , signifie aussi loger deux personnes ensemble, lo'rsqu’il n’y a pas de quoi loger tout le monde séparément. Acad. ' Fr. COUPLE' , couplée , adj. [Copulatus. ] II se dit des chiens qui font atachez l’un à l’autre. ( Chiens couplez. ) COUPLET , f m. [Stropba.] Ce mot se dit en parlant de chanson , de balade. Chant roïal, rondeau. C’est une partie de ces sortes de Poèmes , qui comprend un certain nombre de vers. ( Faire un couplet de chanson. Le rondeau a trois complets. La balade a trois couplets & un envoi. ) (g Les Italiens disent cobbola , que Franqois Redi dérive de cobla, ancien mot Provenqal : il raporte un endroit de la vie de Franqois Cicala, qui est manut crite dans la Bibliotéque du Grand Duc de Toscane : Amparet chanson , U vers , b servantes , U coblas , [f tenzon. Les Espagnols disent copia. Voïez Covar- ruvias. Tejoro £V?c. £ COUPLET. Ouvrage de Serrurerie , qui sert de penture pour des portes & les croisées. II se nomme couplet , parce qu’il est fait de deux pièces accouplées par le moïen d’une broche de fer, rivée par les deux bouts. COUPOIR , f m - [Ferrum incident aurum. j Terme de Mondie. Instrument de fer double , entre les pièces duquel on met la iame de métal, pour couper en rond les pièces de monoïe. 11 faut ici observer que les matières d’or , d’ar- gent, ou de cuivre , font fondues en lames à peu près de l’épaisseur des espèces que l’on veut fabriquer , dont on coupe des morceaux avec le coupoir , qui est de fer; & ces morceaux font apellez faons, jut qu’à ce que l’éfigie du Roi y ait été empreinte. f- COUPOIR. Tenne de Chandelier. C’est l’instru- ment avec lequel on rogne le cul deschandéles communes. Ce n’est point un instrument tranchant, mais une el'pece de platine de cuivre qu’on échauffe, par dessous. On passe dessus plusieurs broches de chandéle à la fois, qu’on y apuïelegerement, ce qui en appiatit les culs en les fondant, & les unit beaucoup mieux qu’on ne sauroit faire avec un couteau. Cette invention gagne bien du tems à l’ouvrier. L COUPOLE, f f. Dôme. La coupole d’une Eglise, a’une chapelle. COU 5 11 COUPON d’étofe,s m. ( Relifhm panni frustum. ) Terme de Marchand Drapier, C’est un reste d’étofe. (Un petit coupon d’étosc. ) f COUPON d’AHìon, Portion de la Dividente, ou Bivident, ou de la répartition d’une action. Le profit de chaque année est divisé en deux coupons ; & chaque billet, & police d’actions, contient six coupons , ou trois années de Dividente, Le Caissier de la Compagnie coupe & retranche un de çes coupons, toutes les fois qu’il païe une demie répartition à l’Actionnaire , & ce coupon lui sert de décharge. Ce terme s’est introduit en France au cemmencement du régné de Louis XV. & son usage s’est afermi dans le commerce des actions. Voïez Savary. î COUPON , se dit de certains morceaux de batiste claire , de deux aunes chacun, qui viennent de Picardie , d’Artois & du Catnbrelìs, pliez par petits paquets quartez. H On apelle aussi coupons de coutils, de petites pièces de ces sortes de toiles qu’on fabrique à Bruxelles , & qui n’ont que quatre ou cinq aunes de long. f COUPON. Les Marchands de bois floté apellent ainsi une certaine quantité de bûches liées ensemble j avec de s perches & des rouettes. On met dix-huit coupons pour former un train de bois floté. COUPURE ,,// [ Casio, incisio, cssura. ] C’est quand on a coupé quelque chose, & il signifie Pendroit ou une chose a été coupée, & la maniéré en laquelle elle a été faite. ( La coupure d’une étofe. Cette coupure a été faite avec un rasoir. ) ch COUPURE. Terme de Fortification. C’est un retranchement qu’on fait dans le corps d’un ouvrage , ou d’une place , pour disputer le terrain pié à pié, lorsque les défenses ont été ruinées. Faire des coupures derrière un brèche pour arrêter l’ennemi. COUR,// [Area.~] Partie de la maison qui est vuide de bâtiment, qui est immédiatement après la porte cochére ou autre porte , & qui dans les maisons un peu régulières est pavée. COUR de Colége. [ Area gymnasii. ] Grande place qui est dans le colége, & où jouent les écoliers. jg COUR pliniére. Fête magnifique des Rois de la première & de la seconde race. Voïez la dissertation cinquième de Mr. du Gange, vous serez pleinement satisfait, & je n’y puis rien ajouter. Bajse-cour. [ Chors. ] C’est la court d’une ferme , où sont les volailles & le fumier. COUR [ Aula.s Palais de Prince. Lieu où est le Prince. Lieu où le Souverain fait fa demeure. II est à la Cour, & non pas en la Cour. Vaug. rem. Aler à la Cour, & non pas en la Cour. 11 est bien à la Cour, & non pas en la Cour. Vaug. rem. {g COUR laie , cour ecclésiastique. C’est à-dire, ju. risdictíon laie ou éclésiastique. * COUR. Le Prince & ses courtisans. La troupe des courtisans. Tous les gens de qualité & d’esprit qui composent la Cour du Prince. ( La Cour est soumise à ses volontez. Mémoires de la Rochefoucaut. La Cour est alée à Versailles, où le Roi donne une fête aux dames. Je définis la Cour un pa'is où les gens Trifles , gais , prêts à tout , à tous indìférens , Sont ce qu’il plaît au Prince , ou P ils ne peuvent l’être, Tâchent au moins de le paroître. La Font. ) On peut-ajoûter : On n’y connaît que trop les jeux de la fortune, Ses trompeuses faveurs , ses apas inconftans, Mais on ne les connaît que lors qu’il n’est plus tems, £s?e, jg Le P. Bouhours a fait une longue remarque fur ces deux expressions, homme de Cour, homme de la Cour : 11 prétend q xs’homme de Cour se prend toujours en mauvaise part, comme eau bénite de Cour , peste de Cour , ami de Cour , Abé de Cour, Ainsi homme de Cour signifie un homme souple & adroit, mais faux & artificieux, qui pour venir à ses fins, met en usage tout ce qui se pratique dans les Cours des Princes, contre les régies de la probité & de la droiture. Et homme^ de . la Cour signifie simplement un Courtisan , c’est-à-dire , un homme attaché auprès du Prince , ou par sa naissance , ou par son emploi, ou par P état de sa fortune. II ajoute enfin qu’un homme de la Cour peut être homme de bien & homme d’honneur ; mais 1 ’homme 512 COU de Cour est toujours un fourbe & un scélérat. C’est porter la diférence bien loin ; il peut y avoir des hommes de Cour , intriguans , ingénieux, fans être scélérats , & des hommes de la cour , honnêtes gens en aparence, & très-scélerats en éfet. 0 On difoit autrefois , en Cour , mais à présent on dit, à la Cour. Vaugelas , art. 42g. Mr. Ménage dérive le mot Cour de cortk , & croit qu’il faudroit écrire court : il allègue , poursoûtenir son étimologie , Sau- maise fur Solin , qui tient que cortis vient de cobors. Le P. Labbe défaprouve cette origine, & soutient que cour est dérivé de curia. Ces deux partis ont leur raison : mais il me semble que Duchesne n’en a gué- res, pour soutenir son opinion fur la même étimologie ; il dit dans ses Antìquitez U Recherches de la grandeur des Rois de France , p. ç$o. que l’on a apellé Cour la demeure de nos Rois , parce que quand on va où les grands Princes habitent , on voit leur grandeur en la première entrée , sçavoir en la court , où la multitude r’ arrête, îfic. COUR. II sc dit aussi pour distinguer le gouvernement de diférens Etats. (La Cour de France & la Cour d’Espagne sont souvent oposées. La Cour Romaine. ) * COUR. C Blanditiie. ] Devoir qu’on rend à un Prince ou à une personne de qualité ou à une personne de mérite dont on veut gagner l’amitié. Assiduité d’unepersonne auprès d’une autre. (Faire fa cour. Faire la cour aux belles. II fait bien fa cour à Mr. de. .. parce qu’il en espère quelque chose. Saint Jérôme dit que les Eclésiastiques de son tems faisoient la cour aux dames & aux vieillards riches qui n’avoient point d’enfans, & cela pour avoir leur bien. Traité des bénéfices de Frà Paolo. ) ch On apelle , eau bénite de Cour , les caresses trompeuses , les vaines promesses , & les complimens que font les gens de Cour. On lui a donné pour récompense de Peau bénite de Cour. COUR ,/■/■ [ Curia , J'enatw. ] Ce mot se dit de toutes les Compagnies Souveraines, & il signifie les Juges d’une Compagnie Souveraine, ou de quelque Chambre d’une Compagnie Souveraine , faisant ’leur fonction déjugés. ( La Cour l’a renvoie absous.) La Cour remarquera , s’il lui plaît, que, &c. Patru , plaid. 2. ) $ Avoir bouche à cour chez un Prince . C’est avoir droit de manger aux tables entretenues par ce Prince* LA COUR DES AIDES, f Rei tributaria fiupre- mum tribunal. J C’est une Compagnie Souveraine qui juge des apellations civiles & criminelles qui regardent les aides, les impôts, les gabelles, les tailles qui se levent par ì’autorité du Roi. Cette Compagnie est composée d’un prémier Président de quatre autres, d’un Procureur Général, de deux Avocats Généraux, de plusieurs Conseillers & de Gréfiers, distribuez en trois Chambres. Elle reçoit les apellations des Elections & des Greniers à sol. La cour des aides n’est pas loin . f Substdium. ] Tur- îupinade , pour dire , que fi un mari n’est pas assez vigoureux pour contenter fa femme, elle aura recours à quelque verd galand. La Cour des Monades. £ Monetœ Curia. J C’est une Compagnie Souveraine, composée d’un prémier Président & de huit autres,d’un Procurer Général, de deux Avocats Généraux, d’un Gréfíer en chef, & de trente- fix Conseillers , qui jugent des diférens qui surviennent touchant les monnoïes & des manufactures d’or & d’ar- gent. COUR de Parlement. [ Superior Curia. J C’est tout le Parlement, c’est toslt le Palais. Ce Parlement est composé de plufiers Chambres , savoir la Grand Chambre , la Tournelíe civile, la Toumelle criminelle, les cinq Chambres des Enquêtes , les deux Chambres des Requêtes, & les Requêtes de l’Hôtel ; dans chacune desquelles il y a plusieurs Conseillers qui jugent souverainement. H Mettre hors de Cour , ou hors de Cour tfi de pro- cez. C’est en termes de pratique, renvoïer les parties, ou une des parties, comme n’y aiant pas sujet de plaider. On les a mis hors de cour. COURABLE i adj. Terme de Chaste. II se dit en parlant des bêtes de chasse, & veut dire qui peut être courue. ( La taille du lièvre & celle du cerf sont les plus éloignées de la proportion des bêtes courables. Salnove , chaste du lièvre. ) COURAGE,/, m. [Animus, magnanìmitM i sorti- COU tudo , Juperíia , ferocitas , arroganìia , vis , ardor dium. ] II vjentdel'Italien coraggio. Valeur. Bravò£ Cœur. Fermete dans le péril. Résolution pleine cœur. ( Courage grand fier, noble. Donner cou rage. Abatre le courage. Ramolir le courage Pal'c l \ t * COURAGE. [ Ira. ] Ressentiment, colère sc j’en croiois mon courage. Mais cette façon de’parler est baise. Exempt des mouvement d’un courage vulgaire II est de fa patrie U P époux Çfi le père ’ Brebeuf. ) COURAGE. [ Ma fie, âge. ] On sc sert de ce mot pour animer, & il semble tenir lieu d’interjection (Courage, soldats, ils sont à nous. Abl. COURAGEUX, courageuse , adj. [ Partis, axinusm magnanìmus. ] Qui a du courage. Qui a de la force & de la vigueur. Plein d’une ferme résolution. (Esprit courageux. Ils sont d’une race dont il y a peu ds gens qui ne soient braves & courageux. Commis, mé. moires , liv. 1. ch. 2. ) COURAGEUSEMENT , adv. f Fortiter, jlrenuì ariu mosè , viriliter. ] Avec courage , avec force , vigueur. (S’oposcr courageusement aux ennemis. Ablanc. 11 j courageusement triomphé de ses maux. God.) COURAMMENT.' , adv. [ Festinanter. ] A la hâte, ( On ne fait pas bien les choses, quand on les fait couramment. ) COURAMMENT, adv. [ Facile , expediti. ] Facile, ment. ( Lire couramment. ) COURANT ,part. £ Currens , fiuens. ] Qui court. ( S’en aller tout courant. ) Chien courant. £ Curfior canis. ] Sorte de chien de chasse , qui court après les cerfs , & qui force le gibier, T COURANT , f. m. [ Vertens. j Mois qui court.- Mois présent. ( La lettre est du dixième du courant. ) COURANT ,fi.m. Rente qui court. (L’Ecluseem- porte une partie en courant demonAbaïe. Boijrobert épit. t. 1. ép. 12. COURANT, f. m. £ Profluens aquarum cursus. [ C’est le fort de l’ean qui coule. ( Un courant fort rapide. ( Un agneau se désalteroit dans le courant d’une onde pure. La Fontaine , fables , l. 1. ) COURANT, f. m. £ Mark vehementìorfiufíw. ] Ferme de Mer. Ce sont des mouvetnens impétueux dea eaux, qui en de certains parages courent, & se portent vers des rumbs de vent particuliers. ( Les courans sont ordinairement plus rapides, lorsque la lune est pleine & nouvelle. Le vent portoit contre les courans. Les courans portoientau Sud. Surmonter la force des courans. Guillet , ternie de navigation. ) COURANT, courante , adj. £ Currens,fiuens. j Qui court. ( Eau courante. ) COURANT , courante. £ Communie. ] Qui a cours. Qui a débit. ( Denier courant. Monoïe courante. Prix courant. ) No ?ud courant. £ Nodrn fiuens. ] C’eft un nœud qui se lâche aisément, & qui se peut serrer. t COURBARL Espece de noix , dont l’écorce est astringente. . t COURANT, adj. Terme à’Aunage de tapisseries. On apelle une aune courante, Faune d’une tapisserie mesurée & estimée par sa longueur, faus avoir égard a sa hauteur. L’aune courante est opposée à Faune quarree, qui comprend la hauteur & la largeur. On dit auili une toise courante dans le même sens; & elle est opposée à la toise quarrée & à la toise cube. ^ On apelle le courant des afaires , les araires ordinaires par opposition aux afaires extraordinaires qui surviennent. II ne suffit pas d’entendre ie courant des afaires , il faut savoir prendre son parti dans les cas extraordinaires. . . ^ Le courant du monde , c’est la maniéré ordinaire du monde. II sc laisse toujours aler au courant ob monde. , COURANTE, f.s. £ Currens fialtatio. ] Terme sle Danse. Pas figurez qu’un homme & une femme ensemble au son d’un ou de plusieurs violons. (Uonn une courante, f * Ma franchise a danse la courant - Mol. phrase burlesque. Pour dire, j ai perdu ma Ch CÒURANTIN. Terme à’Artificier. Fusée dont on se sert ses jours de réjouissance & dans un d’artifice, pour parcourir une corde tendue & W en Pair, CC )UIL cou COURBATON- [Lìgnum incurvant.] Terme de Charpentier. Fortes pièces de bois attachées fous la fourrure d’une galère, pour servir de contreforts. ^ II y a auffidans un vaisseau le courbaton de bau- pre, les courbatons ou taquets de hune, les courbatons de l’éperon. Voï. Aubin. COURBATU, courbatu'ê, adj. [Equus obstruflus .] Qui a la courbature. (Cheval courbatu.) COURBATURE, f. f. f AJìhmus , equi objìruflio .] Chaleur étrangère causée par les obstructions qui font dans les intestins & dans le poumon, ce qui donne les mêmes signes que la pousse. Soleil. fs Cette maladie arrive quand un cheval est tellement fatigué, qu’il ne peut presque pas respirer. Cheval courbatu, qui a été poussé à outrance , & qui n’a pas la respiration libre ; il est diferent du poussif, en ce que celui ci a le poumon altérés avec de grands re- doublemens de flanc.Un cheval peut devenir courbatu, fans avoir été surmené, lors qu’il a les parties intérieures ou le sang échaufé & plein d’humeurs étrangères. COURBE, f f. C Tignum incurvum ] Piéce de charpenterie , courbée en arc. COURBES. Côtes de navire. Voï. Aubin. COURBE, f f. [ Equorum copula .] 11 se dit de deux chevaux acouplez qui servent à remonter les bateaux fur les rivières. ( II faut plusieurs courbes de chevaux pour remonter ce bateau. COURBE. [Tumor durus , caìlojus .] Maladie qui vient aux chevaux, & qui est une tumeur grosse & dure au dedans du jarret du cheval. COURBE, adj. [Curvuíj Qui va se courbant. Qui va comme en arc. (Ligne courbe.) COURBE’, courbée, part. adj. [Curvatm, infiexus. Qui est plié en arc. 11 se dit des personnes. (11 s’est tenu long-tems courbé. II se tient toujours courbé fur ses livres. * Je ne fuis pas courbe fous le faix des années. Dejpr. j’atire i.) C’est-à-dire, je ne baisse pas le dos, & ne fuis pas encore fort vieux. COURBEMENT , f f. [Curvatio, infiettio .] L’action de courber. (Courbement d’un arc.) COURBER, v. a. [Curvare, infester e .] Plier comme en voûte. (Courber un bâton.) Se courber, v. r. [ Curvari , incurvavì , inflefíi.] Devenir courbe. (Les branches í'e courbent quand elles font trop chargées. 11 signifie aussi se baisser. 11 faut se courber pour passer par ce guichet.) COURBET. [Curvatura.J Terme de Eourrellier. Les parties du fût du bât qui font élevées, & faites en maniéré d’arcades posant fur d’autres parties qu’on apelle aubes. COURBETTE, f. f. Terme de Manège. Action de cheval qui s’éleve en l’air. Air qu’on fait faire à un cheval. )Chev^l qui va à courbette fort basse.) LI" Les courbettes font des sauts d’une médiocre hauteur, que le cheval fait en portant premièrement les deux pies de devant en Pair, & les deux pics de derrière suivent aéec une égale cadence ; ensorte que les hanches rabatent ensemble, après que les piés de devant ont touché terre par des reprises continuées & réglées. On dit, cheval qu’on met à l’air des courbettes, qui fait des courbettes, qui manie à courbettes, qui se présente à courbettes ; ce cheval bat la poudre à courbettes,car il les hâte trop, & les fait trop basses? H On le dit auffi dans le íïile bas, d’un homme rampant & bas devant quelcun. 11 fait des courbettes. II n’oubìie pas les courbettes , pour obtenir quelque grâce. Un homme d’honneur ne fait point faire des courbettes. COURBETTER, v. n. f Surre&is alternatim cruribus numéroté incedere. Faire des courbettes. COURBURE, f. f. Manière dont une chose est courbée. La courbure des tiges.) COURCAILLET, f m. [Coturnick,sibilus, vel au- cupis fiftula, quœ coturnices aUicit. jj Le cri que font les cailles, ouïe sifiet qui imite ce cri, & qui sert d’apeau pour les atirer. COURCIER, f. m. [ Locus in triremi lìbrando tor- mento deflinatm .] Place à savant & au milieu d’une chaloupe, ou l’on pointe une piece de canon. Cela ne fe dit proprement que des galères. COURCIVE, f f. [Form] C’est en Charpenterie un demi pont que l’on fait de savant à l'arriére des deux cotez de certains petits bâtimens qui ne font point pontez. COU s ! 3 f COURCON) f m- On donne ce nom à une forte de fer mis en barres très-courtes. £f COUREAUX- Ce font de petits bateaux dont on fe sert fur la Garonne, pour porter les marchandises dans les grands vaisseaux. 1 COURE'E OU COUR ET, / f. [ Picejebo , gfc. »«. ziis linítio.j] En terme de Marine , c’est une composition de suif, de soufre, de résine & de verre pilé,dont on frote les vaisseaux pour les mettre en mer, ou pour faire un volage de long cours pour conserver le bordage. (Donner la courée à un bâtiment, c’est le suivre.) COUREUR, f m. [CurJ'or} Prononcez coureu, C’est un jeune homme qui est aux gages d’une personne de qualité qui l’envoie à une ou à plusieurs personnes, & qui lui donne ordre d’en raporter réponse. (Madame la Duchesse N. a de bons coureurs. Ce n’est que depuis peu qu’il y a des coureurs en France, & cette mode est venue d’Italie.) COUREUR, T m - [Peregrinator.J Ce mot se dit souvent en riant, „& veut dire, celui qui va de côté & d’autre, & qui ne s’arrête pas long-tems en un lieu. (C’est un grand coureur, on ne le trouve jamais. f COUREUR. [ Erro , ntbulo, vagabundus. J Petit garçon libertin. Sorte de petit fripon qui ne veut point s’alfujétir. (C’est un petit coureur.) COUREUR de vin. Oficier qui porte à la chasse , & par tout où va le Roi, une valise dans laquelle il y a des serviettes, du pain, un couteau, une fourchette, & quelques pièces de four. COURREUR. [Equus cursor .] Cheval déchargé de taille, qui a la queue courte & coupée. (Un beau coureur.) H COUREUR de bois. On nomme ainsi en Canada les habitans, qui vont faire la traite des castors & autres peleteries ; & qui vont chercher les sauvages dans leurs habitations les plus éloignées, pour faire les échanges des marchandises. COUREURS. [Specuhtores, exploratores , antecursores .] Cavaliers détachez qu’on envoie devant pour recon- noitre l’ennemi. (Les coureurs ont raporté que l’enne- mi aprochoit. Abl.) | COUREUSE, f f. [Discurrendi cupida.] Mot de raillerie, pour dire, celle qui ne fait que courir, & ne demeure guere en la maison. (En vérité, vous étés une grande coureuse, on ne vous rencontre jamais à votre logis.) COUREUSE. [ Projtibulum , vaga fcemina .] Celle qui est de mauvaise vie, une débauchée. ( C’est une coureuse , qui est abandonnée de tout le monde.) COURGE, f f [ Cucurbita .] Plante rampante qui est de la nature des citrouilles , (Courge domestique, ronde, longue ou plate. Courge sauvage.) ch COURGE. Terme d ’ Archìtefíure. C’est une espeqe de corbeau de pierre, ou de fer, qui soutient le faux- manteau d’une ancienne cheminée. COURIER, f m. [Cursor, veredarius.] Messager, qui pour la commodité du public fait en poste un certain nombre de lieuës, tient une certaine route, & porte plusieurs paquets de lettres dans une valise sur la croupe de son cheval. (Un Courier ordinaire ; un Courier extraordinaire. C' Jusqu’ici la grêle [s la pluie Nous ont toujours accompagnez, Chose qui d’ordinaire ennuie Les Couriers plus déterminez. L’Abé Régnier.) COURIER de cabinet, C’est un Courier envolé par les Secrétaires d’Etat pour diférentes afaires. (Dépêcher un Courier. Envoler un Courier.) ts COUR-JOINTE. Terme de Maréchaux. Cheval cour-jointe,qui a le paton court.Quand la jointe ou le paton font trop courts, le cheval est sujet à être droit fur les jambes. Ordinairement les cour-jointes ne manient pas fi bien que les long-jointes : mais hors du manege, les cour-jointes font meilleurs, & fatiguent mieux. COURIR, D. a. [ Currere. ] Je cours, j’ai couru, je courrai. Se rendre vite en un lieu. Aler en un lieu le plus vite qu’on peut. Aler en hâte à quelque chose, (Que dit-il quand il voit avec la mort en trousse. Courir chez un malade m assassin en housse. Defpr. 8 ) Courir aux armes. Courir à son épée. I!s n’auroient pas résisté, fi leurs camarades n’eussent couru à leur secours. Du Ryer, supl. de Quint. Curce, L z. ch. ç.) COURIR Jus. [Irruere ?«.] Ces mots, pour dire, se Tarn. I. T t t jefísr 5 ï 4 COU jetter & courir sur quelcun afin de lui faire tort, sont hors d’usage. Vaug. rem. COURIR. [Pcregrinari, errare, vagari.2 Parcourir. Errer & aller de côté & d’autre en un certain lieu, le voir & le visiter presque par tout. Aler de Province en Province, de contrée en contrée, d’un lieu à un autre. (Courir l’Ocean de l’un à l’autre bout. II s’en va courir comme un bandi qui n’a ni feu ni lieu. Tespreaux , satire i. Voïez Courres f COURIR le bal. C’est aler d’un bal à un autre, f COURIR les ruelles. C’est aler de visite en visite chez les Dames. ^ COURIR fur le marché, fur les brisées de quelcun. C’est le traverser, encherir sur lui, tâcher d’obtenir ce qu’un autre a demandé le premier. f * COURIR/t't rués. [Infanire. ] Scar. C’est-à-dire, être fou & furieux en alant qà & la. * COURIR, v. n. [ Manare,fiargi. ] Ce mot se dit des bruits, des nouvelles & des ouvrages de vers & de prose. II signifie répandre. Se répandrp. Semer. Avoir cours. (On fit courir le bruit qu’il étoit mort. Abl. Arr. Le bruit court que les ennemis font batus. La nouvelle court qu’il reviendra bien-tôt. Vous verrez courir de ma façon dans les belles ruelles deux chansons. Mol. précieuses.. * COURIR- [Fluere, volvì.') Ce mot se dit des choses succellìves, & qui font en mouvement. II lignine couler. (Les six mois ne courent que du jour de la sommation. Pair u, plaid, ç.) Ils fe repentiront de s’être fait la guerre , Mais avant cette paix il coura bien des mois. Main. Poës. p. 14.) Voïez Courre. ch COURIR à fa perte, à fa ruine. C’est se conduis® d’une maniéré a se perdre, à se ruiner promtement. $ COURIR un henefice. C’est en voïer un Courier pour être le premier à le demander à celui qui a droit d’y nommer. C’est aussi le poursuivre avec ardeur. COURLIS,/ m. [ Clorius. ] Espèce d’oiseau aquatique, gros comme une becasse, & qui a un grand bec fait en faucille. Votez Corlieu. í ÇORONILLA, f /• Petit arbrisseau qui croît aux lieux sabloneux, principalement en Espagne , où on l’apelle Coronilla del Rey. Ses fleurs servent pour amolir , pour refondre, pour chasser les vents. COURONNE,// [ Corona J Ornement de métal, qui est le plus souvent d’or, & qui est fait pour être mis sur la tête des Rois & d’autres souverains. Guirlande de fleurs. Tout ce qui est façonné en forme de couronne, & qu’on met fur la tête. (Les couronnes ne s’a- quiérent pas fans travail, même celles qui ne font que de l’aurier, ou de mirte, s’achétent cherement. Voit. L 46. C’est vous qui lui avez mis la couronne fur la tète. i Vaug. Quint. I. 4. II avoit une couronne de fleurs fur la tête. Abl. On mit une couronne d’epines fur la tête de Jésus-Christ. Aspirer à la couronne. C’est un pesant fardeau sur la tête qu’une couronne. Lorsqu’on demanda à Alexandre le Grand, à qui il laissoit la couronne , ïl répondit au plus homme de bien. Vaug. Quint. Cur- ce. II y avoit parmi les Anciens des couronnes tle laurier, de mirte, de chêne. Couronne civique, couronne murale, couronne navale. Couronne Impériale, Râle, Ducale. Tous les Rois ont une couronne , Tous ne la savent pas porter , Tous au pouvoir qu’elle leur donne Ne savent pas bien résfier. God. Poes. fS J’ai connu des gens qui prononçoient corone , de même que bolanger & moton pour mouton. Mr. de la Monnoïe raconte dans son Glossaire Bourguignon, qu’un marchand de Dijon aiant fait quelques voïages à Paris, afectoit fort de prononcer norrir , norriture , norrìce , coronne , coronnement , fornir, fornìture ; & comme il avoit pris la couronne R orale pour son enseigne, il fit écrire en grosses lettres au-dessus de fa porte. A la cornue roi ale. Par malheur pour lui, sir femme étoit fort coquete; ce qui donna lieu à des rieurs d’efacer, la nuit le second O de corone , ensorte qu’il ne resta que corne, aïant si bien alongé & grossi FR,pour remplir la place de l’O , qu’il sembloit éfectivement qu u n y eût jamais eu autre mot écrit que corne. * COURONNE. [Regnumì] Roïaume. Etat. (Qfrir COU une couronne à quelcun. Vaug. Quint. I. 4. Nous sommes venus pour lui ôter la couronne. Abl. ret. 1 .2. fi Si Epitaphe de Monsieur de Turenne. , Turenne a Jbn tombeau parmi ceux de nos Rois, Ç’ejï le fruit glorieux de J'es fameux exploits, On a voulu par-là couronner fa vaillance: Afin qu’auxsiécles à venir, On nefiìt point de diférence De porter la couronne, ou de lasoutenir. __ ' v.» c l utricorum. J Place rasée en rond sur le haut de la tête du Prêtre. Faire la couronne a un Prêtre ) Les Apôtres suivant l’exemple des Nazaréens qui coupoient leurs cheveux par un esprit d’humilité introduisirent la tonsure parmi les Clercs. Quant à là couronne des Prêtres, c’est un vestige, & tin souvenir de la couronne d’épines dont le Sauveur fut ignominieusement orné. On donne plusieurs significations à cette couronne : elle marque la séparation des Clercs de toutes les choses du monde, le peu de cas qu’ils en font, & qu’ils ne font pas plus touchez de la perte des biens temporels, que de celle de leurs cheveux. Voïez les discours de Mr. Godeau fur les Ordressacra. COURONNE de Martir. [Laurea martyruml] Gloire qu’on a pour avoir soufert le martire au sujet de Jé- fus-Christ. (Etre honoré de la couronne du martire, Maucroix, schisme l. 2.) COURONNE,/ /. Partie de la tête sur laquelle on porte la couronne. COURONNE Impériale. [Litium perficmnl] En par. lan t de fleurs, c’est une forte de fleur jaune agréable à voir , qui fleurit en Avril dont Fodenr ne plaît point, & dont les fleurs font une espece de couronne. rp COURONNE Impériale. [Corona Imperialk~\ Plan- te qui ressemble au lis sauvage. Ses fleurs font disposées comme une couronne, surmontée d’un bouquet de feuilles. Sa racine est une bulbe non écailleuse. On la cultive dans les jardins. Elle est émolliente, adoucis- lance & résolutive : sa racine est digestive. COURONNE foudroiante. [ Corona fulminea. ] C’est une couronne remplie de feux d artifice, dont on se sert dans les sièges contre les ennemis. £ COURONNE. On donne ce nom à une mor.oïe d’argent d’Angleterre & de Portugal. H COURONNE. On apelle les couronnes d’une couverture de laine, les ornemens que l’on met aux quatre coins. ^ COURONNE navale ou rofirak. C’étoit chez les Romains un cercle d’or relevé de proues & de poupes de navire, qu’on donnoit à un Capitaine ou à un soldat, qui, le premier, avoit acroché un vaisseau ennemi, ou sauté à son bord. COURONNE. Ce mot fe dit en pariagt des chevaux. [ Equinœ fujfraginis corona. J C’est la partie qui eft immédiatement au dessus du sabot du cheval. sf La couronne du cheval, est la partie la plus baise du paturon du cheval, qui se distingue par le poil qui joint & couvre le haut du sabot. (Prenez garde à la couronne de votre cheval, il s’est donné une ateinte.) Cheval couronné, est celui qui par une chute , ou par quelque autre chose, est si fort bielle au genou, que le poil en est tombé, & n’est pas revenu. * COURONNE. [Papyrus coronœjìgno miprejfajltt- me de Papetier. Papier in-folio qui a pour marque une couronne. COURONNE. [Rojfro orbiculus, cordial} En terme de Fauconnerie, c’est le duvet qui couronne le bec de 1 oiseau a Fendroitovt il se joint à la tête. COURONNE. [Circu/w.J Terme d ’Orfèvre, c’eiì la partie d’une lampe d’Eglise qui porte le verre. COURONNE. [Corona. jj Terme de Physique, ùîctcoïe qui parort autour du soleil & de la lune, quand leur lumière est réfléchie sur des nuées médiocrement épaisses. If Les Peintres mettent derrière la tête des Saints qu’ils peignent, une espèce de couronne , si l’on peut donner ce nom à cette marque de leur sainteté. Filetas reconnoît avec raison dans ses Opuscules, que c’eíl une fantaisie de Peintres, dont on donne diférentes explicitions peu satisfaisantes. COURONNEMENT, f.s. [Corona impqfith, régis if auguratio.} Cérémonie où l’on couronne quelque Roi, ou quelque autre Souverain. (Voir le couronnement d’un Roi.) * Couronnement. [Coronis.pertefíio.abfehttio.^hàiise ment. cou fflèíìt, Entière perfection. (C’est le couronnement de la Doctrine. Pafc. /. 10.) COURONNEMENT, lerme d Imager. 1 aille douce, qui représente ia maniéré dont on a couronne quelque personne. (Le couronnement d’epines de Jésus- Christ. Le couronnement de la Vierge.) COURONNEMENT de Serrurier. Ornement qui fe met au-dessus de l’ouverture, & fur l’écusson. COURONNEMENT en Architecture & en Serrurerie. ( Tejìudinis conclusura , coronis ornamenta, ) C’est ce qui Fait & termine le. haut d’un ouvrage. ( Faire un couronnement. D’orer le couronnement d’une grille.) COURONNEMENT d’un vaisseau. C’est la partie du Faut de la poupe, qui est un ornement de menuiserie K de sculpture, pour l’embelissement de l’arriere. * COURONNEMENT. ( Uteri- ora exterior.) Terme d ’Acoucheur & de Sage-femme. C’est feutrée extérieure de la matrice. On apelle cette entr èe couronnement, parce qu’ati moment que la femme acouche , cet endroit entoure la tête de l’enfant en maniéré de couronne. (On dit l’enfant est au couronnement. COURONNER, ». a. [ Coronare , coronam ìmpo- ne-re, regem inaugurare.) Mettre une couronne sur la tête. Mettre une couronne sur quelque chose qu’on veut honorer. (Couronner un Souverain. Seigneur, les soldats vous ont bafoué, & couronné d’épines. God. Mêle à tes lauriers des guirlandes de fleurs , & comme noS Pasteurs, couronne toi de roses. Sar. Pois. Alexandre couronna le tomheau d’Achilles. ^i'A Arr. 1 . 1. II eji aujourd’hui vôtre jête : Et de ces agréables fleurs, Dont le tems ne saurait éfacer les couleurs, Ma main devrait, Abc, couronner votre tête . Despr.) * COURONNER. [Cingere, circumcìngere .] Environner en forme de couronne. (La ville de Rhodes est couronnée de divers petits coteaux. Bouhours, Histoire d’Aubus/on, l. %.) , * COURONNER'. [Perficere, absolvere.] Achever. Finir glorieusement.(La victoire s’avanqoit à grands pas pour couronner ses triomphes. Vaug. Quint. I. ;. c. 6. * COURONNER. [Mercedem laborum dare, trìbuere, persolvere.] ] Récompenser. (Amour rend tous les siens heureux, & dans les maux couronne ses fidèles. Voiê. Vois. Couronner la valeur. Ablanc. ret. I. ç. * La fin couronne Pauvre. [ Finis coronat opus.] C’est-a« dire, que la vertu doit persévérer jusqu’à la fin. COURONNE', couronnée, adj. [Coronatus,] (Les têtes couronnées. Reges.) * Une plaine couronnée de montagnes ; c’est-à-dire , environnée de montagnes. On apelle arbre couronné, quand il ne pousse plus de bois qu’à l’extrémité de ses branches. H Ouvrage couronné, ou à couronne. C’est en termes d’Architecture militaire, un travail avancé versla campagne, fait en forme de couronne, pour défendre les aproches d’une place. COURONNURE,/ f. [Cervìni cornu coronatus apex. J Terme de Chase, qui fe dit de sept ou huit menus cors, au sommet de la tête du cerf, rangez en guise de couronne. COURPENDU- Voïez court-pendu, COURRE, ». a. [Properâre , currere. [Je cours, f ci couru, je courus , je courais Aler le plus vite qu’on peut. Aler en diligence après quelque chose. (Courre le cerf, courre le lièvre, courre la poste. ' Vaug. remarq .) Voïez courir. COURRE. [Deeurrere, Jìadium currere,] S’exercer à la course. (Courre la bague. Ail. Courre les têtes, courre le faquin.) * COURRE. [ 'Sequì,seHarì.] Aler avec passion écouter quelque chose, quelque comédie, ou autre ouvrage qui se récite ou représente publiquement. ( On ne court plus qu’à cela. Mol. préc.) * COURRE. [ Periclìtari, inpericuloverfari.] Etre en quelque hazard. (La ville couroit'fortune d’étre prise. Abl. Arr. I. i. Courre fortune de la vie. Abl. Voïez combien de périls j’ai couru en un jour. Voit. I. 94. 0 On dit indifêremmënt courir fortune, Sc courre fortune', mais courre fortune est le meilleur .Mr. de Voiture a écrit à Mr. Costar, fur l’u sage de courre & de courir, „ courre est plus en usage que courir', mais courir ,, n’est pas mauvais, & la rime de mourir & dé secourir 3 , fera que les Poètes le maintiendront le plus qti’ils „ pouront ; on peut en user deux ou trois fois la se- „ mains. ” COU 51 5 ^ COURRE. [Infiqui, persequi.] Poursuivre. (je cours après le mérite. Mol. préc.) 0 COURRIER. Cursor Sc hemerodremm. Un homme qui fait beaucoup de chemin en un jour. Le mot franqois est dérivé de courir & course , & le Latin hemerodromus est tout grec, comme Tite-Live l’a re* reconnu , lìb. 1. Jfli Jpeculator, hemerodromos votant Graci, ingens dìe uno cursu emetientes Jpatium , con* templatus regium agmen è spécula quadam , prœgresjw noHe média Athenaspervenijjêt, Cornélius Nepos a dit dans la vie de Miltiade : PhiUìppidemqite cursorem ejm generis qui hemerodromi vocamtur, Lacedemonem mise « r un t, ut nunciaret quàm celere opus eflet auxilio . 0 CQURRIE'RE. On donne à la lune cette épi» tête. Voiture, dans une de ses chansons : Que de nuits la blanche courriére. Luit d’un éclat moins radieux. COURROIE, / f. [Corrigia.] Lien de cuir. Courroie rompue. Les courroies des sandales des Capucins, Les courroies des sandales des Augustins déchaussez.) COURROIE deguindage. Ce font des liens de cuir qui servent au caresse. t COURROUCER, ». a. [Ad iracunàiam provócàre , exasperare aìiqucm, Jiomachum movere.] 11 est un peu vieux, & en sa place on dit plus souvent, mettre quelcun en colère, irriter quelcun. Cependant de bons Auteurs aprouvent courrucer quelcun, VaUgelas t remarques nouvelles, » Se courroucer, », r. [Irâ afftci, ntoverì, exajpetari.] II est un peu vieux au propre, & l’on dit fe mettre eu colère, Néanmoins on se sert encore de cette phrase. Se courroucer contre quelcun. Vaugelas, nouvelles remarques. 11 Dieu est courroucé contre son peuple. Et dans le figuré, il est noble, & se dit de la mer, II signifie , être agitée dés vents ou de la tempête. ( La mer est courroucée. Vaug. rem , Ç’ejì contre le péché que son cteur se courrouce, Et l’intérêt du ciel eji tout ce qui le poulie , Mol.) COURROUX,/ m. [Ira, iracundia.] Ce mot signifie colère. 11 est plus de la poésie que de la prose, & même il n’a point de pluriel qu’en vèrs, & encore rarement, (Plus tes courroux font grands, plus sont-ils légitimes. Rac. Nos crimes nous donnent des courroux légitimes. Mal. Pois Oiii, le Courroux me prend, Mol, cocu, aH. j. sc. 17. Etre enflammé de courroux, Abl, Tac, Je vous verrai frémir de honte & de courroux.) 0 Voïez Ménage, dans ses Observations fui- Malherbe, page 486. 9? Î92. & dans ses Observations, tom, L. ch. 146. II faut dire en prose, mon courroux ; ea vers on peut dire mes courroux ; Desportes i Je n’ai rien de fragile en moi, Que mes courroux qui font de verre. 11 cite ensuite plusieurs Poètes qui ont emploïé courroux au pluriel.Mais je ne voudrois pas m’en servir. * COURROUX. [Iratum mare, ira maris.] Ce mot se dit de la mer , & il signifie agitation causée par leá vents & la tempête. (Au prix duquel eji calme V doux. De la mer l’horrible courroux. Voit. Poêsi C’est la Sirène qui de son chant agréable apaisa le courroux de la mer. Ariofle moderne, t. 2.) COURS,/ m. [Ambulatio] Lieu où l’on Va se promener. Grandes Sc belles alées bordées de tillots. (Ales au cours, fe promener au cours, se voir au cours,) COURS de ventre. (Ventrisprofiuvittm.) Dévotement, (11 a un furieux cours de ventre.) COURS. [Cursus] Ce mot se dit des astres & des eaux. La course naturelle, le mouvement naturel de l’astrejou de seau. (Lé cours du soleil, le cours de la lune, la rivière a pris son cours de l’autre côté, détourner le cours d’une rivière, fleuve qui enfle son cours, Vaug, Quint. I. %. c. 1.) 0 Malherbe a dit dans ses stances pour Alcandre « Et même ces canaux on t leur course plus belle Depuis qu’elle est ici , F.t Ronsard, Ode ió. liv. 9, Bien que la course de Sarte Que ton M aine sait valoir-, En serpentant ne s’écarte Du cours dé mòn petit loin Ainsi, selon Mr. Ménage,vn peut dite ìe la course Tme í, T t î * . d’un 516 COU d’un ruisseau: mais il me semble que fa course ne se peut dire que du voiage d’un courrier. ( On lui a paie sa course de Paris à Rome. COURS [ Vitœfiatium , cursus. 3 Ce mot se dit de la vie, des maladies, de la bonne ou mauvaise fortune, & signifie durée. ( Le cours de la vie est borné. Mai . Po'és. Ains lors que ma mort viendra rompre le cours, Des bienheureux momens qui composent mes jours ) Je mourrai chargé d’ans , inconnu, solitaire. Poete anonime. Faire que de vos beaux jours , Le long As fortuné cours, De toute crainte nous delivre. Voit. Poesi) 11 faut que le mal ait son cours. Arrêter le cours des victoires de quelque conquérant. Abl. Le cours des prospéritez. Vaug. Quint. I. 6. Je t'aime, cher Daphnie, As t'aimerai toujours , Ma vie As mon amour n’auront qu un mime cours. La Suze, Poef. ) Un voiage de long cours. £Longa navigatio.] C’est une navigation en des pais éloignez, & qui durelong- tems. COURS. £ Cursus, vendítiofi Ce mot se dit de Par- gent, de la marchandise, & des modes. 11 veut dite, débit, vogue. (Monoie qui a cours. Livre qui a cours. Mode qui a cours. Les livres de Port-Roïal ont eu beaucoup de cours.) A Le cours de la monoíe doit être une loi inviolable, parce qu’il est le fondement & la réglé du Commerce ; c’e'.t un contrat de bonne foi, que le Prince fait avec ses sujets. Bouteroué. COURS. £ Cursus. ] Les écrits d’un maître fur une sience, depuis les premiers élémens de cette fience jusques a fa fin. Livres qui contiennent une sience depuis son commencement jusques à la fin. (Un cours de Philosophie, de Théologie, de Médecine, d’Architecture. Acheter un cours de Droit civil, de Droit canon, &c. Le cours de Mathématique d’Ozanam est ridicule , cet Auteur ne travaille que pour de l’argent, & non pour la gloire.) COURS. £Cursus, curricu/um.J Le tems qu’on est à étudier une certaine sience , depuis son commencement jusques à fa fin. (11 a fait son cours de Philosophie fous un tel Regent.) COURSE, f f- [ Cursus. 3 Espace de chemin qu’on fait en allant vire en quelque Heu, en courant simplement, ou en courant à cheval pour s’exercer. Traite qu’on fait, ou qu’on a faite. ( Je vais faire une course jusques-là , c’est une course de gens à cheval, commencer fa course, finir sa course, faire une course de bague, faire une course de faquin, une course de tête. Ah ! ce ruìjseau plhtòt arrîtera sa course , Et l’on verra ses eaux remonter à leur source, Avant que f aime ailleurs, As que mon tendre caur Cejse de vous marquer ses foins As son ardeur ) COURSE. [ Irruptio. 3 Ce mot se dit en termes de Guerre , & signifie irruption prompte & soudaine de quelques troupes ennemies dans un pais pour le ravager. ( Faire des courses dans le pais ennemi.) COURSE Jur mer. £Navigatio. ( Aler en course.) * COURSE- £Progrejsus. 3 Progrez qu’on veut faire pour avancer en quelque chose. ( Je prévoi trois ou quatre inconvéniens, & de puissantes barrières qui s’o- poserontà votre course. Pajc. L ç.) * COURSE- £Spatium. 3 Durée de la vie. (La course de nos jours est plus qu’à demi faite. Rac. Po'és. Quand votre course sera close , on vous abandonnera fort. Voiture, Poses. Qui ne croira enfin que de ma destinée , Rien ne peut égaler la course fortunée. Per. griselidis.) f COURSE. Tirer à la course. Terme d ’Emailleur. C’est tirer î’émail en longs filets, après qu’on la puisé liquide dans la cuilliere, où il est en fusion avec le cristalin. £ COURSE. Terme de Serrurier. Donner course au pêne d’une serrure, c’est le faire sortir & avancer. * COURSIE, f f. Terme de Mer. Passage de la proue à la poupe de la galère entre les rangs des forçats. COU í L’Academie dit courser, au lieu de cour R t promener sor le coursier. J ' Se COURSIER, s. raisonnable grandeur , coursier de Naples. m. £Equus bellator.J Cheval de bien prid dans fa taille, (bu Deja du plomb mortel plus d’un brave est atteint. Soits les fougueux Coursiers l’onde écume As Je plaint. Defpr. COURSIE'RE, fis. [1 qui le dit d’un pont-levis, lard jufqu’au château de combat. -j -, m c ue Marine, & couvert depuis le gail- pronë , servant pour le t_AJUJK.Î>Ui\i, ou crochet, s. m. £Pa!mes prfidk. rìus .3 Terme de Vigneron, C’est une branche de vigne taillée Sc racourcie à trois ou quatre yeux. (II est serti trois ou quatre belles branches du courson de Tannée. COURSON, ou Crochet. £PolIex, custos, rejix.j ferme de Jardinier. II sc dit en fait d’arbre, quand la branche de Tannée précédente en aïant poussé trois ou quatre fort belles, on est obligé de n en conserver qu’une d’une grandeur raisonnable ; c’est-à-dire, de cinq ou six pouces. (Les coursons sont utiles. Quint. Jardins, t. i.) COURT, courte, adj. £Brevis.J Qui n’est pas long, Petit. Qui dure peu. (Un bâton court, un chemin fort court, un court dépit, une aprefdînée fort courte.) COURT. Ce mot sc dit encore dans d’autres significations qui ont cours dans le stile simple & familier. Etre court A argent. £Pecuniâ carere.] (Test n’avoir point d’argent. L’argent est court chez moi. C’est-à-dire, jen’aipas beaucoup d’argent. Tu diras qu’aux cofres du Roi, Dargent est court, comme chez. moi. Boifrobert, épit. t. i. ép. ir. C’est-à-dire , que le Roi n’apas beaucoup de finance non plus que moi. Le plus court fut de fie retirer. £Satius fuit abirt.J C’est-à-dire, le plus expédient fut de se retirer. Couper court. £Paucis dicere .3 C’est-à-dire en peu de mots. COURT, ou tout court. £Statim, subito, nulh ai . jcfío vocabulo.J Ce mot se prend adverbialement, & veut dire, fans répondre un seul mot, sans avancer, fans rien ajouter. (11 est demeuré court.Elle est demeurée court. Us sont demeurez court. Vaug. rem. T1 tourna court sor Tinfanterie. Abl. II faut dire, Monsieur tout court. Mol. C’est-à-dire, fans ajouter de nom. Quand nous disons en France, le Roi tout court, nous entendons parler du Roi qui régne. Vaug. nom, rem. p. 202.) * Tenir de court. [ Coercere aliquem.J C’est ne donner pas beaucoup de liberté. On dit avoir la mémoire courte. Courte vûë. ( Memoriâ, viju ejji hektí , faL'aci.) (f Le censeur des Entretiens d’Ariste & d’Eugéne, défaprouve fort cet endroit : la science des devises est courte. ,, L’Auteur, dit-ii, veut dire que cette science ,, instruit dans un moment ; ainsi le mot courte fit „ très-équivoque, & par conséquent contraire a la „ netteté du stile. L’Auteur s’en sert pour exprimer „ une bonne qualité , & il lignifie presque toújouts „ un défaut. On dit : La prudence des hommes est „ courte , pour dire qu’elle est défectueuse. On dit ,, auffi qu ’un homme a une courte haleine -, il a la vuì „ courte ; & toutes ces expressions marquent un dé- >, faut Le défenseur des entretiens a soutenu, au contraire, que, ,, la science des devises est courte , est „ bon François, & n’est équivoque qu’efi burlesque. „ Quand on parle sérieusement, cela veut toujours di« „ re que cette science est bientôt aprise”. La réponse paroit foible, & Téquivoque est mal sauvée. COURTAGE, f m. £ Arsproxenetie. ] C’est le métier de celui qui si mêle de faire vendre des marchandises, des charges , &c. & de faire prêter de sergent. 11 signifie aussi , droits de courtage. (Faire le courtage.) Voïez Courtier. î COURTAUDER, «. C’est couper la queue. 11 ne se dit que du cheval. II a fait courtaudes son cheval. . COUR- cou COURTAUT , s m. ['Tahernarìus ádminijìer .J Terme injurieuxi pour dire, un garçon de boutique, f L’Acadeniie écrit courtaud. COURTAUT. Instrument à anche & à vent, qui a plusieurs trous , & qui n’est autre chose qu’une espèce de basson racourci, qui sert de basse aux musettes, & qui a Ja figure d’un gros bâton. Mers, L COURTAUT, adj. [ Breviork, sed torose corporaturá vir, sœmma.J Ce mot se dit d’une personne courte & ramassée. 11 se dit aussi d’un cheval de la moïenne taille, à qui on a coupé la queue & les oreilles. {Equus caudà, aurìbufque mutilus,') f On apelle un chien courtaut, celui auquel on a coupé la queue. COURRáTOls 7 , f. tu. f Tignum incurvunt. J Terme de Marine, qui se dit des courbes de charpenterie, qui soutiennent les bouts des baux & des barrots. COURT-BOUILLON, f. m. f Modus coquendi pifces in vino cum aromatisé} Vin, l’aurier, romarin, sel, poivre & orange, où l’on fait bien cuire du poisson. (Un brochet au court-bouillon, une carpe au court- bouillon.) £f COURTE-BOTTE. On apelle, an riant, un petit homme courte-botte, Ménage & Caseneuve disent que Guillaume le Conquérant, Roi d’Angleterre auelioit courte-botte.' , Robert son fils, Duc de Normandie, selon le témoignage d’Orderic Vital, dans son Histoire Ecclésiastique, ìib. 7. COtlRTE-P AILLE, f. f \_Ludus quo. f aléa alite alik longiores ac breviores forte ducuntur. J Jeu qui consiste à choisir deux, trois ou quatre brins de paille, plus ou moins, dont l’un soit plus court que Vautre , à les enfermer dans la main, les faisant seulement voir par l’un des bouts à ceux qui font cfu jeu , étales faire tirer par des Joueurs, dont celui qui tire le plus court ou le plus grand, selon qu’il est convenu, a gagné. (Tirer à la courte-paille qui fera ceci ou cela.) [f On dit aussi, jouer aux buchettes, & au court fétu, COURTE-PAUME, & courte-boule, f f. {Ludus pila aut globorum angujioin fpatìo conclufm, circumscriptus .J Ce sont les noms de deux fortes de jeux, dans lesquels on ne pouffe pas la baie , ni la boule de toute fa force, mais dans un petit espace limité. COURTE-POINTE, f f. [Stragulum acu puncíum.] Couverture de parade , qui est échancrée & par fois piquée avec ordre & proportion. (Une courte pointe piquée en losange, ou à bâtons rompus.) f COURTE-POINTIER, f m. Ouvrier qui fait les courte-pointes, ou Marchand qui les vend. ̧ COURTIBAUT. Vieux mot, Rabelais, liv. I. ch. Í2. de Gargantua: Et lui saisit changer de poil, edm - me font les Moines de Courtibaux selon les fejles. Le Commentateur nous aprend, que counìbaut est fait de curtum tibìale. C’est une forte de tunique, ou dal- matíque ancienne , qui s’apelle encore de ce nom en Berri, dans la Xaintonge & dans la Touraine; les Moines en changent selon les fêtes, & on nomme ainsi cet habit, parce qu’il ne passe le genou que de quelques doigts. COURTIER, / nt. [ Proxeneta ,J Ce mot, en général, signifie celui qui s’entremet, entre le vendeur &l’acheteur. COURTIER de chevaux. Celui qui fait vendre des chevaux. COURTIER de chevaux de marchandise par eau. C’est celui qui bille les cordes, visite les coches & les bateaux , pour voir si le nombre des chevaux destinez à 2 e« remonter est suffisant. Nouvelles Ordonnances de Parù. COURTIER de vin. - Celui qui goûte le vin qui est en vente,pour voir s’il n’est point gâté, & qui se trouve tous ies jours de vente fur les ports & fur les places de Paris, pour le faire goûter aux bourgeois, COURTIER de sel. Celui qui fournit les minots pour mesurer le sel, des toiles & des bannes pour mettre dessus & dessous les minots. Ordonnances de Paris . COURTIER de lard. Celui qui visite les graisses & le lard, & en fait son raport lors qu’il y trouve quelque défaut. On dit encore á Lyon, Courtier de change, celui qui tient les livres des Marchands, & qui L foin de l’informer de la valeur de l’argent. COURTIER. Qe terme est sinonirae avec Cenfal, Proxénète, & Agent de change. Ces quatre noms signifient un homme qui s’entremet des ventes, des prêts, COU 517 des achats & des mariages, qui vont A? viennent ( dit Maréchal, ch. 11. de son traité des changes) pour traiter des marchez U negoces. Le Cenfal n’est connu quê parmi les Provenqaux qui ont emprunté ce terme des Italiens. Causales disent les Académiciens de la Crufca dans leur Dictionnaire) que gli che intromette tra ì con- trahentì per la conclusion de! negozio e particuìarmente tra il venditore il comperatore. Et quant au mot Proxénète, il est entièrement grec, & il a été formé da verbe wpofyíû) , concilier, porter des paroles. La fonction des Courtiers étant très-importante dans la société civile , on n’y admet pas en France toutes sortes de personnes. L’Ordonnance de 1675 en exclut ceux qui ont obtenu des lettres de répit, fait contrat d’atermoiement ou fait faillite, Tit. 2. art. Et dans Fart. r 9. du Règlement de la Place de Lyon, il est dit que les Courtiers £5? Agens de banque £ç? marchandises de ladite ville, seront nommez par les Prévôts des Marchands U Echevins, entre les mains defquels ils prêteront le ferment à la maniéré acoàiumée , en justifiant par des atëjlations des principaux nègocians, en bonne forme , de leurs vie mteurs & capacitez, au fait £sf exercice de ladite charge, Marcardus a remarqué dans son traité de mercaturâ, Iib. 1. cap. Z- n. 62, que suivant les Ordonnances de la ville de Lubec, les Courtiers doivent prêter le serment entre les mains des Magistrats, & donner caution de leur fidélité. Le ministère des Courtiers est utile & nécessaire dans le commerce. Le Jurisconsulte Ulpien en reconnoît Futilité dans la Loi?, ff. De proxenetim, & l’expérience nous aprend qu’il est presque impossible que l’on puisse se passer de Courtiers dans les villes de commerce. Mais il faut convenir, avec Maréchal, dans Feu droit que j’ai cité, qu if les Courtiers, en fait de marchandises font utiles, ils font du tout inutiles, voire pernicieux en matière de change, f non de marchand à marchand , £Vf e's viU les oà le change s’exerce licitement ; car autrement ce font ministres U maquignons d’usure. Le principal devoir d’un Courtier , est d’être fidèle, & il faut convenir qu’il n’est point de profession oû le mensonge soit íì fort en usage que dans celle des courtiers : ils s’ímagi- nent que s’ils parloient avec sincérité, & s’ils difoient tout ce qu’ils savent, ils ne concluraient qu’un très- petit nombre d’afaires; ainsi, selon quelques Docteurs, les Courtiers font toûjours présumez menteurs, comme Stracha Fa remarqué dans son traité de Proxenetis, oû il exhorte les Courtiers de s’abstenir dê mentir. TfemperetJe proxeneta noster imò abjìineat à mendacih quœ non diu fallunt, N quibus omnes ferè proxeneta abundant, N f ne bis negotia expediri non. pojfe saisi diBitant. C’est fans doute dans cette prévention ou l’on a été de l’infidélité & du mensonge des Courtiers, que l’on a crû qu’ils ne pouvoient pas être témoins dans les afaires dont ils s’étoient mêlez, fi ce n’est du consentement de toutes les parties, comme Maréchal Fa remarqué : mais il en est autrement à présent, puisque l’Ordonnance de 1675. tit. art. 2. veut que les Agens de change N de banque tiennent un livre journal dans lequelseront insérées toutes les parties par eux né - gociées, pour y avoir recours en cas de contestation. Ost trouve dans les Assises de Jérusalem une décision toute semblable. Et fe il y a contens entre eux dou marché, le courreiier, ou qui fait le marché, doit être crû par son serment. Les Statuts de Melun, art. 89. reçoivent de même le témoignage des Courtiers, que l’on ne peut pas récuser, le commentateur de ces Statuts a de la peine à fe soumettre à cette décision générale, & qu’il veut laisser à la prudence du Juge la liberté de recevoir ou de rejetter la déposition du Courtier, selon la connoissance qu’il aura des personnes & des choses. Comme l’on ne doit point présumer le mal, le livre du Courtier est une preuve sufisante des conventions & du marché, qui consistent particulièrement dans le prix, & dans les termes du paiement: mais quand il s’agit de la délivrance de la marchandise; il faut chef- cher une autre preuve ; car le livre du Courtier ne sufit pas; mais si le Courtier a été présenta cette délivrance, il peut déposer comme témoin. Au teste , on n’est point obligé de se servir de Courtier, on peut faire ses afaires par soi-même, selon cette régie de Loi- sel, dans les Institutions coutumières, liv. 5. tit. 4. art. 14. 11 ne prend courrier qui ne veut. C’est éneorq Une régie générale, que Ies Courtiers he font point garants dei’évenement& du succès de leurs négociations ; ils proposent, ils tâchent de concilier les eR T11 | prits ; 5i8 COU prits ; ils s’avisent même de conseiller, ce qu’ils ne doivent faire que suivant leurs connoissances & leur «onsience ; on ne peut pas même s’en prendre à eux de Insolvabilité des débiteurs , quand même ils au- roient assuré qu’ils étoient très solvables ; parcs que, suivant la Loi, Quod Jì venditor , §. de dofa , & la Loi Sciendum , §. de do/o , & encore la loi seconde depro- xenetis, on doits’imputer fa trop grande confiance: 11 est vrai néanmoins que le Courtier est tenu de son dol ; mais on a de la peine à déterminer en quoi peut sonfisterse dol des Courtiers , à J’égard desquels on ne peut être trop rigide, pour les contenir dans la bonne foi, qui est facilement corrompue , par leur intérêt propre , & par la crainte d’échaper une ocafion favorable de gain ; comme il y a des Courtiers & particulièrement des Courtières à qui on confie des étofes, des diamans & autres éfets précieux pour en procurer la vente, on peut leur demander ou le prix, ou la restitution de la chose qui leur a été confiée, jiar prise, & détention de leur personne, selon la régie de Loi sel dans ses Institutions, liv. 3. tit. 4. art. 13. laquelle est conforme aux décisions des Coutumes de Bourbonnois, art. 131. de Dunois, iZy- & deNevers, tit. 152. art. aï. dont voici les termes : Proxénètes, courtiers, & autres commis à vendre marchandises à eux baillées, seront contraints à vendre les marchandises, U le prix qu’ils en auront reçu, par prise U détention de leur personne, après la chose connue sommairement ou confessée. L’Ordonnance de 1675. défend aux Agens de change, de faire le change ou tenir banque pour leur compte particulier, fous leur nom, ou fous des noms interposez,directement ou indirectement, à peine de privation de leur charge & de 1300. livres d’amen- de ; & enfin elle leur défend dt faire aucun commerce, de tenir casse chez eux , ou signer des lettres de change par aval. Quant au salaire, il est dû aux Courtiers pour afaires licites seulement quand même le marché ne seroit pas exécuté, suivant le sentiment de Maréchal, &des Docteurs qui ont écrit fur le commerce ; il est encore certain qu’un Courtier peut demander un salaire aux deux parties suivant l’usage des lieux, ou le salaire est fixé par raport à la qualité de la marchandise. Quant aux Courtiers de mariage dont fustige étoit autrefois fréquent & autorisé, les Grecs apel- loient leurs salaires proxenetica, suivant la remarque de Mr. Cujas, dans ses observations, lìb. n. cap. ig. & d’Hotoman deritunup. cap. 2. & même suivant la loi dernière du titre de sfonfal au code, qui permet les conventions avec les proxénètes pour fait de mariage ; mais il me paroît qu’une semblable médiation est trop suspecte pour l’autoriser ; & f expérience nous fournit bien des exemples de mariages faits par f entremise d’un Courtier, & qui ont été très-malheureux : c’est particulièrement dans cette espèce de courtage que la tromperie & la mauvaise foi sont emploïées pour en procurer l’acomplissement. COURTILLE'RE, f. f. Infecte qui se forme dans les couches des Jardins, qui est long d’environ deux pouces, passablement gros, jaunâtre , marchant assez ▼îte ; & rongeant les pies des melons, des laitues & des chicorées, (Atraper une courtillére & la tuer, parte qu’elle fait mourir plusieurs plantes.) COURTINE, f f [Cortina] C’est le Front de la muraille de quelque place forte entre deux bastions. + COURTINE. [Lefíi vélum ] En parlant de lit sc disent autrefois , mais aujourd’hui on ne le dit plus à Paris. On dit, rideau. f COURTINE. Les pêcheurs apellent ainsi en Normandie, un grand filet qui se tend fur les sables , que la mer couvre & découvre par son flux & reflux. COUR-JOINTE. Equus brevioribus Jujsraginibus. ] Terme de Manège. Nom qu’on donne au cheval qui a le paturon court, qui a les jambes droites depuis le genou jusqu’à la couronne. COURTISAN j j f. m. [ Aulicus, gratia captator. ] Seigneur qui fréquente la Cour. ( Les courtisans cherchent de la fortune avec les Rois. Les Rois exigent des services de leurs courtisans. La liaison qui se trouve entre un Roi & un courtisan, est de purintérêt.R. Evre- mont, m 4. page 31Y. Les Courtisans sont ses parasites des Rois & des Princes, & ses Rois des Dieux. Abl. Luc. t. 2. exercice.) Les Courtisans ont un maître à adorer, & la fortune cette bizare qui se joué d’eux incessamment. Ne sont-iís pas plus misérables que COU que nous autres bergers, qui n’avons rìeo à craindre que les vilains jours? BuffiRab. Courtisan morfondu, frénétique U rêveur, Portrait de la disgrâce N de la défaveur , Régnier, fat. 3. Les courtisans ressemblent à ces oiseaux que Annon fit élever dans un lieu obscur par des gens qui pro. nonqant incessamment, Annon ejì un Lieu, les acoû. tumerent à repeter ces paroles : mais étant mis en liberté, ces petits animaux oublièrent leur leçon , & instruits par leurs semblables, ils chantèrent leur chant naturel. Si nous en croions Elien , Liv. 14. ch. 30. les courtisans se répandent incessamment en louanges en présence du Prince ; & quand ils font en li. berté, ils en parlent naturellement,& selon leur pensée. f COURTISAN. [Procrn) Ce mot sc dit aussi de ceux qui cajolent les dames par amour, ou qui Hâtent quelque personne par intérêt COURTISANE, f f. [ Meretrìx, scoifum, prtistibu. lunt.'_ ] Ce mot se dit proprement des filles qui font métier de prostitution en Italie, & improprement il se dit de toutes les femmes un peu considérables, & qui font de mauvaise vie. ÇII y a de fort belles courtisanes à Rome. Elle répondit fièrement que la toilette & ses ajulsemens d’une courtisane n’étoient pas propres à une Reine. Fléchier, vie de Commendon, /.a.c. 27. fs§ On ne dit point courtisane , pour exprimer une femme caressante , habile à faire fa cour auprès des Grands. Mr. de Balzac se moque avec raison d’im Prédicateur quidisoit de l’Impératrice Livie : cetteha. bile courtisane. Le bon Père disent une injure à 11 m. pératrice, en voulant lui donner une louange. f COURTISER, v. a. [Benevoìentiam, gratiatn capture, aucupart.s Ce mot signifie faire la cour, caresser d’une manière respectueuse, mais il est un peu vieux, & n’a proprement cours que dans le stile bas, & dans se burlesque. (Courtiser les dames. Saur. Elle est courtisée. BenJ'er. rond. Juge Jì toujours triste, interrompu, troublé, Lamoignon, j’ai le tems de courtiser les Musa. Despr. t COURTOIS, courtoise, adj. [Corail, urbanm, humanusj Ce mot signifie civil, mais quoi qu’on le trouve dans de bons Auteurs, on ne s’en sert plus guère. On dit en sa place, civil, honnête, galani. (C’est le plus courtois & le plus civil de tous les hommes. Bah.) Volez les Remarques nouvelles du P. Bouhours, page ;6. COURTOISIE, J. / [Comitas, urbanisas, humant- ta r.] Ce mot vieillit, & en fa place, on dit: civilité, honnêteté. (Vaincre en courtoisie. Abl. apopht. Redoubler en courtoisie. Col. 11 est si obligeant, que c est 1 * courtoisie méme. Acad. Franç.) s§ Balzac dit : Cette lettre vous fera un second témoignage de Estime que je sais de. . . £5? du ressentiment qui ' j’ai des courtoises que j’en ai reçues. Ce terme n’est guère plus en usage. -t COURTOISIE. Demander la courtoisie à une Dame , c’est lui demander des faveurs. On le dit ea badinant. * COURTOISEMENT, adv. [Comiter, urbani, humanités.] Ce mot est vieux ; dites, civilement, honnêtement. f COURTON. C’est la troisième des quatre fortes de filasse qu’on tire du chanvre; les autres font le chanvre , la fillasse & l’étoupe. Le courton est ainsi nommé de ce qu’il est très-court. COURT-PENDU, courpendùe, capendu, f m. [Malum curtipendiumj Tous ces mots se disent, niais ses plus uíìtez ce font court-pendu & courpendu. C une pomme d’un gris roussàtre , & assez chargée de vermillon. La chair du courtpendu est fine, & son eau douce & agréable. Le court-pendu est bon jusqu’a» Mars, niais au-delà il devient insipide. COURVE'E. Voïez Corvée. COURVETTE, f.s. [Scaphalongior malo tissa.) Espèce de barque longue qui va à voiles & à rames, mais qui n’a qu’un mât& un petit trinquet, í L’Académie dit corvette, au lieu de courvette. COUSIN,/ w. [Patruelis confibrinusj Ce mot proprement pris, veut dire,1e fils de notre oncle,ou de notre tante, & celui qu’on apelle cousin germain. Le cousin iffù de germain, c’est Pensant du cousin germain de no- cou tte mère. Quelques-uns disent, cou sin remué de germain, mais onneie dit {joint à Paris. COUSIN. [Conjlmguinem.J Ce mot dans un sens étendu, signifie celui qui a quelque degré de parenté & de cousinage avec un autre. (C’est un petit cousin. Un coujin abusant tXun fâcheux parentage , Veut qu’encor tout poudreux, &sans me déboter, Chez vingt Juges pour lui j’aille solliciter. Despr.) COUSIN. [Cognatusi] C'est auffi un terme d’honneur que les Rois donnent aux Cardinaux , aux Princes de leur sang , à des Princes étrangers. Le Roi traite les Maréchaux de France de cousins. COUSIN. [Lìbum , placenta .] Terme de Paticier. Pain bénit, meilleur & plus délicat que ies pains bénits ordinaires, & où il entre du beure , des œufs & du fromage. COUSIN. [Cukx.J Sorte de petites mouches incommodes, menant du bruit, aïant de grandes jambes, qui piquent fore, & font des élevûres fur le visage. (Les cousins font fâcheux en Italie. On apelle le mauvais vin du chasse-cousm.) f COUSINAGE,/’ m. [Cognatio .] Degré de cousin. Parentage. (Le cousinage est un prétexte qu’ils ont imaginé pour se voir sans scandale.) COUSINE, s. f. [Patrue/isseror.J Fille de notre oncle ou de notre tante, & c’est celle qu’on apelle coufîne germaine. COUSINE ijsu'é de germaine. [Sobrina , consobrhia.'j C’est la fille de notre cousin germain, ou de notre cousine germaine. COUSINE. [Cognata.J Ce mot, dans un sens étendu, signifie celle qui a quelque dégré de cousin avec nous ou avec un autre. (Avoir une belle, une charmante, une jolie cousine.) f COUSINES, v. a. [Cognatos Je vocare.J Apeller quelcun son cousin, (Confiner quelcun. COUSOIR, f m. Maniéré de petite table, fur laquelle on coud les livres qu’on doit relier. COUSSIN, f m. [ Pulvimìs, pulvinari] Elfjéce de petit oreiller. Sorte de carreau fur quoi on s’aflìed. (Le Sultan avoít acoûtumé de s’affeoir fur des cousons. Bouhours, Aitb. p. 2i{. Et J'on corps ramajjè dansja courte grojjcur , Fait gémir les cousons fous J'a moite épaisseur. Despr. COUSSIN de carojse. Espèce de traversin qu’on pose au fond du carosse, & sur lequel ons’affied, f COUSSIN de canon. C’est un gros billot de bois posé dans le derrière de Parût, & qui en soutient la culasse. f COUSSINS £ amures. C’est un tissu de bittord , qu’on met sur le platbord du vaisseau, à l’endroit où porte la ralingue de la voile, afin d’empécher qu’elie ne se coupe. On apelle auffi cousins un semblable tissu qu’on rnet sur les cercles des hunes, autour d u. ton du grand niât, fur le mât de beaupré, & ailleurs, pour le même usage. COUSSIN. Terme de Doreur fur cuir. Petit ais couvert d’une peau de veau, fous laquelle il y a du poil de cerf, & fur laquelle on coupe les tranches d’or. La plupart des Doreurs fur cuir disent cojjìn, & non pas couffin ; mais ceux qui parlent mieux, disent couffin, & c’est comme il faut dire. COUSSINET, f m. [ Pulvitiusi] Petit coussinet. (Un coussinet de senteur.) COUSSINET. Terme de Doreur fur bois. Petit ais couvert d’un cuir, qui a un feutre par dessous , & dont on sc sert pour mettre les feuilles d’or. COUSSINET. Terme de Bourrelier. Petit couffin rempli de bourre, qu on met sor le garrot des chevaux de carosse, de peur qu’ils ne se blessent en cetendroit- là. On met des coussinets derrière la selle sous une valise, & sor la selle même pour y être assis plus à son aile. 4= COUSSINET. C’est aussi chez les Graveurs en tail- le-douce, une efpece de petit oreiller rond, fait de cuir, fur lequel ils apuïent & tournent la planche ds cuivre, lors qu’ìls gravent avec le burin , ce qui leur sert à mieux pousser les traits, ou à les contourner plus facilement. 4= COUSSINET. Les Couvreurs apellent ainsi des rouleaux de nates de paille, qu’ils attachent au. dessous des échelles, dont ils se fervent sor les ouvertures des bâtiraens, & qu’ils nomment édifiât à coussinet. COU 519 f COUSSINET. Terme d’ ArcbiteHure. C'est l’orne- ment du chapiteau Ionique entre l’ove & l’abaque, qui sert à former les volutes. Ou donne auffi ce nom à l’impofte. 4 COUSSINETS des marais. [ Oxycoccum.J Plante qui pousse plusieurs tiges longues, menues, de couleur rouge brune. Ses Feuilles sont semblables à celles du serpolet. Elle porte des bayes ovales de couleur rougeâtre d’un goût aigre. Ses feuilles, ses fleurs, ses bayes font détersives & astringentes, propres pour arrêter le vomissement, pour résister au venin. Elle croît dans les marais. COUSU, coufuipart. Voïez Coudre. Chef cousu. Ternie de Blason. COÛT,/, m. [Sumptus, Impenfi.J Prix de la chose qu’on achète, ou ce qu’on est obligé de dépenser pour l'aquerir,pour la construire,ou pour l’entretenir. On dit au Palais, rembourser les frais N locaux coûts ; pour dire, ce qu’il a légitimement coûté pour acheter une chose. COÛTANT,adj. [Pretium commune .] Ce mot ne se dit qu’en cette phrase : Acheter les chojes aux prix coûtant ; c’est-à-dire, au prix ordinaire, ne les point enchérir. COUTEAU, / m. {Culter. J Instrument d’acíer, qui a un manche, qui ne taille que d’un côté, & dont on se sert principalement pour couper du pain & de la viande, & cette sorte de couteau se nomme simplement couteau, ou couteau de table, à la diférence des autres couteaux. Car il y a des couteaux de poche, & des couteaux de boucher. 11 y a des couteaux à pié, qui font des couteaux dont le Cordonnier se sert pour couper le cuir. II y a des couteaux de chaleur, qui sont des espèces de couteaux qui ne coupent pas, &qui servent seulement à abatte la sueur des chevaux. Cf COÙTEAU de chaleur, est un morceau d’une faux à couper l’herbe, & qui est long à peu près d’un pié , large de trois à quatre doigts, mince, & qui, ne coupe que d’un côte. Quand nn cheval a extrêmement chaud, & que le palefrenier lui veut abatte ou faire couler la sueur ; il prend à deux mains le couteau de chaleur, & couche délicatement le côté tranchant fur le cuir du cheval, ordinairement à poil, & rarement à contrepoil. ff COUTEAU de feu, est un morceau de cuivre ou de fer, long à peu près d’un pié, & qui par une de ses extremitez est aplati & Forgé en façon de couteau, aïant le côté du dos épais d’un demi pouce, & l’autre côté cinq à six fois moins épais. Quand le Maréchal a fait rougir le couteau de feu dans fa forge, il apìique la partie la moins épaisse sor la peau du cheval, & donne 1c Feu aux jarrets & aux endroits qui en ont besoin. COUTEAU [Gladiusi] Petite epée de ville qu’on porte seulement pour parade. f COUTEAU pendant. C’est fìg. un homme qui a» compagne toûjours un autre, qui est prêt à le servir en toute ocasion. 4 COUTEAU de chasse. C’est une courte épée qui ne tranche d’ordinaire que d’un côté, pour couper les branches quand on brosse au travers des bois. 4 COUTEAU de Tripière. C’est un couteau qui tranche des deux cotez. On apelle prov. & fig. couteau de Tripière, celui qui dit du bien & du mai d’une même personne. f * Jouer des couteaux. [Nudaregladios.J Se battre tout d’un coup & dans la chaleur à coups d’épée. (J’en fuis, & j’y joiierai comme il faut des couteaux. Scar. D. Japhet, a. j. fc. 4. Je me contente de savoir danser & jouer de la flûte, & quelquefois des couteaux. Abl. Luc. t. 2 . double acufation .) t * lis font à couteaux tirez. [Mutuis jam convitiis inter je digladiantur.J C’est-à-dire , ils font toûjours prêts à se batre, toûjours en querelle. 4 COUTEAU à éjìeurer, ou couteau de rivière. Terme de Chamoifeur & de Mégisser. C’est l’instrument d’acier long & tranchant, avec une poignée à chaque bout, dont ils se servent pour éfleurer les peaux. 4 COUTEAU à parer. Ténue de Relieur. Sorte d’outil d’acier tranchant,qui sert aux Relieurs à parer les peaux destinées pour la couverture des Livres. COUTEAU sourd. C’est l’instrument des Corrdieurs, qu’on nomme autrement boutoir, & dont le tranchant est Fort émoulssé. COUTEAU à revers, ou Esbarnoir. Outil de Cor- róìeur, dont le tranchant est un peu renversé. 4 COUTEAU u do/»'. C’est l’outil d’acier , dont les Gantiers se servent à doler les étaviilons ; c’est-à-dire, à amincir, ou parer les morceaux de peau, 4= cou- 520 COU f COUTEAU à Fondeur. C’est l’instrument avec lequel les Fondeurs donnent le corroi au fable, ou à la terre, dans lesquels ils font leurs moules. H COUTEAU à hacher. C’est l’instrument dont fe fervent les Doreurs, pour faire des hachures fur le cuivre, ou fur le fer, avant de les dorer. ê COUTEAU à rogner. Les Relieurs apellent ainsi un piéce d’acier, ou de fer bien tranchante, qui est attachée au fût de la presse à rogner. £ COUTEAU à mettre en -plomb, couteau à racoutrer. Ce font deux outils de Vitrier. Le premier sert à couper le plomb aux endroits où il doit être soudé ; le second sert à rabattre les ailerons du plomb, lorsque le verre a été placé. H COUTEAU de Fourbiffeurs. C’est l’outil avec lequel ils debitent les feuilles de bois, dont ils font les fourreaux. Les Fourbisseurs ont encore d’autres outils, ou oiselets, qu’ils apellent couteau a tailler, couteau à refendre , couteau à tracer. £ On apelle aussi couteau les instruments tranchans, dont divers Ouvriers fe fervent dans leur travail, & qui font de diférente figure ; comme le grand & le petit touteau des chapeliers ; le couteau à trancher des Menuisiers ; le couteau à mèche des chandeliers ; le couteau à deux manches, ou plane, des Arquebusiers ; \z couteau à debiter des Boulangers, &c. COUTELAS, f. m. [Acinaces.} Sorte d’épée large d'environ deux doigts, qui ne coupe que d’un côté, & qui va presque insensiblement en courbant , & , à ce qu’on croit, le coutelas d’aujourd’hui est une éfpéce de cimeterre, assez semblable à celui dont se servoient les Médes, les Parthes & les Perses, & que les Latins apellent acinacis. COUTELAS. [Vêla minora.'} Terme de Mer. Sorte de petites voiles qui règnent le long de la grande voile, & qui s’apellent aussi bonnettes en étui, parce qu’elles ont la figure d’un étui. COUTELERIE , f f. [Cultrorum ojfîcina.} L’art de faire des couteaux, & le lieu où on les vend. (Les artisans de Moulins font fort experts en coutelerie.) COUTELIER, f m. [Cultrorum faber. } Artisan qui travaille en acier, & qui fait de toutes fortes de couteaux, de ciseaux, de pincettes, de rasoirs, & de fer- remens de Chirurgien. COUTF-LIE'RE, J. f. [Cultrorum theca.} Etui où l’on met ordinairement une demi douzaine de couteaux. (Une coutelière bien faite.) í COUTELINE, f. f. Grosse toile de coton, blanche ou bleue, qui vient des Indes Orientales. COUTER, v. a. II vient du Latin conjlare. Les Italiens disent cojìare. On écrit coûter & coufier , mais on ne prononce pas la lettre f. II lignifie valoir un certain prix, valoir une certaine somme d’argent petite ou grande. Le verbe coûter étant immédiatement suivi d’un verbe, veut après foi la particule à , & ce verbe à l’infinitif. Coûter régit le nom de la personne au datif, & la chose qu’il coûte, à l’acufatif. (Versailles , maison Roïale à trois lieues de Paris, coûte des millions à Louis XIV. mais aussi c’est un Palais enchanté.) COUTER, v. a. Obliger à donner quelque somme pour avoir, & à faire quelque dépense pour aquérir. (11 n’y a point de métier qui ne coûte beaucoup à savoir, mais celui de parasite ne coûte rien &s’il coûte quelque chose, ce n'est pas à celui qui l’aprend , mais à celui qui l’enseigne ; car il s’aprend toujours aux dépens d autrui. Abl. Luc. t. a. dialogue de l'écor. nijìeur. Quand ce n’est que de P or que mes plaisirs mt coûtent, Mes plaisirs ne me coûtent rien. Bens. balet de la nuit, 2 . p.) COÛTER, v. a. Ce mot a quelquefois la même signification que perdre. (II en a coûté le Roïaume au Roi.) COUTER, ®. a. [St are} II signifie quelquefois autant que répandre. (Oúi, Philis , vos vers 0f vos charmes M'ont déja bien coûté des larmes. Voit. Poef.) COÛTER, v. n. Ce mot fe prend aussi quelquefois dans un sens neutre & signifie avoir beaucoup de peine. (La gloire coûts cher à aquerir. Abl. Luc, t. 1 . COU ... , ... ^—. .. hpw ntuìllst, Mais de tout ce qu’on dit dans ì’empire d’amour L’adieu, belle Philis, coûte le plus à dire. ' Sarrazin, Poef. Jamais résolution ne m’a tant coûté à prendre íw, lettre 28.) UH ' 1 * -I 1 ' J- m - Celui T 1 * kait, ou qui vend les toiles apellees coutts. COUTIE'RË, f f. [Funes nautici.} Gros corda- ges dont les mâts d’une galère font soutenus, & qui lui servent de hautbans. 11 y en a cinq à chaque côté del’arbre demestre , & trois au trinquet. Acad. Fr. CÒUTIS,/. m. [Tela fili denstom,} Sorte de gros. se toile, où il y a des barres de couleurs, St dont on fait des tentes & des traversins. LOUTRE, f m. [Aratri culter, dens, dentale.} Fer large de trois bons doigts, & long d’environ deux piés & demi, qui partage la terre quand on laboure avec la charrue. ijf Mais gardons d’enfoncer le contre/à avant, Sans contempler le ciel , fans observer le vent. Ségrais, liv. 1. des Bucoliques. II faut que nos taureaux confidens de nos peinei Gemijfentfous le joug qui déchire nos plaines , Et que plus d’une fois remuant les sablons, Le coutre dérouillé brille dans les valons. Martin, liv. 1. des Georgiq. ÇOûTUME, f. m. [ M os, ufus, confuetudo .] Manière d’agir ordinaire. Une bonne ou méchante coutume. Une agréable coutume. La coutume adoucit les choses les plus rudes,& aprivoise jufqu’aux maux. Abl. Luc. t. 2. (Introduire une coûtume. Abolir une coutume. Des mauvaises coûtumes naissent les bonnes loix.) í COÛTUME, signifie quelquefois les droits & impôts qui sc paient en quelques passages & ailleurs. Lever la coûtume fur le vin , païer la coûtume, &c. COÛTUME. [ Jus municipale , jus antiqui maris} Droit coutumier. Droit municipal. Livre qui contient le droit civil de quelque lieu, de quelque ville, de quelque contrée, de quelque païs. (Une coûtume locale. La coûtume est imprimée de nouveau.) {$ Sous le mot Coutume , on entend, dans les Coutumes de Tours, de Lodunois, & autres, une redevance annuelle de bleds, de vins,à d’autres denrées. Ainsi, prendre héritage en coûtume, c’ejl (dit Ragueau) k pendre à la charge d’une redevance en blé, vin, avoine, gelines, &c. & si l’on manque de la païer pendant trois ans, le Seigneur a droit de reprendre l’héritage. COÛTUMIER, coûtumiere, adj. [Jus non Jcriptum, j-us in more pojìtum.} Terme de Palais. Oui est selon la coûtume des lieux. Qui se régie selon le droit cotói- mier. (Pais coutumier. Droit coutumier. Disposition coutumière. Le droit commun de la France coutumière doit servir de Loi. Patru, plaid. 10.) COÛTUMIER,T m. [Volumen juris moribm constituti} Ce mot se prend pour le livre ou est contenue la coû- tume de quelque lieu particulier, ou les coûtumes de divers lieux. (Ainsi l’on dit le Coutumier de Normandie, &c.) . {§ Dans plusieurs Coûtumes, le terme coutumier elt finonime avec roturier. Voïez Ragueau, [f Mr. Cange, fur les étab/ijfemens de S. Louis, ch. 2?. COÛTUMIER, coutumière, adj. [ Solitus, confuetw} Ce mot se dit quelquefois de ce qui est ordinaire, & qu’on a acoûtumé, mais il n’est pas fort usité en ce sens. (£í mes ppeux éclairez des plus vives lumières. Ne trouvent plus en eux les grâces coutumières. Corn. Polieucte.) Qpelques-uns disent encore. II est coutumier de faire telle choje niais cette façon de parler a vieilli, & n’eit plus en usage. COUTURE, J. f. [Sutura.} Plusieurs points tirez de rang avec l’éguille, & faits avec de la foie, du fil, ou du fil gros, qui servent à joindre ensemble deux morceaux d’étofe, de toile, ou de cuir, &c. (Faire une petite couture. Faire une double couture. Rabatte une couture. Presser les coutures. Feuillet les coutures , terme de Tailleur, c’est passer k carreau fur les coutures.) /i/UT GOU ' COUTURE, s f- C airssutura ; ars suenii. J íl lignifié aulli Faction de coudre, la maniéré de coudre, ç La couture des gands d’Angleterre est plus délicate que celle de Franee. ) COUTURE , s s í Cicatrïx. J Cé mot se dit aulîì des traces & dés cicatrices qui parodient fuir la peau, après que des plates ou dés ulcères Ont été guéris. La petite vérole laisse souvent des coutures fur le visage. * Asiate couture, adv. [Penitùs, ad internecionem. j Ce mot se dit en parlant de bataille, & signifie tout-à- ■fàit. ( Défaire une armée à plate couture. ) COUTURE. [ Sartoris officma. J Terme à’Augustin-, Lieu où l’on fait les habits. COUTURE. Têrme de Plombier. C’est la manière d’accommoder le plomb fur les couvertures des bâtimens , fans y employer de soudure; ce qui se fait en repliant les bouts dés tables de plomb les uns fur les autres, & les attachant ensemble avec des clous. H COUTURE. Termè dé Marine & de Calfat. C’est la distance entre deux bordages d’un vaisseau , qu’on remplit d’étcupes , de mousse & de cassas. On apelle couture ouverte , celle dont le cassas est sorti. COUTURIER, f m. [ Sartor, J'arcinator. J Cè niot lignifie Tailleur. II se dit en quelques Provinces, niais à Paris on ne s’en sert pas : & même on ne dit point, comme le veut Ménage, Un bon Couturier, pour un garçon Tailleur qui coud bien. COUTURIE RE , st f. [ Sarcinatrix. j Celle qui gagne fa vie à coudre lingé ou étofe. ( Uné Couturière en linge. Une Couturière en drap. ) COUVE'E , f. f. [ Incubations, incubitus , ìm- batUi ova. ] Tous lés œufs qu’une poule où autre fé- rnelle d’oiseau couve eh même tems. Tous les petits poulets qui sont éclos presque en même teins , où à quelque peu de jours les uns après les autres. COUVE'E. \_Mala proies, tnalasoboles.'] signifie figurément une mauvaise engence. ( Toute cette couvée ne vaut rien. ) COUVENT , Convent , f m. [_ Canobium , mona- steriùm -, religiosa familia. j On dit & On écrit présentement couvent, & non pas convent , quoiqù’il Vienne du Latin conventùs. C’est une maison de Religieux ou de Religieuses qui ont qui té le monde , & qui vivent saintement ensemble dans un cloître & ne songent qu’à prier Dieu , & à faire leur salut. (Un bon couvent. Un grand ou petit couvent. Un couvent riche, fameux, célébré & bien rente. Entrer dans un couvent. Sortir du couvent. Quiter , abandonner !è couvent. Lés Seigneurs & les Evêques de France mírént par lé consentement du Pape Zacharie en 752. Pépin Maire du Palais fur ie Trône, & Childeric le dernier de leurs Rois fainéans dans un couvent. Mézerai, Hist. dé France, t. 1. Les couvents des Bénédictins, des Bernardins , des Célestins, des Chartreux & des Prémon- trez, font des couvents agréablement sentez. Ainsi on dit le couvent des Chartreux. Le couvent des Bénédictins. ) Quelques femmes donnent aux couvents &à leurs amans : galantes & bien faictrices, elles Ont jusques dans l’enceinte de l’Autel des tribunes & des Oratoires, où elles lisent les billets tendres, & où personne ne voitqu’elles ne prient point Dieu. La Bruyère. ( Ët l’on m’a raconté qu’en un Couvent de filles , Biroat fit un jour un excélent sermon , Mais il étòit trop clair , il ne parut pas bon. Vilî. ) ch COUVENT, se prend aussi póur tous les Religieux ou les Religieuses qui sont dans un même Monastère. ( Ce couvent est bien réglé ; ce couvent a besoin dé réforme ; la moitié de ce couvent est déchaînée contre l’autré. ) COUVER, v. a. [ Ova incubare , fovere. ] Ce mot se dit proprement des poules & des femelles de tous les oiseaux. II signifié être assidûment sur des œufs pour en faire éclore de petits poulets , où dé petits oiseaux. ( La poule, couvé lés œufs. Les oiseaux commencent à couver au printems. t * COUVER. [ Incubare. ] Mettre dés charbons & des cendres chaudes dans un couver, & lé mettre sous foi. ( Presque toutes les harangéres & toutes les pauvres femmes couvent. ) COUVER, v. n. [ Latere, occultarì. J Etre caché. Le feu couve fous la cendre. ) * COUVER, v. a. Tenir caché. ( Couver un dessein. Ils couvent des haines mortelles. Ils couvent quelque maladie. COU 521 COUVERCLE, f m. f Qperculum. J Cè qui couvre Fouverturè de quelque vase ou pot. ( Un couvercle de pot. Un couvercle de marmite bien fait. Son chapeau de Docteur s’aplatit en couvercle. Daiìbrai ^ $ COUVERCLE. On apelle encore ainsi ce qui fermé I ouverture ou la bouche d’un four, quoique cette ouverture soit par devant, & non en haut. . COUVERT , J. m. f Aparatus , brnatm menste. J Toutes les choses dont On couvre uné table lorfqu’on veut manger. Telles sont la nape, lés serviettes, la salière , les couteaux , les fourchetes & les cuiiliers, ( Mettre le couvert. ) COUVERT. Assiette, cuillier, fourchette & serviette qu’on mét fur une table pour une personne. (11 n ’f a plus de couvert pour lùi dans l’Auberge. ) COUVERT. [ Tefíum.J Logement qu’on donne à une personne. (Donner le couvert à quelcun. ) COUVERT. [ Teflum. ] Ï 1 signifié aulsi le toit d’uri bâtiment. ( Le coùvert d’une hale. ) COUVERT. [Opacrn. ] Lieu couvert d’arbres. II n’y a point de couvert dans ce jardin. Àc'ad. Frànç. COUVERT. [ Involucrum. 1 Signifie aussi l’envelope d’un paquet dé lettres. Je lui ai écrit fous le couvert dé FAmbassadeur. On a mis la lettré fous le couvert de» &c. Acad. Fr. ' COUVERT, couverte, àdj. [ TeHus, operius. j Caché- ( La terre étoit couVèrte dé neige. La semence est couverte de terre. ) * COUVERT, couverte, adj. [ Induites, vefiitus. j Qui a sur (bi quelque chose qui le couvre. Qui a quelque habit sur soi. (11 est superbement couvert. Elle est bien couverte. ) COUVERT. {CoopertusC] Qui alson'chape'au sur îa tête. COUVERT. Ombragé. ( Chemin couvert. Pais couvert ; c’est-à-dire, rempli d’àrbres. ) * COUVERT, couverte, adj. [ Tutus, âefensm. j Terme de Guerre. Défendu. Qui est en sûreté. ( Le bastion est couvert d’un ouvrage à corne. L’aîle droitè étoit couverte d’un bois , d’un marais , &c. ) Chemin couvert. C’est Fespace qui est entre le fossé & le glacis. Voïèz Chemin. * COUVERT, couverte. [ InieBus, coopertm , opertus.j Tout plein, tout chargé, tout rempli. (11 étoit couvert de sueur. Abl. Arr. I. 1. c. 5. La rive étoit couverte d’arbres. Vaug. Quint. L 5. ) * COUVERT, couverte. [Asíger-, obscurm. J Ce mot se dit du vin & des liqueurs. Qui n’est pas clair ; qui est chargé de couleur. ( Le vin cûùvert n’est pas si boa que le vin clairet. Un bleu trop couvert.. * COUVERT, couverte [ Obscurm jj Obscur, & que toùt exprès on ne rend pas intelligible. ( Parlêr ést mots couverts. ) COUVERT. [ Telia vèrba. J Mots couverts. Paroles honnêtes qui en font entendre de sales & d’obscures, * Tems couvert, f Tempos núbilum , caliginosum. j C’est-à-dire , obscur & plein de nuages. * A couvert, adv. [ ín tuto. J À l’abri. ( Se mettre à couvert de la pluie. ) * A couvert. En assurance. A l’abri. ( Mettre son bièa à couvert. Pasc. L g. Son honneur est à couvert. Abl, II est seul à couvert des traits de la satire. ÍDespr. fat. muraille crépie. ) CRePí , crépie, adj. Terme de Corroieur. Cuir auquel on a fait venir le grain. ( Cuir crépi. ) CRêPI , s. m. [ Arenatum. J Terme de Maçon . Enduit de mortier ou déplâtré. Enduit de chaux & de gros fable. ( Un crépi de muraille fort bon. ) CRePISSURE , s. f. ou crépissement , s. m. [ Trullis- satio , incrujlatìo. J L’action de crépir. ( La crépissure de cette muraille coûte tant. ) CRE'PON , s. m. [ Pannus bombycinus crispalw. J Sorte d’étofe fort legére qui est faite de la plus fine laine , & dont les hommes & les femmes s’habillent Pété. (Crépon bien crêpé. Crépon blanc, bleu , aurore , feuille morte , noir, verd, violet, &c. CRêPU , crêpu'é, adj. f Crijjpatw. ] Ce mot fe dit des cheveux , & signifie frisé. ( Avoir les cheveux crépus. 11 sc dit de la mousse. La Quintinie , Jardin, fruitiers, t. 1. p. 109. a écrit que la mousse étoit une petite herbe frisée & crépue. CREPUSCULE , f m. ( Crepusculum. ] Petite lueur. Foible clarté dont on jouit lors qu’il ne fait pas encore bien jour, où qu’il n’y a plus de jour. ( Le crépuscule du matin , c’eft la clarté quson voit avant que le soleil soit levé sur l’orison. Le crépuscule du soir, c’est la clarté qu’on voit après le coucher d u soleil. Les Lapons, durant la nuit continuelle où ils fe trouvent l’hiver , ont un crépuscule le matin , & Pautre le soir. ) í CREQUIER , s. m. Prunier sauvage qui croît ea Picardie & en Normandie. La maison de Crequi porte dans ses armes un Crequkr de gueules en champ d’azur. ch CRES, Sortes de toiles de lin, qui se fabriquent à Morlaix en Bretagne & aux environs. $ CRESËAU, s tn. Etofe de laine croisée, qui «st 528 CRE est une espèce de serge croisée à deux envers, couverte de poil des deux cotez. On fait une grande quantité de crescaux en Angleterre. CRESSELLE , s f- Instrument de bois qui fait grand bruit, & dont on se lert au lieu de cloche la semaine sainte pour avertir les fidèles qu’on va célébrer le Service divin, f L’Académíe dit Crécerelle, yicns , Girot , seul ami qui me refte fidèle , Prénom du Jeudi Saint la bruianie creíTelle. Del'pr. CRESSERELLE, s. f. [ Tìnnunculus , cenchris,'] Sorte d’oiscau de rapine , de couleur fauve, seine de taches noires , qui a les grosses plumes des ailes ordinairement noires, le bec bleu, la queue longue, L marquetée de noir , les jambes hautes & jaunes , & ses quatre doigts de même couleur que les jambes. La cresserelle a un cri désagréable. Elle ne se repaît par les champs que de souris, de mulots & de léfards. Elle fait son nid au haut des tours & défend , à ce qu'on dit, les pigeons, des autres oiseaux de rapine. ( Une cresserelle mâle. Une cresserelle femelle. Bell. I. 2. c. 23. ) CRESSON ,s. m. f Nqsturtium aquaticum. 2 forte d’herbe qui croît fur le bord des ruisseaux , des fontaines & autres lieux acatiques , & qu’on mange quelquefois en salade. £ CRESSON. U est bon pour le scorbut & pour purifier le sang. f CRESSON Alenois. On le cultive dans les Jardins, & il a les mêmes vertus. f CRESSON des p rez. [ Najlurtium pratense magno flore. J Cette plante est aperitive propre pour la pierre & pour le scorbut. 4 CRESSON sauvage. [ Iberis. ] Toute la plante a un goût acre comme le cresson. Elle croît contre les vieilles murailles ; on la cultive aussi dans les Jardins. Elle contient beaucoup de sel essentiel & d’huile. Elle est detersive , aperitive , incisive, propre pour le scorbut, pour exciter l’urine&les mois aux femmes. On se sert de sa racine pour la douleur des dents. CRESSON. Sorte de fleur double panachée, tirant fur le violet. ( II y a diverses sortes de cresson de jardin. ) f CRESSONIERE .ff. Lieu ou croît le cresson. - f CRET , f. m. On apelle ainsi une hauteur, le sommet d’une montagne fort élevée. Le crêt de Montabon & le crêt de Montmoron forment le passage étroit, qu’on apelle le pas de Suse. CRETE, f f. [ Chrijla apex. J Chair rouge qui vient sur la tète des coqs, des coqs d’Inde, des poules. ( Les crêtes de coq bien assaisonnées font bonnes dans les ragoûts. f CRêTE. [ Caput. J Aïot burlesque , pour dire, la tète. ( 11 reçût un coup de mousquet , comme il vouloir lever la crête. S. Amant. ) CRéTE de casque, * CRêTE de moru'è. Certain morceau de morue de dessus le dos. * CRêTE. f Cumulus, ] Terme de Marchand de blé de dessus les ports de Paris. C’est un tas de blé qui est dans un bateau , & qui est élevé en forme piramidale. ( Mettre le blé en crête. ) î CRêTE. Orì apelle ainsi le haut d’un fossé , qui sépare deux champs, On dit monter fur la crête d’un fossés CRêTE- [ 'Superbia , artogantìa. J Au figuré, signifie orgueil, superbe, vanité. ( Cet homme levé bien la crête.) CRêTE de coq. Terme d’Anatomie. Eminence de l’os ethmoïde qui avance dans la cavité du crâne , & à laquelle est atachée une partie de la dure-niére. CRêTE de coq. [ Crissa galli. J Plante dont la racine est petite & blanche, & la tige' menue & droite, haute d’un pié. CRêTE marine. [' Cïithnìum. J Plante qu’on apelle autrement herbe de Saint Pierre. CRETE', E'E , adj. [ Çhrijlatus. J Terme de Blason , qui se dit de ce qui est sur la tête d’un coq d’une autre couleur que le corps entier. CRETIEN. Voïez Chrétien. î CRETONNE , s. f. Sorte de toile blanche, qui se fabrique du côté, de Lizieux en Normandie. Les cretonnes ont la chaîne de chanvre & la trême de lin. CREU, creué , part, Votez crû. à CRE CREVASSE , s. f. Sorte de petit ulcère qui la main en forme de fente. vient CREVASSE. Maladie puante qui vient au pli Que le cheval a naturellement aux paturons. H í CREVASSE , signifie aussi, une ouverture. un e fente, la séparation des parties de quelque corps solide Les crevasses d’un mur, les crevasses de la terre, & c ’ Se crevasser , v. r. Rimas agere , hiare. ] Se fendre s’entr’ouvrir. ’ ( Le navire comblé de morts U de mourant S’entr’ouvre £cf se crevasse .... ’ Brebeuf, Pharlale, 1 . 3, ) CREVE-COEUR ,s m. [ Cordolium , dolor, à ror acerbrn. ] Déplaisir. Dépit extrême qui acable lë cœur. ( Quel creve-cœur est-ce à un honnnête homme de subir l’examen d’un sot ? Abl. Luc , t. 1. fl au J ra un terrible crève cœur quand il saura que sa femme lui plante des cornes. Abl. Luc. t. %. ) CREVE'- Voïez plus bas. CREVER , V. a. [ Rumpere , disrumpere, per. for are. J Percer. ( Crever le ventre , crever les yeux crever un pâté. ) ’ * CREVER un cheval. C’est le tant fatigues qu’on le fasse mourir. CREVER , v. n. [ Interïre , périre. ] Ce mot est quelquefois satirique lors qu’il fe dit en colère, & il ne sc dit même que des personnes. II lignifie mourir com- me un coquin & comme un misérable. * CREVER de dépit, s Dolore disrumpi. ] C’est avoir beaucoup de dépit. Le misérable crève de dépit de voir que son ouvrage ne réussit pas. ) * CREVER de honte N de dépit. C’est avoir beaucoup de dépit & de chagrin de la honte qu’on a reçue. Faire crever de dépit , c’est donner beaucoup de fâcherie. Crever de rire , c’est rire beaucoup. * Cela vous crève. [ Isa patent. ] C’est-à-dire, cela est tous devant vos yeux. * Les faletez y crèvent les yeux. C’est-à-dire, tout y est plein de faletez. Les faletez y fautent aux yeux, on les volt par tout. f * II crève. C’est-à-dire , il meurt. 11 es crevé, c’est-à-dire, il est mort. t * CREVER , C Ingurgitare , redundare. ] Faire trop manger. Causer du mal à force de trop manger. ( Si vous lui donnez à manger davantage , vous le crèverez. CREVER , v. n. [ Rumpi, disrumpi ] Terme de Fleuriste. II se dit des œillets & de leur étui, lors que la quantité des feuilles les fait ouvrir & éclater. (II est difìcile d’avoir de beaux œillets, & de les empêcher de crever. Culture des fleurs , ch. 4. ) •t CREVER , le dit aussi de tout ce qui s’ouvre & se rotnpt par un effort violent. Le canon, la bombe, la grenade , le fusil a crevc. CREVER de biens. C’est fig. regorger de biens. Ce Prélat creve de biens & d’orgueil. Se crever , v. n. f Disrumpi. J Se percer de foi-fflê- me. ( Pâté qui s’est crevé au four. ) * Se crever. [ Ingurgitare se cìbis. ] .Manger trop. Manger jusques à nuire à fa santé , à se faire, mal. ( II se créva à force de manger. Elles passent à une table couverte de toute forte de mets ; où elles se crèvent d’abord. Abl. Luc. t. 2.) * II s’est crevé à force de travailler. [ Perire. ] C eit- à-dire il s’est tué , il s’est fait mourir. *La vague se crève. God. Poês. C’est-à-dire , se brise. J * Se crever de rire. [ Risu dissohere Hias Abl. C eit- à-dire : rire fort. CREVE', crevée , adj, s Disruptus. ] Pâte creve. CREVE', f m. [ Vorax , gulosus. ] Grand mangeur. Goulu. Sorte de goinfre & de gourmand. (Ceitun gros crevé.) . CREUSER , v. a. [ Calvare, fodere J Faire profond. Faire creux. ( Creuser un port Abl. Arr. I. 7- r' dire creuser des puits. Abl. ret. ) r * Quand on est vieux & qu’on se marie, on creuie fa fosse. , , CREUSER , v. a. [ Penetrare, perscrutari. J Signme pénétrer dans le fonds d’une fience, d’une aiaiie, ce mot ne se dit qifau figuré. ( Les modernes ont creuse plus avant que lés anciens dans les siences , qu°i- qu’en dise Monsieur Despreaux. ) , fC L’usage du niot creuser a fait naître une P * tite querelle entre le P. Bouhours & l’Autem CRE siime des Réflexions fur la langue Françoise, tome i. s°- Le premier prétend que l’usage autorise cette locution, creuser une matière. L’anonime soutient tjuc creuser, au figuré , n’est point actif, & qu’il faut dire, creuser dam , &c, Le P. Bouhours a dit dans la maniéré de bien penser : Je vous J'çai bon gré, de faire honneur à Monsieur de Saint Evremont ; ce que nous avons de lui , marque un beau génie , qui creuse £ç? qui égaie toutes les matières qu’il traite ; & il soutient , que les personnes du monde , & fur tout les gens qui ont de la pénétration , disent tous les jours : llfaut creuser cela : C’ejì une asaire que je veux creuser. L’anonirae soutient le contraire, & dit que l’on ne peut pas dire, par exemple, que les modernes ont plm creu- sé la Phijìque que les anciens s mais que l’on peut dire, que les modernes ont creusé plus avant que les anciens dans la Phstque. S’il me convenoit de prendre un parti entre ces deux Auteurs, je dirois , que dans le sens figuré creuser une Jience , x-f creuser bien avant dans une pence , font la même chose, & forment une même idée; ainsi on peut dire i’un & l’autresanspecher. CREUSET , s m. [ Catillus, catimus. ] Vase de terre grasse qui est en forme de piramide , & qui sert aux Orfèvres pour fondre i’or& l’argent. (f CREUSET. Terme de Monoie & de Chimie . G’eit un vaisseau de terre fait en maniéré de piramide ou de cône renversé, & qui est composé de terre glaise & dé pots de grès pilez. II y a des creusets de fer, qui sont faits comme de petits seaux fans anse : ce fer est forgé , & l’on ne doit point y fondre l’or , parce qu’il s’aigriroit. CREUX, creuse, adj. [ Altm prosundus. J Profond. ( Fossé fort creux. Fosse creuse. ) * CREUX , creuse, adj. f Vacuus intàs N inanis. ] Vuide. ( avoir le ventre creux. ) 4 CREUX , creuse , adj. Terme de Manufatture. On apeile Draps creux les Draps qui ont été mal fabriquez , & qui font trop lâches. * Discours creux & vuide de sens Viande creuse-, f Le* vis cibus. ] Ces deux derniers mots font burlesques, pour dire, un régal de violons, musique, harmonie, &c. On dit aussi , des songes creux, des imaginations creuses, c’est-à-dire , vaines & chimériques. ( Esprits Creux , cerveau creux. ) CREUX , f m. [ Cavus , cavinn. ] Profondeur. Petite profondeur. Chose creuse. ( II est tombé dans Un creux , d’où il a eu peine de se tirer. Le creux de la main. ) * CREUX. Fond. ( Je ne puis arracher du creux de ma cervelle, Que des vers plus forcez que ceux de la pucelle. Despr. fat. 7. ) H CREUX d’un vaisseau C’est la hauteur qu’il y a depuis le dessous du premier pont jusques fur la quille, ou la distance qui est entre les beaux & les varangues. A CREUX d’une voile. C’est son sein , où elle reçoit & enferme le vent. CREUX, [Imavox, gravis, j Terme de Musicien. Voix qui descend fort bas. (Ce Musicien a un beau creux, Ne vous étonnez pas Jì mon creux efl profond, Etjìma voix descend jusqu’ à la double 0 slave. ) CREUX. Typus, forma. 3 Terme de Fondeur. C’eft un moule dans lequel ils jettent leur figure, & leur autres ouvrages. f CREUXER, ou Kretex, C’est en Allemagne une monoie courante, & en même tems une monoie de compte, CRI, s m. [Clamer. J Voix haute & élevée d’une ou de plusieurs personnes. ( Un grand cri, un cri aigu , perçant. Un grand peuple, Seigneur, dont cette Cour est pleine-, Par des cris redoublez demande à voir la Reine „ Corn. Pomp. à 3. sc. y. Un cri de joie. Jetter des cris. Abl. Air, l. 1. Redoubler ses cris. Abl. Arr. L 1. c. 9. ) CRI de personnes qui portent vendre par la ville. [ 7 ?e- rum venalium praconium. J Les cris de Paris. Qu} frape P air, bon Dieu, de ces lugubres cris, Eji-ce donc pour veiller qilùn se couche à Paris ? Despr. ) * CRI. [ Clamer, querela.j} Ce mot se dit des plaintes & d’une voix plaintive, quoi que basse , par la. CRI 529 quelle on témoigné l’afliction qu’on ressent, & i’opres- sion qu’on soufre. Un bon Prince ne doit pas fermer l’oreille aux cris & aux plaintes de son peuple. Pousser des cris. Arn. Joseph . Sois sensible à mes pleurs , sacré Maître du monde, Qu’aux cris d’un malheureux ta clémence réponde. ) {$ Ce terme a un singulier & un pluriel -: mais quand il s’agit des pleurs & des cris de tout un Peuple qui soufre depuis long-tems, peut on dire comme Mr. Racine dans Ion. EJìher, ail. use, 1. — Le jour aproche, où le Dieu des armées Va de son brus puissant faire éclater Papui , Et le cri de son peuple eji monté jusqu’a lui , CRI. [ Clamer. ] Ce mot se dit aussi des animaux: en général le cri des enfans, le cri naturel de chaque animal. ( On dit aussi le cri des chasseurs , qui est de plusieurs sortes selon la chasse qu’ils font. ) f On dit, chajjèr à cor à cri, c’est-à-dire, chat fer à grand bruit avec le cor & les chiens. ê Chercher quelcun a cor [s cri, c’est fig» le chercher avec beaucoup d’empressement, CRI public. [ Principis edifíum publicè pronunciatum , promulgatio auéiore Magijìratu. 3 C’est ce qu’on publie à son de trompe par ordre de Justice. ( On a fait défense fur le Parnasse à cri public à tous céux qui voudront parler bon François, de lire jamais aucun ouvrage de NN. parce que ces ouvrages font écrits d’un air gaulois & barbare & fans politesse. ) * CRI. [ Alalagmw géntìlìtiw. j Terme de Blason » Ce sont certains mots qui servent de devise ou de signal, & que les soldats crioient à la guerre. ( L’ancien cri des Rois de France , étoit Mont-joie Saint Denis. ) ff Quoique le cri de guerre ne soit plus en usage , je ne puis m’empêcher d’en dire deux mots. Le cri étoit autrefois une prérogative attachée aux familles illustres , & qui en marquoit la noblesse & l’ancienneté : elle passoit aux aînez avec le nom & les armes. C’est une règle deLoifel, liv. 4. tit. 3 . art. 64. Et st doit P aîné avoir le nom , le crifst les armes.. Les Coûtu- mesde Troïes & deChàlons ordonnent la nrême chose en faveur de l’aîné. Mr. Du Gange a fait deux amples dissertations fur le cri d’armes , où il a épuisé la matière; il en donne !a définition dans l’onzième en ces termes : „ Le Cri d’armes n’est autre chose qu’u» ,, ne clameur conçûë en deux ou trois paroles , pro- „ noncáes au commencement ou au fort d u combat & ,, de la mêlée , par un. chef, ou par tous les soldats „ ensemble , suivant les rencontres & les ocasions Mais cette définition n’explique que le cri d’armes ; c’est-à-dire, celui que l’on faisoit clans les combats pour animer, ou pour ralìerles soldats ; & l’on se sor» voitduméme cri dans les tournois, où ies Hérauts annonçoient ceux qui arïivoient, en disant à haute voix leur nom, leurs armes & leur cri , comme iîest expliqué dans ies Ordonnances des Tournois de René d’Anjou, Roi de Sicile': Et adonc crieront ceux qui porteront les bannières, avec les serviteurs à pied U à cheval, les cris chacun de leurs maîtres tournoians. Les Rois, les Princes, & tous les grands Seigneurs, avoient leurs cris , mais il faloit avoir droit de lever bannière, pour avoir un cri afecté, comme Mr. Duchesse l’a remarqué, dans son Histoire de Vergy, liv- 1. ch. 3. 11 y a eu ( dit-il ) divers cris de guerre, lestiez entre les Chevaliers U autres plus grands Seigneurs portant bannière, Le cri de nos Rois a été, Mont-joye Saint Denis : mais on ne convient pas de í’origine de ce cri ; j’en parlerai peut-être en son lieu : cependant ceux qui voudront en être informez , peuvent voir Mr. Du Cange dans fa dissertation sur Joinville ; & le P. Menestrier , traité de l’origine des orneMens des armoiries. Ménage a raporté dans son Histoire de Sablé, liv. 1. ch, 1. les cris des François, & dë quelques autres nations. François crie Mont-joye , D’ Normanì Dex-aye. Flamant crie Ara ; N Angevin rallie , Et licuers Thilbaut, Chartre fs Passavant crie, CRIAILLER , v. n. f Ciamitare. ] Ne faire que crier & mener d u bruit. (C’eft une sotte femme , elle criaille perpétuellement. CRIA.ILLERÎE , f. f. [ Clamatio , quìritatìo. 3 Cris de personne qui querelle, qui criaille, qui méne du bruit. Cris de gens qui élèvent fort leur voix & qui Font une forte de bruit résonnant & retentissant. ( Socrate ne se soucioit pas des criai! leries de Xantipe fa Tojn, 1 . ' Xxx - femme 530 CRI femme. Abl. apnpht. Les criailleries du barreau. Abl. Luc. t. 2. On n’entendit plus que des criailleries con- fuses. ") CRIAILLE UR , s. m. [ C/amator, clamosut. ] Qui criaille. ( C’est un grand criailleur. ) CRIAILLEUSE, s. f- [ Oblatratnx. j Celle qui criail le. ç C’est une criailleuse infuportable. ) f CRIARD , f ™- L Clamosm. J Prononcez criar. Ce mot est tout-à-fait bas ; pour dire, un petit garçon qui romtlatête à force de crier. (C’est un petit criard.) CRIARD , f m. [Clamator, obíatrator. J Celui qui crie le plus & qui fait le plus de bruit dans quelque compagnie. ( Un franc criard. Les plus grands criards ont le plus d’avantage dans leur assemblée. Abl. Luc. t. 2. Le gros & dur N. est le plus terrible criard de... & pour le faire taire , il lui faut un bon repas. ) CRIARDE , s. f. [ Oblatratrix. J Celle qui crie & qui fait d u bruit. ( C’est une criarde que cette femme- là. On le dit d’une petite fille qui crie souvent ; mais dans l’un & l’autre sens, criarde est bas. On apelle dettes criardes. [ Clamofa débita. ] Les petites sommes qu’oii doit aux marchands & aux arti- íhns pour de menues fournitures, parce que ces créanciers font du bruit & viennent importuner leurs débiteurs par leurs cris & par leurs plaintes. f CRIARDES- On donne ce nom à certaines toiles extrément gommées , dont les femmes font des ef- peces de jupons. Ces toiles font un bruit > ou sorte de cri, lorsque les femmes qui en portent sont obligées de se remuer. î- On apelle oiseaux criards, ceux qui crient souvent. La corneille est un oiseau criard. CRIBLE , J'tn. [ Cribrum. J Instrument composé d’un bois large de quatre ou cinq doigts , plié en rond avec un fond de peau tannée & percée de plusieurs petits trous près à près , dont on fe sort ordinairement pour cribler le grain & en séparer les ordures. Cette forte de crible i'e tient à la main. II y en a qu’on suspend avec des cordes. II y a auffi des cribles a pié au haut defquels on verso du blé dans une petite auge & d’où le blé coulant fur plusieurs rangs de fil d’archal, la poussière, l’yvraie & le blé le plus mince passent au travers des fils d’archal, & ainsi le blé sc nétéïe & s’évente. On dit d’une chose qui a plusieurs trous , qu’elle est percée comme un crible. f On dit aussi d’un homme qui a reçu plusieurs blessures dans le corps , qu’il est percé comme un crible. On dit encore un homme criblé de coups. CRIBLER , v. a. [ Cribrare. J Passer du grain au travers du crible. ( Cribler du blé. ) + * CRIBLER. [ Probare , explorare , perferutari , sxcutere. ] Choisir. (Je crible mes raisons pour en faire un bon choix. Reg. fat. 4. ) CRIBLER.Terme de Marine. Qui se dit d’un vais. seau qui est percé & en danger de couler à fond. CRIBLER , veut dire encore, prendre toute la meilleure partie d’un négoce ou d’une ferme. CRIBI.EUR-_/h«. [Crl/nuri/n agitai or f Celui qui crible. CRIBLEUX. s Os Cribrarium. -J Terme à’Anatomie. C’est un petit os qui est au haut du nez, percé comme un crible , pour laisser passer plusieurs petits fibres qui viennent des productions mammiliairês. CRIBLURES, s s. [ Excretum. ] Ce qui a passé au travers du crible en criblant. Lescriblures du grain font bonnes pour les poules. ) CRIBRATION , s f- l Cribraria excujjìo. ] En Latin cribratio. Prononcez crìbracion. Terme de Pharmacie. C’est une séparation qui se fait des parties les plus déliées des médicamens , tant secs qu’humides , ou oléagineux , d’avec celles qui sont les plus grossières. ( La cribration se fait au travers des tamis , ou des cribles. ) CRIC , f m - C Machina tollendù ponderibus. ] Instrument pour lever toutes sortes de fardeaux. t CRIC U croc. f Crepitus , Jlridor , fragor. J Sorte d’adverbe , qui réprésente le bruit que font les verres pleins de vin lors qu’on les choque en buvant à la santé les uns des autres. MaJJ'e, tope , cric U croc S. Amant. ì t CRICOARYTENOIDIEN, adj. Terme d’A- xatomie. On le dit de deux paires de muscles , dont ì’usege est de dilater le cartilage arytinoïde. í CRIC 01 DE, adj. Terme à’Anatomie. On donne ce nom à un des cartilages du larinx, qui est rond comme. un anneau. CRI ï CRICOTHYROIDIEN, adj. Les Anatomistes aM i sent ainsi deux muscles propres du larinx. H , ÇRI£ [Audio. J Terme de Palan Pu bheatron farte a diverses fois & dans les formes T Justice , de quelques biens immeubles saisis & exnnso, en vente au plus ofrant & dernier enchérisseur Aw tre une terre en criée. Faire les criées.) ' ^ CRIER , v. a. [ Clamare , clamorem edere ] Pousser un son de voix haut , & qui se fasse entendre Dire tout haut. (Crier comme un perdu. Voit. Poef Crier à pleine tête. Abl. Crier liberté. Voit. Pois Crier au meurtre. Abl. Que sert à Trissotin la raison qui lui crie, n’ecns plus. Despr. fat. g. Crier au feu, auxar mes ; crier a raide , au secours ; crier à pleine tête crier connue un aveugle qui a perdu son bâton. U crie avant qu’on l’écorche j c’est-à-dire , avant qu’il fente du mal. On crie , Vive le Roi. On crie, le Roi boit le jour des Rois. ’ L’un miaule en grondant comme un tigre en furie L’autre roule sa voix comme un enfant qui crie. * Despr. en parlant de chats. ) CRIER. [ Publicare , promulgare , edicere, aA. nari. ] Publier. Proclamera haute voix. ( Crier à trois briefs jour. ) í CRIER, signifie aussi proclamer en public, soit pour vendre une chose , soit pour retrouver ce qu’on a perdu. On dit, crier du vin, crier du fruit, crier des petits pâtez. Faire crier un enfant qui est perdu. CRIER. [ Clamitare, vociserari, objurgare. ] Criailler. Faire du bruit. Demander tout haut. ( On crie on vous ménace. Defp.fat. s. Elle crie toujours après’ quelcun. Star. Cela crie vengeance contre les fem. mes. Mol. íf CRIER vengeance , est du bas stile. Mr. de Cor. neille a dit dans son Heraclius. Et ne point écouter le sang de mes parem , Qui ne crie en mon caur que la mort des tirant Mais je ne crois pas qu’en cela on puisse l’imiter. CRIER. [Stridere , crepare. J Ce mot se dit auffi des choses inanimées. ( Une roue fleuve qui n’est point graissée , crie quand elle tourne. ) CRIER. [ Latrare. ] Ce mot se dit des chiens de chasse , & signifie aboïer en chassant. H Plumer la poule fans crier. C’est exiger fans bruit & fans éclat, des choses qui ne sont pas dué's. II soit bien ses afaires dans cet emploi, il fart plumer la poule fans crier. CRIERIE , f f. [ Clamitatio , qurritatio. ] II ne fe dit d’ordinaire qu’au pluriel , & même dans le langage le plus simple. ( Le soleil voulant sc marier, les grenouilles firent de grands cris, Jupiter émû de leurs crieries importunes , leur demanda le sujet de leurs plaintes. On dit aussi, je fuis las de ces crieries. ) ÇRIEUR, f m. [ Prteco. ] Sergent crieur qui après le son de trompette prononce à haute voix ce qu’on veut faire savoir au public, & à tous en particulier. CRIEUR. Juré crieur. C’est celui qui crie les vins dans la ville & dans les fauxbourgs de Paris, qui crie les enfàns-égarez , qui fournit tout ce qui est nécessaire pour les funérailles, comme habits , draps, tentures, & qui porte ou envoie les billets d’enterrement par un scníonneur à ceux à qui on en doit porter. CRIEUSE de vieux chapeaux , f. f. Femme qui va par les rues de Paris, criant vieux chapeaux, & qui uchéte de toutes sortes de vieilles bardes & de chaussures. CRIME , f m. [ Crimen, fcelus. ] Ce mot ne fe dit que des personnes. II signifie une faute qui mérite punition. Faute énorme. Péché. ( Un crime capital, un crime horrible, un crime odieux, afreux, épouven- table , digne de mort , détestable , &c. Les grands crimes ont des dégrez aussi-bien que les vertus. II n est point de douleur plus sensible que d’avoirfait un grand crime inutilement. Décharge-moi du poids du péché qui m’oprime, S’il fe faut acufer , je reconnois mon crime, Et mon crime ef trop grand pour me laijfer en pux. Char. Poéfi Une belle femme acufée d’adultére disert à ses Juges: Et vous qui tempérez lafevére Tbétnis, Pourez-vous vous résoudre à châtier un crime. Que la plupart de vous voudrait avoir commis. Poète anonyme. ) CRIME, CRI CRIME de lése-majesté. [ Crimen Use majestatis. j C’est-à-dire, crime qu’on a fait contre le Souverain. Crime de lése-majestédivine U humaine , c’est un crime contre Dieu & contre le Souverain. Crime de lése-majesté d’amour mots burlesques , pour dire, une faute qui mérite d’être punie de l’amour. Crime de lése-sa- culté ; mots burlesques , pour dire , une faute contre la faculté de Médecine. ^ Paire un crime à quelcun de quelque chose. C’est lui imputer à crime. Faut-il faire un crime à cet Auteur de dire la vérité. Les Grands font un crime de tout ce qui ne flatte pas leur orgueil. (3 CRIMINALISER, Rendre criminel, acuser •quelcun d’un crime. Mr.le Duc de Rohan s’est servi de ce mot dans ses Mémoires : mais Ménage reconnoit qu’il n’est point en usage, tom. r. des Objer. p. 492. ^ CRIMINALISER, ne fe dit qu’en termes de Pratique, lors-que d’un procez civil on en fait un criminel. On dit, cr’múnalij'er une afaire. Acad. Fr. CRIMINEL , f m. [ Reus. ] Celui qui a fait un crime , celui qui a commis une faute. Transférer un criminel, exécuter un criminel. ( Ravaillac étoit criminel de lése-majesté. Et n’allez point , pour fuir la raison qui vous prejse , Donner le nom d’amour au trouble inanimé , (Jifau cœur d’un criminel la peur seule a formé. Defpr. ) Le grand , le petit criminel. £ Rerum capitalium , re~ rum criminaìium levìorum, tribunal. 3 Terme de Palais. C’est le criminel qui fe poursuit civilement. CRIMINEL, criminelle, adj. [ Criminalk , sons , notent. \ Ce mot fe dit des personnes L descbofes, Qui a commis un crime. Qui a fait quelque faute. Blâmable , condannable. ( II est criminel, elle est criminelle ,, fa conduite est criminelle devant Dieu & devant les hommes. Abl. Rien ne peut régler de nos désirs la pente criminelle. L’Abe' Testu. * CRIMINELLEMENT , adv. [ Criminaliter, rigide , mpitaliter. ] Rigoureusement & d’une maniéré un peu levére. ( Juger criminellement de faction d’une personne. ) Or. dit auflì en terme de Palais , poursuivre une afaire criminellement. CRIN , f m. [ Juba. J Tous les grands poils quì servent d’ornement au cheval. (Crin délié, épais, frisé.) ■f CRIN. On apelle auflì crin , les longs poils qui te trouvent vers le bout de la queue des beuts & des vaches. On le mêle avec le crin de cheval & on l’em- ploïe aux mêmes usages, quoiqu’il soit moins estimé. £ Prendre au crin , c’est-à-dire, prendre quelcun aux cheveux. Se prendre au crin, fe dit de deux hommes qui fe prennent aux cheveux. CRIN d’archet L PleHrurn. J Terme de Lutìer. Crin qu’on frote avec de la colofane, & dont on fe sert pour faire raisonner quelques ìnstrumens de musique , comme viole, violons, &c. CRINIER , f m. f Qui jubas ap’tat. ] Artisan quì acommode le crin , & le met en état d’être emploie par les Selliers , Tapissiers & Bourreliers. CRINÍE'RE , f f t J uìya 3 lous les crins qui font fur le haut & le long du cou, & entre les deux oreilles du cheval. Tout le grand poil qui couvre le corps du lion. La crinière de ce cheval est fort belle. Lorsque le lion rugit, sa crinière a quelque chose de fort afreux. CRINIE'RE , se dit aussi quelquefois des cheveux ou des perruques. Fille Je co’éfe volontiers -, D’amoureux à longue crinière. La Font. ) CRINIE'RE. fjubajiragulum. J Toile ou treillis quì acompagne le caparacon, & qui couvre le cou & la tête du cheval qui est à i’écurie. CRINON, J'- m. [ Comedo. ] Petit vers qui vient fous la peau des enfans, & qui est en forme de cheveu court ou de foie de sanglier. Acad. Fr. CRIOLE , f m. Terme de Relation , Nom que les Espagnols donnent à leurs enfans qui font nez aux Indes. Acad. Franç. $ CRIQUE, f.s. Les Marins apellent ainsi une espèce de petit port, fait fans aucun art, le long de la côte ; ou les petits bâtimens trouvent retraite pendant la tempête. t CRIQUET, f m. [ Mannulw. ] Sorte de petit cheval. (11 étoit fur un criquet afléz joli. CRI 53 £ CRISE , f. m. [ Crisis , criticus dier.J Terme da Médecine. Le mot de crise , signifie proprement Jugement. Mais parmi les Médecins , on le prend pouc un changement soudain qui arrive dans les maladies , & même on le prend d’ordinaire en bonne part , & l’on peut dire que la crise n’est qu’un prompt & salutaire éfort de la nature contre la maladie, suivi de quelque évacuation favorable. Une crise imparfaite. * Je ne fai quelle humeur maîtrise nos voloníez & est la crise de nos passions. Théo. Po’ës. £ On dit fig. qu ’une afaire est dans fa crise , c’est-à- dire , qu’elle est fur le point d’être décidée. CRISOCOLLE, s s Pierre précieuse que Pline apelle Amphitane. CRISOCOLLE. Liaison ou soudure de for, & des autres métaux. CR 1 SOCOME, s s Plante qui est une efpece d’ Immortelle. CRISOGONUM , s m. Plante qui croît parmi les hiez, & qui est de la hauteur d’une coudée. CRISOLITE , s s [ Crysolithus . ] Pierre précieuse & transparente de couleur d ’ot mêlée de verd. CRISSER , v. a. [Stridere.J Se dit proprement des dens , quand elles font un bruit aigre , lors qu’on les ferre & grince fortement. CRISTAL , f. m. f Cryflallus , crystallum. ] 11 vient du Grec , & il fait au pluriel cristaux. Le cristal est une efpece de pierre transparente qui fe forme dans les entrailles de la terre. Matière transparente & fragile. ( Un beau cristal , une tasse de cristal, ui* verre de cristal, cristal de roche, ) CRISTAL, f. m. Ce mot fe dit aussi du verre fort clair, & fort net qui fe fait dans les verreries. (Cristal de Venise. Verre de cristal. ) CRISTAL de montre , Petit verre sur le cadran de la montre de poche. CRISTAL, minerai. C’est un. composé de salpêtre bien purifié & de fleurs de soufre. CRISTAL de tartre. C’est du tartre purifié & réduit en cristaux. CRISTAL. Z Aqua limpida. ] Ce mot , en poésie, signifie eau fort claire de quelque ruisseau , de quelque fontaine, &c. ( Le mobile cristal des eaux. God. poes. 1. partie églogue 5. Dans le cristal d’une fontaine un cerf fe miroit autrefois. La fontaine-, sables >• l. 9. ) CRISTALIN , f m. f Humor crystdilinw. J Humeur cristaline. Terme $ Anatomie. Corps mou & transi, parent de Pœil. Voïez Barlolin -, /. 3. c. 8- $ CRISTALIN , J', m. Efpece de verre , que l’oa fait avec de la soude d’AIicant & du fablon vitrifiez ensemble. On s’en sert pour faire les émaux clairs. CRISTALIN, cristaline , adj. [ Cryjlallmw, ] Transi parent comme du cristal. (Ciel cristalin. Humeur cristaline. ) CRISTALISER , i>. a. Terme de Chimie, Réduire en cristaux. On dit aussi, crstalisation. [ Congelare , congelatìo. CRISTAlisATÌON. Terme de Gabelle. C’est l’é- paiffissement de Peau marine -, soit dans les marais falans , soit dans les cuves, chaudières & plombs ob l’on fait le sel. CRISTlANÏSME- Voïez Christianisme . CRISTÓFLE- Voïez Cbrstophk. CRITIQUE , s ----- C Criticus, censor. ] Qui juge des fautes d’autrui , qui les examiné , qui lès fait voir. Fâcheux qui trouve à redire à tout. ( Caslelvetro étoit un savant critique. Un boutu critique. ) CRITIQUE , f. f. [ Censura, J jugement du Critique sur quelque ouvrage. Observations qui découvrent les défauts de quelques ouvrages d’efprit. La critique de Scaliger n’est pas toujours sûre. Le R. P. Simon a fait la critique de l’Ancien & du Nouveau Testament. CRITIQUE, adj. ZM-olestus censor. J Qui juge, qui examine les défauts, qui reprend , qui "trouve à dire, Fâcheux. ( Esprit critique. Humeur critique. Je ne sauroUsousrir qtéun cagot de critique , Vienne ujurper céans un pouvoir ïirânnique. Mol. ) CRITIQUE, ®. a. fDies àrïtici.J Terme de Médecin, Qui se dit des jours où fe fait la crise, (jour critique.) CRITIQUER, v. a, f Scripta virgulà censoriâ notare , reprehendere , carpere. ] Examiner quelque ouvrage, Reprendre , trouver à dire. ( II critique tout, mais pour son malheur, il critique mal. Tom. J, Xxr 2 Per* 532 CRO Personne ne lit pour aprendre , On ne lit que pour critiquer. Desh. ) f Critìqueur, s. m. [ Censor. ] Celui qui critique, qui trouve à redire. ( Tous ces grands critiqueurs ne font pas toujours ceux qui font le mieux. ) CROACEMENT, croassement, s. m. [ CrocitmJ Le cri naturel du corbeau. r .. CROACER, croasser , v. n. [ Croche. J Ce mot le eut proprement des corbeaux , & lignifie le cri naturel du corbeau , par lequel il est distingué des autres oiseaux. (Un corbeau devant moi croace. Théo. potj. 2 .) f * CROACER. [ Clamitare , crocitare. 2 Criailler, crier. ( Sì-tèt que d’Apollon un génie injpiré , ^ Trouve loin du vulgaire un chemin ignore , Ses rivaux obscurcis autour de lui croassent. Despr.) fsi Régnier animé contre les mauvais Poètes , a dit, en s’adressant au Comte Cramai!. Venge cette querelle , £ 5 ? jusement sépare Du cygne d’Apollon la corneille barbare , Qui croassant par tout d’un orgueil effronté. ÁV couche de rien moins que d’immortalité. Et Mr. de Ségrais, egl. 2 . Du haut de ce vieux chine un corbeau croassant. CROATE ,s m. Voïez Cravate. CROC, f >». [ Uncus. ] Morceau de fer à plusieurs branches qu’on attache au plancher d’une cuisine, & où l’on acroche la viande de boucherie & autre ( Met- tie de la viande au croc. Un croc bien garni. ) CROC. [ Hamas, uncìnus. 3 Harpon, ou main de fer. ( Enfin fous mille crocs la maison abîmée , Entraîne aujjî le feu qui se perd en fumée. Despr. ) CROC. [ Harpago , hama 3 Perche de Batelier de neuf ou dix piés, au bout de laquelle il y a une pointe de fer avec un crochet. ch CROC- II y a plusieurs fortes de crocs dans les vaisseaux. Croc de Carelette avec lequel on prend l’an- cre qui est hors de seau , pour la remettre à fa place. Crocs de palan , crocs de palans de Canon , ou Crocs à brejjìns ; crocs de palanquins , &c. Voïez Aubin. CROC. [Denses unci, uncìnati. 3 Dents de cheval toutes seules , placées au défaut des barres de chaque côté du canal de la bouche. CROC. [Hamulus. 3 Les Apoticaires apellent ainsi un morceau de fer, long d’un petit quart d’aune, délié , un peu courbe & pointu par le bout, auquel ils mettent les ordonnances de Messieurs les Médecins. On le dit aussi d’une cheville & de toute autre chose semblable à laquelle on pend quelque chose. C’est en ce sens qu’on dit qu ’unprocez ejl pendu au crac , lors- qu’on ne le poursuit plus. ( Lis quìescit. ) * CROC. C Uncm. 3 Ce mot , au figuré, est bas & burlesque. (Pendrel’épée au croc ; c’est-à-dire, la qui- ter. Les vers & la prose font au croc. Gornb. ép. I. 1 . c’est-à-dire , on abandonne prose vers. Le Paradis vous est hoc, pendez le rosaire au croc. Furetiére, po'ef C’est-à-dire vous êtes sûre du Paradis , ne dites plus tant votre chapelet. ) CROC-EN-JAMBE , s m. [ Cruri crure ìmplicatio. Tram, dolus, fallacia, insidiœ. 3 C’est mettre de telle forte son pié entre les jambes de quelcun, qu’on le fasse tomber. (II adonné lecroc-en-jambe àCupidon. Abl. Luc. t. 1 . D’un tour d’adresse tout nouveau , En lui donnant le croc-en-jambe , La traîtresse le fit tomber dans le tombeau. Ménage, poëf. ) II peut par le crédit qtéil a fur votre père , Donner un croc-en-jambe à l’himen qu’ìl veut faire. Bourf. ) CROCS des Chiens. Arbre des Iles Antilles, tout arme d’espines en forme de crochets, qui arrêtent les chiens lorsqu’ils font à la chasse. CROCHE ,J. f. f Nota mujlcanigra, recurva intérim parte, f] Terme de Musique. Note de Musique quia un petit crochet au bout de la queue ; plusieurs, notes noires qui sc tiennent. f CROCHE. Petite monoïe de billon, qui se fabrique a Basse, & qui vaut environ deux deniers tournois. CRO .CROCHET , f m. Croc. [ Uncinus, hamssi >e, où 1 on attache quelaue Morceau de fer recourbé, chose. -1- CROCHET. [Statera. 3 Sorte de pefon dont on sc sert pour peser le lin , le chanvre & le duvet. CROCHET. [Uncinus. 2 Fer crochu pour ouvrir les serrures. t Arquebuse J croc % [ Ferrea fisiula furcilu super, posta. 2 Sor te d arme a feu dont 1e fût étoit courbé Elle etoit grosse & pesante, on la tiroit dessus une fourchette, ou par les ouvertures d’une muraille. CROCHET ; s. m. [ Harpago. 2 Outil de fer, à deux dents, de sept a huit pouces de long , & emmanché II sert à tirer du fumier. CROCHET [ Fibula 2 Ce mot sc dit d’une agrafe qui sert à prendre quelque chose. ( Un crochet d’arl gent, un crochet d’or garni de diamans, un crochet démontré. ) •t On apelle aussi crochets , dans lacoifure des femmes , des boucles de cheveux qu’elles mettent fur le front. T Etre fur, les crochets de quelcun. C’est prov. & fig, vivre aux dépens de quelcun. CROCHET. [Nexus vincula.2 Ternie à’Imprimerie, Ce font des traits ou lignes recourbées par les deux bouts, qui servent à lier quelques articles pour les faire lire ensemble avant que d’aleràdes subdivisions. 11s font d’un fort grand usage dans les généalogies L dans les traitez qu’on dispose en forme de table. Acad.Frcmç. t CROCHET. Les Doreurs fur métail apellent ainsi Pinstrument de fer recourbé , avec lequel on remue l’or & le vifargent, quand on les a mis dans le creuset pour les amalgamer. f CROCHET. Terme de Chandelier. C’est une petite lame de métail, qui s’avance jufqu’au milieu de cette partie d’un moule à chandele, qu’on nomme culot; & c’est à ce crochet que la mèche s’attache. î CROCHET, ou Sergent. _ Instrument de fer, composé de deux pièces courbées en crochet dont les Menuisiers & autres Ouvriers en bois sc servent pont faire revenir leur besogne , la coler, ou la cheviller. í CROCHET. Terme de Couvreurs. C’est un petit rebord, ou mantonnet, qui est au haut de chaque tuile, & qui sert à l’arréter sur la late. ï CROCHETS de retraite. Terme d Artillerie. Ce sont des fers crochus attachez à l’afût du canon, qui fervent à faire avancer ou reculer lapiéce. í CROCHET d’établie. C’est une efpéce de crochet de fer à dents , qui est enfoncé dans rétablie pour arrêter le bois, que le valet ou varlet tient aussi. CROCHETS de portefaix. [ AirurnuL. ] Instrumens à deux grandes branches , & à deux crochetons, avec un selette , que le crocheteur fe met derrière le dos & tient avec des bretelles pour porter diverses sortes de charges. ( Porter les crochets. CROCHETER , V. a [ Uncino arcam aperire, reserare.2 Ouvrir avec un crochet de fer. (Crocheter une serrure , une porte , un cofre, &c. CROCHETERAL, crocbetérale , adj. [Inficetus, inurbanus , impolitm. 3 Ce mot ne se dit guére , & il signifie qui sent le crocheteur, qui tient du crocheteur, grossier , incivil. ( Façons de parler crochetérales. ) CROCHETEUR’, f m. [Bajulrn. 3 Celui qni gagne fa vie à porter les crochets. CROCHETEUR de serrures. Sorte de voleur qui ouvre les ferrures avec un crochet. CROCHETEUSE , f f [ Ç)ua bajulat. 2 Celle qui porte les crochets, (si y a des crocheteuses, mais il n’y en a pas tant que de crocheteurs. 3 ê On apelle , santé de Crocheteur, une santé forte & robuste. Rien ne l’incommode, il a une santé de crocheteur. CROCHETONS , s. m. [Unchm. ] Les deux petites branches des crochets du porte-faix. CROCHU , crochue , ad. L Recurvus. 3 Un peu recourbé. ( Bec crochu. ) ■f On dit prov. & fíg. qu’un homme a les mains crochues , lorfqu’il est sujet à dérober. t§ Mr. d’Ablancourt a dit dans son Lucien : Mois lorsque les vautours aux ongles croches , pour crochus, Dialogue de Jupiter le tragique. [f CHEVAL crochu, est celui qui a ses jarrets trop proches l’un de i’autre. Les chevaux crochus font ordinairement bons. Les Provinciaux disent, cheval jarretier■ CRO- CRO CROCHUe , s.s. C Nota musica recurva. J Ternie de Musique. Note noire qui a un crochet, & qui ne vaut que la huitième partie d’une note. Double crochu'/. Note noire qui a deux crochets , & qui ne vaut què la moitié d’une crochue. CROCODILE, s- m. [ Crocodilus.~\ Animal vivant en partie dans l’eau , & en partie fur terre , qui a la figure d’un léfard, qui aune grande gueule, quatre piés courts, mais bien garnis d’ongles, qui a les yeux semblables à ceux d’un cochon , & une queue fort longue. Le crocodile est hardi, mais défiant. II a la peau iì dure que le trait d’une arbalète ne la peut percer. Voiez Abl. Marmol. liv. i. c. r;. ( Et fur les bords du Nil les peuples indociles, L’encensoir à la main cherchent les crocodiles. Defpr.) f * CROCODILE. £ Nequam, improbus , persidm. ] Méchant, Méchante. Perfide. (Ah! crocodile, qui fiate les gens pour les étrangler. Mol. George dandiné) Larmes de Crocodile. [Lacrima crocodilil} Ce font des larmes d’un hipocrite. Une douleur feinte par le rumen de laquelle on tâche de surprendre. CROCODILIUM ,s m. [ Spharocephaluí. ] Plante qui croît dans les forêts ; & qui est semblable à la chardonnette , fa graine est ronde & bonne aux difiçul- tezd’urine. Etant cuite dans l’eau & prise en breuvage elle fait sortir le sang par le nez. Acad. Fr. CROCUS. Terme de Chimie, qui se dit de plusieurs préparations. £ CROCUS. Fleur printaniere de diverses couleurs, dont on orne les bordures des parterres. f CROCUS > signifie aussi le safran. CROÏABLE , adj. £Credibilis .] Ce mot se dit des choses & des personnes , il lignifie digne d’être crû. ( II est croïable. La chose est croïable. ) CROïANCE. Voiez créance. CROiANT , f m. £ Qui fidei Christiana capitìbus crédit , quifidem habet. J Celui qui croit les vêtirez révélées dans l’Ecriture. Fidele. ( Abraham est le Père des Croïans. Les Turcs %‘?eptì\znt Musulmans, c’est-à-dire, vraie croyans. ) CROIRE, v. a. [ Credere. ] Je crois , mus croions. J’ai crû. Je crûs. Je croirai , qu’il croie. II régit quelquefois la préposition en avec l’acusatif; mais ordinairement l’acusatif sans préposition. II signifie, ajouter foi, penser , être persuadé d’une chose. ( Croire une chose sur la parole de quelcun. Pafc. I. 2. En P état ou je suis, je lui dois pardonner, mais je ne la dois pas «croire. Mémoires de Mr. de la Rochefoucaut. On croit les gens de probité. II croit, aisément tout ce qu’on lui dit. Je crois que Jésus-Christ est mort pour nous. Croire en Dieu & à la Sainte Eglise. A qui croiras-tu si tu n’en crois à tes yeux ? Abl. Luc. ) Le mot de croire en interrogeant & suivi d’un que , régit le substantif. Croïez-vous qu’il ait fait tout ce que vous lui avez commandé? Mais cesi un jeune fou qui se croit tout permis, Et qui pour un bon mot va perdre vingt amis. Defpr. ) CROISADE, sis- C Sacrum bellum , sacra Crucis milìtia. ] Volage & entreprise de guerre que les Chrétiens faisoient autrefois par dévotion, pour recouvrer la Terre sainte sur les infidèles. On a apellé ces expéditions Croisades, parce que ceux qui aloient à ce volage, mettoient des croix de diférentes couleurs fur leurs habits. Les François la portoient rouge , les Anglois blanche, les Flamans verte , les Alemans noire , les Italiens jaune , &c. La première Croisade fut conclue au Concile de Clermont en 1095. sous Urbain II. Philippe de Valois commanda de prêcher la Croisade par tout son Roïaume. Mézeraì , l’Abé de Choisi. CROISADE. [Sidus Crucis figuram referens.J Terme de Marine. C’est une constellation qui est vers le pôle antarctique , qui a quatre étoiles disposées en croix, dont on se sert pour discerner ce pôle, comme on discerne le pôle arctique par le moïen de la petite ourse. CROISAT , f. m. £ Moneta signa crucissignata. ] Espèce demonoïe d’argent, valant environ un écu & demi. Les Croisais fe fabriquent à Gènes, & font marquez d’un côté d’une croix, & de l’autre ont une image de la Sainte Vierge. CROISEE ,f. f. £ Fenejìrafeapì inter f* tranversi.'} CRO 533 Bois en forme de croix qu’on met dans les baies des murs, où l’on veut faire des fenêtres, & à qui on atache les panneaux de vitre avec leur châssis. Pierres en forme de croix qu’on métaux baies des murs où l’on veut faire des fenêtres. CROISE'E. £ Stamen atque subtegmen direëlò tram- versans. j Terme de Tisserand. Entrelaffement de fil» bien serrez ensemble. CROISE'E. C Bacilli decujsatì. J Petits bâtons croisez au haut de la ruche par dedans, autour desquelies les abeilles font leur cire. CROISEE , s. f. [ Pertica decujsatœ. ] Terme de Danseur de corde. Ce font quatre perches à quelque distance les unes des autres , croisées vers le haut, & fur lesquelles on bande la grosse corde , fur laquelle on danse avec un contrepoids. (Mettre les croisées & bander la corde. ) t CROISELLE, OU CROISETTE. C’est une forte de papier qui se fabrique à Marseille , & qui est propre pour le commerce du Levant. CROISEMENT,/ m. £Enses decusfati. ] Terme de Maître d’armes. 11 consiste à mettre son épée en forme de croix sur l’épée de celui contre qui l’on se bat. ( Faire un croisement d’épée. Liancourt, maître d’ar- mes , ch. 6 . ) ■s CROISEMENT. Terme de filage, ou dévidagedes foies. C’est l’aprét le plus nécessaire des foies, que l’on file de dessus les cocons. II se fait en passant, ou croisant les uns sur les autres par le moïen d’un moulin, les dix ou douze petits fils, dont on forme ìe prémier fil de foie qu’on destine à la fabrique des étofes. CROISER , v. a. [ DecuJJare , cancellare. ) Mettre en forme de croix. ( Croiser des épées , des couteaux, les jambes , les bras, &c. CROISER. [ Sibi mutuò adversari , nocere, j Se traverser les uns les autres, s’opoíèr à quelcun , se nuire mutuellement. ( Ces deux rivaux se croisent & se traversent par tout. ) Cette expression est très-commune dans la conversation , l’Auteur de l’apothéose du Dictionnaire de l’Académie la raporte comme une faute que ces Messieurs ont faite de Ravoir oubliée. CROISER. Terme de Tisserand. Serrer la toile. (Croiser la toile. ) f CROISER les foies. C’est les tordre légèrement par le moïen d’un moulin, ou metier à tirer les foies. CROISER. Terme de Vanier. Mettre les osiers les uns fur les autres en travaillant. CROISER. £Marìa percurrere.] Terme de Mer. Voguer en traversant plusieurs fois de côté dans un certain espace. ( Croiser dans le Golfe , dans le canal , fur les côtes de, &c. Les Galères croisent sur les Pirates. ) CROISER, v. a. £ Scriptum cancellare. J Terme de Pratique. Ce mot fe dit en parlant de compte & de dépens, & signifie mettre une croix à côté de Partiels qu’on veut contester. ( Croiser un article. ) CROISER, v. n. £Decuffare ] Terme de Jardinier. 11 se dit des branches de l’espalier qui vont passer les unes fur les autres, & y font une maniéré de croix. ( C’est quelquefois un défaut quand les branches de l’espalier croisent, & quelquefois c’est une beauté.) Se croiser , v. r. £ Cru.ce signari. J Se mettre en forme de croix. Se croiser. £ Secari , adversari. ] Se traverser ( Chemins qui se croisent. Lignes qui fe croisent. ) Se croiser. Terme de Tailleur. S’asseoir pour travailler & se mettre les jambes l’une fur l’autre. £Se croiser sur Rétablie. ) Se croiser. £ Sacram militiam prositeri. ) Mettre une croix sur son habit, pour marquer qu’on est de la Croisade, & qu’on va faire la guerre aux infidèles. (Phi. lipe de Valois proposa à ses sujets de se croiser, Sc commença lui même de prendre la croix. De Prade , hisioìre de France. CROISE', croisée , adj. £ Decuffatuf, cancellatm , transversm. Mis en forme de croix. Qui est en maniéré de croix. (Cheminscroisez. Les paresseux tiennent souvent les bras croisez. ) * CROISE', croisée, adj. £Cruce tnsiruêîtu J Terme de Blason. Chargé d’une croix. CROISE ', s m. £ Sacram militiam prosessus. 2 Celui qui est de la Croisade, qui a pris la Croix póur aler faire la guerre aux Infidèles. ( Secourir les Croisez. ) s CROISET TE, f f- £ Cruciata. J Plante astringente & vulnéraire, dont il y a diverses especes, Xxx 3 Eli» 534 ÇRO Elle croît au bord des fossez & des ruisseaux. Elle contient beaucoup de phlegme & d’huile & peu de sel. f CROISETTE', adj. Terme de Blason. On dit une Croix croisettée. ' CROISEUR, s m. [ Mark vel tutor , vcl pirata .J Capitaine ou vaisseau qui rode fur une côte pour la garder ou pour v pirater. CROISIE'RES , s. s- pi- [ Infesta piratis orœ. J ( En terme de Marine , font des côtes ou parages, ou les vaisseaux vont croiser & faire des courses. CROISILLON, OU CROISON, J. m. [Crucis Irachia. ] Le bras, le travers d’une croix. CROISILLON , f. m. [ Feneftrœ transvcrsusscapus. ] Demi croisée. Ce qui séparé une croisée de fenêtre en deux. CROISSANCE , s. f- C’est le point jusqu’ou une personne, ou une chose peut ou doit croître. Croissance vieillit un peu au propre, & l’on ne dira pas fort agréablement : C’est un enfant qui a pris croissance. Mais, au figuré, il est plus noble & plus beau. ( * C’est un jeune esprit qui n’a pas encore pris toute fa croissance. L’amour & i’estime que j’ai pour vous , ont déja pris toute leur croissance. Cojìar, lettres, tom. i. lettre igo. b t. 2. let. 2ç;. I CROISSANT, f m. f Lunœ crescentis cornua. ] C'est la lune qui paroìt fous la figure d’un croissant. Le croissant se remplit d’autant plus que la lune se trouve éloignée du soleil. Les cornes du croissant font tournées vers le Levant. S. Amant a dit d’un fromage : ( Pourquoi toujours Rapetissant , De lune devient-il croissant. ) CROISSANT. [ Lima crejcens , Turcarum insigne. ] Figure du croissrnt que porte le Grand Seigneur pour ses armes dans les drapeaux. * CROISSANT- C Turcicum imperium. ] Ce mot se dit au figuré, pour signifier les Turcs. ( Faire pâlir le croissant. Despr.sat. 9. C’est-à-dire, épouvanter les Turcs.) f- CROISSANT. Armée navale rangée en croissant. CROISSANT, f Fissura lunœ ìn morem crescentis ci- tharh adaiia. ) Terme de Lutier. Enfoncemens faits en forme de demi cercles aux cotez des violons des violes , & basses de violes, &c. CROISSANT, f Falcis genus in morem crescentis lunœ eonformatum. j] Terme de Taillandier. Petites branches de fer poli, faites en forme de croilfans, qu’on féelie au dedans des jambes des cheminées pour tenir la pelle, les tenailles & les pincettes. CROISSANT. Terme de Blason. On dit croissans montans dont les pointes font tournées en haut. (Lu- nœresupinœ.) Croissans adossez dont les pointes regardent le flanc de l’écu. ( Lunulœ obversœ. ) Croissans renversez ou couchez, dont les pointes font au rebours du montant. ( Lunulœ inverse. ) Croissans tournez, se posent comme les adossez , à l’exception que toutes leurs pointes font toutes tournées vers le flanc droit de l ecu. ( Lunulœ verjis in scutì latus cornihus. ) Croissans apointez ou afrontez, ont leur assiette contraire à celle des adossez, parce-que leurs pointes se regardent & sont opofées les unes aux autres. ( Lunulœ adverjìs cornìbm pojìtœ. ) 4 ; CROISSANT. Papier aux trois Croissans. C’est une forte de papier qui se fabrique à Marseille , & qu’on débite à Constantinople. CROIS URE, 7 - f- C Staminis direfío transversa po- stio ] C’eft la tissure de la serge , qui se fait en croix. Celle du drap s’apelle silure- ( Onconnoît la finesse de la serge à la croifure, & celle du drap à la silure. ) f CROIST , croît , acroit. [j AuHio , incrementum, uccejjio. ] Acroiffement. Augmentation. II ne fe dit que du bétail. ( Partager le croît ou l’acroît.) (§ On contracte dans plusieurs provinces, une ef- péce de société que l’on apelle bail à croît , & gazail- le dans la Coûtume de Saint Sever. Le fond de cette société consiste dans la remise d’un certain nombre de bêtes à laine , que l’on fait à un particulier , qui s’en- gage de les nourir & loger pendant un tems fixé par le contrat , & fous plusieurs conditions , suivant l’usage des lieux. On demande fi ces contrats font légitimes, c’est ce que M. de Sainte Veuve a examiné dans ses résolutions de plusieurs cas de conscience, cb. i2í- & ou l’on poura s’éclaircir. CROiTRE, [ Crescere , accrescere , excrescere, incres- cere, augere , ampltsicare, promittere , augescere , ado- ìescere , increbrescere. ] Ce verbe est neutre en prose, CRO & il n’y a qu’en poésie ou on le fasse quelquefois actif Vaug.rem. Je crois, je crojsois. J’ai crû, je c ’ Je croîtrai , que je croise. Croissant. Prendre de l’a' croissement. Augmenter. (Cette plante croîtra si 0 n a foin de l'arroser. Le Nil croît & décroît quarante jours. Ablancnurt, Mann. t. 1. I. 1. Enfant qui com mence a croître. La lune croît. Laisser croître la bar' be & les cheveux. Les jours croissent. La cangrenè croît en peu de tems , (i l’on n’y remédie. Le peu. pie croît en cette ville. Ce bruit croît tous les jours. A des cœurs bien touchez tarder la jouissance C’ejì infailliblement leur croître le dejir. Malherbe, poës. Les Dieux m’ont dicté cet oracle qui croîtra fa gloire & son tourment. Racine , Iphigénie, aci. 4 .fan. 1. L intérêt que l’on prend ici pour sa mémoire, Fait notre sûreté, comme il croît notre gloire. Corn. Pompée , act. $. sc, 1. ) {§ Croître est là dans la signification active, & vent dire , acroître. Motin a dit de même : J’aime bien mes ossifiions Qui croissent vos perfections, Et croissent ausjì mes délices. Et Voiture : Le feu par l’eau faiblement combatte Croissant sa force, au lieu d’être abatu , Va redoublant la chaleur ordinaire D’un buveur d’eau. Malherbe dit : Ces í à vom à goûter les délices du port , Goûtez des beaux esprits , N donnez connoijsance En l’excès de votre plaisir , QAà des cœurs bien touchez, tarder la jouissance , C est infailliblement leur croître le destr. CROIX , /•/• [ Crux. ] Gibet en forme de croix, où l’on faisoit anciennent mourir les coupables. (U le fit atacher en croix au pié du rocher. Vaug. Quint. I. 7. Le Gouverneur de la Province fit mettre en croix quelques voleurs. Un soldat qui gardoit les croix, vit de la lumière dans le monument, S. Evremont. matrone d’Ephése. CROIX. Pièces de bois disposées en croix de Saint André, fur lesquelles le boureau étend le criminel qu’il doit rouer. CROIX Saint André. [ Crux decusata. ] Deux pièces de bois disposées en croix: mais elles ne sont pas à angles droits ni à plomb, & deux de ses pointes posent sur la ligne horisontale ; on l’apelle Sautoir en terme de Blason. Sa figure est telle X. * CROIX. [ Crux, cruciatm. ] Soufrante. Peine, Tourment. (Si nous aimons Jésus-Christ, il faut porter fa croix. ) CROIX, f Sacrum crucis lignum. ] Ce mot fe dit do bois , fur lequel notre Seigneur Jélus-Christ fut ataché, & où il soufrit la mort. Et ce mot de croix se prend pour le mistére de notre Rédemption. ; Jésus-Christ a soufert la mort de la croix. La croix a été un scandale pour les Juifs, & une folie dans l’opinion des Païens Saint Paul, 1. épître aux Corinth. ch. 2. Invention Sainte Croix. Exaltation Sainte Croix. [ Pia inventa , vel exaltatœ crucis memoria , célébrité.] Ce font les noms des deux fêtes que l’Eglise Romaine célébré. ) , , CROIX, Ce mot se dit de toutes les figures & représentations de la croix de Jésus-Christ, lesquelles on voit dans les Eglises, & fur les chemins, & qu’on porte aux processions. . CROIX, (j Signum fanHœ crucis. J C’est le signe ae la croix que les Catholiques Romains font, se touchant avec les trois premiers doigts au front, au bas de l’estomac, & fur le devant de l’une & de l’autre épaule. ( Faire le signe de la croix. On croît que le ligne de ia croix & l’eau bénite chassent les démons. ) CROIX peHorale. [Crux pefloralk ] Terme ob- vêque. C’est une croix d’or que les Evêques & les Abez réguliers portent au cou, & qu’il s prennent âpres avoir pris leur aube , avant que de mettre l’étole. - CROIX. [ AverJ'a tzk obverj'a nummifacies J C eic une marque que mettent les Princes Chrétiens d u côté fur la plupart des monoïes. _ „ On dit en ce sens, f A’avoir ni croix ni pile. ce - à-dire n’avoir point d’argent. Etre pauvre. Jetter croix ou à pile, pour savoir quel parti l’on prend!a. (f U est certain que l’on apellapi/e, Ls revers CRO premières monoïes, & que le jeu de croix pile , oa l'on se sert d’une espèce d’or ou d’argent que l’on jette en l’air, pour décider du sort de l’un ou de l’autre , a tiré son nom des deux revers. Ce jeu est fort ancien. Macrobe. Saturn. I. i. c. 7. en a lait mention ; Ms ita fuisse fignatum bodieque inielligìtur m aléa luju, eum pueri denarios insublime jafíantes , capita, aut navim , luju teste vetustatis exclamant. CROIX de Jérusalem. Ces mots signifient une maniéré de croix qu’on apelle croix de Jérusalem ; il s signifient aussi une sorte de Heur qui fleurit en Juillet, & qui porte une feuille grande & large qui tire sur la couleur de feu. Grand-croix. s Primaria inter Melitenses équités dignités. ] La première dignité de Tordre des Chevaliers de Malte après celle de grand Maître , & c’est parmi les Grand-croix qu’on choiíìt le grand Maître de l’ordre. ( 11 est Grand-croix. Le corps d u grand Maître d’Au- busson fut porté à l’Eglife saint Jean , sur les épaules des principaux Grand-croix. Bouhours , hift. d’Aubus- Jon , /. 6. II y a aussi des Grands-croix dans l’Ordre ae S. Louis, institué en i6y;. CROIX, f Tranjberja dtreBò lìneœ. J On apelle de ce nom deux lignes qui se coupent. Cette marque signifie dix) Dans l’Algébre elle lignifie plus. La croix f dans ce Dictionnaire signifie que le mot ou la phrase qui la suit, est vieux ou bas, & du ctile iimple & familier. CROIX. C Equi in transversas direBò lìneas agìtatio. ] Terme de Manège. Faire la croix à courbettes ou à la balotade. C’est faire de ces sauts en avant, en arriére & aux cotez tout d’une haleine. On parle ainsi parce-que cela fait la figure d’une croix. CROIX. Terme de Pratique. C’est une marque en forme de croix qu’on met à côté des articles d’un compte de dépens , dont on veut apeller. La croix de par Dieu. f Litterarum elementa. J On apelle de ce nom l’alphabet qu’on donne aux enfans pour aprendre à connoìtre les lettres , à cause qu’il y a une croix au devant de cet alphabet. CROIX. [ Crux. ] Terme de Blason. C’est la figure d’une croix dans les armoiries. (11 y en a de diférentes sortes, croix alifée ou racourcie, croix ancrée , croix bordée, bretessée , bourdonnée. Croix cantonnée , clavelée , croisée, componée > coticée , câblée. Croix à degrez. Croix écartelée , écotée , échiquetée. Croix fieuronnée, fleurdelifée , fendue, fourchée , frétée : croix givrée : croix d’hermites : croix losangée : croix nillée ou de moulin : croix pâtée , potencée , partie : croix de S. André , de S. Antoine , de Lorraine , de Toulouse, & autres. Voïez les livres de Blason , qui expliquent tous ces divers noms. ) CROIX. Les Maçons atachent une croix de bois au bout d’une corde, lorfqu’ils font fur un toit pour le recouvrir , & la font pendre fort bas, pour être aperçue par les passans. Mr. Despreaux,y«í. 6 . dit ; Là je trouve une croix de funefie présage , Et des couvreurs grimpez au toit d'une maison , En sont pleuvoir L ardoise gj? la tuile à foison. Frères de la rose-croix. [ Fratres rorh coBi. J Certains visionnaires qui cherchoient la pierre philosophais , & qui étoient iì cachez , qu’ils paffoient pour invisibles. 11 en est parlé dans la vie de Mr. Defcar- tes par M si Baillet. $ CROIX. Terme de ManufaBur'e. C’est un instrument de bois , fait en forme de croix, fur lequel font montées les bosses, ou têtes de chardon, dont les laineurs , ou Eplaigneurs , se servent pour tirer à la perche , la laine des étofes. f CROIX. - Terme de Tondeurs de draps. C’est une petite courroie de cuir , qui fait partie de l’instrument que ces Ouvriers apelíent manicle. f CROIX Géométrique , ou bâton de Jacob. C’est un instrument composé d’un long bâton, & d’un autre plus court, mis en croix, dont les pilotes sc servent pour mesurer les hauteurs. * CROISETTE , f.s. [ Crux mtnor. ] Petite croix. Ce mot n’a guére d'usage qu’en terme de Blason , où l’on parle d’écus semez de croisettes , ou petites croix. CROMATIQUE , s- /. [ Chroma. ] Terme de Peinture. C’est le coloris qui est la troisième partie de la peinture. CRO 535 {§ Dufresnoi en fait mention dans son Art de Peinture. On ne volt personne , dit-ìl , qui rétablisse la cromatique, & tâche d’imiter Zeuxís, qui sc rendit égal au fameux Apelle, le Prince des Peintres , par cet art de tromper la vús, & qui s’aquit une réputation éternelle, &c. Nec qui chromatices , nobis hoc tempore partes Restituât quales Zeuxis traBaverat olim , Hujus quando magâ velut arte aquavit Apellem. PiHorum Archigraphum , meruitque coloribus altam Nominis aterni famam , toto orbeJbxantem , La cromatique est la troisième & dernière partie de la Peinture ; c’est ce que l’on apelle ordinairement le coloris , qui comprend non seulement les couleurs , mais encore les lumières & les ombres. ch CROMATIQUE , adj. J’, f. C’est aussi une des deux sortes de musique qui font en usage aujourd’hui. La musique diatonique est le plein-chant, où l’on n’em- ploie que les tons & les demi-tons naturels. La musique cromatique est celle qui ajoute à la précédente les bernois & les dièses ; & cette musique est plus travaillée. f CROMATIQUE , est aussi substantif, ct l’on dit la. Cromatique , pour le genre cromatique. Acad. Fr. CROMORNE , f m. [ Or do tuborum organi mu-. Jlcœ tuba conjbnm. J C’est un jeu d’orgues acordé à l’unisson de la trompette. CRONE, f m. [ Tunis depreffìor.J Ternie il’Ar- chitefíure. C’est un bâtiment en maniéré de moulin , qui sert à enlever les marchandises des vaisseaux. CRONIQUE , f m. [ Chronica , orum , lìbri chronici.J Histoire qui marque le tems auquel les actions qu’elle raconte ont été faites. (Les vieilles Croniques de France. Ces histoires de mort , lamentables , tragiques , Dont Paris tous les ans peut grossir jès croniques. Despr. ) CRONIQUE scandaleuse. (_ Chronica maledica. J C’est le nom d’une histoire composée par un oficier de la ville de Paris , du tems du Roi Louis XI. On apelle de ce nom les écrits qui découvrent la conduite scanda- daleufe de quelques personnes , & si,r tout des Grands, & que l’on soupçonne souvent d’être remplis de médisance. ( Un tel passoit pour dévot, mais la croníque scandaleuse nous aprend qu’il eut plusieurs maîtresses. ) CRONIQUE, adj. sJMorbus diuturnut , lar.gits.~J Terme de Médecin. Maladie cronique ; c’est-à-dire , une longue maladie. t CRONIQUER, v. a. [ Chronica scribere. J Mot vieux & burlesque, pour dire, faire quelque cronique. (Ils vouloient cronîquer ses faits. Sar. pompe funèbre. ) f CRONIQUEUR, s. m. [ Chronicorum jcriptor. J Mot vieux & burlesque , pour dire un faiseur de croniques , un historien. CRONOLOGIE, J'f-L Chronologia. ] La science des tems. Livre contenant la sience des tems. ( La cronologie est très-nécessaire à un homme de lettres. La cronologie de Calvisius est fort exacte. ) CRONOLOGIQUE , adj. [ Chronologicm. ] Qui regarde la sience des tems. (Discours cronoìogique. Table cronoìogique. ) CRONOLOGISTE , s m. Qui fait la cronologie , qui est versé dans la sience des tems. ( Vous n’étes pas un bon cronologiste. PaJ'c. I. 7. ) CRONOLOGUE , s. nt. [ Cbrtmographus. J Qui est savant dans la sience des tems. (Calvisius est un grand Cronologue. Abl. CeJ'. préfacé. ) í CROQN- Ancienne monnoïe d’argent, fabriquée en Hollande. Le croon vaut deux florins. ^ CRO ONE. Monoïe de compte du Canton de Berne. CROQUANT ,s m. f Mendient. ] Gueux, misérable. Les faisans qui fe révoltèrent en Guïenne sous Henri IV. & fous Louis XIII. furent apellez croquants. (§ Les premiers qu’on nomma croquants , étoient des païfans des provinces de Périgord , de Poitou, & de Limousin : ils sc révoltèrent en 159g. D’Au- bigné prétend qu’ils furent, apellez croquants , d’un lieu apellé Croc, situé en Limousin, parcs que ce fut en ce lieu que commença la révolté. Ils furent défaits entièrement par les sieurs de Malicorne & d’Abin. í CROQUANT, adj. Qui croque fous la dent. Un biscuit croquant, une croûte croquante. í CROQUE 5 3 6 CRO t CROQUE ausel. On dit manger quelque dioíc à la croque au sel c’est-a-dire , la manger sans autre sauce que le sel. i f On dit tìg. & famil. Qu’un homme en mangeroit un autre à la croque au sel, c’est-à-dire, qu’il est beaucoup plus fort que lui. t CROQUE-LARDON, s m. \_Parasitm. ] Mot bas 6 burlesque, qui lignifie un écornilleur , qui tâche d’atraper quelque bribe dans une cuisine. CROQUER, v. n. [ Crepitare sub dentibw. 3 Faire du bruit avec les dents en mangeant quelque chose de dur ou de sec. ( Croûte qui croque tendrement sous la dent. Mol. ) t CROQUER , v. a. Manger vite en faisant croquer sous la dent. ( Le renard croque les poules. Le chat croque les souris. ) II signifie aussi dérober. ( Le Monarque des Dieux leur envoie une grue. Qui les croque, qui les tu'ê, Qui les gobe à son plaisir. La Font.) CROQUER. [Leviter adumbraref] Terme de Peinture. Ne pas hoir un ouvrage. ( Croquer un tableau.) t * CROQUER le Marmot. Façon de parler basse & proverbiale, qui signifie attendre’ long-tems fur les dé- grez ou dans un vestibule. Ce proverbe vient aparem- ment des compagnons Peintres , qui attendant quel- cun se désennuient à tracer sur les murailles quelques marmots ou antres traits grossiers. * CROQUER. Faire à la hâte. ( La Serre croquoít ses ouvrages. ) f CROQUER, ou acrocber. Terme d c Marine. Croquer le croc de palan , c'est le passer dans l’arganeau de l’ancre , afin de le remettre au bossoir. CROQUET , s. m. [ Dukiariuf panis duratus. ] Terme de Pain d’épicier. Petit pain d’épice fort délié & fort cuit qui croque fous la dent quand on en mange. ( Croquet bien sec. Manger du croquet. ) f CROQUEUR ,sm. [ Helluo . ] Preneur, qui prend & atrape. ( Un vieux renard, mais des plus fins, grand croqueur de poulets , futatrapéau piège. La Fontaine , fables , l. ) CROQUIGNOLE , craquignole , f. f .. [ 7V/- trum.2 Quelques-uns disent craquignole, mais le vrai mot c’est t roquignole. C’eítun coup qu’on donne fur la tète avec le second & le troisième doigt ferme. ( L’un en passant me donnoit une nazarde , & l’autre une croquignole. Abl.Luc. t. 2 . Choisissez d’avoir trente cro- quignoles. Mol. malade imag. a. i. premier intermède.} CROSSE , f f. fPedum pontificimn. ] Bâton de métal, courbé par le haut qui ést la marque extérieure d’un Evêque ou Abé. Ah tems passe' dusiécle d.’or , Crosse de bois, Evêque d’or ; Maintenant changent les loix , Crosse d’or, Evêque de bois. Coquille. ) CROSSE. [ Baculus extremornm altéra rceurvm. ] Bâton de bois , courbé par le bout d’en-bas, dont les jeunes garçons se servent pour jouer & pousser quelque balle. CROSSE d’éguiére [ Ansa. 3 C’est une anse d’éguié- re en forme de crosse. ( Les éguiéres à crosse font à la mode. CROSSE de mousquet. Voïez Couche. CROSSER, v. n.[ Baculo recurvo pilant pulsaref) Pouffer quelque balle ou quelque pierre avec la crosse. (C’eíì Un petit libertin qui n’a fait que crosser tout l’hiver. > CROSSE', crossée , adj. [ Pontisicii pedi jus habens. J Ce mot se dit en parlant d’Abez , & signifie qui a une crosse comme un Evêque. (C’est un Abé crosse & mitre.) CROSSETTE , f f. [ Decij’m de vitemaUeolus. ) Terme de Vigneron. 11 se dit des branches de vigne qu’on a taillée, en forte qu’il y reste un peu de vieux bois de Tannée précédente. Ces crossettes mises en terre font aisément des racines. CROSETTE f. m. Terme de Jardinier. II se dit des branches de figuier taillé, quand il y reste au talon un peu de vieux bois de l’année précédente. CROSSEUR, f. m. [ Qui pitam puisât baculo recurvo. j Jeune garçon qui se divertit à crosser. (Lescros- seurs du fauxbourg S. Germain se bâtent contre les Grosseurs d’un autre fàuxbourg de Paris. ) f CROTALAIRE. [Crotalarias Plante étrangère CRO qui croît en Afie & en plusieurs lieux du Levant Sa semence est purgative. ‘ ' 03 £f CROTALES- Espèce de castagnëtes ancien, nés , & qui étoient faites d’un roseau coupé en deux par sa longeur ; en sorte qu’en Lapant ces deux mor. ceaux Tun contre l’autre avec les diferens mouvemens des doigts, on formoit un son pareil à celui que fait une cicogne avec son bec. Voïez. Mr. Spon , Recber. ches d’antiquité?. , dijjertatìon g. CRO sAPHITE, f m. [ Crotaphita. ] Ternie A’y f natomie , Muscle temporel qui ocupe la cavité des temples , & qui tire la mâchoire intérieure en haut Acad. Fr. CROTE,/ f- \_I.utumj\ Boue de rue. ( Elle marche si mal quand elle va par les rues , que fa jupe en amasse toutes les crotes. ) CROTE. [ Fimus. ] Excrément d’animal, mais il ne le dit que de certains animaux. ( Crote de chèvre. Crote de souris. Crote de rat. Crote de ver à foie, ) f CROTES de chien. [ Album Gracient. ] Elles font détersives, atténuantes , résolutives , propres pour la Squinancie, pour la pleurésie, pour la colique. La dose est depuis demi scrupule jusques à quatre scrupules. CROTE' , notée , adj. [ Lutojus, luto infetíus. ] Qui amasse des crotes des rues. ( Tandis que Calleter croté jusqu'à l’échine, Va mandier son pain de cuisine en cusine, Deipr. t CROTE', notée, adj. Ce mot se dit des personnes pauvres & de qualité ou de quelque mérite , mais toujours en raillant ( C’eji une petite Marquise entée. Une Comtejje notée : c’est-à-dire , qui n'a point ie carol/e pour aler parla ville. Ce ft un P o'‘te croté, c est un pauvre poète , un méchant poète, AI use crotee. Sca. von, pojsies.) C§ Brantôme raconte dans la vie du Roi François Premier, que la veuve du Maréchal de Montejan, ayant épouse le Prince de la Roche-sur-Yon , elle fin un jour dans la chambre de la Reine , où étant assise sur son tabouret d’honneur , elle s’adressa à un gentil, homme desgalans des la Cour., haut à la main, & d’ausii bonne maison qu’elle ; mais ne le connoissant pas , elle l’apella par deux fois mon gentilhomme: je vous prie , allez voir jusques à la sale s’il n’y a pas un de mes gentils hommes , & me le faites venir. Le gentilhomme lui dit Mortdieu, quel mon gentilhomme apellez-vous ; Alez le chercher ailleurs, car je ne fuis votre gentilhomme , ni ne le veux être, Princesse crotée que vous êtes, alez faire votre message vous - même. CROTER, o. a. [ Luta ajbergere, insicere.'] Amasser de la boue. Remplir de crotes. Elle crote fa jupe. C’est un petit Avocat qui crote fa robe au Palais. Se croter , v. r. [ Luto infici , ajjiergere J'e. ] Amasser les crotes des rués en marchant. ( 11 se crote fortlors- qu’il va à nié par les rues.) CROTOl.E , f m. [ Crotolum.~\ Terme d t Mb daillsìe. Espèce de tambour de basque qu'on voit sur les médailles dans les mains des Prêtres de Cybéle- CROUÇHAUT , s m. Terme de Cmpentme. Ce Pont les pièces de bois qui se portent sur le cher d’un bateau ; & qui servent à faire la rondeur &la diminution du devant. CROULEMENT , s. m. t ConcuJJJo , mcujfe ' motw. ] Ebranlement d’un édifice qui est sur le point de tomber. CROULER , v. n. s Conçutere , tremere , nutare, ncuti. ] Ce mot se dit des édifices, des murailles, urs, maisons, & signifie tomber. Branler fur ses fon- :mens pour tomber. ( Les murailles croulent. (f Mr. de Ségrais a dit dans fa Traduction des eorgiques de Virgile, liv. i. Ses greniers crouleront fous leur charge pesante. Périon le dérive du Grec x.piíeiv. f CROULER, v. a. Terme de Marine ., On dit croti* ■ un bâtiment pour le faire lancer à Peau. CROULIERES , s f. C Terra tremula vacillant > hiscens. ] Terre qui ne font pas fermes fous les pieds, ales mouvans. „ „ - „ .<•, CROUPADES, GROUPADE S, f f. [W; s creflis aqu aliter pedìbus.j] Terme d e Manege. v. es-uns disent groupade, mais mal ; les Ecuiers « c .valiers qui parlent & qui écrivent le mieux > m CRQ croupades. Les croupades font des sauts relevez qui tiennent le devant & le derrière du cheval dans une égale hauteur fans qu’il montre son fer. Hautes croupades , ce font des croupades plus relevées que les ordinaires. ( Manier à croupades. Faire des croupades. Mettre un cheval à l’air des croupades. Cheval qui fe présente à croupades. Un cheval ne sépare point aux croupades ; c’est-à-dire, ne rue point entièrement du train de derrière alongeant les deux jambes entièrement de toute leur étendue. CROUPE , f f. [ Vertex, apex, jugum. ] Ce mot fe dit en parlant de montagnes , & il signifie le haut, ou le sommet de la montagne. ( Ils s’étoient saisis de la croupe du mont. Vaug. Quint l. 3. c. 4. Ils firent des feux fur la croupe des montagnes. Abl. ret. I. 4. c. 1. ) CROUPE. [ Tergum. j] Ce mot fe dit en parlant de cheval. C’estla partie du cheval qui prend depuis les rognons jusques à la queue, en y comprenant toutl’ef- pace rond qui fait la beauté de la croupe. ( Croupe large & ronde. Mettre en croupe. Porter en croupe. ) f- CROUPE, ou Culée. Terme de Commerce de cuirs. ( * L’himen porte d’ordinaire en croupe le re pentir & la misère. Voit poès. C’est-à-dire , que le mariage entraîne souvent après lui la pauvreté & les chagrins. Unsou rempli d'erreurs que le trouble acompagne, En vain monte à cheval pour tromper son ennui , Le chagrin monte en croupe U galope avec lui. Defpr. ) t CROUPETONS, adv. [ Appreflìs humì clunìbm accubare . ] D’une manière acroupie. ( Etre à croupetons. ) C’est-à-dire, être assis à terre fur fa croupe. Marchera croupetons. Ce lièvre est à croupetons. ) í CROUPIAT , f. m. Terme de Marine. C’est un nœud qu’on fait fur le cable , & l’embossure est proprement quand on frape , ou faction de fraper le croupiat fur le cable. Cependant on fe sert indifé- remment de croupiat & A’embojjure pour le nœud même ; & on dit le plus souvent embossure. CROUPIER, f m. [ Ludi ficius. ] Celui qui tient le jeu d’un autre qui ne sait pas joiier. CROUPIER , f. m. [Negotiisocius ^confidentìarius.s] Associé pour une ferme qu’un autre régit & fait valoir, ou qui prête son nom à celui qui plaide un bénéfice. CROUPIERES, f f. [ Pofiilma. ] Longe de cuir a tachée derrière la selle, & qui avec le culeron embrasse la queue du cheval , afin d’aider à tenir la selle droite fur le dos du cheval. * CROUPIE'RES. [Nates. ] Ce motfe dit des femmes dans le stiie burlesque & satirique , & signifie cu. ( Elle hausse la croupière ; c’est-à-dire, qu’elle a des galans avec qui elle fe divertit. ) * CROUPIE RE, f Acris alicujus perfécutio.J Ce mot, Nu pluriel & au figuré, signifie afaires chagrinantes & embarrassantes. Embaras fâcheux , & qui font de la peine. ( On lui va tailler des croupières. ) Mouiller en croupière ou en croupe, f Ex puppi jace- re anchoram. ] Terme de Marine. C’est jetter une ancre du côté dë la poupe, pour maintenir les ancres de savant, & empêcher un vaisseau de fe tourmenter. CROUPION , s m. [ JJropigium. ] Extrémité de l’ ossacrum , qui est composé de trois petits os , & qui restemble au bec du coucou. Gelée , ana t. I. 2. ch. 30. f * CROUPION. [ Hâtes , clunes. ] Cu. ( Sangler le croupion. Remuer le croupion. CROUPION. [ Cubes , anus , podex. ] Ce mot fe dit de toutes sortes de volailles & d’oifeaux. C’est la partie de la volaille, ou de l’oifeau qui est au dessus du trou par où sortent les extrémens. Un croupion de chapon, de poule d’inde, d’oifon, d’aloiiette, de grive, &c. Garnir le croupion. Terme d e Rôtisseur. C’est mettre adroitement sous la peau du croupion plusieurs petits lardons , pour faire paroitre le chapon plus gras. CROUPIR , v. n. [ Dejìdere , flagnare , stare. 1 Ce mot fe dit proprement de seau , & signifie ne couler pas. Se corrompre faute de mouvement. ( Leau croupit dans les fossez. L’eau qui croupit devient bien-tôt puante. 11 n’y a point de pire eau que celle qui croupit ou qui dort. ) CROUPIR , v. n. f Languere in otio, languescere, iner- tia marcescere. ] Demeurer nonchalamment en quelque état, ou en quelque lieu. ( Un enfant & un malade CRU 537 croupiroient dans leur ordure, fi on n’avoit foin de les nétéïer. Croupir en une extrême misère. Vaug. Quint , l. 5. Que ceux qui croupissent dans le péché., s’en retirent promptement. Maucroix , homélie 21. ) CROUPISSANT, croupissante , adj. [Stagnans, deses , piger, jj Qui croupit. ( Eau croupissante. Vaug „ Quint. I. 9. ) í CROUTON, f. m. Terme de Tanneur & de Marchands de cuirs. On apelle croupons les cuirs de beuf & de vache tannez lorfqu’ils n’ont ni tête , ni ventre, comme qui diroit, cuir de croupe. On dit, un. croupon de beuf, un croupon de vache. í CROUSTILLE, f f- \_Crustula . ] Une petite croûte. ( Prenez encore une croustille pour boire lin coup. f CROUSTILLER , v. a. f Crujhtles frustum comedere , rodere. ] Manger quelque petite croûte. On croustille avant que de boire. ) t CROUSTILLEUX, croujlilleusc, adj. [ Lepidrn , facetta. ] .Boufon. Qui fait rire. 11 est croustilleux, elle est croustilleufe, c’est un croustilleux corps. ) t CROUSTILLEUSEMENT , adv. [ Lepìdi , facetè. ] D’une maniéré boulonne & plaisante. ( II parle crou- stilleufement. f CROUTAC, s m. Monoïe d’argent, qui a cours à Dantzik & en d’autres villes du Nord. CROÛTE , s. f. [ Crufla. 3 La partie dure & solide qui couvre la mie du pain. ( La croûte de dessous : la croûte de dessous: ne manger que des croûtes, croûte de pâté. ) CROÛTE. Terme de Chirurgien & de Médecin. Cou- verture que la nature fait fur quelque plaie, ou fur quelque ulcère. ( La croûte d’un ulcère. Deg. * CROÛTE ,sf. Ce mot fe dit de tout ce qui fe sèche & s’endurcitfur la surface de quelque chose. (H se fait fur le sel qu’on garde , une croûte fort dure & épaisse. La sécheresse a fait fur la terre une croûte si dure, qu’on a de la peine à la labourer. 11 se fait une croûte sur les confitures qu’on gardp long-tenis. 4 = CROÛTE. On nomme cuir es croûte , le cuir de vache , de cheval, &c. qui a étrtT plané , coudré & tanné , & qu’on a fait sécher, après avoir été tiré de la fosse au tan. H CROÛTE. On apelle parchemin en croûte , ou parchemin en cosse, celui qui n’a point été raturé fur le sommier par le parcheminier ; c’est-à-dire, qui est encore brut, & tel que le Megiffìer l’a préparé. f CROûTELETTE, s s. [ Crustula. ] Petite croûte. ( Une croûtelette de pain. ) CROÛTON, s m. [ Crufiula. j Petit morceau de pain qu’on coupe au côté du pain, & qui a plus de croûte que de mie. CRU , s nt. [ Fundm. ] Terroir d’un particulier, qui produit quelque fruit. ( Boire du vin de son cru. { Ce mot vient de croître. * Cela n’ est pas de son cru. C’est-à-dire, cela n’est pas de lui. CRU, cruè , adj. [ AuHrn. ] Grand. ( Us sont crus de six grands doigts. Voit. I. 42. Elle est crue en sagesse.) CRU, crue , adj. [ Creditus.j A quoi on ajoûte foi. ( Cela est cru de tout le monde. ) Ce mot vient de croire. CRU Voïez crud. CRUAUTE', f f. [ Immunités , savitia, serocitasj Du Latin crudelitas. Grande inhumanité,. une grande cruauté , une cruauté éfrenée , inouïe, barbare, détestable, horrible. Arrêter le cours de la cruauté, Vaug. Quint. Assouvir la cruauté. Abl. * CRUAUTE'. [ Feritas , acerbìtas. ] Dureté. Insensibilité. Rigueur. ( Elle a de la cruauté pour ses enfans. Un véritable amant doit soufrir fans murmurer la cruauté de fa maîtresse. II ne faut point qu!me rare beauté , Ait trop d!amour ni trop de cruauté, Hune dégoûte U Vautre desejpére. Main.) CRUAUTE', s. f. [ Férocités. ] Ce mot fe dit des bêtes feroces & sanguinaires. ( La cruauté des tigres, des lions , des ours , &c.) t CRUAUTE', signifie aussi, action cruelle. Faire des cruautez , exercer des cruautez. $ CRUAUTE', se prend quelquefois pour une chose fâcheuse. Quelle cruauté de se voir abandonné, de se voir trahi par ses meilleurs amis. Ttm. L Yyy CRU* 538 CRU CRUCHE , s f [ Hydria , uma. ] I] vient de l’AIemand Krug. Grand vase de grez ou de terre d’ar- gile, avec une anse propre à mettre quelque sorte de liqueur. (Cruche peinte , cruche bariolée. * Tant va la cruche à T eau, qu'ellese cajse. Proverbe; c’est-à-dire, qu’on fait tant de fois quelque choie de mal, qu’on est puni. ) Malherbe a dit : . Elle verse de l’autre une cruche de fleurs. Mr. Ménage estime que l’on ne peut dire une cruche de pleurs , que dans le burlesque : l’aurore ( dit-il ) ne verse point assez de pleurs pour remplir une cruche , quoiqu’elle soit une grande pleureuse. CRUCHE , f. f. [ Stolidus , stupidns , _ flumbem. ] Ce mot se dit au figuré, d'un homme stupide. CRUCHE , f. f Plein une cruche. ( On a envoïé à la fontaine chercher une cruchée d’eau fraîche. ) CRUCHERIE , f. f. Mot nouveau , qui signifie folie, bêtise, & qui n’a d’usage que dans le stile familier. C’eit ma crucherie de trop craindre la mort. Marquise de Sablé . ) CRUCHON , f m. [_ Urnula. 0 C’est une petite cruche. Un joli cruchon , un petit cruchon. On se sert dans les caves de cruche & de cruchon. ) CRUCIFERE, adj. On donne ce nom aux colonnes qui soutiennent une croix, & qu’on pose dans les cimetières , ou devant les Eglises. CRUCIFIE' , crucifiée, adj. [ Cruci fufjìxm, affìxus. j] Qui a été mis en croix , & en a souffert le luplice. (b'. Paul ne vouloir rien savoir que Jésus-Christ crucifié. i. Corint. 2. ) CRUCIFIAIENT , f. m. st Cruels sufplicium. J Maniéré dont jesus-Christ a été crucifié. (Le crucifiment de Jésus-Christ. Port RoiafNouv. Tíjìam. S. Math, ch. 27.) CRUCIFIAIENT. [Christ crucfixi imago. J Terme à’Imager. Taille douce qui représente la maniéré dont on crucifia Jésus-Christ. (Le Brun a fait un crucifiment de jesus-Christ , & cet ouvrage est un chefd’œuvre de Peinture. ) CRUCIFIER , v. a. J Cruci ajfigere, figere, Chrzsti do- lores imituri. J Mettre en croix. ( Les Juifs ont crucifié Jésus-Christ. ) ( * Les macérations vivifient l’ame en crucifiant le corps & la chair. Patru , plaid, rç.) L’Evêque de Beilei a fait une plaisante critique sur quelques Moines qui avoient outré la dévotion en méditant fur le crucifix , & il a dit qu’au lieu de se crucifier ils se sont crucifiez. Voïez Crucifix. f * IIJe ferait crucifier. [Vitam. profunderet pro anù- cis. ] C’est-à-dire , il soufriroit toutes choses pour servir ses amis , ou pour de Purgent. CRUCIFIX, J', m. [ Crux. j Prononcez crucifi. C’est une croix de bois , de métal , ou de pierre, & la figure de Jésus-Christ ataché fur cette croix. Dans ce sons, on dit le montant de la croix, & le travers de la croix, fur lequel sont attachez les bras de Jesus-Christ. O11 dit aussi, le pié de la croix d’un crucifix qu’on pose fur un Autel , &c. ( Un beau crucifix.) CRUCIFIX, fi. m. f Cbrijìi in cruce pendentis effigies. J Ce mot signifie austì une taille douce qui répréfente la figure de Jésus-Christ en croix. ( Ce crucifix est bien gravé. ) f * C’est un mangeur ou une mangeuse de crucifix. [ Pietatisstmulator. ] Cette faqon de parler est proverbiale , & cela sc dit des dévots outrez , & des bigots hipocrites. H On dit, Mettre son ressentiment , les injures qu’on a reçues áu pié du crucifix : c’est-à-dire , oublier pour l’amoiir de Jésus-Christ crucifié , son ressentiment & les injures qu’on a requës, CRUD , crue. adj. Le d de cet adjectif ne sc prononce pas. II vient du Latin crudus. Qui n’est pas cuit. ( Fruit crud. Pomme crue. Chair crue. Humeurs criées, terme de Médecine.') * CRUD , crui. f Itnpolitm , imperfefhtí. J Non travaillé. ( Soie crue qui n’est ni lavée ni teinte : chanvre crud , cuir crud. ) * CRUD , crue. [ Durm , aster , rigidus , feverus.J Ce mot sc dit des choses qu’on fait ou qu’on dit, fans avoir égard ni considération aux personnes, & il signifie peu honnête , peu civil, trop grossier , trop rude. ( Cela est un peu crud. ) í CRUD, se dit aussi d’une production d’esprit qui est encore informe & mal digérée. On ne doit pas se contenter de mettre une pensée toute crue sur le papier. CRU A crud, adv. [ Cataphracíè. ] Sans avoir chaussé >;-> bas, fans avoir mis de chauscttes, fans selle ( rt. 4 fer des bas de soie à crud, se boter à crud, aller à cheval a crud. ) ' r * C/IVCUl IL P éfisuanni. j puante des choses crues ct indigestes. ( La crudité des fruits. Corriaer la crudité des melons. L’acier qu’on fait bouillir dans l’eau , lui ôte fa crudité. ) í CRUDITE' , ou Corne du cuir. Terme de Tan nerie & de Commerce de cuirs forts. CRUDITE' , J] f. Indigestion. ( Avoir des cruditez d estomac. ) CRUDITE'. [ Verba dura,astera. ] Se dit, au fi™, re, des discours fâcheux & défobligeans. ( Cet hom! me est incivil , il dit beaucoup de créditez aux gens ) f CRUë , J', f. Augmentation. La crue des eaux la crue des tailles. ' í CRUë,/ /. Croissance, augmentation de grandeur. Cet arbre a pris toute fa crue. On le dit aussi par extension , des hommes. Cet enfant n’a pas en- core pris toute fa crue. ch CRUë , en Terme de Pratique & en fait d’invcn- taire, signifie le cinquième denier au dessus de la prisse, ch CRUë de Cerf. Onapelleles cornichons du Cerf nouvellement sortis. CRÛMENT. Voïez plus b,a. CRUEL , cruelle , adj. [ Crudelis. ] Inhumain. Qui a cìe la cruauté, de l’inhumanité. (Un cruel tiran , une cruelle action. ) ’ CRUEL , cruelle , adj. f Férus , immanis , ferox. ] Ce mot se dit aussi des bêtes féroces. ( Les tigres font fort cruels. ) * CRUEL , cruelle. Qui n’a point de bonté, qui est dur, qui ne fait aucune grâce. (Maîtresse cruelle. Elle fait la cruelle. Que les dieux J'ont cruels , quand ils font trop faciles Hélas ! que leurs refus J'ont quelquefois utiles. Mol. ) * * CRUEL , cruelle. [ Savus , sents , bumanìtatìs ex. pers. ] Rude. Fâcheux. ( Cela est cruel, qu’il m’eil faille parler avec tant d’artifice. Voit. /. 38. ) CRUEL, J', m. \_ Inhumanus. J Inhumain. (Néron étoit un cruel. ) * CRUELLE . f. f. f Inhumuna , astera, dura. ] Celle qui ne fait nulle faveur. C’est une cruelle , mais elle est adorable. Jamais Surintendant ne trouva de cruelles. DeJ'p. fat. Qui vous me défendez, cruelle , ET aimer dest charmans apas ? Ah ! je ferois aveugle , ou vous seriez moins belle , Si mon caur ne les aimoit pas, IIfe plaint qu!il ne peut rencontrer de cruelles, Pour avoir le plaisir de les pouffer à bout. Poete anonime. ) CRUELLEMENT , adv. [ Durè , asterè , inhumant. ] Inhumainement. Rigoureusement. Faire mourir cruellement. Batte cruellement. Déchirer cruellement. Vaug. rem. * CRÛMENT , adv. [ Asterè , durè , feverè. ] Trop grossièrement. Peu honnêtement. ( II ne faut pas dire les choses si crûment que cela. ) CRURAL , crurale , adj. [ Crurum arterU. ] ïl vient du Latin cruralis. Qui est à la jambe qu’on nomme en Latin crus. Terme à’Anatomie. ( Artère crurale. Veine crurale. Muscle crural. ) CRUSADES , ou Croisades. J', f. Monoïe d’argent de I ^rtugal. Les vieilles crusades valent environ quarante sols, & les nouvelles trente trois sols, monoïe de f rance. CU ou cul. J', nu On prononce 11 vient du Latin culutn , podex. La partie de derrière fur laquelle on s'afîìed. Les deux selles. (Les Déciles montrèrent le cu à Paris pour une pomme. Sar. pofi. Cu par aej- fus tête: c’est-à-dire, à la renverse, Us pies panant en haut & la tête en bas. f * A cu levé. Ternie ae Joueur. C’est-à-dire, que celui qui perd s’en va. Joue une pistole à cu levé. De cu U de tête , c’est-a-dire, ave feu, & de tout son pouvoir. Ilyvadecu^ On le tient au cu £5? aux chauffes ; c’est-à-dire, il eitpr & arrêté. Tirer le cu en arriéré s c’elt-a-dir s,Je oetiìei , ne vouloir pas faire ce qu’on avoir témoigne de vou 01 faire. Etre àcu , c’est-ìudire, être à sec. N en pouy plus. Etre acablé. Ruiné. Faire le cu de îststst ' à-dire , être sédentaire. Etre assidu au travail. Ne p . cu qtiiter son travail. C’est un cu de plomb , c’est-à-di- í-e, que c’est un homme fort sédentaire & fort atache. Toutes ces façons de parler font basses. Mr» ferrant dit 'd’un lièvre gâté : Et du cul de la bête immonde , Frotte le nez à tout le monde. Perr. ) f Faire une chose à écorche cu , c’est fig. la faire à regret & en rechignant. £ Arrêter quelcunsur cu. C’est dans le stile familier, l’arrêter tout court. Notre infanterie arrêta fur cu la cavalerie ennemie. H Faire le cu de poule. C’est faire la mous en avançant les levres , & en les pressant. H Baiser le cu à quelcun. C’est 6g. & prov. lui rendre des soumissions serviles & lâches. f Vouloir setter plus. haut que le cu : C’est prov. entreprendre plus qu’on ne peut. II donne toujours du nez à terre , parcs qu’il veut petter plus haut que le cu. (§ Mr. de la Monoïe , dans son Dictionnaire Bourguignon , dit qu’il faut écrire , cu, & non cul. On dit vulgairement, II est a cu, pour, il est convaincu, il ne peut plus répondre. Cu de jatte. Homme qui ne peut pas marcher, ni fe servir de fes jambes, par- ce qu’il est dans une espèce d’écueíle de bois, que l’on apelle jatte. Nous pouvons bien joindre ici le petit conte de Mr. Chevreau , tome i. chevr.p 107.-,, Une 3, Dame qui a beaucoup d’efprit , mais qui tient trop ,, de la précieuse, m’assûroit un jour , qu’elle ne se ■„ servoit jamais des mots qui puissent laisser une sale „ idée, & qu’elle difoit, avec les personnes qui fqa- ,, voient vivre, un fond d’ artichaud , un fond de cba- „ peau, une rue qui n’a point de sortie, pour ce que l’on ,, nomme un cul de sac. Je lui répondis, qu’elle fai- „ soit bien, & qu’en cela je ne manquerois point de ,, Fimiter. J’ajoûtai qu’il y avoit pourtant des ocafíons „ où l’on étoit souvent obligé de parler comme les au- ,, tres. Este me défia de lui en marquer, fort honnê- 3, tement ; & je lui demandai comment elle apelloit „ dans la conversation une piéce qui valoit soixante ,, sous : soixante sous , reprit-elle. Mais , Madame , comment nommez-vous la lettre de l’alphabet qui „ fuit le P. Este rougit, & repartit en même tems , „ ho , ho , Monsieur, je ne pensois pas que vous „ dûffiez me renvoier à la croix de pardieu A ce conte, on peut joindre celui-ci, reporté par Mr» Costar , dans la fuite de fa défense. „ Une fois, Mr. 3, le Cardinal du Perron fe trouva bien embarassé, por- ■„ tant la parole pour le Clergé à la feue Reine Mers „ du F»oi ; car fe volant dans une chaise où la goûte s, le contraignait de demeurer devant une Princesse si ■ 3 , pleine de majesté, il voulut lui en faire Un complì- ,, ment qu’il n’avoit point préparé : Madame, lui uit- 3, il , je Jkis à genoux de cœur , quoique vous me voie 2 ,, astis. On le fait souvent une peine de nom- 3, mer le cul. Le même Auteur remarque ensuite, que ,, le Chancelier Olivier ne fit point de scrupule de com- ,, parer publiquement les François aux singes qui grim- 3, pent de branche en branche, & montrent le cul 3, quand ils font au haut de l’arbre.^ II ajoùte que Mon- „ tagne n’en fait point non plus d’écrire qu’un hom- „ me fur le trône le plus élevé, n’y peut être assis „ que ce ne soit fur fes fesses , & feu Mr. le Card. Ma- „ zarin ne s’ofenfa point de la privante de Mr., le Ma- „ réchal d’Effiat, quand il lui dit avec la grâce qui lui „ étoit naturelle : ’Monsteur Juif à fait ce que ria pâ 3, faire toute la Maison d’Autriche, il vous a fait mon- 3, trer.le cul Ce bon mot fut dit , lors que le caresse du Cardinal Mazarin versa peut-être par la fauté du cocher. Mr. de Voiture fit deux placets pour implorer la clémence du Cardinal. Le premier finit par ces vers. Et ne. croioit qu’on dût craindre aucun pas 3 En conduisant César sa fortune. Le nom de J»/? qui étoit celui du Cardinal Mazafin, & qui est fous-entendu , rend l’aplication de la fortune de César à celle de ce Cardinal, fort juste. L’autre placet finit ainsi : II ne crut pus , versant, pouvoir mal faire 5 Car chacun sçait que quoi que vow fastìez En paix, en guerre , en volage, en afaire , Vous vous trouvez toujours dessus vos pieds , CU. [Fundm. ] Ce mot se dit encore au figuré, de plusieurs choses inanimées s & signifie le fond CUB 539 ou le derrière de ìa chose. Le cu d’un bateau, le ciî d’une charete, le cu d’un chapeau, ou de lampe, cu de fosse, cu d’artichaud, cu d’aiguille, &c. H CU de lampe. Terme d’Imprimerie. C’est un petit ornement gravé en bois , en cuivre , ou même fondu , que l’on met à la fin des livres , des chapitres , ou autres endroits d’un ouvrage imprimé» On les apelle cu de lampe , parce qu’ils imitent en quelque sorte le bas d’une lampe d’Eglife, finissantes point par le bas. ê On apelle aussi , cu de lampe , certain ornement d’Architecture qui pend d’un plancher ou d’une voûte, & qui fe termine en pointe. CU bas f. m. Sorte de jeu de cartes qui fe joue à cinq ou six personnes , plus ou moins CUBÉ , f. m. [ Cubus. ] Terme de Géométrie. Corps solide , régulier , qui a six faces , & dont la largeur & la profondeur ou la hauteur font égales. On fe sert de cubes pour la mesure des corps solides. Leg dez ont cette figure. CUBES , en aritmétique , le produit d’un nombre quarré multiplié : ainsi le quarté 2;. étant multiplié | produit le cube 12;. dont la racine cubique estç. CUBE, adj. f Ex omnì parte quadratm. J Cubique» Nombre cube. Pié cube , &c. Le nombre cube est celui qui est multiplié deux fois , P u n par fa racine , & l’autre par son produit, 64. est un nombre cube produit par la multiplication de 4. qui est fa racine, ce qui fait 16. de son quarré, & multiplié derechef par 4. fait 64. qui est son cube. Lf Dans le Catholicon d’Efpagne, cube carré, signifie les seize, parce que de quatre qu’ils étoient d’abord, ils fe multiplièrent en seize, & dans la fuite le nombre fut infini. CUBÉBË. f f C’est un nom arabe. Plante médeci- nale. Son fruit s’apelle aussi de ce même nom. Cette plante produit son fruit en maniéré de grapes comme, le lierre. II est chaud & sec , & un peu amer. CUBIQUE , adj. Qui a la figure d’un cube. Toise cubique. Pié cubique, pouce cubique, &c. f CUBITAL, adj. Terme d’Anatomie. On donne ce nom à deux muscles du poignet. II y a le cubital interne , & le cubital externe. f-CUBITUS f m. Terme d’ Anatomie. C’est l’os du coude, ou de l’avant-bras , f CUBQCUBIQUË. Terme d 'Algèbre. C’est un nombre multiplié huit fois par lui-même. H CUBOïDE, adj. Terme d’ Anatomie. C’est un des os du tarse, quia la figure d’un cube. On l’apelle aussi cubiforme. CU BLANC , f. m. Sorte de petit oiseau qui fréquente le bord des rivières, & qui est fort bon à manger. II a le dessous fort blanc, avec la queue blanche & un peu mêlée. CU de jate, f m. [ Capttis crurìbas. J Celui qui ne fe pouvant servir de fes jambes, est contraint de fe traîner lé cu dans une jate. Le Poète Scaron avoit pris le surnom de cu de jate , parce qti’il étoit paralitique , & qu’il étoi t toujours dans une chaise. CU desac, f m. £ Angiportus. ] Rue sans issue. ( Demeurer dans un cu defac. ) CUGA, f f. Plante ou arbrisseau du Pérou, que les Indiens cultivent avec grand soin. On en mâche les feuilles sèches fans les avaler, & elles fortifient tellement le corps, que les manœuvres qui en ont dans la bouche, travaillent un jour entier fans manger. CUCIOFERA, f.s- Arbre dont on trouve la dest cription dans Theophraste. Le tronc & les feuilles de cet arbre aprochent de celles du palmier, & son fruit ressemble à un coin. CUCURBÍTE , sf. Cucurbìta. J Terme de Chu miste. C’est Un vaisseau à long cou de verre, de terre , d’étain ou de cuivre dont on fe sert en chimie pour les distilations, infusions, & macérations. ( Mettre lacucurbite dans le bainmarie. ) CUEILLE. Terme de Marine. C’est une des bandes de toile qui composent une voile. CUEILLES, Voïez Cuiller. CUEILLETE , f f. f Mestls fruHuum coíJeJio. J Récolté des blez , des fruits. II fe dit aussi des collectes qu’on fait pour quelque nécessité publique, pour des aumônes, &c. Voïez Cotlefíe & Récolté » 4 = CUEILLETE. Ternie de Commerce de mer, en usage fur l’Océan. C’est un amas de diverses fortes de Tomh I» Y y y % àr- 540 CLÎI marchandises qti’un Maître de vaisseau fiiit, & qui luè sont remises par plusieurs personnes pour former ia cargaison de son bâtiment. On dit, charger un vait- . seau à cueillete. , _ „ CUEILLEUR ,/,»»• ip&fruUM' legzt. ì Ce mot ne se dit guére seul, d signifie celui qui cueille. ( Etre fait en cueilleur de pommes. ) CUEILLIR ,».«•[ Carpere , deserpere , legere , mettre palmas , laudern consequi , comparare. ] Prendre avec la main une chose qui tient à quelque tige, à quelque branche d’arbre , ou à quelque chose semblable. Je cueille , je cueillois , j’ai cueilli , je cueillis , je cueillerai ; & non pas comme 1 c prétend Vaugelas , cueìllirai , cueillant. ( Cueillir des fleurs, des fruits, des herbes. Nous ne cueillerons point de palmes qui ne soient mêlées de sieurs d’orange. Voit.1.2 o. Ils cueillent les fruits amoureux, Oue le ciel avoitfaìt pour eux , Volt. Poës. Telle qu’une bergére , au plm beau jour de fête , De superbes rubis ne pare pointsa tête , Et Jans mêler à l’or l’éclat des diamans, Cueille en un champ voisin ses plm beaux ornemens. Despr. H CUEILLIR le verre. C’est le prendre avec la selle dans le pot où les matières ont été entièrement vitrifiées , pour ensuite le soulier, L en faire des plats de verre , ou du verre en table. £ CUEILLOIR, / ra. Terme de Fruitière. C’est un petit panier d’osier, de forme ovale, dans lequel on vend les menus fruits. t CUIDER , f m. [ Qualus , calatbm , canistruml} Panier long, dans lequel on cueille & porte au marché les prunes, les cérises , &c. t CUIDER , v. a. f Fut are , cogitare , exijìimaref] Vieux mot burlesque, pour dire , penser. ( Le Comte Duc mourir cuida. Foit. Pois.) {s Dans le triomphe des Muses : Amour outrecuidé , Qui eut jamais cuidé Qseusses contre les Muses Onques voulu penser ? Ut ensuite : Vint Mirrha l’esventée Cuidant outrepasser, Sans jamais J'e lasser , Et n’ejhe surmontée. CUILLERE'E, s. s. [ Cocbkar cumulatum. ] Le plus usité de ces mots , c’est cuillerée , qui signifie , plein la «millier. ( Une cuillerée de bouillon, de vinaigre , d’huile , &c. ) Cuìlleron , cullieron , s m. f Cochlearis pars cava. ] Les Orfèvres disent l’un &l’autre, mais le premier mot «st plus en usage. C’est la partie de la cuillier qu’on met ®n la bouche , quand on mange. ( Cuilleron bien fait.) II y a des cuilleron s en ovale, comme ceux des cuilliers, dont on se sert à table. II y en a de ronds, & d’autres qui ont un bec. CUILLIER, cullier , culliére , f. f. \Cocblear , cocb- hare. ] Prononcez cuillié, Tous ces mots se disent, mais le prémier est le plus usité. Utencile de ménage, qui a un creux qu’on nomme cuilleron , & un manche, il est de métal. Celles dont on se sert à table, sont ordinairement d’argent. Les cuilliers à pot, dont on se sert à la cuisine, sont de fer ou de laiton. Celles dont se servent les Fondeurs & quelques autres ouvriers, font de fer. ( Pour pdier le pain qu’il mange , Ses fourchettes ses cuilliers , Retournent fur le Pont-au-Cbange, Main. Poës. p. 71. ) Elle a fait faire de la vaisselle d’étain , & quelques cuilliers d’argent. Patru , plaid. 16. p. 627. De fort belles cuilliers. Une cuillier à pot. On dit auífi , une cuillier de rouë de carosse. ) {f Le Roi Henri IV. aïant dit à Malherbe , que ce mot étoit masculin , Malherbe lui répondit : Sire , vous étés un grand Roi, & fort puissant ; mais avec tout votre pouvoir, vous ne sauriez faire qu’on dise un cuillier en-deça de la Loire. CUILLIER. f Concha longa. ] Coquille longue, ou poisson à têt dur. Rond. Cuillier. Oiseau semblable au héron, hersmis qu’il a le bec fait en cuillier. Bel. L 4. Cul On apelle auss cuillier , un morceau de fer m.; » brasse le bout de l’aiffieu des roues de devant d> n ca ' rosse. (Une cuillier du carosse se rompit. Acaá Fr \ CUIR, / m. [Corium.J Peau d’animal tannée dont on fait la grosse besogne. ( Faire boire l e cuir lui donner le tan, lui donner la poudre , se mettrei TeíTuile corroïer, &e. ) * í CUIR, verd , cuir crud , ou cuir frais. C’est ce lui qui n’a encore reçu aucune préparation. í CUÍR salé. C’eít un cuir verd qu’on a salé, pour enipecber qu il ne se corrompe. CUIRS secs a poil. Ce sont ses cuirs qu’on a fait sé cher , sans en avoir ôté le poil. Tels sont ceux qui viennent de/Ameriquc , & de divers autres pais. ’ t CUIR fort, au Gros cuir. On apelle ainsi le cuir de beufoude bufle , pour le distinguer des cuirs de vache , de cheval, de veau , &c. qui sont beaucoup plus foi hies. f CUIR tanné. C 'est un cuir dont on a fait tomber le poil dans le plain, & qui a été mis ensuite dans la fosse au tan. f CUIR plaqué., C’est un cuir sort, qui après avoir été tanné , a été séché à Pair , & nettoie de son tan. í CUIR corroie'. C’est un cuir qui a passé par les mains du Corroïeur , qui lui a donné les dernières pré- paradons. CUIR. C Pellis , cutis. 3 Peau. ( Entre cuir & chair: cuir doux & uni. Les maladies du cuir, ce font la gale , les dartres , &c. ) ts On dit, à la vérité , entre cuir g? chah j mais fustige le veut ainsi, & je ne puis croire que dans le beau stile on puisse dire avec la Fontaine, dans son conte du Roi Candaule : Dieux , disoit-il au Roi , quelle félicité , Le beau corps , le beau cuir, 6 ciel ? U tout le rejle. f * Faire du cuir d’autrui large courroie. Proverbe, pour dire , être prodigue aux dépens d’autrui. CUIR bouilli. [Coriuni decoclum.) C’eit du cuir bouilli & préparé avec diverses gommes. Ce qui le rend épais & fort dur. On en fait des seaux fort légers. LesGai- niers & les Bourreliers s’en servent à leurs ouvrages. f * Visage de cuir boúilli. Façon de parler basse, pour dire, un visage noir & extrêmement laid. f- CUIR doré. Espece de tapisserie composée de plusieurs peaux de mouton passées en basannes, oû font représentées en relief diverses figures relevées d’or, d’argent, de vermillon, ou de plusieurs autres couleurs. Les cuirs dorez d’Anvers font ses plus estimez. CUIRASSE, s.s. C Lorica , ] Armure de fer, qui couvre le corps du soldat par derrière & par devant. ( Une cuirasse à l’épreuve du mousquet. Un corps de cuirasse. Le droit de porter la cuirasse , étoit autrefois un titre d’honneur, dont on étoit privé, lors qu’aisnt douze métairies , on manquoit au service que l’on devoit au Roi, comme il est décidé dans les Capitulasses , où la cuirasse est apellée brunìa , que les Auteurs modernes ont expliqué par cuirasse , 011 haubert. $ Défaut de la cuirasse. C’est où la cuirasse finit. II fut blessé au défaut de la cuirasse. £ On le dit aussi fig. pour l’endroit soible d’un homme , d’un Ouvrage. Voilà le défaut de la cuirasse. Si vous le prenez au défaut de la cuirasse, vous en viendrez facilement à bout. í Endosser la cuirasse. C’est fig. prendre le parti des armes. ss CUIRASSE', adj. art. Qui porte la cuirasse. , î CUIRASSE', sc dit aussi fig. d’un homme bien préparé à tout. Vous ne sauriez le surprendre ni l’emba- rasser , il est toujours bien cuirassé. CUIRASSIER , s. m. [ Loricatns eques. ] ^Cavalier armé d’une cuirasse. ( II y a en France un Régiment de cuirassiers, & il s’en trouve plusieurs dans les troupes étrangères. ) , -, CUIRASSIER,/ m. [ Loricatns .] Ce mot se ditauilt d’un soldat fantassin qui porte la cuirasse S la pique- CUIRE, v. a. & v. n. [ Coquere , concoqueri. .1 cuis , tu cuis , il cuit , nous cuisons. J’ai cuit, sfsP’ je cuirai. Ce mot se dit de Pèse t que sait se feu a 1 ég au «ses choses qu’on veut manger, & qui sc mettent auprès de fa flâme , ou sor fa fsiùne , qu dans les heur a.ufquels il a imprimé un certain dégré de chaleur capable de cuire. (Mettez se soupé à la broche , «’ selliez- GUI îaissez-le bien cuire. Faire bouillir le pot afin que la viande soit bien cuite. Faire cuire une éclanche de mouton au four. Les Boulangers ni les Pâtissiers ne cuisent pas aux Fêtes solemnelíes. Le secret d’un Cuisinier est de faire cuire les viandes à propos. Les pois ne cuisent pas bien dans de Peau de puits , &c. ) f * CUIRE , v. a. [ JJrere. ] Brûler. ( J’entendoib par des bruits confus que tout étoit prêt pour m@ cuire. ) CUIRE, v. a. Imprimer dans un sujet susceptible de sentiment une douleur acre, piquante & cuisante. ( L’eau de vie cuit lors qu’elle est d’abord apliquée fur la blessure. On dit aussi qu'u ne plaie cuit, que les yeux cuisent, &c. -j- * Cuire. Ce mot est figuré , mais il n’a cours que dans le stile simple & enjoué. (O qu’ilvous en cuira ! ; Benserade. C’est-à-dire , que vous en aurez de regret ! que vous en aurez de déplaisir. ) CUIRE. [ Coquere. J Digérer. ( L’estomac cuit les viandes. ) CUIRE , v. a. Ce mot se dit quelquefois absolument , en parlant du pain en particulier. ( Les Boulangers cuisent deux ou trois fois la semaine. Cuire à îa maison. Cuire à un four banal. ) CUIRE , v. a. Ce mot se dit de plusieurs cboses qu’on fait durcir au feu. ( Cuire des briques. En Orient on les fait cuire au soleil. ) £ On apelle bass. un Boute-tout-cuire , un homme qui mange tout, qui dissipe tout. £ CUIRE' , adj. Terme de Cofretier. Une maie bien cuirée est une maie de bois de hêtre, dont les joints, avant qu’elle soit couverte de cuir, ont été recouverts soit en dedans, soit en dehors, avec une forte toile trempée en bonne cole. f CUIREE , s. m. Terme de Chapelier. C’est un petit morceau de cuir que l’on met entre la chantrelle , & la corde de l’arqon , dont les Arqonneurs se servent pour faire voguer l’étofe. * CUISANS, cuisante , adj. [ Acerbrn , molejìm. ] Douloureux. Sensible. ( Regr.et cuisant. Douleur cuisante. Abl. Qui peut dire les foins cuisons , Qui travaillent les courtisans ? S. Evremont. ) CUISINE, f f. I Culìna. ] Partie du logis où l’on. aprête les viandes qu’on doit servir sur table. ( Une cuisine fort belle & fort propre. Baterie de cuisine. Linge de cuisine.. Couteau de cuisine , &c. Qui vous a pu plonger dans cette humeur chagrine , A-t-on par quelque édit réformé la cuisine ? Despr. ) CUISINE bouche. {Culìna menseregia. ] Lieu où l’on .aprête les viandes qui doivent être servies devant le Roi. CUISINE du commun. [Domejlicorum mense culina .2 L’un des sept Ofices du commun chez le Roi. * CUISINE. [ Ars coquinaria , Jumptw culina ne- ceíjarii. ] L’aprêt qu’cm fait des viandes pour être servies fur table. (Faire la cuisine. * Fonder de cuisine. C’est-à-dire , établir de quoi vivre. Chargé de cuisine. [ Valdè obesus. ] C’est-à-dire , qui est gros & gras. Et Malherbe U Balzac fl favans en beaux mots , En cuisine peut-être auraient été des sots , Mol. ) f Latin de cuisine. C’est un très mauvais Latin. H On apelle cuisine , une boète longue à diférens compartimens, où l’on met divers ingrédiens propres pour les ragoûts , & que les goinfres portent fur eux. 11 porte toujours fa cuisine dans so poche. t CUISINER , v. ». [ Coquinariam artem exercere. ] Faire la cuisine. ( Elle cuisine fort bien. CUISINIER , s m. [ Coqum. ] Celui qui aprête les viandes. Celui qui soit l’art d’aprêter toutes fortes de viandes, chair & poissons. (Un bon cuisinier. Les Cuisiniers ont réduit en art & en méthode le secret de flater le goût, & de faire manger au-delà du nécessaire. La Bruyère. ) Le Cuisinier François. [ Artis coquinaria liber. ] C’est lin livre qui enseigne la maniéré d’aprêter les viandes. CUISINIE'RE , f. f. [ Coqua. ] Celle qui fait la cuisine , & lait aprêter les viandes. CUISSARDS, f m. {Femoris tegumentum fer- reum .2 Tout le fer qui couvre leì cuisses de l’hom- me armé de pié en cap. CUl 541 CUISSE, f- f [ Fetmr. ] La partie du co ps de l’homme , qui prend depuis faîne jusques au genou. La partie de derrière de l’animal qui se joint au pié. ( 11 a eu la cuisse emportée d’un coup de canon. Une cuisse de poulet, de chapon, de canard, &c. Les Grecs ont inventé la fable, queBaccus étoit sorti de la cuisse de Jupiter. ) Les aides des cuisses. Terme de Manège. Voici aides. £ CUISSETTE. Terme de ManufaBure de lainage, 11 se dit de la moitié des fils d’une portée. CUISSON , Ç Panis domi coBus. J Ce mot se dit en parlant du pain qu’on cuit au logis , & qu’on n’aché- te pas chez les Boulangers. (C’est du pain de cuisson. Elle aime le pain de cuisson. CUISSON , s.s. [ Coílura,' J II se dit des viandes qu’on rôtit. C’est la maniéré dont une viande se rôtit ou est rôtie. C’est la peine & le soin qu’on a pris de faire rôtir. ( La cuisson de ces viandes est bonne. Avoir soin de la cuisson des viandes. 11 y a une certaine fleur de cuisson qui est admirable. Les viandes doivent être servies dans une certaine fleur de cuisson, qui passe en un moment. Citri, Triumvirat , .3. p. ch. i2. Païer la cuisson des viandes. ) On apelle tlahs le ménage pain de cuisson celui que font & que cuisent à la maison les domestiques,à la diférence de celui qu’on va prendre chez les Boulangers.. [ Panis domi coBm. ) CUISSON , s.s { Urens dolorissens us. J Douleur coiffante. ( 11 sent une grande cuisson dans l’œil, dans les reins, à la vessie , &c. CUISSOT , f. m. [ Fera fémur. ] C’est une cuisse d’un cerf , ou d’autre pareille bête sauvage. ( Faire présent d’un cuissot de cerf à un ami. Faire mettre en pâte un cuissot de chevreuil. ) CUISTRE , f >n. [ Clericomm , ludi magistrorum samulrn , coqum. J Valet de régent de colégc. Homme qui est tout-à-fait de colégc, qui sent la craflè du colége , & qui a l’air & l’humeur d’un franc pédant. ( Le Régent envoïa quérir deux cuistres pour l’aider. Àlez cuistre fiéfé. Mol. femmes savantes, aB. 3. sc. 3,) CUIT , cuite , part. f CoBm. J ( Pain cuit, chair cuite. ) ^ Avoir du pain cuit. C’est prov. avoir du bien, être à son aise. H On dit aussi , qu’un homme a du pain cuit , pour dire, qu’il a une bonne provision de ce qui lui est nécessaire. Ce Prédicateur a du pain cuit, c’est-à-dire, il a provision de sermons. H Liberté pain cuit. Ce proverbe signifie que le* deux plus grands biens de la vie , sont d’être libre, & d’avoir ce qui est nécessaire à la vie. CUITE, s. s. [ CoBura. ] Cuisson. Le degré de cuisson. (La cuite de ces briques n’est pas assez forte. La cuite de la chaux, la cuite du verre. Les infusions di- férent des décoctions en dégré de chaleur, & en longueur de cuite. Charas , pharm. 2. p. I. 1. ch. Les Chimistes tiennent que le succez de leurs opérations dépend de la cuite, & de la maniéré de donner le feu pendant la cuite.) CUIVRE , f m. {Aïs Cyprium. J Corps métallique rougeâtre, fusible, & qui peut être étendu avec ]@ marteau. ( Cuivre fort beau, cuivre rouge, cuivre jaune. 11 y a quantité de mines de cuivre en Suéde. La plûpart des Temples de Suéde, & des maisons des personnes de qualité à Stokholm sont couvertes de cuivre rouge. ) fy Cuivre de Corinthe. C’est ainsi qu’on apelle un aliage d’or, d’argent, & de cuivre qui prédomine. On dit que la ville de Corinthe aïant été prise & détruite parle feu, dont la violence fit fondre une grande quantité d’or , d’argent, de cuivre , & d’autres métaux , il se forma de leur aliage, une matière que l’on apella or de Corinthe , que l’on rechercha avec soin pendant long-tems : Ex Ma autem antiquà gloria Corin - thium maxime laudatur s hoc casm miscuìt Corintho , cum caperetur , incensa , mirèque cìrca id , multorum affeBatio suit. Plin. lib. 34. c. 2. 11 faut que d u tems de Pline, cette efpéce d’or fut peu connue, 011 du moins que l’on eût oublié la maniéré de le composer, puis qu’il dit Adeò exolevit fundendì arts prœtiojl ratio, ut jam diu nefortuna quidem m are jus artis habeat. L ot alié avec Je cuivre , étoit apelle aurichalcum. Savot , part. 2. ch. 17. prétend que les médailles que l’on croît „ aujourd’hui être d’or corinthien , ne sont que d’un Y y y ì „ cuivre 54^ CUL ,, cuivre d’oré, comme on l’a reconnu par les essais „ que l’on a faits. Cette hauts teinture, dit-il, rnrpro- „ vient que de là , c’est-à-dire , d’un cliivre dore , ou „ de celle de la calamine, d’autant qu’il y a des cui . ,, vres qui boivent bien mieux > la calamine les uns que „ les autres. II dit encore qu’il n’y a que trois fortes „ de cuivre qui prennent bien la dorure , le franc cui- „ vre, le leton ou mitraille,, & la bonne bronze. Tout ,, cuivre propre à être doré, a été apellé, dans la fuite, cuivre corinthien, & particulièrement la bron- „ ze “. II faut ici observer que Savot fait brome toujours féminin ; mais il est plus souvent masculin : nous ne dirons pas une médaille de la grande bronze , mais du grand bronze. Pline fait mention d’un cuivre que l’on apelloit hepatizon , parce qu’il étoit d’une couleur brune, & semblable à celle du foie de l’homme. Dans ce même Auteur , as coronarium, c’est notre clinquant Ais pyropum , étoit plus brillant que le précédent, parce qu’il y avoit plus d’or. H CUIVRE , tenant or. Lors que l’or est au dessous de dix sept carats, & qu’il paroit rouge, il perd son nom & fa qualité d’or, & n’est plus que cuivre te- nant or. $ CUIVRE de Tambac. C’est une composition d’or & de cuivre, que les Siamois & d’autres peuples de l’Orient estiment au prix de l’or pur. H CUIVRE de Tintenaque. Métal de la Chine, qui aproche du cuivre , & qui est fort estimé dans les Indes. On l’emploïe en batterie de cuisine. H CUIVRE. Terme de Carrier. Les Carriers apel- lent banc de cuivre , une pierre dure & jaunâtre, qui ne peut servir qu’à faire du rabot, & à paver les cours des maisons. CUIVRETTE , f.s. [ Lingula ex are Cyprio. ] Petite anche de cuivre qu’on aplique fur des bassons , ou haut-bois. CUL- Voïez Cu. CULASSE , f f. C Ferre* fiflulœ cauda , postica pars. ] Terme d’ Arquebusier. Morceau de fer qui entre au bas bout du canon. Une bonne culasse. ) Ce mot fe dit aussi des pièces d’artillerie. £ On dit prov. & bass. d’une personne fort grasse , & qui a le derriere fort large , qu’elle est renforcée sur la culasse. CULBUTE , culebute , f f. [ Totius corporbs volu- bilitas, prolapjìo in caput. ] L’un & l’autre se dit. Chute. (II a fait une culbute. Pourquoi a-t-on établi ces exercices, & de quoi fervent à la vertu tous ces sauts & toutes ces culbutes ? Abl. Luc, t. a. exercices du corps. Les dames galopent aujjì, Deux ou trois font la culebute, Et font heureuses dans leur chute. Perr. ép. fur la chasse. ) f CULBUTE, fe dit aussi fig. d’un homme qui après avoir brillé dans le monde , tombe dans la pauvreté, dans la disgrâce. II a fait une terrible culbute. * CULBUTE, ou culebute f. f. C’est un nœud de rubans de couleur que les jeunes demoiselles portent presque fur le derrière de la coife-cornette. ( Elle porte une jolie culebute. ) On apelle aussi cette culebute une renverse. CULBUTER , culcbuter , v. a. [ Aliquem pro - nura in caput deficere. ] L’un & l’autre fe dit de trois ou de quatre silabes. Renverser cu par dessus tête. Faire tomber. Jetter par terre. ( 11 l’a culbuté , & s’en est fui. ) CULBUTER , v. a. f Dejicere , evertere. J II fe dit au figuré, & signifie abatre , détruire, mais il ne fe dit qu’en riant. ( La mort qui se plaît à la lute , Et qui les plus forts culebute, £VyV, Ménage, Poef. ) CU LE' E , f- f. [ Môlessaxea cui pontis arcus ulti- mw incumbit. ].Grosse masse de pierres qui foûtient la voûte de la derniere arche d’un pont & toute fa poussée. î CXÍLF/E. Terme de Commerce de cuir. C’est-là partie du cuir , qui est la plus proche de l’endroit où etoit la queue de Ranimai. Les gros cuirs fe marquent íur la culée. CULER- Terme de Marine, C’est aler en arriére, r e j ’ J' m ' LPaftilena. ] Terme de Seil- £er& de Bourrelier. Partie de la croupière qui est fai- Se riiTr I Tc-D < ^ à mioi pose i a queue du cheval. CULIER- Voïez Quitter. CUL CULIER, adj. Terme d’ Anatomie. (Leboïau™ lier.) 11 est situe entre le cacum & le rectum. CULO L , J• m. f RecentiJJìmm omnium aggrewm C’est le dernier reqû ou le plus jeune dans q^W corps ou compagnie. v ' {§ Ce terme est très-commun parmi les Monoïeurs - Us apellent culot , l’or, ou Purgent fondu dans U n creuset. On dit, fairerejsuer les culots , quands on veut en séparer les métaux ; & pour lors on fait un feu de charbon pour bien recuire la casse. Voïez. recuire. CULOT. [ Catilìus in quo lìquatur aurum. ] Terme de Chimie & de Fonte , Morceau de métal fondu , qui sc trouve au fond du creuset, rond & pointu par en bas. Acad. Fr. CULOT , f. m. f Fundus lucernœ tefludineatus. ] La partie la plus basse d’une lampe d’Egìife. C’est aussi la partie la plus basse d’un bénitier de chambre. (Le culot est plein.) II fe dit encore de plusieurs autres vaisseaux. T CULOT. Terme de Chandelier. Le culot du moule est une efpece de petit entonnoir mobile fait de fer blanc ou d’étain. t CULOT. Terme de Miroitier. C’est une efpece d’efcabelle fans fonds, fur laquelle fe pose la sebile, où Te conserve le vif-argent, pour mettre les glaces au teint. CULOTE , f ta. [ Braccarum genus. ] Efpéce de haut de chausse étroit par le bas, &dontle bas est retiré en dedans par la doublure, & qui ne tient à l’éto- fe que par le haut & par le bas. La culote est large ou étroite , elle a quelque-fois des poches par devant quatre doigts de la ceinture , L ne fe porte jamais qu’avec un juste-au-corps. ( La culote de A. est percée, & on lui voit le cu. ) CULOTE , f f. C Pars ima calìcis. ] Ternie de Fiat- rifle. 11 fe dit de l’anémone. C’est la moitié de des. sous des grandes feuilles, qui est la plus proche de la queue , & qui est d’ordinaire de diférente cou. leur que le bout de ces grandes feuilles. ( La cu- loté aide à connoìtre quand une anémone doit aug. menter en coloris. Culture des fleurs , r. p. cb . î. ) CULOTE ou calote f. f. £ Terme à’Arquebuses. L’un & l’autre sc dit, mais culote est le plus en usage, & pour un Arquebusier qui dira calote, il y en aura dix qui diront culote. C’est un fer délié , rond & creux en maniéré de petite calote , que l’on attache au bout de la poignée, &c. (Faire, atacher, polir la culote ou calote d’un pistolet. ) CULOTIN , f m. [ Strifliorum braccarum grnus. ] Efpéce de haut-de-chausse qui est étroit & juste sur la cuisse, qui serre par le bas, qui quelquefois a des boutonnières à côté du genou, & quelquefois tout autour, au-dessus du genou, il a des éguillettes & force rubans larges , avec de pareils rubans autour de la ceinture. CULTE, f m. [Cultus.’} Vénération qu’on a pour Dieu, L qu’on témoigne par des actions extérieures pleines de respect & de piété. (Rendre son culte à Dieu. Port-Royal. Etablir le culte de Dieu. Un vrai culte. Un culte faux & superstitieux. Le culte qu’on rend à Confucius dans la Chine, anéantit la vraie Religion.) CULTE de dulie. Terme de Théologie Romaine. Culte qu’on rend a une créature à cause de fa sainteté. ( On pèche en rendant aux Saints un culte qu’ils ne méritent pas. Thiers, dijs. ) CULTE de latrie. Terme de Théologien Romain. Culte souverain qui fe rend à Dieu. CULTE. Figurément se dit de l’atachement qu’ost a pour certaines choses dont on le fait des espèces de divinisez. Les femmes sont flatées agréablement par la vanité de plaire aux hommes, & d’être, ponr ainli dirCjl’objet de leur culte & de leur adoration. Boursauìt . ê ÇULTELATION , s m. Terme de Géométrie. Maniéré de mesurer avec l’instrument universel. CULTIVER , v. a. [ Colere, culturam adbibere, ] Ce mot se dit proprement des terres, des plantes, des arbres. C’est s’exercer à travailler avec tant de soin après la terre, les arbres & les plantes, qu° n leur fasse porter des fruits & des fleurs. ( Cultiver la terre, les arbres , les plantes , les fleurs. Conserver l’eflrit libre U le jugement sort , Direson chapelet en cultivant ses entes , C” eft attendre chez foi bien doucement la mort. Foete anonyme. ) CULTIVE', cultivée , adj. [ Cultus, ] Terre cultivée ' ' * CUL- CUP * CULTIVER. Perfectionner. S’éforcer d’amenér à ìa perfection. Polir. ( Cultiver les arts , cultiver les ïiences, cultiver l’eíprit. Abl. Cultiver l’amitié. ) CULTURE , s f f Cultura. ] L’art de cultiver la terre ou les plantes, pour leur faire produire du fruit. (Avoir foin de la culture des arbres fruitiers. Avoir foin de la culture de la terre. Ainsi la Quìvtìnie aprit de ìa nature, Des utiles jardins l’agréable culture-. Perr. ) * CULTURE. Exercice qu’on prend pour perfectionner & pour polir les arts , les sien ces ou l’efprit. ( Le peu de cennoissance que j’aí , je le dois à la culture des bonnes lettres. Patru , Oraison pour Arcbias. Songer à ìa culture des arts & des siences. Abl. Travailler à là culture de son esprit. ) CUMIN,/ m. t Cuminum satìvum. 3 Plante qui 'ressemble au fenouil. (Cumin sauvage, cumin cultivé. ) jsf CUMUL-/»*. La Coutume de Saintjean d’Angeli permet à ceux qui ont des propres, de disposer pat testament , de tous leurs aquéts : mais par une sage interprétation d’une permission fi générale , & pour conserver quelque égalité , On peut , lors que les aquéts font plus considérables que les propres , accumuler, & joindre lés uns & les autres, & donner la liberté de difpbscr d’un tiers du total -, les deux autres tiers restant pour les héritiers présomptifs i & c’est ce quê l’on apelle dans cette Coutume, le cumul. Voter. Mai- •cbin commentateur sur ìarticle 20. c'h. 2. ! CUMULATIF , IVE, adj. [ Cumulatw. 3 Ce qui se fait par acumulation.( Droit cumulatif , police cumulative des juges roïaux fur les subalternes. ) CUMULATIVEMENT , adv. [ Cumulatim. ] D’une maniéré cumulative. ( Les oficiers roïaux font la police cumulativement avec les juges ordinaires.) CUMULER, v. a. [ Cumulare. 3 Terme de Jurisprudence, Assembler -, réunir plusieurs droits pour fortifier une prétention. T CUNEIFORME, adj, Terme d 'Anatomie. Oâ apelle ainsi trois os du tarse, qui ont la figure d’un Coin à fendre du bois. í CUNETTE- Voler CUVETTE. 4 CUNTUR , ou CONDOR -, s m. Oiseau de rôle du Perou , fort grand , & dont le bec est terri- le. II 7 en a aussi en Afrique d’une grandeur prodigieuse , qui ont la force d’enlever les vaches , comme rassurent quelqtìes Historiens. CUPIDE, adj, II vient du Latin cúpidus , & nê fe dit /ordinaire que dans des matières de pieté, & même il ne s’y dit guère. 11 se dit quelquefois en riant, ( Oui l’homme est un obstacle àses contentement , Le cupide apétit qui manque d’alimens, Cherche en tout à fe satisfaire. ÍVladem. de Ville-Dieu. Poef. ) CUPIDITE f f f- Il vient du Latin cupidités, St signifie un ardent & brûlant désir de posséder quelqué chose, & il semble être plus de Théologie que dusti- le ordinaire. ( La cupidité des hommes ne se peut assouvir. La cupidité des richesses est la source de plusieurs maux. Cependant 1 parlant en général, oh dira* la terre n’a point d’en droits si cachez, où pour trouver íor & les diamans , la cupidité des hommes ne Passé Fouiller. Nouvelles observations fur la langue. On peut dire aussi dans le particulier, ces choses réveillèrent ma cupidité ; mais ces Façons de parler sont rares, [f Le terme cupidité est un peu plus à la mode, fus tout parmi les Prédicateurs, Ménage , tome 1. de ses Observations, chapitres- traite également cupidité & convoitise. Je dirois ( dit-il ) un désir ou un grand destr, Comme a dit Malherbe : N’ai-je pas le creur aujst haut, Et pour Oser tout ce qu’il saut, Un grand désir de gloire ? On peut dire auffi , avide de gloire , & avidité dé gloire ; mais on ne doit pas hésiter de s’eh servir après la décision de Messieurs de l’Académîe sor l’observation 30?. de Mr. de Vaugelas. CUPiDON ,/»*.[ Cupido. ] Dieu fabuleux , on le peint avec des ailes , un arc & un carquois pour blesser les cœurs. Cuptdonsous les loix de la simple nature, Régit tout ce qui saitsoupirer ici bat : II ne punit jamaïs rebelle , ni parjure , CUR 543 C est tití empire qiii ne dure. Qu’autant que ses sujets y trouvent dés abat. Desh. ) f CUPULE, f.s. C’est une efpece de calotte dure, bu petite coupe , dans laquelle le gland de chêne est engagé par un de ses bouts. î CURABLE , adj ; f Sanabilis. 3 Ce mot signifie, qui peut être guéri, mais il ne se dit guere qu’entrè Médecins ; & encore rarement. ( Cette maladie est curable. Tous maux sont curables, au dire des charlatans. ) Le eûnttairé de ce mot, savoir incurable, est tout-à-faítèn usagé. t CURAGE,/ m. Terme en usage en Normandie, qui signifie le blanchissage dés toiles. On dit auffi Cu- randerie Sc Curandier, pour Blanchist'erie Sc Blanchisseur, CURATELLE , s s C Bonorum pupitli curatio. 1 Charge de curateur. (Ellé a la curatelle de ses enfans.) CURATEUR/ .m [ Pupìlii curât or. 3 Parent qu’ort choisit en Justice , afin d’agir de concert avec le tuteur , pour avoir foin du bien de leur pupille , celui qui a soin que lé pupille émancipé ne dissipe son bien mal à propos. ( On lui a donné un curateur. On. établit aussi un curateur aux biens vacans. $ CURATEUR. On apelle CURATEURS eïi quelques endroits, ceux qui ont la direction des Académies, ou Univerfitez. Les Curateurs de l’Academie de Leydê en Hollande sont des gens d’un rang distingué. CURATRICE , s f. [ Qu/ e curatoriam exercet. J Celle qui a la curatelle de quelque personne. f CURCUMA, st m. Plante des Indes Orientales, dont la racine ressemble au gingembre, & teint en jaune comme lé safran. On l’apelle aussi safran des Indes -, & elle sert à quelques usages dans la Médecine. CURE', / m. [ Parochus , Parochia Refior, CurioJ Prêtre qui a un bénéfice , une Cure. ( C’est un bon Curé , un Curé primitif. Un mort s'en aloit tristement, R’emparer dé son dernier gîte -, Un Curé s’en aloit gaiement Enterrer ce mort au plus vîte. La Font. ) Qf II ne falojt pas fupritner le reste dé ìa fable , qui est la dixième ; on y voit au naturel l’avidité dé la plupart dés Curez , & Pin certitude des projets deS hommes : Messire Jean Chouart couvait des yeuxson mort , Comnìejil’on eût dû lui ravir ce trésor, Et des regards stembloit lui dire : Monsteur le mort , j’aurai de vous Tant én argent, 0 ? tant en ciré , Et tant en autres médius coûts, ïlfondoit là-deffus l’achat d’une feuilleltè Du meilleur vin des environs, Certaine nièce ast'ez proprette , Et fa chambrière Paquette Devoii avoir des cotillons. Sur cette agréable pensée, Un hartsurvint , adieu lè chair , Voilà Messire Jean Chouart Qui duch’oc de son mort a la tête cassée 5 EeparroiJJìen'en plomb entraîne son pasteur, Notre Curé suit son Seigneur , Tous deux s’en vont de compagnie. Proprement toute notre vie Est le Curé Chouart qui fur son màrt cmíàft , Et la sable du pot au lait. CURE' primitif. Les eomnrunautez régulières & séculières ont autrefois possédé des Curés , & fait toutes les fonctions curiales dans dès paroisses-, ou elles envoïoient un Prêtre dú corps , que l’on apelloît Vicaire amovible. II est aisé de comprendre les inconvénient qui naîffóiént très-foûvént de cet usage ; aussi les Papes, pour y remédier, Commencèrent à déclarer les Moines incapables de posséder des Cures. Quelques Chanoines réguliers furent exceptez : mais à l’é- gard des autres, tin leur laissa feulement le droit d’é- tabîir des Vicaires séculiers, qui ne furent d’abord nommez que sous la condition d’êtré changez en tout te ms. Mais le Roi Loïiis XIV. a voulu avec raison qu’il h’y eût plus que des Curez en titre. Comme il est difi* fcile de dépouiller des communautez de tout le bien & de tous les avantagés dont elles joûiffoient, fans mur* 544 CllR murmurer, & sans en retenir quelque lambeau, plusieurs Chapitres, & même quelques Communautez ré-' guliéres i'e font conservé le titre de Curez primitifs , les uns avec des droits honorifiques simplement, & les autres avec des droits utiles & honoraires. C’est par la qualité de ces droits, que l’on juge de la «jualité de Curé primitif: ils consistent prémiérement a profiter des oblations , ou d’une partie de celles que l’on fait dans certains jours solennels ; en second lieu , à célébrer la Messe paroissiale dans les jours de Pâques, Noël, Pentecôte , &c. & dc faire tout l’ofice ces jours-là , L encore dans le jour de la fête du Patron de l’Eglife ; en troisième lieu , de percevoir la dixme , ou une partie dans l’étenduë de la parroisse. On peut voir un Recueil des Arrêts concernant les Curez primitifs, imprimé à Paris en 167;. fous le titre: Le Droit écrit jugé entre les Curez primitifs , g? leurs Ficaires perpé- tuels. CURE , f f [ Parada. ] Benéfice ou il y a charge d’ames. ( On lui a donné une fort bonne Cure. Conférer à un Eclésiastique une Cure de quinze cens livres de rente.) CURE , f f. f Curialis domus.fi Ce mot fe dit austi pour signifier la maison destinée à loger le Curé. ( II a établi un petit Séminaire dans fa Cure. ) CURE. [_Sanatio.fl Ter m e de Chirurgien. Guérison de quelque maladie ou de quelque blessure. (II a fait une belle cure. La cure de cette maladie étoit fort ditìcile. CURE , f. f. [BucceaJìupea. ] Terme de Fauconnerie. Peloton de chanvre , de coton , ou de plume , qu’on fait avaler à un oiseau de chasse pour dessecher son flegme. ( Les oiseaux fe portent mieux quand ils ont rendu leur cure. ) t CUREAU,/ m. Terme de Tondeur de Draps. C’est un petit instrument de bois, semblable à la tête d’un maillet, dont les Tondeurs fe fervent pour faire agir celui des deux couteaux des forces à tondre, qu’on apelle le mâle. CURË-DENT , f. m. [Dentiscalpium.f} Petit morceau d’or & d’argent ou de bois odoriférant, plat & délié pour nétéïer les dents lors qu’on a mangé. ( Un curedent bien fait. ) On a inféré dans le prémier Chevraana, page ig. ce petit conte, qui peut ici trouver la place. Un Gentilhomme étant dans la boutique du sieur de Scrcy , Marchand Libraire à Paris, celui-ci lui présenta la Cléopâtre qu’il venoit d’imprimer, ouvrage du sieur de la Calprenede : L’Auteur (dit le Gentilhomme) fe vante dí avoir une maison d’une grande étendue , acompagnée d’un bois de haute futaie ; U je vous proteste qu’il n'y a pas seulement du bois de quoi faire un cure-dent , U qu’une tortue feroit le tour de fa maison en un quart d’heure. CURE-OREILLE, -s. m. [ Aurscalpium. ] Petit morceau d’or , d’argent ou d’ivoire , qui est plat & délié , avec un petit rebord creux à l’un des bouts pour entrer dans le creux de l’oreille, & en tirer les ordures. (Un joli cure-oreille. ) CURE-PIE' , s. m. [ Pediscalpium. ] Instrument de fer crochu , dont les Palefreniers fe fervent pour nétéïer le dedans du pié des chevaux, & en ôter la terre ou des pierres. CURE E , s. f [ Vsceratio , esta pradacea. ] Terme de Chaste. Ce que l’on donne du cerf ou de la bête fauve aux chiens qui ont chassé. ( Faire une curée. Salnove , vénerie roiale , ch. 60. (5? 61. Curée chaude , curée froide. ) (st II fuit U le reproche , U les yeux du Sénat , Dont plus de la moitié piteusement étale Une indigne curée aux vautours de Pharsale. Corneille , mort de Pompée. î Mettre les chiens en curée. C’est leur donner plus d’ardeuràla chasse par la curée qu’on leur fait. f Mettre en curée , fe dit aussi fig. des hommes, lors que lé butin ou le profit qu’ils ont fait les anime d’avantage à quelque entreprise. Le pillage du camp ennemi mit les troupes en curée. Le profit qu’il a eu dans cette afaire l’a mis en curée. CURER, v. a. [ Aratrum terra expedire. ] Terme de Laboureur. Nétéïer la charuë, ou autre chose avec le curoir. ( Curer la charuë. ) CURER. . [ Lutn expurgare. ] Oter le fumier de dessous le bétail. ( Curer les chevaux, curer la bergerie, curer les vaches. ) puits. CUR CURER. ^[ Purgare. ] Nétéïer. (Curer les On dit plûtot écurer les puits. ) f Se curer les dents ou les oreilles. [ Denies, aum pennà levare. ] On dit plûtót fe nétéïer les dents. CURER. Terme de Couverturier. Nétéïer. f Cn rer les chardons. ) ‘ f CURER un Oiseau. C’est purger un oiseau de proie , par la cure qu’on lui fait prendre. CURETTE , s. f. Terme de Couverturier. Petit j n strument qui a un manche de bois & des dents de fer dont on fe sert pour curer les chardons qui font remoliì de laine. r * CURETTE , s.s. Terme de Chirurgien. C’est un in strument d’argent propre pour tirer une pierre delà vessie, pour sonder s’il y en a d’autres, & pour recueil lir le sang coagulé , & tout ce qui peut être demeuré dans la vessie, après qu’on en a tiré la pierre. í CURETTE. On donne aussi ce nom à un instru. ment de fer, dont on fe sert pour n’étoïer la pompe" d’un vaisseau. F CUREUR de puits , f m. [ Foricarius. ] Celui qui nétéïe les puits & les citernes. Cureurde puits fe dit par le peuple , & même par ceux qui écurentles puits mais le vrai mot, c’est écureur de puits. Voïez Ecu. reur. £ L’Académie dit , cureur de puits. CURTAL , curiale , adj. [ Curialis. ] Qunest de Curé. (Fonction curiale. Patru, plaid. 4. Droits cu- riaux. ) CURIE,/./! [ Curia. ] Portion de tribu chez les Romains. La tribu du tems de Romulus étoit de mille hommes. CURIEUX , / m. [ Curiosus , rerum studiofm m. dagator. ] Celui qui a de la curiosité. ( C’est un cu- rieux. ) , CURIEUSE , f f. Z Curiost. ] Celle qui a de la cu- riolìté. ( C’est une curieuse. ) CURIEUX, curieuse , adj. [ Concinnus , elegms , eu. rìojus. f\ Qui a de la curiosité. ( II est curieux. Désir curieux. Elle est curieuse en fes habits. Vaug. Quint. Curce , l. ch. Rien n’échape aux regards de notre curieuse. Destr. ) CURIEUX, curieuse , adj. [ Rarus ,sngulam , ex- quisttus. ] Qui mérite de la curiosité. (Livre curieux, secret curieux, chose curieuse , sience curieuse. II faut fur des sujets plus grands , plus curieux; Atacher de ce pas ton estrit U tes yeux. Despr. ) Curieusement , adv. s Curiosè , studiosè. ] âvec curiosité. (II recherche curieusement toutes choses, II a observé curieusement tout le cours de la comete. J’ai lû ce livre curieusement pour en observer tous les beaux endroits, & pour en remarquer tous les défauts.) í CURION, f m. Les Romains apelloient ainsi le Prêtre, ou le Sacrificateur d’une curie. CURIOSITE', f. f. ( Curiositas. ] Désir de savoir ce qui regarde autrui. Envie qu’on a de quelque 'chose. ( Si la curiosité me prend de le savoir. Past. /. 1. 11 y a une curiosité blâmable & une curiosité louable. Une curiosité naturelle, utile, nécessaire. II n’y a point de curiosité plus digne, ni qui forme plus le cœur & l’efprît d’un galant homme , que celle de voïager, quand on voïage avec jugement. II a été puni de fa curiosité. Rien n’échape à la curiosité d’un jaloux. S. Evrem. ) CURIOSITE'. Maniéré de grande boite que portent par Paris derrière le dos certains Savoïards, où ils font voir aux enfans la ville de Constantinople, ou autre pareille chose, pour divertir le petit bourgeois & le badaut. _ f CURIOSITE'. On apelle ainsi une chose rare. Un dit un cabinet rempli de curiosttez. 4 CURMÏ, f m. Sorte de boisson faite avec de Forge, dont les Anciens bitvoient au lieu de vin, « qui ressembloit à la biere dont on use en divers pais. CUROIR, f m. [Régula lignea ad abstergendm aratrum.fi Terme de Laboureur. Bâton avec quoi Laboureur cure la charuë. . -, r í CURSEUR- On donne ce nom à certains stlei- fagers du Pape, qui affichent les Bulles dans Rome, qui portent fes ordres aux cardinaux. ^ CURSEUR. Terme de Géométrie. C’est la pi ec de l’Arbalêre , qu’on apelle aussi marteau. f CURUCUCU , / m. Serpent venimeux du me- fil, long de quinze piez. cuv CURVILIGNE , adj, [ Angulm ex duabus Uneis survis coulescens. ] Terme de Géométrie. Qui a des lignes courbes. (Angle curviligne. Figure curviligne. Tous les triangles sphériques sont curvilignes. ) CURULE- [ Sella curulis. ] C’étoit un siège d’ivoi- te fur lequel certains Magistrats de Rome avoient droit de s’asl’eoir. ê CURUPICAÍBA , f m. Arbre du Brésil, dont les feuilles rendent une liqueur propre pour guérir les plaies & les pustules. CURURES , f f C Edufia fardes , purgamenta. ] Ce mot signifie ce qu’on trouve au fond d’un égoíit, d’une mare qu’on dessèche, d’une cour qu’on né- téïe, &c. ( Les curures aïant été exposées au soleil, font une maniéré de terre neuve très-propre pour les jardins.) $ CURURYVA , f m. Serpent dangereux du Brésil, qui a environ trente piez de long. t CUSCUTE ,Plante qui croît attachée fur celle du lin, & qui produit des filamens longs & déliez comme des cheveux. C’est une efpece d ’Epithy- me. Cette plante est aperitive & detersive : on s’en sert pour purifier le sang. CUSTODE , f /• Chaperon , f m. [ Custodia. ] Terme de Sellier. Custode & chaperon sont tous deux bons , mais chaperon est le plus usité. La custode ou le chaperon c’est le cuir qui couvre les fourreaux des pistolets pour empêcher qu’ils ne se mouillent. CUSTODE , f. f. Terme de Sellier. La partie garnie de crin qui est à chaque côté du fond du caresse, & sur quoi on peut apurer la tête & le corps. CUSTODE , f. m. f Custodes. 3 Terme de Capucin & de Recolet. C’est le Religieux cjui fait l’ofice du Provincial en t’absence du Provincial. f * Sons la cujhde. s Sub custodia. 3 Sorte de façon de parler proverbiale, qui veut dire en secret , & sans que la chose soit publique. (Avoir le fouet sous la custode.) CUSTODE , f. f. [ Pyxk eucharistica. ] II vient du Latin custodia. Il se dit du Ciboire où l’on garde les Hosties consacrées, & qui est couvert d’un petit pavillon. CUSTODE. [ Vélum conopeum. ] Se dit aussi des rideaux qui font dans quelques Eglises , à côté du grand Autel. CUSTODE. Est le nom d’un Comte de Lyon & Dignité. (Monsieur de Génétines est grand Custode de Lyon , & ceux qui sont Curez de Sainte Croix s’apel- lent aussi Custodes.) CUSTODIE , f f. f Custodia. 3 Terme de Capucin. La partie d’une Province de Capucins, de Cordeliers, ou autres Religieux. CUSTODINOS- [Considentiarius. ] C’est celui qui prête son nom à un autre pour recueillir les fruits d’un bénéfice. On dit aussi par mépris, ce n’est qu'u n petit custodinos, í CUTANE'E , adj. Terme $ Anatomie. La transpiration se fait par les glandes cutanées. CUTICULE ,ff- t Cutìcula. ] Terme de Méde- eins. Us apellent ainsi la petite peau qui couvre le cuir. II vient du Latin cutìcula. On la nomme ausil épidémie. CUVE ifs- C Cupa , lacus vinarìus , labrum. 3 Grand vaisseau enfoncé feulement d’un côté , & composé de douves, lié avec des cerceaux, & propre à faire le vin. ( On tient que la cuve de Clervaux tient quatre cens muids.) Ce mot de cuves se dit aussi de tous les autres vaisseaux de même forme, quoiqu’ils servent à d’autres usages , & pour y mettre des liqueurs. A fond de cuve , adv. LFoJJa cujm latm in morem fojfe declive est. ] Fort creux , en maniéré de grande cuve. ) ( Un fossé à fond de cuve , c’est un fossé qui n’a point de talus. On dit aussi , déjeuner à fond de cuve. CUVEAU , f. m. [ Labellum. 3 Petite cuvée. CUVE'E , f. f. ( Plénum vinderaïà labrum. 3 Cuve pleine de vin & de grapes de raisin. ( Une petite ou grosse cuvée de vin. C’est du vin de la première cuvée.) CUVER , v. a. [ Muflum in cupis alìquandiu stnere effervejcere cum vinaceis. 3 Terme de Vigneron. Laisser quelque tems dans une cuve les grapes de raisin qu’on a coupées pendantes anx seps. (Plus on laisse cuver le vin, & plus il est couvert.) CYC 545 î * CUVER son vin. ( Crapulam eâormire. 3 Ces mots se disent en parlant d’une personne qui a un peu trop bû, & c’est après avoir un peu trop bu aler dormir pour se désenivrer. £ CUVER son vin , se dit aussi d’un homme violent & emporté. Laissez lui cuver son vin ; c’est-á-dire, laissez lui passer sa colere. CUVETTE , f. f. if Labellum.) Vaisseau d’argent, de cuivre ou de faïance , large au fond d’un grand pié, haut d’un pié de bord , & long de deux piés ou environ , qui sert dans les salles à manger pour recevoir l’eau des bassins à laver, & le reste des verres. CUVETTE , f. m. [ Labrum.) Terme de Plombier. Cette cuvette fe met au dessus de la décente de plomb pour recevoir Peau du chameau. CUVETTE. l_FoJfula aqua plena in aridm fojfa ma - jore cavata. 3 Petit fossé au milieu d’un grand, qu’on tient rempli d’eau ou de bourbe , avec des haies vives , pour Te garentir de surprise. CUVIER , f. m. [ Labrum lixìvium. 3 Vaisseau de bois relié de cerceaux , & enfoncé feulement d’un côté, dont les blanchisseurs fe servent pour couler la lessive. 11 se dit aussi de ceux sur le fond desquels les harangéres de Paris mettent la morue & le saumon qu’elíes vendent le carême. On fe sert de cu- viers pour faire le salpêtre. t§ CYANE'ES- On apelloit ainsi certains écueils près du Bosphore de Thrace. {§ CYBELE. Déesse du Paganisme. Elle étoifc pourtant tille de Meon , Roi de Phrigie, & P Histoire fabuleuse raporte qu’elle fut' nourie par une lionne: mais cette mère naturellement farouche île lui communiqua rien de fa férocité. Lors qu’elle fut reconnue dans la maison de son père , elle devint amoureuse du jeune Athis, dont la mort lui fut si sensible, qu’elle tomba dans tous les excez de la fureur , & n’habita plus que les montagnes & les forêts de la Phrigie , où Apollon Païant rencontrée , il fut charmé de fa beauté, & Pemmena avec lui. Elle mourut peu de tems après ; & la peste ravageant la Phrigie , f Oracle répondit, que pour arrêter le ravage qu’elie fai- soit , il faloit enterrer, & honorer Cybele comme une Déesse. Quelques Auteurs racontent diféremmeat les avantures de Cybele : ils disent qu’elle aima Athis, à qui Midas vouloir donner fa fille en mariage ; & pour y réussir, il fit enlever cê jeune homme , & la fit cacher dans une ville : mais Cybéle trouva le rnoïen d’y entrer. Athis se cacha derrière un pin ; elle le découvrit , & eut la cruauté de le mettre hors d’état d’épouser Sangaride. Catulle, dans le poème qu’íl a fait des amours de Cybéle & d’Athis, dit que ce jeune Prince s’étant retiré dans les bois de Phrigie, il fe mutila dans l’excès d’un transport de fureur dont il étoit ateint : Cybéle qui en étoic amoureuse , le mit au nombre de ses Prêtres. D’autres disent qu’Athis se punit lui-mème de l’infidélitë qu’il avoit faite à Cybéle en faveur de Sangaride. Et enfin quelques-uns n’é- tant point satisfaits de toutes ces fables, disent que Cybéle étant déja vieille lors qu’elle devint amoureuse du jeune Athis, elle lui donna quelque breuvage pour se faire aimer : mais par un efet tout contraire , Athis devint tout furieux, & dans son transport il fe mit hors d’état d’être persécuté. De toutes les divinité?, du paganisme , il n’y en eut point à qui l’on ait donné tant de noms diférens. Strabon , lib. io. les a ramassez. Les Phrigiensl’apelloientBcTeqo’^riîiV; lesTroiens,KAâ>. On trouve souvent dans les anciens Auteurs, le titre de Mère des Dieux , d egrande Déejj’e. On la distinguoit aussi par les lieux où on lui rendoit de plus grands honneurs ; ainsi on l’apeíloit Déesse du Mont Ida , de Dindyme , de Pilene , de Pestmonie : & comme c’est à elle à qui l’on prétend que nous lofons redevables de Part de cultiver la terre, on la nomma Ops ,■ c’est-à- dire , sécourable ; Mater aima , mère nouriciére ; Pales , parcs qu’elle avoit apris aux hommes la maniéré de tirer de la terre les pâturages dont ils nourissent leur bétail, que les Latins apellent pabulum. CYCLADES- On apelle ainsi plusieurs Isles de la Mer Egée , & qui forment une figure ronde autour de sísle de Délos , plus fameuse par son temple , que par fa grandeur. Cette figure leur a donné le nom de Cydades , tiré du Grec nínihoç , un rond. Voïez la Géographie de Denis , vers. 525. Strabon , liv. xo. Mêla , Solin. Z z z 546 ì CYN f CYCLE; CICLE. 0 CYCLOPES- Les Auteurs Grecs & Latins ont fait mention des cyclopes, & nous les représentent comme des hommes d’une taille gigantesque , & qui n’ont qu’un œil au milieu du front, & cette singularité leur a procuré le nom de cyclopes, selon Mr. Bochart dans son Phaleg. Leur emploi étoit de forger sous les ordres de Vulcain , les armes & les foudres de Jupiter, lequel aïant ôté la vie à Esculape par un coup de ces foudres, Apollon, pour vanger la mort de son fils, tua tous les cyclopes avec ses flèches. Le plus fameux des cyclopes, a été Polyphé- rne : les poètes ont chanté fes amours avec Galatée : & une des plus dangereuses avantures d’Ulisse , fut l’extrémité où il se trouva dans la Sicile, où fes compagnons furent dévorez par Polyphéme , à qui, pour fe vanger, & pour éviter un semblable sort, il creva l’œil, & le rendit ainsi incapable d’excercer sur lui la même barbarie. CYGNE ; voyez CIGNE. f CYMAISE ; voyez CIMAISE. t§ CYMBALES- Instrumens au son desquels on dansoit. Le nom cíe cymbales , dit Mr. Spon dans fes Recherches d’antiquitez , vient du mot Grec Kv/ujSoç, qui signifie creux, parce qu’elles étoient faites comme deux petites écuelles de bronze ou de cuivre, & on les apelloit quelquefois ara , dont Properce s’est servi, eleg. 7. Qua numerofa fides, quaque ara rotunda cybelks. Le mot est féminin selon Ménage. CYNIQUE ; voyez CINIQUE. CZA CYNOSURE- t Cynofura. j Nom que les Grecs ont donné à la petite ourse une des constellations septentrionales, à la queuë de laquelle est l'étoile polaire. f CYPERUS LONG , ou Soucbet long, qà nomme austì Galanga sauvage. Petite racine qui dt d’ulage dans la Médecine. 11 y a un Cyperus ou fou. chet rond , qui est austì une racine médecìnale. * CYPRES, f- m. [ CuprejsHs.fi Le bois, !» feuilles & le»noix de cet arbre íont tort astringentes. On s’en sert pour la dissenterie, & pour arrêter les gonorrhées. 0 ' CYROPEDIE. C’est ainsi que Xéncphvn a intitulé son ouvrage que les uns regardent comme une fable, & les autres comme une Histoire véritable de la vie & des mœurs de Cyrus fondateur de l'Empire des Perses. La vie de ce Prince a été écrite très- diféremment par Hérodote , par Ctésias & parXéno- phon , qui a répandu dans son Ouvrage pluiieurstna- ximes importantes pour le gouvernement des Etats, & c’est ce qui a donné lieu de croire , que c’étoit plutôt le modèle d’un grand Prince , que le récit fi. dele des actions de Cyrus. Air. l’Abé Fraguier atâ- ché de confirmer les favans dans cette opinion. Votez le second tome de l 'Histoire de f Académie d n belles lettres , page 47. f CYSTHEOLITHRE. Efpece de pierre mari- ne, qu’on trouve dans les grosses éponges. CZAR , / tn. C’est le nom ou titre d’honneur que prend le grand Duc de Moscovie. Ce nom est corrompu de celui de César, & signifie Empereur. DAC , s. m. Quatrième lettre de l’alphabet. (Faire un d. Un d bien ou mal fait. Le d devant une voïelle se prononce comme un t, lors que le d finit un mot, & que la voïelle commence celui qui suit. Par exemple, grand homme , grand esprit, fe prononce comme fi on écrivoit , grant homme, grant. Vaug. rem.') D , dans la composition des mots, conserve toujours la prononciation de son caractère , devant quelque voïelle que ce soit. Et quant aux consones, il n’y en a guéres devant lesquelles il fe trouve, que 1’/ con- sone, I’ím , IV, & l'v confone. Desmarets, Grant. Fr. DA- C Plané , omninò. ] Sorte d’interjection qui n’a lieu que dans le stile le plus simple, ou dans la conversation familière. Elle est toujours jointe à quelque autre mot, soit adverbe , ou particule, & sert à afirmer. (La dévote Calijìe J)e son mari a fait un Jan Oui dà , un Janséniste. Sar. Poés. Oui dà , je ferai cequ’il me plaira. Mol.) D’ABORD, adv. [ Statim, continué. ] Auífi-tôt. Au même tems. (Dès qu’il la vit, il l’aima d’abord.) D’ABORD que. ConjonBion. [ Statim atque, ubi pri- mùm, cùmprimùm ,J C’est-à-dire, auJJÌ-tôt que. ( D’abord qu’il le vit, il lui voulut donner un coup de bâton. Abl. Luc. Je ris incognito , d’abord que je le vois, Je ne ni en puis tenir. Boursaut, Esope, a. i.fc. 1.) DABUH , f m. Sorte d’animal qui naît en Afrique , qui est de la grandeur d’un loup , & presque de la même forme ; mais il a des piés & des mains comme un homme. II tire les corps morts des sépulcres & les mange. II est si charmé du son des trompettes & des timbales, que c’est en jouant de fes instrumens que les chasseurs le prennent. Abl. Mar. t. 2. I. 2. C. 25. í D’ACCORD. Terme de Commerce. On le dit d’une facture ou d’un compte , lors qu’on n’y trouve rien à redire. Votre Compte so trouve d’accord. D ACES,/ f- [ Tributum. ] Ce mot ne sc dit qu’au pluriel, & vient de l’Italien dacio. C’est un im~ DAG pôt qui fe païe pour le transport des marchandises d’un pais à un autre. (De grosses àaces. De fâcheuses daces. Imposer des daces. Païer les duces. Etre exemt de daces. ) Le mot de daces n’est pas si ordinaire que celui d’impôt, ou quelqu’autre pareil terme. 0 ” DACES. Ce terme est inconnu en plusieurs villes du Roïaume , où on se sert du mot Doanne. II est vrai que daces est dérivé de l’Italien dacio , qui vient, selon Ferrari, dans fes Origines de la Langue Italienne, du Latin : A dando ( dit-il ) Jìve folvendo, dation, & datium , faiíutn ejje , N dationem, &c. DACTYLE, f m. [ DaBylns. ] C’est le nom d’un pié dans la Poésie Latine , composé de trois sillabes, î’une longue , & les deux autres brèves. t DADA, f m. [ Equus. ] Mot burlesque, pou: dire, un cheval, ou un petit cheval. ( J’admire dans votre lettre, Celui qui dit que son dada Demeura court d Lerida. Volt. Poés.) Le Aèlivreur d’Andromeàa Monté fur un ailé dada. Volt. Poés.) f DAELDER , f m. Monoïe d’argent qui se fabrique en Hollande, & qui vaut un florin & demi. DAGORNE 1 ff- L Vacca cornu altero mutìlata, anus. ] Une vache à qui on a rompu une corne, qui est vieille. DAGORNE,//. [Anus morofa.'] Terni e Populaire & injurieux, dont on se sert quand on veut A moquer d’une vieille femme , laide & de mauvaise humeur. t DAGUE , f f. [ Sica , pugio. ] Sorte d’épée, courte & large , qui est présentement hors d mage. On peut user" du mot de dague en parlant des armes défensives dont on fe servoit autrefois. (II raporta qu’il avoit trouvé force traits, force dagues & force épées émolués. L’Abé Talemant, Plutarque, tome 3. vie de Cicéron , p. 589. ) 0 " DAGUE, de PAleman Aaghen ou dage. Les italiens disent d aga , qu’ils ont tiré de la même source. Voïez Mr. Ménage. - 0 DAGUE de Prévôt. Terme de Marine. Celt un bout de corde dont le Prévôt donne des coups aux matelots qui ont commis quelque faute. DAL f On dit prov. & fig. qu’un homme est fin comme une dague de plomb ; C’est-à-dire, qu’il al’esprit gros- fier , & qu’il veut faire le fin. f DAGUER, v. a. £ Sicâ , pugione conficere.J Vieux mot. ( Fraper avec une dague.) DAGUES. [ Ferulœ. j Terme de Chaste. Ç’est le premier bois que porte un cerf, & par où commencent les deux perches. ( Les dagues râpées font bonnes contre les fièvres malignes. Sal. L s.) DAGUETS , f m. [ Cervus bimm , Jubulo. ] Terme de Chasse. Jeunes cerfs qui font à leur seconde année , qui poussent & portent leurs premiers bois. Ce bois est fans andoúilliers , & est gros & long comme des fuseaux. Sal. DAIGNER, v. a. [Dìgnari.J Avoir la bonté de faire ou de dire quelque chose en faveur d’cne personne. II se dit d’un supérieur à l’égard de son inférieur. (Je ne mérite pas que vous entriez chez moi ; mais, Seigneur, daignez dire une parole , & ma fille fera guerre. S. Mathieu , ch. g. Avec deux mots que vous daignâtes dire, Vous Jutes arrêter mes peines pour jamais. Volt. Poës. J'ai déja pour moi votre père, Daignez, Bergére , y consentir, Ceji-ììi tout ce qui rejìe à faire. Perr. Griselidis.) DAILLOTS , s m. ( Annuli.J Terme de Marine. Ce font des anneaux qui servent à amener les voiles qu’on met de beau tems fur le grand estai. On les apelle aussi andaìilots. DAIM , f. m. [ Dama mus. ] Sorte d’animal sauvage , qui est un peu plus grand que le chevreuil, & qui a quelque raport avec le cerf, hormis qu’il n’est ni si gros, ni de même couleur que le cerf, car son poil est plus blanc. (Un daim mâle. Un daim femelle. Sauter comme un daim.) DAINE, s.s. [Dama fœmina.J Fémelle de daim. Salnove , dictionnaire des chastìurs fur le mot de FAN. r f DAINTIERS , ou DINTIERS , f. m. plur. Terme de venerie. On le dit des testicules des cerfs. DAIS -, f-m. [Umbella , umbraculmn.J Sorte de ciel quarté , embéli de franges , qu’on met fur la tête des Rois. ( La satire bravant Porgu'ëil U Pinjustice, Va jusques fous le dais faire pâlir le vice. Defpr./ií. y.) £ Haut dais. On apelle ainsi le lieu élevé fur le- tzuel le Roi ou la Reine fe mettent dans les cérémonies publiques , soit qu’il y ait un dais dessus, soit qu’il n’y en ait pas. DAIS. Ciel quarté à pente, soutenu à chacun des coins fur un bâton, fous lequel on porte le Saint Sacrement aux procession solennelles, & lorsqu’on va donner le viatique aux malades. Ciel quarté , bordé ordinairement de franges, qu'on éléve au dessus de la plupart des Autels. £f On fe fervoit autrefois du mot de ciel ; au lieu d estais , ou de poile. Monstrelet s’est servi de ce ternie , Si mirent , iceux Prévit U Echevins , un ciel bleu couvert de fleurs de lis d’or , N Ar portèrent toùjours après par dessus le chef du Roi. Martial de Paris décrivant Pentrée du même dans la ville de Rouen : Ouatre bourgeois de la cité, Portaient fur le Roi à P entrée JJn beau ciel vermeil velouté Aux armes du Roi N livrée. Froissart en parlant du couronnement de Henri Duc de Lancastre , dit : En venant dudit palais à P Eglise, eivoìt Jur le chef dudit Duc un drap de foie de couleur inde, [st quatre sonnettes d’or sonnantes , N portaient ledit cid quatre bourgeois de Douvrc , pour la cause que c’ est leur droit. DALLE , / f [Osta, ojsella. ] Ce mot signifie un morceau , ou une tranche de poisson, & entr’autres du saumon & de l’alose. DALLE , s. f. [ Vas , vasculum , stillicidia lapidea, cos. J Ce mot se dit aussi des grandes pierres fur lesquelles on lave dans les cuisines , de celles dont on couvre les murs, & il fe dit aussi d’une pierre dure Lut on éguife les faulx. í DALLE , J', f. Monoïe de compte , dont on fe DAM 547 sert en quelques villes d’Allemagne , & qui revient à quarante fols de France. . t§ DALLE de Pompe. C’est, selon Aubin, un petit canal, qu’on met fur le pont pour recevoir l’eau. La dalle vient jusques à la manche , ou jusques à la lumière quand il n’y a point de manche. La dalle de la pompe fe met ordinairement à six piés du mât par derrière. La dalle est encore une petite auge dans un brûlot, qui sert à conduire la poudre aux choses combustibles. f DALLER, fi m. Monoïe d’argent qu’on fabrique en Allemagne & en Hollande. Le Daller vaut autant que l’écu de France de soixante sols, & la piastre d’Efpagne. Le poids & le titre n’en font pas les mêmes par tout. DALLER. C’est aussi une monoïe de compte, dont on fe sert en quelques villes d’Allemagne. DALMATIQUE, st f. [Dalmatìca. ] Efpéce de chasuble dont sont revêtus les Diacres & les Soûdia- cres en obérant, & même les Evêques lors-qu’ils oá- cient pontificalement. (Dalmatique épiscopale, dal- matique diaconale.) DALOTS , fi m. Terme de Marine. Çe font des morceaux de bois percez & disposez en pèpte le long du tillac, qui passent au travers du bordage , & fervent à faire sortir & écouler Peau des pompes & des goutíéres. t DAM , fi m. [ Damnum.J Ce mot signifie perte, dommage , & il lé dit en ces façons de parler. çC’est à son dam. C’est à ton dam. S’ils le font, c’est à leur dam.) {§ Ce mot est bas , & n’est point en usage. II est vrai que Malherbe a dit dans son ode à la Reine. L,es sujets de leurs entreprises De qui deux provinces conquises Ont déja fait preuve a leur dam. Mr. de Ségrais dans son Poëm e Pastoral : La bergére à leur dam toùjours Ji vigilante, .Et Malleville : Mais quand la renommée à mon dant trop fidelle De ta captivité m’eut apris la nouvelle. DAM. [ Dei privatio. ] Les Théologiens fe servent de ce mot pour exprimer la peine des damnez , qui consiste principalement dans la privation de la vue de Dieu. Us la distinguent de la peine du sens qui est celle du feu & des tournrens. f DAMARAS , f. tn. Tafetas des Indes. C’est une efpece d’Armoisin. DAMAS , fi m. [ Damaficeni operis pannus bomby- cinus. ] Sorte d’étofe de íbie qu’on emploie à couvrir des chaises & à faire des lits. (Damas cafat, damas fort beau.) DAMAS. [ Pruna damaficena. ] Ce mot fe dit d’une forte de prunes , qui a la peau fleurie comme Pétofe apellée dam,a. ( Damas noir , rouge , violer.) £ DAMAS'. On apelle' acier de damas un acier très- fin, dont on fait des épées & des sabres à Damas de Syrie, qu’on estime beaucoup pour leur trempe. í DAMASONIUM , fi m. Plante qui pousse de fa racine des feuilles semblables à celles du plantin. Elle croît aux lieux humides. Elle est detersive, astringente , rafraîchissante , propre pour faire perdre le lait aux femmes , en l’apliquant fur le sein. í DAMASQUETTE , / fi Efpece d’étofe qu’on fabrique à Venise pour le Levant. II y en a à fleurs d’or. f DAMASQUIN, ou ROTTE. Poids dont on fe sert dans le Levant , particulièrement à Seyde. DAMASQUINE,//. [Damaficeni opïsicii oprnst Terme d’Armurier & de Fourbijj'eur. C’est tout ce qu’on a damasquiné fur l’acier ou fur le fer. ( Une . belle & agréable damasquine. On cizéie quelquefois la damasquine. Faire la damasquine.) On dit aussi da- . masquinure ; c’est-à-dire , ouvrage damasquine. DAMASQUINER , v. a. [Encausto damaficeno ali- quid dijìinguere. ] Terme d ’ Armurier & de Fourbis- seur. C’est mettre le fer ou sacrer au feu pour le pat fer violet, le hacher ensuite avec un couteau fait exprès , & le hacher d’une maniéré perpendiculaire, délicate , pressée & croisée , & âpres dessiner fur cette hachure avec un poinçon de cuivre jaune fort délié,' Pornement qu’on a darjs Pefprit ; prendre du fil d’or, le Tom. I. Z ci z con- 548 DAM conduire selon le dessein qu’on a formé, renfoncer proprement avec une touche de cuivre , la faire reve- aiir avec de l’eau forte , prendre une sanguine pour abatre toutes les hachures , & remettre le fer ou l’a* cier au feu , pour lui donner la couleur d’eau. (Damasquiner une lame d’épée. Damasquiner le canon, d’nn fusil, ou d’un pistolet.) H DAMASQUINERIE , s f C’est l’art de damasquiner. Voter Savary. DAMASQUINEUR , s. m. [ Damascenus encaufies. Celui qui damasquine. DAMASSER, ». a. [ Lintcum opéré damasceno mariare. J Figurer agréablement en forme de petits carreaux ou autres petits ornemens. Faire de petites figures fur du linge, comme des oiseaux & autres. (Damasser du linge. Serviettes damassées. Linge damassé.) fg Le Chevalier d’Accilli , page 13. Si P habit que Danton porte, EJi de crottes damassé, IL fut marqué de la forte Des grottes de Van passé. f DAMASSIN, f. r,t. Efpéce de Damas à fleurs d’or , ou d’argent. DAMASSURE , f. f. [ Operií damassent opificìum. ] L'ouvrage du linge damassé. DAME ->s f C Domina , illujìris matrona. ] Titre de femme de qualité. Celle qui .est la maîtresse d’un lieu. ( Elle est Dame-damée. C’est la Dame du vi- lage. f C’est la Dame du logis. En nous assassinant d’un entretien flateur, Des Dames , fous un froc il brigue la faveur. Vill.) (f DAME. Ce terme n’est à présent que pour les personnes du sexe féminin. On le donnoit autrefois au sexe masculin , pour signifier Seigneur. En éfet, Dame Dieu , étoit un serment qui iignifioit Seigneur Dieu ,• & c’est du même mot Dame , que l’on a formé le nom de Vidame , & celui de Dam & de Dom, qui est resté dans certains cloîtres. Coquillart a dic dans son Monologue des perruques : Jylés dames fans aucun vacarme Vont en volage bien matin, En la chambre de quelque Carme, Pour aprendre à parler latin. Erere Berufie U Dam Firmin Les attendent en lieux celiez. DAME. C Illustres moniales. ] Titre qu’on donne à de certaines Religieuses. (Dame de chœur.) * DAME. [ Domina. ] Celle dont les qualité? gagnent le cœur. ( Elle est Dame de tous ceux qui virent jamais fa personne. Voit.Po'ês.) Dulcinée duTo- boso étoit Dame des pensées de Dom Quichotte. f DAME. Ce mot signifie fille ou femme, & on s’en sert en riant. (La Dame est fort mal satisfaite de lui. Mol. La Dame ne fut pas long-tems fans donner au Cavalier les dernières faveurs. Histoire amoureuse de France , p. 6.) Rien ne pèse tant qu’un secret, Le porter loin es dificile aux Daines : Et je sai même sur ce fait, Bon nombre d’hommes qui font femmes. La Font.) DAME d’atour. [ Regina cultui mundoque prœfefla.] Femme de qualité qui garde les pierreries de la Reine. (Françoise d’Aubigné Marquise de Maintenon, étoit Dame d’atour de Madame la Dauphine.) DAME d’honneur de la Reine. [Honoraria régin mfsecla. ] Dame est aussi un nom qu’on donne aux Religieuses Professes dans les Abaïes, & aux Chanoinesses : mais on feroit mieux de dire simplement, la Religieuse d’une telle Abaïe. Le nom de Dame ne convient point à dessilles qui ont renoncé au monde. t DAME. f Famina. 3 On fe sert de ce mot par civilité, en parlant aux femmes du petit peuple; mais on y ajoûie toujours leur nom propre, (f Dame Barbe , faites-moi ce plaistr, je vous prie. ) f DAME. [ Papa. J Sorte d’interjection, dont fe sert le petit peuple de Paris , qui signifie en vérité, ou qui sert à exprimer quelque petit mouvement de lame, comme quelque surprise ou étonnement. (Dame ! je n’entens pas le Latin. Mol.) DAME , f f. f Scrupi lusorii. 3 Terme de Trique- DAM tr f c ». f e ì eu dames. Petit morceau de bois d.voire blanc ou noir , plat & rond, épais d’envimn un demi doigt, pour jouer au triquetrac, & aux da mes. (Placer les dames. Couvrir une dame Damt touchée, dame jouée. Jouer une dame.) ' DAME. [Regina.] Terme d z Jeu aux cartes C’est la seconde figure du jeu de cartes , & celle qui s u ; t immediatement le roi. ( Une dame de carreau Une dame de cœur. Jetter une dame. Joiier une dame) DAME. [Regina.] Terme de Jeu d’échets. C’estia principale piéce du jeu pour le mouvement; car elle a ceux du fou & de la tour. On Fapelle aussi l a rem ( Ce chevalier donne échet au roi & à la dame.) DAME-DAME , f. m. Sorte de fromage , entre le lébe & la côte rouge. DAMES. [Môles terra.] Digues d’un canal, ou lan- gue de terre couverte de leur gazon. DAME-JEANNE.^ [ Lagena amp/ior. ] Nom que les matelots donnent à une grande bouteille couverte de nattes. DAME-DAME'E. Cet adjectif ne se dit qu’au féminin , en parlant de femme de qualité , & lignifie qui a le titre de dame. (Elle est dame-damée.) (J DAMELOFRE- C’est une forte de bâtiment dont on sc sert en Holande , pour naviger fur les canaux , & fur les autres eaux internes. Le lienr Aubin , dans son Dictionnaire de la Marine , en a donné un devis fort détaillé , on peut le voir. DAMER , v. a. [Scrupos geminare.] Terme de jeu de dames. Mettre deux dames l’une iìirl’autre, les doubler. DAMER. Terme d’ArchiteVfe. Donner un demi pré de pente. Abrégé de Vitr. p. 201. DAMER le pion à quelcun. Termes burlesques, pour dire , Juplanter. ís On disoit autrefois damer, pour qualifier. Damer une femme , c’étoit lui donner la qualité de Dame. Le Roman de la Rose : C est mie Dame de haut prix Qui est tant digne d’ètre aimée, QÚ’eí/e doit , Rose, être damée. t DAA 1 ERET , s »>. [ Condnnitatis nimiw ose c- tator. ] V oïez Damoiseau , il signifie la même cliose. II es d’autres maris , volages , infidèles , Fatigans damerets, tirans nez des ruelles. Satire contre les maris.) (f DAMERET. Un jeune homme cjui affecte d’i- miter les femmes , qui fait le beau & le doucereux. Air. Defpreaux a dit dans son Art poétique, chant Gardez donc de donner, ains que dam Cklie, t L’air, ni l’esprit François a Vantique Italie, Et fous des noms Romains faisant notre portrait ! Peindre Caron galand, (V? Brutiu dameret. Ce terme n’est bon qu’en raillant dans la conversation quelque fat, qui secroit redoutable au beau sexe- DAMIEN , s m. [Damianus.] Nom d’honime. DAMIER, f. m. [Alveolm luforius.] Grande feuille de carton , divisée par petits carreaux noirs & blancs, fur laquelle on joué aux dames. Cest auffi le dessus d’un triquetrac divisé en plusieurs petits carreaux noirs & blancs , fur quoi on joué aux dames. f DAMITES , ou DAM1TONS. Toiles de coton qui se fabriquent dans l’Isle de Chypre. t DAMOISEAU, f. m. [Muliebritcr compostas .] Ce mot fe disoit autrefois sérieusement des jeunes gens de qualité, & c’cíoit un nom honorable ; mais aujourd’hui il ne fe dit qu’en riant, & marque un jeune homme beau, mais un peu éféminé. Qui volant arriver chez lui le Damoiseau, Prend fort honnêtement Jes gands U son manteau. Mol.) f DAMOISEL, s. m. [ Domìcellus.] Ce mot fe trouve dans nos vieux Romans, & fe disoit des jeunes gens de naissance , ainsi qu’il fe voit dans les Ama- dis , où il est dit que le Damoisel de la mer étoit fils du Roi Perion. Aujourd’hui ce n’est plus qu’un terme de raillerie , qui signifie la même chose que damoiseau , & même qui ne sc dit guére. if J’ajoûte , pour l’éclaircissement de ce mot « connu autrefois,. que damoiseau & damoisel ont est quelquefois sinonimes , & souvent ils ont signifie des choses bien diférentes. II est vrai que l’on apelloR dam»’- 549 DAN damoiseaux , les jeunes gens éfémînez_, qui ne son* geoient qu’à plaire aux femmes , & à se farder comme elles. Nous lisons dans le Roman de la Rose : Narcissus sur un damoiseau Qu’amours tinâreni m leurs rouseaux. Et dans Pafquier , liv. 8- de les Recherches : Bien sçak-je que l’on en use encore d’un autre sens , four ceux qui savent courtiser de bonne grâce les Dames, ou leur complaire. Ainfi fut apellé Amadis de Gaules en fa jeunejse , Damoisel de la mer , farce qu’ayant été recoin au berceau de la fureur de la mer , depuis eroijsant en âge, beauté, A valeur, il étoit grande- ment agréable aux Dames. Et dans la vie du Chevalier Bayard : Qui euft veu le bon Chevalier faire fait d’amies, entamer testes , couper bras £«? jambes, eujl plustojì esté pris pour lion furieux , que pour damoisel amoureux.^ Les fils des .Rois & des grands Seigneurs furent apellés damoiseaux, ou damoisels. Ainli fauteur du Roman de Garin , a dit : Couronner firent le damoisel Pépin. Aïarculphe nous a conservé la formule avec laquelle le Roi donnoit la liberté à ses hommes de condition servile, en réjouissance de la naissance de son fils ; c’est la dernière formule du second livre , en ces termes. Dum generaliler ad omnes donufticos Régis ordi- natio procejjìt pro nativitate domicellì nostri illo , ut à Domino meliùs constervetur. Fauchet dans son traite des Pages ,& Laquais, a remarqué que l’on donnoit le titre de damoisel aux jeunes adolescent de grande maison , guére pour titre de seigneurie. Enfin , nous lisons dans Froissait, vol. i. ch. que le Roi d’An- gleterre fit reconnaître aux grands Seigneurs , le jeune damoisel Richard , estre Roy après Jon décéds. Les fils des Chevaliers furent apellez damoisels ; & dans quelques Provinces , on donna ce nom aux Ecuïers. Voïez Air. du C ange , v. domicellm. Enfin , ce titre d’hon- neur devint réel, & fut donné aux possesseurs de certains fiefs ; tels étoient les damoisels de Commercy. DAMOISELLE. Voïez Demoiselle. DAMNATION , damner , &c. Voïez Danna- tìon , damier. (f Je ne crois pas qu’il faille écrire àanner, quoi qu’on le prononce comme danner ; mais le mot dérivant de damnare , il faut écrire damner. On dit : ce confesseur damne tout le monde ; c’est-à-dire, que fans distinction , ii condamne tout le monde aux peines éternelles. Mais notre Religion nous aprend que Dieu. Ne nous fauve point par saveur, JSÍe “nous damne point par colere. Mr.de Racan, Pfeaum. D ANCE , Aancer. Voïez danse & danser. D ANCHE', adj. ra. & f. [Serratm, denticuki- tm. ] Terme de Blason. Piéce honorable de l’écu, dentelée d’un côté en forme de scie. t DANDIN , s m. s Homo insulsm , ineptw.j] Efpéce de sot & de niais qui va regardant qà & là. Maniéré de benêt & de lourdaut qui a un air languissant & innocent. ( C’est un franc dandin. ) Molière a fait la Comédie de Georgedandin. t DANDINER , »• n. \_Ineptire . ] Se balancer en niais. Faire le dandin. Remuer comme un benêt. (II dandine du cu comme un sonneur de cloche. S. Amant.) Se dandiner , v. r. [ Rusticè se gerere. J II est comique , & signifie se balancer en niais , '& faire des postures & des mouvemens de benêt dans une chaise. ( C’est pour parler tout à son aise, Se dandiner dans une chaise, Et se donner des rendez-vous. Deshoul. PoèT.) DANGER, f m. sPericulum, damnum, discri- men , inconmioàum.lfi Péril. (II est en grand danger. Se mettre en ^danger. S’expofer au danger. Hé , mon ami, tire-moi du danger, Tu feras après ta harangue. La Font. DANGER. Voïez 71 ers. £3 DANGER. Anciennement le terme danger figni- fioit la même chose que dommage. L’Auteur du Roman de la Rose s’en est servi dans ce sens : DAN Amour qui se voulut vanger, Du grand orgueil sfi du dangier Que Narcistus lui avait sait. Et dans un autre endroit : II est sol qui mene dangier Vers celui qu’il doit calengier, Et qu’il lui convient supplier. Quelques-unes de nos Coutumes ont établi certains fiefs , que l’on apelle fiefs de danger , parce que ceux qui les possèdent, font exposez plus souvent au danger de les perdre par confiscation , que les fiefs ordinaires. En éfet,suivant la Coutume de Chaumont,«ri. ,'6. il faut prêter la foi & hommage pour les fiefs qui font situez dans la Prévôté de Vaucouleur , avant que d’en prendre possession , à peine de commise & de confiscation. II est dit dans l’article de la Coutume du Alans, que chacun Jè peut jouer de son héritage féodal ou cot- tier , jusques à la main mettre au bâton, qui est à dire, que chacun peut donner , vendre N distoser de son hé- rïtage_, sans le danger de son Seigneur. II y avoit autrefois dans la Champagne , ( selon le témoignage de Chopin fur la Coutume d’Anjou ) des -fiefs que l’on apelloit de danger ; ils avoient été donnez fous cette condition expresse , de les remettre à celui de qui on les tenoit, lors qu’il en auroit besoin pour la défense de sa personne, ou de ses biens , à peine de commise. L’histoire de la Maison de .Montmorenci nous fournit une ancienne reconnoíffance de la Comtesse de Laval : Notum facimus quòd caftrum nostrunt de Lavalle tenemur tradere ad magnant sfi parvam vim , illujìri viro Domino Carolo , jìlio Régis Francia Andegav. U provmcise Coniiti , vel mandata ejm, quan- documque petìerìt b mandaverìt fibi tradi. Cet acte confirme Pancien usage. DANGER. Le Roi a dans les forêts de Normandie , un droit que l’on apelle tiers & danger, lequel consiste , selon l’explication de Ragueau , ,, dans le ,, tiers du prix de la vente , & la dixme ou danger ,, de deux fous pour livre de tout le prix, à fçavoir, ,, treize livres de trente livres. ” Terrien , dans son Commentaire sur da Coutume de Normandie, liv. 14. chap. 11. raporte une ancienne Ordonnance de la Chambre des Comptes de l’an 1454. qui explique la nature de ce droit, en ces termes : ,, Prémiérement, „ il est tout notoire & fans doute audit pais de Nor- „ mandie, que quand un bois à tiers & danger, est ,, vendu par le très-foncier tout ensemble , tant à ,, sa part qu’à la part du Roi , le Roi prend le tiers „ fur toute la somme de la vendue , avec la dixme ,, ou danger de deux fols pour livre. Exemple. Une „ vente après criées & solemnitez gardées, est de- „ m curée au marchand pour le prix de soixante sols ,, tournois l’acre ou arpent , ou le totage d’icelle ,, vente , le Roi prend vingt fols pour son tiers & le danger ou dixme fur le totage , qui monte pour ,, lesdits soixante-six sols. Ainsi est que desdits foì- „ Xante fols, le Roi prend vingt-six fols, &demeu- „ re pour le vendeur trente-quatre fols. Ainsi est à „ entendre de greigneurs ou moindres sommes. ” Cet auteur raporte encore plusieurs Ordonnances rendues pour fixer le droit de tiers & danger ; & par celle de Loiiis D u tin , de 1314. le mort bois est exemt du tiers & danger ; & par une autre Ordonnance de François Premier, deiçiç. il est défendu aux propriétaires des bois sujets au tiers & danger , de faire aucune vente fans la permission du Roi. Mais pour être pleinement éclairci de la nature de ce droit, on peut voir l’Ordonnance de Louis XIV. de 1669. des Eaux & Forêts, où il y a un titre exprès concernant le tiers & danger. Je remarquerai seulement qu’il y a des bois qui ne font sujets qu’au tiers fans danger ; & d’autres ne font fournis qu’au danger fans tiers. (§ DANGERS. Ce font, parmi les Marins, des rochers , des bancs de fable , ou de vase caché fous l’eau, aufquels un vaisseau ne peut toucher en passant dessus, fans en être endommagé. On apelle ce§ sortes de dangers , dangers naturels , pour les distinguer de ceux qui font apellez dangers civils , ou dangers de la Seigneurie, ou risques de terre , & ceux-ci font les défenses, les doiiannes, & les exactions que les Seigneurs des lieux exercent fur les marchands, ou fur ceux qui font naufrage. Les O liciers des Ports font obligez de marquer par des barils flotans , & par des balises reconnoisl’ables , les rochers, bancs, & <£<£0 DAN autres dangers qui seront sous seau, dans les abords des terres, entrées & sorties des ports. On apelle encore dangers dans le langage maritime , le détroit d’t.ie rivière où il y a de grands courans. , DANGEREUSEMENT , adj. [ Ycriculosè. ] D une maniéré dangereuse. ( 11 est dangereusement bielle. Abl. Etre dangereusement malade. La Chavnb.) _ DANGEREUX, dangereuse, adj. [ Periculosus .2 Périlleux. Cela n’est ni mauvais ni dangereux à publier. Pasc. I. 7. Sa blessure est dangereuse. 2 'foire amitié peut-être aura l’air amoureux. Mais n’dions point d’amour , il eji trop dangereux. La Font. Un ami Jì Jage & si tendre Eji bien plus dangereux, qu’un Amant déclaré. Pavillon.) DANIEL, s m. C Daniel. ] Nom d’homme. DANION , s. m. Petit D aniel. f DANK, ouDANEK, s m. Petite monoïe d’ar- gent qui a cours en Perse & en quelques lieux de P Arabie ; & qui vaut environ un sol & un denier de France. £ DANK. C’est aussi un petit poids dont les Arabes se servent pour peser les pierreries. Le Dank pelé .huit grains du poids de France. DANNABLE, adj. [Damnandtu.J Pernicieux. Méchant. Pour voir où iroit une doctrine si danna- ble , je lui dis. Pasc. I. 7. DANNABLEMENT , adv. [Damnandmn in morem .] D’une maniéré damnable. DANNATION , s. f [ Sempiterna supplicia. ] Con- dannation aux enfers. (. La dannation éternelle. 11 en a juré fur fa part de paradis , & la dannation de í'on ame.) D ANNE', donnée , adj. [xEternis suppliciis ad- àìftus, damnatui. ] Qui est aux enfers. ( 11 est dan- ué, elle est dannée.) + C’eji une ame dannée. f Homo nequam , pejjìmm.~\ C’èst-à-dire , que c’est un misérable qui soufre comme un danné. £ On dit aussi fig. d’un homme entierement dévoué aux volonté?, d’une personne puissante , que c’eji son ame dannée. ’DANNER, v. a. [ JEternksuppliciis addicere , dam- nare. ] Priver du paradis. Condanner aux enfers. ( 11 s seront dannez ces demi pécheurs. PaJ'c. I. 4. 11 danne les humains de fa pleine puissance. Dans la chaire jamais rìintrodui la satire , Et de peur de danner, ne va point faire rire . Vill.) DANNEZ , s. m. [ Damnati, œternis suppliciis ad- diHi.~] Ceux qui sont aux enfers. (II n’y a que les dannez de malheureux.) DANS- íln. j Préposition qui répond à la préposition in des Latins. Elle régit l’acusatif, & se met devant les noms qui ont un article. ( La pitié est souvent un sentiment de nos propres maux dans les maux d’autrui. Mr. de la Rochefoucaut.) DANS. [ Per. ] Cette préposition sc met pour pendant. ( II fera honoré dans toute la postérité. Port- Royal, Pseaumes.) DANS. \_lntra. ] Préposition qui marque pour un tems à venir. ( 11 arrivera dans une heure au plus tard. La ville se rendra dans deux jours. Dans dix .ans. ) DANS. [ In. ] Préposition qui signifie le lieu. (Dans la maison , dans l’air , dans la mer.) ff Dedans a été autrefois plus en usage que dans ; mais à présent on ne le dit plus qu’en poésie , par une licence que la neceffité de la mesure autorise. Thibaut de Mailly, ancien Poète, a dit dans 1 ’EJìoire U Romans : Bien se lejsa veoir , que sa terre en guerpi Dedans une forejì en ejjil s’enfoui. Et Marot : Celle qui m’a tant pourmemé, A eu pitié de ma langueur , Dedans J on jardin m’a mené. Quant à nos Poètes modernes , ils afectent d’évîter ce terme dedans ; il est pourtant quelquefois nécessaire Exemple. Molière, dans 1 ’ Ecole des femmes DAN ..; ’ o ►«-«wuaua ï mut Certain ^nejçatí quoi dont jejuis toute émue. Ce Poète ne pouvoit pas dire la-dans. Masi r ’ nm ment excuser ce vers de la Pucelle : Orléans, seul encore de tant de places fortes Se pouvoit dire libre au dedans dé fis portes'. DANS Plutarque. lApud.J Dans les œuvres de Plutarque , & non pas chez Plutarque. Vaug. rem DANSE , dance , f f. [ Saltatio, filtatw 1 Pas melurez , & mouvemens du corps réglez & faits avec art, & propres à exprimer quelque action ou quelque palhon. ( Danse elevée , balle ou figurée. Danse nouvelle ou ancienne. Inventer une danse. Où la danse, les jeux, les courses, les tournois Répandent Vallégresse en differens endroits. Perr. Grifelidis.) * Je vais rentrer en danse avec les neuf fours. Scar. pdes. C’est-à-dire , je vais recommencer à faire des vers.) í Avoir l’air à la danse. C’est avoir beaucoup de dìlpofition à bien danser. C’est aussi fig. avoir une grande disposition à quelque chose. t DANSE , lignifie auflì un air à danser. Chanter une danse. Commencer la danse, mener la danse. On le dit proverb. de celui qui est le premier a faire quelque chose , en quoi il est suivi par les autres. í Entrer en danse. C’est prov. & fig. l’engager dans une afaire , dans une guerre. 11 est entré en danse malgré lui. lL La médaille que les Cizycéniens firent fraper à l’honneur de l’Empereur Caraoalla , & que Mr. Spon a inferrée & expliquée dans ses Recherches d’Antiqm- té , p. 407. nous aprend qu’il y a long-tems que les danseurs de corde amusent le peuple par des lauts & des tours fur une corde , dont on a fait un art très- perilleux dans ses diserens exercices. Bulenger a commencé de les expliquer dans son Théâtre, ch. 62. Mr. Spon en a donné une idée plus étendue; & depuis , Mr. Bonnet en a inséré un grand chapitre dans son traité de la danse , où il s’est servi d’un manuscrit d’Archange Tuccaro, que Air. Boivin de la Biblioté- que Roïale lui a prêté. Je me contenterai donc d’in- diquer les auteurs qui ont traité cette matière, fut I laquelle je n’ai rien à dire de particulier. (§ DANSE des morts. Anacréon, ode 5. a dit : Faites venir ma maîtresse , (c? f cache, amour, qiiavtmî que dealer danser avec les morts , je veux me divertir ici. Virgile pensoit de même des plaisirs des champs Elifées , lib. 6. uEneid. Pars pedibus plaudunt chorens, A? carmina àïcmî. Et Tibulle , lib. 1. eleg. 2. Sed me , qui facilis tenerosum semper aniori, Ipsa Venus campos ducet in flystos; Hic chorea, cantuj'que vigent. II y a toujours eu une danse haute & une danse baffe : la première consistoit en plusieurs sauts & cabrioles. On dit encore, danser par haut. Elle étoit en usage parmi les bateleurs, & elle est devenue à la mode; car depuis quelque tems , on ne danse dans les bals que des danses violentes & forcées , que l’on apelle contredanses s auffi c’est à présent un l’abat plutôt qu’un bal. La danse basse , dont parle Rabelais dans son Pantagruel, étoit sérieuse , & telle qu’Alain Chaisier l’a dépeinte dans son livre des quatre Dames : Amours compassé Ses faits comme fa danse basse ,_ Puis va avant , £5? puis repasse, Puis retourne, puis outrepasse. C’est un ancien proverbe , de la panse vient la danse. Villon : Bien est vrai que j’ai aimé, Et aimerois volontiers : Mais triste cœur, ventre asamé. Qui n’est rajsasté , au tiers M’a ôté des amoureux sentiers : Au fort quelqu’un s’m récompense Qui est rempli sur les chantiers ; Car de la pansé vient la danse. DANSER , damer , v. a. [ Saltare, movere cttf/tK ad numéros. J Faire des pas réglez, & porter le cotps d’un air agréable au son du violon , & aux °^' DAR (Danser une courante, une gavote, un menuet: danser au violon , aux chansons : danser sur la corde avec contrepoids ou fans contrepoids.) f * II ne sait sur quel pie danser , Pro verbe. [ Non habet undè viHunt quarat. ] C’est-à-dire, il ne fait que faire. II est fort mal en ses afaires. f Faire danser quclcun. C’est prov. & fig. l’engager à faire, à dire quelque chose de ridicule pour le moquer de lui, lui faire jouer un méchant personnage. f Faire danser quelcrn. C’est aussi prov. & fig. lui faire du chagrin, lui donner de s exercice , le réduire à ce qu’on veut. On le fera danser. H Faire danser un branle de sortie à quelcun. C’est prov. & fig. le faire sortir ; le chasser honteusement du lieu où il est. On ne le dit que dans le stile bas. DANSEUR , s. m. s Saltator. ] Celui qui danse. Celui qui fait métier de danser. C’est un des danseurs de l’Opera.) DANSEUR de corde , f. m. \_Funamhulm , per fanent extentum saltator. ) Celui qui avec un contrepoids ou fans contrepoids , danse sur une grosse corde tendue & élevée à sept ou huit piés de terre. DANSEUSE , s. f. [ Saltatrix. 3 Celle qui danse. ( C’est la meilleure danseuse du monde. Volt. I. 54.) DANSEUSE fur la corde, s Per sunem extentum saltatrix. 3 Celle qui danse avec des contrepoids fur une corde tendue & élevée à sept ou huit piés de terre. DANTE, s «r. Animal qui naît en Afrique, & qui est fort vite. II est gros comme un petit bœuf. 11 a les jambes courtes le cou fort long , ses oreilles ressemblent à celles des chèvres, & il a une corne áu milieu de la tête , qui se courbe en rond comme un anneau, & qui est façonnée. Le dante est blanchâtre , & a les ongles des piez noirs & fendus. Sa chair est très-bonne , de fa peau on fait de belles rondaches, dont les meilleures font à l’épreuve des flèches. Ablancourt , Marmol , t. 1. c. 23. ch DANTZICK-HOR. Monoïe d’argent qui fe fabrique à Dantzick, & qui vaut dix-huit gros de cette ville. D’APRES- s Ad exemplum alicujus pingere , pìHo- vem ìmitarì. ] Sorte d’adverbe & de préposition, qui est un terme de Peinture. (Faire d’aprés. Destiner d’après l’antique, d’après nature. Colorier d’après le Titien , &c. De Piles , conversations fur la peinture. DAR AISES- Les déchargeons des étangs de Bresse font apellez Daraises : on les place dans les cotez , & on les fait avec de petits ais de la largeur de quatre doigts , entre lesquels on laisse un vuide pour l’écou- lement des eaux , fans perdre le poisson qui ne peut pas passer. DARD, f m- f Jaculum.J Prononcez dar. Sorte de trait de bois dur qui est ferré au bout & propre à être lancé. (Décocher un dard. Pasc.l. 4. Lancer un dard. Abl.) DARD , s. m. [ Basa brevkr. ] Sorte de demi-pi- que que portent les petits garçons de Paris , quand ils vont à Saint Michel, & dont ces petits garçons fe bâtent quand ils font brouillez ensemble. * DARD. [ Stamina .] Terme de Jardinier. II se dit en parlant de certaines fleurs, & signifie ce petit brin droit & rond en forme de dard, qui est au milieu du calice de certaines fleurs. (Le dard commence à monter. Les arrosemens frais & gras font du bien à l’œillet quand il commence de pousser son dard. Culture des fleurs , chap. ç. * DARD. [ Tela , jcicula. 3 Action. Trait tout rempli de malignité noire , qui cause beaucoup de mal. (Vous avez oui dire quelles flèches & quels dards le diable décocha contre Job, fans le pouvoir ébranler. Maucrois , hom. 8-) f DARD AN AIRE, f m. Terme de droit , qui signifie monopoleur, Les Ordonnances apellent dar- danaires ceux qui font des amas de blez & des autres choses nécessaires à la vie, pour les faire encherir. DARDER, v. a. [ Jaculari. 3 .Jetter ou lancer de vive force quelque chose qui peut être lancé , & qui peut percer. (Darder un couteau. Darder un poignard.) * DARDER. [ Vibrare. 3 Répandre en jettant çà & là. Lancer. ( Le soleil darde ses ratons sur la terre. Abl. La comète darde ses ratons. Rob. Pbis. La belle DAT 551 darde de ses yeux mille trépas. Voit. po'ès. Darder un regard. Scar. pois) D ARDEUR , s. m. [ Jaculator. 3 Celui qui darde quelque trait. (II rangea devant son aile gauche les darde urs. Abl. arr. I. 1. c. 10.) DARDILLER , v. n. f Proferre , efferre smnina. ] Terme de Fleurise. 11 se dit de certaines fleurs, & veut dire, pousser son dard. (L’œillet dardille.) í DARIDAS, s m. Ta fêtas des Indes, qui est fait avec la foie qu’on tire des herbes, $ DARINS. Toiles de chanvre, qu’on fabrique en Champagne. BARIOLE , s /• £Libi ac placenta genus.~\ Sorte de petit flan fait de farine & de beurre , d’œufs & de lait (Une bonne dariole , une dariolette.) f DARIOLETTE, f. f. On apelle ainsi dans le stile familier , une suivante qui s’entremet des galanteries de fa maîtresse. $ DARNAMAS , f m. C’est la meilleure forte de coton qui vienne de Smyrne. DARNE. Votez Dalle. Qui signifie la même chose. DARSE, f. f. [ Statio. ] La partie d’un port de mer ia plus avancée dans la ville & fermée d’une chaîne. On l’apelle aussi daisne fur la Méditerranée. (La darse de Toulon. La darsine de Gennes.) t DARTOS , f m. Terme à’Anatomie. Ce mot Grec signifie la seconde membrane commune des testicules. Le Dartos est un muscle cutané , qui fait rider & resserrer le scrotum, DARTRE, f f. [ Impétigo , lichen. ] Tumeur impure , ambulante , superficielle , avec rougeur & démangeaison, engendrée d’une sériosité bilieuse & salée. ( Une dartre farineuse. Deg.) (jf DARTRE. Maladie des chevaux. C’est un ulcère qui se forme ordinairement à la croupe des chevaux , quelquefois à la tête , & à l’encoulure , & qui vient d’un sang bilieux, qui consume & mange la peau , & cause une si grande démangeaison au cheval, qu’il est très-dificile d’empêcher qu’il ne frote & n’augmente l’ulcére. DAT AIRE , f. m. [ Diarirts adscriptor. 3 Chancelier de Rome. Celui qui est préposé aux expéditions des dates, qu’on apelle ordinairement Cardinal dataire. DATAIRE. La daterie est un tribunal de la Cour de Rome, dans lequel il y a plusieurs oficiers dont le prémier est apellé Dataire , soit parce qu’il date les grâces que le Pape acorde , soit parce que tontes les grâces passent par ses mains : ainsi cet oficier (selon la remarque d’Amydenus , de silo dataria , cap. 1.) a été nommé Dataire , non a datando solùm , sed à dando etiam dejkmptum vìdetur. Le Cardinal de Lu ca & Amydenus que je viens de citer, ne s’acordent pas fur l’origine & fur Tancienneté de ce tribunal. Amydenus dit qu’il n’a point trouvé rétabiissement de la Daterie, mais qu’il y a aparence que les Souverains Pontifes commencerent à acorder leurs grâces par des actes publics, & qu’il y eut une personne établie pour rédiger ces actes en forme , & les rendre publics. II est vrai que cette personne n’eut pas d’abord le titre de Dataire , puisque la Daterie n’étoit pas fixe, ni établie en titre , comme il paroi t par plusieurs actes anciens, signez pas des Oficiers apellez quelquefois Bibliotécaires , & quelquefois aussi Chanceliers , ou enfin SoMiacres de VEglise Romaine. II ajoûte ensuite, que selon une ancienne tradition , on a vû des Batai- res fous Boniface VIII. que dans la fuite Innocent VIII. plaça la Daterie dans un édifice magnifique qu’il fit construire proche du Vatican ; & qu’enfin Paul V. aïant fait abatre cette maison pour élargir la Basilique de S. Pierre , il mit la Daterie dans l’intérieur du Vatican. Le Cardinal, clans fa Relation de la Cour de Rome , prétend cjue les titres que l’on raporte pour prouver l’anciennete de la Daterie, font équivoques, parce que les afaires que l’on traite à présent dans ce tribunal, font bien diférentes. de celles quipassoient autrefois par les mains des Bibliotécaires , des Chanceliers , & des Gardes des Archives; outre que dans ces premiers teins , les Papes ne prenoìent qu’une légére connoissance des choses qui font aujourd’hui le principal emploi de la Daterie. Par exemple, avant le Pontificat de Pie II. les dispenses de mariage , & plusieiîrs autres de cette qualité , étoient de h compétence du Pénitencier, à qui les Papes s’en raportoient. Quoi qu’il H ^2 DAT #n soit, iì est certain que remploi du Dataire est très- considérable dans la Cour de Rouie , & qu il est de ceux qui conduisent le plus sûrement a la pourpre. Le Dataire représente la personne du Pape, dont la mort termine le pouvoir de cet o licier. La Daterie est composée de plusieurs oficiers , à savoir, du Datai- re , du Référendaire, du Préfet de la signature de grâce, du Soúdataire, d’un Oficier ou Préfet des petites dates, d’un Substitut à cet Oficier , de deux Réviseurs, des Clercs du régître , d’un Régent de la Cbancélerie, d’un Distributeur des supliques, d’un Notaire de la Chancéle- rie , des Notaires de la Chambre, d’un dépositaire ou Trésorier des Componendes, d’un Dataire apellé per ebitum , & d’un Dataire ou Réviseur des alaires matrimoniales , enfin d’un oficier apellé de mijjìs. Lors-que le Dataire est Cardinal, il se nomme Prodataire, parce que selon le Cardinal de Luca , il ne conviendroitpas à la dignité cardinale , de prendre le nom d’un oficier subalterne : c’est seulement par commission que la Daterie est exercée. Cependant le Dataire est l’orga- ne du Pape : c’est par son canal que les grâces font distribuées ; il prépare les matières qui doivent être proposées au Pape ; il entend les parties ou les expéditionnaires, lors-qu’il survient quelques difficultez ; il corrige les supliques, & même il les déchire, lors- qu’elles lui parodient injustes , & après qu’elles ont été examinées avec le Soúdataire , ils les portent ensemble à l’audience du Pape, qui les ligne. Le Dataire ne prend point connoiisance des bénéfices conlì- storiaux , si ce n’est lors qu’on les expédie par Daterie, ou par Chambre. 11 ne connoit point encore des supliques qui ne concernent pas la vacance des bénéfices : telles font les résignations, les coadjutoreries, les surpressions, les unions. La Daterie met la petite date au bas du Mémoire que le Banquier aporte. Quant aux Référendaires , ce font des oficiers en titre , qui doivent être Docteurs en Droit civil & canonique , & qui peuvent porter l’habit de Prélat. Les douze anciens ont droit de porter le manteau de couleur violet & noir, qu’ils apellent PavonaJJò : leur foin est d’examiner la qualité & le mérite des grâces, & d’en dire leur sentiment ; & quand ils jugent qu’elles peuvent être acordées, ils mettent leur nom au plus haut de la signature du côté gauche. Le Préfet de la signature de grâce, est un oficier par commission ; souvent c’est un Cardinal, qui présidé aux assemblées que l’on tient devant le Pape, & où l’on propose les grâces que l’on demande , & principalement celles qui concernent les bénéfices. Le Soû- dataire tient la seconde place dans la Daterie ; il l’c- xerce par commission , & son emploi consiste à faire un extrait sommaire des supliques importantes que l’on doit porter au Pape ; & en ce cas , il met au bas de la suplique ces mots , cum J'anHijJtmo ; ou fi la matière est de la compétence de quelque Congrégation , il met au bas , ad Congregationem , c. Et si après l’e- xamen , les grâces font refusées , il met ou ce mot nibnl , ou ceux-ci, non places fmttijjimo. Et enfin , si la matière est sujette à la componende , il met la lettre C au bas de la marge de la suplique. Le Cardinal de Luca a remarqué , que lors-que le Dataire meurt, le Pape a acoûtumé de donner la commission au Soû- dataire, comme étant le mieux informé des maximes de la Daterie; du moins (dit-il ) c’est ainsi que les Papes Urbain VIII. & Innocent X. en ont usé. Quant au Préfet des petites dates , il est choisi par le Dataire , comme étant un de ses substituts dans la Daterie; c’est chez lui que les banquiers vont, dès que le Courier de France est arrivé pour prendre date ; & à cet éfet, il porte un mémoire contenant le nom du postulant, le diocèse, où est situé le bénéfice, & le jour courant : il faut que ce mémoire soit porté avant minuit , & en ce cas , on donne date du jour de l’arri- vée du Courier: mais s’il est porté après minuit, on ne donne date que du lendemain. Cet oficier tient un regître , où il marque les dates que l’on a retenues; & la suplique aïant passé par les mains du prémier Réviseur , elle est portée au Préfet des dates , qui y met la date au bas du sommaire, lors-qu’elle a été retenue , avec des caractères abrégez , par exemple S. M. M . Kalendas Marin , anno , Uc. Voilà ce que nous apellons petite date , pour la distinguer de la date que îe'Soúdataire met tout au long ; & la suplique aïant été ainsi datée , elle est envoïée au second Réviseur , qui est i’Oficier à qui l’on s’adreíse pour faire ehereher dans see DAU regîtres les dates qui ont été retenues ; & c’eft ^ „ l’on apelle Perquiratur. je ferois peut-être ennuis! sijachevms le détail de toutes les formalitez que l’on observe dans la Daterie pour l’expédition des actesoH doivent palier par ce tribunal ; je réserve ce qui rX pour la perfection des Bulles , des Brefs, & dès lima' tares. Votez donc suplique. ° DATE , s f [ Dies in liter U adjcripta.2 Chiffe qui marque Pan , le mois & le jour qu’une choie a été faite ( Lettre de vieille date. La date du contrat est fauffe’ Etre le premier en date. Etre le dernier en date ) Ees Romains ne datoient point leurs actes pár le jour , ni par le mois , & ne comptoient point les années par nombre ; mais ils marquoient le tems où les choses étoient faites , par les Consulats, en reportant les noms des deux Consuls , avec ces caractères CÍP ce qui veut dire Consulibus. Jules César aïant été siit Consul avec Bibulus , il se rendit si sortie maître de toutes choses, que l’on ne fit plus mention de Bibu- ius ; ce qui donna lieu à cette plaisanterie reportée par Suetone, qu’au lieu de dater , César U Uibulm étant Consuls , on mettoit Jules U C’ejhr étant Consuls. Bien des gens disent, le quinzième Août; le vingtième Sep. tembre , gjfc. II faut dire ( selon la remarque du P. Bon- hours ) le quinzième d’Août ; le vingtième de Septembre, Voïez cet Auteur,dans la fuite de ses nouvelles Remarques . DATE. [ Palma , palma pomum .] Fruit de palmier. 11 y a de plusieurs sortes de dates > & même de pin. sieurs couleurs. II s’en trouve de jaunes, de noires de grosses & de rondes comme des pommes , & d’an- tres fort petites ; mais les meilleures de toutes senties blanches. f Les dates font un peu détersives & adftringentes; elles adoucissent les acretez de la gorge. Elles modèrent le cours de ventre. DATER , v. a. [ Tu literis , in aHts dtem adfcriberc, apponere. J Mettre la date à quelque écrit. t DATER le loin. C’est fig. parier d’unc chose arrivée depuis long-tems, dont on a été le témoin, & devenir vieux. Cet homme n’est plus jeune, il date de loin. DATERIE , s- f. C Diarii adscriptorif mmm , ose:. na.] (Dater une lettre, un contrat, une procuration.) Lieu à Rome où l’on date les expéditions des bénéfices , les referits , & autres choses qu’on expédie, & qui regardent la discipline de í’Eglilè. DATIF , / m. [j Dativm. ] Terme de Gramrmìn. C’est le troisième cas de la déclinaison d’un nom. (Ce verbe régit le datif.) DATIVE , adj. s Commissœ tutela. ] C’est une épithète qu’on donne en droit aux tutelles, qunnii ie testateur a nommé par son testament un tuteur a ses enfans. En France les tutelles datives ne font point en usage. DATURA , s. s- f Solanum porno Jòinoso oblonga.] Fleur qui fleurit en Août, & qui est de bonne odeur. ê La Datura est une efpece de ftromonium , ou une plante étrangère qui croît à la hauteur d’un homme. Toute la plante a un goût amer. La semence fait devenir hébété pour quelque tems. Une forte dose empoisonne. Le vomissement ou la sueur est le contrepoison. Une dragnie de la racine en poudre cause un profond sommeil. DAVANTAGE, adv. [Magis , plm ,amp!Á!-ì Plus. (11 faut ménager d’avantage ceux qui font puil- fans dans l’Eglife. Pafc. I. 2 . Pour vous mépriser, jusqu’au dernier point , je n’ai que faire d’en savoir d’avantage. Htfloire amoureuse de France. ) Ce mot ne veut point de que après lui. Cependant de bons Auteurs en font un comparatif, óc mettent un fond de cale de ces bâti- mens. DAVIER, /• m. £ Fors ex dentalis , doliarim. ] Instrument de Chirurgien , qui sert à arracher les dents. C’est aussi un outil , dont se servent les Tonneliers pour faire entrer les cerceaux autour du tonneau , cet outil est de fer à bec crochu. DAULLQNTAS , f. m. Arbrisseau de l’Améri- que. Ses feuilles ressemblent à celles de Ballâmina. Cette plante à l’odeur & les qualitez de la Camomille. Ses bayes font souveraines pour FAsthme. DAUPHIN, f- m. [ Delpbinm. ] Poisson de mer couvert de cuir lisse & fans poil , il a le dos un peu en voûte, le museau rond & long, la fente de la bouche longue avec de petites dents aiguës , la langue charnue , sortant dehors & un peu découpée à l’en- tour, lc dos noir , le ventre blanc , une nageoire au milieu du dos , deux au milieu du ventre & la chair semblable à celle d’un beuf ou d’un pourceau. Les dauphins aiment les hommes , & lors qu’ils font en amour ils s’acouplent comme les hommes. Rond. DAUPHIN. [Delphinm cœlejiis.) C’est auffi le nom d’une constellation , qui consiste en dix étoiles. DAUPHIN. [ Delpbimtí , princeps Gaília régis filitu status major. ] Titre que porte le crémier fils du Roi de France , durant la vie de son père , & cela à cause de la donation que Hubert, & selon quelques-uns Humbert, Seigneur souverain du Dauphine fit en 1349. de ce païs à Philippe de Valois. Mézerai , abrégé chronologique , tome 2. Madame la Dauphine, femme de Monseigneur le Dauphin. ( Pour votre coup d’essai , Dauphin , quelle matière. Et que cette carrière , Vous promet de lauriers ! Air. de la Monnoie. H DAUPHIN. Espece de Corbeau des Anciens. Voïez Corbeau & le Polybe de Mr. de Folard. r t DAUPHINE , f. f. Espèce de petit droguet, jaspé de diverses couleurs, qui se fabrique à Rheîms & à Amiens. DAURADE- Voïez Dorade. D’AUTANT. Voïez Autant. DAUTANT-QUE, Conj. [Quia. ] Ce mot, pour dire parcs que , s’écrit fans apostrophe , & il est même presque tout-à-fait d’usage. Vaug. rem. Ce mot, d autant que , se trouve dans des livres de volages & de mémoires , & en quelques autres ouvrages ; néanmoins il est sûr qu’il est vieux. ( Je fus obligé de demeurer à Hambourg, d’autant que le Roi de Suéde étoit entré dans la Pologne. Ae Chevalier de Terlon , mémoires , t, 1. II se preparoic a se rendre , dautant qu’il ne voïoit point d’aparence de secours, Du Ryer , Juplémcnt de Quint. Curce , /. 2. ch. 10.) D’AUTANT plus. [ Eò magis , tanîò magis , eò tneliùs, tantò meliw. ] Comparaison , veut une apostrophe. ( On pêche d’autant plus qu’on pense le moins à Dieu. Pasc. I. 4. L’injustice de cet ingrat acufateur devroit être d’autant plus grande, qu’il ne peut avoir aucune connoiffance de la misère de ceux qui font dans le péché. Port-Royal, S. Proser , c. 33.) DAY > s- m. Nom de celui qui commande à Tunis. 11 y exerce une autorité presque abloluë. Le Grand Seigneur y a un Sacha , mais le Day est au dessus de DE 553 lui, & décide souverainement de tout. ( Ce mot ne sc trouve point dans le Dictionnaire de l’Académie. DE. Ce mot est ordinairement article , L est 1» marque ordinaire du génitif & de l’ablatif singulier. II veut être immédiatement joint à son nom , sans qu’il y ait rien entre-deux qui les séparé. (Méditez jour & nuit sur la Loi de Dieu. Port-Royal , Psaumes. Le Sénat ordonna qu’il se déferoit de sa charge.) Ce de article est auffi la marque du génitif & de l’ablatif pluriel. * ( Les coutumes de nos ancêtres. II s’est défait de toutes ses charges.) DE. Cet article marque le génitif, & se met devant les noms de famille qui viennent de Seigneurie, (Ainsi on dit, Monsieur de Châteauneuf. Aloníìeur de Grammont.) DE. Article qui se met devant l’adjectif pluriel au nominatif, datif & acuíâtif. (Exemples. Ce font de vaillans soldats. Ils firent des funérailles à leurs morts comme à de vaillans hommes. Abl. ret. L 4. c. 1, Dieu réserve de précieuses couronnes pour honorer la vertu de lés serviteurs. Maucroix , homélie 1.) Et c’est en ce sens que de & des font les pluriels d’un & d’une. Le plus solide fondement de cette opinion est l’autorité du grand homme qui l’a avancée dans la Grammaire générale raisonnée ; car du reste il y a plusieurs raisons qui la doivent faire rejetter. Voïez la Grammaire Françoise de DeJ'marests, traité de l'article. DE. Préposition qui marque le lieu. ( II est venu de Rome à Lion en fort peu de tems.) DE. Préposition qui se met au lieu de la préposition depuis. (De Paris à Saint Denis il n’y a qu’une lieue. Ils font de tout tems ennemis. Abl. arr. I. r.) DE. Préposition qui se met au lieu de par. (II est aimé de son père, II est chéri de tout le monde.) DE. Préposition qui se met au lieu de la préposition pendant. ( 11 n’a mangé de tout le jour. Abl, ret, L ». c. 2. Partir de nuit. Abl. arr. L 3.) DE. Préposition qui se met pour dés. ( On partit le lendemain de grand matin. Abl.) DE. Préposition qui sert au lieu de la préposition avec. ( Repousser doucement de la main. Abl. arr. L 1. Us frapoíent de leurs javelots fur leurs boucliers, Vaug. Quint. Curce , l. 10. ch. 6.) f§ DE après point. On doit toujours mettre de indéfini , & non Parti de défini, du ou de la. Exemple : Je >fai point d!argent ; & on ne doit jamais dire : Je n’ai point de, ? argent. Souvent il faut repeter la particule de. Exemple. Malherbe a dit; II faut se proposer une contention genereuse de n’égaler pas feulement, s’il ejl pojsble , vaincre en affection ceux qui notes obligent en éfet. 11 faut dire, de vaincre , [sic. Voici un autre exemple , on il faut repeter le de : Vous devez craindre fa jujìice , plutôt qu’eserer en fa miséricorde. Cette phrase a été reconnue vicieuse par Meilleurs da l’Académie , parce que plutôt amène nécessairement de , quand son régime est près de lui, comme , plutôt que de mourir : plutôt que de faire cette lâcheté , il se présenta au suplice. Mais quand la préposition de est éloignée de que , alors la préposition de n’est plus nécessaire ; ainsi on peut dire : Vom devez plutôt craindre sa jttftice, qu’eserer en sa miséricorde. Ou : Vous devez craindre sa juflice plutôt que d’eserer en fa miséricorde. Decif. de l’Acad. de L. T. Plusieurs de font désagréables. On doute de plus de la vérité de la chose. Le même , & le P. Bouhours. On demande s’il faut dire : Ils étoient tous de même nation , ou d’une même nation. On peut dire, je crois , l’un & F autre ; mais Mr. de Vaugelas a cru que de même nation étoit plus élégant, nouvelles Remarques , pag, 130. niais je ne foai pourquoi. De tient quelquefois la place de à. Exemple : Cet homme efï si faible , N « si peu démérite , qu’il y a de la bonté à 1 e vaincre , & non pas de le vaincre. DE’, f m. [ Digitale, J Petit morceau d’argent, ou de cuivre qui est arrondi, qui est plein de petits trous & qu’on fe met au bout du doigt pour pousser le cu de l’éguille lors qu’on coud. ( Un dé bien fait.) Mr. Ménage dérive ce mot de detus barbare & inusité, digitus , ditus , detus , dé. On dit en Anjou, & en d’autres provinces : deau de detale fait de digitale. Scaligerdit, digitabula , dez à coudre. A Toulouse, on dit Aidai , de digitale. DE', f. nt. [Tejjera. ] Petit os quarré qui a six faces , & qui est marqué d’un certain nombre de points, & dont on se sert pour joiier à diverses fortes de jeux. Tout, L Aaaa (Coup 554 DEB ( Coup de dé. Jetter les dez, piper les dez , des pi- pez, jouer aux dez, avoir le de. * Le dé en ejì jettéj façon de parler figurée , qui veut dire , la résolution en est prise. * Madame à jaser tient le de tout le four. Mol. Tartufe. C’est-à-dire, elle jase plus que les autres. Quiter le dé, c’est rompre la partie. Voi ces f âler joueurs qui pleins d’extravagance, T’un destin insolent asrontent l’inconstance. Et sur trois dez maudits lisent íarrêt fatal, Qui les condanne enfin dealer à ibòpital. Poète anonime.) J * Sans flater le dé , proverbe qui se dit dans le stile comique. Franchement, fans déguiser. A vous le dé. C’est-à-dire , c’est à vous à parler, a répondre. C’est votre tour. DE’ de fer. [ Ciibuí ferre tu. ] Morceau de fer quar- ré dont on emplit les cartouches. DE', f m. [ Trimcus. ] Terme à’Architefture. Ce qui est entre la bâse & la corniche des piédestaux. Le milieu des piédestaux, c’est un cube de pierre. DEBACLE ifs C Subduilio vacuarum navìum ad onerarias excipiendas. 3 L’actìon par laquelle on dc- baraffe les ports , faisant retirer les vaisseaux vuides pour faire aprocher du rivage ceux qui font chargez. ( II y a un jour ordonné pour faire la débâcle.) f DE'BACLE. f Concreiorum glacie fluminum repen- tìna folutìo. ] 11 fe dit auíli de la rupture des glaces qui fe fait tout à coup. (La débâcle a emporté des ponts & des moulins.) £ DE'BACLEMENT , f m. Se dit auss; dans le même sens que débâcle. Acad. Fr. DE'BACLER , v. a. [ Portus folvere vacuis navibus.) Débarrasser les ports. (Faire la débâcle.) DE'BACLER , v. n. [ Solvi. Se dit des rivières dont les glaces viennent à sc rompre tout à coup. (La Seine a débâcle.) DE'BACLER , v. a. f Referare fenesiras £ç? ojtia. 3 Signifie auíli, ôter les barres des portes & des fenêtres des maisons qui étoient fermées , & les ouvrir. DE'BACLER, ». n. [Absicedere , excedere.] Se dit aussi de ceux qui déménagent, ou des marchands qui ôtent leurs marchandises en même tems. ( La foire est finie aujourd’hui, tous les marchands débaclent.) DE'BACLEUR , s. m. [ SubduHìoni navium vacuarum prafeffus. 3 Oficier fur les ports de Paris,, qui détourne les bateaux vuides afin de débarasser le passage , & faire un chemin pour aler & venir librement au lieu où sont les marchandises. DE'BAGOULER , ». a. [ Teblaterare. 3 Dire fans fuite & hors de propos. (Débagouler des rapfo- dies. Abl. Luc. 2 . impression.') DE'BALER , ». « [ Mercimn siarcinas folvere , re- folvere. 3 Oter de la marchandise de la balle. (Déba- ler de la marchandise.) DE'BANDER , ». a. [ Obligatumfolvere. 3 Oter les bandes ou les bandages qui lient ou envelopent quelque partie du corps. ( Débander les bras.) DE'BANDER. \_Remittere. 3 Détendre. Lâcher une chose qui est tendue. ( Débander un arc , débander une corde. ( On dit auíli, débander un fusil, un pistolet , une arquebuse.) Se débander , v. r. £ Remitti , relaxari. ] Se détendre. Cordes qui sc débandent. On dit auíli, se débander l’efprit, pour dire, se relâcher. Se débander. [ A fignis, à cajtris difcedere , deficere , dilabi. 3 Ce mot sc dit des soldats. Quiter le gros des troupes. (Une partie de son infanterie s’étoit débandée à poursuivre les fuiards. Relation des campagnes de Rocroi , p. m. A la débandade , adv. f Tijfolutè , inordinatè , in- eompositè. 3 Par troupe & fans ordre. ( Aler à la débandade.) f DE'BANQUER, ». a. Terme de jeu de Bassette. C’est gagner tout l’argent, ou le fond du Banquier. , DE'BARASSER, v. a. [ Expedire aliqucmi] Tirer d’embaras , ôter l’embaras. Délivrer de quelque chose , ou de quelque personne qui embaraíse, qui nuit, qui empêche. (Je l’ai débarassé d’un fâcheux qui le ^chagrinoit fort. Débarasser un passage. Abl.) * DE'BARASSER. Dégager de quelque chose qui atacbe. ( Débarasser son cœur des engagemens du monde.) Se débarasser, ». a. [Expedirese .] Se tirer d’embaras. DEB Se dépêtrer. II s’est débarassé de leurs mains les, chargez a grands coups d’épée. Scar. Ellefedcba rassa de fa compagnie le plûtòt qu’elle pût. Hist. mou reuje de irance.) J * Se débarajfer. Se dégager. Se délivrer des choses qui cmbaraflent. Débarasser l’efprit. Te ce fatras de mots va te débarasser, Et pour Pexprimer juste aprends à bien penser. DE'BARBOÙILLER, ». a. [ Abstergere, eluere it tergere. J Nétéïer le visage d’une personne barbouif lee. Oter de dessus le visage les choses qui le bat bouillent. Débarbouiller un enfant.) Se débarbouiller , ». r. £Detergere , abstergere se 1 S’óter de dessus le visage les choses qui le barboiiií. lent. Se nétéïer, fe décrasser le. visage. (Se débat! boùiller le visage. Je suis las de porter un visage si laid, Et je m’en vais au ciel avec de l’ambroisie, M’en débarbouiller vmt-afait. Mol.) “ DE'BARDAGE , f r». [ Iàgnorum in terrain ex. pofltio. 3 Action par laquelle on décharge un bateau de bois dont il étoit chargé. Les marchands de bois doivent païer le débardage , & livrer le bois à terre.) DE'BARDER , v. a. f Exonerare fe. 3 Terme de Portefaix. Se décharger d’un fardeau qu’on porte fur le dos. (Débarder une charge de cotrets.) DE'BARDER. f Ligna in terrain exponere. ] 11 íìgni. fie décharger les bateaux du bois dont ils font char. gez, & l’aporter fur le rivage. 11 sc dit auíli des autres marchandises. DE BARDEUR , f. m. [ Bajuluí. ) Celui qui fur les ports de Paris décharge les marchandises des bateaux à terre. DEBARETE'. Décoifé. L’Ovide manuscrit One mes ne peut esire matez EH vaincus , ni desbarretez En nulle guerre, en nul efiour. & DEBARQUADOUR , si m. C’est un lieu pour débarquer quelque chose avec plus de facilité, du vaisseau à terre. DEBARQUEMENT , f m. [ Exscensio. ] Sortie du navire. Sortie du vaisseau pour prendre terre, pour mettre à terre. ( Le débarquement causa beaucoup de joie.) DE'BARQJJER , v. a. f Exsicenfionein facere .] Sortir de la barque. Sortir du vaisseau pour prendre terre. Tirer du vaisseau les marchandises qui font arrivées au port. (Débarquer les troupes. Débarquer le canon. Débarquer la marchandise.) {$ DE'BARQUER. C’est quiter le bord après avoir fait la traversée ou le voyage qu’on vouloit faire. Aubin. ch On apelle un nouveau débarqué , un homme nouvellement arrivé de la Province. DE'BARRER , ». a. [ Qbices, repagula recellm.] Oter les barres qui serrent & ferment quelques fenêtres ou quelque porte. ( Débarrer une porte. Marrer les fenêtres.) On dit aussi, débarrer une épinet- te, un lut, ou un autre instrument de musique, lors- qu’on ôte ce qui en soutient la table. DEBAT, f m. [ Contentio, controverse !, cmar- tatio. ] Contestation. ( Après plusieurs débats & contestations , on demeure d’acord de la paix. Minières de Mr. de la Rocbefoucaut. Solemnitez b loix n’empêchent pas, Qtfavec îhïmen amour riait de débats. La Font.) DE'BATER, ». a. [ Clitelhu deniers , eximen.] Oter le bât de dessus le dos d’une bête de somme. (Débàter une âne, un mulet, &c. f * C'est un âne débâté. C’est une maniéré de proverbe bas & burlesque , qui sc dit d’un homme dangereux pour les femmes. t DE'BATISER , ». a. [ Nome,s mâture.] Le mot ne sc dit proprement que dans le burlesque , & '•S nl ‘ fie ôter le nom, & en prendre un autre, ou en donner un autre. ( Qui diable vous a fait aviser a qna- rante-deux ans de vous débatiser. Mol. école des pâmes , act. í. sien. 2 .) pg,. •v. DEB DE'BATRE , »• a. [ Contendere , concertase, agi- tarc. ] Contester de paroles : Je débat , j’ai débatu, je débatts, je débatrai. jíun buveur J eau. comme axe 3 débatu, Le sang n’eft pas de glace revêtu. Volt. Poës. * DE'BATRE. [ Dijputare acriter , rem agitare. ] Disputer. Contester. (Débatre un compte. Patru, plaid. 6 . Débatre une afaire. Point débatu entre les parties. Pajc. I. 2.) Se débatre , v. r. [ Agìtari, jaílari. ] Se démener. S’agiter. ( 11 n’a fait que se débatre, & roidir les jambes. Ab L Luc. t. i.) DE'BAUCHE , f f [ Obleclatio. ] Récréation gaie & libre qu’on prend, riant, chantant & faisant bonne chère avec ses amis. ( Faire débauche. Aimer l’honnête débauche.) DE'BAUCHE. [ Liberior , licentkr vita, commejsatio, cupido , luxuries. J Libertinage. Désordre. Dérèglement de mœurs. ( C’est un homme plongé dans la débauche. II est dans la débauche des femmes.) La débauche de Henri IV. pourles femmes, alloit íì loin, qu’on ne peut pas même lui donner le nom d’amour & de galanterie. Mézerai, hist. de Fr. Les débauchés outrées font indignes d’un honnête homme : mais lors qu’on fe renferme dans les bornes d’un divertissement modéré , & où l’on ne noie pas la raison dans le vin, on í’autorife comme un délassement nécessaire aux personnes dont Pess prit ou le corps font fatiguez par un travail pénible & continuel. On a même remarqué que les personnes les plus apliquées à l’étude des belles lettres & de la Philosophie , n’ont point été , & ne sont point encore ennemies de la bonne chère, & de cette gaieté que le vin inspire, & qui fait oublier dans ce moment les peines & les ennuis de la vie ; mais la plupart imitent Pétrone, qui savoir si bien fe servir de son esprit dans les afaires sérieuses & importantes , & dans les ocasions de joie & de plaisir, & dont Tacite a dit qu’il airnoit à fe réjouir avec ses amis : Non ut ganeo profligator, sed erudito luxu. Enfin, s’il est vrai, comme nous l’aprenons d’Horace , liv. 5. od. 21. que í’ancien Caton temperoit quelque-fois fa sévérité par la douceur du vin, Narratur U prisci Catonis Sapé mero caluijfe virtus, on peut bien suivre l’exemple d’un homme qui s’est rendu immortel par l’exactitude à remplir ses devoirs, & par la pureté de ses mœurs. DE'BAUCHE'E , f f. [ Meretrix , scortum. ] Celle qui est de mauvaise vie. (II y a trois sortes de femmes qui font l’amour, les débauchées, les coquettes , & les honnêtes maîtresses. Histoire amoureuse de France. DE'BAUCHER, v. a. [JDepravare, corrumpere, avo- care , abducere ab ojjlcœ. ] Faire quiter le train de vie réglé. Jetter une personne dans une débauche malhonnête. Corrompre. II sollicite toutes les belles, fans en pouvoir débaucher une.) * DE'BAUCHER. [ Avertere. ] Détourner quelcun de son travail. Oter les chalans. Dégoûter une personne d’une autre. Faire qu’une personne quite une autre. (Cela n’est ni beau ni honnête de nous débaucher nos laquais. Mol.préc. Vraiment, je vous trouve bien vaine de me débaucher mes beautez. Sar. poês. II l’a débauché de son travail. jÂs Mr. Ménage a remarqué dedans ses Origines fur le mot débaucher, qu’il est composé de de & de hanche , qui signifie une boutique, & qui a été fait de l’Italien botega, qui l’a été de apotheca. Ainsi embaucher , c’est mettre quelqu’un dans une boutique. DE'BAUCHE', débauchée , adj. [ Luxuriofus, libi- dini de d.; tut. ] Libertin. Qui aime des plaisirs defor- donnez. Qui est dans le libertinage. (II est débauché, elle est débauchée.) DE'BAUCHE', s m. [ Aleator , popino, helluo , ganeo . ] Libertin. Qui aime la débauche. Qui est dans le dérèglement. C’est un franc débauché. Un riche & fameux débauché. Abl. Tac. ann. I. 41. Fi bien-tôt son hôtesse nouvelle, Le Prêchant lui fil voir qu’il était au pris (Pelle, Un vrai dissipateur, un parfait débauché. DE'BAUCHE'. [ Amaîor,sefiator voluptatis.) Cemot DEB 555 accompagné d’unê épithète favorable, signifie qui aime les plaisirs honnêtes ; qui aime une vie libre. (Un illustre débauché. S. Am. poes. Un honnête débauché.) DEBENTUR, s. m. Mot Latin francisé. Qui- tance que chaque oficier des Cours souveraines donne au Roi, lors-qu’il reçoit les gages qué Sa Majesté lui donne. Le debentur passe à la Chambre des Comptes, & y est enregistré. Les gages que le Roi donne à chaque Oficier de Cour Souveraine, montent tous les jours à trente-cinq fols quatre deniers. Le debentur est écrit en Latin , & commence ainsi , debentur mìhi N. pro , Stc. DEBET , f m. £ Summa quâ quifiiam obligari con- vìncitur. J Terme de Pratique, qui signifie ce qui est dû par un comptable après l’arrêté de son compte. (Ce Trésorier a païé sa charge en débets. ) On le dit auffi des parties données à crédit, qui font fur les livres des marchands. Acad. Franc. DE'BIFFER , V. a. [ Stomachum dlfsohere. j Gâter, mettre en désordre. (II a l’estomac tout dé* biffé. Ces Champignons m’ont dé bissé l’estomac. Acad. Franç.) DE'BILE , adj. [ Debilis. ] Ce mot est François, mais ii ne fe dit pas si ordinairement que faible. ( II est débile. Elle est débile. Estomac débile, jambes débiles.) * Esprit débile. Imagination débile. Mémoire débile. * Un arbrisseau débile. Despreaux, discours au Roi.) DE'BILITATION,/ f. [ Débilitatio .] Afoîblissement. ( A mesure qu’on vieillit, il se fait une insensible dé» bilitation de corps & d’efprit.) DE'BILITE', f. f. [ Débilitas. ] Ce mot fe dit, mais il n’est pas si en usage que faiblesse. (II lui a pris ce matin une débilité au sortir du lit. Débilité d’esto- mac , de jambes, de vûë. * Débilité d’efprit, de mémoire, &c.) DEBILITER , v. a. [ Debìlìtare. ] Ce mot signifie asoiblir, mais il n’est pas si en usage qu ’afaiblir. (La grande débauche débilite les nerfs, * 11 croioit qu’un souvenir si funeste débiliteroit le courage des soldats. Abl. Tac. ann. I. 1. c. 10.) DEBUTER , v. a. [ Dissolvere. ] Terme de Batelier. Détacher les chevaux qui tirent les bateaux fur les rivières. ( Quand on rencontre quelque pont, il faut débiller les chevaux.) DEBIT , s m. [ Facilis mercium venditio , distrac- tìo. j Vente promte , en gros ou en détail, de quelque marchandise. Le cours de quelque marchandise. (Livre qui n’a point de débit.... Marchandise qui a un fort grand débit.) * DE'BIT. [ Oratio facilis, expedita. j Facilité de parler. Maniéré de s’exprimer aisée & facile. ( Avoir le débit agréable. Avoir un beau débit.) DEBITER, v. a. [ Vendere, diflrihuere. j Vendre & distribuer en gros ou en détail de la marchandise à divers acheteurs. (Débiterun livre , du drap, du vin , de toutes sortes de marchandises. * On dit débiter des nouvelles.) * DE'BITER. [ Expeditè hqui. j Parler avec facilité. ( Dire. ( Débiter les beaux fentimens. Mol. II débits agréablement son fait.) DE'BITER. C Lìgnum varios in ufats describére , scin- dere , dissecare. ] Terme de Menuisier. Couper & refendre le bois de longueur. Marquer le bois selon la grandeur dont il a besoin. (Débiter le bois. ) 11 fe dit auffi du travail qu’on fait en coupant le bois dans une forêt, & le préparant pour diférens usages. f DE'BITER, une partie fur un livre de Compte. C’est la porter fur le côté du Débit, à la page gauche du livre. Je vous ai débité pour telle somme. f DE'BITER. Terme de Tailleurs de pierres. II fe dit du sciage des pierres, qu’on coupe en plusieurs morceaux, pour faire du pavé , ou d’autres Ouvrages qui demandent peu dépaisseur. DE'BITEUR , f m. £ Nugivendtts.] Celui qui a COÛ* tunie de débiter des nouvelles. DE'BITEUR, / rn. [ Débit or. ] Celui qui doit à un autre. ( Un méchant débiteur, insolvable, un débiteur fort folvable.) DEBITIS- Terme de Cbancélerie. Mandement général ou compulfoiré qu’on obtenoit autrefois à la Chart- Tom, I. Aaaa» céleris 556 DEE célerie Roïale, pour contraindre les débiteurs par faille , vente & exploitation de leurs biens à païer à l’impétrant ce qifils lui dévoient. Ces lettres ne font plus en usage. Acad. Fr. 0 Ce terme n’elt pas tout-a-fait aboli on sert sert encore au palais , pour lignifier une ordonnance qui permet en termes généraux , d’agir par saisie de meubles de plusieurs débiteurs , que l'on comprend dans la même commission. DEBITRICE,//. [ Famina nom'mì oblìgataS] Celle qui doit. Qui a fait quelque dette. ( Elle est ma débitrice. Elle est la débitrice d’un tel.) DEBLAIER , o. n. [ Expedire sej Mot bas. Se défaire d’un importun, d’une chose qui incommode. DE'BLAY , s. m. Fin d’un embaras. ( Ce fripon est allé aux Indes, voilà un beau déblai pour fa famille. f L’Académie dit que ce terme est bas. 0 DEBLEURE. C’est dans la Coutume d’Au- xerre , art. rr. le blé pendant par racines. DEBOIRE, s ra. [ bìgraim sap or. ] Dégoût. Saveur désagréable de quelque liqueur. ( Ce vin n’a qu’un goût plat & un déboire afreux. Desreaux , satire ;.) t * DEBOIRE. f Moleflia. ] Déplaisir. (11 a eu un furieux déboire. C’est un terrible déboire pour lui. Un fâcheux déboire.) f DEBOITE' , déboîtée , adj. [ Sede sua motm. ] Terme de Chirurgien. Disloqué. (Un os déboité, Deg.) f DEBOITEMENT ,s m. [Offis de stase de depulsio.] II fe dit d’un os qui est hors de fa place. Voïez Dislocation. DEBOITER , v. a. f Or sede sua movere. ] Disloquer un os, le mettre hors de la boite naturelle. t DEBONDER , v. a. [ Sublato objeíiaculo a quant emittere. ] Lâcher la bonde d’un étang. f ( Quand on veut pêcher dans un étang, il faut débonder , ou plutôt, il en faut lâcher la bonde.) -f On dit des eaux , qu’ellesfe débondent dans les prairies ; & de la mer, qu’elle fe débonde dans les campagnes. Voïez Déborder. * On dit des humeurs du corps, qu’elles fe débondent ; c’est-à-dire, qu’elles s’épanchent ou fe débordent. [ Effimdi , dijjundi, ejjluere , erumpercé] DEBONDONNER , v. a. Oter le bondon. (Dé- bondonner un muid, une feuillette.) t DEBONNAIRE , adj. [ Mitis , lents, humanus.'X Doux. De bonnes mœurs. Le mot de Débonnaire fe dit en parlant d’un de nos Rois qu’on a surnommé Louis le Débonnaire ; mais hors de là , on ne fe sert du mot de débonnaire , qu’en riant & dans le stile le plus bas. (Le malheureux Henri , le plus débonnaire de tous les Valois. Scar. po’es. L’amour est assez débonnaire. Benserade, rond. p. 57. On conte que Henri IV. difoit qu’il aimoit mieux qu’on l’apellât Henri le sot , que Henri le débonnaire. Votez Doux. Clément. . II vous devoit suffire Que vôtre prémier Roi sût débonnaire £5? doux, De celui-ci contentez-vous, De peur d’en rencontrer un pire. La Font.) 0 Le P. Bouhours a dit dans son Entretien de la Langue Franqoife , que débonnaire est , selon Henri Etienne , un mot tiré de la fauconnerie , & qu’il vient de bonne & aire s qui signifie le nid d’un oiseau, comme qui diroit de bon lieu , de bonne naissance U de bon naturel. Mais Mr. Ménage , tome 2. deses Observations, page 118. foûtient que débonnaire n’est point de fauconnerie. „ Qui a jamais oui parler d’un faucon , d’un „ autour, d’un épervier débonnaire ! Un oiseau de „ proie qui seroit débonnaire, seroit un mauvais ci- „ seau de proie , & ce mot ne vient point de ces trois „ mots de bonne aire, comme l’a crû Henri Etienne, „ Nicod , & Pafquier ; il vient de debonarius ; de bo- „ nus, bona, on a fait, bonacius , & honarìns ; de „ bonacius , nous avons fait bonaca s debonarius, bo- -, noire, & c. ” Voïez Mr. Ménage dans Jes Origines. DEBONNAIREMENT , adv. £Benignê, clementer .2 D une maniéré débonnaire. Avec clémence. (Traiter debonnairement fes ennemis.) f DE BONNAIRETE ', f. f. f Clementia , mansuetu- do, bemgnìtns. j Ce mot signifie , clémence , douceur ds mœurs, & a plus de cours dans le burlesque que DEB dans le beau stile. Cependant un esprit fort poli A fort délicat s'en est servi depuis peu en un ouvrai de prose tres-bien écrit ; mais on croit qu’en cela il ne le tàut pas imiter qu’avec une grande précautior ( Voici le passage. Autant qu’il y a d’exilez, ce foiii autant de marques de fa débonnaireté.) On pense que le mot de clemence viendroìt mieux dans cette pé riode que celui de debonnaireté. Voïez démena Douceur. DE'BORD, sm. [ Projeflum , emmentia. ] fe qui fort ou ce qui passe au-delà du bord. Voïez n] us bas débordement. DE'BORD , f m. [ Effluentia.) Ce mot fe dit quel- quefois par les Médecins pour débordement. (Un déborcl de cerveau.) DE'BORDE', débordée, adj. [ Flagitm deditus, rm- ribus perditus. ] Déréglé. ( II méne une vie débordée. Vaug. Quint. c. 10. I. 1.) DEBORDEMENT , f m. [ Inunâatìo, extm. datio , alluvies. ] _ Ce mot, au propre , fe dit de» fleuves & des rivières. II signifie l’épanchement d» l’eau du fleuve, ou la rivière hors de Ion canal & de son lit. ( On craint le débordement du Nil. Abl. Mur.) 0 Le débordement des eaux cause souvent de grands dommages il renverse tout ce qui s’opofe à son passage, & détruit des maisons dont le débris est porté dans les champs voisins : en ce cas, les loix décident , que le propriétaire du fond est obligé de donner passage pour enlever les restes de l’inomlation, en le dédommageant. Voïez les Loix des titres it Lege Rbod. & de damn. infefl. d u Digeste. DEBORDEMENT. [ Effiuvi/tm , effusio.'] Décharge de quelque humeur. ( Un débordement de bile. La Cbamb. Un débordement d’humeurs. Deg.) DEBORDEMENT. [Irruptio,] Irruption dépeuples ou de troupes dans un pais. (Toute l’Eciope couroit risque , si Charles ne sc fût op osé à ce debor- ment d’infidéles. Maucroix, schisme, l. 1.) DEBORDEMENT. [ Vivendi licentia , imrum cor- ruptela.)) Dérèglement. ( Le débordement des mœuts avoit besoin d’une forte digue. Patru, plaid. 9. II ne peut ignorer ce débordement honteux. Maucroix, schisme , /. 1.) DEBORDEMENT , au figuré, signifie épanchement, effusion. [Effuso, effiuentia. 3 (Débordement d’a- mitié.) DEBORDER, V. a. C Limbum tollere. ] Oter la bordure. (Déborder une jupe.) DEBORDER. [ Eminere , prominere. ] Aler au-delà du bord. (Ardoises qui débordent du toit.) * DEBORDER. [ Inundare , exundare.] Le mot lé dit des fleuves & des rivières, lors-qtie l’eau du fleuve , ou de la rivière sort de son lit, & ferépandaus environs. ( Dieu vous garde d’être voisin de gens de corde, & de rivière qui déborde. Scar.po'és.) DEBORDER. [ Refécare.j Ferme de Plombier. Couper les deux côtez des tables de plomb avec les planes. (Déborder les tables de plomb.) $ DEBORDER , sc dit en termes de Guerre, Ion- qu’une ligne de troupes a plus de front & plus détendue que la ligne qui lui est opofée. L’ennemi nous débordoit à la droite.) Se déborder , v. r. f Diffitmdi. 3 Ce mot fe dit des fleuves qui sortent de leur lit. (Le Nil se déborde L son débordement rend la terre fertile. Ablanc. Mttr. La mer a beau se remplir de fleuves, elle ne le débordé point. Maucroix, homélie 10.) ê Se déborder. On le dit aulïi des humeurs du corps, lorfqu’elles sont en trop grande abondance , & qne les vaisseaux ne peuvent les contenir. , Se déborder, f Fluere , irrumpere, concurrere. ] S e- tendre. Se répandre. Venir en foule en quelque lieu. ( Sa cruauté fe déborda fur toutes fortes d’âges. Vttufr Quint. I. q. ch. 11. Se déborder en paroles impures « licentieufes. Maucroix, homélie g. De là vient que Paris vo.it chez lui de tout tenu. Les Auteurs à grands sots déborder tous les Defpr.) Se déborder , v. r. f Expedire, explicare , d’.ffokere.ì Terme de Mer. II fe dit d’un vaisseau qui fe dégage du bord d’un autre qui l’avoit abordé, ou cju! fe détaché du brûlot. (Volant le danger où il étoit, ii déborda vigoureusement.) 0 Dï ■ DEB t§ DE'BORDER. C’est quand un petit bâtiment s’é- íoigne d’un plus grand. (Les chaloupes débordèrent, dès qu’elles virent le feu au brûlot : mais les grapins qui n’étoient que des cercles de barriques pliez, s’é- tant rompus, il fe détacha , & s’en fut à la dérive.) Se déborder , v. r. f Ejseminatam , dijsolutam , in- temperatam vita.ni agere. Licentiùs , liberìàs vivere. ] En morale , il fe dit des passions vicieuses & excessives. (Néron fe déborda en toutes sortes de vices.) DE'BORDOIR , f. ra. Outil rond qui sert aux Tonneliers. 11 sert aussi aux plombiers. DE'BOSSER, ». a. Terme de Marine , qui fe dit du cable dont on démarre la bosse. (Déboiser le cable.) DE'BOTE', E'E, part. paff. adj. [Solutus ocres.] DE'EOTER , v. a. [ Ocreits alìcuï detrabere. ] Tirée les botes de quelcun. (Faites moi venir un laquais pour me déboter.) Se déboter, v. r. Tirer ses botes foi-même. í DE'BOUCHE', f. m. Terme de Commerce. C’est la facilité de fe défaire de fes marchandises, ou d’autres effets. On dit aussi , dans le même sens, Déhanchement. Le Roi a acordé plusieurs débouche- mens pour fe défaire des Billets de Banque. DE'BOUCHER , V. a. [ Recludere , aperire. ] Oter ce qui bouche. (Déboucher un trou.) £ DE'BOUCHER, v. a. Terme Militaire, qui signifie passer , sortir. L’infanterie a débouché avec peine par les défilez. DE'BOUCLER, ». a. [Equant dijstbu!are.]Ot<ît les boucles qui font à la nature d’une cavale. ( Déboucler une cavale.) DE'BOUCLER. f Cirros dissolvere.] Défaire quelque boucle de cheveux. ( Déboucler une perruque qui n’est pas bien bouclée.) DE'BOUILLIR, ». a. [ TinHa , ìnseUa probare, experiri.] Terme de Teinturier. ■, C’est faire bouillir des échantillons d’étofe dans l’eau'òù l’on met de i’alun, du tartre , &c. pour éprouver si la teinture de l’étofe est bonne, ou si elle ne Test pas. DE'BOUQUEMENT , s m. L Egrejjw , exitrn.] L’action de debouquer. DE'BOUQUER, V. n. [Expedirc fi, excedere .] Terme de Marine. C’est sortir des bouches & des canaux qui font entre deux isles , ou une isle & la terre ferme. t DEBOURBER, V. a. [E ctsno extrahere, evel- lere . ) Arracher du bourbier. Tirer de la bourbe. ( On croit qu’on peut dire , en parlant familièrement : 11 est embourbé , il faut tâcher à le debourber.) DE'BOURRER , v. a. £ Fomentum detrabere, exi- ntere^J Oter la bourre , tirer la bourre de quelque chose où elle est. Le mot de débourrer ne fe dit point au propre par les ouvriers. Quelques-uns disent de- fimbourer , mais ceux d’entre eux qui parlent le mieux, disent ôter la bourre, ou tirer la bourre , & c’est comme il faut dire. f * DE'BOURRER. C Erudtre , tnjhtuere. J Donner l’air du monde à une personne , la perfectionner en quelque chose. ( II le faut mettre entre les mains de Monsieur. qui est un homme du monde , & il le débourrera bien-tôt.) f * Se débourrer, v. a. [ Se perpolire.] Commencer à prendre un air un peu plus civil, & qui fente plus son homme du monde. (Depuis qu’il fréquenté les honnêtes gens , il commence fort à se débourrer.) DE'BOURSE', f. m. [ Deprompta pecunia .] Terme de Tailleur , & d’autres ouvriers qui fournissent quelque chose à ceux pour qui ils travaillent. Et c’est tout ce qu’on a fourni à celui pour qui on a travaillé. (Vous ne païez pas le déboursé. Le déboursé monte à un écu.) DEBOURSEMENT , f m. [ Pecunia dinumeratio. J L’action de debourser. C’est aussi l’argent qu’on tire de sa bourse, pour être emploie à quelque marchandise. • Faire un déboursement considérable.) DE'BOURSER , ». a. £ Pecuniam a marjupio prorne. re , depromere. ] Tirer de fa bourse de l’argent & l’em- píoïer à quelque chose. Tirer de fa bourse de l’argent qu’on emploie ou qu’on dépense. (11 a débourse cent pistoles à la pourfuite.de cette a faire.) DEBOUT s adv. £ St ans. J Surfespiez, furpié. DEB 557 Se tenir debout. Debout ou affis on peut donner un mauvais jugement. Mol. crìtiq. La muraille de la ville étoit encore debout. Ablanc. I. i. c. 7. Quand vous priez, ne faites pas comme les hipocrites, qui afectent de prier en fe tenant tout debout dans les Sinagogues. Port-Royal, S. Matth. ch. 6 .) Etre debout. [ Vínre. ] F.tre levé. ( Les Soldats d’A- lexandre couchent fur la terre , & jamais le jour ne les trouve que debout. Vaug. Quint. I. 5. ch. 2. Le sommeil sur ses yeux commence à s’épancher, Debout, dit l’avarice, il est tems de marcher. Defpr. fat. 8.) ch Conte à dormir debout. C’est un conte fabuleux, pour amuser les enfans. On le dit aussi des promesses vaines que font certaines gens. Voilà des contes à dormir debout. jfjf DEBOUT. Terme usité fur la mer. Donner debout à terres c’est-à-dire, courir droit à terre. Avoir vent debout, aîer debout au vent, être debout au vent j c’est avoir vent contraire , un vent par proue ; aler contre le vent, présenter savant du navire du côté que vient le vent. ( Comme nous donnions chasse à un petit corsaire , il serra toutes fes voiles, & nagea debout au vent pour fe mettre hors de portée. ( Navì- ger debout à la lame, croiser la lame s c’est quand la lame prend le vaisseau par savant, & qu’il la coupe pour avancer. La lame , c’est ie flot, ou la vague de la mer, qu’elle pousse l’un contre l’autre quand elle est bien agitée. Aborder un vaisseau debout au corps, c’est lui mettre l’éperon dans le flanc. ch DEBOUT. Terme de Commerce. Passer de bout fe dit des marchandises qúi passent dans une ville, ou un païs, fans y palet de droits, ni être visitées. ch DEBOUT. Terme de Blason. On ie dit des animaux, qui font représentez droits, & posez fur les piez de derrière. ch On dit fig. d’un homme qui a des ressources pour fe soutenir , quelque disgrâce qui puisse lui arriver , qu’z/ ne sauroit tomber que debout. DE'BOUTER , v. a. [ Aliquem submovere aBlo- nesuâ.] Terme de Palais. Exciurre. (On i’a débouté de son oposition. Onl’a débouté de fa demande, de son apel, &c.) DE'BOUTONNER , »• a. [Astriclum gltbuìk thoracem laxare. ] Oter les boutons des boutonnières. (Déboutonner un pourpoint, un juste-au-corp.s.) Se déboutonner, v. r. £Globulos laxare.] Oter fes boutons des boutonnières. ch Se déboutonner avec fes amis. C’est fig. parler librement avec eux, leur ouvrir son cœur, leur dire tout ce qu’on pense. Rire a ventre déboutonné. C’est prov. rire excessivement. Manger à ventre déboutonné. C’est aussi manger avec excez. t SE DE’BRAILLER, ». r. [PeFlm nudare. jj C’est déboutonner son pourpoint pour faire voir Un peu trop la chemise qui nous couvre l’estomac & le ventre. (Etre tout débraillé. Soïez toujours débraillé. Gomb. épìt. L 1. ) DE'BREDOUILLER , ». a. Terme de Trique- trac. Lever la bredouille , l’interrompre par quelque gain.) DE'BRIDER, ». a. [ Freenos detrabere. J Oter k bride. (Débrider un cheval.) Sans débrider. £ Continenter. ] Ces mots, au propre, signifient sans ôter la bride au cheval. Tout d’une traite. (En ce sens, on dit,, il a fait huit lieues fans débrider.) f * Sans débrider. [Sine ulìa intermijjîone. ] A u figuré , faqon de parler figurée & basse , pour dire, fans discontinuer. ch DE BRIDER une pierre. Terme de Carrier. C’est en ôter le cable, quand elle est arrivée en haut. Dé. brider signifie aussi racommoder le cable , quand on s’aperqoit que la pierre est mal bridée. ch DE'BRIDER un répits. Maniéré de parler hurles, que , qui signifie manger goulûment. On le trouve dans Rabelais. On le dit aussi de diverses choses qu’on fait avec une extrême précipitation. Cet Abé a bientôt débridé son bréviaire. DE BRIS, f m. [ Ruinœ , rudera , relìquia , fractura , detrimentum. ] Ce qui reste d’une chose rompue, ce qui reste d’une chose ruinée, défaite, batuë, sacagse. (Le débris d’un navire. Abl. Chercher Rome A a a a % ea 5 5 B DEC en ses vastes débris Main. pois. * II avùit recueilli trois cens écus d’or du débris de son patrimoine. . Flécbier, vie de Commmdon , 1. i. cb. ç.) fás Ce terme sonne bien dans un vers. Brebeuf, dans le portrait de César, lìv. i. de fa Pbarsale : Et pour lui la grandeur n’ejì point d’ajfez bout prix , S’il ne s’y voit monté par un fameux débris. DEPOUILLEMENT, f m. {_Exflkatio. ] Action par laquelle on débrouille. (Le debroùille- ment du cahos. ) , DE'BROuILLER , ». a. [ Explicare , expedire.) De- barasser. Eclaircir une chose embrouillée. (Débrouiller une afaire. Le Malt.') DE'BRUTALISER , v. a. [ Aliquesn à rúfìicis morìbui ad humanisaient traducere.) Défaire une personne de sa brutalité. Faire qu’une personne qui est brutale ne le soit plus. ( On aura bien de la peine à la débrutaliser. Vaug. rent.) DE'BRUTIR, débroutir, v. a. [_Speculìcristallum lavigare. ] Ternie de Gens qui travaillent aux glaces de miroir. Us disent l’un & l’autre de ces mots ; mais ils se servent plus ordinairement de débrutir , qui est plus doux que l’autre. II signifie commencer à polir les glaces , en ôter d’abord ce qu’il y a de plus rude. (Débrutir une glace de miroir.) DE'BUCHER, V. n. [ E fyha , è lujìromigrare.) Terme de Chajfe. II se dit du cerf, du chevreuil, & des autres bêtes de chasse. ( La bête débuche , c’est- à-dire , fort de l’on fort, & du lieu où elle a demeuré tout le jour. Voilà d’abord Le cerf donné aux chiens , fapuie sonne sort ; Mon cerf débuche , U pafje une ajjez longue plaine Et mes chiens après lui.. .. Mol. fâch. ail. 2 .sc. 6.) DE BUCHER , v. a. [ E lusro pellere , excitare. ] Faire sortir la bête de son fort. t DEBUSQUER , V. ct. & ». [ Exire, egredi. ] Ce mot , au propre , signifie la même chose que débucher , v. a. & v. n. f DE'BUSQUER, v. a. E Aliquem ex loco detrudere, depellere, ejicere. 3 An figuré , il signifie ôter quelcun d’un poste où il étoit. Chasser d’un poste. Faire quiter le poste. ( Débusquer l’ennemi de son poste.) t * DE'BUSQUER. Faire sortir quelcun d’une condition ; être cause qu’on l’en chasse. ( Le perfide l’a débusqué de la condition où il étoit.) DEBUT , s m. [Ludendi initium .] Ce mot est un terme de Jeu de boule , qui veut dire, le coup qui pousse une boule de dessus le but ou d’auprès du but ; mais en ce sens , il ne se dit pas à Paris par les Joueurs qui parlent bien. * DE'BUT. C Initium , exordium. ] Ce mot, au figuré , se dit en parlant de discours , de harangue, d’entretiens. II signifie le commencement du discours, de la harangue , Hc. On fait un grand coup, quand on fait un beau début.) Bon, beau début. Mol. Que le début soit simple & n’ait rien d’affecté. Tesr. DEBUTER , ct. [ Ludendi initium sacere, vel globulum de meta depellere. J Ce mot est un terme de Jeu de boule. 11 signifie pousser une boule de dessus le but , ou auprès du but. Le mot de débuter , en ce sens , ne se dit presque point à Paris, & en fa place on se sert du mot tirer. (Ainsi on dit, tirer une boule, & non pas débuter une boule.) * DE'BUTER. [ Dicendi sacere initium. ] Commencer quelque discours. Commencer quelque propos. (11 importe en toutes choses de débuter avec esprit .Abl. 11 a malheureusement débuté auprès d’elle.) La belle galanterie que la leur ! quoi débuter par le mariage, 6 en venir de but en blanc à surdon conjugale. Mol. DEÇA, adv. [Citra. ] Dececôté-ci. De ces quartiers. ( Je vous enverrai toutes les nouvelles de déqà. Vaug. rem.) < DEcA U delà , adv. s Ultro citroque. J De côté & d’autre. (Courir decà & delà. Decà Grenade & delà. Volt. Poés Des ^ chiens cour ans l’abdiante famille , Deca , delà,, parmi le chaume brille. Perr. Griselidis.) DE'cA, préposit. De ce côté-ci. ( II est deqà la rivière.) DEC Au deçà , en deçà, par deçà , font des prépositin™ composées. On dit, au decà de la rivière^ P,, J"? la riviere. Ces mots se disent quelquefois sins rénU* comme des adverbes. ( II est au decà, en ded 6 e par deqa. Le soleil retourne en deqà , en été!ì ’ "" Í? De deçà, de delà. Plusieurs manquent en se servant de ces termes (ditMr. de Vaugelas, 238-) -, Par exemple : les Esagnols chez qui toutes ls » nouvelles de deça font fuselles , au lieu de dire „ toutes les nouvelles de deça. Ils allèguent que de dr „ ça est adverbe local, qui veut dire ici ; & ,, on dit deçà ou delà avec un nom , alors il n’eft „ plus adverbe, mais préposition , comme, deça L „ rivière, delà la rivière s mais quand il est adverbe „ on ne dit jamais deçà , qu’on ne mette de devant’ „ & qu’on ne dise de deçà , si ce n’est en un seul cas’ „ qui est quand on dit deçà & dela, pour dire ç\ „ g? la : mais il faut que deçà & delà soient tous deux „ ensemble , l’un ne se disant point & n’étant point adverbe , séparé de sautre ; tellement que lors „ qu’il tient lieu de génitif , comme en l’exemple „ que nous ayons donné , où les nouvelles de deça „ vaut autant à dire que , les nouvelles de ce pais iì „ faut nécessairement, difent-ils , quel’articledugé. ,, nitis, qui est de, le précède, & par conséquents „ que son dise les nouvelles de de decà ; autrement’, ,, sans l’article de , ce í’eroit commë qui diroit h „ nouvelles ce pais , au lieu de dire les nouvelles de te „ pais. On répond qu’il est vrai qu’après nouvelles, „ il íàut nécessairement dire de , qui est l’article du „ génitif, qui fuit le substantif précédent : mais aussi „ l’on soutient qu’on s y met, quand on dit les nouvelles „ de deçà; parce qu’on ne demeure pas d’acord que „ l’adverbe de deçà doive toujours avoir un de de- ,, vant ; car il est certain que deçà tout seul signifie „ ici, & quand on y ajoute un de, c’est par un éle- „ gance de notre langue , qui n’est plus élégance „ dans la rencontre de tant de de ; Et de fait, on ,, trouvera dans nos anciens Auteurs : Nom avons „ deçà d’excé/ens fruits ; & encore aujourd’hui on ne „ croit point mal parler quand on parle ainsi ; quoi- ,, que de deçà soit plus élégant en cet endroit, cer- ,, tainement ce scroit une grande dureté de dire /or ,, nouvelles de de deçà ; & l’usage, à cause de cela, „ a fort bien fait de retrancher un de ces de,com- „ me pour la même raison, il a fait dire delà Loire, „ au lieu de de delà Loire. ” Meilleurs de l’Acade- mie ont aprouvé cette remarque: mais ils ont ajouté qu’on ne croit point que ce soit bien parier, que de dire , de delà Loire ; cela est sauvage, la pureté de la langue veut que son dise, delà la Loire. DE'CACHETER ,».«.[ Refgnare .] Rompre & lever le cachet d’une lettre. ( Décacheter une lettre.) DE'CADE , f f. [ Décos. ] 11 vient du Grec, en Latin décos , qni signifie le nombre de dix. (L’Hi- stoire de Tite-Live est divisée par Décades. Les Décades de Tite-Live font belles & fameuses: elles ont été traduites par plusieurs en François, mais pas un ne les a traduites heureusement.) * DE'CA DENUE , f f [ Ruina, lapsus .] Ruine. Déclin. ( Que j’aime à vair la décadence de ces vieux Palais ruinez. S. Am. Poés Un empire qui tombe en décadence. Le P. Maimbourg a écrit l’Histoire de la décadence de l’Empire après Charlemagne.) f§ Ecoutons le P. Bouhours dans ses Remarques nouvelles, pag. 197 , Tomber en décadence. Cette phrase ne s’emploie guéres qu’au figuré. Un Empire qui tombe en décadence ; la grandeur Romaine étant tombée en décadence ; la décadence des Arts a suivi la chute de l’Empire Romain ; depuis ce malheureux moment, tom alla en décadence. Ce ne seroit pas bien parler, que de dire: la décadence d’un palais, pavi la ruine. On pouroit peut-être le souffrir en vers, & Saint Amand l’a dit dans fa solitude : Que j’aime à voir la décadence Te ces vieux palais ruinez, Contre qui les ans mutinez Ont déployé leur insolence. On dit bien , à la vérité, la décadence d’une c’efl une maison qui tombe en décadence ; mais alorí maison se prend pour famille , & non pas pour bâtiment. 11 me semble que décadence lignifie proprement le commencement de la ruine d’tm bâtiment, ou même d une forte- DEC Fortune ; arnsi S. Aman d à toujours failli, en disant qu’il aintoit à voir la décadence des vieux Palais ruinez, mais il auroit pû dire qu’il prenoit plaisir à voir les débris & les ruines des anciens palais. DE'CAGONE, st m. £Decagonus.~\ Terme de Géométrie. Figure qui a dix angles & dix cotez. (Décagone régulier ou irréguîier. Tous les angles d’un décagone pris ensemble , valent huit angles droits ou 720. degrez.) On apelle décagone, en termes de Fortification , une place fortifiée de dix bastions. DE'CAISSER , v. a. [ Plantas de capfulis detra- here. Terme de Jardinier. C’est-à-dire , tirer de la caisse. ( Décaisser un figuier , un oranger, un citronnier, un jasmin , &c.) f DE'CAISSER. Terme de Marchand. II se dit de la premiere ouverture qu’on fait d’une caisse de marchandises. DE'CALOGUE , / m. [ Decalogm. ] Les dix Commandemens de Dieu. DË'CALQUEÍv , v. a. Terme de Peintre & de Graveur. Tirer une contre-épreuve d’un dessein. On pose pour cela un papier blanc dessus , & on le frote avec quelque chose de dur, afin de lui faire recevoir l’impreffion. Acad. Fr. DE'CAME'RON, s. m. [ Narratio rerum per de- cem dies gestarum. ] Ouvrage qui contient les actions ou les entretiens de dix jours. ( Le Décaméron de Bo- cace contient cent nouvelles racontées en dix journées. DE'CAMPEMENT , f m. [ Castrorum metatios L’action de décamper. La levée d’un camp. ( II faut qu’un Général ait une grande capacité pour faire un décampera ent à la vûë de l’ennemi.) DE'CAMPER , v. n. [ Castra movere , suhducere. J Terme de Guerre. Lever le camp. Déloger du camp. (L’armée décampa à la petite pointe du jour. Abl.) f * DE'CAMPER. [ Excédére, evadere . ] Fuir. S’en aler vite. ( Je l’ai bien fait décamper. ) DE'CANAT ; voyez DOïENNE'. II y en a qui disent décaniser, quand une personne fait la fonction de Doïen. f DE'CANISER , v. n. Terme de Palais. C’est faire les fonctions de Doïen, & tenir fa place en son absence. DECANTATION , f. f. £ Infusa. ] Terme de Chimiste. C’est Faction par laquelle on verse quelque liqueur, en inclinant doucement le vaisseau. DE'CANTER , v. a. £pnfunderes Terme de Chimie. Verser doucement par inclination la liqueur qui surnage quelque matière. DE'CAPITE', E'E , part. pajs. g? adj. [ Capite truncatms DE'CAPITER, v. a. f Caput à cervicihm abscindere, rcvelkres Ce mot se dit, mais il n’est pas si fort en usage que couper le cou , ou couper la tête. ( 11 fit pendre les uns, & décapiter les autres. Abl.Luc. t. 1.) DE'CARRELER , v. a. [ Laterculos avelkre , ex- îrahere. ] Oter les carreaux d’une chambre qui étoit carrelée. ( Les lapins logez dans une chambre, la décarrélent bien-tôt, quand ils ont une fois commencé à ôter quelque carreau.) DE'CE'DE', adj. £Mortum , vità funchtí. ] Mort. Ce mot est un peu vieux. DE'CE'DER , v. n. [ Mort, décédere, obères Mourir. Le mot décéder est plus du Palais que du beau langage, néanmoins comme on le trouve quelquefois dans de bons Auteurs, on peut, à leur imitation, s’en servir aussi quelquefois dans des ouvrages bien écrits. Henri VIII. décéda à Londres , le huitième Janvier 1546. Maucroix, schisme d’Angleterre, Lis | DE'CE'DER, signifie mourir de mort naturelle ; il ne se dit que des personnes. Acad. Fr. DE'CEINDRE , V. a. [ Discingeres Oter la ceinture à quelcun. DE'CEINT, décrínte, adj. £ Discinclms A qui on a ôté la ceinture , qui a ôté fa ceinture. DE'CE'LEMENT , f m. £Proditïo , manifestation L’action de déceler. II est peu en usage. On est obligé au décélement des secrets qui regardent la vie du Prince , ou le salut de l’Etat. On dira plutôt, on est obligé k déceler , £stc. DE'CELER, v. a. £Patefacere , proderes Découvrir une personne qui vouloit être cachée. Ce mot de DEG 559 déceler se dît, mais on trouve qu’il vieillit un peu. Déceler son maître. L’Abé Talemont , Plutarque, tom. ç. vie de Cicéron. Ils promirent abolition de tout crime à celui qui auroit décelé un Prêtre. Maucroix , schisme d’Angleterre, l. 3. Ils confessent leur crime & n’ofent déceler le sien. Vaug. Quint. Curce , /. 6. ch. 9.) DE'CEMBRE , s m. £ December, ] L’un des douze mois de Tannée , le premier de l’hiver, & le dernier de Tannée , dans lequel le soleil entrant au signe du capricorne , fait le solstice d’hiver. ( L’engourdi Décembre.) DE'CEMMENT, adv. [ Decenter, décorés D’une maniéré décente. (Etre vêtu décemment.) DE'ÇEMVIRS , s. m. [ Decemviri. ] Dix hommes créez avec autorité souveraine , qui gouvernoient la République à la place des Consuls. Abl. Tac. Les Décemvirs étoient plus puissans que le dictateur, Sc pouvoient changer ce qu’ils vouloientdans le Gouvernement. Leur magistrature s’apelloit Decemvirat . DE'CENCE,// £ Décorum, decentias Honnêteté , bienséance qu’on doit garder dans le geste , les habits, &c. Les cérémonies de l’Eglise sont édifiantes & vénérables quand on les fait avec gravité & dé-. cence. Flécbier. 0 " La décence consiste à ne faire que ce qui nous convient ; c’est dans cc sentiment que Cicéron a dit dans ses offices , liv. 1. ch. ;i. que chacun connoisse son naturel, & songenie, & se juge sévèrement iui- méme sur ce qu’il a de bon & de mauvais ; ayons au moins autant de prudence , & de discernement que les Comédiens , qui choisissent les pièces qui leur conviennent le mieux : ceux qui ont la voix forte, jouent volontiers les Epigones ; & ceux qui ont le geste beau , aiment mieux jouer Ménalippe, & Clytem- nestre. Je me souviens , ajoùte-t-ìl , que Ruptius joiioit toujours Antiope, & qu’F.sope évitoit, tant qu’ií pouvoit, de jouer Ajax. Quoi? un Comédien verra fort bien ce qui lui convient pour le théâtre , & un honnête homme ne verra pas ce qui lui convient dans la vie? f DE'CENDANCE,./:/. Extraction. IIne à- roit prouver fa décendance, Acad. Franc. DE'CENDANT. Part. Qui décend. DE'CENDANT , décendante , adj. £ Dcscendens. J Qui décend. ( Veine cave ascendante & décendante. Roh. pbist) DE'CENDANS , f. m. [ Posteri. J Postérité. Ceux qui viendront après nous au inonde. ( Ses petits fils & leurs décendans étoient apellez au second dégré. Abl. Tac. an. l.is DE'CENDRE- £Descenderes Ce verbe est souvent neutre , & signifie aler de haut en bas. ( II est décen- du au bruit qu’on faisoit dans la rue. Décendre de cheval. L’eau décend naturellement , & ne monte que par violence. Depuis les Alpes jusqu’à la mer, on va toujours en décendant. Décendre la rivière, £Prono decursu fiuvii ferri, ] c’est aler en bateau selon le cours de la rivière, qui tend à un lieu plus bas. Décendre. Ce verbe est quelquefois actif, & signifie abaisser, transporter en un lieu plus bas. £Demitteres (Décendre du vin dans la cave. Décendre la chasse de Sainte Geneviève. II a décendu la tapisserie. II faut décendre ce chaudron d’un cran.) * DE'CENDRE. £Genm ducere, traheres Ce verbe est toujours neutre passif, lors-qu’il signifie tirer son origine. ( Ils croient être décendus d’Hercule. Vaug. Quint. L 4. La fille unique du Marquis de Méziére, héritière considérable, & par ses grands biens & pour la maison d’Anjou dont elle étoit décenduë, étoit promise au Duc de Alaïenne , cadet du Duc de Guise. Princesse de Montpenster, p. 4.) * DE'CENDRE, v. n. £Deprimerese, descendere ali. quids S’abaisser. Se ravaler. (De ces importantes ocupations elle décend humainement dans le plaisir de nos spectacles. Mol. critique de l’école des femmess * DE'CENDRE , v. n. £ Dejluere. ] II se dit des habits. ( Ce juste-au-corps ne décend que jufqu’aus: genoux. Les Soutanes décendent jusqu’aux talons.) * DE'CENDRE , v. n. f Laxare , remittere. ] II se dit des instrumens de musique, & signifie abaisser le ton. II faut décendre cettte corde d’un demi ton.) * DE'CENDRE , v . n, [Irrumperes 11 se dit des ennemis 560 DEC nemis qui entrent dans un pais, & particulièrement ìors-qu’ils y vont par mer. ( Les Turcs tout décendus en Hongrie. Les Anglois décendirent en France.) * DETENDRE. C Deserri in locum. ] Ternie de Palais. 11 íignitie aler fur les lieux pour en reconnoître Tétât & la situation. ( La Cour a commis un tel pour décendre fur les lieux , & pour en faire son raport.) Voïez décente en ce sens. DETENDRE. [ De/abi. ] Se dit figurément en choses spirituelles & morales. ( Le S. Esprit est décendu fur les Apôtres.) H DETENDRE. On dit en termes de Guerre , que des troupes décendent la garde , décendent la tranchée , pour dire qu’elles en sortent & qu’elles font relevées par d’autres. DE'CENNALES , f f- t Decemalia [esta. ] Fêtes que les Empereurs Romains célébroient tous les dix ans de leur régné par des sacrifices & des largesses au peuple. Auguste en fut l’Auteur. DE'C K NT , décente , adj. [ Decens , decorus. ) Convenable. Propre. ( On le trouve en habit décent, composant lettre Marotine. Sar. Poef) DE'CENTE , s- s- [fDefcensio , descensm. ] Action de la personne ou mouvement de la chose qui vient du haut en bas. Chute de quelque choie qui décent. Transport de personnes en un lieu. (Faire une décente dans le fossé. Abl. Faire une décente sur le rivage. Vaug. Quint. I. 4. La décente de la chaste de Sainte Généviéve. La décente de l’aliment dans f estomac. La Chamb. Le mouvement des corps pesants s’augmente par leur décente.) DE'CENTE de bríiau. [ ìlium procidentìa. ] C’est la chiite de boïau dans les bourses. * Faire une décente sur les lieux. 0 Ttefcenfus b] Terme de Pratique , c’est un transport de gens de Justice en un certain lieu ; c’est la visite qu’ils y font pour s’instruire pleinement fur une afaire. * DE'CENTE , /. /. [ Irruptio. J Irruption des ennemis dans quelque païs. ( La décente d’Annibal en Italie pensa ruiner les Romains. La décente des François en Afrique.) DE'CENTE, f. f. ['Declivitas , clivus.'] Lieu incliné, par lequel on se meut de haut en bas. DE'CENTE. [SuJfoJJ/’o.J Terme de Guerre. Sapes, taillades , enfoncemens qu’on fait dans les terres de la contrescarpe au dessous du chemin couvert, pour entrer dans la fossé d’une place , qu’on pousse jusques à fleur d’eau , ou jusques au fond, quand il est sec. DE'CENTE. s Ad ima ex sublimé volattfí praceps. J Terme de Fauconnerie. Se dit de l’oiseau qui fond avec impétuosité sur le gibier pour l’assommer , ce qu’on apell s fondre en randon. DE'CENTE. [ Illapsus. J Au figuré , se dit du jour de la Pentecôte, auquel jour arriva la décente d u S. Esprit. DE'CENTE de croix, f Imago descensum Christ de evuee exhibent. ] Terme á’Imager. C’est une estampe qui réprésente la maniéré dont on décendit Jésus- Christ de la croix, DE'CENTE. f Fijlula. ] Terme de Plombier. Tuïau de plomb , qui est dans une cour le long du mur, par eù tombe Peau des chéneaux. (Mettre une décente.) t DE'CEPTION , s s- C Deceptio. ] Prononcez âecepcion. II signifie tromperie ; mais il n’est en usage qu’au Palais. DE ce que. D Eè quòd , propterea , quia. ] Conjonction. Parceque. A cause. (Seigneur, je vous rendrai d’éternelles actions de grâces, de ce que vous avez fait justice. Port-Koyal, Psaumes .) DE'CERNER , ». a. Ce mot signifie ordonner , il vient du Latin décernere. On ne s’en sert guére, en parlant familièrement , son usage n’est proprement que dans les livres. ( On lui décerna les honneurs divins. Vaug. Quint. I. 10. c. 4. Le petit triomphe fut décerné à Germanicus. Abl. Tac. an. I. z. c. zz. On lui décerna les honneurs funèbres au loir. Patru, plaid. 4.) DE'CERNER, v. a. II se dit au Palais des ordonnances qu’on y donne en matière criminelle. ( Décerner un aiournemement personnel. Décerner un decret de prise de corps.) $ DE'CEVANCE , f. s. Vieux mot, qui n’est plus en usage, & qui signifie , fraude , tromperie. DEC t DE LEVANT > décevante , adj. [ Fallax. ] Ce mot se dit, mais il n’est guere en usage. 11 signifie qui est propre a décevoir , trompeur. (Le monde n' que des apas decevans. Le calme décevant de la me nous invita a la promenade.) DE'CETOIR, v. a. [Decipere , falìere .] Tromper. Je diepoi, f ai déçu, je deçús, je décevrai D mot de décevoir est dans la plupart des bons Auteurs mais il est moins usité que tromper. ( Pour ne vous pas décevoir, la Chrétienne est plus belle à voir. Voit Poéf Ses souplesses continuelles ne tendent qu’à nous décevoir. Gomb. épi. I. ;. Malgré mes vœux honteu sèment décils, craignez que je ne lui pardonne. R«. cìne , Andromaque , ail. 4 . fcen. ;. Vous verrez votre crainte heureusement deçúë. Corneille , Cid. ail 1 Je. 2. Le plus souvent l’aparence déçoit, II ne faut pits toujours juger fur ce qu'on voit. Mol.) DF.'CEZ , J', m. f Mors , obi t m. ] Ce mot est plus du Palais que de la belle prose , ou de la belle Poésie & il signifie la mort d’une personne. ( Elle s’elt re' mariée iìx semaines après le décès de son mari. Le Mai t.) * DE'CHAÎNEMENT , f m. [ Immoderata, effrita, ta licentia. J Emportement contre quelque personne. (Le monde recommence-t-il ses déchaînemens contre moi. Continuer ses déchaînemens contre quelcun. Le Comte de BuJJìb) DE'CHAîNER , v. a. (Catenà folvere, exfolvere alí. quem. ) Oter les chaînes à celui qui est enchaîne. (Déchaîner les galériens.) * DE'CHAîNER. [ Excitare , conmiovere , irritare. ] Exciter & animer. Faire emporter une personne contre une autre. (II l’a déchaîné contre moi.) * On dit figurément des vents qu’ils font déchaînez, pour dire, qu’ils excitent quelque violente tempête, [ I.axart. 3 Se déchaîner , v. r. [ fe catenk folvere , expedire. ] Rompre ses chaînes. Se défaire de ses chaînes. * Se déchaîner. [ Malediilis inférs art , confinée; e alìquem. 3 S’emporter contre quelcun. Faire du pis qu’on peut contre une personne. ( Se déchaîner en invectives contre quelcun. Le Comte de BuJJì.) DE'CHALANDER , ». a. [ Emptores avertere, alìenare, amovere. 3 Oter les chalans à quelcun. Débaucher les chalans qui vont toujours acheter en un certain lieu , & les en détourner. (Déchalanderun marchand. Déchalander une boutique.) DE'CHANTER , v. a. [ Palinodìam c an m , m- tare fententiam. 3 L’usage de ce mot est bas, burlesque & fort borné , il ne se dit guére qu’en certaine façon de parler. (11 y a bien à déchanter. C’est-à- dire , les choses ne vont pas comme on le croioit. On n’en est pas où l’on pensoit. Tu vois qu’à chaque instant il te fait déchanter. Mol. étourdi, a. eç.jc. 1. C’est-à-dire , qu’il te fait faire , ou dire le contraire de ce que tu avois fait ou dit.) DE'CHAPERONNER, V. a. [ Efudare, exuen accipitrem. 3 Terme de Fauconnerie. Oter le chaperon à Poifeau , quand on le veut lâcher.) DE'CEIARGE , f f. c Detrafíio merciumj jetms de Gens des ports de Paris. C’est faction d’òter la marchandise des bateaux & la mettre à terre, (faire la décharge des marchandises.) DE'CHARGE , f. f. [Alvi, aut humomm detrallh] Ce mot íè dit entre Médecins, & lignifie faction par laquelle la nature se soulage en se déchargeant & ra poussant hors ce qui lui nuit. DE'CHARGE. [ Levamen , levamentmn. ] Soulagement qui décharge de quelque chose. (C’est autant de déchargé pour f état. Abl.) * DE'CHARGE deconfence. C’est-à-dire, soulagement. DE'CHARGE. IPoJìis ligneiu autfenus obliquépfiia.l Ce mot se dit entre Architectes & Maçons. ^ C’est un moïen que l’architecture emploie pour empêcher que les murs ne s’aíFaissent fur les vuides des portes & dea fenêtres. (Une décharge de mur. Ferrant, Vitruve.) DE'CHARGE- [Liberatio, acceptilatio.] Tern> e Praticien. Ecrit par lequel on décharge quelcun dune afaire où il est obligé. ( Donner une déchargé -- un# personne.) DEC DE'CHARGE. ( Catapultarum itemta. explosas) Terme de Guerre. Plusieurs coups d’armes à feu tirez au même tems. (Faire une rude, une furieuse, une sanglante, une cruelle décharge. Abl. Essuïer une décharge de coups de mousquet. Abl. La cavalerie & l’Infan- terie firent une décharge. Abl. ret. I. ;. c. 2.) DE'CHARGE. [Receptaculum, exundatìoé] Cabinet S ou un lieu où on met les meubles & les choses qui incommodent: endroit où on va décharger les immondices ou platras : on le dit auffi du cours des eaux, des canaux qu’on fait pour faire écouler les eaux inutiles & superflues. ( Cette maison est incommode par h décharge des eaux des voisins.) t DE'CHARGE', déchargée, adj. [Pingueàìne defîitu- tv.s.~\ Ce mot se dit de la taille des chevaux. (Cheval fort déchargé de taille.) On le dit auffi des personnes. DECHARGER, v. a. ['Exonerare, anus eximere.] Oter la charge que porte une personne , une bête ou quelque voiture, comme chariot ou charette. (Décharger une béte de somme. Décharger un chariot.) DE'CHARGER. [Resecare.] Ce mot se dit en parlant des cheveux, & eli un terme de Barbier. Couper quelques cheveux de dessus la tête, parcs qu’il y en a trop. (Vous avez trop de cheveux fur le haut de la tête, il en faut un peu couper pour la décharger.) DE'CHARGER. [Exonerare, levure , alkvareé] Vui- der. Oter de la marchandise d’un bateau , & la mettre à terre. Oter un fardeau inutile. (Décharger son ventre , décharger de la marchandise au port, décharger du vin.) DE'CHARGER. [ 'Diminuere, levave. ] Diminuer de quelque poids. Soulager en diminuant. (Décharger îa masse du sang. La Chambé) DE'CHARGER. [Eximere.] Terme de Marchand. Raïer quelque article d’un livre, ou faire mention íàns rater , que l’article est aquité. (Décharger un livre des marchandises dont il étoit chargé.) DE’CHARGER. [Emittere , dislodere.] Tirer quelque arme à feu. (Décharger un fusil, un canon, décharger l’artillerie.) Ce mot lignifie auffi, ôter la charge de quelque arme à feu. DE'CHARGER. [Influereé] Verser dans. Faire couler dans. (Le sang entre dans la veine cave, qui le décharge dans la cavité droite du cœur. Roh. Phis. DE'CHARGER, [Islam impingere, fujìe, ferra serire, cœdereé] Ce mot se dit, en parlant de coups & de ba- terie. II signifie donner, faire tomber, laisser tomber quelques coups fur une personne. (II lui a déchargé un grand coup de hache sur îa tête. Abl. Arr. 11 lui déchargea un démesuré coup de poing. Scar. rom.) * DE'CHARGER. [ Absolvere , purgareé] Excuser. Dire qu’une personne qu’on avoit chargé de quelque crime n’est. pas coupable. (II l’a déchargé par fa déposition.) * DE'CHARGER. [ Liberare, levareé] Délivrer, exetn- ter, soulager. (II l’a déchargé de beaucoup de soins. Déchargez mon cœur de l’ennui que vous lui donnez. Voit. L 17. Décharger le peuple de subsides. Abl. Opinion qui décharge de l’obligation de restituer. Pasc. I. 5. Nos Pérès ont déchargé les hommes de l’obligation pénible d’aimer Dieu actuellement. Pasc. L 10. On ne décharge point un tuteur d’une tutelle , qu’il n’ait rendu compte.) * DE'CHARGER. [Solvere, exonerare.] Aquiter. (Décharger la conlìence.) * DE'CHARGER. [Idem] Ce mot a encore quelques sens figurez. Exemples. Décharger son cœur à un ami. Abl. Luc. tome 1. [Se totum amteo patesacere.] Se soulager en ouvrant son cœur à un ami, & en lui découvrant ce qu’on pense vraiment? Décharger sa colère sur quelcun , [Iram ejsundere,] c’est faire ressentir les éíets de fa colère à quelque personne. Se décharger, v. r. [Exonerarese , orner e se liberare. ] Oter de dessus ses épaules ou de dessus fa tête le fardeau ou la charge qu’on porte. (On n’a que faire de l’aider à se décharger, il se déchargera bien lui-même.) Se décharger, s Alvurn exonerare, ] Pousser dehors des choses superflues. (La nature se soulage en se déchargeant des excrémens superflus.) * Se décharger. [Curam r ci in alìqitem transserreé] Se reposer fur quelcun de quelque afaire. Se soulager en faisant partager ses foins ou ses afaires à une personne. (Tibère déja vieux se déchargeoit sur Seja- nus des foins del’Empire. Abl. Tac. ann. I. 4. c. g.) DEC 561 * DE'CHARGER. [Purgarese, in alìum culpam re- fundere.] S’excuse r. Montrer qu’on n’est pas coupable, (Se décharger en chargeant autrui. Se décharger fur un autre, c’est rejetter fa faute fur autrui. f Se décharger, [ Remittere .] Ce mot se dit des éto- fes, & signifie perdre de son lustre & de sa couleur. (Drap qui se décharge fort.) Se décharger. [Influere, exundare .] Ce mot se dit des rivières,^ & veut dire, s’en aler rendre. (Rivière qui se va décharger dans la mer. Abl. Arr. Le M.arsias qui est une petite rivière d’environ cinq pies de large , lé va décharger dans le Méandre. Abl. ret. L 1. L’Es- caut se décharge dans Ia Meuse. Abl. Ces .) DE'CHARGEOIR, s. m. Terme de Tisserand. Piéce de bois ronde autour de laquelle on roule la besogne qu’on léve de dessus la poitriniére. DE'CHARGEUR, s. m. [Exempter.] Oficier fur le port de Paris, qui fait porter ia marchandise à terre. DE'CHARGEUR de vin. Tonnelier qui marque avec de la craie le vin qu’on achète, & qui en fait faire la décharge. DE’CHARMER, V. a. [Fascinationem amovere , magicic carminibw adsricíum, iUigatumsolvere..] Oter un charme à quelcun. f * DEThARNE', décharnée, adj. [Macilentm, macéré] Fort maigre. Qui n’a plus que la peau & les os. (II est décharné. Elle est fort décharnée. Ils parois- íent secs & décharnez, fans force ni vigueur. Abl. Luc. t. 2. parasteé) * DE'CHARNE’, décharnée. [Jejunus ferme , jejutlct oratìoé] Ce mot se dit du ftile & du discours, & signifie sec. Aride. Maigre. (Stile décharné. Ouvrage maigre & décharné. Despreaux, longin, ch. 2.) DE'CHARNER, v. a. [Came nudare, exuere.] Oter la chair qui est autour de quelque os. (Déchar- ner un os.) * DE'CHARNER. [Macìe conscere,tenuare.] Amaigrir. (Ce vieillard ria sauvé de .r ravages du tems , Qu’un peu d’os U de nerfs qu’ont décharné cent ans. Cor. illusion comique. DE'CHARPIR, D. a. [Duos colluHantes dìvelkreé] lise dit des gens qui se bâtent & qui se tiennent, & veut dire, les séparer & les débarasser l’un de l’autre. Ce mot est bas. (On a eu de la peine à les décharpir. Mol. étourdi, a. 1 .Jc. ;.) DE'CHASSER, v. a. [Trudere, depellere, detrude- reé] Terme de Tourneur. C’est faire sortir une cheville de bois ou de fer à force. DE'CHAUSSE ',déchaussée, adj. [Discalceatus.] Qui n’a point de chausses aux jambes, ni aux piez. (Augustin déchaussé. Carme déchaussé.) DECHAUSSEMENT, / m. [Ablaqueatìo.] Ter- me de Jardinier & de Vigneron. II se dit de la façon qu’on donne aux arbres & aux vignes, quand on les laboure au pié & qu’on ôte quelque peu de la terre qui est fur les racines. DE'CHAUSSER v. a. [Excalceareé] Tirer les fouliez & les bas des piez St des jambes d’une personne. (Les laquais déchaussent leurs maîtres.) DE'CHAUSSER, v. a. Ce terme se dit en riant, pour préférer une personne à l’autre , & mettre l’une en toutes choses bien au-dessus de l’autre. (Toutes vos Angéliques ne sont pas dignes de déchausser la fans pareille. Caroline. S. Evremont, œuvres mêlées, p. 446.) * DE'CHAUSSER, v. n. [Ablaqueare.] Terme de Jardinier. C’est ôter dans les terres sèches une partie de la terre qui est fur les racines des arbres, afin que l’eau entre plus avant. (Déchausser un arbre.) * DE'CHAUSSER, v. a. [Exlirpare.] Terme à’Arracheur de dents. C’est avec Je déchausse!r , dépouiller une dent de Penvelope de la chair. (Déchausser une dent. Ses dents font toutes déchaussées ; c’est-à-dire , dévelopées de la chair qui lescouvroit.) DE’CHAUSSOIR, f. m: [Insrumentum quodentes ex. tirpantur.] Instrument pour réparer les gencives , afin de tirer plus aisément les dents. DE'CHAUSSURES, f f. {Fovea lupì , cubik.] Lieu où a graté le loup & ou il gîte. f * DE'CHE'ANCE, f f [Decejjîo , dimi.nutìoé] Terme de Droit. Perte de quelque droit. (A peine de déchéance de son droit. La rébellion d’une ville emporte la déchéance de ses privilèges. Tom. I. B b b b DE'- 562 DEC DE'CHET, s- >»- ZPecejJì»,mtninuti °, d/JMÌ««riv.] Ce mot se dit en parlant des marchandises, & il lignifie Perte, diminution. (Le déchet est grand. Le dé- chet est considérable. II y a beaucoup dc dechet. Vous porterez le déchet. f * II laissa dans un grand déchtt , Feu son compère le brochet. Volt. Poës.) H DE'CHET. Terme de Marine. C’est la dérive que fait un Vaisseau. /f DE'CHET. Ce terme est fort connu dans les Hotels des Monoïes & parmi les Orfèvres ; il lignifie, la perte qui se trouve fur l'or & fur fargent qui ont ete fondus, & convertis en espèce ou en quelqu’autre forme ; cette perte est causée par Faction du feu dans la fonte des matières, & par la perte qui provient du travail des monoïes, & par ce qui est resté dans les terres de lavure. DE'CHEVELE'E, part. \Mulier acri dolore pétilla.) La Fontaine l’emploie pour marquer la douleur d’une femme, (Mainte veuve souvent sait la déchevelée, Qui n’abandonne pas lefoin du demeurant, Esdu bien qu’elle aura , fait le compte en pleurant. La Font.) DE'CHEVELER, v. a. [Capillos disjieere , disturbare, reticulum fœminœ revellere. ] Décoller une femme , la tirant aux cheveux ; & la maltraitant. (Cette harangé- rea gourmé & déchevelé celle contre qui elle se batoit. Ces femmes, en se batant, se sont toutes déchevelées.) DE'CHEVETRER, ». «• Qumento capijirum exi- mere-2 Oter le chevêtre d’une bête de somme. f DE'CHIFRABLE, adj. Qui peut être déchifré. Cette écriture, cette lettre n’est pas déchitrable. DE'CHIFREMENT,/w. [Litterarum occultù no- tis exaratarum explication L’action de déchifrer. Explication des chifres, ou de quelque chose d’obscur & de dificile. (La Bibliographie est le déchifrement des anciens Manuscrits, fur l’écorce des arbres , fur le papier & le parchemin. Spon, réponje à la critique du voyage de Gréce. II faut avoir un certain génie pour le déchifrement des lettres.) DE'CHIFRER, v. a. [Litteras occultis notis exaratas txplicare.J, Expliquer des chifres. (Déchifrer une lettre en chifres.) f DE'CHIFRER. {Car acier es veteres, U benè deleto s lege- re.2 Lire une chose dificile. (Déchifrer une écriture.) t DE'CHIFRER, slndagare, detegere, patefacere , de- prehendere, ahscondita U objhrusa explicare , expedire -2 Deviner. Démêler, (Je ne sai li je pourai déchifrer cela. Voit. I. 23 . f * DE'CHIFRER. (Vitam, mores alicujus describere, suis pingere coloribus.~\ Ce mot, en parlant des personnes, se prend en mauvaise part, & veut dire, faire con- noître une personne avec tous ses défauts, le mettre en beaux draps blancs. (Déchifrer une personne.) DE’CHIFREUR, f m. [Explicator, indagator .J Qui explique les chifres. )Roffignol étoit un fameux dé- chifreur.) DECHIQUETER, ©, a. [ Incìdere .] Faire plusieurs petites taillades. (Déchiqueter la peau. Sar. Po'ef. Les soldats déchiquetèrent les corps morts d’une étrange íàqon. Abl.ret.l. 3. c. 3. On déchiquetait, autrefois ies habits, mais la mode en est passée.) DECHIQUETURE. J. f. [Inci/ìo] Découpure , moucheture, taillades faites fur un habit. DE'CHIREMENT , f. m. [Sctjjura , laceratioJ\ Ce mot n’est pas généralement aprouvé,on le trouve pourtant dans de bons auteurs. 11 signifie faction de déchirer & de mettre en pièces quelque chose. (On avoit raison de reprocher au Grand Prêtre l’animolìté qu’il avoit fait voir par le déchirement de ses habits. Port- Royal.-) t DE'CHIREMENT, f m. (Dilaceratio, laniatio.2 11 est plus usité au figuré qu’au propre. II se dit du cœur & de la consience , & ordinairement en des matières de dévotion. , (Avoir un déchirement de cœur & de consience 3 cest-a-dire, avoir le cœur & la consience déchirez, rompus ct bourrelez de tout ce qui les peut desolei.) Le Père Bouhours condamne ce terme reçu toutefois par Messieurs de l’Académie. DEC DE'CHIRER, v. a sLacerare, lanìare, d,f LttUn n Mettre en pieces. (Déchirer un papier. Déchirer 'ií vêtemens. Abl. 11 s commencèrent à crier qu’on w laissât déchirer le parricide. Vaug. Quint. I. g, On U déchiroit de coups. Maucroix , hom. . ío.) ' s Ce terme, dans le figuré, a beaucoup de furce ■ mais il ne doit pas être placé indiférenment. I e $ r ’ Martin a dit dans fa traduction du premier livre des Géorgiques de Virgile : II faut queles taureaux compagnons de nos peines Gémissent fous le joug qui déchire nos plaines. ’ Le joug qui déchire nos plaines, font autant de fauter ce n’est pas le joug qui entre dans la terre, c’est là charrue, qui est traînée par les beufs qui font sous le joug. Déchirer est outré, & l’on ne laboure pas feule, ment les plaines pour y sémer des grains. Mr. de Sé- grais a traduit plus heureusement cet endroit : QsauJJÌ-tôt de ses bceufs la charrue attelée , Fende du foc luisant la terre dégelée. f DE'CHIRER. [ Miscere , perturbare, popuhri , dm. Jìare, desolare .J Perdre, ruiner, désoler. (Ilsopriine- ront la République en atendant qu’ils la déchirent. Abl. Tac. ann. I. 1. c. 2.) | DE'CHIRER. [ MaledìUis projcindere aliquem .] Médire. Noircir la réputation. Parler mal de quelcun, (Ils déchiroient les successeurs de l’Empire. Abl. Toc. ann. I. 1. c. 2. II la déchira par tout où il se trouva Lt Comte de Bus. L’on se déchire , l’on se mange. Gmb. ép. I. I.) DE'CHIRURE, s. f. [ Scijsura , lacération Ce mot fit dit en parlant d’habits. Endroit d’habits, ou d’étofe, déchiré. (Je me fuis fait une déchirure à ma jupe.) DECHOIR, verbe neutre passif. Je déebois, faì dé- chu, je décherrai. [Decidere , dëficere , immutari.] Diminuer peu à peu. Venir de mal en pis, L cela de peu à peu. Tomber de quelque glorieux ou heureux état. (Déchoir du faîte de la gloire. Vaug. Quint. 1. 3. c. 13. Déchoir de son crédit. Abl. On déchoit bien fort en mourant. Voit. Po'ef. II est déchu de son autorité. Ábl. Tac. Judas déchut de l’Apostolat par son crime. Port- Royal. Sans un fâcheux éclat nous ne saurions déchoir. Despr.) ff DE'CHOIR. Terme de Marine. C’est dériver, s’abatre , & sortir de la route. F DE'CHOUER. Terme de Marine. C’est relever un bâtiment qui a touché, ou qui est échoué, K le remettre à flot. Aubin. DECIDER, v. a. [ Remdifficilem , controversiam decidere, quasionem perjolveren Déterminer. Refondre une chose dificile. (Décider une question, une dificul- té. La fortune décide la chose autrement. Abl. ret. 1. 2. Elle décidera par lés faveurs de la bonne fortune de l’tin ou de l’autre. Le Comte de BuJJì. L’interêt est un Casuiste fort décisif, qui leve bien des scrupules en un moment ; c’est toujours le premier consulté & 1* plus promtement obéi. II ne faut jamais le laisser décider seul. Père Quesnel, réflex. II n es dans ce vase Univers Rien à’assuré ni de solide. Des choses d’ici-bas la fortune décide Selonses caprices divers. Desh. Poèsi) DECILLER, v. a. £Aperire alicuitis octtjos.] Ce mot se dit proprement en parlant du sommeil & des yeux. Ouvrir les paupières. Commencer à ne plus dormir & ouvrir les yeux. (II commence à déciller I» yeux.) t DE'CILLER. Ce mot se prend aussi figurément, & il est beau. II signifie faire connoitre ce qu’on ne connoiffoit pas bien auparavant. Faire voir clairement ce qu’on ne voioit que d’une maniéré obscure. (II me semble que tu m’as décillé les yeux, & je vois clairement la vanité des choses. Abl. Luc. tons. 1. W tems décillera les yeux. Patru, plaid. 16 . Hélas ! queferoit-ilf quelque audacieux Aloitpour jbn malheur lui déciller les yeux. Despr. far. 4. DECIMABLE, adj. m. if f. [DecumanwJ Q- u ‘ est sujet aux décimes. , DECIMAL, ALE, adj. m. if f. [Dectmum J Qui regarde les dîmes. (Une matière décimale. DEC ' On dit aussi Arithmétique décimale ou Dixme, ainsi nommée par Stevin qui est Pinventeur à càuseque l’on divise les espèces diférentes de dix en dix ; c’est-à-dire, on divise, par exemple, une perche, une toise, un pié, &c. en dix parties qu’on nomme primes , & chaque prime derechefen dix parties égales qu’on apel- 1 ssecondes, &c. Cette forte d’Arithmétique est d’un grand secours dans la Géométrie pratique. Boulenger Ta renouvellée dans fa Géométrie, & le Sieur H. P. dans celle de Blainville. DECÏMATEUR, f m. £0?« decimcmdi jus ha- bet.) Celui qui a droit de lever les dîmes comme Seigneur de dîmes inféodées. DE'CIMATION, f. f. [Decimi cujusquesorte duéîi anì. madverjìo.] Lésion de décimer les soldats, pour punir le dixième d’un corps qui a failli. DE'CIMER, v. a. [Decimare, decimumsorte duHum pleïtere , suppiìcio afficere.) Terme de guerre. Prendre au fort le dixième soldat pour le faire mourir. PE'CIMES, s f Ct que le Roi prend fur les bénéfices. 11 vient du Latin décima, & lignifie la dixième partie de quelque chose : mais dans l’usage ordinaire, c’est tout ce que le Roi ou quelcun par sa permission lève ordinairement sur le Clergé de son Roïaume. Le nom de décime ne fut connu que sous le régné de Phì- lipe Auguste, & au tems des guerres de la terre sainte en 1187. >à 1188- Les décimes alors ne se prenoient que de tems en tems, & même elles ne se prenoient guère que par la concession des Papes, & du consentement du Clergé : mais fous François premier , elles furent réduites en droit ordinaire, & tous les bénéfices du Roïaume furent taxez du dixième de leur revenu. Henri II. en 1559. créa en titre d’ofice des Receveurs des décimés dans chaque principale ville de tous les Archevêché?. & Evêchez du Roïaume. (On dit de grosses décimes : acorder des décimes, lever des décimes fur les revenus des Eglises. Païer des décimes, charger l’Eglise de décimes, s’oposcr à la levée des décimes.) 0 " Selon Mr. Patru dans son Mémoire sur les Assemblées du Clergé, ce fut François premier qui en 1516. réduisit, du consentement des Eclésiastiques, endroit ordinaire les subventions qui ne se levoient auparavant que de tems en tems sur le Clergé, tous les bénéfices de France furent taxez, & ce droit prit alors le nom de décimes , quoiqu’il fût bien diférent du dixième du revenu de chaque bénéfice. En 1561. on tint une assemblée générale à Poiffi, où le Roi & le Clergé firent un contrat qui a été apelíé le contrat de Poissi ; & par ce traité établit un nouvel usage de lever les décimes, sc qui dure encore aujourd’hui où les décimes font levées & se levent sur le Clergé comme la taille sur le peuple. On créa pour cet éfet des Receveurs dans les villes principales des Archevêques & des Evêques ; & cette création a depuis soufert divers changemens, la plupart de ces ofices aïant été remboursez par le Clergé de chaque Diocèse. Au reste, quoique le mot de décimé & celui de dixme n’aïent qu’une même signification, notre usage les a renfermez à deux choses fort diférentes ; car les dixmes se prennent par les Eclésiastiques, principalement fur les fruits de la terre & fur le bétail ; les décimes se prennent par le Roi sur les Eclésiastiques : il est vrai qu’autrefois on confondoit ces deux mots, témoin la dixme íaladine qui a été une espece de décime levée extraordinairement sur le Clergé. DE'CINTRER, descintrer , v. a. [Arcum ligneum firuendo desuper fornici accommodatum destruere , ever- tere , tollere.) L’un & l’autre s’écrit, mais on prononce daicintré. Terme d ’ ArcbiteHure. II signifie ôter les cintres ; c’est-à-dire, toute la charpente qu’on avoit construite & disposée pour soutenir les pierres de quelque arche. (Décintrer un arc.) DE’CINTROIR, s m. {sMalleì genus.) Espèce de marteau dont les Maçons se servent, qui a deux taillans, mais qui font tournez en divers sens. DE'CISIF, décisive , adj. [DecretoriwJ Qui décide , qui résoud, qui détermine. (Titre décisif. Patru, plaid. Raison décisive. Vaug. rem. Efl-ce une raison décisive jy ôter un bon mets d!un repas, Parce qu’il dy trouve un convive , Qui par malheur ne /’aime pas ? DEC 563 Il faut que tout le monde vive , Et que les mets pour plaire à tous , Soient diférens comme les goûts.) Perr. DE’CISION, f. f. \_Decsio.~] Résolution de quelque chose disiciie. Détermination. (Les décisions des Papes. Pose. I. 6 . D11 succez de cette querelle dépendoit la décision de tout ce qu’il y avoit de diférend à vui- der. Vaug. Quint. I. 4.) ï II rt’est que trop ordinaire parmi les hommes de respecter les décisions des Grands du monde , & d’a- voir toujours moins d’égard à ce qui est bon en sot qu’à ceux qui en jugent. Polybe de Folard. DE'CISIVEMENT , adv. [Mode decretorio.J D’une maniéré décisive. (Parler décisivement fur une afaire. Répondre décîsivement à une question.) DE'CISOXRE, adj., [ Decretorim.J Terme de Palais- Décisif. (Serment décisoire.) DECLAMATEUR, f m. £Declamator J Terme de Colége. Ecolier qui récite quelque ouvrage de Régent. f DECLAMATEUR, f m. Auteur qui déclame, qui exagère & qui épuise un sujet. (Juvénal en D tire est un déclamateur. God. épîtres poétiques. Lucien a cela des déclamateurs qu’il veut tout dire, & qu’il ne finit pas toujours où il faut. Abl. Luc. épitr. Tous ce pompeux amas d! expressions frivoles, Sont A’un déclamateur amoureux de paroles. Despr.) H On apelle, file de Déclamateur, unstile figuré & plus empoulé qu’il ne convient au sujet. DECLAMATION, f f. [Declamatio.) Terme de Cff- lége. Composition que le Régent a faite, & qu’il a soin de faire réciter un certain jour à ses écoliers, en présence de leurs camarades & desparens des écoliers qui déclament. DECLAMATION, se prend aussi pour une invective qu’on fait contre les personnes. 4= DECLAMATION. C’est aussi la prononciation , Faction de celui qui déclame. Déclamation noble & aisée ; déclamation vicieuse, froide. 4= DECLAMATION, se prend encore pour l’afecta- tion des termes pompeux & figurez dans un Ouvrage, & dans un sujet qui ne le comporte pas. Ces sermons font remplis de déclamation. DECLAMATOIRE, adj. [ 'Declamatorius.'] Qui apar- tient à la déclamation, (Stile déclamatoire.) DE’CLAMER, V. n. £ Declamare .] Terme de Colege. Réciter publiquement quelque ouvrage de prose ou de vers, composé par un Régent. II y a des gens qui font naturellement comédiens, & qui déclament & récitent des vers avec toutes les grâces des Mondoris & des Barons. La déclamation sert, ou nuit beaucoup à la versification, & Martial avoit raison de dire à un homme qui réel toit les vers de ce poète : Quem récitas meus efl, ô Lidentine , ììbeHus ; Sed malè càm récitas, incipit ejse tum. t DECLAMER, v. n. [In aliquem invehi, aliquem in- seffari .J Parler contre quelcun. Parler au désavantagé de quelque chose, (je ne prétens pas déclamer contre un ordre que je révéré. Patru , plaid. ç. Déclamer contre quelcun. Déclamer contre l’Ecat. Abl.) r t DE’CLARATIF, ad/. Ce qui déclare la volonté à les intentions d’un supérieur. On dit, une Bulle déclarative de la volonté du Pape, un Bref déclaratif DE'CLARATION, s s [Declaratio, signification Lettres par lesquelles le Roi fur la requête d’un particulier déclare fa volonté fur une certaine chose en faveur d’un particulier ou danslavûëdu bien public. (Faire une déclaration. Publier une déclaration. Le Roi a fait publier une déclaration qui porte que , &c. De la Rochefoucauld DE'CLARATION- [ Denunciatio .] Aveu de bouche. Paroles par lesquelles on déclare fa pensée à une personne. (Faire une déclaration d’amour. Mol. Je lui ai fait ma déclaration que je ne pouvois être son ami. Mémoires de Mr. de la Rochefoucaut. j’ai commis dans ce volume deux fautes considérables dont je fais ma déclaration, c’est l’entreprise & l’exécution. Ben- serade, rondeaux. Tome L B b b b » DE- r64 DEC DECLARATION D’AMOUR- Je vous nomme saris que j’y pense, Votre entretien me charme, U je crains votre absence ; J’aime à causer vos désirsy Et votre rencontre imprévue, Me donne de certains désirs^ , Que je nesens qu à votre vùé. JeJònge à vous, malgré moi-meme , Je crois vous voir la nuit, Je vous cherche le jour, Si ce n’est pas la comme on aime , Dites-moi ce que ce ft que í amour. Poete anonyme. Je ne fuis plus à moi, je vous aime, Madame. Pie vous en fâchez pus, les déclarations Suivent toùjours de près les sortes passions. Ep. d’Ovide. ( , Selon les maximes des précieuses, les déclarations d’amour ne se doivent pas faire brusquement , sans avoir poussé plusieurs soupirs tendres & discrets : il faut que l’amant choisisse un lieu favorable ; comme dans Passée de quelque jardin, tandis que la compagnie s’eit un peu éloignée. Molière, précieuses ridicules. DECLARATION, [Abdicatio.] Terme de Palais. Acte de démission de quelque droit en faveur de quelcun. (Ce Procureur a fait fa déclaration en faveur d’un tel.) DECLARATION. [Declaratio. ] Terme de Pratique. Dénombrement. Détail qu’on fait de quelque bien ou d’autres choses. (Donner fa déclaration des biens & des terres de quelque fief.) DE'CLARATOIRE, adj. [ Significans, déclarons.'] Terme de Palais. Acte ou clause qui déclare. (Voilà les actes declaratoires de la volonté du testateur.) DECLARER , v. a. [Signifie are, denuncìare.] Faire fa déclaration de quelque chose. Faire savoir , Faire connoître. Dénoncer. (Déclarer sa pensée à un ami. Ahl. On vous dit & vous déclare que le Sieur du Cle- rat est un animal fiéfé. Déclarer ses complices. Déclarer la guerre.) Se déclarer , v. a. [Patefacere, aperire.] Faire connoître les fentimens où l’on est. (Le Roi s’est déclaré là-dessus. Se déclarer à un ami.) * Se déclarer. [Favere alicui.J 11 fe dit de la victoire, & c’est fe tourner du côté de quelcun. ( Cela lui fit penser que la victoire s’aloit déclarer pour lui. Ariojìe moderne .) * Se déclarer. (Se patefacere , indicare.] Ce mot commence à fe dire par les Médecins polis qui voient le beau monde, en parlant de maux & de maladies. II signifie paroître , fe faire connoître , fe montrer en quelque endroit du corps. (Le mal s’est déclaré au bras, Ja maladie s’est déclarée à l’épaule.) DE'CLIC,/ m. [ Fistucatw. ] Machine propre à enfoncer les pieux, qui est une éfpece de bélier. DE'CLIN, f. m. [DeclinataMas.] Décadence. Fin. (Tomber dans le déclin, être fur le déclin de ses jours. Patru, plaid. 7. C’est le tems auquel la maladie commence à cesser, le déclin de Page, le déclin du jour.) DE'CLIN, f m. [ 'Decrescendo .] Ce mot fe dit de la lune. C’est le décours de cet astre. (La lune est en son déclin. Roh. phys. On arrose d’ordinaire dans le déclin de la lune des fleurs qu’on cultive.) (s On dit le déclin d’un fusil, le déclin d’un pistolet. Mr. Corneille, ail. z.sc. 6. du menteur: Alors pour me la prendre, elle vient en mon coin , Je la lui donne en main ; mais votez ma disgrâce, Avec le pistolet le cordon s’embarajse , Fait marcher le déclin, le feu prend , le coup part. DE'CLINABLE, adj. [Quod inclinari, inflefii po- tefl.] Terme de Grammaire Latine, esc. 11 fe dit des noms qui fe peuvent décliner ; c’est-à-dire, fe changer selon les divers cas. Les noms de la langue Latine font presque tous déclinables, & il y en a qùèlques-uns qui font indéclinables. Les noms de la langue Françoise font tous déclinables par le moïen des articles. DE'CLINAISON, s f. [ 'Declinatio] Ce mot est un terme d’Astronomie, & il fe dit du soleil & des autres astres, & aussi de l’aiman. II signifie la mesure de l’éloignement de Péquateur ou de l’écliptique , à l’é- gard des astres. A l’égard de l’aiman, il signifie qu’il fe détourne du vrai nord ou du pôle. L’aiman décline cette année 1717. vers l’oùest de 12. degrez ;o. minutes. (Toute forte dé miné de fer n’est pas capable de causer de la déclinaison dans l’aiman. Connoître la DEC déclinaison deTaiguille aimantée. La déclinaison ,1- 1 aiguille va jusqu’a trente degrez. On peut lavoir cha que jour la déclinaison du soleil. Roh. phys. C’est-à-dire de combien de degrez lesoleil est éloigné de l’équateur t DE'CLINAISON. Terme de Gnomonique. 11 s e ^ des plans verticaux qui déclinent des points cardinaux de l’horifon. (Avant que de construire un quadran s M un mur, il faut savoir quelle est sa déclinaison. La dé clinaison de ce mur est de 30. dégrez de l’Orient aiì Nord.) DE'CLIN AISON [ "Declinatio.] Terme de Grammaire Ce mot dans nôtre langue n’elt presque, à proprement parler, que le changement de l’article par tous les cas du nom. (Savoir les déclinaisons Françoifes.) DE CLINANT, ANTE , adj. [Remittem, àiclì. nans.] Qui décline. (Un mal déclinant, un cadran dé." dînant.) DE'CLIN ATOIRE, f m. [Exceftio , prascripth jurk depelìens aflorem Juâ petitione.] Terme de Palais. Acte par lequel on déclare qu’on n’a pas été bien assigné, attendu que le Juge devant lequel on nous assigne n’estpas nôtre Juge. (Proposer son déclinatoire. Patru, plaid, r.) DE'CLINER, v. n. [Ingravescere, inclinare.] Abais. fer, diminuer. (Le jour décline. Le bon homme com. mence fort à décliner.) ■ DE'CLINER. [Declinare] Ce mot se dit de l’aiman & des astres & des plans verticaux. (L’aiman décline du Nord ; les astres déclinent de Péquateur ou de l’écliptique ; les plans verticaux déclinent de quelcun des points cardinaux de Phorifon ; l’aiman ne décline pas toujours de même en un même endroit de la terre.) DECLINER, v. a. [ Subducere .] Terme de Palé. Déclarer que le Juge devant lequel on nous fait venir, n’est pas notre Juge. (* 11 y a bien des gens qui déclinent la juridiction de l’Académie.) DE'CLINER. [Declinare.] Terme d c Grammaire. Dire par ordre les cas des noms, en y ajoutant les articles. (Décliner un nom.) DE'CLORE, v. a. [Recludere.] Rompre ou ôter une clôture. (D c clore un jardin.) DE'CLOùER, v. a [Restgere.] Oter les doux. (Dé- clouer un ais.) DE'COCHEMENT,/ m. [ 'EmìJJìo .] Action par laquelle on lâche une flèche. DECOCHER, v. a. [Emittere, vibrare.] Darder. Lancer. (Décocher un dard. Pasc. I. 4. O11 décocha con- tre lui une flèche de deux coudées. Vaug. Quint. Car* ce, /. 9. ch. q. II a décoché les traits de fa colère contre nous.) DE'COCTION, f /• [ Decoftum , décochera] Terme d ’Apoticaire. Eau où l’on fait bouillir quelque simple, ou autre pareille chose. (Faire une décoction.) DE'COIFER , v. a. [Muìieri capìtis tegmen eript. re, perturbare mulieris capilíos.] Dcfaire la coifure. Mettre en désordre la tête d’une femme qui est coifée. (Décollez moi, je ne me trouve pas biencoifee.Neme prenez point par la tête , vous me décoiférez toute.) f * DE'COIFER. [Lagenam relinere.] Ce mot se dit en parlant de bouteille coifée, c’est ôter le chanvre qui couvre le goulot & en boire le vin. (Quand Monsieur voudra, nous décollerons une bouteille ensemble.) DE'COLATION, f f [ Tabella^ amputatmn B. Joannis BaptijLe caput exbìbens, représentons] Tableau où est peinte la tête de S. Jean-Baptiste qu’on a déco. lé. Ce mot se dit en termes de Piété. Fête que l’Eglise célébré en mémoire du jour que Saint Jean eût le cou coupé. (La décolation de Saint Jean.) DE'COLEMENT , f m. [Degiutinatio .] Action par laquelle on décote, ou une chose colée se détaché. DE'COLEMEMT. [ Tenuatio cardìnum à laterihm] Couper un chévron du côté de l’épaulement, afin qu’étant moins large, la mortoife ne paroisse pas. Terme de Charpenterie. DE'COLER, v. a. [ Deglutinare , reglutinare] Séparer des choses qui font colées. (II faut décoler ce feuillet. Ce feuillet n’est pas bien colé, il ne tardera guere à fe décoler.) . - DE'COLER. [Caput amputare, revelìere à cervicmsl Ce mot est François ; pour dire, couper !a tête, mais u n’est pas bien usité , & même il est fort bas, on dit en fa place couper la tête ou couper le cou. | DE'COLEUR, /. m. Terme de Pêcheurs de Morue. DEC On apelle dècoleur. Celui des Matelots, dont remploi est de couper la tête des morues, auííì-tôt qu’elles ont été pêchées. DE'COLORE', décolorée , adj. Quia perdu fa couleur. (Fruit tout décoloré.) DE'COLORER, ». a. [Colorent eluere, diluere.'] Faire perdre de la couleur. DE'COMBRER, ». a. [ Ruderibuspurgare locum. J Terme de Maçons. C’est ôter toutes les décombres & toutes les ordures qui restent de la démolition de quelque bâtiment. (II faufe décombrer tout cela. 11 semble que ce seroit mieux de dire, il faut ôter ou enlever toutes les décombres.) DE'COMBRES, f. f. [ Rudera .] Terme de Maçon. II ne fe ditqu’au pluriel. Ce senties ordures qui restent de la démolition de quelque maison. (Les décombres ont été enlevées. On a porté en cet endroit beaucoup de décombres. Quint. Jardins fruitiers, tome i.) H DE'COMBRES. Les Charpentiers apellent aussi Décombres & vuidanges d’un atelier de construction, tout ce qu’on coupe du bois d’ouvrage , & qui est inutile , comme les coupeaux, &c. DECOMPOSER, ». «• [Defiruere, resolvere, dis- solvere.~} Détruire un corps composé, le dissoudre. {Le plus fort de ces grands maîtres Se J'ert de toutson esprit , A soutenir que des êtres , La feule forme périt ; Que le corps fe décomposé. Qtiilfe fait de chaque chose Des arrangemens divers Et que toujours la matière Infinie, afìjve , entière , Circule dans l’univers. Deshoul.) f DE'COMPOSER, signifie aulfi fig. déconcerter. Cet accident décompose cet homme. H DECOMPOSITION, s f. Les Chimistes apellent ainsi la dissolution des corps mixtes par le moïen du feu. DE'COMPTE, s nu [SubduHio, imminutiofj Prononcez déconte. Ce mot fe dit particulièrement à l’égard des soldats & des ouvriers, & d’autres gens à qui on a avancé une partie de leur solde ou de leurs journées, ou qu’on retient pour leurs habits ou autres nécessitez. (Faire le décompte à un soldat. Le décompte monte tant.) H DE'COMPTE, se dit aussi de la Tare & déchet que l’on trouve sur une somme, ou sur une partie de marchandises. DE'COMPTER, v. a. [Subducere, imminuere.] Prononcez déconte. Faire le décompte. Rabatre la somme qu’on a avancée. Volez Décompte. Ce mot sc dit encore en cette phrase, & autre pareille. IIy a bien à décompter. Ces mots signifient, il y a bien à dire de ce qu’on croioit. DECONCERTER, ». a. [Concentum vocumtur- lare.) Interrompre, gâter un concert. (II y avoit deux Musiciens ivres qui déconcertèrent tous les autres. II ne faut qu’une voix discordante pour déconcerter les autres. Acad. Fr.) * Déconcerter , v. a. [Confllia frangere, confringerej Ce mot, au figuré, signifie mettre en désordre. Troubler, Rompre les mesures. (Cette aliance déconcerta les desseins de Mahomet. Rouh. Abl. I. i.) * Se déconcerter, v. r. [ Perturbari, desciscere àseipso .] Se troubler. Semestre hors de soi-même. (Elle a un maintien serieux, mais naturel, qui ne sc déconcerte point. S. Evremont , in 4. ps rir. Ilse déconcerte pour peu de chose. t DE’CONFIRE. [Hostes fundere , projìernere , profiigareé] Ce mot est vieux, & ne peut être reqû que dans le burlesque. II signifie défaire, batte & tailler en pièces quelques troupes de gens de guerre. II signifie aussi au figuré, ruiner , abatte, épuiser. Dame Vénus [£son fils , Etoient prêts d’être déconfits. Sar. Poës. II n’y a soldats ni passe volans qu’elle n’ait déconfits & mis fur les dents. Reg. fat. ;.) t§ On lit dans la priere de Malherbe pour lc Roi.) DEC 565 Par fa fatale main qnì vengera nos pertes , L’Espagne pleurera ses campagnes désertés, Ses châteaux abatus, [£ ses champs déconfits. M. Ménage a remarqué qu’il faut lire , U ses camps déconfits, parce que déconfire ne se dit point des choses inanimées. Je crois même que ce terme n’est plus du bel usage. DECONFITURE, f f. [Clades,stragesfj Déroute générale d’une armée. DECONFITURE. [Inopia creditoribus denuncìatio, bonorum creditoribus cefiìoé] Se dit d’une banquerout# ou d’un abandonnement de biens. Ce terme n’est guére connu que dans le Palais. Déconfiture, dit Loisel, est quand le débiteur fait ruptu- re , g? faillite, ou qu’il y a apparence notoire que Jes biens tant meubles qu’immeubles , ne suffiront au payement de ses debtes. La Coutume de Paris , art. igo. & plusieurs autres, nous en donnent une même idée ; & í’effet de la déconfiture est le même dans toutes les Coutumes, fi ce n’est dans les provinces, qui, suivant le Droit Romain, reconnoissent l’hipoteque sur les meubles comme fur les immeubles ; ainsi, en cas de déconfiture, le prix des meubles s’y distribué par ordre d’hipoteques, comme celui des immeubles. Dans les autres provinces, lorsque le débiteur est insolvable, le prix des meubles est reparti entre tous les créanciers chirographaires, fans avoir égard à l’anteriorité des saisies, ni des créances ; tout est confondu, & l’on ne distingue dans la généralité des dettes , que celles qui font privilégiées, à qui l’on conserve la préférence sur l^s outres ciëttcs DE CONFÒRT, f m. [Affliflio, tnfrallio animi. J Miction, abatement d’efprit. DE'CONFOKTER, v. n. [Infringere animum, afflige - re, debìlìtare .J Désoler, abatre l’esprit par quelque afliction. f Se déconforter, v. r. [ Animum abjieere.) S’afliger. (Un ami qui se déconforte. Volt. Pois.) On dit aulfi, déconforter queîcun. [Animum debilitare.J DE'CONNOIRJlffz. [Cunem.sTerme à’Imprime- rie. Piéce de bois faite en forme de coin , qui sert à desserrer les formes. DE'CONSEILLER, ». ct. [Distuaderel) Dissuader. (11 le vouloir obliger à déconseiller lui-même ce qu’il venoit commander de la part du Roi. Abl. ret. f E)ECONTENANCE\ décontenancée, adj. [In- sulsus, inconcinnus, incompqfitus, perturbatm.) Déconcerté, qui ne fait quelle posture tenir. (II est tout décontenancé. Elle est toute décontenancée.) DECONTENANCER, ». a. [Aliquem de statu mentis convellere .] Faire perdre contenance à quelcun. Le rendre interdit. (Ce plaideur fait le brave , mais depuis qu’il a perdu sonprocez, il est tout décontenancé.) $ DE'CONVENUé, f. f. Vieux mot qui signifioit malheur, avanture lâcheuse. DE’CORATEUR, f tn. [Scenœ instruflor, chora - gus. ] Oficier parmi les Comédiens qui a foin de mettre les tentures. DE'CORATÍON, f f [Scena apparatio, appara- tus, exornatio, choragium. J Ce mot, en parlant de théâtre , veut dire, tous les ornemens nécessaires dont on pare la scène, & qui doivent convenir à la piéce qu’on représente. (Les décorations du théâtre étoient fort belles & fort ingénieuses.) DE'CORATION. [Apparatus.J Ce mot sc dit, est parlant de Carrousel, de Tournois, d’Eglise. II signifie toutes les tapisseries, & tous les embélissemens dont on pare une Chapelle, une Eglise, une Lice , &c. (Une belle décoration de Chapelle. Une belle décoration d’Eglise. Avoir soin de la décoration de la Lice.) DE’CORATION, [Exwnatìost Ce mot se dit en parlant des jardins, & signifie embélijsement. (La décoration d’un parterre de jardin.) DE CORDER, ». a. [Fttnem retexere .2 Détortil- ler une corde, séparer les cordons qui la composent. On a fait là-dessus ce petit badinage : Quand un Cordier cordant veut acordersa corde, Pour sa corde acorder, trois cordons il acorde ; Mais fi un des cordons de la corde decorde, Le cordon décordant, fait décorder la corde. f DÈ'CORER, »- a. II vient du Latin decorare , qui signifie orner. Mais il n’est guére en usage. (II faut Bbbbj décorer. %66 DEC décorer cette chambre.) II signifie proprement, mettre & placer avec fimmétrie les choses qui parent un lieu. Voïez Orner. , , . ± de'CORER, se dit aussi en parlant des titres & des dignitez que l'on conféré a quelcun pour 1 honorer. DE’CORUM- s m - Mot devenu Franqois en cette phrase proverbiale , garderie décorum : IIfaut sans cesse garder le décorum de la divinité. Mol. DE'COUCHER, ». w. [f ’orbs cubare.] Coucher hors de la maison où l’on a coutume de coucher. Ne pas coucher dans son lit ordinaire , & avec la personne avec qui on couche d’ordinaire. (C’cst un libertin qui découche presque tous les jours. II ne découche pas d’avec Rea. Ab L Luc. íom. i.) DE'COUCHER, ». a. [Aliquem leHosuo depellere .]Etre cause qu’une personne quite son lit pour nous le donner, à nous ou à quelqu’antre. (Découcher quelcun.) DE'COUDRE, V. a. [Dijjuere, findtre , discinde- re.] Je décous , tu décous, il décout, nous décousons . Je découss., Jai décousu. Je découdrai. Décousant. Défaire quelque couture ; défaire ce qui est cousu. (Découdre la ceinture d’un haut-de-chauíìé.) f * II en faut découdre. [ Decertandum , concertandum est.'] Proverbe, dans le stile burlesque ; pour dire, il faut venir aux mains. Les afaires font fort décousu'és. [/?« fient everfie , la- befatfœ, accise , inclinais.] C’est-à-dire, en mauvais état. î On apelle fig. un Jìile décousu , un stile qui n’a point de liaison. f DE'COUDRE, en termes de Marine , signifie déclouer quelques pièces du bordage, ou du serrage , pour voir ce qu’il y a de défectueux sous ces pièces. DE'COULEMENT, fi m. [ Effluvium, fluvio,fiu- nus.] Mouvement d’une chose liquide de haut en bas. (Le découlement de seau de la pluie fur ce mur sa entièrement gâté.) DE COULER, ». n. [Fluere.] Ce mot se dit des couleurs, & veut dire, couler depuis le haut jusques en bas, mais il n’est pas extrêmement en usage. (Cette huile de parfum décendit sur toute la barbe, & découla jusques lùr le bord de l’habit. Port-IIoyal , Pfieaumes , j pfi IÏ2.) DE'COULER, v. a. [Manare.] II se dit au figuré, des choses morales. (C’est de la miséricorde de Dieu que découlent toutes les grâces que nous recevons.) DE'COUPE', f. m. ( Incifim , diJYmtlw, divisas con- cinni.] Terme de Jardinier. C’est un parterre où il y a plulieurs pièces quarrées, longues , rondes ou ovales, dans lesquelles on met des fleurs. (Voila un beau découpé. Quint. Jardins!) DE'COUPE', adj. [ Papiliionatus .) Terme de Blason. II se dit des pièces fans nombre dont un écu est semé. On dit aussi, moucheté , plumet é, papilioné. DE'COUPER, v. a. [ Çoncidere , dividere , dìísecare.] Ce mot lignifie , couper en plusieurs morceaux ; mais il n’est pas iì usité que son simple couper , & pour une fois qu’on dira déouper, on dira cent fois couper. (II faut découper cette viande.) DE’COUPER, [Varik incifitris ornare.vefiem.] Terme de Découpeur. Figurer une étofe avec des fers. (Découper de l’étofe, du drap, &c.) DE’COUPER, ». a. [ Lncidere .) Terme de Pâtissier. C’est faire fur le couvercle de quelque pièce de pâtisserie, diverses petites figures avec la pointe d’un couteau. (II faut découper le couvercle de ce pâté.) DE’COUPEÚr, s. m. {Peritm incidendi artifex.] Artisan qui ligure agréablement sétofe avec des fers. Cet artisan se nomme, dans les lettres de maîtrise, Découpeur , Egratigneur ; mais dans le monde, on lapelle simplement Découpeur. DE’COUPURE,// [ 'Incifio .] Terme de Découpeur. Ouvrage de Découpeur. Etofe découpée avec des fers. DE’COUPLER, »- a. [ Disparare , abjungere.] Détacher ce qui étoit acouplé. (Découpler le linge , des chiens. Au figuré, lâcher des gens aprés quelcun qui s’enfuit.) T On dit aussi dans le stile familier d’un jeune homme de belle taille, qu’// esl bien découplé. DE'CQURAGEMENT, fi m. [ Aninú abjecíio, jnfraffío.] Abatement de courage. (Dans ce découragement le Roi ne les voulut pas gourmander. Vsug. (suint. L c. 7.) (§ DE'COURAGER, ». a. [Anir.iumsrangere , in- frìngere.] Oter le courage. (Décourager une personne.) DEC DE’COURSJ.' m. [D ecrescentia, luna decrescens Ce mot se dit en parlant de la lune, c’est-à-dire,ckà (La lune est en son décours. Croître ou décroître aii décours de la lune. , Qu’elle soit en croissant , qu’elle soit en décours. Je sainte U t aimerai toujours. Benserade, balet de la nuit, 5. p. j. entrée.) Mr. Duvair, dans son discours de l’Eloquence Françoise : La France n’a pu encore bien definouer fa langue ; gf comme ces enfans nez au décours de la lune n’a pu prendre Ja jufie croissance. DE'CO U S URE, / / [ DisjunHio , dijfiolutio.] Terme de Chasse. C’est quand un sanglier a blessé un chien de ses défenses. Sal. ’ DE'COUVERT, découverte , adj. [ Apertm, de. teclus, patefacíus.] Qui n’a rien qui le cache. (Sa gorge étoit à demi découverte. Busjì.) * DE'COUVERT, découverte. [Regionon ita pridem comperta.] 11 se dit des païs dont on a fait la découverte. Reconnu. (Païs découvert.) Ces termes, pais découvert, ( Jubdialìs locus, ) signifient aussi un païs plain, où il n’y a pas beaucoup d’arbres. A découvert , adv. [Suh dio , aprico in loco. ] Sans être couvert. (Etre à découvert. Ils se promenoient devant le camp à découvert. Abl. ret. I. 5. c. 3. Camper à découvert. Abl. ret. 1 . 4. c. 3.) * A découvert , adv. [ Palam , in propatulo.] Au figuré, il signifie sans déguisement , sans couverture, fans voile. ■ Par elle tonfiinm’efi ouvert, Je voi ton ame à découvert. Chap. Ode à Richelieu. DECOUVERTE,//. \Expioratiq.] C’est Faction pat laquelle on découvre & reconnoît prémiérement quelque païs. (La découverte du nouveau monde. Faire la découverte d’un païs. Abl. La feinte efi un pais plein de terres désertes , Tous les jours nos Auteurs y font des découvertes. La Font. * La découverte d’nne vérité. £Invefiigatio.] Faire de grandes découvertes dans les íìences & dans les arts, c’est faire de grands progrez dans la connoissance des véritez. $ Nous attribuons mal à propos aux Romains tout ce que la íìence militaire a de plus fin & de plus profond. Cependant leurs découvertes en matière de guerre se réduisent à assez peu de choses, & en ce genre ils n’ont presque rien de recommandable que la gloire d’avoir perfectionné ce que les autres avoient pratiqué avant eux. Voïez le Polybe de Mr. de Folard. ( í Les découvertes les plus rares & les plus souhait- tées des savans ne touchent plus après qu’on les a vues & qu’on s’y est accoutumé, ou lors que celui qui en est Fauteur & l’inventeur, ne s’est pas aquis une grande réputation fausse ou vraie dans les Iìences. Nous devons la plupart de nos plus belles découvertes aux personnes les plus simples, & qui paroiffoíent les moins capables d’inventer. Ibid. Les découvertes que l’on fait tous les jours à la guerre, se perdent par la faute des Auteurs qui écrivent des choses de leur tems. Ibid. DE COUVERTE, flnventio , invefUgatio.] Ce mot se dit en termes de Guerre. (ÉnvoïeE à la découverte. Abl. C’est envoler reconnoître l’ennemi.) DECOUVERTE. [Apertum latus, pess us.] Terme de Maître d’armes. Elle consiste à se découvir & à donner jour à son ennemi. (Atirer son ennemi par des découvertes. Liancourt , Maìere d’armes , chap. 12. t DE'COUVERTURE ,//. Ce mot est hors d’usage, en sa place on dit, découverte. Vaug. rem. DECOUVRIR, ». a. s Aperire , retegere, detegere.] Oter la couverture qui couvre quelque chose que ce soit. Je découvre , je découvris, j’ai découvert. (Découvrir un lit, un toit.) DE'COUVRIR. INudare, patefacere. ) Révéler. (Divulguer. Découvrir un secret.) * DE'COUVRIR. llnvestigare,specukri.]stúreaài- couverte de quelqu.e païs. Tâcher de reconnoître ou une personne est. (On découvrit la Floride le 23. Mal 1313. On Fa découvert lors qu’il y pensoit le moins, & on l’a pris.) * DE'COUVRIR. [Proculvidere,profiieere, deprehen- dtre. jj Apercevoir. Connoître, (Nous découvrunes DEC dans une nicha une Diane. Voït. I. 10. Découvrir d’u- ne feule vûë la moitié de la terre. Voìt.Ua. II croioit qu’il pouvoit découvrir fur son visage quelque marque de ce qu’íl avoit dans l’ame. Vaug. Qrnnt. liv. %. Découvrir une vérité. Maucroix, boni. 9.) Se découvrir, v. a. [Fludares Oter la couverture. Se découvrir. [Caput nuâare. 3 Lever son chapeau. (Se découvrir la tête.) * Se découvrir. [Sese indicares Se déclarer à quel- cun. Faire connoître ses sentimens. Le Comte qui avoit peur de se découvir, changeoit de propos. BuJJL J’aime un esprit aisé qui se montre & qui iouvre, Et qui plaît d 1 autant plut, que plus isse découvre. Despr.) * Se découvrir. [Latus , pecîus aperire.] Terme de Maître S armes. Donner jour à nôtre ennemi de nous blesser ; donner beau à nôtre ennemi de nous porter & nous blesser. (Se découvrir fur les armes : se découvrir au dedans des armes. Liane. Maître d armes, cb. 12.) DE'CRASSER, ®. «■ [Squalore, sordìbws purgare, sordes detergeres Oter la crasse & l’ordure du corps & du visage. (Eau & pommade pour décrasser le visage.) * DE'CRASSER., v. a. ( Mores expolires Ce mot, au figuré, se dit en riant. C’est rendre moins grossier. (On a mis Mons. N. entre les mains de M. C. pour le décrasser ; mais M. C, a beau faire, N. ne fera jamais qu’un bufle.) So décrasser. detergere, soràibus purgare, mores expo lires II signifie, au propre , ôter l’ordure de son corps ou de son visage. Et au figuré, il veut dire, se rendre moins grossier. (* Les Provinciaux se décrassent à Paris.) DE'CRE'DITEMENT, s ìn. [Gratia , exisiima- iìonis minutio , imminutìos L’action dedécréditer » perte de crédit. DE'CRE'DITER, ».• a. [j Gratiam, exìflimationem mi. mteres Oter le crédit. Oter l’autorité à quelcun. (Un méchant livre décrédite un Auteur. Se décréditer, v. r. f Exìjiimationem perdere, amit- iere} S’ôter de crédit à soi-même. Perdre fa réputation. (II ne disoit rien de fa belle, de peur de se décréditer en montrant son malheur. Le Comte de BuJJì.') DE'CRE'PIT, décrépite, adj. [Decrepitus,finio conss lui f Fort vieux. (Age décrépit. Une vieille décrépite Abl. ) DE'CRE'PITATION, f /. [Ustio, exujlios Terme de Chimie. Calcination du sel qu’on continue jusques à ce que le sel ne pétille plus. DE'CRE'PÍTER, v. a. [Ad insaoiìam redigeres Signifie avoir bien du dépit.) Vous le ferez décrépites. Acad. Franç.) H L’Académie avertit qu’on n’emploïe cc terme dans ce sens, que populairement & bassement. * DE'CREPITER, v. a. [Torrere, exurereJ Terme de Chimie. C’est faire sécher le sel commun au feu & le calciner, ensorte que son humidité soit toute exhalée. Ce sel s’apelle décrépite’. DE'CRE’PITUDE, f.s decrepita, summas Age décrépit. (Titon parvint en une telle décrépitude, qu’il fut changé en cigale. Benserade, rondeaux. La Si- bile de Crimes étoit parvenue jusqu’à la dernière décrépitude. Ragots, abrégé des métamorphoses.') DE'CRET, f. m. [Décrétants Terme de Droit Canon & de Palais. Ordonnance de Pape. Règlement de Juge. Ordonnance du Juge, portant permission d’em- priíbnner. ( Camprehenjìo bominis décréta.) (Les décrets des Papes. Obtenir un décret de prise de corps contre quelcun. Patru, plaid. n. Cette terre est en décret ; c’est- à-dire, elle est exposée en vente en vertu du décret du Juge.) DECRET. Terme de Droit Canon. [Sanclijjìmum \us Livre qui a été fait par Gratien, & qui contient plusieurs Canons concernant les matières éclésiastiques. Le Droit Canon s’aprend en partie dans le Décret de Gratien.) (S Le terme Decret est fort en usage, dans les tribunaux de Justice Séculière, & Eclélìastique. Quand il s’agit d’un crime qui mérité une peine aflictive, les acufez sont décrétez de prise de corps, dans les formes prescrites par l’Ordonnance de 1670. titre 17. & lors que le délit ne peut être puni que par une peine pécuniaire, on se contente de décréter l’acusé d’ajour- DEC 567 nement personnel, comme il est expliqué dans Partiel? 2. du titre dixième de la même Ordonnance, dont voici les termes : Selon la qualité des crimes, des preuves, [£ des personnes, fera ordonné que la partie fera ajjìgnée, pour être oúie , ajournée à comparoir en personne, ou prise au corps. Voilà les trois sortes de Décréts dont on. use dans l’instruction des procès criminels, si l’on peut qualifier de Decret la simple assignation , qui est toute la méme dans le civil & dans le criminel: Mais à l’égard du Decret de prise de corps, ou d’ajournement personnel, la même Ordonnance, article n. du titre que j’aicité , ordonne expressément que le Decret d ajournement personnel, ou de prise de corps,.emportera de droit ginterdiction : Ce qui mérite quelque atention ; car en premier lieu, cette interdiction n’est qu’une suspension des fonctions publiques pendant le cours du procès, & souvent après que l’acusé a répondu, si le fait estleger, on le renvoie aux fonctions de fa charge. En second lieu , cette inter- dixion n’opere aucun effet sur les Eclésiastiques, & ne les prive point de l’exercice des Ordres sacrez : niais c’est une difficulté que l’Ordonnance a fait naître, si un clerc contre lequel il y a decret de prise de corps, ou de simple ajournement personnel, peut être légi- temement pourvû d’un bénéfice , ou si l’interdiction prononcée par l’Ordonnance, le rend incapable d’ac- cepter, ou de posseder un bénéfice ; & pour résoudre le doute, on a distingué i’acquisition du bénéfice , & la continuation de la possession du bénéfice qui a précédé le decret. Dans le premier cas , l’interdiction de l’Ordonnance n’opere aucun effet, & le Bénéficier continue de jouit, & de faire lès fonctions dont il n’est point interdit par le decret de prise de corps , n! par î’ajournement personnel,- lice n’est lorsque le crime par son énormité, fait vaquer de plein droit le bénéfice : mais le doute est plus grand , lorsqu’il s’agit d’aquerirun bénéfice,- caria maxime est que, soit un gradué, un indultaire , ou un impétrant, en vertu d’une résignation en sa faveur, il doit être integerfia- tu, selon l’expreffion des Docteurs, fa réputation doit être fans tâche, & le simple doute forme une incapacité d’aquerir un bénéfice : & c’est ainsi que la question a été décidée par un Arrêt raporté dans les questions de M. Duperret, fur le Concordat. On ne sçauroit être trop rigide dans l’examen des personnes à qui l’on doit confier le service des autels. A l’égard du Decret qui est une compilation du Moine Gratien, c’est improprement qu’on lui donne le titre de Decret, puisqu’il est plûtôt, un amas confus, & mal digéré des Décréts des Papes, des Canons, des Conciles , & des sentimens des saints Peres. II n’est pas extraordinaire qu’un Moine qui ne peut pas avoir une parfaite connoissance de la Jurisprudence, & des assures civiles, & méme écle- siastiques, ait commis un grand nombre de fautes, qui ont été remarquées par plusieurs Auteurs, & singulièrement, par lessqavant Antoine Augustin Evêque de Taragone. L’ordte qu’il s’est proposé, paroit même extraordinaire, & embaraffé, & voulant concilier les Canons des Conciles, & les Décréts des Papes, qui sem- bloient être contraires, il s’embarasse, & rend les questions plus douteuses qu’elles n’étoient auparavant. Selon la soputation de quelques Auteurs, Gratien employa vingt-quatre ans à faire ce grand ouvrage. DE'CRET de Dieu. [Decretum. j Terme de Théologie. C’est ce que Dieu a résolu & arrêté dans ses conseils éternels. DE'CRET. [Statutmrs Terme de certains Religieux, comme à’Augustins. Statuts qui se font dans les Chapitres Provinciaux , pour le règlement d’une Province. DE'CRE'TALES, f. f. [Epifiola decretaless Constitutions des Papes. C’est aussi un recueil de plusieurs lettres de divers Papes, qui fut composé par le commandement de Grégoire neuvième. L’Eglise Gallicane n’a pas reqû toujours les Décrétales. Les Décrétais composent le second volume du Droit Canon. ǧ DE'CRET ALES. C’est le nom que l’on donne aux collections des Papes, dont laprémiére, &la plus ample parut dans le huitième siécle de l’Eglise,sous le nom. dlpdorus Mercatar, Riculphe, Evêque d® Mayence, l’aporta en France , sous le régné de Charlemagne. On ne sqait point encore quel étoit cet Isidore, surnommé Mercator, ou Piscator. L’on a crû pendant Jong-tems, que ce recueil étoit l’Ouvrage d’Isidore , Archevêque de ;68 DEC de Seville ; mais 1 e sçavant Antoine Augustin a détrompé le public , en observant que l’on y voyoit des Synodes tenus après le décès d’Isidore de Seville, lequel mourut en 616. & il est établi quel’Auteur de la collection desDécretales vivoit encore dans le dixième siécle : quelques-uns incertains à qui ils donneroient la collection , ont c ni que le véritable Auteur étoit un Moine, qui par humilité cachoit son nom sous celui de Piscator , qui avoit été changé par les copistes en celui de Mercator ; mais s’il faut en croire Mr. de Mar- ca dans son traité deConcordia, Ççfc. on doit croire que cette premiere collection est bien souvrage d’un Evêque , apellé Isidore , lequel, suivant la coutume des anciens Evêques, ajoiita , en lignant son nom, le titre de Peccatnr, que l’on a dans la fuite corrompu, ou changé dans celui de Piscator, ou Mercator. Dans Terreur où l’on fut d’abord , que l’on devoit cette collection à Isidore de Seville, on l’a recûê avec aplau- dissement , & fans la soupçonner de suposition : bailleurs les décisions qui y font raportées, parurent au- íentiques , & sincères, fous le nom de plusieurs Papes illustres par leur habileté, & par la sainteté de leurs mœurs ; mais les Centuriateurs craignant les preuves que l’on en tiroit, pour détruire le Calvinisme , & le Luthéranisme, s’attachérent fortement à examiner les décisions des premiers Papes, & tout l’ouvrage ensemble , pour en détruire les conséquences, qui leur paroissoient dangereuses ; le Jésuite Turien leur répondit, mais avec peu de succès ; car le ministre D cilié le repoussa avec tant d’habileté, qu’on n’a point pû conserver à cette collection l’autorité qu’elle avoit autrefois. La collection des Décretales publiée par Grégoire IX. a effacé entierement celle d’isidore ; plusieurs sçavans hommes les ont expliquées par de grands commentaires ; elles furent rédigées à peu-près selon l’ordre du Code Justinien. Sous le Pontificat de Boni- face VIII. &sur la fin du treizième siécle, on publia une nouvelle collection des Décretales des Papes qui avoient succédé à Grégoire IX. on n’en connoit point hauteur,- mais pour les faire recevoir , & leur donner l’autorité de la précédente collection : on les distingua par le titre de sixième livre des Décretales , & on l’a- pella la Sexte ; ensorte que quand on en cite quelques constitutions, on ajoute à la citation du titre ce mot in 6°. cette collection a paru suspecte a Boecius Epo , par- ce que Boniface dit dans fa Préface , qu’il a receuilli les décisions des Papes qui ont régné après Grégoire IX. & cependant il raporte une décision de Clement III. qui est mort avant Grégoire IX. mais il faut observer que Boniface dit dans la même Préface, qu’il a inféré dans fa collection, des Décretales anciennes, mais plus correctes & plus claires qu’elles n’étoient ; ainsi on peut bien regarder ce sixième livre des Décretales , comme une addition aux précédentes. Les Clémentines parurent dans la fuite ; c’est ainsi que l’on nomme îe recueil des décisions de Clement V. qui fut élû dans le commencement du quatorzième siécle, & qui le premier transporta le Siège de Rome dans Avignon. Ce recueil fut composé en partie des Canons du Concile de Vienne. Enfin, la dernière collection qui compose le corps du Droit Canonique , fut publiée par Jean XXII. successeur de Clement V. elle renferme un petit nombre de décisions, dont on ne fit qu’un seul livre , que l’on apella Extravagantes , soit parce que la collection n’est point mêlée avec d’autres décisions des précédens Papes, soit parce qu’elles ont été quelque tems errantes, fans aucune autorité, & dont on ne connoissoit point PAuteur ; ce titre d 'Errantes leur est toujours resté, même après qu’elles ont été réunies au corps du Droit Canonique. Le Docteur Ciron , Professeur en Droit Canon dans l’Université de Toulouse, publia en 1643. une cinquième collection des Décretales du Pape Honorius III. avec des notes, & il y joignit des Paratitles des cinq livres des Décrétales de Grégoire IX. qui peuvent servir à faciliter Pétude de la Jurisprudence Canonique. II y a plusieurs autres collections, qui sont presque inconnues , comme celles de Burchard, de Reginum , d’Yves de Chartres , qui font fans autorité, & dont le détail seroit ennuyeux. ^ DE'CRETER, ©. a. [ Decernere , dceretum facere .J Terme de Palais. Donner pouvoir à des Sergens d’em- prilònner une personne,- donner charge, ordonner. (Décréter un ajournemdht personnel contre quelcun. On a décrété contre lui. Le Meut. DEC DE CRETER. [ Subjicere voci pr aconit bona aliaì-m 1 Terme de Palais. Vendrepar ordre de justice W cretcr une terre.) DE’CREUSER, v. a. [Sericum Japone purpare 1 Ternie de Teinturier. II se dit d’unc certaine 1 reoa ration que les Teinturiers donnent à la soie. LeJaì serlajoie ; c’est la faire cuire avec du savon blanc la de' gorgerdans la rivière & la mettre dans un bain’d’alim à froid. DE CRI, / m. [Rei, sama , V astimationis inter, diflio.) C’est publier qu’une monoie n’aura plus de cours. (Le décri des monoies. Maucroìx,schisme L 2 *' Les balades, les rondeaux & les triolets retour! noient par la mort de Voiture dans leur ancien déni Sar. pompe sunebre.) DE'CRI, s m. \_Mala sama.) Mauvaise réputation perte de crédit. (Cela l’a mis tout-à-fait dans le décri! Académie Françoise.) DE'CRIE', décriée , adj. [Vitìis ac dedecore faim - fus.) Perdu de réputation. (La ville de Sibaris scra décriée à jamais par la mol esse de lès habitons, qui avoient banni les coqs, de peur d’en être éveillez! Fon- tenelle , dialogue des morts.) * II ejì décrié comme la vieille monoie ; c’est-à-dire il est perdu de réputation , il n’a ni crédit, ni estime dans le monde. DE’CRIER, v. a. £UJum interdìcere .] Faire publier qu’une chose n’aura plus de cours. (Décrier la ir,o- noie. Abl.) * DE’CRIER. \Jnfamiam alicui infcrre .] Ce mot se dit des personnes & des choses. Médire. Tâcher de faire perdre la réputation. (Décrier quelcun, décrier la bonne vie d’une personne. Abl. Décrier quelcun dans l’efprit du peuple. Pasc. I. 3. Ce seroit assez pour décrier le plus beau roman du monde. Mol. prêt. Décrier la paix. Mr. de laRochesoucaut.) J DE'CRIRE, v. a. [Describere.) Ce mot, pour dire, transcrire , nefe dit pas parmi les gens qui parlent bien. DE CRIRE. [Depingere. J Tracer. Faire. (Décrire une ligne courbe avec le compas.) * DE CRIRE. [Exprimere.) Représenter vivement par le moïen des paroles. ( Décrire les malheurs de l’Etat.) DE’CROCHER, v. n. [Uneino expedire aliqitiA.) Détacher, ôter une chose d’un crochet où elle étoit acrochée. (Décrocher une tapisserie.) t DE'CROii' !', v. a. [AVgmv.J L’ufage de ce mot est fort borné, & il ne fe dit guére qu’en cette faqon de parler. (Je ne lecroi, ni ne le décroi.) DE’CROISSËMENT, s m. [Diminutio, immi. nutio, decrementum .J Diminution lénsible d’un corps en fa propre substance. Diminution dé la dureté de quelque chose. (Le décroissement de la vie est sensible. Bossuet , Hiji. universelle.) DE’CROìTRE, V. n. [JDecrescere , dimìnui, im- minui. J Ce mot se dit des choses qui font susceptibles de plus ou de moins. (Le Nil croît quarante jours, & en décroît autant. Ablanc. Mar. tom. r.) Malherbe a dit dans une ode au Roi : Je sçai bien que les oracles Prédisent tous qiià ton fils Sont reservez les miracles T>e la prise de Mempbit , Et que c’ejì lui dont F épée Au sang barbare trempée, Quelque jour apparoifjant A la Gréce qui soupire , Fera décroître l’Empire Te F infidèle croissant. Il faut convenir que si le jeu de paroles peut être toléré, c’est dans cette strophe, où décroître & croisant conviennent parfaitement entr’eux dans la penste cìe l’Auteur. DE’CROTER., ®. a. ['Lutunt decutere , purgare.) Oter la crote. (Décroter une jupe, des bas, &c.) t * DE’CROTER. Terme libre & burlesque. (Elit est jolie, & mérite bien la peine d’ètre décrétée.) 4= DE’CROTEUR, s. m. Celui qui décrote. Apelìer un décroteur. DE’CROTOIRE, s. s. [Pemculusfitis asper .] Ce avec quoi on néteie, & on décrote proprement les soisse?. DFC DE'CROUTER, ». a. [ Ad truncum affricare cornua, saque frictions crustas detergere. J Terme de Venerie. On dit des cerfs qui vont au fraïoir , qu’ils vont décrouter leur tête. DE'CRUER , ». a. [ Uxiviam facere. ] Terme de Teinturier. C’est lexiver le fil cru avec de bonnes cendres , & le laver en eau claire , avant que de le teindre. SE DEDUIRE , v. r. [ Plm justo liquesieri. ] Ce mot se dit des sirops & des confitures , qui, faute d’avoir été aller cuits, deviennent trop liquides , & font en danger de fe corrompre. (Quand on voit que les sirops fe décuifent, il faut les faire cuire une seconde fois. ) DEDUPELER, ». a. [ Infundere , ] Terme de Chimie. Verser doucement par inclination la liqueur qui surnage quelque matière. C’est la même chose que décanter. DE'CURIE i f f- [ Décima. ] Ce mot fe dit en parlant des anciens Romains, & veut dire, bande de dix hommes. Abl. Tac. DE'CURION , f. m. Ce mot vient du Latin decurio , & il fe dit en parlant des Anciens Romains. II signifie le chef d’une décurie , qui a fous foi dix hommes. C’étoit auffi un Magistrat qui rendoit la Justice dans les villes qui s’étoient données aux Romains. Décurìon. [ Decurio. ] Ce mot est un terme de Chiffe de Jésuite. C’est l’écolier qui dans fa classe est astis après les Chevaliers. ( Etre décurion. ) C’est avoir dix écoliers à qui l’on fait réciter la leqon , & dont on reçoit les théines. DE'CUSSATION , s f- [Conjunftio radiorum m decuffìmff Terme d ’ Optique & de Géométrie. Point où des talons , où des lignes fe croisent. (La décussation des râlons de la lumière dans le cristalin , fe fait avant de s’aler peindre dans la rétine. Acad. Fr. DE'DAIGNER , v. a. [_Dedignari , fajìidire . ] Mépriser. ( On ne dédaigne que ce qu’on croit qui ne vaut rien. Je les dédaigne si fort, que je n’en puis médire. Gomb. ep. /. i. ) 0 Corneille, dans Pompée, aft. 2. scen. 2. D’un des pans de fa robe, il couvre son visage. A son mauvais destin, en aveugle obéit , Et dédaigne de voir le Ciel qui le trahit. DE’DAIGNER est trop foible , & ne marque point assez le vif ressentiment de l’injustice du destin. Le terme mauvais n’est point encore assez exprelìif: cruel seroit plus propre : Tailleurs , le ciel & le destin font deux choses différentes , selon la Théologie payenne : Qu’avoit-il promis à Pompée , pour se plaindre de fa trahison ? Les deux vers fuivans font oublier ceux qui les précédent. De peur que d’un coup d’œil, contre une telle offense, II ne semble implorer son aide, ou sa vengeance. L’Academie , dans ses sentimens fur le Cid, pag. 129. a fait cette observation fur ce vers : A pouffer des soupirs pour ce que je dédaigne. DE'DAIGNE dit trop pour fa passion ; car en éfet, elle l’estimoit. Elle vouloir dire , pour ce que je de- vrois dédaigner. Le dédain est un extrême mépris. DEDAIGNEUSEMENT, adv. f Fastidiosè. ] Avec mépris. (Regarder dédaigneusement.) DEDAIGNEUX, dédaigneuse, adj. \_FaJiidiosw.~\ Méprisent. ( 11 est un peu dédaigneux. C’est une humeur dédaigneuse. Jetter un regard dédaigneux. Scar, .... Les précieuses Font destin tout les dédaigneuses. La Font. ) DE'DAIN , f m. [ Fastidium. J Sorte de mépris. (Avoir un grand dédain pour tous les coquins. ) DEDALE , f m. ( Dedalus. J C’est le finonime de labirinthe , à cause que Dédale en fut l’inventeur. On le dit aussi figurément d’un grand embarras. On y voit tous les jours P innocence aux abois , Errer dans les détours d’un Dédale de loix. Defpr. ) r DEDANS , adv. f Intus , intra , intrò. ] Ce mot etant adverbe ne régit rien. ( II est dédans. II est entré dédans. Tantôt il est dédans, & tantôt dehors.) DED 569 f On dit d’un homme qui est incertain du bon ou du mauvais fuccez d’une afaire , qu’il n’est ni dedans ni dehors. Au dedans , adv. [ Intus. J (Le mal est au dedans. Patru, 1. plaid. ) pE'DANS , [ Intro , per. ] Ce mot est quelquefois préposition , mais il ne l’est que lors qu’il est précédé d’une autre préposition. Vaug. rem. ( II passa par dedans la ville.) Ce mot de par dedans se prend adverbialement aussi , quand il n’est suivi d’aucun mot qu’il régisse. ( Garnir par dedans. ) DE'DANS. On dit en termes de Marine, mettre les voiles dédans , {complicare vêla, ( c’est les ferler, les plier & serrer pour naviger à sec. ( Quand on voit Forage , il faut mettre les voiles dedans. ) DEDANS , f. m. [ Pars interior. ] Partie intérieure. Le dedans d’une chose , le dedans de la cuisse , le dedans d’une maison. ) DEDANS , f. m. Terme de Jeu de paume. Galerie découverte au bout du jeu de paume. ( Mettre dans le dedans ) En terme de Manège, on dit , il a deux dedans. ( annulm hic ablatus est , ) c’est-à-dire, il a enlevé deux fois la bague. Mettre un cheval dedans, f Equum instruere. ] C’est le dresser , & le mettre bien dans la main & dans les talons. (§ DEDANS. Terme de Manège, On dit : talon du dedans, talon du dehors s jambe du dedans , jambe du dehors ; rêne du dedans, rêne du dehors. On se sert de ces expressions , selon que le cheval manie à droit, ou à gauche , fur les voltes , ou selon qu’il travaille le long d’une muraille , d’une haie , ou de quelque autre chose de semblable ; ainsi on s’en sert pour distinguer de quelle main , ou de quel côté il faut donner les aides au cheval qui manie ; car le long d’une muraille , la jambe du dehors sera celle qui est du côté de la muraille , & l’autre jambe sera celle de dedans ; & fur les voltes, si le cheval manie à droit , le talon droit fera le talon du dedans, la jambe droite fera auffi la jambe du dedans , & par conséquent la jambe & le talon gauches feront pris pour le talon & pour la jambe de dehors. Tout le contraire arrivera , si le cheval manie à gauche. Aujourd’hui les Maîtres d’A- cademie ; pour se mieux faire entendre , usent des termes droit & gauche s & disent : Aidez le cheval du talon droit, de la rêne droite , de la jambe droite , selon la situation des talons & des rênes au respect de la volte. DiBion. des Arts de l’homme d! épée. Mettre un oiseau dedans, [ Accipitri volatilem pra- dam agitandani dare. ] C’est en terme de Fauconnerie , l’apliquer actuellement à la chasse. DEDICACE, f.s. [ AZdis sacra , dedicatìo , tem- pli consecratïo. J Terme d’Eglise. Consécration de quelque Eglise qui se fait par FEvêque. La fantification de quelque Eglise. La Fête du jour que l’Eglise a été consacrée. Templi confierati anniversarius dies. (Faire la dédicace d’une Eglise. Célébrer la dédicace d’une Eglise. ) DE'DICACE. [Dedicatio.'] Epître dédicatoire. Epître préliminaire. Epître qu’on met à la tête d’un livre qu’on adresse à la personne à qui on dédie le livre. ( Votre Majesté n’a que faire de toutes nos dédicaces. Mol. épître dédicatoire de la critique de Vécole des femmes. . Tu verras les Auteurs , Dégrader les Héros pour te mettre en leurs places , De ces titres pompeux enfler leurs dédicaces : Defpr. ) jftf DEDICACE. La consécration & la dédicacé des autels , des temples & des églises font auffi anciennes que la Religion. Dès que les hommes connurent qu’il y avoir necessairement une puissance supérieure à toutes les puissances humaines , qui gouvernoit les cieux & la terre , ils éléverent des autels pour lui faire des sacrifices ; ils bâtirent des temples pour lui ofrir les prémices de leurs fruits & leurs vœux ; & afin de rendre ces autels & ces temples plus respectables & plus dignes de la présence du Dieu qu’ils adoroient , ils les confacroient pour les séparer des choses profanes , & il les dédioient à leurs divinité? en général, ou en particulier , chacun selon son génie , & selon l’idée qu’il s’étoit formée. Noé, Tom. L C c co au 5 J o DED au sortir de l’Arche , dressa un autel au Seigneur, Sc prenant de tous les animaux & de tous les oiseaux purs , il en ofrit un holocauste fur cet autel, comme il est marqué dans la Genese , chap. 8- Dieu aïant apmru à Abraham, il lui promit de donner à fa postérité la terre qu’il habitoit : Abraham dreíla auffi-tôt un autel dans le même lieu au Seigneur, pour lui marquer fa reconnoissance. Genes. chap. 12. Mais les enfans de ces deux Patriarches oublièrent , dans la fuite , la Religion de leurs pores, & tomberont dans l’idolatrie. DÎeu justement irrité de leur crime , commanda à Jacob de fe retirer promptement à Bethel, & d’y dresser un autel au Dieu qui lui e'toit aparu. ( II l’exécuta, „ après avoir ordonné à ses enfans , à _ ses domesti- „ ques d’abatre les Dieux étrangers qui étoient au „ milieu d’eux. ” Mais Salomon voulant placer l’Arche d’Alliance dans un lieu qui convint à fa dignité Sc à fa sainteté, bâtit un temple où il emploia des trésors immenses , pour en orner la construction, & il en fit la dédicace d’une maniéré qui répondit à la magnificence du temple : il choisit le jour que l’on célébroit la fête des Tabernacles, afin que surdon de ces deux so- lemnitez les rendit plus éclatantes. Depuis , ce grand édifice fut presque ruiné par les guerres dont les Hébreux éprouvèrent plusieurs fois la rigueur : mais Judas Machabée , aïant délivré le peuple Hébreu de la captivité où il languit pendant long-tems hors de fa patrie , fut à Jérusalem , où il rétablit le temple , & îe dédia de nouveau, “ au bruit des cantiques ( dit l’E- „ criture, liv. 1. des Macbabées , chap. 4.) des har- ,, pes, des lyres, & des timbales. Tout le Peuple „ fe prosterna le visage contre terre, ils adorèrent ,, Dieu , & poussèrent jufqu’au Ciel les bénédictions „ qu’ils donnoient à celui qui les avoit fait réussir si ,, heureusement dans leur entreprise. Us célébrèrent la „ dédicace de l’Autel pendant huit jours ; ils ofrirent ,, des holocaustes avec joie, & un sacrifice d’actions ,, de grâces & de louanges”. Les Païens, dont la Religion consistoit plutôt dans un culte extérieur que dans les fentimens du cœur, imitèrent les Hébreux ; ils consacrèrent des autels & des temples à leurs Dieux , & ne furent pas moins empressez qu’eux à rendre leurs dédicaces pompeuses & magnifiques, & particulièrement les Lacédémoniens , qui fe difoient sortis des enfans d’Abraham. On ne peut pas avoir lû l’flistoire de la Gréce, & ignorer la grandeur de plusieurs temples qui ont été fameux, non seulement par leur beauté & par leurs ornemens, mais encore par les oracles que l’on y rendoit : tels furent les ternies d’Ephefe & d’Olimpie, celui-ci aïant donné à upiter le titre d’O/impien. Mais les Romains poussèrent plus loin leur superstition, & ils ne fe contentèrent pas d’élever des autels & des temples ; ils consacrèrent & ils dédièrent à leurs idoles des hommes , des animaux, & des choses même inanimées. Prudence nous à laissé une ample description , dans son himne ro. fur le martire de S. Romain , des cérémonies que l’on obfervoit dans l’inauguration (qu’il apelle consécration ) des Souverains Pontifes & des Prêtres. Et Tite-Live, lih. 24. nous aprend qu’il y avoit à Rome un temple dédié à Junon, dans l’enceinte duquel il y avoit un bois où les animaux consacrez à cette Déesse , paissoient pendant le jour , fans être gardez ; & lors que la nuit s’aprochoit, chaque espèce fe réùnif- íbit Sc se retirait dans leur gîte ordinaire , fans qu’on eût ja'mais osé leur faire le moindre mal. Suetone a remarqué que Jules César, avant que de passer le Rubi- con, consacra plusieurs chevaux , qu’il laissa errer dans la campagne. Et quant à la dédicace des temples , elle se faifoit solemnellement, par la permission du Peuple , ou des Empereurs , en qui résidait l’autorité populaire. Nous avons une preuve bien au- tentique de cette particularité dans la seconde lettre du quatrième livre ; que Cicéron a écrite à Atticus , où il dit, que fa maison n’a point été dédiée par le commandement du Peuple, & que par conséquent, elle n’a Çoint été consacrée , ni mise hors de commerce. En éfet, elle fut rétablie après avoir été rapellé de son exil. On pouroit raporter plusieurs dédicaces d’au- tels & de temples dont l’Histoire Romaine a fait mention : mais je me contenterai , de renvoyer les lecteurs au quatrième livre des Histoires de Tacite, où il décrit la dédicace du Capitale, par l’Empereur Vespaíìen. Les temples des Païens aïant été abatus, DED & les idoles renversées par l’Empereur Constantin, ses Chrétiens qui n’ofoientpas paraître , & qui étoient répandus dans les bois & dans les lieux les plus obscurs pour remplir leur culte , fe rassemblèrent dans les villes & dans les bourgs , où ils bâtirent des Eglises , dont on fit la consécration & la dédicace avec toute la pompe convenable à une action si religieuse & si sainte. Eusèbe , liv. 10. ch. 3. nous aprend que les Evêques s’assembloient à ces fortes de fêtes & qu’on y voioit un concours de peuple qui acouroit de toutes parts. Les Conciles, comme celui de Londres , tenu en 1257. en firent une obligation indispensable ; & ce dernier particulièrement déclara que si l’Eglife n’étoit pas dédiée dans l’éfpace de deux ans elle serait interdite pour toujours. On volt encore dans l’Histoire Ecclésiastique, que l’on fit un crime à S. Athanasc, d’avoirprié dans une Eglise non dédiée, & qu’il eut de la peine à se justifier. On y volt encore des descriptions magnifiques de diférentes dédicaces, còmme de celle de l’Eglise de Tyr, dont S. Paulin a fait une ample description, & dans la vie de l’Empereur Constantin , Eufébe a pris foin de marquer ce qui se passa à la célébré dédicace de l’Eglise de Jérusalem , que cet Empereur avoit fait bâtir , comme aussi à celle de l’Eglise d’Antiocbe, que ce même Empereur avoit fait construire. Les dédicaces ne furent pas moins fréquentes , ni moins éclatantes dans l’Eglise Gallicane , que dans l’Eglise Gré- que. Le P. Mabillon a pris soin d’établir cette proposition dans son traité de la Liturgie Gallicane, liv. 1. ch. 8- ». 5. où il raporte le témoignage de Grégoire de Tours dans son livre de la gloire des Confesseurs. DE’DICATOIRE , adj. f Nuncupatoria epijìola. ] II n’est en usage que quand l’on dit, Une épître dédi- catoire. Volez Dédicace. DE'DIER , v. a. [ Dedicare , consecmre. ] Con- sacrer à quelque Saint ou à quelque Sainte, (Dédier une Eglise à un Saint. ) DE'DIER , v. a. s Nuncupare. J Ce mot, en parlant de livres, signifie adresser un livre à une personne. (Dédier un livre à quelcun. Ce rieft que maroquin perdu , Que les livres que ton dédie. Scarr. ) t DE’DIER, v. a. [ Deflinare. ] Destiner à quelque chose. ( 11 dédie cette maison de campagne à son divertissement. ) Se dedier à l’étude. s Sefe addìcere. ] Se destiner entièrement à l’étude. DE'DIRE , v. a. [ Discedere à patlione. ] Désavouer ce qu’un autre à fait. Je dédis , tu dédis, il dédit , nous dédisons , vous dédisez , & selon quelques* uns , vous dédites. ( Mol. tart. aH. l-sc. 4. Puisque je l’ai promis, ne m’en dédites pas. Mol. Ils se dédisent. Je dédisais. J’ai dédit. Je dédis. Dédisant. II est permis à un homme de dédire fa femme. ) Se dédire , v. n. p. f Revocare quod ditium es. J Se rétracter. ( II n’est pas d’un honnête homme de sc dédire. ) f Se dédire. j[ Recantare dicta. J Se démentir. Si relâcher. ( Se dedire de scs anciennes maximes. AU. Luc. tom. 1. ) * On dit ’d’un homme trop engagé dans une a faire pour ne pas la pousser à bout, qu’il ne peut s’en dédire. II est allé trop avant, il ne murait plus s’en dédire. DE DIT , s m. f Dìïlormn revocatìo. ] Sorte de rétractation. ( Avoir son dit & son dédit. Le dédit elt de vingt pistoles. ) DEDOMMAGEMENT , s C Damni repa- ratio , compensatìo. J Réparation de dommage. DEDOMMAGER , v. a. [ Darnnum resarcire , co»>- pensare. ) Réparer le dommage. ( L’orgueil se dédommagé toujours, & ne perd rien lors même qu >1 renonce à la vanité. Mr. de la Rochesoucaut. ) DEDORER , v. a. [ Aurum illitum detergere. J Oter la dorure. ( Déclarer un carosse. ) Se dédorer , v. n. Perdre la dorure. ( Les choies dont on sc sert, se dédorent dans peu de tems. ) DEDORMÍR > »- ». ÍTemperart frigtu «?«*•] DEF Qui ne se dit que de l’eau qui est trop froide. ( Vous dites que cette eau est bouillante , à peine est-elle dedormie. ) DE'DOUBLER , v. a. r Ajsutum intérim vejli pannum eximere. J Oter la doublure. ( Dédoubler un manteau. Dédoubler une jupe. ) DEDUCTION , s.s. f z DeduHio. ] , Rabat de somme. ( On a fait une déduction considérable. ) DEDUCTION , / f. [ Deceffio. f} Narration. Récit. (Ilfaudroit faire une longue déduction.) DE'DUIRE , v. a. f Deducere , detrabere. ] Rabatre d’une somme. (Déduire fur le principal. ) DE'DUIRE. Z Deducere. ] Tirer. (Véritez fort di- férentes des principes dont elles font déduites. Rob. íbis. ) DE'DUIRE , raconter. [Enarrare , exponere. ] (Si je voulois entreprendre de déduire ce qui s’est passé en Gréce, il faudroit interrompre le fil des afaires de l’Asie. Vaug. Quint l. On tira Lineestes de prison, & on lui ordonna de déduire ses défenses. Vaug. Quint. Curce, l. 7. ch. 1. Dom Bertrand gagnerait près de certains efirits , Les raisons en feraient trop longues ^.déduire. La Font. ) f DE'DUIT , f. m. Z Obleclatìo , obleilamentum, ] Passe-tems. Plaisir. ( Prendre le déduit avec fa nouvelle épouse. Près leur déduit & leur ébatement, rien n’eût paru à la Cour. Sar. Pois. Cette femme n’est bonne que pour l’amoureux déduit. ) On apelle aussi déduit de vénerie , de fauconnerie tout le train & équipage qui sert à prendre le déduit de la chasse , les veneurs, les chiens, les oiseaux , les valets. DE'ESSE , s f. ZDea , diva. J Nom de divinité fabuleuse qui ne se donne qu’aux femmes. (Venus étoit la Déesse de la beauté. Et dans leurs majestez ces Déesses illustres , Semblent à nos coteaux donner de nouveaux Ittstres. Epître d’Ovide. ) * DE'ESSE. Maîtresse belle & charmante. ( C’est la Déesse des beautez. Belle Déesse que j’adore , ne pleurez plus. Voit pois. ) t DE'FACHER. Se défacber , v. r. [ Iram sedare , placare. ] II n’est en usage que dans ce proverbe. S’ii se fâche , il aura deux peines, de fe fâcher & de fe détacher. Cela fe dit de ceux dont on méprisé la colère. Mais cette faqon de parler est fort basse. DE'FAILLANCE , s.s. c DefeHio. ] Foiblesse qui prend aux gens , à cause de quelque mal, de quelque défaut de vivres , &c. ( II lui prit une défaillance. Vaug. Quint. I. 4. c. 6. Je ne les veux pas renvoïer fans avoir mangé , de peur qu’ils ne tombent en défaillance fur les chemins. Port-Royal, Nouveau Tefla- ment. S. Matthieu , c. r;. ) je ne fqais si ceux qui traitent Mr. de Brebeuf de Poète Gascon , désaprouvent l’ufage du mot défaillance , dont il s’est servi dans fa Pharfale, pour exprimer la résistance du Soleil dans la prévoïance de la sanglante bataille dont il doit être le témoin. Mais il me semble qu’il est bien placé. Le Soleil étonné long-tems au sein de Ronde , Resse aux loix du sort , se refuse au monde ; II n’acorde qu’à peine à des desseins pervers Le tribut de clarté qu’il doit à l’Univers , Après avoir en vain tenté fa défaillance , II fait fur Ronde calme agir son influence, Et formant de vapeurs un voile officieux, II travaille à cacher la Pharfale à ses yeux. DE'FAILLANCE, C Dijfolutio. ] Terme de Chimie. ( Huile de tartre par défaillance. ) DETAILLANT , défaillante , adj. [ Desertor cause, j Terme de Pratique. Qui fait défaut en Justice. Qui ne comparoît pas fur les assignations données. (Tous les défaillans ont été condamnez aux dépens. ) DE FAILLIR , v. n. [ Deficere. J Verbe neutre & défectueux , qui n’est usité qu’en certains tems,, & fur tout à l’infinitif. II signifie manquer , & fe peut conjuguer ainsi, je défaus , tu défam , il défaut , nous dé- f aidons , &c. Rien ne lui défaut , Que d’avoir le sang trop chaud. Voit. Po'es. ) DEF 571 Se sentir défaillir les forces, l’esprit & la vûë, Voit. Pois. Ils vouloient rebrousser chemin avant que le Ciel & la lumière vinssent encore à leur défaillir, Vaug. 1. 5. c. 7. ) DE FAIRE, v. a. [ Solvere. J Délier, ( Le bruit couroit par tout, que celui qui pouroit défaire ce nœud auroit l’Empire de l’Asie. Abl. Art. I. 2. c. Aïant fait plusieurs éforts pour défaire les nœuds, il les coupa. Vaug. Quint. /. ;. c. 1. ) DE'FAIRE. [ DefeHum reddere. J Rompre ce qui étoit fait, ce qui étoit conclu & arrêté. (Défaire un mariage. ) DE'FAIRE. C Expedire , solvere. J Débarasser. Délivrer quelcun de ce qui l’embarasse. (Ne voulez- vous pas me défaire de votre Marquis incommode ? Mol. critique. ) DE'FAIRE. C Sternere , profternere , profligare , fun- dere. ] Mettre en déroute. Tailler en pièces, (Défaire une armée. D’un mot je vous pourois défaire. Voit. Poef. ) DE'FAIRE. C Evertere, diruere , desruere. ] Détruire une chose faite , la déranger, la démonter , la mettre enpiéce. (Défaire une montre , un lit. ) On dit, en ce sens, qu’on défait un criminel, qu’un homme fe défait, parce qu’en éfet, ií est détruit. (Afor- temJtbi vel alteri consciscere ) DE'FAIRE. C Superare. J Signifie aussi éfacer par un plus grand éclat, (Les femmes n’aiment pas à voir celles qui les défont. Furet. ) Se défaire , v. r. [ Vendere, permutare. J II est toujours suivi de la particule de. Ce mot entre marchands, signifie vendre sa marchandise , s’en débarasser. ( II s’est défait de toute la marchandise qu’il avoir. ) Se défaire, f Ponere , deponere. ] Se débarasser de ce qui nuit, éloigner de foi, chasser d'auprès de foi, ( Se défaire d’un domestique. Veux-tu te défaire d’un homme , prête-lui trois Louis, & tu ne le verras plus. Gomb. ép, l. 2. Plein de dépit de colère , Soudain je ni en devois défaire. Voit. Poef. ) Se défaire de son ambition. Abl. Se défaire d’une charge. ZMunus abdicare .] La quitter. Se défaire. [ Perdere, interficere. J Tuer , perdre entièrement. ( Darius , pour fe défaire d’Alexandre, sollicita même la fidélité des domestiques d'Alexandre. Vaug. Quint. liv. ;.) Se défaire. [ Turbarí , supefieri. ] II n’a point de régime quand il signifie , s’étonner, fe troubler. ( Lui, fans fe défaire , répondit. Abl. apoph. DE FAIT , défaite , adj. f Profligatus, prosratuí. J Taillé en pièces. Batu. (Les ennemis font défaits. L’ar- niée est défaite. ) * DE'FAIT, défaite, adj. [j Pallidus , macilentm , exunguis. J Ce mot fe dit des personnes , & est prés. que toujours acompagné du mot pale. II signifie qui a perdu fa couleur , qui a beaucoup de pâleur, qui a le visage d’une personne qui ne se porte pas bien. ( II demeure toûjours courbé fur un livre, toujours pâle & défait , au lieu qu’il avoit auparavant le teint frais & vermeil. Abl. Luc. tome 2. double chicane. Elle est triste & défaite. Voit. poef. ) {f Mr. Defpreaux, fat. 1. Mais le jour qu’il partit , plus défait plus blême Que n’est un pénitent fur la fin du Carême. II me semble que le terme défait n’est pas du beau siile. DE FAITE, f. f. Z^lades ,strages .] Déroute de troupes. Armée batuë. ( Après la défaite des troupes, il se retira. Abl. ) DE FAITE , J. fi Z Venditio. J Ce mot, entre marchands , fe dit de la marchandise dont on aura un prompt débit, & dont on se défera facilement. ( Ce cheval est d’une belle défaite. ) f * DE'FAITE. Ce mot, au figuré, est bas & burlesque. ( C’est une fille d’une belle défaite , c’est un garqon'd’une belle défaite. ) f * DE FAITE. [ Excusatio , tergiversatio , déclina ,. tio. J Excuse, prétexte. C’est une défaite que cela. Abl. Petit partisan de malheur , & grand partisan de défaite. Gomb. ép. I. 2. ) DE'FALQUER. ZÁliquid desummà deducere. ] II vient del’Efpagnol defalcar. Déduire. Ce mot se dit Tm. I. G e c e % quel- 572 DEF quelquefois entre marchands, mais on se croit un peu vieux. C’est soustraire une partie de quelque quantité ou de quelque poids. ( II faut défalquer dix livres de ce poids. ) DE’FAVEUR, s- f- íPffenfio, offensfí.'] Ce mot se trouve dans Voiture & dans quelques auteurs modernes , mais il est vieux & hors d’ufage , au moins d’ha- biles gens le croient ainsi ; en fa place , on dit disgrâce. DE'FAUT , J'- »i. [Vitium.] Manquement. Vice. Foiblesse. ( 11s n’ont commis aucun péché par le défaut de charité & de pénitence. Pafc. 1 . 3 .11 n’y a personne sans défaut. 11 a des défauts qui me causeront mille maux. Voit. focs Le sage a honte de ses défauts , mais il n’a pas honte de s’en corriger. II n’y a rien de plus ridicule que de trouver à dire aux défauts des autres, & d’avoir les mêmes défauts. Confucius, morale, p. y;. Couvrir les défauts d’un ami. Abl. apoph. Quand on a des défauts dont on ne se peut défaire , il ne faut songer qu’à les cacher. Confucius. Pliiez un ennemi qui fait votre défaut. Corn. Polieucte, act. i. sc. 1. En blâmant les défauts, Abé, garde-toi bien Hetre trop philosophe , où je te veux chrétien. Villiers. ) íf Cicéron nous donne cette belle leçon à Lézard de nos défauts : Souvenons-nous, (dit il,) qu’ilnefaut pas tant songer aux qualitez que nous n’avons pas, qu’à nous défaire de nos défauts. Plusieurs personnes prononcent défaut avec Yé ouvert. Mr. Costar acusa Mr. Girac d’avoir écrit défaut , & le traita de provincial. Celui-ci rejetta la faute sur son Imprimeur. DE'FAUT. s Errorcanum in vejìigationesera. [Terme de Chasse. C’est la perte que le chien a fait des voies de la bête qu’on chasse. ( Demeurer en défaut. Sal.) On le peut dire d’un homme en même sens , comme a fait Monsieur de la Bruyère. Les fautes des sots, dit-il , font quelquefois si lourdes & si dificiles à prévoir , qu’elles mettent les sages en défaut, & ne font utiles qu’à ceux qui les font. La Bruyère. DE'FAUT , [ Vadimonium defertum , non obitum. J Terme de Pratique. C’est lorsque celui qui est ajourné ne comparoit point, ne se défend point & ne produit point. ( Juger un défaut. Patru , plaid. 6 . Faire un défaut. Condanner par défaut. Le Maìt. C’est un défaut pur & simple. ) DE'FAUT , f m. [ Commijfura , extréma partes lo- rica. ( Ce mot, parlant de cuirasse & d’autres armes qui couvrent le corps, veut dire , le bas de l’armure & l’endroitoù elle vient à manquer de couvrir le corps. ( 11 rapelia ses esprits & ratant son ennemi au défaut des armes il lui plongea le poignard dans le flanc. Vaug. Quint. Curce , /. 9. eh. 3. ) f * On apelle aussi le défaut de la cuirasse, l’endroit foible d’un homme. Vous en viendrez à bout, si vous le prenez par le défaut de la cuirasse. f DE'FAUT de s côtes. C’est l’endroit où se terminent les côtes. Au défaut, adv. [ Alteriw loco. ] Au lieu de. En place de. ( Au défaut de la force, il faut emploïer la ruse. ) t * Chacun a sa bésace ou il met ses défauts derrière le dos, & ceux d’autrui par devant. C'est une maniéré de proverbe. [ Aliéna vitia ìn oculh habemus , àtergo nofira nobissunt. ] DE'FECTIF , adj. [ [Deféélivus .] Terme de Grammaire. ( Verbe défectif ; c’est-à-dire, qui n’a pas tous ses tems. ) DE FECTION ,/! /. II vient du Latin defeííìo , & signifie révolte , rébellion ; mais il n’est pas encore généralement reçu, ni même entendu. Cependant il méri- toit assez de l’être. ( II fut fur le point de perdre les Provinces obéissantes, par la défection de la haute Noblesse. Voïez l’éducation des Princes. ) H L’Académie admet le mot défeffion, en parlant des troupes, lorsqu’elles se mutinent, & qu’elles abandonnent le service. DE'FECTUEUX, défectueuse , adj. [ Vitiosus, ] Qui a des défauts. ( Chose défectueuse. Acte défectueux. ) DE'FECTUEUX, défeffueufe. [ Defeclivus. ] Terme de Grammaire. Qui n’a pas ses tems. ( Verbe défectueux. ) Voïez Oéfefíif. DE'FECTUOSITE', f. f. [ Vitium. J Défaut. Manquement qui sc rencontre en quelque chose. On alé- DEF guoit la défectuosité de sa naissance. Fléchier , préface fur la vie de Commendon. ) J DEFENDERESSE ,ff [ Rea. ] Terme de Palais. Celle qui le détend en Justice , des demandes qu’on lui fait. ( La défenderesse a été condamnée à païen ) DETENDEUR , f m. [ Reus. ] Terme de Palais. Celui qui se defend en Justice, des demandes qu’on lui fait. ( Etre pour le défendeur. DE'FENDRE , v. a. [ Tueri , defendere , prohibere. 1 Je defens. J’ai défendu. Je défendis. Garder, conserver , empêcher de prendre, d’entrer, ou de faire tort' Protéger contre quelque puissance. ( Elle se veut donner au premier qui la voudra défendre de la domination d’Espagne. Voit. I. 46. Défendre une place con- tre une puissante armée. Abl. Défendre Feutrée du port aux ennemis. Abl. art. I. 1. ) * DE'FENDRE. [ Patrocinari. ] Protéger, soutenir» favoriser de son apui, de son crédit, ou par le ministère de la parole. ( Défendre les intérêts d’une personne ; défendre une cause. ) DE'FENDRE. _ [ Interdicere , vetare , prohibere. ] Empêcher , faire défense de faire ou de porter une chose sur peine de punition. Défendre ie duel. Dieu a défendu de blasphémer. On a défendu les passemens d’or& d’argent. Louis XIII. & Louis XIV. ont défendu les duels. Philippe de Valois défendit aux Orfèvres dg faire aucune vaisselle d’argent que pour les Eglises, Choisi. ) On fit Fan 1370. une Ordonnance qui défendoitaux Eclésiastiques & aux Moines de recevoir, par donation ni par testament, aucun bien des Dames , ni des Vieil- lards. Fra-Paolo , des Bénéfices. Henri IV. voulant réprimer le luxe des femmes d’une médiocre condition, défendit à tous ses sujets de porter de For & de Fargent fur leurs habits , excepté aux femmes de joie & aux filoux : & quoi-qu’il y eût un mois de terme pour l’éxécution de cet arrêt, dès le lendemain on ne vit plus ni or ni argent fur les habits. Se défendre , v. r. \Sefe contra aliquem vindicare sorti dextra. ] Repousser la force par la force. Empêcher qu’on ne nous fasse insulte. ( Leur nombre étoit assez grand pour se défendre d’une surprise Patru ,plaid. 1.) ff Le droit naturel & le droit des gens permettent de défendre fa personne par ses mêmes voies qu’elle est ataquée : mais les loix qui autorisent cette défense , veulent en même tems qu’elle réponde àl’insulte; & c’est ce que les Docteurs apellent inculpata tu- tela. Rien n’est plus juste , & rien aussi n’est plus dificile, que de régler son ressentiment dans la chaleur de Faction. La raison n’est point écoutée, & l’on n’est guéres en état dans Fagitation de la querelle, de se souvenir des réglés que les Docteurs nous prescrivent , pour rendre sa défense légitime : ils disent premièrement , qu’il faut sc défendre dans le même instant où l’on a été ofenfé ou maltraité : un inter- vale en feroit deux actions diférentes, & l’on ne pouroit plus alléguer la violence & l’impétuosité de la passion, puisque le sang a eu le tems de se refroidir. En second lieu , la défense , disent-ils , doit répondre àl’injure, afin qu’on puisse en faire une juste compensation : enfin, on doit se défendre de la même maniéré que l’on a été insulté ; ensorte que cette mesure n’est pas gardée , quand , par exemple, pour repousser de simples injures, on se sert d’un bâton ou d’une épée. 11 y a quelque chose de particulier à cet égard dans l’article 12. desJugemensd’Oleron, où il est dit, ,, que iì le Maître frape aucuns de ses compagnons, ,, ledit compagnon doit atendre le premier coup, „ comme de poing ou de paume : mais si le maître ,, frape plus d’un coup, le compagnon peut se de- „ fendre : & si le compagnon frape le premier, il doit ,, païer cent sous d’amende, ou perdre le poing. ” * Se défendre. Ce mot se dit, en parlant de marchandise qu’on achète, & signifie contester sor le prix. Se débatre du prix. (Se défendre du prix. ) * Se défendre. [ Culpam à fe amoliri. ] S’excuser. (Elle se défend bien de cela. Mol. Elle se defend du nom, mais non pas de la chose. Mol. ) * Se défendre. [ Se temperare à re aliquà. ] Pouvoir s’empêcher de , &c. ( Elle a tant d’elprit qu’on ne peut fe défendre de Faimer. II est rare qu’un homms ne sc laisse corrompre de fa bonne fortune. ) DE FENDU , ue , part. paff. adj. [ Vetituí , probibt- ^ íw.J DEF tus. ] II y a toujours dans l’arae des plus "grands hommes , quelque endroit mal défendu. Vill. L’amour n’est plus amour , dès que la chose est du'é , On s’emprejje bien plus pour une défendue. S. Evrem. ) f On dit prov. & fig. Bien attaqué , bien défendu , pour dire, que l’avantage a été égal de part & d’autre. DETENS- Termes des Eaux & Forets , qui fe dit des bois dont on a défendu la coupe, & dont l’entrée est défendue aux bestiaux. (Ce bois est défens.) /y Désensable, c’est-à-dire, en général, un lieu qui peut être défendu contre les irruptions des ennemis. Nous lisons dans l’histoire de Ber-trand du Guef- clin, que ce grand homme montrant un jour au Comte d’Auxerre, un pont que les Anglois avoient fortifié, il lui dit, que ,, c’étoit grand chose d’un pont dé- „ fensable , assis fur telle riviere ; car qui auroit la „ tour & la ville , si n’auvoit-il pas le pont. ” {f Dans les Coutumes où les pâturages font communs , comme dans celles de Poitou & de Berri, le terme désensable est fort connu ; il signifie un champ dans lequel on ne peut point envoler paître le bétail d’une certaine qualité , & dans la saison où le pâturage cesse d’étre commun. Loisel a donné plusieurs régies fur cette matière dans ses Institutes Coutumières. DE'FENSE -, s f C Defensto. J Action de la personne qui lé met en état de se défendre. Garde. Conservation. ( Se mettre en défense. Songer à la défense de son bien. ) $ DE'FENSE, signifie aussi résistance. ( Ce Gouverneur a fait une belle défense. Cette place est de défense , & peut soutenir un long siège. ) La défense d’une place n’est belle & glorieuse , qu’autant qu’elle répond au merveilleux de l’ataque. Polybe de Folard. La sience préside en tout à la guerre, & particulierment dans la défense des places, Ibid. DE'FENSE. [ ProteHio. ] Protection. Action de celui qui fait voir la justice d’une chose , la bonté d’une chose. Apologie. Justification. ( Entreprendre la défense d’une personnne. Pasc. I. i. Entreprendre la défense d’une cause , d’une afaire , &c. Costar a fait la défense des Oeuvres de Voiture, & Ogierdes Oeuvres de Balzac. ) DE'FENSE. [ Defensto. ] Terme de Palais. Réponse par laquelle on se défend de la demande. ( Fournir de défenses. Donner ses défenses. Patru , plaid. 6.) DE'FENSE , f f. [_ InterdiBum. ] Prohibition pu- plique ou particulière. ( On a fait défenses de par le Roi , d’avoir commerce avec la Holande. ) DE'FENSE. C Munitiones , propugnacula. ] Ouvrage de Fortification. ( On avoit abatu avec les béliers les principales défenses. Vaug. Quint. I. 4. c. 4. Rétablir les défenses d’une place. Abl. ) DE'FENSE. f Admonitio. ] Terme de Couvreur. Late en forme de croix, qu’on pend avec une corde aux toits des maisons qu’on recouvre , afin d’avertir les passans qu’ils se donnent de garde qu’il ne leur tombe quelque chose sur la tête. ( Mettre la défense. Retirer la défense. ) DE'FENSE. [ Defensto. ] Terme de Mer. On apel- le de ce nom tout ce dont on se sert pour empêcher le choc d’un autre vaisseau. DEFENSES. [ Apri dentes falcarii. ] Ce mot en parlant de sanglier, ce font les grandes dents d’enbas d’un sanglier. Sal. DE'FENSES. [ Exerti dentes. ] Ce mot fe dit, en parlant de l’éléfant & du cheval marin & signifie les grandes & les grosses dents de ces animaux. ( L’ivoi- re fe fait des os, & des défenses de l’éléfant. Abl. Mar. 1. 1. Les dents & les défenses du cheval marin font fort grandes, & guérissent des hémoroïdes. Abl. Mar. tome 1. /. 1. c. r;. ) DE'FENSEUR, f m. [ Definsor , propugnator. ] Celui qui soutient, qui défend , qui protège , qui favorise le parti de quelcun. ( Heureux celui qui a le Dieu de Jacob pour son défenseur. Port Rayai. O mon Pere , que l’Eglise est heureuse de vous avoir pour défenseur. Pasc. I. 6. ) £js Parmi le grand nombre de Dieux que le Paganisme a inventez , l’on en trouve plusieurs fous le titre de Défenseurs ou de Dieux Tutelaires des personnes & des villes ; & c’est avec raison que saint Augustin dans fa Cité de Dieu, liv. 1. chap j. se moque des DEF 573 Romains qui avoient pris pour leurs Dieux Tutelaires ceux qu’Enée avoit aportez , & qui n’avoient pas pû défendre Troye contre les éforts des Grecs ; & ce qui lui paroît plus extraordinaire , c’est que l’on afectoit dans son tems de faire lire aux enfans l’Eneïde de Virgile , où l’on lit , que Junon s’adressant à Eole , Roi des vents , lui dit : une Nation qui m’est ennemie , navigefur la mer de Toscane , portant Troyes en Italie avec Jes Pénates vaincus. Sur quoi S. Augustin se récrie : des hommes sages devoient-ils prendre pour pro«- testeurs de la Ville de Rome , des Dieux vaincus ? Et pouvoient-ils en esperer une protection assurée ? DE'FENSÍF, défensive , adj. Qui défend. ( Ligue offensive & défensive. DE'FENSIVE , f f. [j Ad < defendendum , ad tegen- dum arrata arma. J Etat où l’on se met pour se défendre. ( Se mettre sur la défensive. Etre sur la défensive. Se tenir sur la défensive. ) ê La guerre défensive est la plus difficile , & celle qui demande le plus d’habileté dans un Général. Un grand Capitaine à la tête d’une petite armée rend inutiles tous les desseins de l’ennemi, & trouve mille ocasions de tourner la défensive en offensive. Polybe de Folard. , DETE'QUE', E'E. [ Expurgatus. J L’esprit de vin bien déféqué «'évapore facilement. ( DE'FE'QJJER, v. a. (j Purgare , expurgare. J Oter les fèces , ou impuretez du corps. C’est un terme de Chimie, Acad. Fr. DEFERENCE , f f. c Reverentìa , obfirvantia , objequium. ] Respect qu’on a pour une personne, & qui fait qu’on lui acorde, & qu’on acquiesce à tout ce que cette personne désire. ( Avoir de la déférence our les personnes de mérite & de qualité. Ablancourt. révenez-vous les uns & les autres par des témoignages d’honneur & de déférence. Port-Royal , Nouveau Testament. ) f La déférence qu’un Général d’armée est obligé d’avoir pour les volontez du Prince , ne doit pas lui lier les mains, &l’empêcher de faire un bon coup qui paroit infaillible & décisif. Une obéissance trop scrupuleuse qui fait perdre un bon moment, est un respect fort mal entendu. Polybe de M. de Folard. DE'FERENT , te, adj. [ C omis , urbanus , facilis , commodus. ] Civil, respectueux , qui cède aux avis , aux volontez d’autrui. ) DE'FERENT, st m. [ Circulus deferens. J Terme d’A- stronomie. C’est un cercle qu’on a suposé pour expliquer le périgée & l’apogé des astres, & fur lequel on dit que la planette se meut. f DE'FERENT, adj. Terme $ Anatomie. On apel- levaijjeaux deferens, ceux qui portent la semence dans les testicules. DE'FE'RER , V. n. [ Colere obfervare. J Céder par respect à quelcun , obéir, condécendre , donner, aquiécer. Ils dévoient déférer aux anciennes Loix de l’Eglise. Pasc. I. 6. Déférer aux avis de quelcun. Le Comte de Bustì. Le serment lui fut déféré. Patru plaid, 15. On ne vouloir pas déférer à son apel. Maucroix , schisme , /. 1. ) H DE'FE'RER , v. a. [ Decernere. J Donner, décerner. On ne s’en sert guere qu’en parlant des honneurs, des dignitez, dont une miltittide dispose en faveur d’un particulier. On lui déféra la couronne, on déféra les honneurs divins à la plupart des Empereurs Romains. Les Cardinaux ne déférent pas toujours le Pontificat au sujet qui en est le plus digne. DE'FE'RER. C Nomen alicujm ad judices deferre. J Acuser quelcun d’un crime, le dénoncer. On l’a déféré, & on l’a envoyé prendre aussi-tôt. II étoit arrêté prisonnier , parce que deux témoins l’avoient déféré. Vaug. Quint. Cur. I. 1. ch. 1. ) DETERRER , ®. a. [ Vêla explicare. ] Terme de Marine. C’est étendre & déploïer les voiles pour s’en servir. Académie Franç. DE'FERMER, ®. a. [ Solvere , expedire , extra - here. ] Mettre hors ou en liberté ce qui étoit fermé. ( Déformer un chien, qu’on avoit enfermé. ) DETERRER , V. a. [ Ferramenta detrahere, equo solem eximere. Terme de Maréchal. Oter les fers des pies des chevaux, des mulets, & autres animaux C c c c j qu’on 574 DEF qu’on ferre. ( Déferrer un cheval, un mulet, un âne, &c. 11 signifie généralement ôter le fer qui est attache à une autre chose qui en est garnie. 11 faut deferrer cette porte & en prendre les fers pour les faire servir ailleurs. ) * DE'FERRER. [ Aliquem mutum reddere. J Troubler , mettre une personne hors d’état de répondre. ( 11 fe fit une huée qui déferra le témoin. Abl. apopb. ) ê On dit prov. déferrer quelqu’un des quatre piez , C’est-à-dire, le déconcerter entierement. Se déferrer, v. n. p. On le dit des fers d’un cheval, & de la ferrure d’un lacet. Le cheval fe déferre souvent. Ce lacet s’est déferré. * Se déferrer, signifie auífi fe déconcerter, demeurer interdit. II ne peut soutenir la taillerie , il se déferre aisément. (g DEFFAIS. Toutes les Ordonnances défendent dépêcher dans les dejfais , c’est-à-dire, dans les pêcheries des Seigneurs particuliers. La Coutume d’Án- jou, art. 171. porte: En opplegement desaisine brisée , fur le refus du pleìge , d’avoir chajfé dans la garenne , oupescbéen l’estang , ou deffaix de son Seigneur & dans l’article 192. Si le subjet pesche les ejìangs deffaix de son Seigneur , & prendjes cognils de jour en ses garennes, tl fait amende arbitraire. Mingon prétend qu’il faut lire deffaux s & du Pineau, peut-être avec plus de raison , qu’il doit y avoir deffens, parce que , dit-il , ce font certains lieux, & espaces dans les rivières , renfermez, U clos pour retenir , & conserver le poisson , désensables contre tous. DE'FI , f m. f Provocatio , sebeda provocatoria. ] Apel qu’on faitàquelcun pour venir combatre. ( Faire un défi. Accepter un défi. Abl. ) (g II faut demander justice , avant que de nous la procurer par les armes. Dieu défendit aux Israélites d’alfiéger une ville, s’ils n’avoient auparavant ofert la paix , & en cas de refus, il leur permet de l’affié- ger, Sc de passer les mâles au fil de l’épée après savoir prise. La guerre a ses loix, que l’on ne doit pas violer , si l’on veut éviter le titre d’ufurpateur. Cicéron nousaprend, dans ses Ofices, liv._ 1. chap. 11. que les Romains avoient des usages particuliers fur le fait de la guerre , dont certains Officiers que l’on apelloit Feciales , étoient les dépositaires & les exécuteurs. On ne faifoit jamais la guerre fans les consulter ; & après qu’ils l’avoient aprouvée, on en choisissoit deux, qui aloient fur la frontière dénoncer hautement la rupture de la paix , & la guerre , en jetant un javelot ou une flèche fur la terre des ennemis. Les histoires Greques & Romaines nous fournissent plusieurs exemples des dénonciations autentiques de guerres ; & nos histoires raportent de même plusieurs défis que l’on faifoit autrefois dans les guerres publiques ou privées, & dans les duels particuliers , pendant qu’ils ont été permis ou tolérer. Et cette pratique de défier son ennemi avant que de l’attaquer à force ouverte, a passé dans toutes les Nations qui ont connu les loix de la bienséance & de l’honneur. Nous lisons dans Froissart, tom. 1. cb. 34. qu’Edoiiard , Roi d’Angleterre, aïant été fait Vicaire de l’Empire, avec un pouvoir très-am- ple , Et fut là, (dit l’Historien) renouvelle un jugement N statut, affermé qui avoit été fait au tems paffé , à la Cour de F Empereur , qui étoit tel, que qui vouloìt autrui grever ou porter dommage , il le devoit défier trois jours devant son fait : qui autrement le fai- soit, il devoit estre ateint de mauvais vilain fait. Voïez fur cette matière, Grotius , du droit de la guerre fj de la Paix Pufendorf, ff le Tbeâtre d’honneur de la Colombiers. DE'FIANCE, f f [ pijfidentia. ] Sorte de crainte qu’on a , & qui oblige à fe défier d’une personne , ou d’une chose qui peut nuire. ( Sans témoigner aucune défiance d’une personne qui l’aimoit , il prit le breuvage. Abl. Arr. I. z. c. 3. J’aime mieux mourir par la méchanceté d’autrui , que par ma défiance. Vaug. Qumt. I. 3. c. 6 . II lui leva toute sorte de défiances par ses caresses. Abl. Tac. ann. c. r. Se tenir fur la défiance. Maucroix, bom. 13. II fe faut garantir de tous les hommes par une défiance générale. S. Evrem. La défiance est nécessaire, II est bon de prévoir un fâcheux accident, On ne doit point ici marcher en téméraire. Cadmus, a. 3.) î On dit prov. que la défiance efi mere de sûreté i c’est- à-dire, qu’il ne faut pas fe confier trop legerement. DEF í DE'FIANCE, signifie aussi doute , crainte. 11 a fait paroître une juste défiance de ses propres forces. _ DE FI ANT , défiante , adj. C Susiciojus, sufhicax.~] Qui le defie. (Le loup est un animal défiant. Este est fort défiante. Les ignorans font les plus défians. ) DE FIER , v. a. I Provocare. ] Faire un apel. Faire un défi. Provoquer. ( Défier quelcun au combat. Abl. Luc. t. 3. Marsiasofa défier Apollon à qui jouëroit le mieux de la flûte. Bens. rond. Je m’en vai défier les vents au milieu de l’Ocean. Voit. I. 42.) Se défier, v. r. [Diffidere alicui , susicari.~\ Avoir de la défiance. ( Us commencent à fe défier du contraire. Pasc. I. 1. Je me défie un peu trop de vos promesses. Pasc. I. 7. ) f On dit aussi , fe défier de ses forces, fe défier de son courage, fe défier de son cœur , de son esprit, de fa capacité. DE'FICIT. Terme de Pratique, qui fe meta côté des articles d’un inventaire, où l’on fait mention d’une piéce produite qui ne s’y trouve pas effecti- vement. DE'FIGURER . V. «. [ Turpare , deturpare, /e- dare. J Oter les traits qui font l’aire de quelque figure. Efacer, détruire ce qui forme l’aire d’une figure. Gâter la figure , & la forme de quelque chose que ce soit. ( Défigurer quelque chose, défigurer le visage. * Défigurer les mots. Mol. crit. * 11 défigure de telle forte les Auteurs, qu’ils ne font pas reconnoissables. Bail. avis à Ménagé. DE'FILE' , f m. [ Angustia , fngusta via. ] Terme de Guerre .Petit chemin par où l’on défile. (Défendre un défilé. Abl. Ils donnèrent furie bagage en passant, à cause qu’il y avoit un long défilé. Abl. ret. I. 4. c. 3. On doit prendre garde dans les défilez, que les files soient toujours en nombre pair. ) (f DE'FILE'. C’est un chemin si ferré , que des troupes qui font en marche , ne peuvent passer qu’en faisant un petit front ; ce qui donne moïen à l’enne- mi de les arrêter facilement, & de les charger avec d’autant plus d’avantage que celles de la tête & de la queue ne fe peuvent réciproquement secourir. Les habiles Généraux qui font réduits à lever un siège, assurent ordinairement leur retraite, en oposant un défilé à l’ennemi. DE'FILER , v. a. f Per angustiorem viam iter ha. bere, incedere. ] Terme de Guerre. Alerà la file. tFaire défiler les troupes par compagnie. Abl. ret. I. 4. c. 1. ) (g C’est encore , selon le sieur Guillet, dans son Dictionnaire de l’homme d’épée, quitter le terrein fur lequel on faifoit un grand front, & s’en éloigner en marchant par files: après qu’un bataillon a été formé, il défile en plusieurs faqons , tantôt par les quatre ailes de la droite ou de la gauche, & tantôt par une file de chaque aile; quelquefois par manches, pardemi-man- ches, ou par quarts de manche. Votez manche. Voïez aussi le Code Militaire, liv. 3. tit. 3. où la maniéré de défiler est amplement expliquée. DE'FILER. [ Detrabere. ] Terme de Chandelier Oter la chandele des broches. ( Défiler la chandéle. ) DE'FILER , v. a. [ Filum detrabere. ] Ternie de Patenotrier. Oter les grains de chapelet du petit ruban , de la petite nompareille , ou de quelqu’autre chose semblable qui les tient enfilez. (Défiler un cha. pelet. ) f On dit fig. & dans le stile familier, que le chapelet s’est défilé , lorsque des personnes liées d’aniitie ou d’interêt, viennent à fe séparer ou à se brouiller ensemble. Se défiler, v. n. f Dissolvs. ] II fe dit des étofes ; mais on dit mieux s’éfiler. Voïez éfiler. DÊ'FINER , v. n. [ Ad finern vergere. ] Apro- cher de la fin. ( Ce vieillard défine tous les jours. ) Les gens polis ne fe fervent jamais de ce mot. DE'FINI , définie , adj. ■ [ Definìtití. J Ce dont la nature est nettement expliquée. ( Une chose bien ou mal définie. ] ^ On apelle •prétérit défini , en termes de Grammaire , le prétérit composé de l’indicatif d’un verbe, comme j’ai dit, j’ai fait. DE'FINI, f. m. [ Definitum .2 Chose définie. (Substituer la définition à la place du défini. Pasc.f 4 - DEFINIR . v. a. [ Desinire, explicare. ] ( Expliquer clairement la nature d’une chose. ( On définit lame une substance qui pense. Si l’on vouloir définir T. L- on DEF diroit que c’est un animal qui boit & mange, fourbe les dames quand il peut , & fait toujours de médians vers & de méchante prose, où le bon sens trébuche à chaque page. ) , de'FINIR. [ Decernere , Jìatuere. ] Déterminer , ordonner. ( On n’a encore rien défini fur cette que- lìion. ) , . * C’efi ùn homme qu’on nesaúroit définir ; c’est-a-di- re , qu’on nS peut comprendre. DE'FINITEUR , s- m. l Définitor. 2 Terme de certains Religieux. Qui veut dire, Conseiller du Général ou du Provincial. DE'FINITEUR général. [ Définitor generalis. J C’est celui qui donne avis au Général, & qui avec les autres Définiteurs généraux , gouverne, régie & décide les afaires de l’Ordre. DE'FINITEUR Provincial. [ Définitor provincialts. ] C’eltle Conseiller du Provincial. DE'FINITLF, définitive , adj. \fDecretorius.2 Terme de Palais. Qui détermine, qui régie, & qui décide ail fond & tout-à-fait. (Arrêt définitif. Sentence définitive.) ^ En définitive , adv. Signifie en ternie de Palais , par jugement définitif j’ai gagné mon afaire en définitive. DE FINITION , f f. C Desinitio. ] Terme de Philosophie. Discours qui explique nettement la nature d’une chose. (La définition doit être claire & courte.) DÈ'FÍNITION, s. f. [ Decretzan. 1 Détermination : decilìon d’une autorité fuperieure. (Définition de l’Eglife ou d’un Concile. ) DE'FINITION, [Coacilium.2 Terme de Capucin. Lieu où s’assetnblent les Définiteurs pour les afaires de l’Ordre. DEFINITIVEMENT, adv. Definitè. Terme de Psl- lais. Tout-à-fait, & au fond. (Juger définitivement. ) DE'FINITOÍRE, fi m. [ Definìtorìum , concìlium, ] Terme d’ Augustin. Lieu ou s’a’ssemblent les neuf principaux Officiers d’un Chapitre général ou provincial. L’assemblée de ces neuf Religieux. ( On a réglé cela au définitoire. Cela dépend du définitoire. ) DE’FLEURIRv. »• C Deftorescere. ] II (e dit des arbres , & signifie perdre sa fleur. ( Les grands vents font bien défleurir les arbres» Les arbres font tous défieuris. ) i. DE'FLEURlR , est aussi actif , & signifie faire < tomber la fleur. ( La gelée & le vent ont defleuri tous nos arbres. £ DE'FLEURIR , fe dit aussi de certains fruits , îorfqu’en les touchant on en ôte la fleur. (Si vous touchez ces prunes, vous les défleurirez. ) t DE’FLORER , V. a. [ Dcvirginare. ] Dépuceler. Vieux mot <, aussi-bien que défloration , (Flork amìjfiò) & qui n’ontleur usage que dans le stile grave. £ L’Académie remarque qu’on ne se sert de déflorer & de défloration que dans les informations & les procédures de Justice. On disoit autrefois défloraison. II est dit dalisle blason des fausses amours 1 Après parlon Comment Amoti Tbamar força , Moult l’ojfiensa , Quand la chassa , V ameutant sa défloraison, DETLUXION, s.s. L F/s**®.] Mot hors d’u- fage, dites fluxion. DE'FONCEMENT -, s- tn. IFundi exemptió. ] Faction de défoncer. (Il s’eft fait un grand défonce- ment de tonneaux. ) DE’FONCER, v. a. [ Dolio fimdum eximere , àetra- here. ] Terme de Tonnelier. Oter le fond d’un muid, d’une feùillete ou de quelqu’autre vaisseau à fond de bois. ( Défoncer une cuve, un muid, une tinette, &c. DE'FONCER. [ Terere, proterere ] Terme de Cor- 'Yoïeur , Fouler aux piés un cuir de vache. Otet lés Fosses d’un cuir de vache. (Défoncer une vache. ) Se défoncer , v. a. Ce mot fe dit des futailles & dés lits dont le fond fe défait. ( Que son lit fe défonce, il dort fur la dure. Reg. fat. 14 . ) DE'FORMITE', s. fil Deformiteu. ] On le dit seulement dans le dogmatique ; des choses de morale , pour signifier ce qui est opposé aux réglés. La dé* fprraité d’une action. Accul. Fr, DEF 575 , íf DE'FORS- Vieux mot qui signifie dehors. On lit dans Villehardouin : Les deux batailles desJìx garderaient l’ofi par defors. Et ailleurs : Quand ils furent defors là porte ssiot , celui , gfct, Les paifans du Lyon» nois disent encore defotír pour déhors ; terme qui vient du latin for fort connu aux Ecoliers, & que l’on trouve dans les meilleurs Auteurs. Plante a dit ambulare foras, Lucrèce : Ejefta forets anima. Horace : Ire foras. DE’FOUETTER , v. a. [ Funiculum dìjfiohere. ] Terme d z Relieur. Prononcez défoité. C’est ôter la ficelle qui a servi à fouetter le Livre, c’est-à-dire, à le bien serrer pour en marquer proprement les nerfs. ( II faut defoiietter tous ces Livres. f DETOURNER , V. m Terme de Billard. C’est Faire passer là bille dans la passe , parl’endroit opposé à celui de la sonnette , lors qu’elle étoit passée auparavant par l’autre. Je me fuis détourné» DE'FRAI , fi m. [ Suppeditatio aliéna impenses. J Paiement de la dépense d’une maison, d’un équipage. DETRAIER, V, a. \_Rumptus Juppeditare, fiubmini » jirare. J Païer les frais. Païer les dépens que d’autres font. ( Défraies uste personne. ) * DE'FRAïER. [ Presbere rìdendi àcajtonettt , feflivi delecíare. ] Défraïer une compagnie de bons mots- Mol. crit. ) (§ Le Chevalier d’Acilly : Objets de mafiatire , aprenez aujourtPhuî Que j’ay forgé des noms , pour épargner le vôtre , Et que tel a pensé rire aux dépens i’autruy Qui fans le reconnoìtre , a défrayé les autres. Mr. Ménage , dans ses Observations , part. 2 . dérive ’le mot défrazer de defredare ., qui a été fait d efredum, mot Teutoníque qui fe trouve dans Grégoire de Tours & dans les loix des Lombards , pour l’amende en laquelle étoient Condamnez ceux qui violoient la paix, & .qui excitoient quelque révolté. DE'FRICHER , V. a. [ Agrum ìncultum colere , ruàej'olum ardre ., ] Oter toutes les mauvaises herbes, & toutes les choses qui nuisent à la terre , & qui empêchent qu’elle ne produise comme il faut. ( Défricher un champ. ) 'Ost défriche Un fonds qui n’a point été cultivé , & qui est tombé en friche. Mais dans l’Ordonnance des Eaux & Forefts, le défrichement est un déli t considérable. Volez tit. 3 . art. i§. * DE'FRICHER. I Explicare enucleare.2 Eclaircit. Débrouiller. Défricher une afaire. ) DE'FRICHElJR, fi. m. I Arator incultes terres. J Celui qui défriche une terre. ( Les défricheurs, s’ils ne font païez d’ailleurs, doivent avoir la propriété des terres pour récompense de leur travail. ) DE'FRÍSER, v. a. I CriJpatós capillos decutere -, •perturbare. j Oter la frisure. ( Défriser une perruque.) DE'FRISER, signifie aussi ôter lés cheveux de dessous les papillotes pour les peigner. On dit aussi dans le même sens défriser une perruque. DE'FRONCER, v. a. I Rugas explicare. ] Défaire les plis qui froncent quelque chose, ou quelque chose de toile. (Défroncer les poignets d’une chemise , défroncer un haut de-chauffe. ) DETROQUE , f. f. c Monachì votis obligatì hœ- YediUi. J lise dit, au propre, de la dépouille d’un Moine. ( La défroque d’un Moine apartient à l’Abé.) 11 fe dit des Chevaliers. L’Ordre de Malte profite de la défroqué des Chevaliers, f * U se dit en, riant des autres personnes, & signifie toute la dépouille d’une erfonne. ( Une bonne défroque. II a eu toute la éfroque de Mr. N. La défroque du riche & pauvre Poète Chapelain ne valoit pas mieux que celle du pauvre Caffandre. ) {§ Oh fe sert rarement de ce mot. Dépouille est plus en usage. DE'FROQUER , v. a, [ Religiofium amtBum detrahere, eripere , religiofio amiHu exuere , Jpoliare. J Etre cause qu’un Moine quite le froc & abandonne le Couvent. Oter le froc» (On a tant fait qn’on l’a défroqué. C’eJÌ un Moine défroqué j c’est-à-dire, que c’est un garqon qui a quite l’habit de Religieux. De Moines Défroquez nos villes font pavées, Eí de tous ms Couvens les barrières levées. Poète anonime. ) f ' DE» 576 DEG f * DE'fROQUER. [ Spolìare , exstoliare.'] Prendre à une personne ce qu’elle a, ou une partie de ce qu elle a. ( Le pauvre diable, on l’a vilainement défroque.) Se défroquer , v. r. [ Religìoso babituse exuere. ] Ou,- ter le froc. ( 11 y en a qui se défroquent par le libertinage. ) DE'FRUCTU" ' s »*• C Bellarìa. J Terme tiré d u Latin , qui signifie la dépense que fait celui qui prête sa table. í DEFRUTUM , s- nu Terme de Pharmacie. Ce mot latin signifie ce qu’on apelle aussi vin cuit. SE DE'FULER , v. a. [ Caput aperìre. ] Terme bas & populaire ; pour dire, ôter son chapeau & sc découvrir pour saluer quelcun. Danet. DE'FUNER, »• a ‘ [Funes nauticos solveres Terme de Marine. Oter le funin , les cordages , & les manœuvres des mâts & des vaisseaux. DEFUNT, défunte , adj. [ Desunflus. ] Ce mot est plus d u Palais que du beau langage , & il signifie , mort & décédé. DE' GAGE’, dégagée , adj. [ Pervim. ] Terme d’Architecture. (On dit un apartementbien dégagé. Ces chambres sont tout-à-fait bien dégagées. _ * On dit aussi d’un homme de belle taille, qu’il a le corps bien dégagés. ^ * On dit d’un homme qui a des airs trop libres & trop familiers qu’il a des airs dégagez. * On dit aussi d’un homme, qu’il est dégagé de préjugez, loríqu’il n’a égard que pour ce qui est conforme à la droite raison , & qu’il ne sc conduit pas par les préjugez de l’éducation. DEGAGEMENT , f m. [ Occulm transtus. ] Petit réduit dégagé & détaché de tout. Faire un petit dégagement. ) * DE'GAGEMENT, f m. [ LìberUu animi. ] Détachement. ( Etre dans un entier dégagement de toutes choses. ) * DE’GAGEMENT, f m. [ Expcditaagendi ratio. ] Terme de Maître d’armes. 11 consiste à dégager & dé- baraiser son épée d’avec celle de son ennemi , & à savoir toujours libre pour le percer. ( Commencer ses dégagemens. Liane. Maître d armet. ) DEGAGER , V. a. [ Redìmere , liherare , repigne- rare. ] Retirer une choie qui étoit en gage. ( Dégager des meubles. ) * DE'GAGER la parole de quelcun. ( Fidem lïbe- rare. ] Abl. f * DE'GAGER sa parole , C’est retirer une parole qu’on n’avoit donnée que fous des conditions dont l’a- co m plissement n’a pas dépendu de celui qui l’avoit donnée. (Vous avez manqué à votre promesse, je dégage ma parole.) í * DE'GAGER sa parole, Signifie aussi tenir fa parole , satisfaire à fa parole. (Je vous ai promis ce que vous m’avez demandé, je viens dégager ma parole. ) 'f * DE'GAGER la tête , la poitrine , C’est rendre la tête plus libre , débarasser la poitrine. Ceremedea dégagé fa tête, a dégagé fa poitrine. * DE'GAGER , [ Expedire , liherare. [ Débarasser , délivrer , détacher. ( Pour vous servir , j’ai pû me dégager d’un autre amour. Voìt Po'ês. Dégager les cœurs des intérêts du monde. Pasc. I. ç. Fans une peine f cruelle , Le plus sûrseroit de changer ; Mais tant qu’on vous verra Jì belle , Le moien de se dégager ? La Sabl. DE'GAGER, v. a. [ Idem. J Terme de Maître à’armes. C’est débarasser son épée d’avec celle de son ennemi, & savoir toujours libre pour le piquer. ( Dégager la pointe de sépée. Dégager son épée. Liancourt , Maître d’armes. ) * DE'GAGER , v. a. s Expedire , liherare. J II signifie aussi , retirer d’un lieu périlleux & dificile. ( Cette compagnie étoit engagée bien avant parmi les ennemis, on en a envoie une autre pour la dégager. ) * Fe dégager ,».«.[ Se expedire. J Se retirer d’un endroit périlleux & dificille. Ce cheval avoit mis le pié dans un trou, ou dans une ornière, il a eu de la peine à sc dégager. ) t DE'GAGER, sc dit aussi d’un habit qui fait bien paroître la taille d’une personne. Cet habit dégage la taille. ) DEG * DE'GAGER. f Aides pervi.it faccre. ] Terme d’Ar cbiteHure. C’est disposer les apartemens, & lescham' bres d’un bâtiment de telle forte qo’clles ne soient point sujettes les unes aux autres. On ié sert ordinairement de galeries , de corridors & d’escalicrs dérobez p 0U t dégager les chambres & les apartemens. ) DE'GAINE. [ Ineptè, inconcinnè'} Vieux mot, feu. sentent en usage dans ce proverbe : II. s’y prend 'dune belle dégaine , pour dire, de mauvaise grâce, d’un<> vilaine maniéré. DE GAINER, v. a. [ Ensem diflringere. ] Ce mot au propre, lignifie tirer un couteau de la gaine , oú une epée du foureau. II se prend ensuite, pour dire tirer sépée, mais il est un peu burlesque , & quand on parle sérieusement, on dit, tirer l’épée, & non pas dégainer. ( II n’elt pas homme à dégainer. ) DE'GAINER. [ Pecuniam erogare. ] Au figuré se dit de ceux qui n’aiment point à tirer de sargent de leur bourse. ( Cet homme est dur à la desserre il n’aime point à dégainer. ) í DEGANTER , v. a. [ Chirotecas ponere. ] Oter les gants. Se déganter , v. r. f Eximere. J Oter ses gants, mais il ne se dit guére. (Les femmes qui ont les mains belles , & qui les veulent faire paroître, se dégantent souvent, ou tirent souvent leurs gants. ) DEGARNIR , a. [ Nudare soliare. ] Oter tout ce qui garnit. Dégarnir une maison , une chambre- c’est-à-dire , en ôter les meubles. Dégarnir un habit! ( S’ils s’engagent à défendre le défilé, ils seront obligez à dégarnir leurs quartiers. Relut , des eamp. de Ru. croi. Dégarnir une place de soldats. ) H Se dégarnir , se dit pour sc vêtir , sc couvrir plus légèrement qu’auparavant. Le teins est encore froid, il est dangereux de se trop dégarnir. DE'GASCONER, q. _ [Bedocere aliquemvaf conum loquendi morcm, J Défaire quelcun de ses façons de parler gascones. ( Dégafconer la Cour. ) DE GAT, f. m. [Populatio , depopulatio, Vajìatio.} Ravage, désordre que font les troupes, ravage que font des soldats en un païs ennemi. (Faire le dégât dans un pais. Vaug. Quint. I. ;. La guerre en quatre jours au pié de vos murailles Feroitplus de dégât que chiquante ans de taille. Bonis. Esope) DE'GâT, f m. [ Pernicies, clades , labes, sumptm. ] Ce mot sc dit aussi d’autres choses, & signifie ravage , ruine , dissipation , consomption. On a fait un grand dégât de vivres , de bois, &c. Les bêtes sauvages ont faitun grand dégât dans les blez.) Voïez Dommage. DE'GAUCHIR , v. a. f Aquare, exœquare, com- planare. J Terme d’Artisan. C’est dresser le parement d’une pierre , aplanir une piéce de bois ou de métal, & ôter ce qu’il y a de trop en quelque chose , pour l’unir & la rendre droite , faire qu’elle ne soit plus gauche. ( Dégauchir une pierre, un bois. ) DE'GEL, f m. Glaciei , ac nivis Jolutio. ] Relâchement de froid , qui fait que le teins se radoucit, refond la gelée , & détrempe la terre en fondant la neige & la glace. ( Le tems est au dégel, le dégel fera grossir les rivières. DE'GELER , v. n. [ Glaciem ac nivemsolvere , rege- lare. ] Ce mot 1e dit du tems qui est radouci, & qui résout la gelée. ( 11 dégéle tout-à-fait, faire dégeler de seau. ) Se dégeler , v. n. s Solvi , regelari. J II se dit de la glace qui se refond par la chaleur. (La glace de ces fossez sc dégéle de jour en jour. ) f * On dit , au figuré , qu’une personne dégéle, lors-que cette personne commence à parler ou à agir, après avoir été dans le silence , ou fans rien faire. DE'GELER. Ce mot , au figuré, sc prend en un sens libre, & est actif. ( * Dégeler son membre morfondu. Saint Amant.) DEGENERER , v. n. [ Dcgenerare, defletíere. ] Ne valoir pas ce que valoient ceux de qui nous détendons. Se relâcher de leur vertu, n’étre pas aussi honnête ou aussi brave qu’ils étoient, ne sc gouverner pas comme ceux de qui on est né. Dégénérer de la pieté de ses ancêtres. Patru plaid. iç. Voiture, tu dégénérés , tu ne bois du vin , ni n’en vends. On le dit aussi des fleurs & des plantes. Ces tulipes ont dégénéré. , , * DE'GE'- DEG * DE'GE’NE'RËR, v. n. II se dit aussi figurément des choses qui sc changent de bien en mal, ou de mal en pis- ( L a puissance despotique dégénéré souvent en tirannie ; ia fièvre dégénéré en paraliíie ; íe fille pompeux dégénéré quelquefois en galimatias. ) DEGINGANDEL adj. [ Inconc'mnm. ] Terme burlesque , pour signifier une grande personne malpropre & chifonnée. DEGLUER > v. a. [ Vïsco expedire. ] Oter la glu. Détacher & débarasser une chose qui étoit engluée. (Dégluer de petites branches; dégluer un oiseau prisa des branches engluées. On dit des oiseaux qui s’en dé- harassent eux-niêmes, qu’ils se sont déglueZ. ) DEGLUER , v. a. II se dit aussi des paupières qui font comme colées par la chassie. Dégluer les paupières. ) f DEGLUTITION, s f ISorbitio. ] Terme de Médecine. Actìon par laquelle on avale les alimens. f DEGQBILLER, v. a. [ Vomere. ] Mot bas , qui signifie dégueuler. ( Dégobiller son soupé. ) ^ On dit aussi dans le tìile bas, dégobillk ; C’est-à- dire , le vin & les viandes dégobillées. (Cela sent le dégobíllis. ) t DEGOISER, V. a. t Modu/ari. ] Ce mot se dit proprement dés oiseaux, mais il ne se dit guere au propre , & même il ne se dit qu’en riant, & en parlant familièrement, En sa place , on dit, chanter. t * DE'GOISER. [ Canere. ] Ce mot , dans le burlesque, signifie chanter. ( Lambert en cet endroit dégoise. Benserade » pois. ) f * DE'GOISER- [ Garrire. ] Babiller. ( Peste ! Madame la nourice , comme vous déguisez. Mol. ) ch DE'GOISER, se dit aussi d’un prisonnier, dont on tiré des veritez qu’il avoit intérêt de cacher. (Ce criminel a fort déguisé. Si on ì’aplique à la question ost le fera bien déguiser. DEGORGEMENT ,s m. [ Effusio. ] Terme de Plombier. C’est l’aétion de nétéïer & ôter les ordures de quelque chose qui regorge. Un dégorgement de fssiau. ) DEGORGEMENT. [ Effusio bilts. ] Les Médecins se servent de ce mot, en parlant de bile, & il signifie épanchement par les conduits, ( Un grand dégorgement de bise. ) * DEGORGEMENT , f ni. C Osiium , effusio. ] Il se dit des rivières & des étangs. Voïez Dégorger. DEGORGER» v. a. T Expurgare , purgare. ] Terme de Plombier. C’est n’étéïer , oter bordure d’un ttiïau qui est si plein qu’il regorge. (Dégorger un tuïau.) DEGORGER. [Evomere.) Terme de Marchand de poison . C’est mettre du poisson d’étang dans de l’eau de rivière pour lui faire perdre le goût de bourbe qu’il a contracté dans des lieux marécageux, ( Poisson dégorgé dans la Seine. ) Se dégorger , v. r. [ Efsunderese , exonérarese.) II se dit des eaux qui s’épanchent, & des rivières qui se déchargent dans d’autres rivières, ou dans la mer. Le Danube se dégorge dans la mer noire. On dira plus souvent des rivières, qu’elles sc déchargent. Voïez Se décharger. II se dit par les Médecins, des humeurs qui s’épanchent dans le corps. ( La bile se dégorge. Evácuare.) jfjT On dit: vôtre cheval a les jambes gorgées, il le Faut promener pouf les dégorger. DE GORGER. C Purgare. ] Terme de Teinturier-. C’est laver dans une eau claire & courante, les laines, les foies & les étofes qu’on a fait cuire pour les dégraisser. DEGORGEOIR ,si #*• Petit fer d’environ huit pouces de long, qui sert à ôter famorce du canon, ou à sonder la lumière. DEGOURDIR,®-* UTorporénidisicutere .] Oter Pengourdissement. (Dégourdir ses mains. Dégourdit ses píés. ) , Se dégourdir , v. r. Se defaire de son engourdissement. (Mes mains commencent un peu à sc dégourdir, ) ., ± DEGOURDIR, v. n. Faire dégourdir de 1 eau , c’est l’a faire un peu chaufer , pour lui ôter fa grandè froideur. -j- * Se dégourdir. C CaUtiorem cállidioremque evá- iere. ] S’éveiller. Commencer à n’étre plus si lourd, DEG 577 si grossier, ni si mal-habìle. Commencer á se faire à quelque chose. ( II Commence un peu à se dégourdir. ) DEGOURDIR , v. a. [ Vorare , absorberez *] Man* ger goulûment. (11 a eu bien-tôt dégourdi son poulet. Danet. ) DEGOURDISSEMENT , s. m. |[ Torporh dtfcusìo. j Cessation d’engourdissement. ( Cela est cause du dé» gourdissement de la partie. ) DE GOÛT , s. m. f Faftìdîum » cibi satieini , abàlie » natio. 2 Ce mot sc dit de i’averfion qu’on a pour les viandes mal-propres, & pour toutes les choses quín’onfc rien du tout d’agréable. (Viande qui donne du dégoût. ) * Témoigner du dégoût pour uné personne, Racine » Iphig. A quoi bon ce dégoût Zf ce zélé inutile » Est-ce donc pour jeûner quatre-tems ou vigile ? Defpr. Lutrin. ) * DÉGOÛT. [ Tadium, satiétés. J Déplaisir, ( Ost peut avoir divers sujets de dégoût dans la vie» mais on n’a jamais raison de mépriser la mort, Mr. de hn Rochefoucaut. Concevoir du dégoût pour la vie. Mau » croix » homélie 14.) ^ Ón dit, donnes des dégoûts à qtielcun. Essuies d’étranges dégoûts. ( On donne souvent des dégoûts à la Cour, à ceux qui méritent les plus grandes récompenses. ) DE'GÓûT , f nu [ Stillicidìum. j Eau qui tombé d’enhaut. DEGOUTANT» dégoûtante , adj . [Fasiidiosw .2 Qui fait soulever le cœur. Qui donne du dégoût. ( Viande fort dégoûtante. * DE'GOûTANT , dégoûtante. [Fafiîdium movemlX Ce mot se dit des choses & des personnes. (Un homme fort dégoûtant. Une femme fort dégoûtante. II a des manières fort dégoûtantes. ) (§ On peut ajoûter après le P. Bouhours dans la fuite de ses remarques fur la langue Françoise , la di- férence qu’il y a entre fasidieux , & dégoûtant. », Ost 5 , apelle aujourd’hui fasidieux un homme défagréa- „ ble » qui a méchant air, qui veut faire le plaisant »» mal-à-propos , qui rit le premier» & qui s’aplatidit ,, de ses sotifes ; ainsi dans ce sens» fasidieux est pris ,» dans la signification active. Un homme qui donne „ du dégoût. Mais cela va à l’efprit plus qu’au Corps. „ Au contraire dégoûtant va plus au corps qu’à l’efprit, », ct l’on dit qu’un homme est dégoûtant, quand il est „ malpropre, qu’il sent mauvais, qu’il bave en par» », lant. Mf.de laBruyere s’est servi de ce mot! dans », les cataUéres de ce siécle, en parlant des Femmes far- », dées ; le blanc & le rouge les rend afreufes & dé» », goûtantes. On ne laisse pas dans !e figuré de con- », fondre presque dégoûtant avec fasidieux , comme ,, a fait l’Auteur des Réflexions Morales » & celui deá », Réflexions fur ce qui peut plaire ou déplaire dans lé », commerce du monde. II y a des gens dégoutans avec », du mérite ; & d’autres qui plaisent avec des défauts.’' DEGOUTANT , dégoûtante, adj. IStMans. ] II se dit des choses mouillées, d’où tombent quelques goûtes de liqueur. ( 11 est tout dégoûtant de sueur, II te* noit en ta main un poignard dégoûtant de sang. ) DÉ GOÛTER , v. a. [ Faftidium U J’atietatem creare , afferre. ] Ne donner nulle envie de goûter, de manger» de tâter, d’essaïer. Donner du dégoût. ( Viande qui dégoûte des gens. ) . (* C’est un homme qui dégoûte tout le monde, Etre dégoûté.) * DÉGOÛTER. C Fasiidio g? fitiétaie abulunarì ab re aliquâ. j Donner du dégoût. Rebuter. ( Ses manières aigres & choquantes me dégoûtent fort de lui. U est dégoûté du service, ) DÉGOÛTER» ». f StiUdre-, disillare.j Prononcez dégoûté. C’est tomber goûte à golïte , couler,’, sortir par goûte. ( Les toits dégoûtent. Si le sang eût dégoûté par dehors, e’eût été un mauvais augure. Vaug » Quint. I. 5. c. 2, ) DEGRADATION » f f r Hònorts de grádu à pulsià » dejeHió. ] Ce mot se dît » en parlant de Nobles » C’est dépouiller une personne noble de ìa qualité qui l’anoblit» c’est déclarer qu’elîe a perdu sa noblesse. Gest ôter à qnelcun le dé'gré qui lui donnoit quelque rang & qui l’élevoit au-dessus du commun. Quoique l’Ordré de Chevalerie ne soit plus est usage, comme ií étoit autrefois, ct que l’on né connoííse Tom. L D d d d 578 DEG plus la dégradation des Chevaliers indignes de porter ce titre- d'honneur ; on remarquera néanmoins, que l’on dégradoit les Chevaliers en deux manières différentes, plus ou moins autentíques , selon la qualité de la faute ou d u crime. Mr. de la Colombiere a remarqué dans son Théâtre d’honneur, chap $i. du second volume , que lors qu’un guerrier étoit convaincu d’avoir violé les-loix militaires & de l’honneur , on le publioit infirme, & l’écu de ses armes étoit publiquement rompu avec un marteau , après avoir été éfacé avec de l’encre , ou avec quelque autre couleur noire , & ensuite il étoit traîné à la queue d’une cavale , pour marque d’une ignominie éternelle. II ajoute , que leurs lances étoient aussi brisées en tron- qons la pointe en bas, & quelquefois elles étoient brûlées ; les éperons leur étoient arrachez avec violence , & brisez en pièces; leurs baudriers & leurs ceintures étoient détachées; & enfin I’épée , la masse d’arnres étoit cassée contre le casque , dont le cimier, le volet, le bourrelet & la cotte d’armes étoient déchirez, foulez aux pies, & dispersez par le champ où cette dégradation se faifoit, & souvent ceux qui décendoient de l’estoc du coupable, après le crime commis étoient déclarez ignobles & roturiers. Pendant que les tournois furent en usage en F rance, ceux qui s’y présentoient étoient obligez d’exposer en public leur écu chargé de leurs armoiries, pour être examinées par le Roi d’arnies, & reconnoître s’ils étoient Gentilshommes ; & quand on jugeoit qu’ils n’avoient pas cette qualité, ou s’ils ne pouvoient pas Rétablir par bonnes preuves, on les faifoit sortir du camp par dessus la barrière ; leurs écus étoient renversez & foulez aux piés, leurs chevaux confisquez, & on leur don- noit seulement une cavale ; ce qui étoit un grand déshonneur. DE GRADATION. [ Alicujm ab ordine vel beneficio âejeBio. J Terme d 'Eglise. Censure par laquelle un Ecclésiastique , à cause de quelque faute considérable, est privé pour toujours de l’exercice de son Ordre , & du Bénéfice Ecclésiastique. {$ II y a deux sortes de dégradations en usage dans les Tribunaux Ecclésiastiques : l’une est actuelle, & dopt il est parlé au chapitre Degradatio , de panis in 6 . Et l’autre verbale , laquelle est ce que l’on apelle déposition. On dégradoit autrefois un Ecclésiastique avec des solemnitez éfraïantes. J’en raporterai quelques exemples, qui feront connoître combien l’Eglisè punissoit sévèrement les coupables. L’Histoire Ecclésiastique nous aprend qu’en l’année 767. le Patriarche Constantin fut amené à Constantinople , de l’Isle du Prince où il avoit été exilé, & après avoir été déchiré de plusieurs coups de fouet, il fut porté dans l’Eglife de Sainte Sophie, où on le fit asseoir devant le Sanctuaire ; un Sécrétaire de l’Empereur étoit près de lui , tenant un cahier de papier où ses crimes étoient écrits, & dont il fit la lecture , en présence de tout le Peuple & du Patriarche Nicetas assis fur son trône , & à chaque chef d’acusation, le Sécrétaire en frapoit le visage de Constantin ; & après cette lecture , on le fit monter sur le lieu apellé Arnbon , où le Patriarche Nicetas envola des Evêques pour lui ôter le Pallium ; & après Ravoir anathématifë , on le fit sortir de l’Eglise à reculons. L’Histoire de Charles VI. publiée par Mr. le Laboureur, fait mention d’une dégradation singulière de deux Religieux Augustins, qui ne pouvant réussir dans l’entreprise qu’ils avoient faite de guérir le Roi, s’aviférent de dire , que fa maladie étoit un éfet de la magie, dont ils ácuserent le Duc d’Orleans : mais son innocence étoit trop connue, pour les croire: on leur fit leur procès , & aïant été convaincus de leur fausse acusation, ils furent renvoïez à l’Evêque pour les dégrader : ils avoient les mains liées , &on leur donna des mitres de papier, où leurs noms étoient écrits, ainsi que leurs crimes ; & dans cet état on les fit transporter fur une charette à la Crève , ou l’Evêque de Paris sc rendit avec six autres Evêques , & plusieurs Ecclésiastiques: il monta ensuite sur l’échafaut ou étoient les criminels, & un Docteur en Théologie aïant pris sii bénédiction , leur fit un discours, lequel étant fini, l’Evêque sc leva, & leur dit qu’il aloit les dépouilles du plus glorieux caractère de nôtre Religion , qu’ils avoient profane ; & en même tems deux Prêtres les aïant vêtus des habits Sacerdotaux , ils avouèrent sous leurs crimes ; . & l’Evêque, en tenant un calice DEG à la main, les fit aprocher, & les obligea de tenir aussi le Calice d’un autre côté , lequel il retira à l’i n . stant, en disant : Nous t’ôtons le Calice dans lequel tu avois acoûtumé de consacrer le Sang du Seigneur II leur fit ôter ensuite la chasuble & le Missel, & touj les habits Sacerdotaux ; & après avoir été dépouillez il leur fit ratisser les doigts qui avoient été sacrez à leur ordination ; & enfin , ils furent renvoïez aux Juges séculiers, qui leur firent subir ie dernier sc. plice. Lé Concile de Trente dans la Session 6. chap" 4. de la réformation , a aboli ces fosses de dégral dations , qui ne conviennent point à la douceur cìe REglise. Du tems de Saint Basile , la dégradation n’emportoit pas Rexcommunication ; car il remarque dans fa premiere lettre. Canonique, ch. 3. qu’un Diacre qui tombe dans le péché de fornication , doit être dégradé & réduit au rang des Laïques, fans le priver de la communion, parce que l’on ne doit point punir deux fois le même crime. Mais c’étoit ausli peut-être parce que l’ordre du Diaconat est bien moin. dre que celui du Sacerdoce, & doit par conséquent être puni moins féverement. D’ailleurs , les Théo. logiens conviennent que la dégradation n’a jamais éfacé le caractère de l’ordre, & qu’elle a feulement privé le dégradé de toutes les fonctions de son ordre. 4 DEGRADATION, signifie aussi le dégât qu’on fait dans un bois , dans une terre. 4 DEGRADATION. Terme d e Peinture, C’est ]’a. foiblissement de la lumière & des couleurs d’un tableau. Ce peintre entend bien la dégradation des couleurs. DE'GRADER, v. a. [ Dégrada dcjicere, dejwlltye. ] Oter à quelcun un titre honorable. Priver quelcun de son dégré, de fa qualité , de son caractère & de l’exercice de son Ordre. _ ( Dégrader un Gentilhomme. La Cour Ra dépouillé & dégradé. Patru. plaid. 7. Dégrader un Prêtre. God. Dégrader un soldat. Du rang de ses amis bien-tèt il vous dégrade Sans qualité , dit-ìl , tout le mérite elìfade. Vill. ) f*DE'GRADER. [Infamem reddere. J Déshonorer. ( En cent lieux il me dégrada. Voit. poéf. ch DE'GRADER , sc dit aussi quelquefois dans un sens plus doux. Ainsi on dit, c’est dégrader cet homme que de le confondre avec des gens qui ne levaient pas. C’est dégrader la vertu que de lui refuser les récompenses qu’elle mérite. ) * DE'GRADER. C Evertere , labefaBare , fiernere. ] Terme de Maçon. Abatre par le pié. (Dégrader une muraille.) * DE'GRADER un bois. [ Sylvain cadere , excidrn. J C’est l’abatre par le pié. (f On dit qu’un bâtiment est dégradé, quand faute d’y avoir fait les réparations nécessaires , il est devenu inhabitable. On dit aussi qu’un mur est dégradé lorsque son enduit, ou crépi est tombé, & que ses moilons sont fans liaison. ch DE'GRADER, enfermes de Peinture , se dit de la diminution de la lumière, ou d’une couleur vive, qui va toujours en s’adoucissant & en s’afoiblissant peu à peu. ( La lumière & les couleurs font bien dégradées dans ce tableau. DE'GRAFER , v. a. [ Zlncìno rem expedire . ] Oter les agrafes de leurs portes. ( Dégrafer une camisole. ) DE'GRAISSER , f. a. [ Adipem detrabere. ] Oter la graisse. Oter les taches de graisse qui font fur quelque habit. ( Dégraisser de la gelée. Dégraisser un habit. ) ch DE'GRAISSER, sc dit aussi du mauvais effet que les torrens & les ravines d’eau font sor les terres labourables. ( Les torrens ont dégraissé nos terres. ) DE'GRAISSER. \_Fortunm , opes imminuere. ] Au figuré, signifie ôter une partie du bien. ( Ce fermier s’est bien dégraissé. ) DE'GRAISSEUR , f f. [ Purgator. ] Détacheur. ^ Celui qui ôte les taches des habits, qui les nétéieSt leur donne le lustre qu’ils ont perdu. ( Porter un habit au dégraisseur. ) {f DE'GRA VÉNCE- Vieux mot qui signifie dommage. Dans le Roman de la Rôle : Car riches geans ont puijj'ance De faire aide U dégravance. DEGRAVOïER , v. a. [ Minutre, atterere , labefasu - re, evertere.} Dégrader, Déchausser les pilotis. &c. DE'GRA- DEG DE'GRAVOIMENT , s. m. [ Eversio , imminutìo. ] C’est l’effet de l’eau courante qui dégrade & déchausse les pilotis, &c. ijs C’est, dit Davilers, l’éfet que fait l’eau courante, qui déchausse & desacote les pilotis de leur terrein , par un bouillonnement continuel ; à quoi l’on remédie en faisant une croche autour du pilotage. DE'GRE', s- nt. s Gradin. ] Marche de montée, (Monter les dégrez, descendre les dégrez. ) DE'GRE'. [Scalœ. ] Escalier. Un dégré dérobé. * DE'GRE'. [Gradin. 3 Elévation. (Etre dans un haut dégré de sainteté. ) Ce mot se dit généralement de plusieurs choses , dont on mesure le plus ou le moins par dégrez. DE'GRE'- Cognationis gradin ] Terme de Généalogie, Proximité ou éloignement de parenté. ( 11 est descendu d’un dégré. ) Les dégrez de parenté ne vont pas au-delà du quatrième, & l’on ne peut point contracter mariage fans dispense , lors que les deux parties sont païens au quatrième dégré de la ligne collatérale ; mais on n’acorde jamais cette dispense au premier dégré ; & quant aux autres dégrez , l’usage est diffèrent en France ; car il y a des Evêques qui refusent la dispense au second dégré , & d’autres l’acordent ; mais c’est une régie générale de dispenser au troisième , & au quatrième ; & si l’une des parties est au cinquième, & l’autre au quatrième , la dispense n’est point nécessaire , parceque , selon la remarque d’Auboux , dans fa Pratique au titre des réservés , on considéré alors le dégré le plus éloigné. Quand il s’agit de compter les dégrez de parenté , la réglé est què chaque personne faisant souche , fait un dégré. DE'GRE'. [Gradin. 2 Terme de Philosophie; lequel fe dit de certaines choses qu’on divise par dégrez. ( Il est chaud au troisième degré, froid au septième dégré.) DE'GRE'. C Gradin métapbysici. ] Ce mot, en Philosophie , veut dire aussi, perfection essentielle de quelque être que ce soit. ( Dégré métaphysique.) DE'GRE'. Ce mot se dit , en termes de Palais , de divers Tribunaux de Justice , dont les uns reqoivent ï’apel des justices inférieures. (II y a divers dégrez de Jurifdiction. ) DE'GRE'. [ Gradw. J Terme à’Université. Qualité qu’on prend dans les Universitez, à cause des études qu’on y a faites. ( Prendre ses dégrez. ) 0" Les dégrez qui sont en usage dans les écoles de Théologie, de Philosophie , de Droit, & de Médecine , où l’on ne s’instruit que par le rems & par l’ac- quifition successive , sont apellez dégrez académiques, dont le premier est le dégré de Bachelier ; le second, de Licencié ; & le troisième , de Docteur , qui est celui auqtiel on aspire pour jouir de tous les honneurs & de tous les privilèges qui y sont attachez, & dont on voit souvent des personnes revêtues, quoique très- indignes de le porter. On a été long-tems fans con- noìtre ces trois sortes de dégrez : mais il est pourtant certain que dans les siécles de la plus grande ignorance , personne n’oíbit enseigner publiquement , fans une permission expresse, précedée d’un examen souvent fait par un Maître aussi ignorant que son écolier. Quelques Docteurs assurent que les dégrez académiques n’ont été inventez que depuis le régné de Char- îemagne : mais on ne peut point l’assûrer, puis qu’on trouve ie terme Baccalaureus long te ms avant Charle- magne. Monsieur du Boulay cite, dans son Histoire de l’Université de Paris, deux Auteurs qui prouvent la grande ancienneté du mot Bachelier. Le premier est Giaber Rodulphus , Moine deClugni, qui vivoit sous les Rois Robert & Henri Premier : & le second Auteur est Ordericm Vitales , qui vivoit sous Philippe Premier & Louis le Gros son fils. Le titre de Bachelier commence à distinguer séculier des autres, qui n'ont encore point aquis de distinction. En éfet, l’on entendoit par ce titre , un jeune écolier, qui pourtant en seavoit plus que les autres , & qui se faisant remarquer dans les disputes , fut apeîlé Bachelier, d u mot François bataille ou Batailler ; mais d’autres Auteurs dérivent ce terme du latin baculm ; parce que les jeunes soldats combatoient avec des bâtons , comme Dominicy sa établi par l’autorité des Capitulaires de Charlemagne, lib. cap. ult. où il est dit: Armait ventant cum lorica (if Jcuto ancipite atque fufte. Et l’on a transporté dans les écoles cette maniéré de se battre avec un bâton à la main. Volez Mr. Ménage. DEG 579 Les Licentiez sont ainsi apellez , parce qu’ils ont ia licence d’enscigner: mais pour acquérir cette permission & ce degré , il faut avoir étudié pendant un certain tems, & raporter un certificat en forme du tems de l’étude que le concordat a fixé à cinq ans, savoir deux de Philosophie, & trois de Jurisprudence. Quant au terme Dofhur ou Maître , il est fort aneien , & a de grands avantages sor les Bacheliers & fur les Licentiez, parce qu’on leur a afecté les mois de Janvier & de Juillet, que l’on apelle par cette raison mois de ligueur, dans lesquels le Concordat , art. 94. veut que les Docteurs soient préférez aux autres graduez , parce que le Docteur est présumé avoir plus de connaissance & de science que ceux qui n’ont pas étudié pendant aussi, long-tems que ceux qui ont acquis le Doctorat. Au reste, il y a des Bénéfices en France, qui exigent l’un ou l’autre des trois dégrez pour pouvoir ies pot seder : tels sont les Cures dans les villes murées , les dignitez des Chapitres , & quelques autres : & puis que l’ocasion s’en présenté , j’examinerai si pour pouvoir être pourvu de quelque Bénéfice de cette qualité, il faut avoir le titre de Bachelier , de Licentié ou de Docteur, ou s’il sosie de ies aquerir après que le Bénéfice a été conféré, j’ai toujours cru que la validité du titre dépendant de la qualité du pourvu , il a dû se faire connoìtre d’abord pour prouver son habileté , dont les lettres qu’il raporte ensuite , ne peuvent pas produire leur éfet au tems de la collation DE'GRE'- Terme de Géométrie, C’est fa ;6o. partie du cercle. Et quand c’est un terme de Géogra- phie il lignifie une portion de terre entre deux méridiens ou deux parallèles. Un degré de longitude , c’est une portion de (erre entre deux méridiens. Un dégré de latitude , c’est une portion de terre entre deux parallèles. ) {§ Dégré , en terme de Fortification , c’est un petit arc de cercle, que l’on subdivise en soixante parties égales, apellées minutes. Chaque circonférent de cercle contient 360. dégrez, qui fervent à mesurer l’ouver- ture des angles. 0 Comme il y a diférens dégrez f de science , i! y a de même diférens dégrez de bonté dans la plus grande partie des choses, & particulièrement dans l’or & dans l’argent, dont chaque dégré a un nom particulier; ainsi l’or est divisé en vingt-quatre dégrez de bonté; & chaque dégré est nommé Iíarat, qui est un nom de poids ; & chaque Karat est divisé en demis, en quarts, en huitièmes, en seizièmes, & en tren- te-deuxiémes. (f DE'GRE'ER , ou défagréer. On dit qu’un vaisseau est dégrée , quand il a perdu les cordes d.e fa maneuvre, & íe reste de ses agreils. Par exemple : ( Notre frégate qui n’avoit été qu’à demi dégrééepar le combat, le fut entièrement par des coups de vent.) Quelquefois ce mot ne signifie que la perte de quelque partie des agreils. t DEGRINGOLER, v. a. C Geminatis gradibus pracípitanter descendre. ] Ce mot est bas & burlesque S & a un usage fort borné. 11 signifie décendre vite. ( Dégringoler les montées.) fDE'GRÍNGOLER, est aussi neutre quand on dit d’un homme qu’il a dégringolé, il dégringole tous les jours par fa mauvaise conduite. DE'GROSSER , v. a. [ Extenuare. ] Terme de Tireur d’or. Faire passer par les filières. Faire plus petit. ( Dégrossir l’or ou l’argent. ) DE'GROSSIR, v. a. £ Extenuare .] Oter de la grosseur. Diminuer de ia grosseur. (Les Sculpteurs dégrossissent leurs ouvrages avec une masse , qui est une espèce de gros marteau. ) DE'GUAINER. Voïez dégainer. DE'GUERPIR ., v. n. s Hareditatem abdicare. j Terme de Valais. Quiter, abandonner quelque héritage. ( Le détenteur doit parer Ies rentes foncières autrement il faut qu’il déguerpisse. ) £ Delinquere , $e- ferere. J f * Nous fatiguerons tant notre Provincial, qu’il faudra qu’il déguerpisse. Mol. DE'GUERPISSEMENT ,s. m. [ Hareditatis abdicatio.'} Terme de Palais. Abandonnement d’héritage. Acte qui se faitauGréfe, par lequel on abandonne une acquisition pour éviter une dette bipotequée à un tiers. ff La matière du déguerpissement est ample & difficile voïez le Traité de Loifeau , il est digne de votre curiosité. Le déguerpissement n’a lieu qu’à ì’égard Tom. L D d d d a des 580 DEH des immeubles que l’on abandonne à cause des charges excessives qui y sont imposées. Déguerpir vient du mot Aleniand vuerp , ou guerp , qui signifie un héritage dont on est revêtu ; & même selon Loiseau , vuerp est pris pour fensaisinement & la tradition de la possession des héritages. Déguerpir est au contraire , délaisser, abandonner la possession d’un fond. Mais on ne dit pas déguerpir un meuble ; ce terme n’est en usage que pour marquer l’abandonncment d’un fond & d’un héritage ; & quoique renoncer, quitter , abandonner , signifient la même chose ; cependant guerpir & déguerpir sont, ( dit Loiseau ) naturalisez tout-à-fait en France, gs? sont ujitez en toutes Cours U JurvsàìHìom. Ceder , delaijser, abandonner, n’ont nul raport avec déguerpir. La cession sc fait en Justice , de tous ses biens, pour afranchir la personne du paiement de ses dettes. Le délaissement par hipoteque , a été introduit pour se libérer des hipoteques imposées fur un fond dont on est en possession , & qui a été déclaré asccté à cette hipoteque en faveur d’un tiers ; & quoiqu’il semble que ce soit la même chose que le déguerpissement, Loiseau , Lh. i. ch. z. a remarqué les diférences qu’il y a entre l’un & l’autre. L’aban- donnemeht est un acte volontaire , par lequel on se départ de la propriété & de la jouissance d’une chose que l’on abandonne au premier ocupant, & pro de- reliclo babetur. f DE'GUEULER, v. a. [ Votnere. ] Ce mot ne s’écrit que dans le stile comique, & satirique le plus bas. En fa place, on dit ordinairement, rejetter, ou rendre , & quelquefois rendre gorge. (0 le vilain ! il dégueule. ) DE'GUISE', E'E, part. U adj. [Simulâtus. ] L’ami d’une belle femme, est un amant déguisé. DE'GUISEMENT , f m. f Habitûs muîatio, stmula- tio. J Choses qui déguisent. ( Un plaisant déguisement. On l’a reconnu malgré son déguisement. ) DE'GUISER , v. a. [ Vultum , faciem alienam induire. 3 Changer. Rendre méconnoissabie. Déguiser son nom. Sca. rom. Déguiser la vérité. Déguiser une viande. Déguiser des œufs. ) Ces derniers font un terme de Cuisinier. ch On dit dans le même te ms, déguiser sa voix, ou ne parler pas avec le son de fa voix naturelle , déguiser son écriture , ou écrire d’un caractère différent de l’ordinaire ; déguiser son stile , ou composer dans un stile , diffèrent de celui dont on sc sert ordinairement. * DE'GUISER. [ Simulare, dìjjìmulare. ] Dissimuler. Couvrir. ( II paroissoit avec une gravité stoïque & avec l’air d’un homme de bien, pour mieux déguiser fa perfidie. Abl.Tac.ann. l.s. Déguiser son ambition. Mr. de la Rochesoucaut. S’il faut ne vous rien déguiser , Vous demandez f bien qu’on ne peut refuser. Pélisson , poésies. ) Se déguiser, v. r. [Alienamsteciemsimulare .J Changer d’habit de telle forte qu’on ne soit pas reconnois- sable. (Elles’est déguisée en sœur Coléte. Cléopâtre & Antoine le déguisoient souvent & aloient courir la ville. Citri , Triumv. p. ch. 12. ) * Votre cœur Espagnol se déguise en bon François. Voit. pots. sf DEHAIT. ■ Ancien mot qui signifie tristesse. Villon : Mais a donc il y a grand dehait , Quand sans argent s’en va coucher. DETIE'R AN CE , f. f. ^ Terme de Palais. Droit par lequel le Roi succède à une personne , qui meurt fans faire de testament & sans héritiers capables de succéder. Voïez Déshérence. ' DEHORS ■, f. m. s Externa pars. ] La partie extérieure. Ce qui n’est pas du dedans. ( Cela vient du dehors. ) DEHORS , f. m. [ Exterius munimentum. Terme de Fortification. Ce font les ouvrages fortifiez hors fen- ceinte de la ville. ( Défendre les dehors, prendre les dehors. ) & Ces dehors couvrent le corps de la place du côté de la campagne ; ils ont diferens noms , comme, ravelins , demi-lunes , cornes , tenailles, couronnes , queues d hyronde , envelopes , & autres semblables: on les met souvent successivement l’un devant l’autre pour couvrir une même tenaille de place. Ceux qui DEI en sont les plus proches, doivent commander de dé gré en degre ceux qui s’avancent le plus vers là campagne, c’est-à-dire , doivent avoir leur rempart plus élevé afin de couvrir & de battre l’assiégeant quand il aura ocupé les plus éloignez. Leur gorge doit toujours être aplanie, depeurqu’un parapet ne serve à l’aíhegeant, s’il en est le maître , & qu’il ne s’en couvre contre le feu de la ville. On borde feule, ment la gorge de palissades, pour éviter les surprises' * DEHORS. [Exterior Jpecies,faciès. ] Aparence ex'. térieure. ( La plupart des belles n’ont que le dehors. Gomb. ép. liv. 2. Us ne jugent que par les dehors dé faction. Pafc. L 7. ) Sous l’humble dehors à’un rejpett afeélé , II cache le venin de fa malignité. Despr. fat. 7. Une honnête femme doit au moins sauver les dehors. Le Comte de Eufjì. A quoi sert cette mine modeste , Et ce sage dehors que dément tout le refíe. Mol. J D’un dehors a.sellé craignez sapas trompeur , Et mesurez toujours la vertu par le cœur. Vill. ) DEHORS, adv. [Forts.] Qui n’est pas dedans. (Vo. tre mère & vos frères sont là dehors. Port-Royal, Houv. Testam. II est dehors. Mettre une fille' de- ‘ hors du Couvent. Mes gens vous aideront , N je les ai pris forts, Pour vous faire service à tout mettre dehors. Mol. * II n’est ni dehors ni dedans. Gomb. ép. 1.2. ) Par dehors , adv. f Exterius, extra. J Par les par. ties extérieures. La maison est belle par dehors , & vilaine par dedans. ) Au dehors, adv. [Forinsecus. ] A l’extérieur. (Le deuil n’est qu’au dehors. Gomb. ép. 2. Les dons du Saint-Esprit, qui se font connoitre au dehors, sont donnez chacun pour futilité de f Eglise. Port-Royal , nouveau Testament , épître, de S. Paul aux Corinthiens.) ch DE'HOUSER , v. a. Vieux terme qui signifie! t debotter. PE'JA,ud». [Jam.] (IIest déjà grand. Celaest déja fait. ) DETECTION , f.s. [ DejeHio. ] Ternie qui fi dit entre Médecins. Excrémens qu’on rend par le fondement. ( Déjection bilieuse, sanglante, pure, blanchâtre. ) SE DE'JETTER, ». r. [Incurvari. ] Ce mot se dit du bois entre Menuisiers, Tourneurs, & autres. 11 signifie , Jé renfler ,se gonfler. Se faire en bosse. ( Le bois de ce cabinet sc déjette,il commence à se déjetter.) DE'JEÛNE', s. m. [ Jentaculum.] Petit repas fort léger qu’011 fait le matin, en attendant ie dîné.) Faire un bon déjeuné. Muni d’un bon déjeuné. Destreaux, lutrin, ch. i. . Qu’un ample déjeuné, Long-tems nous tienne à table fcf s’unisse au dine. Despr. ) ch On dit Communément, déjeuné de Clercs, dîné de Procureurs , colation de Commères, & soupé de Marchands. ch * On dit d’une chose peu considérable ou qui est aisée à faire, il n’y en a pas pour un déjeuné. levìoris momenti Af ponderis. J Déjeuner, v. a. [ fentare. J Manger & boire quelques coups le matin en atendant le dîné. (Déjeuner d’une tranche de jambon. ) DEICIDE t f m. f Deicidium. J Mot seulement d’uiàge, en parlant de la condamnation à mort du Sauveur du monde, par Pilate & les Juifs. DEIFICATION , f f [Apotheojìs, ascriptíom deo- rum numerum. J L’action ou la cérémonie par laquelle on déifioit, ou mettoitau rang des Dieux, les Empereurs , ou quelques autres grands personnages. Déifier , v. a. [ In numerum deorum reserre.] Terme de Paganisme. Mettre au rang dés Dieux. (Faireun Dieu de quelcun. Estimer comme un Dieu. ( Les anciens déisioient la plûpart de leurs grands hommes. Déifier une personne. Voit. poes.') 11 veut dire avili, louer quelcun avec exeez. DE'JOJNDRE , v. a. [ Disjungere. J Séparer des choses qui étoient jointes. ( Déjoindre deux ais. ) St déjoindre , v. n. (j Disjungi. J II se dit des choses DEL qu! étoïent jointes & qui se séparent. Quand on travaille avec du bois verd, les ais qu’on avoir bien joints se déjoignent quand ils se sèchent. Quand on a peint sur du bois & que les ais viennent à se déjoindre, la peinture se trouve défigurée. ) DE'JOINT , déjomte , part. [ Disjunfltts. ] Qui est séparé après avoir été joint. ( Ais déjoints. ) DE'ISME , f. ra. [ In Deum unum fides. ] Créance de ceux qui pour toute religion croient qu’il y a un Dieu , fans lui rendre aucun culte extérieur. II y a des livres qui traitent du Déisme. Les uns tâchent à le détruire, & les autres à l’établir. ) DE'ISTE , f m. [ Qui Deum unum dumtaxat confi- tetur . ] ,Celui qui ne fuit aucune Religion particulière, mais reconnoìt seulement qu’il y a un Dieu, & toutefois ne lui rend aucun culte extérieur. C’est un Déiste.) DE'ITE', s. f. [ Divinisas. ] Ce mot signifie divinité. ( Déité mortelle. Entre deux Deitez quisuspendent mes vieux , Je fuis r amour qui m’apelle. Quinaut. ) DE'JUC, f rn. Tems où les oiseaux juchez se réveillent & quitent le juc. Sarafrn (a dit du matin. (Tant au soir qu’au déjuc.) DE 1 JUCHER., v. a. s Alite-,n de perticà dejicere .] C’est faire ôter les poules du lieu où elles se sont juchées ou perchées. [ Déjucher des poules. ) DE'JUCHER. [ Dspelkre , detrudere , dejicere. ] Au figuré, lignifie chasser d’un lieu élevé & avantageux. (On a eu bien de la peine à déjucher les ennemis de là.) DE'jUNER. Voïez déjeuner , plus haut. DELà , adv. [ Ultra. J II est o posé à deçà. Et il signifie de ce lieu , ou de ce tems-là. ( A cinq ou six cens pas de là, venoit Sisigambis. Vaug. Quints l. 5. Cette ligne est à pìomb, elle ne panche ni deçà ni delà. Le soleil s’éloigne de nous jusques à l’onziéme de Décembre , & de là il se raproche de nous. Delà à quelques années Ptolomée fit porter le corps d’Alexandre à Alexandrie. Vaug. Quint. Curce.l. 10. cb. 10.) DELà. f Ultra, j Préposition qui régit l’accusatif. ( De delà la mer il en vint de gros escadrons plus de vingt. Voit. pois. Passer delà seau. Port-Royal, Nouveau Teflament. S. Marc, cb. 4. ) 0 M. de Vaugelas nous aprend dans ses Remarques fur la langue Françoise, ch. 2^. que ,, plusieurs man- ,, quent en se servant de ces termes , de deçà, de delà. ,, Par exemple , ils disent : les Espagnols chez qui toutes „ les nouvelles de deçà font Jujbecíes , au lieu de dire : „ toutes les nouvelles de deçà. Ils allèguent que ùe àù „ est un adverbe local, qui veut dire ci ; & quand on „ dit deçà ou delà avec un nom, il n’estplus adverbe, ,, mais préposition , comme deçà la riviere , delà la ri- ,, viere : mais quand il est adverbe, on ne dit jamais „ deçà qu’on ne mette de devant, & qu’on ne dise „ de deçà, st ce n’est en un seul cas, qui est quand „ on dit deçà & de/à , pour dire çà & là : mais il faut „ que deçà"& delà soient tous deux ensemble , (un ne „ se disant point, & n’étant point adverbe , séparé de „ l’autre, tellement que lorsqu’il tient lieu de geni- ,, tif, comme en sexemple que nous avons donné, „ où les nouvelles de decà vaut autant à dire que, les „ nouvelles de ce pais , il faut necessairement (disent- „ ils) que (article du génitif, qui estùe, le précede, ,, & par conséquent que l’on dise , les nouvelles de de „ deçà ; autrement sans l’articie de, ce seroit comme „ qui diroit les nouvelles de ce pais. On répond qu’il „ est vrai qu’après nouvelles il faut necessairement dire „ de, qui est Partiale du génitif, qui suit le substantif ,, précédent : mais aussi l’on soutient qu’on sy met, „ quand on dit , les nouvelles de deçà ; parce qu’on ne „ demeure pas d’acord que l’adverbe deçà doive toù- „ jours avoir un de devant ; car il est certain que deçà ,, tout seul signifie ici s & quand on y ajoute un de, „ c’est par une élégance de notre langue, qui n’est „ plus élégance dans la rencontre de tant de de ; „ & de fait, on trouvera dans nos anciens Auteurs : ,, Nous avons deça d’excellons fruits. Et encore aujour. „ d’hui on ne croira point mal parler en parlant „ ainsi,quoique de deçà en cet endroit soit plus élégant ; „ certainement ce seroit une grande dureté, de dire , „ les nouvelles de de deçà > & (usage , à cause de cela , „ a fort bien Fait de retrancher un de ces de, comme ,, pour la même raison il a fait dire delà Loire , au lieu de delà la Loire,” L’Académie a observé sur cet DEL 58ï ,, article, que quelque raison que puissent alléguer ,, ceux qui défendent cette raison de parler, tou es ,, les nouvelles de de deçà Jont fujpefies , en mettant la ,, particule de deux fois , elle ne doit point être re- ,, çùë , puisque (usage a décidé le contraire ; il faut dire les nouvelles de deçà, comme on dit les nouvelles de ,, ce pais. On ne croit point que ce soit bien parler „ que de dire delà Loire , cela est sauvage ; la pureté „ de la langue veut qu’on dise delà la Loire”. Malherbe a dit. Au delà des bords de la Meuse U Allemagne a vu ms guerriers . Au-deçà est (oposé. DELà. [ Inde. ] Ce mot signifie, auffi, de cette cholé-là , de ce sujet-là. II eji vrai, de tout tems la raison fut son lot, Mais de là , je candies que V homme est le plus sot. Despr. fat. 8- ) Au-delà, adv. C Ultra. ] Aler au-delà. ( Passer au- delà. Au-delà. Préposition qui régit le génitif. ( S’em* porter au-delà des bornes. Âbl. ) Par-delà , adv. [ Hue. ] ( II est passé par delà. ) Par delà. C Ultra. ] Préposition qui régit (açufatif. ( Elle promet par delà son pouvoir. Racine, Germa - meus, ait. ï.fc. 2.) En delà , adv. s Hue. ] Tirez-vous un peu en delà ; c’est-à-dire , tirez-vous à quartier. ) t DELABRE', délabrée, adj. [Lacer atusi\ Tout en désordre. En mauvais équipage, en mauvais état. ( Troupe de Comédiens délabrée. Scar. rom. Sans moi, vos afaires étoient fort délabrées. Molière, 'George - dandin, ail. 1. fc. 4. ) DE'LABRER , v. a. [ Lacer are. ) II signifie, au propre , mettre en pièces ; mais il n’est guère eh usage. Au figuré, il lignifie, mettre en désordre, ruiner. ( La tempête délabra notre armée. ) í DE'LACER. ; Voïez DE'LASSER, DE'LAI, f m. f Dilatio , procrajìinatio. J Terme qui est ordinairement de Palais. Remise de (afaire & de la cause à un autre jour. Le Juge donne le délai. Obtenir le délai. (Voïez Dilater.) 0 DE'LAI. Terme de la Jurisprudence maritime , La loi. 2. cod. denauf. la Coutume de Normandie donnent un délai d’un an pour rechercher les choses que l’on a perdues dans un naufrage. Les .Jugemens d’O- leron donnent de même un an. Mais Clairac a remarqué fur (article ;o. de ces Jugemens, que le ParlemenÊ de Paris, en vérifiant (Ordonnance de 154;. modéra le délai d’un an , & le réduisit à deux mois. DE'LAIER., s>. a. ( Diluere. J Détremper avec à lait ou de (eau. ( Délaïer la bouillie. ) t DECAISSEMENT , J- m. sDereliclio , cejjlo , deJUtutio, ] Abandonnement. ( C’est un délaissement cruel, mais il n’a point d’idée tragique , il ne touche pas. Le Maìt. plaid. ) 0 DECAISSEMENT. Terme de la Jurisprudence maritime. C’est un acte par lequel (assuré dénonce la perte à (assureur , & lui délaisse & abandonne les éfets fur lesquels (assurance a été faite, avec sommation de païer la somme assurée. Le chapitre VII. du Guidon explique amplement cette matière en ces termes : ,, II est en liberté du Marchand chargeur faire délais ,, à ses assureurs , c’est-à-dire, laisser & délaisser ses „ droits , noms, & actions de la propriété qu’il a dans ,, la marchandise chargée dont il est assuré lors & ,, quand il advient naufrage de tout ou de partie, ou ,, bien avarie qui excède ou endommage la moitié de ,, la marchandise quand il y a prise d’amis ou d’enne- „ mis, arrêt de Prince, ou autre tel destourbier est ,, la navigation , ou telle empirance en la marchan- ,, dise, qu’il n’y ait moyen (avoir fait naviger à ,, son dernier relie , ou qu’elle ne valut le fret ou „ peu de chose d’avantage.” Par ce délaissement (a& fureur devient maître de la marchandise, suivant la loi 1. ff. Pro dereliiío. Et (assuré, avant que de pouvoir faire son délaissement, „ doit, selon le même Gui- „ don , fournir d’attestation valable de la perte ou „ prise , contenant (heure & le lieu qu’elle est adve- „ nue fi faire se peut, donner copie de la charte-partie ,, ou connoissement duëment vérifié , ainsi que de la ,, facture ou cargaison, juré & certifié véritable; L ,, tant est que par la police la marchandise n’a pas été „ estimée, (assuré affirmera qu’il n’a fait aucune assu- „ rance, que celle dont il demande la répétition Dddd 3 Ss 5 S 2 DEL Si le tems du payement n’est pas réglé par la police, l’assûreur peut demander son paiement, ou trois mois après la lignification du délaissement, ou âpres deux snois, selon l’ufage des lieux : & comme les assurez sont souvent plus à portée de faire rechercher les mar- shandises naufragées que les assureurs , TOrdonnance maritime de iSgi- leur permet de faire cette recherche après leur délaissement, & fans y préjudicier : ce qui est conforme à Tarticle. y. du Guidon , au titre des Délais: & comme il est quelquefois nécessaire de transporter dans differens lieux éloignez pour découvrir la vérité, rassuré peut envoyer des facteurs avec les pouvoirs suffisons ; ct en ce cas T assureur lui fera une avance de deux ou trois pour cent, à raison de ce que chacun court plus ou moins pour les premiers fraix. 11 faut encore remarquer, que suivant la même Ordonnance, le délaissement ne peut être fait qu’en cas de perte arrivée par naufrage , bris , échouément, arrêt de Prince , ou perte entiere des éfets assurez, les autres dommages n’étant réputez que pour avarie , qui fera réglée entre les assureurs & les assurez. J’ai déja remarqué , que Tavarie est le dommage qui peut arriver aux marchandises pendant le voyage , ct qui doit être fuportée par les Marchands & par les assureurs fur le pié de leur intérêt : ainsi il y a cette diférence entre Tavarie & la perte entière des marchandises , qu’en cas d’avarie , Tassèrent doit feulement contribuer au dommage souffert, & à certains fraix qu’on a été obligé de faire : mais dans le cas de la perte en- tiere de la marchandise, T affûteur est tenu de p aï et ía somme dont il est convenu par la police. Au reste, la même Ordonnance de 1681. a réglé fort judicieusement ; que Ton ne poura faire le délaissement d’une partie retenir Tautre qui se trouve en nature ; ce qui paroit être contraire à la décision du Guidon : mais TOrdonnance est plus juste , parce que le contrat d’assûrance est indivisible ; on affûte certaines choses en poids , en mesures, & en quantité ; il faut donc que Tassèrent en jouisse fans retranchement, en païanc le prix de Tassûrance. 11 seroit inutile d’en dire d’a- vantage pour Tinteìligence de cette matière. L’Ordon- nance maritime est très-détaillée fur ce point, & Ton y trouvera fans doute la décision des dificultez qui fe présenteront. DE'LAISSER , v. a. £ Linquere, derelinquere, destituer e, cedere. ] Abandonner , laisser. ( Délaisser une personne. Ablanc. Je sens que ma raison à ce coup me délaisse. La Su2e. Elle se trouve délaissée pour des intérêts si indignes. Pasc. I. r. La sience est triste afreuse & délaissée. Dejjr.sat. i.) f DECAISSER , se dit en termes de Pratique. Délaisser un héritage , la possession d’un bien. Délaisser des poursuites, délaisser une action commencée. DE'LARDER, v. a. [_ Partem tigni angulatam derniere, recidere. J Terme de Charpentier. C’est rabattre en chamfrein les arrêts d’une pièce de bois , comme quand on taille Tarrêtier d’un comble. DE'LARDER. [ CraJJìtudmem lapidis ìmminuere , te- nuare. J Terme de Maçon. C’est piquer avec la pointe d’un marteau le lit d’une pierre, & démaigrir ce qui en doit être posé en recouvrement ; c’est aulti couper obliquement le dessous d’une marche de pierre. DE'LASSEMENT,/ m. [ Fatigati corporis refefíio, recreatio. ] Repos qu’on prend pour fe délasser. ( Le corps a besoin de délassement. ) * DEPASSEMENT, f. m. [ Oblefîatio. ] Plaisir, pas- se-tems ; ce qui délasse Tefprit , & qui le récrée & le réjouit. La Comédie fut toujours le délassement des grands hommes, le divertissement des gens polis & Tamusement du peuple. S. Evrem. con. Ital. DF/LASSER , ou delacer , v. a. f Exsolvere , laxa- refuntculo serico. ] Oter le lasset, défaire le lasset qui lasse quelque corps de jupe , ou quelque sorte d’habit qui se lasse. ( Délasser un corps ; les demoiselles suivantes délassent leurs maîtresses. ) f L’Academie écrit delacer. DE'LASSER , v. a. [ Ex labore corpus animum recreare, oblecíare .Se défaire de fa lassitude; reprendre ses forces abatuës de .lassitude & de fatigue ; donner quelque relâche. II se dit au propre en parlant du corps, & au figuré quand on parle de Tefprit. ( Le feu délassé , délasser le Roi de ses nobles travaux. Mol. malade imaginaire. H faut délasser Tefprit qui est trop- tendu. Abl. apoph. Ne songer qu’à se délasser Tefprit. Voit. I. Z. Se délasser de ses fatigues. Abl, Aluns nous DEL délasser avoir d’autres procez. Racine, plaideurs, afí ?./r. 4. Alexandre étant à Ephése, pour se délasser Tefprit, aloit souvent à la boutique d’Apelle , quiétoit un fameux Peintre de son tems. Du Ryer suplem. de Quinte-Curce, l. 2. ch. 6 . ) DE'LATER ,».«.[ Tegulas detrahere. J Oter les lates de dessus un toit. ( 11 faut délater ce toit & le relater à neuf. ) DE'LATEUR , f. m. [ Délator. J Terme de Pa. lais. Acufateur. ( Le déclateur fut puni. Abl. DE'LATION , f f. [ Delatio. ] Dénonciation. ( On arrête , pour les crimes de leze-majesté , sor une fan. pie délation. ) DE'LAVER, D. a. ] Diluere. ] Terme de Teintu. rier. Qui sc dit des couleurs , dans lesquelles on a trop mis d’eau , & n’est guére en usage qu’au participe. ( Ce bleu est trop délavé. ) DE'LECTABLE , adj. [ Jucundus , delefíationem qfferens. J Ce mot vient du Latin , ct lignifie qui donne du plaisir. II est usité dans des discours de sience, & a plus de cours dans le bas stile que le sublime. (II y a trois fortes de biens, l’honnête, le délectable , & futile. LaChamb. Le venin de l’afpic cause une démangeaison délectable, par le moïen de quoi le cœur & ses entrailles sc dilatent & reçoivent un poison , contre lequel il n’y a plus de remcdes. Thiers, des jeux, ch. y. Ce jus divin ejì excélent , Son goût ejì delefíable , Et rend mon cœur content. D’Alibrai , poés. Ha ! qiìil ejì doux d’être à table. AJJÌs près d’un objet aimable , Buvant d’un jus Jì déleHable. Recueil de poés. ) DE'LECTATION, f- f. [ Délefíatio. ] Vieux mot, qui ne se peut guére dire qu’en riant. Cependant Pascal. L 18. a écrit, il répand une douceur céleste qui surmonte la délectation de la chair. On croit que Pascal n’est pas tout-à-fait à imiter en cela. On dit aussi, que la gace produit son effet dans Tacte par une délectation prévenante. DE'LECTER, v. a. f Deleclare, oblecíare. J Vieux mot hors d’ufage , & qui ne se peut dire qu’en raillant, & méme fort rarement. II signifie donner du plaisir. fjs Ces mots delefíable , deleUation ct delefíer ont été condamnez par le P. Bouhours dans ses doutes, & soutenus par Mr. Ménage dans le second tome de ses Observations, ch. iyy. & comme Ton ne peut rien retrancher de leur dispute, j’ai crû que Ton seroit bien- aise de la voir ici toute entiere. Le premier a dit en s’adressant à Messieurs de TAcademie. „ Croïez-vous, „ Messieurs, que delefíer soit un mot du bel usage, & „ qu’on puisse le dire sérieusement? N’a-t-il point „ vieilli depuis que Alt. de Balzac Ta emploie? N’é- „ toit-il point déja vieux, lors que cet illustre Ecri- „ vain compofoit ces belles Lettres où il Ta mis” ? Sca- chant , Monsieur , que vous avez une exquise con- noissance de la délicatesse des Arts, ct que vous vous delectez de belles figures, j’ai crû que vous ne seriez pas fâché de voir celle-ci, & qu’une maison qui est sçavante dedans & dehors ct qui a des Sphères pour ses girouettes , meritoit d’avoir un tel hôte que votre esprit.,, Pour moi ( continué le P. Bouhours.) à vous „ parler franchement , je ne puis foufrir ni delefíer , ,, ni deleHation, à moins qu’on ne les dise en riant ; „ je haïtois même delefíable, si Mr. de la Chambre ne „ Taimoit & ne s’en servoit quelquefois. Chacun a ses „ aversions & ses inclinations dans le langage , auíli- ,, bien que dans le reste”. Voilà comment le combat commença ; ct Air. Ménage s’étant servi autrefois du terme delcHable , se crut intéressé à le défendre: mais il abandonna delefíer Sc deleHation. Voici fa défense : ,, Comme je me fuis servi du mot de de- ,, lecíable en cet endroit de la seconde de mes Eglogues : Oui P amour ejì un mal , mats un mal agréable , Une douce amertume, un tourment delefíable „ je me sens obligé de le défendre; je soutiens donc ,, qu’il est très-bon ; & je le soutiens par l’autorité de ,, Air. Defmaretsqui a dit dans lit Traduction de TI- „ mitation de Jéilis-Christ, liv. 4. chap. 11. art. 1. Quelle DEL Quelle douceur a l’ame apellée à ta table , Jésus , à ton banquet noble U délicieux , Oà l’on lui donne un mets fur tous mets deleHable, Qu rien n’ejlson manger que son Corps précieux ! ,, A quoi j’ajoûte ces passages de M. de la Chambre : ,, Et farce qu’il y a trois sortes de biens, /’honnête , le deleHable U l’utile , qui font naître autant de sortes „ d’amitié a, il faudra après examiner d il y a des ami- „ tíez honnêtes A deleHabks. C’cíl à la page ç. de son „ discours de l’amitié & de la haine qui se rencontrent „ entre les animaux. Quelle Fantaisie au P. Bouhours „ de trouver à dire à ce mot en cet endroit? Qui est „ l’Ecrivain François , qui en parlant des sortes de „ biens, ne se soit pas servi du mot de deleHable ? „ Voici un autre passage du même discours de Mr. de „ la Chambre: Après avoir montré que la beauté peut „ exciter l’amour entre les animaux, il ne fera pas dificìle „ de persuader qu’ils fontsusceptibles des amitiez dele. „ fiables. C'està la page 2;. Pour ce qui est de dele- „ fier & de deleflation , comme je ne m’en fuis point „ servi, je n’ai point d’interêt à les justifier. Je „ me contenterai donc de remarquer ici , que cette „ façon de parler , se delefler de, est une façon de par. „ 1 er Italienne. “ Voilà donc deleflation & delefler proscrits également par les parties. Mais l’usage de deleHable reste indécis entre eux. Le P. Bouhours se croit assez fort pour soutenir seul sa cause. M. Ménagé se rend récusable en se déclarant partie intéressée ; sautante de M. Desmarets qu’il allégué , me paraît bien faible , & je doute que ces vers, Quelle douceur a l’ame apellée à ta. table Où rien n’ejl son manger que son Corps précieux ! fassent recevoir son témoignage. Celui de Mr. de la Chambre est plus considérable. On pouroit en citer d’autres, comme cet endroit de Mr. *de Benserade, ou il dit dans une rupture : A’u-t-on pas trop acheté Le plaisir le plus deleHable , Quand il coute une liberté ? Le goût a pû changer ; ainsi dans cette incertitude, on peut hazarder quelquefois dans le beau tìile ce mot deleHable, & attendre la décision absolue de nos Maîtres. DE'LEGATíON , /. f. \_Delegatio. ] Prononcez délegacion. Commission donnée à quelque Juge. ( La délégation porte expressément que, &c. ) 0 " La délégation a été inventée par les Jurisconsultes pour la facilité du commerce. C’est une espèce de paiement qui se fait sans rien débourser , & l’on dit ordinairement , que qui délégué paie. En éfet, un débiteur, pours’aquiter envers son créancier, lui délégué une somme qui lui est due par un tiers , avec pouvoir de la recevoir ; ce que le créancier accepte. Voilà en général , ce que l’on apelle délégation; & pour la rendre parfaite , il faut que . trois personnes interviennent &.consentent, c’est-à-dire le débiteur déléguant, le créancier à qui la délégation est faite , & le débiteur qui est délégué. Une simple délégation faite en l’absence du débiteur délégué, est imparfaite, & ne produit aucun éfet, Jusqu’à ce que le débiteur délégué ait accepté la délégation , ou du moins jusqu’à ce qu’elie lui ait été signifiée par acte autentique ; car c’eft le consentement de ce débiteur délégué , ou îaconnoissance qu’ii a de la délégation , qúi la rendent parfaite, & forment une novation & un changement total de la créance ; ensorte que le premier débiteur est libéré , & celui qui est délégué, devient débiteur du créancier à qui la délégation est faite. Cette novation produit une extinction de l’an- cienne dette , & forme un nouvel engagement avec le débiteur délégué ; & cette extinction est si parfaite, cjue le déléguant n’eit tenu d'aucune garentie de la lolvabiiitéde celui qu’il a délégué,suivant la loi. Cod. de novat. çs de légat. & le sentiment de Loiseau dans son Traité df la garentie des rentes , chap. fi ce n’est lorsque le créancier se réserve ses actions & ses hipote- ques contre son premier débiteur. II y a cette différence entre la cession & la délégation, qui paroissent être la même chose , que dans le cas de la cession , le cédant demeure garent de l’évenement; & dans celui de la délégation, le débiteur qui a délégué, est entièrement déchargé , parce que son créancier a accepté la délégation , comme étant un paiement qui a éteint la dette. On peut encore ajouter, que la cession Del 583 & le transport peuvent être faits fans îe consentement du débiteur cédé ; au lieu que c’est ce consentement qui rend la délégation parfaite. I! faut ici remarquer qu’il y a d’autres délégations bien díférentes de celle que l’on vient d’expliquer , & dont on peut s’éclaircir ici bas fous le mot Délégué. DE'LE'GATQIRE , adj.m. V f. [ Refcriptum Summi Pontifiât quempiam reì gerenda cum jurij'di- Hione praticiens. J C’est un refcrit ou une commission du Pape pour commettre des Juges. DË'LE'GCJEQ f m. {Delegatm. ] Député. (Les Ordinaires agissent en qualité de déléguez du Pape.) 0 Nous connoiffons des Déléguez & des Subdé- léguez. Les premiers sont, à proprement parler, des personnes commises ou par le Pape, par les Evêques, ou par les Souverains, ou par leurs Juges, pour ren-- dre Ja justice de même.que ceux qu’ils représentent, pouroient la rendre. 11 y a, à leur égard , des réglés générales, & des réglés particulières. Les générales sont, que le délégué doit d’abord produire son titre & son caractère; qu’il doit exécuter exactement sa commission; que régulièrement le délégué ne peut point subdeleguer, particulièrement quand il s’agit de l’ínstruction d’une afaire ; enfin, le délégué n’a jamais plus de pouvoir que celui qui délègue. A l’é- gard des déléguez du Pape , il faut qu’ils soient Ëc* clésiastiques , & même constituez en dignité , ou en titre de Chanoine d’une Eglise Cathédrale , pourvù qu’ils le soient éfectivement ; oar un Chanoine du titre ad effefíum ne peut point être délégué. Ce scroit un abus si le Pape déléguois des Juges d’un autre Diocèse que celui où la cause doit être décidée , suivant le Concordat, tit. 10. & s’ils croient étrangers, comme il a été remarqué par Mr. sevrer, dans son Traité de l’abus, liv. 4. ch. 2. tit. 8- Quant aux déléguez des Ordinaires, ils ne peuvent point exercer leur Ju- risdicton hors du Diocèse; & lorsque le Diocèse s’étend dans plusieurs Parlemens , l’Evéque est obligé de déléguer des Oficiers dans le Parlement où l’Evéque ne fait pas fa résidence. Les déléguez par le Roi, ont une autorité fort étendue ; & quoique régulièrement la délégation cesse parla mort de celui qui l’a faite, la délégation du Roi subsiste même après fa mort, par cette raison que le Roi ne meurt jamais en France; ainsi le pouvoir des Intendans dans nos Provinces , ne finit point parle décès du Roi. Enfin, nous apollons Subdeleguez, ceux que les Intendans commettent dans les Villes de leur district pour y faire leurs fonctions en leur absence. DE'LE’GUER, v. a. ( Delegare , mandare, prtsficcre reì. J Députer , commettre une personne pour quelque sorte de chose. (On l’a délégué pour cela, déléguer un Juge , c’est un juge délégué pour prendre connoìssance de quelque afaire.) H DE'LE'GUER, signifie aussi assigner des fonds pout le paiement d’une dette, déléguer une somme, déléguer des rentes, déléguer un fermier. DE'LESTAGE m. [ Saburrœ ejeHio. ] Ternie de Marine. La décharge qui sc fait du lest du vaisseau. DE'LESTER, v. n. Oter le lest d’un vaisseau, terme de Marine. Votez Lest. DE'LESTEUR , f. m. [Raburra ejíciendœ prœfe « fiusst Celui qui a soin du délestage du vaisseau. DE'LIBE'RANT, ANTE, «d/, llncertm, duhìus, anceps, ] Qui est irrésolu , qui délibéré sans cesse. DE'LIBE'RATTF, ^délibérative , adj . [ Délibérait- vus. ] Qui a le pouvoir de délibérer , qui regarde la délibération , qui regarde ce qui peut persuader ou dissuader. (11 a voix délibérât)ve au chapitre. Le genre délibèratif. ) Dans ce dernier exemple , ìe mot délibérais est un terme de Réthorique. 0 " Aristote a renfermé fous trois genres diferens, les sujets dont un Orateur peut traiter. Le premier est le délibèratif ; îe second, íe démonstratif ; & le troisième , le judicaire. Le délibèratif, dit-il, a pour objet de persuader, ou de dissuader. Le démonstratif roule for les louanges, ou for le blâme ; & le judiciaire sor l’acufk- tion, ou sor la défense. Quintìlien a suivi cette idée dans le troisième livre de ses institutions de l’Orateur: & puisque l’ocafion s’en présenté , je ra porterai socetnte- ment les réglés que ce grand Maître nous a données sor ces trois genres d’oraison. II convient que. suivant le sentiment d’Aristote, l’objet du genre deliberatif est de 5 84 DEL de persuader, ou de dissuader; ensorte que l’on peut encore l’apeller suasoire ; & il ajoute que l’on peut délibérer non-sculement sur l’avenir, mais encore fur le passé, dont il donne l’exemple de la paix de Nu- mance, qui parut li honteuse au Sénat, qu’il refusa non- seuiement de la ratifier , mais il livra aux ennemis Ho- ítiìius Mancinus, & Posthumius , qui l’avoient acceptée. Passant ensuite aux régies que l’on y doit garder , il approuve un exorde iuccint, l’Orateur n’étant point obligé de rechercher la bienveillance des auditeurs, dans un tems où ils’agit d’examiner les raisons qui peuvent déterminer à faire , ou a ne pas faire une chose. Une longue narration lui paroît inutile : il faut pourtant raporter d’abord les circonstances qui peuvent avoir quelque raport au sait par lequel on délibéré, & cette régie étoit autrefois d’autant plus nécessaire , que l’on traitoit publiquement desafaires de l’Ë- tat ; & c’est dans cette vûé que le genre délibérant a été inventé : aussi Quintilien a remarqué que la plû- part des Rhéteurs Grecs , & Cicéron méme, n’ont eu pour objet dans les Traitez qu’ils ont fait du genre délibérât! f, que l’assemblée du Peuple, où il s’agissoit de la paix ou de la guerre , de lever des troupes & de leur entretien. Quant au genre démonstratif, Aristote ne lui attribue que la louange & le blâme : mais ces bornes paraissent trop étroites à Quintilien, qui acule Aristote & Theophratte d’avoir banni le genre démonstratif des afaires publiques , & de savoir renfermé dans le foin de plaire ou de blâmer. Les Romains , dit Quintilien , donnent plus d’étenduè à ce genre ; car nous entendons des Oraisons Funèbres, dont quelques-unes font même ordonnées par le _ Sénat. Nous voïons reprocher publiquement des témoins produits en jugement, & nous entendons aussi leurs justifications, où le démonstratif est emploie de part 6 d’autre ; mais il faut convenir que J’observation de Quintilien n’est pas juste, puisque dans les exemples qu’il raporte , le but est toujours la louange ou le blâme : enéfet, les Oraisons Funèbres ont-elles d’autre objet que la louange d’un défunt. Les reproches .que l’on donne aux témoins, ne font autre chose qu’un blâme continuel , & une dénonciation autentique de leurs défauts ou de leurs crimes , atìn de les rendre odieux & de faire rejetter leurs dépolirions: Enfin, la défense d’un témoin n’est-elle pas dans le genre démonstratif, puisque l’on tâche de le faire paraître innocent ? 11 faut donc s’en tenir au sentiment d’Aristote, Sc dire , généralement parlant, que le genre démonstratif roule entierement sur la louange ou fur le blâme. Ce qui est un champ bien vaste, & où l’Orateur a de grands avantages, puis que toutes ies circonstances de la vie d’un homme lui fournissent une ample matière : & íì l’on n’en trouve pas dans la personne, on remonte à ses ayeux ; on fait l’éloge de fa partie, Sc l’on se répand aux environs pour faire un ample panégyrique. Enfin, le genre judiciaire subsiste encore ; il est même le plus ordinaire; & quoi qu’il n’ait que ces deux objets, demander & défendre , il n’en est pas moins étendu : ainsi , l’Orateur doit être instruit de toutes les parties de l’o raison, c’est-à-dire, del’exor- de, de la narration, de la division, de la proposition, de la preuve de la confirmation , de la réfutation & de la péroraison : toutes ces choses entrent dans le genre judiciaire, qui n’est plus en usage que dans le Barreau ; Sc il ferait à souhaiter que ceux qui y veulent paraître avec éclat, en fissent une étude particulière avant que d’entrer dans la lice , & d’entreprendre à soutenir une cause ou à la défendre. DE'LIBE'RATION , s. s. [ Deliberatio , délibération.] Consultation pour savoir si l’on fera , ou ne fera pas. (Mettre une chose en délibération. Abl. Arr. L i. c. 4 . Tomber en délibération. Abl. ) 4 DE'LIBE'RATION , signifie aussi résolution. ( La délibération du Conseil , du Parlement, de l’uni- veríìté, Scc. ) f DE'LIBERE' , délibérée, fart. C’est une chose délibérée , ou conclue, arrêtée. j DE'LIBERE', adj. signifie hardi , résolu. Avoir Pair délibéré. Marcher d’un pas délibéré. f DE'LIBERE', f. m. Terme de Palais, On a ordonné un délibéré fur le regître. Se prof os délibéré , adverbe. [Consulti , deditâ operâ, ex deftinato. ] A dessein. £ DE LIBERERENT , adv. s Audafhr .strenuè, con. stdenter.'] Hardiment, résolument. (Marcher délibérément à l’ennemi. ) DEL DE'LIBERER, v.n. [ Déliberare , eonfultare 1 Mettre en délibération. ( On délibéra sur cette afai'e On délibéra fi on assiégerait Mons ou Valenciennês! Sarazin ,,(eu. 1 . partie. Monsieur Cujas avoit délibéré' au cas qu’il mourut fans enfans , de donner son bien a Scaliger. Colomiez. ) ,í DE'LIBERER, v. a. prendre une résolution se déterminer à une chose. ( On a délibéré d’attaquer l’ennemi. On a délibéré de punir cette trahison. ) í DE'LIBERER fur le, regître. Terme de Palais. C’est prendre une derniere résolution sur l’examen des pièces. , ÍS DE'LIBERER un cheval. C’est le déterminer & se bien résoudre , soit au trot, au galop , ou bien à quelque air ou manège relevé. On dit: (Vous ne devez point mettre votre cheval à caprioles, que vous ne i’ayezbien délibéré au manège de guerre, ou a u terre à terre. Ne faites point lever le devant à votre cheval , qu’il ne soit délibéré, & n’obéïsse à la main & aux aides du talon , & qu’il n’échape de vitesse , & f orme bien son arrêt. DiHionnaïre des Arts de l’homme d’épée.) DE'LICAT, délicate , adj. [' Délicat us , elegans.ex- quisitus . ] Qui n’est pas grossier, qui a de la délicatesse. (11 est délicat dans Ton boire & dans son manger. Abl Arr. ) DE'LICAT , délicate , adj. [ Subtilis , tennis, exilis mollis .] li se dit des corps composez de parties menues & déliées, (li y a diverses parties dans le corps qui sont fort délicates. La toile d’araignée est com. posée de parties fort délicates. Peau délicate.) DE'LICAT , délicate , adj. [ Fragilis , exilis , delica - tus .J 11 le dit des choses (bibles & fragiles. Le verre, la porcelaine, le talc, &c. sont des matières fragiles & délicates. ) DE'LICAT , délicate. [ Mollis , tenuis. ] De foibls complexion , qui n’est ni fort ni robuste. (Son tempérament est fort délicat : être d’nne complexion fondé, licate. ) DE'LICAT , délicate, f Delicatus. ] Douillet, qui aime ses ailés. ( 11 est tout à fait délicat, il ne sauroic sotifrir la moindre petite incommodité.) * Dc/icat , délicate. [ Subtilis , artificiosus , inAuflrm.] Fin, subtil, adroit. ( Esprit délicat, oreille délicate, raillerie délicate , tenir une conduite délicate, travail délicat. ) * DE'LICAT , délicate, s Dijstcilit , perìrulofus, lu- bricus. ] Chatouilleux , pointilleux , qui se fâche pouf rien. Le mot de délicat se dit aussi des choses, ou pouf lé bien gouverner il faut beaucoup d’adresse & d’efprir, (II est délicat là-dessus. Je ne fuis pas si délicat, Dieu merci. Mol. C’est une afaire fort délicate. C’eli un dessein très-dangereux Que d’entreprendre de te flaire , Les délicats font malheureux , Rien ne Jaunit les satisfaire. La Font. ) DE'LICAT , délicate. [ Exquis tus. ] De bon goiìf, Viande délicate. ) DE'LICATEMENT , adv. f Delicatè , molliter .] D’una maniéré qui ne soit pas rude , d’une façon douce. (Manier une chose délicatement. ) DE'LICATEMENT. [EJeganter .subtiliser.] D’une maniéré agréable. Travailler délicatement. Abl. Mettre délicatement en œuvre. Vaug. Quint. I. ) * DE'LICATEMENT. [ Industrie . acutè, concmrn.] Ingénieusement. Ecrire délicatement, s’exprimer délicatement. ) Se délicater , v. r. f Delicias venari . suHart , aucu- pari.] Avoir un grand soin de soi: se eboïer d’rnie maniéré qui aille jusques à la délicatesse. (C’estun homme qui se délicate fort. ) í DE LICATER , est auflì actif & signifie traiter aveC trop de mollesse. ( On ne doit pas trop délicater les enfans. ) , DE'LICATESSE ,s.s. [ Elegantia. nioUìtia , subtilité . sollicitudo . averjhs aninius. J Manière d’aniour & de tendresse rafinée & délicate : bizarrerie scrupuleuse & rafinée. ( J’ai une furieuse délicatesse pour tout ce que je porte. Mol. Je ne vois rien de fi ridicule que cette délicatesse d’honneurqui prend tout en mauvaise part. Mol. La délicatesse est trop grande de ne pouvoir foufrirque des gens triez. Mol. , DE'LICATESSE. [ Subtilité , industria. ] Subtilité, adresse d'esprit, tours d’efprits fins. (Feud’Abhuv court avoir une grande délicatesse d esprit; c’est de la délicatesse perdue. ) * Ut'LÍ- DEL * DE'LICATESSE. C Operis elegentia, exquiptum ar- ttflcium. J Ce qu’il y a de plus fin dans un art ou une sience. ( Savoir toutes les délicatesses d’une langue.) DE'LICE, s m. [ VolupUi. ] On met ce mot quelquefois au singulier , & alors on le Fait masculin. ( C’est un grand délice de boire frais. Acad. Franc. DE'LICES, s. f. [ Delhi*. ] Ce mot n’a point de singulier en notre langue, & il signifie plaisir. Vaug. rem. (Goûter les délices de l’Aíìe , Abl. ret. I. %. c. i. En nom formant , nature a ses caprices, Divers penchans en nous elle fait observer , Ees uns à s’exposer trouvent mille délices , Moi sen trouve à me conserver. Mol. ) sf „ Beaucoup de gens , ( dit Mr. de Vaugelas, „ Observ. 241. ) disent, e’ejl un délice, qui est une „ faqon de parler très basse : délice ne fe dit point au „ singulier dans le beau langage , ni dans le beau fti- „ le , mais seulement au pluriel, & est féminin, com- „ me delicia en latin , notre langue suivant en cela „ la latine, & pour le nombre , & pour le genre : de „ grandes délices”. Cette décision n’a pas été aprou- vée par Mrs. de l’Académie ; ils veulent que l’on puisse dire dans le beau'langage : C’est un grand délice que de boire frais, Quel délice d’être , avec des gens dune société agréable ! Ce mot qui vient de delicium ou delicia que l’on trouve dans les anciens Auteurs latins, est masculin dans ces phrases , & toujours féminin au pluriel. . DELICIEUSEMENT, adv. [ Delicatè, molliter. ] Avec délices. (Vivre délicieusement, manger délicieusement. ) DE'LICIEUX, délicieuse , adj. s Gratus , jucundm , fuavis. ] Qui aime les plaisirs, les délices ; agréable au goût. ( C’est un homme délicieux , vin délicieux, manger délicieux. ) . DË'LICOTER, t«. n. sCapiflrum excutere.) Terme de Manège , qui se dit d’un cheval sujet à défaire son licou , & à qui il faut mettre une sougorge. DE'LIE', déliée , adj. [ Solutrn. ] Qui n’est plus lié. ( Bote de foin déliée. ) DE'LIE', déliée. [ Tenuis ,subtilis , gracilis. JTrès- menu. ( Un fil très-délié, cheveux fins & deliez. ) * DE'LIE', déliée. [ Subtilis , acutus. ] Fin, subtil, délicat. (Voiture avoir l’esprit délié. ) Le délié de la plume. Terme de Maître à écrire. Efet de mouvement délié de la plume. Trait délié de la plume. Df/LIER , v. a. [ Solvere, exfohere .] Ce mot & les fui vans font de trois silabes. Prononcez dé-li-é. Défaire le lien ou le nœud qui lie , & qui arrête quelque chose. ( Délier un fagot, une botte de foin, une botte de paille. ) * Voici le jour qui rompt mon silence , & qui délie ma langue. Ablanc. traduUìon de toraison de Ci. ceron pour Marcellus. ) DE'LIER, v. a. [ Remittere. (j Se dit des choses spirituelles. Les Prêtres ont le pouvoir de lier & de délier. , t DE'LINE'ATION , f. f. [ Délheatio. ] Mot tiré du Latin. Répréscntation de quelque chose fur le papier. ( Faire la délineation d’un plan. ) DE'LINQUANT , f. m. [ Noxa , delicli r eus. J Terme de Palais. Ce mot est tiré du Latin. II signifie, celui qui a commis quelque faute. ( Punir les dé- linquans, c’est-à-dire , les coupables. ) DE'LINQUER, v. n. f Délinquere, peccare. ] Commettre quelque faute. (Celui qui a délinqué & pré- variqué dans fa charge doit cn être interdit.) f On ne le dit guére qu’en prétérit , & on ne fe sert de ce terme que dans la pratique. DE'LlRE, f. m. [ Delirimn , insania. J Ce mot fè dit parmi les Médecins. C’est une aliénation d’e- sprit causée par la violence de quelque fievre. ( Etre en délire. ) D'ELIT, s. m. [ DeliHum , eulpa , peccatum, cri. rnen. ] Ce mot est plus du Palais que du beau langage. On s’en sert dans le stile simple & comique ; il signifie faute, crime. (Délit commun, délit privilégié. La Justice a proportionné la peine au délit. Abl. Lucs) f On apell e le corps du délit, Faction même du crime qui a été commis, comme un meurtre. On le dit par opo- Étion aux circonstances. Le corps du délit est constant. Les Clercs commettent des délits plus graves les ans que les autres. Les fautes legeres font apellées DEL 585 délits communs, que les Juges Ecclésiastiques punissent par des peines canoniques , qui sé réduisent à une correction & à une penitence plus ou moins fevere, selon la qualité du délit. Mais quand il est -assez grave pour mériter une peine afdictive , c’est au juge laïque à en connoítre ; ainsi on distingue les délits des Clercs en communs , ou privilégiez. Je ne fqai st ce terme privilégié, est bien juste , puisque ce n’est point par un privilège que nos Rois ont un droit & un pouvoir fur les personnes des Ecclésiastiques , mais par un droit naturel, & tel qu’ils Font fur les personnes de leurs autres sujets. Dans les Ordonnances des Eaux & Forêts , délits , abm , malversations , font sinon! mes, & signifient en général toutes sortes de dommages faits aux eaux St forêts. En flagrant délit. [ In manifeflo scelere deprebendi. ] Cela fe dit en terme de Palais, & en riant. (II a été surpris en flagrant délit ; c’est-à-dire , dans le tems qu’il commettoit le crime. Sur le fait. ) DETELER , V. a. [_ Lapident contraria insttu collo- care. ] Terme de Maçons. Poser une pierre dans un bâtiment en un sens contraire à celui qu’elle avoit dans la carrière, dans son lit naturel. ( 11 ne faut point déliter les pierres. ) DE'LIVRANCE , /. f ÍTraditio , liberatio, re. demptio .] C’est Faction par laquelle on met en liberté, & tire de servitude. Exemption de peine , de mal, ou de travail. ( La délivrance du peuple de Dieu est fameuse dans FHistoire Sainte. Devoir fa délivrance à quelcun. Voit. I. 34. La délivrance de la terre sainte. Demander la délivrance des maux. Maucroix , hom. 14. ) DE'LIVRANCE, f. f. [ Traditio, ] Action par laquelle on met des meubles ou quelques legs à une personne. ( II ne veut pas faire la délivrance des titres de cette terre. ) Cg Délivrance, en termes de Monoie, c’est la permission qui esta cordée par les Juges Gardes aux Maîtres des Monoies , d’expofer dans le public les efpeces d’or & d’argent, ou de billon , qui ont été nouvellement fabriquées, & d’en païer ceux qui ont aporté les matières, après que les mêmes Juges Gardes ont reconnu que les efpeces étoient conformes à l’Ordon- nance. Voïez Bouteroué , pag. 147. çjf Boifard, p. 96. 97. DE'LIVRE , f m. [ Secuxda.) Terme d ’Acoucbeur & de Sage-femme. C’est l’arriére-faix. On Fapelle délivre à cause que la femme n’est point entièrement délivrée de fa grossesse , que l’arriére-faix ne soit sorti. ( Quand le délivre ne sort pas , on le tire ; mais il s’y faut prendre adroitement, car s’il reste la moindre chose du délivre dans la matrice, la femme sent de très-grandes douleurs. Voïez Arriére-faix. ) Ce mot sc dit aussi des bêtes, & particulièrement des vaches. DE'LIVRER, v. a. [ Tradere. J Livrer, donner. Délivrer de la marchandise. Délivrer cinq cens ta- lens pour les nécessitez de la guerre. Vaug. Quint. L ;.) DE'LIVRER. C Liberare , redimere. J Exempter, dé- barasser ; mettre en liberté. ( Je l’ai délivré d’un fâcheux qui le tourmencoit fort , délivrer un captif. DE'LIVRER, v. a. [Adejfe parturienti .] Terme d’A- coucheur St de Sage-femme. C’est acoucher une femme. ( Délivrer une acouchée, délivrer heureusement une femme. ) Se délivrer , v. n. [ Parere , eniti. ] Acoucher. ( Cette femme s’est délivrée. ) (ss Le verbe délivrer a deux significations. Quelquefois il veut dire mettre quelque chose entre les mains d’une personne, comme délivrer de la marchandise : mais il signifie souvent afranchir , mettre en liberté : ainsi on dit délivrer un prisonnier; & dans la prémiere signification, il n’a jamais qu’un seul régime : ensorte que l’on dit, je lui ai délivré toute la marchandise ; ou , il nia délivré une grosse somme ; & l’on ne dit point, j’ai tant sollicité pour obtenir la ; liberté d’un tel prisonnier , que le Juge me ta délivré. Le P. Bouhours a remarqué que de célébrés Ecrivains disent, il étoit obligé à cette fête de leur délivrer un criminel. Voulez-vous que je síous délivre le Roi des Juifs ? Tout le peuple fe mit à crier, Faites mourir celui-ci, & Aélivrez-nom Barrabm. Cet Auteur ne croit pas qu’il faille en cela les imiter : on ne délivre pas un prisonnier comme de la marchandise ou de l’argent,, $ DE'LIVRER, se dit aussi deis ouvrages qu’on donne Tom. I. E e e e à un 586 DEL à un Entrepreneur,à un Ouvvicr; & des Ouvrages qu’un Entrepreneur doit rendre parfaits & achevez dans un tems marqué. ( On a délivré ces ouvrages aux Entrepreneurs. Les Ouvriers ont délivré tout ce quils avoient promis. ) n _ „ ± DE'LIVREUR , s m. [ DiJìnbutor. ] On apell.e Dé livreur s chez le Roi , ceux qui dans les offices distribuent le pain , le vin & les autres provisions nécessaires pour Tissage de la maison & des tables. f DE'LIVREUR, s. »/. [ Liber ator. ] Ce mot veut dire , celui qui délivre, mais je ne Tai trouvé qu’au burlesque dans les bons auteurs. ^ Ce délivreur d’An- droméde vit moins de monts & moins de vaux. Voit. Pois.) En fa place , on dit, libérateur. DEROGEAIENT, s. m. C Migraik , cajìrorum motio, 3 Changement de logis j quand il le dit des soldats, il lignifie encore décampement. * DE'LOGER , v. a. & ». ÍDecedere, dijeedarej Ce mot lé dit aussi de Tame, & signifie sortir du corps. (II y a des Païens qui croient qu’après la mort d’un homme , son ame ne fait que déloger d’un corps à un autre. Hijì. des Bramines, 2 . p. ob. 21 .) . DE'LOGER,».».[ Cafira movere, dijeedere , mi- grare. ] Ce mot se dit proprement des troupes qui sortent d’un lieu où elles ont été quelque-tems. Sortir & quiter un lieu pour aler à un autre. ( Le Régiment est délogé à la petite pointe du jour. Abl. La compas gnie délogea hier. ) •f DE LOGER. [ Domo migrare, cedere , depellere, fugare. ] Quiter le logis , sortir du logis. ) ( Mon pere, Jl matin qui vous fait déloger ? Racine , plaid. a. i. sc. 4 . f DE'LOGER, en termes de Guerre, signifie chasser, faire quitter un poste. ( On délogea l’ennemi du poste avantageux qu’il avoir ocupé. On ne doit pas donner le tems à Tennemi de sc fortifier dans certains postes , il faut l’en d’éloger fans perdre tems. ) DE'LOGER fans trompette , \_silentio , tacìtè. 3 La Fontaine, fables , /. 3 . c’est-à-dire , sortir d’un lieu fans bruit , doucement & en se cachant. Et les petits en mîme-tems , Volet ans , Je culebutans, Délogèrent tous fans trompette. La Font. ) Ce mot fe dit aussi au figuré : Elle sent chaque jour déloger les ris & l’amour. La Font. DE'LQIAL , déloiale , adj. [ Perfidies, infidus, infidelis. J Infidèle , méchant, traitra. Le mot de déloial sc dit, mais il n’est pas fi usité que celui d’in- stdéle. (Un ami déloïal peut trahir ton dessein. Corneille, Cinna, aH. i.fc. 1 . Ce Monsieur Loïal porte un air bien déloïal. Mol. DE'LOíALEMENT, adv. [Perfidè , perfidiosê.J D’une maniéré deloïale. DE'LOïAUTE' , f. f. [ Perfidia, infidelitas. 3 Ce mot signifie infidélité, mais il n’est pas si usité qu’ infidélité. (C’est une indigne déloïauté. Et fa déloïauté va paraître trop noire , Pour Joufrir qu’il en dit le fucce 2 qu’on veut croire. Mol. ) DE'LOT, f m. [ Annulus concavus. 3 Terme de Marine. Anneau de fer concave , qu’on met dans une boucle de corde , pour Tempêcher de fe couper par celle que l’on y fait entrer. DELTOÏDE, adj. Terme à’Anatomie, qui se dit d’un muscle , qui fait mouvoir le bras en haut, ainsi nommé parce qu’il ressemble à un delta t, £ Media pars propitgnaculi. ] Terme de Fortification. II n’a qu’un fianc & une face. DEMI-BATOIR, f m. £ Semi paltmla, j Sorte dc petit batoir pour jouer à la paume. DEMI-BOTE,/ m. £Extremarum cerporis partiumpe* titìo. 3 Terme àe Maître J armes, Eeee j DE'MJ 590 DEM DE'MI-CEINT, fi m. [ Semi-cinflium. ] C’est une chaîne d’argent, dont plusieurs femmes se saisoient une ceinture , & dont quelques-unes s’en font encore une aujourd’hui. DEMI-CERCLE ,s m. [ Hemi-cyclw. ] C’est la moi- tié d’un cercle. DEMI-COUDE'E , s. fi. t 'Semi-cubitm .] C’est la moitié d’une coudée. DEMI-DE'GRE' , f. m. [ Semi-gradus. ] Terme de Géomerrie. Ce font trente minutes. DEMI-DENIER , f. m. [ Setni-denarim. ] Efpéce de monoie du tenis des Rois de la première race. Boute- roue , page 174. DEMI-DIAME'TRE , ou rayon , fi m. [ Semi-diame- ter. j Terme de Géométrie C’est une ligne droite tiree du centre d’un cercle à la circonférence. ( Tous les de- mi-diamêtres d’un même cercle, ou de cercles égaux, font égaux entr’eux. ) DEMI-DIEU , f m. [ Semideits. ] Sorte de Dieu qui habite fur la terre , & qui n’a pas encore place dans le ciel, tel que senties faunes , les íilvains , &c. * DEMI DIEU. [ Imper at or , dux. ] Grand homme, grand guerrier. Sorte de Héros de robe ou d’épée. C’est fort peu de chose qu’un demi-Dieu quand il est mort. Voit. Pois. Vous autres demi-Dieux, avez peur comme les autres hommes. Voit. Pots. ) ffî Les demi-Dieux avoient leur place dans les Cieux parmi les Dieux du premier ordre. L’Antiquité Païenne donnoit cette qualité à ceux qui avoient procuré de grands avantages aux hommes , & qui avoient eu des qualitez bien au-dessus de celles qui font même les Grands hommes, & qu’ils apelloìent héros pendant leur vie ; & lorsque la voix du peuple les avoit introduits dans les Cieux, ces Dieux du second ordre étoient apellez Dii ìndigetes. Parmi les Dieux à qui le Pontife dévotioit, Decius fait mention des indige- getes après Jupiter & ses semblables : Jane , Jupiter , Mars pater , Quirine , Bellona , Lares , Divi Nomen- Jiles , Dii Indigetes. Tit. Liv. lib. 8- n. 9. Et nous aprenons de Servius fur le premier des Georgiques , v. 498. ce que lignifie Indigetes. Dii ( dit-il ) ex bomini- buifafíi , quasi in Diis agentes. Lucain, dans fa Phar- sale, lib. 9. les place entre le Ciel & la Terre: Quaque patet terr pour dire , traVaUr ler avec la hie, ou enfoncer le pave par le moïen de la demoiselle. * DEMOISELLE , s. fi IFerrum calidmn cylindre con- cavo mciusum. J On donne aullì ce nom à un utencue qu’on met dans !e lit pour échaufer les piés. C’est un fer chaud qu’on met dans un cilindre creux, & qu’on enve- lope de linges, afin qu’il conserve long-tems fa chaleur. * DEMOISELLE , s. s. [ Libella.. ] On donne austl ce nom à une efpéce de petit insecte volant. Ou trouve des observations fur cet infecte dans 1 Histoire de l’Académie de 1699. DEM * DEMOISELLE de Numidie , s.s. Ç’est un oiseau rare qu’on a apellé de ce nom , parce qu’il semble qu’il imite les gestes £ la démarche d’une femme. DE'MOLLRj ». a. [_ Démolire , dejiruere, diruerest] Abacre, ruiner quelque ouvrage d’Architecture , ou de maçonnerie. (Démolir un temple. Abl. Arr. I. 7. Lorsque M ontgommeri eut blessé Henri IL Catherine de. Alédicis fit démolir les Tóurneiles , au lieu desquelles on a bâti la Place Roïale. Colomesti opuscula.) DE'MOLITION , s.s. f Demoiitio , disturbatio, ever- so , mdera , ruina. J Pierres & matériaux qui restent d’une maison. (Il avoit ordonné aux Babiloniens d’em- porter les démolitions du temple. Abl. ret. I. 7. ) II peut aussi signifier, l’aHion de démolir. DE'AiON , s. m. s Malus démon. ] Ce mot est Grec. Diable. ( Les dénions sont sujets à toutes sortes de passions. ) * DE'MON. Ce mot est figuré, & alors il est plus de la Poésie que de la prose. II signifie une sorte de fureur. ( Quel démon vous irrite , As vous porte à médire. Despr. fat. 9. ) Dès-lors que son démon commence à f agiter , Tout , jusqu’à sa servante , ejì prêt à deserter. Despr. fat. 8- ) £fs DE'MON méridien. L’Auteur de la Satire Me- nippée s’est servi de cette expression : Et ce sut là que je changeai ma couverture Françoise en cape à /’ Estagnole, gf donnai mon ame aux démons méridionaux. Grégoire de Tours , dans le quatrième livre des miracles de S. Martin, cb.'% 6 . raconte qu’une femme revenant des champs , tomba dans une si grande défaillance , quelle perdit la parole & la connoiffance : On lui fit plusieurs remèdes , mais inutilement, & l’on difoit que íe démon du midi s’étoit emparé de fa personne, ac dicentibus eam meridiani damonk incurjum pati. 11 est dit dans l’acte du martyre de S. Symphorien , que Diane étoit le démon du midi , Dianam quoque damo- nium ejje meridianum. AH. Martyr, pag. 72. Et dans la Vie de Sainte Rusticule, ». 27. pag. 145. du second tome des Actes des Saints de l’Ordre de S. Benoît, qu’une jeûné fille étant tourmentée par le démon du midi, fut guérie par les prières de fa sœur. Le P. Ma- billon a cru fur cet endroit, que ce démon du midi n’étoit autrefois qu’une ateinte soudaine & imprévûë de . quelque maladie violente, qui agissant d’abord avec précipitation, rendoit la personne percluse & sans action. Nous lisons dans lePscaume 90. Non tu mebis ab incursu As damonio meridiano. Peut-être que l’on s’est servi de cette comparaison, parce que les vents du midi font les plus vjolens , & causent d’hor* ribíes tempêtes. Mr. Ménage difoit plaisamment que par 1e damonium 'meridianum , il faloit entendre la fin du dîner. , , t * DE'MON. [ Malus , furiojbs . ] Méchant, enragé , qui fait & donne de la peine, parce qu’il fait du fracas & est de mauvaise humeur. Le mot de démon est usité, en prose dans ce sens, mais il est bas. (C’est un petit démon. ) DE'MONIAQUE , adj. As subst. m. As/., [ Damonia- cm , energumenus . ] Qui est possédé du démon. (Le Seigneur a guéri plusieurs démoniaques. ) f DE'MONIAQUE, adj. [Malus , furiosus , amens. J Méchant, enragé & fou ; extravagant & comme possédé du démon. ( C’estun démoniaque. ) DE'MONOMANIE, f fi [Scientia damonum. ] Ce mot est composé de deux mots Grecs. 11 signifie le culte insensé des démons. 11 se prend poUr la connaissance des démons, & des éfets qu’ils peuvent produire ; & ensuite pour la sorcélerie & la magie. ( La , Démonomanie de Jean Bodin est savante & curieuse, mais elle ennuie presque autant que les ouvrages de V...) DE'MONSTRABLE , adj. [ Quod demonstrari potest. ] Qui peut-être démontré. Ce mot s’est dit par quelques-uns, mais il semble n’être pas, en usage, & tout au plus, il ne se peut dire qu’au Colége. DEMONSTRATIF, démonstrative, adj. [De- monstrativus. ] Qui démontre. ( Un argument démonstratif. Un pronom démonstratif. ) DE'MONSTRATIF , démonstrative. Terme de Rbéto- rique. Ce qui regarde la louange , ou le blâme. Qui Montre par le discours la louange ou le blâme de quelque personne. Ce qui fait voir. ce qu’il y a de beau & de glorieux ou de défectueux dans un sujet. ( Le genre démonstratif. DEM 591 , DEMONSTRATION,// [Demonstratìo.sTet- me de Logique & de Mathématique. Argument qui démontré clairement & invinciblement quelque chose. (Une démonstration mathématique. ) (§ Démonstration. Terme de Jurisprudence. O11 dit : la fiaujje démonstration ne rend pas le legs nuls Pour entendre cette régie , il faut présuposer qu’un legs peut être démonstratif ea limitatif. II faut un exemple pour comprendre ìa direrence qu’il y a entre ces deux choses. Je lègue à Pierre cent livres détruis cent livres qtíiltne doit. Ce legs est taxatif & limitatif ; car il est borné à cent liv. qui font partie de trois cens livres dues au testateur par le légataire. Je lègue à Pierre cent livres à prendre Jur les trois ce?ss qu’il me doit. Ce legs est démonstratif, parce que le testateur indique seulement comment le legs fera païé; ce qui n’inreresse point le legs en lui-même. La diférence de ces deux est essentielle , puisque dans le cas du premier, íi le te- ftateur a reçu les trois cens livres qui lui étoient dûës par Pierre, le legs est anéanti , & il est censé révoqué tacitement : en un mot, la chose leguée ne subsiste plus. Mais il en est autrement du second legs , lequel subsistant par lui-même, il doit être aquité par i’héritier, quoique le testateur ait reçu la somme sor laquelle le paiement devoit être pris. La raison est que (existence du legs ne dépend pas de. l’indîcation du paiement. DEMONSTRATION. [Significatio alicujm rei.] Témoignage de quelque passion par quelque action extérieure. ( Recevoir quelcun avec de grandes démonstrations de joie. Patru, plaid. 7. 11 lui a fait mille démonstrations d’amitié, Les démonstrations d’amitié parmi les gens de Cour, ne signifient rien. ) £jf Quelques-uns aiment mieux dire, témoignage d’a. mitié, que démonstration d’amitié : mais la démonstration dit plus (ce me semble) que témoignage. DE'MONSTRATIVEMENT , adv. [ Démonstrative. J D’une maniéré convaincante. ( Prouver démonstrative- ment auxMolinistes,que l’Eglise est faillible fur le fait.) DEMONTER, ». a. [Altcui equum eripere.] Ce mbtsediten pariant de cavalier. Oter la monture à un cavalier. ( On l’a démonté , -c’est un cavalier démonté.) H DE'MONTER , se dit aussi lorsqu’un cheval jette par terre 1 e cavalier. ( Ce cheval a démonté son homme. ) DE'MONTER. [Compagem dijjbherefj Terme d eMé- nuìster & de Tourneur, Défaire & désassembler un ouvrage monté. (Démonter une armoire, démonter un cabinet, démonter un métier, &c. ) On dit démonter le canon , c’est en ruiner l’asût , dé- monter un fvstl , c’est en séparer les pièces pour le né- téïer ; démonter un lut , c’est en ôter les cordes, il fit construire les vaisseaux, en sorte qu’on les pouvoit démonter & charger les pièces sor des chariots. p r aug. Quint. I. 8. ch. 10. ) * DE'MONTER, v. a. [Perturbare aliquem , elinguem reddere.J Ce mot, au figuré, se dit de l’esprit & du corps, (II a l’esprit démonté, il a la cervelle démontée ; c’est-à- dire, son esprit ne fait pas bien ses fonctions. Ces paroles démontent toutes vos ester an ces. Âblanc. Luc. tom, r. c’est-à-dire , déconcertent toutes vos espérances. II semble que tout son corps soit démonté. Mol. C’est-à- dire, agisse comme par ressort. Les Courtisans ont. des visages qui Je démontent s cela veut dire, qu’ils en changent suivant l’ocasion, ) DE'MONTRER , ». a. [ Monflrare , indicare ,stg- nificare, demonjirare.j Faire voir clairement ; faire une démonstration de quelque chose. ( Démontrer la proportion des lignes. Port-Royal , élemens de Géométrie.) DE'MONTRER, v. a. Souvent il ne lignifie que mon- trer, faire connoìtre. ( : Ce sont des signes qui démontrent qu’il y a des eaux„ou des mines en cet endiòit-là.) DE'MORDRE , ». a. f Rem mordicus apprehenjam dimittere .2 Lâcher ce qu’on tient avec les dents. (Chien qui ne démord pas.) ( * II n’en démordra pas. [Qui à propostto abâucì , re- vocari non.potest . ] II n’en veut pas démordre. [ Apro- postto non revocabitur. ] C’ejì un homme à n’en point démordre; c’est-à-dire, que c’est un homme qui persistera dans ce qu’il a entrepris. ) DE'MOUVOIR, v. a. [Dimovere.J Terme de Palais. Mettre quelcun hors d’intérêt pour lui faire abandonner fa demande. Danet. DE'MUNÍR- v. a. [Spoliarest Oter les munitions & les défenses d’une place. Danet: DE'MU- 592 DEN DE'MIJRER, »• «. [ Fores aperìre. ] Ouvrir une porte ou une fenêtre qu’on a muree. Danet. DE'NATER, V. a. [ Natam toìlere, ] Défaire la »ate , ôter la nate. ( Dénater une chaise. ) DENATURE' , dénaturée , adj, ( [ Inhumâmes. ] Inhumain , cruel. ( Monstre dénaturé. ) 4 DENATURER, v. a. On ne le dit qu’en parlant d’un bien qu’on change de nature , pour en disposer à sa volonté. ( Dénaturer son bien. ) DENCHE', denchée, adj. [Denticulatuté'} Terme de Blason. Qui a de petites dents. 11 porte d'argent à la croix denchée de gueules. Colomb. ) DE'NE'GATION > s /- [ Inficiatio. ] Action par laquelle on dénie en Justice la vérité de quelque choie. DE'NË'RAL, s m. [ Specimen snonetœ fabricandx. ] Terme de Monóie. Plaque ronde qui sert de modèle aux Monoïeurs , pour faire une espèce de la grandeur & du poids qu’il faut. Ce terme est presque toujours au pluriel, de- tseratex; & ce font ceux dont les ouvriers & les taille- resses font obligez de se servir pour ajuster les flaons du poids juste des espèces , & dont les Juges Gardes sont aussi obligez de se servir pour peser lesespeces nouvellement monoïées avant que d’en faire la délivrance au Maître : chaque deneral doit être étalonné fur le fort de l’efpéce, ensorte que le trébuchant y soit compris. DE'NI, f m. [ Negatio , denegatìo. J 11 ne se dit bien qu’en terme de Palais. 11 consiste à nier une chose. ( Demandez-lui ce qu’ìl vous doit, & en cas de déni, vous le ferez assigner. ) DE'NI. Refus. ( Déni de Justice. ) Le déni des alimens qu’on fait à son père, est un crime punissable.) sjf Votez /’ Ordonnance de 1667. tìt. aç. où il est fait mention d’un déni de justice, & de ce qu’il faut faire «n ce cas. t DE NIAISE', f- m. [ Callidut , cautus. ] Fin , adroit. C’est un déniaisé. ) DE'NIAISEMENT , f m. [ Ludisicatio. ] Action par laquelle on trompe, on surprend les niais. DE'NIAISER , v. a. [ Ludificarì aliquem, illu- dere alìcuì. ] Tromper. Atraper avec adresse une personne. (On l’a plaisamment déniaisé. Le Boufon Brusquet déniaisa adroitement Bénevent Comte Espagnol. Votez Perroniana. ) t DE'NIAISER. s Cautiorem , callidiorem evadere. ] Rendre plus fin , plus éveillé , plus adroit. ( Afin de me déniaiser, je suis résolu de voir un peu le monde. Voìt. let. 50. ) DE'NIAISEUR , /. m. f VerfipeUis, callidus , ajìutus. J Homme fin & adroit qui déniaise les autres. DE'NICHER, v. a. [ Pullos nido detrabere. ] Oter du nid. ( Dénicher des oiseaux. ) t DE'NICHER , v. «.f Exilire , profilire. J Sortir, quitter un lieu. ( II faut dénicher de céans ; elle est dénichée dès le matin. ) * DE'NIHCER, v. a. [ Expelkre , dejieere , detur- bare. ] Faire sortir d’un lieu. ( 11 y aura de la peine à dénicher les ennemis du poste qu’ils ont ocupé. Le Commissaire a déniché ces gensdu quartier. ) $ DENICHEUR, f m. Celui qui déniche les oiseaux. II n’est guère en usage au propre ; majs on apelle fig. un dénicheur de fauvettes , un homme fort ardent & fort apliqué à rechercher & à découvrir ce qui peut contribuer à son plaisir , & habile à en profiter. DE NIER, ». a. [ Denegare. ] Refuser , ne pas acorder. ( On ne me peut dénier un rang parmi les Auteurs de notre Langue. Abl. Arr. I. 1. Dénier une faveur. Scar. ) t DE'NIER, v. a. signifie aussi particulièrement refuser une chose que la justice & i’équité exigent. ( Dénier du secours, dénier les alimens, dénier toute justice. DE'NIER, v. a. [Nfgwí.J Nier. ( Philotas dénia le crime. Vaug. Qit'mt. I. 6. Les Templiers dénièrent à la mort les crimes qu’ils avoient confessez dans les tour- mens Mézeraì , hijì. de Fr. Pbil. le Bel. ) DENIER , f. m. (j Nummus argenteus. ] Espèce de monoie d’argent du tems de Pharamond. (Les deniers d’argent, du tems de la prémiére Race, portoient quelquefois la même figure que les sous; mais souvent “* n avoient aucune tête gravée. Bouter ouf , pag. 177. DEN Voïez Sou. Le denier étoît aussi une forte de monoïe Romaine à 12. à la livre. Bouterottì , pag. g;. ) DE'NIER ,s. m. [ Denarius. ] Sorte de monoïe de fonte valant la moitié d’un double , & aïant cours pour la douzième partie d’un sou. Ce denier s’apdlc denier tournois , denier de prix , ou de cours. DENIERS. [ Pecania Jumma. ] Ce mot, au pluriel signifie somme d’argent. ( 11 fit une grande levée dè deniers fur les peuples. Vaug. Quint. I. 4. Par tout de bons contrats assuraient se s deniers • Deux fils d’un fi grand bien étoient seuls héritiers. Vill. ) DENIER, f m. [ Auri , argentiquepretium. ] Ter. me de Monoie & à’Orfèvre. Partie , ou dégré de la bonté de Purgent pur qui est divisé en douze deniers. Ce denier s’apelle denier de fin. DENIER de poids , [ Scriptulum. ] C’est la vingt- quatrième partie de Ponce & la 192. du marc. DENIER , de Monòiage. [ Moneta. ] Elpece de mo. noie de quelque qualité d’ouvrageque ce soit, comme un écu d’or est un denier de monoïage. Bouteroití p. 146. DENIERS de boite. Ce sont les Espèces d’or ou d’argent que l’on met dans la boite des délivrances sous trois clés, dont l’une est remise au Juge-Garde, l’autre à PEssaïeur , & la troisième au Maître. Les Espèces servent au jugement que les Cours des Monoïes font tous les ans des Espèces qui ont été fabriquée» & délivrées au Maître , pour connoître par Pestai que l’on en fait, si la fabrication a été conforme aux Ordonnances. DENIER. Poids de vingt-quatre grains. DENIER-à-DIEU , f. nt. £ Arrha, arrhabo. ] Arrhes. Le peu d’argent qu’on donne à la personne de laquelle on loué, ou l’on achète quelque chose pour assurance qu’on tiendra le marché qu’on fait avec elle. On doit retirer 1 e denier-à-Dieu dans 24. heures après qu’on l’a donné , ou il faut que le marché qu’on a fait tienne. On apelle cet argent Denier-à-Dieu , parte qu’on le donne principalement pour en faire des aumônes aux pauvres. ( Donner le denier-à-Dieu. Retirer son denier-à-Dieu. Rendre le denier-à-Dieu. ) Intérêt au denier quinze, seize , vingt , Ççfc. [Usura,] Terme de marchands. ,í DENIGREMENT, sm. Action de dénigrer la réputation d’une personne. H DENIGREMENT , se dit aussi du mépris ou tombe un homme par fa mauvaise conduite, ou par la malice de ses ennemis. ( 11 est tombé dans un grand dénigrement. DE NIGRER , v. a. [ Alicujus nominì infamim ajpergere, inurere. J Noircir. Terme vieux & bas, qui est encore dans la bouche du petit peuple de Paris; il signifie mépriser. 0 * Régnier a dit, Satire 3. Si les gens de latin des sots font dénigrez. On ne doit point se servir de ce mot. ch L’Académie admet ce terme, & dit dénigrer la réputation d’un homme, dénigrer les ouvrages de quelcun. DENIS, f- m. £ Dionysius. ] Nom d’homme. (Saint Denis l’Aréopagite n’est jamais venu en France.) DENISE , f f C Dionyfta. J Nom de femme. , DE NOMBREMENT, f m. [ Enumeratio. ] Détail qu’on fait de quelque chose. Compte. Nombre. ( 11 a fait un dénombrement de tous les cas où les Juges peuvent recevoir des préfens .Pasc. I. 8- DE'N OMBREMENT dejies. Terme de Pratique. C’est la déclaration par écrit & en bonne forme que donne le vassal, des héritages, cens, & autres droits qu il tient de son Seigneur à foi & hommage, & qu’il recon- noît tenir de lui. ( Donner son aveu & dénombrement. ) 0 * Cette matière est traitée fort amplement presque par tous les Auteurs Coutumiers. On joint ordinairement l’aveu au dénombrement, parce que le dénombrement présopose un aveu & une reconnaissance du vassal, de la supériorité du Seigneur Suzerain. Le dénombrement est un détail de toutes les parties & de toutes les dépendances du fief servant , que le vatìal doit donner a son Seigneur, pour lui servir de titre de fa mouvance , & afin qu’il ne s’en puisse rien éclipser. On doit donner son dénombrement a touts mutation du vassal, & une fois en fa vie: mais on n est DEN n’est pas obligé de le réïterer à chaque changement du Seigneur, Le dénombrement ne fait foi qu’entre celui qui le donne , & celui qui le reqoit. Loisel, Injì. Coûtum. liv. 4. tit. n. 47. Voler Chopin sur la Coutume £ Anjou , p. 1. ch. 2. tit. ». 7. Dumoulin Jur la Coûtume de Paris. DENOMBREMENT. Terme de Rhétorique. II consiste à raporter les parties ou les qualitez qui font dans un sujet. (.On fe sert du dénombrement pour amplifier. ) DENOMINATEUR, f m. [ Humérus denomì- nans.] Terme à’Arithmétique. C’est le nom du nombre de dessous d’une fraction , lequel marque en combien de parties le nombre entier est divisé. Volez Plumer ateur. DE'NOMINATIF , adj. m. &f. [Denominativum nomen. ] Terme qui marque le nom propre de quelque chose. DE'NOMIN ATION, f f- [ Nuncupatio. ] Nom qui est imposé à quelque chose , & qui marque ordinairement quelque qualité qui y prédomine. DE'NOMMER, t), a. \_Denominare , nuncupare .] Nommer & comprendre quelque personne ou quelque chose, nommément ou par son nom, dans quelque acte ou procedure. DENONCER, v.a. [Denunciare. ] Déclarer une chose à quelcun. (II envola un des principaux de fa Cour vers les Scytes, leur dénoncer qu’ils ne passassent point le Tanaïs. Vaug. Quint. Curce,l. 7 . c. 6 . 11 lui envola dénoncer qu’il eût à lui païer le tribut , l, g. ch. 13.3 Dénoncer la guerre , la paix , &c. ) DE'NONCER, v. a. [ Des erre. ] Acufer, déférer, déclarer une ou plusieurs personnes qui ont fait quelque faute. (II dénonça deux Chevaliers Romains. Ahl. Tac. ann. I. n. L’Eglise ordonne de dénoncer les excommuniez. Volez Eveillon , traité des excommunications. D’où vient que pour paraître il s’avise £ attendre, Q£à poursuivre sa femme , il ait sçû vous surprendre , Et que vous ne songez à l’aler dénoncer Que lors que son honneur C oblige à vous chajser ? Mol. tart. ) DENONCIATEUR , s. m. [Delator. ] Celui qui dénonce , celui qui acuse. ( Voici un grand crime dont Tuberon s’est rendu dénonciateur. Abl. traducí. de Cicéron. Les deux dénonciateurs des Templiers périrent misérablement ; l’un fut pendu pour ses crimes , & l'autre fut assassiné par ses ennemis. Mézerai. ) DENONCIATION , ss. II vient du Latin denun- ciatìo. Prononcez dénonciation. Acusation que l’on fait d’une ou de plusieurs personnes devant un Juge, ou d’autres ^ens capables d’en connoitre. (Philipe le Bel, Roi de P rance , fur la dénonciation de deux Templiers scélérats, fit arrêter en 1507. tous les autres Templiers de son Roïaume. Mézerai. DENONCIATION, [ Signisicatio .] Déclaration faite solemnellement. Publication. ( La dénonciation de la guerre. ) DENONCIATION, ss. [Monitio.] Terme d’ Eglise. Déclaration qu’on fait qu’une personne a encouru l’ex- communication. ( La dénonciation se fait afin que la sentence d’excommunication soit entièrement exécutée. Eveillon.') Faire une dénonciation de nouvelle œuvre. Terme de Pratique. C’est déclarer à un voisin, ou autre personne, qu’il n’a pas droit de construire ce qu’il entreprend, & que l’on s’y opose. íg II y a dans le Code Justinien un titre conçû en ces mots , De novi operis nunciatione , où l’on voit que la dénonciation de nouvelle œuvre est une espèce d’interdit inventé pour arrêter les ouvrages qu’un voisin a commencé de faire lorsqu’il est préjudiciable à l’autre voisin : mais pour exercer cet interdit, il faut considérer i’ouvrage en deux états diférens : s’il n’est que commencé , on peut empêcher la continuation, en déclarant seulement & à haute voix , que l’on s’y opose, ou en jettant une pierre ou un bâton dans le lieu où l’on a commencé de travailler : mais si l’ou- vrage est avancé, celui qui le fait, peut-être reçû à lé parachever , en donnant caution de le démolir s’il est ainsi ordonné , & de païer les dommages & intérêts que le voisin aura pú soufrir. . DE'NOT ATION ,sf í Signisicatio. J Désignation. (La terre reçoit beaucoup de diférentes dénota- tions. Quint. Jardins , tom. 1. ) DEN 593 DENOTER, v. a. [Denotare , bi dicter e , signifie are.'} Marquer, désigner quelque chose ou quelque personne, ensorte qu’on la puisse reconnoître. (La plûpartdenos Mistéres nous font dénotez par les figures du vieux Testament. ) DENOUEMENT, T t»- £ Nodisolutio.j} Terme de Poésie. C’est un évenement contraire aux premières aparences, heureux quelquefois & malheureux d’ordi- naire. (Le dénouement de la piéce doit être tiré du fond même de la piéce. Dacier. ) Pf" L’on peut dire que le nœud , & le dénouement font les deux principales parties du Poème Epique , & du Poème Dramatique. L’unité , la continuité, la durée de faction , les mœurs , les senti mens , les épisodes , & tout ce qui compose ces deux Poèmes , ne touchent que les habiles dans f Art Poétique, dont ils con- noissent les préceptes & les beautez. Mais le nœud & le dénouement bien ménagez, produisent leurs éfets également fur tous les spectateurs & fur tous les lecteurs. Le nœud est un événement inopiné, qui surprend , qui embarrasse agréablement l’esprit, excite î’attention, & fait naître une douce impatience d’en voir la fin. Le dénouement calme l’agitation où l’on a été, & produit une certaine satisfaction de voir finir une avanture où l’on s’est intéressé. 11 faut ( dit le P. le Bossu , liv. 2. ch. iç. ) que le dénouement soit naturel, & qu’il naisse du sujet : le Poète y doit être d’autant plus exact, que les lecteurs y font plus atachez qu’au reste. La définition du dénouement est , (selon l’Abé d’Aubignac , liv. 2. ch. 9. ) ,, un renversement des pré- „ miéres dispositions du Poème, & un retour d’évene- „ mens qui changent toutes les aparences des intrigues „ au contraire de ce qu’on en devoir attendre. Les „ Comédies ont presque toutes une fin heureuse : mais ,, les tragédies finissent, ou parl’infortune desprinci- „ paux personnages , ou par une prospérité, telle qu’ils „ l’auroient pû souhaiter”. Le premier soin du Poète, est de préparer le dénouement, & de conduire insensiblement l’esprit à la fin de faction. Les Poètes dont le genie est borné, se trouvant souvent embarrassez de sortir d’une intrigue mêlée de plusieurs événemens , spolient à leur secours quelque divinité, quelque oracle , dont ils surprennent le Peuple , qui ne juge des choses que superficiellement. Horace nous donne là-dessus cette leçon dans son Art Poétique : Nec Dem interpt , nisì dignus vìndïce nodus Incident. Dénouement , péripétie , cajlatrophe , sont mots presque sinonimes. Le premier est de notre invention. Le second est Grec, & Aristote s’en est servi pour exprimer un évenement imprévu , qui dément les aparences ; çVf par une révolution qui n*était point atendué , vient changer la face des choses. La Menardiere prétend qu’il ne peut point y avoir deux dénoùemens dans un même sujet. DENOUEMENT. Se dit aussi, en parlant des afaires &des intrigues du cabinet. ( j’ai sçû tous les dénoùemens de salaire.) DE'NOùER, v. a. £Nodumfoivere , expedire .2 Tiêfàhs unneud. ( Dénouer un neud. Vaug. Quint. L ;.) * DENOúER , v. a. [ Solvere .] Délier. Ce mot se dit de la langue. * Ma langue tíatend pas que F argent la dénoue. Despr. Sat. 9. > f * DE'NOùER, signifie aussi rendre plus souple » plus agile. ( Les exercices dénouent Se corps. ) (§ Mr. Costard, dans fa Défense de Voiture : Or il est certain que la plupart des lecteurs ne cherchant qu’à se délasser , & à se reposer agréablement, veulent bien. se dénouer l’esprit, si je le puis dire ainsi, par un exercice modéré , &c. * DE'NOùER, [Exitum evolvere.] Terme de Poésie. Faire le dénouement d’une piéce de théâtre. (Dénouer une Comédie. Dénouer une Tragédie. ) DENRE'E, s f- \_Annona , obsonia. J Mot général, pour dire, quelque forte de marchandise que ce soit. ( Cette denrée est fort chere. 11 signifie ordinairement la marchandise qu’on vend aux marchez , & qui est nécessaire à Fentretien du ménage. ( Mettre le prix aux; denrées.) DENSE , adj. [ Denfits, concret us ,Jjjiffus.'] Terme de Philosophie. (Un corps dense, c’est un corps qui ocupe peu d’étenduè avec beaucoup de matières. Roh. Phys ) DENSITE', s. s C DenjitM , flpjfitas , emerétio. J Tom, L Efff La 594 DEN La qualité d’un corps dense. (La pesanteur de l’or vient de sa densité, ou de la petitesse de ses pores. ) # L’Académie remarque qu’on ne s’en sert que dans le Dogmatique, où il est oposé à rare. DENTi//- ÍDenr.] Petit os fort dur, un peu creux par dedans, attaché aux mâchoires par le moien des nerfs, des membranes & de la chair des gencives , & destiné pour mâcher les viandes. (Dents œillères. Dents macheliéres. Dents de JageJse ; on apelle ainsi les dernieres dents , parce qu’elles percent dans l’àge où l’on doit être sage. Avoir les dents belles & blanches. Agacer les dents. Déchausser une dent. Les dents tombent, branlent, se pourifl’ent. Rincer les dents. ) On parle des dents de plusieurs bêtes, & entr’- autres des dents de l’éléphant, des dents du sanglier, des dents de loup. Les dents du cheval ont divers noms particuliers ; dents macheliéres, dents de lait ; les pinces, les mitoïennes , les coins , & les crocs. DENT. Ce mot entre dans plusieurs faqons de parler proverbiales. ( II n’en tíztera que d'une dent ; c’est- à-dire , qu’il n’en mangera point du tout. II n’est personne qui ne dise entre ses dents , les Princes font d’é- tranges gens. Voìt. Po'és Vous avez une dent de lait contre lui. Mol. C’est-à-dire, quelque haine , quelque ressentiment contre lui. Ils tri ont fait médecin malgré mes dents. Mol. C’est-à-dire , malgré moi. Elle a mis son galand sur les dents. Rem.fat. 19 . C’est-à-dire , qu’eìle a épuisé les forces de son galand. Montrer les dents à quelcun , c’est montrer qu’on a de la fermeté & du cœur. Avoir les dents bien longues , c’est avoir faim. Etre pauvre. Ne manger , ni son sou , ni quand on vou- droit, ni ce qu’on voudroit. Parler des grosses dents , c’est parler couvertement & hardiment à quelcun. Cha- fun lui donne un coup de dent ; c’elt-a-dire , qu’on le raille, qu’on le déchire à coups de langue. Déchirer à belles dents. On prendroit aujjì-tôt la lune avec les dents s c’est-à-dire, que la chose dont on parle est impossible. Déchirer quelcun à belles dents ; c’est médire cruellement de quelcun. Murmurer entre ses dents s c’est-à- dire , tout bas , & lans vouloir être entendu. Rire du bout des dents s c’est rire par force & fans en avoir envie. Prendre le frein aux dents. Voïez frein. Maìgréses dents; c’est-à-dire, quoiqu’il ne le veuille pas, & quelque éfort qu’il puisse faire pour l’empêcher. II ejl armé jujqu’aux dents ; c’est-à-dire,il est armé de toutes pièces.) On dit encore , pour se mocquer d’un Pédant , qu’il est savant jujqu’aux dents. Ce qui vient de ce qu’autre- fois on ne tenoit personne pour savant, jusqu’à ce qu’il Fût passé Docteur : ce qui ne se saisis t qu’après de grands repas où l’on faisoit, comme il faut, l’exercice des dents. On dit d’un grand menteur, qu’il ment comme un arracheur de dents. On dit encore d’un homme qui ne se tourmente guéres, quand il lui arrive quelque chose de fâcheux, qu’il n’en perdrait pas un coup de dent. On dit de même d’un gros mangeur à qui on présente peu de chose à manger, qu’iln’yena pas pour la dent creuse. On dit d’une vieille femme décrépite , c’efl une vieille sans dents. Acad. Fr. {f Le terme dent a plusieurs significations , quand il s’agit d’un cheval. Les chevaux ont quarante dents, & les juments trente-six. On divise les dents des chevaux & des juments en cinq sortes. Les premieres font apellées machelieres , & font au nombre de vingt- quatre, dont douze font a tachées à la mâchoire supe- rieure, & douze à la mâchoire inferieure , que l’on nomme ganache : les premières font toujours fixes, & les autres fervent à mâcher la nouriture , en la poussant aux dents superieures où elle se froisse. Les superieures ne servent point à connoître l’âgedu cheval. Les secondes, font les dents de lait, qui poussent aux poulains quand ils ont trois mois :. il y en a douze , six dessus , & íix dessous ; & à trente mois les dents commencent à tomber , & font place à d’autres plus fortes dans le même ordre qu’elles ont paru. Ces nouvelles dents font distinguées par des noms di- férens qu’elles prennent à mesure qu’elles croissent ; & c’est aussi par cet acroissement que l’on peut connoître l’âge du cheval. Des douze dents de l’ait, il y en a quatre nommées pinces, quatre apellées mitoïennes, ct les quatre autres , coins. Les pinces font situées fur le devant de la bouche ; deux dessus , deux dessous ; & quand elles font poussées, on juge que le cheval est entre deux & trois ans ; ce font les prémieres dents qui tombent au cheval. Les mitoïennes font proches des pinces, plus avant dans la bouche, une DEN dessus, une dessous, à chaque côté des mâchoires- elles paroissent lorsque le cheval aproche quatre ans* Les coins sont encore plus avancez dans la bouche un dessus , un dessous, à chaque côté des mâchoires' ils commencent à pousser entre les quatre à cinq ans. Quand ils ont surmonté la gencive à cet âge, ils deviennent creux , & marquent ordinairement jusques à sept ou huit ans. Le terme marquer signifie qua dans le creux des coins, il se fornpe une petite marque noire, apellée germe de feve , à cause qu’elle en a la figure : mais quand le cheval a passé six ans, ce creux commence à se remplir, & la marque commence aussi à s’éfacer peu à peu ; ensorte que la diminution de l’un & de l’autre continue depuis six ans jusques à sept & demi. Sur les huit ans, le creux est rempli, & la marque noire est éfacée ; & comme alors la dent est pleine , égale , & unie comme si on l’avoit rasée , on dit que le cheval a rasé. Les crocs ou crochets sont au-delà des coins , situez fur les barres, deux à chaque côté des mâchoires, rangez un dessus & l’autre dessous, fans qu’aucunes dents aïent jamais poussé à leur place. Les deux crocs inférieurs percent tantôt à trois ans, tantôt à trois ans & demi, & quelquefois à quatre : mais les deux crocs de la mâchoire íùperieure paroissent quelquefois à quatre ans & demi, & tantôt ils dévancent les coins, & tantôt ils paroissent après , fans aucune régie certaine, jus. qu’à l’âge de six ans , ils font canelez par dedans. Environ les dix ans, les deux crocs de dessus parois- sent fort usez; ce qui sert à indiquer cet âge là. En- suite les dents s’alongent, ou plutôt deviennentdechar- nées , parce que la gencive se retire : & à la fin furies quinze à seize ans, le cheval cille. On dit: ce cheval a mis basses dents de lait, il a mis les coins, ou il les pousse. Cet alezan a changé ses dents, & met ses pinces. Ce cheval est dangereux du pié & de la dent. Votez Mr. de Soleisel, dans son Parfait Maréchal, & le sieur Cuiller dans son Dictionnaire du Gentilhomme. £ DENT de Chien, s Dens canis. ] Fiante dont il y a deux especes. L’une & l’autre croissent aux lieux montagneux; on les cultive auflì dans les jardins. Elles contiennent beaucoup d’huile , ct médiocrement de sel essentiel. Leurs racines font résolutives, digestives , amoliffmtes. DENT de lion , ou Piss enlit. [Dens leonisf] Plante qui croît dans les lieux herbeux. Toute la plante est atnere, deterlive , aperitive , propre pour purifier le sang. ^ DENT de àp. s Dens lupi . ] On l’emploie pour faire sortir les prémieres dents des enfans. On Penchasse dans de l’argent & on la fait mâcher. La poudre du cœur de loup est propre pour l’epilepsie. Son foye séché est propre pour l’hydropisie & pour la phthifie. Dent. [ Denticulw. ) Ce mot se dit de certaines choses inanimées. (Ainsi on dit les dents d’une scie, les dents d’un rateau, dent de herse, dent de roue, de tourne broche, dent de brisoir, dents de peigne, dents d’une roue de moulin. Les dents d’une clé, ct c. (Les Couteliers apellent dents les brèches qui se font aux lames des couteaux, canifs, rasoirs, ciseaux, &c, Voïez Brèche. On dit aussi figurément, on nefepeut garantir des dents de l’envie , de la médisance, de la satire. Cure-dent , brêcbe-dent , trident , furdent , & autres mots composez de dent se trouveront en leur rang. DENTAIRE , f f. Ç Dentarta. ] Nom qu’on donne à certaines plantes, à cause de la figure de leur racine. £ II y a quatre especes de dentaire, qui sonttou. tes detersives, dessicatives, carmi natives, & vulnéraires. DENTALE- Ce qui se prononce avec les dents. ( Les Hébreux distinguent les lettres, en lettres dentales , labiales , gutturales. ) í DENTALIU M, f. m. On donne ce nom à une coquille longue qu’on trouve fur les rochers de la mer, & qui est d’usage dans la Medecine. 4 DENTARIA Orobanche. Plante dont il y a trois especes. Elles font detersives, astringentes, humectantes , incrasiantes , vulnéraires , ct propres pour les ulcérés du poumon & de la poitrine. DENTE', E'E, adj. [ Dentatus. ] Ce mot ne fe dit guéres que des roués qui servent à plusieurs machines. Dans 1e Blason il íe dit des animaux armez de dents, lorsqu’elles sont répréfentées d’un autre email. DENTE'E ,sf [ Aprugni dentk iclus. ) Terme aç DEN Cbafji. Atteinte des défenses d’un sanglier, qui éventre les chiens & les chevaux. f DENTELAIRE, s. f [ BenteUarìa. ] Plante qui croît dans les pais chauds. Sa racine excite le crachat,comme fait la pirette,& elle foulage le mal de dents. DENTELES dentelée ,, adj. £Benticulatm. J Terme à’Art. ÇLui est faqonné en forme de dent. ( Ouvrage dentelé , roue dentelée. ) II fe dit des feuilles d’arbres & d’herbes , qui ont les bords coupez en maniéré de petites dents. (Les feuilles de cet arbre font joliment dentelées, Quint. Jardins fruitiers , t. r. ) £g Les Italiens spolient BenteUa , un ornement d’Architecture fait en forme de dents, & que Vitru- ve apelle Benticulus. DENTELER, v. a. [ Benticulos agere. ] Faire des entailles en forme de dents. DENTELLE , f f. [ Textum ex. argento , bomby- ce, aura , 0JV. denticulatum , variisfiguris descriptum .2 Ouvrage de fil , de foie, d’or ou d’argent qu’on fait an fuseau, & dont on se sert pour atachersur le linge, ou sur les habits. (Faire de la dentelle , remplir de la dentelle. ) DENTELURE , f.s. [ Benticuli. ] Terme d’Art. Ouvrage dentelé. í DENI ER, ou SYNODON, f. m. Poisson de mer long L de indienne grosseur qui se trouve dans la mer Adriatique. II est apéritif & bon à manger. DENTICULEj;/ [ Benticuli. ] Terme à’Architecture. Membre de la corniche ionique qui est carré & recoupé par plusieurs entailles qui donnent la forme d’un râtelier de dents. DENTIER , f. m. [ Bentium orda. ] Un rang de dents. (Cette femme a un beau dentier. Acad. Franç.) f DENTIFRICE, f. m. Terme de Médecine. On apelle Bentifdces les remedes ou drogues qu’on emploie pour netoïcr & conserver les dents en les frétant. DENTURE , f. f. [ Bentium ordo. ] L’ordre dont les dents font rangées , rang de dents. (Une belle , ou une vilaine denture.) DE'NUE', denuée , adj. f Spoliatus. ] Privé de tout, dépouillé de tout, qui n’a rien. ( Le Sage n’est jamais foible , quoiqu’ií soit dénué de tous les secours étrangers. Morale du Sage. Etre dénué de toutes choses. Patru , plaid. 4. La valeur dénuée de toutes les autres vertus, ne peut rendre un homme digne d’une véritable estime. Segrais. ) (f Le terme dénué est élégant dans le sens métaphorique ; car on ne dit pas un homme dénué pour un homme dépouillé ou un homme nud. Mais le P. Bouhours nous aprend dans ses Remarques fur notre langue , que dénûment ne vaut rien , ni dans le figuré , ni dans le propre , il n’est pas même François , & nos vieux Dictionnaires, qui ont la plupart des mots en ment , que certains Auteurs veulent rétablir, n’ont point celui-là. 11 faut avouer néanmoins que les dévots s’en servent, & qu’ils disent le dénûment ; de toutes choses i tendre à un parfait dénûment être dans un parfait dénûment des créatures U de soi-méme. Mais les dévots ont une langue particulière , fort diferente du commun langage ; ils ne sc mettent guére en peine de l’Académie, &c. Le dénûment des autels; comme parle un Auteur célébré , est encore plus barbare. Malherbe a dit : Pluton ejì seul , entre les Bieux, Benué d'oreilles 0 ? d’yeux A quiconque le sollicite. Mais ni dénué , ni wad ne font point de mon goût. Le même Malherbe a dit : Un homme qui tout nud de glaive U de courage , Mais il faut laisser cette locution aux Italiens ; car un de leurs meilleurs Poètes Fulvio Testi a dit : Et non sà che ïArcier crudo Sempre è nudo Bi pilla phi che di fpoglie. Âlain Chartier a dit de même, Ains mourrai quand mourir de vrai Bejoze nu'i Sans être à fortune tenu'é. DE'NUER, v. a. N F. [ [Spoliare .) Dépouiller des choies dont on a besoin. II ne se dit que dans un sens métaphorique. ( La fortune l’a dénué de tous biens.) DE'NUMENT , f m. [ Rtrum omnium Jìoliatio. ] Terme qui se dit parmi les dévots. Etre dans un parfait dénûment des créatures. ) DEPAÏSER, v. a. [ Aliquem è patrio solo evocare , de patr'/a extrahere. J Prononcez dépàisé. Tirer quel- cun d’un lieu où il a du crédit où des habitudes. ( Si vous vouiez avoir un procez avec un tel , il le faut tirer à Paris , & le dépasser, car il a trop d’amis dans la Province. Ce Prieur a dépassé son Moine.) DE'PAïSER, v. a. f Fatuos mores exuere. ] Corriger quelcun des défauts , des mœurs , ou de l’accent de son pais. ( Pour sc dépasser, il fout aler à la Cour. Etant venu en Cour pour se dépasser, Scar. Bom Japh. ail. 1. Jc. 2. ) í * DE'PAïSER quelcun. C’est en matière de dispute, le mettre fur un sujet où il ne soit pas fi profond , ni si bien préparé. f * DE'PAïSER. On le dit aussi en matière de négociation , & dépasser un homme signifie , lui donner de fausses idées, pour lui faire perdre la connoiffan- ce qu’il a d’une afaire. DE'PAQUETER, a. £ Fascemsolvere. J Défaire un paquet. ( Dépaqueter une chose empaquetée.) DEPAR. [ Ab, de mandato .2 Préposition , qui signifie de la part, par l’ordre, par le commandement. ( On a défendu de par le Roi les passemens d’or & d’argent. ) DE'PARAGER , v. a. £ Puellam impar in matri- monium collocare. J Terme de Coutume. C’est marier une fille à une personne d’une condition inégale. DE'PAREILLER, V. a. £BiJparare, impar facere.J Séparer deux choses pareilles. (Dépareiller des gands, des bas , & autres semblables choses qu’on fait ordinairement égales de meme matière & de méme faqon. Beux gands dépareillez , deux bouteilles fur cu , Qui disoientsans goulet , mus avons trop vécu. Régnier. ) f DE PAREILLER, sc dit aussi des Livres. (On a égaré un volume de cette Histoire, elle est dépareillée.) t DE'PARER, v. a. £Béformare. ] Ce mot, pour dire, ôter l’agrément, l’ornement, comme par exemple , un nez mal fait dépare un visage, n’est pas en usage ; il faut dire à fa place , défigure un visage. DE'PARER une Eglise, f Ornatum tollere. 3 C’est en ôter ou changer ce qui la pare. (II fout déparer l’E- glisc pour la tendre de deuil. ) DETARIER , a. v. [ Bijparare. ] II signifie quelquefois la même chose que dépareiller , mais il sc dit particulièrement des animaux qui 1e joignent ensemble, comme du mâle & de la femelle qui composent une paire de pigeons, & veut dire, îes séparer Fun de i’au- tre. 11 se dit aussi des chevaux de caresse de diférent poil , de dîférente taille , &c. qu’on ne trouve pas à propos d’atteler ensemble à un même carosse. (Un de mes chevaux est mort, l’autre qui reste est déparié. ) t DE'PARLER, »• ». c Non cejsare à loquendo. J Ce verbe , joint aune négative, signifie ne pas cesser de parler. ( II auroit bien été fans déparier un mois que j’aurois peu parlé. Scar. épître chagrine à M. Belbene. ) DE'P ART , s m. [ Bìscejsm , profeHus , abitus. J C’est la sortie d’un lieu pour aler à un autre qui est éloigné. (Etre sur son départ , songer à son départ) DE'P ART. £Auraria diremptionis administra aqua. J Ternie à’Qrfévre Séparation qui se fait de i’or & de i’argent par le moïen de l’eau forte. ( Faire le départ de l’or & de Fargent. ) (g Mr. Boizard explique dans son Traité des mo- noies, chap. 21. comment on fait le départ. t DE'PARTAGER , v. a. [ Aéquationem senten- tìarum tollere. ] Oter le partage, terme de Palais. II ne fe dit qu’à F égard des Juges de quelque corps qui ont été partagez; c’est-à-dire, de diférent avis en nombre égal ; & qui , pour terminer ce partage d’o- pinions , apellent quelque autre Juge dans leur corps, ou portent leur diférent dans un autre corps pour départager. Voïez Bépartir en ce sens. DEPARTEMENT, s.m. £ Bistributio, partitio. ] Terme d ’Intendant de Justice , & de Commissaire de guerre , & A’autres quifont empiétez auservice du Roi s c’est une étendue de pais fur laquelle on a quelque pouvoir , conformément à la charge, où à la commission qu’on exerce.(11 a trente villages dansson département. Tom. I. Ffff % DE' 594 DEP DEPARTEMENT. C Partitio. ] Ce mot se dit auffi entre Sécrétasses d’Etat, & c’est la partie d u Roïau- me dont les afaires qui regardent l’interêt du Roi, font commises au Sécrétaire d’Etat. ( Cette province est du département de Mr. Colbert. ) DEPARTEMENT. [ Disiributio. ] Ce mot se. dit auffi , en parlant des gens de guerre. ( Ils tirèrent au fort les vilages les plus proches, & chacun alla à son département. Ab/, ret. L 4. c. ) | DEPARTEMENT , se dit auffi dans la Marine des lieux départis & distribuez. ( Le département de Toulon, le département de Brest. Tous les Officiers de Marine sc font rendus à leur département. ) On dit encore, département des Tailles , & autres impositions fur les élections & paroisses. Département se dit auffi de quelques endroits d’une maison qu’on assigne à quelcun pour y loger. ( Le plus haut étage est le département des domestiques. ) f DEPARTI, part. On apelle Commissaires départis dans les Provinces, ceux qu’on apelle aussi Intendans. jQf DEPARTIE , f. f. Vieux mot. C’est départ. Malot, Temple de Cupide : Que peu de tems après ma départie , J’ay circui du monde grand partie. DEPARTIR , v. a. s Partiri, dijpartiri, dioidere , dijìribuere. ] Distribuer. ( Départir des grâces à quelcun. Voit. í. 5. Memnon aporta de Trace dix mille paires d’armes , qu’Alexandre départit aux soldats. Vang. Quint. Curce , /. 9. cb. 5. DEPARTIR. Ce mot sc dit en termes de Palais , & en parlant de procez. C’est un procez qui a été partagé entre les Juges. ( Départir un procez. On a départi le procez , & l’on en verra bien-tôt la fin ; c’est- a-dire, on l’a distribué aux Juges pour en examiner les pièces, & dans ce même sens, on dit, on a départi les Commissaires pour l’éxécution des ordres du Roi. ) DEPARTIR. Terme de Chasse. Lorsqu’on assigne à chaque Veneur le Canton de sa quête. (Départir la quête. ) Se départir , v. r. [ Ab aìiqua re discedere, rei alicuì venunciare. J Ce mot se dit souvent, en parlant «salaires de Palais. C’est se déporter, quiter, ceder. Se départir de son droit. Le Maìt. II est à croire qu’il ne s’est pas départi de ses furetez fans raison. Patru, plaid. 10. Ce n’est pas une régie dont on ne puisse se départir. Patru, plaid. F- Sédecias, Roi d’Israël, donna sa parole au Prince des Assyriens, de ne se départir jamais de son aliance. Maucroix, hom. de S. Chrisoji. hom. 19. ) f Se départir de son devoir , signifie manquer à ce qu’on doit, s’écarter, s’éloigner de son devoir. Mais on ne s’en sert guére qu’avec la négative. ( II ne s’est jamais départi de son devoir, du respect qu’il doit à ses supérieurs. Un honnête homme ne se départira jamais de son devoir. DEPARTIR. [ Dirimere , separare. J En Chimie , signifie séparer. ( L’or ne se départ d’avec l’argent que par l’eau régale , ou l’efprit de départ. ) t DE'PASSER, v. a. [ Educere. ] L’usage de ce mot est fort borné ; car il ne se dit qu’à P égard dès habits , des rubans, cordes, &c. Et il signifie retirer ce qu’on avoit passé dans quelque chose. ( II faut dépasser ce lasset, parce que vous avez fauté un œillet. Dépasser ce ruban. Dépasser le bras de dedans la manche d’un pourpoint. ) í DEPASSER. Terme de jeu de Billard. Faire dépasser une bille, c’est faire repasser la bille qui avoit aéja passé. DEPASSER. [ Antecedere. ] Terme de Marine. Dépasser un vaisseau : c’est aler plus vite qu’un autre vaisseau & le laisser derrière, ou bien aler au-delà d’un certain lieu. ( Nos Pilotes ont été bien étonnez de voir terre, ils croioient avoir dépassé l’Isle de Cocos. Choisi.) D E'P A VER, v.a. [ Pavimentum resodere. ] Arracher les pavez avec la pince. ( Dépaver une cour, une Eglise , une rue. ) D E'P E'CEMENT, s m. f Laniatus.~\ Action par laquelle on met en pièces. ( Dépècement d’un bœuf, d un mouton , d’un veau. ) DEPE'CER, v. a. ( In fruíla dividere, fiujlatim concidere, laniare , lacerare. J Mettre en pièces. Mettre en morceaux. Couper en morceaux. Prononcez aepece. ( Depecer le suif. ) DEPECHER, v. a. [ Maturare , accelerare, mìt- DEP tere. 2 Adresser à quelcun; envoïer Vers quelcun. On lui depecha des oficiers pour lui aprendre la'réso Courier “wT“* ^ X * ^cher uà Se dépêcher, v. r. [ Maturare. ] Se hâter. Déoê chez-vous de dîner. ) v r (f Se dépêcher de faire une chose , c’est sc hâter c’est la faire promptement. Un Seigneur exhorté à là mort par le P. Bourdalouë , demanda à fa femme s’il faloit croire ce que ce Pere lui disoit; & lui aïantré pondu qu’oui : hé bien ( dit le malade ) aluns donc" dépêchons de croire. ’ í DE'PêCHER quelcun , signifie auffi s’en défaire en le tuant. (11 a bientôt dépêché son homme. Les ennemis furent bientôt dépêchez dans ce combat. ) On dit se battre à dépêche compagnon , c’est-à-dire se battre fans quartier. ' í DE'PêCHER , se dit encore d’un Médecin igno. rant ou imprudent, qui envoie beaucoup de malades en l’autre monde. Ce Médecin en dépêchera beau- coup si on le laisse faire. DE'PE'CHËS , s. f. [ Epiflola , lìttera. ] Lettres touchant diverses afaires d’Etat. ( Les dépêches du Cardinal d’Ossat sont judicieuses. Nos habiles gens «salaires sont formez à un certain stile de dépêches peu convenables à l’Histoìre. S. Evremont. í DE'PE'DANTISER » V. a. [ Rujìicìtatem de- docere. J Ce mot se dit en riant ; c’est tirer de la pédanterie. * DETEINDRE , v. a. [ Pingere, formamalicu- jus exprimere, ejsingere. ] Je dépeins, tu dépeins, il dépeint , nous dépeignons, vous dépeignez, ils dépeignent : f ai dépeint : je dépeignis, [sc. C’est réprésenter. ( Dé. peindre l’ardeur du soldat qui monte à Passant. Abl. Les Poètes tragiques anciens ont beaucoup mieux réussi à exprimer les qualiteZ des Héros, qu’à dépeindre la magnificence des grands Rois. S. Evremont, traité det tragédies. ) Car c’est peu qu’avec art la main dépeigne un vice. II faut , en le voiant , que mon caur le haiíTe. Villiers. ) M DETENDANCE, f f- L Vita , Vivendi ratio, con- ditio quai alterius voluntati subjacet, connexio, acceffìol] Chose qui relève & qui dépend d’une autre. (La Bresse est des prémiéres dépendances de la Couron- ne. Patru , plaid. 4. On dit auffi , vivre dans la sujétion & la dépendance d’un autre. Les propositions de Géométrie ont une fuite & dépendance les unes des autres. Les circonstances & les dépendances d’un procès.) DE'PENDAMMENT, adv., [ Ex alterius arbìtrio,vo- luntate. ] D’une maniéré dépendante. DEPENDANT, dépendante, adj [Qui ab alio pendet, fubjeflus alteri. J Qui relève d’un autre. ( Fief dépendant , être dépendant de quelcun. DE PENDRE, v. a. [Remsustensun demittere. ] Oter une chose qui est pendue , ou atachée à quelque croc, ou à quelque crampon. Je dépens , j’ai dépendu , je dépendis. ( Dépendre une chose atachée en haut. ) f DETENDRE, [ Sumptus facere. ] Ce mot pout dire , dépenser , est hors d’usage. (si Mr. de Vaugelas vouloir que l’on pût dire dépendre &. dépenser. Mrs. de l’Académie ont absolument condamné dépendre pour dépenser. Le premier est fort ancien, témoin le vers de Thibaud de Mailly, qui vivoit fous Louis VU. Pour néant à l’avoir cil qui ne veut dépendre, Villon a dit de même : Tant depend-on, qu’on n’a chemise. Et dans le Blason des fausses amours : Au résidu Homme si perdu Quand il est la, Son revenu Est dependu Puis çà, puis là, [sc. J’aî oui dire à quelques vieillards un couplet de chanson faite à l’honneur de Saint Mars, Grand Feuler de France : II est beau , vaillant, courtois , p^end plaisir à dépendre : Tel fut autrefois défunt Monseigneur Alexandre. Le mot dépens est pourtant dérivé de dépendre. On dict Faire bonne chere aux dépens d’autrui. Etre condame aux dépens. „ . * DE - DEP * DEPENDRE. [ Pendere ex aliquo , subjeftum este aU terius arbitrio , voluntati. ] Etre dépendant, relever. ( II y a en France beaucoup de bénéfices qui dépendent du Roi, & qu’on apelie bénéfices consistoriaux. (La fortune des gens dépend fort souvent de leur méríte.^lW.) ^ DEPENDRE, signifie aussi être subordonné. ( Les Magistrats subalternes dépendent des cours superieures.) t DE'PENDRE , signifie quelquefois provenir , procéder. ( Les effets dépendent de la cause. La fertilité de la terre dépend du soleil. ) f DE'PENDRE , se dit aussi pour s’ensuivre. ( Ce raisonnement dépend des principes qu’on a posez. La conséquence dépend des propositions dont elle est tirée.) DETENS , / m. [Sumptus , impenses Frais. (Faire une chose à ses dépens ; vivre aux dépens d’autrui. ) DEPENS. f Sumptus, impense causarum.'} Ce mot se dit en parlant d’afaires de Palais , & signifie frais. Ce qu’on a déboursé dans la poursuite de salaire ; ce qu’on a dépensé dans la poursuite d’un procez. ( Gagner les dépens, condamner aux dépens ; donner une déclaration de dépens; les dépens montent haut ; protester de dépens & intérêts contre quelcun. ) {f On a douté lì un Avocat qui a fait ses écritures, peut les tirer dans l’état des dépens : mais pourquoi non ? puisqu’en travaillant pour lui, il a emploïé un tems qui lui auroit été utile, s’il avoit travaillé pour un autre. Voïez Gui Pape qu. 250. ■"DE'PENS. [ Détrimentum , periculum , incommo- dum.J Dommage. Tort. ( Se justifier aux dépens d’autrui. Mémoire de Mr. de la Rochefoucaui, Aux dépens du prochain s’il fait rire les gens , Le prochain , à Ton tour, fait rire à ses dépens. Vill. ) DE'PENSE, f f Umpensa , sumptus. Tout ce qu’on dépense. ( L’aumône ne se fait pas fans dépense, jnais lè profit surpasse la perte. Maucroix, hom.i^. On dit, du vin de dépense s c’est-à-dire, petit vin de marc avec de seau qu’on fait boire aux valets. Danet. 11 n’est pas bien honnête U pour beaucoup de causes , Qu’une femme étudie U sache tant de choses : former aux bonnes mœurs l’ejprit de ses enfant , Faire aler son ménage , avoir l’ail sur ses gens, Et régler la dépense avec œconomìe , Doit être son étude U s a philosophie. Poète anonime.) £ DE'PENSE sourde , c’est une dépense secrette qui ne paroìt point. ( Cet homme se ruine en dépenses sourdes.) H DE'PENSE, se dit aussi des articles d’un compte qui contiennent ce qui a été déboursé, dépensé par celui qui rend compte. ( Passer en dépense , coucher en dépense - allouer dans la dépense. ) DE'PENSE. [ Penuarium , cellarìa. ] Terme de Religieux & de Religieuse. Lieu où sont les pots & les ta sises , le pain & le vin. H DE'PENSE, signifie aussi chez les particuliers le lieu où l'on ferre le fruit, la vaisselle , & le linge qui servent pour la tables C’est ce qu’on apelie P Office chez les grands Seigneurs. DE'PENSER, v. a. £ Sumptum , impensam facere , distendere , erogare. ] Faire de la dépense. Consumer. ( 11 dépense tous les ans dix mille francs. II a dépensé son bien. ) On ditaustile familier, cet homme a sait aujourd hui dépense d’esprit. DETENSIER , s m. [ Promus , cellarius , œcono- mus.'] Terme de Religieux. C’est le Religieux qui a foin de la dépense. Celui qui distribué le pain & le vin aux Religieux. f DE'PENSIER, ère , adj. [ Prodigm , prodiga. ) Celui ou ceile qui fait de la dépense. ( Vous étés dépensiere. Mol. tort. aU. i .sc. i. ) DE'PENSIE'RE ,s f [ Cellarìa , teconoma. ] La Religieuse qui a soin de la cave & de toute la dépense. * DEPERDITION, s f í Jatfura , damnum , detrimentum.] Ce mot n’est en usage qu’entre les Chirurgiens qui parlent de déperdition de substances pour dire, que la chair a été entamée, & qu’il y a une plaïe. í DE'PERDITION , est aussi un terme de Chimie. On dit qu’il y a déperdition , lorfqu’après avoir fait dissoudre l’or, l’argent, &c. on ne retire pas toute la matière qu’on avoit mise. DE'PE'RIR , v. n. [ Deterìorem sieri , deperire. ] Commencer à périr, à diminuer, à se ruiner. (Laisser DEP 595 dépérir l’armée. Abl. L’armée dépérit. Volt. /. 74, Prenez garde que votre bien ne dépérisse. ) ^ DE'PERIR , se dit aussi en parlant de preuves, de dettes , &c. On dit en matière criminelle que les preuves dépérissent par la longueur du tems ; c’est-à-dire, qu’elles deviennent plus foibles par la mort des témoins. Les dettes dépérissent ; c’est-à-dire , qu’il est moins facile de les exiger. DE'PE'RISSEMENT, f. m. £ Detrimentum. 1 C’est quand une chose commence à diminuer, à périr & à se ruiner. ( 11 ordonne, pour éviter ce désordre ou dépérissement , que l’ainé aura seul la maison. Patru, plaid. iì. ) DE PE TRER, »• «• C Explìcare. ] Ce mot se dit des chevaux qui s’embarassentles pies dans leurs traits, & signifie defaire un cheval qui est empêtré dans les traits. (Dépêtrer un cheval. ) f * Se dépêtrer. £Expedirese. 2 II se dit des personnes , au figuré. Se débarasser. Se défaire de quelque chose. (La pauvreté est si gluante , qu’on ne s’en fau- roit dépêtrer. Se dépêtrer de quelcun. Abl. Luc.tom. 1.) DEPEUPLEMENT,/**. [ Depopulatio. ] L’a- ctìon par laquelle on dépeuple. L’état du pais qui est dépeuplé. (Le dépeuplement de l’Asie & celui de la Grèce vient du gouvernement violent des Turcs. Le dépeuplement de l’Espagne a été causé par le déchassement des Mores, & par le transport des Espagnols en Amérique.) * DEPEUPLEMENT. [ Vaflitatem ìnferre. ] Ce mot se dit aulsi des forêts ou l’on abat quantité d’arbres. DE PEUPLER, v. a. £ Locum civìbm eximere, ] Détruire le peuple d’un lieu , le chasser, l’écarter à force de lui faire du mal & de la peine. ( La peste a dépeuplé la Holande. Le gouvernement tirannique & la guerre dépeuplent les pais.) * DEPEUPLER. XfDepopulari, depopu!are .[] Au figuré, se djt des animaux & des arbres. ( Dépeupler le gibier, le poisson , &c. Dépeupler une forêt. ) f * Elle dépeuple de bijoux les boutiques du pont- au-change. BenJerade. {§ DF.PIE' de fief. On trouve ces mots dans les Coutumes de Tours, de Lodunois , d’Anjou, & du Maine. L’efprit de ces Coutumes , est que lorsque par le partage du fief avec les intéressez, ou par l’alienation il en reste les deux tiers entiers , celui qui les possede , doit prêter la foi & hommage pour le possesseur ou possesseurs de l’autre tiers. Mais lorsque le fief est divisé , & depecé au-delà du tiers, chaque possesseur doit prêter pour lui la foi & hommage au Suzerain, DEPILATOIRE , / rn. £ Dropax. ] Terme d ’A. poticaire 11 vient du Latin ; c’est une sorte d’emplâtrc qu’on fait de quelques ingrédiens pour ôter le poil de dessus le corps. f DEPILATOIRE des Turcs , qu’on apelie Rufiona. C’est un Minerai qui ressemble au mâchefer. On le trouve en abondance dans la Galatie. DE PITER, v. a. [ Pilas detrahere, avelleref} Faire tomber le poil avec des dépilatoires. t DETIQUER , v. a. [ Lenire , consolari , miti- gare.] Oter la fâcherie. ( Cela me dépique de toutes les pertes que j’ai faites l’hiver passé. Voit. A47.) Rarement on se sert de ce mot. * DE'PIT, / rn. [Indignatio , stomachm.'] Sorte de courte colère, fâcherie, déplaisir. ( Donner du dépit, crever de honte & de dépit. S. Am. Po'és. Fleurer de dépit, faire dépit à quelcun. J’oublie tous les dépits qu’elle m’a fait. Voit. I. 23. Avoir du dépit contre soi- même. Le Comte de BuJJì, lettre au Duc de S. Agnan, Le dépit doit céder au plaisir de se racommoder. Dé- pit amoureux. Mol. ) En dépit. C Invito quolibet , ac répugnante, j Sorte de déposition qui régit le génitif. ( Malgré. ( En dépit des pluies & de l’hiver. Voit. t. 47. Tes écrits , il est vrai , fans art £5? languissant , Semblent être formez en dépit du bon sens, Despr. ) f ^ On dit qu’une chose croît par dépit , pour dire c sans qu’on en prenne aucun foin. p * Se couper le nez pour faire dépit à son voistn. C’est prov. se faire du tort à soi-mème pour faire dépií à son voisin. * Se dépiter, v. r. f] Indignarì ,stomachari, J Se fâcher , se mettre en colère. (La vieillesse est chagrine, & Efff | se 598 DEP se dépite toûjourc. Théoph. Pois. Se dépiter contre q u ci c un. Mol. fourberies de Scapin , ail. i. scen. z. C’est un amant dépité. Molière femmes savantes, acl.i. sc. i. Se dépiter contre son ventre. J’ai beau voir ses défauts , & j’ai beau P en blâmer, En dépit qu on en fait, elle se sait aimer. Mol. ) DE'PITEUX , dépiteuse, adj. [ Indignari _, stomacbari f acilis. ] Qui se dépite. ( C’est un fort dépiteux marmot. Voit. Poes. ) $ Ce terme est vieux suivant l’Aca- démie. ^ DE'PLACE' , part. qui est ôté de sa place. II signifie austi, mal placé, placé dans un lieu qui ne convient pas. ( Cet homme est déplacé dans remploi qu’il ocupe. On ne trouve dans cet ouvrage que des beau- tez déplacées. ) DE'PLACEMENT , s m. [ Amotio. ] Changement de place. DE'PLACER , v. a. [ Amovere , dhnovere , de loco depellere. ] Oter de fa place. ( II n’est pas honnête de déplacer les gens. Cheval qui ne déplace point fa tête. Le Ciel qui , comme il veut , règle notre naissance, A mis en chaque rang certaine bienséance, Qui dans un rang plus bas défend de s’abaisser, Et jamais t amitié ne doit nom déplacer. Vill. ) f DE'PLACER, en termes de Palais , signifie transporter d’un lieu à.un autre par autorité de Justice. On a déplacé ses meubles, ses effets. DE'PLAIRE , V. n. [Dislicere. ] Ne plaire pas. ( Quand il veut plaire, il déplaît. Déplaire à Dieu & à monde. De nos désrs errons rien tiarrête le cours , Ce qui plaît aujourd’hui , déplaît en peu de jours. S. Evrem. ) $ DEPLAIRE , signifie aussi fâcher, donner du chagrin. ( Je n’ai pas prétendu vous déplaire. Je serois au désespoir de vous déplaire. Votre procédé me déplaît. ) Se déplaire , v. r. [ aEgrè ferre. ] Se chagriner, s’a- trister, fe dégoûter de quelque chose. ( II se déplaît dans la servitude , & il a raison. ) (f Voiture a dit dans une lettre à Balzac : II me déplaît seulement, que tant d’artifice [s d’éloquence ne puisent me déguiser la vérité. On ne fe serviroit pas aujourd’hui de cette expression, II me déplaît. è L’Académíe l’emploie cependant , & on peut em- ploïer le verbe déplaire impersonnellement. II me déplaît fort d’ëtre obligé à cela. II ne vous déplaira pas que je m’en aille. N’en déplaise , trouvez bon. [ Pace vesrâ. ] Façon de parler civile , pour adoucir quelque chose de dur & de choquant. Et par fois rien déplaise à votre austère humeur, II est bon de cacher ce qu’on a dans le cteur. Mol. ) OE'PLAISANT, déplaisante , adj. f Ingratm, oser, moleftus. [Qui déplaît, fâcheux. (Une chose fort déplaisante.) Les gens polis le disent rarement. f DE'PLAISANT , signifie aussi qui est fâché. Je suis fort déplaisant de ce qui vous est arrivé. 11 n’est plus en usage dans ce sens. DE'PLAISIR, f. m. [Triftitia , dolor, agritudo. J Fâcherie, chagrin,tristesse. (Avoir de grands déplaisirs.) f DE'PLAÍSIR, signifie aussi mécontentement , injure. (Vous m’avez fait un sensible déplaisir. Je ne vous ai jamais donné aucun sujet de déplaisir. Ne me causez pas ce déplaisir. ) DE'r LANTER, V.a. [Explantare.] Arracher une chose plantée pour la planter ailleurs. ( Déplanter une tulipe. Morin, traité de fleurs , p. 14. On doit déplanter une anémone, quand fa fane jaunit pour sécher. Culture des fleurs. ) DEPLANTOIR, f m. [Ferrei injfrumenti genus, quo ad evellendas plantas utuntur hortulanì. ] Outil de fier ou de fer blanc, avec quoi on déplante des plantes ©u des racines. ( On fait entrer le déplantoir jusqu’au- dessous des racines qu’on déplante. ) DE'PLIER , déploier , v. a. [ Explicare , evolvere, pandere , expandere, aperire , pâtesacere , ostentare.j] L’un & l’autre se dit, mais déplier est bien plus en usage que déploier , que les Poètes tâchent à maintenir en faveur de la rime. ( Déplier une serviete. ) f On dit aussi deplier des etofes, des draps. DEP (* A l’envi leur amour fe déploie Racine , Ipbbéme ad. 2. J c. 1. ) 1 5 í* On dit, déploier ses charmes, ouïes étaler - deploïer son érudition , son éloquence, ou en faire m rade , en faire montre. p * C’est là qu’il a déplié tous les trésors de son ame Patru , éloge de Mr. de Beliévre , p. 660. c’est-à-dire ' qu’il a fait voir. Comme peu à peu les montagnes vinrent a s’ouvrir, il déplia ses escadrons. Elle a déplié tous ses charmes. Scar. ) Enseignes dépliées, ou déployées. [Expansts signisA L’un & l’autre se dît. DE'PLIER le trait. [ Producere , extendere. ] Terme de CépajJ'e. C’est alonger la corde de crin qui tient à la bote du limier. DE'PLISSER , v.a. [ Explicare , rugas tollere. J Oter les plis. (Déplisser une jupe. ) í DE'PLISSER, est aussi ». p. Cet habit se déplisse, ou les plis s’en deffont. ’ DE'PLORABLE, adj. [ Deplorandm , misera», dm , miserabilis. ] Qui est à déplorer. ( Chose déplorable , accident déplorable , mort déplorable. ) sf Malherbe a mal placé ce mot dans son Ode fur l’attentat contre Henri le Grand : Revenez, belles fugitives, De quoi versez-vous tant de pleurs ? - Asurez-vous , âmes craintives , Remettez vos chapeaux de fieurs ; Le Roi vit , U ce misérable , Ce monjìre vrayement déplorable Qui n’avoit jamais éprouvé Que peut un visage d’Aidât, A commencé le parricide , Mais il ne l’a pas achevé. DE'PLORABLE n’est point juste, il n’en dit pointas, fez, & ne caractérise point le crime , ni celui qui l’a. voit commis. DE'PLORABLEMENT , adv. [ Miserahihter , mise- randum in modum. ] D’une maniéré tragique & déplorable. ' DE PLORE', déplorée, part. On dit fig. une santé déplorée, une maladie déplorée, une afaire déplorée, c’est-à-dire, une santé dont on n’efpere rien, une maladie sans remede, une afaire qu’on n’a plus espérance de faire réussir. DE'PLORER , v. a. [ Deplorare , deftere , lugçre , miserari. ] Plaindre. Avoir pitié. ( Déplorer la misère du tems. Abl. Je déplore ton destin. Main. Pos. ) Mais non , fais mine un peu d’en être mécontent, Pour la voir aujjì-tôt fur ses deux pies haujfée , Déplorer fa vertu Jt mal récompense. DE'PLUMER, déplumé. Dites & voïez Plumer , plumé. DE PLUS, «rfo. [Praterea.] Encore plus,outre. ( Je lui dis de plus, qu’il prît garde à lui. ) DE POLIR, v. a. [ Polituram tollere. j Oter le poli d’une chose, ôter l’éclat, faire perdre l’éclat. ( Dépolir une piéce de verre , dépolir de l’acier. ) t * DEPOLIR , lignifie , ôter, faire perdre la politesse. Le commerce des gens grossiers dépolit bien-tôc les hommes les plus polis. Acad. Fr. DETONENT , adj. m. [ Verbum déponent!] Prononcez déponan. Terme de la Grammaire Latine. 11 fe dit des verbes qui ont la terminaison passive & la signification active. ( Ce verbe est déponent. ) DE PORT, s m. [ Sacerdotia in causant caiuci- lapsa,] Terme à’Eglise. Droit qu’ont de certains Evêques de prendre le revenu des Eglises paroiassiales qui vaquent par mort, à cause qu’ils ont foin cì’y faire célébrer l’ofice divin. ( Le droit de déport est établi par toute la Normandie. ) _ f Sans déport. [Sine mora.] Terme de Palais C’elt- à-dire , fur le champ. (Ha été condamné à dix écus d’amende, païables fans déport, c’est-à-dire, fans sortir du lieu. ) í§ DE PORT. Ce terme a plusieurs significations ; quelques Praticiens s’en servent pour dire fans délai, & pour marquer qu’une clause n’est pas comminatoire, & que son exécution ne peut pas être différée; ce a lieu particulièrement en fait de peine conventionnelle , laquelle peine (dit-on) fera payée fans déport. Les Archidiacres ont joui autrefois d’un droit fur ies J cures DEP cures vacantes , apellé déport. La Pragmatique Sanction l’avoit aboli ; mais il subsiste encore en quelques Diocèses. Ce droit de déport ressemble fort à l’Annate. Voïez fur ce droit, les définitions du Droit Canonique de Castel, U Its Auteurs qu’il cite. La Coutume d’Anjou a emprunté ce terme des Ecclésiastiques, & elle l’a emploie dans le même sens, lorsque dans l’art. 107. elle régie ce droit dû au Seigneur , en recevant l’hommage qu’un tuteur prête pour ses mineurs. „ Et fera tenu ledit Seigneur recevoir ledit tu- ,, leur, ou curateur, à lui faire la foi & hommage „ des choses hommagées dudit mineur , si requis en „ est , & lui reqû, ledit Seigneur aura les deux parts „ des fruits d’un an desdites choses hommagées pour ,, le déport, & la tierce partie pour la nouriture du „ mineur”. Chopin, fur cette Coutume, lìv. 1. art, 6. a remarqué que ce droit a été aboli par un usage contraire ; ce qui est attesté par les autres Commentateurs de cette Coutume, citez par Dupineau, art. 107. Chopin remarque ensuite dans l’endroit que j’ai cité , que íi un mineur Angevin possede en Normandie un fief mouvant du Roi, qui a la garde de son vassal, la Coutume lui adjuge comme gardien les fruits du fief, par droit de quafi-déport. Voïez cet Auteur, fur le même artic, 107. DEPORTATION , f. f. [ Deportatio. ] Chez les Jurisconsultes , c’est une forte de bannissement en usage chez les Romains, par lequel on assignoit à quel- cun une Isle , ou autre lieu, pour fa demeure , avec défense d’en sortir , à peine de la vie. (f DEPORTATION. Les Romains ne pouvant se résoudre de punir leurs citoyens par la peine de la vie; ct l’exil, étant une peine trop douce pour les grands crimes, ils inventèrent la déportation , qui consistoit dans l’interdiction de l’eau & du feu , afin d’obliger les coupables de s’éloigner de la ville de Rome, où ils seroient morts par l’interdiction de ces deux choses iì nécessaires à la vie , & dont l’usage n’étoit point interdit hors des murs de la ville, & dans la distance prescrite par ie jugement de condamnation. Dion a remarqué que TEmpereur Auguste avoit ordonné que les coupables seroient déportez dans les Isles éloignées du moins de cinquante milles de la ville de Rome , & c’est ce que l'on apelloit proprement Deporta- re , qui signifient transporter d’un lieu dans un autre. II est vrai que quelques Auteurs du tems d’Auguste, se sont aussi servis du terme Relegare. Tous les juges n’avoient pas le pouvoir de déporter dans une Isle, & lorsque le Président d’une province croyoit qu’il y avoit lieu de prononcer la déportation, il envoyoit le procez à l’Empereur, qui marquoit l’Isle dans laquelle le coupable seroit envoyé. II y avoit cette différence entre la déportation & la rélégation , que la premiere ne finissoit que par la mort du déporté, mais la rélégation pouvoit être pour un certain tems & fans aucune fixation du lieu , comme on peut le voir dans le titre de Interdiss. £V? Relegat. Celui qui étoit dé- orté dans une Isle , souffroitun changement dans son tat, & étoit privé des droits de Cité, comme le Jeune Pline l’a remarqué dans fa lettre première du quatrième livre écrite à Minutianus : Curent enìm to- g.t jure quitus aqua ignì interd'tHum est. II y au- roit bien d’autres choses à remarquer fur cette matière : mais ce n’est pas ici le lieu. DE'PORTEMENT , f m. [_ Vite , vivendi ratio. ] Conduite , maniéré d’agir. ( Ses déportemens me font connus. Abl. Tac. ann. I. 11. Les mauvais déportemens des jeunes gens viennent le plus souvent de leur mauvaise éducation. Mol. fourb. de Scapin, ací. 2. sc. 1. Ses déportemens donnent prise atout le monde. Le Comte de Bujfi. f DE'PORTEMENT , ne se dit guére qu’au pluriel, & se prend d’ordinaire en mauvaise part. Se déporter , ». r. [ Discedere ab aliquà re, aliquam rem abjkerc. ] Se désister. ( Se déporter d’une afaire.) DE'PORTUAIRE,/ m. En Normandie, on nomme Déportuaire , celui qui est chargé du déport pendant Tannée qu’il n’y a point de titulaire, ou plutôt que le titulaire ne jouit point des fruits de son bénéfice. DEPOSANT, s m. déposante, Jl s. ITejHs. ] Terme de Valais. Celui & celle qui dépose. Témoin qui déclaré en Justice. (Le déposant a dit savoir, ctc. ) DEPOSER, v. a. [Abdicare magifiratum, alìquem magistrat* depellere.'} Se défaire d’une charge, se défai- DEP 599 re d’nn ofice ou d’une dignité qu’on possede ; ôter à quelcun la charge ou la dignité qu’il possède. ( Silla déposa la Dictature. Abl. apopb. Déposer un Ecclésiastique. Evêque déposé. Maucroise, schisme. I 2. ) DE'POSER. [Deponei-e.J Mettre en dépôt ( On a déposé l’argent au gréfe. Déposer un Testament olo- grafe entre les mains d’un Notaire. ) í DE'POSER , se dit aussi d’un corps mort qu’on met en dépôt dans une Eglise , jusqu’à ce qu’on le transporte en celui ou il doit être enterré. í * DE'POSER un secret. C’est le confier. II dépose ses secrets dans le sein de son ami. DE'POSER. [ Teflari, teftificari.} Terme de Palais. Rendre témoignage. ( II a déposé contre elle. ) DE POSITAIRE , f m. & f. [ Sequesier , depositarius. Terme de Palais. Celui ou celle à qui on a confié un dépôt. Le mot de dépositaire est masculin, quand on parle d’un homme , & il est féminin quand on parie d’une femme. ( II a voulu demeurer le dépositaire de fes propres charitez. Patru , plaid. 5. La dépositaire fait toute feule & la recette ct la dépense. Patru,plaid. 16. Lorsque les pères cessent de vivre , ils rendent les mères les dépositaires de leur pouvoir. Le Maître , plaid. 27.) ( * La Sainte Cité de Jérusalem est la dépositaire de l’Arche, de l’Urne d’or, & des Tables sacrées. Saint Cbrisoflome, homélie 19. ) * DE POSITAIRE, f Conjìliorum particeps. J Celui ou celle à qui on découvre son cœur. ( C’est le dépositaire de ses plus secrètes & de fes plus douces pensées. Patru , plaid. 14. ) DEPOSITAIRE. [ Custos. ] Terme d’Augustin. Ce font des Religieux qui ont chacun une clef des archives & des titres du Couvent. Ce mot est aussi en usage chez les Bénédictins, & quelques autres Religieux. DE'POSITION, f. f. £Abdicatio. J. Privation d’ofice & de dignité. ( II lui enjoint de comparoître fous peine de la perte de son Roïaume, & de sa déposition. Maucroix,schisme, l. x. On dit aussi , la déposition d’un Eclésiastique. Eveil. ) DE'POSITION. [_Tefiimonium , tejìificatio. ] Terme de Palais Témoignage. ( Rendre sa déposition au Juge. LeMaît. ) DEPOSSEDER, v. n. \_Erei pojsejjìone alìquem depellere , deturbare , dejicere. ] Oter à quelcun ce qu’il possède. ( On Ta dépossédé. ) * Le Roi se voit dépossédé de son pouvoir. Racine, Iphigénie, aH. sc. 3. DE'POSSESSION ,s. f. f Abdicatio , liberatio. Action par laquelle on dépossédé , ou on délivre en vertu des exorcismes une personne qui est tourmentée de l’esprit malin. DE'POSTER, ®. a. [ Eloco depellere . ] Chasser du poste. ( Déporter Tennemi. ) Le mot de déposer n’est pas bien établi, & il n.e se dit que parmi les gens de guerre , mais comme il abrège & qu’il est commode, on espère qu’il s’établira. L’Académie admet ce terme. D'EPÔT, s. m. \_Depofitum. (Toutce qu’on met entre les mains de quelcun pour le garder. ( Mettre de l’argent en dépôt. Le dépôt est assuré entre fes mains.) f DE'PÔT, signifie aussi faction de déposer, & la convention faite en déposant une chose entre les mains de quelcun. sf Le dépôt est une chose sacrée , & dont la sûreté intéresse le Public. II doit être fait gratuitement ; le dépositaire ne peut pas s’en servir, il doit le rendre tel qu’il Ta reqû, sans pouvoir se prévaloir du tems qui s’est écoulé depuis le jour du dépôt. II n’y a que le dépôt forcé par quelque incendie, tumulte, ou autre cause de cette nature, dont on puisse faire la preuve par témoins en cas de désaveu. Quant aux volontaires , on doits’imputer d’avoir choisi un dépositaire infidèle. Les Arrêts ont jugé que Ton ne pouvoit point demander le serment à un dépositaire à T égard des conditions du dépôt ; il faut s’en tenir à fa simple déclaration. C’est à cause de cette grande confiance que Ton a au dépositaire , & parce qu’il ne peut point se servir de la chose déposée , qu’il n’est point reqû au bénéfice de la cession de biens. Au reste, le dépositaire n’est tenu que de son dol & d’une négligence extrême , étant obligé d’aporter , pour conserver le dépôt le même soin qu’un pers de famille aparté 6oo DEP aporte dans là garde de son propre bien ; mais s il reçoit un salaire, il est tenu de la plus petite saute. Quant aux cas fortuits, il ne doit jamais en répondre. DE'PÔT. [ Sedìmentum. ] Terme de Médecin. Epaisseur & marc qu’on voit au fond des urines. ( Le dépôt de surine.) . r L de'PôT , fe dit aussi de 1 amas d humeurs qui le fait en quelque partie du corps. 11 faut évacuer ce dépôt, ouvrir ce dépôt DE'PÔT- f Arca depojìti custos. ] Ternie à’Augustin. Cofre où font les archives du Couvent. U ET OTER, ii.a.. [ Flores ex vase fiHìlì avellere.] Terme de Jardinier. C’est ôter une plante d’un pot où elle est. (Dépoter une plante. Dépoter des fleurs. Quint. Jardins. ) DE'POUILLE, f f. [ Spolium, exuvia. ] Tous es habits qu’une personne avoit sur le corps. Toutes les bardes d’une personne. Tout le butin & tout ce qu’on remporte des ennemis qu’on a battis. (11 a eu toute la dépouille de notre cher ami. Ce font les dépouilles qu’il a remportées fur les Barbares. Abi. Arr. Mais la dame vouloit paître encore ses yeux , Du trésor qu’enfermait sa bière, Froide dépouille , & pourtant chère, La Font.) DEPOUILLES opimes. [ Spolia opima. ] On nom- moit ainíì les dépouilles remportées par le chef de Farinée Romaine fur le Général de farinée ennemie, après savoir tué de fa propre main. (f Ce fut aussi pour éviter que Dioméde ne fe rendit maître du corps de Pandarus , qu’Enée fit^ les derniers éforts pour le défendre. 11y auroit lui-niême été là immolé a la fureur de son ennemi, fl Venus, veillant fans cesse pour le salut de son fils , ne l’eût pris entre ses bras , & ne l’eût couvert d’une partie de fa robe. Homere Iliade, lìv. $. Les dépouilles des ennemis étoient les plus sûres & les plus glorieuses marques de la victoire ; aussi l’on ne fe contentoit pas de les mettre dans-les temples ; on les exposoit à la vûë du Public, dans les portiques : aux portes mêmes des maisons de ceux qui les avoient gagnées. Mais entre toutes les dépouilles militaires , celles du Commandant de l’Armée des ennemis étoient les plus glorieuses; lorsqu’il avoit été tué par le Général de l’Armée Romaine , on les apelloit spolia opima , le terme opimrn signifiant f excellence , la beauté & la bonté parfaites de toutes choses ; ainsi dans Cicéron , ager opimus, arva opima s dans Virgile , ce font des terres fertiles & d’un grand raport, Romulus , après avoir tué de fa main un Roi, il le dépouilla de ses armes , K mena son armée victorieuse au Capitule, où il ata- cha la dépouille de son ennemi à un chêne, & la consacra à Jupiter Feretrien, avec toutes les folemnitez décrites par Tite-Live. Festus nous aprend que Numa Pompiliusfit une loi , par laquelle il régla les sacrifices que l’on devoit faire en consacrant aux Dieux les dépouilles des ennemis. Voici les termes de la loi : CU.JUS AUSPICIO CLASS1S PROC1NCTA OPIMA SPOLIA CAPIUNTUR , JOVI FERETRIO DARIER OPORTEAT, & BOVEM CiEDITO, QUI CEPIT AERIS DUCENTA. SECUNDA SPOLIA IN MAR- TIS ARAM IN CAMPO SOL1TAURILIA UTRA VOLUERIT , CiEDITO. TERTIA SPOLIA JANO QUIR1NO AGNUM MAREM CiEDITO, CENTUM Q.UI CEPERIT EX AERE DATO. II est aisé de voir que la loi est défectueuse ; aussi XJrfinus fa corrigée , & Mr. Dacier a raporté la correction dans ses Notes fur Festus : on y voit qu’il y avoit trois sortes de dépouilles dont les opimes étoient consacrées à Jupiter , les secondes à Mars , & les troisièmes à Janus Quirinus. £§ Malherbe, dans le sonnet sur la mort de son fils : Que mon fils ait perdu fa dépouille mortelle. * II a quitéfa dépouille mortelle. [ Corpussuum reli- quit, mortalitatem exuit. ] Sar. Po’es. Phrase poétique , pour dire , il est mort. DEPOUILLE de serpent. [ Serpentis spolia. J C’est la vieille peau qu’il quite au prin-tems. í DE POUILLE , fe dit aussi dans le stile soutenu de la peau des bêtes feroces lorsqu’elle est arrachée. La dépouillé d’un lion , la dépouille d’un tigre. t DE'POUILLE, signifie quelquefois la récolté des fruits. II a vendu la dépouille de ses vignes , la dépouille de son jardin. DEP t DE'POUILLE, se prend encore pour la charge ' f emploi, la succession d’un autre. II a profité de fà dépouille. La dépouille des gens d’Eglife va rarement aux pauvres ; leurs parens en profitent. ) DE'POUILLES des anciens >' c’est-à-dire , leurs écrits & leurs ouvrages. ( Se parer des pépouilles des an- ciens , exornare fe veterumscriptis. ) 4 DE'POUILLE', part. Jouer au Roi dépouillé , c’est ôter pièce à piéce les habits de celui qu’on a fait le Roi d’un certain jeu. t * DE'POUILLE'. On dit aussi qu’on a joué auRoi dépouillé, quand on a dépouillé un homme de fou bien. $ DEPOUILLEMENT, s m. Privation volontaire de quelque chose. (Vivre dans un grand dépouille, ment des plaisirs & des honneurs du siécle. ) DE'POUILLER , s- a. [ Spoliare , exuere vesti- bus. ) Oter les habits à quelcun. (On fa dépouillé au milieu d’un bois. Abl. ) * DEPOUILLER. [ Exuere. ] Quiter. Se défaire. ( Dépouillez cette rigueur qui rend votre beauté fa. rouche. Voit Pois ) DE'POUILLER, [ Spoliare. ] Oter. Priver. (Dépouiller une personne de ses biens. ( Abl. apopb.) DE'POUILLER. [ Spoliare , exuere pelle. ] Terme de Rotìjjeur. Dépouiller un agneau. C’est lui arracher la peau avec la main , après savoir tué. * DE'POUILLER. [Exjpoliare, dijpoliare, exuere.] Terme de Jardinier. 11 fe dit au figuré, des arbres. C’est leur ôter leur fruit ou leurs feuilles. (Dépouiller un arbre. ) t DE'POUILLER un compte. C’est en examiner la recette & la depenfe , en faire un extrait. Dépouiller un inventaire , c’est en faire un état abrégé. * DE'POUILLER. Terme de Sculpteur. Oter toutes les pièces du moule qui environne une figure. (Dé- puiller une figure. ) Se dépouiller ,v.r. f Exuere , deponere vestes. ] Oter les habits qu’on a fur le corps. ( II se dépouilla à la vûë de son armée. Vaug. Quint. I. ;.) * Se dépouiller , v.r. s Deponere. J Áu figuré , il signifie se défaire de.... Quiter, abandonner. Vous étant dépouillez de toute malice , de tromperie &d’en- vie, deíirez le lait spirituel, i. Epi t. de S. Pierre , ch. 2 . Se dépouiller de fa rigueur. Voit. Poef ) PE'POURVOIR, 11 . a. [Nudare, destituere.] Dégarnir , ôter les provisions & les choses nécessaires à la subsistance d’une personne, d’une maison , d’une place. ( Un Gouverneur laisse dépourvoir sa place, quand il en laisse sortir les hommes, & qu’il ne pourvois pas aux munitions. ) -t II n’est guére en usage qu’au prétérit & à f infinitif. DE'POURVù dépourvuê , adj. [Destitutus, nudatm.] Privé. Dépouillé. Qui n’a point. ) U est dépourvu ds tout sens. Gomb. ép. I. 2 . La cigale oiiant chanté tout f été , Se trouva fort dépourvûë, Quand la bise fut venu'ê. La Font. ) Au dépourvîi, adv. f Ex improviso. ] Par surprise. Etant dépourvû de tout, & ne se tenant pas fur ses gardes. ( Prendre au dépourvu. Une fille n’aime pas à être prise au dépourvû , c’est-à-dire, sans être parée ni ajustée. ) DE'PRAVATIQN , s.s. [_Depravatk, corruptio.] Ce mot est un peu vieux, mais comme il se trouve dans des Auteurs assez aprouvez, on ne le peut pas rejetter. 11 signifie, méchanceté, crime , ffic. (Votredépravation a eu fa récompense. Du Ryer , oraison de Cicéron contre Vatinius. La postérité de Seth fut fidèle à Dieu malgré la dépravation du tems. Bossuet, Hift.unh.p. 1 .) DEPRAVATION. Ce mot fe dit en parlant d’apetit ; il signifie dérèglement & corruption. (La dépravation de l’apetit.) D ETRAVE', dépravée, adj. [Depravatus, cor - ruptus . ] Gâté. Déréglé. (Apetit dépravé. ) ( * DEPRAVE', dépravée, adj. Corrompu. Déréglé. (Volonté dépravée. Maucroix , hom. t y. Mœurs dépravées. Mol. Dieu les a livrez à f égarement d un esprit dépravé & corrompu. Port-Royal, épît. de S. Paul aux Romains, ch. 1 . ) DEPRAVER , 0 . a. [ Depravare , corrrumperef]_ corrompre le goût, les mœurs ou la doctrine. ( Ce jeune homme est capable de dépraver ses compagnons. ) DE'PRE'CATIF . IVE , adj. [ Defrecativ^.J DEP Terme de Théologie , qui n’est d’usage que dans cette phrase, forme deprécative, qui se dit de la maniéré d’ad- ministter quelques-uns des Sacremens en forme de priere. DE'PRE'CATION, s f- c Deprecatio.J En Rhétorique , c’est une figure, par laquelle l’Orateur souhaite qu’il arrive quelque grand mal ou punition à celui qui ne dira pas la vérité.) J DE'PRE'CATION , est auffi une priere faite avec fourmilion, pour obtenir le pardon d’une faute. (Se volant convaincu il en est venu à la déprécation. On le ditaulsi dans le stile familier des soumissions qu’un homme fait pour obtenir une grâce. (II vient à déprécation.) . DE'PRE'DATION,/ f- c Pradatio, expilatiost Ce mot n’est pas ordinairement usité, mais il est fort significatif, pour exprimer ce que nous disons plus faiblement par les mots de ruine, vol & pillage. (Après la déprédation de tant de maisons regulieres, les peuples te trouvèrent chargez d’impôts. Maucroix, schisme d’Angleterre, l. i. p. 166.) DE’PRE'DE’, ée, adj.[Ab latin, Jïibreptua, expilatusf\ Terme de l’ Ordonnance de la Marine, qui fe dit des marchandises pillées dans un vaisseau. £íf DE'PSE'DER. Ce terme est fort connu parmi les Marins, qui s’en fervent toûjours pour exprimer le pillage d’un vaisseau qui a fait naufrage. II estait dans l’Ordonnance de 1681. tit. 15. art. t. ,, Seront auffi „ les Sentences concernant la restitution des choses „ déprédées ou pillées dans les naufrages, exécutées ,, nonobstant & fans préjudice de l’appel ”. DE'PRENDRE. V. a. [Distrabere, abstrahere , di- vellere .2 Détacher. (Déprendre une chose. Jésus Christ nous a dépris du commerce des choses de la terre. Traduéìion des lettres de Saint Augustin.) Se déprendre, v. r. Se détacher. (Cela commence à se déprendre. * II se dit auffi au figuré ; les mélancoliques ne se déprennent pas aisément de leurs pallions. Bah. lett .) DE PRES , adv. f Propè, proximè.J Tout contre. (Voir une chose de près. Considérer de près.) DE'PRESSER, V. a. [EprAodetrahere. J Terme de Relieur. Oter de la presse. (11 y a assez long-tems que ces livres sont en presse, il les faut depresser.) II se dit auffi des draps, & il signifie ôter aux draps le lustre qu’on leur avoit donné lersqu’on les avoit mis à la presse. [Nirorem adimere.J f DE'PRESSION, [peprejfìo. J Terme de Physique. C’est rabaissement qui arrive à un corps qui est ferré & comprimé par un autre. t 11 lignifie auffi au figuré, abaissement, humiliation, [bumiliusj] mais il ne se dit qu’en des matières graves. (Un Religieux est content de vivre dans la dépression.) DË'PRI, f m. [Dec/aratio.J Terme de Finance. C’est une déclaration qu’on va faire au Bureau des Aides du lieu d’où l'on veut faire transporter du vin pour le vendre ailleurs, avec soumission d’en venir païer le droit de gros, qui est le vingtième selon le prix qu’on saura vendu. DE’PRI. Se dit auffi en Jurisprudence féodale, de la déclaration qu’on fait au Seigneur d’un héritage aquis mouvant de lui, aux fins de lui païer les droits Seigneuriaux. \ DE'PRIER, v. a. [Declarare, prostteri.J C’est aler au Bureau des Aides, 011 à un Seigneur, faire la déclaration ou le dépri précédent. îf Ce terme signifie dans plusieurs Coutumes , représenter son titre au Seigneur féodal, & lui demander un délai pour lui païer les droits qui lui font dûs. II est dit dans l’article xoS- de la Coutume d’Orleans, que ,, le preneur ou achepteur doit representer les ,, lettres de prinse, ou acbapl au Seigneur cenlìer s’il ,, en est requis, payer ou deprier les droits de vente, Le. ” t DE'PRIER, a. D Preces revocare.J Ce mot se dit en riant. (11 m’avoitprié à dîner, mais il lui est survenu des afaires, & il m’a envoïé déprier.) DE'PRIMER, o. a. [Extenuare , deprimerel ] Ce mot est tout Latin, & en fa place, on dit d’ordinaire, rabaisser ou ravaler. DE'PRISER, v. a. [Desticere, parvi astimare, con- temnere. ) Avilir. Mépriser. Faire peu de cas. (Dépri- scr la marchandise de quelcun.) DER 601 DE'PROPRIEMENT, s m. Terme dont on use dans l'Ordre de Malte, pour signifier le testament des Chevaliers 011 du Grand-Maître. DË'PUCELËR, v. a. [Vitiare virgìnemst Oter le pucelage. Ravir la virginité. Dépuceler une fille. (Les Anciens avoient tant de respect pour les Vierges, qu’on ne les faisoit point mourir fans les avoir fait dépuceler.) DE'PUIS, C A, ab, a, è, ex.~\ Préposition qui régit l’acusatif. (Depuis le lever du soleil jusques à la nuit, les troupes de Darius ne cessèrent de défiler. Vaug. (suint. I. j. c. r.) DEPUIS, adv. [Ex eo .tempore.) Cela s’est passé depuis. Abl.) DEPUIS peu, adv. [Non ita pridem.J II n’y a pas long-tems. (II est mort depuis peu.) DEPUIS que, conj. [Ex quo.J Dès le tems que. (Tout est en joïe depuis qu’Aminte est de retour.) DEPUIS quand, adv. [Ex quo.J Depuis quelque- tems, Depuis quand avez vous les yeux de Venus ? Voit. Pois. ) (f On ne doit point mettre depuis avant l’infinitif. Cette phrase est défectueuse : Après le Batême, la Pénitence est utile pour efacer .les pecbez qiéon a commis depuis l’avoir reçu. II faut dire : pour éfacer les pechm qu’on a commis après l’avoir reçu. DEPUTATION,//. [Lfgctrio.J Envoi de Députez vers un Prince, ou à quelque assemblée. (Faire une députation solemnelle. 11 leur demanda le sujet de leur députation. Essaïons de ramener les esprits par une seconde députation. Vaug. Quint. Curce, l. 10. ch. 8-) D IMPUTATION, / f. II signifie le corps des députez.) (II est le chef de la députation.) DE'P U TE', f m. [Legatus.J Celui qui est député. (Les députez de la ville le vinrent trouver.) DE'PUTER, v. a. [Legare.J Envoïer quelques particuliers vers quelque Grand , pour lui dire quelque chose de la part de tout son corps. DEQUOI, [Quâ'de re.J Ce mot servant à interro. ger, signifie de quelle chose ? (De quoi parlez vous f Abl. C’est-à-dire, de quelle chose parlez vous ?) DE QUOI. [Resfamiliaris. J Ce mot ne servant point à interroger, veut dire, quelque chose. (Le Sage d’Epi- cure a de quoi vivre, Le. Abl. Luc. Di-moi, ami, que vaut-il mieux avoir, Beaucoup de biens, ou beaucoup desavoir ? Je n’en sai rien ; mais lesJavans je voi , Faire la cour à ceux qui ont de quoi. S. Gel.) ($ DE QUOI pour dont. Malherbe, dans une chanson : Si mes amis ont quelque foin De ma pitoyable avanture, Çhfils pensent à ma sépulture, C’est tout ce de quoi f ai besoin. Si ce de quoi a été reçu autrefois, je fuis sûr qu’il ne 1 e seroit pas aujourd’hui. DERACINEMENT, s m. [ExJlirpatio.J L’action de déraciner. DE'RACINER, v. a. [ Exstirpare , radicitùs eruere.J Ce mot se dit proprement des plantes & des arbres. .Arracher les racines qui attachent les plantes & les arbres à la terre. (Déraciner un arbre. La violence d« vent déracine les gros chênes.) (* Déraciner le vice, Regn. fat. 1;. Déraciner ses mauvaises habitudes. Abl. DE'RADER, V. n. [A vadosâ maris orâ avelli.J Terme de Marine. Se dit d’un vaisseau, qui par un gros vent a été forcé de qui ter ia rade, où il avoit mouillé en traînant ses ancres après soi. DERAISONNABLE, adj. [Rationis expert , ini- quus.J Qui n’est pas raisonnable. (C’est un homme fort déraisonnable.) DERAISONNABLEMENT, adv. [Inìquè , injuíìè .2 D’une maniéré déraisonnable & injuste. DE'RAïURE, / f- [Sulcm.J Terme de Laboureur, La dernière raïe qu’on fait lors qu’on laboure, raie qui sépare les sillons.) f DE'RANGE', part. On dit qu’un homme est dérangé dans fa conduite, dérangé dans ses afaires ; c’est-à- dire , qu’il est irregulier dans fa conduite, qu’il ne met point d’ordre dans ses afaires. DERANGEMENT, J. m. [Ordìnls ïnverjlo j Changement de Tordre & de Tétat où étoient des choses rangées. (Le dérangement des parties. Rob.phyf,, Tome I. Gggg BERan. 602 DER BE'RANGER, ». «. [Ordinem inverteref Oter de ïang des choses qui font rangées ; défaire l’ordre au- quel font rangez des meubles, ou autres choses. (Déranger des chaises, déranger des meubles.) ê * DE'RANGER, signifie aussi, troubler, brouiller, mettre en désordre. (Cet accident a dérangé nos det feins. Ses afaires font dérangées. DERECHEF, «à [Rursùm, denuò.J Ce mot est un peu vieeux, il ne trouve fa place que dans le burlesque , & même assez rarement. II veut dire, encore, de nouveau. (Je quiterois derechef un empire pour vos beaux yeux. Voit. Poe f.) DE'RE'GLE', déréglée, adj. [Inordinatus, immode- yatus, perturbatus, dtfjolutus, intemperatus. J Qui n’est pas réglé, qui est en désordre, désordonné, démesuré. (Esprit déréglé. Abl, Tac. ann. 1 . 4. Ambition déréglée. Abl. Tac. ann. I. x.) DE'RE'GLEMENT, / m. [Perturbatio, confu- Jìo .] Désordre des choses qui ne font pas reglees , & qui le doivent être ; corruption des choses qui étoient réglées , & qui ne le font plus ; corruption de doctrine , confusion. (Le dérèglement des saisons leur avoit donné l’épouvante. Abl. Tac. I. 1. c. 4. Les maladies ne se forment que du dérèglement des humeurs. Maucroix, hom. 10. Ce font des marques du dérèglement de fa raison. La doctrine des opinions proba* blés est la source & la base de leurs déréglemens. Pajc. /. 5.) , DE'RE'GLEMENT,/. m. [Incontinentia , mentis ef- frenatio. [Libertinage, désordre, débauche honteuse. (Je ne prétens point excuser ce dérèglement. II íaut bien des années de dérèglement & de libertinage pour arriver à ce comble d’infamie. Patru, plaid. 11. Publier les déréglemens d’une personne. Arìofle mod.) D'ERE'GLE'MENT , adv. [Immoderatê , immodicê, ejfrenatè, intemperanter .J D’une maniéré déréglée. (Vivre déréglément.) DE'RE'GLE'MENT, fans régie, confusément ; [Per- turbatè.'} DE'RE'GLER, v. a. [Perturbare.J Mettre dans le désordre & dans un état contraire aux régies. (La guerre civile déréglé tout dans un pais. Le libertinage déréglé les maisons.) H DE'RE'GLER, est auflì n. p. (Le tems se déréglé, l’estomach se déréglé.) DE'RIDER. ZRugas totteref] Ce mot dans le propre, ne se dit pas bien , & en fa place on dit, ôter des rides. •J * DE RIDER, v. a. [Frontem exporrigere , expli- íyuv.J Réjouir, rasséréner le visage j rendre plus gai ; donner un air moins grave & sévère. Qui dans leur sombre humeur se croiraient faire asront , Si les grâces jamais leur déridoient le front , Despr. Poétique , chant. 5.) f§ Le même, dans fa dixième Epître : Alors il n'étoit point de lecteur Jtsauvage Qui ne se déridât, en lisant mon ouvrage. II me paro ît que dérider doit être toujours acompagné du mot front. Se dérider seul ne signifie rien. DE'RISION, s /, [ Irrisio , irrisus.J Mocqueríe. (Us les portèrent en dérision par toute la ville. Mats- croix , schisme, 1 . x.) DE'RIVATIF, IVE, adj. [ Derivatm, deduflusj Terme de Grammaire. Mot, diction qui tire son origine d’un autre mot qu’on apelle son primitif. DE'RIVATION, f. f. [Declinatio, defleftio.J C’est èn Médecine, le détour qu’on fait prendre aux humeurs qui coulent fur une partie, en les atirant vers les parties voisines. f DE'RIVATION, signifie aussi l’origine qu’un mot tire d’un autre. La dérivation d’un mot. DE'RIVE, dérivation, f. f. [Defleftio, declinatio J} C’est la fausse route que fait un vaisseau quand il est contraint de dériver. (La dérive est souvent la cause que les Pilotes se trompent dans leur estime.) H DE'RIVE', part. 11 est aussi subst. C’est un dérivé d’un tel truie. Les dérivez d’un verbe. DE RIVER, v. n. [Derivare J Terme de Grammaire. Venir, procéder , décendre. Mot qui dérive du Grec. La plûpart des mots de Chirurgie, de Pharmacie, de Chimie & de Médecine , dérivent du Grec. f * Dériver. [Ventre, deflueref Dans ce même sens, de venir, proceder, décendre : (L’on dit que tou- DER tes les miseres dérivent du péché , & que toutes les grâces dérivent du Ciel. 11 fautaler à la cause d’oùle mal dérivé.) í DE'RIVER, en terme de Grammaire , se dit des mots qui tirent leur origine d’un autre. Ce mot dérive ce mot est dérivé du Latin. Dériver fe prend a u lit l l’actif, & on dit dériver pour faire dériver. DERIVER. [Deducere.J Signifie tirer l’eau d’une source pour la conduire par quelque canal. (On a dé rive les eaux de toutes les sources voisines pour em! plir ce canal.) DE'RIVER. [ [Declinare, defiectere. J Terme de Ma. rine. C’est sortir de sa route par la violence des vents" des courans&de la marée. [On ne sauroit alerauxln’ des fans dériver.) DE'RIVER. v. a. [Extremum clavi emarginare de. tererej Terme de Serrurier , & d’autres ouvriers" Oter la rivure d’une chose qui a été rivée. Prononcez la première r de ce mot plus fortement que dans lès précédens. (On ne peut arracher ces clous fans les dériver.) DERME,/ m. [ Derma, cutis, pellii.) Terme de Médecine. Qui se dit du cuir, de la peau de l’homme. DERNIER, dernière, adj. [Ultimiu , postremui, novìffìmus, supremus .2 Qui est après tous les autres. (Le dernier enfant ; le dernier jour du mois ; la dernière semaine de carême.) (Cela est du dernier bourgeois. (EJi infima conditio.) Mol. préc. sc. 9. C’est le dérnier des hommes. [Romì. num extrémus .) Iphìg. atí. 2 . sc. 4.) * Etre obligé à quelcun de la dernière obligation ; c’est- à-dire, avoir d’étroites obligations à vne personne.) 4 = Accorder les dernieres faveurs, (m le dit d’une femme qui s’abandonne à la passion d’un homme. Au dernier mot ; c’est-à-dire, fans en rien rabatte. (Ce marchand veut dix écus de cette marchandise, au dernier mot.) f DERNIER, / m. Ce mot se prend quelquefois substantivement, & n’a point d’autre signification que celle qu’il a d’ordinaire. (Elle 11’aura pas le dernier. Gomb. ép. I. 1. U veut toujours avoir le derniers c’est- à-dire , il veut toûjours être le dernier à répliquer, ou adonner quelque coup.) ê DERNIER. Terme de jeu de paume. Dernier fe dit des ouvertures de la galerie d’un Iripot, les plus éloignées de la corde. Chasse au dernier. Au dernier la balle la gagne, au dernier la balle la perd. En dernier lieu. [ Denique, poftremòf] Ce mot fe met pour, enfin, finalement, pour conclulion. DERNIE'REMENT , adv. [Nupírf Iln’y a pas long- teins. (Cela arriva dernièrement.) DE'ROBER, v.a. [Furari,eripere,surriperef]'S oler, prendre. (11 dérobe ce qu’il trouve qui l’acommode.) f DEROBER, v. a. Soustraire. (Dérober un hommes à la fureur du peuple, à la colere du Prince. Dérober un criminel à lajustice, à la sévérité des loir. Dérober une faute à la connoissance des Juges. Dérober les défauts de ses amis à la vue du public.) H DE'ROBER une marche. C’est en termes de Guerre, cacher une marche, faire une marche fans que [ennemi s’en aperçoive. 4 = DE’ROBER Ja marche. C’est aussi dans le stile familier, aler d’un côté, tandis que les autres croient qu’on ira d’un autre. 4 - * DE'ROBER Ja marche, signifie aussi, cacher ses véritables desseins. 11 est habile à dérober fa marche , on ne sauroit la découvrir. * DE ROBER. [ Auferre, sublrahere .] Oter, ravir, & enlever. (Dérober une chose à la connoissance de quelcun. Abl. ret. I. 1. c. 9. 11 ne cessoit de se plaindre de fa destinée qui lui déroboit la victoire, /nag- Ouint. 1 . j. Jésus entra dans une nuée qui le dérobas leurs yeux. AHes des Apôtres, chap. 1. Sa fuite à messoupirs a dérobé son caur. Corn.) ($ Cette expression, dérober à quelcun. la gloire, u plaisir, peut être bien placée dans certaines ocasicn s; mais elle laisse une mauvaise idée dans d’autres, comme dans celle-ci de Betys dans son Ode pour la naissance de Louis XIV. Qu un jour ta genereuse envie S’irritant de tous ses progrès, Te fera pouffer des regrets Dejjuí l’hijioire de Ja vie, &c. DER Et diras, plaignant ton malheur, pue ce qu’il acquiert par ses armes, II le dérobe à ta valeur. ÎVIr. Racine,dans fa Phèdre, afLi.fc. i. fait dire à;Hî- pol y te, cn rapeUaat J’bistoire des infidélitez de son père: Mais quand tu récitais des faits moins glorieux, Sa foi par tout offerte, U rebuté en tous lieux, Helene a ses parent dans Sparte dérobée. C’est peut être la première fois que l’on a dit déro. hersa maitrejje, ou une fille, pour ravir, enlever une personne que l’on aime , soit par fa beauté, soit par ses richesses. A-t-on jamais apellé un ravisseur un voleur ? Un peu plus bas le Poète emploie ravir dans un sens où il auroit dû plutôt se servir de dérober : Tu fiais comme à regret écoutant ce discours, Je te prejjbis souvent d’en abréger le cours. Heureux, fi f avois pu ravir à la mémoire Cette indigne moitié d’une fi belle histoire. Ravir à la mémoire tout seul, laisse l’esprit en suspens, fi c’est à la mémoire d’Hipolyte , ou à la mémoire des hommes qui sont nez, & qui naîtront. Mais dans faste s.sc. ce vers me semble beau : Et mes genoux tremblonsse dérobent sous moi. Au reste, dérober, dans le propre , est un crime : mais dans le figuré, c’est une action innocente. Catulle a ditqu’une personne remplie d’agrémens avoit dérobé aux autres de son sexe tous leurs agrémens , & toutes leurs grâces, omnibus una omnes Jurripuit vénérés. Voiture, en dépeignant la beauté de Mademoiselle de Bourbon, ditqu’elle n’étoit pas moins voleuse que la Reine Epicharis. Dès fa prémiere enfance , elle vola la blancheur à la neige, (fi aux perles l’e- elat xfi la netteté, fffc. * Se dérober. [Subducere se} S’échaper , s’enfuír secrètement & fans être aperçù s se sauver de quelque chose de fâcheux. (Se dérober aux coups de quelctin. Rac. Iphig. a fl. ;. sc. 6 . Se dérober à la poursuite de ses ennemis.) f * Se dérober à la vue. (Le vaisseau se dérobe à notre vue. ft mesure que nous nous éloignons les objets se dérobent à la vue.) ^ * Se dérober, se dit auffi d’un cheval, qui par un certain mouvement s’échape de dessous l’hontme. (Le cheval se dérobe de dessous l'homme.) ^ * Se dérober, signifie quelquefois se priver, s’abste- nir de quelque chose. Cet avare (e dérobe les aliment. 11 est souvent bon de se dérober un repas.) DE'ROBER- La seconde sillabe de ce mot est plus breve, il se dit parmi le peuple & les femmes qui vendent des feves S des pois. II signifie ôter la robe aux fèves pour les rendre plus tendres. (11 faut dérober ces fèves. Ce sont des fèves dérobées. A la dérobée, adv. [Clam, surtim , clanculum. 3 En cachette, furtivement. (Licurgue vouloit que les nouveaux mariez ne sévissent qu’à la dérobée. Abl. apoph. On dit auffi à des heures dérobées.) Escalier dérobé. [Scala occultai} C’est-à-dire, un escalier qui ne paroît pas à tous ceux qui viennent dans la maison, fjf de'ROBE'. Ce mot se dit du pié d’un cheval fatigué par un long & pénible travail, enserre que la corne soit usée & perdue, & cju’on ne puisse plus le ferrer. On dit : je n’ai pas acheté ce cheval, parce qu’il a le pié dérobé. DE'ROBEMENT, f tu. Terme d ’ArehìteHure. On dit d’une voûte, qu’elle est faite par dérobement ou avec paneaux, qui sont deux manières de couper ks pierres pour faire les arcs. DE'RO CHER- [Agere derupe pracipitem.} Terme de Fauconnerie, qui se dit de l’aigle ou des grands oiseaux, qui poursuivant les bêtes à quatre pieds, les contraignent de sc précipiter de la pointe des rochers pour eviter de tomber dans leurs serres. DE’ROCHER, se dit auffi de l’or. [Aurum purgare , auri illuviem, fqualorem detergere.} C’est en ôter la crasse. DEROGATION, f. /• [Derogatio.} Acte contraire à un précédent qui l’annulle, qui le détruit, qui le révoque. DEROGATOIRE, adj. [Derogans.J Terne de Pratique. Qui déroge (Une clause dérogatoire.) VER 6 o j DE'ROGEANÇE, f fi [Derogatio.} Acte qui dé- roge, il ne se dit guère que des actions contraires à la profession des nobles. (Le trafic est une dérogeanceà la noblesse.) $ Ce terme n’a d’usage qu’er. ftile de Chancellerie. Acad. Fr. DE'ROGEANT, ANTE, adj. [Derogans.} Acte contraire à nn autre, qui y déroge. (Beaucoup de loix du Code sont dérogeantes à l’ancien Droit.) DE'ROGER, v. n. Ce mot vient du Latin dero- gare, auffi-bien que le précédent. 11 lignifie diminuer, ôter, faire tort, abolir en partie , contrevenir. Déroger est plus du Palais & de droit, que d’un ftile poli, qui ne parieroit ni d’afaires, ni dé loix. (Les privilèges dérogent au Droit commun, parce que ce sont des grâces particulières. Févret, de f abus, l. i. ch. 4, Le Pape peut, par la plénitude de fa puissance , déroger à une constitution, ou à une réglé, mais il ne peut déroger , fans abus, aux droits des Patrons laïques. Voïez les définitions du Droit Canon, L 1. Déroger à son droit. Fatru, plaid. 9. Le trafic déroge à la noblesse. Le Maìt. plaid.) On dit auffi, une dérogation, un acte dérogeant, &c. DE'ROIDIR, ri. a. [Rigorem mitigare, mollire.} Oter la raideur. Ce mot se dit du linge qui est gelé & roide, & son dit qu’îi le faut aprocher du feu pour le déroidir. DE'RO MPRE, ». a. [Accipitrem mutìlare, con » ttmderc, dejicere.} Terme de Fauconnerie, qui se dit d’un oiseau de proie qui fond sur un autre , & de seS cuisses & serres lui donne un coup si furieux, qu’il rompt son vol, l’étourdit & le meurtrit, en le faisant tomber à terre tout rompu & tout brisé. DE'ROUGIR, ». n. [Pudoris ruborem amittere ] L’usage de ce mot est borne à lignifier cejjer de rougir, après que la honte qu’on a de quelque chose est passée. Quand la honte est grande, on ne dérougit pas lì-tôt.) DE’ROUGIR, »• a. Oter la rougeur. (Son visage est tout rouge de la petite verole, mais le tems le dérou- gira. Cette drogue l’a dérougîe. L’air l’a dérougie.) Dérougir est auffi ». p. (Cela se dérougit.) Acad. Fr. DE'ROuILLER, ». «• [Rubiginem abfiergere, detergere.} Oter la rouille. (Dérouiller une épée, un fusil, &c.) 4 B est auffi ». p. (Le fer sc dérouille.) t * DE'ROùlLLER. [Expolire.} 11 se dit au figuré, & signifie rendre moins grossier, polir. (L’air du grand monde dérouille l’esprit. On dit auffi, J'e dérouiller , au même sens. Les Provinciaux, se dérouillent à Paris.) DE'ROULER, ». a. [Evolvere, explicare.} Défaire une chose qui est roulée, qui est en rouleau. (Dérouler du papier, du parchemin, &c.) DE'RO UTE, f f- [Clades, strages, dijìpatio, per- turbatio.} Défaite d’ennemis qu’on tue & qu’on fait fuir en désordre. (La déroute fut grande.il perdit son bagage à cette déroute. Mettre les ennemis en déroute. C’est ainfi que souvent par une forcenée , Une trifle famille à f hôpital traînée Voit ses biens en décrets fur tous les murs écrits, De fa déroute illufire éfrdíer tout Paris. Despr.) * Mettre en déroute. [ Dijfipare^, profiigare. ] Ces mots se disent quelquefois au figuré, d’un Marchand qu’un créancier trop violent contraint à faire banqueroute. On dit encore qu’une objection forte, & faite brusquement, met quelquefois un Docteur en déroute ; c’est-a-dire, le trouble & l’interdit. On dit que l’adréÚ se des François met en déroute la politique d’Espagne ; c’est-à-dire,’ lui fait perdre ses mesures. 4 DE'ROUTER, ». a. Tirer quelcun de son chemin, le faire égarer. On nous a déroutez. 4 * DE'ROUTER, signifie auffi éloigner du but qu’on se proposoit. (Cet accident m’a dérouté. II auroit fait ■ une grande fortune, mais la mort de son protecteur l’a dérouté. f * DE'ROUTER, sc dit auffi pour déconcerter. (Un seul mot l’a dérouté. La moindre raillerie est capabfe de le dérouter.) DERRIE'RE, adv. (ReO'0.3 Après les autres. II est derrière. Elle est demeurée derrière.) 4 * Laisser quelcun bien loin derrière. C’est le surpasser, obtenir beaucoup d’avantage sur lui. (II a laissé tous les autres bien loin derrière.) Tarn. L G g g g % f * Re- 6o 4 DES ± * Regarder derrière. C’est en morale , retourner sur ses pas, se rebuter, ne pas continuer quand on a bien commencé. Quand on a renonce au monde, au vice, on ne doit pas regarder derrière foi.) DERlUE'RE, adv. Mot dont se servent les Chasseurs, quand ils veulent arrêter un chien, & le faire demeurer derrière eux. par derrière. Voïez Par. , , . , DERRIE'RE. [P ost, retrò.] Préposition qui régit l’a- cusatif. A couvert de. Aprés. (II se mit derrière son camarade. Scar. II s’est retiré derrière un retranchement. Abl. Arr. I. i.) DERRIE'RE, f m. [ Pojìicum , pqftica pars.] La partie qui est opofée à celle du devant. (Le derrière d’u- ne maison ; le derrière d’une cuirasse ; derriere de carrosse ; le derrière d’une jupe, d’un manteau. On dit en proverbe : A passage & à rivière. Laquais devant , maître derrière.) On dit figurément; II a toûjours quelque porte de derrière , {Jiexìloquus est, ] parlant d’un homme qui n’est point sincère, & qui a toujours quelque défaite. II amis cette chose sans devant derrière; pour dire, qu’on a renversé l’ordre. DERRIE'RE, f. m. [Nates.] Cu : fesses. ( Le soleil aïant vû votre derrière, il n’osa plus montrer le sien. Volt. Po's. Torcher son derrière ; donner un coup de pié au derrière. S. Am.) On peut voir les stances que Mr. de Voiture fit fur íe derrière d’une Dame, dont la juppe fut retroussée en versant, dans un carosse à la campagne : Philif , je suis dessous vos loix, Et fans reinede a cette fois Mon ame ejl votre prisonnière. Mais fans justice (-f sans raison Vous m’avez pris par le derrière , N’ejl-ce pas une trahison. Un.critique pouroit condamner cette pensée, par- ce que Voiture n’a point été pris par derrière en trahison ; c’est le derrière de la Dame qui l’a pris. Mais il ne faut pas s’arrêter à si peu de chose ; le reste mérité qu’on lui pardonne une fausse pointe. 4 : * Montrer le derriere. C’est dans le stile bas, manquer aux promesses que l’on fait, ne rien faire après s’être vanté de faire beaucoup. (IÌ a montré le derrière. Ne vous fiez pas à ce faux brave, à ce babillard , il montre souvent le derrière. H * Faire rage des piez de derrière. C’est mettre tout sn usage, faire tous ses efforts pour réussir. (S’il vous donne fa parole, il fera rage des piez de derriere. DERVIS m. [Religiojíoris inter Mahometanos injlìtuti cuit or.] Religieux Turc. Les Dervis font profession de pauvreté, & mènent une vie fort austère. DES. Ce mot étant écrit fans aucun accent, est un article pluriel servant à divers cas. Quand il est article défini, il est au génitif, ou à l’ablatif. Au génitif, comme dans ces exemples. La connaissance des Sciences & des Arts. La diversité des plantes, des fleurs & des fruits. A l’ablatif, comme dans ceux-ci ; je parle des hommes & des femmes. Fraper des mains & des piez. Quand ce mot des est un article indéfini, il sert au nominatif, ou à l’acusatif. Au nominatif, comme ce sont des livres, il y a des hommes. Et à l’acusatif, comme je vois des arbres, je cannois des femmes. Dans tous ces exemples, cet article des se prononce devant une consonne comme un e ouvert, & comme s’il étoit écrit dai, ainsi des livres, des femmes se prononcent dai livres, dai femmes, fans prononcer la lettre s. Mais devant une voielle, on prononce IV, & comme si ce mot étoit écrit ainsi daiz. Prononcez des arbres, comme s’il étoit écrit daiz arbres. Et même dans le langage ordinaire, on le prononce d’un son plus doux & plus coulant, ce font des hommes , on prononce ce font de-z-oumes. Cette maniéré de prononcer qui est du goût de certains Auteurs, n’est pas de celui de beaucoup d’autres personnes très-polies, qui volant quelque air gascon dans cette prononciation, disent simplement des hommes. , ^ y ? às exemples que l’usage aprend où l’on met ae, a la place de des. (Combler de biens, assommer de coups. Aead. Fr.) J DES DèS, ou dez. [Tejsera.] Ce mot étant le pluriel d’un de a jouer, ou d un de à coudre, s’écrit de deux maniérés dès ou dez, & il se prononce d’un son clair & élevé, comme on prononce IV que les Grammairiens a- pellent masculin, & comme l’on prononce la dernière sillabe de ces mots j bontez, veritez, parlerez. Ù§ Molière, dans son Ecole des femmes, aci. 4. f. g. Je dis que l’on doit faire ainsi qu’au jeu de dez , Où s’il ne vous vient pas ce que vous demandez, II faut jouer d’adrejje, d’une ame réduite Corriger le hazard par la bonne conduite. Cela est imité deTerence, Adelph. aH. 4. sc. 7. v , 2i. Ita vit a est homìnum, quasi cum ludas tejseris, jì illud qmd maximè opus est, jaflu non cadit, illud quod cecidit sortè, id arte ut corrigas. DeS. C A, ab, è, ex.) Ce mot étant une préposition qui signifie depuis, & qui régit l’acusatif, se prononce comme l’article des, & comme s’il étoit écrit dai devant une consone, & dais, devant une voielle. On met fur cet e ouvert un accent grave, pour le distinguer de IV masculin, & de des ou dez qui est un pluriel. (Dès long-tems je connois fa rigueur infinie. Voit. Pos. Dès le matin, dès fa jeunesse. Cette rivière porte bateaux dès fa source.) Dès que, conj. [ Ut primùm, fmul, ut.] Auffi-tót que. (Dès qu’il fut devant mes yeux, je le sentis dans mon ame. Voit. Po'és. On m’apíaudit, dès que l’on m’aperqoit. Bens.) sf Enfin, de s , ou dès-là ont chacun leur place, & l’on ne doit pas les confondre. Un Auteur anoni- me a fort bien observé, que dès marque le tems, & dès-là marque la cause. II en raporte plusieurs exemples. Nous sommes vaincus dès-là que nous cejjìms de combatre. Ce seroit une faute si l’on disoit des que mus cessons ; car dès-là marque la cause de notre défaite ; ainsi on dit d’un homme qui s’abandonne à l’oiíiveté, dès-là il est perdu. Quant à dès que, on dit, par exemple, dès qu’il fut parti, ’c. DESABILLER. Voïez Déshabiller. DESABUSEMENT , f m. [ Erroris depostio.] Action de désebuscr. Ce mot n’est pas encore bien reqû. Cependant M. de Buffi-Rabutin s’en est servi. (11 y a des erreurs agréables qui valent mieux que ce qu’on apelleroit desabusement. B. Rabutin.) [f DESABUSEMENT. Non-feulcment Mr. de Buffi s’est servi de ce terme ; plusieurs autres Auteurs l’ont emploie dans des Ouvrages aprouvez de tout le monde. Voïez le P. Bouhours, pag. 156. du second volume deses nouvelles Remairques. DESABUSER, v. a. f Ab errore revocare, avertere, er- rorem eripere.J Détromper. (Désabuser quelcun.) Dans ce mot & dans les fuivans, prononcez toujours la lettre s de la prémiére silabe des. Prononcez ici dezabuze. DESACHALANDER. Voïez Déchalander. DESACORDER, r>. a. [Concentum disfolvere, di- Jìurbare.) Défaire les acords. Oter les acords. Desi- cordet un luth, une guitare, un clavecin, &c.) DESACOUPLER, V. a. [Copulam exinieyr ctmi- bus, canes abjungere.] Détacher des animaux qui étoient acouplez. (Defacoupler des bœufs. On dit auísi décou- pler. Voïez Découpler. DESACOûTUMANCE, f f. ÍDesuetudo.] Signifie la perte de quelque coutume ou de quelque habitude. DESACOÛTUMER , V. a. [J consuetudine ab- ducere, absìrahere.] Perdre la coutume & l’habitude qu’on avoit contractée de quelque chose. (Depuis fa maladie, il a desecoútumé le vin, defacoûtumer quelcun de jouer.) Se defacoûtumer, v. r. (Desuescere.) Se défaire de quelque choie qu’on avoit acoûtumé, s’en débarasser. (On a peine à fe defacoûtumer des gens lors-qu’on les arme.) DESAFOURCHER, v.n. [Ancoras tollmslex- me de Marine. Lever l’ancre d’afourche, & la rayer- ter à bord. DESAGENCER, v.a. (Pcrturbare, dijlurbare, con • fundere.] C’est le contraire d’agencer. (Delagencer ce qui étoit agencé.) DESAGREABLE , adj. [Injucmdns, ingrats ilìepidfis , injuavis , inamanus.J Qui n’est pas agréable. (Un air désagréable. Elle est désagréable.) DE SA- DES DESAGREABLEMENT, adv . [IUepidè, injacundè , ftiolcjiè, acerbe .Peu agréablement. (Mettre quelcun désagréablement en jeu. Le Comte de Buffìl) DESAGRE’ER, »• «. [DiJJlicere .] N’agréer pas. fia le malheur de desagréer à tout le monde.) DESAGRE'ER ou dégréer, v. a. [Navim insìruHu suo mdare.J Terme de Mer. Oter les agreils d’un vaisseau. DESAGREMENT, s m. [ Injucunditas, insulsitiu.J Ce jnot n’est pas encore bien établi. Cependant il est dans la bouche de la plupart des dames qui parlent bien. (Elle a un grand désagrément en toute sa personne. C’est un grand désagrément que cela. Ce fut un grand désagrément pour moi. {g II est vrai que ce mot étoit encore nouveau , & eommençoit à s’établir dans le tems que le P. Bouhours publia ses Remarques fur la langue Françoise ; car on disoit déja : Elle a un grand désagrément dam toute sa personne. On disoit ausii pour lors : Ce fut un grand désagrément pour moi, en parlant de quelque chose qui a choqué. „ Mais (ajoûte-t-il) cette façon de „ parler semble à quelques-uns un peu précieuse ; & je ,, croi que pour s’en servir communément, il faut „ atendre qu’elle soit plus autorisée. " Mais il me semble qu’elle a assez de crédit pour être reçue dans toutes sortes de discours. L’Académie admet désagrément, pour exprimer une chose désagréable, un sujet de chagrin, d’ennui, de dégoût, les défauts de la personne. DESAJUSTER, W. «. [Perturbant C’est le contraire d’ajuster. (Desajuster les choses.) DESALTE'RER, D. a. [Sitim Jedare, levare, ex- tinguere , pelkre.'J Oter la soif. Un grand verre d’eau avec le jus de trois ou quatre citrons dedans , rafraîchit & désaltéré extrêmement. Un hidropique boit beaucoup, & il ne se peut désaltérer. Un agneau se désaltérait Dans le courant d’une onde pure, Un loup survint à jeun qui cherchoit avítnture. Et que la faim en ces lieu attirait. La Font.) * DESALTE’RER II se dit au figuré. (La soifqu’un avare a des richesses est si grande, que rien ne le peut désaltérer.) DESANCI ÍER, V. a. [Tibiam lingula eximere, destituere.J 11 se dit d’un haut-bois dont on ôte Tanche. Pomey. DESANCRER, ». ». [Ancoras tollere.'J Lever les ancres. Partir d’un port ou d’une rade. (Nous desan- crâmes dès le lendemain.) DESAPAREILLER, ». u. Oter & défaire des choses qui font apareillées. Voïez dépareiller. ^ On dit plus ordinairement , dépareiller , ou déparier. Acad. Fr. DESAPETÍSSER, ». a. [Fastidium inducere.J Faire perdre l’apétit. (Les viandes mal-propres désa- pétissent les gens.) * DESAPLÏQUER , ». a. [Retrahere animum ab aliqua re.’J Oter de l’apiication, apliquer moins, détacher de Taplication. Le tems me desapliquera des objets qui m’ocupent. Port-Royal , éducation d'un Prince, p. np) , . , , (g Je souscrits volontiers a la condamnation que le P. Bouhours a prononcée dans ses Doutes, contre ce mot. DESAPOINTER, ». «. [Mìlìtem exauclorare.'} Oter les apointemens à un olicier, à un soldat réformé. $ L’Académie remarque que ce terme est vieux. DESAPRENDRE, ». a. [Dediscere.J C’est le contraire d’aprendre. (Avant que d’aprendre quelque chose, il faut qu’il desaprennece qu’il a apris. On desa- prend aisément,ce qu’on abandonne après savoir apris. SE DESAPROPRIER, »• »• [Bominium reì ex itéré, deponere.] II ne se dit que par les Religieux. (Se desaproprier des biens temporels, c’est y renoncer. 11s disent aussi dej'apropriation, f. f. [ 'Renunciatio reì alicui .] II se prend encore dans un sens plus étroit par les Mystiques. [Renunciatio dominïi in rem aliquam ..] Çg Le terme dej'apropriation est significatif. ,, Dieu „ ne demande pas de nous un renoncement qui soit „ égal ; il y en a qu’il éleve à une condition plus par- „ faite , & qu’il engage par une desapropriation ex- DES 6c» 5 z, terieure des biens, des honneurs, des plaisirs, &c. " Ce font les termes de l’Auteur des Eclaircijfemens. fur la vie Monajìique. Mais peut on dire, fur l’autorits de ce fameux Abé, Je dejaproprier des honneurs U des plaisirs ? Ce font des biens qui n’ont point de propriété que Ton puisse quitter. Disons seulement, J'e dejaproprier des biens U des richejfes. DESAPROUVER , ». a. [Improbare.] Ne pas aprouver. (Desaprouver le procédé de quelcun.) DESARBORER , ». a. [Signum tollere, dimittere.] Abatre le pavillon. DESARÇONNER, ». a. [Ex equo dejicere , de- turbare, depellere.] Tirer hors des arçons. Jetter hors des arçons d’une selle lorsqu’on est à cheval. (Désarçonner un cavalier.) f * Comme il disoit à sa dame qu’il joiiissoit d’elle avec plaisir, elle le désarçonna. f * DESARÇONNER, confondre quelcun dans une dispute, lui fermer la bouche. (Je Tai désarçonné. II ne manque guére de désarçonner ses adversaires.) DESARGENTER , ». a. [ObduBum argentum tollere, corrumpere.J Oter Targent de dessus quelque chose. Ce mot n’est guére en usage qu’au participe. (Un calice désargenté.) f DESARGENTER quelcun ,le dégarnir d’argent. (Ces achats rn’ont désargenté, On Ta bien désargenté.) II est du stile bas & familier. II est aussi v. r. Se désargenter, se défaire de tout son argent. DESARMEMENT, f m. [Armorum, injìru- Bits depositio.] Action de désarmer des soldats, ou des vaisseaux de guerre. DESARMER, ». a. [Arma ponere, deponere ; ar- mis, insruBu exuere.J Oter les armes à quelcun. (Désarmer un soldat. II reste à désarmer cent peuples di* férens. Vill.) í Se désarmer. Quitter les armes, dévêtir Tarmure, le siamois de guerre. Après le combat il s’est désarmé. í DESARMER, ». n. II se dit absolument pour, poser les armes, congédier les troupes. (Tous les Princes ont désarmé. II est dangereux de désarmer le premier.) f DESARMER, se dit aussi des vaisseaux de guerre, dont on retire l’équipage , Tartillerie , les munitions & les agrez. (Les puissances maritimes ont désarmé.) * DESARMER, ». a. [Placare, mitigare.] Au figuré il est noble , il lignifie apaiser la colère. Adoucir k ressentiment. La pénitence des Ninivites désarma la colère de Dieu. La soumission des vaincus avoir désarmé fa colère. Son respect, & les paroles honnêtes K touchantes dont il s’est servi , ont désarmé la fureur de la belle. * Croirai-je que vos yeux à la fin désarmés Veuillent. .... Racine, Andromaque, act. 4. sc. ?.) {g DESARMER les levres d’un cheval, c’est tenir ses levres sujettes, & hors de dessus la barre, iors- qu’elles sont si grosses qu’elles la couvrent, & qu’en soutenant les mords, & empêchant que le cheval ne le fente fur la barre , elles ôtent le vrai apui de la bouche. On dit : donnez à votre cheval une embouchure à-canon coupé, qui lui désarmé les levres, ou bien des olives qui feront le même éfet. Dicíionn. des arts de Vhomme d’épée. I DESARRANGER- Voïez déranger, ». a. DESARROI, f- tn. [Rerum perturbatio, àijsipatio , clades, Jìrages.] Pauvre état. Pauvre équipage. (Etre en un triste désarroi. Sen.) DES A S S EM B LER , _ ». ». ( [DìJJìpare, dijfohere , ftthere, disjungere.] Défaire & séparer des choses assemblées. (Desassembler un ouvrage de menuiserie de pièces reportées.) DESASSOCIER, v. a. &Je desajsocier, v. r. [So- cietatem dirimere .] Ce mot se dit entre gens qui sont associez dans quelque afaire , dans quelque négoce , quelque ferme ou quelque traité. DESASSURER, ». a. [Incertumfacere, reddere.] II n’est pas trop usité. Cependant des gens Taprouvent ; c’est rendre une personne incertaine, d’assûrée qu’elle étoit. (11 croit cela fermement, mais il Ten faut des- assûrer.) H DESASTREUX, euse, adj. Funeste, malheureux. G S S g 3 On 6o6 DES On ne l’emploïe qui dans le stilc soutenu, & dans la poésie. DESATTELER, v.a. Voïez Dételer. DESASTRE, f m - [Calamitas , ìnfelicitas, infor- timium, adverjhu cafus.J Malheur. (C’est un grand désastre. 11 lui est arrivé un fâcheux désastre.) f DES-AVANT-QUE- C Antequam. J Conjonction qui fe met quelquefois pour avantque; mais qui ne vaut rien , quoi qu’en dise un faiseur de réflexions fur la Langue. (Je prioís pour vous dès avantque vous me l’eussiez demandé.) DESAVANTAGE, f- nt. £Damnum, jaclura, in. eomntodum,détriment unis C’est le contraire d’avantage. Ce qui n’est pas à l’avantage. (La cavalerie Persienne a beaucoup de désavantagé de nuit. Abt. ret. ì. ;. c. ;. 11 s furent vaincus par le désavantagé du lieu. Ab L Arr. I. 17. Comme on les penfoit forcer dans leur retranchement, on eut quelque désavantagé. Abl. Arr. q. 1. Cela va à son désavantagé.) DESAVANTAGER, ÍDamnum, detrimen- tum parere, ajserre, inferres 11 ne fe dit guere qu’en cette faqon de parler. (Pour avantager trop son aîné, jl a désavantagé tous ses autres enfans.) DESAVANTAGEUSEMENT, adv. [ Incommodé .] D’u- ne maniéré désavantageuse. DESAVANTAGEUX, désavantageuse, adj. \Incom- moduss Qui a du désavantagé. Qui n’est pas avantageux. (Combat désavantageux au parti. Mémoires de Mr. le Duc de la Rochefoucaut. Faire une paix désavantageuse.) H DESAVANTAGEUX, fe dit aussi d’un poste ou il est mal aisé de se défendre, & de subsister. (Ce général a choisi un poste trop désavantageux pour s’y soutenir. Un poste aussi désavantageux ruinera les troupes.) DESAVEU , f m. [ÌPegatio, inficiatios II consiste à desaprouver quelque chose, à dire qu’on n’aprouve point ce qui est dit ou fait. (Je déclare que mon désaveu n’étoit pas sincère, & que c’étoit un assujétisse- ment volontaire de mes sentimens à ceux de N. S.Eure - mont , œuvres mêlées, in 4. p. 224. Son désaveu est véritable. On aprouve ou l’on blâme son désaveu. C’est aussi un terme de Palais, qui signifie une plainte faite à cause qu’on a, sans notre consentement, acordé une chose qu’on n’avoit pas ordre d’acorder. Matière sujette à désaveu. Patru, plaid. 1;.) {§ Le désaveu, & l’aveu, sont des termes très-fte- quens dans la Jurisprudence coûtumiére. Par le pré- mier, onreconnoit latenure & la censive d’un Seigneur, dont on s’avoué, ou vassal, ou emphiteote. Par le second, on nie de tenir & de relever de la censive d’un Seigneur. Le désaveu est une eípece de félonie ; ainsi il emporte, quand il est injuste , la confiscation du fief, suivant l’article 43. de la Coûtume de Paris, qui est une régie presque générale dans les autres Coutumes du Roïaume. Désavouer, c’est nier directement & absolument de tenir, & d’être de la mouvance d’un Seigneur à qui elle apartient. Ce qu’il y a de dur dans cette Jurisprudence, est que dans l’article 44. de la même Coûtume, il est dit qu'après que le vassal aura avoué ledit Seigneur féodal, lesdits Seigneur £s? vaJJ'al communiqueront l'un à l’autre , leurs aveus, dénombre - mens, & titres de la tenure duditfief, qu’ils ont par devers eux & ejï tenu le vassalsatisfaire lepremier. Suivant cet article , le vassal, l’heritier, ou l’aquereur , doivent avouer, ou désavouer, sans connoître leur condition, & risquer ainsi leur fies dans une juste igno. rance, qui est toujours une excuse légitimé, outre que l’on dit ordinairement que le Seigneur doit instruire son vassal, & son Emphiteote. Voïez les Commentateurs. J’ajoûte seulement que régulièrement le désaveu n’em- porte la confiscation que des fiefs, & jamais des biens roturiers. Un désaveu de bonne foi n’est point criminel,- il faut (dit Du Moulin') qu’il soit fait avec dol & fraude. 11 peut regarder (selon le même Docteur) ou le fies, ou la personne, ou le lieu; ainsi on désavoué de dépendre d’un tel fief, ou l’on désavoué de tenir d’un tel Seigneur, ou de devoir l’hommage à un tel château ; & de ces trois desaveus, le premier est le seul formel, & commet le fief. On peut encore désavouer la qualité du fief, & soûtenir, par exemple, qu’il n’est point fief lige. Du Moulin croit qu’un tel désaveu n’emporte point la commise. Chopin sur An- DES jou, est d’un sentiment contraire, suivant la décision du §. ç. du titre aç. du second livre des fiefs. Mai* la raison est, cerne semble, du côté de Du Moulin" Le désaveu n’emporte que la confiscation de ce qui cíi désavoué ; & quand il est fait par une omission de bon- ne foi, on condamne seulement le vassal à la réparer' Voïez l’art. 199. de la Coûtume d'Anjou. Le mineur n’est point relevé d’un désaveu frauduleux. Le bene- licier ne peut commettre que les fruits du bencfice." Et lorsque c’est une communauté qui tombe en commise,_ on estime la valeur du fief, que l’on adjuge aiì Seigneur. Voïez Easmaison, dans Jbn discours des fiefs. Le désaveu du mari ne confisque que les fruits du fief dotal pendant fa vie. DES AVEU GLER, V. a. {Caátatem demere, au- ferres Ce mot est dans les ouvrages de quelques bons Auteurs modernes, mais il n’est pas généralement recô • il veut dire, ôter l’aveuglement à quelcun. On ne le trouve point dans le Dictionnaire de l’Académie Françoise. DESAVOûER, v. a. XfDijfxteri, auHoritatem Ae- fugeres Ne pas avouer, ne pas autoriser. (Le mari peut en de certaines rencontres désavouer sa femme. De la Religion c’ej} ainsi qu’ilsfe jouent , lis ont un air pieux répandu fur le front, Que leurs allions désavouent, Ils font faux en tout ce qu’ils font. Deshoul.) f DESAVOûER un Ambassadeur. C’est lorsqu',m Prince déclaré que son Ambassadeur a agi fans ordre, ou contre son intention. f DESAVOUER, lignifie aussi ne vouloir pas recon- noître pour sien. Désavouer un mauvais livre, désavouer un enfant, désavouer quelcun pour son pareils. 0 DESCALANGE'. Ce terme lignifie, dans lesCoû- tumes de Boulenois, d’Amiens, de S. Orner, la même chose que non acufé. Dans celle de Lille, meubles des. calangez, font ceux qui ont été déchargez de la saisie. DESCINTRER. Voïez Decintrer. DESCRIPTION, f f [Descriptios C’est la répré- sentation qu’on fait de quelque chose parle moïen des paroles. (Comme c’est une personne extraordinaire, il est a propos d’en faire la description . Le Comte de Puff. Soïez riches & pompeux dans vos descriptions. Dejpr.) DESCRIPTION, s.s. Ce mot en termes de Logique & de Réthorique, lignifie une définition imparfaite, qui donne quelque idée d’une chose , fans en expliquer parfaitement la nature. Art. depenser. f DESCRIPTION, f. f. Dénombrement. Son usage est fort borné en ce sens. César ordonna qu’on fit une description , ou un dénombrement général, au tems que Jésus-Christ vint au monde. Port-Royal, nom. Tejlament .) t DESCRIPTION. L’action de décrire & de copier un écrit. Voïez Copie. í DESEMBALLER, 'v. «. Défaire une balle, en tirer les marchandises. DESEMBARQUER. Dites & voïez Débarquer. í DESEMBARQUER. se dit loríqu’on est obligé pat le mauvais tems, ou par quelque autre raison, de tirer hors d’un vaisseau avant son départ les choses qu'on y avoir embarquées. (11 fallut descmbarquer les marchandises.) Acad. Fr. t DESEMPAREMENT, s m. [Ctfu, decejfos L’action de désemparer. t DESEMPARER, V. a. [ ’Cedere, excedere, dij- cederes Quiter abandonner. Le mot de désemparer iè dit, mais rarement, L il me semble qu’il trouvèrent mieux l'a place dans le comique que dans le sérieux. -f DESEMPARER un vaifeau. C’est le démâter, ruiner ses manœuvres, le mettre hors de combat, hors d’état de servir. (La tempête a désemparé nos meilleurs vaisseaux. Notre canon désempara d'abord le vaisseau ennemi.) DESEMPENNE'» adj. [Sagittapemis exannatas Ce mot n’est en usage que dans cette façon de parier proverbiale. II s’en va comme un trait dejhnpenné; c’est-à-dire, dégarni de plumes. Ec cela se dit d un homme qui sc met en voïage, ou qui entreprend quelque afaire fans avoir les choses nécessaires pour s’y conduire, & pour y réussir.. DEíTEAI- DES DESEMPESER, ». a. [Linteum amylo rìgens a- quà dijsolvere.] C’est mettre tremper du linge dans de l’eau pour en faire sortir de [empois. DESEMPLIR, ». «. [Deplese.J Vuider, (Désemplir une bouteille.) DESEMPLIR, ». n. Se vuider. (Sa maison ne désemplit point de Normans. Le Comte de BuJJi.) DESEMPRISONNER, ». a. [E carcere educere, emittere aliquem .] C’est Faire sortir de prison quelcun qu’on y avoit fait mettre. DESENCHANTEMENT, s m. [Fascïni depul- jìo , propulsatio, sascinationisjbluiìo, dijj’olutio.] L’action de defehanter. DESENCHANTER, ». a. [Fascinum depellere, fasci- natione liber are. [Délivrer de [enchantement, ou de ïa passion qui tient nos sens comme enchantez. {Mon ante révoltée Crut pour jamais être désenchantée. Voit. Poëf.) DESENCLOùER, ». a. [Clavum eximere.] Ce mot se dit d’un canon qui étoit encloué. Mais pour dire simplement ôter les doux qui tendent une chose. Voïez & dites déclouer. DE'S ENDORMIR, ». st. [Aliquem expergefacere.] Ce verbe n’est d’usage qu’au participe, en parlant d’un homme à demi éveillé. Daxet. DESENFLER, ». «. [Tumorem difeutere, tollere.] Oter 1 ’enflure. (Onguent pour désenfler les jambes.) £ DESENFLER, ». n. Cesser d’étre enflé. (La jambe ne désenflé point. Son ventre désenflé, est désenflé.) DESENFLCRE, //. [ Tumork solutio.] Cessation, dissipation d’enflure. DESENGER, ». U. [Eradicare, exjlirpare, expur- gare.] Oter, faire périr [engeance. (II faut desenger ce lit de punaises.) DESENIVRER, ». «. [ Ebrietatem , crapulam dis- cutere.] Oter [ivresse. (Désenivrer quelcun.) í DESENIVRER, est aussi neutre. II ne désenivré point depuis huit jours. DESENLACER, ». a. [ Laqueumsolvere, explica- re.] Tirer des lacets- (Cet oiseau s’est defenlacé.) DESENNUIER, ». a. [Anintum reficere , récréa- re, tadium levure.'] Chasser l’ennui. (L’agréable lecture désennuie.) 4 = Se defennuier. II cherche à se defennuier. II va se defennuier chez ses amis.) ^DESENRAIER, ». a. Oter la corde, ou la chaîne, qui empêche une roue de tourner. II faut desenraïer cette rôtie. On dit auflì absolument, il faut desenraïer. SEDESENROUER, ». a. [Raucitatemamitterc.] Perdre [enrouement, ou plutôt cesser d’être enroué. (Pour se desenrouer, il faut se tenir chaudement.) DESENROUER, se dit de ce qui ôte [enrouement. (L’eau descnroue, le sirop desenroue.) DESENRUMER, ». a. {Gravedine levure , libe- rare.J Oter le rume, chasser le ruine. (II y a des sirops qui désenfument ceux qui font énrumez.) DESENRôLER- ». a. [Nornen ex albo militum delere , expungere.] C’est donner le congé à un soldat. DESENSEIGNER, ». a [Dedocere.] C’est le contraire d’enseigner. (Pour lui aprendre quelque chose, il lui faut desenseigner ce qu’on lui a enseigné.) DESENSEVELIR, ». «. Voïez Déterrer. DESENSORCELER, ». a. [Fascinathne libéra- re.] C’est ie contraire d’ensorceler. (Désensorceler une personne.) DESENTETER, ». «. [Opinionem alicui eximere.] Oter [entêtement à quelcun. (On l’a desantêté de son mariage.) (f Le P. Bouhours a raison de dire dans ses Remarques, que ce mot, quoique nouveau , plaît à beaucoup de gens ; & il ne doutoit pas qu’il ne s’établit un jour, pour le moins autant qu’entêter. Cependant quoi qu’entêter & dej’entêter expriment bien, il lui sembloit qu’ils n’étoient pas des plus nobles, & que ceux qui ont le plus de goût pour notre langue ne croient pas u’il faille les emploier dans le stile sublime. Ce sont es mots propres pour la conversation & pour le stile médiocre. J’avouë qu 'entêter a été plus heureux que desentêter, qui s’est pins Familiarisé dans la conversation, que dans la Chaire, & dans le Barreau. DES 607 DESENTRAVER, ». a. {Equant compedibus li. berare,] Descntraver un cheval, c’est ôter les entraves à un cheval. DESENVENIMER, ». a. [Veneno plagam libe - rare, venenum purgare, expurgare.] Oter le venin. (Désenvenimer une plaie.) DESE'QUIPÈR, v. a. [Aavem injlrueiusuo rmda- re, navigium armamentis spoliare.] C’est désarmer des vaisseaux, en ôter les équipages. DESERGOTER, ». a. [PoJUcum unguemfindere,] Terme de Manège, qui se dit des chevaux, ausouels on fend l’ergot jusques au vif pour arracher quelques vessies pleines d’eau qui leur viennent aux jambes, L fur tout dans les lieux marécageux. DE'SERT, / m. [Solitudo, desertus locus.] Prononcez desair. Lieu qui n’est point habité. (Un vaste & afreux désert. Habiter au désert. Les anciens Pérès Hermites demeuroient an désert. Arn. vje des Pérès Hermites. Les déserts de [Arabie.) \ DE'SERT, déserte, adj. [Desertus.] II se dit des lieux, & signifie dépeuplé, où il n’y a presque point de monde. {Colomb ria jamais découvert Lieu plus sauvage fjf plus désert . Boisr. ép. 13. c. 1.) (Un lieu désert. L’Arabie déserte.) DE'SERT, déserte, adj. Ce mot se dit auílì d’une terre, d’un champ, d’une vigne , &c. & signifie négligé, mal cultivé ; & à [égard d’une vigne, il veut dire dé- peuplée de seps. (Un champ désert. (Une vigne déserte. * DE'SERT, adj. s. m. Terme de Palais. II signifie abandonné. On dit qu’un apel est désert, lorsqu’on a laissé passer le tems dans lequel on le devoir relever. DE'SERTER, ». n. [AJsgnis dilabi.] Ce mot se dit proprement en parlant de soldats, & signifie quiter les troupes, de peur de servir. S’enfuir de l'arméis ou d’un régiment fans congé, pour s’aler rendre aux ennemis. [Transsugere.] On punit de mort les soldats qui désertent.) * DE'SERTER, ». ». [Migrare, demigrare de loco.] Ce mot signifie en général, quiter un lieu. {Et lors-que son démon commence à s agiter , Tout, jusqu’àsa servante, ejl prêt à déserter. Desp. fat. 8 - * IIlui ejl dur devoir déserter ses galons. Molière, Tart. act. 1. sc. 1.) DE'SERTER. [Deferere.] Ce mot signifiant abandonner, est quelquefois un verbe actif, comme dans cet exemple. {Et f ennemi vaincu désertant ses remparts. Au devant de ton joug courait de toutes parts. Despr. épître au Roi.) DE'SERTER, ». a. [Depopulari, regionem populo eximere.] 11 signifie aussi dépeupler, dépouiller le monde. (Voici le teins que le Seigneur désertera toute L: terre, il la dépouillera, & lui fera changer de face. Port- Roial, IJ’aie, ck. 34.) DESERTEUR, f m. [ Besertor, transfuga.] Celui qui s’enfuit, Hui quite les troupes , qui va se rendre aux ennemis. (II a été puni comme déserteur.) * II donne de la terreur aux déserteurs d’une si sainte Société. Pat r u, plaid. 1;. Déserteur de la Médecine, Mol.) '~~~~ 0 " Le transfuges le déserteur font diferens. Le rentier abandonne le service de son Prince , & trait sa patrie. Le déserteur est coupable de quiter ie service auquel il s’est engagé repentir que l’on ne doit point tolérer. On punit avec raison ceux qui donnent asile aux déserteurs. Voïez les Ordonnances militaires, le titre du Droit de dejertorìbm, &c, DF/SERTION, s.s [Militia desertiosine mijjìo- ne.] C’est la fuite d’un soldat qui abandonne le servi, ce sans congé, quand c’est pour s’aler rendre aux ennemis. [ Transsugìum .] La désertion est punie à la guerre.) * DESERTION, s. f. [ Eremodìcium .] Terme de Palais. On dit d’un apel qu’on a négligé de relever dans le tems qu’il est désert, & qu’il est tombé en désertion. f A la. désésperade, adv. En désespéré. On dit dans i« 6o8 MS le stile familier, jouer à la desesperade, se battre a la desesperade. DFSESPERE', désespérée , adj. [Desperatus.] Qui ne donne nulle espérance. Abandonné. (La place est desesperée. Cheval dejespéré, pour dire, un cheval qui mord, rue & emporte.) DESESPE'RE*, desesperée, adj. [Perditui.] Qui a perdu toute son espérance. C’est un désespéré. 11 a fait un coup de deíespéré. Les désespérez sont à craindre ; c’est une désespérée. ) . Les Païens apelloient desesperez , les Chrétiens qui méprisaient la vie, & cherchoient le martyre : Et desperatos vocant, qui corporisuo minimè parcunt , dit Tertulien. DESESPERE'MENT, adv. [Desperanter. J bans elpe- rance. (Les âmes qu’on avoit crû le plus désespérément malades se portent bien. Pasc. I. 4.) DESESPERER, v. -V. [Desperare, spem perdere, amittere .2 Perdre l’esperance. (11 desespëroit de prendre la place. Ahl. Arr. I. 1. Désespérer de son salut.) £ On dit, desesperer d’un jeune homme, desesperer d’un malade ; c’est-à-dire, n’avoir point d’esperance que le malade guérisse, que le jeune homme se corrige & change de conduite. * DESESPE'RER, V. a. [Spem eripere, eximere , ad deferationem adigere. ) Fâcher beaucoup, faire enrager, faire perdre patience à force de causer du déplaisir. (II met tout son plaisir à vous désespérer. Racine, Alexandre , af{. 4. sc. 4.) f Se desesperer, v. n. S’afliger, se tourmenter , témoigner une grande douleur. Cette femme se désespéré depuis la mort de son mari. Ce joueur se desespere. Cé plaideur se désespéré. ê Se différer, signifie aussi, s’abandonner à son désespoir, & attenter sur sa propre vie. (Prenez garde qu’il ne se désespéré. Cette veuve vouloit se desesperer hier, & elle se remarie aujourd’hui.) DESESPOIR, / m. [ 'Desperatio. ] Ce qui est contraire à l’espérance. (11 est tombé dans le désespoir.) * DESESPOIR, [Molesta, trifiitiaj Déplaisir. Fâcherie. Chagrin. (Je suis au désespoir de ne me pouvoir promener avec vous. Voit. I. 79. De quelque désespoir qu’une amesoit atteinte, La douleur est toûjours moins forte que laplainte. La Font.) H DESESPOIR, se prend aussi pour la chose qui cause le désespoir même. (Le succez des mechans est le désespoir des honnêtes gens. La lâcheté d’un Général est le désespoir des officiers & des soldats.) í DESESPOIR, se dit quelquefois des choses excellentes qu’on ne sauroit imiter. Ce tableau est le désespoir des peintres. Cet ouvrage sera le désespoir des Auteurs. DESHABILLE'', f m. [Vestis cubicularh, cubi- eulariad} Prononcez desabilìé. C’est la robe de chambre d’une dame. Les habits qu’une dame met lors- quellene fort pas. (Elle étoit avec un déshabillé couleur de rose. Le Comte de BuJJì. Elle est en son desha. billé. Son déshabillé est fort beau.) DESHABILLER, v. a. [Spoliare , vefìcm detraheresj Prononcez desabilìé. Oter les habits. Dépouiller. (Le valet de chambre déshabillé son maître.) Se déshabiller, v. r. [Vejìem exuere. ) II se déshabillé lui-même. Le Prêtre est allé sc déshabiller à la Sacristie.) DESHABïTES deshabitée, adj. [ Incultus , deser . tus.'] Qui a été abandonné : on l’on a cessé d’habiter. (Un pais deshabité. Cette maison est deshabitée depuis long-tems, & elle se ruine de jour en jour.) DESHABITEE, v. n. [Locum deserere, incolh orbare .J II se dit de ceux qui quitent & abandonnent une maison, ou un païs 011 ils habitoient. (La guerre & la peste font deshabiter grand nombre de personnes.) L’Academie remarque que deshabiter n’est pas en usage. f DESH ABITUER, ». «. [Ab alicujw rei facien~ da conjhetudine aliquem avocare.] Desacoûtumer, faire perdre une habitude. (11 faut le déshabituer de mentir. Je l’ai déshabitué de venir trop souvent chez moi. SE DESHABITUER, v. r. [Desuescere ab ali. qua re.] Quiter une habitude qu’on avoit. Changer sa mamere d’agir. (Se déshabituer de jurer.) DES DESHALER, V. a. ( Adujìam, infuscatam *[},, cutem rejìituerej] Prononcez deshalé. Oter la noirceur que le hâle a causée sur le visage - ôter le hâle. (Une pommade propre à deshaler.) Se deshaler, v. r. (Pristino colorise reddere,] Perdre le hâle, ou la noirceur que le hâle a causée. (11 saut du tems & du foin pour se deshaler.) í DESHANCHE/, deshanchée, adj. [Lelumbis 1 On le dit d’une personne qui a les hanches foibles de mises, ou rompues, & 1 ’h s’aspire. (Ce jeune homm- marche comme s’il étoit tout déhanché. On diroit que cette femme est toute déhanchée. ) M DESHARNACHER, V.a. [Injlrucíu suo equwn eximere .] Oter les harnois de dessus un cheval. (Des. harnacher un cheval.) DESHERENCE,//. [Jus ìncaducabmi i.] Droit qu’a un Seigneur de fies de lé mettre en possession des biens vacans d’un défunt, dont il ne paroi t point d’hé- ritier. Déshérence s’apelle ligne éteinte, lignefaillie. La déshérence est, à l’égard des immeubles, ce que ì’Epa- ve est au regard des meubles. La déshérence est (selon Baquet, dans le Traité qu’il a fait fur cette matière,) l’herédité dune personne qui meurt fans avoir testé, & sens parent habile a lui succéder : ainsi le droit de déshérence, est un titre que le Roi, ou ses Seigneurs Hauts-Jufticiersont, pour recueillir les biens d’une personne decédée fans héritiers légitimes ou testamentaires. L’origine de ce Droit est fort ancienne, & nous la trouvons dans ia Jurisprudence Romaine ; où l’on voit que les Empereurs inventèrent plusieurs moyens pour s’cnrichir du bien d’autrui. Le prémier fut le Droit de caducité, qui acquérois à l’Empereur les biens d’un Testateur qui avoit institué une personne capable de lui succéder, mais qui étoit devenuë, avant l’ouverture de la succession, incapable de la recueillir; ce que l’on apelloit tomber en caducité. La Loi Papia Popaa qui fut publiée sous le Régné & par les ordres exprès d’Augulïe, introduisit une autre espèce de caducité, qui parut trop levers au Sénat, qui la reqût avec beaucoup de peine : en éfet, la loi déclaroit caduc un legs fait à un homme qui n’étoit pas marié , lì dans l’espace de cent jours après l’ouverture du testament, il ne contractait pas mariage: elle ordonnoit encore la ménie peine, lors- qu’un legs étoit fait à un Latin, fi dans ce même teins il ne devenoit pas Citoïen Romain, comme nous l’apre- nons des fragments d’Ulpien , tit. 17. Le troisième moi en d’enrichir le trésor de l’Empereur, fut de lui atribuer les biens vacans, c’est-à-dire, suivant la loi prémiere au Code de bonis vacantib. les biens délaissez par une personne qui meurt sans héritiers légitimes ou testamentaires ; ce que les Empereurs Honorius L & Théodosc confirmèrent par la loi 4" du même titre. Cette Jurisprudence plus douce & plus légitimé a subsisté dans l’Empire, & les Romains la portèrent dans les Gaules, lorsqu’ils s’en emparèrent. Les Francs la conservèrent après leur conquête & nos Rois s’atribu.'- rentle droit des Empereurs, que l’on apella desb&exr; en quoi ils ont été imitez par ses Rois de Castille, de Portugal, de Hongrie, & d’Angleterre, selon le témoignage d’Hauteserre dans son Traité de Ducibus, &C. lib. a. cap. 11. & de Mr. Lebret dans son Traité de la Souveraineté, lìv. 3. cb. 14. Ils ont joiii pendant long- terns de ce droit, qui fut usurpé , comme plusieurs autres, dans ces tems malheureux où les grands Seigneurs du Roïaume se prévalant de la foibleffe de leurs Rois, changèrent presque entièrement le gouverne, ment, & s’atribuerent plusieurs droits, qui jusques la étoient inhérensàla Couronne. J’ai pour garent de ce que je dis, Mr. Lebrer, qui a dit clans l’endroit que j ai cite, que ,, les Officiers du Roi ont été si négligents „ conserver ce droit, que Sa Majesté maintenant nsn ,, a la jouissance que dans les Terres qui font de ion „ domaine, & dans les lieux ou les Coutumes le dr.cnt ,, en termes exprès; car par tout ailleurs, ils ont Q- „ fë usurper ce droit par les Hauts Justiciers, avec H ,, même connivence qu’ils avoient toléré ces entre- ,, prises pour les droits d’aubaine & de bâtardise n a „ Cour du Parlement de Paris n’y eût remédié par ton ,, Arrêt de Tan 138$. ’’ Brodeau fur la Coutume ocr<- ris, croît que ce n’a été que dans la troisième race de n 1 - 1 Rois, que les Seigneurs particuliers s atribueretit te droit de déshérence ; & il semble que Ton peut les joso‘ fier à cet égard, puisque sous les deux autres la servir.^ DES personnelle étoît autorisée, & les Seigneurs jòûìssoìent du droit de mortaille , qui leur atribuoit les biens de ceux qui meuroient fans héritiers : ensorte qu’il y a eu lieu de croire que les mêmes Seigneurs retinrent le même droit fous le titre de déshérence , en afran- chissant leurs sujets. Quoi-qu’il en soit, ni le Roi, ni les Haut-Justiciers ne succèdent point par représentation , ni par aucune des voies introduites pour transmettre les biens d’un défunt à ses héritiers ; & c’est par cette raison que Brodeau, dans son Commentaire sur Mr. Rouet, lett. D. ». 57. a dit que le fisc est un héritier anomal & irrégulier, & qu’il succède par la réunion à la Seigneurie publique des biens qui n’ont point de maîtres , & qui ne peuvent pas relier fans maîtres , suivant notre maxime , nulle Terre sans Seigneur ; car cette Seigneurie s’étend fur les biens, comme fur les personnes , & difére de la propriété qui apartient à chaque particulier : diférence de Seigneurie , qui n’a pas été inconnue aux Romains, puisque Seneque a dit dans son Traité des bienfaits : Ad CœJ'arem potes as omnium pertinet, ad jìngulos propriété. D’où l’on peut conclure, que le Roi & les Seigneurs succèdent par déshérence plûtôt aux biens qu’aux personnes , & qu’ainsi ils ne font point tenus des actions personnelles du défunt, de même que le Roi succède aux biens des bâtards, & non à leur personne. Au reste, presque toutes les Coutumes donnent le droit de déshérence aux Seigneurs Hauts-Justiciers ; Paris, art. 167. Melttn, art. 3. Auxerre, art. 13. Chaumont, art. 92. Châlons, art. 15. Bourbonnois, art. irg. &c. La Coutume de Poitou est, ce me semble, la feule qui atribuë ct droit au Bas-Juíticier, dans rarticle 299. Quant aux Seigneurs Féodaux, ils ont leurs partisans qui les honorent du droit de déshérence. Argentré, fur íarticle 311. de la Coûtume de Bretagne , s’est déclaré hautement en leur faveur, conformément à la Jurisprudence des Anglois , reportée par Glanviìla , lib. 7. cap. 17. Mais malgré tous ses raifonnemens , la régie géneraìe est, que la déshérence apartient au Roi, ou aux Seigneurs Hauts- Justiciers, sens préjudice de la Seigneurie directe. Mais dans les Coutumes où les biens remontent, & où l’on observe la réglé paterna, paternis , £ç?c. si le défunt n’a laissé que des biens paternels , les parens maternels empêchent-ils la déshérence, puisque naturellement ils n’v doivent pas succéder ? Ça été un doute autrefois : mais on tient à présent, qu’en ce cas-là la déshérence cefl'e. Voïez Bouguier , Montho- lon , Baquet, Ricard , £=yV. Si ce n’elt dans les Coutumes qui en disposent au contraire , comme Sens, ■art. 32g. Normandie, art. 245. Dans le Pais d u Droit -écrit, on ne connoît point les diferentes lignes, ni l’agnation & la cogitation, suivant la Novelle 2ig. cap. 4. Mais ne met-on point de bornes à la parenté ? La Coutume de Normandie , art. 146. la renferme dans le septième degré inclusivement. Celle de Paris, art. 330. au contraire apelle les parens, en quelque degré que ce soit , ce qui me paroit plus naturel, puisque l’éloignement n’éteint pas la force du sang; & il n’y a nulle raison pour exclure ceux qui peuvent établir leur parenté , en quelque degré qu’ils soient. Mais au défaut de parens, la loi Romaine veut que la veuve recueille les biens de son mari mort sans tester & fans héritiers , au préjudice du droit de déshérence, suivant le titre Unde vir U uxor. La Coutume de Poitou, art. 299. & celle de Berri, cb. 9. art. g. ont reçu la loi Romaine en ce point. Mais celle de Bourbonnois, art. 32g. & quelques autres Pont rejettée. ÍS DESHE'RITANCE, f. f. Ancien mot qui si. gnisie dépoffejjìon s car autrefois héritage marquoit la propriété d’une chose, & l’on a dit héritier pour aque- reur ; hériter pour aquerìr , & déshériter pour aliener & priver d’une propriété. Hevin en reporte la preuve dans son second volume sur les Arrêts de Frain, p. 540. C’est une des réglés de Loifel , liv. 3. tit. 3. art. 27. Souffrance £ç? accoutumance efl deskérìtance. DESHE'RJTER, v. a. [ Exheredare, exheredem fcrt- bere. J Prononcez désérité. Priver de la succession. ( Un père ne peut, fans cause légitime , déshériter son fils. ) DESHONNETE, adj. £ Inhonejìus , turpis, impunis , obfcenus. ] Prononcez dézonnête. Qui n’est pas honnête. Honteux. Malhonnête. (Action déshonnête. Chose déshonnête.) DES 609 (f DESHONNeTE est contre la pureté ; malhonnête est contre la civilité, & quelquefois contre la bonne foi, contre la droiture. Des pensées, des paroles déshonnêtes , font des pensées & des paroles qui blessent la chasteté & la pudeur. Des actions, des maniérés malhonnêtes font celles qui blessent la bienséance du monde, l’usage des honnêtes-gens, la probité naturelle, & qui font d’une personne peu polie, ou peu raisonnable. Je n’ai jamais vu un procédé plus malhonnête. Ce seroit mal dit, un procédé déshonnête , comme le dit Mr. de Voiture à Mr. d’Avaux dans une ocafion où il ne s’agit de rien moins que de pureté. De mon côté (dit-il) je le trouverais aujjì fort commode , s’il étoit un peu moins déshonnête. Ce ne seroit pas non plus bien parler que de dire une parole malhonnête , pour une parole sale ; & quelques-uns de nos Ecrivains qui disent en ce sens-là des plaisanteries malhonnêtes , ne font pas à suivre. II faut se servir dans ces rencontres du mot de déshonnête. Selon cette remarque , il y a quelque chose à redire dans ce que dit un de nos Poètes : Je ne viens pas , Seigneur , par une lâche crainte Rechercher une paix déshonnête Qf contrainte. DESHONNêTE est mis là pour ce qui choque la . bien-séance & Phonneur. Déshonnête , au reste, ne se dit guère que des choses : On ne dit guère une femme déshonnête , un homme déshonnête pour dire une femme ou un homme impudique , malhonnête‘ se dit également des personnes & des choses. Voïez le reste dans la fuite des Nouvelles Remarques du P. Bouhours , pag. 86. DESIIONNêTEMENT , adv. [Inhoneftê, fade , tur- piter. J D’une maniéré déshonnête. f DESHONNêTETE', f f [Fmditas, obscénité, im- pudicitia. J Parole ou action qui choque la pudeur. Ce mot se dit, mais il se dit rarement. 11 ne faut rien dire dans les compagnies qui fente la deshonnéteté.) DESHONNEUR , f m. [ Dedecus, infamia , laies , probrum. ] Prononcez dézonneur ; c’est-à-dire , honte, turpitude , infamie. ( Couvrir le déshonneur de fa famille. Patru, plaid. xi. Mourant fans déshonneur, je moural fans regret. Corné) H Prier une femme de son déshonneur. C’est la solliciter contre la chasteté. On dit aussi par raillerie à un homme qui exige quelque chose qu’on ne doit pas faire ; C’est me prier de mon déshonneur. DESHONORABLE , adj. [ Turpií, inhonejìus, ignominiofus .2 Qui cause du déshonneur. (C’estune action deshonorable.) DESHONORER, v. a. [ Labem infpergere alicuì, ìn- famiam inferre. ] Prononcez dezonoré. Oter Phonneur. (Déshonorer son nom, sa maison , sa famille, sa charge. ) On dit aussi,, déshonorer une fille. [ Pudi- cìtiam eripere. J f DESHONORER , v. a. Terme d 'Ordonnance. ( II est défendu de déshonorer les arbres, & les étê- ter. ) DESHUMANISER , r>. a. [ FLumanitatem adi- mere, tolìere.i Dépouiller l’homme de ses scntimens naturels. ( II ne faut pas déshumaniser l’homme en faveur du héros. S. Evrem .) DESIGNATION , f f [Designatio.l Destina, tion à quelque emploi. ( On faifoit a Rome des désignations de Consuls, ou d’autres Magistrats.) DESIGNATION, f.s. Action par laquelle on marque , on fait connoître quelque chose ou quelque personne. Indication. (On fait la désignation des terres par les tenans & les aboutissans. La désignation des personnes se fait par leur taille , leur poil, & par les autres marques qui les peuvent distinguer des autres.) DE SIGNER, v, a. [Defgnare, notare, signìfica- re.fi Marquer. Donner à connoître par quelques signes une chose, ou une personne. ( II sacrifia aux Dieux que l’oracle lui défignoit. Abl. Arr. I. 3. c. 1. C’est lui que Poracle désigne. Abl. Arr. I. 2.) DESIGNER , v. a. [Deflinare , defgnare. ] Destiner à quelque charge. ( Quand on fait un Roi des Romains , on le désigne pour être Empereur. ( Ils le désignèrent Consul pour l’année suivante.) DESINCORPORER, o. a. [De corpore eximere, tolìere, detrahere. J Ce mot ne se dit pas au propre, mais seulement au figuré, des personnes qui avoient été incorporées ; c'est-à-dire , jointes à quelque corps. Tom, l. H h h h Des»- 6i o DES Destncorporer , signifie , désunir ce qui avoit été incorporé. ( On a déslncorporé la Cour des Aides d’avec la Chambre des Comptes. ) Ce mot est d’un usage fort borné. t DESINFATUER ,».«•[ Errorem alicuì eripe- re dedocere errorem. ] Détromper une personne de ce* dont elle étoit infatuée. Voïez insatuer. Ce mot est d’un usage fort borné. H On dit, on ne peut le desinfatuer de cette vision, de cette femme. DESINFECTER , v. a. [Domum , aliquem , pestilentiel vel opinione infestant, aut inseHum expurgare. J Ce mot se dit au propre, & au figuré. Oter l’infection. í DESINTERESSE', adj. part. Qui n’agit point par un motif d’interêt. II a toujours été fort désintéressé. Son amitié n’est pas entierement deiinteressée. On le dit aussi d’un homme qui n’est touché d’aucune paslion , d’affection , de haine, &c. Cest un Juge désintéressé , un esprit désintéressé. $ Les grands qui font au-dessus des autres par leur fortune , doivent par beaucoup de modestie & de politesse desinteresser leurs inférieurs, qui font souvent plus dignes d’être élevez. Polybe de Folard. DESINTERESSEMENT, s. m. [ Privâta utilitatis oblivio.) Dégagement de toutes sortes d’intérêts. (il est dans un grand désintéressement. Scar.) {f DESINTERESSER. Mettre une personne hors d’interêt, e.nsorte qu’on lui donne ce qu’il pouroit tirer d’une afaire. ( Desinteresser auelcun.) DESIR , f m. [ Des.derium , cupido , cupidius. ] Froncez IV de ce mot. Volonté. Sentiment de personne qui désire. Envie qu’on a de quelque chose. Le désir de l’immortalité est le plus violent, aussi- bien que le plus fort de tous nos désirs. Paint, plaid. 12. Arracher de son cœur tous ses désirs. Son miroir lui difoit , prenez vite un mari, Je ne sai quel désir le lui difoit aujjì. La Font. {§ La douceur de la vie dépend du succès de nos désirs ; s’ils sont acomplis , nous sommes contens, ou du moins nous le devons être ; & si nous suivions le precepte d’Epictete , nous 1e serions toujours. Veux- tu (dit-il) que tes désirs soient acomplis, tu le peux, he désiré jamais que ce qui dépend de toi. Cela est vrai, mais la pratique me paroît impossible. Le F. Bouhours a condamné cette phrase de la Traduction de limitation de Jesus-Christ par de Saci : Tons mes désirs soupirent vers vom. II objecte que le caur soupire , mais que les désirs ne soupirent point , ce sont eux qui font soupirer. Mr. Ménage soutient que nos Poètes font pleins de semblables locutions. J’en doute. 11 est vrai qu’il y a dans l’original, quia ad te suffirai omne dsiderium meum. Mais ce qui est bon dans une langue, est vicieux dans une autre. £ Au defîr, se dit en termes de Pratique , pour suivant. Au désir de l’ordonnance , au désir de la coutume. DE'SIRABLE, adj. f Appetendus, desiderandus, opta- bilis , desiderabilis. ] Souhaitable. Qui mérite d’être désiré. Elle ne peut laisser ce lieu tant désirable. Volt. pots. Désirable repos , aimable liberté, Unique fondement de ma félicité. La Suze, élégies. ' Désirable transports , agréables soupirs, Oà l’ame s’abandonne avec tant de plaisirs z Qu’étes-vous devenus ? Polisson, pièces galantes. II faut du bien dans la jeunesse. Pour fournir à toits ses plaisirs, Mais Page qui la fuit gj' fait notre sagesse, Fait aujst qsion^ se passe aisément de richesse En asoib/issant nos désirs. Pavillon.) DE LIRER , v. n. [ Cupere , optare , appetere , avéré, defìderare , concupiscere. ] Souhaiter. Avoir envie. (II désiroit de com barre avec fa cavalerie. Vaitg. Quint. I. 3. c. 2i. Je désire d’avoir l’honneur de vous voir. Voit. I. 3?.) î DE'SIREÏJX , désireuse , adj. [ Cupidus , expetens, desuierans. ] Ce mot se trouve dans quelques bons Auteurs ,. mais il vieillit, & n’est presque point en DES usage aujourd’hui. ( II étoit désireux d’étendre d’a avan- tage ses conquêtes. Vaug. Quint. I. io. II est Tr" reux de son salut. Lettr. de Sl Augustin. d Comme ces bons maris de race désireux Qui bercent des enfans qui ne font pas a eux Régnier.) & Ce mot est vieux. Mr. Ménage, tomei.de Objerv. ch. 124. en convient : „ mais ( dit-il) c’est un „ beau vieillard qui peut encore trouver fa place- " «n peut dire , par exemple , Tous les hommes font „ naturellement désireux d’aprendre. ” Mais bien des gens ne conviennent pas de cet exemple. $ L’Académie admet désireux dans le sole soutenu Désireux de gloire , désireux de choses nouvelles. DESISTEMENT , f m. [ Oífuio. ] Terme de Pratique. Action de désister ; action de celui qui f e déporte d’une chose qu’il a poursuivie. ( Donner son désistement. Se désister, v. r. [ Cejs'are , desistere. J Cesser, f e déporter d une chose. _ ( Se désister de sa poursuite Patru , plaid. 9. Se désister d’une afaire , Mr. de h Rochefoucauld) DESLONGER, v. a. \Lorum solveref] Terme de Fauconnerie. C’est ôter la longe d’un oiseau pour ie faire voler. DeS-EORS , adv. [ Jam , tum. ] Dès ce tems-là. (Je le vis, il y a sept ou huit jours, en une compagnie où il fit cent sotiscs , & dès-lors je perdis toute l’estime que j’avois pour lui.) DESOBEIR , C Non parere , non 0bsequi, ìmperimn dctreHare. ] Ne pas obéir. ( 11 set contraint malgré lui de désobéir à l’oracle. Abl. Arr. I. 7,) DESOBEISSANCE , s s. [ Imperii detrefíath, recusatio , contumacia. J Action de désobéir. C’est ne vouloir pas obéir. ( Sa désobéissance est grande & mérite d’être punie.) í DESOBEISSANCE , sc dit également & du vice & de faction de celui qui désobéit. II sc dit aussi au pluriel, & alors on ne le prend que pour des actions de désobéissance. (Les désobéissances d’un enfant, d’un sujet, d’un valet.) DESOBEISSANT, désobéissante , adj. [Nmobe- diens, non obfequens , contumax. ] Qui désobéit. (Enfant désobéissant. Fille désobéissante.) DESOBLIGEANMENT , adv. [Parùm ojstciosè, inhumanè .] Prononcez dézoblijanman. D’une maniéré désobligeante. ( Ils parlent fort desobligeanment de nous.) DESOBLIGEANT, désobligeante, adj. [ Innffi- ciosus , affir. J Qui désobligé. Qui se plaît à désobliger. ( Un homme désobligeant. Humeur fort désobligeante. Cela est extrêmement désobligeant.) DESOBLIGER , v. a. s Maie mereri de aliquo, alicuì diffiieere. ] Rendre un mauvais ofice à une personne. (11 f'a désobligé d’une maniéré fort sensible.) t DESOCUPATION, f.s. [Cura absitio,'} CS mot fe trouve dans les ouvrages de feu Mr. Arnaud, mais il n’est pas encore établi. Se desocuper, v. r. [ Curam omnem abjieere.'] Se de- faire de l’oeupation. Se débarasser des choses qui ocu- pent. ( Son principal soin étoit de se desocuper. Port- Royal, vie de Dom Barthelemi des Martin, l. 3. c. 10. p. 449. (Ils s’apliquoient avec toute leur attention á ce qu’ils dévoient à Dieu, & 1 e desocupoient de tout autre soin. Port-Royal , Catéchisme du Jubilé, p. 203.) (g DESOCUPER & desocupation sont deux mots proscrits par le P. Bouhours dans ses Doutes. Us ls méritent bien. ch Ce terme n’est guére usité qti’au participe. On dit, un homme desocupé , un esprit desocupé. DE'SOLATEUR , s m. sVastator, populator. ] Qui désole, qui ravage , qui détruit. Mr, Sarazm est (jeut-être le seul qui s’en soit servi. Airs. de I’A- cadémie ne le mettent pas dans leur Dictionnaire. DESOLATION , / / [#&■] Eìion. Le mot de désolation pour aftiftion , n’est pas li un te que celui de douleur, de tristesse, ou à'apaion. (Etre dans la désolation.) * DE'SOEATIQN. [Vqstatio , populatìt.sì Ruine, dégât. (La guerre est cause de la désolation de tout le P * B ' ) BP DES DE'SOLE', désolée , adj. [Affii&ut, mterore cm~ fdtiií , vajlatus , desolatus. J Trille , afligé, ruiné, perdu. ( D’une plainte désolée , il disoit , je mé meurs d’amour. Volt. Po'es. Une femme defolée s'arrache les cheveux. Maucroìx , homélie v) DE'SOLER , v. a. [ Affliger e , mterore conficere. ] Afliger, atrister. ( La mort a désolé sa pauvre famille. Tatru , f laid. 8- Un chancre lui a rongé le mufle, & j’a tout désolé. S. Am. Car tu ne seras point de ces jaloux afreux, Habiles à Je rendre inquiets , malheureux , Qui tandis qu’une épouse à leurs yeux se désole, Pensent toujours qu’un autre en secret la console. Despr.) * DE'SOLER. [Vafiare , populari. ] Ruiner, perdre, faire dégât. ( Désoler la campagne. Vaug. Quint. lìv. Ils désolent les familles par leurs concussions. Vaug. Quint. I. 10. Guerre qui désole toute l’Europe. Vaug. Quint. I. ;.) f DE'SOLER, se dit auflì en parlant d’avantage, de la supériorité qu’on prend sur un autre dans une dit pute, dans une conversation. (II désole cet homme dans toutes les compagnies. On le désole quand on lui parle de ses avantures. DE'SOPILATIF, àesopìlatìve , adj. [ Discutiendi obfiruHiones virtute prœditits. ] Terme de Médecine. Qui ôte les obstructions. ( Remède desopilatif.) DESOPILATION,/ f. [Vis discutiendi obfiruHiones.J L’action de dcfopiler. DESOPILER , v. a. f ObfiruHiones discutere. J Terme de Médecine. Oter les obstructions. (Les pistaches desopilent le foie par leur qualité amére & aromatique. Dal. liv. 5. ch. 27.) H DESOPILER , se dit aussi par extension de ce qui réjouit, de ce qui fait rire. ( Cela vous desopi- îe la rate. Rien n’est plus propre à desopiler la rate qu’une bonne nouvelle.) DESORDONNE', désordonnée , adj. [Perturba* tus , inordìnatus , confufits , immoderatus , corruptus , depravatw, difiolutus. ] Déréglé, démesuré. (Avoir un amour désordonné pour les grandeurs. Pasc. I. 9.) £ DESORDONNE', lignifie aussi excessif. (II avoit une faim désordonnée, un apetit désordonné.) DESORDONNE', s. m. Ce mot ne se dit que dans les Hôpitaux de Paris , & il signifie les parties naturelles des femmes & des filles. ( On fait visiter par les Chirurgiens ou par les Matrones, le désordonné des femmes & des filles qu’on y méne, & fi l’on trouve que leur désordonné ait du mal, on les met auífi-tôt hors de la maison.) DE'SORDONNEMENT, adv. [Perturbâtes Sans ordre, en confusion, sans régie. (Vivre désordon- nément.) DESORDONNER , V. a. [ Perturbare. 3 Troubler l’ordre. (La tempête a désordonné farinée navale , l’a dissipée.) DESORDRE, s m. [ Consufio , perturbatìo. 3 II signifie proprement l’état des choses qui ne sont pas en ordre. Confusion. (Mettre des meubles en désordre.) H Les armées qui viennent de vaincre font souvent auflì débandées & dans un auflì grand désordre , que celles qui viennent d’être vaincues. Polybe de Folard. | DESORDRE , se dit aussi des choses morales. Ses a faires sont dans un grand désordre. DESORDRE , s. m. [ Vastatio , clades , ruinas Dégât. ( Nous avons résolu de passer sans désordre, si on nes’opose point à notre retour. Abl. vet. l.%. c. 1.) * DESORDRE. C Perturbatìo , rixa , contentio ; im~ moderata , effrenata vivendi licencia. 3 Trouble , confusion , trouble cause par une passion, dérèglement, libertinage. (Jetter le désordre dans une ame. Volt. Po'es. Elle s’éforça de parler pour cacher son désordre. Le Comte de Bujfi. Un Prêtre qui seroit tombé dans un tel désordre , oseroit-il s’aprocher de l’Autel ? Pasc. /. 6 .) DESORIENTER, V. a. [ Ab oriente detrahere , abducere. ] Ce mot sc dit au propre, de la situation des corps , & particulièrement des quadrans, dont quelcune de leurs faces est détournée de l’orient où elle devoir regarder. Ce quadran ne marque pas juste, parce que la pierre sor laquelle il est tracé, a été désorientée. Désorienter un quadran.) DES 611 * DESORIENTER , v. a. (j £ patrio solo evocare in aliam regionem. J Ce mot, au figuré, signifie dépasser. (Tirer une personne de son pais. Désorienter une personne.) t * DESORIENTER. [ Perturbare. 3 Tirer une personne de ce qu’elle sait le mieux pour la faire parler d’autre chose , déconcerter. ( II est tout désorienté. Si-tôt qu’on le désoriente, il ne fait plus où il en est.) DE'SORMAIS, adv. [Impofierùm, deinceps , alias. 3 A l’avenir. ( Désormais , si je vous parle d’amour, je veux perdre le jour. II a promis que désormais il sera plus sage.) f DESOSSE', defijsée , part. On le dit des animaux dont on a ôté les os , & de quelque poissons dont on a ôté les arrêtes. ( Carpe désossée, brochet désossé.) DESOSSER , v. a. [Exojsare. 3 Oter les os qui sont dans la chair de quelque animal. Désosser un lièvre. Un pâté de lièvre désossé.) ss DESOURDIR, V.a. [ Telam texere. ] Desour- dir de la toile , c’est défaire de la toile qui a été ourdie. L’usage de ce mot est fort borné. (On a dit que Pénélope désourdissoit la nuit , la toile qu’elle avoit faite le jour.) DESPOTE , s. m. [ Dnminut , princeps. 3 Prince Souverain qui dépend de l’Empire Otoman, DESPOTIQUE, adj. [Summum ìmperiuml] Souverain. (Pouvoir despotique. Dtjpreaux , Poétique.) DESPOTIQUEMENT, adv. [ Summo cum itnperio.J D’une maniéré despotique. Souverainement. "Absolument. (Gouverner despotiquement.) ss DESPOTISME , f. m. Autorité d'un Souverain, dont les peuples ne reconnoissènt d’autres loix que les volonté? du Prince. (Un peuple libre ne siiuroit goûter le despotisme. Les Anglois , jaloux (je leur liberté, ne peuvent soufrir le despotisme, * DESPUMATION , f f [Spunue detraciìo. 3 Terme de Pharmacie. C’est l’action par laquelle on ôte l’écume des choses qu’on fait bouillir. DESPUMIR , v. a. [Defiumare. 3 Oter l’écume ou toute autre impureté qui a été séparée par la force du feu. DESSACRER , D. a. [Rem sacram prosanarec exaugurare. 3 Rendre profane. ( Dessacrer une Église.) * SE DESSAISIR , »• r. t De manibus deponere. ] Se défaire de ce qu’on a. S’en déposséder. (11 s’efl: dessaisi de ce qu’il avoit entre les mains.) DESSAISISSEMENT , f m. [Amijjìo de mani. bus. J L’action par laquelle on sc dessaisit. DESSAISONNER, [Agrorum culturammu- tare pro varìetate tempefiatum.J Changer Tordre de la culture des terres, les faisons qu’elles ont acoûtumé d’avoir. DESSALE', dessalée , adj. [Aquâ dulcìmaceratui.j Qui n’est plus si salé qu’il étoit, ( Saumon dessalé. Morue dessalée.) t * DESSALE', s. m. [Afiutus , callìdm , •verjtpellis , recociut .] Fin, rusé, adroit, égrillard. (C’est un dessalé.) DESSALER ,©.«.£ SalJ'amenta aquâ macerare. 3 Faire qu’une chose ne soit plus si salée. ) Faire dessaler des harangs, de la morue.) DESSANGLER , v. a. [ Equi cingulum Jolvere. 3 Défaire les sangles. Lâcher les sangles. ( Ce cheval a trop chaud , il le faut dessangler.) DESSAOULER , V. n. [ Edormire crapulam. 3 Perdre la satiété , cuver son vin , donner le teins à son estomac de digérer ce qu’on a bû ou mangé avec excès. DESSE'CHEMENT, f m. [ Exficcatio , deficca - tio. 3 L’action de dessécher. ( Le dessèchement d’un marais.) DESSE'CHER , v. a. [ Siccare , exficcare, deficcare .3 Rendre plus sec. Dessécher de la poudre , dessécher une plaie ; les vents dessèchent la terre. ( * Dessécher un discours.) í DESSE'CHER, mettre à sec. Dessécher, un marais , dessécher un fossé, dessécher un étang pour en pêcher le poisson. í DESSE'CHER , sc dit aussi de tout ce qui dissipe trop l’humidité des parties du corps. Le tabac des. sèche le cerveau. Cela dessèche le poulmon. DESSEIN , / m. [ Confilium. ] Volonté, désir de faire ou de dire. ( Mon dessein est d’écrire Tbistoire. Tom. L H h h h % 11 a 6 12 DES Il a formé le dessein..,. Abl. Ne formez qu’un dessein, suivez-le constamment. Voit. P os. Eue mauvais plaisant de dessein formé. Mol.) DESSEIN. [ Icowgraphia , desìgnatio . ] Pian. Projet. Elévation & profil d’un ouvrage qu’on vent faire. •f DESSEIN , l'e dit aussi pour lc projet d’un ouvrage d’efprit. ( Le dessein d’un discours, le dessein d'une pièce de théâtre , le dessein d’un poème héroïque. ) DESSEIN, Aejjìn , s. m. [ Descrìptio , adumbratio.'] Terme de Peinture. Quelques modernes écrivent le mot de dejjein étant un terme de Peinture fans e après les deux ])'. mais on ne les doit pas imiter en cela. Leur distinction n’est pas fondée , & peut causer une prononciation vicieuse. Le dessein parmi les Peintres se prend pour les justes mesures , les proportions , & les formes extérieures que doivent avoir les objets qui font imitez d’après nature ; & alors le mot de dejjein est pris pour une partie de la Peinture. Le mot de dessein se prend auliì pour la pensée d’un grand ouvrage, soit que le Peintre y ait ajouté les lumières & les ombres, ou qu’il y ait même emploie de toutes les couleurs. 11 y a plusieurs desseins , des dejjeins hachez, estampez, graines , lavez , coloriez. Volez De Piles, Conversations fur la Peinture. 0 Le terme dejjein est générique. C’est une expression apparente’, ou une image visible des pensées de l’esprit, & de ce qu’on s’est premièrement formé dans son imagination. Felibien , púncipes, 0 c. Les desseins qui sont encore informes, & qui ne font tracez que grossièrement avee la plume ou le craïon, font apeìlez ej'quijjes. Le même Auteur en parlant de Michel-Ange, dit que ce terme est pris en divers sens parmi les Peintres ; car ils apellent dejjein , l'efquisse d'uij' tableau , ou le projet de quelque’ ouvrage représenté seulement sur du papier avec le craïon, ou à la plume. On apelle encore dessein , la pensee , ou la volonté qu’on a de faire quelque chose ; ainll avant que d’arrêter quelque histoire , un Peintre dit qu’il en a formé le dessein dans son esprit. Mais le mot de dejsein dans la plus ordinaire signification, est proprement les traits avec lesquels le Peintre représente les choses qu’il doit imiter indépendamment d u coloris, des jours & des ombres. La langue Latine a plusieurs mots pour signifier un dessein sait par un Peintre , ou par un Architecte. Les voici : figu- rare , delineare , destgnare , defonnare dont Yitruve s’est servi lib. ;. Ventique quisìnt , U ex quibus regio- uibus sìnguli fjirent , desormatianibus grammicis ojìendi. Voïez Cicéron ad Attic. lib. 2. ep. 20. Vitruve a même latinisé le mot Grec ypaçn r, qui signifie un plan, ■un dessein , & la description d’un ouvrage par de simples lignes. Necejjaria igitur ejî Anbitefío graphidis , id est destgnationìs , ut Itali dkunt , peritia. Voïez Bernardin Baldus de verb. Vitruvian.significat. A dejjein , adv. [ Consìlio , consulta , deditâ opéra. ] Avec intention. ( Cela peut avoir été fait à bon dessein. Voit. I. 42. II perqa la terre à dessein d’arriver à ses pies. Voit. Po'eJ. J’ai depuis un moment Mis dans mon cœur Uranie , Mais à dessein feulement De vous donner compagnie. Ménage, Poés.) DESSELLER, P. a. [ Epbippium equo detraheref] Oter la selle de dessus le dos d’une bête. ( Desseller un cheval.) 0 DESSERPILLER. Déchirer. Joinville a écrit : Entre les Chevaliers que Meffìre Jean ramena d’Egypte, f en cogneu bien quarante de la Cour de Champagne, qui itoient tous dejjerpillez , U niai atournez. Dejserpiller est un terme ancien. Dans la Coutume d’Anjou, art. 44 . & en celle du Maine, art. çi. Les dejserpilleurs, & desrobeurs , font termes sinonimes : ainsi un homme defferpillé , est un homme à qui les voleurs ont déchiré les habits. DESSERRE,/ / [ Remijsto. ] Relâchement. (La desserre des glaces.) , DESSERRE, / f. [j Par citas , ténacités. ] Ce mot n’est en usage que dans cette façon de parler. D eji dur à la desserre ; c’est-à-dire, il ne donne pas volontiers , il n’ouvre pas volontiers fa bourse. î On ne se sert de ce terme que dan* le stile familier. DES DESSERRER, v. a. s Laxare, relaxarej Rel-Vl,., une choie trop serrée. ( Desserrez mon cirns de ; pc, je luis trop serrée, desserrer une vis , desset èr impreíloir, &c.) 1 t * DESSERRER les doits. Ces mots sc disent na maniéré de proverbe , de ceux qui n’oscnt pas du» un mot par crainte , par honte , Sc. (11 n’a pas desserré les dents de toute 1 apres-dinée.) i On dit d’un homme , qui a tant bú , qu’il ne fau roi t parler, qu’il est si saoul qu’il ne peut desserrer les dents. DESSERRER. [ Vibrare , émittere.'] Décocher mais en ce sens il est beau & Poétique. ’ Aujourd’hui Vire de nies vers, Des foudres contre toi desserre. Théoph. Poëf.) f DESSERRER. On dit dans le stile bas, desserrer un soufiet, desserrer un coup de poing. Aaul. fr. DESSERT, / m. [ Epidipnides, belìaria , fecumlt mensts.] Ce qu’on sert fur la table , comme sont les tartes , le fromage , le fruit, les confitures & autres choses après la grosse viande , & les ragoûts. ( Le dessert étoit fort beau ; dresser un dessert ; on elíau dessert; mettre le dessert fur table; servir le dessert.) DESSERTE , / / [ Fercula qn.e juperjunt demm- sa regia. ) C’est tout ce qu’on dessert de dessus la table du Roi, soit viande , ou autre chose. ( Les commensaux ont la desserte du Roi.) DESSERTE ,/ f. [ Funclio alicujus muneris . ] Terme de XEglise. Les fonctions qu’on fait d’une Cure, ou autre pareil bénéfice. 0 Mais le grief mal que c est d’atendre, En longue douleur la desserte Leur fait semblant qu’on leur veut vendre Ce qu’amour donne ailleurs en perte. Alain Chartier , débat du R. M. DESSERVI CE , / «?• C Offen/ìo. J Mauvais ofice qu’on rend à quelcun. Rendre un desservice à quel- cun , c’est le desservir. ( L’Académie, après avoir mis ce mot dans la table de son Dictionnaire, fa fait éfacer dans ses additions , ce qui montre qu’eìle le defaprouve. Cependant Mézerai s’en est servi. í L’Académie a mis ce mot dans la n. Edition de son Dictionnaire , & dit que desservice est de peu d’usage. DESSERVIR , v. a. [ Fungi pasorali muvere. ] Faire les fonctions d’une Cure , ou autre Bénéfice. (Desservir une Cure, une Chapelle.) DESSERVIR, v. a. [Auserre mensam ; fercula de mensâ tollere , removere. ] Oter les pla^s, la viande, & autres choses de dessus la table après le repas. (On a desservi un excélent ragoût.) t DESSERVIR. [ Malè mereri de aliquo. ) Rendre un mauvais ofice. ( Le fourbe a desservi mes feux. Mol. Tartufe , a fl. sc. 4. 0 Pour défaveur & desservir , je les crois d’assez méchants mots, aveç tout le respect que je dois à Mr. de Balzac ; ce n’est pas qu’ils 11 e soient François, c’est qu’ils font un peu vieux. Doutes du P. Bouhours. II me semble que desservir est moins hors d’ufage que défaveur. í L’Académie admet desservir. DESSICATIF, dejjìcative, adj. [ Siccandi viprœ- ditus. 3 Terme d ’Apoticaire & de Chirurgiens Qui dessèche. (Onguent dessicatif. Emplâtre desticative.) f DESSILLER ; voïez Deálìer. DESSINATEUR, Dejstgnateur , f. m. [M- neandi , destribenài, adumbrandi perdus. ] On dit 1 un & l’autre , mais le premier est incomparablement plus usité. Celui qui destine bien. ( Etre bon dessinateur.) 4= DESSINATEUR. C’est aussi le titre d’une charge & d’un emploi. Dessinateur du Roi. Dessinateur pour les halets, pour les jardins. DESSINER, dejjigner, v. a. [Delineare , desm- bere.J On dit l’un & l’autre, mais celui qui est w plus en usage, c’est dejjìner , l’autre commences nette plus usité ; au moins ceux qui parlent de pcm ■ ture ne s’en servent presque plus, ( Dessiner un portrait , dessiner de bon goût, defsigner au craïon.) f DESSINER, c’est faire le premier trait d’une figure. f * DESSINER. D Farmnm , steciem formas e. ] Xe mot. DES Ejoí , au figuré, est burlesque , pour dire , faire, (f * Vous verrez de quel air la nature a destiné ia personne. Mol. Pourceaugnac, aci. i. sc. r.) DESSOLER, V. n. [Equo pedisjoleam detrahere.) Terme áe Maréchal. Arracher la fole du pié d’un cheval. ( Deffoler un cheval. Un cheval dessolé.) DESSOLER , v. a. £ Pr afcriptam culturœ rationem piutare. J Changer la division des terres de labour, & ne les pas cultiver ou ensemencer à la manière acoûtumée. (Tous les baux de métairies portent, à la charge de ne point deffoler les terres. ) DESSOUDER, v. a. ( jFerruminatumâìffohere .] Défaire la soudure. (Dessouder une chose qui est soudée. ) Se dessouder , v. n. [ Dijsolvi . ] Í1 se dit des choses qui étoient soudées , & dont la soudure vient à se défaire. (Les métaux qu'on a soudez avec de l’argent, ne se dessoudent pas, comme ceux qu’on soude avec de í’étain ou du plomb.) DESSOUS, adv. s Insrâ , fui ter. ] Qui ne demande point de régime après lui. (11 est tombé dessous. 11 est dessous. Vaug. rem.) DESSOUS. [ Subtùs , Jupter.j Ce mot est préposition, îorsqu’il est précédé d’une autre préposition. t,Qn le jnenoit pat dessous les bras. Abla.ncou.rt. II est au dessous de vingt ans.) DESSOUS. Ce mot est auffi préposition , quand il est joint avec la préposition destin. (Le soleil qui volt tout dessus & dessous l’aiss, ne volt point de beauté qui la puisse égaler. Volt. Po'éf II n’y a pas assez d’or ni dessus ni dessous la terre, pour me faire commettre une telle méchanceté. Vaug. rem.) DESSOUS. Ce mot est encore préposition lorlqu’ílest immédiatement suivi , ou précédé d’une autre préposition. (Elle n’est ni dedans ni dessous le coite. Vaug. rem.) DESSOUS , f. m. £Inferior pan. J La partie inférieure de quelque chose. (Le dessous dupié, ou la plante du pié. Le dessous du plancher. Le dessous d’une voûte. Prendre le dessous du pavé. £ Le desfnts des cartes. Ce font les cartes qui font au dessous du jeu de cartes après qu’on a coupe. ( Montrer le dessous des cartes.) f * Voir le dejjòus des cartes. C’est voir dans une afaire des choies que tout le monde ne volt pas, être instruit de plusieurs particularisez sécrétés. (On a un grand avantage fur les autres > quand on peut voir le dessous des cartes.) Au-dejjòus. Préposition. [In/rà.j Monsieur de Vizé, Auteur du Mercure Galant, est immédiatement au- dessous du rien. La Bruyère. ( On pouroit dire la même chose de beaucoup d’autres.) H * Etre au-dejjòus d’un autre. C’est lui être inférieur en mérité , en dignité , en qualité, en richesses , &c. * Tenir une chose au-dejsous de foi. C’est ne la croire pas digne de foi. ( Ce Seigneur a refusé cette charge , qu’il tient au-dessous de lui.) Au dejfous est auffi adverbe. fSubter.] Les liqueurs les plus pesantes vont toujours au-dessous. f * Avoir du dejfous. Ç’est Incomber en quelque contestation, se trouver inférieur à un autre. f * Donner du dejjòus. C’est faire incomber quel- cun. f * Sens-âeffus-deffous. s Sus deque. ] Volez Sens. Mr. Patru a dit dans fa Traduction de l’Orai- >ia». it-ivic* n v.*v -t. tu, i. KAl cil- son de Cicéron pour lc Poète Archias : Car aujjì-tôt qu’à l’entrée de fa jeunejfe , U au jòrtír de dejjòus ses maîtres , il commença à écrire , £s?c. Cette façon de parler, de dejfous Jes maîtres , me paroît équivoque, & peu juste outre que, selon la remarque de Mr. Ménage , tom. x. ch. 298. dejfous n’est guére du bel usage. DESSUS , adv. [ Supra. ] Qui ne régit rien après lui. (11 est dessus.) DESSUS. [Suprà. j Ce mot tít préposition lorsqu’il est immédiatement précédé ou suivi d’une autre préposition. ( J’ai cherché dans mon esprit qui pouvoir être ce petit homme qu’on met si fort au-dessus S au-dessous de moi. Voìt. I. 2F- il ne leva jamais les yeux de dessus lui. Vaug, Quint. I. c. 6. 11 a de Peau par dessus la tête. Vaug. rém.) DESSUS, f. m. [Superior pars.) Sorte de surface. Sommet, la partie la plus haute. Le dessus d’une DES 6iz table, le dessus d’un guéridon , c’est la partie du guéridon où Ton pose le chandelier.) DESSUS, j', m. £Superfcriptio. 3 Ce mot, en parlant des lettres , signifie adrejje de lettres. ( Ecrire le deflus d’une lettre. Mettre le dessus d’une lettre. Un dessus de lettre mal écrit.) * DESSUS , f m. £Prajlantia , ixcellentia , honor. 3 Avantage. Supériorité. Le rang le plus honorable. Le lieu d’honneur. ( Avoir le dessus. Perdre le dessus. Gagner le dessus du vent. Secmdum ventum capture.) C’est fur la mer, prendre Tavantage du vent. Gagner le dessus de la montagne. AH. Arr. L 1. [ Colli fajìù gmm occupare. ] La fortune n’avoit pas encore le dessus dans son esprit. Vaug. Quint. /. 3. c. 12.) DESSUS , j', m. £Vox in symphonie acutijsima.j] Terme de Musique. II y a deux dessus , l’un qu’on nomme haut dejjm , & l’autre bos dejjm. Le haut defjus est la partie la plus haute de la Musique, on apelle auffi ce dessus le Superius. Le bus dejjus est entre la haute-contre & le dessus. On dit, (Chanter le Superius , ou le dessus.) DESSUS , J', m. [Sonm acutijsimmst Terme de Musique. C'est le Musicien qui fait la partie de Musique qu’on nomme k destin. ( Mr. est un dessus, ou un superius.) DESSUS , f m. Terme de Lutter. Ce mot sc dit, en parlant de violon & de viole. C’est une forte de viole ou de violon qui joue la partie de Musique qu’on nomme dejfus , & qui monte plus haut que les autres. (Un bon dessus de violon, un beau dessus de viole.) Par dejfus. £Infuper.] Ce qu’on donne au-delà de la juste mesure. DESTIN, f m. [Fatum , fors , conistio . ] Certaine suite & ordre de la providence , qui fait que les choses arrivent infailliblement ; destinée ; fort. 11 a eu un cruel destin. Scar. Rien n’est plus dificile que d’échaper à son destin. Mr. de la Rocbefomaut. Se faire un beau destin. AH. Les Chrétiens n’atachent pas Dieu au destin, mais le destin à Dieu , & ils croient que le destin n’est autre chose que ie décret de la Providence de Dieu. Ab/. Luc. t. 2. Les ordres du destin sont inviolables. Là-méme. Le bien nous le faisons , k mal cest la fortune , Ou a toujours raison , le destin toujours tort. La Font.) (f Qu’il me soit permis de rapellerici, ( a propos du terme latin fatum, destin,) ce petit conte que Air. de la Monnoye a inféré dans le troisième tome du Menagìana. Un Inquisiteur aïantexaminé un livre que Naudé avoir fait imprimer à Rome, y censura ces paroles ; Virgo fata est , & mit en marge : propo- sttio hœretica , nant non datur fatum. Je sçais que dans ia Théologie Païenne, le destin ct les Dieuç étoient deux Puissances diférentes ; mais je ne croiois pas qu’il y eût plusieurs destins. Mr. Corneille a dit dans son Pompée , afí. i./c. 1. Seigneur , rf attirez point ie tonnerre en ces lieux, Rangez-vous du parti des dessins b des Dieux . Et ensuite : Mais puisqu’íl est vaincu , qu’il f en prenne auto destins. Dans le premier vers de cesse tragédie, il a parlé du destin au singulier : Le destin fe déclare , £5? nous venons d’entendre Ce qu’il a résolu du bcau-pere fst du gendre. Je douterai si Ton peut dire les destins, jusqu’à ce que Meilleurs de TAcadémie m’aïent apris ce que j’en dois croire. ^ L’Académie Tadmet au pluriel. Les Poètes disent indifféremment, destin & destins. Les destins ennemis, les destins favorables. On dit auffi les arrêts, les décréts du destin. Cg DESTINATION, f. f {Desimatio.) C’est un terme connu au Palais , & particulièrement dans les Coutumes , où il est fait mention de la destination du pere de famille , qui vaut titre s de la dejiination de deniers en héritages , laquelle vaut emploi en certains cas. L’articlearâ. de la Coutume de Taris, & plusieurs autres, Orléans, Alelun , Estampes, ont introduit cette Jurisprudence , que lorsque deux maisons ont apartenu à un seul, ct que dans la fuite estes se trouvent passe- H h h h ì (léss 6 14 VL 8 dées par deux propriétaires , mais avec une servitude imposée sur l’une en faveur de l’autre, s’il paroît que le premier propriétaire ait eu intention, en les partageant , d’établir cette servitude , elle subsistera, quoique régulièrement une servitude urbaine ne puisse pas subsister sans titre. Quant à la destination de deniers ou d’héritages, elle opéré rarement quelque éfet dans les pais du droit écrit : la commune opinion est que la simple destination des choses, tant qu’elles restent au pouvoir de celui qui a fait la destination, peut être changée. II est vrai que quelques Docteurs ont observé quelques exceptions à la régie ; par exemple , si un pere destine une somme pour être emploïée en fonds à cause de la minorité de son fils, la destination subsiste , quoique le pere meure avant que de la faire. DESTINE', destinée , adj. [ Destinâtes. ] Prépare, aprété , déterminé. ( C’est un lieu destiné aux jeux & aux ris. Arioste moderne. Ce jour est destiné à la promenade , à la chasse, &c.) DESTINE'E, J'.f. [ Fatalts vis. } Destin. (Se plaindre de fa destinée. Vaug. Quint. /. On ne sauroit vaincre sa destinée. Arioste moderne. Ne me tourmente point, tes forces font bornées , Et l’on ne change point l’ordre des destinées. La Sure, élégies. f Finir la destinée. C’est finir fa vie. DESTINER, v. a. [ Destinare. ] Déterminer. Préparer. ( On le destine à (Eglise. Je ne saurois m’i- maginer que je fois destiné à être pendu. Voit. L 37. Etre destiné à être malheureux. Voit. I. 6;. On lui destine des couronnes dans le Ciel. Maueroix, hom. 16. Le Ciel ainst l’a destiné, Mon fils fera Prélat, puifqu’il n’est pas faîne'. Vill.) H DESTINER , est aussi neutre, & signifie projet- ter , se proposer de faire quelque chose. ( J’ai destiné de faire cela.) Acad. Franç. t DESTITUABLE , adj. sMunere orbandm. ] II signifie qui peut être destitué, mais il se dit rarement. ^ DESTITUE', part. On dit, un homme destitué de raison, de bon sens, &c. DESTITUER , v. a. [ Destituere J Ce mot se dit & a’écrit par les bons Auteurs, mais il n’est pas si fort de l’usage ordinaire. Etre destitué , signifie manquer. Etre privé. (Etre destitué de tout secours. Patru, plaid. 11. 11 lui réchaufa toutes les parties destituées de chaleur. Vaug. Quint.) DESTITUER, v. a. [Privare , exuere munere. J C’est ôter quelcun d’une charge ou d’une commission. (Destituer uíi Oficier, un Commis, &c.) DESTITUTION , f f í Privatìo , depulsio. J Action par laquelle on destitue quelque emploi. (La destitution de ces Oficiers ou de ces Commis , n’apar- tîent qu’à ceux qui les ont instituez ou établis.) f DESTOURBIER , f m. [ Impedimentum. J Vieux mot qui signifie , empêchement. {$ DESTRIER, f m. C’est ainsi qu’on apelloit autrefois les chevaux que l’on conscrvoit pour un jour de combat Villehardouin décrivant une assemblée de Barons Franqois en pleine campagne : Là (dit-il) peujjlex-vous voir maint bel destrier , est maint Chevalier dejjus. Mr. du Cange a observé dans son Glossaire sur cet Auteur , qu’il y a aparence que ces sortes de chevaux ainsi réservez pour le combat , ont été spoliez destriers , parce qu’ordinairement on les mono! t en main jusques à l’heure où l’on commençoit la bataille. Les Italiens disent aussi destriere , niais par une autre raiíòn remarquée par les Académiciens de la Crufca : Destriere , cavallo detto cofi délia sua destrezza è agilìta. Suivant l’esprit des Coutumes, le destrier étoifc un grand cheval de guerre , apellé coursier , ou cheval de lance , & de service. II est dit dans la Coûtume d’Anjou , art. 47. Et est entendu destrier , un grand cheval de guerre , coursier ou cheval de lance. DESTRUCTEUR , f m. [ Eversor. ] Celui qui détruit. C’est une insigne destructeur.) í DESTRUCTEUR, se dit aussi fig. (11 est le destructeur de sa maison , de sa fortune , par sa mauvaise conduite. On s apellé ce persécuteur le destructeur de shérésie.) VET DESTRUCTION, f f. [Exadmm , eversio, sio, extirpatw.st Ruine. Perte. ( Rien ne tend desw meme a sa destruction. ( Nihilsibi excidio est ì í DESTRUCTION, se dit au figuré de diverses ses. (La destruction d’un Etat, d’une famille t ' maximes de certains Docteurs tendent à la destruction de la religion & de la morale chrétienne.) r / f- IDisjuntto, dijstdium , dis. sçnsio. j Division , dissension , broùillerie. (st v à J. étrange désunion parmi eux.) 1 í DESUNION , signifie aussi démembrement (La deiunion de deux charges, de deux benefices. £ U 1 les de désunion, sentence de désunion.) DESUNIR , v. a. [ Dstrahere , dùjungere. ] Dj v i. fer Séparer. (J’ai fort de désunir ces deux choses puisque votre charité les a parfaitement unies. Voit. * DESUNIR. C Animas dissocias0 , dirimere .] Mettre la division. Brouiller. (Unissant nos maisons, il d e sunit nos Rois. ( Corneille , Horace , aél. s.sc.%.) Se désunir, v. r. [ Dùjungere se. ] Se séparer. Pe. tits filets qui se désunissent.) Se désunir. [ Equui cujus luxât a videtur coxendix. ] Ce mot se dit en parlant de chevaux, & veut dire galoper faux. ( Lorsque le cheval est désuni, il travaille de mauvaise grâce.) DETACHEMENT , f m. [ Cobors, legìosejunéla, agmen fubducium à copiis. J Terme de Guerre. Soldats qu’on détache & qu’on tire du gros des troupes pour entreprendre quelque chose contre i’ennemL (Faire un détachement.) * DE'TACHEMENT. [ Animas ab,rei amen aliéna, tus. ] Dégagement. ( * Etre dans un entier détache- ment.) DETACHER , V, a. [ Solvere , exfohere. ] Oter une chose qui est atachée, défaire, délier. (Détacher un tableau. Voit. I. 55.) BE'TACHER. [ Separathn excutere , dùjungere .] Séparer , dejoindre. ( Détacher un peage d’une ferme. Il faut détacher cette question de toutes les circonstances particulières , pour en faire une maxime générale.) * DE'TACHER. \_Divertere , extrahere. ] Dégager de quelque atachement. * ( II crut qu’on le vouloir détacher de l’amour de fa maîtresse. Le Comte de EuJJÌ.) f DE'TACHER. f Subducere. J Terme de Guerre. Faire un détachement. (On a détaché cinq cens maîtres pour couper chemin à l’ennemi.) * Se détacher , v. r. f Solvi, remitti. ] Se délier. Se défaire. ( Ruban qui se détache parce qu’il n’est pas bien ataché.) * Se détacher, (j Expedire se , amorem abjieere. ] Se débarasser, quiter, se défaire des choses qui atachent. ( Se détacher du monde.) DETACHER, v. a. [_Absiergere maculant.] Oter une tache de dessus du linge, ou une étofe. t DE'TACHEUR , s. m. [ Qui maculas abstens] Ce mot veut dire, celui qui ôte les taches des habits, & il se dit quelquefois , mais en fa place on se sert plus ordinairement du mot de dégraisteur. DETAIL , f m. (j Rerum singularum venditío. ] Ce mot n’a ordinairement point de pluriel, & est un terme de Marchand 1 c’est-à-dire, une chose après l’autre. Partie à partie. Par le menu. ( Vendre & acheter en détail.) * DE'TAIL. [ Rerum singularum narratio, enumera- tio. J Ce mot, au figuré, peut fort bien avoir un pluriel; il signifie le particulier des choses. (Pour savoir les choses, il en faut savoir le détail. Abl. Entrer dans un détail fâcheux. Décendre dans le détail. Dire le détail d’une afaire. Nous n’entrons pas dans ce détail, qu’il vous fuisse que nous savons tout. Oeuvres de Maueroix de la Fontaine , t. 2. dialogue de Pluton. Ne vous chargez jamais d’un détail inutile , Tout ce qu’on dit de trop, esifade £•? rebutant. Defpr.) En détail, adv. [ Sìngulatim , particulatim. ] Par ie menu. (Vendre en détail.) j (f Faire le détail d’une Armée, d’une Compagnie, ou d’un Corps de gens de guerre, c’est avoir l'®> fur le service & donner les ordres afin que chacun s’aquite de son devoir. Voïez le Diction, du sieur Guittet. DET Ce terme peut être emploie au pluriel ; on dit Aétíûls quand il s’agit de plusieurs afaires. Par exemple : Pour avoir une connoissance parfaite des finances, il faut décendre dans mille détails. ( 11 est vrai que si l’on en croit le P. Bouhours, le plus sûr est de dire, dans le détail de mille choses. H DETAIL ct une armée. Divers Généraux font capables de faire le détail d’une armée ou d’un liège, & on les regarde comme fort habiles. Ils entendent le détail, & à la tête d’une armée ce n’est rien. Cette forte de connoiflance n’est jamais entrée dans l’éloge d’un grand capitaine , & elle n’a jamais fait l'essentiel du Général. Polybe de Folard. DE'TAILLER , ». a. [ Res partìculatim , fngula- tìm vendere. ] Vendre en détail. (Les petits marchands détaillent leurs marchandises. Les Bouchers détaillent la chair & la vendent par piéce.) * DE’TAILLER , v. a. [ Enumerare , narrarefngu- lathn. J Faire le détail de quelque chose. Ce mot se dit quelquefois en parlant & ey écrivant, mais il n’est pas encore bien établi. (II seroit inutile de vous détailler tout le reste.) DE'TAILLER , ». a. [ Partes in varias concidere. ] Diviser en plusieurs pièces. ( Détailler la viande.) DE'TAILLEUR , f. m, f Qui pavtìeulatim vendit. ] Marchand qui vend en détail dans fa boutique. DE'TALER , v. a. [ Mer ces colìigere , condere; ojjt- einam clauciere.'] Oter l’étalage. (Détaler fa boutique.) f * DE'TALER , v. n. £ Abìre , cedere , attfugere. ] S’enfuir. ( Le rat de ville détale , son camarade le fuit. La Fontaine , sables, l. i.) í$ Molière, dans son. Avare , aH. i .sc. Alans , que l’on détale de chez moi. DET ALINGUER. [ Ab ancoris rudenles eximere, sohere. j] Terme de Marine. C’est ôter le cable d’une ancre. D ETE , ou dette , s. f. £ Peçunta débita , nomen. ] Obligation dé païer quelque argent à une personne. ( Faire une dette. Contracter une dette. Païer ses dettes, dette active , dette passive.) (§ Les Jurisconsultes disent que les dettes font actives ou passives. Les premières font celles que l’on peut exiger par action directe ou hipotéquaire contre son débiteur, & sur ses biens. Au contraire , les passives font celles pour lesquelles on est obligé. Le créancier est l’agent, le débiteur est le patient. Dans les pais de Coutumes , il y a des dettes mobiflaires, qui font celles qui naissent d’un prêt ; & elles doivent être aquitées par les héritiers des meubles : les autres font réelles , parce qu’elles proviennent du prix d’un immeuble , & celles-ci font aquitées par les héritiers ou possesseurs des fonds du débiteur. f DETTE privilégiée. C’est une dette pour laquelle on a un privilège spécial. f DETTE exigible. C’est celle qui fe peut facilement exiger. f DETTE criarde. On apelle ainsi , ce qu’on doit à des ouvriers , & à d’autres gens , qui ne manquent pas de crier quand on ne les païe point. £ On dit d’un homme qui a beaucoup de dettes, qu’il est acablé de dettes , abîmé de dettes, qu’il a des dettes par dessus la tête. * DETTE. [ Ojfcìum. ] Ce qu’on étoit obligé de faire; devoir. (Je m’aquite d’une dette; & si vous la voter de bon œil, j’en fais une autre. God. P os.) * Confesser la dette. £ Errorem sateri. J Cela fe dit au figuré. C’est être convaincu , & reconnoître qu’on a tort. Avouer la dette, nier , désavouer la dette. DETEINDRE , ». a. [ Decolorare .] Oter la teinture. Faire perdre la couleur. ( Le grand air déteint les plus vives couleurs. L’eau forte déteint les étoles fur quoi elle tombe.) Se déteindre , v. n. [ Decolorari , colorem amittereés Ce mot fe dit des étofes. Perdre fa teinture. Perdre son teint. ( Drap qui commence à fe déteindre.) DETELER, ». «. ] Equos jugosolvere , exsolvere .] Ce mot fe dit, en parlant d’animaux atelez & en- harnachez. (Dételer des chevaux, des beufs.) DETENDRE, ». «. £Dàà. J Oter les choses qui sont tendues. ( Détendre une tapisserie. DETENDRE , v. a. [ Laxare , remittere. ] Lâcher, débander. ( Détendre une corde , détendre un arc. DET 615 St le sens de vos vers tarde à fe faire entendre , Mon ejbrit ausjì-t&t commence à fe détendre. Defpr.) DETENIR, ». a. [ Detinere , remarari, demorari.] Ce mot est un peu vieux , & lignifie tenir. ( Détenir quelcun prisonnier.) £ DETENIR , retenir injustement , retenir ce qui apartient à un autre. ( Détenir le bien d’autrui.) DETENTE, f.s. [_Lingula .J Terme d’Arquebuses. Petit morceau de fer, sur lequel on met le doigt pour tirer un fusil ou un pistolet. DETENTEUR, f m. [Injustm pojfefors Terme de Palais. Celui qui tient & possède un héritage. DETENTION , f f. [ Tnjusta alìenì posseJJTo. ] Terme dont on se sert d’ordinaire , en parlant d’asaire de pratique, & signifie possession de quelque héritage. II se prend presque toujours en mauvaise part. ( 11 sera condamne à restituer les fruits depuis son injuste détention.) f§ 11 n’est pas vrai que le terme détention soit presque toujours pris en mauvaise part. II signifie également une juste détention , & une injuste détention ; c’est l’épitete qui le détermine. On en peut dire autant du terme détenteur. DETENTION, f. f. £ Detentio , fervitus , captivitas.s II signifie auffi, captivité , prison. (Après fa détention , il se retira de la Cour. Maucroix , schisme.) DETENU , détenué , part. N adj. £ Detentus , captivas. ] Arrêté , pris , tenu. ( 11 étoit depuis deux ans détenu prisonnier. Vaug. Quint. Curce, l. 7. ch. 1.) DETERGER , ». a. £ Detergere , purgare .] Né- toier, mondifier , emporter les mauvaises humeurs. (Un petit clistére pour déterger les entrailles de Monsieur. Mol. malad. imag. DETERIORATION , f f ÍReiin deteriorem fatum dedufiio. ] Action par laquelle une chose devient pire. DETE RIORER, ». a. £ Beterìus reddere , ejf- cere. ] Terme de Palais. Pour dire , dégrader , laisser tomber en ruine , rendre pire. DETERMINATION ,//. ÍDecifo, decretum, propenfo. J Fixation. Disposition fixe & arrêtée d’une chose. Ainsi on dit en terme de Phifque , mouvement de détermination , qui n’est que la disposition d’un corps à tendre plutôt d’un côté que d’un autre. ( 11 faut atendre la détermination d’un Concile.) DETERMINATION,// £ AddiHio verbis Aplica- tion d’un mot à signifier quelque chose. DETERMINE', déterminée, adj. £ AudaciJJhnvu, temeraríus , ad audendum projefhtí. j Emporté, enragé , méchant, téméraire. ( Ce sont de grands déterminez. Voit. I. 47.) DETERMINE', f. m. [Ncquam , improbm , thrafo. j Méchant, enragé, emporté, fanfaron, téméraire & extravagant. ( 11 faut dire en déterminé, mort, tête, sang, &c. Gomb.ép. I. 1. Jurer en déterminé. Gornb. /. C’est un diable, c’est un déterminé qui desespér* les gens.) DETERMINERENT , adv. £ Definité , Jpeciahter. ] Positivement, afìrmativement. (Parler d’une chose déterminément. Patru , plaid. 14.) f DETERMINERENT, veut dire auffi, hardiment, courageusement. Les François vont déterminément au combat, sous un Général habile. DETERMINER, ». «• [Statuere^ definire, de- cidere. ] Disposer d’une certaine maniéré fixe & arrêtée , borner, prescrire. ( Chaque chose est déterminée d’elle-même à continuer dans fa façon d’être. II y a de la témérité d’entreprendre.de déterminer juso ques où s’étend la puissance de Dieu. Roh. Phis.) DETERMINER. ( Statuere , decernere. ] Résoudre, arrêter, porter, obliger précisément à quelque chose. ( Cela le détermina à sortir. Abl. II se détermina à ne plus ataquer que la nuit. Bouhours , Aubujson, l. 4.) Cette fille dégoûtée d’un Amant, s’est déterminée au cloître. DETERRER , ». iMortui cadaver è tumulo eruere , ejsodere , refodere. ] Tirer de terre une personne enterrée. (Déterrer un corps.) * DETERRER. £ Petegere , eruere. ] Trouver, découvrir. (Quelque part qu’il soit on le déterrera. Sar. Onl’a enfin déterré; je déterrai cela ; c’est uu homme qui a déterré mille choses curieuses.) 6i6 DET * II a un visage de déterré. [ Ejì illi lurida ff cada- vtrosa sades. ] Cela veut dire , il est pâle & st défait , qu’il semble avoir été enterré. DETERSIF, détersive, adj. [Detergem. ] Terme à’Apoticaire. Un médicament détersif j c’est-à-dire, qui ôte & nétéie. DETESTABLE, adj. [ Detisiandus, execrandus.~] •Qui mérite d’être déteste, qui mérite d’être en horreur. ( Une action détestable. Ab lé) * DETESTABLE. [ Dctejlabilis, execrabìlU . ] Qui est horriblement laid , qui n’est pas bon , qui ne vaut rien. ( Les vieilles les plus détestables resscntoient i'amoureux flambeau. Voit. pois. Potage détestable. Scar. Je trouye la Comédie détestable , morbleu détestable , du dernier détestable , ce qu’on apelle détestable. Mol. critique , sc. i.) C’cst un vin détestable. [ Vinum sublatisimum .] DE'TESTABLEMENT, adv. [ Detefiabilem , execra- iilem in modmn. ] D’une maniéré détestable. (U vit détestablement.) DE'TESTATION , s f. [ Detestatio. J Action , ou paroles par lesquelles on témoigne qu’on a quelque chose en horreur. ( On ne peut parler du traître Judas qu’avec détesta,tion. Leur mémoire sera toujours en detestation. Ils s’est atiré la détestation de tout le monde. Cosiar , lettres.) DETESTER , V. a. s Detejîari , execrari , abo- minari , imprecari. ] Avoir en horreur. ( Détester le vice. Objet infortuné des vengeances célejìes, Je m’abhorre encor plus que tu ne me détestes. Racine.) t DETIRER , v. a. [ Explicare , extendere , poli- re. ] Etendre une chose pour la rendre unie & liste. !1 se dit du linge , des étofes , des rubans, ct c. (Dé- tirer du linge.) Voïez Lissier. t DETISER , v. a. s Removere tìtìones ab igné. ] íl se dit du feu , & signifie éteindre ct couvrir le feu , ôter les tisons du feu. ( On décile le feu , le soir, quand on se va coucher.) DETONNATION , f f [ Crepitus, siragor. ] Terme de Chimie. Bruit que font les minéraux, lors- qu’ils commencent à s’échaufer dans les creusets, que les parties volatiles sortent avec impétuosité , & que l’humidité qui y étoit enfermée , s’en échape. DET ONNER , v.n. f A tono deflerlere , disicede- ve , aberrare. ] Terme de Musique. Sortir de ton. ( Tous mes sots à la fois détonnant de concert se mettent à chanter. Désir. fat. 8-) DETONNER esi fulminer, s Crepitare , fragorern tàere. ] Termes de Chimie. Chasser des minéraux les parties impures, volatiles & sulphureuscs , en conservant les parties internes & fixes. Ce qui se fait avec détonnation ; c’est-à-dire , avec le bruit que font les minéraux , quand ils commencent à s’échau- fér dans le creuset, & que l’humidité en sort. DE'TORCE , entorce , f. f. [ Decisio. ] L’un & Tautre se dit, mais détorce est moins usité. Voïez Entorce. DETORDRE , ®- «. [ Explicare, evolvere. ] Dé- tortiller une chose tordue. Je détors , j’ai détordu , je détordis , détors. ( Tordre & détordre du linge de lessive , détordre une corde.) DE'TORQUER , V. a. [ Detorquere. ] Terme Dogmatique.' r C’est éluder la force d’un raisonnement, d’une autorité, lui donner une autre explication. DETORTILLER , v. a. c Explicare , evolvere. J Défaire une chose tortillée. ( Détortiller de Rosier ; tortiller & détortiller un cordeau.) DETOUPER , v. a. [ Vas opertum relincreé) Déboucher , ôter le bouchon d’étoupes dont quelque vaisseau étoit bouché. (Détouper une bouteille.) DETOUPILLONNER, v.a. fPutare, recide- . re.J Terme de Jar dinier. II se dit de l’oranger. C’est ôter le frétin , & la quantité de petites branches inutiles de l’oranger. ( II faut être soigneux de détou- pmonner les branches de cet oranger. Quand on a detoupillonné les petites branches d’un oranger , les autres branches qui demeurent , deviennent plus belles & plus grosses, parce qu’elles reqoivent seules la nouriture qui alloit au roupillon de l’oranger ; c’est-à- DET dire, aux petites branches inutiles. Quint, hni fruitiers , t. i. p. 131.) ' m DETOUR , f. m. [ Flexio , anfraííus , divertku- lum .] Tournant de rué. Lieux écartez. (Illefit avancer afin de reconnoître les détours des montagnes. Vaug. Quint. I. 3. Le détour d’une rué. Désir.fat. í. Pour esquiver sa fiante tzf ses discours, Elle cherchoit les plus secrets détours. Benserade, rondeaux. Après avoir pajsié par difértns détours, Que son cceur amoureux se plaît à reconnoître t II trouve enfin la cabane champêtre, Où logent ses tendres amours. Perr. Griselidis.) G DE'TOUR , signifie aussi, sinuosité. (La riviere fait un grand détour.) f DE'TOUR, se dit d’un chemin qui éloigne de la droite route. ( Si vous prenez ce chemin, vous ferez un trop grand détour.) * DE'TOUR. [ Circuitus , circuitìo. ] Circuit des paroles. ( Un grand détour de paroles. Sans qu’un long détour t’arrête & t’embaraíse. C’est fuit la difficulté que de prendre ce détour. 11 prit un grand détour pour lui annoncer la mort de son fils.) Et fans qu’un long détour t’arrête U t'embarajfe, A peine as-tu parlé , qu’elle même se place. Despreaux , épit. à Molière.) * DE'TOUR. [ Pratextm , simulatìo .] Prétexte, finesse , biais peu sincère ; procédé, façon d’agir, excuse. (J’aime sans détour. Voit. pois. Yos ordres fans détours pouvoient se faire entendre. Ipbigéme, act 1 .sc. 2. II ne cherche ni détour ni finesse. On va par ces détours, au siécle d’or, Benser. rond. O le plaisant détour ! Désir. fat. 9. Le détour est plaisant. Mol. H DETOURNE', fwr. Chemin détourné, rué détournée. T * Prendre des chemins détournez. C’est se conduire avec finesse. Louange détournée, c’est une losange délicate & fine , qui ne s’adresse pas directement à la personne qu’on veut louer. t DETOURNEMENT , f. m. [Injiexio, deflexus .] Ce mot n’est pas d’ordinaire usité, ct je ne sti que Molière qui s’en soit servi d’une façon à le faire passer. (Leurs détournemens de tête & leurs cachemens de visage firent dire cent fotifes de leur conduite. Mol. critique de l’école des femmes , sc. 3.) DETOURNER , ». a. [Divertere, defieHeu .] Mener par des lieux détournez ; écarter du chemin. ( Détourner quelcun du chemin. En mille endroit détournez, Mamour me mène par le nez.) * DETOURNER. \Avocare , avertere , repellere, ex- cludere. J Eloigner. (Détourner son intention du dé. sir de la vengeance. Pasc. I. 7. Que la considération des misères présentes, & celle des misères futures vous détournent de l’impureté. Maucroix, homélie 14. Détourner les yeux. Son livre ne tend qu’à détourner les âmes de la voie étroite de l’Evangile. Arnaud, fréquente comm. Détourner un coup.) T * DETOURNER le sens d’un passage. C’est lui donner une signification- differente de celle qu’il doit avoir. t * DETOURNER. [ Avertere.'] Mettre à part, prendre , dérober. (11a détourné la plupart de ses etets.j * DETOURNER. [ Avocate , disjuadere.'] Dissuader. (11 s’imaginoit qu’il feroit aisé de le détourner d un si terrible dessein. Vaug. Quint. I. 10.) f DETOURNER. Terme de Chasse. C’est remarquer l’endroit où est une bête à la reposée , pour aller ensuite la chasser. (On a détourné le sanglier.) Se détourner, v. r. {_Defleflere , áejerereé] S’ecarter, quiter. (Se détourner de son chemin, se détourner de son travail , se détourner à droit ou à gauche, >e détourner de trois lieues de son chemin pour aler voit quelcun.) .DETRACTER, ». a. [ Famam detrahere.) blé- dire. Le mot de détraffer se dit mais il n’est pas u un- té que celui de médire. ( 11 ne faut pas détracter de son prochain.) DETRACTEUR , s m. [ Maledicus , satine ahcif» detrafíor .2 Médisant. Le mot détraHeur est moins usité que celui de médisant. (C’est un détracteur.) DET DE'TRACTION , s. f. [ Ma.ledifl.io , aliéna fama de- traêtio.) Ce mot signifie médisance , mais il n’a pas tant de cours que celui de médisance. ( On aime naturellement la détraction. ) 0 ' DËTRAPER- Ancien mot qui signifie dégager. Monet en a fait mention ; & du Bartas dans fa fameuse description du cheval de Caen, a dit : le cham- plat bat, abat , detrape, agrape , atrape. DETRAQUE' , détraquée, adj. [ Perturbatw. ( Lc moulin etì détraqué. Ma montre est détraquée. ) DETRAQUER , v. a. [ Perturbare. ] Ce mot se dit proprement des machines & des choses artificielles. II lignifie y changer ou gâter quelque chose, en- sorte qu’elles ne puissent plus faire ce qu’elles font, lorsqu’elles font en bon état. ( Détraquer une horloge, un moulin, une pompe, un jeu d’orgues, ou quel- qu’autre machine. ) DETRAQUER, v. a. f Perturbare. ] II se dit à l’é- gard des chevaux , & il signifie faire perdre à un cheval ses bonnes alures, ou les leçons qu’il a aprises au manège. ( Détraquer un cheval. Les mauvais Ecuïers détraquent les chevaux ; c’est-à-dire, leur font perdre le bon train qui leur étoit ordinaire. ) DE'TRAQUER , v. a. [ Avocare ;, avertere. ] II se dit auffi des personnes , & signifie détourner de quelque ocupation. (Détraquer quelcun de ses études ; les mauvaises compagnies ont détraqué ce jeune homme du chemin de la vertu. ) Se détraquer , v. r. [ Perturbari, avertere, defleflereéj II se dit des machines & des personnes. ( Notre horloge sc détraque souvent. L’estomac se détraque quelquefois. * il se détraque de ses études, du bon chemin , &c. ) DETREMPE ,/s c Opus colorìbm aquâ dìlutvs piflumé] Terme de Peinture. Sorte de peinture, où l’on emploie les couleurs , avec de l’eau gommée , ou de l’eau de colle. De Piles. ( Peindre en détrempe. ) DE'TREMPE. [ Res deproperata. ] Au figuré , signifie une chose de peu de durée. ( Mariage fait à la détrempe. ) DETREMPER, v.a. [TemperareJ Au figuré, signifie, mêler, tempérer. (L’afliction détrempe la joie.) DE'TREMPER, v. a. [ Macerare , dtluere. ] Mêler quelque chose de liquide avec une autre chose , pour îi’en faire qu’un corps. ( Détremper du plâtre. Détremper du mortier.) On dit auffi , détremper dans de Teau ce qui est salé. H DE TREMPER de l'acier. C’est lui ôter sa trempe e n le taisant rougir. t DETRESSE, f f- [Maror.] Ce mot est un peu vieux. II signifie afliction. ( II étoit dans une grande détresse. ) t DETRIMENT, f m. f Detrìmentum 5 dam- %um, jaflura. 3 Terme de Palais. Dommage. Perte. (II entreprend de bâtir au détriment de ses voisins. Cela va à nôtre détriment.) DETRIPLER, ®. a. [Terme $ Evolution militaire , ] qui se dit en parlant des files. C’est en ôter quelcune, quand elles font par trois. (Doubler, tripler les files. Détripler les files, Martinet, Exercice d’Infanterie. ) DETROIT , f m. £Angusia , fretum , istbmm. J Terme de Géographie. Bras de mer entre deux terres peu éloignées. (Le détroit de Gibraltar est fameux. Passer un détroit. Voit. I. 39. Détroit dangereux à passer.) Ï 1 se dit auffi quelquefois au lieu du mot Isthme , d’une langue de terre qui est entre deux mers. ( Le détroit de Corinthe joint la Morée au reste de la Gréce. Le détroit de Panama joint les deux Amériques, la Méridionale & la Septentrionale. ) DE TROIT. [ Fauces. ] Passage étroit & dificile par les montagnes pour entrer en quelque pais. ( Se saisir des détroits de la Cilicie. Vaug. Quint. L 5 . ) DE'TROIT. sjurisdiflio , conventm. ] Terme de Palais. Étendue de Jurisdiction. (Un Juge ne peut agir en cette qualité hors de son détroit, ou hors de fa Jurisdiction. II est respecté dans tout son détroit, & il y passe pour homme de mérite.) DETROMPER , v. a. [ Errorem eripere , ab er. pore avocare. 3 C’est le contraire de tromper quelcun , c’est le désabuser, lui faire connoître son erreur. On l’a détrompé de la mauvaise opinion qu’il avoit de vous. On est quelquefois moins malheureux d’être trompé DEV 617 de ce qu’on aime, que d’en être détrompé. La Roche* foucaut. ) Se détromper, v. r. [ Errorem deponere. ] C’est re- connoitre qu’on étoit dans l’erreur. ( On sc détrompe tous les jours des anciennes erreurs. ) DETRONER , v. a. [ De folio deturbare, depelle - re.J Oter du trône. (Détrôner un Prince. Pépin Maire du Palais des Rois de France , gouverna sous plusieurs Rois , & détrôna Childeric III. Mêlerai , vie de Cbil- deric. DETROUSSER , v. a. [ Demittere togam. J Ce mot sc dit, en parlant de jupes, de robes, & autres habits de femmes. Défaire une chose troussée. ( Détrousser une jupe. Détrousser une robe. ) f * DE'TROUSSER. [Aliquem stoliare.3 Voler. (On l’a détrousse à demi-lieuë du vilage. Voit-on les loups brigands comme nom inhumains. Pour détrousser les loups courir les grands chemins ? Despr. ) H En robe détroussée, signifie en cérémonie. II ne fait des visites qu’en robe détroussée. DETROUSSEUR, s m. [ Latro, Grassator .] Voleur qui détrousse. H Ce mot est vieux. DETRUIRE, v. a. [ Destruere, diruere , demoliri , disturbares Ruiner. Défaire. (Détruire un parti. Ab lé) * DETRUIRE. [ Evertere samam alicujm. ] Décré- diter. Faire perdre l’estime. ( * Détruire une personne dans l’esprit d’une autre. Ablancourt. C’est ainst qu en prêchant on fait peu de fruit, Le Sermon édifie , fj? l’exemple détruit. , Vill. ) f Se détruire, v.n. 11 fe dit au propre & au figuré. ( Les beaux ouvrages se détruisent tous les jours. Cette nouvelle, cette opinion fe détruit d’elle même. ) DETTE , /. f Voyez DêTE. t DETTEUR, s tn. [ Débitor. j Ce mot signifie celui qui doit , mais il ne fe dit pas ; en fa place , on dit débiteur. D EU, deuí adj, V oie Z Devoir. t DEVALER , v. a. £ Descendere. ] Ce mot est bien vieux , & ne se dit plus guére, en fa place, on dit détendre. (L’ame d'Orpfaée dévala dans les Enfers. Du Ryer, Métamorphoses , l, n. fable 2 . J]autre jour frère Jean mourut de la graveìle , Et son ame aussl-tòt aux enfers dévala , Un diable en sentinelle , ïl arrête en disant, qui va là ? Poète anonyme. ) DE'VALISER , «. [ Spolìare, exstoliare.3 Oter la valise , les bardes & les marchandises à des paf. fans. Voler. (On l’a dévalisé au milieu d’un bois. Scar.) DEVANCER, v. a. £Antecedere, pracurrere. J Gagner & prendre les devans. 11 faut faire de grandes traites pour devancer le Roi de deux ou trois journées. Abl, ret. liv. 2 . ch, 2 . 11 devança de trois jours la Bote. Abl. Arr. I, 1 , Devancer l’aurore. Racine, Iphi- genie, aéí. 1 . sc. 1 . L’exercice du corps doit toujours devancer la résection. Danet, ) DEVANCER. [ Aliquem super are. ] Surpasser en quelque chose. ( II devance en mérite tous ses compétiteurs. ) DEVANCIER, s m. £Antecej]'or.~] Celui qui en a précédé un autre en quelque charge, ou ofice. ( C’est son devancier. fs Le terme prédécesseur est plus en usage que devancier , dont on peut se passer : mais il faut nécessairement nous servir du féminin devancière , parcs que prédécesseur n’a point de féminin. DE'VANCIE'RE , s f. [ Qaa antecedìt, ] Celle qui en a précédé une autre en charge. ( Les armes de ses devancières se voïent en beaucoup de lieux. Patru, plaid. 16 . ) DEVANT , s m - [ Pars prior , mterior. 3 Partie antérieure. La partie qui dans l’ordre des choses se présente la première. (Le devant du logis est beau devant de Perruque, ce sont les cheveux bouclez qui couvrent le front. Devant de chemise, devant d® haut-de-chausse ; devant de jupe; devant de tableau ; devant de cuirasse. ) t * Bâtir sur le devant. Commencer d’avoir le ventre gros & devenir gras. ( Cet homme bâtit bien fur le devant. ) Ttm. L 14 ii * DS- í 618 DEV * DEVANT , s. m. [ Pudenda muliebria. ] Les parties naturelles de la femme. ( Ils font plus jaloux du derrière que du devant. S. Am. ) * Prendre le devant. [Pracurere , pravertere , ante eccupare. j C’est prendre le pas, marcher devant. On dit auffi prendre les devans, couper les devans, gagner le devant, tant au propre , qu’au figuré. DEVANT , adv. [ Antl ] ( Marcher devant. Par-devant , adv. [ A fronte. ] (II fut attaqué par devant & par derrière. Ils avoient reqù leurs blessures par devant. Vaug. Quint. I. 5. ch . 11. II recût plusieurs coups par-devant, & il mourut glorieusement. Abl Marin. ) [ Adversa accipere vulnera. ] Au devant. Préposition qui régit le génitif. Aler au-devant de quelcun. [ Ire obviam alicui. ] Abl. ( La ville sortit au devant de lui. Abl. ) DEVANT. [ Coram. ] Préposition qui régit l’acufa- tif, & signifie en présence. (La parfaite valeur est de faire fans témoins, ce qu’on feroit capable de faire devant tout le monde. Mr. le Duc de la Rocbefoucaut . ) DEVANT. [Ante] Préposition qui signifie vis-à- vis. ( Le trop fidèle disciple fut foíieté devant la porte du Colége par la main du Bourreau. Faste. I. 6 .) f DEVANT que. [ Antequam , priusquam. ] Conjonction qui n’est plus guère en usage. On se sert en sa place de la conjonction avant que. f DEVANT-HIER, adv. [ Nudius tertius. ] Ce mot n’est pas du bel usage , en sa place on dit, avant-bìer. t DEVANTIER , f m. [ Involucre. ] Mot hors d’usage , en sa place on dit tablier. ch DEVANTURE , f f- Sorte de long tablier ou de jupe fendue par derrière, que les femmes portent quand elles vont à cheval. DEVANTURES , f. f. Plâtres de couverture qui fe mettent au devant des souches de cheminée , pour ra- corder les utiles & les ardoises. II se dit austì du devant d’un siège d’aisance, ou d’une mangeoire d’écurie. DEVASTATION , f. f- [Depopulatio. ] Désolation d’un pars. Ce mot n’est pas fort en usage, quoi- qu’il se trouve dans de bons Auteurs, ch DEVASTER , v. a. Ruiner, désoler un pais. DE'VELOPEMENT, f. m. [ Explkatio. ] Les Architectes apellent dévelopement de dessein , la représentation de toutes les faces, profils, & parties du dessein d’un bâtiment. DE'VELOPER, v. a. [ Explicare, evolvere. ] Oter l’en- velope. ( Déveloper une chose envelopée. ) * DE'VELOPER, v. a. II fe dit au figuré , & signifie expliquer, éclaircir , découvrir. ( Déveloper fa pensée , déveloper une intrigue, déveloper des dificultez. Pour déveloper tout ce mistere, il faut dire.. .. Patru, plaid. 5. Quelque avanture me viendra déveloper une naissance illustre. Mol. ) DE'VELOPER, v. a. [ Minuere , imminuere. ] Chez les Artisans, c’est dégrossir du bois ou de la pierre , pour leur donner la taille ou la disposition nécessaire pour les placer , ou en faire quelque ouvrage. DE'VELOPER se dit aussi , lorsqu’on raporte sur un plan les diférentes faces d’une pierre , ou les parties d’une voûte. Se déveloper , v. r. [ Evolvere , expedire. ] Se débutasses. ( Se déveloper d’un danger. ) DEVENIR , [ Fieri , evadere. ] Verbe neutre passif. Je deviens , je fuis devenu , je devins , je deviendrai. Etre de plus en plus; s’aquerir quelque qualité ; changer. ( II devient honnête homme ; devenir savant : il est devenu grand operateur ; devenir riche, devenir fou. ) * DEVENIR d’Evêque Meunier. Proverbe, pour dire, fe, changer de condition en pis ; décheoir de sa condition. 4 On dit, pour marquer l’incertitude où l’on est de ce qui doit arriver, que deviendra tout cela, que deviendront vos promesses, que deviendront vos espérances ? ch Que voulez-vous devenir ? C’est-à-dire, que p ré tendez-vous faire, quel parti voulez-vous embrasser ? t DEVENIR à rien , c’est se réduire à rien, s’évapo- rer, s’evanouir. Sa fortune devient à rien. Ses grands biens deviennent à rien. DEVENTER, v. a.[VelaconJ}ringere.] Ternie de Marine. Brasser les voiles au vent, pour les empêcher de porter. t DEVERGONDE', dévergondée , adj. L Inverti- DEV cunius , licentiosus. ] Qui n’a point de honte. C’est un dévergondé , c’est une dévergondée. ) ch Se dévergonder, v. a. [ Pudorem deponere. ] Perdre fa honte. ( Plus qu’une femme elle lé dévergonde Benserade , rond. p. 105. ) ° ' DEVERROUILLER, v. a. [ Removere pejsulum. ] Oter le verroûil. ( Déverrouiller une porte.) ch DEVERS, préposition. [ Versus. ] Qui a vieilli & qui tout au plus ne peut trouver fa place que dans le langage le plus bas. En fa place , on fe sert de la préposition vers. Vaug . rem. Celui qui maintenant de. versvous est venu, d’où vous est il connu ? Mol. cocu. ) fg Mr. de Vaugelas a fait cette observation’ Rem. ;;;. sur vers & envers. „ Ces deux prépositions ne veu". ,, lent pas être confondues. Vers signifie le versus des ,, Latins, comme, vers l’orient ; & envers signifie l’tr- ,, ga , comme la piété envers Dieu , &c. Vers est pour „ le lieu & envers pour la personne. Ce feroit mal par. „ 1er de dire , lapiété des enfans vers le pere, comme. „ écrit toujours un grand homme. Que si l’on dit il ,, s’est tourné vers moi , & que de-là on veuille inférer „ que vers fe dit aussi bien pour 4 a personne que pour ,, le lieu , on répond qu’en cet exemple, vers ne lais. „ se pas de regarder le lieu plûtôtque la personne, com- ,, me le mot de tourner le fait assez voir”. Messieurs de l’Académie ont aprouvé cette Remarque, ajoutant, que l’on dit, l’Ambassadeur vers le Roi d’Estagne; mais le mot envolé est fous entendu en cette phrase. On croit que vers en cet endroit regarde le lieu. Un Auteur moderne a dit : Quand on a par devers foi de longs services , &c. Là devers regarde la personne; mais on ne dit point par devers foi ; on soufriroit plutôt deversfoi, que par devers. DE'VERSER.V. a. [Invertere. ] C’est pancher,incli- ner. On apelle bois déversé, du bois qui est gauche. SE DEVETIR , v. r. [ Vejkm exuere. ] C’est ôter quelques uns de ses vêtemens , se déshabiller. ( On fe dévêtit quand il fait trop chaud. Le Prêtre qui aofi. cié , fe va dévêtir à la Sacristie. ) Se dévêtir, v. r. [ Domìnium rei alicujus abdicare. ] Terme de Pratique. II signifie se désaisir, se dépouiller. ( II s’est dévêtu , par un contrat, de la propriété de tel héritage. ) DE'véTISSEMENT, f m. [Abdicatio.] Terme de JuriJprudence. Action de fe démettre , de fe dépouiller de son bien. fg On use dans quelques Coutumes du terme de devejî , & revefl , que Galand explique ainsi dans son Traité du Franc-aleu ; Pour être mis en postejjlon d’tm fief , la forme du serment, N de l’invesiiure étoit so- lemnelle. Pour mettre íacquéreur de censtve , étoit besoin de devejî. Si le contraBétoit cassé, M que /’ancien propriétaire rentrajì dans son héritage, comme il avoit été dépouillé par le devejî, il rentrait dans son droit par le revefi. DE'VIATION, f s. [ Dedinatio _, dejiexio. ] Terme d’Astronomie. Mouvement du déférent, ou excentrique , lorsqu’il s’avance vers l’écliptique, ou qu’il s’en éloigne. DE'VIDER , v. a. [ Filum in orbes glomerare.] Mettre le fil ou la foie en péloton ou en écheveau. (Dévider parpéloton, dévider de la foie, du galon, &c.) {g DE VIDER , ou, dévuider. Terme de Manège. Un cheval dévuide, lorsque maniant sur les voltes, ses épaules vont trop vite , &que la croupe ne fuit pas ; de forte que le cheval, au lieu d’aler de deux pistes, comme il devroit aler, tâche de n’aler que d’une piste; ce qui vient de la distance qu’il fait en se défendant contre les talons, ou de la faute du cavalier qui hâte trop la main. Piste, est le chemin , ou la trace que le cheval marque fur le terrein où il passe. DiBonnat- re des Arts de l’homme d’épée. DE'VIDEUSE , st f [ Staminei globì versoria artisex. ] Celle qui dévide. ( Une dévideuíe de fil, de foie, &c- Portez cela à la dévideuse. ) On dit auffi, Devideur , s. m. Celui qui dévide. DE'VIDOIR ,s. m. [Rhombus.] Sorte d’instrument de bois propre à dévider, & qui est fait en mamere de lanterne. (II y a plusieurs sortes de dévidoirs. ) DEÙIL, T m - [Luffus, mceror. ] Tristesse, douleur, regret. Habit noir qui marque la tristesse & la mort d tine personne de qui nous héritons, ou de qui nous dépendons. ( Seigneur , pourquoi me laissez vous dans le deuil & dans la tristesse , fous l’opreffion de mes ennemis. Port-Royal, Pst 4. Le deuil n’est qu’au dehors Gen. ép. I. 3. Une consolation si peu attendue.redoum son deuil. S, Evremont, Matrone d’EpbeJ'e. ) DEV DEiilL , s. m. £ Vefiimentum funèbre. ] Les marques extérieures du detìl. Les habits de deuil. ( Prendre le deuil. La Cour est en deuil. Quiter. le deuil. Porter le petit deuil. Porter un grand deuil. ) ê DEúlL, signifie aussi les parens ou les autres personnes qui assistent aux funérailles de quelcun. Le deuil a passé par cette rue. Mener le deuil. DEVIN, s. m. [Vates , hariolus, fatidiocm,'] Celui qui devine. Celui qui prédit & découvre les choses à venir. ( C’est un méchant devin. C’est un bon devin, un excélent devin. Un devin , nommé Gau- ricus, prédit à Henri second, qu’ il meuroit dans un combat. Colomejhts. ) De la fin de nos jours ne fiions f oint en seine, C’ejìun secret , Pbilis, qui n’est que pour les Dieux , Méprisez ces Devins dont la science vaine Se vante salement de lire dans les cieux. D u Trousset. ) DEVINE , f f. £ Vates , bariola, fatidica mulier .] Celle qui devine. ( Elle est devine. Elle est ravie de passer pour une devine. Je ne fuis ni sorcière , ni devine. Scar: D. Japbet , afl. r. fi. i. ) DE'VINER, v. a. s Divinare, harìolari , vatìçìna - ri , detegere , indagare , explicare, excogitare , augu- rari, conjicere. ] Prédire. Découvrir l’avenir. Conjecturer. Découvrir. (Deviner les malheurs du tems. Devinerl’écriture d’une personne. Voit.l. On aime à deviner les autres,mais on n’aime point à être déviné.) * DEVINERESSE, f. f. [ Vates , bariola.f Celle qui devine. Devineresse n’est que du peuple, il n’y a que devine qui passe, f L’Académie admet devineresse. ( L’E- glise excommunie les devins & les devineresses. f DEVIS , s m. f Farnìliare colhquium. ] Pour dire, babil, est bas & vieux. ( Une belle jeune Epousée, Se trouvant un jour en devis , Avec une vieille rusée. S. Gelais. ) DEVIS , s m. [ Enumeratio rerum Jìngularum, ] Terme d ’Architeflure. Description de toutes les choses qu’on doit exécuter pour la construction d’un bâtiment. Voïez V ArchiteHure de Savot, chap. 4. DEVISAGER, v. a. [ Déformare, lacerare vul- tum alicujus. ] ( Dévisager une personne ; c’est-à-dire , lui égratigner le visage , se jetter sur son visage , & le défigurer avec ses ongles. ) DEVISE , s f- [Pitíura cujnssenfus aut Jlgnistca. tio , litterU , aut verbis annuìtur. ] C’est un composé de figures & de paroles. La figure est le corps de la devise , & les paroles en font famé. La figuré doit être régulière & nouvelle, & les paroles proportionnées à la figure. (Faire une belle devise. Voïez Givio Vefco- vo di Nocera. ) Le Père Bouhours , dans ses entretiens d ’Arifle g? d’Eugéne , a fait un discours fur la devise. t DEVISER , v. n. [ Sermocinari, firmonem babere. Ce mot, pour dire , parler, s’entretenir , est un peu vieux , & ne trouve bien fa place que dans le stile familier. (Tout en devisant , nous voici arrivez à la ville. Abl. Luc. t. 2. double acusation. Us ont devisé assez long-tems de cette afaire. ) DEÛMENT. Voïez pltts bas. DE'VOïE', f m. f Aberrant, errans. J Tlse dit de ceux qu’on croît qui sont hors de la voie du salut. II est vieux (Priez pour nos frères les dévorez ) On dit en fa place, égaré. (f DEVOIÉZ. Ancien mot. On apelloît autrefois devoiez , ceux de la Religion Protestante. DEVOILEMENT, f m. £ Veli reduftio . ] Action par laquelle on dévoile & découvre ce qui étoït caché. ( Le dévoilement des Mistéres & des figures de P Ancien Testament, est fait à la venue du Messie. ) DE'VOILER , v. a. [ Vélum , vclamentum detra- here. ] Oter le voile. ( Dévoiler une Religieuse. Religieuse dévoilée , Maucroìx, schisme d'Angleterre , l. 2. p. 292. * L’olimpefin front dévoila, Et tout le jour étincela. Voit. Poës. ) * DEVOILER, v. a. [Pandere, maniseflare, retegere .2 Ce mot se dit au figuré. 11 signifie découvrir & mettre en évidence ce qui étoit caché. ( Dévoiler des mistéres. Dévoiler des intrigues. DEV 619 Wentent pas qu’a tes yeux faille ici P étaler, II vaut mieux le fiufrir que de le dévoiler, Despr. ) DEVOîER , v, a. f Refilvere. J Causer , donner un dévoiment. ( Etre dévoré, c’est avoir un dévoiment.) DEVOIMENT, f. m. £Stomachi refilutìo. ] Flux ds rente. ( Avoir un dévoiment par haut & par bas. ) DEV OIR, v. a. £ Debere. J Je doi, tu dois, il doit „ Nom devons , vous devez , ils doivent. J’ai deu , ou, f ai dû , je de w. .Etre engagé à quelque dette. (De. voir une grosse somme d’argent : devoir à Dieu á au monde , devoir au tiers & au quart. ) DEVOIR. [Tcneri.J Etre obligé de faire ou de dire. Les inférieurs doivent honneur & obéissance à leurs Supérieurs. Nous devons bien vivre pour bien mourir.) DEVOIR. [ Confédéré, cedere. ] II se dit des avantages que les uns peuvent avoir fur les autres. (En matière d’arts & de siences, les Modernes ne doivent rien aux Anciens ; c’est-à-dire , ils ne leur font pas inférieurs. Elles sont toutes deux à peu près de même âge , l’une ne doit rien à Fautre.) DEVOIR. [ Necejfi e[fe , oportere. J il fe dit encore de ce qui peut arriver. ( Nous devons tous mourir. 11 doit arriver cette année une éclipse de soleil & deux de lune. Je dois aler demain à la campagne. 11 doit avoir reqû ma lettre. II doit avoir bien de l’argent, car il a eu de grands emplois. Aux usages reçus il faut qu’on s’ciçoinmode, Une femme fur tout doit tribut à la mode. Despr. ) * Les grands Princes ne se doivent jamais voir s’ils veulent demeurer amis. Voïez-en la raison dans Comi- nes L 2. c. 8- DEU , deu’i , adj. £ Débit us. ] Prononcez dû & dû'ê. Cc qu’on doit. (Argent dû, somme dùë.) On fait aussi quelquefois deu, substantif. £ Ojficium, resdebita. J ( Les Magistrats doivent bien s’aqniter du dû de leurs chartes. II faut prendre quelque hipo- téque pour la sûrete de son dû. ) DEÛMENT, adv. f Ut decet, ut par est. J Prononcez dûment. Justement. ( II est dûment ateint & convaincu. ) DEVOIR , f m. £ Munut, ojficium , partes. ] Ce qu’on est obligé de faire par bien-séance , par civilité ou obligation. ( Faire exactement son devoir ; s’aquiter de son devoir envers tout le monde. Ab>. Un homme sage doit remplir jusqu’au moindre de ses devoirs. Faire le devoir de capitaine & de soldat. Vaug. Quint. I. ;. ch. n. Rendre ses devoirs à ceux qui le méritent. Rendre les derniers devoirs à quelcun. Vaug. Quint. I. tz. c. ia. £ Jufla filvere. ] C’est-à-dire, assister aux funérailles d’une personne. Ranger quelcun^ a fin devoir. [ Aliquem in ojficio continere. ] C’est-à-dire, obliger une personne d’obéïr & de faire ce qu’elle doit faire, S’aquiter des devoirs du mariage en galant homme. Qui saura d’un ami remplir le saint devoir, Condamnant fin ami, voudra toujours le voir. Vill. ) jgf 11 n’est pas possible de donner une définition exacte des devoirs de la vie civile, puisqu’il est certain ( comme Cicéron I’a remarqué dans le Traité qu’il en a fait ) qu’il n’est point d’action dans la société civile, qui .n’ait ses obligations & ses devoirs ; & l’on n’est ( dit-il ) bonnête-homme , ou mal-honnête-homme , qu’à proportion de leur observation ou de leur négligence. Nulla enim vite pars vacare ojficio potejì , in eoque colendoJlta est vite boneftes omnis , £5? in ne glu gendo turpìtudo. DEVOIR de vassal à fin Seigneur. DEVOIR , s m. [ Accingere se ad alíquïd. ] Etat. ( 11 se mit en devoir de montrer la lettre. Vaug. Quint. I. c. 1 r. U se mit en devoir d’arrêter son maître. Abl. Luc. t. 2. Amitié. ) DE'VOLE, s /• Terme de Jeu de cartes. C’est lors qu’après avoir entrepris de faire jouer , on ne fait pas une main. DEVOLU, f m. Z Jus devolutum ] Terme d ’£- glifi. Provision qu’on obtient du Saint Siégé, pour avoir le bénéfice qu’un autre possède, & cela parcs qu’il y a incapacité , confidence, incompatibilité, défaut de titre. ( Obtenir un bénéfice par dévolu 3. jetter un dévolu fur un bénéfice. Voïez dévolution. Tom. L l i i i » DE' 620 DEV DE'VOLU, dívolu'ê , adj. [ Devolutus. ] Venu, échu, tombé , arrivé. ( Le droit de sacrer la Reine lui étoit dévolu. Maucroìx , schisme , 1 . 3. p. 41. ) DE'VOL UT , s m. [Còliatio beneficii à sumnto Pontifice salin pro devoìuto Jtbi jure. j Provision du Pape, pour un bénéfice qu’on lui expose être vacant, par la nullité de titre ou incapacité de la personne du titulaire qui le poíséde , & laquelle le rend impétrable suivant les Canons. DE'VOLUTAIRE , s. m. [ Qui bénéficium ab co impétrant ad quem jus devolutum eji. ] Celui qui jette un dévolu fur un bénéfice. (II elì dévolutaire. Tout impétrant de dévolut ou dévolutaire doit donner caution de cinq cens livres avant que d’être reqû à plaider. DEVOLUTION, f. [ Jus devolutum. ] Ce mot se dit en parlant de bénéfices. ( La dévolution d’un bénéfice à l’Evêque. ) (g II ne faut pas confondre dévolut & dévolution. Lorsqu’un colláteur Ecclésiastique n’a pas conféré le bénéfice vacant dans le tems qui lui est prescrit par les Canons'& les Ordonnances, il est privé de son droit, lequel passe au supérieur , qui doit de même conférer dans le tems , & s’il ne le fait, le droit est dévolu au Pape, qui n’aïant point de supérieur , peut conférer en tout tems. Le dévolut est une espèce de dévolution qui arrive lorsque la collation d’un bénéfice est nulle , ou par le défaut de pouvoir dans la personne du colláteur, ou par les défauts & les incapacités qui se trouvent dans la personne du pourvu. En ce cas , on s’adresse au Pape ; on lui demande le bénéfice ; il en pourvoit l’impétrant par dévolut, jure devoìuto. On se sert du terme impetrer ; ce qui présu- pose une demande, une réquisition expositive du fait, sur laquelle le Pape acorde le bénéfice. On voit par là que c’est avec raison que les dévolutaires font odieux ; ils troublent souvent des possesseurs légitimes qui vivent dans la bonne foi. II est pourtant vrai que le dévolut maintient la discipline : mais on abuse souvent de ce remede , pour troubler la paix de l’Eglise : c’est aussi par cette raison que l’on a fixé les cas où le dévolut peut avoir lieu , & que , pour arrêter l’avidi- té des devolutaires , on leur impose plusieurs conditions onéreuses. 1°. Ils doivent faire insinuer leurs provisions & leur prise de possession dans le mois, suivant l’Edit des Insinuations de 1691. art. 26. 2°. Ils doivent se pourvoir , & faire assigner le titulaire dans Pan de la date de leur provision. 3°. Us doivent donner caution jusques à cinq cens livres, pour tenir lieu de sûreté des dépens. 4°. Ils ne peuvent percevoir les fruits qu’après une Sentence de recréance. II y a des cas où le dévolutaire est dispensé de donner caution. Volez Castel , dans ses définitions du Droit Canonique. DE’V ORANT , ANTE, adj. [ Consumons ] Qui dévore, qui consume. í DECORANT, se dit aussi fig. un apetit dévorant, un estomac dévorant , un feu dévorant , une soif dévorante, un air dévorant, ou un air extrêmement subtil. DECORATEUR, f. m. s Heliuo , vorax.J Qui mange. Rien n’echape à ces dévorateurs. Éenjer. rond.pag. 215.) $ DECORATEUR, se dit aussi au fig. Dévorateur de livres. Acad. Fr. DECORER, v. a. [ Absorbere , vorare. ] Manger goulûment, manger avec une avidité. ( Le loup dévore. ) DECORER, [j Laniare , lacer are. ] Perdre, mei tre en pièces , faire périr. ( On envoïa un monstr marin pour dévorer Andromède. Abl. Luc. t. 1. ). * DECORER. [ ConJumere. J Perdre, ruiner, cor fumer. ( Le tems dévore tout. Main. Pois Un fe secret me dévore. Voit. Poés. 11 a dévoré tout so bien. Desjrreaux. fat. 4. Le chagrin me dévore. Rac. ne , Androm. ali. ç. sc. 1. Dévorer le peuple. Pon Royal , Ps <2. ) * DE VORER. Avoir une grande envie d’avoir. ( ] dévore en espérance tous mes trésors. Vaug. Quint DEVORER. [Vorare. ] II se dit de la lecture des livres. Dévorer un Uvre , c’est le lire promptement & lans y faire beaucoup de réflexion. ( J’ai lu un livre que vous m’avez envoie, ou plutôt, je Pai dévoré. Scan ) t DE VOREUR de livres , f. m. Qui lit force livres & promtément. ( C est un dévoreur de livres. 4 : L’Aca. demie dit, devorateur délivrés. DEV JJIÌ VU 1 , dévot e , adj. [Plus, religiosus.'] Oui a de la dévotion. ( Etre dévote à la Vierge. Elle pft dévote en honnête femme. 1 On y voioit Barryst dévot à Marie , Ouvrir avec cent clefs le Ciel à Philagie. Poète anonime. ) t DE'VOT , dévote , adj. [ Dévot m. ] Q,j a ; me avec une maniéré de respect particulier. ( Mon cœur qui vous est íi dévot. Voit. Pots. ) £ DE’VOT , se dit aussi de tout ce qui excite à la dévotion. Une lecture dévote, une conversation dé. vote , un chant dévot, un discours dévot. DE’VOT, s m. [ Pins. ] Qui a de la dévotion. C’est un vrai dévot, un franc dévot, un dévot ’fiéfé. 11 y a des dévots indiscrets qui ne croient jamais dire assez 7 s’ils n’en disent trop. Thiers , dissertationfur le portail de Reims. Pour être dévot, je n’en suis pas moins homme. Mol. Tart. ali. sj.fc. 3. Fâche don un dévot, c’est Dieu qu’on fâche m lui , Ces Apôtres du tems , qui des premiers Apôtres Ne nous font point ressouvenir, Pardonnent bien moins que nous autres. Deshoul. ) jQs Un dévot , je ne scai pourquoi, A quelque ebose contre moi Qui jamais n’ ojsençai personne : Je suis mal à ce que je voi s Un dévot jamais ne pardonne. Le Chevalier d’Accilly. DECOTE , f fi [ Pietatis amans. ] Celle qui a de la dévotion. ( C’est une véritable dévote. Moi dévote ! Qui moi ? m’écriai-je à mon tour , L’estrit blesté d’un terme emploié d’ordinaire, Lorsque d’une hipocrite on parle lans détour. Deshoul. ) DE’VOTEMENT, adv. [Pie, religiosè. ] Avec dé. votion. 1, Prier Dieu dévotement, f II soupa lui tout seul, & sort dévotement il mangea deux perdrix. Mol. Tart. ali. 1. sc. 4. DE VOTION, s f. [ Vietxs, religio. ] Prononcez dé. vocion. Pietc envers Dieu , & envers les Saints. (Dévotion aisée. Voiez Pascal, lettre 6 . Etre dans la haute dévotion. Les dévotions à la Vierge íbnt un puissant moïen pour le salut. Pose. I. 9. Faire Jes dévotions ; c’est-à-dire , se confesser & communier fort dévote, ment. Certain air de dévotion , Lorsque l’on n’est plus jeune, A toujours bonne grâce. Deshoul. On peut impunément pour l’interêt du ciel, Etre dur ,Je venger , faire des injustices » De la dévotion c’est la f essentiel. Deshoul. ) ê La véritable dévotion consiste à aimer Dieu & le prochain. ê Les dévotions des Généraux font ridicules. L’i- gnorant est toujours battu , quoique plus dévot. Les lâches perdent toujours leur cause , & leurs sacrifices font comptez pour rien auprez des Dieux. Pose de Folard. f * DE’VOTION. [ Officiant , obsequiumst Amour grand & respectueux. J’aurai toujours pour vous, â suave merveille, Une dévotion à nulle autre pareille. Mol. Tart. act. 3. sc. 3. ) DE’VOTION , s. f. [ Deditum , obstrilíum # ] Entière dipofltion. Etre à la dévotion. (On lui manda que la ville étoit à sa dévotion. Abl. Arr. 1 . 1. ch. 6 . Les Bactriens étoient à leur dévotion. Vaug. Quint. Curce.) Cf DE’VOTION. II y a un hommage de dévotion , dont la Coutume de Poitou, art. 10g. a fait mention en ces termes : Quiconque a l’hommage pour raison d’aucune chose , est sondé d’avoir sur icelle jurisdillion , fi ce n’étoit Hommage de dévotion , lequel hommage de dévotion n’emporte fies ne jurisdiliion ne autre devoir. Et dans celle de Normandie, art. 103. il est dit que dans cette Province , il y a quatre sortes de tenures , par hommage , par partage , par aumône U par bourgage. Et dans Part 129. Par aumône ou bienfait que faffist* vassal deson bien à l’Eglise , les droits du Seigneur ne Jout diminuez , soit en Juftice , rentes ou autres devoirs. DECOTIEUSEMENT, dites dévotement. DE’VOTIEUX , dites dévot. , BE* DEX DE'VOÙEMENT , s m. s Consecratio , devotio, dedì- catio. ] Sacrifice ; action par laquelle on se dévoue, on se consacre au service de quelcun. Ln vain ester ez-vous trouver ce dévouement, Bans un caur qui pour Bieu chaque jour se dément. Vil!. í§ Le P. Bouhours avoit dit d’abord que dévouement ne valoit rien : mais il se rétracté dans la fuite de ses Remarques , pag. 4 66. & il avoue qu’il s’est trompé. DE'YOuER , v. n. £ Bevovere , consecrare. ] Consacrer. Sacrifier. ( Dévouer à ses intérêts la tranquillité de la patrie. Mr. de la Rochesoucaut. ) Se dévouer , v. r. [ Bevovere, consecrare se. ] Se sacrifier, se consacrer entièrement. ( Les grands hommes se sont dévouez à la gloire. Abl. Etre dévoué aux intérêts de son maître. Tous ses amis font prêts à se dévouer pour lui. Racine, Iph'tg, ail. sc. 5. On se dévoiioit anciennement soi-même, par une superstition aussi cruelle que ridicule. S. Evremont. ) f DE'VOULOIR , v. a. s Avolendo rem aliquam abìiinerefj Cesser de vouloir. Le mot de dévouloir n’est pas en usage. Vaug. rem. Malherbe l’a voulu introduire , mais fans succès. DEUX- [ Duo. ] Nom de nombre indéclinable. ( Us font deux. Elles font deux. Us font pris tous deux. Donner des deux. Apuïer des deux. ) On dit aussi, nous sommes à deux de jeu ; pour dire, égaux. t DEUX, se dit à divers jeux. Amener double deux , c’est au trictrac amener un double de deux. Rafle de deux , c’est lorsque aux trois dez chacun des trois dez est fur le point de deux. DEUX à deux , adv, [ Binus. J Deux ensemble. (II lesfaisoit marcher deux à deux. Abl. ret. I. 2. c. ;.) A deux fois , adv. Je ne vous ferai plus à deux fois. Scar. DEUXIE'ME , adj. [ Secundm. ] Nom de nombre ordinal qui veut dire , qui est le second. (II est le deuxième ; elle est la deuxième. ) í§ DEX veut dire , parmi.les Toulousains, borne, limite. C a tel dans son Histoire des Comtes de Toulouse , raconte qu’Alfonse premier acorda à la ville de Toulouse de grandes franchises , & à ceux qui sont dans l’enceinte de la sauveté, que l’on apelle le Bex de Toulouse , peut-être parce que les bornes étoient marquées par des croix , lesquelles en chifre, veulent dire dix ou dex en langage du païs. Volez Bro- deau, Jlir F article 8;. de la Coutume de Parts , n. 21. DEXTERITE', sf. II vient du Latin dextérités. Adresse. ( II faut un peu de dextérité dans toutes les conditions. Patru plaid. n. 11 faut une grande dextérité dans les a faires où elle entre. S. Evrem. César eut une dextérité admirable à ménager ies Gaulois. Le mime. 11 ne s’est passé du mot car, que pour montrer la souplesse & la dextérité de sa plume. Vaug. nouv. rem. ) DEXTRE , s.s. II vient du Latin dextra. Ce mot ne se dit qu’en terme de pieté, & il signifie main droite. (A quoi peut-on attribuer un changement si heureux , qu’à la dextre du Tout-puissant ? Maucroìx, schisme , i- ) Ta dextre afermit ma couronne: Mr. de Racan , Pseaume On ne peut se servir de ce terme que pour exprimer la main de Dieu. Les Romains en u soient ainsi. Horace , lib. 1. od. 2. (5? rubente Bexterâ sacras jaculatm arces Terruit urbetn. DEXTREMENT, adv. [ Solerter. ] Avec adresse. II îi’est plus usité ; en fa place , on dit, adroitement. (Un Peintre peignit un rideau si dextrement, qu’on s’avisa de le tirer. Abl. apoph. ) DEXTRIBORD , f. m. [ Pars navis dextera. ] Terme de Marine. Le côté droit du vaisseau, c’est la même chose qu e jìribord. DEXTROCHERE , destrochere. [ Bextrocherium , brachiale, torquis, armilla. ] Terme de Blason. Qui se dit du bras droit, qui est peint dans un écu , tantôt tout nud , tantôt habillé , ou garni d’un fanon, & i quelquefois armé, ou tenant quelque meuble ou piéce dont on Te sert dans les Armoiries. DIA 621 DIA, adv. [ Réel a. ] Terme dont se servent ies Chartiers & les Laboureurs, pour faire tourner leurs chevaux à gauche , comme ils se servent de bur-baut pour les faire tourner à droit. II n’entend ni à dia ni à bur-baut , f œquum (-f bonum non capit. ] Pour dire, c’est un brutal qui n’entend point raison , quelque parti qu’on lui propose. Banet. DIABETES , s m. [Biabetes. ] Terme de Médecine. Soudaine & copieuse évacuation de la boisson, par les conduits urinaires, acompagnée d’une soif pressante , & de la maigreur de tout le corps. £ DIABE'TES, est aussi une sorte de Siphon ( dont les deux branches sont enfermées l’une.dâns l’autre. ) Biabetes Siphon dicitur, dit Columelle. Banet. DIABLE , f m. [ Biabolus, malus démon. J Ce mot en général, signifie un des Anges rebelles que Dieu chassa de son Paradis, & précipita dans les enfers. ( Les Bramines adorent le diable , asin , qu’il ne leur fasse point de mal. Histoire des Bramines. partie, ch. 16. Le diable tenta Eve sous la figure d’un serpent. Jésus-Christ fut tenté parle diable au de sert. ) t * DIABLE. [ Nequam, improbm, sceleratm.~\ Méchant. Efpéce d’enragé & de déterminé. ( C’est un diable. Faire le diable à quatre, f Debacchari. J C’est- à-dire , faire le méchant. L’autre moi valet de Vautre vous a fait, Tout de nouveau le diable à quatre. Mol.) Tirer le diable par la queué. f Vixsesujlentare. ] C’est- à-dire, avoir bien de la peine. {H a été batu en diable i c’est-à-dire, il a été fort batu. Tous ees Bieux des sables font pesans comme tous les diables. Voit. Po'éjl C’est-à-dire , fort pesans. Vous n’y perdrez que vos pas , Et le diable ne le fait pas, Voit. Poëf. =£ Cet argent s’en est allé à tous les diables. C’est-à- dire , on ne fait ce qu’il est devenu. Ne prêtez point à cet homme là, vôtre argent s’en ira à tous les diables. Le diable Va emporté, on ne fait où il est allé. C’est un diable en procez. [ Recofíus (-f vafer litiga - tor .2 Termes burlesques , pour dire, c’est un chicaneur & un insigne plaideur. f C’est là le diable, f Hoc opus bic labor st. ) Termes bas & burlesques , pour dire , c’est là la dificulté, & ce qu’il y a de fâcheux dans une afaire. (On dit, il est vaillant en diable. C’est un diable incarné. C’est un diable d’homme. II l’a batu en diable , ou endiablé & demi. C’ejl un méchant diable, f Omnium ne - quijstmus, J c’est-à-dire, un homme dangereux : un bon diable, pour dire , un bon vivant ; un pauvre diable, c’est-à-dire, un misérable. II ejì savant cn diable, scientìjjimus, pour dire, il est fort savant. Toutes ces faqons de parler , & diverses autres semblables , font basses & populaires. On dit encore par maniéré de Proverbe. Le diable est aux vaches , pour dire , tout est en trouble & en confusion. Le diable n’est pas toujours à la porte d’un pauvre homme , f mutabitur for- tuna ,’2 pour dire, qu’on ne fera pas toûjours malheureux. II ne faut pas se donner au diable pour faire cela. C’est-à-dire , que la chose est facile. On se sert aussi malheureusement de ce vilain mot pour faire di. verses imprécations. C’en est sait, je renonce à tous les gens de bien, J’en aurai désormais une horreur éfrdtable. Et nìen vais devenir pour eux pire qu!un diable. Mol. ) ^ * Le diable étoit beau quand il étoit jeune, prov. c’est-à-dire, que la jeunesse a toûjours quelque chose d’agréable , même dans les personnes laides. ' H * Faire le diable, dire le diable contre quelcun. C’est lui faire tout le mal qu’on peut, parler mal de lui. f * II n’est pas st diable qu’il est noir. C’est-à-dire , il n’est pas si méchant qu’il est noir. ^ On dit pour marquer qu’on desaprouve ce qu’un autre dit ou fait. Que diable avez-vom dit ? Que diable avez-vous fait ? A quoi diable vous étes-vous amusé ? £ On dit aussi par mépris > ou par aversion ; par chagrin & par dépit, Fi au diable {§ Quoique ce nom soit très-odieux, Mr. Ménage a remarqué dans son Histoire de Sable , qu’il y a eu autrefois des personnes de qualité qui ont été connues sous ce titre. II fait d’abord mention d’un Hugue VI. Sire de Lusignan , surnommé le Biable, d’un. liii 3 Robert \ 622 DIA. Robert Duc de Normandie pere de Guillaume íe Conquérant, qui fut auflì surnommé le Diable. II ajoute qu’il ^ apris qu il y a dans la Norvege & en Suède , une maison du nom de Teufel, qui signifie Diable; c’est au chap. Joinville, en parlant de S. Louis dit : En ses paroles s'il fut si attrampé , que james jour de ma vie ne lui oi dire aucune mauvaise parole de nully , ne onques ne lui oi nommer le Diable, lequel nom ejì bien estendu, gf à présent fort commun par le monde , ce que je croi fermement n’être point agréable à Dieu. Voïez Mr. du Cange , pag. 106. On dit quelquefois d’une chose obscure , que le diable n’y entend rien. Le Président de Perigny fit les vers des amours déguisez , mais ils ne plurent point. Benscrade qui avoit acoûtumé de faire les Valets, composa sur le champ ce Madrigal : ' Ami lecteur , ou Président , n’importe , La mascarade esi belle , N V0US l’entendez bien ; Vos amours déguisez lésant de telle sorte , Que le diable n’y connoìt rien. Le Président répondit par un autre Madrigal : Méchant plaisant , ou Poète , n’importe , La mascarade est belle , U la Cour í entend bien : Mais pour les gens de votre forte , On est ravi qu’ils n’y connoijj'ent rien. Mr. de Balzac dans son Socrate Chrétien, pag. 257- condamne les Prédicateurs qui font dificulté de nommer le diable. „ Mais (dit-il) je vous prie , qèelle de- „ licatesse de piété , ou quelle afféterie de langage „ dans les sermons du Prédicateur, & dans ceux des ,, autres , d’oposcr toujours le démon à Dieu, & de „^n-oser jamais dire le diable ni satan ; ont ils peur d’o- ,, senser le diable en le nommant par son nom ? &c. t DIABLE de mer. [ Eulica major . ] C’est la macreuse. f DIABLE de mer. [ Diabolw marinus. ] Espece de macreuse , dont la graillé est résolutive & anodine. t DIABLEMENT , adv. [ Valdè , tnaximè. ] C Je suis diablement fort fur l’impromptu. Mol. préc. sc. 9. ) t DIABLERIE , s f l Venesicium , sortes magie x. ] Sorcélerie. Enchantement. (11 y a là-dedans un peu de diablerie. ) t DIABLERIE, [ Morosit.u, vociferatio. ] Méchante humeur. Avec toute fa diablerie, II faut que je l’apelle U m’atnour Çf ni amie. Molière, femmes savantes, act. 2. sc. 9. tff Je me souviens de cette chanson, où le mot de diablerie est assez bien placé. Un fsi un font deux , C’est le nombre heureux : Mais quand une fois Un N un font trois , C’est la diablerie. f * DIABLESSE ■> t f f [ NequiJJima fœmina. ] Méchante fille, ou méchante femme. Celle qui est de mauvaise humeur , & sujette à mille emportemens. (Sa femme est une franche diablesse. ) DIABLOTIN, f m. s Parvus dœmon. J Petit diable. DIABOLIQUE, adj. [ Diabolicw , malo dœmone dig- mts. ] Méchant. Qui est du diable. ( C’est un esprit diabolique. Invention diabolique. ) DIABOLIQUEMENT, adv. (j Diabolicum in morem.~\ D’une maniéré diabolique. DIACONAT , f m. [ Diaconatus. J Ordre sacré, dans lequel on reçoit la grâce & la puissance de rendre àl’Evêque &aux Prêtres les principaux services dans faction du sacrifice , & lire publiquement l’Evan- gile_ aux Messes solemnelles. ( Méletius éleva Saint Chrisostome au Diaconat, dans lequel il demeura cinq ans. Maucr. préface. ) DIACONIE, f.s [Diaconia.J Nom de quelques Chapelles & Oratoires qui étoient dans la ville de Rome , gouvernées par chaque Diacre en fa région. C’étoient de certains Hôpitaux, où les veuves, les orfelins & les vieillards étoient nouris. On apelloit leurs Gouverneurs , Cardinaux Diacres de Rome. On a donné ce nom à quelques autres bénéfices, qui font au nombre de quatorze , suivant du Gange. ) DIACONISSE, Diaconesse , f f. [ Diaconiffa .] On dit l’un & l’autre , mais il semble que l’usage soit pour Dia- nisfe. C’etoit une veuve qui avoit reçu l’ordre de Dia- sre, & qui etoit consacrée au service de l’Eglise, & DIA des pauvres. ( Je vous recommande notre sœur Pl, e bé Diacomsse de l’Eglise de Corinthe. Port-Royal nou neau Testament, ép.deS. Paul, aux Romains, c. 16 v 1 ì II n’eltpas vrai que les Diaconisses reçussent í’ordre de Diacre. C’étoit seulement une cérémonie par la quelle on les afectoit au ministère des femmes. ^ ff Quelques-uns ont crû que l’on apelloit Diaco nisses, les femmes des Diacres, dont elles s’étoient séparées depuis l’ordination de leur mari, ce nom leur étant donne par honneur. Mais il y avoit, dès le commencement de l’Eglise , des Diaconisses qui avoient leurs fonctions particulières. Saint Paul recommande aux Romains Phebé qui sert l’Eglise de Cenchrée " afin ( dit-il ) que vous la receviez en vûè du Seigneur’ d’une manière digne des Saints , & que vous lui renl diez service dans toutes ses afaires, car elle en a rendu plusieurs, & même à moi. Le même Apôtre, dans fa première lettre à Timothée, ch.^.v.q. lui dit • Qu’on n’élise point de veuve qui n’ait au moins soixante ans ; qtielle n’ait eu qu’un mari. Quoiqu’elles ne sussent point ordonnées comme les Diacres, elles tenoient pourtant un certain rang dans l’Eglise qui les distin. guoit des autres personnes de leur sexe, & l’on n’y admettoit que des veuves dont la vertu étoit reconnue & qui étoient fans tache : ainsi, au raportde Sozomene’ liv. 4. ch. 24. Elpide fut déposé de son Evêché par lé Concile tenu à Rome , parce qu’il avoit admis Nec- tarie dans le nombre des Diaconisses, quoi qu’elle eût été privée de la communion. L’emploi des DiaconiG ses conlistoit à instruire les femmes pour recevoir le Bâ- teme, & à régler leur conduite après savoir reqû. Dans le tems où l’on se dépouilloit entièrement pour recevoir le Batême , les Diaconisses avoient le foin de cacher , autant qu’il étoit possible , la nudité des femmes. Le Prêtre faisoit la première onction au front , & les Diaconisses achevoient la cérémonie, & préparoient les femmes à recevoir le Batême comme les hommes. Ce n’étoit pas seulement dans les actions de Religion que les, Diaconisses étoient em- ploïées : S. Epiphane nous aprend qu’elles avoient le foin des bains, lorsque les femmes étoient obligées de ses prendre : elles les faisoient ranger dans les Eglises, quand elles astìstoient au Service Divin. Et nous aprenons encore des Constitutions Apostoliques, que lorsque les Evêques avoient à traiter quelque afaire avec des femmes , les Diaconisses agissoient pour l’E- vêque, afin d’éviter les soupçons & les médisances des Payens. Enfin , on peut dire que l’hofpitalité & la charité étoient les foins principaux des Diaconisses. Quant à l’âge auquel on pouvoit admettre une veuve dans l’ordre des Diaconisses , non seulement Saint Paul, mais encore l’Empereur Théodose, dans la loi 27. cod. th. de EpiJ'cop. Tertullien , Saint Basile , & Saint Jean Chrisostome , exigent sage de soixante ans. Mais le Concile de Chalcedoine changea cette discipline, & ordonna par le quatorzième Canon ; que l’on re- cevroit Diaconisse celle qui auroit quarante ans. II faut enfin observer deux choses ; sune, que les Diaconisses étoient seulement bénites, &l’autre, que dans les ouvrages des Peres des premiers siécles de l’Eglise, on trouve que son a souvent donné aux veuves le nom de vierges, qui étoit celui de certaines filles qui vivifient dans toutes les réglés les plus severes de la virginité. DIACRE, f m. [ Diaconm. ] Ce mot signifie Ministre, & il a été donné aux Diacres, parce qu’ils font les prémiersdans l’ordre des Ministres; en éfet, âpres les Prêtres ils ont le prémier dégré d’honneur. Les Diacres ont été établis pour servir l’Evêque, pour avoir soin de sadministration des biens de l’Eglise , & en rendre compte ensuite à l’Evêque. ( Faire un Diacre.) Voïez Acofia. Ils furent instituez au nombre de sept par les Apôtres. , Les Diacres ont toujours été compris dans 1 ordre de la hiérarchie de l’Eglise ; ils ont assiste aux Con- estes après les Prêtres : l’Histoire Eclésiastique nous en fournit plusieurs exemples. Ils font ordonnez par l’imposition des mains ; ils font enfin Ministres des Autels , & en aprochent auffi prés que les Prêtres. 11 Y a pourtant cette diférence entre l’ordination des Prêtres, & celle des Diacres, que dans la prémiere, les Prêtres qui acompagnent l’Evêque, imposent aulst leurs mains ; & dans l’ordination des Diacres, 1 h- vêque seul impose les mains , comme Amalarius & plusieurs autres qui ont traité de dìvìnìs Officiis, font remarqué, On trouve dans ses Actes des Apôtres 1 origine DIA da Diaconat, & l’on y voît au chap 6. que peu de teins après que l’Évangile eut été reqû dans Jérusalem par les Juifs & par les Grecs , il s’éleva une maniéré de plainte de la part des Grecs , qui disoient que l’on méprisait les veuves, parce qu’on ne les employoit pas aux foins des pauvres , & qu’on négligeoit de les secourir dans leurs besoins. Cette plainte fut cause que l’on élut sept Diacres, selon la proposition des Apôtres , qui furent ordonnez, comme Saint Luc l’a ra- porté. Ces nouveaux Ministres s’éleverent peu-à-peu aux plus hauts degrez du Ministère Eclésiastique : on vit d’abord Philippe , simple Diacre, prêcher dans Sarna- rie, & Etienne dans Jérusalem. Clement le Romain dit que le Diacre est le Prophète , l’Ange , l’oreille , le cœur, l’ame de son Evêque ; & c’est par cette raison que l’on exigeoit de grandes qualitez aux Diacres. Mais comme cet Ordre est bien déchu , l’on n’y regarde pas à présent de si près. Ils avoient autrefois l’honneur de servir le Prêtre dans la célébration de 1 a Messe ; ils distribuoient les aumônes aux pauvres ; ils conféraient le Paterne : S. Philippe bâti sa l’eunuque de la Reine Candace. Mais du tems de Ter- tulien , les Diacres ne batifolent qu’avec la permission de l’Evêque. Cette exception prouve que la puissance primitive de batiser apartient aux Evêques, qui la communique aux Prêtres. Les Diacres prê- choient. S. Etienne prêcha avec tant d’éficace , qu’il est dit dans les Actes des Apôtres, qu’il confondoit les Juifs, & que personne ne pouvoit résister à l’esprit qui parloit en lui. Dans l’ancienne Eglise, les Diacres réconcilioient les pénitens qui étoient fur le point de mourir, lorsque l’Evêque ou les Prêtres étoient ab- sens; du moins c’est ainsi qu’on explique la lettre 16. du premier livre de S. Cyprien, lequel nous aprend plus clairement dans fa lettre 62. que l’un des principaux foins des Diacres, étoit celui des Vierges; si bien que si j’ai dit d’abord qu’ils affistoient aux Conciles , il ne faut pas croire qu’ils décidassent fur les questions proposées; ils exécutoient les ordres du Concile ; ils examinoient les difficultez , & en faisoient un raport aux Evêques qui décidoient. De toutes ces fonctions , il n’en est resté à nos Diacres que deux, celle de servir le Prêtre dans la Consécration , & celle de réciter i’Evangile, que les Evêques présentent à ceux qu’ils ordonnent Diacres , en leur disant : Accise potefiatem legendi Evangelium in Ecclefia Dei , tam pro viuií quant pro defunAis in nomine Domini. DIACRESSE , / f. Celle qui faisoit la fonction de Diacre parmi les Anciens. ( On fit dire à Olinipiade, qui étoit une sainte & généreuse Diacresse , qu’elle ne devoit pas dispenser son bien avec tant de profusion. Le Maître , plaid. 17.) DIADEME, / m. [ Diadema , fascia candida. j Pancirol, antiquités perdu'és , liv. 1. c. 46. pense que le diadème étoit une maniéré de petit bonnet qui se lioit sur la tête avec un linge fort blanc, & que les Empereurs auili-bien que les Rois le portoient fur leur tête, pour marque de leur dignité. (Porter le diadème. Mettre le diadème fur la tête. Ofrir le diadème. ) Le mot de diadème se prend aussi en général par toute sorte de couronnes de Prince absolu & souverain. ( Avec un diadème tout plaît, tout charme. Bens. rondeaux. ) DIAGNOSTIC, / m. [ Indicativw.] Terme de Médecine , qui se ditdes signes & simptomes , qui donnent i’indication & la connoissance aux Médecins de la nature & des causes des maladies, il y a des signes prognostics, & d’autres diagnostics. DIAGONALE , s.s. U adj. [ Diagonalì. r, diago- niew. ] Ce mot est Grec, & est un terme de Géométrie. II signifie une ligne diagonale. C’est une ligne droite tirée par le centre d’une figure de plusieurs cotez, & d’un angle de la figure à un autre angle oposé. ( La diagonale d’un quarré est incommensurable avec un de ses cotez. On dit aussi la diagonale d’un Cube, & d’un Prisme & de quelques autres solides. ) DIAGONALEMENT , adv. [Diagonaliíer.] Ce mot se dit de cieux lignes diagonales qui se coupent diagonale- ment au centre de la figure. DIAGRE'DE , s m. Terme de Pharmacie , qui se dit de la scammonée préparée, qui est un très-bon purgatif. DIALECTE,// [DiakAut, loquendi, genwé] Quelques Auteurs font le mot de DialeAe masculin ; mais généralement ceux qui parlent 1e mieux, le croient & le DIA 623 font féminin. Le mot de Dialecte est Grec, & signifie Idiome. Langage particulier d’un païs. ( La Dialecte Dorique a été premièrement en usage parmi les Lacédé- moniens. La Dialecte Ionienne est presque la même que l’ancienne Atique. Port-Royal , méthode Gréque , pag. S 57 -) î L’Ácademie fait DìaleHe masculin. Le dialecte Attique , le Dialecte Dorique , le Dialecte Ionique. Ce sont ies differens dialectes de la langue Gréque. DIALECTICIEN ,/ m. sDiale/iicuí.J, Celui qui fait, ou qui enseigne la Dialectique, ou Logique. sx On apelle Dialecticiens, ceux qui raisonnent avee plus de subtilité que de solidité. La plupart des Stoïciens étoient de ce nombre. Diogene de Laërce raconte que Chrylìppe avoit composé trois cens onze livres de Dialectique. DIALECTIQUE , / f. [ DìaMlica , dìalecîice. ] La partie de la Philosophie qui enseigne les régies du raisonnement, DIALECTIQUEMENT , adv. [ DialeBícè , dìalectico - rum in moreni. J En dialecticien. DIALOGIGER, v. n. Faire des dialogues. On apelle aulli faire des dialogismes, des discours faits par interrogation & par réponses. í DIALQGISME, s. m. L’Art du dialogue. Cet Ecrivain entend bien le Dialogifme. DIALOGUE , s. m. [ Dialogus. ] Ouvrage qui est ordinairement en prose , & quelquefois en vers , où des personnes s’entretiennent avec esprit sur un sujet grave ou plaisant. ( Les dialogues de Lucien font beaux. ) DIAMANT,/ m. f Adamas. ] Sorte de pierre précieuse fort connue & fort dure. ( Diamant fin , diamant faux, diamant d’Alenqon , diamant brut. ) ( * Sa foi sera diamant. S. Am. Poës. C’est-à-dire, sa fidélité durera. ) DIAMANT, Terme de Vitrier. Sorte de petit outil pour couper le verre , au bout duquel il y a une pointe de diamant. DIAMANTAIRE, s. m. [ Qui gemmarum commercium sacit. j Ouvrier qui taille les diamans , qui se connoît en diamans , & qui en fait trafic. (On dit que le Grand. Mogol qui régné aujourd’hui, est le plus habile & le plusexcélentDiamantaire qui soit au monde, & qui se connoît le mieux en diamans. ) DIAMARGARITON. Terme de Médecine , qu’on nomme ainsi à cause des perles qui entrent dans fa composition. II y en a de chaud & de froid. DIAMETRE, / m. C Diameter. J Terme de Géométrie. Ce mot se dit proprement du cercle , & signifie la ligne droite, qui passant par le centre du cercle » le divise en deux parties égales. ( Tous les diamètres d’un même cercle, ou de cercles égaux , font égaux entr’eux. La proportion du diamètre à la circonférence du cercle ne se trouve pas dans la dernière exactitude. La moitié d’un diamètre se nomme demi diamètre , ou raïon. Le mot de diamètre se dit aussi quelquefois au lieu de diagonale. Les ellipses ont deux diamètres , l’un grand, l’autre petit ; chacun desquele divise l’ellipse en deux parties égales.) DIAMETRAL , diamétrale , adj. [ Diametros. ] (Ligne diamétrale. ) DIAMETRALEMENT , adv. [ Diametri in morem. ] Diamétralement oposé. Le Zénir & le Nadir sont diamétralement oposez. Les Antipodes font aussi diamétralement oposez. ( Ces mots se disent aussi au figuré, en parlant de la vertu & du vice ; & des intérêts & des sentimensqui font quelquefois diamétralement oposez.) f DIAMORUM ,/ m. Terme de Pharmacie. Oa apelle ainsi le sirop de meure. ( Diamorum simple 5 Diamorutn composé. ) DIANE,// lDiana. ] Déesse que les Poètes ont feint la Déesse de la Chasse. DIANE. \_Extrema noHh vigìlia.~\ Ternie de Guerre. Baterie de tambour à la pointe du jour. ( Batre 1 » diane. ) t DIANTRE , / m. Mot burlesque, pour dire , le diable. ( Au diantre soit le fou ; au diantre le te- ston. Régn. fat. 13.) DIAPALME, / m. {piapalmaJ} Emplâtre composée de divers ingrédiens propres à résoudre les ma- ticrcSi DIAPASME, / m. [ Diapasma. J Toute forte de parfum, qu’on emploie fur le corps „ comme poudre, essence, 624 DIA. DIAPASON Ê? diapente. Sont des termes de Musique. C’est un intervalle de Musique. DIAPASON, signifie auífi une régie & une mesure dont on se sert pour marquer les tuïaux d’orgues, & pour percer les trous des fiâtes dans une juste proportion. DIAPE'DE'SIS- Terme de Médecin. Sortie du sang à travers des artères & des veines , quand il est trop dissous. DIAPHANE, adjeH. [ Perluciilm, perlucens, trans- lucidus , translucens. ] Terme de Pbisique. Transparent. ( Un corps diaphane. Les corps diaphanes font l’air, l’eau, le verre, le cristal, le talc, la corne, &c.) f On dit en termes de Siences le mot de diaphanéité, qui signifie transparence , [ corpus translucidum, perluci- dum ; ] mais il n’est pas en usage. DIAPHOENIC. Terme de Pharmacie. Electuai- re mol & purgatif, qui purge les sérosité?, & qui excite les mois aux femmes. 11 est encore bon pour Thi- dropisie. II y a encore d’autres electuaires , comme Diaprunmn, à cause de la pulpe des prunes de Damas qui en font la base. Le Diarrhodon à cause des roses rouges qui y entrent. Le Diafcordium , le Diasebesien, & le Diasenna. DIAPHORETIQUE, adj. [ Diapboretica medica- menta. ] Terme de Médecine. Medicamens qui poussent les humeurs par la transpiration. Ce mot vient du Grec , & signifie sudorifique. DIAPHRAGMATIQUE, adj. [ Vena , arteriœ phrene- ticœ. 3 Nom qu’on donne aux artères & aux* veines qui font répandues dans le diaphragme. DIAPHRAGME , s. m. [ Diaphragma. 3 Terme d’ Anatomie. Sorte de membrane , qui est d’une forme ronde , & qui fait comme une cloison , qui sépare les parties vitales des naturelles. DIAPRE' , adj. [ Versicolor , varius. 3 Terme de Blason. Qui est varié de plusieurs couleurs. Ce mot s’est dit autrefois de la variété des couleurs qu’on volt dans un pré rempli de fleurs. ch DIAPRE', se dit aussi d’une espece de prunes violettes , qu’on apelle prunes diaprées. DIARRE'E , f. f. [ D ejefíio , liquida alvw. 3 Terme de Médicin. Sorte de flux de ventre , où les humeurs se vuident sans ulcérer les boïaux. f DIARRODON, f. m. On donne ce nom à diverses compositions de pharmacie. _ DIARTRQSE, si si Terme d’ Anatomie. Articulation d’os un peu relâchée , qui se fait, ou par enar- trose quand la tête de l’os est grosse & longue, & la cavité qui le reçoit, profonde : ou par artrodie , quand la tête de l’os est plate , & qu’elle est reçue dans une cavité superficielle : ou par ginglime , quand deux os se reçoivent réciproquement , & sont mobiles l’un dans l’autre. La première se trouve dans l’articulation de l’os de la cuisse avec la hanche ; la seconde dans celle de la mâchoire, avec l’os des temples; & la troisième dans celle de l’os du coude avec l’os du bras. La diartrose est oposée à la sinartrose. f DIASCORDIUM, Terme de Pharmacie. C’est un electuaire ou opiate, où il entre du seordium. f DIASEBESTEN , s. m. Terme de Pharmacie. Electuaire purgatif, composé avec les sebestes & diverses autres drogues. f DIASENNA , s m. Terme de Pharmacie. Electuaire Purgatif, composé avec du senné & d’autres drogues. DIASTILE, s s. Espace entre deux colonnes. , DIASTOLE, s /• Terme d’Anatomie. Dilatation. C’est un mouvement du cœur & des artères , dans lequel ces parties se dilatent, Et quand elles se resserrent, on l’apelle sisiole. DIATESSERON, s- m. Terme de Musique. In~ tervale composé d’un ton majeur, & d’un ton mineur, & d’un demi ton majeur. 11 se dit auflì en Pharmacie d’une sorte de tériaque. DIATONIQUE, adj. • Epithète qu’on donne à la Musique ordinaire , qui procède par des tons difé- lêns , soit endecendant, soit en montant. JyE L’Auteur de l’Histoire de la Musique, a dit que le íysteme de la Musique des Grecs, ou de Mercure j semble avoir été reconnu pour le premier de DIC 1 Antiquité , & reen comme une loi générale dam une partie de 1 Asie , de l’Afnque, & par toute TEurone parce quiI renfermoit un ordre, par le tetracorde’ & une constitution pour la composition de la Musiciuê vocale & instrumentale diatoniquement. Voie? ûL nam , Dichonn. Mathemat. 8 ‘ II y a divers autres mots qui viennent du Grec & qui commencement par dia , mais ce font des termes d’Anatomie & de Pharmacie , peu connus par ceux qui ne font pas de cette profession. ^ DICERNEMENT, s. m. [Dijìmcíio.'] Distinction d’une chose d’avec une autre. Le dicernement des couleurs. DICERNEMENT, f m. [ Dijudicatio, judiciutnj Action de dicerner. Jugement. ( N’avoir aucun dicernement ; avoir le dicernement bon , excélent, &c. DICERNER ,».«.[ Discernere , dignosicere , ìnternos. cere. 3 Distinguer ; faire la diférence d’une chose avec une autre, juger , voir, apercevoir. ( Dicerner le bien d’avec le mal. Abl. apoph. Je ne píìs bien dicerner qui étoit avec vous. Voit. I. 9 . Dicerner Terreur. Pasc. I. ir. ) ch Pour discerner le vrai du faux , il faut fe dépouiller de la pensée qu’on tient la vérité , car fi Ton est préoccupé de certaines opinions , la préoccupation où l’on est empêchera de découvrir les bonnes preuves. Polybe de Folard. DICIPLE, s m. II vient du Latin, discipulw, auditor. Ecolier, celui qu’on élève dans les siences. ( Le trop fidèle disciple fut fouëté par la main du bourreau. Pasc. L 6. S. Chrisostome fut diciple de Libanius, qui étoit un fameux sophiste. Maucroix , prés. sur les homélies de S. Chrifoft. ) Les disciples de Jesus.Chrisi. Ce sont les Apôtres de Jésus-Chrilt. DISCIPLINABLE, adj. [ Docilis. ] Qui est capable du discipline , qui est capable d’être instruit. (Rendre diciplinable. Voit. L ; 8 - ) DICIPLINE 1 f f- í Disciplina , mstitutk. J Conduite de gens qui enseignent. Conduite & ordre de gens qui commandent Ordre exact & bien discipliné. • Régies & institutions. ( II est fous la dicipline des Jésuites. Iln’yapoint de dicipline dans 1a plupart des Coléges. Garder la dicipline. Abl. An. I. 4 . Rétablir la dicipline. Abl. Tac. vie d’Agricola. Observer la dicipline militaire , monastique , édésiasti- que, &c. t DICIPLINE. [ Flagellum , correclìo. J Terme de Religieux & de Religieuse. Espèce de fouet de parchemin tortillé , ou de cordes. ( Faire la dicipline, c’est se donner la dicipline & se foueter le dos ; fe disposer à la dicipline ; donner la dicipline à quel- cun, c’est le foueter avec la dicipline ; prendre la dicipline, c’est se donner la dicipline. Laurent , serez ma haire avec ma dicipline, Et priez que toujours le ciel vous ìllumme. Mol. ) sjf S. Louis, dans la Préface des Ordonnances qu’il fit avant que de s’embarquer pour ì’Afrique , dit; Et pour ce que nous voulons que le peuple qui ejì dessous mus , puisse vivre loyaument U en pes , N d un fe garde de forsaire à l y autre pour la paor de la dece- pline du corps , Çsic. Sur quoi Mr. du Gange a remarqué , que les Auteurs de la basse latinité, ont apel- 1 é disciplina corporis, une peine afflictive. II cite les loix des Wisigots & celles des Lombards. DICIPLINE', diciplinée , adj. [Injiitutw. 3 Instruit, enseigné. ) ( Enfant bien ou mal dicipline ; il avoit des troupes bien diciplinées. Abl. ret. I. 1 . c. 6.) DICIPLINER, v. a [ Fsiìituere. 3 Mettre la dicipline en un lieu ; régler ; instruire. (II a bien dici- pliné cette maison. ) T DICIPLINER, v. a. Donner la dicipline. ( On la bien dicipline pour avoir fait cette faute. Certains Moines fe diciplinent souvent, mais ils n’en font pas plus gens de bien. ) DICTA ME, f m. [ Diffamas, diElamnum.1 Sorte d’herbe qui croit dans l’Isle de Crète, & qu’on a dit qui avoit la vertu de faire sortir les flèches qui etoient dans les plaies. ss DICTAME blanc. [ Diffarmant album vel Fraxt- nella. J Cette plante est cordiale & alexitaire, elle résisté au venin, fortifie le cerveau & l’estomac : elle est aperitive, tué les vers, & est propre pour l’Epilepsie, « pour la Peste, , DLD f DICTAME faux. C PseudodiMamnum. ] Ses feuilles sont deíïicatives & douées de qualitez aprochantes de celles du véritable Dictamne , mais beaucoup inférieures. DICTAMEN -, s m. Terme Dogmatique. Suggestion , mouvement, sentiment de la conscience. ( Suivre le didamen de sa conscience ) DICTATEUR, s. m. En Latin Difíator. Souverain Magistrat de l’ancienne Rome , qu’on faisoit dans les périls extrêmes de la République , & dont la puissance ne duroit pas plus que le danger. Abl. Tac. an. I. i. c. i. ( LesDidateurs se tiroient quelquefois de la charuë, qu’ils reprenoient quand l’expédition étoit achevée. & Evremont, génie du peuple Romain, cb. r. ) DICTATURE, s.s. [Difiatura , Imperium.} Dignité de Didateur. ( O soir la Didature, recevoir, & accepter la Didature , quiterla Didature. ) DICTE E, s. f [ Difíata ] Terme à'Ecolier de Philosophie , & dlautres qui écrivent les écrits d!un maître. Et c’est tout ce que dicte; le maître à ses écoliers, la matinée ou l’après dîné. (La dictée du matin a été fort longue, la didée de l’après-diné a été fort courte.) DICTER, v. a. En Latin dìUare. Prononcer haut des mots afin qu’on les écrive , dire haut & doucement, en forte qu’on puisse,écrire ce qu’on dit. ( Dicter une lettre. ) $ DICTER, lignifie aussi suggérer à quelcun ce qu’il doit dire. ( Ces belles choses ne viennent pas de son propre fonds , on les lui a didées. ) * La raison nous dicte cela. s Id suadet nobií ratio. 3 C’est-à-dire, nous l’enscigne. $ DICTER , se prend aussi au figuré pour inspirer en mal. (La passion dont il est agité , lui dide toutes les extravagances, toutes les injures qu’il dit. ) DICTION, f. f. [ DiHio. J Elocution , maniéré dont on s’exprime. ( Diction belle, noble, grande, grave, majestueuse , pressée, patétique. La didion doit être proportionnée au sujet, & donner à connoî- tre les mœurs de celui qui parle. ) f DICTION , signifie aussi un seul mot & dans cette acception on s’en sert principalement dans le Dogmatique. (Cette didion est barbare, cette didion ïi’est pas Françoise. ) DICTIONNAIRE , f. m. I DìHìonarìum , voca- bularium. J Livre qui contient les mots d’une langue, d’un art , ou d’une sience par ordre alphabétique. (Un bon didionnaire est très-dificile à faire , un Dictionnaire de Droit, un Dictionnaire de Médecine, iin Dictionnaire de rimes. ) Après avoir atendu plus d’un demi siécle le fameux Dictionnaire del’Académie, un bel Esprit a dit : Enfin nous ! avons và, ce grand Dictionnaire, Qui malgré tant d’Auteurs. N de Joins importons , A fort alarmé le Libraire , ^ On dit que , pour le vendre, faudra plus' de tems , Qu’il n’en a falu pour le faire. ) DICTON, f »t. C Diclum , placitum. 3 Terme de Palais. Endroit de la sentence, ou de l’arrêt où le Juge ordonne. Le mot de dicton , signifie encore mots ïententieux qui ont quelque chose du proverbe ; mais dans ce sens le mot de diflon est vieux & ne peut être reçu que dans le burlesque. (II y a la dedans des dictons assez jolis. Mol. Bourgeois Gentilhomme , ail. r. sc. 2. Du Conseiller Matthieu Vouvrage est de valeur , Et plein de beaux disions à réciter par caur. Mol. ) DICTUM, f rn. Terme de Palais. On le nomme autrement le dijpositis. ( On a mis le diclum de la Sentence au Grefe. ) DIDACTIQUE- adj. [ Dicendi genus ad docendum e.ptum. ] Instructif. ( Stile didactique. La Chamb. Loin ces rimeurs craintifs dont l’ejprit flegmatique. Garde dans les fureurs un ordre didactique. Despr.) DIDEAU , f m. [ Ratis gens , totum flumen tra- ficiens. JTerme de Pêche. C’est un grand filet qui sert à barrer les Rivières pour arrêter tout ce qui passe. ( Au pont de Saint Cloud , il y a un grand dideau suspendu par des potences & des poulies qu’on tend A qu’on lâche selon les ocasions. ) DIDIER , f. m. [ Desiderius. ] Nom d’homme. DIDIE'RE ,s. f. Nom de femme. DIE 625 (f DIDRAGME , f. m. C’est , selon Bou&erouë un demi sicle de cuivre. II raporte , pag. 17. g? 18. la figure d’un didragtne , qu’il croit avoir été ftapé à l’honneur de Judas Macabée. DIERE'SE , f f. £ Diaresis, fyllaba divisio. ] Figure de Grammaire. La diérèse se fait lorsqu’on divise une diphtongue en deux silabes , comme aube en aulai. DIESE, / f. C Dìesis. J Terme de Musique. C’est un demi-ton mineur ou imparfait, que les Imprimeurs marquent avec une double croix en sautoir. On l’a- peile aussi une feinte. DIETE, f f [ Diata. J Abstinence qu’on fait pour se conserver en santé ; régime de vivre qu’on garde dans l’usoge de toutes choses. ( Faire diète ; la trop grande diète nuit. ) DIE TE. C Principum , civitatum , ac legatorum conventus. J Assemblée des Etats d’AIemagne. ( Faire tenir la diète ; assembler la diète ; se trouver à la diète.) DIE TE. En Chancélerie Romaine, signifie le chemin qu’on peut faire en un jour; c’est-à-dire, dix lieues. Les Bénédictins s’en fervent pour signifier leur petit Chapitre. DIEU , J', m. £ Deus. ] Etre souverain , qui est très-parfait , qui n’a ni commencement, ni fin. (Dieu est le Créateur des Cieux & de la Terre. Les Juifs & les Mahométans ne reconnoissent & n’adorent qu’un seul Dieu. Les Chrétiens adorent un seul Dieu en trois personnes. Le Dieu vivant. Le Dieu des armees. Et n’alons point , parmi nos ridicules songes, D’un Dieu de vérité , faire un Dieu de mensonge. Despr. ) * DIEU. s Supremum numen , esfeflor ac molìtor mundi. J Souverain : grand de la terre. ( Que t’a servi de fléchir les genoux devant un Dieu fragile & fait d’un peu de boue, qui meurt comme nous ? Main. Pois. Les Rois sont les Dieux de la terre. Abl. Avec les Dieux il ose se mêler. Voit. Pois. * Votre caur altier croit mettre entre les Dieux Ceux qu’ilsoufre mourir en adorant vos yeux. Voit Poës. ) C’est-à-dire, croit fort honorer & rendre heureux. ) Mon Dieu ? [ Mi Dem. ] Sorte d’exclamation. ( Mon Dieu ! je vous connois. Mol. DIEU-MERCI. [ Deo volente. J C’est-à-dire par la grâce de Dieu. Dieu-merci n’entre que dans les dis. cours familiers. ( Personne , Dieu-merci, ne prend intérêt à l’universel à parte rei , ni à l’être de raison. V oïez /’ Art de penser , 1. discours.) DIEU vous soit en aide. £ Deus te adjuvet. Adsit tibì Deus. ] Dieu vous assiste, lorsqu’on éconduit un pauvre , ou que quelcun éternuë. ( U vous salué D’un Dieu vous soit en aide, alors qtfon éternué. Molière , Cocu , sc. 2. ) On dit encore par maniéré de souhait : Dieu le veuille , Dieu vous garde de mal : Dieu vous le rende : Dieu vous bénisse, & vous conserve : Dieu vous conduise: Dieu aidant: s’il plaît à Dieu : on dit encore , à Dieu ne plaise : Dieu m’en garde. On conjure au nom de Dieu , pour l’amour de Dieu : on afirrne en disant, sur mon Dieu: je prends Dieu à témoin. * On dit d’un avare, qu’il fait son Dieu de son argent. On dit d’un homme acablé de dettes , qu’il doit à Dieu & au monde. On dit auflì que la voix du peu- È le est la voix de Dieu. Que ce que la femme veut, lieu le veut , &c. DIEU donné, adj. f Deodatus. ] C’est le surnom qu’on a donné à quelques Princes, dont on n’espéroit pas la naissance , & qu’on croit que Dieu a acordée aux prières de son peuple. ( Philipe Auguste Roi de France a été surnommé Dieu-donné. ) Hâtel-Dieu. Voïez Hôtel & Hôpital. Les Dieux , f m. s Dii. ] Les divinité?, fabuleuses des Païens. ( Les Dieux des Païens étoient de plaisons Dieux. Mettre quelcun au nombre des Dieux. ) Les Dieux Manès. [ Manès. J C’étoient ceux dont les Anciens Païens imploroient le secours , & à qui ils fàisoient des vœux contre la crainte de la mort, & en faveur des défunts. Nicaife, explication Ëtm monument ancien, cb. J. Kkkk 626 DIF DIF AMANT , disamante , part. & adj. [ Infa- inuim insèrent. ] Qui diíitnie. (Ce íònt des diícours difamans , des paroles & des injures difamantes. ) DIFAMATEUR , s- m. [ QbtreUator , aliéna sama violator. ] Celui qui difame. ( C’est un insigne di- fàmateur. ) DIFAMATION , s. nt. I Aliéna sama violatio. J Déshonneur, décri d’une personne, injure qui difame. ( Vous êtes bien-heureux si vous soufrez des injures & des difamatoires pour le nom de Jéfus-Christ. Port. Royal. Nouv. Tesiam. Epître de S. Pierre , c. 4. ) DIFAMATOIRE, adj. [ Probrosm , Jàmosus. ] Qui déshonoré, qui difame. (Un libelle dilàmatoire.) DIF AMER. , v.a. [Turpare, fadare, dffamare .2 Déshonorer. ( Difamer une personne, c’est un homme difame; elle est difamée. Ce long amas d’dieux que vous difamez tous , Sont autant de témoins qui parlent contre vous, Despr.) DIFAMER. [ Fadare. ] Salir, gâter, défigurer. ( En renversant de l’huile sur mon habit il l’a tout difame. ) II semble que Monsieur Fléchier ait donné à l’adje- ctif d famé la même signification que fameux, dans son panégirique de S. François de Paule. Scille Sc Caribde, lieux difamez par tant de naufrages. Flécb. DIFE'RENCE, /./ C Dfferentia , discrimen ,_ dis. Jìmilitudo , distantia. ] Prononcez disérance. Distinction qui est entre les choses. ( Volant de plus près la diférence qu’il y a de vous à elle , je vous aimerai toute ma vie. Le Comte de Buffì. La diférence des esprits ; je vous aprendrai à faire diférence entre les nobles & les roturiers ; la diférence des humeurs rompt l’amitié. Je refuse d’un cœur la vajìe complaisance / Qui ne fait du mérite aucune diférence. Mol.) DIFE'RENCE. [ Diferentia .] Terme de Philosophie. Âtribut essentiel qui distingue une efpéce d’une autre ; comme raisonnable , étendu , pesant. DIFERENCIER , v. a. [ Diferentia , discriminù notant apponere. 2 Distinguer, mettre de la diférence. (11 faut diférencierces choses.) DIFE'RENMENT , adv. f Dìffìmìlìter , dijjtmili ra- tìone. ] Prononcez diséranman. Diversement. ( On parle des choses diférenment.) DIFE'REND , s. m. [ Controverjìa , dijsìdium , dìversus. j] Prononcez diféran. Querelle , dispute. ( Avoir diférend avec quelcun , vuider, terminer, décider un diferend. Abl. Nous sommes en diférend pour savoir, si, &c. Avoir un diférend avec quelcun; avoir un diférend à démêler avec quelcun. ) DIFE'RENT , disérente , adj. [ Diffèrent , difiar , dijjìmilis , diverjus. ] Prononcez diféran. Distingué, divers , qui difére. (II est souvent diférent de lui- même : ses pensées étoient fort diférentes de ce que je les avois vûës. M. de la Rochefoucaut. Avoir des inclinations diférentes. Vous apellez d’un même nom des choses diférentes: ils font diférens d’habits, de visage, de mœurs & de religion. Abl. Luc. tom. 2. ) fff En termes de Monoie , le diférent est une petite marque que les Tailleurs particuliers , & les Maîtres des Alonoies choisissent, comme un soleil, un croissant, une étoile, ou quelque animal, &c. qu’ils marquent dans la legende des espèces, du côté de l’éfigie, ou du côté de l’écusson. Ces diférens ont été établis pour répondre de la bonté des espèces, & pour faire connoitre le lieu où elles ont été fabriquées , ainsi qu’il s’est pratiqué du te m s de nos premiers Rois : alors le Monétaire faifoit mettre son nom & fa qualité entière , ou un abrégé fur les espèces. Ces diférens doivent être particuliers, & ils ne peuvent être marquez fur les espèces, ni être changez que par ordre de la Cour, ou des Juges-Gardes. Outre le diférent, il y a encore le point secret , qui est un petit point que l’on mettoit autrefois fous les lettres des légendes, pour marquer le lieu de la fabrication : mais à présent, on marque le lieu de la fabrication par les lettres de l’alphabet. Voïez Mr. Boizard. DIFERER, v.a. [Dfferre, procrajìinare. ] Prolonger , remettre , retarder. ( On ne doit point diferer a bien vivre. Abl. Luc. tom. 1. Je ne puis diferer plus long-tems à vous fuplier de me tirer de peine. Voit. I. 60. Diferer de jour en jour : diferer le paiement d’une dett€) le jugement d’une cuuíej on ne peut plus diférer« DIF Tusais bien que mon cœur , facile à tes désirs N’a jamais d’un moment diferé tes plaisirs. 5 Despr. ) DW&RER. [Dfferrcr disiare. 2 Etre diférent ; être distingue. ( II dssoit qu’un Roi qui ne faifoit point la guerre ne diféroit en rien de son palfrenier. Abl. apoph Ils diférent entr’eux de langage & de coûtumes -. û vrai difére du faux. ) DIFICILE, adj [ Dijsicìlií , arduus, dijsicultatem habens , morosus, tetricus. ] Pénible ; plein de dificul- tez, mal-aisé. (11a dans la tête des vers dificiles à tourner. Scar.rom. 1.1. L’entreprife est dificile; c’est un homme dificile à contenter la-dessus. Vous ’faites trop le dificile. Cette femme fait la dificile par honneur seulement, & pour ne se rendre que dans les formes. Buffì. rab. ) On apelle tems dificiles, les tems de trouble de misères & de guerre, durant lesquels les Ministres’ont de la peine à gouverner les peuples. DIFICILEMENT, adv. [ Difficulter, difficilè , agrè. ] Avec dificulté, avec peine. ( La gloire s’aquiert difi- cilement. ) DIFICULTE', sf-í DiffculUs. ] Peine, travail empêchement, obstacle. ( Lever une dificulté. Pafc. I. 18. La chose se fera sans dificulté : on a trouvé plus de dificulté qu’on ne croioit : on lui fait de non- velles dificultez : la dificulté des chemins : la dificulté de respirer : dificulté d’urine. ) DIFICULTE', s Uodus , locus dìjsicilis , ad explìcan- dum. J Objection dificile à résoudre. ( Proposer une dificulté sur un point de philosophie : décider, éluder , éviter une dificulté. Vaug. rem. ) DIFICULTE'. [ Contentio. ] Contestation. (Ils ont quelque dificulté entr’eux. ) Faire dificulté , acorder une chose à quelcun, c’est y avoir de la répugnance. [ Algrè aliquid alìcuì con - cedere. J Voilà m’a dificulté. C’est-à-dire, voilà ce qui me choque , ce qui m’arrête. DIFICULTEUX, adj. s Dijficilis, Morosus. ] Qui forme fans cesse des obstacles L des dificultez & qui en trouve où il n’y en a point. Faire dificulté , & faire de dificulté , font deux choses diférentes. On dit: lisait dificulté de dire fm sentiment , en parlant affirmativement. Mais dans le discours négatif, les uns disent, II ne fait pas de difi. culté de dire son sentiment. L’un & l’autre sont reçus. Quant au mot dificulteux , il signifie beaucoup moins que dificile , qui se dit d’un homme avec qui on a de la peine à vivre, & qui n’est pas d’un commerce aisé. Dificulteux , c’est un homme qui trouve des dificultez à tout, soit qu’on lui propose une a faire, ou qu’on lui demande une grâce. DIFORgME , adj , [ Desormis , fœdus .2 Laid. ( 0 la diforme créature ! elle est assez mal bâtie pour faire rougir la nature. Main. Po'és. Un visage diforme. ) =£ * DIFORME, se dit aussi des choses morales. Le vice paroît diforme à celui qui connoît la vertu. Rien n’est si diforme que le vice. DIFORMER, v. a. [ Déformare , fœdare. ] Terme de Palais. Oter la forme de quelque chose , quand elle est déshonnête, comme d’une médaille, d’une planche. DIFORMITE' , f. f. [ Déformitm. ] Laideur. ( La diformité du visage. Leur extrême diformité est la preuve de leur sagesse. Gom. ép. I. 1. * La diformité de vice.) DIF US , difuse, adj [ Fusus, dffufw. ] Etendu. ( Le stile de Cicéron est un peu difus. Un Dictionnaire ne fauroit être trop difus. ) DIFUSEMENT , adv. [ Difufè. ] D’une maniéré di- fufe. ( Ecrire difufément. ) DIFUSION , f.s. [ Dffusio. 2 Terme de Pbisiqut. ( Difulìon de lumière. ) DIGAME , f tu. [ Digamus. ] Terme de Droit Canonique. Celui qui a épousé deux femmes fuccelh- vement : c’est le même que Bigame. (f DIGAMMA Eolique. C’étoit une lettre parti- culière aux Eoliens laquelle ressembloit a notre r , « en avoit toute le force. . DIGASTRIQUE. Muscle qui sert à ouvrir la mâchoire inférieure. . DIGE'RER, v. a. ÍDigerere .2 Ce mot se dit en parlant de l’estomac , & signifie faire la digestion, ingérer bien ce qu’on mange. , DIG DIGE'RER. C Convoquer e. ] Terme de Chimie. Cuire par une chaleur modérée , & qui aproche de celle de l’estomac. * DIGERER. C AEquo anima , patienter- ferre.'} Sou- frir pacienment. ( Ne pouvoir digérer un afront. Ahl. DIGE'RER- í Digerere. j Ce mot se dit auíïi des choses d’esprit, fur lesquelles on a travaillé, ou on veut travailler. II signifie, considérer les choses , les tourner & les ranger d’une telle forte qu’elles fassent une maniéré de corps raisonnable , dont toutes les parties aïent raport les unes avec les autres. ( Digérer une matière. Les choses ne font pas digérées dans ce discours. II ne digère pas assez ce qu’ií fait.) DIGESTE , s. m. f Digesa , Pandefía. } Volume divisé en cinquante Livres, contenant les réponses des anciens Jurisconsultes. On apelle aussi ce volume PandeHes. II salait que larage d l’univers funejle , Alât encor des loix embrouiller le Digeste. Despr. DIGESTIF , ive adj. s Quod digerendi vim habet. ] Terme de Philosophie & de Medecine. Ce qui a la vertu de faire digérer, f ilemede digestif, poudre digestive.) f DIGESTIF , est aussi substantif. ( 11 a pris un digestif. C’est un digestif specifique. ) DIGESTION, s s- í Digejìio, concoflio. ] Coction des viandes par le moïen de la chaleur de l’estomac. ( Le bon vin aide à la digestion, ) DIGESTION. Terme de Chimie. Action & maniéré de digerer les matières. ( * Cela es de dure digesion. C’est-à-dire , dificile à suporter. ) ê "On le dit aussi d’un ouvrage d’esprit, d’une entreprise dificile, pénible. (Cet ouvrage est de'dure digestion. Cette afaire, ia défense de ce poste, le passage de cette riviere devant Fennemi est de dure digestion. ) DIGITALE,/ s. [ Digitalk furpurea.} Plante qui craint le froid au second degré , & qui fleurit en Mai & en Juillet. £ Petite Digitale, ou herbe à pauvre homme. ( Digi- talis minima.Jim gratiola. ) Toute la plante est fort amere ; elle croît dans les prez & dans les marais. Elle contient beaucoup de sel essentiel & d’huile. Elle purge violemment par haut & par bas les humeurs pituiteu- fes & bilieuses. On s’en sert en poudre, dans l’Hvdro- piOe. La doze est d’un scrupule jusqu’à une dragme. f DIGITALE d’Orient , Sesame , ou Jugeoline. s Di- gitalis Orientalessve Sesamum. } Cette plante croît en Syrie & en Arabie. On emploie sa semence comme le millet dans les Alimens ; elle est propre pour adoucir , pour amolir , pour refondre. J: Dìgìtus ou Solen. Coquillage qui se trouve au rivage de la Mer mediterranée , à Cette, aux Isles d’Hieres, &c. II est alkalin. DIGLIPHE, s m. Z Diglipbm. } Qui a deux gravures , comme une console. DIGNE , adj : s Dignus. ] Qui mérite. ( II est digne de pardon ; il est digne d’être puni ; il est digne de commander. Etre estimé digne d’honneur ; il s’est rendu digne de cet honneur. ) {§ Ajoutons que l’on emploïe souvent le mot digne, mais qu’il faut le placer avec précaution. Malherbe a dit dans ce beau Sonnet, Beaux g? grands batimens,^£c. Ou le plus digne Roi qui soit en l’unìvers , Aux miracles d.e l 1 art fait ceder la nature. Mr, de Balzac examinant ce Sonnet, a dit dans ses Entretiens-. ,, Je ne sçai s’il ne seroit pas mieux, Ou mon Roi le plus grand qui soit en Runìvers. «, que le plus digne Roi qui soit en !univers , car on ne , dit pas ( ce me semble ) le plus digne Marquis quisoit au monde , mais on peut bien dire , le Prince du ’, monde , ou , le Roi du monde le pus digne de l’Em- », pire , le plus digne d’être loué. Le peuple dit néan- ’, moins , c’es un digne homme : mais Mr. de Vauge- ’, las ne reqoit pas ce digne homme dans le bel usage ; ’, & malherbe même le mettoit entre les locutions plebées”. Ménage, fur le même Sonnet, n’est pas ’, de l’avis de Mr. de Balzac. ,, Leplus digne Roi qui », soit dans, l’univers , est très bien dit, & je ne puis », assez m’étonner que Mr. de Balzac le trouve mal », dit”. II ajoûte dans ses Additions pour autoriser DIL 627 „ son sentiment, „ qu’à la vérité , on ne dit pas, ,, leplus digne Comte , s-f le plus digne Marquis qui soit ,, au monde, parce que les qualitez de Comte & de Mar- „ quis ne font, que des qualitez fans aucune fonction ; ,, mais on dit fort bien, le plus digne Pape , te plus „ digne Empereur , le plus digne Prélat qui ait jam.k „ été , parce que ces dignitez font des Charges qui ont „ des fonctions”. Si j’ose dire mon sentiment, ía critique de Mr. de Balzac est trop sevére ; il ne faut pas rendre esclave notre langue. H On dit d’un honnête homme, c’est un digne homme. C’est un digne Magistrat, c’est un digne chef. H On dit d’un homme, soit en bien, soit en mal, qu’il fait des actions dignes de lui. ( Mr. de Goes- briand fit à Aire une défense digne de lui. Mr. de Bar fit à Modene & au pas de Suze une défense digne de lui. ) Volez le Polybe de Mr. de Polar d. f On dit de même , le digne fils d’un te! pere, le digne fruit de íës travaux la digne récompense de ses services. DIGNEMENT, adv. [ Digne} D’une maniéré digne, grande & noble. ( II a parlé dignement de son sujet. 11 remplit dignement sa Charge. ) DIGNITE', f /• C Manus , dignitas , honor , gra~ dus. ] Charge considérable qui sait beaucoup d’bon- neur dans le monde. ( Monter aux dignitez ; c’est une grande dignité. Dignité ecclésiastique, dignité séculière. ) * DIGNITE'. [ Spiendor , majesas. J Beauté, grandeur, éclat, noblesse de paroles, de sujet, de matière. (La dignité des paroles ; avilir la dignité de son sujet ; soutenir la dignité de la matière par la grandeur des pensées & des expressions.) t DIGNITE'. On dit, parler avec dignité, c’est-à- dire , d’une maniéré grave , noble, convenable à son caractère, & au sujet dont il s’agit. On dit dans le même sens, agir avec dignité, faire les choses avec dignité. H DIGNITE', signifie aussi, qualité éminente. (II soutient par ses actions la dignité de son rang. Les Ecie- siastiques oublient souvent la dignité de leur caractère. DIGRESSION , s f. ÍDigreJso.} Discours qu! n’est pas tout a sait du sujet, mais qui doit y avoir du raport, & qui sert à embelirles ouvrages d’esprit quand il est bien fait & à propos. ( Les digressions doivent être courtes & ingénieuses. DIGUE -, s s [ Agger , môles opposita fiuHibus. J Amas de terre contre les eaux. Amas de terre pour arrêter les eaux. ( Le Cardinal de Richelieu fit Faire une digue pour prendre la Rochelle. 11 fit faire cette digue avec des vaisseaux coulez à fond & retenus ensemble par une chaîne. ) * DIGUE. [ Difficultíti , obex , obflaculum. J Obstacle. (La licence a ravagé toutes ces digues. Patru , plaid. 9 . On ne peut trouver d’affez fortes digues pour arrêter les passions de la jeunesse. Oà smt tous ces guerriers dont les fatales ligues , Devaient à ce torrent opofer tant de digues. Despr. ) f DILAIER , v. a. Diferer , remettre à un autre tems. ( Dilaïer un jugement, dilater un paiement.) On ne s’en sert guère qu’en parlant d’afaires. H ‘DILAIER, v. n. User de remise. ( 11 dílaie toujours. II ne fait que dilaïer. Acad. Fr. DILAIMENT, f m. [ Dilatio. ] Fuite, chicane, tergiversation. Ce mot est vieux, aussi-bien que dû laser, f 11 est en usage au Palais. DILATATION ,/■ f [ Relaxatio. ) Ce mot se dit parmi les Médecins. La dilatation est oposée à l’obstruction, & elle se sait lorsque les passages, les ouvertures & les cavitez des vaisseaux s’étend trop. DILATER, v. a. f Dilatare , relaxare. ] Etendre, élargir. ( Dilater les vaisseaux. Terme à’Anatomie. ) Se dilater , v. r. f Dilatari, relaxari. J Terme de Philosophie. Ce mot se dit aussi entre Médecins, en parlant des vaisseaux du corps , & signifie grossir, s’élargir. ( Les veines se dilatent. ) t DILATOIRE s s m. f Infìrumentum serrcwn ad dilatandr.s plages accommodatum. J Instrument de Chirurgien, dont il se sert pour dilater & ouvrir les plaies , afin d’en tirer quelque fer. DILATOIRE, / m. [ Moraiorim.} Terme de Palais. Qui tend à difèrer, à remettre & retarder. ( Exception dilatoiare. ) Tom, I. Kkkks Dí- 628 DIM DILECTION , s f [ Charité amor. ] Amitié. Ce mot s’emploïe dans les Rescrits apostoliques. ( A tous fidèles Chrétiens, salut & dilection en notre Seigneur- ) . , $ DILECTION , signifie aussi chante , en termes de dévotion. ( La dilection d u prochain. ) DILEMME, s «*• C Dilemma , complexio. J II vient du Grec , & c’est un terme de Logique. C’est un raisonnement composé , où après avoir divisé un tout en ses parties , on conclut afirmativement, ou négativement de tout ce qu’on a conclu de chaque partie. ( Un dilemme vrai , faux, vicieux ; concluant. Faire un dilemme, proposer un dilemme. Celui qui se sert d’un dilemme, doit prendre garde qu’on ne le puisse retourner contre lui. Un particulier, par ce dilemme, prouvoit qu’il ne se faloit point marier : Ji !a femme qu’on épouse est belle , elle donnera de la jalousie >■ si elle efl laide , elle déplaît, donc il ne se saut point marier . Port-Royal, Logique 5. part. c. 1;. ) DILIGEMMENT, adv. [ Diligenter , celeriter , Jìu- diosè. ] Avec diligence , promptement. ( Ecrire diligemment. ) DILIGENCE , f /. [ Diligentia , célérité. ] Prononcez dìlijance. Promtitude à faire une chose. ( Faire une chose en diligence ; aler en diligence à farinée ; faire diligence. ) DILIGENCE, f. f. [Cura , studium , sedulitiu. ] Soin. ( Faire quelque chose avec soin & diligence. ) DILIGENCE. [ Currus itineris ternjìris , vel cymba per ftumen. J Coche par eau ou par terre, qui va plus vite que les autres. ( Prendre la diligence , aler par la diligence à Lion. Envoler par la diligence. DILIGENCE. Ce mot pluriel se dit en pratique , & signifie poursuite. [ Persequi diligenter. J Faire ses diligences contre quelcun faute de paiement. ) DILIGENT, diligente, adj. [ Diligem , celer, Jludiostí, impiger, J Qui fait promptement quelque chose. (II est diligent à exécuter les ordres qu’on lui donne. Tu suivis toutefois le diligent Achille , Dans le cours glorieux de Jés hardis exploits , D’acord : mais en dix ans il prenoìt une ville , En prit-il jamais quatre en la moitié d’un mois. Pélisson. DILIGENTE!! , v. n. [ Accelerare , fefîinare, matura~ re. j Faire hâter, frire dépêcher , faire diligenter quelcun. Ce verbe est aussi actif. ( Diligenter un ouvrage, diligenter le pas. Martinet, exercice de i’infanterie.) DIMANCHE , f m. [ Dies dominica. ] Ce mot vient du Latin, & il signifie le jour du Seigneur, parce que ce fut en ce jour-là que le Seigneur Jésus réfufei- ta. C’est le jour que l’Eglife a ordonné de sanctifier. Observer, garder, celebrer, sanctifier le Dimanche, ou les Dimanches. Vcnez-vous-en , dit-il, me voir à votre tour ? Je veux avoir ma revanche , Et zw w régaler Dimanche. Louis. Efop. ) Le Dimanche a été substitué en la place du Sabat par les Chrétiens, en mémoire de la Résurrection de Jésus-Christ. Constantin est le premier qui en fit une loi pour tout l’Empire Romain , selon Eufébe. H DIMANCHE gras. C’est le dimanche qui précede le mecredi des cendres. DIME , dixme, f. f. On l’écrit de l’une ou de Fau- tre façon : mais la prémiere est la meilleure. Dime vient du Latin décima, decuma, & a la prémiére lilabe un peu longue. II signifie proprement la dixième partie de quelque chose ; mais dans l’uíage ordinaire , c’est ce qui se prend par les Curez de la campagne fur les fruits de la terre, & quelquefois suivant les coutumes , fur le bétail, fur la volaille des particuliers qui font habituez dans l’entenduë de leurs Paroisses. ( De bonnes dimes , des dimes considérables, dimes inféodées, dimes imprescriptibles. Les dimes font de droit divin, & elles ont été établies de Dieu même. Régler la quotité des dimes; devoir les dimes , parer les dimes , lever les dimes , se décharger des dimes, s’pxempter des dimes , s’aquiter des dimes. (Un Cure, pour lever les dimes, n’a besoin d’autres titres que de son clocher. ) On apelle aussi dime , an masculin, un canton de terre sur lequel on adroit de dimer , \_traélus ìn quo quis jusdecimarum habet. ] ( II jouit d’un dime pour raison duq-uel il doit foi ct hommage. DIM , $ 1 V Auteur ne 6»t ici mention que des dimes ec cleuaitiques : cependant celles qui ont été inféodées' sont en grand nombre, & font souvent naître des ssi ficultez. 11 faut donc dire que les dimes eclésiastiqueâ íont celles dont les bénéficiers jouissent par le titre de leurs bénefices ; & les inféodées , font celles que les laïques postérieur à titre de fief. Les dimes eclésia stiques font, anciennes,, ou novales. Les premières" ont été exigees de teins immémorial ; & les novales sont les dimes des terres nouvellement défrichées, c’eft’ à-dire , depuis quarante ans. On divise encore les dimes en réelles, personnelles, & mixtes. Les réelles sont celles que l’on prend fur les fruits. On apelle personnelles , celles que l’on prend fur les grains, qui fervent de récompense aux ouvriers. Cette dime 'n’est point connue en France ; & le Droit Canonique qui en a ordonné le paiement, n’est point une loi pour nous. Et quant aux dimes mixtes , ce sont celles qu’on levé sor les fruits qui viennent en partie par les foins &par l’industrie des hommes , & en partie des fruits de la terre : telles sont les dimes des moutons, des cochons & des autres animaux. Les dimes réelles , font gros. ses, menues , & vertes. Les grosses se levent sur les grains , comme blé , orge , avoine , qui font le principal revenu des terres. Les dimes qu’on leve furies légumes , fur les herbes , fur les pois & fur les feves sont vertes dimes. Et quant aux menues dimes, il est ditìcile de les déterminer, y aïant peu de diférence entre les vertes & les menues dimes : il faut, à cet égard, suivre l’usage des lieux. Voïez le Commentaire de Blondeau sur la Bibliotéque Canonique, tome 1. page 502. & les Arrêts rendus en cette matière , dont il est dificilede donner une régie certaine, parce que ce qui est verte dime dans un lieu, est la dime la plus coniidérable dans un autre. 11 y a encore des dimes rediales ou champêtres, & des dimes domestiques. es premières sc levent lur les fruits cueillis dans les champs ; les autres sont prises sor les bêtes domestiques, & on les apelle austì charnage , ou carmtlage. Voici une division essentielle des dimes. II y a dime de droit , & dime d’ufage. La dime de droit, est celle qui fe leve furies choses qui doivent dime dans tous les lieux, & qui y sont sujettes de droit. La dime d’ufage, est la dime locale , que l’on pake en certains cantons, ct non en d’autres. Toutes ces distinctions présopofées, ont accoutumé d’entrer dans la discussion des dificultez qui naissent très-fouvent entre les deci- mateurs & les redevables de la dime : mais il ne convient pas à un Grammairien de faire le Jurisconsulte. Je me contenterai, pour la satisfaction des lecteurs, de remarquer ici les principales régies, fur lesquelles on doit fe déterminer, quand les doutes fe présentent. 1°. La dime n’est pas toujours la dixième partie desfruits; l’ufage réglé la quotité & la maniéré de ia païer. 11°. Sans m’expliquer fur la question, si la dime est parmi nous de droit divin , comme elle l’étoit parmi les Hébreux , il est certain dans notre jurisprudence, que le droit de dime est imprescriptible, mais que la maniéré de la païer, & fa quotité doivent être déterminées par l’ufage. 111°. Le paiement de la dime doit être uniforme dans chaque canton , ensorte qu’un particulier ne peut prescrire la quotité contre listage général du canton. IV°. Une Église peut prescrire le droit de dime contre une autre Eglise. V°. On tient avec raison , ce me semble , qu’un Evêque 11e peut point prescrire la dime d’une Paroisse contre le Curé, dont la non-joiiissance est présumée être plutôt l’efet de la crainte d’ofenser son Evêque , que de sa négligence. VI 0 . Nous tenons que la dime n’est imposée quelurles fruits ; ainsi elle ne tombe point en arréragés : maïs fi les fruits ont été vendus & délivrez avant le paiement de la dime, celui qui les a achetez , ne la dost point païer, on peut la demander au vendeur. VII°- On 11e païe jamais deux dimes fur un même fonds; ainli le Curé ne peut prétendre la dime , quand on la paie à un autre qui est en possession de la lever, quand même il ne paroîtroit pas que la dime a été infeodee. V 1 II°. On ne peut point lever la dime fur les j^dms enclos, ou non, quand on volt qu’il s font destine! pour Fufage du propriétaire. La dificulté celle, quand les légumes & herbages sont exenits de la aime par Fufage du lieu. IX 0 . Le décimateur ne peut point empêcher que le propriétaire change la culture de son fonds, & en perçoive des fruits , qui >e- lon Fufage, ne sont point sujets à la dime. Quan DIM aux dimes inféodées, leur origine est fi obscure & si contestée, que je n’ai garde de m’engager dans une discussion si embarrassée. Je me contenterai d’obscr- ver , que son apelie dimes inféodées , celles qui ont d’abord été entre les mains des Ecclésiastiques & des Moines, qui les ont abandonnées à des Seigneurs particuliers, ou par forme de récompense des services qu’ils avoient rendus aux Eglises & aux Monastères, ou à titre onéreux , o-u enfin celles qui ont été usurpées, & que l’on regarde à présent comme inféodées, parce qu’on ne peut point découvrir comment elles ont passé entre les mains des laïques. C’est à présent une régie certaine , qu’au défaut des dimes éclésiastiques , celles qui font inféodées , & qui passent pour inféodées , font sujettes à la portion congrue ; elles doivent être levees avant le champart ; elles font privilégiées , de même que les éclésiastiques : mais elles font susceptibles de plusieurs dificultez , dont je laisse la discussion à nos Jurisconsultes François. DIME Saladme , f. s Jérusalem aïant été prise par Saladin, Soudan d’Egipte, les Chrétiens en furent si touchez qu’ils résolurent de saler reprendre. On leva sur les Eclésiastiques le dixième d’une année de leur revenu , & fur les Laïques qui ne faifoient pas le volage le dixième de leurs biens , afin de contribuer à faire des troupes pour cette expédition ; & l’on apella cette levée , Dime Saladme , du nom de Saladin, qui en étoit la cause. Depuis ce tems-là qui arriva en n88. toutes les impositions qui furent faites fur le Clergé, se nommèrent dimes ou décimes. Patru, f laid. L. partie , traité des décimes. DIMER , v. a. [ Decimare. ] Prendre les dimes. Lever les dimes. DIMERIE , f. f. [ Traftus in quo quis decimarum jus babet. J Étendue d’un territoire , fur lequel on a droit de dimer. DIMEUR , f. m. [ Decumanus. ] Celui qui prend & leve les dimes. DIMENSION,// íMensara.3 Méfure. (Les dimensions de ce bâtiment font bien proportionnées. II faut bien prendre ses dimensions pour faire un ouvrage exact & régulier. DIMENSION. Etendue. On considère en Géométrie trois dimensions, savoir l’étenduê en longueur, l’étenduë en largeur & sétenduë en profondeur. (Considérer & mésurer un corps selon toutes ses dimensions.) DIMINUER , v. a. [ Minuere , imminuere , di minuere. J Amoindrir. Rendre plus petit. La perspective diminué les objets à mesure qu’ils s’éloignent de l’œil. Diminuer la puissance de quelcun. Mémoires de Mr. le Duc de la Rochefoucaut. f DIMINUER, est aussi neutre , & signifie , devenir moindre. ( La chaleur diminue , le froid diminue, îa fièvre diminué , le jour diminué. ) DIMINUTIF , f m. [ Dìminutivm. ] Terme de Grammaire. Nom qui marque la diminuation de la signification du nom dont il est dérivé. (Ainsi Loiiison est un diminutif de Louis ou de Loiiise. ) (f Le Latin , l’Italien , & l’Espagnol, ( dit le P. Bouhours dans ses Remarques fur la langue Françoise,) font riches en diminutifs. Si c’est une richesse à une langue que d’en avoir , ils ont une infinité de substantifs & d’adjectifs de ce caractère ; car la plupart de leurs noms en forment d’autres, qui diminuent la signification ; & ce qui est admirable , c’est que les diminutifs font encore d’eux-mêmes d’autres diminutifs , & selon l’expreffion de Redi dans ses Notes fur son Poème intitulé Bacco in Tofcana , les diminutifs en produisent d’autres dans la langue Italienne, jusques à la troisième & à la quatrième génération. La lìngua Italiana , ( dit-il )Jì serve non J'olamente de dimi- nutivi , ma usa altrefi i diminutivì de diminutivi , efino in terza o quarta generatione. En éffet , de bambino , les Italiens ont fait bambineìlo , bambinellucio ; & les Espagnols, dechiquito, le diminutif ckiquitico. Ce sont-là (selon la remarque ingénieuse de l’Auteur des nouvelles metodes pour aprendre les langues Italienne & Espagnole ) „ des pigmées qui multiplient & qui ,, font des enfans encore plus petit qu’eux.” Le goût des diminutifs passa en France, dans le siécle de Ronsard , de la Noue, Auteur du Dictionnaire des Rimes, & de Mademoiselle de Gournai, & ils firent tous leurs éforts pour introduire les diminutifs dans notre langue. Ronsard en a parsemé ses vers, témoin ceux-ci : DIM 629 Le gentil rojfignolet Doucelet Découpé defjus íombrage Mille fredons babillards Fretillards Au doux chant de son ramage. La Noue en a rempli son Dictionnaire. Mademoiselle de Gournai en a fait un Recueil dans ses Avis, & s’en déclare hautement la protectrice & la patrone. Cependant notre langue n’a point reçu ces diminutifs ; ou si elle les a reçus, elle s’est défait aussi-tôt de 1a plus grande partie ; car il est certain ( selon la remarque de Perion, de lingua Gallìca cum Graca cognât. ) que nous avons des mots diminutifs dérivez du latin, & qui lignifient parfaitement la qualité de la chose: mais la plus grande partie de ces diminutifs fut bannie de notre langue , même pendant la vie de Mademoiselle de Gournai. Elle eut beau entreprendre leur défense & crier au meurtre de toute fa force , quand elle les vit attaquez. „ Quel meurtre ( dit.elle ) il fau- „ droit commettre en notre langue , pour la sevrer de „ telles façons de parler, tandis que leur douceur bien- „ sonnante & leur faculté d’abréger í omettant pour „ ce coup leurs autres avantages ) feront voir d’au- „ tre part, que si elles n’étoient venues, il les faudroit „ aler quérir, ainsi que toutes autres nations les ont „ amenées chez elles avec faveur. ” Elle eut beau même soûtenir qu’ils étoient plus anciens qu’elle, & qu’on l’acusoit à tort de les avoir inventez la plupart ; la pauvre Demoiselle eut le déplaisir de voir ses chers diminutifs bannis peu-à-peu,- & si elle vivoit encore, je croì qu’eíle mouroit de chagrin, de les voir exterminez entièrement. Quelle afliction , quel désespoir seroit-ce pour elle , de n’entendre plus ; bellete , nymphektte , amelette , doucelette , larmelettes , ten- drelettes , & tous ces termes badins qui servoient à exprimer les passions tendres. Ce n’est pas que notre langue soit devenuë dure & incapable des expressions passionnées ; c’est qu’elle a mis toute fa tendresse dans les fentimens , ou dans les tours délicats qui les expriment : elle est tendre comme une personne sage , qui parle toujours raisonnablement, même en parlant de sa passion ; & non pas comme un enfant, ou comme un fou qui ne dit que des sotiscs.' Mais nous ne haïssons pas si fort les diminutifs , que nous n’en ayons conservé, & même inventé quelques-uns après leur destruction presque générale ; par exemple , cuvette , clochette , amourette , historiette , que l’on ne connois- soit point du terns de Ronsard. On volt, dit le P. Bouhours (à qui je fuis redevable d’une partie de ce que je viens de dire ( jufqu’ou va le caprice de l'u sage , de rejetter presque tous les mots d’une certaine espèce , & d’en introduire un tout semblable en même- tems. Mais il faut observer ( dit cet Auteur dans ses Entretiens) que nous avons des mots qui semblent être diminutifs , & qui ne le sont point comme tablette , lancette, bajjìnet , mantelet s on ne dit pas une tablette , pour dire une petite table , ni une lancette, pour dire une petite lance : il est vrai que dans leur prémiére origine ces mots étoient des diminutifs de table & de lance s mais ils ne passent point à présent pour diminutifs. ch DIMINUTIF, diminutive, adj. Termes diminutifs, façons de parler diminutives, c’est-à-dire ; qui diminuent ou adoucissent la force du mot dont on les forme. DIMINUTION s f f í Diminutio , imminutio. J Amoindrissement. Retranchement. Afoiblissement. ( Diminution de crédit. Cela va à la diminution de son plaisir. II faut faire bouillir cette liqueur jusques à la diminution d’un quart. On trouve qu’ii y a beaucoup de diminution à fa fièvre. Le Architectes parlent de la diminution des colonnes. ) DIMINUTION. Terme de Rhétorique. C’est une figure qui consiste à dire moins qu’on rie pense : comme quand on dit, je ne méprise pas vos présens,pour dire, je les reçois volontiers. Voïez Art de parler du P. Lami. DIMISSION. ( Dimifjk. ] Ce mot ne se dit pas. On dit dérnìjjìon. DIMISSQIRE, f m. [Dimifsoriœ littera.') Terme à'Eglise. Lettres par lesquelles PEvêque Diocésain donne pouvoir à un EvêqueCatholique de conférer les ordres à celui qu’il lui envoie, parce qu’il est digne d’y être admis. t DIMISSORIAL, dimijjhriale , adj. Des lettres di- missoriales , c’est-à-dire , qui contiennent un dimissoi- re. Ce terme n’a point d’autre usage. Kkkk ; DU 530 DÍO DINANDERIE . s- s IMramenta interpolas. ] Ce mot se dit entre Marchands , & iigmhe marchandise de cuivre jaune. On l’apelle ainli parce qu’il en vient quantité de la ville de Dinant au pais de Liege, abondant en calamine , dont le mélange avec la rosette fait le cuivre jaune. DINDON , s [ Pullui galli indici. ] Jeune poulet d’inde. ( Un dindon fort gras. Vous voilà compagne De certaines pbilis qui gardent les dindons. La Font. ) DINDONNEAU,/ m. [ PuDus galli indici junior .] Petit dindon. ( Un fort bon dindonneau. ) è DINDONIERE, / f. Gardeufe de dindons. -j- DINDONIERE, fe dit fig. & par mépris , d’une demoiselle de campagne. ( Alons voir cette belle dindoniere.) DINE', dîner,f. m. [ Prandium. ] L’un & l’autre fe dit, mais dîné est plus en usage. C’est le repas qu’on fait fur le midi, & où l’on mange du bouilli. ( Le diné est prêt. Apréter le dîné. Alexandre difoit que pour faire un soupé délicieux, il faloit faire un sobre dîné. Du Ryer , J'upl. de Quint. Curce , /. 2 . ch. 8- Un excélent dîne. Reprenez vos esprits U souvenez-vous bien, Qu 1 un dîné récbauféne valut jamais rien. Defpr. lutrin. ) DÎNE’E , f f. [ Lochs pransorius. ] Le lieu où l’on va dîner quand on volage. ( Notre dinéefera demain en tel lieu. ) DÎNER ,■». ». a. [ Dijìrìbuere, distertiri. ] Partager ; donner à plusieurs. ( Distribuer ses faveurs. ) DISTRIBUTEUR, f m. [ Distributor. ] Celui qui distribué. ( Jesus-Christ est le distributeur de tous les biens. Maucroix ,schisme , l. i. ) DISTRIBUTIF , distributive, adj. [ Suum cuique tri- buem. J Qui distribué. (Justice distributive.) DISTRIBUTION, f f [_Distributio , partitio , divisa. J Prononcez distribucion , Dispensation. Partage de quelque chose à plusieurs. (Faire la distribution des aumônes de quelque grand Seigneur.) DISTRIBUTION de procez. [’Litium Jortitio.2 Terme de Palais. Elle fe fait lorsque le Président d’une Chambre donne un procezàun Conseiller pour le raporter. DISTRIBUTION ,s. f. IDistributio partium .] Terme de Rhétorique. C’est une figure qui partage par ordre de distinction les principales qualitez d’un sujet. ( Exemple: il a la lumière pour voir les fautes, la justice pour les reprendre, & l’autorité pour les punir. Port-Royal , Barthelemi des Martirs. ) DISTRIBUTION, f f. Ce mot se dit encore entérines d’Imprimerie, de faction par laquelle on remet dans la casse toutes les lettres d’une forme qu’on a tirée, & qu’on y range chacune dans son propre cassetin. On dit, faire la distribution. ) DISTRIBUTRICE des liqueurs , f.s [ Mulìer venalet lìquores diflmbuens.'\ Celle qui a une place auprès du parterre de la Comédie , & qui vend l’été à ceux qui vont à la Comédie, des liqueurs & autres choses rafraîchissantes ; & qui l’hiver vend du rossoli , & autres liqueurs qui réchaufent l’estomac. ( II y a deux distributrices , i’une auprès des loges, & l’autre à feutrée du parterre. ) t DISTRICT , f m. Mot de Palais, qui vient du latin distriflus , mais qui n’est pas fi usité que celui de détroit. C’est l’étenduë de la Jurifdiction de quelque Juge. ( Cela est arrivé dans son district. ) DIT, dite, adj. s Dichts. J Prononcé. Proféré. Célébré. ( Le Sermon est dit. La Messe est dite. Les Vêpres font dites. ) DIT, à-, adj. II signifie quelquefois apellé , fur- nommé. ( Philippe dit le Bel, le Hardi , &c. Louis dit le jeune. Un tel dit la Grange. Les Professeurs de Magdebourg dits les Centuriateurs , &c. On fe sert auffi de ces mots au Palais en y joignant des articles, des pronoms & des prépositions pour éviter les équivoques des relatifs. Ainsi l’on dit, ledit demandeur , ladite défenderesse ; dudit , audit Seigneur , de ladite , à ladite Dame , par le susdit contrat, par mondit Seigneur, dans la susdite obligation, & autres semblables. ) DIT , f m. II vient du Latin dìclum , & signifie parole. Son usage en prose est très-borné , l’on dit avoir fan dit & son dédit ; mais hors de là il n’a pas grand cours. DIT, s. nt. II veut quelquefois dire discours , & alors, outre qu’il est ordinairement usité au pluriel, il n’a cours qu’en poésie. ( En ces mots Minerve plaida, A ses dits , le Ciel s’acorda. Et chacun dit, vive d’Avaux. Voit. Poés. ) DITIRAMBE , s m. [ Dìthyrambm. J Himneen f honneur du vin & oeBacchus. C’étoit une poésie fort hardis & fort déréglée, dont il ne nous reste aucuns vestiges dans les anciens Poètes. Le Pere Labbe, en fa Bibliothèque , a raporté plusieurs de ces vers. {§ Bacchus etoit apellé Ditirambe , c’est-à-dire, à deux portes, parce qu’il étoit entré au monde par deux portes, par le ventre de fa mere Semelé , & par la cuisse de Jupiter. Les himnes ditirambiques étoient DIV d’un stile figuré , empoulé & fort obscur, selon le tí moignage de Suidas. “ Les faiseurs de ditiramba ,, (dit-il) ne parloient que des choses relevées " comme des nuees , des meteores, & en des termes ,, compoiez & des façons de parler nouvelles " P 0 race a dit en parlant de Pindare & des Ditirambes: " Seu per audaces nova dithyrambes Verba de volvit numerisque sertur Lege folutis. Athenée nous aprend que les Ditirambes ne se chan- toient que dans la débauche, où le vin excuse les emportemens qu’il cause ; aussi un Poète Grec a dit qu’un buveur d’eau n’est jamais bon Poète ditirambi- que. Les chansons ditirambiques étoient acompagnées du son de la flûte , que les Latins apelloient tibia parce que leur son est éclatant, & qu’il convient mieux au bruit d’une troupe de personnes animées par le vin & l’on fe fervóit du mode Phrygien. ’ DITIRAMBIQUE , adj. ] Dithyrambìem ] Qui f a |t des ditirambes. ( Poète ditirambique. Voïez la Poe. tique de Mr. Dacier. ) DIVAN , s m. [ Imperatoris Turcicì supremum U fan f h us conslium. ] C’est le nom du Conseil du grand Turc & de divers autres Conseils qui fe tiennent dans le Levant. C’est auffi le lieu où fe tiennent ces Con- seils. Ce mot est Arabe. DIVERGENT , divergente , adj. [ Diva Ricati radii. J Terme d 'Optique. Ce mot est Latin. 11 est opofé à convergent, il fe dit des raïons qui aïantété réfléchis, ou aïant foufert de la réflexion s’éloignent les uns des autres ; & ces raïons s’apellent divergem. Comme au contraire on nomme rations convergent, ceux qui étant réfléchis, ou aïant foufert de la réfraction s’aprochent les uns des autres jusques à ce qu’ils fe joignent à un point, où ils fe coupent, & s’ils font continuez , ils deviennent divergeras. DIVERS , diverse , adj. [ Diversus. ] Diférent ( Interprétation diverse. Pensées diverses. Sentimens divers. Je vais voir décider la cause des atombes, La matière premiere, çVr Jes divers smptomet, Les Formes d’Arifiote Es tous les accident, Mes tourbillons ensn mes trois élément. Lettre fur la mort de Defcartes. ) DIVERSEMENT, adv. [ Diversè J Diféremment. (Ost parle diverlément de fa mort. ) DIVERSIFIER , v. a. £ Variare , distinguere. ] Varier. Aporter de la diversité. ( 11 faut diversifier les choses , si on veut qu’elles plaisent. ) DIVERSION,/ f [ Aòocatio aliù,' difirafiìo copia, rum koftilium. ] Terme de Guerre. Détachement considérable que les ennemis obligent de faire, afin d’em- pêcher quelque entreprise. Grand détachement qu on Fait pour d’importantes considérations. (Les ennemis ont fait diversion. En assiégeant cette place , on obligea l’ennemi à faire diversion pour la secourir. ) H II n’y a point de diversion plus dangereuse que celle que l’on fait par mer. Polybe deFolard. * DIVERSION /sf. [ Avocatio, distratíio. Ce mot au figuré signifie détour. (Elle ne cherchoit qu a taire diversion à sii douleur. Le Comte de Bujst. _ LeuX qui donnent de Purgent pour les bénéfices feroientde simoniaques, fans une pareille diversion. Pose. I. 7/ * On dit, en Médecine , faire diverson d humeurs! pour dire , les détourner ailleurs. On fe sert de ta saignée pour détourner une fluxion, parce que la > al * gnée fait une grande diversion. DIVERSITE', s s [ Diversus. ] Variété. (U diversité des ornemens & des pensées fait la plus sensible beauté des ouvrages d’efprit. Telle est la loi du ciel, dont la sage équité Sème dans f univers cette diversité. Corn. ) DIVERTIR , fl.. í Avocate , subducere , à cere. ] Détourner. Distraire. ( La puissance du Ko me n’étoit point divertie ailleurs. Voit. I. 74> , fes amis le divertit de détruire la ville. Abl. ap p • C’est être perturbateur du repos public que de vous - vertir par une mauvaise lettre de la moindre cte pensées. Voit. 1.2.) . -, DIVERTIR ,«.«.[ Subducere, distrahere, avfít J Signifie auffi détourner, transporter ailleurs, & en mQ{ DIV mot dérober & voler. (Divertir l’argent du public. Ce banqueroutier a diverti ses meilleurs effets. Ce commis a diverti les deniers de la ferme. ) DIVERTIR. [Recreare , relaxare animum.jj Réjouir. (La Comédie divertit les plus mélancoliques. Abl.) Se divertir. [ Cupiditatibus indulgere. ] Se réjouir. Etre dans le libertinage. ( Flandre, n’irrite plus ce Monarque puissant , Qui sait l’art de te vaincre en se divertissant. Fléchier. Macette qui se divertit, Prétend Jon péché sort petit. Gomb. ép. 1 . i. C’est pecher contre la charité , que de se divertir à regarder des figures lascives. Thiers, traité des jeux , ch. y.) ( Se divertir de quelcun. ( Ludere, ludificari aliquemd] C’est-à-dire , en faire son jouet & s’en moquer. ) DIVERTISSANT , divertissante , adj. [ Jucundm , amœnus , festivus. ] Qui réjouit : qui plaît : qui divertit. (Esprit divertissant : humeur divertissante : la Comédie est divertissante. Voila un jeu fort divertissant. ) DIVERTISSANT , f. m. £ Mìmus. ] Les Bateleurs apellent de la sorte, celui qui boufonne sur le théâtre avec le maître. DIVERTISSEMENT,/ m. IRelaxatìo, oblec- tatio animi.J Plaisir, joie. (Prendre un divertissement : il fait son divertissement de l’étude : les jeux & les di- vertissemens honnêtes. Les Pérès n’ont pas absolument interdit les jeux & les divertissemens aux Chrétiens. Thiers, traité des jeux. Un leHeur sage fait un vain aìnusement, Et veut mettre à profit, son divertissement. Despr. ) C’elì donc moi qui serai le divertissement, Vous tirerez l’argent, U moi je ferai rire, Bouts. Ésope. ) DIVERTISSEMENT , / m. [ SubduHio ,, disiraHio. ] Ce mot lignifie aussi le transport & le recélement des effets. (Le divertissement des effets le rend coupable de larcin. ) DIVIDENDE , / m. [ Tumerus dìvidendus. ] Terme à’Arithmétique. Le nombre à diviser, & du- quel se fait la vision. ( Le quotient contient autant d’u- nitez que le dividende renferme de fois le diviseur. Le dividende doit toujours être plus grand que le diviseur. t DIVIDENTE, ou Divident. On apelle ainsi la répartition qui se fait de tems en tems des profits d’une Compagnie de Commerce, aux Actionnaires qui y ont pris intérêt. DIVIN, divine, adv. ( Divinus. J Ce qui regarde Dieu; qui regarde le culte de Dieu. (Ofice divin; service divin ; chose divine ; la providence divine. Qui cherchant un discours aux Dames plus commode , Font dire àJesus-Chrifl des phrases à la mode , C’efi profaner d’un Dieu le langage divin. Vill. Perce la sainte horreur de ce livre divin , Confond dans un ouvrage Luther U Calvin. Despr. ) * DIVIN, divine. [ Mirificus. ] Excélent dans son genre. (Le divin Platon: musique divine: senti mens divins : pensée divine. ) DIVINATION,/ / ÍNotio divina .2 Prononcez divinacion. II vient du Latin. II semble que ce mot devroit signifier proprement la connoissance certaine que Dieu a des choses futures, parce que c’est une action propre de la divinité. Cette divination est merveilleuse, elle est adorable. Dieu se plaît quelquefois à la communiquer aux hommes. Thiers , J'uperfiit. ch. i 6 . DIVINATION , / / [ Divinatio, rerum futurarum scientia. ] Ce-mot se dit aussi en parlant de magiciens, de sorciers,& de gens qui se mêlentde deviner sotement, & c’est une connoissance que le démon peut donner aux hommes des choses cachées & éloignées de leur portée. Cette divination se fait par le moïen d’un pacte qu’on fait avec le diable , & elle est illicite , elle est mauvaise , superstitieuse & condamnée. Thiers , superflu. ch. 16. Les hommes ont inventé diverses sortes de divinations : il y a des divinations qui se font en faisant tourner le sas, d’autres par les lettres du nom DIV 639 des personnes,& quelques-unes par les songes, par l’ho- roscope , par le sort, &c. Toutes ces divinations sont défendues & ont été condamnées par les Pérès & par les Conciles. Toute divination est incertaine , & ne réussit que par hazard , ou par l’adresse du devin ; & ainsi il est mal sûr de se fier aux divinations. sf L’envie d’aprendre l’avenir , fit que les Romains mirent tout en usage pour en avoir quelque connoit lance. L’Empereur Marc-Antonin, liv. 1. de ses Réflexions, art. 6 . a dit que Diognetus lui a apris à ne se point amuser à des choses vaines & frivoles , à ne point ajouter foi aux charlatans & aux enchanteurs, à ne rien croire de tout ce qu’on dit des conjurations des démons, & de tous les autres sortilèges de cette nature. 11 me montra ( ajoúte-t-il ) que je ne devois pas nourir des cailles, ni être ataché à ces sortes de divertissemens & de superstitions. On faisoit une espèce de jeu avec des cailles, dont on tiroit des conséquences pour les évenemens. Suidas en a fait mention sous le mot opro^óxomç; & Pollux, lib. 9. c. 7. £§ Les Romains apelloient divinatio le jugement par lequel il étoit réglé, quand plusieurs acusateurs sc presentoient , lequel le seroit. La prémiere Oraison de Cicéron contre Verres, est intitulée divinatio. Sur quoi Asconius Pedianus a remarqué que cette Oraison fut ainsi apellée, parce qu’il n’étoit pas question alors de décider le fait , mais de savoir qui seroit ì’a- cusateur ; ce qui dépendant plus du hazard que de la preuve des témoins, il faut que le Juge devine & se détermine fur de simples conjectures. Votez Aulu- GeU. lib. 2. cap. 4. Suivant notre usage & nos ordonnances , il faut quelquefois deviner, quand il y a acu- sations respectives ; car après les informations faites de part & d’autre , & âpres les réponses des Parties , il faut régler les qualitez , & déclarer, avant qued’aler plus loin, l’acusateur & l’acufé : c’est là ce que l’on apelle le jugement des qualitez , où il faut souvent deviner , à cause de l’opoíìtion que l’on trouve entre les informations, qui ne peuvent être éclaircies que par le recolement & la confrontation des témoins. DIVINEMENT, adv. ( Divine, divinitùs.f Prononcez divìneman. D’une maniéré sainte & celeste. ( La Vierge a conqû divinement le Fils de Dieu dans son chaste sein.) * DIVINEMENT. [ Mirificè.f Excélenment il écrit divinement : penser divinement : raisonner divinement.) DIVINITE', / f. [ Divinités. ] Dieu , essence divine : divine Majesté. ( Seigneur , j’adore votre sainte & sacrée divinité. God.) * DIVINITE', s Terrestre numen. ] Une Dame d’une charmante beauté. ( Une jeune divinité m’a charmé, & je l’adore : une divinité de mille atraits pourvûë , tient mon cœur dans ses fers. Voit. Poes. ) (§ J’ai toujours cru qu’il n’y avoir que le peuple qui fût idolâtre de bonne foi. Vous jugerez aisément de la Religion des personnes qui avoient des lumié. res naturelles qui leur faisoient apercevoir la sauf» fêté de la divinité des Dieux à qui le peuple faisoit des sacrifices. Martial dit à Domitien dans son épigram. me 66. Jamais Hercule ne dompta tant de monstre s que nous en volons domptez quand il vous plaît don» ner ce divertissement à votre peuple. D’où il conclut ; Pro meritis ctelum tantis , Auguste, dederunt Alcida citò Die, sted tibi fer» dabunt. Les Dieux récompensèrent bientôt Hercule de ses travaux : mais par la même considération , ils ne vous apelleront que bien tard dans les Cieux. Et dans 1 e même esprit, il dit encore à Domitien : Ne vous hâtez point, Seigneur, de vous voir à la table des Dieux : & vous, Jupiter, si vous avez quelque empressement de boire du nectar avec notre Prince , décendez, & venez en terre pour vous satisfaire : Esse velk, oro, férus conviva tonantìs ; At tu, Jfi pr opérés, Jupiter ipfi veni. Lib. 8- épigr. 39. DIVIS, adv. f Divifum. J Terme de Palais. Opó- sé à Indivis. ( Les héritiers ont partagé cette maison , & la possèdent ( par divis , chacun a sa part Sc, son apartement séparé.) DIVISE. Termes de Blason ,qui se disent de la fasce, de la bande, &c. qui n’ont que la moitié de leur largeur s 640 largeur , que Ton ape'il efasce ou bande en divise. [ F as cia dimidiâ fui parte angufiior. j DIVISER , v. a. [ Dividere , in fartes tnbuerc. J Séparer : diviser un livre en deux tomes. ( Dieu divisa les eaux d’avec les eaux. ) DIVISER , v. a. [ Partiri. ] Partager. ( II a divisé son bien à ses enfans. ( On n’a pû encore trouver Je moïen de diviser un fonds, une maison , &c. DIVISER, v. a. Ce mot , en terme à’Arithmétique , lignifie découvrir combien de fois un nombre donné eít contenu dans un autre , & ce qui reste , s’il n’y est pas contenu précisément tant de fois. ( Ainsi diviser un nombre de sols par vingt, c’est trouver combien ce nombre de fols vaut de livres. Et diviser un nombre de deniers par douze c’est découvrir combien ce nombre de deniers vaut de fols. ) * DIVISER , v. a. [ Dìsìnguere, dividere , _ difirahe- re. ] Ce mot au figuré, signifie mettre en dissension : partager en factions. (*J’ai brouillé les Chapitres,& divisé Carmes N Cordeliers. Despr. Lutrin. ) Se diviser , v. n. s Disjungi. 3 Etre divisé : se partager. ( Cette rivière se divise en deux branches : ce Roïaume se divise en douze Provinces. ) DIVISEUR, f m. £ Diviser. 2 T erme d’ Arithmétique. C’est un nombre par lequel on divise un nombre total en autant de parties, qu’il y a d’unitez dans ce diviseur. DIVISIBIIITE', / f. [ Divisbilitas. ] Terme de Phisique- ( La diviíìbilité de la matière. On peut concevoir un atome lans division, mais non pas fans diviíìbilité. ) DIVISIBLE ,. adj. [ Dividuw.J Qui se peut diviser. ( La quantité n’est point divisible à l’infini, les sens y répugnent : mais la raison fait connoître qu’il n’est point de quantité si petite qui n’ait encore des parties , & qui par conséquent ne soit divisible. Des- cartes croit la matière divisible à l’infini, Gassendi le nie , & tous deux ont de bonnes raisons. ) DIVISION , f f. C Divisa. ] Terme de Philosophie , à’Arithmétique & de Rhétorique. Partage d’un tout en ses parties. Art de partager un nombre proposé en autant de parties , qu’il y a d’unitez dans celui , par lequel on le divise. Partage d’un discours en deux ou trois points. (La division d’un Poème Dramatique se fait ordinairement en cinq actes. La division d’un cercle se fait en ;‘6o. parties. La division des nombres entiers. Savoir faire la division d’un discours oratoire. Les homélies des Pérès n’ont point de division. ) sjf Les Prédicateurs ont acoutumé de faire dans leur exorde une division de la matière dont ils doivent parler. M. de Fenelon Archevêque de Cambrai s’est moqué avec raison , de la maniéré afectée avec laquelle les Prédicateurs font aujourd’hui leur division, qui doit être simple & naturelle : ,, Au contraire (dit il) „ vous volez un homme qui entreprend d’abord de ,, vous éblouir; qui vous débite trois épigrammes , ,, trois énigmes; qui les tourne & retourne avec subti- ,, lité ; vous croïez voir des tours de passe-passe. Est ,, ce là un air sérieux & grave a vous faire esperer ,, quelque chose d’utile & d’important ? Cette divi- ,, sion d’un sermon sur la Passion de Jésus - Christ , „ n’est-elle point de cette espece de jeu de mots,, ? C’est donc (dit-il) par le pêché que nom devons mesurer le bienfait inejìimable de la Passion du Fils de Dieu ; c’es par le bienfait inesimable de la Passion du Fils de Dieu que nous devons mesurer la grieveté du péché ; du péché, dis-je s prenez garde à ces trois propositions que f avance , qui vont partager ce discours : du péché , qui fut la cause essentielle de la Passion de Jésw-Chris : du péché, qui est un renouvellement continuel de la Passion de Jésw-Chris : enfin du péché, qui es l’anéantissement de tom les fruits de la Passion de Jésw-Chris .. Én trois mots, Passion de Jésw-Chris causée par le péché, renouvellée par le péchés Passion de Jésw-Chris vendue inutile , ffi même préjudiciable par le péché, Uc. 11 en est peu qui suivent ce precepte judicieux d’un de nos Poètes : Evite, en divisant, les phrasesfinonìmes Qui jouant Jhr les points dont on a fait le choix , En termes difárens les repetent Jix fois _ Cette fade abondance efl d’un espritflerile. Ce jeu de mots,dans un sujet aussi scrieux & aussi impor- sant, plait St sert de modèle à plusieurs Prédicateurs, D1V Qu'une chute de mots jette amx piés de Marie L’Abé de Villiers , art de prêcher La division est (selon Quintilien) un détail dp nos raisons & de celles des autres, rangées dans un ordre clair & succint : son objet est de faciliter l’intelligence du fait dont il s’agit, &d’exciter l’atention des Ju«es en leur expliquant comment on prétend de soutenir sa cause. 11 est vrai, comme le même Auteur l’a remarqué , qu’il arrive quelquefois que l’Orateur manque à fa parole , & qu’il oublie de parler des choses qu’il a promises dans fa division ; ou qu’il sc jette dans des matières dont il n’a point fait de mention : mais ces inconveniens font ordinairement ou l’éfet d’un medio. cre genie , ou du peu de préparation avant que de se montrer au public. DIVISION , f f. [ Disrihutio, partìtio. ] Ce mot entre dans les termes des évolutions militaires. C’est une partie de quelque corps d’infanterie ou de cavalerie. (Le Lieutenant commande à la première division d’u- ne compagnie qui est en marche , & le sous-Lieute- nant à la seconde division, à la tête des Piquiers. Lors qu’il se trouvera des files surnuméraires, on en formera des rangs à la queue de la division. (Faire défiler des divisions. Les Sergens de la division doivent alors demeurer fermes. Marcher par division. Martinet, exercice de l’infanterie , p. 61 . ss 6 ], ) f Volez auíïì ce que dit Mr. de Folard fur les divisions de fa Colonne, dans le Tome I. de son Polybe. DIVISION , s f í Disrihutio. ] II se dit aussi à peu près au même sens en terme de Marine. C’est une partie d’une armée navale, ou d’une de ses escadres. DIVISION , f. f [ Lineola verba alia ab aliis dìvi- dens.fi Terme d’ Imprimerie. C’est une petite ligne, ou tiret que les Imprimeurs mettent au bout des lignes, ou il sc trouve qu’il n’y a pas un mot entier, mais seulement une partie, & c’est une marque que le reste du mot est au commencement de la ligne suivante, Ils apellentauslì division ces mêmes tirets qu’ils mettent entre deux mots qui ont de la liaison & qui se doivent prononcer ensemble comme si c’étoit un seul mot; (par exemple, quedit-on? croìez-vow ? al}ez-vous-en,a-ìil? voudra-t’on? &c. ) On dit en termes de Pratique, que ceux qui s’ob- ligent solidairement, renoncent au bénéfice de division, d’action & de discussion, &c. partìtio s pour dire, qu’ils veulent bien soufrir la contrainte, comme si leurs biens n’étoient point divisez de ceux des personnes qu’ils cautionnent. ) * DIVISION ,f f. [ Dìfsnso. ] Ce mot au figuré, signifie aussi mésintelligence. * DIVISION, [ Dijjìdìum, discordia. J Discorde , troubles, brouillerie. (II y avoit de la division parmi le peuple. Vaug. Quint. II arriva de grandes di- visions parmi les Phrigiens. Abl. Arr. I. 2 . L’abondan- ce augmentant les forces engendrolt les divisions. Abl. Tac. 7. 1 . Causer des divisions. Pas.!. 1 . ) DIVISION. [ Divisa, disrihutio. ] Terme à’hnager, qui se dit en parlant de Cartes, de Géographie., C’est la couleur qui sépare une Province, ou un Roïaume, ou une partie du monde des autres Provinces, des autres Roïaumes, ou des autres parties du monde, lors que les cartes sont enluminées. Cette division sc marque ordinairement par une fuite de points, lesquels les enluminateurs doivent suivre lors-qu’ils y mettent les couleurs. (Les divisions de cette carte ne font pas bien faites. ) DIVORCE , f. m. II vient du Latin divortium. C’est la séparation qui se fait entre le mari & la femme. Faire divorce. Le divorce d’Henri VIII. Roi d’Angleterre avec Catherine d’Atagon est célébré. ( Le premier âge du monde n’a vû ni divorce, ni po- ligamie. Moïse fut le premier qui permit le divorce, à cause de la dureté du cœur des Juifs. Le M ait. plaid. 8- Trop heureux f! bien-tôt la faveur d’un divorce, Me soulageait d’un joug qu’on m’impose par force. Racine. ) . [ss Les Romains ont vécu pendant long-tems lans connoître le divorce; ils vlvcient, dans les premiers siécles de leur fondation , avec une certaine simplicité qui entretenolt la paix dans les familles , dont les chefs n’étoient ocupez que du soin d’asennir leur nouvel état; & ils étoient trop attentifs à l’agrandir, pour songer à leurs afaires domestiques. Plutarque nous «prend dans la comparaison de Thésée & »e K°* DIV mulus que Spurìus Carbilius a été le premier qui répudia fa femme à cause de fa stérilité. Mais il est di- ficile d’acorder cet Auteur avec Aulu-Gelle & avec Ter- tulien , fur l’époque de ce premier divorce. Plutar- que ne compte que 250. années depuis la fondation de Rome. Aulu-Gelle va plus loin , & veut qu’il fe soit écoulé 520. & Tertulien dans son Apologétique, 600. an s. C’est ce que je ne croi pas devoir examiner. Ce qu’il y a de vrai, c’est que Romulus défendit absolu m en taux femmes de quiter leurs maris & permit aux maris de se séparer de leurs femmes en trois oca- fions, dont la prémiere est, fi la mere avoit empoisonné son enfant ; la seconde, si elle avoit été surprise avec de fausses clefs ; & la troisième, fi elle etoit convaincue d’adultere. S’il arrivoit qu’un mari quittât fa femme pour quelque autre sujet, il étoit privé de son bien , dont la moitié étoit donnée à la femme , & l’autre moitié dévouée à la Déesse Gérés. Quelques Auteurs n’ont pû se persuader que Ro- mulus ait entendu autoriser le divorce lorsqu’une femme seroit surprise avec de fausses clefs ; un semblable sujet ne leur a pas paru assez grave pour séparer un mari & une femme ; ainsi ils ont cru qu’au lieu de r.XíiJ'ay des enfans , qui signifie des clefs il faloit lire TlauPav & que le sens de la loi étoit que l’on pouvoit renvoier fa femme convaincue de Juposition de part , qui étoit un crime d’autant plus grand, qu’il intéresse le public, ainsi que les particuliers , à qui l’on veut donner un héritier étranger dont la naissance est inconnue. Mais il n’y a point d’aparence de pouvoir changer le texte , quand d’ailleurs l’on peut trouver une raison pour soutenir les anciennes Editions. Les femmes font la plupart portées à se faire un pécule anx dépens de leurs maris , l’avarice , l’amour propre , & souvent la lezine des maris les y engagent; & pour arrêter cette coutume déja établie du tems de Romulus, il en fit un des justes sujets de divorce. L’ufage du divorce devint très-frequent dans la fuite, & les mécon- tentemens étant souvent réciproques , il sefaisoit un divorce d’un commun consentement , que l’on apel- \o\t bonagratia, dont il est fait mention dans les loix 60. & 62. fs. de douai, inter vìr. çsf uxor. & ce fut de cette maniéré qu’au raportde Plutarque, Marins répudia Cœlia qui étoit fa troisième femme. Mais je fuis persuadé que le dégoût qui empoisonne fi souvent les mariages que l’amour même a formez , étoit le sujet de ces sortes de divorces qui sc faisoient de bonne grâce. Les Romains avoient ie cœur fait comme nous : la facilité , la longue & paisible possession, une certaine aversion sécrété & qui naît insensiblement sans en connoître la cause, produisoient fans doute les mêmes éloignemens qu’elles font naître dans les mariages & dont elles troubleront toujours la paix & la douceur. Le même Plutarque nous en donne un exemple dans la vie de Paul Emile. Ce grand homme , à qui la République étoit redevable de la conquête de la Macedoine , épousa d’abord Papirie, fille d’un pere consulaire, avec laquelle il avoit vécu pendant plusieurs années dans une parfaite intelligence : cependant il la répudia , quoi qu’il en eût plusieurs enfans, entre lesquels étoient Scipion & Fabius Ma- ximus, fans que l’on en sçût la cause : mais ce fut peut-être (ajoûte l’Historien ) par une raison semblable à celle dont un Chevalier Romain autorisoit son divorce avec une femme sage, & dont il avoit plusieurs enfans; car étant pressé par ses amis de leur dire la cause d’une action si surprenante , il leur montra son soulier qui paroilsoit bien fait, & leur dit qu’aucun d’eux ne pouvoit découvrir comment il le blessoit. Sur cette réponse, Plutarque a fait cette réflexion très- judicieufe, qu’il arrive entre les personnes les plus unies , & même très-raisonnables , de sécrétés incom- patibilitez , des rudesses înfuportables , & des divorces de cœur, qui sont autant plus dangereux, que le lien du mariage est indissoluble. Je ne prétens pas faire ici un détail des divorces dont l’Histoire Romaine est remplie: je remarquerai seulement qu’ils sépa- roient si parfaitement le mari & la femme, que l’un & l’autre pouvoient se marier selon leur inclination, le mari incontinent après la séparation , & la femme une année après , pour éviter l’incertitude de la naissance de Pensant qui seroit né dans l’année du divorce; car la soi déclaré que Pensant qui naît dans le septième mois du second mariage , peut apartenir au premier oh au second. Mais pour décider la question D 1 Z 641 l’on doit se régler plûtôt par l’ordre le plus naturel, qui est de neuf mois, que par les naissances extraordinaires que la seule autorité d’Hipocrate a établi, comme il est exprimé dans la loi 7. ff.stestat. homìn. DIVORCE , f. m. II se prend, au figuré pour séparation. ( 11 s ont fait divorce avec PEglise. On dit encore , il a fait divorce avec le bon sens. C’est-à-dire, il ne dit & ne fait rien qui fasse connoître qu’il ait du bon sens. ) * DIVORCE, f. m. II signifie encore rupture, brouil- lerie. ( 11s sont toujours en divorce. II y a fans cesse quelque divorce entre ces esprits-là. ) DIURETIQUE , adj. p Medicamentum urïnam provocant. ] Terme de Médecin. C’est-à-dire, qui provoque Purine. ( La rave est diurétique. Le v in blanc pris le matin est diurétique. ) DIURETIQUE , f. m. Ce qui provoque Purine. ) U use de diurétiques pour fa gravelle. ) DIURNAL, f m. [ Diurnale , diumarum precìum libellus. ] ( Livre d’Eglise qui contient l’Ofice des heures canoniales du jour.) DIURNE 1 adj. £ Diurnus. ] Ce mot vient du Latin diurnus , & signifie qui ejì de jour. On ne s’en sert en François qu’en terme d’Astronomie. II est quelquefois opofé à nolíurne , qui veut dire , qui est de nuit . Arc diurne , c’est la trace du mouvement du Soleil, pendant qu’il est fur Phorizon. AI ai s lies Astronome* entendent ordinairement par le mouvement diurne du Soleil, ou d’un autre Astre , celui qui sc fait dans vingt-quatre heures, qui est un jour naturel, & qui comprend un jour artificiel, & une nuit.) DIVULGUER , v. a. £ Divulgare , pervulgarc.J Publier : découvrir à d’autres. ( lis n’ont point de faveur qu’ils n’aiilent divulguer. Mol. Tan. af{. ].sc. 5.) DIX- P Decem. ] Prononcez dis. Nom de nombre indéclinable. ( Ils sont dix. Combien depuis dix ans de grhnaux dans la chaire , De leurs fades portraits ont fatigué la terre . Vill. ) DIX , f m. £ Numerm denarìm. J Ce mot fe prend comme un substantif en termes de Jeu de cartes , & signifie une carte marquée de dix points (Un dix de cœur, de carreau , &c. ) DIXIE'ME , ou diìiéme, comme on le prononce adj. p Décimas. ] ( IL est le diziéme. Elle est la di- ziéme. ) f DIZIE'ME. On le dit de la partie d’un tout partagé en dix portions égales. Avoir un dixième dans un Vaisseau. f DIXIE'ME. On a pelle ainsi un droit attribué à l’Amiral, fur toutes les prises faites en mer, sous commission & pavillon de France , même fur les rançons. Ce droit consiste en la dixième partie des sommes à quoi peuvent monter les prises & les rançons. On apelle aussi dixième denier , un droit roïal qui se perçoit sur les mines, minières & métaux. DIX-SEPT P Decem N feptem. J Prononcez dis set. Nom de nombre indéclinable, ( II y a dix-sept pistoles. ) DIX-SEPTIE'ME , dix-setiéme , adj. P Decimus fip- tìmus. ] Prononcez à( C’est la dix-setiéme année. C’est le dix-setiéme livre. ) DIX-HUIT. Prononcez dis vuìt. Nom de nombre indéclinable. (11 y avoit dix-huit personnes à table. II y a un oiseau aquatique qui porte ce nom. ) 4 DIX-NUITAINS. On donne ce nom en Languedoc & en d’autres Provinces, à certains Draps de laine, dont la chaîne est composée de dix-huit fois cent fils, c’est-à-dire de dix-huit oent fils en tout. DIX-HUITIE'ME , adj. P Decimus oHavus. J II est le dix-huitiéme. Elle est la dix-huitiéme. ) DIXME- Volez Dîme. DIX-NEUF. [ Decem £sp novem. J Nom de nombre indéclinable. ( II a perdu dix-neuf pistoles. ) DIX-NEUFIE'ME, ou dix-neuvìéme , adj. P Decimus nonus. J Prononcez dix-neuviéme ( C’est le dix-neu- viéme. C’est la dix-neuviéme piéce. ) DIZAIN , f m. f Decem globulì. ] Terme de Pa~ tenôtrìer. Ce font dix grains de chapelet, qui ont à l’un & l’autre bout du dizain un gros grain , qu’on apelle un Pater. DIZAIN ■, st m. £ Decem versus, carmen decem ver- suum.jj Terme de Poste Françoise. Petit ouvrage de dix vers. Epigramme ou Madrigal de dix vers. (11 n’y a que deux ou trois dizains dans Melin de Zàt Gelais qui soient bons. ) Tm. L Mmmm dí. 642 DOC DIZAINE, s.s. í Décos. ] Dix : dix unitez. (Nombre , dizaine, centaine , &c. Une dizaine d écus.) t DIZAINE , s f. [ Urbis décima fars. ] Ce mot se dit en quelques lieux , pour signifier une certaine division des habitans de quelque quartier d’une ville, quoi-qu’il n’y ait pas précisément le nombre de dix. Et celui qui est commis sur les habitans de ce quartier, s’apelle aussi par abus dìzénìer, & c’est l’Oficier qui a foin d’avertír ceux de fa dizaine des ordres de la ville qu’il faut executer. DIZEAU, f. ni. [Frumentariorum fascium denarius .j Terme de Moissonneur. C’est un tas de gerbes. (Mettre les gerbes en dizeau. ) DIZIE'ME. Volez dixième. t DOBER. Votez Dauber. DOCILE, adj. [ Docilií. ] Ce mot vient du Latin docilis, & signifie doux & facile à être enseigné , qui est soumis à ses supérieurs. (Cet enfant est fort docile. Petite fille fort docile. IIsalut qu’au travail Jbn corps rendu docile, Forçât la terre avare à devenir fertile. Defpr. ) DOCILEMENT , adv. [ Cum docilitate. ] Avec docilité : d’une maniéré docile. (Ecouter docilement.) DOCILITE', f f. [Docilitas. ] Naturel doux & facile: qualité par laquelle on est propre à aprendre : disposition qu’on a pour être enseigné. Docilité d’esprit : iln’a nulle docilité : avoir une grande docilité. ) DOCTE, adj. [DoHw, érudit us .2 Savant. (Homme docte. Cela est docte. Ah bon ! voila parler en docte Janséniste , Alcipe, N sar ce point Jìsavamment touché, Desmares dans Saint Roch n’auroìt pas mieux prêché. Despr. ) DOCTEMENT, adv. [ DoHè , eruditè .2 Savamment. ( Parler doctement. ) DOCTEUR, / m. [ DoHor. ] Celui qui après avoir étudié quelque fience qu’on enseigne dans les Universitez , & fait tous ses actes, a pris solennellement le bonnet. ( Molière, un peu avant que de mourir, se fit passer Docteur en Médecine fur son théâtre. Un Docteur le plus souvent n’est qu’un sot. Plusieurs Docteurs entre les Théologiens des Universitez ont eu des titres particuliers. Alexandre de Hales a été apellé le DoHeur Angélique. S. Bonaventure, le Docteur Sérapbique. Jean Duns , ou Scot , le Docteur subtil. Raimon Lulle , le DoHeur illuminé , &c. Faites-vottí confesser far ces vieillards honnêtes , Par-ces Docteurs bénins, qui pour toute leçon, A chaque gros péché vous disent toujours bon. Sanlec. ) Laìffe-là Saint Thomas s’accorder avec Scot, Et conclus avec moi qu’un Docteur n’est qu’un sot. Defpr. ) DOCTORAL , adj. f DoHori froprhts. J Se peut dire en cette phrase, Bonnet DoHoral > mais on dit ordinairement & mieux, Bonnet de DoHeur. ( Faut-il avoir reçu le bonnet doctoral, Avoir extrait Gamache, Isambert Duval ? Defpr.) DOCTORAT , s m. [ DoHork gradue. ] Degré de Docteur. 0 ” II faut d’abord observer que Blondel s’est trompé dans son livre de la Papesse Jeanne , où il a avancé que le Doctorat L le titre de Docteur n’étoient point connus avant l’an r r;8- puifqu’on lit dans le septième Canon du Concile de Sarragosse , que personne ne peut s’atribuer le titre de Docteur , s’il ne l’a pas reçu de ceux qui ont droit de le conférer ; ainsi on connoissoit le Doctorat dès l’an ;8o. où ce Concile fut tenu. Ce droit apartenoit aux Evêques , comme Mr. de I’Aubepine a remarqué en cet endroit. Ceux qui étoient honorez de ce titre , étoient inscrits dans le catalogue des Clercs qui desservoient l’Eglise, de même que les Archidiacres &les Pénitenciers; ce qu’il confirme par ces termes de Tertulien, de prascript. Quid ergojì Episcopus , Jl Diaconus , Jì vidua, Jì Vir- go, st Docíor. II y a cette diférenee entre Maître & DoHeur , quoique l’on confonde souvent l’un & l’au- r re ’ rT 9 î? e . ^ ^°, n r ^ remarque de Mr. du Boulay dans son Histoire de 1 Université de Paris, tom. z. pag. 68i. ) le Mattre est celui qui âpres avoir rempli le tems des DOG études , est honoré du titre de Maître & l e Dolîeur est celui qui enseigne une fience dans laquelle il a été déclaré Maître.. Alcuin, dans son Dialogue de la Grammaire, joint souvent ces deux titres : mais ce même Auteur avoue dans la fuite , pag. 68r- qu’il est si dificile de démêler l’époque du Doctorat & du Ma- gisteriat, qu’il est permis à tout le monde d’en penser ce qu’il lui plaît. DOCTORERIE , f f- [ Voïez Aulique. ] (§ DOCTRINAL. On apelloit autrefois àoHrínal un rudiment de la langue Latine , composé environ l’an 1242. en vers Léonins, par Alexandre de Ville, dieu , Cordelier de Dol en Bretagne. DOCTRINE, f f- í DoHrina, eruditio. ] Sience. ( Livre plein de doctrine. La doctrine des restrictions mentales. La doctrine des équivoques. Past, /, 0 II y a dans ce Livre une bonne & faine doctrine! La doctrine Chrétienne. II a un grand fonds dé doctrine. ) t DOCUMENT, f m. [ Documentum. ] Ce mot n’est en usage qu’en termes de Palais, il lignifie les titres & les preuves qu’on alégue, & principalement des choses anciennes. On prouve l’ancienneté de cet- te fondation par plusieurs bons titres Stdocumens. ) í DOD-AERS , ou Dronté, f. m. C’est un oiseau d’une figure particulière ; il habite l’Isle Maurice aux Indes Orientales. Sa grandeur est entre l’Autruche & le Coq d’Inde. Sa graisse est amolissante & résolutive. DODECAEDRE , f. m. [ Dodecaedrum . ] Ter. me de Géométrie. Ce mot est Grec, & signifie qui a douze faces ou bases. C’est l’un des cinq corps réguliers , qui a douze faces égales, dont chacune est un pentagone régulier. ( Faire des quadrans fur toutes les faces d’un dodécaèdre. ) DODECAGONE, adj. &s.m. [Dodecagom.] Terme de Géométrie. Ce mot est Grec, & lignifie qui a douze cotez égaux. ( C’est une figure dodécagone. Faire un dodécagone. ) DODECAGONE, f m. Terme de Fortification. C’est une place fortifiée de douze bastions. ( Dodécagone régulier , ou irrégulier. ) DODINE , f f. c Jurts genus exquiptumacdelica. tum. J Sauce délicate qu’on fait aux canards avec de l’oignon , de la graisse tombant du rôt, qu’on mêle avec de la farine & du lait délaïez ensemble. DODINER , v. a. [ Curare molliùs cuticulam. ] Qui ne se dit qu’avecle pronom personnel, de ceux qui vivent délicatement, & à leur aise, sans vouloirfe donner aucune peine. 11 est bas & du discours familier. DODO. [Dormire. J Mot burlesque dont on se sert en parlant aux petits enfans, & qui signifie le dormir. ( Faire dodo. ) f DODU , dodu'é, adj. f Pinguior, plenior, delica- tus. 3 Gras & plein de chair. ( Ces pigeons font dodus. Dejjpr. fat. 3. 11 est dodu ; elle est dodue. ) DOGAT , f m. [Ducis Venetorum dignités.] Dignité de Doge. Tems qu’on a été Doge. ( Parvenir au Dogat. Fofcare rendit de grands services à la République de Venise pendant ion Dogat.) DOGE, f. m. [ Venetorum Dux. ] C’étoit autrefois le souverain chef de la République de Venise, mais aujourd’hui le Doçe ne peut rien foire sans le Sénat, C’est le Doge qui répond en termes généraux aux Ambassadeurs , & il est comme la bouche du corps de la République. Le Doge s’élit , & est à vie. C’est le chef de tous les conseils. Toutes les lettres de créance que la République envoie font écrites en ion nom , toutefois elles ne sont pas signées de fa main, mais par un des Sécrétaires du Sénat. La monoïe fe bat sous le nom du Doge ; cependant elle n’est pas à son coin. II nomme aux bénéfices de l’Eglise de Saint Marc, & a plusieurs autres privilèges. II ne fauroit sortir de Venise sans permission des Conseillers, autrement il encouroit l’indignation du Sénat. En un mot, le Doge est à la République, & non pas la République au Doge. On le traite de Sérénissime. Amtl. Histoire de Venise. ( Alez, Doge, alez sans peine, Lui rendre grâces à genoux La République Romaine En eut fait autant que vous „ Mad. de Scuderi. ) DQG vol DOGMATIQUE , adj. [ Quod ad dogmatU , vel scientia notitiam Reliât. ] Instructif. ( Stile dogmatique. ) DOGMATIQUE. [ Quod Magiftri authorìtatem U gravitaient J'apit. ] Ce mot se dit pour magistral, ou pédantesque. ( Prendre un ton dogmatique. ) DOGMATIQUEMENT,ado. [ DìaleHico more. ] D’une maniéré dogmatique , comme on parle dans l’Ecole. ( Traiter une question dogmatiquement. ) DOGMATIQUEMENT. [Cum gravitate, auHoritate magijiri. j Se prend auffi pour magistralement, d’un ton , d’un air de maître. ( Parler dogmatiquement.) C’est le reproche que le Père Mallebranche a fait à Mr. Arnaud , mais dont il a été fortement relevé. DOGMATISER, v. a. f Dogma disscminare, dofíorem agere, J Ce mot fe prend en mauvaise part, & signifie enseigner des doctrines contraires à la religion qui est aprouvée dans un Etat : ou il se dit en riant ; enseigner ; instruire. ( Dogmatiser en vers. Desr. fat. Z. 11 s’a- musc à dogmatiser. Et dès que dam la chaire il a dogmatisé, Du public ignorant il est canonijé. Vill. ) f DOGMATISER, signifie auffi debiter ses opinions, ses raisonnemens d’un air trop décisif. II dogmatise fur tout. DOGMATISEUR ,/■ m. [ Dogmatises , alicujm opinions praco. ] Celui qui dogmatise. ( C’est un dog- matiseur.) Le mot de dogmatìfeur se prend en mauvaise part. DOGME , f m. \_Dogma, placìtmn. 3 Précepte; instruction. C Ces dogmes font bons; il débite de pernicieux dogmes. Voila mes dogmes & les maximes de ma politique. Abl. Luc. tom. i. Et par un dogme faux dans nos jours enfanté, Des devoirs du Chrétien rdìer la charité. Despr. ) $ DO GRE, où Dogre-bot. Sorte de bâtiment qui navigue sur la mer d’AIemagne , & dont on se sert pour pêcher sur le dogre banc. DOGUE , f m. [ Molojfus Britannicus, ] Sorte de chien gros & fort, qui vient d’Angleterre. (Un puissant dogue, un dogue mâle, un dogue femelle. ) Se doguer , v. r. [ Conij'care. 3 Ce mot se dit des béliers & des moutons. Se heurter la tête les uns contre les autres. ( Béliers qui se doguent. ) DOGUES. [ Foramina. 3 Terme de Marine. Ce sont des trous qui font dans les platsbord des deux cô- tezdu grand mât, pour amurerles fouets de la grande voile. On les apelle dogues d’amure. DOGUIN , f ni. doguìne , f. f. [ Canìs Britan- nici catulw. ] Mâle & femelle de petits dogues. DÛïEN , f m. f Decanus. ] Ce mot se dit en parlant de Chanoines. 11 y a des Doïens d’Egliscs Cathédrales & des Doïens d’Eglises Collégiales. Le Doien d’une Eglise Cathédrale est la seconde personne du Chapitre, car la prémiere c’est l’Evêque ou l’Archevê- que. Ce Doïen n’a nulle jurisdictionsur le Chapitre, mais il y a plus d’autorité que les autres Chanoines. Le Doien d’une Eglise Collégiale est le chef du Chapitre, & il a une maniéré, de petite jurisdiction sur son Chapitre , pour contenir les Chanoines dans leurs devoirs. Ceux qui ont traité des matières bénéficiales, disent que les Doïens ont succédé aux Archidiacres. DOÏEN rural. [ Arcbypresbyter. 3 Curé de campagne qui est commis pour un certain tems, afin de terminer les diférens qui naissent entre les Curez. DOÏEN. [ Antiquior. 3 Ce mot , en parlant d’au- tres corps que des Ecléfiastiques, signifie le plus ancien du corps ou de la compagnie. ( Ainsi on dit, il est le Doïen des Conseillers du Parlement. 11 est le Doïen des pages ; pour dire , le plus vieux. Qui marche en ses conseils à pas plus mesurez , Qu’un Doyen au Palais ne monte les dégrez. Despr. ) DOÏENNE ', f m. [ Decanatm. 3 C’est la dignité & la charge de Doïen. ( On lui a donné le Doïenné d’un tel Chapitre. Le Doïenné d’un tel Chapitre est bon. II vaut au moins douze cens livres de rente.) DOÏENNE'. Ce mot, en parlant de détens ruraux, signifie l’étenduë des lieux , où le Doïen a quelque sorte d’inspection. ( Son doïenné n’est pas grand ; les doïennez ruraux prennent ordinairement leurs noms de la Paroisse à laquelle ils font annexez.) DOI 6 43 DOIGT , f m. Ce mot vient du Latin , dìgitm, & c’est par cette raison qu’on l’éorst aveç un g, & poux le distinguer d’avec la troisième personne du verbe, je dois , tu dois , il doit ; mais comme le g ne se prononce point, & que d’ailleursil est très-aifé de distinguer le doit qui est un nom d’aveç il doit, qui est un verbe, il semble qu’on pouroit écrire ce mot sans y mettre un g. Le doigt est une des parties diffimilaires de la main. Une des cinq petites parties de la main qui servent à prendre & a serrer ce qu’on prend. Le motz de doigt se dit des hommes, & de certains animaux. ( Doigt d’oiseau de jrroye ; doigt de canard, de poule d’eau ; doigt de bécasse : doigt de plongeon , &c. doigt de grenouille. Le crocodìlle à quatre prés divisez en doigts garnis d’ongles très-forts, Son hôte ri eut pas de peine De le Jlmondre deux fois , D’abord avecson haleine IIse réchaufe les doigts. La Font. ) (f II ne faut pas oublier la description ingénieuse que Mr. Chapelain a faite dans fa Pucelle, des doigts de la belle Agnès : On voit hors des deux hauts de ses deux courtes manches, Sortir à découvert deux mains longues U blanches , Dont les doigts inégaux, mais tout ronds menus Imitent l’embonpoint des bras ronds b charnus. Voilà fans doute dequoi justifier la réputation que Chapelain s’est aquií’e par son poème. (g C’est quelque chose de curieux de voir comment les Persans font les marchez. Après avoir bien raisonne & discouru en présence du vendeur, & d’ordmaire dans fa maison, ils font le prix avee íes doigts. II fe tiennent par la main droite , couverte de leur manteau , ou de leur mouchoir ; ct s’entreparlent de cette faqon. Le doigt étendu vaut dix ; le doigt plié , cinq ; le bout du doigt, un; la main entiere , cent; la main pliée , mille. Ils marquent ainsi livres , fols & deniers en se maniant la main. Pendant qu’ils traitent, ils ont le visage rassis ct immobile à un point , qu’il est impossible d’y connoìtre aucunement, ni ce qu’ils pensent, ni ce qu’ils disent. * DOIT , /. m. [ Digitus Dei. 3 Se prend au figuré, lors-qu’il fe dit de Dieu, ct signifie la pudjance de Dieu. (C’e/î le doit de Dieu, c’est-à-dire, Ja puissance. Exode , ch. g. Le doit de Dieu a paru visiblement en cette rencontre, [ Dìgitm Dei hac in re prœsto fuit. 3 On fe sert de cette expression, lors-qu’il arrive quelque accident miraculeux, ou quelque châtiment extraordinaire , qui donne à connoìtre la colere , la justice & la puissance de Dieu. ) * DOIT. C Dìgitalis menjura. 3 Sorte de mesure de la grandeur du travers d’un doit. ) La largeur de quatre doits. 11 s’en faut quatre doits que cette poutre ne soit pas assez longue. ) Un doit de vin. [ Modulus v’marìm. 3 C’est-à-dire, un peu de vin. ( 11 est bon de prendre tous les matins un doit de vin avant que de sortir. ) * DOIGT ou doit. Ce mot se prend au figuré, dans les façons dcparler qui suivent : J’ai beau mordre mes doigts. Desr. fat. 7 . C’est-à-dire, j’ai beau me peiner, me gêner. II s’en mordra les doigts. Mol. s Ineptia-. rum illum pœnitebit. 3 C’est-à-dire , qu’il s’en repentira. Etre à quatre doigts de la mort. f Esse in vicìniíz mortis. 3 C’est-à-dire, être proche de la mort. Abl. apoph. Mon petit doigt me l’a dit. Mol. [ Viâ occultes id compert. 3 C’est à-dire , je fai la chose de quelcun. Faire toucher une chose au doigt, s Rem oculissubjiee- re. 3 C’est la faire voir clairement. Savoir une chose sur le bout du doigt. C’est la bien savoir. Donner sur les doigts à qrelcun. Ces mots au figuré , signifient reprendre & réprimander quelcun. Montrer quelcun au doigt , [ demonftrare digito. 3 Ces mots parmi nous fe prennent en mauvaise part, & veulent dire , faire remarquer une personne comme une personne infâme, ct qui mérite qu’on lui fasse honte. Avoir de F esprit au bout des doigs. [ Hahilis U aptus ad omnìa. J C’est être adroit de la main. Les doigts lui démangent. C’est- à-dire, il a envie de se batr b. Jen’enmettrohpas k doigt au feu. Pour dire,je doute de la vérité de la chose dont il s’agit. Ils font comme les deux doigts de la main. {Indìvì- dui amìcìfs C’est-à-dire, ils font bons amis. On s’en lèche les doigts. Cela se dit des bons morceaux. On n’en donne quia lèche doigt . C’est-à-dire fort peu. Quand Tom. L M m m m » aa 544 DOM on a trouvé ce qu’on cherchoit, on dit qu’on a mis le doigt dessus. [ Rem acu tetigifli. ] Les cinq doigts de la main ne se ressemblent pas. Cela se dit, pour signifier qu’il ne faut pas exiger une exacte conformité entre des personnes ou des choses. ( Faut-il que désormais à deux doigts on te montre. Et qu’on te jette au nez le scandaleux asront, Ou’une femme mal née imprime sur ton front ; Mol. ) L DOIT- Les Marchands écrivent ce mot en gros caractères fur le haut des pages à main gauche de leurs Livres de compte , qu’ils nomment le cote du débit , ou des dettes passives, opposé à celui du crédit , des dettes actives. DOITIER , s m. [ Digitale. ] Ce mot se dit du linge , ou du cuir qu’on met autour d’un doigt, loit pour y faire tenir quelque emplâtre ou pour faire quelque rude travail avec les doigts. DOL , s. m. £ Dolus. J Ce mot vient du Latin qui lignifie tromperie, mauvaise foi. 11 se dit plus au Palais que dans le langage ordinaire. ( II a fait cela par dol : le dol est visible : dol personnel : dol reel : II n’y est intervenu aucun dol ni fraude. ) D O LE ANGE , f f íQuerela, quejìus. ] Plain, te. Cris & gemissemens. (Elle fait de grandes doléances.) DOLENMENT, adv. [ Dolenter. ] Tristement. (Se plaindre dolenment. ) DOLENT, dolente. adj. [ Dolens, masius. J Triste, afligé. (11 est tout dolent. Voix triste & dolente. J’avois, Martin vivant, l’ceil gai, l’ame contente, Et je Jais maintenant ma commère, dolente. Mol. ) DOLERî t), a. [ Dolare. ] Blanchir & unir le bois avec la doloire , jusqu’à ce qu’il soit en état d’ê- tre emploie. DOLOIRE , f f. [ Dolabra. ] Outil de Tonnelier & de Charpentier , pour doser le bois. ( Cette doloire ne coupe pas, il la faut passer fur la meule. ) Petite doloire , ( dolabella. ) Les Latins l’apellent ascia. C’est un instrument dont on se sert non-sculement pour polir 1e bois , mais encore pour corroïer la chaux & 1e fable , dont on fait un mortier propre à toutes fortes d’enduits, que Vitruve apelle teHorìum. Cet Auteur dit dans 1 e second chap. de son second livre, qu’après avoir broyé & macéré 1e mortier, il faut encore se servir de f ascia, asm de 1e rendre plus propre à être étendu fur un édifice , & à être poli fur la superficie : Cum autem habita erit ratio maceratioitis, U id curiojius opérépra- paratum erit, Jumatur ascia s U quemadmodum ma- terìa dolatur , Jìc calx in lacu maceretur. Les Antiquaires expliquent difêrenment ses mots , Etsub ascia dedicavit, que l’on trouve dans plusieurs inscriptions gravées fur des tombeaux : mais il me semble qu’ils font connoìtre que 1e tombeau a été élevé simplement & fans ornemens , contre la coutume qui autorisoit la magnificence des tombeaux, quoique ses loix des douze Tables eussent défendu expressément ses dépenses superflues des pompes funèbres. DOLOIRE. [ Fascia. ] Terme de Chirurgien. Sorte de bandage simple & inégal. DOM- [ Dominus ou domnus. ] Mot Espagnol dont on sc sert en France , lorsqu’on parle de certains Religieux, comme de Chartreux, Céléstins, Bernardins & Feuillans , & c’est de même que si on disoit Monsieur. (Dom Corne est un fameux" Prédicateur , Dont Boitard est un très-bon Religieux qui a beaucoup d’el- prit & de discernement, &c. Dom Mabillon étoit le plus humble & 1 e plus savant de tous les Religieux.) DOM. On sc sert de ce mot lorsqu’on parle de quelques Seigneurs d’Efpagne. ( On ne parle aujourd’hui que de Dom Joiian d'Autriche. Dom Jean premier Roi de Castille fit revenir ses Mufarabes en Espagne. Abl. Mar. tom. z. I. c. 40. ) (S DOM de domnus. Ternie fort usité dans les siécles de la basse latinité. C’est l’abregé de Dominus , que les Auteurs de ces tems où il étoit permis de se faire un langage à fa fantaisie, donnoient à Dieu. Mr. du Gange en a reporté des exemples, & a observé que les hommes véritablement pieux & humbles ne voulant pas prendre un nom que l’on consacroit à Dieu, se contentèrent de Domnus au lieu de Domisuss. Mais DOM les gens du mònde n’en voulurent rien rabatte: ji° se conservèrent le titre de Dominus , selon la remar. que de Joanncs a Janua : les termes Domnus, Si Dont. na , ( à" ) conviennent mieux aux personnes enfer* mees dans les cloîtres , & Dominus , Domina aux eens du monde, qui ont laissé entièrement 1e Domnwzm Religieux. De Domna , nos peres firent Dame qu’ils donnoient même a Dieu , que nos anciens Poètes apellent Dame Dieu. Dans Guill. Guiar ; Si Dame Dieu n’eut A Richard mué le courage. Ils l’apellerent encore Dame Diex. Dans le Roman rie» siovîn • Grandes miracles fist. Dame Diex par lui. Depuis le régné de Constantin , on crut honorer leg Empereurs , en leur donnant 1 e titre de Dominus & aux Impératrices celui de Domina, ou de Domna en abrégé. Mais ceux qui aiment l’étude des médailles pouroient bien tomber dans l’erreur de quelques Auteurs , qui croient que dans celles qui ont été frapées sous 1e régné de Severe , & où la femme de cet Empereur est désignée par Julia Domna, ce mot est un titre donné à l’Imperatrice, fi on ne les avertissoit pas que ce terme Domna, qui est 1 e diminutif'de Do. mina , est un surnom de Julia, ensorte qu’à son égard ce n’est point un titre d’honneur & de distinction mais un second nom, suivant l’usage des Anciens' qui portoient ordinairement trois noms. Nous devons cette découverte à Mr. Spanheim : & Mr. Spon, dans fa douzième Dissertation , a suivi son sentiment, & il le confirme par une inscription bien précise. Au reste, le terme Dom n’est point Espagnol, comme quelques-uns ont cru; il est originellement Latin ; & ses Espagnols l’ont conservé pour en honorer ïes personnes distinguées par leur naissance, ou par leurs charges. Dom, dit Covarruvias dans son Trésor de la langue Castillane , Titulo honorifico que se dà al Cuvai- lero , y noble , y al conjiituido en dignitad. Peut-être que ce fut par un scrupule de Religion qu’Auguste Tibère & Trajan refusèrent le titre de Dominì , parce qu’il fignifioit une autorité égale à celle des Dieux, & une servitude dans celui qui le prononçoit : mais leurs successeurs n’aïant plus d’égard pour le peuple, fou- frirent non-seulement qu’on les honorât de ce titre, ils le recherchèrent avec soin. Aurelien en étoit fort jaloux, & ceux qui ont régné après lui, affectèrent de sc le conserver. Air. Du Cange a remarqué dans son Glossaire de la langue Gréque, que les Empereurs prenoient la qualité de Dejsote, qui revient à notre Dominus. J’ai pourtant observé que Dominus St Do - mina étoient des termes d’amitié & de tendresse entre les maris & les femmes; car il est dit dans la loi. 4. js. de aur. arg. mund. que uxorisua tejiamento ita legatum ejí Sempronia Domina mea hoc amplius argon- tum , Uv. Et Virgile à dit dans ce sens : Hi Dominam diti thalamo deducere adorti. Reinesius a recuilli plusieurs inscriptions où l’on voit: Domino filio innocentijjlmo. Domino marito sanSíijsmo. Domina conjux. DOMAINE,/ m. [Dominium.J Prononcez doméne. C’est le patrimoine roïal. 11 y a deux sortes de domaine : 1 e premier consiste aux terres & aux Seigneuries que le Roi s’est particulièrement réservées, & qui font de telle façon unies à la Couronne , qu’elles ne font qu’une même chose avec elle. L’autre forte de domaine consiste dans ses droits que doivent ses marchandises lorl’qu’elles entrent, ou qu’elles sortent par les bureaux du Roïaume. En un mot, cette derniere espèce de domaine est composée de tous les autres droits qu’on apelle roïaux St féodaux, tels que font les amortissemens, les anoblissemens, les droits d’au- beines, de bâtardises, ses droits de franefiefs, &c. ( Le domaine aliéné est rachetable. Le domaine se peut aliéner pour cause de guerre, 011 d’apanage; & quand le Roi l’aliéne, il y peut rentrer quand il sel plaît. Voïez la dessus Chopin traité du domaine, tiv. I. tit. z. & liv. 1. tit. 5. ) , (§ Le domaine direft est une espèce de seigneurie que le propriétaire sc réserve par la tradition du fonds, en vertu de laquelle le Seigneur peut directement agir fur se fonds pour exiger ses droits qu’il s’est réservez. Le domaine utile consiste dans le droit de jouir des fruits , & de tout ce que, 1? fonds peut pro- DOM duise d’utile. C’est n’est que dans la concession des fiefs que l’on reconnoìt ces deux sortes de domaines , comme Mr. d’Argentré l’a remarqué fur l’article 539. de la Coutume de Bretagne. Dans l’érection des fiefs , il y a ( dit il ) deux extrêmes corrélatifs , le Seigneur & le vassal , la supériorité & l’obéïssance ; & c’est en quoi coulisse la cenfive. Ces deux droits , directs & utiles , étant essentiellement diférens , produisent de même des engagemens dont les uns font plus forts & plus onéreux que les autres. Le vassal (dit du Moulin) est engagé plus étroitement à son Seigneur , que le Seigneur à son vassal. Quoiqu’il semble que le domaine direct ne soit qu’une pure idée qui n’a rien de réelles Docteurs disent néanmoins que le cens qui est une dépendance est onus realìjjì- mum : en éfet, il est si fort ataché au fonds, que l’on celle de le devoir, dès que l’on cesse de posseder le fonds fur lequel il est imposé. * DOMAINE. [ PoJJeJ/io. ] II se dit quelquefois en riant, & lignifie tout le bien d’une personne. (Acroître son domaine. Son domaine n’est pas grand. Qui n'a vit d’autre mer que la Marue ou la Seine , Et croit que tout finit , où finit son domaine. Racan.) DOMANIAL, domaniale, adj. [’Addominum stccla?is.~\ Qui est du domaine. Qui apartient au domaine. ( Droit domanial. ) DÔME , f. m. [ Concameratmn a dis fafiigium. ] Couverture ronde telle qu’est celle du Val-de-Grace. Couverture ronde & élevée fur le toit d’une Eglise. (Le dôme de Sorbonne est assez beau. La plupart des bâ- timens de Constantinople font faits en dômes. ) DOMESTICITE' , f f í Domesticum nomen. ) Qualité de domestique. (La domesticité est un reproche à un témoin, une cause de récusation pour un Juge. Danet. Acad. Franç. ) DOMESTIQUE ,/»».[ Domesticus. ] Ce mot comprend la femme , les enfans , les serviteurs & les servantes. 11 se plaît avec son domestique. ) DOMESTIQUE , f. m. [ Domesticus. ] Serviteur qui sert dans un logis. ( 11 est domestique. C’est un des domestiques de Monsieur un tel. ) DOMESTIQUE , adj. [ D omefticus. ] Serviteur domestique. Elle est domestique. ) * DOMESTIQUE, adj. Ç Cicur. ] Ce mot se dit aussi des animaux, & signifie aprivoisé; qu’on tient à la maison, comme les chiens & les chats. Domestique , en ce sens , est oposé kstmvage. ( II y a des animaux domestiques & des animaux sauvages. ) f DOMESTIQUE, est quelquefois opposé à étranger. Une guerre Domestique, un chagrin domestique, un exemple domestique. * DOMESTIQUEMENT, adv. [ Familiariser. ] C’est- à-dire, dans son domestique. (11 vit domestiquement.) DOMICILE, f r,t. [Domici/ium. Terme de Pratique. Logis où l’on fait fa demeure ordinaire. ( Avoir son domicile en un lieu. Elire son domicile en un lieu. Le domicile s’établit en un lieu par une demeure d’an & jour. Faire éleflion de domicile. [ AJJìgnare domicilium. ] C’est déclarer qu’on demeure en tel lieu , ou déclarer qu’on se peut adresser en ce lieu-là, pour y faire toutes les significations qu’on voudra faire à la personne qui a fait election de domicile. Af Selon les Jurisconsultes, on peut avoif deux domiciles ; & c’est suivant cette jurisprudence que Cicéron fait dire à Marcus dans son traité des Loix, liv. 2. que l’on peut avoir deux patries , une de naissance, & une autre d’élection. Par exemple ( dit-il ) Caron étant né à Tusculum , fut agrégé Citoien Romain; ainsi il étoitCitoien de Tuscule par sa naissance, & Romain par la disposition duDroit.Nous reconnoissons à présent quatre sortes de domiciles : i°. le domicile de naissance : 2°. le domicile légal : ?°. le domicile d’élection : 4°. le domicile actuel. Généralement parlant, le véritable domicile est celui que l’on établit dans un lieu où l’on fait son actuelle résidence avec fa famille & ses principaux titres & bien mobiliers. Le domicile légal, est une espèce de domicile attaché à une dignité , à un ofice , ou à un bénéfice ainsi, les Princes & les Officiers de la maison du Rôi , sont cen- sez domiciliez dans Paris & à la fuite de la Cour. DOM 645 Les Bénéficiers qui font sujets à la résidence , sont domiciliez dans la maison où le Bénéficier a acoûtu- mé de résider. Le domicile d’élection est double ; celui qu’on se choisit pour y établir sa résidence actuelle hors de fa patrie ; & celui que l’on établit dans les contrats , comme íl arrive souvent, est un domicile d’élection, mais il ne sert que pour faciliter les significations qu’ii conviendra faire, ou pour l’instructioa d’un procès , ou pour l’exécution d’un contrat ; ainsi il ne change point le domicile actuel où l’on doit faire les exploits de Justice , suivant les Ordonnances, qui exjgent qu’ils soient faits à personne , ou a domicile mais le domicile étant une fois élû, il subsiste toujours, jusqu’à ce qu’il ait été révoqué, ou jusques à la mort de celui qui l’a constitué. II faut ici observer que les dévolutaires doivent établir un domicile dans le district du Parlement où est situé le benefice. Volez les Arrêts de Mr. le Président de Lamoignon. * DOMICILE. [ Domus. ] Terme d’Astrologie. C’est un signe du Zodiaque, dans lequel on dit qu’une telle planète a plus de puissance qu’ailleurs , & y gouverne comme un maître en fa maison. (Le Soleil étant au Lion, est dans son domicile. La Lune en Cancer. Saturne au Capricorne, &c. DOMICILIE', domiciliée , adj. [ Certam babemse- dem.jj Terme de Pratique. Qui a un domicile fixe & arrêté en un lieu. (II étoit domicilié dans Rome. Patru, oraison four Archias. ) ^ DOMICILIER , se Domicilier , v. n. Terme de Pratique , qui signifie s’habituer. II n’a presque point d’usage que dans les tems formez du participe. DOMIFIER , v. a. [ Cœlum partiri duodecim m domos. ] Terme d’ Astrologie. C’est partager le ciel en douze maisons, pour dresser un terne céleste, ou un horoscope , par le moïen de six grands cercles qu’on apelle cercles de postions. (Regiomontanw a laissé dans ses ouvrages une maniéré de domifier. ) DOMINANT , dominante , adj. [ Dominans. J Qui domine: qui commande: qui est élevé : qui est supérieur. ( La passion dominante des Gentilshommes est le point d’honneur. Pasc. L 7. Un lieu dominant, c’est un lieu plus élevé qu’un autre fur lequel il commande. ) Un Fief dominant. [ Pradium dominans. J C’est un Fief qui a fous lui d’autres Fiefs qui en relèvent, il est oposé à Fief-J'ervant. Astre dominant. Volez Dominateur. ) t DOMINATEUR , f m .[ Dominator. ] Ce mot lignifie celui qui domine, régne & gouverne souverainement. Mais il se dit rarement. (Alexandre étoit le dominateur de l’Asie. ) DOMINATEUR , ou Seigneur dominant. C’est le nom que donnent les Astrologues à l’astre, qui est le plus considérable, & qui ale plus de degrez de puissance dans un horoscope. DOMINATION, st f- [Dzf/o, dominatw. ] Gouvernement souverain : pouvoir : puissance & autorité absolue. (Une rude, une fâcheuse, une cruelle, une insuportable domination. Le victorieux usurpa la domination fous le nom du Prince du Sénat. Ab L Tac. An. I. 1. Secouer le joug de la domination.) DOMINATION. [ Dominationes. J Terme à’Église. Un des ordres de la hiérarchie céleste. C’est lc quatrième ordre en commençant par les Séraphins. DOMINER , v. a. [Dominari, imperium tenere. ] Etre le maître : gouverner : maîtriser : avoir l’autori- té: avoir le pouvoir. (II veut domjner par tout ou il est. C’est lui qui domine daus le Roïaume. Sa passion le domine. Le Seigneur dominera les nations Port-Royal. Ps. 21. Dominer surtout le monde. ) " DOMINER. £ Supereminere. ] Se dit d’un lieu élevé au-dessus de plusieurs autres. ( Cette citadelle domine fur la place. Cette montagne domine fur la plaine. ) DOMINER En terme de Morale. [ Damìnari. J (La raison du sage domine sur ses pallions. ) DOMINER. Avoir quelque éclat au dessus des autres. ( Le bleu domine dans cette étose. DOMINER , en terme à’Astrologie, se dit des Astres qui dominent en certains jours. * DOMINER , v. a. [ Dominari. ] F.t son participe dominant se disent au figuré , des choses qui ont quelque avantage fur les autres. ( C’est la bile qui domine dans son tempérament. Le séné domine dans ce médicament. Le sérieux domine dans ce discours.} Mmmm ; DO- 646 DOM DOMINICAIN, s- *». [ Domìnicanus , èstanfli Dominìci familia .J Jacobin. En parlant, on n c dit guère Dominicain , & même on ne le dit pas en écrivant , (ì ce n’eft dans des discours graves & sérieux ( La grâce peut bien n’avoir plus les Dominicains pour défenseurs. Pasc. I. 2. ) DOMINICAINE , s f. C SanHi Domìnïcï monialis. ] Religieuse de l’Ordre de S. Dominique. DOMINICAL , f. m. [ Linteum dominicale , vélum capitis. J Ternie d ’HiJìoire Ecclésiastique. Linge sur lequel les femmes recevoient autrefois le corps de Jé- sus-Christ, ne pouvant le recevoir fur les mains nues. Ou bien une espèce de voile, qui leur couvroit la tête. DOMINICALE , //• Terme à’Eglise. II se dit en parlant de Prédicateur & de Prédication. ( Prêcher les Dominicales ; c’est-à-dire , les Dimanches, & prendre les textes qui sont marquez pour chaque Dimanche. [ Dominìch diebus concìonem haberest DOMINICAL, dominicale , adj. [ Dominicm. ] Terme qui sc dit en de certaines matières de piété , & qui veut dire, qui est du Seigneur. ( L’oraison Dominicale est la plus belle de toutes les prières.) La lettre Dominicale. [Littera diei dominica index. ] Terme de Chronologie & de faiseurs d’Almanacs. C’est la lettre qui marque le Dimanche durant toute une année. Votez Cicle Solaire. DOMINIQUE, f. r». [ Dominicus. ] Nom d’hom- me. (Saint Dominique est le Fondateur des Jacobins.) DOMINO, / M- [ Sacerdotale capitis tegumen- tum. J Coëfure des Prêtres pendant l’hiver. C’est une pièce de drap qui leur couvre la tête , qui leur ferre le visage , & décend jusques au dessous des épaules. DOMINOTERIE , / / C Officina chartarum tnarmorbt in morem variarum. J ( Ouvrage de dominoterie. Trafiquer de dominoterie. ) DOMINOTIER , f. m. [ Chartarum opifex mar- moris more variarum. ] Ouvrier qui fait du papier marbré , & d’autre papier de toutes sortes de couleurs, & imprimé de plusieurs sortes de figures , qu’on apel- loit autrefois domino. DOMMAGE , f. m. [ Damnum , incemmodum. ] Perte : tort. Sorte de malheur. ( Causer du dommage à quelcun : être condamné aux dépens, dommages & intérêts. ) DOMMAGE. [ Detrimentum , pernicies. J II se dit du dégât que font les bestiaux dans les blez , les vignes , les prez, &c. (Ce bétail a été trouvé endommage. Faire taxer ou estimer le dommage. ) * C’est un honnête homme, mais c’est dommage qu’il soit Auteur. C’est dommage que ce livre ait été condamné. Pasc. I. 4. DOMMAGEABLE , tidj. m. & s. f Perniciosus . ] Qui cause de la perte , ou du préjudice. ) f DOMMERIE , s. f. On donne cc nom à quelques benefices. La Dommerie d’Aubrac est d’un revenu considérable. C’est une espèce d’hôpital, où l’on reqoit les passans. DOM TABLE , adj. [ Damabilis. J Qui peut être domté. ( Encéphale n’éoit pas un cheval fort d o attable. )_ Prononcez dontable , & de même dans les mots qui suivent. $ DOMTE-VENIN , s. m. Plante dont les tiges s’é- levent à deux piez de hauteur. Sa racine est bonne contre le venin. DOM TER, v. a. f Mansuefacere , cicurare. J Ce mot se dit proprement des bêtes , & signifie rendre doux & obéissant. (Alexandre domta Encéphale.) * DOMTER. s Vincere , Juperare , domare , perdo- mare. ] Vaincre. Subjuguer. Ranger à son devoir. (Ils sont domtez par les miseres de la guerre. Vaug. Quint. L 4. Domter ses pallions. Vaug. Pos Dornter les nations les plus belliqueuses. Abl. ) * DOMTEUR, j. m. f Domitor. J Celui qui vainc : qui surmonte : qui subjugue. (Elles seront ravies de voir a leurs pies le donateur des Gaules. Voit. SZ. Hercule a été apellé le domteur des monstres. ) (^ON m. Ce mot vient du Latin donum, mtrnus , & u lignifie présent, libéralité, largesse. Tout ce que Ion donne. Chose donnée. (Un don magnifique, superbe, précieux, excélent : un don riche : un beau don : donner en pur don. DON Tu n'es point charmé des richesses, Les dons ne te peuvent tenter , £f tu n’en sçaurois accepter , Que pour en faire des largesses. Chap. ode au C^rd.'de Richel. D’un souverain pouvoir il brise les liens Du contrat qui lui fait un don de tous vos biens Mol. ) {§ J’estime plus un don qu’une reconnaissance , Qui nous donne, fait plus que qui nous récompense - Et le plus grand bonheur au mérité rendu J ' Ne fait que mus payer de ce qui mus est dû. Corn. Menteur , act. i. sc. a. DON gratuit, f m. £ Donum gratuitum. ] C’est un présent, qu’on fait de bon cœur, & fans y être contraint. ( Le Clergé de France fait tous les cinq ans un don gratuit au Roi. ) Messieurs du Cierge étant assemblez, le Roi , comme fils aîné de l’Egli- fe , Renvoie assurer par des personnes constituées ea dignité, qu’il apuiera toujours l’Eglisc, qu’il reconnoit pour fa mère spirituelle. 11 envoie à quelques jours delà, complimenter Rassemblée par ces mêmes personnes , dont Rime expose les besoins de fa Majesté • &aussi-tôt que ces Meilleurs se sont retirez, Monseigneur RArchevêque de Paris , qui préside à Rassemblée , fait voir en peu de paroles à Messieurs du Clergé l’bonnêteté du Roi, qui pouvant demander absolument , prend des détours tout à-fait civils, & dignes du vrai fils de l’Eglise ; & il conclut à ce qu’on ait à lui faire un présent raisonnable, qu’on bàtise du nom de don gratuit. On voit parles harangues de Monsieur Poucet à l’assemblée du Clergé, imprimées en 1670. chez Sébastien Cramoist , que le don gratuit que Mes. sieurs du Clergé firent en 1675. à fa Majesté , montoit à quatre millions cinq cens mille livres. Cette somme étant arrêtée, on la distribué sur tous les Bénéfices du Roïaume, & les Eclésiastiques apelient cette forte de taxe décimés extraordinaires. DON mutuel. [ Donum mutuum, donum nuptiale. J Terme de Palais. Don réciproque, c’est un acord fait par le mariage , ou durant le mariage , par le mari & la femme ; & par cet acord ils consentent que celui des deux qui survivra , jouira après la mort de l’autre de tous les biens meubles & immeubles de la personne qui sera décedée. ( Ils sc sont fait un don mutuel. Quand le don mutuel est fait par Contrat, il peut être stipulé sans retour ; mais lors qu’il est fait durant le mariage, il ne sauroit être fait que pour l’usufiuit, endant la vie du survivant seulement, en donnant onne & suffisante caution. ) DON mobil. £ Donum mobile. ] Terme de Coùtu. me. C’est une certaine portion de ia dot de la femme , dont elle fait don à son mari par le contrat de mariage. En Normandie il est ordrnairement du tiers. DON. Donum nuptiale. J Présent de nòces que l’a- cordé envoïe à la fiancée, eu considération du mariage futur. Les Grecs apelient saints dons, les simboles du Corps & du Sang de Jélus-Christ , non-sculement après, mais aussi avant la consécration. DON. [ Donativum. ] Se dit encore de la largesse que les Princes faisoient anciennement aux soldats, & du présent que le peuple faisoit au Prince à son ave- nement à l’Empire. ( Coronarium. ) DON. C Donum. J Grâce : faveur qui vient de Dieu: talent. (II y a diversité de dons spirituels, mais il n’y a qu’un même esprit. Port-Royal, Nouveau Testament. Le don de prophétie ; le don des langues, le don des miracles, &c. les dons de la nature.) DON. C Hoc habet , ou habent , ut , J Ce mot se dit quelquefois en riant; pour dire, talent. (Les petits esprits ont le don de beaucoup parler, & de ne rien dire. C’est le caractère du pauvre V.. - - ll*ia pas le don de se taire. ) DON. [ Falicitas. j Facilité. (Elle ale don de» larmes autant que femme de France. ) DONATAIRE , f m. U f. [ Donatarius. ] Terme de Palais. Celui ou celle à qui on a fait une donation. (La donation a été acceptée par le donataire. ) DONATEUR,/ m. £Dator .] Terme de Palan. Celui qui fait une donation : celui qui donne par contrat quelque chose à une personne. ( Votons ce que notre donateur a voulu faire. P air u , plaid. 5. ) DONA- DON DONATïF,/ m. [Donativum munus .2 Présens qu’on fait à quelcun. ( Cet auteur a eu mille écus du Roi, ce n’eit pas une pension , mais un donatif. ) DONATION, f f. [ Donatio, J Terme de Palais. Ce qu’on donne par contrat, ou par testament à une personne. ( La donation est bonne : donation pure & simple. Patru plaid. C’est-à-dire, une donation, qui n’a nulle condition : contester une donation : la donation porte une clause qu’il faut examiner. Patru , plaid. ;. Donation avec réserve d’usufruit : donation à cause de mort : une donation frauduleuse. Je voi ma faute aux choses qu’il me dit , Et la donation m’embarajfe l’esprit. Mol. ) DONATION:, entre-vìss. C’est une disposition de certaines choses dont le donateur se désaisit en faveur de celui à qui il donne : la donation doit être faite fiar une personne en santé, & doit être insinuée au gréfe dans le tems prescrit par l’ordonnance. DONATISTES,, s m. Hérétiques 'qui firent dans le cinquième siécle de grands ravages en Afrique, & que S. Augustin a fortement combatu. Voïez Mr. de Tillement , vie de S. Augustin. DONC, donque. [ Igjtur , ergò , itaque. ] Conjonction qui sert à conclure. L’un & l’autre se dit , mais donc est plus de prose , & donque de la poésie. On ne se doit servir de donque dans la prose, que pour rompre la mesure des périodes. ( On peut tuer pour défendre fa vie , donc on peut tuer pour défendre son honneur. Pasc. I. 7. DONC. On se sert quelquefois de ce mot pour commencer une période, & même un ouvrage de poésie. Donc un nouveau labeur à tes larmes £ «prête Malh. Poès. 1 . 2. ) DONDON,/- /• [ Pinguis , obesa, hilara mu- lier. J Jeune fille grosse & grasse, & de taille un peu ramassée. ( Une jolie dondon. ) DONGAH, f »t. Arbre qu’on trouve sur la côte de Quoia en Afrique , & dont le fruit a le goût & la figure de la noix. DONGEON , donjon , s. m.[ Turrìcula castelli ifì fafiigio posta , arck munitijsmum propugnaculum. ] Tour au milieu d’une forteresse pour servir de retraite en cas de nécessité. C’est aussi un lieu élevé au haut d’une maison, & qui est comme une espèce de petit cabinet. ( Se défendre dans le donjon. ) -j- DONILLAGE , s m. Terme de ManusaHure- C’est une mauvaise fabrication des étoles de laine , lorsqu’on n’emploïe pas des trêmes de la même qualité dans toute la longueur des pièces. $ DONILLEUX, adj. On apelle dans les1 Manufactures une piéce d’étofe donitleuse , celle qui estridée & mal unie, qui n’est pas quarrée , & d’une égale largeur. DONJONNE' , e'e, adj. f Turricalas habem. ] Terme de Blason , qui se dit d’un château ou d’une tour, quand il y a au-dessus une petite tour ou donjon qu’il faut exprimer en blasonnant. 11 y a des tours donjon- nées de deux pièces ; c’est-à-dire, qui ont des donjons les uns fur les autres. DONNER , v. a - [ Dare , ìmpertìre , largiri. ] Ce mot vient du Latin donare. II signifie, faire quelque présent, régaler par quelque présent. (II est plus digne d’un Prince de donner que de recevoir. Abl. apoph. p. 6 . Je n’ai jamais donné à chacune de mes maîtresses plus de cent pistoles, pour avoir leurs bonnes grâces. Buss, histoire amour, des Gaules. Donner tard, c’est refuser : la maniéré de donner vaut quelquefois mieux que ce que l’on donne : soiez muet quand vous donnez , & parlez quand on vous donne. Soutenez bien vos droits : Sot est celui qui donne, C est ains devers Ca’ên , que tout Normand raisonne ., Despr. ) Pf DONNER & retenir. Plusieurs Coutumes ont établi cette régie : donner U retenir ne vaut, Park , art. 27;. Ce qui est expliqué dans les deux articles suivans. II est dit dans l’article 274. que c’est donner N retenir , quand le donateur s’eft réservé la jouissance de disposer librement de la chose par lui donnée, ou qu’il demeure en pofsesion jusques au jour de son décès. Et dans l’article suivant: Ce n’est donner U retenir , quand l’on donne la propriété d’aucun héritage , retenu Á DON 647 sot l’usufruìt à vie , ou à tems , ou quand il y a clause de constitut de précaire , ss vaut telle donation. Cette régie est inconnue dans les provinces du Droit écrit. On peut donner & retenir , en vertu de la clause de précaire sous-entendué dans tous les contrats, où cette rétention est stipulée. DONNER, v. a. [ Tribuere , indulgere , dare. J Acorder. ( Donner le congé à un valet : donner un passeport à quelcun : il a donné cela à la prière de ses amis. ) DONNER, v. a. [Commodore. J Mettre quelque chose au pouvoir de quelcun. ( Donner de la marchandise à quelcun. ) DONNER , v. n. [ Dare , impensas alicujus rei face- re,Jbivere, erogare. J Régaler par quelque chose d’a. gréable. ( Donner les violons à fa maîtresse: donner la musique à un ami : donner la colation, &c. ) DONNER, v. a. [Certare, pugnare ,- dimicare , pra- liari .2 Livrer. (Donner un combat. Volt. I. Donner une sanglante bataille. Abl. Tucid. ) DONNER , v. a. [Deserere, dare. J Abandonner. (Donner une ville au pillage. Vaug. Quint. Curce. Donner un païs au pillage. Abl. Tucid. 'Donner en main propre. ) ê DONNER à la cote. C’est aler échouera terre par nécessité , ou faire naufrage par accident. DONNER , v. a. [’ Solvere rei alicujus pretium. J II se dit du prix des choses qu’on achète. ( II a donné soixante pistoles de ce cheval. Je ne donnerai que dix écus de cette marchandise. ) DONNER , v. a. [ Dare. 1 II se dit aussi des pensions , des gages , & des salaires. ( On donne mille écus d’apointement à ce Gouverneur. Je donne vingt écus pour ma pension : donner tant pour les gages d’un valet: donner vingt fols par jour à un ouvrier. ) * DONNER la vie. [ E tumulo eripere. J On dit d’un Médecin qui guérit une personne , & qui la tire d’un état où elle étoit proche de la mort, qu’il lui a donné la vie. Un ennemi qui pouvant tuer son ennemi, lui donne quartier , lui donne la vie , [ Jupplici vi- tam dat ; J c’est-à-dire, il lui laisse la vie. ^ Une bonne nouvelle donne la vie. On dit qu’on donne- roit sa vie pour obtenir une chose qu’on désire passionnément. ) DONNER. [Faste , esc. aliquem cœdere.~\ Fraper. (Donner des coups de bâton , donner fur la joué, donner un souflet , donner le fouet : donner sur /'ennemi , c’est charger l’ennemi & le batte : donner jusqu’au camp des ennemk , c’est pousser & aler jusqu’au camp : donner la chasse aux ennemk , [ hostes fugare. ] Cette maniéré de parler se dit, mais elle n’est ni fi noble , ni si usitée que pouffer U poursuivre les ennemk. ( Le vent donne contre cette porte. ) DONNER. [Tribuere , attribuere. J Juger: conjecturer. ( On ne donnerait pas cinquante ans à cet homme , qui toutefois en a près de quatre-vingts, car il est encore fort vigoureux. Les Médecins ne lui donnent plus que trois mois à vivre. On donne ce Livre à plusieurs Auteurs ; c’est-à-dire les conjectures font diférentes touchant le véritable Auteur de ce Livre. Elle donne son enfant à un tel; c’est-à-dire, elle dit qu’un tel est le père de cet enfant : donner la main à quelcun , c’est lui tendre la main pour lui aider à marcher , ou à se tirer de quelque mauvais pas : donner la main , signifie encore donner la droite, donner le pas. * Donner la main , c’est auífi donner la foi de mariage : donner la main , ou la bride, en terme de Manège , c’est lâcher la bride à un cheval ; donner les mains à quelque proposition , c’est y consentir, s’y acorder. s ignore le détail du crime qu’onvow donne, Mak un ordre est donné contre votre personne. Mol. ) $ DONNER , Terme de Jeu. C’est distribuer les cartes. On dit aussi donner de l’avantage à un Joueur plus foible. On donne quinze & .bisque à la paume. On donne dix points au piquet. $ DONNER. Terme de Chimie. Donner le feu par dégrez, donner un feu doux, un feu de chasse ; c’est apii- quer aux diverses opérations le feu qui leur convient. f DONNER les Chiens. Terme de Venerie. C’est les lâcher après la bête. DONNER. [ Dare , procurare ; copìam , facultatem providere. ] Ce mot entre dans plusieurs autres phrases. ( Cet apartement donne fur la rue , [Jpeélare locum aliquem : imminent foeo alicui. J Donner du jour à une charn- 648 DON chambre : le soleil donne des son lever a cette fenêtre : donner du talus à un rampart: donner de la pente à un canal : donner du venta un tonneau : donner à entendre, c’est faire entendre, donner à choisir, donner tout au hazard : donner tout aux aparences , c’est se laisser aler aux aparences, ne se régler que fur les aparences: donner dam une embuscade, [ m instd'uu ve- nire ] c’est-à-dire , tomber dans une embuscade : donner dans la bagatelle , dans le galimatias, &c. donner dans le sens de quelcun : donner un méchant jour aux allions des gens, c’est les faire paraître méchantes , les empoisonner. II n’est pus homme à donner là dedans s c’est-à-dire , à entrer dans ce dessein : donner dans le panneau, [ in laqueos impingere , Je inducere. ] c’est-à-dire, se laisser tromper, croire légèrement ce qu’on nous dit pour nous atraper. Il ne J'ait où donner de la tête , [ nejcit quò se vertat ; ] c’est-à- dire , il a tant d’affaires, qu’il ne fait pas comment il y travaillera , ni par où il commencera. En donner à "arder à quelcun , f phaleratis difiis aliquem ducere s ] c’est-à-dire , lui faire croire ce qui n’est pas, &c. £ Se donner à quelcun. C’est se mettre , s’attacher à son service. ± Se donner, signifie aussi se mettre sous la Domination d’un Prince. Ce Peuple secoua le joug & se donna à la France. Se donner, v. r. Donner à soi-même. Se donner de la peine , se donner du bon tems , fe donner i’honneur d’avoir fait quelque chose , fe donner de la patience. (f Depuis quelque tems, on dit : Je me suis donné telle ou telle choje. L’auteur anonime des réflexions critiques fur la langue Franqoife, a observé que cette faqon de parler s’emploie plus au sujet du superflu que du nécessaire, & que pour s’en servir à propos, il faut que la chose dont il s’agit soit plus pour la commodité ou pour Fomentent, que pour la nécessité : cependant on dit fort bien : Je me fuis donné un habit dont j’avois grand besoin. * II se donne des airs. [ Se magnifieè offert, nimiutn Jlbi usurpât. ] C eft-à-dire , il afecte de paraître noble , brave, riche, &c. S’en donner au cœur joie. [Totum se vnluptati , ge- nio mancipare, devovere. j C’est prendre d’un plaisir tout ce qu’on peut. t DONNEUR , s »>. í Dator. ] Qui donne. ( Je ne refuse pas d’étre le preneur, afin qu’il soit le donneur. Abl. Luc. II n’est pas grand donneur : Un donneur d’avis : donneur de Jêrenade. Scar. Rom. ) * DONNEUSE , f. f. [ Qua dat. ] Mot burlesque. Celle qui donne. Elle n’est pas donneuse : c’est une grande donneuse de choses qui ne lui coûtent rien. ) DONT- s A» , qua, quod. ] Ce mot fe met au lieu du génitif & de l’ablatif singulier & pluriel du pronom lequel. 11 s’emploie pour duquel, de laquelle ; dejquels, & dejquelles. ( C’est Madame , dont j’ai épousé la fille. Vaug.rem. Ce dont est pour de laquelle. L’bonnête homme, dont je vous parlai hier, c’est Monsieur. Ce dont est mis dans cet exemple, pour duquel. Les Livres dont on l'àit plus de cas , ce sont les Livres de... Ce dont est mis dans cet exemple pour dejquels. Les Belles , dont je vous parlai hier font.... Ce dont est entploïé dans cet exemple, pour dejquelles. ) Quoique ce mot, dont , vienne du Latin , tende , cependant ce ferait une faute de s’en servir dans fa signification originaire , en disant le lieu dont je viens ; il faut dire , le lieu d’où je viens. 11 faut dire , la maison d’où je sors , quand maijon est pris au sens propre, & la maison dont je sors, quand ce mot signifie race ou famille. DONTE ,sfi [ Corpus cithare. J Terme As Luthier. C’est lc corps du luth , du tuorbe, de la mandera , &c. qui est fait d’éclisses taillées & ploïées en côtes de melon , & collées fur le tasseau. DONTER. Volez Domter. í DONTFOU, f m. Espèce dc Caméléon qu’on trouve en Afrique. . t DONZELLE 1 f f. C Domina. ] Mot de mépris ; pour dire, demoiselle. Le mot de douzeUe est burlesque & ofensant. ( C’est l’humeur de la donzelle. Gomb. ép. I. i. II a quitté ía donzelle.) , 2 OORss . est une efpéce de millet d’Inde. II est detersií & apentth DOR DORADE , s.s. I Aurata. ) Poisson de mer om fréquente les rivages, & qui quelquefois entre an* étangs: la dorade a le corps large & plat, couvert d’é cailles moíennes de diverse couleur, le dos entre bl™ & noir les côtez de couleur d’argent, & l e ventre de couleur de lait, avec une queue grande & ^vêla dorade a la chair bonne fans être ni môle ni dure' Rond. La véritable dorade est apellée de ce nom à eau se de sa couleur jaunâtre , & de ses nuances dorées" qui la font passer pour l’un des plus beaux poissons dè la mer. Tachard, voyage de Siam, l. 2. p. 93. * DORADE. Terme A’Astronomie. On a donné ce nom a une constellation de sept étoilles, nui est d,t côté du Pôle Antarctique, & que nous ne votons ; a mais dans l’Europe. í DORAGE , f m. Terme de Chapelerìe C’est couvrir une grosse étofe d’une plus fine par le dehors. í DOREAS. Mousseline , ou toille de coton blanche, qui vient de Bengale. DORE', dorée, adj. [Inauratus.'] ( Bordure dorée • pâle doré : argent doré : vermeil doré. ) Sous les épis dorez tes faucilles se lassent. God. poëf. tom. 2. 1. églogue. ) * DORE', dorée, f Auratus, aureus. ] Jaune • tirant fui le jaune. ( Blond doré. ) On apelle aussi la pâtisserie dorée, lorfqu’elle est jaune , parce qu’elle a été enduite d’une composition de jaunes d’œufs & de beurre. DORE' , fe dit aussi en parlant des choses qu’on esti- me. ( Livre doré de Marc-Aurele. La Légende dorée de Jaques de Voragine. ) _ DORE', dorée , adj. Ce mot fe dit en parlant du rôti, & signifie qui a une belle couleur, qui a un certain jaune luisant & agréable , qui releve l’air & la maniéré de rôti. ( Ce chapon est bien rôti, & de la faqon qu’il est doré , il donne apetit. ) On dit encore , que bonne renommée vaut mieux qui ceinture dorée, proverbe, fondé sur une Ordonnance de Henri IV. qui défendoit de porter de Foc & de l’argent sur les habits , excepté aux femmes de joie & aux filoux : & quoi-qu’il y eut un mois de terme, cependant dès le lendemain chacun quita ses habits dorez. DORE E ,sf C Stereiu cervìnwn, fimum. ] Terme de Chaste. Les fumées des cerfs qui font jaunes. Sal. DORENAVANT, adv. [Deinde , inpolìermn.J Ce mot signifie déformais , mais il n’est pas trop usité. DORER , ©. a. [ Inaurare. ] Coucher For: apli- quer For fur les choses qu’on dore. (Dorer un quadre : dorer un livre fur tranche : dorer un plafond. ) * DORER , v. a. [ Radiis , lumine colluftrare. ] U fe dit au figuré du Soleil, & l’on dit qu’il dore les mon- tagnes , lots que les éclairant à son lever, il les fait paraître de couleur jaune. ( * Le Soleil a doré les Cieux. Voit. Pois. ) DORER. [Illinere vitello. J Terme de PatiJJler & de Boulanger. Mettre de la dorure fur un pâté. ì, Dorer un pâté, un gâteau, &c. Les Boulangers de Paris ne dorant que le pain cíe Sigovie & le pain au lait. ) * DORER la pilule, f Amara dulcedine mellïtà tem* perare. J Proverbe , pour dire , faire foufrir quelque chose de fâcheux en Fadoucissant par de belles paroles. (Le Seigneur Jupiter fait dorer la pilule. Mol.) DORER, en ternie de Marine, veut dire, espal- mer : donner le suif à un vaisseau, lui donner le flore, s Sebo ill'mere. J DOREUR, / m. s Inaurator. ] Celui qui dore. (Doreur sur cuir. Doreur sur tranche. Doreur sur boi$. Doreur sur fer, sur bronze, sur cuivre, &c. DOREUSE , f f. C Inauratoris uxor. ] Femme ou ’veu've de Doreur, qui fait travailler des compagnons. BOROIR, / m. sScopula quâ fiftorespanent ibinant.J Prononcez dorai. Terme Aç Pâtissier. Maniéré de petite brosse avec quoi on met la dorure fur la pâtisserie. (Prenez ce doroir & dorez ce pâté. ) DORIQUE , adj. [ Doricm. ] L’ordre dorique, c’est le nom du fécond des cinq ordres de l’Architectu- xe. On dit aussi colonne dorique. DOR f DORLOTER, v. a. [Aliquevt curare mollmt.j Caresser : flater : choïer. ( Elle dorlote bien son mari. M»l- L’Espareon satirique a dit de la barbe d’un Médecin en raillant : Dorlotant une longue barbe , Dont le parfum ejì de rhubarbe, De coloquinte £ opium.') f Se dorloter , v. a. [Se moliiter curare. ] Se donner toutes ses petites commoditez. Chercher avec passion ses aises. ( C’est un bon homme qui se dorlote fort.) DORMANT, part. [ Dormiens. 3 Qui dort. (Les biens lui viennent en dormant. Abl. Luc. t. i.) * DORMANT, dormante, adj. [Refis aqita. ] Ce mot se dit de seau, & signifie qui ne coule point. (Eau dormante.) DORMANT. _ [ Supercilium. ] C’est dans le haut d’u- ne porte quarrée ou cintrée une frise ou un châssis de bois ataché dans la feuillure , & qui sert de batement aux ventaux. (Dormant de croisée.) Pont dormant. [ Pons qui non movetur. ] C’est un pont qui ne se léve point. Fenêtre à verre dormant, [vitrutn non exemtile ; 3 c’est-à-dire , qui ne s’ouvre point. Serrure à pêne dormant, c’est une ferrure qui ne se ferme point toute seule , mais dont il faut pousser le pêne avec la clé. DORMANT , f. m. On dit ce mot, en pariant des Sept Dormant , qu’on prétend avoir dormi près de deux cens ans dans une caverne , depuis l’Empire de Decius jasqu’à celui de Théodose II. DORMANT, f. m. [Funes immobiles.'] Terme de Marine. 11 se dit des cordages qui font fixes, L l'on dit en ce sens , qu’entre les manœuvres , il y en a de coulantes , & d’autres qui font dormantes. DORMEUR , f tn. [ Dormitator, somniculofits.] Celui qui aime à dormir. ( C’est un grand dormeur.) DORMEUSE, f f. [ Somniculosa. j Celle qui dort beaucoup. Celle qui aime à dormir. (Une grosse dormeuse.) DORMIR -, s m. [ Somma , quiet. ] Sommeil. ( On croît que le dormir ne vaut rien après le dîné.) f Aon tjì bonus somma de prandìo. ) DORMIR, v. n. [ Dormire. ] Prendre le sommeil. Etre pris du sommeil. (Dormir un bon somme : dormir d’un leger somme. ( Dejjireaux, lutrin, f Dormir la grajj'e matinée. [ Dormire in multam diem.J Maniéré de phrase proverbiale ; pour dire , dormir beaucoup , & bien avant dans le jour. Dormir à bâtons rompus, c’est mal dormir. Voir. P os. C’esì-là que le Prélat muni d’un déjeùné, Dormoit d’un leger somme, attendant le dine. Despr.) DORMIR en lièvre, c’est dormir les yeux ouverts: dormir comme une souche. f DORMIR , v. n. [ Aqua résides. ] Ce mot se dit de Peau qui n'a point de cours, & qui repose comme celle des étangs & des marais. Et de là on dit, par maniéré de proverbe , il n'y a point de pire eau que celle qui dort. [ Morojls botninibw non eji fidendum.) Pour dire , qu’il se faut ordinairement défier des gens mornes & taciturnes, qui souvent songent à faire du mal en trahison. * DORMIR. [Desserre vìndiHam, indormiscere .] II se dit encore au figuré , de quelques autres choses qui ï’arrétent, se reposent , & cessent d’agir. ( 11 faut laisser dormir cette afaire. Elle laisse dormir la cabale. Patru , plaid, r6.) * Laisser dormir ses ressentîmens. Mémoires de Monsieur de la Rocbefoucaut. L’Ecriture sainte dit de ceux qui sont morts , qu’ils dorment, parce que la Résurrection sera comme un réveil. j (f DORMIR tout debout. Expression familière, par laquelle on explique l’extrême envie que l’on a de dormir. Elle signifie la même chose que : A’en pouvoir plia de sommeil. Etre acablé par le sommeil. Ce qui exprime parfaitement la douce tirannie du sommeil à laquelle il est quelquefois impossible de résister. Suetone nous en fournit un exemple dans la vie d’Auguste , où il dit , que cet Empereur étant sor íe point de donner une bataille, du succès de laquelle dépendoit toute fa fortune , fut contraint de céder à P envie de dormir, & s’endormit en éfet si profondé- DOS 649 ment, qu’on eut bien de la peine à réveiller pour donner le mot. ($ DORMIR pesamment. Mr. de Costar s’est servi de ce terme , pour dormir profondément „• mais je ne l ai point trouvé dans aucun autre Auteur. DORMITIF , s. m. [ Somnifer, Jbporifer, J Remède qui assoupit, qui fait dormir. $ DORONIC ROMAIN. Petite racine jaunâtre en dehors & blanche en dedans. Elle produit des feuilles semblables au plantain. On croit que cette drogue est un contrepoison mortel pour les bêtes à quatre piez. Savary. ê DORONIC. [Doronicum,] Plante dont les feuilles ressemblent à celles du Concombre. Elle croit en Suisse fur les montagnes, proche Geneve & en Savoye. Sa racine est propre contre le venin , pour fortifier le cœur , contre les palpitations & contre ies vertiges. On dit que c’est un poison pour les chiens. f DORONIC à feuilles de plantain. [ Doronicum folio plantaginU. ] Cette planté croit dans les lieux montagneux ; elle est diurétique, sodorifìque, & quelquefois un peu vomitive, DORTOIR , f m. [ Dorrnitmìum. ] Lieu du Couvent où font les cellules, & où couchent les Religieux & les Religieuses. ( On garde le silence dans le dortoir. La moiesse fait son séjour dans les dortoirs des Religieux. Dejpr.) DORURE, f f- [ Auratura.J L’or dont on a doré quelque chose. ( Une belle dorure. Cette dorure est fort bonne. Monsieur le Comte d’Oionne dit des métamorphoses en rondeaux par Monsieur d« Benserade : De ces rondeaux un livre tout nouveau, A bien des gens n’a pas eu l’art de plaire, Mais quant à moi j’en trouve tout fort beau , Papier , dorure, images , carafléres, Horsmis les vers qu’il salait laisser faire. A la Fontaine. DORURE, [Illìtus. ] Terme de Pâtisser & de Boulanger. Blancs d’œufs & jaunes d’œufs bien battis ensemble , dont on dore le dessus des pieces de pâtisserie. Cette dorure est la dorure de charriage; car pour la dorure de carême , ce n’est que des œufs de brochet détrempez avec un peu d’eau , dont on se sert pour jaunir les échaudez & les pièces de four. DOS , s. m. [ Dorsum , tergum. ] La partie de derrière le corps de Phomme , laquelle prend depuis le cou jusques aux reins. ( Avoir le dos courbe. Faire le gros dos. Porter fur son dos. Avoir les arme;sor le des. Us ont eu tout le jour la pluie fur le dos. Depuis plus d’une semaine, Je n’ai trouvé personne à qui rompre les os, La vertu de mon bras se perd dans le repos , Et je cherche quelque dos, Pour me remettre en haleine. Mol.) _ DOS. Ce mot se dit aussi des animaux, & de certaines choses inanimées. Dos de poisson , dos de cheval , &c. dos de peigne de bonis qui n’a point d» champ : dos de montagne. Vaug. Quint. I. 3 .p. ass. Le dos d un livre : le dos d’un couteau.) jfjf Monter un cheval à dos, le monter à poil ; c’est le monter fans selle. * DOS. [ Terga vertere. ] Ce mot, en parlant de l’homme , entre dans plusieurs phrases figurées & proverbiales. (Les barbares tournèrent se dos & s’enfui. rent. Abl. ret. L 3. c. 3. C’étoit fait de la pauvre Ariane, à qui Thésée avoit tourné 1 e dos. Bens. rond. C’est-à-dire, que Thésée avoit abandonné. 11 y a ass fez de ces âmes bonnes , mais fossiles qui sc feroient sacrifier pour la vérité , quand il n’y a rien à craindre, & qui sont les premières à lui tourner 1e dos & à se déclarer contre elle , dès qu’elle est ataquée. Cela ejì sur le dos du bon homme >• c’est-à-dire , le bon homme paiera cela. Batte dos U ventre , c’est-à-dire, batre fort. II a bon dos s c’est-à-dire , il portera bien cette dépense. Avoir une personne à dos, c’est-à-dire, qui nous poursuit pour nous nuire. Avoir toujours le dos au feu, & 1e ventre à table : cela se dit des débauchez.) DOS à dos , adv. Dos contre dos. ( lis étoient dos à dos. Se ranger dos à dos. On dit mettre ses gens dos à dos, quand dans un acommodement ils n’ont point emporté d’avantage Fun fur l’autre.) Tarn. L N n n n DOS. 6 50 DOT DOS-D’âNE, s. m. C’est un corps qui a deux fur- faces inclinées l’une vers l’autre , & qui aboutissent en angle. Les bouchers se servent d’une espece de machine qui a cotte forme , & qu’ils apellent. un dos âne. ( Le dos d’âne est sale. Ratisser, neteíer le tlos-d’âne.) , ,, . . DOS-D’âNE. En terme de Manne. L est une ouverture en forme de demi cercle que l’on fait à quelques vaisseaux pour couvrir le passage du bout de la manivelle. , „ ^ En dos-d’àne. Terme de Jardinier. On dit ces mots, quand on relève la terre dans un endroit de telle maniéré qu’elle panche de deux cotez, aíin que les eaux se puissent écouler. On voit la terre faite en dos-d’âne fur le glacis des fortifications, vis-à-vis des angles saillans. fg DOS est souvent emploie au figure ; mais peut- m dire : Avec ce grand, capitaine Efos plut braves cambatam Couvrent le dos de ta plaine Sous mille drapeaux jlotans. C’est' Mr. Sarrazin qui parle : mais j’ai de la peine à lui passer le dos de la plaine. DOSE , f. /• [ Medica potionis modus. ] Terme d’Apoticaire. La quantité de quelque drogue , ou d’autre pareille chose qu’il faut pour quelque remède. ( 11 faut mettre la dose. La dose y est juste : doubler la dose.) , * DOSE, f. f. Ce mot au figure, est comique. (Par exemple , son teint avoit doublé la dose de son incarnat naturel. Scar. Précaution inutile ; c’est-à-dire, qu’elle avoit le teint plus vermeil qu’elle ne l’avoit d’ordinaire. Quand il survient des personnes à un repas , il faut doubler la dose.) DOSER, v. a. [Potionem medicam temperare. j] Terme d ’Apoticaire & de Médecin. C’est mettre la dose prescrite. (Doser une Médecine. II faut bien doser les remèdes.) DOSSE , f- /• C Materies. ] Terme de Maçon. Grosse planche , dont on se sert pour soûtenir des terres , & autres ouvrages, lorsqu’on travaille aux mines. DOSSERET , f m. [ EreRa fujientando camini fiiraculo pila. ] C’est le petit exhaussement du mur de pignon , ou face avec ailes pour retenir une souche de cheminée. f DOSSES. Les Charpentiers apellent dofses , des planches qui font sciées d’un côté , & qui de l’autre ont presque toujours l’écorce de l’arbre. DOSSIER, f. m. f Scamnum compagìbus injlru - Rum. ] La partie de la chaise, contre quoi on s’apuïe le dos lorsqu’on est a fils. ( Un dossier de chaise trop das. ) DOSSIER de hôte. [ Sporta pars plana , qua dorfo in- «umbit. ] Terme de Vanier. La partie de la note, qui pose sur le dos de celui qui la porte. DOSSIER de lit. [ LeRi dorj'um. J Ce font deux ais qui s’acrochent aux deux colonnes de la tête du lit, & contre lesquels pose le chevet. DOSSIER de serge. Serge qu’on met à la tête du lit par dedans. DOSSIER. fFasciculus. ] Terme de Pratique. Plusieurs papiers , fur le premier defquels le Procureur met le nom des parties. DOSSIER. [ Pars illâ currus , cui dorsum nititur. ] Terme dc Sellìer-Carïojjìer. Fond de carrosse, contre quoi on s’apuie le dos. Les Selliers disent doffìer , les honnêtes gens fond. ( Garnir un doílìer de carosse. H DOSSIER. Terme d’Anatomie. On apelle grand dossier, ou grateeul, un des muscles qui font mouvoir le bras en bas. DOSSIE’RE j f. f. Terme de Bourrelier & de Cbar - tier. Morceau de cuir large & épais qu’on met fur la selle du cheval de limon, & dans quoi entrent les limons pour les tenir en état. DOTAL, ALE , adj. [ Botalis. I Qui apartient à la dote. DOTE , dot, f. f. [ Dos. ] La plupart écrivent ce mot fans e final, mais d’autres croient que ne le pouvant prononcer fans e , il y en faut nécessairement mettre un en 1 écrivant. Je ferois volontiers, dulen- timent de ces derniers , fans néanmoins condamner eeux qui en uferoient autrement. La dote est ce qu’on DOU donne en mariage à une fille. (Une dote avantageuse Patru, plaid. 16. p. z;6.) Mrs. de l’Académie écrivent dot fans e. Si bien que ce matin aiant sçu qu! à des filles, Qui doivent leur naissance a d’bonnêtes familles Crésus donne une dot pour les bien allier, ’ Je vous en offre deux prêtes à marier. Eours. Esope. DOTER , r*, a. [ Botare. J Donner en mariage à une fille une somme d’argent, ou autre chose. (Do. ter une fille. ) Ce terme s’aplique aussi aux Religieu- ses qu’on dote, lorsqu’elles font profession dans un monastère , ce qui est contre la défense des anciens canons. D’OU, adv. [ Un de. ] De quel lieu : de que! endroit. (D’où venez-vous? D’où vous font ces atraits venus. Voit. P os.) DOùAIRE , s. m. t UsusfruRusJ Pension viagère que le mari donne après fa mort à fa femme. ( Un gros douaire : assigner le douaire à une femme: une femme qui fe remarie dans l’an du deuil, ou qui pèche contre son honneur, perd son douaire. Le Mât. plaid.) 11 y a des femmes qui font du mariage un commerce d’intérët , qui ne se marient que pour gagner des douaires , & pour s’enrichir de la dépouille de leurs maris. Mol. {f DOiiAIRE. C’est une portion des biens du mari , laquelle est fixée ou par la Coutume, ou par le contrat de mariage , pour en jouir en cas que la femme survive à son mari, ou en propriété, ou en usufruit , suivant la disposition de la Coutume, ou la stipulation des parties. 11 y a deux fortes de douaires, le coutumier , & le préfix, ou conventionnel. Le premier est réglé diferemment par les Coutumes. Selon la Coutume de Paris, art. 248- le douaire coutumier ejl de la moitié des héritages que le mari tient gf pofj'ede au jour des épousailles & benedìRion nuptiale, b de la moitié des héritages qui depuis la consomma - t ion du mariage, pendant icelui, lui échéent U ad- s ûennent en ligne direRe. La Coutume de Normandie, art. 567. le fait consister dans le tiers de l’usufruit des mêmes biens. Celle de Touraine, art. 526. met une diference essentielle entre les nobles & les roturiers ; & à l’égard des premiers, elle adjuge le douaire fur tous les biens du mari, de quelque côté qu’ils lui soient échus ; & quant à la femme roturière , elle a la moitié des choses roturières , tierce partie des ebofes nobles échues en tierce foi. Ainsi des autres Coutumes. Le douaire conventionnel ou préfix dépend de la volonté des parties , qui peuvent augmenter ou diminuer le coutumier suivant les articles 257. & 26?. de laCoûtume de Paris. Le douaire tient lieu d’alimens à la veuve , laquelle a droit de demander à Fhéritier de son mari ses alimens pendant la premiere annee de son veuvage ; parce que, suivant la Loi Romaine observée dans plusieurs Provinces, la veuve ne peut agir pour la répétition de fa dot qu’après la premiere année du décès de son mari expiree. Régulièrement le douaire est viager , & s’éteint par la mort de la veuve, laquelle jouit fous fa caution juratoire, ji elle ne passe pas à de secondes noces : mais f ek convole en autre mariage , fera ternie bailler bonne Q suffisante caution. Paris, art. 2 64. La femme a m- poteque fur les biens de son mari, du jour du contrat de mariage. Le douaire est dû , quoique la femme n’ait point aporté de dot à son mari. II est ™ ™ droit & par la Coutume , fans stipulation. Paris, art. 247. La femme ne peut pas demander son douaire dans le cas de la mort civile du mari. Pour un plus ample éclaircissement de cette matière, voïez le Traité du douaire de Mr. Philippe de Rcnujson, N l eS teurs coutumiers. DOUAIRIER , f m. [ Filius qui negleM ben- ditate paternâ , concejfam matri bonorum paternoìunt partem Jlbi vindicat.'} Terme de Palais, qui fe dit des enfans qui ont renoncé à la succession de leut père, & qui se tiennent au douaire de leur mere. ( Un enfant ne peut être héritier & douanier tout ensemble selon la Coutume.) DOUAIRIE'RE , f f. [Millier vidua, euiusmjruc- tus bonorum mariti concefi'us es. J Ce mot se dit ues Dame* de grande qualité , & signifie .celle qui a un * m » o - douane. DOIT douaire, ( Jamais Madame la Douairière de Rohan ne leur a dit un seul mot. Patru , plaid, a.) DOUANE, s f [ Portorium. ] Droit que païent les Marchands pour les marchandises , qu’ils font entrer dans un Roïaume, ou qu’ils font sortir du Roïau- me. (Païer la douane.) DOUANE , s. f- Ce mot signifie aussi le bureau, où les Marchands qui transportent de la marchandise, sont obligez de décharger & de déclarer leurs marchandises , & où ils païent ce qu’elles doivent par ba- lot, par paquet, ou par livre. Aussi-tôt, lorsque ces marchandises doivent être transportées , on met le plomb du Roi aux balots ; & on donne un aquit au Marchand, afin de passer librement par tous les bureaux du Roïaume. 11 elì libre aux Commis de la Douane de visiter les marchandises qu’on y décharge , & ces marchandises font confisquées si on trouve qu’il y en ait plus que le Marchand n’en a déclaré. De toutes les marchandises qu’on décharge à la Douane , il n’y a que les Livres qui ne païent rien. (Aler à la Douane. Porter la marchandise à la Douane. Faire sa déclaration à la Douane des marchandises qu’on transporte.) DOUANE. C Vefíigal. ] Se dit aussi du droit que païent les marchandises. ( On a confisqué ces étofes faute d’avoir païé la Douane. II se dit aussi droits qui se lèvent par l’ordonnance des Juges.) DOUANE de Lyon. Terme de Fermier du Roi. C’cst un impôt fur les draps d’or, d’argent, de foie, de Moselle, de passement , de canetille ; & autres semblables ouvrages qui viennent d’Espagne & d’Ita- lie, & qui entrent en France. ( Cet impôt fut établi, selon quelques-uns , fous le régne de Louis XI. & selon d’autres , fous celui de Charles IX. ( II est apel- lé Douane de Lyon parce qu’il se paie à Lyon , où il faut que passent ces fortes de draps. Voïez le traité des Aides U des Gabelles de Du Croc Avocat au Conseil. DOUANIER, s. m. [ Publìcanus. J Fermier ou Commis de la Douane qui visite les marchandises, & requit les deniers qu’elles doivent païer aux Douanes. DOUBLAGE , f m. [ H avis duplis ajferibus ìn- Jirucía. ] Terme de Marine. C’est un second bordage ou revêtement de planches , qu’on met par dehors aux vaisseaux, particulièrement à ceux qui vont vers la ligne, pour les conserver & empêcher que les vers ne les criblent. DOUBLAGE. C VeHigal duplicatum .J En matière de Êefs se dit du double des devoirs que les sujets font tenus de païer à leur Seigneur en certaines ocasions, somme quand il est fait prisonnier en juste guerre, &c. DOUBLE , f ra. [ Sexta pars ajjìs. ] Petite piece sonde qui est de cuivre, qui porte d’un côté la figure du Roi de France & de l’autre trois fleurs de lis, L qui fait la sixième partie du fou. DOUBLE , / m. [ Duplex , duplicatas. ] Une fois autant, la moitié plus. (Demander le double de ce qu’il faut. Païer le double de ce qu’on doit.) DOUBLE , f m. £ Apographum. ] Copie d’un écrit. (Le double d’un écrit.) Au double , adv. [ Duplicatè. ] Doublement: une fois autant ( Soit qu’on lui fît du mal ou du bien, il le vouloit rendre au double. Abl. ret. L a. c. 9. Païer au double. Voìt. I. 4;.) DOUBLE, adj. [ Keplicatus. J Qui est plie en deux. (Linge double : Serviette double.) En double , adv. En deux. (Mettre un linge en double.) £ Replie are. ] DOUBLE, adj. £ Duplex, duplicatas .] Qui augmente une fois autant en valeur, ou qui double en grosseur. (Une double pistole : double paie. * Paroles à double sens : un bastion double : la plupart des organes des sens font doubles : une double porte : il a un double intérêt dans cette afaire. Une serrure à double tour. C’est une serrure où il faut tourner deux fois la clé. Une fête double. C’est un jour où deux Fêtes se rencontrent ensemble : Un chifre à double dé : une fièvre double tierce , double quarte.) DOUBLE , s. m. C’est le prémier des quatre ventricules dans les animaux qui ruminent , & qu’on apelle la pense. DOUBLE, s’emploie encore en plusieurs autres ocasions. Double bidet £ Mannus elatior. ] Celui qui est de plus haute taille que les ordinaires. Doublé carte, DOU 651 en terme de Lansquenet , celle qui est déja venue deux fois ; & au figuré, de ceux qui ont des avantages que les autres n’ont point. II a la: faveur des Ministres , il joué fur carte double. Double paie , [ duplicarim, J Ofi- cier qui a deux païes. Jouer à quitte ou à double, parlant d’un libertin qui met tout au hazard. * DOUBLE , adj. £ Homo bilinguis, fiflus , duplex , ■stmulatus. J Fourbe, trompeur. (Seigneur, délivrez mon ame des langues doubles & trompeuses. Port- Royal, Psaume 119. Ah ! traître , scélérat, ame double & sans foi. Mol.) DOUBLE AU. En ArcbìteHure. £ Arcus majores.) C’est l’épithéte qu’on donne aux premiers arcs qui forment les voûtes, d’un pilier à l’autre. En Cbarpen. terie , £ tigna. ] Ce font des solives pour faire des planchers. DOUBLE feuille , f f. £ Bifolium. ] Plante qui n’a qu’une tige ronde & lisse , qui ne produit que deux feuilles l’une vis-à-vis de l’autre. $ DOUBLE feuille. £ Ophris.) Plante dont il y a deux efpeces. L’une & l’autre croissent aux lieux humides & marécageux. Elles font vulnéraires , consolidantes propres pour les playes. Leurs racines font deteríives. DOUBLEMENT, f. m. £ Duplum , duplicatio. J L’a- ction de doubler. 11 est en usage en termes de Finances & d ’enchere. On le dit aussi en terme dévolution militaire. (Le doublement fe fait par rangs ou par files.) DOUBLEMENT, adv. [ Dupliciter, duplicatè. J Att double une fois autant qu’il faloit (II a été doublement récompensé. Abl.) DOUBLER , v. a. £ Duplicare. ] Mettre une fois autant. (Doubler la paie aux Soldats. AbUmcourt . Doubler la garde , doubler la dose, doubler le pas, c'efi aler plus vite.) JS DOUBLER est quelquefois un verbe neutre; ainsi Voiture a été justement repris d’avoir dit : Tandis qu’ils vont doublant mes peines amoureuses, II n’en est pas de même de redoubler ; on peut dire, redoubler Jes peines. 11 est vrai que l’on dit , doubler les rangs , doubler un cap , doubler un habit , doubler le nombre. Quelques-uns doutent que l’on puisse dire, doubler le pas ; cependant cette locution est fort en usage : mais on ne dit point ,doubler 1e mal de quelcun i aussi Voiture semble s’être corrigé dans un autre endroit : Le feu par l’eau faiblement combatu, Croissant sa force au lieu d’être abatu,, Va redoublant la chaleur ordinaire D’un beuveur d’eau. Chevreau, œuvres mêlées. DOUBLER. £ Vefli alìurn pannum intus affuere. j Mettre une étofe fur une autre, la coudre à celle fur laquelle on la met. ( Doubler un juste-au-corps d’unc bonne ratine. II porte un manteau doublé de panne.) On dit aussi, doubler un vaisseau. C’est lui donner un doublage, ou revêtement de planches. DOUBLER. £Angere , ampliare, multiplicare.) Multiplier. Augmenter le nombre. ( Cela double à l’infì- ni, doubler le laquais. Sar. Poèf.) DOUBLER. £ Promontorium aliquod prxtervehì. J Terme de Mer. (Doubler un cap. Abl.) f DOUBLER une bille. Terme de jeu de Billard. C’est quand en faisant toucher la bille contre un des bords du Billard , oh la fait revenir plus près du bord opposé. P On dit aussi au jeu dè Paume, que la balle a double , quand elle a touché deux fois îa terre. Et alors doubler est neutre. £jf DOUBLER des rênes. Cheval qui double des rênes, c’est-à-dire, qui faute plusieurs fois de fuite pour jeter le cavalier à bas. DOUBLET, f. m. £ Tefferarum jaéhss tadem ìn duo- bus tejferis pmaa referens. J Terme de Jeu de dez « C’est lors qu'avec les dèz on amene quatre, & que chaque dé a deux points, DOUBLET, f m. £ Adulterina gemma è cryflallo colorait!, J Fausse pierrerie faite de cristaux. f DOUBLETTE. C’est un des jeux de l’orgue. DOUBLON , f. ni. [ Duplex aureus nummus. J Cc mot ne se dit plus guére. 11 signifie une pistole d’£à fpagne. Ma foi , ils font beaux U bens^ ~ Vos doublons. CatholiC. d’Êlp. Tom. L Nnnis » SOU- 6;s DOU DOUBLON, m. [ Iteratio supenacanea. ] Terme d’ Imprimeur. Faute du Compositeur, qui compose deux fois les mêmes' mots. DOUBLURE , s.s. [ AjfuUts , ajsuendm vesti intits pannus. ] Tout ce qui sert à doubler une étofe, ou quelque autre chose. (Doublure fort bonne pour l’hiver.) f * Fin contre fin n’ejf pas bon pour faire doublure . [ Veteratores duo vix se ìntervertunt. ] Sorte de proverbe, qui veut dire, que deux personnes également habiles ont de la peine à se tromper l’une & l’autre. DOUÇAIN, s nu Sorte de pommier qui apro- che fort de celui de Paradis. DOUçâTRE, ou douceâtre , adj. [ Subdulcis, dulci- eulus. J Qui est un peu doux : qui a une douceur fade & insipide. (Fruit douçâtre.) DOUCEMENT, á Voïez Doux. f DOUCERETTE , f f. [ Blandicella. J Ce mot est burlesque , & se dit en parlant de fille qui contrefait la douce, la fille sage & moderce. (Vous faites la doucerette. Mol. tart. a. i.sc. i.) DOUCETTE. [ Campanula arvenfis erefía. ] Sorte de petite herbe qu’on mange en salade. DOUCEREUX, doucereuse , adj. s Fu/ciculuí. ] Qui n’a pas un goût agréable: qui n’a rien qui réveille íe goût. (Vin fade & doucereux. Best. fat. 3 .) DOUCEREUX , s. m. [ Blandìculus , blandicellus, blandiloquus. ] Qui fait le beau auprès des Dames, qui leur dit des fleurettes. (Faire le doucereux. II se dit aussi du langage : stile doucereux : des vers doucereux. Ces doucereux Renauds, ces insensez Rolands. Bestr. DOUCEUR , s s [ Bulcedo , suavité. 3 Saveur douce. (La douceur du sucre, du miel, des fruits, &c. DOUCEUR, s. f. [ Lenita :, siiavitas.fj 11 se dit aussi des odeurs , de la voix, de la peau, &c. DOUCEUR, s.s. ZMo.nsuciudo , knitudo , humanì - îas, demmtia. 3 Vertu qui modère la colère. Certain procédé. doux & modéré. ( Aimer la douceur. Elle a une grande douceur , la douceur du gouvernement; la douceur de sesprit fait Fagrément de la conversation. ( On ramène les gens par la douceur.) DOUCEUR. £Suavitas , meunditas. J Plaisir, commodité , aises. ( Le feu, l’hiver , est une des douceurs de la vie : chercher les douceurs de la vie. Sur le soir , le blond bimenée , J)e ses cbajìes douceurs couronna la fournie. Perr. griselidis.) DOUCEUR. Petites friandises : quelque chose qui «commode , qui satisfait, qui réjouit. ( Quand il va voir fa mère, il en a toûjours quelque petite douceur. Aimer les douceurs.) DOUCEUR. [Fruclus , utilisai, conmodns.fi Petit profit qu’on donne à qneleun pour reconnaître la peine qu’il a prise. ( Faites cela, il y aura quelque petite douceur pour vous.) DOUCEUR. £ Blanditiie , Hkcebra, lénocìnia. J Cc mot pour dire, des cajoleries amoureuses , des paroles galantes de quelque amant , n’a ordinairement point de singulier. (Dire des douceurs aux belles. Sar. Nouv. Ecouter des douceurs. Aler à F abri dune perruque blende, I)s ses froides douceurs fatiguer touí k monde. Despr.) Dire des douceurs. C’est une expression fort commune & fort aprouvée. Mr. Chevreau croie, dans ses observations fur Malherbe , qu’elle vient du Latin, Aul- cia verba loqui s dicere blanditím. Publius Syrus a dit : Dulcibus est ver bis mollis altndus amor. Ovide est rempli de ces expressions, & nos anciens Poètes s’en font servi dans le même sent. Alain Charnier , au livre des quatre Dames : Bleux les paroles Et leurs grands menteries folles, Leurs decevans blandices molles, Moult ay deprìfé tels frivoles. DOUCHE, f f. C Aqust calida infusto tn malt af- feflam corpork partem. ] Donner la douche; c'est-à- dire , épancher des eaux minérales fur la partie malade. La douche se fait sur la tête. DOUCÍNE , f f. C Cymatium.i Terme $ Architecte. sorte de moulure. Voïez Cimaise. DOU DOUE', douée, adj. l Ornatw , pradltus, -à- Elus ] 11 signifie qut a , & le dit d’ordinaire en louant & dans un stile noble. ( II est doué de mille belle, qualitez : mais on n’en doit pas user trop fréouem ment, puisqu’il y a tant d’autres tours. On sc sc î aussi de doue en riant. (N... est doué d’un vilain corps & d une vilaine ame.) DOUELLE , f _f. F Sefli in cuneum lapides.'] Ter. me de Jríaçon. 11 se dit de la coupe des pierres pro prés à faire des voûtes. ( Douelle intérieure, douelle" exterieure.) DOUER , v. a. [ Ufumfrufium partis bonorum ma. rìti uxori afjìgnare .] Terme de Pratique. Plusieurs n’aprouvent pas ce mot de douer , & disent qu’il a vieilli, & qu’en fa place on dit , afilgner un douaire à une femme. ( II a donné mille écus de douaire à fa femme.) Mais quoique ces façons de parler soient bonnes , on ne doit pas condamner tout-a-fait douer dont on se sert encore quelquefois au barreau. * DOUILLE , f f. [ Tubulus ferrent quo pars bajìa prafigitur.i Fer qui est au talon de la pique. (La douille du talon de la pique est défaite.) DOUILLE, J. f. Terme d Arquebusier. Fer creux au bout de la baguette , dans lequel on met le tireboure. DOUILLE , f. f. Terme de Jardinier. C’est 1s trou d’un outil de fer, dans lequel on met une manche de bois. ( Mettre le manche dans la douille.) t DOUILLET, douillette , adj. [ Mollis , rmlìicu. lus, delicatuf, delicatulus.] Délicat: qui ne peut souffrir la moindre incommodité. ( C’est un petit douillet. Elle'est douillette. L’amour propre est douillet & mi- gnard, il est fort mal-aisé à satisfaire. Fstrit.) DQUILLE'TEMENT, adv. [ Delicatè .] D’une manié, xe douillete , ou fur quelque chose de douillet. (Etre couhé douillétement.) H DOULEBSAIS , OU MaOemolles. Espece de Mousseline qui vient de Bengale. DOULEUR , f. fi [ Bolor. ] Sentiment douloureux. Mal qui vient de quelque incommodité. (Avoir une grande douleur dc tête. Cela me fait une douleur sort sensible.) DOULEUR , f f. s Mur or. ] Affliction d’esprit. ( Avoir une grande douleur. Abatu de douleur. Aca- blé de douleur. Se laistcr aler à la douleur. S’aban- donner à la douleur. Ablf) DOULOUREUSEMENT, adj. [ Acerbe .] Tristement. (Se plaindre douloureusement.) DOULOIR. Vieux mot, qui signifie se plaindre. DOULOUREUX, douloureuse t adj. [Acerbut , doh. rem creans , ajferens .] Qui cause de la douleur. Atìi- geant. Mal douloureux. Plaie douloureuse. (II n’y a rien de fi douloureux que cette séparation éternelle, que la mort met entre nous & nos amis. Pat. Lot. 4 . à O’inde.) DOUTE , f m. f Bubitath , btfitatio. ] Incertitude qu’on a fur quelque chose, qui empêche qu’on ne se détermine. Irrésolution d’esprit. _( Eclaircir un doute. Ablanc. 11 est en doute, s’il ira > ou n’i- ra pas à Vannée.) Le Père Bouhours a propose plusieurs doutes fur la langue Françoise. DOUTE, f. m. [ Bubitatio. ) C’est une figure de Réthorìque , par laquelle on témoigne de douter si on fera, ou ne fera point une chose ; ou lì une chose est Liste , ou ne l’est pas. ( Hélas ! s’écria-t’ elle , au fort de ma miféte, Quel projet déformais me reste-t’il à faire ?) 1 Sans doute. [ Sine dubio , indubitatè.] Façon dc parler adverbiale, qui signifiehors de doute certainement. DOUTE'. Vieux mot , pour redouté. II est dit dans la vie de Bertrand du Guesclin : dont. estait Capitaine Robert de Blanboure , Chevalier Anglais , qui moult estait doubté. DOUTER, V. ». ZBubitare.i Etre en doute. Etre incertain. (Douter des véritezChrétiennes. Je ne doute point qu’il ne vienne bien-tòt. Prens alors le milieu que doit prendre un Chrétien, Entre douter de tout, £•? ne douter de rien. Vill.) Se douter, v. a. [Susticari, ppafentire.fi Ce mot douter, avec le pronom Je, signifie soupçonner. Prel- sentir. Prévoir. ( Je me doutois bien de cela. II ne se doutait de rien. II est venu fans qu’on s’en doutât. ) DOU ÛOUTEUSEMEKT, adv. [Ambiguë, încertè, dubiè."} D’une maniéré douteuse : d’une façon incertaine. (On sait fi douteusement ce qu’on sait, que j’aime presque autant ne rien savoir. Mademoiselle de Scuderi , conversation de Cenvie. On parle fort douteusement de cette afaire. Les gens de bonne foi devroient traiter douteusement des choses douteuses. Cb. de Meré.) DOUTEUX , douteuse , adj. f lncertm , ambiguus, anceps. J Incertain. Sur quoi on ne doit point s’at sûrer. ( Evénement fort douteux. Réponse douteuse.) DOUTEUX, douteuse. £ Dublin, anceps.] Terme de Grammaire. Qui est du genre masculin & féminin. (Un nom qui est du genre douteux.) $ DOUTIS- Toiles blanches de coton qu’on aporte de Surate* DOUVAIN if nt. [Ligmm ex quo doliorum lamina comparantur. 3 Terme de Marchand de bois. Piéce de bois propre à faire des douves de tonneau. (Le milier de douvain Vaut tant.) DOUVE, f /• _ [DoliarU ajjer , dolii lamina .']jTerme de Tonnelier. Petit ais dolé , qui aide à faire le corps de la futaille , & qui prend depuis le haut jusques au bas. (Mettre une douve à un muid.) DOUVE, f. f. Terme de Tonnelier. Les douves font les longues pièces disposées en rond, qui forment le corps du tonneau , & qu’on fait tenir ensemble avec des cercles. DOUVE , /. f. C Fojja casieìli. 3 Ce mot se dit, pour signifier le fossé d’un Château. DOUVE , f. fi s Ranunculus longifolim paìufiris mi - mr. 3 C’est aussi une herbe qui croît dans lés prez, & qui fait mourir les moutons qui en mangent, ( Les douves ne se digèrent point dans l’estomac des moutons. DOUX, douce , adj. f Mollis , lenis , suavk, blan- à, tener , gratus. 3 Qui a de la douceur : qui n’a rien d’aigre ni de salé. (Vin doux : citron doux: doux comme du sucre, ou du miel : eau douce , sauce douce.) On dit d’une odeur qu’elle est douce 5 {Jiuwis: ] & d’une personne qu’elle a l’haleine douce. On dit, peau douce , [ mollis ; 3 c’est-à-dire , qui n’a rien de rude au toucher. A l’égard des sons , on dit, un son doux, une voix douce. De doux acords. Une flûte douce. Une douce harmonie. Le doux murmure des eaux.  l’égard de la vûë, l’on dit une couleur douce. Des yeux doux, [amatoriì ocutí,J c’est-à-dire, qui n’ont rien de rude, mais qui font tendres & amoureux. Et de là on dit: Faire les yeux doux à quelque personne i c’est-à-dire, lui faire l’amour. f Eau douce. C’estl’eau des rivières, des lacs, des fontaines , par oposition à Peau de la mer qui est salée , poisson d’eau douce. f Onapelle, Médecin $ eau douce, un Médecin qui réordonne que des remedeS qui n’ont aucune vertu. Un chemin doux. s Via facilis. 3 C’est-à-dire , aisé, parce qu’il est uni, & qu’il n’y a çoint de peine à y marcher. Une pente douce ; c’est-à-dire , insensible, & par laquelle on décend, ou monte aisément, ou peu à peu. Le fer doux. [ Ferrum molle. ] Est oposé à celui qu’on apelle aigre , qui est plus cassant. On le dit aussi de l’étain , du cuivre & du laiton. Le vin doux. C Mujìum temperatum. 3 C’est celui qui n’a point bouilli, ou qui a conservé sa douceur. Une médecine douce. [Remedium anodynum.] C’est- à-dire , qui fait son opération fans tourmenter le malade , & fans lui donner des tranchées. Une taitte-douce. [ Imago in are cxlata , exprejsa. ] C’est une image tirée fur une planche de métal gravée avec le burin. Un cheval ales alures douces, quand il ne secoue point celui qui le monte. Un carosse ejî doux, quand il est bien suspendu , & qu’il ne secoué pas ceux qui font dedans. Un air doux, un climat doux, un tems doux , un vent doux, une pltíie douce i c’est-à-dire , qui ont une chaleur modérée, & qui font tempérez. * DOUX , douce, f Placidm, mansuetw, comìs, ur- banrn , clemens, humanus. 3 Paisible. Qui a une humeur qui n’a rien d’emporté. Modéré. C’est un esprit fort doux & fort honnête. Elle a l’humeur la plus douce du monde. Esprit doux. Mener une vie douce. Un gouvernement doux. II est doux comme un agneau. DOU 6;z Ces ainsi qtdune femme en doux amusémens, Sait du tems qui ienvole emploier les momens, Despr.) DOUX, [_Elucidas , jucundus. ] C’est-à-dire, ubc chose douce. (11 est doux de vivre en liberté,) DOUX , adv. s Tenté , moderatè. J Doucement. ( Tout doux, n’allez pas si vîte. Filer doux, c’est être humble & soumis devant un plus fort que foi.) * DOUX , douce , adj. [ Blandus. 3 Calant, amoureux. (Billet doux. Mol.') DOUCEMENT, adv. [Tacite , leniter , lente.J Sans bruit. Sans parler haut. Sans précipitation. Sans se hâter. (Vivre doucement. Voit. pois. Marcher doucement, Doucement, si elle venoit à nous entendre. Mol. Eleuve qui coule doucement. Vaug, Quint. I. DOUCEMENT, adv. [ Humaniter, leniter, placidé, tranquillè, pacatè , suaviter , quietè , moderato.] Sans emportement. Sans rudesse. Sans murmure. D’une maniéré qui ne soit pas rude , mais douce & honnête. (Doucement, tien, voila pour le soufiet. Me* Itère, précieuses. Soufrez doucement, que libre déformais je parle franchement. Volt. pois Recevoir doucement une réprimande. Voit , l, »<;.) 0 On se sert souvent de doucement fans réflexion. Je ne puis m’empêcher de transcrire ici la Remarque du P. Bouhours, pag. iF6. de ses Remarques fur la langue Françoise, ,, Doucement signifie quelquefois ,, lentement, quelquefois , avec douceur, R d’une ,, maniéré qui ria rien d’aigre ni de rude. Quand ,, parler ne se raporte point à une personne, c’est- „ à-dire , quand on ne parle point pour marquer à „ un autre ce qu’on a dans le cœur, doucement a le ,, premier sens : IIparle doucementparlez doucement, ,, dít-on à une personne qui parle trop vîte. Mais ,, quand parler est relatif, doucement a le second sens, „ & signifie sans aigreur , fans emportement, avec „ douceur, avec modération. Quelque sujet que f eusse ,, de m’emporter, je ne lui ai rien dit de fâcheux , j* „ lui ai parlé doucement. Doucement, diras-tu , que sert de f emporter,, Boileau , fat. de l’bomme. „ Seneque Plutarque nom apvennent qtte quand ,, Socrate étoìt en colere, c’étoit alors qu’ìl parloit plus „ rarement U plus doucement. Charpentier, vie de ,, Socrate. La distinction de parler absolu , & de „ parler relatif joints à doucement est si vraie , que est ,, adverbe signifie toûjours lentement avec les verbes ,, absolus qui n’ont point de relation à une personne, „ comme lire , aler marcher , Zéphìrs , ruisseaux, volez plus lentement. Coulez plw doucement. „ Les chansons doivent être comptées pour quel- „ que chose en matière de langage , quand elles font „ faites par de grands maîtres , comme celle-là, qui ,, est de Mr. Sarrazin. Ce que je viens de dire, ne ,, regarde que les deux significations de doucement „ jans précipitation , fans aigreur. 11 y en a une troi. „ sterne qui va plus à l’artifice qu’à la modération» Est-ce donc là médire, ou parler franchement ? Hon , non , la médisance y va plus doucement. „ 11 y en a même une quatrième qui tient quelqu* ,, chose de toutes les trois , & nous en avons un ,, exemple dans l’ouvrage que fit Mr.. de Benserade „ au retour du Cardinal Mazarin à Poitiers après les ,, guerres civiles. Comme il a un air particulier „ pour tourner finement les choses , & qu’il scait „ sur tout badiner avec les Grands fans perdre le „ respect qui leur est dû , il commence par dire à ce „ grand Ministre : Soiez bien revenu , Monsieur le Cardinal, Vous à qui tant de gens souhaitent tant de mai t Vous arrivez ici malgré toute la fronde » Aussi vous falhit-ìl de bonne heure accourir Dlautant plus volontiers que la plùpart du inonde Ne se disposait pas à vous aler quérir. ,, II dit ensuite , & après quelques louanges déli- „ cates : Je vous exalterais en termes plus puissant ; Mais desacoûtumé que voits it.et d’encens, Des vers à votre honneur vous semblerokhi étrm- í eí - „ II conclut, enfin í Nnnn ; Il 654 DRA Il faut se modérer dans le commencement, Le bien qu’on dit de vous , le dire doucement. „ On peut ajoùter à toutes ces significations, celle de vivre doucement, c’est-à-dire, fans fusion, fins inquiétude, hors du bruit tz? de l’embarasdes afaires. ” Qui voudroit y bien penser , trouveroit peut-être encore quelque autre signification de cet adverbe ; ’ & nous voïons par là qu’un mot seul en notre lan- ” g U e est un fonds riche, quand on sqait le faire ” valoir.” DOUZAIN,/ M. [ AJJìs Francisais , Gallicus.J Monoie blanche valant douze deniers. Le douzain avoit d’un côté pour legende,Fr«»í/w Francorum Rex, avec un écuil'on couronné , où il y avoit trois fleurs de lis, de l’autrc côté il y avoit pour légende , Sit nomen Domini benedìHum , avec une croix au milieu de l’espéce. Ce douzain s’apelloit auífi , grand blanc, & il a eu cours jusques au régné de Henri IV. Douzain le disoit autrefois de douze vers , comme quatrain de quatre vers. , Demi-Douzain. [ Semiffìs. ] Efpece de monoie blanche valant six deniers , qui étoit faite comme le douzain , hormis qu’elle étoit plus petite. DOUZAINE, f- f. [ Duodena , duodecim .] Douze. (Une douzaine d’aíouettes.) A la douzaine. Par douze. (Vendre des alouettes à la douzaine.) , f C’ejî un Poète à la douzaine. C’est-a-dire , un méchant Poëte. DOUZE. C Duodecim. ] Nom de nombre indéclinable. C’est quand il y a dix & deux. (Ils étoient douze. Les douze mois de l’année. Les douze signes du Zodiaque. Monsieur Perrault , parlant du Soleil , dit : Et par le changement de ses douze maisons , Ramène tour à tour les diverses saisons.) In douze. Terme d’ Imprimeur. Un livre in douze, c’est un livre dont chaque feuille fait douze feuillets. DOUZIE'ME , adj. [ Duodecìmus , duodenus .] (II est le douzième. Elle est la douzième.) DOUZIE'MEMENT, adv. [Duodecimò.J Pour la douzième fois. DOXOLOGIE, f f í Doxologia. ] C’est ainsi qu’on apelle en terme éclésiastique ces paroles : Gloire soit rendu'ê au Père , au Fils, au Saint Esprit. DRAGAN , f m. Terme de Marine. C’est le derrière de la poupe qui en fait l’extrêmité , & qui porte la devise des Galères. DRAGE'E , /. /. [ Anifum , amygdalum indurato saccharo circumdatum , bellaria. ] Sucre durci, dans lequel on enferme ordinairement quelque petite graine , comme de Panis, de la coriande , ou quelque menu fruit, comme des amandes , pistaches, avelines , &c. ou quelque morceau de canelle, de citron, d’orange, &c. On apelle quelquefois cette dragée, des pois sucrez, (Les dragées de Verdun font les meilleures.) A DRAGE'ES de St. Roch. On apelle ainsi les bayes de Genevrier couvertes de sucre. DRAGE'E. \_PiluLe plumbea minutijjìma.'] Petite baie de plomb en forme de petits pois, dont on fe sert pour tuer du gibier. f Ecarter la dragée. C’est faire sauter sa salive sur le visage , ou sur les habits de ceux qui font prés de nous. DRAGE'E , s f. f Grana miscellanea equorum pabu- lum. ] II signifie auísi un mélange de graines qu’on donne aux chevaux gras. DRAGEOIR , s m. [_ Patera inaurata. ] Espèce de coupe , ou de tasse large & plate montée fur un pié, dans laquelle, on préfentoit autrefois les dragées. On donne encore ce nom à une petite boëte , où les Dames mettent des dragées. DRAGEON , s. m. [ Stolones. ] Terme de Jardinier. Petite branche qui fort au pié de quelque plante, de quelque arbre , ou même de quelque branche d’arbre. ( Drageon d’arbre ; drageon de fruit, drageon d’œil- let, drageon de vigne.) Votez Boutures, DRAGEONNER 5 , v. n. f Stolones agere. ] II fe dit des arbres qui pouffent de petites branches à leur pié. ( Arbre qui commence à drageonner. Quint. Jardins fruitiers.) ^ DRA DRAGME, f f tDrachma .)| Terme d ’Apoticnire Ce mot est Grec , & fait la huitième partie de Ponce qu’on apelle autrement gros. ' ( f II me semble qu’il y a dans cette lettre cinq ou six dragmes d’amour. Voit. I. 19.) M DRAGME. C Drachma. ) Sorte de monoie des Juifs aïant d’un côté une harpe, & de l’autre une grape ds raisin. Bouterou'ê , traité des momies , page aï. * DRAGME. C’étoit aussi une forte de monoie grenu* DRAGON , f m. C Draco. ] Sorte de serpent dé couleur noire, rousse, ou cendrée, excepté que sous le ventre il est d’une couleur tirant fur le verd. Le dragon est grand selon les pais ; il y en a de dix de douze ou de quinze coudées, & méme de plus : quel. ques-uns croient qn’il n’a point de venin, & ( m’jî tuë par fa morsure, mais l’opinion commune est que c’est un animal très venimeux. II naît dans leslndes & dans l’Afrique. II sifle fort, il a l’ouie subtile la vûë bonne, beaucoup de vigilance , & suportè long-tems la faim. II est ennemi de l’élefànt & de l’aigle. On dit même qu’il craint tellement l’aigle que l’entendant voler il s’enfuit dans fa caverne. II y a des dragons aîlez , d’autres qui ont deux pies feulement , quelques-uns plusieurs , qui font faits com- me les pies des oies. II s’en trouve d’autres qui ont des crêtes, & d’autres qui ont de Pair du visage de l’homme , & quelques-uns qui tiennent des cochons, JonJìon. DRAGON. ['Miles quem draconem vacant.'] Sorte de cavalier ;e pour les décider , n’y ayant point encore de Coûtume rédigée par écrit. On étoit donc obligé de prouver son dtoit par le témoignage d’un grand nombre de témoins ; ce qui étoit onéreux aux parties , & fort incertain pat la corruption & par l’autorité des puissances. C’est ainsi que Pierre Ds Fontaine se plaint dans la Préface de fort Conseil, que Mr. du Gange a donné au public ; Í1 dit que son pars étoit presque sans Coûtume , & qu’à peine pouvoit-oíi trouver un point décidé sûrement pat savis de trois ou quatre personnes. Aussi on commença â écrire les Coûtumes aussi-tôt que les désordres qiá ìes avoient produites , furent Un peu calmez , & que le tems les eut un peu affermies ; on tient que ce fût fur la fin du quinzième siecle que l’on commença de les rédiger par écrit # Tom. L Q 0 o 9 » ssf 660 DUO ce que l’on a continué dans la suite sous î’autorité du Roi ; & comme les choses ne restent pas long-tems dans un même état, il a fallu souvent corriger ou augmenter les Coutumes, telles que nous les voyons aujourd’hui. Voila en peu de mots l’origine du Droit Coutumier í il ne m’est pas permis d’en dire d’avantage fans m’écarter de mon chemin. Voïez la Préface de la Biblioteque des Coutumes composée par Mrs. Berruier U Delauriere. DROIT naturel, f Jus naturale, reéla ratios} C’est celui que la nature & la raison ont enseigné aux hommes. Le droit des gens. [, Jm gentìum .] C’est ce que la droite raison fait observer parmi toutes les nations. Violer le droit des gens. Vaug. Quint.) H DROIT de la Guerre. Ce font certaines loix qu’on doit observer en faisant la guerre. M. Barbeyrac a donné une traduction avec un savant commentaire , du Traité de GrotiusJ ur le Droit de la Guerre N de la Paix. 4 DROIT public. On apelle ainsi en Allemagne le corps des loix fondamentales del’Empire, comme la Bulle d’or, les capitulations Impériales , les constitutions de l’Empire, &c. DROIT. {.Jus, auéloritas, poteflas, ìmperium .] Pouvoir. Puissance. Ce qui apartient de justice à quelcun. (Avoir droit de faire une chose. Conserver le droit de quelcun. La couronne lui apartenoit de droit. User des droits de la victoire. Voit. Pois Avoir droit fur la viç des gens. Pasc. 1 . 14. Subjuguez tout le Rhin, la gloire en sera grande La justice le veut, votre droit le demande•. Ce sont des coups dignes d’un Roi. Le Pays.) DROIT. {Veéligal, tributum .] Impôt qu’on met pour le Roi. (Etablir un droit nouveau.) DROIT. Ce qu’on est obligé de païer pour obtenir quelque chose, ou pouravoir permiffion de faire quelque chose, (Païer les droits.) Droit annuel. [Solarium tamuum. J DROIT de Chevet. Voïez Chevet. DROIT, droite, adj. {Reclus.} Prononcez drè. C’est- à-dire, qui n’est pas courbé. Qui ne va ni d’un côté ni d’autre. Qui ne panche ni de côté ni d’autre. Qui est uni. (Bâton fort droit. Le chemin est tout droit. Tenir le corps droit. Tenir la tête droite. II a la jambe droite, & tout d’une venue. Ligne droite.) DROIT, droite. {Angulrn réélus.} Terme de Géométrie. 11 se dit des angles. (Un angle droit se fait par une ligne qui tombe à plomb sur une autre. Un angle droit est de 90. dégrez.) Sphère droite. {Sphara direéla.} Terme d'Astronomie. C’est lorsque l’équateur coupe l’horison à angles droits. (On dit aussi, ascension droite, ou obliques f- DROIT. Terme A' Architecture. On apelle pié-droit le rang de pierres qui fait le côté d’une fenêtre, d’une cheminée, ou d’une porte cochere. H DROIT. Terme d e chasse. On dit que les chiens courent bien le droit, lorsqu’ils suivent le vrai chemin de la bête. On apelle aussi droit, la part de la bête qui apartient aux veneurs, ou aux chiens. f DROIT. Terme de Medecine. On apelle droit, ou reélum, le dernier des boiaux,,qui s’étend depuis l’os sacré jusqu’à l’anus, fans aucun repli. On donne aussi ce nom à deux muscles de l’abdomen, dont les fibres vont en ligne directe de haut en bas ; à un muscle de la jambe, qui est le premier des extenseurs ; & à quatre muscles de la tête. DROIT, droite. {Réélus, aquus.} Qui procède honnêtement selon Dieu & les hommes. Honnête. Qui n’est point fourbe. (Avoir le cœur droit. Abl.) * D ROIT, droite. [ Candidus, integer.} Judicieux. Juste & pénétrant. (Avoir le sens droit.) DROIT. {Direélò.} Préposition qui régit le datif, & qui fignifie^er.f. Marcher droit à l’ennemi. Abl. Arr. I. 1. Elle jíousse son cheval droit à une forêt. Ariose moderne, ì. 1 .) DROIT, adv. {ReHà.} Sans détourner. (Tout droit. Alez tout droit, & vous ne vous égarerez pas.) * DROIT, adv. {Candide, reélè, Jìncerè.} Sincèrement. Honnêtement. (C’est un homme qui va droit.) A bon droit, adv. {.Jure mérita.} Justement. (11 a obtenu cela à bon droit.) A droit £c? à gauche, adv. [ Dextrorsum , Jìniflror- sum.} Tourner à droit & à gauche. Vaug. Quint. I. ;. DR O On dît en termes de Palais, apointement en droit, {controverse juris formula.} C’est le règlement qu’on donne aux parties à écrire & à produire fur une question de droit, ou en prémiere instance. (Parties oiiies ont été apointées en droit à écrire 011 à produire.) DROITE, y. f. {Dextera.} Main droite. (Affinez- vous à ma droite, jusques à ce que j’aie réduit vos ennemis. Port-Royal, nouveau Testament, épître mx Hébreux, ch. 1.) DROITE. {Dextrum cornu, dextraala.} Terme de Guerre. (Aile droite : tourner à droite.) A droite , adv. [ Ad dexteram. ] A main droite. (Prendre à droite : tourner à droite.) * DROITEMENT, adv. {Candide, tiqué.} Prononcez ce mot comme il est écrit, droiteman. D’une maniéré sincère & juste. (Aler droitement en besogne.) t§ DROITEMENT. Le P. Bouhours, page 66 . tome 2. deses Remarques, ne le désaprouve pas ; maisj’au- rois de la peine à m’en servir. DROITIER, droitiére, adj. {Dexter.} Qui se sert ordinairement de la main droite. 11 est oposé à gaucher. * DROITURE, f. f. {ASquitas, integritas, reéla men>.} Prononcez comme il est écrit Equité, sincérité. (C’est un homme qui a de la droiture : cacher un grand fonds de perfidie fous des aparences de droiture. Bouhours, Aubusjon, l. 2. Servir Dieu en esprit de droiture & de justice. J’admire la droiture de son ame ct'de son cœur, &c. Dans nos champs la vertu toute pure , Agit fans dessein d'éclater. Tout J art de la raison ne sauroit imiter, Denos bergers l’innocente droiture. La Font.) DROITURE dé esprit. {Reélum ingenium.} C’est-à-di- re, une pénétration d’espritvive & profonde. A droiture, en droiture, adv. {Reé/à.} Prononcez à dréture. Ces mots se disent en parlant de gens à qui on écrit, & ils signifient, direélement. On pense qu ’en droiture, est plus usité qu’d droiture. Ecrire en droiture à Rome. On disoit autrefois droiturier. {§ DROITURE. Dans les Coutumes de Chauny , d’Artois, de Peronne, on trouve, relever droiture ; ce qui signifie selon Ragueau, le droit qui apartient aux Seigneurs Feodeaux ou censuels, & qui leur est dû par les nouveaux aquereurs après le dévest, ou advest de l’héritage pour l’ilsuë & entrée. t DROLE, adj. {Lepidus, fejtivtis, hilaris.} Plaisant, qui fait rire. (Ce mot de mariage est plaisant, il n’y a rien de plus drôle pour les jeunes filles. Mol.' 1 1 DROLE, f. m. {Facetus, J’agax.} Gaillard , éveillé. (C’est un drôle. Le drôle a Jl bien fait par son humeur plaisante, Qu’il possède aujourd’hui cinq mille écus de rente. Scaron, D. Japhet, act. 1. sc. 1.) * DROLEMENT , adv. {Lepidè, feflivè.} Plaisamment. (Cela est dit drôlement.) DROLERIE, f f. {Prtesiigite.) Plaisanterie, tour d’ad- resse (Les chaflatans amusent le Peuple avec mille drôleries.] DROLESSE , f. f. {Meretrix , scortum.} Gaillarde, éveillée, éfrontée. (C’est une drolesse.) DROMADAIRE, s m. {Dromas camelus.} Espé-, ce de chameau plus petit & plus vite que les chameau,x ordinaires, ils ne servent aussi que de monture. Us font jusques à 3 5. ou 40. lieues par jour, ct conti- rruent de la forte neuf ou dix jours par les déserts d« l’Afrique. (Un dromadaire mâle, un dromadaire femelle.) DROSSE, f f. {Punis nauticus.} Terme de Marine. Cordes ou palans qui fervent à aprocher ou à reculer une piece de canon de son sabord DROïilNE, f /• {Mantìca, quam vasorum aneo- rumsabri circumforanei geftant.} Terme de Chaudronnier. Espèce de havresac que les Chaudronniers de campagne portent derrière le dos, & dans quoi ils mettent tous leurs outils. DROiilNEUR, s. m. [ Vasorum aneorum saber ci : - cumsoraneus.} Mot de Chaudronnier de Paris, pour marquer ces Chaudronniers de campagne qui portent la àroùìne , & qui vendent par tout Paris des réchaud; , & racommodent les poiles & les chaudrons qui font trouez, ou bossuez. (C’est un dretìineur.) í DROIT mu f DROUSSER, drosser , ou trousser ìa laine. Tcr- me d e Manufacture. C’est engraisser'les laines avec de l’huile, & les carder avec des grandes cardés de fer fur le chevalet. On apelle Droufieurs, les Ouvriers qui donnent cette façon à la laine. DRU, dru'é, adj. [Denfus.] Epais: en quantité. (L’herbe étoit haute & drue. Vaug. Quint. ì. ;.) f * Bel enfant de quinze ans dru comme père & mère. Scar. Pois. La fille étoit drue. La Font. nouv. contes. Bru. On trouve souvent ce terme dans les anciens Auteurs François & Italiens. I! vient de l’Aìeman dravv , selon Mr. Ménage dans ses Origines de la langue Françoise. Les Italiens ont dit clrudo & druda, pour signifier, ainsi que les François , une personne amoureuse, un ami fidèle, un vassal. Nos Poètes Provençaux s’en font servis dans leurs chansons. Genselm Faidits : Cant U déport, dontneis, U Jbllaz Enjeniamen, largejja, U cortefia , Flonor , U pretz, Levai drudaria. Foulques de Marseille. Ni pretz, ni cavaleria, Ni dompneis, ni drudaria. Galantl, dans son Traité du Franc-aleau , cite plusieurs endroits de nos anciens Poètes qui ont empioïé k mot dncz, pour exprimer un vassal, un ami. Dans le Roman de Florimond : En fa chambrefe font entrez Avec ses chevaliers privez Le Sénéchal, U de Jes drus. Et dans un autre endroit : Sire, fait-il, assez en ay, Et fi. dex plaît, je conquerray Li Duc, li charia de Jes druz Chevaliers jeunes U charnus. Dans la fuite des tems, ce terme au féminin , drue, fignifioit une femme de mauvaise vie, une concubine ; ainsi dans le Roman de la Rose : Cil qui la voulu retenir Qu’elle nepuiffe aller 72e venir, Soit fa mouiller, ou fa drue, Tantofi eu a l’amour perdu'é. Et dans le même Roman de Florimond: Li Roy a fa fille monfirée, Li autre l’ont par lui veue, Se dit ja qu’elle ejìfa drue. Le mot drudo & druda a eu le même fort parmi les Italiens ; d’abord il signifie un homme amoureux, mais dont la passion n’étoit point criminelle. Dante : Dentro vi nacque l’amoroso drudo Délia Fede Chrifiiana di Janto Atleta Benigno a fuoi, ed’ei nemici crudo. Benedetto Fioretti dans ses Proginnajtni, & Monsigptor de la Casa, ont actifs Dante de profanation, en fe servant d’une épitéte profane & obscène , pour marquer la foi vive cl’un Saint. Mais on leur répondit que dans le siécle où vivoit Dante, le mot Drudo avoit une signification honnête ; & ne fe donnoit qu’aux amans de bonnefoi, L qui aimoient à bonne fin. DRU Sf menu, adv. [Confertim, dense.] Beaucoup. (Parsemé dru & menu.) f * Ils tombent dru U menu comme mouches ; c’est- à-dire, en grande quantité. DRUIDE, f- m. [ Druida, Druides.] Sacrificateur .& Philosophe des anciens Gaulois. (Ce mot, dans le stile figuré, s’aplique à un homme capable & expérimenté, qui a vû le monde. C’est un vieux Druide , il nous poura donner de bonnes instructions.) 0 " Les Druides ont tenu le premier rang dans les Gaules; les Nobles ocupoient le second ; & le Peuple languissait dans une servitude très-onéreuse. Quelques- uns ont cru que les Druides avoient passé de la Grande Bretagne dans les Gaules : mais Pline dans son Histoire, liv. sb. ch. i. & Tacite dans la vie d’Agricola , nous assurent qu’ils étoient originaires des Gaules: & si l’on en croit Juvénal, ce furent eux qui s’étant répandu dans les environs, aprirent aux Bretons les premiers principes de l’éloquence : Gallia, cmfiàicos docuit facunda Britamos. DUC 66k Pline dérive le terme Druide du Grec tyvç, un chh ne, parce que cet arbre étoit sacré suivant leur Religion, _& qu’ils avoient une pieuse vénération pour le gui qui naît sur les chênes. Vinet fur Ausoue , désa- prouve cette origine : mais que le nom vienne du Grec, ou que ce soit un ancien mot Gaulois, il ne nous importe guéres. II y avoit des Druides dans toutes les Gaules : mais leur principale demeure étoit à Chartres, & aux environs. César nous aprend dans ses Commentaires, liv. 6 . n. 17. que c’étoit dans cette contrée que l’on tenoit tous les ans une assemblée générale de tous les Druides de cette partie de la Gaule que l’on apel- loit Gallia Comata. Le premier jour de Tannée , étoit celui de l’assemblée générale, & dans lequel on aloit chercher dans les bois le gui de chêne avec beaucoup de solennitez. On crioit par tout pendant la nuit qui pré- cedoit ce jour-là : Au Gui Gaulois-, & à ce cri , chacun s’éveilloit, & s’empressoit d’aler dans les forêts chercher le gui ; & lorlqu’on savoir trouvé , on avertissait les Druides,_ qui le rendoient au lieu où il avoit été indiqué: le principal dos Druides, revêtu d’un» robe blanche , m on toi t fur l’arbre , & avec un couteau d’or il coupait le gui, & !e faifoit tomber sur un drap blanc étendu pour le recevoir. César nous aprend que les Druides avoient un Chef ; & quand il étoit mort, on choiíissoit le plus digne d’un emploi íi éminent; & s’il s’en trouvoit plusieurs qui méritassent cet honneur, sélection étoit faite par la pluralité des îù- frages. Ils s’apliquoient à toutes les sciences , mais principalement à leur Théologie. Ils croioient famé immortelle, & la metamplicofe. Us se méloient de deviner, & leurs femmes en faisoient de même. Vo- piscus dit qu’Aurelien consulta les femmes Druides, qui lui prédirent l’Empire ; & la prophétie fut a compile. Lampride raconte qu’Alexandre Severeen fit de même. II n’est pas suprenant que l’on soit si peu instruit de leur doctrine & de leur Religion , puisqu’ils n’écrivoientrien de tout ce qui se passoit, & qu’iis enseignaient de vive voix leurs disciples dans leurs écoles. DU. Article, qui marque le génitif, ou l’ablatif singulier, masculin. (La Loi de Dieu doit être l’étude du Sage. L’homme de bien est aimé du Seigneur.) DU. Article qui marque quelquefois le nominatif & l’acusatif. (C’est du pain : donnez-moi du vin.) . K DU. [à ab.] Préposition qui marque le lieu. (R vient du Pérou.) DU. Préposition qui désigne le tems. (Rome fut ■gouvernée du commencement par des Rois. Abl. Tac. ann. I. 1. Du vivant du Cardinal de Richelieu, les gens de lettres étoient heureux.) DUBITATION, f.s. [Dubitatio.] Figure de Rhétorique, par laquelle un Orateur fait semblant de douter d’une proposition qu’il veut prouver, afin de prévenir les objections qu’on lui peut faire. DUC, f m. Ce mot vient du Latin à, & signifie d’abord un homme d’épée & démérité , qui con- duisoit des troupes ; & cette qualité fut très-conside- rable. Charles le Simple & Hugues Capet portèrent le titre de Duc des François, & ce nom fut depuis fi considérable, que plusieurs grands Seigneurs le prirent. Ensuite les Rois s’étant faits plus puissans & plus absolus, devinrent jaloux de leur autorité , & ne voulurent plus que les Seigneurs prissent la qualité de Duc. Us ladonnerenteux-mêmes aux braves qu’ils aimoient, & qui les avoient bien servis dans la guerre. Cette coutume s’observe encore, & l’on peut dire que le Duc est un homme d’épée, considérable par fa naissance & son courage, qui porte un nom qui te met au nombre des Grands du Roïaume du premier rang. Cette qualité de Duc est si grande & si illustre qu’elle fe donne aux Princes du Sang & à leurs enfans. (Les Grands font accoutumez dès leur enfance à fe regarder comme une efpéce séparée des autres hommes. Ils sont toujours Comtes ou Ducs à leurs yeux, & jamais simple- ment hommes. Nicol. EJjai de Mer. Et tous les chevaux noirs rìaiant pas de grands airs, J’en eus de pommelez comme les Ducs ë? Pairs. B ours. Esope.) DUC- ÇBubo.] Sorte d’oiseau de rapine. Belon. liv, a. de l’histoire des oiseaux , croit qo’il y a de deux Q © q o 3 sortes 662 DUC fortes de ducs, le grand duc , qui est un oiseau de nuit, grand comme un aigle, qui est roux & marqué de noir, qui a la queue courte, le bec crochu, les yeux jaunes, avec des plumes en forme de cornes aux deux côtez de la tête. 11 y aune autre sorte de duc , qu’on apelle le petit duc , qui est une maniéré de hibou, ou de chathuant. Le duc se défend du bec & des grises. DUCAL, ducale, adj. [Ducalis.] Qui est de Duc: qui apartient au Duc. (Manteau ducal : couronne ducale : dignité ducale.) DUCALE, s f. [Dìploma Sénatus Venetiamm .J Lettres Patentes du Sénat de Venise. DUCAT, / m. [Ducatus nummus .] Sorte démo- noie d’or valant cent dix sous. Par l’Ordonnance de François I. publiée en M. D. XL. pour le règlement des monoïes, on volt que le ducat étoit une espèce d’or de pais étranger , qui avoit cours par tout le Royaume, & valoit ordinairement quarante-lìx fous quelques deniers. Les ducats de Florence, de Gènes, de Venise, de Boulogne, de Portugal, de Valence, d’Aragon & de Hongrie, étoient de mise en France. Ils avoient d’un côté la tête du Prince qui les avoit fait batre , & de l’autre, les armes du Prince, ou de la République. (Un homme acumuloit > on fait que cette erreur Va souvent jusqu’à la fureur : Celui-ci ne songeait que ducats U pistoles. Quand les biens font oisifs , je tiens qu’ils font frivoles. La Font.) DOUBLE ducat. [Ducatus nummus duplus.] Eí'pece d’or d’Espagne, qui du teins de Henri III. valoit six livres quatre fous : elle avoit pour légende d’un côté, Ferdinandus U Elifabetha Dei gratìa, avec la tête de Ferdinand & d’Elifabeth ; & de l’autre, cette espèce avoit pour légende fub umbra alarum tuarum, avec un écusson couronné où il y avoit des armes. Mais fous le régne de Louis XIII. il y avoit une autre forte de double ducat , qu’on apelloit ducat à deux têtes d’Ëfpa- gne & de Flandre, qui péfoit cinq deniers dix grains, & qui valoit dix livres. Cette maniéré de double ducat avoit pour légende, d’un côté, Deus fortitudo £t? fpes nostra; & de l’autre, elle avoit un aigle au dessus d’un écusson couronné. II y avoit de ces doubles du- eats qui changeoient de légende , ils avoient deux têtes comme les autres, & pour légende , Quos Deus ú'onjunxit homo non separet. Voïez l’Ordonnance de Louis XIII. i6;y. Cette forte d’espéce n’a plus aujourd’hui de cours en France, ou du moins on e» volt très-peu. DUCAT. Adjectif qui n’a point de féminin, & qui à ce qu’on croit, n’est usité qu’en cette phrase, Or ducat, qui signifie, or de ducat. DUCATON, s m. [Ducatus nummus minor.] Espèce d’argent de pars étranger, qui avoit cours en France fous le régne de Louis XIII. & qui pesant une once un denier, valoit ordinairement trois livres sept fous: le ducaton étoit grand comme un écu blanc : il avoit le plus souvent d’un côté la tête du Prince qui l’avoit fait batre, & de l’autre, ses armes. Les ducatons de Milan, de Florence , de Savoie, de Parme, d’Avignon, de Venise & de Flandre, avoient alors cours en France; mais aujourd’hui cette forte d’espéce ne se met plus, au moins à Paris. Demi ducaton, Espèce d’argent faite comme le ducaton, excepté qu’elle étoit plus petite. DUCHE', /• m. Êf f. [Ducatus.] Toute l’éten- duë des terres du Duc, qui font érigées en Duché. (Les Etats de la Duché furent convoques. Patru, plaid. 13. II se met en possession de la Duché. Fléchier, fur la traduction de la vie de Commendon. Elle étoit revetuë de son Duché. Le Comte de BuJJì, histoire amoureuse des Gaules , page 139.) DUCHE'-PAIRIE. C’est une terre à laquelle le Roi a donné cette qualité pour récompenser les services que le Seigneur de cette terre lui a rendus dans la guerre. (On dit, ériger une terre en Duché-pairie.) _ DUCHESSE,/ f- [ Duciffa.] Ce mot vient de llta- lien Duchejfa. C’est la Dame qui a épousé un Duc, ou celle qui possède quelque Duché. (Une belle & charmante Duchesse : une généreuse Duchesse. Mr. Boursault, parlant des femmes : dit : DUO Celle du Président, fiére de fa riche[je , A des gens a fa fuite autant qu’une Duchesse. Esope.) f * DUCHESSE. [Tenuifsimarum vittarum globus.] Terme de Coifeufe. C’est un beau nœud de nompareil- le que les Dames & les Demoiselles propres & galan- tes sc mettent fur le haut du front. (Atacher proprement une ducheffel) t DU DEPUIS- là, ab.-] Mot hors d’ufage, en fa place , on dit depuis. DUCTILE, adj. [Duflilis.] Ce mot sc dit des métaux, & signifie, qui se peut étendre & forger avec le marteau. (Métal ductile : l’or est le plus ductile de tous les métaux ; c’est-à-dire, que c’est le métal qui s’étend plus que tous les autres.) DU UTILITE' de métal, f. f. [Idper quod habet me- tallum, ut ductile Jlt.] Rob. Phif. C’est la qualité pat laquelle le métal est ductile, & l’on croit qu’elle consiste dans l’acrochement des parties dont le métal est composé. DUEL, f. m. ISingulare c er t amen.] Combat singulier : combat de deux personnes à l’épée, ou au pi isoler, afin de s’óter la vie l’un à l’autre. J’admire que la pieté du Roi emploie fa puissance à défendre , & à abolir le duel dans ses Etats, & que la pieté des Jésuites ocupe leur subtilité à le permettre, & factoriser dans l’Egliíë. Pafc. I. 7. Recevoir le duiel : offrir un duel : accepter un duel : sc batre en duel : refuser un duel: apeller en duel. Voïez là-dessus Pascal, provine. 7. Voïez aussi á’Audiguier de la permisiìon dn duel. Pour vous tirer, François, d'un afreux précipice, Louis a réuni la force (s? la justice, A banni les duels U leur noire fureur t Et remis en éclat le véritable honneur. Recueil de l’Acad. tom. i.) DUEL. IDualis numerus.] Terme de Grammaire f réque U hébraïque. Nombre des noms & des ver- es, duquel se fervent les Grecs & les Hébreux, quand ils parlent de deux personnes, ou de deux choses. DUELISTE , f. m. [Pugnator stngularis.] Qui se plaît à se batre en duel. (Bouteville étoit un fameux dueliste.) t DUIRE- IDecere, convenire.] Verbe neutre & défectueux, qui n’a son usage que dans le burlesque , & qui signifie, convenir : être à la bienséance. (Je vous donne avec grand plaisir , De trois prefens un à choisir , La Belle c’est à vous de prendre Celui des trois qui plus vous duit ; Les voici fans vous faire attendre , Bon jour, bon soir, [si bonne nuit. Sar. Poës. DULCIFIER, v. a. [ Dulcare, edulcare,. dulce effiler e.] Terme de Chimie. Oter les sels de quelque corps, & par ce moïen le rendre doux. (Dulcifier le mercure : mercure dulciné.) DULIE, f f. IDutia.] C’est le culte que l’Egiife rend aux Anges & aux Saints, pour le distinguer de l’hiperdulie, qui est le culte qu’on rend à la Vierge, & de latrie, qui est le culte qu’on rend à Dieu. DUNE,//. [Terrena môles fiultibus opposttœ.] Les Flamans apellent dunes les côteaux de fable qui sont élevez fur le bord de la mer. (Dunkerque est située entre les Dunes qui blanchissent, & s’élévent au bord de l’Ocean. Sar. Poést) DUNETTE, f f. (Puppis pars altijsima.] Terme de Marine. C’est l’étage le plus élevé de la poupe ou de Barrière du vaisseau, où est le poste du Maître & du Pilote. í DUNG. / m. Petit poids de Perse , qui pess quatre grains d’orge. ■f DUNG. C’est aussi une monoïë d’argent qui sc fabrique en Perse, & qui pèse douze grains. DUO, / m. [Duavoces.] Terme de Musique. Composition faite en musique, pour être chantés à deux parties seulement. DUODENUM,/ m. [Duodénum.] Terme à’Anatomie, qui se dit du premier des intestins grêles ; on l’apelle ainsi, parce que fa longueur est de douze travers de doigts, en y comprenant le pysore.il commence A 1 on.* DUR à l’orifice droit du ventricule, & décend vers I’épine de droit à gauche fans être aucunement entortillé : il finit où les circonvolutions des autres intestins commencent, il est plus épais & plus étroit que les autres. DUPE,//- {Stupidm, insulsus , Jtolidus.) Celui ou celle qu’on trompe aisément. Celui ou celle qu’on fait donner dans le panneau. (II fit les pas nécessaires pour embarquer la dupe. BuJJì. II est la dupe de tout le monde. Par ma foi, voila une grande dupe. Mol. II a été pris pour une dupe. L’efprit est souvent la dupe du cœur. Ne croyez pas que je fois la dupe. Madame Deshouliéres dit que dans le jeu , On commence par être dupe, On finit par être fripon.) DUPER, a - {Alìquem deludere , ludificari J Tromper. (II croit tout duper. II ne songe qu’à duper ses meilleurs amis. Quoi ! parce qu'un fripon vous dupe avec audace , Sous le pompeux éclat d’une austère grimace , Vous voulez que par tout on soit fait comme lui. Et qu’aucun vrai dévot ne Je trouve aujourd’hui ? Mol.) DUPERIE, f. f. [ Fraus , rrrifio, derisus.) Tromperie, filouterie. DUPLICATA,/ m. Seconde expédition d’un brevet, d’une dépêche du Roi. On écrit par duplicata, quand on craint que la première dépêche n’aít été prise ou perdue. DUPLICATION ,// {Duplìcatio.) Terme d’A- ritbmétique & de Géométrie. II signifie, doublement, multiplication par deux. (La duplication du cube est un problème fameux. La solution de ce problème consiste à trouver la prémiére des deux lignes moïen- nes proportionnelles, entre deux quantitez dont l’u- ne est double de l’autre. On ne les a pas encore pù trouver que mécaniquement.) * DUPLICITE', / f. \_Vaframentum , ingenium minime fimplex, ac candidum .] Ce mot se dit du cœur & des senti mens d’une ame double & hipocrite, qui dit d’une manière , & fait d’une autre. (La duplicité du cœur est odieuse.) DUPLICITE' , / f. [ Duplum.) Choses doubles. (C’est un défaut dans une piéce tragique que la duplicité de péril. Corneille.) DUPLIQUER, r,, m {Duplicare.) Terme de Palais. Fournir de dupliques. (On a répliqué & du- pliqué, il faut plaider.) DUPLIQUES , / f. [Iterata rejponsio .] Terme de Palais. Ecritures contre les répliqués du demandeur. (Fournir de dupliques.) DUR, dure, adj. {Durus.) Ce qui est composé de parties, qui font tellement en repos les unes auprès des autres, que leur liaison & leur suite ne sont pas tout-à-fait interrompues par quelque matière, qui se meuvent entre elles : Qui a de la dureté, qui est ferme & roide. Corps dur & solide. Les métaux & les pierres font des corps durs. 11 y a de certains bois qui font fort durs.) DUR, dure. Qui n’est pas tendre. (Chapon dur: chair dure : écianche dure : poule dure : des œufs durs.) * DUR, dure. {Durus, acerbus, -molestas.) Fâcheux, douloureux, triste, déplaisant. (Dans cette dure extrémité, trouvez bon qu’elle vous conjure de l’aimer. Patru, harangue à la Reine de Suéde, p. 144.) DUR, dure. {Durus, aster , ìmmifericors.) Dificile à émouvoir : insensible : cruel. (II a le cœur dur : le siécle est dur comme un roc. Gomb. ép. I. 1. Avoir l’ame dure. Voit. Po'ès.) DUR, dure. Ce mot se dit du stile, & veut dire, qui n’est pas aisé. (Tertullien a le stile dur.) , La dureté du stile en éface tout le mérite, & il me semble que le Tasse défend mal la dureté de son stile , en disant : La mia tenera jola Duri chiama i miei carmi ; Ma che 1 son duri, é pur son belli i marmi. La dureté est une des beautez du marbre , & un des plus grands défauts de la versification. On peut ■bien comparer quelques-uns de nos modernes _à Luci- lius Poète satirique du siécle d’Horace , mais dont DUR 66; le stile étoit dur & désagréable. Duros componere versus, dit-il dans fa quatrième satire; & dans la dixième : Nempe incompofito dixi pede currere versus Lucili, Çsc. DUR, dure. {rEgrè venalis.) Ce mot se dit entre Libraires, parlant de livres, & veut dire , qui se vend peu. 11s disent par exemple, les livres de Charpentier, de l’Académie Françoise font fort durs à la vente. Cette faqon de parler est maintenant passée en proverbe dans toute la Librairie & tout le monde savant ,■ de sorte que quand quelque livre n’a pas le débit qu’il devroit avoir, 011 dit ce livre est presque aussi dur que ceux de Charpentier. Cet Auteur a la mine de faire des ouvrages aussi durs que ceux du gros Charpentier.) í§ DUR. On dit un cheval dur; c’ést-à-dire, qui n’a point de sensibilité, ni au fouet, ni aux éperons. DURABLE, adj. {Durabilìs, mansurus.) Qui peut durer, qui subsistera long-tems. (Un saint Ordre à jamais durable. Pafc.l. 2.) DUR ALINE, f- f {Perficum dwracinum.) (Espèce dépêché, qui est de fort bon goût, & des plus estimées. DURANT. {Durans, durabilìs J Participe, signifiant qui dure. DURANT. {Per.J Préposition qui régit l’acusatif, & qui se sous-entend quelquefois éléganment. (Ils se font défendus durant tout l’hiver contre une puissante armée. La nuit ils voient l». Soleil ; c’est-à-dire, durant la nuit.) 0 " II est dit dans la vie de Dom Barthelemi : Durant près dé vingt ms que Dom Barthelemi enseigna la Théologie, Le P. Bouhours a écrit dans ses Entretiens : Ariste (j? Eugene Je rencontreront durant la plut belle Jason de l’année. Cléante, censeur très-severe dé ces Entretiens, remarqua que l’on ne dit point J'e rencontrer durant une saison, parce que durant signifiant durée , & rencontre lignifiant une action d’un moment, ou du moins le premier moment d’une action , on voit bien que ces deux mots ne s’acordent point ensemble. La censure est délicate & très-ingenieuse. DURCIR, v. a. [Durare, indurare.) Faire devenir dur. (Le vin fait durcir la viande. L’eau sert à durcir le plâtre. Bâton durci au feu. Vaug. Quint. L 5. On durcit le fer àforce de le batre.) DURCIR, v. a. {Indurare.J 11 se dit au figuré, de i’esprit, & signifie le rendre plus ferme. (Cela durcit l’esprit.) Se durcir, v. n. {Durescere,obdurescere, indurésere.) Devenir dur. (Un œuf trop cuit se durcit.) DURE, / f {Humus.) Terre. (Coucher Ibr la dure Le pire est, ou qu’il faut dormir fur le plancher, Chose d‘ordinaire un peu dure, Ou se rejbudre à Je jucher. L’Abé Régnier.) DURE'E, / f {Spatium.) Espace de tems que dure une chose. (II n’est rien dans le monde d’éter- nelle durée. Mal. Poes. La durée de nos passions ne dépend pas toujours de nous. Le Duc de la Roche-Fou- caut. Elle devoit surpasser les siécles en durée. Voit. Poés.) {§ DURE'E. Ce terme est fort en usage dans l’art poétique; & ceux qui en ont traité, ou qui ne lc coiinoissent que par la fréquentation assidue du théâtre, examinent avec beaucoup de chaleur quelle doit être la durée d’un poème dramatique. Deux lignes seulement de la Poétique d’Aristote, ch. ;. font le sujet de la dispute. Ce grand Maître en faisant la comparaison de la Tragédie & de l’F.popée, ditquel’Epopée a beaucoup plus d’étenduè que la Tragédie ; car (dit- il) elle tâche, autant qu’il est possible, de se renfermer dans le tour du Soleil ; vnò fxtav mpioiPov ìiÁÍcv. £es uns entendent par le tour du Soleil, le jour &la nuit, qui font deux tems dans lesquels le Soleil parcourt le tour du monde ; & c’est ce que les Astronomes apaisent 1 e jour naturel. Les autres ne comptent le cours du Soleil que par raportau tems ou il éclaire les hommes, & que l’on apelle le jour artificiel. Ce n’est pas que le Poète ne puisse choisir le tems du jour, ou celui de la nuit, fi son sujet l’exige ; & même on lui permet de partager son action dans une partie da ■ - ■ • jour, 66 4 DUR jour, & dans une partie de la nuit. Mais avant que d’entrer plus avant dans cette dificulte ; il faut, comme Grammairien, parler de toutes les significations du terme durée par raport aux poèmes dramatiques ; & dans la fuite , j’expliquerai cette durée par raport à l’épopée. Mr. l’Abéd’Aubi- gnac a remarqué dans la Pratique du Théâtre , que le poème dramatique a deux fortes de durée, dont chacune a son tems propre & convenable ; la premiere, est celle de la représentation : & il dit fort judicieusement que ,, cette durée ne peut être fixée, à cause de ,, l’inquiétude de plusieurs esprits qui se lassent d’abord „ de toutes choses, & n’aiment que le changement ; „ & de la stupidité de quelques autres qui ne s’en- „ noient jamais , & font toujours contens de l’état où ,, ils se trouvent. " Ainsi, on peut dire en général, qu’il faut éviter, s’il est possible , de lasser la patience des Spectateurs, & d’ennuïer les esprits par des longueurs que l’on peut éviter. La seconde durée, est celle de faction, dont on peut dire que l’on n’a jamais eu de régies certaines. Aristote avoué lui-même que de son tems les Poètes s’abandonnoient à leur imagination , & donnoient trop d’étenduë à faction qu’ils vouloient représenter. Ceux qui leur ont succédé, n’ont pas été plus réguliers , principalement les Espagnols & les Franqois ; & l’on a vû fur le Théâtre (s’il en faut croire Mr. l’Abé d’Aubignac) une Princesse se marier dans le premier acte ; acoucher dans le second, du héros de la Piéce, qui paroissoit d’un âge avancé dans le troisième ; amoureux dans le quatrième; & marié dans le cinquième. Quoiqu’il semble que vingt- quatre heures qui composent le jour artificiel, soit lin intervale trop court pour f exécution d’un grand dessein, cependant la plus grande partie des Auteurs qui ont traité de f Art poétique, tiennent afirmative- ment qu’il faut entendre Aristote dans la rigueur , & dans les bornes d’un jour artificiel ; car on ne peut pas croire qu’il ait entendu parler d’une année dans laquelle le Soleil parcourt tous les degrez du Zodiaque ; ce seroit un cahos & un monstre, si l’on represcntoit fur le théâtre tout ce qui s’est passé pendant une année : cosa in vero suora d’ogni ragione , dit Picolomini fur cet endroit de la Poétique d’Aristote. L’opinion de ceux qui veulent que la durée de faction soit le cours de vingt-quatre heures paraît la plus foutenable : mais elle est corabatuë par de bonnes raisons. La premiere, est que faction doit être une , c’est-à-dire , que tous lès incidens ne composent qu’un tout, & il est impossible que l’on puisse faire un corps raisonnable de tout ce qui se passe dans f espace de vingt-quatre heures. En second lieu , faction du théâtre doit être continué, & il seroit dificile , comme Mr. d’Aubignac fa remarqué, que l’on pût maintenir cette continuité, si elle durait vingt-quatre heures. Cet Auteur très-habile dans cette matière , ajoute que les trois Poètes tragiques , fur lesquels Aristote a formé fa Poétique, ont renfermé faction de leurs tragédies dans un espace moindre que le jour artificiel , étant certain que „ leur théâtre s’ouvre après le Soleil levé, & se fer- ,, me avant qu’il soit couché ; ce que l’on peut obser- „ ver dans les Comédies de Plante & de Terence. “ Scalîger est trop severe, lih. ;. cap. 97. paetìc. II veut que faction s’acheve dans f espace de six heures : mais une action de fi peu de durée engagerait le Poète dans la nécessité de remplir la durée de la représentation de plusieurs épisodes ennuieux & étrangers. 11 faut, ce me semble, au sentiment de Victorius dans son Commentaire fur la Poétique d’Aristote , dire que la durée de faction doit régulièrement être de douze heures ; mais que s’il est besoin d’un peu plus de tems pour la rendre complété, on peut prendre ce qui manque aux vingt-quatre heures , ou fur le jour artificiel, ou fur la nuit, & c’est ce qu’Arioste a lui même décidé , en disant que „ la tragédie doit s’éforcer de renfermer son ,, action dans le cours d’un Soleil , ou de changer ,, un peu ce tems. “ Suivant cette régie , iln’estpas possible de sauver le Cid de Mr. Corneille; mais il a tant de beautez , qu’on lui pardonne facilement ce défaut. II ne faut pas oublier de remarquer que c’est une erreur que de croire que faction dont il s’agit doit avoir été faite pendant le jour, & non pendant la nuit, parce que (dit Robortel) les hommes se reposent pendant la nuit, L réagissent pas. Quant à la durée de faction du Poème Epique , Aristote n’a rien décidé : „ L’Epopée (dit-il cap. p) n’a point de tems fixé; DUV ,, & c’est en cela qu’elle est diférente de la Tragédie Mais l’ufage a acordé aux Poètes f espace d’une année' c’est-à-dire, que les incidens de faction soient arrivez dans le cours de douze mois, un peu plus , un peu moins ; car , selon la stipulation du P. Mambrun , de epico carmine , faction de l’Eneïde dure pendant seize mois , & l’Odissée n’excéde le cours d’une année que de cinquante-cinq jours. Si l’on est curieux d’en voir la preuve, on peut sc satisfaire dans la lecture du sep. tiéme chapitre de la premiere partie de son Traité , & voir aussi le Traité du Poème Epique du P. le Bossu, lìv. 1. chap. 12. où l’on trouvera aussi la stipulation exacte de faction de l’Iliade. DUREMENT, adv. [Çurè , duriter.] Non molle, ment. (Etre couché durement.) DUREMENT, adv. [ Acerbè, molejìè .] Sévèrement, cruellement. (Traiter quelcun durement.) DURE mere , s. f. s Dur a mater.] Terme à’Anatomie. Membrane qui envelope le cerveau : membrane du cerveau grosse & dure , atachée à f os du crâne. DURER, v. n. [Durare.] Subsister long-tems. Etre long-tems en état. (Etofe qui dure long-tems. C’est une amitié qui doit durer. Voit. Poes.) Ne songez qu’aux plaisirs que donne la jeunesse , Nos jours durent trop peu pour de plus grands desseins , Ce tems, cet heureux tems , se dérobe sens cel/’e , Et fuit bien loin de moi , pendant que je ni en plains. DURER. [Durare , perfistere.] Soufrir : Résister. (On n’y dure point, on n’y peut tenir. Penscz-vous que je puisse durer à ses turlupinades. Mol.) II faut faire vie qui dure. Proverbe , pour dire , i! faut user de ménage , il faut épargner quelque chose pour l’avenir. Le tems dure à celui qui atend. C’est-à-dire, il trouve le tems long, il ssennuïe. t DURET , durette , adj. [Duriufculus.] Un peu dur. Ferme. (Elle a le cu duret.) DURETE', f f [Duriti a , durities.] Qualité qui rend un corps dur : solidité. (La dureté des diamans : la dureté du marbre.) DURETE' de ventre. [Dura alvus.] C’est être constipé. Dureté d’'oreille , sc dit d’une personne qui est un peu sourde. DURETE'. [Callus , caílum.] Calus : durillon qui vient aux mains. (On sent des duretez dans les mains des hommes de travail. Abl. apoph.) * DURETE'. [Inhumanité* , immunités , durìtia.] Insensibilité. (Avoir de la dureté : dureté de cœur. Paf. I. 9.) DURILLON, f. m. [Callus, callum.] Tumeur fans racine qui vient fur la peau des gens de travail : peail endurcie par le travail. (Avoir des durillons aux mains. On dit aussi, durillonner , [callere.] 11 faut couper les cors des pieds avant qu’ils se durillonnent.) í D URI O , f m. Grand arbre des Indes qui croît àMalaca. Son fruit est apéritif, carminatif, propre pour exciter surine & chasser les vents. DURIUSCULE. Molière s’en est servi en badinant. DUVET, J. m. [Melior avìum pluma , plumula .J Plumes douces & molles. (Coucher fur d u duvet. Là parmi les douceurs àìun tranquilleslence , Régné fur le duvet une heureuse indolence. Despr.) t * DUVET. [Lanugo.] Ce mot est un peu vieux, & ne trouve sa place que dans le burlesque Poétique. 11 signifie, barbe de jeune homme. (Un jeune duvet ombrageoit son menton.) , Cs Mr. Costar dit dans fa lettre 1;. dut orne z. II n y a pas plus de dix ans qu’elle est commencee, & vous savez que je n’étois guere qu’en âge de puberté , & que je pouvois dire alors , excusez man duvet. Ce terme ainsi emploie , a bonne grâce. DUVETEUX , adj. [Plumeus.] Terme de Fauconnier, qui se dit des oiseaux, qui ont beaucoup de plumes môles & délicates proche de la chair. DUUMVIR , f m. [Duumvir.] Magistrat d’une colonie Romaine, qui étoit pris du corps des Decu- rions ; & porteit la robe bordée de pourpre. EAU EAU 66 5 EAU. E s. m. La cinquième lettre de l’alphabet. (Un e bien fait.) II y a de plusieurs sortes à’e. 11 y a un e clair, qui se prononce, comme on nomme ordinairement la lettre e en François, & dans les autres langues. II s’apelle e masculin, & se marque ordinairement avec un accent e, comme dans ces mots bonté, clarté , & au pluriel où il y a une s, on écrit bontés , & de même au pluriel des verbes, vous aimés, vous dirés , ou plus souvent, comme les Imprimeurs en ont pris la coutume, ces mots récrivent avec un z , bonté z, vous aimez , vous direz, &c. Le deuxième e s’apelle e féminin , muet & obscur. II ne se prononce qu’à demi, & se mange à la fin des mots, quand le mot qui fuit, commence par une voïelle, comme à la fin de ces mots, bonne femme, & dans ces monosilabes de , le, me, te, ne, que, &c. Le troisième est IV ouvert, qui se prononce dans ces mots , mer , des , les, comme s’il étoit écrit par ai, mair , dais, lais. On marque quelquefois cet e , pour le distinguer des autres , par un accent grave, comme dans ces mots, excès, procès, que l’on prononce comme ecfais, proçais. On peut remarquer ces trois sortes à’e dans le mot fermeté, dent la première silabe a un c ouvert, la seconde un e féminin, & la troisième un é masculin. Le quatrième e se prononce à bouche ouverte, comme le troisième, mais il est encore plus ouvert , & se prononce long, comme la première silabe de ces mots, bête , fête, tête. On les écrivoit autrefois avec une f, bejìe, fejìe, tefie , pour marquer la prononciation longue & ouverte de ces silabes : mais parcs que 1’/ ne se prononce point, on marque aujourd’hui cet e d’un accent circonflexe, & l’on écrit bête, fête, tête, que l’on prononce, batte, faite, tsùte. Quand IV précède un a dans une même silabe, il perd ordinairement son propre son, ce qui arrive dans tous les prétérits, & dans tous les participes des verbes dont l’infinitif se termine en ger. Ainsi jugea , mangea , logea , jugeant , mangeant, logeant, IV ne se prononce point, & n’y est mis qu’afin que le g se prononce comme 1’/' consonne. 11 faut dire la même chose de IV devant un a, comme beau, chapeau, &c. & de même e avant un i, teindre, peindre , feindre à la réserve de reine , pleine, veine, baleine, treille , & autres; où IV se prononce comme un e fermé. Defm. gram. fr. EAU, f f [ Aqua. ] Prononcez eô d’une seule silabe. L’un des quatre élemens : élement liquide. ( Eau claire , belle , nette, profonde , dormante, trouble, obscure, &c. Eau de puits, de rivière, dë fontaine, de citerne, &c. Dans ce tems elle voit que le Prince se baise, Sur le moite bord du ruisseau, Pour étancher dans le cours de son eau, La soif ardente qui le presse. Perr. griselidis. EAU bénite. [_Aqua benediHa , aqua luslralis.'] Ëau que le Prêtre a bénite, & fur laquelle il a fait toutes les cérémonies que l’Eglise ordonne. ( C’ejl de Peau bénite de Cour. Proverbe , pour dire , c'est un compliment qui n’aura nul éfet, ce sont de belles promesses qui n’auront aucun éfet. Tout le monde donne à cette heure de l’eau bénite de Cour, & pour un honnête homme qui parlera sincèrement, on en trouvera dix mille qui font dissimulez, ou qui vous donneront de l’eau bénite de Cour.) 0 La bénédiction de Peau est une de CeS cérémonies qu! étoient en usage parmi les Hébreux, & même parmi les Païens, & que PEglife a adoptées & sanctifiées par l’ufage qu’elle en a fait : la purification des taches du corps & de Pâme ne peut être marquée que par Peau , qui est le simbole de la pureté. Le Seigneur ordonna à Moïse d’établir des Lévites, de les choisir entre les enfans d’Israël, & de les purifier de la maniéré qu’il lui prescrivit ! ,, Vous répandrez fur eux de l’eau de purification „ ( lui dit-il ) & ils raseront tout le poil de leur ,, corps, & après qu’ils fs seront purifiez, ils im- EAU. „ moîeront un boeuf, &c. “ L’ordre du Seigneur fut exécuté ; les Lévites furent choisis entre les enfans d’Ifraël ; leurs vêtemens furent purifiez, & ils entrèrent ainsi dans le Tabernacle de l’Aliance, où ils commencèrent à faire leurs fonctions. Personne n’ignore les Lustratìons des Païens ; ils purifioient les champs & les maisons avec de Peau lustrale ; & ce fut fur cet usage si ancien & si général, que les Apôtres instituèrent la bénédiction de Peau destinée pour le Batême & pour la purification des lieux profanes , où l’on devoir célébrer le divin Sacrifice ; cette pratique a continué , & a été recúë dans toute PEglife, qui a toùjours respecté Peau que Pon bé- nissoit non-feulement dans le tems des Batêmes de Pâques , mais encore dans tout le cours de P année. Valafrid Strabo croît que le Pape Alexandre, qui vi* voit fous l’Empire d’Adrien , ordonna, le premier, que Peau de Pafperfion fer ost bénite avec du sel : mais on trouve dans les Constitutions Apostoliques une Ordonnance plus ancienne que le Pape Alexandre, dans laquelle il est fait mention de la bénédiction de l’eau & de l’huile. EAU. Pluie. {Pluviasj (11 tombe de l’eau. Le Ciel est couvert, nous aurons de Peau.) EAU. [Liquorsj Liqueur qu’on tire des sieurs, des herbes & d’autres certaines choses. Liqueur qu’on fait par opération chimique, de certaines choses. (Eau rose , eau de fleur d’orange, eau de mirte, eau de la Reine de Hongrie, eau de Canelle, eau de plan- tin , eau forte , eau régale , eau de vie, eau elexi- tere, eau clairette , eaux cordiales ou cardiaques, eau ferrée, eau forte, eau gommée, eau hépatique, eau seconde, eau thériacale, &c.) G EAU de vie. Liqueur spiritueuse & inflammable, qui se tire du vin, & d’autres liqueurs, par la distillation qui fe fait le plus souvent au baîn-marie, mais quelquefois aussi à un petit feu de flamme. L’eati de vie distillée une seconde fois, s’apelle esprit de vin, & l’efprit de vin purifié encore par une ou plusieurs autres distillations, est ce qu’on nomme, esprit de vin rectifié. 0’ II y a plusieurs sortes d’eaux composées. Les Monoïeurs fe fervent, dans leurs opérations, de Peau forte, de Peau régale, de Peau simple, & de Peau seconde, L’eau forte , est un composé d’esprits de nitre & de vitriol, qui ont été tirez par un feu de réverbéré: elle est ainsi apellée , à cause qu’elle a la force de dissoudre tous les métaux, fi l’on excepte ì’or. L’eau régale, est une eau forte à laquelle on a ajoûté une dissolution de sel armtmìac dans Pesprst de nitre, & on l’apelle régale , selon Mr. Boizart, parce qu’elle a la force de dissoudre for qui est le Roi de tous les métaux : il fait ensuite cette remarque particulière, qu’après que Peau a été ainsi regalisée, elle ne peut plus pénétrer, ni dissoudre l’argent, comme elle Faisoit auparavant, si ce n’est avec beaucoup de tems. Voilà Une belle matière pour lès Philosophes ; ils examineront fi le raisonnement de Mr. Boizart sur ce sujet, est décisif. Quant à l’eau simple, on met de Peau forte dans un marias ; on fait entrer le col dans un alambic ; on les lutte bien ensemble, & on fait disriler Peau forte dans un récipient, & quand cette distilation est environ au tiers , on retire Peau qui a été distilée , & Ort í’apelle eau JImple, parce qu’elle ne contient que des flegmes : maïs , quoique simple , elle peut encore servir de première eau , pour commencer à amolir la grenaille en d’autres départs : on remet ensuite lé récipient pour achever la distilation ; & quand elle est achevée, Peau qui a été distilée, est apellée eau repassée. Boizart , traité deS mo* noies. , EAU. [ÍJrinàs Urine. (Faire de Peau, c’est- à-dire, pijj'er.) [ Meiere .] EAU. [_Àqua intercm.1 Sueur. ( Cette course Pa ínis tout en eau.) EAU. [Aquarif j En terme de Marine, on dit, faire de l’eau s c’est-à-dire, faire provision d’eau douce, Le navire fait eau, [aqisani accipit navis; J c’est-à-dire, Tome L îppp il 666 EAlI il y a quelque trou, ou quelque fente par laquelle l’eau entre dans le vaisseau. Ce vaisseau tire tant d’eaui C’est-à-dire, il enfonce dans l’eau de tant de pies. Ce vaisseau va à. fleur d’eau ; c’est-à-dire , il n’a guére de bord hors de l’eau. On y parle du vif de l’eau , ou de la haute eau ; C’est-à-dire , de la pleine marée, & au contraire eau morte ou baise eau , signifie la basse marée dans le reflus. Mettre un navire à l'eàu , c’est du chantier où il étoit pour le bâtir , ou pour le radouber, le pousser dans l’eau. II y a dans la mer, des courants d’eau. Le courant de l’eau, c’est l’endroit d’une rivière où l’eau est la plus forte. On conduit les eaux, dans des canaux ou tui'aux. [Ducuntur aqua f On élève les eaux par des pompes & par d’autres machines. [Erìguntwr aqua .] Un jet d’eau , un bouillon d’eau , une chute d’eau, une na- pe d’eau, un soleil d’eau, une gerbe d’eau, un berceau d’eau, un rond d’eau, un conduit d’eau , un réservoir d’eau , un pouce d’eau, &c. 0 Nous distinguons les eaux, en eaux de la mer, eaux d’un fleuve ou d’une rivière navigable, eaux de ruisseaux ou des fontaines , eaux pluviales, enfin eaux des étangs. On trouve dans les Loix Romaines, diférentes fortes d’eaux , aqua quotìdìana, ajiiva , aqua pluvialis , rivus , cloaca, sons. Le Jurisconsulte Ulpien nous aprend dans la Loi première du 4;. Livre du Digeste , tit. 20. que aqua quotidiana est celle dont on a droit de fe servir pendant toute l’année, en Hiver comme en Eté, & afiha , au contraire, est une eau dont on n’a Tissage que pendant l’Eté. Aqua pluvialis , c’est l’eau qui tombe du ciel, c’est la pluie, que Ton ne peut pas jetter fur le fond de son voisin , suivant les Loix du Digeste , tit. de aquâ U pluvia ar- cendùt. Rivus , c’est un ruisseau , dont il y a un titre dans le Digeste , lib. 4;. tit. 21. Cloaca , ce font des amas des eaux sales, pleines de boues & d’immondi- ces : nous avons adopté ce terme , & nous apollons de même cloaque , les amas d’eaux & d’ordure. Fons, c’est l’eau d’une fontaine. Nos maximes générales fur le fait des eaux-, font à présent: i°. à T égard de la mer, Seldenus a fait ses éforts dans son Traité qui a pour titre, Mare claïisum , pour prouver que les An- glois en font les maîtres. Grotius par un autre Traité , intitulé, Mare liberum , veut persuader que l’em- pire de la mer apartient aux Etats Généraux. Mais il y a un troisième parti qui paroît le plus raisonnable ; c’est de donner à chaque Souverain la jurisdiction & le pouvoir sur la mer dans Tétenduë de leurs Etats, & aussi avant dans la mer que la vûë poura s’étendre : ni les uns ni les autres ne peuvent fe servir de la loi 9. d u titre de lege Rhodia du Digeste: Eudemon aïant fait naufrage sur les côtes d’Italie, ou , comme quelques-uns veulent, dans la mer Egée , fut volé parles habitans du lieu, qui emportèrent les restes malheureux qu’il avoit pû sauver ; il en porta sa plainte à l’Empereur Antonin, qui se contenta de lui répondre, Jl es vrai que je suis maître de tout îunivers;cependant nous suivons , dans tout ce qui concerne la mer , les loix des Rbodiens, lors qu’elles ne font point contraires ms maximes. Mais les Souverains qui règnent à présent , ne peuvent tenir un langage si fastueux ; leur souveraineté a des bornes dans lesquelles ils doivent fe renfermer ; je fuis même persuadé qu’il n’est point de Souverain qui se contente de faire au malheureux Eudemon une réponse si vague & si peu consolante. 2°. Les fleuves & les rivières navigables font du domaine de la Couronne, suivant l’article 41. du titre delapo - lice des forêts , eaux N rivières , de ['Ordonnance de 1669. registrée au mois d’Avril 1694. dont voici les termes : ,, Déclarons la propriété de tous les fleuves „ & rivières portans bateaux de leurs fonds , fans ar- „ tifice & ouvrages de mains, dans notre Roïaume, „ & terres de notre domination, faire partie du Do- „ maine de notre Couronne , nonobstant tous titres & ,, possessions contraires , sauf les droits de pêche, „ moulins, bacs, & autres usages que les Particuliers „ peuvent y avoir par titres & possessions valables, ,, ausquels ils seront maintenus”. 3 0 . Les eaux des ruisseaux, & celles qui coulent dans les chemins particuliers , apartiennent au Seigneur Haut-Justicier, de qui il faut les tenir , fous la redevance dont on est convenu. 4°. Celui qui a pris les eaux des ruisseaux, ou des chemins particuliers, & en a joui fans titre, mais par une poflession de trente ans, peut continuer d’en joiiir contre le gré du Seigneur. ç°. Le propriétaire d’un fond, dans lequel il y a une eau sortant dç EAU terre , peut en disposer comme il le trouve à propos ■ ainsi que de celle qui y passe naturellement, & par fo pente, sans main d’homme. 6°. On ne peut point détourner le cours des eaux, ni les jetter fur le fond de son voisin, pour se garantir du dommage que l’on en soufre. {§ Aubin, dans son Dictionnaire de la Marine fait mention de plusieurs sortes d’eaux ct de diférentes expressions, comme, (Teau est basse, l’eau est haute, l’eau monte ; eaux vives, eaux courantes, le vif de Teau, eau morte, le montant de Teau. Faire eau ; terme fort usité dans la navigation, & qui signifie que Teau entre dans un vaisseau par quelques ouvertures. Faire de Teau, qui est le même que faire aiguade ; ce qui signifie , faire fa provision d’eau douce. Prendre tant de piés d’eau ; C’est-à-dire, qu’il faut au vaisseau une certaine quantité d’eau. ) EAU. Ce mot entre dans plusieurs façons de parler figurées, & proverbiales. (Tout s’en es allé à vau Veau. ) [Iltius conatm in ccsium abieruntsj C’est-à-dire, que tout s’est évanoui, dissipé , perdu , qu’on ne parle plus de tout cela. II n’es , comme Von dit , pire eau que Veau qui dort ; c’est-à-dire , que les gens mornes, &qui ne semblent pas songer à mal, sont plus méchans que les autres. Nager en grande eau c’est-à- dire, avoir abondance de toutes choses. L’eau lui en vient à la bouche , [id ilìi salivam mo'vet c’est-à-dire, qu’il désire ou qu’elle désire. Pêcher en eau trouble ; c’est-à-dire, aquérir du bien parmi des divisions & des troubles. II a mis de l’eau dans son vin. [Deferbuìt ira .J Ces mots au figuré , signifient qu’il s’est corrigé, qu’il n’est plus tel qu’il étoit. Ces un Médecin d’eau douce, [gregarius Medicm, ] cela se dit d’un Médecin nial-habile./.cj' eauxfont basses, [res angusa dom'tsj c’est- à-dire , il n’y a plus guére d’argent en bourse. Suer sang , N tau , [multùm desudare. J C’est faire un éfort extraordinaire , pour venir à bout de quelque chose. Faire venir l’eau au moulin. [ Lucrk iocupletare do- muml] Cela veut dire , faire venir de l’argent, atirer du profit. II es heureux comme le poisson dans Veau. Proverbe. Laisser courir Veau, [nìhilcurares] C’est ne se soucier point comme vont les afaires. Batre Veau. C’est travailler inutilement. Nager entre deux eaux. [In incertum serris Etre incertain entre deux opinions , ou deux partis , ne savoir lequel on doit suivre. II n’y sera que l’eau toute claire, f Oleum [s operam perdet. J C’est-à-dire , il ne réussira point en cette afaire. Voïez Crèche, bec.... EAU. [Aqua minérales, thermales .] Ce mot au pluriel signifie souvent des eaux salutaires, & dont on use pour ía santé. ( Elle est alée aux eaux , parce qu’elle fe porte mal. [ Potatum hit aquas medicas. ] Les Médecins lui ont ordonné de prendre les eaux.) 0 ' Ce madrigal fur les eaux d’Aix-la-chapelle, n’est peut-être que trop vrai : Non , Monsieur Oliva, non , je n’en boirai plus ; Vos eaux d’Aix font , ma foi trop fades, Quoique vous médisiez, pour vanter leurs vertus, Elles ont plus fait de cocus, Qu’elles n’ont guéri de malades. EAU. [Expolire.] Ce mot fe dit en terme de Tanneur en cette sorte. (Donner trois eaux au veau, &c.) f EAU. Les chapeliers disent, donner l’eau à un chapeau, lors qu’ils le veulent lustrer. J: Donner Veau à une étofe. C’est lui faire prendre du lustre, en la mouillant légèrement, & la faisant passer fous la presse, ou sous la calandre , soit à chaud, soit à froid. Cette façon fe nomme aussi aprêt. EAU. f Unio exaluminatus. J Ce mot fe dit entrs Lapidaires & autres, en parlant de perle. II signifie, lufire, éclat, netteté de perle. ( Ces perles ont une fort belle eau. Les perles que Cléopâtre avoit en pendans , étoient d’un prix inestimable , soit pour l’eau, ou pour la grosseur. Citri, triumvirat , 3. p. ch. ía. ) EAU. Ce mot fe dit en parlant de fruit, & signifie suc. [Succus .2 (Ces poires-íà ont bonne eau.) Batre Veau. Terme de Chase. Cela se dit quand une bête est dans Teau , & Ton crie aux chiens, eîle bat Veau. EAUX & forêts. [ Curator alveorum U sylvarum. ] Jurisdiction qui connoît, tant au civil qu’au criminel, de tous les diférends qui regardent les eaux & les forêts. II y a le Grand - Maître des eaux & forêts, qui a son Lieutenant général à la Table de Marbre à Fa- EBA à Paris j St Iss Maîtres particuliers, qui font les Ver- diers & les Gruiers, qui font dans les Provinces, & dont les apellations relèvent à la Table de Marbre, où' Monsieur le premier Président, ou un autre Président à Mortier, assisté de quelques Conseillers du Parlement, du Lieutenant Général, & des Conseillers des eaux & forêts, juge souverainement. S’E'BAHÍR , v. r. [ Mirari, obflupescerei] S’éton- ner. (Me voïant, fans trop s’ébahir, elle me dit. Voit. Po'es Tous les fleuves en font ébahis. Voit. Pois. Les poissons ébahis les regardent passer. S. Am. Prêchez, patrocinez jusqu’à la Pentecôte, Vous serez ébahi quand vous ferez au bout , - Oue vom ne ni aurez rien persuadé du tout. Mol.) (§ Le verbe ébahir a subsisté pendant quelque tems : mais il a vieilli. Saint Amant s’en est servi, en décrivant le passage des Israélites dans la mer rouge à pié sec : Les poisons ébahis les regardent pajfer. Mais Despreaux a condamné ce vers dans fa Poétique. Mr. Ménage le dérive de exbadire, &c. L EBAHISSEMENT, f. m. [ Stupor , admiratioi] Etonnement. Admiration subite. ( Cet accident à causé un ébahissement général.) Ce mot est vieux. ($ EBANDISSE. Vieux mot qui signifie hardiesse. Fauchet cite ces deux vers d'un ancien Poète, où ee terme est emploïé dans ce même sens : Qui le prient de fin caur baudement, Ebandìsse fait gaaigner souvent. t EBARBER. [Tondere, attondere. ] Faire la barbe. (Dieu merci, me voilà ébarbé. Je vais me faire ébarber. EBARBER , v. a. Terme d 'Orfèvre & autres. Oter les rebarbes de l’argent. (Ebarber un plat. On dit entre Fondeurs , ébarber un boulet de canon. Les Papetiers disent, ébarber le papier. On dit aussi, ébarber une plume.) $ EBAROUI, adj. Terme de Marine. On apel- îe vaisseau ebaroui, celui qui s’est desséché au soleil ou au vent, en sorte que les bordages se soient retirez, & que les coutures se soient ouvertes. On mouille souvent les vaisseaux, & on jette de seau de tous les cotez pour éviter cet inconvénient. EBAT , f tu. \Ludus, deleilatio, ludìcrum. ] Vieux mot, qui ne trouve fa place que dans le burlesque. II signifie , plaisir, contentement. (Prendre ses ébats. Voit. Po'és.) t EBATEMENT, f. m. [ Recreatio animi. ] Ebat. Divertissement. (Près leur déduit & leur ébatement, rien n'eût paru à la Cour. Sar. Po'es ) f S’E'BATRE , v. r. [Oblefíare se , ludere.j} Se réjouir. Se divertir. (Elle étoit décendué avec ses compagnes pour s’ébatre fur le rivage. Ab L Luc. t. r. S’ébatre noblement. Sar. Po'és.) (s On croit que ce mot vient du Grec í/ujSctTTiíuvj aìer se promener. Dans le discours familier , on dit, prendre ses ébats, se divertir. Mais votez Mr. Mé- t EBAUBI, ébaubie, adj. [Stupefaftuí.2 Terme populaire. Etonné. Tout surpris. (Je fuis toute ébaubie, & je tombe des nues. Mol. tart. a. ç.sc. 5.) Ce terme est commun parmi le peuple de Paris. Voïez Mr. Ménage , (V? le Glossaire de Mr. du Gange,sur Villehardoúin. EBAUCHE, s fi [ Dejlgnatìo , prima lineamenta, rude opus, adumbratio. J Chose ébauchée. (Faire sé- bauche d’un tableau. Une belle ébauche.) * Je crus que les foins que j'a lois rendre à Madame, éfaceroient de mon aine l’ébauche d’une paf. hon. Le Comte de BuJJì. EBAUCHER, r», a. [ Delineare, dejlgnare, inchoa - rv.J Mettre dans un état qui n’est pas parfait: faire imparfaitement. ( Ebaucher un tableau, ébaucher du carreau , ébaucher du bois, ébaucher une statué , &c.) (§ Ce terme est particulièrement en usage parmi les Peintres. Mr. Ménage avoué dans ses Origines, qu'il en ignore l’étimologie : il se contente de nous proposer ses conjectures, que je n’ai pas crû devoir copier. EBAUCHER. Ce mot , entre Cordiers, signifie pas. EBL 667 fer le chanvre par sébauchoir , le néteïer en le passant par sébauchoir. (Ebaucher du chanvre.) EBAUCHER un discours. EBAUCHOIR , f m. [ Infor mat or. J Terme de Sculpteur. Outil de bois ou d’ivoire, dont le Sculpteur travaille ; c’est-à-dire, ébauche, ou modelle. EBAUCHOIR , f. m. Terme de Cordier. Gros scran, au travers duquel les Cordiers font passer le chanvre pour l’ébaucher. L’ébauchoir est aussi un outil ds Charron & de Charpentier. EBAUDIR, v. a. [Recreare , relaxare .] Terme populaire, qui signifie, se réjouir. (Ebaudir ses esprits, les récréer. t EBE , f fi [Salacia.’] Terme de Mer. Ce mot se dit en quelques Provinces maritimes, & il signifie le reflus de la Mer, la basse marée. On croit qu’il vient de l’Anglois. * Ce qui vient d’ébe , s’en retournera au flot, Ce proverbe se dit en Normandie, des biens mal aquis & mal assurez. On dit ailleurs, ce qui vient par la flûte, s’en retourne par le tambour, EBENE, / fi [Ebenus.1 Bois d’un arbre des Indes. Ce bois est fort noir & Fort pesant. 11 reçoit un beau poliment, & son en fait des ouvrages de prix. (La meilleure ébéne, quelque sèche qu’elìe soit, va toujours au fond de seau. Ebéne noire & luisante. Ouvrage marqueté d’ébéne.) ^ 11 y a trois sortes d’Ebene ; la noire, la rouge St la verte. Elles font sudorifiques. {§ Lancelot dérive ce mot du Grec. Rabelais fa fait masculin : mais il est féminin. EBENER , v. a. [ Ebeni fleciem ïnducere. J C’est donner la couleur de l’ébéne à du bois. (II faut ébéner ces armoires, & elles en seront de beaucoup plus belles.) EBENljER, fi m. [ Ebentts .] Arbre dont le bois s’a- pelle ébéne. EBENISTE , f m. f Ebeni artifiex J Ménuisier quî travaille en ébéne. (Un bon Ebeniste.) t EBERTAUDER, »• a. Terme de Tondeur de Draps, qui signifie, tondre une Drap, ou autre étofe de laine, en première coupe , en première voye, ou en première façon ; trois manières d’exprimer la même chose. En Berri on dit, bertauder , mais ébertau - der est en usage dans les Manufactures de Draperies de Rouen, de Louviers & d’Elbeuf. EBIES- Ce terme est fort connu dans la Bresse, où l’on apelle ébies, de petits canaux que l’on fait pour faire écouler les eaux d’un étang. EBLOùIR , ri. a. [Perjìrìngere oculos , tenebras ob~ ducere, caliginem sujfiundere.~\ Ce mot se dit proprement du Soleil & du grand jour, lorsque la lumière du Soleil ou du jour frape la vûé. (On ne peut regarder fixement le Soleil , qu’il n’ébloùisse le? yeux. * Jamais tant de douceur & tant de majesté n’ébloiii- rent ses yeux. Arnaud, poème fur la vie de Jefus-Chriji. La beauté éblouit les yeux.) * EBLOùIR , v. a. [Faficinare,'] Ce mot se dit aiî figure, & signifie, tromper, surprendre sesprit par de fausses raisons. (Les honneurs & la fortune éblouissent les ambitieux. L’élocjuence d’un Avocat éblouit quelquefois les Juges. * L’éclat d’une couronne éblouit la raison. Gomb. Po'és Du monde les trompeurs apas. pie peuvent ni éblouir par leur faujse lumière. Abé Testu.) EBLOUISSANT, ante, adj. [Perftringens oculos.j II se dit dans le propre & dans le figuré. Couleur éblouissante. Le charme éblouissant d’une gloire nais. santé. Vill. EBLOUISSEMENT, f m. [Caligo , caligatio , fascineU tioj Efet du Soleil, du jour, ou de la lumière , qui frape vivement les yeux. Tout ce qui est cause que la vûé s’ébloûit. (Le Soleil ^ m’a causé un fâcheux éblouissement. 11 m’a pris un éblouissement qui m’in- commode fort,) EBLOUISSEMENT , fi. m . [ Deceptìo. ] Se prend aussi au figuré, pour surprise. (La grande estime que nous avons pour quelques Prédicateurs, peut venir de nôtre éblouissement & de nôtre illusion, Ba! ^TomeL PpppsT ' ' í$ EBO- 668 EBR (g EBOELER- Vieux mot qui signifie, éventrer, arracher les entrailles que l’on apelloit autrefois bo'êles ; témoins ces deux vers de l’Ovide manuscrit, dont j’ai une copie très-belle : Par les flans l’a fi profendu, Que la boele li chei. t EBORGNER , »• a. [ Elufcare , eculum eruere.] Crever un œil. Rendre borgne. (Ulisse éborgna Po- lipheme. Abl. apopb. II est homme à s’éborgner pour faire perdre l’œil à un autre. Scar. rom. ) t * EBORGNER une maison. [ Domum lamine pri- vare.] Ce mot est bas, mais il se dit quelquefois, & signifie ôter du jour à une maison par quelque bâtiment qu’on fait au devant. t S’EBOUFER de rire, ». r. [Dimanpi.J C’est rire fort. Se prendre à rire. (Ne manquez pas de le dire, J 3 it Morne s’éboufant de rire. Scaron , siphon, chant. 2.) S’EBOUILLIR , ». r. [Ebullìre , concoquere , ex-, coquere.] Ce mot se dit, parlant de fausse & de bouillon , & il signifie se consumer, se réduire à peu de fausse , ou de bouillon. ( Le pot commence à s’é- bouillir.) EBOULEMENT, f. m. [BejeBio , ruina , démoli- îio. ] Action de s’ébouler , action d’ébouler. ( Ils font cause de l’éboulement de la pile de bois ; l’ébou- lement de la muraille a blessé ceux qui étoient au- rès) Mr. Bourfault, en faisant parler une précieuse Esope, s’en sert dans le stile figuré. (. De'cendre d’où je fuis , au langage vulgaire , Est un éboulement que je ne faurois faire . Bourf. ) S’EBOULER , »• r. [LabefaBare, démolir il] Cè mot fe dit des monceaux de fable , de bois, de terre, qui font élevez en forme de rampart ou de fossé : c’est fe ruiner & tomber à terre. (La terre s’est éboulée : le terrain s’étoit rendu ferme, & ne s’ébouloit point. Vaug. Quint. I. 4. c. 6 . ) EBOULER ,fi m. [ hzgerts ruina. ] Chose qui s’est éboulée. ( Voilà un grand éboulis : il s’est fait un éboulis considérable de bois, de fable, ou de terre.) í EBQUQUEUSES , f f. Terme de Manufactures de Draperies. Ce font des femmes qui, avec des petites pincettes de fer, ôtent les nœuds, pailles , ou petits bourats, qui fe trouvent aux étofes, après qu’elles font sorties de dessus le métier. On les apelle auffi, Enoueuses. EBOURGEONNEMENT , f m. [Pampinorum decujfio.] Terme de Vigneron St de Jardinier. II consiste à ôter à la fin de Mai & au commencement de Juin, les branches stériles de la vigne, & le faux bois des arbres fruitiers, (Faire l’ébourgeonnement de la vigne , ou des arbres.) EBOURGEONNER , Ebourjonner , ». r. [ Pampinare , decùtere pampinos.] Ce mot fe dit, en parlant de la vigne & des arbres. Oter les bourgeons. (Ebour- geonner les arbres. Ebourgeonner la vigne.) EBOUZINER, ». a , Terme de Tailleur de pierre. C’est tailler la pierre jufqu’au vif, pour en ôter le bouzin. EBRANCHEMENT ,f m. \_Attonfio , interpurgatio,] L’action d’ebrancher. Ce mot est peu en usage. fg Dans la Coutume de Bretagne , art. 645. le feu eb'randi , c’est-à-dire , répandu & communiqué aux maisons voisines. EBRANCHER,®. «. [ Interlegere , interradere, attmdere, ïnterpurgare. Couper les branches inutiles. (Ebrancher un arbre.) EBRANLEMENT , f m. [ Conquajfatio, concus- fio. J Secousse. ( Les coups de canon ont causé un grand ébranlement à cette muraille. L’ébranlement íait craindre la chute.) ch EBRANLEMENT, fe dit auffi d’un Vaisseau dont les parties font ébranlées par un coup de mer. * EBRANLEMENT , s. m. [ Anìmì labesaHio. ] Ce mot au figuré, signifie trouble, crainte, émotion. (Si près de voir fur foi fondre de tels orages, LI ébranlementfied bien aux plus fermes courages . Corn. Dor. a. 1 . fe. j. EBRANLER, ». a. ['Commovere , concutere, qua- tere.] Faire mouvoir. Faire trembler à force de secouer & de mouvoir ou de fraper. (II ébranla en peu - EGA de tems une partie du mur avec les machines, Abl. Arr. I. 1. Ebranler une cloche.) * EBRANLER. \Convellere.] C’est tâcher à détruire. (Ebranler les régies les plus saintes de la conduite chrétienne. Pafc. I. 10.) EBRANLER, f LabefaBare. ] Rendre moins assuré. Rendre moins ferme & moins hardi. Etonner. ( E- branler le courage des soldats. Ebranler la résolution de quelcun. La fraïeur de la mort ébranle le plus ferme. Théoph. Poéf) S'ébranler , ». r. f Commoveri , concutì. ] Branler , chanceler, s’étonner. (L’Infanterie des ennemis com- menqa à s’ébranler. II répondit, fans s’ébranler, que la bataille n’étoit pas encore perdue, puisqu’iin’avoit point encore combats. Relation des campagnes de Rocroi.) * S'ébranler. [Moveri.J Ce mot signifie auffi fe préparer pour faire quelque chose. (L’armée commença a s’ébranler pour donner. Abl. Arr. I. 1.) EBRECHER, ». a. [Stringere.] Rompre, casser quelque petite partie d’une chose. ( Ainsi on dit, ebrecher la lame d’un couteau. Ebrecher une dent. Un couteau ébréché. Une dent ébrechée.) II fe dit auffi des petites ruptures qui fe font aux utensiles de verre ou de faïence. t EBRENER, ». U. [Inquinatum puerum abfer- gere.] Ce mot est bas & il ne fe dit qu’en parlant de petits enfans qu’on néteïe, tandis qu’ils font au maillot , & durant leurs premières années. (Elle a ébrené le Seigneur de son vilage.) * ERRIE'TE', f f Terme dogmatique, qui vient du Latin ebrietus % , 11 se dit rarement, & il signifie Ivresse. (L’ébriété cause de grands désordres. ) Oti dit encore moins ébrìosité. EBRILLADE, f f Terme de Manège. C’est un coup de bride que le Cavalier donne à un cheval qui refuse de tourner par la secousse d’une rêne. S’EBROuER , s’ébro'ùir , ». r. [Ignem ejfiare na- vìbus .) Terme de Manège , qui fe dit des chevaux pleins de feu. II y a des gens qui disent s’ébrouir mais tous les Ecuïers que j’ai vûs , disent s’ébrouer. 11 signifie que les chevaux font une espèce de ronflement, comme pour faire sortir quelque humeur de leurs naseaux. ( C’est une bonne marque quand un cheval s’ébrouë lors-qu’on le veut retenir.) EBULITION, st f. ÍEbulitió. ] Ce mot fe dit en parlant de sang échaufé, & ce font des humeurs acres & chaudes qui poussent la peau. ( Une grande ébulition de sang.) C’est auffi un terme dont fe fervent les Philosophes & les Chimistes, en parlant des liqueurs qui s’ébouillissent. (On dit une legére ébulition : une entière ébulition.) * Je ne puis foufrir les ébulitions de cerveau de nos jeunes Marquis. Molière , critique de íécole des femmes. ECACHER , ». a. [ Oblidere, obterere.] Aplatir: froisser : écraser : briser en pressant par quelque chose de pesant. ( Ecacher du sel, du sucre , &c. Eca- cher P or.) ECACHEUR d’or, f. m. [ Obtritor. ] Ouvrier qui écacbe l’or. (g On croît qu’il vient de l’Efpagnol efiarcha , qui signifie le bruit que l’on fait en marchant. Efiarcha, dit Covarruvias, dans son Trésor de la Langue Castillane , dixo fe d’al fini do que baze quando jèpifi: & le verbe pifar veut dire, fouler aux pies, briser. Ainfi écacber l’or, c’est le froisser , & le réduire en feuille. ECAFER, ». a. Terme de Vanier. Oter la moitié de l’olîer pour ourdir. (Ecafer l’osier.) ECAILLE, f f. [ Squamma .] Ce mot se dit en parlant de poisson. _ On apelle écailles de poisson , de certaines petites pièces luisantes, glissantes & dures, qui faisant toutes ensemble un corps, couvrent la chair du poisson. ECAILLE, / f- tOflreum.] C’est une coquille qui a un couvercle dur , qui enferme un poisson qu’on apelle huître , qu’on vend & qu’on mange à Paris, dénis le mois de Septembre jusques au mois d’Avril. es écailles font dans la meratachces autour des rochers , & on les pèche avec des rateaux de fer. (Crier des écailles par les rues de Paris vendre des écailles; acheter des écailles ; ouvrir des écailles. Et ECA ft par ce bel arrêt terminant la bataille, Tenez , voilà , dit-elle , à chacun une écaille, Despr. (g Ce mot vient del’Italien squalia. Ecaille,s. fi Coquille dure dans laquelle est enfermée une tortue. (On fait divers ouvrages avec des écailles de tortue.) ECAILLE, s fi* [ Trusta .] Ce mot se dit de diverses sortes d’ouvrages faits en façon d’écailles posées les unes fur les autres. On le dit des pièces, dont est composée une pomme de pin. On- le dit des pièces qui se détachent de certains corps , comme des croûtes. ECAILLE de mer. C’est une pierre dure de laquel* le les Peintres se servent pour broïer les couleurs. ECAILLE'. [Squammatus.) Terme de Blason, qu’on acompagne du mot ombré. (II porte de fable au crocodile d’argent ombré & écaillé de sinople.) ECAILLER, v. a. [Desquammare ..] Oter les écailles. Défaire lés écailles. (Ecailler un poisson.) T écailler , v. n. [Desquammare. ) Tomber par écailles. II se dit des choses qui tombent par croûtes, & par morceaux. (Les enduits de plâtre font sujets à s’écailler.) . f La troupe écaillée, f Pisces. ) Mot Poétique & burlesque; pour dire, les poissons. ECAILLER, ou écaiUeur ,s. m. [ Ofìrearitu. ] Celui qui vend des écailles. ECAILLEUX, écailleuse , adj. [Squammosus .] Il se dit de certaine ardoise , & de quelques autres corps durs qui tombent par écailles. (Cette ardoise ne vaut guére , parce qu’elle est écailleuse.) EGALE,/ fi. [Testa, f ut amens Coque , couverture d’un œuf. L’écorce des noix, des pois, des fèves , &c. ECALE. [ Exscenstu. ] Terme dé Mer. C’est le mouillage dans un port ou une côte pour éviter la tempête. EGALEE, v. a. £Putamen , tejìam decutere , de* tegere .] Ce mot se dit des noix, & signifie ôter la grosse couverture verte qui les couvre. ( Ecaler des noix. ) t ECALER , v. a. La Quintinie dit qu ’écaler se dit auffi des pois & des fèves, & que c’est ôter la fève ou le pois de son écosse , mais cependant tout le monde dit écosser. f ECAQUEUR , f à C’est le matelot qui dans la pèche du haran est chargé de le caquer, On l’apelle aussi, Caqueur , & Eflejkur. S ECARBOUïLLER, V. a. [Effringere.) Terme populaire , qui ne se dit qu’en ces phrases , Ecar- boùiUer la cervelle , pour dire l’écraser. Cerebrum es- sringeré » Une pomme écarbouiOée. Malum contritum. Danet. ECARLATE-, s f. silex aculeatu cocci glandifem ] Graine d’un arbre , qui produit une forte de couleur rouge fort belle. ECARLATE , s s L Murex , purpura. ] Sorte de drap fin & d’un fort beau rouge. (Ecarlate fort belle. ) £f Volet Mr. Ménage, dans fis Origines Françoise s (V? Italiennes. ECARQUILLER S V. a. [ Dïvarìcare. J Ce mot Te dit en parlant des jambes, & signifie ouvrir : élargir trop. (Ecarquiller les jambes : Sis marchent écarquillez ainsi que des volans. Mol. école des maris, a. i. sc. i.) t ECARQUILLER , v. a. Ce mot se dit aussi des yeux, & veut dire, les ouvrir autant qu’on peut. (II écarquilloit les veux de toute fa Force.) fis Ce mot n’est guéres en usage , du moins on ne le trouve point dans les bons Auteurs. ECARRIR- Volez Equarrir. ECART, s m. [ Digresstí , digrespos Ce mot se dit au figuré, & signifie éloignement d’une chose qu’on sépare d’une autre ; écart de discours ; de la conduite. Volez Ménage , Origines. ECART . [Çjuadrans.] Terni s do Blason, L’éearíse dit de chaque quartier de l’écu, divisé en quatre , & sur tout de deux qui sont après le premier. Les armes principales de la maison se mettent au premier Sc au quatrième écart, ou quartier, & aux deux & troisième celle de l’aliance de la mère. On dit aussi, des contrecarts , des parties dé l’écu contrecartelé. ECH 669 ECART, f m. [Chartula rejefía, sepofitœ, refifíios Terme de Jeu de piquet. Cartes qu’on rebute en jouant, parce-qti’on les croit inutiles. (Faire écart.) ECART. Terme de Danse. Mouvement du pié pour se jetter agréablement de côté. (Faire un écart, ECART d’os. C’est lors qu’un os est éloigné , & séparé de celui qui lui est joint naturellement. $ ECART. Terme de Charpentier de Vaisseau, Ecart long, c’est la jonction & aboutissement de deux pièces de bois -, savoir de deux bordages, ou de deux preceintes entaillées. T ECART simple ou quarré. C’est quand les deux pièces de bois ne font que se toucher quarrément. A P écart, adv. [Seorsùm, clam.) A part: en un lieu écarté & éloigné du monde. (Tirer à l’écart S trouver à l’écart. Dans cette grote sombre un berger amoureux, Déplorait à l’écart son destin malheureux. Segr. poëm. past. chant. 1. Bâtir à TéCaít : se loger à l’écart.) ECARTE', écartée, adj. £ Secretm, remotus.) Disperse : éloigné. (Ennemis écartez , vûë écartée. Mol. Les Parties écartées , c’est-à-dire, plus éloignées les unes des autres. ECARTELE', écartelée, adj. f Quadri-partìtití , in quadras divisas. 3 Terme de Blason. Divisé ën quatre. (II porte écartelé d’argent & de sable. Col.) On dit aussi, écartelure , [in quadras partitio.) ECARTELER , v. a. [ Quadratim dsjecare, Ai- laniare , discindere.) Tirer à quatre chevaux ç écarteler se dit, mais on dit plus ordinairement, tirer à quatre chevaux, qu’écarteler, (Ravaillac fut écartelé.) ECARTER, v. a. [ Seponere, rejiccre , amovére , dijjipare, dìflrahere.) Disperser çà & là : éloigner de soi, ou d’un lieu. (Fusil qui écarte la dragée.) Volez dragée. (Ecarter ses ennemis à coups d’épée. AhL Ecarter la canaille. Laissez-moi de t autel écarter une mère . Racin , iphig. a. 1. sc. Ecarter la foule du peuple.) S’écarter , v. r. f Digredi , secedere, àecltnare , alià mentem convertere.) S’éloigner : s’égarer : se détourner. (S’écarter de son chemin : s’écarter du camp : ils s’é- toierit écartez pour piller. Abl. ret. I. ;. S’écartee des sentimens des autres. Ahl, II s’est écarté de fon discours. Et plus de votre cxur Dieu parozt s’écarter, Plus par vos allions songez à l'arrêter. Despr.) ECERVELE' , écervelée , adj. [Cerebrosus , pré* ceps.) Fou: étourdi & fat. (II est écervelé -: la jeunesse est écervelée.) ECERVELE' , f. m. [ Ardelio. ) Fou i impudent ; étourdi : sans cervelle. (C’est un petit écervelé. Mol. ECERVÉLE'E , f. f. £ Cerebrosa , praceps. ] Celle qui est étourdie & fans jugement. ( C’est une vraie écervelée.) ECHAFAUDAGE, f m. £Contabulaiios Construction des échafauïs nécessaires pour travailler à un bâtiment. (Quand òn veut rêgrater une Eglise, l’é- chafaudage coûte plus que tout le reste.) ECHAFAUDER , v. a. £ Extruere tabulata. ] Terme de Maçon. Faire des échafauts pour bâtir. (Ils ont été une bonne hëurè à échafauder.) ECHAFAUT ,s m. £ Pegmaferale. j Ce mot fê dit ën parlant des íuplîces de certains criminels, ce font deux trétaux fur lesquels on a cloué plusieurs ais près à près. (Faire un échafaut, ses crimes l’ont conduit fur un échafaut : il a laissé fa tête fur un échafaut. ) /jf Ce mot signifie lé lieu du suplice, & quelquefois le suplice. Dans trois jours noùs verrons le phénix des guerriers Laisser fur /'échafaut, fa tête U fié lauriers. Nous pouvons bien rapeîler ici les beaux ver-s que Mr. de Balzac a inférez dans son Socrate Chrétien ; U idole à fin crime amenant la terreur , De feux If de J'erpens épouvante son cœur, Et le triste remord, même après laviHoire , Est un autre ennemi logé dans fa mémoire s Bpppj Set 670 ECH Ses pins beaux jours font teints d’une noire vapeur , II a tout ofensé , tout aujjì lui fait peur, Et son trône devient (ô mifere du vice ! ) Le'public échafaut de son secretJuplice. Mr. de Balzac reconnoit en même tems, que Je te r- me écbafaut est un peu rude & sonne mal dans les vers: mais ( dit-il ) je veux croire, pour l’honneur de cet excélent Poète dont j’ai alégué les vers, que leur substance & leur sens vous ont contenté Pesprit, quand leur écorce & leur son vous auroient égratigné les oreilles. ECHAFAUT. Terme de Maçon. Deux pièces de bois de raisonnable grosseur q u’on scelle dans une muraille , à quelque distance l’une de l’autre , & sur lesquelles on met des ais , où puissent être des Maçons pour travailler à leur aise. ECHAFAUT , f m. [ Tabulatum. ] II signifie un ouvrage de charpente élevé pour y placer des spectateurs , afin de voir commodément quelque grande cérémonie. (A l’entrée du Roi, les rues étoient pleines d’échafa uts. Là pour voir aisément ssjsam aucun obstacle , Toute la pompe du stellacle, On dresse de longs échafauts. Pêrr.) Selon Mr. Ménage dans ses Origines, le terme échafaut n’est point dérivé de l’Alemand Scbavehause, mais de excatasalcw , dont les Italiens ont formé leur catasalco. La ressemblance qu’il y a entre l’un & l’autre, rend cette étimologie vraisemblable : mais le mot Latin n’est point l’origine de notre échafauts nous la trouvons plus sûrement dans notre ancien langage, & dans Part militaire de nos peres. L’Hi- ftoíre de Froissart, celle de Joinville, & plusieurs autres , nous éprennent qu’avant que l'on connût la poudre & les canons , on se servoit, pour s’aprocher des villes assiégées , de certaines machines faites en forme d’une haute tour avec plusieurs étages, d’où les soldats tiroient leurs flèches fur ceux qui gardoient les ramparts. Ces tours étoient apellées des chats , qui étoient proprement des galeries couvertes, que l’on atachoit à la muraille de la ville assiégée, comme Guillaume le Breton l’a expliqué dans ces vers ; Hue faciunt reptare catum , tetliquesub illo, Suffodiunt murum. Pour défendre ces chats , & les mettre à couvert du feu grégeois, on élevoit d’autres machines devant & derriere , qui recevant les pierres, les flèches & les feux des assiégez , mettoient à couvert le chat , lequel ainsi fortifié & soutenu devant & derrière , étoit apel- lé chat, chatel; ce qui signifie chat fortifié d’un château ; & parce que (dit Mr. du Gange, dans ses Observations fur Joinville) on apelloit chats faux ou faux chats ces machines de défense, ou a apellé échosaux, toutes machines de bois que l’on éleve fur des piliers de même bois, pour voir, ou pour être vû de plus loin. Froissa rt a fait mention dans son premier volume , ch. 121. de ces chats faux , que nous avons adopté en y ajoutant un E seulement. Nous trouvons dans Pampie Recueil de Mr. Perard, de plusieurs Pièces concernant PHistoíre de Bourgogne, un acte de 1405. où il est dit, que le Maire de Dijon fit élever un chajfault de bois , £5? au pied àìiceluì , un feu , auquel chajfault a été monté Poncet de Soulier , alias Treulier , condamné pour ses démérites , àardoir. pa g. 595. Ì 3 ’ ECHALADER. Terme $ Agriculture. Les vignerons disent : J’échaladerai demain ma vigne ; cette vigne en vaudra mieux , lors qu’elle fera échaladée , c’est-à-dire, lors qu’au pié de chaque sep on aura fiché un échalas. Le dìHion. de l’Agrie. On dit plù- tot échalajser qu’échalader. ECHALAS , f [ Palus, pedamentum , hostile, ridica , jìatumen.'J Morceau de bois , qui est en forme de bâton, qui a environ quatre piés & demi, & qui sert à soutenir les seps de vignes. II regarde le ciel au pié d’un échalas, S’étonne de fa faim , £çf d’être sitôt las. Ram p. Poës. idile. 4. On fiche les échalas dans la vigne, les échalas font d’ordinaire de cœur de chêne, & on en fait le treillage des espaliers des jardins. C§ Cafeneuve dérive ce mot du Grec X a P*% , qui lignifie la même chose qu’échalas. Des Auteurs de ECH la basse latinité ont tiré le terme carratìum de la même source. 11 est dit dans les Loix des Lombards liv. 1. tit. îy §. 54. Si quis p aluni, quod est carra, tium , de vite tulerit , ffc. Le P. Labbe, selon fa bonne coutume, désaprouve cette étimologie : „ aïant „ ( dit-il ) à nôtre porte écheles ou échales , fcalœ , ies ,, escaliers, escalader , ou écheler; il falloit bien , (ajoû- „ te-t-il) tant de mistere pour trouver les échalas ou ,, échelas ; la feule vûë, dans les vignes, de ces petits „ bâtons dressez debout comme des écheles, & entre- „ lassez par d'autres en seime d’échelons , leur auroit „ fait connoítre la véritable origine de ces mots, si „ la préocupation de gréciser ne les avoit aveuglez”. Mr. Ménage veut que échalas ait été fait d estaìaceus, qui a été formé de scala : mais ne peut-on pas dire avec beaucoup de vraisemblance, que eschara de la basse latinité , & qui signifie ce pieu que nous apellons échalas , en est la véritable origine ? Tseschara , on a fait échalas. Cependant (n’en 'déplaise au P. Labbe) il faut toujours récourir au grecx a 3 a %> que les anciennes gloses expliquent par le mot latin sudès , ou ridica, un échalas; car c’est aìnli qu’il faut expliquer ce mot dans la Loi xi. §. 3. jf. Quod vi, out met. caus. Si quis in vineas meus venerit , aut ridicas abjìu- lerit. ECHALASSEMENT,/ m. [PalatioJ L’action d’é- chalasser, de mettre des échalas aux vignes. ECHALASSER, v. a. [Palare , impedare. J Terme de Vigneron. Ficher des échalas dans une vigne, (Echalaffer une vigne.) ECHALOTE , f f. C Capula. J Espèce de petit oignon dont on se sert dans les ragoûts , & qui tient quelque chose de l’ail. ( Ces échalotes font bonnes pour réveiller l’apetit.) ECHALOTE. Terme d 'Organiste. Petite lame de lé- ton qui sert de languéte aux tuïaux d’anche. ECHAMPIR, D. n. Terme de Peinture. Contourner une figure , un feuillage, ou autre ornement, en séparant les contours d’avec le fond, ECHANCRER, V. a. lEmarginare, introrstàm in- cidere .2 Terme de Tailleur & de Couturière. Couper en maniéré d’arc. (Echancrer une manche , une coi. fe, une comète, un rabat, &c.) ECHANCRURE , f. f. [ Incisto , incistura. J Chose échancrée. (Une échancrure de manche : une échancrure de rabat. L’échancrure signifie aussi la maniéré dont on échancre. (L’adresse de bien faire un rabat , consiste dans l’échancrure, ou dans la maniéré de l’échancrer.) ECHANGE , f m. [ Permutatio , commutatio.) Troc, change. ( Faire un échange. Le Roi Henri IV. fit un échange de la Bresse contre le Marquisat de Saluces. Faire l’échange de quelques héritages : ils firent Féchange des prisonniers.) {§ Mariage par échange. On fait souvent dans ies familles des mariages par échange des filles : mais ce n’est que dans la Coutume de Nevers que cette espèce de mariage produit un éfet particulier. II est dit dans l’article 31. du titre 8- de cette Coutume , que „ ÍÌ les parties font d’une même servitude, en ce cas, „ les enfans ainsi mariez, au lieu où ils font mariez, ,, ont droit, & succèdent au lieu de celui contre qui ,, ils ont échangé : & s’ils font de diverses servitudes, „ ils ne pouronc aquerir droit ès héritages qui sont ,, d’autre servitude que celle dont ils partent quelque „ chose qui soit convenu, si ce n’est de l'exprès con- ,, lentement du Seigneur dont est mouvant ledit héri- „ tage ; mais bien en tous meubles indiféremmenf , ,, & ès conquêts qui ne font de servitude, par telle , „ ou pour telle portion qu’il est convenu entre les par- „ ties”. Voïez les autres articles qui concernent cette matière. f En échange. Sorte d 'adverbe. [ 'Vicijstm , rursùsf\ D’autre côté. (11 a ce vice, mais en échange il a plusieurs bonnes qualitez. II m’a donné son cœur en échange du mien. Scar. D. Japhet, a. 4. Jc. x.) ECHANGER, «. [ Commutare, permutare.] Changer. Faire un échange. (L’Eglise n’entend pas qu’ils échangent le sacrifice pour de l’argent. Pose. I. 6 . II sembloit échanger ces malheureux, & donner le mécréant pour racheter le fidele. Patru, plaid. On échange quelquefois but à but, & quelquefois avec retour. On a échangé ce prisonnier contre un antre.) t ECHAN. ECH f ECHANGER. [Lavare.] Terme de Blanchisseuse. (On ne peut bien couler la lessive qu’on n’échange le linge ; c’est-à-dire, qu’on ne le mouille , le batte , & ï’égaie dans l’eau piéce à pièce, avant que de le mettre dans le envier.) ECHANSON, s m. [ Pocillator, pincerna.] Gentilhomme servant, qui après avoir fait fessai du vin, présente au Roi le verre sur une soucoupe. Celui qui versoit à boire aux Dieux des fables.- (Ganiméde étoit l’échanson de Jupiter.) C’est ainsi qu’on apella, sous la seconde race de jios Rois, celui qui versoit à boire au Roi. Ce terme vient de l’Alemand Schanch , qui veut dire verser. 11 fut apellé par les Auteurs Latins, Butìcularìus, que Ravin, dans son Traité des Oficiers de la Couronne de France, dérive de butem, buijsart , qui signifie un baril poissé & propre à mettre du vin. Dans nos anciennes Annales, l’Echanson est apellé, Pincerna. L’ofì- ce d’Echanson est fort ancien, puisque l’Ecriture en fait mention dans le chapitre 40 , de la Genese, où l’on volt l’Echanson & le Panetier consulter Joseph sur les songes qu’ils avoient faits. Joseph répond au premier, qui est apellé Pincerna, que dans trois jours il seroit rétabli dans là charge, auprès du Roi : da- bifque ei calicem juxta officium tuum,Jìcut antefacere consueveras. ECHANSONNERIE , s.s. [Cella vìnaria.] L’une des sept ofices du commun de la maison du Roi, où l’on distribué le vin. ECHANTILLON, s. m. [ Bpecimen , proba, exem- plum.] Ternie de Marchand de drap. Petit morceau d’étofe qu’on coupe d’une piéce d’étofe, pour servir de montre de toute la piéce. (Couper un échantillon.) * ECHANTILLON, s. m. 11 se dit aussi des morceaux, ou parties d’autres choses qui fervent à juger du total, d’où elles ont été prises. (On peut juger des bâtimens anciens par les échantillons qui en restent. Ecoutez un échantillon de leur stile. Sar. Poës. J’ai fait voir un échantillon de fa gloire. Abl. Luc . 'Echantillon sanglant de ma valeur sans bornes. Bear. D. Japhet .) Arlequin disoit autrefois, que les filles sont souvent comme les pièces de drap, qu’on les croit entières, & que souvent on a levé bien des échantillons. Livre Jans nom. ECHANTILLON. Terme de Chevalier de VArquebuse. Âlarque qu’on prend pour preuve de quelque bon coup qu’on a fait, lors qu’on tire au jeu de f arquebuse. (C’est un coup à prendre échantillon.) * ECHANTILLON. [Exemplar.] II signifie austi quelquefois un modèle, une mesure fur quoi on doit régler les autres de même sorte. £ ECHANTILLON. Terme de Charpentier. Pièces de bois d’échantillon, ce sont des pièces de bois de même grosseur. * ECHANTILLONNER, v. a. ['Exigere ad exemplar.] Conférer un poids, ou une mesure, avec sa matrice originale. (Les poids de ce trebuchet ont été marquez & échantillonnez à la monoie.) t ECHAPATOIRE, s fi C Efugium. 3 Excuse frivole & fine. (C’est une échapatoire.) * ECHAPE', s. m. [Brida.] Terme de Manège. II se dit d’un cheval engendré d’un étalon & d’une cavale, qui sont de diférente race, & de diférent païs. (On dit, un échapé de Barbe. Un échapé de cheval d’Espagne.) „ * Jl sait le cheval échapé. Cela se dit d un jeune homme, & signifie qu’il est libertin & emporté, quand il est hors de la vûë de ses maîtres. t ECHAPE'E , s fi [Freeni impatientia, facìnus so~ luti ac nimium liberi adolescents.] Escapade. Action imprudente. (C’est une échapée qu’on ne pouroit pardonner qu’à un jeune homme.) ECHAPE' d’Esope. [Gibbojm.] Un homme contrefait, bossu par devant & par derrière, comme étoit Esope. (Regarde Dorilhtt, cet echape d’Esope, Qu’on ne peut discerner qu’avec un microscope , Dónt le corps de travers U l’ejprit plus mal fait, D’un Therpte à nos yeux retracent le portrait. Poète anonyme.) ECHAPE'E , f. fi [Recejsus.] Terme de Peinture. C’est une perspective en lointain, qui semble se dérober aux yeux dans un tableau. ECH 671 t ECHAPE'E. [ Tntervallum .] II signifie quelquefois intervale. (11 dit de bonnes choies par éçhapées.) ECHAPER, v. a, [Recedere, fugere, evadere, erumpere.] Eviter : sc délivrer : se sauver. (Echaper un grand danger : echaper d’un grand danger : echaper aux ennemis. Vaug. rem. On dit, j’ai échapé un grand danger, & je fuis échapé d’un danger. Dés qu’il le peut, il retourne à la chasse , Ou de sa suite adroitement, ll s’écpappe g? se débarasse , Pour s’égarer heureusement. Petr.) f$ On donne plusieurs origines à échaper. Case- neuve le dérive de estamper. On lit dans Villehar. douin: il errent mult de grant péril escampé ,• & ailleurs : de tos les six vingts, n’en ejeamperent mie plut de dix. De efeamper, on a fait échaper. Ménage ne s’é- carte pas de cette origine ; il croit que efeamper a été dit de ceux qui quittoient le champ de bataille. Les Italiens disent escapar. f * 11 a échapé belle. [Emersit è magno malo. J C’est- à-dire, il s’est tiré heureusement de quelque péril. * ECHAPER. Ce mot a plusieurs autres belles significations. (Exemple. II lui échapa de dire cela. Pasc . I. 6. [Excidit imprudenti.] Rien n’échape á la pré- voïance de nos Cafuites. Pasc. I. 6. [Nihil fugit, ela~ bitur.] Je recueille les moindres billets qui échapent de vos mains. Voit. I. 81 . Cela empêche qu’on ne s’échape en des paroles déshonnêtes. Abl.apopbt. Ce- la est fi subtil qu’il échapé à la vûë.) S’E'CHAPER, v.a. [Luxuriari, lascìvire.] Terme de Jardinier. C’est-à-dire, pousser de belles & grandes branches qui ne fructifient pas. (Cet arbre s’échape, il le faut retenir. Quint. Jardins, t. r.) S’E'CHAPER, v. a. [ Prorumpere , audere.] Au figuré, il lignifie s’oublier, s’emporter, s’égarer. (Ce jeune bomme s’est échapé de dire des injures à son père.) (S ECHARSETE' , f. f. [Imminutio.] Terme de Monoie. C’est la défectuosité d’une piéce de mendie, pour n’être pas du poids, ni du titre requis. Il faut, pour faire recevoir des espèces , qu’elles soient fans écharseté de poids ni d’aloi. Le remede de loi. C’est une permission donnée par le Prince, de tenir la bonté interieure des espèces d’or, ou d’argent plus écharce ou moindre qu’il n’est permis par les Ordonnances. Mr. Bouterouë. Volez Mr. Boisard, Traité des momies, pag. 29 . Les Italiens disent scarso. t ECHARDE, s fi [Aculeut. 3 Petite épine, .pointe ou éclat de bois qui entre dans la chair, & qui incommode fort. (Les Bûcherons font sujets à se plan. ter des échardes dans les doigts.) ECHARDONNER, V. a. [Caris purgare,] Oter les chardons. (II faut échardonner cette terre.) ECHARNER, ©• «• [Carduis reliquias excidere.] Terme de Tanneur. Oter la chair du cuir avec le couteau rond , & le couteau tranchant (Echarneí un cuir.) ECHARPE, f fi. [Fascia, mitella,] Morceau de tafetas long d’une aune, ou un peu plus, & large d’un quartier, dont on sc sert pour parade, ou pour soutenir le bras, quand on y est incommodé. ( Une belle écharpe.) t * Avoir l’esprit en écharpe. ( Cerebro labarare. J C’est être un peu fou. ECHARPE. [Mitella.] Grand morceau de tafetas ourlé, dont les femmes fe couvrent le sein, & qui décend jusques à la ceinture. (Elle est en écharpe.) ECHARPE. [Vélum. 3 C’est aussi un morceau de tafetas dont les femmes se couvrent la tête & les épaules contre la pluie. On l’apelle aussi une cappe, ECHARPE. [Baltern.] Morceau de bois aux quatre coins d’un châssis de quelque tableau. ECHARPE. Terme de Brodeur. Piéce de broderie qui couvre le sein d’une Dame, & qui finit en busqué. ECHARPE de poulie. Piéce de bois ou de fer, où est enfermée la poulie, & qui porte le boulon qui passe dans la roué de la poulie. ECHARPES. [Retinacula. 3 Cordages dont on sc sert pour retenir & atacher les engins, quand on veut lever des fardeaux. -j: ECHARPES , ou Èguilles de l’éperon. Aubin. * Baterie en écharpe. Terme de Guerre. C’est celle qui bat quelque endroit obliquement, ou de eété, Qa 672 ECH On dit, en tenues de Chirurgie, qu’un coup a été donné en écharpe , quand la plaie n’est pas droite. ECHARPER , v. a. [ Fasciatim ìncidere. J Don- yer un coup d’épée de travers. (Echarper le visage, écharper un bras.) ECHARPER, v. a. Terme de Charpentier. Faire neuf ou dix tours avec un petit cordage autour d’un fardeau qu’on veut lever, pour y atacher une écharpe , au bout de laquelle est une poulie , où l’on passe le cable. ECHARS- Terme de Marine. Qui se dit du vent. C’est un vent qui n’est point fait, & qui saute d’un rumb à l’autre. (On dit aussi que le vent echarse, quand il est foible & inconstant.) ECHASSES , s /• c Gralla , surcula grallatoria. ] Ce font deux manières de perches grosses comme le bras, longues de cinq ou six pies , rondes & ferrées par le bout d’en bas, qui ont à un demi nié de terre , un morceau de bois fur quoi on pose le pié, & à chaque bout d’enhaut une poignée qu’on tient avec la main , lors qu’on est monté dessus. On se sert des echasses pour se divertir, ou pour passer quelque chemin bourbeux. (Echasses fort hautes.) ECHAUBOULE', E'E , adj. [Pusiulis laborans.J Qui a des échauboulures. ECHAUBOULURE , s. f. [Pustula.J Petite bube, bourgepn ou élevure fur la peau, qui vient de chaleur de foie. ( On se fait saigner pour guérir des échauboulures.) ECHAUDE', s *n. [ Crujlulum triquetrunt. J Sorte de petit gâteau, fait de fine fleur de froment, d’œufs, de beurre & de sel, que les Pâtissiers vendent deux liards. ( Echaudé, au beurre : échaudé à l’eau & au sel. On l’apelle à Lion craquellin. ECHAUDER , v. a. [Aquà calidà urere.J Brûler avec de l’eau chaude. (II m’a échaudé le pié : elle m’a échaudé la main.) ECHAUDER , v. a. [’Aquà calidà tergere, irrigare, extergeref N’éteïer avec de l’eau chaude, tremper dans de l’eau bouillante. (Echauder la vaisselle pour •la ìavci. ECHAUDER , v. a. Peler. [Aquà calidà forculum detergere pilis .2 L’un & l’autre íe dit des cochons de lait : cependant il n’y a qu ’échauder , qui à cet égard soit bien en usage : c’est ôter le poil d’un cochon de lait avec de l’eau chaude. ( Echauder un cochon de lait, le farcir & le mettre en broche.) * Chat e'chaudé craint Peau froide. [ Experta calì- dam , srigidam selìs timet. ] Proverbe , pour dire , que quand une personne a fòufert quelque mal, elle craint tout ce qui en a l’aparence. ECHAUDOIR , s. m. Terme de Boucher. Lieu oú les Bouchers de Paris tuent les beufs, les moutons & les veaux. (L’échaudoir est fort net.) Les Teinturiers se servent aussi de ce mot, pour marquer le lieu où ils échaudent & dégraissent leurs laines. ECBAUFAISON, s f [Msìm , /nw.] Mal qui vient de ce qu’on s’est trop echaufe. (II a pris une échaufailbn.) ECHAUFEMENT , s. m. [ Calefaclio , calefaHw. ] L’action d’échaufer. (Plusieurs opérations de Chimie se font par un échaufement doux & fort lent.) ECHAUFER > v. a. [ Calefacere , succendere. ] Rendre chaud , donner dè la chaleur. ( Le Soleil échaufe la terre. ) * ECHAUFER. [AnimareJ Animer t rendre plus vif. (Echaufer un récit, un discours.) * ECHAUFER. [ Injigare. 3 Exciter, enflammer. (A quoi bon échaufer fa valeur déja trop animée ? Défi. e'pît. 1.) S’échaufer , v. n. [ Calefieri , incalífcere. ] Devenir chaud. (Le foin qui est ferré avant que d’être bien sec , se fermente, s’échaufe, s’aigrit & se gâte. II s’échaufe à travailler.) [f On dit aussi que le blé s’échaufe j & pour éteindre cette chaleur, on jette de l’eau dessus, ou l’on se contente de lui donner de l’aír, en le remuant, & en le mettant dans une autre place. S’échaufer , v. r. s Succendi , calefieri. ] Prendre quelque échaufailbn. ( II est tombé malade, parce qu’il s’est trop échaufé à marcher. ECH * S’écbaufer. [ExardescereàJ Se mettre en colère : s’exciter : s’emporter : s’cfermenter : s’augmenter avec chaleur. ( Mon homme s’échaufe là - dessus, mais d’un zélé dévot. Pasc. I. 1. Echaufez du vin & de la débauche, ils montent tous armez au haut du rampart. Abl. Arr. L 1. Laissons cette matière qui s’échaufe un peu trop. Mol. Les brigues s’é- chaufent. Vaug. Quint. I. 4.) * ECHAUFER la bile : échaufer les oreilles à quelcun. [ Commoveri .] C’est le mettre en colère. * ll s’échaufe dans son harnois. C’est-à-dire, il se met en colère. ECHAUGUETTE , f f r Spécula.) Lieu élevé & couvert, oú l’on place une sentinelle. [Excu~ bise.] {g ECHAULER. C’est mettre de la chaux amortie dans de l’eau, pour en arroser le blé qu’on veut semer. Les laboureurs disent, J’ai échaulé la pins grande partie de mon blé. 11s prétendent, par ce moïen, empêcher que le blé soit bruiné : mais peu de gens le croient de même. ECHE, f. f On prononce aiebe, ou éche. Terme de Pêcheur d’autour de Paris. II semble venir du Latin ejea. C’est tout ce que le pêcheur met au bout de sa ligne pour atraper le poisson. Ailleurs on l’apelle amorce. ECHE'ANCE, f f. [Terminus, certusdies.] C’est fc tems qu’une chose est échue. Le jour auquel il faut parer ou faire quelque chose. (L’échéance des rentes, des loïers , &c. Quand l’échéance de votre Lettre de change fera venue , je l’aquiterai. Irfon , traité des changes. ) ECHECS, f tn. [Latranes , latrunculi.]- Ce mot est toujours au pluriel, quand on dit jouer aux échecs. Le jeu des echecs. Ce jeu se fait avec plusieurs pièces tournées, de bois ou d’ivoire , que l’on remué selon , diverses régies fur un échiquier divisé en 64. petits quarreaux. Chacun des deux joueurs a seize pièces, dont les huit petites s’apellent pions; & des huit autres, il y a, le Roi, la Reine , (ou la Dame,) deux Fous, deux Chevaliers, & deux Tours. (g On dit que le Diable , pour faire perdre patience au pauvre Job , n’avoit qu’à l’engager à une partie d’échécs. Ménage. L’origine du jeu f f [Exhedra clathrata.] Ce mot signifie en général un lieu propre à écouter ce que l’on dit : il signifie cn particulier un lieu fermé par des ja- ECR. 6 79 lousiee, au travers defquelles on peut voir & écouter, (II y a des écoutes dans les Couvents, & dans les Co- iéges.) Etre anx écoutes. [ Obférvare .] Ces mots se disent proverbialement; pour dire, chercher de tous cotez à découvrir quelque chose qui regarde une personne, ou une afaire. ECOUTE. ZÀuscuItatrix.] Ce mot, au singulier , se dit par de certaines Religieuses : c’est la Religieuse qu’on envoie au parloir, pour acompagner celle qu’on demande, & oùir ce qu’on lui dit : on apelle aussi quelquefois cette Religieuse, assistante. (On lui a donné une écoute, une sœur écoute.) f ECOUTE. Terme de Marine. On apelle écoutes, des cordages qui font deux branches, & qui sont amarrez aux coins des voiles par enbas, pour les tenir dans une situation qui leur fasse recevoir le vent. (Grandes écoutes, ou écoutes de la grande voile. Ecoutes de mizaine, écoute d’artimon, écoutes de grand hunier , écoutes de sivadiere, écoutes des perroquets. Ecoutes de bonnettes en étui, ou fausses écoutes, écoute de voile d’étai.) ECOUTE', écoutée , part. xi adj. [Auditus.] Dit cours que l’on a oùi : chose écoutée. * Pas écouté. Terme de Manège. C’est une sorte de pas d’école, où le cheval se balance fur les talons. ECOUTER, v. a. ZAudìre, auscultare, obaudire, sequi.] Oùir. Prêter l’oreille : donner audience : écouter patienrnent quelcun, (* D’uft coupable transport écouter la chaleur. Racine, Iphigén. «. <;-sc. a. il faut écouter la raison: il n’écoute que son sens. Ecoutez , l’hìmen dure long-tems $ Quand il fait un heureux , II fait vingt mécontent. Bouts Esope.) * S’E'COUTER parler. [Placide U graviter haut.] Cela fe dit d’une personne qui parle posément & prête atention au discours qu’elle fait. f ECOUTEUX, eufe , adj. Cheval êcouteux. [Equus cuncíator.] Terme de Manège. C’est un cheval retenu, qui ne part pas franchement de la main, qui faute, au lieu d’aler en avant, & qui ne fournit pas ce qu’on lui demande. ECOUTILLES, f- f plur. Terme de Marine. £‘ Tabula fororum navalium.] Ce font de grandes ouvertures des ponts ou tillacs d’un vaisseau, pour y dé- cendre, ou en tirer les gros fardeaux & les marchandises. ECOUTILLON, f m. IFenestra.] Ouverture quarrée, qui est dans les écoutilles, par laquelle on dévalé dans un vaisseau. ECOUVETTE,//: sScopa.] Espèce de balai dont se servent les ouvriers. (Autrefois on apelloit les Sorciers, ebevauebeurs d’écouvette. C’est-à-dire, de manche à balai, parce que le peuple s’imagine qu’ils- vont au sabat, un manche à balai entre les jambes.) ECOUVILLON, st m. [Scopa .] Ter-me de Boulanger & de Pâtissier. Ce sont quelques morceaux de toile qu’on lie au bout d’une perche de cinq ou six piés, & avec quoi on nétéïe le four après que la braise en est tirée. (Le manche de l’écouvillon est trop long, ou trop court.) ECOUVILLON. [ Hajìa , basile tormentorium.] Terme de Canonier. 11 consiste en une hampe, & a deux boites de bois & un morceau de peau de mouton avec de la laine à l’entour de l’une des boites pour nétéïer le dedans des pièces d’artillerie. ECOUVILLONNER., v. a. [Scopà vel hasà tormen - tum bellicum aut furnum tergere. j Nétéïer avec l’écouvillon, (Ecouvillonner une piéce de canon : on écouvillonne les pièces après qu’on les a tirées : ecouvillonner le four.) ECRAN, st m. [ Umbella .] Ce qu’on tient à la main, & qu’on se met devant ìe visage pour le garantir de sarde u r d’un grand feu : ce qu’on pose devant soi pour empêcher que le feu ne nous fasse mal : Cette sorte d’écran s’apelle un écran à fié pour le distinguer des autres qu’on tient à la main. (Un bel écran l un joli écran : on orne ordinairement les écrans de peintures, de vers, d’Histoires, de fables, &c.) f * On dit en riant, d’une personne qui fe met devant une autre, & qui empêche qu’elle ne se chaufe ; Otez-VQus de là, je ne veux point d’écran si épais. * ECRÂ- 68o ECR * ECRASE', fée, adj, Nez écrasé. [ N asm elisus:] C’est-à-dire fort plat. ECRASER, v. a. [Obterere , efídere.] Aplatir en détruisant: tuer en froissant tout-à-fait. (Ecraser les impies de ton foudre. Abl. Luc. t. i. La roué du chariot a écrasé un petit chien.) * ECRASER , v. a. Ce mot,au figuré, lignifie seulement détruire. La semence de la femme dévoit écraser la tête du serpent. ECREMER, D. a. [Decerpere cremorem.) Lever la crème de dessus le lait. (Ecrémer du lait : lait écrémé.) On dit au stile figuré, écrémer une a faire, (quod ejl optimum auferre ,) c’est en tirer les plus clairs deniers & le meilleur. í ECRENAGE , f. m. Terme de Fondeur de caractères d’Imprimerie. Action avec laquelle on écrene. H ECRENER une lettre. C’est éviter le dessous d’une partie de l’œil d’une lettre avec un canif, ou un petit instrument, qu’on apelle Ecremir. II n’y a que les lettres longues qui s’écrenent, asm que les quadra- tins, ou espaces qui séparent ses mots, puissent se placer par dessous. f ECRENOIR , f. m. Petit instrument en forme de canif, avec lequel on écrene les lettres. ECREVISSE, f /• [Ajìacw fluviatilis .] Poisson couvert de coque, qui naît aux rivières qui coulent des montagnes & aux eaux fraîches. II a le corps rond, la tête large, courte & pointue, avec quatre cornes pardevant. II a deux bras fourchus, quatre pieds de chaque côté, & une queue composée de cinq ailes. On croît ordinairement que les écrevisses marchent quelquefois à reculons. Les écrevisses deviennent rouges en cuisant. (Les pinces de l’écrevisse. L’écrevifle une fois s’étant mis dam la tête, Que fa fille avoit tort d’aler à reculons, Elîe en eut fur le champ cette réponse honnête : Ma mère nous nous ressemblons. Bours. Esope.) ECREVISSE de mer. [ Asiacus marinus. ) Poisson rouge & semé de petites taches, qui ressemble à l’écrevisse d’eau douce, horsmis qu’il est plus grand. * II fait comme l’Ecrevisse. [Incedit rétro quasi cancer.} Cela se dit d’un homme qui recule au. lieu devancer. On dit aussi d’un homme qm a le visage haut en couleur, qu’il est rouge comme une écrevisse. Académie Franç. ECREVISSE. L’un des signes du Zodiaque, dit en latin Cancer , auquel le Soleil entre dans le mois de Juin. S’ECRIER ) »• m [Vocem attollere , eseclamare .] Elever fa voix. Demander secours à quelcun par des cris. Crier contre quelque chose , contre quelcun. (Faites vôtre devoir de vous écrier comme il faut. Mol. Tout le monde s’écrie contre ce mot. Vaug. rem. Seigneur, je m’écrie vers vous du profond des abîmes où je fuis. Part-Royaì, Psaumes.) * ECRIN , f m. Ce mot vient du Latin fcrinium, dmelium , qui signifie un petit cofre, servant à mettre des pierreries ou quelque autre chose d’important. Ce mot ne se dît plus guére. ECRIRE , D. a. [Scribere .] J’écris, tu écris , il écrit, nous écrivons. J’ai écrit, j’écrivis. Former des caractères avec la plume. Faire plusieurs lignes d’écriture. (II commence à écrire : écrire à la Cour : écrire un billet : écrire un billet à une Maîtresse, ou à un ami. Nous écrivons de la gauche à la droite, & les Orientaux au contraire de la droite à la gauche. II y a des Peuples qui écrivent de haut en bas. Les Egiptiens écrivoient en lettres hiérogliphiques. II Je tué à rimer , que rìécrit-il en prose ? Despr.) Cf On dit, écrire de la Philosophie & des autres sciences: mais Mr. Chevreau a fort bien remarqué qu’on ne dit point simplement & absolument écrire d’un homme, quoique l’Auteur de la Pucelle ait dit : Muses, quand cette longue remise De contenter Gaston est d 1 écrire de lui. II faut que quelque chose precéde, ou suive le mot écrire, comme, 11 a écrit cela d!Alexandre , il a écrit £ Alexandre qu’il étoit extrêmement jaloux. ECR ECRIRE. [Coufcribere.] Composer par écrit quelque chose. (Ecrire l’histoire de son tems.) ECRIRE. Terme de Palais. 11 se dit des Avocats & des Procureurs qui écrivent pour leurs parties, des Requetes, des Demandes & des Défenses, des Repli- ques, Dupliques, Contredits, &c. ECRIT, écrite , adj. [Scriptus.] Exemple bien écrite. Histoire bien écrite. Roman bien écrit. Le droit écrit.) * ECRIT , écrite,, adj. Ce mot se dit au figuré. (Les noms des Fidèles font écrits dans le livre de vie. On dit qu’une chose est écrite & gravée dans la mémoire, pour dire, qu’on ne l’oubliera pas. On dit en poésie que les noms des grands hommes font écrits dans le Temple de Mémoire.) ECRIT, f m., [ Chirographum .] Promesse fous seing privé. (11 a tiré un écrit d’elle, pour la faire venir quand il voudra.) ECRIT. ['Volumen liber, codex, cbarta.] Chose imprimée. (11 court un écrit qui fait grand bruit. Tu te souviens qiíatl village on t’a dit, Que ton maître est gagé pour coucher par écrit Les faits de ce grand Roi vantez par fa vaillance. Despr.) ECRIT , f m. [ Scriptum, Scriptura .] Papier écrit. (On lui a donné son congé par écrit.) ECRITS,/, m. [Scripta.] Ouvrages de quelque Auteur. D’Ablancout a laissé quelques écrits qui n’ont pas été imprimez. La plupart des écrits des Anciens font perdus. Mais nom autres faiseurs de livres N d’écrits, Sur les bords du Parnaste aux louanges nouris. Despr.) ECRITS. [Scripta, ] Leçons qu’on écrit fous un Professeur de Théologie ou de Philosophie qui les dicte. (J’ai exactement tous mes écrits de Théologie. Acad. Franç.) , ECRITEAU, f. m. [Epigraphe.] Morceau de papier de raisonnable grandeur & largeur, où l’on écrit quelque chose en grosses lettres. ( Un écriteau de maison , ou de chambre à louer.) ECRITEAU. [Inscriptio.] Terme d 'Epicier & d ’Apo- ficaire. Petit morceau de papier colé sur une boite , où est écrit le nom des choses & des drogues qui font dans la boite. ECRITEAU. Enseigne , où est le nom du maître d’école. (Mettre un écriteau.) ECRITOIRE , s. f. [Theca calamaria.] Ce qui est composé d’un cornet, où l’on met l’encre , & d’une casse où l’on met le canif & les plumes. (II y a de plusieurs sortes d’écritoires. Ecritoire de poche : écritoire à pans : ecritoire de valise : écritaire de table: une fort belle ecritoire.) 11 y a des Greffiers de l’écritoire. ECRITURE,// [Mamts , caraHer.] Caractères formez avec la plume, qui expliquent nos pensées au lieu des sons & des voix. Caractères particuliers formez par les mains d’une personne. (Ecriture bonne , bien nourie. Connoîcre récriture d’une personne. ) ECRITURE. [Scriptura.] Ce mot se dit par excé- lence de la parole de Dieu , & signifie le vieux & le nouveau Testament. (Lire la sainte Ecriture.) j^f Si l’Ecriture Sainte avoit besoin d’éloge , on ne pouroit pas lui en donner un plus propre, ni plus digne d’elle, que de l’apeller, après S. Augustin, la Science des Saints , & la Sagesse des Sagesses. En éfet (ajoúte cet illustre Evêque) il n’y a point de mal qui n’y soit condamné , & il n’y a point de bien qui n’y soit ordonné. II seroit à souhaiter que Ton eût, pour ces divins Livres , la même vénération que l’on avoit autrefois , & que l’on prît le soin d’em instruire les jeunes gens dès le moment qu’ils font capables de se former sur un modèle fi saint, & qui doit être la régie de toutes nos actions. Nous lisons dans le Deuteronome, que Moïse averti par ie Seigneur de sa mort prochaine , remit aux Prêtres enfans de Levi, la Loi qu’il avoit écrite, & leur ordonna de la lire tous les sept ans, lorsque l’année de la remise seroit venue, & que tous fes enfans d’Israél s’at- sembleroient à la Fête des Tabernacles pour les écouter , afin que les hommes, les femmes, les petits enfans & les étrangers aprissent à craindre le Seigneur , & qu’ils observassent & acomplissent les commandemens de cette Loi. Une Ordonnance st utile stile devroít être exécutée : la même raison que le Législateur eut pour enjoindre la publication de fa Loi dans les assemblées générales du Peuple, subsiste encore aujourd’hui ; aulìi les premiers Chrétiens l’ob- serverent exactement, en ce qu’ils instruifoient leurs enfans de leurs devoirs religieux , par la lecture des Saintes Ecritures. Saint Paul a dit dans fa seconde Lettre à Timotbée, qu’il avoit connu les Saints Livres dès son enfance. II est vrai que l’on n’y trouve pas cette élégance qui flate agréablement l’efprit, ni ces figures qui le remuent si vivement : mais on peut dire à ces beaux esprits, avec le Socrate de Mr. de Balzac , qu’il y faut chercher à fe rendre plus homme de bien, & non pas plus éloquent , quoique l’é- loquence s’y trouve aussi bien que la vertu. Quoique la critique païenne ait remarqué son genre sublime dans le stile de Moïse , il faut viser ( ajoúte-t’il ) à une plus haute sublimité; ce n’est point elle qui nous rend heureux ; c’est avec le langage du Ciel que l’on y doit trafiquer , & où doit être nôtre commerce & toutes nos véritables afaires. Le Critique profane dont parle Mr. de Balzac , est Longin , Secretaire de la Reine Zénobie. Ce fameux Rhéteur a proposé pour exemple du sublime , ces termes de la Génefe : Dieu a dit , que la lumièreJbit faite , U elle fut faite s que la terre soit faite , U elle fut faite. Mr. Huet , Evêque d’Avranches , ne regarda pas ces paroles comme une locution véritablement sublime par les paroles : il convint que rien n’étoit plus sublime & méme plus divin que la chose en elle-même : mais il alegua plusieurs raisons pour établir son sentiment dans une Lettre qu'il écrivit à Mr. l’Evêque de Montauzier, en forme de dissertation, que Mr. l’Abé de Tilladet a rendue publique , & dont Alt. le Clerc a fait mention dans fa Bibliotéque, tom. 16. pag. 8;. en se déclarant du sentiment de Mr. Huet. Mr. Dépreaux aïant apellé à son secours Mr. l’Abé Renaudot, formerent un parti contraire, qu’ils tâchèrent de soutenir avec beaucoup de chaleur, & même de hauteur. Cependant la question est restée indécise, & je suis persuadé que fi elle avoit été jugée , la décision n’auroit pas été favorable à ces deux derniers. ECRITURE. [Scripta, instrumenta , tabula.J Terme de Palais. Ecrits qu’on fait pour un procès. ( Fournir des écritures.) ECRIVAIN , f. m. f Scribendi magister perìtus.] Maître à écrire. ( C’est un bon écrivain, un fameux écrivain : il est reçu maître écrivain.) ECRIVAIN. C Artis scribendi tira.] Tenue de Maître d’école. Ecolier à qui le maître d’écoie enseigne à écrire. (Un maître d’école qui a cinquante écoliers qui lisent, & dix écrivains à trente fols chacun.) f ECRIVAIN, est aussi un nom d’Oficier, ou de Commis, dont il y a de plusieurs sortes dans la Marine de France. II y a des Ecrivains de Roi , des Ecrivains principaux , des Ecrivains aux constructions, des Ecrivains aux radoubs , des Ecrivains aux corde- ries , des Ecrivains aux classes , & des Ecrivains aux hôpitaux. Tous ces diférens Qfìciers , ou Commis, font pour les Flotes Royales, ou pour les vaisseaux de guerre. $ ECRIVAIN d"un vaisseau marchand. C’est un Commis que mettent fur un vaisseau , les négocians à qu’il a partien t, pour avoir foin & veiller à ce que rien n’en soit ni détourné, ni dissipé mal à propos. II est obligé de tenir regître de tout ce qui fe passe fur le vaisseau, des achats, des ventes de marchandises, de la consomtion des vivres & des munitions , enfin de tout ce qui concerne la dépense du volage. ECRIVAIN. [ Scriptor. J Auteur qui a fait imprimer quelque ouvrage considérable. ( Si quelcun s’étonne qu’après tant d’écrivain je mette la main à la plume, il cessera de s’étonne r s’il vient à lire cet ouvrage. Ab/. Arr. I. i. c. I. Que de tant d’éctivains de l’école d’Igmce, Etant comme je fuit ami si déclaré, Ce Da fteur toutefois si craint , si révéré, Qui contre eux de fa plume épuisa îénergie, Arnaud , le grand Arnattd fit mon apologie. Delpr.) ECROUe , s. m. f Striatum receptacufum. ] Trou dans lequel tourne une vis. (Faire un écrouë.) ECROIJë. C Commentarms, album , sériés , catalogm , ECU 681 avào. _] Arrêté en parchemin de 1 a dépense ordinaire qui sc fait chez le Roi. ( Les Controlleurs & les Clercs d’ofices font les écrouës de toute la dépense.) ECROUë. [Commentarms custodis reorum.J Regître, ou le geôlier écrit par nom & par surnom les prisonniers. ( Ecrouë bifé & raïé. Lever l’écrouë. Fatru, plaid, ç.) ECROUe. [Profeffìo. 3 C’est une déclaration , & un dénombrement & aveu d’héritages cotiers, qu’un su- jet donne à son Seigneur. Danet fait ce nom féminin. ECROUëLLES , f f. [Strumœ.} Terme de Médecine. Sorte de maladie. Ce font des corps glanduleux , qui s’engendrent souvent d’humeurs acres & mélancoliques. ( Guérir les écroiielles.) éjs Parmi Jes prérogatives que Dieu a acordées à nos Rois par une espèce de récompense des foins qu’ils ont toujours pris de soutenir les droits de son Eglise, on compte le don de guérir les écroiielles ; & ils s’en /ont servis utilement plusieurs fois par le simple atou- chement des malades. Guibert, dans son premier Livre de pìgnorìbus Sanflorum , en rend un témoignage d’autant plus certain , que la guérison dont il parle , est arrivée de son tems , par Farouchement de Louis le Gros. Guillaume de Nangis , dans la Vie de Saint Louis , est encore un témoin oculaire & ir- reprocable de cette prérogative, que l’on ne doit point rendre douteuse : mais suivant le sentiment des Théologiens , c’est une erreur & une pure superstition, de croire que le septième mâle né sans interruption de naissance d’une fille, ait le méme pouvoir. Plutarquc a remarqué dans la vie de Pyrrhus , Roi des Epirotes, que ce Prince guérissoit du mal de ratte , en sacrifiant un coq blanc aux Dieux , & en touchant du pié droit sur le côté gauche : il acordoit son secours à tous ceux qui le lui demandoient, fans aucune distinction de personnes , & il recevoir , pour récompense , le coq qu’il avoit sacrifié. ECROûER , v. a. [ Mancipare carceri , referre nomen in album , in commmtarium carcerarium. J Mettre sur le regître du geôlier le nom de la personne qu’on met en prison. ( Le geôlier l’a écroiié. On l’a fait écroùer.) ECROiilR, v.a. [ Indurare . ) II se dit des métaux que l’on bat à froid, pour les condenser & les rendre plus fermes , & afin qu’ils fassent ressort. C’est aussi un terme d e -Monoie, qui fe dit des pièces qu’on dit qui font écrouies à la sortie du moulin, & qu’il faut faire recuire. ECROuISSEMENT ,/»?•[ Obduratio. ] Endurcissement qui arrive aux pièces de Monoie par la Forte compression qu’eiles ont souferte , en les marquant , ou aux autres métaux , qu’on bat à froid. ECROULEMENT, f m. [ Concustm , ruina,'} L’action qui écroule & ébranle les édifices ou les terres élevées. ( L’écroulement d’un mur en fait craindre la chûte.) ECROULER, v.a. [ Concutere, quatefacere , qttaf- fare. ) Ebranler. ( Ecrouler un mur.) t s’ECROULER , v. r. [ Labare, labafcere , rumam agere. ] II lignifie s’ébouler. (Après trente ou quarante volées de canon , ce bastion s’écroula.) ECROuTER , v. a. [ Panni detrahere enfilant. 3 Couper la croûte qui est autour du pain. (Ecroûter du pain. Le pain est tout écroûté.) ECRU, écrue, adj. [Crudm.J II sc dit des foies & des toiles qui n’ont point été mouillées, & signifie la même chose que crud & crue. ( Etofe faite de soie crue , ou écrus. Fil écru. Toile écrue.) ECTE'SE, f fi [ Eflesis.} Nom que l’Empercur donna à une profession de foi qu’il publia en 629. ECTLIPSE, f f. C Etíhlipjts. ] Figure de Grammaire Latine, par laquelle on retranche une m finale pour la mesure du vers. Ce mot veut dire élision. ECU, fi m - [Scutum. ] Anciennement on apel- loit écu , un bouclier long , ovale, & fait de cuir. L’écu étoit aussi un bouclier d’acier, que les Chevaliers & les hommes d’armes portoient lorlqu’ils com- batoient. ECU. [Testera gentìlìtia.} Terme de Blason. Petite plaque où l’on met les armes d’une personne. (Le Roi porte dans son écu trois fleurs de lis.) Tom. L Rrrr ECU. 682 ECU ECU. [ Numrnus , numifina. ] Piéce d’argent de forme ronde qui a d’un côté la ligure du Roi, & de l’autre trois fleurs de lis avec une légende, & qui vaut soixante sous. Cette forte dVca s’appeile quelquefois un écu blanc. ( Ainsi on dit, il a perdu une bourse où il y avoit dix écus blancs. Sire , deux cens écus sont-ils st nécejsaires Au bonheur de t Etat , au bien de vos affaires. Mad. Bernard.) ECU ,f. m. Ce mot en général, signifie une espèce de monoie d’or ou d’argent valant une certaine somme. ( Cet écu est bon : cet écu est faux.) On dit proverbialement , C est un pere aux écus , £ benè nummatus est , J pour signifier un homme qui a beaucoup d’argent comptant. Vieux amie, vieux écru. On dit encore en raillant, quand on veut railler quel- cun dans une compagnie, Voilà le reste de nôtre écu. Acad. Fr. ECU-SOLEIL. C’étoit du tems de François prémier une espèce d’or qui pesoit deux deniers seize grains, & cjui valoit quatre livres cinq fols : elle avoit d’un côte pour legende , £ Francifcus, Frcmcorum Rex , 1 avec un écusson couronné où il y avoit trois fleurs de lis : elle avoit de l’autre côté pour légende , ['Çhristus vincìt, Çhristus régnât , Çhristus imperat , j & au milieu de cette monoie , il y avoit une croix embélie d’une maniéré de cartouche. Voïez l’Ordonnance de l’an M. D. XL. Demi-écu Soleil. C’étoit une espèce de monoie faite comme l’écu-soleil, horsmis qu’elle étoit plus petite. ECU-SOL. Efpéce d’or pesant deux deniers quinze «tains, & valant soixante sous. Henri second fit fabriquer de ces fortes d’écus : il avoient d’un côté la tête de ce Prince, & pour légende , £ Henricus stecun- dus Dei gratiâ Frcmcorum Rex, 2 & de l’autre ils avoient pour légende, £ Totum dum impieat orbem, 3 & au milieu de cette monoie il y avoit un croissant couronné. Voïez l’Ordonnance de 1577. Demi-écu fol. Efpéce d’or faite de mérne que l’écu- fel, horsmis qu’elle est plus petite. ECU-SOL. Cette efpéce d’or valoit 60. fous, fous Charles IX. Elle avoit pour légende , £ Carolus Dei gratiâ, Francorum ■Rev,] & pour millésimé M. D. LXI. au milieu de cette monoie, du même côté, il y avoit un écusson couronné où il y avoit trois fleurs de lis, & de l’autre côté elle avoit pour légende , £ Çhristus, régnât , vincil , triumphat , 3 & de ce même côté il y avoit une croix au milieu de l’espéce. L’écu sol sous Henri IV. valoit trois livres cinq fous. ECU dlor. Efpéce qui présentement vaut cent quatorze sous : elle a d’un côté une maniéré de croix iieurdelisée avec cette légende, £ Christsss régnât, vìn- *it , imperat, ] & pour millésimé 1656. ou quelqu’autre année ; elle a de l’autre côté pour légende , £ Ludo- vìcm decìmus tertius , Dei gratiâ Francité £è? Navarre Rex , j] & au milieu de l’espéce il y a un écusson couronne où sont trois fleurs de lis : ce qu’on apel- 2oit autrefois écu-soleil , écu-sol ou écu couronné, a’apelle aujourd’hui écu d’or. £ Nummus 'aureus.J ECU blanc. £ Nummus argenteus.] Efpéce blanche, qui vaut soixante sous : dans ces dernières années, ®n a fait de nouveaux écus blancs qui valent six livres, & on a décrié les vieux. ECUAGE , f m. £ Munus clienlelare equestm pugnœ. ] Terme de Coutume. Droit ou service de Chevalier qu’on apelloit dans les vieux titres , £ Scuti fervitium. 3 C’est aussi le droit que l’on paie pour «'exempter du service , ou pour faire servir un autre à sa place. ECUBIERS , f m. plur. £ Oculï. ] Terme de Marine. Trous par où passent les cables des vaisseaux , & sur tout ceux qui sont vers Pavant à bas bord & à stribord, qui fervent à mouiller & à filer le cable : fur la Méditerranée on les apelle ails. t- ESCUBIERS, se dit aussi des pièces de bois où Jes trous font percez. Aubin. ECUEIL , f m. £ Scopulus , rupes. 3 Prononcez ékeùil. Rocher dans la mer : banc de fable qui est à fleur d’eau : banc de fable , ou de gravier en mer. (Un dangereux écueil: éviter les écueils.) * ECUëlL. £ Scopulosa res. 3 Ce mot est beau au figure, ç Exemples. * Le dénoûment est l’écuèil ou plusieurs Poètes viennent echouer : l’amour est l’écuëil des plus grands cœurs : des écueils de la Cour il fau- ECU ve fa vertu. Dest. fat. ç. La haine & la flaterie font des ecuéils ou la vérité fait naufrage. Mémoires dè Mr. le Duc de la Rochefoucaut. L’amour & l’ambition font des écueils où la plûpart des femmes se perdent. Vafconcelle , mari jaloux. L’amour est l’écuëil où la plûpart des jeunes gens ont acoûtumé de se perdre. Vous suivrez le parti de Vaveugle fortune, La foule des Héros qu’elle traîne au cercueil, Mont pù vous garantir de ce Juperbe écueil. . La Suze.) ECUELLE, f. f. ÍScuteìla. 3 Vase de métal, de bois , de faïance , ou de terre , qui est rond, qui a deux oreilles , & dont on se sert pour prendre des bouillons, & manger du potage. Une belle écueils. Au fond d’un autre sauvage, Un satire N st s enfans, Aloient manger leur potage, Et prendre l’écuelle aux dents. La Font. On dit proverbialement, Rogner fècuelle à quelcun , c’est lui retrancher de son revenu. On dit d’une chose sale , mais d’une maniéré basse , cela est propre comme une écuelle à chat. On dit d’une personne à qui il est arrivé beaucoup de bien , [il a plu dans Jon écuelle , [venit m divitias maximes. 3 Ii n’y a ni pot au feu , ni écuelle lavée , £ nìhil eji cibi, 3 c’est-à- dire , qu’il n’y a rien à manger. Quand il traite Jes amis, il met tout par écuelle, pour dire , qu’on n’é- pargne rien pour faire grande chère. Acad. Fr. On apelle aussi les archers de l’Hôpital, archers de /’ écuelle.') í ECUELLE de cabestan. Ternie de Marine. Plaque de fer fur laquelle tourne le pivot du cabestan. Quelques-uns l’apellent noix. Aubin. ECUELLE’E , J. f. £ Scuielìa juris plena.J Plein l’écuelle. (Manger une grosse ccuellée de potage. - ) ECUÏER, J. m. £ Eques , nobìlis Jcutarius. 3 Titre de noblesle , & c’est proprement celui qui a droit de porter un écu armoirié. , Le grand Ecuier. £ Regius armiger. 3 Oficier, qui dispose de presque toutes les Charges vacantes de la grande & de la petite écurie du Roi, qui ordonne de tous les fonds , qui font emploïez aux dépenses des écuries & des haras de fa Majesté, & qui donne permission de tenir Académie pour instruire les jeunes Gentilshommes à la guerre. On l’apelle tout court, Monsieur le grand. Le prémier Ecuier de la grande écurie. C’est celui qui commande aux Oficiers, en l’abfence du grand Ecuier. Le premier Ecitier de la petite écurie. C’est l’Oficier qui a foin des chevaux, dont le Roi se sert d’ordi- naire. 11 y a deux Ecuïers servant par quartier : TE- cuïer qui est de jour, se trouve au lever du Roi, & sait si sa Majesté veut monter à cheval, & il lui met & ôte les éperons. Le grand Ecuier tranchant. £ Menft regia praseffm-J Oficier qui sert aux grandes cérémonies , & qui fait les mêmes choses que l’Ecuier tranchant. ECUïER tranchant. £ Seflor menfarìw. 3 C’est un Gentilhomme servant qui fait fessai sur le couvert du Roi, qui lui découvre & présente les plats, qui lui change (Bassette, de serviette à chaque service, & qui coupe les viandes , à moins que le Roi ne les coupe lui-même. ECUÏER-BOUCHE. Oficier qui range les plats fur Ja table de l’Ofice avant que les servir au Roi, & qui présente deux essais au maître d’Hôtel. ECUïER de cuifine. £ Magister coquorum. ] Un des premiers Oficiers de la cuisine de quelque Grand. ECUïER. [Equifo. 3 Celui qui tient Académie, oà l’on aprend à de jeunes Gentilshommes à monter à cheval, & à faire tous les exercices que doivent sça- voir les gens de qualité qui font destinez à servir le Roi. ECUÏER. £Stabuli magister. ] Celui qui a Pceil sur les chevaux d’un grand Seigneur, qui a soin qu’ils soient bien pansez ; en un mot qui a la conduite de l’écurie de quelque Grand. On l’apelle écuier caval- cadour. ECUïER. Celui qui donne la main à une personne de qualité ; h. qui a soin de l’acompagner dans toutes les visites qu’elle fait. (II est écuïer d’une grands Dame.) * ECUïER. ECU * ECUïER» f Cervus ajfiftator. ] Terme de Vénerie. On apelle de ce nom un jeune cerf qui acompagne & suit un vieux cerf. f ECXJïER. C Scutiser , armiger. ] Ce mot signifioit autrefois ceux qui portoient ordinairement les écus des Chevaliers. II ligniiioit aussi les jeunes Seigneurs qui n’étoient pas encore Chevaliers. Mais ecuier, dans cette signification ne se trouve plus que dans les vieux Romans. Cs ECVÏER. On donne à ce titre d’honneur, deux Origines diferentes : les uns disent que Ecuier vient du mot écu , scutum , un bouclier, lequel étant la principale arme d’un guerrier, celui qui est préposé pour le porter dans la guerre, est apellé Armiger , ou Scu- tarim , par les Latins ; & Renier parmi nous : d’au- tres s’imaginent que le terme Ecuier est formé ab equo , quaji equitarius , parce que les Ecuïers avoient le foin non-feulement des armes, mais encore de Fé- curie & des chevaux de leurs maîtres. C’est le sentiment de Fauchet , dans son Traité des Dignitez, cb. io. pag. 484. où il dit que ,, le nom à’Escuïer ne „ vient pas seulement du service de ceux qui por- „ toient i’éscu des Chevaliers , mais aussi de Scurìa, „ c’est-à-dire en vieil François , ejìable , dont vient le „ mot escurie & d’Escuier.” 11 convient que dans les anciennes chroniques on apelle Scutiser celui qui por- toit l’écu du Chevalier : mais ce n’est que fous le régné de Charlemagne ; ,, car (dit-il) au tems de la pre- ,, miere famille , il y avoir un Comte de FEstable, „ qui avoit foin des chevaux royaux, & , comme j’ai „ dit, scuria signifioit ejiable , ainsi que vous trouvez „ au dix-huitiesme titre de la Loi Salique.” Mais il est aisé de détruire le raisonnement de Faucher, & d’établir que les Romains ont connu le mot scutarìiu dans les tems même de la République , & que ceux que l’on apelloit scutarii , n’étoient ainsi nommez que par raport à i’écu ou bouclier dont les soldats se ser- voient. En éfet, le terme Armiger qui n’est pas susceptible d’équivoque , Scscutarius , ont été emploiez par Fiante dans ses Comédies , comme termes íinoni- mes ; & nous lisons dans Ammian Marcellin , que Constantius persuada adroitement Gailus de se contenter de ses domestiques, & d’un certain nombre d’Ecuïers , cum Scutarìk U Gentilibw : & dans le Livre 25. cet Historien fait mention d’un certain Va- lentinien qui gouvernoit secundamscutariorum scho- lam. II est donc vrai qu’avant Charlemagne, & avant même que le terme scuria fût connu, il y avoit des personnes que l’on apelloit Scutatoris , d’où l’on a pris le terme Ecuier ; parce que Remploi des uns & des autres étoit de porter l’écu ou de l’Empereur ou de Chevalier. Dans la fuite des tems, l’Ecuïerfut, parmi les François , moins que le Chevalier, & il ne recevoit que la moitié de la païe du Chevalier. Aujourd’hui , l’Ecuïer est pius que le Noble , puisqu’on ne donne cette qualité qu’aux enfans des Nobles. On doute encore , si dans les premiers tems , l’Ecuïer étoit noble , parce qu’on trouve des titres anciens , où l’on joint la qualité de noble à celle d’L- cuier , noble Ecuier. ($ ECUïER. Terme à’Agriculture. Les Vignerons disent , il n’y a que l’éctiier qui a donné cette année. L’écuïer est un faux bourgeon qui croit au pié du sept de la vigne, & qui n’est, pour l’ordinaire , qu’un reste du suc qui se porte à cette partie , & qui ne peut par conséquent, qu’operer un éfet très-médio- cre : on le dit en latin, oculrn pqfterior il a été ainsi nommé par raport au nom à'Ecuier , qui signifie un Gentilhomme du plus bas ordre ; ainsi venant après les autres , n’étant pas de la même force, il est apellé Ecuier. Le Diflion. d’Agricult. ECULER , D. «. f Calceum obierere. j Ce mot se dit en parlant de fouliez, & veut dire, plier en dedans les quartiers de derrière du soulié. ( On écule son soulié quand on a mal au talon.) S’E'CULER , v. r. s Talo deprimi. ] Cela se dit des quartiers de derrière du soulié , & veut dire , se replier. ( Soulier qui s’écule.) ECUME , f. f [Spuma .] Excrément blanc & plein de vent , qui sc sépare de son sujet par la force de la chaleur, ou par une grande agitation : ordure de métal. (Ecume fort blanche, l’écume du pot, l’é- cume du cheval, l’écume du plomb, &c. 11 y avoit de grandes baleines qui faisoient blanchir la mer d’é- eume. Abl. Luc. t. z. Hiji. L i. ECU 68; Le 'vent avec fureur dans les voiles frémit , La mer blanchit d’écume, £5? l’air au loin gémit . Despr.) í ECUME de mer. s Alcyonium. ] í ECUME de verre. [Sal vitri.~\ ECUME R , v. n. [Spumare.] Jetter de l’écume; rendre de l’écume. ( La mer écume ; cheval qui ecume ; chien qui écume.) íf Malherbe s’est servi du terme écumer dans une signification active : c’est dans les Stances qu’i! fit au sujet de 1 atentat commis fur la personne d’IIenri IV. en i6oç. Au point qu'il écuma fa rage, Le Dieu de Seine étoit dehors A regarder croître l’ouvrage , Dont fe Prince embélit j'es bords. Racan & Mainard ont imité leur martre. Le premier a dit : Mais à la fin les fiats en écumant leur rage, Et l’autre : Le Pô , quand hors de ses bornes, II écume fa fureur. Mais il ne faut pas suivre leur exemple. ECUMER , v. a. [ Defumare , exfumare , fumant excernere. ] Oter l’écume. (Ecumer le pot.) * ECUMER 1 , v. a. s Latroemiur.i maritimum exerce- te. ] Pirater & voler sur mer. ( Les Corsaires ne ces- soient d’écumer toutes les côtes, & de iaire mille ravages. Vaug. Quint. I. g. c. g.) f * ECUMER , v. a. Ce mot se dit quelquefois au figuré , & signifie prendre ce qu’il y a de meilleur dans quelque chose. (Ecumer un héritage.) ECUMEUR , f m. [ Parasitas, j En morale , signifie un écornifleur , qui va dans une maison , pour voir ce qu’il y a dans le pot, pour ensuite en verni manger. ECUMEUR de mer , f. m. s Pirata, marìtimm' pra- da.j Pirate. Celui qui vole sur mer. Celui qui court les mers pour enlever tout ce qu’il trouvera. ECUMEUR de mer , est ancien. Villon a dit : L’Empereur Jì l’arraisonna Pourquoy es-tu larron de mer ? L’autre , répons luy donna , Pourquoy larron me fais nommer Pour ce qu’on me voit ejcumer En une petite fufte ; Si comme toy me puise armer, Comme toy Empereur je fuse. ECUMEUR , écumeuse , adj. [ Sputnosus , fumet#, Jfiumâ dijfluens .2 Mot poétique, plein d’écume, (Du Rhin il fend les flots écumeux. Despr. épìt. 4.) ECUMOIRE , s s. C Cochleare eximendte fuma. ] Vase de forme ronde, percé de plusieurs trous , qui a une queue , & qui sert a écumer le pot, & autre chose. ( Une fort belle écumoìre. ) ECUME'NIQUE , adj. [ Qecummìctu , unìversa- lis. j Ce mot est Grec , & signifie universel. 11 ne fe dit que des Conciles. ( Assembler un Concile Ecu- mé nique ou Universel. Le premier Concile Ecumé- nique est celui de Nicée.) ECURER, v. a. [Detergere.] C’est ne'téïer de la baterie, ou de la vaisselle avee de la lie, du sablon, & un torchon de foin. C’est nétéïer avec de la léci- ve & un torchon de foin. (11 faut écurer avant que de sablonner : écurer la baterie, écurer la vais. selle.) ECURER , v. a. [Mundare. ] Terme d ’Ecureur de puits. C’est nétéïer un puits avec la drague & autres outils. (Ecurer un puits.) ECUREuIL , écurie* , f m. [ Sciun ar. ] le bei usage est pour écureuil. C’est un petit animal sauvage qui est joli, gai, qui a une grande queue en comparaison du corps, qui porte ie plus souvent la queue haute & relevée sur le dos. II vit des pommes, de châtaignes, de noix, de noisettes. 11 a pour ennemie la martre. L’écuveuil est d’ordinaire roux, mais en Pologne il est gris & roux ; en Russie , de couleur de cendre ; & en Podolie , il y en a de diverses couleurs. Les écureuils de Laponie chantent tous les ans de couleur , & de roux qu’ils font Fêté , ils deviennent gris l’hiver. L’écureuil se couvre de fa queue pour fe Ttm. L Rrrr z garan- 684 EDE garantir de l’ardeur du Soleil , & étant sur une ecor- ce lors qu’il passe quelque rivière , elle lui sert de voile. Voïez Jonston. On a dit de Monsieur Fouquet, qui portoit dans ses armoiries un écureuil : ( Souviens-toi que l’écureil, Par trop dlopulence, Gît dam le cercu'éili) ECUREUR de puits, f. m. £Purgator, mundatorl\ Ouvrier qui avec un outil qu’il apelle drague , écure les puits , nétéïe, & vuide les lieux. On l’apelie vuidangeur , & maître des baffes œuvres. La plupart du monde apelle cette forte d’ouvrier cureur de puits, mais écureur est le vrai mot. ECUREUSE , f f [ Purgatrix .] C’est à Paris, une pauvre fille , ou une pauvre femme qui gagne sa vie à écurer chez les bourgeois , & à qui on donne quinze ou vingt fols chaque jour pour la peine qu’elle prend à écurer la vaisselle & la baterìe. (Une ecureufe doit être forte , & avoir bon bras.) ECURIE , ./■ /'• £Equile, equimtm, prœsepe, stabu- jum. ] Lieu de la maison où sont les chevaux. (La Grande écurie du Roi. La petite écurie du Roi. Depuis qu’on nom a mis dejsom la galerie, Tu ries pas le premier exclus de l’écurie, 21 i le premier cheval qu’on aura refuse'. Benferade,) f ECUISSER , v. a. £Afsulatim frangere, finde- re. ] Terme des Eaux & Forêts. II fe dit des arbres qu’on éclate en les abatant. ( L’ordonnance veut qu’on abate les arbres à coups de coignée à fleur de terre, fans les écuisser ni les éclater.) ECUSSON , / rn. [Scutum minus, thefféragen- tilitia. ] Terme de Blason. Ecu où l’on met les armes d’une personne, ou d’une famille. ( II a trois fleurs de lis doré à leur écusson. Desttr. fat. Il un sur son écusson porte un casque sans grille, Dont le père autrefois a porté la mandille. Bourf. Esope.) ECUSSON, f Laterculus. ] Terme de Serrurier. Petite plaque de fer qu’on met fur les portes des chambres & des bahuts vis-à-vis des serrures , & au travers de laquelle entre la clé pour ouvrir la porte.) ECUSSON. [ Scutula, emplastrum.'} Terme de Jardinier. C’est un morceau qu’on coupe en long de la plure d’un arbre de l’année qu’on gréfe & qu’on lie avec de la filasse. ( Ecusson dormant : écusson à œil dormant : enter en écusson.) £js L’Auteur du Dictionnaire d’Agriculture a expliqué plus clairement, ce me semble, ce que c’est que l’écut son parmi les Jardiniers : „ Cet écusson n’est autre cho- ,, fe qu’un œil levé de dessus une branche de l’année, „ à l’aide d’un petit couteau qu’on apelle écujsonnoìr; „ & cette incision se fait en formant une espèce de 3 , triangle au milieu duquel est un œil, & dont la „ pointe est toujours en bas.” ( On dit , gréfer en écusson ; cet écusson est repris.) f ECUSSON , fe dit aussi d’un ornement qu’on voit souvent aux vaisseaux , en divers endroits, comme au fronteau du château d’arriere , & au fronteau du château d’avant en-dedans. On met divers ornemens à ces écussons , & d’ordinaire celui du château d’arriere est chargé du nom du vaisseau & des armes de celui s qui il apartient. ECUSSONNER, y. a. £Inoculare.~\ Terme de Jardinier. Enter en écusson. Faire des écussons ,& les apliquer fur la tige ou fur la branche qu’on veut gréfer. (Ecussonner un amandier, un prunier, &c.) (f ECUSSONNOIR. C’est un petit couteau pointu, & qui a au bout de son manche une espèce de Spatule dont on fe sert pour l’opération de la grefe en écusson. EDEN TE’, édentée, adj. £ Edentalm. ] Ce mot se dit des hommes, & plus souvent des femmes , & veut dire , qui n’a plus de dents. ( C’est une vieille édentée.) f EDENTE', édentée , adj. [ Edentatw. ] Cet mot fe dit quelquefois d’autres choses.) Un peigne édenté. Une scie édentée ; c’est-à-dire, dont les dents font rompues.) ■j- Edenter , v. a. [ Edentare. J Ce mot signifie, ôter les dents à un animal. On le dit auffi d’un peigne, d’une scie , & d’autres instrumens qui ont des dents. EDÎ T EDERDON , ou Edredon , s. m. Efpéce de duvet très-fin , qui vient du Nord , particulièrement des deux Laponies , Suédoise & Danoise. C’est L plume la plus courte des oiseaux de proie qu’on élevé pour le vol, & qu’on nomme Gerfaux ou Faucons. Ce précieux duvet est très-leger & très-chaud. EDIFIANT , ad.j. ( Religiosm , pìm ad exempluml\ Qui édifie. Qui est en bon exemple & qui instruit. ( Cet exemple est fort édifiant. Sa conduite est tout- à-fait édifiante.) , t EDIFICATEUR, s m. £ JEdificator. ] Ce mot vient du Latin , & lignifie celui qui bâtit ; mais il n’est guére en usage , & il semble plus usité dans le plaisant, que dans le sérieux. (M. N. n’est pas un grand édificateur. 11 veut passer pour un fameux édificateur.) EDIFICATION , s f. £Aidisicatio , cnnjfrulíw.j Ce mot ne lé dit pas au propre , ou au moins il ne se dit pas bien. En fa place , on dit conjiruêíion. (Travailler à l’édification du temple. On croît que l’ufage veut qu’on dise : travailler à la construction du temple.) * EDIFICATION, f Exemplum dignum laude, imi- tatione. ] Sorte d’exemple & d’instruction. ( Donner de l’édification à son prochain. Cela n’est pas fort à l’édification du prochain.) EDIFICE, s. m. [ FEdificium. ] Bâtiment. (Edifice bien éclairé. Edifice pesant & massif. La meilleure exposition des édifices fera íì le vent n’enfile point les rues. Avoir foin des édifices publics.) EDIFIER , v. a. [ EEdificare. J Ce mot, au propre, n’est pas du bel usage ; on dit en fa place, bâtir, ou construire. ( Edifier un palais. On croît que le beî usage veut qu’on dise, bâtir, ou construire un palais. Et tout au plus le mot d ’édifier pour bâtir ne peut être reçu que dans le stile bas & burlesque. C’est ainsi que l’a emploie Benferade, rond. p. 197. A peu de frais, pareilles gens édifioíent alors.) * EDIFIER. [ Exemplo prducere , ad pietatem allice - re, pietatis fenstum ingerere, injicere. ] Inustruire par de bons exemples, & par une conduite sage & réglée. Satisfaire par fa conduite. Ne pas scandaliser les gens par un mauvais procédé. ( Edifier son prochain par une vie vraiment Chrétienne. Je ne fuis pas fort édifié de lui.) EDILE , f m. £ JEdilis. ] Ce mot vient du Latin, & il ne fe dit qu’en parlant des Magistrats de l’an- cienne Rome. L’Edile étoit un Magistrat qui avoit foin de la police & des édifices publics. II y avoit des Ediles qu’on apelloit Ediles du Peuple, & d’autres Ediles curules. Ceux-ci , au commencement , n’eu- rent foin que de faire préparer les Jeux publics ; mais ensuite ils eurent soin de la Police , comme les autres Ediles. Les Ediles étoient fort considérables, & des Magistrats à qui on faifoit beaucoup d’honrieur. EDILITE’, f. f. [ AI délit as. ] Charge, dignité des Ediles. EDILE , f m. £ Oedippus. ] C’est celui qui explique une énigme. EDIT , f m. Ce mot vient du Latin EdiHum. Ordonnance faite par un Prince pour des considérations qui regardent ses intérêts , ou ceux de l’Etat. (Faire un Edit. Vérifier un Edit au Parlement. Publier un Edit. Le Roi déroge par les Edits à tout ce qui pourra être contraire à oe qu’ils contiennent. Henri IV. fit l’Edit de Nantes en faveur de ceux de la Religion. ( Louis XIII. l’a observé , mais Louis XIV. l’a abrogé. ) Chambre de F Edit. J’ai fait quatorze enfans fur la foi des Edits pour le bien de l’Etat. Bourf. Esope. Voïez Chambre. T EDITEUR , s. m. £ Edìtor. ] Celui qui prend foin de l’impreffion d’un ouvrage. (Ce livre avoit besoin d’un Editeur plus habile.) EDITION ,/■ f- £ Editiol] Impression. (Première ou seconde édition d’un livre.) EDOùARD , s. m. [ EduarAus. J Nom d’homme. (Edouard second,. Roi d’Angleterre , fut gendre de Philippe le Bel, Roi de France, car il épousa Isabelle de France fille de ce Prince. Edouard III. Roi d’Angleterre, institua en r;44. l’Ordre de la Jarretière en l’honneur de la Comtesse de Salisburi, & il ordonna qu’on célébrois tous les ans la fête de cet Ordre , le jour de la S. George. L’Abé de Choisi, hist. de Philippe de Valois , /. 3. ch. 8.) _ EFA EDUCATION , s f. fEducatio , institutio.'} Maniéré dont on élève & on instruit un enfant. ^Donner une bonne éducation à ses enfans. N'avoir nulle éducation,) EDULCORATION,/ f. [ Dulcoratiof ] Terme de Pharmacie & de Chimie , se dit de Radoucissement qu’on donne à plusieurs remèdes par le moïen du sucre ou du sirop ; ou à diverses matières par des lotions réitérées pour les priver des sels acres qu’elies contiennent. EDULCORER , v, a, \T>ulcorafe.~\ C’est en Pharmacie adoucir des remèdes par le moïen du sucre ou du sirop : en Chimie , c’est aussi adoucir en ôtant par plusieurs íations d’eau froide les lels qui se trouvent dans diverses matières , comme dans les précipitez du mercure, &c. t EFAÇARLE , adj. [ Delebilis. ] Qui peut être éfacé ; mais il ne se dit guére. EFACER, v. a. [ Delere , eluere , ìnducere, ] Raïer. (Efacer une ligne , une page, une feuillet, &c.) (f II ne sera pas inutile de raporter ici le précepte d’Horace , dont ceux qui composent, doivent toujours se souvenir : On ne doit point être presseux à efacer, quand on veut écrire des choses qui puissent être lues deux fois avec plaisir : Sape Stylum vertus iterùm , quce digna legi stnt, Scrìpturuí. L’Auteur de la Préface de la Traduction de Quinte- Curce , a remarqué qu’il n’y avoit aucune page dans l’original, où il n’y eût deux ou trois diverses leçons de chaque période, tant il avoit de scrupules & de doutes fur les façons de parler, dont il choiíìssoit toujours les plus ciair.es , les plus naïves, & tout ensemble les plus courtes & les plus Françoises ; & par- ce que souvent il ne se pouvoit refondre sur le choix, il les mettoit toutes , pour en consulter ses amis , & avoit diverses marques pour faire connoître celles qui lui plaisoient le moins , qui lui sembloient douteuses , ou qu’il croioit inutiles & superflues. 11 est bien des gens incertains , & qui ne font jamais contens d’eux-mêmes. C’est par une sévère atention , que l’on évite les fautes : mais aussi il ne faut pas être toujours dans l’incertitude & dans le doute ; on doit s’e- claircir , prendre le sentiment des personnes habiles, & se fixer par leur décision ; ce seroit un martire, que de travailler pendant trente années , comme Mr. de Vaugelas, dans des doutes & des scrupules continuels. EFACER. [ Obscurare , pragravare , abolere. ] Obscurcir; ôter; ruiner; détruire. (Je la faisois si brillante & fi belle, qu’elle éfaçoit toutes choses. Voit. Pois. II éface tous ceux qui font précédé. Ablancourt. Le tems avoit éfacé plusieurs monumens que les Poètes ont célébrez. Vaug. Quints l. ;. L’image de fa grandeur n’étoit pas encore éfacée de leurs cœurs. Vaug. Quint. I. 5. jy ailleurs j’ai du bon sens , pour la bonne grâce, II n’est point à la Cour d’Abé que je w’éface. Vill.) EFACER, v. a. [Tegere , abfcondere , ce/are.] Terme de Maître d’armes. C’est se tourner de sorte qu’on ne voie pas quelque partie du corps qu’on veut mettre à couvert. ( On dit, efacer l’épaule. Efacer son corps , c’est regarder de demi face celui contre qui l’on a a faire, mettant la main fur la garde de f épée pour être prêt à la tirer. Liancourt , maître d’armes, c. 5 ' f'EFAçURE , f f- [ Litura. ] Rature. (Une petite éfaçure.) EFARE', éfarée , adj. [ Efferatus. ] Tout éperdu. Tout transporté. Tout hors de lui - même. Tout troublé. ( Avoir l’air d’un homme éfaré.) f EFARER , v. a. Troubler de maniéré qu’on a quelque chose de rude, de hagard dans la mine, dans Pair, dans les yeux. ( Vous éfarez cette fille par vos discours.) £ On dit aussi , s’efarer. ( II s’efare du moindre bruit. Cette femme est sujette a s éfarer.) EFAROUCHE', ófare'. C Eferatus , m pedes arre- 8 m. ] Terme de Blason. La “Westphalie porte d’asur au cheval guai & éfaré d’argent. EFAROUCHER, v. a. ( Ejserare , afierure , terrere, alienare. J Rendre farouche. Rendre sauvage. Empêcher de s’aprivoiser. (Efaroucher une bête. EFE 685 Là les pauvres éfarouchez, Pensent s’être bien retranchez. Mais la fidèle en diligence, Vous les pouffe , vous les relance. Perr. chasse.) F* EFAROUCHER les pigeons. C’est éloigner d’une maison ceux qui aportent du profit. (11 faut , si vous m’en croïez, n’éfaroucher personne. Mol. Avare, a. 5. fi. 1.) EFAUFILLER , v. a. [ Fila serica decerpere. J Terme de Marchand Rubanier. C’est tirer avec la main la soie du bout d’un ruban coupé. ( On n’éfau- file un ruban que pour en voir la bonté.) í EF AU s AGE , J. m. Terme de commerce de bois. On apelle ainsi le mairrain de rebut. EFECTIF , éfeHive , adj. [ Venu ,fincerm , legiti. mus.] Vrai. Véritable. Quia de l’éfet ; qui est en éfet. (Cela est électif. C’est un homme électif. Passion élective. 11 y a six mille hommes électifs.) H On apeìle paiement éfeftíf, celui qui se fait véritablement , & en deniers comptans, ou en efets équi- valens. EFECTION, f f. [Ejfeiïio. ] Terme de Géométrie. Maniéré de faire un problème. ( Plusieurs ont démontré la quadrature du cercle , mais réfection n’en étoit pas géométrique.) EFECTIVEMENT, adv. ( Verè, smcerè.'] Vraiment. En éfet. ( Chose éfectivement mauvaise. Pafc.l. 4.) EFECTUER , v. a. ( Facere , prajìare , exequì. J Exécuter. Mettre en éfet ce qu’on a résolu. (Efec- tuer ce qu’on a promis.) EFE'MINE', ésemine'e , adj. [ Debilitatus , enerva- tus. ] Amolí par les plaisirs. (II lui reprochoit son naturel éféminé. Abl. Tac. ann „ I. n.) EFE'MINE', fi m. ( Mollis , ejsemìnattfí. J Qui est amolli par les délices. ( C’est un petit éféminé.) EFE'MINER, v. a. [Enervare , debilitare , frangeref] Rendre éféminé. Amolir. ( Le luxe éféminé les Peuples. L’amour maternel éféminé & atendrit trop les enfans. Maucroix.) S’E'FE'MINER , v. r. [ Emolliri , ejseminar, ] Se rendre éféminé. S’amolir. ( Les Perses , au tems d’A- lexandre, s’étoient éféminez par le luxe & par foi- siveté. ) EFERVESCENCE , s s [Fervor, ebuUìtio , es servescentia. ] Bouillonnement qui se fait par la première action de la chaleur. ( La fermentation se fait par l’éfervescence de l’humidité des corps qui s’échau- fent. II faut faire chauler cette liqueur jusqu’à une legére éfervescence.) Voïez Fermentation. EFET , s m. £Efsefíw. ] Tout ce qui est produit par quelque cause. (La lumière du Soleil. Tout éfet présupose une cause.) EFET. [ Opits , res. ] Exécution. Chose élective. (On atend l’éfet de ses promesses. Abl. Plus d’éfets que de paroles. Scarron. nouv. Cette menace a été fans éfet. Mettre en éfet.) * Les efets font les mâles , N les paroles font les fé- me/les. Proverbe. EFETS. [ fíona , res , pignm. J Ce mot au pluriel, en parlant d’un marchand , signifie les biens meubles* les papiers d’un marchand. (Avoir de bons efets.) EFET. [ EfflAio.] Terme de Manège. Mouvemené de la main, qui sert à conduire un cheval. On distingue quatre de ces éfets : pousser en avant , tirer en arriére , à droit ou à gauche. En éfet. [ Reapje , reipsâ N verè.] Sorte de conjonction qui sert à rendre raison d’une chose avancée, & qui signifie il est certain que. On recommence souvent un discours par cette conjonction , en éfet. En éfet, adv, [ Verè ,stncerè.] Efectivement. D’une maniéré véritable & réelle. ( Les couleurs ne font rien en éfet, elles ne font qu’en aparence , & le sens de la vûë les aperçoit selon les diférentes réflexions de la lumière. 11 faut être gens de bien en éfet, & non pas seulement eh aparence. Si c’étoient des maux en éfet, &c.) Ç EFEUÏLLEMENT , f m. [ Frondatio. ] L’action d’oter les feuilles des arbres. L’Efeuïllement de la vigne. [ Pampinatio. ] Vianet. EFEiíILLER , v. a. • [ Frondes carpere , stringere, avelkre , fronde levare arbores. ] Terme de Jardinier. C’est ôter les feuilles de quelques branches d’arbres. R r r r 3 ( Eseuil- 686 EFI (Efeiiiiler une branche. On éfeuilleles arbres quand les feuilles font trop d’ombres, & qu’elles empêchent les fruits de mentir.) (§ EFFOEL- On trouve ce terme dans les Coutumes d’Anjou, art. 105. & du Maine, art. 116. où il est dit que ,, le Seigneur, par défaut d’homme, ,, fera les fruits siens, prendra & levera l’efFoueil, „ & revenu & accroît du bestail nouri d u bestail , &c. II semble que ces trois mots, ejsoueil, revenu, & accroît, font sinonimes : mais Dupineau fur Anjou, estime que ce font trois choses diferentes : ,, L’ef- ,, foueil est ( dit-il ) le part ou portée du bestail, ,, qu’on ôte tous les ans de dessus le lieu ; le revenu „ est le profit , ou les fruits provenans du bestail, „-comme le lait, la laine ; l’accroît est l’augment „ du prix des chefs, ou souches des bêtes dans le- ,, quel le Seigneur aura part, si ce prix est augmenté ,, depuis le jour, & pendant le tems de ta main mi- „ se, parce que ces chefs & souches ont été nouris „ dans les pâtures, & des pâtures saisis , &c. EFICACE , adj. [ Efiîcax. ] , Terme de Théologie. Qui produit nécessairement son éfet. ( Grâce éficace. Pasc. I. L. 11 faut avoir la grâce éficace. Le même.') EFICACE. Ce mot se dit aussi des remèdes, & signifie qui produit un bon & grand éfet. ( Remède éficace.) EFICACE , s s [ Vu , virtiu , potentia. J Force. Vertu éfective. (L’éficace de la grâce de Jefus-Christ amolit le cœur le plus endurci. God. Leur exemple a une éficace toute particulière. Port-Royal.) EFICACEMENT, adv. [Efficaciter.] Avec éficace. (Dieu dispose éficacement de notre cœur. Pasc. I. iF.) Òn dit aussi , vouloir éficacement quelque chose ; c’est-à-dire , le vouloir tout de bon. EFICACITE', s. s. [ Efficacia .3 Vertu de quelque chose. Des Auteurs condamnent le mot d 'éficacité, & (Vautres l’aprouvent dans les matières philosophiques, & on croît qu’en ces sortes de sujets il peut passer. (Rohault, phiftque, a écrit l’éficacité,des planètes. Les causes secondes n’ont point d’éficacité. P. Malebr.) La toute-puissance de Jefus-Christ fur les cœurs, pour en faire ce qu’il lui plaît, est la consolation des pécheurs , comme la cause de l’éficacité de sa grâce. Père Quesnel, réflexions. Je crois avec le P. Bouhours , dans ses remarques fur nôtre langue , que éficacité n’est point un mot François : il faut dire éficace , qui est substantif & adjectif tout ensemble. EFÍCIENT , éficiente, adj. [Efficient.'] Terme de Phijìque. C’est-à-dire, qui produit un éfet. (Cause éficiente. Dieu est la seule cause première éficiente.) EFIGIE , f fi [ Effigies ,, imago. ] Image : statue. ( On voit sur la monoie l’éfigie du Prince qui l’a fait batte : l’éfigie d’un lion : faire l’éfigie de quelcun en bronze.) EFIGIE. Portrait grossier qu’on fait d’une personne, & qu’on atache à une potence , lorsque cette personne est condamnée à mort par contumace. Pendre en éfigie : exécuter quelcun en éfigie.) EFIGIER , v. a. [ Sontis abjentis effigiem patibulo ap- ■pendere. ] Exécuter quelcun en éfigie. On a éfigié ce criminel, dont on n’a pû faire la capture. L’Ordonnance de 1670. veut qu’il n’y ait que les personnes condamnées à mourir qu’on puisse étìgier, ou exécuter en éfigie.à Autrefois dans le sens propre, efigier, étoit dresser une statué à quelcun , mais il n’est plus en usage. f EFILE', f m. O11 apelle de l’éfilé , le linge dont on se sert pour le deuil , parce qu’autrefois on en éfiloit les extrémitez ; c’est-à-dire, qu’à force d’en arracher des fils , on y formoit une espece de petite frange. Présentement ce sont des vraies franges qu’on coud autour. ( Mettre de l’éfilé à une cravate, à des manchettes, à une coifure.) f * Un grand coup éfilé. Abl. Luc. t. 3. Avoir le visage éfilé, [graciiis. J Cheval éfilé, c’est-à-dire, qui a Vermoulure déliée. Ailes d’arrries éfilées. Vaug. On dit en terme de Chasse , qu’un chien est éfilé pour avoir couru avec trop d’ardeur , [lassus , satigatus, rtiptm. ] S’E'FiLER , v. a. [ Fila eveHere, filatim dijsolvere. ] Ce mot se dit des étofes & de la toile , qui s’en va en fils , & donc les fils se défont & se détachent du corps de l’étofe ou de la toile. (Manteau qui s’éfile : chemise qui s’éfile.) EFO ifs EFILER. Terme de Jardinage. On dit, éfiler les artichauds , qui est la même chose qu e œilleromin-: ainsi les Jardiniers disent, j’ai déja cent piés d’artí- chauds défilez. Ce mot, éfiler, est très-íignificatif par raport aux fils qu’on ôte de chaque pié d’arti- chaud. Diélion. dlAgricult. (S EFIOLER. Terme à'Agriculture. C’est ôter la fiole des blés , la faire brouter par les animaux : ce que l’on observe , lorsque dans les bonnes terres, le blé avant l’hiver pousse avec trop de vigueur. Les Laboureurs disent , il saut éfioler les blés s & la fiole des blés est la feuille, cette production qui fort d’a- bord de la terre , après qu’il est semé. Diélionnaire dlAgricult. EFLANQUE' , éflanquée , adj. [ Anhelus. ] Ce mot se dit des chevaux ; qui est sur les dents. (Cheval éflanqué. Cavale éflanquée.) II se dit quelquefois des personnes. Cet homme est tout éflanqué pour avoir jeûné ce carême. 4= On dit aussi, éflanquer un cheval par l’excez du travail, ou par le défaut de nouriture. EFLEURER , v. a. [Deflorare , prœflorare. ] Terme de Fleurijìe. C’est ôter les fleurs. ( Efleurer une anémone , une rose , une tulipe, &c.) EFLEURER , v. a. [ Stringere , tangere leviter. J Bìeíl’er de forte qu’on enlève quelque petite chose ds la peau. Le coup n’a fait qu’éfleurer la peau. La fortune en cela ne vous a pas feulement éfleuré la peau. Cojìar, let. 149. c’est-à-dire, que la fortune ne vous a pas fait le moindre mal.) 4= EFLEURER. Terme de Guerre. Efleurer un poste avancé , éfleurer un corps d’infanterie ; C’est-à-dire, s’en aprocher de trop près ,. s’amuscr à l’attaquer. Quand on marche pour surprendre l’ennemi, on doit observer de ne pas trop éfleurer les postes avancez, où l’on peut avoir jetté de l’infanterie. Poìybe de Folard. f EFLEURER une peau. C’est après qu’elle a été planée & lavée à la rivière, en enlever la fleur, ou superficie du cuir , du côté 011 étoit le poil, 011 la laine, pour la rendre plus douce & plus maniable. Cette façon s’apelle Efleurage , & fe donne fur le chevalet avec le couteau à éfleurer. * EFLEURER une matière. [Summatim att’mgere , srifiim percurrere. ] C’est ne pas aprofondir une matière , & n’en parler que superficiellement. Mr. l’Abé Régnier , dans son Poème des eaux de Versailles, parlant de l’isle d’amour, dit : D’un lieu Jì dangereux contentez-vous alors, D’éfleurer doucement les solitaires bords. EFLUXION, f. f. [Deflucíìo , defluvium.] Terme de Médecine. Vukìanges que font les femmes d’un fétus imparfait , dans les premiers jours d’après la conception. EFOEL, f m. [Fétus , satura. ] Mr. du Gange, dans son Dictionnaire , dit, que ce mot signifie, l’aug- mentation que le bétail a fait dans la bergerie. 4* EFONDRE', adj. On le dit dans les Manufactures , des draps & autres étofes de laine , qui ont été extraordinairement tirées à la rame, ou îannées trop à fond avec le chardon fur la perche. ( Ce drap est trop éfondré.) L EFONDRER, v. a. [ Exenterare. ] Ce mot est un terme de Cuisinier, mais il est presque hors d’ufage. En fa place , on dit vuider. (Efondrer une volaille, ou un poisson ; ou plutôt vuider une volaille, ou un poisson.) EFONDRER , v. a. [Scrobes subigere, fodere,fo~ veas facere. ] Terme de Jardinier. II se dit de la terre où l’on veut planter des arbres. C’est la fouiller d’en- viron trois piés , pour en ôter celle qui peut être mauvaise , auffi-bien que les pierres & les gravois, s’il y en a. Efondrer fe dit , mais il n’est pas si usité que fouiller, & faire des tranchées. (On dit, il faut efondrer cette terre , mais plutôt il faut fouiller cette terre , ou faire des tranchées dans cette terre.) f EFONDRER. [Perfringere.] Ce mot signifie austi rompre avec violence. (Efondrer une porte. Acad. Franç.) EFONDRILLES , f f. plur. [Faces.] Ordures qui fe trouvent au fond du vaisseau , où il y a eu de l’eau trouble, qui s’elt reposée. S’E'FQRCER, v.r. c Eniti , mitre.] Tâcher à vemr EFR venir s bout de quelque chose. ( II s’éforce de réussir dans son entreprise. Je me suis éforcé de donner mes passions. Plus les Religieuses , s’éforcent de faire bonne mine dans leur solitude , plus elles ont envie d’en sortir. S. Evremont.) EFORT , s. m. [ ìrifus , hnpetus, ] Action de la personne qui s’éforce : forte de” violence qu’on se fait à soi-méme : violence : impétuosité. ( II a fait un éfort pour cela. Je vais faire tm éfort fur mon amour, pour ne vous plus regarder que comme un infâme. Le Comte de Bujfi. Tout l’éfort de la guerre tombera' fur cette place. Voit. I. 74. Faire les derniers éforts , c’est emploïer toutes ses forces à faire quelque chose. Fl cet illujlre éfort par mon devoir réduite, J’ai domté la nature , U ne f ai pas détruite. EFORT. [ Contentio animi. J Ce mot se dit au figuré. (Un grand éfort d’esprit ; un éfort d’imagina- tion. ) EFORT. Ce mot se dit en parlant d’animaux qui travaillent, & signifie mal qui vient pour s’être trop éforcé. ( Cheval qui a pris un éfort.) f EFRACTION , f f Terme de Pratique . Fracture , rupture , que font les voleurs pour dérober dans une maison. ( O11 Pactise de vol & d’efraction.) EFRAI. Prononcez ésroì , & volez ésroi. ÉFRAÏANT, éfrctìante ,adj. [Terribilis , horridmf Qui é fraie. (Sommeil éfraïant. De/R lutrin , c. 1. Figure effarants : songe éfraïant ; ía mort honteuse est le plus éfraïant de tous les objets.) í EFRAïE , f f. [ Strix. ] Espece de Chathuant. Sa chair est propre pour la paralysie , pour la squi- nancie. Son fiel est detersif. EFRAïER, v. a. [Terrere, perterrcfacere. ] Epou- venter : donner de la fraieur. ( Un spectre est capable d’éfraïer les plus hardis : Un homme éfraïé est un homme à moitié perdu : s’éfraïer de peu de chose. Là font forgez d'un art industrieux, Ces feux , qui par les coups d’un innocent tonnerre, En éfraïant la terre , JDe mille astres nouveaux embélijfent les cieux, Perr. griselidis.) EFRENF/, efrenée , adj. [ Ejsrcnwf Déréglé : licencieux : qui n’est .retenu par aucun frein, par aucune chose. (Licence éfrenée. Vaug. Quint. L 10. Avarice éfrenée. Vaug. Quint. 1 . 5. On vit avec horreur une Muse éfrenée, Dormir chez un Gréfier la grasse matinée. Despr.) EFROL f m. [ Terror.J Epou vente. (Porter Lé- froi par tout.’ Abl. Répandre l’ésroî par tout un païs. Je me retire donc encor pâle d’éfroi, Mais le jour ejl verni , quand je rentre chez moi. Despr.) EFROIABLE , adj. j) Horrendus , terrisicm. ] Epou- ventable ; qui donne de l’éfroi. , ( Je n’ose raporter cet exemple , car c’est une chose éfroiable. Pafc. L 6 . Un monstre éfroiable. Abl. ( , 0 Malherbe a dit dans un Sonnet adresse à Henri le Grand: Je le cannois , destins , vous avez arrêté Qu’aux deux fils de mon Roi fe partage la terre, Es qu’après le trépas , ce miracle de guerre Soit encore éfroiable en fa postérité. Si l’on pouvoit douter de la pensée & de l’inten- tion du Poète, on croiroit qu’il a voulu dire que ia postérité d’Henri le Grand paroîtroit aux yeux des hommes hideuse, horrible ; c’est ce que signifie le terme , éfroiable : cependant la pensée de Malherbe a été , que la crainte & i’éfroi que les actions héroïques de ce Prince ont inspiré à toute LEurope, subliste- roient encore après fa mort, & fe soûtiendroient paf la valeur de ses enfans. Ainsi , il a confondu éfroia- ble avec ésrctiant. Volez Mr. Chevreau , fur ces mêmes vers de Malherbe s la note eft longue , pag. 352. de l’Edition de Paris, 172;. EFROïABLE. C Mirus , mirabilis , incredibìlis. ] Ce mot s’aplique aux choses bonnes & excélentes, & il veut dire , bon , ou grand. II a une mémoire éfroïa- ble. II fait un éfroiable dépense. Vaug. rem.) EFROÏABLE M E N T , adv. [ Supra modwn , fuprâ quam dici potest. J Beaucoup : sort : tout-à-fait : ex- EGA 687 trêmemsnt. (Dépenser éfroïablement : elle estéífoïaç blement laide.) .EFRONTE', éfrontée , adj. [ Impudent , procux, protervus.J Impudent: qui a de l’éfronterie. (Fille éfrontée : il est éfronté comme un page de Cour.) EFRONTE' , f m. Celui qui a de l’éfronterie, ( C’est un éfronté. Au mépris du bon sens , le burlesque éfronté, Trompa les yeux a abord, plût part id nouveauté, Despr.) 0 Ce n’est pas que je croie en ces tems éfrontez Que mes vers soient fans peres , gf ne soient adoptez. Régnier, Sat. 2. Tems éfronté , n’est pas imitable. EFRONTE'E , f f. Celle qui a de l’éfronterie. ( C’est une franche éfrontée.) ( EFRONTE'MENT, adv. Avec éfronterie. (Parler éfrontément : regarder éfrontément.) EFRONTERIE , f. f. Impudence. (II a de l’éfronterie. ) EFUSION , f f [Efpifio, fiijto , ejstuxus , effitt- viumst Epanchement. (Une éfusion de bile, de sang. On faìfoit des éfusions de vin , & d’autres liqueurs dans les Sacrifices des Païens. Je promis de lui faire des éfusions fous la cheminée. Abl. Luc. t. 2. * Une riche éfusion de couleurs que verse le Soleil en se retirant. Balzac. Efusion de coeur. [Ejfusto animi. J Port-Royal. 0 La plûpart des bons Auteurs écrivent ce mot avec deux /. Le P. Bouhours condamne dans ses doutes, pag. 99. cette expression effusion de colere; & il aprouve celle-ci , effusion de sang , ejf-Jton de bile, Mais pourquoi ne doit-on pas dire effusion de colere dans le sens que l’Auteur de l’Hittoìre du Nouveau Testament i’a emploie? Voici ses paroles : ,, 11 veut ,, bien se contenter d’une pluie plus douce , a lin que „ les hommes tremblans aux premiers coups qu’il ,, leur fera sentir, jugent de ce qu’il fera, Iorsqu’il les punira dans toute seffiision de fa colere ? Volez Mr. Ménage, obferv. tom , 2. ch. 2Ç. EFUSION. [' Libationes. J Ce mot se dit en termes de piété & de sacrifice. Les quinze éfusions : faire des éfusions. Abl. r et. L 5. c. 2. EGAÏER , v. a. [Hilarare , oblcAare . ] Rendre gai : divertir. ( Egaler l’eípric : il s’égaïe à faire des vers.) ( * Egaïer un discours. Abl. Egaïer un sujet. Scar. Pour nous divertir , égaïons un peu nôtre veine. Scar. Poéf. Messieurs les Médecins s’égaïent bien fur nôtre . corps. Mol. malad. imag. EGAÏER , v. a. [ Attendere , interradere, inter - legere , mtermundare. J Terme de Jardinier, C’est ôter les branches qui rendent un arbre confus & étoufé dans le milieu. ( On dit aussi egaïer un buisson : il se dit aussi des arbres en espalier : c’est les palisser si proprement que les branches soient également partagées des deux côtez , & qu’il n’y en ait pas plusieurs ensemble , mais que chacune soit atachée séparément , & à des intervales égaux : égaïer un arbre qui est en elpalier. Quint. Jardins fruitiers, t. 1.) EGAL, égale, adj. £Par, aqttalis .2 Qui a Légalité : qui a une juste proportion avec une autre chose : qui est de pareille grandeur & Largeur. ( Ces deux choses font égales : ils font égaux en cela : chose égale à une autre : c’est un axiome de Géométrie , que deux choses égales à une troisième, font égales entr’elles : combattre à armes égales. Dieu n’a point d’égal, ni de compagnon : nous sommes égaux en tout , lui & moi : profitons des momens où il prend envie aux Princes de se rendre nos égaux ; & n’oublions pas qu’ils sont nos Maîtres lors- qu’ils l’oublient. S. Evremont. Ceci peut s'apliquer à la grandeur Rdiaje, Elle reçoit £«? donne , la chose est égale, Tout travaille pour elle , U réciproquement, Tout tire d’elle l’aliment. La Font.) EGAL, égale. \_Mquits , lavis, plantuf Plain, uni, non raboteux. (Ce chemin est fort égal : cette plai- • n e est fort égale.) On dit qu’une balance est égale, lors- 688 EGA lorsque ses bassins font d’égale pesanteur , & qu’elle ne panche , ni d’tin côté , ni d’autre. EGAL. [ Indiffèrent . ] II signifie quelquefois tndisé- rent. (Donnez moi tout ce que vous voudrez, tout efl égal. [ Mibi perinde eji.] * EGAL , égale. [ jEquus , Jìhi conjlans , idem. ] Qui est toujours dans le même état , dans la même aíliéte d’esprit. ( C’est un homme toujours égal. Humeur fort égale. On dit aussi , stile égal. Marcher d’un pas égal , tant au propre , qu’au figuré, où il signifie aler toujours le même train.) A l’égal, adv. [Prœ. ] En comparaison. (Cen’est rien à l’égal de cela. Am. Poème de Jesus-Cbrijl. La doéie antiquité dans toute fa durée, A l’égal de nos jours ne fut point éclairée. Perr. Poës) Ti'égal à égal. [ Par. ] C’est-à-dire , de pareil à pareil. ( Ils traitent d’égal à égal.) EGALEMENT, adv. [Aqualiter , aquè.] Avec égalité. (Partager également. Aimer également.) EGALER, v. a. [ ASquare, cosequare, complanare.] Rendre égal. Faire égal. (Egaler les choses. * Egaler la vertu d’Alexandre. Vaug. rem. Alexandre s’é- toit proposé d’égaler en tout la gloire de Bacus. Vaug. Quint. Curce, l. 9. cb. 10. S’E'GALER , v. r. [ Equare se. ] Se rendre égal. Se rendre comparable. (S’égaler à quelcun. Abl. apoph.) EGALISATION,//. [ Exequatio. ] Suplement de partage. Ce mot est vieux , aussi-bien que le verbe , égaliser. On se sert de ces deux mots en termes de Pratique. EGALITE', s.s. [ AF.qualitas. ] Juste proportion qu’il y a entre les choses , ou les personnes. ( Légalité est fort grande : il y a de l’égalité entre eux : garder de l’égalitc entre les personnes. Bail. Avis à Ménage. On dit aussi, égalité de stile : égalité d’a- me : égalité d’âge , de condition, &c. Mais cette égalité dont se forme le sage, Qui jamais moins que l’bomme en a connu l’usage ? Despr.) EGALURES, s f- plur. [ Macula allia.'] Terme de Fauconnerie. Mouchetures blanches qui font fur le dos de l’oiseau. On apelle aussi oiseau égalé, [ maculis albis dijlinctui, ] celui qui porte ces mouchetures. tz EGANDILLER , ». «. Terme dont on se sert en Bourgogne , pour signifier ce qu’on entend ailleurs par étalonner ; c’est-à-dire , marquer des poids ou des mesures, après les avoir vérifiez fur les étalons. EGARD , f m. [Ratio , observantia , astimatio.] Considération. Respect. Déférence. ( On doit être honnête à son égard, & à l’égard des autres. Avoir égard à son honneur. Avoir égard à toutes les circonstances d’une chose. On n’a point eu d’égard à sa demande. Avoir de grands égards pour les gens de mérite.) fg EGARE'E- On apelle en Bresse , égarées, les bords des étangs où le poisson est arrêté. EGAREMENT , f. m. [ Deviutio. ] Mauvaise conduite. Procédé peu réglé. ( L’égarement de son disciple lui fit peu d’honneur. Bouhours , Aubujson, l. 1 . Pour sauver ma vertu de tant d’égaremens, Je ne veux point d’amis qui puissent être amans. Deshoul .) * EGAREMENT. ( Error.] Erreur. Aveuglement «n matière de morale Chrétienne. Doctrine erronée & pleine (Terreurs. ( Ils renversent la morale Chrétienne par des égaremens si étranges. Pasc. I. g. On est saisi de douleur de leurs égaremens. Port-Royal. Comme ils n’ont pas voulu reconnoître Dieu , il les a livrez à l’égarement d’un esprit dépravé & corronv- pu. Port-B.oyal , S. Paul , épît. i. cb. 1.) EGARER, v. a. [ Perdere , avertere. ] Détourner quelcun de son chemin. ; (11 m’a égaré dans la forêt. J’ai été long-tems égaré fans me pouvoir remettre dans mon chemin.) S’E'GARER , v. r. £ Deviare, dìgredi. J Se détourner de son chemin. ( Je me fui* égaré dans 1» bois.) EGL * Teux égarez. Z Vagi ocult, desiexì.] C’est-à dire, donc le regard n’est pas ferme & arrêté. ( 11 a l’efprit tout égaré.) f S’E'GARER, f In errorem indues , delirarc , aber- rare. J Devenir un peu fou : être dans Terreur : errer. , ( Son esprit commence un peu à s’égarer : j’ai pitié de le voir dans les sentimens où il est, car il s’égare malheureusement. Tu dirois, reprenant ta pile U ton rateau, . J’aime mieux mettre encor cent arpens au niveau, Que d’aler salement égaré dans les nues, Me lafler à chercher des visions cornues. Despr.) EGARER , v. a. [ Amittere. J II se dit en parlant d’une chose qui est comme perdue, & qu’on ne peut trouver quand on la cherche. ( 11 a égaré une clé.) * Brebis égarée, s Errans. J Ce mot se dit au figuré , d’une personne qui est hors du droit chemin de salut. (II y a dans PEvangile une parabole de la brebis égarée , ct qui a été trouvée.) EGAROTE' , adj. Terme de Manège. On apelle cheval égaroté , un cheval qui est blessé au garot. jAf EGIDE- Le bouclier de l’a Déesse Pallas. Horace, lib. r. od. r s- en décrivant les maux que Tenle- vement d’Iîelene va causer aux Troiens, dit: Quanta moves sunera Dardanœ Gentì ! Jam galeam Pallia U jEgida Currusque , rabìem parat. Homère décrit ce terrible bouclier de cette maniéré , dans son cinquième livre de THiade : ,, Elle cou- „ vre (Minerve) ses épaules de son égide terrible, ,, d’où pendent cent houpes d’or, & autour de la- ,, quelle on voir la terreur, la discorde , la fureur ,, des ataques , les poursuites , le carnage ct la mort : elle avoir au milieu la tête de la Gorgone , cettç énorme & formidable figure dont on ne sauroit ,, soutenir la vúë ; prodige étonnant du Pere des , Immortels.” Votez JEgide. EGLANTIER , s m. [sto/à sylvestre, fore odo- rato, incarnato. ] Sorte de ronce qui a les branches garnies d’épines & les feuilles larges, qui porte des roses sauvages , & un fruit long & bon pour la gra- velle : on apelle ce fruit gratecu , où églantine. Votez Aiglantier. Ç EGLANTINE, s f í Cynorrbodon.] C’est le fruit de l'Eglantier , qu’on- appelle autrement Gra- tecu. fs EGLANTINE. L’une des trois fleurs que Ton donne aux Poètes qui ont le mieux dicté à l’Eglanti- ne ; c’est-à-dire , le premier jour du mois de Mai, où Ton célébré à Toulouse les Jeux Floraux. Cette fleur est d’argent ; & selon le langage ancien, Ton di- soit diHer pour réciter , faire des vers , comme Mr. Graverol Ta observé dans ses Notes fur la Roche-Fla- vin , liv. 5. tit. 8- art. 1. EGLISE , f f. Ce mot vient du Grec, en Latin Eccksa. 11 signifie TaíTemblée des fidèles. Assemblée de fidèles , gouvernée par de légitimes Pasteurs. (Eglise Primitive. Eglise Catholique. Eglise Gréque, Romaine , Gallicane , Anglicane, ctc. Eglise militante. Eglise visible. Eglise invisible. L’Eglise , diras-tu , fut long-tems éclipsée, On vit sa grâce éteinte , N fa gloire ésacée ; Quçl blasphème ! Genest, ép. à Mr. de la Bastide.) EGLISE. [Tf»ip/aw2. J Lieu Saint, où les Catholiques Romains prient Dieu, & lui sacrifient. (Eglise Cathédrale. Eglise Colégiale. Eglise Paroissiale. Une belle, superbe, magnifique Eglise. Une grande ou petite Eglise. La plus fameuse & la plus belle Eglise qui soit au monde , c’est celle de Saint Pierre de Rome. Les plus jolies Eglises de Paris , ce font TEglise de Sorbonne, TEglise du Colége des quatre Nations, !s Val de Grâce , & celle des Filles de TAnnonciatìon : mais la plus renommée c’est Nôti e-Dame. Bâtir une Eglise. Bénir une Eglise. Dédier une Eglise. Le pouvoir de consacrer une Eglise nouvellement bâtie dépend de TEvéque, & le consentement des habitana des lieux est auíîi nécessaire pour cela. Févret, dtr F abus, l. a. cb. 1. Pour rendre ces édifices plus respectables & plus religieux, on les consacre au culte divin, par BÎS EGL à cérémonies, par des prières , & par des encen- íèmens qui ont été introduits pour ia dédicace & pour ía consécration des Eglises. Ce fut fous le régné du grand Constantin que son commenca à professer la Religion Chrétienne , & à édifier des Eglises, que l'on n’a point pû construire dans la fuite fans le consentement des Evêques qui doivent la consacrer en personne , ce pouvoir faisant une partie de l’autorité Episcopale : car nous aprenons de Lambert Rodulphe, que 1 e Pape Gelase aïant décidé que l’on pouvoit consacrer une Eglise sans le consentement & sans l’auto- rité du Pape , les Evêques des Gaules se soulevèrent contre cette décision , comme étant une nouveauté & un atentat à leur autorité. Voïez le mot Consécration ., sur la réconciliation des Eglises profanées. Voïez aiiffi Réconciliation. sf EGLISE profanée , pollué , réconciliée, Ces trois choses méritent une explication. Une Eglise consacrée dans les formes, peut être profanée , & pollue en diferentes maniérés : i°. par l’éfusion violente du sang humain : 2°. par Pinhumation d’un excommunié, d’un hérétique, ou d’un infidèle : 3 0 . per ejfusonem seniinh : 4 0 . par la consécration d’un Evêque excommunié. Une Eglise ainsi profanée, doit être réconciliée. Voïez Réconcilier. (§ EGLISE Cathédrale. C’est la première & la principale Eglise d’un Diocèse ; elle est comme la mere des autres Eglises à qui elles sont subordonnées : Dans les premiers terns de l’Eglise , les Evêques & les Prêtres so partageaient le service , sans se fixer dans une certaine étendue; tous concouroient fans envie à la même fin : mais le nombre des Fidèles étant augmenté , il salut le partager en diférens cantons, aulquels on préposa un Prêtre pour administrer les Sacreniens ; & de ces cantons , on en forma divers Diocèses fous Pinfpection & fous l’autorité d’un Evêque , lequel choisit une Ville où il fixa ia résidence, & une Eglise pour y faire ses fonctions ordinaires , & qui fut apellée Cathédrale , parce que l’Evêqueyavoit établi le Siège Episcopal. Les Eglises Cathédrales furent nommées par les Grecs & par les Latins, Basilics , Basiliques , & l’on choisit le plus souvent les Villes principales & ou il y avoit des Magistrats & des Tribunaux de Justice , pour y établir l’Eglise Cathédrale. Je sqai que l’on donnoit aussi à toutes les Eglises paroissiales le titre de Basiliques : mais il est plus propre aux Eglises Cathédrales qu’aux autres, comme étant la baie & le fondement des simples Eglises. On les apelle encore & fans contredit, Eglises matrices , comme on peut f établir sor une infinité de Canons & de Conciles : quelquefois on les apelle Ecclesta majores, & plus ordinairement Cathédrales , par la raison que j’ai remarquée. Jamais aucun crédit ne se fait à l’Eglise, Ff avez-vow point d'argent , la croix de bois efl mise. Boète anonime. EGLOGUË , f f- C Ecloga. ] Poème qui représente un sujet champêtre , ou un sujet auquel on en donne le caractère. Sa matière sont les amours des bergers. (L’églogue est simple & aifee. Les dix églo- gues de Virgile font les plus belles églogues Latines que l’on ait. Et folement pompeux de fa verve indiscrète, A u milieu d'une églogue entonne la trompette, Defpr.) s§ Le mot est tout Grec, & pour me servir des termes de Mr. l’Abé Fraguier, dans fa dissertation fur FEglogue , torn. 2. de l’Hiftoire de l’Académie des belles Lettres , pag. 228- le Latin!’a adopté , St ., foie en Grec, soit en Latin , il ne signifie autre choie , qu'un choix, un triage , ct il ne s’aplique pas feulement à des pièces de Poésie , il s’étend à toutes les choies que l’on choisit par préférence , pour les mettre à part, comme les "plus précieuses. L’usage , dont il est dificile de donner la raison , a renfermé le terme Eglogue dans la signification des Poésies pastorales & champêtres. C’est une espece de poème dramatique, où l’on introduit des bergers , des bergéres , & quelquefois des Dieux. Les bois , les plaines, les ruisseaux, font les lieux où le Poète établit la scène où Faction doit ctre représentée. Les acteurs font des bergers, des bergéres , en un mot, toutes les personnes qui vivent dans les champs; & c’est par cette raison que l’Eglogue est aussi apellée un poème pastoral par raport ego 689 aux bergers, St un poème bucolique par raport k ceux qui avoíent le foin des bœufs ct du gros bétail, ou qui labouroient les terres, ct que les Grecs apelloient ^mtohinói. Le nombre des acteurs n’est pas réglé; un seul berger sufit pour faire une Eglogue, L’Eglogue n’étoit pas du goût de Mr. Defpreaux : Viendrai-je , en une Eglogue , entouré de troupeaux, Au milieu de Paris enfler mes chalumeaux , Et dans mon cabinet , ajsts auprès des hêtres , Faire dire aux échos des sottises champêtres ? Mais la douceur & la tendresse des bergers & des bergeres ne pouvoient pas plaire à un Poète toujours en fureur, & toujours armé pour ataquer le genre humain : il auroit été admirable : s’il avoit pû laisser le monde en repos. EGOGER , v, a. [ Rescindere , prafeindere. ] Terme de Tanneur. Oter avec le couteau tranchant les extrêmitez superflues du veau du côté de la chair, comme les oreilles & le bout de la queue. ( Ego- ger un veau.) EGOHINE , f f. [Serrula manualis .3 C’est une scie à main. EGORGER, v. a. [ Jugulare , mafíare. J Couper la gorge. ( Egorger une victime. Abl. ret. L 4. c. 1, II fut égorgé en la présence de son camarade. Abl. ret. I. 4. c. 2. 11 faut que je fasse le tour du logis, de peur qu’il n’y ait quelcun de caché qui me vienne égorger. Abl. Luc. t. 2. coq. Pour avoir un caroffe , gif que tout y réponde, Combien un Médecin égorg e-t’il de monde ? Bours. Esope.) EGORGER. [ Opprimere. ] Ranqonner les gens , les faire païer plus qu’ils ne doivent, & plus qu’ils ne peuvent païer. ( On égorge les gens dans ce logis.) t EGOSILLER , v. n. [Faucibus contendere .J Crier si haut qu’on se faste mal au gosier. (Tu m’as fait égosiller, carogne. Mol. malade imaginaire. ) f S’E'GOSILLER , v. r. [ Fauces elìdere. ] Parler & crier si haut qu’on fe fasse mal au gosier. ( Je m’é- gosille à force de vous apeller, ct vous ne répondez pas. Scar.') t EGOUSSER , V. a. [petrahere stliquam. J Egousser des pois , ou des fèves. Dites & voïez écoffer. EGOUT , f m. [ Stillicidium , latrina ., cìoaca. ] L’endroit d’une rue , ou d’un quartier où coûtes les eaux se vont rendre. Cloaque. ( Un vilain égout.) fjf EGOUT. Servitude urbaine , comme il est décidé dans le H. 1. tit. de servit, urb. prad. insit. Ce terme est générique ; il comprend toutes les maniérés dont on peut jetter les eaux fur son voisin, soit par des canaux aparens , soit par des conduits souterrains. Cette diférence est considérable ; car si la servitude est patente , comme on dit au Palais , celui à qui elle est duë , est obligé de s’oposer au decret du fond qui doit recevoir les eaux, suivant la régie établie par les Arrêts raportez par Mr. Louet : mais lors que les canaux qui fervent à conduire les eaux dans le fond voisin , font cachez , Imposition afin de conserver n’est point nécessaire. C’est le sentiment de Bro- deau sur Louet, lett. S. art. 1. On demande si cette servitude peut être aquise par prescription , & l’on répond, que s’agissant d’une servitude urbaine , il faut avoir un titre pour en jouir. C’est la décision de Partiele 100. de la Coûtume d’Auxerre , & de plusieurs autres. EGOUT. [ Subgrundia. ] Terme de Couvreur. Tuiles qui débordent au-dessus de l’entablement. Ardoises qui débordent du toit. EGOUTER, v. a. [ Exsccare , guttatimexhautire.lt Mettre une chose trempée ou mouillée de telle sorte, que ce qui la mouille , en tombe doucement, & comme goûte à goûte. ( Egouter la vaisselle.) EGOUTOIR , f m. [ Stillatoria tabula. ] Terme de Cartonnier. Ais assemblez l’un contre l’autre, Tur quoi on fait égouter les formes. EGOUTOIR. Morceau de bois long d’envîron trois pies, gros comme le bras , avec des rangs de chevilles de part & d’autre, fur quoi on met égouter la vaisselle. Les Menuisiers apeilent cette forte de machine un hériffoni mais la plûpart des gens du monde Tom. L S s s s qui 690 EGU qui ne savent pas les mots propres des arts , îe nomment un égoutoir. On croît que hérisson & égoutoir ■font bons tous deux. EGRAINER , égrener , ». a. [_ Excusere grana. ] Oter les grains ou la graine. ( Egrainer un épi : égrai- ner un raisin, ) EGRAINER , égrener. [ Radere , vellere. 3 Terme de Coutelier. Ce mot se dit en parlant du taillant du rasoir, & signifie ébrécher, cajj'er. (Ce rasoir est bon, ìe taillant égrène bien. ) EGRAINER , [ Friare. ] Au figuré , se dit de toutes les choses friables qui s’en vont par menus grains ou parcelles en les pressant ou frôlant. (Ce biscuit s’esttout égrainé dans ma poche. ) EGRATIGNER, ». a. [ Vellicaré , lacerare , dis. eerpere unguibus. J Déchirer la peau avec les ongles. ( Elle égratigne les gens sitôt qu’on la pense aprocher pour la baiser. ) * EGRATIGNER , ». a. II se dit en amour, & est comique. ' C’est éfleurer tant soit peu le cœur par la force de sa beauté. (Elle commence à m’égratigner un peu le cœur. ) EGRATIGNEUR Voïez Découpeur. EGRATIGNEURE ,/./![ Incijto , vellicatio , evuljìo sutii. 3 Peau déchirée par les ongles. ( C’est une petite égratigneure. J 1 aimer ois mieux soufrir la peine la plus dure , Qu’il ekt reçu pour moi la moindre égratignûre. Mol. ) EGRAVILLONNER, ». a. Terme de Jardinier. II se dit en parlant de more de figuier & d’oran- ger. C’est après avoir creuse tout autour & au dessous, en retirer avec une serpette quelque peu de terre qui reste entre les racines, afin que ces racines se regarnissant de terre nouvelle, y puissent mieux agir, ( Egra- villonner un more d’oranger, ou de figuier. ) EGRENER , ». a. [ Granaeximere. 3 Faire tomber la graine d’une plante & le grain d’un épi. II se dit aussi des choses friables qui se brisent en se froissant , & d’un rasoir , lorsqu’on sébréche pour voir s’il est bon. ( Ce rasoir égréne bien. ) EGRILLARD, égrillarde, adj. [Fervidus. 3 Gaillard : éveillé. (II est égrillard. Elle est égrillarde. Mol. Oeil égrillard : Scar. ) EGRILLOIR , f. m. Grille faite de plusieurs pieux fichez en terre qu’on met au-dessous d’un étang, pour laisser passer l’eau, & empêcher que les poissons ne sortent. EGRISER, ». a. [ Deterere, atterere. 3 Terme de Lapidaire. Froter deux diamans l’un contre l’autre pour les user. EGRISOIR, f m. [ Capsula poliendis ac terendis la- pìliis. 3 Boëte dont on se sert , quand on égrise les diamans. EGRUGEOIR, s m. [ Vas friatorium. 3 Sorte de vaisseau haut & rond qui est de bouis, où l’on égru- ge le sel. (Un égrugeoir bien fait. ) EGRUGER , v. a. [ Infrìare. ] Ce mot se dit du sel , du sucre , &c. & signifie -casser , briser. ( Egru- ger du sel. Sel qui n’est pas assez égrugé. ) EGOADE , s f. [ Aquatio. 3 Terme de Mer. Provision d’eau douce : prononcez égade. (Faire égua- de. Abl. Marm. ) On écrit aussi aiguade. EGUE'ËR , ou éga'ier. ». a. [ Linteum aquà limpidâ dilucre. 3 Tremper & laver du linge, du fil, de la foie dans une grande eau, ou dans l’eau claire, pour en ôter le sel, ou l’alun , qui s’y est ataché à la lessive, ou à la teinture. (Eguéer du linge, de la foie, &c.) t S’E’GUEULER, ». r. [ Fauces elidere. 3 Crier si fort qu’on se fasse mal à la gorge. (II s’égueule de crier, fans qu’on aille à lui. ) EGUIERE, f. f. C TJrceus. ] Vase de métal, de salariée , ou de porcelaine qui sert à mettre de l’eau. (Les éguiéres d’argent à crosse font les plus belles & les plus à la mode. ) EGUIE'RE'E -, f. s. [ Urceus aquà plenus, 3 Plein Féguiere. ( Une éguiérée d’eau. Volt. I. r;. EGUILLE , f f. ou aiguille. [ Acm , acicula. 3 Petit morceau d’acier fort délié, qui a le cu percé & une pointe , & qui sert à coudre drap, étofe, vu tsi- U. ( Egaille fine ; enfiler une égaille. ) EGU EGUILLE à tricoter. [ Acw. 3 Petit s#r rond & délié, long d’environ un pié, qui sert à tricoter des bas , &c. EGUILLE de tète. [ Dificerniculum. 3 Petit morceau d’argent, d’acier, ou de léton, plat, dont les Dames , se servent pour se coifer. EGUILLE à embaler. Grosse & grande égaille, où les Embaleurs passent de la ficelle pour coudre la grosse toile, avec laquelle ils couvrent les marchandises qu’il s embalent. sf EGUILLE. Le principal instrument dont on se sert pour fabriquer les filets de. pêche & de chasse, est apellé éguille. On dit , couvrir U emplir l’éguille ; ce qui signifie, mettre le filfur l’éguille. EGUILLE de montre, f Horarum index. 3 Morceau d’acier qui montre les heures. EGUILLE de cadran. ( Gnomon. 3 Ce qui est élevé fur le cadran , & qui montre les heures par son ombre. EGUILLE de fléau. Morceau de fer pointu au milieu du fléau des balances, ou du trébuchet, qui aide à faire voir plus promptement de quel côtépan- che la balance , ou le trebuchet. EGUILLE aimantée, f Acm magnetìca.~\ Terme de Mer. C’est une éguille d’acier, qui étant touchée d’un aimant, sert à faire tourner vers le Nord la ro, se du compas : on Fapelle aussi éguille marine. (Con- noître la déclinais on de l’éguille : la même éguille n’a pas toujours la même déclinaison: la déclinaison de l’éguille sc fait quelquefois vers l’Occident , â va parfois jusqu’à trente dégrez. ) EGUILLE. [ Actes. 3 Poisson de mer, quia le bee long , menu & pointu comme une éguille. EGUILLE. ( Pyramis , obelifcm. J Ce mot se dií en pariant d’un clocher, & veut dire , clocher haut & pointu. EGUILLE Terme de Marine. C’est la partie de l’épe- ron qui eítcomprise entre les porte verges & la gorgére. EGUILLE. Etaie ou arc-boutant fait d’une longue pièce de bois qui apuie le mât quand on caréné un vaisseau. EGUILLE. Alaladie des faucons causée par de petits vers , & très-dangereufe. EGUILLE à berger. [ Peflen Veneris. 3 Plante dont le fruit ressemble à une grosse éguille. On dit proverbialement : ll eji venu de fil en éguille ; c’est-à-dire, il est venu d’un propos à l’autre. Acad. Fr. f * Faire un procès fur la pointe d’une éguille. [ De re mìnimà litìgare. 3 Proverbe : c’est contester fans sujet , ou pour une chose de peu d’importance. EGUILLE'E ,s f. [ Acia. 3 Autant de fil qu’il en faut pour coudre avec l’éguille. (Une égaillée de fil : une éguillée de soie. ) EGUILLETE', tguilhtée, adj. lAstri&m lìgulh-l Qui a son habit ataché avec des éguillétes. (Un amant éguilleté fera pour elle un ragoût merveilleux. Mol. EGUILLETER, ». a. [ Vestem ligulis ajhingere. ] L’est garnir d’éguillétes. H EGUILLETER les canons. C’est les amarrer ex- traordinairement dans le gros tems, ou les amarrer pour un long tems. EGUILLETTE , f. fi. [ Ligula. 3 Morceau détresse ferré par les deux bouts, dont on se sert par ornement, r»u par nécessité. (De fort belles éguillettes. ) f * Courir l’éguillette. Reg. fiat. 16 . Etre dans le libertinage : dans la débauche malhonnête. Une femme qui court l’éguilléte , Jcutuleia mulier. ) f Flouer l'éguìUéte d quelcun. ( Faficinata ligulâ ma- trimonium ineuntes Hligare. 3 C’est dire de certaines paroles pour empêcher la consommation du mariage , a ce que prétendent ceux qui fe servent de ce maléfice. s * Lâcher l'éguillette. [ Ligula; fiolvere. ] Cela se dit dans le stile du peuple ; pour dire, satisfaire aux nécessitez naturelles. 4 EGUILLETES. On donne ce nom à des mâts, lors qu’on veut les faire servir à la caréné d’un vaisseau, pour soutenir & renforcer les mâts du même vaifieau. Ce font aussi les mâts qui renforcent celui d’une machine à mater. 4 EGUILLETES. On donne ce nom à de menues cordes qui servent à divers usages. 4 EGUILLETES. Pièces qu’on met fur le serrage, comme les alonges font dessous, pour renforcer les gros navires, qwi portent beaucoup de canon. - 4 EGê ELA f ËGLTLLETES de voiles. Ce font des bosses qui fervent à tenir la tête des grandes voiles dans les râteaux. f EGUILLETES de ponton. Ce font des pièces de bois qui sont posées fur le haut des cotez d’un ponton , où l’on amarre les atrapes. ê EGUILLETES de bonnettes. Ce font les menues Cordes qui fervent à lasser les bonnettes aux voiles. EGUILLETIER, j. m. [Ligularum artifex.) Ouvrier qui ferre les éguilletes & les lacets. Mr. Ménage croitqu’il faut dire aiguletier : Mr. Ménage est un honnête homme, c’est dommage qu’il décide quelquefois un peu légèrement : les Eguilletiers que j’ai vus, prononcent tous éguWetier , & non pas aiguletier. EGUÎLLÍER , f. m. [ Acuum opìfex. J Ouvrier qui fait de toutes sortes d’éguilles & de lardoires. EGUILLON , f tn. [ Stimulus , aculeus , incita - mentum. ] Bâton assez long & délié , au bout duquel 11 y a une petite pointe de fer pour piquer les beufs. (Piquer avec un éguillon : donner de l’éguillon. Le blé pour Je donner fans peine ouvrant la terre, 2 Jattendait pas qu’un bœufpréjj’é de l’éguillon, Traçât à Vas tardifs un pénible filon. Defpr.) Eguillon de sangsue : éguillon de mouche, d’abeille, de hérisson, &c.) (* La louange des belles actions sert d’éguillon à la vertu. Abl. apopht. La colère fervoit d’éguillon à son ardeur naturelle. Vaug. suint. I. %. Une belle femme sert d’éguillon à la concupiscence endormie.) f * EGUILLONNER, v. a. [Stimulare , acuere , z's- cìtare. ) Ce mot te dit au figuré , mais il ne fendit pas noblement, & même il est peu en usage : en fa place , on emploie les mots à’exciter, à’enjiâmer, &c. EGLISE'. C ln mucronem , in acumen , ìn cujji- àem definensf\ Terme de Blason. Pièces qui ont les bouts aigus & terminez en pointes. ( Une croix égui- sée , une fasce éguisée.) EGUISEMENÏ, /• m. [ Exacutio.l L’action déguiser. (Ou ne donne que deux liards pour l’égui- fement d’un couteau.) EGUISER, v. a. f Acuere , exacuere J Faire qu’un couteau , ou autre instrument , qui coupe & taille, coupe mieux qu’il ne faifoit : rendrepointu. (Eguifer un craïon.) * EGUISER , v. a. Ce mot fe dit au figuré, de l’efprit, & signifie le rendre plus aigu, & plus subtil. (L’amour sait l’art d’éguiser les esprits. Mol. école des femmes , a. fc. 4. La bonne critique sert à éguifer lefprit. Eguifer ses couteaux , c’est fe préparer au combat.) EH- [ Heu. ] Sorte d’interjection servant à exprimer quelque petit mouvement de l’ame. ( Eh , mon Dieu, qu’elle visite ! Mol. critique de ïécole des femmes.) ( Eh , un petit brin d’amitié ! Molière , george dan - din , a. 2. fc. x. Eh là ! comment apellez vous cela ? Molière , bourgeois gentilhomme , a. 1, fc. 2. Eh non ! Molière .) Eli ANCHE' , ébancbée , adj. [ Coxâ luxatm.J Qui a la hanche rompue : qui n’a point de hanche. (II est éhanché : elle est toute éhanchée.) t EHERBER , v. a. [ Herbis inutilïbus purgare.J Terme de Jardinier. C’est ôter les méchantes herbes qui croissent parmi les bonnes, & qui les ofufquent. Le mot de éberber fe dit ; mais il n’est pas fi usité que celui de farder. ( 11 faut éherber ce champ : di- t es , il faut sarcler ce champ. Quint.') ETACULATION, f f ÍJaculatio, ejaculatio.~\ Ce mot est latin, & signifie proprement l’action de pouffer, & de jetter quelque chose de liquide avec éfort. C’est aussi une terme de Médecine , qui s’eni- ploïoit dans les raports des Matrones. EICOSAEDRE , f m. [ Icofiedrum.) Terme de Géométrie. Voie z Icojaèdre. EJOtilR, v. a. [ Gratularì , plaudere .] Vieux mot, qui signifioit la même chose que réjouir. ( Du tout me fasse éjoiiir une douloir. fíarot.) f ELABOURER , y. a. [ Elaborare.J] Travailler quelque ouvrage avec soin & avec aplication. 11 n’est guère en usage qu’au participe élabouré. (Un ouvrage bien élabouré.) Les Médecins disent auííì un sang bien élabouré> c’est-à-dire, bien conditionné. ELA 691' ELAGUER, v. a. [ Coiïucare , èlacárè.'] Terme de Jardinier. Couper les branches baffes & emba- rassantes des arbres. (Elaguer un arbre : arbre élagué.) ELAISER, v. a. [Férir e.) Terme de Monáie, qui fe dit de la septième façon qu’on donne àuX monoïes, quand on les fabrique au marteau. ELAN , f m. [ Impetui , faltus , ajfultm .j Aótion de ce qui s’élance. ( Cheval qui fait de furieux élans. ELAN , f m. [ SuJJzria. ] Sorte de mouvement du cœur qui s’élance vers quelque objet. Transport. Elan afecté. Mol.tart. a. 1. fc. De son amour chacun fuit les élans. Benfer. Rond. p. 26;. Que Ais-tu de tn’y voir rêveur , capricieux, Tantôt baissant le front tantôt levant les yeux, Te paroles en l’air par élans envolées , Efraier les oiseaux perchez dans mes alées. Defpr.) ELAN, f m. [ A/ce s.] Animal sauvage qui naît aine pais septentrionaux , & qui est à peu près gros , grand & haut comme un cheval de médiocre taille & bien gras. L’élan tire fur un jaune obscur , mêlé de gris cendré. 11 va en baillant ia tête : 11 a le cou & les épaules fort velues , ia babine de dessous fort grosse & qui s’avance , la tête longue & menue en comparaison de tout le reste du corps, la bouche large, les dents médiocres , les oreilles longues & larges , le pié fourchu, la peau dure & ferme , & qui résiste, aux coups d’estoc & de taille. L’élan femelle n’a point de bois , mais l’élan mâle en a un , qui a environ deux pies de long. L’élan étant chassé , s’enfuit vers les lieux où il y a de l’eau , en avale , & la rejette fur les chiens : il fuporte la faim : il s’aprivoife aisément , & a tant de force à la corne du pié , quë lors- qu’il en frape un chien , ou un loup , il le jette mort par terre. ( Un élan mâle , un élan femelle. f L’élan est connu dans le Canada , sous le nom d’Orignac. ELANCE', élancée, adj. [' Exìlis , tongiàs exiliens.J Terme de Jardinier. 11 fe dit branches qui font longues & peu grosses à proportion, & dégarnies d’autres branches. (C’est un défaut à un arbre que d’y voir des branches élancées. Quint. Jardins , t. 1.) ELANCEMENT, f m. jj InjeBio vebemens , do- lor lancinans , vìbrata traHim JuJpiria. ) Mouvement du cœur qui s’élance. (II faifoit des soupirs & de grands élancemens. Mol. tart. a. i.fc. ç.) ch ELANCEMENT, ou Quête. C’est la longueur d’utt Vaisseau qui excede celle de la quille. * ELANCER, v. a. [ Vibrare , conjicere.J Darder. (La mort fait ses traits élancer. Voit. P os.) Ce mot fe dit encore d’une douleur aiguë avec quelque agita- tation qu’on sent dans la partie. ( Le doigt m’éiance.) S’E'LANCER , v. a. ( Inf'ire , involare , ìrruere , irumpere. J Se jetter fur quelque personne , ou fur quelque chose. Se jetter , s’élancer. ( Un lion s’é- lança fur lui &le déchira au même instant. II s’élance dans l’onde. TeJJreaux, épìt. 4. Mais f tôt que fous lei futaie Le cerf plus au large s’égaie, On a le plaìfir de k voir S’élancer de tout son pouvoir . Perr. Chasse.) $ ELAPS, ou ELOPS, f m. iLlops. ] Èfpedé de serpent long de trois pieds , gros comme une vipere. Sa chair , Ion cœur , & Ion foye sont fudorifiques, fa morsure excite des tranchées. ELARGIR , v. a. [j Tìlatare , amplificàre. jj Faires plus large : étendre. (Elargir un chemin : élargir une ruë : élargir un habit : élargir des bores. ELARGIR, o. a. [Diflendere .2 Donner plus d'ou- Verture. ( Elargir un compas : élargir les jambes.) ELARGIR, v. a. [Tìlatare acicín .] Terme dé Guerre. Elargir les rangs poUr occuper plus de terrain : élargir les quartiers, pour fe loger plus commodément, & avoir plus de fourrage.) ELARGIR , v. a. Terme de Manège. Il fe diC lorfqu’on fait embrasser plus de terrain à un cheval. (Elargir les voltes.) f ELARGIR, v. a. [ Largirì. ] Ce Mot signifioit autrefois donner largement. ( II a élargi son bien aux pauvres. Dieu nous élargit ses grâces.) Ce root n’est plus guéres en usage. Tom. I, S s s s % ÈLAR. 692 ELE ELARGIR, [j Emittere, educere í custodiâ. ] Faire sortir de prison quelque prisonnier. (Elargir un prisonnier. Prisonnier élargi. Ce mot, en ce íens, nese dit que des hommes feulement. Car en parlant des femmes, on dira ; pour éviter l’équivoque, Mademoiselle une telle a eu aujourd’hui provision de sa personne , & jamais , on a élargi Mad. Mais en parlant d’un homme, ,on dira fort bien : On vient d’élargir le Continuateur dePh. qui étoit au Châtelet depuis trois semaines. ) ELARGIR. [Imperium. proferre.'] Etendre son Royaume , y ajouter de nouvelles Provinces. ( Le Roi a bien élargi son Roïaume. Les Communauté?, s’élar- gissent avec le tems. ) S’élargir, v. r. [ Diffundi , dìffundere se latiùs.Q Devenir plus large. (Àu sortir des montagnes le païs «'élargît. Les rivières s’élargissent dans les plaines. La chaussée commencoit à s’élargir. Vaug. Quints Cura, j. 4. Les ennemis Meurent pas le moïen de s’élargir. Vaug. Quint. Curce , 3. cb. 7. ) S'élargir. [_Fugare, persequi , insequt. JTerme de Mer. C’est donner, ou prendre la chasse. ELARGISSEMENT , s. m. [ Dilatatio , amplification, Ce mot, au propre , signifie faction de rendre plus large , & plus étendu. ( L’élargissement des chemins de quartiers , des rangs, &c. ) ELARGISSEMENT ,s.m. [ jDhniJJío alicujus è eufio- âià. ] Sortie de prison par ordre de Justice. ) Signer «n élargissement. Théopb. Po'ês. Arrêt d’éiargissement. Pair u , plaid. 3. ) ELARGISSURE, s. f. [ Amplitudo. ] Terme de Tailleur d’habits. ( Faire une élargissure de trois doigts à un habit. ) ELASTIQUE, adj. £ElaJìicus. ] Terme de Phi- Jtque. II ie dit des corps qui font ressort , & qui âpres avoir été pressez, bandez & contraints, font élort pour se remettre dans leur premier état. ( O11 a découvert depuis quelque tems que Pair a une vertu élastique.) La vertu élastique est causée par la* matière subtile, selon Monsieur Dèscartes. 4= ELATCHE. Ëtofes des Indes, foie & coton. C’est une espèce de chuquelas & d’allégeas. ELATERIUM, f ni. [Elaterium.J Terme de Pharmacie. C’est le nom qu’on donne au suc des_ concombres sauvages , dont on a fait évaporer Fhumidité, jusqu’à con íìstance d’extrait ou de pilules. Lemery. ELATINE, f fi Espèce de linaire, dont les feuilles font presque rondes , rudes , velues , &quel- quefois découpées. Sa décoction prise en bouillon , arrête la dissenterie. Tourmfort. 4 ELATINE. 11 y a|j trois espèces de cette plante, qui font detersives , vulnéraires , propres pour arrêter le cours de ventre , pour les maladies des yeux & pour les ulcérés. ELEATERIUM , / m. Ecorce d’un arbre des Indes, qui ressemble au Quinquina, fans en avoir les qua- ELEBQRE. Voïez Hekbore ELECTEUR , f- nu. II vient du Latin Hector. On apelle de ce nom ceux qui élisent l’Em .ereur , & qui possèdent après. Sa Majesté Impenaie les pré- miéres dignité? de tout l’Empire. Les Electeurs furent instituez par l’Empereur Charles IV. en 1336. II rr’y eut alors que sept Electeurs, trois Eclésiastiques & quatre Séculiers, mais à présent il y en a huit. Les trois Electeurs Eclésiastiques font celui de Maïence , celui de Cologne & celui de Trêves. Les cinq Séculiers font le Roi de Bohême ( qui est aujourd’hui Empereur) & les Electeurs de Bavière, de Saxe, de Brandebourg & l’Electeur Palatin. Les Electeurs jouissent des prérogatives des Rois à la Cour de l’Empereur ; & leurs Ambassadeurs ont le même rang que ceux des têtes couronnées. Quand on parle, ou qu’on écrit à quelque Electeur, on le traite de Monseigneur, d’Altesse Séréniffime, & Sérénité Electorale. 4 II y a aussi l’Electeur d’Hanover, qui est Roi de la Grande Bretagne. ELECTIF , éleHìve, adj. [ EleHivití. ] Qui se choisit ; qui s’elit ; qu’on élit. ( La Pologne est un Roïaume électif. 11 v a des Bénéfices électifs, & non collatifs. Depuis le Concordat, il n’y a point d’Evêché en France qui soir électif.) ELECTION , s. f. s FJeHìo. J Choix qu’on fait d’une ELE personne, pour être élevée à quelque dignité, ou pour remplir quelque charge. _ ( L’élection qu’on a faite du Chancelier, a été aprouvée de tout le monde. On tâche à traverser son élection. La Cour favorise son élection : je fuis sur que vous ne sauriez faire que de bonnes élections. Cofi. t. a. lettr. 319. Apuïer l’élection d’un Magistrat. Abl. Tac. Autoriser sélection du peuple. Vaug. Quint. Curce , /. 10. cb. 7. Confirmer une élection. Abl. Tac. ) Ceux qui ont écrit sur le Droit Eclésiastique, ont fait un long chapitre de sélection des Evêques, & des dignitez séculières & régulières. La première élection qui ait été faite dans l’Eglife, est celle de S. Mathias. Les Apôtres étant assemblez après que le Seigneur les eut laissez, Pierre fe leva au milieu des Disciples, leur dit qu’il étoit nécessaire de choiíir une personne capable de remplir la place de Judas. 11 s choisirent Joseph apellé Barsabas , & Mathias ; se mirent 'en prières , & demandèrent au Seigneur de leur faire connoítre celui qu’il avoir choisi pour le ministère de sApostolat; ensuite ils le tirèrent au sort , & le sort tomba sur Mathias , qui fut associé aux autres onze Apôtres. Mais cette manière d’élection par le fort , n’a point été suivie, & son élut les Evêques & les autres dignitez eclésiastiques diféremment dans l’Eglise Gréque & dans la Latine ; & dans toutes les deux , les élections ont souvent changé de formes : elles furent dabord faites par le Ciergé & par le Peuple ; mais le Peuple n’y étoit apellé que comme témoin; c’ost ce que Tertulien a voulu dire dans son Apologétique, ». 39. ou il dit que les Chrétiens ont des Evêques qui les gouvernent, & qui font élevez à cet honneur par le témoignage du Peuple , & non pu:* argent : Honorent ipjum non pretio , sed tesumonio : mais le Peuple, devenu très-nombreux, causoit souvent de grands troubles dans les elections; outre que son témoignage étant toujours suspect de caprice , de prévention & de corruption, on y ajoutait peu de foi. Ce fut aussi par cette raison que le Concile de Laodi- cée défendit par son quatrième Canon , d’admettre tout le Peuple dans les élections , & de les faire à l’avenir par le témoignage de la multitude; & depuis ce tems-la , on n’apella dans les Assemblées que les Magistrats des Villes, L les personnes qualifiées, lesquelles furent excluscs dans la fuite , comme le Peuple savait été ; & ce changement fut suivi d’un autre, par la disposition du septième Synode, Canon 3. dans lequel il fut ordonné, que les Evêques ièroient éliis par le Métropolitain , & par les Evêques de fa Province. L’ancienne discipline concernant les élections, subsista plus long-tems dans l’Eglise Latine, où l’on continua d’élire les Evêques par le sufrage des Clercs, & par le témoignage des Laïques : en éfet, S. Bernard solicita le Pape Honorius de confirmer l’élection d’Al- beric que le Peuple & le Clergé avaient élû d’une commune voix Evêque de Châlons.; & par une autre lettre , il écrivit à Ardution , élû Evêque de Genève, qu’il étoit persuadé que son élection étoit souvrage de Dieu, puisqu’elle avoir été faite par le consentement unanime du Clergé & du Peuple. Mais dans l’onziéme siécle, le droit d’élire les Evêques, fut attribué aux Cathédrales , ce qui fut une réglé presque générale ; la France y ajouta seulement le consentement du Roi pour s’assembler, & son aprobation du choix que son y avoir fait : mais comme cette sorte d’élection étoit rarement tranquille & canonique, le droit des Cathédrales a passé tout entier dans la personne de nos Rois; ce qui a été confirmé par le Concordat passé entre Léon X. & le Roi François Premier , & ensuite autorisé par le Concile de safran , JéJj‘. 9. en sorte que le consentement de s’assembler & Ja confirmation des élections n’existent plus qu’à l’e- gard des Eglises qui ont conservé le droit d’élire : telles font les Abaïes Chefs d’ordre. Quant aux Abez électifs , ils ont été nommez par les Evêques pendant long-tems; & ce n’est que depuis S. Benoît , que les Moines se font atribué sélection de leurs Abez du consentement du Roi. L’élection exige cinq conditions pour être canonique: i“. qu’elle soit faite après la mort du dernier Titulaire, quelques-uns ajoutent, & après les funérailles ; mais ce n’est pas une nécessité absolue : 2°. que ceux qui ont droit d’élire, soient apellez, s’ils sont dans le Roïaume, ou du moins dans la Province ; si celui qui n’a pas été apellé, vient a se plaindre , sélection sera déclarée nulle : 3°> 1® ËLE jour & l’heure de I’élection doivent être marquez ; il y a des Docteurs qui regardent cette circonstance comme etant plútôt de bienséance que de nécelîìté: 4°. sélection doit être faite dant l’Eglisc vacante : Les électeurs doivent jurer d’élire le plus digne, selon leur conscience. Au reste , sélection peut être faite en trois discrentes manières , ou par le Scrutin, ou par compromis , ou par inspiration. La forme de Scrutin.est encore la même; les filtrages sont donnez par écrit , & quatre ou trois personnes choisies par le Chapitre , les r'eçoivent & les examinent pour récon- noître fur qui tombe la pluralité : lorfqu’il y a partage, & que les électeurs ne peuvent pas convenir, on choisit des personnes qui fixent sélection par leur su stage. Quant à inspiration , c’est un mouvement secret & subit qui porte l’assemblée à nommer une même personne pour remplir le Bénéfice vacant: mais ces inspirations font si rares , qu’on ne les connoit plus. Au reste, les termes éleflion & choix ne doivent pas être confondus : élefiion se dit ordinairement dans une lignification paífive ; & choix , dans une signification active ; sélection d’un tel, marque celui qui a été élû : & choix d’un tel , marque celui qui choisit. Volez les Remarques du P. Bouhours. ELECTION. [ EleHoruyn ad tributa describenda ju- rifdinio, caria, tribunal. J Plusieurs Paroisses comprises dans une certaine étendue de pals qui païent taille, ct fur lesquelles les Elus exercent leur juridiction. Sorte de juridiction qui connoit des diférends qui naissent pour les tailles ct pour les aides. Lieu où l’on juge des tailles & des aides. ELECTION de domicile. Terme de Pratique. Volez domicile * Vaisseau d’éleHion. \Va; eleHionic.~\ Terme de Théologie. Personne élue & choisie de Dieu. ELECTORAL , éleHorale , adj. C Elecíoralis. ] Qui est d’Electeur. ( Altesse Electorale. Le Colege Electoral de l’Empire. Prince Electoral. ) ELECTORAT , f. m. [ EMhrìs digniU;. ] Dignité d’Electeur. ( Charles-quint changea toute la face des afaires d’Alemagne, & transféra l’Electorat de Saxe d’une branche à une autre. S. Evremond. ELECTORAT. \EleBoris\ditìo.~\ Pals ct Terres d’un Electeur. ( L’Electorat de Brandebourg est beau & considérable , íí est vaste & d’une grande étendue. ) ELECTRICE, f fi [ EleBrix. ] Epouse d’Electeur. ( Madame l’Eledrice est généreuse. L ’Electrice de Bavière. ELECTRIQUE, adj. s. f.s FJeBri vim hahens. ] Qualité qu’on remarque dans l’ambre, le diamant, la cire d’Espagne , & autres corps qui atirent la paille, ct qui vient d’une matière subtile , qui venant du centre vers la superficie, se restéchlt en dedans à la rencontre de Pair qui lui résiste , & aquiert assez de force, quand on force ces corps, pour vaincre la résistance de Pair, & pour s’étendre un peu à la ronde : mais comme cette force diminue , l’air étant plus fort, repousse cette matière vers son centre, qui dans son retour emporte avec soi les corps legers, dans lesquels les petites parties de cette matière subtile se sont fourrées, voïez Rohault & Régis. ELECTUAIRE , f m. [ ElcBuarium. ] Terme de Pharmacie. Médicament composé de poudres & d’autres drogues incorporées avec du miel & du sucre. Lernery en compte plus de 120. sortes. ELEF ANT , / M. [ Elephas. ] Animal sauvage , qui naît en Asie, en Afrique, & dans les Isles qui font aux environs de ces deux continens. C’est le plus gros de tous les animaux terrestres : il est d’une couleur quitire fur la couleur de cendre: il adixpiésde haut, la tête grosse , les yeux petits en comparaison de son corps: le cou fort court, les oreilles larges comme desrondaches , une trompe qui lui pend presi. que jusques à terre, & est entre les défenses de devant : il a !a bouche auprès de l’estomac, assez semblable à celle d’un pourceau; ct il sort de sa bouche du côte de la mâchoire supérieure deux fort grandes dents : ses pies font ronds, & fendus en cinq ongles , ses' jambes rondes ct fortes , & fa queue est comme celle des bustes : de son simple pas il ateintles hommes qui ■ courent, & il fait trois milles par heure : il a îepié si sûr qu’ilne fait jamais un faux pas : il nage fort bien : il se couche & sc léve avec facilité , contre l’opinion ELE 693 des Anciéns, quî ont crû qu’il n’avoit point de jointures aux jambes. Les défenses de l’élefant sont l’i- voire qu’on voit par-deçà. L’élefant alaite jusques à huit ans : il aprend & entend ce qu’on lui dit : il a de l’antipatie pour le lion, le tigre, le rinoceros, & les serpens : il vit deux cens ans ct plus : il est docile ; il craint & aime l’homme, & principalement son maître. ( Un élefant mâle : un éléfant femelle. Le Père Tachard , vóiage de Siam. Ih. 4. page 259. raconte qu’on voit à Siam un élefant blanc qu’on ne sert qu’en vaisselle d’or , que cette vaisclle est d’une grandeur ct d’une épaisseur extraordinaire, & qu’il est logé dans un lieu magnifique , dont tous les lambris sont dorez. On exposent anciennement les personnes coupables aux élefans, qui les écrasoient. Vaug. Quint. 1 . 10. ch. 9. ) - ($ C’est à cause de fa longue vie , que l’élefant est, dans les médailles, le simbole de l’éternité. On dit bien des choses surprenantes des élefans, fur tout de leur adresse malgré leur pesanteur, puisqu’on en a vu à Rome , marcher sur une corde, servir les plats sor une table dans un festin , & porter un flambeau pour éclairer devant une personne pendant la nuit. Suetone disque César fut éclairé par quarante élefans. Dion Cassius confirme ce fait, du moins pour le nombre des élefent, ces deux Historiens ne convenant pas du lieu ; l’un dit que ce fut en retournant dans fa maison ; & l’autre prétend que ce fut en montant au Capitule. Chriftierne I. Roi de Danemarc, institua en 1478. un ordre de Chevalerie , qu’on apelloit l 'Ordre de l’é- lefomt, pareeque les Chevaliers porroient un colier, d’où pendoit un élefant d’or émaiilé de blanc , le dos chargé d’un château d’argent maçonné de fable. ELE'GANCE , f f Elegantia. ] Terme de Ré. torique. L’élégance consiste à s’exprimer purement & nettement. 11 y a de l’élégance dans les ouvrages anciens. ( L’Abé Régnier , dans son Virelay, a pris le mot inélégance pont bon air, propreté. ) ELEGANMENT , adv. f Eleganter. J Avec élégance. ( Ecrire éléganment : s’exprimer élégamment. ) ELEGANT , élégante , adj. [ Elegans. J Terme de Rétorique. Qui a de l’élégance. (Discours élégant. Imiter de Marot ïélégant badinaee. Deípr. ) * ELE'GANT , élégante. Ce mot se dit en parlant de peinture & d’architecture. (Ainsi on dit, des contours élégans. ) ELE'GIAQUE, adj. [Elegiacw. ] Ce mot sc dit en parlant des vers des élégies latines : qui est d’élé- gie. Vers élégiaques. ) ELE'GIE , fi fi í Elegia. ] Poème propre à représenter des choses tristes , ou amoureuses : elle doit être aisée & tendre. ( Tibulle a fait de belles élégies latines ; & la Comtesse de la Suze nous en a laissé de fort touchantes en François. Une Elégie a de quoi vous charmer , Je ne puis trop de ce goût m’alarmer : On n’en fait point que pour conter fa peine , Et c’ef , Iris le goût d’une inhumaine , Qu’aucun amour nefauroit enfermer. De Ruviéres. ) (g ELE'GIE. Ce petit poème étoit naturellement destiné aux pleurs & aux plaintes. Le mot est Grec, & signifie quelque chose de triste & de douloureux : ainsi Ovide l’apelle f ebi/e Carmen ; ct Tibulle , fiebìlis elegeía. Vauquelin, l’un de nos, anciens Poètes, en a bien connu f origine & son. premier emploi ; voici comment il s’explique : Les vers que les Latins J inégale jointure Uommoient une élégie aigrette en fa pointure , Servaient tant feulement aux bons siécles pajfez , Pour dire , après la mort , les faits des trépassez : Depuis à tous sujets , ces plaintes inventéeì , Par nos Alexandrins font bien représentées , Et par nos vers communs , soit que diversement Enfances ils soient mis, ou bien joints autrement ; Cette élégie lay , ms François apellerent , Et l’epitéte de triste lui laifferent. Mr. Dépreaux, dans le premier chant de son Art Poétique , nous en a donné cette idée : K s s s ; D’un 6 94 ELE D'un ton un peu plus haut, mais pourtant fans audace, La plaintive élégie en long habit de deuil , Sçaitles cheveux épars, gémir fous uft cercueil ; Elle peint des amans la joie & la trijiejje ; Elle jìate, ménace, apaijfo une maîtrise : Mais pour biest expliquer fes caprices heureux, C’est peu d’être Poète, il faut être amoureux. Quelques critiques peut-être trop délicats ont feint de ne pas entendre ces mots gémir fous un cercueil ; & d’autres n’ont point pû comprendre comment l’élé- gie, en long habit de deuil U les cheveux épars pouvoit chanter agréablement la joie des amans heureux, & apaiser une maîtresse. Mais c’est y regarder de trop près : on entend la pensée de l’Auteur, qui peut-être Fauroit pû expliquer plus clairement. II paroit plus dificile à croire que l’élégie plaintive ait pû relever ie courage des Athéniens , abatu par les victoires que les Mégaliens avoient remportées fur eux , & leur inspirer rasfùrance de porter la guerre dans leur païs, & de tâcher de recouvrer Salamine , dont la perte les avqit fi fort éfraïez. Le ton lugubre n’a rien de martial : cependant Polien raconte, dans son premier livre des Stratagèmes , chap. 20. que les Athéniens ne voulant plus s’exposer à la bonne fortune de leurs ennemis , publièrent une loi qui défendoit lotis peine de ia vie, de proposer la continuation de la guerre, & de parler de la journée de Salamine , qui leur avoit été li malheureuse : mais Soion trouva le moïen d’é- luder la loi ; il feignit une demence & un égarement d’efprit , & étant entré dans une aíïembleè du peuple, il prononça une élégie fi vive & en des termes íì pressa n s qu’il détermina les Athéniens à recommencer la guerre, dont il fit les préparatifs: ils ataquerent ensuite les Mégaliens , les vainquirent, & reprirent Salamine. Un succès ii heureux aquit à Soion l’eítime & l’admiration de ses citoïens parce qu’il avoit fçû abroger adroitement la loi , & qu’il avoit inspiré la guerre par la douceur & par l’harmonie de ses vers. On ne connoît point l’inventeur de l’élégie. Horace a dit, dans son Art Poétique , que les Grammairiens n’en conviennent pas, & que adhuc Jub judice lis est. Et Vauquelin après lui : Qui la trijìe élégie a prémier commencée Cette cause au Palais est encor demenée ; Car les Grammairiens entr’eux en vont plaidant, Et fous le juge encor le procès est pendant. Les uns en atribuentl’invention à Midas ; les autres, à Therpendre de Cleophone , ou à Theocles de Na- xe : & comme l’élégie n’a pas été fort du goût des Grecs, 011 a négligé d’en rechercher les auteurs, & d’en conserver les souvenir. II n’en a pas été de même parmi les Latins : Ovide , libelle , Properce , tiennent le premier rang entre les Poètes qui ont composé des élégies , & fur tout Ovide , qui est plus naturel & plus tendre , & qui a beaucoup mieux connu le caractère de ce poème. Nous avons encore des élégies de Catulle , de Gallus : mais le prémier est trop libre dans fes expressions , & trop négligent dans son Stile; & la locution du second est trop afectée. Nos anciens Poètes François ne se sont servis de l’élégie, que pour exprimer les peines ou les plaisirs des amans Joachim du Bellay , dans fes Illustrations de la Langue Françoise, liv. 2. ch. 4. conseille aux Poètes de son tems de tâcher d’imiter les Grecs & les Latins, & ajoute : Puis me laisse toutes ces vieilles ,, Poésies ,, Françoises aux Jeux Floraux de Toulouze, & au „ Puy de Rouen, comme Rondeaux, Balades, Vire- „ lais , Chants Roïaux, Chansons, & autres telles épí- „ ceries qui corrompent le goût de notre Langue , & ,, ne servent sinon à porter témoignage de notre igno- ,, rance”. Au reste, le Poète doit former son stile sur la qualité du sujet qu’il traite : s’il se plaint des rigueurs de fit maîtresse, fa diction doit se ressentir de la tristesse de son cœur : si au contraire il veut chanter sa joie & ses plaisirs , son stile doit être enjoué & agréable : enfin , il faut sur tout que les vers soient aisez & cou lans , & très-propres à être prononcez fur un ton grave, ou enjoué , selon le sujet. ELE'GIR , v. a. £ Dolare , polire. J C’est pousser à la main un panneau ou une moulure dans une pièce de bois. ELEMENT, f m. f Elementnm. J Corps simple dont les mixtes font composez. ( Les Philosophes admettent quatre élémens, la terre, Peau, lair & le feu. ELE Les Chimistes en admettent cinq, le mercure , le fiés, me, le sel, le soufre, & la tête morte. ) Les Cartésiens avec plus de raison n’en connoissent que trois. * ELE'MENT. Principe. ( Savoir les premiers élémens d’une lìence. ) * ELEMENT. Plaisir. (Etre dans son élément. Abl. Phébus est là en font élément. Voit. Pois. Quand ii est au cabaret , il est en son élément. Scar. ) ELE’MENT liquide. [ Mare. J Termes Poétiques , pour dire , la mer. ) Son bras arma l’orguëil du liquide élément. Arm. Poème fur J. C. Leur rencontre se fit non loin de /'élément, Qui doit être évité de tout heureux Amant. La Font. ) ELE'MENTAIRE , adj. f Elementarius. J Qui est d’élément. (Ainsi on dit, le feu élémentaire des Anciens est une pure vision. ) ËLEML Terme de Pharmacie. Résine blanche tirant furie verdâtre , odorante , qu’on aporte d’Ethio. pie : l’on fruit est semblable à solive. Lemery. ELEONOR , s.s. [Eleonora. J Nom de femme. ELLSE > s /• [ Lhiteum. J Linge qu’on met dans le lit fous les malades, pour leur servir dans leurs besoins. On dit auslì Alèse. ELEU , éleui, part. U adj. Prononcez élu, élkt. Voïez E>lù, ELEVATION , s s [ Elevatìo. J L’action d’é- lever , ou de rendre une chose plus haute qu’elle n’é- toit. (Faire l’élevation d’un mur : l’élévation des eaux.) ELEVATION , s. s. Terme á’Eglise. Endroit de la Messe ou ie Prêtre aïant consacre , eléve l’hoítie , & la montre au peuple. ( Le Prêtre est à l’élévation. Pasc. I. 9. ) 0 L’ulàge a été , pendant quelque teins, dans l’E- glile , que le Prêtre élévoit l’hoitie , & la fonction du Diacre etoit d’élever le calice.Cette pratique est marquée dans l’ancien Ordre Romain, & l’on peut, pour s’en éclaircir , voirie Commentaire d’Hugues Menard, savant Bénédictin , furie Sacramentaire de S. Grégoire le Grand, pag. 375. ELE VATION , s f. f Culmen , vertex , fastigium. "] Hauteur. ( Cette voûte n’a pas assez d’élévation. Cette fontaine ne pouffera pas fort haut , parce que fa íòurce n’a pas assez d’élévation. ( On dit aussi, P élévation de la voix ; [ contentio vocis. J Pour dire , la force avec quoi on pousse la voix. I ELEVATION. [ Ortographia. ] 'Ce mot se dit en ArchiteHure. Dans le dessein qu’on fait d’un bâtiment, on apelle élévation ; la représentation qu’on fait de la face d’un bâtiment. ( Faire les plans & les élévations d’un bâtiment. ) * ELE'VATION. C Excelptas , majestm, dignìtas , fa. fiigium. ] Acroissement de fortune. Grandeur. ( Concourir à l’élevation d'une personne. Abl. Plus les hommes ont d’élévation de cœur & d’efprit, & plus ils font touchez de l’amour des louanges. Mademoiselle de Scuderi. L’élévation d’esprit est une qualité nécessaire à l’orateur; mais c’est un don du ciel, on ne peut guére l’aquérir. Defor. tr. du Subi. ) f ELE'VATION. Terrain élevé, éminence. (On posta des troupes fur cette élévation. ) î ELE’VATION. Terme de Médecine. On apelle , élévation du pouls, le mouvement du pouls lors que le battement est plus fort qu’à l’ordinaire. î ELE'VATION. Terme d 'Artillerie. La plus grande élévation qu’on doit donner pour faire tirer un canon , est de quarante cinq dégrez. Plus le canon, a d’élévation fur l’horizon, plus fes coups font foibles moins il a d’élévation , ou plus il est abaissé , & plus il agit avec force. ELE'VATION, [ Latitudo. ] Terme de Géographie & U’Astronomie. C’est la distance qui se trouve depuis l’horifon jusques à un des Pôles. ( Trouver l’élévation du Pôle. ) ELE VATION. [ Elevatio. ] Terme de Piété. II se dit au figuré. (Faire des élévations de son cœur à Dieu.) 0 ELE'VATION, hauteur, sublimité, sont trois mots dont il ne faut pas user indiferemment. Elévation se dit dans le propre & dans le figuré. ( Elévation du pôle, élévation d’un astre, élévation d’un bâtiment, élévation de fortune, élévation de cœur, élévation d’esprit. ( Hauteur se dit à peu près de même dans un sens propre , & dans un sens métaphorique. ( La hauteur d’une montagne , la hauteur d’une colonne , la ELE hauteur des Cieux , ìa hauteur du pôle , prendre les hauteurs. ) Hauteur & hauteurs se disent encore des colines & des terres. ( II fit monter fa cavalerie jusques fur la hauteur qu’ìl ocupoit. Son dessein étoit de marcher par les hauteurs , contre le camp des Bavarois. ) Nous disons métaphoriquement , la hauteur de ms mijìeres. Mr. le Chevalier de Meré dit, la hauteur de Fejfrit. Mr. de Condom a dit dans l’Orai- son funèbre de Madame la Duchesse d’Qrleans, hauteur d’ame. Ce mot se dit de Dieu en Poésie ; Sc Malherbe Fa emploie de cette sorte dans une de ses Paraphrases fur les Pseaumes : O sagesse éternelle, en merveilles féconde , Mon bleu , mon Créateur , Que ta magnificence étonne tout le inonde , Et que le Ciel ejì bas au prix de ta hauteur l On peut le dire d’une science , d’un art. C’es en vain qiìau Parnafjé un temeraire auteur Pense de Fart des vers ateindre la hauteur. Sublimité se dit dans le figuré , & est un bon mot que Mr. Dépreaux a rendu meilleur, en Femploïant plusieurs fois dans la Traduction de Longin, ( La sublimité des choses divines; la sublimité du génie, de Tesprit, des pensées, du langage, du stile. ) Mais sublimité ne s’étend pas si loin que élévation & hauteur ; car on ne diroit pas sublimité de fortune. On ne dit pas aussi, sublimité de montagne : mais on dit dans le figuré, un esprit sublime, un Jìile sublime , un discours sublime , [fie. Le P. Bouhours s’est imaginé que c’étoìt assez pour justifier ce vers de Mr. Dépreaux, pense de l'art de vers ateindre la hauteur, que de dire que les critiques qui ont condanné hauteur , font si je ne me trompe , de méchans critiques. Ce n’est pas ainsi que l’on détrompe les gens ; & j’en connois qui persistent á soutenir , que si dans notre Poésie on ne connoislbit que les vers Alexandrins de douze & de treize fiiabes, & si la Poésie ne s’ocupoit qu’à chanter les héros & les grands événemens , on pouroit tolerer la hauteur des vers : mais ce terme ne convient point à la bassesse de l’épigramme, du madrigal & du rondeau ; outre que l’on peut bien dire la hauteur d’un art & d’une sience qui font d’une grande étendue, & que l’on ne peut aquerir qu’après un grand travail & une longue étude : mais la versification dépend du seul génie , soutenu parla lecture des bons Poètes. . ELE'VATOIRE , f m. [Elevatorium. ], Instrument de Chirurgien , .qui sert à élever des os qui ont été brisez & enfoncez. ELEVE, f m. [Alummts , Aiscìpulm . ] 11 vient de FItalien alievo. C’est proprement le disciple qu’un Peintre a élevé.. ( Gilles Romain a été éléve de Raphaël. Dans FAcadémie des Siences; il y a vingt Eleves ; & dans celle des Inscriptions il y en a dix, & tous travaillent cîe concert avec les Pensionnaires. ) ELE'VE. Celui qui s’atache à quelque Auteur pour en être formé. ( Mainard & Racan croient des élèves de Malherbe. ) ^ ELEVE', part. Avoir le pouls élevé , c’est avoir le mouvement, le battement du pouls plus vif, plus fort, plus fréquent qu’à l’ordinaire. ELEVEMENT, s m. [ Illecebra , jaHantia. jj Ce mot est condanné par quelques Auteurs, & aprouvé par d’autres. ( L’honneur du monde & la gloire de vaincre , ont un atrait & un élévement qui éblouit. Am. Cons. Un élévement de cœur. ) Airs. de, FAcadémie n’ont pas mis ce mot dans leur Dictionnaire. ELEVER , D- «- [ Efferre , contendere, in altum attollere , tollere. 3 Hauflër. Porter de bas en haut. ( Elever les yeux : élever une muraille: élever une tour. Vaug. Quint. 1 . 4. élever fa voix. Abl. Tour fort élevée de situation & de structure. Vtiug. Quint. I. 5. On éléve des pierres avec des grues. On éléve les eaux avec des pompes. Le soleil éléve les vapeurs. ) ELEVER , v. u. C Statuere , ponere. 3 Dresser, ériger. ( Les Anciens éîevoient des statués, des trophées & des autels à leurs Capitaines & à leurs Empereurs : élever un obélisque. ) * ELEVER, [ Extollere. ] Agrandir. Rendre considérable: Faire la fortune dé quelcun de quelque façon que ce soit. ( Je ne croiois pas que la fortune me dût jamais tant élever. Voit. I. 6. Elever quelcun à une haute dignité. ) t ELEVER- C Alere, colere ..] Ce mot se dit des ar. EU 69; btes & des fleurs. C’est avoir foin des arbres & lés faire croître. ( Elever un arbre , une fleur. Elever du plant. ) * ELEVER. [Alere. ] Nourir & avoir foin. (Elever un oiseau , élever un cheval. ( Cette femme a eu plusieurs enfans fans en pouvoir élever aucun. ) * ELEVER, t Hocere, insituere , erudire. J Instruire. Donner Féducation nécessaire. ( Ils n’élévent pas les enfans au gré des pères & des mères. Vaug. Quint. I. 9. ) 11 ne s’ejì jamais vu fille mieux élevée , JeunejjeJì docile , [fi Jì bien cultivée. ) * ELEVER. , C Sublevare. ] II sc dit au figuré. (Elever son cœur à Dieu par des prières & par de saintes méditations: élever son esprit au-dessus des choses temporelles. ELEVER, f Laudare , celebrare. ] Louer, (Elever quelcun jusques au ciel. ) S''élever , v. a. je me fuis élevé. Je ni élevai. Je ni élève, f EJferrese in altum. ] (Un aigle s’éìéve en l’air. Après que Jésus eut dit ces paroles, ils le virent s’élever en haut. Port-koial , Ailes des Apôtres , ch, 1. Les vapeurs s’éléventpar le moïen du feu, lors- qu’on distiìe. Quels ouvrages nouveaux s’éievant dans les airs, A leur vase grandeur font. céder toutes choses. Abé Régnier. ) jf- S’élever, se dit auílì d’un Vaisseau , lorfqu’il court au large , & qu’il s’éloigne de la côte , ou d’un mouillage pour tirer à lá mer , courir au large, & tenir le vent. On dit en termes de. Marine, s’elever après avoir été affalé à la côte. S’élever en latitude , c’est avoir fait route vers le Nord , ou vers le Sud. S’élever en longitude, c’est avoir fait route vers l’Ouest , ou vers l’Est. * On dit qu’un orage s’éléve, c’est-à-dire , qu’il commence à se faire sentir. * S’élever. jj Atollere Je. ] Se hauffer en dignité. ( II s’est élevé par son propre mérite. ) * S’élever. f Insurgere , tumultuari, se commoveres 8e soulever. Se rebeller. (II ne faut pas s’éiever , contre son Prince. Le peuple s’éléve, & est prêt de faire une sédition. ) * S’élever contre quelcun , c’est 1e déclarer contra lui , contre ce qu’il a dit, ou ce qu’il a fait. S’élever. Se dit au neutre passif , en parlant de la peau ; pour dire, qu’il y survient des bubes& des pustules. ( Elle a le teint si délicat, que fa peau s’éléve dèsqu’elleest au grand air. Acad. Fr. ) S’élever. fS’e ejserre, se jaffare.J S’en-org'uëillir, fe faire valoir. Ce mot commence à passer , dans cette signification. ELEVURE , s f. [ Tuberculum. ] Sorte de pustule qui vient fur la peau. ( II lui est venu de petites ele- vures fur tout le corps.) ELIDER , v. a. f Èlidere. J Terme de Grammaire, C’est faire une élision, retrancher une lettre , la fuprimer dans F écriture , dans la prononciation. ( Nous .élidons Fe muet dans la prononciation , quand il est suivi d’une voïelle , ou d’une h muette. ) ELIE, s- m. f Elias. J Nom d’homme. (Le Prophète Elie. f ELIMER, s’élìmer, v. w. On le dit des étofes , des babils qui s’uscnt à force d’étre portez. II n’a guets d’ufage qu’aux tems formez du participe. ( Cette étole s’est d’abord élimée. Votre habit est tout éîimé. ) Acad. Fr. ELINGUE , f fi < Terme de Marine. Corde avec un nœud coulant à chaque bout, qui sert à entourer les fardeaux. Acad. Fr. ELINGUET, f m. Terme de Marine. Piéce de bois d’environ deûx piés , qui tourne horizontalement fur le pont du vaisseau. Son usage est d’arréter le cabestan. Acad. Franç. ELIRE , V. a. [ Eligere. ] J’élis , f aï élu , f élus. Choisir. Faire choix de quelque chose que ce soit. (Elire un supérieur. On a élû tout d’une voix. On élut le Duc d’Anjou pour être Roi de Pologne, parce- qu’il étoit brave. La Noblesse de France, élut pour Roi, du consentement du Pape Zacharie , en la place deChilderic III. Pépin , qui étoit Maire du Palais. Mènerai. Hifi, de France , t. 1. Dieu a élû de toute éternité ceux qu’il a voulu prédestiner. ) ELI- 696 m ELIRE domicile. Voïez Domicile. f ELISER, une piéce de Drap. C’est la tirer par ses lisières, ou pat fa largeur , pour la mieux étendre. On dit plus ordinairement, User. ELISE'ES , adj. [ ElyfiiCampi .] Terme Fabuleux, dont les Poètes fe servent, pour marquer un séjour heureux dans l’autre monde. ( Du Styx U d’Achéron peindre les noirs torrens. Et de'ja les Césars dam l’Elisée errons!) Despr.) 0 * II y a quelques observations à faire fur les Champs Elifées, cette demeure fabuleuse des personnes qui avoient vécu suivant les principes de la vertu païenne, & dont Virgile a fait une si ample description dans le sixième livre de son Enéide. La première est, si ce terme a un singulier dans notre langue. Ce n’est pas un doute dans la Latine : Anchife étant apparu à son fils Enée, lui dit qu’il goûte la douceur du repos dans les Champs Elifées : Sed ameena piorrnn Concilia , Elyfiumque cola. Lib. 5 . iEneid. Et dans le sixième livre , la Sibille montre à Enée deux chemins , dont l’un conduisoit aux Champs Eli- fées ; & l’autre, au Tartare , le lieu des suplices & Ja demeure des criminels : Jlie locus st , partes ubi fe via fiszdit in ambas, Dextera, quœ dstis magni sub mania tendit , llae , iter Elystum nobis. Mr. Ménage , dans ses observations fur la Langue Franqoife , tom. 1 . ch. r 6 . s’est expliqué , fur ce point, en ces termes : „ Mais pour Elisée au singulier, ainsi „ que du Bellay , Marot & Crétin Pont emploie, je ,, ne doute point qu’on ne le puisse dire , les Grecs ,, aïant dit thv au même nombre , & les Latins „ Elystus. " Mais il me semble que l’usage n’est point pour Elysée au singulier, principalement quand Elisée est seul.’ Mr. de Segrais a dit dans fa Traduction de l’Enéïde, liv. ;. Liante , ptrur ses vertus , du Ciel favorisée, Jouit du doux repos de la plaine Elisée. Mais peut-on dire , joiiit du doux repos dans t Elisée? Je ne le crois pas , ni même que l’on puisse dire le Champ Elisée. Mr. Ménage a encore observé dans le même endroit, que nos anciens Auteurs ont dit indi- féremment, Champs Elifiens , & Champs Elifées : il alé- gue plusieurs autorisez anciennes & modernes pour soutenir son sentiment : mais il me semble qu’à cet égard, l’usage ne lui est pas plus favorable que pour Elisée au singulier, L je n’ai, pour l’établir, qu’à ra- peller les Champs Elifées des Tuilleries, personnes ne s’étant encore servi du mot Elifiens , quand on a voulu parler de cet endroit, & dont les charmes font plus réels que ceux des Champs Elifées , tant vantez dans la Religion Païenne. ELISION , f f- [ Elifio. J Terme de Grammaire. Qui signifie retranchement de quelque lettre. (Les Poètes Latins faisoient élision de toutes les voïelles à Ja fin des mots, & même lors-que ces voïelles étoient suivies d’une m. Les François font élision de Fe féminin à la fin des mots, quand le mot suivant commence par une voïelle, ou par une h qui n’est pas aspirée, comme /’esprit pour le strit ; l’homme , au lieu de dire le homme. On dit aussi Came pour la ame ; qu’il pour, que il ; d’oùir pour de oùìr , &c.) ELITE , s f [DeleHm , optìol] Choix: ce qu’on a choisi de personnes pour quelque chose. ( C’étoient tous gens d’élite. II le vint trouver avec Délite des troupes. Abl. Art. II fit une sortie avec Félite des soldats. Du Ryer , Strada. Avoir l’élite d’une marchandise.) ELIXATION, f /• [ Elixatio. J Prononcez élixa- cion. Terme de Pharmacie. Sorte de décoction , qui se fait dans quelque liqueur étrangère , pour extraire la vertu des médicamens , & pour en faire des apo- zémes , des potions , des fomentations , &c. ELIXIR , f. m. f Elixivìum. J Terme de Pharmacie St de Chimie. C’est une liqueur spiritueuse contenant la plus pure substance des mixtes choisis, ctc. ( L’élixir de propriété est un remède inventé par Para- celse. L’efprit devin est un puissant élixir,&c. On apel- le aussi l’éiixir, une quinte-ejsence. Les Charlatans ab». ELL sent de ce mot élixir, & Ic donnent à de simples extraits pour les vendre mieux. Le bel honneur au Roi d’avoir à son service , Le précis , l’élixir de toute la malice. Bourf. Esope.) ELIZABET t f f Z Elisabetha. J Nom de femme. 11 vient de l’Hébreu. Babet est son diminutif. (Eli. zabet Reine d’Angleterre prêta quatre millions à Henri IV. & lui entretint quatre mille Anglois , qui l’aidé. rent à gagner la bataille d’Arques. Le Maìt. plaid. ;S. Car enfin je Vavoué , veux bien votu le dire, La sage Elizabeth , la gloire de l’Empire, Dont l’Efirit surpassa les merveilleux atraits, ( Les morts ne flattent pas, ) ne vous valut jamais, Ombre de Deseartes.) ELLE. [ Ea , illas Pronom féminin, dont le masculin est lui. ( Elle est bonne, elle est belle. C’est elle , je la connois. (3 II est certain , dit le P. Bouhours dans ses remarques , que elle au nominatif ne convient pas moins à la chose qu’à la personne , & que l’on dit également bien d’une maison & d’une femme, elle ejí agréable: mais aux cas obliques , elle ne convient pas à la chose comme à la personne , & on ne diroit pas, par exemple , en parlant à un homme à qui la Philosophie nouvelle plairoit extrêmement. 11 s’atache sort à elle, il efi charmé dlelle : il faut dire , pour bien parler, 11 s’y atache fort , il en efi charmé. On ne diroit pas aussi , en parlant d’une victoire ; 011 de quelque action glorieuse, J’aifait un discoursfur elle. On diroit bien néanmoins, Une aéíion Jì importante traîne de grands avantages après elle : quoiqu’il n’y ait proprement que l’usage qui puisse nous instruire à fond là-dessus, & qu’il soit dincile de rendre raison pourquoi l’un se dit plutôt que l’autre , il ne sera pas dificile de marquer quelques ocasions où elle fe met fort bien dans les cas obliques : i°. Ouand la chose fe prend pour une personne ; Si la vertu paroiJJoit à nos yeux avec toutes Jes grâces , nous serions tous charmez d’elle. II n’aime que la gloire , il ne regarde qu’eDe; De toutes les heautez c’est pour lui la plus belle. Mr. Delingende a dit autrefois dans une chanson qui charma & la Cour & la Ville : Si c’ejì un crime que à’aimer, On n’en doit justement blâmer Que les beautez qui font en elle. Je doute fort que nos bons Auteurs voulussent-dire aujourd’hui, que les beautez qui font en elle s & il faut avouer que la chiite est languissante , & qu’il est dificile que elle signifiant une personne, soit emploïé agréablement , si ce n’est quand ce mot en régit un autre, comme elle a bien chanté ; elle a fort bien dansé. Le P. Bouhours l’a pensé comme moi. Voici sa seconde remarque sur l’emploi du mot elle : a°. Quand elle est entrelacé dans la période, & ne finit point le discours. Ainsi quoiqu’on ne puisse pas dire, en parlant de la Philosophie , De toutes les sciences , il n’y en a point qui me plaise d’avantage , & plus je l’étudie , plus je fuis charmé à’elle , je dirai bien, c’est d’elle que les hommes ont après d vivre , c’ejì à elle qu’ils doivent leur plus belles connoijjances. ;°. Elle peut finir le discours, quand la phrasé qu’on emploie, a raport d’elle-même aux personnes. En voici un exemple : II ne faut pas détonner (dit Mr. de la Rochefoucaut, en parlant de l’amour propre ) s’ilfe joint quelquefois à la plus rude austérité, U s’il entre Ji hardiment en société avec elle. Cette locution , entre en société , qui est un terme ce commerce, & qui regarde directement les personnes, fait qu ’austérité joiiit en quelque sorte des droits de la personne , & qu'avec elle à la fin de la période , n’a rien qui choque. Le même Ecrivain a pû dire, selon le même principe , La Philosophie triomphe aismient des maux postez , U de ceux qui ne font pas près d’ar-, river : mais les maux préjens triomphent d’elle. Cette remarque m’a paru également utile & ingénieuse ; ct je n’ai pas crû devoir en rien retrancher. ELLEBORE , f m. I Veratrum , helleborus. ] Ce mot vient du Grec. C’est une plante médecinale. (Ellébore blanc. II y a deux ou trois sortes d’ellebora noir. L’ellebore fait vomir, provoque les mois,tuë l’en- fant au ventre de la mère, ct fait mourir les souris ct les ELO îes rats. Iî fait éternuer, décharge le cerveau, & chasse îa mélancolie : dans cette pensée, Ablancourt, Lucien, t. 2. a dit, ce Législateur a besoin d’un peu d’eìlebore pour lui purger le cerveau. Voïez Dalechamp , Hijh des plantes, t. 2. /. 16. c. 4.) ELLEBORINE , _/i / Plante ainsi apellée, à cause de ses feuilles qui ressemblent à l’ellebare plane, ELLIPSE, f f. £ Ellipsis .] Ce mot est Grec, c’est un terme de Rétorique, & il signifie omission volontaire de quelque chose qui est sous-entendu. C’est une figure violente, où l’Orateur suspend & interromt avec esprit la suite de son discours pour lui donner plus de grâce. Qui diroit la. plus .... on sous-entendroit la plus belle, ou la plus laide, selon la maniéré dont on parleroit, & l’on feroit une ellipse. ELLIPSE , f. f. Terme de Géométrie. C’est une figure contenue par une ligne courbe , qui a un centre, par lequel passent tous les diamètres, en lesquels il y en a deux, le plus grand & le plus petit, qui se coupent à angles droits. L’ellipse a deux foïers desquels si l’on tire deux lignes, à quelque point que ce soit de la circonférence, elles font ensemble précisément égales au plus grand diamètre. C’est la section d’un cône, faite par un plan incliné sur son axe. L’ellipse se nomme auffi une ovale mathématique, qui est diférente de l’o- vale commune. Voïez Ovale. ELLIPTIQUE , adj. [ EUipticm.'} Terme d ’Astrono* mie. Qui tient de í’Ellipse. (L’orbite des Planètes n’est pas circulaire, mais elliptique.) (S Mr. Ménage a remarqué, dans ses observations fur la Langue Françoise, que nous avons plusieurs façons de parier elliptiques, comme, Allez, U ne mettez guère. Mais je demande si cette façon de parler est du bon usage. ELME. [Feu S. Elmel) Se dit d’une exhalaison en- flàmée, qui paroìt en Pair sur la mer, & s’atache aux mâts & aux antennes des vaisseaux, fur tout après la tempête. Les Anciens l’apelìoient Hetea. Et quand ils en apercevoient deux à ia fois, ils les nommoient Cajìor & Pollux. Voïez la Phys. de Régis. ELOCHER , v. a. [ Commovere , concutere,~\ Ebranler une chose qui tient par les racines, comme si on vouloit l’arracher. L’Auteur de l’Apothéose fait, avec raison, un reproche aux Auteurs du Dictionnaire de l’Académie, d’avoir oublié ce mot. ELOCUTION, f- f. [Elocutio , verborum copia, delefíus .2 Terme cíe Rétorique. Langage. Maniéré dont 011 s’explique. ; (L’élocutíon doit être claire & propre au sujet. L'©locution est vicieuse, iors-qu’elle est froide.) ELOGE , f. m. [Lans, lauàatio, testimonium hono- rificum, elogium .] Louange qu’on donne à quelque personne, ou à quelque chose, en considération de son mérite. Panégirique. (Un grand éloge, un bel éloge, un froid éloge. On lui donne mille eloges. On ne parle des grands hommes qu’avec des éloges. Faire l’éloge de quelcun.) £ La plupart des éloges qui ont été faits de Louis XIV. ne font dignes que d’un pédant de Colége , ou d’un Régent de rhétorique dateur, qui s’atache bien moins aux faits, qui louent, qu’à de grands mots qui ne disent rien, & à des pensées surannées qui ne signifient guétes plus. Polyhe de Folard. (g ELOGE. Ce terme n’est pas toujours une louange ; & parmi les Jurisconsultes , éloge déshonoré, ou du moins il flétrit la probité & la réputation de celui qu’un testateur rapelle dans son testament avec éloge. Un père, selon les Loix Romaines, doit ou instituer ses enfans dans une certaine somme, ou les déshériter nommément, à peine de nullité du testament. La raison qu’il donne pour autoriser Pexhérédation de son enfant, est apellée dans la Jurisprudence Romaine, elo~ gium. Cicéron plaidant pour Cluentius, a fait mention du testament de Cn. Egnatius, qui avoit déshérité son fils, avec cet éloge, qu’il avoit pris de Pargent pour' condamner Òppianicus. Voici ses paroles : Umtm est etiam, quod maxime me conturbat , quod elogium veci- tasti de teflamento Cn. Egnatii patris, homink honestijjì- mi, idcirco se exbœredasse filium , quòd is ob Oppianici damnationem accepijfet pecuniam. II n’en faut pas d’a- vantage, ce me semble, pour prouver l’usage que les Jurisconsultes ont fait du mot elogium dans un sens contraire à ia signification naturelle. Les Loix qui soní ELO 697 dans ìe Digeste 3 c dans le Code sous les titres de Uberis & postb. de farbon. edifío, ainsi que les déclamations de Quintilien, en fournissent une infinité d’ex- emples. ELOGISTE, f. m. [Elogiorum fcriptor .J Ce mot est dans Pomey, pour marquer un Auteur qui compose des éloges. ELOI, f- m. [£%/«*,] Nom d’homme. (Saint Eloi est le Patron des Académistes.) L’Eglife n’en fait pas la fête, mais les Serruriers & les Maréchaux la célèbrent. ELOIGNE', éloignée , adj. [ Longinquw . J Un lieu fort éloigné. Aler en des pais éloignez.) * Ils font fort éloignez de compte. C’est-à-dire , ils font de sentiment fort diférens. ELOIGNEMENT, f nt. fjûistantia, statuait interjecíum.') Distance d’un lieu à un autre. (L’Apo- gée d’une Planète est son plus grand éloignement de la terre. II y a un grand éloignement entre la France & le Canada.) ELOIGNEMENT. ÍSeceffus, recestbs, digrejjìo .] faction de quitter un lieu pour s’en aller dans un autre. (L’éloignement des vaisseaux d’Enée affligea Didon.) f ELOIGNEMENT. [Abfintia .] Absence. (C’est une des choses qui m’ont consolé durant cet éloignement. Voit. I. 19. Ce mot éloignement, signifie quelquefois une absence involontaire, un barrissement & une disgrâce, [amandatio.] Son éloignement de la Cour fait connoître qu’il a perdu la faveur de son Prince.) ELOIGNEMENT. [Longinquw recejsm, prosteélus.] Ce mot se dit en Peinture. Représenter en éloignement un palais.) ELOIGNEMENT. Se dit auffi des objets qui terminent la vûë dans une distance fort éloignée. La vûë est admirable dans ce lieu-là, on y voit des côteaux, des prairies, la rivière, & Paris en éloignement. Acad. Franç. ELOIGNEMENT. £Abalienatio .2 Se dit au figuré, de l’averíion qu’on a pour les personnes ou pour les choses. (Chacun nourit dans le fond de son cœur un éloignement secret de la vérité. Nicole.) ELOIGNER , v. a. [Removere, amandare, ablega - re.~] Faire retirer loin : envoler loin de soi. (On l’a éloigné de la Cour : éloignez cela de moi. La guerre de Paris n’avoit été faite que pour éloigner le Cardinal. Mémoires de Mr. le Duc de la RocbefoUcaut.) ELOIGNES, v.a. IProtrahere, diferrej U se dit quelquefois à l’égard du tems, & signifie retarder. (Le mauvais tems a éloigné la moisson. La perte de ce convoi éloignera la prise de la Place.) * ELOIGNER de son esprit toutes les pensées qui peuvent donner du chagrin. à Quoique Malherbe ait dit, Le Soleil qui dédaigne une telle carrière, Puis-qu’il faut qu’il déloge, éloigne fa barrières que Bertaud ait dit de même, Depuis qu’en foâpiranl j’éloigne ce bel ails Sc Defportes, Mais quand je fuis forcé £éloigner voire viiè s Corneille, dans son Pompée, Ses vaisseaux en bon ordre ont éloigné la ville ; Segrais, dans son Eneïde, Du camp des Rutulois éloignant les quartiers s Sc Ménage, qui a raporté ces autoritez pour se justifier, Si bientôt l’insensible élùìgnoìt ces beaux lieux, Je ne sçaurois aprouver cette locution : éloigner , en ce sens, n’est point actif. , S’E'LOIGNER. , V.r. [Recédere, abjcedere, dijceaere.j S’abfenter, se retirer loin d’un Heu. (S’éloigner de la Cour. La ilote s’éloigna du port. U s’est éloigné de la ville. Quand la iune s’éloigne du soleil, elle commence à paroìtre. Change les Gouverneurs, qui par coups N menaces, Eloignez de la Cour tirannifent leurs places. Bours. Esope.) * (S’éloigner du respect qu’on doit > à quelcun» Maucroix, schisme, l. 1. Us sont fort éloignez, fie savoir qu’ils pechent. Pasc. L 4. Je fuis bien éloigné de vôtre humeur.) Tome j. T111 ELQN- 698 EMA ELONGATION , f K [Elongatio, difceffm.] Terme d 'Astronomie. Diférence qui te rencontre entre íe mouvement cíe deux planètes & le mouvement de la plus tardive. Cette diférence s’apelle élongation ou supération. ELOQUENCE,//! [Eloquentia.] La íìence de la parole. L’art d’éclairer Pesprit & de toucher le cœur par la beauté des paroles & des choses qu’on dit avec jugement & avec esprit. (La véritable éloquence consiste à dire tout ce qu’il saut, & à ne dire que ce qu’il faut. L’éloquence de la Chaire est diférente de celle du Barreau. C’eft un torrent d’éloquence.) Mr. Pavillon dit des femmes qui font les savantes : Celles dont la témérité ,, De ces termes savans pareiit leur éloquence, Au lieu de montrer leur stence, Ne font voir que leur vanité. Pavillon. ELOQUENMENT, adv. [ Elcganter.] Avec éloquence. Parler eioquenment.) ELOQUENT , éloquente , adj. [Eloquens.] Qui a de l'éloquence. (Démosténe & Cicéron étoient fort éloquent, mais de diverse maniéré. L'Oraison de Cicéron la plus éloquente est celle qu’il fit pour Milon.) (* L’amour propre est fort éloquent à nous persuader ce que nous souhaitons. Les passions font éloquentes. L’argent est souvent plus éloquent, & persuade mieux que les discours. De mes yeux languis ans un éloquent silence. En dépit de moi-mmie explique ma soufrance. La Su ze.) ELU, éluï , adj. [Eleftusl ] Choisi. (Le Duc d'Anjou, qu’on apella depuis Henri III. fut élû Roi de Pologne. ) ELû , f. m. Terme qui se dit en parlant de Dieu, & qui signifie, la personne qui est choisie de Dieu, pour être sauvée. (Les élus font gratuitement prédestinez à la gloire, fans que Dieu prévoie leur mérite. Arn. Et parmi les Elûs dans la gloire éternelle , Pour quelques Sacremens reçus fans aucun zélé. Defpr.) ELû, f m. C AdleHus , eleflrn.] Oficier roïal, qui avec ses confrères distribue dans une certaine étendue de pai's, les tailles & les aides, & juge de tous les diférends qui naissent de ces choses. L’étenduë de pais où les Elûs distribuent les aides & les tailles, s’apelle Elefíion , & le lieu où ils jugent de ces choses, a le même nom. De tous les Juges, les Elûs font les moins estimez, ils passent dans Pesprit de presque tout le monde pour des gens ignares & non íettrez. ELUDER, v. et- [Eludere.] Rendre vain : éviter: rendre fans éfet. (Eluder une proposition. Abl. Tac. an. I. v Eluder les intentions de quelcun. Mémoires de Monsieur le Duc de la Rochefoucaut. Eluder la poursuite de quelcun. Désir. satires. La chicane élude souvent la force des Arrêts. Ce Docteur n’a pas résolu la dificulté qu’on lui avoir proposée, mais il l’a éludée. Alexandre coupant le nœud Gordien, éluda l’Oracle , ou il Pacomplit. Vaugelas , Quint. Curce, l. <;.) Le Dictionnaire de Furetiére de la dernière édition, fait d 'éluder élision , mais je ne fai fi l’on pou- roit sûrement s’en servir. ELûë , si f. I ~Uxor EletfL ] Femme d’Elû. (Vous irez visiter Madame PElûë. Molière , tari. a. 2 . sc. ?.) , EMAIL, s- »*■ C’est premierement une forte de minéral qu’on purifie, & auquel on donne dans les païs étrangers toutes les faqons qu’il doit avoir pour en faire un bleu foncé ; & le réduire en maniéré de farine très-déliée. Cet émail fe vend à Paris par les Epiciers. 11 sert aux Blanchisseurs & aux Blanchisseuses, pour donner la couleur bleue à l’empois, & aux Enlumineurs & aux Peintres, pour faire une couleur bleue qu’ils emploient dans leurs ouvrages. Le mot d’émail, en ce sens, n’a point de pluriel. Cet émail est très-fin. Le bel émail vient de Hollande.) EMAIL. C’est une composition où il entre des métaux calcinez, avec lesquels on mêle de certaines couleurs. II est luisant comme du verre, & il se fond aisément au feu. Cet émail s’apelle en Latin en- caujium, en Italien finatto, & en Espagnol esmalte. Ì1 sert aux Orfèvres qui sont metteurs en œuvre, aux EMA Emailleurs & aux Peintres en émail. II y a de cet émail de plusieurs couleurs, dti blanc , du noir, du gris, du bleu, du verd, du jaune, & du rouge qui est le plus excélent. En parlant de cet émail, on dit: (Email clair, transparent, épais ou opaque.) I,e mot d 'émail, en ce sens, a un pluriel , & il fait à son pluriel, émaux. Quand les Metteurs en œuvre emploient les émaux, ils les fondent au feu, en leur communiquant un certain degré de chaleur qui leur donne la beauté qu’ils doivent avoir. L’or reçoit fort bien tous les émaux clairs & opaques. Apliquer les émaux. Parfondre les émaux. On travaille aussi l’émail au feu de lampe, avec un fouflet ou un chalumeau, & on le peut tirer en des filets aussi déliez qu’on veut. EMAIL. [ Encaustice.] II signifie un ouvrage compose d’une maniéré de verre blanc qu’on travaille à Venise, & qui se vend chez les Faïanciers de Paris. On vend des tasses d’émail, de petits pots d’émail, de petites urnes d’émail, & d’autres gentillesses & propres à parer les cabinets, les armoires & les cheminées. 11 y a aussi une forte de Faïance entaillée, que l’on apelle ordinairement émail: niais c’est un faux émail que les Faïanciers apellent Turquin , &quin’est pas à beaucoup près, si beau que l’émail de Venise, qu’on fait agréablement dorer pour en rehausser la beauté. * EMAIL. [ Fîorum copia , varim coloré] Ce ntot, au figuré, est plus de la Poésie que de la prose, & il signifie l’embellissement que font les fleurs, & autres pareilles choses. (L’émail des prez. Godeau, Poés. 2 . partie , x. églogue. Ni les âpres frimas, ni les grandes chaleurs, N’y ternissent jamais le bel émail des fleurs. Ség. Egl. 6.) EMAIL, f Gentilitìi fcuti colores U metaUa.] Terme de Blason. Ce mot se dit de la diversité des couleurs & des métaux dont un écu est chargé. Le Blason a sept fortes d’émaux : or, argent, gueules, azur, fable, lìnople & pourpre. Les émaux du Blason font venus des anciens jeux du Cirque, & de là ont passé aux Tournois.) EMAILLE’, part. [Disiinftw, yermiculatus.] Montre entaillée , ciel émaillé d’étoiles, pré émaillé de fleurs. Ce terme fe dit aussi au figuré. (Vous aimez les expressions qui donnent le plus dans la vûe, & je vous avoue que vôtre langage me paroit un peu trop émaillé. Ce qui veut dire brillant. Ch. de Mérél) EMAILLER, ». a. [ Encaufio pingere.] Couvrir d’émail. Orner & entbélir avec de l’émail. Les Orfèvres font bien aises d’émailler leurs ouvrages, car ils vendent l’émail autant que l’or. ) * EMAILLER. [Pingere, distinguere, ornare.J Ce mot est plus de la Poésie que de la prose. II signifie em- bélir, orner. (L’aurore éveillée, de perles d’Orient a la Terre entaillée. Sar. Pots. Les fleurs de toutes parts émailloient les valons. God. Pois. 2 . p. égl. La terre s’éntailloit de fleurs. La Suze. L’astre par qui les fleurs émailloient les campagnes, Par qui le serpolet parfumoit les montagnes, A porté fa lumière en un autre horifon. Racan, Bergeries, a. Déja l’or V ïazur du haut de ces montagnes, Entaillent à longs traits ces fertiles campagnes. La Suze, Poëf.) EMAILLEUR , f m. [ Encaustes.] En Italien Smal. tatore. C’est un ouvrier, qui avec un chalumeau, une lampe aluntée, & des branches d’émail alié avee du verre & des couleurs, fait ordinairement mille petites gentilesses qu’il foufle, qui d’autrefois forme des ouvrages d’émail un peu plus massifs fans les soufler , & quf quelquefois avec le pinceau peint en émail fur le cuivre. (Un bon, un habile Entailleur. EtreEmail- leur. Les Emailleurs ne font pas encore érigez en corps de métier. Les Emailleurs travaillent au broùi & au raïon, avec les bercelles , qui font de petites pinces fort déliées, & le broui & le raïon deux petits ruraux de verre par ou le vent passe, pour entretenir le feu de la lampe en fa force.) EMAILLURE , f f [ InduHio encausti. J Abdication d’éntail fur un ouvrage. (L’émaillure de ce portrait est charmante. EMAIL- EMA EMAILLURE > s f. [Induiïio encausi , pigmenti me- tallicT} Terme de Fauconnerie , qui se dit des mailles , ou taches rousses qui font fur les pennes de l’oi- feau de proie. EMANATION, f. f. [ Emanatio.] Efet d’une cause qui vient d’une puissance supérieure. (Le pouvoir qui est donné aux Juges, est une émanation de la puissance du Prince.) Ces mots viennent du Latin emanare , qui signifie venir , procéder, & ne sont ordinairement _ usité’/, qu’en parlant des Ordonnances, Edits, & Déclarations, dont on dit, cela est émané du Conseil. On dit aussi le verbe émaner , qui est neutre. (Cela est émané du grand Conseil. On se sert aussi de ces mots en Philosophie , où l'on dit que Famé raisonnable est une émanation de la divinité.) EMANCIPATION ,s. f. [ Emancipai w. ] Terme de Palais. Acte par lequel on émancipe un Jeune garqon, ou une jeune fille. jsf’ L’émancipation n’a lieu qu’entre le pere & Pensant : mais à l’égard des tuteurs, c'est parler improprement que de se servir de ce terme, qui présupose une autorité qui est attribuée aux peres seulement sur leurs enfans. C’est par des Lettres de bénéfice d’â- ee que l’on met les mineurs dans la jouissance de leurs biens, lors-qu’ils ont ateint un certain âge qui aproche de la majorité. Les Grammairiens disent que mancipare signifie avoir une chose dans fa main & la posséder réellement. Mancipium dicitur , dit Pa- pias , quidquid manu capi poteji , ut homo , equus, cois. Ainsi , emandpare , c’est mettre une chose hors de fa puissance & de fa main ; c’est afranchir un enfant de la puissance paternelle. Les Romains, fort jaloux de Cette autorité qu’ils poussoient jusques au droit de vie & de mort fur leurs enfans, avoient introduit plusieurs des formalité/ avec lesquelles les enfans étoient émancipez ; mais l’Empereur Justinien en retrancha une partie par la Loi 6 . cod. de émane. & il établit deux espèces d’émancipation, l’une autenti- que, & l’autre tacite. La prémiére doit être faite devant un Magistrat, parcs que tout ce qui est du droit public, doit être résolu, & anéanti par la Puissance publique. Injìit. lib. i. tit, 12. §. 6. Ainsi Pémancipation faite par devant un simple Notaire est nulle, il faut que le Magistrat ait legis actìonem , c’est-à-dire , qu’il ait une jurifdiction qu’il exerce actuellement; ensorte que Pon peut dire que tout Juge est competant pour Pémancipation , laquelle peut-être faite, même dans les jours de fête : au reste, c’est un acte volontaire de la part du pere , & de Pensant. L’émancipation tacite résulte de l’habitation d’un enfant séparée de celle de son pere, du moins pendant dix années, & de son consentement. Les Romains disoient avec raison, que la puissance paternelle étoit un droit particulier aux cîtoïens Romains, & qu’il n’y avoit point de nations chez lesquelles les peres eussent autant de pouvoir sor leurs enfans, qu’ils en avoient fur les leurs. Justinien , Injìit. lib. 1. tit. 9. En éfet, ils s’étoient attribué le droit de vie & de mort ; ils pouvoient impunément les exposer , & engager leur liberté : & quoique la vente de leurs enfans fût une action tout-à-fait contraire aux sentimens de la nature, les loix l’autorisoient, & la permettoient jusqu’à trois fois, après quoi, Pensant étoit censé émancipé, pour punir la dureté d’un pe- re capable d’étoufer tant de fois les sentimens que la nature inspire même aux bêtes les plus feroces. Voici le fragment qui nous reste de douze Tables, concernant cette matière... . Endo. liberis. jzifiis. vita. necis. venundandique. potejhu. eì. ejìo. fi. pater. filium. ter. venuniuit. filim. à. pâtre, liber. ejìo. Denis d’Ha- licarnasse, indigné de la dureté de cette loi, qu’il traite de tirannique, l’explique ensuite en ces termes : „ Si le fils (dit-il ) aïant été vendu par son pe- „ re , est afranchi par son maître, il retombe sous „ la puissance de son pere. Si ce pere vend une se- „ conde fois ce même fils , & qu’il soit encore afran- „ chi par son second maître , il retourne encore sous „ la puissance de son pere : mais s’il est vendu une ,, troisième fois, & s’il est afranchi par son troisième „ maître , il est desíors libre & émancipé”. Cet usage fut ensuite aboli ; on n’en conserva que la figure , & pendant quelque tems, Pémancipation se fai- soit par la vente feinte d’un enfant, que le père réitérait trois fois. Enfin, on exigea seulement l’auto- rité du Magistrat, pout briser les noeuds de la puis- EMB 699 sance paternelle. Il faut avouer que cette puissance a bien dégénéré parmi nous, & que ce n’est pas fans raison que quelques-uns de nos Docteurs ont soutenu que la puissance paternelle n’étoit plus connue en France : en éfet , il est dit dans la Coutume de Reims , opa’émancipation d’enfans n’eji nécessaire pour avoir P administration de leur bien ; c’est-à-dire, que les enfans sont fufifamment émancipez dès qu’ils ont ateint Page de la majorité prescrite par la Coutume. Les Provinces du Droit écrit reconnoissent encore l’autorité paternelle, cjui ne cesse que,par la mort du père , ou par une émancipation expresse ou tacite. EMANCIPE', émancipée , adj. [ Emancìpatm .] Jeune garqon ou jeune fille, qui sont délivrez de la puisi. sance d’un Tuteur. (II est émancipé : elle est émancipée. ) EMANCIPER , o. a. [ Emandpare.] Terme de Palais. C’est délivrer un jeune garqon ou une jeune fille de la puissance du Tuteur, en leur donnant la jouissance de l’usufruit de leur bien. * S*émanciper, v. a. [Audere , Jhmcre , arrogarefi- bi , prœsumere. J Prendre trop de liberté. Prendre trop de licence. (Personne ne fut si osé de s’émanciper en la moindre chose. Vaug. Quint. Curce , l. 9. c. 12. ) EMANE', émanée , adj. £ Manant , prose Bus. ] Ecoulé. Venu. Sorti. (Défenses émanées du Conseil des Cardinaux. Maucr. sebis. I. 1.) EMANER, v. n. [Manare , jìuere , oriri.J Sortir d’une certaine source , en tirer son origine, venir, procéder, découler. EMANUEL, s- m. Nom u’homme qui veut dire Dieu avec nou$. î§ EMARINER. C’est mettre aux filets les plombs nécessaires. L’Ordonnance veut que les engins défendus soient brûlez , & que le plomb & le liège dont ces engins seront émarinez , soient donnez aux Oficiers qui en auront fait la capture. Prononcez comme un a Ye de la prémiére filabe des mots de cette colonne , & des suivantes jusques à EME. t EMB ABOûINER, O. a. [Laéíare , allicere , pro- leclare , infatuare.] C’est par d’honnétes & de civiles paroles, faire donner dans le panneau. C’est endormir par des paroles flateuscs. C’est cajoler pour tromper. (Embabotiiner les gens.) EMBALAGE , s m. [Compaftio , Jìrìcîura , sar ci»ct , consarcinatio .J L’action d’embaler. (II faut compter les frais de l’embalage. II signifie aussi ce qu’on donne à l’Embaleur pour sa peine.) ê EMBALAGE, se dit aussi de tout ce qui sert à embaler ou empaquetter les marchandises comme le papier , le carton, les toiles cirées, les serpillières, &c. (II faut mettre un bon embalage pour conserver les marchandises.) £ Toile £ embalage , sorte de toile grossière , mais forte, qui sert à embaler. EMBALER, V. a. '[Consarcinare , ìn faficem redigéré , colligere .J Mettre de la paille autour d’un cosse , d’une caisse , ou d’une autre marchandise , & la couvrir d’une grosse toile qu’on coud tout autour. (Embaler de la marchandise.) EMBALEUR, s. m. [ Compafior , consarcinator .J Ouvrier qui gagne sa vie à embaler de la marchandise & autre chose. Les embaleurs à Lion font un corps nombreux. f * EMBALEUR. [ Vaniloquuí. J Celui qui par ses paroles tâche d’atrapef quelcùn & de le faire donner dans le panneau. Les Gascons sont de vrais embaleurs. ) EMBANQJJE'- Terme de Marine. Vaisseau qui est fur le grand banc, EMB ARAS , s- m. [ lmpedimenturn , implicatio. ] Dificulté. Obstacle qu’on trouve à marcher, ou k faire quelqu’autr'e chose. (On trouve de grands embaras par les chemins quand une armée défile, & fur tout quand il faut passer dans des bois,) EMBARAS, s m. [Perplexité , Jollicitudo .] Tracas. A f lire cm harassante. Peine qui embarasse. (Etre dans l’embaras. U n’a point en fies vers f embaras de choifir. Despr. fat. 2. ) EMBARAS des rués de Paris. [ Obsacula. ] Obstacle de chariots & de carosses qui emharassent les rués. Tome L T 111 a * EM- yoo EMB * EMBARAS. Trouble. Désordre qui paroît fur le visage. (L’embaras avec lequel je lui parlai, l’obligea de me presser. Le Comte de Buffì .) * EMBARAS. II sc dit au figuré, de l’efprit, à l’égard de toute choie qui l’embarasse. (II étoit dans un grand embaras d’efprit. Se retirer de l’embaras des choses du monde. On se tire de l’embaras des argumens dans une dispute, par le moïen d’une distinction. Son cœur toujours fiotant entre mille embaras, 2 íe fait ni ce qu’il veut, ni ce qu’il ne veut Las. Despr.) EMBARASSANT, embaraffante , adj. [ Molefius. ] Chose, ou personne qui embaraffe. (La Dame est un peu embaraffante. Mol. Procès embarassant. Objection embaraffante. Afaire fort embaraffante. C’est une femme embaraffante.) * EMBARASSE' , embarqfée, adj. [ [mpeditus. ] Troublé. Agité de passion. (II trouva la belle toute embaraffée. Le Comte de Buffì. II est fort embaraffé de fa personne. N’attendez pas toujours que du besoin pressé, Votre ami vous aporte un air embarajjé. Vill.) EMBARASSER, ». a. \lmpedire, implicare , folli- sitareZ Faire de l’enibaras. Incommoder par l’em- baras qu’on fait. Empêcher. (Etre embaraffé à choisir. Pasc.l.%. II a des afaires qui l’embaraffent.) f La dificulté qu’il lui a proposée, l'a extrêmement embaraffé. * S’EMBARASSER , ». r. Se faire de l’embaras. (II s’est embaraffé l’esprit de mille chimères.) Ì EMBARCADERE, ou EMBARCADURE, f. m. C’est le lieu où les Espagnols font leurs embarque- mens dans l’Amérique. EMB ARDER, ». n. sDigredi, jaffare se J Terme de Marine. C’est éloigner ou se jetter d’une côte, ou d’autre avec un vaisseau. Accul. Fr. f EMBARGO , s m. Mettre un embargo. On le dit des défenses qui se font de la part des Souverains, pour empêcher que les vaisseaux marchands ne sortent des ports de leur dépendance, afin de pouvoir s’en servir aussi bien que des équipages , dans les ar- memens qu’ils ont résolu de faire. C’est proprement ce qu’on apelle en France, fermer les ports. En Angleterre & en Hollande on dit presser, qui signifie la même chose. _ „ „ EMBARQUEMENT, s m. [ ProfeBio, ascensus, in navem consensus .J C’est Faction de se mettre dans un vaisseau pour aler fur mer, ou fur quelque rivière. (Nôtre embarquement se fit à la Rochelle.) * EMBARQUEMENT. Engagement. ( On dépeint vôtre embarquement le plus bas où se soit jamais mis une personne de vôtre qualité. Le Comte de Buffì.) EMBARQUER, ». a. [Nct»? imponereZ Mettre dans un navire : mettre dans un vaisseau de mer. (Embarquer de la marchandise : embarquer des Soldats.) EMBARQUER en grenier. [Congerere in acervum. ] C’est embarquer fans embaler. (Embarquer du sel en grenier. Nôtre blé étoit embarqué en grenier.) * EMBARQUER. [ Implicare , immiscerez Engager. (II fit les pas nécessaires pour embarquer la dupe. Le Comte de Buffì. On l’a embarqué dans une méchante afaire.) S’EMBARQUER , ». r. \_ln navem conscendereZ Se mettre dans un navire, ou quelqu’autre bâtiment pour aler fur mer, ou quelque rivière. (Si je trouve un vaisseau, je m’embarquerai pour Marseille. Voit. I. 6 g.) * S’EMBARQUER. [ Implicare, immiscere se .] S’en- gager. Se lier avec une personne. (La legéreté qu’elle témoignoit, lui faisoit aprehender de s’embar- quer avec elle. Le Comte de BuJJi. II s’étoit embarqué à aimer plus par gloire que par amour. Le Comte de Buffì. II s’est embarqué dans une méchante afaire. Cet Avocat s’est embarqué dans un long discours.) t * S’EMBARQUER sans biscuit. Proverbe. C’est s’engager imprudemment dans quelque afaire, fans avoir pourvù aux moïens de la soutenir & de l’exé- cuter. S’EMBARRER , ». r. f ImpedireZ Ce mot sc dit d’un cheval qui s’embarasse les jambes dans la barre, qui se sépare des autres. EMB EMBASSADE, Embajsadeur. Voïez Ambassades Ambassadeur. EMBATAGE , s m. sRotarum consixioZ Terme de Maréchal. Aplication de bandes de fer fur des roues. EMBATER, ». a. [Clitellas imponere .] Mettre le bât à un mulet ou à un âne. f * EMBATER , lignifie aussi, charger quelcun d’une chose qui l’incommode. (On l’a embaté d’un emploi qui l’embarasse. On l’a embaté d’une femme qui l’incommode fort.) On ne le dit que dans le stile familier. $ EMBâTONNE', embâtonnée, adj. [Armatus , in- struclm fujìeZ Mot burlesque, pour dire, armé de bâtons. (. mes Mesiades Feront de telles algarades A ces monstres embâtonnez. Scar. Poës. Tip. chant. 2. EMBâTONNE', embâtonnée , adj. Terme â’Archi, tellure. On apelle une colonne amelée & embâtonnée f ou r dire que ses canelures sont remplies de figures de âtons, jufqu’à une certaine partie de son fût. EMBATRE, ». a. [Rotas configereZ Terme de Maréchal. Embatre des rouis, c’est apliquer des bandes de fer fur les roues. EMBATTES , f m. [Etefíœ. j] Vents réglez qui scuflent toujours en certaines mers en certains tems. EMBAUCHER, ». a. [ Conducere, collocare ope . r us Z Terme de Cordonnier , & de quelques autres Artisans. Introduire un Compagnon Cordonnier dans une Boutique, & lui faire donner de la besogne. í EMBAUCHER , signifie aussi, enrôler un homm* par surprise. (II est adroit à embaucher les jeunes gens.) EMBAUCHEUR , f. m. [ConduìíorZ Celui qui embauche les Compagnons Cordonniers. EMBAUMEMENT , f m. ['Aromatibus condi. tioZ I-’action d’embaumer un corps mort. (Les em- baumemens communs sc font avec le tan, les cendres & la chaux. Les autres se font avec des poudres aromatiques , & du baume du Pérou.) Tous ces mots viennent de celui de baume. EMBAUMER, ». a. \_Aromatibus condire, per. fundereZ Remplir le corps d’aromates, & de choses qui empêchent la corruption. (Embaumer un corps. Marie Madeleine & Marie, mère de Jaques, achetèrent des parfums pour embaumer JESUS. Port-Royal, nouv. Test. S. Marc , cb. 16. Jean, Roi de France, mourut à Londres en 1364. où l’on embauma son corps, qu’on aporta en France, & qu’on enterra à S. Denis. Du Tìllet, recu'êil des Rois de France. * EMBAUMER, [ Odore grato perfundere. J Faire sentir bon. (Cela embaume toute la chambre.) t EMBE'GUINER, ». a. [Calanticâ, calyptrà lineâ caput induere , involvere , infatuare , mentem in - vadere.J Ce mot, au propre, signifie mettre un béguin fur la tête. II n’est en usage, que quand on dit qu’une Í iersonne est embéguinée, lors-qu’elle a la tête enve- opée de linge, à cause de quelque mal. t S’EMBE'GUINER, ». r. [Imbibere opinionem, ìmbuiZ Ce mot se dit au figuré, mais il est bas, & il signifie s’entéter. ( S’embéguiner de quelcun. Mol. S’embéguiner de quelque nouvelle opinion. Un vieillard se laisse coifer, ou embéguiner par une jeune femme.) EMBETE, f. m. Terme de Marine. C’est la partie du vaisseau qui est comprise entre la herpe du grand mât, jufqu’à la herpe de Pavant, ou depuis lc grand mât jufqu’à la dogue d’amure. Acad. Fr. EMBE'LIR , ». a. [ Exornare , decorare, illuJìrareZ Parer. Orner. Rendre plus beau & plus agréable. (Etn- bélir une maison : il ne fait que croître & embélir : embélir un conte.) EMBE'LIR, ». 72. [Fieri pulchrior, ornatior , enitesce- reZ Devenir plus beau & plus agréable. Elle embéiít tous les jours. Et ce que tu nous dis de l’honneur de tes ailes, N’est qu’une invention pour embélir tes vers. Benserade.) f * Cela ne fait que ervìtre embélir. Proverbe qui EMB qui se dit des choses qui se perfectionnent de jour en jour. EMBE'LISSEMENT , s. m. [Ornatm , decut , orna- mentum, décor:.] Ornement. Tout ce qui pare & em- bélit. (C’est un embélissement nécessaire. fl a fait de grands embélissemens à fa maison de campagne.) EMBERLUCOQUER, ®. a. [Çaliginem ofsun- dere.] Terme Populaire , qui signifie s’entêter d’une opinion de telle maniéré qu’on ne puisse en juger sainement. f La plupart disent s’emberlicoquer. f EMBESOGNE' , part. [Negotiofus.] Ocupé à quelque besogne, à quelque afaire. (II est toujours embesogné.) II se dit par raillerie & dans le stile familier. Ce mot vient du verbe inusité embefogner. t EMBLAIE', emblaiée , adj. [Terra cons ta.) Cc mot est vieux, & ne se dit guére que par les Laboureurs d’autour de Paris ; il signifie ensemencé de blé. (Terre emblaïée, ou plutôt terre ensemencée. On dit aussi emblaïer une terre, un champ.) EMBLAIER. [Intricare.] Etre ocupé de plusieurs foins dificiles. (Cette femme est assez emblaïée de son enfant.) Ce mot est bas, & point en usage. (S EMBLAVER, ou deblaver. Dans la Coutume d’Auxerre, art. 117. c’est cultiver, ensemencer un fond, & en percevoir les fruits. EMBLE, f f- C InceJJìo jumenti tolutim facla.] Cheval qui va i’emble. EMBLEE, adv. [Primo ïmpetn , unà impreffone.] Tout d’un tems. D’abord & comme d’assaut. Ce mot ne fe dit pas seul. (On dit : Prendre une ville d’em- blée. Abl. Arr. I. 1. La ville étoit trop bien munie pour l’emporter d’emblée. Vaug. Quint. Curce, l. 7. ch. 6.) * Elle prend les cœurs d’emblée. [Clam , furtim , clanculum .] C’est-à-dire, elle en fait la conquête tout d’un coup. Cette façon de parler est figurée & comique. £ * Emporter une afaire d’emblée, C’est en venir à bout promptement & d’un prémier éfort. EMBLEMATIQUE, adj. [. Emblematicm .] Qui tient de l’emblême. (Chose emblématique. Figure Emblématique.) EMBLêME. [ Emblema .] Ce mot est masculin & féminin , mais plus usité au féminin. 11 vient du Grec, & c’est une forte de symbole, qui n’a pas besoin de mot, & qui par une ou plusieurs figures représente,avec esprit une pensée morale. (Une fort belle emblème : un emblème fort ingénieux. f EMBLER , D. a. [Furari, diripere .] Vieux mot hors d’ufage, qui signifie prendre & voler subtilement. (Le bien d’autrui tu n’embleras. EMBLER. Terme de Chasse. Ce mot se dit des cerfs. C’est quand aux alures d’une bête les piez de derrière surpassent ceux de devant de quatre doigts. EMBODINURE, s- s c’est ainsi qu’on apelle fur mer plusieurs menus bouts de corde qui envelo- pent l’arganeau de l’ancre, & qui empêchent que le cable ne s’use contre le fer. EMBOIRE , v. a. [Imbibere , saturare .] Terme de Peinture. Ce mot se dit des tableaux à huile, quand l’huile étant entrée dans la toile, laisse les couleurs mates. (Les toiles nouvellement imprimées font em- boire les couleurs. Tableau embu.) II se dit aussi d’un moule de plâtre qu’on frote d’huile , avant que d’y former des figures. f EMBOISER , v. a. [Inescare , decipere, la slave.] Ce mot est du peuple, & signifie amuser par d’obligean- tes paroles, par des contes, des complimens, & autres choses qui engagent aisément les personnes qui font dupes. (11 tâche à l’emboiscr. Elle fera assez sotte pour sc laisser emboiscr. f EMBOISEUR , s. m. [Inefcator.] Celui qui em- boise. (C’est un franc emboifeur.) f EMBOISEUSE, f f. [Inescatrix.] Celle qui em- boife. (C’est une emboiseuse.) EMBOITEMENT, f m. [ Commijsura .] L’action d’emboiter. (L'emboitement des os.) t EMBOITER, v. a. [Committere , inserere , im- mittere.] Terme de Cofretier. Mettre dans une boite. (Emboîter des confitures.) /H" EMBOITER. Terme de Momie. ,, Quand les EMB 701 „ Gardes (dit Mr. Boizart dans son Traité des Mo~ „ noies) font la délivrance, ils sont obligez de pren- „ dre de 490. pièces d’or, une, & de feptante-deux „ marcs d’argent, aussi une pièce fans aucun choix. „ Ces pièces doivent être mises dans une boite fer- ,, mante à trois clefs, dont l’ancien Garde, l’Essayeur, ,, & le Maître doivent avoir chacun une, & elles scr- „ vent au jugement que les Cours des Monoïes doi- „ vent faire des espèces qui ont été fabriquées & dé- „ livrées au Maître pendant le cours de Tannée. “ S’EMBOITER, v. a. [ Inférs , ìmmitti.] Terme de Charpentier. S’enchasser dans une cavité. (II faut que les mortaises d’une charpente soient fort justes, afin que les tenons s’y emboîtent bien. Faire qu’une chose s’emboite dans une autre.) S'EMBOITER, v. r. [Includi.] Terme d 'Anatomie, Cela se dit des os, quand l’éminence d’un os est engagée dans la cavité d’un autre. (L’os de la cuisse s’emboite dans l’os ischion.) EMBOITURE , f. f. [Cavitas.] Terme de Chirurgien. Sorte d’enchassement de certaines parties. (L’emboiture de la cuisse.) EMBOITURE, f. f. [Commijsura.] Terme de Cha - ron. Tout ce qui fe met dans les deux bouts des moieux des roues de chariots, charétes, &c. f EMBOITURE , sc dit aussi de l’inscrtion d’une chose dans une autre. ê EMBOITURES d’une porte. Ce sont les deux ais de travers en haut & en bas, dans lesquels les autres ais sont emboîtez. EMBOLISME, f nt. [Intercalatio.] Addition d’un treizième mois lunaire à deux ou trois ans, afin d’aprocher l’année lunaire de satinée solaire. EMBOLISMIQUE , adj. [Intercalarh.] 11 se dit particulièrement des mois que les Computistes infèrent pour former le cycle lunaire de dix-neuf ans. t EMBONPOINT, s m. [Sona corporis habi- tudo.] L’état où sc trouve une personne qui est en bonne santé, & qui est grosse & grasse. (Avoir trop d’embonpoint: être dans un parfait embonpoint: perdre son embonpoint : recouvrer son embonpoint.) EMBORDURER , t), a. [Tabellam limbo cingere.] Mettre une bordure à un tableau. Ce mot n’est guére en usage, quoiqu’il se trouve dans le Dictionnaire des Arts de l’Académie Françoise. f EMBOSSURE, f f. Terme d e Marine. C’est un nœud que l’on fait fur une manœuvre, & auquel on ajoute un amarrage. (Faire une embossure au cable. Etre mouillé sor une embossure.) EMBOUCHER, D. a. [Equo lupatum indere.] Terme d’Epronnier & d’Ecuier. Donner à un cheval la bride & le mords qui lui sont les plus propres pour le faire obéir. (Emboucher un cheval. Un cheval bien ou mal embouché.) EMBOUCHER. [Inflare tibiam .] Mettre dans fa bouche un instrument à vent. (Emboucher un haut-bois, un flageolet, une flûte, une musette, une cornemuse, une trompette, un cornet, un serpent, &c.) f * EMBOUCHER. [Pracomponere , subornare, com- parare.] Ce mot se dit des personnes, & veut dire, instruire de ce qu’il faut dire ; ou qu’il faut faire. (Avant que de l’envoïer, il le faut emboucher, de peur qu’il ne dise quelque sotisc.) t S EMBOUCHER , v. r. [Infiuere , subire.] Ce mot sc dit des fleuves & des rivières , setter dans la mer. (La Somme prend fa source dans le Vermandois, & se vient emboucher dans l’Ocean, entre Crotoi & Saint Valeri.) On dit plus souvent fe vient jetter , que fe vient emboucher. EMBOUCHOIR, f m. Terme de Cordonnier. Deux morceaux de bois en forme de jambe qu’on met dans les botes pour les élargir. (Mettre une paire de botes à l’embouchoir.) EMBOUCHURE, J’, f. [Lupatum.] Terme d’Epronnier. Mords qui se place dans la bouche du cheval. (Embouchure fort douce. Donner une embouchure à un cheval.) EMBOUCHURE. [Or organì -mus ci.] La partie de l’instrument a vent qu’on embouche, lors qu’on en veut jouer. ( Embouchure de flûte, ou de flageolet. 1 EMBOUCHURE. [OJlium.] Ce mot se dit entre Chaudronniers & Potiers , & signifie entrée de pot, ou de fourneau. (Embouchure de marmite: embouchure de fourneau.) îttt; ê EM- 702 EMB •t EMBOUCHURE. Terme de Tireur d’or. C’est le côté le plus large du pertuis d’une filière, par où l’on commence à faire passer le lingot, ou le fil du métal qu’on veut tirer. H EMBOUCHURE. Terme de Verrier. C’est [ouverture d’un verre, d’une bouteille, par où l’on y met la liqueur. EMBOUCHURE. [Fiiuces, ojìium .] Ce mot se dit des fleuves , des rivières & des ports. L’endroit par où les rivières fe jettent dans la mer. (11 mit ses navires à l’ebouchure du port. Abl. Arr. I. 2. L’em- bouchure du Danube fe fait par cinq larges canaux dans le Pont-Euxin. Abl. Arr. liv. I. chap. 2.) EMBOUCHURE de canon. [Or, ojìium.'] Terme de Fondeur. C’est l’ouverture du canon par où l’on met le boulet & la pondre. Quelques-uns apellent cette embouchure , bouche de canon. On ne les condamne pas, mais ce n’est point le mot de fart. EMBOUCLE' , embouclée , adj. [ Fibulatus , fibulis aflriéius , ornatus.] Terme de Blason. 11 fe dit des pièces garnies d’une boucle, comme le colier des lévriers , &c. EMBOUER , v. a. [ Luto oblinere. ] Enduire de boue. On doute que ce mot se dise, si ce n’est par le petit peuple. f EMBOUQUER , ». ». Terme de Marine. C’est enfiler un passage étroit entre des Isles, ou des terres. On le dit quand on entre dans les Isles Antilles. (Embouquer dans l’Amérique.) Aubin. EMBOURBE', embourbée , adj. [Cano immerfiv. ] Qui est engagé dans la bourbe. (Carosse embourbé : charéte embourbée.) f * Jurer comme un Chartìer embourbé. Proverbe. C’est jurer fortement. S’EMBOURBER ,v. r. [ Cano immergere. ] Ss mettre dans la bourbe. ( Charrier qui s’embourbe. ) H On dit aussi à l’actif, embourber , mettre dans un bourbier. (Ce cocher nous embourbe à tout moment.) £ EMBOURBER , fe dit aussi, pour engager quelcun fi avant dans une afaire , qu’il ne peut s’en tirer. (On l’a embourbé dans une mauvaise afaire.) On dit aussi, «'embourber dans une afaire. (* S’embourber dans la Philosophie de l’école. A peine du limon où le vice m’engage, J’arrache un pié timide U fors en tri agitant. Que foutre ni y reporte U /embourbe à l’mstànt, Despr. ) EMBOURRER, »■ a. [Infarcire tomento.] Terme de Tapissier. Garnir de bourre , & couvrir de toile. (Embourrer une chaise.) Ce mot se dit aussi par les Selliers. ( Embourrer une selle de cheval : embourrer un bât.) f EMBOURRER. Terme de Potier de terre. C’est boucher & cacher les défauts de quelque ouvrage de Poterie, avec une composition de chaux & de terre pétries ensemble avec de seau. EMBOURRURE , f f- [ Tomentum , tomentisar- tum , involucrum.] Terme de Tapissier. Couverture de toile, qu’on met sur la bourre d’une chaise. (C’est une embourrure de chaise : toile d’embourrure.) EMBOURSEMENT, s. m. Action Rembourser. EMBOURSER, ». a. [Nummos demittere in emmenant , in loculos.] Mettre dans fa bourse. (II a emboursé cent pistoles.) î EMBOUTI, ie , adj. part. II se dit des ouvrages qui ont du relief, particulièrement de ceux des Orfèvres & des Chauderonniers. Tête emboutie. C’est la plus grosse forte de broquette cjui fe débite & fe fasse par les cloutiers ; ainsi nommée de ce que la tête en est relevée & arrondie. H Broderie emboutie. C’est une broderie fort élevée , qu’on soutient en dedans avec de la laine, du coton, du crin , du papier, & autres choses semblables, pour la faire paroître d’avantage, & lui donner plus de relief. EMBOUTIR, ». a. Terme d’Orfèvre. Former & travailler l’argent fur une petite machine qu’on apel- le étampe. ■f EMBOUTIR. Terme de Chauderonnier , qui signifie presque la même chose que chez les Orfèvres. Les Chauderonniers emboutissent le cuivre qu’ils travaillent après savoir recuit, & fe servent quelquefois de marteau de fer, & d’autres fois de marteau de bois, avec lesquels ils creusent leurs ouvrages, les tournent en rond, ou leur donnent telle autre figure EMB qui leur convient , en les frapant fur le bec d’une bigorne. Les Fondeurs au lieu du terme emboutir , fe servent du mot réteindre, qui signifie la même chose. H EMBOUTIR. Les Ouvriers qui fabriquent des boutons de métal emploient ce terme. 11 signifie quelquefois fraper une petite lame de métal coupée en rond avec un emporte-piéce, dans un creux d’a- cier poli, avec l’outil qu’ils apellent Boutrole, jus. qu’à ce qu’elle soit assez convexe pour être frapée dans un autre creux gravé en dedans, qu’on nomme le Tas, où elle doit prendre son empreinte. Le terme d’emboutir s’encend aussi de la dernière façon, que l’on donne à cette lame, lorsqu’elle est emboutie de cette prémiére maniéré, en la frapant dans le tas avec une autre boutrole, en forte qu’elle prenne [empreinte de la gravure du tas. EMBRANCHEMENT m. Espèce de petit» entraits dans la charpente des couverts qui tient l’em- panon avec le covet. EMBRAQUER- [Summà vi distendere.] Terme de Marine. Mettre ou tirer à force de bras une corde dans le vaisseau. EMBRASE', embrasée, adj. [Incensw , ardent.] A- lumé. (Le Palais est tout embrasé , la ville est toute embrasée.) EMBRASEMENT, f m. [ Incendium .] Incen- dite. (L’embrasement de Troie est fameux.) * EMBRASEMENT. [ Ardor, «Jìm. ] Combustion : trouble : désordre dans un Etat. (11 arrêta cet embrasement naissant. Fléchier , Commendon, /. p. cbap. 19. ) EMBRASER , ». a. [ Incendere, comburere, in cine - res redïgere. Alumer ; mettre feu : le feu a embrasé toute la maison. S’embraser , ». r. [ ígnem suscipere. J Prendre feu. (La poudre s’embrase aisément.) (* Vos beaux yeux m’embrasent. [Succendunt me.J Voit. Pois. Ils embrasent mon désir. Voit. Pois.) EMBRASSADE , s. m. [Complexm.] Embrassement. (Je ne bai rien tant que ces afables donneurs d’embrassades frivoles. Molière , misantr. a. 1. sc. 1.) EMBRASSEMENT , s. m. [ Amplexm .] Action de la personne qui embrasse. ( Saints embrassemens : embrassemens malhonnêtes. Je vous veux raconter les parcicularitez de nos embrassemens. De protestations , d’ofres sf de ferment , Vous chargez lafiereur de vos embrassemens. Mol. misantr. a. 1. fc. 1.) EMBRASSER , ». a. \_AmpleHì , circumpleéíi , cingt- re , eircumdare.] Prendre avec les deux bras. Lors qu un homme vous vient embrasser avec joit, llfaut bien le pdier de la même momie. Mol. misantr. a. 1. fc. 1. ) EMBRASSER. Ce mot se dit d’autres choses que des personnes, qu’on embrasse pour leur témoigner de [amitié. On dit, par exemple : ( Cet arbre est si gros que dix hommes ne le sauroient embrasser.) * EMBRASSER. Ce mot, au figuré , signifie environner : comprendre. (L’ocean embrasse toute la terre : le ciel embrasse tout ce bas monde. La Géométrie embrasse ; c’est-à-dire , comprend beaucoup de sciences qui dépendent d’elle. Embrasser la chasteté, [humilité & les autres vertus chrétiennes. Pafc. I. 4. Embrasser le célibat. Abl. Embrasser la conquête de [Asie. Racine, iphìg. a. 4. fc. 6. Embrasser le parti de quelcun. Embrasser beaucoup d’âfaires. Qui d’unesainte vie embraste T innocence, Ne doit point tant prôner son nom Af fa naissance. Mol.) f * Qui trop embrasse , mal étreint. [ Qui plwïbut intendìt, nibil extricat. J Proverbe. II veut dire qu’il ne faut pas se charger de plus de choses que l’on n* peut faire. EMBRASSER. [ Amplexari .J Ce mot, au figuré, en parlant de Religion, de secte, d’opinions, signifie s ’atacher. (II n’embrassa point de secte particulière > mais il prit ce qu’il y avoit de bon en chacune. Abl. Luc. t. 2. ) EMBRASSER. Terme de Manège. II fe dit d’un cheval, qui maniant furies voltes, fait de grands pas, & embrasse beaucoup de terrain. EMBRASSURE , f. s. [ Complexìo.] Terme de Char- penterie. C’est un assemblage à queue d’aronde de quatre chevrons chevillez au dessous du plinstre & larmier d’une souche de cheminée de plâtre , pour empêcher qu’ elle ne /éclate. M. EMB EMBRASURE , s. f. [Fenejba.} Terme de Ca- mnìer. Ouverture, où l'on pointe ie canon, pour le tirer dans la campagne, ou dans le fossé. EMBRASURE de forte £sf de fenêtre. ['Obliquatio , ebliquata latera. Terme d ' Architelíure. Elargissement qui se fait en dedans aux ouvertures des murailles, pour donner plus de jour & de commodité aux fenêtres & aux portes. EMBRASURE de fourneau. Partie du fourneau par où passe le cou de la cornue. t EMBRENER, v. a. [Merdis ìnquinare.} Ternie bas & sale. Remplir de merde. (Embrener sa chemise. Sa chemise est toute embrenée.) f * SEMBRENER , v. » . [Implicare se.'} Ce mot, au figuré, signifie s’engager dans une méchante afaire. EMBRE'VEMENT, s. tn. [ 'Immìffura .] Espèce d’entaillure, par laquelle une piéce entre dans l’autre. Acad. Fr. EMBREVER, v. a. [ Immittere .] Faire entrer une piéce de bois dans une autre. Monsieur Joujse. EMBRICQNER. Ce mot est tout-à-fait vieux, Sc signifioit autrefois tromper. Acad. Fr. EMBRION , s- tn. [Fœtus.} Terme d’ Anatomie. Fétus qui est au ventre de la mère, & où l’on con- noit déja le cerveau, le eœur, & le foie. Ce mot fe dit aussi ironiquement, & par mépris. Puis d’une femme morte avec fin embrion, ll faut chez du Verney voir la dijsefíion. Defpr.) * Qu’est-ce là, petit embrion , vous parlez ? Voìt. Po'ës. C’est-à-dire, petit esprit mal-fait. S’il fort jamais tm embrion fils de son père, il ne sera. C’est-à-dire, s’il fort un enfant, [ homuncio , homunculm , homulus.} EMBROCATION, f f [ Irrìgatio .] Terme de Pharmacie. Médicament liquide, huile , décoction, ou autre liqueur dont on arrose quelque partie du corps en la frétant à mesure, que la liqueur tombe. Académie Fr. EMBROCHER , v. a. [Féru transfigere, ìn veru inducere , figere.} Mettre en broche. (Embrocher le soupé : embrocher un cochon de lait : viande mal embrochée.) On dit en raillant, qu’on a embroché un homme à qui on a passé l’épée au travers du corps. EMBROUILLEMENT, / m. [Confufio, pertur- batio.} Embaras. Brouillerie. Chose qui embrouille & qui embarasse. II y a là un peu d’embrouillement.) EMBROUILLER, v. a. [ Implicare , intricare , impe- dire.} Embaraffer. (Embrouiller une afaire. Chose embrouillée. Pasc. L 2.) f EMBROUILLER les voiles. C’est les carguer, ou les ferler. Ce mot vient de celui de Breuils dont on se sert le long de la Manche, pour dire, cargues. S’EMBROUILLER , v. r. [Implicare fe.} S’em harasser. Avoir de ia peine à se démêler d’une chose. (II s’embrouilie quelquefois fi fort, qu’il ne fait où ii est.) t EMBRUME', adj. m. D Impeditus , caliginosm.} Terme de Mer. II se dit d’un tems de brouillards, pendant lequel on a de la peine à connoître fa route. ^ Terre embrumée , se dit d’une terre couverte de brouillard. EMBRUINER, c- a. [Uredinem inserre.} Gâter, brûler par le moïen de la bruine. (Les vignes font embruinées.) • EMBRUNIR, v. a. [Fusco colores inficere.} Terme de Peinture. (Un visage embrun!.) EMBU , embué, adj. [Imbutm, fatur.} Terme de Peintre. On dit qu’un tableau est embu, quand l’hui- ie étant entrée dans la toile, laisse les couleurs mates. Volez Emboire. EMBUNCHER, v. r. Terme de Cbarpenterie, qui fe dit des chévtons, des solives, & autres pièces de bois qu’on engage & qu'on atache les unes fur les autres. EMBUSCADE , f- f [Insidiœ, excubite.} Ce.mot signifie proprement une troupe de gens qui se cachent dans un bois, ou en un autre endroit où l’on ne soit pas découvert, pour ataquer l’ennemi quand il passera. (Se mettre en embuscade. Faire une embuscade. Abl. r et. I. 5. c. 2. Dresser une embuscade. Abl. r et. I. 4. c. i.I S EMBûCHER, w. n [Redire in faltut , in lucum f» EME 703 condere.} II fe dit en termes de Vénerie , des bêtes qui rentrent dans le bois, & s’y vont cacher, étant poursuivies par les chasseurs. L’Auteur de FApothéoíe du Dictionnaire, dit embusquer i pour dire, se cacher. (Les ennemis s’étoient embusquez dans un bois.) Voïez la colonne. Amb. EMBÛCHES , s. s. [ Insidia , dolm, tenâicuhe.} Embuscade. sièges pour atraper l’ennemi, afin de donner dessus quand il viendra. (Dresser des embûches aux ennemis. Abl. ret. I. 5. c. i.) EME , s m. [EdmunAuí.} Nom d’homme. 0 EMENDE de tojì entrée. C’est une amende introduite par la Coutume de Reims, art. iço. laquelle est de íix sols parisis, que doit païer tout propriétaire qui s’est mis, en possession d’un héritage fans en avoir été eníàifiné. Le terme émende fe trouve en plusieurs Coutumes, pour amende. EMERAUDE , s f [Smaragdus.} s orte de pierre précieuse fort belle & fort agréable à la vue. L’é- meraude est brillante, verte & diaphane, & s’engendre dans de certaines montagnes des Indes Occidentales ou Orientales, & se perfectionne dans le lieu où elle vient. Quelques-uns ont crû qu’il y avoit de douze sortes d’émeraudes ; mais l’opinion commune est qu’il n’y en a que de deux sortes. (L’émeraude orientale, & ['occidentale.) 0 Bais l’a fait masculin : Là l’émeraude verdoiant. Mais il est certainement féminin. EMERGENT, adj. [Emergent.} En Chronologie , on apelle l’an émergent, l’époque ou la racine par laquelle on commence à compter le tems. (L’an émergent des Romains étoit la fondation de Rome.) EMERI, f- m - [Smyris.} Prononcez émerì de trois filabes, mais la seconde doit être fort courte. Pierre dure & grisâtre dont se servent les Lapidaires & les Fourbisseurs, &c. f EMERI , ou Emeril. C’est une pierre métallique, qui se trouve presque dans toutes les mines des métaux. On distingue trois sortes d’émeri ; celui d’Ef- pagne qui se trouve dans les mines d’ordu Perou, & des autres Provinces de FAmerique Espagnole ; Féme- ri rouge qui se tire des mines de cuivre, & qui vient de Suede & Dannemark ; & l’émeri commun qu’on trouve dans les mines de fer, dont se servent un grand nombre d’Ouvriers. f EMERI. Les Sculpteurs & Marbriers apellent ainsi, un mélange de quelque métal avec quelques particules de marbre , & qui est fi dur qu’il résisté aux outils les mieux acérez. On le trouve d’ordinaire dans les marbres blancs. Potée d’émeri , f. f. Les Lapidaires apellent de ce nom l’émeri qu’ils ôtent de dessus les roués, où ii a servi à tailler des pierreries. EMERILLON , f m. [JEfalo.} Oiseau de poing, & le plus petit de tous les oiseaux de proie, gros comme un pigeon, hardi, & de ia couleur d’un faucon. L’émerillon est courageux. II poursuit la perdrix, la caille, & d’autres oiseaux plus grands que lui ; & de tous les oiseaux de proie, Fémerillon est celui dont le mâle & la femelle se ressemblent. Recueil des oiseaux de proie, p. I. ?. EMERILLON. Terme de Cordier._ Morceau de bois en forme de siflet, au bout duquel il y a un crochet de fer servant à câbler de la ficelle & autre cordage. EMERILLON- Espèce de canon médiocre, qui a de longueur trente-sept calibres, qui tire dix onces de fer, ou r;, onces de plomb, & se charge de quinze onces de poudre. Acad. Fr. f EMERILLONNE' , émerilhnnée , adj. [. Audacuha , fervent, exultant.} Prononcez émeriUmné. Qui a de la couleur. Qui a l’œil vif. (II est émerillonné. Elle est émerillonnée.) 0 Par allusion à Fémerillon, oiseau de proie, qui a l’œil vif ; Scarron a dit : Oïti , tu m’tu friponné Mon saur infriponnabìe , seìl émerillonné.'. Dom Japhet, acl. 2. sc. 1. 1 MER- 704 EMI EMERSION, s f. [Emersio.] Terme à'Astronomie. II se dit quand une étoile commence a par01- tre , étant sortie des raïons du Soleil qui empêchoient qu’elle ne fût vûë auparavant. Acad. Fr. t EMERVEILLE', adj. [Admirans.] II est un peu vieux, & l’on se sert plus souvent á'étonné. , , .... II est émerveillé , Comme en fi peu de jours il a tant travaillé. Rampale , Poës. idile 4.) f S ! émerveiller , v. r. [Admirari.] Ce mot est un peu vieux, & veut dire s’étonner , qui n’est plus en usage. (On s’émerveille d’entendre tant de choses. On doit s’émerveiller de toutes ces grandes actions.) í EMERUS , / m. Arbrisseau dont il y a deux espèces. Leurs feuilles font un peu laxatives. EMETIQUE , / m. [ Emeticum. ] Sorte de remède fait d’antimoine préparé , & qui provoque le vomissement, & qu’on donne quelquefois dans les maladies violentes & périlleuses. (Donner de l’émétique. Prendre de l’émétique. L’émétique est aujourd’hui fort en usage parmi les Médecins.) í EMEU, / m. Grand oiseau des Iles Moluques. Sa graisse est emolliente & résolutive. EMEUDRE- Voïez Emoudre. EMEUTE,//- [Seditio, turba.] Sédition. (Apaiser une émeute. Vaug. Quint. I. 7. Craindre une émeute. Vaug. Quint. 1. 5. c. 12. ) EMEUTIR , v. n. [ Exonerare ventrem , egere Jlercm.] Terme de Fauconnerie. II ne se dit que des oiseaux de proie , quand ils se déchargent de leurs excrémens qu’on apell eemeus. EMIER, v. a [ Friare , cotnminuere in micas. ] Mettre du pain en mie. (Emier du pain. Pain émié.) Ç EMIETER, v. a. Le même qu 'Emier. (Emie- ter du pain. Du pain emieté.) Vianet. f EMINE , / f- Espèce de grande mesure de grains, qu’on apelle plus ordinairement Hemine. EMINEMENT, adv. [Eximiè , ernìnenter. ] Terme de Métaphysique. En un degré éminent. (Posséder une chose éminement. EMINENCE,,// Petite hauteur. ( L’ennemi se posta sur une éminence. Abl.') * EMINENCE. ( Eminentia. ) Titre qu’on donne aux Cardinaux. ( Son Eminence paroît à la tête de la plupart des ouvrages qu’on met au jour. God. épi - tre au Card. de Richelieu.} Mr. de Balzac a remarqué dans son Socrate Chré~ tien , pag. 249. que les Eminences ont été reqûës en ce Roïaume : mais les Emìnentijjhnes , les Excellentis- Jtmes , n’ont point encore passé les monts. Lors que Monsieur le Cardinal du Perron vint de Rome, après la négociation de Venise, il en aporta Vlllujlrif- fim-e Cardinal , la Seigneurie llhistrijjhne : mais personne n’en voulut, &c. En ceci, comme au reste, Monsieur le Cardinal dé Richelieu a été plus heureux que ses compagnons , àc. EMINENT, éminente, adj. [Eminent.] Haut. (Lieu éminent.) * EMINENT, éminente. [ Eximìm , prastans.] Grand : élevé : considérable par fa grande qualité ou dignité. (Un rang éminent. Une qualité éminente. Ce sont des personnes éminentes en honneurs, en biens, & en dignitez. Ce sont des hommes éminens en doctrine & en sagesse. PaJ'c. 1. Vertu éminente. Voit. I. 12. ) Péril éminent. Danger éminent , & non pas imminent. [Periculum imminens.] Vaug. rem. C’est-à-dire, danger qui nous menace, qui est prêt à nous acabler. EMINENTISSXME , adj. [EminentiJJìmus.] Ce mot se dit des Cardinaux, & signifie très-excellent, très- considérable , trés-éminent. (L’Eminentiffime Cardinal de Richelieu a été encensé de tous les bons Auteurs de son tems, parce qu’il leur faisoit du bien à tous. ) L’Eminentiffime Cardinal de Noailles Archevêque de Paris , a aprouvé les réflexions du P. Quesnel sur le- Nouveau Testament. í EMIONITE , / /. [ Hemìonitis .] Plante pectorale, un peu astringente, & vulnéraire. EMIR, / m. C’est un nom de dignité que les Mahométans donnent à ceux qui sont parens, & qui font décendus de Mahomet , qui sont chez eux en EMO grande vénération, & qui ont seuls le droit de por, ter un turban verd. EMISSAIRE,/ m. [Explorator , emiffariw.] Celui qu’on envoie pour epier. Celui qui a des ordres secrets pour voir ce qui sc passé, & en faire son ra- port à la personne qui l’aenvoïé, ou qui lui adonné ordre d’observer. (Un tel étoit des émissaires du Cardinal de Richelieu. Elle envoïoit dans les maisons des émissaires. Maucroix , schisme , l. 5. Le bouc Emissaire de l’ancienne loi. Saci.) EMISSION, / / [ EmiJJìo , mijjìo , projefíio.J Terme de Phijique. Action de pousser quelque chose hors de soi. (On croioit autrefois que la vûë se faisoit par l’émiffion des raïons. (Les Religieux disent, ce Novice n’a pas encore fait l’émiffion de ses vœux. [Nondztm vota emifit.] Voïez la colonne ENM. S) EMMENER, v. a. [Abducere. ] C’est ainsi que je crois qu’il faut écrire ce mot, & non enmer.er . J’avouë que nous avons des Lettres inutiles dans plusieurs mots : mais il ne faut pas un retranchement st général quand il n’est point nécessaire. Mr. Ménage a fait une observation fur le mot enmener , qui n’est pas inditerente : ,, Quand on veut ( dit-il ) sc défaire ,, de quelque personne , on dit, emmenez cet homme. „ II faut remarquer que lors qu’on use de ce mot em. ,, mener , on ne nomme jamais d’endroit : on dit, „ voilà un homme que les archers emmenent au Fort - ,, l’Evoque. 11 est encore à remarquer , que qui diroit ,, à quelqu’un qui seroit prêt de faire un voïage , em- „ menez-moi , parleroit très-bien , mais qui lui diroic, ,, emmenez-moi avec vous, parleroit très-mal. On dit „ par une faqon de parler proverbiale, mon prisonnier ,, m’emmene ”. EMOELER. [Emedullare.] Oterlamoële. Pomey. EMOLLIENT , émolliente , adj. [ Emolliens. ] Terme de Médecin. II signifie, qui amolit qui adoucit. (Remède émollient. Deg. Décoction émoi- liente. Plus un petit clistére insinuatif, préparatif & émollient, pour amollir, rafraîchir & humecter les entrailles de Monsieur. Mol. EMOLUMENT , f. m. [ Lucrum , émolument tum.j Terme de Pratique. Profit & gain qui revient du travail qu’on a fait. ( Emolument considérable. Maucroix , schisme, l. 2.) EMONCTOIRE. [EmunHorium.] Quelques Chirurgiens font ce mot féminin , mais la plupart le croient masculin. Terme d e Chirurgien. Glande pour la décharge des parties nobles , & qui en attire les humeurs superflues. (Les reins sont des émonctoires.) EMOND, / m. [ Edmundm .] Nom d’honime. (Emond Pourchot est l’Auteur d’une excélente Philosophie. ) EMONDER, / m. [ Intercidere , castrare , de* putare. ] Terme de Jardinier. Couper les grosses branches d’en-bas d’un arbre, pour en faire un aibre de belle tige, & cela parce qu’elles consumeroient une partie de la séve , au lieu qu’elle doit montera la tête pour alonger & fortifier l’arbre. (Quand les sauvageons commencent à former leur tige, on les doit émonder & couper leurs branches.) En général Emonder un arbre. [Decerpere rantos.] C’est en ôter les branches superflues. EMONDES -, f pi- [ Decerpti ramì. ] Ce sont les branches qu’on coupe fur le tronc des arbres, pour en faire des fagots pour brûler.. EMORAGIE. Voïez Amorragie. t EMORCELER, v. a. Réduire en plusieurs morceaux. Mais il n’est guère en usage. On dit qu’une pierre s’émorcele lors qu’elle se rornt, & qu’il en tombe de petites pièces. On dit, etnorceler une ter - re $ c’est la diviser en plusieurs pièces. EMOTION,//. [Seditio, tumultw.] Trouble. Sédition. (Exciter des émotions. Apaiser une émotion. L’émotion est assoupie.) * EMOTION. [Trepidatio.] Crainte : trouble : éfroi : tremblement. ( Cela me donnoit quelque émotion. Voit. I. 9. EMOTION. [ Pulsm srequens. ] Ce mot se dit entre Médecins en parlant de fièvre, & signifie quelque ressentiment de fièvre. (Ila encore un peu d’émo- tion. ) EMOU. EMO EMOUCHER , ». a. {Muscat abigere.] Chasser les mouches. (Emoucher un cheval. Cheval émou- ché. Cavale émouchée. On dit aussi d’un écolier fouetté, qu’il a été bien émouché.) EMOUCHOÏR, s m. ['Injlragulum retiariumé] Sorte de couverture qui est de chanvre, qui est teinte & faite de rai seaux, avec des volettes au bas , qu’on met fur le dos des chevaux de caroffe. 11 y en a qui l’apellent émouckette. C’est aussi un instrument servant à chasser les mouches. ËMOUDRE , émeudre , ». a. [ Exacuere , procu- dere.J Passer fur ia meule. Plusieurs Couteliers de Paris, disent entendre, pour émoudre. , quoi qu’ils disent un rasoir émoulu : mais d’autres se servent d’c- moudre , & condamnent émeudre. On croit que ceux- ci ont raison, & qu’il faut dire émoudre avec eux & avec tous les honnêtes gens , & non pas émeudre. (Emoudre un couteau, des ciseaux.) EMOULEUR , s m. {Samìator , ferrì exacuendi opi- fex. j Celui qui gagne sa vie à émoudre des couteaux, ciseaux , serpes , & autres choses qu’on émout. Voïez tìagne-petit. î EMOULU , ui , part. Qui est aiguisé, afilé , Pointu. Combatre à fer émoulu , c’est au propre & au figuré, combatre tout de bon & à outrance. £ On dit d’un homme bien préparé sur une matière qu’il a aprofondi depuis peu de tems, qu’il en est frais émoulu. EMOUSSER, ». a. [Qbtundere , hebetare.j Otet la pointe. Défaire la pointe d’une chose aiguë. Gâter la pointe d’une chose qui perce, & qui est aiguë. (Etnoulser la pointe d’un couteau ou d’une épée : émouffer un canif.) * EMOUSSER. {Hebetare.] Au figuré, il se dit de Pesprit, & signifie hébêter, rendre stupide, ôter la vivacité de l’esprit à une personne. (II y a une certaine critique pedantesque , qui émoustè l’esprit, & c’est elle qui a émouffé le peu que le petit visionnaire.... en avoir reçû de la nature.) On dit de même , esprit émouffé , {obtuj’um ingenium. ] EMOUSSER, ». a. s Emuscare arbores.] Terme de Jardinier. Oter la mousse des arbres. (II faut avoir foin d’émouffer les arbres , & fur tout les poiriers , parce que la mousse y fait un grand désagrément. Quint. Jard. fruit. t. 1.) EMOUVOIR, ». d. II vient du Latin Emovere , commovere. ( Emouvoir une cloche : émouvoir un pieu qu’on veut arracher.) 0 Le terme émouvoir est smonime avec troubler , exciter. Emouvoir , marque un commencement d’agita- tion & de mouvement, & Mr. Despreaux a, ce me semble, mal placé ce mot, Sat. 6 . Tandis que dans les airs mille cloches émû'ës, D’un funèbre concert font retentir les nu'ès . Les cloches émitis , sont celles que l’on commence à ébranler. EMOUVOIR. {Excìtare, agitaré.] Agiter. (Le Soleil émeut les vapeurs. Les vents émeuvent la mer, îe fable , la poussière.) * EMOUVOIR, ». a. {Excìtare, mòvere.] Au figuré, il signifie toucher: exciter. J’émeus , tu émeus, il émeut , nous émouvons , vous émouvez , ils émeuvent . J’ai émit , f émus. ( La raison ne peut Pémouvoir. R.ac. ipbig. a. %. sc. 1. C’est dans la péroraison que celui qui parie en public, doit émouvois Ion Auditeur. Emouvoir les passions. Les injures émeuvent la colère. Vanimal qui parfit, rend tous mes sens émus, II n’est pas dans le monde Un plus hideux visage, Bours. Esope. ) EMOUVOIR le peuple. ^ [Populum ad sedìtîonem mó- vere.] C’est le pouffer à la sédition. EMOUVOIR. [ Commovere. ] Troubler un peu la santé, l’alterer. (En l’état 011 vous étés, il ne faut rien pour vous émouvoir. Mol. mal, imaginaire , a, 2. sc. 2.) EMOUVOIR. [ Alvum ciere.] Terme qui se dit entre Médecins , en parlant de purgations , & qui signifie lâcher le ventre. (Ainsi ils disent : il estdificile à émouvoir. Elle est facile à émouvoir.) S’émouvoir , v. r. {Moveri ,tangi.] Se sentir émû. Etre touché. Je m’émûs , je me fuis émû. (II commence à s’émouvoir. II a été émû à la Tragédie. Ií s’est laissé émouvoir aux pleurs de la perfide.) EMP y 05 S’émouvoir . {Turbarì , commoverì.] Se troubler. A son bruit merveilleux , Vair s’émeut gif se fend. Arn. poème fur la vie de Jésus-Christ.) S’émouvoir. [Seditionem movereé] Se soulever. Se porter à la sédition. ( Le peuple commence à s’émouvoir.) Prononcez comme un a 1 '-- de la prémiére silabe des mots de cette colonne. EMPAILLER , ». a. ['Instruere palets.'] Terme de Natier. Couvrir une chaise de paille. (Empailler une chaise.) EMPAILLER, v. a. Ternie de Jardiniers. Ils le disent des cloches, quand ils mettent un peu de paille entre deux, en les emboîtant les unes dans les autres , pour les emporter & les serrer jusqu’à Pannes suivante. (Empailler des cloches.) EMPAILLEUSE , f f {Palearum instruffrix.] Celle qui couvre la chaise de paille. (Porter des chaises à rempailleuse.) H On apelle auffi Empailleurs , les maîtres Natiers & les maîtres Tourneurs de Paris. EMPALEMENT , f. m. [Pâli traduHìo .) L’action d’empaler. (L’em paiement est un cruel fuplice.) EMPALER , ». a [Per médium hominemstipidem adigere.] Sorte de fuplice qu’on fait soufrir parmi les Turcs , & qui consiste à faire passer une eí’péce de pieu fort & aigu, au travers du corps d’une personne, en prenant depuis le trou du cu, & poussant droit jusques au eou , ou à fa tête. (Empaler quelcun. ) EMPAN, f m. {Palmus major, stithama.] Ce mot vient de l’Alemand. C’est à peu' près le palme des Latins. Sorte de mesure qui se fait par Fexten- sion du pouce & des doigts opoíëz , & qui est de la longueur d’environ les trois quarts d’un pié. EMPANACHE' , empanachée , adj. [ Plumatilìbw cryjììs ornatus. (Tous les Cavaliers, de ce Carouíèl étoient fort bien empanachez.) EMPANACHER , ». «. {Plumas asciscere , pluma - tìlibrn crystis ornare. ] Garnir- de panaches , de plumes. EMPA N O N, /■ m. {Canterìw minoré] Terme de Charon. Deux pièces de bois d u train de derrière du carosse , qui font atachées à l’un & à l’autre côté de la flèche, qui passent fur l’essieu , & qui débordent hors du train de derrière. C’est aussi un terme plus général de Charpentier. II signifie des pièces de bois qu’on met en divers endroits, pour en soutenir quelques autres. ^ EMPAQUETE', part. On le dit au propre de tout ce qui est mis en paquet. On le dit aussi fig. des personnes qui font pressées dans un carosse ou dans une autre voiture. (Nous sommes empaquetez dans ce carosse.) EMPAQUETER, v. a. {Colligere , consarcinare.] Mettre en paquet. (Empaqueter du linge sale : empaqueter des bardes. Jtdotre défunt étùit en carosse porté , Bien & dâèment empaqueté, Et vêtu d’une robe , hélas ! qu’on nomme bière. La Pont.) f S’EMPAQUETER , signifie auffi s’envelopet. (II s’empaquete dans ton manteau. Cette femme s’empa- quete dans ses cosses.) 0 ” EMPARAGE'- Dans les Coutumes d’Anjou & du Maine , on apelle emparagée , une fille qui est mariée, comme dit Ragueau , à son pareil en noblesse {f maison , U selon son état U qualité » D’autres Coutumes se servent du mot apparage. 0 EMPARCHER. C’est dans la Coutume de Bretagne, art. 41g. de la nouvelle, arrêter une bête que l’on trouve dans son fond & en dommage : ,, & ,, si on ne pouvoir trouver le maître ou celui qui ,, les auroit emparchées, on pouroit bailler gage ,, mort à celui ou celle qui seroit demeurée à Phôtel, ,, & mener les bêtes fans tort fait S’EMPARER, ». r. {jVicapere, occupare.] Se saisir d’une chose. S’empárer de PEmpire, du Roïau- me , de l’Etat. (II s’est emparé de tout le bien de ses voisins. Les ennemis Te font emparez de la meilleure de nos villes frontières.) * S’ËMPARER de l’esprit de quelcun. ( L’amour s’est empare de son cœur. La crainte s’empara d’a-> bord de tous ses esprits.) Tome I, U u u u 70 6 EMP EMPASME, s tu. [Empasma.il Terme de Pharmacie. Poudre qu’on répand fur tout le corps pour causer de la démangeaison. Acad. Fr. t EMPASTELER , D. a. [ Glasto medicare , insi- cere, intingere.) Terme de Teinture. Donner le bleu aux étofes par lemoïen du pastel, t EMPâTE', empâtée, adj. [Gypsattu , inquinatus, glutinatus.) Qui est plein de pâte. (Elle a les mains empâtées.) EMPATEMENT, f m. [ Basts , pes. ] Terme d’ Arcbìteflure. Epaisseur de Maçonnerie , qui sert de pié à un mur ; ses fondemens, íâ partie la plus basse. On apelle aussi empâtement d’une grue les pièces de bois , fur lesquelles elle est élevée. Acad. Fr. EMPATEMENT, f m. [Basts , pes A Terme d ’Ar- sbíteHurc. Ce qui sert de pié à quelque chose. Le fondement ou la partie la plus basse. (L’empatement d’une muraille.) II signifie aussi le talus ou le pié d’un rempart qui le soutient, & qui empêche qu’il ne s'é- boule. EMPATER, ». a. [Glutìnare, inquinare.) Rendre pâteux. 11 ne se dit que de la bouche & de la langue. (Cela m’a tout empâté la bouche. Cela empâte la langue.) EMPaTER , v. a. [ Densare , saturare , inducere. ] Terme de Peintre. Mettre de la couleur grassement. Mettre des couleurs chacune en leur place fans les noïer. (Un tableau bien empâté de couleurs. Cette tête fi’est qu’empâtée.) EMPATER, v. a. [Pedes adderc, fingere.) Terme de Cbaron. Faire les pâtes des rais des roués. (Empâter des rais.) EMPATURES, f f. [JunHurœl] Terme de Marine. Jonction de deux pièces de bois mises dans un vaisseau à côté l’une de l’autre. Acad. Fr. EMPAUMER, "c. a. [Palma feu volâ exciperel} Donner avec la paume de la main. ( Empaumer un fòuflet.) t EMPAUMER. [Comprehendere.) 11 signifie aussi serrer avec la main. (II est si fort, que quand il a une fois empaumé une chose, on ne la lui sauroit arracher.) t * EMPAUMER. [ Inefcare. ] Se rendre maître. Gagner par adresse & cajolerie. (Le traître a empaumé son esprit. Mol.) f * EMPAUMER une afaire. C’est la bien prendre, la bien manier. H EMPAUMER la voie. On le dit en termes de Cbajfe , des chiens qui rencontrant la piste, la suivent & l’annoncent par leurs abbois. f * On le dit en ce sens , d’un homme qui dans une délibération , dans une conversation saisit vivement une idée, une ouverture, la suit vivement & tâche d’y faire entrer les autres. EMPAUMURE , f f [Palma, vola .] Terme de Gantier. La partie du gand qui prend depuis la fente des doigts jusques au pouce , & qui couvre toute la paume de la main. EMPAUMURE. [ Cervinorum cornuum ìn digitatam palmam destgnatio .] Terme de Cbajfe. C’est le haut de la tête d'un vieux cerf, & d’un vieux chévreuil, qui est large & renversée, où il y a trois ou quatre andouillers, ou plus. Sal. EMPECHEMENT, /• m. [Tmpedìmentum , moral) Tout ce qui empêche qu’une chose ne s’exé- cute. Obstacle. (Le Pape par fa dispense avoit levé l’empêchement de l’afinité. Maucroix, schisme, l. i. Je suis empêché d’un empêchement , dont le nom n’est pas fort honnête. Vaug. EMPêCHEMËNT de mariage. Les Canonistes re- connoissent deux fortes d’empêchemens par raport au mariage : les uns n’ont aucun éfet quand le mariage est consommé : le vœu simple est de cette elpéce : îes autres font apellez dirimans , parce qu’ils rendent ie mariage nul, quoique consommé. Les empêche- mens du mariage font fondez ou fur le droit divin, ou fur ie droit naturel, ou fur le droit civil & fur les Ordonnances de nos Rois , ou fur les Constitutions de l’Egtise. Voïez Mr. Duperray , Traité des dispenses de mariage. Deux empêchemens diferens peuvent fe rencontrer & empêcher le mariage de deux personnes , comme, s’il y a un empêchement de consan- guinité du côté paternel, & un semblable du côté maternel ; íl y a encore un double empêchement de EMP compaternité, quand on a tenu sur les fonts de ba- terne, des enfans l’un de l’autre. On compte quatre degrez de consanguinité ou d’afinité , à lavoir ; les freres & sœurs font le prémier degré les cousins germains , le second ; les cousins issus de germain, le troisième ; & les enfans de ce dernier, le quatrième. 11 y a une espèce particulière d’empêchement d« mariage , que l’on apelle honnêteté publique & de justice, laquelle provient d’une aparence d’afinité qui fe rencontre entre le fiancé & la sœur de la fiancée, en sorte que si la fiancée meurt avant la consommation du mariage, le fiancé ne peut pas en épouser la sœur , sans dispense , que l’Ûrdinaire acorde facilement. EMPECHER, V. a. [Impedire , obftare, distinere, occupare .] Mettre empêchement : embarasser : détourner de faire'quelque chose. ( J’empêchai qu’on ne l’emmenât prisonnier. Empêcher la délivrance d’un legs. Le Malt. Empêcher de prendre une ville. Vous m’empêchez de travailler. Le vent contraire empéchoit le vaisseau d’entrer dans le port. Les digues empêchent les inondations.) fst Mais est ce bien dit, Que vous m’empêcheriez, Monsieur , s vous m’ordonniez de chercher une comparaison qui représentât parfaitement F impertinence de celle-ci ? Le mot empêcher est-il en fa place, & Mr. Costar n’a-t’il point dû mettre , vous m’embarafferiez fort, plutôt que vous m’empêcheriez ? Le verbe empêcher pré- suposc un obstacle, une oposition à quelque action. Mais Malherbe a dit dans un sonnet : II n’est ennui st grand que celui que fendure, Et la feule raison qui m’empêcne la mort, C’est la doute que j’ai que ce dernier éfort Ne sût mal emplo'ië pour une ame st dure. EMPêCHER est là de même très-mal placé ; empêcher la mort , pour, empêcher de mourir, n’est pas fìi- portable. S’empêcher, v. r. [Abstinere, confiner e, recusare .J S’empêcher l’un l’autre. (II ne pouvoit s’empêcher de rires c’est-à-dire, s’abstenir de rire. Jeunes cteursfont bien empêchez A tenir leurs destrs cachez. La Font.) EMPEGNE , f /• [ Superius calceì corium , ob- straguìum , tegmen.) Terme de Cordonnier. Tout le dessus du soulié. (Une bonne empégne de soulié. Lever une paire d’empégnes fur une peau.) t EMPELOTE', adj. [ Prafocatus. ] Terme de Fauconnerie. 11 fe dit d’un oiseau qui ne peut digérer ce qu’il a avalé. On lui tire ce peloton avec un fer, qu’on nomme desempelotoir. EMPENELE, s /• [Brevior ancora.) Terme de Mer. Petite ancre qu’on mouille au-devant d’une grosse. EMPENELEER. [Addere breviorem ancoram.] C’est mettre une petite ancre au-devant d’une grosse , pour empêcher celle-ci de se casser. Acad. Fr. t EMPENNE', empennée, adj. [Pinnatus, pen- natvu .] Vieux mot, qui se disoit des flèches & ma- tras, ausquels on mettoit des plumes pour les mieux conduire dans l’air. Voïez DéJ empenné. On le dit, dans le Blason, d’un javelot qui a ses ailerons. EMPEREUR , f m. [ Imperator. ) Prononcez Ampereur, & faites la seconde silabe fort breve. Parmi les anciens Romains, le mot $ Empereur lignifiait Général d’armée après quelque bel exploit. Ce mot parmi nous, signifie aujourd’hui la prémiére & souveraine dignité temporelle. (On ne connoit dans le monde que deux Empereurs , celui d’Orient & celui d’Occident.) EMPEREUR. Poisson fort grand , qui a le museau fait en épée, ou en couteau, qui n’a point de dents, qui a le corps rond, & huit ornes de chaque côté. Rond. EMPESAGE, J'- ra. [Amylì dilutio.) La manière d’empeser le linge. (L’empesage de ce linge est trop fort. II signifie aussi la peine qu’on prend à empeser, & ce qu’on donsle pour cela. L’empesage coûte tant.) H EMPESE', ée, part. On Je dit fig. des personnes qui ont un air trop composé & des manières trop afec- técs. (Un homme empesé , une femme empesée.) $ Sti/e empesé. C’est un stile où il y a trop d’afecta- tion, d’exactitude & de régularité. EMPESER, v. a, [ Impìcart , amylo lintea ìm- buers .J EMP buere.} Prononcez arnpesé, & faites la seconde silabe brève. Mettre de l’empois dans le linge pour le reh- dre ferme. (Empeser le linge. Ce- mot d 'empeser a encore une autre lignification un peu gaillarde. On dit, en termes de Marine , empeser la voile , ou la mouiller.) EMPESEUR , s m. [ ’Lineariussubacîor,} , Oficier qui a foin d’empeser le linge du Roi. * EMPESEUSE ,s s. [ LineariaJubaflrix .] Celle qui empèse. (C’eít une bonne empeseuse.) t EMPESTE'’ , empesée , adj. [ Pejîe luberans. ] Qui est infecté de peste. II ne se dit guère en ce sens. (Une ville empestée ; c’est-à-dire, infectée de peste.) * EMPESTE' , empesée, adj. f Malè , graveolens.} Qui sent très-mauvais ; (Fi, ne m’aprochez pas, vôtre haleine est empestée. Mol.) t EMPESTER, v. a. [Peste ìnficere .] Ce mot, au propre, signifie donner la peste, communiquer la peste à quelque personne , ou à quelque lieu. (Un vaisseau venu du Levant a empesté cette ville. (Mais il n’est guère en usage en ce sens. On dira plûtôt, il a infecté cette ville, il a aporté & communiqué la peste dans cette ville. EMPESTER , v. a. [Gravi U fatido oâore ìnficere.'} II se dit en parlant des mauvaises odeurs. (Quand on cure cet égout, il empeste toutes les maisons voisines.) EMPETRER, v. a. [Impedire crura , prœpedire , intricare, in tricot conjicere.} Lier la jambe d’un cheval, ou autre bête qu’on met en pâture, & cela avec son lien. (Empêtrer un cheval, un âne, &c.) S’EMPêTRER, v. r. [In tricot conjicere se.} S’em- barasser dans les traits. S’embarasser dans quelque chose, s’y prendre, & y être arrêté. (Cheval qui s’est empêtré, il le faut dépêtrer.) II se dit figurément. Cet homme s’est empêtré d’une femme. Mot bas. Je jurerois que les enchanteurs qui me poursuivent, ont résolu de m’empêtrer dans ces filets, & d’arrêter mon voïage. D. Q uichote, t. 4. EMP ET RUM -, f. m. [Empetrum.} Plante, qui selon Dioscoride, étant prise dans un bouillon, ou dans de l’eau mielée, évacué le flegme, la colère & les aquo- sitez. Elle croît aux montagnes des lieux maritimes, & elle a un goût salé. Acad. Fr. f EMPETRUM. II y en a deux espèces. La seconde croît en Portugal dans les lieux sablonneux. Son fruit est propre pour désaltérer les fébricitans. EMPHASE, s. f. U vient du Grec emphase. Prononcez ansaze. Expression énergique, qui souvent laisse plus à penser qu’elle n’exprime. (II y a de i’emphase dans ce discours. Mots qui font pleins d’emphase. Abl. Notes fur César. II réprime des mots Vambitieuse emphase, Ici le sens le choque , U plus (à ces la phrase. Benserade.) EMPHATIQUE , adj. [Empbaticus , vehemens , magnifient.} Qui a de ['emphase, qui a de l’énergie, qui est significatif & expressif. (Faqon de parler emphatique : termes emphatiques: c’est un rien emphatique: expression emphatique.) EMPHATIQUEMENT, adv. [Vehementer , exaggera - tè, magnifiai ] D’une maniéré emphatique. (S’expri- mer emphatiquement.) EMPHITE'OSE, / /•, [ Emphiteuss .] Terme de Palais. Bai! à longues annees, qui va jusques à cent ans. (Une longue emphitéofe.) EMPHITE'OTE , f m. [Empbiteuta , emphiteuticm colonw.} Terme de Jurisprudence. Celui qui a pris une emphitéofe, ou un héritage à longues années, ou à perpétuité. EMFHITE'OTIQUE, adj. [Emphiteuticm,} Terme de Pa’ais. Qui est à longues années. (Faire un bail emphitéotique.) EMPIETANT , adj. m. [Apprehendens pedibrn.} Terme de Blason , qui se dit de l’oiseau, lors qu’il est fur fa proie, & qu’il la tient avec ses serres. EMPIETER , ©• a. [Usurpare.} Usurper. ^ Etendre quelque chose d’autrui. (Empiéter fur Théritage de son voisin ) EMPIE'TER, v. a. [Prœdant ungutbus illigare , inur- gere.] U Ce dit des vautours, & lignifie enlever la proie. (Empiéter la proie.) £MT 707 * EMPIE'TER. [Vindicare , tribuere sbi.} I! s e dit figuré. (Exemples: empiéter fur le droit, iur í’au torité de queìcun : empiéter fur la jurisdiction d’un autre.) au EMPIFRER, v. a, 11 ne se dit qu’avec le pronom personnel, [Ingurgitare se,} s’engraiffer à force de manger. (Cette femme s’est empifrée par la bonne chère.) EMPILER) v. a. [Acervare , cumulare.} Terme de Marchand de bois. Mettre en pile , des ais , du bois. (Ais empilez. Bois empilé.) EMPILER. Terme de Jardinier. C’est mettre du fumier en pile. Faire des mules de fumier. (Empiler du fumier. Le Curé d’Henouville , maniéré de cultiver les arbres.) EMPILER. II se dit des Marchandises. (Empiler des étofes : empiler des livres, &c.) EMPIRANTE, / f- [Defefíus, detrìmentum, in- tertrimentum.} On apelle de la forte toutes les diminutions qui peuvent être pratiquées dans la Mo- noie , soit pour le titre , le poids, la taille & la valeur. [f Les Souverains peuvent empirer leurs monoïes en diférentes manières : i°. en diminuant le poids des espèces d’or dans {humeur où il es, ,, ou, en {humeur où il es. On met en & dans avec „ tout, soit qu’il y ait un article, soit qu’il n’y en ait ,, point, dans tous les lieux, dans tous les tems ; en ,, tous les lieux, en tous les tems, On met auffi en & „ dans devant les adjectifs de nombre, & devant ceux „ qui y ont raport, comme plusieurs, divers, chaque, ,, quelque : J’ai lû cela en un bon livre, ou dans un ,, bon livre ; en mille ocafions, dans mille ocqpons. Com- „ me des & de est le pluriel A’un en nôtre langue, un ,, livre, des livres, de beaux livres , on met en St dans „ devant des Sc de, comme devant un , en des livres ,, anciens, dans des livres anciens. II faut cependant „ remarquer, que quand on joint les adjectifs de nom- „ bre avec les noms de tems, comme font heure, jour , „ mois, année, Uc. on doit toûjours fe servir A’en, „ quand on veut marquer le tems qui s’emploïe à „ une chose. Par exemple : J'ai là ce livre en une „ heure ; & il y a des endroits où dans seroit un faux „ sens. Par exemple, fi je difois, Je ferai mon voya- ,, ge dans dix jours, pour dire , que je n’y emploirai ,, que dix jours, je parlerois mal, & ne me ferois pas „ entendre ; car dans dix jours, signifie, que je ferai „ mon voïage après que dix jours seront passez ; auffi „ les personnes qui parlent juste, ne disent jamais l’un „ pour l’autre, pas même en poésie ; & cette illustre „ fille, qui avoit tant d’tfprit & tant de vertu, qui ,, entendoit plusieurs lanpues, & qui favoit bien la „ nôtre, n’a pas manque de dire dans l’Ode t^u’elle „ a composée sur les conquêtes du Roi , St ou elle „ fait parler Mr. le Dauphin d’une maniéré digne de „ ce jeune Prince : “ Déja cent places de marque, Au seul nom de ce Monarque , A sa clemence ont recours , Et mille guerriers illustres N’auraient pas fait en dix lusres, Ce qu’il a fait en dix jours. „ On peut mettre en & dans devant les pronoms de* ,, monstratifs, ou personnels, comme ce, cet, celui, „ fi, nous , Ççfc. ou dérivez, comme son, nos, notre , „ quel, quelque, tel, &c. 11 ne faut qu’ouvnr les livres , pour trouver des exemples de tout cela en prose & en vers. II y a pourtant des endroits ou l’un est mieux que l’autre : mais il est dificile de „ les marquer tous, & l’usage seul peut aprendre ces „ distinctions délicates. II y a des endroits ou en „ ne seroit pas fi bien : quand il s’agit d un lieu ou Ton met quelque chose, nous nous servons d ordi- naire de dans ; ll a ferré cela dans son castre , dans , fa cassette , dans son cabinet. II y a auffi des en- droits où dans ne vaut rien. Par exemple, quoi- „ qu’on dise , rentrer en soi-même, & , rentrer dans soi-méme , on dit toûjours, penser en soi-mtme ; & „ qui diroit, même en vers, je pensoh dans moi- „ mime, parleroit mal. II est vrai qu a parler en „ général, la Poésie a plus às liberte que la Prose ; „ & à l’égard de ces prépositions, il ne faut pas u „ fort chicaner les Poètes, qui ont souvent beloin „ d'élifions pour la mesure de leurs vers. En e lt d’un grand secours, où dans seroit incommode : „ mais après tout, les licences des Poètes doivent „ avoir des bornes ; & i! y a des réglés de Dram- „ maire , dont la Poésie ne dispense pas, auffi les „ bons Poètes qui font tout ensemble bons Uram- EN 711 „ mairîens, ne s’en dispensent jamais ; ils ne se per- „ mettent rien contre la langue, quelque liberté qu’ils „ donnent à leur imagination ; & (si j’ose parler ainsi) „ le langage des Dieux ne les empêche pas de par- „ 1er François. Au reste , quoiqu’on puisse mettre ,, quelquefois en & dans indiféremment devant un „ mot, s’il y a plusieurs mots semblables dans la „ même période, & que ce soit le même sens, le „ même ordre, & la même fuite de discours , aïant ,, mis dans au premier mot, il ne faut pas mettre en ,, au second ; l’unifbrmité demande que dans régne „ par tout. En voici des exemples : (C’est un Dieu „ fidèle dans ses promesses, inépuisable dans ses bien- „ faits, juste dans ses jugemens. Ce grand Prince ne ,, possède pas seulement les vertus morales, mais en- ,, core les chrétiennes ; il n’est pas seulement juste ,, dans ses guerres, généreux dans ses combats, clé- „ ment dans ses victoires, modéré dans ses triom- ,, phes ; mais il est ennemi de tous les vices, &c. „ La gloire d’un Souverain consiste bien moins en la „ grandeur de son Etat, en la force de ses citadel- „ les, & en la magnificence de ses Palais, qu’en la „ multitude des Peuples ausquels il commande.) J’ai „ dit, quand c’est le même ordre & le même sens ; „ car autrement, on peut varier, & on doit le faire „ en certains endroits : (II passa un jour & une nuit ,, entière en une si profonde méditation, qu’il se tint ,, toûjours dans la même posture. On ne trouve „ point qu’il soit jamais demeuré si Iong-tems ataché „ en une même place, ni dans un si profond ravisse- „ ment d’esprit que cette fois-là.) Une Jì profonde „ méditation, un f profond ravissement , font d’une „ autre espèce , qu ’une même posture, une même pla~ „ ce, & c’est pour cela quel’Auteur a mis, dans une „ même posure , après en une même place. Pour peu „ qu’on sqachs ce que c’est qu’exactitude en matière -, de stile, on voit bien que ce seroit tout au moins „ une négligence de dire, ll passa un jour U une ,, nuit entière en une s profonde méditation , qu’il se „ tint toûjours en une même posure s on ne trouve „ point qu’il soit jamais demeuré fi long-tems ataché en ,, une même place, ni en un Jt profond ravissement d’es- „ prit. Cette négligence est échapée, je ne sçais „ comment, à un Auteur très-exact : Le Titien n’eut „ pour maître , qu’un Peintre médiocre, Çf cependant „ il surpassa tous ceux de fx profession en {agréable „ mélange des couleurs , U en {amour qui régné en „ ses ouvrages. La dernière justesse voudroit, dans ,, ses ouvrages, après en {agréable mélange des couleurs, „ en {amour. Un autre Ecrivain fameux est tom- ,, bé dans la même négligence ; Toutes les amitiez ,, humaines feront anéanties par la mort, U nous en- „ trerons tous , dans ce moment, dans une solitude éter~ „ neBe ; ou nous entrerons tous, dans ce moment , en ,, une solitude éternelle. Et cela est si vrai, que les „ Poètes qui savent la langue, n’y manquent pas, „ quand la mesure ne les oblige point au contraire. “ Sur tout , qu’en vos écrits la langue révérée, T/ans vos plus grands excès vous soit toûjours sacrée. ,, Un Poète qui négligeroit l’élocution, & qui ne „ seroit pas exact, pouroit dire, en vos plus grands „ excès , comme m vos écrits ; mais parce que ces „ deux choses font de diférente espèce, & qu’il est ,, à propos de les distinguer , l’Auteur de l’Art Poë- 3 , tique dit, en vos écrits , dans vos plus grands excès; 3 , & une marque qu’il a eu cet égard, c’est qu’il dit „ en un autre endroit: " Sóîez vif pressé dans vos narrations ; Soiez riche b pompeux dans vos descriptions, „ II met dans à narrations & à descriptions parce „ que narrations & descriptions font de même espèce, „ & dans le même ordre. Que s’il dit, en failànt la „ peinture d’un jeune homme, “ Est vain dam fes discours , volage en ses destrs, „ il en use ainsi pour la mesure du vers ; & c’est „ proprement dans ces ocafions que les Poètes peu- „ vent faire ce qu’il leur plaît. II y a des endroits „ où l’on pouroit faire en prose ce (ju’on fait en vers : „ mais à parler en général, la régularité demande „ que ce qui est de même nature & dans le même „ ordre du discours, s’exprime de la même manié- 7i 2 EN A „ re ; & Mr. Patru cmi sait admirablement toutes les ,, régies de J'exactitude, n’y a pas manqué , en di- ,, saut : Ce cher parent que vous regretez, n’est point'à „ plaindre : sa carrière qui pouvoit être plus longue, ne „ pouvoit être plus belle , ni plus heureuse : il fut heu- „ reux dans fa naissance ; heureux dans fin mariage, „ en fes enfans , en ses emplois. Car naissance & ma- ,, riage, qui ont du raport, & pour la nature du fub- „ stantif, & pour le nombre singulier , sont sous la ,, préposition dans , comme & emplois, qui se ,, ressemblent, au moins par leur nombre, font fous „ la préposition en. Vans ou en par tout ne feroit ,, pas peut-être un si bel éfet ; & c’est en de fembla- ,, blés rencontres qu'u n peu de variété à bonne ,, grâce {f Je fuis persuadé que le Lecteur me sqaura bon gré d’avoir raporté la Remarque entière du P. Bouhours , fur l’usage de en & dans ; on n’en peut rien retrancher; & pour achever d’éclaircir cette matière, il faut raporter de même le Chapitre 117. du second tome des Observations de Mr. Ménage, dont on ne peut rien retrancher, parce que ce font des régies particulières , apliquées à des exemples qui fe présentent tous les jours- Le P. Bouhours a fait une remarque fur ces prépositions, dans laquelle il y a de bonnes choses , mais il y en a aussi quelques autres de mauvaises. „ On dit cependant toujours (dit-il, àlapa- ,, geq.8.) II est allé en l'autre monde, pour dire, qu'// „ est mort; & ce feroit mal_ dit, II est aié dans F autre „ monde, quoiqu’on dise également, Nos bonnesœu- „ vres nous suivent dans Poutre monde, & en Poutre „ inonde. Si par Vautre monde on entend la partie „ du monde nouvellement découverte, & que nous ,, apollons le nouveau monde , l’on diroit bien , dans Pâutre monde ”. Mr. Ménage n’étant pas satisfait de cette Remarque , dit : „ Notre Docteur se trompe ,. ici étrangement; on ne dit point aler dans; on dit „ aler en, ou , aler à, II est alé en Espagne , ou, en „ Italie , & non pas , II est alé dans l’Isiagne , dans „ FItalie ; II est ale' aux Indes , au Péroû, & non pas, „ II est alé dans les Indes , dans le Pérou ”. II continué ensuite sa critique : „ Le P. Bouhours dit à la pa- „ ge 4ç. L’Auteur de l’Art Poétique dit : Soiez vif 0 ? pressé dans vos narrations , Soiez riche 0 ? pompeux dans vos descriptions. „ II met dans à narrations , & à descriptions, parce „ que narrations & descriptions font de même efpéce „ & dans le même ordre. Que s’il dit, en faisant „ la peinture d’un jeune homme : Est vain dans fes {discours , volage en fes désirs. „ il en use ainsi pour la mesure du vers, & c’est pro- ,, prement dans ces ocasions que les Poètes peuvent ,, faire ce qu’il leur plaît,,. Mr. Ménage répond „ que l’Auteur de la Poétique n’a point été contraint „ par le vers à dire , dans fes discours , & en fes de- „ sirs ; car il pouvoit dire : Est vain en fes discours , volage en fes désirs. ,, ou bien: Est vain dans fes discours , léger dansfes désirs. ,, Mais il a cru qu’on pouvoit se servir indiférem- ,, ment de ces deux prépositions de la forte qu’il s’en ,, est servi, & c’est aussi de cette forte que Mr. Patru „ les a emploïées dans une de ses Lettres à Olinde : „ Ce cher parent que vous regrettez, n’est point àplaìn- „ dre : fa carrière qui pouvoit être plus longue, nepou- „ voit être ni plus belle, ni plus heureuse : tl fut heureux ,, dans sa naissance , heureux dans son mariage, enses ,i enfans , enses emplois. Nôtre Docteur alégue cepen- „ dant ce passage pour confirmer son opinion : Mr. ,, Patru (dit-il) qui sqait admirablement toutes les \, régies de l’exactitude , n’y a pas manqué, en di- „ sent, Ce cher parent, 0 f c. car naissance & mariage, „ qui ontdu raport & pour la nature du substantif & „ pour le nombre singulier, font fous la préposition „ dans, comme enfans & emplois qui se ressemblent ,, au moins par leur nombre, font fous la préposition „ en. Vans ou en par tout, ne feroit pas un si bel „ éfet, & c’est en de semblables rencontres qu’un ,, peu de variété a bonne grâce. Nôtre Docteur ne ,, sqait ce qu’il dit; naissance & mariage, enfans & ,, emplois n’ont point de raport pour la nature de la ,, chose , & mariage & ekfans en ont ; & ce qu’il „ dit que ces deux mots ont du raport pour lc ENC „ nombre , est dit ridiculement, discours & désirs „ en aïant de même pour le nombre dans le vers „ de Mr. Defpreaux, que le P. Bouhours a traité „ de licentieux; & si Mr. Patru avoit dit , II fut „ heureux dans fa nuisance , dans fes études , dans „ fis emplois; heureux en fin mariage, en sis enfans, „ il ne laisseroit pas d’avoir parlé , comme il a fait, „ très-correctement. Je demeure pourtant d’acord ,, de ce que dit !e P. Bouhours , que ce qui est „ de méme nature, s’exprime le plus souvent de „ même manière ”. Le prémier e de cette colonne se prononce comme un a, excepté le prémier e du mot énamouré, qui se prononce comme il est écrit. ENALLAGE , f m. [ Ennllage. ] Terme de Grammaire. C’est une figure qui change & renverse le discours contre toutes les régies de la langue; ces changemens ne font point arbitraires, & sens raison. Ce mot vient du Grec , imfaayn , formé du verbe ímTEttrT e/y, qui signifie changer. t ENAMOURE', énamourée, adj. Vieux mot, qui signifie qui isi amoureux, & qui n’est en usage que dans le burlesque. (Enamouré d’une donzelie.) (3 ENARMONÍQUE- Terme de Musique, dans Vitruve, l. 5. eh. 4. c’est, selon la Traduction de Mr. Perrault, une maniéré de fléchir la voix, en laquelle Part dispose tellement les inter- vales , que le chant a beaucoup de force pour toucher , & pour émouvoir. Volez le Commentaire. t ENARRHEMENT , OU Arrhement , f m. Convention d’achetter une marchandise à certain prix , pour sûreté de quoi, on donne par avance quelque chose sur le prix convenu. í ENARRHER , v. a. Convenir du prix d’une chose , & donner des arrhes pour la fúrete de Pexecution du marché. EN-BAS, adv. (II pose par en-bas. II en vient d’en-bas & d’en-haut. Voit. Po’és. Regarder en-bas. Voit. I. 9. ) ENÇA, adv. [ Abhinc .] Depuis mille ans enqà. Benserade, rondeaux. ENCABANNEMENT, / m. Terme de Marine. Partie du vaisseau qui rentre, ou qui fe rétrécit depuis la ligne du fort, jufqu’au plat-bord. t ENGAGER , V. a. (j Caveâ includere. J Mettre en cage. II se dit des oiseaux, mais on dit mieux & plus souvent, mettre des oiseaux en cage, qu’encager les oiseaux. ENCAGER, se dit aussi figurément de ce qui est enfermé dans quelque clôture. ( Les Religieuses font encagées. Les Pensionnaires d’un Colége font encagez. Que ce petit peuple encagé, Crioit vivat pour un congé.') ENCAISSEMENT , s m. [In capsâ conclusio.j C’est Faction Rencaisser, qui consiste à mettre dans des caisses des marchandises, des arbres. (Faire rencaissement des orangers.) ENCAISSER, v. a. [.Capsâ concludere , seponere, in arcâ servare.] Mettre dans des caisses. (Encaisser de sa marchandise. Encaisser des bardes. On dit aussi , f Encaijjer de P argent , c’est mettre l’argent en caisse.) ENCAISSER , v. a. C’est aussi un terme de Jardinier. C’est mettre un, petit arbre dans une caisse. (Encaisser un oranger). ENCAN, s m. \AuHio , pub/icatio.J Terme de Palais. Vente des biens par un Sergent crieur. (Ses biens font à l’encan.) (J* Mettre la sagesse à l’encan. Abl. Luc. t. 1. ) S’ENCANAILLER , V. r. [Vilescere,sordescere.J Hanter & fréquenter de la canaille. Dégénérer. Se ravaler à des choses basses & indignes. ( Le monde s’encanaille furieusement. II est horriblement encanaillé.) ENCAPE', adj. m. [Inter protnontoria positus.) Terme de Marine. Etre entre les caps. ENCAQUER, V. a. [Cado includere , superìn- gerere. ] Mettre dans un caque. (Encaquer de la poudre à canon, encaquer des harans.) EN- ENC ENCASTREE', encaflelée , adj. [Eqttm ex co'íun- te ungula. obduHw, jumentarius talm obdufíus ex cosunte mgula .} Ce mot Ce dit des chevaux, & autres bêtes de cette forte. On apelle un cheval encafielé , celui dont les talons pressent si fort le petit pié, qu’ils font boiter le cheval, ou l’empêchent de marcher à son aise. ENCASTEÎ.URE , J. f. f Jumentarii talì obduéiio ex coéunte unguial} C’est la maladie qui rend le cheval encaítelé. Voïez Encafielé. ËNCASTILLAGE, /. m. [Commissures.} C’est la partie du vaisseau, qui se volt depuis l’eau jusques au haut du bois. ËNCASTILLEMENT, f. m. [încajìratura .J Terme $ Artisan. Enchâssement. ENCASTIIXER , v. a. (Tneaftrare, aptare, commit - tere.} Terme à’Artisan. Enchâsser, ou mettre quelque choie dans un endroit. Au figuré, c’est donner à quelcun un emploi dont il est digne. On dit aussi qu’un vaisseau est encastillé, quand il est fort élevé par ses hauts ; c’est-à-dire, par ses parties, qui font fur le pont, telles que font les deux gaillards ou châteaux, la mâture ; qu’ií est acastilié, lors-qu'il est acompagné d’un château d’avant, & d’un château d’arriére. ENCASTREMENT, s. m, [Insitio, incajhatio.} C’est faction d’encastrer, ENCASTRER , v, a. [Insérere, insertare , committere, jungcre, tncismire.} Joindre ensemble, enchâsser par entaille ou par feuillure une chose dans un autre. ENCAVEMENT, s. m. [Demiffìo in cellam vi- mriarn.} Ternie de Cabaretìer. C’est faction de mettre & décendre d u vin dans fa cave, (Réprésenter ses aquits d’encavement. C’est un congé d’encavement.) ENCAVER, v. a. [Demittere m cellam vinarïam.} Ternie de Cabaretìer. Mettre en cave. (Eneaver du vin. Vin encavé.) f ENCAVEUR, s. m. Celui qui encave le vin. ENCEINDRE , v. a. J'enceìns. J’ ai enceìnt, [Cingere. J Ce verbe est peu usité, si ce n’est à son prétérit passif, & même il lui manque quelque tems. On dit en fa place, environner, entourer. ENCEINT, enceinte, adj. [Cìnéîm.} Environné. (Ils étoient enceints de toutes parts.) ENCEINTE, adj. f. [Gravida, pragnans, fœtal} Cet adjectif ne se dit qu’au féminin des femmes, & veut dire, qui est grosse d’un enfant. Une Femme enceinte. Abl.Tac. ann. I. $. cb. 5. Etre enceinte. Patru, plaid, xi.) ENCEINTE , f f. [Ámbituf , circuìtus.} Circuit. Clôture de maison. Patru, plaid. L’enceinte des tranchées pouvoir tenir dix mille hommes. Vaug. Quint, 1. 6. c. 2. Une vaste enceinte. Abl.) ENCEINTE. [Ambitusl 1 Terme de Chasse. Elle consiste à tendre des toiles autour de quelque endroit d’un bois , & à poster des Chasseurs & des chiens au* tour d’un lieu où l’on veut chasser. (31 envola sez soldats faire fenceinte du bois. Vaug. Quint, l. 6. c. ç.) ENCENS , s m. [Thus, incensum.} Suc d’un arbre, qui vient particulièrement en Arabie, au tronc du- quel on fait des incisions, pour lui faire jetter un sue odoriférant qui s’endurcit, & qu’on apelle encens , & qu’on brûle dans les Eglises. (Encens blanc. Encens roux. L’encens est chaud & salutaire à plusieurs maladies. Dal. On a brûlé de l’encens dans les Temples , pour faire honneur aux Divinitez qu’on y adore't. Les Chrétiens ont été martirisez par les Païens, à cause qu’ils ne vouloient pas donner de l’encens aux idoles.) * ENCENS. [Laits.} Louange. (Aimer l’encens. Bail. avis à Ménage. Vendre au plus estant son encens á ses vers. bejpr. fat , 1. La Cour méprise ton encens. Main. Pois. Mon cœur ne balance point à t’ofrir l’encens qui t’est dû. besr. discours au Roi, Je ne voi rien de plus sot à mon sens, Qu'un auteur qui par tout va gueuser de /’encens. Mol.) j£sf Maînard a dit: La Cour méprise ion encens ; Ton rival monte , (-f tu décent. Sur quoi Mr. Gostar a fait cette observation, Lettré 201. tom. 2. ,, Je ne sqai qui le premier a donné „ un encensoir à la fìaterie , & qui a osé apelìer les „ louanges, de s encens. “ Cette Métaphore est no» ENC 713 noble & batdle. Le Poète, par ces vers, vouloit dire, que la Cour méprisoit s encens d’un vieux Courtisan ; & Mr. Coltar en donne cette raison : de vieilles louanges font comme de vieux parfums, & comme des fleurs saunées ; & vous savez, Monseigneur, que les fleurs ne font proprement-psieurs que tant qu’elles font nouvelles , nusquam jìós nisi novus. Ce mot est de Quin- tilien. On a fait dans s Eglise, un point d’honneur de f encensement. Cependant les Auteurs qui en. ont traité, conviennent qu’il n’a point été introduit pour honorer les hommes, mais feulement pour suivre f exemple des trois Rois qui présentèrent de for & de l’encens au Seigneur pour lui marquer leurs respects & leur soumission. C’est une simple oblation, selon S. Thomas, p. 3. q. 83. art. ç. & íì son encense le Peuple, c’est, comme Philon Juif l’a remarqué, pour l’inviter à porter ses pensées au Ciel seulement, avec la fumée de Pencens, & à les détacher de la terre. Cependant l’ambition a fait, comme je viens de le dire, un point d’honneur de Pencêníement ; & le plus ou le moins de coups de l’encenfoir marque à présent la qualité de la personne encensée. Le Roi, les Princes, & les Patrons doivent être les premiers encensez, & ensuite le Seigneur , suivant l’Àrrêt cité par du Perray , Traité des Patrons, pag. yá. La maniéré d’encenfer 1e régie par les Titres, ou par lá Coutume: le même en cite un très-singulier. ,, Ls „ Curé fut condamné de se tourner du côté dc la „ chapelle du Seigneur lors-qu’en disant la Grand* „ Messe, il scroit fur les marches de l’autel, & de „ donner un seul coup d’encensoir; & l’après-dìnée, „ étant à Vêpres, il fut dit qu’il se tranfportetoit „ dans la chapelle après les encenscmens d u Magni- ,, ficat , & il encenseroit le Seigneur, fa femme une „ seule fois seulement , & aussi à leurs enfaris une ,, fois pour tous. “ Les Patrons ont, dans les Eglises Collégiales, les mêmes honneurs què dans les Cathédrales. Arrêt du Grand Conseil en 1704. Au Perray, p. 78- Autre Arrêt de 1717. qui condamne un Curé à encenser trois fois le Seigneur & trois fois fa femme, & une fois à chacun des enfans. Idem,p. 79. (§ On voit par les anciens Ordres Romains, que l’encens à été introduit dans l’Eglise comme un parfum , qui purifie l’air & les personnes; on croît même que l’on a commencé de s’en servir dans les tems où les Fidèles étant obligez de se cacher , s’af- sembloient dans des lieux souterrains ou secrets, en» forte que l’haleine d’un grand nombre de personnes produisent une mauvaise odeur, que son dissipoit par le moïen de l’encens, ou de quelques autres parfums ; & il scroit très-aisé d’établir que s encensement n’est point une partie du culte, mais qu’il à été , pendant plusieurs siécles, une simple purification, qui s’eft tournée en habitude : en éfet, Te r tu lien , en parlant, dans son Apologétique, ch. 30. de la prière que les Chrétiens faisaient pour les Empereurs, il dit positivement, qu’ils emploïoient la victime que Dieu leur avoir ordonné d’immoler avec les prières acoútumées, mais fans afecter d’uscr de l’encens, ni d’aucurvs autres parfums. Et dans un autre endroit, il marqué precisement, que l’on n’use point d’encens dans le Sacrifice, & qUe l’on né s’en servoic que dans les funérailles. 11 scroit inutile de raporter les autoritez d’A- thénâgore, dé Lactance, & même de S. Augustin, fur les fleaumes , pour établir ce fait. Cependant dans la fuite , on a fait un point d’honneur de f encensement, que les Grands Seigneurs & les Magistrats ont afecté de s’atribuer pour se distinguer du Peuple, & toême les personnes du premier rang voulant encore faire connoitre leur dignité, & le caractère dont ils font revêtus, exigent deux coups d’encens, quand on n’en donne qu’un seul à tous les autres aíiìstans au Sacrifice. C’est ainsi que l’on en usoit, au raport de Codin, à s égard des Empereurs de Constantinople. Cet Auteur remarque que dans les fêtes solennelles le Patriarche encensoir deux diíêrentes fois 'Empereur, lorsqu il aísistoít aux Qfices, & donnoit ensuite f encensoir à son Diacre, pour aler donner de f encens à tout le Clergé. Comme s encensement n’est dona qu’une simple marque d’honneur, il faut s’en tenir à l’usage pour en régler la martiére. ENCENSEMENT , s m. [SuftmentUm, thurk fujfitus, J Action d’encenler. (L’encensement des Autels.) ENCENSER , v. a. [ Incendere thus , thurekni . J Tome L Xxxx Don- 714 ENC Donner de l’encens. (Qui voudra déformais encenser vos Autels. Dejpr. lutrin, chant. 1.) Celle qui soufre en sa présence Qu on vante en elle des aptes, Oú des vertus qu’elle n’a pas, H’ejl qu’un idole qu’on encense. Pavillon. * ENCENSER. [OdoremJJargere , laudare, venerari.] Honorer. Louer. Pour être de ses amis, il faut continuellement l’encenser. Cosl. Pour gagner les hommes , il faut donner dans leurs maximes, & encenser leurs défauts. Mol. avare, a. 1. sc. 1.) f Encenser l’ambition , encenser la passion de quelcun. ENCENSEUR , s. m. [ Suffitor thurarius. J Celui qui donne de l’encens de louanges. (Les fadeurs de dédicaces font de grands encenseurs & de grands flateurs.) T n \ ENCENSOIR , f m. [Thuribulum , acerra.J lnltru-\ ment de métal, où l’on brûle de l’encens, & dont on se sert dans les Eglises pour encenser. (Un bel encensoir.) , _ , , (t * Lors qu’on pari011 a Balzac de ce qu u rancit, il faloit toujours avoir l’encensoir à la main.) Mais un Auteur novice à répandre f encens, Souvent à son Héros dans un bizarre ouvrage, Donne de /'encensoir au travers du visage. Despr.) * On dit figurément, mettre la main à /’encensoir ; c’est-à-dire , entreprendre sur la juridiction, ou sur le bien des Ecclésiastiques. ['Manumsacrk admovere.] * ENCHAÎNEMENT , s. m. [ Concatenatio , eonnexio.] Je n’ai trouvé ce mot dans les bons Auteurs , qu’au figuré. C’est une forte de liaison qui se trouve entre les choses. Connexion qui est entre les choses. (.Les fiences ont entre elles une espèce d’en- chaînement. L’enchaînement des causes secondes. Un enchaînement de malheurs, c’est-à-dire, une fuite de malheurs. Nous apellons , Opéra s un certain enchaînement de danses & de musique, qui n’ont pas U n raport bien juste. S. Evremont, Opérai) ENCHAÎNE', E'E, part. & adj. [Ligatus.] Au figuré, il signifie dépendant d’une chose, qui a des liàisons avec elle. ENCHAÎNER, v. a. [ Catenà ligare , constringere. ] Atacher, lier, & retenir avec des chaînes. (On enchaîne les Galériens. Un orfèvre Holandois enchaîna une puce en vie avec une chaîne d’or de cinquante chaînons , qui tous ensemble ne pesoient pas trois grains. Cimelia litteraria, c. 74. * ENCHAÎNER. [Ligare.] Ce mot, au figuré, signifie , joindre , lier, atacher. (Elle a enchaîné mon cœur. Ces choses font liées & enchaînées les unes aux autress. Maudît soit le premier dont la verve insensée, Voulut avec la rime enchaîner la raison. Defpr.Jàí. 2.) f ENCHAÎNE RE , s. s. [ Ligatio, eonnexio.] Liaison , atachement. (Ils s’imaginent qu’il y a une en- cha'inure des causes avec leurs éfets. Abl. Tac. ann. 6 . cE 11.) * ENCHANTE' , enchantée, adj. [Admirabilis , grattes.'] Qui me plaît, qui charme les yeux & l’esprit. Qui agrée extrêmement. ( Elle a des manières enchantées. Un palais enchanté. Un habillement enchanté. , "Nous servons un Patron qui ne veut pas qu on gronde, Ce Palais enchanté n’ejl pas pour tant de monde. Benserade.) ENCHANTE , peut trouver sa place dans certaines significations : mais Ménage a raison de dire, qu’un portrait enchanté, un habit enchanté, sont des façons de parler de sottes précieuses, & que les personnes raisonnables doivent bien prendre garde de s’en servir, soit en parlant, ou en écrivant. ENCHANTELER , v. a. [ Canteriìs^ imponere, ìncanterìare , lìgnum cogéré in Jìruem.] C’est mettre ou ranger des tonneaux ou du bois dans des chantiers. ENCHANTEMENT, / m. [ Incantatio , faf- cinatio, carmen magicum.] Paroles de magie, a la faveur desquelles on fait des choses surnaturelles. Les vieux Romans, & quelques Poètes Italiens font remplis d’enchantemens. ( II n’y eut jamais de si beaux enchantement que leg vôtres. Voit. I n. ENC Vos charmes ont plus de pouvoir que ceux que nous venons de voir dans l’enchantement d’une coupe, Voit. Po’és.) * ENCHANTEMENT. Charme : plaisir : merveilles. Elle joué divinement de l’épinette : c’est un enchantement que de l’entendre’: c’est une personne toute pleine d’enchantemens. Voit. I. 49.) Persuadé que la parure Et le superbe ajustement Dusexe que pour plaire a formé la nature , Est le plus doux Enchantement. Perr. griselidis.) ENCHANTER, v. a. [Fascinas e , incantare, magì . cis artibus Jensum avertere.) Ce mot signifie ensorceler $ mais il est plus en usage au figuré , qu’au propre. * ENCHANTER. Tenir enchanté: charmer: ravit les gens. (Elle connoìt bien , la méchante, La cause du mal qui m’enchante. Voit. Poës. Tout ce qu’elle fait, m’enchante. Voit. I. 529. Elle a je ne sçais quel air de qualité qui enchante. MoL Cette musique est fi belle qu’elle nous enchante. Les discours de cet Orateur nous enchantèrent. Cléopâtre enchantoit Antoine, le menant de plaisir en plaisir. Citri, triumvirat, ;. p. ch. 12.) ENCHANTERESSE, s. s. [Incantatrix.] Ce mot au propre , signifie une forte de sorcière , qui se sert d’enchantemens & de paroles de magie, pour faire quelque chose de particulier, & de surprenant. ( II sembloit que pour obéir promptement au pouvoir de l’enchanteresse Alcine, la Comédie n’avoit eu le tems que de prendre un de ses brodequins. Marigni, Relation de Versailles .) * ENCHANTERESSE. Ce mot, au figuré, est fort usité. II signifie celle qui par ses manières ou fa beauté , charme, & surprend agréablement les personnes qui la voient , ou qui l’entendent; fille ou femme qui est belle & qui ravit. (II voulut nous faire voir les enchanteresses du lieu. Voiage de la Chapelle N de Bachaumont .) Vos charmes font U plus forts [f plus doux, Et je ne Juche en cette troupe D’autre enchanteresse que vous. Voit. Poës.) t * ENCHANTERIE , f f. [ Incantatio, ars magica , prastigiœ.] Tromperie : charlatanerie. (11 n’y a point là d’enchanterie.) ENCHANTEUR ,s m. [Magm, incantator .] Sorcier. Magicien. Qui se sert d’enchantement pour faire des choses surnaturelles. ( Pharaon avoit des Enchanteurs. Port-Royal, figures de la Bible. Les charmeurs , ou enchanteurs font condamnez par l’Eglise. Thiers , sup. chap. 35. * ENCHANTEUR. Sorte de charlatan & de trompeur. (C’est un franc enchanteur.) * ENCHANTEUR. Qui charme, qui plaît, qui ravit. (D’un renard enchanteur connoît-il le poison ? Rac. Britannicus, a. z. sc. 2.) ENCHAPERONNER, V. a. [Amicire caputio , caputium inducere.] Terme de Fauconnerie. Mettre un chaperon sur la tête d’un oiseau de proie. $ ENCHAPERONNER , signifie aussi , couvrir la tête d’un chaperon , & il n’est en usage en ce sens qu’en parlant des cérémonies funèbres. t ENCHARGER, V. a. [Mandare, darein man- datis .] Charger quelcun de quelque chose, la lui recommander. Dites & voïez Charger. ENCHASSER, D. a. [Thecœ reliquìas imponere, thecâ condere.] Mettre dans une chasse. 11 se dit des Reliques. (Enchâsser une Relique dans une chasse d’argerir.) ENCHASSER, v. a. [Includere, claudere.] Mettre dans un châssis , dans un chaton , &c. Enfermer fort proprement. Enchâsser une pierre dans de l’or: enchâsser une porte , ou une fenêtre dans son châssis.) (* La nature enchâsse les esprits les plus brillans dan* les plus petits corps. Voit. I. 1 -;2.) * Un mot bien enchâssé. Chose bien enchâssée. f* Je m’encha sse dans ce fauteuil. Mot burlesque, pour dire , je m’asjteds dans ce fauteuil. ENCHASSURE, f. f. [ Interclaufura .] Terme d’Or- févre. La manière d’enchasser. (L’enchassure de cette pierre, de cet émail dans ce cercle d’or, est très-hien ENC ENCHAUSSE', adì.JJncisus .] Terme de Blason. Ecu taillé depuis le milieu de l’un de ses cotez , en tirant vers la pointe du côté opofé. (11 y a des écus endiaussez à dextre, d’autres à fenestre, suivant le côté où la taille commence. ENCHERE, s f. [Licìtatio , auHio , hajia.~] Augmentation de prix. (Faire une enchère.) ENCHE'RE. Augmentation du prix ofert d’une chose. Je ne sçai si Mr. Costar a parlé juste, quand il a dit, en parlant de l’estime que l’on fait des plus petits ouvrages des Auteurs d’un grand mérite, & même de ceux qui font restez imparfaits : ,, L’est alors „ ( dit-il ) que le désespoir de la posseder jamais toute ,, entière , réveillant l’afliction de la perte de l’ou- „ vrier, met une haute enchère à son ouvrage, & en „ releve le prix jusques à l’infini ”. Fole-Enchére. |[ Stulta , temeraria licitatio. ] Ces mots se disent, lors-qu’une personne, aïant fait une enchère trop haute, & n’en pouvant pas païer le prix, on fait revendre la chose. On apelle cela revendre à la fole-enchére , Sc cette personne en doit païer les dommages & intérêts. ■f * Potier la fole-enchére de la faute, [j Rei alicujus panas dare. J Proverbe. C’est en porter la peine. ENCHE RIR, v. a. [Inj'uper adderes Faire une enchère. Augmenter le prix. (Enchérir fur une personne. J’ai enchéri cela sur lui.) * ENCHE'RIR , v. «. [ Superare ] Ce mot se dit au figuré, & signifie faire ou dire plus qta’un autre. (Les Philosophes modernes ont fort enchéri fur les anciens : enchérir fur la pensée de quelcun ; la renommée enchérit toujours fur la vérité.) ENCHE'RIR. [ Crej'cere , augere , cariât vendere. ] Augmenter de prix ; être plus cher, être à plus haut prix. (Les Bouchers enchérissent,la viande; le gibier est enchéri, la volaille est enchérie.) ENCHE'RISSEUR , / m. [Lìcitatorf] Celui qui enchérit, qui fait une enchère. (Le bien est au plus cirant & dernier enchérisseur. II y aura bien des enchérisseurs. Abl. Luc. t. t. ENCHEVAU CHEURE , f f- ICommtjsura , ìn- sitio , junflura. Terme à’Artisan. Jonction de quelque partie ou pièce avec une autre, soit qu’elle se fasse par recouvrement ou par feuilleure. ENCHEVêTRER, v. r. flmpedire ses Au figuré, & en morale, il signifie s’embarasser en quelque afaire , sc trouver engagé en certaines choses dont on a de la peine à se tirer. S’ENCHEVêTRER, v. r. [Capisrare , ìnducere capi- srums Ce mot se dit des chevaux, & veut dire, Te prendre le pié de derrière dans la longe du licou. (Cheval qui s’est enchevêtré. Soleisel , parfait Maréchal. ) ENCHEVÊTRURE» / s tËxcùrìatìo, incapi- sratura. ] Terme de Manège. Excoriation dans le pié du cheval, qui s’est faite en sc gratant le cou avec les piés de derrière,ou qu’il s’est pris dans la longe. ENCHEVÊTRURE ,sf [Tigillorum commisura , nexiu caminum vìncient. ] Terme de Charpentier, Assemblage de deux solives & d’une chévréte qui laisse un vuide quarté contre un mur, pour porter un atre , ou pour faire passer un tuïau de souche de cheminée , afin que l’atre ne pose point sur le plancher, pour éviter le danger du feu. * ENCHIFRENE', enchifrenée , adj. [Tardâ pi- fMità ìmpedìtm. ] Qui a un rùme qui le ^ tient au cerveau. (Je suis enchifrené : elle est tout-à-fait enchifrenée.) t ENCHIFRE'NEMENT, f m. [ Cerebn rheuma , ept- pheras Rûme qui est au cerveau. ( J’ai un enchi- frénement qui m’incommode fort.) ENCICLOPE'DIE , f f XEncycliosdisciplina.-} Ce mot est Grec, & il a vieilli, & ne sc du guere que dans 1e burlesque. 11 signifie une connnoissance universelle. Sience universelle. Amas de toutes les sciences. ENCIRER , D. a. [Telam cera imbuere , perfunâe » re .J Mettre en cire ; encírer une toile. ($ ENCIS, ou ANC 1 S. II est dit dans la Coû- íume d’Anjou, art. 44- Qù e le Seigneur Châtelain connoît de plusieurs crimes , & de Anck, qui es de meurdrir femme enceinte , ou son enfant au ventre. Et dans le chapitre 25. des EtabliíTemens de S. Louis - part. 1. Le Baron peut connoître deenck,s es femme enceinte , quand f m lasers , A? elle ntuert de l’en- ENC J 1 5 fant. ,, Ce mot enck (dit Mr. vu Cange) semble ,, être tiré d ’incifîo ,• parce que souvent on étoit obli- „ gé de tirer les’ enfans des femmes qui avoient été „ ainsi blessées , par incision ducóté”. ENCISER, v, a. [Incidere , cìrcumcideres Couper des arbres. ENCLAVE , s m. [Res ìnclusa , infesta. Fines , limites. J Chose qui est enfermée ou enclavée dans une autre ; enclave se dit originairement des bornes & limites d’un territoire. ENCLAVE', enclavée , adj. flnclufus , m medio po- sitms 11 sc dit, au propre , des choses qu’on a enclavées. (Poutre enclavé 'dans un mur. Pièces bien enclavées les unes dans les autres.) ENCLAVE', enclavée , adj. II se dit, au figuré , des héritages, Villes & Provinces qui font environnées des terres qui apartiennent à un autre. ( Cette terre est enclavée dans les terres du Seigneur voisin. La Principauté d’Avignon est enclavée dans la Provence.) fis Quelques Coutumes ont établi > en Faveur des Seigneurs Justiciers ou Féodaux , fur les fonds & héritages enclavez & enfermez par des fonds sujets à un cens ou à une Justice» un droit égal à celui dont ils jouissent fur les enclaves : & c’est une question dans ces Cotìtumes, si dans les lieux où le franc-aleu est reçu, le Seigneur qui a droit d’enclave, peut prétendre que tous les héritages enclavez soient sujets à la censive fans un titre précis, parce que l’éfet du droit d’enclave rend tous les fonds d’une égale condition dans le finage. Saligny , fur l'art, 19. de la Coutume de Vitry , dit qu’il a été jugé que le droit d’enclave ne détruit pas le franc-aleu. ENCLAVEMENT , jubstant. mascul. ['Interposturas Choses qui sont enfermées & enclavées les unes dans les autres. ENCLAVER, V. a. ['Infereres Terme de Charpentier. Enfermer dedans. Mettre dedans. ( Faire une clôture de grosses poutres enclavées l’une dans l’autre. Bouhours , histoire d’Aubujj'on , /. 3.) ENCLIN , encline , adj. f Propensus , proclkik. j Porté. Qui a du panchant à quelque chose. ( Etre enclin à la poésie.) f ENCLINER, v. n . [Propenderes Ce mot n’est pas usité : en fa place, on dit incliner, Vaug. rem „ ENCLITIQUE, f f r Enclitica. J Terme de Grammaire. Certaines particules qui s’inclinent, & qui s’apuient si bien fur le mot précédent, qu’elles semblent s’únir , & ne faire qu’un mot avec lui. ENCLOITRER , V. a. [Claustra co'ércere.] Enfermer dans un cloître ou mettre en prison. ENCLORRE , D. a. [ Includere , cingere, inter- cludere .] Enfermer. J’enclos , j’ai enclos. Ce verbe est défectueux, & n’est pas fort usité. On dit en fa place , enfermer , clorre . ENCLOS , f m. [_ Sepìmtntum , septum ..] Clôture qui enferme quelque Couvent, ou quelque parc , _ ou quelque maison de campagne. (Posons que ce crime se soit fait hors de l’enclos du Couvent. Patru „ plaid. 3.) * ENCLOS. [ Ambìtus , circuìtusf] Enceinte. (Crete , par mon berceau , la première des Isles , EJi riche en son enclos de cent fameuses Villes. Rampale , idile 3.) 8'ENCLOTIR » ». n. íïrrepere in cavemam , fugt- re ìn iatìbuluml\ Terme de Chase, II fe dit du lapin qui entre dans terre. ENCLÔTURE , s s [Lìmbw.l Terme de Brodeur. C’est lebofdquiest autour de la brodure, soit qu’il soit composé de frisons, de cartifanes , d’or trait, de chaînes faites de boitillons. ENCLOùER) v.a. f Clavo pedem vulnerare , in- duere. Terme de Maréchal. C’est quand on ferre un cheval, ou autre animal, & qu’on le blesse aveç le clou , & qu’on entre dafis le vif. (Encloiier un cheval. Un cheval eneloué. Cavale encloûee.) ENCLOùER. [Clavum figere, clavo obturare,~\ Cogner avec force un clou dans la lumière du canon, afin qu’on ne s’en puisse plus servir. (Enclouer un canon. Canon eneloué.) ( * Enclouer un raisonnement.) ENCLOtlûRE , s /. [Obturatio , ùbflruHio , vklnui, clavififíio. impedìnientum , opus, labor , mora, modm.j C’est le mal qui vient d’avoir eneloué Un cheval, ou ToMt L Xxxx » au- 716 ENC autre bête qu’on ferre. (L’enclomîre neglîgee, peut devenir un grand mal. Soleisel, parfait Maréchal.) ( f * C’est le mal, voilà l’encîouúre. Boi. Epìt. J’ai découvert où est l’enclouûre. Ahl. Luc. t. 3.) ENCLUME,//- II*CU(J Sorte de niasse de fer qu’on pose sur un gros billot de bois, & fur laquelle les Maréchaux, Taillandiers , Couteliers, & autres qui travaillent en fer, bâtent & façonnent le fer. (Une petite ou une grosse enclume.) f ENCLUME. ^ Les Teinturiers apellent petite enclume, une efpéce de carré d’acier, fur lequel chaque maître doit avoir son nom gravé en creux pour servir de contremarque pour les étofes. f ENCLUME, est aussi en termes de couvreurs , un outil de fer plat, qui a au milieu une efpéce de bec plat & pointu, pour le piquer fur les chevrons, lors- qu’on veut s’en servir. C’est fur cette enclume , que les couvreurs taillent & coupent leur ardoise avec un marteau tranchant. * ENCLUME, s. f. Terme à’Anatomie. C’est un petit os fait en forme d’enclume qui est dans l’oreille, & qui reçoit les coups & les impressions d’un autre qu’on apelle le marteau. Et ils fervent tous deux au sentiment de fouie. f * Etre entre l’enclume fs le marteau. [U traque farte œqualiter frémi. Inter sacrum saxum Jìare .] Proverbe, pour dire, se trouver en état de fou frit, de quelque côté qu’on se tourne. Se trouver engagé entre deux Puissances qui ont des intérêts contraires. , ch ENCLUMEA.U, s. m. Petite enclume à main, dont les chauderonniers fe fervent pour redresser les chau- derons & autres mendies de cuivre, ou pour river Jeurs clous. ENCOCHEMENT , / m. IJaculi m nervum înduHio.] L’action d’encocher, de mettre dans une coche. ENCOCHER, f. a. [Crena impmere, inserere.] Mettre une corde dans la coche d’une íìêche, pour la tirer avec un arc ou une arbalète. H ENCOCHER une hôte. Terme de Vanier. C’est mettre de petites chevilles dans les trous du fond d’une hôte, afin d’y serrer & maintenir en place les bouts des osiers dont elle doit être faite. ENCOCHEURE , / /. Terme de Marine. Endroit au bout de chaque vergue, où l’on amarre les bouts des voiles par enhaut. ENCOFRER, V. a. (Arcâ includere , comprehen- elerej Mettre, serrer dans un cofre; & au figuré, emprisonner. ENCOGNURE , encoignure , s f. [ Angulut , an- fraHus.] Angle. Coin. ENGOUER, -u. a. [ Collare, glutinare .] Terme de Doreur. Encoler du bois, c’est y mettre plusieurs couches de cole préparée pour le dorer. ENCOLURE. Voïez Encoulure. (§ ENCOMBRE’. Ce ternie est particulier aux Normands ; il y a dans leur Coûtume, un titre de Bries de mariage encombré; c’est-à-dire, de la plainte d’une femme dont la dot a été aliénée par son mari. „ Bries est (selon Beraud fur ce titre) un mandement ,, qu’on obtient du Juge, contenant une briéve & „ certaine forme de la querelle, clameur, ou de- ,, mande qu’on veut intenter, qui fe peut apeller ,, afíion. „ En éfet, nous aprenons de Cowel, dans ses Institûtes du Droit Anglois, liv. 4. tit. 6 . que Bre- ve & Aftio font souvent confondus : le Bries contient le fait duquel naît l’action que l’on veut exercer. Le terme mariage signifie ici la dot d’une femme, comme lors que l’on dit mariage avenant pour marquer une dot convenable. Çluand au terme encombré, il signifie aliéné, ou engage de maniéré que la femme ne peut pas jouir de Ci dot par les empéchemens pro- venans du fait du mari. ENCOMBREMENT, s. m. XImpedimentum, offenso.] Terme de Marine. F.mbaras que cause dans les vaisseaux la cargaison des marchandises, qui les rend plus pefans & moins propres au combat. ENCOMBRER, v.a. [Impedire ruderibm.] Em- barasser une rué, un passage, ou quelque autre lieu, de gravois, de pierre, &c. t ENCONTRE , s s. [Fors , fortuna , cafta.] Mot bas, vieux, & burlesque, qui ne fe dit guére seul. ENC (C’ejì bonne encontre que tu fuis ; c’est-à-dire , tu fuis ton bonheur ; une heureuse encontre.) Voïez Malencontre. ENCOQUER, v. a. [Ptringere.] Terme de Ma. rine. C’est faire couler une boucle ou un anneau de fer le long de la vergue, pour y atacher un cordage 011 autre chose. On apelle encocure, cet enfilement, quand on veut prendre ou atacher à la vergue des poulies, boutehors, cordages, &c. ENCORBELLEMENT , / m. [JProjefíura.] Terme d 'Architecture, qui se dit de toute sorte de saillie portée à faux sur quelque console ou corbeau, au-delà du neud du mur. ENCORDER , v. a. [Irretire.] Engager dans une corde. Ce mot est vieux. Encorder un arc, c’est le garnir de cordes. E N CORE, encor, adv. [Adkuc, etiam , dum .] L’un & l’autre se dit. Encor avec un e final se dit en prose , & encor sans e final est usité en vers, fur tout à la fin du vers, & au repos des vers Alexandrins. (Je vous demande encore cette grâce. Encore, s’il avoic fait ce qu’on savoir prié de faire, on n’auroit pas sujet de fe plaindre. Un cousin abusant d’un fâcheux parentage, Veut qu’encot tout poudreux sam me déboter , Chez vingt Juges pour lui faille solliciter. Defpr.) ENCORE que. Sorte de conjonction qui régit 1 ® subjonctif, t Encore qu’en l’instabilité des choses du monde on ne laisse pas d’adorer la fortune. Ahl. Luc. t. j.) ENCORNAIL , s t m. Terme de Marine. C’est une demi poulie entaillée dans l’épaisseur du sommes de quelques mâts , dans laquelle passe l’itacle, qui saisit le milieu de la vergue, pour la faire courir le long du mât. ENCOURIR, v.a. llncurrere, subite, suscipere.J J’encours, fui encouru. J’encourus, fencourai. C’est- à-dire, subir. (Encourir l’excommunication ; encourir sentence d’anatême. Eve. Encourir les censures de f Eglise. Patru, plaid. 5. Encourir la peine d’un® bule. Pascal. 6 .) t S’ENCOURNAILLER, v. r. Terme hurles que, qui fe dit de ceux qui fe marient, & particulièrement si la chasteté des femmes qu’ils prennent est suspecte. (Un tel s’esì encournaillé; c’est-à-dire, il s’est marié, & s’eft mis en danger de porter des cornes.) On diroit mieux, s’encornail/er. ENCORNER , V. a. [Extremis cusidìbm arcum cornu communire .J C’est revêtir un arc de corne auS deux bouts. ENCORNETER, V. a. [In cornu papyraceum indere, condere.] C’est mettre dans un cornet fait de papier. ENCOULURE , encolure , f. f. [Habitus colli cervi, colli sectes.] L’un & l’autre fe dit, mais encoulure est le meilleur & le plus usité. C’est la partie du cou du cheval, qui est terminée, ou bordée par le haut du crin & par le dessous du gosier. (Une belle encoulure : encoulure déchargée : encoulure bien faite. Plusieurs prononcent encolure. Une tête de barbe, avec l’étoile nette, L’encoulure d’un Cigne, éfilée g? bien droite. Mol. fâcheux, a. 2. Jc. 6 .) f * ENCOULURE. Jj Species. 3 Mine. Air. ( C’est un Dieu, je le connois à l’encoulure. Scar. Tipbon, chant. 4.) ENCOURAGER, V. a. [Excitare , animos ad- dere.] Donner du courage : exciter : animer. (Chacun encourageoit les siens à fe hâter. Abl. ret. /.31.C.3.) ENCOURTINER, V. a. [Fajciis ornare, cingere, velis injhuere.] Fermer de rideaux, de courtines. í ENCOUTURE', E'E, adj. Terme de Marine. On apelle bordages encouturez l’un fur l’autre, les bordages qui passent l’un fur l’autre, au lieu de fe joindre quarrément. S’ENCRASSER, V. r. [Squalorem inducere, ma- culare.] Se remplir de crasse. (Le corps s’encrasfe.) f * L’efprit s’encrasse dans la Province. $ ENCRASSER , v. a. Rendre crasseux. (La poudre encrasse les habits.) ENCRE. ENCRIER. Voïez Ancre & Ancrier. EN- END ENCROuE', adj. [Implexus,immijsus per ramos.j Terme des Eaux & Forêts. C’est un arbre, qui en l’abatant est tombé fur un autre, & s’est engagé dans ses branches. ENCROUTER , ». a. [ Incrustare .] Revêtir d’u- ne croûte. Voter Incruster. S’ENCUÏRASSER , v..r. [ [Callescere, obduresce - re.) Ce mot se dit du linge sale, & signifie être plein, d’ordure, de crasse & de saletez , parce qu’on s’en est servi trop long-tems. (Vôtre linge n’est pas bien blanc, parce qu’il étoit trop encuiraffé.) * II se dit figurément de la consience, dans laquelle on laisse enraciner de vieux péchez. ËNCULASSER , ». a. [Dorsum addere , singere.) Terme à'Arquebusier. Mettre la culasse à un canon d’arme à feu. (Enculasser un canon.) EN CUVEMENT , s. m. [ImmìJJìo in cupam, ìn labrum.) Terme de Tanneur. Oeil faction de Mettre dans la cuve. (Après l’encuvement des veaux, on doit, &c.) ENCUYER, ». a. f Demittere in cupam, in labrum.) Terme de Tanneur & de Blanchisseur. Mettre dans la cuve : ranger dans le envier. (Encuver les veaux ; encuver le linge de lessive.) Prononcez comme un « le premier e des mots de cette colonne. ENDE'CAGONE, s. m. [EndecagonmJ Terme de Géométrie. Figure qui a onze angles, & par conséquent onze côtez. ENDECASILABE , s. m. [EndecaJUlabmj Vers composé d’onze fillabes, dont il y a plusieurs exemples chez les Auteurs Grecs & Latins, & encore plus chez les Italiens. EN-DEDANS, adv. [ínteriùs.J (Tournez le poignet en-dedans. Mol.) EN-DEHORS, adv. [Exteriùs .] Tournez la pointa du pié en-dehors. Mol.) f$ ENDEMENTIERS. Mot ancien, dont AI ain Chartier s’est servi dans le Débat du Reveille-matin : Je veillajse moult volontiers , Beaux amis pour voftre plaisance , Se vous poussez endementiers Dormir pour tnoy à suffisance. Duchefne, dans fa Note fur cet endroit, après avoir marqué que ce terme signifie cependant , il croit qu’il est dérivé du Latin ìntereadum : mais je ne vois pas que du Latin on ait pú faire le François. ENDENTE ou ENDANTE , s f. [CommisuraJ Terme de Charpentier & de Ménuijìer , &c. Liaison de deux pièces de bois, qui de distance en distance, & par certains endroits entrent f u ne dans l’autre. ENDENTER , V. a. [Denture , dentes sigere.) Mettre des dents à une roué de moulin, ou à quelque autre semblable machine. EN DE'PIT. [Invitus.) Préposition qui régit le génitif. (En dépit des pluies & de i’hiver.) Voit. I. 47. De mes yeux languijsans un éloquent silence , En dépit de moi-même explique ma sousrance. La Suze, Poës.) S’ENDETTER, ». r. [A.’s alienum contrahere , confiare.) Faire des dettes. (II est fort endetté ; elle est fort endettée ; il n’aime point à s’endetter, & il est sage.) t ENDEVER , ©• n - [Furere, insanire .] Ce mot n’est que dans ía bouche du petit Peuple, & en fa place, on dit d’ordinaire, enrager. (11 endéve. II l’a fait endéver.) t ENDIABLES endiablée , adj* [Furiosus , furia- tus, fanatìcm.) Furieux ; enragé; méchant; qui semble être possédé du diable. (C’est un endiablé ; c’est une endiablée.) f S’ENDIMANCHER, v. n. Mettre ses habits du Dimanche. On ìe dit par raillerie & dans le stile familier, d’un bourgeois qui a mis ses beaux habits. (Vous voilà tout endimanché.) ENDIVE , f- /■ [ Intubm , endivia, chicorea. satina.) Sorte de chicorée. ENDOCTRINER. [Erudire.J Vieux mot, qui veut dire, instruire. (II avoit ete bien endoctrine dans fa jeunesse.) ENDOMMAGER , ». a. [Detrimentum ajserre, nocere.J Faire quelque dommage. (II avoit aprehendé qu’il ne fût endommagé d’en-haut. Vaug. Quint. L j. c. 9.) ' * t END ORMEUR de couleuvres , f m. [Sopi- tor.) C’est-a-dire , un conteur de fariboles. Un diseur de paroles flateuses à dessein de tromper plus finement. ENDORMIR, v . a. [Sopire , Jòporure. ] Faire dormir. {Akz de vos sermons endormir t auditeur. Despr. fat. 1.) Endormit un enfant ; il est endormi ; elle est endormie. Un Jiile trop égal gf toujours uniforme, En vain brille 4 nos yeux, il faut qu’il nota en» dorme. Despr.) * ENDORMIR, v. a. [Torporem affinej Engourdir. Oter pour quelque tems le sentiment du membre. (On endort un membre quand on le veut couper, ou y faire quelque violente opération, afin que le malade sente moins de douleur. Un membre s’endort quand on demeure trop long-tems apuré dessus. On dit aussi avoir le pié tout endormi.) * ENDORMIR. [Fa/lere , decipere. ] Tromper en Ratant. (* (Test un coquin qui tâche à Rendormir. Si elle ne prend garde à elle , ce misérable Rendormira par ses contes, & elle s’en trouvera mal.) J ENDORMIR. On apelle vaisseau endormi, un vaisseau qui a perdu son erre, soit après avoir pris vent devant, soit pour avoir mis côté en travers, ou soit pour avoir mis les voiles fur le mât» S’ENDORMIR, v. r. [Obdormij'çere, fomnum capere.J Se laisser abatre par le sommeil. ( je commence à m’endormir. Je m’endors toujours au sermon du sieur Fueillet. II s’est endormi après dîné. Personne ne s’endormit jamais à la Comédie.) * S’ENDORMIR. [Dormire, indormire , torpescere. J N’avoir pas soin de son devoir, de ses afaires, n’y pas veiller. (La charité nous oblige de réveiller ceux qui s’endorment» Patru, plaid » 5. Les Oficiers s’endor» ment fur la bonté de leurs maîtres. Patru , plaid. 4.) H ENDOSSE , s s. C’est dans le stile familier , le faix & toute la peine de quelque chose. (Vous en aurez Rendosse. ENDOSSEMENT , s m. [ Resariptio .] Terme de Palais. Tout ce qu’on écrit fur le dos de quelque Acte. (Faire l’endossement d’une somme fur un Contrat.) ENDOSSEMENT, f m. [ Inscriptio .] Terme de Banquier. C’est l’ordre qu’on dorme pour faire une lettre de change païable, & qu’on écrit fur Te dos de la lettre. (Mettre son endossement fur le dos d’une lettre de change.) t ENDOSSER, ». a. [Imponere, induire, circum- dare humeris .] Ce mot, pour dire, mettre fur son dos, est burlesque. (Y voit-on des savans, en Droit, en Médecine, endosser l’écârlate ? Deffi fat » 8- II s’habille en Berger, endoffie un hoqueton » La Font. fables , /. 5.) Quand il se dit sérieusement, il est vieux & poétique. Endosser le harnois. ENDOSSER. [Rescribere.) Terme de Praticien, Ecrire fur le dos de quelque acte. (j’ai fait endosser fur la promesse Rargent que je lui ai donné.) ENDOSSER , ». a. [Inscribere.J Terme de Banquier. C’est donner son ordre à un autre , pour faire païable la lettre de change à quelcun, & écrire cet ordre fur le dos de la lettre. (Endosser une lettre de change.) ENDOSSEUR , s m, [Inscriptor J Terme de Ban - quier. C’est celui qui endosse, & écrit son ordre sor le dos d’une lettre de change, pour la faire païable à quelcun. ENDROIT , s m. [Lochs,. sjiatium. J Place. (II a été tué en cet endroit-là. Demeurez en cet endroit. Choisir un bel endroit pour bâtir.) ENDROIT. [Pars, locus .] Ce mot se dit en parlant des choses qu’on mange & qu’on coupe, & signifie Par- tie, Côté. (Voilà !e bon endroit, donnez-m’en. Je sai les bons endroits. Voilà le meilleur endroit du lapreau.) ENDROIT. [Relia fr ms , exiìma pars.) Ce mot se dit des étoles, & signifie le côté de l’étofe , qui est X x x x 3 op osé 7i8 ENE oposé à eelui qu’on apelle envers. (Montrer 1 endroit d’une étofe.) ... ( * 11 n’y a point de si mauvaise fortune, qui n ait quelques bons endroits, pourvu qu’on sache les trouver. On le dit aussi des personnes. Regarder quel- cun par son plus bel endroit. Mais votons f homme enfin par son plus bel endroit. Despr.) En mon endroit. [Ergà me.] C’est-à-dire, envers moi. On le dit aussi des livres , des discours, &c. (C’est le meilleur, ou le plus méchant endroit de tout ce livre.) ENDUIRE , »• a. [ Inducere , HHnere.] Terme de Maçon. Couvrir d’un enduit. (Enduire un mur : enduire de mortier, de plâtre, ou de stuc : on dit aussi, «nduire de poix, de vernis, de cole, &c.) ENDUISSON , f f. í rntm , induflio. ] C’est l’action d’enduire. ENDUIT, enduite, adj. [ Illitus. ) Couvert d’en- duit. (Mur enduit. Muraille enduite.) ENDUIT, J! m. f Litura, teHorium trullijsatio.] Terme de Maçon. C’est un composé de chaux & de ciment, ou de sable, ou de stuc, qu’on aplique contre les murs, ou fur les platfonds. (Faire l’enduit : apli- quer l’enduit par couches : enduit qui durera : enduit qui commence a fe gercer : les Anciens batoient les enduits après les avoir apliquez. Vitruve , abrégé , i. p. ch. a.) ENDURANT. Part. Qui endure. ENDURANT, endurante, adj. [Patient, obsequens.] Qui soufre : qui a de la patience. (II n’est pas fort endurant : elle est tout-à-fait endurante.) Les plus ignorans en matière de Religion, font les plus mal en- durans. S. Evrem. ENDURCIR, t>. a. [Durare, indurare.] Rendre dur. (La trempe endurcit le fer.) On dit plûtòt ; durcir, ope!endurcir en ce sens. On dit aussi, s’endurcir, c’est-à-dire, devenir dur. ENDURCIR, ». a. [Obdurare.] Rendre capable de suporter. Acoûtumer à quelque chose de pénible & de fâcheux. (Ma mauvaise fortune me doit avoir endurci à toutes sortes de déplaisirs. Voit. I. s o.) S’ENDURCIR , ». a. [Ajfuescere, obdurescere.] S’a- coûtumer à quelque chose de dificile. Se faire un «œur dur & insensible, &c. (Endurcis-íoi le caur,sois Arabe, Corsaire, Ne va point sotement faire le généreux. Despr.) ( * S’endurcir au travail. Abl. apoph. * Si vous ne vous étiez bien endurci le cœur, vous, &c. Voit. I. 67. Un pécheur endurci. Pasc. I. 4. Courage endurci. Abl. S’endurcir contre les pleurs. Racine, Iphig. a. 4. sc. r.) * ENDURCISSEMENT, s m. [Induratio, cal- lum, contraHa duritìes.] Dureté de cœur : opiniâtreté. (Elle pleure au pic de la croix l’endurciffement de ses filles. Paint, plaidoyé 16.) ENDURER, ». a. [ Pati , perferre, durare.] Sou- frir : suporter. (Le loup endure patienment la faim : endurer des maux incroïables. Endurez feulement que je vous trouve belle. La Sablière.) ENEIDE , f f [ Aéneis. ] Poëme héroïque de Virgile, en faveur d’Enée. (L’Enéïde de Virgile est belle & judicieuse.) Mr. de Ségrais a traduit l’Enéï- de de Virgile, en vers François. ENEMI , f m. [Inimicm, hofiis, adverfarius, in- fenjits.] Celui qui ne nous aimant pas , tâche à nous nuire & à nous traverser en toutes rencontres. (Un cruel, un mortel enemi. Un furieux, un horrible, un afreux enemi. Tuiez un enemi qui blesse par la vùc, Et dont le coup mortel votes plaît quand il vous tué. Corn. Fol. a. 1 .sc. 1.) ENEMIE, s f. Celle qui nous haït, qui a de l’aver- iìon pour nous. (C’est fa mortelle cnemie ; elle est son enemie déclarée.) ENERGIE , s f. [Energia , vis major.] Ce mot ®ft Grec, & il se dit en parlant de discours & de langage. 11 signifie force, éficace. (Mot plein d’énergie. Façon de parler qui a de l’énergie. ENF ENERGIQUE , adj. [Vim majorent habens.] Qui a de l’énergie. (Un terme sera énergique, & mettra une chose devant les yeux , lors-qu’il marquera l’action. Vous pouviez vous servir de termes plus choisis, plu* propres & plus énergiques. Boil. avis à Ménage.) ENERGUMENE , f m. [Energumenus.] Possédé du démon. Ce mot est Grec, & c’est un terme dont sc servent les Ecclésiastiques. (Quelques Conciles ont défendu d’élever les énerguménes au Sacerdoce. On dit figurément, il crie comme un énergu- méne.) {$ ENERGUME'NES. C’est ainsi qu’on apelle ceux qui font possédez par le démon, ou qui feignent de l’être. Nous ne devons pas douter qu’il n’y ait eu de véritables possessions : mais nous devons douter de la vérité de celles qui sc présentent, & qui sont si bien contrefaites que les plus habiles y font trompez. Nous nous souvenons encore de la fameuse possession de Loudun & de Louviers , qui sera toû- jours regardée comme un des plus grands événemens du ministère du Cardinal de Richelieu. Ceux qui ont traité de la possession des démons, disent quille est ou réelle, ou morale : la première est, lors qu’un malin esprit s’est mis en possession d’une personne: & la seconde est l’éfet du péché originel, dont l’on est possédé jusqu’à ce qu’on ait reçu le Sacrement de la régénération ; car jusques-là, les Théologiens disent que le Diable a un droit sur le corps & fur l’ame des hommes, en forte que si Dieu n’arrêtoit fa malice, il exerceroit fur tous les hommes avec la même rigueur dont les véritables énerguménes font si cruellement tourmentez. La matière est trop éloignée de mon objet, pour m’y arrêter d’avantage. ENERVER, ». a. [Debilitare.] Afoiblir beaucoup. (Le vin & les femmes énervent, quand on ne garde point de mesure.) ENERVER, ». a. [Enervare.] Terme de Manège. II se dit des chevaux, & signifie couper des nerfs. On énerve un cheval, & on lui coupe deux tendons à côté des yeux, pour lui dessécher la tête. * ENERVER. [Emollire.] Ce mot se dit du langage : ôter la force & l’énergie du langage, l’afoiblir. (Un fille mol & énervé. Abl.) ENF- Prononcez an, toutes les prémiéres silabes des mots de cette colonne. ENFAITEMENT , f m. [Tegulum plumbeum.] Afàitement. Terme de Plombier. Le mot d’usage, c’est enfaitement. C’est une table ou couverture de plomb, qu’on met sur le comble de quelque belle maison, qui est ordinairement couverte d’ardoife. (Faire mettre, ou poser un enfaitement.) ENFAITER, ». a. [Imbricare , imbricibus tegere.] Terme de Plombier. Mettre l’enfaitement sur une maison. (Enfaiter une maison.) ENFANCE , f f [Infhntia, pueritia.] L’enfance est le prémier & le plus tendre âge de la vie, qui commence des qu’on vient au monde, & finit à neuf ou dix ans; mais on F étend d’ordinaire un peu plus. (Son enfance étoit une enfance pleine d’efprit. La vieillesse [fi Fenfance, En vain fur leur foiblejse apUioient leur défense. Racine.) f Etre en enfance, tomber en enfance. On le dit d’une vieille personne qui est imbecille, qui n’a plus l’usage de la raison. ENFANCE. [ Prima mundi œtas , origo. ) Ce mot est figuré, pour dire, lé commencement de quelque chose. L’ENFANCE du monde. C’est le prémier âge du monde. 11 ne faut pas s’étonner que cela soit arrivé dans l’enfance de la Philosophie. Abl. Luc. t. 2. double acujdtion. Lf Le P. Bouhours raporte avec éloge, dans ses pensées ingénieuses, l’endroic d’une Lettre écrite au Cardinal Mazarin fur la mort de son père qui étoit extrêmement vieux, & ou l’Auteur lui dit, que cet iUufire vieillard étoit d’un âge que l’on peut dire dí l’autre vie, [fi comme l’enfance de l’immortalité. N’est-ce point là une de ces pensées fausses que le Reverend Père condamne si hautement? II ne s’est pas souvenu de ces vers qu’il a ester dons son Art de penser : Rien ENF Rien n’efl beau que le vrai , le vrai seul est aimable S II doit regner par tout , f-f même dam la fable. Un âge de l’autre vie , une enfance de îimmortalitê, sont des choses que l’on ne peut concevoir. ENFANT. [Infans , puer , paella,] Jeune garçon, ou jeune fille qui est dans l’enfance. Ce mot est masculin & féminin. Il est masculin lors-qu’on parle d’un garçon, & féminin quand on parle d’une fille. (C'est une extrême méchanceté de se moquer d’une pauvre enfant qui, &c. Voit. I. §7. Bel enfant de quinze ans, dru comme père & mère. Scar. Pa'êf. C’est un fort joli enfant. Tenir un enfant avec une belle fille, c’est en être le parrain. Me voilà sans défense en proie à vos apas , Ma belle enfant , mon cœur a beaucoup de foi- ble Jf e , Un coup d! œil m’a fsajune , ou tout au moins me blesse. Bours. Esope.) ENF 719 ENF AN 8 trouvez. [Expojìtïtii fueri.] Pauvres petits enfans qu’on a exposez dans les rués, & qu’on fait élever a Paris dans un lieu particulier. f§ Ignorez donc l’Auteur île ces vers incertains; Ei comme enfans trouvez , qu’Us soient Jìis de putains. Régnier, fat. 2. ENFANS bleus. {Infantes cerniez.] Pauvres enfans habillez de bleu , qu’on éléve á Paris. Prend h petit enfant, qui va , faute U revient , Et jdieux à fa mère ofre un caillou qu’ïl tient. Defpr.) t§ ENFANS. On peut considérer l’état des enfans en deux tems diférens , ou avant leur naissance, ou au moment qu’ils ont vû le jour. Dans la première vûë, les Stoïciens, & quelques Jurisconsultes , ont crû que Pensant n’est point une créature distincte, pendant qu’il est dans les entrailles de fa mère. Mais le Jurisconsulte Paul , mieux instruit des opérations de la nature, nous aprend dans ia Loi septième,' §. de fat. bomin. que Pensant qui est encore dans les entrailles de fa mère, doit être traité comme s’il vi- voit, lorsqu’il s’agira de son intérêt & de son avantage seulement; ce qui fait connoìtre que par raportà Pinterét des tierces personnes, Pensant est regardé comme inutile, & comme s’il étoit encore dans les idées de Dieu , mais qu’il faut le regarder comme un être électif & jouissant de la vie , lorsque cette fixion lui sera avantageuse. C’est par cette raison que selon les Loix Romaines, la conception équipole à la nais. lance, en forte que l’on prend avec soin les mesures nécessaires pour ia conservation des droits & les intérêts des enfans qui ne sont encore qne conçus dans le sein de leur mère: ainsi , par PEdit du Préteur, il fut ordonné que dans trente jours après le divorce , la femme dénoncerait la grossesse, afin que son mari dont elle se séparait, pût prendre les précautions nécessaires pour prévenir ou Pavortement, ou la fuposition d’un _ enfant qui ne lui auroit pas apartenu. Quand il étoit nécessaire d’agir en Justice pour les intérêts d’un enfant qui n’étoit encore que conçu, on décernoit un Curateur au ventre ; & c’est ce que l’on observe encore en semblable cas , afin de conserver les biens aquis à Pensant, & ceux qui lui étoient échus avant fa naissance. Enfin, quoique ce fût une maxime générale , qu’il faut être ne pour succéder, on adjugeoit les biens échus pendant la grossesse, à Pensant qui en devenoit le maître par sa naissance , pourvu qu’il vin tau monde avec la vie , & avec toutes les dispositions naturelles pour pouvoir vivre ; car c’est une maxime, que naître fans vie, ou fans pouvoir vivre , c’est la même chose. LES ENFANS de France. Ce sont les enfans du Roi régnant. Enfant légitime , naturel , adoptif, posthume, &c. ENFANS de chœur. [Corifiœ.] Jeunes garçons ordinairement de huit, de neuf, de dix 011 de douze ans, qui servent à l’Eglise en robe & en aube , qu’on enseigne à chanter & à servir au Chœur, & à faire les autres fonctions à quoi ils sont obligez. Les enfans de chœur ne doivent entrer à P Eglise qu’avec la robe, le bonnet quarté & revêtus de leurs amits. La Fabrique de chaque paroisse de Paris paie leur nouritu- re. Les enfans de chœur des Paroisses reçoivent tous les ans une certaine somme pour leur assistance aux Servicés , aux Messes, aux Saluts, aux Convois, aux Enterremens , & aux Confrairies. Ce peu d’argent qu’ils reçoivent de leur assistance , sert à les entretenir de bas, de fouliez , de boisa brûler, & de linge de table. Un petit enfant de chœur, fort éveillé & qui chante bien. Etre enfant de chœur. Voïez les livres qu’on apelle les Martirologes des Parois es. ENFANS rouges. [ Infantes rubeì, J Pauvres enfans habillez de rouge qu’on éléve à Paris dans un lieu fondé pour cela. ENFANS de cuìfne , ou galopins. [Pueri cauponii .] Ceux qui fervent chez le Roi sous les oficiers de cuisine de bouche. f * ENFANT gâté. [Puer nimiâ induìgentiâ déprava- tus f C’est un enfant un peu libertin , & qu’on n’élé- ve pas avec assez de crainte ni de sévérité. ( * L’a- mour est un enfant gâté. Benferade , rond.) ENFANS PERDUS. [Vélites , rnrarii.] Ces mots, en terme de Guerre , signifient des soldats, qui marchent à la tête des troupes commandées pour les foû- tenir , & qui sont tirez de plusieurs compagnies, pour forcer quelque poste, faire quelque ataque, ou donner quelque assaut. * ENFANS perdus. Ce mot est vieux , car 11 n’y a plus d’enfans perdus. (Les Dragons fervent d’en- fans perdus.) ENFANTEMENT , f m. {Partus, puerperium.] Terme d’Acoucheur, & de Sage Femme. Ce sont les éforts douloureux que la femme fait pour mettre heureusement un enfant au monde. Le mot d 'enfantement parmi les gens qui ne sont Acoucheurs, Chirurgiens , ni Médecins , est moins en usage que celui de couches , qui est le mot ordinaire. ( Tandis qu’il demeurera quelque chose de Barrière faix dans la matrice , la femme sentira des douleurs semblables à celles qu’elle ressentoit avant l’enfantement. Mauriceau , traité des femmes grosses , L 2. ch. 9. Sentir les douleurs de Penfantemènt, Abl. apoph. C’est le ridicule enfantement des montagnes. Patru , plaid. 12.) f * ENFANTEMENT, se dit des Auteurs qui composent avec beaucoup de dificulté. (Lorsqu’il travaille il est dans les douleurs de l’enfantement. ENFANTER, « C p «me , parturire .J Ce mot, pour dire, acoucher , ne se dit pas ordinairement, & onnes’en sert guère que dans des matières graves, & en quelque forte consacrées. (Elle enfantera un fils qui fera apellé Jésus. Port-Poyal, nouveau Tefament. La terre a enfanté les Géants.) * ENFANTER. [Edere.] Ce mot, au figuré est fort usité. (Bien-heureux Scuderi , dont la fertile plume, Peut tous les mois , fans peine , enfanter un volume. Defpr. fat 2. U amour dit gain enfante mille ouvrages frivoles. Defpr.) ENFANTIN , enfantine , adj. [ Puerilis , infantilis. J Qui est d’enfant : qui a Pair d enfant. (Jeu enfantin. Mol. malade imaginaire, a. z. sc. Mine enfantine. Benferade , rondeaux.) ENFARINEE, V. a. [Farina converger e.] Remplir de farine. (11 m’a tout enfariné. Je me retire d’auprésde vous, de peur que vous ne m’enfitriniez.) EN FARINER- Poudrer la Perruque ou les cheveux. Ce mot est comique , en ce sens. ( Enfariner fa tête. ) S’ENFARINER, v. r. Se remplir de farine. (Je m’enfarine tout ici : je me fuis enfariné tout mon just-au-corps.) ■f * S’ENFARINER v. r. Mot comique, pour dire , fe poudrer. Poudrer fa perruque ou ses cheveux. (II y avoít un Amour qui s’enfarinoít de la poudre dont Voiture se rajeuni ssoit. Saraz. pompe funèbre de Voiture.') f * II s’en ef venu la gueule enfarinée. [Ore hìan- ti .] C’est-à-dire, qu’i! est venu tout transporté & plein d’efpérance d’obtenir ce qu’il croioit. [Ore hianti oenit.j S’ENFARINER. Dans un sens figuré, se dit de ceux qui s’entètent de quelque opinion. ( N. s’est enfariné du Jansénisme. Ce Prêtre est un peu enfariné.) ENFER , f m- [Tnfernm , carcer aternm damna - forum.] Lieu où l’on croit que sont les damnez. (Précipiter dans les enfers. Condamner aux enfers.) .... CT» J20 ENF . Un -pêcheur obstiné, Des horreurs de l’enfer vainement étonné. Despr.) * ENFER. Démons qui font aux enfers. (Les démons font vaincus, f enfer eít désarmé. Arn. ouvres poétiques Chrétiennes.') * ENFER. Lieu où l’on fe déplaît. Lieu où l’on soufre. (Elle m’a fait voir le paradis dans cet enfer, où je fuis. Elle ne peut quiter ce lieu si désirable, pour entrer dans l’enfer, où le ciel a voulu qu’elle ait tant enduré. Voit. poêf.) H * Porter son enfer avec sot ; C’est porter son fupli- ce avec foi. ê * Tison d’enfer. On apelle ainsi prov. un méchant homme qui excite & qui porte les autres au mal, ou qui cause de grands maux par ses exemples ou par fes discours. t* ENFER. Bruit. Vacarme. Tintamare. (Jepense qu’avec eux tout l’enfer est chez moi. Dejpr.sat. 6.) * ENFER. Terme de Chimiste. C’est un vase rond de métal ou de verre, qui sert à rectifier les sels volatils. (11 faut mettre cette liqueur dans l’enfer.) £ ENFERS; au pluriel, fe prend pour le lieu où les Païens croioient que les âmes aloient après la mort. (Enée descendit aux enfers pour voir son père.) f ENFERME' ,s. m. On le dit d’une chose qui sent mauvais, à cause qu’il y a long-tems qu’elle n’a été à l’air. (Cette chambre sent renfermé.) ENFERMER , V. a. [ Çlaudere , includere , sepone- re, servare , concludere.] Serrer. (Enfermer ses habits, son linge, fes livres : enfermer quelcun à la clé.) * ENFERMER , v. a. [Habere , continere .J Contenir , comprendre. ( Ce discours enferme un grand sens. ) S’ENFERMER , v. r. {Concludereses] (II s’est enfermé lui-même dans fa chambre. 11 s’est enfermé dans cette place, où il espère de tenir quelque tems.) * U ne saut pas enfermer le. loup dans la bergerie. Proverbe, pour dire, qu’il ne faut pas fermer une plaie, avant qu’elle soit bien guérie. Voïez Bergerie . * ENFERRER, v. a. [ [Transferre , transadigere.] Ce mot, au propre, signifie percer avec un fer , une épée , tine pique, &c. S’ENEERRER , v. r. [ Induerese , incurrere.] Se venir de soi-même jetter contre l’épée de son ennemi. 11 est venu de lui-même s’enferrer dans l’épée de, &c.) * S’ENFERRER , v. r. [Sibi nocere.] Ce mot, au figuré, signifie , fe nuire à foi même par fes paroles, ou par fa conduite. (C’est un fat qui ne fait ce qu’il dit, & qui s’enferre lui-même.) ENFICELER, V. a. {Reticulum aptare , funìcub confiringere.] Terme de Chapelier. Serrer avec une ficelle. (II faut bien enficeler un chapeau.) ENFILADE , f /. {Ordo , filum.] Disposition de plusieurs choses qui vont de fuite , ou de droit fil. (Comme enfilade de chambres, d’exemples, de discours , &c.) ENFILADE. Terme de Guerre , qui fe dit des tranchées & autres lignes qui font enfilées, dans lesquelles on peut tirer en droite ligne. (Ce boïau est à l’enfilade.) ENFILADE. Terme d u Jeu de trìquetrac. Obstacle qu’on trouve à faire passer les Dames d’un côté du t ablier à l’autre, qui fait perdre ordinairement la partie. ENFILE', adj. Terme de Jeu de trìquetrac. On dit qu’un joueur est enfilé, pour dire, qu’on lui a bouché le passage par où il pouvoit faire passer fes dames d’un côté du tablier à l’autre. ( * En ce sens, on dit figurément qu 'un homme s’cjì enfilé, pour dire, qu’il s’est emharassé dans quelque a faire, d’où il aura de la peine à fe tirer fans quelque désavantagé.) ENFILER , »• a. [ Trajicere , filum ìmmittere, in. serere.] Passer de la foie ou du fil au-travers du trou d’une éguille. Passer quelque petite nompareille au travers des grains d’un chapelet. (Enfiler un chapelet.) * ENFILER. [ReHum iter sequi.] Ce mot fe dit des rués & des chemins, &il signifie entrer dans une nié, ou un chemin. ( * Enfiler un chemin. Le vent enfile les rués. Abl. Pour mieux éviter les aproebes Des chiens qu’il a fur les tahmS , s Tantôt il va dans des valons , ENF Ensuite il enfile la plaine, Et dans d’autres bois il les meine. Perr. Chas.) f * ENFILER la Venelle. [Fugam capere, fugere.] Phrase burlesque, pour dire, s’enfuir. * ENFILER. [ Transfigere, transadigere.] Passer son épée au-travers du corps d’une personne. (Au second coup d’épée qu’il lui a porté, il l’a enfilé.) * ENFILER. Ce mot se dit en terme de Guerre , en parlant de l’Artillerie. C’est tirer le long d’une ligne, en nétéïer toute l’étenduë, & la batre. (Le canon de la place enfilait la tranchée : enfiler le rempart, enfiler la courtine.) ENFILER , v. a. [Candelas sujpendere.] Terme de Chandelier. C’est passer au-travers d’un petit bâton qu’on apelle broche, la mèche des chandéles. (Enfiler des chandéles.) f ENFILER. Terme de Marine. Le cabestan enfile le cable en virant. C’est-à-dire, que le cable tourne en rond autour du cabestan. On dit aussi, l’enfilement du cable. f * Je ne suis pas venu ici pour enfiler des perles. {Non hic rejìo absque causà.] Proverbe, pour dire, je ne fuis pas venu pour ne rien faire, ou pour faire peu de chose. S’ENFILER. [Induere se , incurrere.] Terme de Maîtres d’armçs. Se jetter soi-même dans l’épée de son ennemi. (En se batant ils se sont enfilez l’un l’autre. 11 a été tué, parce qu’ìl s’est enfilé lui-même. f S’ENFILER , fe dit au trictrac, quand on a mis son jeu dans un tel désordre, qu’on ne peut éviter de perdre le tout, ou plusieurs trous. (II s’est enfilé pour avoir trop presse son jeu.) ENFIN. {Denique, tandem, aliquando.] Sorte de conjonction. (Enfin, vous poussez ma patience à bout, & il faut que j’éclate.) Enfin, a meilleure grâce au commencement d’un poème ou d’une période, qu’ù la fin, qu’on ne doit mettre qu’au milieu d’une période ou d’un vers. ENFLAMER , D. a. {Succendere, inflammare.'} Mettre en feu : embraser : mettre tout en flame. (Une seule étincelle enflâme une grande quantité de poudre. Le Palais tout enflâmé. La maison est toute enflâmée. Le feu s’est pris au haut du toit, & a tout enflâmé. Dieu! quevoi-je en dépit d’une épaisse fumée, Que répand dans les airs mainte pipe enflàmée. Poète anonyme.) ENELâMER. [Amorem excitare.] Donner de l’a- mour. Toucher d’amour. (Un âge un peu plus mûr a de quoi m’enflâmer. Benserade, Pois. Jeunes cœurs, croiez-moi, laijjéz-vous enflâtner, Tôt ou tard il faut aimer. Benserade. Plus il la voit, plus il s’enflâme Des vives beautez de son ame. Perr. griselidis.) * ENFLâMER. [ Excitare, movere, accendere.] Echau- fer. Exciter. Alumer. (Enflâtner le courage des soldats. Vaug. Quint. I. 4. L’opiniâtreté des liabitans en- fiâma fa colère. Vaug. Quint. I. 7. Cet entretien vous charme & vous enflâme. Voit. P os.) ENFLECHURES , s s [Seal* nantie*.] Terme de Marine. Ce sont des cordes qui traversent les haut-bans en forme d’échelons pour monter aux hunes. ENFLER, v. a. {Infiare, dìfiendere, tume/acere.] Rendre plus gros. Grossir avec le vent ou autrement. (Enfler une vessie. Enfler un balon. La chétive pécore s’enfia si bien qu’elle creva. La Font.) î * Bile s’ejì fait enfler le ventre , pour dire , élis s’est fait engrosser. * ENFLER. [ [Animas, mentent addere.] Enorgueillir. Augmenter. (La fience enfle. Enflé d’orguëil. Cela enfla le courage des Tiriens. Vaug. Quint. I. 4. Cette aisance lui enfioit le courage. Abi. Tac. ann. I. 4. Ses Satrapes enfloient fes espérances. Vaug. Quint. I. Cette victoire lui enfle le cœur.) Mr. Corneille a dit dans son Cid : Non , j’ai peint vôtre cœur dans une indìférence, Qui n’enfle tX aucun d’eux, ni n’abat fejperance. Qn'ne diroit pas aujourd’hui, enfler l’ejperance , du moins je le croi ainsi. Le ENF t§ Le terme enfler devient obscène, quand il peut être équivoque. Mr. de Balzac a dit dans une lettre à Mr. Costar : Ma matière s’étant enflée entre mes mains, je me fuis trompé dans mon calcul. Bien des gens y trouveront de ['obscénité, comme les scrupuleux & les débauchez. Quintiiien a fort bien remarqué, que l’obscénité ne consiste pas toujours dans les termes, mais dans la signification équivoque. Voiture a péché contre ce principe dans les vers qu'il fit pour Minerve représentée dans un balet : AuJJì faudra-t’il déformais Qifeiìe vous cède pour jamais t Car plus dofíe magicienne Vous méritez le maniement D’une autre verge que la sienne, Et qui charme plus puifjdmment. * ENFLER. {Orationem inflare.~] Ce mot se dit du stile, & veut dire, élever trop, qui est un défaut. (Sti- le enflé : enfler son stile. Tu verras ces Auteurs , De ces titres pompeux enfler leurs Dédicaces. Despr.) * ENFLER. [Crefcere.J Ce mot se dit des eaux. Grossir. (Le fleuve enfle son cours. Vaug. Quint. t. Enfler la dépense d’un compte.) H * ENFLER des parties , enfler un Mémoire. C'est y mettre les marchandises qu’on a livrées, à plus haut prix qu’elles ne valent, ou qu’on n’en est convenu. * ENFLER. [Iriflarefl (Le Vent enfle les voiles ; c’est-à-dire, les étend & les pousse.) S’ENFLER, v. r. f Tumere .] Devenir plus enflé. (Son ventre s’enfle.) * S’ENFLER. {Augeri, tumefeere. ] Ce mot se dit de la mer & des rivières. C’est devenir plus grosse. (La mer s’enfle. Vaug. Quint. I. 4.) ENFLURE , f f- {Tumor, inflatiost Amas de vents ou de vapeurs dans les espaces vuides du corps. Sorte de maladie qui enfle le corps ou quelque partie du corps. (Son enflure est dangereuse. * ENFLURE. Ce mot se dit du discours. (Maniéré de grossir la diction. (L’enfiure est un vice en matière de discours. Ahl. Fu'iez dans vos discours t enflure N ? a ^ a MíT e t Qu’ainst qu’en vos habits rien n’yfoit afefíé,, Qu’une noble Jimplicite En fajfe Vornement, la grâce U la richejfe. Pavillon. [f ENFLURE du stile. Mr. de Cambrai, dans fa Lettre sor l’éloquence, dit, en parlant du stile des Pérès de l’Egliíe ; ,, Les Pérès instruits , par les mauvais ,, Réteurs de leurtems, étoient entraînez dans le „ préjugé universel : c’est à quoi les sages mêmes ne „ résistent presque jamais, On ne croioit pas qu’il „ fût permis de parler d’une façon simple & naturel- „ le: le monde étoit, pour la parole, dans l’état où „ il feroit pour les habits, iì personne n’osoit paroî- ,, tre vêtu d’une belle étole , fans la charger de la „ plus épaisse proderie. “ Cette phrase ne répond pas à cette simplicité, & à cette netteté que l’Auteur recommande si fort. ENFONCEMENT , f m. {EfsraBio.) L’action d’enfoncer. ENFONCEMENT , f m. {Recestm, altitude, profun- ditas.'] Ce mot se dit des valées, & autres choses. C’est ce qui va en enfonçant. (C’est un petit ruisseau qui tombe dans l’enfoncement d’une valée. 11 y avoit un enfoncement par lequel on pouvoit entrer dans le camp. Relation des campagnes de Rocroi N ae Fribourg. ENFONCER, »• a. {Comprimere, cogéré, adigere, immergere .2 Pousser avant. Faire aler plus avant du côté du fond. Faire décendre. Abaisser. _ (Enfoncer son chapeau en méchant garçon. Mol. Enfoncer dans la boue. Sa pesanteur fit enfoncer la nacelle. Volt. Poef. Enfoncer Cépée jufqu’à la garde. La pluie a beau toujours cingler, ll ne faut pm laisser d’aller, Les chevaux jusqu’au ventre enfoncent , Les plus vigoureux y renoncent. Perr. Chass.) f ENFONCER, signifie aussi, rompre, briser. (Enfoncer une porte, un cabinet, Sec.) if- ENFONCER, signifie aussi en termes de Guerre, peTcer, rompre, renverser. (Enfoncer un bataillon, enfoncer un escadron.) ENF 721 ENFONCER. [Cavaref | Terme de Potier d’étain. Faire plus creux. (Enfoncer un plat, une assiette.) ENFONCER. Fundum munire, tabulare .) Terme de Tonnelier. Mettre un fond à un vaisseau. Remettre un fond. (Enfoncer une futaille.) * 8'ENFONCER, v. r. [Penetrarest Aler plus avant. Pénétrer. Aler en avançant. (S’enfbncer dans une forêt. Abl, Arr. Ne vous enfoncez pas si fort dans cette matière.) f ENFONCER, f. m. On dit prov. d’un homme qui se vante d’avoir^ fait quelque chose de très-facile, comme si elle eût été fort dificiie, c’est un enfanceur de portes ouvertes. ENFONçURE, f. f. f Pars ima.J Terme de Tonne - lier. Toutes les pièces du fond de quelque vaisseau que ce soit. ENFONçURE de lit , ou goberges. [Tabulatum, ta- bulatio .] L’un & i’autre se dit, mais goberge est le mot du Tapissier. Ce sont de petits ais de quatre ou cinq pouces de large, qui sont atachez à quelque distance les uns des autres avec de la sangle, & qu’on étend sur le bois du lit. ENFONçURE. [Lacuna, cavum, recejfus .] Concavité. (II y a une enfonqure dans ce pavé. f- ENFONDRER, v. II signifie dans le stile familier, enfoncer, rompre, briser. ENFORCIR, v. a. ou r. [Corroborare, corroborant Rendre ou devenir plus fort. (Ce jeune homme s’enforcit. Ce cheval en forcit.) ENFORMER, v. a. {forma tndere , ad firmam aptare.J Terme de Bonnetier & de Chapelier. Mettre un bas dans la forme. Mettre un chapeau fur la forme. (Enfermer un bas. Enfermer un chapeau.) ENFOUIR, v. a. {Infodere, terra occulere, abde- re, perderest Ce mot signifie proprement cacher en terre s mais en ce sens il est vieux, & ne se dit guére. Son usage est dans un sens qui semble consacré ; & en parlant des dons naturels qu’on a , il signifie cacher. ( f * II ne faut pas enfouir les talens que Dieu nous a donnez.) ENFOURCHEMENS m. plur. Terme d ’Ar- chìtetíure. Ce sont les premières retombées des angles des voûtes d’arête, dont les voussoirs sont à branches. ENFOURCHURE, f f. ICornu btfidumst Terme de Chaste, qui se dit de la tête d’un cerf, dont l’extrémité du bois se termine en fourche, ou en deux. pointes. On apelle cette tête ainsi faite, enfourckh.. ENFOURNER , v. a. [Indueere, mittere ìn sternum.) Terme de Boulanger. Mettre du pain dans le four, lors-qu’il est chaud. (Enfourner du pain.) ■ -J ■ * II n’y a qu’à enfourner d’abord. {Incìpere au- stskarì.) C'est-à-dire, à bien commencer. ENFREIN DRE , v- a. {Infringere, immmuere.) 'Violer. (Enfreindre les ordonnances. Abl. Tue. ann. Enfreindre les ordres du ciel. Patru, plaid. Z. Enfreindre les privilèges duRoïaume. Maucroix, schisme,! 5.) ENFROQUER , D. a, {Habitum monachalem in- duere.J Faire un Moine. Sa mère l’a enfroqué. S’ENFUIR, v. r. {Fugere, dare fe m fugam.J Prendre la fuite. (Les Barbares s’enfuirent dès qu’ils nous aperçurent. Abl. Ils s’en sont fuis à la première décharge que nos gens ont faite. Ils s’enfuirent pron- tement dans la ville. Vaug.) (f ENFUIR, & fuir, font deux fuites diférentes. On fuit un danger ; c’est-à-dire, qu’on l’evite, ou par l’éloignement de fa personne, ou par des précautions que l’on prend pour s’en garantir. On s’enfuit à la vûë ou à l’aprocbe de quelque péril présent on imminent. Enfuir n’est plus du bel usage : on dit, ll s’en est fui, & non II s’en est enfui ; ces deux en sont vicieux. L’Abé Taleman, décisions de f Académie. . S’ENFUIR. {Jstuare, fuperejflttere.) II fe dit çle la liqueur qui est dans des pots qui bouillent auprès du feu, ou fur le feu, & il signifie s’en aler par-defjm les bords. II fe dit du pot même. ( (Quand vous faites bouillir Peau où l’on met du café, il est bon que le pot ne s’enfuie point, quand le café y est.) ENFUMER , v. a. [Jnfumare, fumigare.) Remplir de fumée. Incommoder à cause de la fumée. (Enfumer les gens qui sont dans une chambre : nous sommes ici enfumez , & il est impossible d’y demeurer d’avantage. . Tome L Y y y r T’aì- y 22 ENG T’aì-je fait voir de joie une belle animée ( Qui souvent d’un repas sortant toute enfumée, [‘dit même à Jes amans trop foibies d’ejiomac, Redouter Jes baisers pleins d’ail [fi de tabac. Despr.) f ENFUMER , se dit des animaux qu’on oblige par la fumée à sortir de leurs terriers. (Enfumer des renards , des bsereaux. (On dit auísi, enfumer des mouches à miel. ENG- Prononcez comme un a le premier e de tous les mots de cette colonne. x ENGAGEANT, ANTE, adj. [Inducens, allì- ciens.] Atraïant, qui flate, qui atire, qui engage insensiblement (Une humeur agréable , & des manières engageantes. ENGAGEANT , f. m. [Vitta, tanin, nodus.] Prononcez angajan. C’est un beau neud de ruban de couleur que les jeunes Demoiselles portent fur le sein. On apelle ce neud engageant , parce qu’il eít agréable, qu’il donne de la grâce à celle qui le porte, & oblige en quelque maniéré un galant à sentir quelque peu de penchant pour elle. (Cet engageant est joli & tout-à* fait propre : cet engageant bleu sied mieux que cet engageant rouge : changer tous les jours d’engageant & de fontange. ENGAGEANTE, f f [Linteus limbus.] Prononcez angajante. C’est une forte de manches de toile de mousseline, ou de dentelle, qui pendent au bout d u bras, qui ont assez bon air, & qui, à cause de cela ont été apellées engageantes. (De belles engageantes. Des engageantes fort modestes. Les engageantes font ordinairement embélies de fort belle dentelle.) ENGAGEMENT > f m. [ Oppigneratio.J Prononcez angajeman. Aliénation pour un tems. (On ne peut posséder les biens du Domaine que par engagement. ENGAGEMENT. [ Obligatio.] L’action d’engager. (Rengagement de ses meubles n’a pas été volontaire.) ENGAGEMENT. [Munus, proseJJìo, ars, necejfitudo.] Atachement. (Un engagement qui doit durer jusques à la mort, ne se doit faire qu’avec de grandes précautions. Mol. avar. a. i. sc. g. Les engagemens du monde font puissans. Port-Royal .) ENGAGEMENT. [Debitum , promijsmn , obligatio .'.] Contrat, obligation. On doit exécuter les conditions d’un engagement.) ENGAGEMENT. ( ImmiJJìo .] Signifie aussi ce qui est mêlé ou embarassé. Rengagement des chambres de ce bâtiment est fort incommode.) ENGAGER, ». a. [oppignerare , obligare , dare pignari.] Mettre en gage. (Engager de la vaisselle d’ar- gent : engager son bien.) * ENGAGER, s Inducere, compellere. J Obligera Contraindre à faire, ou à entreprendre quelque chose. (Engager à une bataille. Vaug. Quint. I. ■$. Nous donnons du secours aux autres pour les engager à nous en donner. Mr. de laRochesoucaut.) S'ENGAGER, v.r. [Obligare, illigare se.] S’obliger pour quelcon. (S’engager pour un ami.) f S’ENGAGER, se dit d’un homme qui s’engage à servir quelcun pour un certain tems. (II s’est engagé à moi pour deux ans.) H S’ENGAGER, signifie auffi, s’enroler; & engager un soldat, c’est l’enroler. * S’ENGAGER dans un lieu étroit. [Innecíere, invo- vere Je.] Faug. Quint. I. 3 . * S’ENGAGER dans une afaire. [ Implicare, impedì- re se. J Abl. ENGAGISTE,/, m. [Qui babet pignori.] Celui qui tient par engagement quelque domaine , ou quelques droits du Roi, ou d’autre, (Un engagiste des aides. Celui qui a un bail à longues années, n’est qu’ust engagiste.) ENGAINER , V. a. [Condere ìn vagìnam , indu- cere.] Mettre dans une gaine. (Engainer des couteaux.) f ENGAEAGE, s m. C’est l’aprét qui se donne aux étofes que l’on veut teindre en noir; ce qui se fait en les mettant bouillir dans une décoction de noix de galle & d’autres ingrediens, avant que de les noircir avec la couperose. ENG ALLER ,qv. a. [Gal/â intingere, persundere, sa- tiirare gaííú.] ferme de Teinturier. Teindre ou préparer une étofe avec de la noix de galle. ENG f ENGANIMF/DER , v.a. [Masculo puer o abu- tij Abuser honteusement d’un jeune garçon. Ce terme est du stile burlesque. (J’en connoi òêassez peu sages, Pour enganiniéder leurs pages. Sarr. Poës.) ENGARANT. Terme de Marine. Quand une corde chargée d’un pesant fardeau, fait un ou plusieurs tours à l’entour d’un mât, ou de quelque autre piéce de bois, & qu’on la retient, afin d’empêcher la force de la charge. Acad. Franç. t S’ENGARDER , V.r. [Cavere, prohibere, de- sendere Je.] S’empêcher. Dites & volez se garder. ENGEIN,/ tu. [Organum, macbinatio.] Prononcez anjain. Machine à lever les pierres quand on bâtit. ENGEINS. Terme de Meunier. Espèce de machine sur deux roues pour tirer le moulin au vent. C’est aussi une sorte de Tourniquet au haut du Moulin pour tirer les sacs de blé. * ENGEIN. Mot burlesque & obscène. (Un gros ou un petit cngein : engein marmiteux. S. Am. Son engein baisse la tête. 0" ENGEIN ou plútôt engin. Ce terme est générique; il lignifie tous les instrumens, tousses outils, & toutes ses machines dont on se sert dans chaque art, & dans chaque profession : il est dérivé du Latin ìnge- nium ; aussi il fignifioit autrefois ejjirit , invention. Alain Charrier a dit dans son Quadrilogue, Vos engins travaillant à acquérir finances , [fi vos vanités à les de- gajier. Mais nos pères se servoient de ce terme plus particulièrement pour exprimer les machines de guerre ; on lit ce vers dans 1e Roman de Garin, cité par Mr. du Cange fur Villehardouin : Les engìngniers, qui ont Tengin bajli. Et dans Philippe Mouskes : Quand li boìns maijìres amauris, Li Sire des engìgnours , Commenderent des minours Et larges en maintes manières Si vaillant qu’il portoit bannière , S’en fut allé as engiens, &c. Le Sire des engìgnours , ou ingénieurs ; étoit autrefois, ce qu’est aujourd’hui 1e Grand Maître de l’Artil- lerie. ENGELURE , / (■ [Perniones.] Sorte de petites enflures qui font causées par 1e froid qui viennent aux doigts des piés & des mains. (J’ai des engelures aux mains qui m’incommodent fort.) ENGENCE,/ fi [Gémis.] Terme de Mépris. Prononcez anjance. Race. ( Quand de ces médisons Tengence toute entière. Iroit la tête en bas rimer dans la rivière. Despr. fat. 2 .) f * ENGENCE. [Senten , sons, origo.J Semence. Source. Origine. De tous les maux on vit poindre /’engence. Benserade, rond.) * ENGENDRE', engendrée , adj. Mot burlesque, qui ne se trouve que dans se malade imaginaire de Molière, a. 2 . sc. II veut dire, avoir un gendre. (Voici Messieurs Diafoirus 1e père & 1e fils qui vous viennent rendre visite ; que vous serez bien engendré !) ENGENDRER, ». a. [Generare, gignere.] Produire. Mettre au monde. (11 ne sauroit engendrer. 11 a le tempérament qu’il ftut pour engendrer. Mol. L’hom- me n’engendre point seul, mais cet honneur est partagé entre la femme & 1e mari. Abl. Luc. t. 2 . Abraham engendra Isaac. Nouv. Tesf. de Mons.) ENGENDRER. Ce mot se dit en parlant de la Trinité. (Dieu 1e Père, qui est la première Personne de la Trinité, engendre 1e fils, de forte que Jéfus-Christ est la personne engendrée.) * ENGENDRER. Etre cause : exciter : produire. (L’abondance augmentoit les forces, & engendrait les divisions. Abl. Tac. I. 1 . c. r. Un procès engendre un autre procès. La familiarité engendre mépris.) * Un homme de bonne humeur n’engendre point de mélancolie. S’ENGENDRER , ». n. [Produci,gmerari.] Etre produit. ENG duit (Les métaux & les minéraux s’engendrent dans les entrailles de la terre. Les météores s’engendrent dans la moienne région de Pair, des vapeurs & des exhalaisons de la terre.) ENGE'OLER- Voie?, Enjôler. t ENGERi v. a. [ Inficen , affligera , onerare. ] Prononcez ange'. Faire produire en un lieu par le moïen de quelque plant, de quelque bouture, ou de quelque semence. Ce mot, en ce sens, est bien bas & bien vieux. Qui a engé vôtre jardin de cette herbe ? elle ne vaut rien.) * ENGER. Fournir, donner à une personne une chose d’une nature capable d’en produire une autre de même espèce. (Un tel m’a engé de ce plant, mais je n’en espère rien de bon.) f * ENGER. Ce mot, au figuré, se dit des personnes, & il est bas & burlesque. II signifie, faire naître, produire. (Qui vous a engé de ce petit animal?) f * ENGER. Molière, Pourceaugnac , a dit : Votre père se moque-t’il de vouloir vous enger de votre Avocat de Limoges ? c’eít-à-dire, se rit des gens de penser à vous marier avec un Avocat de Limoges.) f ENGER , ou Anil , f. m. Plante dont on tire PIndigo. Elle est vulnéraire & déterge les vieux ulcérés. ENGERBER, ■n. a. [Ligare, Jlmere fflicarUm sas ces.] Terme de Moissonneur. C’est lier le blé en gerbes, & aussi mettre les gerbes les unes fur les autres. Quelques-uns disent gerber, mais engerber est le meilleur & le plus usité. ENGERBER, v. a, [Congerer f.] Ce mot se dit auffi entre Marchands de vin. C’est mettre les pièces de vin les unes fur les autres, soit dans les caves ou à la halle au vin. (Engerber des pièces de vin. Ce marchand a trois rangs de muids engerbez les uns fur les autres.) ENGIN- Voïez Engein. ENCRANTE', adj. [Glande onustitf , glmdtbtis opertm.’] Terme de Blason. II se dit d’un écu chargé d’un chêne, dont le gland est d’un autre émail que l’arbre & les Feuilles. ENGLOUTIR , a. [Déglutir eJ\ Avaler tout d’un coup & gloutonnement. (Un crocodile engloutit un homme d’un coup. La baleine engloutit Jonas. Ce goulu engloutit un pâté tout d’un coup.) ENGLOUTIR , v. a. [Absorbere.j] Absorber. (La mer engloutissoit les matériaux. Vaug. Quint. I. 4.) (* II vient la bouche béante engloutir tous mes trésors. Vaug. Quint. I. c. 1. A force de boire il a englouti tout son bien. Abl. apopb. Qui n’eût cru que cette tempête aloit engloutir tout le Roùergue ? Pa- tru, plaid. 7. Postas, vous m’engloutissez le cœur. Molière, géorge-dandin, a. }. sc. 7 .) ENGLUER, ®. a. [Visco oblinere, ungere.~\ Enduire de glu. (Engluer de petites branches pour prendre de petits oiseaux. Cet oiseau a englué son aile, & il a été pris.) S’ENGLUER, v. r. [In visco inbarescere.j] Se prendre à la glu. (Les petits oiseaux s’engluent, quand ils veulent se poser sur les branches qu’on a engluées.) * S’ENGLUER. [Detineris II se dit au figuré, de ceux qui ne se peuvent pas tirer de quelque amourette , ou de qu’elqu’autre afaire, où ils font emba* rassez. ENGONCER,®-m [Compmgere,sringere. ) Ce verbe ne se dit que des habits qui montent trop haut, & qui rendent la taille mal faite. Cet habit vous engonce trop. Acad. Fr. VoïeZ Mr- Ménage. f ENGORGE' , part. On apelle Drap engorgé, un Drap qui n’est pas bien net de graisse, que Je foulon n’a pas bien dégraissé. ENGORGEMENT , s. m. [ Tubuli interclusio , obducliol} C’est lors-qu’une chose est pleine d’ordutes. (Un engorgement de tuïau.) ENGORGER, 0 . a. [ Obducere , intercludere. ] Terme de Plombier. Remplir d’ofdures. (Tuïau engorgé. Engorger un tuïau.) Ort peut dire encore de toute forte de tuïaux, qu’ils font engorgez, iors-qu’il y a quelque chose qui empêche que la liqueur n’y puisse couler. Veine engorgée. Port engorgé de sable. Jambes de cheval engorgées ; c’est-à-dire, pleines de mauvaises humeurs. ENG 723 S’ENGORGER , y. r. [Obduci, intercludi ,J Ce mot sc dit de la fumée. (Quand le tuïau de ’ia cheminée est trop petit, la fumée ne pouvant passer, s’en- gorge.) ENGOUEMENT, s. tn. [Prœsocatio.J Etat de celui qui est engoué. ENGOuER, v. a. [Prtesocare.] Faire de la peine à avaler. (Cela m’engouë.) S’ENGOstER, v. r. [Prœfocari.J Manger fi goulûment, qu’on ait peine à avaler. (Le gros gourmand, il s’engouë. Je luis engoué. (Elle est engouée.) f SENGOuER, v. r. [Alicujm rei Jiudio, pervicaci animum accendere .J S’entêter de quelque chose. (11 est furieusement engoué de son dernier ouvrage. (Ces termes font bas. f * S’ENGOÚER d’une personne. C’est se préocu- per avantageusement d’une personne, en être entêté. S’ENGOUFRER, v. r. [Ruere, irruere.] Ce mot sc dit du vent & de l’eau qui entre en quelque endroit. (Le vent s’engoufre dans les montagnes. L’eau s’engoufre dans l’ouverture d’un rocher.) On dit aussi s’engoufrer dans un golfe, ou dans un détroit de mer. ENGOUEE' , engoulée, adj. [Orepatulo arreptm.2 Terme de Blason. II se dit des pièces ou figures qu’on représente dévorées par quelque animal. t ENGOUER , v. a . [ Vorare, absorbere. ] Ce mot est vieux. 11 signifie avaler tout d’un coup. f On le dit encore d’un chien. (Ce chien engoule tout ce qu’on lui jette.) ENGOURDIR, ®. a. [Stupefacere, marcefcere.J Causer de l’engourdissement. (Avoir les mains engourdies de froid. J’ai le pié engourdi , je ne puis marcher. Le froid engourdit les mains.) * L’hìver engourdi de paresse. Benj’erade Rond. * La paresse engourdit les esprits. ENGOURDISSEMENT ,sm. [Stupor.J Maniéré d’assoupi'ssement de quelque partie du corps, qui empêche la liberté du mouvement de cette partie. (Sentir un engourdissement.) £ On le dit aussi au figuré. (II est dans un étrange engourdissement d’esprit.) ENGRAIS , f m. [Saginarium.’] II se dit des pâturages ou l’on met du bétail afin qu’il s’engraiíse. (Mettre des beufs à l’engrais.) f ENGRAIS, scditaulíì de la pâture qu’on donne à des volailles pour les engraisser. (Mettre des oies, des chapons à i’engrais. ENGRAISSEMENT , f m. [Stercoratio.] Terme de Jardinier & de Laboureur. Tout ce qui peut engraisser & rendre plus fertile quelque fonds que ce soit. (Mettre de l’engraissement aux terres. Culturé de la tulipe, ch. II ne faut que de legers engraissement. Quint. t. j.) (g ENGRAISSEMENT. Terme de Marine. Joindre du bois par engrailseinent, c’est' l’assembler par force, en forte que les tenons ne laissent aucun vuide dans les mortaises. Aubin. ENGRAISSER, ®. a. [Ophnare,saginare.~\ Faire devenir gras. Engraisser un cochon. Engraisser des chapons. Le millet engraisse. De là l’on pajj'e à la garenne, Où l’on abat presque sans peine, Et tant que Ion en ait ajjez, Lapins de genets engraissez. Perr. Chaste.) ENGRAISSER, v. n. [Pihguefcere, faginarij Devenir gras. (Elle engraisse extrêmement.) * ENGRAISSER. [Ditare.] Enrichir. (Engraisse-toi du suc des malheureux. Dejpr. fat. 9 . C’est un fou qui de ses revenus engraisse la Justice. Defp. ) * Us s’engfaissent du sang & de la sueur du peuple. S’ENGRAISSER , v. r. [ Pbigueseri .] Devenir gras. (Les Chanoines vermeils brillans de santé, S’engraissoient d’une môle Çf sainte oisiveté, Despr. Lutrin. ENGRAISSER, v. a . [Inquìnare , inficere adipes Ce mot signifie encore ; salir avec de la graisse. Un Cuisinier engraisse ses habits, Les cheveux engraissent Un colet. ENGRAISSER , v. a, [Stercorare.'] Ce mot se dit des terres, où. l’on met du fumier, ou autres choses qui les rendent fertiles. (Le fumier, la marne , &c. engrais-' Tome L Y y y y * sent 724 ENH sent les terres. Les fèves engraissent les champs.) ENGRANGER, »• a - [Sepowere m hnrreum . ] Terme de Laboureur. Mettre les grains dans la grange. (Engranger le blé. L’aveine elt engrangée.) EN GRAVER , ». a. ['IEerere in fabula , adhœres- cere ad arma cumulos. 3 Terme de Batelier. Demeurer fur le gravier, fur le fable, ou fur les pierres. (Bateau engravé. Engraver un bateau.) C’est aussi pousser & faire aler un bachot, ou un bateau fur le gravier , ou fur le fable, afin qu’il y demeure & y soit arrêté. ENGREI E', engrelée , adj. [Striatus , denticula- tim incisas .] Terme de Blason. 11 fe dit des pièces qui font bordées de petites pointes. ENGRELER , ». a. [Uniombm disiinguere, contexere, variare.'] Faire de petits ornemens fur les broderies ou dentelles, qui représentent de petits grains ou picotis. ENGRELURE , s /• [Lìmbus superior.J, Terme de femme , qui travaille en dentelle. Petite bande à jour au bout de la dentelle. (si Ces termes engrelé & engrelure font propres au Blason. Le Père Menestrier & Upton leur ont donné des origines diférentes, qui ont été raportées par Mr. Ménage dans ses Origines. ENGRENER, ». a. [ Moletrina mfunderef Terme de Meunier. Mettre le grain dans la trémie. ENGRENER, v.n. [Inserere, committere.] Terme à’ Horloger ; & en parlant de machines, c’est quand les dents d’une roue entrent dans les ailes d’un pignon, ou dans les dents de quelque autre roue. (Cette roué engrène bien.) ENGRENER. (Inchoare, aujpicarif Signifie, au figuré, commencer. (L'on a commencé à mettre mon procès fur le Bureau, il est engrené.) ENGRENER. [ Opimare. ] Se dit des chevaux qu’on nourit de bons grains pour les rétablir, lors qu’ils font maigres. (si ENGRENER la pompe , c’est atirer dans la pompe l’eau qui reste au fond du vaisseau, afin de mettre ce reste dehors. ENGROSSER,, ». a. [ GravidareJ Faire un enfant à une fille, ou à une femme. (II a engrossé & servante. Fille, ou femme engrossée.) ENGROSSIR , ». a. [ CraJJescere, crajsum redde- re, sacere.J Devenir gros, rendre gros. t S’ENGRUMELER, ». n. Se mettre en grumeaux. (Le sang s’engrumele. Le lait de cette femme s’est engrumelé.) ENGUICHURE. Voïez Anguìcbure. ENGYSCOPE , s m. [ Enggscopium.2 Terme d 'Optique. Instrument qui sert à découvrir les petites choses, & à grossir les objets, quand on les regarde de près. Acad. Franc. Le premier e de tous les mots de cette colonne fe prononce comme un a. ENHARDIR, ». a. [Animas erigere , auàactam facere.jj Rendre plus hardi. Donner plus de hardiesse. (Enhardir une personne. 11 commence un peu à s’enhardir.) ENHARMONIQUE , adj. C’est le dernier des trois genres de musique, qui abonde en diéses, & qui font les moindres visions sensibles du ton. Acad. Franç. ENHARNACHE', enbarnacbée , adj. [ Equus pbaleratm .) Ce mot se dit des chevaux de siamois, de carosse & de selle. (Chevaux superbement en- harnachez. Cavale bien enharnachée. Le Roi Jean vaincu entra à Londres comme un vainqueur, fur un cheval blanc richement enharnaché. Choisi, Hisioire du Roi Jean, ch. 9 .) ENHARNACHER, ». a. [. Equum integere.1 Ce mot se dit des chevaux de selle , de carosse, de char & de charrette, & il signifie mettre la selle. Mettre le siamois à un cheval. (Enharnacher un cheval.) f * ENHARNACHER. [Ornare, injìruere , vesiire.jj Vêtir. Habiller. (Vous.moquez-vous du monde de vous être fait enharnacher de la forte ? Mol. bourgeois gentilhomme, a. 2. sc. ;. J’étois enharnaché en fameux chasseur. Mol. Princesse J Elide, a. 1.) t EN HASE', enbasée , adj. [ Implicatus .] Mot bas & vieux. II ne peut entrer que dans le burlesque le plus simple. II signifie, qui fait l’empressé. (11 fait Fenhase: elle fait fenhasee.) ENJ EN-HAUT , adv. [Suprà , sursums\ Dans un lieu haut. (11 est en-haut.) D’ENHAUT, adv. De plus haut. (Cela vient d’en-haut.) * D’en-haut. [DesursumJ Du ciel. (Grâces qui nous viennent d’en-haut. Mes prières n’ont point le mérite qiììl faut, Pour avoir atiré cette grâce d’en-haut. Mol.) EN}- Les premiers e des mots de cette colonne se prononcent comme un a, excepté aux mots énigme & énigmatique. ENJABLER, »• a. [Indere, compìngerej Terme de Tonnelier. Mettre les fonds des tonneaux, cuves, &c. dans leurs jables, qui font les tenures faites dans les douves pour retenir les fonds. ENJ ALER , v. a. [Ancoram inflruere tigillis.~] Terme de Marine. C’est y attacher deux pièces de bois semblables, qu’on apelle jus , pour contre-ba- lancer la pâte de l’ancre dans l’eau, & la faire tomber : en forte que l’une ou l’autre des pales de l’ancre s’en- fourche dans le terrain, & morde 1e fond pour arrêter le vaisseau. ENJAMBE'E , f f [Paffìts simplexj Autant d’ef- pace qu’on en peut comprendre en étendant les jambes. (Une bonne enjambée.) ENJAMBEMENT , f m. Terme de Poésie Françoise. C’est lors qu’un vers enjambe fur un autre. (L’enjambement est vicieux dans la Poésie Françoise.) ENJAMBER , ». n. [Distendis cruribm tranfili- re. J Faire une enjambée. (Enjamber par-dessus.) 4 ENJAMBER. Marcher à grands pas. (II enjambe bien.) * ENJAMBER, signifie aussi , avancer, passer fur quelque chose plus qu’il ne faut. (Ces poutres enjambent fur 1e mur du voisin.) ch ENJAMBER , signifie encore, usurper , empiéter. (Vous avez enjambé furie terrain de vos voisins.) ENJAMBER. Terme de Poésie Françoise. C’est quand le sens n’étant pas fini en un vers, il recommence & finit parfaitement au commencement d’un autre. (H ne faut point enjamber d’un vers à l’autre. Les fiances avec grâce aprirent à tomber, Et le vers fur le vers n’osa plus enjamber. Defpr.) ENJAVELF.R , »- a. [Deleftam segetem inmani- pulos componerefj Mettre en javelles. II faut enjave- ler ce blé. Acad. Fr. ENJERBER. Voïez Engerber. EN-JEU , ou au-jeu , f m. [Pignus, pramimn lu- sorìum . ] Tout l’argent qu’on met au jeu, & que prend celui qui gagne. (Tirer i’en-jeu, ou Pau jeu.) ENIGMATIQUE, adj. [JEnigmatìcMj Obscur. Qui tient de l’énigme. (Jargon énigmatique. Main. P ois.j ENIGMAT1QTJEMENT , adv. [ JEnigmaticè. ] D’une manière obscure & énigmatique. (Parler énigmati- quement.) ENIGME. [jEnigma. J Subsiantis masculin & féminin , mais le plus souvent féminin. Ouvrage d’efprit qu’on fait d’ordinaire en vers ; où fans nommer une chose, on la décrit par ses causes, ses éfets & ses pro- priétez. Tableau où l’on peint ingénieusement une chose, & dont on.fait voir les causes & les éfets fans la nommer. (Un énigme fore ingénieux. Une énigme fort belle.) Messieurs de l’Académie le font toujours féminin. ENIGME. Obscurité. Chose obscure, & qu’on n’en- tend pas. C’est un énigme pour moi. Bear. Vous aurez de la peine à entendre cet énigme. Voit. I. 32. ENJOINDRE, ». a. [. Mandare, pruicipere. ] J’en- joins , 'j’ai enjoint. J’enjoignis. Ordonner. Commander. On lui enjoint de répondre. Patru , plaid. ç. II leur enjoignit d’en user avec respect. Maucroix,schisme, l. 1. Enjoindre une pénitence, un jeûne à quel- cun.) ENJOLER, »- n. [Inescare, ìllicere, fraudare,in fraudent inducere , seducerefj Atraper quelcun , en 'lui disant de belles paroles. (Sçm but est d’enjolet les gens.) {si C’est ENI (f C’est par métaphore que l’on dit, enjôler une personne; car enjôler signifie naturellement, comme Mr.. Ménage l’a remarqué, atirer par le chant feint ou •véritable d’un oiseau, ceux qui sont dans la campagne, & qui s’aprochant de Foifeau qui chante , font pris dans une cage , dont ils ne peuvent sortir: ainsi Mr. Ménage écrit engeoler , qui vient de l’Italien gabiola, une cage. f ENJOLEUR, enjoleux , s. m. [Sedufíor.} Celui qui enjôle. (C’estun vrai enjoleux. Mol. bourgeois gentilhomme , a. 2. sc. 4.) f ENJQLEUSE, s. f. [ Sedufírix.} Celle qui enjôle. (C’est une franche enjoleuse.) ENJOLIVEMENT, f m. [Omamentum, elegan- tia.J Tout ce qui sert à enjoliver une chose. (11 faut à cela quelque petit enjolivement.) t ENJOLIVER , v. a. [Ornare , decorare.} Parer. Orner de petites choses jolies. (Enjoliver un chapelet.) f ENJOLIVEUR, f. m. [Artifex elegantiarum.} Qui pare, qui enjolive, qui embélit. Le mot d ’enjoliveur est commun à plusieurs artisans : les Patenôtriers, & les Pontonniers s’apellent enjoliveurs. Ils disent : (Je suis Patenôtrier enjoliveur. Je fuis Pontonnier enjoliveur, &c.) J ENJOLIVURE , f f. [ Exornatìo.} Enjolivement. On ne le dit que des enjolivemens qu’on fait à des petits ouvrages de peu de valeur. ENJOUE', enjouée, adj. [ Feftivw, compojìtm ad bilaritatem .\] Agréable. Qui dit les choses d’un air gai & plein d’agrément. ( Esprit enjoué. Stile enjoué.) ENJOUEE., v. a. [Hilarare.} Réjoiiir, égaïer. (C’est un homme à enjoiier un discours.) ENJOÛMENT, f m. [Fefiivitas, hìlaritas, blanditiœ dégantés.} Humeur gaie. Maniéré de dire les choses d’un air honnête & agréable. (L’enjoument de Mr. Pascal a plus servi à vôtre parti, que tout le sérieux de Mr. Arnaud. Racine, lettre à l’Auteur des héréses imaginaires.) (Quand Cléopâtre couroitla ville avec Antoine, elle laifsoit briller tout son enjoûment, soit à soutenir, soit à repousser la raillerie des Bourgeois. Citri, triumvirat, z. p. cb. 12. ENIVRE', enivrée, adj. [Dementatus , ad infa- r.iam redafím.} Au figuré, il veut dire, ébloui, ; aveuglé , charmé folement. (Séjanus étoit enivré de fa bonne fortune & des caresses de Livia. Abl. ann. Tac. I. 4.) {g On peut fort bien dire , enivré d amour. Les Grecs regardant l’amour comme une ivresse, n’ont pas fait dificulté de dire, boire de l’amour. Bion dans son Idylle sur la mort d’Adonis, représente Venus toute en larmes, qui demande à son amant ses derniers baisers , dont la douceur flatant encore son cœur, elle boira de ïamour, & en conservera un éternel souvenir. Voïez Longepierre. * C’est un pédant enivré de sa vaine sience. Desr. fat. 5. ENIVREMENT , s. m. [Ebrietas , temulentia.} Etat d’une personne ivre. ENIVREMENT. [C&cus amor, libido , impotentiaf\ Au figuré , & en morale , signifie l’entêtement d’une personne infatuée de quelque chose. (L’enivrement de l’amour & des divertissemens du monde.) ENIVRER , v. a. [ Inebriare.} Faire tant boire quelcun qui! soit fou, & que le vin lui fasse perdre la raison. (Us Font mené au cabaret, & l’ont enivré. Scriverius votant une belle femme , en devint éper- dûment amoureux, & pour en jouir il trouva moïen d’enivrer le mari de la belle. Columesii opufcula.) * ENIVRER , v. a. [ 'Dementare, ad infamant redì- gers.} Au figuré, il veut dire, aveugler : éblouir : rendre à moitié fou. (Sa fortune l’enivre. Qu'heureux est le 1mortel , qui du monde ignoré, Vit content de Jiî-même en un coin retiré ; Que l’amour de ce rien qu’on nomme renommée, Wa jamais enivré d’une vaine fumée. Defpr.) II est d’autres erreurs dont l’aimable poison, Hun charme bien plus doux enivre la raison , Defpr. fat. 4.) S’ENIVREK , v. r. {Qbruere fe [vino , ebrìum fier il} ENL 725 C’est tant boire qu’on fe foule. (Quand Lîgniére est à jeun, ce n’eít pas grand’ chose; mais lors-qu’il s’est enivré, c’est quelquefois un plaisir de l’entendre, Je mine une agréable vie, Dieu veitílle en prolonger le cours, Je vois Cloris , je vois Silvie, Et je «l’enivre tout les jours. Lìgniere. ENL- Le premier e de tous les mots de cette colonne fe prononce comme un a. ENLACER, v. a. [Involvere , iHigare, implicare, ìmpleHere.} Enveloper dans des lacets. (Enlacer un renard.) ENLAÇURE , fi /• Terme de Charpentier.’ C’est quand on perce une mortaise & un tenon, pour y faire passer une cheville, & faire tenir ferme les pièces assemblées. ENLAIDIR , v. et. [ Deformare , deturpare.} Rendre laid. (L’âge & les maladies enlaidissent fort une personne.) ENLAIDIR, v. n. [Deformem fieri.} Devenir plus laid. (Quand on a passé un certain âge, on enlaidit tous les jours en vieillissant : elle est fort enlaidie.) ' ENLAIDISSEMENT , f. m. [ Deformatio .] L’action d’enlaidir. f ENLARME, f f- Terme de Pécheur. II fe dit des petites branches de Farbrisseau qu’on nomme Troëme, que les pécheurs plient en tond, & disposent le long de leur verveux, en les passant à travers des mailles de fa circonférence. J ENLARME , se dit encore parmi les Oiseliers, des mailles plus grandes que celles du filet ordinaire , qu’on y ajoute pour prendre plus aisément les oiseaux. ENLARMER un filet. C’est faire de grandes mailles à côté du filet, avec de la ficelle. ENLE'VEMENT , f m. [Raptm, ajbortatìo.} Rapt. (Faire un enlèvement. C’est un fameux enlèvement.) Buffi Rabutin fit Fenlévement de Mad. de Miramion. ENLEVER, v.a. [Attollere.} Lever en haut une chose qui est à terre. (Enlever avec des cables une pièce de bois.) • ENLEVER. [Auferre, rapere.] Oter: arracher : ravir. (11s se plaignoient que celui qui étoit leur Roi, leur fût si cruellement enlevé. Vaug. Quint. I. ;.) ENLEVER- [ Occupare, invadere. J Forcer : prendre par force : ravir. (Enlever un quartier. Abl. On lui a enlevé tous ses meubles. Le vent a enlevé des toits. I/amant est fou, qui s’avise qu’il n’est rien tel que d’enlever. Sar. Pois. Cette fille a été enlevée. Trois fois de vos amans épousant la fortune, Vous les avez suivis en tous lieux à leur choix, Et qui s’ejì comme vous fait enlever trois fois, Doit bien nie le pardonner une. Bours. Esope.) ENLEVER. [ Excorìare, cutem detrahere.} Oter : écor- cher. (Enlever la peau.) ENLEVER. [Auferre, aholere.} Oter. (Une savo- hette enlève les taches. Le jus de citron enlève les taches d’encre.) * ENLEVER. [ Rapere in , admiras,ionem. J Ravir d’admiration. (Ses discours enlèvent lès Auditeurs.) f ENLEVEURS de quartiers, f. m. Soldats qui forcent, prennent & enlèvent d’autres soldats qui font à. l’armée logez dans leurs quartiers. (Dieu vous garde, quand vous dormirez volontiers, de tous enleveurs de quartiers. Voie. Poe}.) ENLEVURE , f fi r IPuJtula , veficula.} Petite tumeur ou bube qui enlève la peau. (Quand le sang est échaufé, on a le visage plein d’enlevures.) _ J L’Aca- démie ditqu’en ce sens, élevure est plus usité. ENLEVURE. [ [Eminentia, pars emmens .j Se prend pour relief en sculpture. ENLIER , v. a. [lUìgare.} Terme de Maçon. C’est joindre & engager des pierres ensemble élevant des murs. ENLïGNER j a. [Ad eandem lineam compo- nere, statuere.} Terme d’ Imprimeur , à’Arcbiteffe, & de Charpentier. C’est mettre les lettres 011 les piécts de bois fur une même ligne. Y y y y ; EN- 72 6 ENM ENLUMINER, »• a. [Illmninare , illuflrare-, coloriait luminibut exornare, accendere > injìammare. ] impliquer des couleurs à gomme. (Enluminer des estampes : image enluminée : estampe enluminée, f* Nez de boutons enluminez. Je jw’enlumine le museau De ce trait que je boisfans eau. S. Atn.) ENLUMINEUR , f. m. [Pif/or.'] C’est celui qui fait l’art d’enlumincr : c’est celui qui couche des couleurs claires , ou épaisses fur des estampes, ou autre ouvrage qu’on peut enluminer , & qui ensuite lisse avec la dent de loup l’or & l’argent des estampes enluminées. L’enlumíneur peut graver , ou faire graver toutes sortes de tailles douces. II peut imprimer & faire imprimer toutes sortes de planches, & vendre des estampes de toute maniéré, enluminées , ou non. Les enlumineurs ne font pas érigez en corps de métier. (Un bon enlumineur; un pauvre enlumineur.) Iraa- ger-Enlumineur , c’est un marchand qui fait imprimer toutes sortes de planches , & qui vend de toutes fortes de cartes géographiques & d’estampes enluminées, ou non, & qui les peut enluminer, s’il lui plaît. ENLUMINURES, f. f [Imagopilla.] Figures enluminées. (De belles enluminures.) * ENLUMINURES. Sorte de satire en petits vers, qui porte pour titre enluminures , & qui est faite contre les ennemis de Port-Poyal. (Vous croïez qu’ii est plus honorable de faire des enluminures. Racine , lettre à /’Auteur des hérésies imaginaires .) Mr. Nicole est auteur de ces enluminures. Ce qui donna sujet à cet ouvrage , fut la maniéré indigne dont on traitoit l’Evêque d’Ipres & Messieurs de Port-Roïal dans l’estampe d’un almanach. Le prémier e de tous les mots de cette colonne se prononce comme un a. EMMAILLOTER , »■ a. [Pannis ,fasciis involve- re , obvolvere ìnfantem.] Mettre un enfant dans son maillot. Enveloper un enfant de ses langes avec une bande par dessus. ( Emmailloter un enfant : enfant bien ou mal emmailloté.) ENMANCHE', adj. [Cusidatim mûtuò insertus.] Terme de Blason , qui se dit des haches , marteaux faux, & autres choses qui ont un manche. Cf ENMANCHE'. Terme de Marine. On dit que l’on est enmanebé, quand on est entré dans la Manche Britannique. ENMANCL'.ER, v.a. [Aptare , inducere manubrium, manubrio ìnsbruere. 3 Mettre un manche à quelque instrument qui en a besoin. Garnir d’un manche. ( Emmancher une coignée, une hache , un couteau, &c. ) ENMANCHES , s. plur. [ Manicœ, manuleœ , adverse rumina ampliores.] Terme de Blason, qui se dit des pointes qui font oposées, & qui entrent les unes dans les autres. Elles doivent passer en montant de la pointe de l’écu en haut. ENMANCHEUR. f- m. [Manubriorum aptator , opi- sex.] Celui qui enmanclie. ENMANEQUINER , ». a. [Arbusculas cistis de- ponere , credere , committere. 3 Terme de Jardinier. C’est mettre de petits arbres dans des manequins, & les remettre après en pleine terre , jusqu’à ce qu’on les en ôte , pour les mettre ailleurs en place à demeurer. (Enmanequiner des arbrisseaux.) ENMANTELE', enmantelée , adj. [Palliatifs , pe- nulatm , chlanùdatm.] Ce mot se dit en parlant d’u- ne sorte de corneille qu’on apelle une corneille enmantelée , [bico/or .3 Qui est un oiseau noir & cendré, qui hente les rivages. ENMARINER un vaisseau. [ Navem insìruere. 3 Mettre du monde pour le faire aler en mer. On apelle gens enmarinez ceux qui sont acoûtumez à la mer. Acad. Fr. ENME'NAGEMENT ,s m. [ p omeflicorum infiniment ormn comparatio.] C’est faction de s’enména- ger. (Songer à son enménagement. Travailler à son enménagement.) ENME'NAGER, v. a. [SupeUeliìlem apparare , ìn- jiruere .3 Ranger & mettre proprement dans leur place les meubles d’un logis. (11 faut prendre quelcun pour nous aider à nous enménager.) S’ENME'NAGER , v. r. Ranger les meubles de son ménage. S’acheter peu à peu les meubles nécessaires ENN au ménage. (Nous nous enménageons peu à peu. Nous travaillons à nous enménager.) ENMENER , ». a. [Ducere, educere , exportai.] Mener hors du lieu où l’on est. (Les Sergens en- menent ceux qu’ils ont ordre de prendre.) ENMENOTER , ». a. [Manìcis ferreis confirin. gere.J Mettre des menotes aux mains d’un prisonnier, ou d’un esclave. Ce mot est un peu vieux. On dit, mettre les fers ou les menotes. ENMESSE', enmejsée : Amejsé, amejsée , adj. [Qui sacra ìnterfuit. 3 Qui a oiii la Messe. ( Je fuis en- messé. Elle est enmessée.) Ces mots sont bas. EN MEUBLER , enmeubkment. Voïez Ameublement , & Meubler. 3 _ t ENMI, ou emmi. [In medio.] Préposition qui vient du Latin in medio , & qui lignifie au milieu. Mais elle ne lé dit que parmi le petit peuple. (11 est emmi les rués.) í ENMIE'LEÇ parí. On dit un discours enmiélé, des paroles enmiélées. t * ENMIE'LER , v. a. [ MeUe iìlìnere , con dire verbal] Vieux mot qui ne se dit que dans le burlesque. (ô Muse, je t’invoque , enmiéle-moi le bec. Reg. fat. io.) C’est-à-dire , fais que je fasse des vers d’une veine douce & coulante. 3= ENMIE'LER un étai. Terme de Marine. C’est remplir le vuide qui est le long des tourons des cordes, dont Pétai est composé. ENMIE’LURE , s. f. [JJnguentum mellitum.] Terme de Maréchal. Sorte de charge pour les éforts de l’épaule, des hanches & de quelque autre accident des chevaux. Soleisel, parfait Maréchal , c. 44. t EMMITOUFLE', enmitouflée, adj. [Involutus.] Bien envelopé d’habit, ou d’autres choses qui couvrent presque toute la tête & une partie du corps. (II est enmitouflé comme un Président de Sorbonne.) ENMORTOISER- [Inducere.] Terme de Charpentier. Faire entrer dans une mortaise le bout d’une piéce de bois ou de fer diminué quarrément du tiers de son épaisseur. Acad. Fr. ENMUSELE', adj. Terme de Blason , lorsque l’anintal a la gueule liée d’une muselière , pour l’em- pêcher de paître. (Ours enmufelé de gueules. Acad. Frangé) ENMUSELER , ». a. [Capiftrare , fiscellam ori appen- dere.] Ce mot sc dit en parlant de certains animaux , & veut dire , mettre quelque muselière autour du museau de certains animaux. (Enmuseler un ours, un veau, lin poulain, &c.) ENMUSELER. Signifioit originairement, cacher le visage fous le manteau. Horsmis le prémier e de ces mots énoncer , énoncé, énonciation, énorme , énormité , le prémier e des autres mots de cette colonne & de la suivante, se prononce comme un a. 3= EN NE AI )YN AMIS Polonorum. Plante astringente & rafraîchissante. ENNEAGONE , / [Enneagonm. J Pronon- cez-le comme il est écrit. Terme de Géométrie. Figure qui a neuf cotez & neuf angles. ENNOBLIR- Votez Annoblir. ENNUI , s »t. [FaJìidìum , teedium , odìum, ma- sitia.] Tristesse. Déplaisir. (Donner un grand ennui- Causer beaucoup d’ennui. Ennui fâcheux, sensible, sombre , noir , obscur, mortel, cuisant. ( Flater, nourir, entretenir ses ennuis. Les ennuis sont mal sains. Je frémis des ennuis que vous vous aprêtez. Desh. ) ENNUïANT , ANTE, adj. [Molestiu.] Qui ennuie les autres. (C’est un homme enmiïant. Discours ennuïant. Quand je voi qu’un discours ennuïant est vers la fin , je m’écrie , en nie réjouissant, je voi terre. Mer c.) ENNUïER , ». a. [Afferre tœdium , satietatem.] Donner de l’ennui. (Ils ont ennuie le Roi & toute la Cour. Defpr. fat. 9.) Quand on n*a point d’amour, ll n’eji rien dans la vie Qui ne lajse U «’ennuïe. La Suze, Poës.) S’ENNUïER, ». r. [Tœdere.] Se chagriner. S’atri- ster. (Tout homme qui s’ennuïe voudroit que tout le monde s’ennuïât avec lui. Pélijson , recuéil.) On ENQ_ On lit peu ces. Auteurs nez peur mus ennuyer, Qui toujours fur un ton semblent psalmodier. Despr.) ENNUÏEUSEMENT, adv , Molesté , faflidiosè , teáw- J?.] D’une maniéré ennuïeuse. Enmiieusement ne se dit guére. (Vivre ennuïeusement. Combien de malheureux à qui il ne reste d’autres consolations, que de redire ennuïeusement leurs misères. Fléchi) , ENNUÏEUX, ennuieuse , adj. [Tœdiosw , molesm .] Qui donne de l’ennui. (Discours ennuïeux. Garçon fort ennuïeux.) ENONCE', s m. [Enuncìatw.) Chose énoncée. (Un faux énoncé rend la demande nulle. Maucroix , schisme, l. i.) ENONCER, v. a. [Efferre , eloqui , explicare.) S’ex- primer. (Aprenez à vous mieux énoncer. Mot. Les Rois ne s’énoncent que par la bouche des canons.) ENONCER,®, u. f Declarare. J Déclarer. (L’acte contient huit articles , où tous ses mensonges font énoncez. Maucroix, schisme, 4 3.) ENONCIATIF , IVE , adj. [ Emnciativus .] Qui fait mention de quelque chose. (C’est une maxime en Droit, que les termes énonciatifs ne peuvent rien.) ENONCIATION , J\f [ Locutio , enunciatïo.) C’est tout ce qui est dit & énoncé dans un acte. (Une simple énonciation dans les choses anciennes , est un titre. Patru , plaid. 2.) $ ENONCIATION , se dit pour expression , maniéré de s’énoncer. (II a renonciation belle , l’énonciation heureuse.) ENONCIATION. C’est aussi en termes de LogE ■que, une proposition qui nie ou qui asirme. S’ENORGtìEILLlR, ®. r. [Superbumfierì, infta^ fe animam.) Devenir orgueilleux. (II s’enorguëillit de peu de chose. II ne faut point se fier à une chose si frêle que la fortune, ni s’enorguëillir d’un bien, qui est souvent le partage des sots. Abl. Luc. t. 1.) $ ENORGUEILLIR , v. a. Rendre orgueilleux. (Sa fortune , & fa faveur l’enorgueillissent.) * ENORME, àdj. f Atrox, immanìs. J Ce mot se dit des crimes & des fautes , & signifie grand , ào» ce. (Un crime enorme. Une faute énorme. Là dans l’amas confus de chicanes énormes , Ce qui fut blanc aufond rendu noir par les formes . Despr.) ê ENORME , se dit aussi pour démesuré, excessif en grandeur, ou en grosseur. (Un poids énorme, une masse énorme. ) ENORMEMENT , adv. [[Enormiter , nìmium , ìncre- dibiliter .] D’une maniéré énorme. * ENORMITE', f f. [ Enormitas , excejfus , atrocu tas.) Ce mot se dit des crimes & des fautes, & signifie grandeur de faute , ou de crime. On a horreur de l’énormité de son crime. Abl. L’énormité du fait le confond. Le Maìî.) f ENORMITE’, se dit au propre de l’excez de la grandeur de quelque chose, (L’énormité de la taille de quelcun.) ENOSSE'- [ Op prœfocatus. ] Quand un os demeure au milieu d u gosier. Ce mot ne se trouve que dans Nicod. t ENOUER. terme de Manufafture. C’est éplucher un drap , en ôter les noeuds. $ ENOUEUSE , f f. Ouvrières qui travaillent a énouer les Draps & autres étofes de laine. ENQUERANT , ANTE, adj. [Inquhens, inqui- Jìtor, quptor.) Curieux des afaires d’autrui. 11 le prend ordinairement en mauvaise part. (C’est un importun , patce-qu’il est trop enquérant. S’ENQUERIR , V. r. [Quarere , invesiigare.) Je nì enquiers , tu f enquiers, il s enquiers , nom enquérons. Je me fuis enquis , je m’enquis , je m'enquerrai. ^ ( On s’est enquis d’eìle , & on a trouvé que c’étoit une fort honnête fille. On visitoit les chariots, & l’on s’enquéroit curieusement de tout; Vaug. On s’enquiert de la récompense qu’il en avoiteuë. Abl. Tac, J: ENQUERRE. Vieux mot en usage dans le Blason. On apelle, armes à enquerre, des armes qui aiant couleur fur couleur, donnent lieu de demander pourquoi on les a faites contre les régies ordinaires. ENQUETE., f f [inquisitio, perquijìtìo , interro- gatìo) Soin & diligence qu’on prend de s’informer ENR 727 de quelque chose, de faire perquisition d’une personne. ENQUêTE j f f. £ luquijltio judiciaria. J Terme de Palais.) Sorte d’information qu’on fait dans les formes de Justice. ( Faire une enquête. La Chambre des Enquêtes. . C’est une Chambre où l’on juge les procès par écrit, qui ont été apointez en première instance , où il y a ordinairement des enquêtes.) * S’ENQUêTER, o. r. [Inquirere .] S’enquérir. S® soucier, ctl faut s’enquêter de cela , & on en apren- dra peut-être des nouvelles. 11 n’importe , ils ne s’enquêtent point de cela. Mol. Pourceaugnac , a, 3. c. 2. ) ENQUETEUR , f m. [hiquijltor, quajltor.) 0licier qui a pouvoir de faire des Enquêtes. (Les Commissaires du Châtelet se qualifient Commissaires examinateurs & enquêteurs.) . Suetone, dans la vie de Jules César, dit: &■- que ab Inquìfltoribus pecuniâ redimere. Céíar fuïant les persécutions de Sylía, se sauva, pour de l’argent , des mains de ceux qui le cherchoient. Le prémiere des mots de cette colonne se prononce comme un a. ENRACINE', enracinée, adj. [Inveteratm , irra» dicatus.) Qui a des racines fort profondes en terre» Un arbre fort enraciné.) Q Le mal est enraciné. Ablanc. Porter une haine enracinée à quelcun. Vaug. Quint, l. 4.) * ENRACINER,®, n, [Accrejjere, inveterqfcere, cor - roborarì.) 11 ne faut pas laisser enraciner les maux.) S’ENRACINER , v. n. ['Radices agere.) Prendre racine. (Les arbres s’enracinent tous les ans de plus en plus.) ENRAGE' , enragée, adj. [Rabiosus.) Qui est malade de la rage. (Chien enragé. Homme enragé. f * ENRAGE', enragée. [Lratm , irà percitus.) Qui est en une grande colère. Qui a un sensible déplaisir. (Votre père est enragé contre vous. Mol.) f * II n’enrage pas pour mentir. C’est-à-dire , il ment avec facilité , c’est un grand menteur. ENRAGEANT, ANTE , adj. [Ad insanìam adû gens.) Qui donne bien de la peine , du déplaisir. * ENRAGER, ®> n. [Rabiefurere, ] Etre enragé : être saisi de rage. (Les chiens font sujets à enrager, ou plutôt à devenir enragez. La morsure d’une bête enragée en fait enrager une autre.) * ENRAGER, v. n. Etre comme un furieux ; être dans une grande colère. Avoir un déplaisir plein de transport & d’agitation. ( II enrage contre son frère» II enrage de se voir trompé. Faire enrager quelcun ; C’est lui causer un grand déplaisir, & Te mettre en une grande colère.) * ENRAGER de faim, de soif, de froid, &c» [Ea~ me ,Jìti necari.) -j - * I! faut prendre patience en enrageant. C’est-à- dire, malgré soi» ENRAïER, ®. ct. Terme de Laboureur. Faire la prémiére raie , lors-qu’on commence à labourer. ENRAïER. [ Radios canthis aplare) Ternie de Cha* ron. Mettre les rais dans les mortaises des roués. (Enraïer les rais d’une rouë.) ENRAÏER un carosse , un chariot, &c. [Rotas conjhin - gere, prœpedire.) C’est passer une piéce de bois entre les rais de deux roues, ou les lier avec une corde, pour empêcher qu’elles ne roulent, & ainsi arrêter le mouvement du chariot à quelque décente. C§ II est surprenant que les Auteurs du Dictionnaire imprimé à Trévoux, & de celui-ci , aïe n t ignoré le terme Latin substantif, Sufflamen , & le verbe Suf- flaminare , qui signifient la même chose que enrciiure, & enraïer. Les premiers ont dit, rotas conjlringere , pnepedhe: c’est ce que l’on a acoútumé de Faire lors- qu’on enraie uh carosse ou une charette. Mais ce n’est pas expliquer Faction de Fenraïure en elle même, & que les bons Auteurs ont exprimée par le terme Sufflamen. Juvénal nous a dépeint un certain Daftiafippus, qui se divertissoit à conduire lui-même son carosse, & à pousser les chevaux au milieu des tombeaux de ses peres : Il fait beau voir {dit-il) un Consul enraïer lui-même les roués dans une décente : iV / m. [In cettfam relatìo.) Mot de Palais. Prise de possession. (L’ensaisinement se fait diversement selon la diversité des Coutumes.) ENSAISINER , ». a. \_In ccrifum referre.) Ternie de Palais. C’est mettre en posseíìion. (Ensaisiner quel- cun d’une terre.) ENSANGLANTE’, ensanglantée , adj. [Cruore tinHus.) Tout rempli de sang. (11 s le bras tout en- EN S ensanglanté. Avoir le visage ensanglanté; le corps ensanglanté. Mouchoir ensanglanté. II est bon dessiner ce fer ensanglanté , de peur qu’il ne se gâte. ) ENSANGLANTER, »• u. [ Cruentare , cruore tìngere. ] Remplir de sang. Couvrir de sang. (II m’a ensanglanté tout le visage. ) Oui , sans frémir , f irai dam son perfide cceur, Moi-mîmc ensanglanter l’image de masaur. Corn. ) t ENSANGLANTER. [ Trucidare. ] Ce mot se dit en parlant de Tragédie , & veut dire, faire mourir sur le théâtre le héros de la piéce , ou quelque autre personne. ( 11 ne faut pas ensanglanter la scène. ) ENSEIGNE, sfi í Signum. ] Marque pour signifier quelque chose. ( Enseigne à bière. ) ENSEIGNE. [ Argumentum , indicium. ] Marque qu’on dortne à quelcun , afin qu’on lui ajoute foi. Marque qu’on donne, afin de reconnoitre une chose ou une personne. ( Un homme inconnu me vint demander à fausses enseignes. Le Comte de Bu/fi. Avec ces enseignes, je donnerai assez à entendre qui elle est. Voit. I. 59. ) ê ENSEIGNE. Terme de ManufaHure de Draperie. II signifie une certaine mesure de Drap ; qui revient à trois aunes de France, en forte que quand on dit qu’u- ne piéce de Drap est de quinze enseignes, on doit entendre qu’elle contient quarante-cinq aunes. ENSEIGNE. [ Insigne , signum.'] Ce mot signifie ce qu’on pend devant un logis, pour faire connoître que dans ce logis 011 vend, ou l’on fait quelque chose qui regarde le public. Ainsi les bassins blancs pendus devant un logis marquent un Barbier , & des bassins jaunes un Chirurgien. Un chou pendu au-dessus d’u- ne porte, montre qu’on vend du vin dans le logis. De la paille, & de petits paniers pendus devant une maison, avertissent qu’on y vend du lait & de la crème, &c. (L'enseigne est ôtée. Mettre Renseigne. ) Quant aux enseignes des marchands & des artisans, on a quelquefois agité dans le Barreau, s’il étoit permis de prendre Renseigne & la marque d’un autre marchand & d’un autre artisan de la même profession. La question a été fort bien traitée par Dupineau dans fa dissertation ;g. où il établit que l’on ne peut point prendre Renseigne , ni la marque d’un autre, quand celui-ci en peut soufrir quelque dommage dans soli commerce. II raporte ensuite un jugement rendu à à Angers, en faveur d’un hôtelier lequel s’étoit établi dans la même rue où il y en avoit un avec Renseigne de Notre-Dame ; & les .Juges crurent qu’il ne faloit pas confondre les hôteliers &cabaretiers avec les marchands & avec les artisans : mais RAuteur remarque en même tems , qu’il y avoit apel de cette Sentence. ENSEIGNE , s. m. [ Signifier, vexillifer.] Prononcez ansegne. Ce mot se dit en parlant d infanterie , des quatre Compagnies des Gardes a cheval du Roi, des Gendarmes, & des deux Compagnies de Mousquetaires, qui combatent à pié & à cheval. UEnseigne , en ce sens, est un Oficier qui porte , ou fait porterie Drapeau ; mais qui le doit porter lui-même , lors-qu’il entre dans une place, qu’il monte la garde, qu il passe en revue, ou qu’il va au combat. II n y a aujourd’hui dans Rinfanterie Françoise que le Régiment des Gardes, qui ait un enseigne en chaque Compagnie. Les autres Régimens d’infanterie n’ont chacun que deux enseignes. Chaque Compagnie des Gendarmes a un enseigné qui porte le guidon, & les quatre Compagnies des Gardes du Roi qui sont à cheval, ont chacune deux enseignes: en prenant le mot à’enseigne au sens que je viens d’expliquer , (on dit, Renseigne a ete tué : Renseigne est pris prisonnier : être enseigne dans les Gardes : Renseigne doit plûtôt perdre la vie que de quiter le Drapeau , que d’abandonner le Guidon.) ^ ENSEIGNE de vaisjeau. Oficier qui doit obéir au Lieutenant, & avoir, par subordination & en son absence , les mêmes sonâions que lui. ( Enseigne en pié. Enseigne en second. ) ^ EN8EIGNE , s. fi. s Vexilìum militare. ] C est le drapeau d’une Compagnie d’infanterie, qui sert a enseigner au soldat la compagnie, le camp, la marche, le lieu du raliment, & le champ de bataille , & qui est un morceau d’étofe de deux pies & demi en quarté , relevé en broderie d’or ou d’argent, orne de chifres , & de devises , & attaché à une lance de huit, ou de ENS 729 neufpiés. ( Renseigne est rompue. L’enseigne est dépliée. On lui a donné Renseigne de la Compagnie.) $ ENSEIGNE de poupe. C’est le pavillon qui se met sur k poupe d’un vaisseau. L’eiseigne de poupe des Vaisseaux de guerre François est blanche, celle de* Vaisseaux marchands est bleue. ENSEIGNE ,s. fi C Aqu '.la. ] Ce mot , en parlant des anciens Romains , étoit la figure d’une aigle qu’oa portoit au haut d’une lance , & qui étoit Renseigne générale de chaque légion. ENSEIGNEMENT , s m. [ Psocumentum , ìn~ ftitutio. j Ce mot signifie précepte , mais il est un peu vieux. ( Je ne veux point de vos enseignemens. ) í ENSEIGNEMENS. On apelle ainsi en termes de Pratique , les pièces qui servent à prouver , à établie un droit, une possession, une qualité. ( Fournir des titres & enseignemens. ) On ne le dit guere fans le mot de titres. ENSEIGNER , v. a. jj Oocere , commonflrare. jj Donner à une personne des lumières qu’elle n’avoit pas : lui aprendre ce qu’elle ne fait pas. ( A Lacédémone on n’enseignoit autre chose aux enfans qu’à obéir aux Magistrats. Abl. apopb. Enseignez aux viei- lards à être sobres, honnêtes & modérez. Port-Royal , nouveau testament , épître à Tite, cb. 2. Enseigner les arts & les lìences. * Enscignez-moi où il demeure ; enseignez-moi le chemin. En ces deux derniers exemples il signifie indiquer. ) * ENSEIGNES. Ce mot se dit au pluriel au figuré, & signifie les armes d’un peuple , d’une nation. ( Il porta nos enseignes au-delà de l’Élbe. Ablanc. Tacite, annales , liv. 4. chap. 20. ) ENS ELLE’ , E'E , adj. Terme de Manège , qui se dit d’un cheval qui eftdificile à bien seller. ( Les chevaux ensellez sont relevez de cou & de tête, & ont les reins bas. ) ENSELLE. Terme de Marine. On apelle par métaphore un vaisseau^ra/s/Zé, celui dont le milieu est bas & les deux extrémitez relevées, comme sont les gondoles de Venise. C’est de là qu’on apelle aussi un vaisseau enscllé, un vaisseau gondolé. ENSEMBLE, adv. [ Pariter , simul. ] De compagnie. ( Us se sont promenez long-tems ensemble. Ils ont parlé ensemble. Vbimen fiait embélir les sujets qiìil assemble , Et je ferai mieux fiait, quand nous serons ensemble, Bours. Esope. ) ENSEMBLE , adv. s Unà. 3 L’un avec l’autre. ( Mêler tout ensemble : acheter tout ensemble : nous sommes mal ensemble. ) ENSEMBLE. Terme de Manège. Cheval, qui en marchant aproche ses pieds de derrière de ceux de devant, en forte que le devant est leger, & les hanches soutiennent en quelque maniéré ses épaules. ( On dit, mettre bien ensemble un cheval, le mettre bien sou® lui, quand on le met sur les hanches. ) ENSEMBLE , f m. Terme d’Architecture & de Peinture. On dit í’ensemble d’un bâtiment pour en signifier la masse, & quelquefois aussi pour en marquer la proportion relative des parties au tout. (Tousces corps de logis font un très-bel ensemble. Le tout ensemble d’un tableau, est l’harmonie qui résulte des objets qui le composent. ( Ce tableau est beau partie à partie , mais le tout ensemble y est mal entendu. ) ENSEMENCER, ©• a. C Sementem facere , con- serere. ] Jette r de la semence dans une terre. ) ENSERRER, ®. «. [ Claudere , condere , abdere , recludere. J Le mot d’enserrer vieillit, & il signifie contenir : enfermer : comprendre. ( Ce divin Esprit que rien n’ensetre , vole par tout. Voit. Po'és. De ce que le ciel enserre, il n’est rien qui soit sans amour. Voit. Po'és. L’Avare rarement finit ses jours fans pleurs , ll a le moins de part au trésor qtíil enserre, Thésaurisant pour les voleurs , Pour Jesparens, ou pour la terre. La Font. ) ch ENSERRER, se dit pour , mettre dans une serre. ( Enserrer des orangers. ) ENSEVELIR , v. a. (j Inbumare , mandare terrœ, sepelìre. ] Enveloper dans un drap, ou autre pareille chose, une personne morte , pour la mettre après Tom. L en 73° ENS cn terre. ( Ensevelir les morts. Laissez aux morts le foin d’ensevelir les morts. Port-Royal , nnnv. Tefiam. ) f * S’ensevelir. [ Immergere se , abo/ere , obruere. ] S’ensévelir dans la solitude. Abl. ann. Tac. I. c. 14. Sans les lettres , les plus belles actions scroient ensevelies dans l’oubli. Abl. Luc. t. ;. Enseveli dans une foule de morts, Rac. Iphig. a. 2. sc. ç. ) 4 * R’ensevelir sous les ruines d’une place. C’est se faire tuer en la défendant jusqu’à la derniere extrémité. * H S’ensevelir dans le vin , dans la débauche. C’est s’y abandonner tout entier. f ENSEVELISSEMENT, f. m. Action d’ensevelir. ( L’ensevelissement des morts. ) ENSEVILLEMENT, J\ m. Terme d ’Archite. Hure. C’est l’apui d’une fenêtre au dessus de trois pieds. C’est pourquoi on dit qu’une fenêtre est à cinq, sept ou neuf pieds d’ensévillement. 4 ENSIMAGE if m. Terme de ManufaHure de lainage. C’est mettre légèrement avec la main, du sain-doux sur la superficie des étofes, du côte de leur endroit, afin de les pouvoir tondre plus facilement, le saindoux aidant à faire couler les forces. On dit, ensimer une étofe de laine, ou la graisser légèrement, pour la rendre plus aisée à tondre. ENSOÏER , v. a. [ Serico silo munìre , armare. ] Terme de Cordonnier. Atacher de la foie au bout du fil pour la passer dans le trou qu’on a fait avec Baleine. ( Ensoïer le fil : fil ensoïé. ) ENSORCE'LEMENT , f m. £Fascinatio , in- cantatio , veneficium. ] Charme ou maléfice qu’on a jetté fur quelcun. Le peuple attribue à l’enforcele- ment les maladies que les Médecins ne peuvent guérir. ENSORCELER, ». a. [ Fascinare, incantare. ] Jetterunsort sur quelcun. f ( Je vous prie , Madame, de ne point acabler un misérable de reproches, assurément je fuis ensorcelé. Le Comte de Buffì. ) f * Un soir que falcndois la belle , Qui depuis deux ans -«'ensorcelle, Voit. Poës. ) ENSORCELEUR , f. m. [ Incantator, magrn , vene- ficus. ] Qui enchante: qui enforcéle. (f* Les doux apas ensorceleurs. Voit. Pois. ) 4 Ce terme est peu d’usage, & on dit plus ordinairement enchanteur. ENSOUFRER, ». a. [ Sulphure illinere. ] Enduire de soufre. ( Ensoufrer du coton , ou du menu bois pour servir d’alumette. ENSOUFRER, un tonneau, s Tsoleum sulphure vapo- rare. ] C’est faire brûler du soufre dans un tonneau. ( On ensoufre les tonneaux , quand on veut transporter le vin en des lieux éloignez. ) f ENSOUFROIR , f. m. Lieu bien fermé , en maniéré d’étuve , où l’on expose à la vapeur du soufre , les foies, & les étofes de laine, pour leur donner le blanc. ENSOUPLE if f. [ Liciatorium .2 Ternie de Tisserand. Gros morceau de bois rond au bout du métier, fur quoi le Tisserand monte la chaîne pour faire de la toile. ENSOUPLE. Terme de Brodeur. Colonnes de bois percées, au travers defquelles passent des lates, & fur quoi travaille le Brodeur. ENSUBLE, s s Terme de Ferandinier. Morceau de bois tourné autour duquel on roule la béfo- gne. ( Une petite enfuble. Une grosse enfuble.) 4 ENSUITE, prép. [ Deinde. ] Après. (Ensuite de cela , ensuite de quoi. ) 4 ENSUITE, se prend auffi adverb. ( Vous ferez cela ensuite. t ENSUIVANT, pari. Terme de Pratique. (Le jour ensuivant, la nuit ensuivante. ) ENSUIVRE. [Sequi.J Ceve rben’est usité qu’en quelques tems, & signifie suivre immédiatement. (La belle lui fit la réponse qui s’ensuit. Le Comte de Buffì, Histoire amoureuses des Gaules. Le second de Juin ensuivant, elle fut couronnée. Maucroix, schisme, l. 1. Les accidens qui s’ensuivirent, fortifioient l’acusation. Vaug. Quint. I. 5. c h. 6 . De ce principe, il s’ensui- vroit une contradiction. Le prémier, e de tous les mots de cette colonne se prononce corne un a EN 1 ABLEMENT, s. m. s Tabulatum. ] Terme d Architecture. C’est la partie d’un ordre d’Archste- ENT cture, qui est au dessus du chapiteau de la colonne qui se divise en Architrave, en Frise & en Corniche. Le mot d 'entablement pris en ce sens s’apelle en Latin Trabeatio , & on dit, voilà un entablement bien proportionné. L’ entablement, signifie aussi la faillie qui est en haut des murailles d’un bâtiment, & le lieu où pose la charpente de la couverture. Quelques, uns apellent cette forte d’entablement l’échapée de la pluie , on le nomme en Latin siillicidium, &on dit, cet entablement n’a pas assez de portée , car seau tombe fur le pié de la muraille. ENTABLER , v. a. Terme de Manège. Cheval dont la croupe va avant les épaules, lors qu’il manie fur les côtes, & qu’il ne manie pas avec justesse. t ENTACHE’, entachée, adj. [Inquinatm , in* sefíus. ] Ce mot est bas ; en fa place , on dit fouillé, (11 estentâché de ce vice-là, ou plutôt il est tâché ou souillé de ce vice-là. Vaug. rem. ) ENTACHER , v. a. £ Inquinare , inficere, contamu nare.J Infecter, gâter de quelque vice moral ou naturel. ENTAILLE, f f. [ Incisio, incijura. Terme de Ménusier & de Jardinier. C’est l’enlevement qu’on a fait de quelque petit morceau dans une pièce de bois, pour y joindre une autre pièce. (Faire une entaille 4 quelque branche d’arbre. ) On apelle entaille pour lissier lesscies , un billot de bois fendu, dans lequel les Ménuifiers font entrer le fer de leurs scies, quand ils veulent en limer les dents. Acad. Franc. fjf ENTAILLES, ou dents d’afut de bord. Terme de Marine. Ce font ( dit Aubin , dans son Dictionai- re de la Marine ) des hoches ou coches, qu’on fait au derrière de l’afut dans les fiasques pour y mettre le traversin fur lequel pose le coin de mire. Les entailles se font quarrément de la demi épaisseur du bois ; par embrevement , à queue d’aronde , en adent , &c. ainsi que les assemblages. On fait des entailles dans les incrustations de pierre 011 de marbre, pour y placer les morceaux postiches. On fait encore des entailles à queue d’aronde pour mettre un tenter» de noeud de bois de chêne , ou un crampon de fer ou de bronze, incrusté de son épaisseur, pour retenir, un fil dans un quartier de pierre,ou dans un bloc de marbre. ENTAILLER , v. a. [Incidere. ] Terme de Menuì. sier. C’est enlever quelque chose d’un morceau da bois, pour en joindre un autre morceau fur celui dont on a enlevé quelque chose. II faut entailler ce bois-là.) ENTAILLURE , f f. Ç Incisio , incisura. ] Incision, entaille. On s’en fervoit autrefois, pour dire, ciselure, ouvrage d’Orfévrerie. ENTALINGUER, V.a. [ Rudentem alligare ad ancoram. 2 Terme de Marine. C’est amarrer un cable à l’arganeau de l’ancre. ENTAMER, »• a. [ Tecidere. ] Couper: ôter quelque partie , ou quelque morceau d’une chose entière. ( Entamer un melon , un pain. ) ENTAMER,».«.[ Delibare, persiringere. ] Ce mot, parlant des coups' qu’on donne fur quelque chose, est figuré. C’est entrer & pénétrer tant soit peu dans la chose sur laquelle on touche. ( C’est un coup de hache qui n’a fait qu’entamer l’armet. Abl. Arr. I. 1. ) 4 = * ENTAMER un corps de troupes. C’est commencer à l’ouvrir , à le rompre. 4 = * Entamer lareputation de quelcun. Cest donner ateinte à sa réputation. 4 = * Se laisser entamer. On le dit d’un homme qui soufre que d’autres entreprennent fur ses droits, ou qui se laisse fléchir pour faire quelque chose contre son devoir, ou contre sa résolution. (S’il se laisse entamer il est perdu. Ne vous laissez pas entamer. ) * ENTAMER, v. a. [ Inchoure, aggredi, ingredi , au- Jpicarì. ] Ce mot, en parlant de discours , est figuré, & signifie commencer un discours, entrer dans un sujet. ( Souvent à l’ocasion d’un sujet, on en entame un autre. ) ENTAMURE , s f. I Primum srisium , primitif. ] Le premier morceau qu’on a coupé d’un pain qui etoit entier. ( Entamure de pain. ) 4 ENTAMURE , signifie aussi , petite déchirure, petite incision. ( Le coup qu’il a reqû ne lui a fait qu’une legére entamure. ) ENTANT QUE, adverbe, s Quantum ut. 2 Qui sert à distinguer. ( Jésus-Christ est considéré diversement , entant que Dieu, ou entant qu’hom me. Entant que Roi, 6’est-â-dire, en qualité de Roi. ) EN T f * ENTASSE', se dit d’un hommme contraint dans fa taille , qui a la tête enfoncée dans les épaules. (II est entassé.) ENTASSEMENT , s m. [ Congestio. ] Acìion par laquelle on met plusieurs choses en un tas les unes fur les autres. Entasser des gerbes dans une grange. f * ENTASSEMENT , fe dit aussi d’un grand nombre d’afaires qu’il est dificile de débrouiller. (Son pere lui a laissé un terrible entassement d’afaires. ) ENTASSER , v. a. [_ Congerere , compingere. ] Mettre en tas. Mettre plusieurs choses , ou plusieur* corps les uns fur les autres. (Entasser le blé. Ils étoient tous entassez les uns ìur les autres. Vaug. Çnùnt. I. 5 .c. 11. Entasser des trésors. *S’il y a quelque défaut en cet ouvrage, c’est que les beautez y font trop entassées. Abl. apopb. Entasser crime fur crime. Maucroix , schisme , préface. Lui'qui de mille Auteurs retenus mot pour mot, Dans fa tête entassez, ria souvent fait qu’un sot. Defpr. fat. 4. ) f * ENTASSER, fe dit des afaires , des procez, pour acumuler, amasser en grande quantité. ( Entasser afaires fur afaires entasser procez fur procez. ) ENTE , f f [ Infitum , insttiost Terme de Jardinier. II signifie une gréfe ; c’est-à-dire , une petite branche d’un arbre dont on fait cas , & qu’on infère dans un arbre dont l’efpéce déplaît. (Les entes en fente ont été les premières pratiquées. ) ENTE , s /’. f Malus instta. ] Ce mot signifie aulli un arbre gréfé , ou enté. (Une belle ente. Une jeune ente. J’ai plusieurs entes. Mes entes ont presque toutes réussi, & il n’en a péri qu’uneou deux. ) * ENTE .f. f. Terme à’Architecture. Pilastre quarté que les Anciens mettoient aux coins des Temples. Et en général le mot á’ente signifie les jambes de force, qui sortent un peu hors du mur. ENTE. Terme de Meunier. Piéce de bois , qui est au bout de chaque volant, & qui y est a tachée avec des liens de fer. ENTE. Volez plus bas. Volez Enture. ENTE', E'E, adj. f Insertus , commiffiu, insttus.'j | Terme de Blason. C’est lorsque les deux parties de l’é- cu entrent l’une dans l’autre par des entures rondes, qu’on pouroit apeller emboitures. ENTEMENT, f m. [ Insitìo. ] Action par laquelle on ente les arbres ou les vignes. ENTENAI , f m. f Insitum maUeoli. J Terme à’Agriculture. Marqueté de vigne entée pour transplanter. .ENTENDEMENT, f m. [7»*//^.] Faculté de l’ame pour comprendre les choses intelligibles. Jugement. Esprit. ( Ces vers font d 1 une grâce extrême, Je croi qui Apollon lui-mtme , Vous les mit dans /'entendement. Voit. Poëf. Î 1 a fort bon entendement. La raison rendit la vûë à mon entendement. Voit. Pois') ENTENDEUR, s m. [ Intdligens. ] II est bas & hors d’ulage , si ce n’est en ce proverbe, A un bon entendeur il ne faut qu’une charretée de paroles. \_Intel- ligenti pauca. ] ENTENDRE, v. a. £ Audire, aufcultare.] Ouir. f entends , f ai entendu , j’entendis. ( Entendre un Prédicateur, un Avocat, un Sermon. Faut il le condanner avant que de l’entendre ? Racine, Ipbigénie, a. f.J'c. 6 .) ENTENDRE. £ Jubere , velle. ] Signifie avoir intention, prétendre. J’entens qu’on m’obéisse. ENTENDRE. [ Animum intendere , applicare. ] Veut dire, s’apliquer avec atention. Je ne faurois entendre à deux choses à la fois. ENTENDRE, [j Intelligere. 2 Concevoir. (Je commence à entendre la dificulté. II ne fauroit fe faire entendre. ) * ENTENDRE. [ Intelligentem , peritum ejse.^ j Etre habile en quelque chose. Excélent. ( C’est dire d or, & parler bon Franqois, vous l’entendez. Voìture, Poésies. Entendre bien la galanterie. Voit. I. 42. Entendre les Mathématiques : entendre l’Algèbre : entendre l’Hé- breu , &c. ) , ENTENDRE. £ Aquiefcere. ] Consentir a quelque «shofe. (On lui a fait diverses propositions, mais il n’y EN 3 T 731 veut point entendre. Entendre à un acommodement. ) * S’entendre, v. r. IConJ'entire , coUudere. j Etre d intelligence avec un autre. ( Ils s’entendent ensemble. > Scar. S’entendre avec I’ennemi. ) * $ entendre. £ Peritum este. J Se connoître en quelque chose, y être habile. ( Cet Alemand ce s’entendi point en troc. Voit. Po’ds. ) Donner à entendre. £ Significare , exponere. J Signifie , faire croire. ( On lui a donné à entendre que „ &c. II a obtenu cette faveur sous un faux donné è entendre ; c’est-à-dire , sous un faux raport, ou sous une fausse alégation. ) ENTENDU, entendue, adj. £ Audit us, intellefíus .J Oui. Conqû. ( Sermon entendu d’un bout à l’autre. Afaire bien ou mal entendue. ) * ENTENDU , entendue. £ Peritus , sciens, gnarrn. 3 Intelligent. Habile. ( II est entendu dans les Mathématiques. Elle est entendue au ménage. ) * ENTENDU, entendue. £ Eleganter, peritèstru&us.'J Régulier. Bien imaginé. (U11 bâtiment bien entendu. ) 0 ENTENDU. Ce mot est fort en usage ; on dit » un bâtiment bien entendu, un habit bien entendu. Quelques critiques soufrent & tolèrent im homme entendu , *»e femme entendues ils cèdent pourtant à l’usage : mais dans cette locution , comme dans plusieurs autres , il faut fupléer un homme qui entend bien les ebo- ses. Je ne íqai si entendre les choses ne feroit pas sujet à la censure, si on étoit un peu de mauvaise humeur. ( f Faire l’entendu. £ Jaflare fe , jibi arrogare. ] Scar. Pois. C'est faire le fat & le glorieux. ) 0 ENTENNES- , Terme de Marine. Les entérinés d’une machine à mater, sont trois mâts qui sont plantez fur le côté de la machine, où sont frapées les ca- liornes qui servent à élever les mâts. Voïez Antenne. ENTENTE, f f £ Verbum perplexabik. ] Signification. ( Un mot à double entente. ) ENTENTE. £ Elégant ordo , ordinis virtrn , décor „ gratia. J 11 signifie un certain ordre & disposition qui donne de l’agrément aux choses. ( L’entente de cc tableau est admirable. ) Llentente est au diseur. ENTER, v. a. £ Insérer c. ] Terme de Jardinier. Insérer & acommoder sur le haut du tronc d’un arbre une petite branche d’un autre arbre, & qui soit de l’année. ( Enter en fente , en écusson. Enter à œil dormant. Enter en couronne, en flûte, en aproche. ) Le mot d 'enter n’est pas si usité que celui de gréser. 0 On fe sort assez souvent du terme enter par métaphore : On voit peu desermons prêchez fur un miftére, Où le misère soit exafiement traité ; C’est un autresujetsur le mistére enté. f * On dit qu’une famille est entée fur une autre « lors qu’elle y est entrée, qu’elle en a pris le nom & les armes. f On le dit auffi d’un homme qui joint ensemble diverses qualitez. ( C’est un Gascon enté sur un Normand. ) * ENTER , v. a. £ Inserere , immittere. ] Terme de Charpentier. C’est joindre & assembler deux piéees de bols, & en mettre l’une dans l’autre. ( II faut enter cette piéce de bois fur celle-là. ) ENTERINEMENT,/»*. \_Concestìo, approba - tio , rati habitio. ] Terme de Palais. C’est faction d’en- tériner. ( Avoir foin de l’entérinement d’une grâce.) ENTERINER ,».«.£ Ratum habere , aprobare. J Terme de Palais. Rendre entier & parfait. Vérifier. (Entériner des lettres de rémission. Patru , Plaid. <;.) 0 Sur Fétimologie du mot entériner . voïez les Etî- mologies de Mr. Ménage , où il répond fortement, à l’Auteur anonime des nouvelles Remarques de Mr. de Vaugelas , parce qu’il avoit été ataqué. ENTEROCELE, / / [ Enterocele. ] Terme de Médecine. Décente de boïau. C’est une efpéce d’her» nie dans laquelle le boiau tombe dans faîne, ou dan« le scrotum. Sa cause prochaine est la relaxation, ou ['extension de la partie inférieure du péritoine , dans lequel font contenus les intestins. Les causes éloignées font les grands éforts , les cris , les exercices trop rudes, la toux violente, le fréquent vomit fement, &c. Tom. L Z z z z $ EN» 7Z2 ENT F.NTEROF/PIPLOCELE , /. f. Espèce d’her- nie dans laquelle les intestins & l’Epiploon decendent ensemble dans le scrotum, d’où vient qu’on lui a donné le nom d’enteroépiplocele. Les causes font les mêmes que celles de l’entérocéle. ENTERREMENT , s : m. C Humatio, , funut, txequia.'} Funérailles. (Aler à l’enterrement d’un ami.) 0" Les enterremens se Faisoient, parmi les Romains, avec de grandes íòlemnitez , qui ont été remarquées en détail par Kirchman , Gonder , Porchachi. ^'observerai seulement, que l’on y emploïoit les trompettes & les flûtes, dont les tons lugubres rendoient la cérémonie plus funèbre. Virgile a dit lib. n. Aineid. lt cab clangorque virúm clangorque tubarum. kro perce, Ovide, Pétrone, & plusieurs autres, nous en fournissent des preuves ; & nous lisons dans la sixième satire d’Horace , du premier livre , qu’un certain Novius avoit la voix si forte, qu’au milieu des plus grands embaras de la place de Rome, & quand il y auroit deux cens charretiers & trois cens convois funèbres, il se feroit entendre par dessus les charretiers, les trompettes & les cornets. ENTERRER , v. a. [ Humare , condere terra. 3 Mettre en terre une personne morte. ( Enterrer une personne. On enterre les Rois de France à l’Abaïe de S. Denis, L ceux d’Angleterre à Westmunster. On a enterré Cromwel dans le tombeau de ces derniers, parce qu’il prenoit le titre de Protecteur d’Angleterre. Un mort s’en aloit tristement $emparer de son dernier gîte , Le Curé s’en aloit gaiement , Enterrer ce mort au plut vite. La Font. ) ENTERRER. [Terrâ tegere .2 Terme de Jardinier, Mettre quelque chose dans la terre. ( Enterrer de la chicorée. ) f ENTERRER les futailles. C’est en termes de Marine, les mettre en partie dans le lest d’un vaisseau. * ENTERRER son secret. Abl. C’est ne pas dire son secret. * Vous me voulez enterrer toute vive. C’est-à-dire, ne me faire voir personne , me faire renoncer à tout commerce. f ENTERRER la Sinagogue avec honneur. C’est Prov. terminer une afaire , sortir d’un engagement avec honneur & d’une manière irréprochable. ENTêTE', entêtée , adj. [ Pertinax , pervìcax. 3 Qui a une chose extrêmement dans la tête : qui est dans l’entêtement. ( Le siécle n’est entêté de rien : elle est entêtée d’un benêt. Mais il est devenu comme un homme hébété, Depuis que de Tartufe on le voit entêté. Mol. tart. a. i. sc. a. ) ENTêTEMENT , f m. [ Pertinacia , pervìcacia. ] Ce mot se dit de ceux qui ont fortement quelque chose dans la tête. ( 11 est revenu de ses entêtemens. II est dans un furieux entément. Ce qui me fâche le plus de l’entêtement où l’on est pour l’Opera , c’est qu’il va ruiner la Tragédie. S. Evremont, Oper. i.) ENTêTEMENT , f. m. {j Cerebrì tentatio , dolor. ] Etourdissement. (L’entêtement du charbon alumé dans un lieu clos est mortel. ) ENTêTER, v. a. [ Tentare caput, turbare cerebruml] Faire mal à la tête. ( La moile de palmier entêtoit les soldats. Abl. ret. I. 8- c. a. Le vin entête ceux qui en boivent, & qui n’ont pasacoûtumé d’en boire.) f S’entêter , v. r. £ Dementare, jaclarese. 3 Se mettre folement dans l’esprit une chose, s’en piquer, l’a- fecter. S’entêter de fa noblesse. II s’est entêté d’un aussi sot animal que lui. ) Si les titres d'honneur ne vous entêtent pas , La richesse à vos yeux doit avoir des apas. Bours. Esope. ) .í ' ENTICHE', se dit en parlant de mauvaises opL nions en fait de Doctrine & de Religion. ( II est entiché de nouvelles opinions. II est entiché de Jansénisme. ) II est du stile familier. í ENTICHER, v. a. f Corrumpere. 3 Commenter a gâter, a corrompre. ( Ces fruits font un peu entichez. ) On ne s en sert guere qu’au participe passif. ENTIER , entière adj. f Integer , t ot us. ] Qui a ENT toutes IssS parties qu’il doit avoir. ( Là pièce est entière. La somme est entière. Passer les jours entiers à quelque chose. ) * ENTIER, entière. [ Integer equus , cuì non sunt reseliì testkuli. 3 Qui n’est pas châtré. ( Cheval en. tier. Abl. marm. ) ENTIER , entière. [Perfechts, completus, solìdus. ] Parfait. Complet. (Une entière félicité. Une entière victoire. ) * ENTIER, entière. [ Fìrmus , durior , aster, tenax.'J Obstiné , qui veut résolument ce qu’il veut. Qui ne se dédit point de ses fentimens. ( C’est un homme entier. Une femme entière.) ENTIER, f m. [ Totum. 3 Terme dlArìtmétique. Nombre entier. Nombre qui réprésente la quantité des choses dans leur étendue , fans en considérer les parties. t$ ENTIERCER. C’est mettre une chose en main tierce , c’est la séquestrer. Voïez la Coiitume d’Orléans, art. 454. Les Auteurs de la basse Latinité ont dit intertiare. Mr. du Cange, & le Glossaire de Lindembrogìus. ENTIE'REMENT , adv. f Ornninò, prorsùs. 3 Tout. à-fait. ( 11 est entièrement de mes amis. ) ENTIMêME , f m. f Enthymema. 3 Terme de Logique. Raisonnement qui n'a que deux propositions, l’antécédent & le conséquent. ENTIMêME. C’est une espèce de sillogisme abrégé , & que l’on peut dire être selon la Logique du Port-Roïal, un sillogisme parfait dans l’esprit, mais imparfait dans l’exprellìon. C’est ce que Quintilien a entendu dire , liv. ch. 14. où il observe que l’en. timême est non-seulement l’argument ou la manière dont on se sert pour en prouver un autre, mais auílì la diction dont on se sert pour mettre l’argument dans son jour & le rendre intelligible. L’entimême est un sillogisme parfait dans l’esprit, parce que l’on ne supo- se rien dans son idée de ce qui doit composer le sillogisme parfait ; & comme dans la diction on supose des propositions lesquelles étant connues, sont facilement luplées par ceux à qui l’on parle , le sillogisme est imparfait dans la diction. En voici un exemple que les Auteurs de la Logique ont raporté , comme étant un entimême très-élégant ; il est tiré de la Medée. Servare potui, perdere an possim rogas. Je P ai pû conserver,donc je puis te perdre. Pour mettre cet argument en forme , il faudroit dire : Celui qui peut conserver, peut perdre ,• or je t’ai pû conserver , donc je puis te perdre. Mais ce raisonnement feroit bien fade. t ENTOILER, v. n. Remettre de la toile à la dentelle d’une cravate, d’un mouchoir de cou. (Entoiler une cravate, entoiler un mouchoir. ) f ENTOILER, se dit pour coler sur une toile. ( Entoiler une estampe, entoiler des cartes de Géographie. ) ENTOIR ,/!»».[ Culteìhis , securicula insttiva. 3 Terme de Jardinier. Prononcez entai. Couteau d’en- viron deux pouces de lame, dont on se sert pour enter. ( L’entoir doit avoir le manche d’iVoire, ou d’un bois dur, & fait de forte que l’extrémité en soit plate, mince & arondie , pour servir à détacher l’écorce des sauvageons , fur lesquels on doit apliquer les écussons. Les entoirs les plus commodes sc plient comme des serpettes. ) Le mot á’entoir n’est pas si usité que celui de gréfoir. ENTOISER, v. a. [ In hexapedai componere, ai hexapcdíii metiri. 3 Terme de Jardinier, &c. II se dit des choses qui se vendent & s’achétent à la toise, si bien qu’on les met en des tas de figure quarrée, afiti qu’on les puisse toiser. ( Entoiler de la terre : entoiler du fumier. Quint. Jardins fr. t. 1. ENTONNEMENT, f m. [ hfusio. 3 L’action d’entonner une liqueur. ( L’entonnement du vin ne se fait d’ordinaire qu’après qu’il a cuvé. ) ENTONNER, V. a. [ Infundere. 3 Verser avec un entonnoir quelque liqueur dans un vaisseau. (Entonner d u vin. ) $ ENTONNER , se dit aussi des marchandises que l’on met dans des tonnes , ou longs tonneaux , pour les transporter & voiturer plus aisément. (Entonner des sucres , des chapeaux, &c. ) ENTON- ENT ' ENTONNER. s Incinéré , praire tono . ] Terme de Musique. Chanter du ton qu’il faut chanter. (Entonner les notes : entonner une note un demi ton plus bas , ou plus haut.) * ENTONNER la trompette. Desmaràií , Clovis. C’est-à-dire, enfler son stile.) * ENTONNER les louanges du Dieu des raisins. tìestr. Poèt.c. ;.) ENTONNOIR , si nt. [Insundibulum.) Instrument avec quoi on entonne. (Un petit entonnoir de fer blanc. Un grand entonnoir.) ENTORCE , OU ENTORSE , si f. [Dìstorsio.] Détorce. L’usage déclaré est pour entorce. C’est lors qu’en marchant, la jointure requit de l’étonnement, L que les parties qui l’environnent se relâchent. C’est aussi un éfort que fait un cheval en ne mettant pas le píé droit à terre. (Prendre une entorse.) On apelîe autrement cette entorce mémarckure. f * ENTORCE, se dit d’un homme dont on a diminué le pouvoir , l’autorité, le crédit. ( On vient de lui donner une rude entorce. II a essuie une rude entorce.) ENTORTILLE', entortillée , adj. [ Implìcatw, sinuosus , impeditw. j ( Cheveux entortillez.) f * Un homme entortillé ; c’est-à-dire , caché & dissimulé. ENTORTILLEMENT. [ Versiatio instyram, in gyrum injlexio. ) Ce sont les divers tours que fait une chose qui en entortille une autre. ( L’entortillement du lierre autour d’un arbre.) C’est aussi faction d’en- tortiller. ENTORTILLER , v. a. [ Conoohere , implicare, ampletii , circundare , impedire. ] Enveloper : entrelacer tout autour. ( Le lierre entortille les arbres.) - f * ENTORTILLER son stile. Avoir un stile entortillé. ENTOUR* [Circa, circum.J Préposition. Ce mot est vieux. Dites & voïez Autour , à íentour. Chez le Chapelier du coin de notre place, A l’entour d’un castor j’en a vu la préface. Despr.) ENTOURE', entourée, adj. s C inclus, circumda - tus. ] Environné. ( Cette ville est entourée par les ennemis. Les Princes font toujours entourez de dateurs. Louis entouré de fa Cour. Abé Régnier .) ENTOURER, v. a. [Cingere, cireumplefli.J Environner. (Entourer une maison.) ENTOURNURE , si si [Gyrw.] Terme de Tailleur, qui se dit du jour ou de l’échancrure qu’il donne à des manches. ( L’entournure des manches de cet habit va mal.) ENTOUSTASME , si m. [ Affiatus , ìncìtatio, fu- vor , mens divinhr.] Terme de Posie. Espèce de foreur dont on feint que les Poètes font épris. Feu naturel qui s’alume dans l’esprit, & qui enflâme tellement l’imagination , qu’on s’éleve au dessus de soi- même. ( L’entousiasme vous a emporté.) ■ f * ENTOUSIASME', entousiastnée, adj. [ Ajfiatuf mimìne , plenus Dco.J Qui est dans l’entoufiasme. Qui est ravi de quelque chose. Charité. (Je suis entou- íìasinée de l’air & des paroles. Molière.') st ENTOUSIASTE , si m. [ Divino stìrìtu affiatus.] Visionnaire, fanatique. (C’est un entousiaste.) «f S’ENTRACCOLLER , ». «. í Inter sie am- plexari. J S’entre-embrasser. ( Désqu’ils se virent, ils s’entr’accollerent fort tendrement. ) Danet. Ç S’ENTR’ACOMPAGNER , v. a. [ Se ìnvicem comi- éari.J Se tenir compagnie l’un à l’autre. Danet. ENTRACTE , si m. [ Diludium , intermedìum. ] Terme de Poésie. Ce qui se passe entre deux actes. ( Un bel entracte.) S’ENTRACUSER , v. r. [ Mutuò accusiare sie. ] S’acuser l’un l’autre. ( S’entr’acuser de divers crimes. Abl. apopb.) ENTRAGE, si m. Ce terme est particulier à la Coutume de Nivernois, tit. 22. art. r 88 - il signifie l’argent que le preneur d’un Fond à bail & rente, paie avant que d’en prendre possession. Voïez Coquille. S’ENTR*AIDER, ». r. [ Mutuò fîbi opem ferre. ] S’aider Funl’autre, & se secourir l’un l’autre. (Les amis & les voisins doivent s’entr’aider au besoin.) ENTRAILLES, si si I Visicera, intestina , exta.] ENT 733 Boiàux & autres parties intérieures du corps. (Avoir les entrailles échaufées. Ils vuidérent les entrailles, & embaumèrent le corps. Vaug. Quint. I. 10. cb. 10.) ( * La terre ouvrit ses entrailles. Godeau , Poésies, 1. partie, 1. églogue.) * ENTRAILLES. Cœur. Afection. (Seigneur, vôtre loi est gravée dans le fond de mes entrailles. Port- Royal,Pfiaume •}<). Je sens que mes entrailles s’émeu- vent. Un père a beau menacer ses enfans, de fermer les yeux for leur mauvaise conduite, les entrailles paternelles ne soufrent pas qu’il exécute cette menace. Maucroix , homélies de Saint Cbrisiostome , hom. 1 ç, C’est lui arracher les entrailles, que de l’afliger.) j 3 T On s’est acoûtumé à ce mot dans le figuré, quoi- qu’il ait été censuré. * ENTRAILLES. Son propre enfant : ses enfans. ( C’est un homme armé contre ses propres entrailles. Patru, plaid. 6 . p. 278- Je vous prie de le recevoir comme mes entrailles. Port-Royal, Nouv. Tesiam. épit. à Tit. Le fruit des entrailles est une récompense qui vient du Ciel. Port-Royal, Psieaume 126.) S’ËNTR’AIMER , V. r. [ Se mutuò amarelprosie- qui. ] S’aimer l’un l’autre. (Ils s’entr’aiment beaucoup.) ENTRAÎNER, ». a. [ Trahere, rapere.] Mener avec force. Tirer. ( On l’entraîna au fuplice. Abl.) ( * Elle apuie son avis par des raisons si convainquantes , qu’elle m’a entraîné de son côté. Molière.) ENTRAIT , si m. Terme de Charpentier , qui se dit des maîtresses pièces de bois, qui traversent & qui lient les deux parties opofées dans les couvertures des bâtimens. II y a le grand & petit entrait : le grand qu’on apelle tirant , c’est quand il tient aux jambes de force , avec le poinçon au milieu : le petit entrait est celui qui est au dessous. ENTRANT, ANTE , part. [ Ingrediens. ] Qui entre en quelque lieu. • * ENTRANT , entrante, adj. Qui s’introduit facilement dans les compagnies : qui a une hardiesse honnête à se produire. ( C’est un homme entrant.) S’ENTR’APELLER , v. r. s Mutuò sie vocare. ] S’apeller l’un l’autre. (Ils ne cessoientde s’entr’apel- ler. Ablanc.ret. l. 2. cb. 2.) Ç S’EN TR’APROCHER , v.n. I Ad fi ìnvicem accéder e.] S’aprocher l’un de l’autre. A S’ENTR’APUïER , ». a. [ Sie invicem fuflinere. J S’apuïer l’un l’autre. ^Ces deux maisons s’entr’a- puïent. ) Danet. Ç S’ENTR’ARRACHER, O. a. [Sibì invicem eri - pere. ] S’arracher quelque chose l’un à l’autre. (S’en- tr’arracher la barbe.) Danet. Ç S’ENTR’ATENDRE, V. a. I Se invicem- expe- tiare. J S’atendre l’un l’autre. ( Quand ils viennent du collège , ils s’entr’atendent toujours.) Danet. ENTRAPETE' , adj. Un pignon entrapeté en Architecture, c’est un bout de mur à la tête d’un comble, dont le profil est à quatre ou cinq pans. ENTRA VAILLE', adj. [Impeditw.] Terme de Blason , qui se dit des oiseaux, qui aïant le vol déploie , ont un bâton ou quelqu’autre chose passée entre les ailes & les piés. ENTRAVER, »• «• [siquo ìndere pedes. ] C’est mettre des entraves aux piés des chevaux. En Fauconnerie , c’est acommoder les jets de l’oiseau, de telle forte qu’il ne se peut ôter le chaperon , ni se découvrir. ENTRAVES , si. si plut. [ Impedimenta, vincula.ì Au figuré, ce font les empêchemens qu’on trouve « faire quelque chose, & sur tout à marcher. ( Du Letieur dédaigneux honorables esclaves, Nom ne saurions briser ms fers U ms entraves. Despr.) ENTRAVES , si si Tout ce qu’on met aux piés des chevaux , pour les empêcher de courir. ( Leurs chevaux repaissent avec des entraves aux jambes , de crainte qu’ils ne fuient. Abl. ret. I. 3. c. ;.) EN TRAVERS, de travers, adv. I In transiversium , obliqué .] ( Mettre une chose en travers, ou de travers.) S’ENTRAVERTIR, ». r. [Mutuò monerese.] S’avertir l’un l’autre. ( Ils firent des feux pour s’entr’a- vertir. Abl. ret. 1 . 4. c. t.) Z 1 z z î ENTRA 734 ENT ENTRAVON , s tu. £Pedica.] Piéce de cuir dont on entoure le paturon d ua cheval, (llraut deux entravons pour faire une entrave.) ENTRE , Inter. ] Préposition qui régit l’acufatif. ( Cela soit dit entre vous & moi. Mettre son doigt entre l’arbre & l’écorce.) ENTREBAILLE', entrebâillée, adj. [ Hians, Mulots , hiscens.] II se dit des portes qui font à demi ouvertes, f II a laissé la porte entrebâillée.) S’ENTREBAISER , r. r. £Mutua oscula dare, accipere. J Se baiser l’un l’autre. ( * La Justice & la Paix s’entrebaisérent. Port- Royal, Pseaume 84.) $ ENTREBAS , Entrebat, ou clairevoie. Terme de ManufaHure de lainage. C’est le trop grand éloignement , ou la distance inégale des fils de la chaîne d’une étofe , qui arrive par la faute du Tisserand, en tissant son ouvrage. S’ENTREBATRE , ». r. [ Certare , decertare inter se. J Se batre l’un l’autre. ( Ils s’entrebatent continuellement.) -j- ENTREBATTES , OU ENTREBANDES. Terme de Manufacture. Ce font proprement le commencement & la fin d’une piéce d’étofe de laine, ce qu’on nomme ordinairement le chef & la Queue , & quelquefois Cap & Queue. Ces entrebattes font deux barres , ou bandes d’enflure , que l’on fait aux deux bouts de chaque piéce, avec une trême de couleur diferente de celle de í’étofe ; & c’est encore où se met la marque ou nom de l’ouvrier. S’ENTREBLESSER ,v.r. £ Mutuum vulnus in- ferre , infligere. ] Se blesser l’un l’autre. (Ils se font entreblessez.) «f S’ENTRE-BROUÏLLER ensemble , v. a. [ Inter se dijeordare djjidere. J Se brouiller l’un avec l’autre. ( Ces deux amis s’entre-brouïllent souvent ensemble.) Danet. f S’ENTRECARESSER , v. a. £ Sibi invicem blandiri. ] Se caresser l’un l’autre. Danet. 5 S’ENTRE-CHAMAILLER, «. ». tinter se confligere. J Chamailler ensemble. Fraper réciproquement sur les armes les uns des autres. (Les deux partis s’entre-chamaillérent long-tems de part & d’au- tre.) Danet. S S’ENTRECHERCHER, «. «. [ ft invicem quxrere. ] Se chercher l’un l’autre. ( Ils s’entre- cherchent pour se battre.) Danet. S’ENTRECHERIR ; voyez S’ENTRAIMER. ENTRECHAT , s. m. t Vacillatio , titubatio. ] Sorte de faut figuré. Ce mot est corrompu de l’Ita- lien cap-iola intreociata. C’est une capriole croisée. (II y a un entrechat en tournant, un entrechat en avant, & un entrechat de côté : un entrechat bien fait.) Le Père Menétrier prétend qu’il faudroit dire entrechat, plutôt qu’entrechat. S’ENTRECHOQUER , V. r. [ Incursare se invicem. ] Se choquer l’un l’autre. (S’entrechoquer rudement. Abl. Arr.) ENTRECOLONNEMENT , s m. £lnterco- lumnium.] Terme d’Architecte. C’est l’espace qui est entre les colonnes. ( L’entrecolonnement doit être proportionné à la hauteur & à la grosseur des colonnes. Faire les entrecolonnemens. Vitruve, abrégé, 3. p. ) S’ENTRECOMMUNIQUER , v. r. [Focare se vicijjìm in partem omniums] Se communiquer les uns aux autres : fe faire part les uns aux autres de ce que l’on a. (Les hommes s’entrecommuniquent leurs pensées par le moïen du langage. Port-Royal, art de penser, préface.) ? S’ENTRECONNOITRE , t>. «. £ Inter se noscere. ] Se connoitre l’un l’autre. (II n’y a pas long-tems que nous nous entreconnoissons.) Danet. ENTRECOUPE ,s m. C’est le dégagemenrt qui fe fait dans un carrefour étroit par deux pans coupez & opofez, pour faciliter le tournant des chariots. ENTRECOUPE de voûte. C’est le vuide qui reste tntre deux voûtes sphériques l’une fur l’autre , depuis l’extrados d’une coupe, jufqu’à la doùelle d’un dôme , qui son jointes ensemble par des murs de refend au droit des côtes, fans charpente. ENT ENTRECOUPE', part. C Inàsus, interruptuí. J ( Un pais entrecoupé de montagnes. ) Ils traversent des bob , des rochers escarpez, Et des torrens entrecoupez. Perr. Griselidis. ENTRECOUPER, V. a. [ Interrumpcrefl) Interrompre. Òn dit que les soupirs & les sanglots en. trecoupent la voix. S’ENTRECOUFER , v.r. £SibiviciJfm contradicere.] Se contredire. ( II s’entrecoupe. ) Parler en mots entrecoupez ; c’est-à-dire , interrompus. S’ENTRECOUPER. [ Mutuò fe secare.] Se couper l’un l’autre. ( A quoi bon s’entrecouper la gorge. Vaug. I. 10. ch. 8.) S S’ENTR’E'CRIRE ,«•«.[ Sibi mutuò mer» dare. J S’écrire des lettres l’un à l’autre. Dan. S’ENTREDE'CHAUSSER. Un Poète s’cn est servi dans ces vers : Tandb que fraternellement Les deux piés s’entredéchaussérent. Ç S’ENTREDECHIRER, ®. a. £Mutuò lacerare.J Se déchirer l’un l’autre. ( S’entredechirer ses habits.) On dit au figuré , S’entredécbirer par des médisances, Danet. S’ENTREDE'FAIRE , v. r. £ Mutuò fe delere, projìigare, cadere. ] Se défaire l’un l’autre. ( Us s’en- tredéfont en guerriers imprudens. Bens. rond.) Ç S’ENTREDEMANDER, v. a. £Ase invicem petere. ] Se demander l’un à l’autre. Danet. Ç S’ENTREDEPêCHER, v. a. [ Ultrò citròque mit - tere. ] Se depecher , s’envoyer l’un à l’autre. ( Les deux Généraux s’entredepecherent des courriers. Dan, S’ENTREDE'TRUIRE, ®. v. £VicìJJìm mutuò dejiruerese. J Se détruire l’un l’autre. (Leshommes s’entredétruisent par les guerres qu’ils fe font.) ENTREDEUX , s. m. £ Pars média , Jjpatium médium. J Ce qui est entre deux choses. ( Remplir les entredeux de pilotis.) ê ENTREDEUX. Les Tondeurs de draps apellenÉ ainsi certains endroits de l’étofe , que l’ouvrier n’a pas assez tondu. $ ENTRE-DEUX fers , ou Entrefers. Terme da Balancier. C’est lors que pesant de la marchandise dans une balance , ou des especes de monoïe dans un trébucher, la lance , ou fléau , est d’équilibre, & directement placée dans le milieu de la chape, fans tomber plus d’un côté que de l’autre. íï S’ENTREDIFAMER, V. a. £Mutub feprobris discindere. ] Se difamer l’un l’autre. Danet. S’ENTREDIRE , v. r. £ Mutuò Jlbi dicere. ] Se dire quelque chose l’un à l’autre. ( S’entredire adieu. S’entredire des injures.) S’ENTREDONNER, *. r. £VidjJlmséi dare.-] Se donner l’un à l’autre. ( Les deux éperviers s’en- tredonnoient du bec. Vaug. Quint. L j. S’entredon- ner des coups de poing. Bear. rem.) ENTRE'E , s f £Ingressus , aditus.] Lieu pat où l’on entre. ( Laisser l’entrée libre d’une ville. Défendre l’entrée du port aux ennemis. Abl. Arr. 1. 1. L’entrée d’une mailon.) ENTRE'E. Cérémonies qui fe font lors-qu’un Grand entre la prémiére fois dans une place. (Faire son entrée dans une ville.) ENTRE'E. [Or, ojìium.] Terme de Chapelier, St de Pelletier. Ouverture. ( Entrée de manchon. Entrée de chapeau trop petite ou trop grande.) On die dans ce même sens , l’entrée de ces botes est trop étroite. L’entrée d’une bouteille , d’un tuïau , &c. f ENTRE'E. Terme de Teneur de Livres en parties doubles. L’entrée du grand Livre ,, c’estl’état des Débiteurs & Créditeurs, portez par la balance ou le bilan du Livre précédent. * ENTRE'E. £ Aditus.] Accès. Je lui ai donné en. trée chez Mr. le prémier Président. II a entrée au Conseil.) * ENTRE'E. 11 se dit du tems qu’on commence à fréquenter les honnêtes gens, & à entrer dans le monde. A son entrée dans le monde , il fut aimé de tout ce qu’il y avoit de gens d’efprit à Paris.) ENTRE'E. [ Primordium , initium , _ exordium. J Commencement. (A l’entrée du jeu, il faut païer tant dans les Académies.) ENTRE'E. ENT ENTRE'E. [ Fercula , promulsidaria ,] Ce mot se dît en parlant de festin & de repas un peu honnête. Ce font les ragoûts qu’on sert d’abord avec la grosse viande. C On a servi deux fort bonnes entrées.) ENTRE'E. C Scena saltatoria. ] Ce mot fe dit parlant de ballets. C’est une forte de danse par saut dans le commencement & dans tout le cours dti balet, & entre les actes de quelque piéce de théâtre. ( Danser une entrée de balet. Une entrée de balet bien dansée , bien figurée.) ENTRE'E. C InveBiti* mercìt vefíigal.) Impôt sur les marchandises qui entrent dans une ville. ( Païer les droits d’entrée. Païer l’entrée. On paie aux portes de Paris l’èntrée du vin , des liqueurs, du pié fourché , & de la chair morte.) ENTRE'E. Ternie de Marine. Embouchure de rivière. En termes d’Astronomie , c’est le tems auquel le Soleil commence à parcourir une ligne. (L’équi- noxe du printems est l’entrée du Soleil dans Aries .) On dit proverbialement , qu’un homme a fait une entrée de ballet dans une compagnie ; pour dire qu’il y est entré brusquement, & en est sorti de même. $ ENTRE'E8 , se dit au pluriel du droit qui estata- ché à certaines charges , de pouvoir entrer chez le Roi à des heures où les autres courtisans n’entrent point. ( Avoir toutes les entrées chez le Roi. Avoir les grandes & les petites entrées. En vendant fa charge il a conservé les entrées.) S’ENTREFâCHER. [ Mutuò irasci. ] Se fâcher l’un l’autre. ( Ils s’entrefâchent souvent.) t ENTREFAITES. [ Interea , intérim . ] Ce mot ne se dit pas seul, & il signifie pendant que. ( II a été pris fur ces entrefaites. 11 arriva fur ces entrefaites ; c’est-à-dire , en ce tems-là , pendant que ces choses fe palfoient.) «f ENTREFESSON, fi m. Voïez PERINE'E. S’ENTREFLATER. [ Sibì mutuò palpari.~] C’est fe flater l’un l’autre. S’ENTREFOùE'TER, ». r. [ VkiJJìm fe virgis cade- Kf.j Se foiiéter l’un l’autre. S’ENTREFRAPER, »• r. [ Mutuò fe percuter c, ferire. ] Se fraper l’un l’autre. ( Us s’entrefrapent, & puis ils fe querellent.) S’ENTREFROISSER , V. r. £ Mutuò frangerc, vicijjlm confringere fe. ) Se froisser l’un l’autre. (Que sera-ce quand il y en aura tant de miliers ensemble, qui ne feront que s’entrefroisser ? Vaug. Quint. I. 9. / m. [ Ingrejsus tolutarius. ] Train ou amble rompu , qui ne tient ni du pas ni du trot. On l’apelle autrement, traquenard. S’ENTREPERCER, ». «. [ Mutuo enfefi trans- fodere , tranjberherare. ] Se percer les uns les autres. ( Les escadrons s’entrepercent. Sar. Po'eJ'. ) S’ENTREPIQUER. [ Mutuk verhorum aculek sise pungere. J Se piquer l’un l’autre par des paroles injurieuses. S’ENTREPL AIDER, ». r. [Vidjfim litigarefi Se plaider l’un l’autre. ( Deux frères s’entreplaidant, on condanna le père à l’amende, pour n’avoir pas apaisé leur querelle. Ah/, apoph. ) ENTREPOS , s m. [ Otium , quies. ) Cessation de travail. (Un indigne entrepos. Bens. rond. p. 303.) ENTREPOS. [j Statio, manjìo. j] Personne interposée. ( Ecrire par entrepos. Ville d’entrepos. ) ENTREPOS, [ Statio. J Lieu de réserve où l’on fait magasin de quelques marchandises, pour les venir reprendre au besoin. 11 y en a qui écrivent en entrepos, ( locus mterpojìtm. ) U est défendu aux marchands de vin d’avoir des entrepos,au-deqà de trois lieues de Paris. f ENTREPOSER. C’est mettre des marchandises dans un magasin d’entrepos. S’ENTREPOUSSER, »• v. [ Viàjjhn pellere , extrudere , detrudere. ) Se pousser les uns les autres. ( 11 s s’entrepoussent avec vigueur. Abl. Luc. t. 2. exercices. ) ENTREPRENANT, entreprenante ,, adj. [Confidents audax in JuJcipiendo. ] Hardi. C’est un homme fort entreprenant. ) ENTREPRENDRE , ». a. [Suscipere , recipere , adoriri, tentare, redimere. ] Se charger de faire quelque chose. ( J’entreprens d’écrire la guerre du Péloponèse. Abl. Tac. Entreprendre la défense de quel- cun. Abl. Entreprendre une guerre : entreprendre un bâtiment. ) * ENTREPRENDRE quelcun. [Ad incitas redigere , adigere. j Le pousser , le mettre à la raison. ENTREPRENDRE plufieurs nations à la fiok. [Aggre- di , ìnvadere, irruere in. ] C’est ataquer plusieurs nations , & leur faire la guerre en même tems. (* ENTREPRENDRE fur l'autorité Aune personne. f Usurpare , attentare. J Entreprendre fur la vie de quelcun. Abl. ret. I. 2. c. 3. ( Entreprendre fur les droits , fur la charge de quelcun. ) ENTREPRENEUR ,/». [ Redemptor. ] Celui qui se charge & qui entreprend de faire quelque bâtiment, ou autre ouvrage. (Un fameux Entrepreneur.) ENTREPRENEUSE , s. fi. [Redemptrix. ] Celle qui entreprend quelque besogne, comme du linge à faire, & qui a plusieurs ouvrières sous elle. (C’est une entrepreneuse. ) 5 S’ENTREPRESSER, ». «. [ Se Interpreme- re. ] Se presser les uns les autres. (11 s’entrepret soient dans la foule. ) Danet. Ç S’ENTRE-PRêTER , ». a. [ Sibi mutuo dare. ] Se prêter l’un à l’autre. ( Us s’entreprêtent de Purgent. ) Danet. ENTREPRIS , entreprise , adj. f Decretus. J Ce qu’on a résolu de faire. Ce qu’on s’est chargé d’exécuter. ( La guerre est entreprise. Ouvrage entrepris. ) ENT f ENTREPRIS , entreprise, f Captw , interceptas. ] Perclus. ( U est entrepris de tous ses membres. ) ENTREPRISE , f fi [ Consilìum , sufceptio , >m- litio. ] Chose qu’on veut entreprendre, & faction de l’entreprendre. ( Entreprise glorieuse. Faire une entreprise contre quelcun. Abl. Arr. I. 1. c. Couvrir son entreprise. Abl. Arr. Une entreprise hardie & difìcile. Plus /'entreprise est dìficile , Et plus elle est belle à tenter. ) $ Les entreprises de nuit font les plus favorables, parceque les ténèbres dérobent à l’ennemi la distribution & l’ordre des ataques. Polybe de Folard. ENTREPRISE. [ Violatio, ujurpatiofi Terme de Pa- lak. Atentats que font les Juges fur la jurisdiction les uns des autres , & fur l’autorité de leurs Charges. On dit, en termes de Chaste , qu’un chien ou un oiseau est de grande entreprise ; pour dire, qu’il ataque hardiment le gibier. S’ENTRE-QUERELLER , ». r. [Vidjfim jur. gari , rixari , altercari. ] Se quereller l’un l’autre. ( Us commencent à s’entre-quéreller. Abl. Luc. t. 1. ) ENTRER , ». n. pastifi. [ Ingredi , ìntroire. J Aler au dedans. Pénétrer au dedans. J’entre, j’entrai, jesuk entré. ( Entrer dans une ville l’épée à la main. Je fuis entré dans la chambre pour faire la révérence à Monsieur. ) Pour se sauver de la pluie , Entre un postant morfondu , Au brouet on le convie , II n’étoìt pas atendu. La Font. ) * ENTRER. [ Interseri , immergi , penetrare, subire , conflare , conficere. J Ce mot , au figuré , a plusieurs belles significations. ( Entrer dans le sens , dans la pensée de quelcun. Entrer dans la défense : Abl. ann. Tac. I. 11. Entrer dans les intérêts, dans les besoins de quelcun. Scar. Entrer dans le ridicule des hommes. Molière. Entrer en discours avec quelcun : entrer en guerre avec un peuple voisin. 11 entre dans les plaisirs du Prince : entrer en colère : entrer en défiance de quelcun. U est entré dans notre conversation. Je suis entré aujourd’hui dans ma vingt-cinquié- me année. Je ne veux entrer en aucun détail avec vous : entrer en possession de quelque fonds : entrer en charge : entrer en religion : entrer en danse entrer en lice. Entrer en table, c’est commencera dîner. II est entré cinq aunes de drap dans cet habit. II est entré huit sortes de drogues dans cette Médecine, &c. Vous n’entrez pas dans ma pensée. Entrer en parallèle avec quelcun. ) S’ENTRE-REGARDER , ». r. C Mutuà fi con - tueri. J * Se regarder l’un l’autre. ( Us s’entre-regar- dent de bon cœur. ) S’EN I’RE-RE’PONDRE , ». r. [ Vidjfim refi pondere , restonsum dare. ] Se répondre l’un l’autre. ( Us s’entre-répondoient tour à tour. Abl. apoph. ) Ç S’ENTRE-RESSEMBLER, »• «• [Se invkem referre. ] Se ressembler l’un l’autre. (Ces deux enfans s’entressemblent fort. ) Danet. S’ENTRE-SALUER, ». >•. [Vidjfimsalutemdì. cere. J Se saluer f un l’autre. ( Us se sont entre-saluez avec de grandes civilitez. ) S’ENTRE - SECOURIR, ». r. [Sibimutuam opemfierre.2 Se secourir l’un (’autre. (Us s’avançoient quand ils vouloient s’entre-secourir. Vaug. Quint. I. y. ch. 1 . ) ENTRESOLE , f f C Intertabulatum , intertigm- tio.jjTerme d’Architefíure. Etage ménagé entre deux planchers un peu éloignez , dont l’espace est partage par un autre plancher. ( On loge quelquefois dans des entresoles, on y peut faire coucher des valets, & pour le moins y serrer plusieurs choses. ) S’ENTRE-SUIVRE , ». r. [ Continenter fiequì. J Aler de fuite l’un après l’autre. Se suivre l’un l’autre. U se dit des personnes , des choses & des paroles ; mais on dira plus souvent Je suivre. ( Les soldats s’entresuivent dans un défilé. Les jours s’entresuivent, mais ils ne se ressemblent pas. Ce discours n’est pas bien lié, & les paroles ne s’entresuivent pas. ) ÇS>EN „ ENT 5 S’ENTRESUPORTER , m a. £ Se ìnvìcem tollere. ] Se suporter l’un l’autre. Dan. ENTRETAILLE,/. /• Mouvement de danse, lorsque le danseur jette & met un de ses pieds en la ■place de í’autre pied, tandis que cet autre pied est élevé en l’air pardevant, & quand ce même pied est élevé en arriére, ce mouvement s’apelle ruade, & quand ce mouvement se fait à côté , on l’apelle rude vache. S’entretailler , v. r. s Interterere. 3 Ce mot se dit des chevaux. C’est s’écorcher & s’emporter le boulet. Se couper. ( Cheval qui s’entretaille, ou qui se coupe. ) On le dit auslî en raillant, des personnes qui marchent mal, & qui s'entrecoupent. ENTRETAILLURE,// llntertrigo. J Blessure que se fait lui-même un cheval qui s'entretaille. ( C’est une fâcheuse entretaillure. ) ENTRETEMS, f m. [ Tempos Intercurrent] Espace qui est entre deux tems. Ocasion favorable. ( C’est un heureux entretems, ) ENTRETE'NEMENT, f m. [ Sumptm. ] Entretien. ( Cela servoit à l’entreténement des soldats. Ahlanc. annal. Tac. /. i. ch. u.) ENTRETENIR , V. a. [ Servare , conservare. ] Garder , observer. J’entretiens , f ai entretenu , f entretins , f entretiendrai. ( Entretenir la paix : entretenir la trêve : une aliance bien entretenue.) ENTRETENIR. {_Alere ,sujìentare.] Fournir ce qu’il faut pour subsister. ( Entretenir un enfant : entretenir tine famille : entretenir une armée. (On dit aussi, entretenir un bâtiment. ENTRETENIR. Ce mot, en parlant de femme, signifie quelquefois, donner de quoi subsister à une femme, avec laquelle on vit dans le dérèglement. ( 11 entretenoit la fille & la mère. Maucroix , schisme d! Angleterre, l. i. sage 2 g.) * ENTRETENIR. Ce mot est beau dans le figuré, & fort en usage ; il signifie , faire durer. Continuer. ( Entretenir les défiances. Abl. ret. L, 2. Entretenir fa douleur. II a entretenu l’amitié qui étoit entre nous. Cet Orateur a long-tems entretenu ses Auditeurs. Et foulant le parfum de ses plantes fleuries , Aler entretenir ses douces rêveries . Despr. ) ENTRETENIR. [ Colloqui , habere strmonem. ] Converser avec queicun , lui parler de quelque chose. (II se mit à l’entretenir de choses agréables. Vaug. Quint. I. ch. 6. S’entretenìr familièrement avec queicun. S’entretenir par lettres avec un ami.) On dit aussi , s’entretenir foi-même de quelque belle pensée. ENTRETENIR. [ Producere, la ftare. ] Amuser queicun pour le détourner de quelque dessein. ( II lui faisoit proposer des établissemens dont il l’entretenoit quelque tems. Mémoires de Mr. le Duc de la Roche- foucaut.y ENTRETIEN , f w. c Sumptm. ] Ce qu’il faut pour les besoins d’une personne. (II a cent pistoles pour son entretien.) ENTRETIEN. [ Sermo , colhquìum , congrejsus . ] Conversation, discours qu’on a avec queicun touchant quelque matière. ( Les mauvais entretiens gâtent les bonnes mœurs. Port-Royal. Le pauvre esprit de femmes U le sot entretien. Mol.) ENTRETIEN. C Conservatio. ] Dépense qu’on Fait pour faire subsister quelque bâtiment, ou quelqu’au- tre chose. ( L’entretien des édifices publics _ coute beaucoup à la ville. II est chargé de l’entretien de tant de galères.) f ENTRETOILE , s f Espece de rezeau ou de dentelle entre deux bandes de toile pour ornement. ENTRETOISE DE CAROSSE , s. f. Piéce de bois , qui est au milieu des moutons de derriere le carosse , & qui sert à les tenir en état. Ce mot entre, toise , se dit encore plus généralement, c’est un terme de Charpentier, & il se dit des pièces de bois qu’on met en travers dans un pan de charpente, & qui «'assemblent par des mortaises & des tenons avec les poteaux, pour les tenir fermes. t ENTRETOISE d’afût , piéce de bois posée entre les flasques d’un afût de canon de marine, & qui sert à les joindre, à les entretenir, à les assurer. ENV" 737 S’ENTREl OUCHER , »• r. Etre l’un contre l’autre , de forte qu’on se touche un peu. S. S’ENTRETRAITER , V. a. £ Mutua convi- via inter se habere . J Se traiter ou se régaler l’un l’autre. Dan. S’ENTRETUER , V. r. £ Vìcijslm se ìnterficere , mutuamjlbi mortem inferre. ) Se tuer les uns les autres. ( 11s s’entretuoient & s’assommoient les uns les autres comme des beufs.) f S’ENTREVECÍIER , v. n. pajs. S’embarasser, s’empêcher. ( S’entrevéeher les piez dans fa robe.) 11 est bas & vieux. ENTREVOIR , v. a. £ StrìHim videre. ) J’entrevois , f ai entrevit, f entrevis, if entreverrai. Voir un peu. Découvrir tant soit peu. (Entrevoir l’intention de queicun. Patru , plaid, g.) S’ENTREVOIR , v. r. Se voir l’un l’autre. ( Nous nous entrevîmes chez un de nos amis communs.) ENTRE TOUX , f m. £ Intertignium. ) Terme de Charpentier. C’est l’intervale qui est entre deux solives dans un plancher. ( Les ais d’entrevoux ont douze pouces de large , & un dépaisseur. ) ENTREVûë , f f. £ Congrejsm. ] C’est Faction de se voir avec quelque personne en un lieu pour afaire. ( 11 y a eu une entrevue. Demander une entrevue. Abl. apoph. Convenir d’une entrevue , Le Comte de BuJJì. Faire une entrevue. Moïenner une entrevue.) ENTREVûë. Le P. Bouhours a dit qu ’Ariste çç? Eugene choisirent pour le lieu de leur entrevue, un endroit fur le bord de la mer. Cleante a prétendu que le terme entrev'tíé étoit mal placé. ,, Le mot entrevû’i ,, ( dit-il ) n’est bon que pour la premiere rencontre : „ or ici Ariste & Eugene s’étoient déja vûs & parlé ; ,, c’étoit même en se voïant & en se parlant, qu’ils „ choisirent ce lieu, & par conséquent on ne doit ,, plus l’apeller le lieu de leur entreviiê, mais de leur ,, conversation, ou de leur promenade .” Si la critique est juste , je ne le déciderai pas : mais il me semble que l’on peut bien dire entreviiê, des rendez- vous interrompus , & des conversations qui ne font point réglées, & que l’on renouvelle selon les oca- îìons, & selon la commodité des personnes. S’ENTTR’OBLIGER. £ Officik inter se certare.J S’obliger l’un Fautre. ENTR’OiilR , v. a. £ Intelligere. j Ouïr un peu. (II entr’ouit leurs discours.) ENTR’O UVERT, adj. £ Luxuto humer o equm.] Terme d c Maréchal, qui se dit d’un cheval qui a fait un éfort à l’épaule avec tant de violence , que Fos de l’épaule a été déjoint du corps. ENTR’OUVRIR , v. a. £ Adaperire , semiape- rire. j J’entr’ouvre, f ai entrouvert, j’entr’ouvrk. Ouvrir un peu. ( Entrouvrir une porte. Abl. Entr’ou- vrir les yeux. Vaug. Quint. I. z. Entr’ouvrir une fenêtre, ) <[ S’ENTR’OUVRIR , v. n. £ Fatiscere , Dehiscere , hiscere. ] S’ouvrir , se fendre , parlant de la terre, d’un bâtiment, d’un mur : comme , la terre s’entr’ou- vre de chaleur. Ce mur s’entr’ouvre. Dan. ENTURE , ou enteure , s. f. £ Insitio, ìnsltus. ] Terme de Jardinier. On Fécrit del’une & de l’autre maniéré , mais on prononce anture. On ne le dit plus guère, si ce n’est pour désigner la place, où le gréfe se joint à l’arbre que l’on a ente ; autrement on dit, ente ou gréfe. f ENTURE S. Terme de Carrier . On apelle ainsi les diverses pièces de bois, dont Féehelle des Carriers est composée. La prémiére enture a dix piez , les autres en ont moins , & font en plus ou moins grande quantité, selon la profondeur de la carrière. Le premier e des mots de cette colonne se prononce Gomme un a , excepté énumération. ENVAHIR, ti. a. [Invadere, fer vim occupare.] Usurper. S’emparer de... ( Envahir le Roïaume d’au- trui. Vaug. Quint. I. 4. c. 1. Envahir l’Empire. Abl. ret. I. ;. c. 5)' 11 avoit plusieurs fois envahi les terres de ses voisins, & pris leurs villes. ) j: ENVALER. Terme de Pêcheur. C’est tenir vert le filet qu’on nomme verveux , e» quï se fait ;c une médiocre baguette de saule pliée en rond , ’on apelle archelet, qu’on lie autour de l’ouverture îc de la lignette. T ^ T , rc . Tom L Aaaaa ENVE* 738 ENV r ENVE'LIOTER , ®. «. C ] Terme de Faucher. Mettre en véliotes ; c’est-a*dire, par petits tas. ( Envélioter du foin. ) ENVELOPE , s s [Involucrum , integumentum.~\ Tout ce qui sert a enveloper & à couvrir quelque chose. ( L’envelope est déchirée : l’envelope d’un paquet : envelope de lettre. On lui écrit sous une double envelope. ENVELOPE. C Ambitm , septum, vallum. ] Terme de Fortification. C’est une espèce de contregarde , ou de conserve, qu’on fait dans le fossé d’une place. On les apelle aussi des sillons , ils consistent quelquefois en un simple parapet, & quelquefois il y a un rempart avec un parapet. (On fait aussi des envelopes ailleurs que dans le fossé. ) * ENVELOPE. [ Circuitio. ] Ce mot fe dit au figuré , & signifie des termes qu’on emploie adroitement, pour dire, ce qu’on n’ofe, ou qu’on ne veut pas dire en des termes propres & grossiers. Les ordures y font à visage découvert, elles n’ont pas la moindre envelope. Mol. ENVELOPEMENT , s m. [ Complicatio. ] L’action d’enveloper. ( L’envelopement, est nécessaire pour conserver les marchandises. ) ENVELOPER , v. a. f Implìcare , complicare, obtegere, mvolvere. ] Couvrir d’une envelope. Mettre dans une envelope. (Enveloper dans foie. Voit. I. 4. On dit aulïì , enveloper un mort dans un linceul. 11 sortit du cabaret, envelope de son manteau. ) * ENVELOPER. [ Impedire , implìcare .] Acableravec d’autres. Perdre avec d’autres. (Voulant perdre Po- pea, il envelopa dans fa ruine Valerius. Abl. ann. Tac. I. 11. II fut envelope dans le malheur de ses Alliez. IIvous envelopera dans le même danger: être enve- lopé dans une fâcheuse acusation. ) Bien-tôt , quoi-qu’il ait fait , la mort Aune ombre noire Envelope avec lui son nom son Hijìoire. Despr.) * ENVELOPER. [ Tegere , celare , dijsmulart. ] Ne pas expliquer à découvert fa pensée : la laisser deviner. ( Elle reqoit avec joie ce qu’on lui veut dire de libre , pourvu qu’il soit envelope. II avoit atendu des douceurs moins envelopées. Le Comte de BuJJì. ) * ENVELOPER. [Circumvenire intercludereé] Terme de Guerre. Investir: environner. (Enveloper l’ennemi. Abl. Arr. I. 1. Enveloper l’ennemi par derrière & p^r devant. Vaug. Quint. /. ;. ) ENVENIME', envenimée , adj. [Venenatus , exa- speratus , exacerbatusf] Empoisonné. Animé de haine & de colère. (Esprit envenimé. Les traits envenimez de la satire. ) ENVENIMER, V. a. [ Venenare , veneno imbuere .2 Remplir de venin. ( C’est un insecte qui envenime les herbes fur lesquelles il passe. ) * ENVENIMER. [ 'Exulcerare , exacerbare, exasperare. ] Donner un tour malin à ce qu’on fait, ou à ce qu’on dit. ( Les mauvais raports enveniment l’efprit de ceux à qui on les fait. ) f ENVERGER , ®. a. Terme de Vannier. C’est garnir de verges ou petites baguettes d’osier, l’entre- deux des montans ; qui composent & qui soutiennent les ouvrages de vanerie. On se sert pour enverger, de l’instrument cju’on nomme Becasse, quand on travaille aux botes a vendangeurs, & aux vans à vaner ; autrement il sufit de la main & de la bâte. ENVERGUER , v. a. [ Vêla ad antennes aptare, componere. ] C’est atacher les voiles aux vergues ou anténes. ENVERGURE, f f. [Antennarum Jìtus. ] C’est la maniéré d’enverguer les voiles, leur position fur les mâts, & 1’assortiment des voiles nécessaires ; c’est aussi la largeur des voiles. ( Ainsi on dit, qu’un navire a trop d’envergure, lors que les vergues font trop longues , & les voiles trop larges ; qu’il a trop peu d’envergure , quand ses vergues font trop courtes. ) ENVERS , f m. £ Front averfa , faciet intima. J Terme de Marchand. Ce mot fe dit en parlant d’é- tofe. ( C’est ce qui est oposé à l’endroit de l’étofe.) ENVERS. [ Erga , adversùt , contra} Préposition qui ne se dit que des personnes, & qui régit l’acusatif; elle signifie quelquefois en faveur de... & quelquefois contre. (Etre charitable envers les pauvres. Seigneur, reus étés bon & doux , & plein de miséricorde envers ENV tous ceux qui vous invoquent. Port-Royal , Ps. gç. Je vous servirai & vous protégerai envers & contre tous. Ne foïez pas ingrats envers vos bienfaiteurs. ) 0 " ENVERS & vert font deux prépositions que quelques-uns confondent, & qu’il faut distinguer. Malherbe a dit dans ses stances pour Alcandre : Ô fureurs , dont méme les Scytes Museraient pas vers des mérités. Qui n’ont rien de pareil à foi ! Mais il a dû dire envers , & non vers. Ecoutons Mr. de Vaugelas, rem. & l’Académie. „ Vers , envers, ,, ces deux prépositions ne veulent pas être confon- ,, dues : vers signifie le versus des Latins , comme, „ vers l’orient , vers l’occident s & envers signifie l’er- „ ga , comme, la pieté envers Dieu , envers son pere, ,, envers fa mere , Çfc. Ce feroit mal parler, de dire, ,, la pieté des enfant vers le pere, comme écrit toujours ,, un grand homme. Que si l’on dit, il s’est tourne ,, vers moi , & que de là on veuille inférer que vers fe „ dit ausii bien pour la personne que pour le lieu , on ,, répond qu’en cet exemple , vers ne laisse pas de ,, regarder le lieu plutôt que la personne , comme le ,, mot de tourner le fait assez voir.” L’Académie a fait cette observation fur cet endroit : ,, La distinction ,, que fait Mr. de Vaugelas de ces deux prépositions, „ est fort juste : vers est pour le lieu , & envers pour „ les personnes. On dit pourtant, /’Ambassadeur ,, vers le Roi d’Espagne : mais le mot, envolé est toû- ,, jours entendu en cette phrase ; on croit que vers , ,, en cet endroit, regarde le lieu”. A fenvers adv. D’un sens contraire à celui qu’il faut. ( Son rabat est ataché à l’envers. II a mis son man. teau à l’envers. D’une mainfoìble languissante , De somme encore trop pesante , On chausse ses bas à l’envers, On fe boutonne de travers. Perr. chasse. ) í ENVERSER, v. a. Terme de Manufaffure de lainage , qui signifie une faqon qui fe donne aux étofes en les tirant. í ENVERSIN. Petite étofe de laine, qui fe fabrique à Châlons fur Marne. ENVI, f '«• [ Eadi pignrn , pramium. ] Terme connu parmi ceux qui jouent au hoc. (Faire un envi. ) Voiez Envier. A l’envi , adv. [ Certatim. ] Par émulation, & pour voir qui fera , ou réussira le mieux. ( Ils étudient à l’envi. Ils travaillent à l’envi. On y courre à l’envi. Le Noble & le Roturier combatent à l’envi, l’un pour réparer les défauts de fa naissance, & l’autre pour soutenir l’éclat de la sienne. Cost. t. 1. let. 72.) ENVIE ifs- C Invidia , livor. ] Déplaisir qu’on a de voir ses égaux jouir de quelques avantages considérables. (L’envie est une passion basse. Avoir de l’envie contre quelcun. Se charger de l’en- viei publique. Abl. Les choses où l’on veut avoir la gloire d’exceller, atirent l’envie. On porte envie aux personnes avec qui on est en contestation pour le rang , & toûjours le potier porte envie au potier. Le mot d’envie, en ce sens , ne fe dit pas au pluriel. On persécute quelquefois la vérité par politique , quelquefois par engagement, par complaisance , par surprise, par ignorance. Mais le plus implacable de ses ennemis , c’est l’envie , & l’envie des Ecclésiastiques. Père Quefnel. ) $ L’envie attaque toujours les gens de bien, qui íe distinguent par des talens & des qualitez dignes d’esti- me. C’est l’envie qui régie & qui dispose toutes les machines pour ruiner & pour renverser la fortune de ceux dont on craint le mérite & la concurrence. L’envie est inganieuse contre la vertu qui nous pefe & nous incommode. Un grand Ministre d’Efpagne jugeoit avantageusement d’un homme que l’envie attaquait, & à mesure que le nombre des calomniateurs grossissait pour le perdre, il avoit plus d’estime pour lui, & plus de curiosité pour le bien connoître. II croioit qu’il n’y avoit rien de plus sûr pour deterrer la vertu ; & c’étoit fa lanterne pour trouver le mérite caché. Po- lybe de Mr. de Folard. ENVIE. [ Cupiditas , libido , voluntas , animus , st'.t- dium. ] Désir. Le mot d’envie, en ce sens, a quelquefois «n pluriel. (Ce font des envies de femmes grosses. Abl. Cela ENV Cela m’a fait naître l’envie de faire eette promenade. Voit. l. ;y. Avoir envie de quelque chose. Avoir envie de faire quelque chose. Cela me fait venir l’envie de bâtir. 11 lui faussaire passer cette envie. II lui a pris envie de voïager. Satisfaire son envie. ) ENVffi Petite peau qui vient à la racine des ongles. Le mot d envie en ce sens, a un pluriel. ( Arracher une envie. J’ai arraché toutes les envies que j’avois tout autour des ongles. ) f * ENVIEILLI, envïeillìe , adj. [ Senescens , se- nex. ] Qui paroît vieux : mais il sc dit plus souvent au figuré, f Absoudre les pécheurs les plus envieillis. Pasc. I. io. C’est-à-dire les gens qui sont pécheurs depuis long tems. ) ENVIEILLIR, v. a. [ Debilitare. ] Afoiblir & faire paroître vieux. ( Le travail, les maladies & le chagrin envieillissent toutes sortes de personnes. ) S’ENVIEILLIR , v. n. f Senescere. ] Devenir vieux : en ce sens > on dit plûtôt vieillir, & devenir vieux. S’ENVIEILLIR, v. n. [ S en ex videri. J Paroître vieux. (Cet homme s’est en vieilli tout d’un coup.) ENVIER , v. a. [ JEmulari , invidere. ] Porter envie. Etre jaloux du bonheur d’autrui. ( Si la fortune m’acompagne auprès de vous , je n’envirai pas à Alexandre toutes ses conquêtes. Voit. /. 7. Je n’envie ni son esprit, ni sa fortune. Pourquoi m’envlex-vous t air que vous respirez ? Racine. ) ENVIER. ( Liceri, augere pignus ludi , majorì pignore certare. J Terme de tìoc. Jouer pour voir qui aura le point le plus haut, la plus haute secance , ou le plus haut fredon. ( Envier le point. ) ENVIEUX, envieuse , adj. [ Invidus. 3 Qui porte envie à guelcun. Marri du bonheur d’autrui. ( Esprit lâche & envieux. ) ENVIEUX, m. Celui qui porte envie à quelcun. ( Son mérité lui a fait des envieux. H C’est dans des cas d’extrémité que les envieux cèdent & se démasquent. 11s se réunissent tous , ils recourent aux hommes de bien. Polybe de Polar d. Ma Muse peu connue , Des pâles envieux ne blesse point lavà'ê. Despr.} $ ENVILASSE- Espèce d’ébéne, qui croît dans l’Isle de Madagascar. ENVINE', E'E, adj. m. & f. [ Vint copiâ abm- dans. ] II se dit des Marchands de vin ou Cabaretiers, qui font fournis de bons vins. ( Ce Traiteur est le mieux enviné de toute la ville. ) ENVIRON- C Circum , circà, circiter, ] Préposition qui régit l’acusadf, L qui aide à marquer le tems qu’une chose a subsisté, ou qu’une personne a ve'cu. Louis XIII. est mort en 164;. après avoir régné environ trente-trois ans.) ENVIRON , ado. [ Circiter. 3 A peu près. ( II y demeura fur le champ de bataille deux mille hommes, ou environ. ) ENVIRON, adv. Presque en ce tems là. ( Cela est venu au monde depuis votre Société, lui dis je ; environ , me répondit-il. Pose. I. <;. ) ENVIRONS, s m. [Finis, ambitrn , vicinia.s Lieux circonvoilins. ( 11 se saisit des montagnes qui étoient aux environs. Abl. Arr. On prenoit garde que le plus grand nombre fût toujours des environs. Patru, plaid. 1. Les environs de Paris font fort beaux. Scar. ) ENVIRONNER , V. a. [Cingere , claudere, am- bìre, circumdare. J Entourer. ( Province environnée d’eau. Vaug. Quint. I. 2. De peur qu’il ne se sauvât, ils environnèrent la maison. ( Ce mot se dit aussi figurément en choses morales. La maison du Seigneur seule un peu plus ornée , Se présente au dehors des murs environnée. Despr.) ENVISAGER, «• [Inspicere , ìntueri. ] Regarder. Jetter les yeux sur le visage d’une personne. ( Envisager une personne. ) * ENVISAGER. [ Attenté considerare. ] Considérer attentivement. II faut éviter d’envisager la mort avec toutes ses circonstances, ii on ne veut pas croire qu’elle soit 1 e plus grand de tous les maux. Mr. le Duc de la Rochesoucaut. II faut envisager cette afaire d’un autre biais. Je l’ai envisagée de tous cotez. ) EPA 739 EN VIT AILLER , Avit ailler , v. a. [ Munrre , injiruere commeatu. ] L’un & l’autre se dit fur mer. Les scntimens font partagez. C’est fournir de victuailles un vaisseau. Defroches sor le mot de victuailles , dit : Envitailler un vaisseau. Pomey le dit aussi avec envitaillement. ENUNE'RATION , s m. Ce mot vient du Latin enumeratio , qui signifie dénombrement. (Faire, une longue énumération. Maucroix , schisme , L 1. p. 189.) Enumération n’est pas si usité que Dénombrement. ENVOI, s. m. Terme de Poste Françoise. C’est comme l’abrégé du chant roïal, ou de la balade. Ce n’est ordinairement que la moitié d’un couplet du chant roïal, ou de la balade , qu’on fait à la fin des couplets de ces sortes de poèmes, & qui a été nommé envoi, parce-qu’on l’adressoit au Prince des jeux floraux, pour se le rendre favorable dans la distribution des prix. (L’envoi doit être délicat & ingénieux. On dit auílì, envoi de marchandises. ) ENVOïE', envóiée, adj. [ Missus. ] Qui est envoïé, ( Homme envoïé exprès. Lettre envoïée. ) ENVOïE', f. m. [ Legatus , orator. ] Personne envoïée de la part de quelque autre. Homme de mérite & de qualité envoïé de la pan d’un Prince ou d’un Etat vers quelque autre Prince, ou quelque autre Etat. ( Mr. l’Envoïé de Suedeeftun honnête homme. ) ENVOÏER , v. «. [ Mittere , legare. ] Commander à une personne d’aler èn un lieu , ou vers une p eríònnp. Adresser quelque chose à quelcun. ( 11 a envoïé son fils su devant du Roi pour l’assûrer, ou bien, il a envoïé son fils au devant du Roi l’affûrer. 0 » pense que la première façon de parler esî la plus naturelle. On lui a envoïé une balle de livres fort curieux. Envoïer quérir quelcun. On l’envoïa en exil. Envoïer un présent. ) * ENVOÏER. [ Expellere , remittere , amandare. J Congédier. Chasser. (11 a envoïé son laquais. ) 8'EN VOILER. C InjìeHere, curvare .J Se gauchir , se courber. (On dit qu’un morceau d’acier s'en- voile à la trempe, pour dire, qu’il se courbe. Acad. Fr. EN VOISINE', NE'E , adj. [ Vicïnis ìnftruciits. J Qui a des voisins. ( Cet homme est bien envoiiìné. Ce Seigneur est mal envoiiìné. ) S’ENVOLER , V. a. [ Avolare , aufugere , peri- re. J Voler ailleurs. S’en aler à tire d’aile. (II a laissé la cage ouverte, & l’oiscau s’en est envolé. ) (f * Loin de moi mon pauvre argent s’en vole. Sar. Pois. t Mon ame est prête à s’envoler. Sar. Pois. Phrase Poétique , pour dire, qu’on est fur le point ae mourir. La mort assiégea ses prunelles, Et son ame étendant les ailes , Fut toute prête à s’envoler. Malh. ENYVRER. Voïez Enivrer. EOLIPILE,// [ JEolipila. ] Ce mot est Latin. C'est une boule creuse de métal , qui n’a qu’un fort petit trou. Pour y faire entrer quelque peu d’eau par ce trou, on chaufe la boule : ce qui raréfie l’air qui y est contenu. Après quoi, mettant la boule dans de l’eau froide , l’air lé condense & Peau prend fa place. Ensuite quand on remet cette boule sur le feu, Peau s’é- léve en vapeur & sortant par le petit trou, elle fait un vent fort véhément. EPACTE , f f- C Epaîla. 3 Terme de Chronologie. Onze jours que Pannée solaire commune a par dessus l’année lunaire commune. ( La dernière épacte. Port-Royal, méthode Latine. On trouve l’áge de la lune par le moïen des épactes. ) Le cycle des épactes est de 19. ans. Voïez Ozanam , Blonde! , [sc. EPAGNEUL, s m. [ Cank hispanicus cirratm .] Sorte de chien de médiocre taille qui est pour la caille , la perdrix , &c. ( Un bon épagneul. ) EPAGNEULE, f f- L Cank femella hijpanka Errata,] Femelle d’épagneul. ( se n’ai pour toute compagnie , Que mon épagneule endormie , Scar. Poës. ) EPAIS , épaisse , adj. [ Crassus , spìsftss , densiss, 3 Qui a de l’épaisseur. ( Bois épais. Planche épaisse.) Ce mot régit le génitif. (On dit cela est épais de trois doigts. Cette planche est épaisse d’un ben pouce. Tom.l. Aaaaaa Un 74° EPA Un mur,' un rempart fort épais. La glace étoit épaisse «le trois doigts. Un drap épais, &c.) * On dit d’une forêt, où les arbres font prés l’un de l’autre, qu’elle est épaisse. ( Une haie épaisse. Une foule de gens épaisse. 11 donna dans le plus épais de la cayalerie. ) Dans un bocage sombre U frais ; Enfin la Bergére le méne , Où de deJfoM ses branchages épais. II volt au loin dans le sein de la plaine, Les toits dorez de son riche Palais. Perr. gril'elidis. ) * On dit d’une liqueur trouble qu’elle est épaisse. * On dit un air épais & grossier. , , , * On dit aussi d’une maniéré plus figurée , des tene- bres épaisses. Un esprit épais , pesant & grossier.) (§ Benferade , dans son poème fur le mariage du Roi, a dit : II regarda toute la masse ronde ; Dit , qu il vouloit pacifier le monde , Qu’il étoit las de ces meurtres épais. Meurtres épais , pour fréquens , ne fauroit fe soutenir dans le stile poli : mais cet Auteur n’y regardoit pas de si près. EPAISSEUR, f f- [ CraJJÌtudo, densités. ] C’est une troisième dimension d’un corps, quand après avoir considéré fa longueur & fa largeur, on le regarde d’un autre côté, & ce que l’on trouve qu’il y a de distance d’un côté à l’autre , s’apelle épaijjeur. ( On dit par exemple, l’épaisseur d’une muraille, d’une colonne , d’une table, &c. Avoir trois doigts d’épaisseur. Entrer dans l’épaisseur du bois. Abì. Art. ) * On dit figurément, l’épaisseur des ténèbres fut extraordinaire en Egipte d’urant trois jours. EPAISSIR, v. a. [ Condensare, conjiringere, cogéré .] Rendre épais., ( Epaissir une fausse : épaissir l’air. Le froid tait épaissit le lait. ) S’épaiffìr , v. n. [ Cundensari. 3 Devenir épais. ( Les fausses s’épaiffissent en fe refroidissant. L’air s’épaiíiìt de nuages. ) EPAISSISSEMENT , f. m. [ Concretio , condenfatio, fpïisamentum. 3 Ce mot ne fe dit pas des choses fermes "tSTíblides. (L’épaissssement des nues. Roh. Phisque. «j EPAMPREMENT, s m. [Pampinatio .] L’a- ction d’épanprer ou de bourgeonner. Voler Ebour- geonnement. Dan. EPAMPRER , v. a. [ Pamp'mare. ] 11 fe dit de la vigne , & signifie éseuiller. EPANCHEMENT,/»»- ÍEjsuso, lihatiof\ Action de s’épancher. ( C’est un épanchement de bile par tout son corps. La Charnb. ) EPANCHER , V. a. [ EJsundere , Jpargere, fr o. sundere , dividere. ] Répandre. Verser. (Jésus-Christ a épanchéjson sang pour nous. Arn. C’çst une bile qui s’est épanchée par tout son corps. La Charnb. Soit qu’en de vastes lieux par des routes aisées, Ilve'úille /épancher furies terres creusées. Abé Régnier. ) 0 " Mainard, dans fes stances à Alcipe, a écrit : Et ce beau Ciel, ce lambris azuré, Ce téàtre ou /’Aurore épanche tant de roses , Sera brûlé dufeu dont il est éclairé. EPANCHE ne sc dit plus ; & Mr. Costar a fort bien remarqué , lett. ioi. tom. z. que ce n’est que fur le bord de ce téâtre qu’elle épanche ces rôles, & non pas par tout. Le Tasse se contente de lui en mettre un bouquet fur les cheveux : E laurea testa Di rose coite in paradiso infiora, EPANDRE ,».«.[ Distergere. ] J’epans. J’ai épandu. J’épandis. J’épandrai. Répandre. ( Le fleuve s’épand dans la plaine. Vaug. Quint. I. i. II me souvient de tant de pleurs vainement épandus. VoitPo'ês. Le bruit s’épandit par tout le pais. Volez Répandre. D’un brillant incarnat la prompte A? vive ardeur, De son beau teint redoubla la Jplendeur, Et sur son visage épanduë , II fit triompher la pudeur. Per. griselidis. ) EPANORTOSE, s f. c Epanorthoss, ] Terme de EPA RI tari que. II vient du Grec, & signifie correlîm. C’est une figure par laquelle /Orateur condanne fes prémiéres expressions , comme étant trop foibles, corrige son discours, & y ajoute des termes plus forts, ( Exemple : Non cruel , tu n’es point le fils d’une Déejse, Tusuças, en nuisant, le lait d’une Tigrejsc.) S’EPANOÙIR, v. r. f Explicare , aperire , pandere.} Ce mot se dit proprement des fleurs, & signifie s’e- largir : sc déplier : s’étendre , k s’ouvrir. ( Bouton de rose qui s’epanoùit. Voit. Pots. ) t * S’épanouir le caur , ou la rate. C’est sc réjouir & se divertir. EPANOUISSEMENT , f m. [ Explicatio , ezmlutio, diffusto.} 11 l'e dit , au propre, des fleurs. Etau figuré, il sc dit du cœur & de la rate. EPARER- Terme de Manège , qui sc dit d’un cheval , qui détache des ruades , & noue i’éguillette. Acad. Fr. EPARGNANT, ANTE, adj. m. & f. [Para,,} Qui va à /épargne : la jeunesse est prodigue, & la vieillesse épargnante. EPARGNE,// [ Parstmonia, parcit,,,.} Economie dans le ménage, (/'épargne qu’il a faite n’est p as grande. User d’épargne. La plus belle de toutes les épargnes est celle de la bouche. Proverbe. C’est aussi une belle épargne que celle du tems. Et pourquoi cette épargne enfin ? ì’ignores tu ? Afin qu’un héritier bien nouri , bien vêtu , Profitant d’un trésor en tes mains inutile, De son train quelque jour embarajj'c la ville. Defpr. ) EPARGNE. [ AErarium regìmnst Trésor. Le mot d ’épargne , en ce sens, ne ledit que des Grands Princes , & même il ne se dit pas souvent. On dit ordinairement en fa place trésor roial. Cependant on dit tous les jours trésorier de /Epargne ; mais ce n’est pas une conséquence. ( Après la mort de Philippe , on ne trouva dans son épargne que cinq cens talens d’ar- gent monoïé. Philippe avoit épuise ion épargne, autant par ses liberalitez que par des guerres continuelles. Du Ryer , suplém. de Quint. Curce,, I. z. ch. 3. ) EPARGNER, V.a. [ Parcere, parcè saceresump- tum , comparcere. j User d’éconemie. Ménager son bien. Avoir soin de faire comme un petit fonds ds ce qu’on gagne, afin de le trouver en tems & lieu. ( Epargner son argent. Tous frais faits , il épargne tous les ans cent pistoles. ) * EPARGNER, v. a. Au figuré, il signifie avoir quelque ménagement, avoir quelque égard pour des choses , ou pour des personnes. (11 commanda d’épar- gner les troupes qui ne feroient point de résistance. Du Ryer , Quint. Curce , l. 2. ch. 7. ) ( * Quand on raille, il faut épargner ses amis. On mit tout au fil de l’épée, fans épargner ni âge , ni sexe. Abl. Arr. II n’a pas épargné son propre frère. Abl. ret. I. 3. c. 1. On n’y épargna ni les meurtres, ni les violences. Vaug. Quint. Curce , l. 3. cb. n. Mais j’ai des biens en foule , & je puis m’en passer , On n en peut trop avoir , pour en amasser, ' II ne saut épargner ni crime ni parjure. Defpr. ) * S’épargner , @. r. [ Sibi indulgere. ] Se ménager trop. Ne s’emploïer pas vertement. (11 s’épargne un peu. ) *j EPARPILLEMENT, / m. [ Dispersa. ] L’a- ction d’éparpiller. Dan. EPARPILLER , V. a. [Dijfipare, dspergere. ] Epandre çà & là. ( Vous éparpillez trop cela. Le vent éparpille leurs cheveux. S. Amant. Eparpiller du fumier. ) , t * S’éparpiller la rate. C’est s’épanouir la rate : se réjouir. EPARS , / m. Terme de Ckaron. Piece de bois, large de trois doigts , ou environ , qui entre dans les brancars, & dans les ridelles des chariots. EPARS , éparse, adj. [ Spatjus. ] Ce mot lignifie disperse, mais il ne se dit pas fréquemment & moins, ce semble , au féminin qu’au masculin. (Oriditqi.e des soldats font épars çà & là dans la campagne. La plaintive élegie en longs habits de Ae'ùil , Sait, les cheveux épars, gémir fur un cercueil. Defpr. ) EPA WAK8. En termes de Marine , c’est fe bâton qui soutient le pavillon. Les Charrons donnent auílì ce nom à une piéce de bois large de trois doigts, qui entre dans les brancars, &dans les ridelles des chariots. EPARVIN , s- m. [ Suffrage equina. ] Sorte de maladie du cheval. II y a l’éparvin de beuf & Fépar- nn sec. L’éparvin de beuf est une tumeur qui s’en- gendre par le concours des humeurs froides qui s’en- durcifíentavec le teins , & deviennent comme l’os. L eparvin sec est celui ou il ne paroît rien au dehors , & c est une mouvement gâté, qui procède de ce que -le jarret est embaraffé par des matières crasses & visqueuses , qui décendent des parties d’en-haut, & s’ar- rêtenc aux muscles qui font le mouvement. L’éparvin vient au bas & ail dedans du jarret, & à l’endroit où la jambe se joint. On nomme aussi éparviny l’en* droit où vient cette maladie. Soleisel. t EPATE', épatée , adj. [ Patulm. J Mot burlesque, pour dire, élargi, étendu. ( Nez épaté, c’est- à-dire, nez dont les narines font larges & étendues. ) Ç EPàTER un verre. [_ Scyphri sulcrum srangereé} En rompre la patte. Etre epàtté. ( Les verres de fougère ne font pas si épattez, ou n’ont pas la pâte lï large que ceux de cristal.) Danet. EPATIQUE. Voïez Hépatique. EPAVES , s. m. [ Caducum , temporarium jm cre- ditum. 3 Terme de Palais. Choses «nobiliaires égarées, dont on ne fait ni le maître, ni le propriétaire. Voïez ià-dessus Bacquet & Coquille. II signifie auílì ceux qui font nez si loin hors du Roïaume , qu’on ne peut savoir le lieu où ils ont pris naissance. Bacquét , Droit d’Aubaine, i. p. ebap. í§ EPAVES. On donne à ce mot deux origines di- férentes : les uns renfermant l’épave dans la rencontre des bêtes égarées & dont on ne connoît point le maître, le dérivent de expavefaeíœ , ou de pavidœ , présupofant que la bête s’est égarée dans les champs par fraïeur. „ Epave (dit L’Hôte fur Part. 1. du chap. ,, $. de la Coutume de Montargis ) vient de pavor , „ qui signifie épouvantement , parce que les animaux „ domestiques épouvantez, s’égarent & deviennent er. „ rans ,,. C’est, fans doute, dans ce sentiment, que les Compilateurs de la Coutume d’Hefdin , titre des droits du Comte d’Artois , ont apellé les bêtes égarées, bêtes épavijsées : mais je fuis persuadé, avec Mr. de Boissieu , part. 1. ch. 61. que épave vient plutôt de l’Alemand jpan , qui signifie une chose douteuse & incertaine; car la première opinion se détruit par cette observation, que l’on apelte épaves des choses inanimées, comme des bagues, des perles, des bardes, & même des personnes , les étrangers mourant en France , étant apelîez épaves ; & toutes ces choses ne font pas susceptibles de fraïeur. Ce que nous nommons épave, les Grecs l’apelloient íf/acuov, c’est-à-dire, selon Budée , un gain imprévu , & que l’on n’atendoit pas, ou, comme dit Henri Etienne, une chose que l’on trouve par hazard dans son chemin. C’étoit autrefois une expression générale , Mercure ejì commun , pour dire que l’on retenoit fa part dans la chose que l’on venoit de trouver , lors que l’on étoit présent. ' je tiens ce proverbe de Théophraste , dans le chapitre de l’Impudent, dont il fait le caractère : II envie ( â- ,, il) à ses propres valets qui le suivent, la plus petite ,, piéce de monoïequ’ils auront ramassée dans les rués, „ & il ne manque point de retenir fa part, avec ce „ mot, Mercure ejì commun ”. Le droit d’épave a été inconnu aux Romains, qui n’ont aussi jamais connu la haute ni la basse justice telles que nous les pratiquons ; ainsi les choses perdues ou égarées apartenoient au premier ocupant. §. 47. Injìit. de ret. divis. Sur quoi Jean Favre, Fun de nos plus anciens Praticiens, a remarqué la diférence de nôtre Jurisprudence, & de celle des Romains. sf EPAUFRURE,//. C’est l’éclat du bord du parement d’une pierre, emporté par un coup de têtu mal donné : & écomure , c’est un autre éclat qui se fait à l’arête de la pierre , lors qu’on la taille, qu’on la monte , ou qu’on la pose. Daviler. EPAULE , s-f- l Humérus. ] Deux os situez de chaque côté du corps , derrière l’eftomac , joints aux clavicules & aux bras. ( Une grosse épaule ; porter fur ses épaules. EPA 741 Tantôt fous un arbre , tranquille , Feuilleter Horace ou Virgile , Ou fi vous voulez , Dejpreaux ; Tantôt pêcher dessous un saule , Ou bien un fusil sur /’ épaule, Déclarer la guerre aux oiseaux. Tribetíon. ) * Ost 1 ‘a mis dehors par les épaulés , f Turpiter ejeéfw efi. j C’est-à-dire, on la chassé honteusement & par Force. t * II regarde les gens par dessus l’épauk. [ Dejpice . re. 2 C’est-à-dire, c est un glorieux qui méprise leí gens. f * Prêter tépaule à quelcun. [ Juvare. J C’est l’ai» der & l’apuïer. Corneille a dit dans son Pompée, afí. u sc. 1. Et dans son désespoir 'à la fin se mêlant , Pour a prêter P épaule au monde chancelant. Nos Poètes ne se serviroîent pas à présent de cette expression. -j- * Pousser k tems à t épaule, s Procrajlinare. J C’est dilaïer & renvoïer à un autre tems. (f * Vous avez un ridicule orgueil qui fait hausser les épaules à tout le monde. Mol. ) ; EPAULE de bajìion. [Latuspropugnaculi. j Terme de Fortification. C’est l’endroit ou se forme l’angle de la face & du flanc du bastion. EPAULE d’étang. C’est un amas de gazon que l’on met aux cotez des étangs, pour contenir les eaux dans leurs bornes. Rével. pag. 272. On met aussi des gazons à l’opoíìte , que l’on apelle éperons ; S c’est parles épaules & parles éperons, que l’on met les eaux dans leur niveau. f EPAULE de mouton. C’est le nom que quelques Charpentiers donnent à une forte de grande coignée. $ EPAULES d’un vaisseau. Ce font les parties du bordage qui viennent dé l’épéron vers les haubans de mizaine, où il se forme une rondeur qui soutient le vaisseau sur Peau. La rondeur au-dessus des faqons de Pavant. EPAULE’, épaulée , adj. [ Humera frafíui equrn. J Ce mot se dit des chevaux & autres bêtes qu’on fait travailler, &il signifie , qui s’est démis une épaule par quelque éfort. ( Cheval épaulé. ) t * EPAULE', épaulée , f. f. Ce mot ne se dit qu’au féminin , en parlant de fille , & il veut dire, celle qui a fait un enfant avec un galant. ( Epouser une bête épaulée : c’est une bête épaulée. ) {$ EPAULE'E On dit qu’une maçonnerie est faite par épaulée , lors-qu’elìe n’est pas levée de fuite , ni de niveau , mais par redens, c’est-à-dire, à diverses reprises , ou à divers tems, comme cela se pratique , quand on travaille par sous-œuvre» EPAULEMENT, f m. C Munìtio exteínporanea. 3 Terme de Guerre. Hauteur qu’on éleve pour mettre le soldat à couvert. ( Faire un épaulement. ) EPAULEMENT d’un tenon. Terme de Charpentier. C’est une partie d’un des cotez d’un tenon qu’on diminue plus que l’autre , afin que la piéce de bois en ait plus de force. * EPAULER , v. a. [ Munire. j Apuïer. ( Les espaliers font toùjours épaulez d’un mur. Morin , traité des sieurs. ) f * EPAULER. [ Juvare , adejse , _ auxiliarì. J Mot bas, pour dire, favoriser de son crédit ; apuïer: aider. ( II Pépaule fortement. II n’entreprendroit pas cela , s’il n’étoit bien épaulé. ) EPAULETTE , s f- [ Humorale. 3 Terme de Couturière. Petite bande dé toile fur 1 épaulé de la chemise. EPAULETTE. Terme de Taìlkur . Couture qu! est sur Pépaule. EPAULETTE. Terme de Religieuse. Ruban qu! s’atache fur Pépaule, & qui est âtaché au scapulaire. EPAURES , s-f- Terme de Charpentier. Certaines solives qui fervent à faîte la levée d’trn bateau foncer, & autres. EP AUTRE y ou Epeautre , s s. [ Arìnca, zea. 3 Sorte "de blé. EPEE, s-f- [Énsis , gtadim. 3 Arme ofensive composée d’une poignée , d’une garde & d’une lame qui perce, pique & coupe , & qu’on porte au côté. ( Une bonne épée. Monter une épée. Garnir une épée. Le fort, le fossile de l’épée. Arête de Pâme A a a a a 3 d’épée. 74 2 EPE d’épée. Garde d’épée, pomeau d’épée , branche d’épée. Porter l’épée. Prendre l’épée. Mettre un homme dans l’épée. Faire tirer l’épee à quelcun. Se faire un passage l’épée à la main. Abl. ret.l. ;. Mettre l’épée à la main. Mettre la main à l’épee. Passer rout au fil de l’épée. 11s fondent fur l’ennemi l’épée à la main. Ablanc. Marmol. t. i. Se voir l’épée à la gorge. Patru. plaid. ) EPE'E d’Alemagne. Joinville faisant le portrait d u Roi S. Louis , dit : Son heaume qui étoit doré, U moult bel, avoìt-il sur la tête , U une ejpée d’Allemagne en sa main. On apelloit autrefois épée d’Allemagne , une longue épée dont lesAlemans avoient acoû- Êumé de fe servir : A grans épées d’Allemagne Leur tranchent souvent lespoints outre Guillaume Guiart. Les François, au contraire, n’avoient que des épées courtes. Le même Guiart a dit : Les François épées reportent. Courtes U roules, dont ils taillent. L’épée Gauloise ou des Gaulois, étoit proportionnée à leur taille ; selon la remarque de Strabon, elle étoit fans pointe ; car ils ne frapoient que du tranchant. Epée Bâtarde. Brantôme , tom. 10. p. 5. Le Baron des Guerres avoit choisi une épée bâtarde. L’epee a toujours été la marque du pouvoir de vie & de mort. Tacite dit, en parlant de Vitellius fe déposant soi-mê- snc de l’Empire : Ajjijìenti Conjìili exj'olutum a latere pu- gionem , velut jus necis vitaque civtum , reddebat. EPE'E. Ce mot entre aussi en beaucoup de façons de parler de Maître d'armes. (Tenir son épée fermée : engager son épée : engager l’épée de son ennemi : dégager son épée: parer du fort, ou du soiblede l’épée: saisir l’épée: revenir à l’épée : forcer l’épée: s’aisúrer de l’épée de son ennemi : trouver l’epée de son ennemi : se battre à coups d’épée : rispolter de l’épée : fausser l’épée de son ennemi. Liancourt, maître d’armes. ) EPE E, s Militia. ] Signifie aussi la profession militaire. ( Un gentilhomme est naturellement un homme d’épée , il est né pour l’épée , & en ce sens il est «posé à la robe. A la fin f ai quitté la robe pour l’épée. Corn. ) * II n’y a point de meilleure épée que lui. C’ejì une bonne épée. [ Armis ejl acerrimus. J C’est-à-dire, que e’est un bravs. * Son épée est vierge. C’est-à-dire , qu’il n’a pas encore dégainé pour faire mal à personne. f * Mettre du côté de l’épée C’est-à-dire, prendre pour soi , mais , d’une maniéré peu honnête. f * Ils font aux épées est aux couteaux [ Ad inimici- tì.ií apertas venerunt. ] C’est-à-dire, ils font toujours prêts à s’entre-égorger. f Fl’avoir que l’épée est la cape. [ Ensts st penula, pratereaque nihil. ] C’est être pauvre & n’avoir rien, que ce qu’il faut absolument avoir pour subsister. -[■ 11 faut tout avoir à la pointe de l’épée ; c’est-à- dire , avec force. [ Vi arripere.] f Tenir l’épée fur la gorge. [ [Instare, urgere.] Voit. I. 13. C’est presser vivement. EPE'E. Terme de Cordier. Morceau de bonis en forme de coutelas , large d’environ trois doigts & long d’un bon pié, dont on fe sert pour batre la sangle. EPELER, st. a. [ Apellare litteras. ] Terme de Maître d’école. C’est nommer les lettres , & les assembler pour en former des silabes & des mots. ( II eommence à épeler les lettres. ) Çst EPENDRE- Mr. de Vaugelas dit dans son Q, Curce. ,, Sa source est au sommet d’une montagne , „ d’oùil tombe sur un roc avec grand bruit, & venant ,, à s’épendre dans la plaine ; arrose les campagnes „ voisines”. On diroit à présent, à fe répandre. Voïez épandre. EPERDU , éperdué , adj. [j Perditus, exanimatus. stupefaflm.'] Etonné. (II les étonna tellement parla fermeté de son courage , qu’ils prirent la fuite , tout éperdus. Vaug. Quint. I. 10. Etre éperdu. Demeurer éperdu. Racine, íphigénie , a. 5. Cette triste viélime afiigée , éperdue, Sur ces funestes bords croit être décendui. Poète Anonime.) EPH EPERDÛMENT , adv. [ Perditè. ] Tout-à-fait: entièrement: passionnément. ) Elle l’aimeéperdûment: être éperdûment amoureux. ) EPERLAN, f m. [ Eperlanus. ] L’éperlan est ainsi nommé à cause de fa blancheur, qui est semblable à celle de la perle. L’éperlan de rivière est un poisson qu’on pêche à la fin de l’été, & au commencement de l’autonne. On le prend à l’embouchure des rivières qui tombent dans l’Ocean. Ce poisson a le corps menu & rond avec une grande ouverture de bouche, & la chair transparente & qui sent la violette. L’éperlan de mer est un poisson blanc, qui ressemble aux petits merlans , & de la grandeur d’un pié , ou environ. EPERON , f m. Voïez Epron. (§ EPERON. C’est ainsi qu’il faut écrire ce mot. II y a beaucoup d’aparence que nous sommes redevables de l’invention des éperons à ceux qui les premiers ont cultivé la terre avec des beufs & des vaches ; ou en donne la gloire à Cerès , fi nous en croions Ovide dans ses Fastes, lib. 4. Illa jugo tauros collum prabere co'égit. Et comme les beufs & les vaches font des animaux naturellement lents & paresseux, ils ont besoin d’être animez. On a dit sur la foi de Callimaque, que la même Cerès avoit inventé l’éguillon armé d’un fer avec lequel ellepiquoit vivement les bêtes atachéesà la charrié. 11 est aisé de comprendre comment ses hommes,se font mis au talon le fer des éguillons : ce qui ne futd’abord inventé qu’en faveur des voïageurs : mais dans la fuite l’éperon devint une marque d’hon- neur & de noblesse , dpnt l’ancienneté étoit désignée parle métal duquel les éperons étoient faits. Dans í’ancienne Chevalerie , il n’étoit permis qu’aux Chevaliers de porter des éperons dorez ; les Ecuïe:s les portoient argentez ; & les roturiers , de fer. Quand on vouloit dégrader ou un Chevalier , ou un Ecuïer convaincud’avoir commis quelque action indigne de son caractère, on tranchoir lès» éperons fur un fumier. Voïez les Etablissement de S. Louis , ch. r 2g, st les Ut- fervations de Mr. du Cange. Dans les premiers tems de rétablissement des fiefs,les Seigneurs se contentaient d’exiger de leurs vassaux plutôt des marques d’hon- neur, que des droits utiles ; ainsi l’on voit encore dans des titres anciens, que la redevance féodale con- listoit en éperons dorez , qui tenoient lieu du relief, & que c’étoit un usage dans les lieux où la Chevalerie étoit une espèce d’Ordre militaire, comme dans l’Angleterre, auraportde Bracton, lib. 2. cap. 16. §.6. Item ( dit-il ) st certa res repromittatur, velJub disun- Hione , ut st dicatur reddendo indè per annum quxdam calcaria deaurata , vel sex denarìos , vel unam librarn piperis vel cumini, st c. La Coutume de Senlis, art. i§8- fait mention des éperons, comme d’une redevance que le vassal doit païer à son Seigneur: mais ses choses sont bien changées ; il y a long-tems que les Seigneurs ne se contentent pas de li peu de chose. EPERVIER, éprevier, f. m. [ Fringillarius , acci- piter. j Eprevier est moins en usage qu 'épervier. S. Evre- mont, auvres mêlées, se sert toujours à’éprevier. Cependant le mot d’usage est épervier. C’est une sorte d’oiseau de proie qui est la femelle du mouebet. L’éper- vier a le dessus de la tête brun , le ventre tirant fur le roux & un peu moucheté. ( On voioit deux éperviers d’or qui scmbloient fondre l’un fur l’autre. Vaug. Quint. I. 5. c. ;. Comme il parloit encore un épervier remporte , Port-Royal., phédre , /. 1. fable 9. ) EPERVIER. [ Rete piscatorium. ] Terme cse Pêcheur. Sorte de filet dont on sc sert pour pêcher. ( 11 y a de l’adresse à bien jetter l’épervier. ) EPERVIER. Ménage écrit, qu’on apelle de la sorte celui qui porte les épreuves de lTmprimerie à l’Auteur, ou au Correcteur. Les Imprimeurs que j’ai consultez là-dessus , m’ontdit que ce mot leur étoit nouveau , & qu’ils ne parloient pas ainsi. $ EPHEDRA, f f. Plante dont il y a quatre espèces. Elles sont toutes detersives & astringentes. EPHE'ME'RE , f m. [Epbemems, diarìuí.Q Terme de Médecine. II vient du Grec, c’est un acces de fièvre qui ne dure ordinairement que vingt-quatre heures. ( C’est un éphémère. 11 a eu un éphémère un peu violent. ) EPHE'ME’RE, est aussi un animal dont parle Theve- not dans son recueil. II ne vit que cinq heures. Aristote en a fort la description. EPilf.- EPI EPHEMERIDES , s. /. [ Ephemerides.) Mot qui vient du Grec, & qui signifie , Livre qui contient ce qui se passe chaque jour. (Ephémérides curieuses. ) Ce mot se dit aussi ordinairement du calcul & des Tables Astronomiques où l’on représente jour par jour le cours , l’état & la disposition des planètes & des autres étoiles. ( Air. Cassini a fait des Ephémérides du lever & du coucher du Soleil , de la Lune , & des autres planètes. II a aussi fait des Ephémérides des Satellites de Jupiter.) f EPHEMERON ■, f ni. [ Epbemeron. ] Efpece de mouche. EPHOD, f m. [ Superhumerale. J Habit Sacerdotal , qui étoit en usage chez les Juifs. C’étoit une espèce d’aube ou de surplis de toile. Voïez Mr. de Sacy, fur le livre des Rois. EPHORES , f. m. [ Ephori. ] Juges ^ue Licurgue établit à Lacédémone. Leur puissance étoit absolue. Us avoient le pouvoir de condamner qui que ce fût à l’amende & de le faire païer , d’emprisonner , de chasser un oficier, & de lui faire rendre compte de sa charge , sans atendre qu’il eut achevé son tems de service. Voyez là-dessus , Ablancourt , apophtegmes, coutume des Lacédémonìens. {f Mien, lib.z. c. 19. nous aprend combien ils étojent sages & modérez. Quelques Clazomeniens répandirent un jour de l’ordure fur les sièges des Epho- res, qui se contentèrent, pour les punir, de faire publier, par toute la ville de Sparthe , qu’il étoit permis aux Clazoméniens de faire toutes sortes d’im- pertinences & de sotifes. EPI, f. m. [ Spica. ] Le haut du tuïau du blé, du ségle, de forge , de l’avoine, qui contient la graine. ( Epi égrené.) EPI, f. m. Ce mot se dit des chevaux ; c’est un retour de poil qui se forme au front du cheval, & qui est comme le centre où commencent les autres poils. ( Le cheval doit avoir un epi au front. Solei- jel, parfait Maréchal.) EPICARPE, f m. [ Epìcarpimn. J Terme de Médecine. Espèce de cataplame composé d’ingrédiens acres, & pénétrans, comme d’ail, d’oignon, de toile d’araignée, d’ellebore, & qu’on aplique autour du poignet à l’entrée d’un accès de fièvre, pour la chasser. EPICE'NE , f sn. [Epifcenm , communies) Terme de Grammaire. II se dit de tous les noms , qui fous un même genre & une même ternfinaifon , marquent les deux espèces, comme aigles, souris. EPICER , v. a. Ç Condire , imbuere aromatibm. J Assaisonner avec des epices. ( Epicer un pâté. Ragoût trop épicé.) EPICERASTIQUE,, f m. I Epicer astic*.) Ter- me de Médecine. Remèdes qui par leur vertu em- plastique , ou par leur humidité temperée , émoussent faerimonie de l’humeur , & le sentiment irrité de la partie afligée. Tels font les racines d’althea , de réglisse , de mauve, &c. EPICERIE , f f- C Mercatura aromataria , aro- mata. ] Mot général, pour dire, toute forte d’épices propres à assaisonner les viandes & les divers ragoûts, f Bonne épicerie.) EPICES , f f. [ Aromata. ] Epiceries dont on se sert pour assaisonner les viandes & les ragoûts. (Les épices font chaudes.) EPICES Terme de Valais. C’étoit autrefois quelques dragées ou confitures qu’on donnojt aux Juges qui avoient jugé un procès ; mais depuis on a converti cela en argent, de forte que les épices d’un procès, c’est l’argent qu’on donne aux Juges pour le jugement d’un procès. (Les épices font taxées. Prendre des épices. Les épices montent haut. Ce fut certes un triste jeu, Quand à Paris dame Justice, Pour avoir trop mangé ù’épices, Se mit le palais tout en feu. ) [f Le P. Bouhours condamne cette épigramme. „ II y a (dit-il) une espèce d’équivoque qui est ex- „ trémement fade , & que les gens de bon goût ne „ peuvent foufrir, parce que le faux y domine, & „ que le vrai n’y a nulle part.” Mais il ne faut pas être toûjours si févere, ni examiner un madrigal ou «ne épigramme, comme l’on examjneroit un poème EPî 743 «pique, ou une elégie ; la beauté de ces sortes de petits ouvrages consiste moins dans une extrême justesse, que dans un certain brillant qui éblouit d’abord , & ne permet pas de démêler le vrai ou le faux de la pensée. P’ailleurs , on fqait que les épices que l’on païe à présent en argent aux Juges , consistoient autrefois en dragées & confitures , que celui qui avoit gagné son procès , présentoir à ses Juges. Alain Chartier raconte dans la Vie de Charles VIL ,, qu’il fit grand chiere à ,, la Royne de Sicile , & vint après souper, & après „ ce que ladite Royne eu st fait la réverence au Roi, „ dancerent longuement , & après l’on apporta le ,, vin & les efpices , & servit le Roy, Monseigneur „ le Comte de Clermont, de vin ; & mon dit Seigneur ,, le Connectable servit d’espices.” Duchesse a remarqué fur cet endroit, que l’Auteur apelle ejpices, les dragées & les confitures, du latin Jpecies, dont les Latins du bas âge ufoient. Philippe de Confines a dit de même, que Philippe Duc de Bourgogne donna congé aux Ambassadeurs du Roi de France, après qu’il leur eût fait prendre le vin les épices. Ainsi l’équivoque n’est pas si condamnable dans Pépigramme de S. Amant, que le P. Bouhours veut le persuader. Voïez Mr. Ménage, dans ses Origines. EPICHE'RE'ME , f m. [ Epicherema. ] Terme de Logique. C’est une espèce de raisonnement qui comprend la preuve de l’une ou de l’autre proposition , ou de toutes les deux. EPICICLE, f m. [ Epicyclus , orbìculm .] Terme à’Astronomie. Ce mot est Grec, & signifie un cercle qui est sor un autre cercle. ( Dans j’hypotése de Pto- lomée, on donne des épicicles aux Planètes. Le soleil n’a point d’épicicle. L’épicicle de la lune est un grand corps rond , vers la circonférence duquel le çorps de la lune est enchâssé.) EPICIER , f. m. ( Aromatarius. J Marchand qui vend du sucre & toutes fortes de drogues & d’épice- rie, du miel, des huiles, des raisins , des figues, des prunes, &c. ( Un riche Epicier. Les Epiciers prennent pour leur fête la Saint Nicolas, à cause que la plûpart de leurs marchandises viennent d’ordinaire par eau , & que Saint Nicolas est le Patron de ceux qui trafiquent sor Peau. Les Epiciers envelopent une partie de leurs marchandises dans du papier gris , ou dans quelques feuilles de méchans livres qu’on leur vend, parce-qu’on ne les a pû vendre à d’autres. Le Tac. du petit A. a eu ce malheur, car les Epiciers de Paris en ont quantité dans leurs boutiques. Tes vers aujstpeu lus que ceux de Pelletier , Mont fait de chez Sercy qu’un faut chez l’Epicier. Despr. ) EPIDEMIE , épidimie , f. f. C Epidemia, morbut popularis. J Quoi qu’on dise , épidémìque, on ne dit pas épidémie, mais épidimie. C’est une forte de maladie qui ataque la plûpart du monde d’un lieu ou d’u- ne contrée. Voïez les observations de médecine de Ri - viére , le 2. livre de ses institutions. $ L’Academie dit, épidémie. EPIDE'MIQUE, adj , [ Epidemicus. ] Mot Grec, qui veut dire , populaire. ( Maladie épidémique. C’est-à-dire , maladie qui ataque le Peuple.) EPIDERME , f m. [ Cuticula , fumma cutis. 3 Terme de Chirurgien. Ce mot vient du Grec , Sc. lignifie la petite peau insensible qui couvre la grosse. ( II n’y a que l’épiderme qui soit o sensé.) ■J- * Cloris, on ne vous ira plus grater l’épiderme. Ces termes font burlesques. EPIDIDIME , f m. [ Epididymus, parastata. J Terme A’Anatomie. Petit corps rond qui est couché fur le dos de chaque testicule, & qui est formé de plusieurs plis & replis que font quelques vaisseaux qui en sortent. Son usage est de perfectionner la semence-, & de la porter des testicules dans les vaisseaux déferans, aufquels il est continu. EPIE'', épiée, adj. [ Spicatus.) Ce. mot fe dit des chiens. Un chien épié est celui cjui a du poil au milieu du front, plus grand que l’autre , & que les pointes de ce grand poil se rencontrent & viennent à Poposite. Sal. EPIER, v. n. Ç Spicare. ] Se former en épi. ( Lc blé commence à épier. Le blé est épié. Le fégl® est tout-à-fait épié.) EPIER, 744 Ekl EPIER, v. a. [ Speculari , explorare. ] Observer. Atendre & prendre garde. ( Epier la contenance des ennemis. Abl. Arr. I. i. Epier l’ocasion. Scar. Epier les actions de quelcun. Abl. ret .) EPIERRER , v. a. [ Elapidare , purgare lapidi- bus. J Terme de jardinier. C’est netéïer la terre de pierres & de gravois , & en ôter tous les platras, & la rendre propre à nourir ce qu’on y sèmera. ( Epierrer un champ.) EPIEU , f- m. [ Pilum , hajlile , jfjiiculum. ] Sorte d’arme qui est hors d'ulage. C’étoit une arme qui avoit une hampe de quatre ou cinq piez de long, au bout de laquelle il y avoit un fer large & pointu. On se sert du mot á’epieu parlant des choses qui se faisoient avec ces armes, lors qu’elles étoient en usage. ( Theodebert atendoit l’épieu à la main un taureau sauvage. M fierai , hijì. de France, t. i.) EPIGASTRE , f m. [ Epigqfter. ] Terme d’Ana- tomie, qui se dit de la partie antérieure du bas ventre, apellée abdomen par les Latins. EPIGASTRIQUE , adj. [ Epigastricus . ] Nom qu’on donne à la partie la plus haute du ventre , qui va depuis le cartilage xiphoïde jusqu’au nombril. EPIGEONNER, v. a. Terme de Maçon. C’est emploier le plâtre un peu serré sans le plaquer ni le jeter, mais le lever doucement avec la main ou la truste , par pigeons ; c’est-à-dire , par poignées. EPIGLOTTE , f.s- I Epiglottis , lingula. ] Terme A’Anatomie. C’est la languette qui couvre & ferme le conduit de la voix. ÉÏ’IGRAMMATISTE, f m. [. Epigrammatarius .] Poète qui n’a fait que des épigrammes, ou dont les ouvrages les plus considérables font des épigrammes. ( Catulle & Martial font des Epigrammatistes Latins. Marot, Mainard & Gombaud font de fameux Epigrammatistes François.) EPIGRAMME , f f [ Epigramma. ) Sorte de petit poème qui finit d’ordinaire par une pointe ingénieuse , ou par quelque chose qui tient lieu de pointe. (Martial a fait de très-belles épigrammes, mais il en a fait aussi de fort froides. La plupart des épigrammes de Catulle font des épigrammes à la Gréque, c’est- à-dire , fans beaucoup de pointe. ($ EPIGRAMME. Le mot est Grec ; il signifie inscription : mais comme il y a diférentes fortes d’in- ícriptions , l’ufage a donné le nom à’épigramme à un certain petit poème qui roule fur une pensée , sur un mot , sur quelque raillerie , ou sur une pointe à laquelle la plupart des Poètes échouent très-souvent ; plusieurs même se sont imaginé que la pointe étoit la partie essentielle de l’épigramme : mais le goût a changé ; on aimoit autrefois les pointes ; on veut aujourd’hui quelque chose de naïf , mais fans brillant : on laisse aux Italiens le faux qui éblouit, & l’on regarde la chute recherchée avec foin , comme un pas glissant , où l’on se précipite en éfet dans le ridicule. L’épigramme n’est point bornée dans certains sujets; ainsi il y a autant d’espéces d’épigrammes, qu’il peut y avoir de pensées ; enforte qu’il n’est pas poslible de les réduire dans un genre fixe : mais on peut dire que l’on trouve dans les épigrammes du Chevalier de Cailly, des modèles de toutes les espèces d’épigrammes. Ceux qui ont lû plusieurs épigrammes, ont reconnu que l’on aperçoit aisément l’esprit & le caractère de l’Auteur. Celles de Despreaux sont toutes satiriques : celles de Mainard marquent un esprit bourgeois , & beaucoup d’indigence : mais celles du Chevalier de Cailly nous aprennent l’agrément, l’aisance, & la délicatesse de son esprit. Les goûts son diférens fur le jugement des épigrammes : les uns exigent une chute vive & équivoque , c’est ce qu’ils apellent une pointe ; Martial est pour eux : les autres se contentent d’une simplicité soûtenuë par une pensée juste ; 11s citent pour exemple les épigrammes de Catulle, & presque toutes les épigrammes Gréques. On dit que Naugerius, noble Vénitien, qui vivoit dans le seizième siécle , étoit si prévenu en faveur de Catulle & de sa simplicité , qu’il sacrifioit tous les ans aux Muscs les œuvres de Martial : il y a , fans doute, de l’excès dans ce procédé , & l’on peut bien sc défier du jugement d’un homme qui s’abandonne si fort à son imagination. 11 y a un milieu en toutes choses, & l’on ne peche pas moins dans l’excés de la sirapli- EPI cité qui dégénéré en fadeur, que dans l’excès de la vivacité des pointes ; & il faut convenir que lorsqu’el- les sont naturelles , & qu’elles sont tirées du sujet, el. les plaisent extrêmement à l’esprit, qui s’endort aisément s’il n’est excité d’une maniéré douce , & qui ne le dérange point. L’expreffion doit être élégante ; & quant à la brièveté de l’épigramme , Mr. Despreaux a fort bien remarqué, que, Vépigramme plus libre en son tout plus borné, N’est souvent qu’un bon mot de deux rimes orné. Mais on n’a point de régie fur ce point, il faut s’acommoder au sujet : mais les plus courtes sont, fans doute, les meilleures ; c’est ce que Gombaud exprime par cette épigramme : Alcandre , F est ta passion, Tu veux une longue épigramme , Bien qu’elle soit digne de Blâme , Comme une longue inscription , D’un seul coup elle fait sa brèche Ainst que le trait d’un Archer > As-tu jamais vu décocher Une pique au lieu d’une flèche ? Le P. Vavasseur, en traitant de l’épigramme, cb. 4, reconnoit que la brièveté est une des principales quasi, tezde ce poème: mais après tous scs raisonnemens, on est encore en état de lui demander en quoi consiste cette brièveté ; car ce n’est point assez que de dire que le Poète ne doit traiter que d’une seule chose & qu’il doit l’expliquer brièvement ; chacun pense de même, mais la dificulté est de le pratiquer. On n’est pas plus satisfait de l’idée qu’il donne, dans le chapitre suivant, de la grâce & de l’agrément, qui n’est pas moins une partie essentielle de l’épigramme , que la brièveté ; & il faut convenir que l’on ne peut jamais donner de réglés & de leçons fur les choses qui dépendent de l’esprit & du génie ; c’est à la nature que l’on doit les grâces, la finesse des pensées ct des expressions, & jamais à scs maîtres; & nous votons tousses jours, que ceux qui brillent dans la théorie, réussissent rarement dans la pratique. EPIGRAPHE, f m. [Titulus.2 Inscription qu’on met fur ses bâtimens pour en marquer 1e tems, l'usage & 1e nom de l’ouvrier. Acad. Fr. EPIKIE, f f. [ ALquitas. 3 Tempérament qui sans être injuste modère la sévérité de la Loi. (11 faut un peu d’Epikie dans le gouvernement, parce que rien n’est plus injuste qu’une Justice trop exacte & trop sévère. ) EPILEPSIE , f.s [ Epilepsta , morbus comìtialv. ] Mot Grec. Mal de cerveau qui fait perdre 1e jugement ct le sentiment. On l’apelle aussi haut mal, par- ce-qu’il saisit la tête. On l’apelle encore mal de S. Jean , Ou mal caduc. EPILEPTIQUE, adj. [ Epilepticus. J Qui est d’épilepsie. ( Maladie épiíeptique. ) EPILOG UE , f m. [ Epilogue , peroratio. J Ce mot vient du Grec, & est un terme de Rétoriquei c’est la conclusion de quelque livre , ou de quelque ouvrage entier. (II y a de beaux épilogues dans ses fables de Phèdre. ) f EPILOGUER, v. n. f Mordere, dente livido carpere.] Trouver à dire à tout. ( Pourquoi lui donner un savant qui sans cesse épilogue ? Mol. fetnmes savantes , a. fc. f. II lui soft de renverser les maximes les plus certaines du Droit, ct d’épiloguer fur ses termes de Part. Ee Maître plaid. 50.) EPILOGUEUR , J', m. [ Censor patrurn. J Ce mot n’entre guère que dans 1e comique & 1e satirique. C’est celui qui reprend tout, & qui ne trouve rien de bien. ( Un franc épilogueur : un sot, impertinent & ridicule épilogueur. On 1e regarde par tout comme un épilogueur. } î EPIMEDIUM , f m. Plante humectante & rafraîchissante. EPIN ARS, f m. [Spincia,st>inacbium, Jpinareum. J Sorte d’herbe qui a la racine garnie de petits filets , & qui pousse des feuilles larges qu’on mange & fricasse avec du beurre 1ecarême. (Epinars nouveaux: épi- nars verds. ) í EPINCELER , ». a. Terme de Mamtfaltur: de draps. C’est ôter ses nœuds du drap avec des petites pinces de fer. On dit plus communément. EJ'poutier. ch On dit aussi, épincbiler , ct tpincer. fEPIN- EPI f EPÎNCËUSÊS,// Ouvrières qui épíncent le drap. On dit auffi, Epinceleuses, & Epinckekufes. EPINÇOIR j / tn. f Malletu pavimentarius. j Gros marteau, court & pesant, fendu en angle par les deux cotez comme un têtu, qui sert particulièrement à tailler le pavé. EPINE, / / [Spìna.] Bois piquant, & pointu de l’aubepine, &c, (Une petite épine.) EPINE blanche , épine mire. [Prunus fyhestris ,] Ce font deux fortes d’arbrisseaux. * EPINE, si fi. [Dolor, aculeus.] Ce mot, au figuré, lignifie douleur, chagrin, afìiction. ( Exemples. * Je porte au pie une épine qui me rend tous lieux raboteux ; c’est-à-dire , je ne puis marcher ferme, parce que j’ai la goûte. On diroit qu'il marche fur des épines. Abl. Luc. tome i. C’est-à-dire, qu’il ne marche pas ferme, ni hardiment.) * Les commencemens des régnes ne font jamais fans quelques épines, Paint, plaid. 4. C’est lui qui peut changer les épines en roses. God. Focs. 1. part. églogue 5. La vie est pleine d’épines. [Nihil ab omni parte beatum.] On ne trouve point de roses fans épines. Proverbe, pour dire, qu’ii n’est point de condition, pour heureuse qu’elle paroisse, dans laquelle 011 ne trouve des chagrins & des dìficultez. tg Malherbe, ode au Roi Henri le Grand : Et ces matières de pleurs , Massacres , feux & rapines , De leurs funestes épines Ne gâteront plus nos fleurs. Cette expression (dit Mr. Ménage) est trop figurée, j’ajoûte qu’elie n’est pas suivie : ces grands mots, massacres, feux & rapines, forment une idée plus afireuse que celle de quelques épines, c’est-à-dire , de quelques legers malheurs. EPINE du dos. ['Spina dorsi.] Structure & composition des 54. vertèbres, qui s’étend depuis le haut du cou jusques au bout des hanches , & qui sert pour étendre & courber le corps. EPINE'E, f f- A Paris, on dit échinée , & non pas épinée. Voïez Echinée. EPINETTE , f. fi. [Organum fidiculare.] Instrument de Musique harmonieux, à cordes de léton, aïant deux piés & demi de long, plat, & d’ordinaíre quarté, composé d’un bois, dont une partie est propre à résonner, & d’un clavier, qui le plus souvent est au milieu. (Une bonne épinette.) EPINE-VINETTE > f fi [Berberis duínetorum .] Plante qui croît parmi les buissons & dans les bois, qui porte un fruit rouge, âpre & un peu aigre aii goût, & qui de la racine jette des rejetions garnis d’épines. EPINEUX, épineuse , adj. [Spinostss, hirfutus acu - /fk] Ce mot ne se dit guère au propre , & il s’y faut prendre avec esprit pour le faire passer. 11 signifie qui a des épines. (La rose étale sa pompe incarnate au milieu d’un trône épineux. God. Po'ësi) * EPINEUX , épineuse. [ Difficilis, arduus.] Dificile. (Les hautes spéculations des siences font trop épineuses pour des esprits fi délicats. God. Une afaire épineuse. La voie du salut est étroite & épineuse. Mau- croix, homélies. Vous qui courez du bel esprit la carrière épineuse. Dejpr. Poétique.) f EPINEUX, se dit en termes de Marine , d’un endroit où ii y a beaucoup de roches, qui se découvrent de basse mer, ou qui sont découvertes. EPINGLE, si f [ Acicula.] Petit morceau de léton fort délié, avec tête & pointe, qui sert aux hommes, & principalement aux femmes, pour atacher fur elles ce qu’il leur plaît. (Epingle jaune : épingle noire, ou blanche.) * 'tirer son épingle du jeu. (Tr sahk rébus siuhtra- here.) Proverbe, qui veut dire, fe retirer fans bruit d’une afaire, oh l’on avoit fait mine de vouloir entrer. Ou fe retirer d’une afaire où l’on s’étoit. engagé , & retirer les frais & les avances qu’on y avoit faites. EPINGLES , f fi plur. sMunusculum.fi C’est ce quì fe donne outre le marché comme par forme de présent, & néanmoins cela fe met dans le contrat, afin qu’en cas de retrait lignager on en soit remboursé. (C’est aux femmes qu’on donne les épingles lors-qu’el- les vendent.) EPI 745 EPINGLIER , s. m. [Acicularum opifiex , propola.f Ouvrier qui travaille en léton, & qui fait de toutes sortes d’épingles & de chaiiis de fer, ou de léton. (On ne voit guère d’épingliers acommodez.) EPINGLIER , s. m. Prononcez épinglié. Terme de Fileuse au rouet. C’est un instrument de bois, auquel font atachez de petits crochets de fi! de fer ou de ié« tòn gros comme des épingles, à travers des deux des, quels passe le fil quand on tourne le rouet. (Mon épinglier est encore bon.) EPINÍERS si m. plur. [Sentes.] Terme de Chaste. Bois d’épine, où les bêtes noires font leurs demeures. £ EPlNOCHE- Les Epiciers & les Droguistes donnent ce nom au café de la meilleure qualité. EPINOCHER , v. a. Terme Populaire, qui se dií; quand on prend des viandes ou du pain en petite quantité, en témoignant du dégoût. (Vous ne faites qu’épinocher.) EPIPHANE, f m. [ Epipbanhcs .] Nom d’homme, qui lignifie illustre. ( Saint Epiphane») EPIPHANIE,//- [Epipbama.] Ce mot vient du Grec, & il lignifie aparition. C’est un terme à’Eglise, qui signifie la Fête des Rois, ou de l’aparition , ou de la manifestation de Jésus-Christ aux Gentils. Parti- Royal. (La Sainte Epiphanie.) jQf L’Egìise d’Orient a crû autrefois que Jésus-Christ étoit né, & avoit été bâti lé le sixième de janvier, à qui elle donna le nom à y Epiphanie , parce que dans ce jour l’on découvroit deux grands mistéres : lepré- mier étoit que Jésus-Christ naissoit selon la nature & comme enfant porté pendant neuf mois dans le sein de fa mère ; & le second, la manifestation de sa divinité dans le Batême. Mais cette erreur ne passa point en Occident, où l’on a toujours foleinnifé la fête de l’Epiphanie, & celle de Noël séparément. L’on a apellé cette fête, les Rois, dans la prévention où. l’on a été que les Mages étoient des Rois. Elle étoit précédée autrefois d’une veille & d’un jeûne très-févére, comme le sieur Cessions a prouvé dans son traité du Roi ban. II est dificile de comprendre comment d’un jour de jeûne & de prières, on en a fait Un jour de débauche : je sqai qu’on croit d’ert trouver la cause dans les Saturnales. Le sieur Défiions a raporté plusieurs autoritez pour confirmer son sentiment : mais quoi qu’il puisse dire , je ne trouve nulle ressemblance entre les Saturnales des Païens, & la solemnité de la veille des Rois. La qualité des personnes qui célébroient ces deux fêtes, le tems de leur durée, font assez voir que ce font deux diférentes fêtes, & il me semble qu’il est plus naturel de dire que le soupé de la veille des Rois est une fuite de la veille que les Chrétiens célébrèrent d’abord avec beaucoup de respect & de religion, Le tems, le lieu & les auutres circonstances de ces assemblées nocturnes favoriíbient trop la corruption , pour ne s’y pas introduire. Le scandale fut fi grand & lì pernicieux, que par plusieurs Conciles l’on fut obligé de les défendre : mais on ne pût pas les abolir entièrement ; & pour en conserver le souvenir, les païens s’affemblerent avec leurs amis ; ils fe régalèrent & afin de marquer l’origine du festin , ils observèrent de le bénir avant que de fe mettre à table , & même en partageant le gâte a u , la première portion étoit destinée pour Dieu; ce qui sufit (ce me semble) pour détruire la comparaison de la fête des Rois, & des Saturnales. On étoit autrefois plus empresse de íb- lemniler la veille des Rois, qu’on ne l’est à présent; il est dit dans le Journal d’Henri 111 . qu’en 1578. & le 6 . de Janvier, la Demoiselle Dépens de „ Bretagne, Royne de la fève, par le Roy defespe- ,, rement brave, frisé, gauderonné, fut menée du Ciiâ- ,, teau du Louvre, à la Messe en la chapelle de Botir» „ bon, estant le Roy suivy de ses jeunes mignons, „ autant ou plus braves que lui. “ Sur le surplus de la fête , voïez "Fève. EPIPHISE, / fi [ Epiphsis ,] Terme A’Anatomie, Os adhérant à un autre par une simple contiguiré. Sa substance est rare & lâche; elle est aux enfàns nou- veau-nez ou un peu âgez, cartilagineuse, mais elle s’endurcit à mesure qu’on avance en âge, & enfin elle devient tout-à-fait oiseuse,) EPIPHONE'ME , / m. [ Epiphoxema.] Ce mot Tome L B b b b b est 746 EPï est Grec, & est un terme de Rétorique. C’est une réflexion vive, qui renferme le sens de ce qui avoit ete dit auparavant. (Faire un épiphonéme ingénieux. Exemple ; dans le Poème du Lutrin il y a cet épiphonéme : Tant de fiel entre-t’il dans Famé des dévots!) EPIPHORE, f- M. \jEpiphoras\ Terme de Médecine. Continuel écoulement de larmes acompagné quelquefois d’ardeur , de rougeur & de picotement. Les causes internes de cette maladie font le relâchement des glandes des yeux & la trop grande acrimonie de la sérosité qui s’y sépare, laquelle en rongeant ou en piquetant les yeux, y atire une plus grande quantité de sang & de limphe. EPIPLOON , f. m■ \Eptploum, adeps, omentumé] Membrane graisseuse, qui nage sur les boïaux, & qui va même dans leurs sinuosité?. : elle s’étend depuis 3 e fond du ventricule, auquelelle estatachée, jufqu’au nombril, où elle finit pour l’ordinaire. Elle a la figure d’une gibecière, ou d’une poche. EPIQUE, adj. [Epicus.] Terme de Po'êfie. Ce mot se dit du poème héroïque, & du poète qui fait ce poème. (Le plus beau poème épique Grec est celui d’Homere. Les plus excélens poètes épiques Latins, ce font Virgile & Stace.) EPISCOPAL, épiscopale , adj. [ Episcopalis .] Qui est d’Évêque. (Habit épiscopal : dignité épiscopale r maison épiscopale. Patrie , plaid. 14. S’aquiter dignement des fonctions épiscopales. God. Les sièges épiscopaux ne se doivent établir que dans les belles & grandes villes. Le Pape ne peut ériger , ni transférer les sièges épiscopaux sans le consentement du Roi. Févret, de J’abus , l. 2.) EPISCOPAT ,s m. [ Episcopatus , Episcopale Souverain degré du Sacerdoce. La sixième dignité ecclésiastique, & autrefois la prémiére. Pinson , traité des Bénéfices. (L’Episcopat est quelque chose d’auguste & de sacré. Sa demeure est déserte, qu’un autre prenne fa place dans l'Episcopat. Port-Royal, Afíes des Apôtres, chap. 1. Se rendre digne de l’F.piscopat : parvenir à l’Episcopat. Qu il prêche, c’efl ainsi que F on devient Prélat, Mais a-íon la vertu comme PEpifcopat? Vill.) EPISCOPISANT, f m. f Ambiens Epifcopatum. ] Celui qui aspire à l’Episcopat. Mr. L** est épiscopi- sant. EPISODE , f- m. [Episodium .] Terme de Poésie. C’est une action jointe vraisemblablement, ou nécessairement à Faction principale du poème épique, ou du Roman. (L’épisode doit être proportionne au sujet, & n’être pas trop long.) {§ L’E'PISODE, (selon la doctrine d’Aristote dans fa Poétique, ch. 2.) est bien diférent de celui dont nos Poètes Epiques & Dramatiques ont acoûtumé d’orner leurs poèmes. Aristote dit que l’épisode est ce qui se passe entre les chants du chœur. Cette définition est idrt su ceinte, & »'a nui raport avec nos épisodes : cependant nos épisodes doivent être formez fur le modèle & fur les régies d’Aristote. Nous devons à Mr. l’Abé d’Aubignac ['éclaircissement de cet endroit de la Poétique d’Aristote : voici en abrège, ce qu’il en dit dans fa Pratique du Téatre, liv. 3. ch. 2. Icarius rencontra, dans le tems des vendanges un bouc qui fai- íoit un extrême dégât dans ses vignes ; il crut qu’il devoit immoler à Baccus cet animal, qu’il regarda comme un ennemi de ce Dieu, & il apella ses voisins à ce sacrifice, & étant tous assemblez, ils célébrèrent la fête, par des louanges du Dieu du vin, & par des danses champêtres selon la coutume, & elle leur parut si plaisante, & si convenable au .désir qu’ils avoient de se rendre favorable celui à qui ils dévoient Fart de cultiver la vigne, qu’ils renouvelloient tous les ans ce sacrifice, en y ajoûtant des hymnes & des chansons, pour mieux marquer leur reconnoissance. Les Athéniens transportèrent cette fête dans leur ville : les Poètes voulurent y avoir part ; & Fémulation causa entr’eux une dispute où chacun tâchoìt de gagner le prix de la Poésie ; ils apellerent Tragédie, qui signifie chanson du bouc , les hymnes St les chansons, & parce qu’ils immoloient un bouc qu’ils regardoient comme l’ennemi de ce Dieu ; & parmi les gens de la campagne, qui ne laissoient de faire leur sacrifice en particulier, ils apellerent Comedie cette fête, c’est-à-dire, EPÍ chanson de village. Mais comme les Poètes étoient obligez de repeter plusieurs fois les mêmes louanges de Baccus, ils eurent recours aux fables & aux histoires des personnes illustres, qu’ils mêlèrent si adroitement parmi les chants & les danses, que de toutes les dise. rentes patries il en réfultoit un tout très-agréable. On ne fçait point si c’est Epigene Sieyonien, ouTher* mis, qui ont commencé de remplir les intervales dtj chant & de la danse, par des récits que les Musiciens Faifoient eux-mêmes ; car ce fut Thefpis qui introduisit des Acteurs étrangers, afin de donner quelque relâche aux chœurs, & les récits qu’ils faifoient, furent apellez épisodes, qui signifie, selon Pollux, Victorius, & Suidas, une chose survenue £ç? ajoûtée à une autre. Ce mélange de diférens sujets déplût fort aux Prêtres de Baccus, qui ne pouvoient foufrir que dans une fo- lemnité dont Baccus devoit être le principal objet, l’on y mêlât les louanges où il n’avoit aucune part: mais leurs plaintes n’empêcherent pas de commuer de mettre des épisodes dans la cérémonie ; & même, dans la fuite, les épisodes furent si fréquens, que l’on apella épisode, tout ce qui étoit récité de cette manière : ainsi, ce qui étoit étranger à la tragédie , devint la tragédie même. 11 est donc aisé d’entendre Aristote, quand il a dit que l’épifode étoit ce qui se passe entre les chants des chœurs, de même que nous voïons souvent des danses & des chants dans l’inter- vale des actes, mais avec cette diférence, que ce qui étoit autrefois épisode, est aujourd’hui Faction principale de la tragédie & de la comédie : ce qui est si véritable, que Mr. FAbé d’Aubignac a fort bien remarqué que tous les préceptes qu’Aristote donne pour bien faire les épisodes de son tems, doivent nous servir de régies pour faire un poème dramatique régulier : mais avaftt que d’expliquer les régies qu’il a prescrites fur cette matière, il faut tâcher de donner une idée des épisodes qui font à présent fort en usage parmi lea Poètes Epiques & Dramatiques. Selon le Père Le Bossu, dans son traité du Poème Epique, les épisodes font les parties nécessaires de Faction, étendués avec des circonsiances vraisemblables. J’ai vû bien des gens peu satisfaits de cette définition : il n’est pas vrai (di- soient-ils) que toutes les parties nécessaires de faction soient des épisodes ; mais il faut que le Poète les rende vraisemblablement nécessaires, quoiqu’étrangérea à Faction. En éfet, Aristote a dit qu’Homere a choisi un sujet simple pour son Iliade, mais qu’il s’est servi de plusieurs épisodes pour en composer son poème, & dont il a pû se passer. On peut donc dire que nôtre épisode est un événement étranger à Faction, mais qui lui convient si parfaitement, qu’on ait lieu de croire qu’il fait partie de Faction : je dis un événement, parce que les simples descriptions ne font pas un épisode : ainsi la tempête qu’Enée essuïa dans les mers de Sicile, celle qui jetta Ulisse dans File de Calypso , sont des épisodes. En second lieu, l’épisode est un événement propre à Faction, mais dont le Poète auroitpû se passer; ainsi, il n’est point partie nécessaire à faction ; mais ii le devient, & pour former cette nécessité ; il faut beaucoup de génie, d’adresse & d’ex- périence. En troisième lieu , il ne scroit plus une partie nécessaire, s’il n’étoit propre & convenable à Faction ; autrement, on fait un monstre tel qu’Horace le dépeint dans son Art Poétique: Humano capiti cervicem piHor equinam Jungere fi velit, £s? varias indwere formas, Undìque collatis membris ut turpiter atrum Tesinat in f iscem mulier formoja Juperni. Enfin l’épisode doit être uni à Faction, non poinï par une nécessité absolue, mais par une fuite & une liaison, ensorte qu’il serve à démêler l’intrigue , en conduisant les spectateurs & les lecteurs par diseren. tes routes, autant agréables que nécessaires : le récit, en ce fait, à Didon, de la ruine de Troyes , n’étoit point absolument nécessaire ; cependant Enée ne pou- voit pas sc dispenser de satisfaire- la curiosité de Didon, qui s’y interessoit si tendrement ; & Tailleurs, il étoit bien nécessaire de faire connoître la naissance , les malheurs d’Enée, & les raisons qu’il avoit d’errer dans des climats étrangers : ainsi , cet épisode est juste ; il auroit pû être moins étendu, & il n’en suroît pas été moins agréable : au reste , les épisodes entrent, & plus souvent, & plus nécessairement d3ns F épopée, que dans la tragédie, & dans ces deux EPI endroits ils doîvent être formez fur les mêmes prîn- «sipes. í EPXSODIER , v. a. C’est etendre par les épisodes. (Ce poète fait bien épisodier une action.) f EPISODIQUE, adj. On le dit d’une fable, d’un poème, dont les épisodes ne font liez les uns aux autres, ni necessairement, ni vraisemblablement, (table episodique, poème épisodique.) EPIS SE R, v. a.. Terme de Marine. C’est entre- laffer une corde avec une autre, mêlant ensemble leurs fils ou cordons par le moïen d’une broche de bois, ou de fer, ou de corne. EPISSOIR , s. m. Terme de Marine. Instrument pointu de fer ou de bois qui sert à faire l’é- pissure. EPISSURE , s s Terme de Marine. Entrelass sement de deux bouts de corde que l’on fait au lieu d’un neud, pour plus grande commodité. EPISTILE , s. s. f Epiflylium J Terme d ’ Archi- tefíure. C’est ce qu’on apelle maintenant Architrave. C’est la pierre ou lapiécede bois qui pose furie chapiteau des colonnes. EPISTOLAIRE, adj. [Epistolaris.] Qui concerne les épîtres. 11 ne fe dit qu’en cette phrase. Le Jìile epijìolaire. EPITALÁME , s m. Sis. [Epìtalamium, carmen nuptiale.'] Mais le plus souvent masculin. Poème en faveur du mariage. Le Marini nous a laissé plusieurs épitalames Italiens, mais ces épitalames font peu de Chose en comparaison de ceux de Catulle.) 0” Ce terme est, à présent, toujours masculin. C’est la décision de l’Académie, sur l’Observation de Mr. de Vaugelas. EPITAPHE- £Epitapbium , titulus sepulcbri.] Ce mot est masculin & féminin, mais le plus souvent masculin. Petit poème qui marque la mort d’une personne, & qui finit ordinairement par une pointe ingénieuse. (Marot a fait de jolies épitaphes Frart- qoifes.) (§ L’Académie a décidé, fur la Remarque de Mr. de Vaugelas, qu ’épitaphe n’est plus que féminin. £ EPITE, s- f- C’est un p>etit coin ou cheville de bois quarrée & pointue, qui étant mise dans le bout d’une autre cheville, sert à la grossir. EPITE (ME , s m. £Epìthema .J Terme d’Apoti- caire. C’est un remède qu’on apìique extérieurement sur quelque partie, & sur tout à l’endroit du cœur & de l’estomac. (Apiiquer un épìtéme.) EPITE'TE, s- ri. & f. £Epithetum.] Mais plus ordinairement féminin. Nom adjectif qui se joint dans le discours à quelque substantif. (Une belle épi- téte. Vaug. rem. Une froide épicéte. Désir. fat. 2.) {si Voici la décision de l’Académie , sur la Remarque de Mr. de Vaugelas : Ces mots, épitéte & équivoque font présentement toujours féminins, & l’usage ne soufre plus qu’on les fasse masculins. Mr. de Vaugelas veut, dans fa Remarque i;8- que l’on ne mette jamais un substantif entre deux épitétes: & fur ce principe, il condanne cette expression. En cette, belle solitude , si propre à la contemplation . 11 prétend qu’il faut dire, R» cette solitudes belle & Jlpropre à la contemplation. Jamais (dit-il) il ne faut mettre le substantif entre deux adjectifs. Mais Mrs. de l’Académie proposent la même phrase avec le changement d’un mot, la voici, dans une ft belle solitude, £«. [jEquilibrium .] Pareil poids. jPoids qui en égale un autre. (La balance est en équilibre. Les corps liquides se mettent toujours en équilibre, s’ils ne sont point retenus Tailleurs.) * EQUILIBRE. Ce mot se dit au figuré, des choses dont on ne considère pas la pesanteur, mais le mérite, le pouvoir, &c. (Ainsi l’on dit que deux Puissances font en équilibre, quand on croit que l’un des Etats est atiffî puissant que J’auíre. La paix est plus assurée quand les Puissances voisines sont en équilibre.) On parle aussi de l’équilibre des humeurs dans le corps. 0 EQUIMULTIPLES- Ce sont des nombres qui contiennent également, c’est-à-dire, autant de fois les uns que les autres , leurs ibûmultiples : ainsi on connoît que les deux nombres 12. & 6 . sont équi- multiples dans leurs soûmultiples 4. & 2. parcs que chacun sont soûmultiples trois fois. Ozanam. EQUINOXE, / m. [ Equinoxiumf] Terme de Géographie. Egalité du jour & de la nuit. 11 y a deux équinoxes, l’un au Printems, lors-que le Soleil entre au signe du Bélier, & l’autre en Automne, lors-qu’il entre au signe de la Balance. EQUINOXIAL, équinoxiale , adj. [ EEquinoxia- &.] Cercle équinoxial, ou l’équatetir qui est l’un des grands cercles de la sphère. (Ligne équinoxiale. Point équinoxial. Remarquer Rentrée du Soleil aux points équinoxiaux.) Ce mot s’écrit aussi par un H , qui fe prononce comme x. EquinoHial. EQUIPAGE , / m. [ Jpparatus .] Ce qu’il Faut pour équiper un soldat. Tout le meuble d’un particulier, Etat. Habit. (Etre en bon, ou mauvais équipage. Ils le conduisirent au Palais en cet équipage. Vaug. Quint. I. 4p. Donner ordre à son petit équipage d’amour. Le Comte de BuJJì.) EQUIPAGE. [_Ornatwf\ Tout ce qu’il faut à une personne pour Réquiper & Rajuster, afin de paroître selon son rang dans le monde. (Un bel équipage : un agréable, charmant, & brillant équipage. Je vais d’illujlres Cavaliers, Avec Laquais , CaroJJ’e , b Pages t Mais ils doivent leurs équipages, Et je ne dois pas mes souliers. Ligníéres, Poésies. Quand il vint s établir dans son gouvernement , II avoit pour cortège un laquais feulement , Et pour tout équipage une méchante roJJ'e , Maintenant Jix chevaux font rouler son carojse, Bourf. Esope. EQUIPAGE , s m. f Armamentum , insìrumentum. J Terme de Mer. Ce sont tous les Oficiers Mariniers, les Soldats & les Matelots de quelque vaisseau. (L’é- quipage devint malade, parce qu’il sc nourissoit mal. L’équipage fut ataqué du scorbut. Tout l’équipage fit une neuvaine pour avoir un bon vent. La pêche qu’on y fait de la tortue, est capable de mourir un équipage de quatre cens hommes.) t EQUIPAGE d’atélier. C'est tout ce qui sert pour la construction, ou pour le transport des matériaux, c’est-à-dire , les grues, les chèvres, ses crics, &c. í EQUIPAGE de Pompe. Ce qu’on apelle équipage de pompe consiste dans toutes les pièces avec leurs garnitures. t EQUIPEE, / s \_Machinatìo, protervia , saci- nm tentes'arium.J Conduite ridicule. Fole entreprise, (Faire une équipée.) f EQUIPEMENT , s. m. Action d’équiper, îí se dit auso de la provision de tout ce qui est nécessai» re à la subsistance , à la manœuvre & à la fureté d’ust vaisseau. (L’équipement d’une fiole, d’un vaisseau.) EQU 751 EQUIPER , v. a. [ Injìrúere , ornáre , suppedìtare.J Donner ce qu’il faut à quelcun pour le mettre en état d’exécuter le dessein qu’il a pris. Vêtir, habiller. Munir quelque vaisseau de tout ce qui lui est nécessaire. (Equiper un soldat. Equiper un navire d’é- peron, de voiles & de cordages. Vaug. Quint. /. 10. c. 1. Equiper une ilote. Abl. Arr. I. 7. Equiper une frégate. Voit. L 59.) EQUIPOLLE' , E'E , adj. [Alternusalternatim variuss] Terme de Blason. Plusieurs pièces ,& parties de Reçu mises en même rang. (11 porte cinq points d’azur équipollez à quatre d’argent.) EQUIPOLENCE , s s. [FEquipoUentiaf] Egalité de valeur. (L’équipoJlence des proportions. EQUIPQLLENT , ENTE ,_ adj. [AEquipoSens, aqualis, par, aquivalens.) Ce qui égale en valeur une autre chose, à laquelle il est comparé. A L'EQUIPOLLENT , adv. [ pro ratiòne , riter.J Terme qui fe dit en afaires , & en pratique. (Donner à l’équipollent ; c’est-à-dire, donner autant, ou à peu près.) EQUÏPOLLER , V. n. [Aiquivalere , par,simile, œquale ejji .\] Etre de pareil prix qu’une autre chose, à quoi on la raporte. EQUITABLE , adj. \_A.quus, ver m.) Ce mot fe dit des personnes & de leurs actions. II signifie, juste & raisonnable. Celui qui en jugeant adoucit ia rigueur des loix, quoi-qu’il ne soit point obligé d’en agir de la sorte. (C’est un homme fort équitable. Action très-équitable.) EQUITABLEMENT, adv. [_Ex tequo U bono.J Avec équité. (Juger d’une chose fort équitablemení.) EQUITE',//. [Atquitas.j Sorte de justice quî consiste à réparer les défauts des loix, & à sopléer à la décision des rencontres particulières qu’elles n’ont pas prévues. (Là règnent avec lui dans le même Palais , L’amour de /équité , Labondance U la Paix, Abé Régnier.) f EQUIVALANT, adj. [Par, équivalents] Ce mot ne fe dit guére qu’en termes de Palais. Parlant d’afaires. C’est-à-dire , qui vaut autant. Qui est d e- gale valeur. (Donner, païer l’équivalant.) 0 EQUIVALANT. Terme de Finances . EQUIVOQUE,/ / [Fox anceps, dubia.) Double sens. ( Une fâcheuse équivoque. II faut éviter les équivoques lors-qu’on écrit ou qu’on parle. User d’équivoque. Parler par équivoque. Nos Pérès ont protégé ies équivoques & les restrictions mentales. Pasc. let, prov.) 0 Mr. Defpreaux ne fait quel genre lui donner. II commence ainsi fa douzième satire : Qu langage François bizarre bermaphràdíte, De quel’ genre te faire , équivoque maudite , Ou maudit , car fans peine aux Rìnteurs hazardettX L’usage encor, je croi, laisse le choix des deux ? Tu ne me réponds rien, fors d’ici, fourbe insigne, Mâle aujfì dangereux , que femelle maligne. Le même Auteur acuse ici avec raison Voiture, d’avoir rempli ses Lettres d’équivoques & de quolibets : L« Lefieur ne fait plus admirer dans Voiture , De ton froid jeu de mots l’insipide figure ; C’esi à regret qu’on voit cet Auteur si charmant Et pour mille beaux traits vanté Ji jujlement , Chez toi toàjours cherchant quelque finesse aigus Présenter au Lecteur sa pensée ambiguë. On n’auroit pas osé autrefois parler ainsi de Voitufe5 ía prévention étoit fi grande en fa faveur, & particulièrement celle du beau sexe, que l’on fe seroit atiré la colère d’une infinité de Coftars fur le bras, si l’on n’avoit pas jetté à pleines mains des fleurs sor son tombeau : mais le tems a détrompé ses adorateurs, C’est particulièrement dans les épigrammes qui finis, sent par une pointe, que Ron trouve beaucoup d’équi* voques fausses; en voici un exemple; Delisle , ta fureur Contre ton procureur Injufiement s’alume , Cejj'e d’en mal parler ; Tout ce qui porte p!ume f Efi créé poftr voler. 7^2 EQU La pensée est vraïe, si l’on a entendu parler des oiseaux : mais elle est fausse dans le sens de l’epigram- nie, puis qu’íl n’ett pas vrai que ce qui porte plume, est créé pour voler, quand on veut que voler signifie dérober. On tombe aisément dans l’équívoque , & l’on a bien de la peine à s’en garentir. Mr. de Balzac a dit dans son Socrate Chrétien : Vous voïez l’équivoque causé par la ressemblance du mot. Mais combien en voïons-nous de même nature ! Nous sommes en une saison 11 fertile en équivoques , que nouvellement le premier homme de notre siécle a pris le Grammairien Terentianm Maurus pour un personnage des Comédies de Térence, & l’a apellé le Maurus de Té- rence. Un autre a écrit (tant il est bien verso en l’Hif» toire Ecclésiastique) que Saint Epiphane & l’Epiphanie étoient le frère & la sœur. Un autre très excélent Géographe, comme vous pouvez penser, s’est imaginé que Sodome étoit la principale ville de Bulgarie. On peut ajoûter que quelcun a cru que le traité de Beneficiis àt Sénéque, étoit un traité des Benefices Ec - cléfiajhques. La dernière remarque de Mr. de Vaugelas est toute fur l’équivoque, qu’il dit être le plus grand de tous les vices contre la netteté. II fait ensuite cette observation très-utile : ,, La plupart des équivo- „ ques se forment far les pronoms relatifs, démonjlra- „ tifs, & possessifs. Exemple du relatif: C ejì le fils de ,, cette femme qui a fait tant de mal. On ne fait si 5 , ce qui se raporte à fils , ou à femmes de forte que „ si l’on veut qu’il se raporte k fils, il faut mettre le- „ quel au lieu de qui. A l’égard du pronom possellìf, „ en voici un exemple : II a toujours aimé cette per- ,, sonne , au milieu de son adversité ; ce son est équi- ,, voque , car on ne sçait s’il se raporte à cetteperson- „ ne, ou à il qui est celui qu’on a aimé. Et quant ,, au démonstratif, exemple : Ce sont deux choses que „ mal-aifiment les paroles seront capables de vous re- „ présenter: toutefois puis qu’à faute de mieux , je fuis „ contrainte de les empldier, vous me ferez, s’U vous ,, plaît , cet honneur que de les en croire , vous as ,, Jurer, Monsieur , qu’entre celles que vôtre bienveillan- „ ce a par le passé jamais obligées, 8? qu’elle obligera ja- „ mais à l’avenir , iln’y en a pas une à qui je ne me ,, fajse avec raison céder la gloire d’être vôtre bien hum - „ ble servante. Qui ne volt que ces mots font une „ équivoque notable, & qu’il n’y a personne qui ne „ les entendit des paroles dont on a toujours parlé ,, auparavant ? Et néanmoins ils ne s’entendent de ,, rien moins que cela , mais des personnes ; c’est „ pourquoi il faut dire, qu’entre les personnes. Les „ équivoques se font aussi, quand un mot qui est en- ,, tre deux autres, se peut raporterà tous les deux, „ comme en cette période d’un célèbre Auteur : Mais ,, comme je passerai par defius ce qui ne sert de rien , „ auffì veux-je bien particulièrement traiter ce qui nie ,, semblera nécessaire. Le bien se raporte à particulié- ,, renient , & non pas à veux-je c’est pourquoi, pour „ écrire nettement , il faloit mettre , aujjì veux-je ,, traiter bien particulièrement, ffic. & non pas , aujjì „ veux-je bien particulièrement traiter. Les équivo- ,, ques sc font encore quand on met quelques mots „ entre ceux qui ont du raport ensemble, & que ,, néanmoins les derniers sc peuvent raporter à ceux „ qui sont entre deux ; l’exemple le va faire enten- ,, dre , comme fi l’on dit : L’Orateur arrrive à sa ,, fin , qui eft de perjuader , d’une façon toute particu- „ iiére. L’intention de celui qui parle ainsi , est, ,, que ces mots , d’une façon toute particulière , se ,, raportent à ceux-ci , arrive à sa fin-, & comme ils „ font placez, il semble qu’ilsse raportent k persua- ,, der ; il faudroit donc dire, L’Orateur arrive d’u- „ ne façon toute particulière, à sa fin, qui efi de persua- ,, der. Autre exemple : Ne pouvant aler à Saint Ger- „ main sitôt que je défirois , pour une afaire qui m’tfi „ survenue. On ne sqait s’il veut dire qu’il lui étoit ,, survenu une afaire pour laquelle il déilroit aler à ,, Saint Germain, ou bien qu’il ne pouvoir aler à ,, Saint Germain , à cause d’une afaire qui lui est sur- ,, venue.- Si au lieu de pour une afaire il eût mis ,, à cause d’une afaire , il eût levé l’équivoque ’’. Je crois qu’il sufit pour l’instruction des Lecteurs, que j’aie ici transcrit cet endroit de la Remarque de Mr. de Vaugelas : cependant je conseille le Lecteur de ìa lire toute entière, & de l’étudier ; car on tombe souvent dans l’équivoque, quand on n’a pas un très-grand soin de l’éviter. * EQUIVOQUE. L Dubtum , error. ] Méprise : er- ERE reur. (II est tombé dans une plaisante équivo- que.) EQUIVOQUE , adj. [sEquivocw, ambìguus, dubius .] Qui renferme une équivoque. (Mot équivoque. Paf , /. 18 - Signes équivoques. Génération équivoque.) t EQUIVOQUE', équivoquée , adj. [ Ambiguus Q Ce mot se dit en parlant de la Poésie Françoise, qui se faisoit du tems de Clément Marot ; c'est-à-dire, qui contient un double sens. (Vers équivoque.) J EQUIVOQUEE, v. n. [Ludere m amhiguo .] Plaisanter en faisant des équivoques. (Les beaux esprits du petit peuple font gloire d’équivoquer à tout propos.) f * S’E'QUIVOQUER, v. r. [Aberrare, ballucina- ri. j Se tromper. ( II s’équívoque souvent. Je ms fuis un peu équivoque. ERABLE , f m. [Acer.] II y a de plusieurs espèces d’érable. L’un qu’on apelle érable commun, ou érable de plaine, & Vautre, érable de montagne. L’érable commun a le bois blanc & plein de veines ; i’c- rable de montagne est un grand arbre qui a le bois fort dur, & qui fleurit jaune. f ERABLE. Les feuilles & les fruits de cet arbre sont astringens. En Canada il en fort une liqueur douce au goût , laquelle étant évaporée il en reste un sucre gris, qui a le goût du sucre ordinaire. Quelques-uns l’apellent manne d’Erable, mais c’est plutôt un sucre. f ERAFLER, o. a. [Perfiríngere .] Terme du peuple , pour dire, diviser, ou déchirer la peau avec quelque chose d’aigu. (Les grises d’un chat, les épingles eraflent la peau.) * ERAFLURE , f f. [Cutis perfiriélee dolor , vulnuí.j Déchirure , ou petite plaie qui se fait sur la peau par quelque chose de pointu, mais qui ne pénétre point. Les grises d’un chat, les épingles font des éraflures» fur les mains & furie visage. On dit d’une épée qui n’a pas pénétré, qu’elle a fait une eraflure , & non pas une plaie.) t$ ERAGE. Vieux mot qui signifie race. Rabelais ; Et dit on , qu’un Bourbonnais encore dans Virage, ERAILLE', adj. [ Divaricatus. ] Ce mot se dit des yeux. (Un œil éraillé. II a l'aìl éraiUé , c’est-à- dire , que c’est un œil qui n’est pas retenu tout-à-fait des paupières, & dont les coins élargis font un vilain éfet.) ERAILLER , ». a. [Difiendere.[ Tirer avec éfort une toile, ou une étofe, en telle forte que les fils s’en séparent & se relâchent. (La gale est sujette à s’érailler.) ERAILLURE, f f [ Difienfio. 3 Endroit d’une étofe qui a été éraillée , ou qui a soufert quelque violence , laquelle a séparé son tissu en long ou en large. ERAIN , f m. Q&.3 Sorte de cuivre. (Bon étain.) ERATER, v. a. [ Lienem adimere , excitare, ex- porrigere.j} C’est ôter la rate ou éveiller quelqu’un qui est niais & stupide, mélancolique, le rendre gai & alerte. Cet enfant est bien ératé. J’ai oui dire à quelques-uns, dératé. í ERAWAY , f- m. C’est une espèce de petit Ricìnus de l’Amérique, dont la semence est menue. Elle est fort purgative , & propre pour l’hydropisie Sc pour l’apoplexie. ERE , f f [Aira.j] Terme de Chronologie. C’est ce qu’on apeîioit autrefois Epoque. Maniéré de compter les années, introduite par les Espagnols , dontl’E- re eft plus ancienne de trente-huit ans que l’Ere Chrétienne. L’Ere des Mahométans s’apelle Egire ou fuite de Mahomet. ff ERE. Terme à’Astronomie, Sc de Chronologie, qui a pour sinonimes , Epoque, Egire. Ce sont (selon Mr. Ozananv) certains momens de tems, fixez, déterminez & arrêtez , d’où les Astronomes commencent à compter les mouvemens célestes , en stipulant que l’aftre ocupoit, en ce moment de tems préfix, un certain point du Ciel, duquel ensuite on tire son mou, vement antécédemment, ou conséquemment, par le moïen des Tables Astronomiques, qui sopofent toujours un certain tems , comme un principe , & un chef d’où commence la soputation à l’égard d’un ERi d’un certain lieu ■ de la terre. Ces Epoques ont été apellées Ere , à cause peut-être que l’on marquoit les Tables de compte avec de petits clouds d’érain ; elles font auílì apellées Racines , parce que comme les plantes croissent fur leurs racines, ainsi la fuite des tems croît fur ces Epoques ; & quant au mot Epoque, il est dérivé du Grec ítrs^eo, qui signifie retenir , arrêter , & borner, parce qu’elles fixent & arrêtent nôtre imagination , & font comme autant de gîtes &. de stations, d’où l’on commence à compter les années. Voïez Epoque, ERECTEUR , f- tn. [Ereflors] Terme à’Anatomie. Muscles de la verge qui fervent à son érection, Si qui prennent leur origine de l’ifchion. (Le clitoris dans les Femmes a aussi deux muscles érecteurs.) ERECTION , f fi Terme de Médecine. II vient du Latin erefíio. Prononcez en Franqois éreccion. Ce mot fe dit en parlant des parties naturelles del’hom- me. (L’érection de la verge. Le manque d’érection est une efpéce d’impuissance.) ERECTION. [Injiifutiofi J C’est lors-que pour des raisons particulières, le Roi afecte un titre glorieux à une terre, ou à une personne de grand mérite. (Cette érection d’un nouveau Comte diminuera de beaucoup la charge de Sénéchal. Patru , plaid. 7. Erection d’un Évêché.) EREINER, ERENER , v. a. [Renés frangere, de- lumbare , opprimere, atterere , obterere. ] C’est rompre les reins ; ou gâter une plume en l’apuïant trop fur le papier. On le dit dans le sens figuré, quand on est accablé d’un trop grand poids, pour lors on Récrit avec deux r. f EREMITÍQUE , adj. Vie éremitique fe dit de îa vie que mennent les solitaires dans le defert, par oposition à la vie cenobitique, qui est celle des Religieux qui vivent en commun. ERE 8IPETE, érifipéle , f. f. [Erefitpelm,~\ L’ufa- ge est pour éréjìpéle. C’est une tumeur contre nature, ocupant ia surface des parties avec chaleur, avec rougeur & douleur causée par une humeur bilieuse naturelle. Deg. ERGO- Terme de Logique, tiré du Latin , qui fait la conclusion d’un argument, & qui souvent est pris pour i’argument, même. (C’est un vrai pédant, & qui fans cesse nous importune par ses ergo.) ERGO glu. Expression dont on fe sert lors qu’un raisonnement ne conclut rien. La dernjére partie d’un argument commence par ergo ; on y a ajouté glu , ou gluc, qui ne veut rien dire. ERGOT , f m. [Unguis pojiicus, calcar.) Ce mot se dit des coqs, des poules, des chapons, des alouettes, & de quelques autres oiseaux. C’est un petit morceau de corne en forme de crochet qui est derrière îe pié du coq, ou de l’oiseau. (Un gros ergot. L’er- »ot de l’alouette est grands II fe dit auílì des chevaux. Voïez Mr. Ménage dans J es Origines. ERGOTE', ergotée, adj. [Unguibm talarìis, cal- caribus infiruAm.) Qui a des ergots. (Un Coq bien ergoté.) On dit d’une personne , f * Elle monte fur ses ergots. [ ïnfolentius fe effl-rt;] pour dire, elle est en colère, elle menace & parle fièrement. f ERGOTER, v. n. [Argutari , vìtilitigare.) Terme de Colége. Disputer fur des matières de Philosophie. Ce mot vient du mot Latin ergo, qui signifie donc, & par lequel on conclut ordinairement les argumens. f ERGOTEUR , f. m. [ Ineptm, difeeptator.) Terme bas & de mépris, pour dire , celui qui ergote. (Les Hibernois font des ergoteurs.) ERICHTON, f m. [Ericbtonius C’est îa douzième constellation des 21. septentrionales, qu’on apel- le autrement le Chartier. ERIDAN, f tn. [ Eridcmus .] Nom que les Astronomes donnent à la troisième constellation des quinze méridionales. Les Poètes ont donné ce même nom au fleuve du Pô. ERIGER, v. a. [Erigere, eveherefi)^ Elever, afe- cter quelque titre à quelque terre. (Eriger une terre en Duché : ériger une statue à un héros ; c’est au Pape à ériger les Evêchez ; mais il lui faut pour cela le consentement du Roi : !e Pape ne peut ériger une Eglise en Cathédrale ou Métropolitaine ERR 753 fans le consentement du Prince. Févret, traité de l’abus, l. a.) S’E'RIGER , v. r. [Se erigerefi) Ce mot fe dit des personnes, qui s’aplaudissant à elles-mêmes, prennent un certain air d’autorité , ou de gens de mérite, qui n’est pas fort modeste. (Quand des Cqfîars U des Ménages, S’érigent en grands personnages, On s'en rit. Boil. avis à Ménage.) í ERINACEA, f f Plante disposée en arbrisseau, qui est ordinairement sans feuilles. Ses fommi- tez, ses fleurs, ses gousses, fa racine, font astringentes, deíîìcatives, propres pour arrêter le cours de ventre & l’hémoragie. t ERINACEUS, f m. Fruit des Indes bon à manger quand il est confit. ERISSON, f tn. Ternie de Marine. Ancre à quatre bras dont on se sert dans les bâtimens de bas bord, & dans les galères. On l’apelle autrement, gra- pin de fer. Académie Françoise . ERITHROÏDE , s. f. [Erytbroìdes .] Terme à’Anatomie. La première des membranes propres qui enve- lopent les testicules ; elle est parsemée de fibres charnues du muscle cremaster, qui ia font paroître rougeâtre, d’où vient qusen lui a donné ce nom. ERMES, du Grec ìqptáio ;, lieu désert & fans culture. Terres ermes, ermetures, ermages ; on trouve ces mots dans les Coutumes. ERMINETE, f f. [ Incurva .] Outil de Ménui- fier, fait en forme de hache recourbée, ou d’aisete qui lui sert à aplanir & à unir le bois. ERMITE- Voïez Hermite. EROSION , f fi. [ErofioJ Terme de Médecin. II fe dit de Faction des corps & des humeurs acres on acides qui rongent & consument les chairs ou autres substances du corps. (L’arsenic & les autres poisons caustiques font des érosions aux intestins.) EROTIQUE) adj. [ Eroticm Q Qui porte à l’a- mour. Terme de Médecine. Déliré erotique. Une efpéce de mélancolie qu’un véritable amour qui va juf- qu’à l’excès fait contracter, & qui fe guérit à peu près comme les autres mélancolies. Acad. Franç. ÍS ERRAME- Efpéce d’amende coûtumiére, dont il est fait mention dans les Coutumes de Clermont, & de Valois. ERRANT ) errante , adj. Ce mot vient du Latin errant, & signifie qui va qà & là, qui court de tous cotez. (Vous étés toûjours errant & vagabond, exposé aux embûches de vos ennemis. Abl. Luc » t. 1. C’ef un Juif errant ; c’est-à-dire , que c’est un homme qui va fans cesse de côté & d’autre. Une étoile errante , c’est une . étoile qui n’est pas fixe, ou une planète. Les peuples errans, ce font des peuples qui n’ont point de demeure fixe. De nos défirs errans, rien n’arrête le cours, Ce qui plaît aujourd’hui, déplaît en peu de jours. Saint Evremont.) ERRATA, / m. [ Menda .] Terme à’Impritneur. Petit endroit à la fin du livre, où FAuteur corrige les fautes qui se font glissées, en imprimant, dans le corps du livre. (Faire l'errata d’un livre. ) t ERRE , f fi [Iter, via, gradus celer , vefligia.J Ce mot veut dire, route, chemin, hâte ; mais il est un peu vieux, & il ne sc dit guère qu’en cette phrase, qui semble consacrée) [aler grand’ere, grandire gradus,) pour dire, aler grand train. 0 " Ma rot, Temple de Cupido : Sa grand bonté me fil aller gtand’etre. Villon, balade : Pourveu s’il rencontre en son erre MadamoifeUe au nez tortu. En son erre , en son chemin, le mot est hors d’usage, ch ERRE , se dit en termes de Marine, du train, de l’allure d’un vaisseau, * ERREMENT ) fi m. Terme de Palais. C’est la dernière, procedure d’un procès, le dernier état' d’une afaire. 11 est plus en usage au pluriel, qu’au singulier.. (Reprendre ses derniers erremens d’un procès.) Tome L Cce ce 754 ERR ERRER- sDecipi, falli, errares Faillir, manquer, se tromper : être dans l’erreur. (11 est sujet à errer : il erre quelquefois.) ERRER , v. n. Ce mot vient du Latin errare, vagari. C’est aler qà & là. Courir de côté & d’autre. (Errer de Province en Province : errer dans les bois.) £§ La remarque de Mr. Chevreau fur ces vers de Malherbe, me paroît importante : Certes, Vautre soleil d’une erreur vagabonde Court inutilement par ses douze maisons. Encore que nous disions, les étoiles errantes , nous ne disons pourtant point, Verreur des étoiles. Erreur, est proprement en nôtre langue, une fausse opinion. II n’y a pas long-tems que l’on disoit, une opinion erronée. Et quoique Virgile ait achevé le premier livre de l’Eneide par ces vers : Immn âge, U à prima, dic, hofies, origine, nobis, Injìdias , inquit, Danaum , casusque tuorum, Erroresque tuos ; nam te jam J'eptima portât Omnibus errantem terris , fí? jìuflibus filas, Je n'en cannois point d’assez hardi qui voulût traduire, informez-nom de vos erreurs. Annibal Caro l’a fait pourtant dans fa version de l’Enéïde : Ami, Si non le grave , al fin te disse Incommencia a cantar fin da principie E l’incidie de Graci , la ruina E l’incendio Ai Troja , e’I corso intero De gli errori vofiri. Mais nôtre Langue n’a rien à démêler avec les Langues étrangères; & comme nous sommes plus retentis que ceux qui ont dit les erreurs d’Ulijse , je m’affûre qu’il n’y en a point qui voulut écrire à son ami qui ferait de retour d’un long voïage, Je viens d’apren- íire que vous êtes de retour de vos grandes 9s longues erreurs. Aussi ne puis-je assez m’étonner que Monsieur de Voiture, qui avait le goût admirable, ait écrit à Mademoiselle Paulet, en parlant de ses volages: Si après cela je fais quelques souhaits particuliers pour Síwì , c’est qu’à la fin de tant d’erreurs je puisse avoir phonneur de vous entretenir. Monsieur de Ségrais n’a pas suivi l’exemple du Poète Italien ; voici comment il a traduit Pendrait de Virgile , cité par Mr. Chevreau : Ou plutôt {lui dit-elle ) invincible héros, Dès la source prémiére entame ton propos f Raconte-moi des Grecs l’infigne perfidie, De la fin d’I/ion l’afreuse tragédie , Ta course vagabonde, (-f tant de maux divers. (* Sans errer en vain dans ces vagues propos. Defiireaux, fat. 4 , Tantôt un livre en main errant dans les prairies. J’ocupe ma raison d’utiles rêveries. Despr.) ERRES, f- /• [VefiigiaJ Terme de Chasse. Traces : vestiges. (Suivre les erres, c’est-à-dire, les traces du gibier.) ERRES , s s [ Arrha , Arrhahos Ce mot n’a point de singulier, lors-qu’il signifie l’argent qu’on donne pour arrêter un marché. II vient par corruption, du mot arres , & do Latin arrha. , (Donner de grosses erres ; les erres font données , le marché est conclu.) ERREUR , f /• [Error.J Sorte d’hérésie : méprise : vision : folie. (Etre dans l’erreur. C’est une erreur fort grande & fort considérable. Tomber dans Perreur. Abl. Je me riais de mes erreurs passées. Voit. Po’és Profitons de l’erreur. Mol. école des maris, a. p sc. 7 - Je sai de leurs avis corriger mes erreurs, Et je mets à profit leurs malignes fureurs. Despr. épie. 7. JJ endroit où 1e mena fa bizare avanture, Clair de ruisseaux & sombre de verdure, Saìfissoit les esprits d’une secrète horreur, La simple 1s ndive nature S’y saisoit voir 1s fi belle 1s fi pure, Que mille fois il bénit son erreur. Perr. grifelidis.) Erreur de fait : erreur de droit : être imbu d’une erreur : revenir d’une erreur.) ERREUR de calcul . Ternie à’Arithmétique. Erreur ES de compte. Faute commise dans une réputation (Les erreurs de calcul sont toujours réparables Sc ne se couvrent, ni par des arrêts,.ni par des transactions.) ($’ ERREUR de calcul. Nous 11’avons qu’une Loi dans tout le Droit Romain for l’erreur de calcul ; elle est inférée dans le Code Justinien, sens le titre de errore calculi. La bonne foi, une juste ignorance, un définit de volonté, font les fondemens de faction que l’on a pour obtenir la réparation d’une erreur qui ne peut jamais être couverte ni par les comptes foi, vans, ni par une continuation de commerce, ni enfin par la réception de la somme que l’on a fixée par erreur : la vérité doit toujours prévaloir, & rien ne peut l’étoufer, non pas même le tems , parce que la prescription étant la peine de la négligence, elle ne peut favoriser celui qui a ignoré fon droit, & qui par conséquent n’a pas négligé d’agir. On peut aîeguer en tout teins Perreur de calcul, dans l’apel, comme dans la prémiére instance : mais ii l’on a été débouté une fois par un jugement définitf, de fa demande , on ne peut plus l’aleguer sor le prétexte de quelques nouvelles preuves que l’on a recouvrées : la Loi Pa ainsi décidé. Mais il me paroît que Pautori- té & le respect des choses jugées, ne doivent point Peniporter fur la vérité , ni rendre blanc ce qui est noir. Quant aux transactions passées for Perreur de calcul, elles produisent une fin de non recevoir, certaine. Au reste , Perreur doit être certaine & bien vérifiée par les livres des Parties , qu’eiles sont obligées de représenter, si ce n’est lors qu’il y a eu un arrêté de compte ; car en ce cas , il faut que celui qui alégue Perreur, l’établisse par d’autres titres. Enfin, on peut, après avoir examiné les comptes respectifs, renoncer à toute révision de compte, erreur de calcul 1 s omission de parties , en déclarant que l’on entend que le présent arrêté de compte tienne lieu de compte final. ERRE!INES , f f. [Errhinas Terme de Pharmacie. Remèdes qu’on prend par le nez, pour purger les humiditez du cerveau, comme bétoine, tabac, elléboire, iris. Acad. Fr an t;. ERRONE', erronée, adj. [Erroneus, implicatw, imbutus errore. j Faux, qui tient de Phéresie: qui tient de Perreur. (Opinion erronée ; celui qui juge , qui opine sor un fondement erroné, ne juge, ni n’opine. Patru, pìaidoyé ip) ERRONE'MENT , adv. [Erronée.] D’une maniéré erronée. (Sur des faits erronez, les Souverains Pontifes ont erronément prononcé. Pairu,plaid. 1;.) ERS , f m - Sorte de légume , dont le grain est rond. On l’apelle en Latin ervum. $ 11 y a deux espèces de cette plante. Les semences de l’une & de l’autre contiennent beaucoup d’huiie, peu de sel essentiel. Elles sont apéritives, & adoucissantes; elles purifient le sang, elles augmentent le lait aux nourices. H ERSES, ou Etropes d’afuts. Terme de Mari - ne. Ce sont des Erses avec des cosses, qui sont passées au bout du derrière du fond de l’afut du canon, où l’on croque les palans. $ ERSE de poulie. C’est une corde qui entoure le moufle de la poulie, & qui sert à Pamarrer. í ERUÇAGO- Plante qui croît en Languedoc. Elle est incisive, atenuante, propre pour raréfier la pituite du cerveau & pour faire éternuer. ERUDITION, / f sEruditios Prononcez en Franqois erudìcion. Savoir : Doctrine: Sience. (11 y a dans ce traité une profonde érudition. C’est un homme d’une grande érudition. II est i’.îustre par son érudition.) ERYNGIUM, f m. [Erynge.J Plante qu’on apelle autrement, panicaud & chardon roland. Acad, prune. ERYSIMUM, f m. [Eryfimum ] Plante qui croît près des jardins & des villes, parmi les vieilles masures, & qui sert à la jaunisse & aux statiques. On l’apelle autrement iris, ousynapisylvestre. Acad. Fr. ES. Préposition, qui lìgnifi edans, en, aux s mais elle ne se dit plus sérieusement qu’en cette faqon de parler maître és arts ; & cette façon de parler ost de I’Université de Paris , & d’autres Uníveríitez. (II se prépare pour être maître és arts. II est reqû maître és ESC ts arts, &c. Cette prépositions se dit encore quelquefois çarmi les Notaires. II est obligé par un acte passé és études des Notaires. Mais cette préposition /í est en usage, lors-qu’on écrit & qu’on parle en riant, & cela dans les ouvrages comiques, ou galans, & imitant le stile des Notaires. Fait ainfi que dejfus és études d’Eriee, Présent à cet écrit Alcandre Af Berenice, Environ le midi , jujîement dans le jour, Qu’on commence à compter les calendes d’amour. Recueil de pièces galantes, tom. 2. pag. 148-) ESBIES- Voïez Daraises ; c’est la même chose. t ESCABEAU , f. m. ['ScabeUum J Siège de bois assez haut élevé fur quatre pies. On ne se sert plus guére ni d’escabelle ni d’escabeau , qui ne sont présentement que des meubles de pauvres Provinciaux, ou de Cabaretiers. f ESCABELLE , f f. [ScabeUum.'] Escabeau. (Ma chambre est petite, à peine sufit-elle pour un lit, une table avec une escabelle. Desmarais, visionnaire, a. 4 - fi- 4 -) ESCABELON , s m. [Scamillm.] Terme d ’Ar- cbitefîure. Piédestal fur lequel on met des bustes, dans les cabinets ou dans les galeries ; il est haut de trois piés, & va en diminuant parle bas; il est ordinairement de marbre ou de bois marbré. ESCACHE, //. [ Nuci frangìbulum. ] Terme d ’Eperonnier. Sorte d’embouchure. (Une escadre à bavette : une escadre à bouton : une escadre à cou d’oie.) ESCADRE, f f. [Pars ciasfìs, minor classés.] Terme de Mer. Ce font plusieurs navires ensemble, bien munis, en bon équipage & en état de combattre, si l’ocafion se présentoir. (Une escadre de navires. II est chef d’escadre.) ESCADRON, f m. [Agmen equestre , turma equeflris.] Ce mot se dit proprement de la Cavalerie. C’est un gros de Cavaliers en état de combatte. (Rompre, défaire un escadron.) f Un escadron fourré de pédans. Défi. fit. 8- Escadron de plaideurs. Défi. lutrin, chant. 1. Escadron coëfé. Mr. Perrault, dans son Poème de la Chasse, apel- 1e une bande de canards, un escadron peureux : Et le coup qtla fleur d’eau l’on tire, Difierse /'escadron peureux. En parlant de l’Election des Papes, on dit que l’es- cadron volant a le plus de pouvoir. C’est un nombre de Cardinaux qui ne suivent le parti d’aucun Prince.) ESCADRONNER , v. «. [Procedere turmatìm, in agmen equejìre convenire.] Se ranger en escadron : s’acorder : être d’intelligence. f ESCAFE , f f- [Pedis ìHm, impulsas .] Terme de Colége de Paris. Coup de píé au cu : coup de pié qu’on donne au balon. (II lui a donné une bonne cscafe.) t ESCAFE R, v. a. [Pede icere, ferire.] Terme de Colége de Paris. Donner des coups de pié au cu. (Escafer un petit écolier. II a été bien escafé. Les grands écoliers elcafent les petits.) ESCAFER. [Pede propelkre.] Terme de Colége de Péris. Donner des coups de pié au balon. (Escafer le balon.) ESCAFIGNON, f- rn. Puanteur qui vient du pié de certaines gens, lors-qu’iís ont trop marché l’été. ESCALADE , f f- [Admotio, applicatia scalarum ad muros.] C’est faction de monter avec des échelles doubles furies murailles d’une ville, pour entrer dans la ville à main armée. f Les escalades font plus rares aujourd’hui qu’el- les ne l’étoient anciennement. On peut voir dans îe Polybe de Mr. de Folard , de quelle maniéré les Anciens disposoient leurs troupes pour les escalades des places. Les Romains apeiloient cette forte d’ataque, corona capere. Tom. II. p. 144. 14;. de Y Edit. d’AmJi. ESCALADER , v. a. [Admovere , appìicare salas.] Monter à fefcalade. (Escalader une muraille. Abl. Escalader les monts. Desmarais, visionnaires , a. 3 ,fr. 5. Escalader les cieux. Scar.) t ESCALE , f f- Terme de Marine. Paire escale dans un port, e’est y mouiller, soit pour éviter la ESC 755 tempête , ou les ennemis ; soit qu’on y veuille prendre langue. ESCALIER , f m. [Scala gradm.] Montée. (Un escalier fort clair. 11 faut, pour être beaux , que les escaliers soient bien éclairez. Vitruve, abrégé , 1. p. ch, 3. II y a de diverses sortes d’escaliers : escalier à vis : escalier dérobé : la rampe d’un escalier. Le petit escalier qui conduit au jardin, Contre toute surprise osre un secours soudain. Bours. Esope.) ESCALIN , s m. [Schelinus.] C’est une petite mo- noie d’argent, qui a d’un côté un lion, & de l’autre, les armes du Prince qui l’a fait fabriquer. L’escalin est une monoïe de la Duché de Luxembourg , il a cours en Lorraine, & il y vaut dix gros & demi, ou sept sous & demi, monoïe de France. 11 a aussi eu cours en Champagne, mais à présent il est décrié. ESCAMOTE, f m. [Subereus globulus.] Terme- de Joueur de gobelets. Petite baie de liège qu’on prend subtilement entre les doigts. ESCAMOTER , v. a. [Subereis globulis ludere.] Terme de Joueur de gobelets. Prendre subtilement entre ses doigts une petite baie de liège, pour en faire quelque tour. T ESCAMOTER. [Furari, fubducere, clepere.] Prendre : voler adroitement. (On m’a escamoté un livre.) ESCAMOTEUR , T m. [Fur, occultas prœdo, grajfator.] Filou, qui dérobe adroitement, qui trompe subtilement au jeu. ESCAMPER, v. n. [Fugâ proripere , aufugere, fubducere fi,] Ce mot est vieux. II signifiait, écha- per & s’enfuir vîte & habilement. On dit aussi d’une maniéré très-populaíre. Ce banqueroutier a fait efi campativo : ce voleur a pris la poudre d’efiampativo. ESCAPADE, fi f- C’est lors-que le cheval s’est transporté malgré l’Ecuïer. (Cheval qui a fait une escapade.) * ESCAPADE, f f. Ce mot, au figuré, signifie une éehapée, une action d’emportement & de libertinage. (Ce jeune homme a déja fait deux ou trois escapades.) ESCAPE , f f. [Scapus.] Terme d’ ArchiteHure. Partie de la colonne qui pose sur la bâse, & qui fait le commencement du fût. t ESCARABILLAT , f m. [Festìvm, hilaris.] Ce mot est bas & tout-à-fait du peuple, & il signifie éveillé, gai, enjoué. ESCARBIT , f Terme de Marine. Petit instrument de bois creusé, pour tenir de l’étoupe mouillée , & tremper les ferremens du calfat, quand il travaille. ESCARBOT, f m. [Scarabœus.] Sorte d’infecte qui a deux ailes fort fragiles, qui n’a point d’éguillon, & qui vit de fiente de cheval. £ L’escarbot est résolutif & astringent. Son huile raffermit l’anus quand il est relâché. ESCARBOUCLE ,/■ f. [Carbmculm.] Sorte de pierre précieuse qui brille plus, & qui étincelle plus que le rubis. * ESCARBOUCLE, f f. [Carbmculm tejserarim, distinfím radiis.] Terme de Blason. II se dit des écus chargez d’une piéce divisée en huit rais, dont quatre font une croix ordinaire, & quatre k forment en sautoir. ESCARCELLE, s s- [Crumena scortea.] Bourse. (Fouiller dans son escarcelle. La Font. sabler, L 4.) ESCARGOT, s m- [Cochlea.] Sorte de limaqon qui est bon à manger l’hiver, & qui est couvert d’une couverture blanche durant ce tems-là. Les Provenqaux font un ragoût très-mauVais qu’ils apellent aïoli, avec Bail, l’huiíe, & les escargots, ESCARMOUCHE, s- s [Vefítatìo, procursatio, leve prœlium.] Terme d e Guerre, Combat de quelques soldats de divers partis, (Une rude escarmouche, * Escarmouche amoureuse. Scaron.) ESCARMOUCHER , v. n. [Velitán, pncurfire.] Terme de Guerre, Faire quelque escarmouche, (lis escarmouchérent quelque tems avec avantage égal. Abl. Arr.) ESCARMOUCHEUR, f m. [Foles, procursator.] Soldat qui escarmouche, (On a tué deux ou trois de nos efcannoucheurs.) Tonte L C c c c c * ESCAR- 756 ESC ESCARPE,//- [Lorica interior , aggcr intimus .] Terme de Fortification. C’est la pente du fosse, qui est au pié du rempart. Voïez Contrescarpe. ESCARPE', escarpée, adj. [Praruptm, abruptmfi 11 signifie, qui a une pente fort droite, & où il esttrès- dificile , ou presque impossible de monter. ( Un roc escarpé : une montagne escarpée : une falaise escarpée.) Voïez Escorc. ESCARPEMENT , s m. [ Clivtts, declivitas , cre- pido.~] Terme de Fortification. C’est-à-dire, la pente. (Faire ('escarpement d’un fossé.) ESCARPER, v. a. [ Rupem , Çfic. decìivemftcere.J Ce mot se dit des rochers , & autres hauteurs. C’est ocu- per & abatre les endroits par où l’on peut monter, & les rendre si roides qu’on n’y puisse grimper. (Escarper une roche.) ESCARPIN if tn. [Socculm, calceolus fimplarius!} Soulié découpé. ESCARPIN , signifie aussi , une espèce de torture, de gêne pour serrer les piez. (Donner les escarpins à quelcun.) ESCARPOULETTE,// íOfillatio.-] Jeu ou exercice, par lequel on se brandille, etant assis fur un bâton îòûtenu des deux bouts par une corde pendue à quelque lieu haut. (L’escarpoulette est un jeu d’enfans', d’écoliers & de laquais.) Voïez Brandilloire. ESCARRE,/ f- [Cruffa ulceris, vulneris .J Terme de Chirurgien. Croûte qui se forme sur une plaie, particulièrement quand on a apliqué le bouton de feu , ou un cautère. Faire tomber l’escarre. $ ESCA YE , ou Ange , Esquaque , Esquadre ,/ m. ISquatina.li Grand poisson de mer plat. Sa chair est propre pour les maladies de consomption. Ses œufs arrêtent le cours de ventre. ch ESCHARA- Plante qui pousse une substance pierreuse & grossière , aïant la forme d’une laitue crêpée. Elle est astringente. $ ESCIENT , / nt. j) Vident £5? Scient. ] Faire quelque chose à bon escient, c’est le faire siemment & sachant bien ce qu’on fait. 11 est vieux. f A bon escient. [ Exanìmo, seriò.'] Faqon de parler adverbiale. Tout de bon, sans feinte. (Je lui ai parlé à bon escient.) 11 est vieux. f ESCLANDRE, / m. {ficandalum,suggillatioj Malheur, accident qui fait de l’éclat, & qui est acom- pagné de quelque honte. ( Cette afaire a causé un grand esclandre dans cette ville.) ESCLAVAGE,/ m. [Servitus.j} Ce mot se dit, mais en fa place on dit ordinairement servitude. (Un triste esclavage. Quoi, ceder à ? amour, quoi, manquer de courage, Quitter ma liberté pour un rude esclavage. La Suze. filon cœur devroit sortir d’un fi rude esclavage, filais ce faible captif n’en a pas le courage. La Suze, Poës.) ESCLAVE , / m. &/. [Servw.l Ce mot est masculin lors qu’on parle de l’homme, & féminin lors qu’on parle de la femme. C’est la personne qui a perdu ou engagé sa liberté, & qui n’en sauroit disposer. (Un fidèle esclave , un bon esclave , une belle esclave , une jolie esclave, une esclave bien faite. Les païsans & les païsannes en Pologne font naturellement esclaves de leurs Gentilshommes, & ces esclaves font malheureux lors qu’ils dépendent de Gentilshommes brutaux; mais ils ne font pas si à plaindre, quand ils ont afaire à d’honnêtes Seigneurs.) ESCLAVE. II est quelquefois figuré , & dans ce sens , Ablancourt, Apophtegmes des Anciens, p. ,-07. a écrit qu’un Grand n’est pas esclave de fa parole; c’est-à-dire, n’est pas servilement ataohé à sa parole ; mais qu’il peut quelquefois être un peu Normand. Gembaud , épigrammes, l. êpìgr. 29. dit, (Sachez quefi je fuis esclave, Je le fuis de ma liberté. Vil esclave toujours fous le joug du péché, Au démon qu!il redoute , il demeure atacbé Despr.) íjjs ESCLICHER. Ce terme , dans les Coútu- mes de Tournai & de Lille, signifie démembrer un fief, en retrancher unepartie. Ce que quelques Coutumes apelknt éclipser. ESC t ESCOGR 1 FE, / m. [Aïntscator. J Maniéré d’homme escroc, qui ne cherche qu’à atraper quel. que chose. (Un grand escogrife.) ESCOMPTE-. [ Remijfio pecuniœ. J Terme de fiíarchund. Rabais que l’on fait fur quelque somme de tant pour cent. (Paire ('escompte. Réglé d’eC. compte. ) ESCOMPTER , v. a. [Remittere pecuniam pro anticipât à solutione .] C’est diminuer & rabattre fur une somme ce qu’il en faut rabatte. (Escompter l’interêt.) ESCOPERCHE , / fi Terme de Mécanique. Machine qui sert à élever des fardeaux , & qui fait partie d’un engin. ESCOPETTE ,/ / [Sclopeta , catapulta aduncaj Sorte /arquebuse, dont la Cavalerie Françoise fe fer- voit du régne de Henri IV. & de Louis XÌU. & qui, à ce qu’on dit , portoit cinq cens pas. Gctía, traité des armes, l. 4. chap. dernier , dit que l’eficopetteé toit longue de trois piés & demi, & que c’étoit une maniéré de Carabine que les Carabins portoient à l’ar- qon de la selle. L’escopette est hors d’usage , & à peine est-elle connue aujourd’hui. On dit populairement d’une barbe relevée & recourbée , que c’est une barbe à l’escopette. s Recur- va bar ha.) Farce qu’on prétend que l’escopette étoit relevée par le bout. ESCOPETERIE ,/ f. [’Sclopetarum fragor , pìausus.J Décharge de plusieurs coups d’escopette, de carabine, de mousquet, tout à la fois. ESCORE ,/ / [ Saxum , cos , rupes abrupta. J Terme de Mer. Côte ou rocher escarpé sur le bord de la mer ou d’une rivière. ESCORTE , / / [Prœfidium , prœfidiariorum manus, cohors.] Terme de Guerre. Troupe de gens armez qui acompagnent quelque personne, ou quelque chose , pour sa sûreté & pour la défendre. (Une bonne escorte : une legére escorte. Envoïer un convoi avec une escorte sufisante. Une escorte de vaisseaux de guerre.) ESCORTE. C Comitatus. ] Suite d’une personne de qualité ou une troupe de courtisans, d’amis, & d’au- tres personnes qui acompagnent. (Bien-tót ïambition 9? toute son escorte, JDans le sein du repos vient le prendre à main forte. Despr. fat. 4.) ESCORTER , v. a. [ Cufiodire, comitari .J Faire escorte. (Escorter un prisonnier ; escorter un convoi,) f ESCOT,/ m. C’est sangle le plus bas de la voile Latine, qui est triangulaire. ESCOûADE , f.s. [ Manípulus. globus, cohors, manus.~\ Terme de Guerre. Le tiers d’une compagnie de gens de pié. ( Une bonne escotìade. ) ESCÔùE'NE , ou Ej'cuéne, f f. Terme de Table- tier , Serrurier, &ç. Outil qui sert â râper uniment le bois ou l’ivoire. C’est une espèce de râpe. Acad. Françoise. {$ ESCOùENE- Sorte de lime dont on se sert pour limer les flaons & les mettre dans leur juste poids. Cette lime est faite en manière de râpe, avec des canelures par angles entrans & serrans. $ ESCOùENER. C’est sc servir de sescouene pour dégrossir & râper quelque ouvrage. Les faiseurs de peignes disent, escoùener un copeau de bouis , pour dire , donner la première faqon à ces petits morceaux de bouis , qu’ils ont debitez pour faire des peignes. ESCOùENETTE,// Petite eseoûene. La di- férence de ces deux instrumens consiste dans les dents, ou canelures , qui font rapo-rtées à sescouene , & taillées dans l’acier même de l’escoùenette. Les peigniers se servent de celle-ci pour dégrossir leur copeau , & en faire, comme ils disent, un peigne en faqon. Les mêmes ouvriers qui se servent aussi de sescoïienetce. ESCOUFLE , s /. [ 'Milvus. ] Oiseau de proie , qu’on apelle autrement Milan. Acad. Fr. ESCOUP - / m. Terme de Marine. BoisdW médiocre grosseur, dont on sc sert à jetter seau de la mer , le long du vaisseau pour le laver. Acad. Fr. ESCOURGEON,/ m. [Habca/ìrum.] On pra- nonce s/; espèce d’orge qu’on fait manger en verd aux chevaux. fS E8COURRE- II est dit dans l’article 407. de la Coùtume de Brétagne : Puisque les bêtes font pri - ESP frises pour être mises en parc , qui les escmrroìt , le Ae- vroit amander selon la qualité des personnes à? du méfait. EJcourre , c’est enlever , reprendre par force ; d’où nous avons fait recouffe. ESCOUSSE , ss f Impetus, animus .] Action de celui qui voulant sauter, s’éloigne un peu du lieu, ou de la chose qu’il veut franchir, & qui courant depuis cette distance qu il a prise jusques au lieu, ou à la chose par-deffus laquelle il veut sauter, s’éìance avec éfort pour bien sauter. (Prendre son escousse. Ì ESCOUSSER, v. a. Ternie de FilaJJkr. C’est nettoïer la filasse avec l’efcoussoir, pour en faire tomber la chénevote qui est restée fur le chanvre , après qu’il a été concassé dans la Brie. H ESCOUSSOIR , f. m. Instrument pour escousser. II est de fer, en forme de couperetj avec un manche de bois. Le côté tranchant est fort émouffé, pour ne pas couper la filasse. f * ESCRIME, f f. [Gladiatura rudiaria, um~ bratilis.) Ce mot est vieux, & ne se dit pas seul, & même il est souvent empleïé dans le burlesque. (Vous leur avez fait voir un tour d’escrime, qui dans le cœur leur donne un coup d’estoc. Voit, Poe ],') (f * Dans les combats d’esprit, fameux maître d’escrime. Dejpr. satire r. Elle a obtenu le prix en l’escri- me d’atnour. Regn. fat. i;.) S’ESCRIMER > v. r. [Rudibm certare , ludere .] Ce mot, dans le propre, est vieux, & en fa place on dit, faire des armes. f * S’ESCRIMER. Combattre. (Laissons-les entre eux s’eserimer en repos. Dejpr. Po'e't. c. ;.) t * S’ESCRIMER. Mot burlesque, pour dire, se mêler un peu d’une chose, en savoir faire tellement quellement. (Pour moi, tel que vous me votez, je m’en escrime un peu. Molière, précieuses.) f ESCRIMEUR , f m. [ Lanijìa , gladiator rudia- rias.) Ce mot est vieux. On dit, Maître (Parmes,. (Saint Michel est le Patron des Escrimeurs.) ESCROC , excroc, f. m. [Subduilor, raptor frau- dulentm .] Le peuple dit excroc , & les honnêtes gens escroc. C’est une personne qui atrape finement une chose à quelcun, qui trompe avec adresse une personne, & en tire quelque chose. (A femme avare galant escroc. La Font. nouv. t. z. Les Courtisans sont de francs escrocs. Scar. Po’éfes.) ESCROQUER, excroquer , ». a. [Subducere, surrû pere, per fraudem eripere, clam auferre.J Le peuple est pour excroquer, & la Cour pour escroquer , & ainíì il n’y a point à balancer : il faut dire escroquer. C’est atraper d’une maniéré fine & peu honnête quelque chose à une personne, qui le plus souvent est bonne & généreuse, & juge de l’honnêteté des autres par la sienne. (Brusques fameux boisson escroqua subtilement une chaîne d’or que le Roi avoit donnée à un boufon de l’Ëmpereur. Voïez Perroniana , p. Le fils de Franqois Herrard de Vitri a escroqué dix louis d’or à Mr. Richelet, & ce faquin, au lieu de cacher la conduite de son fils, en rendant ce qu’il avoit lâchement escroqué, a l’insoìence de l’aprouver, & de remercier par un sot billet Monsieur Richelet de sa générosité.) fs Mr. Costar, lett. 10. tom. r. a dit : Si j était de P humeur de ceux qui se contentent d’escroquer de L’hon- neur U de la réputation, ESCROQUERIE , s f. [ Mata artes. ] Filouterie, mauvais artifice, par lequel on atrape le bien d’autrui. (C’est une véritable escroquerie.) t ESCROQUEUR , eufe,subfi. [Qui, ou qua arufcat.) Celui ou celle qui escroque quelque chose. (Un eícro- queur de livres.) On ne le dit qu’avec un regime. ESCUAGE, f m. Voïez ECUAGE. ESCUBIERS, f m. Voïez ECUBIERS. ESPACE , f m. [ Spatium .] Etendue. (Un long espace: un petit espace. Espaces imaginaires.) ESPACE. [ Intervallum , interflitium.'J Ce mot, en termes de Guerre, signifie les in’tervales réglez, qui doivent être entre les rangs & les files des soldats rangez en bataille. (Les Sergens ont le soin de faire observer & garder les espaces.) ESPACE. [Spatium, intercapedo .) 11 se dit de la durée du tems. (Durant cet espace de tems il a fait une telle chose. L’espace d’un siécle.) ESPACE, f f. Terme d'Imprimerie; Espèce de réglette qui sert à faire les êloignemens des lignes. ESP 757 (Donnez-moi une plus grande espace, celle que j’ai est trop petite.) ESPACE. 11 se dit aussi de sintervale qu’on laisse entre les lignes de i’écriture. ESPACEMENT, f m. [Interjìitium.) La distance qu’il y a entre des choses espacées. ^'espacement des colonnes. Les Chartreux nomment leurs promenades, espacement, ou ejfacimens.) ESPACER , ». a. [Spatìis dijìinguere, paribm nu. mem dimetìri.'] Mettre & placer d’espace cn espace. Ranger d’espace en espace. (Espacer des colonnes. Espacer des arbres. Colonnes espacées. Arbres espacez. II y en a qui prononcent & écrivent ejpacier.) ESPADON , f- m. [Machara prxvaiida.) Grande & large épée qu’on tient à deux mains. (Jouer de l’espadon.) í ESPAGNOLETTE > f.s. Espèce de Droguet tout de laine, quelquefois croisé, quelquefois fans croifure. ESPALE, f f [Primat remigum or do.3 Terme de Marine. Banc de rameurs le plus proche de la poupe dans les Galères. ESPACEMENT, f ftí. [Menfurarum collatio cum Arcbetypis.J Terme de Mesureur. Etalonnage qu’on fait des mesures en les conférant avec l’original & les matrices. Acad. Fr, ESPALIER , s m. [Arbores palata, arbusiata.J Terme de Jardinier. Arbres qui font a tachez à ia muraille en forme d’éventail ouvert (Dresser un espalier. Planter un espalier. Mettre en espalier. Avoir une maison commode , propre U belle, Un jardin tapissé ssespaliers odorans, Jìes fruits, d’excitent vin , peu de train, peu d’enfans, Pojfiderfui ,fms bruit, une femme fdéle. Poète anonyme.) ESPALIERS,/! m. [Tbalamim , thalamita .] Terme de Marine. Ce font les rameurs qui sont à î’esi- pale. (Les espaliers ont plus de peine que les autres rameurs. ) ESPALMER, ». a. [Ihinere bitumine., sebo.J Terme de Marine. C’est caréner un vaisseau , enduire de suif le dessous d’un vaisseau. (Donner le radoub à un vaisseau. Défriches.) f§ ESPALMER. & caréner , lignifient, parmi les Marins , donner le suif depuis la quille jusques à la première ligne de Peau , pour faire voguer le bâtiment avec plus de facilité : mais le mot ejpalmer fe dit plus souvent des galères , que des vaisseaux. ESPATULE, spatule, s.s. [Spathula , ri dieu la.'] L’usage est pour e/patu/e. Instrument de Chirurgien, & d’ Apoticaìre , large par un bout , dont on se sert pour étendre les emplâtres fur Je linge, ia charpie & autre chose. Les Ápoticaires se servent d’une espa- tule de bois pour remuer les sirops, les onguents & les autres drogues qu'ils préparent. ch ESPATULE. [Xyris.J C’est une plante qui a un. goût âcre comme d’Irís. Elle croît aux lieux humides. Sa racine & fa semence sont purgatives , propre pour les rhumatismes. f$ ESPAVITE'- C’est, dans la Coutume de Vitri, art. 72. la même chose que épave , ou aubaine. ESPE'CE ì f f C species . ] Idée commune qui est fous une plus universelle. ( Le corps & Pesprifc sont les espèces de la substance. Les Philosophes disent que l’espéce se dit de plusieurs choses de même nature. L’homme est une espèce à l’égatd de Pierre & de Paul. Songer à la propagation de í’espéce.) ESPE'CE. [Genm.2 Ce mot sert quelquefois à exprimer les choses de diférente nature , & il lignifie forte. (Le cheval est une espèce d’animaì, & le lion en est une autre espèce : une éfpéce de fruit, de fleur , &c.) ESPE’CE. [ TLummus , numisma. ] Ce mot se dit souvent parlant de la monoïe, & c’est une sorte de monoïe. (Un denier d’argent est une espèce de monoïe. 11 a reqû cent écus en espèces. Travailler à la réformation des espèces. Altérer les espèces.) ESPE’CE. Ce mot se dit en termes de Droit & de Pratique , & veut dite : Question. Hiporéfe. Exemple de même nature. ( Poser l’espéce. Cet arrêt n’est point dans nôtre espèce. Patru, plaid. 9.) Ce c ce 3 ESPE'- 758 ESP ESPE'CES , / f. [ Imago , idea , forma ,Jlmulacrum .] Terme de Philosophie. Images des choies visibles. ESPECES. Terme de Théologie. ( Communier fous les deux espèces.) La Théologie Romaine apelle espèces Sacramentales, les aparences d u pain & du vin de l’Eucharistie , l’étenduë, la blancheur, la liquidité, la couleur, &c. qui les rendent sensibles, quoique la substance soit détruite. Les Théologiens de l’Ecole de Saint Thomas apel- lent ces espèces, accidens philìques ; mais c’est un terme dont ils se servent sans en avoir une idée claire. Le Père Maignan célébré Minime s’explique'mreux, en disant, que ces espèces ne font que des impressions ou des aparences extérieures. Rohault , entr.sur la Phil. (g ESPE’CE. Ce terme a plusieurs significations ; il vient du Latin Species, qui a été formé de l’ancien verbe Specio , qui signifie voir s & comme l’on comprend fous ce terme plusieurs choses d’un même usage , & qui se présentent à l’esprit ou aux yeux, on s’est servi du mot Species, pour marquer cet assemblage de choses qui sc ressemblent. Ainsi les Latins apel- loient Species , le blé , Forge , l’avoine, & autres choses de cette qualité, que l’on païoit par forme de tribut. L. ult. jf. de muner. 0 ? L. ult. jf. de ojf. fund. fiscal: Notre terme épices vient aussi de species , parcs que l’on présentoir aux Juges, pour récompense de leur travail, des confitures, des dragées , &c. On a toujours apellé ejjiéces , les monoïes qui étoient en usage. Grégoire de Tours, parlant de l’acusation de Prétextât , dit : Advenerunt saisi tejies qui ojìendebant species aliqutíi , dicentes , bac U b&c nobis dedijìi. Lib. ç. cap. i8- U Lib. 12. cap. 52. Lib. 7. cap. 25. Voïez Doublet, Hijl. de Saint Denis, pag. 683. È? 7 0I - ESPERANCE,// H 4 >er.J C’est Patente qu’on a qu’il nous arrivera quelque bien. C’est une vertu qui nous donne une humble confiance de voir un jour Dieu. (Mettre toute son espérance en Dieu. Arnaud. Cela trompera l’espérance des Barbares. Ablanc.\ret. liv. 5. ch. 1. Fonder ses espérances fur autrui. Vaug. Quint. I. 3. Concevoir de grandes espérances. Mémoires de Mr. le Duc de la Rochefoucaut. Donner à quelcun de grandes espérances. Etre frustré de son espérance. Mr. FAbé Régnier a dit des Joueurs : Voiez Jur leurs visages peintes Leurs espérances U leurs craintes.') ESPE’RER, v. a. [ Sperare, considéré .] Avoir espérance. Etre dans Patente d’un bien à venir. (Espérer en Dieu. II espère avoir du Roi quelque récompense des bons services qu’il lui a rendus. Espérer la vie éternelle. Je n’en espère rien de bon. II n’y a plus rien à espérer. ) II ne faut point mettre de après espérer , quand il fuit un verbe. J’espère revenir , & non pas , f espère de revenir. jgjf Les anciens Auteurs François ont dit, ejpe'rer pour craindre. Joinville : espérions tous être en péril de mort. Et encore : J’ejperois beaucoup plus la mort que la vie. Les Latins en ont usé de même ; nous lisons dans la Loi 2. au Code Théodosien, de petit, ts ultrodat. Cum per Illyrici partes barbaricas jperaretur incurfiu. tESPIE'GLE, adj. m. Scf. [Jocosiss, malignus .] Ce mot est masculin , lorsqu’on parle d’un garqon , & féminin lors-qu’on parle d’une fille. C’est un petit garqon ou une petite fille qui a de la vivacité, & Fait de petites malices. ( C’est un petit espiègle. C’est une petite espiègle.) ESPIE'GLERIES ,// [Jocus malignus,siropha.J Petite malice que fait un enfant vif & éveillé. (Vous ne vous passeriez jamais de faire quelques nouvelles espiègleries.) ESPINÇOIR , / m. f Maliens pavimentarius. ] Gros marteau court & pesant, fendu en angle parles deux cotez comme un têtu, qui sert particulièrement à tailler le pavé. ESPION, / m. [Speculator , explorator, auceps. ] Celui qui épie, & vient observer la conduite des gens, pour en faire son raport, afin que ceux à qui il en fait le raport en tirent avantage, ou prennent leurs mesures pour agir. ( L’espion a été pris & pendu. Un espion double. C’est un espion qui sert les deux partis.) s * II ne dépense guère en espions. Cela se dit pro- ESP vcrbialement d’une personne qui n’est guère informés des a faires du monde. ESPIONNE , / f. [Exploratrix.) Celle qui observe & épie les actions de quelque personne. ( Une petite espionne.) * ESPIONNER , v. a. [ Observare , explorare .J Observer. Prendre garde à ce que les gens font , pour en faire après son profit ou en faire quelque raport nuisible. (On a donné ordre de Fespionner sous main.) ESPLANADE , / / I Planifies. J C’est un lieu qu’on a aplani & débarassé d’arbres , de buissons & de toutes les choses qui peuvent embarasser. (Faire une esplanade. Abl.) ESPLANADE, ou glacis de la contrescarpe. C’est le parapet du chemin couvert, & tout le terrain qui se perd dans la campagne. Félibien. ESPLANADES. Terme de Fauconnerie. Signifie le* routes que tient l’oiseau , quand il plane l’air. ESPOIR , / m. Ce mot signifie espérance, Si il est beaucoup plus usité en vers qu’en prose. On ne s’en sert en prose que dans les ouvrages qui ont quelque chose de la Poésie. (Ce refus a étoufé dans moname toute forte d’espoir. Molière, amour médecin , aH. r. sc. 4. Alors je revis en moi-même les doux espoirs, les bizarres pensées. Voit. po'és.) Elle étoit conservée, U charmé de t avoir, Uignorant Jardinier y mettoitson espoir. Perraut.) f ESPOIR. C’est aussi un fauconneau , ou petite pièce de bronze , qui est montée fur le pont d’un vaisseau , & dont on se sert pour les descentes. ESPONTON,/ m. [Sponto .] Espèce d’arme, de demi pique , dont on sc sert particulièrement fur les vaisseaux , quand on vient à sabordée. Les Ofi- ciers d’infànterie s’en servent aussi. ESPOUTIER. Voïez EPINCELER. ESPRIT, / m. [Spiritus , mens , anima .] Substance qui pense. Partie de Famé, qui juge , comprend , raisonne, & invente ce qu’on peut s’imagi- ner. (Esprit fin, délicat : esprit faux : esprit rusé : avoir l’esprit bien ou mal tourné : avoir l’esprit de travers : n’avoir point d’elprit. La première chose qui lui tomba dans l’esprit étant éveillé, fut, &c. AbL ret. II mourra sans rendre l’esprit. Scar. L’Esprit n’a point de sexe , il ejì parmi les femmes, De grands , de nobles cceurs , il ejl de belles âmes. Vill.) ESPRIT Saint. C’est-à-dire , Esprit de Dieu. Le Saint Esprit. [Spiritus Sanflws C’est la troisième Personne de la Trinité. ( Dolleurs, dìtes-moi donc, quand nous sommes absous, Le Saint Esprit est-il , ou n’esl-il pas en nous ? Despr.) Malin esprit. [ Cacodamon.J Ces mots signifient ordinairement le démon. (II a été tenté du malin esprit. On dit quelquefois en parlant d’une personne : c’est un malin esprit, pour marquer que c’est une méchante personne.) ESPRIT malin. [Mal.m.) C’est-à-dire, malicieux, ou malicieuse. (Avoir l’esprit malin : c’est un esprit fort malin.) ESPRIT. [ Animas , anima .J Ame de personne morte. (Elle a peur des esprits, & ne couche jamais seule. Gomb. épi. 1. II n’étoit bruit aux champs comme â la ville, Que d’un maraut qui chajsoit les esprits. La Font.) ESPRIT. [ Spiritus . J Ce mot, au pluriel, signifie quelquefois, une substance chaude , legére & déliée, d’où procèdent les mouveniens du corps. (Ainsi on dit, les esprits animaux. Les esprits vitaux. II com- menqoit à reprendre ses esprits peu à peu. Vaug. Quint. /. 3. Une douce langueur ocupe mes esprits.) ESPRITS. [Homo.) Personne. Gens. (C’est un étrange esprit. Aliéner les esprits. Abl. ret. I. 2. L’impië- té perd les jeunes esprits. Aigrir les esprits. Ablanc. Je sai qu’un noble esprit peut,sans honte £ï ?fans crime , Tirer de son travail un tribut légitime. Despr. Poét. c. 4. Jamais Rome n’a eu de si beaux Esprits que fur la fin de la République. S. Evremont.) ESPRIT. ESQ_ ESPRIT. [Ingenitim.] Caractère qui fait voir famé, le cœur & la conduite d’une personne , ou de tout un corps de gens unis ensemble. (II ne sort aucun livre de chez nous , qui n’ait l’elprit de la société. Pasc. /. y.) ESPRIT. {Antmm.'J Dessein. Intention. ( Avoir un esprit de vengeance. Voici quel est l’esprit de notre contrat. Patru, plaid. 5.) BEL-ESPRIT. t Ingenìum exceUens. ] Bon sens , qui brille. Le titre de bel-esjrit est présentement fort décrié, & je ne sai s’il ne vaudroit pas mieux être un peu bête, que de passer pour ce qu’on apelle communément bel-Jsrit. O vous donc , qui brûlant d!une ardeur périlleuse , Courez du bel-esprit la carrière épineuse. Defpr.) ESPRIT. Terme de Chimie. Substance liquide, aride , subtile , aérée , capable de pénétrer les corps les plus solides , tirée des mixtes par le moïen du feu. Glas. I. 1. c. 4. (Esprit volatil : esprit de sel: esprit de nitre , &c. L’esprit est plus ou moins subtil & pénétrant selon la diverse nature des mixtes, d’où il a été tiré. Les esprits de vitriol, dé sel, de nitre & soufre sont bien plus pénétrans que l’esprit du vinaigre. Le propre de l’esprit est de pénétrer, d’inciser & d’ouvrir les corps compactes & solides ; il ronge, il brise , il dissout, & même il brûle de certains mixtes. II en coagule d’autres, comme le sang & le lait. L’esprit éteint promptement la flâme des huiles, il se joint fl étroitement en sel qu’il n’en peut être séparé que par un feu violent. II échaufe étant seul ; mais étant mêlé en petite quantité avec des liqueurs rafraîchissantes , il augmente leur froideur. VoxezCharas , Vharmac. I. 1. p. 9. ESPRIT folet. [ Lémures , larvœ. ] Sorte d’esprits qu’on croit qui reviennent & font du bruit dans les maisons, &c. í ESQUAIN ,/• ™. Ce font en termes de Marine , les planches qui bordent les deux cotez de l’a- castillage de Barrière d’un vaisseau , au-dessus de la lifte de vibord. Aubin. ESQUAQUE. Voïez ESCAYE. . ESQUIAVINE, / f- ÍPenula.~] Vêtement de païfan ou d’esclave , dont on s’est servi autrefois, II se dit aussi d’un long & sévère châtiment qu’on fait soufrir à un cheval, afin de le rendre souple & obéissant. Acad. Fr. ESQUIF , f m. [ 'Schapba , cymba , atluario!um.~\ Petit vaisseau de mer qui sert aux grands vaisseaux pour mettre les personnes à terre quand on est au port, pour se sauver dans quelque débris de vaisseaux, ou pour faire quelque autre chose. {Pour moi fur cette mer qu!ici bas nom courons , Je songe à me pourvoir r/’eíquif {s d!avirons. Despr. ) ESQUILLE, f f LSchilia , ajsula .1 Terme de Chirurgien. Quelque partie d un os caíle ou rompu, ou fracassé. (Ûne petite esquille.) ESQUINANCIE , squinancie , s. f. _ [ Afigia. ] Quelques-uns disent squinancie, mais 1 usage déclaré est pour esquinancie , qui est une maladie aiguë qui vient à la gorge & empêche la respiration. FSOUINF , s- /• [ Lumbm , jjina. ] Ternie de ■Jríanégê: Reins du cheval. (Cheval fort d’esquine. Acad. Françoise .) . , £ ESQUINE. [ China radix. J Racine qu on nous apórte des Indes Orientales. Elle est sudorifique, difficative, diurétique, & un peu astringente. ESQUISSE , s P lAdumbratio, mformatio.^’ïes- tne de Teinture. G’est un premier craïon, ou une legére ébauche d’un ouvrage qu on médité. De pi/es ì art de peinture. ESQUISSER, »■ «• {Informare ^adumbrare.J derme de Peintre. Paire une esquisse. (Esquisser une pensée.) , . s ESQUIVER , ». «• ÍVitare , eludere!} Eviter, éluder, fuir. (Esquiver la force de la demande. Abl. ^ ^ Pour esquiver /--fameuses discours , EUe cherchait les plut secrets détours Benserade, rond. On l’a fait esquiver. Molière. Je me suis doucement esquivé. Molière ,fâcheux, a. 1. jc. 1. ESS 759 Il emprunta. Quand ce vint à pdìer , Et qu’asa porte il vit le créancier , Force lui fait ù’esquiver par la suite. La Font.) ESSAI,/ m. [Periclitatio , jjecimen , periculum .] Prononcez écé. C’est faction par laquelle on examine & éprouve li les choses sont en état d’être de mise , si elles ont le dégrê de bonté qu’elles doivent avoir. Faire fessai de f argent. Faire fessai de for. Faire fessai d’uu canon. * C’est un essai des louanges du Roi. Molière. D’un courage naijsant ce sont là les essais. Racine, iphigénie, a. 1. sc. 2. Un coup d'essai. Faire un essai de ses forces.) ESSAI, / m. [ Tentamina. ] Divers Auteurs onî donné par modestie ce titre à leurs ouvrages. (Essais de Phiíique : essais des merveilles de la nature : essais de morale; les essais de Montagne.) 11 y a des essais de morale par Monsieur Nicole. II y en a d’autres de Mr de la Placette , qui ont auffi leur mérite. f Coup d’ejsai. Le premier essai que son fait en quelque choie. (II a fait son coup d’essai.) ESSAI. \_Prœlibamen.~\ Pain que l’Ecuier-bouche présente au Maître d’Hôtel du Roi, avant que de servir les viandes devant fa Majesté & que le Maître d’Hô- tel mange après en avoir touché les viandes. ESSAI. Elpéce de petite tasse d’argent, dont les gourmets se servent pour tâter le vin. Petite tasse de vermeil doré, où f échanson fait fessai du vin , que doit boire le Roi. ESSAI. Petits morceaux de Verre qu’on met dans les fourneaux , lors-qu’on cuit la pointure fur le verre. ESSAIER, ». a. [Probare , perkiitari , experiri .2 Eprouver; voir si les choses sont bonnes, & en l’é- tat qu’elles doivent être. (Effaïer de f argent : effaïer un canon.) ESSAïER. [ Prœlìbare. ] Goûter quelque liqueur. (Effaïer du vin.) ESSAïER. [TentareJ] Tâcher. (II faut effaïer de gagner Ion amitié. II vit que ce seroit peine perdue d’essaïer de le dissuader. Abl, Luc. t. 2. amitié.) H S’ESSAïER , ». n. S’éprouver, voir si on est capable d’une chose. ESSAïEUR, s. m. [ Probatòr , Tnquìjìtor. J Oficier de la Monoïe qui voit à quel titre est f argent. (Essaïeur particulier. Essaïeur général.) ESSAIM, / m. Prononcez essain. II vient du Latin examen. Multitude de mouches à miel, qui sont sorties de leur ruche , & qui , â ce qu’on croit, sont conduites par une de la troupe. ( Un gros essaim. Les bons essaims se font au mois de Mai. L’essaim íe va poser sur une branche cfarbre , où on le va prendre pour le remettre dans une autre ruche , où il fera du miel & de la cire. Jetter un essaim.) ESSAIM. Ce mot, au figuré , signifie une multitude de choses semblables. (Ce siécle produisit un essaim de Poètes. On voit tous les ans un essaim d’A- vocats qui se font recevoir à la S. Martin. Cent beautez amajsées Fournissent un essaim de diverses pensées. Dèsmarais, visionnaires , a. 1. sc. 4.) ESSAIMER, »• n. [ Examina condere .] Ce mot se dit des abeilles, & veut dire, faire un essaim, (Mouches qui essaiment.) ESSARTER , ». a. [ Eruncare , purgare vcpribus.li Couper ; essarter les buissons, Ce mot essarter , ne se dit qu’au sens de cette phrase. ESSE ,//"•[ FibtiU carrucarìá rota , subsculm. ] Terme de Chartier. Cheville de fer qu’on met au bout de f essieu pour tenir la roué. (Esse perdue ) ESSE de fléau. [Retinaculums Terme de Balanciér. Fer tortillé en forme de la lettre 8. t Ainsi on dit, une esse de fieau de trébucher; une esse de fléau de balances.) tz ESSÉ, se dit auffi d’un morceau de fer en forme d’S , dont on se sert pour acrocher les pierres qu’on Veut élever dans un bâtiment, ESSEAU, / »i. [ Scandula .] Bois ou petit ais propre à couvrir les toits. ESSELIERS , sjn-. pL Terme de Charpentier, Pièces de bois , qui forment les cintres, ou qui soporte n t & soutiennent par les bouts les entraits ou tirans. On les apelle auffi Goussets . ES- 760 ESS ESSEMER , v. n. [ Sagenam aperire , exonerare, exponere. J Terme de Pécheur. Tirer une seme à bord , pour en dégager le poisson qu’on y a pris. ESSENCE) / f [Ejfentia , naturels] C’est ce qui constitue la nature d’une chose, & qui la fait être une telle chose. (L’effence d’un triangle rectilign» consiste, en ce que c’eft une ligure bornée de trois lignes droites. Détruire l’effence d’une chose.) ESSENCE. [Flos exprestus , cremor elicitm .] Terme de Parfumeur. Sorte d’huile remplie d’une senteur fort agréable. ( Essence de jasmin , essence de fleur d’orange.) C’est aussi un terme de Chimie , qui signifie en général ce qu’il y a de plus pur & de plus subtil dans les corps dont on fait les extraits par le moïen du feu. (Les essences font agréables pour leur odeur, ou pour leur goût. Avec deux ou trois gouttes d’essence , on peut faire une bouteille d’hipocras.) f ESSENCE de Cedra. On la prépare fans feu. Elle est cordiale , stotnachale , cephalique. La dose est depuis une goûte jusqu’à six. ESSENTIEL , essentielle , adj. [Esténtialis ^ nativus, ìngenitm. J Qui est de l’essence. ( Propriété essentielle. ) * ESSENTIEL , essentielle , adj. [ Gravijsìmns , ma. ximus, prœcipuus.} Particulier. Solide. Vrai. (* Avoir des obligations essentielles à quelcun. Mémoires de Mr. le Duc de la Rocbefoucaut.) ESSENTIEL ,/ nt. [Rei caput.) (Si vous souhaitez réussir dans cette a faire , l’essentiel, c’est d’avoir un protecteur. Etre dur, se venger , faire des injustices, Tout n’est pour les dévots que pécbé veniel ; 2 lous savons en vertu transformer tous les vices, De la dévotion , c’est là /'essentiel. Deshoul.) ESSENTIELLEMENT , adv. [EJsentialiter , na - íizìé ) Par fa propre essence. Par fa propre nature. (L’ame est essentiellement immortelle.) * ESSENTIELLEMENT. [ Pracipuè , maxime J Particulièrement. Entièrement. Je lui fuis essentiellement obligé.) ESSE'TË ,s s [ Ascicula.) Terme de Tonnelier \ Cbaran , & autres. Marteau qui a une tête ronde d’un côté , & un large tranchant de l’autre. ESSIEU , / m- [Axis. J Morceau de bois gros & fort , qu’on plane & arrondit par les deux bouts, & dont on fait passer ces bouts arrondis & graissez au travers des moïeux des roues. (Estieu rompu.) Votez Axe , Terme de Géométrie. ESSIMER, OuESSUIMER, v. a. [ Emacìare , mater are , domare .J Ternie de Fauconnerie. Dégraisser un oiseau, l’amaigrir en lui donnant diverses cures ; le mettre en état de voler, ou le dresser à la sortie de la muë. ESSIMER. [Exbaurireabjumere, conficere , perdere. J Terme d’ Agriculture. Exténuer , consumer , réduire à rien. Estimer la vigne , c’est la ruiner à force de la faire porter. ESSOMER ) f tn. [Cingulum , ambitus , limbius Terme de Blason. Ceinture ou un double ordre qui couvre l’Ecu dans ie sens de la bordure. (f ESSONGNE- C’est ( dit Ragueau ) un droit dû par les héritiers au Seigneur, fous la censive du- quel le décédé poífedoit des héritages. L’usage doit régler la cottité de la redevance. ESSOR, / ni. [ Aeri païens , stolutm , apertus , digrefjhs à propostto.) Ce mot se dit proprement des oiseaux , & veut dite , vol à tire d!aile. (Oiseau qui ptend l’essor.) (* Donner fessor à son imagination. Abl. Son esprit prend l’essor. Si l’on peut pardonner Pessor d’un mauvais livre ce n’est qu’aux Colletets. Molière.') ESSORE', essorée, adj. [Varius , varié imbrica . tus.) Terme de Blason. II se dit d’un oiseau qui est representé en état de prendre l’essor. ESSORER , v. a. [Arefacere , madorem adimere , exstccandum poneresub dio .] On le dit du linge mouillé qu’on met à Pair afin qu’il se sèche. ( Essorer du linge.) f ESSORER les peaux. Terme de Cbamoiseur. C’est les faire sécher fur les cordes, dans le lieu qu’on nomme étendoír. EST S’ESSORER. [ Avolare, dìgredi longues.) Terme de Fauconnerie. 11 se dit des oiseaux de proie , & signi. fie prendre l’essor, voler au loin & avoir peine à revenir sur le poing. (Ce faucon est sujet à s’essorer.) On dira plutôt, prendre l’ejjor , que s’ejjorer. ESSORILLE' , efj'orillée , adj. [ Auribus trunca - tus, mutilus.) Celui ou celle à qui on a coupé les Oreilles. (Les coupeurs de bourse se trouvoíent souvent essorillez.) ESSORILLER , v. a. f Aures prœcidere , truncare , mutiiare auribus .] La raison voudroit qu’on dit esta. reiller , mais l’usage est pour ejjòrilier. II signifie , cou. per ïoreille. (II se voît par l’tiiftoire de France qu’on essorílloit par Ordre de Justice. Au commencement du régne de Charles VIII. on essorilla Dojac , qui avoic été Pun des Ministres de Louis XI. Mézerai, vie de Charles VIII.) (§ L’essorillement est une peine fort ancienne. Up. ton raporte dans son Traité demilitari officia , lib. 4. p. 140. une Ordonnance d’Henri IV. Roi d’Angleter. re , où , entre plusieurs sortes de peines dont les con- trevenans dévoient être punis , la perte d’une oreille est une des principales : Et st àelinquens garcio fuerit, aut parvulm , abfcijfione auricula Jìnstrœ puniatur. Voïez Mr. duCange,sur le chapitre 19. des Etab!iJJe~ mens de S. Louis. f ESSORILLER, signifie aussi dans lestile familier, couper les cheveux fort courts. (On vous a bien essorillé. ) t ESSOUFLE', effioufìée , adj. [ Anhelus. ] Qui est hors d’haleine. (Crier comme une personne essou» fiée. Molière.) ESSOUFLER, v. n. [Anbelum elfe , anhelitu quati, anhelitum ducere. J ESSOURISSER, V. a. Terme de Manège. C’est couper un carillage apellé souris , qui est dans les naseaux du cheval, & qui est cauíè qu’il ébroué. ESSUI, / m. [ AEstus .J Ce mot signifie en général un lieu, où Pon met sécher quelque chose , & en particulier c’est un terme de Tanneur. Lieu où Pon met sécher les cuirs tannez. (Avoir un bon essui. Leï cuirs sont à l’essui.) ESSUIE-MAIN , / m. [Mantile .] Linge à essuier les mains. Toile qui est dans les Sacristies, & à laquelle le Prêtre qui doit dire la Messe, essuie ses mains après les avoir lavées. Vejfuie-main est aussi une sorte de serviette étroite qui pend au côté droit de l’Autel, & à quoi le Prêtre essuie ses doigts après les avoir lavez. ESSUÏER, v. a. [ Abstergere , detergere , stccare , arefacere.) Sécher. Oter ce qui est humide avec quelque linge ou autrement. (Essuïez vos yeux , ils sont encore t Ou t mouillez. S’essuïer les mains avec une scrviete bien blanche. Essuier lès larmes. Abl. lac. ami. I. 4. Tandis que dans un coin en grondant je «'essuie, Souvent pour ni achever , il survient une pluie. Despr.) * ESSUÏER , v. a. [Perferre , ststinere.) Ce mot s* dit des périls & des choses dificiìes qu’il fautsoufrir, ou les surmonter. ( Essuier la mauvaise humeur de quelcun. Je ne sai point essuier les outrages d’un faquin. Dejj>reaux , fat. 1. Je ne fuis point homme à essuier des refus ofènsans. La quantité de foies visites qu’il faut essuier, est cause que je prens plaisir d’être feule. Molière. Essuier une décharge de coups de mousquets. Ablanc.) Je ne fuis point ®. a. [ 'Statuere, creare , sandre, érigé - re,fundare.] Faire, créer & rendre stable quelque chose. (Etablir les loix, des magistrats, des impôts.) f ETABLIR les voiles. C’est en termes de Marine, dresser les voiles. H Vaisseau établi fur ses amarres. C est lors qu u a jette ses ancres, & qu’il est amarré pour séjourner. * ETABLIR. [Firmare, flabilire.] Donner un etablii- sement. Placer en quelque lieu avantageux. (Etablir quelcun dans l’emploi. Le Duc de la Rochefoucaut. II aida à l’établir à la Cour. Abl. Etablir une perlonne dans le monde.) S’E’TABLIR , v.r. [fDomicilium ponere, defigere.j oe faire un établissement. (C’est un jeune homme qui commence à s’établir.) * Mot qui aura peine a s’etabhr. [ Verbum quod non faciíè obtinebit.] (Mot établi.) Vaug. rem. (g ETABLISSEMENS. Ce terme a signifie les Or- donnances & les Edits de nos Rois» (ËtabliíTetnens de S. Louis.) ETABLISSEMENT, f m. [Ereélio, confiitmio.] C’est Faction par laquelle on établit, on fonde, on érige, on fait quelque chose pour demeurer stable. (Lettres patentes pour rétablissement d une Académie.) ... , , ETABLISSEMENT. [SanHio.] Imposition de quelque droit, ou de quelque impôt. (Faire l’ctablmement de quelque droit nouveau.) ETA 7 63 * ETABLISSEMENT. [ 'Domrn, domìcìlium.] Retraite fixe. Retraite assurée, & où aparanment on voit quelque espérance de repos. (11 faut faire un établissement une fois en fa vie. C’est un établissement pour le reste de ses jours. Proposer un établissement à quelcun. Donner un établissement à une personne. Mr. de la Rochefoucaut.') ETAGE, f. m. [Contabulatio, contignatìo.] L’un des apartemens d’un corps de logis. (Loger au premier étage , au second , au troisième, ou quatrième étage.) ETAGE. [Ordo.] Ce mot se dit entre Vaniers, Ils disent un verrier à plusieurs étages. ETAGE. Terme de Jardinier. Les Jardiniers disent, il faut laisser monter les arbres par étages c’est-à-dire, peu à peu. Ils disent aussi, il suffit que cet arbre ait un seul étage de- bonnes racines ; c’est-à-dire , qu’il y ait des racines sortant tout autour du pié , de sorte qu’il n’y en ait point de beaucoup plus hautes, ni de beaucoup plus basses les unes que les autres. Quint, jardins, t. 1.) f * ETAGE. [ Genus, conditio.] Ce mot, au figuré, signifie état, condition, sorte. (Les gens du plus bas étage. 11 y a des esprits de tous les étages.) f * A triple étage, adv. [Us nìhìlsuprà.] Extrêmement. Au dernier point, (il est fou à triple étage. Infigniter fiultus. J * Son menton fur son sein dé- cend à double étage. Dejpr. lutrin, ch. 1.) (§ ETAGE. Ce terme fignifioit autrefois le logement, la demeure d’une personne. II est dit dans les Assises de Jérusalem : Et fi il n’a manoir, cjìable en la ville , où il doit son étage tenir, il le doit fimondre en l’hosel où il sut daerraiment manant. Et dans un de nos vieux Poètes : Après cette vie volage, Où cajcuns fait petit étage. ETAGE lige . Dans les Coûtumes d’Anjou & du Maine, lige étage emporte l’obligation de faire guet & garde. II est dit dans l’article 134. de la Coutume d’Anjou : Aucuns vassaux font qui doivent lige étage ou chatel de leur Seigneur. On s’aquitoit de ce devoir en diférentes manières. Le vassal étoit obligé de faire le guet huit jours après en avoir été requis par son Seigneur ; les uns le dévoient avec femmes, & leurs familles; les autres en étoient exemts ; il y en avoit même qui étoient soumis à ce devoir pendant toute leur vie: ainsi la régie dépendoit des conditions de l’inféodation. Voïez Mr. du Cange , fur les Etablisse - mens de S. Loziis, art. qu’il faut aussi voir pour lavoir ce que c’étoit que lige étage. La Coutume de Paris apelle le fol, fétage du rez de chauffée. ETAI, T m. [ Rudens fuláens , funis crafjìor.] Terme de.Mer. Grosse corde atacnée par l’un des bouts au haut du mât, & de l’autre au pié du mât qui est au devant vers la proue. ETAIE , T f [Fultura, fulcrum.] Prononcez àe. Ce mot signifie, apui. (Une bonne étaie.) ETAIE. [ Tìgiilum .J Terme de Blason. L’étaie ne doit avoir que le quart de la largeur du chévron. ETAIEMENT , s m. [ Fulcìmentum. ] L’action d’étaïer. L'étaïement de cette maison étoit fort nécessaire, autrement elle seroit tombée. ETAïER, v. a. [Fulcìre .J Prononcez éteié, Apuïer avec des étaies. ( Etaler un bâtiment. Mur bien étaïé.) ETAIM, s m. [Stannum.] Prononcez étain. On le peut aussi écrire par une n. Une sorte de métal très-connu dont on fait des plats, des aísiétes, des pots, i&c. (Etaìm commun, fin, sonnant, cristalin : étaim de glace, &c. L’étaim d’Angleterre est le meilleur & le plus cher.) ËTAIMER. Voïez Etamer. ETAL, s m. [Mensa lanionia , fiallum.] Terme de Boucher. Efpéce de boutique, où le Boucher débite fa viande, & où il a des planches en dos d’âne, plusieurs petits ais, & un gros ais, fur quoi on coupe & dépèce la viande. ETALAGE , s m. [ Mercìum venalium jpecimen.] Terme de Marchand. Marchandise étalée pour être vue & vendue. (Un bel étalage. Mettre quelque chose à [étalage») f * Mettre sa sencé en étalage. \X)sœtare.] C’est montrer & faire voir fa fience. Tome L D d d d d a ETA- 764 ETA ETALER, »- a - [Exponere, vénales merces propo- nere.) Terme de Marchand. Mettre en étalage. Faire voir & déplier la marchandise qui est à vendre. (Etaler des livres : étaler de la marchandise.) etaler. [OHentare, explicare .] Ce mot, au figuré signifie faire voir, faire paroitre. Montrer. (J’ai horreur de leur infamie, car ils étalent ici par tout leur molesse & leur lâcheté. Ahl. Luc. tom. 1. dial. des morts. Etaler fa folie. Ahl. Luc. t. 8. Etaler son zélé. Rac. Iphigénie, a. 1. sc. 2. Etaler ses charmes, fes apas. Trop aimable Tirsis , pourquoi mal à propos Etaler tant d’apas, (jf troubler mon repos ? La Suze.) H ETALER les marées. Terme de Marine. C’est mouiller pendant un vent & une marée contraire à vôtre course, en attendant une antre marée qui vous puisse porter à route. Refouler la marée est le contraire de l’étaler. t ETALEUR , f m. [Inflitor lihrarius.) Pauvre Libraire, qui étale des livres fur les rebords du Pont- neuf. ETALIER, / ru. [Inflìtor laniarìus.) Boucher qui tient & gouverne un étal, & qui y vend de la viande. ETALON , f m. [ Equm admijsarìus. ] Cheval destiné pour couvrir les cavales. (Les meilleurs étalons font les Barbes, & les chevaux d'Espagne de bon poil & bien marquez. II faut choilir un -talon de bon poil. L’étalon 11e doit pas couvrir avant cinq ans, ni passé quinze. Donner l’étalon aux cavales. ) 11 y a des femmes qui font les précieuses, & qui trouvant étalon trop rude, disent étions mais toutes celles qui parlent le mieux, suivent le bon usage, & disent étalon. ETALON. Dans la Coutume de Senlis, ct dans Celle de Melun, étalon est un poids & une mesure du Seigneur Haut-Justicier : ainsi étalonner, c’est ajuster, & régler fes poids & fes mesures fur la matrice. Dans la Coutume d’Orleans, étalon est la jauge dont on mesure les tonneaux, & vaisseaux remplis de vin. Etalons & balivaux font sinoninies dans plusieurs Coùtu- mes. Etlon. C’est ainsi que l’on doit écrire selon Mr. Ménage. Messieurs de l’Académie ont dit dans leur Dictionnaire ételon s & d’autres croient qu’il faut dire etlon. 11 me semble qu’il faut écrire ételon, & prononcer étlon. Dans les haras, il y a un, ou plusieurs ételons destinez pour couvrir les cavales. Comme l’on tient ordinairement les chevaux ételons dans les étables , de peur qu’ils ne soient épuisez & fatiguez par les cavales, on les apelle ételons, de Jìallum, qui signifie étable s & au raport de Mr. Cafeneuve dans fes Origines, les A'iemans apellent Jìall, une étable, & les Italiens, Jìalla, & un ételon, Jìalione. ETALON. [Modulas, modus, exemplar.) Mesure de cuivre, qu’on garde à l’hótel de ville de Paris, & fur laquelle on régie toutes les mesures, dont on fe sert pour la distribution des liqueurs, & qui doivent être marquées aux armes du Roi & de la ville. Ordonnances de Paris, L 9. ET ALONNEMENT , f m. [Probatio ad modu- Ium .] Action d’étaìonner. On porte les poids à la ino- noïe pour en faire l’étalonnement. ETALONNER , v. a. [.Metiri , probare ad modulum.) Marquer les mesures aux armes du Roi & de la ville, quand elles font conformes à l’étalon. (Etalonner les mesures. Mesure étalonnée.) ETALONNERA, f. tu. [Probator , exator ad arche - typum.) Celui qui étalonne les mesures. ETAMBRAIE , J- tn. [Fulcra.) Terme de Marine. Planches ou pièces qui se mettent au dessus des ponts, autour des mâts, pour fortifier ces endroits. On donne ce même nom à une toile poifée qu’on met autour des mâts fur le plus haut tillac, de peur que l’eau ne les pourisse. ET AMER , étaimer , v. a. [Obàucere, incoquere Jìanna .3 Terme de Chaudronnier & d’ Eperonnier. Blanchir quelque chose de métal avec de l’étaim. Couvrir légèrement & superficiellement d’étaim pour empêcher le mauvais éfet de certain métal. Des hommes favans dans la langue croient qu’il faut dire étaimer, néanmoins presque tous les Chaudronniers disent étamer. (Etamer une marmite, une casserole : étamer les branches d’un mords : étamer à simple feuille, à double feuille.) ETAMINE, f / [Subtile textumj Sorte d’étofe ETA legére qui est faite comme la toile, avec de la laine sèche & dégraissée avec du savon noir. (Une bonne étamine de Châlons, ou de Reims : une bonne étamine du Alans.) ETAMINE. [Cilicium, textum cilicinum. ] Terme d ’Apoticaire. Morceau d’étofe claire pour passer & filtrer des liqueurs. On a aullì apellé étamine les b Liteaux ou sas déliez faits de crin. * ETAMINE. Ce mot fe dit, au figuré, dans cette façon de parler, pajfé par Pétamine , qui signifie être bien examiné, éprouvé, purgé & néteïé. (On dit d’un homme qui a été taxé, il a pajjé par l’étamìne. On le dit d’une personne qui a été long-tems traitée pat les Médecins ou les Chirurgiens. Tout ce qui s’ofre à moi, passe par /'étamine. Defpr.yùí. 7.) Je cherche un homme qui soit homme de fait Çjf de mine. Et qui put des vertus passer par /'étamine. Régnier, fat. 14. Pour moi, qui desfois plut de cent Ai pajje par cette étamine. Sar.') ETAMPER, ». sl. [Cavare , forare.) Terme de Maréchal. Percer un fer de cheval. On dit que le Maréchal enclouè les chevaux fur l’enclume, quand les doux font mal étampez. Ce mot est oublié dans le Dictionnaire de l’Académie. Apothéose du DiHion- naire. ET AMURE, s s. [StannU illitus .] Terme de Chaudronnier. C’est l’étaim dont le Chaudronnier fe sert pour étamer fes ouvrages. (Etamer une tourtière à simple étamure : étamer une marmite à double étamure : l’étamure ne dure pas lorìg-tems.) ETANC , adj. [Clausùs , objervatus. ] Terme de Marine. 11 fe dit d’un vaisseau bien clos, où il n’y a nulle voie & capable de naviger. ETANCES , f f. Terme de Marine. Piliers posez tout le long des hiloires , pour soutenir les baro- tins ; ils font de la longueur d’entre deux ponts. ET AN ÇHEMENT , f m. [Expccatio, reprejfìo.) L’action d’étancher. (Branchement de sang.) ETANCHER, ». a. [Siccare , reprimere, oblinere.) Ce mot le dit du sang, & signifie arrêter : empêcher de couler. (Etancher le sang : le sang est étanché, On dit aussi, étancher la soif. Et de l’eau de ce puits fans relâche tirée, De ce fable étancher la soif démesurée. Defpr.) ETANÇON, Etanson , s. m. [Fulcrum, fulcimen - tum.) Etaie. Apui qui tient les choses fermes & en état. ETANcONNER , étansonner, v. a. [Fulcire, admi- niculari .] Apuïer avec des étanqons. (Etanqonner la presse.) ETANG, s m. [Stagnum.) Eaux qui font ordinairement douces , qui viennent de quelque source, qui font retenues par une chaussée, & où l’on met du poisson qu’on pêche lors qu’il est à propos. (Pécher un étang. Les Reines des étangs, Grenouilles veux-je dire, Car q.m conte-t’il d’apelìer Les choses par noms honorables ? Contre leur bienfaiteur, Osèrent cabaler. La Font.) ETANG d’eau douce. ETANG de mer. Etang de certaines eaux dont la mer s’est déchargée. ETANGUES , s s- [Forceps.) Efpéce de grandes tenailles dont fe fervent les ouvriers des monoïes, pour tenir leurs fiaons & carreaux quand il les veulent flatir. ETAPE,// [Forum vinarmn, Jìapula.) Lieu ou l’on vend le cidre & le vin que les marchands font venir par terre à Paris. (L’étape est belle & grande.) ETAPE. [Locus annona mìlitaris .) Ce mot se dií en parlant de troupes qui passent. Lieu distant d’un autre de quatre ou cinq lieues, où il y a magazin pour fournir des vivres aux soldats qui font fur la route. (On a établi de bonnes étapes fur toute la route. Une bonne ETA bonne ou méchante étape. Brûler Retape, ou faire cuire l’étape , c’est quand les oficiers prennent de Tangent pour une étape, & font passer outre leurs soldats fans y loger.) ETAPE. [Annonœ militaris apotheca .] Magazin où font les vivres destinez pour les soldats qui passent. ETAPE. [Çìbaria mìlitibiu prœbita .] Ce qu’on donne à un fantassin pour fa subsistance : ce qu’on donne à un cavalier pour fa nouriture & celle de son cheval. (Fournir l’étape : livrer Tétape : donner Tétape : les soldats vont prendre leurs étapes, lors qu’ils font logez.) í ETAPE, fe dit aussi d’un port & d’une ville de commerce. ETAPIER , s. m. {Vrœbitor.} Celui qui est commis pour donner Tétape aux soldats. ETAT. ./•/m [Status , ratio.'} Disposition. Savoir l’état des afaires. Abltmc. Elle ne lui cachoit pas l’état de son esprit. 'Mémoires de Mr. le Duc de la Rockefoucaut .) ETAT. {Sitm.} Maniéré dont une personne est ou se porte. (Vous ne m’auriez pû voir en l’état où j’é- tois, fans étoufer de douleur. Le Comte de BuJJl.) ETAT. {Status.} Poste avantageux pour faire quelque chose. (II est en état de faire fortune.) ETAT. [Potejhts.} Pouvoir. (Etre en état de servir ses amis.) ETAT. {Cogitatio.} Dessein. (II faifoit état d’ata- quer les Grecs. Abl. r et. I. 4. c. 1.) ETAT. [ Alflimatìo, ratio.} Estime ; créance. (Faire état d’une personne. Faites état que les Pérès n’onc jamais parlé de la forte. Pafc. L 4. C’est-à-dire, crotez.) ETAT. Empire. Róiaume. f Ditio, Imperium.} (C’est une chose qui regarde l’Etat. On Ta dépouillé d’une partie de les Etats.) lin homme d’Etat. Un Ministre d’Etat. [Vir regnì adminijlrandi.} Un Conseiller d’Etat. {Régi aJanHìo - ribm constliis.} Un Sécretaire d’Etat. [.Régi a Jdnflio, rtbus commentarm , 3 &c. C’est le Ministre d’un Prince. C’est un homme intelligent dans le Gouvernement d’un Etat. Un Conseil d’Etat. [ Consllìum sanfíius. } C’est le Conseil où Ton délibéré ce qui regarde les intérêts d’un Etat. La raison d’Etat , c’est une raison qui regarde le bien de T Etat. Un coup d’Etat. C’est une afaire importante à l’Etat. f Les plus grands maux d’un Etat font la débauche & le luxe des Oficiers. Les Etats maritimes né sauroient fe maintenir sans une armée navale. Poly- be de Folard. Messieurs les Etats des Provinces-Unies, Termes consacrez, pour dire , Les Provinces-Unies. ETATS. [ Cœtw , comitia , cmventttí. } Assemblée de la Noblesse, du Clergé & du Peuple pour le service du Roi.. (Assembler les Etats. Tenir les Etats î âler aux Etats. Le lendemain les dijsérens Etats De toutes les Provinces, Acourent haranguer la Princesse íjjf le Prince , Par la voix de leurs Magistrats . Perr. grifelidis.) ETAT. {Gradus , conditio.} Rang & ordré Politique entre les hommes du Roïaume. (Ainsi on dit, le tiers état. ) ETAT. [ Defcriptio , numeYus. } Dénombrement certain des oficiers & domestiques du Roi. (Etre couché fur l’état de la maison du Roi.) ETAT d’ìnnocence. Terme de Théologie. C’est Tétât auquel le premier homme a été cree dans une con- noiffance parfaite & dans un amour actuel de Dieu fans concupiscence. S. Augustin distingue la grâce de Tétât d’innocence d’avec la grâce de l’homme dans lé péché. Dans le premier de ces états , la grâce n’étoit point efficace par elle-même , parce que l’homtne étant saint n’avoit pas besoin d’un si grand secours. ETAT major. {Decuria major , prìmus or do.} Terme de Guerre. C’est un rôle des Oficiers à qui on affigne une plus grande fourniture de Tétape & des u tend les, qu’au reste des personnes dont l’armée est composée. ETAT de la nature pure. C’est un état chimérique où quelques uns prétendent que Thomme pouvoir être créé , sujet aux misères & à la concupiscence comme nous sommes. ETE 765 ETAU, / m. {Forceps.} Terme de Serrurier , de Coutelier, &d ’autres. Sorte de machine de fer qui a deux mords & une clef pour serrer les mords, afin de tenir fermes les pièces qu’on travaille. ( Un bon étau.) ETE', f m. {AZJìm.} La saison de Tannée la plus chaude , & celle où le Soleil parcourt les lignes de TEcrevisse, du Lion & de la Vierge. ( L’eté a été beau cette année, Eté pluvieux. Passer Tété en Province, & Thiver à Paris. Ne demande donc plus par quelle humeur sauvage, Tout f été, loin de toi demeurant au viíage , J’y passe obstinément les ardeurs du lion , Et montre pour Paris st peu de passion. Despr.) L’E'TE' Saint Martin. C’est le tems qui est entre la Toussaints & la Saint Martin & quelque peu après. Le pauvre été Saint Martin tremble sous fa robe de chambre. Sar. Pois.) ETEIGNOIR , éteindoìr, s. m. {Cuculíus exlinc~ torius.} L’usage est yoxst éteignoir. Pièce de fer blanc, ou d’autre métal, formé en cône , qu’on met sur les chandelles & cierges pour les éteindre. ETEINDRE , ®. a, C Extinguere. ] J’éteins , tu éteins, il éteint, nom éteignons. J’ai éteint , féteignois, f éteindrai, que féteigne. C’est étoufer le feu. Faire périr la lumière. Plonger une chose rougie au feu dans de Teau froide. (Eteindre le feu , la chandelle, le fer.) (f On a dit autrefois tuer un flambeau , me lampe, Malherbe a dit: On doute pour quelle raison Les destins, st hors desaison } De ce monde l’ont apeïlée : Mais leur prétexte le plus beau $ C’est que la terre éioit brûlée , S’ils n’eujfent tué ce flambeau » Ménage, tom. 1. ch. 187- de ses Observations, reccn- noît que tuer un flambeau, tuer une chandelle , est de province, * ETEINDRE, v. a. f Sedlare , coércere , inkibere. ] Ce mot, au figuré , signifie diminuer, amortir, étoufer & faire cesser une chose ou une action. ( Eteindre une guerre , une sédition , un procès. Eteindre le feu de la concupiscence. Mais son feu dépourvu de sens ^ de leflure , S’éteint à chaque pas , faute de nouriture. Despr.) (* Rien ne peut éteindre la passion que j’ai pour vous. Voit. L 40, Considérez ses yeux éteints & ses regards de travers, Abl. Luc, t , 5, Eteindre dans les cœurs la tendresse & í’amour. Rac. Ipbigén, a. 3. sc. Leur haine pour Hector n’est pas encore éteinte, Racine , Andromaque , a. s. Jc. 4.) * ETEINDRE. {Abolere , de’ere.} Abolir, anéantir. (Eteindre une famille. Eteindre une pension, à.) * ETEINDRE de la chaux, {Calccm macerare,} C est la délaïeravec de Peau , pour la conserver julqu’â ce qu’on l’emploie , sans quoi elle se gàteroit, se consumerait , & deviendrait inutile. ETEINS , f m. ou Cornières , f f, { Carnuu, } Terme de Marine. Pièces qui forment les angles de Tarcaffe, ou de la poupe d’un vaiiieau, etant courbes en deux sens. ETEND ART , f m. {Signum militaire, vexillum.} Bâton tourné, auquel est ataclié un morceau de raseras en forme de petite bannière ; ce tafetas est souvent brode & a la figure du Soleil au milieu , avec cette devise du Roi, Necpluribus impur -, & est porté par un Cornette. $ ETEND ART- On apelle ainsi fur les galères , ce qu’on apelle pavillon fur les vaisseaux. (Les gardes de f étendart.) £ Suivre les étendarts de quelcun. C’est combatts fous ses étendarts, embrasser ion parti. H Lever l’étendart, c’est fe faire chef de parti. (II a levé T étendart dé la révolte.) -f Arborer f étendart, c’est faire profession, faire parade de quelque chose. ( Cette femme a levé Té- tendait de la dévotion-.) ETENDART. Terme de Fleuriste. H fe dit en parlant de certaines fleurs qu’on apelle Iris, &■ lignifie D d d d d % ses y66 ETE les trois feuilles supérieurs qui s’élévent au-dessus des autres. (Iris qui a les étendards gris, panachez de violet.) m ETENDEUR, s «*• c Extentor.] Terme d 'Anatomie. C’est le nom qu’on donne aux muscles qui servent à étendre les autres parties du corps, comme les bras, les jambes, &c. ETEND OIR, s tn. [Extentor baculm .] Terme d 'Imprimeur. C’est un bâton long de quatre ou cinq pies, au haut duquel il y a une petite planche, fur laquelle on met & porte fur les cordes les estampes, & les feuilles des livres qui viennent d’être imprimées, afin qu’elles s’y puissent sécher. ETENDRE, ». a. [ Extendere , explicare, evolvere , diftendere.] J’étens, j’ai étendu, j’étendis. Ouvrir & déplier au long. (Etendre en large : étendre les bras : étendre du beurre fur du pain : étendre du linge. Un oiseau étend ses ailes.) * ETENDRE ses conquêtes. [Propagare , extendere J Vaug. Quint. I. ;. c. 12. C’est-à-dire , les porter plus loin. La domination d’Efpagne s’étend fore loin dans les quatre principales parties du monde. * Etendre une Loi : étendre la signification d’un mot. ck * ETENDRE le parchemin. C’est faire de longues écritures dans une afaire pour en augmenter les fraix. f * ETENDRE la courroie. C’est étendre le profit, les droits & les pousser plus loin qu’ils ne devroient aller. S’E’TENDRE , ». r. [ Proflrare se, expandere.] (S e- èendre fur son lit. * L’Isìe ne s’étendoit guére moins que les Indes. Abl. Arr. I. 7. * S’étendre fur les louanges de quelcun. Abl. apoph. Cet Orateur s’est fort étendu fur une telle matière.) ETENDU, étenduè, adj. \_Extentus, explicatifs , patent.] Qui a de l’étenduë : spacieux : ouvert & déplié tout au long. Couché de son long. (II est étendu sur son lit. Avoir les bras étendus.) ETENDUë , f.s. [Extensio.] Terme de Philosophie. Matière qui a trois dimensions & qui s’étend en longueur, largeur & profondeur. (Détendue est l’objet de la Géométrie.) ETENDUë , s f. [Extensio , amplitude, porreHio.] Grand espace. Longueur. (Pais d’une longue étendue. Ablancourt. Donnez à vôtre ouvrage une juste étendue. Désir, poétique, c. ;.) II se dit aussi du tems. (Nôtre vie est d’une courte étendue. La Période Julienne est d’une grande étendue. On dit étendue de voix.) , * Je veux donner à ma haine une libre etenduë. Racine, Andromaque, a. 1. sc. 4. * ETENDUë d’efrit. Elle consiste à comprendre un grand nombre de principes fans les confondre. Pour former un sistême régulier, il faut une certaine grandeur, & une certaine étendue d’esprit qui puisse envisager plusieurs choses à la fois. Malberb. ETERNEL , s. m. [Aiternus.] Dieu. Etre souverain, qui n’a point eu de commencement, & n’aura point de fin. (II les reçoit comme des hôtes que l’Eternel lui envoie. Patru, plaid. Oui, je viens dans son temple adorer /'Eternel, Je viens selon s usage antique N solennel, Célébrer avec vom la fameuse journée, Ou sur le mont Sina la loi nom fut donnée. Racine, Athalie.) ETERNEL, éternelle, adj. [Alternas.] Qui n’aura point de fin, qui durera toujours. (Les dannez soufri- ront des peines éternelles. Va dans P ombre éternelle, ombre pleine d’envie, Et ne te mêle plus de censurer ma vie. Tristan, l’Hermite.) f * ETERNEL, éternelle. [Perpetum.] Perpétuel. (Leur éternelle inquiétude a quelque image des enfers. Gomb. épi. liv. 5.) ETERNELLE , f f. Sotte de plante, qui produit des fleurs jaunes en forme de bouquet. ETERNELLEMENT, adv. [. Aternàm .] Totì- jours. (Les dannez soufriront éternellement.) * ETERNELLEMENT. [Continué.] Incessamment : sans cesse. (Us font éternellement ensemble. II efl certain qu’un jeune Amant Croît aimer d’un amour extrême. Et jure ^'éternellement Recueil de pièces galantes.) ETE 0 On prend quelquefois éternellement pour un long-tems , mais qui peut avoir une fin; ainsi Malherbe a dit : Les ouvrages communs vivent quelques années, Ce que Malherbe écrit, dure éternellement. 11 a seulement entendu dire que ses ouvrages feront connus dans la postérité. C’est dans un terme plus court qu’il a renfermé l’adverbe éternellement. quand il a dit: Pour moi , je ne fuis point de ces faibles (frits, Qui bientôt délivrez, comme ils font bientôt pris, En leur fidélité, liant rien que du langage s Toute forte d’objets les touche également : Quant à moi, je difute avant que je m’engage Mais quand je l’ai promis , j’aime éternellement. ETERNISER, V. a. [vEternitati commendare.] Immortaliser. (Eterniser les belles actions des grands hommes : éterniser la mémoire d’un bien-fait : éter- nifer la mémoire de son nom.) ETERNITE', f f. [Aternitas , tempm sempiter - num .] 11 fe dit de ce qui n’a ni commencement ni fin. (Dieu est de toute éternité.) ETERNITE'. [Avum immortale.] Immortalité. (II n’y a guére de choses plus dificiles, que d’écrite l’Hifloire, si l’on veut travailler pour l'éternité. Abl. Luc. t. 2.) 0 Malherbe a emploïé éternité dans ces vers qu* l’on a condannez très-justement : 11 ne saut pus que tu penses Trouver de /'éternité En ces pompeuses dépenses Qu invente la vanité. Trouver de l’éternité dans une chose, est une expression insoutenable : on dit bien, trouver du plaisir dant une chose, ETERNUER, ». n. [Sternutare.] Ce mot fe dit du cerveau, qui fe décharge par les narines. (11 a éter- nué six fois : je ne fais qu’éternuer.) ETERNUMENT , f. m. [Sternutatio.] L’action d’é- ternuer. Mouvement violent du cerveau, par lequel il essaie de chasser par les narines ce qui lui nuit. 0 La coutume de saluer celui qui éternuë, & d’im- plorer pour lui l’affistance du Ciel, est très-ancienne. L’histoire racontée par Apulée dans le neuvième Livre de son Ane d’or, en est une preuve. Une femme croïant son mari absent pour long-tems , faisoit bonne chere à son amant, lorsque le mari survint pour souper ; le galand fut mis sous une grande cage d’osier fort élevée, & qui étoit couverte de linges que l’on blanchissoit à la vapeur du soufre. Le jeune homme pressé par la violence de cette vapeur, éter- nuoit de tems en tems malgré lui : le mari croïant que c’étoit fa femme qui éternuoit, la salua d’abord selon la coutume, folitosermone : mais les éternumens aïant continué, il soupçonna la vérité, dont il fut pleinement instruit en découvrant la cage. Pétrone, plus ancien qu’Apulée, nous fournit une autre preuve de cet usage. 11 raconte dans fa Satire, que Giton étant caché fous les couvertures d’un lit, ne pouvant presque plus respirer, éternua trois fois de fuite, avec tant de force, que le lit en trembla : à ce bruit, Eu- molpe fe tourna , salvere Gitona jubet. Pline nous aprend dans le 28. Livre de son Histoire, ch. 2. n. ç. que l’Empereur Tibere, qu’iî apelle trijlissimum, rude & peu civil, saluoit, en passant dans les rues, ceux qui éternuoient, étant persuadé que c’étoit une acte de religion : ainsi il n’est pas vrai, comme Sigonius l’a écrit dans son Histoire du régné d’Italie, que l’on a commencé de souhaiter l’asiìftance du Ciel depuis le Pontificat du Pape Grégoire, à cause des morts qui ar- rivoient fréquemment lors qu’on éternuoit. On donne plusieurs raisons de cet usage, où la superstition a beaucoup de part : en éfet, Aristote ditJdans ses problèmes, que l’éternûment du côté droit etoit un bon augure, & qu’au contraire, on devoit craindre quelque malheur, quand on éternuoit du côté gauche. Ce fût fur cette prévention, au ra port de Plutarque, que Thémistocle augura bien du combat pour lequel il faisoit un sacrifice, parce qu’il entendit éternuer du côté droit. Enfin Catulle, pour marquer l’extréme passion d’Acme & de Septimius, dit plaisamment que l’Amour aprouva leurs sermens dé s’aimer éternellement, par un étemûment du côté droit : Uoe ETI Uoc ut dixìt, amor snifìra, ut ante Dextram Jlernuil ad probatìonem. Poëm. 9. Voïez le quatrième tome des Mémoires de l’Académie des Inscriptions, page 52^. ETE'RODOXE, adj. m, & f. [Hétérodoxes.] Qiii est d’une croïance contraire aux opinions communément reçues, qui a des sentimens particuliers. On dit aussi, Eterodoxie. Arch. de Cambrai, , ETE'SIES , f m. [Etefa.] Vents anniversaires & réguliers, qui souflent quarante jours durant vers la fin de la canicule. On les apelle aussi , vents étéjlens. Defcartes, meteor. ETERER , v. a. [Decapitare, decacuminare.] Terme de Jardinier. Couper le haut d’un arbre : cou- Çer la tête d’un arbre. (Etêter les arbres : un arbre étêté.) ETEUF, f. m. [Pila lusoria.] Prononcez éteu. Baie liée avec de la ficelle, & qui n’a pas encore fa dernière couverture : une baie de jeu de paume. f * Repousser, ou renvoier l’éteuf. Façon de parler, proverbiale, pour dire, répliquer vertement , repousser une injure par une plus forte. ETEULE, / f. [Stipula.] C’est la partie de la aille qui reste fur le champ , après qu’on a coupé le lé. (Brûler l’éteule.) ETHE'RE'E , s. f. [AEtherea.] Matière pure & subtile qui est au-dessus de l’atmosphére & qui remplit tout l’espace dans lequel les astres font leurs cours & leurs mouvemens. Voïez laphìjlque de Régis, les essais de phijìque de Mr. Perraut. (Les Poètes apellent aussi le ciel, voûte éthérée. Région éthérée. Acad. Fr.) {$ ETHOLOGÏE- Quintilien, liv. 1. cb. 9. confond les Chries, les Sentences & les Ethologies, où il veut que l’on exerce d’abord les enfans pour commencer à se former un stile facile & succint, en composant , par exemple, de petites fables semblables à celles d’Esope. 11 ajoute que la Sentence est une vérité spéculative & universelle ; que l’Ethologie regarde les mœurs & les personnes ; & quant aux Chries, il y en a de plusieurs fortes, dont l’explication est du ressort des Rhéteurs. ETIENNE , f. m. [Stephanm.] Nom d’homme qui vient du Grec, & qui veut dire, couronne ; son diminutif est Tiénot , qui signifie petit Etienne. (Saint Etienne a été le prérrrier Martîr de l’Eglise Chrétienne.) Le Pape Etienne a eu de grands démêlez avec Saint Cyprien. ETIER, f m. [Candis , alvem , aqua duftw.] Terme de Gabéles. Canal ou conduit, qui sert à recevoir l’eau de la mer dans les marais salans. f ETIER, se dit aussi d’une fosse faite par art, ou naturellement, qui se dégorge dans la mer, ou dans quelque rivière qui en est proche. ETIMOLOGïE , f f [ Etimologìa, verus ferma , verborum origo.] Ce mot est Gree. Véritable signification & origine d’un mot. ETIMOLOGIQUE , adj. [Etimologicus, ad verborum originem pertinent.] Propre pour trouver des étimologies. (Esprit étimologique : Dictionnaire éti- mologique.) ETIMOLOGISTE , f nt. [Qui de vocum origine scribit.) (lui fait des étimologies : qui fait les étimologies de quelque langue. (Un fameux Etimologiste.) ETINCE'LANT- Part. Oui étincèle , (La lumière des Planètes n’est pas si étincélante que celle des étoiles. Robaut.) * ETINCELANT, etincelante , adp [Mjcans , fui - gens.) Brillant, éclatant, plein de feu, pétillant. (II a les yeux êtìncélans.) ETINCE'LEMENT , f m. [ScintiUatio.] Eclat qm étincèle. L’étincélement d’une pierre à feu. (L’étin- célemênt de la pierre de Boulogne dans les ténèbres.) ETINCE'LER, v. n. [Scintillare , fdgere, micare.] Ce mot se dit proprement du feu & des corps durs qui se choquent. Jeíter des étincelles. (Feu qui étincèle. Pierre qui étincèle. » Ses yeux étincèlent ; c’est-à-dire , qu’ils brillent & font pleins de feu. Ses ouvrages tout pleins dlaffreuses véritez , Etincèlent pourtant de sublimes beautez , Dospr. parlant de Juvénal.) ET O 767 ETINCELLE , f. f. [Scintilla.] Petite bluéte quî sort d u feu ou des corps durs qui le choquent: faire naître des étincelles : exciter des étincelles : les corps durs qui se choquent, produisent des étincelles : une feule étincelle peut produire un grand embrasement. ETINCELLE , se dit aussi en choses morales. (Dans tout cet ouvrage il n’y a pas une étincelle d’esprít. 11 ne faut pas faire sentir aux gens par des termes durs & bumilians, qu’on ne leur trouve pas la moindre étincelle de raison. Nicole. 11 connoìt, en votant tant de dons précieux, Que f fa Bergére es Jl belle, C’eft qu’une legére étincelle De l’elbrit qui !anime a Valsé dans ses yeux. Perr. Griselidis.) * C’étoit un grand butin s’il fut resté aux vaincus une étincelle de courage. Vaug. Quint. L 9. cb. 10. Une étincelle d’esprit, de vertu, &c. Une étincelle de guerre, de sédition, &c.) S’ETIOLER , v. r. [Altims surgere.] Terme de Jardinier. 11 se dit des plantes , qui pour être trop serrées dans leur planche, montent plus haut qu’elles ne doivent, & ainsi au lieu d’être grosses & fortes, elles font foibles & menues. (Ces plantes s’étiolent, ou font étiolées. La Quint.) S’E'TIOLER, v. r. [Disundi.] II se dit aussi des branches qui font dans le milieu des arbres trop confus & trop serrez. (Ces branches commencent à s’é- tioler, & il faut prendre garde qu’elles ne continuent à s’étioler d’avantage. Quint, jardins, fruitiers, t. 1 .) ETIQUE , adj. [EEiicw, tabidus.] Maigre. Qui n’a que les os & la peau. (Corps étique. Main. Po'éf Fièvre étique. II fe dit des animaux. Cheval étique, chapon étique. Sur un lièvre flanqué de sx poulets étiques, Paraissaient deux lapins animaux domestiques. Defpr.) ETIQUETTE , f f. D Inscriptìo .] Terme de Procureur. Petit billet qu’on met fur le sac, & où son met le nom de la partie. (Etiquette mal atachée. Atacher une étiquette.) Les Apoticaires apellent aussi étiquettes les petits billets qu’ils mettent furies fioles. * Juger fur l’étiquette du sac. [Litem non pondéra - th momentis judicare. ] C’est-à-dire , juger légèrement & fans une connoissance parfaite des choses. Condamner fur C étiquette s c’est-à-dire, fans une vraie connoissance. | ETIQUETTE , se dit aussi des petits écriteaux qu’on met à des sacs d’argent, à des liasses de papiers, à des paquets de bardes, pour marquer ce qu’il y a dedans. H ETIQUETTE du Pdais. C’est en parlant des afai- res de la Cour d’Efpagne, & de quelques autres , le Journal de ce qui se doit pratiquer journellement dans la maison du Roi, & dans les principales cérémonies. (On fuit exactement l’étiquette du Palais.) ETIQUETTER , v. a. ou mettre f étiquette, [Signare, injcriíere.) L’un & l’autre est en usage parmi les Avocats & les Procureurs ; mais il y en a qui aiment mieux la seconde façon de parler que la première ; & en éfet on dit plus souvent entre gens de Thémis, mettre P étiquette Jur un sac, qu’étiquetter un sac ; mais il y a bien à espérer pour étiquettes, parce qu’il est le plus vif & le plus court. Les Apoticaires disent éti- quetter une fiole. ETIRE , s s [Explicator.] Masse de fer plate & quarrée que les Corroïeurs tiennent à la main, & dont ils se fervent pour épreindre l’eau du cuir en le cor- roïant. t ETIRER, v. a. [Explicare,] Plusieurs Artisans se servent de ce mot, pour dire, étendre, alonger. (Les Serruriers étirent le fer chaud fur l’enclume.) ETMOIDE > adj. [Etmo'ides.) Terme de Médecine. Os situé au milieu de la hâle du front, & au haut de la racine du nez, emplissant presque toute la cavité des narines. Les sutures qui tournent autour de Pos etmoide, s’âpellent etmoidales. ETOFE , f f. [Pannus, textum.] Ouvrage de laine, ou de foie dont on s’habìlle. (Lever de l’étofe chez un marchand» Marquer l’étofe. Couper l’étofe.') ETOEE, f. f. [Materies.] Ce mot se dit aussi plus gens- 768 ETO généralement de la matière sur laquelle les Artisans travaillent. ils apellent étofe toute forte de métal, le fer & l’acier , le laiton, &c. (Cette cloche est de bonne étofe. Ces bottes font de bonne étofe; c’est- à-dire , d’un cuir bien conditionné. II entre diverses fortes d’étofes dans les chapeaux , &c.) t * ETOFE. [Gémit , fieciesî] Ce mot, au figuré, signifie forte, condition. (Ce font des gens de même étofe. Un homme de baffe étofe.) Air. de la Ro- chefoucaut dit d’un sot , qu’il n’a pas assez d’étofe pour être bon. * ETOFER. [Or n are , intexerel] Etofer un ouvrage , un ouvrage bien étofé , c’est-à-dire, bien orné, bien garni. Les ouvriers en fer apellent étofe, du fer préparé , en forte qu’il est meilleur que le fer ordinaire & moins dur que l’acier. + * Bourgeois , artisans & autres gens de telle étofe. Ab!. Luc. tom. i. ETOFES. [Textum.2 Terme de Brodeur. Les foies retorses qui font entortillées fur la broche, avec laquelle on travaille. ETOILE', étoilée , adj. [Stellatus , fiellis di/ìinc- íut.J Qui est plein d’etoiles. (Le ciel est ce soir fart étoilé. Des globes étoilez les palais font ouverts. Volt. Pois.) ETOILE , s s [Stella, Jrdut , fatum , fors , natale , ajîrum .] Partie brillante du Ciel. Partie de constellation. {Etoilefixe, c’est une étoile lumineuse, & qui garde toùjours la même situation. Etoile errante. C’est une étoile qui change continuellement de situation. Le lever & le coucher des étoiles. II y a des étoiles de diverses grandeurs. On a observé de nouvelles étoiles dans le Ciel. Sur le ciel quand la nuit eut déploie ses voiles, De leur premier éclat brillèrent les étoiles. Perr.) * 11 n’importe que leâ étoiles me soient contraires. Voit. I. ry. Si vous m’aimez, j’en rends grâces aux étoiles & à l’amour. Voit. I. 78 . L’étoile de la Nation Françoise est de fe lasser de son propre bonheur. Mr. le Duc de la Rocbefoucaut. C’est mon étoile , & non pas mon choix qui m’oblige à vous aimer. Le Comte de BuJJì.') ETOILE, fe dit aussi figurément des personnes. ( S. Augustin a été une étoile brillante par fa doctrine.) Les Poètes ont souvent changé les étoiles en fleurs, Lies fleurs en étoiles. Un François a dit: Là quand ces fiers chevaux qui ramènent le jour, Sur les rives du Gange anoncent son retour , Et que le Ciel surpris d’aise U d’étonnement, S’amuse à regarder la campagne chargée Des plut riches trésors qui soient au Firmament. De même Fulvio Testi a dit : Mira, corne vezzosa Furando al Cid leselle Impie difior la terra , O bé campi fioriti Non sembran quefiì fiorì Stelle appunto del Ciel discese ìn terra. On dit proverbialement , Coucher à la belle étoile, pour dire , coucher dehors. C Sub dio morari. 1 Né fous une bonne étoile. [DextroJldere edituf.2 Voir les étoiles en plein midi. C’est recevoir un grand coup fur les yeux. On dit d’un Prédicateur qu’il voit les étoiles, quand il bat la campagne, & qu’il ne fait ce qu’il dit. ETOILE. Efpéce d’infecte de mer qui a la figure d’une étoile avec cinq branches, au milieu (lesquelles est la bouche qui a cinq dents. ETOILE volante. Sorte de météore , qui court dans Pair & qui s’éteint incontinent. ETOILE. Sorte de petite fleur blanche qui vient en Avril & en Mai. ETOILE. [Aseriscuí .] Terme d 'Imprimeur. Petite marque en forme d’étoile qu’on met dans les livres pour remplir les vuides d’un mot qu’on n’imprime pas, ou pour marquer quelque autre chose ; comme , par exemple , dans ce Dictionnaire cette marque * signifie que les mots, au devant defquels elle est mise , se prennent dans un sens figuré. * ETOILE , ou sort à étoile. Terme de Fortification. C’est un ouvrage fait à angles faillans, & qui a six pointes. ETO ETOILE, ou pelote au front du cheval. (Ce cheval a une étoile au front.) ETOILER. Terme àe Monoie, qui fe dit lors que les flancs & les carreaux s’ouvrent quand on les bat, à faute d’être recuits. ETOLE , s f. [Stola.2 Terme d 'Eglise. Sorte de grande bande bénite, longue & large, que le Prêtre fe met fur le cou , & croise fur ì’estomac , & que le Diacre porte en écharpe, de l’épaule gauche fous le bras droit. ETONNANT , part. [Terrens.J Qui étonne , qui surprend , qui cause de l’admiration. (Les Voyageurs nous racontent des choses étonnantes des peuples qu’ils ont visitez.) ETONNANT, étonnante, adj. [Mirabilis, mtrus .(j Surprenant, qui étonne. (Sa conduite est étonnante. Cela est étonnant.) ETONNE', étonnée, adj. [Territm, attonìtus.J (II est étonné comme un fondeur de cloches. Proverbe.) ETONNEMENT ,s m. [Stupor, pavor, tre- mor , concujjìo , admiratio.] Epouvente. Sorte de surprise étonnante. (Tout le monde est dans P étonnement.) Etre ravi d’étonnement. 11 a peine à revenir de son étonnement. II traverse rapidement Les guerres de la plaine, U gagnant la montagne , II entre dans le bois au grand étonnement, De la troupe qui l’àcompagne. Perr. grifelidis. ) ETONNER, v. a. [Terrer e, admirationem face- rel] Epouventer. Surprendre d’une certaine maniéré qui touche. ( Cela étonne tout le monde. Je fuis étonné de son procédé à mon égard.) S’ETONNER , v. n. [ Terrefieri. j Etre épouventé. (Un criminel s’étonne à la vûëdes Juges, & de Papa. reil de son fuplice.) S’E'TONNER. [ Admirari, mirari. J Etre surpris. (Je m’étonne de votre silence , de votre paresse , Le. 11 ne s’étonne pas pour le bruit qu’on fait.) ETOPE'E , s f. [Etopea.2 Figure de Rétorique, qui est une efpéce de description des mœurs & des pat fions de queìcun, L qui diffère de ia Profopopée, en ce que celle-ci regarde les personnes feintes, & celle-là les personnes véritables. ETOUDEAU,T m - Jeune chapon. On trouve ce mot dans le DtHionnaire des Rimes de Richelet. ETOUFANT- [Prafocatusl] Part. Qui étoufe. (Voi-là un tems vain L étoufant.) ETOUFANT, étoufante , adj. [ Opprimens .J Si excessif qu’il peut presque fufoquer. (11 fait une chaleur étoufante. ) ETOUFEMENT , f. m. [Prafocatio , sujsacatìo. ] Sorte de sufocation. Sorte de mal qui semble nous fufoquer. (11 me prend quelquefois des étoufemens qui me font peur.) ETOUFER, v. a. [Prasocare, intercludere fiiri- tum , extinguere.2 Faire mourir en íùfoquant. (Etou- fer une personne enragée. J’ai pensé être étoufé à la porte. Mol.' S’étoufer de manger. Vaug. Quint. I. ç. t. 1 . Etoufé de douleur. Le Comte de BuJJì. Hercule étoufe des ferpens , étant encore au berceau. L’a- poplexie étoufe. La fumée étoufe. Les eaux émulent ceux qui fe noient. On étoufe entre deux matelats les enragez. On dit que des habits trop chauds L trop lourds étoufe n t ceux qui les portent. * La grande joie où je fuis, étoufe toutes mes paroles. Etoufer les semences cFune guerre civile. Abl. Tac. ann. I. z. Etoufer une révolté. Etoufer ses ressentimens. Vaug. Quint. I. 6. Dans l’inquiéte ardeur d’un feu qui dure encore, Nun plonge le poignard dans lesein qu’il adore ; Vautre , par un mépris qui fait mieux le vanger, Etoufe ses amours jusqu’à les négliger. Vill.) 1 ETOUFER , ou s’étoufer de rire. C’est rire par excès- ETOUFOIR, f. m. [Prafocator , oppreffbr.2 Instrument de métal haut d’environ trois ’piés, creux , rond, ouvert par le bas L couvert par le haut, que les Boulangers mettent fur la braise pour l’éteindre L l’étoufer. ETOU- ETR ETOUPE, s. f. [Stupas] Ce qui sort du chan» vre, lors qu’on l’habiïe & qu’on le passe par les se- rans. ( * Mettre le feu aux étoupes. C’elf alumer la colère des gens qui font en querelle.) t ETOUPER, ». a. [Stupare , Jìupâ obturare.] Boucher avec des étoupes : boucher. Etouper les navires de mousse. Les oreilles il lui coupa, Et les conduits en étoupa. Yoit. Poës. Etouper une bouteille. * S’étouper les oreilles, c’est ne vouloir rien oûir. N’être point touché des cris & des plaintes des misérables.) ETOUP 1 N, f nu [Efiitromium.] Cordes de coton filé qu’on trempe dans une composition, où il entre de la poudre & du salpêtre dissous dans du vinaigre ou de surine. Acad. Fr. t ETOURDERIE,/ / [Temeritas,socordia,'sto- liditas.) Ce mot ne s’écrit pas, mais il se dit en parlant : c’est-à-dire, a&ion étourdie. (11 a fait une étourderie. C’est une étourderie de petit garçon.) ETOURDI, f m. [Inconjlderatm, levis, fiolidus.] Qui est un peu précipité dans fa conduite , qui a de l’imprudence. (C’est un franc étourdi.) Pour toute autre que votes f ai le cœur engourdi, Et ‘sous me priserez un petit étourdi. Bours. Ésope. II y a une Comédie de Molière, apellée ì’Etourdi, ETOURDIE , f fi [ 'Inconjiderata , levis, jlolida.] Qui agit d’une maniéré précipitée & acompagnée de quelque imprudence. (C’est une vraie étourdie.) A l’étourdie , adv. [ Inconjlderatè .J D’une maniéré étourdie. (Les assiégez qui les virent venir à l’étourdie, coururent dessus. AH. Arr. I. i. Les Barbares coururent fur lui à l’étourdie. Vaug. Quint. I. 9. ch. ;.) A" Je crois , avec Mr. Ménagé , Observât , tom. 1» ch. 192. qu’il faut dire, à l’étourdi, & non, à l’étourdie. ETOÚRDIMENT, ado. [Inconjlderatè, inconsultè, Jlolklè .] A l’étourdie. (Faire quelque chose étourdi- ment, ETOURDIR, v. a. [ 'Obtundere, objìupesacere.] Rompre la tête à force de bruit ou de criailíerie. (Le son des cloches étourdit, quand on les entend de près, * Vous étés de plaisantes gens avec vos régies dont vous nous étourdissez tous les jours. Mol. Etourdir les ignorans. Abl.) S’E'TOURDIR, s. r. [Obdurare se.] S’ôter le sentiment d’une chose, & se tromper en quelque façon soi même. (C’est un libertin qui fait ce qu’il peut pour s’étourdir fur les peines qui font réservées aux impies après la mort. En faisant de beaux raisonnemens fur l’immortalité de i’ame, il cherche à s’étourdir fur la crainte de la mort. Nouvelles remarques.) ETOURDISSANT, ANTE , adj. [Obtundens.] Qui fait bien du bruit, qui étourdit. Les catosses font un bruit étourdissant. ETOURDISSEMENT , f m. [Stupefafíio , super.] L’éfet de quelque chose qui étourdit. (Le bruit des canons & de la moufqueterie m’a causé un étourdissement qui m’a duré long-tems.) * Dieu a répandu fur cet imposteur l’efprit d’étour- dissement & de vertige. Patru, plaid. 4. ETOURNEAU, f M. [Sturnus.] Oiseau noir, marqueté de petites taches grises, qui vit cinq ou six ans , qui aprend à parler, & qui est d’un aliment grossier. J- On fait manger cet oiseau pour l’épi- lepíie, (Faut-ii qu’un marmouset, qu’wt maudit étourneau. Mol.) ETRANGE , adj. s Extraneus , alienigena. j Ce mot signifie étranger , mais il se dit peu. ( Peuples étranges.) * ETRANGE, adj. [Mirw, ìnfrequens, infilens.] Surprenant, grand , extraordinaire , fâcheux , impertinent. (C’est une étrange humeur. Un raisonnement étrange. Pasc. I. 8. Trouver étrange , c’est- à-dire , surprenant & extraordinaire, un étrange accident. ETR 769 Les Princes font d’ étranges gens, Heureux qui ne les connaît guere, Plus heureux qui n’en a que faire , Voit. * Faire d’étranges éforts, Voit. L ri. * Us content une chose étrange de leur origine, Abh Arr. I. 1. c. 10. Une résolution si étrange donna de la fraïeur à tout le monde. Vaug, Quint. I. Peut-on m’atribuer cessotises étranges ? Ah ! Monsieur , vos mépris vous servent de louanges, Defpr.) ETRANGEMENT , adv. [Mirum in modum , vehe- menter .] Extraordinairement ; fort ; beaucoup. (11 est étrangement emporté, vif, colère, amoureux, &c.) ETRANGER , étrangère , adj. [ Extraneus , bosses , alienigena , incola , advena, alienus .] Qui est d’un autre pais que/elui où il est. (II est étranger -, elle est étrangère : palier fous une domination étrangère : c’est une plante étrangère : aler dans les païs étrangers. Enfin aux loix de i’himenée, Suivant vos vaux , je me vais engager, Je ne prens point ma femme en pdzs étranger, Je la prens parmi vous, belle, sage, bien née. Perr. Griselidis. f Les Etats qui se servent de troupes étrangères, doivent leur garder une foi inviolable. Polybe de Mr. de Folard. * Cer homme est étranger dans son propre pais, dans fa famille, dans cette sience, dans cette profession : c’est-à-dire, il ignore l’état & les afaires, il ne fait pas cette sience, &c. * On apelie quelquefois étrangers ceux qui ne font pas d’une famille, encore qu’ils soient du même pais. (II ne faut pas que les étrangers voient les papiers, ni sachent les secrets de notre famille.) * ETRANGER, étrangère. [ Adscititius .] Qui n’est pas propre à une chose, qui ne lui est pas essentielle. (Un corps étranger.) ETRANGER , f m. [Alienigena, bofies.] Celui qui n’est pas du pais. (C’est un étranger qui a bon sens : les étrangers font défians.) f ETRANGER, v. a. [ Depellere, fugare.] Etranger quelcun, pour dire, l’éloigner, le détourner , le chasser. Ce mot ne se dit que par le menu peuple. (S’ctranger de quelcun, s’en retirer. Danet.) ETRANGLER, v.a. [ Stmngulare, gulcm fr an- gere.] Sufoquer par le cou. (Le bourreau étiangle les criminels qui font condamnez à être pendus.) ETRANGLER. [Sujsocare, elidere sauces.) Sufoquer; tuer ; faire mourir. (Etant las de tetter , j’étranglai ma nourice. Difmarais, visionnaires, a, 1. sc. 1. Je l’é- tranglerois de mes mains, si elle avoit forfait à son honneur. Mol. Geyrge-dandin , a. 1. sc, 4. Un Empereur s’étrangla d’un pépin. Penser, rondeaux.) t/ ETRANGLER. [Clamitare, aliatrare.] Criailler après une personne, la quereller. (Elle a une mère qui l’étrangle. Voit. L Li.) * ETRANGLER les affaires; c’est-à-dire; expédier trop promtement les afaires, & fans les avoir bien examinées. ETRANGLER. [Comprimere.] Serrer fortement quelque partie du corps. (Voilà un collet qui m’étran- gle.) ETRANGLER un jac , c est fermer son ouverture en la liant avec une corde bien serrée. Oh dit de même, étrangler une fusée, c’est la serrer fortement du côté où l’on met le feu. On dit figurément & proverbialement : j’ai un mot qui m’uraxgle ; c’est-à-dire , que je he puis m’empé- cher de dire. Ce bâtiment est trop étranglé , quand les ailes en font trop ferrées. DETRAQUE, / fi Terme de Marine. C’est la largeur d’un bordage. Etraque de gabord , c’est la largeur du bordage qui est entaillé dans la quille. í ETRAVE , f fi Terme de Marine. C’est une grosse^ piece de bois courbe, ou deux pièces mises bout-à-bout Tune de l’aútre, courbées en arc , & élevées en faillie, fur l’excrémité de la quille, à savant dit vaisseau, pour soutenir & former ìa proue. ETRE. tEjfe.] Prononcez aitre ou être. Ce mot est un verbe auxiliaire. Je fuis , jetois, j’ai été, je fus. Tome L Lee ee ' /f 77° ETR je serai , je soit, je fusse, je seroit. II signifie , exister : avoir existence. (II y a des Philosophes qui croient que le monde a pû être de toute éternité.) Je fut, lignifie quelquefois salai. Voïez Aller. ( ÊTRE. [ Ejse,sttum estes Consister. (La félicité est dans le goût, & non pas dans les choses. Mr. de la Rochefoucaut.') ETRE. f AmpkBi partes , defendere , tueri. j Embrasser le parti : défendre : protéger. (Si tu la regardes , tu feras pour elle. Voit. Poés. Si le Seigneur est pour moi, je ne craindrai rien. Port-Royal. Pseaumess ETRE. [Pendere , pertïnere, stetìare ad.J Depen- dre : relever : apartenir. (Les plus hautes montagnes font au Seigneur. Port-Royal , Pseaumes. Cela est à moi.) ETRE. [Harere , morarìs Demeurer quelque espace de tems. (On fut tout le jour à monter & à de- cendre. Abl. ret. I. 4. c. 1. 11 s font fans cesse a fe dire des injures.) ETRE. [Oportets Ce mot signifie quelquefois : il faut: on doit. (II est à craindre qu’il n’autorife les maximes du Cardinal. Mr. le Duc de la Rocbe- foucaut.) ETRE. Ce verbe entre encore dans d autres façons de parler fort en usage. (Etre bien avec quelcun; c'est-à-dire, être en bonne intelligence. Etre mal avec quelcun } c’est-à-dire, être brouillé, llrì en est pas encore où il pense j c'est-à-dire, il lui arrivera quelqu* chose qui renversera ou diminuera sa fortune. C’est à moi à faire celas c’est-à-dire, c’est moi qui le dois faire.) ETRE, f. m. [Eus.] Terme de Philosophie. _ Ce qui est, ou qui existe. (Etre incréé : être parfait : être créé : être matériel : être naturel : être reel : être de raison. Dieu à donné l’être à toutes choses.) ETRE, s. m. [Loti partes, locas Ce mot, au pluriel, signifie chemin, adresse, & détours d’un lieu. (Savoir les êtres d’un logis. S. Amants Mais ce mot est bas. ETRE'CIR , v. a. [Coarctare , constringere .] Faire plus étroit. (Etrécir un habit. Le chemin aloit en étrécissant, c’est-à-dire, devenoit plus étroit.) ETRE'CISSEMENT , s m [ÇoarHatìo,contra- Bios L’action par laquelle on a etreci. (Etrecisscment d’un canal.) ETRE'CISSURE , s f sCoarBaturas L’action par laquelle on étrécit, ou état de ce qui est etreci. (Etrécissure d’habit.) On dit aussi, étrécissure de terre. [Terra sauces, lingua, angustìas ETREIGNOIRS , f m. [1 Constringentess Deux morceaux de bois percez de plusieurs trous, joints avec des 1 chevilles ; ils fervent comme le sergent à emboîter des portes, ou autres choses. ETREIN , f m. [Stramens Foarre , ou paille qu’on met fous le ventre des chevaux pour leur servir de litière. ETREINDRE, V. a. [Constringere, conjungere, unir es J’étreins, j’ai étreint, j’etreignis , j’étreindrai. Serrer. (Une mère qui étreint sa fille entre ses bras. Desm. viston. a. 3. Qui trop embrasse, mal étreint. Proverbe, pour dire, que qui entreprend de venir à bout de plusieurs choses tout à la fois ; ne vient à bout de pas une.) t ETREINTE, s / [ConstriBio , confirìBuras L’action par laquelle on étreint & l’on ferre quelque chose : mais il ne fe dit guère. ETRENNE , s f- [Xenia , strenas Ce mot fe dit plus au pluriel qu’au singulier. Présent que se font les amis le jour de fan. Présent qu’on fait aux personnes de qui on espère quelque grâce, ou à celles à qui on est obligé. (II a eu de bonnes étrennes. Donner quelque chose en étrennes. * A bon jour bonne étrenne ; on fe sert de ce proverbe quand il nous arrive quelque chose d’heureux en un bon jour. Après tant de cruelles peines, Que vos rigueurs m’ont fait soufrir, S’il faut vous donner des étrennes, C’est un cœur qui s’en va mourir. Poète anonyme.) t * ETRENNE. [Aufpicium.] Terme de Marchand, qui ne fe dit qu’au singulier. La première chose qu’un ETR marchand vend dès que fa boutique est ouverte. (Voilà mon étrenne d’aujourd’hui. Je ne vous veux pas refuser à mon étrenne. A l’étrenne on a tout à meilleur marché.) ETRENNER , v. a. [Dare, donare, largiri xenia f Donner des étrennes. (Personne ne m’a étrenné. II a été fort bien étrenné.) t * ETRENNER. Ce mot fe dit des habits qu’on n’a pas encore mis, & signifie les mettre pour la pré- miére fois. (Etrenner un habit.) f * ETRENNER. Terme de Marchand. II fe dit de la prémiére chose qu’on vend lors qu’on a ouvert la boutique, & signifie vendre. (Je n’ai pas encore étrenné aujourd’hui. Personne ne m’a étrenné aujourd’hui. J'ai étrenné dès que la boutique a été ouverte.) f * ETRENNER. Acheter le premier à un marchand, (Faites-moi bon marché, & je vous étrennerai.) ETRESILLONNER, v. a. [Ststinere , fulcire, inhiberes Retenir les terres & les bâtimens avec des dosses & des couches debout, & des étresillons de travers. ETRESILLONS, f. m. [Contingentes, inhibentess Pièces de bois qu’on met entre des ais ou dosses qui font apliquées contre les terres, dont on craint fébou- lement, en creusant les fondemens d’une maison ; ce sont aussi des pièces de bois qui 1e mettent entre deux murs, & qui les étaient réciproquement. ETRIER, f m. [Scandula, scamillus ephippiariuss Instrument de fer façonné par l’éperonnier, qui pend des étriviéres de la selle, & dans quoi on met le bout du pié, lors qu’on est à cheval. (Des étriers faits à la mode. Tenir l’étrier. Mettre le pié à l’étrier. Ajuster les étriers.) Faire perdre les étriers à son adversaire. Cela fe di- soit, au propre, de ceux qui oombatoient autrefois à la lance, lors que d’un coup de lance on ébranloit tellement son adversaire, qu’il étoit contraint de quitter les étriers. Au figuré, cela veut dire, mettre hors de combat, lui faire perdre ses mesures & l’obliger à fe soumettre. t * Le pauvre petit homme ! fa femme lui fait souvent perdre l’étrier. 0 " Si les Anciens ont eu des étriers pour monter à cheval, c’est ce qui n’est pas encore bien éclairci : les médailles & les peintures qui nous restent de l’anti- quité, nous persuadent qu’ils ont été inconnus pendant long-tems ; & Mr. Spon a remarqué dans ses Recherches d’Antiquité, qu’Hipocrate a dit, que les Scythes , qui aloient souvent à cheval, étoient sujets à de grandes fluxions _ fur les jambes , parce qu’elles n’étoient point apuiées, & que Cassen a fait la même observation à l’égard des Chevaliers Romains. II est vrai que la plus grande partie des Romains avoient des montoirs à leurs portes, qui leur fervoient à monter aisément à cheval. ETRIER, a encore plusieurs autres significations. En termes de Charpenterie, c’est une piéce de fer plate qui embrasse une poutre, ou qui arrête les solives posées en bacule. En ternies à’Anatomie , c’est un petit os de l’oreille intérieure. En termes de Marine, c’est un des chaînons des cadénes de haut banc qu’on cheville fur une seconde précinte pour renforcer les mêmes cadénes. í ETRIERS. Ce font de petites cordes, dont les bouts font joints ensemble par des épissures. On s’en sert pour faire couler une vergue, ou quelqu’autre chose, au haut des mâts, le long d’urie corde. On s’en sert aussi dans les chaloupes pour tenir l’aviron au tolet. On apelle proverbialement, le vin de l’étrier, le dernier coup qu’on boit. ETRIE RE , s f Petite bande de cuir, pour ata- cher les étriers à la selle, quand on ne veut pas qu’ils pendent. ETRILLE, s. f [Strigilis,strigiliums Instrument de fer à manche de bois dont on fe sert pour étriller les chevaux. (L’étrille étoit aussi un instrument dont les Anciens fe fervoient pour les bains : une bonne étrille.) f * On est ici logé à F étrille. Façon de parler fort basse, pour dire. On est dans un cabaret, où l’on Fait païer trop cher les choses. ETRIL- ETU ETRILLER , v. a. {Strigili defricare.] Faire paffer plusieurs fois l’étrille fur un cheval. (Etriller un cheval. Cavale étrillée. Cheval étrillé.) f * ETRILLER. {MulHare, malè habere, plagis one- rare.'] Fouetter: rosser: batre comme il faut. (On l’a étrillé comme il faut. (On l’a étrilé comme un petit fripon. Je vous étrillerai d’un air L &c. Molière, bourgeois gentilhomme. Ah je t’étrillerai fur le ventre & par tout. Scar. Po'éf Qui fe trouvera pris, je vous prie qu’on l’étrille. Reg. fat. nz. C’est-à-dire, qu’on tire de lui ce qu’on poura, qu’on le mette en chemise.) ETRIPER, v. a. f Evifcerare, exenterare, intejìina detrabere.] C’est ôter les tripes du ventre d’un animal. Ce mot, se disant des personnes, est satirique & marque de la colère. (Elle étripera son amant, si elle satrape.) ETRIPER , v. a. {Contaminant, discerpere.] Terme de Fleuriste. C’est séparer les feuilles d’une fleur en l’élargíssant. (II ne faut point étriper une fleur. Culture des fleurs, ch. 2.) íf ETRIQUETS. Espèce de filets pour pêcher. Volez l'article 169. de la Coutume d’Orléans. ETRISTE'. Terme de Chasse. On apelle un lévrier étrsté, un lévrier qui a les jarrets bien faits. Acad. Fr. ETRIVIE'RE , f f {Lorum, fcandulte, habena fcandularta.] Ce mot a un singulier & un pluriel, lors qu’il signifie ces morceaux de cuir larges d’environ deux pouces qu’on passe aux boucles qui tiennent aux bandes de la selle, & qui servent à porter les étriers. ETRIVIE'RES , f. f. {Loris cadere.] Ce mot, pour signifier les coups de fouet qu’on donne à quelcun, n’a point de singulier. (II a eu les étriviéres. On lui a donné les étriviéres.) ETROIT, étroite, adj. [Aï ci us, angustw.], Prononcez étret, étréte. Qui n’est pas large. (Drap étroit : habit étroit : fouliez trop étroits. Autrefois la belette áïant faim, Par m trou fort étroit entra dans une grange, Ou trouvant quantité de grain, Elle fe croit de noce, U d’abord elle mange. Bours. Esope.) f Etre dans une étroite amitié avec quelcun. Voit. I. 6. Etroite familiarité. Abl. Tac. ann. I. 4. II est libre de quiter fa première vie, pour en embrasser une plus étroite. Patru, plaid. iç. Le chemin du salut est étroit. ETROIT. En termes de Manège. Se dit d’un cheval 1 qui a les côtes plates, serrées ou racourcies, qui a le flanc retroussé comme un lévrier. Ón dit aussi un esprit étroit. [Angufìum ingenium.] Un homme qui n’a point une étendue de connoíssan- ce, qui a une intelligence fort bornée. Banet. A l’étroit, adv. {Stricíè.] Etroitement, (être à l’é- troit.) * Etre réduit à détroit, c’est être apauvri & afoibli par quelque perte. [Rw angufa domif] ETROIT , étroite, adj. {Striflm , feverus .) Exact, févére. (Le droit étroit. La Cour fait de très-étroites inhibitions & défenses. II est étroitement défendu. Régie étroite.) ETROITEMENT, adv. {Angufiè.] Prononcez étroitement. Peu au large. (Être étroitement logé, Scar.) , , , * ETROITEMENT , adv. {Maxime.] Particulièrement. (Je lui fuis étroitement obligé.) f ETRON, f m. {Stercm humanum.] Ce mot ne sc dit pas bien en compagnie, & il donne une idée de puanteur qui blesse l’imagination. II signifie l’ex- crément qui est sorti à une fois du ventre d’une personne. (Un gros étron. Faire un étron.) ETRONÇONNER, v. a. {Decacuminare,] Terme de Jardinier. C’est couper entièrement la tête à un arbre, en forte qu’il ne soit plus que comme un tronçon. (On étronçonne les arbres, lors qu’on les veut'greffer en poupée.) ETROPE , f f Terme de Marine. Corde qui entoure une moufle de poulie dans un vaisseau , qui sert à l’amarer. Acad. Franç. ETUDE , f f {Studium.] Aplication d’esprit. (Etude ardente. Abltmc.) Toute mon étude est de ETU 77 í me conduire de telle sorte que. Le Comte .de. Buffî. II mit à tout blâmer son étude fa gloire. Despr.) 0 " Nos guerriers ne font pas du sentiment de Scipion l’Africain, qui partageoit son tems entre ìa guerre & l’étude, & qui ne croioit pas déroger à ia fierté guerrière, en menant toûjours avec lui Polybe & Pa- nitius : jamais homme (dit V. Paterculus) n’a.sçú si bien acorder le tumulte de la guerre avec la tranquillité de l’étude. C’étoit assez la coutume des Romains d’avoir auprès d’eux des personnes d’esprit & de mérite. Cicéron commence ia défense du Poète Arcliias, en remarquant que ce Poète fut reçû favorablement par les Consuls Marius & Catulus, lors qu’il vint à Rome ; que la famille des Luculles lui donna d’abord une retraite, & Fa toujours depuis chéri avec la même estime ; qu’enfin il avoir acompagné Lucullus en Cilicie : mais comme dans ce tems-là, ainsi que dans celui-ci, les guerriers ne croioient pas que Fétude fût nécessaire pour former un guerrier , il prévient cette objection, & voici comment il y répond , selon la traduction de Mr. Patru : „ Quoi ! (me dira-t’on) ces ,, héros si célébrés dans FHistoire , se font-ils faits ,, dans les livres ? Tous ont-ils été favans 1 Non, ,, fans doute, & il est vrai qu’il s’eft vû des hommes ,, d’une naissance si heureuse , que d’eux-mêmes & ,, fans lettres , ni étude, par les forces seules d’un „ Dénie comme divin, ils ont été sages & modérez ; ,, je dirai bien d’avantage, qu’ordinairement la na- ,, turc fans la science , est plus capable des grandes ,, choses , que n’est la science sans la nature : mais „ il faut avouer , que fi on ajoûte à un naturel „ excellent la lumière des connoissances honnêtes, „ alors , de cet assemblage, il s’en fait presque toû- „ jours je ne sçai quoi de merveilleux & d’acom- „ pli, &c. f ETUDE , les Anciens se formoient à la guerre par Fétude des siences qui y ont du raport, &. Mr. de Folard fait voir qu’ils s’y apliquoient beaucoup , au lieu • c’est Laitance qu’on donne, au boulet pour rouler dans le calibre du canon. 11 se dit aussi de l’ouverture ronde qui se trouve dans les armes à feu. EVENTAIL, / m. & f [ Flabellum. ] Ce mot est masculin & féminin , mais le plus souvent féminin. Prononcez évantail. Petite peau qui est parfumée & enjolivée , qui est soutenue de petits bâtons plats qui servent à l’étendre & à la fermer, & que les da. mes portent à la main pour se rafraîchir un peu le visage. (Unbel éventail: une jolie éventail.) 0 Mr. de Balzac a dit, en écrivant à Mr. le Cardinal de la Valette, liv. 2. lett. 4. J’ai un éventail qui lasse les mains de quatre valets , N fait un vent en ma chambre , quiferoit des naufrages en pleine mer . Voilà comme cet Auteur a parlé dans fa jeunesse : js fuis persuadé qu’íl s’en est repenti dans un âge plus avancé. EVENTAILLISTE , / m. {Flabellomm piUor , pro- pola. ] C’est le Peintre qui ne fait que peindre des éventails. EVENT AIRE, Inventaire , / /. [Vannus.] Terme de Vanter. Le plus usité de ces deux mots, c’est éventaire. Prononcez évantére. La Quint, jardins , t. 1. p. 94. C’est un panier fans anses, long d’environ trois piés, large de deux, & fait d’osier verd. Les femmes qui vendent du fruit, des herbes , du poisson, portent leurs marchandises par la ville fur l’éventai- re , aïant ataché cette éventaire avec deux cordes qu’elles se passent sous les aisselles. EVENTE,//' [Capsa eandetaria, J Terme de Chandelier. Espece de cassette basse , plate & sans couvercle, divisée en trois ou quatre petits quarrez où l’on met de la chandelle défilée. * E VENTE', éventée , adj. [Prteceps , levis , va- nus , stolidè gloriosw.2 Ecervelé : étourdi. ( II est un peu éventé : elle est un peu éventée.) EVENTER , v. a. [ Eventilare , auram commovere. J Prononcez évanté. Donner du vent, donner de Pair. Faire ouverture. (Eventer une mine. La mine est éventée s ces mots , dans le propre, veulent dire qu’on a fait une ouverture , _ afin que la mine n’ait aucun éfet ; & dans le figuré, ils veulent dite que les desseins font découverts. Ils portent des chapeaux , Qui laissent éventer leurs débiles cerveaux . ^ Mol.) v EVENTER. {Explìcare , exprimere , patefacere.2 Découvrir. Divulguer. (Eventer un secret. Abl.) f * EVENTER. [ Vapores exhalare. J Dissiper, éva- ^°S’E'VENTER , v. r. £ Vapidum , evanìâum fierì , J Ce mot se dit du vin H autre liqueur pleine d’esprits subtils : s’évaporer. (Si on ne bouche bien cette bouteille, le vin qui est dedans s'éventera : vin éventé.) EVENTER , v. a. £ Ad auram exponere , proferre. ] Mettre quelque chose au vent. ( H faut éventer le blé , de peur qu’il ne se corrompe. En temsdepe- ste , il faut souvent éventer les meubles, les tapisseries & les habits ; C’est-à-dire, les mettre au vent, & les exposer à Pair. EVENTER quelque personne. £ Refngerare ftabello. J C’est lui faire du vent pour la rafraîchir. (Les Indiens tiefment des gens à gage pour les éventer continuellement avec des plumes. On évente quelquefois les malades.) Mee ee j S’E'- 774 EVI S’EVENTER, v. r. [Resrigerare se.} Se donner du vent à soi-même. (Les dames s’éventent l’été avec des éventails.) $ EVENTER me pièce de bois. C’est la tirer avec le cordage , pendant qu’on la monte, afin d’empêcher qu’en donnant contre la muraille, la piéce de bois ne gâte quelque chose. EVENTER. [Fêla dare ventis.} Terme de Marine. Mettre les voiles au vent pour faire route. Les Marins disent, mettre le vent dans les voiles. Acad. Fr. f EVENTOIR , / m. Sorte d’éventail fait grossièrement de plumes étendues, ou d’osier, &c. servant principalement aux rôtisseurs . [Euripus.] Détroit de Mer, qui est entre la Béotie & l’Ue de Négrepont, fameux par ses divers flus & reflus. Les fréquens naufrages causez par les agitations des flots de la mer, l’ont rendu fameux. Quelques- uns ont crû que le flus & le reflus y arrivoit sept fois le jour , & c’est par cette raison, que Claudien compare Rufin, dont les desseins étoient toujours incertains , à l’Euripe : — — Euripi rejìuis tncertius undis. On dit encore qu’Aristote ne pouvant comprendre la cause de ces diférens mouvemens , se précipita dans FEuripe : mais ceux qui ne donnent pas facilement dans les faits extraordinaires, soûtiennent que í’un & l’autre sont également faux. 11 n’ejì pas vrai, comme on le Ait , que l’Euripe s’éléve , N forme , sept fois le jour , des montagnes d’eau , quife baijjént enjuite , U agitent violemment les vaisseaux qui s’y rencontrent. C’est ainsi que Tite-Live en parle dans le 28. Livre de son Histoire. Quant à la mort d’Aristote , S. Juf- tin , & S. Grégoire de Naziance font assuré : mais leur autorité n’a pas pû persuader un fait si peu vraisemblable. Aristote étoit trop éclairé & trop habile, pour ne pas comprendre que l’Euripe étoit entraîné dans le Pont-Euxin , par la pente de fa situation, & que l’agitation des flots n’étoit ni un flus, ni un reflus : d’ailleurs, est-il vraisemblable qu’un homme tel qu’Aristote ait été capable de fe priver de la vie , pour se punir de son ignorance ? EUROPE , f f. [ Europa .J L’une des quatre grandes parties du Monde , située dans l’ancien Continent au couchant de f Asie, jlvvo iaoiiD ) j* w* ^iéjujiaLviw.^ rron cbe. Nom d’homme. (Eustacheest grand.) EUX- U Fi-} Pronom relatif pluriel de la troisième personne. (C’est à faire à eux. A eux le diférend.) EXACT, exaéle, adj. ['Exaéíus , accuratus , dili. gens .J Qui a de l’exactitude: qui est fait ou travaillé avec soin: soigneux. (Homme exact, exacte recherche. Vaug. rem.) Ce mot exaél se prononce comme s’il étoit écrit egzat. 11 demande après foi la particule à , & veut à l’infinitif, le verbe qui le fuit & qui en dépend. (L’Eglise est exacte à nommer les trois Personnes Divines à la fin des Himnes. Port-Royal. Les Rois font plus exacts à punir ce qui blesse leur caractère, que faciles à pardonner parle mouvement de la nature. S. Evremont.) EX ACTEM ENT , adv. [ Exaclé, diligenter , accu. raté.J Avec foin , d’une maniéré exacte. (Exécutée exactement les ordres de quelcun.) EXACTEUR , f m. [Exaé/or.] II signifie proprement celui qui exige. (Les Exacteurs des tailles.) EXACTEUR. ( Coaéior. J Ce mot fe prend aussi en mauvaise part, & fe dit de celui qui exige plus qu’il ne lui est dû. EXACTION, /• /■ {.Exaéíìn.} Prononcez egzac. cion. C’est faction d’exiger & de tirer des gens quelque chose, d’une maniéré injuste & violente. (Acu- ser d’exaction. Pat r u , plaid. 9.) EXACTITUDE ,j[l /• [Tiligentia, ajjìduitas , ft. dulitas , accuratio. J Soin qu’on prend à faire quelque chose. Sorte de ponctuali té. (Ecrire avec une grande exactitude. Travailler avec exactitude. Se piquer d’exactitude. Avoir de f exactitude. 11 ne faut pas que f exactitude de ìa raison soit trop austère. S. E~ vrem. Un excès de prévention vous ôte toute exactitude. Fénelon. Sois plus juste , mais crains que ton exactitude, D’un geste préparé ne fasse voir l’étude. Vill. ) EXAEDRE , s m. [ Hexadrum .] Terme de Géométrie. C’est un cube qui a tous ses còtez égaux, 8c, qui est borné par six côtez. C’est un parallélépipède rectangle. Arnaud, geomét. EXAGE'RATIF, IVE, adj. £Amplificans , exag. geraior, amplificator , emphaticm .J Qui exagère, qui amplifie. (Les hâbleurs font fortexagératifs.) H On dit aussi , exagérateur. ( C’est un grand exa- gérateur. ) EXAGERATION ,f f £Exaggeratio , amplisica. tio. J Prononcez egzagèracitm. Figure de Rétorique. Ce sont des paroles par lesquelles on augmente & on pousse un peu au-delà de la vérité , la valeur des choses , ou le mérite des gens. ( Une belle , ingénieuse & judicieuse exagération. Qui voudroit ôter à l’a- mour les exagérations, lui ôteroit une partie de ses agrémens. Recueil de pièces galantes, t. 1. Vos actions ont surpassé les exagérations & les hiperboles. 11 y a un peu d’exagération en tout ce qu’il dit du mérite de fa famille.) EXAGERER , v. a. [ Amplisicare , exaggerare. ] C’est augmenter & agrandir par le moïen des paroles. (11 exagère fort les choses dont il parle. . L’imagiua- tion , quand elle est èchaufée, exagère toiït ce qu’elle ressent. Fénelon. £ EXAGE'RER : fe dit aussi, des petites choses qu’on représente beaucoup plus petites qu’elles ne font en effet. EXALAISON- Volez exhalaison . EXALER- Volez exhaler. EXALTATION > s f ÍExaltatio.} Terme d’A. strologie , qui fe dit des Planètes. Une planète est dans son exaltation, lors qu’elle est dans le signe où les Astrologues lui atribuent le plus de vertu, d’éfi- cace & d’influence, comme le Soleil dans Anes , la Lu. ne dans le Taureau , &c. nommant la déjefíion d’une planète, le signe oposé à celui où elle est en son exaltation. EXALTATION. Terme de Chimie. Elévation & purification des métaux à un certain dégré. Acad. Fr. * EXALTATION. Ce mot, au figuré , est consacré à quelques façons de parler. (On dit, f Exaltation de la Croix. L’exaltation sainte Croix. L’Exaltation de la Foi.) EXAL- EXA * EXALTATION. [Eveclio, prov échos Création. Elévation. (Exaltation du Pape. Les jours de son exaltation furent les jours de votre gloire. Pat r u , éloge de Mr. de BeUiébre .) EXALTER, V. a. [Efferre laudìbuss Elever par des paroles. Louer. (Ils exaltoient la taille & la valeur des Ale,nans. Abl. Ces. I. r. II est tems d’entendre cet incomparable Avocat soutenir l’honneur des Muses, & exalter la gloire de la Poésie. Patru , oraison pour Archicti. Les admirateurs d’Homére exaltent trop l’é- légance de fa diction. Perraut. Je puis, sam me peiner , dans quelque Ode insipide, T’exalter aux dépens U de Mars [f d’Alcide. Despr. épit. r.) EXALTER. [Subllmare.] Ce mot se dit en Chimie. Dépouiller de toutes choses impures. (Exalter quelque esprit, ou quelque essence. Glas. L i.) EXAMEN , s nt. [Examen , inquisitio. ] Demandes que font les examinateurs à ceux qui se présentent à eux pour en être interrogez. ( Un examen un peu rigoureux.) EXAMEN de conscience. [ 'Inquisitio ìn semetipsurns Réflexion qu’on Fait sur sa conduite , avant que de se confesser. EXAMEN à futur. Ternie de Palais. C’est en vertu de lettres rûïaux faire ouir des témoins fur de certains faits avant cjue d’intenter un procès, ou durant le cours du procès, & cela à cause qu’on craint que ces témoins ne s’abfentent ou ne meurent. L’uláge de cette preuve par examen à futur , a été abrogé par la dernière Ordonnance de 1667. EXAMINATEUR , f m. [ Inquisttor , explorator, ju- dex.) Celui qui est choisi pour examiner. (On lui a donné des examinateurs fort doux. 11 y a quatre examinateurs dans l’Université. On a des examinateurs à proportion qu’on est élevé. S. Evrem .) EXAMINER 1 t), a. [ Examìnare, inquìrere, difcu- tere. J Voir si une personne est capable, (.'interroger sur quelque chose qu’elle doit savoir, afin de voir sa capacité. (Examiner une personne.) On dit aussi, examiner un criminel ; c’est-à-dire, l’interroger pour découvrir s’il est coupable. EXAMINER , v. a. [Injpiceres Considérer atentive- ment : Peser mûrement. (II faut examiner les choses par la raison. Pasc. I. ç. Examiner une question : examiner les principes de la grâce, Pasc. I. 1. Examiner une afaire.) EXAMINER. [Atterere , detereres User, il se dit des etofes. Habit examiné. On dit aussi figurément, ma bourse est bien examinée , pour dire , je n’aiplus guéres d’argent. H L’Academie dit qu’on ne se sert de ce terme en ce sens , que dans le ftile populaire. EXAPLES. Terme de l’Histnire Ecclésiastique. Bible qu’Origene disposa en six colonnes où étoit, i. Le texte Hébreu en caractère Hébreu. 2. Le même texte en caractères Grecs. 5. La Version d’Aquila. 4. Celle de Symmaque. La Version des Septante. 6 . La Version de Théodotion. ( Les Exaples d’Origéne. Dupin .) EXARQUAT ou Exearcat, s. m. [ Exarchatus. J C’est aussi Te nom de la dignité de l’Exarque de Ra- venne. (L’Exarquat de Ravenne est fameux. L’Acadé- mie écrit exarchat. Le Roi Pépin donna au Pape toutes les terres de l’Exarquaten 756.) EXARQUAT , f m. Ce mot signifie aussi le tems pendant lequel une personne a été Exarque. Durant son Exarquat, il gagna le cœur de tout le monde.) EXARQUAT ,f m. Terme d’Eglise. Prononcez exar- kat. C’étoit Retendue du païs qui relevois de l’Exarque. EXARQUE , s tn. [Exarchms Terme d 'Eglise. Les Exarques étoient les Chefs des grands Diocèses. Iîs étoient au-dessus des Métropolitains. Ils jugeoient des diférends qui pouvoient naître entre un Métropolitain & son Ecclésiastique. Ils aidoient à terminer dans leurs Conciles Diocésains, ou Nationaux , les diférends qu’on n’avoit pu finir dans les Conciles Provinciaux. Le P. ThomasJIn , discipline de f Eglise, r.p. c. 4. C’étoit la méme chose que le Primat aujourd’hui , & moins que le Patriarche, comme le montre le Pere Sirmond Jésuite après Justel. EXC 777 EXARQUE ,s m. Ce mot étoit le titre d’un Gouverneur que les Empereurs Grecs ont tenu durant quelque tems en Italie, & qui demeuroit à Ravenne , pour la défendre contre les Lombards. Narses aïant chassé les Gots de Ravenne , l’Empereur Justinien envoi» Longin pour être Exarque en Italie. II y eut des Exarques à Ravenne durant environ 17;. ans, jusqu’à ce que les Rois des Lombards les en chassèrent, & que Pépin s’étant rendu maître des Etats du Roi de Lom- bardie, donna à l’Eglíse tout l’Exarcat de Ravenne. Le P. Lubin. merc. géograstque. EXARQJ 3 E, en Orient, c’est un Supérieur de plusieurs Monastères, qu’on apelloit Archimandrites. EXASTYLE, s m. [Hexastylms Terme A’Archi- tellure. Portique qui a six colonnes de front. EXAUCER, D. a, [Exaudire.J Ce mot se dit ordinairement en parlant de Dieu, à l’égard de ceux qui le prient, & il veut dire , écouter favorablement. ( Dieu exaucera les prières des. gens de bien. Arn. Exaucez-moi, mon Dieu, lors que je vous invoquerai. Port-Royal, Pseaumes. Que le Seigneur r’exauce au jour de la tempête, Que l’ombre de son Eom mette à couvert ta tète. Godeau, Poésies. EXCALCE'ATION , / / [Excalceatios Action de déchausser les souliers. Chez les Hébreux c’étoit une Loi, par laquelle une veuve, que le frère du défunt ne vouloit pas épouser, avoit droit de l’apeller en Justice, & sur son refus, elle lui déchaussoit un de lés souliers, & lui crachoit au visage. Cette Loi avoit quelque chose d’ignominieux. EXCAVATION, s f: [Excavatio, cavatio.] Inaction de creuser. (L’excavation des fondemens d’un bâtiment.) EXCEDANT , ANTE , adj. & s. [Excedens, ex - cestìts .J Ce qui reste après qu’on a levé une moindre quantité d’une plus grande. (L'excédant d’une somme.) EXCEDER , v. a. [Excedere , Juperare , preeter- gredis Aler au-delà d’une certaine chose qui doit être réglée. (II excède le prix ordinaire. Abl. II n’excé- de pas le plus haut prix des étoles de cette forte. Pasc. I. 8.) t EXCE'DER , v. a. [Mulfíare , indignis modis ajjì- ceres Ce terme se dit parles Gens de Pratique. 11 signifie batre par excès. (Ils ont excedé cruellement cet homme-là. Us disent aussi que celui qui excède son pouvoir, est sujet à être désavoué.) f EXCE'DER , se dit aussi dans le discours familier, en parlant de certaines choses qu’on porte jusqu’à I’ex- cez, & au delà des bornes ordinaires. ( II nous a fait trop bonne chere , il nous a excédez. Vos railleries font trop fortes, vous m’excedez. Vos louanges font outrées, vous m’excedez.) Acad. Fr. EXCE'LENCE, //. C ExceUentia , prœstantia. ] Qualité excélente qui est en quelque sujet, & qui Relève au-dessus des autres. Dégré de perfection particulière. Dégré de bonté particulière. ( L’excéîenca des ouvrages de Dieu. Arn. J’admire l’excélence de son esprit. Ablanc. Cela est bon par excélence. Cela est dit par excélence.) EXCE'LENCE , f f. [Excellentias Ce mot est aussi un titre qu’on donne aux personnes étrangères, qui sont constituées en grande dignité & emploïées dans le Ministère des afaires d’Etat, ou chargées de quelque négociation importante , comme d’Ambassade , de Paix, de Mariage de Souverains, de Princes & de Princesses. (Je répondis à D. Louis de Haro, que Mr. de Lionne étoit malheureux, puis-qu’il avoit déplu à Son Excélence. Le Cardinal Mazarin , mémoires du secret de la négociation de la Paix des Pirenées. Son Excélence Monseigneur le Cardinal de Nonilles a établi la doctrine de la grâce éficace , & de la prédestination gratuite dans son ordonnance de 1697. 11 n’a été Cardinal qu’en 1700. EXCE'LENMENT, adv. [Eximiè .] D’une maniéré excélente. (Cela est excelenment dit. EXCE'LENT , excellente, adj. [Excellent, prastans, eximkts.li Ce mot se dit des choses & des personnes & il signifie exquis, qui a un dégré de bonté particulière , qui a un mérite qui le distingue des Tome L Fffff au- 778 EXC autres. (Melon excélent. Vin excélent. Ragoût excé- lent. Esprit excélent. Homme excélent. Cela est excélent en son genre.) EXCE'LENTISSIME , adj. [Supereminens.: Terme superlatif, qui sert à exagérer. (Ce pâté est excélentiffi- me.) C’est aussi un titre d’honneur qu’on donne aux Grands. EXCE'LER i r>. n. [Exceller e , J user are, eminere , supereminere.: Surpasser par quelque qualité excélente & qui distingue des autres. (II excéle en son art. II ex- céle par dessus tous les autres. Excéler n’est pas chose petite. Pibrac.) EXCENTRICITE', s f- {Excentricité.: Terme d’Agronomie. C'est la distance entre les centres des cercles qui ne font pas concentriques. (Trouver l’excen- iricité du Soleil par la trigonométrie.) EXCENTRIQUE , adj. [Excentriez#.: Terme de Géométrie , Si d’ AJironomie. Ce mot se dit à f égard des cercles & des sphères., & signifie qui a un autre centre que celui d’un autre cercle ou d’une autre sphère , ou un autre centre que celui qu’on supose être le centre du monde. (Cercle excentrique. Sphère excentrique. Le Soleil fait son cours dans un cercle excentrique. On apelle ce cercle, déférent, dans l’hipotése de Ptolomée.) EXCEPTE'- [Praterquam.: Préposition qui signifie bnrsmis , & qui régit l’acusatif. (11 commanda de passer tout au fil de l’épée, excepté les jeunes enfans. Abl.) EXCEPTER, v. a f Demere , servare , seponere , eximere. : Réserver. Tirer du nombre des autres. (11 donne tout fans rien excepter. Quand il raille les sots, il les daube fans en excepter aucun de ceux qu’il con- noit.) Qui dit tout, n’excepte rien. Proverbe. EXCEPTER. [Excipere.: Terme de Grammaire. Tirer d u nombre des mots qui suivent la régie générale. (Ce mot est excepté. II faut excepter ce mot.) EXCEPTION -, s f [Sepq/ìtio, exemtio.: Elle consiste à excepter & tirer du nombre des autres. (11 faut faire quelque exception parmi les personnes.) EXCEPTION , f f. [Exemptio.: Terme de Grammaire. Régie particulière, & qui ne fuit pas la régie générale. (11 n’y a point déréglé fans exception. C’est une exception à la régie générale.) A l’exception de. Sorte de préposition. Excepté, hormis. (A l’exception de cela.) EXCEPTION. Terme de Etroit. Moïen par lequel on se defend d’une demande. (II n’y a point d’excuse, il n’y a point d’exception , il est en mauvaise foi. Patru, plaid. Alléguer quelque exception. II a été débouté de ses exceptions.) t$ EXCEPTION de pécune non comptée. Je n’ai jamais pû comprendre la raison quia donné lieu aux Jurisconsultes Romains d’introduire l’exception de non numera- tâpecuniâ: c’est ouvrir la porte à la mauvaise foi des débiteurs , qui peuvent désavouer d’avoir reqú la somme qui leur a été véritablement prêtée. Cependant Rebuffe nous aprend que cette exception a été autrefois reçûë & autorisée dans toute la France : mais à présent : elle est bannie absolument de quelques Provinces du Droit écrit , & conservée en d’autres, avec quelques diférences. On la reqoit à Toulouse jusques à dix ans, & si elle est proposée dans les deux prémié- res années, en ce cas, le créancier doit prouver lé paiement: mais après deux ans , le débiteur doit prouver qu’il n’a pas reqû. Voïez Mr. Catelan ; Qf a ïégard de l’uj'age des autres Parlemens , voïez Dejpejjes A la Peyrere. ’ÉXCE'S , f m. [Excejsw.: Ce qui est superflu. Ce qui est de trop , soit dans" le boire, & le manger, dans les habits, ou autre chose. (II y a là de l’excès. Faire des excès.) * EXCeS. Ce mot vaut presque autant à dire que grand. Un excès de beauté me force à /’ adorer ; Un excès de rigueur me défend d’espérer. Sar. Poès.) * EXCeS. Eforts excessifs. Eforts amoureux. Les nouveaux mariez font sujets à faire des excès qui épuisent. leurs forces. Abl. Apoph.) * EXCeS. [Intemperantia , ìncontinentia. ] Dérèglement, désordre en quelque chose que ce soit. (Leurs excès font beaucoup plus grands dans la morale, que dans leur doctrine. Pajc. I. 4.) EXCèS. [Contumeli,e.] Terme de Palais. Blessures , outrages. EXC f A f excès , jusqu'à l’excès. Faqons de parler adver- biales , qui signifient, au delà des bornes de la raison. (Ménager à l’excès, brave à l’excès.) H A l’excès , se dit aussi du vice poussé au delà de toutes bornes. (Pousser la vengeance à l’excès, pouffer l’avarice à l’excès. Porter l’ïmpudence, l’iníblence jusqu’à l’excès.) EXCESSIF , IVE , adj. [ Immoderatus.: Qui va à l’excès , où il y a de l’excès. Trop grand. Travail excessif : peine excessive : la dépense des repas d’A.ntoin» & de Cléopâtre étoit excessive. Cìtri , triumvirat.') EXCESSIVEMENT , adv. [Intemperanter , immode- ratè.: D’une maniéré excessive. (Batre quelcun excessivement. ) EXCIPER , v. n. [Excipere.: Terme de Palais. Fournir des exceptions. On n’est pas reqû àexciperdu droit d’autrui. EXCITATÍF, IVE , adj. [Excitans, excitativus.J Qui excite. (Ce remède est trop excitatif.) EXCITATION, f f. [ Excitatio. ] Action de ce qui excite. L’excitation des humeurs est dangereuse , quand on est enrhumé. EXCITER, ri. a. [Excitare , accendere , commove- re.: Pousser : inciter: encourager : émouvoir. (Exciter le peuple à la révolte : exciter les soldats à prendre les armes : exciter une sédition. En vain à courir il s’excite, II sent quefa force le quite, Et qu’une impitoiable mort , Va bíen-tòt terminer son sort. Perr. Chasse.) f EXCITER , provoquer. (Exciter la soif, exciter l’apetit.) j EXCITER, se dit aussi des choses morales. (Exciter la jalousie , l’envie. Exciter l’admiration.) EXCLAMATION, s f [Exc/amatio.J Figure de Rétorique , qui sert à exprimer quelque mouvement de l’ame. (Exclamation patétique : exclamation touchante , ingénieuse. Le discours d’une personne affligée est rempli d’exclamations. Exemples. Hélas ! je n’en puis plus. O ciel! ô terre! tout est perdu, &c.) On disoit autrefois exclamer-, mais ce mot n’est plus en usage. EXCLURE, V. a [Excludere.: J’exclus , j’ai exclu. Donner l’excluíion. (Exclure quelcun d’un emploi par de certains biais. Mémoires de Mr. le Duc de la Ro- chefoucaut. On l’a exclus du gouvernement. Abl. Exclure un Prêtre de l’Autel. Exclus des Sacremens, Pajc. I. 6.) T EXCLURE , signifie aussi , empêcher d’obtenir. (On l’a exclus de ses prétentions. ) EXCLUSIF , IVE , adj. [Excludens, exclufìvusT Qui exclut : qui peut exclurre. (Voix exclusive : clause exclusive.) EXCLUSION f. [Exclusio.: C’est un acte par lequel on n’admet point une personne à jouir de quelque avantage. ( Exclulìqn légitime , sage, judicieuse. 11s croioient que cela seul lui devoit donner l’exclusion. Mémoires de Mr. le Duc de la Rocbefoucaut. EXCLUSIVEMENT, adv. [Exclusive.: C’est-à-dire, que la chose dont on parle , est hors de compte. (Cela se fera dans sept jours exclusivement. EXCOMMUNICATION , f f [Excommunica- tio , anathema.: Censure ecclésiastique qui en punition d’un péché considérable, sépare de la Communion des Saints, & de la participation des biens spirituels de l’Eglise. EXCOMMUNICATION majeure ; c’est une séparation du corps des fidèles. Excommunication mineure; c’est l’interdiction des Sacremens. Excommunication de droit, est celle qui a été ordonnée par forme de Loi dans les Conciles. (Fulminer une excommunication : lever l'excommunication. Eveil. ebap. 12. Encourir excommunication. God. Excommunication ipjo fafío.) (J EXCOMMUNICATION. C’est la plus sévère de toutes les peines ecclésiastiques : on la divise en deux espèces, dont l’une est prononcée par la Loi, à Lege : l’autre émane d’une autorité légitime & supérieure, ab homìne . La première espèce est toûjours générale ; & la seconde est quelquefois- générale , & quelquefois particulière , & ne tombe que fur certaines personnes. EXC ïly a encore cette diférence entre ces deux espèces, que l’excommunication légale subsiste jusqu’à ce qu’el- le ait été abrogée ou révoquée : & quant à celle qui émane de l’homme, son éfet cesse par la mort du Juge qui l’a prononcée, ou au moment qu’il est dépouillé de son caractère, pourvu que ['excommunication n’ait eu son éfet auparavant. II faut encore observer, que ['excommunication est divisée en deux espèces , dont la première s’apelle excommunicatio serendâ sententiâ ; telle est ['excommunication prononcée par les Canons, de maniéré pourtant qu’il faut que le fait soit déclaré mériter l’excommunication, par un Juge compe- tant : & quant à Vexcommunicatìon latli J'ententM , elle produit d’abord son éfet, parce qu’elle procède d’un jugement éclélìastique, qui excommunie ceux qui feront, ou qui ne feront pas certaines choses, enforte que les désobéïssans font excommuniez dès le moment de Faction, fans autre jugement. Le sieur Eveillon,& plusieurs autres Auteurs, ont traité cette matière fort amplement ; on poura les voir en cas de besoin. EXCOMMUNIE', s. m. [Excommunicatm , ana. thematizatus .J Retranché de la communion & de la participation des biens des fidèles de FEglise. (On est obligé d’éviter les excommuniez qui ont été dénoncez : être excommunié de droit : être excommunié de fait. Eveiílon .) t * Visage d’excommunié. C’est-à-dire, visage afreux, morne, défait. f * C est un excommunié. C’est-à-dire, un scélérat, un méchant. EXCOMMUNIER , v. a. [ Excommunicare , serbe anathemate. ] Terme d ’Eglse. Séparer de la communion des fidèles & de la participation des biens spirituels de l’Eglise. C’est abusivement qu’on excommunie les animaux , car il n’y a que l’homme baptisé qu’on puisse excommunier. Eveil. Un Pape peut excommunier un Roi, quand il s’agic de foi de profanation de Sacremens & de sacrilège. Mais avant que d’excommunier ce Roi, il le doit avertir de se corriger > & il ne le peut excommunier à moins qu’il ne soit opiniâtre. On n’excommunie point les Oficiers d’un Roi, pour faire leur charge envers leur Maître ; mais on les excommunie seulement, lors qu’ils usurpent fur les droits de l’Eglise. Pévret , traité de l’abus, í. I. cb. S. ) EXCOMPTE, &c. Voïez Escompte. t EXCORIATION ,s /• [Excoriatio.J Terme de Chirurgien. Ecorchure. H EXCORIER, v. a. [ÈxcoriareJ Terme de Chirurgien. Ecorcher la peau intérieure ou extérieure. (Excorier la vessie avec la sonde. Excorier le passage de surine. ) t EXCRE'CENCE , st f. [Caruncula adnascens , txcrescens.J Terme de Chirurgie. C’est une chair superflue qui croît en quelques endroits du corps : comme les loupes, les poireaux, &e. EXCRE'MENT, s. m. [F,xcrementum, excretio.J Partie inutile des viandes qui fort du corps par les con. duits naturels. ( Excrémens grossiers. Ils ne rendent point d’autres excrémens que des vapeurs. Abl. Luc. ) , (§ Ce ternie est désagréable, & laisse une vilaine idée. Mr. de Balzac est de ce sentiment : il raporte dans son Socrate Chrétien , des vers, où le Dieu de la Séné parle à un favori qui passoit sur le Pont neuf. Va-t’en à la malheure , excrément de la terre, [sc. En tout le poème (dit Mr. de Balzac) il n’y a qu’un mot qui ne me plaît pas , & que je voudrois avoir changé pour un autre, excrément de la terre, me semble trop bas pour un tyran , c’est-à-dire , pour un Criminel illustre, né à la ruine de la patrie, altéré du sang des Citoïens, & partant plus haï que méprisé : engeance de la terre seroit peut-être mieux, parce qu’il servit allusion à la naissance des géans, que la Fable apelle enfans de la terre : le mot excrément est Tailleurs assez vilain, & d’assez mauvaise odeur; en la plus honnête signification, il ne peut signifier que les rats , les mouches, les vermisseaux , & autres créatures imparfaites, quife forment de la corruption de la terre. t EXCRE'MENT , sc dit en termes de Pbisique , des ongles, des cheveux, & des cornes des animaux. t EXCREMENTEUX , excrémenteusc , adj. [ExcretUf, EXE 779 excrementkìm.J Terme de Médecin : qui tient de Incrément. (Humeur excrémenteusc.) + EXCRETION, s f- [Excretio.J Terme de Médecin. C’est Faction , par laquelle la nature pousse au dehors les mauvaises humeurs qui lui nuisent. (La plupart des crises se font par excrétion.) EXCROC , excroquer. Voïez Escroc , & Escroquer. EXCURSION ,s. s. [Exmrftts , incursto.J Course, irruption , incursion , sortie sur le p aïs ennemi. EXCUSABLE 1 adj. [ Tolerabilis , dignus exeufatio- ne, venìà.J Ce mot se dit des choses & des personnes. (Sa faute n’est pas excusable. Ablanc. II n’est pas excusable. Vaug. rem. ) EXCUSATION ,/ / [Exeufatio, causa, excep- tio.J Terme de Jurisprudence. Les raisons qu on alégue pour n’être pas chargé d’une tutelle, ou d’une autre charge. EXCUSE, s f- [Excusâtes, purgatio.j Paroles honnêtes par lesquelles on s’excuse ou l’on excuse quel- cun. Prétexte spécieux qu’on prend pour ne pas faire une chose. (Faire excuse à quelcun. Recevoir les excuses d’une personne. Donner une excuse raisonnable. Son excuse est frivole. Je ne fuis pas , dit-on , pour plaire aux ignorant, Pour me voir écouté, dannez-moì des Javans, De vingt Prédicateurs , Est E ordinaire excuse, Et toujours l’auditeur ejì celui qu’on acuj'e. Vill. ) t Demander excuse. [Veniam petere.J Cette faqon de parler est condannée par les gens qui parlent bien. lis disent, je vous demande pardon. Ou, je vous fais mes excuses. Danet. Voïez les Observations de Mr. Ménage [f du P. Bouhours , où la quejìion est amplement traitée. A" EXCUSE. Ce terme est fort familier, & même trop ; car on en fait souvent un mauvais usage : le Peuple dit, Je vous demande excuj'e , dans une infinité d’o- casions où il est très impropre. (f Les Jurisconsultes apeilent excuse , ses raisons que l’on peut avoir pour sc garentir de quelque fonction onéreuse , & à laquelle on devroit être soumis ou par la Loi de la naissance , ou par celle de son domicile , comme encore pour se mettre à couvert de la peine du dol & du crime. Par exemple , selon les Loix Romaines, celui qui avoir trois enfans nez dans Rome, étoit exemtde tutelle par un privilège particulier; car il saloir avoir quatre enfans dans l’étenduë de l’Italie, & cinq dans les Provinces, pour joíiir de cette exem- tion. Le nombre de cinq enfans est encore en usage dans nos Provinces qui suivent la Loi Romaine : mais il faut observer qu’un pere doit avoir ce nombre d’en- fans vivans dans le rems où la tutelle doit être déférée. Voïez les mots Charge, & Tutelle. EXCUSER, v. a. [ ExcuJ'are , probare , purgare, ] Exemter de faute. Disculper. Faire enforte qu’on ne trouve pas mauvais (Excuser quelcun de péché. Paj'c. L 4. Je vous prie très-humblement de m’excuser. Je vous ai excusé auprès de vôtre ami.) S’EXCUSER, v. r. [Deprecari.J Prendre quelque prétexte pour se disculper. Prier qu’on nous pardonne. (H s’excufe fur fa pauvreté. Abl. Luc. t, x. Elle s’excufa fur ce qu’elle n’avoit jamais vû le Roi. Vaug. Quint. L 4. Elles envolèrent des députez pour s’excuser de ce qu’elles avoient prêté l’oreille à la révolte. Abl , Arr. I. 1. 11 s’ést excusé en galant homme , & on a reqû ses excuses. Par charité, Madame, ou daignez m’excuser, Ou daignez vous résoudre à vous humanser. Bours. Esope.) EXCUSEUR,/ m. [ExcuJdtor.J Celui qui excuse. Je ne sai que Voiture qui se soit servi de ce mot dans une lettre à Monsieur Chapelain, qu’il apelle le plus indus, gent de tous les hommes , l’excuseut de toutes fautes, le loueur de tous les ouvrages. EXEAT, s. nt. Terme de Còlége de Paris. Ce niot est Latin, & signifie qu’il forte, Pouvoir de sortir, (Son précepteur lui a donné Un exeat .) EXEAT,/. m. Terrât d’Ecclésiastique. C’est une apro. station écrite par s Archevêque, l’Evêque, ou leur grand Vicaire en leur absence, pat laquelle on donne permission à un Prêtre du Diocèse d’aler s’établir en un autre, Sc d’y faire les fonctions d’Ecclésiastique, comme personne de probité & d’honneur. Cet exeat est écrit en Latin, Tome h Fffff* EXE- 780 EXE EXECRABLE, adj. [BetesiabilU, execrandm. ] Horrible, détestable, abominable. (Crime exécrable : action exécrable. Se rendre exécrable devant Dieu & devant les hommes. Ab!, ret. L 2. c. 3. Contraint de s’arracher une exécrable vie, Sa lâche main cherchoit une main f lus hardie. Vill.) f EXE'CRABLE, se dit par exagération des choses extrêmement mauvaises. (Ragoût exécrable, fausse exécrable, livre exécrable, vers exécrables.) EXE'CRABLEMENT , adv. [Horribìlcm , detestabilem, execrandum in modum. ] B’une maniéré exécrable. (Ces ivrognes jurent &. renient Dieu exécrablement.) EXE'CRATION ,// [ Execratio .] Horreur. Ton nom est en exécration à ta patrie. Abl. Luc. t. 1. EXECRATION, imprécation. Voïez Imprécation. Serment horrible. EXE'CUTER , v. a. [ Exequi, perficere, implere.] Mettre à exécution, faire, acomplir, achever, finir, terminer. (Exécuter un traité. Abl. Ils veulent qu’on exécute le testament. Le Maìt. Exécuter les ordres de quelcun. II a exécuté son dessein. Trois muses en habit de ville, T président à ses cotez, Et ses arrêts par Arbouville, Sont à plein verre exécutez. Despr. chanson faite à Ravilie.) EXE'CUTER. [Pleflere, afficert extremo supplicio.] Ce mot se dit en parlant de criminels, & il signifie, faire mourir. (On exécuta les auteurs de la révolte. Vaug. Quint. liv. 10. chap. 1.) EXE'CUTER un canm. Terme à’Artillerie. Le servir. EXE CUTER. [Auferre pignora.] Terme de Pratique. Faire emporter les biens d’une personne en vertu d’une sentence. (On a envoie chez lui des sergens pour l’exécuter.) EXE'CUTEUR , s w. [Executor, administer, rei exequenda curator.J Celui qui a ordre d’exécuter les ordres d’un Prince. Le Chancelier de l’Université est exécuteur des Rescrits & Bulles Apostoliques. EXE'CUTEUR. [Accensas, pignerator. ] Sergent ou autre oficier qui exécute les ordres de Justice. (Exécuteur d’une contrainte.) EXE'CUTEUR > f. m. [Liflor, c amisex.] Bourreau. C’est celui qui exécute les arrêts & les sentences criminelles de la justice. (L’Exécuteur de Paris est adroit à couper le cou.) EXE'CUTEUR testamentaire. Exécuteur du testament. [Curator exequendi tcstamentì.] Celui qui acotnplit les dernières volontez de la personne qui a fait un testament. EXE'CUTION , f f. [Executio, perfiflio.il Achèvement & acomplissement d’une chose qu’on doit faire. (L’Architecture pratique est la connoiisance qu’on a aquise par l’exécution & la conduite des bâtimens. Ils demandoient l’exécution du traité. Abl. Arr. Ils veulent l’exécution du testament. (Mettre son dessein en exécution.) C’est un homme d'exécution. [Homo manu promptus (V? strenutts .] C’est-à-dire , il exécute hardiment une entrepise. EXE'CUTION. [Supplicium.'] Punition de criminel par la main du bourreau. (C’est de sa mort & de son exécution que parle S. Augustin. Port-Royal.) EXE'CUTION. [Pignorum ablatio.] Terme de Pratique. Enlèvement de meubles. (L’exécution a été déclarée tortionnaire.) EXE'CUTION , f f. Ce mot se dit en parlant de musque Si de chant. C’est la maniéré de chanter. (Une exécution ingénieuse, agréable, charmante. Pour la maniéré de chanter, que nous apellons en France exécution, aucune nation ne sauroit la disputer à la nôtre. Us ont profité de nôtre commerce de chanter pour la propreté d’une exécution polie. Ils trouvent dans le sécret de l’exécution, comme un charme pour nôtre ame. S. Evremont, p. $02. ;c>;. 506.) EXE'CUTION. [Strages.] Carnage : sanglante exécution. (Si Mr. de Vendôme & Milord Marlboroug se rencontrent cn Flandre, il se fera une sanglante exécution.) EXE'CUTOIRE , f m. [Littera pìgneratitìà au- floritate.] Terme de Pratique. C’est la commission d’un Juge, pour mettre à exécution la taxe des dépens EXE qu’il a jugez, ou la somme qu’il a taxée pour le raport du procès, pour les épices, ou autre chose. EXE'CUTOIRE, adj. [Validas, autorìtate praditus.] Qui doit & peut être exécuté. (Le contrat est exécutoire. La taxe des dépens a été déclarée exécutoire.) í EXECUTRICE, f. f. [Arbitra testamentaria .J Celle qui exécute. (Exécutrice testamentaire.) EXE'DRÉS- [Exedrœ.J C’étoit, chez les Anciens, des lieux ou disputoient les Philosophes, ou, selon Mr. Perrault, de petites Académies où les gens savanscon* féroient ensemble. EXE'GE'TIQUE, adj. [Exegetkus.] Ce qui sert à expliquer ou raconter ce qui a du raport à une science. Par exemple, l’exégétique en Algèbre, est la manié, re de trouver en nombres ou en lignes les racines de l’équation du problème, selon qu’il est d’Aritmétique ou de Géométrie. {§ EXE'GUE , exéguer. On se sert de ces termes dans le Dauphine, & dans la Bresse, où l’on a acoûtu- mé de remettre aux laboureurs certaine quantité de bétail, que l’on estime à une somme, que le preneur doit parer,s'il ne rend pas la même quantité de bêtes : ce prix est apellé chatal, & la convention exégue, qui vient de exaquare ; car lors-que le terme de la convention est arrivé, le preneur & le bailleur partagent le profit ou la perte. Le prix de fexégue est toujours au dessous de la juste valeur du bétail. EXEMPLAIRE , f m. [Exemplar , tipus , steci- menf\ Copie de quelque ouvrage. (Exemplaire corrompu. Abl. Le Libraire ne lui donne que deux exemplaires de son livre.) f EXEMPLAIRE, f m. [Exemplum .] Modèle à imiter. tCette femme est un exemplaire de vertu.) EXEMPLAIRE , adj. [In exemplum constitutifs. J Qui donne bon exemple. Illustre par de bons exemples & une sage conduite. (Mener une vie exemplaire. Abl. C’est une punition exemplaire. God.) f EXEMPLAIREMENT, adv. [Ad exemplum.1 D’une maniéré exemplaire. (Vivre exemplairement. Les crimes scandaleux doivent être punis exemplairement.) EXEMPLE, / m. [Exemplum.] Action vertueuse, ou vitieuse qu’on doit imiter, ou qu’on doit fuir.) Les mauvais exemples font contagieux. Patru, plaid. 7.) * EXEMPLE. Modèle. Conduite dans la vie. Chef- d’œuvre de fart. (C’est un exemple vivant de sobriété. Abl. Luc. t. 1. Suivre l’exemple de Jésus-Christ. Pour fe rendre habile, il faut imiter les grands exemples de l’antiquité. Je vous promets , Iris, que vous verre2 en moi, Un exemple éternel de constance (j? de foi. La Suze, Poës.) EXEMPLE, / / [ Exemplar .] Terme de Martre à écrire. Modèle d’écriture que les Ecrivains donnent à leurs écoliers. (Une bonne exemple. Une exemple bien faite. Faire une exemple.) EXEMPLE , / f. II signifie aussi ce que les écoliers écrivent dans une page fous le modèle & l’exemple de leur maître. (Ecrire son exemple.) EXEMPLE, f. m. Terme de Rétorique. Raisonnement, par lequel on prouve un fait particulier par un autre qui lui est semblable. Faire un exemple fur des gens de néant. [Exemplum edere in animant viiem.] C’est-à-dire, en punir quelques-uns des moins considérables, pour donner exemple aux autres. Par exemple, adv. [ Ver bi gratia. J On s’en sert quand on veut proposer un exemple. EXEMPTION , / / [Vacatio, immunisas.] Privilège qui exemte de quelque charge. (Les exemptions Ecclésiastiques.) Danet dit qu’il faut prononcer examtion; contre le sentiment de Messieurs de l’Aca- démie, qui veulent qu’on prononce le p. (§ EXEMPTION. Ce Terme a une signification fort étendue; il est finonime avec Afranchijjement: on dit, exemption de la taille, des subsides, du guet [f garde, & c. mais je me contenterai de donner ici une idée des exemptions & des immunisez, dont plusieurs Communautez' régulières, & séculières jouissent contre le droit commun, qui les soumet à la Jurisdiction Episcopale. Les prémiers Moines étoient de simples séculiers, & par conséquent, sujets à leur Evêque ; ils introduisirent insensiblement des Prêtres parmi eux, & le mirent enfin en état de fe passer des Prêtres étrangers, EXE gérs, & de se soustraire entièrement à l’autorité Epis. copale. Ce fut par degrez qu’ils parvinrent à cette injuste indépendance , & elle n’éclata que dans le douzième siécle, quoique S. Bernard , Pierre de Blois, & quelques autres saints Abez se soulevassent hautement contre une nouveauté si oposée à la bonne discipline & à l'ordre naturel de la hiérarchie. _ Je vois (disoit le prémier , en écrivant à l’Archevêque de Sens) avec étonnement certains Abez de nôtre Ordre , abolir cette régie de f humilité ., U ce qui me paroit plus criminel, cacher fous un vil habit, un orgueil qui ne peut peu foufrir la moindre désobéissance dans leurs inférieurs. D’où vous vient, ô Moines , (ajoúte-t’il) une semblable présomption ? Voies êtes Moines par vôtre profession, U vous n’êtes Abez que par une ejffce de nécessité, Uc. Mais les opoíìtions & les remontrances de ces saints Personnages n’arrêterent point l’abus & le mépris de l’ancienne discipline : les exemptions augmentèrent tous les jours, & le nombre devint si grand, que jusques à présent il n’a pas été possible de réduire les exempts dans leur prémier état. Cependant il faut convenir qu’il peut y avoir des exemptions légitimes & canoniques, & particulièrement celles qui le font par leur fondation. Les Docteurs divisent les exemptions en deux classes, c’est-à-dire, en exemptions simples, &en pleines & entières: dans le cas des simples, l’Eglise est exempte de la Jurisdiction de î’Evêque; elle a sur elle même la .Jurisdiction ordinaire ; mais elle est toujours dans le territoire de l’Evêque , dont le pouvoir n’est pas si fort anéanti, qu’il ne !e possede encore habituellement, & l’exercice lui en est seulement interdit. II en est bien autrement de l’exemption pleine & entière ; elle afranchit absolument l’Eglise de toute la Jurisdiction Episcopale ; elle n’est plus dans le diocèse de l’Evêque ; elle n’est d’aucun diocèse & ne reconnoît que le Pape pour Supérieur; elle exerce sur les Clercs & fur les Laïques qui font dans son territoire, le même pouvoir que les Evêques exercent fur leurs diocésains. II est vrai qu’il y a peu de ces Eglises ainsi exemptes dans la Chrétienté , & il est encore vrai que par le foin de plusieurs Evêques de ce Roïaume, & par l’autorité des Cours supérieures, les exemptions ne font plus si étendues qu’elles Pont été, & que l’on n’y a d’égard que lors-qu’elles font établies fur des titres exempts des soupqons dont on est prévenu contr’elles. Tout ce qui peut concerner le service divin & le fond de la Religion, est à présent sous la Jurisdiction des Evêques. Le Clergé de France, assemblé en 1625. commenqa de faire des Réglemens pour mettre une Barrière aux exemptions, & ils furent confirmez, & même augmentez dans l’Assemblée de 1645. EXEMT , exemte, adj. [Expers, liber, immunisé] Prononcez exant : qui est délivré de faire quelque charge : qui a quelque exemtion. (II est exemt de taille. Elle est exemte de jeûner.) EXEMT , exemte , adj. f Vacuus .] 11 signifie quelquefois simplement celui qui n’est pas sujet à quelque foiblesse. (II est exemt de passions. Etre exemt des infirmitez ordinaires.) f * On dit en raillant, & par maniéré de proverbe, d’un homme qui se tient sans rien faire , pendant que ses compagnons travaillent , qu’il est exemt de bien faire. EXEMT, f m. [Pratorianm immunisé] Sorte (Policier dans les Gardes du Corps, qui commande après les Lieutenans & Enseignes. (C’est un exemt.) EXEMTER , v. a, f Eximere , abfolvere, levareé] Donner exemtion. Délivrer. (Exemter un vilage de soldats. On l’exemte de païer la taille. S’exemter de blâme. S’exemter de porter les armes. Exemter quel- cun de quelque peine.) EXERCER , v. a. [Exercere, fungi munere .] Mettre en usage, ou en pratique quelque-chose qu’on aprend , ou cju’on fait. Faire. (Exercer une charge. Exercer la médecine. Exercer la justice. Arnauld.) EXERCER, v. a. [ Exercitare, affuefeere, doeereé] Faire agir pour donner quelque habitude. (Exercer un cheval à la course, au manège, &c. Exercer ces jambes. EXERCER son esprit, sa mémoire, &c. EXERCER sa patience. EXERCER un empire tyrannique sur ses sujets, [Exequi, uti.] EXH 781 S'EXERCER, ít. r. [ Occupari , verfari, effe ìn re alì - quâé] S’apliquer à quelque exercice. (S’exercer à la chaise. Abl. ret. I. 1. S’exercer à étudier. Ablancourt. II s’exerce aux armes, au manège, à la lute & aux autres exercices du corps. Abl. Luc .) EXERCICE, f. m. [ Exercitium , labor , munw , exercitatio,praxis.] Action de la personne qui s’exerce. Ocupation. (Un bel exercice. La chasse est un exercice fort beau & fort honnête. S’adonner à quelque exercice. Vaug. Quint. S’adonner aux exercices de piété. Un exercice violent & pénible. On dit des soldats qu’on dresse à manier les armes, qu’on leur fait faire l’exercice.) £ 11 est dangereux de négliger la discipline & les exercices militaires, & de laisser les troupes dans une oisiveté & une inaction honteuse pendant la paix. Po- lybe de Mr. de Folard. César connoissoit si bien la nécessité & l’importance de l’exercice des armes & des travaux militaires, qu’il exerçoit lui-méme ses troupes dans leurs quartiers, & même en présence de l’ennemi. Les oficiers & les soldats ne peuvent apren- dre les grandes manœuvres de la guerre que par l’exercice. Tbid. EXERCICES au pluriel, se dit particulièrement, des diverses choses que les jeunes gens aprennent dans les Académies, comme monter à cheval, faire des armes, danser, &c. (11 a fait lés exercices. 11 réussit bien dans ses exercices.) H EXERCICES , signifie aussi, l’oeupation d’une Académie , d’une Compagnie. (Les exercices Académiques. L’Académie des sciences a repris ses exercices ordinaires.) t EXERCITATION, f. f. Mot tiré du Latin, dont on se sert en parlant de certaines dissertations fur des matières de sciences ou de critique. (Une exercita- tion philosophique. Les exercitations de Scaliger, de Saumaise.) EXERCITEUR. Ce mot est Latin, Excrátar. C’est ainsi que les Loix ont apellé celui qui loué un vaisseau pour faire un volage, & qui a sous lui un maître pilote. Mais si le Locataire soûlouë à un autre le même vaisseau , ce soûlocataire devient exerci- teur. C’est ainsi qu’il faut entendre la Loi prémiére, §. Exercitorem, ff de Exercitor. aHione. Les Marins se servent du terme Affréteur , pour exprimer le Locataire d’un vaisseau, par mois,_ ou par volage, ou par tonneau, moïennant un certain prix. EXERGUE , f f ISubfcriptio.] Terme de Mé- dailiiste. Petit espace hors d’œuvre, qui se pratique dans la médaille pour y mettre quelque inscription, chifre, devise ou date. ch EXFOLIATION , f f. ÍExfolmtio J Terme de Chirurgie. Ce qui arrive à l’os, quand il vient à s’exfolier. (L’exfoiiation s’eft faite.) EXFOLIER , v. n. [ Exfoliare. J Terme de Chirurgie , qui se dit seulement des os qui se lèvent ou qui tombent par feuilles. EXFUMER, V. a. f Colores eluereé] Terme de Peintre. C’est éteindre une partie de quelque portrait, ou d’autre ouvrage, qui paroit trop ardente. (Il faut exfumer cette partìe-là, parce qu’elle paroit trop forte en couleur.) EXH- Toutes les H des mots de cette colonne ne se prononcent point, & on croît même qu’il n’y au- roit pas grand mal, quand on les retrancheront. EXHALAISON , f f lExhalatio, vapor, hali- tus .J Terme de Phisique. Air subtil, sec & spiritueux qui s’exhale & fort du corps. (Une douce, ou forte exhalaison. 11 sort des mines des exhalaisons arsenicales & vitrioliques, qui sont fort dangereuses.) EXHALAISON. Ce mot se dit en termes de Phisi. que , des petits corps secs & menus qui sortent continuellement de la terre, (On croît que les vapeurs sortent de l’eau, & les exhalaisons de la terre.) EXHALATION )/ f. [ 'Expiratio .] Terme de Chimie. Opération qui né se pratique que sur les matières seches, par laquelle on fait élever & dissiper les parties les plus volatiles, par le moïen de la chaleur. EXHALER, t». dit des exhalaisons aler en haut. (La a. XEdb&laYe,fsìra‘reé] Ce mot se & des Vapeurs, & signifie sortir &' terre exhale des vapeurs.) Fff ff ì ÏXHA. 782 EXI EXHALER, [fofiiw.] Ce mot se dit en Chimie. (On fait exhaler les corps secs. Horace après Lucile Exhaloit en bons mots les vapeurs de fa bile. Defpr. fat. 7.) f * Sa grande ame s’exhale. Benferade, rondeaux. On F entendra par vous demomens en momens Exhaler fa douleur en longs gémiffimens. Abé Régnier.) S’EXHALER, v.n. [In auras distergi, diffundis S’é-< vaporer. S’élever en Pair. (L’efprit de vin s’exhale facilement.) , S’EXHALER, ®. n. [Sedari , placariF] S’evaporer : se passer. (La douleur s’exhale par les soupirs & par les plaintes. La colère s’exhale en injures.) EXHAUSSEMENT, f m. [Altkudojuperstru- fíioF] Terme A'Architecture. Hauteur, élévation d un plancher, ou d’une voûte. EXHAUSSER, v. a. [Aîdificium altiùs tollere .2 Terme ù’Architecture. Elever. (Exhausser un bâtiment. Plancher fort exhaussé. Eschyle dans le cœur jetta les personnages, D’un masque plus kosinête habilla les visages, Sur les ais d’un théâtre en public exhaussé, Fit paraître FAcHeur d’un brodequin chauffé. Defpr.) EXHE'RE'DATION, f f- [ExheredatioJ Terme de Palais. Acte par lequel pour de justes causes on déshérité une personne qui devoit nécessairement hériter de nous. (Les exhérédations font odieuses. Patru , plaid. 6 . Les exhérédations obligent les enfans à conserver à leurs pères le respect qu’ils leur doivent. Le Maît. EXHE'RE'DER , v. a. [Exberedare .2 Terme de Palais. Déshériter. (Un fils exhérédé. Patru, plaid. 6 . II a exhérédé fa fille. Le Maît. Voler Déshériter. EXHIBER, v. a. Ce mot est un terme de Palais. II vient du Latin exhìbere , & il signifie répréfenter. (II est obligé d’exhiber ses titres.) EXHIBITION, f jf. [ Exhibitio , editiol] Terme de Palais. Répréscntation de quelques pièces. (Les parties ont fait exhibition de leurs contrats & autres pièces.) On dit, en terme Populaire , d’un écolier qu’on a foiiété, qu’il a fait exhibition de ses pièces. EXHORTATION, T /• [Adbortatio , exhortation Discours qui exhorte : paroles qui portent à embrasser la vertu. (Je reqoi de tout mon cœur les exhortations que vous me faites là-dessus. Voit. /. 71.) EXHORTER, v. a. [Hortari, excitare , impellere .] Tâcher de persuader à faire ce que nous voulons : obliger, porter à quelque chose. (11 l’exhortoit d’en- treprendre quelque chose digne de sa naissance. Vaug. Quint. I. 5. II m’exhorta à me faire violence. Pafc. i. 5. II n’y a rien qui exhorte tant à bien mourir, que de n’avoir point de plaisir à vivre. Voit. I. 71. Exhorter à la paix, à la patience, &c. Dieu seul tient en sa main cette puissante grâce , Et F hommeseulement presse, exhorte, menace. Vill. On a beau s’échaufer ; c’eft en vain qu’on exhorte Un Auditeur lassé qui regarde la porte. EXHUMATION, s s. [ Exhumatio .] Ce mot est Latin. Prononcez egstumacton. II signifie faction par laquelle on déterre un corps enterré, & souvent cela se fait par ordonnance de Justice. (On ordonne l’exhumation d’un corps enterré, quand on prouve qu’il a été tué dans un duel.) EXHUMER, v. a. [ExhumareF] Déterrer un corps par ordonnance de Justice. On doit exhumer ce corps, pour voir s’il n’est point mort de poison.) t EX-JE'SUITE , s m. [Ex-Jesuitas Celui qui a quité l’Kabit de Jésuite. (C’est un Ex-Jésuite. Mr. l’Abé de Villiers étoit Ex-Jésuite.) t EXIGENCE , s s. [Exigentia.J Terme de Palais, qui n’est en usage que dans cette faqon de parler, Jelon Fexigence du ca> c’est-à-dire , selon que la chose le mérite, ou le demande. EXIGER , v. a. [ Flagitare, petere, postularest Du Latin exigere. Demander quelque chose de quelcun : tirer quelque chose d’une personne. (Je n’ai point EXI exigé ni sermens, ni promesse. Désir, lutrin, chant. 2. Exiger des tributs : exiger le paiement d’une dette : exiger des intérêts, des censcs, Le. . 4 exiger , signifie aussi, obliger, engager à de certaines choses, à de certains devoirs, & en ce sens il se dit ordinairement des choses morales. ( N’oubliez pas ce que vôtre naissance, ce que vôtre honneur exige de vous. EXIGIBLE, adj. IQuod potest exigis Qu’on peut exiger. (La dette est créeè, mais elle n’est pas encore exigible. Patru, plaid. 5. p. 40.) I EXIGU, UE , adj. [ Exiguus .J Fort petit, modique. On ne le dit que par plaisanterie & dans le stile familier. (Un repas exigu, un revenu fort exigu, une somme fort exiguë.) S EXIGUEMENT, adv. [Exiguë.J Petitement. Da. net. Ç EXIGUITE', f. f. [Exiguitasl] Petitesse , ou le peu des choses. Danet. EXIL, / m. [Exilium,fuga .2 Bannissement. C’est l’ordre, par lequel une personne est envolée par un pouvoir absolu, & pour quelque faute, hors de son pais, ou en quelque misérable lieu, pour y être un certain espace de tems. (Envoler en exil. Ovide, c’ejì à tort que tu veux mettre Auguste Au rang des Immortels, Ton exil nous aprend qu’il étoit trop injuste Pour avoir des autels. De Lingend.) $f On confond souvent l’exil, & le bannissement : mais l’exil est quelquefois moins févere que le bannissement. Celui-ci est une peine imposée par des Juges aux coupables de quelque crime qui ne mérite pas la mort; d’ailleurs, elle imprime u-ne tache d’infamie, qui ne s’éface jamais, non pas même par la fin du bannissement; car lors-qu’il est perpétuel, il équipole à la mort civile ; & dans quelques Coutumes, le bannissement perpétuel emporte la confiscation des biens du banni, suivant cette régie : Qui confisque la personne, confisque le bien. L’exil n’est quelquefois qu’un simple éloignement de la Cour, ou de sa famille, par un ordre particulier du Roi; & cette peine n’altére point la réputation de l’exilé, & ne produit aucun changement dans son état. Les Athéniens avoient introduit parmi eux une espèce d’exil très-honora- ble, ils l’apellerent Ostracismes & bien loin d’impri- mer quelque tache, il faisoit connoître le mérite & le crédit de l’exilé, dont on avoit quelque sujet de se défier dans un Etat populaire. Aristote fait mention de l’Ostracisme dans ses Politiques: On tâche ( dit-il, en parlant des Républiques ) de conserver Légalité entre les citoïens, & quand quelcun s’éleve par dessus les autres, on l’éloigne pendant dix ans. L’Ostracisme (dit Plutarque, dans la vie de Thémisto- cle) n’étoit point une peine, mais une précaution politique contre la tirannie. Ce fut auffi dans cette vue que les Athéniens bannirent Thémiltocle : ses dépenses excessives, & ses manières fières & hautaines alarmèrent le Peuple, qui ne pût calmer ses inquiétudes que par son éloignement. * EXIL , se dit du lieu où demeure un homme acoûtiimé d’être plus agréablement ailleurs. (II regarde fa maison comme un lieu d’exil. Je me trouve dans un vrai exil.) f * EXIL. Ce mot se dit quelquefois par raillerie, & veut dire, absence, éloignement. EXILE', / m. [ExulF] Banni. Qui est en exil. (On fit rapeller les exilez. Ablancourt.) f * EXILE' , / m. [Abstens. ] Ce mot se dit quelquefois en raillant, & signifie éloigné, absent. ' EXILE', exilée , adj. [Exuls Envoie en exil. (II est exile : elle est exilée.) EXILER, v. fl. [In exilium mittere.J Bannir envoïer en exil. (Auguste exila Ovide.) f * S’EXILER , v. r. [Exulares Se bannir, s’éloigner, s’absenter, se retirer. (Ma maison loin de moi se tenoit exilée. Voit. Po'ést. Pourquoi s’enfermer, x’exiler , ne se voir, ni se parler ? Benserade.) EXISTANT, ANTE, part. adj. [Evistenss Qui est dans f être des choses. (Inventaire exact de tous les meubles existans.) EXI- EXO EXISTENCE,//. [Exisientia.] Terme de Pbiloso - ifihie. C’est ce qui fait qu’une chose existe, & est dans la nature des choses. (On parle de l’existence des êtres naturels. L’existence de Dieu est de son essence.) EXISTER, v. n. [Existere.] Etre dans la nature deS choses. (Ce qui n’existe point, ne difére en aucune façon du néant. Dieu existe par lui-même. Plusieurs choses ont été, qui n’existent plus à présent.) £ EXISTER , se dit en termes dé Pratique , & en parlant des biens & des éfets civils qui font encore en nature. (On lui a ajugé tous Iss biens de la succession qui existent encore. Cette dette n’existe plus.) EXISTTM ATEUR, / m. [Exstìmator.] Quoique Mr. le Maître se soit servi de ce mot, cependant il n’a pas fait fortune. EXLAQUAIS > s- m■ Qui a été laquais. Monsieur de Mézerai a été inventeur de ce mot. Quelques-uns s’en font servis après lui. (Penses-lu que mon cœur soit Jì fort au rabais, Que de borner.son vol aux vœux d’un Exlaquais ? P. Commire.) EXODE, s m. [Exodm.] Ce mot est Grec, & signifie sortie. C’est le nom du second livre de Moïse. EXODE, s. m. [Exodium.] C’étoit une des quatre parties de l’ancienne tragédie qui renfermoit la catastrophe de la pìéce, & qui répond aujourd’hui au cinquième acte d’une tragédie. Dacier , Po'èt. Aristote, ch. 12. de sa Poétique , a dit que les parties de quantité de la tragédie, font le prologue, l’épiso- de, l’exode, U le chœur ; que l’exode est tout ce qui est dit après que le chœur a entièrement cessé de chanter. Les Commentateurs de ce Philosophe ne conviennent pas dans l’explication de l’exode : les uns disent que c’est un congé que les Acteurs demandent aux Spectateurs : les autres, que c’est un remercîment de la complaisance que les Spectateurs ont eue : mais Mr. Dacier a fort bien remarqué, que si l’exode étoit un congé ou un remercîment, il ne feroit pas une des parties de quantité de la tragédie, dont il feroit entièrement détaché, de même que le compliment qu’on fait à présent après que la tragédie ou la comédie font finies , n’est point une partie ni de l’une, ni de i’autre. Victorius propose un sentiment qui n’est pas digne de lui. „ On apelloit (dit-il) parodos, l’en- „ trée du choeur, c’est-à-dire, des Acteurs fur le téâ- „ tre ; & la sortie de ces Acteurs étoit apellée exodos, „ quand ils ne dévoient plus paroìtre. „ 11 est vrai que le mot exode peut signifier la fin de la piéce; mais il n’en marque pas l’étenduë, ni les parties qui la composent, & dans ce sens , l’exode est tout-à-fait étranger à faction. 11 est donc plus vraisemblable que le Philosophe a entendu par l’exode, le dénouement & la catastrophe, qui est le dernier événement & la fin de faction. Au reste, les Poètes Latins, du mot Grec exodos, firent exodium, pour exprimer la fin d’une Comédie Atteliane, dans laquelle l'on in- troduifoit un boufon , qui par fes actions & par ses discours ridicules réjoùissoit les Spectateurs, & faifoit oublier l’ennuí que la longueur & la tristesse de la Piéce avoient causez ; ainsi Juvénal a dit dans ia sixième Satire : Urbicus exodio rifum movet Attellanœ. EXOINE , s f. (Ejuratio vadimonìi , excusatio causaria.] Terme de Palais. C'est un certificat en bonne forme, par lequel on prouve l’impoffibilité où l’on est de fe trouver en personne en quelque lieu, où l’on devroit ale r. (f EXOINE. Ancien mot. C’est une excuse de ne pouvoir pas faire une chose ; on ie trouve dans plusieurs Coutumes: mais c’est particulièrement dans les procédures criminelles , où il faut fe défendre personnellement, que l’on se sert de ce terme, lors que par des empêchemens légitimes on ne peut pas exécuter les ordres de la Justice. II est encore fort en usage dans les matières féodales , pour empêcher la perte des fruits, faute de prêter la foi & fhommageà son Seigneur. 11 en est fait mention dans les Etablisse- rnens de S. Louis, dans Philippe de Beaumanoir, & dans nos anciens Praticiens, comme Brodeau, fur l’ar- ticle 67. de la Coutume de Paris, a observé, où il remarque que dans les anciens contrats l’on inférois toû- iours cette clause : Promet exoiner, descharger & indemniser, &c. EXO 783 EXOINER, ®- a. [Jurejurando aliquem excufare., qui vocatui judicio non adest, vadimonium ejurare.] Excuser quelcun de ce qu’il ne comparoît pas en personne ; être porteur de son exoine. {$ EXOMOLOGE'SE, f f- Le mot est Grec, & signifie confejjion. On l’emploïoit non feulement pour exprimer la dernière confession que l’on devoit faire dans la pénitence publique, avant que d’être réconcilié publiquement avec l’Eglise dont on avoit été séparé, mais encore celle que les Confesseurs faisoientdans les prisons avant que de finir leur vie dans les tour- mens, comme il est porté dans la Lettre 17. liv. de S. Cyprien. EXORABLE, adj. [Exorabilis.] Ce mot est Latin, & signifie qui peut être fléchi par des prières , ou par des raisons. II est moins en usage que son contraire, inexorable , EXORATORIEN ' st *n % Celui qui a quitté la Congrégation de l’Oratoire, où l’on n’est engagé par aucun vœu, (Le savant Mr. Dugué, auteur de la prière publique, est Exoratorien.) EXORBITANMENT, adv. [Ultra modum, uU trà vires.] Excessivement. EXORBITANT, exorbitante, adj. [Exjuperam, im - manis, immensm, enormis .] Excessif. (Faire une dépense exorbitante.) EXORCISER, v. a. [Exorcismes , sacras obtefla* tiones.adhìbere, adhortari etiam atque etiam.] Terme d 'Eglise. User d’exorcisme pour chasser le diable du corps d’un possédé. (Exorciser un possédé. Le bon Père Joseph Capucin envola exorciser les prétendus diables de Loudun. ) H * EXORCISER, sc dit par exagération pour, exhorter quelcun, le presser par des raisons si fortes qu’on le ramené à la raison. (Je l’ai tant exorcisé que je l’ai persuadé.) , f * II y a quelques heures au jour où le bon Pere m’exorcife. Voit. I. 88. EXORCISME, s m. [Exorcismm, sacra obtestatio.] Cérémonie dont l’Eglife fe sort par le moïen de fes Ministres, pour chasser les démons. EXORCISME, / M. C? mot fe prend aussi pour une sorte de charme, qui consiste à dire de certains vers, ou de certaines paroles, pour produire des éfets merveilleux & surnaturels. Ces exorciser es font con- dannez , parce-qu’ils sont superstitieux. Thiers , su - perji. ch. 32.) EXORCISTE , s. m. [Exorcisa.] Ecclésiastique qui a la puissance d’exorciser. C’est le troisième des Ordres mineurs. {$ On ne peut pas douter qu’il n’y ait eu des personnes possédées par les démons, & particulièrement parmi les Païens , sor lesquels ils s’étoient établi un empire absolu. Pour arrêter leur tiranniç & s’oposer à leur persécution , l’Eglise préposa des personnes à qui elle donna le pouvoir de les chasser par des prières & des aspersions d’Eau benite, & ces personnes furent apellées Exorcistes, à qui l’on donna un rang dans les Assemblées : /Histoire nous aprend qu’il y en avoit huit dans le grand Concile qui fut tenu a Arles, contre les Donatistes. Quelques Auteurs ont dit que Salomon les institua, & ils se fondent fur le témoignage de Josephe dans son Histoire des Juifs, liv. 8- ch. 2. où cet Historien, après avoir étalé la grande sagesse de Salomon, & la vaste connoissance de toutes choses, que Dieu lui avoit acordée, dit qu’il avoit composé des remèdes & même certaines conjurations qui étoient fort en usage parmi les Juifs lorsque Josephe composoit son Histoire, & à ce propos, il raconte qu’il a vû un Juif nommé Eléazar, lequel en la présence de l’Empereur Vespasien, de ses fils & de plusieurs de fes capitaines , délivra divers poílêdez, en leur attachant au nez un anneau. 11 y avoit une racine dont Salomon se servoit à cet usage, & en récitant les mêmes paroles que ce Roi avoit laissées par écrit. Mais cette Histoire est très-sospecte ; car on ne trouve pas dans le Lévitique , que Dieu ait donné à Salomon le pouvoir d’établir des, Exorcistes dans la Sinagogue ; & s’il y en avoit eu en titre, les juifs n’auroient pas été si empressez de présenter leurs possedez au Seigneur, & ils n’auroient pas été si surpris de voir qu’avec une parole il obligeoit le démon de sortir du corps des poílêdez : ce fut dans cet étonnement qu’ils /écrièrent, au raportde Saine Mathieu, 784 EXP Quœ do tir hia hac nova , quia in potesìate fiìritibus imperatl A u reste, il est certain que plusieurs personnes se vantoient d’avoir ce pouvoir, & le nombre des Exorcistes étoit grand parmi les Juifs : nous âpre* nons même parlesActes des Apôtres, cb. 19. que ces imposteurs aloient de ville en ville, exercer leur prétendu pouvoir, & que les enfans d’un Juif Prince des Prêtres, nommé Seva, osèrent invoquer dans leurs exorcismes le nom du Seigneur Jésus fur ceux qui étoient possedez des malins esprits en leur disant, Tous vous conjurons par Jésus qut Paul prêche : mais îe démon se moqua de leurs exorcismes, en leur répondant, Je cannois Jésus , U je sçais qui efl Paul , mais vous, qui étes-vow P Et en même tems, celui qui étoit possédé du démon, se jetta sur deux de ces Exorcistes, & les maltraita avec tant de fureur, qu’ils furent obligez de se retirer tout nuds & blessez. EXORDE, f m. [ 'Exordìum, proœmiumé Terme de Rétorique. C’est la première partie d’un discours oratoire. (L’exorde doit être tiré des lieux, des personnes , ou des circonstances des choses. Faire un bel exorde. Souvent pris de trop loin un exorde bizarre, Jette hors du sujet l’Orateur qui s‘'égares Et souvent trop pompeux il dérobe f éclat Au refle V'ill.) du sermon qu’il sait paraître plat. EXORTATION, s- /• Voïez Exhortation. Exhorter. EXOTIQUE , en stile Dogmatique , étranger & barbare. [ Adventitius. J En terme de Botanique , il se dit des plantes. EXPECTANT, f m. [Expeclansfi Qui atend l’acomplissement d’une grâce, d’une collation qui lui est dûë ou promise. (Plusieurs font expectans de Bénéfices.) EXPECTATIF , expeHatìve , adj. [Spes , jus obtinen- d [Orator , rem , cujttí res est.] Terme de Chanceierie. Celui qui impétre des létres , ou qui forme quelque demande. Le Roi veut qu’on remette i’exposant dans sciât où il etoit, si ce qu’il expose est véritable. EXPOSANT. [Exponens , proponens.] Terme d ’Arit. métique. Nombre qui exprime le dégré de la puissance. Ainsi sexposant du nombre quarté est 2. & l’expo- sant d’un nombre cubique est ;. parce que le quarté est puissance du second dégré , & le cube est puissance du troisième dégré. H EXPOSE',/ m. [Expostum.] Ce qui est exposé dans une requête : (fexpose d’une Requête. Un faux exposé.) EXPOSER, v. a. [Exponere , proponere , expli- care.] Faire voir : découvrir : montrer : dire. (Exposer le S. Sacrement : exposer l’état de sa conscience à son Confesseur. Fasc. L 10. Exposer le fait de sa cause. Le M ait.) - --- W1.LUIÌO uu uu ^Exposer un enfant. Moïse fut ex- met dans les rues. posé sur le Nil.) EXPOSER , v. a [Adiré periculum vìta,] C’est auffi mettre au danger. (Exposer témérairement sa vie. Abl » Exposer inconsidérément une personne. Votez, je vous prie , à quoi elle m’expose. D. Quichoi.) EXPOSER, v. a. [Proponere.] 11 se dit aussi de la monoïe. C’est la faire courir & la distribuer. (On pend ceux qui exposent de la fausse monoïe.) EXPOSER se dit auffi de toute sorte de monoïe, (Le Roi a défendu d’exposer les espèces étrangères.) EXPOSER. [ Opponere , objieere.] Ce mot se dit, en parlant de bâtiment. Tourner un bâtiment, ou une partie de bâtiment vers une certaine partie du Ciel. (On expose les chambres au couchant, & les bibliothèques au soleil levant.) S’EXPOSER, v. r. [Adiré periculum , ojserre dìscri- minì.] Se mettre au Lazard. Se bazarder. (Le menu peuple s’expose à discourir de toutes choies. Voit. Pois. Etre exposé à l’insolence des méchant. Pas. L 7, S’exposer au danger. S’exposer à la mort. x uuiv, J.™\.rnpwtmr,j u te ait parlant de fausse monoïe. C est celui qui distribue la raui- se monoïe, & qui est d’inteiligence avec les faux ma- noïeurs. (Les expoíìteurs de fausse monoïe font en danger de perdre la vie, lors qu’ils font pris.) EXPOSITION ,s s. [Expfísitìo.J II se dit en parlant du S. Sacrement. C’est la montre qu’on en fait aux Chrétiens dans les Eglises. (11 faut aîer à l’Eglise durant l’exposition du S. Sacrement.) EXPOSITION. [Expïicatìo ,nafratio.] Explication K déclation d’une chose. (On a fait un livre de l’expofi- tîon de la Doctrine Chrétienne fur îa grâce & fur la prédestination, qui a été condastné par Monsieur í’Archevéque de Paris. L’exposition de la -foi par Terne / Ggggg Mr. 786 EXP Mr. de Meaux'est le meilleur de tousses ouvrages.) EXPOSITION. [Projesfio.] II se dit en parlant de certains enfans qu’on met dans les rués. C’est l’aban- donnement qu'unemerefait de son entant nouveau né, en le mettant secrètement dans quelque coin de la rue, envelopé de ses couches & de fa couverture. (Ces expositions ne se font que par des misérables qui se sont abandonnées à des coquins. Les expositions des en- fkns font cruelles & ordinaires parmi les Chrétiens. Le Mait. plaid. 7. Ces expositions font dénaturées, & devraient être sévèrement punies. Volez Enfant EXPOSITION. [Objecïio , oppositio .] II se dit aussi des bâtimens & des plantes. C’est la maniéré dont on place un édifice & toutes ses parties. C’est la situation des plantes selon le côté du Ciel qu’elles regardent , & vers lequel elles font tournées. (Exposition bonne , commode , favorable, semblable, &c. La meilleure exposition des villes fera si le vent n’enfi- le point les rues. La bonne exposition des bâtimens dépend des ouvertures qu’on leur fait pour recevoir l’air & le jour. Les diférens usages des parties des édifices demandent des expositions diférentes. Vitru- ve, abrégé , 1. p. cb. ;. Ur arbre planté à une mauvaise exposition, ne produira que des fruits de mauvais goût. Volez la culture des jardins.') EXPOSITION , f. f [Propofîtio.] II se dit en parlant de fausse monoïe. C’est la distribution que l’on fait des espèces qui font fausses. (II y a des déclarations du Roi, portant règlement pour l’exposition des espèces. On a des preuves certaines de l’exposition, & il perdra la vie.) EXPOSITRICE, / f. [Qu&/'■ NOUVEAU DICTIONNAIRE DELA LANGUE FRANÇOISE, ANCIENNE ET MODERNE, Avec des Observations de Critique, de Grammaire & d’Histoire. F F l s. f. C’est la sixième lettre de l’Alphabet François , qui se prononce comme si elle | étoit écrite este , & on apostrophe la voïelle qui la précédé. ( Une F capitale : une petite f: une grande F : une / bien faite : faire la tête d’une/.- faire la queue d’une/. Encore pour F , patience, C’eji par elle que ce commence France , climat heureux U doux. Volt. Poës. Depuií dix ans dessus PF on travaille j Et le destin m’auroit fort oblige', S’il m’avoit dit , tu vivras jusqu’au G. Boisrobert, ép. 6.) Cette lettre se trouvant à la fin de quelques mots, ne s’y fait souvent pas sentir lors qu’on les prononce, comme Baillis, Aprentif, Clef, qui fe prononcent bailli, aprenti , clé. On excepte de cette régie ces mots, Juif, neuf, esquif, nominatif, acusatif, génitif, datif, indicatif, impératif, canif, chef, fief , nef, & autres dont 1’/finale fe prononce. On excepte auffi lucratif, nais, vif, oisif, & autres adjectifs qui fe finissent en /, & dont Ys finale fe prononce au masculin , & se perd au féminin. L’/ ne se prononce point non plus dans le mot â’es- teuf, ni au singulier ni au pluriel. Au mot de cerf, il ne fe prononce jamais dans ces phrases : Courre le cerf, être à la mort du cerf, un cerf de dix cors, un cerf aux abois. L’ufage n’est pas si certain à l’égard des mots de nerf, d’œuf, & de beuf, quand ils font suivis d’une consonne. Quelques-uns fupriment 1 ’/, d’autres croient qu’il la faut prononcer : ce qui est constant, c’est qu’on ne la prononce point dans les pluriels de ces mots , nerfs , bœufs , œufs , neufs. DeJm. gramm, fr. Au mot numéral de neuf, quoi que 1’/ fe prononce presque toujours dans toute fa force , cependant lors que ce mot est suivi immédiatement de son substantif; alors, si le substantif commence par une consonne , comme dans ces mots neuf personnes , 1’/ ne fe prononce point : mais s’il commence par une voïelle ou par une h qui ne s’afpire point comme neuf hommes , alors 1’/ perd fa prononciation ordinaire , & prend celle d’un a consonne. Defin. gramm. franç. Quelques-uns, en orthographiant les mots Grecs, que les Latins & les François écrivent par ph, mettent une/, au lieu du ph ; & ils écrivent Filvs pour Philis ; Filosofie pour Philosophie. On ne feroit pas mal d’imiter ces Messieurs , mais cette maniéré d’or- tographier n’est pas bien établie, & il n’y a pas même d’aparence qu’elle s’établisse si-tót. F , fubfiantif féminin. Terme de Lutier. Le mot á'ejfe fe dit en parlant de poche , de violon & de basse de violon. On apelle de ce nom les ouvertures faites en f, qui font fur la table du violon , de la poche , & de la basse de violon. On les nomme aussi quelquefois ouies , quoi que le mot d ’oúie fe dise plus proprement de la viole. En Jurisprudence deux Jf jointes ensemble, signifient Digeste. FAB FA , f. m. Terme de Musique. C’est une des principales voix de la musique. (Un fa feint.) & Les régies de la Musique ont été formées en diférens tems , & l’on compte trois fistémes , dont le dernier fut corrigé par un Moine Bénédictin , apellé Guy Laretin ; c’est celui que l’on observe à présent. Ce Religieux avoít un génie merveilleux pour la Musique, qui lui fit apercevoir que les noms donnez par les Anciens aux tons de leurs chordes , étoient trop longs : il substitua en leur place ces six silabes, ut, re , mi, fa, fol, la, qui lui vinrent dansl’efprit par une efpéce d’admiration, en chantant la prémiere strophe de l’himne de S. Jean-Baptiste : Ut quecmt Iaxis refonare fibris Mira gefiorum îamuli tuorum , Solw polluti la bii reatum. Volez Brojfard , dans son Dictionnaire de Musique. $ FABA purgatrix , f. f. Efpece de feve de l’A- merique qui purge par haut & par bas avec telle violence , qu’elle met en danger de la vie celui qui en prend. On l’apelle auffi Fève Indique. t FABAGO , f m. Plante amere qui est propre contre les vers du corps. f FABER, f. m. [ Faber. ] Gros poisson de mer, dont la chair est tendre & bonne à manger. On apelle ce poisson Faber , à cause qu’on trouve en lui les figures des instrumens d’un Forgeron. Danet, appelle ce poisson le Forgeron. FABIEN , f m. [ Fabianw. ] Nom d’homme. FABLE , f fi í Fabula. ] Discours qui imite la vérité , & dont le but est de corriger agréablement les hommes. ( Les Fables d’Efope & de Phèdre font fort belles , & la Fontaine les a traduites en François d’une maniéré fort enjouée. Les fables ne font pas ce qu’elles semblent être, Le plus simple animal nous y tient lieu de maître » La Font.) FABLE. Ce mot, pour dire l’histoire fabuleuse, ne se dit qu’au singulier. ( II faut qu’un Poète sache la fable. Sans la fable on ne fauroit entendre les Poètes. Rien n’est beau que le vrai , le vrai seul est aimable . II doit regner par tout , (jf même dans la fable. Defpr.) FABLE. [ Fabula. ] Terme de Poésie epique U dramatique. C’est l’ame du Poème. C’est faction qu’on a choisie pour sujet du poème , embarrassée de quelque obstacle , & acompagnée de ses plus belles circonstances, & de ses incîdens les plus naturels les plus vrai-femblables, rangez dans un ordre qui produise un bel éfet ( La fable doit être une, continue, vrai-femblable, entiere & d’une raisonnable grandeur.) fg Quelques-uns ont cru , que par ce mot, fable, la vérité étoit entièrement banie des poèmes épiques & dramatiques, parce que l’on ne doit point altérer l’Histoire par des factions : mais ce n’a point été la pensée d’Aristote ; ainsi fable signifie le sujet d’une tragédie, ou d’un poème épique, Le P. Mambrun , de epice Tarn. II A eurmt- 2 FAB carmine , part. r. qu. i. dit, que la fable du poème épique est une fiction , dont une partie est vraie , & l’autre est inventée , sermo fiflititts , qui rem alteram apertè, alteram dijjìmulanter Jignificet. ,, La fable „ ( dit Aristote ) est la principale partie du poëme épi- „ que & du poëme dramatique ; & comme elle con- „ liste dans une action simple, il faut l’orner par des „ épisodes qui servent à instruire & à la rendre agréa- „ bíe.” Les Auteurs qui ont écrit de la fable , comme sujet d’un poëme épique ou dramatique, ne s’a- cordent pas fur les parties , dont la fable doit être composée. Castelvetro exige huit choses pour la composition de la fable : il veut i°. qu’elle soit toute, c’est- à-dire , selon Aristote , qu’elle ait son commencement, son progrès, & fa fin : 2°. qu’elle soit grande , c’est- à-dire , digne de l’atention des Lecteurs , ou des Auditeurs : j°. une, ensorte que tous les incidens ne composent qu’un seul sujet : 4 °. pojjtbie , pour n’étre pas entièrement fabuleuse : es.Jbnple , sans incidens, & fans épisodes superflus : 6°. qu’elle ait du merveilleux, pour mériter l’atention des Spectateurs : 7°. qu’elle ne soit point embaraffée par des incidens étrangers : 8*. & qu’elle soit capable d’exciter les passions, par un mélange de bonheur & de malheur. La division générale est, qu’elle est ou simple , ou composée : la simple est ( dit Heinsius, fur Aristote ) celle dont le cours n’est interrompu par aucun incident qui arrive inopinément, par une reconnoiffance fans nécessité, enfin par aucun changement dans le fil de l’Histoire, qui empêche d’aler à la fin de faction. La grandeur dans la fable , est une beauté , comme elle Test dans toutes choses. Un animal ( dit Aristote , cap. 8- poet.) ne peut être apellé beau , quand il est ou trop grand, ou trop petit. L’unité de la fable , de la tragédie & du poëme épique , est fondée sor ce qu’il n’est pas possible d’atirer l’atention des Lecteurs & des Spectateurs pendant un te m s indéfini, outre que la pluralité des incidens ne manqueroit pas d’embarasser l’i- niagination & la mémoire d’une infinité d’idées plus capables de rebuter , que de plaire. La possibilité de la fable consiste à raconter les choses , non point comme elles sont arrivées , mais comme elles doivent arriver par raport au sujet que l’on traite. C’est par cette raison que l’Académie Françoise a dit, dans son sentiment sur le Cid , que „ le Poëte ne doit pas „ craindre de commettre un sacrilège en changeant „ la vérité de l’Histoire : nous sommes confirmez M dans cette créance , parle plus religieux desPoë- „ tes , qui corrompant l’Histoire , a fait Didon peu „ chaste , fans autre nécessité que d’embélir son poë- „ me d’un épisode admirable, d’obliger les Romains, ,, aux dépens des Cartaginois.” La fable doit être merveilleuse, pour exciter l’admiration ; elle doit être vraisemblable , pour se rendre digne de créance : on n’est point touché de ce qui paroìt incroïable. Sur toutes ces choses , votez Arijiote , Scaliger , Cajtel- vetro , VoJJìus , la Menardiére , PAbé d’Aubignac, le P. Le Bossu, le P. Rapin , &. * FABLE. [ Mcr.«.[ CoUigare fasciculos virgultorum .] C’est mettre le bois en facines.) * FACINER l’efprit des peuples. Maucroix, schisme, l. 2. FAÇON , s f [ Opéra. ] Manufacture d’artífan. Travail «Partisan pour avoir fait quelque ouvrage. Le tems & la peine que Partisan a emploïez à faire quelque chose. ( On prend vingt sous de faqon pour chaque marc d’argent de besogne plate. La façon de là besogne d’argent montée est chère. Palet les façons de la vigne. Donner au cuir une façon dc fleur & de chair. C’est asse2 regretter cet aimable garçon, Séchez l’eau de vos pleurs, c’est en vain qu’elle coule, Puis-que vous en avez & l’étofe £5? le moule, Tyrps vous n'y pouvez perdre que la façon.) f FAçON. On apelle façons de vaisseau , les diminutions qu’on fait à Pavant & à l’arriére du dessous d’un vaisseau. ( Façon de Pavant, fàçons de Panière, façons fous les estains.) FAçON. Tout ce qu’on invente & ce qu’on fait par le moïen de la raison & del’esprit. Ce sont des vers de la façon du sieur Colleter, & c’est tout dire. FAçON. [ Modus agendi , ratio. ] Maniéré. Sorte. Maniéré de faire. Petite action agréable. (Xeno- phon raconte les choses ordinaires d’une façon qui ne l’est pas. Abl. ret. Philis, vos petites fàçons m’ont tout-a-fait charmé. Elle a mille petites façons qui lui gagnent le cœur de tout le monde. Scar.) FAçON. [ Modus, mot.], Manière: forte. ( A la façon des hommes : d’une étrange façon: en aucune façon : en cette façon : de quelque façon que ce soit. ) FAÇON. [ Iteratio opéra. ] Terme de Laboureur. * C’est la maniéré de labourer la terre. (II faut donner - plusieurs FAC plusieurs façons à la terre avant que de la semer. On donne crois façons à la vigne.) FAçON. f Modus agendi. ] Maniéré d’agir pleine de cérémonies. (Faire des façons. Scar. On vit fans façons entre amis. II dit les choses fans y aporter tant de façon. II fe met lans façon au rang des beaux esprits. C’est-à-dire, librement & fans user de cérémonie. Point de façons , je vous conjure , Entrez vite dans la maison. Mol.) FAçON. [ Compojltio , forma , Jfecies. J Mine & air d’une personne. ( L’auteur de l’Histoire de François prémier est un petit homme fans façon.) De façon que , con j. f Ita ut. J De forte que. Si bien que. ( De façon qu’il sera heureux, s’il a l’esprit de fe savoir conduire.) FAÇONNER, v. a. [ Operi formant addere. ] Ce mot se dit, au propre, par les Rubaniers, & il signifie figurer, travailler de certains rubans, & y faire quelques figures, ou autres ornemens. (Façonner le ruban : faire du ruban façonné : ruban façonné à la mode. On l’aplique auíli à d’autres ouvrages : Sur une table longue U façonnée exprès , D’un Tournois de bassette ordonner les aprêts. Defpr.) FAÇONNER, v. a. [Formare . ] Terme de Jardinier s c’est-à-dire , former. ( On ne peut bien façonner un arbre que par le moien de la taille. Quint. jard. ) f FAÇONNER, se dit aussi en termes d’Agriculture, du labour qu’on donne à la terre , à la vigne. (Façonner les terres, façonner la vigne.) f * FAÇONNER , v. n. [ Diffìmulare , moras trahere, ] Faire des façons ; faire des cérémonies. ( Gombaud étoit assez agréable dans la conversation , mais il se- çonnoit trop. Comment, chez vous on ne façonne pas d’avantage que cela. Bens. Pots Jeunes ceeurs , croìez-moi , laiffiez-vous enjìàmer , Têt ou tard , il faut aimer , Et c’ejì en vain qiìon façonne, Tout fléchit fous C amour , il n’exemte personne. Benserade, balet des plaisirs. Dans quelque autre mortel plus galand que Césale , Que n'as-tu trouvé des apas ? U eût moins façonné fur la foi conjugale , La plus belle épouse n'ejì pas Une dangereuse rivale. Baraton, Poéf.) f * FAÇONNER , v. a. f Mollire , erudire , ìnflrue- «e , polire. J Polir. Rendre plus civil. Plus adroit. Donner l’air du monde. ( C’ejl à la Cour où se façonne , A mon avis , chaque personne. Scar. Poëf.) Costar a dit, dans son Apologie, en parlant de Mr. de Balzac , lequel étant encore fort jeune, écrit à Clorinde , qu 'il n’avoit point de petites passions , que Jì Dieu me donnoit la foudre quand je fuis en colère , dans vingt-quatre heures il n'y auroit plus de tours nì de pavillons au monde. „ Ne diriez-vous pas (dit „ Mr. Costar) que c’est Jupiter qui parle lors qu’il „ étoit encore enfant, qu’il aprenoit à fendre les „ nuées, & qu’il se façonnoit à tonner , à éclairer, „ & à foudroïer avec ses petits bras,” Façonner me paroit ici bien placé. f * FAÇONNIER , f m. [ Nimìus ofpciorum affefla- tor. ] Qui fait force cérémonies. ( C’est un des plus grands façonniers de France.) jf FAÇONNIER , se dit aussi de l’Artifan , de l’ou- vrier qui façonne les étofes. On apelle aussi, Marchand Façonnier de foie , celui qui prépare les foies, pour être emploïées aux étofes, f * FAcONNIE'RE , f f. [ Elirai a urbanitaium affe- fíatrix. J Celle qui fait trop de cérémonies. ( C’est la plus grande façonnière du monde. Molière. ) FACTEUR , f m. f Institor. ] Commis qui sert un marchand grossier. if Le facteur engage son maître pour le fait de son commerce, suivant les loix qui font fous le titre de injìitoriâ aclione , du Digeste & du Code, & parla même raison , le maître est obligé de dédommager le facteur de tout ce qu’il peut foufrir de cette qualité. FACT]EUR (Eorgues,f m. [Organi pneumaticifatfor.J FAC 5 Ouvrier qui fait les orgues. ( C’est le meilleur facteur d’orgues de Paris.) E ACTEUR, f. m. [ Scriptuarìus . ] Ce mot, en parlant de lettres de poste , signifie celui qui reçoit les lettres du Commis du Bureau des postes, & les va porter aux maisons des particuliers à qui elles font adressees. (II y a à Paris des facteurs des Provinces & des facteurs des Pais étrangers.) FACTICE, adj. [ Fafiitiuí. J Qui est fait par art, qui n’est point naturel. Messieurs de l’Acadétnie remarquent que ce mot n’a guére d’ufage qu’en ce sens, mot faHice , terme faHìce , pour dire , un mot qui n’est pas reçu dans la langue , mais que l’on fait selon les régies de l’analogie. Cependant l’on apelle en Chimie cinabre factice , celui qui est fait par les Chimistes, & Monsieur Descartes nomme idée factice, celle qui n’est ni naturelle ni aquise. FACTIEUSE if f- [Fafíinsa.2 Ce mot, dans le 16- plaidoyé de Mr. Patru , est pris pour une fille Religieuse qui se révolte contre fa Supérieure. FACTIEUX , faflieuse , adj. [ Fafliosus. ] Qui aime à remuer, à faire des factieux. ( Esprit factieux.) FACTIEUX, f. m. [ Seditiojùs. J Séditieux. ( C’est un factieux.) FACTION , f f [ FaHio , seditio. ] Parti séditieux. ( La faction des Guelfes. Au milieu de la paix je voi naître la guerre, Je voi des factions qui partagent la terre. Fléchier.) FACTION. [ Munus , opéra. ] Terme de Guerre. Action du soldat qui fait sentinelle, & qui est aux écoutes. ( Etre en section.) FACTIONNAIRE , f. m. [MilitU officia obiens .J Simple soldat qui est obligé à tous les services de la guerre. jAf FACTISTE. Voïez les Origines de Mr. Ménage fur ce mot , qui signifioit autrefois un Poète. FACTORERIE ifs C Officina. J Bureau ou comptoir de marchands, où leurs secteurs sentie commerce pour eux. FACTOTON,/w*, [Omnium officiorum adminiflerj Homme qui se mêle de tout dans une maison , serviteur à tout faire. ( On hait par tout les factotons. Vous qui du Roi Crésus étés 1e sectoton, Je vous prie , en païant , de me rendre un service. Bourf. Esope.) FACTUM , s m. [ FaHum , apologeticus , liber. ] Terme de Palais. C’est un écrit qui contient l’abregé de quelque procès , & qui en instruit les juges qui doivent assister au jugement de ce procès. ( Un beau factum : un factutn bien écrit, bien raisonné , & où le seit est bien raconté & bien éclairé. Composer un factum. Mrs. Patru & d’Aucourt ont compose de beaux factums. Ceux de Furetiére contre l’Académie font ennuieux, parce qu’ils font longs ou d e facula. Voïez Ménage, au mot falot. t FALOT. [ Insulsuí , ìneptui. ] Fat. ( C’est un plaisant falot. Vous êtes un plaisant falot. Et quoi plaisant falot, Foui jaserez toujours , U i e m dirai mot, Corn. ) FALOT , falote , adj. [ Ridiculus. 3 Grotesque capable de faire rire. (Visage falot. Sar. Pois. Esprit falot. Par quelque chanson falote , Flous célébrons la vertu Qu!on tire de ce bois tortu. S. Amant.) FALOTIER , f. m. £ Laternarum curaîor. 3 Oficier qui met les falots ou les lumières en diférens endroits du Louvre fur les escaliers. FALOURDE , f f r Firgultorum fascis. 3 Ce font quatre ou cinq rondins liez avec deux nnrs. AJne grosse falourde : une bonne falourde. )Voïez Nicot. FALQUER. Terme de Manege. C’est donner un mouvement au cheval quand on est prêt de l’arrê- ter, en le faisant couler sur les hanches en deux ou trois tems , & en formant un arrêt ou demi arrêt. FALSIFICATEUR ,/■ C Adulterator. 3 Celui qui falsifie. (C’est un insigne falsificateur. ) FALSIFICATION, f f [ Adulteratìo. ) Action de celui quia falsifié. ( La falsification d’un contrat: la falsification d’un rescrit du Pape. ) II sc dit aussi des drogues. FALSIFIER , v. a. [ Adulterare .3 Ce mot fe dit des actes de Justice, & des passages de l’Ecriture, ou des Pérès, & signifie corrompre. (Falsifier une piéce d’écritu- re : passage falsifié. On dit aussi, falsifier des drogues.) F FALSIFIER de la monoie. C’est l’alterer quant a la valeur interne. í FALTRAXCK , f m. On apelle ainsi un mélange des principales herbes vulnéraires. t FAME , f f- í Fama 3 Renommée. II ne fe dit qu’en cette phrase de Pratique. ( II a été rétabli en fa bonne famé & renommée. ) FAMELIQUE , adj. [ Fantelicus, èfuritor.] Qui a faim : qui est pressé de la faim. ^ (Aline famélique: table famélique. Gomb. I. i. c’est-à-dire, table où l’on meurt de faim : estomac famélique. Quelle faim diabolique , Peso soit du famélique. ) FAMEUX , fameuse, adj. [ Illufiris , nobìlU , cla- rus , celebratus. j Ce mot se prend en bonne & en mauvaise part, & il signifie, qui est connu, qui est renommé. (La fameuse Macette à la Cour si connue. Régn.J'at. i}. Iris, vous devenez fameuse. Gomb. ép. l.jj. Ufré- quentoit au logis de l’Intime, qui pour laquais & au- FAM ii tres semblables gens , tient le cabaret le plus fameux de la ville. Patru, plaid. n. L’IUufire d!Ablancourt repose en ce tombeau , Son génie à son siécle aservi de flambeau. Dans ses fameux écrits , toute la France admire Des Grecs U des Romains , les précieux t r for s : Asaperte on ne sauroit dire. Qui perd le plus , des vivans ou des morts, Mr. de Reaux. Ces rochers ne font fameux que par les naufrages qu’ils ont causez. ) Se familiariser, v. r. [ Fiveresamiliariter. 3 Se rendre familier. (II est dangereux de se familiariser avec toute forte de gens. 11 sc trouve des gens qui sc familiarisent avec leur propre grandeur. La Bruyère. ) f Se familiariser , se dit aussi absolument , pour, prendre des manières trop familières. ( II fe familiarise d’abord. ) F Se familiariser , se dit d’un homme qui s’est acoû- tumé à fuporter constamment la douleur, l’adversité. ( 11 s’est familiarise avec la douleur, avec l’adverlìté. ) F Se familiariser le jfile d’un Auteur. C’est sc le rendre familier & aile , sc le rendre comme propre. ( il s’est familiarisé le stile de Cicéron. ) F Se familiariser une langue. C’est Pentendre comme fa langue naturelle. Se familiariser un Auteur. C’est l’entendre fans peine. FAMILIARITE', s f [ Familiarisa ;, consuetu- do. 3 Manière familière de converser avec quelcun. (II en use avec beaucoup de familiarité. Prendre un peu trop de familiarité. 11 faut avoir une certaine familiarité hardie, qui fans rien tenir de l’audace, ait quelque chose qui plaise. Mad. Scud. f FAMILIARITE', se dit en mauvaise part. (11 a eu des familiaritez avec cette femme. ) î On dit prov. La familiarité engendre le mépris. FAMILIER, f m. (j Familiaris , necessarius , dôme- ficus.] Celui qui est familier avec quelcun. (11 fit entrer ses familiers & ses médecins. Faug. Quint. I. ch. ) FAMILIER, familière , adj. Qui se communique aisément avec les gens. Celui ou celle avec qui on a quelque familiarité. (C’est son familier ami. Elle est fort familière avec lui. Entretien familier.) FAMILIER , familière. Ce mot fe dit du stile & du discours, il signifie, aisé, facile, naturel , qui n’ef point élevé. Stile familier. ( Les épîtres familières de Cicéron. On dit proverbialement, il ef familier comme les épîtres de Cicéron. ) F Prendre des airs familiers. On le dit d’un homme qui prend trop de liberté avec les gens qui sontau dessus de lui , qui oublie le respect qu’il leur doit. f FAMILIER, signifie aussi, qui est devenu facile par une longue habitude, par un long usage. Le travail lui est familier. Cette langue lui est familière. ) £ Efrit familier. On apelle ainsi , une sorte d'esprit , qu’on prétend qui s’adonne auprès d’un homme pour le servir. { L’esprit familier de Socrate. ) FAMILIEREMENT , adv. [ Familìariter. 3 Avec familiarité. (Parler familièrement à quelcun, ) FAMILIEREMENT. D’un stile simple, aisé & facile. ( Ecrire familièrement. ) FAMILLE, T /• L (Sens domw.] Le père, & la mère avec les enfans. Tous les parens les plus proches. ( Souper en famille. Etre brouillé avec fa fa. mille. La famille Royale. C’est le Roi & la Reine, & les Enfans de France. Les Religieux fe fervent aussi de ce terme , pour dire Maison ou Communauté. II est de famille à Lyon. ) FAMILLE. C Gentts, profapia. 3 Naissance : extraction : maison. ( Etre de bonne famille. Etre d’une ancienne famille-. La famille des Césars. La famille des Scipions. ) {f FAMILLE , du Latin familia. Ce terme signifie plusieurs choses dans l’une & dans l’autre Langue. Le Jurisconsulte Ulpien, a expliqué en détail cc que l’on devoit entendre par familia , L. iy^. de verbor.signifie. Voïons ( dit-il) comment il faut entendre le moi familia s car on peut l’apliquer aux choses, & aux personnes : aux choses , comme dans les Loix des douze Tables,que celui qui ef dans l’agnation, étant leplus proche,succède aux biens de la famille: aux personnes, comme lors que la Loi ordonne que les biens d’un afranebi Tom. II. B % passent 1 2 FAN postent de sa famille dans celle de son patron. Ce terme comprend encore un certain corps compose d un nombre de personnes qui font unies ensemble par un lien que la nature a formé , mais avec subordination : ainsi l’on apellé père de famille ou mère de famille , Sc fils de famille , toutes ces personnes ne faisant qu’un corps apellé famille , dont le père ou la mère font les chefs. Les collatéraux forment une autre famille par la disposition de la Loi. Les esclaves composent une famille, qu’Ulpiena expliquée dans la Loi 25. de s£ds- lit. Edìtt. Sous le terme de famille. ( dit-il ) on comprend tous ceux qui font dans la servitude ; ce qui explique bien le titre du Digeste , si familia furtum feciste dicatur. II en est à peu près de même parmi nous : famille est un terme général , qui comprend quelquefois tous ceux qui son d’un même sang, soit en ligne collatérale, ou en ligne directe : & quand on f arle d’une parenté noble & illustre, on dit maison. ar exemple : II esi d’une maison illustre par les Char- ges , par les Dignitez. Mais quand on parle du père & des enfans , on se sert du terme de famille : II a une belle famille , il est heureux dans fa famille i fa famille esi nombreuse. FAMINE, st f C Famés. ] Faim si extrême , si grande disette de vivres & de choses nécessaires à la vie , qu’on manque de tout. ( 11 y eut disette, après vint la famine. Vaugel. Quint. I. 10. c. 8- Prendre une ville par îzvaìns.Ablanc. ret. liv. 3. cb. 3. On verra par quels foins ta sage prévôt ance, Au fort de la famine , entretient l’abondance. Defpr. ép. 1.) H * Crier famine sur un tas de blé. C’est Prov. se plaindre dans l’abondance , comme si on manquoit de tout. FAN » faon , f m. Ç Hinnultis , catulus , pullits cerva. J Quelques-uns ecrivent faon, mais on prononce toujours fan , & jamais faon, la plus court est d’écri- r s fan. C’est le petit d’une biche , d’une daine, ou d’une chévrette. (f FAN de biche , de infant , selon Mr. Ménage , que vous pouvez consulter. FANAGE , si m. Terme de Fleuriste. C’est pro- E rement tout le feuillage de la plante. ( Ce fanage est eau & agréable. Jamais fanage ne m’a tant plû que celui de cette plante. ) FANAGE, f j m. [ Fanisecium. ] Action de faner l’herbe d’un pré fauché, ou le salaire de ceux qui sont «mploïez à cette besogne. à FANAISON. C’est le tems de faner le foin. On dit en termes d’Agriculture. _ ( Voici la fanaison ; la fanaison a été belle cette année. ) FANAL,/»*. [ Uicerna , fax. J Grosse lanterne alumée sur la poupe du vaisseau Amiral , pour marquer la route aux vaisseaux qui suivent. ( Faire fanal.) FANAL. [ Pharus. J Ce mot se dit aussi des faux qu’on alume sur de hautes tours, ou à i’entrée des ports, pour servir de guide aux vaisseaux. ( La Tour de Cor- doiian vers l’embouchure de la Garonne, est un fanal fort utile à ceux qui navigent en ces quartiers-là. On dit aussi fare, lieu d z fanal. Voïez Fare.) {$ Suivant l’Ordonnance de i6gi. l’Amiral doit porter quatre fanaux, Miraumont dit, en parlant de l’Amiral, qu’il doit porter la lanterne , pour montrer qu’il doit conduire , reconduire , mener , dr ester , U redresser une armée navale , tant de jour que de nuit. Les fanaux servent en éfet pour faire signal pendant la nuit, & régler de concert la route, la voilière, & la ananeuvre, quand on va de flotte & de conserve. Le nombre des fanaux de chaque vaisseau qui porte pavillon , se régie sur le rang des Commandans. Le Roi , par une Ordonnance de 1670. déclara que le vaisseau Amiral porteroit quatre feux; que le Vice-Amiral, le Contre-Amiral, & le Chef d’Efcadre, en porteroient chacun trois en poupe, & que les autres vaisseaux, tant de guerre, que marchands, n’en auroient qu’un seul. On porte des feux en diférentes manières, selon les ocasions & les nécessitez, comme lors qu’on a besoin de secours, ou co ntre les voies d’eau , ou contre un embrasement, ou lors qu’il faut porter plus ou moins de voiles, qu’on est obligé de mouiller & de mettre en panne , ou de faire quelqu’autrc maneuvre- ainsi oa porte les fanaux aux hauts bancs de hune, ou au bâtqn de pavillon, selon que lc Commandant l’a présent, FAN & que les Oficiers l’ont concerté. L’ufage des fanaux est fort ancien fur la mer. Virgile en fait mention dans le sixième Livre de son Enéide : Et jam argiva phalanx instructis navibus ibat A Tenedo, tacitxper arnica silentia lunœ, Littora nota petens, flammis cum regia pupis. Extulerat. Lors qu’on dit simplement fanal , on entend parler du grand fanal de poupe ; & quand il fait gros tems, tous les vaisseaux mettent des feux à l’arriére , pour s’ern- pêcher de dériver l’un fur l’autre. II y a plusieurs sortes de fanaux. Le fanal de hunne , est celui que le Commandant porte à la grande hunne, pour faire des signaux , ou pour quelque autre besoin. Les fanaux de combat , sont ceux qui ne donnent de la lumière que d’un côté, l’autre étant plat & fans ouverture, en sorte que l’on peut l’apliquer contre le côté du vaisseau en dedans, lors qu’il faut combatre la nuit. Le fanal de Joute, est un gros falot qui sert à tenir une lampe pendant le combat, afin d’éclairer dans les soutes aux poudres. FANATIQUE , adj. £? subst. II vient du Latin fanaticus , & il veut dire, qui est transporté, ou qui sceroit transporté d’une espèce de divine fureur. Dans ce sons, on ait qu’il y avoir des fanatiques anciens, Sc qu’il y en a auflì en Angletere. Mais ordinairement en parlant; fanatique est parmi nous un mot injurieux. 11 signifie lunatique , & qui a un peul’efprit troublé. ( A juger du Seigneur A par son air, on le croît un peu fanatique ; mais a en juger par ses manières , ìl n’y a personne qui ne soit persuadé qu’il est encore mille fois plus fanatique par là , que par fa figure. ) (si Le mot est Latin , fanaticus, qui signifioit originairement un Prêtre préposé pour le service de certains petits temples apellez fana, & comme ces sortes de Prêtres étoient souvent priez de consulter la Divinité à qui le temple étoit dédié , ils afectoient de rendre des réponses obscures & embarassées, & de paroitre agitez de l’efprit de leur Dieu , de même que les Sy- billes, & tels que Tite-Live nous les réprescnte dans son neuvième Livre , viras velut mente captos , cum jaHationefanuticà corporis vatïeìnari. Ainsi nous apeì- lons fanatiques , certaines personnes qui veulent persuader le peuple par des manières extraordinaires, que ce qu’ils disent, leur est inspiré de Dieu. FANATISME ,/»*.[ Fanatismus. ] Vision , inspiration imaginaire, entousiasme. Le Fanatisme est pernicieux à la Religion & à la société. Bayle. On a écrit l’histoire du Fanatisme de France. FANCHON, / m. [ Francisas !. ] Nom de petit garçon , qui veut dire , petit François. ( Fanchon est fort joli. ) FANCHON , / /. [ Francisa. J Nom de petite fille , qui veut dire, petite Françoise. (Fanchon devient grande. ) FANE, sis [ Folium, front. ] Terme de Fleuri - sie. (C’est la feuille de la plante. (Unegrande 011 petite fane : une belle & charmante fane. Plus la fane de l’anémone est frisée ou déchiquetée, & plus elle est jolie. La fane quis’étend , est plus agréable que celle qui est droite. On ne couvre plus les tulipes quand elles sont en fane. On doit néteïer propre- ment les fanes des fleurs. ) FANER, v. a. [Fœnum versarefurcillis. J Terme de Faucheur. Etendre avec une fourche l’herbe du pré, lors qu’elle est fauchée. ( Faner le foin : faner l’herbe. ) Se faner , v. r. [ Marcestere , deflorescere , fiaccejse - re. ] Ce mot sc dit des herbes & des fleurs, & signifie fe flétrir , se sécher. (Herbe qui sc fane : foin qui se fane. On arrose un oranger quand on voit que les feuilles commencent à sc faner. Les prémiers jours que les melons & les concombres sont plantez , ils fe fanent fi le soleil leur donne fur la tête. ) FANER. Ce mot fe dit quelquefois dans un sons de verbe actif. (Le soleil trop ardent fane les plantes. ) * Se faner. 11 sc dit, au figuré , des personnes, & signifie avoir perdu sa beauté. ( Elle commence un peu^à se faner. Les débauchez passent en un moment , ^ Aisance à la vieillesse, £5? fe fanent en leur fleur s c’est-à-dire , perdent leur vigueur L leur embonpoint. Ab/. Luc. c. 7. Tout TAN Tout ce que frète sart a tes beautez fanées, Ne te ramène peint tes premières années. Corn. ) FANEUR, faneuse, adj. f Fteni insolator , versator » ftenisex. 3 Celui ou celle qui fane le foin. 0f Plufiers disent faneux , & non faneurs. t FANFAN. Terme de Carejjes, mais bas & burlesque , pour dire , enfant. ( Oui, ma pauvre fanfan , pouponne de mon ame. Molière , école des maris , afle 2. scène 9. ) FANFARES,// [ Tubarum , lìtuorum concen- tm , clangor. ] Airs de trompette. (De belles fanfares. Sonner des fanfares. ) Voïez Mr. Ménage. f Faire fanfare de quelque cboj'e. f OJìentare. ] C’est s’estimer & fe croire plus considérable à cause de quelque chose, FANFARON , f-m. [ Tbraso , jaftator , osienta. tor , vamloquus. ] Faux brave. ( ll leur dit qu’ils étoient des fanfarons. Vous me parlez d’un air , s'il faut que je le nomme, Qui sent le fanfaron plu» que le Gentilhomme. Bours. Ésope. ) Fanfaron en éloquence. Fanfaron en matière d’a- mitié. ) £§ Les Espagnols disent auílì Fanfaron, que Covar- ruvias dérive de sari , en Latin , loquor. Mais Mr. Ménage le fait Arabe, farfar, léger, qui promet tout, & même ce qu’il ne peut tenir. FANFARONNADE , s. f. [ Jaclantia , ostentatio pu- tida , snperbiloqium. 3 Braverie en paroles. (Faire une fanfaronnade. ) Faniaronnerie, elì la même chose que fanfaronnade. Tout cela n’est que pure fanfaronnerie. Cejì pure fanfaronnerie, De vouloir profiter de la poltronnerie De ceux qu’ataque notre brus. Aloi. ) f FANFRELUCHE, / / Mot bas L burlesque, qui entre quelquefois dans des Vaux-de-ville , & qui signifie, frelucbe, bagatelle, petite chose de rien, U qui pare. {$ Rabelais a donné le titre de Fanfreluches antidotées, au chapitre second du Livre premier. Ceux qui se sont imaginé que cet Auteur a caché plusieurs mi Itères importuns fous des impertinences & des ridiculitez indignes d’un honnête homme , oní crû que dans ce chapitre composé de 14. huitains , Rabelais s’est moqué des querelles de Religion, & des révolutions qu’el- les ont causées dans l’Europe. J’ai connu des personnes qui afirmoient que les trois premiers huitains con- cernoient la déposition du Pape Jean XXIII. les 4. & 5. la dispensation des Indulgences ; les 6. 7. 8- & 9. le procès & le suplice de Jean Hus & de Jerôme de Prague; que les 11. r-. «st pris en bonne part; il signifie un homme qui s’aban- donne à son imagination , & à son inclination. FANTOME, / »t. [ Imago, vana jpefírum. ] Sorte de spectre afreux qu’on croit voir la nuit, vision fausse qu’on a la nuit, de quelque chose qui épou- vente. (Fantôme injurieux qui trouble mon repos. Corneille. ) * FANTÔME. [Phantafma,Jhnulacrum .3 Chose chimérique qu’on se met dans l’esprit pour l’inquiéter : fantaisie ridicule dont on s’inquiéte : chose fausse, imaginée , & qu’on fait paroìtre pour inquiéter. ( Les voit on de fantômes en l’air combatte leurs désirs. Dejpr.Jdt. 8 - Us déclarent que ce fantôme qu’on met fur la scene n’est qu’un fruit honteux d’un aveuglement déplorable. Patru , plaid. 2. Mr. Arnaud a fait un ouvrage intitulé, le fantôme âu Jansénisme. Quelquefois on se soulève, & il sc f ait de grands cris dans la barque de l’Eglisc à la vûë des véritez , comme lì c’étoient des erreurs , & ceux mêmes qui la gouvernent, s’alarment d’un fantôme qu’ils s’imaginent voir. Quesnel, réfl. H FANTÔMES, au pluriel & dans le stile dogmatique , se prend pour les images, les espèces qui fe forment dans l’imagination , ou qui restent des choses qu'onavúës. (11 ne lui reste que des fantômes de rout ce qu’il a vû. ) ( * On dit d’une personne fort maigre & décharnée, ce n’est plus qu’un fantôme. * Les Ministres d’un tel Prince font toutes les afai- res, il n’est plus qu’un fantôme. ) FAON. Voïez Fan. FAONNE R, r>. n. [ Catulum , htnnulum , parfum edere. 3 Ce mot sc dit des biches , des daines & des chevrettes. 11 se prononce comme il est écrit, & signifie faire desfans. ( Biche qui faonne. ) FAQUIN, faquine , adj. [ Vilis , ab je fíus. ] Bas : v il. Qui sent le coquin ctle misérable : qui n’a ni cœur, n i honneur. ( Cela est faquin. C’estun des hommes du Roïaumc , le plus faquin. ) FAQUIN , f m. [Vilis homo, bajulus. ] Homme de néant : un misérable, sans mérité , fans honneur, & fans cœur, (Un faquin achevé : faquin fiéfé : heureux faquin. Dejpr.sat. Z. C’est un faquin à nazardes. Mol. Qu’on fasse d!un faquin un Conseiller du Roi , II se ressent toùjours de son premier emploi. Despr.) [f Mr de Balzac a dit dans son Socrate Chrétien , page L ;8- Ces grandes pièces qui fe jouent fur la Terre, ont été composées dans le Ciel, £5? c est souvent un faquin, qui en doit être /’Atrée ou l’Agamemnon. Ce terme est si vil , & forme une idée si désagréable , qu’il me semble qu’on ne doit point l’emploïer dans le sérieux, & qu’il ne peut être soufert que dans la conversation. On lui donne plusieurs origines ; il signifie originairement un crocheteur. Ceux qui ont IL Rabelais , n’i- gnorent pas le conte qu’il fait dans son Pantagruel, liv. ch. ;6. A Paris (dit-il ) dans la routisserie du „ Petit-Chastelet, au-devant de l’ouvroir d’un routisseur, „ un faquin mangeoit son pain à la fumée du rouit, „ & le trouvoit ainsi parfumé grandement iavoureux : „ le routisseur le laissoit faire : enfin quand tout le „ pain fut baufré , le routisseur happe le faquin au „ collet, & vouloir qu’il luy payast la fumée de son FAR „ roust : le faquin disoit en rien n’avoir ses viandes „ endommagé, rien n’avoir du sien prins, en rien luy „ estre débiteur. L’altercation ( ajoute l’Auteur ) lut „ grande: le badault Peuple de Paris acourut au dç „ bat de toutes parts, &c. voici comment elle tut áé- ,, cidée par Seigni joan le Fol, Citadin de Paris. Le „ faquin donna au Juge un tournois Parisis qu’il exa- „ mina, & enfin lefeit fus l’ouvroir sonner par plu- „ sieurs fois , puis en majesté présidentale, tenant fa ,, marotte au poing, comme lì fuit un scptre , ct a£- „ feublant en teste son chaperon de martres, tìngef- „ ses à aureilles de papier, fraise à poincts d’orgues, „ toussant préalablement deux ou trois bonnes tois, „ dit à haute voix : La Cour vou> dict que le faquin ,, qui a son pain mangé a la fumee du roujl , civile - ,, ment a payé le roustisseur au son de son argents or- ,, donne ladite Cour que chajcunfe retire dans Ja chas ,, cuniere , sans despens , ffi pour cause ”. L’histoiie est un peu longue, mais on peut bien égaïer la matière. Au reste , Cafaubon dérivé le terme, faquin, du Grec Qctr.ívoç: mais M. Ménage ne l’aprouve pas ; il croit qu s faquin vient de l’italien facchino , ou de fascis, selon Covarruvias ; & cette étimologie dit-il ) me paroit assez naturelle. Les Italiens apellent en ése; facchino, un crocheteur. Facchino ^disent les Académiciens délia Crusca queglï che porta pejì adojj'o per precio. Voïez les remarques fur la satire Menippée , page 160.) FAQJJIN. [ Pugil durateus. ] Figure de bois en forme d’homme , plantée fur un pivot , contre laquelle un cavalier va à toute bride rompre une lance. On apelle cette figure faquin, parce qu’on se scrvoit autrefois de quelque gros faquin arme de toutes pièces , contre lequel on couroit. ( Courre le faquin. Mene- Jlrìer , traité des tournois , ) 4 = On dit aussi, rompre contre le faquin, rompre au faquin , brider le faquin. î FAQUINE , f. f. [ Vilis fœmina. ] Femme de néant, femme qui n’a ni cœur ni honneur. ( C’est une franche faquine. ) FARAILLON, f m [ Phartss, spécula. 3 Fars, ou Tour élevée fur le bord de la mer , dans laquelle on alume du feu ou un fanal pendant la nuit, pour avertir les Pilotes que la côte est dangereuse, afin qu’ils sévirent. Airs. de l’Académie disent que faraillon est un petit banc de fable que quelque passage ou fil d’eau tient séparé d’un grand banc. FARAISON , s f. Terme de Verrerie. Prémié- re figure qu’on donne par le moïen du soufle à la matière qu’on tire au bout de la canne. FARCE,/ f [ Fartura , farci men. J Mélange de diverses fortes de viandes hachées & assaisonnées, pour farcir quelque chose, comme cochons de lait, dindons, oisons, ctc. La farce est aullì un mélange de bonnes herbes hachées & assaisonnées de sel, de poivre , & de jaunes d’œufs. 11 y a de plusieurs fortes de farces, il y en a de chair & de poisson ; & les Pâtissiers font des farces au fromage pour mettre fur de certaines pièces de pâtisserie. 11s font aussi des farces de crème pour faire des tartes ct autres pièces. ( Farce bonne , excélente, ctc. ) FARCE. [ Ludus mimìctu, fabulas] Ternie de Poisse. C’est une forte de Poëme dramatique , contenant une action plaisante, dont le but est de faire rire ct d’instruire agréablement. La farce doit être vive, railleuse , & écrite d’un stile aisé & facile. Elle se compose en vers ou en prose. Elle doit être égaiée ct remplie d’incidens ingénieux & p faisans. ( Patelin & la Reine Marguerite de Navarre ont fait des farces Fran- çoiscs. Jouer une farce. ) t* FARCE. [ Ludicrum. 3 Ce mot, au figuré , est burlesque, & il signifie chose ou action , qui arrive entre quelques personnes, & qui fait rire aux dépens de ceux qui font cette chose, parce qu’elle est plaifanment ridicule. ( C’est une farce que cela. ) 4 = FARCER , v. n. Plaisanter , bouffonner. II ne fait que farcer. II n’est bon que pour farcer.) FARCEUR, / m. [ Mimus , kistrioj Terme de Mépris , pour dire , celui qui joue des farces. Comédien. Baladin. ( C’est un farceur, ctvousn’en avez point de honte. Thiers, traité des jeux , ch. 7. FARCIN, / m. C Scabies , eiephantia, farcimen .J Tumeur avec ulcère , laquelle a son principe dans la eoírupticn du sang, ct qui ocupe plusieurs parties du 00.'ps FAR corps dù cheval. [ Farcin volant , c’est un farcin qui se répand par tout le corps du cheval : farci n intérieur : farcin invétéré : larcin cordé : larcin de poule : panser les boutons de farcin avec le feu : guérir le farcin. Voïez Soleisel, parfait Maréchal, ch. çg. ) FARCINEUX, sarcineuse, adj. £Scabiosus, elephan- tiacus.) Qui a le farcin. (Cheval farcineux, cavale sarcineuse. Soleisel, parfait Maréchal.') - FARCI, farcie , adj. [ Far tus, refertus , oppletus .] Cochon farci ; poule farcie.) FARCIR , v. a. £ Farcire , indere farcimen. ] Remplir de farce. (Farcir un cochon : farcir une carpe.) * FARCIR. [ Opplere. ] Remplir. ( Farcir son estomac de viandes.) * FARCIR. [ Refardre.) II signifie, au figuré, remplir & mêler. ( Farcir un livre de Grec & de Latin ; farcir un discours d’injures ; ce livre est tout farci d’impiétez.) FARD , f. m. [ Ficus, pigmentum , cerufa.) Tout ce que les dames mettent fur leur visage , pour em- bélir leur teint , & relever un peu leur beauté. Le fard m’a fait un bon ofìce, puis qu’ii m’a empêché de me marier. Gomb. ép.) FARD, signifie figurément, artifice, dissimulation. 4= ( Un homme fans fard. Parler fans fard.) * FARD, fe dit des faux ornemens de l’éloquence. ( Son stile est rempli de fard.) ( Soiez Jìmple avec art, Sublime fans orgueil , agréable fans fard. Defpr.) ($ FARD AGE, f- m. Ce font des fagots que l’on met au fond de cale, quand on charge en gravier. FARDEAU , /• tn. [ Sarcina , onus , pondus. ] Charge qu’on porte. ( Un péfant, un lourd fardeau.) * FARDEAU. Chose fort incommode : chose qui fâche & qui chagrine : chose trop dificile à faire , à gouverner , ou à soutenir. (Me voilà délivré d’un grand fardeau. Mol. mal. imag. Le fardeau étoit trop péfant pour une feule tête. Vaug. Quint. I. io. Mais je sai peu louer , (V? ma Muse tremblante, Fuit d’un Jì grand fardeau lu charge trop pesante. Defpr.) 0" Ces vers ont été censurez , parce que l’on ne dit pas la charge d’un fardeau : mais le Commentateur a tâché de défendre cette locution , par ce vers de Malherbe, dans un sonnet pour Mad. la Princesse de Conti : Je scais bien quel effort cet ouvrage demande; Mats Jì la pesanteur d’une charge Jì grande. Resfìe à mon audace , me la refroidit , Uc. Mais on peut lui répondre , que la pesanteur d’une charge , & le fardeau d’une charge font deux expressions bien diférentes : le poids est l’éfet de la charge , Si le fardeau c’est la même chose que la charge : d’ail- leurs Malherbe ne doit pas être proposé comme un modèle d’exactitude dans le stile : le dernier des trois vers que je viens de raporter, nous fait assez con- noître le peu d’atention qui regnoit dans le siécle de Malherbe , résiste à mon audace , (j? me la refroidit , Périon dérive fardeau du Grec «topr/or. FARDER , v. a. £ Fucare, illinere fuco. ] Embé- lir avec du Fard. (Elle farde fa maîtresse. Elle fe farde tous les matins. Les femmes qui fe fardent, font fujétes à devenir ridées avant le tems. ( On dit en proverbe , Ciel pommelé femme fardée , ne sont pas de longue durée. £§ Le fard , aux yeux des personnes qui ne trouvent rien de si beau que le naturel, n’est point un embélissement, & les femmes qui en font persuadées, fe trompent extrêmement. Cependant Pufage du fard est fort ancien : les femmes Romaines tâchoient par ce m oie n , de réparer les défauts naturels , & de cacher les rides de leur visage. Horace apelle le fard, creta , parce qu’il étoit fait d’une craie blanche, que l’on faisoit dissoudre dans du vinaigre, & cette craie étoit proprement la terre dont Pline fait mention dans son livre ; ch. 16. & qu’il apelle chia terra, laquelle fervoit à blanchir la peau des femmes. II fait aussi mention d’une autre terre, qu’il apelle terre deselinuse. Pétrone dit, en parlant d’une femme fardée : Les ruisseaux de gomme couloìent fur son front FAR 15 avec la sueur , & la craie étoit s épaisse dans ses rides, qu’on auroit dit que c’étoit un mur d’ou la pluie avoit éfacé la blancheur. Combien voit-on encore de ces femmes, dont le fard fondu fur leur visage, les rend fl dégoûtantes? FARDER. II fe dit, au figuré , des discours & des pensées , Sc signifie embélir avec trop de foin. ( Farder un discours, Les Poètes Italiens ne font guére naturels , ils fardent tout. Maniéré de bien penser , dia- log. 2. Tu n’éblouis pas tes lecteurs avec la cérufe & le plâtre, dont la plupart des Auteurs fardent leurs pièces de théâtre. Main. Foés. Farder une pensée. Dejsr. Longin. On dit aussi, farder des marchandises. ) FARE s f tn. £ Pharus. ] On écrivoit aussi ce mot par ph , phare. C’est une grosse lanterne alu- mée fur une tour aux ports de mer, pour éclairer aux vaisseaux qui arrivent de nuit. f§ FARE. L’Ordonnance de 1669. défend d’aler à la Fare. Les Pécheurs célébroient autrefois une fête qu’ils apelloient la Fare , & pour lors ils saisissent une pêche solennelle , où ils apelloient même les Officiers des Eaux & Forêts; & l’on fut obligé de l’interdire, parce que l’on dépeuploit les rivières par la quantité de poissons que l’on y prenoit. FARFADET, f m. £Lemur .2 Esprit folet ou petit démon , qui fait peur aux personnes simples , qui croient le voir où l’entendre la nuit. FARFADET. C Van m frivolw , levis. J Au figuré, fe dit d’un homme frivole d’un, esprit de bagatelle. t FARFOUILLER , v. a. £ Miscere, Jùbagitare , ri- mari , confundere, quteritare. J Fouiller , chifonner, manier, patiner. ( 11 la baise & la farfouille. ) {§ FARGEAGE, s m. Ce terme est très-uíitc dans la Bresse, où ceux qui prennent des fonds à cultiver à moitié fruits, fe réservent, entr’autres choses, quatre ou cinq mesures de blé, pour païer le Maréchal du lieu , qui forgera & racommodera les focs , Sc les fers de la charrue ; Sc cette réserve est apellée le fargeage. f F ARGOT, s rn. fe dit à Lille en Flandres d’un balot de marchandises, du poids d’environ cent cinquante livres. Deux fargots font la charge d’un mulet, ou d’un cheval de bât. FARGUES , s f. pi. Terme de Mer. Ce font des planches ou bordages, qu’on éleve fur l’endroic du platbord apellé la Belle, pour tenir lieu degarde-ccrps afin de défendre le pont, & d’ôter à l’ennemi la vûë de ce qui fe passe. On couvre les largues d’une longue bastingure rouge ou bleue. Aubin. f FARIBOLES , s f. [Î Vania, quisquili.e. ] Contes ; folies: contes en Pair. (11 est homme adonner dans toutes les fariboles qu’on s’avifera de lui dire. Mol. bourg, gentilh. a. 3.sc. 13. Diantre où veux-tu que mon ejffrit T’aille chercher des fariboles, Quinze ans de mariage épuisent les paroles. Molière, Amphitr. ) ( FARINE, sf.£ Farina, j Graine moulue Sc écrasée par la meule du moulin. (Pure farine : de la farine de froment : de la farine defégle. La poudre:à desi. sécher les cheveux se fait de farine de fèves. Le blutoir sépare le son d’avec la farine. ) FOLE-FARINE. [ Pollen. ] C’est la farine la plus menue que le vent enlève, & qui s’attache aux parois du moulin. f * On dit v par mépris , ce font des gens de mime farine; c’est-à-dire , ils ne valent tous rien. Cette faqon de parler est tirée du Latin. f* On dit proverbialement , qu ’ une femme adonné fa farine, qu’elle vendsonjbn, pour dire, qu’elle fait plus la renchérie , que lorfqu’elíe étoit jeune. FARINET, s. m. Jeu oj^l’on prend six dez qui ne font marquez que d’un côté. ( Jouer au fariner. ) FARINEUX , farineuse , adj. [ Exsuccus. J Terme de Fruitier. 11 fe dit de certaines poires, & signifie qui n’a plus la quantité d’eau & la finesse de la chair qu’elle devroi't avoir. (Cette poire a la chair farineuse.) FARINEUX , farineuse , adj. [ Farmosw. J Ternie de Chirurgien. Ce mot fe dit de certaines tumeurs, dont la peau s’enléve par de petites parcelles blanchâtres. (Une dartre farineuse.) FARINIER , s. m. £ Farinarius. J Marchand qui vend de la farine. FA RI- r 6 FAS FARINIB'RE, s. f [ Céda sarìnaria. 3 L’endroit où l’on ferre la farine. FAROUCHE , adj. C Ftrtx , agresit , /w.] Cruel : féroce. ( Exposé aux bêtes farouches.) FAROUCHE. [ Dur w, aster, horridm. 3 Sauvage : dificile à aprivoifer. ( Animal farouche. ) * FAROUCHE. Retiré & ennemi du monde & des conversations agréables. C’est un homme farouche. En même tems que fa bouche Me difoit , je ne veux pas ; Set yeux me dìsoient tout bas, Je ne fuis pas Jì farouche. La Sabl. ) * Vertu farouche. [ Virtus lever a , atrox. 3 C’est une vertu qui est hors des régies de la société civile. (II a le regard farouche. ) $ FARRA, f m. Poisson d’eau douce qui ressemble à la truite. II est restaurant, & propre pour fortifier la poitrine & les poumons. {§ FARRAILLON , f >«■ Terme de Mer. C’est un petit banc de fable, que quelque passage ou fil d’eau tient séparé d’un grand banc. FASCE, f f [ Fascia. j Terme d 'ArchiteHure. On apelle fasces de l’épistyle ou architrave , les trois bandes ou parties qui la composent. ( Vitruve n’ad- met point de fasces dans l’ordre Toscan , ni dans le Dorique. Acad. Françoise. ) FASCE. Terme de Blason. Piéce honorable qui ocu- pe le tiers de l’ecu horizontalement par le milieu, & qui sépare le chef de la pointe. On dit aussi, fasce d’un écu, couvert de fásces. f FASCER, v. a. Terme de Blason , qui n’a guere d’usage qu’au participe fasce. 11 se dit d’un écu traversé de plusieurs fasces égales en largeur & en nombre. ( Porter faícé d’azur & d’argent. ) «l FASCINATION , FASCINE, FASCINER ; Voïez la colonne FACI. • F ASE'OLES , s f ou fazéoles. [ Phaselm, pha- seolus. 3 Ce font de petites fèves marbrées , qui croissent en Espagne , en Italie, en Languedoc & en Provence. ( Les faséoles font bonnes & meilleures que les haricots qu’on vend à Paris. ) C? FASIER. Ternie de Mer. On dit, Les voiles Jasent , quand le vend n’y donne pas bien. FASTE , j' r». [ Fusas , superbia , tumor. 3 Ce mot n’a point de pluriel, lors qu’il signifie orgueil, magnifique aparence. ( Le faste des Rois de Perse. Chose qui a du faste. ) FASTE. [ Pompa, magnificentia, ampuUast Pompe, magnificence , stile haut & empoulé. ( Cet Ambassadeur paroit avec beaucoup de faste. Ce discours a trop de faste. FASTES, s m- f Fasti. 3 Ce mot n’a point de singulier lorsqu’il signifie une sorte de calendrier ou de livre , contenant le nombre des jours de Tannée ; Tétât de tout ce qui s’est passé, les jours fêtez & non fêtez, & ceux de plaidoirie. ( Insérer dans les fastes. Abl. Tac. ann. I. i. c. 3. Ce mot n’est en usage qu’cn parlant des anciens Romains. Nous avons pourtant THistoire de Louis le Grand, fous le titre de Fastes. Les Latins disent fasti , & au génitif fastorum , comme austì sastus , faJìuHm, f asti- bus. Lucain, lib. io. Nec meusEudoxi vincitur fastibus annus. Le catalogue des Consuls Romains est connu fous le titre , Fasti Constdum. Eusébe a écrit que Eudoxe qui vivoit dans la XCVII. Olympiade, a inventé Tu- lage des Fastes. Les Fastes d'Ovide , font des annales du Paganisme ; c’est dommage que nous n’en aïons que six livres ; les autres six font perdus. f * FASTES. On apelle ainsi dans le stile soutenu , les Regîtres publics , contenant de grandes & mémorables actions. Dans ce sens on apelle le Martirologe, les fastes sacrez de TEglise. Acad. Fr. FASTIDIEUX, EUSE, adj. f Fastidiosus, molestas , faltìdmm creans. 3 Importun, ennuïeux , fatiguant par ses discours & par fes actions. ( Cet ouvrage n’est pas moins f stidieux que son auteur. ) FASTUEUSEMENT , adv. [ Tumidè , superbè, fa. suose.} D’une maniéré fastueuse. Avec faste & orguëil. FASTUEUX , fastueuse , adj. [ Ambitiosm , su- FAT perbus , fastu tumidus , turgens. ] Qui a du faste. ''Fastueuse prééminence. Patru , plaid. 7. Eloge fastueux. Destr. Poe t. c. i. Vous dont la piétésolide , Loin d’étaler aux yeux de fastueux dehors, Et d’avoir d’indiscrets transports , Est pour juger d’autrui toujours lente U timide Deshoul. ) FAT , Fate , adj. [ Fatum, bar dus, stolidns. 3 Impertinent. Sot. ( Cela est fat. ) FAT , f m. Sot. Impertinent. (Tout fat me déplaît, & me choque les yeux. Destr. Jdt. 7. Qui voudra faire le fat,le fasse, il est permis. Benjerade, rondeaux. Ecoutez tout le monde , ajjidu consultant, Un Fat quelquefois ouvre un avis important. Despr. Poét. ch. 4. ) Le Chevalier d’Accilly dit : Qu’importe d'être fat, ou de ne Vitre pas ? on crois toujours ne le pas être. Rabelais , dans la Préface du septième Livre , dit ( que „ fat est un vocable de Languedoc, & signifie non salé, ,, insipide , fade. Par métaphore il signifie, sol, éventé de cerveau FATAL , fatale , adj. [ Fatalis. 3 Ce mot se prend d’ordinaire en mauvaise part, & signifie funeste, fâcheux. (Jour fatal. Heure fatale. Fatal à la République. Vaug. rem. Despreaux dit de la poésie : Sans ce métier fatal au repos de ma vie, Mes jours pleins de loisir couleroient Jans envie. Despr. ) FATAL, fatale. Ce mot se prend quelquefois en bonne part, ct signifie heureux. ( Fatal acouplement. Mal. Pois. C’étoit une chose fatale à la race de brunis de délivrer la République. Vaug. rem. ) FATAL, fatale. [Funejtas , fatalis. ] Us fe disent auíli du tems de la mort. ( Le jour fatal. L’heure fatale. ) FATALEMENT , adv. [ Fataliter. 3 Par fatalité. Par la destinée. ( Etre conduit fatalement chez une personne. Molière , précieuses , Jc. 4. ) FATALITE' ,s fi L Fatum, fati necejstas. 3 Destinée. Destin. II est, Seigneur , de la fatalité , Que V aigreur soit mêlée a la félicité. Corn. Pomp. a. 3. sc. 5. ) jMainard a dit, dans un sonnet au Roi: L’inévitable arrêt de la fatalité M’aura déja porté dans les champs Eìijces. On dit l’arrêt du destin ou du sort ; car la fatalité est l’arrêt même du destin. Ce terme n’est gueres mieux placé dans ces vers du Polieucte de Mr, Corneille : Un songe en nôtre ejfirit passe pour ridicule ; II ne nous laisse estoir, ni crainte , ni scrupule, Mais ilpaJJe dans Rome avec autorité Pour fidèle miroir de la fatalité. FATALITE'. [ Infortunium, casus. j Malheur. (Ctla est arrivé par la plus grande fatalité d u monde.) f FATIDIQUE , adj. [ Fatidicus. 3 Qui déclaré ce que les Destins ont ordonné. On ne s’en sert guere que dans la poésie sublime. ( Le trepié fatidique, le vol fatidique des oiseaux. ) * FATIGUANT , fatiguante, adj. [ Molejìus. 3 Ennuïeux ; importun. ( Un amant fatiguant ; un* femme fort fatiguante. faime mieux un vice commode, Qtfune fatiguante vertu. Mol.) f FATIGUANT. Qui donne de ia fatigue. (Travail fatiguant, exercice trop fatiguant. ) FATIGUE , f.s. [ Molestia, labor , lasitudo , defitli- gatio. 3 Peine , travail. ( C’est un homme de grande fatigue. ) t FAIT à la fatigue. C’est-à-dire, acoûcumé à une chose. ( Vousdévriez être fait à la fatigue depuis le tems que vous faites de médians tours aux gens qui s’en vangent. Le Comte de Biisjì. ) FATIGUER, v. ». [ Fatìgare , lassure. ] Lasser; travailler ; prendre de la fatigue. ( Les filles ct le»' femmes fatiguoient comme de simples ouvriers. Bouhours , Aubtstjon , l. 3. ) i FA- *7 FAU f FATIGUER , v. a. Donner de la fatigue , de la peine. Fatiguer l’ennemi par des ataques continuelles par des fréquentes sorties. ) * FATIGUER. Ennuïer : importuner : lasser. ( II fatigue les gens du récit de ses vers. Scar. ) fk FATIGUER. Terme d!Agriculture. Les Jardiniers s’en servent par raport aux arbres, ainsi ils disent, vouí fatiguez terriblement vos arbres, c’est-à-dire, vous ne leur donnez pas la culture qui leur convient, vous les négligez entièrement, si bien que fatiguer un arbre , est le laisser chargé de bois inutile, ne le point tailler dans les régies, ou enfin lui refuser par négligence, ou par malhabileté , ce qu’il vous demande pour donner de belles productions. On dit auffi, fatiguer une terre , en la faisant porter beaucoup plus, & plus souvent qu’elle ne peut : c’est fatiguer une terre ( disent les Laboureurs ) que de ne la f oint laisser reposer. Ce champ efi fatigue', il a besoin de repos. Voïez le Dictionnaire d’Agriculture. FATRAS , f m. [ Nuga. ] Choses superflues & inutiles, qui ne font qu’ennuïer. ( Les observations de Ménage fur la langue Franqoise font pleines de fatras. Le Père Bouhours. De grâce évitons «fatras, Dejì fades raisons ne niaccommodent pas. Bours. Esope. ) FATUITE', f f [ Ineptia , solidités. ] II vient du Latin fatuités , & donne une belle & forte idée de la personne dont on parle. Mais il n’est pas encore assez entendu du Peuple. (Ce sont des fatuitez des grands qu’il est bon de remarquer. Port-Royal, éducation cCun Prince. On ne sauroit assez admirer la fatuité du grimant M. qui s’imagine de mieux faire des vers que nos meilleurs Poètes. ) Le Père Bouhours a douté si fatuité est Franqois. L’usage l’a confirmé, & Mr. Ménage l’a aprouvé, tom. 2. deses Observ. chap. 8 FAU, s m. Arbre de haute futaie. En Latin fagu- lus , asculus. Voïez Hêtre. FAUBERT, f m. s Scopula nautica. ] Terme de Marine. Espèce de balai fait avec de vieux cordages défilez, dont on nétéïe le vaisseau. On dit aussi, fauberter , pour dire, balaïer , nétéïer avec le faubert. FAUCET. Voïez Fausset. FAUCHAGE , f m. ( Fœnfecium , fteniseflura. s Le tems qu’on a mis, & la peine qu’on a prise à faucher. Le travail qu’à fait le faucheur. (Païer le fauchage des prez. ) fs L’Auteur du Dictionnaire des termes propres à l’Agriculture , se sert du mot fauchaison. Les Laboureurs disent : Nous serions heureux Jì la fauchaison étoit belle ; la fauchaison a été trop fâcheuse cette année. Je m’en tiens au jardinier entre ces deux mots. FAUCHER, v. a. [_Demetere , secarefalce, dese- care. J Abatte avec la faux. ( Faucher les orges, les aveines. Pré fauché. A veine fauchée. ) C§ Rabelais a dit, lìv. ch. 7. ,, Faulchez le pré „ en fa saison, l’herbe y reviendra plus drue & de „ meilleure emploicte; ne le faulchez point, en peu ,, de tems il ne fera tapissé que de mousse. II ne faut „ pas laisser échapper l’ocasion, il faut profiter du „ tems favorable,,. * FAUCHER, v. n. Ce mot se dit des chevaux qui ont fait quelque éfort, ou qui sont entr’ouverts, & signifie marcher de tellê sorte en boitant, qu’ils traînent en demi rond une des jambes de devant. ( Cheval , qui fauche.) FAUCHEUR , s m. ( Falcarius , meffor , desecatorf} Celui qui fauche, pré, orge, ou a veine. (Un bon faucheur. ) * FAUCHEUR. Eípéce d'aragnée qui ale corpstrès- petit, &les jambes fort grandes. ( L’aragnée est di- ferente du faucheur. ) (§ FAUCHON, f. m. C’est un instrument de fer avec lequel les pêcheurs coupent les herbes qui font dans le fond de l’eau , &qui arrêtent les filets. Voïez les Ruses innocentes , page 419. FAUCILLE, f f [ Falcula , secula. J Petit instrument qu’on manie d’une main, qui a une poignée de bois , & une lame qui va en arc, & qui sert à couper le blé, le seigle, l’aveine, l’orge & l’herbe. ( Faucille rompue. Le même grain que les glaçons Semblaient dérober aux moissons, FAU Tombe enfin dessous la faucille, Et le diligent laboureur Se sert des mains de J a. famille Pour recueillir toutson bonheur. ) s$ Malherbe , Priere pour le Roi : La moisson de nos champs lassera nos faucilles, í FAUCILLE, se dit prov. & par ironie , d’une chose tortue. (Elle est droite comme une faucille. í * Mettre la faucille dans la moisson d’autrui. C’est entreprendre sur le métier, sur les fonctions d’autrui. FAUCON , s M. f Falco. ] Oiseau de leurre qui vole haut, qui a la tête noirâtre, qui est cendré par le dos & semé de plusieurs taches, aïant les jambes & les piés jaunes. Un bon faucon ; un faucon hagard ; un faucon gentil ; un faucon gruïer, héronnier, lanier, gerfaut : un faucon pèlerin, ou passager. Voïez Franchiére , Fauconnerie , 1. p. chap. 1. Si tu voiois mettre à la broche Tous les jours autant de faucons Que j’y voi mettre de chapons , Tu ne me ferais pas un semblable reproche. La Font. ) jf^T On trouve dans plusieurs titres anciens, que les vaflaux s’obligeoient de donner tous les ans un faucon au Seigneur Suzerain. Jean, Baron de Montmorency , reconnut,, tenir la Baronnie & Chastellenie ,, du Roy nôtre Sire, nuëment à cause de fa Vicom- „ té de Paris, à un faucon de relief, quand le cas ,, le requiert ,,. Preuves de l’Hifi. de la Maison de Montmorency. ch FAUCON. C’est aussi une espèce de canon qui a trois pouces de diamètre , & dont le boulet pèse une Uvre & demie. FAUCONNEAU , s m. [ Falcunculw. J Sixième espèce d’artillerie du calibre de France, longue d’environ six piés & demi, aïant un pouce onze lignes de calibre. Dav. í FAUCONNEAU. C’est aussi la pièce la plus élevée de la machine à monter des fardeaux qu’on nomme un engin. 11 a deux poulies à ses deux bouts , pour porter & faire tourner le cable. 11 pose fur la pointe du poinçon, & est soutenu par deux liens , qui sont emmortoiscz à tenons dans la salette. FAUCONNERIE, s f [ Accìpitrarìa . ] L’art de dresser les faucons, l’aigle , & l’autour, & de les rendre capables de voler à l’oiscau. ( Jean Franchiére, Guillaume Tardif, Artelouche , Dalagona & G. B. ont traité avec réputation , de la fauconnerie, & des oiseaux de leurre. On ne se sert dans la fauconnerie que du faucon, de l’aigle, & de l’autour. Tardif, fauconn. 1. p. ch. 1. Aprendre , savoir , entendre la fauconnerie. ) FAUCONNERIE, s. f. [ Aucuparia. ] C’est le lieu ou le Fauconnier dresse le faucon & tout oiseau de proie, & le rend propre à toute sorte d’oiseau. ( Aler à la fauconnerie. Le fauconnier est à la fauconnerie. ) FAUCONNIER, s m. [ Auceps falconius , accipétra- rius venator. J Ce mot vient de l’Italien falconiére. C’est celui qui dresse les faucons & les autres oiseaux de proie, qui a soin de les conserver en santé , & de les guérir lors qu’ils sont malades. (Un bon , excé- lent & habile Fauconnier. 11 n’y a que les Princes & les grands Seigneurs qui aïent des Fauconniers. Etre Fauconnier du Roi, &c. ) Le grand Fauconnier. Oficier qui a la surintendance de la fauconnerie du Roi. % Monter à cheval en Fauconnier. C’est monter du côté droit, du pié droit, comme font les fauconniers, parce qu’ils tiennent l’oiscau fur le poing gauche. FAUCONNIE'RE , f f. [Pera, sacculus , vidulus. J Espèce de gibecière double. î FAUDAGE, f m. Terme de Manufacture qui signifie à Amiens la même chose que pliage. II signifie auííì la marque , ou fil de soie , qu’on met aux pièces d’é- tofe. une étofe faudée , est une étofe pliée, & marquée de soie de couleur. f FAUDER une étofe. C’est la plier en double dans fa longueur, en sorte que les deux lisières sc touchent. C’est aussi la marquer avec de la soie. f FAUDET, f. m. Terme de Manufaflure. LesLai- neurs, ou Emplaigneurs, apellent ainsi une efpéce de grand gril de bois , soutenu de quatre petits piez , qui est placé sous la perche à lainer, pour recevoir Tom. u. C l’étofe 18 FAU î’étofe à mesure qu’elle se laine* Les Fondeurs de draps fe servent auffi d’une espece de F auriet, pour mettre sous la table à tondre , dans lequel us font tomber l’étofe , lorsque la tablée est entierement tondue. FAVFUR , s f- [ Munní , beneficium , gratta, ve- nia.J Grâce; plaisir; bon ofice ; apui. (Recevoir quelque faveur ; je l’ai remercié de la faveur qu’il m a faite; avoir la faveur du Peuple, Ab L) FAVEUR. [Gratia. ] Crédit; pouvoir d une personne qui est auprès du Roi.) ( 4= FAVEUR , fe dit par oposition a rigueur de justice. ( II demande justice , & ne veut point de faveur. Une cause de faveur.) f Juge tie faveur. C’eft celui qui juge contre la justice , dans la vue d’obliger quelcun. On dit dans le même sens juger par faveur. 4- FAVEUR, fe dit pour, recommandation auprès d’une personne puissante. ( On lui a procuré une grande faveur auprès des Ministres.) 4= Lettres de faveur. On apelle ainsi des lettres de recommandation. 4= Jours défaveur. On apelle ainsi en termes de Commerce, les dix jours que l’ordonnance acorde en France aux Marchands , Banquiers , & Négocians, après l’écheance de leurs lettres de change, pour les faire protester. On les apelle jours de faveur , parce qu’il dépend des porteurs des lettres de les faire protester dès le lendemain de l’écheance , & que c’est une faveur qu’ils font d’en diférer le protêt! jufqu’à la fin de ces dix jours. 4= Prendre faveur, fe dit dans le commerce des marchandises qui après s’être vendues à perte, augmentent de prix. On le dit auflì du crédit que les actions des Compagnies de commerce , ou leurs billets prennent dans le public , ou au contraire du discrédit où ils tombent. Les dernières faveurs. Ces mots signifient toutes les grâces, que peut faire une dame à un amant qu’elle aime éperdument; avoir les dernières faveurs d’une maîtresse. ( Combien en vo'ions-noui fe laisser pat à pat Ravir jufquaux faveurs dernières, Qui dans sabord ne croioient pas Pouvoir acorder les prémiéreres. La Font.) f FAVEUR. On donne ce nom à des petits rubans fort étroits, qui fe fabriquent à Lyon & ailleurs. Ils ont près de cinq lignes de largeur. En faveur, adv. £ Caufâ gratiâ, in favorem, propter. En considération , à l’avantage. Résignation de bénéfice en faveur.... A la faveur. £ Prajìdio. ] C’est-à-dire : A l’aide : étant favorisé. (Surprendre l’ennemi à la faveur des ténèbres. Abl. Arr. I. r. ) Passer une rivière à la faveur du canon. FAUFILER , v. a. £ Inconditè , ac rudiore acu consacre. J Terme de Tailleur & de Couturier. C’est coudre grossièrement & à grands points. (Faufiler le Corps d’un habit.) On dit figurément , que deux personnes font faufilées ensemble, pour dire , qu’elles font liées d’a- mitié & d’intérêt. Pulchrè ambobut convenit.] .FAUNE , f ni. £ Faunus. ] Sorte de Satire. (Un vieux faune. Voit. Poés.) t§ L’antiquité Païenne a regardé les Faunes comme des Dieux champêtres. On ne fçait quelle étoit leur figure ; on dit feulement, que Faunus étoit fils de Picus Roi des Latins : voici fa généalogie, selon Virgile , dans le Livre septième de son Enéide : Nous aprenons que le Roi Latinus étoit fils de Faunus , & d’une Nimphe nommée Marica, du pais des Lauren- tins ; ce Faunus étoit fils de Picus , & celui-ci avoit Saturnus pour pere, qui fut le premier & le plus ancien de cette race. Laitance nous apprend que Fau- nus a le premier inspiré des senti m en s de Religion aux Italiens : mais Ovide en parle comme d’une espèce d’animal, dont les piés étoient de corne , & il fait en tneme tems ce conte : Un jour où l’on immoloit, selon la coûtume, une chèvre à Faune au pié cornu, plusieurs personnes invitées fe trouvèrent à la fête , & fur le midi, pendant que les Prêtres faifoient rôtir les entrailles de la victime, Romulùs, Remus son frere, & quelques Bergers s’exerqoient dans la campagne, au ceste, au palet , & à lancer le javelot : on oùit pouf lors la voix d’un berger, qui du haut d’un FAU rocher cria à Romulus, que des voleurs emmenòîént le bétail par des chemins détournez ; ce qui l’obligea de partager la troupe pour tâcher de trouver les voleurs. Remus fut le plus heureux ; il ramena le bétail & fit ôter les viandes de la broche , & dit qu’il n’aparte- noit qu’au vainqueur d’en manger, ce qu’il fit avec les Fabiens ; & Romulus étant de retour, vit avec chagrin , que Remus avoit la gloire & le profit. Puis qu’Ovide a crû ce conte digne d’entrer dans son Ouvrage , je puis bien l’imiter dans celui-ci. Plusieurs étoient persuadez, que les Faunes étoient des démons enchanteurs , qui couroient la campagne : mais , soit comme animaux, ou comme Démons, onlesmettoit dans le nombre des Dieux champêtres , témoin Virgile dans le prémier Livre des Géorgiques: Et vos agtestum prsefentia numina Fauni. FAVORABLE, adj. [Propitius , facilU, secundus, favens. ] Qui favorise. ( Les Dieux nous doivent être favorables contre des parjures.) Abl. r et. l.^.cb.s. Favorable autrefois aux chansons de ma Muse, Grand Roi, tu daignas l’écouter, Et ce doux souvenir , dont mon ame esì confuse. L’enhardit encore à chanter. M. de Roubin.) 4= FAVORABLE , fe dit de certaines choses, qui méritent d’étre exceptées de la rigueur des loix. (II l’a tué en fe défendant & malgré lui, son cas est favorable.) 4 Blessure favorable. C’est une blessure qui n’est point dangereuse. 4 Coup favorable. C’est un coup d’arme ofensive, qui ne blesse point, ou qui ne blesse que fort lege- rement. 4 Vent favorable. C’est un vent qui porte à la route. FAVORABLEMENT, adv. [In bonam partem.J Avec plaisir , avec joie , avec faveur. ( Recevoir favorablement un commencement d’afection. Voit. I. 12 .) FAVORI, s. m. £ Gratìosm. J Celui qu’on favorise principalement : celui qu’on chérit plus que les autres, & à qui l’on ouvre son cœur. ( Favori disgracié.) j(jf Mr. de Balzac dit que son Socrate n’estimoit gué- res les élévations des fortunes de la Cour ; cette fraudeur lui fembloit être une disposition à la chute ; bien loin de porter envie à la condition des favoris, il avoit pitié de celle des Princes. 4 On dit fig. & en stile poétique, les favoris des Muses , les favoris d’Apollon, les favoris de la fortune. 4 FAVORI, fe dit de ce qui plaît plus que toute autre chose du même genre. (Virgile est mon poète favori. C’est fa couleur favorite , fa passion favorite.) FAVORISER, v. a. £ Favere.J Faire quelque faveur: apurer de son crédit. ( Vénus favorise fur tout un buveur d’eau. Voit. Poés. Favoriser une opinion. Pasc. I. 2.) t FAVORISER, se dit de tout ce qui est conforme à nos souhaits & qui seconde nos desseins. ( Le vent nous favorise. La fortune favorise toujours les gens courageux.) FAVORITE , s f. [ Graliosa. ] Celle qu’on favorise particulièrement : la bien aimée : celle qu’on chérit davantage. C’est la favorite de la Reine. L’ironie est fa figure favorite. Lojì.) FAUSSAIRE, / í«. £ Falsarittí.J Qui a fait une fausseté. ( Un insigne faussaire.) Là vous votes instruirez dans Part d’étre faussaire, Vavoir Un esrit double, une ame mercenaire. Vill.) {f Je n’ose pas dire que Despreaux s’eft servi du mot de faussaire dans un sens qui ne lui convient pas ; il est dangereux de critiquer un homme qui a critiqué tout le genre-humain avec aplaudissement. II dit dans fa satire contre les femmes : fiais pour quelques vertusf pures , f sncirts, Combien j trouve-f on d’impudentes faussaires, Qui fous un vain déhors d’auflére piété, De leurs crimes secrets cherchent P impunité, Peut-on dire qu’tine femme qui cache beaucoup de vices fous l’aparence de beaucoup de vertus, est une faussaire ? Le terme est rude & désagréable. On lê dit au Palais mais je n’ai jamais otii dire qu’tine fausse dévote étoit une faussaire. » FAUSSE FAU FAUSSE alarme , f. f. s Fallax ad arma clamer. ] (Donner une fausse alarme.) FAUSSE-BRAIE , s. f. [ Propugnaculum muro prœ- textum. ] Terme de Fortification. Espace qu’on laisse au pié du rempart, ou de la muraille , pour défendre de là l’aproche de la contre-escarpe. FAUSSE couche. Voter Couche , & voïex faux. FAUSSES fleurs , f. f. II se dit des melons & des concombres. Ce font des fleurs , au-dessous defquel- les il n’y a point de fruit qui y tienne. Car aux bonnes fleurs , le fruit paroît avant que la fleur s’é- panoiiisse au bout ; . [ Falsò. ] A faux. (Acuser faussement.) FAUSSE-PORTE, f. f. ( Sortir par la fausse-porte. Se sauver par la fausse-porte.) FAUSSER , v. a. [ Fallere , violare. ] Ce mot ne fe dit bien qu’au figuré. II se dit en parlant de la foi & de la parole qu’on a promise , il signifie violer, rompre, manquer. (Fausser fa foi. Abl. ret, L 3. ch. i.) ff FAUSSER le jugement. Ancienne expression dans le Paiais , dont il est fait mention dans les Etablisse- mens de S. Louis, part. i. art. 6 . dans les Assises de Jérusalem, & dans Philippe de Beaumanoir. Fausser le jugement, (selon Mr. du Cange fur les Etablisse- mens de S. Louis ) c’est dire que le jugement a été rendu méchamment par des Juges corrompus , ou par haine. * FAUSSER. C Deferere. ] Ce mot se dit en parlant de quelque compagnie de gens , avec qui l’on est, & signifie quitter, abandonner, se séparer. (Fausser compagnie.) FAUSSER. [ Infringere. ] Plier : courber une chose , en la forçant & lui faisant faire quelque éfort. ( Fausser une clé : fausser une épée. Abl. Les coups d’épée faussèrent ses armes en divers endroits. Baa- hours , Aubustbn, /. ;. La flèche faussant fa cuirasse, lui entra bien avant dans le corps. Quint.Curce, I. 9. rf.j.) FAUSSET, f m. [ Fibulu verubulum doliare. J Petite broche pour mettre à un muids de vin , ou à un vaisseau rempli d’autre liqueur. FAUSSET, s- m, [ Vox acuta , vocem œmulans. ] Terme de Musicien. Voix qui n’est pas naturelle, & qui est au dessus de la naturelle. ( II n’y a que les dessus qui chantent le fausset. * Où fa façon de rire, N f on ton de fausset, Ont-ils de vous toucher fcù trouver le secret. Mol. mis. a. 2 .fc. 1. L’un traîne en longs fredons une voix glapissante, Et ï autre l'appuiant de son aigre fausset, Ressemble à un violon qui jure fous l'archet. Defpr. Jaí. ;.) FAUSSET , f m. s Vocem acutam ementiens. J Terme de Musique. C’est celui qui fait le fausset. (Monsieur un tel est un agréable fausset.) FAUSSETE' ,, f. f. : c Falsit*. ] Chose fausse. (C’est une fausseté insigne.) Ah ! traître , oses tu bien par cette fausseté, Vouloir de fa vertu ternir la pureté ? Mal.) t FAUSSETE'. Qualité d’une chose fausse. ( La Fausseté d’un compte. La fausseté d’un récit, d’une nouvelle.) f% FAUSSETTE- Vieux mot. Petite fente au menton. La bouche petite (5? grojfette, Et au menton une faufsette. Le Roman de la Rose. FAUSSURE , ff Terme de Fondeur. II fe dit des traits ou courbures des cloches , aux endroits où elles commencent à s’élargir. Acad. Fr. IL FAUT. [Oportet.J Verbe impersonnel, qui signifie il est besoin : il est nécessaire. ( Pour vivre en galant homme , il faut tenir une conduite honnête à son égard , & à l’égard des autres. Mais fans cesse ignorans de nos propres besoins, Nous demandons au Ciel ce qu'il nota faut le moins. Defpr. épit. 5.) Tant s’en faut. Voïez Faillir. FAU 19 FAUTE , f f- [ Peccatum , culpa , mopìa , penu- ria. J Mot général, qui signifie faction de la personne qui manque de quelque faqon , & en quelque sorte de chose que ce soit. Cause. (Balzac qui étoit un Grammairien , a fait des fautes contre la Grammaire. Les Poètes font sujets à faire de grandes fautes de jugement. Scar. Etre malheureux par fa faute. A ces mots , mais trop tard , reconnoist'ant ma faute, Je le fuis en tremblant dans une chambre haute. Defpr.) ff FAUTE. Erreur, méprise. II y a des fautes heureuses , oû malheureuses. Martial a dit , en parlant de Scievola , qui vit brûler fa main fans laisser écha- per la moindre marque de douleur : Major deceptae fama est & gloria dextrœ ; Si non errasset, se ce rat illa minus. ê Les fautes des grands hommes font plus d’im- pression fur l’esprit que celles des autres , & instruisent d’avantage, parce qu’il est rare qu’ils ne les réparent pas fur le champ, ou dans la fuite. Polybe de Folard. Le fautes des grands Auteurs font plus sujettes à imitation & à propagation que les bonnes choses des médiocres. Ibid. Les plus grands Capitaines s’oublient quelquefois, & tombent souvent dans des fautes impardonnables. Dieu le permet pour les humilier , & leur faire voir qu’ils font hommes comme les autres. Ibid. ff Les Jurisconsultes parlent de trois espèces de faute : l’une est lata culpa , une faute grossière , qui part d’une négligence absolue, & d’une ignorance des choses qui font connues & pratiquées par les personnes les moins habiles : elle est presque toûjours acompa- gnée de dol. La seconde espèce est une faute legére, levis culpa , qui consiste dans l’omiífion & dans la négligence des précautions que les pères de famille ont acoûtumé d’obferver : c’est , à proprement parler, un imprudence, exempte de malice & de dol, & qui produit seulement un dédommagement à celui qui en soufre : l’ignorance du Droit n’est point une excuse légitime , parce qu’on a dû s’instruire de ce que l’on doit faire , & il ne manque pas de gens que l’on peut consulter. Enfin la troisième & dernière espèce , est une faute très-légére, levijfima culpa ; elle consiste dans la négligence & dans l’omission des précautions que les plus sages & les plus avisez ont acoûtumé d’obscrver, & cette faute a lieu. Quelques- uns confondent le cas fortuit , & la faute très-légére : cependant la plus grande partie des Jurisconsultes tiennent que ces deux n’ont aucun raport ensemble. FAUTE. Espèce de crime. Péché. ( Demander pardon à Dieu de ses fautes. Pafc. lett.) FAUTE d’écriture ou d'imprefsion. f Mendum. J Ce livre est plein de fautes. Table des fautes d’imprese sion qu’on apelie autrement errata. Sans faute. Ces mots veulent dire , fans qu’il y ait aucune faute , & selon toutes les régies. (Vers qui font fans faute.) Sans faute. Assurément & fans manquer. ( Je me rendrai fans faute , où je vous promets de me rendre. ) FAUTE de. Ce mot est une espèce d’adverbe. ( Exemple. Faute d'argent , on n'est qu'un sot dans ce mauvais siécle de fer. Scar. C’est-à-dire , si on manque d’argent, on n’est qu’un sot. Quand ce vint au jour du combat, Alexandre n’eut pas faute de soldats. Vaug. Quint. I. 3. c. 4. Ils trouvèrent tout le monde à table avec des guirlandes fur leurs têtes faites d’her- bes sèches faute de fleurs. Abl. ret. liv. 4.) A faute de, adv. ( A faute de païer de son bon gré, on fait païer de force ; c’est-à-dire, fi on ne paie de son bon gré, on y est forcé.) A faute de, n’est pas si en usage que faute de. Vaug. rem. Par faute. C’est la méme chose que faute , maison ne dit guère par faute de papiers on dit simplement faute de païer. Vaug. rem. On dit aussi, ne vous en faites pas faute , pour dire, ne l’épargnez pas , [ utere ut voles. ] ( J’ai de l’argent à vôtre service, ne vous en faites pas faute. Je lui ai donné tout ce que j’avois , je m’en fuis fait faute.) FAUTE A U, f m, [Aries. J Piéce de bois fuse pendue en l’air , qui sert à abatre des murailles ou des portes. Acad. Fr. ^ ■■ Tom. ìt. C a FAU- 20 FAU FAUTEulL , s. m. í Sella,cathedra, honorana. ] Chaise à dossier & à bras, au bout desquels il y a des rosettes , des mufles, ou des têtes de Femmes. ( Un fauteuil bien garni.) FAUTEUR , / m. [ Fautor. ] Qui favorise , qui apuie un parti, une opinion. Ce mot ne se dit guere, qu’en mauvaise part. On 1 a condamne lui & ses fauteurs. Acad. Franç.) t FAUTIF , fautive, adj. lObnoxius culs a, fal- lax. ] Mot bas , pour dire, qui fait des fautes , qui sujet à faire des fautes. ( 11 est fautif» La nature humaine est fautive.) FAUTIF, fautive. [Scatens errortbus .j Qui est plein de fautes. ( La première édition de ce livre est fau- tlV £f Bois fautif. Pièce de bois qui n’est pas quarré, & qui est défectueuse. ; FAUTRICE , f f [ Fautrix. ] Celle qui apuie & favorise. (Nous la déclarons fautrice d’héredques. Maucroix , schisme, l. ?. f. 4.) FAUVE , adj. [ Fulvus. ] Ce mot se dit des biches , & des cerfs, dains, daines, chevreuils & chevrettes , & veut dire, qui tire fur le roux. ( Bêtes fauves.) On dit aussi, couleur fauve , c’est une couleur qui tire fur le roux. , FAUVET , f m. [ M*> curruca. ] Ce mot a été introduit dans nôtre langue par le Chevalier de Rivière, & il y a été heureusement reçu. Le fauvet est le mâle de k fauvette ; & c’est un petit oiseau éveillé , qui est beau & qui a le chant doux & charmant. Le fauvet a une particulière connoissance de la personne qui le gouverne. II vit ordinairement cinq ou six ans. Olina, dans son traité des oiseaux , apelle le fauvet, il maschio de la capinera , & d’autres le nomment Capìnero. ( On sait sort bien que les fauvets Sont de très-illujlre famille, Et que celle des roitelets Est la dernière en volatille. Chev. de Rivière, recueil des pièces galantes.) FAUVETTE , f f [ Curruca. ) Petit oiseau de couleur fauve, gai, beau, qui chante agréablement, & qui connoit particulièrement celui qui a soin de lui donner à manger. Olina , traité des oiseaux qui chantent. ( Voici quel est mon compliment, Pour la plus belle des fauvettes, Quand elle revient où vous ites. Ab ! m’écriai-je alors avec étonnement, 2 fen déplaise à mon oncle, elle a du jugement. Mad. Descartes.) FAUX, fausse , adj. [ Fa/jus. ) Qui n’est pas vrai. ( Mahomet est un faux Prophète : cela est faux : chose fausse : un faux raport : un faux témoin : une fausse nouvelle : une fausse alarme : une fausse ataque : une fausse-porte : fausse braie : fausses-fleurs.) FAUX, fausse- [ Adulterinus .] Falsifié. (Fauxsceau: écriture fausse : s’inscrire en faux : faux poids : fausse mesure : cet acte est faux.) jps Le faux est un crime public, parce qu’il intéresse k sûreté publique, & détruit le commerce des hommes, qui ne se soutient que par la bonne foi. Le faux peut concerner les personnes & les choses. La fuposition de part, l’usurpation d’un nom de famille dans une vúë criminelle, intéressent les personnes , & font une espèce de faux personnel. A l’égard des choses , il y a plusieurs sortes de faux, qui sc commettent, ou par Limitation de la signature d’une personne, ou la supoíìtion d’un acte pour un autre. Les Jurisconsultes disent que c’est une espèce de faux, quand celui qui est choisi pour recevoir lin testament, écrit un legs qui lui seroit fait : ce pouroit être une nullité ; mais ce n’est point un faux , quand le testateur la dicte. La peine du faux étoit, chez les Romains, la déportation & la confiscation des biens pour les personnes libres ; â par la Novelle 154. les esclaves convaincus de ce crime, étoient punis de mort : elle est, parmi nous, arbitraire, selon la qualité des personnes, & les cir- constances du fait. L’Ordonnance reconnoît deux fortes de faux ; l’une est faux principal ; l’autre, faux incident. Quand on commence par le faux , & que l’on forme d’abord l’inscription en faux, c’est le faux- principal : mais lors que dans le cours d’une instance FAU on forme l’acusation en faux, c’est un faux incident. La forme de l’inscription en faux est prescrite pari Ordonnance de 167?. il faut la suivre tres-exactement. f§ FAUX, fausse. Ces termes font souvent emploïez dans la Marine. Le Sieur Aubin les a expliquez dans son Dictionnaire, les voici. Fausse équerre. Instrument dont les Charpentiers se servent pour les angles qui ne font pas droits. Fausj'e étrave. C’est une pièce de bois que l’on aplique fur l’étrave, en dedans, pour la renforcer. Fausse quille. C’est une, ou plusieurs pièces de bois, qu’on aplique à la quille, par dessous , pour la conserver. Faux côté d’un vaisseau. C’est le côté par lequel il cargue le plus. Faux étam- bord. C’est une pièce de bois , apliquée fur l’étam- bord pour le renforcer. Faux feux. Ce font de certains signaux, que l’on fait avec des amorces de poudre. Faux pont. C’est une espèce de pont, que l’on fait à fond de cale, pour la conservation , & pour k commodité de la cargaison. Fauxracage. C’est un second racage , qu’on met sous le premier, afin qu’il soutienne la verge, au cas que le premier soit brisé par quelque coup de canon. Faux sabords. Ce sont des figures de sabords faites dans le bois, ou bien avec de la peinture. FAUX , fausse, f Subtilis , industrius , nequam. ] Rusé, fin, méchant. (Faux Normand. Scar. Ce faux rusé vint loger près de la Merci. Scar. Poes.j * FAUX , fausj'e. Ce mot, au figuré, se dit de l’ese prit, des pensées, des vertus , & autres choses. (Esprit faux: pensée fausse : fausse éloquence : fausse galanterie : une fausse dévotion. Abl. Fausse humilité. Port- Royal. II a suivi de fausses lumières qui n’ont servi qu’à l’égarer. Port-Royal. Ce mot sc dit aussi de certains métaux, comme de l’or & de l’argent, & il se dit aussi des pierres précieuses : faux or: faux argent: un faux diamant : fausse monoïe.) FAUX , fausj’e. [ DiJJònus. J II se dit aussi en musique. (Un faux acord. Un faux ton. Cette corde est fausse.) A faux , adv. [ Falsò. ] Faussement. ( Acuscr à faux. Abl.) On dit qu’un coup est faux, ou qu’on Fa porté à faux , pour dire, qu’il n’a pas réussi, qu’il a été inutile. On dit qu ’une colonne porte à faux. [ Columna malè sujpensa. J Quand elle n’est pas soutenue par un apui sufssant. FAUSSE-CÔTE , s. s. Est une des cinq côtes inférieures , ainsi apellées parce-qu’elles ne vont pas jut qu’au sternum. FAÙSSE-COUCHE , s.s. [ Abortns. ] Acouchement d’une femme avant le terme par quelque accident. f FAUSSE-EQJJIERRE , f. f. Instrument dont sc servent divers ouvriers, comme les Menuisiers, les Charpentiers , les Maçons, les Marbriers, &c. pour mesurer ou tracer des angles irréguliers. II y a la fausse- équierre de fer, & la fausse-equierre de bois. FAUSSES-LANCES, f f. Terme de Mer. Canons de bois ressemblans aux canons de fonte, & qui servent seulement à faire peur. On dit encore , faux frais, faux frère, fausse post. tìon, & autres qu’on trouvera en leur rang. * FAUX , s f [ Faix. ] Instrument d’acier qui est large d’environ trois doigts, qui va en arc , finit en pointe , & sert à faucher les p rez , les aveines, orges , &c. ( Eguiscr une faux. Battre une faux. ) On peint la mort & le tems avec une faux, paroe qu’il semble qu’ils fauchent les hommes. f FAUX-ACACIA, s. m. Arbre dont les fleurs sont emollientes, laxatives, apéritives , résolutives. La racine est pectorale. FAUX-BOIS, s m. Terme de Jardinier. Branche d’arbre qui est venue dans-un endroit où elle ne devoir pas venir, & qui d’ordinaire devient beaucoup plus grosse & plus longue que toutes les autres de l’arbre, à qui elle vole une partie de leur nouriture. (Faire la guerre aux branches de faux bois, à moins qu’on n’ait dessein de rajeunir l’arbre, & d’ôter toutes les vieilles branches pour ne conserver que la fausse. Quint, jardins fruitiers, t. i.j PAUX-BOND, f m. f Sqltus fafíax , ineptus. J Ce mot, dans le propre, sc dit en parlant de baie, & d’au- tre pareille chose qu’on jette, & qui fait une sorte de bond oblique. ( La baie a fait un faux-bond.) t * FAUX-BOND. Ce mot se dit au figuré , & signifie Faute contre Jon honneur , mais il n’entre que dans FEA dans 1 c stiîe simple , satirique & comique. ( Faire fauxbond à son honneur. \_Ponere pudoremf} Molière , école des femmes, a. 3. fc. 2.) FAUX-BOURDON, f »r. [Rudior harmonia.J Sorte de chant irrégulier. ( Chant qui n’est pas réglé.) FAUX-BOURG , f- m. f Suburbium. ] Maison en forme de bourg, ou de vilage hors des portes d’unc ville, & par où l’on passe ordinairement pour venir dans la ville. (Gros ou petit fauxbourg.) Vander Laer , dans le Traité des Châtelains de Lille, pag. 39. prétend qu’il faut écrire & prononcer , forbourg , & non fauxbourg , hors du bourg, ,, comme lors sc disoit forbannir ; & les Italiens & „ Espagnols disent fora, ce que nous disons hors.” Voïez Mr. Ménage , mot fauxbourg. Périon estime qu’il faut écrire forsbourg , hors du bourg ou de la ville. Nous lisons dans les Ordonnances de S. Louis, raportécs par Mr. Le Févre Chantereau : Nus vavast'or ne puet faire forban , esc. C’est-à-dire , bannir , & mettre hors de la Jurifdiction. FAUX-BRILLANT , f m. [ FìHurn. ) II se dit des discours , où l’on a mis des pensces subtiles qui surprennent agréablement l’esprit, mais qui n’ont point de solidité. (Ce livre est plein de faux-brillans.) FAUX-FOURREAUX , f. m. [ Sclopeti panneum in- volucrum. ] Fourreau de serge dans quoi on met le pistolet avant que de le mettre dans le fourreau de cuir. , FAUX-FUïANT, f. m. [ Semita. ] Terme de Chasse. C’est une pente à pié dans le bois. Sal. Vénerie Royale. * FAUX-FUïANT , / m. [ Dìvertìculum. ] Tour, adresse pour fuir, ou éviter une chose. (Ce subtil faux-fuïant mérite qu’on le loue. Mol. femmes savantes, a. i.J'c. 4.) FAUX-JOUR , f m. s Transfusant per exiguum fo- ramen lumen. ] Petite clarté qui vient par un trou. ( A t ombre d’un petit faux jour , Qui perce un peu l’obscure tour, Ou les bourreaux vont à la quête. Théoph. Poës.) FAUX-JOUR. C Pifiura stlendor alius. ] 11 se dit aussi à l’égard des tableaux, quand la lumière ne donne pas dessus, du côté où le Peintre a supofë qu’elle devoit éclairer le tableau. FAUX-MONOïEUX, f m. [ Adulterator moneta. ] Celui qui fait de la fausse monoïe. ( Faux-monoïeur pendu.) ff On ne sauroit punir trop sévèrement les faux- monoïeurs. La Coutume de Bretagne , art. 634. veut qu’ils soient bouillis , puis pendus. Voïez la Coutume de Lodunois , tit. 39. art. 1. FAUX-MONOïEUSE, f.s [ Adulteratrìx nummis . ] Celle qui fait de la fausse monoïe. ( Eaux-monoïeuse convaincue.) {$ FAUX-NOBLE , qui usurpe le titre de noble, & jouit injustement des honneurs & des prérogatives de la véritable noblesse. Voïez La Roque, Traité de la Noblesse, chap. 164. U la Coutume de Bretagne , art. 6 77. Un faux pas. Voïez Pas. jsjf Généreux Licidas , ami sage fst fidelle, Dont l’estrit ejì si sort, de qui l’ame ejì si belle, Vous de qui la raison ne fait plus de faux-pas, Ha, qu’il vous est aisé de dire , n’aimez pas s Mad. Deshoulieres. f FAUX-PLI, s. f. C’est un pli dans une étofe , qui n’est pas où il doit être , & qui en diminué la beauté. FAUX-SAL’NIER , s m. [ ImprofeJJt salis propola. ] Qui trafique du sel défendu. ( C’est un faux-faunier. ch FAUX-SAUNAGE, f m. Vente, débit de faux sel. (11 se mêle du faux-saunage.) t FAUX-SEMBLANT, f nu Aparence trompeuse. (II vous trahira sous un faux-scmblant d’amitié.) =£ FAUX-TEINT, f. m. ou fausses teintures, f. f. Ce sont les teintures qui sc font avec des drogues défendues, qui falsifiant les couleurs, durcissent & dégradent les étofes. FAUX-VENDEUR. II est dit dans l’article 682. que tous faux vendeurs, ou qui auroient vendu même chose à deux, seront punis comme larrons fst faussaires. On les apelle dans le Droit, stelìionatahes. Voïez le titre du Code de crimine stellionaiù , & le ternie stellîonat. FE'AGE , f nu Terme de Coutume. Héritage qui sc tient en fief. Pur féage ou noble fief. On dit aussi, bailler à féage, ou afféager, Acad. Fr. (f Le féage est une efpéce d’aliénation d’une partie du fief, selon l’article ;;8- de la Coutume de FEC 21 Bretagne. Belordeau, Commentateur de cette Coutume , dit que pour afféager , il faut que le domaine soit noble, quoiqu’on puisse Le donner pour le poste- der roturiérement. Mr. d’Argentré tient que chacun peut inféoder, en tout ou en partie, son nef, pourvu que l’on ne fasse aucun préjudice au Seigneur supérieur , duquel il faut pourtant avoir le consentement. Voïez Hévin , fur les Arrêts de Fr ain. L’afféagement doit être gratuit, selon la remarque de Belordeau ; & si la Coutume fait mention d’un prix art. 359. c’est par raport.à la redevance convenue. On peut retenir la Justice en affeageant La Coutume se sert du terme obéissance. Voïez cCArgentré. FE'AL , feale , adj. [ Fidelis , fide obligatus . J Terme de Chancélcrie. Le mot de féal est un vieux mot, qui signifie fidèle. 11 ne se dit qu’au masculin, & n’entre que dans les lès Lettres Patentes que le Roi envoie principalement aux Compagnies Souveraines, & dont l’adresse porte : A nos amez féaux les gens tenons nos Cours de Parlement : Salut. Le mot de féal & d’amé se disent austì aux Présidons & Conseillers de Cour Souveraine, aux Gens du Roi, Prévôt des Marchands & aux Echevins de la Ville de Paris, &c. t FE'AL , féale. Ce mot se dit en burlesque quelquefois. ( Mon cher & féal ami. Scar. Poës On disoit autrefois séante. f FEAUFEL , ou ARECA, s. m. Espece de palmier fort haut, qui croît en Malabar. II porte un fruit ovale que les Indiens apellent ebofool n’étant qu’à demi mûr , il étourdit & enivre ceux qui en mangent ; étant mûr il est insipide & astringent. Le suc de l’Áreca étant épaissi seul, est apellé par les Indiens caché, d’où est venu le nom de cachou , selon quelques-uns. Mais ils se trompent, le cachou est un suc épaissi, tiré d’un arbre épineux qu’on apelle catechu. On en verra la description dans le Voyage des Arables de Mr. Pingré. FE'BRICITANT, f m. [ Febricitans. ] Qui a la fièvre. (C’est un fébricitant.) FE'BRIFUGE, f m. [ Febrifugium. ] Sorte de poudre faite par opération chimique, bonne pour les fièvres intermittentes. Ce mot fébrifuge , signifie en général tout remède spécifique qu’on donne contre la fièvre. Ainsi l’on dit, le quinquina est un souverain fébrifuge. FE'GAL , fécale, adj. [ Fecalisst II ne se dit qu’au féminin avec le mot de matière. Matière fécale Ces mots ne se disent d’ordinaire qu’entre Médecins, & autres pareilles gens , & signifient excrémens d’homme. Les Médecins , pour bien faire valoir leur sience, s’a- pliquent à regarder la matière fécale des malheureux qui sont tombez sous leurs pâtes. FE'CES, f f. pi. Terme de Chimie. II vient du Latin faces, & l’on prononce fesses , ou fèces. Ce sont les matières grossières & impures, qui se trouvent au fond des compositions de l’une & de l’autre Pharmacie. C’est aussi le marc qui reste après la distillation. (Rejetter les fèces. Opium chargé de fèces. Sac plein de fèces.) H FE'CES d’huile. [ Amurca. J f FE'CIAUX , f. m. [ Feciale. ] Hérauts d’armes parmi les Romains, dont la fonction étoit de déclarer la guerre , & qui étoient en grande considération. Les Anciens n’entreprenoient jamais une guerre , qu’ils ne Poussent auparavant dénoncée dans toutes les formes, ce qui doit s’entendre des guerres justes & solennelles, afin que chacun fût, ditGrotius , que la guerre n’é- toit pas un attentat de quelques particuliers, mais bien une entreprise formée du consentement de l’un ou de l’autre Etat, ou des chefs de ces Etats. Et cela sc pratiquoit avec beaucoup de cérémonie, 3 c même avec certaine pompe. Polybe de Mr. de Folard. FE'COND , féconde , adj ., [ Facundus , fertilis. ] Abondant. Fertile. ( Esprit fécond. Langue féconde. Rendre fécond. Aux tems les plus féconds en Phrynes , en Lays, Plus d’une Pénélope honora son pays. Defpr. ) FE'CONDITE', f f. f Fxcundìtas, fertilisas.'} Abondance. Fertilité. (Une honteuse fécondité.) FE'CULENT, féculente, adj. ( Faculentus. ] Terme de Médecin, qui se dit du sang & des humeurs qui sont chargez de fèces ou de lié , & n’ont pas la purete qu’ils devroient avoir, ^ TT C î FE'CU- 22 FEL FE'CULES , s f [ Faculté. ] Terme de Pharmacie. Partie farineuse & insipide d’une racine, qu on arrache au tems que la plante commence a bourgeonner , & qu’on dessèche au soleil après en avoir tire la liqueur. Académie Françoise. FEDAGOSO JACUA-ACANGA. Belle plante du Brésil, qui est détersive , vulnéraire, résolutive & consolidante. FE'E , s. s. [ Fttmina fatidica , divin a , fatisera. ] Celle qui prédit l’avenir. C’étoit un nom honnête qu’on donnoit autrefois auxMagiciennes & aux Enchanteresses , & qu’on ne trouve plus que dans les vieux Romans. ( II n’est pas besoin qu’on vous die Ce qu’étoit une Fée en ces bienheureux tems, Car je fuis sûr que vôtre mie Vous l’aura dit dés vos plus jeunes ans. Perraut.) H On dit de certaines choses parfaitement bien faites, & où il paroît du merveilleux, qu’il semble qu’elles ont été faites par les Fées. C§ FEEL. Fidèle. Ancien mot. f FE'ER , v. a. Vieux mot qui sc disoit autrefois cn parlant de certains enchantemens qu’on attribuoit aux Fées. On dit dans les vieux contes des Fées, je vous fée U refée. ch FE'ERIE , f f. L’art des Fées. FEINDRE, v. a. [ Fingere, diffìmulare , mentiri .J Je feins , tu feins, il feint , nous feignons , je feignois , fdi feint, je feignisje feindrai , que je feigne s je feignisse, jefeindrois. Se servir de fiction. (Les Poètes feignent, mais ils doivent feindre ingénieusement & vrai-sembla- blement. Esope a feint des fables très-fpirituelles. Je ne sai ni tromper, ni feindre , ni mentir , Et quand je le pourois , je n'y puis consentir. Defpr. ) FEINDRE. [ Claudicare. ] N’oser poser le pié à terre à cause qu’on a quelque mal au pié. ( Cheval qui feint. ) FEINDRE. C Bijstmulare , mentiri. ] Dissimuler : faire semblant. ( II feint d’être ami. La plupart des hommes d’aujourd’hui feignent d’être tout ce qu’ils ne sont pas.) f FEINDRE, v. n. Hesiter à faire quelque chose, en faire dificulté. En ce sens il ne se dit qu’avec la négative. ) Je ne feindrai pas de lui déclarer mes sen- timens. Jc n’ai pas feint de lui donner de l’argent.) íf FEINE- Fruit sauvage , ou gland , que l’Or- donnance de 1669. tìt. 27. art. 27. des Eaux & Forêts , défend d’abatre & emporter , à peine de cent livres d’amende. Voyez Faine. FEINT, feinte, adj. f FiHus, mentitus. ] Imaginé : qui n’est pas vrai: dissimulé. (Chose feinte.) FEINTE , f f- [ DiJJìmulatio ,fiHio.~\ Dissimulation, semblant. (II fait feinte de l’aimer :• user de feinte.) FEINTE . f f. [ Simulatio. ] Terme àc Maître d’armes. ( La feinte consiste à faire semblant de porter un coup : une feinte double : faire une feinte à son ennemi : découvrir une feinte : connoitre une feinte: atirer son ennemi par des feintes : parer une feinte. Liancourt , maître d’armes.) FEINTE. [ PrœtermìJJio .] Terme de Rétorique. Figure qui sc fait lors-qu’on feint de passer fous silence une chose qu’on ne laisse pas de dire. A moins que cette feinte ne soit bien faite , elle sent le Collège. FEINTE. [ Biasts. J Terme de FaHeur d’orgues. Petit morceau d’ivoire qui est fur des touches des clavecins , des orgues , des épinettes , &c. FEINTISE , f. f. [ Simulatio , fillio. J Mot un peu vieux , pour dire , dissimulation. ( Je vous dirai fans feintise , ou fans couverture. Voit. Po'és.) í$ FEITURE , s. f. Ancien mot. Figure d’une chose. Et vois-tu ou fans couverture Leurs femblances leurs feitures. Roman de la Rose. iS FEL Félon, traître, cruel. Car P ils font sel, U orgueilleux. Roman de la Rose. f FELE , f. f. Canne de fer d’environ cinq piez de long & d un pouce de grosseur, percée & vuidée FEL dans toute fa longueur , qui sert aux Gentilshommes Verriers à cueillir, c’est-à-dire , prendre le verre pour le soufler, & en faire plusieurs fortes d’ouvrages. FE'LE', E'E , part. pajf. & adj. [ Rimosus, sijstisj Les femmes ne fauroient garder le secret , & ressemblent à ces vaisseaux fêlez qui s’enfuient à mesure qu’on les remplit. M. EJp. FE LER, v. a. [ Findere tenuiter , subtiliser scinde- re. ] Ce mot se dit en parlant du verre & de poterie de faïance ou de terre , il signifie fendre de telle sorte que le vaisseau de verre ou de faïance ne soit pas séparé, & que toutes les parties tiennent les unes aux autres. (Pot de faïance fêlé. L’eau trop chaude fêle le verre.) FEUCITATION,// [ Gratulatìo , applausut.J Joie qu’on témoigne à une personne, fur le bonheur qui lui est arrivé. Le mot de félicitatìon n’est pas encore tout-à-fait établi, & l’on croit qu’il ne s’en faut servir qu’avec cet adoucissement , fi jose ainsi parler, ou s’il m’est permis de parler de la sorte. (Je lui ai fait un compliment de felicitation , si j’ofe parler ainsi , fur la mort de fa diablesse de femme , & on ne le sauroit trop féliciter là-dessus , car il va vivre en repos le reste de ses jours.) FE'LICITE', f f [Félicitas .] Ce mot signifie bonheur, prospérité, souverain bien. (Dnegrande, longue , extrême félicité : une courte félicité : une félicité particulière & extraordinaire. Le souvenir de leur félicité passée & Limage de leur crime les tourmentent assez. Abl. Luc. t. 1. dìal. des morts. Félicité passée Qui ne peut revenir, Tourment de ma pensée, Que n’ai-je, en te perdant, perdu le souvenir. Bertaud, Poëf.) La félicité consiste à être libre. Abl. Luc. Troubler la félicité de quelcun. Abl. ret. La félicité n’est jamais de longue durée, quand la vertu l’abandonne. Bu Rier. Frensb. I. 1. ch. 1. La félicité des Grands passe comme un songe. Abl. Luc. t. 1. Etablir fa félicité dans des bagatelles.) FE'LICITER , v. a. [ Gratulari. ] Faire compliment à quelcun fur un bonheur qui lui est arrivé. ( C’étoit pour le féliciter de ses victoires. Abl. Arr. I. 7. Je vous félicite d’avoir Caliste pour maîtresse. Balzac, lettres. On croit que Balzac a introduit dans nôtre langue le mot de féliciter.) FE'LIN, f m. [ Hemi-obolum gallìcum. J Poids de sept grains, & une cinquième de grain, ou demi obole franqoise. Ce mot est en usage chez les Orfèvres & à la Monoïe. FEUX , f m. C Félix. J Nom d’homme. FE'LON, félonne , adj. [ Trux, truculentus, atrox, sevus. J Cruel, colère. ( L’air de ce païs m’a donné je ne fai quoi de félon. Voit. I. 40.) í FE'LON , adj. Rebelle , traître. II se dit proprement du vassal, lorfqu’il fait quelque chose contre la foi qu’il doit à son Seigneur. Ce terme vieillit dans ces deux sens. $ FELONGNE , éclaire , grande Chelidoine , f. f. [ Chelidonium.st Elle est incisive , aperitive, lâche le ventre & excite l’urine. FE LONIE , f. f. [ Scella clientis capitale. ] Terme de Palais. Crime du Vassal contre son Seigneur, lorsque le Vassal viole le serment de fidélité qu’il a fait à son Seigneur. ff Le terme félonie est générique ; il comprend toutes les manières d’ofenscr , ou ion Souverain, ou son Seigneur féodal. Les uns le dérivent du Grec ur, tromper : mais Spelman veut qu’il soit Alemand d’o- rigine. Lancelot, dans ses racines , l’atribué au mot páAaxr/ç, tromperie, méchanceté dont la racine est en laquelle étoit le feu Saint Antoine. On dit, le feu de la fièvre , mettre le feu à une plate. Le poivre met la bouche en feu. Le feu actuel , c’est un bouton de feu , c’est un fer chaud. Le feu potentiel, c’est un cautère. 11 y a des plaies qui ne fe peuvent guérir que par le feu. * PEU. Ce mot fe dit du poil roux que certains chevaux ont fur le bout du nez Sc au flanc. On dit. ( C’est un cheval qui a du feu au flanc & au bout du nez. Soleìjel , parfait Maréchal. ) 11 fe dit auffi de certains poils roux qui viennent autour des yeux des petits chiens , & qui les font estimer d’avantage. * peu. C Fulgor. ] Ce mot fe dit encore en termes de Lapidaire , & signifie I’éclat & la vivacité des pierres précieuses, quand elles font bien taillées & mises en œuvre. ( Ce diamant a un très-beau feu. ) On a cru autrefois que Y esc arboucle jettoit assez de feu pour éclairer une chambre la nuit. Les vers lui- fans , la pierre de Bologne & le phofpore jettent du feu * a oìn dit que les yeux vifs font pleins de feu, & qu’ils jettent du feu. Couleur de feu. C’est un rouge vif « fonce qui a ficelât du feu. » PEU. Ce mot fe dit encore en parlant de cheval, & signifie ardeur. ( Cheval qui a du feu. AbL Marm.) FEU. [Defunflus. ] Mot indéclinable qui signifie défunt, Sc qui ne se dit que des personnes qu’on a vûés, ou connues, ou qu’on a pù voir ou connaître. ( Feu d’Ablancourt avoir l’ame noble & l’efprit excélent. La feue Reine Anne d’Autriche étoit une grande Prin- Ce On dispute s’il faut dire, feu ou feuè, en parlant d’une femme. Gombaud , Patru, Chapelain, le Père Bouhours, tiennent pour feu la Reine, & l’on ne risque rien après eux. Cependant le Dictionnaire de l’Académie dit la feue Reine. FEUDATAIRE , f nu [ ClienteUris , client , fidu- ciarius. ] Vassal, qui tient un fiel dépendant d’ua autre Seigneur. FE'VE , /- f C Faha - 3 Lne forte de gros légume (11 y a diverses fortes de fèves , fève de haricot, fève mêlée ou bariolée. On fe fervoit autrefois de fèves pour donner des fufrages; les blanches signifioient absolution , & les noires condannation : aujourd’hui on fe sert encore d’une fève qu’on met dans un gâteau, pour élire un roi au hazard le jour des Rois : être le roi de la fève. ) ,, ... , Puis que l’ocasion s en preisnte, disons deux mot. 3 2 FE V de la fève & du gâteau de la veille , & du jour des Rois. II est certain , & la preuve en est facile a faire , que dans les premiers siécles del’Eglisc, on jeû- noit très-sévérement la veille de la fête de l’Epipha- nie , & il paroit surprenant qu’une coutume si pieuse ait été abolie , pour mettre en sa place une solennité bien opofée à I’abstinence,& à la mortification. L’exem- ple des Païens n’a pas peu servi à chasser le jeune, pour lui subroger la bonne chère , & l’exces de la débauche. La conformité que l’on a remarquée entre la fête du Roì-boit , & les Saturnales, a fait dire avec raison , que la première étoit une imitation, & une suite de la seconde : en éfet, les Saturnales commen- coient dans les prémiers jours de Décembre , & con- tinuoient dans les prémiers jours de Janvier , qui est le t'ems de la fête des Rois. Macrobe a remarqué, que les Saturnales commenqoient dès le minuit du quatorzième avant les Calendes, lìb. i. c. 2. Volez Ho- Jpinién , de FeJUs. Les pères de famille envoïoient , à l’entrée des Saturnales, des gâteaux, avec des fruits, à leurs amis , pour marquer , qu’ils reconnoissoient Saturne pour l’inventeur du miel & des fruits : pla- ttentasque mutuà mijjîtant , mellis U fruHuum reperto- remSaturnum exijlimantes. Macrob. lib. 1. c. 7. L’ufa- ge des gâteaux subsiste encore. Les amis s’assembloient, & mangeoient ensemble. Macrobe a remarqué, que Saturnalibus apud VeHrum Pratextatum , nobilitatis Romana proceres docíìque alii congregantur. C’est ce que l’on pratique encore, la veille, & le jour des Rois. La prémiére & la principale cérémonie coníistoit à élire un Roi de la fête. Lucien, qui failòit profession publique de se moquer de fa Religion , fait dire à Sa°- turne : faisons des Rois , à qui nous obéijfons agréablement. Et ensuite il veut que le Roi ne fasse rien de sérieux , & ne traite d’aucune afaire publique pendant la durée de la fête. L’élection d’un Roi est auffi la prémiére action de la fête parmi nous, avec cette diférence , que les Païens élisoient leur Roi par le fort des dez, & nous l’élifons par la rencontre de la fève. Le même Lucien nous aprend encore que le plaisir consistoit dans ces trois choies, boire , s’enivrer , b crier. C’est à peu près la même chose parmi nous, & nous marquons notre joie, non seulement par la bonne chère, mais encore par nos aclamations quand le Roi boit. A l’égard du febé dont on se sert avant que de partager le gâteau où est la fève, on n’en fait point l’origine, ni la raison : les uns croient que l’on invoque Apollon , afin qu’il fasse tomber la Roïauté en bonnes mains : les autres, que l’on apelle la fève, qui doit décider de la destinée des convives : quelques-uns s’imaginent , que l’on s’adresse à Pensant, que l’on peut mettre au rang des jeunes gens que les Latins apelloient Ephebi , & qu’on l’avertit de bien faire son devoir. f * II croit avoir trouvé la fève au gateau. Cela se dit proverbialement d’une personne qui s’imagine avoir trouvé la résolution de quelque question dificile , ou d’avoir heureusement trouvé quelque belle pensée. * FE’VE. C’est auílì le nom d’une maladie de cheval, & c’est une enflure qui lui vient dans le haut de la bouche derrière les pinces de la mâchoire supérieure. * Germe de fèves. Terme de Maréchal. Marque noire qui vient dans le creux des coins d’un cheval ; elle s’y forme vers les cinq ans, & s’y conserve jusqu’à sept ou huit,pendant quoi on dit que le cheval marque. On apelle roi de la fève, un homme qui fait le vain, & dont on ne fait pas grand cas. On reproche à des personnes d’un certain pais, qu’il y a quelque faiblesse dans leur esprit quand les fèves sont en fleur. f Donner des feves pour des pois. C’est Prov. & pa[Jl tendre la pareille à ceux qui font de la peine, qui causent du chagrin. sjí On dit : Quand les fèves font en fleur , les fous font en vigueur. Et Rabelais, dans la Préface du cinquième Livre de son Pantagruel : Le monde donques en s’agijfant , plus ne craindra la fleur des fèves , en la pri- me-vére. On dit que l’odeur des fèves en fleur, ata- que le cerveau, & le dérange. Pythagore défendoit à ses disciples de manger des fèves ; ce que quelques-uns ont entendu des magistratures dont Pelection sc faisoit avec des fèves. Mais l’Abé Raidit, dans fa lettre an Prieur des Carmes de Riom en Auvergne,Pentend du commerce avec les femmes, pour des raisons que la pudeur ne permet pas deraperter. FEU f FE’VE d’Egypte. [ Colocafiast Plante aquatique semblable au Nénuphar. La fève est astringente , & propre pour la dissenterie. Sa racine est cl.gestive & propre pour fortifier l’estomac. tz FE’VE épaijfe, Jombarde des vignes, reprise ,orpin, grajfette. f AnacampJ'eros. J Elle est humectante , rafraîchissante , détersive , propre pour les hernies. f FE’VE Indique. [ Faba purgatrix. ] Espèce de fève de l’Amerique, semblable aux nôtres. Elle purge par haut & par bas avec violence. í FE'VE de St. Ignace. [ Faba fanUi Ignatii. ] C’est un puissant purgatif, qui emporte souvent les fièvres intermittentes. FE'VEROLE, f f. [ Siliqua. ] Petite fève ronde. FEUILLAGE, f m. £Folia, frondes.f] Les branches d’un arbre avec feuilles. (Feuillage épais. Ablanc. Arbre qui étend son feuillage. Benferade , rond. Qui ranime en montant son trine ses branchages , Et le couronne enfin de fruits U de feuillages. Per. ) * FEUILLAGE. C Frondes sculpta. ] Terme d’Ar- chiteciure & de Menuiserie. Urnemens de corniches, de chapiteaux , de frise , & autres membres d’Archi- tecture. Un feuillage refendu. ) FEUILLANS , s m. [ Fuiienses. J Religieux établis en 1565. par Jean de la barrière qui etoit de Quer- ci. 11s suivent la réglé de S’. Benoît & de S. Bernard. 11s vont déchaussez portant des sandales, & sont habillez d’une étofe blanche fort belle, lis ont ete apeliez Eeuillans, par ce qu’ils portent dans leurs armes une branche pleine de feuilles. FEUILLANTINES ,f f. [ Moniales Fuiienses. j Sorte de Religieuses , qui ont suivi la même reforme. FEUILLANTINE , f f Terme de Patijjkr , Pièce de pâtisserie entre deux abaisses , qui est feuilletée & garnie de blanc de chapon rôti & hache , de pâte de macarons , de farce à la crème, d’ecorce de citron hachée bien menue avec sucre , & autres astàisonnemens. FEUILLE , f f. [Frons , folium. J Ce mot se dit des arbres & des fleurs. (Une feuille d’arbre : une feuille de fleur. La belle tulipe a six feuilles, trois dedans & trois dehors. ) * C’est du vin de trois feuilles. [ V’mum trimum. J C’est-à-dire, de trois ans, parce que durant ce tems la les vignes ont changé trois fois de feuilles. FEUILLE-MORTE. [ RuJJ'ea. ] Sorte de couleur. Les marchands & les fleuristes font feuille-morte masculin ; les marchands disent, j’ai du beau feuille-morte , en voulez-vous? 11 faudroit dire, j’ai du beau ruban feuille morte. Les Fleuristes disent les langues de l’iris panaché de Picardie sont d’un feuille morte enfumé. Voïez Marin , traité des fleurs , p. 217. Régulièrement on diroit, sont d’une couleur de feuille-morte enfumée. FEUILLE. C Charta folium. ] Ce mot se dit du papier , & veut dire ordinairement, quatre pages de papier blanc, ou écrit. ( Une grande feuille de papier. Une feuille de carton. ) FEUILLE d'or : feuille de cuivre. [ Aurì , ffi'c. bra- Heola. J C’est de l’or, ou du cuivre batu en iorme de feuille de papier. On dit auffi, une feuille d’etaim, avec quoi on etame les miroirs. ( Une feuille de ier batu, une feuille de fer blanc. ) FEUILLE [ Folium typìcum. ] Terme à’Imprimeur. Feuille de papier imprimée qui fait un certain nombre de feuillets, selon la grandeur du volume qu’on imprime. (Mouiller la feuille. Coucher une feuille, fur le timpan. Imprimer une feuille. Tirer une bonne feuille. ) FEUILLE. Ce mot se dit des paravens, ct est un terme de Tapissier. C’est une partie du paravent. FEUILLE. [ Plagula. J Terme d 'Orfèvre. Petit ornement d’argent fort délié qu’on étend fur le pié des éguiéres & fur quelques autres ouvrages. FEUILLE. Terme d 'Orfèvre. Le bout du manche de la cuiller & de la fourchette qui est un peu étendu & arondi, fur quoi.on met les armes de la personne à qui apartiennentles culiers & fourchettes. FEUILLE. Terme de Lapidaire & de Metteur en auvre. On met des feuilles de pierres précieuses sous des cristaux pour contrefaire des pierreries. * FEUILLE de Jauge , fi f. Terme de Jardinier. C’est Une pioche pointue par le bout, & qui s’élargit un peu en aprochant du manche. On se sert de se feuille de FEU de sauge pour fouiller dans les fonds pierreux, & de la pioche dans les terroirs seulement durs. FEUILLE., en termes de Blason , se dit des feuilles de chêne, de houx, & d’autres arbres dont un écu est chargé. FEUILLE , en termes de Chirurgie , fe dit de cette petite superficie qui se léve & qui se détaché quelquefois d’un os, lors qu’il a été ofensé , & d’où vient le terme exfolié. FEUILLE d’un Sécrétaire d’Etat, est ce qui lui sert de minute pour le païement. FEUILLE d’Inde. [ Foliunt Indicum. ] C’est la feuille d’un grand arbre qui croît dans les Indes, & qui ressemble au citronier. f FEUILLE Orientale. C’est un des noms que quelques Droguistes & Botanistes donnent au Séné. $ FEUILLE, se dit chez les Messagers & Voituriers, de l’extrait ou duplicata de leurs regîtres , que portent avec eux leurs cochers & chartiers, & qui leur tient lieu de Lettres de voiture. Décharger la feuille. C’est la décharge que mettent au bas des articles,ceux à qui les balots font adressez. fis FEUILLE. Espèce de poisson, dont on appoisson- ne les étangs de Bresse. Voïez Rével. pag. 41 6 . FEUILLE', E'E, adj. £ Foliis ornatm, foliatm, frondofeu. ] Terme de Blason. Feuilles des plantes, lors qu’elles font d’un émail diférent. FEUILLEE , s f. f Frondeum umbraculum, fr onde a pergula 3 Le feuillage d’un arbre. ( Us renouvslent leur chant fous les vertes feuillées. Danser sous la feuillée. Sar. Pots. ) Le mot de feuillée , lignifie aussi des branches' d’ar- bres nouvellement coupées, dont on couvre quelque place pour y faire de í’ombrage. FEUILLERET, m. Espèce de rabot, outil à fût servant auxMenuisiers à pousser des feuillures. Acad.Fr. FEUILLET , s t m. L Folìolum. ] Deux pages de livre. ( Feuillet déchiré , perdu, emporté. ) FEUILLETAGE , s. m. [ Placenta foliacea. ] Terme de Pâtissier. ( Pâte feuilletée. ) FEUILLETFR, v. a. f Versare manu. ] Tourner les feuillets d’un livre. ( J’ai feuilleté tout le livre, & n’y ai pas trouvé le passage que je cherchois. ) * FEUILLETER, v. a. [ Evolvere. ] Lire. (Feuilleter les livres : feuilleter les auteurs. Scar. ) FEUILLETER, f Foliaceam facere , foliis dijìinguere. Terme de Pâtissier. Plier, manier & rouler de la pâte avec du beurre. ( Feuilleter la pâte. Gateau feuilleté. Pâte bien feuilletée. FEUILLETTE , seillette ,s. f. f Cotyla , bemina.J L’ufage est pour feuiUete s mais à Paris on dit plus ordinairement un demi muid , ou une demi queue de vin qu’une feuillette. On fe sert de ce nom àe.feuillette en Bourgogne , pour signifier cette grande mesure qui contient un demi muid. Mais à Lion on apelle feuillette , une petite mesure qui n’est que la moitié d’une pinte de Paris. ) t FEUILLIERE, _/l f. Terme de Carrier. On apelle ainsi les veines de terre, qui couvrent le ciel d’une carrière ; & qui n’étant point soutenues, peuvent causer des fondis. On fortifie ordinairement les feuillie- res par des piliers de moëlon , ou par des madriers & des arcs-boutans de bois. FEUILLU , feuillué, adj. £ Foliofm, frondofm.2 Plein de feuilles. ( Rameau feuillu. Defmarais , visionnaires , a. j. fc. ;. ) FEUILLURE de porte ; feuillure de fenêtre , f f. £Fo~ lìatio, ] Ce font des bords de portes , ou de fenêtres qui s’emboitent dans les châssis. f FKULTREMENT, f M. Terme de Teinture. II fe dit particulièrement des nuances des foies propres à la tapisserie fur canevas ; lorsque par le peu d’habile- té du Teinturier , ces nuances font confondues & mal suivies. On dit aussi, brouillement. FE'VRIER,/ m. [Februarim mens si] Un des mois de l’hiver & le second de l’année. ( Février est froid. ) Cf FE VRIER, du Latin Februarius , à qui Festus donne deux origines. Februarim ( dit-il ) mens s dìcíus , quòd tum , id ejì extremo menfe anni, populm februare- tur.id est lustraretur , acpurgarutur. Cette étimologie pa- roît naturelle. Le Peuple Romain faifoit des sacrifices pendant les douze derniers jours de l’année,pour fe purifier, & pour demander aux Dieux le repos & la tranquillité des âmes de ceux qui étoient décédez,•& com- FEll 35 me ces sacrifices & ces purifications étoient apelîez Fe- brua, on nomma le mois où l’on faifoitíces sacrifices, Februarim. Ovide a dit dans le second Livre de ses Fastes: Februa Romani dixére piamina, pâtres. Festus ajoute : Quacumque denique purgamenti caustt in quibufque facrisiciis adhibentur , februa appellantur ; id verò quod purgatur , dicitur februatum. Ovide dit la même chose : tout ce qui servoit à nous purifier , étoit apellé fébrua par nos ancêtres : Denique quodeumque est quo p éclora nostra pietmus , H oc apiul intonfos nomen habebat avos. D’où il conclut : Mensts ab bis diHus. La seconde étimologie du mot Février, est celle-ci; selon Festus. Ce mois étoit consacré à Junon , que les Romains apelloient ou Februata , ou Februalis s vel à Junone Februata , quant alii Februalem, Romani Febru- lim vacant. II propose ensuite une troisième étimologie, qui paroît plus obscure ; quòd ipsi eo menfe sacra fichant, ejusque séria erant Lupercalìa , quo die mulieres februabantur à Lupercis , amiculo Junonis, id est pelle ca- prina ; quam ob caufam is quoque dies februatus apella- batur. Dans le mois que nous apollons Février , & dont nous cherchons l’origine , on faifoit des sacrifices au Dieu Pan, que l’on apelloit auffi Faunm. Les Prêtres de cette Divinité champêtre, paroissoient nuds en public , dès que le jour commenqoit, & l’on étoit persuadé , que par ces sacrifices on chassoit les loups, qui n’ofoient point s’aprochcr des troupeaux, ni y faire aucun dommage ; & ce fût dans cette prévention ; que l’on apella les Prêtres d u Dieu Pan, Luperci, & la fête, Lupercalìa. Les peuples s’imaginoient que par cette solennité on purifioit non seulement les champs, mais même les personnes les plus criminelles ; & comme toutes les expiations, & toutes les maniérés de purification étoient comprises fous le terme générique de Februa , Februatio , le mois ou l’on célébroit les Lupercales , fut apellé Februarim. C’est ainsi qu’il faut ( ce me semble ) entendre Festus, ainsi que cet endroit d’Ovide: - Seclà quia pelle Luperci. Omne Jblum lustrant , ìdque piamen habent. Les Prêtres portoient des courroies de peau , dont, fans doute, ils touchoient ceux qu’ils rencontroient: seclà pelle lustrabant. Voïez Lustrales. Enfin Ovide , toûjours dans le même endroit, nous donne une dernière étimologie du mot Februarim ; ou parce que ( dit-il ) on faifoit des sacrifices fur les tombeaux, & que par le inoïen de ces solennitez funèbres, on purifioit le tems: Aut quia placatis funt tempora pura fepultis , Tune cum fer ale s prateriere dies. FEURRE, ou fìoare f. m. £Stramen. ] Paille longue de blé qui sert l’hiver à nourir les moutons & autres bestiaux. Autrefois ce mot signifioit fourage. ê FEUTRAGE , f m. Action par laquelle on feutre. II se dit dans les Manufactures de lainage , de la préparation du feutre, fur lequel on réglé le mélange des laines pour les draps qui ne vont point à la teinture. =£ FEUTRAGE, se dit auffi, en termes de Chapelier , de la faqon que l’on donne aux capades, en les marchant & feutrant avec la main. FEUTRE, f m. f Coaclìle, pannus coaflilis. J C’est proprement une forte d’étofe foulée & colée ensemble sans silure ni tissure , mais faqonnée par l’eau & le feu, comme se fait la matière des chapeaux. On en fait de toutes sortes de laines & de poils. f * FEUTRE. Méchant chapeau. ( Un feutre noir, blanc de vieillesse couvroit fa hure. St. Armand , Quand un des campagnards relevant fa moustache , Et son feutre a grands poils ombragé d’un pennacbe , Impose a tous silence. Despr. fat. ;. ) 0 1 On a dit auffi feautre. Villon a dit dans sa double Balade : Ainsi nia , U fait entendre Toûjours de ung , que c’ est un autre , De farine que ce fut cendre , D’ung mortier , un chapeau de feautre. On ne dit plus un feutre , pour un chapeau, si ce n’est dans le stile bas ou burlesque. FEUTRER, v. a. [CoaHile indere. J Terme de Sellier- Mettre du feutre dans le siège d’une selle. (Feutrer une selle. ) Tom. II E í E- 34 FIA f FEUTRER des lames. C’est en faire un morceau de feutre, avant de travailler au mélange. , , i feutrer. Terme de Chapelier. C’est manier 1 eto- fe d’un chapeau, réduire en capades, pour lui donner du corps. On dit aussi, marcher, quoique cette façon ne fe donne qu*avec les mains. On feutre d a- bord à froid, & ensuite à chaud fur le badin., í FEUTRES. Terme de Papeterie. Ce font des morceaux de revêche, ou autres étofes de laine, fur lesquels les ouvriers, qui travaillent dans les moulins à papier , couchent les feuilles de papier, à mesure qu’elles fe fabriquent. On leur donne aussi le nom de fiâtes. H FEUTRIER, f. m. On nomme ainsi dans les Manufactures de draperie , l’ouvrier qui prépare le feutre , ou échantillons pour les draps mélangez. f FEUTRIER, f. m. On donnoit autrefois ce nom aux Ouvriers qui faifoient, & aux Marchands qui ven- doient le feutre; c’est-à-dire , une étofe fans tissure, dont on faifoit des manteaux de pluie. FEUTRIE'RE, f. m. Terme de Chapelier. Morceaux de toile qu’on met fur le lambeau & qui sert à fabriquer les chapeaux. FI. C Apage. ] Sorte d’interjection qui marque qu'une choie est dégoûtante & vilaine. Qui marque qu’on ne veut point d’une chose. (Fi, la vilaine. Scaron. Fi, poiia. Mol. Fi du plaisir, que la crainte peut corrompre. La fontaine, fables. I. i. Fi, tout cela n’est rien. Mol. fem. fav. a. ç. sc. dern. Fi de l’honneur, vive la vie. Marot. ) $ FI , ou Fy. Terme de Marchand Boucher. C’est une efpece de maladie, qui prend souvent aux beufs & aux vaches, & qui même fe communique aux hommes. FIACRE 5 f m. [Félix. J Nom d’homme. (Saint Fiacre. ) FIACRE , s. m. Carosse de louage, auquel on a donné ce nom à cause de l’enfeigne d’un logis de la rué S. Antoine de Paris, où l’on a prémiérement loiié ces sortes de caresses. Ce logis avoit pour enseigne un saint Fiacre. ( Prendre un fiacre pour se promener par Paris. ) î FIACRE , fe dit aussi des cochers des caresses de louage. í FIACRE, se dit encore par mépris d’un carosse mal propre ou mal atelé. FIAMET , fiamette , adj. [ Color flammeus. ] Le masculin n’est pas en usage. Qui est d’une couleur qui tire fur le rouge. ( Couleur fiamette. ) FIANÇAILLES, f f [ Sponsalia. ] Cérémonies qui fe font solennellement avant la célébration du mariage , & où les deux personnes qui doivent être mariées , fe font des promesses réciproques de fe marier ensemble. (Faire les fiançailles. Celebrer les fiançailles. Les fiançailles n’engagent pas absolument à acomplir les noces. ) _ tff FIANÇAILLES. Ce sont les préliminaires du mariage. Le terme fiancer est ancien ; il signifioit promettre, engager fa foi, comme dans le Roman deJa Rose: Et promets , [fi fiance , [fi jure. Et dans l’Histoire de Bertrand du Guefclin : Mais au partir , lui [fi ses gens prindrent quatre ^Chevaliers An- glois , qui fiancèrent de la main , lesquels se rendirent tant seulement _ a Bertrand. Enfin il est dit dans les grandes Chroniques de France , que Clotilde ai*ant recommandé le fécret à Aurélien , il lui jura [fifiança que james ne lesçauroit. Nous avons conservé ce terme fiancer , d’où nous avons fait fiançailles , pour exprimer rengagement que l’on contracte avant que d’époufer. Les Latins fe sont servi des mots fim- deo , Jponfalia , dans le même sens. Plante s’en est servi plusieurs fois : on lit dans l’Aululaire : M- Qfi.id. nunc etiam dejpondes mihi filiam. E. lllis legibtes , Cum ìUa dote quam tìbì dixi. M. Sponden ergo. E. Spondeo. De même Terence, dans la première scène de l’An- dnenne: Hàc famâ impulses Chrêmes Ultrò ad me venit , unicam gnatam suam Cum dote summà filìo uxorem ut daret : Placuit , defiondi , hic nuptìis diftus est dies. Les fiançailles sont presque aussi anciennes que le ma. FIA riage; elles ont été, dans tous les tems, des préliminaires d’une union si importante dans la société civile ; & quoi’quil semble çjue Mr. Fleury ait cru que les mariages des Israélites n’étoient acompagnez d’aucune cérémonie de Religion , il parôit par les exemples qu’il cite , que le mariage étoit précédé , ou par des présens , ou par des démarches , que l’on peut regarder comme des fiançailles, dont la forme a changé dans la fuite, selon le génie des peuples : en éfet, l’Ecriture remarque dans le chapitre 24. de la Géné- se, que ,, Laban & Batuel aïant consenti au maria- ,, ge de Rebecca avec Isaac, le serviteur d’Abraham „ fe prosterna contre terre, & adora le Seigneur ; il ,, tira ensuite des vases d’or & d’argent, & de riches ,, vêtemens : dont il fit présent à Rebecca, & il don- „ na aussi des présens à ses frères & à fa mère ; ils fi- ,, rent ensuite le festin ; ils mangèrent & burent ce jour là ”. N’est ce pas là ce que nous apollons fiançailles ? Le mariage du jeune Tobie est encore une preuve de l’ancienneté des fiançailles ; il est dit dans le chapitre septième, que „ Raguel prit la main droi- ,, te de fa fille, la mit dans la main droite de Tobie, „ & lui dit : Que le Dieu d’Abraham , le Dieu d’Isaac, ,, [fi leDieu de Jacob soit avec votes ; que lui-même vous „ unifie , [fi qu il acomplijje fa bénédiction en vous. Et „ aíant pris du papier, ils dressèrent le contrat de „ mariage ; après cela ils firent le festin , en bénif- ,, fant Dieu ”. Nous pratiquons encore aujourd’hui la méme chose : l’on s’engage l’un à l’autre , en se donnant la main ; on écrit les conventions ; on boit dans le même verre, & souvent la cérémonie finit par un festin : les successeurs de ces prémiers hommes ont suivi leur exemple par une tradition qui subsiste encore parmi ceux qui professent le Judaïsme. Seldenus en a recueilli les preuves , & a même raporté , dans le second chapitre du second livre de son traité intitulé Uxor Hebraica , la formule du contrat de fiançailles ; & l’on ne peut pas douter que les autres Nations n’aïent fait précéder la solennité du mariage par des fiançailles , dont plusieurs Auteurs ont fait des traitez particuliersoù l’on trouvera un détail historique des particularitez observées dans cette prémie- re fête nuptiale. Je laisse donc l’ufage des fiançailles pendant que l’Idolâtrie a régné dans le monde, & je me contenterai d’en examiner l’ufage parmi les Chrétiens. L’Eglife Gréque, & l’Eglife Latine ont eu des fentimens diférens fur la nature des fiançailles, & fur les éfets qu’elles doivent produire. L’Ëmpereur A- lexis Comnéne, fit une Loi par laquelle il donna aux fiançailles la même force qu’au mariage électif; en forte que fur ce principe , les Pérès du sixième Concile tenu ìn Trullo , Can. 98. déclarèrent, que celui qui épouseroit une fille fiancée à un autre , seroit puni comme adultère, fi le fiancé vivoit dans le tems du mariage. Cette décision du Concile parut injuste à plusieurs personnes : les uns difoient ( au raport de Balsamon) que la fille fiancée n’étant point sous la puissance de son fiancé, celui qui l’épousoit ne pou- voit être acusé ni d’adultére , ni même de fornication: les autres trouvoient injuste de punir le mari, qui pouvoir même être dans la bonne foi, & ignorer les fiançailles de fa femme, & de ne prononcer aucune peine contre cette femme,dont la faute nepouvoît être justifiée par aucune raison. Mais pour éviter cet inconvénient, les Grecs ne mirent point d’intervale entre les fiançailles & le mariage ; ils acomplissoient l’un & l’autre dans le même jour. L’Eglise Latine a toujours régardé les fiançailles comme de simples promesses de s’unir par le mariage contracté selon les loix de l’Eglise ; & quoi- qu’elles aient été autorisées par la présence d’un Prêtre, elles ne font pas indissolubles. C’est donc une maxime certaine dans tous les Tribunaux , que fille fiancée n’ejt pas mariée , & que par conséquent elle peut disposer de sa personne & de son bien, pendant les fiançailles, fans blesser la foi conjugale, & fans avoir besoin de l’autorité de son fiancé , parce qu’enfin elle n’est point sa femme, & il n’est point son mari. FIANCE. J. j ., f F ides. ] Signifioit autrefois l’assû- rance qu’on avoit de la fidélité d’une personne. ( Je n’ai pas de fiance en lui. ) Ce mot est vieux, auffi- bien fias fiancer , qui vouloit dire, promettre. ( Ils me fiancèrent qu’ils viendroient. Acad. Franç. ) FIANCE’, f. m. [SponJus.J Celui quia promis solennellement d’épouser une fille , ou une veuve. ( Le FIC ( te fiancé est bien fait. Si le mariage ne s’acomplit point par la faute du fiancé , il perd les bagues & Maux qu’il a donnez à la fiancée. ) FIANCE'E, s. s. C Sponsa. ] Celle qui a promis solennellement de se marier avec celui qui l’a recherchée pour cela. Si le fiancé d Isère quelque tems d’a- complir ses promesses, & que cependant la fiancée ne vive pas sagement, le fiancé iè peut dédire, & la iiancee doit rendre les préscns que le fiancé lui a faits. (La fiancée est belle & bien parée.) FIANCER, v. a . [ Dejponsare, dejpondere. ] C’est Faire les cérémonies des fiançailles ou l’homme & la femme se donnent réciproquement la foi , & reçoivent la bénédiction du Prêtre après quelques exhortations & demandes qu’il leur fait. Le Cardinal de Bourbon fiança au Louvre en 1572. _ Henri de Bourbon , Roi de Navarre, & Marguerite de Valois, & le lendemain il les épousa sur un échafaut devant Notre-Dame. Mémoires de Henri III. U Henri IV.) f FIASQUE, en Italien Fiasco. Mesure des liqueurs , dont on se sert dans quelques villes d’Italie. Elle revient à peu près à la bouteille, ou pinte de Paris. FIAT. Terme de Latin qu’on emploie dans des phrases Françoises , pour dire, confiance. ( II n’y a point de fiat à charger ce messager de vos lettres. ) í FIATOLA, s. m. Poiíïòn de mer commun à Rome , & qui est bon á manger. FIBRE, s. f. [ Fibra. J Terme à’Anatomie. Certains filets longs, menus, blancs & forts qui se trouvent en toutes les parties du corps. Deg. ( II ne reste que les fibres aplaties contre les os. La Chambre. ) FIBRE. [ Capillamenta. J Ce mot se dit aussi des filets des racines des plantes. FIBREUX , fibreuje , adj. [ Fibrosus. ] Ce mot sc dit des plantes qui n’ont que des racines menues & déliées. ( Plante fibreuse.) FIC, f m. f Sarcoma. ) Excroissance de chair qui vient de la superfluité des alimens. Le sic est auss lì une excroissance de chair spongieuse & fibreuse qui vient au pié du cheval. Voïez Sarcoma , qui est un mot tout Grec. FICELLE, f f. t Funiculw , resticula. ) Trois fils câblez ensemble. ( Câbler de la ficelle. ) FICELLE. Terme de Chapelier. Marque qu’a fait la ficelle au bas de la forme du chapeau lors qu’on l’a enficelé. Quelques uns apellent aussi cette marque , lien. FICELLER, v. a. f Ftmìculo collìgare. J Terme de Cuisinier. Lier & accommoder avec de la ficelle. II faut, quand on met un poulet d’inde à la daube, le bien ficeller , pour le retourner aisément , & ne le mettre point en pièces. ch FICELLIER, f m. Espece de tourniquet de bois fort leger, fur lequel les Marchands ont coutume de devider la ficelle, qui leur sert à faire des paquets. FICHANT, ANTE , adj. [ Figent. ] Terme de Fortification. C’est le lieu d’où se tirent les coups, qui ne rasent pas seulement la face oposée qu’on veut défendre , mais encore qui entre dedans. ( Flanc fichant. Ligne de défense fichante. ) FICHE, f. f. [ Fibula , cujpis. ] Sorte de pantu- re. ( Une fiche à gond. ) FICHE. C’est aussi un outil de maçon, plat, long & pointu, servant à faire entrer le mortier dans les joints des pierres. FICHE. Marque servant à marquer le jeu , où les parties du jeu. On s’en sert au tric-trac, &c. FICHE', ée , part. [ Acutus , cufiìdatm. J Terme de Blason. Ce qui a une pointe ou fiche, qui le rend propre à être fiché en une chose. ( Croix fichée, pied fiché. ) FICHER , v. a. [ Figere , defi.gere , pungere. ) Mettre avec force : pousser avec force une chose dans une autre. (Ficher un pieu dans terre : ficher la vigne: ficher des échalas.) Ce font des termes de Vigneron. f FICHER le mortier. Terme de Maçon. C’est faire entrer le mortier dans les joints des pierres avec l’outil qui s’apelle une fiche. On dit, réficherou re- joinctoïer les vieilles assisses, lorsque dans une muraille , ou autre ouvrage de maçonnerie, on en re- maçonne les joints. FICHET, s. m. Quelques-uns apellent de ce nom un petit morceau de papier pointu dont on se sert quelquefois en cachetant une lettre, iequel on met dans le trou qu’on a fait à la lettre lors qu’elle est pliée peur la tenir ferme, & fur lequel on met de la cire d’Espagnechaude, où l’on faitl’empreinte du cachet. La mode de cacheter les lettres par fichets est presque abolie , & le ficher va devenir un mot inconnu. FICHEUR, s. m. [ Infertor camentarius. J Ouvrier qui sert à faire entrer le mortier dans le joint des pierres. FICHOIR , fi m. £ Fibula. ) Terme d 1 Imager qui étale. Petit bâton de bois fendu pour faire tenir les estampes, & autres choses qu’on étale,& qu’on atache à une corde. Mettre des fichoirs. ) t FICHU , fichue , adj. f Ineptus, ridiculm. ] Mot fort bas, pour dire, ridicule, qui ne mérite pas d’être considéré. ( Elle a un fichu mari. Cadedis , maudit soit qui Fa fiait, Fichue pyramide d 1 Hoefiet , Si Louis pour teUes vétilles , Batailles ou prises de Villes , Avoit drejje pareilles pilles , Le pais ennemi seroit un jeu de quilles. Auteur anonyme. ) On dit aussi en stile bas fichument. Tu es fichu ment bâti. FICHU, fi m. Ternie en usage depuis quelques années , & que les femmes donnent à une maniéré de mouchoir qu’elles sc mettent fur le cou, quand elles font en déshabillé. FICHURE , fi.fi. [ Tridens. ] Terme de Marine. Espèce de trident avec lequel les pêcheurs dardent le poisson dans les étangs salez. FICTION, f f- £ Fabula, commentum. ] Action ingénieuse de l’esprit qui imagine une chose qui n’esfc pas. ( La fiction doit être ingénieuse & vraisemblable: elle est l’ame de la Poéjsie. ) {§ II est permis, & il est même glorieux à un Poète de mentir d’une maniéré ingéniuse : ,, Le vrai doit ,, sc rencontrer dans les vers comme dans la prose: „ par là, je ne prétends pas ôter à la Poésie le mer- „ veilleux qui la distingue de la prose la plus noble ,, & la plus décisive ; j’entens seulement que les Poë- „ tes ne doivent jamais détruire l’essence des choses, „ en voulant les élever & les embélir Le P. Bouhours , maniéré de penser. Le même dit : ,, Si nous „ en croïons Hermogéne, la fiction ou quelque cho- „ sc d’un peu Poétique, rend les pensées très a- „ agréables dans la proserilyen a au reste de deuxsor- „ tes; les unes ont de l’étenduë, & forment une pié- „ ce entière , telles font les lettres de la Carpe, & du „ Roi de Suéde, le Dialogue de PAmour & de l’A- „ mitié, &c. les autres fictions font plus courtes, „ & se ferment toutes dans une seule pensée ” ; il ra- porte pour exemple, la seconde lettre du premier livre de Pline le Jeune. jQf FICTION. Terme de Jurisprudence. Quoique la fiction soit contraire à la vérité , qui doit être l’objet de la Jurisprudence, cependant on arrive souvent au vrai par le faux, & l’experience a fait connoitre Futilité , & même la nécessité des fictions dans F exercice du Palais : ainsi ìl faut souvent feindre qssune chose est arrivée , quoiqu’elle le soit en ésct. Mais la pré- miére régie qu’il faut observer, est que la fiction n’est ’amais admise contre la nature, & contre la possibi- ité. La seconde régie est, que la fiction doit imiter la nature : ainsi celui qui ne peut pas avoir des enfans par une impuissance naturelle, ne peut adopter. La troisième est, que la fiction ne détruit pas la vérité , mais quelquefois elle prévaut à la vérité : ainsi, en cas de retour de celui qui a été fait prisonnier de guerre , on feint qu’il n’a point été fait prisonnier, pour le faire rentrer dans ses biens comme s’il n’avoit jamais été prisonnier. La quatrième régie , est que la fiction n’est point admise dans les choses de fait, comme en matière de possession, qui est plus de fait que de riroit, ensorte que celui qui possède le bien d’au- trui, étant fait prisonnier de guerre, & ne pouvant posseder actuellement, sa possession est interrompue pendant sa prison, & il ne peut pas s’en prévaloir à son retour. L’Eglise admet quelquefois la fiction : ainsi on tient pour préscns, des Clercs qui font ocupez aux études. Deux fictions ne peuvent pas concourir ensemble, parce que ce scroient deux singularitez : il n’en est pas de même des présomptions qui ne sc détruisent Tont. IL E - P'<» s 3 6 FID pas les unes & les autres. La fiction & le déguisement font deux choses diférentes : , on feint ce qui n est pas, & l’on cache ce qui est éfectivement ; ce déguisement tient toujours du dol & de la fraude. Les fictions de Droit, se font ou dans les personnes, ou dans les choses, ou par raport au tems, au lieu, & aux actions : à Fégard des personnes, comme dans le cas ou l’enfànt qui est dans le sein de la mere, est feint vivant, on lui donne un Curateur, on le met en possession d’une succession qui lui est échûë ; la Loi veut, par une fiction conforme aux sentimens de la nature, que le père & l’enfant soient censcz la même personne: d’ailleurs, la Loi veut que l’on regarde comme mort naturellement, celui qui n’est mort que civilement. FICTION [ Fiftio , mendacium. ] II signifie aussi une chose controuvée, un mensonge, une imposture. FIDE'ICOMMIS , s m. [ Fideicoramìjsum. ] Terme de Droit. Legs qu’on laisse à quelcun avec charge de le rendre à celui à qui on a eu dessein de le laisser par son testament. Ç Un fidéicommis universel: fidéicommis particulier : faire un fidei-commis. Patru , plaid. 12. ) 0 On divise, dans le Droit Civil, la substitution, qui est un terme générique, en substitution fidéi-com- missaire , & en substitution directe. Lors que le testateur institue Pierre pour son héritier universel, avec cette clause , qu’au cas que Pierre ne veuille ou ne puisse pas accepter íinstitution , f institue Jean mon hé- ritier , on comprend par cet exemple, que le second institué prend directement les biens du testateur, si Pierre ne veut pas accepter l’institution faite en fa faveur. Quand l’institution est conque en ces termes, J" institué Pierre mon héritier , à la charge qu’il rendra mes biens , ou une partie, à Jean, dans un certain tems, ou, lors qu’il voudra, ou enfin à la charge que Jean recuéillira mes biens après le décès de Pierre en ce cas , Jean ne peut rien prétendre , que dans l’echéance des cas exprimez par le testateur , & par les mains de l’héritier. Comme il y a plusieurs fortes de substitutions directes, je les expliquerai fous le mot substitution , & dans leur place. On a cl’abord fait un mauvais usage du fidéicommis, qui a été inventé pour éluder la disposition des Loix, qui défendoient de donner son bien à certaines personnes, ensorte que l’on étoit obligé de se confier a un ami, lequel on instituoit héritier, sous la condition qu’il remettroit l’hérédité à celui à qui il étoit défendu de la laisser. II est vrai que l’on sc scrvoit quelquefois de ce détour & de cette feinte pour une juste cause, comme, si celui que l’onvouloit instituer, étoit encore mineur, & peu capable de gouverner son bien, on confioit l’hérédité à un tiers, pour la tendre à la majorité du véritable héritier : mais l’Em- pereur Justinien nous aprend que la perfidie de plu- siers dépositaires, qui ne pouvoient se résoudre à qui- ter un bien qui les accommodoit, obligea Auguste de commander aux Consuls d’emploïer tout leur pouvoir pour les faire exécuter, & il établit même des Juges, & un Préteur, à qui il donna toute la juridiction nécessaire pour autoriser un établissement si juste , & il lui donna le titre de Préteur-fidéi-commis- Jaire. Cette nouvelle Jurisprudence fut, dans la suite , expliquée ou changée par divers Senatufconsel- tes : le premier fut fait pendant le régne de Néron, & fous le Consulat de Trebellius Maximus, & de Année Sénéque , par lequel il fut ordonné , qu’après la restitution de l’hérédité, on pouroit agir contre celui qui en joiiiroit. Le second Sénatufconfulte fut fait fous l’Empire de Vefpasien, & fous le Consulat de Pégases & de Pusio, lesquels étant informez que plusieurs fidéicommissaires refusoient d’accepter une institution qui ne leur aportoit aucun profit, ils permirent aux héritiers chargez de la restitution de l’hérédité , d’en retenir une quatrième partie : mais ce Sénatufconfulte, appellé Pegasien , étant conqù en termes embarassez, & aïant fait naître plusieurs difi- çultez , l’Empereur Justinien l’abrogea, & ordonna que le Sénatufconfulte Trébellien set exécuté. Mais on abolit dificilement les mauvais exemples : on voit encore parmi nous des fidéicommis , & des donations feintes , pour éluder la disposition des Loix Civiles, ou des Coutumes, dont quelques-unes défendent les institutions & les donations au profit de certaines personnes, & principalement entre le mari FID & la femme ; & l’on a souvent examiné si l’on pou- voit être reqû à prouver par témoins le fidéicommis tacite : cette question est importante , parce que l’on sc fonde, pour empêcher la preuve, fur les Ordonnances , qui ne permettent la preuve testimoniale que pour les choses qui n’excédent pas cent livres. Cependant, comme il s’agit d’un dol & d’une simulation qui intéresse ou le public ou le particulier , il me paroît que l’on peut dire avec Mr. Ricard fur cette question, que la décision dépend des circonstances fur lesquelles les Juges doivent se déterminer, & pancher toujours à découvrir la vérité. FIDE'l COMMISSAIRE , s. m. I Fideicommijsarius. 2 Celui qui est chargé d’un fidéicommis. C’est au fi. déicommissaire que l’héritier doit s’adresser. Patru, plaid. 6 . ) FIDE'JUSSEUR , s m. [ Fidejujsor , stonsor, vas, pras. 2 Terme de Palais. Caution. FIDE'JUSSION, st /. [ Fidejuffìo, cautio.J Terme de Jurisprudence, Caution , garantie. FIDE'LE, adj. [ Fidelif. ] Qui a de la fidélité. Ami fidèle. Le chien est fidèle à son maître. Abl. Etre fidèle à son Roi. Vaug. Quint. I. 4. O'ùi , quoi-que je votes trouve également cruelle , Je veux être toujours U soumis b fidèle. La Suze , Poëf. ) $ FIDE'LE, conforme à la vérité. ( Récit fidèle, raport fidèle, portrait fidèle , histoire fidèle. f FIDE'LE, sc dit aussi de la mémoire qui retient bien. (11 a la mémoire fidèle. î FIDE'LE, signifie aussi , qui est dans la vraie religion. (Le peuple fidèle , le troupeau fidèle. ) f FIDE'LE, est aussi substantif en ce tems, & il ne sc dit guère qu’au pluriel. ( Les fidèles, l’assemblée des fidèles. ) FIDE'LEMENT , adv. [ Fidéliser. ] Avec ( fidélité. ( J’aime fidèlement en quatre ou cinq lieux à la fois. Voit. I. 78. Servir fidèlement. Abl. FIDE'LITE', f f. [ Fides. J Sorte de vertu qui consiste à observer exactement & sincèrement ce qu’on a promis. Loïauté. Vertu qui consiste à ne pas manquer à son devoir. (Sa fidélité est connue: avoir de la fidélité : faire serment de fidélité. Vous avez é- prouvé ma constance, & vous m’avez fait faire mes preuves de fidélité. B. Rab. ) 0 FIDE'LITE'. C’est une des principales vertus de l’honnête homme , & par conséquent, l’infidélité est un des plus grands défauts que l’on puisse avoir dans tous les états de la vie. Le Terme fidélité emporte avec soi 1’engagement d’un service personnel ; & comme la simple parole s’évanouit d’abord , & s’oublie très souvent, il y a lieu de croire que les Ducs & les Comtes exigerent de ceux à qui ils don- noient des terres, non seulement des cens & rentes, mais encore un service, pour la sûreté duquel ils obligèrent les possesseurs de confirmer leur engagement par le serment que l’on qualifia de serment de fidélité. Quoique l’on ne sépare guéres le serment de fidélité de l’hommage, ce sont pourtant deux choses distinctes : on peut faire l’hommage tout seul, ou prêter le serment sans faire l’hommage. C’est fur cette distinction , que I.oiscl a dit dans ses Institutes Coû- tumieres, que l’aîné peut faire la foi & hommage pour ses puînez : A/«â(ajoûte t-il) il est loisible à un chacun de faire la foi pour fa part. En éset, Rade- vic racontant l’acommodement du Pape Adrian avec l’Empereur Frédéric I. dit : que les Evêques prêtèrent le serment de fidélité à l’Empereur, fans lui faire hommage, ensorte qu’ils n’engagerent pas leur personne. Vaillant, dans son Traité de í ancien état de France, liv. chap. 1. a dit que l’honorable service dû au Seigneur, consiste dans la promesse d» fidélité, dans l'hommage. C’est du serment de fidélité qui ne consiste que dans un simple honneur , que l’on a formé cet ancien proverbe , A tous Seigneurs, tous honneurs. . Quant ,au serment de fidélité des Evêques, cette matière a été si bien éclaircie & si bien établie, qu’il scroit inutile de repeter les raisons qui l’autori- scnt : tous ceux qui ont traité de la Régale, ont en même tems justifié la prestation du serment de fidélité ^ Sa Majesté, & établi que la Régale ne cesse que par l’acomplissement de cette formalité. FIEF , f. m. s Pradium heneficiarium. ] Héritage qu’on tient à foi & à hommage. Le droit des fiefs vient des Goths & des Saxons. Loccenius , an t. Suer. Goth. C 7 otb. 7. Les termes qui concernent les fiefs & les droits mêmes viennent des Goths & des Saxons. ^ Le mot Latin feudum vient du Suédois fòde , [ Posfefiìo data pro alimentis aut vitœ fujìentacione. J Fief dominant. Fief mouvant. Plein fief. Fiefs nobles. Franc fiefs. Mon petit bien rìejl p en parlant d’Hercu- le, dit : Car vous fçavez , Monsieur , qu’il filoit fort adroitement chez Omphale, U mhnequ’ily filoit doux. f FILER fa corde. C’est-à-dire , faire des choies, qui peu à peu mènent à la potence. FILET, J. m. [ Tenuefilum. ] Fil. ( Filet fort fin & fort bon. ) FILET. ( Rete . ) Ouvrage de Cordier, qui est fait de chanvre en forme de réseaux. Sorte de rets de fil de chanvre. ( Ainsi on dit, un filet de pêcheur : filet de jeu de paume : donner dans les filets, ternie de Jeu de paume. Filets à cailles : tendre des filets. ) ($ Les filets propres à pêcher & à chasser, font composez de diferentes mailles, qui font de figures diférentes. On dit, Poursuivre un filet. C’est faire les mailles toutes de fuite jusques à la dernière. En- larmer un filet. C’est faire de grandes mailles à côté du filet avec de la ficelle. Border un filet. C’est ata- cher avec du fil, de trois en trois pouces , une corde autour d’un filet, pour le rendre plus fort. Coudre un filet. C’est assembler deux filets, & n’en faire qu’un. Monter un filet. C’est mettre toutes les cordes nécessaires pour être en état de servir. Aumé. C’est un terme de sart, qui exprime les grandes mailles des filets triples. Filet double. C’est celui où il y a un ou plusieurs goulets, c’est-à-dire, ouvertures par lesquelles le poisson entre , fans en pouvoir sortir. * FILET. Terme de Fìleur d’or. C’est un trait d’or ou d’argent, batu & tortillé avec de la soie. * FILET. Terme de Doreur fur cuir. Petits traits d’or au dessous de chaque bouquet du dos du livre relié en veau. ( Pousser des filets. ) * FILET. Terme d’ ArchiteHure. Petit membre quarté & droit qui paroît dans les moulures Sc orne- mens d’Architecture. FILET, f Taniola. ] Terme de Blason. Espèce d’or- le ou de bordure qui ne contient en largeur que le tiers ou le quart de la bordure ordinaire, qui est retiré en dedans, Sc qui est d’un autre émail que le champ de l’écu. 11 régne tout autour , en aprochant de ses bords, comme un passement fur un manteau. FILET de merlin. Terme de Marine. C’est un filet qui sert à fréter les voiles dans les marticles. * FILET de porc. C’est la partie du porc où est ata- ché le rognon. * FILETS. Terme de Chase. Chair qui se lève au dessus des reins du cerf : chair qui se léve au dedans des reins. Sal. * FILET. Btide qui 11’a qu’une simple têtière. * FILET. Ce mot se dit en termes d’Anatomie. Les nerfs font composez de petits filets fort déliez. ( Filet fous la langue : couper le filet. ) * Un filet de vinaigre. [ Stilla aceti. J C’est-à-dire, un tant soit peu. * Cette source ne jette qu’un filet d’eau. * Je n’ai plus qu’un filet de voix, &ne chante que pour Silvie. Sar. Po'éf. * FILETS. [ Injidia. ] Pièges : embûches. ( Seigneur , faites que j’échape des filets que mes ennemis m’ont tendus. Port-Royal, Pfeaume 7. Jeunes beautez en vain tendent filets. D’être indolent chacun fe félicite. Deshoul. ) f * ETRE au filet. C’est-à-dire , être à table fans manger. f * TENIR quelcun au filet. C’est l’amufer, le faire attendre. FILEUR de corde d’injìrument de Musique , f. m. [Fili aptator.J Celui qui fait les cordes des instru- mens de musique. On apelle aussi fileter celui qui tire la foie des coucous des vers à foie. FILEUSE, f. f. f Fili artifex. J Celle qui file : celle qui gagne fa vie à filer du chanvre ou du lin. FILEUSE , f f. Ouvrière qui travaille pour les Tireurs d’or, & qui passe le trait d’or ou d’argent fur de la foie. FILIAL , filiale , adj. [ Filialis. J Qui regarde un fils, un enfant. (Amour filial : tendresse filiale : obéissance filiale. ) FILIALEMENT, adv. [ Ut filium decet . ] D’une maniéré filiale. (Traiter filialement. ) FILIATION, f f. f Gémis, filiatio. j Décendance de père en fils. II faut prouver la filiation par des actes autentiques. ) {$ FILIATION. La mère est toujours certaine , & le père toujours incertain ; & l’on ne sçait com- F j ment 46 FIL ment on peut sortir de cet embaras, quand on s’y trouve engagé. Téiemaque répondit fort sagement à Minerve déguisée sous la figure de Mentor, laquelle lui demandoit s’il étoit véritablement le fils d lili fie : Ma nitre m’assure que je suis son fils, je n enj'gai pas d! avantage. Quelcun peut-il se vanter de con- noitre par lui-même son pere ? La déclaration de la mère est suspectecelle du père ne peut servir tout au plus que d’un simple indice : & le Jurisconsulte veut en vain, que le mariage nous détermine, & ue nous regardions comme enfant, celui qui est né ’une conjonction légitime ; cette régie a paru si peu assurée au Jurisconsulte qui sa proposée dans la Loi sixième du titre de bis qui suntjùi , çfic. qu’il convient que dans certains cas elle cesse, & ne doit point être suivie, quoique le mari & la femme aient vécu ensemble. Cependant Ulpien reconnoit que sa maxime cesse entièrement, s’il est certain que les infirmi- tez du mari font réduit dans l’impuissance de devenir père ; car en ce cas, celui qui est né dans le mariage , n’est point enfant légitime du mari & de la femme. La preuve de la filiation, quand elle est douteuse , ne peut être faite que par conjectures, qui se réduissent à quatre principes : la prémiére est sb.,filiation d’un homme & d’une femme dans la même maison, où ils ont vécu comme mari & femme : la seconde, sèducation de sentant comme véritablement enfant , avec les mêmes foins que les pères & les mères ont acoûtumé «savoir pour leurs enfans : la troisième , si sentant a été reconnu par ceux qu’il prétend être ses pere & mère : & la quatrième, s’il a passé dans le voisinage pour enfant de tel & de telle. Si toutes ces circonstances font bien prouvées dans le détail, il faudra encore apeller à son secours un peu de bonne foi & de confiance , & pancher pour la filiation , afin de ne pas laisser un malheureux fans père, & fans mère. Du moins on ne peut point prouver par témoins la filiation. Quelques-uns ont cru que la ressemblance étoit une preuve assez forte : mais les Arrêts font rejettée ; on trouve souvent des ressemblances avec des personnes étrangères. Nous avons dans nos Livres, plusieurs Arrêts rendus fur la question de la filiation. FILIATION , s f. Terme de Bernardins. Religieux Bernardins fondez par un Pere d’Ordre. (Je fuis d’une telle filiation. ) FILIE'RE , f f. [ Lamina forata, trattilis. ] Terme de Tireurd’or , d’Epinglier, Jfic. Un morceau d’a- cier ou de fer percé de plusieurs trous pour décrasser l’argent, for ou le cuivre. FILIE'RE. [ Refiicu/a emisfaria. J Terme de Fauconnerie. C’est une ficelle longue d’environ dix toises , qu’on tient a tachée au pié de l’oiseau, pendant qu’on le réclamé, jusqu’à ce qu’il soit assuré. FILIE'RE. Terme de Carrier. Veines & crevasses qui interrompent les lits de pierres des carrières. H FILIE'RE , est aufli une pièce de bois qui sert aux couvertures des bâtimens, & fur laquelle portent les chevrons. (La filière de ce toit est rompue. ) FILIGRANNE , filigramme , s. m. [ Filatim ela - íoratum opus , argentum, aurum. J L’usage est pour^- ligranne, qui est une sorte d’ouvrage d’Orfévre travaillé à jour fort délicatement. * FILIPENDULE , fi fi C Filipendula. J Plante qui est detersive, & diurétique. FILLE -, f fi. C Filia. J Celle qu’on a mise au monde. ( La grande peine oh je me vois, C’est d’avoir cinq filles cbe2 moi , Dont la moindre âgée est nubile, je dois les établir , je voudrais le pouvoir , Mais à suivre Apollon on ne s’enrichit guére , C'eji avec peu de bien un terrible devoir , De se sentir pressé d’tire cinq sois beau-pére , Quinaut. ) (f Mr. de Corneille, a/l. a. du Menteur , sc. a° dit : La fille qui veiìlìt , tombe dans le mépris ; C’eji un nom glorieux qui se garde avec honte , Sa défaite est fâcheuse , à moins que d.’être prompte s Le teins n’est pas un Dieu que l’on puisse braver , Si son honneur se perd à le trop conserver . FIL Petite fille. [ Puellula. ] C’est une fille fort jeune. (Une jolie petite fille. ) Petite-fille. [ Neptis. ] C’est la fille du fils , ou de la fille qu’on a mise au monde. FILLE naturelle. [ Not ha, Jpuria. ] C’est une bâtarde. Belle fille. [ Pulcherrima virgo, puella. ] C’est une fille qui a de la beauté. Belle-fille. [ Nurus. ] C’est la femme du fils qu’on a mis au monde. C’est aussi la fille d’un autre lit. Voïez beau-fils. FILLES de France. Ce font les filles du Roi & de la Reine de France. FILLE de boutique. Celle qui sert dans la boutique d’un Linger , ou d’une Lingère. FILLE de joie. [ Prostibulum, meretrix. ] Celle qui se prostitué : fille débauchée. FILLE de la Reine. Ce sont des demoiselles de qualité qui font à la Reine , qui la servent durant quelques années & jusqu’à ce quelles se marient. Ce sont des demoiselles que l’on met auprès des Reines & des Princesses, pour y être élevées selon leur condition. On les apelle encore filles d’honneur : A la Cour , où le plus habile 21 ’a pas toûjours un grand bonheur , La charge la plus dificile Est celle de fille d’honneur. * FILLES. [ Moniales virgines. ] Ce mot signifie quelquefois Religieuses , lors qu’il est acompagné de quelque nom de Saint, ou autre mot saint. (Ainsi son dit, les filles de Saint Dominique, les filles Saint Thomas. Les filles Sainte Marie. Les filles Sainte Elizabeth. Les filles de l’Ave-Maria. Les filles de /’ Annonciation. Ce font des Religieuses établies en 1499. par Jeanne prémiére épouse de Louis Xll. Le mariage de cette Princesse fut déclaré nul avec ce Roi ; elle se retira à Bourges, où elle fonda des Religieuses qu’on appella les filles de l’An- nonciation. File prit ensuite le voile, & mourut dans le monastère qu’elle avoit fondé. Mtz. hifl. de Loúit XII. * FILLE en Jésus-Christ. C’est ainsi que le Pape s’ex- Í irime parlant de la Reine de France. (Nôtre chère fil- e en J. C. Marie Térése Reine de France. 1 FILLE. Terme de Bernardin. Monastère fondé par un Abé Père d’Ordre. ( L’Abaïe de trois fontaines est fille de Clervaux. ) FILLES de mémoire. C’est ainsi qu’on apelle les Muses, dans l’épitaphe du Duc de Saint Agnan & ailleurs. ( Saint Agnan finit une vie, Qui f ut toujours d’honneurs, de plaisirs suivie i Maû laiss ons Jbns éloge , il rien a pas besoin ; Les filles de mémoire Prendront pour lui le même soin Qu’il prit autrefois pour leur gloire. Mr. le Camus. ) f FILLETTE,/./. [ Puellula, adolescentuìa. ] Jeune fille. ( En matière £ amourette , Vive la simple fillette. ) FILLEUL , fillol, s. m. [ Fi’ius lustricus. ] Le bel usage est pour filleul. Celui qu’on a tenu sur les fonts de Batême. (Mon filleul est déja grand. ) L’Auteur de l’Apothéose du Dictionnaire de l’Aca- démie est surpris que ces Meilleurs aient écrit fillol & fillole. Aparemment, dit-il, ces fillols & ces fitloles ont été tenus fur les fonts baptismaux par les anciens Académiciens qui font déja décédez, mais il est à croire que ceux qui viendront, ne voudront avoir que des filleuls & des filleules. FILLEULE, fillole, f. f. [Filia lustrica.) La petite fille qu’on a tenue fur les fonts de Batême. L’usage est pour filleule. ( Ma filleule est belle. ) Le parain & la maraine sont obligez en consien- ce à faire instruire leurs filleuls & filleules dans la religion qu’ils professent. Les legs qu’on fait aux filleuls & aux filleules , font toujours favorables. Le parain ne se peut marier avec sa filleule. Les parains & les maraines qui font riches & généreux , doivent aider de leurs biens à élever leurs filleuls & leurs filleules. FILOSELLE, f fi C Filum smtwn crassus. ] Sorte de grosse foie que vendent les Lainiers pour faire la tapisserie. (Filoselle noire. ) FILOU, FIL FILOU, s. r». s Grassator, fallax, deceptor. ] Voleur qui dérobe finement par Paris, qui coupe la bourse, ôte la nuit le manteau. ( Filou pris : filou pendu. ) FILOUTER . v. a. [ Subducere, grafari, decipere. ] Faire le filou. ( Aler filouter. Pajï. I. 6. ) f FILOUTER , se dit d’un Marchand qui trompe en vendant sa marchandise. ( II filoute les étrangers. II m’a filouté d’un écu. ) FILOUTERIE , f. f [ Latrocìnìum, fraus. 3 Action de filou. Vol subtil & adroit. Volerie. ( C’est une pure filouterie.) FILS , f >»- C Filius. ] Celui qu’on a misau monde. ( Son fils est grand. Henri IV. étoit fils d’An- toine de Bourbon & de Jeanne d’Albret, Louis XIII. étoit fils de Henri IV. & de Marie de Médicis. ) FILS. Terme de Carejse, qui veut dire , mignon. Enfant joli & qu’on aime. (Venez qa, mon fils, que je vous embrasse. ) FILS de France. Les enfans mâles du Roi & de la Reine de France. FILS naturel. [ Nothns. 3 C’est un fils illégitime. Bâtard. Beau-fils. [ Privignus. J C’est le fils que le mari a eu d’und autre femme qu’il avoit épousée, ou que la femme a eu d’un autre mari quelle avoit épousé. (f II est vrai qu’un enfant du prémier lit, fils ou fille, est apellé par les Latins privigmtí , ou privigna, à l’égard du beau-pere, ou de la belle-mere ; enforte que l’on présupose que le père ou la mère sont décédez ; q’a été sur cette présupoíìtion que quelques critiques ont acusé Horace d’avoir dit la même chose deux fois dans ces deux vers de l’odc 24 . liv. Illic matre carentibut Privignis mulier temperas innocent , prétendant que qui dit privignus , dit en même tems un enfant dont le père ou la mère font décédez, & ont passé à de secondes noces : mais ils n’ont pas pris garde, que suivant les Loix Romaines, ilpouvoit y avoir des privigni dont le père & la mère étoient encore en vie; ce qui arrivoit dans le cas du divorce, où le mari s’étant séparé de sa femme, comme la Loi le lui permettoit, & aïant épousé une seconde femme, les enfans du prémier mariage étoient privigni à l’égard de la seconde femme , quoique leur mère fût vivante : ainsi Tibère Néron aïant cédé Livie à Auguste , Drusus , fut privigmtí à Auguste. Petit-fils. [ Nepos. J C’est le fils du fils, ou de la fille qu’on a mise au monde. ( Louis quatorzième est petit-fils de Henri quatrième. ) Arriére petit-fils. f Pronepos. J C’est le fils du petit-fils, ou de la petite-fille. Mr. le Daufin estarriére- petit-fils de Henri quatrième. Louis XV. est arriére- petit-fils de Louis XIV. * FILS en Jésm-Chrifl. Termes qui se disent entre dévots,& à l’égard de ceux dont on dirige la consience. * FILS en Jéfus-Christ. Terme dont se sert le Pape parlant au Roi de France. (Nôtre fils enJésus-Christ Louis quatorzième Roi de France. ) f On dit prov. en bien & en mal, il est fils de pere, pour dire, qu’un homme a les mêmes inclinations, les mêmes qualitez que son pere. * II est fils de maître. C’est-à-dire, il a les mêmes talens que son pere, qui excelloit en quelque chose. Faire le beau-fils. On le dit prov. d’un jeune homme qui fait le beau. FILTRATION, fi f. [ Filtratio. J Terme de Chimie. Action de filtrer. ( La filtration la plus commode se fait par le papier gris dans l’entonnoir de verre. ) FILTRE , ou Philtre, f. m. II vient du Grec. En Latin Philtrum. Breuvage amoureux. C’est en général tout ce qui fe fait, qui se dit & qui se donne à la solicitation du démon, afin de se faire aimer. Thiers, superjì. ch. iç. (II y a des femmes qui se fervent des filtres amoureux , pour obliger leurs galans refroidis à les aimer comme auparavant. ) FILTRER, v. a. [ Percolare, subigere. J Voïez Phil- trer. Terme de Chimie. C’est clarifier quelque liqueur en la passant par le papier gris, ou la faisant distiler par quelque morceau d’étofe. (Filtrer quelque liqueur.) FILURE, s f- Z Fili duftio, in stamina dedufiio. ] Qualité de la chose filée. ( Filme fine, ou grossière : filme déliée. On connoît le drap à la silure & la serge à la croisure. ) FIN 47 f FIMPI, s. m. Arbre qui croît dans quelques Iles de l’Amérique , & dans l’Ile de Madagascar, qui produit la carrelle blanche. FIN, s. f. s Finis , terminus, pars extrema. ] Le bout de certaine chose. (Lire un livre depuis le commencement jusqu’à la fin. 11 est mort sur la fin de l’autonne. II viendra à la fin de ce mois. ) FIN. Action de celui qui termine. ( Mettre fin à ses travaux. Abl. Tac. Mettre une chose à fin. God. ) FIN. Ce mot, en parlant de la vie, veut dire, les dernières années, les derniers jours, ou les derniers momens d’une personne, sa mort. ( La fin de sa vie lui a été heureuse. Sur la fin de ses jours il perdit fa fille unique. Abl. II a fait une triste fin. On dit telle vie, telle fin. ) í Etre fur ses fins. On le dit d’un cerf qui est bien las, & prêt à fe rendre. a î Les quatrefins des homme. On apelle ainsi, la mort, le jugement dernier, le Paradis & l’Enfer. FIN. [ Propofitum. ] Motif pourquoi on fait quelque chose. But. Dessein. ( La fin de l’Orateur est de persuader. God. Aler à ses fins. Tendre à ses fins, Abl. 11 a ses fins. ) FINS. [ Postulata. ] Terme de Palais. Toutes sortes de demandes & de prétentions. Toutes ses écritures tendent à ce que ses fins & conclusions lui soient ajugées. FINS de non-recevoìr. [ Exceptiones rei , pettiorem afíione Jua depellentis. J Terme de Palais. Raisons que le défendeur alégue , afin que le demandeur ne soit point requ en sa demande. ( Aléguer ses fins de non-recevoir. II alégue pour fin de non-recevoir , que &c. ) FIN , fine, adj. [ Purttí , subtilis , purgatus , tennis , exilis. ] Ce mot fe dit en parlant d’étofe, de toile , & de quelque métal, comme d’argent, d’étaim. (Drap fin, toile fine, argent fin, étaim fin. On dit auílì , poudre fine, fine farine. ) 0" Noms mourons de fine famine. Pathelin. f Herbes fines. On apelle ainsi certaines petites f ilantes qui sentent bon, comme le thyn, la marjo- aine, &c. ( Un bouquet d’herbes fines. ) f FIN d’Autruche. C’est le plus délié du duvet, ou poil de l’Autruche. * FIN fine , f Subtilis , induftrius. 3 Rusé , adroit. C’est un fin Normand. Elle est fine. Jouer au plus fin. Scar. N’en déplaise aux DoHeurs, Cordeliers, Jacobins, Mafoi tes plus grands Clercs nefont pas les plus fins. Régnier. ) st§ Catin veut épouser Martin , C’ejì fait en três-fine semelle : Martin ne veut point de Catin , Je le trouve aujjì fin qu’elle. Marot, épig. * FIN, fine. f Subtilis, eximius, excellent. 3 Ingénieux. Subtil. Raillerie fine. Esprit fin. ) * FIN, fine. s Elegans , prastans. 3 Ce mot se dit des traits du visage & de la taille. II veut dire, délicat , bienfait, beau. ( Elle a les traits du visage fins & délicats. Le Comte de BuJJì. Elle a la taille fine. Scar.') * FIN , f m. [ Subtile , prœstantius. 3 Ce qu’il y a de plus íubtil & de plus délicat. (C’est le plus fin de la probabilité. Pasc. I. 6 . Prendre le fin des choses. Oui, íauteur inconnu qui par lettres vous fronde , De vôtre politique à découvert le fin. Auteur anonime. ) (§ Le peuple dit : Je fuis le fin beau prémier venu, Ç£c. Philipe de Comines a dit, en parlant de quelques Seigneurs : Ils étoient au fin bord de la rivière de Seine. Et Molière dans l’acte 2 . scène dernière de ses Fâcheux, a fait dire à Dorante : Et nous fumes coucher fur le pais exprès , C’est-à-dire, mon cher, au fin fond des forêts. On ne doit en user que dans le burlesque, ou en riant, & en badinant, comme Marot l’a emploïédans cette épigramme, au Roi de Navarre : Mon second Roi, j’ai une haquenée D’assez bon poil, mais vieille comme moy , Dont elle est foible, & son maître en esmoy : La poure bête, au signe que je voy , Dit qu’à grand peine ira jusqu’a Narbonne Si me voulez m-tn donner une bonne , Sçaves 48 FIN Sçiwea comment Marot l’acceptera D’aussi bon cteur comme lastenne il donne Au fin premier qui la demandera. FINEMENT. Voïez plus bai t FINAGE ,f m. [Fines. ] Ce mot se trouve dans quelques livres de Coutume, & lignifie tout le territoire de quelque Justice. ( Un grand finage. ) jíf FINAGE. On voit d’abord que ce terme est dérivé du Latin finis, la fin d’une chose , la limite d’un champ, d’un village, d’un territoire. Loisel a dit dans ses Institutions Coutumières, liv. 2. tit. 2. art. 32. que bestes blanches peuvent être menées st loin qu'on veut, pourveu qu'elles retournent de jour au gifle en leur finage. L’auteur a entendu, par finage, le village ou ie bourg. L’article 169. de la Coutume de Troyes, permet de même de mener paître les bêtes blanches par tout où l’on voudra, pourvu que l’on retourne de jour dans le finage. Cette Coutume, ainsi que quelques autres, renferment la liberté du pâturage , d’un clocher à autre pour les bêtes grojfes U menues ; £•? s'ils le pajjent, U qu’ils soient pris par la Juflice du heu, y a amende de soixante sols tournois contre chacune garde ou proye entière, étant fous un bajlon ou garde par la communité, avec la rejiitution du dommage. Cette liberté de mener paître son bétail les uns chez les autres, est fondée fur une tacite convention que les villages voisins ont faite pour la nouriture du bétail, qui est également utile & nécessaire aux uns & aux autres : mais elle n’est établie qu’entre les sujets du Roi, & l’on ne soufre point le bétail des sujets d’un autre Souverain, quoiqu’ils soient voisins. Voïez Pâturage. FINAL , finale , adj. [ Ext r émus. ] Qui termine : qui finit. (Une lettre finale. Un compte final. FINAL, finale. Ce qu’on à pour but, & pour fin: ce à quoi l’on tend. ( Cause finale. ) FINALEMENT , adv. [ Denique. ] Ce mot est vieux, & en sa place on dit ordinairement enfin. t FINANCE , f fi [ Pecunia, a. ] Ce mot signifie argent monnoyé , & en ce sens il est un peu burlesque. (Avoir de la finance. U faut que la finance joué , Autrement elles font la motte Aux amans qu’etles ont vaincus. Mainard. épig. Que Jt ma dernière ordonnance He me produit quelque finance, Que ferai-je fans ton secours ? Boisrob. épit 12. t. 2. ) FINANCE. Certaine somme d’argent qu’on paie au Roi pour jouir de quelque grâce. ( 11 y a des commissaires établis pour la taxe de la finance que les rôturiers doivent païer pour tenir des fiefs. ) FINANCES ,f f. [Ararium.] Ce mot, au pluriel, signifie le trésor du Roi. ( Manier les finances. Abl. Vous qui dédiez A MeJJleurs les gens de finances , Des mechans livres bien paiez. La Font. ) FINANCES ordinaires. Ce font des domaines qui étoient autrefois tout le revenu des Rois de France. Les finances extraordinaires. Ce font les tailles, les aides & les gabelles. t FINANCER , v. a. [ Pecuniam prabere, erogare, dare. J Païer une certaine somme d’argent. ( On les a.fait financer. J FINANCIER, f m. [Quastorius ararii collefíor. J Oficier de finances. ( 11 est bon financier ; c’est-à-dire , il entend bien l’ordre des finances. ) FINANCIER. [Publicanus, redemptor.] Homme d’a- fàire. Partisan. Un gros financier; un fameux financier. Le savetier alors en chantant s'éveìUoit , Et le financier se plaignoit Que les foins de la Providence N eujfent pas au marché fait vendre le dormir. La Font. ) FINASSER ; voyez FINESSER. FINEMENT, adv. [ Çautè, subdolè,sagacitt A Ju p ■' avcc àsse. Cela est dit fineme Abl. Railler finement. Abl. Luc. ) f FINES épices. [ Piper album. J FINESSE , f f. [ Do, lus , Fratts, afius. ] R u ) FIS (Toutes ses finesses font découverte». Ses finesses font confites de fil blanc. C’est-à-dire , font grossières & visibles. Je n’y entends point de finesse. ) * FINESSE, [ Elegantia. ] Délicatesse. Ce qu’il y a de plus fin & de plus excélent en quelque art. (11 avoit devant les yeux les finesses des plus polis auteurs de Gréce. Savoir toutes les finesses de l’art. Abl. ) {$ Balzac écrivant à Chapelain , liv 1. lett. 4. dit ,, Le mot de finesse ne sqauroit non plus savoir fâ- ,, ché en l’endroit où il est ; il ne signifie autre cho- „ se qu’adresse, que science, que subtilité ”. FINESSER, v. n. r Agere fraudulenter, occulté, astu.] Ce mot se prend en mauvaise part, & veut dir e, faire le fin. ( 11 finesse. Elle semble vouloir finesser. Quel- ques-uns disent finasjer pour finesser , mais ils parlent mal. Ce mot commence à s’introduire. Messieurs de l’Académie disent indiferemment finesser & finasser. t FINET, finette, adj. [ Subdolm. J Qui est rusé : qui use de finesse. ( 11 est finet : elle est finette. ) t FINET , s. m. Celui qui use de finesse, qui est fusé. ( C’est un finet. ) t FINETTE , s. f. [ Subdola. ] Qui est rusée. Celle qui use de finesse. ( C’est une petite finette. ) FINIMENT, f m. [ Nihil deefl, nihil potefi ad- jici. J Terme de Peinture, qui se dit des ouvrages bien finis, & particulièrement de ceux qui font en émail. ( II y a un grand finiment en cet ouvrage. ) FINIR, v. a. [Finire, conficere. J Terminer. Achever. ( Mot qui finit en al. 11 faut finir mes jours en l’amour d’Uranie. Voit. Poés. La Reine de Suéde , aïant écouté une longue harangue , dit qu’il fáloit qu’elle donnât quelque chose à l’auteur, à cause qu’il avoit fini. Colomesti opuscula , p. 114. ) * FINIR, f Obire, mort, diem claudere. ] Mourir, (11 aima mieux finir par une action de courage que de lâcheté. Abl. Tac. hist. I. ;. c. n. ) * FINIR, s Extremam manum adhibere. ) Achever les choses. Les mettre dans leur perfection. ( II y a peu d’auteurs qui se donnent la peine de finir leurs ouvrages. Scar. ) FINITEUR , f. m. Terme d’Astrologie. Horison, qui termine ou finit la vûë ; on l’apelle ainsi, parce- que en Grec, signifie finitor en Latin , & sini- teur en Franqois. FINITO , f m. Terme d e Pratique. Arrêté ou l’état final d’un compte. II est redevable de tant par le finito de son compte. FIOLE -, f f ( Phiala , ampulla vitrea. ] Petite bouteille de verre. ( Une fiole pleine d’encre : une fiole d’essence : une fiole de poudre de Cipre. ) FIRMAMENT , / m. [ Firmamentum. J C’est le Ciel où sont les étoiles. ( Rien n’est fi beau fous le firmament. Voit. Poés Les Cieux racontent la gloire de Dieu, & le Firmament phblie l’excélence des oeuvres de ses mains. Port-Royal, Ps. ig. ) f FIRMAN. On apelle ainsi dans les Indes Orientales, les passeports ou permissions de trafiquer, que les Princes acordent aux Marchands étrangers. FISC , s m. [ Fiscus , ararium. ] Ce qui revient au Roi par amende, par confiscation & par peine afli- ctive. ( Cela apartient au fisc. ) {§ Pendant que la République Romaine a subsisté, on a apellé Ararium , tous les revenus du Peuple. Isidore nous aprend l’étimologie de ce mot, lib. 16. c. 17. On ne se servit d’abord que de simples espèces de cuivre apellé as s l’or & l’argent furent inconnus : mais quoique l’on fabriquât dans la fuite des espèces d’or & d’argent,le terme ararium subsista toujours dans fa même signification. Le temple de Saturne fut choisi pour y déposer les deniers publics, & ce choix fut fait par P. Valerius Publicola, soit parce que ce lieu étoit sûr & bien fortifié, soit par d’autres raisons que Plutarque a remarquées dans ses questions Romaines, eh. 41. La garde d’un lieu si important fut d’abord confiée aux Quêteurs , qui donnoient aux Censeurs les sommes, qui leur étoient nécessaires, comme nous l’aprenons de Tite-Live , lib. 44. c. 16. 11 y eut, de tems en tems, des changemens dans l’administration des deniers publics : mais Jule César étant entré dans Rome , il fit rompre les portes du temple , malgré les éforts des ' Tribuns , & emporta les FIX richesses immenses qui y étoient enfermées, & dont Lucain, lib. 3. a fait une description qui nous donne une grande idée de l’opulencedu Peuple Romain, qui se vit, par cet enlevement, retombé dans fa prémié- re pauvreté. On comprend aisément, que pendant les guerres civiles il n’y eut plus de trésor public sous la garde des Quêteurs, ni d’aucunes autres personnes : mais Jule César, & Auguste son successeur, le rétablirent en partie ; car ils firent un partage des tributs & des revenus du Peuple, dont ils en afecterent une moitié aux afaires publiques, à qui ils conservèrent le titre de uErarium ; & l’autre fut attribuée à la dignité d’Empereur, fous le titre de Fiscus. Mais lorsque l’Empereur possedoit des biens à titre particulier & indépendamment de la qualité d’Empereur, on les qua- lifioit de patrimoine , pour faire connoitrela diféren- ce qu’il y avoit entre le Fisc , qui étoit le bien a taché à la souveraine puissance, & le bien particulier, ou patrimoine de l’Émpereur ; ensorte que suivant l’explication de Mr. Cujas , dans ses Paratitles fur le code, res fiscales étoient le bien dont l’Empereur joiiif- soit comme Empereur ; & res dominica étoient un bien personnel dont l’Empereur jouissoità titre d’aquilìtion ou de succession. Au reste , le terme fisc est dérivé du Latin fiscus , un panier, & figurément le trésor des deniers publics. Voïez Mr. Ménage. De fisc , on a fait confisquer , parce que les biens confisquez fous les Empereurs, apartenoient à leur fisc , & non point au public. Tacite a fait cette remarque: Les biens de Se- jau ( dit-il dans le cinquième de les Annales ) surent transportez du trésor public, dans le fisc de /’ Empereur. Les Pontifes avoient un fisc que l’on apelloit encore arca ; & celui qui en avoit la garde , étoit distingué par le titre Arcarius , comme on peut le prouver par plusieurs inscriptions ; voïez l’ancien Gruter , pag. 763. & 903. n. 6 . FISCAL. [ Fiscalis. ] Ce mot est adjectif, & signifie qui regarde le fisc : qui a foin du fisc. ( Procurer fiscal. ) FISSURE , f f- [ Scijsura. ] Terme de Chirurgie. Solution de continuité dans un os , lors-qu’il ne fait que se fendre. Si la carie survient au fissures, pour- lors elles font fort dangereuses. FISTULE , s s. [ Fistula. J Sorte d’ulcére creux & profond. Deg. ) FISTULE lacrimale. [ AEgilops. ] C’est une tumeur entre le grand coin de l’œil & le nez. FISTULE de r anus. [ Anififiula. ] Est une fistule qui vient au fondement. sf FIVATIER , f m. Ce terme n’est connu que dans quelques Coutumes, & selon Ragueau, dans son Indice , ,, on apelle fivatiers, les tenanciers & sujets „ du Seigneur censier, auquel ils doivent cens, ren- „ te, & autres devoirs, & fur lesquels il a basse ju- „ risdiction FIXATION, f fi C Coagulatio, congelatio. ] Terme de Chimie. Opération qui arrête un corps volatil* (La fixation du Mercure. ) * La fixation des ofices. [ Decrctum , statutum, fini- tio. ] C’est le prix qu’on a fixé & arrêté pour les ofices. FIXER, v. a. I Figere. ] Terme de Chimie. C’est arrêter quelque corps volatil, en sorte qu’il puisse résister au feu. ( Le sel fixe les substances volatiles. Glaser. ) * FIXER son cfirrit. [ Coercere, cobibere, ponere , fia- tuere. ] Abl. * Fixer un tcms. Fixer le prix des choses. Scar. Fixer la langue. Abl. C’efi bien sait , il es tems de fixer tes désirs, Ainsi que ses chagrins l’himen ases plaisirs. Defpr. ) Se fixer ,».«.[ Figi. Terme de Chimie. ( Corps volatil qui sc fixe. ) * Se fixer. [ Cobibere se , vetinere se. 3 Se borner. S’arrêter. Se déterminer à quelque chose. ( Une fois en fa vie , il se faut fixer à quelque chose. ) FIXE , fixé, adj [ Congelât us. ] Terme dS Chimie. ( Corps fixe. Glas Mais on dit mercure fixé. ) * FIXE , fixé. C Fixuf, firmus, immottv. J Arrêté : déterminé. Ataché. ( Regard fixe. Vûë fixe) * FIXE', fixée , adj. [ Status. ] Détermine. ( Prix fixé. ) FIXEMENT , adv. f Acerrbne , defixis , intentis ocu- Ik. ] D’une maniéré fixe & arrêtée. ( Oa ae peut re- FLA 49 garder fixement le soleil ni la mort, Mémoires de Mr. de la Rochefoucaut . ) FLAC. Voïez FLIC. ,FLÁCHE , / / ; Terme de Paveur. C’est un pave enfoncé, ou brisé par quelque ròuê. ( Voilà une flache, il la faut refaire. ) f FLACHES. Terme de commerce & (^exploitation, de bois. Ce sont les endroits les plus proches de l’é» corce, qu’on nomme autrement Aubier. Ces Lâches, doivent s’ôter en équarrissant les arbres. í FLACHEUX , adj. On nomme ainsi les bois mari battus & équarris, & qui pour ce défaut sont diftci- les à toiser & à réduire au cent. FLACON , f m. [ Lagena. ] Sorte de gros vase de métal qu’on prend pour parer quelque bufet : & qui sert à mettre rafraîchir de l’eau. ( Un flacon de vermeil doré. Un flacon d’argent. Un flacon d’é- taim sonnant. ) FLAGELLATION,//, [ Flagellatio. ] Mot consacré en parlant de la maniéré dont Jésus Christ fut fouété par les Juifs. (La flagellation de Jésus Christ. Port-Royal. nouv. tes. ) Mr. Boileau a fait l’histoire des Flagellans. t§ FLAGELLANS, s. m. Ce fut en 1260. que l’on vit paroître dans Péroufe une secte de Pénitens outrez lesquels aloient de ville en ville , & de village en village en procession, le corps nud depuis la ceinture jusques a la tête qui étoit couverte d’une espèce de capuchon. Cette troupe de gens étoit précédée de plusieurs Prêtres , lesquels avoient chacun un fouet à la main , dont ils se fouettoient avec tant de rigueur , que le sang étoit répandu sur leurs épaules. Cette rigueur fut ralentie pendant quelques années : mais on recommença en Italie, en Allemagne, en Flandre & en d’autres lieux, cette pénitence publique. Le Roi Philippe de Valois empêcha que cette secte ne s’établir en France, & il fut même cause de l’extinction des exercices aparens de pénitence, sous lesquels on cachoit plusieurs erreurs très-criminelles, qui furent entierement abolies. Nous avons vû , il y a quelques années, un Traité qui a pour titre, Histoire des Flagellans , que l’on donne a Mr. Boileau Chanoine de la Sainte Chapelle : il tâche de prouver que la discipline qui est en usage présentement, particulièrement entre les Moines , est tout-à-fait condamnable ; & pour autoriser son sentiment, il mêle de tems en tems de petites histoires peu convenables à son état, & même peu édifiantes. Mr. Thiers fit paroître, trois ans après la publication de ce Livre , une critique capable de le décrier : mais ce sont là des matières qui ne sont point du ressort de la Grammaire. FLAGELLER : v. a. [ Flagellare , virgis cœdere. J Vieux mot , qui ne se dit que dans lés matières de piété ; il signifie fouéter. ( Ils vous ont couronné d’épines , flagellé , dépouillé. Godeau , prières. ) FLAGEOLET , / m. [Fiflula . J Prononcez fla- jolet. Instrument de musique à vent, qui est ordinairement de bonis, ou d’ivoire & qui ressemble à la flûte, horfmisqu’il est moins gros & qu’il est plus petit. ( Jouer du flageolet. ) Joueur de flageolet, f m. ] Fistulator. J Celui qui joue de cet Instrument. íf FLAGORNER. Badiner, railler. Pathelín a dit : Hélas ! Sire , chacun n’a pas si faim de rire coin * me vous , ne de flagorner. FLAGORNERIE,/ / t Aucupatio , captatìo be- nevolent'ue per delationes. ] Flaterie basse qui se fait par de faux raports. ( 11 s’est introduit dans cette maison par ses flagorneries. ) t FLAGORNEUR, / m - c AJsentarius delator , parasitus ] Ce mot est vieux ; il se dit d’un flateur, & particulièrement d’un valet, qui fait de mauvais raports pour se mettre bien dans l’efprit de son maître aux dépens d’autrui. f On a dit aussi, en ce même sens, flagorner , v. n. f ïïelutiaxìbits aucupari , capture benevolentjam. J FLAGRANT , adj. f Fíagrans. J Ce mot n’est en usage qu’en cette façon de parler, est flagrant délit. C’est-à-dire, fur le fait & au moment même qu’on fait le crime ou la faute. ( Etre pris en flagrant délit. Tarn. U. G t ' -Y« 50 FLA f * Nus amans trouvent V heure oportme. Sous le réseau pris en flagrant délit. Ln Font. nouv. ) f FLAINE, f /• Espèce de coutil qui se fabrique en Normandie & en Flandres. FL AIR , f- m. f Odoratus. ] Terme de Chasse. Ce mot se dit du sentiment que les chiens ont du gibier. FLAIRER , v. a. C Odorari. ] Sentir par l’odorat. Aprocher son nez d’une chose pour en sentir l’odeur. Aprocher une chose de son nez pour voir quelle odeur elle a. Sentir. (Flairer une rose. Chien qui flaire.) FLAIREUR i /■ '«• Un homme qui flaire. ( Flaireur de cuisine. Parasite. Homme qui marche à l’odeur des viandes. Je ne íai pourquoi Molière dans l’Amphi- trion dit, fleureur au lieu de flaireur. ( Quoi ! tu viens ici mettre ton nez , Impudent fleureur de cuisine. Mol.) FLAMANDE , adj. On apelle porte flamande , «ne porte composée de deux jambages, avec un couronnement & une fermeture de grilles de fer. FLAMBANT 5 ANTE, adj. [Ardens inflamma - tus, incenfiu. ] Qui a de la flâme. II a vû cette maison toute flambante. FLAMBANT. Terme de Blason, qui se dit des pals ondez ct aiguisez en forme de fiâmes, & mouvans d’ordinaire du bas de l’écu vers le chef. é FLAMBART , s m. Espèce de graisse, ou suif, qué ïcâ cìïaircutiers tirent des viandes de porc qu’ils font cuire , & qui se trouve sur le bouillon lorsqu’il est refrodi. Danet ., lui donne le nom de Flambant. FLAMBAI!, OU FLAMMANT, s. m. [ Pbtenicop - tenu. ] Sorte d’oiseau acatique rouge & blanc , qui a un iong bec & des jambes fort hautes. FLAMBE, / / C f™. ] Sorte de fleur large qui est ordinairement violette ct qui fleurit en Mai. (Flambe cultivée. ) FLAMBEAU, s t Fax, lampa ,,, funale. ] Plusieurs mèches longues d’environ trois pies, jointes ensemble & plongées un certain nombre de fois dans de la cire chaude & fondue, qu’on laisse après égou- ter & refroidir, & qu’on alume lors-qu’on en a besoin pour éclairer le soir dans les ruè's. (Un bon flambeau. Fabriquer des flambeaux. Porter un flambeau. On joué les comédies aux flambeaux. ) FLAMBEAU. Instrument «jui est de métal, de vermeil doré, d’argent, d’étaim ou de cuivre, qui est composé d’une embouchure, où l’on met la chandéle, d’un tuïau & d’une pâte qui est ordinairement façonnée & embélie. ( De beaux flambeaux d’argent. Des flambeaux d’étaim sonnant. ) H FLAMBEAU. ( Tania. ] On donne ce nom à un poisson de mer. * FLAMBEAU. [ Lumen. ] Ce mot, au figuré , n’est guère usité que dans le stile sublime , & dans la belle poésie. ( Est-ce que le monde n’a plus besoin du flambeau de la doctrine ? Fatru, plaid. 4. C’étoit de là que Darius & Xerxès avoient aporté le flambeau d’une détestable guerre. Vaug. Quint. I. 5. La discorde éteindra son fembeau. Main.' P dès. ) * On donne un flambeau à Cupidon. On peiift les furies le flambeau à la main. ( Mon Berger me trouve si belle , Je trouve mon Berger si beau , Que de nôtre amour mutuelle. On ne verra jamais éteindre le flambeau.) FLAMBER, V. n. siArdere.] Ce mot se dit du feu qui est fort allumé, & qui pousse & jette une grande flâme. ( Le feu flambe. ) FLAMBER, v. a. [ UJlulare , flammis adurere, flammes addere. J Terme de Rôtisseur. Passer par-dessus la flâme d’un feu clair quelque volaille, ou autre oiseau plumé pour en ôter seulement les petits poils qu’on n’a pû arracher avec les mains. ( Flamber un canard fur le feu. ) On dit aussi, flamber un cochon ou autre viande qu’on rôtit. C’est faire flamber du lard & en faire tomber des goûtes fur le rôti. f FLAMBER un chapeau. Terme de Chapelier, qui veut dire , faire passer un chapeau fur la flamme d’un feu clair , pour en ôter les plus longs poils, & le rendre ra;. FLA f FLAMBER le cuir. Terme de Courroyeur. C’est le faire passer par dessus la flamme d’un feu clair , pour lui donner quelque faqon. Les cuirs des Courroïeurs se flambent deux fois fur un feu de paille, l’une pour les préparer à recevoir le suif; &l’autre, après qu’ils l’ont reqû, pour que le suif les pénétre d’avantage. FLAMBERGE , r sis. Mettre flamberge au vent, pour dire , tirer l’épée. Ce proverbe vient de ce qu’on donnoit ce nom à l’épée du Chevalier Renault de Montauban , l’ainédes quatre fils Aimon. FLAMBOïANT, ANTE, adj. [ Rutilons , fulgens , ardens. J Qui jette du feu. ( Bombe flamboïante. Sa torche nociére ondoiante. Hans les ténèbres flamboïante, Lançait. Voit. Poëf. FLAMBOïER, v. n. Jetter des fiâmes. Ce mot n’est pas de grand usage, ct on ne le dit au propre, que des grands incendies. ($ Ce terme , flambdier , n’est guéres en usage, & encore moins flambant, dont Mr. de Racan s’eít servi , Psi 7. Les armes qu’il tient toujours prêtes , Les traits flambons de Jes tempêtes Extermineront leur erreur. FLAMME , si f [ Flamma. ] Vapeur allumée qui sort du bois allumé ou embraie. Feu tout-à-fait dégagé des corps terrestres qui ont encore quelque forte de liaison. ( La flamme se prend aux tours. Vaug. Quint. I. 4 Mourir dans les flammes. ) * FLAMME. ( Amor , ardor. ] Amour: passion. ( Vous ne savez ce que c’est qu’une flamme constante. Je sens au fond de mon ame brûler une nouvelle flamme. Voit. Pdési Qu’une flamme mal éteinte EJl facile à ralumer l Et qu’avec peu de contrainte On recommence d’ai mer ! Recueil de pièces galantes. ) FLAMME. Terme de Maréchal. Instrument d’acier, composé de deux ou trois lancettes pour saigner un cheval. ^ FLAMME. Terme de Mer. Sorte de banderole, ou pavillon fort long qui est fendu par le bout, qui est en pointe , & qui se met, pour parer le vaisseau , au grand mât & aux vergues. FLAMME’CHE, si f Z Scintilla , facilla ardens.] Etincelle de chandéle. ( Ce n’est qu’une petite flammèche qui est tombée de la chandéle fur la table. ) FLAMMEROLE, / /. [ Ignis fatum.] Feux fo- lets & volans ; petits météores qu’on apelle ardens, & fur mer St. Elme, flamb art s , furoles. FLAMMULA , si f- Plante ainsi apelle, parce qu’étant apliquée fur la peau , elle l’ulcére , & y excite des vessies de méme que la flamme. FLAN, f m. [lntrita , scriblita. ] Sorte de petite tarte qui se vend deux liards ou un fou , qui est composée de fine farine, de lait, d’œufs, & de beurre. ( Un flan tout chaud. ) (ìs Villon s’en est servi : Je véúil que la moitiése vende Pour leur acheter des flans, Car jeunese esi un peu friande. On dit flan de lait, parce que, selon Borel, cette espé' ce de mets qui est fait avec des œufs & du lait, a été inventée en Flandres , où le lait est fort commun. t FLAN. Mot feint pour marquer la roideur dont on frape. (Je lui ai donné un grand coup de poing , flan. ) FLANÇ, yi »*. [ Lotus. J Côté. Partie du corps située entre les hahches & le pecten au bas du ventre. ( Donner un coup dans le flanc. ) Les flancs <£un cheval font les extrêmitezdu ventre au défaut des côtes près des cuisses. On dit que le lion se bat les flancs de fa queue pour s’exciter au combat. Ce mot Aq flânent í'e dii guère des personnes que dans la poésie. ( Je vois que vôtre honneur gît à verser mon sang. Que tout le mien consisie à vous percer le flanc. Corneille, Horace. ) FLANC- C Utérus , visera , Hia. J C# mot signifie FLA quelquefois le ventre. ( La Sainte Vierge a porté nôtre Sauveur, neuf mois dans îcs flancs J'acrez. ) * FLANC. [ Latm. ] Ce mot sc dît des bataillons & des escadrons , & signifie côté. ( Couvrir le flanc d'u n bataillon. Abl. Prendre l’ennemi en flanc. Abl. Arr. 1 . 2. Ataquer l’cnnemi en flanc. Abl. Arr. Assurer le flanc de la bataille. Vaug. Quint. I. ;. e. 9. ) ê FLANC. On entend par ce terme les cotez foi- bles d’un bataillon ou d’un escadron, qui font les ailes des rangs. Ces cotez , lorsque l’infanterie est rangée en Colonne , s’apellent/àw, par ee qu’il n’y a point de côté foible dans une Colonne , suivant les principes du Chev. de Folard. Voïez son Traité de la Colonne. FLANC. Terme de Fortification. Partie du bastion qui est entre la face du bastion & la courtine, & qui sert à défendre la courtine , le flanc & la face du bastion oposé. (Flanc perpendiculaire à la courtine, flanc rasant, flanc fichant.) FLANCHET ,st >n. Terme de Boucher. Partie qu’on comte au bas bout du bœuf vers les cuisses. On le dit aussi à Paris d’un morceau de morue. FLANCS , s. m. [ Taleola , plagula monetalis. ) Terme de Momie.' Pièces d’or ou d’argent coupées en rond pour faire des pièces de monoïe. Votez Flaom\ FLANCONNADE , st fi í Lateris ìnfiultus, petï- tio. ] Terme de Maître d’armes. Coup dans le flanc. ( II lui a donné une rude flanconnade. Liancourt. ) FLANDRIN , st m. Injure qu’on dit aux hommes élancez. ( C’est un grand flandrin. ) FLANELLE, st fi. Etofe legére de laine dont presque tous les Anglois font leurs chemises. FLANQUE' , adj. Terme de Blason. II se dit de* figures qui en ont d’autres à leurs flancs ou pôtez. ( Les Paux d’Arragon font flanquez de deux aigles dans les armoiries de Sicile. * Sur un lièvre flanqué destx poulets étiques S’élevaient trois lapins, animaux domestiques. Despr. fat. ;. ) FLANQUER, v. a. [Munire latera. 2 Terme de Fortification. 11 se dit des bastions, & autres pareils ouvrages. C’est disposer un bastion , d’une maniéré à sc pouvoir défendre aisément. ( Flanquer une muraille de fortes tours : flanquer une courtine : bastion flanqué; c’est-à-dire, défendu.) On dit que l’infanterie est flanquée par la cavalerie qu’on met à ses cotez pour la couvrir. t FLANQUER. [ Irrumpere, infligere. ] Ce mot se dit en quelques façons de parler basses & burlesques. ( 11 lui a flanqué cela par le nez ; c’est-à-dire , il lui a franchement hardiment dit. II lui a flanqué un lòuflet; c’est-à-dire, il lui a donné un soufiet. II s’est venu flanquer au haut de la table; c’est-à-dire, se mettre , s’asseoir. ) FLAONS , s nt. [ Taniola , plagula monetalis. ) TermO de Monote. Prononcez flans. Pièces d’or ou d’argent coupées en rond, prêtes à être marquées & monoïces. Les flaons en sortant de la cuisson, sont noirs. On jaunit les flaons d’or, & on blanchit ceux d’argent. ( Tailler en flaons. Bouteroué, traité des momies. ) FLAQUE, f f. C Eluvies , lama, palus. ] Espèce de petit marais , où il y a de Peau presque toute l’année. Les flaques d’eau rendent les places dificiles à assiéger. FLAQUE R , v. a. [ Ejaculare, constergere. ] Jetter. Quoique ce mot soit bas, &ne se trouve dans aucun Dictionnaire, cependant Mr. de la Bruyère s’en est servi. ( II trouve qu’on lui a donné trop de vin , il en flaque plus de la moitié au visage de celui qui est à sa droite, & boit le reste tranquillement. La Bruyère.) T FLAQUIEREJi f. Partie du harnois d’un mulet. FLASQUE, adj. 0 Facciduf , mollis.J Qui a peu ou point de vigueur. (11 est flasque: cela est bien fiasque. ) FLASQUE, st m. C Enervatut. ] Qui n’a point de vigueur. ( C’est un grand flasque. ) FLASQUE, st m. [ Su/furaria puheris capsula, theca .] Etui a mettre de la poudre qu’on porte dans la pochette , quand on va à la chasse, pour charger un fusil. FLASQUE. Les uns croient ce mot masculin , & les autres féminin , mais il y a plus de gens qui le font masculin. Le Flasque donc, ou la flasque , est FLA 51 une grosse planche longue de quatorze piés , large d’un pié huit pouces, qui fait une partie de l’afût. Davelour, traité de l’artillerie , a écrit, le flasque est de bois d’orme. Praist'ac, discours militaires, p. 116 . a dit, la face du dehors du flasque & la face du de. dans du flasque. Les Canoniers à qui j’ai parlé, disent le flasque. Cependant /’Auteur des travaux de Mars, 3. part. p. 116. a écrit les flasques longues de quatorze piez&demi, épaisses de demi pié, & larges d’un pié huit pouces. î FLASQUE, ou Flaque. Espèce de ceintures, qui fe fabriquent en Italie. FLATER, t), a. [ Adutari ,, blandiri. ) Cajoler; louer trop. ( II n’y a que les lâches qui flatent. Fla- ter les Grands. Ablanc. L’ameur veut toùjours fìater, & les belles veulent être toujours fiatées. Pièces galantes de la Su2e , U de Péliston. Plus on aime quelcun , moins il faut qu'on le flate , A ne rien pardonner le pur amour éclate. Mol. ) FLATER. [ Pnterpolare. ] Excuser par complaisance les défauts de quelcun. ( Un Courtisan flate des passions de son Prince. On dit aussi qu’un miroir flate, quand il ne fait pas voir les défauts qui font dans l’objet. Un Peintre flate, quand il peint une personne plus belle , ou moins laide qu’elle n’est. Un Confesseur ne doit point flate r son pénitent. Un Chirurgien flate la plaie , quand il ne coupe pas tout ce qu’il faudroit couper , ou n’y aplique pas des remèdes assez forts. ) FLATER. [ Nimiò indulgere. ] Ce mot se dit à Té- gard des personnes, & à l’égard des bêtes. ( Les mères flatent trop leurs enfans. Les chiens flatent leurs maîtres. ) * FLATER. C Pennulcere. ] II fe dit, au figuré , de ce qui touche agréablement les sens. ( Le plaisir flate les sens. La musique flate l’oreille. Tu m’as flaté d’un doux son. Ablanc. Apopb. Les parfums flatent agréablement Todorat. ) * FLATER. [ Lenire. ] 11 fe dit encore au figuré, à l’égard d’autres choses. ( Flater íà douleur, c’est Padoucir par quelques réflexions morales. Les choses agréables flatent l’efprit. Flater son imagination, c’est la repaître de chimères agréables.Flater son amour, c’est fe donner de belles espérances d’y réussir. On se flate souvent , &l’on se trompe dans ses propres afai- xes. L’aparence flate ; c’est-à-dire, elle trompe. ) f * II ne faut point flater le dé. f Rem apertèfateri.] Proverbe , pour dire , il faut parler franchement. FLATERIE , f fi [ Adulatio, astentatio , blandimenta, hlanditite. ] Cajoleries. Paroles' fiateufes. (La flaterie lui plaît fl fort qu’il ne s’en peut défendre. La flaterie est douce , N pitût infiniment ; Mais elle plaît d!avantage, Quand elle vient d’un amant. Recueil de pièces galantes. La crainte & la flaterie corrompent ordinairment la vérité. Suplément de (X Curce, I. 1. ) * Lienrge nommoit la teinture une flaterie des sens. Abl. Apopb. ( Son humeur satirique est sans cejste nourit Par le coupable encens de vôtre flaterie. Mol. 0 1 La flaterie est ( selon Theophraste ) un commerce honteux qui n’est utile qu’au flateur : cette utilité n’est ni sûre , ni honnête ; quelquefois elle produit de grands avantages : mais outre qu’elle coûte beaucoup à un cœur bien fait , le nombre des fiateurs qui ont perdu leur rems , est bien plus grand que celui des fiateurs heureux. * FLATEUR, flateufie , adj. [ Blandus. ] Qui flate. ( Espérance fiateufe. Abl. Miroir flateur. Discours flateur. ) TJn Poème insipide fiotement flateur, Teshonore à la fois le Héros U P Auteur. Despr. fat. 9. ) FLATEUR, stm. I Adulator, ajfientator.’] Celui qui flate. ( Un dangereux flateur. Les fiateurs sont des pestes qu’il faudroit exterminer. Abl. ) fi§ Aprenez que tout flateur. Vit aux dépens de celui qui l’écoute. La Fontaine. G » Tom. IL FLA- 52 FLE FLATEUSE,// [Adulatrix.J Celle qui flate. C’eft une franche flateuse. ) pt.atftt sp.m f.kt , adv. [ Blondi. 3 D une maniéré flateuse. ( Vous parlez flateusement. ) 4= FLATIN, / m. Petit couteau de poche, pliant, emmanché de corne, ou de bois, qu’on nomme auílì gambette. Cette forte de couteaux se fait en Forcst, & porte le nom de l’Ouvrier qui en a été l’invcnteur, qui sc nommoit Denis Flatin. FLATIR, ». a. [ Dare , imprimere nummo latitu - dînent crasfìtudmem idoneam. J Terme de Monoieur. C’est battre une piéce de monoïe avec le marteau ou le flatoir, fur l’cnclume, pour lui faire prendre le volume , & l’épaisseur qu’elle doit avoir. FLATOIR»/»*. [ Sculptorum mallette , indes cor- matut. J Petit marteau dont fe servent ordinairement les Sculpteurs. Celui dont se servent les Monoïeurs , est gros, pétant sept à huit livres; il est fait en fàqon de corne de bœuf, large parle bas du côté qu’on fra- pe , & pointu de l’autre. PLATRER, ». «- s Ferra calìdo adurere. 3 Apli- quer un fer rouge fàit en forme de clé plate au milieu du front d’un chienjqui a été mordu d’un chien enragé , & cela pour empêcher que ce chien mordu n* devienne enragé. (Plâtrer un chien. Un chien flâtré. ) f Ce mot ftâtrer , lìgnifioit autrefois en général, marquer d’un fer chaud , Lille difoit à l’égard des criminels. FLATUEUX, Flatueuse , adj. f Flaiuosut . ] Qui cause des flatuositez. (Viande flatueuse. Les légumes fcnt des alimens flatueux. ) FLATUOSITE', / / [ Flatus. 3 Terme de Médecine. Vents qui sortent du corps humain, par bas ou par haut. FLâTURE,//. Terme de Çhajse. C’est le lieu où îe lièvre & le loup s’arrétent, & fe mettent fur le ventre , lors-qu’ils font chassez des chiens courans. Sal. í FLAVET, / m. Espèce de serge , qu’on nomme auslì LAngette. FLEAU, / m. [ Bacultu excujsorius , flagellum. 3 Instrument avec quoi on bat le grain pout le faire sortir des épis. * FLEAU. [ JErumna , flageUum. 3 Ce mot, au figuré, est fort usité. ( II est hors des ateintes de l’in- justice, de l’envie , & des autres fléaux de la vie humaine. Patru , lettre 4. à Olinde. C’est le fléau des âmes vulgaires. Main. Pois. Attila «toit apellé le'fléau de Dieu. La guerre, la famine, & la peste font les trois grands fléaux dont Dieu se sert pour châtier les hommes. Un tiran est le fléau de son Peuple. Molière a été le fléau du ridicule. ) FLEAUX. Terme de Serrurier. Barres de fer qui tournent fur un boulon & qui servent à fermer les grandes portes. 1 FLEAU. [ Scapt*. 3 Terme de Balancier. Morceau de fer poli avec une égaille au milieu, & deux trous L chaque bout. II sert à soulever les badins des balances , ou du trébucher lors-qu’on pèse. II signifie aussi la barre marquée de plusieurs divisions, & qui fait la balance romaine. FLEAU. [ Capreoltts, vitk fiagellutn. 3 Ce mot fe trouve dans Danet, pour signifier le tendon qui ata- che la vigne à tout ce qui la touche. Danet. FLEAU. [Brachia , crines.2 Quelques-uns croient qu’on peut fe servir de ce terme pour exprimer les nageoires de certains poissons. Danet. FLEAUX. Se dit encore de certains petits crochets, sur lesquels les Vitriers portent les panneaux de verre aux lieux où ils doivent les placer. Acad. Fr. FLE'CHE, f. f. C Sagitta. 3 Petit bâton ou verge de bois, armée d’un fer pointu , & de quelques plumes à côté , que l’on décoche par le moïen d’un arc qu’on bande, ou par quelque plus forte machine. ( Une petite ou une grosse flèche. Tirer une flèche. Décocher des flèches. II tomboit une nuée de flèches. Les Anciens tiroient de grosses flèches avec de grandes machines. ) & L’ancien Pline a dit, lìb. 34. cap. 14. qu’afin que la mort vint plus vite à nous , on a donné des ailes au fer : Ut ociùs mors perveniret ad bominem ali- tem itlam fecimus , pemeafque ferra dedimus. FLECHE. Ce mot, au figuré, signifie des traits K actions de mechancete. Tour» noirs St scélérat». FLE ( Vous avez oui dire quelles flèches , L quels dards le diable décocha contre Job. Maucraix , homélie 8- Les flèches de la colère de Dieu , ce font les fléaux qu’il envoie aux hommes pour les punir. ) On apelle flèches. [ Pertica. 3 Les piquets dont les Arpenteurs portent une trousse à leurs còtez , parce- qu’ils sont faits en forme de flèches. * FLE'CHES. [ Stipes , capus arreHarius. 3 Ce mot se dit, en termes de Charpente , de plusieurs grosses pièces de bois 81 qui sont longues, lesquelles fervent a des machines , comme sont l’arbre d’une grue, ou autre semblable machine. Flèche de pont-levis. C’est la piéce de bois qui va depuis la bascule jusqu’aux chaînes , & qui tourne fur un pivot, pour lever le pont. 11 fe dit auílì de deux pièces de bois montées fur deux roués, & qui fervent à atacher le pétard à un pont, ou à une porte de ville. 11 sc dit encore de la partie qui est depuis les ailes jufqu’au fer de la lance. 11 sc dit d’un clocher de charpente qui aboutit en pointe. FLE’CHE. Terme de Marine. Piéce de bois sortant hors de la proue, qui serre le beaupré & la siva* diére, & qui signifie la polaine d’un navire. fjjs FLE'CHE , de l’Alemand flits. Les Marins se servent de ce mot : mais Aubin a remarqué que l’on est embarassé dans l’usage que l’on en fait. „ II signi- ,, fie ( dit-il) la niéme chose qu’aiguille de l’éperon : „ mais il y a deux aiguilles, & l’on n’a point vû le mot ,, flèche au pluriel, si bien qu’il semble qu’il ne doi- „ ye être attribué tpi’àune des aiguilles, & que c’est „ à l’aiguille supérieure ; car voici la description „ qu’en donne Mr. Guillet: c’est la partie de l’épe- „ ron, comprise entre la frise & les herpes au-dessus „ de la gorgere. Un autre Auteur dit, que les cour- „ bâtons de l’éperon, sont ceux qui font la rondeur ,, de l’éperon depuis la flèche supérieure jufqu’au „ prémier porte-verge. Selon le dernier, on peut di- „ re flèches , & flèche supérieure , & inférieure”. FLE'CHE. Terme de Manège , qui se dit da la partie pointue d’une lance. Acad. Franç. FLE'CHE de carojse. [ Temo , scapus jugariiu, 3 Sorte de petite poutre de bois qui sert à porter le corps du carosse. * FLE'CHE. f Sinus. J Terme de Géométrie. C’est la partie du diamètre d’un cercle, coupé à angles droits par la corde d’un arc. On l’apeile aussi le sinus verse. FLE'CHE. [ Succidia. ) Terme de Charcutier. Moitié de cochon avec le lard & le maigre. ( Acheter une flèche de lard. ) * FLE'CHE. [ Sagittarius. 3 C’est un météore en- flàmé, qui a la figure d’une flèche. ■\ * II ne fait plus de quel bots faire flèche. [ Non habet undè vivat. 3 Proverbe, pour dire , il ne fait plus que faire pour pouvoir subsister. FLE'CHIR, v. a. [ FleHere. 3 Ce mot Hgnifis plier ) & n’est pas, à ce qu’on croit, usité au propre, ou du moins, il l’est très-peu. Que t’a servi de fléchir le genou devant un Dieu fragile, & fait d’un peu de boue ? Main. Poèf 11 n’a point fléchi les genoux devant Baal. Dans ces exemples, fléchir le genou , signifie adorer. FLE'CHIR, v. ». Plier. ( Ce bois ne fléchit point. C’est du sor aigre, il rompra plutôt que de fléchir. ) * FLE'CHIR. Ce mot est fort usité au figuré. * FLE'CHIR , ». ». [Morem gerere. ] Obéir, être soûmis. ( Tout fléchiísoit devant ce conquérant. S’il se voit en prison , il sera contraint de fléchir. Patru , plaid. 11.) * FLE'CHIR, |[ Lenire , mollire. 3 Adoucir. ( La Rétorique a le pouvoir de fléchir les cœurs les plus barbares : fléchir le Roi. Ablanc. Tâcher à fléchir les Juges. Le Maìt. Ce cruel s’est laissé fléchir parles larmes de cet innocent. * Ce n’est pas à la régie à se fléchir pour cofivenir au sujet. Pajc. I. ç. ) FLECHISSEMENT, f. m. [ Flexio, flexus , in' flexio. 3 Action de fléchir qui ne fe dit que des genoux. ( Fléchissement de genoux. ) FLECHISSEUR» f m. [ Flexor. 3 Epithète que les Médecins donnent à des muscles qui servent à fléchir quelques parties du corps, comme les genoux & le coude. FLEGMATIQUE» adj. [Phlegmaticus, pîtiiitcfus.'] Pitui- FLE pituîteux : celui ou celle en qui le flegme domine. ( Tempérament flegmatique. ) FLEGME, s. m. [ Vblegnta, pituita. ] Pituite. Humeur froide & humide qui est une des quatre humeurs qui entrent dans la constitution du corps de l’homme. FLEGME, ou phkgme , si. m. [ Humor aquosus. 3 Terme de Chimie. C’est un Principe passif lequel s’e- léve d’ordinaire le premier dans la distilation des mixtes où il abonde. (Le flegme est la substance qui est en plus grande quantité dans la composition des mixtes & fur tout dans celle des plantes & des animaux, & même dans celle de leurs parties. Char tu, pharm. I. i. cb. 4. ) * FLEGME. Patience : modération. (Avoir le flegme d’un Père de l’Oratoire. Balzac. Un peu de flegme ne gâte rien lors qu’on traite avec les hommes. Mais ce flegme, Monsieur, qui raisonne si bien, Ce flegme poura-î-il ne s’échauser de rien » Mol. ) FLET, si ne. C Navigiolum. J Petit bateau de rivière qui sert à passer l’eau , à porter du fumier, ou à faire des voitures de marchandises en petite quantité. FLE'TRI , flétrie , adj. [ Violatus , marcidus. ] (Teint flétri : fleur flétrie. ) £ * fle'TRI , se dit aussi d’un homme qui est déshonoré dans le monde par ses mauvaises actions, ou qui a été repris de Justice. (C’est un homme flétri. ) FLE TRIE, v. a. [ Violare , deíerere, marcorem m- ducere. J Ce mot se dit proprement des fleurs : gâter : ôter le vif, l’éclat Si la beauté. ( Le trop grand chaud flétrit les fleurs. Et dans ce haut éclat où tu te viens ofrir. Touchant à tes lauriers je craint de les flétrir. Defpr. ) Se flétrir, v. r. [ Arefcere, marcesicere , deterì , vio~ lari. J II se dit des fleurs : perdre le vif, l’éclat & la beauté: se gâter. ( Les fleurs se flétrissent. ) On dit aussi que le teint se flétrit: la beauté se flétrit: une étofe délicate & d’une couleur vive sc flétrit. * FLE TRIE , v. a. [ Deturpare, corrumpere, labetn inurere. J Déshonorer. ( Un oprobre si scandaleux les flétrit. Patru, plaid. Les vices ne fauroient flétrir la vertu. Flétrir la réputation de quelcun par des calomnies. ) {$ FLE'TRI R une personne, s’est lui imposer la fleur de lis. 11 est dit dans l’Ordonnance Maritime, liv. 4. tit. 1. art. 16. que „ celui qui aura dérobé des cor- „ dages , ferrailles Si utenciles des vaisseaux étant „ dans les ports, sera flétri d’un fer chaud portant „ la figure d’une anchrc, &c. ”. La Coutume de Ne- vers , tit. 1. art. 5. se sert du terme marquer , pour flétrir i elle décide que cette peine ne peut être imposée que parle Haut-Justicier; & Coquille a remarqué sur cet article , que la flétrissure de la fleur de lis n’a pas été introduite comme une peine , mais encore comme une marque qui fasse connoître si Pactise a été déja puni par la Justice, de quelque crime, dont ( la récidive le rend encore plus criminel. Cette espèce de peine est fort ancienne : les Samicns , au raport de Plutarque, imprimèrent une chouette fur les Athéniens qu’ils avoiént faits prisonniers de guerre. Platon , lih. 8. de legib. ordonna que ceux qui auroient commis quelque sacrilège , (croient marquez au visage & à la main, & ensuite folié t ez & bannis. Cette flétrissure étoit apellée par les Romains , inscriptio. Claudicn a dit, en parlant de Eutropius : Jura regunt, sades quamvk msicrìpta repugnet, Seque Juo prodat titûlo. Eumolpe, dans Pétrone, couvrit le visage de son esclave fugitif, de plusieurs caractères qui faisoient connoitre sa faute. (.'Empereur Constantin défendit d’imprimer aucune marque sur le visage, /. Si quis , cod. de panis. FLE'TRISSURE , / f. C Marcor. ] Ce mot, au propre , signifie i’état d’une chose qui est flétrie : mais íl ne se dit guère. $ FLE'TRISSURE , se dit en termes de Pratique, de la marque d’un fer chaud , imprimé par ordre de Justice fur l’épaule d’un criminel. ( 11-a deux flétrissures fur les épaules. ) * FLETRISSURE, [Lobes, traduftioJìigmatica. ] Marque d’ignominie. ( Cela aportc une grande flétrissure à fa réputation. ) FLE 53 FLEUR , si f. [ Flos. 3 Ce qui vient fur les plantes , & fur les arbres immédiatement avant la graine, & avant le fruit. Plante ou oignon qui pousse un boul ton qui s’épanouit peu à peu, & qui jette souvent une odeur agréable. ( Une belle fleur : une charmante fleur : une fleur commune , simple , double, rare, nouvelle, &c. curieuse, bizarre, brillante, panachée, nuancée. Plus une fleur est mêlée de panaches, plus elle est belle. Fleur qui a un beau coloris. Les belles fleurs font rares , peu de gens s’y connoissent, & on ne s’est jamais tant açliqué à leur culture qu’à présent. Cultiver des fleurs ; élever des fleurs , &c. ) Que vôtre éclat est peu durable , Charmantes fleurs, honneurs de nos jardins. Deshoul. Poëf. ) Les Poètes ont dit souvent que les fleurs naissent fous les pas d’une belle, & d’une maîtresse : mais n'est» ce point trop dire ? Où vous disiparoìsisiez , toutes choses languissent s Ses fleurs ne peuvent naître ailleurs que fous vos pas. Mr. de Ségrais , Egl. 1 . Mr. de Racan a dit de Marie de Médicis : Paissez, chères brebis , jouissez de la joie Que le Ciel vous envoie , A la fin, fa clémence a pitié de nos pleurs; Alez dans la campagne, alez dans la prairie : N’épargnez point les fleurs , II en revient assez sous les pat de Marie. Si Pon ôtoit aux Poètes les fleurs, ils ne fçauroient bien souvent comment chanter les beautez de leurs maîtresses, les tristes éfets que produit leur absence dans les lieux qu’ellesont quitez, ou la joie que cause leur retour. Mr. de Ségrais a bien sçù se servir des fleurs pour exprimer l’un & l’autre ; c’est dans & première Eglogue. Aminte : Voici le tems heureux de f aimable verdure , U os prez, nos champs, nos bois ont repris leur parure : Climéne va partir , bergers , fondez en pleurs, Uosprez, nos champs, nos bois vont n’avoir plus de fleurs. Licidas .* Ve pleurez point bergers, vous n’avez rien à craindre Pour les fleurs dont ms champs commencent à se peindre ; L’absence de Climene en sera moins mourir, Que les yeux de Philis en seront refleurir. Le Tasse a dit ingénieusement, ce me semble, dans le chant prémier de fa Jérusalem délivrée , que le jeune Rcgnaud atira d’abord les yeux de tout le monde : ses actions avoient déja rempli les espérances que l’on avoir conçues de lui; & dans un âge si peu avancé , on voioit dans fa personne les fleurs éclore, & les fruits mûrs en même tems. L’eta precorse, e la speranza, epresti Pareano ifior, quando nasciro i frutfci. N’est ce point là de ce clinquant que le Tasse a débité dans fa Jérusalem ? Si l’on en croît Mr. Dcspreaux, cela peut être : mais la pensée est brillante & agréable ; c’est un Italien qui parle, il faut avoir quelque com- ' plaisance pour lui. Etre en fleur. [Fhrere, florescere. 3 Pousser des fleurs : perdre ses fleurs : cela se dit plus particulièrement des arbres. FLEUR de la passion. [Flos pajsionis.'] C’est une fleur qui représente les instrumens de la passion. H FLEUR d'Adonis. Plante qui porte une fleur rouge. Elle est aperitive, sudorinque, propre pour la pierre & pour la goûte sciatique. £ FLEUR de Constantinople, s Flos constantinopolita- nrn. 3 C’est une espèce de Lychnis. Ûn cultive cette plante à cause de la fleur. è FLEUR d'Alun , est la véritable alun de plume. C’est un sel minerai qui est détersif, astringent, propre pour raffermir les dents , pour les ulcérés de la gorge & de la bouche. 11 est rare. H FLEUR Ambarvalis, feu polygata. C’est une plante qui croît dans les lieux incultes. Elle est propre pour exciter le lait aux nourices. Elle est deterlìve & laxative; elle purge la bile fort doucement. f FLEURS de corail. Cc sont des petites boules aron- G 3 dies 54 FLE dies qu’oii trouve aux extrémitez des branches , lorsque les coraux font encore jeunes & tendres. ± FLEUR de jalousie ou Amaranthe ou pajje velour. T Flos Amorti. ] Belle plante très-agréable à la vûë. Élie est humectante, rafraîchissante, aglutinante, propre pour arrêter ou modérer les pertes de sang. ± FLEUR de Buaa , ou de Durio. C’est un grand arbre des Indes qui porte un fruit qui est apéritif, carminatif, sudorifique, digestif. f FLEUR de cap. £ Flos cajjìa. ] C’est la moële de la casse , ou l’extrait. f FLEUR d’ail. £ Flos oculï. ] C’est la Cardamine. H FLEUR de blé. £ Flos frumcnti. ] C’est le Bluet. H FLEUR hépatique, f Flos hepaticus. ] C’est le Par- nassia commun des marais. Cette plante est astringente & rafraîchissante. f FLEUR de Keiri , ou fleur de giroflée. [ Flos Keìri Jtve viola Lutea. ] Ses fleurs font cordiales , cé- phaliques , nervales : elles apaisent les douleurs. Elles hâtent l’acouchement. 4 FLEUR de miel, ou fleur miellée, est la méfiante. La liqueur mielleuse qui en découlé est cordiale, stomacale & nourissante. H FLEUR roiale. C’est le pied d’alouete. [ Flos re- gitts. J C’est une plante astringente & vulnéraire. 4 FLEUR roiale , de couleur de pourpre. 4 FLEUR sanguine, s Flos sanguineus. j C’est la petite capucine, qui est propre pour le scorbut. f FLEUR de St. Jaques. C’est la Jacobée. £ Flos S. Jacobi. ] Cette plante est aperitive, vulnéraire, de- terlìve. H FLEUR au soleil , ou soleil, ou herbe au soleil. £ Flos vel corona solis. j 4= FLEUR du soleil. C’est l’hcrbe d’or ou l’hyssope de carigues. £ Flos solis vel consolida aurea chirurgie .] •Cette plante est vulnéraire. 4 ELEUR de la Trinité. C’est une espèce de violette , qu’on apelle pensée. * FLEURS d’éponge .Ce font les rameaux qu’elle jette. 4 FLEUR de genêt. Confite, elle est propre pour arrêter le vomissement étant mangée. î FLEURS du Grenadier , ou Balaujhs. Elles font propres pour la dissenterie pour arrêter le crachement de sang. ch FLEUR de muscade. Elle est stomacale. 4 FLEUR d’orange. Cette fleur est cephalique, stomacale , hystérique. ck FLEUR de romarin. Elle est propre pour fortifier le cerveau. î FLEUR de Pêcher. Elle est laxative. FLEUR de lis, s. f. [ Lilium. ] Fleur blanche ou «range qu’on apelle Lis. FLEUR de lis , f. f. £ Lili a. ] Armes des Rois de France. ( Les Rois de France portent d’azur à trois fleurs de lis d’or.) Les ennemis de la France ont ataqué son ancienneté & sa gloire par tous les endroits où ils ont crû pouvoir trouver un jour à l’ataquer : ils lui ont contesté les fl tirs de lis que les Rois portent dans Fécuf son de leurs armes, comme si nos Rois tiroient quelque grand éclat des fleurs de lis. Jaques Chiflet, Médecin de Jean d’Autriche , a paru , il y a presque un siécle, un des plus ardens à flétrir nos lis , & il faut convenir qu’il a trouvé dans quelques Historiens, des fables dont il s’est servi avec avantage. En éfet, les trois couronnes , les trois crapaux qui furent changez en trois fleurs de lis par i’Ange qui aporta à Clovis après son batême l’écusson chargé de ces trois fleurs, font des fables produites fans preuve & avec tant d’incer- titude , que les uns disent que les Rois de France porterent, au commencement, de fable à trois crapaux d'or ; & les autres, d’or à trois crapaux de fable : Trithéme a cru que le Blason de nos Rois étoit dé azur à trois grenouilles de Jlnople , & qu’ils quiterent ces animaux pour prendre les armoiries des Troyens lors qu’ils vinrent habiter les Gaules, & qu’ils les portèrent jusques au régné de Clovis, qui prit trois fleurs de lis. Chiflet a fait ses éforts pour persuader que les mouches d or que l’on trouva à Tournai en 16;). dans le tombeau du Roi Childeric I. ont composé les armoiries des prémiers Rois : il alegue tout ce que les Auteurs anciens & modernes on dit à la louange des abeilles. Pline, Sénéque, Virgile, Lucrèce, & plusieurs autres , font citez tout au long dans le dernier chapitre de son livre intitulé Lilium Franckum mai» FLE on ne voit point la conséquence qu’il en veut tirer pour flétrir nos fleurs de lis. 11 en est de même de ceux qui veulent que nos lis aïent été le bout d’une espèce d’arme apellée Franisque , à cause du raport qu’il y a entre ces deux choses. Enfin je pourois encore citer plusieurs autres opinions qui ne font pas mieux établies. Le tems auquel nos Rois ont pris des fleurs de lis , n’est pas moins incertain. Mr. de Sainte Marthe , fils & neveu des frères de Sainte Marthe, qui ont travaillé avec beaucoup de foins à recueillir nos historiens, & à éclaircir plusieurs points obscurs de nôtre histoire , a prouvé que la fleur de lis a commencé d’être l’unique simbole de nos Rois fous Louis VII. surnommé le Jeune. Ce Prince étoit d’une extrême beauté ; on lui donna le surnom de Florus ; ce fut peut-être ce surnom qui lui donna la pensée de prendre des fleurs pour armoiries, & lesquelles il porta fans nombre : mais elles furent réduites à trois par Charles VII. FLEUR de lis. £ Cauterium liliatum. J C’est un fer marqué de plusieurs petites fleurs de lis que le bou- reau aplique fur l’épaule de ceux qui ont fait des crimes qui ne méritent pas la mort. ( 11 est condamné à avoir la fleur de lis.) FLEUR artificielle. £ Flos arte salins. ] C’est une fleur qui imite une fleur naturelle : fleur qui représente une vraie fleur , & qui est faite avec de la toile peinte , du papier , ou du velin. FLEUR de broderie. £ Flos acu piflus. ] Ouvrage de Brodeur , fait en maniéré de fleur. (Damas á fleur. ) * FLEUR. Ce mot fe dit d’une certaine fraîcheur qu’on voit fur de certains fruits pendant qu’ils font fur l’arbre , & avant qu’ils aient été maniez , ou qu’ils soient fanez. Ces prunes ont encore leur fleur : ces abricots ont perdu leur fleur.) FLEURS d’un vaìpau. Ce font les parties du vaisseau qui font faites par les extrémitez , ou par les emparures des varangues avec les membres courbes qui se mettent au fond, & qu’on apelle genoux. Aubin. * FLEUR. £ Superficies. ] Ce mot signifie quelquefois superficie. (La fleur de terre. L’ouvrage étoit à fleur d’eau. Vaug. Quint. I. 4. Mille amours font venus voltiger autour de lui à fleur d’eau. Abl. Luc. t. 1 . On dit aussi , des yeux à fleur de tête.) * FLEURS de Rhétorique. £ Flofculi. ] Ce font les figures & les autres ornemens du discours. Le Poète embélit , agrandit toutes choses, Et trouve fous fa main des fleurs toujours écloses. Despr. ) FLEURS des Saints. £ Flores Sancíorum. ] C’est une ancienne Histoire.de la vie des Saints par Ribadeneka, en stile assez gaulois. ( Le traître l’autre jour nous rompit de ses mains, Un mouchoir qu’il trouva dans une fleur des Saints. Mol. ) On parle en Chimie, des fleurs de soufre, d’anti- moine , &c. Ce sopt les parties les plus subtiles de ces minéraux , qui s’élevent par le moïen du feu , & qui s’atachent au haut de l’alambic. 4 FLEUR de cuir. Terme de Tanneur. Le côté du cuir ou est le poil. FLEUR de farine. £ Pollen. ] C’est la farine la plus pure. * On dit à une personne que les fèves sont en fleur, pour l’acuser de folie. FLEUR. £ Delelîus. ] Ce mot, au figuré, a d’autres sens assez étendus. (II donna la fleur de la cavalerie à un homme de qui il n’étoit pas assuré. Abl. Arr. I. a. C’est-à-dire, l’élite de ses cavaliers. La jeunesse en fa fleur brille fur son visage. Dijpr. lutrin, ch. 1. Etre dans la fleur de fa fortune. Maucroix , schisme , /. 2. II est la fleur des jeunes hommes de son, âge. Abl. II est à la fleur de son âge. La fleur d* la Noblesse , &c. ) FLEURS. £ Purgationes menfìrua. ] Sang dont les femmes se purgent tous les mois. Le mot de fleurs, en ce sens , n’est pas bien usité ; on dit piûtôt mois , ordinaires, ou purgations. On nomme ces purgations, des fleurs , à l’exemple des arbres qui ne portent point de fruits s’ils n’ont des fleurs. ( Les Bramines ne fe peuvent marier avec des filles qui ont eu leurs fleurs- & pour cela ils les épousent fort jeunes. Hifl. des Bra. mines, ch. i«. ) FLEURÉ FLE FLEURS blanches. [Menstruel nitiliebria. ] C’est un sang acre, piquant & corrompu , que les femmes perdent , & qui ne garde aucun tems réglé pour sortir. Ce sang est quelquefois blanc , & quelquefois d’autre couleur. A FLEUR, adv. [ Ad summum , ad sastigium , ex aquo. ] De niveau. ( Cet ouvrage est à fleur d’eau. Des yeux à sieur de tête. ) FLEURDELISE', fleurdelisée,adj■ [Liliis distinffwì Ce mot se dit auífl dans le discours ordinaire , & en termes de B/ason, pour dire, semé de fleurs de lis. ( Bâton fleurdelisé. Porter d’azur à la croix d’or fieur- delisée. Col. ) FLEURDELISER v. a. [ Imprimere , notaresigma- ia, firro adurere. ] Terme de Bourreau de Paris. Marquer d’une fleur de lis for l’épaule. ( II a été fleurdelisé sur l’épaule droite. 11 est condanné à être fleurdelisé sur l’une & sur l’autre épaule. ) f§ La fleur de lis , qui est la tìdéle compagne du fouet, n’est pas une peine capitale : mais elle est pourtant mise au rang des peines qui emportent infamie, dont la marque reste toujours, quand même le condanné auroit obtenu des Lettres de réhabilitation, selon le sentiment de Papon , sur lc §. second, de la Coûtume de Bourbonnois. f FLEUR E'E , f f. Drogue servant à teindre en bleu, qui se fait avec la plante qu’on nomme Voúede, ou Voide. C’est une espèce de pastel. On apelle austi fleurée, ou floréè, une espèce d’indigo de la moïen- ne sorte. $ FLEURER, v. w. Répandre une odeur, exhaler une odeur. ( Cela fleure bon. ) H * On dit Prov. d’une afaire qui paroìt bonne & avantageuse, cela fleure comme baume. FLEURET ,f nt. [ Rudis. ] Sorte d’épée au bout. de laquelle il y a un bouton, & qui sert seulement pour aprendre à faire des armes : les parties du fleuret font la poignée, le pommeau, la soie, la garde, la lame, le bouton : le fort & le foible du fleuret. ( Fleuret lourd , ou léger. Fleuret de leçon , c’est le fleuret de l’écolier qui n’a point de garde : Tenir un fleuret de bonne grâce : présenter le fleuret : faire un coup de fleuret. ) FLEURET. [Texta ex sterico & silo tœ>úafl\ Terme de Marchand Mercier. Espèce de ruban ou de passement qui est entre le fil & la soie. FLEURET. [ Vilior Bombyx. ] Sorte de soie tirée de la bourre, qui est aux environs du coucou du ver à soie, & qui est comme une fleur que le ver à soie a produite avant que de former son ouvrage. On apelle aussi fleuret, la soie qui ne peut être tirée en ioie fine ni en écheveaux. Isnard, traité de vers à foie. FLEURET. Terme de Danse. C’est un pas de bourrée, qui est une forte de danse gaie. (Vois-tu ce petit trait ? ce fleuret ? ces coupez ? Molière , fâcheux , a. j. sc. ;. ) FLEURETTE, s s í Flosculus. J Diminutif de fleur, qui ne se metguére que dans la poésie pastorale. ( Cueillir les fleurettes des prez. ) FLEURETTES , f f. [ Blandimenta, verbasuavia , mel/ita, amatoria. J Cajoleries amoureuses. Galanteries qu’on dit à une dame. ( C’est un conteur de fleurettes à quelques belles. Vos passages Grecs & Latins sont de jolies fleurettes pour gagner un cœur. Bail. avis à Ménage. Gratis est mort , plus d’amour fans pdìer g En beaux Louis Je content les fleurettes. La Font. nouv. II eu est à mines discrètes , Et dé un entretien décevant, Mais fiez-vom à leurs fleurettes, Autant en emporte le vent. Mad. de la Vigne. ) * FLEURI , fleurie , adj. f Qrnatuf , compostas. ] Ce mot se dit du discours & du stile. ( Discours plus fardé & plus fleuri que grand sublime. Dejpr. Longin. Stile fleuri. Ablanc. Une épître bien fleurie. Molière .) f§ FLEURI. On dit souvent : II a écrit d’un JBle fleuri. La question agitée par le P. Bouhours, & par Mr. Ménage , est, Ravoir si cette locution doit être prise en bonne ou en mauvaise part. Voici le P. Bouhours , pag. îog. de ses remarques nouvelles , [sc. FLE 55 „ Au reste, fleuri , à l’égard du stile, se prend d’or- „ dinaire en mauvaise part, &on en peut juger par „ les exemples foivans. J’ai cru. qu'en traduisant Saint ,, Paul, il ne m'étoìt pas permis de me servir d’un stile „ fleuri [s affetê. Cet exemple est tiré du discours ,, fur la paraphrase des Epîtres de S. Paul. 11 n'y a „ personne qui ne voie bien que ce discours est en éfet „ plus fardé [fl plus fleuri , que grand [fl sublime. En „ fardant ainfi cette pensée, il P a rendue base [fl fleu- „ rie , de terrible qu’elle étoit. Ces deux exemples „ sont tirez de Longin ”. Mr. Ménage , tome 3. deses Obsterv. cb. 4. dit : ,, Le P. Bouhours se trompe ; stile ,, fleuri se prend tofijours en bonne part. Cicéron, dans „ son Bru tus, en parlant de Demetrius Phalereus : ,, At esi floridior, ut ita dicam, quàm Hyperides, quàm „ Lyfùu. Et dans une de ses Lettres à Àtticus., qui est „ la sixième du Livre second: y toypádÇiuia. qua con- „ stìtueram , magnum opus est, [flc. [fl hercule sunt ,, res difficiles ad explicandum , [fl è pioiiJAç , nec ,, tampostunt a.vthtpoypstepiïd'cit quàm videbantur. Voïez ,, Quintilien, dans ses Institutions, livre 12. cb. 10. [fl ,, Scaliger , dans fa Poétique , liv. 4. eh. p. Mais com- „ me le stile fleuri n’est pas propre dans les matières „ sublimes, dans les sévères-, dans les tragiques, il „ est blâmé par les critiques dans ces sortes de ma- ,, tiéres ; les critiques blâment de même le stile iu- „ blime dans les petites choses”. Voïez Longin. f * FLEURI, fleurie , adj. [ Floridus , florens. ] Ce mot se dit du teint, & veut dire, vermeil. ( Avoir le teint fleuri. Molière. II a P oreille rouge , [fl le teint bien fleuri. Vous vivrez trop contente avec un tel mari. Mol. ) FLEURIR , v. n. [ Florere, siorescere.J Ce mot se dit des fleurs des arbres & de la vigne. II veut dire , porter des fleurs : pousser des fleurs : avoir des fleurs. ( Les arbres commencent à fleurir : tulipe fleurie : œilet fleuri : arbre fleurissant. Vaug. rem.s s FLEURIR. [ Vigere. ] Etre en vogue, être en crédit. Voïez Florir. t * FLEURIR. [ Canescere. 3 Ce mot se dit en riant, de la barbe , & veut dire, blanchir. (Sa barbe commence dé ja un peu à fleurir. Ablanc. Un bon vieillard à ta barbe fleurie , Autant pour ses voistns que pour lui se marie. Auteur anonime. Son poil va fleurir. Despr. fat. 8- ) FLEURISM.E , s. m. [storum studium.J Terme de Fleuristes > c’est-à-dire la curiosité des fleurs. (Donner dans le fleurisine. Aimer le fleurisine. ) FLEURISON , f f. [ Fient m tempesta.s.'] Terme de Fleuriste. Le tems que les fleurs fleurissent. ( A la fleurifon des tulipes , ne laissez point déplacés vuides dans vos planches. Culture des sieurs, ch. 4. J’aime à voir la fleurifon des belles anémones. ) FLEURISSANT, ANTE, adj. [Florens. ] Qui fleurit; ce mot ne se dit qu’au propre. (Jardins, prezfleuriffans. ) FLEURISTE , f. m. [ Florum Jrudiosus.J Celui qui a foin de cultiver les tìeulrs , & qui connoìt la maniéré dont il faut les élever, & même qui en connoìt souvent les propriétés ( Un Fleuriste excélent.) FLEURISTE,//. [ Florum JtudioJà. ] Celle quia soin de la culture des fleurs. ( Elle est devenue fleuriste. Mademoiselle est fleuriste. ) FLEURON,/ m. [ Fias. J Terme A'Imprimcur. Ornement de fleurs qu’on meta la fin des articles & des chapitres, lors qu’il y a du blanc. FLEURON. Terme de Doreur fur cuir. Bouquet ou autre ornement qu’on pousse fur le dos des livres avec les fers. f FLEURON. Legere étofe de laine , de sole & de fil, du nombre de celles qui se font dans la saïetterie d’Amiens. FLEURON, c Flosculus. J Terme de Botanique , qui se dit d’une espèce de petite fleur. FLEURONS. Ornemens de membre d’Architecture, Les Couronnes de Duc font ornées de fleurons. * FLEURONS , / f. Ce mot , au figuré , se dit des terres & des droits les plus importans d’un Etat. (C’est un des plus riches fleurons de la Couronne. ) FLEU- 56 FLO FLEUVE; s m. [ Flumen , fiuvim. ] Ce mot se dit particulièrement des grandes rivières. (Le «hm «st un grand fleuve. Le Danube est un fleuve fort fameux, St le plus grand de tous les fleuves de 1 Europe. Abl. Arr. Alex rapidement, U sons d’heureux austices, Bu superbe Versailles, augmenter les délices, Heureux fleuve ; & du cours de vos flots argent ex llatez-voui d’embélir ces jardins enchantez. Abé Régnier. ) Çg Les fleuves navigables apartiennent au Roi, & íònt de son domaine. Les simples rivières & les ruisseaux apartiennent aux Seigneurs Hauts-Justiciers. FLEUVE. Ce mot est consacré à la poésie, quand on parle de la Divinité qui préside à quelque rivière ou fleuve. ( Ainsi on dit le Dieu du fleuve. Les Poètes peignent les fleuves en vieillards apuïez fur une urne. ) On voit très-fouvent des fleuves représentez par «tes figures humaines couchées fur le gazon : il y en a où ces figures font debout; leur attitude dépend de la fantaisie du graveur. FLEUVE, se dit figurément pour abondance. On apelloit Saint Grégoire de Nazianze, un fleuve de paroles, parce qu’il étoit fort abondant en paroles. fíerman. FLEXIBILITE' , f f. {Flexibilités , moUities. 3 Qualité de ce qui est flexible. II a une fléxibilité admirable pour les digressions. 11 fe détourne, & prend haleine où il veut. Best. FLEXIBLE , adj. [ Flexibilis, lentus. ] Ce mot fe dit au propre, dans les matières de Phisique , & il veut dire , qui a de la flexibilité, qui fe peut plier. ( Corps flexible.) Et dans le sens figuré , il signifie qui fe peut fléchir. Souple. Esprit flexible. II n’eít pas flexible là-deífus. Mol. On dit, une voix flexible-, c’est-à-dire , que l’on peut aisément varier selon les tons qu’on lui veut donner. ) FLIBOT, sribut, f m. [ Myoparo. 3 Quelques- uns disent sribut ; mais la plupart font pour flibot. Monsieur Desroches , Bìfíionnaire de Marine , est pour flibot. C’est un moi en vaisseau qui est armé en «ourse, & qui pour l’ordinaire a le derrière rond. FLIBUTIERS , jributìers , f. m. [ C ursor , pirata. ] Tous deux fe disent ; mais la plupart disent f.ibutiers , St prononcent flibutié. Ce sont les Corsaires des Isles de l'Amérique. On les apelle forbans, virâtes , ou voleurs de mers. Ces mots viennent de í’Anglois. ••f L’Académie dit, Flibustier. FLIC St FLAC, adv. Mots imaginez, pour représenter les coups drus & menus qu’on donne à une personne. (II lui a donné deux ou trois fouflets, flic Sc ha c fur la joué. II a eu flic St flac fur le nez. ) FLIN- Pierre de foudre que Pline apelle brontia , ct dont les Armuriers fe servent pour fourbir les épées, Acad. Franç. ch FLIONS- C Tellina. 3 Petits poissons à coquille , qui fe trouvent fur le fable au bord de la mer , & qui font fort bons à manger. Ils contiennent beaucoup de sel St d’huile. Ils sont apéritifs. FLOCON , f m. f Fioccus. ] Ce mot se dit en parlant de nége. Petite touffe de nége qui tombe du ciel durant l’hiver lors-qu’il nége. (La nége tombe par flocons. II tombe de gros flocons de nége. ) FLOCON, f Flocculus. 3 Ce mot se dit auísi , en parlant de laine, de foie, St autres choses semblables, & signifie pelote, ou petite touffe de laine, &c. ( Les moutons laissent des flocons de laine, quand ils passent dans des lieux épineux. Un flocon de foie. ) , & FLQN FLON. Refrain d’un Vaudeville , & à qui l’on donne plusieurs significations fous-entenduës. Par exemple : Si ta femme est méchante, Aprens lui la chanson ; Voici comme on la chante, Avec un bon bâton. Flon flon , {sc. Dans cet autre quatrain , flonflon signifie tout autre choie : FLO j Vous devenez, Lisette , Plus jaune que souci > Sçavez-vom la recette ? Lisette , la voici. Flon flon, {sc. Voïez Mr. de la momie, Glossaire Bourguignon. f FLORE'E, s f. Espèce d'indigo moïen, qui sert pour la teinture en bleu. La fìorée d’Inde est í’extrait d’uneplante vulnéraire, deíltcative & astringente. -j- FLORENTINE, s f. Etofede soie fabriquée d’abord à Florence, & puis imitée en France. C’est une espèce de satin façonné , ordinairement blanc ; il s’en fait néanmoins de diverses couleurs. FLORER , »• a. Terme de Marine, qui signifie la même chose qu’efpalmer ou donner le suif à un vaisseau. Acad. Fr. f FLORES- [ Lautitias facere. ] Ce mot ne sc dit qu’en ces façons de parler burlesques: (Faire flores dans les ruelles des Bames , c’est-à-dire, y paronre beaucoup, y briller. Elle fait flores, c’est-à-dye, eile fait merveilles. ) (§ Voiture écrivant à Costar, lui dit : ,, Ces scien- „ cesJà deviendront fleuries entre vos mains ; pro „ car duo , {f propalivrofoliis acutisJurget mollis viola , ,, {f purpureus hyacinthus. Quidquid culcaveris hic , „ rosa set. Vous faites flores par tout , &c. Lettr. 24. „ de leurs entretiens”. Flores est absolument vieilli, Mad. Des-Houliéres a pourtant dit : Si vous voulez en tout faire flores , Qu’avec beauté votre dot soit donnée, L’amour languit sans Baccus {f Cerès. On peut s’en servir en badinant. í FLORETONNES- Laines d’Efpagne. 11 y en a de Segovie,qui font les plus estimées. Celles d’Aru- gon & de Navarre , font les plus communes, Sc de moindre qualité. FLORIN, f m. [ Florenus. J Pièce de monoie d’or que les Florentins firent premièrement batte L marquer d’une fleur. Le florin est aussi une monoie d’Alemagne qui vaut quarante fous, f FLORIN , est auísi une monoie de compte, & une espèce d’argent qui est de diverse valeur, suivant les pais où elle a cours. Le florin vaut vingt fols en Hollande. FLORIRî ». n. [ Florere. 3 Ce mot ne sc dit qu’au figuré, & il veut dire, être dans un état heureux: être en honneur, en réputation, t U11 tel tìorissoit fous un tel régne. L’éloquence ou l’art militaire fio- rissoir en un tel tems. Vaug. rem. ) FLORISSANT , floristante , adj.. [ Florcns.] Qui florit. (Etat florissant. Alálanc. Armée florissante. Vaug. rem. Ville florissante pour les lettres. Patru, oraison pour Archias. ) FLOT 5 / »». [FIuflus .2 Gonflement de Peau par ondes. ( La ville étoit batuë des flots. Ce vent etant fort impétueux roule des flots épouvantables contre le rivage. Vaug. Quint. I. 4. Les flots sc brisent contre les rochers. ) Le Rhin qui roule ses ondes Orgueilleuses {f profondes Et tous /«flots mutinez, Sous un rempart inutile Qui ne peut servir d’azile Aux Bataves étonnez. Abé Testu. FLOT. C zEJhts reciprocus. 3 U signifie la poirue de la marée , le flux de la mer. ( Le flot entre bien avant dans la Garonne , dans la Tamise, &c. Etre à flot. [_' Flucluare. ] lise dit des vaisseaux , St signifie avoir assez d’eau. Mettre un vaisseau a flot, c’est le mettre en un lieu où il y ait assez d’eau pour le porter. f FLOT. Terme de Commerce de bois. II signifie le gros bois de chaufage, que les Marchands qui font faire l’exploitation des forêts , dans ies lieux éloignez des grandes rivières , jettent au courant des ruisseaux & petites rivières, qui s’embouchent dans les grandes, C’est de ce bois jetté à flot, que fe composent les trains de celui, que de là on apelle bois floté. * FLOT. f Copia, ] Quantité. Multitude. (Les larmes lui lomboient des yeux à grands flots Vaug. Quint. I. 6 . eh. 9. Destr. lutrin, Çerhi FLO Catin à ses fermons, traînant toute la terre, Fend les flots d’auditeurs paur aler à fa chaire, Juvénal de fi mordante plume , Faìfoit couler les flots de fiel [fi d’amertume. Despr .fat. 7. ) * PLOT. Terme de Batier. Sorte de houpe de laine qu’on met à la têtiere des mulets. f FLOTABLE, adj. On apelle riviere flotable, une petite riviere , ou gros ruisseau , capable de conduire du bois à flot. On dit aussi, un port flotable, pour signifieri’endroit d’un ruisseau, ou petite riviere, où l’on assemble le bois pour le jetter à flot. II s’entend encore des rivières qui font assez fortes , pour porter les trains de bois floté. f FLOTAGE, f. m. Conduite de bois fur l’eau , quand on le fait floter. Le fiotage du gros bois de chaufàge est d’une grande utilité , soit pour le débit des bois qui font éloignez des grandes rivières, soit pour la provision des villes considérables, qui fans cela pouroient en manquer. FLOTAISON , f f [ Summum aqua fastigium.] Terme de Marine. Endroit du vaisseau qui fe trouve à la surface de l’eau , où le plan qui divise la partie du vaisseau qui est dans l’eau, de celle qui est hors de l’eau. FLOTANT , flotante , adj. [ Flucluans. J Qui est au-dessus de l’eau. ( On voioit des corps flotans en ce lieu-là après le naufrage. ) FLOTANT , fiotante. f Incertus, mstabìlk. ] Irrésolu, incertain. ( Son cenir toujours fiotemt entre mille embaras, He fait ni ce qu'il veut, ni ce qu!il ne veut pas. Despr. fat. 8- ) Ils étonnèrent les courages encore flotans & incertains. Vaug. Quint. I. 7. ) 0 Ce vers du Cid de Corneille a été critiqué par M. de Scuderi : Elle rendra le calme à vos estrit flotans. ,, Je ne tiens pas que cette faqon de parler, faireflo- „ ter vos estrits , soit bonne ; joint qu’il faloit dire ,, l'esprit FLOTE, f f [ Clajfis navium. ] Nombre de navires qui vont ensemble, soit pour faire la guerre ou pour entreprendre quelque autre chose. (Equiper une flote. Ablanc. Arr. I. 7. Batre la flote des ennemis. Ablanc. La flote d’Efpagne est revenue des Indes. Scar. ) FLOTE. [ Turba. ] Se dit par mépris de plusieurs personnes qui viennent ensemble. ( Une flote d’a- mans vient de vous arriver. Defm. 11 est venu une flote de gens me demander à souper. ) On dit proverbialement, la flote est arrivée , pour dire , qu’on a reçû de l’argent après avoir atendu quelque tems. f FLOTE de foie. Les Ouvriers qui font le moulína- ge des foies , apellent ainsi, ce qu’on nomme plus ordinairement écheveau de foie. f FLÛTES. Trains de bois, qui servent à amener à Paris le bois floté. FLOTE', flotée, adj. [ Ligna ratibus devefia. ] Ce mot fe dit du bois qui est venu en flotant fur la rivière. ( Le bois floté ne fait pas grand profit. ) FLOTER, v. n. [FluHuare, jacíarifluclibus. ] Etre soulevé par l’eau : être soutenu par l’eau : aler doucement sur l’eau. (Navire qui flote : bateau qui flote: vaisseaux qui atendent la marée pour floter. ) ch FLOTER, se dit des bois de charpente & de chantage , que l’on fait décendre fur les rivières , après en avoir fait des espèces de radeaux, qu’on apelle des trains. * FLOTER. f Vacillare , jaHarì , incertum esse. ] Etre irrésolu: être balancé entre plusieurs passions. ( 11 fiotoit entre la crainte & l’espérance. Abl. ) $ FLOTILLE, f f Petite flote. Les Espagnols nomment ainsi quelques vaisseaux, qui devancent leur flote de la Vera crux au retour, & qui viennent donner avis en Espagne de son départ & de son chargement. T FLÛTISTES , f. m. On nomme ainsi en Espagne, ceux qui font le commerce de l’Amérique, par les vaisseaux de la flote, pour les distinguer de ceux qui le font par les galions, qu’on apelle Galionistes. FLU 5 j FLOTRES, ou Feutres fi m. Terme de Papeterie. Ce font les morceaux d’étofe de laine, fur lesquels on met le papier au sortir des moules. FLOU. Terme de Peinture , qui fe met avec la particule à. ( Peindre à flou, c’est peindre d’une maniéré legére & noïée. ) f FLOÙET , flouette , adj. f ImbecMis , tener , deli - catus. J Délicat. Foible de constitution de corps. ( Corps flouet. La Fontaine , sables l. 3. Damoiseau floùet. Mol. a. i.fic. 4.) 0 FLOURS- Ancien mot. Fleurs. Le grand blason des folles Amours : Qui dit qu’amours Lie font que flours, II fe déçoit. f FLUANT. Sorte de papier, qui n’est pas cola. Voïez Savary. FLUCTÚEUX, EUSE, adj. [FluHuans. ] Qui est agité de mouvemens contraires ou violons. ( Le détroit de Magellan est continuellement tìuctueux. ) Au figuré, il fe dit d’un esprit inconstant & irrésolu, qui ne sait à quoi se déterminer. FLUER, v. n [ Fluere , labi. ] Couler. ( L’an- cre flué. Cette ancre est trop épaisse , elle ne sauroit fluor. Le sperme fluë. Terme de Médecin.) FLUIDE, adj. [ Fluìdtu. J Qui coule: qui coule aisément. (Ancre fluide. L’eau est fluide. Les cieux font fluides. ) * Discours fluide. C’est ce qu’on apelle d’ordinaire un discours coulant, ailé & naturel. FLUIDITE', f f. [Fluidité.] Qualité qui fait qu'-, une choie est coulante. ( La fluidité de l’eau.) FLUIDITE' du discours. Talemant , Plutarque , tom. ç. Vie de Cicérons c’est-à-dire , douceur & facilité naturelle du langage. FLUTE, f f [ Fistula. ] Instrument de Musique qu’on embouche, qui est à vent , qui est percé de quelques trous , & qui est fait de bonis , d’ébene, d’i- voire , & de toute forte de bois dur. 0 FLUTE. Tibia en Latin. On donne plusieurs étimologies fi ce mot. Isidore, Origin. lib. z. c. 20 . a dit que la flûte fut apellée par les Latins , tibia , parce que l’on lé servit d’abord de l’os de la jambe d’un cerf, apellé tibia, pour en faire une flûte , à qui l’on, donna le nom de tibia. L’ancien Etimologique dérive ce mot de tybin, un jonc , parce que les joncs ont été très-propres pour divertir les bergers en sondant dans la tige : on se servoit pour ce badinage pastoral , non seulement de joncs , mais encore d’une plante apellée lotos , dont Ovide a fait mention dans ses Fastes, liv. 4. -Sed me sonus œris acuti Terret , & horrendo lotos adunca sono. On se servit, dans la fuite, du boûis pour faire les flûtes , que l'on apella buxus. Ainsi Claudien , de rapt. Proferpin. a dit : Non buxus , non œra fonant. On comprendra aisément combien il est dificile de découvrir Fauteur de la flûte, & le tems où les bergers commenceront à s’en servir, fi l’on fait atention sur cet endroit de la Genèse , ch. 4. v. zi. où il est dit quejubal, fils de Lantech , est apellé le père de ceux qui jouent de la harpe , [fi de l’orgue, laquelle est composée de diverses flûtes : Ipfe fuit pater canentium citharà [fi organo ; Si peut-être que le terme organum signifie ici une flûte seulement. La Gréce s’est vantée d’avoir produit Fauteur de la flûte, mais avec tant d'incertitude , que l’on ne scait point dans quelle partie de la Gréce la flûte a été inventée. Si nous en croïons Lucrèce, nous en devons l’invention aux Zéphirs, lesquels, en s’insinuant dans les chalumeaux des blés forment, par leur agitation , un bruit harmonieux , qui inspira aux Bergers Fenvie de les imiter par le moïen d’une flûte, dont ils fe servirent pour exprimer la tendresse que l’oisiveté avoit fait naître dans leurs cœurs. EtZephiri cava percalamorum fibila primùm Agrestes docuérecavas inflare cicutas ; Indè minutatim dulces didicêre querelas, Tibia quas fundit digitis pulsitta canentum. On n’a regardé cette origine de la flûte, que comme une idée agréable du Poète ; & dans l’impuissance de Tom. II. 11 pou- 58 FLU pouvoir Jemêlerla vérité, l'on aeurecouis aux Dieux, tomme s'íls n’étoient pas eux-mêmes une fiction & une fable. Plutarque prétend qu’Apollon etoit 1 inventeur de la Musique & des Instrumens dont on ie sert pour supléer à la voix. D’autres reconnoissent Marsyas pour le premier fabricateur de la flûte, qui fut ensuite polie , & finie par Imites. Mais le sentiment le plus général a ete, que Pallas aïant invente la flûte, elle s’aperqut dans l’eau d’une fontaine, qu’el- le faisoit des grimaces désagréables en jouant : elle jetta, de dépit, cellequ’elle avoità la main , dans l’eau, d’où Marsyas la retira. Enfin d’autres , comme Virgile , veulent donner au Dieu Pan l’bonneur de l’invention de cet instrument. On fit d’abord des flûtes de diférentes matières : la tige de quelques roseaux ou de quelques arbrisseaux servit aux prémié- res flûtes , dont on fit un essai : on en fit de même de diférentes sortes, à qui l’on donna des noms particuliers pour les distinguer , & chaque inventeur donnoit le nom à fa flûte, dont Pollux & Athenée ont fait mention, & que Bartholin a pris foin d’expliquer dans le chapitre de son Traité cle tibiis , & où l’on trouvera dequoi fe contenter fur cette matière. FLUTE-DOUCE. C’est une flûte à neuf trous qui représente la douceur de la voix. ( Emboucher une flûte. Jouer de la flûte. ) f * Il y a de f or dure dam fa flûte; c’est-à-dire, qu’il y a quelque chose dans fe» afaires qui ne va pas Bien. FLUTE. Terme d 'Organiste. Sorte de jeux harmonieux qui a quelque chose de la flûte. f FLUTE. Espèce de navete , dont fe fervent les Basseliífiers , & fur laquelle font dévidées les laines, vu autres matières qu’ils emploient à leurs tapisseries. FLUTE. [ F lut a navis. J Vaisseau long à plate varangue , rond par derrière, & enflé par le ventre , qui sert à porter des vivres dans les escadres de navires. t D sert aussi au transport des marchandises. 4= FLUTE', te, adj. On apelle voix flûtée , une voix douce. t FLUTEE, v. n. [ Ludere fistula. 1 Cq.mot, pour dire , jouer de la flûte, ne fe dit point à Paris , ou il ne s’y dit que par mépris & dans le burlesque. ( Ces gens-là me rompent fort la tête avec leurs flûtes , je voudrois bien qu’ils s'en alassent fluter ailleurs. + * Se faire fluter an derrière.' Faqon de parler burlesque , pour dire, fe faire donner un lavement. ) f FLUTEUR, eufe , adj. [ Tibìcen , tibicina ] Qui joué de la flûte. On ne le dit qu’en raillerie & par mépris. ( C’est un mauvais Auteur. ) FLUS , ou flux , f. m. [ FluHus , astus. ] Prononcez flux. Ce mot fe dit en parlant de la mer. C’est le tems réglé que la mer met à monter, vers «n certain lieu. ( Le flux dure ordinairement six heures. Atendrc le flux. ) Le flux zfl le reflux de la mer. [Fluxus, £? refluxus.~\ C’est íe tems réglé que la mer met à monter, &à s’en retourner. (Chercher les causes du flux, & du reflux de la mer. Le flux & le reflux de la mer fe fait régulièrement deux fois le jour. Comprendre les «anses du flux & du reflux de la mer. Le Père Bouhours ne devroit pas dire ni assurer que le flux & le reflux de la mer est une chose que les hommes ne savent point, & qu’ils ne sauront jamais. D’Aucourt , sentiment de Cléante , i. p. ) Le Père Bouhours n’avoit qu’à étudier Defcartes, il y auroit apris que ce mouvement vient de la pression d’une matière fluide qui est entre la lune & l’en- droit de la mer comprimé , & il auroit trouvé réponse à toutes les difficultez dans les Auteurs qui ont raisonné sor les principes de Defcartes. íf Le flux & le reflux sont deux mouvemens opo- sez, dont jusques à présent on a cherché avec beaucoup de soin la raison & la cause. En éfet, la mer paroît haute & basse deux fois dans vingt-quatre heures,- & selon les observations de plusieurs Philosophes, elle commence à sortir de ses bords, &ày rentrer toujours a la même heure. Ces mouvemens n’arrivent point avec tant d’étenduë dans la mer Méditerranée , & ils ne sont remarquables qu’aufond du golfe de Venise . a 1 égard des autres endroits de cette mer, on n’aperçoit qu’un simple mouvement au long des côtes : la mer Baltique , le Pont-Euxin, la mer-mor. FOI te'de l’Asie, n’ont aucun flux & reflux ; on observe seulement quelques mouvemens des eaux dans l’Archi- pel. L’impossibilité de connoitre la véritable cause du flux & reflux, a produit une infinité de scntimer.s, chacun tâchant de soutenir & de faire valoir ce que son esprit a inventé: mais les opinions les plus apa- rentes sont celles de Galilée, qui attribué le mouvement des eaux au mouvement de la terre ; en second lieu, celle qui attribué le flux aux mouvemens du soleil & de la lune, & particulièrement à la lune ; la troisième opinion est, que le flux & le reflux ne sont autre chose qu’une modification de mouvement de la mer d’Orient en Occident : mais ce sont là de grandes propositions, ou plutôt des spéculations qui nous laissent dans le doute comment la chose fe fait. II y auroit dequoi composer un gros volume, si l’on vouloir examiner toutes les opinions que l’on a proposées fur cette matière ; & après les avoir détaillées exactement , je dirois avec l’Ariste du P. Bouhours, qu’el- les ne me plaisent ni les unes ni les autres. FLUX 0? reflux réemploient figurément. Lors que la paillon agite l’efprit, elle l’entraîne fans cesse de côté & d’autre , & dans le flux & reflux perpétuel de sentimens oposcz, il change à tous momens de langage & de pensées. Destr. (§ Malherbe a dit, en deux endroits de ses Poésies, le flux de ses larmes , que l’on ne pardonneroit pas aujourd’hui : O Reine , qui pleine de charmes Pour toutes fortes d’accidents , As borné le flux de nos larmes. f * Ma bourse a le flux. Phrase burlesque, pour dire , mon argent se dépense fort vite. FLUX de ventre. [ Profluvium. ] C’est un dévoie- ment de ventre, lors que les excrémens en sortent trop liquides & trop souvent. ( Etre travaillé d’un flux de ventre. ) FLUX de sang. f Dijfenteria. J C’est un flux de ventre , mêlé de sang pur: flux de ventre par lequel on vuide du sang par les selles. FLUX épatique. [Rheuma.J Sorte de flux, où à cause de la foiblesse du foie , causée par une intempérie froide, on rend des excrémens semblables à une eau où l’on auroit lavé de la chair fraîche. FLUX de bouche [ Fluor, j Terme de Chirurgien. On dit , donner un flux de bouche ; c’est-à-dire, faire fort cracher. Volez Salivation. * FLUX ùe bouche. [ Loquacité , volubilis m lingua.'J Ces mots, au figuré, fe disent d’une personne qui veut toujours parler, & qui ne laisse pas parier les autres. On dit aussi, un grand flux de paroles. FLUX, fe dit encore dans plusieurs jeux de cartes. (Jouer à la belle, au flux , au trente & un. Etre à flux, terme de Jeu d’ombre, c’est n’avoir que des atous. FLUXION , f f I Fluxus , epiphora. ] Ecoulement d’humeurs nuisibles sor quelque partie du corps. (Gagner une fluxion. Mol. II est mort d’une fluxion sor la poitrine. Scar. II a une fluxion fur le bras : il est ataqué d’une fluxion fur les yeux : être sujet aux fluxions ) «f FOARRE, Volez FEURRE. F O CILE, f m. Terme de Medecine. Nom que les Médecins Arabes donnent aux os du bras qui détendent depuis le coude jufqu’au poignet. Le plus grand qui s’apelle proprement le coude , est le grand foci- le ; le moindre; qui se nomme aussi raïon, est le petit focile. í FOERRE. Volez FEURRE. FOETUS- Volez Fétus. FOI, / fl C F ides. ] Prononcez ce mot comme il est écrit. C’est une vertu théologale. Consentement aux véritez révélées. Religion. (Sans la foi ses œuvres sont mortes. Port-Royal. La foi qui est fans les œuvres, est morte. Epître S. Jacques. Savoir ses articles de la foi. N’avoir ni foi ni loi. Tbéepb. Poe f La foi desiécle enJìécle à nos ayeu.v transmise , Nous tenoit tous unis dans le fin de tEglise , Quand d’un Moine apostat la folle ambition Vint troubler cette paix, rompre cette union, Genest. ) JÛI. FOI FOI. Créance: assurance : témoignage. (Les actes publics font foi de cela. Abl. Tac. asm. I. 12. L’Hi- liorien doit être digne de foi. Abl. Acte qui fait foi en Justice. ) FOI. Parole qu’on donne d’acomplir une chose : promesse de faire & d’acompiir quelque chose. (Après avoir pris & donné la foi, il les renvoïa. Recevoir la foi. Âblanc. Arr. Violer la foi. Abl. La foi conjugale. ) H 11 y a des gens qui prétendent qu’on n’est point obligé de garder la foi aux hérétiques, non plus qu’aux infidèles. 11 y a long-tems même que cette maxime a fait fortune. Jean Hus & Jerôme de Prague en furent les victimes au Concile de Constance. FOI. Fidélité. (Garder la foi. 11 y a peu de foi dans le monde. L’ardeur de s’enrichir chaste la bonne foi. Destr. FOI. Serment : maniéré de jurement. ( Jurer fa foi : il a juré par fa foi que la chose étoit vraie. Rendre foi & hommage. Le filait. ) í§ FOI. Terme de la Juristru.lenceféodale. On dit si souvent foi & hommage , qu’il y a lieu de croire qu’ils font lìnonimes, ou qu’ils font si fort unis qu’on ne peut pas les séparer. La Coutume de Chartres, art. r. tit. 1. ne fait mention que de la foi, regardant le terme hommage comme inutile : aussi Couard, fur cet article , a dit que ces trois mots , soi , hommage , & serment de fidélité , n ont qu’an même éfet : Mai- chain , fur la Coutume de Saint Jean d’Angely, est du même sentiment ; il est pourtant contraint d’avouer, qu’i/ y a quelques aìférences qui méritent d’être observées. Kn éfet, l’hommage est, félon Mr. d’Agentré, sur l’article 521. pag. 1294. une reconnoistance de la supériorité du Seigneur, & de la dépendance du vassal : & la foi est une promesse que le vassal fait de servir fidèlement son Seigneur; d’ailleurs, l’hommage a quelque chose de plus servile & de plus engageant que la foi ou le serment de fidélité ; carde valsai, en rendant son hommage, devient homme du Seigneur, pour me servir des termes de Boutillier dans fa Somme Rurale , tit. Enfin, il y a cette diférence entre la foi & l’hommage, que , selon Mr. Cujas , dans fa Préface fur le Livre des Fiefs, le Seigneur peut dispenser son vassal de l’hommage, mais il ne peut pas le dispenser de la foi, ni lui permettre de manquer à la fidélité qu’il lui doit en vertu de la concession du fief. II faut ici remarquer, que lorsqu’il y a plusieurs vassaux possesseurs d’un fief, chacun doit faire la foi & hommage personnellement, soit que le fief soit divisé , ou qu’il ne le soit pas ; parce que rengagement est personnel & indivisible. C’est le sentiment de l’Hoste, sur la Coutume de Montargis , tit. desfiefs , où il explique un Arrêt raporté par Mr. Louet, lettr. F. n. 26. qui semble être contraire à son sentiment : c’est aussi la décision des Auteurs qui ont composé les Livres des fiefs, tit. Si de feudo controversatur. Au reste, il faut, fur cette question, consulter les Coutumes & les Commentateurs. FOI. Liberté qu’on donne à quelcun de se conduire à sa volonté, d’agir à sa fantaisie. ( On le laisse aler sur sa bonne foi. Abl. apoph. ) FOI. Terme de Blason. Ce sont deux mains jointes ensemble. ( 11 portoit de gueules , à la foi d’ar- gent. ) En bonne foi , adv. [ Certè .] En vérité. ( En bonne foi, cette doctrine est subtile. Pasc. I. 2. ) De bonne soi , adv. [ Sincerè. J A n’en point mentir. ( De bonne foi, cela est ainsi que je vous le dis. ) f II est fait à la bonne foi. Cela se dit d’une personne , pour signifier qu’elle est si niaise que de croire tout ce qu’on lui dit. FOIBLAGE , f m. s Débilitai , diminutio. J Terme de Monoie, qui se dit lors que chaque espèce n’est pas précisément du poids porté par l’Ordonnance. £ FOIBLAGE , signifie aussi remede de poids , ou un afoiblistbment du poids des espèces , permis par les Ordonnances aux Maîtres des Monoïes , qui doivent restituer au Roi le foiblage, ou ce qui manque au FOI 59 poids des espèces, f FOIBLAGE d’aloi. C’est quand la monoïe n’est pas au titre requis. FOLBLE , adj. [ Debìlk , infirmas , invalidât. ] Prononcez Cible. Qui n’a point, ou peu de forces. ( II est foible : elle est foible : il est d’une constitution , & d’une santé foible: il est foible de corps & d’esprit : une tête foible. ) Mr. Despreaux parlant des fossiles maladies qui ataquent un Directeur de femmes, dit : Quelque léger dégoût vient il le travailler ? Une foible vapeur le fait-elle bailler ? Un escadron coifé d’abord court à son aide , L’une chause un Bouillon , l’autre aprête un remédt Defpt.sat. 8- ) * FOIBLE. On dit, cette raison est foible. Avoir une foible espérance. FOIBLE. Ce mot se dit des monoïes, & veut dire, léger. ( Trop foible de poids. ) / FOIBLE. Ce mot, fe dit en parlant de guerre. (Les ennemis etoient fossiles d’ini'anterie. Abl. Arr. t. 1. C’est-à-dire , avoient peu d’injFanterie. ) * FOIBLE. Q_ui a des foibleifes : qui fe laisse aten- drir : qui fe laisse toucher. (Je fuis père, Seigneur, & foible comme un autre. Rue. Iphigen. ) f FOIBLE. Petit. ( Ce vin est foible. A peine un foible jour vous éclaire , & me guide. Rac. Iphig . a. 1. sc. 1. ) FOIBLE, s. m. Celui qui n’est pas tout-à-fait afer- mi en une chose : celui qui n’est pas considérable par l’on crédit, ni par Ion autorité : celui qui a peu d’a- pui. (11 ne faut pas scandaliser les fossiles. Port-Royal, nouv. test. La Justice ne regarde ni le fort ni le foible. Patru , plaid. ;. Le fort portant le foible. ) FOIBLE , s. m. Ce mot se dit en parlant d’épées ; c’est la partie la plus foible, depuis le milieu de la lame jul’qu’au bout. ( Rencontrer le foible de l’épée : il ne faut pas parer du foible. ) * FOIBLE. Petites foibleifes : penchant à être foible : petits défauts qui marquent le peu de fermeté d’une personne , & sa pente naturelle. (Chacun a son foible. Mon foible est d’apeller les choses par leur nom. Le foible des jeunes gens, c’est le plaisir ; le foible des vieillards, l’avarice : celui des grands, la vanité : du petit peuple , la médisance : des femmes & des filles, la coquéterie & la passion de fe faire des galans. Les femmes furent le foible de Henri IV. Tâcher de prendre quelcun par son foible : étudier le foible des gens. On dit aussi, connaître le foible d’une Place. ) FOIBLEMENT, adv. f Débiliter , invalidé . ] Avec j>eu de force : avec peu de vigueur. ( Elle le repoussa foiblement. Scar. Que le cteur d’une femme est mal connu de vous , Et que vous savez peu ce qu’il veut faire entendre , Lors quest foiblement on le voit J'e défendre. Mol. ) FOIBLESSE, f f Z Débilitas, insirmitas, imbécillité , /évitas , facilitas. J Prononcez fébleste. Le peu de force & de vigueur d’une personne. ( J’ai de l’ob- ligation à vôtre foiblesse. Le Comte de Bujfì. Ah ! que vous savez bien ici contre moi-même , Perfide , vous Jervir de ma foiblesse extrême . Mol. ) FOIBLESSE. s Deliquium , d.eftclio anhni. J Evanouissement : défaillance: sincope. (Tomber en foiblesse. Abl. * FOIBLESSE de poux. Deg. * Le cœur le plus fort a des momens de foiblesse. Scar. * Ménager les foiblesses du cœur. Mol. *Elater les foiblesses des hommes. Abl. * Autoriser ses foiblesses. Scar. Foiblesse d’esprit. ) FOIE , st m. s Jecur. J Le foie est au dessus du diaphragme du côté droit, & ce n’est qu’un amas d’un nombre innombrable de veines insensibles dans lesquelles la veine porte fe dissipe. ( Avoir des chaleurs de foie. ) , fst Je croi qu’il faut ecrire Foye. Les Anciens met- toient le liège de l’amour dans le foye. Anacréon, dans fa troisième Ode , dit que pour récompense des foins qu’il avoir pris de secourir l’Amour transi de froid , il en avoir reçû un coup mortel dans le milieu du foye. Théocrite , Idylle. 2. Lion Idylle. 1. fe font expliquez de même. * C’est une petite chaleur de foie. [ Siccum jecur ar- det ira. J C’est une maniéré de Proverbe, pour dire, c’est un petit emportement. C’eit un peu vulgare.~] Cette façon, de parler se dit des femmes, & veut dire , fe prostituer. f * Les plus courtes folies font les meilleures. Proverbe. t * FOLIES. C Ineptie. ) Choses plaisantes, choses jolies & agréables qu’on dit. (Je me fuis trouvé seul avec ma maîtresse dans une alcôve, où nous avons dit mille folies, mais , hélas í nous n’en avons point ' - On fait liiÇ 1UUC9 1 llla'O f UV1UO r uw»* - - —.» — . - fait. Fcrire des folies à quelcum Voit. I. 9. des folies en fa jeunesse. On croit que ma mélancolie. Vient du reproche amer qu’en secret je me sait De n’être plus ajjez jolie Pour faire naître encor quelque tendre folie. Deshoul. ) FOLIO. Terme de Palais, qui signifie feuille. On dit parmi les Libraires , livres infolio, quand le livre est de toute l’étenduë de la feuille. ( On a imprimé à Paris le Richelet in folio. ) ch FOLIO , en termes des Commerce, signifie feuillet. On fit folio reHo, pour dire la prémiere page d’un feuillet ; & folio verso signifie le revers, ou la seconde page du feuillet. FOLLES 1 s s- Filet à grandes mailles, dont le», Pécheurs sc fervent sor les côtes de l’Ocean , pour prendre des raies & d’autres grands poissons plats. ÍFOLLETES, Arroche, Bonnes-Dames, Prudes - femmes. [ Atriplex. ] C’est une plante humectante & rafraîchissante. FOLLICULE, f m. [ Follis , foUiculus. ) Terme de Médecine. Nom qu’on donne à la vessie qui contient le fiel. ê FOLLICULES de Séné. Ce font les gousses qui renferment la graine ou semence du Séné : on les estime plus purgatives que 1e Séné même. F OMENT ATION ,/•/•[ Pot us, fomentum, fi. mentatio. 3 Décoction faite avec une liqueur convenable , racine, feuilles, fleurs, semences pour échau- fer, ramolir , radoucir les douleurs, résoudre , dit fiper , dessécher, néteïer, rafraîchir , resserrer & faire dormir. (Fomentation chaude. Apliquer une fomentation. ) FOMENTER. £Recreare fimentis. ] Cemotfe dit par quelques Chirurgiens & Médecins , & veut dire, apliquer une fomentation sor une partie malade, ( Fomenter la partie malade , ou plûtôt faire une fomentation fur la partie malade ; apliquer une fomentation sor la partie malade. ) * FOMENTER. [Fovere. 3 Entretenir. (Fomenter la division, la sédition. Ablanc. Fomenter les conten- temens. Le Duc de la Rochefiucaut. ) f FONCE', ée, adj. Riche, qui a un grand fonds d’argent. ( C’est un homme bien foncé. ) 4 FONCE', sc dit aussi d’un homme habile dans une sience, dans une madère. ( II est bien foncé dans l’Histoire. ) f Couleur foncée , se dit d’une couleur fort chargée. ( Bleu foncé , verd foncé. ) 4 FONCE'ES. Ce font ies tranchées, ou ouvrages que l’on fait pour dégager les calots ou pierres d’ar- doise du fond de l’ardoisiere. FONCER, ri. a. £Fundo munìre. 3 Ce mot, au propre , se dit & signifie mettre le fond à un tonneau, à une cuve, &c. (Foncer un tonneau. ) 4 FONCER la foie. Terme de Fabrique de gaze. C’est faire baisser la foie après qu’elle a été levée pour y lancer la navette. L’initrument qui sert à çet usage s’apelle le pas dur, le bâton rond y sert aussi. t FONCER, v. n. [ Irruer e , irrumpere.'] Donner fur. Fondre sor. Le mot de foncer , en ce sens, est condamné de quelques-uns , & foufert de quelques autres, qui pourtant avouent qu’il est vieux , & qu’on dit mieux, Pondre L’épée a la main fur l’ennemi, que foncer l’épée à la main fur l’ennemi. Je serois volontiers du sentiment de ceux qui condamnent foncer , & en fa place , je dirois : Donner fur l’ennemi, fin - dre fur C ennemi. f FONCER. [ Prabere fumptum. 3 Financer : foncer de l’argent : foncer à l’apointement. Le mot de foncer, en ce sens, est vieux, & ne se peut dire qu’en burlesque, & méme on doute qu’on s’enpuisseíervir en écrivant. FONCET. f m. [ Navigium majus fiuviatik. J Le plus grand des bateaux qui servent à naviger fur les rivières. FONCIER, foncière, adj. £ Qmd ad fundum per- tinet. 3 Terme de Palais. C’est ce qui regarde 1? fond : ce qui vient du fond. A qui apartíent le fond. ( Seigneur foncier. Celui qui est Seigneur du fond. Rente foncière, c’est la rente qu’on doit tous les ans au Seigneur foncier. ) dp FONCIER , se dit d’un homme qui est habile 3t savant dans son métier. ( Cet Avocat est foncier. ) H 3 í FON- 62 FON f FONCIERE, sc dit du lit de l’ardoise, qu’on nomme un banc dans les carrières de pierres de taille. f FONCIEREMENT , adv. A fonds. Examiner une matière foncièrement. •t FONCIEREMENT , signifie auffi dans le fonds. (11 est brusque, mais il est foncièrement honnête- homme. ) FONCTION , s f [ Munus , funHìo. ] Action L’on n’en fauroit venir à bout. Perr. chasse.) FORT , f. m. [ Pars enjls capuló propior. ] Ce mot sc dit en parlant d’épée, & veut dire , la partie de la lame qui est à un pié de la garde de l’épée. (Atra* per le fort de l’épée. Parer du fort de l’épée.) FORT, f m. [ Médium. J Milieu. ( Pendant ce tems heureux, passé comme un éclair, Je me couchais fans feu , dam le fort de l’hiver. Molière , Cocu. Point de glace , bon Dieu, dans le fort de Pété, Au mois de Juin , pour moi j’étois jt transporté. Despr.) Ces mots peuvent ausst signifier dans le plus grand froid de l’hiver. FORT de pique. C’est le milieu de la pique. ( Se saisir du fort de la pique.) FORT , f. m. Terme de Joueur de boule. Le mot de fort, en parlant de boule , veut dire, petit endroit de la boule plus pésant que les autres, & lequel on tâche & ne pouvant pas fe persuader qu’el- les fussent l’éfet du hazard , ni découvrir quelle en etoit la cause , ils feignirent une Divinité , tantôt bonne ,, tantôt méchante, qu’ils apellerent Fortune, & us lui atribuerent les biens & les maux qui arri- voient aux hommes dans le cours de leur vie : mais ils n osèrent pas la placer dans les Cieux avec les autres Dieux, parce que (dit Cicéron, dans son troisième Livre de la nature des Dieux ) on ne trouve dans la Fortune qu’inconstance & témérité, qui font des défauts indignes d’un Dieu. Cependant on éleva des autels & des temples a son honneur * ct cc FOR qui paroit extraordinaire dans le culte de cette Divinité , est qu’on reconnut deux Fortunes , l’une bienfaisante , & l’autre qui ne se plaisoit qu’à faire du mal, & à toutes les deux , que l’on apelloit sœurs, on rendoit les mêmes honneurs. Ce fut particulièrement dans Antium , capitale des Volfques, que l’on rendit de grands honneurs à ces deux sœurs d’un caractère si diférend. Martial envolant ses épigrammes à l’Empereur Domitien , illefuplie de les recevoir , en quelque lieu qu’il fe retire, ou dans Albe, ou dans Antium. C’est peut-être fur cette idée de deux sœurs , que l’Auteur du Roman de la Rose a dépeint la Fortune comme une femme assise entre deux tonneaux ; d’où elle prenoit indiféremment & fans choix , les biens & les maux, qu’elle distribuoit, selon son caprice , à tous les hommes : Jupiter en toute saison A sur l’ijsué de sa maison, Ce dit Homer , deux pleins tonneaux ; S’il n'est vieux, bonis ne garçonneaux, Ni n’fi dame , ne demoiselle, Soit vieille, jeune , laide, ou belle Qui vie en ce monde reçoive, Qui de ces deux tonneaux ne boive. C’est une taverne plenïére, Dont Fortune est la tavernière, Et en trait en pot [f en coupes Pour faire à tout le monde soupes, Tous en abreuve à ses mains, Mais aux un plus , aux autres moins, N’est nul que chacun jour ne peinte De ces tonneaux ou quarte , ou pinte Ou muy , ou septier, ou ehopine, S’il comme il plaist à la mechine, Ou pleine pau/me , ou quelque goûte Que Fortune ou bec luy boute : Et bien [f mal à chacun verse Si comme elle est douce & perverse. Comme cette Divinité étoit l’ouvrage de la fantaisie des hommes, ils lui ont donné des noms diférens, selon les besoins qu’ils avoient de son secours : Gru- ter nous en fournit plusieurs exemples. La Fortune est traitée de sainte dans une inscription, pag. 79. De Reine, pag. 78. 7. & 8- De Fortune salutaire, pag. 79. 2. Souvent on l’invoquoit pour favoriser un voïage : On lui donne la qualité d’aînée dans quelques inscriptions , pag. 7 6. n. 6 . Uc. Plutarque demande dans ses questions Romaines pourquoi l’on a donné à la Fortune le titre d’ainée , primigenìa ? Voici les raisons qu’il en donne. ,, Est-ce (dit-il) parce que Servius qui „ étoit né d’une esclave, régna glorieusement dans „ Rome , ou parce que la Fortune a beaucoup con- „ tribué à rétablissement & à la grandeur des Ro- ,, mains , ou parce que la Fortune est le principe de ,, toutes choses” ? Je doute que ces raisons contentent le Lecteur. En voilà bien assez pour aprendre une partie des diférens noms que l’on a donnez à la Fortune. î * Adorer la Fortune , sacrifier à la fortune. C’est s’attacher à ceux qui font en faveur, en crédit. FORTUNE. [ Fors. J Hazard. ( La place couroit fortune d’être prise. Abl. Arr. I. 9. Je mets ma lettre entre les mains de la fortune. Voit. I. 22.) FORTUNE. [Cafus , fortuna.) Avanture. (Je désire que toutes mes fortunes soient jointes aux vôtres. Voit. I. 3 v ) 4 = FORTUNE , fe prend pour tout ce qui peut arriver de bien ou de mal à un homme. ( Courir la fortune ensemble , s’atacher à la fortune de quelcun, suivre fa fortune.) FORTUNE, f Secunda fortuna, incrementum.) Bonheur : agrandissement. ( Songer à fa fortune. Travailler à faire fa fortune. Abl. Un sot & un fripon fera plutôt fortune qu’un habile homme, & un honnête homme. De bonne fortune elle n’avoit pas encore trouvé condition. Voit. I. 17.) FORTUNE, f Venus propitia. ) Efort qu’on fait pour réussir. (, Pousser fa fortune auprès d’une belle. Mol.) * FORTUNE. Gens à qui la fortune a été favorable. Grandeurs, Princes, Souverains. (Je ne vais point au Louvre adorer la fortune. Destr. fat. 2.) * Bonne fortune. Dernières faveurs que font les dames à leurs amans. Les témoignages sûrs de l’amour des dames. ( Nul ne fut fans bonne fortune. Voit. Po'es. Henri troisième faifoit part de ses bonnes fortunes FOS tunes à ses favoris. Etre homme à bonne fortune. Sar. S’il eût porté l’épée , il eût eu de bonnes fortunes. Et la même aHìon entre eux no!tí commune, Est pour nom déshonneur , pour eux bonne fortune. Corn. * Soldat de fortune. * FORTUNE de vent. Terme de Mer. C’est un gros tems où les vents font forcez. (Une fortune de vent nous oblige de nous mettre à sec.) f * FORTUNE. On apelle voile de fortune, la voile quarrée d’une tartane , ou d’une galere. f FORTUNE', fortunée , adj. [ Fortunatw , felix. ] Ce mot commence à n’être pi us guère en usage. 11 lignifie heureux. ( Ce fortuné marchand de botes possède un parc très-beau. Main. Po'êf.) On a dit d’une estampe où Monseigneur le Dauphin étoit répréfenté avec fa famille : Dans ces jeunes Héros voi , France fortunée, Pour les siécles futurs la fuite de tes Rois : Un jour ils rempliront leur vaste destinée, Et comme toi le monde en recevra les loix. Bofquillon? Les Isles fortunées. C’est l’ancien nom des sept Isles de la mer Atlantique , qu’on apelle aujourd’hui les Canaries. FORURE , f f [ Foramen. ] Terme de Serrurier. C’est le trou de la clé. ( Une forure de clé mal faite.) (§ FORUSCITS. Ancien mot. II est composé de l’Italien ujcir fuora. Ce sont les bandits , ou fuo- risciti d’Italie. FORVETU- Un homme de néant à qui on a mis un bel habit fur le corps. Académie Françoise. FOSSE , s fi l Fojfa. )} Creux qu’on fait dans une Eglise, ou dans un cimetière pour enterrer une personne , grand comme le corps du mort , & profond d’environ quatre piez. ( Creuser une fosse. Abl. Luc. Faire une fosse.) f * Etre fur le bord de la fosse. Avoir un pié dans la fosse. [ Senex archerunticm. J C’est-à-dire , n’avoir plus guére à vivre, soit qu’on soit vieux ou malade. FOSSE. [ Scrobs, fovea. ] Terme de Vigneron & de Jardinier. Creux qu’on fait auprès d’un sep ou l’on couche du bois de la vigne qu’on couvre de terre, afin de peupler la vigne dans le tems. (Les Jardiniers font des fosses pour planter des arbres , & autres plantes. FOSSE. Terme de Marine. On donne ce nom à des réduits qui font fous le tillac des vaisseaux , où l’on met diverses choses. (La fosse aux cables. La fosse qui est à savant du vaisseau, s’apell efoffe à lion , où l’on ferre le funin , les poulies , & les maneuvres de rechange , & où on loge le Contremaître. FOSSE. Terme de Potier d’étarn. Sorte de grande chaudière où l’on fond l’étaim. (Mettre le feu à la fosse.) FOSSE. Terme de Tanneur. Ouverture ronde en terre , ou cuve enterrée où l’on couche les cuirs travaillez , & où on les couvre de tan, & les abreuve. (Coucher un cuir dans la fosse.) f FOSSE , en termes de Momie , est cette profondeur ou cavité qui est au devant du balancier où fe frapent les monoïes , & les médailles. C’est dans cette fosse que fe place le Monoïeur pour poser les flaons entre les coins , afin qu’ils en reqoivent l’em- preinte , & pour les retirer quand ils l’ont reçûé. * FOSSES. [ Carcer. ] Cachot noir & obscur de quelque prison où l’on met ceux qui sont tout-à-fait criminels. (Etre dans les basses fosses, f * Etre dans un cu de fosse.) FOSSE', f m. [ Fojfa. ] Terme de Guerre. Espace creusé entre la place & la campagne, d’où l’on tire pour l’élévation du rempart, & pour l’esplanade du chemin couvert. ( Un fossé à fond de cuve : faire un fossé : saigner un fossé.) Mr. de Folard traite au long des diférentes méthodes des Anciens pour le passage ou sabord du fossé des places assiégées. II fait voir que les Traducteurs & les Commentateurs fe trompent souvent sur le comblement du fossé des places assiégées ; qu’ils le confondent avec les cavaliers ou terrasses élevées fur le bord pour dominer les murailles, & voir ce qui fe FOU 71 passoit fur le parapet. 11 montre aussi que la méthode des Modernes est très-mauvaife, que le passage de nos fossez à nos brèches est peu sensé & contraire aux régies de la guerre. Polybe, Tome II. p. 184. & suiv. de Y Edit. dlAmst. f Les Anciens avoient une particulière attention à retarder & à chicaner le passage ou la décente du fossé des places assiégées. Ibid. Tom. III. f$ La Loi Sciendum, fs. Finium regundor. Veut que l’on laisse entre un fossé & le fond voisin , autant d'efpace qu’il a de profondeur. II y a plusieurs observations à faire fur les fossez , qui font souvent disputez entre deux voisins. 1°. Dans le doute , les fossez font déclarez communs aux deux voisins. 2°. Selon la Co û tu me d’Auxerre, art. iiç. de celles de Berri, art. 14. tit. 4. & de Rheims , art. ;6y. si la terre que l’on a jettée fur les bords est dans les deux cotez, le fossé est de même commun. Le jet de la terre sert beaucoup à terminer la dificulté fur la propriété du fossé ; ainsi on présume que le fossé apar- tient au propriétaire du fond fur lequel on jette la terre que l’on en tire. 4°. S’il est établi par de bons titres , ou par des bornes , que le fossé apartiert à un voisin , la Coûtume de jetter la terre du côté de l’au- tre voisin, ne lui en atribuë point le droit, & la prescription ne prévaut point aux titres , ni aux bornes. C’est le sentiment de Buridan fur Rheims. FOSSETTE , s f. [ Fojsula. ] Ce mot fe dit en parlant de certaines parties du visage , comme des joués & du menton. Ce font aussi deux petits creux agréables qui fe font aux joués de quelques personnes lors qu’elles rient. (II avoit une fossette au menton qui faifoic un agréable éfet. Le Comte de BuJJì.) £§ Les Latins trouvoient le même agrément que nous, dans les fossettes naturelles des joués, ou du menton. Varron a dit : Sigilla in mento impressa amoris digitulo, Vestigio demonstrant mollitudinem. On ne peut pas mieux faire sentir l’agrément des fossettes qui font dans le visage , qu’en feignant qu’elles font l’ouvrage de l’amour même. FOSSETTE. [ Scrobiculm. ] Petit creux dans terre où les enfans jettent des noïaux pour fe divertir. (Jouer à la fossette.) FOSSILE - adj. \_FoffilU. J Ce mot est Latin , & est un terme de Phifique , qui fe dit des corps qu’on trouve dans la terre après l’avoir creusée. ( Tous les minéraux & les métaux font des corps fossiles. Sel fossile. Salpêtre fossile.) t FOSSOÏER. Volez Fouir, creuser. FOSSOIEUR , s m. \_Fojsor.'] Celui qui fait les fosi ses pour enterrer les morts. FOU. [ Stultm , infanw. 3 Cet adjectif fait à son masculin fou St fol mais fol est peu usité , & à son féminin il fait fole. Le mot de fou, veut dire , quia perdu l’efprit : qui n’a plus de raison. ( II est devenu fou. Elle est devenue fole. Tous les hommes font fous, malgré tous leurs foins, Ne diférent entre eux que du plm ou du moins. Defpr. ) FOU , fole. \_Stolidm , hebes. 3 Sot : impertinent. (Etre fou à marotte. Abl. Action fole.) Volez fol. Charles-Quint d i foi t que les François paroissoient fous, & étoient sages. On dit parmi plusieurs nations , en maniéré de proverbe , fou comme un Fran- çois. FOU , f m. [ Demens. 3 Qui a perdu le sens : qui n’a point de conduite. ( Les sous font les fêtes , & les sages en ont le plaisir.) FOUACE, f f. [ Panis fubcinericìus. 3 Sorte de gros gâteau bis qui fe fait ordinairement au vilage. ( * A la pauvrette , il ne fit nulle j*race, Du talion rendant à son époux Fèves pour pois , £9* pain blanc pour fouace. La Font. nouv.) FOÙAGE , f m. [ VeHigal, tributum instnfiuLu do- mos. 3 Droit qui est dû en quelques endroits au Roi, à un Seigneur sor chaque feu , maison , ou famille. 0 ” Le louage est dû , selon Ragueau , par ceux qui tiennent feu & lieu : il croit que les tailles ont été introduites au lieu du louage. Mr. de la Roche-FJavin, dans 72 FOU dans son traité des droits Seigneuriaux , ck. ig. dit que „ le foiiage est un droit que le Seigneur leve fur chaque , chef de maison & famille tenant feu & lieu , qu au- „ cunsdes anciens ont ape le funmrmm tnbutum. 11 raporte ensuite des Arrêts du Parlement de Toulouse qui ont décide qu’un père laissant plusieurs enfans qui continuent de vivre ensemble , le Seigneur ne peut leur demander qu’un seul droit de fouage : mais dès qu’ils sont séparez, chacun doit parer le droit comme chef de la famille. Ce droit est fort ancien dans le Dauphiné. J’aprens par les Mémoires pour servir à l’Histoire de Dauphiné , pag. 7;. que quoique Humbert II. eût afranchi sa Province de plusieurs droits, le foiiage a subsisté tel qu’il l’avoit exigé lui- même ; & l’on volt par son Ordonnance de l’an 1334- qu’il imposa le droit par feu ou par famille , sur le prétexte de Inquisition de la Baronnie de Faucigni, comme encore sur la dépense qu’il avoit faite lors- qu’il fut fait Chevalier , & fur celle qu’il aloit faire dans le voïage de Naples , où il étoit obligé d’aler pour prendre possession de ses Etats. L’Auteur a remarqué dans l’histoire qu’il a publiée quelque tems après ces Mémoires , la maniéré dont ce droit fut levé , & que les Chanoines du Chapitre de Saint André en furent exemts. Ce droit qui ne fe levoit au commencement que dans certaines ocasions, devint dans la fuite une taille annuelle. FOtlAILLE , s f. Terme de Vénerie. Droit qu’on fait aux chiens d’un sanglier quand il est pris. On l’a apcllé ainsi, à cause que c’est une curée qui se fait sur le feu , d’où vient que quelques-uns l’on t aussi nommée cuierie. Difí. de Furetiére. FOÙAILLER , v. a. [ Flagellare.] Donner de grands coups de fouet. Ce terme est Populaire. FOUCADE. Voïez sougade. FOUDRE. [Fulmen. ] Ce mot, dans le propre est masculin & féminin , mais plus souvent féminin. C’est un tonnerre acompagné de fracas. ( La foudre peut brûler les habits & les cheveux d’une personne, sans lui foire aucun mal. Roh. Pbijìque.) Cf Les éfets surprenans que la foudre produit, ont fourni une ample matière à la superstition païenne. Les Toscans qui ont été les inventeurs de la divination , croioient qu’il y avoit onze sortes de foudres, & qu’il n’étoit permis qu’à neuf Dieux seulement de s’en servir : Jupiter en pouvoit lancer trois : Romulus, deux. Ils distinguoient encore (si l’on en croit Pline , dans son Histoire, lib. a. cap. 92.) entre les foudres qui tombent pendant le jour, & celles qui tombent pendant la nuit : mais à l’égard des pronostics, ils confondoient le tonnerre & la foudre. Cecinna ( au raport de Sénéque , dans ses questions naturelles, chap. 59. liv. a.) enseignoit qu’il y avoit trois sortes de foudre ; l’un de conseil ; l’autre, d’ autorité & le troisième , que l’on apelloit d 'état : le prémier détermi- noit les incertains , & quand on flotoit entre deux partis , le tonnerre aprenoit ce qu’il faloit faire : le second marquoit, après qu’une chose étoit arrivée, si elle seroit bonne ou mauvaise : & le troisième menace , promet & avertit. Le même Cecinna donnoit encore d’autres noms à la foudre. II apelloit pojìu/a- toires , ceux qui demandoient le rétablissement des sacrifices interrompus & négligez ; avertìjfans , ceux qui faisoient connoître les choses que l’on doit tâcher d’éviter ; funestes , ceux qui prédisoient la mort ou l’exil ; trompeurs , ceux qui faisoient du mal sous l’a- parence de faire du bien. Je ne raporterai pas tous les noms qu’il donnoit aux foudres ; c’est assez pour faire connoître les égaremens de la superstition païenne , dont Sénéque se moque hardiment au chap. 42. en disant, que c’est la marque d’une extrême ignorance, que de croire que Jupiter lance les foudres, qu’il renverse les colonnes , les arbres, les statués , & même ses images ; que laissant les sacrilèges impunis, il s amuse à #uer des moutons , à brûler ses propres autels, a foudroïer des animaux innocens : qu’il n’est pas moins ridicule de dire que les foudres que Jupi- ter laupe de son propre mouvement , sont doux & agréables , & que ceux qu’il lance par le conseil des autres Dieux, sont terribles & funestes. II fait en- imte un long raisonnement pour prouver l’imperti- nence d une opinion si contraire au bons sens. Mais Ion poussoir autrefois bien plus loin la superstition ; car on croioit que le tonnerre étoit un bon augure, FOU quand on l’cntendoit du côté droit; & qu’il étoit nu contraire un funeste présage , quand on l’entendoi; du côté gauche. Cicéron nous aprend dans son second Livre de la divination , qu’il n’étoit pas permis de tenir les assemblées publiques lors qu’il tonnoit, Jove tonante , fulgurante , comitia populi habere nefas. Les Anciens croioient que les arbres frapez de la foudre , étoient funestes : ils les apelloient fanaticœ, & ils n’osoient pas les toucher fans les avoir auparavant purifiez ; ainsi dans le Trinummus de Plaute, aéí. 1. fc. 2. un esclave voulant détourner un vieillard d’aler dans une maison de campagne, il lui dit : gardez vous-en bien ; car les arbres y ont été frapez du tonnerre ; les pourceaux y meurent ; les brebis y deviennent galeuses , & y ont perdu entièrement leur laine. En éfet , on observent plusieurs cérémonies pour les purifier. Enfin, on étoit dans cette pensée, que l’on ne devoit pas brûler les corps de ceux que la foudre avoit tuez. Tertulien ', en se moquant de la superstition des Païens , dit dans son Apologie , que ceux que la foudre avoit frapez , étoient du moins exemts du feu après leur mort. Et par une seconde superstition, ils enterroienfcceux que la foudre avoit privez de la vie, dans l’enaroit même où ils avoient été frapez. Voilà ce que les Anciens ont cru. Au reste, j’obferverai en cet endroit, que les Romains ne faisoient pas brûler les corps de ceux qui avoient été tuez par la foudre, Pline , hist. lib. 1. cap. 54. parcs qu’ils étoient persuadez qu’ils avoient été sufisamment purifiez par le feu qui les avoit privez de la vie. Festus, verb. occifum , raporte ces deux Loix fur ce sujet: Homo Ji fulmine nccifus ejì , ei jujìa nulla fieri nportet. L’autre est concûê ainsi : Si hominem fulntìnibus occi- Jìt , ne supra genua toílito. Ce qui se pratiquoit dans les funérailles ordinaires , où l’on mettoit les corps fur les genoux , pour les baiser , & pour les laver, comme Albinovanus l’a exprimé dans ces vers : At miseranda parens soprema neque oscula fixit, Frigida nec movit membra tremente sinu. f On dit d’un homme fort redouté, qu ’il ejì craint comme la foudre. ch On dit aussi d’un homme, d’un cheval qui court avec une grande rapidité , qu’/Y va comme la foudre. * FOUDRE. Ce mot, dans le figuré , est plus ordinairement masculin que féminin. (C’est un foudre de guerre. A peine a-t-il vû le foudre parti pour le mettre en poudre. Mal. Po'éf Braver le foudre & le fer. Scar. Po'éf. Le Prince qui tous les printems le volt avec la même foudre. Voit. Pof. 11 s forgent une foudre dont le coup me fera fatal. Théoph. Povf Un bruit court que le Roi va tout réduire en poudre, Fi dans Valencìcnne ejì entré comme un foudre. Despr. ) * FOUDRE. II signifie la colère de Dieu. Tout chargé de lauriers , craignez encor la foudre. Corneille, Cid.) * FOUDRE. [ Anathema. J 11 se dit des excommunications de 'l’Eglise. ( Les foudres de l’Eglise. Les foudres du Vatican. II a été frapé des foudres de l’Eglise. Patru , plaid. 28- C’est-à-dire , il a été excommunié.) F FOUDRE. On donne ce nom à un grand tonneau dont on se sert en Alemagne, & qui contient plusieurs muids de vin. (Un foudre de vin de Rhin. Le foudre d’Heidelberg est fameux.) FOUDROÏANT , part. [Fulminant. J Qui foudroie. FOUDROÏANT, foudroïante , adj. Plein de feu d’artifice & de doux qui foudroient tout. (Unebombe foudroïante.) * FOUDROïANT , foudroïante , adj. Plein de colère : terrible. ( Regards foudroïans. Yeux foudroïans. Paroles foudroïantes. On a dit de Péricles que c’é- toit un Orateur foudroïant.) FOUDROÎEMENT , J. m. [ Excidium , fulmina/io, everf.o. J L’action de foudroïer. ( Le foudroîement des géans. FOUDROÏER , v. a. [ Fulmina jacere , jaculari. J Fraper de foudre: lancer la foudre fur quelcun. (Jupiter foudroïa les Titans : foudroïer les médians. Abl. Luc. t. 1. Tu laisses impunis les parjures, & t’amuses à foudroïer des chênes & des rochers. Abl. Luc. t. a.) * FOU- FOU * FOUDROÏER. [Fulminare.J Batre à grands coups dc canon. ( L’artillerie a foudroie tous les travaux des ennemis : foudroïer les galères à coups de canon. Abl.') * FOUDROÏER. [Evertere. ] Renverser: ruiner: terrasser. (C’est l’anathême dont il fut foudroie. Pa- tru , plaid. 8- Les Conciles foudroient les hérésies. II foudroie tous les jours l’ignorance ennemie. Voìt. Pots.) C’ejl un de ces MeJJìeurs qui dans P Académie, Foudroient tous les jours l’ignorance ennemie. Voiture. * FOUDROÏER, v. n. Tempêter : mener du bruit : faire de grands éforts pour venir à bout de quelque choie. (II ne pense qu’à la grandeur de son Roi; pour cela il tonne, il foudroie, il mêle le ciel & la terre.) * FOUDROÏER, v. ». Faire de l'êclat, & du bruit dans le monde. (11 est résolu de vous laisser foudroïer tout seul. Cosi.) Inobservation du P. Bouhours mérite d’étre placée en cet endroit. „ Ce mot, soudroier , dans fa „ propre signification, ne s’emploïe qu’en une ren- ,, contre , & c’est quand on veut exprimer qu’un hom- „ me a été frapé de la foudre, en punition de ses „ crimes. Ainsi on dit: Jupiter soudroia les Titans. „ Et si un Saint faisoic tomber le tonnerre sur un im- „ pie, ou si un athée étoit frapé de la foudre, d’u- „ ne maniéré qui masquât un éfet visible de la Justi- „ ce divine, on diroit que l’impie N l’athée ont été „ foudróiez. Hors de là , soudroier n’a point lieu ,, dans le propre, & ce seroit mal dit, qu’un homme „ a été foudroié , qu’une Eglise a été foudroiée , pour „ marquer un accident naturel. II faut dire , qu’un „ homme a été frapé du tonnerre, que le tonnerre eji „ tombé sur une Eglise. Toutes les autres signitìca- „ tions de soudroier, sont plus ou moins métaphori- „ ques. L’artillerie a foudroié tous les travaux des en - „ nemis. Au bruit du carnage ( dit un bon Auteur) „ ils sortirent en bataille de leurs quartiers , s’empare- „ rent des éminences , pointèrent de P artillerie aux ave- „ nuis des principales rués , U foudroiérent les bourgeois, „ à mesure qu’ils aprochoient. Nous disons des Papes ,, & des Conciles, qu’ils foudroient les hérésies ; d’un „ Prédicateur zélé , qu’tl foudroie les, vices. Mr. de „ Condom a écrit dans l’Oraison funèbre de Madame „ la Duchesse d’Orleans : Dieu qui foudroie toutes nos „ grandeurs jusqu’á les réduire en poudre. Et Mr. l’A- „ bé de la Chambre dit dans le Panégyrique de Sain- „ te Rose, en parlant des Vierges folles: Le divin „ Epoux les rejette de Ja présence, les foudroie de ces „ paroles : Retirez-vous, je ne vous cannois point. On „ dit, des yeux foudrdians, des regards]oudroians, „ pour dire, des yeux pleins de colère, des regards ter- „ ribles , esc. Foudróier est quelquefois neutre, & n’a ,, point de régime ”. 4 FOUESNE ,faine ,fayne ,s. f. [Glans fagina.J Ce sont les diférens noms que l’on donne à une sorte de gland ou noisette, qui est le fruit ou semence de l’arbre apellé Hêtre. f FOUeNE, est aussi un instrument à pêcher. II est de fer à cinq ou six petits harpons avec un manche de bois. Les pêcheurs en rivière l’apellent salut. {$ FOUERRE • Faire barbe de fouerre , ou de foirre à Dieu. Ancien proverbe , que Pasquier prétend, dans ses Recherches , liv. g. ch. 6z. „ être ti- „ ré de la Bible, & usurpé contre ceux qui o Isolent „ seulement à Dieu des gerbes de paille feignans „ ofrir des gerbes de blé, pensans apaiser Dieu par „ une tromperie ”. FOUET , s m. [ FlagtUum. ] Prononcez soit. Verges dont on fouéte. (Un bon fouet: un gros fouet. II a pris un fouet & lui en a donné cent coups. 11 en aura, le fouet fait déja clac. Marigni.) FOUET. [ Flagrum , verbera.) Les coups de fouet. Ils sont exposez au fouet & à la potence , Pose. I. 6 . Etre condanné au fouet. Donner le fouet. Avoir le fouet. Condannez le à P amende, ou P il le casse, ««fouet. Racine. Sì de notre quérelle on aprend quelque chose, Hom en aurons le fouet, & vous en ferez cause. Bours. Esope.) (f L’Ordonnance de 1670. tit. r;, art. 13. me( la FOU 73 peine du fouet entré les plus rigoureuses, après ia mort naturelle ; & Loisel dans ses Institutes Costumières , liv. 6. tit. 2. art. r;, dit que la peine du fouet infâme. Le fouet étoit, parmi les Romains , une peine réservée pour punir les esclaves ; ainsi il est dit dans la Loi 10. si' de panis, que les esclaves sont foïietez pour les mêmes crimes, pour lesquels on condamne les libres à être batus avec de petites baguettes qu ils apelloient fujies: c’est de semblables bâtons qu’Kora- ce a entendu parler dans fa troisième Satire du premier Livre. Si vous paroissez (dít-il) en public avec un air de Philosophe, tous ses petits enfans courront après vous, & si vous ne vous servez de votre baguette pour les écarter, vous ne vous debarasserez point: - Quos tu nisi fufle coírces, Urgeris turbâ circum, ssic. Quoiqu’il fût permis aux maîtres de punir les esclaves par le fouet, la Loi défendoit d’user de ce cháti- mpnr aupr moi ^<** r ‘ A . _- pouvoit pas faire foueter un esclave ataché au fond dent on avoit l’usufruit, pour l’obliger à travailler ; ce qui pourtant étoit permis au maître du fond & de l’efclave. On trouve encore que le Patron ne pouvoit pas exercer cette peine fur son afranchi, parce que, sans doute, la liberté que le Patron lui avoit acordée, l’avoit mis à couvert du fouet. L. 23. §. Prœtor,jf. Si-quis in jus, ’çsic. ($ Peu de gens ignorent l’avanture de Saint Paul , & de Silas, qui l’acompagnoit, lors qu’il fut arrêté par les Magistrats de Philippe , & batu de verges, ainsi que Ion disciple : mais ses Magistrats éssraïez par le tremblement de terre qui avoit ouvert les portes de la prison, envolèrent un ordre au geôlier pour les laisser sortir en liberté : mais Saint Paul lui répondit , Quoi ? après nous avoir publiquement batus de verges , nous qui sommes citoïens Romains , ils nous ont mis en prison , & maintenant ils nous en font sortir en secret ? il faut qu’ils viennent eux-mêmes nous en tirer. Ce qu’ils firent. FOiiET. [Scutica. j Ce avec quoi les cochers & les chartiers touchent leurs chevaux , & qui est composé' d’un manche & d’une corde de chanvre, ou de cuir. (Le cocher lui a donné de son fouet par les oreilles.) FOiiET. Terme de Cordier, & de Cocker. Petite ficelle. Petit morceau de ficelle au bout du fouet du cocher. * EUe fait bien claquer son foìiet. [Sibi nomen facit.) C’est-à-dire, qu’elle a bien fait du bruit dans le monde. Sa beauté a fait du bruit. Elie a lait de l’éclat dans 1 e monde. On en a fort parlé. Crime fouetee. Voïez Crime. On dit aussi, tulippe foúetée. [Pariat-a tulippa.) quand elle est marquée de petites raies rouges. FOUETER,®. a. [Flagella excipere, jiageilare.) Prononcez foiter. Donner des coups de fouet, vfoue- ter un enfant.) FOûE'TER. [Spargere.) Terme de Maçon. Jetter le plâtre contre ie mur, ou contre une cloison avec le balai, (fuúeter le plâtre.) FOûE’TER. [Verberares) II se dit du vent qui fou- fie avec violence en quelque lieu. II se dit aussi des canons, & signifie batre. (Les canons qu’on avoit logez fur ce cavalier, fotiétoient dans la campagne & empêchoient les aproches.) FOûE’TER. Terme de Relieur. Lier un livre avec de la ficelle pour en marquer les nerfs. (Foueter un livre.) FOùE'TEUR, f m. [Vlagosus.) Celui qui aime à fotiéter. (Ce Régent étoit un grand foiiéteur.) FOUCADE, foucade , s. s. [ Cuniculm.J Quel- ques-uns disent foucade pour fougade, mais mal. L’u- íage est pour fougade. Petite mine , ou fourneau pour faire sauter une muraille. (Faire jouer une fougade. La fougade a joué.) FOUGER , V> ,a. Terme de Chasse, qui se dit du sanglier , quand il arrache la racine des fougères & autres plantes, avec son boutoir. FOUGF.'RK .s.s. [ Filix .] plante qui croît aux forêts & aux montagnes, qui ne porte ni fleur ni fruit , & qui a ses feínlles découpées & étendues en aile d’oifeau. (Fougère mâle, fougère femelle. Être couché fur la fougère. Star. Tome II. K Quel 74 FOU Quel fruit ici puis je prétendre De charmer des hiboux , ou bien des etoumeaux Ou tout au plus quelque jeune bergére, , Qui bien souvent encor fur la tendre fougere, Aime mieux s’én faire conter Par son amant que niécouter. DuTrouíTet.) * ÍOUGE'RE. Verre fait de fougère. (Le vin rit dans la fougère. Despr. fat.) ép FOUGE'RE aquatique , ou Osmonde. [Filixfiorida aquatica .2 Sa racine est aperitive , incisive, deteríìve, vulnéraire & propre pour la colique néphrétique. «f FOUGERAïE, s.s. [ FìtiClum. ] Lieu où il eroît bien de la fougère. Danet. FOUGON,/ m. Terme de Mer. C’est la cuisine du vaisseau. (11 fe consume force bois aufougon.) FOUGUE t s f f Subi tarins impetm, ardor animi.J Ce mot fe dit du cheval, & veut dire, emportement. (Prévenir la fougue d’un cheval. (Test un cheval qui a trop de fougue.) II fe dit aussi de quelques autres animaux. FOUGUE. Colère : vigueur. (Tant que l'on est dans la Fougue de l'àge , on chante , on rit. Eenserade , rond. II est en fougue contre lui.) ch On apelle , les fougues de la jeunesse , l’emporte- ment que les jeunes gens ont pour les plaisirs. ch FOUGUE. On apelle mât de fougue, le mât d’ar- timon. On dit aussi, vergue de fougue, perroquet de fougue. FOUGUE. Ce mot fc dit en parlant de l’efprit des Poètes , & signifie , feu d’esprit , verve & transport agréable & charmant de l’eQjrit. (Quand la fougue me quite, Du plut haut au plut bas mon vers fe précipite. Abé Régnier, fat. x.) Brébeuf, dans fa traduction de la Pharsale, pousse la fougue de Lucain, en nôtre langue, plus loin qu’elle ne va dans la sienne. S. Evremont , Réflexion sur les Traducteurs. FOUGUEUX , fougueuse , adj. [ Vehemens, fervidus , viohntui, prafervidits.) Ce mot fe dit du cheval, & veut dire, qui a de la fougue. Cheval fougueux : cavale fougueuse. Le tigre écumeux U bouillant, De fa course fougueuse étonne son rivage.) 4 = FOUGUEUX , se dit aussi d’un homme violent, emporté, sujet à entrer en fougue. (II est extrêmement fougueux.) f FOUIC, / m. Plante ou arbrisseau, qui croît en divers endroits de France fans être cultivé, & dont la feuille sert à teindre en noir. FOùILLE , s.s [Possìo .] Ce mot n’est que de deux ílabes. Action de celui qui fouille la terre. (Faire la foíiille des terres : faire une fouille.) FOtiILLER, v. a. [F’odere.) Terme de Maçon. Chercher dans la terre, une terre propre pour une fondation. (Fouiller ies terres pour bâtir.) FOUILLER. [Scrutari, invejìigare, quaritare, excuser es) Chercher dans quelque chose: chercher fur quel- cun. (Fouiller dans un cosse: fouiller les fépulchres. Abl. apoph. Fouiller quelcun. Voit. I. 91.) (FOUILLER dans les monumens de Pantiquité. Flé- chier , vie de Commendon, l. i.ch. 17.) $ * FOùILLER les cendres des morts. C’est faire une recherche odieuse de la vie d’un homme mort. FOÙILLE-MERDE, f m. {Scarabem.} Efcarbot. Infecte qui vit de fiente & d’ordure. 11 fe dit figurément de ceux qui parlent ou qui écrivent des matières déshonnêtes. FOiilNE, f f. {Martes!} Martre domestique, qui est d’une couleur fauve qui tire fur le noir. Elle a le dessous de la gorge blanc, & est grosse comme un chat, mais elle est plus longue. (La fouine mange les poules ^ les pigeons & les poulets, & en avale les œufs.) jQf L’Àuteur des Ruses innocentes, liv. ;. ch, 19. décrit cet engin, dont il dit que l’on fe sert en Flandres pour prendre des anguilles : mais comme il n’est pas en usage parmi nous, je me contente d’indiquer 1 endroit ou 1 on poura en prendre connoissance. FOuIR, «. a [Forffre.] Creuser. Fouir la terre- ( Continue de fouir , tu trouveras un trésor. JjPi» JuliC») FOU H FOUïSSEMENT , / m. ÍF0JI0, fissura.} L’a- ction de fouir. Danet. FOULE,//* {Turha , multitudo.} Multitude: quantité. (II y a une foule de gens à sa porte. Une foule de mots barbares. Abl. Luc. La foule des visites Pacable. Scar. La foule révoltée Ne donne à P écouter qu'une oreille irritée. Vill.) H * 5e tirer de la foule. Se distinguer, fe tirer du commun. f FOULE ,~se dit pour, opreffion, vexation indue & violente. (Cet Edit va à la foule du Peuple. Les partisans travaillent à la foule des Peuples.) 4 = FOULE. Terme de ManufaClure. II fe dit dc la préparation des draps, des ratines, des serges & autres étofes de laine , qu’on leur donne en les foulant par le moïen d’un moulin , afin de les rendre plus serrées, plus fortes, & d’un meilleur service. (Ce drap s’est racourci à la foule. 11 en coute tant pour la foule de cette piéce.) 4 FOULE, se dit dans le même sens à l’égard des bas, des bonnets, & autres semblables ouvrages de laine, même des chapeaux. En foule, adv. [Confertim.J En grande quantité, en grand nombre à la fois. (Venir en foule.) A la foule, adv. En foule. (Entrer à la foule. Sortir à la foule.) FOULE'E,// Terme de Chasse. Traces d’un cerf fur l’herbe , ou fur des feuilles. í FOULE'E. Terme de Chamoifeur. II signifie un certain nombre de peaux de mouton ou de chèvre, ausquelles on a donné l’huile, & qu’on a mises par pelottes , pour les faire plus commodément fouler dans la pile du moulin à foulon. Chaque foulée est ordinairement composée de vingt douzaines de peaux. FOULER» t>. a. {Conculcare , calcare, congerere, opprimere, vexare .] Marcher à dessein fur quelque c hofe, afin de la gâter. (Fouler des fleurs aux piez.) FOULER. {Calcare uvas.J Terme de Vigneron. C’est écraser les grapes de raisin avec les piez. (Fouler «ne cuvé.) FOULER. {Stipare.} Terme de Bonnetier. C’est manier & acommoder avec de l’eau la besogne dans ta fouloire. FOULER. {Stipare pìleum.} Terme de Chapelier. C’est manier le chapeau à force de bras fur la fouloire. Fouler un chapeau. Chapeau bien foulé.) 4 = FOULER le cuir. C’est un des aprêts qui est le plus souvent repeté dans la préparation des cuirs courroïez. La première fois qu’on le foule, fe nomme fouler pour amollir, ce qui fe fait avec les piez, après que le cuir a resté quelque tems dans un tonneau d’eau : la seconde fois, c’est fouler pour retenir : la troisième fois, c’est fouler pour apointer : enfin on le foule après qu’il a été mis en suif, & c’est fouler pour crépir. 4 = FOULER le cuir. C’est aussi chez les Hongrieurs, agiter & presser le cuir, en marchant dessus dans un long cuvier en forme de baignoire, où l’on a versé de l’eau chaude, dans laquelle auparavant l’on a fait dissoudre du sel & de P alun. FOULER. [Equus fatìfcit .] Ce mot se dit des chevaux, & veut dire, fatiguer extrêmement. (Fouler un cheval. Un cheval las & foulé.) FOULER. Ce mot fe dit aussi des nerfs des chevaux , & de ceux des hommes, & veut dire, qui est offensé, blessé. Nerf foulé.) FOULER. Terme de Jardinier. II se dit des oignons , des carotes, des panais k autres racines, dont on rompt les montans & les feuilles vers le commencement d’Aoút, pour empêcher que la fève n’y monte pas d’avantage, & qu’ainsi elle demeure au-dedans de la terre, & soit emploïée à grossir la racine. Fouler des carotes, &c. * FOULER aux piez. {Contemnere, aspernari, ohii- dere.} Mépriser. (Ils foulent aux piez les privilèges des mendians. Patru, plaid, q.) * Ceux de Crète étoient foulez par les garnisons. Vaug. Quint. I. 4. C’est-à-dire , étoient oprimez. FOULEE, / / C Calcatorium.} Terme de Chape- tin. FOU lier. Endroit de la maison où l’on foule les chapeaux. (Porter des chapeaux à la soûlerie.) FOULEUR,/ m.ffullost Celui qui foule les gra- pes de raisin. (Les Fûuleurs font dans la cuve.) f FOULI, / f. Les Chinois nomment ainsi le piment. Ils en tirent quantité des Hollandais. FOULOIRE , s. m. [Calcatoriumst Terme de Chapelier. Table qui va un peu en panchant fur une chaudière pleine de lie chaude , fur laquelle on foule les chapeaux. Danet fait ce nom masculin. FOULOIRE. Terme de Bonnetier. Maniéré de gros cuvier, où il y a un râtelier garni de dens de beufpour fouler les bas & autres choses. FOULON , / »*. £Ful/ost Ouvrier bonnetier qui foule les bas, & autres choses de laine, & les blanchit. (Un tel maître a tant de foulons chez lui. Ses vétemens parurent blancs comme la nége, & d’une blancheur que nul foulon fur la terre ne pouroit jamais égaler. Port-Royal , nouveau Testament, S. Mare, ch. 9. Envoyer au foulon. Ahlancourt.') FOULQUE»/' «*. {Fulica, larm niger , larus pul- lusst Oiseau de rivière que quelques-uns apellent diable, à cause de sa noirceur. FOULURE ,s / [Obtritìo , oblijsost Ce mot se dit en parlant de chevaux. Mal qui vient à un cheval pour avoir été trop foulé. Pour avoir quelque nerf foulé. f FOULURE. Action par laquelle on foule. 11 se dit aullì de la t'aqonquele foulon donne auxétofes en les foulant. ch FOULURE. Les Courroieurs ont deux sortes de foulure ; la foulure à sec, & la foulure avec mouillage. L’une & i’autre se fait avec les piez. FOUR,/ m.fFumus , clibanusst Endroit briquets L voûté qu'cn chause avecdu bois pour cuire toute forte de pain & de pâtisserie. rUn four banal. Chauler le four. Mettre le pain au four. Tirer des pains du four. Le four est chaud. Ce pain a eu trop de tour; c’est-à-dire, il a eu trop de feu , il est est trop cuit.) 0 Suivant l’article 190. de la Coutume de Paris , celui qui veut faire bâtir un four, doit laisser un demi pie de vuide , entre ie mur du bâtiment & celui du four, lequel mur du four doit être d’un pié d’é- paisseur. 0 FOUR banal. La plus grande partie des Coutumes ont introduit des fours banaux, où l’on doit faire cuire le pain, fans qu’il soit permis aux particuliers d’en avoir chez eux pour leur usage : quelques- unes ont eu des égards pour les Ecclésiastiques, & pour les Nobles ; votez l’article ;6. de la Coutume du Maine. Les Coutumes d’Anjou & du Maine traitent également à cet égard les Eclésiastiques & les Nobles. 11 semble que celle de Poitou, art. 42. n’e- xemte de la banalité que les Nobles, ne faisant aucune mention des Eclesiastiques : cependant Lelet, fur cet article, prétend que ces mots, personne roturière, dont la Coutume se sert, étant inclusifs , exceptent les Eclésiastiques comme les Nobles , outre que la profession ecleliastique rend nobles les personnes qui l’exercent. Mais il faut entendre ces Coutumes comme une exception à la régie générale ; enserre que dans les lieux où il n’y a point d’exception pour les Nobles & pour les Eclésiastiques, ils fontal- fujétis à la banalité du four , comme il a été jugé par les Arrêts que Ricard a raportez fur fart. 71. de la Coutume de Paris, fur ce fondement que la banalité n'est pas une servitude roturière , ni dérogeante. Voïez auffi Brodeau. Jur le mime article ; Mr. deBoif- Jleux , dans son traité de íusage des fiefs , part. 1. cb. 59. Mr. Le Prestre , cent. ch. ;2. (V? les Arrêts d’Albert. ch Piéce de four. Un gâteau, & autres semblables pièces de pâtisserie. ch On dit prov. d’un lieu où il fait extrêmement chaud , qu 'ily fait chaud comme dans un four s ct d’un lieu obscur , qu’// y fait noir comme dans un four. ch Ce n'est pus pour vous que le four chause. C’est-à-dire , prov. Ce n’est pas pour vous qu’une telle chose est destinée. ch FOUR, sc dit des lieux voûtez & ouverts par en haut, où l’on fait cuire !a chaux , la brique , le plâtre , ct c. (Four à chaux, four à brique, four à plâtre , four de verrerie.) ch FOUR. On apelle ainsi* le lieu où l’on cache FOU 75 ceux que l’on enrôle par force. (II a été trots jours dans un four.) FOUR. Terme de Comédiens. Ils disent nous avons fait un four ; c’est-à-dire , nous n’avons eu personne pour voir la comédie, ou nous en avons eu si peu, que nous avons été contraints de rendre l’argent , parce- que si nous eussions joué , nous n’en eussions pas eu pour païer nos frais. FOURBE, adj. [Vafer , veteratnr , frauduhntusst Trompeur. Celui qui sous couleur d’amitié découvre les fentimens d’une personne pour en user mal dans la fuite. (11 est fourbe comme un Italien. Esprit fourbe. Elle est fourbe.) FOURBE,/, m. Trompeur. (Cest un insigne fourbe. II n’estimeit d’habiles que les fourbes. Abl. ret. I. 2. c. 4. Du Clérat est un fourbe de la première classe. On n’a pour les fourbes , ni confiance, ni estime. Chétardie , instruflion pour un Seigneur. II court parmi le monde un livre abominable , Un livre à mériter la derniere rigueur, Dont le fourbe ale front de me faire fauteur. Mol. ) 0 Le mot, fourbe, est très-ofenfant, il est expressif. Le Menteur de Mr. Corneille : Ah ! je dis à mon tour , qu’il est fourbe, Madame t C’est bien aimer la fourbe , U savoir bien en main , Que de prendre plaisir à fourbes fans dessein. FOURBE,/ / [Fraus , dolus , stropba.] Fourberie; tromperie. (Faire une fourbe à quelcun.) FOURBER , v. a. [I.udificare , fallere , in fraudent inducere .) Faire quelque tromperie à une pesonne. (Les fripons fourbent les gens avec plaisir. Voïez Schef- fer , histoire des Lapons.) FOURBERIE , / f. [Fraus , dolus , astusst Tromperie. çUne insigne fourberie. Je ne trouve par tout que lâche flaterie , Qu’in justice , intérêt , trahison, fourberie. Mol. ) FOURBIR., v. a. [D et ergère , polir est Terme de Fourbisseur. C’est polir & éclaircir avec ì’émeri. (Fourbir une lame d’epée.) 0 Les Italiens sc fervent de forbir, dans le même sens. Redi, dans son poème Bacco in Toscana ; Cantinette , è cantiplore Stieno in pronto a tutee fore, Con [orbite bombolette. Cet Auteur explique lui-même le mot forbìto dans les notes qu’il a faites fur son poème , jbrbito vale net- to , polito t 11 croit que ce mot est de l’ancien Pro- venqal, ct il cite ces deux vers : El feu drutz Avinen, gai , è forbitz. f * FOURBIR. Ternie libre, bas & burlesque , qui signifie ce que les Latins apellent cotre. FOURBISSEUR , / m. [Pohtor , samiarimst Artisan qui garnit, monte & vend de toutes fortes d’épées. (Un bon fourbisseur.) FOURBISSURE,/ / [Politurast L’action de fourbir & de néteïer des armes. FOURBU, frurbuí , sorbu, frnrbuê , adj. f Vexa- tusst L’un & l’autre se dit, mais fourbu est plus en usage, & il veut dire , qui est incommodé d’une fourbure: (Cheval fourbu. Cavale fourbuê Que je fois fourbu est perclus, Quand je ne boirai pires. Scar. Poéf.) FOURBURE , forbure , / / [Vexatìost L’un & l’autre ie dit : mais fourbure est ie plus en usage. (La sourbure vient aux chevaux par une extraordinaire chaleur causée par quelque exercice violent, une fatigue infuportable, ce qui fait fondre les humeurs qui décendent aux parties ufoiblies ; de forte que les nerfs sc bouchent, les muscles s’enflent & les jambes se roidissent. Soleisel, parfait Maréchal.) FOURCATS ou Fourques. [Furcast Terme de Marine. Pièces fourchues de bois qu’on pose debout, les fourches en haut fur les deux bouts de !a quille des vaisseaux pour en donner les façons. Acad. Fr. 0 FOURCELLE. Ancien mot. Joinvílle s’en est, servi: lime demanda par une fois enChipre, pourquoi je ne metioye de l’eau en mosi vin j 0 je luy repondy que ce faisaient les Médecins ffr Chirurgiens, qui me Uifoient Tome I, Kî que 7 6 FOU que savais me grosse tejìe & une froide fourceUe , %?#. Le Roman de Perceval : Le fiert au pis de la mamelle., Le fer li met en la fourceUe , Le cuer li tranche , mort f abat. La fourceUe , c’est la poitrine. /r FOUR CH AGE- Lignage, fourchage , & branchage sont des termes sinonimes, dans quelques Coutumes! Un père a plusieurs enfans, dont deux , par exemple, se marient, & ont des enfans, & forment ainsi deux branches partant d’une même tige : ces branches font apellées, ou lignes , ou fourchages, ou branchages Voïez les diverses Coutumes de France. FOURCHE, f- f [Fur c a.] Instrument champêtre qui a un manche long de trois ou quatre piez avec deux ou trois fourchons de bois ou de fer au bout de ce manche. (Fourche rompue.) f * Penser les chevaux à la fourche. C’est les pen- fer mal, & les batre au lieu de les étriller. î * Faire une chose à la fourche. C’est la faire mal, & négligemment. f * Etre traité à la fourche ; c’est-à-dire, etre maltraité. . FOURCHE. [ Merga. ] Instrument qui a deux ou trois fourchons de fer, & qui sert à remuer du fumier. f FOURCHE, fe dit d’une longue perche, armée au bout d’un demi cercle de fer, dont les Marchands fe servent pour mettre & ôter les étalages qu’ils ont coutume de pendre fur le devant de leurs boutiques, & des crochets attachez aux auvents. FOURCHE', fourchée , adj. Voïez Fourchu. FOURCHER, v. n. [Fundì , dirimi m furcam.] Ternie de Jardinier. C’est pousser à l’extrémité de la branche taillée d’autres branches, l’une d’un côté, l’autre de l’autre, comme si c’étoirune fourche. (Branche qui fourche bien. Rameaux qui fourchent. Plus les arbres font coupez, & plus ils fourchent. Au contraire, les cheveux fourchent quand ils ne font pas coupez, & qu’on les laisse croître.) * FOURCHER. [Bijpertiri.] 11 fe dit aussi des chemins qui fe divisent en deux ou trois autres chemins, à la maniéré d’une fourche. (Chemin qui fourche.) * FOURCHER. [VaciUari , titubante linguâ loqui .] Ce mot fe dit, au figuré, de la langue, lors que fans y penser, elle prononce un mot pour un autre. (Sa langue a fourché.) Se fourcher , v. r. [In furcam dejìnere , dividi.] Finir en maniéré de fourche. FOURCHES patibulaires. [Patibulum , gabalus, fur- ca.] Terme de Palais. Piliers qui marquent qu’elle forte de Justice un Seigneur fait exercer fur ses terres, & qui marquent aussi quel est le titre de fa Terre , si c’est une Châtellenie, Comté, Baronie, &c. fff FOURCHES patibulaires. Ce font des marques de la Jurildiction du Seigneur du lieu où elles font plantées : on a eu deux raisons pour les établir ; la prémiére est, comme je viens de le dire, pour marquer la jurifdiction &la possession du Seigneur; & la seconde, pour inspirer de la crainte par la vûë du lieu où l’on punit ceux qui commettent des crimes , dont la peine est la privation de la vie. C’est par cette dernière raison que l’on place les fourches patibulaires fur les lieux les plus élevez de la Jurifdiction, afin que tout le monde puisse les apercevoir : & si le Seigneur n’a pas dans ses fonds un endroit élevé & propre à y planter des fourches, il peut obliger le propriétaire du fond propre à cet établissement, de le vendre , ou du moins l’efpace nécessaire , parce qu’il est de l’in- térêt du public, que les fourches soient aperçues de tout le monde. C’est le sentiment de Dupont fur la Coutume de Blois, art. i;. Comme les fourches patibulaires ne font destinées que pour le dernier fu- plice, il n’y a que les Seigneurs qui ont la haute- Juftice , qui puissent avoir des fourches patibulaires, dont la forme & le nombre dépendent de la qualité du Seigneur, en quoi les Coùtumes ne s’acordent pas en- tierement. (f Brantôme a remarqué dans la Vie de Charles- Quint, qu il faluoit tous les gibets qu’il rencontroit fur les chemins. -j- FOURCHES. Les carriers donnent ce nom aux soutiens fur lelquels roulent par les deux bouts l’arbre de leur roue, ou le treuil de leur moulinet, i */ 0 ,y RCH ? s ; Terme d’Ouvrier en gaze. Ce font les ficelles, qui dans le metier des Gaziers tiennent les U-icttes. On Les apelle aussi Arbalkrts. FOU FOURCHET, s : m. [ Furunculus.] Fronde ou autre apostume qui vient entre deux doigts, où il fe fait comme une maniéré de fourchette. FOURCHETTE , f. f. [Furcuta , furcilla.] Terme de Vigneron , qui se dit de certains filets fourchez que la vigne pousse, & par lesquels elle s’atache aux branches qu’elle rencontre. FOURCHETTE, f. f. [ Fujcinula .] Petit instrumente de métal, de bonis, ou d’ivoire, qur a un manche, & deux, trois, ou quatre fourchons, dont on fe sert à table pour prendre & manger la viande. (Fourchette fort belle & fort bien faite. ) On sc sert aussi à la cuisine de fourchettes de fer pour prendre la viande. FOURCHETTE. C’est aussi un instrument de Guerre. C’est un bâton ferré d’un fer fourchu fur lequel on pose un mousquet fort pesant, pour le tirer avec plus de facilité. FOURCHETTE. [Cornea forcula.J C’est une partie du pié d’un cheval. C’est une espèce de corne tendre, qui fait une espèce d’arrête fur le milieu de fa sole, & qui se partage en deux branches vers le talon, en façon de fourche. (II vient pluiìeurs maladies dangereuses à la fourchette d’un cheval.) FOURCHETTE d’arbalête. [BalliJLe furcilla .] Ce sont deux petits morceaux de fer en forme de petit bâton, au bout de la monture de l’arbalête, au milieu defquels il y a un fil où l’on met un grain pour conduire l’œil. FOURCHETTE. [PeUieea furcilla.] Terme de Gantier. Petites bandes de cuir qui sont le long des doigts des gants. (Faire les fourchettes des gants.) FOURCHETTE de caroffe. Pièce de bois en forme de fourche fur le rond & fous le marchepié du cocher. Morceau de bois au bout duquel y a un fer en fourche pour arrêter le caresse. FOURCHON, f. m. [ Dens , cornu.'] C’est une des branches d’une fourche, ou de celles d’une fourchette avec quoi on prend & on tient ce qu’on veut manger. (Une fourchette à trois fourchons.) FOURCHON. Terme de Jardinier. C’est l’endroit où sortent deux branches. (II faut prendre garde qu» le fourchon n’éclate. Quint. jard. fruit. t. i.) FOURCHU, fourchue , adj. [ Bifidus , bicornis.] Qui est fait en fourche. (Le mont Parnasse est fourchu. Abl. Luc. Pié fourchu.) C’est tout le bétail qui a le pié fendu, comme beufs, moutons, &c. f On dit, arbre fourchu, menton fourchu , barbe fourchue. f Faire le poirier fourchu. C’est avoir la tête en bas & les piez en haut écartez l’un de l’autre. Chemin fourchu, fl ter bivium.] Qui aboutit à deux ou plusieurs chemins. FOURCHURE , f. f. [Difcrimen , nexus , commis >.] C’est l’endroit où une chose commence à se fourcher. (La fourchure des doigts, la fourchure des cheveux, &c. f FOURE'E, f- f. Efpéce de soude qu’on fait en Espagne avec des herbes brûlées. Elle entre dans la fabrique des savons ; mais elle n’y est pas si bonne que les cendres du Levant. FOURGON, f. m. [Carruca.] Charette avec un timon pour porter à l’armée, de la baterie de cuisine, & des provisions de bouche. (Nôtre fourgon est versé : fourgon embourbé. Tout le peuple attentif au bruit de ces mulets , Verra pajfer au loin fur tout fourgons, valets. Poète anonyme.) FOURGON. [Cont us furnarius.] Terme de Boulanger. Instrument pour remuer la braise & le bois du four. Le mot de fourgon , en ce sens, n’est pas en usage à Paris. En fa place on sc sert du mot de rable, qui est ce que les Boulangers provinciaux nomment fourgon. FOURGONNER, v. a. [Conto versare.] Mos bas, pour dire, remuer la braise, & les tisons du feu. (II ne fait que fourgonner dans le feu.) f * FOURGONNER, signifie aussi dans le stile bas, fouiller mal adroitement en brouillant, & en mettant tout fans dessus dessous. (II fourgonne par tout.) FOURMI, / /• II vient du Latin formica. Sorte de_ petit infecte noir qui ne vole pas, & qui pendant l’hiver vit du grain qu’il amasse l’été. (La fourmi est prudente. Abl. XI y a des fourmis plus grandes que FOU que des renards. Voit. I. 90. II y a aussi des fourmis rousses & des fourmis blanches. II y a quelques fourmis qui ont des ailes. On trouve dans les Indes des fourmis aussi grandes que des chiens d’une médiocre taille, & ces fourmis mordent, & font cruelles. Cime- lia literaria, ch. 14.) La. fourmi n’est pus prêteuse, C’eji là son moindre défaut. La Font.) FOURMILLEMENT , s m. [Formicatios Picotement, démangeaison, comme lì on fentoit des fourmis courir fur la peau. (Sentir un fourmillement par tout le corps.) t * FOURMILLER , v. ». [Affluere, abundare , satires Paroitre en grand nombre, & en maniéré d’une multitude de fourmis. (Tout fourmille d’eíprits fo- lets. Gomb. ép. L 2. En quelque endroit que faille , il saut fendre la presse, D’un Peuple dlimportuns qui fourmillent fans cesse. Defpr.) < 3 f Le même Auteur dit dans son Art Poétique , chant, prémìer : C’eji peu qu’en un Ouvrage où les sautes fourmillent, Des traits d’esprit semez de tems en tems pétillent. Je n’avois pas cru jusques à présent, que fourmiller fût au beau stile, & je ne le croirai pas si je ne le vois dans d’autres Ecrivains qui puissent être du crédit & de l’autorité de Mr. Defpreaux. FOURMILLIE'RE , f. f. [Formicarum nidrn , cavtss , cubile. ] Petit endroit de terre creusé où se retirent les fourmis, & où durant l’été elles portent de quoi vivre durant l’hiver. (Fourmilliére pleine de fourmis. Les Villes me paroissent comme des fourmilliéres, où l’on voioit des fourmis ocupées à porter des grains de blé. Ab/. Luc. t. 2.) FOURNAISE,//! [Fornax.] Ouvrage de Maçonnerie, creux & muré en forme de four avec une bouche pour y mettre le feu. (Le Cantique des trois Enfans dans la fournaise. Le juste est éprouvé dans l’adversité, comme l’or dans la fournaise.) f FOURNAISE. Terme de Monoieurs. C’est le lieu où est leur banc & leur enclume, tant pour batre carreaux, que pour flatir & rechaufer les flaons, & donner quelques autres façons à la tnonoïe. FOURNALISTE, f m. On donne ce nom à quelques potiers de terre, qui seuls ont droit de faire les fourneaux de ciment de toute forte, & les creusets de quelque forme & grandeur que ce soit, & à quelque usage qu’ils soient destinez. FOURNEAU , f m. [Camìnus, fornacula. ) Vaisseau composé de terre d’argile, garni d’un foïer, d’une grille & d’un cendrier, propre à faire bouillir une huguenote, ou à servir aux opérations chimiques. (Fourneau portatif : fourneau d’Apoticaire, de Chimiste, de Verrier, &c. fourneau à chaux : fourneau de Charbonnier : fourneau de forge ; fourneau d’Or- févre, &c. FOURNEAU. Terme d 'Ingénieur. Trou de dix ou de douze piez, où l’on met de la poudre pour faire sauter une muraille. (Faire jouer un fourneau.) FOURNE’E , f /• [Panes furnaceis C’est un four plein de pains, ou de pâtisserie. /Une grosse fournée de pains. Une petite fournée d’échaudez. Prémiére, seconde fournée.) t * II a pris un pain fur la fournée. Ces mots se disent proverbialement d’un homme qui a fait un enfant à une fille avant la célébration du mariage. FOURNIER , f m. [ Furnarius , pijlors Celui qui est fermier d’un four banal, qui fait cuire le pain des particuliers qui vont cuire à ce four. On dit aussi, une fourniére , f /_ C’est ou la femme du sommier, ou une femme qui fait cuire le pain dans un four bannal. FOURNIL , f m. [ Furnarium , cubiculum fur- niles Lieu particulier dans les maisons où est le four. FOURNIMENT , f m. Etui de bois ou de corne á mettre de la poudre, que portent ceux qui ont des armes à feu, pour les charger. FOU 77 FOURNIR, v. a. [Suppeditare, prabere.] Donner. Pourvoir de choses nécessaires. Le mot de fournir a trois constructions diférentes. On dit, la rivière leur fournit le sel, leur fournit du sel, & les fournit de sel. Cette dernière façon de parler est la meilleure. Vaug. rem. Pour soulager les misérables, Et fournir à tous leurs besoins, Des prisons on me voit courir aux incurables , Sans épargner peines ni foins. Rec. de Bouh.) * EOURNIR. [Coìuplere, perficcre, absolveres 11 signifie quelquefois achever. (Fournir Ja carrière.) Ces mots se disent tant au propre, qu’au figuré. * FOURNIR. [Suggérer es Terme de Pal ai-. II si. gnifie donner & produire quelques écrits. (Fournir de griefs, fournir de défenses.) 0 FOURNIR. La clause par laquelle on s’engage de fournir, faire valoir, U paier , est à présent très-usitée en France, on elle a passé des Pais Coutumiers, dans les Provinces du Droit écrit. L’éfet de cette clause est d’obliger la personne qui s’y engage, en- sorte que l’on ne peut être reçu au déguerpissement. La Coutume de Paris, art. 109. nous donne une parfaite intelligence de l’éfet de cette clause : Si aucun a pris un héritage à cens ou rente, à certain prix par chacun an, il y peut renoncer en jugement, partie présente ou apeílée, en paiant tous les arréragés du passé , U le terme ensuivant, jaçoit que par lettres il eùt promis paier ladite rente , ff obligé tous ses biens , s entend tant qu’il ejì propriétaire. Voilà l’idée générale du déguerpissement : j’achéte un fond fous la rente annuelle de 100. livres, que je m’oblige de paier fous l’obligation de tous mes biens: je reconnois dans la fuite , que cette rente est excessive ; je puis abandonner le fond au vendeur, ou à ses héritiers, cn le faisant prononcer en justice avec eux, ou dûëment apellez, & à la charge de paier les arrérages de la rente, & le courant, lans que l’on puisse m’opofer que je me fuis obligé de paier la rente, & que j’ai même obligé tous mes biens, parceque cette obligation ne subside qu’autant que je jouirai ; mais elle ne m’exclut pas de la faculté d’abandonner le fond , s’il m’eft plus onéreux qu’utile. II y a une exception à cette régie, que la Coutume a introduite en ces termes : Sinon que par les Lettres d’accenfiment il eùt promis mettre aucun amendement , ce qu’il n’eùt fait ; ou qu’il eùt promis fournir ffj faire valoir ladite rente, & à ce obligé tous ses biens, en laissant toutefois l’héritage en auffi bon état qu’il étoit au tems de la prise. Si j’ai promis de faire des augmentations dans les fonds ou dans les bâtimens, aufquelles je n’ai pas satisfait, je ne fuis pas reçu au déguerpissement. Si j'ai, promis de fournir & faire valoir la rente, & obligé tous mes biens, je ne puis point être reçu au déguerpissement ; il faut que je paie la rente de mon propre bien, quelque excessive qu’el- le soit, & quelque accidents qui puisse arriver, & qui en diminué les fruits. Enfin je dois laisser le fond dans le même état que je l’ai reçu, si je fuis en droit de déguerpir. Mais comme il peut arriver que l’aque- reur, sous une rente qu’il a promis de fournir & faire valoir , aliéné le fond sous l’expreflion de la rente feulement, fans énoncer la clause de fournir & faire valoir , on peut, scion la même Coûtume de Paris, dans l’article 10. déguerpir, pourvu qu’il n’ait promit expressément acquitter garantir son vendeur bailleur. Plusieurs Coùtumes Pont de même décidé ; & quelques-unes, comme celles de Sens & d’Auxerre, ajoûtent que l’héritier de l’aquereur, sous la clause de fournir & faire valoir, ne peut point se dispenser d’aquiter la rente , ni déguerpir. * FOURNIR. 11 se dit au figure. Sa mémoire lui fournit toujours de quoi entretenir la compagnie. C’est un esprit vaste & promt qui fournit à tout.) \ * II le faut fournir de fil Çf d’aiguille. Proverbe, pour dire, il le faut fournir de toutes choses. H FOURNISSEMENT, s m. [Suppeditatios Terme de Commerce. C’est le fond que chaque associé doit mettre dans une société. Compte de fournissement, c’est le compte de ce que chaque associé doit fournir dans une société, une entreprise, une manufacture, une cargaison de navire, &c. «J FOURNISSEUR,/™. [Fmbitors Celui qui K ) xoM- 78 FOU FOURNITURE , / f [PrAitio , suppeditatio.} Tout ce qui est nécessaire pour quelque besoin d’une maison, ou d’une famille particulière. (Nous avons nôtre fourniture d’huile : faire fa fourniture de beurre.) FOURNITURE. Terme d 'Organiste, jeux qu’on mêle avec les autres jeux, lorfqu’on joue de l’orgue. FOURNITURE. Ce mot té dit en parlant de salade ; ce sont les petites herbes d’une salade, telles que font le baume, l'estragon , la pimpinelle, le pourpier, le cerfeuil, &c. (Cette salade seroit assez bonne, s’il y avoir un peu plus de fourniture. Aportez-nous de la salade avec une bonne fourniture de toutes sortes d’herbes.) FOURNITURE. [ Supplementum.} Terme de Tailleur. C’eít la foie, le fil, les poches, & autres petites choies. (Les fournitures d’un habit montent haut.) FOURNITURE. Terme de Gantier. Morceaux de peau pour faire les pouces, les fourchettes, & les coins des gants.) FOURRAGE, / m. [Pabulum.} C’est la paille & le foin, ou autre pareille chose qu’on donne I'hiver au bétail. On apelle auffi fourrage les herbes qu’on va chercher pour donner aux chevaux lors qu’on est à l’armée. (De bon ou de méchant fourrage : aler au fourrage : envoler au fourrage. Abl. Arr.) £ Les grands fourrages demandent de grandes précautions & des mesures prises d’avance ; car des fourrages naissent souvent de grands desseins & des évene- mens extraordinaires. Ce font des o calions dont peu de Généraux savent profiter, pour ruiner tout d’un coup une armée. Tout ce qui regarde les fourrages est traité au long dans le Polybe de Mr. de Foìard , Tom. IV. FOURRAGER , v. a. [Comparare pabulum , pradari, inferre vafliiatem .] Terme de Guerre. Ravager : faire du dégât dans un pais : enlever tous les fourrages, les ruiner. (Fourrager la campagne. Vaug. Quint. I. 4. Fourrager le plat-païs. Abl.) FOURRAGER. [ Pabulari , vajìare.} II fe dit des bêtes qui gâtent les blez, les jardins , &c. (Les cerfs, les sangliers, les ours, ont fourragé les blez voisins de cette forêt : les lapins ont fourragé nôtre jardin.) FOURRAGEUR, f m. [ Pabulator.} Celui qui va au fourrage, lors qu’il esta l’armée. (Nos fourrageurs ont cté chargez par les ennemis. Abl.) f Pais fourré. C’est un pais rempli de bois, de haïes , &c. (Nous fîmes une marche disicile par un pais fourré.) $ Bois fourre'. C’est un bois fort garni de brossai 1- les & d’épines. f Langues fourrées. On apelle ainsi des langues de beuf, de cochon, de mouton, recouvertes d’une autre peau que la leur, & avec laquelle on les fait cuire selon certaine maniéré. On dit, un innocent fourré de malice. [Vervexfyco- pbania .] En parlant d'un homme qui est méchant dans l’ame, & qui paroìt être simple. FOURREAU, / m. [ Vagina , tkeca.~] Maniéré d’étui où l’on met quelque chose pour la conserver. Etui dont on couvre quelque chose, de peur que rien ne se gâte. (Fourreaux de pistolets bien faits : fourreau de colonne de lit : fourreau de robe d’enfant : fourreau d’épée.) f * 11 u couché comme i’épée du Roi dans son fourreau. Proverbe trivial, pour dire , il a couché dans son habit, il ne s’est point déshabillé. FOURREAU. Peau où le cheval enferme son membre, & d où il le fait sortir. (Quand un cheval a le fourreau enflé, il faut le mener à l’eau.) FOURREAU d’épi. Ce qui enferme & couvre l’épi qui n’est pas bien formé. Ainsi on dit, Forge est en fourreau ; c’est-à-dire, n’est pas encore épié.) FOURREAU. Terme de Ceinturier, Papier roulé, ou autre pareille chose qu’on met dans les pendans du baudrier pour leur donner quelque grâce. FOURREAU. Peau en forme de manchon qui couvre un peu du trait du cheval de charroi, de peur que le trait ne coupe le poil du ventre du cheval. FQURRELIER , / »r. [Vaginarum artifex, con- cinnator . j Artisan qui fait des fourreaux de pistolets, & autres. t FOURRER , *• u. [Insérer e, inducere, insinua.- »•?.] Mettre une chose dans une autre. (II lui a four* ré son épée dans le corps.) FOU L FOURRER, signifie dans le flile familier, cîonnír en cachette & souvent, comme fait une mère à ceux de ses enfans qu’elle aime plus que les autres. (Cette mère fourre toujours de Fargent à son fils. Vous gâtez ces enfans en leur fourrant toujours des con- fitures.) f FOURRER , fe dit aussi pour inférer hors de propos. (11 fourre des impertinences dans ses discours. H fourre par tout de l’érudition.) $ * FOURRER quelque chose dans i’ejprit, dans la tète de quelcun. C’est lui faire comprendre quelque chose avec peine. (C’est un homme stupide , à qui on ne peut rien fourrer dans la tête.) FOURRER, v. a. [Instruere , ajfuere .] Garnir de quelque fourrure. (Fourrer un juste-au-corps de bonnes peaux de lièvre.) FOURRER. [Brafteam inducere.'} Terme de Me. noie. C’est couvrir, avec des lames d’or & d’argent soudées par les bords, un slaon qu’on passe ensuite dans les fers pour le monoïer: c’est apliquer For & Fargent fur un flaon, en sorte qu’il ne fasse qu’un corps. (Four- xer une médaille. Piéce fourrée. Bouteront.) * Se fourrer , v. r. [ Se intrudere. j Entrer. (Se fourrer par tout : fe fourrer étourdiment par tout le monde. Voit. I. 28.) * Se fourrer. [Immiscere se. J S’engager dans quelque a faire, dans quelque danger : fe mêler dans les afaires d’autrui. (Vous êtres un sot de venir vous fourrer où vous n’avez que faire. Mol. f * 11 fourre son nez par tout. * Coup fourré, c’est un coup qu’on fe donne l’un l’autre. * Paix fourrée , paix dissimulée où les deux partis ont dessein de tromper.) £ Se fourrer , se bien fourrer. C’est fe garnir d’ha- bits bien chaucís pour fe garantir du froid. (Je me fourre bien pendant I’hiver.) FOURREUR, s. m. [ Pellio .] Celui qui fait & vend de toutes fortes de manchons, de bonnets fourrez : qui passe les peaux de certains animaux ; qui vend les peaux bien passées ; & en fait diverses fourrures. (Un bon fourreur.) FOURRIER, / m. [Designator hostitiorum, me- tator.} Oficier qui marque les logis que doivent prendre les oficiers & les soldats. Le Fourrier est auffi un oficier, qui avec de la craie blanche marque les logis de ceux qui suivent la Cour, lorsqu’elle volage, & qu’elle loge en quelque bourg ou ville. FOURRIE'RE , s.s. [Cella lignarìa .] Lieu destiné à mettre le bois dans la maison du Roi, ou des Princes. (II y a un chef de fourrière, & autres oficiers.) FOURRURE , / / [Peins, pellita vesiis.} Peaux qui fourrent quelque vêtement. (Une bonne fourrure: une fourrure bien chaude : une fourrure de peaux de lièvre bien passées. Les Chinois ont des fourrures de martre zibeline d’un prix extraordinaire. Nouvelle relation de la Chine.) On apelle absolument fourrure , une forte d’habit que portent les Docteurs & Bacheliers d’une Université. Cet habit marque leur caractère & leur qualité. FOURRURE. [Diphtera , vellits.} Terme de Blason. 11 y a deux fourrures, l’hermine & le vair. Voiez-les en leur rang. {$ FOURRURES & pennes , sont ternies finonimes dans le Blason : il y en a de deux espèces, Yhermine, & le vair. L’hermine est un petit animal, dont le poil est fort doux & blanc ; & parce qu’il est fort commun dans l’Armenie, on Fa apellé hermine , les Arméniens aïant été apellez Hcrmins par les anciens Auteurs de nôtre Nation. Voici ce que Air. du Cange en a dit dans son Glossaire fur Villehardoùin : ,, U n’y a per- „ sonne qui ignore que les hermines font les rats ds „ Pont, mures Pontici des Anciens ; rnais aucun n’a „ encore rendu la raison pourquoi la France, & tou- „ te P Europe les apelle hermines ce que Villehar- „ destin nous a prend fur le terme d'hermines qu’ii „ donne à ces animaux , & aux Peuples d’Arménie, „ faisant voir par là qu’ils ont été nommez ainsi, par- „ ce qu’ils venoient de cette Province qui en abon- „ de, & où Fusage des manteaux, L habits faits ,, de ces sortes de fourrures, étoit ordinaire ; car ,, comme les Anciens ont donné à ces animaux le „ nom de rats de Pont , parce qu’ils venoient de la „ Province de Pont en Asie, ainsi nos François, & „ autres Peuples Latins qui les faifoient venir de l’Ar- „ ménie , où ils trafiquoisnt plus qu’en la Province >5 FRA ,, de Pont, les ont apellez du nom adjectif usité en „ ce tems-là, d’hermines, c’est-à-dire, rats ou fourru- „ res d’Arménie, laissant le nom substantif qu’ils fous* ,, entendoient : n’étant fans exemple que le nom de la „ Province où telles peaux se débitent, & où ces ani- ,, maux naissent, leur soit demeuré, puisque nous li« ,, sens que ces mêmes peaux ont été autrefois nom- „ mées peaux de Babylone , pelles Babyloniea Saint „ Jerôme les nomme ainsi dans une épître ad L f. f. c Panicula. ] Petit ornement en manière de houpe qu’on met à côté de certains boutons qu’on apelle boutons à fréluche. FRE'LUCHE. Manière de petits fils qui volent en l’air au cœur de l’été. (J’entreprendois en un tems chaud U clair, Le vain calcul des fréluches de l’air. Saint Amant.) FRELUQUET , f *n. Jeune homme qui fait le damoiseau, & qui n’a qu’un peu de brillant d’efprit fans nulle solidité. Je n’ai trouvé ce mot dans aucun Dictionnaire ; on ne s’en sert que dans le stile comique. (Un petit fat , un petit freluquet, De qui tout le mérite e-jì un peu de caquet. Bourf. Esope. (§ L’Auteur des remarques fur la satire Ménippée, a dit que l’on apelloit frélus , certains guéteurs de chemins, qui demandoient la bourse aux trois voïa- geurs de la Lune. Je ne fqais (ajoûte-t’il) si ce terme d’injure ne viendroit pas de l’Italien fralucere, pour translucere , d’où l’on a fait fanfreluche & frelu - che , pour dire une chose qui a bien quelque aparence, mais qui dans le fond ne vaut rien : peut-être auffi que frelu vient par contraction de firere Lubin, qui est pareillement quelquefois une injure, témoin ces vers de Claude Marot : Pour faire plujìot mal que bien , Frere Lubin le fera bien ; Mais f c’ejì quelque bon affaire , Frere Lubin ne la peut faire. Nous disons freluquet. FRE'MIR , v. n. [Fremere, cohorrere.] Trembler de peur : avoir peur : avoir horreur : avoir de la fraïeur. (Mes cheveux gris me font déja frémir. Main. Pois. Je ne puis fans frémir parler des auteurs d’un si exécrable atentat. Vaug. Quint. I. 6 . Son nom seul fait frémir. Racine, Andromaque, a. i. sc. 2. Partez, mais à ces mots les champions palissent, De íhorreur du péril leurs courages frémissent. Defpr.) $ FREMIR, sc dit aussi de Peau & de toute autre liqueur, lorsqu’elle chaule, & qu’elle est prête à bouillir. (.Cette eau commence à frémir.) H FREMIR, sc dit de la mer, lorsqu’elle commence à s’agiter. (La mer frémit, les ondes frémissent.) * FRE'MISSENENT , f m. [Fremitw horror.Ji Bourdonnement sourd que font les cloches immédiatement après qu’elles ont sonné. ( * On empêche le frémissement des parties de la cloche en la touchant d’un morceau de drap, ou en ferrant le bord avec la main. Mers. I. 7. D’un ciment éternel ton Eglise ejì bâtie ; Et jamais de Penser les noirs frémissemens, N’en pouront ébranler les fermes jôndemens. Defpr.) FRE'MISSEMENT, f. m. Ce mot sc dit de la pré- mïére agitation que donnent certaines passions , comme la crainte, l’horreur, la colère. (II aprit cette nouvelle avec un certain frémissement qui marquoit fa crainte.) f RENE , f m. [Fraxinus.] Sorte d’arbre qui a le bois blanc & tans neuds, qui est dur & qui sc plaît aux lieux humides. (II y a de petits frênes & de grands frenes.) , FRE 4 La seconde écorce des branches du frêne & son fruit sont fort apéritifs. On les employé dans les maladies de la rate & dans les fievres intermittentes. FRE'NE'SIE, f f [Frenesis.] 11 vient du Grec. C’est une altération d’efprit qui est un commencement de folie. (II est tombé en frénésie. Vaug. Ottìnt. I. 7 .) FRE'NE'SIE , ou phrénéjìe. Les favans sont pour le dernier, mais les autres qui suivent l’usage aiment mieux le premier. II signifie paillon ardente : ardeur violente. (Oiii, depuis le moment que cette frénésie De ses noires vapeurs troubla ma fantaisie. Defpr. fat. 2 . Prens garde de tomber dans cette frénésie, Si tu veux demeurer au nombre des vìvans. Mol.) FRE'NE'TIQUE , adj. U fîfkft-, [Phrexeticus.] Qui a l’esprit altéré : fou. (Esprit frénétique : c’est un frénétique.) * Ardeur frénétique. S. Amant. C’est-à-dire, ardeur violente, ardente. FRE'QUENCE, f f [Frequentìa.] Multitude. II seroit à souhaiter que ce mot fût reqû, & qu’on pût dire, la fréquence des visites m’importune. Mais ces souhaits que fait un célébré Académicien n’ont point été remplis. FRE'QUENMENT, adv. [Fréquenter.] Souvent. (II vient fféquenment au logis : cela arrive très-fréquen- ment. V.. .. va scéquenment en des lieux qu’on ne peut pas dire.) FRE QUENT , fréquente , adj. Prononcez fré- kan. II vient du Latin frequens; c’est-à-dire, qui vient souvent, ordinaire. (Cela est fréquent : c’est une chose assez fréquente dans le monde. Vos fréquentes leçons [ff vos aigres censures Sur des choses qui font innocentes (s? pures. Mol.) f FRE'QUENT, sc dit du pouls, qui bat plus vite qu’à l’ordinaire. (Son pouls est fréquent.) FRE'QUENTATIF , adj. [Frequentativus .] Terme de Grammaire , qui sc dit des verbes qui marquent réitération d’une action, comme clignoter est le fréquentatif de cligner. FRE'QUEN T ATI O N , f. f. [Familiarités , necejjitu. do. j Prononcez frékantacion. Commerce d’habitude qu’on a avec une ou plusieurs personnes. Je n’ai nulle fréquentation avec un coquin de cette sorte-là. La fréquentation des gens débauchez est dangereuse. ch FREQUENTATION, sc dit de l’usage fréquent des Sacremens. (La fréquentation du Sacrement de l’Eucharistie.) <. FRE'QUEN TER , v. a. [Frequentare,fcpè adiré, viser e.] Hanter : converser frequenment avec une personne : aler souvent en un lieu. (Fréquenter quelcun. Scar. Di moi avec qui tu fréquentes, & je te dirai oui tu es. Quand ce mot fréquenter sc dit des personnes, il régit l’acufatif, comme dans les exemples ci-dessus. Mais quand il sc dit des lieux, il veut après soi un datif. U fréquentoit au logis de Fintimé. Patru,plaid. n. 11 fréquente plus que jamais à la maison. Scar. rom. On dit pourtant aussi, fréquenter une maison : fréquenter le barreau.) ^ On dit aussi, fréquenter les Sacremens. (f FRE'RAGE. On apelle. dans le Pais coutumier, frérage , ou fraréche , le partage que les frères font d’une succession, ensorte que suivant l’esprit de ces Coutumes, frarécheurs & cohéritiers sont sinonimes: mais il faut observer, que l’on entend par frérage, un partage entre frères, d’une chose qui ne peut pas être véritablement partagée, comme une rente, un fief, & particulièrement un fief dont l’hommage est indivisible, & ne doit être rendu au Seigneur dominant que par un seul pour la totalité du fief, ensorte que les puî- n , e ? f ont Gommage à l’aìné pour leur portion , & l’aîné le fait pour tous les autres frères. Voïez Chopin, liv. 2 . du domaine, tit. 4 . §. Z. Çff Mr. du Cange, différs. Jur JoìnviUe. FRE RE , f m. [Frater.] Celui qui est né d’un meme pere & d’une même mère qu’un autre on seulement d’un même père , ou d’une même mère. (Frère FRE (Frère de père & de mère : fïère de père, ou de mère seulement : demi frère : frères consanguins ; frères utérins. Terme de Palais: frères jumeaux, qui font nez d’une même ventrée : frère naturels c’est-à-dire, illégitime, bâtard. Non, un frère incommode, U n'ejì pas de mon goût, Et je veux être fils unique. Mol.) FRE'RE de lait. [Frater coUafíaneus .] Celui qui est nouri du même lait qu’un autre : celui qui a la même nourice : qui a une nourice, commune avec un autre. (C’est son frère de lait.) Beau-frére. [Levirf] C’est celui dont on a épousé la sœur : celui dont on a épousé le frère : celui qui est d’un autre lit. FRE'RE. [Frater.J Nom qu’on donne aux Religieux qui ne sont pas Prêtres. Nom qu’on donne aux Religieux novices. Nom qu’on donne aux Religieux qui ne peuvent être Pères. (Ainsi on dit, Frère Anselme est un bon Religieux : Frère Fiacre est à la quête.) FRE'RES utérins. Ce sont ceux qui font seulement de la même mère. FRE'RES consanguins. Sont deux frères qui ont feulement le même père. / 3 T FRE'RES darmes. Philippe de Comines, dès le commencement de ses Mémoires, raconte que les Ambassadeurs du Roi de France se plaignirent hautement au Duc de Bourgogne, de la conduite du Comte de Charolois son fils, qui s’étoit lié d’amitié avec le Duc de Bretagne , disant que ledit Duc U le Comte de Charolois là présent, étant ledit Comte à Tours, devers le Roi, là où il étoit allé veoir, s'étoient baillez , scellez P un à t autre , U faits frères d’armes par la main de Mejfire Tanneguy du Chafiel , &c. L’usage de cette fraternité est fort ancien ; elle a été contractée difé- remment. Nous lisons dans Joinville, que l’Empereur de Constantinople & le Roi des Commains s’aliérent & devinrent frères, & pour rendre cette aliance plus solide, il faillit qu’ils, (2? chascun de leurs gens d’une part Çfi d’autre se fissent saigner , esj que de leur sang ils donnassent à boire l’un à l’autre, en signe de fraternité, disans qu’ils étoient frères U d’un sang , U ainsi le convint faire entre nos gens < ès les gens d’icelui Roi, es mêlèrent de leur sang avec du vin, £V? en buvaient l’un à sautre, U disaient qu’ils étoient frères l'un à Vautre d’un sang. Et si nous remontons dans les siécles les plus reculez, nous aprendrons par la fable, la vérité d’un fait pratiqué par les premiers peuples encore peu polis & peu humains : en éfet, Octavius faisant le portrait des vices & des crimes des Dieux que Cécilius adoroit, il dit de l’inhumanité de Jupiter convaincu d’homici- d c: Je crois que c’ejì lui qui a apris à Catilina de confirmer les conjurez dans leur dessein, en buvant le sang les uns des autres. Cette barbarie cessa à mesure que les mœurs devinrent plus douces & plus humaines: mais cette feinte fraternité a subsisté pendant long-tems; on la contractoit diféremment : c’étoit, les uns, par le don réciproque de quelques armes : les autres, par le simple atouchement d’une épée ou d’une lance, ou de quelque autre arme, fur laquelle l’on juroit une amitié & une aliance perpétuelle ; & ceux qui contra- ctoient une fraternité de cette maniéré, furent apeìlez f/atres jurati. La Religion Chrétienne étant répandue dans le monde, en a chassé la dureté & la superstition qui regnoient auparavant; & pour rendre les fraternisez plus autentiques & plus solennelles, on les contracta a la face des autels, avec plusieurs prières , pour les rendre plus respectables: & nous avons des exemples de la fraternité autorisée par la réception de l’Hostie consacrée : ce fut ainsi, au raport de Jean Juvénal des Ursins, que les Ducs d’Orleans & de Bourgogne jurèrent une fraternité, qui pourtant ne dura pas long-teins: Us ouïrent tom la Messe ensemble, b reçurent le Corps de Nitre-Seigneur , M préalablement jurèrent bon amour U fraternité par ensemble, mais la chose ne dura guíres. On n’o'ofervoìt pas toujours les inémes cérémonies. Monstrelet nous aprend que le Roi d’Aragon fe fit frère d’armes du Duc de Bourgogne, quoiqu’ils fussent éloignez l’un de l’autre : on faifoife feulement des traitez en forme autentique, suivant l'ufage des tems. Mr. du Cange, qui a fait une ample dissertation fur Joinville , a raporté le traité de fraternité entre Louis XI. & Charles dernier, Duc de Bourgogne, & celui que Bertrand du Guef- FRE 85 clin, & Olivier de Clisson firent ensemble. Ce fut aussi par un acte autentique, que le Duc de Bretagne & le Comte de Charolois contractèrent une fraternité d’armes. FRE'RES ARVALES. Voïez ARVALES. FRE'RES-MINEURS. [Minorité.] Ce sont les Religieux de l’Ordre de S. François, qu’on apelie Cordeliers de l’étroite observance» FRE'RES de la Charité. Sorte de Religieux fondez par Jean Dévora Portugais. Us font habillez de gris avec un scapulaire de même étofe & un petit capuce. Us n’ont pour but que de se sauver en exerçant toutes sortes de devoirs envers les pauvres. FRE'RES Prêcheurs. Ce font les Jacobins. Voïez Jacobin. f FRE'RES Cordonniers. C’est une société de plu- sieurs garçons Cordonniers, qui vivent & travaillent en commun, fous la conduite d’un Maître. f FRE'RES Tailleurs.' Ce font des compagnons & garçons Tailleurs, unis en société comme les frères Cordonniers. * FRE'RE frapart. Terme de Mépris , pour dire, un Religieux de nom seulement : un je ne sai qui Religieux, (§ Marot, dans l’épitaphe de frère Jean l’Evêque, Cordelier natif d’Orleans : Cy gifi , repose U dort céans Le feu Evêque d’Orleans, J’entens l’Evtque en son surnom, Et frère Jean en propre nom, Qui mourut tan cinq cens (-f vingt De la vérole qui lui vint. Or afin que les Saints , U Anges Ne prennent ces boutons étranges, Prions Dieu qitau frère frapart, II donne quelque chambre à part » f FRE'RE coupe-cbou. Terme de Mépris * Sotte de pauvre petit frère lai. Religieux de nul mérite. Religieux de nulle considération. f * C’ejì un bon frère. C’eft-à-dire , c’est un gaillard qui aime à se divertir, & à faire bonne chère. {§ Bon frère , est une expression dont la signification dépend de la maniéré de prononcer, & souvent de la qualité des personnes. On peut dire, en parlant d’un bon Religieux qui n’est pas Prêtre, c’est un bon frère: mais un bon frère veut dire ordinairement un homme de bonne humeur, qui aime le plaisir, & un peu le libertinage. Mr. de Costar acufé par Air. de Gi- rac, d’avoir apellé un Religieux, bon frère , fe défend dans la fuite de fa défense, en disant : „ Je proteste ,, que je n’avois aucun dessein de déplaire à ce Reli- „ gieux, & que je n’eusse jamais pensé que le ter- „ me de bon frère fût plus injurieux que celui de bon „ père , & de bon oncle. Je fçavois que Mr. de Bal- „ zac avoit dit de nôtre adversaire , qu’il n’étoit pas „ plus disert qu’il étoit bon homme , & que l’un & ,, l’autre entroit également en fa définition : je fça- „ vois que les Religieux de l’Ordre de Grammont,’fe „ nommoient autrefois les bons hommes, & que les ,, Minimes avoient succédé à cette qualité: je me „ souvenois encore, que Saint Bernard, instituteur de ,, l’Ordre du Révérend Père André, écrivant aux Re- „ ligieux de je ne fçai quelle Abaïe de Bourgogne, „ commence fa lettre ainsi : II étoit de vôtre modestie, „ ô bons frères, de vous contenter, esc. Ne pouvois-je „ pas autant dire au R. Père André, &c. pag. 394. “ t FRE'RIE, f f [Convivium, epulum .] Régal, & bonne chère qu’on fait avec ses amis. (Etre en frérie S être de frérie : faire frérie. Un loup étant de frérie, Se prejfa tellement Qu’il en pensa perdre la vie-. La Font. subi. L j» fabl. 9. L’on dispute, ton fait frérie, L’on boit, plus ton boit, plus l’on crie, Et fur le déclin du repu, U on parle , b l >m nt s’entend pas, Perr. Chasse.) FRESAIE , f f [Strix , caprìrnulgw .1 Sorte d’oî- feau de nuit. t FRESILLON , /. w. Arbrisseau. Voïez Troène . L r FRES* 86 FKE [Recens albarium, tec- Sorte de peinture où FRESQUE, ou [rauque, toriumé] Ternie de Peinture. l’on emploie les couleurs avec de 1 eau seulement, « sur un enduit fait le même jour qu on y doit peindre^ & dont le mortier n’est point encore sec. (Peindre a fresque. Voïez De Pilles , traité de peinture.) FRESSURE,//- [Visera, extaé] Cœur, pou- mon , & foie de quelque animal, comme de veau , de mouton , &c. (Une bonne fressure de veau.) FRET, / m - [Conduflio n avis ad veUuram .] Terme de Mer. Louage de navire. . £§ Les termes , Fret & Volts , font finommes , « tous les deux signifient le loïer d’un vaisseau ; ou le prix de la voiture & du port des marchandises que I on charge dans un vaisseau , ou au tonneau , ou au quintal , ou à la cueillette. Sur l’Océan, on fe sert du terme Frets & fur la Méditerranée, de Volts. La convention pour le fret, est apellée afretement. Le sieur Aubin explique le mot Fret en ces termes , dans son Diétionnaire de la Marine : ,, Fret , Fréter. C est „ louer un vaisseau. On confond souvent Fréter & „ Afreter , & l’on prend le prémierpour le dernier. ,, On dit fréter un navire à queleun , un navire frété „ pour faire un voïage. Fréteur est le propriétaire ou „ le maître d’un vaisseau, qu’il donne sous un loïer ,, à un marchand qui est apellé afreteur. Fréter cap „ g? queue , c’est louer tout le vaisseau , pour le char- „ ger tout entier ”. L’ordonnance maritime, liv. ; tit. art. i. veut,, que le fret soit réglé par la char- „ te-partie ou par le connoissement, soit que les bâ- „ timens aient été louez en entier , ou par partie, „ au voïage , ou au mois, avec désignation , à por- ,, tée ou maniéré que ce puisse être ”. On voit dans cet article , plusieurs manières de charger un vaisseau. Le tonneau, dont l’Ordonnance tait mention , marque la péfenteur de deux mille livres, ou de vingt quintaux : ainsi l’on fait connoître la capacité & le port d’un vaisseau , par le nombre des tonneaux dont il peut être chargé ; par exemple , un vaisseau de cinq cens tonneaux peut porter cinq cens fois le poids de deux mille. Charger à la ceuìllette , c’est ramasser diverses marchandises. Le maître ramasse de quoi charger son vaisseau , ou il requit des marchandises de plusieurs particuliers pour en former fa charge. II arrive rarement que le prix du fret ne soit pas fixé : mais íupofé qu’il n’ait point été convenu, on fuit, en ce cas, l’ufage s’il y en a un, ou l’on se conforme aux derniers afretemens. FRETE , f- f- [ Clathrus .] Lien de fer. (Frète d’arbre de roue de moulin à eau : frète de moïeu de roue.) FRETE’ » frétée , adj. [Clathratus , cancellatus ..] Terme de Blason. Garni de barreaux en forme de treillis. FRETER, v. a [[Navem conducere , locareé] Terme de Mer. Louer un navire pour porter de la marchandise. (Fréter un navire.) FRE’TES, s. f. [Clathri.] Terme de Blason. Barreaux en forme de treillis. FRE’TEUR , s m. [Navis donûnus , locataré] Terme de Mer. C’eft le propriétaire d’un vaisseau ; qui le donne à louage à un marchand. t FRETILLANT , frétillante , adj ., [Irrequictus , inquies , levis.] Celui ou celle qui frétille. (II est frétillant. Elle est frétillante.) * FRETILLE , f f. [ Palea , siramen. ] (Coucher fur la frétille ; c’est-à-dire , coucher fur la paille.) FRETILLEMENT , f m. [Levitm, motus , mobilité; é] Action de ce qui a un mouvement promt & agité. Cette tanche a encore du frétillement dans la poêle. t FRETILLER , v. n. [Agitari motu vario , lascivi- rí.î Danser; sauter ; remuer: être toujours en mouvement: remuer dru & menu. (Enfant qui frétille toujours. ) FRETIN , s nt. [Retrìmentum , recremcntumé] Poisson de rebut. (Menu frétin.) t * FRETIN. Ce mot fe dit des livres, & veut dire , livres de rebut. 11 signifie auílr , chose de rebut. (Je me fuis défait du frétin de ma Bibliothèque.) FRETIN , J. m. Terme de Jardinier. Ce sont des branches inutiles , parce qu’elles sont petites , menues & cbitonnes , & quelquefois vieilles & usées /II faut à la taille ôter tout le frétin.) ' ^ FRI FRIABLE, adj. [Friabilité] Qui fe peut aisément réduire en poudre , qui se peut écraser entre les doigts. (Les pierres calcinées sont friables. L’alun brûle est friable. L’agaric est friable. Le sel est un principe sec & friable.) FRIAND , friande , adj. [Cupediarum appetens , de. licatus .] Qui aime à manger quelque choie de bon. (II est friand ; elle est friande.) FRIAND , friande. [Exquisitw , delicatm .] Délicat & bon à manger. (Morceau friand : II fe réjouissait à l’odeur de la viande , Mise en menus morceaux , tfj qu il croioit friande. La Font.) t * FRIAND , friande. [Avidus , cupidus .] Qui aime quelque chose. Délicat. (11 est friand des cœurs comme un poulet de grain. Scar. Po'és. Friand de louanges. Mol. II n’est friand que des choses qui le font rire. Objet friand. Scar.) «J FRIANDER, v. n. Mot bas & populaire. [Li- gurire , catìllare .J Etre friand. Danet. FRIANDISE,/ / [Ciborum delicatiorum cupiditas.] Apetit un peu désordonné pour les choses délicates & bonnes à manger. (C’est une friandise que cela.) t * FRIANDISE , s. s. Use dit en riant, au figuré; il lignifie amour, passion pour quelque chose, pente à quelque chose. (11 y a une certaine friandise de louanges qu’on ne fauroit trop estimer dans un honnête homme. On dit en proverbe : c’est un gaillard qui a le nez tourné à la friandise ; c’est-à-dire, qui a du panchant à aimer.) FRIANDISES. [ Cupedia;.] Choses délicates & bonnes à manger. (Aimer les friandises. Donner de petites friandises aux enfans.) FRIBUT, / m. [Excursoria n avisé] Mot qui est en usage dans les Isles de l’Amérique, & qúi est formé du Flolandois. C’est un vaisseau armé en course. Plusieurs disent flibot. Voïez flibot. FRIBUTIERS , / m. Prononcez fributiez. Gens de l’équipage du vaisseau qu’on apelle fribut. La plupart, disent^«r/rrr. Ce sont les Corsaires des Isles de l’Amérique. (LesFributiers sont à craindre. Voïez fiibutiers.) FRICANDEAU, / m. Terme de Cuisinier. C’est une tranche de veau mince & bien batuë, assaisonnée avec des herbes & de la graisse , & qu’on sert aux entrées de table. FRICASSE’E, f. f. [ Frixum .] C’est de la viande coupée en morceaux & assaisonnée, qu’on fait cuire dans une poêle avec son assaisonnement- (Faire une bonne fricassée de poulets. Manger une excélente fricassée de veau.) î Un homme savant en fricassée. C’est Prov. & bass. Un homme qui fe connoît & fe plait à faire bonne chere. On dit aussi d’un homme, qui n’attrape jamais les bons morceaux, qu’// esi malheureux enfricafjée. FRICASSER, v. a. [Frigere.] Faire en fricassée (faire une fricassée de quelque chose. (Fricassei^une paire de poulets : fricasser des œufs.) * FRICASSER, v. a. [Decoquere , abligurire.] Mot comique, qui signifie consumer entièrement, perdre, manger tout-à-fait quelque bien. (T. D. L. est un drille fort éveille, il a non.seulement fricassé son bien, mais auffi celui de ses pauvres dupes) J ai fricassé mon petit patrimoine , Et je serois bien-heureux d’être Moine. Ligniéres, Poës.) FRICASSEUR , / m. [Culina adminisier .] Ce mot fe trouve dans les épigrammes de Mainard , page 209. & signifie un Cuisinier , mais il ne fe dit en ce sens, que burlesquement, & même il ne se dit guère. (î’aiun bon fricasseur.) FRICHE, / m. [Terra inculta , obfoleta , borrida vepribus . ] Quelques-uns le font féminin. Terme de Jardinier, & de Laboureurs c’est-à-dire , terre inculte. Terre qu’on ne cultive point. (Cette terre est en friche. Ce terroir est en friche. 11 ne faut pas laisser son esprit en friche.) í L’Académie fait ce mot féminin. (Cette vigne n est plus qu’une friche.) FRIC 1 ION , / / [Fricíio .] Terme de Chirurgien. Frôlement. (La friction est souvent nécessaire. User de friction. Se servir de friction.) FRIGORIFIQUE, adj. m. & f [Frigorifiais.] Ter- FRI FRI Tertíîc de Pbìjtque. Qui cause ie froid. ( Des corpus, cules frigorifiques & des corpuscules ignées procèdent le froid & le chaud. FRILLEUX JrMeuJe adj . [ Altiosus , frigorìs impatiens. J Sensible au froid. ( II est frilleux : elle est frilleuse.) FRIMAS , f m. [ Pruina concreta. ] Brouillard froid & épais qui tombe blanc fur les arbres & fur la terre. (Montagne couverte de nége & de frimas. Vaug. Quint. I. ;. c. r o. II vient de ses noirs frimas artistes la nature. Defpr. fat. g.) f FRIME,// Terme bas & populaire, qui signifie, le semblant , lamine qu’on fait de quelque chose. (.11 n’en a fait que la frime.) FRINGANT ' fringante , adj. [Peíator, acérs Ce mot se dit des chevaux , & veut dire , qui va d’un air fier : qui va en sautant. (Cheval fringant.) FRINGANT, fringante, f Mobiles , vividm , inquiess Q_ui est alerte, qui danse , qui saute. ( II est fort fringant. Elle ejì pleine d’apas, Elle fl jeune U fringante, Elle a íhumeur riante. Recueil dePoës.) f FRINGUER, v. n. [Commovere , agit are , verfares Danser. (Ils dansent & fringuent comme il faut.) FRINGUER, v. a. Rinser une verre. Jettes de seau sur Un verre pour le nétéïer. ( Fringuer un verre. Un verre bien fringue.) FRIOLET, f m. Sortes de poires que les fruitières vendent à Paris. FRION, f m. Terme de Laboureur. Petit fer ataché au côté du sep de la charrue. t UN FRIPE-S AUGE, f m. M-àJ Une es, péce d’égrillard & de goinfre. FRIPER, v. a. [ Terere , deterere , carperes Con, fumer : gâter ; user. (Friper un livre, un habit. Li, vre fripé.) t * FRIPER le pouce. C’est faire la vie : faire bonne chère, &rire. (Ils ont fripé le pouce ensemble.) f * FRIPER ses classes. C’est-à-dire , ne pas aler est classe. FRIPER. {Ligurires Manger goulûment. II y avoit chez vous de quoi friper. FRIPER. [Abfumere , conficere, dilapidare .] Dissiper son bien, & particulièrement en débauche. Ce jeune homme a bientôt eu fripé son bien. FRIPER. [Subjurari ,j Ce verbe se dit des Auteurs qui dérobent de ceux qui ont écrit avant eux, des pensées & des vers qui ont déja servi ou qui font usez. (Friper des vers. Les moines prêchent des sermons qu’ils ont fripez.) FRIPERIE, f f. ['Vestiarium mangontum , ars in- terpolamlis Négoce de vieux habits, de vieux meubles , le métier de rapetasser & racommoder. FRIPERIE. [S’cruta , quisquilia. J Habits , meubles, curioutez qui font usez, ou de peu de prix. ( Les meubles de cet avare ne font que friperie.) FRIPERIE, f. f. [ Vejliarìi mangoníí forum. ] Lieu à Paris, où l’on vend de toutes fortes d’habits, soit vieux ou neufs , où l’on vend des lits & tous les meubles d’une chambre. (Acheter un habit à la Tiipunc.y -f * Se jetter fur la friperie de quelcun. f Vellicare atiquems C’est sc jetter fur quelcun, l’outrager & le gourmer. H * On le dit aussi Prov. pour parler de quelcun, en dire du mal. (On s’est jetté sor votre friperie, on est tombé fur votre friperie.) FRIPIER, J’, m. flnterpolator , vejìiarim man go f Celui qui vend & achete de vieux habits, & qui en fait aussi de neufs. On dit aussi fripière , fubjl. fem. ( J * Fripier décrié, impudent plagiaire. Molière , femmes savantes , a. ?./■. ;.) FRIPON , f m. [ Nequam , vafer. ] Méchant î rnaraut: fourbe & coquin. (Fripon comme un...... de Paris. Quand on est né fripon , c’est une espèce de petit miracle si on devient jamais honnête homme, Alans qu’onfe retraciez £•? qu’à /’ instant, fripon, On le jette a fes piez pour demaieder pardon. J Moi.) FRIPON. [Nebulos Ce mòt, en parlant d’écolier, Veut dire, libertin , négligent, qui fripe fes classes, (C’est un petit fripon.) t * FRIPON. Terme de Careffe> dont les dames qui aiment fe fervent en badinant avec leurs galans. t * FRIPON , friponne , adj. Ce mot fe dit entre amans & amantes, mais toujours en riant & badinant, (Yeux fripons. Scar. Poèf.) FRIPONNE ,f /. {Nequam, vxfras Coquine : fourbe & méchante. (Une franche friponne ; une méchante friponne.) f * FRIPONNE. Terme de Caresse , qui fe dit en íìant, lors qu’on parle à une dame qu’on aime. (Ah ! friponne , vos beaux yeux m’ont dérobé le cœur.) FRIPONNER, V. ct. [Furari , fubducere , fallere , furripere .] Faire quelque friponnerie. Prendre quelque petite chose avec adresse. (Où en a-t’on vû qui aient fait mourir leur Cuisinier pour avoir friponne quelque chù* se"? Abl. Luc. t. t. Les Lacédèmoniens permettoient à leurs enfans de friponner quelque chose. Abl. apoph.) f * FRIPONNER. Terme de Caresse, dont on fe sert quelquefois en parlant à quelque jolie fille. (Vos beau* yeux ont friponne mon cœur.) FRIPONNERIE,//. C Nequitia, fraus, dolitss Action de coquin , de fourbe & de méchant. ( C’est unë insigne friponnerie. Faire une friponerie à quelcun.) f FRIPONNES- Petites boètes de sapin plates rondes , remplies de cette gelée de coin , que leí Confisseurs apellent cotignac. Les meilleures friponnes viennent d’Orleans. FRIQUET,/ m. [Pajferculus nucis. j Sorte de moineau fou que les Italiens apellent Passera mattugia. "Volez Olina , traité des oiseaux qui chantent . Un fri» quet femelle.) -f * FRIQUET if m. II fe dit d un jeune galant, qui n’a que du caquet & de la flaterie. (C’est un petit fri* quet. ) , FRIQUET- [Forata capeduncula,] Sorte d’ecumoire quarrée, pour tirer la friture. FRIRE, ». a. [Frígere.J Verbe défectueux, je fri t lu fris , il frit. Nous faisons frire s vous faites frire , ils font frire. Je faifoís frire. J’ai frit. C’est faire cuire dans la friture. (Frire une carpe : frire un brochet. Goujons qui sont bien frits.) | * // n ’y a pas de quoi frire. II n’y a rien à frire. [Nibil est obfonììj C’est-à-dire, il n’y a rien à espérer. II n’y a rien à gagner. (Peu de gens sachant bien écrire , Ont abondamment de quoi frire. Scar. Poèf.) C’etì-à-dire, que les habiles Auteurs ne font pas d’or- dinaire fort acommodez.) f * Tout est frit. \stunt bona décollas C est-a-dire , tout est perdu , tout est pris : il n’y a plus rien. Tout homme qui la voit est frit, Toit. Poèf. C’est-à-dire, que quiconque la regarde en est amoureux. FRISE, f / \Tela rudìors Sorte de toile qui est forte & ferme, & moins fine que la véritable Holande. (Une bonne frise.) FRISE. {Cristi villi , pannm cvifatws Sorte d’étofe de laine frisée. FRISE. [ Fafcia, zophorus. ] Terme d Árchitefiure, C’est la partie de l’entablement qui est entre l’archi-' ttave & la corniche. £ Cheval de frise, [Acunúnibus hirfuta trabss C’est en termes de Guerre. Une grosse pièce de bois , longue de dix ou douze piez , percée de part en part de plu* sieurs trous, dans lesquels on met des pieux ferrez par les deux bouts , pour défendre une brèche, ou pour couvrir un bataillon contre ia cavalerie, ((/infanterie s’est mise derrière fes chevaux de frise pour arrêter la câvalerie.) FRISE' ì frisée , adj. [ Cristaîus , calamìfîratm. j (Cheveux frifêz. Drap d’or frisé. Choux frisez, ce font des choux crépus & verds qui viennent en hiver. FRISER, v. a. [Cristares Ce mot se dit propre- ment des cheveux. C’est mettre les cheveux sous ies papillotes, les serrer avec un fer, les peigner en arrangeant avec les doigts & leur donnant un tour en ma- Les Romains frisoient leurs cheveux. Horace a dit de lui-même ; qu’il avoit trouvé le moïen de plaire à Cynare, & d’obtenir fes faveurs, fans qu’il lui 88 FRI lui en coûtât rien , quoiqu’ellè fiût tres-avare, par la frisure & par le parfum de ses cheveux : Quern tenues decuere coma , nitidique capilli , Quem scis immunem Cynara placuifse rapaci. FRISER. Terme de Maître d’Hôtel. Plier une serviette ou du linge de table en maniéré de petite onde. (Friser une serviette.) * FRISER. Terme de Drapier. C’est faire venir de la laine a un drap en forme de coton. ( Friser un drap. Drap d’or frisé. Vaug. Quint. ì. ■$.) * FRISER. £PerJìringereJ Toucher presque. Passer auprès. (La baie lui a frisé l’épaule. Friser la corde.) * On dit, au figuré, qu’un petit vent frise Peau, lors qu’il ne fait que l’agiter par petites ondes. [Ven- tus summum aquam ver ber at.] FRISOIR, s m. C’est un des oiselets dont fe servent les Fourbisseurs , Arquebusiers , Armuriers & autres Ouvriers qui travaillent en ciselure, pour achever les figures qu’ils ont frapées avec les poinçons ou oiselets graver en creux, asm d’en fortifier les traits & de leur donner plus de relief. F FRISOIR. Instrument dont on fe sert pour friser les draps & autres étofes de laine. f FRISON, s. m. Espèce de petite frise, ou étofe de laine frisée, chaude & molette, qui se fabrique en Angleterre. f FRISON. Espèce de canetille frisée, que l’on fàit entrer dans les broderies, & même dans la fabrique des étofes d’or & d’argent. f FRISON. Mesure des liquides dont on se sert en Normandie. Le frison tient deux pots, qui font environ quatre pintes de Paris. FRISONS , s. m. Ternie de Marine. Pots de terre ou de métal, dont on se sert sur les vaisseaux pour tenir la boisson. Acad. Fr. FRISOTER , v. a. £ Crisare srequentìùs. ] Friser souvent. f FRISOTER. C’est aussi , friser menu. On ne le dit guére que par raillerie. (Perdre le tems à se fri- soter.) . f FRISQUE, adj. £ Acer , delicatulusj Mot un peu vieux, & qui ne s’emploïe que dans le comique ; il signifie joli & gentil. J’ai vu maint homme mainte femme Frisques en leurs atours , Brûler de mutuelle flamme. Nouv. Parnasse, page FRISQUETTE ,/•/• ÍPrali typici cratesj Terme à’Imprimeur. Maniéré de châssis qu’on met fur la feuille en blanc lors qu’on tire, & cela de peur que les pages ne barbouillent. f FRISQUETTE , fe dit aussi parmi les Ouvriers qui fabriquent les cartes à jouer, des moules découpez avec lesquels ils mettent les diférentes couleurs dont ils peignent leurs cartes. FRISSER, ». a. £Non coharere.'] Terme d’Impri- meur , qui fe dit lors que les caractères branlent pour n’être pas bien serrez dans la forme, & qu’ils marquent la lettre double , ou brouillée. On croit qu’il leroit mieux de dire, friser. FRISSON , s nt. £ Horror ex frigorej Froid qui vient au commencement d’un accès de fièvre. Mouvement soudain & véhément causé par la retraite de la chaleur. Deg. ( Avoir le frisson. U est dans le frisson. ) FRISSONNEMENT, s m. £Commotio levior exfri- gere.) C’est le frisson. •t * FRISSONNEMENT , fe dit de l’émotion & du frémissement que cause la peur. ( Cela me cause un frissonnement.) FRISSONNER, ». n. £ CohorrescereJ Avoir le frisson. (11 frissonne. II a frissonné toute la matinée.) (* Frissonner d’épouvente. Désir. épit. 4. D’une sécrette horreur je me sens frissonner. Racine , Iphi - génie, a. 2.sc. ;.) FRISSONS, / m. Terme de Marine. V oïez Frisons. FRISURE,//. [Crisatura , cincinnatio.~} Maniéré dont les cheveux font frisez. (La frisure de cette perruque est fort bonne.) FRIT , / m. £ Summi parietis acclivitm. ] Terme de Maçonnerie , qui se dit de la retraite qu’on donne a une muraille, à mésure qu’on l’éléve FR0 + FRIT Terme du jeu de Billard , qui se dit lois qu’on butte après celui qui a le devant, & qui signifie que le coup est à recommencer. (Quand on a fait frit, le coup est nul.) FRIT , frite. Voïez Frire. FRITILLAIRE , f f £ Frìtiliaria.^ Sorte de niante qui fleurit en Mars , qui porte deux feuilles qui pendent du haut de fa tige en forme de petites cloches tiquetées, f La racine de la Fritillaire est digestive , remollitive & résolutive. FRITTE, f f ÍFriflio vitraria .) Terme de Verrier. ] C’est l’écume qu’on ôte de dessus la matière qu’on a faite fondre dans les creusets. FRITURE, f /• £ Friclura. ] Beurre ou huile dont on fe sert pour frire quelque poisson, ou autre chose. (Cette friture est trop vieille.) II se dit aussi du poisson frit. FRIVOLE, adj. [Frivolus , futilis , vanus.] Inutile. Vain. (Cela est frivole. Vaug. rem. Excuse frivole. Abl. Jamais DoHeur enroué d’un argument frivole, Ne s’enroua chez eux fur les bancs d’une école. Despr. fat. 8- ) FROC, f m. [ScapulareJ Terme de BénédiHin. Habit de serge noire fort ample avec de grandes manches & un capuchon, que porte le Religieux Bénédictin lors qu’il est à l’ofice, ou qu’il va en ville. (Froc usé. Et nous assassinant d’un entretien flateur , Des Dames fous un froc il brigue la saveur. Vill.) FROC. Ce mot est aussi un terme de Bernardin. C’est l’habit du Religieux Bernardin en cérémonie. Cet habit, parmi les Bernardins, s’apelle aussi coule. (Prendre son froc, ou sa coule pour aler à Vêpres.) * Quiter le froc. Ces mots, au figuré , veulent dire, l’habit de Religion. On dit au même sens, Jetter le froc aux orties. FROID, /. tn. [Frigus.J Froidure. (Le froid est ennemi des nerfs. Le grand froid n’est bon que pour les choux.) * Faire froid à quelcun. Batre froid avec quelcun. [Austeriùs aliquem exdpere. ] C’est le traiter avec froideur. * II me glace avec son froid. £Ausìero suo vultu me terit.J C’est-à-dire, la froideur avec laquelle il me parle me fait de la peine, & je ne fai comment agir avec lui. * Faire le froid. C’est-à-dire', ne témoigner nul empressement pour une chose. Faire le réservé. Témoigner une froideur dédaigneuse. -j- * Soufler le chaud fs le froid. C’est-à-dire, le pour & le contre. Ne plaise aux Dieux , que je couche Avec vous sous même toit , Arriére ceux dont la bouche Soufle le chaud & le froid. La Font. ) FROID, froide , adj. [Frigidus.J Qui a de la froidure. (Tems froid : vent froid. Pluie froide.) f FROID. On dit en termes de Teinturier , donner une couleur à froid, teindre à froid; pour dire, teindre fans feu, ne point faire passer les étofes par un bain chaud. H Batre à froid. II fe dit des métaux, particulièrement du fer que l’on travaille fur l’enclume, fans le chauler au feu de la forge. * FROID, froide. £Quietus ,severm.) Modéré : posé. (C’est un grand homme froid. Je lui parlai de sang froid.) * FROID , froide. [Lentus.J Qui n’a plus l’empresse- ment qu’il avoit, ni l’ardeur qu’il avoir témoignée. (II est fort froid là-dessus.) * FROID , froide. [Remijfus , lav.guidus , ineptusJ] Ce mot sc dit du discours, du scile & des pensées, & il veut dire,trop affecté. Puéril. Sot: qui est contraire au bon sens. Voit. Despr . Imgin. c. 5. fStile froid. Pensée froide. Abl. Cette louange est froide, parce qu’el- le est excessive. Boi/eau , avis à Ménage.') f§ Martial fait mention d’un Sabineus , dont le froid étoit capable de rafraîchir les étuves de Néron , & pour rendre tièdes en un moment les bains les plus bouillans. Si FRO Si temperari balneum cupis fervent , FaujHne , quod vix Julianus intraret, Roga lavetur hic Rhetor Sabin eus : 'Neronìanm is réfrigérât tbernw. Costar, après avoir cité cette épigramme, ajoûte qu’ìl a trouvé dans un fragment d’un comique Grec, qu’une courtisane régalant le Poète Diphilus , le fit boire si frais , qu’il fut surpris de la fraîcheur de son puits : cette belle dit, que si son puits étoit d’une extrême fraîcheur, ce n’étoit pas à cause de fa profondeur , mais parce qu’elle y faifoit jetter plusieurs prologues de ses comédies. Lett. 27. des entretiens. Plu- tarque, après avoir dit que les choses incroïables font toujours froides, il raporte un endroit de l’ilistoire d’Hegesias , où il dit, que le temple de Diane d’Ephé- fe fut brûlé , parce que la Déesse étoit absente , étant pour lors ocupée à i’acouchement d’Olympia. mère d’Alexandre. Plutarque dit fur cette pensée, qu’elle ejisi froide , qu’elle auroit pû éteindre, par fa froideur, le feu de ce temple. FROIDEMENT, adv. [Frigides Dans un état où l’on sent la froidure. Nous sommes ici froidement.) t * FROIDEMENT , adv. [Lentè , moderatè, osci - tanter.} D’un sang froid, d’un sang rassis & posé: d’une maniéré froide. (Vous louez les œuvres d’au- trui froidement. Gomb. épit. I. 3. II fe mit à rire, & me dit froidement. Pasc. I. 1.) FROIDEUR , s f [Frigus, algor.} Ce mot dans le propre, fe prononce d’ordinaire comme il est écrit, & est usité dans les matières de Philosophie. On peut dire que la froideur est une qualité qui imprime en nous un sentiment de froid. ( La chaleur dissipe & écarte , & la froideur assemble & resserre. Bernitr , dans fa Philosophie , en parlant des qualitez, dit qu’il y a des atomes de froideur, & que ces atomes sont piramidaux. L’eau, après avoir été échaufée , reprend fa froideur naturelle.) " FROIDEUR. f/îk-nAs, languor .] Ce mot t au figuré , fe prononce frédeur. Efpéce d’aversion. Grande indiférence. (Parler d’une personne avec froideur. Monsieur de la Rochefoucaut. La froideur des femmes Holandoifes leur tient lieu de vertu. S. Evre~ mont. Moi ? parbleu je ne fuis de taille ni d’humeur A pouvoir d’une belle ejfuier la froideur. Mol.) t FROIDIR. [Frigescere, frigefacere.} Ce verbe n’est pas en usage; en fa place, on dit refroidir. Vaug. rem. Cependant il est dans le Dictionnaire de l’Académie. FROIDULEUX , EUSE, adj. [Frigoris impatiens, algidm.} Frilleux, qui craint le froid. FROIDURE , f f. [Frigtts , algor.} Froid. (La froidure est grande, la froidure est ennemie des nerfs: la froidure n’est bonne que pour les choux. Misérable troupeau, qui durant la froidure Vois ces champs fans moisibn U ces prêt fans verdure. Racan. berg. a. 5.) $ L’Académie dit, froìdureux. FROISSEMENT,/»!. [Friches, friatio, tritu. ra.] Action par laquelle on brise, ou froisse. (Froissement des parties.) FROISSER,®- a. [Frangere, coPidere.} Rompre: mettre en pièces : briser : meurtrir. (L’un me heurte d’un ais dont je fuis tout froissé. Dejpr. fat. 6.) FROISSER. [Atterere.} Chifonner. (Sa jupe étoit un peu froissée. Busil.) FROMAGE,/ m. [Cafeus.} C’est un composé de lait pris & caillé qu’on sèche , qu’on sale, & qu’on mange. C’est aussi un composé de lait, de crème & de fréfure. (Fromage gras : fromage afiné : fromage à la crème: fromage à la pie. Voïez Chat. Maître corbeau fur un arbre perché, Tenoit en son bec un fromage. La Font.) H * Entre la poire U le fromage. C’est-à-dire , Prov. dans la gaieté où l’on est d’ordinaire à la fin d’un bon repas. (Nous étions entre la poire & le fromage sors que le marché fut conclu.) FROMAGER , E'RE. [Cafearius.} Celui ou celle qui fait & vend des fromages. FROMAGERIE, / / í Cafeale , cafearìum fo~ FRO 89 rum.'} Lieu òù l’on dessèche des fromages, ou bien l’endroit où on les vend. FROMENT, froument , / m. [Frumentum , tri. ticum.j Quelques Auteurs du préniier ordre ont écrit froument pour froment , mais l’ufage n’est pas pour eux; on dit, & on écrit froment. C’eit ne plante qui vient de semence, qui pousse un tuïau noïeux, au bout duquel il y vient un épi qui renferme une graine dont on fait pour la nouriture de l’homme le meilleur pain qui fe fasse. (Pur froment. Bon froment.) FROMENT rouge , froment Locar , B ’é Locular , Epéautre. [ Zea .] Efpéce de blé qui est commun en Egypte, en Grèce & en Sicile. Ses épis font disposez à peu près comme ceux de l’orge. Ce froment est détersif & résolutif. 0 * FROMENT. Lorsque l’on fe sert du terme bled, on doit sousentendre le froment, quoique Columgjla ait dit qua le mot de froment, frumentum, comprenne le mil & les autres légumes : mais y a long- tems que l’on a conservé au froment le terme bled: ainsi, dans les Plaidoyers de Jaques Corbin, il y a au chap. 49. un Arrêt qui a jugé qu’une rente crée en bled, devoit être aquitée par du froment ; ce qui est conforme à un autre Arrêt raporté par Mornac, fur la Loi 52. f. Mandaté. Mais si le fond sujet à la redevance en bled , est situé dans un territoire où on ne feme point de froment, il paroît juste que le Seigneur se contente du seigle qui aura été recueilli. f FROMENTE'E , / / [Polenta triticea.} Farine de froment dont on fait de la bouillie. * FRONCEMENT, / m. [Corrugatio , capera* tio.J L’action de froncer les sourcils. FRONCER, v. a. f Sinuare .] Terme de Tailleurs & de Couturière. Faire plusieurs plis de fuite & de rang avec l’éguille. ( Froncer le poignet d’une chemise : froncer un haut-de chausse.) * FRONCER le sourcil. [Corrugare, caperare , ajpera - re.} Abl. C’est se refroigner : c’est se faire un air qui témoigne du chagrin , de la fâcherie. FRONCEURE, ou fronçure,f f. [Sinus.} Comme l’on prononce : ce sont les plis de l’étofe qu’on a froncée. FRONCIS, / m. [Sinus , ruga.J Les plis que l’on fait à une robe, à une chemise en les fronçant. FRONCEE,/ m. [Clavus , furunculus.} Tumeur impure qui naît aux parties charnues par fluxion d’un sang grossier. Deg. (II a un fronde à la fesse.) FRONDE , / / [Funda.J Corde de deux ou de trois fils, longue d’une aune ou environ, au milieu de laquelle il y a une poche faite en réseau où l’on met la pierre qu’on veut jetter, & qui sert à jetter des pierres, soit pour se divertir, ou pour se batre. ( Une bonne fronde. Se batre à coups de fronde. Les brasses de la fronde. Le panier de la fronde. La fronde claque. * FRONDE. Le parti des Parisiens durant les dernieres guerres, qui s’étoit formé contre le Cardinal Mazarin. (La fronde rentre en rut. Marigni , balades, C’est-à-dire, la fronde commence à reprendre cœur.) FRONDER, v. n. [Fundere , fundibu’ari , fundli ja- cere.} Jetter une pierre avec une fronde. (C’est un petit libertin qui s’en va fronder toute la journée.) f * FRONDER, v. a. [Exagitare , elevare , inficiari.} Pester contre quelcun , le railler. Ataquer quelque chose. S’en moquer. S’en rire. (Je sois le premier à fronder les ridicules de la Cour. II ne fe soucie pas qu’on fronde ses pièces. Mol. Oui , l’Auteur inconnu qui par lettres vous frond. De votre politique a découvert le fin . Auteur anonime.) FRONDEUR , / m. [Funditor , fundibularius .] Celui qui jette des pierres avec une fronde. Soldat qui du tems des anciens Grecs étoit armé d’un bouclier , d’un casque, d’une cuirasse & d’une fronde, dont il se servoit pour jetter des pierres & des baies de plomb. Ceux qui lanqoìent des javelots, ne pou- voient ateindre les frondeurs de l’ennemi. Abl. retrau te des dix mille , l. 3. ch. 2. 11 s’enrôia jusques à deux cens frondeurs. Abl. ret. I. ).) Ce mot fe dit des jeunes garçons qui jettent des pierres avec une fronde. (C’est un petit frondeur.) f Les frondeurs des Isles Baléares font fameux dans l’Histoire, & leur adresse est digne «'admiration. * FRONDEUR. Celui qui est du parti de la fronde. (Frondeurs, dont la vigueur étonna çe maître Cala- Tome II, M bruis. 90 FRO brois. Voïez les balades de Marigni pour la fronde.") FRONDEUR. [Cenfir.] Celui qui contredit ou qui critique. (C’est un frondeur de livres.) FRONT, / ni. [Frons.] Partie du visage située sur les yeux, qui s’étend jusques aux temples & s’élé- ve jusques au commencement des cheveux. (Un beau front.) Que je hait ces auteurs froids £cf mélancoliques , Dont les grâces jamais ne dérident le front. Desnr.) (* Front de poisson : front de truite. Rond. x. partie , p. 126. * FRONT de cheval : front de chien. * Front de chaussée. Vaug. Quint. I. 4.) * FRONT. [ bnpudentìa, audacia. ] Impudence. Hardiesse. (De quel front nous opofez vous un acte que vous même condamnez ? Pat r u , plaid. Je ne fuis point de ces femmes hardies , Qui goûtant dans le crime une tranquille paix Ontfçûse faire un front qui ne rougit jamais. Racine. f Avoir un front d’airain , c’est être impudent au dernier point. (§ Corneille a dit dans son Cid : Le prémìer dont la race a vû rougir son front. Mais P Académie a aprouvé la critique de l’obfervateur, & a décidé qu’on ne peut pas dire le front d’une race. Beys a dit dans une ode à la Reine: Reine que la gloire environne , Objet des Anges révéré , Et qui fur un front modéré Porte2 la plus grande couronne. II faut avouer que nos anciens Poètes n’y /egardoient pas de si près ; tout étoit bon pour eux. On ne diroit pas aujourd’hui un front modéré , pour modeste ; on ne diroit point encore objet des Anges révéré. On volt par les vers de ces deux Poètes , que l’on a pris quelquefois le front pour tout le visage. Les Poètes Grecs en ont usé de même. Anacréon feint dans son Ode septième , qu’aíant été obligé de suivre l’amour dans des forêts & dans les lieux marécageux & remplis de précipices, il étoit tombé en défaillance, dont l’amour par pitié le retira en lui frapant le front avee ses ailes ; c’est à la lettre l’explication de ce vers : O f'tfgtoi jutrceTstt eeícov. Mais il me semble que l’on n’a pas dû s’y atacher scrupuleusement. L’un des Traducteurs de ce Poète a dit : Mais Pamour me frapant le front avec ses ailes. Mademoiselle Le Févre : Lorsqu’amour me batant le front avec ses ailes. Et un autre l’a traduit plus naturellement, & avec plus de grâce : Quand l’amour du vent de son aile, Dissipa ma longueur mortelle. En èfet, on aacoûtumé de secourir une personne tombée en défaillance , par le moïen de Pair que l’on agite avec un éventail, ou quelque autre chose semblable ; & je n’ai pas encore vu que l’on s’avife de ffa- per le front d’un homme qui est en cet état. * FRONT. [Faciès.] Ce mot fe dit en termes de Guerre , & il signifie, face : devant. (Ainsi on dit, faire front de tous côtes ; C’est-à-dire, faire face & fe présenter à l’ennemi pour fe défendre. On dit aussi le front d’un bataillon , pour la tête d’un bataillon. La cavalerie faisoit un grand front. Abl. Arr. I. 1. II mena son infanterie sur quatre fronts. C’est un défilé où il n’y a pas pour passer quatre hommes de front. Abl. Arr.) De front , adv. [A fronte. ] Par devant. (Choquer l’ennemi de front. Abl. Arr. I. 1.) FRONTAL, f. m. [ Frontale. J Sorte de bandeau avec lequel on aplique fur le front quelque remède contre les maux de tête. (Faire un frontal.) FRONTAL. Sorte de gêne que les soldats font fou- frir aux païfans , avec des cordes dont ils leur ferrent le front pour leur faire déclarer où est leur argent. FRONTEAU, / m. f Frontale .] Ce mot fe dit en pariant des cérémonies Juives. Ce font quatre morceaux de vélin séparez, sur chacun dcsquels est écrit un passage de l’Eeriture sainte , qu’on pose tous quatre fur un quarté de veau noir, qui a des cour- FRU roies & que les Juifs fe mettent au milieu du front lorfqu’ils font dans la Sinagogue , & avec les courroies de ce quarré ils se ceignenc la téce. ( Les Juifs fe mettent un fronteau lorfqu’ils prient dans leur Sinagogue. (Votez le Père Simon , cérémonies des Juifs. FRONTEAU. Morceau d’étofe qui couvre le front des chevaux de grand deuil. FRONTEAU. Terme de Bourrelier. Partie de la têtière de la bride. C’est un morceau de cuir qui passe le long de la tête & au-dessus des yeux du cheval. FRONTIERE , f f. [ Fines , ter mini , confi- nia. J Limites de pais. Bornes de Roiaume ou de contrées. (Les frontières du Roiaume font bien gar. dées. Abl. ) FRONTIE RE , adj. Qui est fur les limites d’un pais. (Ville frontière.) FRONTISPICE, / nu [ Frontijpicium. ] Terme d’Architecture , qui signifie face de bâtiment , mais en ce sens il est hors d’uíàge. En fa place , on dit face. t * FRONTISPICE du livre. Ces mots lignifient devant de livre , mais en ce sens il est un peu vieux, & en fa place on dit tête , ou devant de livre. On dit Préface pour mettre à la tête d’un livre , non pas si bien pour mettre au frontispice d’un livre. FRONTON,/ m - [Frontale.J Ornement d ’Ar‘ chitefiure , qui paroît élevé au-dessus des portes, des croisées & des niches. (Fronton brisé. Fronton ouvert.) FRONTON- Terme de Marine. Cartouche de menuiserie qui est placé sur la voûte, à l’arriére du vaisseau. On Papesse aussi le miroir , & la charge des armes du Prince. Acad. Fr. FROTAGE, / nu [Fricatio , perfriélio .] Action de celui qui frote. (Frotage de plancher.) FROTEMENT , / m. [ Friflus. ] Le toucher. Action de choses qui se touchent avec force. Manié- re de friction. (Le frotement de deux corps qui ne font pas fort durs produit leur embrasement. Roh. f bis. 11 usoit pour sa santé, de certains frotemens. L’Abé T allemand) FROTER, v. a. [Fricare.] Nétéïer avec un frotoir. Nétéïer. (Froter une chambre : fcoter des carreaux : froter un archet de colofane.) ^ * FROTER. [Exápere, malè habere , dolare.] Rosser : batre. ( Froter quelcun dos & ventre. Scar. 11 a été froté comme il faut.) Se froter, v. r. [ IUineref ] Se froter les dents,- la tête, &c. (Les Anciens fe frotoient le corps d’huile.) f Se froter à quelcun. [Lacejfere , aggredi , provo- care .J C’est-à-dire, s’ataquer à quelcun : fe jouer à quelcun: fe prendre à quelcun. (11 ne fait pas hon fe froter à lui. Abl. Luc. t. i.) £ * Se froter a quelcun. C’est aussi avoir commerce , communication avec quelcun, & en prendre les bonnes & les mauvaises qualitez. ( II fe frote aux favans. 11 fe frote à des jeunes gens qui le débaucheront. ) FROTEUR, / m. [ PerfriHor, unftor. ] Celui qui frote les carreaux d’une chambre. Celui qui frote & nétéïe le parquet d’une chambre. FROTEUSE , J. f. [Pers iéirix , unétrix J Celle qui frote les carreaux d’une chambre, ou le parquet d’u- ne chambre. FROTOIR,/ m. [Ptniculuin.] Prononcez frotni. Mot général, pour dire , une chose dont on se sert pour nétéïer , essuïer & froter. Linge quarré dont ou lé frote & se décrasse le visage & les bras. FROTOIR. Terme de Chapelier. Chifons, ou autres pareilles choses couvertes d’une tripe de velours noir propre à nétéïer les chapeaux & les habits. FROTOIR. Terme de Barbier. Linge dont le Barbier essuie son rasoir, lorsqu’il fait la barbe. FROrON,/ m. Terme de Cartier. C’estunoutil compose de plusieurs bandes d’étofe bien atachées, & bien roulées les unes avec les autres pour passer fur la feuille de papier , & mouler les têtes de carte. FRUCIÍFIER , V. n. [Fruflum ferre , feracem effe.] II sis dit des arbres, & veut dire, porter du fruit,-faire des fruits. (Cet arbre ne fructifié point. Curé d’Enoit- ville. Les arbres de ce jardin fructifient beaucoup.) FRUCTIFIER, v. n. Profiter. (Si vous ofrez à Dieu votre travail, il le fera fructifier. A.m.) t FRUCTUEUSEMENT , adv. [Utiliser, commodes] Avec fruit: utilement. (Les Apôtres travaillèrent fructueusement à la propagation de. PEvangile.) ■ • FRUC- FRU FRUCTUEUX, fruflucuse , adj. [ Fertilk , ferax. J Qui porte du fruit. (Terroir fructueux.) * FRUCTUEUX , fructueuse , adj. [ Utilis .] Qui est utile. Chose fructueuse. (Cela lui sera fructueux.) FRUGAL , frugale , adj. [ Frugaiis , temperans, abjìinens , moderatus.] Qui a de la frugalité. (Homme frugal.) f FRUGAL, se dit aussi d’un repas, d’une table , où il n’y a à manger que ce qu’il faut honnêtement pour fe nourrir. (Nous avons pris chez lui un repas frugal. Sa table est toujours propre & frugale.) FRUGALEMENT, adv. [ Frugaliter, moderatè J Avec frugalité. (Vivre frugalement.) FRUGALITE', f f. [ 'Frugalitai , temperantia .] Sorte de vertu qui nous fart être tempérans & réglez dans le boire & le manger. Sobriété. Vertu qui consiste à se passer de peu. (II vient dans une grande frugalité.) FRUIT, f tn. [ FruHus.] Ce que portent les arbres , les plantes, & la terre pour la nourriture ou pour le plaisir de l’homme principalement. (Les fruits de la terre : fruit à noïau : fruit à pépin : un bon & excélent fruit : fruit hâtif : fruit tardif: fruit d’été , ou d’hiver : fruit insipide , pierreux , farineux, pâteux , grumeleux : chair de fruit : fruit qui a unë bonne eau : la peau, la queue , l’œil, levçœur dù fruit, le fruit a coulé : le fruit a bien noué : un arbre sc met à fruit; c’est-à-dire, commence à porter du fruit, après avoir été long-tems fans en faire : fruit qui tient à l’arbre : le fruit tourne ; c’est-à-dire, commence à mûrir, car le commencement de la maturité se connoît en ce que le fruit tourne & change de couleur : arbre abondant en fruit. On voit souvent f hiver fier es mutin, Qui s’en vient un beau matin , Ramenant avec lui fa maudite froidure, Geler & fleurs A fruits , U rendre impunément s Des pauvres Jardiniers les efperances vaines. Du Trousser.) f FRUIT de baume. [ Carpobalsamum .] Ce fruit contient beaucoup d’huile & du sel volatil. II est alexi- taire & propre pour fortifier les parties vitales. Ce fruit est rare. fis On confond souvent ces deux mots , fruits & revenus : cependant on doit entendre pat fruits, ce que la terre produit pour l’ufage des hommes ; & par revenus , lès loïers des maisons , & les rentes & pensions. Les Jurisconsultes divisent les fruits en natrels, indu- Jìriaux , & civils; c’est ainsi qu’on les apelle au Palais : les prémiers font produits par la nature feule, fans le secours de la culture & de la main de l’homme : les seconds font l’éfet des foins, du travail & de l’in- dustrie des hommes : & les troisièmes font les profits que l’on tire d’une chose qui naturellement ne produit rien ; telles font les rentes constituées , les loïers des maisons; on les apelle civils, parce que la Loi les autorise. Les fruits pendans par racines, font ceux qui font atachez à la plante qui les produit; ils font partie du fond, & en augmentent le prix, jusques à ce qu’ils soient séparez de l’arbre ou de la plante ; on peut les vendre avant leur maturité : mais il n’en est pas de même des bleds ct des raisins, dont la vente n’est point souferte qu’après avoir été recueillis. Cette jurisprudence si judicieuse n’est pas seulement établie en France ; on l’observe dans plusieurs Etats de l’Europe, comme Chopin l’a remarqué dans son traité des privilèges des rustiques , liv. 2. part. 1. ch. & quoique l’incertitude des récoltés soit grande , & qu’il arrive souvent des vents & des pluies qui causent un ravage presque entier des fruits, & dont Virgile a fait une si belle peinture dans le pré- mier livre de ses Géorgiques , & que Air. de Ségrais a traduit de cette sorte : J’ai vii des moissonneurs la troupe préparée A mettre la faucille en la moiíjòn dorée, Que les vents se livroient un combat furieux, Et les noirs tourbillons enlever jusqu’aux CieUx, Les épies arhiebez avec leurs racines ; J’ai vú fondre du Ciel iCincroiables ravines $ Les nuages verjer des torrens dans les airs, Qui changeaient de beaux champs en de profondes mers; Les fleuves débordez faisoient luire leurs ondes, Les vagues mugijjoient fur les plaines fécondes , Environné d’éclair s fous cette sombre, horreur, FRU Jupiter fait gronder son tonnerre vengeur ; La terre tremble au bruit , gjf les bêtes s’enfuirent Les hommes semblaient morts de l’efroi qu’ils sentirent. J Cependant l’expérience aïant fait connoître que les usuriers , fur le prétexte de faciliter au débiteur le paiement de ce qu’il doit, prenoient de bleds encore verds, & beaucoup au-delà de ce qui leur étoit dû, on a défendu très - expressément la vente des bleds avant la moisson ; & pour prévenir entièrement les abus qui se commettoient dans ces sortes de païemens, lés Ordonnances ont impose la nécessité de convertir une rente créée en bled, & de la mettre en ar- ent. Les fruits s’aquiérent par une possession de orme foi, quoique le possesseur n’ait aucun droit dans la propriété de la chose ; parce que, selon le langage des Jurisconsultes , la feule possession sofit pour aquérir les fruits , outre que l’on distingue le domaine utile & le domaine de propriété : mais il faut que la bonne foi soit sondée fur un titre du moins coloré. II y a des choses qui ne produisent aucun fruit , mais que l’on met dans le rang des fruits , comme le droit de patronage , le droit de nomination & de collation des Bénéfices. La confiscation , la commise d’un fief, les droits honorifiques qui dépendent d’une terre, les revenus atachez à un Bénéfice ou à une Chapelle , sont véritables fruits qui apartiennent, quoique non perqûs, au Titulaire , jusques au jour de son décès. Les distributions manuelles n’apardennent pas aux absous, parce q’elles sont la récompense du service & de la résidence. II n’en est pas de même du gros que les abscns peuvent gagner dans certains cas privilégiez. On compte Vannée par le mois de Janvier, quand ii s’agit de régler les fruits que le Bénéficier défunt a gagnez pendant fa vie. Quant au partage des fruits des Bénéfices, la maniéré la plus ordinaire est d’en faire trois parts , l’une pour le chef, Vautre pour les charges & réparations des Bénéfices, & la troisième pour les Moines & les Religieux. Cette régie générale a soufert des exceptions qui ont fait naître plusieurs dificultez décidées par un grand nombre d’Arrêts , dont on a fait un recueil imprimé à Paris, chez Nicolas Bessin , en 1660. Sur la qualité des fruits pendans par racines, les Loix Romaines n’ont établi qu’une régie , qui est, que ceux qui sont pendans par racine , suivent le fond , & sont immeubles; & ceux qui en sont séparez , quoique non encore enlevez , sont repucez meubles. Quelques Coû- tumes en disposent autrement , & particulièrement celle de Meaux , laquelle dans l’article 69. réputé meubles les fruits qui sont atachez au fond, quand il s’agit de succession & de partage. Voïez les articles suivant. Les Latins ont apellé les raisins qui sont encore atachez au sep, vinum pendens. Turnebe , adverfar. lib. 1. cap. 1. FRUIT. [ [Bellaria , secunda mensee fercula .J Dessert de fruit qu’on sert après la viande. (Servir le fruit.) * FRUIT, s. m. Portée de quelque animal. Voïez Portée. (Béni soit le fruit de vôtre ventre. S. Luc . ch. 1.) ^ * FRUIT. XfEmoJuméntura. j Utilité : récompense. (On ne sauroit trop estimer un si beau fruit de la probabilité. Pasc. I. 6 . Je ne Voudrois pas tirer de plus grand fruit de mon éloquence. Voit. I. 3 7.) * FRUIT. Efet. (Les membres estropiez- les villes ruinées, les maisons brûlées, les pais déserts, &c. font des fruits de la guerre.) f FRUIT. Chose qu’on n'avoit pas , ou qu’on ne Voit pas souvent. (Ce sont pour des fruits nouveaux. Sar. P défi) FRUIT- Terme d ’ Architefíure ct de. Maçon, Ce mot fe dit quand on n’éléve pas une muraille a plomb, mais qu’on lui donne un peu de retraite à mesure qu’on l’éléve. (Donner dn fruit à uiie muraille.) f FRUITAGE, s. m. C FruHus. J II signifie fruit en général. Toute sorte de fruit. (II ne vivoit que de fruitage.) FRUITERIE, f. f. ( [Cella frufluaria .] Lieu où Von garde le fruit. (II ne doit point geler dans la fruiterie.) FRUITERIE , f. f [Pomarìum.) Ofice chez le Roi, laquelle tournit le fruit aux tables avec toutes ses çires & chandelles pour la maison. Tome IL AI % ff.UI- 9 2 kul FRUITIER,/ m. [Frutíifer , frugifer.l Jardin où sont les fruits. (Un beau fruitier.) , FRUITIER, adj. m. II ne fe dit qu au masculin. Arbre fruitiers c’est un arbre qui porte du fruit. On dit aussi, Jardin fruitier. . , prttittf're . t s - [ Pomarta.2 C’est celle qui vend defherbes, & de toutes sortes de fruits à Paris. FRUSTE , adj. f. [Exefus, détritus .J Terme à’Antiquaire. 11 fe dit des médaillés qui font tellement éfacées "qu’on n.’en peut lire la légende, & des pierres dont on ne peut eonnoitre les ligures, ni les inscriptions. FRUSRATOIRE , adj. [Inanis, vanets , firustra- thni obnoxius.') Terme de Palais. 11 signifie vain & inutile, & ce qu’on rend tel par de mauvais artifices, comme par la chicane. (Cette chicane rend l’Arrêt du Parlement frustratoire.) FRUSTRER, v. «. [Frustrari, ludere,Jpe dejice- rr.] Priver quelcun d’une chose qui lui étoit comme dúë. Tromper. (Truster Patente de quelcun. Pasc. ì. ;. 11 les frustra de leur attente. Vaug. Quint. Frustrer quelcun de fa plus grande espérance.) FUGITIF, fugitive, adj. \Fugitivw.~\ Qui fuit; qui est en fuite. (Amour fugitif. Elle est fugitive. Abl. Esclave fugitif.) ^ FUGITIF, se dit en Poésie, de 1 onde qui court toujours. (L’onde fugitive.) , , H Pièces fugitives. Ûn apelle ainsi certains écrits, qui ont échapé à la diligence de ceux qui ont fait des recueils. (II a rassemblé beaucoup de pièces fugitives.) FUGITIF, / nt. Qui est en fuite : qui est errant. (Un pauvre fugitif.) FUGUE, / /- [Vocis quasi fugientis insiftatio.'] Terme de Musique. Imitation de chant qui fe fait lorsque les parties s’entrefuivent & chantent les unes après les autres par le moïen de quelque pause. Voïez Zerlmo, traité de musique , partie. (Une double fugue: commencer une fugue : faire une fugue.) * FUIANT , ANTE, adj. [Fugiensfj Terme de Peinture , c’est-à-dire, qui fuit, qui s’éloigne des yeux. (Cela est fuïant. Cette partie est fuïante.) FUIARD, / m - [_Fugax , transfugaJ] Soldat qui fuit après le combat perdu. Soldats qui tâchent à échaper aux ennemis par la fuite. (Poursuivre les fuïards. Abl. Arr.) FUIR, v.n. [Fugere.2 Je fui, j’ai fui, je fui , je fuis, je fuirai, ffc. Se mettre en fuite, lâcher le pie & fe sauver en courant : tâcher à s’échaper par la fuite. (L’ennemi fuit: fuir de peur.) f FUIR, fe ditdutems, pour signifier, qu’il passe vite. (Le te m s fuit. Ces apas qu’en vous on admire , S’en iront avec vos beaux jours : Le tems qui fuit toujours U épargne rien de tout ce qui respire. Rec. de Bouhours.) FUIR, v. n. [Vitare.] Eviter. (Fuir quelcun. Abl. Fuir l’ocasion. Pafc. lett. Fuir le vice : fuir la mort : fuir le travail : fuir le mal : fuir la dispute.) FUIR , v. a. [Dijferrc.j] En termes de Palais. C’est dilater, chercher des échapatoires. (Un défendeur qui a mauvaise cause, fuit toujours.) * FUIR. Terme de Peinture. C’est s’éloigner des yeux. (Vous faites trop fuir cette partie-là.) FUITE,/ / Action de la personne qui fuit. Action de fuir. (Une honteuse fuite. Prendre la Fuite. Mettre en fuite. Abl. Se sauver à la fuite. Etre en fuite.) FUITE. Action de la personne qui évite. (La fuite des ocasions prochaines. Pafc. I. La fuite des dangers. La. feule fuite, Iris, nous garentit, C’esi le parti le plus utile à prendre Contre íamour. < Deshoul.) FUITE. [’Ludificatio , vana exceptio , tergiverfatio .] Echapatoire, excuse. (Cette distinction n’cst qu’une fuite.) ^ FUITE. [Fugxsi Terme de Chasse. C’est ce qui se çonnoit, quand les bêtes courent & qu’elle* ouvrent le pie. Sal. FuM On dit proverbialement, qu’une promte fuite vaut mieux qu’une mauvaise attente. FULIGINEUX, fuligineuse, adj. [Fuliginosus.s] Terme ds Chimie, qui vient du Latin. , 111e dit de la fumée épaisse & des vapeurs qui contiennent de la fuie, ou autre matière grasse. (Dans la prémiére fonte des métaux, il s’exhale des vapeurs fuligineuses, dont fe fait la litarge. Le noir de fumée fe ramasse des vapeurs fuligineuses des pins, ou autres bois gras que l’on brûle.) FULMINANT, fulminante , part. [Fulminât or, fulminant. ] Ce mot vient du Latin. Qui fulmine, qui crie. (J’ai oui un Prédicateur fulminant contre les vices.) FULMINANT , fulminante , adj. Terme de Chimie, qui fe dit de l’or, & qui signifie dissout dans l’eau régale. (Or fulminant. On fait aussi une poudre fulminante.) On les apelle ainsi à cause du bruit que ces choses font quand on les alume. FULMINATION , / f [ Fuìminatio .] Terme d ’Eglú fe. Exécution ou dénonciation d’une sentence d’ana- tême, faite publiquement & avec les cérémonies or- données par les Canons de l’Eglife. (Faire la fulmi- nation d’une sentence d’excommunication.) FULMINATION, / f Terme de Chimie. Le bruit qui se fait quand les parties volatiles de quelque mélange en sortent avec impétuosité. La fulmination s’apelle aussi détonation. Lemery, Chimie. FULMINER, v. a. [ Fulminate .) Terme d’Eglise. Prononcer une sentence d’excommunication. (Fulminer un monitoire.) * FULMINER. [Irasci , succensere .] Etre fort en colère. Tempêter. (11 fulmine contre sa femme.) FUMANT , ANTE, adj. ( Fumosus , fumans. ] Qui fume encore. (Un tison fumant.) f * FUMANT, se dit d’un homme qui est dans un grand emportement de colère. (II est tout fumant de colère.) FUMET » / f- [Fumets. J Vapeur qui fort d u bois qui brûle, ou d’autre chose combustible que le feu consume. (La fumée gâte les meubles & fait mal aux yeux. La laideur des Lapons vient en partie de ce qu’ils demeurent dans des cabanes pleines de fumée. Schefer , Histoire des Lapons. S’en aler en fumée : fumée de cuisine, la fumée du tabac.) FUME'E. [Vapor.2 Vapeur obscure qui sort de la poudre & de l’artillerie , lors qu’on y met le feu. (On ne fe voioit pas dans le champ de bataille , à cause de la fumée de l’artillerie.) H FUME'E , se dit aussi des vapeurs, qui s’exhalent des corps humides, lorsqu’ils viennent à être échaufez s,.r quelque cause que ce soit. (11 s’éleve une grande fumée de la rivière , des marécages.) H FUME'E. On apelle noir de fumée, une couleur des Peintres, qui se fait avec la fumée de diverses matières qu’on brûle. * FUME'E. Ce mot fe dit ausiì de la vapeur du vin qui monte à la tête. (II est encore rempli des fumées du vin.) * FUME'E. Ce mot est fort usité au figuré. (On repaît les grands de vent & de fumée. Gomb. ép. I. ;. La gloire des mortels n’est qu’ombre & que fumée. Racan. berg. a. ;. Jc. ;. Une muse afamée ne peut pas subsister de fumée. Dejpr. Poétique, ch. 4 . Et par Vespoir du gain votre Muse animée, Vendroit au poids de l’or une once de fumée. Despr. fat. y.) f S’en aler en fumée. On le dit Prov. d’une chose qui ne produit pas l’effet qu’on en attendoit. (Ses projets s’en iront en fumée.) í Vendre de la fumee. On le dit d’un homme qui n a qu un crédit aparent, dont il fait parade pour en tirer quelque utilité, quelque avantage. (II nous vend de la fumee. C’est un vendeur de fumée.) í Manger son pain à la fumée diéròt. C’est Prov. & bas. être témoin d’un divertissement auquel on ne peut avoir part. FUME'ES. [Stercus cervinum, simum.j] Terme de Chasse. Fiente de bête fauve. FUME'ES, ou formées. Ce font les fientes des bêtes fauves, en manière de crotes de chèvres. Sol. FUMER, v. n. [Futnare , exhalart fumum.J Ce mot FUM «loti ati propre, le dit du bois qui brûle & d’au- tres choses qui jettent de la fumée lors que le feu les consume. (Le bois fume : l’encens fume : faire fumer de f encens.) FUMER , v. a. [ Infumare , fumo exsiccareé} Pendre à la fumée. (Fumer des langues^ de beuf.) * FUMER de colère. {Jrà exccmdefcere .] Scar. Po'es. C’est-à-dire , être tout en colère. On dit qu’une chambre fume & que la cheminée fume, lors que la fumée rentre dans la chambre. II fe prend encore dans un sens doublement figuré, quand Corneille dit : Ce sang qui tout versé fume encor de courroux , De se voir répandu pour d’autres que pour vous,") * FUMER , v. a. [Tabaci fumum haurire naribusf\ Prendre du tabac. (Fumer deux pipes de tabac.) FUMER, v. a. [Stercorares Terme de Laboureur & de Jardinier. Engraisser la terre avec du fumier. (Fumer un champ. 11 ne faut jamais fumer les arbres fruitiers s’ils n’en ont besoin.) FUMET i f m. [_Odor , nidor.J II lignifie certaine petite fumée qui fort du vin & qui chatouille l’odorat. (Les gourmets estiment le vin qui a un fumet agréable.) FUMET, f. m. II fe dit aussi en parlant de perdrix, & signifie prémiérement une certaine petite fumée qui flate l’odorat avant qu’on la mange. C’est aussi un certain goût de blé verd qui est agréable, -& qui marque que la perdrix est excélente. (Cette perdrix a un fumet agréable qu’on prend plaisir de sentir même avant qu’on la mange. Une perdrix qui sent le fumet, est un èxcélent manger. On sert sur table , U gibier D’un air d’un goût singulier A tout moment reçoit louange , De chaque bouche qui le mange i A /’exalter rien ne s’omet, Et rien n’égale son fumet. Perr. Chasse.) FUMET. Terme de Traiteur. Ragoût fait d’un bon jus de mouton, de trufles & de champignons, que l’on passe & dont on acompagne une perdrix. II nous a fait manger deux perdrix relevées d’un fumet surprenant. Mol. bourg. gent. a. 4. sc. 1.) FUMETERRE, s s [FumariaJ Plante qui est fort petite, qui aime la terre grasse & humide, & qui fleurit en Mars ; fa fleur est pourprée ou rougeâtre, & quelquefois blanchâtre. (Fumeterre bulbeuse. Dais f La fumeterre purifie le sang, elle excite l’urine. On l’employe dans les maladies de la rate, pour le scorbut & pour la gratelle. FUMEUR , s m. [_Fumi nicotianì captator .] Celui qui prend du tabac en fumée. (Le Poète Saint Amant étoit un fumeur, & veut passer pour tel quand il écrit : AJJìs fur un fagot , une pipe à la main , Je songe aux cruautez de mon sort inhumain, éscs FUMEUX , fumeuse, adj. [Fumosiu , sumiduss Qui envoie des vapeurs. (Vin fumeux. Un laquais éfronté m’aporte un rouge bord D’un auvernat fumeux qui mêlé de lignage , Se vendait chez Crenet pour vin de l’tìermitage. Defpr.) FUMIER, f m- [ftercus, simums Excrément de bêtes qu’on nourit à la maison : paille qui après avoir servi de litière au bétail & être presque pourie ; se tire de l’écurie, ou de l’étable, au milieu de la cour d’une ferme, pour être ensuite portée sur la terre cultivée afin de la fumer. (Bon fumier : fumier de beuf, de cheval, de mulet : le fumier de pigeon est fort chaud : on fait venir des melons fur des couches de fumier : il est défendu aux Jardiniers de fe servir de fumier de pourceau: fosse à fumier: faire du fumier: le fumier engraisse les terres : lorsque les gens de qualité font malades à Paris, on couvre de fumier l’endroit de la rue où est leur maison , afin que ce fumier empêche un peu le grand bruit des caresses qui passent devant leur porte. Sur la porte on voit d’un loup gris La tête , (5? deux chauve-souris. o Dans la cour , où dès que l’on entre On a du fumier jusqu’au ventre. Perr. Chasse.) FuN 02 * FUMIER. Chose méprisable. Chose vile. (II re _ garde le monde comme du fumier. Mois On dit proverbialement: un coq eji bien sort sur son fumier : je mourai sur mon fumier. î$ On dit que Patris composa ce madrigal peu de tems avant que de mourir. Jesongeois cette nuit que de mal consumé, Côte à côte d’un pauvre on ni avoit inhumé ; Et que n’en pouvant pas soufrir le voisinage , En mort de qualité, je lui tins ce langage ; Retirent ni , coquin , va pourir loin d’ici, II ne t apartient pas de m’aprocher ainsi. Coquin , ce me dit-il , d’une arrogance extrême , Va chercher tes coquins ailleurs , coquin toi-même, Ici tous font égaux, je ne te dois plus rien, Je Jùis fur mon fumier , comme toi fur le tien. FUMIGATION, f f. [FumigatioJ II fe dit des choses qu’on prend en fumée ou qui fe tournent en fumée. (II est dangereux de prendre le Mercure par fumigation. La fumigation est aussi une calcination potentielle, qui fe fait par les vapeurs du Mercure, qui ronge & réduit en chaux les petites lames de métal qu’on suspend au-dessus. La cérufe fe fait par la fumigation, ou vapeur du vinaigre qui ronge les lames de plomb.) f FUMIGER, v. a. [Fumigare.] C’est faire recevoir à quelque corps la fumée d’un autre. FUNAMBULE, f »r. [ Andabata , funambulus.~\ Celui qui danse fur la corde. (Suétone raporte que du tems de Galba on vit des éléphans funambules dans les jeux floraux. II parut un homme funambule lors qu’on joiia l’Hécyre de Térence. AcatL Franç.) (f Nous avons vtì autrefois des bateleurs non seulement danser sur une corde, voltiger avec beaucoup d’adresse & de force, mais encore monter de bas en haut fur une corde tendue, avec une assurance surprenante. Tertullien a fait mention de ces sortes de bateleurs dans son traité de pudic. c. r o, & nous lisons dans l’Histoire de Nicephore Gregoras, liv. 8- ch. 10. n. 1. U 2. que l’on vit à Constantinople , fous le régné d’Andronic le jeune, des hommes qui faifoient des choses que l’on n’avoit point encore vûës : il en fait ensuite un long détail ; & parmi les actions hardies de ces inconnus, il remarque que l’un d’eux aïant les yeux fermez, & tenant un enfant entre ses bras, marchoit fur une corde tendue entre deux mâts, & aloit d’un bout à l’autre. Juvénal apelle schanobates, ces funambules : Sçavez- vous (dit ce Poète dans fa satire troisième) ce que c’est qu’un Grec ? C’est un homme qui est tout seul ce que font beaucoup d’autres ensemble ; il est Grammairien, Rhéteur, Géomètre & Peintre , froteur d’Athletes, Devin, Danseur de corde, ou funambule, Médecin, Magicien. ----- Ede quid iïïum Ejse putes ? Quemvts hominem secum attulit ad nos, Grammaticus, Rhetor, Geometres, Pister, Aliptes, Augur, Schanobates , Medicus, Magus , omnta novit Grœculw esuriens. Les Danseurs de corde étoient fort communs à Rome. VoïeZ Barthius, adversar. lib. §. cap . 19.) FUNE'BRE, adj. [Funebris.J Qui regarde les funérailles : qui fe fait aux funérailles. (Oraison funèbre : pompe funèbre. Là d’un enterrement la funèbre ordonnance, D’un pas lugubre (V? lent vers /’Eglise s’avance. Defpr.) Oiseau funèbre. [Avis Jiniflras On apelle ainsi les oiseaux de mauvais augure qui ne sortent que la nuit, comme les hibous, les orfraies, &c. FUNER , v. a. [Inftruere rudentìbuss Garnir de cordage. (Funer les mâts.) FUNE'R AILLES ,s f IFunm, exequMJ Ce mot n’a point de singulier, & il signifie enterre - ment. Corps mort qu’on porte en terre , qui est acompagné d’un convoi de Prêtres & d’une troupe de parens & d’amis. (Corps mort qu’on va enterrer & qui est suivi de parens & d’amis. Faire de belles funérailles. Abl. Assister aux funérailles d’une personne.) M ; ru- 94 FUR FUNE'RAIIXES. [Mors, nex.] Ce mot, dans la poésie, signifie la mort. ( Te T ai và tout sanglant au mïlhu des batailles , Sc fàÎTs U72 beau Yiiíitvpffl't de Thûlle riniércUucSe Corneille, cid. Dans le même tems tous les cors, Par certains lugubres acors, Du cerf dont on voit les entrailles , Sonnent les tristes funérailles. Perr. Chasse.) Les Poètes se servent très-souvent du terme funérailles dans le figuré ; il a un son agréable à l’oreil- le, & rime à plusieurs autres ; souvent méme ils en abusent. Malherbe, par exemple, a dit dans son ode sur le volage du Roi à Sedan : Qui n’eut cru que ses murailles Qúe défendait un Lion, N’eujfent fait des funérailles Plus que n’en fit Ilion ? FUNE'RAIRE , adj. [Funerarius, funebrù. ] Qui regarde les funérailles. (Païer les frais funéraires. Les frais funéraires font les premières dettes qui se prennent par privilège sur les meubles de la personne m FUNESTE, adj. llnfaustus , luHuofus, funestus, jnselix.J Malheureux. (Accident funeste. Chose funeste. Mort funeste. Jour funeste. Cette victoire lui a été funeste.) FUNESTEMENT , adv. [Funeste , infaustè.'] Dune maniéré funeste. (Cela est arrivé le plus funestement du monde.) FUNGUS , f m. Terme de Médecine. C’est une excroissance charnue , molle , spongieuse & pâle qui vient fur les membranes, fur les tendons, ou fur d’autres parties nerveuses, ensuite d’une plaie, d’une contusion ou d’un éfort. FUNIN , f m. [ Funis, rudens .] Terme de Mer. C’est le cordage du vaisseau. FURET , f m - [ViverraJ Petit animal qui cherche & furète dans les trous des lapins & les en fait sortir. Le furet a lesyeux rouges, le ventre blanc, & le reste du corps couvert d’un poil qui tient d’une couleur qui participe du blanc & de la couleur de bonis. (Furet mâle : furet femelle. Les petits de la fémel- le du furet font trente-trois jours fans voir clair. Jonsionfi H La chair du furet contient beaucoup de sel volatil ; elle est bonne contre la morsure des ferpens, pour refoudre, pour exciter l’urine. Sa fiente est résolutive. jgf L’Ordonnance de 1669. defend de pêcher avec un engin apellé furet : & celle de Philippe V. défend d’avoir des furets, si l’on n’est pas Gentilhomme. Code des chastes. 4 = * FURET , fe dit d’un homme qui s’enquiert de tout, & qui est apliqué à savoir tout ce qui se passe de plus particulier dans les familles. (Cet homme est un vrai furet. f * FURET, se dit aussi des remedes, qui vont chercher les humeurs les plus cachées dans le corps, comme font le Mercure & l’Emetique. (Ce remede est une espèce de furet.) FURETER , ». n. Prendre des lapins avec le furet. (Alons fureter.) FURETER , ». a. [ Scvutarì , indagare, pervestigare .2 Chercher par tout comme un furet. (Fureter tous les trous jufqu’au fond de la cave. Saint Amant. Toutes sensiblement touchées, Furetoient nos beautez cachées, Et cherchaient des endroits à pouvoir censurer. Bourf. lett.) f * FURETER. S’empresser à savoir des nouvelles de tout, à satisfaire fa curiosité fur tout. (11 furete par tout pour savoir ce qui fe passe. II furete dans le* Bibliothèques, dans les cabinets des curieux.) * FURETEUR , f m. [Inquisitor , scrutât or .2 Celui qui furète & qui cherche par tout. (C’est un grand fureteur ) FUREUR , f f- [Furoré] Ce mot marque l’agita- tion du dedans, & il signifie transiort plein de colère U de rage. (Le lion sc lance en fureur. Vaug rem. S’ex- poser contre un peuple en fureur. Abl.) * La fureur de la mer. Vaug. Quint. I. 4. La fureur des vents, de la tempête, &c.) FUR * FUREUR- Ce mot fe prend souvent en bonne part & signifie transiort , entousiafme. (Je suis transporté d’une sainte fureur. Ablancourt, l.uc. tom.i. Fureur martiale : fureur divine : fureur héroïque. Vaug. rem. Fureur poétique. On diroit , quand il veut pouffer un sillogifme, Qu’il a-pelle en duel tout le christianisme , Ou que de fa fureur nom prenant pour témoins , 11 veuille défier le diable a coups de poings. Sanleq.) ff Voici ce que le P. Rapin a judicieusement observé dans lès Réflexions fur la Poétique. ,, 11 n’est ,, nullement vrai, comme la plupart du monde le ,, croit, qu’il doive entrer de la fureur dans le ca- ,, ractére de la Poésie, car quoiqu’en éfet le discours „ du Poète doive en quelque façon ressembler au „ discours d’un homme inspiré, il est bon toutefois „ d’avoir l’efprit fort serein, pour savoir s’emporter „ quand il le faut, & pour régler ses emportemens ; „ & cette sérénité d’efprit , qui fait le sang froid St ,, le jugement, est une des parties les plus essentiel- „ les du génie de la poésie ; c’est par là qu’on se „ possède ; & ce fut autrefois une vision toute pu- ,, re de Platon, que cette fureur qu’il donne auxPoë- „ tes, dans le traité qu’il en a fait ; il avoit entre- „ pris de décrier la poésie, n’aïant pû y réussir. II ,, est vrai qu’Aristote reconnut quelque chose de di- „ vin dans le caractère de Poète ; mais il n’y recon- „ noît rien de furieux ; le vulgaire confond toute- „ fois l’un & l’autre, &c. “ Pag. 9. A? 10. FURIBOND, furibonde, adj. [Furove amens, in- flammatm, furibundus .2 Furieux. (Un air furibond. Désir. lut. c. 1. Conclura-ton d’abord qu*un Dofleur furibond, Ait droit de s’escrimer de son bras vagabond. Sanleq. F FURIBOND, est aussi substantif. (C’est un furibond.) FURIE, si fi [Furia.] Déesse des enfers coifee de ferpens, aïant dans les mains une torche pour punir les coupables. (On feint trois furies, Aleéio, Mégere, [fi Tisiphone. Non, non, un Orateur n’efl point une furie, Prêche donc fans fureur [fi fans éfronterie. Sanleq.) f FURIE, sc dit d’une femme extrêmement violente & méchante. (C’est une vraie furie.) FURIE , f f. [Furia, furorst Ce mot marque les violentes actions du dehors, & il se prend en mauvaise part. (La furie des bêtes farouches. Vaug. rem. Donner de furie fur l’ennemi. Abl. * FURIE. [Vis,ardor, impetus.'] Violence: ardeur. (La furie du combat : la furie du mal : la furie des vents.) ch FURIE. Satin ou tafetas des Indes & de la Chine, peint dans le pais, ou imité en Europe. Ces satins ont été apellez furies, parce que les premiers qui parurent en Europe, avoient des desseins si extraordinaires, qu’on eût pû croire qu’ils 'étoient l’ouvrage de quelque furie. * FURIEUSEMENT. [Furiofé, furenter, jmmaniter .2 Fort. Beaucoup. (II est furieusement sot. Scar. Une oreille délicate pâtit furieusement à entendre prononcer ces mots-la. Mol. Se mettre furieusement en colère.) FURIEUX, furieuse , adj. [ Furiosus , furens. J Plein de furie. Violent. Le tigre est furieux : lionne furieuse : un taureau furieux. * Plus la mer s’enfle, plus elle est furieuse. Vaug. Quint. I. 4. Une furieuse tempête. Ainsi des hautes montagnes Tombe un torrent furieux, Qui ravageant les campagnes Se fait passage en tous lieux. Abé Testu.) * FURIEUX, furieuse. [ImmanUst Grand, excessif: qui est dans 1 exces. (11 fait une furieuse dépense. Une furieuse plaie. 11 a un furieux tendre pour elle. Molière. Un furieux combat : un furieux froid : une furieuse chaleur, un torrent furieux.) FURIN. [Aìtumst Terme de Marine, qui se dit > Upl e ’ ne mer - (U faut méner le vailleau en surin 5 c est-a-dire, hore du havre.) f FUR- FUS $ FURLONG,/ m. Mesure dont on se sert en Angleterre pour (arpentage des terres. Le furlong contient quarante perches. (§ FURON- Ce terme se trouve dans les anciennes Ordonnances, fur le fait de la cbast'e. Nous disons furet. FURONCLE , s m- [ Furunculw .] Espèce de flegmon avec inflammation & douleur. Acad. Fr. FURTIF , furtive, adj. [Furtivus .] Qui est fait à la dérobée : secrètement : qui s’est fait en cachéte. (Enregistrement furtif. Patru, f laid. i;. Furtives amours.) FURTIVEMENT , adv. [Clam, furtim. ] D’une maniéré furtive : clandestinement : en cachéte. (Cela s’est fait furtivement.) FUSAIN ■> f- r». [Fufanum, fusoria.) Sorte de petit arbrisseau à faire des haïes, f II porte un fruit noir, de la grosseur, & a peu près de la forme du Ge- nevre. Les feuilles & les fruits du fusain sont un poison mortel aux brebis & aux chèvres. Un homme qui en avale quatre grains est purgé par haut & par bas. II tue les poux & les lentes. II guérit la galle, apli- qué extérieurement en décoction. FUSAROLE, s. f Terme d’Architecture. Ornement qu’on place fous (ove des chapiteaux dorique, ionique, composite. C’estun membre rond, taillé en forme de collier, ou de chapelet, qui a des grains en ovale. _ FUSEAU , s f»- [Fu/uíJ Petit morceau de bois léger, long d’environ un demi pié, plus gros par le milieu que par les deux bouts, qu’on tourne en filant, & autour duquel on met le fil de la quenouille. C’étoit une jeune Bergére, Qui filoit aux bords d’un ruisseau , Et qui conduisant son troupeau, Tí une main sage çs ménagère, Tournoitson agile fuseau. Perr. Griselidis.) f Le fuseau des Parques. C’est Poétiquement le pouvoir que les Païeris attribuoient aux Parques fur la vies des hommes. On les répréfentoit comme des femmes qui filent. ^ Avoir des jambes de fuseau , des bras de fuseau. C’est avoir les jambes , les bras extrêmement menus. f FUSEAU , se dit aussi d’un petit instrument, dont on se sert à faire les dentelles & les passemens de fil & de foie. (Dentelle au fuseau. Passement au fuseau.) FUSEAU de lanterne de moulin. Ce sont les bâtons de la lanterne : fuseau à faire de la trace, des dentelles, &c. FUSEAUX de cabestan. Terme de Marine. Courtes pièces de bois que l’on met au cabestan pour le renfler. Acad. Fr. FUSE'E , f f- [Stamen fuso ìnvolutum. ] Fuseau plein de fil. (Une petite ou une grosse fusée: faire une fusée : achever une fusée : déviter une fusée.) FUSE'E. [Fusas Terme de Blason. Figure en forme de fusée que plusieurs portent dans leur écu , & qui est la marque de la droiture & de (équité. (11 porte d’argent à cinq fusées de gueules. Col.) FUSE'E. Terme d 'Horloger. Pièce de montre qui a la forme d’un cône canelé, à (entour duquel s’en- velope la corde , ou la chaîne de la montre , & qui sert à monter & bander le grand ressort. (Remonter la fusée.) FUSE'E. [Ignis mijfîlis, ignitum missile.) Cartouche plein de poudre au bout duquel il y a par en bas une baguette. (Jetter des fusées : mettre le feu à une fusée.) FUSE'E de tourne-brocbe. La partie du bois du tour- nebroche où l’on met les cordes. î FUSE E- Terme de Manège. 11 fe dit d’une maladie de cheval, qui lui vient au canon fur le train de devant, qui nait de deux furos dangereux qui fe joignent ensemble de haut en bas, & qui montent souvent au genou, & estropient le cheval. FUSEE d’aviron. Terme de Marine. C’estun pélo- ton d’étoupe goudronnée avec un entrelassement de fil de carret, qui se fait vers le menu bout de (aviron, pour (empêcher de sortir de (etrier, « dé tomber à sa mer lors qu’on le quitte, FUS (f FUSE'E de tournevìre. Terme de Marine. Ce sont des entrelassemens de fil de carret ; on les fait fur la tournevìre, de distance en distance, pour soutenir les garcettes, & les empêcher de glisser le long de la corde. Cs FUSE'E de vindas , nu de cabestan volant. C’est la pièce ou (arbre du milieu du vindas, dans la tête duquel on passe les barres. * f FUSE'E. Ce mot au figuré, signifie la vie. (Ma fusée est achevée. Ablanc. Quand nôtre heure aura sonné , Cloton ne voudra plus grossir nôtre fusée. Main. Posé) t * FUSE'E. A faite emharassée & embrouillée. (Démêler la fusée.) FUSE'E, adj. f. [Fusa, estusa .] On dit chauxsusee, c’est de la chaux qui s’est d’elle-même réduite en poudre, & qui n’a point été détrempée avec de (eau, alors elle est inutile , parce que toutes les parties ignées en font sorties. FUSELE', fuselée , adj. [Fusarim,fusatus.) Terme de Blason. Qui a des figures de fusées dans son écu. (II porte fuselé d’argent & de gueules. Col.) On dit, en Architecture, colonne fuselée, lors qu’elle ressemble à un fuseau, & que son renflement est trop sensible, & hors de la belle proportion, Franç. FUSELÏER, fustlier , s. m. [Armatus catapulté.) Prononcez fusilié. C’est un soldat fantassin qui a pour armes, le fusil, (épée & la baïonnette. Scar rom. com. i. p.e. 2. a dit : II a tué un des fuseliers de V Intendant. Saraz. Histoire de Dunkerque, iniz.pug.ìi. a écrit : Sa cavalerie conststoit aux régimens de Piímont N d’Orléans, avec les fuseliers U les cravates. Ainsi il semble que (usage contre la raison veuille qu’on dise fujèlier. Néanmoins, comme dans les rélations de divers Sièges, & dans les livres où les Auteurs ont traité à dessein des choses de la guerre, on trouve toujours le mot d z fustlier. Monsieur Chapelle , rélation des Campagnes de Rocroi, pag. 20. a dit : Tout ce qui restoit de dragons U de fustlier s , furent mis à gauche. Les autres livres où l’on rencontre le mot de fustlier, font les nouvelles Ordonnances de la Guerre , Art de la Guerre de Louis Gdia, & les Arts de l’homme d’épée de Monsteur Guillet, qui est un homme poli & savant. U y a un régiment de fusiliers sous le commandement de Mr. le Grand Maître, pour la garde & le service de (Artillerie. Mais par une Ordonnance du 6. Février 1670. le Roi défend qu’il y ait plus de dix fusiliers dans chaque compagnie des autres régimens. Voïez les nouvelles Ordonnances de la Guerre, imprimées chez Léonard. FUSIBLE, adj. f Fustlìs .] Ce mot se dit des métaux, & veut dire, qui se peut fondre. (L’or est un métal fusible.) ch L’Académie áit,fustle. (Tous les métaux font fu- siles.) FUSIL, ou fust, f m. [Igniarium, tudicula ignia. ria.) Comme on le prononce. Petit morceau d’acier, avec lequel on bat une pierre à feu, pour en faire sortir des étincelles qui mettent le feu à quelque matière fort combustible. On apelle cette forte de pierre, pierre a \ustl. On nomme aussi fustl, la boite dans laquelle on met (acier, la pierre, la mèche & les alumet- tes. (II bat le fusil tous les jours à deux heures après minuit, & étudie.) •J- * II a batu le fusil fur le mont des neuf sœurs. Marigni , balade pour la fronde.) C’est-à-dire , il a fait force vers. FUSIL. Platine de fer ou d’acier, fur laquelle il y a une pièce qu’on apelle chien, qui est garnie d’une pierre à feu; on bande ce chien avec le pouce fur un ressort, qui etant lâché & la pierre frapa.nt fur une autre pièce d’acier mobile, fait du feu qui tombe fur le bassinet. On aplique cette forte de platine vers la culasse des canons des armes à feu, en place des rouets dont on fe sert pour les arquebuses. ( On dit, des pistolets à fusil.) FUSIL. [Igniarii fistula.) Ce mot signifie une arme à feu, longue de quatre pies ou environ , depuis la lumière jusques au bout du canon, auquel on a apliqué une platine de fusil. (Tirer un fusil. Ici t un tombe , àíant glissé, Sur son fusil dans un-fostè, Et 96 FUT Et donnant du front sur la crosse, Se fait une éfroiable bosse. Perr. Chasse.) (ss Les fusils brisez sont extrêmement défendus par les Ordonnances de la chasse. Volez le Code des chasses, tzf l'Ordonnance de 1669. FUSIL. Terme de Boucher, de Rôtisseur & de Tanneur. Morceau d’acier qui est de forme ronde & longue, "qui pend à la ceinture de ces artisans, & dont ces artisans fe servent pour éguifer leurs couteaux. FUSILIER. Volez Fuselier. H fusiller un couteau. C’est le passer fur le fusil, pour l’afuter & amorcer. FUSION, s s. \_Fusio.~) Terme de Chimie. Qualité par laquelle un métal est fusible. La fonte. (Fusion des métaux. Donner un feu de fusion. Tenir en fusion. Glas.) FUSTE , s f- \_Mimr liburnica, biremií. ] Sorte de vaisseau à bas bord, à voiles & à rames. FUSTE' 011 FUTE'. Terme de Blason, qui fe dit du bois d’une javeline, d’une lance, d’une pique, d’un arbre, ou d’une forêt, lors-que le fer ou les feuilles font blafonnées d’un émail, & que le tronc ou le fut l’est d’un autre. $ FUSTEL, ou Fusiet, s. m. [ Cotinm. ) Bois propre à la teinture, & dont on fe sert pour teindre en feuille-morte & en café. Cet arbrisseau est très- commun en Italie & en Provence. Ses feuilles, les bouts de fes branches & fes semences font fort astringentes, rafraîchissantes, dessicatives, vulnéraires. On s’en sert pour les ulcérés de la bouche, de la gorge, & pour le mal de dents. ts FUSTER. L’Auteur des Ruses innocentes, explique ainsi ce terme : „ Et par le terme Fuser, on en- „ tendra le poisson, qui aïant été manqué, ou bien ,, rebatu fréquemment des pêcheurs, fuit & apréhen- „ de l’aproche des filets. " FUSTIGATION , s f- fFlagellatio , fiagrorum ìnfliflm .2 L’action de fustiger. (La fustigation est le suplice ordinaire des coupeurs de bourse.) f FUSTIGER , v. a. [ Flagellare, virgis cadere.’] Foùé- ter. (11 a été fustigé en enfant de bonne maison.) f FUSTOK, f tn. Bois jaune qui sert à la teinture, & aux ouvrages de tour & de marqueterie. La couleur qu’on en tire est d’un très-beau jaune doré : elle doit être assurée par le mélange de quelques autres ingrediens. L’arbre de Fuftok croit dans toutes les Isles Antilles, mais particulièrement dans l’Isle de Tabago, où il s’éleve fort haut. FUT, f w. [ Hasiile,scapm, fusils .] Prononcez^*. Ternie à'Arquebusier. Bois fur lequel le canon du fusil, ou d’autre arme à feu est monté. (Un bon fut de fusil. Un beau fut de mousquet.) FUT. Terme d ' ArchiteHure , duquel on se sert en parlant de colonne. C’est le corps de la colonne compris entre la base & le chapiteau. Cette partie de la colonne s’apelle aussi le vif de la colonne. (Un beau fut de colonne.) FUT de couteau. Instrument dont le Relieur fe sert pour rogner les livres. FUT de rabot. C’est le bois du rabot. FUT de tambour. Terme de Boisselier. C’est le bois du tambour. FUT FUT. Goût de bois : goût de futaille. (Vin qui sent le fut.) , f FUT de Girofle. Nom que l’on donne a un certain petit bouton. FUTAIE, f f On dit bois de haute futaie, & forêt de haute "futaie ; c’est-à-dire , des bois & des forêts, où les chênes & autres arbres font grands & épais. (11 y a là une forêt de haute futaie arrosée d’une infinité de ruisseaux. Vaug. Quint. Curce, l. 6. c. 4.) FUTAILLE , f f. ÍDolium.l Mui vuide. (Une futaille toute neuve.) f FUTAILLE montée. C’est celle qui est reliée , & qui a tous fes cerceaux, fes fonds & fes barres. f FUTAILLE en botte. C’est celle dont les douves font toutes préparées, & à qui il ne reste plus qu’à y mettre les cerceaux. On en embarque souvent de la forte, parce qu’elles tiennent moins de place, & qu’il est facile de les monter. f FUTAILLERIE, si f. Tout bois propre à faire des futailles. FUTAILLES. Ce font des muids à mettre des boulets & autres munitions. Dav. FUTAINE, f f. [Textum xylinumf] C’est un ouvrage de coton qui est fait en forme de toile, & qui sert à faire des doublures, des camisoles, des brassières, à couvrir des matelats, & autres choses. (Une bonne futaine à gros grains.) FUTAINIER, f m. [Textor xylini.) Artisan qui fait des futaines. FUTE'E , f fl Espèce de mastic ou composition qui sert aux ouvriers en bois, pour remplir les nœuds & les crevasses. FUTILE , adj. m. & f. IFutiliiJ Qui n’est point considérable, qui n’est d’aucune valeur. C’est un raisonnement futile. FUTILITE', f fl [FutiliUs.-] Mot peu usité, qui veut dire, chose de rien, bagatelles. (Us bornent nos talons à des futilitez. Mol. femmes savantes, a. ;. sc. 2 .) FUTUR, future, adj. [Futur m. J Ce mot signi* fie, qui efl à venir. II est beau dans la Poésie, mais en prose il n’a pas tant de grâce. (Que direz-vous races futures, si quelquefois un vrai discours vous récite nos avantures. Mal. Po'és. Les biens de la vie future. Les présages de fa grandeur future. Le passé n’a point vù d!éternelles amours, Et les siécles futurs n‘en doivent point attendre. Saint Evremont.) FUTUR, future , adj. Ce mot fe dit en stile de Notaire, pour dire, qui fera. (Futur époux : future épouse : futurs conjoints , ce font les personnes qui doivent être mariées ensemble. FUTUR , si m. [FuturumJ Terme de Grammaire. Tems qui marque une action à venir. (Futur premier: futur second : former le futur d’un verbe Grec.) FUYE , si f Petite volière qu’on ferme avec un volet, où on nourit des pigeons domestiques, & que peuvent avoir ceux qui n’ont point droit de colombier. G. G. C y , si m. Septième lettre de l’alphabet. Prono j cez jé. (Un g. Faire la queue d’un g. Et destin m’auroit fort obligé, s’il m’avoit dit tu v vras jufqu’au g. Boifrobert , épìt. 7.) , 6. Cette lettre s’écrit dans quelques mots, & 1 s y prononce pas ; comme en ces mots, assgner, » gner,signer, qui fe prononcent siner, résiner, affiner. Le g fe prononce comme un j consonne devant venelle e, ou i, de forte qu’on prononce gerbe, r bser, & autres mois de cette forte, comme s’ils étoiei écrits, jerbe & jibier, &c. Le g étant devant une n, fe joint avec elle dans meme filabe pour la rendre mouillée, comme dign vigne 1 n. [ Navicula , cymba. ] Bateau plat & large qui va à voiles & à rames, & dont on se sert sur la rivière de Loire, au dessous de Nantes. Les gabares font propres pour la cargaison des vaisseaux qui ne peuvent monter la rivière, faute de fond. ijf On apelle aussi gabares , certains bateaux dont on se sert pour transporter les boues que l’on tire des canaux de Hollande. Aubin. C§ GABARIER. f m. C’eft le maître d’un gaba- re ; celui qui le conduit. Ce mot se dit aussi d’un porte-faix, dont on se sert pour charger & décharger le gabare. Le même. GABARIT , f m. [ Modulas, mensura. ] Terme de Marine Modèle de charpente qu’on fàit pour montrer la construction du vaisseau, & pour en prendre les mésures. jftf On dit, un vaijseau d’un beau gabarit , c’est-à- dire , d’une belle construction. Premier gabarit. La varangue qui se met fous le maître bau, qui y répond, & qui est la plus large partie du vaisseau, s’apelle premier gabarit ; & tout le modèle qui releve perpendiculairement là-dessus , s’apelle aussi prémier gabarit. Second gabarid , ce font les autres modèles. GABATINE, s s. [ Dolns, ver b a phalerata. ] Ce mot vient de l’Italien gabbatina s & il íemble avoir été fait Franqois & introduit dans notre langue par Sara- zin. II signifie tromperie, & nous apollons gabatinc , toutes les paroles flateuscs & galantes qu’on dit à quelcun pour l’atraper, & lui en faire acroire ; gaba- t'me ne trouve fa place en notre langue que dans le stile plaisant, (II est vrai , notre nation Donne souvent la gabatine ; Mais je donnerai caution De ne point tromper Socratine. Scar. Poëf. ) Galans , fiésez donneurs de gabatine , J’ai beau prêcher qtion risque à vous ouir. Deshoul. Poés. ) GABELAGE, f m. [ Infilatio, Jlccatio. ] Tems que demeure le sel dans le grenier, avant que de l’ex- pofer en vente. (II y a souvent un déchet considérable pour le gabelage. f GABELEUR, f m. [ Salìnarum manceps , cujìos, accenj'us. J Partisan. Homme d’afaire pour le sel. Commis qui a foin d’empêcher le faux-saunage. GABELLE ,s f- í Vecligal ex sale venali. ] Imposition sur le sel. ( Frauder la gabelle. Pais de ga- belle* ) £ Frauder la gabelle, se dit aussi, de toutes les fraudes que l’on fait pour ne pas païer les droits de quelque imposition que ce soit. * Frauder la gabelle , signifie aussi, se dispenser par adresse d’une chose qu’on est obligé de faire, & que tous les autres font. (Vous avez fraude la gabelle. ) t§ GABELLE. Bodin a cru que ce terme vient de javelle, qui étoit un impôt que l’on levoit fur les denrées vendues en détail, & en faisseaux ou javelles : maisFileau, tom. z. pag. 119. a dit avec plus d’apa- rence, que ceux qui font le sel, se servent du mot ta- vellé, ou gabelle , pour marquer que le sel est bien sec & de la qualité portée par les Ordonnances, & qu’ainli l’on a nommé l’impôt mis fur le sel , gabelle. Cet Auteur prétend que Philippe V. dit le Long, est le pré- mier de nos Rois qui ait mis un droit fur le sel. I/im- position d’un droit sur le sel est fort ancienne. Nous aprenons par la disposition de la Loi 17.js.de verb.signif. que le tribut que l’on levoit sur le sel, étoit du nombre de ceux qui apartenoient au public. Ancus Martins fut le prémier qui établit des salines publiques , & l’on condannbit souvent des criminels à travailler à ces salines. II y avoit aussi des salines particulières, GAB 97 que Ion etoit obligé de déclarer dans le dénomb. t . ment que les citoïens donnoient de leurs biens. Les Censeurs M. Livius & C. Claudius ont été les prémiers qui imposèrent un tribut sur le sel & sur les salines» & comme l’on crut que Claudius avoit inventé ce tribut, il fut surnommé Salinator , non point, comme Boulanger la dit d e vefligal. pop, Rom. c. 16. parce que Claudius avoit rétabli le droit des salines que I on avoit cessé d’exiger, mais parce qu’il en étoit Fauteur; ce qui refulte de ces mots de Tite-Live, lib. 29. cap. 37. Novum veHigal ex salaria annona statuerunt. Le terme novum fait bien connoître que ce fut un droit nouveau qui n’avoit jamais été exigé. On ne voit point en quoi consistoit ce droit : mais si l’on en croît quelques Auteurs, il consistoit dans un dixième, de même que le droit que l’on exigeoit fur les mines & fur les métaux. II me semble que le même Boulanger a encore erré, en disant que la Loi Cœcilia avoit aboli le tribut sur le sel ; car on voit dans la lettre seizième à Atticus liv. 2. que cette Loi n’abolissoit que les tributs que l’on comprenoit fous le nom de poríorìa, qui consistoient dans des droits bien diférens de celui imposé sur les salines: portorium étoit un droit de péage; outre qu’il est facile de prouver, s’il étoit nécessaire , que le tribut imposé sur le sel, étoit exigé non seulement dans Rome, mais encore dans les provinces qui dépendoient du Peuple Romain. La vente du sel fut libre à Rome pendant le régné des Rois : mais nous aprenons de Tite-Live, liv. 29. que les propriétaires des salines abusant de la liberté qu’ils avoient de vendre leur sel, on les obligea de le remettre au fisc, ou aux fermiers des salines publiques. Si le Sénat avoit le droit d’imposer un tribut sur le sel, si c’étoit le peuple, ou tous ensemble, c’est une question qui n’est pas encore bien décidée : on croit que les Rois jouirent de ce droit pendant leur régné , parce qu’il est.dit dans la Loi 2. §. 1. js. de origin. jur. que la volonté des Rois étoit la réglé de toutes choses. Les Rois aïant été chassez, & le gouvernement aïant entièrement changé, Manuce, dans son traité du Sénat , a dit que le Peuple & le Sénat imposoient les tributs. Mais on opose à ce sentiment plusieurs exemples qui établissent que le Sénat seul dispo- soit des impositions & des tributs que l’on met- toit fur les personnes & fur les choses : en éfet, on voit dans Tite-Live , que la Macedoine aïant été soumise au Peuple Romain, le Sénat seul régla tout ce qui pouvoit concerner le gouvernement, ct les subsides que l’on en devoit retirer ; on en usa de même à l’égard de l’IUirie : enfin on raporte l’autorité de Polibe, lequel dit expressément dans le détail qu’il fait du Sénat & de ses prérogatives, que le foin du trésor public & des tributs qui font dûs à la République , apartient au Sénat : cette connoissance lui fut maintenue, en aparence, par les Empereurs, selon le témoignage de Suétone dans la Vie de Tibère, & de Tacite, lib. 13. cap. 49. A l’égard des provinces, l’on n’établissoit aucun impôt qu’aprés le consentement de l’Empereur, que le Proconsul consultoit. Ce ne lut que sous le régné de Philippe V. dit Le Long , que l’on commenqa en France d’établir un droit sor sol, quoique les salines aient toujours été du domaine de nos Rois. Ce droit ne fut d’abord que de deux deniers par livre; & le Roi déclara même, que son intention n’étoit point d’établir un droit pour faire partie des revenus de la Couronne, afin qu’il pût être aboli : mais cette déclaration n’empêcha pas que Philippe de Valois n’augmentât le droit de deux deniers, & ce fut pour lors que l’on établit des greniers où le felscroit vendu au nom du Roi, fans qu’aucune personne en pût vendre. GABELLE. Lieu à Paris où l’on vend aux bourgeois le sel par minots. ( Aler quérir du sel à la gabelle. ) GABELLER, V. a. [ Insolare, aresacere,sìccare. J Mettre égoûter, & faire reposer le sel dans les greniers , ou il doit être deux ans pour le moins, avant que d’être expose en vente, suivant les dernières ordonnances des Gabelles. t SE GABER , v- r. [ Jocarì. ] Vieux mot , qui entre quelquefois dans le burlesque, ct signifie Je moquer. ( Je me gabe de lui. ) (S II est dit dans la Vie de Bertrand du Guefclin : Tom. II. N filais 98 GAD „ Mais quand .ceux de dedans virent que ost des Englois esraouvoir, ils leverent leur pont & fer- merent leur porte , puis monterent fur les creneau , & s e coratnencierent a moquer & gaber les En- " 0-° GABES. Railleries, moqueries. On croît que de gabes on a fait gabatine. GABIE ■> f- f' C Mali corbita, carcbejtum. j I er- me de Marine. La hune ou la cage qui est au haut d’un mât. GABIER,/ »>. [ Speculator carchejìa. ] Terme de Marine. Matelot qui est fur la hune ; qui fait le guet & la découverte pendant son quart. GABIONS , J- >»■ [Qualus, Jporta terrâ oppleta .] Terme de Guerre. Ce lont de grands paniers défoncez & ronds , faits de branches entrelassées, qu’on remplit de terre & qu’on met debout pour fe couvrir. Faire de bons gabions. ) GABIONNER , v. a. [ Sportis pratentis munire. ] Couvrir de gabions. GABORS , f. m. Terme de Marine.^ Planches d’enbas, dont est composé le bordage extérieur d’un navire. Acad. Fr. GABRIEL, f m. [Gabriel.] Nom d’homme. II vient de l’Hébreu » & signifie forteresse de Dieu. Voïez le Dictionnaire Ecclésiastique de Jean Bernard. L’Ange Gabriel fut envolé à Zacharie, pour lui annoncer que son épouse concevroit & mettroit au monde un fils. Volez S. Luc. cb. i. Gabriel de Lorges , Comte de Montgommeri, blessa Henri II. Roi de France, & pour cela la Reine Catherine de Médicis fa femme, sollicita pour lui faire couper la tête. Voïez Colo- mefii opuscula. GABRIéLLE , s. f. Nom de femme. Henri IV. commença en iççi. d’aimer la belle Gabriélle d’Estrées , dont il eut trois ou quatre enfans. La belle Gabriélle étoit pleine de cœur & oficieuse envers tout le monde , parce qu’elle esperoit d’épouscr Henri IV. Hist. de Henri IV. 2. partie. GABURUNS. Pièces de bois qu’on aplique contre un mât, ou contre une vergue pour les fortifier, on les nomtpe autrement gémeUes. GACHE -, s-s- [ Lamina pejsuli receptrix, admijsa- rìa. ] Terme de Serrurier. Piéce de fer ronde ou plate, percée, atachée au poteau de la porte, ou scellée au mur, dans laquelle, lors qu’on ferme la porte, on fait entrer le pêne de la serrure. (Une bonne gâche.) GACHE. [Rutrum, rutabulum.] Terme de Pa- tiffìer. Petit instrument de bois, long d’un bon pié, large & délié par le bout d’en-bas, dont les Pâtissiers se servent pour manier leurs farces. GACHER, v. a. ,[Subigere aquâ, macerare, tempe- rare. ] Terme de Maçon. Remuer avec la pêle , l’eau & le plâtre. ( Gâcher du plâtre. ) GACHER. [ Navìculam rente regere,subigere. J Remuer la rame, se servir de l’aviron, ou gâche. GACHETTE, f.s. [ Laminula pejjuli receptrix.] Terme de Serrurier. C’est un petit morceau de fer qui sc met fous le pêne d’une serrure d’un tour & demi. GACHEUX, EUSE, adj. [Limosm, lutosu>.] Lieu boueux, ou rempli d’une boue liquide qui donne de la peine à marcher. ( Chemin gacheux : terre gâcheuse : GACHIS, s. tu. [ Aqua profusto inanis, fada, incommoda.]. Terme de Maçon. Eau qui est répandue dans Batelier des Maçons, L'qui sc mêlant avec lesplatras, le plâtre & autres choses, rend l’atelier sale. (Un vilain gâchis. ) GACHIS. Eau qu’on répand par mégarde, ou autre- - ment dans une chambre , & qui se mêlant avec la pouliiere de la chambre rend le lieu sale. (Faire un gâchis. ) ÇAPÇLLE , s. f. [ Uva Jpinœ acìnm. ) Sorte c petit Iruit dont on fait des confitures liquides. O^HELLIER , s. m. [ Uva Jjtina , fpina racenu efp'éce de g r rMeiìîes qin ^ pelles. C’est or ' t y qO^OOsiA^ ,s. m. [ Sterquilinii expurgandi cm * ■} p , pe de Pans nomme de la forte ceux c vuident les lieux, mais les gadotiards ne sWllent de ce nom de g adouard, q m leur semble i„ ur ,| nomment entreux Vuìdangeurs , ^ ! GAG des baffes eeuvres. ( t II est fait comme un gadoiiard : il est sale & vilain comme un gadoiiard. ) t GADOUE,/ f [Stercora.] Les ordures & éxeremens qu’on tire des lieux. í GAFFE, f. f. C’est la plus grande de toutes les sortes de morues, & qui tient le premier rang dans le triage qui sc fait en Normandie des diférentes espèces & qualitez de morues. f GAFFE. C’est aussi un instrument de fer crochu attaché au bout d’un grand bâton, dont se servent les matelots, lorsqu’ils conduisent à terre les chaloupes. Les Mariniers & pêcheurs de riviere l’apellent un croc. ch GAFFE, se dit d’une espece de panier ou dever- veu d’osier , ' dont on se sert pour pêcher sur quelques côtes de l’Ocean. GAGATE ,//. [ Gagates. ] Pierre noire, crasseuse, croteuse, legére, qui sent le bitume, & qui s’alume dès qu’on l’aprochedu feu: elle brûle comme la poix, & jette une fumée noire. On la trouvoit autrefois auprès de la chute du fleuve Gagase , d’où elle a tiré son nom. La gagate résout & ramolit ; on en tire une huile fort puante, dont on se sert extérieurement pour la paraisse, les convulsions, les goûtes. GAGE , f m. [ Merces. ] Salaire. Ce qu’on donne à quelcun pour avoir servi. ( Donner de bons gages à un serviteur. ) f Casser aux gages. C’est ôter à quelcun son emploi, & les apointemens qui y font attachez. (Ce Commis a été cassé aux gages. ) -j: Casser aux gages , sc dit dans le stile familier, en parlant de quelques autres disgrâces. ( II étoit en faveur à la cour, mais il est cassé aux gages.) GAGE. [Pignus.] Ce qu’on donne pour sûreté d’un prêt, ou d’une dette qu’on fait. ( Prêter sur gage. ) ǧ Les Jurisconsultes reconnoissent trois sortes de gages, le prétorien , le judiciel, & le conventionnel. Lors qu’un créancier n’étoit pas paie , le Préteur lui per- mettoit de se mettre en possession des biens de son débiteur, pour en jouir par forme de gage , comme il est expliqué dans le titre du digeíte, de bonis autho. Judic. pojjldend. & ce gage étoit apellé prétorien , parce qu’il étoit autorisé par le Préteur. Le gage judiciel étoit peu diférent du prétorien ; il étoit acordé par le simple Magistrat aux créanciers après avoir observé quelques formalitez, pour parvenir à la mise en pot session des biens fur lesquels ils avoient droit d’agir. Comme ces deux sortes de gages ne font plus en usage, il seroit inutile d’en faire ici le détail. Je remarquerai seulement que l’exécution du gage judiciel étoit plus aisée, plus courte, & ne notoit point d’infamie le débiteur. Le gage conventionnel subsiste encore parmi nous : mais il n’a lieu qu’à l’égard des éfets mobiliers, dont la tradition peut être faite réellement : c’est pourquoi on l’apelle en Latin, pignus, à pugno. * GAGE. [ Indicium , pignus , argumentum. J Assû- rance. (Ce font des gages de son amitié. Abl. Elle lui a donné des gages de son amour. ) GAGE-PLE’GE , ou gage-pleige, comme on le trouve écrit dans les anciens livres imprimez & manuscrits. Terme de Coutume. Assemblée de tous les Vassaux re- levans d’un même fief pour élire un Prévôt, & recon- noitre les rentes dont ils sont redevables. Le Seigneur féodal, outre ses pieds ordinaires, peut tenir en son fief un gage-plége par chacun an. Art. ig;. de k Coutume de Normandie. (í Clameur de gage flege. „ C’est ( dit Beraud sur ,, l’article ç. de la Coûtume de Normandie.) un in- ,, terdit possessoire & propriétaire, selon la diversité ,, des actions qui en procèdent, &c. ”. 0" Mort-gage. Ragueau nous aprend dans son Indice ; que dans la Coûtume de Lille, on peut disposer de ses fiefs par testament, à titre de mort-gage, en ligne directe décendante, fans que le Seigneur puisse prétendre aucun droit. GAGE-MORT. Gage-vif. Loiscl a marqué dans les lnftitutes Coûtumiéres , liv. 5. tìt. 7. la diférence qu u y a entre le gage mort, & le gage-vif. Le vif-gage ( dit-il ) est celui qui s’aquitte deJ'es ijfués : mort-gage, qui de rien ne s’aquitte. Et dans l’article 5 . Mort-ga- ge n a coustumiérement lieu qu’en deux cas , en mariage de maisnez, ou de filles, & peur don, ou aumosne GAG sumoine d’Eglise. Au reste , le gage mobilier n’a point de suite, & celui à qui il a été remis pour fa sûreté , est préférable, pourvu que conformément à l’Ordonnance de 167;. tit. 6. art. 8- Rengagement ait & été fait par un acte par devant un Notaire, ,, & qu’il „ contienne la somme prêtée, & les gages qui auront „ été délivrez, à peine de restitution des gages, à la- „ quelle le prêteur fera contraint par corps, fans qu’il „ puisse prétendre aucun privilège fur le gage, sauf à „ exercer fes autres actions ”. Celui qui a le gage, „ ne peut point fe dispenser de le rendre, en lui „ parant ce qui lui est dû ; il n’est pas même rece- vable à la cession de biens pour fe mettre à couvert de la restitution. Loifel, L. cit. art. 8- ff Gage de bataille. L’apel que l’on faifoit autrefois à son ennemi, étoit apellé gage de bataille , parée qu’on s’engageoit réciproquement à fe batre. Ce n’étoit presque, (fousle régné de nos prémiers Rois) que par le combat, que les diférends particuliers fe décidoient. Des Avocats (dit Loifel dans son Dialogue ) n’étant requis que four íobservance de quelques formalités , il fuioit f lus de champions de bataille aux plaids, que d’Avocats. Saint Louis abolit cet usage : Philippe le Bel en fit de même en i;o;. mais trois ans après, il fut contraint de les autoriser, pourvûque Passai liant en obtint la permission du Roi ou du Parlement ; & l’on établit pour lors cette régie, que nul ne feroit reçu a gage de bataille, qu’il n’y eût gagé par le Roi ou Ja Cour de Parlement , dit le même Auteur. Notre histoire est remplie de faits fur cette matière. GAGER , v. a. [ Pignore certare, contendere .3 Faire une gageure. Parier. ( Gager cent pistoles. ) GAGER. [ Dare mercedem , mercede conducere. J Donner des Gages, des apointemens à quelcun pour en tirer quelque service, ou pour exercer quelque charge. ( Gager des oficiers, un valet. ) GAGER. [ Capta pignore muìHare , coërcere , cogéré.] Terme de Palais, qui fe dit à l’égard des témoins, pour les contumacer, & les obligera venir faire leurs dépositions. ( On a gagé les témoins à cent livres. ) C§ Cette expression est peu connue dans plusieurs Coûtumes. Gager, c’est faire une ofre réelle du dommage causé par les bêtes. GAGER. [ Auferre pignora, pignerari, judicatumfol- vi, pendere, fatìsdare. ] Faire une saisie & arrêts de meubles fans transport pour assistance d’une, dette, ou prendre gage & assistance, en attendant qu’on obtienne condamnation pour les vendre. GAGERIE , s f [ Pigneratio . ] Terme de P a. lais. Simple saisie & arrêt de meubles, qu’on fait pour assistance d’une dette procédant d’une promesse non reconnue , ou par des loïers. j (f La Coutume de Paris explique dans Partiale 86. ce que c’est que simple gagerie. ,, II est loisible à un „ Seigneur censier en la ville & banlieue de Paris, „ en défaut de payement des droits de cens dont ,, fontehargez des héritages tenus en fa censire,de pro- ,, cederpar voye de simple gagerie,fur les biens estans & ,, sons pour trois années d’arrérages dudìt cens & ,, audelfous, & est entendu simple gagerie, quand il „ n’y a transport de biens. C’est ce que l’on apelle ,, une saisie entre mains, pour feureté seulement, sauf ,, à les faire vendre, s’il est ainsi dit dans la fuite ”. Voïez Brodeau fur cet article , U à décisions de Jean DeJ'mares. GAGEE R , f. m. [ Sponsor, Jponfione certans.] Qui fait une gageure ; qui parie. ( Je fuis un des gageurs; un hardi gageur. ) GAGEURE , f f [ Sponjìo. ] Prononcez gajure. Chose gagée. Ce qu’on a gagé. ( Voilà la gageure, où font les gageurs ? ) GAGEURE. C Pignus. J L’action de gager. (Faire une gageure. ) í * Soutenir ta gageure. C’est, persister, perfeverer dans une entreprise , dans une opinion où l’on s’est une fois engage. ( II est homme à soutenir la gageure. II a entrepris la défense de ce poste, & il soutiendra bien la gageure. ) GAGISTE , f m. f Mercede conduHus. ] Terme de Comédien. Bas oficiers à qui les Comédiens donnent des gages, comme font le concierge, le copiste 5 » âutres. GAGNAGE, f- ™. [ Pafcua, arvum frumenta- riurn. ] Ce mot fe dit en termes de Vénerie, & signifie les terres labourées. GAG GAGNAGE, f. m. Terme de Chasse. Ce font les lieux où les bêtes fauves vont viander la nuit. (Cerf qui va au gagnage. Sal.) GAGNAGES, f m. £ Agri fruííus. J Terme de Palais. Fruits des terres emblavées. ( Prendre les gagna- ges d’une terre. ) GAGNANT, part. [ Lucrans. ] Qui gagne. GAGNANT , f. m. Ce mot fe dit en parlant de jeu, & signifie celui qui gagne. ( Les gagnans & les perdans : il est des gagnans. ) GAGNE-DENIER , J. m. f Bajulm, gerúlus, corbulo .J Celui qui gagne fa vie fur les ports de Paris à porter des bardes , des paquets, & autres pareilles choses qu on déchargé de dessus les bateaux. Voïez les Ordonnances de Paris, ch. y. f GAGNE-PAIN, f. m. f Vit a quœrendœ ìnjlrumen- tum. J Chose avec quoi on gagne fa vie. Métier dont on gagne fa vie. ( Un bûcheron perdit son gagne-pain ; c’est fa cognée. La fontaine, fables, l. ç. ) GAGNE PETIT, f. m. f Circumforanem J'amiator.] Celui qui va par la ville & par la campagne avec une brouette, & qui gagne fa vie à émoudre des couteaux, & autres choses qu’on émoud. Les gagne-pe- tits ne s’apellent pas entr’eux gagne-petits , mais émou- leurs à petite planchette , pour fe distinguer des Couteliers qui font aussi des enrouleurs. GAGNER, v. a. f Lucrari. ] Faire quelque gain: faire quelque profit. ( Que ferviroit-il à un homme de gagner tout le monde & fe perdre foi-même? Port-Royal, nouveau tejìam. On ne gagne rien à mentir, que de n’être pas crû quand on dit la vérité! Abl. apoph. ) * GAGNER, f Mereri, obtinere, consequi, tenere. ] Obtenir : remporter : aquérir. ( Gagner la bataille , la victoire. Abl. La belle gagna fur fa modestie de faire des avances à son amant. Le Comte de Bujst. Gagner un procès : gagner une cause. Le Maît. S’engager dans un procès où il n’y a que de la honte & de l’infamie à gagner. Patru , plaid. 9. Gagner une fluxion fur la poitrine. Mol. Gagner fa vie : gagner le cœur de. . . Je voi trop que son cœur s’objìine à dédaigner Tous ces profonds rejefls qui pensent la gagner. Mol. ) {§ Mr. Corneille a dit dans le Cid : Gagneroit des combats, marchant à mon coté. M. de Scuderi : On dit bien, gagner des batailles ; mais on ne dit point, il a gagné un combat. L’Académie a répondu : „ L’obfervateur a repris cette façon de ,, parler avec quelque fondement, pour ce qu’on ne „ fçauroit dire qu’improprement, gagner des combats”. Gagner quelque mal. Mr. de Costar a dit dans la fuite de fa défense : A ce que je vois , Monsieur, le mal fe gagne plus vite U plus aisément , que le bien ne fe communique. * gagner. [ Progredi. ] Ce mot, en parlant de chemin, lignifie avancer, devancer, faire diligence. ( Gagner les devans : gagner païs. ) * GAGNER. [ Recipere fe in. ] Se retirer en un lieu, s’y sauver. ( Gagner le gîte. II nous faut gagner ce vilage pour reprendre le grand chemin. Us gagnèrent les vaisseaux à la nage. Ablanc. Ces. ) * GAGNER. [ Invadere. ] Arriver. ( Le feu avoit gagné le haut des tours. Vaug. Quint. Curce. Gagner le pié de la muraille. ) * GAGNER tems , ou gagner le tems. [ Accelerare opus, tempore uti. ] C’est le bien emploïer, le ménager & faire vite ce qu’on a à faire. * GAGNER du tems. [ Tempus ducere. J C est di- laïer & éloigner quelque chose. Les criminels & les débiteurs ne cherchent qu’à gagner du tems. ) * GAGNER le dejjus du vent. £ Ventojecundo uti .J Terme de Mer. C’est prendre l’avantage du vent fur son ennemi. f * GAGNER au pié. £Darefefugœ, fugstm capere.J C’est-à-dire, s’enfuir. (Gagner les taillis, gagner la campagne, gagner la guérite. ) * GAGNER. £Aucupari, captare, aQicere, demerert.J Atirer en fa faveur, ou en faveur d’un autre. Corrompre par préfens, ou par argent. ( J’ai envie de vous gagner par mes bienfaits. Abl. rel. I. a. c. 3. Gagner l’inclination des soldats. Vaug. Quint, l. ;. Gagner Tom, II N a *' n î oo GAI un Juge à force de présens. Scar. Gagner les fufra- 8 Donner gagné [ Cedere, concedere .] C’est céder, qui- ter , ne vouloir point de conteltation. GAGNER un ville t. [ Florent caryophilheum compa- rare J Façon de parler de Fleuriste , pour dire, que de la semence qu’on a faite, il est venu quelque œillet nouveau. i. j * t GAGNEUR , f m - C Lucrator. j Ce mot veut dire, qui gagne, qui a gagné, qui a remporté : mais il ne fe dit pas seul, & même il ne fe dit guere. ( Ce gagneur de tant de batailles. Volt. Pots. ) f GAGUI, s /• [ Paulà babitior. J Fille jeune jolie, & qui a beaucoup d’embonpoint. On apelle aussi cette forte de fille une dondon. ( C’est une grosse gagui. Une jolie gagui. ) GAI, gaie , adj. [ Fœtus, hilaris. J Qui a de la gaieté, qui est joïeux, qui est éveillé, gaillard. (Chan- tez-moi un air qui soit gai. Humeur gaie. Se tenir gai. Deux siens voisins se laissèrent leurrer , A íentretien libre U gai de la Dame. La Font. ) GAI. [ Acer, nudw. ] Terme de Blason. Se dit d’un cheval nud & fans harnois. GAI. [ Vegetus, relié valens. ] Se dit aussi d’un homme qui se porte bien. ( Mr. Mey est encore gai & gaillard pour son âge. ) GAÏEMENT, adv. [ Lœtè, bilarìter. J D’une maniéré gaie. Avec gaieté. ( Faire une chose gaiement. 11 fait gaiement ce qu’il fait. ) GAïETF', f f. [Lœtitia, hilaritas.'} Joie. (Ilavoit une certaine gaieté qui brilloit dans ses yeux & fur son visage. Ecrire de gaieté de cœur. Voit l. 19. ) ($ GAIGNAGE- Ancien mot que l’on trouve encore dans quelques-unes de nos Coutumes, comme dans l’article i;r. de la Coutume d’Orléans, fur laquelle le Commentateur explique ainsi ce terme : „ Gaignages , font toutes terres où il y a du bled & „ autres grains pendants par les racines, Sata omnia, ,, comme interprète le sieur d’Argenté fur la Coûtu- „ me de Bretagne, art. 382. Leldits fruits se nom- „ ment aussi gaignages s ce qui peut être prouvé par „ plusieurs passages de Coutumes, & aucuns Auteurs „ de pratique. Dans la Somme Rurale , en divers „ endroits , terres gaignables sont celles qui se labou- „ rent & cultivent à grande peine, & raportent beau- „ coup de fruit ”. L’Auteur ajoûte, que ,, dansplu- „ sieurs endroits de la province d’Orléans, les paï- „ fans, apellent aussi gaignages, dans une plus étroi- „ te signification & spéciale , les pétites pièces de ,, terres que les Laboureurs retiennent pour y met- „ tre des légumes, & chanvres, & elles sont ordinai- „ renient proche des maisons, & bouchées : quel- „ ques uns les nomment des ouches , & probable- „ ment la Coutume l’entend en ce dernier sens ”. L’explication du sieur de la Lande ne doit pas être une régie pour les autres Coutumes , où gaignage signifie gain, fruit, profit. En éfet, on trouve, prez gaignaux dans la Coutume de Poitou , art. 100. 106. dans celle de Tours, art, 106. que l’on fauche une seconde fois ; & dans l’article 262. de la Coù- tume de Normandie , il est fait mention des terres gaignables sauvages , ou sauvées de la mer ; il y a aparence que ce ne font pas des terres labourées tous les ans. t GAILLARD , gaillarde, adj. [ Lœtus , hilaris , facetta, sanus, promptus. J Gai. Plein de gaieté, dispos. ( Gaillard de corps & d’efprit. Le Cotnte de Bujfi. ) t.GAILLARD, gaillarde, f Lascivm, subobsetenus .) Eveille : amoureux. ( Elle a la mine un peu gaillarde. Voit. Poes. ) . t ' /• n*. [ Facetta, sagax. ] Eveillé : égrillard. ( C’est un gaillard. ) une gâde/' s ‘ f ' ^ ^ danse gaie. ( Danser f- GAILLARDE , s. f. Terme ^Imprimerie. C’est un des corps de caractères qu’on apelle interrom- pus, & qui n ont pas de proportion avec les autres pout les íktagoer, le Ponde», met ce qn’on ïom. GAL me le cran au dessus, au lieu qu’aux corps réguliers il sc met dessous. GAILLARD, y.’ »r. Terme de Mer, C elt un cha- teau, ou élévation qui est audessus du dernier pont. 11 y a un gaillard d’avant & un gaillard d’arriere. f GAILLARDEMENT, adv. [Lœtè, bilariter, sejìi. vè, facetè. ] D’une maniéré gaie & éveillee. Librement, plaisamment. ( 11 s’est tiré d’afaires gaillardement. 11 lui a répondu un peu gaillardement. ) GAILLARDET , s m. Terme de Marine , qui fe dit du pavillon échancré , qui est arboré fur le mât de misaine, & sur l’artimon. On l’apelle aussi gail- lardette. t GAILLARDISE, s.s. [ Hilarité. ] Sorte d’action où il y a quelque chose d’un peu hardi, d’un peu libre & d’un peu gaillard. ( Ce n’est que gaillardise, Mol. GAIMAUX- La Coutume de Lodunois, tit. 29. art. 1. permet d’envoïer paître les bêtes dans lesprez non clos a fojj'ez ou haies & gaìmaux, puis que t herbe eji fauchée, jusqu’au premier jour de Mars. Le Proust nous aprend dans son Commentaire fur cet article , que ,, les prez gaimaux sont ceux que l’on fauche ,, deux ou trois fois l’année, & sont gaimaux à cau- „ sc du gain & regain qu’ils aportent à leurs Seig- „ neurs par leur bonté ”. GAIN, f m. [ Lucrum, emolumentum. J Profit: avantage qu’on remporte pour avoir gagné quelque chose. ( Le gain d’une bataille Voit. L 22. Ne faire aucun gain : gain honnête & légitime : gain déshonnête , sordide & infâme : avoir gain de cause : jouer fur son gain. Travaillez pour la gloire, èfi qu’un sordide gain Ne soit jamais l’objet d’un illustre écrivain. Delpr. ) GAINE,/ fi [ Vagin a, theca. J Espèce de pe- tit fourreau pour mettre un couteau. (Gaine rompue.) On s’en sert en Botanique & en Architeliure. GAINIER , J. m. f Vaginarum opifex. J Ouvrier qui fait des gaines , & qui avec du veau, du maroquin, ou de chagrin couvre des cassettes, des coutelières, étuis, écritoires, & autres pareilles choses qu’il figure avec des fers. ( Un habile Gainier. ) î GAINIER. [Siliquatrum J Petit abrisseau , qui croît aux pais chauds proche des ruisseaux. Ses gouttes sont astringentes. GAL if m. [ Vincere. J Avoir le gai, c’est avoir l’avantagé ; expression métaphorique d’un jeu d’en- fans, où le but s’apelle gai. GALACRITE , f f [ Galalíites. J Pierre à laquelle on a donné ce nom, à cause qu’étant broïée, elle 1e résout en une liqueur blanche, comme du lait , d’où elle a tiré son nom. Elle est de couleur de cendre ; & a un goût doux. f La racine du Galanga minor, fortifie l’estomac & le cerveau, & chasse les vents. Elle excite les mois aux femmes & surine. Les Vinaigriers s’en servent dans leur vinaigre. H La Galactite est d’ufage en Médecine. Elle fait, dit-on , venir le lait aux nourices. Elle excite la mémoire ; on en mâche pour cracher, & elle est propre pour les ulcérés & les fluxions des yeux. f GALANGA, / m. f Acorus verus J Efpece de Glayeul ou Iris : il y en a de deux sortes, le grand & le petit. ê GALANGA sauvage , ou souchet long, Cyperus long. Efpece de racine médicinale. GALANMENT, adv. [ Festivè, eleganter, lepidè, urbanè. J De bonne grâce. Avec esprit. Avec civili- tez. Proprement. ( S’habiller galanment. Danser ga- lanment. Faire toutes choses galanment. Vaug. rem. II faut vous dire seulement, Que vous donnez fi galanment Qu’on ne peut se desendre De vota donner son cceur, on de le laisse)" prendre. Mad. de Scud. ) . GALANT , J. m. f Amans, amator. J Celui qui aime une dame, & qui en est aimé. Elle a son galant & son mari. Atis étoît le galant de la mère des Dieux. Abl. Je vous ai promis pour galant à deux belles dames. Voit. I, 77. Une femme qui n’a qu’un galant, croît n’être point coquette. Celle qui a plusieurs galans, croît n’être que coquette. La Bruyère. Main- BAL Maintenant je ne réprésente Qu’un galant d’humeur complaisante ; Mais quand íâge aux désirs aura lâché la bride , J’ai toute la façon d’aspirer au solide , Et d’être un terrible galant. Benserade,balet de la nuit, i.p.7.entrée. C’est un galant de la haute volée. ) t GALANT , s m. [ Cupidus , Jìudiósus , ] Celui qui délire ardemment quelque chose. Amoureux de quelque chose , comme de biens, &c. ( Quoi-quê Plutus soit aveugle, pâle & défait, il a bien des galans. Ablancourt , Luc tome í.') f GALANT , f m. [ Ternerarìus. ] Egrillard ; qui s’échape ; qui fait les choses un peu légèrement. ( Gardez-vous de faire folie, ou je saurai vous châtier comme un galant. Voit. Pois. ) f GALANT , s. m. [Tœniœ, vittœ.~] Neud de ruban. Le mot de galant , en ce sens, ne se dit plus , & ainsi Voiture qui l’a écrit, /. 70. n’est pas à imiter en cela : galant lignifie autîì des pelures de citron ou d’oranges tournées. GALANT, galante , adj. [ Festimes,sacetrn, hilaris , formojm, gratus. ] Eveillé : beau : agréable : enjoué: charmant: amoureux. (II est galant partout, excepté dans le cœur. Bracelet galant. Discours qui n’est pas trop galant. Voit. I. 2;. Lettre galante. Voiture i. 2ç. Billet galant & bien spirituel ? Molière. Bien que nous n’âions pas tout-à-faìt Vair galant , II n’eft bruit que de nos conquêtes. Balet de la nuit, 2. partie. Mais quand d’hahits neufs U brillant , Bien entendus £5? bien galans , Femme se pare en telles fêtes , C’ejì- pour chajfer à d’autres bêtes. Pefr. "chasse. ) GALANT, galante. C Urbanus, festìvus, elegans, sci- ius. [ Qui a de la bonne grâce, de l’esprit, du jugement, de la civilité & de la gaieté, le tout sans affectation. ( C’eji un galant homme. C’est un homme qui a de la bonne grâce, de la civilité & de l’esprit. C’ef un homme galant. C’est un homme qui a de la bonne grâce ; qui est bien fait & qui par ses manières tâche à plaire aux dames. ) t$ GALANT, (dit Mr. de Vaugelas, Remarq. 449.) a plusieurs significations, & comme substantif, & comme adjectif : il les laisse toutes , pour ne parler que d’une feule : il demande ce que l’on entend à la Cour, quand on dit qu 'un homme eji galant, qu’il dit & qu’il fait toutes choses galamment , qu’il s’habille galamments ce que c’est enfin qu ’un homme galant , ou une femme galante, qui fait, U qui dit toutes choses d’un air galant, d’une façon galante ? „ J’ai vû (dit-il) autrefois ,, agiter cette question parmi des gens de la Cour, & ,, des plus galans de l’un & de l’autre sexe, qui ,, avoient de la peine à la définir. Les uns foute- ,, noient que c’est ce je nesçai quoi qui difére peu de ,, la bonne grâce : les autres, que ce n’étoit pas as-, „ fez du je ne sçai quoi, ni de la bonne grâce, qui sont „ des choses purement naturelles, mais qu’il faloit „ que l’un & l’autre fût acompagné d’un certain air ,, qu’on prend à la Cour, & qui ne s’aquiert qu.’à for- ,, ce de hanter les Grands & les Dames : d’autres di- ,, soient que ces choses extérieures ne sufisoient pas, ,, & que ce mot de galant avoit bien une plus gran- ,, de étendue, dans laquelle il embrassoit plusieurs „ qualitez ensemble, qu’en un mot, détoit un com- „ posé, oà il entroit du je ne sçai quoi, ou de la bonne „ grâce, de Pair de la Cour, de /’ esprit, du jugement, de „ la civilité, de la courtoisie , N de la grâce, N I e tout ,, Jans contrainte, fans afeHation, U fans vice : avec ,, cela, il y a dequoi faire un honnête homme à la „ mode de la Cour. Ce sentiment fut suivi, comme ,, le plus aprochant de la vérité : mais oh ne laissoit ,, pas de dire que cette définition étoit imparfaite , ,, & qu’il y avoit quelque chose de plus dans la signi- ,, fication de ce mot, qu’on ne pouvoit exprimer; „ car pour se qui est, par exemple, de s’habi/ler ga- ,, lamment, danser galamment, & de faire toutes au- ,, tres choses qui consistent plus aux dons du corps, ,, qu’en ceux de l’esprit, il est aisé, d’en donner une ,, définition : mais quand on passe du corps à l’esprit, ,, & que dans la conversation des Grands, & des ,, Dames & dans la maniéré de traiter & de vivre à „ la Cour, on s’y est aquis le nom de galant, il n’est „ pas si aisé à définir ; car cela présupose beaucoup GAL toi „ d’excélentes qualitez, qu’on auroit bien de la pei- ,, ne à nommer toutes, & dont une feule venant à „ manquer, sufiroit à faire qu’il ne seroit plus galant ’’. L’Académie a remarqué fur cette observation , que l’on apelle un galant homme , un homme civil, honnête, poli, de bonne compagnie, & de conversation agréable: on le dit auslì pour faire entendre un homme habile dans fa profession, & qui entend bien les choses dont il se mêle, qui a du jugement & de la conduite. On l’emploïe encore par flaterie , ou par familiarité, pour louer une personne de quelque chose : Vous êtes un galant homme d!être venu diner avec moi. Mercure galant. C’est le titre d’un livre très-plat, mal écrit, qui ne contient que des pauvretez, & qu’on donne au public une fois le mois. L’Auteur qui est Monsieur deVizé, est, selon Mr. de la Bruyère, immédiatement au dessous du rien. Les Auteurs du nouveau Mercure de Trévoux le suivent de près, pour ne pas dire qu’ils le surpassent en pauvretez. £ GALANS. Terme de Marchand Confiseur. II se dit des pelures d’oranges ou de citrons tournées & confites. ^ GALANS, signifie aussi , des nœuds de rubans pour orner les habits & les Chapeaux, & pour mettre dans les Coifures des Dames. ( Une garniture de galans, une toufe de galans. ) Ce terme vieillit & n’est guére d’usage , non plus que les galans mêmes. t GALANTE , f f- C Temeraria. ] Eveillée : égrillarde. (Tu Dieu ! quelle galante? Mol. ) : GALANTERIE , f f. [ Elegantia, urbanìtns. ] Fleurâtes. Douceurs amoureuses. Maniéré civile & agréable de dire, ou de faire les choses. (La galanterie de l’esprit est de dire des choses flateuses d’une maniéré agréable. Mémoires de Mr. le Duc de la Rocbefoucuut. Ne vous étonnez pas de m’oiiir dire des galanteries st ouvertement. Voit. I. 40. Répondre à une galanterie qu’on nous écrit. Voit. I. 2;. GALANTERIE, [Amor, res. ] Amour : amourette. Choie galante. (Avoir quelque galanterie. On lui persuade de faire une galanterie avec Madame. Le Comte de Buffì. Puis-que je vous recherche à bon dessein , il n’y a point de galanterie que je ne puisse faire. Voit. I. 73. Elle fe fait bon gré d’avoir eu bien des galanteries. Fontenelle, dial. des morts. ) II y a peu de galanteries sécrétés ; bien des femmes ne font pas mieux désignées par le nom de leurs maris , que par celui des amants. La Bruyère. GALANTERIE. [ Opus feftivum, facetum.) Ouvrage galant, plein d’esprit & d’amour en vers ou en prose. (Galanterie à une dame à qui on avoit donné le nom de souris. Sar. Po'éf f GALANTISER , v. a. [ Comern esse erga mulieres .] Faire la cour aux dames. Le mot de ga'antifer ne se dit guére , & même ne peut entrer que dans le stile le plus bas. En fa place ou dit , faire la cour aux dames. Faire le galant auprès des dames. f Se galantifer , v. r. [ Sibi adulari , adblandirï. j} Se faire la cour à foi même. Se regarder comme un galant regarde une maîtresse. f§ On peut le soufrir dans ce vers de Mainard : II s’adore , il se galantise ; Et prend ses divertijfemens Devant un criftal de Venise A se faire des complimens. GALAXIE , f f í Via laHea, 2 C’est une longue trace blanche & lumineuse qui se remarque dans les nuits claires & séreines , & que les païfans apellent le chemin de Saint Jaques. On la nomme autrement voie laitée, ou voie de lait. GALBANON, f m. [Galbanum.J C’est une forte de gomme dissoluble dans le vin, le vinaigre, ,& autres liqueurs aqueuses. Le galbanon fort par incision de la plante qui le porte, & qu’on nomme/ífa/t. II faut choisir les larmes les plus belles, leur goût est amer & l’odeur désagréable. Charas, thériaque, ch. 70, H Le. Galbanon pris par la bouche excite les mois aux femmes r il abat les vapeurs, résisté au venin, & discute & amollit les duretez de la matrice & des autres viscères. ^ * Donner du galbanon , [j Multa polliceri. ] Façon de parler proverbiale ; pour dire , promettre beaucoup pour tenir peu , ou ne satisfaire pas à une demande , mais ne répondre que par galimatias. N ? t * GAL " 102 GAL t * GALB ANONNER , v. a. [Extergere,fur gave. ] Terme burlesque qui se ciit seulement par ìes Vitriers de Paris , & qui signifie neteïer des vitres avec du blanc & de Peau, fans en ôter le papier. (Galba- nonner des panneaux. Je ne veux pas qu on neteïe tout-à-fàit ces quarreaux , il faut feulement les galba- nonner, une autre fois on les netéïera tout-a4ait. ) GALBE- Terme d ' ArchiteHure.. Membre qui s’élargit doucement par en haut, de même que les feuilles d’une fleur ; & l’on dit alors qu’il fe termine en galbe-, en forme de galbe, & qu’il a beau galbe. GALE , / /• C Scabies, impétigo. J Apreté de la surface de la peau sèche , & farineuse avec une démangeaison , & cela à cause d’une humeur mélancolique, chaude & sèche qui ronge les chairs. ( Avoir de la gale. f Etre revêtu de gale. Saint Amant, f * Etre damassé de gale. Regn. fat. ) * GALE. [ Scabies arborum. 2 II fe dit des arbres, & signifie chancre. ( Le bois de Bergamote & des petits muscats est sujet à avoir de la gale. (suint. Jardins, t. i. ) GALE. C Galla. ] C’est aussi une noix qui sert à la teinture. Voïez noix de gale. f La noix de gale est d’usage en Médecine. Elle contient beaucoup d’huile & de sel essentiel. Elle est astringente & on la fait entrer dans plusieurs emplâtres. Elle est fébrifuge & arrête les fièvres intermittentes. La doze est une demie dragme de quatre en quatre heures. GALE ACE, galeajfe, f. f. [ N avis longior depref Jìorií or a. 2 Château , & forteresse en mer. Amelot, Hijìoire de Venise. Efpéce de vaisseau de mer, long, de bas bord, & plus grand que la galère. GALEBANS , f rn. [Funttí malum carchejìi fir- manter.'J Terme de Marine. Ce font deux cordages qui tiennent le mât de hune dans son assiéte, & qui secondent les haubans. GALE'E •> f f [ Ordinatorum caraHerum typico- rum repojitoriwn. ] Terme d 'Imprimeur. C’est un petit ais long & large d’un pié avec des rebords & une coulisse , où l’on met les lignes à mesure qu’on les compose. t GALEFRETIER , f m. [Homo fiocci, nihili.J Gueux: coquin: misérable. (C’est un franc galefrétier.) $ GALEGA- Plante qui croît aux lieux humides & gras près des ruisseaux. On s’en sert pour la peste, l’épileptie, la morsure des ferpens & contre les vers. GALE'NITES- f >». Nom d’une secte d’Ana- baptistes Mennonites. î G ALEPSIS , f /. Efpece d’ortie à fleurs jaunes. Elle est propre pour exciter l’urine, & pour les maladies de la rate,lorfqu’on employé cette plante en décoction. GALER , v. a. [ Scabere. jj Froter la gale de quelcun. ( Galez-moi un peu derrière le dos. ) Qui par galer Et frigaler Vient galeux, n’ejì-il pas bien fol? Ce terme, galer, signifie, fe divertir, emploïer son bien en folles dépenses Je plains le temps de ma jeunesse , Auquel f ai, plus qu'autre , galé. Villon. Les Gaulois bûvoient dans une tasse qu’ils apelloient galcola, d’où l’on a fait gondole, que Nonius Marcello!, explique par vas, aut galeola , autpnum. Ce fut par allusion à la gondole des Gaulois, que les Romains firent gallare, pour dire, fe réjouir, boire à la mode des Gaulois. Gallare ( dit le même Nonius Marcellus ) eji bacchari. Nos pères ont pris de la leur galer, fe divertir, faire débauche. Se galer, v. r. Se froter fa gale. ( 11 se gale iut qu à fe faire saigner. ) í L’Academie dit, que fe galer, est vieux. , GALE'RE , f f [ Triremis. J Vaisseau long de bas bord de vingt-quatre à trente bancs, ou rames, « de 4. ou rameurs à chaque banc. GALE'RE capitaineffe. [ Pretoria navis. ] C’est la galere où est le Commandant, F GALERE , se dit aussi , de la peine de ceux qui lent condamnez à ramer fur les galères. On le dit d’or dinaire au pluriel. (Condamner aux galères Envoïer aux galere*. ) " ^ GAL f * Vogue la galère. [ Jatfa ejl aléa. ] Façon de parler basse & proverbiale, pour dire, mettre les choses au hazard, lans en considérer 1 événement. GALE'RE. [Runcina major brachiata.2 Sorte de rabot de Charpentier & de Menuisier. GALERIE , f f [ Ambulacrum. 3 Lieu d’une maison qui est couvert, & qui est propre à se promener. (Une belle galerie. Monsieur le Gouverneur ejì dans fa galerie. Voiez-le, parlez-lui, fa fille vous en prie. Bourf. Esope. ) GALERIE. [ Xysius. J Terme de Tripot. Efpéce de grande alée couverte, où le monde voit jouer. GALERIE. Terme de Marine. Passage en saillie, qui est hors du bordage en forme de balcon vers l’ar- riére du vaisseau. Le Père le Moine a fait un livre intitulé , la galerie des femmes fortes. GALERIE couverte, [ Vinea, plutem. ] Terme de Guerre. Passage couvert de tous côtez de bonnet planches à l’épreuve du mousquet, à la faveur def- quelles on passe le fossé de la face du bastion lors-que l’artillerie du flanc opofé est démontée. $ GALERIES souterraines, ou conduits des mines. [ Cuniculi. J Leur origine est inconnue, & Végece parle de cette forte d’ataque. La méthode des Anciens dans leurs Galeries fouteraines,étoit la même dont nous nous servons aujourd’hui dans les conduits de mines. Voï. le Polybe de Mr. de Fo/ard, Tom. II. H Çe font ses galeries. On le dit prov. du chemin qu’un homme a acoûtumé de faire souvent. GALE'RIEN , f [ Remex. ] Forçat condam- ne aux galères, qui est enchaîné & tire la rame. On difoit autrefois galiè. Espalier de galère, est celui qui est le premier du banc, qui tient le bout de la rame, & qui donne le branle aux autres. H Soufrir comme un galérien. C’est avoir beaucoup à soufrir des personnes avec qui on est, de l’état, de la condition où on est. GALERNE , f m. [ Caricis. ] Nom d’un vent froid qui fait géler les vignes. C’est le Nord-efl fur l’Océan, & le Greco fur la Méditerranée. GALET, f m. [Lapilliu ter es, lapillorum ludus.2 Jeu où l’on pousse un palet , quelque plaque ou quelque clé fur une longue table , où celui dont le palet est le plus prés du bord gagne , & celui qui tombe perd son coup. ( De Navit sait bien jouer au galet. ) f GALET. On apelle ainsi certains cailloux polis & plats, que la mer pousse fur quelques plages. Lester un vaisseau de galet. Se promener fur le galet. Le bâtiment est échoué fur le galet. f GALET. On apelle Diamant de galet, une efpe- ce de cristal qui sc trouve dans quelques cailloux ou galets des côtes de Normandie. GALETAS, f nt. [Tegulìs proxima contignatioj Le dernier étage d’une maison qui n’est point quarté & qui se prend en partie dans la couverture. ( Une chambre en galetas. Etre logé dans un galetas. Puis que du Dieu des eaux tu tires ta naissance, Loger au galetas choque la bienséance . Benscrade. ) GALETTE,//. [Panis buecellatus, libumi] Pâte étendue en forme de gâteau, fur laquelle on met du beurre & du sel. ( Une bonne galette. ) On apelle aussi galette le biscuit, dont on se sert sur mer. H GALETTE de Coco!, ou petenuche. C’est une efpece de bourre de soie. GALEUSE,//. Celle qui a la gale. C’est une galeuse.) * Une brebis galeuse gâte tout un troupeau. Proverbe, qui veut dire, qu’un méchant peut corrompre toute une compagnie où il se trouve. GALEUX, / m. Celui qui a la gale. ( C’est un petit galeux. ) GALEUX, galeuse, adj. [Scabiosus.2 Qui a la gale. ( Petit garçon galeux. Fille galeuse. Cheval galeux. ) * GALEUX, galeuse, adj. Terme de Jardinier. II se dit des arbres, & signifie qui a la gale. ( Le bois de Bergamote est sujet à devenir galeux. Quint. Jardins. ) f Qa* fe sent galeux se grate. C’est-à-dire, prov. que celui qui se sent coupable de la chose qu’on blâme , peut ou doit s’apliquer ce qu’on en a dit. í GA- GAL $ GALI. s. m. Plante du Brésil qui a le port du Romarin : elle est vulnéraire, elle déterge & mondi- fie les vieux ulcérés. GALIMAFllE'E , s f í Intritum ex variis cibis. J Sorte de hachis de haut-goût. ( Une bonne galirna- frce. ) GALIMAFRE'E. Se dit figurément d’un discours obscur & embrouillé. GALIMATIAS , f m. c Congerìes verborum indi- gejìa , Jermonis obscuritas. ] Discours, obscur , & peu naturel, qu’onapeine d’entendre. ( Lucien a fait un dialogue contre ceux qui parlent un langage qu’on n’entend point: ou comme nous disons , parlent phé- bus & galimatias. Abl. Luc. t. 2. danse. Vous me faites-là un galimatias que je n’entens pas. Mol. Et de termessavans fit un Galimatias, Qui charma des esprits qui ne l’entendoient pas. Vill. ) GALION, f. m. f Navk regia , gaulus capacior. ] Grand vaisseau de guerre, rond , de haut bord, & à voiles seulement. í GALIONISTES. f. m. On apelle ainsi en Espagne, les Marchands qui font le Négoce des Indes Espagnoles par les Galions. GALIOTE if f- [ Mìnorií modi navigium. ] Galère de seize jusques à vingt-cinq bancs ou rames. f GALIOTE a bombes. C’est un bâtiment de moïen- ne grandeur, très-fort de bois, dont on lè sert pour porter des mortiers, & pour tirer des bombes fut mer. GALIPOT , f m. [Thtts album .2 Résine liquide» ou térébentine grossière, épaisse & blanchâtre , qui fort du pin par les incisions qu’on lui a faites, & qui n’a point été cuite. On l’apelle vulgairement, encens blanc. GALLICAN, Gallicane. [Gaïïicana Ecclefía.] Cet adjectif n’est usité qu’au féminin , & il lignifie qui regarde l'Eglise de France. (Les libertez de s Eglise Gallicane. Patru, plaid. 4. Les libertez de PEglilë Gallicane nous dispensent de nous soumettre aux Jiul- les du Pape tant qu’elles ne sont point reçues en France. ) GALLICISME , f m. f Gallicìsmus. ] Régime particulier à la langue Françoise qui a quelque chose contre les régies de la grammaire ordinaire. II y a des ouvrages trop pleins de gallicismes. De gallico. Proverbe écorché du Latin, qui veut dire à l’impourvû, fur le champ. GALLINASSE , f /• [ Gallinastd. ] Espèce de corbeau du Mexique, presque auffi grand qu’un aigle , qui est de couleur noire, qui a le bec fait comme un perroquet, & dont le front est couvert d’une peau ridée sans plumes. Ses plumes brûlées sont détersives & vulnéraires. GALOCHES, s. s. [ Gattìca solea. ] Sorte de chaussure, ou couverture du soulier pour le tenir , plus net, ou pour avoir le nié plus sec. (ís GÂLOMAR. Les Pécheurs de la Province de Bresse, apellent galomards, les brochets qui ont un an. Revel, pag. 41 6. GALON, T m [ Taniola textilis. ] Petit ruban .de soie, ou de fleuret tout uni. (Galon bien travaillé. Galon est aussi une mesure de vin en Normandie. ) GALON. Terme d 'Epicier. Boite ronde qui vient de Flandre, ou l’Epicier met sa marchandise, comme poivre, muscade, alun, graines, &c. ( II faut mettre cette graine dans ces galons. ) GALONNEE, v. a. [ Tœnìnlis téxtilibus ornare.] C’est mettre plusieurs rangs de galon fur un habit de gens qui portent les couleurs. ( Galonner un habit de laquais. GALOP , f m. [Equi cursus.] Prononcez galo. Train de cheval qui ne court pas de toute sa force. ( Le grand galop. Le petit galop. Prendre le galop. Àler au galop. Accommoder un cheval au galop. Mener un cheval au galop. Pluv.) ( t * La mort nous poursuit au galop. S. Amant. [ Ad mortem properarnus. J Aler au grand galop à l’hôpital. Je me suis mis à vous écrire ces vers quej’ai faits au galop, Abé Régnier. Le Marchand Vadius va le grand galop à l’hôpital. ) ( Ad mendicitatem Je détendit. ) GALOPADE , f f. C Cursus equi incìtqtijfimus. J Terme dë Manège. La belle galopade, c'est un galop GAM 103 dans la main lorsque le cheval galopant est uni, bien ensemble & bien sous lui. ( Cheval qui fait la' galopade & travaille une hanche dedans. ) GALOPER , v. n. [ Currere, urgere grefium, incita, re. ] Aler au galop. Faire galoper un cheval. Cheval qui galope faux. Galoper uni. Mais Alexandre enfin, vite oomme un tonnerre , Toujours à ses cotez te voioit galoper. Pélisson. ) GALOPER. [ Percurrere. J On trouve ce verbe en un sens actif dans les visionnaires de DeJmarais, a. 1. sc. 5. Us galopent déja les humides plaines .- mais on trouve aussi que cela est un peu trop hardi, & que tout au plus on ne peut soufrir cette façon dë parier qu’en Poésie, encore faut-il qu’elle y soit em- ploïée avec une grande précaution. (Galoper un cheval. Acad. Fr. ) í * GALOPER , se dit fig. d’un homme qui se tourmente beaucoup, qui court beaucoup pour quelque afaire. ( 11 galope par tout pour cette afaire ) T * GALOPER, se dit auffi , pour poursuivre quel- cun. ( Les archers Pont bien galopé. ) F * GALOPER quelcun, signifie quelquefois, se rendre assidu Jans tous les lieux où on peut le voir, où on peut lui parler. (Je le galope depuis long-tems fans lui pouvoir parler. ) f GALOPIN , J. m. s Semi-hemina. J Mot bas & burlesque, pour dire, démi-setiex de vin. (11 boit tous les matins Ion galopin avant que de sortir. ) GALOPINS. £Culina administer , famutus culina- rìus. j Enfant de cuisine. Ce font ceux qui servent chez le Roi sous les Oficiers de Cuisine-bouche. GALVAUDER, V. a. [Insectari, vexare.] Poursuivre quelcun & le maltraiter de paroles & avec aigreur. (II a été galvaudé d’importance. Acad. Françoise. ) f L’Academie avertit que ce terme est bas. GAM ACHE , /• fi £ Péronés lanei. j , Terme de Feuillant , &c. Guêtre. ( Gamache crotée. Mettre ses ganjaches. ) GAMAHE'. Nom qu’on donne aux figures qui sont naturellement peintes fur les pierres. On en volt dans les cabinets des curieux. GAMBADE , /. /• [ JaHatìo , salues. J Espèce de saut qu’on fait en levant une jambe en Pair, & se soutenant de l’autre pour marquer quelque mépris ou quelque moquerie qu’on fait d’une chose, ou d’une personne. ( Païer en gambades. Ce finge étoit un rusé Sapajou , Maître expert en malice , £5? le Roi des gambades. Le Noble. ) GAMBADER, v. n. s Sa/tare, jacíare crura. ] Faire des gambades, ( 11 ne fait que sauter & gambader. Mais voici mon cabri , Beau, joli, gambadant, gras, dodu, bien nouri. Le Noble. f * Us reçûrent Vulcain entre leurs bras comme il gambadoit par Pair. Abl. Luc. t. 1. ) GAMBAGE , f m. Droit que paient les Bras. seurs de bierre. GAMBES DE HUNES. [ Carchefii crura.^ J Petites cordes des haubans qui se terminent près de la hune. f G A AI BILLE R , V. n. [ Crura in orbem movere, inquietum esse. ] Remuer les jambes fréquenment lors-qu’on est suspendu, ou couché : ( L’amour efi un mauvais coucheur , Hélas ! bon Dieu, comme il gambille, Sans cesse le méchant frétille. Recueil de Poès. t. 3. ) GAME , s f. [ Elementa mufices. J Terme de Musique. C'est un certain nombre de notes où sont renfermez tous les principes de la musique. Le Moine Gui d’Aréze en Toscane inventa la game, qui a été apellée de ce nom à cause qu’autrefois elle coramen- , çoit par un G, qu’on nomme en Grec gamma. (Apren- dre fa game : savoir sa game.) Voïez Coquille, Hist. du Nivernais. Quelques-uns écrivent ce mot,gamme. f * GAME. Ce mot, au figuré, est bas & burlesque. (C’est du Latin qui passe votre game. Voit. Pois. C’est-à-dire, vous n’entendez pas cela, vous ne vous y connoissez pas assez. ) f * On lui a bien chantésa game. \_Acerbisfimis ver- bis objurgatus est. ] C’est-à-dire, on l’a bien querellé, on l’a bien réprimandé, Scar. Pots. (Ne ï 04. GAN ( Ne fustige •point tant, va, ma petite femme , Je m'en vais le trouver U lui chanter Ja game. Mol.) Personne dans mon ciel ne me chante ma game, De foudre & de tonnerre il ne menfautpomt la: Mais Jl je m’avisois d'épouser une femme , J’aurois bien-tòt de tout cela. Balet de la nuit, 2. p.) •j- * GAME. Ce mot signifie quelquefois, maniéré, ftçon, coutume. ( Il gâta tout , U prit tout au rebours , Du gent amour la belle trame , D’himen le long triste cours , Introduisit la sotte game. Mules galantes, p. }<;. ) f * Changer de game. C’est prov. changer de conduite, de faqon d’agir. ( On lui fera bien changer de game. ) , H * Etre hors de game. C’est prov. ne savoir plus ou l’on en est, ne savoir plus ce qu’on doit faire. * Mettre quelcun hors de game. C’est prov. le déconcerter, lui rompre les mesures, le réduire à ne savoir plus que répondre. On dit aussi, faire sortir de game, lorsque par quelque parole piquante on met en colere un homme doux & modéré. GAMELLE , s. f. [ Camélia. ] Terme de Marine . Jate de bois dans laquelle on met le potage destiné pour chaque plat de l’équipage. Etre à la gamelle, c’est manger des vivres du fond de cale, fournis par le Roi. f GAMELO. C’est le baume de Copahu. f$ GANBISON. On apelloit ainsi une forte d’ha- bit dont on ufoit fous le régné de S. Louis. Joinville l’a apellé gaubij'on ; mais il a corrigé l’erreur. GANACHE , s f [ Ilquina gêna, mal a. ] La partie de la mâchoire du cheval qui touche le gosier, ou l’encoulure. Soleisel, parfait Maréchal. ch * GANACHE, fe dit en parlant d’un homme qui a Tefprit pesant. ( II est chargé de ganache, il a la ganache pesante. ) GANGE , s f [ Nodm, nexus. ] Maniéré de cordonnet de soie tissuë par le Rubanier, qu’on met au colet de pourpoint, & qui tient lieu de boutonnière. ( Faire de la gance : éplucher de la gance : mettre de la gance au colet du pourpoint. H GANCE de Diamant. C’est une boutonnière faite en forme de gance, & garnie de diamans. L’Académie écrit, ganse. GANGLION, s m. s Ganglion. J Terme de Médecine. Temeur inégalé qui se forme sur les nerfs, & fur les tendons, qui est fans douleur & fans changement de couleur. La cause du ganglion- est la trop grande distension des pores de ces parties , leur trop grande compression, ou déchirement , ce qui donne lieu au suc nutritif de s’y arrêter, de s’y épaissir, & de produire cette forte de tumeur. Pour réssoudre des ganglions, on fe sert ordinairement d’une plaque de plomb enduite de mercure, ou bien de la gomme ammoniac, ou de Templátre de vigo avec le mercure. GANGREINE- Voïez Cangréne. L’Académie écrit gangrène. GANGUES, s f. Nom que les ouvriers donnent à des parcelles de pierre dure, qui fe trouvent parmi l’antimoine, quand on le tire de la mine. GANIME'DE , s m. [ Ganimedes ] Petit berger que Jupiter enleva, & dont il fit son mignon. , t * GANIME'DE. Petit bardache. ( C’est son petit ganiméde. ) GANO. f m. Terme de Jeu d’hombre, pour dire, j’ai le Roi. U Je plaint d’un gano qiii Defpr. fat. 10 . ) ìûL. 1U. ) -GANT, °U GAN ,s.m. [Chirotheca. ] Peau qui e gee, passee dans une laveure, & paissonnée, à la on donne la figure de la main, & qui sort à c la main pour la garantir du froid ou du chaut pour lui donner plus de grâce. ( Un gant lavé mal. VoS/r« P 4ï»e V CUple 0” On donnoit autrefois des gants au Seignei dal pour reconnoissance de fa Seigneurie le d, gants est ancien, dit Galand, dans son Traité du 1 GAR A leu. II est dit dans la Coûtume de Lorris, art. 4. tit. des Cens, &c. Aucunes censivesfont a droit de lods U ventes ,• les autres, à gants, ventes. Les Coutumes d’Orleans, art. 106. de Chartres, art. 47. & plusieurs autres s’expliquent de même ,• & Boutillier, dans fa Somme , ch. 5. en fait mention en ces termes: Gants blancs pour les deux livres de tenure. La Coûtume de Dunois, art. 36. régie les gants a quatre deniers, qui doivent être païez par l’acheteur, huit jours après le contrat. Ces gants étoient une reconnoissan- ce de l’investiture acordée par le Seigneur au nouvel aquereur. La tradition réelle se faifoit autrefois de diférentes manières, ou par un fétu de bois, ou de paille, ou par un morceau de terre, ou par des gants, que le Seigneur féodal recevoir comme une marque de la gratitude de son vassal, ou de son emphitéotc. On volt la formule dans Marculphe, & je semis, fans doute, ennuieux, si je raportois ici toutes les preuves que Ton trouve dans plusieurs Auteurs, de cet ancien usage : je me contenterai de cet endroit du Roman de la Rose, où l’amante parle. Vienne, dit-elle, à point aux gands. L’amand répond : Aux gands, dame, ains vous dis fans lobe , Que vous aurez mantel çs? robe. GANT bourré. Terme de Maître d’armes. C’est un méchant gant, garni de crin, qu’on sc met à la main quand on fait assaut , & cela pour empêcher que les coups qu’on se porte ne blessent la main. ( Prendre & mettre un gant bourré. ) f GANT d’oiseau. C’est le gant que le Fauconnier met à la main dont il porte Toiscau. f * II est souple comme un gant. [j Flexilis est. ] C’est- à-dire, il est fort soumis. f * II n’aura pas les gants. [Primas non tenebitst C’est- à-dire , il ne fera pas le premier. f * Perdre ses gants. On le dit prov. d’une fille qui a déja eu quelque commerce de galanterie. (Cette fille a perdu ses gants. ) £ On dit prov. d’un homme, qui est le premier à qui une fille s’est abandonnée, qu’il cn a eu les gants.) GANTS de notre-Dame. f. m. [ Digitalis. jj Terme de Botanique, qu’on donne à TAncolie. GANTELE'E, J', f. [Trackeliumst Fleur bleue ou blanche qui fleurit en Août, Septembre & Octobre. GANTELET, f m. [ Cajttts. ] Gant de fer d’un homme armé de pié en cap. GANTELET. [ Digitale. ] Terme de Relieur. Sorte de manique qu’on fe met à la main, & dont on se sert pour mieux foùéter les livres lors qu’ils font couverts. GANTER, v. a-. [ÇhirothecM influer est Mettre les gants à une personne. ( Soufrez que je vous gante. ) GANTER, v. n. [ Facere ad mannm. ] 11 sc dit des gants par raport à la main. (Voila des gants qui gantent fort bien ; c’est-à-dire , qui conviennent bien à la main. ) Se ganter . v. r. [ Induere digitalia. ) Mettre ses gants. ( Prenez la peine de vous ganter vous-même.) GANTERIE , f f. [ Cbirotbecarum njjìcìua. J Marchandises de gants. Métier de faire & de vendre des gants. Les Gantiers font obligez de vendre leurs marchandises de galanterie dans leurs boutiques. Voïez les Statuts des Gantiers. $ GANTES. Terme de Brasseur. Ce font des faux bords de bois que Ton ajoute au dessus des bords des chaudières de cuivre, afin d’en contenir & arrêter le bouillon. GANTIER , s m. f Chirotheeariw , chirotkecantnt sutor, artisex. j Olivier. Marchand qui fait & vend de toutes sortes de gants & parfums. ( Un bon Gantier. ) GANTIE'RE , J-f. [ Chìrothocariì uxor. ] Femme de Gantier. Veuve de Gantier. ( Une belle Gantière. ) t GANTIE'RE. Celle qui fait présent d’une paire de gants, mais en ce sens, le mot de gantière est burlesque, & je ne Tai trouvé que dans Voiture une seule fois. ( C’est de la forte qu’il faut païer une gantière comme vous. Voit. lettres amoureuses, l. 48. ) t GARAGAY, f. m. Oiseau de proie de l’Ame- rique , qui est gros comme un Milan. $ GARANçAG-E , f ,n. C’est la teinte ou bouillon fait avec la garance. GARANCE , f f- C Rubia, erithrodanum. J Sorte d’herbe dont on fe sert pour la teinture. $ On GAR f On se sert de la racine de garance pour teindre en rouge. Cette racine a une écorce rouge & une moële couleur d'Orange. Elle produit une plante de trois ou quatre pans de hauteur. Sa graine est noire, & de la grosseur d’un grain de poivre. On cultive une grande quantité de garance en Flandres & en Ze- lande , & il s’y en fait un riche commerce. í Les racines de garance contiennent beaucoup de sel essentiel & d’huile. Elles font apéritives par les urines & un peu astringentes par le ventre. Elles excitent les mois aux femmes, & levent les obstructions. On les employé pour la jaunisse & pour la pierre. GARANCER, v. a. [Rubiâ imbuere, inftcere.jj Teindre avec de la garance. Le noir garancé est le meilleur. î GARANCEURS, st. m. Ouvriers du corps des Teinturiers, qui donnent aux laines & aux étofes le pied de garance. H GARANCIERE , st. f. Lieu où l’on terne & où l'on recueille la garance. GAR AND ,st. m. [ Author .] Terme de Palais. Celui qui est obligé de faire bon ce qu’il a promis par contrat ou autrement. ( Un bon garand. ) ( Alez, ii ne vous arrivera pas de mal,j’en fuis garand, Pasc. I. 7 . Etre garand d’une opinion. Pasc. I. Chofijstez un ami dont la fidélité Vout donne pour garand l’exalte piété. Vill. ) t GARANNE, garenne,/, f. On dit garenne , & non pas garanne. Votez garenne. GARANNIER , garennier , s. m. [ Leporarii cujìos , vtllicus, redemptor. ] On dit l’un & l’autre, mais ga- vannier est présentement plus en usage que garennier. On croit qu’avec le tems garennier l’emportera, mais ce_ tems n’est pas encore venu. Le Garannier est celui qui a foin de la garenne. GARANT, f. m. [Sponsor, va;. J Celui qui est obligé à la garantie. ( Avoir recours contre son garant. ) GARANTIE, f. s. [ Authoritas, fionjto.'] Terme de Palais. Obligation de faire bon ce qu’on a cédé. ( Etre obligé à la garantie. ) GARANTIR , v. a. [ Spondere, cavere, prajìare, au- tborem este. ] ( Faire bon ce qu’on a cédé , en faire jouir. (Garantir un cheval dis toutes sortes de vices. * Parbleu, je la garantis détestable. Mol. ) f GARANTIR, signifie aussi, assurer, afirmer. (Je vous garantis cette nouvelle. C’est un bruit de ville que je n’oferois garantir. ) * GARANTIR. [Tueri, tegere. ] Exemter. (Garantir une Province de ravage. Vaug. Quint. I. ) * Se garantir, v. a. [Eripere, eximere Je.~\ Se préserver de quelque chose de nuisible. (Se garantir du pillage. ) î f GARAS,/«r. Grosse toile de coton blanche,qu’on tire des Indes Orientales, particulièrement de Surate. GARBE , f. f. [SpeciesJ Mot vieux & burlesque , pour dire, la mine & Pair d’une personne. ( Près du sexe il est en disgrâce, avec fa garbe fraîche & grasse. ) GARBIN, f. nt. [Lebecbio.~] Nom de vent, sur la Méditerranée, qu’on nomme Sud-oùest fur l’Océan. GARBON, f. m. Terme de Fauconnerie. C’est le mâle de la perdrix. GARÇAILLER , v.n. [ Scorta U meretrices adiré. ] Hanter les garces & les mauvais lieux. 4= GARCAPULI, f- m. Arbre de l’Amerique qui porte un fruit semblable à une orange. II est propre pour arrêter le cours de ventre, pour exciter l’apetit, pour hâter l’acouchement & la sortie de l’arriere- faix & pour augmenter le lait aux Nourices. t GARCE , f. f [ Meretrìx , steortum, prostibu- lum. ] Celle qui est de mauvaise vie. ( Une grosse garce. S. Amant. ) Votez plus bas garsailler. Autrefois gars & garce a signifié majeur ou majeure. Le mâle est gars à quatorze ans, Et la fille est garce a douze. Votez gars. GARCE'TE , st fi Terme de Marine ., Petites cordes faites de vieux cordages qu’on a détressées, servant à fréler les voiles, ct à d’autres usages. La maîtresse garcéte , la garcéte de ris, de voiles, de cable. GARQON, st m. [ M f tu. [ Immundus, ciborurn ap- paratus. 3 Repas sale , & viande mal apprêtée. Ce n’est que gargotage dans cette hôtellerie. GARGOTE 1 f f- [ Popina. 3 Sorte de petit cabaret à Paris, où l’on donne à manger à juste prix. ( Vivre à la gargote. ) f GARGOTE, fe dit aussi par mépris de tous les méchants & petits cabarets, & de tous les lieux où 1 on mange mal-proprement. ( II s’est logé dans une vraie gargote. Je ne stturois manger dans une pareille gargote.) t GARGOTER , v. n. [Popinam immundam adiré.] noire dans une gargote. Boire souvent & avec des gens de néant. ° í GARGOTER, signifie aussi, boire & manger malproprement. ° i GARGOTER ÍE , f f. On l C dit dc ]., selctéíl de |S"°“ d “ < Ce »'«« qu’unegar- GAR GARGOTIER,/ m. [Caupo. ] Celui qui tient gargote, f GARGOTIER, fe dit aussi par mépris de tous les méchants cabaretiers, & de tous les cuisiniers qui aprê- tent mal à manger. C’est un misérable gargotier. ) GARGOUILLE ,ff. [ Canalit aqute pluvU émis. farius. 3 Goutiére de pierre. Les trous des canaux des corniches par où coulent les eaux en bas. GARGOUILLE. Terme â’Epronnier. Maniéré (Panneau au bout de la branche de l’embouchure. II fe dit aussi en Blason. f GARGOUILLER, v. n. On ne le dit qu’en parlant des petits enfans qui s’amufent à barboter dans de Peau. ( Ces garçons ne font que gargouiller. ) 3 = GARGOUILLIS, s. m. On apelle ainsi le bruit que fait Peau en tombant d’une gargouille. GARGOUSSE,/ f. Terme de Guerre. C’est une envelope ou rouleau pour mettre la charge d’un canon par mesure. GARITES , s. s. _ Terme de Marine. Pièces de bois plates & circulaires qui font tout le haut de la hune, & dans lesquelles font passées les cadénes, des haubans. t GARNEMENT , s m. f Ganeo, nebulo. 3 Libertin & dont la vie est un peu déréglée. ( C’est un méchant garnement. Scar. J’ai prédit autrefois que vous preniez tout Pair d’un méchant garnement. Mol. tort. acl. 1. Le Peuple des sourit croît que c’ejl châtiment , Qu’enfin l’on a pendu le mauvais garnement. La Font. ) GARNEMENT est un mot ancien qne l’on ne dit guère , & qui n’est foufert que dans le discours familier. On lit dans la vie de B. Du Guefclin, pag. 24. Et le Duc rcjpondit qu’à un tel garnement ne pen- soit à donner treves. II entendoit parler de Du Guef- clin , qu’il apelle garnement, à cause de fa valeur, & des actions hardies qu’il avoit déjà faites. GARNI, IE , adj. f Camentum. 3 Terme d ’Ar- chiteHure. Remplissage , maçonnerie entre les carreaux & les boutissures d’un gros mur. 11 y en a de moilon , de brique , &c. 3 = Chambre garnie , maison garnie , c’est une chambre, une maison qu’on lotie fournie de tout ce qui est nécessaire. ( Je fuis en chambre garnie. ) Plaider main garnie , plaider la main garnie. C’est en termes de Pratique , jouir pendant le procès de ce qui est en contestation. ( Je plaide à mon aise & main garnie. ) GARNIR, v. a. [ Munìre , injìruere, ornare , ad. dere. 3 Pourvoir de tout ce qui est nécessaire : assortir : meubler: ajuster. Garnir des gants : garnir un chapeau : garnir une epée : garnir une chambre : garnir de pierreries : il a la bourse bien garnie : se gar. nir de bons habits fourrez contre le froid : fe garnir de bonnes botes pour aler à la campagne. ) 3 = GARNIR une place de guerre , c’est la munir de tout ce qui est nécessaire pour la défendre. 3 = GARNIR une tapisserie. C’est y mettre d’efpace en espace des bandes de toile pour la conserver. 3 = GARNIR des bas. C’est y mettre un ruban ou de la toile pour les conserver. 3 = GARNIR un drap. C’est le lainer, y faire venir le poil par le moïen du chardon. î GARNIR le four. Terme de Boulanger & de P a- tiffier. C’est quand le pain en est tiré, y mettre sécher le bois qui doit servir à la fournée suivante. ( * GARNIR les endroits fossiles avec des fraises. Relation des campagnes de Rocroi. Garnir de longs pieux.) GARNISON, f f [ Munitio , prœfidìum. 3 Soldats qui font en un lieu pour le garder, & pour y subsister. Soldats qui font commandez pour garder quelque ville, quelque place ou forteresse. (. II y a une bonne garnison dans la place. La garnison est forte. Les habitans ont égorgé la garnison. La garnison est sortie par composition. Mettre garnison dans une place.) T GARNISON, fe dit d’une troupe de fergens ou Archers qu on établit dans une maison , pour con- Craindre un débiteur a païer , & pour y demeurer a ses frais jufqu’à ce qu’il ait paie. î GARNISON, fe dit aussi dans le même sens, quoiqu u n’y ait qu’un soldat,qu’un Archer dans une maison. GARNISON. [ Stativa prœfidia ] Lieu où l’on va en garnison. (Nôtre garnison est à Vitri le François , à Chamberi en Savoie. ) GAR- GAR GARNISON. [ Prajìdium. ] Terme de Pratique. Sergens qui gardent les meubles d’une personne lors- qu’ils font saisis. ( II y a garnison chez lui. ) GARNISSEUR , s m. [Injlruftor, ornator.J Marchand qui vend des chapeaux fans les savoir fabriquer & qui ne fait que les garnir. Les ouvriers Chapeliers parlent ainsi , mais dans le monde on apelle ces garnisseurs Chapeliers, auffi-bien que les autres. GARNITURE , f. f. [ Ornamentum, ornatw, supel- lex, appendix, injìnimentum. ] Assortiment. Toutes les choses qui assortissent & qui servent à embélir quelque habit, ou autre chose. (Une belle garniture d’habit : une garniture de rubans : une garniture de diamans. Cependant je ni en vais tacher De décrire ce lit avec J'a garniture. Abé Régnier. ) f GARNITURE. Terme A’Imprimerie. Ce font les diverses sortes de bois avec lesquels les Iinprimeurs- Compositeurs serrent les formes dans leurs châssis, tels que font les bois de fond, les bois de tête , les biseaux , &c. GARNITURE de baudrier. [Baltei inflrunm. ] Terme de Ceìnturier. Ce sont les boucles, les bouts & le coulant du baudrier. GARNITURE de cheminée. [ Camini ornamentum. ] Terme de Faiancier. Pots de faïance, ou petites porcelaines enjolivées qui parent une cheminée. (Acheter une belle garniture de cheminée. ) GARNITURE de toilette de Dame. [ Mundï mulie- brìs ornatus. ] Ce font deux petits flacons, un q narré, des porte-bouquets d’argent ou de vermeil doré. II y a aussi garniture de diamans. {Gemmeus ornât tu. Garniture de linge : garniture de chambre. ch GAROSMUM , f m. Petite plante qui croît aux lieux incultes. Elle contient beaucoup d’huile & de sel volatil. Elle est propre pour calmer les vapeurs hystériques & pour la colique venteuse. f GAROU , f m. Courir le garou, se dit par raillerie d’un jeune homme qu’on acuse d’avoir été en quelque lieu de débauche. (II a couru le garou. ) í GAROUILLE, f f. Drogue propre à la teinture de la couleur fauve. Elle vient de Provence, de Languedoc & de Kouffillon. On l’emploïe dans la nuance de la couleur gris de rat, où elle réussit fort bien. GARRER , v. a. [ Pigare, alligare , pieare. ] Terme de Batelier. Lier : atacher. ( Carrer un train de bois : ganter un bateau. ) GARROT, f. m. Ce mot se dit en parlant des chevaux. Partie du cheval qui commence où se termine le crin & assemble les deux épaules par le haut. ( Cheval blessé au garrot.) £ * GARROT. On dit d’un homme, qui a reçu quelque atteinte qui blesse fa réputation, & à qui on a rendu de mauvais qfices qui l’empêchent de s’avan- cer , qu il a été blejféfur le garrot. GARROT. [FuJHf.] Bâton court avec lequel on ferre les cordes qui lient les fardeaux fur les mulets. On dit en menaçant quelcun , qu’on lui donnera cent coups de garrot. ifs GARROT. Vieux mot dont Joinville s’est servi. Traits d’arbalétes , ou plûtôt d’espringales. Guillaume Guìare , m 13 04. Quarrtaux traient au cliqueter , Et font l’ejpringale jetter , Et garrot qui lors delà ifl Les plus vigoureux esbahir. Le même a dit : Et font jetter leurs ejpringales , ça U là sonnent li claìrain Le garrot empané d!airain Caíjent les lieux de ce me vant Plujìojì que tempes e ni vent. Fauchet le dérive de quadrelli-, & Ménage, de verutum. f GARROTER , ».. a. [ Fortiter alligare. ] Lier. (II est lie & garroté. Lier & garroter un prisonnier. II se trouve pour jamais garroté contre un mur. Sar. Poéf ) $ * GARROTER quelcun. C’est prendre toutes les précautions , emploïer tous les moïens imaginables pour l’empêcher de manquer aux conditions qu’on veut GAS 109 lui imposer, & aux engagemens où il est entré. ( n est si bien garrotté qu’il ne sauroit s’en dédire. ) ê GARROTER, se dit auffi des marchandises. C’est serrer avec le garrot les cordes qui lient & arrêtent les fardeaux, caisses & baies de marchandises furies charetes & bêtes de somme. GARROUAGE- f m. [Fornix.J II se dit dans cette phrase, aler en garroùage s c’est-à-dire courir La nuit pour faire la débauche. ( Lui qui jamais ne fut en garroùage , Lui qui guettait les moineaux au passage. Le Père Commire. ) t GARS , f. m. s Adolescens , mafculus. ] Ce mot signifie garçon , mais il ne le dit guére à Paris, & même il ne se dit que dans le bas burlesque. ( Le petit gars lui vint sauter au cou. Je suis gars propre à la fillette. ) f GARSAILLER, ou garcailler, v. n. [ Scorta, meretrices adiré. J Fréquenter les filles débauchées. ( II ne fait que garsailler. ) GARSON. Votez GARÇON. GASCON, Gasconne , adj. [_ Vafco , gloriofus.J Qui est de Gascogne. (II est Gascon, & pouroit bien avoir quérellé son bon Ange. Main. Poéf Le faux brave fans cesse £«? par tout vous acable , De l’odieux roman de Jes exploits gascons. Le Noble. ) GASCONNADE , f f. f Vana oflentatio , pbalerœ verborum. ] Bravoure en paroles. Fanfaronnade. C’est une gasconnade. Faire des gasconnades. ) GASCONNER, ». a. [Surripere.] Voler adroitement. ( Quelcun m’a gasconne ma tabatière. ) GASCONISSE , f. m. f Vafconifmm, J Façon de parler gasconne. C’est un pur Gasconisme. Le Poète Théophile est plein de Gasconismes. ) GASON, gazon, f m. [Cejpes.j\ Mote de terre pleine d’herbes. (Un verd galon : un beau galon : couper des galons: fortifier avec des galons. II fe laissa surprendre aux charmes du repos , Sur un lit de gazon qui s’ofrit à propos. Perr. ) GASONNEMENT, ou gazonnement,f m. [Cejpitis ag - gestio. ] L’aétion de gazonner. Emploi qu’on fait de gazons pour quelque ouvrage. ( Faciliter le gazon- nement de la demi-lune. ) GASONNER , ou gazonner, ». a. f Cefitem aggere- re. ] C’est en général garnir de gazons. Composer quelque ouvrage de gazons. Les Jardiniers le disent, & il signifie garnir de gazons quelques endroits. (Gazonner une alée : gazonner un parterre. II faut arroser avec soin les endroits qu’on a gazonnez : gazonner un bastion. ) GASOùILLEMENT, gazouillement, f. m. [Sufur- rm, lene mur mur , garritus, flrepitus, cantw. ] Ce mot fe dit proprement des oiseaux, & veut dire, un certain chant agréable que font les oiseaux. Leur petit ramage. ( Le gazouillement des oiseaux plaît à bien des gens. Les oiseaux éveillez f entr'aiment U se flatent , Ils se cherchent l’un f autre, N leurs gazouillements Sont les témoins publics de leurs contentemens. La Suze, Poéf. Un rossignol inquiet U volage , Dont le gazouillement étoit touchant beau , Voulut en aprendre un nouveau. Bours. Esope, a. 1. sc. 6 .) GASOùILLER , gazouiller. £Garrire,ftrepere, susurros eâerei] Ce verbe est d’ordinaire neutre & fe dit des oiseaux. II veut dire, chanter, ramager. (11 y a du plaisir à oùir gazouiller les petits oiseaux. II met à sec mes gazoùillans ruisseaux , Fait taire les petits oiseaux , Et vient sécher mes fleurs avec tant d'insolence. Qu’il me fait perdre patience. Du Trousset. ) f * GASOùILLER. [ Balbutìre. ] Ce mot fe dit des petits enfans, & veut dire, parler. (Le pauvre petit commence à gazouiller. ) GASPARD,/»*. ÍGaJpar .2 Nomd’homme. (Gaspard de Coligni fut tué à la journée de la S. Bartélemi.) + GASPILLER, v. a. [Turbare, miscere .1 Dissiper son bien imprudenment & par des dépenses vaines & inutiles. ( Ce jeune homme a gaspillé tout son patrimoine. On dit auffi, lels valets ont tout gaspillé dans cette maison. ) Q \ t GA- iio GAT t GASTADOUR , s m. I Foffor, munitor, ca- ^cîsTONt - V S*jS d’homme. (Ga- fton deF^estírés-'fameux Gaston de Bourbon Duc d’Orleans, frère de Louis XIII. naquit en 160 g. ) GASTRE’PIPLOIQUE, «fi. [ Gafirepiphicum} Veine qui fe joint à la veine porte, & est formee de quelques rameaux qui viennent du ventricule & de l’épiploon, d’où elle a tiré son nom, itg & torltrSoBv. GASTRILOQUE, adj. C Ventriloqum. ] Homme qui parle de Pestomac, qui contrefait un esprit, & dont la voix semble venir de loin. GASTRIQUE, adj. [ Gastncus. ] Nom qu’on donne à quelques veines, parce qu’elles viennent du ventricule que les Grecs apellent yafiag. La gastri- Í iue majeure s’insére au rameau lplénique , la petite e joint au tronc de la veine porte. GASTRORAPHIE, s f í Gasiroraphia.} Terme de Chirurgie. Couture qu’on fait au ventre quand il est blessé. GATE'. Voïez plus bas. GATEAU , s- ra. [ Placenta ] Morceau de pâte qu’on étend, où l’on met du sel & du beurre, & qu’on fait quelquefois cuire au feu & ordinairement au four. ( Faire un gateau de vingt sous : un gateau d’un fou, ou de deux liards : un gateau Feuilleté : gateau molet : gateau d’amandes. ) f Avoir pari au gateau. [ Alicujits emolumentum cura atiquo p art iris} ( C’est-à-dire, avoir part au gain. Partager le profit. Partager une chose avec d’autres. f II ne mange pas son gateau dans fa poche, f Emolumentum aliis partitur. ] Proverbe, pour dire, il fait part du profit à ceux qui le lui ont procuré. f * II y a bien des gens à partager le gateau. [ Plu- ves Junt lucri partìtores, ] Cela fe dit proverbialement lors-qu’il y a plusieurs personnes à partager une succession, ou le profit qui revient de quelque afaire. $ Trouver la fève au gateau. C’est Prov. trouver le point décisif d’une afaire , d’une question , faire une bonne découverte, une heureuse rencontre. GATEAU verollè. [ Pujlulata placenta. ] C’est un gateau sor lequel on répand, en le faisant cuire, des petits morceaux de fromage qui forment dessus comme de petits grains ou pustules. GATEAUX [ Cera molles. ] Terme de Sculpteur. Morceaux de cire , ou de terre aplanis dont les Sculpteurs remplissent les creux & les pièces d’un moule ou ils veulent mouler les figures. GATEAU. [ Cera librn. ] Terme de Gens qui nou - rijjint les mouches à miel. Morceau de cire plein de petits trous que les abeilles font dans leurs ruches, & qu’elles remplissent de miel. GùTE-ME’TIER , f. m. & f. [ Artis contemptor. ] C’est une personne qui donne à trop bon marché sa peine , ou sa marchandise. GâTER, v - a. [ Inficere. ] Souiller. Tacher. ( Gâter un habit. Ma jupe est toute gâtée. ) GâTER. [ fcrf. ] Faire tort. Nuire. (Le grand chaud gâte de certaines pierres. Perraut, Vitruve. La grêle a gâté les blez, les vignes, &c. ) * GâTER. [ Fi.‘/are,corrumpere. ] Changer de bien en mal. Corrompre. Rendre pire. ( La fortune gâte & pervertit la nature. Vaug. Quint. I. Gâter un enfant.) f * Enfant gâté , c’est un enfant qu’on ne corrige pas, parce-qu’on l’aime trop. H Avoir quelque chofi de gâté dans t esprit. C’est avoir de grands travers, être un peu fou. ( * On fe mit à le soplier de ne vouloir rien gâter par la précipitation. Vaug. Quint. I. 3. C’est un tomme en qui l’áge ne gâte rien. Un compliment un peu flateur Soulage le Prédicateur ; II ne prêche que pour infiruire : Mais après tout je croirais bien Qu’un compliment ne gâte rien. Auteur Anonime. ) . \ cse corrompre, vin le gâte. La chair fe gâte facilement quand i chaud. On dit aussi, cet homme s’est gâté da compagnie de tels débauchez. II s’est gâté 1’ par la lecture des romans. GâTER le métier. [ Artem aliquam vilem fat Cest-a-dire, raire trop bon marché de fa peint GAU de fa marchandise, en forte que cela fasse tortaux autres personnes du même métier. , , ê * GâTER quplcun. C’est nuire a ía réputation. ( Cette lâcheté l’a fort gâté dans le monde. On vous a bien gâté dans l’efprit des honnêtes gens. ) f Se gâter, se décrier, perdre de sa réputation par sa faute. ( II s’est bien gâté a la cour. ) f GâTEUR, f m. [ Corruptor, vitiator. ] Ce mot ne fe dit pas seul en François, on dit : C’est un gâtent de papier, c’est-à-dire, un barbouilleur , qui ne fait rien qui vaille. ) í GATINE,// Minerai qui fe trouve mêlé avec la mine de fer, & qui en rend la fonte facile. GATINOIS. f m. [ Vastinium .] Pais qui tire son nom des petites montagnes qui y sont, ce que lespaï- sans apellent gatines. Ce pais est proche Paris. GATTE, f /• Terme de Marine. Retranchement de bordages, que l’on fait au-dedans, à Pavant du vaisseau, dont l’ulàge est de recevoir l’eau que les coups de mer font entrer par les écubiers. GATTES. Planches qui font à l’encognure ; c’est-à- dire , à l’angle commun que font le plad-bord & le pont. t GAVACHE, f ra. [ Vìlis. ] Mot Espagnol, qui veut dire, coquin, misérable & sans cœur. (C’est un gavache. ) GAUCHE, adj. [ Lavus, fin fier. ] C’est un terme relatif qui fe dit à l’égard du côté du corfis qui est opofé au droit. ( La main gauche : le côté gauche : l’aile gauche d’une armée. ) * GAUCHE, adj. [ Ineptus, fiolidus. ] Ce mot, au • figuré, signifie, mal-fait : mal-tourné : ridicule : sot. ( Esprit gauche. On le trouve (i gauche qu’on ne daigne plus rien lui dire. Sa taille est assez gauche. Mol. ) On dit aussi, un bâtiment gauche, du bois gauche quand il n’est pas droit. GAUCHE , f f. [ Lava manus. ] Main gauche. (11 y avoir un marais sor la gauche. Abl. ) A gauche , adv. f Sinistrorfum. ] A main gauche. (II faut tourner à gauche. La cavalerie étoit à gauche. Abl. Arr. I. 2. Faire demi-tour à gauche. ) H * Prendre une chose à gauche , c’est la prendre de travers, la prendre autrement qu’il ne faut. ^ * Prendre à droite & à gauche. C’est prendre de l’argent, tirer de Purgent fans distinction de personnes ni d’afaires, prendre à toutes mains. GAUCHER, gauchère, adj. [Lavití, finis er.} Qui se sert de la main gauche. ( II est gaucher : elle est gauchère. ) GAUCHER, / m. [ Scavola. ] Qui se sert de la main gauche au lieu de se servir de la droite, comme c’est ordinairement la coutume. ( C’est un gaucher. ) GAUCHIR. [ Pergere ad lavam. ] Ce mot dans le propre, signifie, aller à la main gauche, mais on ne croît pas qu’il soit en usage dans ce sens. * GAUCHIR , v. n. [ Diverttre. ] Se détourner. (On lui porta un coup, mais il gauchit un peu,L cela empêcha qu’il ne fût blessé. ) * GAUCHIR , v. n. [ Defleflere. ] Biaiser, n’avoir pas un procédé droit & sincère. ( C’est un homme qui gauchit. •son insolence on ne doit point gaussât. Mol. ) * GAUCHIR, v. n. [ Declinare. ] Trouver des biais pour éluder, pour échaper. (Ces bons Pérès vouloient gauchir, & aléguoient l’Ecriture. Mnurroix , schisme l. 1. Gauchir aux dificultez. Vaug. rem. ) * GAUCHIR, f Vitiare, corrumpere. ] Ce mot, dans le figuré, fe prend quelquefois dans un sens actif, & alors il signifie, rendre gauche, & changer en pis. (L’é- tude immodéré engendre une crasse dans son esprit, & gauchit tous ses scntimens. S. Evrem. t. 1. GAUDE,/ f [Luteolas] Plante qui porte une fleur vineuse en forme de grand œillet simple. C’est une drogue de Teinturier qui teint en jaune. GAUDEAMUS. Terme Latin qui fe dit des réjouissances qu’on fait. (Nous avons passé la nuit afaire gaudeamus. ) GAUDER , v. a. [ Luteolâ t ingéré. } Terme de Teinturier. Teindre une étole avec de la gaude. ( Les bleus teints en indigo doivent être gaudez, & ils deviennent verds. ) GAUDERONNER , ». «. Faire de gros plis avec GAU avec le doigt, ou avec un fer propre à cela sur une toile empesée. ( Gauderonner des manchétes. ) t GAUDIR. Vieux mot, qui ne se dit qu'en riant & qu’en cette façon de parler : * (Gaudir le papa ; c’est-à-dire, être à son aise. ) í GAUDIVIS , s m. Toile de coton blanche qui vient des Indes Orientales. Elle est du nombre des Baffetas, mais étroite & peu fine. GAUDRON ou GOUDRON, s m. [Pix nanti- ca. ] Composition faite de poix noire, d’huile de poisson, de suif & d’étoupe, ou de vieux cables batus, avec quoi on poisse les navires. t GAUFRE , s* f [ Favus. ] 11 signifie quelquefois un raïon de miel. GAUFRE. Sorte de menue pâtisserie, faite de fine fleur de froment, & qiron cuit entre deux fers, qui font ordinairement creusez & ratez, & forment quelque figure. f * Faire la gaufre , c’est être pressé entre deux personnes , soit dans un carrosse, ou ailleurs. * Etre la gaufre dans une afaire. C’est fe trouver entre deux extrémitez fâcheuses, entre deux personnes puissantes & oposées. GAUFRER , v. a. [Formare figuras, imprimere. ] Imprimer fur un drap, fur un habit, avec des fers à gaufre , diverses figures. On dit aussi, gaufrer les cheveux avec le fer, pour y faire des boucles & des anneaux. 11 est vieux dans ce dernier sens. GAUFREUR,/ m. [ Signator, notator. ] Celui qui pique, mouchéte & figure les etofes avec des fers propres à cela. On l’apelle 'duffi,Découpeur,Egratigneur^ GAUFRIER , f. m. [ Formam. ] C’est le fer double dans lequel on cuit les gaufres. GAUFRURE , f. f. [ Formatura. ] La maniéré de gaufrer. La gaufrure n’est plus guéres en usage. ) GA VION , gosier, f. m. [ Guttur. J II est si saou qu’il en a jusqu’au gavìon. H 11 est bas. GAVITEAU- f nu. Terme de Marine, qui signifie la bouée. f§ Les gaviteaux font faits avec des pièces de bois qui flotent fur l’eau , & marquent qu’il y a en cet endroit une ancre, ou des pieux, ou des rochers. ch GAUL,/ m. Sorte de tambours de cuivre qui fe font à la Chine , & qu’on transporte de canton à Liant. GAULE , f. f. [GalHaf] Par ce mot on entendoit autrefois tout le pais qui est en deçà & au-delà des Alpes. Gaule Cisalpine, Celtique, Belgique, Chevelue, Narbonnoise. Mais aujourd’hui par le mot de Gaule on entend le Roïaume qu’on nomme France. (II a les armes du Roi des Gaules fur les épaules. Phrase burlesque, pour dire, il a une fleur de lis fur ses épaules , qui est une marque d’infaraie. ) GAULE. C FujiU, virga. J Houífine. (frâper d’une gaule. On fe sert des aides de la gaule pour faire lé- ver le devant à un cheval. On conte qu’il y a des gaules harmonieuses. Abl. Marmol. t. i. /. ;. c. 2;. ) ff On se servoit souvent autrefois du mot gaule. _ _ _ _ ff tenant une gaule , Ain f qu'à leurs cheveaux, nous enfiatent l’épaule. Régnier. Guillet, dans son Diâionnaire des arts de F homme cCépée , a dit que ,, la gaule est la housstne , ,, ou baguette , que le cavalier tient de la main ,, droite, tant pour représenter l’épée , que pour ser- ,, vir à conduire le cheval, & à féconder les éfets de „ la main & des talons. ( Ce cheval prend bien les ,, aides de la gaule. Puisque ce cavalier veut faire „ lever le devant à ce cheval, donnez-lui les aides „ de la gaule ; touchez, venez toucher, frapez fur les „ jambes & fur le poitrail, il levera le devant ”, ) í GAULE, fe dit aussi d’une grande perche, dont on se íèrt pour abatre les noix , les amandes & autres fruits. ê GAULE. On apelle ainsi dans les Manufactures, une grande perche de bois, dont on fe sert à plusieurs ouvrages. Les Teinturiers fe servent de la gaule pour étendre & mettre dessus les foies , les fils & les laines au sortir de la teinture, afin de les essorer & sécher. -t GAULE. Terme àtUattier. Sécher à la gaule, c’est étendre sur une perche les cordons de nate de GAZ î11 paille à mesure qu’ils font tracez, afin de les mettre en état d’être ourdis à .la tringle. t * GAULE', gaulée , adj. s Defolatus. ] Ruiné : désolé. ( La campagne est gaulée. ) t * GAULE' , gaulée. [ Obfoletus. J Qui est hors de mode : qui n’est plus en usage. [ Sa galanterie est tout-à-fàit gaulée. Sar. Po'éf ) GAULER, v. a. [Virgà cadere .] Batre de certains arbres avec de grandes gaules pour en faire tomber les fruits. ( On gaule les pommes en Normandie. ) í GAULEUR , f m. [ Perticâ menjbr. J Vieux mot, pour dire, celui qui mesure avec la perche ou la toise, & qu’on nomme aujourd’hui Arpenteur. Votez les Ordonnances de Henri II. pour l’arpentage. GAULIS , f m. \Virgula, ramrn, fascis.j} Terme de Chasse. Branche d’arbre qu’il faut que les Veneurs détournent, ou plient, quand ils veulent percer dans le fort d’un bois. ( 11 plioit des gaulis aussi gros que le bras. Mol. ) GAULOIS , Gauloise , adj. f Gaìlus. J Qui est de Gaule : qui regarde les Gaules : qui est des Gaules. ( Alphabet Gaulois. Nation Gauloise. Les Anti- quitez Gauloises de Fauchet font estimées. ) f * GAULOIS , Gauloise. Vieux. £ Vêtus verna- culum. ] Qui sent le gaulois. ( Mot gaulois : façon de parler gauloise. ) GAULOIS , f. m. s Gallum idioma. ] Le "langage gaulois. ( Parler gaulois : entendre le gaulois. ) ê Bon gaulois , vieux gaulois , franc gaulois. C’est prov. un homme dont la conduite est fincere, franche & droite. ch On dit dans la même acception, probité gauloise , franchise gauloise. f On apelle, vieux gaulois, un homme qui s’habille à la vieille mode. Avoir les maniérés gauloises, c’est avoir les maniérés du vieux tems. GAVON ' f m. Terme de Marine. Petit cabinet vers la poupe d’un vaisseau, & qui tire fa lumière des catanectes. GAVOTE, f f Danse gaie & de mesure simple. (Danser une gavote. ) GAUPE, f f [Stolida, impura, fœtida.J Femme mal bâtie & mal-propre. ( C’est une gaupe. ) t GAUSSER, v. a. [ Joculari, cavìUarì. ] Vieux mot, qui ne peut entrer que dans le burlesque , & qui signifie fe moquer. ( C'est un goguenard qui se plaît à gausser les gens. ) f On dit aussi , Je gausser, pour fe moquer, railler. (Vous vous gaussez de moi. ) II est bas. + GAUSSERIE , s. s. [ Jocits , sales , joculatio. j Moquerie, raillerie. ( Us persécutent ce pauvre innocent par de continuelles gausseries. f GAUSSEUR , f m. [ Joculator. 3 Moqueur » rieur. ( C’est un vrai gausseur. ) f GAUSSEUSE , f f. s .Joculatrix. ] Moqueuse: rieuse. C’est une franche gausseuse. ) f GAULE, f f Espece de boisseau dont les Maures se fervent en quelques endroits des côtes de Barbarie. GAUTIER, f m. [ Gualterius.J Nom d’homme. f GAUTIER Garguille. Nom d’un fameux baladin. ( * C’ejì un franc gautier garguille. C’est un franc sot: un franc badin. Etienne G*** est un vrai gautier garguille. ) f GAUZA. Monde de cuivre & d’étain , qui » cours dans le Roïaume de Pegu. GAY.\ On nomme ainsi le haran, qui n’a ní lait- te ni oeufs. GAYAC, f m, [ Gayacum.J Bois qui vient des Indes, qui est dur & pésant, & qui sert à provoquer les sueurs & les urines. . f GAYAC. C’est encore une gomme qu’on apor- te des Indes en gros morceaux, & si semblable à l’Arcançon , quon ne peut les distinguer que par leur odeur. L’Arcançon jetté fur le feu sent la tereben- thine , & la gomme de gayac exhale une odeur agréable & balsamique. GAZE, f f [ Textum subtiUJsmmm. ] Sorte de toile fort claire, dont les Dames sc font des coises , des cornettes , &c. Sorte de petite étofe legére dont on fait des robes, des jupes, & autres choses. ( De belle ï I 2 GEA belle gaze : gaze jaune : gaze noire. Vous ordonnerez qu’un grand pavillon de gaze me fera dresse. ± gaze Petite monoïe de cuivre qui se fabrique * a mnrs en Perse. Elle vaut environ deux liards de France. GAZELLE, s f- q ip™* ' capraLybica. ] Animal de la grandeur & de la couleur d un daim. Elle a les cornes fort noires & tournées comme celles d'une chèvre, horfmis qu’elles sont rondes & pointues. (La chair de la gazelle est bonne à manger. Abl. M armai. t. i. GAZETIER , s m. [Gazula script or s Celui qui fait la gazette. ( Renaudot est le gazetier de France le plus fameux. 11 étoit Médecin de Montpellier : il commença à donner la gazette en 16; 1. U étoit naturellement éloquent, & fes gazettes étoient bien écrites & elles plaifoient. On lit les gazettes chez Ribou & Foison , & autres regratiers du Pont-neuf. GAZETIER. [ Famigerator , nuntìorum per urbem pendus 3 Colporteur qui vend & publie les gazettes par la ville de Paris. GAZETIE'RE , f. f. [ ìhmtìorum per urbem gerulas Pauvre femme qui va acheter la gazette au bureau de la grand’ poste, qui la distribué par mois aux personnes qui la veulent lire , pour trente fols. ( La gaze- tiére est venue. La gazetiére a manqué d’aporter la gazette. ) GAZETIER, ou Gazier. On le dit également de l’Ouvrier qui fabrique la gaze, & du Marchand qui la vend. On dit plus ordinairement, Gazier. GAZETTE , f f. [ Publici nuntii, nova gazula. ] Récit des nouvelles. ( Gazette imprimée : gazette à la main : faire la gazette : distribuer la gazette. Et cherchant fur la brèche une mort indiscrète , De sa fole valeur embélir la Gazette. Defpr. fat. 8- ) Çg Le Chevalier d’Accilly a bien dépeint la gazette dans cette épigramme: Je ni entent a crier nouvelles U gazette ; A moi chacun accourt , de moi chacun achette >• Quand le bruit de ma voix s’épand de tous cotez , Je tire un bon denier de quelques flateries , De quelques veritez , De quelques menteries. {$ GAZON- On apelle gazon, une efpéce de tapis verd, dont l’herbe est fort épaisse. Votez gazon. fg GAZONNER. Les Jardiniers disent, gazonner un certain espace; c’est-à-dire, garnir de gazon la superficie de la terre en certain endroit. GAZOULIER. Voïez la colonne GAS. GEAI -, f tn. [ Graculus , pica glandaria. ] C’est un oiseau gai qui est de la grosseur d’un pigeon, ou environ. 11 a la tête & le cou de couleur rouge , mêlée de verd, les ailes mêlées de bleu & de blanc, de noir & de gris. Le geai fe plaît à voler & à cacher ce qu’il a pris, contrefait le chien , le chat, la poule , & les autres oiseaux. 11 tombe en épilepsie. (Un geai mâle: un geai femelle. Olina , traité des oiseaux qui chantent. ) f GEAILOYE, s f. Sorte de mesure pour les liquides, dont on fe sert dans quelques Provinces de France. Elle est diférente suivant les coutumes des lieux. La plus grande contient seize pintes, la moïen- ne douze, & la petite huit. GE'ANS , s m. [ Gigantes. ] Hommes d’une grandeur extraordinaire que les Poètes feignent avoir voulu escalader le Ciel en mettant montagne fur montagne , & qui pour cela furent foudroïez par Jupiter. GE'ANT , f m. [ Gigas. ] Homme beaucoup plus gros & plus grand que les hommes ordinaires. (II y a un géant à la Foire S. Germain. ) t * GE'ANT. [ Enormis satura homo. J Un homme bien grand. ( C’est un géant. ) t * Aller à pas de géant. C’est aller fort vite, faire de grands progrez dans quelque chose que ce soit. GEANTE, géanne, s. f. [JMulier giganteas Femme de géant. La plûpart des dames qui parlent bien , disent geanne qui est plus doux que géante , néanmoins comme geanne n est pas encore établi, je me tiendroiá toujours a la réglé & je dirois géante avec les hom- mes lavans dans la langue. t * OE'ANTE. t Enormis satura mulier. ] Femm# fort grande. (C est une geante. ) GEL GEDEON, s rn. [ Gedeo. ] Nom d’homme. GEHUPH , f- Arbre des Indes qui porte un fruit dont on tire une huile qui apaise la soif, guérit les maladies de foye & de la rate. On en prend par la bouche, & l’on en frote les parties malades. t GEINDRE , V. n. [Gemeres Vieux mot, qui ne peut trouver fa place que dans le stile le plus bas & encore fort rarement. On dit en fa place, Je plaindre, gémir. ( Elle ne fait que geindre. ) GEINDRE, s m. Terme de Boulanger. Le maître garçon du boulanger. Celui qui gouverne la boutique & a foin du travail, lo.rs-que le maître n’y est pas , ou qu’il est en état de ne pouvoir travailler. GEINE , GE 1 NER. Voïez Gène. Gêner. GELASIN , s m. [ Gêna sulculuss Terme de Médecin. Nom qu’on donne a une petite fosséte fort agréable qui fe fait au milieu des joués par le moïen du ris. Ce mot vient du mot Grec yth.eiw } rideo, jeris. GELE'E , f f- [Gelus Grand froid : froid extrême. (La gelée n’estbonne que pour les choux: craindre la galee : préserver de la gelée : être sujet à la gelée. Gelée blanche : c’est une sorte de gelée qui blanchit les arbres & les herbes. ) La gelée fut excessive en 1709. GELE'E , f f. [ Glaciatum , concretum. ] Terme de Cuisnìer. Bouillon composé de piés de veau bien lavez & bien blanchis, de rouelle de veau, & de chapon, qu’on passe au travers d’un gros linge quand ils font bien cuits & qu’on dégraisse autant qu’on peut. On v mêle ensuite une chopine de bon vin blanc, avec du sucre, un morceau de canelle & deux doux de girofle, qu’on fait bouillir avec toutes ces choses jusques à ce quelles aient de la consistance, & c’est ce qui s’apelle gelee, qu’on donne à ceux qui font malades & qui ne peuvent prendre de plus solide nou- riture. ( Faire de la gelée. De fort bonne gelée. ) Elle a été ainsi nommée, parce qu’elle est transparente comme de la glace, qu’elle se congèle au froid & se liquéfié à la chaleur. Elle diffère de la vraie glace en ce qu’elle n’est pas dure comme elle & quelle est toujours molle, à moins qu’elle ne fe glace par le grand froid. GELE E de poison, f Jus è pifcibus elixis. ] Poisson qu’on vuide, & qu’on dégraisse & qu’on fait bouillir, & dont on passe le bouillon par une étamine; ensuite on le remet dans son pot avec du lucre, & plusieurs autres ingrédiens. GELE'E. [Jus è frufíibus concret unis Terme de Con. fiturier. Composition faite avec du jus de certains fruits & avec du sucre. ( Faire de la gelée de groseilles, de cériscs ou de verjus, &c. ) Balzac a dit fort serieufement, écrivant au Cardinal de la Valette, liv. 2. lett. Outre cela, en qualité de Monseur vôtre Agent, je suit presque toûjours en fejhn, la cependant que les autres fe chargent de matière N de ce V** charge le plus, moi qui n’ai guère s d’a- petit, je choisis les oiseaux qui sont engraissez de sucre, (j? me nourrit de Pâme du fruit, fs de la viande qu'on apelle gelée. Ce sont là des fleurs qui charment les jeunes gens. GELE', gelée adj. Gelatus, concretm gelu.~] Pris par la gelee. Ataqué par la gelée. Ofensé de la gelée. ( Eau gelée. Les blez son gelez. Avoir les mains gelées. ) On dit proverbialement, now aurons demain un plat de gelée , pour dire, il gèlera bien fort. GELER , v. n. ['Congelare , ge/u concrescere, adurere , adsringeres Faire un froid qui condense & seche la terre. Faire un froid si violent & si rude , que peu à peu il prenne l’eau & fasse dessus une glace dure & épaisse. 11 commenca à geler : il gèlera fort cette nuit : s’il gèle quelque tems de cette force-là , la rU viére sera bien-tôt prise. f§ Au creux de cette grotte fraîche , Où P amour se pouroit geler. S. Amant, solitude. GELER. Quelquefois ce verbe est actif. £ Congelare. ] La bise cette année a gelé les vignes. GELER. Se dit figurément d’un froid acuêil. La mine troide ct renfrognée de Mr. *** gèle tous ceint qui ont a faire à lui. [Ad illius hominitsrigidam (5? contra clam frontem frìgent homines quibuscum res es. J t GELINE , s f. [ GaUìna. J Vieux mot, qui VS. noit du Latin gallina, pour dire, une poule. (Une vieille geline : geline qui couve bien ses poussins. ) CrELINGTE, s. f. [Gallina juniors Quoique geline soit t GEN soit hors d’usage , son diminutif est pourtant usité, & on apelle gelinote , une jeune poule, tendre & grasse. C Une bonne , une excélente gelinote : une gelinote bien tendre.) GELINOTE de bois. [ Phasiana. ] Oiseau des forêts d’Ardenne, qui a le dessus du dos gris , les grosses plumes des ailes marquetées, le dessous de la gorge & du ventre blanc, le cou semblable à celui d’une faisande , le bec court, rond & noir, la queue d’une perdrix. ( La gelinote de bois a les jambes courtes & couvertes de plumes jusques à la moitié, & la chair très-délicate. Bel. I. c. u.) GEMEAU, f. m. [ Geminus , gerneBusé] Au plus. Un des douze lignes du Zodiaque. ( Le Soleil est dans les Gémeaux. ) Volez Jumeau. GE'MEAUX. Terme de Médecine. Muscles de la cuisse qui font partie des six abducteurs. GE'MELLES , f- f. [ GemeUa. ] Terme de Marine. Pièces des bois, qui fervent à fortifier les gros mâts. GEMIR , v. n. £ Gemere, triste queri. ) Soupirer & pleurer, fe plaindre de quelque malheur. ( Elle ne fait que gémir depuis la mort de son mari.) (* Son corps ramassé dans fa courte grosseur fait gémir les coussins. Dejpr. lutrin , c. i. La rive au loin gémit blanchissante d’écume. Rac. Ipbig.) £ On di tfigur. Gémir fous le joug , gémir fous la tirannie. f On dit auffi , gémir de ses péchez devant Dieu , pour, avoir une vive douleur de ses péchez. On dit encore, gémir fur les péchez du peuple , gémir fur les pécheurs. H GEMIR, fe dit pour exprimer le cri de certains oiseaux. ( La colombe gémit, la tourterelle gémit.) On s’en sert ordinairement dans le langage de l’Ecri- ture. GEMISSANT, ANTE , adj. £ Gemens , gemebun- du>.J Qui gémit, f (Voix gémissante. Ton gémissant.) GE'MISSEMENT , f m. [ Gemitus. ] Soupir acom- pagné de pleurs, & de cris. ( Pousser de longs gé- missemens.) f GE'MISSEMENT de cœur. Sentiment de componction , vive & sincere douleur de ses péchez. f GEMME- On apelle sel gemme , le sel en pierre qui fe tire des salines & mines de sel. Ce mot vient de Gemma , qui signifie en Latin pierre précieuse; parce que cette efpece de sel en pierre est d’ordinaire transparente & brillante comme le cristal de roche. Les mines où fe trouve le meilleur sel gemme , font celles de Wilifca en Pologne, d’Epe- ries dans la haute Hongrie & de Cardonne dans la Catalogne. GE'NANT , ANTE, adj. £ Môles us. 1 Qui donne de la peine, qui gène , qui fatigue, qui contraint. ( C’est un homme gênant : habit gênant.) GENCIVE , f f- f Gingiva. ) Chair immobile faite pour renfermer & afermir les dents dans leurs alcôves. ( Ses gencives font pleines d’ulceres.) GENDARME -, f m. [ Eques armatus. ] Ce mot, H en général , signifie un Cavalier péfanment armé. ( C’est un bon gendarme.) t * GENDARME. [ Audax , ìntrepìdus . ] Ce mot fe dit en parlant de certaines femmes , qui font hardies -& qui ont un air qui n’est pas des personnes de leur sexe : mais il ne fe dit proprement qu’en riant, & ce mot, en cette signification, ne peut entrer que dans la conversation ou dans le stile le plus bas. (Cette femme est un vrai gendarme.) f GENDARME , fe dit auffi , d’une petite tache qui vient dans les yeux. (11 a un gendarme dans l’œil.) f * Se gendarmer , v. r. ( Irafci , fuccenfere , excan- âefcere. ] Se fâcher : fe piquer de quelque chose : s’en alarmer : s’en mettre en colère. II se gendarme dés qu’on ne le traite pas de Monseigneur. Mais il ejì véritable auffi que vôtre esprit Se gendarme toujours contre ce que l’on dit. Mol.) GENDARMES , f m. [ Graviorìs armatura eques .] C’étoit une forte de Cavalerie du tems de Henri IV. & de Louis XIII. Elle étoit armée d’armes complètes, & portoit des grèves , ou des genouillères dans la bote, la cuirasse à l’épreuve, une efcopette , les pistolets k larçen , & l’estoc, ou l’épée longue fans tranchant. GEN 113 Les chevaux de ces Gendarmes étoient armez de chanfreins & d’écusson devant le poitrail. Les Gendarmes d’aujourd’hui font la Compagnie des Gendarmes du Roi, celles de la Reine, de Monseigneur le Dauphin, &c. d’Anjou , de Bourgogne , &c. Les Compagnies des Gendarmes ont pour Capitaine le Roi, la Reine & les Princes de qui elles portent le nom. Elles ont chacune un Capitaine , un Lieutenant , un Enseigne, un Guidon, deux Maréchaux de logis, un Trompette & des Timbales. Les Gendarmes d’à-pre- fent font tous armez de sabre , de mousqueton avec des pistolets à pierre. Les Gendarmes du Roi font des Cavaliers avec un just-au-corps rouge , où il y a un petit galon d’argent, & des passemens de velours aux manches. ( On dit, Mr. un tel sert dans les Gendarmes , &c.) GENDARMES. Ce mot fe dit des bluettes qui sortent du feu. On apelle de ce même nom certains points qui fe trouvent quelquefois dans les diamans, & en diminuent l’éclat & le prix. ( Ce diamant n’est pas parangon , il y a des gendarmes. Acad. Fr. Ost apelle gendarmes dans le vin ces petites parties qui s’y trouvent quand il aprocbe de la lie. GENDARMERIE , f f. f Equitatw graviorìs armatura. ) Tous les gendarmes. Ce font toutes les Compagnies d’Ordonnance du Roi, de la Reine, & des Princes. (Toute la Gendarmerie est commandée , & elle commencera bien-tòt à marcher. II est Commissaire de toute la Gendarmerie. Vaug. Qujnt. Curce , l. q. ch. r.) GENDRE , f m. [ Généré] Celui qui a épousé la fille d’une personne. ( Philippe V. Roi d’Espagne est gendre du Duc de Savoie. L’amour d’un gendre est semblable au soleil d’hiver. Rien ne fe montre plus soumis Qff un aspirant au nom de gendre, Mais dans vôtre maison s’ejl-il une fois mis , Quelque foin que vous puiffiez prendre , C’est souvent le plus grand de tous vos ennemis. Le Noble.) / GE'NE , f f. f Tormentum. ) Ce mot signifie torture, question qu’on donne à un criminel; mais est ce sens, le mot de gène est vieux. * GE'NE. [ Molejìia. ] Fatigue , peine, travail. ( Donner la gêne à son esprit. ) GE'NE'ALOGIE, f /. [ Genea/ogia.J Suite & dénombrement d’aïeux. Dresser la généalogie de quelque personne de qualité. Abl. Combien y a-t’il de gens qui ne font nobles que parce-qu’ils font nez gentilshommes, & qui auroient besoin d’avoir toujours leurs généalogies en main, pour faire conoître ce qu’ils font. Bourfault.) GE'NE'ALOGIQP E , adj. ( Genealogicus. ] Qui apar- tient à la généalogie. (Table généalogique : arbre généalogique : dégré généalogique. ) GE'NE'ALOGISTE , f m. £ Stemmatum, firpium de- fcriptor .] Faiseur de généalogie. (Fameux généalogiste.) GENEQUIN , fm. On nomme Coton genequin, une sorte de coton filé , qu’on estime peu & qui n’est pas d’un grand débit. * GêNER , v. a. [ Torquere , vexare , angere .) Fatiguer , donner de la peine , violenter. ( Sa grâce naturelle blesse mes sens, me gêne, & me bourelle. Voit. Pois. C’est un fâcheux qui me gêne fort. Scar. Se gêner vainement. Voit. Pois) GE'NE'RAL, générale, , adj. [ Generalis. ) Universel. (Avoir l’estime générale des gens de lettres. Maximes générales. II faut savoir les principes généraux des arts & des siences.) GE'NE'RAL , f. m. [ Imperator , prafeftus. ) Celui qui commande l’armée en chef, qui donne ses ordres pour tout , & ne reconnoit d’autre maître que soft Roi, &c. ( II fe fit déclarer Général contre les Perses. Abl. Arr.) ǧ La prudence est plus nécessaire à un Général, que le courage. Plutarque raporte dans la vie dè Pelopidas, que Caton le Censeur répondit à des gens qui loùoient extrêmement un homme de ce qu’il s’exposoit temerairement à toutes sortes de dangers, que l’on devoir louer ceux qui emploïoient utilement leur vie, plutôt que ceux qui la prodiguoíent ; qu’il étoit beau de sacrifier fes jours à la gloire , mais qu’il étoit indigne d’ùn homme sage de les bazarder Tarn. IL P íans I H4 GFN sans en prévoir l’événement. Ces Auteur ajoute , que les Grecs ne punissoient pas ceux qui abandon- noient leurs lances & leurs epees, mais qu ils traitaient sévèrement ceux qui abandonnoient leur bouclier, voulant faire connoître par cette distinction, que le principal íoin d’un guerrier etoit de se conserver . c’eil sur ces principes que Plutarque condamne Calli- cratidas Lacèdémonien, lequel aïant toujours donné des marques de beaucoup de sagesse & de prudence dans fa conduite, répondit à ceux qui lui mon- troient des lignes funestes dans les entrailles des victimes & qui scmbloient le ménacer, que le destin de Sparte ne dépendoit pas de la vie d’un seul homme. II raporte encore d’autres exemples pour autoriser son sentiment qu’il explique en ces termes : „ Je ne „ dis pas comme quelques-uns , qu’il faut qu’un Gé- ,, néral meure de vieillesse, j’aprouve qu’il s’expose ,, dans les ocasions dificiles & importantes: il ne faut ,, pas qu’un Général devienne soldat, s’il n’y est obli- ,, gé par une nécessité indispensable Mais fans aler chercher si loin des preuves de cette vérité , nous en trouvons une bien autentique dans l’Histoire de Henri le Grand , où , après que l’Auteur a fait le détail des belles actions du Duc de Parme , qui ramena ses troupes aux Païs-Bas après avoir fait lever deux fois le siège à un si grand Roi, & avoir à fa vûë passé une grande rivière fans qu’on le pût ata- quer, il ajoute que,, cette action étoit si belle, que „ le Roi ne pouvoit s’empêcher de l’admirer, & l’e- „ stimoit plus glorieuse que le gain de deux batailles, ,, reconnoissant que le chef d’œuvre d’un grand Capi- „ taine, n’est pas tant de combatte & de vaincre, „ comme de faire ce qu’il a entrepris fans hazarder ,, le combat Le Lecteur me pardonnera , s’il lui lait, si j’ajoûte à ce ttait de l’histoire de ce grand Roi la réponse du même Duc de Parme, qui s’aplique parfaitement à nôtre sujet. Le Roi combatant en personne dans une ocasion très-périlleufe, y courut risque de sa vie, aïant été blessé d’un coup de pistolet dans les reins, mais si heureusement, que la baie n’eut que la force de percer les habits & d’éfleurer la peau ; mais par les éforts de son courage héroïque, il sauva le bagage & une partie de son armée. „ Le ,, Duc de Parme (dit l’Historien) admira cette action „ mais loua d’avantage, le courage de nôtre Henri, „ que fa prudence ; car comme il lui eut envoie de- „ mander ce qu’il lui lémbloit de cette retraite, il ,, répondit , qu ’en éfet, elle étoit belle , mais que four ,, lui, il ne je mettrait jamais en lieu d’où il fût contraint „ de se retirer”. C’étoit tacitement lui dire qu’un Prince & un Général d’armée dévoient mieux se ménager. f Mr. de Folard entre dans un détail curieux, dans son Pofabeàes qualitez qu’un Général doit avoir pour commander les armées. II fait voir qu’un Général habile peut supléer au nombre & à la valeur du soldat, & qu’il trouve toujours des ressources dans les circonstances les plus fâcheuses. La sience de la guerre est immense, & un Général ne peut s’y rendre habile que par une étude longue & pénible des diférentes parties qui la composent. GE'NE'RAL , f. m. s Generalis prapojìtus. ] Terme de Religieux. C’est le Religieux de quelque Ordre que ce soit, qui est le chef de tout l’Ordre. . GE'NE'RAL. s Prœpnfitus. ] Ce mot se dit de plusieurs charges , ofices & dignité?. ( Lieutenant général , Oficiers généraux : Receveur général : Contrôleur général des finances : Avocat général : Procureur général, &c. ) En général , adv. f In univerfum , univerpm , ge- neratim. ] En gros : d’une maniéré générale. ( Ignorer en général les régies de son devoir. Pasc. I. 4 .) GE'NE'RALAT , s. m. s Prafeclura. J Dignité & charge de Général d’armée , ou de quelque Ordre de Religieux que ce soit. (Le Généralat du Grand-Maî- tre de 1 Ordre de Malte. Charles-Quint , pour tarir la Kmçce des désordres , joignit le Généralat à la Vice- Koiaute. Patru , plaid. 1 .) GENERALAT , f. m. [Généralat w. J, II signifie au h la charge & la dignité d’un Général de quelque Ordre Religieux que ce soit. (S. Ignace faisant réflexion SprVL P e ' nera i pouroit mal user de son autorité, tenu r Ì G r;^ P r r deS c°"trepoids & des correctifs. ,F. boub. vie de S. Ignace > /. 3 . p. aO GE'NE'RALE, sf.[ ProfeHionem tympano cmere. J GEN Terme de Guerre. Lacement de tambour pour avertir que toutes les troupes d’infanterie aient à marcher. ( Batte la générale. ) GE'NE'RALEMENT , adv. [In univerfum. ] Universellement. ( Cela est dit généralement. Cela regarde généralement tout le monde. ) GE'NE'RALISSIME, f. m. [ Dux fupremm. ] Géné. ral qui commande aux autres Généraux. ( On l’a fait Généralissime. Scur. Po'éf. ) 0 ’ Mr. de Balzac dit dans son Socrate Chrétien, pag. 249 . en parlant du Cardinal de Richelieu : „ Aïant „ entrepris avec succès des choses ausquelles tout le „ monde s’étoit manqué, la Grammaire ne pouvoit „ pas feule désobéir dans la générale soûmilîion; il „ faloit que nôtre langue subit le joug aussi bien que „ nos esprits, & que nos courages , lans se mettre „ en peine de la fortune des autres superlatifs, qu’il ,, n’a pas jugé dignes de lui : il a emploie son auto- ,, rité pour faire réussir le plus important de tous, ce- ,, lui de Généralissime , l’independant & le tout-puis. ,, sant Généralislime ; &à dire le vrai , il a mis en „ usage ce superlatif d’une maniéré admirable; de- ,, puis le grand & ample pouvoir, qu’il reçut d u Roi, „ alant commander les arme es de France en Italie. „ Vous sçavez que feu Monsieur le Duc d’Espernon „ disoit de ce grand pouvoir , que le Roi ne s’étoit „ rien rélèrvé que la vertu de guérir les écroùelle^”. GE'NE'RALITE', f f [Généralisas , universalisas , univerjitaí , genm. ) Universalité. (Si quelques particuliers sont médians, sont rebelles, il ne faut pas que la généralité en soufre. La spécialité ne déroge pas à la généralité, en matière d’hipotéque &de mandemens & de commissions. ) GE'NE'RALITE', f f [ Généralisas , universalisas. ] Etendue de pais dans lequel le Receveur général fait fa fonction. Plusieurs Elections. ( La généralité de Paris est grande. ) 11 y a à chaque Généralité un Bureau des Trésoriers généraux de France, établi pour en avoir la direction ; & c’est de là qu’on les apelle Généralitez. 11 y a 24 . Généralité? en France, c’est- à-dire , ig. dans les pais d’Elections, & 6. dans les pais d’Etats. Les Généralitez lé nommoient autrefois mijjìes ; en Latin mijfatica , ou miffaticì. í GE'NE'RALITEZ , se dit au pluriel, des discours qui ne satisfont pas précisément à la demande de quel- cun , qui n’ontpas un raport précis au sujet. (Vous ne tirerez de cet homme que des généralitez. II ne dit que des généralitez. ) GE'NE'RATIF, IVE, adj. [Generativus.] Terme de Phìjtque , qui a puissance d’engendrer, de produire. (Principe génératif, faculté générative. Cause géné- rative. La vertu générative qui est dans les semences, ne peut pas être connue par les hommes. ) GE'NE'RATION, f f. [Génératio.] Production : conversion qui sc fait en la nature d’une chose en une autre. ( On traite de la génération & de la corruption en Phisique. ) ( La génération des métaux se fait ordinairement fous terre. Roh. Phif. ) GE'NE'RATION , f f. [Procreatio, generatio.] Action . d’engendrer. II se dit particulièrement des animaux < qui produisent leur semblable. Aristote a écrit cinq livres de la génération des animaux. On dissout les mariages quand l’une des parties est inhabile à la génération. ) On dit, en Théologie , que le Père Eternel a engendré le Verbe par voie de génération. GE NE RATION, f Generatio, genealogìa. J II signifie aussi généalogie : fuite de personnes qui sont nées d’une même tige. ( Le livre de la génération de Jésus- Christ. S. Mat. ch. r. II faut dire la généalogie. ) * GE'NE'RATION. [Progenies.] 11 sc prend aufiì pour des personnes qui vivent dans un même rems. ( Une génération passe & l’autre vient ; mais la terre demeure toujours au même état. On dit que les biens mal aquis ne passent point à la troisième génération. Une génération méchante demande des signes. De génération en génération; c’est-à-dire, d’un siécle à l’autre. ) GE'NE'REUSEMENT, adv. [Generosè,fortiter.] D’une maniéré généreuse. ( II en a usé fort généreusement à l’égard de son ami. Se défendre généreusement.) GE'NE'REUX, généreuse, adj. [Generosut, nobilis, magnanïmus. ] Qui a de la générosité. ( Je ne suis pas moins généreux à ressentir cette faveur que vous avez été GEN été à me la faire. Voìt. 1 . ; C’est une fille fort généreuse. Auguste fit une action généreuse en pardon- nant à ses ennemis. Quoi ! faut il qu’un dessein si grand ,si généreux, Fajse pour le transiort d’un esprit amoureux. Racine.) GE'NE'REUX, généreuse. [ Liberalk , benignus .] Libéral. (Mécénas étoit fort généreux envers les gens de lettres.) GE'NE'REUX, généreuse , adj. £ Animosus , sortis. ] II fe dit de quelques animaux belliqueux, ou qui vivent de proie. (Le lion est un animal généreux. On le dit auffi du cheval, de Paigle, &c. GE'NE'RIQUE, adj. [ Genericmst Terme de Logique , qui regarde le genre. (11 y a des diférences génériques & des diférences spécifiques.) GE'NE'ROSITE',_/!/.[ Animì magnìtudo , generosi- tas. ] Grandeur d’ame. ( Avoir beaucoup de générosité. La générosité est généralement estimée.) GE'NE'SE , f. f. [ Genesis. ] Livre de l’Ecriture comprenant la création du monde. ( Lire la Généfe.) GE'NESTROLE , f f Z Genisia tintforia .2 Plante qui vient fans culture, & qui sert aux Teinturiers à teindre en jaune. GENET, f m. [ Genisia. ] Arbrisseau aïant des branches qui portent plusieurs verges longues, droites , & rondes, & fleurissant jaune. GENET commun. Plante dont les branches portent plusieurs verges propres à faire des balais. GENET blanc. Sorte de plante qui pousse plusieurs branches, & qui porte des feuilles blanches. GENET , f m. £ Equus Hisianiensis , Lusitanw. ] La dernière silabe de ce mot est brève , & il veut dire une forte de petit cheval d’Efpagne fort bien fait. (11 étoit monté fur un genet d’Efpagne : genêt qui va vite. ) On apelle auffi genet , toute forte de cheval d’Italie bien-fait, & d’une taille petite & bien proportionnée. GENE'tE , f. f. Terme d ’Epronnier. Sorte d’em- bouchure de cheval. Sorte de mords à la Turque. On dit auffi , gourmette à la, genéte. Elle est faite d’une feule pièce. A la genéte , adv. Porter les jambes à la genéte ; c’est-à-dire , les avoir si racoucies que l’épron porte vis-à-vis du flanc du cheval. Proverbe. GE'NETHLIAQUE ,f m. [ GenetbliacusJ Terme d ’Astrologie. Celui qui dresse les horoscopes , ou qui fait les prédictions de ce qui doit arriver à quel- cun par le moïen des astres qui ont présidé à fa naissance. Mais rien n’est plus ridicule que cette sience. On apelle , Poème Genetbliaque , un poème fur la naissance de quelcun. GE NE TIN ,/ m. [ Vinum album Aurelianense.] Sorte de vin blanc qui vient d’Orleans. (Boire de bon génetin.) GENEVIE'VE , s s [ Genovefa. ] Nom de femme , qu’on dit en Latin Genovefa , & son diminutif est Javote , qui signifie petie Géneviéve. ( Sainte Géne- viéve est la Patrone de Paris.) GE'NE'VRE , genièvre , genévrier , s. m. £ Junipe- rm. ] De ces trois mots le plus usité est génévre , ensuite genévrier. C’est un arbre toujours verd, de moïe- ne grandeur , qui a les feuilles minces, dures , petites , étroites & piquantes, le bois roux & odorant, & qui porte des baies rondes & vertes au commencement, & noires & odoriférantes lors-qu’elles font mûres. (Le genévrier aime les montagnes & porte son fruit deux àns. Da/.) $ GE'NE'VRE. Cet arbre rend par incision une efpe- ce de gomme blanche, qu’on nomme Sandaraque , ou Sandarec. II y a deux efpeces de génévre ; le grand génévre, & le petit génévre. Ce dernier est le moins rare. GE'NE'VRIER, f. m. [ Juperi bac c a , granum , aci- w/«. ] Baies de génévrier. (Le parfum de génévre chasse les ferpens. II échaufe & provoque l’urine. Dalech. bisi. des plantes , t. i. /. i. ch. 20.) Voler les Origines de Mr. Ménage. GENIE , f. m. £ Genius , mores , ìndoles. ] Les Anciens faifoient un Dieu du génie. On a parlé du génie, ou du démon de Socrate : mais parmi nous c’est un certain esprit naturel qui nous donne une pente à une chose. Naturel. Inclination naturelle GEN ï1 5 d’une personne. ( Avoir un beau génie. Désir. fat. 7. N’avoir point de génie pour les lettres. Abl.) ' jff .Il est vrai que , selon la doctrine de Platon , on croioit autrefois qu’il y avoit dans les airs , de bons, & de mauvais démons, & que les bons étoient apel- lez génies , genii , terme qui n’étoit pas encore bien connu du tems d'Apulée : Les bonnes inspirations (dit-il) partent d’un bon démon , & c’est ce que j’apelle en nôtre langue , génie , fans oser me flater de faire recevoir le terme,*dont je n’ai aucun garant : eum nosira linguâ , ut ego interpretor , haud sciam an bono , certè quidem meo periculo , poteris ge- nium vocare. GE'NIE. £ Ingenium , mens. ] Ce mot, avec une bonne ou une méchante épitéte, veut dire , bon esirit ou petit esirit. ( Ce n’est pas un grand génie que M. un tel. C’est un petit génie. Pauvre génie. Dans son génie étroit il esi toujours captif. Defpr. ) f Travailler de génie, f C’est faire quelque chose de sa propre invention , & d’une maniéré aisée & naturelle. GE'NIES. Terme de Sculpture. Ce sont des figures d’enfans ailez , qui servent dans les ornemens à représenter les vertus & les passions. GE'NISSE, f. f. £ Juvenca. ] Jeune fémelle de taureau , laquelle n’a encore point porté. ( Une belle génisse. Les Païens sacrifioient des génisses blanches à Junon.) GE'NITAL , génitale , adj. £ Genitalis. ] Qui sert à la génération. (Partie génitale.) GE'NITIF , f. f. £ Genitivuí. ] Terme de Grammaire. C’est le second cas d’un nom substantif. (Nom qui est au génitif.) t GE'NITOIRES , f. f. ZGenitalia , testes , testiculi .J Ce mot n’a point de singulier , & signifie certaines parties de l’homme qui servent à la génération , qu’on nomme auffi testicules. ( On lui a coupé les génitoi- res fort pendantes : génitoires pourries.) f GE'NITURE , f. f. £ Genitura , soboles , progeniesst Ce mot, pour dire, enfant qu’on a engendré , ne fe dit que dans le burlesque. ( C’est vôtre géniture. . T animal fe tient prêt , Remerciant les Dieux d’une telle avanture, Quand fa mère apaisant sa chere géniture, Lui dit , ne criez point , s’il Noient, nous le tu'êrom. La Font.) GE'NITURE. Terme d’Astrologie. 11 signifie horoscope, thème céleste qu’on dresse sur la naissance de quelcun. ( Cardan a fait un livre qui contient cent génitures.) GENOU, f M. [Genu. ] La courbure où les os de la cuisse & de la jambe s’emboitent pour donner de la facilité à marcher. ( Plier le genou. Se mettre à genoux. * Embrasser les genoux. Abl.) f§ Numa Pompilius (au raport de Festus , v, oc- cistum ) publia une Loi qui défendoit de faire des funérailles à ceux qui seroient tuez par la foudre : Ho» MO SI FULMINE OCCISUS EST , JUXTA NULLA FIERI OPORTET. Et par une autre Loi, il défendit de mettre fur les genoux, ceux qui auroient été fra- pez par la foudre : Si HOMINEM FULMINIBUS OC- CISIT, NE SUPRA GENUA TOLLITO. Ces deux Loix ont été expliquées diféremment, & ces mots, juprct genua tollere , mettre fur les genoux, ont embarassé les Savans : les uns ont dit que les genoux étoient le siège de la pitié & de la compassion, & que c’est par cette raison que l’on embrassait, & que l’on embrasse encore les genoux de ceux de qui on implore la protection ou la clémence : les autres aléguent la coutume de marquer aux morts leur douleur & leur tendresse par des baisers & par des embrassemens , comme fi l’on vouloir les retenir entre fes bras & dans son sein. Revardus, ad LL. xii. tab. c. 25. explique la Loi d’une maniéré plus ingénieuse & plus vraisemblable : il dit que les Anciens étoient persuadez que la foudre marquoit le juste corroux & la vengeance des Dieux ; en forte qu’il n’étoit pas permis de rendre lee derniers devoirs à ceux qu’elle avoit frapez , lesquels on enterrait dans le lieu où ils avoient été privez de la vie, fans aucune cérémonie ; & comme l’on avoit aco.ûtumé de porter au bûcher les morts fur les épaû- les, & par conséquent au dessus des genoux, on ne Tom. IL P » fcroiî 116 GEN levoit que fort peu le cercueil des foudroïez ,& au- dessous des genoux. Mais de toutes ces opinions, la plus naturelle & la plus vraisemblable, est celle de Casaubon dans son Commentaire fur Perse - ou il dit que Pon avoit acoûtume de mettre le corps d une personne décédée fur les genoux de certaines femmes qui le lavoient,' & faisoient les onctions ordinaires, en sorte que l’on n’obfervoit point cette cérémonie fur le corps d’un foudroïé, comme en étant indigne, & par conséquent, on ne le mettoit point fur les genoux. r GENOU. C Genu.'} II se dit du cheval, & lignifie la jointure du train de devant qui assemble le bras & le canon. GENOU. [ Genu. ] Terme de Marine. Piece de bois courbe , qui est entre les varangues & les alonges, pour former la rondeur & la côte d’un navire. GENOU, en termes de Mathématique , se dit aussi d’une boule de cuivre, ou d’autre matière emboîtée de telle sorte, qu’elle peut tourner fans peine à toute forte de mouvemens. On se sert d’un genou pour porter une lunette , un demi-cercle ou quelque autre instrument de Mathématique , &c. Le genou est ce qu’on met au haut du pied qui soutient les instrumens pour faire les observations. ( Le genou d’un grapho- métre , d’un compas de proportion , d’une lunette d’aproche.) Voïez Genouillère. A GENOUX. [ Flexo poplite , fiexis genibus. J Sorte d’adverbe , lequel, au propre & au figuré, signifie la posture d’un homme qui plie les genoux, ou qui s’humilie. GENOUILLE'E , f. f. C’est le nom d’une herbe, germen , qui sc trouve dansPomey, aussi-bien que ge- nouille ', pour dire, qui a des nœuds. GENOUILLER , f. m. Ornement dont se fervent les Evêques & les Abez quand ils officient. C’est une piéce fur laquelle est représenté un crucifix en broderie , & qu’ils atachent par un coin à leur ceinture du côté droit. ( Le Pere Goar dit que le genouiller est fort honorable en Orient.) GENOUILLERE , f. f. [ Genu ale.'] C’est la partie de l’armure qui couvre le genou. ( Une genouillère de bote mal faite.) GENOUILLERE. [ Genuale. J Morceau de chapeau que les Couvreurs fe mettent fur le genou lors qu’ils travaillent. GENOUILLERE. [Genualia.] Peaux de lievre qu’on fe met fur le genou lorfqu’on y a froid. Ces genouillères s’apellent en riant, d es genouillères de gouteux. GENOUILLERE , f.s ou simplement genou, f. m. [ Genu. ] C’est une piéce ordinairement de léton de figure sphérique, enfermée dans un demi globe concave , dans lequel elle est mobile en tout sens, & qu’on arrête en l’état qu’on veut par le m oie n d’une vis. On met cette genouillère au dessous des instrumens de Mathématique , dont on se sert pour faire des observations , & fur le pié qui les porte. GENOUILLERE , en termes de Fortification , est la partie basse d’une batterie. Elle a depuis la plate-forme jusqu’à l’ouverture de l’ambrasure deuxpiés & demi, & jusqu’à trois piés de hauteur. On lui donne le nom de genouillère , parce qu’elle se trouve à peu près à la hauteur du genou. GENOUILLET , f m. [ Polygonatum. 3 Plante ainsi nommée , parce que ses tiges & ses racines sont noueuses. On l’apelle aussi le sceau de Salomon. [Sigillum Salomonis.} GENOUILLEUX , genouiUeufe, adj. [ Geniculatus, intemodiis dijìinflus. 3 Ce mot se dit des plantes qui ont des fibres & des racines épaisses qui demeurent à fleur de terre , qui ne sont pas unies , mais qui étant de plusieurs pièces sc trouvent toutefois jointes ensemble à la maniéré du genou qui joint la cuisse à la jambe. (Plante genouilleusc. Moriu, traité des fleurs, GENRE , f m. [ Genw. 3 Terme de Grammaire . Prononcez janre. C’est la marque du nom masculin, ou féminin. L’article , la devant le nom substantif Pranqois , marque qu’il est féminin , & l’article , le, ^ U rU^ít£ la r C ì?. in ‘ ^ que ^ § enre est ce nom ?) GENRE. L Genw. 3 Terme de Rétorique. Ce qui re- garde une certaine matière de louange, ou de blâme, de délibération , ou d afaire de barreau. ( La Rétori- que a trms genres , le démonstratif, se delibératif fst propre?r e ' * genre a f, diction qui lui GEN GENRE. [ Genus. 3 Terme de Logique. Idée commune qui s’etend à d’autres idées qui sont encore universelles ; comme la substance est un genre à l’égard du corps & de l’efprit. GENRE. [Ars. 3 Signifie quelquefois ^profession. Cet ouvrier est habile en son genre ; c’est-à-dire, dans la profession qu’il exerce. GENRE de plante. Terme de Botanique. Amas de plantes communes. Le genre humain, f Genus humanum .3 C’est-à-dire, tous ses hommes , quoique l’homme soit une espèce qui n’a sous foi que des individus, & non pas un genre , à parler proprement, en termes de Logique. Je veux qu’on me distingue , 'èfi pour le trancher net, L’ami du genre humain n’est point du tout mon fait. Mol.) GENRE. [ Ratio .3 Sorte. Maniéré. ( Vous étés le prémier homme du monde en ce genre-là. Boileau, avis à Ménages GENS , f m. [ Domefiicus, puer, famulus. ] Ce mot signifiant domestique n’a point de singulier. (Mes gens sont-ils venus ? Vaug. rem. 11 est venu avec dix de ses gens. Abl. Mar. Les gens , dis-je , qu’on voit d’une ardeur non commune, Par le chemin du ciel courir à leur fortune. Mol.) Les gens du Roi. [ Principis & fiscs cognìtores.} O licier du Prince en matière de Justice. On apellegens du Roi, Mr. le Procureur général, Messieurs les Avocats généraux & ses Avocats & Procureurs du Roi, parceque la fonction principale de leurs charges est de prendre connoissance des afaires où le Roi a intérêt. ( C’est à Meilleurs les gens du Roi à représenter à la Cour ses intérêts du public. Le M ait. plaid. ;o. Messieurs ses gens du Roi sont assemblez.) Les gens de Robe. [ Gens togata. ] Ce sont ceux qui portent la robe au Palais ; en un mot, ceux qui n’ont pour vûë que de rendre la Justice aux autres, & qui exercent une profession entièrement diférente de celle de la guerre. Les gens de robe de quelque partie d’Alemagne, de Suéde, & des autres Pais du Nord entendent aussi-bien la guerre que ses Capitaines. 11 n’en est pas de même des gens de robe de France, d’Italie & d’Espagne , où ils sc piquent seulement d’ê- tre savans & gens de bien ; mais en vain très-souvent.) GENS de main morte, f Homines jugis mancipii. ] Terme de Palais. On apelle de ce nom tous les Eclé- siastiques , & les Communautez de Religieux & de Religieuses : tous ses gens de main morte ne meurent point, ils vivent toujours. (Nous ne doutons point que les Ecléfiastiques & tous ses gens de main morte ne se portent à païer ses droits d’amortissement, auf- quels nous voulons nous réduire. Déclaration de Roi du 8 - Juillet 1689 .) On dit aussi gens de lettres : gens > d’afaires : gens de Cour : gens de guerre : gens de village ; &c. Voïez Main morte. f GENS d’Eglise, Eclesiastiques. Les gens d’Eglise sont mille fois plus avides & plus ambitieux que les autres dans leur espece d’ambition. II ne faut ni esprit, ni vertu pour cela. Polybe de Mr. de Folard. GENS. [Hommes.} Ce mot pris pour personne est féminin quand il est précédé de quelque adjectif; l’adjectif tout est quelquefois masculin devant le mot de gens. ( Ce sont de fines gens. Ce sont de sotes gens. Vaug. rem. Tous les honnêtes gens font persuadez que la sagesse a pour principe la crainte de Dieu. Tous les gens de bien font de ce sentiment. L’adjectif tout est aussi féminin devant le mot de gens. Exemple. Toutes les petites gens ne sont pas capables de ces maximes. Ce qu’il y a donc à faire là-dessus, c’est de consulter l’oreille & ses hommes habiles dans la langue.) Voici la décision de l’Académie. 11 est masculin, dit-elle, quand l’adjectif le suit, & féminin quand il le précédé. ( Ce sont de fort dangereuses gens. Ce sont des gens fort dangereux. On dit néanmoins, tous ses honnêtes gens, tous les habiles gens. Acad. Franc.) GENS. Ce mot en la signification de personne est féminin, & masculin dans la même partie de la période, lorsqu’il est précédé & suivi immédiatement d’un adjectif. Exemple. (11 y a de certaines gens qui font bien sots, & non pas qui sont bien sotes.) GENS. Ce mot, dans la signification de personne, est masculin quand l’adjectif est après. Les gens de robe GEN robe sont ordinairement vilains & avares. Les gens qui s’adonnent lâchement à la paresse, se verront aca- blez de misère. Mcuiame de Roban , morale dusage. Gens détachez , gens mariez, gens de sac & de corde. Gens de marine. Abl. Les gens du monde. Pasc. Car j’ai cela de bon parmi bien du mauvais, Oue les gens fans raison ne m’osensent jamais. Bourf. Esope. On dit proverbialement, vous vous moquez des gens. Vous nous prenez pour des gens de l’autre monde. II n’y a ni bête ni gens. ($ Voici la remarque de Mr. de Vaugelas, art. 4;;. ,, Gens. Ce mot a plusieurs significations : tantôt il „ signifie personnes, tantôt les domestiques, tantôt les „ soldats , tantôt les oficiers du Prince en la Justice, „ & tantôt les personnes qui font de même fuite, U ,, d'un même parti y il est toûjours masculin en toutes „ ces significations , excepté quand il veut dire per- „ sonnes y car alors il est féminin si l’adjectif le pré- „ cède , & masculin fi l’adjectif le suit. Par exem* „ pie : J’ai vu des gens bien faits , bien résolus. „ Vous voïez comme l’adjectif bien faits après gens „ est masculin. Au contraire, on dit, de fines gens, ,, de bonnes gens , de dangereuses gens. Ainsi l’adjec- ,, tif devant gens est féminin. II n’y a qu'une seule „ exception en cet adjectif tout , qui étant mis de- „ vant gens , y est toûjours masculin , comme : Tous „ les gens de bien , tous les honnêtes gens , jusques la ,, que l’on ne dit point, toutes les honnêtes gens, ce „ mot toutes ne se pouvant acommoder devant gens „ avec les autres adjectifs féminins qu’il demande. ,, Nous avons quelques autres mots en notre langue „ qui se gouvernent de même avec les adjectifs.” Le P. Bouhours, après avoir aprouvé l’obfervation de Air. de Vaugelas, demande , si lors que dans la même phrase il y a un adjectif devant , & un adjectif, ou un participe après , il les faut mettre tous deux au même genre , selon la régie générale ; ou fi l’on doit mettre le féminin devant, & le masculin après : par exemple, s’il faut dire , IIy a de certaines gens qui font bien sots , ou , bien foies y ce font les meilleures gens que j'aie jamais vus , ou viles ? Les plus fa- vans dans la langue , croient qu’il faut dire sots & vus au masculin , par la raison que le mot de gens veut toûjours le masculin après foi. C’est une bizare- rie étrange , qu’un mot soit masculin & féminin dans la même phrase : mais ce font ces fortes d’irrégulari- tez qui font en partie la beauté des langues. Voïez les nouvelles remarques. Mr. Ménage , tom. i. de ses observât, ch. 2;. après avoir aprouvé les remarques de Air. de Vaugelas , ajoûte que „ le mot gens, en la ,, lignification de nation , se disoit autrefois au singu- „ lier, & qu’il se disoit même il n’y a pas long-tems. „ Malherbe, dans un de ses odes : O combien lors aura de veuves La gent qui porte le turban. ,, Le Cardinal du Perron , dans fa Traduction du ,, premier de l’Enéïde : ” Car elle avoit apris de la bouche des Parques, Que du haut Sang Troien , semence des Monarques Décendroit une gent invincible aux combats , „ Mais aujourd’hui il n’est guère plus en usage, si ce ,, n’est en vers burlesques.” „ La gent à grégue retroussée , a dit plaisamment „ Air. Scaron, en parlant des Pages. II y a pourtant ,, tel lieu dans des vers sérieux , où il a bonne gra- „ ce , comme en cet endroit du livre ;. de l’Enéïde „ de Air. de Ségrais : De cette gent farouche adoucira les maurs. „ Je croi au reste , comme je l’ai remarqué dans mes „ observations fur les Poésies de Malherbe , qu’on a „ cessé de dire la gent, à cause de l’équivoque de „ Ragent. J’ajoûte encore aux remarques de Air. de „ Vaugelas, que gens ne se dit point au nombre pré- ,, six. On dit, beaucoup de gens, beaucoup de jeunes „ gens : mais on ne dit point, dix gens y il faut en ce „ cas user du mot d 'hommes , & dire, dix hommes, ,, dix jeunes hommes. Mr. d’Ablancourt n’a pas sçû „ cette finesse de langue, ou s’il l’a sqûë, il ne s’en „ est pas souvenu , aïant dit en son Marmol, tom. 2. „ p. 74. Ali qui se douta de ce que c’étoit , prit son „ ami , nommé Tahia , £«? dix autres jeunes gens de „ leur faâion. Mais peut-être que ce mot d’autres GEN I £ rj ?» qui est entre celui de dix & celui de jeunes, fait „ que cette façon de parler n’est pas mauvaise. Quoi „ qu’il en soit, c’est mal parler que de dire dix gens. „ On dit pourtant fort bien mille gens , le mot de „ mille en cet endroit, n’étant pas un nombre pré- ,, six, mais un nombre indéfini : par cette raison, on „ pouroit dire de même, cent gens y il faut pourri tant éviter de le dire à cause de la cacophonie. ,, II reste à remarquer qu’on dit, c’est un honnête hom- „ me : mais on ne dit point, en parlant indéfini- ,, ment, ce font d’honnêtes hommes y il faut dire , ce ,, font d honnêtes gens : j’ai dit en parlant indéfini- ,, ment ; car en parlant d’un nombre préfix, il faut „ user du mot d’bomme, & dire , par exemple , deux „ honnêtes hommes vinrent hier chez moi.” Le P. Bouhours qui ne laiffoit echaper aucune ocasion de censurer & de contredire Air. Ménage , convient dans 1 article de ses nouvelles remarques que j’ai d’abord cite, que gens ne se dit point d’un nombre détermine: mais que Air. Ménagé pouvoit ajoûter, pour confirmer son observation , qu’à la vérité on joint cent & mille, mais que c’est seulement pour signifier un nombre indéterminé : II y a cent gens dans cette maison : J’ai vu aujourd’hui mille gens. Et cela est si vrai, que si en éfet il y avoir cent personnes dans une maison, & qu on eût vû mille personnes de compte fait , ce seroit mal parler que de dire , II y a cent gens dans cette maison y j’ai vu. mille gens : il faudroit dire , II y a cent personnes y j’ai vû mille personnes , mille hommes. Le même Auteur condamne également dix gens, & dix jeunes gens : mais avec tout le respect que je lui dois , je doute que dix jeunes gens soit mal dit, & que Mr. d’Ablancourt ne parle pas correctement, en disant dans son Marmol : Ali qui se douta de ce que cétoit, prit son ami Tahia , gj' dix autres jeunes gens de leur faftion. 11 est certain que l’on dit tous les jours, Ce font trois honnêtes gens y & les censeurs des entretiens d’Ariste gj* d!Eugène, quelque sévères qu’ils soient, ne se sont pas avise de reprendre cet endroit : JSous en volons tous les jours qui dans les régies devraient plaire , est qui néanmoins déplaisent sort , comme ces deux Seigneurs assez connus à la Cour , de qui on disoit qu’il y avoit en eux plus de bonnes qualìtez qu’il n’en faloit pour faire plus de quatre honnêtes gens gj? qui ne l’étoient pas. Cela me fait croire que quand on met un adjectif, ou quelque chose devant gens, on peut y joindre un nombre déterminé , dix jeunes gens, quatre jeunes gens s & c’est pour cela qu’on dit bien, en prenant gens pour domestiques , ou pour soldats .- II est venu avec dix de ses gens : il n’avoit qu’un de set gens avec lui. f GENT. [ Gens , natio , genus.J Ce mot pris pour nation est féminin , mais il est un peu vieux , & a meilleure grâce dans le burlesque , que dans le beau stile. C O combien aura de veuves la gent qui porte le turban. Malh. Pois. De cette gent farouche adoucira les mœurs. Ségrais, l. de fa traduHion de l’E - néide. Le mot de gent dans ces exemples ne plaît pas à bien des gens, & il ne fàut pas en cela imiter Malherbe ni Ségrais son imitateur ; mais dans le burlesque le mot de gent en fa signification de nation trouve encore sa place. Ainsi Scaron, parlant des pages, les apelle agréablement la gent à grégues retroussées. ) f GENT , gente, adj. f Elegans , festivus , décorus .] Mot vieux & burlesque, pour dire , propre , joli, galant y qui se tient propre & net, qui a soin de la propreté : qui aime à être proprement ajusté. ( Elles ont le cœur noble & le corps gent. Voit. Pois. Gente de corps & de façon. Mar. II gâta tout, gc? prit tout au rebourt Du gent amour la belle trame. Parnasse nouveau , p. çç.) GENTE, s. f. [ Canthus, apsts. ] Terme de Chsu r on. Voïez Jante. GENTIANE,/ f [Gentiana.] Plante médecinale. f La Gentiane, est jaunâtre & d’une amertume in- suportable ; elle est quelquefois grosse comme le bras, mais divisée en divers rameaux de la grosseur du pouce. Sa tige s’éleve plusieurs piez de haut, & ses feuilles ressemblent à celles du plantin ; fa racine est estimée souveraine contre les poisons & le venin ; elle est sudorifique, & se prend avec succez dans les fièvres intermittentes, ce qui lui a fait donner le nom de Quinquina d’Europe. Elle entre aussi dans la composition ii8 GEN de la thériaque. Elle croît en Bourgogne, & en quelques endroits des Pirenées & des Alpes. f GENTIL , gentille , adj. [ Leptdus, venufius, élégant. 1 Prononcez genti. Le mot de gentil est burlesque, & en sa place , lors qu^on parle seneusement, on dit joli. s Un gentil enfant. Qu’il est gentil ! Ce gentil joli jeu d’amour , chacun le pratique a sa guise. Sar. Poès. Ce gentil joli père. Ménage, t. 2. deses observ. Vraiment vous me traitiez de gentille mignonne. Mol.) (§ Le P. Bouhours a dit dans ses remarques fur la Langue Françoise , pag. 209. qu’enfin joli a pris en quelque façon la place de gentil , que nous avons Î irefque perdu : je dis, en quelque façon, car il ne e remplace pas tout-à-fait. Joli n’a pas tant d’éten- duë qu’en avoit gentil , qui se disoit des grandes choses , aussi bien que des petites ; car nous disions autrefois , un gentil exercice , une gentille aftion , pour un noble exercice , une aftion glorieuse. C’est de là que Gentilhomme est venu. Mr. Ménage, tom. 2. de ses observât, pag. 117. n’est pas de cet avis : C’est tout le contraire ( dit-il ) ; gentil exercice , & gentille aftion ont été faits de Gentilhomme , je veux dire de gentil, en la signification de Gentilhomme , les Gentilshommes «'adonnant d’ordinaire aux exercices nobles , & faisant aussi d’ordinaire des actions glorieuses. Voïez Gentilhomme. t GENTIL , gentille , adj. [ Facetus , lepidus. ] Plaisant. ( En vérité , vous êtes gentil.) GENTILHOMME , f m. [ Homo nobilis.] Ce mot garde son / au singulier, & même elle s’y prononce, mais au pluriel elle se perd , & par conséquent elle ne s’y prononce pas. Le mot de gentilhomme signifie, qui est noble d’extraction. Qui est noble de race & de naissance. ( II est gentilhomme, comme le Roi. Un brave gentilhomme. II est né gentilhomme, gentilhomme de nom & d’armes. Un petit gentilhomme se pique de ne pas dégénérer de fa naissance , & un Chrétien dégénéré d’une naissance toute spirituelle, par une vie de chair & de sang. Père Quesnel, rêfiex. ?. Vous me parlez d!un air, s’il faut que je le nomme. Qui sent le fanfaron plus que le gentilhomme. Bours. Esope. 0 1 GENTILHOMME. Cette qualité marque une ancienne noblesse & rend le véritable gentilhomme plus respectable , que le titre de Comte & de Marquis, qui cachent bien souvent beaucoup de roture. Jurer joi de gentilhomme , est un engagement que l’on ne peut violer sans se couvrir d’une honte inéfaçable. On dit que le Roi François I. tenant son lit de justice au mois de Décembre 1 §27. demanda à l’Assemblée son sentiment sur le doute où il étoit s’il devoir retourner prisonnier en Espagne ; parce que (dit-il) je fuis né gentilhomme , U non Roi , & qu’il vouloir garder religieusement sa parole. L’Histoire de la vie du Roi Henri IV. nous fournit plusieurs exemples de l’estime qu’il faisoit de la qualité de gentilhomme. Mr. de Pérefixe raporte que faisant l’ouverture des Etats de Rouen , il leur parla de cette forte : ,, Si je faisois ,, gloire de passer pour Orateur, j’aurois rapporté ici „ plus de belles paroles que de bonnes volontez : 5 , mais mon ambition tend à quelque chose de plus „ haut que de bien parler : j’aspire au glorieux titre ,, de libérateur & de restaurateur de la France : dé- 3, jà, par la faveur du Ciel , par les conseils de mes „ fidèles serviteurs , & par l’épée de ma brave & „ généreuse noblesse , de laquelle je ne distingue „ point, mes Princes , la qualité de gentilhomme „ (étantle plus beau titre que nous possédions) je „ l’ai tirée de la servitude & de la ruine : je désiré ,, maintenant la remettre en sa prémiére force & en „ son ancienne splendeur. Participez, mes sujets, à j, cette seconde gloire, comme vous avez participé ,, a la prémiére.” Dans la recherche de l’étimologic du mot gentilhomme & de ses prérogatives -, nous ne pouvons pas suivre un guide plus assuré que Loiseau, 1 un des plus savans Jurisconsultes de notre France. , à d abord dans le chapitre cinquième de son traite des Ordres , que les Romains apelloient gentils, tous ceux qui etoient d’une même race & d’un même lang . & comme 1 ancienneté donne un prix à toutes ínifnn ^ distingue des autres , le titre gentilis etoit un titre honorable parmi les Romains. II re- marque dans le chapitre suivant. „ Qu’il y a bien de „ 1 orgueil dans cette façon de parler, Je fuis gentil- GEN „ homme tomme le Roi, quoiqu’il soit vrai dans le „ fond, parce que celui qui est parfaitement gentil. „ homme , ne le peut pas être d’avantage ; la no- „ blesse est substantive , positive, & qui ne reçoit point „ le plus ni le moins ; tout ainsi qu’il est vrai que le „ moindre Prêtre est autant Prêtre que le plus grand „ Evêque , & que le plus petit Evêque (s’il fautain- ,, fi parler ) est autant Evêque que le Pape.” II remarque ensuite, que ,,gentilhomme comme le Roi, & „ noble comme le Roi, sont deux choses diférentes : „ tout véritable gentilhomme, est gentilhomme com- „ me le Roi : mais dans cette expression, aujfi noble ,, que le Roi, si l’on entend ce mot de noble pour un „ adjectif signifiant excélent, le proverbe est faux ; si „ pour un substantif, comme est le mot de gentìl- „ homme , signifiant celui qui a l’ordre de noblesse, „ le proverbe est véritable , hors le vice de la com- ,, paraison : mais il faut avouer qu’il n’y a qu’un fol ,, qui osât se comparer au Roi , comme également „ méritant par les qualitez de l’espric, & du corps.” On trouve dans des titres , & dans des Auteurs anciens, la qualité de gentilhomme de quatre lignes, c’est- à-dire , du côté parternel, & du côté maternel. On trouve encore , gentilhomme de haut parage , terme que j’expliquerai dans son lieu. On apelle gentilhomme de nom U d’armes, celui dont les aïeux ont toujours porté les armes, & qui a continué de les porter. Mr. Du Gange a fait, fur l’Histoire de Joinville, une longue dissertation fur la qualité de gentilhomme de nom U d’armes ; & des quatre opinions diférentes qu’il raporte fur ce sujet , il me semble que la plus vraisemblable est , qu’être gentilhomme de nom & d’armes, c’est justifier son nom & ses armes par les quatre quartiers ou lignes de l’aïeul & aïeule paternels, & de l’aïeul & de l’aïeule maternels : ce que le P.Me- nestrier a expliqué fort amplement dans son traité des diverses espèces de noblesse, chap. 7. Les gens de qualité mettent auprès de leurs fils des personnes d’ef- prit & d’expérience, pour les conduire dans leur jeunesse , & ils les apellent gentilshommes, quoique souvent ils soient très-roturiers : mais leur mérite leur tient lieu de noblesse. On a inféré ce conte dans le Menagiana : Le Roi Henri IV. demanda un jour à la Varenne , qui de simple cuisinier étoit monté à la dignité de Conseiller d’Etat, qui étoit cet homme qui étoit ordinairement avec son fils : La Varenne lui répondit , que c’étoit un gentilhomme qu’il lui avoit donné. Comment ? dit le Roi, donner ton fils à un gentilhomme, je comprens bien cela , mais donner un gentilhomme à ton fils , c’ejì ce que je ne puis comprendre. Voïez les remarques fur la confession de Sancy, p. 225. GENTILHOMME. Celui qui a quelque air de gentilhomme , mais cela se dit abusivement. GENTILHOMME servant. [Nobilis adminifier regius.] Celui qui ne sert que les têtes couronnées & les Princes du sang, & toujours l’épée au côté. II y a trente- six gentilshommes servans chez le Roi, qui font alternativement la fonction d’Echanson , de Panetier, & d’Ecuïer tranchant.) GENTILHOMME de la Chambre. [ Nobilis régis à cu- biculo. ] II y a quatre prémiers gentilshommes de la chambre. Ils servent le Roi lors qu’il mange en la chambre. Us lui donnent la chemise en l’absence du prémier Chambélan, à moins qu’il n’y ait quelque Prince du sang pour la lui donner, & ils donnent l’ordre à l’huissier des personnes qu’il doit laisser entrer. GENTILHOMME ordinaire, f Nobilis à Regiis man- datifs] 11 y a quarante-huit gentilshommes ordinaires du Roi. Ils sc doivent trouver auprès de la personne du Roi pour recevoir ses ordres , pour porter ses volontez aux Parsemons, & aux Provinces, & témoigner aux Rois & aux Princes que 1 e Roi leur maître prend part à leurs joies & à leurs aflictions. GENTILHOMME au bec de corbin, II y a deux cens gentilhommes au bec de corbin. Ils marchent aux jours de cérémonie deux à deux devant le Roi. GENTILHOMMERIE , f f. [ Habilitas. ] Qualité de Gentilhomme. ( Mettez un peu votre Gentilhomme- rie a part. Mol. george-dandin, a. 1. sc. 4.) GENTILHOMMIERE , s f C Nobilis domus. ] Maison de campagne qui a l’air d'une maison de gentilhomme. ( Sa maison de éampagne est une petite gentilhommière. 0 » GEO On voit dans la gentilhommière, Qui tient un peu de la chaumière, Sur la porte on voit d’un loup grit La tête , U deux chauve-Jburis. Perr. chasse.) t GENTILLâTRE , ou gentillastre , f m. [ Homo nova A? dubiœ nobilitatis. J On l’écrit de l’une & de l’autre faqon , mais on ne prononce point \J, & elle montre que la pénultième íilabe est longue. II signifie un petit gentilhomme , dont la noblesse est douteuse , qu’on méprise & qui n’a ni bien , ni mérite. ( Ce n’est qu’un gentillâtre.) GENTILLESSES , f. /. \_Elegantìa , urbanité, topos.) Petits tours divertissans & agréables. ( Ce singe fait mille petites gentillesses.) f GENTILLESSES, f Crepundia , elegantia artis opuf- cula. ] Petites bagatelles jolies. (Ila acheté mille gentillesses à la foire.) (f Ce ternie a fait naître une querelle entre le Pe- re Bouhours & Mr. Ménage. Celui-là a dit dans ses remarques , que l’on dit gentilejj'es , dans le propre, pour de petites choses jolies. Sur quoi , Mr. Ménage se recrie : „ Est-il possible ( dit-il qu’un homme „ qui se pique de savoir notre langue, & qui en écrit „ des livres , puisse dire de ces choses-là ? Car qui ne „ sçait que gentilejjh , dans le propre , se dit de la „ personne, & que ce mot, dans fa prémiére signi- „ fication, signifie noblesse? ” Mr. Ménage auroit raison de condamner le P. Bouhours , si gentilejjéé toit à présent en usage pour exprimer la noblesse d’une personne. Peut-être que c’est dans la même pensée que Voiture , après avoir donné des louanges excessives à l’éloquence de Mr. de Balzac, il ajoute. Toutes ces gentilejses que f admire dans votre lettre , me font des preuves de votre esprit , plutôt que de votre bonne volonté. Quoi ? tout ce que l’éloquence a de plus grand, de plus élevé , n’est que pure gentilesse d’esprit ? & qui, ce me semble , ne seroic pas digne de son admiration , ni même une marque d’un bon esprit, c’est- à-dire , d’un esprit au-dessus du commun ? Ajoutons encore , que bonne volonté est un ternie bas , & ne signifie point l’amitié. Le principal agrément consiste, selon le Chevalier de Méré , dans ce je ne sqai quoi qui se sent & que l’on remarque dans la mine, dans le procédé, dans les moindres actions du corps & de l’esprit ; & plus on la considéré , plus on s’en trouve charmé , fans qu’on s’apercoive d’où cela vient. t GENTILLESSES. [ Festivìtates, argutia. ] Ce mot, pour dire , jolies choses cCesprit , est un peu vieux , & il commence à n’être plus en usage. ( J’admire toutes les gentillesses de votre lettre. Voit. I. i.) t GENTILLESSE. [Difíum pétulant.) Ce mot se dit en riant, pour dire , certaines choses libres & gaillardes. ( II y a là de certaines gentillesses qui ne se peuvent dire en Franqois. Bail. avis à Ménage.) GENTILS, f rn. [ Gentiles , pagani.) Les Païens. Ceux qui avant la venue de Jésus-Christ adoroient les Idoles. ( On croit que les Gentils ne sont pas sauvez. Saint Paul a été nommé l’Apôtre des Gentils. Annoncer l’Evangile aux Juifs &aux Gentils.) GENTILISME , f. m. [ Ethicifmus. ] C’est la fausse Religion des Païens. GENTILITE', f f. [ Gentilitas .] Prononcez jantilité. Les Gentils & les Idolâtres. (La conversion de la Gentilité étoit une œuvre réservée au Messie. Bossuet, Histoire universelle.) GENTIMENT, adv. [ Venustè , éléganter.) D’une maniéré agréable, adroite & gentille. ( II fait gentiment tout ce qu’il fait. ) Ce mot est bas. GE'NUFLEXION, s f. C Genuflexio. ] L’action de fléchir , fléchissement de genou : terme d 'Eglise. (Faire des génuflexions.) GE'ODES, s f. Pierres rondes de la couleur du fer rouillé , creuses & pleines de fable, & qui se trouvent en Bohême. GE'ODESIE, s s C Geodasta. ] Partie de la Géométrie que le peuple apelle arpentage , L'qui sert à mesurer les surfaces. GE'OFROI, s. m. f Geossredtu .] Nom d’homme. Prononcez jofroi. ( Géofroi Grisigonelle Comte d’An- jou fut Grand Maître de la maison de Hugues Capet, & mourut sous -son régne en 988.) GEO i,y GE'O GRAPHE , f m. í Géographie. ] Qui fait la Géographie : qui enseigne la Géographie : qui fait des traitez de Géographie. (Sanson est un fameux Géographe Franqois. Un tel est bon Géographe.) GE'OGRAPHIE , f f. [ Geographia .] Sience qui enseigne la description de la terre. ( La Géographie est curieuse : aprendre la Géographie : savoir lá Géographie.) GE'O GRAPHIQUE , adj. s Geographicw .J Qui regarde la Géographie. (Table Géographique.) GE'OLAGE , f m. s Mer ces carceraria , jus car- cerarium. ] Prononcez jolage. C’est le paiement qu’on fait au Geôlier pour le tems qu’on a été en prison. (Païer son géolage.) GE'OLE, f. f. C Carcer , ergastulmn , custodìa .J Prison. Prononcez joie. ( Cette nouvelle géole n’étoit guère moins fâcheuse que la prémiére. Patru , plaid. 14.) GE OLIER , f m. s Carcerarius , ergastularius .) Prononcez jolié. Celui qui a la garde de la prison & des prisonniers , pris par ordre de Justice, & qui a soin que pas un n’échape. ( Un vigilant géolier.) GE OLIE RE , f f. [ Carcerarii uxor. ] Prononcez joliére. La femme du géolier. (La géoliére est belle.) GE'OMANCE , Géomancie, f f. [ Géomantia. ] On dit l’un & l’autre , mais géomance est le mot d’u- sage. C’est un art qui consiste à faire de la main droite & au hazard plusieurs lignes de points fur un morceau de papier , & qui par le moïen des figures que font ces points, donne le jugement de toutes les questions qu’on fait fur quelque sorte de sujet que ce soit. Cet art visionnaire s’apelle géomance , parce que les points qu’on jette au hazard , se font sur terre. ( La géomance de Cardon est la plus fameuse de toutes les géomances.) GE'OMANCIEN , / m. [ Geomantes. J C’est celui qui par le moïen de quelque figure de géomance , prétend juger de l’avenir. C’est celui qui fait la géomance. (L’Italie a eu de fameux géomanciens.) GE'OME'IRAL , géométrale , adj. f Geometralis, ìcbnographicus. j ( Plan géométral.) GE'OME'TRE , f. m. [ Geometra , terra mensor .J Celui qui fait la géométrie & qui la réduit en pratique. (Un bon géomètre étoit Mr. Pascal.) GE'OMETRIE , s. s. s Geometria. ) Ce mot vient du Grec , où il signifie proprement mesure de la terre: mais ce mot a une signification plus étendue. C’est une sience qui enseigne à mesurer toutes fortes de longueurs & de distances & de corps solides. La géométrie est belle , utile & nécessaire ; c’est la principale partie des Mathématiques & le fondement de toutes les autres. Elle se distingue en théorique & en pratique. La théorique démontre la vérité des propositions , & la pratique enseigne la maniéré de les apliquer à quelque usage particulier. La géométrie a été premièrement inventée par les Egyptiens , pour remédier au désordre que causoit fur leurs terres le débordement du Nil qui enlevoit les bornes de leurs héritages ; & c’est pour cette raison qu’on nomma d’abord cette sience mesure de la terre , & elle l’a retenu. Le Père Raynaud Prêtre de l’Oratoire , a donné depuis peu au public de nouveaux élémens de géométrie qui sont très estimez. GE'OME'TRIQUE , adj. f Geometricus. J Qui est de géométrie. (Pas géométrique : proportion géométrique.) 4 = Esprit géométrique , se dit d’un esprit qui est propre à la géométrie , qui a de la justesse. GE'OME'TRIQUEMENT , adv. [ Geometricè , geo - metrarum more. ] D’une manière géométrique : démontrer géométriquement une chose. GEORGE , s m. [ Georgiuf. ] Prononces jorge. Nom d’homme. ( Le Cardinal George d’Amboilè étoit un illustre Ministre du tems de Franqois premier , & c’est en fa considération qu’on a fait ce proverbe ; t * Laissez faire à George , il est homme d!lige , pour dire , il se faut raporter de tout à fa conduite , & il ne fera rien que de bien. f GORGETTE , s. f. £ Georgia. ] Prononcez jorget- te. Nom de femme. GEORGIQUES , s f. pi. [ Georgica. J Livres en vers fur l’agriculture. Virgile a fait quatre livres des géorgiques. Le savant Père Vaniére Jésuite en a fait sous le titre de Pradium rusticum , & son livre est très- bon. ÇE'RA- A 120 GER GE'RANION, s tn. D Sorte dc çe- petite Heur de couleur de vin qui ... - . . lette, & qui fleurit en Mai , Jum > J ullle & Aou *; <^FP R F f. f. s Manìpultts ’ f a flh i Jirues Jpica- r«S] Ce sont cinq ou six javelles qu’on lie ensemble ( Une petite gerbe : une grofle gerbe . une gerbe de blé , de ségle d’orge ou d’aveine : faire une gerbe : mettre en gerbe : assembler les gerbes : lier cn gerbe : batre des gerbes. Une hotte d ozier s a- nelle aussi Gerbe.') (S Malherbe a dit dans la paraphrase du Pseaume 128- I.a gloire des méchants ejl pareille à cette herbe, Qui fans porter jamais ni javelle , ni herbe, Croît, Ue. Mr. Ménage tâche de justifier ce Poète , à qui on objecte avec raison , que l’on ne fait jamais ni javelles, ni gerbes de simples herbes ; car il n’est pas vrai que herbe soit un mot générique , fous lequel le blé est compris. On dit ( je l’avouë) du blé en herbe : mais il perd cette qualité , des qu’il est noué, & que le grain est prêt à être cueilli. * GERBE ,_/)/.[ Fascis aquarius. ] Terme de Fon- tenicr. Ce font plusieurs jets d’eau qui étant fort près les uns des autres représentent une gerbe. f * GERBE de feu. On apelle ainsi dans les feux d’artifice , un assemblage de plusieurs fusées, qui partant toutes ensemble représentent une espece de gerbe. GERBE'E , f f [ Fascis. 3 Bote de paille à demi batuè, où il reste encore quelques grains , propre à nourir les bestiaux. ( Une bonne gerbée de froment, de segle, &c.( f GERBER , v. a. Engerbcr. s Struere in fasces, ah ligare ìn manipulas. ] Mettre en gerbes. (11 faut gerber ce froment.) f GERBER , v. a, [ Dolia in fasces firuere. ] Ce mot se dit entre marchands de vin qui ont quantité de muids dans leurs caves , & il signifie mettre les pièces de vin les unes fur les autres en manière de gerbes, les ranger les unes fur les autres en maniéré de gerbes, les ranger les unes fur les autres comme on range les gerbes. ( II faut gerber ces quarts, ces feuilletés, ces muids.) GERCE , f f C Teredo. 3 Petite vermine qui ronge les habits & les livres. * GERCE', gercée , adj. [ D sein chu. ] Ce mot fe dit du bois , & veut dire , fendu. ( Bois gercé. ) GERCER , v. a. [ DiJcindere. ] Couper par petites fentes. ( Le froid gerce les lèvres. On dit aussi au neutre , les lèvres gercent au froid. ) Se gercer, v. r. [ Difcindì. J II fe dit du bois & des enduits. C’est se fendre. L’enduit qui est exposé à Pair , se séchant plutôt que le dedans du mur fe gerce. Vitruve, abrégé i. partie i. ) GERCEURE , gerçure, f. f. [_ Scijfura. ] Prononcez jerfure. Petite fente , ou crévasse , qui fe fait fur la peau , par le froid , ou autre cause. ( Les gerçures fe guérissent avec la pommade, ou du suif de chandéle.) GERÇURE. [ Rima. 3 11 se dit aussi des fentes qui se font dans le bois qui se déjette. ( Ce bois est bien sain , il n’a ni neuds ni gerçure. ) GE RER , v. a. ( Adminijìrare , gerere. J Terme de Palais. Manier : avoir foin. Gérer une tutelle : gérer le bien d’un mineur. ) GERFAUT , f m [ AEsalov. j Oiseau de rapine de couleur fauve , qui a le bec & les jambes de couleur bleue, les grises ouvertes & les doigts longs. Le gerfaut est fier & hardi, & celui des oiseaux de rapine qui après l’aigle a le plus de force. Bel. I. 2 . _ GERMAIN, AINE , adj. [ Germanus. 3 Qui fe dit des frères de père & de mère, & des autres païens collatéraux, ou cousins qui font les enfans de àux frères , ou de deux sœurs: (c’est mon germain.) Voïez cousin. ) GERMAIN , f. m. [ Germantu. ) Nom d’horr me. ( Germain est mort. ) GERMAIN , f. m. II vient du Latin Germantes, ( signifie Aleman. Mais en ce sens , il ne fe dit plu qu n oesie, où rl est beau ; mais en prose, il e; antique. r ’ II ira dans ses forts ataquer le Germai fagot, Poès. ) GES Pline dit que les vieux Germains adoroient le soleil & la lune , parce que ces astres leur étoient favorables. La Mote le Vaier , de la diversité des Religions. GERMAINE, f f [ Germana. 3 Nom de femme. (Germaine est fort sage.) GERMANDRE'E , f f [ Chamarrax , trijsago, serratula , scordium. 3 Plante medecmale. Voïez Scordium. f GERMANDRE'E , s.s. [Chattuedrys major repens.) Plante basse qui croît aux lieux incultes. Elle con- tient beaucoup de sel essentiel & volatil & d’huile. Elle est incisive , aperitive , fudorifique, artritique, vulnéraire. Elle leve les obstructions , elle excite les mois aux femmes, elle fortifie les jointures, elle dé- terge les vieux ulcérés. On s’en sert extérieurement & intérieurement. GERME , f m. [ Germen. 3 La première pousse des plantes. II fe dit de toutes les graines , pépins & noïaux. ( Un beau germe. ) C’est aussi l’endroit par où la semence commence à germer. On dit que les fourmis rongent le germe du grain qu’elles amassent, de peur qu’il ne pousse. GERME de fève. V oïez Fève. Faux germe , f m. £ Mola. 3 Chair fans forme qui s’engendre dans la matrice. (C’est un faux germe.) 4= * GERME , se prend dans les choses morales, pour la semence & la cause de quelque chose. (Un germe de procez , de division , de querelle.) GERMER , v. n. [ Germinare , germen emittere. 3 Pousser un germe. ( Les blez commencent à germer. Les laitues germent.) î * GERMER , se dit pour , fructifier, produire les bons éfets qu’on attend. (La parole de Dieu a germé dans son cœur.) GERMINATION, f f. [Germinatio , efuflè, eruptio germinis. 3 Terme de Phijique. Action par laquelle les plantes germent dans la terre. (Les Philosophes observent curieusement la germination des plantes.) ss GEROFLE , f m. [ Carìophyïïum. 3 Fruit aromatique qui vient des Indes Orientales. Voïez Girofle. GE RONDIF , f m. [ Gerundivm. 3 Terme de Grammaire. C’est un des tems de l’infinitif , semblable à un participe , & qui est indéclinable. GERSEAU , f m. Terme de Marine. Corde qui sert à suspendre la poulie ou à la renforcer pour empêcher qu’elle n’éclate. GERSE'E. C’est le suc de la racine du pié de veau séché au soleil, il est aussi blanc que la céruse , & rend la chair blanche & luisante. GERSURE , f f. Voyez GERÇURE , plus haut. GER VAIS, f m. [ Gervajìus. 3 Nom d’homme. (Gervais est bien fait.) GE SIER , gifler, jujìer , f. m. f Aviariisomacki fundula. 3 Tous ces trois mots se disent ; mais à Paris on ne dit que gésier & jujier ; le petit peuple dit jujìer, mais les honnêtes gens & ceux qui parlent le mieux, disent gésier. Prononcez gesié. C’est un morceau de chair rond qui est dans le corps de la poule, du chapon & de quelque oiseau que ce soit, où décent! & où se digère la mangeaille qui étoit au jabot de l’oiseau. (Plusieurs croient que les gésiers font fort bons , & ils fe trompent. Le gésier & le cœur font les parties les moins bonnes de l’oiseau. Elles font dures & de dificile digestion.) GE'SINE , /. f. IPuerperium. 3 Vieux mot, qui signifie l’état d’une femme en couche. ( Pater la ge- sine. Terme de Palais, c’est païer les frais del’acou- chement. Et dans F (for t de la gésine, Sur la litière elle invoquoit, Et Junon Facoucheuse, Çs Madame Lucine, Le Noble.) t GE'SIR. Voïez Gît. GESSE, s f. [ Cicercula. 3 Sorte de légume qu’on cultive dans les jardins & ailleurs, & qu’on mange comme des pois & des fèves. Cette plante pousse des tiges , longues, anguleuses , aplaties & comme feuilletées ; ses feuilles font oblongues , pointues, lisses; ses fleurs légumineuses , blanches, soutenues par un calice GIB calice formé en godet dentelé ; lesquelles étant pat fées, il vient une gousse large, plate , qui renferme des semences anguleuses & blanches. H Le bouillon de la gesse lâche le ventre, est apéritif, & excite la semence. 4 = GESSE sauvage. [ Chamœbalanw. ] Ses racines íbnt des tubercules en forme de glands. Elles font propres pour arrêter les cours de ventre & les hémorragies étant mangées ou prises en décoction ou en poudre. GESTE , s m. [ Gesus.] Mouvement de la main, conforme aux choses qu’on dit. ( Orateur qui a le geste beau. Faire des gestes. Le P. Sanlecque Chahoine Régulier à fait un excellent Poème du geste en François. Le Pere Lucas Jésuite en a fait un en vers Latin. C’es en vain qu! un Dofleur qui prêche f Evangile, Mêle chrétiennement Vagréable [£ futile, S'il ne joint un beau geste à fart de bien parler. Sanlec.) {$ 11 faut achever í Sa voix ne charme plies , fa phrase n’es plus belle , Dès l’exorde j’asire à la gloire étemelle , Et dormant quelquefois fans interruption, Je reçois en sursaut sa benedifíion. Et ensuite : J’aimeroU mieux encor ces prêcheurs furieux, Qui portant vers le Ciel leurs regards éfroïables, Aposrophent les Saints, comme on chaste les Diables. GESTES , f m. I Geíìa , egregia faffa. ] Ce mot ne se dit qu’au pluriel, lors qu’il signifie des exploits de guerre , & n’a bonne grâce que dans le beau stile. Vaug. rem. ( Ces miracles ne sc rencontrent que dans les gestes du Duc d'Aguien & d'Alexandre. Abl. Arr. épître. Chanter les gestes des Dieux. Scar. ode de Cal - liope .) 4 = GESTES, sc dit aussi en plaisantant. ( On ne parle que de vos faits & gestes. ) f GESTICULATEUR, f m. [ Gesticulator .] Qui gesticule. ( Les Italiens font de grands gesticulateurs.) t GESTICULATION , s f [ Gesìculatio. ] Action de celui qui gesticule. (La gesticulation n’est point agréable.) t GESTICULER, v. n. [ Gesìculari. ] Faire trop de gestes : faire des gestes mal-à-propos. ( En parlant il gesticule fans cesse.) jff Rien n’est si déplaisant, ni si ridicule qu’un f este asecté. On se moquoit des gestes du fameux lortensius , lequel en plaidant ressembloit à un Comédien. Aulu-Gelie raconte dans le premier livre, chap. ç. de ses Nuits Attiques, que L. Torquatus plaidant avec lui dans la cause de Sulla, lui donna le nom d’une certaine danseuse , qui se faisoit remarquer par ses postures diférentes dans les Fêtes de _ Baccus : à quoi il répondit, qu’il aimoit beaucoup mieux ressembler à cette Femme , qu’à un rustique, & à un homme disgracié de la nature, tel que lui. t GESTION,/./. ÍGesio, administration Terme de Palais. II vient du verbe gérer, & signifie administration de quelque afaire. (II a rendu compte de sa gestion. Sa gestion a été aprouvée.) GIAOUR, f m. Nom de mépris que les Turcs donnent aux Chrétiens. GIBBEUX, EUSE , adj. [Gibbosus.] Bossu, élevé. Les Médecins apellent la partie gibbeusc du foie, celle d’où fort la veine cave. f GIBECIER, f m. Celui qui fait des gibecières. Les Bourciers de Paris se qualifient. Maîtres Gibeciers. GIBECIE'RE, f f. [ Marsupium. ] Sorte de grande bourse quarrée où l’on met des baies de plomb & du petit plomb pour tirer. (Une gibecière bien garnie.) Tours de gibecière, f P rastigia, fail aria. ) Jouer de la gibecière. C’est faire divers tours pour divertir quelque compagnie ou amuser le petit peuple. GIBECIE'RE de berger. [ Scopeta , mantica. ] Sorte de grande poche ou de petit sac , que le berger met à son côté pour mettre son pain. GIBELET 1 on gìblet, f m. I Terebellum] Espèce de petit forêt, qui n’est pas tourné en vis, & dont on se sert pour faire une petite ouverture à un muid, pour goûter du vin. GIG 1 2 í t * ll a un coup de gìbelet. [ Parùm ìnsanìt. ] On sous-entend, à la tête. Proverbe, pour dire , il est un peu fou. GIBELOT , s. m. Terme de Marine. Pièce de bois en forme de courbe, qui lie l’éguille de l’éperon à l’étrave du vaisseau. GIBET , s. m. ( Patìbulum . ] Potence : a tacher au gibet : mener au gibet. Ablancourt. En ce gibet Henri repose. Scaron, Poises. Bocaiini préféra le gibet à la longue & ennuieuse guerre de Pise : Gui- chardïn , S. Evremont in 4. page 48?.) 4 = GIBET. On le dit aussi, des fourches patibulaires , où l’on expose les corps de ceux qui ont été pendus. H Le gibet n’est que pour les malheureux. C’est-à- dire , Prov. que ce ne font pas toujours les plus criminels qui font punis. 4 = Le gibet ne perd point ses droits. C’est-à-dire, Prov. que les criminels font punis tôt ou tard, & que leur châtiment n’est que différé. GIBIER , f. m. [ Prada venatoria . ] Ce qu’on a pris à la châsse avec des chiens ou des oiseaux. Ce qui a été pris en chassant. (Voilà notre gibier. Le gibier est bon présentement. II y a du gros & du menu gibier. On revient plus content qu’un Roi, Du gibier qifon porte avec foi. Perr. chasse.) t * Nous autres fourbes nous ne faisons que nous jouer lorsque nous trouvons un gibier aussi facile que celui-là. Molière. C’est-à-dire , une personne si aisée à duper. f * Cela n’es pas de votre gibier. [Ifud non ad te perti- net.st C’est-à-dire, ce n’est pas une chose dont vous deviez vous mêler : cela ne vous regarde pas, & vous n’avez que faire d’y mettre le nez. Les œuvres de Clément Marot Ne font point gibier à devote, Charleval.) t * GIBIER. [ Meretrix , scortum. ] Ce mot , eil parlant des personnes du sexe , veut dire , celle qui est de mauvaise vie. (C’est d u gibier. Vrai gibier de potence. Mol.) f GIBOÏER , v. n. [ Venari. ] Mot qui ne se dit qu’en riant, & dans le burlesque ; il veut dire, chasser. ( Le Roi des animaux sc mit un jour en tête de giboïer. La Fontaine , fables, l. a.) 4= GIBOÏER. L’Académie dit que ce terme signifie, chasser avec l’arquebuze. 4= Arquebuze a giboïer , est une longue arguebuze dont on se sert pour tirer de loin. 4= Poudre à giboïer , se dit d’une poudre beaucoup plus fine que l’autre. 4= Epée à giboïer , sc dit par plaisanterie , en parlant d’une épée beaucoup plus longue que les épées ordinaires. (11 porte toujours une épée à giboïer.) f * GIBOÏEUR, f m. [ Venator.) Terme de Raillerie , pour dire, chasseur. (Ce n’est pas un grand giboïeur.) GIBOULE'E , f f [ Nimbus. ] Ondée de pluie. Une giboulée de Mars. ) 4= GIETER , f tn. Espece d'escope ou pelle de bois creuse , dont on sc sert dans les blancheries de Hollande pour arroser les toiles fur le pré. GIGANTESQUE , adj. [ Giganteus. ] Qui tient du géant. (Une figure gigantesque. La figure de S. Christofle est gigantesque.) GIGANTOMACHIE, f f. [ Gigantomackia.] Ce mot vient du Grec. C’est le combat des Géans contre Jupiter & tous les autres Dieux. ( Scaron a Fait un poème burlesque, qui a pour titre la Gigantomachia , & c’est l’un de ses plus beaux ouvrages.) GIGOT , / m. [ Vervecis fémur. ] Eclanche de mouton. On dit à Paris, gigot & éclanche , mais éclanche est le mot d’usage Ordinaire ; pour une personne qui dira gigot, il s’en trouvera mille qui diront éclanche. ( Un bon gigot de mouton à la daube.) On dit aussi , un membre de mouton. 4 - GIGOT , sc dit aussi des jambes de derrière du cheval. (Ce cheval a de bons gigots.) f* GIGOT. [Fémur.] Jambe. (11 c.haufe ses gigots auprès du feu. Etendre ses gigots. Tom. IL Q Es. 122 GIN Est-il un enfant dans la troupe Qui fa jle voir une si beUe croupe, Ces gigots 'bien tournez, ces reins forts , cepoitì ail. Le noble.) GIGOTE', gigotee, adj. £ Qui fémur habetadiposumj Terme de Chap. {Chien bien gigote. C est quand un chien à les cuisses rondes & les hanches larges.) GIGOTE'. Le mot se dit aussi des chevaux , & veut dire, qui a les cuisses proportionnées à la rondeur de fa croupe. ( Cheval bien gigoté : cheval mal gigoté.) £ GIGOTER , V. n. II ne se dit guére qu’en parlant d’un lièvre , ou d’un autre animal semblable, qui secoue les jarrets en mourant. GIGUE, s f Terme de Danseur sur la corde. Danse Angloise composée de toute sorte de pas, qu’on danse sur la corde. ( Danser une gigue.) GIGUE. Composition de musique gaie & éveillée, & de pleine mesure. (Jouer une gigue sur le luth. Acad. Fr. ) GIGUE, s Puella gracilis ff expedita. J Jeune fille alerte qui saute & qui gambade. (C’est une grande gigue. ) Mais ce terme est bas. Acad. Fr. GIGUES , f. f. se dit aussi en badinant , des jambes. ( Voïez comme il étend ses gigues.) GIGUER. f Cursitare. J Courir , & gambader, f II est bas. f GIGUER. Danser. Sauter. (fS’il faut giguer & se batte, elle en donne six pour quatre. Gomb. épi. I. i.) GILBERT , f ni. [ Gilbertus. ] Nom d’homme. ( Gilbert est amoureux.) GILLES , f tn. [ JEgìdius .] Nom d’homme. ( Gilles propre fils de Guillaume , est le plus grand fou du Roïaume. Cotin. ) Gilles est aussi un filet pour prendre du poisson : il est défendu par l’Ordonnance de 1669. t Faire gille. [ Fugere. ] C’est s’enfuir. S’en aler vite d’un lieu. (11 a fait gille. ) Gille le niais, c’est un charlatan. Vis Saint Gilles. Terme d ’ Architefíure. GILLETTE , f. f. Nom de femme. ( La pauvre Gi- lette est morte. C’est la Reine Gilette.) GILLONNE , f. f. Nom de femme. ( Gilonne est sage & vertueuse.) dMBELETTE , f f Petit, morceau de pâte formé en rond où il y entre des œufs , du sucre , de l’ambre & du musc. .(Les bonnes gimbelettes viennent du Languedoc.) ì§ GIMNASTIQUE , f f Les Anciens apel- loient ainsi l’art ou la science de divers exercices du corps. Plusieurs Auteurs ont traité cette matière , qui est très-ample. On la divise ordinairement en trois espèces , F Art militaire , la Médecine , l’Athlétique. Comme les Jeux publics qui faisoient tout le plaisir des peuples, consistoient en combats, en danses, en courses , & en plusieurs autres actions du corps, on établit des écoles publiques pour prendre les instructions nécessaires , & l’on distribua des honneurs & des récompenses aux vainqueurs , afin d’exciter l’émula- tion & Fardeur des jeunes gens. Plusieurs regardent le siège de Troïes , comme une des plus anciennes époques de la Gimnastique ; & pour le prouver, ils aléguent le vingt-troisiéme livre de FIliade, où l’on voit plusieurs Jeux funèbres , célébrez à l’honneur des Dieux. Les lieux où l’on aprenoit Fart gimnastique , étoient les gimnases , parce qu’on s’y exerqoit tout nuds ; les palestres , à cause de la lute. Celui qui préiìdoit à ces exercices, étoit apellé Gimnasiar- que. Voïez le tome 1 . de VHìsioïre de íAcadémie Roiale des Inscriptions. GIMNOSOPHISTE , / m. [ Gymnosophisia. J Philosophe Indien qui va presque nud , & qui, à ce qu’on dit, s’abstient de toutes sortes de voluptez. . GINGEMBRE , s. m. [ Zimgiber. J Plante qui vient aux Indes & dans l’Ameriquc , & qui porte des réussies semblables au rosier & vertes toute l’année. La racine du gingembre est pleine de neuds , il s’é- 1 ™* a * a ,terre. II y a du gingembre mâle & du gingembre femelle ; du sauvage & du culti- Charas ^ con ™" * es racines nouvelles avec du sucre. Cbercher jusqu'au Japon la porcelaine U T ambre, * vJp fat.% P ? Vre & k LinZcmbre. GIR 4 La racine de gingembre est incisive, atténuante, aperitive, elle fortifie l’estomac , elle provoque l’a- petít, elle aide à la digestion. £He est propre pour le scorbut. Le gingembre sauvage est le Zedoaire. GINDRE , s m. Maître Garçon Boulanger de Paris. 4 Ce terme n’est d’usage que parmi les Maîtres Boulangers de la ville & fauxbourgs de Paris. Ils di. sent aussi , Geindre. GINGE'OLE ,//. [ Zizipbiumf\ Prononcez jinjole. Espèce de fruit qui vient d’un arbre qu’on apelle Gin . géolier. On dit proverbialement : Un cadet à la gin. géo/e. GINGE'OLIER , s m. [ Ziziphm. ] Arbre qui porte des gingéoles. » GINGIDIUM , s m. [ Gingidium. ] Plante dont la tige est semblable à celle de l’aneth , les feuilles à celles du panais', les fleurs blanches disposées en parasol , qui est apéritive , & propre pour la gravelle. 4 GINGIRAS , s m. Etofe de soïe fabriquée aux Indes. GINGUER , v. n. [ Calcitrare. ] Ruer du pié. Mais ce mot n’est en usage qu’en quelques Provinces , où l’on dit qu’un cheval gingue , pour dire, qu’il rue. GIN GUET , s m. [ Villum. ] Méchant petit vin verd. ( Boire du ginguet. ) 4 * GINGUET, se dit aussi d’un esprit mince. (C’est un esprit bien ginguet.) 4 GIN-SENO , s m. Plante admirable jusqu’à présent peu connue en Europe. GIPON , s m. Terme de Corrdieur & de Cordonnier. Sorte de houpe de frange avec quoi le Cordonnier & le Corroient cirent le cuir. fs GIPON, étoit autrefois une espèce de petite casaque. 11 est dit dans la Vie de Bertrand du Guefclin, qu’il donna au herault que le Duc de Lanclastre lui avoir envoïé , un bon gipon de soie tout neuf, que onc- ques n’avoit vesiu. GIRAFE , f f í Girafa. J Animal sauvage qui se trouve en Afrique , & qui est grand comme un veau. La girafe a le coû aussi long qu’une lance , la tête & les oreilles d’un chevreuil , les pies de derrière fort cours , & ceux de devant plus longs : son poil est entre noir & blanc. On dit que la girafe est engendrée d’animaux de diverses espèces. Abl. Marmol. t. 1 . 4 GIRAFE , ou Panthère , [ Cameloparda/is. J C’est une espece de Chameau, qui tient du Léopard. Son coû à jusqu’à sept piez d’étenduë garni de crins semblables à ceux du cheval. Cet animal est doux & traitable quoique sauvage. Ses cornes & ses ongles font propres pour l’Epilepíìe, & pour les cours de ventre, étant râpées , pulvérisées & prises intérieurement. GIRAFE, s. f. [ Girafapellk. '} Sorte d’étofe grise, mêlée d’un peu de blanc , très-propre à faire de bonne fourrure , parce qu’elle est faite du poil de Fanimal qu’on apelle girafe. ( Carder, aprêter, fouler de la girafe.) GIRANDE. Faisceau de plusieurs jets d’eau qui s’élevent avec impétuosité , & qui imitent le bruit du tonnerre & de la pluie. GIRANDOLE, s f. [ Girandula. ] Chandelier de cristal à plusieurs branches avec un pié de cuivre pour mettre fur des guéridons. ( De belles girandoles. ) On apeiie aussi de ce nom un cercle garni de fusées dans les feux d’artifices. 4 GIRASOL , s m. Pierre précieuse. Sorte d’o- pale, qui paroît de diférentes couleurs, selon les diverses réflexions de la lumière. Les Anciens la nom- moient Ajlerie, & l’estimoient beaucoup. r GIRELLE, s f Terme de Potier de terre. C’est la tête, ou le haut de l’arbre de la roué des Potiers, fur laquelle se place le morceau de terre glaise préparé, pour en faire un vase ou quelqu’autre ouvrage de poterie. 4 GIRIB , s m. Mesure géométrique des Persans. Le Girib ne sert qu’à mesurer les terres. GIROFLE, / m. [Carìophyllum.'] Clou de girofle. C’est un petit fruit d’un goût aromatique qui croît anX Isles Moluques. 11 porte son fruit en grape , comme le lierre ou le genévre. Ses feuilles ressemblent au laurier, & ont presque le même goût que le fruit. Ce fruit s’engendre dans la fleur d’où il tombe quand il GIT est mûr. II a la figure d’un petit clou , Sc pour cela on l’apelle clou de girofle. ( Donnez-moi du girofle.) GIROFLE'E , s. f. [ Leucòium , flos cariophyllaus. ] Sorte de fleur odoriférante qui est blanche, rouge, violette , jaune , marbrée, ou musquée & qui fleurit en Avril & en Mai. ( Voila de belles giroflées.) Quelques-uns disent géroflée , mais mal. Les Fleuristes & autres gens qui parlent bien , disent & écrivent giroflée. GIROFLIER , f m. [ Leucòium. ] Plante qui produit des giroflées. ( Giroflier blanc : giroflier jaune : giroflier musqué.) Ce mot n’est point dans le Dictionnaire de l’Académie. GIRON, f m. [Sinus , gremium.) Ce mot , au propre , s’écrit, mais il ne se dit guére dans l’usage ordinaire. C’est la partie de la personne vêtue & qui prend depuis le nombril jusques aux genoux. (Les filles de Darius prisonnières étoient couchées dans le giron de leur grand’-mére. Vaug. Quint. I. ;.) GIRON. Terme d ’ArchiteHure. C’est la largeur de la marche d’un escalier, ou le lieu où l’on pose le pied. GIRON. Terme de Blason. [ Triangulum. ] C’est un triangle qui a une pointe longue faite comme une marche d’escalier à vis , & qui finit au cœur de l’écu. * Rentrer au giron de /’ Eglise, f In fìnum Ecclesix re- verti. ) C’est-à-dire, rentrer dans la communion de l’Eglife. GIRONNE', gironnée , adj. [Angulatm.) Terme de Blason. Qui a huit pièces dans son écu. ( 11 porte gironné d’or, & de gueules. Col.) GIRONNER , v. a. [In gyrum agere , fleflere.) Terme d: Orfèvre. Donner la rondeur à un ouvrage. (Gi- ronner un suage.) f GIRONNER. Les Chauderoniers disent gironner un chauderon, pour en arrondir le fond. Le véritable mot est, faire la quarte d’un chauderon ; cette façon se donne sur l’enclume ronde. GIROUETTE , s s. [ Bracíea versatile. ] Petite enseigne de fer blanc qu’on met au haut des maisons, & que le vent fait tourner. (II tourne à tous vents comme une girouette.) GIROUETTE. Terme de Marine. Pièce d’étofe legére en guise de pavillon qu’on arbore sur le haut des mats aux petits bátimens. GIROUETTE. [ Mobilis ad omnem auram. ] Se dit figurément d’une personne qui a la tête legére , & qui tourne à tout vent. (Mr. Jurieu étoit la girouette de sa Religion. Bayle.) GISANT , ANTE. [ Jacens. ] Adjectif du verbe gésir. Qui est malade dans le lit. ( Le Médecin soutint que le gisant iroit voir ses ayeux. La Font.) GISANT , f m. Terme de Cbaron. Ce mot se dit en parlant de tombereau. Les gisans du tombereau, ce font quatre pièces de bois en maniéré de soliveau qui tiennent les ais du tombereau. GISEMENT , f m. [ Positura ,situs.) Terme de Mer , qui se dit de la situation des côtes & parages de la mer, les unes àl’égard des autres. GIT. [ J ace t. ] Prononcez git , troisième personne du verbe gésir ou gir , qui ne font pas en usage. Cependant il y a quelques tems qui en font formez & qui semblent plutôt venir de gir , que de gésir. Ils signifiaient être , reposer, être couché. On dit, Je git, tu gis , il git , ils gisent. Je gisois , &c. gisant. Ci gît le soleil des guerriers. Main. Pois. [ Hicjacet .] Ils firent un étrange ravage de tout ce qu’ils rencontraient ; car les membres coupez gisaient çà & là. Vaug. Quint. I. 4, ch. iy. II sortit du Louvre pouraler jetter de l’eau benite sur le corps de son frère gisant à Saint Magloire. Vie de Henri III. La plupart des Epitaphes commencent par ces mots ci gît. Ci gît ma femme , ab ! qu'elle esi bien, Pour son repos , N pour le mien. Benserade aïant perdu sa pension par la mort du Cardinal de Richelieu , fit cette épitaphe : Ci gît , òúi git , par la morbleu., Le Cardinal de Richelieu, Et ce qui cause mon ennui, Ma pension avéque lui. f GiT. [ Consisiit. ] C’est une espèce de verbe 1m° GLA 123 personnel; il git, signifie, il consiste. (Le diférend des parties gît à savoir, &c. Tout git en cela.) t * Ici git le lièvre. [Hic nodus esi. J C’est-à-dire, c’est le plus important de l’afaire. ' GÎTE , f. m. [Lustra, cubile, ] Terme de Chasseur. Lieu où se couche le lièvre. ( Un lièvre en son gîte songeait. La Fontaine , fabl. ì. 2.) GÎTE. [ Diversorium. ] Terme de Messager & de Gens qui voyagent. C’est le lieu où l’on passe la nuit. Nous irons au gîte en un tel endroit. Notre gîte sera aujourd’hui à un tel village.) GÎTE. [ Mansio. ] Terme de Gens qui logent en auberge. Ce qu’on donne pour avoir couché en un lieu. ( Parer son gîte.) (S Les Rois des deux prémiéres races, & même quelques-uns de la seconde , avaient établi un droit de gîte , qui consistait à loger dans leurs volages, aux dépens des villes Sc des bourgs, & pendant une nuit seulement : personne n’en étoit exemt ; Sc Jean le Coq raporte un ancien Arrêt qui a déclaré les villes données en douaire à la Reine sujettes au droit de gîte. Duchêne a remarqué dans ses Antiquitez & Recherches de la grandeur des Rois de France , liv. 1. dise. 4. que fi bien les Evêques & les Abez furent afranchis du service militaire , ils resterent soumis au droit de gîte , dont Lcfùis VII. exemta l'Eglise de Paris, en reconnoissance de l’éducation qu’elle lui avoit donnée. _ L’acte est raporté par Hemeraus dans sa petite Histoire de l’Université de Paris. Voïez le Glossaire de Mr, du C ange, verb. Gisia. GiTÎE. Terme de Boucher. Le bas de la cuisse du beuf. Donnez moi un morceau de gîte. II sc dit aussi de la meule d’un moulin qui est immobile au dessous de celle qui tourne & écrase le grain, s Mol a asinaria.) GÎTER , v. n. [ Versari.) Terme de Messager & de Voyageur. Coucher en un lieu. ( Nous gîterons aujourd’hui à Maçon, & demain à Lyon.) ch L’Académie dit que gîter est bas. GIVRE- s m. [Glacies nivalit.~\ C’est une sorte de gelée blanche , qui est si épaisse qu’elle s’atache aux branches des arbres , & y fait même quelquefois des glaçons pendans. ( Un méchant, fâcheux & dangereux givre. Craindre le givre pour les arbres. Quint, jard. fruit. t. 1.) GIVRE , ou guivre, f. f. [ Boa. J Qui se dit en termes de Blason. C’est une grosse couleuvre, vipère ou serpent, qui à la queue ondée, ou tortillée. (Mr. Colbert portoit d’or à la guivre d’azur , ondulante à sept replis.) GLACE , s f [ Glacies. J Eau gelée par le froid. ( La glace est épaisse. Fendre la glace. Chevaux ferrez à glace. II passa au milieu dés néges & des glaces. Fléchìer , vie de Commendon , l. 2. c. 2. Etre froid comme de la glace. U été n’a point de feux ? t hiver n'a point de glace, Qui puisie retenir fa vigilante audace. Defpr.) £§ Le même : Mais qui l’duroit pensé ? pour comble de disgrâce, Par le chaud qu’il faisoit, nous n’avions point de glace, Point de glace , bon Dieu ! On dit, boire à la glace , lors que le vin ou l’eau, ou tous les deux sont mis dans la glace pour y aquerir une extrême fraîcheur. Ceux qui aiment à s’instruire des mœurs des Grecs & des Romains , demandent fi ces peuples bûvoient froid , 011 chaud. Lipse a prouvé Puissamment dans le prémier livre , chap. 4. EleHor, que la boisson, des Grecs & des Romains étoit chaude, Sc froide indiféremment. * Etre ferré à glace. ( De re aliquti vincere p ara t us.) C’est-à-dire , être ferme fur les principes de quelque art ou sience : savoir bien la chose. - * Rompre la glace. [Primas dijsicultatesperrumpere.) Faire le prémier quelque chose de dificile : surmonter les prémiéres difficultez : fraïer le chemin. ( Les Anciens ont rompu la glace dans la recherche des siences.) * GLACE. [Frigidum glacie peclus.) Froideur de cœur : froideur : peu d’amitié : peu de passion, (Mes larmes ont fondu la glace de son cœur. Racine.) * Vos atraits ont touché mon ame de glace. Voit. Poëf.) * Elle est pour moi toute de glace. La Susse. Tom.lL Q* * Ecri- 124 GLA * Ecrivant pour autrui , je nie sens tout de glace. Verre poli qui représente ( Une belle glace de mi- Théop. Po'és. * GLACE. [ Spéculum. J tout ce qu’on lui montre. roir : polir une glace.) . „ ... , * GLACE de caroste. [ Rheda lamina crystaUma. J Verre noli , grand comme un paneau de vitre qu’on met à ‘de certains carosses pour les embelir. (Les glaces de mon carosse font cassées : mettre des glaces à un carosse.) * GLACE. [ Saccarum congelatum. J ferme de Pa~ tijjìer. Sucre & blanc d’œuf batus ensemble qu’on coule sur le biscuit quand il est dans le moule. (Une belle glace.) * GLACE. [ Saccarum glaciatum.2 Terme de Confiseur. C’est du sucre cuit, ou en poudre qu’on mêle avec un peu de blanc d’œuss fur des fruits. ( Ainsi on dit,une belle glace de confitures : un glace de cerises, &c.) GLACE', glacée, adj. [ Glaciatus. ] Pris par la glace. (Eau glacée.) GLACE', glacée. [ Frigidus. ] Froid : fans amour. ( Son cœur est glacé : galant glacé. Voit. Po'és.) , GLACE', glacée. [ Alqutu , politus. ] Uni , lisse, fort luisant. (TaFetas glacé.) GLACE', glacée. [Glaciatus. 2 Ce mot se dit aussi des confitures , & veut dire, qui a une belle glace. ( Conserves bien glacées.) SE GLACER , v. r. [ Glaciari , gelu constare.) Commencer à être pris, on à se prendre par le froid. (Eau qui se glace.) * Je sentis dans mon corps tout mon sang se glacer. Racine , Ipbig. c. 2 . sc. 1. ( Sanguis gelidus diriguit.) GLACER. [ Glaciare. ] Ce mot, au propre , est ordinairement neutre. Faire glacer , c’est faire prendre quelque chose par le froid. ( Faire glacer de l’eau. On dit aussi quelquefois glacer de l’eau.) * GLACEE. [Frigidum reddere. ] Ce mot, au figuré , est toujours actif & peint bien dans le discours ordinaire. ( Exemples. * Son sérieux me glace. Sca- ron. Ai je glacé son esprit. Dejpr. fat. 9. Auteur qui nous glace. Mol. Ses froids embrassemens ont glacé ma tendresse. Rac. Phèdre , a. 4. sc. 1. Son abord glace les gens ; c’est-à-dire , que dès qu’il aborde les gens , il leur donne un froid qui les rend tout de glace pour lui. Malt st votre ail enfin veut toujours se glacer, Au cercle de Benoit il faudra le placer. Sanlec.) * GLACER. [ Glaciare. ] Terme de Pâtissier & de Confiseur. Mettre du blanc d’œuf & du sucre batu ensemble sur les' biscuits. C’est auffi mettre du sucre cuit, ou en poudre & mélè un peu de blanc d’œuf sur des fruits. ( Glacer des biscuits : glacer des framboises , des groseilles , &c.) * GLACER. (Longioribus punfiissuere. ] Terme de Tailleur & de Couturière. C’est coudre de telle forte la doublure avec l’étofe que l’un & l’autre tienne proprement & uniment ensemble. ( Glacer une doublure.) * GLACER, f Cerâ illinere. J Terme de Cordonnier. C’est cirer un soulier avec une cirure claire & luisante. (Glacer une paire d’empeignes.) GLACEUX , glaceuse, adj. ( Glaciatus. J Terme de Jouailler. 11 se dit des pierreries qui ne font pas tout- à-fait nettes , mais qui ont une espece de petit nuage, qui les brouille, & qui les empêche d’être tout-à-fait diaphanes. GLACIAL , glaciale , adj. [ Glacialis. ] Ce mot se dit de l’Océan Septentrional, & veut dire, qui est gelé. ( Mer glaciale.) GLACIE'RE , f. f. ( Ce 11 a glacialis. ] Sorte de petite chambre , ou de grande loge couverte de terre & de paille, & si bien fermée que le jour n’y entre pyint, ou l’on conserve de la glace l’été, afin de boire frais. ( Une bonne glacière. Les glacières se font ordinairement dans quelque coin de jardin.) f G ^ CI ? ’ nu [ Asquata planifies. J Terme de fortification. Esplanade qui va en panchant après le Chemin couvert. — ;~7“7 l ‘ 0 quinines. j mot 1 cn général toute forte de pente insensible. \ Ces de jardin sont en glacis.) GLACIS. [ Sutura. ] Terme de Tailleur. Rar points pour faire tenir la doublure en état ave, tore. (Passer un glacis.) GLAçON, f m. ( Glaciei frusium. ] Morcea GLA glace. 11 est froid comme un glaçon : un gros ou pe- tit glaçon : glaçon de riviere : glaçon qui pend d une goutiére. Ici le vieux Saturne entouré de glaçons, Sentira par vos flots redoubler ses frijjons . Abé Régnier. * L’un est tout feu , & l’autre tout glaçon. Bensi- rade , rondeaux. {f L’Auteur des fausses amours : Mieux vaudroit servir les majsons , Que d’avoir au cœur tels glajjons } C’eji une très mauvaise vie. GLADIATEUR, s m. [ Gladiator. ] Esclave que de certains maîtres d’exercice instruisoient afin de se batre sur l’arêne & de divertir le peuple Romain. On dit figurément, gladiateurs de plume. Maucroìx. * GLADIATEUR. [Alter ihraso. ] Homme d’épée. Fanfaron. ( C’est un gladiateur qui peut vous batte comme tous les diables. Scaron.) GLAIEUL > f m. [ Gladiolus. ] Herbe longue large, grosse au milieu & aiguë aux deuxcôtez, qui porte une fleur de même nom. On la nomme aussi Flambe , ou Glais. 11 y en a deux especes , qui font incisives , digestives , apéritives, propres pour exciter la supuration. ( Un sauvage oiseau de rivière , Construit de bizarre manière, Parmi les joncs («f les glaieux, Frape inopinément les yeux. Perr. chasse.) f GLAIEUL puant. [ Xyris.) Sa racine & sa semence sont purgatives , hidragogues, propres pour les convulsions & pour les rhumatismes. í GLAIEUL à fleur jaune , qui est le faux Acorus. Sa racine est atténuante, résolutive, fortifiante, propre pour modérer les cours de ventre. í GLAIEUL aquatique. [ Butomus. J On l’apelle aussi Jonc fleuri. Cette plante est détersive , & apéritive. On estime fa racine & fa semence contre la morsure des serpens. GLAIRE, f f [ Ovi albumen .] Blanc d’œuf, mais en ce sens , le mot de glaire ne se dit guère que parmi les Relieurs qui se servent de blanc d’œuf ou de glaire pour glairer la couverture des livres en veau. GLAIRE. [ Glutinostu humor. J Humeur visqueuse. (Jetter de grosses glaires.) GLAIRE. Se dit aussi des chairs & des fruits qui n’ont pas une consistence ferme , comme les noix trop vertes. On apelle aussi , glaire , une eau qui se trouve dans les diamans imparfaits, qui commencent à se former. GLAIRER. [ Glareâ Hlinere. ] Terme de Relieur. Froter la couverture d’un livre avec une éponge pleine de glaire. ( Glairer un livre.) GLAIREUX , glaireuse , adj. ( Glutinostu. ] Terme de Médecin. Plein de glaires. (Eau glaireuse: matière glaireuse. Deg. Humeur glaireuse.) GLAIS, glas , f. m. [ Fer ale clajficum .] Terme de Sonneur. Quelques-uns disent glas ; mais tous les autres sont pour glais. C’est un tintement de toutes les cloches pour un Prêtre mort. Tinter le glais : sonner le glais. On ne sonne point le glais à Paris pour les Laïques, mais feulement pour les Ecclésiastiques. S. Amant s’est servi dans fa solitude , du terme glais dans un autre sens : Que j’aime ce marais paisible , II est tout bordé d’alisiers, D’aùnes , de saules , U d’osiers , A qui le fer n’est point nuisible ; Les nimphes y cherchant le frais , S’y viennent fournir de quenouilles , D» pipeaux, de joncs, (j? de glais. GLAISE , f f [ ArgiHa. ] Argile. Terre forte & grasse, propre à faire de la poterie. Un pot de terre glaise: on dit auffi, de la glaise, pour dire, de la terre glaise. On s’eji sert auffi pour faire des batardeauX, des bassins de fontaine, &c. parce que l’eau ne peut passer au travers lors qu’elle est bien batuë. GLAISER, v. a. [ Argilla induere.) Enduire de terre glaise : glaises Un bassin de fontaine. Acad. Fr. GLAIVE , s. m. ( Glad.ius.~2 Ce mot veut dire épée. Sorte de courte épée ; mais dans le discours ordinaire il ne GLA no se dít guère qu’en riant. Son usage, soit au propre ou au figuré, n’est que dans la belle poésie, oit la belle prose. Qui frape du glaive, périra par le glaive. La mort, qui parmi les feux , les glaives & les dards vous semble belle. Voit. Po'és. Contre qui s'armer, contre qui tirer le glaive de la justice. Patru, plaid. 7. Les loix ne mettent point par force le glaive à la main. Patru , plaid. 9.) £jf II étale à son tour des revers équitables Par qui les Grands font confondus ; Et les glaives qu’il tient pendus Sur les plus fortunez coupables, Sont A’autant plus inévitables, Que leurs coups font moins atendus. Corn. Polieuc. ail. 4. sc. 2. La puissance du glaive, f Jus vite U mortis. ] C’est le droit de vie & de mort qui n’apartient qu’aux Souverains & à ceux qui l’exercent en leur nom. On l’a- pelle, en ce sens , * le glaive temporel. * Le glaive spirituel. C’est le pouvoir que l’Eglise a d’excommunier les pécheurs impénitens. (Le glaive de la parole.) GLAND , f »r. [ Clans quercina. ] Fruit de chêne propre à engraisser les cochons. ( On dit que les premiers hommes mangeoient du gland.) GLAND. [ Glans. ] Bout des parties naturelles de l’homme, à cause que ce bout ressemble en quelque sorte à un gland. Deg. * GLAND. C Panicula glandutosa.J Ornement de fil en forme de houpe qu’on met au bout des mouchoirs raisonnables. Ornement de fil qu’on a tache à la gan- ce du colet du pourpoint , ou au rabat, & qu’on laisse pendre tant soit peu par dessous les devants du rabat. (De beaux glands.) GLAND de terne. [ Lathyrm. ] Espèce de gesse qui pousse plusieurs tiges foibles, rameuses, qui a des feuilles semblables à celles de la vesse, & dont la racine est propre pour arrêter les cours de ventre & les hémorragies. GLAND. Petit ouvrage d’arger.t ou d’or en forme de gland , où l’on met quelques senteurs agréables. GLAND de mer. [ Piscis glandarius. ] Poisson à test dur , qui est couvert de deux coquilles , & qui a la figure d’un gland. Rond. f GLAND. Espece de tenailles de bois , dont les Ouvriers qui fabriquent les peignes se servent pour les tenir en façon. GLANDE , f- f- [ Glanàula. ) Partie du corps, simple, môle, friable, & spongieuse. Deg. (Une grosse, ou une petite glande : la glande pinéale où Descartes mettoit fans raison l’ame.) GLANDE', glandée , adj. [ Glaná'ulosus.~] Terme de Maréchal. 11 se dit des chevaux qui ont les glandes enflées. GLANDE', glandée , adj. f Glandìbus onustusd] Terme de Blason. 11 fe dit des chênes chargez de gland émaillé d’ur.e autre couleur. (II portoit d’or au chêne glandé de sinople.) GLANDE'E, s. f. [ Glandìum mejss. ] Tout le gland d’une forêt ou de quelque quartier de forêt où l’on met les cochons. GLANDULE, f f. [ Glandulaf Petite glande. (C’est une glandule.) On dit proverbialement : Cet homme m’a frapé la glandule, pour dire, m’a rendu triste & chagrin. GLANDULEUX, glanduleuse, adj. [ Glandulosus. ] Terme d e Médecin. Quia des glandes. (Corps glanduleux : chair glanduleuse.) GLANE , f.s. [ Spica dercliiïaj Une poignée d’é- pis. (Une grosse , ou une petite glane.) GLANE d’oignons , f f. ZCaparum fasciculm.J C’est une quantité d’oignons qu’on a atachez avec leur vieille fane , autour d’un bâton long d’environ un pié & demi, ou deux piés, & qu’on va ainsi vendre au marché. ( Une bonne glane d’oignons.) f GLANE, fe dit aussi , de plusieurs petites poires arrangées près à près fur une même branche. GLANER, v. a. [Spicas à mejforibus reliftai legereJJ Ramasser les épis après les moissonneurs, & après que les gerbes font liées. (Voilà ce que j’ai glané aujourd’hui.) * GLANER , v. a. [ Spicilegium exercere. ] Ce mot, au figuré , signifie faire quelque petit gain dans une afaire, après que d’autres y en ont fait de plus grands : GLI 125 traiter une matière après d’autres qui Pont presque epuilee (Les premiers ont emporté ce qu’il y avoit de meilleur, il n’y a plus qu’à glaner pour ceux qui viendront âpres eux.) Tout est dit depuis sept mille ans que les hommes pensent, & l’on ne fait plus que ■*' glaner âpres les Anciens. La Bruyère. & Lire Homère, Aristote, U disciple nouveau Glaner ce que les Grecs ont de riche £5? de beau. Régnier, fat. 3. GLANEUR , f. m. [ Qui Jpicas derelìpías legit.l Celui qui glane. (Un pauvre glaneur.) GLANEUSE , J. f. ( Qua Jpicas derelïPhu legttJJ Celle qui glane. ( Une pauvre glaneuse.) r ^ ÇLANIS , f. m. Grand poisson de rivière. Le roye de ce poisson est estimé propre pour amolir & dissiper les verrues. GLAPIER. Voïez Clapier. GLAPIR , v. n. [ Gannire. ) Faire un cri perçant & aigu. ( Le renard glapit.) * GLAPIR. [ Clamitare. ] Ce mot, au figuré , se dit des personnes. C’est faire un cri aigu qui marque quelque mouvement de l’ame. (Elle glapit dès qu’on la touche.) *, GLAPISSANT , glapissante , adj. f Ganniens. ) Qui glapit. (Voix glapissante. Dejpr. fat. ;.) GLAPISSEMENT , f. m. [ Ganmtus. ] Cri perçant & aigu. ( Le glapissement des renards.) GLARRES , f. f. Terme de Marine. Cruches où l’on conserve l’eau douce fur la mer. On les apeile aussi Jarres. GLAS- Voïez glati. GLAUCIUM,/ m. [ Glaucìonf] Plante ainsi nommée , à cause de la couleur de ses feuilles qui font de verd de 111er. GLAUCOMA , f. m. [ Glaucoma. 3 Terme de Médecine. Maladie des yeux causée dans l’humeur cristalline, & qui empêche de voir la lumière. GLAUX- Plante qu’on apeile autrement , herbe au Pait , & qui est propre à augmenter le lait aux nourices. GLEBE , f f _Z Gleba. ] En Chimie ; , c’est un» motte de terre qui renferme quelque métal, ou minéral. En Jurisprudence , c’est le fol de l’héritage que l’on possède. ( Le droit de pâturage qui est réel, doit être ataché à une glèbe.) GLE'BE , f f. Terme de Jurijprudence & de Coutume. C’est le fol de l’héritage que l’on possède. Le droit de Patronage qui est réel, doit être annexé à une glèbe. Celui qui jouit de la glèbe , jouit aussi des droits honorifiques du Patronage. GLETTERON , f m. [ Lappa. ) Plante qu’on apeile autrement glouteron ou bardant. GLISSADE , f. f. [ Lubricum vefigium.J C’est un mouvement du pié , qui apuïant fur un lieu glissant, glisse malgré qu’on en ait. ( Une dangereuse glissade. Faire une glissade.) GLISSADE. Terme de Maître d'exercice militaire. C’est un mouvement de la pique en avant ou en arriére. (Faire une glissade avec la pique.) GLISSANT, ante, adj. [ Lubricus , saliens . ] Lieu où l’on fait des glissades. Chemin glissant. ( La finesse est l’ocasion prochaine de la fourberie , de l’une à l’autre le pas est glissant. La Bruyère. Etre aimée d’un homme aimable, le pas est glissant. VilHers. 11 y avoir au fond de l’eau des cailloux fort glissans. Abl. ret. I. 4. c. 2. GLISSEMENT , f. m. [ Fluxtu , lapsus, lubriciu. ] Terme de Physique. Les corps ne font liquides que par le glissement continuel de leurs parties les unes fur les autres. GLISSER , v. n. [ Falknte vestìgto m loco lubrico la - bi. 3 C’est mettre le pié fur une chose glissante, & chanceler pour tomber. ( Mon pié a glissé , & j’aî pensé tomber.) Cs On dit figurément, le pié lui a glissé s c’est-à- dire , qu’infensiblement on est tombé dans quelque faute. Crois-tu que toujours ferme au bord du précipice. Elle poura marcher , fans que le pié lui glisse ? GLISSER. C Glaciatumsiadium pernicìter emetiri. 3 C’est fe pousser d’abord & de dessein formé fur la glace, Q. ï ou 12 6 GLO ou sur une glissoire , & s’j laisser ensuite servant de ses bras pour contre-pords. (Samuser a Vm n , iSese mstnuare. ] Ce mot, au figuré , signifie se couler, «'infirmer, entrer dans quelque chose. Je sentais une secrète fiante 'oui se elistoit dam mes os. Voit. Poës. Est mollis flamma medullis Interea, & tacitum vivit sub pectore vulnus. II s’est glissé insensiblement dans les charges. Le mal se glisse de plus en plus.) GLISSER , v. a. [ Instnuare , inserere.] II glisse dans mon cœur un fatal venin ; c’est-à-dire , il fait couler & entrer dans mon cœur. * GLISSER un mot dam un discours. [ In sermone verbum injicere.) C’est-à-dire , l’y faire entrer adroitement. Laisser glisser une méprise. [ Casu irrepere.) C est la laisser échaper par mégarde. On dit proverbialement, c’est à vous à glisser, s Tuasunt vices.] GLISSOIRE,//- íStadium lubricum.] Sorte de petit chemin glacé fur quoi on glisse. (Une grande glissoire : une petite glissoire : faire une glissoire.) GLOBE , f m. [ Globus. ] Corps rond & solide. ( Un beau globe. Sur les plaines de f air, la lumière semée, En deux globes luisons fut alors renfermée. Perr. créat. du monde.) GLOBE terrestre. [ Globus terrestre. ] Corps solide & rond , sur lequel on représente la terre , seau, des cercles , des points , &c. GLOBE céleste. [ Globus ceelestis. 3 Corps solide & rond , sur lequel on réprésente le ciel, les planet- tes , les signes célestes, &c. GLOBE. C Globus vitreus. ] Terme de Fdiancier. Verre de forme circulaire monté fur un pié, qu’on met fur la corniche de la cheminée , pour représenter en petit les objets qui font dans une chambre. f GLOBE , se dit ausli , d’une boule d’or surmontée d’une croix , que l’Empereur & quelques Rois portent pour marque de leur dignité. (* Les globes de son sein sont plus blancs que la nége. Racine. C’est-à-dire , ses tetons .) GLOBULAIRE,// [ Bellis . ] Plante dont la tige est raïée & rougeâtre, les feuilles assez semblables à celles du bellis, la racine rouge en dehors, blanche au dedans, & qui est vulnéraire , & détersive. GLOBULE , f. m. [ Globulus. ] Terme de Pbìsique. Petit globe, petit corps rond. ( Le mercure épanché se forme toujours en globules.) GLOBULES. [ Globuli. ] Petits corps ronds formez dans la création du monde par le froissement des parties de la matière, à qui Descartes a donné le nom de second élement. Gadroys , Jyst. du monde. GLOBULEUX , euse, adj. \_Globuhsus.] Matière globuleuse dans le mouvement de laquelle consiste la lumière. Gadroys. GLOIRE, / /. [ Gloria , claritas , amplitude. ] Honneur que l’on a & qu’on s’est aquis par son mérité & par de grandes actions. (Gloire grande, belle, éclatante , immortelle , &c. Gloire périssable , fragile , &c. La gloire est famé de la vertu. Abl. Luc. t. 2 . La gloire de l’homme est comme la fleur de l’herbe. Port-Royal, ép. S. Pierre, ch. i. Avoir de la gloire : conserver , ménager sa gloire : chercher, aquérir de la gloire : être jaloux de sa gloire : être comblé, couronné de gloire: être plein d’une gloire inéfable. P. R. Perdre sa gloire. Que force gens passent pour bien écrire, Et qu’en public ils brillent de bien dire, Je le croi bien. Mais qu’au travail d 1 autrui bien souvent jls ne doivent Toute la gloire qu’ils reçoivent, Je rien croi rien. Abbé Régnier.) (f Le désir d’aquérir de la gloire , est naturel à tous les hommes , & la plupart vieilliroient dans la 5 rfs n etoient pas animez par un sentiment de gloire. Je crois que Mr. de Balzac a dit vrai GLO dans fa septième lettre du quatrième livre : S’ìl n’y avoit point de gloire , je n’aurois point d'éloquence. * GLOIRE. [ Sp/endor , majestés. ] Eclat , Splendeur. ( Le fils de Dieu viendra un jour dans fa gloi- rc. P* /è.) * GLOIRE. C Alterna beatìtudo. ) II se dit de la béatitude dont on jouit dans le Ciel. ( Avoir un avant- goût de la gloire éternelle. Jouir de la gloire éter- nelle.) GLOIRE. [ Decus £/ gloria. ] Ornement. Honneur. ( Moiina est la gloire de notre Société. Pasc. I. j. Le petit M. «'imagine , tant il est sot, être la gloire du Parnasse Franqois. Mr. Arnaud est la gloire de son siécle.) GLOIRE. [ Ostentatio , ventosa inanis gloria.] Le mot de gloire signifiant orgueil, se prend en bonne & mauvaise part ; mais le plus souvent en mauvaise. (11 y a une sote gloire. Abl. Le mot de gloire se prend en bonne part, quand la chose dont on parle, est honnête & avantageuse. II fait aussi gloire de servir son Prince : il fait gloire de faire des vers. II se prend aussi en mauvaise part : il fait gloire d’être ignorant. Gomb. ep. I. i. II a une gloire pédantesque & insuportable : la vaine gloire.) GLOIRE. [ Ccelorum apertorum picíura. J Terme de Peinture. Ciel ouvert & lumineux avec des anges représentez dans une voûte, ou un tableau. On a p elle aussi gloire dans les comédies l’endroit élevé & illuminé , où l’on représente le ciel ouvert & les divinisez fabuleuses. Acad. GLORIA in excelsts , / m. Terme A'Eglise. Cantique des Anges. (Chanter le Gloria in Excelsts.) GLORIA Patri. Terme Latin , qu’on aplique à un homme qui se trouve dans tous les endroits. (II ressemble à Gloria Patri : il se fourre par tout.) f GLORIEUSE,// [_Superba , arrogant. ] Celle qui est superbe. ( C’est une petite glorieuse qui mé- rite d’être jouée.) GLORIEUSEMENT, adv. s Egregiè , praclarè.) Avec honneur. (Combatre glorieusement. Abl. II s’est glorieusement tiré d’afaires. Scar.) GLORIEUX , glorieuse , adj. [ Gloriosus , ìUustris. ] Plein de gloire : illustre: éclatant. (Nom glorieux: action glorieuse : blessure glorieuse. Abl.) GLORIEUX , glorieuse, s Plcn».[ Gnaphalion. ] Plante qui croît au bord de la mer , & qui est astringente & deflìcative , quelque peu salée & aromatique. GNIOLE , / /■ C Cicatrix. ] Mot dont se servent les Ecoliers de Paris , quand ils jouent à la toupie. C’est la marque du fer qu’on y imprime. (Quelle gniole il a fait à ma toupie.) GNOME , f. m. f Gnomis. ] Nom que les Cabal- listes donnent à certains peuples invisibles qu’ils supaient habiter vers le centre de la terre. Voïez le Comte de Gabalis. GNOMON, f m. [ Gnomon. ] Stile de quadran solaire ; il signifie aussi la petite aiguille de cuivre qu’on met au centre d’un petit cercle polaire, sur le méridien d’un globe , & qui a le même mouvement que l’axe. GNOMON. Terme de Géomètre. Ce sont les trois petits parallélogrammes d’un grand parallélogramme divisé en quatre. GNOMONIQUE,/ / [ Gnomonica. ] C’est la sience qui enseigne la maniéré de connaître les heures par le moïen des raïons de quelques astres , & particulièrement du soleil. (La Gnomonique représente sur un plan presque tous les mouvemens des corps célestes. La Gnomonique est belle & curieuse. Aprendre , savoir la Gnomonique. Blondel, Géométrie in 4. p. 21.) Monsieur de la Hire a fait un traité de ìa Gnomonique. GNOSTIQUES , / m. [Gnosiici.] Anciens hérétiques d u prémier siésls , dons Simon le magicien a été comme I 28 GOB comme le père , & dont Saint Epiphane raporte des choses infâmes. Ce mot s’est quelquefois pns eu bon- ne part pour signifier sçavant, comme on volt dans Saint Clement d’Alexandrie. GOBE C Offa veneno infesta. ] C’est un morceau empoisonné dont les bergers font du mal 2 des moutons. Les Chasseurs fe servent de gobe pour faire mou- rîr lp».[ Gummii. ] Arbre des Isles Antilles , ainsi nommé à cause de la grande quantité de gomme qu’il jette. 11 y en a de blanc & de rouge. GOMPHOSE , // [ Gomphofîs. ] Terme d 'Anatomie , qui se dit d’une espèce de jointure des os, lors- qu’ils font emboitez l’un dans l’autre , & immobiles, comme font les dents dans les mâchoires. GOND , f. m. I Cardo. 3 Morceau de fer coudé qui sert à porter une panture. ( Un bon gond.) j- * Sortir des gonds. [ Irasci. 3 Cette façon de parler figurée, signifie, se mettre en grande colère. On dit de même , mettre quelcun hors des gonds. C’est le démonter. GONDEZEL , f m. Espece de coton filé d’une moïenne sorte. GONDOLE, f.s- [ Cymba. 3 Une petite barque fort legére & fort vite , un peu large au milieu , Sc en pointe par les deux bouts , ordinairement couverte d’une étofe noire, & dont on se sert pour se promener sur les canaux de Venise. ( II y a des gondoles de toutes sortes. Prendre une gondole pour se promener sur les canaux de Venise. Prendre une gondole pour se promener. ) Gondole est aussi un petit vaisseau à boire. (f Coftar s’est servi de ce terme , gondole , dans une de ses lettres à Voiture , pag. <;j. des Entretiens ; ,, Si l’Histoire ancienne dit vrai, Hercule a passé des „ jets de mer infiniment longs, dans la même gon- ,, dole où il búvoit d’ordinaire.” Gondole pour une tasse un peu longue dans laquelle on boit, n’est guère en usage ; on dit plutôt tasse , une tasse d’argent, un gobelet de verre. Favin, dans son traité des Ofi- ciers de la Couronne de France , a remarqué , pag. 157. que „ nos anciens Gaulois avoient leurs tasses à „ boire, faites en forme d’ovale, qu’ils apelloientgsl- ,, leolas , & à présent gondoles , par un mot corrompu „ par les Vénitiens , qui ont baptisé de ce nom leurs „ bachots & nacelles pour aller pan leurs rués. No- ,, nius Marcellus, sntim , U vasasnuosa. Varron , ,, livre premier de la vie antique des Romains, Ubi „ erat vinum in mensa postum , aut galeola , aut s- „ num : & de là les Romains avoient fabriqué leur „ verbe galìare , boire à la mode gauloise. GONDOLIERS de trajet ,/. m. Z Cymba duflor. 3 Gens qui se tiennent à la rive des canaux de la République de Venise, pour la commodité des passans. t GONFANON, s. m. [ Vexillum. 3 Ce mot est vieux. C etok une Bannière d’Egliíè. C’est aussi un terme de Blason. ís Le Roman de la Rose : Ces celui qui porta Venseigne De la valeur , gf la bannière , Et ailleurs: GOR _ Tel doit este Joyeux de servir s bon maijbri Et s haut Seigneur de renom , D’amour porte le gonfanon, De courtoise la bannière. Le gonfanon & la bannière étoient deux choses difé- rentes. GONFANONIER ou gonfalonier , s. m. [ Vexillifer. ] Celui qui porte l’étendart de l’Eglise chez les Florentins , c’est un Magistrat. On a dit aussi, les gonfano- nier* des Eglises de Saint Denis en France , de Saint Martin de Tours, &c. GONFLEMENT,/ m. [ Inflatìo , tumor .2 En. flure. ( Cela cause de dangereux gonflemens. L’éfet du remède est de dissiper les gonliemens, qui font de fâcheux accidens.) GONFLER , v. a. £ Tumesacere. ] Enfler. Remplir. ( Le millet gonfle. Retenant alors son haleine Dans les concavite2 de son petit poumon » Elle se gonfle un peu de vent dont elle es pleine. Le Noble.) SE GONFLER. [ Tumescere. 3 S’entìer. (Les veines se gonflent. Nous sommes dans un sécle où chacun veut s’enfler, D’une vanité Jbtte on cherche à se gonfler. Bouts. Esope.) GONIN. [ C a tus. 3 Fin & rusé. ( C’est un tour de maître gonin : Gardez-vous-en, c’es un maître gonin, Vous en tenez , s’il tombe fous fa main. La Font.) GONNE , / f Terme de Marine. Futaille à mettre de la bierre ou autres liqueurs , un peu plus grande qu’un baril. GONORRE'E, f f. (Seminis posuviums Terme de Médecin. Perte de sénience qui se fait involontairement sans érection , fans plaisir, ni pensée qu’on jouisse d’aucune femme. 11 se dit aussi des sommés. ( Les atouchemens impurs causent aux jeunes filles des gonorrées virulentes. Maurìceau , traité de l'acouche- ment. Empêcher , arrêter une gonorrée : guérir quelcun d’une gonorrée virulente.) f GORAO , s m. Etofe de foie qui se fabrique à la Chine. GORD. Pieux fichez dans la rivière pour les pêcheurs. {§ L’Ordonnance de 1669. tit. de la pêche , art. ne permet de pêcher en quelque saison que ce soit, que depuis le lever du soleil, jusques à son coucher, snon aux arches des points , aux gords où se tendent des dideaux ; aufquels lieux ils pouront pejcher tant de nuit que de jour , pourveu que ce ne soit à jours de Dimanches , ou de Festes , ou autres défendus. On apellc gours dans quelques Provinces, ce que l’Ordonnar.ce apelle gords , & ce sont des amas d’eau plus grands que de simples mares. Je crois que ce terme vient de gurges. On apelle ainsi gords , certains espaces de rivières enfermez dans des pieux, pour y pêcher plus sûrement : mais ce n’est pas de ses gords dont l’Or- donnance entend parler , puisqu’elle les défend comme contraires à la navigation. f GORD , se dit aussi du filet qui se met à la sortie du Gord , pour arrêter le poisson. t GORET, / m. [ Porcellus. 3 Mot burlesque, pour dire , un cochon. (Un petit goret.) Le Noble, dit aussi gorillon. GORET. Terme de Cordonnier. C’est le prémier compagnon de ta boutique du Cordonnier , sur lequel le maître se repose. GORET, / m. [ Scopa nauticas Terme de Marine. Balai plat sait entre deux planches, pour nétéïer la la partie du vaisseau qui est dans l’eau. GORGE, / / [ Fauces. 3 Le fond de la bouche qui tient au gosier. (Avoir la gorge enflée. Avoir mal à la gorge. Couper la gorge à la garnison. Vaug. Quint. I. 4.) GORGE. [ Pefltis , mammœ. J Sein de femme. (Elle a une fort belle gorge. Cacher sa gorge. Découvrir sa gorge. Montrer sa gorge. Une gorge bien taillée. Une gorge plate. EMe GOR Ette a bien quatorze ou quinze ans , Fiére , mais fans être farouche, Les cheveux blonds, les yeux perçans, Une gorge naissante , £«? sur tout une bouche Boursaut, lettres.) * GORGE. Ce mot, au figuré, a un sens assez étendu. ( Exemples. Cette asaire me coupe la gorge. Abl. £ Me jugulât ijìud negotium. 3 C’est-à-dire, cette a faire me ruine. Je coupe la gorge à des gens qui ne m’ont jamais fait de mal. Le Comte de BuJJt. f Viros opprima de quibus numquam malè sum mcrìtui. ] C’est-à-dire, je fais un sanglant afront , un tort cruel. II faut que vous lui aïez fait écrire cela le poignard sur la gorge. Voit. /.$ 7 . £Necem intentons .3 C’est-à-dire, en le forçant. * Tenir le pie fur la gorge, s Aliquem opprimere. J Sorte de Proverbe , pour dire , forcer , contraindre à faire quelque chose malgré qu’on en ait. * Prendre un homme à la gorge. [ Vi opprimere. j] C’est le contraindre avec violence à faire quelque chose. f * Cela ne passera pas le neud de la gorge, s Altum erit hàc de re Jilentium. ] C’est-à-dire , qu’on gardera le secret , & qu’on ne découvrira pas la chose qui a été confiée. f * Rire à gorge déplaiée. s Cachinmim tollere .3 C’est rire par excès. Rendre gorge, c’est vomir. Abl. Luc. s Egurgitare.] f * Rendre gorge , se dit aussi pour, rendre ce qu’on a pris injustement. ( II avoit pillé les peuples, mais on lui a fait rendre gorge. f GORGE chaude , signifie en ternies de Fauconnerie , la chair des animaux vivans qu’on donne aux oiseaux de proie. Faire gorge chaude d’une sotise devant quelques personnes. [ Irridere. 3 Ceji un bon mâle , il a la gorge noire. Pour dire, c’est un bon compagnon. Cet homme ef chatouilleux de la gorge , pour dire qu’il est en paííè d’être pendu. GORGE. [ Columba. J Ce mot se dit entre gens qui font trafic de pigeons. ( C’est un pigeon qui boule, qui a une grosse gorge. Acheter , ou vendre de belles gorges. Ce font de belles gorges pour mettre dans des volières. ) GORGE. [ Fauces. ] Ce mot signifie l’entrée d’un pais qui est ferré par des montagnes. (On ne peut entrer dans la Valteline que par une gorge que laissent Jes montagnes.) On dit, en termes de Chasse, qu’un chien a belle gorge. [ Vax magna U plena. 3 Quand il crie bien , & qu’il a la voix grosse & forte. GORGE. £ Rumen , ingluvies. 3 En termes de Fauconnerie c’est le sachet supérieur de l’oiseau , qu’on 8'c • qu 1 ce qu’on donne à manger a de prendre. Grasse gorge, c’est de la viande grossière sans être détrempée avec de l’eau. GORGE. Terme d’Imager. Morceau de bois tourné qu’on met au-dessus des cartes de Géographie , ou des images fur toile. (Tourner une gorge.) GORGE. C Pars vajls amplìor. 3 Terme de Potier d’étain, qui le dit en parlant de certains pots. C’est la partie du pot qui prend depuis le couvercle jusqu’au : milieu du pot. ( Gorge de pinte : gorge de chopine, de flacon.) GORGE. [ Inforfum incise. 3 Terme d Orfèvre & de Potier d’étain. C’ëst l’ouverture ronde au bassin à barbe ; dans laquelle on met le cou quand on fait la barbe. ( Une gorge de bassin trop étroite : la gorge de ce bassin à barbe est mal faite.) GORGE. [ Pars jìricíior epyflìln. 3 Terme A Architecte. La partie la plus étroite du chapiteau dorique, entre l’astragale du haut du fût de la colonne & des .annelets. ( Gorge de colonne.) GORGE de pigeon. [Or. 3 “Terme á’Eperonnier. Nom qu’on donne à une forte d’embouchure. GORGE de pigeon. C Palumbinm color. 3 11 se dit des étofes qui changent de couleur , selon qu’on les expose diversement au soleil , comme cela arrive aux plumes du cou des pigeons. GORGE de baflion. f Cortina _ produnto. 3 C est la prolongation des courtines, depuis les angles des courtines & des flancs, jusques au centre du bauion ou elles se rencontrent. GOT 1 3 1 GORGE rouge , / f [ Erìthacm. ] C’est un petit oiteau qui a la gorge rouge. 1 Demi gorge. C’eít la partie d u poiigone , qui est depuis le flanc , jusqu’au centre du bastion. Coupe gorge, J. m. £Locm intmiecìmis.) 8 e dit d’un lieu a 1 ecart ou l’on vole & l’on tué, & d’une hôtellerie ou Ion est ranqonné en païant beaucoup plus . qu n ne faut. ‘ 1 GORGE , gorgée, adj. f Repletiu,] Plein. Rempli. ( Langue gorgee d’humidité. Deg.) GORGE', gorgee. £ Tumefacius. 3 Ce mot se dit des chevaux, & veut dire , enflé. ( jambes gorgées. 80 - leijel , parfait Maréchal.) GORGEE , J. f. [ Haustm. 3 Plein la gorge. (Une petite gorgee. Avaler urie gorgée de botìiilon.) GORGER, v. a. [ 'Fumesacere. j Enfler. (. Les mu- les, les poireaux , les crevasses & les mauvaises eaux gorgent les jambes dés chevaux. Soleijèl , Maréchal.) . j?® GORGER, v. r. f dis ingurgitare. 3 Se remplit Risques a la gorge. (Se gorger de viandes. Paug. Quint. L 9 . Se gorger de boire L de manger, p Ab. /. 9 -) & * SE GORGER. ( Cumulari bonis.'] Ce mot est élégant au figuré, & peint bien. ( Se gorger d’or & d’ar- gent. Vaug. Quint. L ç. c. 1 . Se gorger de plaisir.) GORGE'RES , f f. Terme de Marine. Pièces de bois recourbées , qui forment le dessous de l’épe- ron du côté de l’eau. On les apelle aussi coupe gorges. GORGERETTE , gorgette , f f. f Mamillare , pccío- ralis fajcia.] Les femmes qui parlent le mieux, disent gorgerette. C’est un morceau de linge en quarté qu’on met sur le cou du corps de jupe qui prend par devant & par derrière, & qu’on atache avec des rubans & des épingles. II n’y a guère que des païsannes qui portent des gorgerettes. ( Une gorgette ou plûtôt gorgerette bien faite.) GORGERIN, f. m. Partie d’une armure qui sert à couvrir la gorge , & qu’on nomme à présent baujj'e- cou.) GORGERIN. En Architecture , est la petite frise du chapiteau Torique. GORNABE , ou gournable. Terme de Marine. Nom qu ’011 donne aux chevilles de bois qui ne font point façonnées. D’où vient qu’on dit, gournabler un vaisseau , quand on y met des gournables. GORT- Lieu ferré d’une rivière , commode pour prendre le poisson. GOSIER , f m. [ Jugulurn , œsophagus.] Canal par lequel ce qu’on boit & ce qu’on mange décend dans le ventricule. ( Grand , ou petit gosier. II fut au cabaret avec deux bons compères , A gosiers altérez , N panses potagères, On y but, on y fit raison. Le Noble.) f * II a le gosier pavé. f MaxilLu habet majores. 3 On le dit d’un homme* qui mange, ou avele des choses fort chaudes fans se brûler. 4= GOSIER, se dit aussi du conduit par où sort la voix , & qui sert à la respiration. ( Le gosier d’un rossignol. Cette femme a un beau gosier.) GOSSE ifs £ Ferrew annulus, ] Terme de Marine. Anneau de fer que l’on garnit de petites cordes, pour empêcher que les gros cordages qui passent , au travers, ne se coupent. 4= GOTIN, f. m. Sorte de mirabolans , qui ne font gueres diférens des mirabolans Belleris. GOTIQUE , ou gothique. £VetuJhu, antìquus.] Antique , groslier. ( Vous avez des manières barbares & gotiques. Vos expressions ont un certain air godque. P. Royal.) GOTIQUE , ou gothique adj , [ Gothicm. ] Qui est fait à la maniéré des Gots : qui a été pratiqué par les Gots. (Architecture Gothique. Lettres Gotiques.) jff Dufrefnoi a fort bien décrit le Gothique dans la Peinture. „ N’aïez (dit-il) aucun goût pour ies or- „ nemens Gothiques , qui font autant de monstres „ que les mauvais .siécles ont produits, pendant les- „ quels, après que la discorde de l’ambition causées „ par la trop grande étendue de l’Empire Romain, ,, eurent semé la guerre , la peste & la famine par „ tout le monde-, on vit périr les plus superbes édi- „ fices , & la noblesse des beaux Arts s’éteindre & „ mourir. Ce fut alors que la Peinture vit consumer Tom. II. R r íts 132 GOU „ ses merveilles par le feu , Sc que pour ne point périr avec elles . on la vit se sauver dans les lieux , me enseveli —.- ., - ' pendant abatu sous le poids de ses crimes, ne me- '' fi tan£ pas de jouir de la lumière , fut envelopé dans '' ime nuit afreuse , qui le plongea dans une abîme ’’ doreurs , & répandit les épaisses ténèbres de l’i- ’’ gnorance dans ces malheureux siécles , pour les ’’ punir de leur impiété : ainsi de tous les ouvrages ’’ de ces grands hommes de la Gréce, il ne nous est ’’ rien resté de leur Peinture & de leur coloris, qui ’’ puisse aider nos Peintures, ni dans l’invention , ni ’, dans la manière, &c. GOTON , s s. [ Margarita. ] Nom de fille, qui veut dire , petite Marguerite. ( Goton est jolie. Go- ton est belle.) GOUDRAN , s >»■ [ Fasck pice illitus. ] Terme de Guerre. Petite facine trempée dans la poix noire, cire neuve , & colosane, servant à mettre le feu aux galeries & aux traverses. GOUDRON, ou goudron, f m. [Pix. ] Terme de Marine. Sorte de résine dont on se serc pour boucher les jointures du bordage , arrêter les voies d’eau, Sc donner le radoub. GOUDRONNER , ou goudronner , v. a. [ Pice illine- re.) Goudranner les cordages , c’est les enduire & les froter de goudran.) GOÚET , ou godais , f m. [ Uva rabuscula. ] Sorte de gros raisin vineux. Le gouet est le moins délicieux de tous les raisins. On apelle aulh de ce nom le vin qu’on en fait. Le gouet est le moindre de tous les vins. ) GOUE'TRE, s f. [ Hernia guttural Prononcez goitre. II fe dit fort souvent au pluriel. Enflure fort grosse qui vient au cou, au dessus de la gorge. ( Les habitans des Alpes font sujets aux gouétres, à cause des néges fondues qui rendent leurs eaux mal saines. Les Piémontois font tourmentez de la goitre. Richard Cajsrf, voyage d’Italie.') GOûE'TREUX , goitreuse , adj. [ Gutture herniosm. ] Qui est sujet aux gouétres. ( Les Valaisans font presque tous goitreux. Elle est goitreuse.) GOUFRE , s m. [ Gurges , barathrum .] Endroit d’un fleuve, ou d’une rivière fort profonde , Sc où Peau tournoïant, engloutit ce qu’elle peut. ( Un dangereux gousse. ) * GOUFRE. [ Malorum gurges U vorago. ] Ce mot, au figure , peint bien les choses. (Exemple. Se plonger dans un gousse de malheurs. Abl. Luc. C’est un gousse où la pudeur ne peut éviter un triste naufrage. ( Patru , plaid. II.) + * C’efi un gaufre dargent. [ Pecunia vorago. J II se dit d’une afaire où il faut toujours emploïer une grande quantité d’argent. On dit que Paris ejì un gaufre qui consomme une infinité de vivres & d’autres provisions qu’on y aporte. t GOUGE , f /• ( Mulier libidinosa , scortum. ] Celle qui est de mauvaise vie. (C’est une franche gouge. Scar. Poéf) GOUGE. [ Cxsa. ] Terme de Menuisier Sc d’autres Artisans. Outil de fer taillant par le bout qui est en forme de demi canal. GOUJAT s.s m. [ Calo, lixa. ] Valet de soldat fantassin. 1 ( Un misérable goujat. Pilon arme les goujats & les déserteurs. Abl. Tac. ann. I. 2 . 11 se trouva quantité de goujats. Vaugela >, Quint. I. 6. ch. Z. Tout bien considéré, Vaut mieux Goujat debout , qu’Empereur enterré. La Font.) GOUJAT. Terme de Maçon. Celui qui porte le mortier avec l’oiscau. t GOUINE , s f. [ Scortum. ] Putain. (C’est une franche goùine. II a quité là goiiine.) GOUJON , J- >»■ [ Gobio , gobiw .] C’est une forte de pétit poisson de mer & de rivière , couvert de petites écaillés , de chair molle & fans beaucoup de goût. Rond. Le goujon est de bon goût , de de facile coéìion , la chair tient un milieu entre le sec & l’humide. ( On mange le goujon frit , ou bouilli. ) GOU GOUJON. C Fibula serrea. ] Cheville de fer. Ter- me d’Artisan. (Faire un goujon.) GOUJON. [ Clavm ligneus. ] Terme de Charon. Morceau de bois rond qu’on met dans les trous des jantes pour les faire tenir ensemble. GOUJURE , s s í Crena. ] Terme de Marine. Entaille que l’on fait autour d’une poulie pour en cocher Perse , ou autour du cap de mouton où passent les haubans. í GOUJURE de chouquet. C’est lentaille qu’on fait à chaque bout , par où passe la grande étague. t GOULE'E , s s [ Buccea , baujim. ] Grande bouchée. Ce qu’on avale tout d’un coup fans reprendre haleine. ( Cet homme avale une chopine d’une goulée. 11 ne feroit qu’une goulée de ce pâté.) GOULETS. L’Auteur des ruses innocentes explique ainsi le terme goulets : ,, Ce font entrées qui ,, vont s’appetissant dans le milieu d’un filet, enfer- ,, te que le poisson voulant entrer , il est conduit par ,, ces goulets dans le corps du filet, où étant, il ,, n’en peut plus sortir, à cause qu’il ne sauroit plus ,, trouver le lieu par où il est entré, qui est trop petit.” Le vulgaire apelle un trou, un goulet. GOULETTE , f /. Terme d’ Architetture. Petit canal taillé fur des tablettes de pierre, posées en pente , interrompu d’espace en espace par de petites coquilles d’où sortent des bouillons d’eau. GOULIAFRE , adj. Sc Heliuo. ] Glouton: homme qui mange avec avidité. Ce terme est bas. GOULOT , goulet , f m. [ Os, gutur. ] L’usage est pour goulot. C’est la partie de la bouteille par où coule le vin ou autre liqueur. C’est la partie du pot, du vase, ou de la chevrette de l’Apoticaire par où coule le sirop, ou autre liqueur. GOULOTE , f f. Terme à’Architecture. Petite rigole taillée sur la cimaise d’une corniche , pour faciliter l’écoulement des eaux de pluie par les gargouilles. ) GOULU , goulu'ê , adj. & f [ Cibi avidus, gulosus.'} Glouton , qui mange beaucoup & fort vite. (II est goulu. Elle est goulue. Or ce Renard étoit de nature goulue, Et ne vouloìt rien que pour foi. Le Noble.) GOULU ,f m. [ Gulo. J Gourmand. (Gros goulu.) GOULU , f. m. Animal sauvage fort noir & fort luisant qu’on trouve en Laponie , & Moscovie , qui vit dans Peau & fur la terre. II est gros comme un chien. 11 a des dents de loup , le museau d’un chat, le corps & la queue d’un renard. Les piez courts & la tête ronde. II ne vit que de charogne, & en mange tant qu’il devient gros comme un tambour. 11 fe presse alors entre deux arbres pour rendre ce qu’il a mangé, mais il ne l’a pas plutôt rendu qu’il s’en remplit. Pour atraper le goulu , les Lapons le tuent à coup des flèches lors-qu’il se presse entre deux arbres pour rendre ce qu’il a mangé. Voïez l’Histoire de la Laponie de Scheffer. GOULUMENT , adv. [ Voraciter. ] D’une maniéré goulue. Manger goulûment.) GOUME'NES. Terme de Marine. Cables qui fervent à arrêter & affermir le navire contre l’éfort des vents. En termes de Blason, on apelle Gunter,es les attaches des ancres , du mot Italien Gomene. * GOUPIL , f m. [ Vulpes cunicularìa. J Vieux mot , pour dire , renard. ( A goupil endormi rien ne lui tombe en gueule ; on dit a cette heure , à renard endormi rien ne lui tombe en la gueule.) GOUPILLE , f f. ( Acicula. ] Terme d 'Horloger Sc d’autres. Sorte de petite clavette. Petite pièce de fer ou de léton plate en forme de languette, pour mette dans les ouvertures des ché villes de fer, Sc c. afin de les tenir fermes. GOUPILLE, ferme de Cbartier. Cuir tortillé, ou autre pareille chose qui est au bout de l’effieu pour empêcher qu’elle ne sorte. GOUPILLE. Terme d’Arquebusier , If c. Petite pointe qui passe au travers du tenon, & qui tient ferme dans le fût le canon de Parme à feu. GOUPILLER, v. a. Terme d’ Horloger. ( AcìculU firmare. ) Mettre une goupille. ( Goupiller la cage d’une montre.) GOU- GOU GOUPILLON, f m. [AflcrforiumJ Bâton Ion?* d’un grand pié & demi, au travers du bout duquel on atache plusieurs brins du poil pour nétéïer les pots où l’on ne peut fourrer la main. (Un bon goupillon.) GOUPILLON. Ajpersoir. Voïez Ajpersoir. [ AJper- giUum .] On faisoic autrefois dans l’Eglise l’asperiion avec un goupillon de la queue d’un renard , & pour cela on apelloit l’afperfoir goupillon , du Latin vulpUio. t GOUPILLONNER , v, a. [ Purgare. ] Nétéïer un pot avec un goupillon, ( Goupillonner un pot.) GOURD , gourde , adj. [ Frigore aàfirìUus , Jìu- pens. 3 Qui n’a presque point de sentiment dans quelque partie du corps à cause que cette partie est saisie d’un grand froid. ( Avoir les mains gourdes.) f * II n’a pus leS' mains gourdes. [ Stupides manus non hahet. ] C’est-à-dire , il est promt & habile à prendre. f * II n’a pns les piez gourds. [ Citò curfum capeJJ!t.~\ C’est-à-dire , il est prêt à courir. t GOURDE, f f. \_Cucurbìta.~\ Espèce decalebace, où l’on met de quoi boire. f GOURDIN , f. m. [ FufiislJ Bâton gros , & court. (11 a eu des coups de gourdin. Donner des coups de gourdin. ) * GOURDINER, v. n. [ Fujìe dolare. ] Donner des coups de gourdin. ( On l’a gourdiné comme il faut.) 4= GOURE- Les Droguistes apellent ainsi les tamarins falsifiez avec de la mélasse, du sucre & du vinaigre. 4= GOURE , se dit aussi de la therebentine de Venise ou de Pise , contrefaite par les Colporteurs. On le dit encore de toutes les drogues fofistiquées. f GOUREAU , f m. Figue violette très-grossie & très-longue. î GOUREURS, f m. On donne ce nom aux petis Epiciers, qui falsifient les Drogues , en les mêlant de mauvais ingrediens. t GOURGANDINE , f f- l Meretrix , lupa. ] Mot bas & satirique , pour dire , une femme ou fille perdue & de mauvaise vie. ( Une grossie gourgandine : elle a l’air d’une gourgandine : épouser une gourgandine. Scar. Po'és.) . GOURGANDINE. Ajustement de femme qui consiste en un corset ouvert par devant , & qui laisse voir la chemise. Plusieurs Poètes comiques de ces derniers tems Pont tourné en ridicule. GOURGANES , s-f- [Fabœpaludum .] Sorte de petites fèves de marais qui font douces. t GOURMADE , s f C Pagni Mus. ] Coup de poing donné en fe batant. (Us fe font donnez des gourmades. ) GOURMAND , gourmande , adj. [ CuU deditus , gulosus. ] Qui mange beaucoup : goulu. ( 11 est gourmand : elle est gourmande.) jg" Athenée, liv. i. fait mention de plusieurs gourmands de son tems, qui excéloïent dans l’art de gourmandise. 11 parle d’abord d’un certain Philoxéne, qui avoit fait un traité avec les Oficiers d’un particulier, pour qu’ils n’aportaffent fur la table que des mets tout brûlans, afin qu’il pût lui seul en manger, s’étant acoùtumé aux viandes les plus chaudes ; ce qui donna lieu à un Poète de dire , que l'on gosier étoit une cheminée à l’épreuve de i’ard.-ur la plus vi- e du feu. _ ^ GOURMAND , f m. [Voraxfi (C est un gourmand.) GOURMANDE , f f C Gulofa. ] (. C’est une gour- nande.) , , GOURMANDER, v. a. [ Objungare , indigne traiïa- ■e. ] Maltraiter une personne de paroles : quereller. Commander un enfant. Alexandre voïant ses gens en léroute , les gourmande & les ramène au combat. 7 aU g. Quint. I. 4» c. is- Ne vous laissez point gour- nander par vos malheurs. La Bruyère. II marche fièrement , un air inhumain Gourmande en lui tous ceux qu’il trouvei en son chemin. Villiers, amitié.) Les meilleurs Ecuïers que j ai connus , m ont lit qu’en dressant les jeunes chevaux qui leur plai- oient le plus , ils fe gardoient bien de les gourman* ler de peur de leur faire perdre cette gentillesse, iu’ìÎs táchoient de leur augmenter par caresses. L* Ihevalier de Miré , des agrément. GOlI ; H 3 * GOURMANDER. [ Ejsrenum efe-. ] II sc dit des chevaux qui sont dificiles a monter. ( Ce cheval gourmande son cavalier ; c’est-à-dire , ne lui obéît pas, le secoue & s’éforce de le jetter bas.) * GOURMANDER la valeur. Théop. Poés. ( Commander l’imprudence. Dejpr.) í * GOURMANDER .ses pqjjions. C’est s’@n rendre le maître , les tenir assujetties à la raison. GOURMANDISE , f f. [ Gula , ingluvies . '] Intempérance dans _ le manger. ( La gourmandise , selon Efcobar, feroit un péché véniel , fi fans nécessité on sc gorgeoit de boire & de manger. PaJ'c. I. y.) GOURME , f f. [ 'Struma . ] Décharge d’humeurs superflu-ës contractées dans la jeunesse des chevaux, qui se fait ordinairement par abcès au dessous de la gorge entre les deux os de la ganache ou par les naseaux. ( Cheval qui jette sa gourme. Soleifel , Ma* réchal. ) GOURME. [ P ut ris pituita. ) Est aussi une humeur corrompue qui sort du corps des enfans. (f * C’est un jeune homme qui sera sage quand il aura jetté fa gourme ; c’est-à-dire , quand il sera un peu plus âgé.) GOURMER , v. a. [Lupatos equi catellârejlringere.2 Atacher la gourmette à un cheval. ('Gommer un cheval.) f * GOURMER. ÍPugnis cadere , pugnos impingere.J Batre à coups de poing. (11 gourme tous ses camarades. Us se sont gommez comme il faut.) Qu’ils s’acordent entre eux , ou fe gomment, qu’importe.) Mol.) GOURMET , / m. [ Naturel vini intelligent. ) Celui qui goûte le vin fur les ports de Paris , qui voit s’il n’est point frelaté, & qui a soin que le Bourgeois l’a* chéte loïal & marchand. (Un bon gourmet.) GOURMETTE , f.s. [Lupati catella.J Terme à’Epe- ronnier. Espece de chaîne atachée à la branche de la bride & placée fous la barbe du cheval. (Atacher la gourmette.) 4= * Rompre fa gourmette , fe dit d’un homme violent, qui s’abandonne à son tempérament, aprés s’é- tre contraint quelque tems ; & d’un homme qui s’abandonne au jeu, à la débauche , après avoir vêcû dans la retenue. 11 a rompu fa gourmette il n’écoute plus rien.) £ GOURMETTE. On nomme ainsi la garde que les Marchands ou Voituriers par eau mettent fur leurs bateaux , pour avoir l’œil à la conservation des marchandises. GOURMETTES. Terme de Marine. Valets de navire qui servent à nétéïer le vaisseau , à tirer la pompe , à haler sur les cordes, &c. f GOURNABLES , f m. pi. Terme de Marine, On apelle ainsi certaines chevilles de bois qui ne sont point façonnées , & dont on se sert pour atacher les planches du bordage avec les genoux, les allonges, & les autres membres d’un vaisseau. Aubin. 4 GOURNABLER un Vaisseau. C’est mettre des chevilles pour la construction & liaison du bordage d’un vaisseau. GOUSSAUT, adj. m. Terme de Manège II sc dit d’un cheval court de reins , qui a l’encolure épaisse & les épaules grosses. ( Les chevaux goussauts ne sont bons que pour être limoniers.) t GOUSSE, f f. [ Siliqua. ] Enveloçe qui couvre plusieurs sortes de légumes. Voïez Cojfe. GOUSSE d’ail , f f. [ Aiii Jìica, ] Partie de la tête d’ail. (Une grosse gousse d’ail. Sitôt que Henri IV. fut né , son grand-pére lui frota ses petites lèvres d’une grosse gousse d’ail , & lui fit sucer une goûte devin. Hifioire de Henri IV. ) GOUSSES. [ Encarpi. ] Terme d’ Architefiure. Certaines moulures & ornemens qui sont en chapiteau ionique. Elles font comme des écosses de fèves. GOUSSET if m. [Parva crumena.2 Maniéré de petit sachet qu’on atache à la ceinture du haut-de- chausse par dedans, & où l’on met de l’argent, oa une bourse, ( Gousset troué. II a le gousset bien garni.) GOUSSET. Terme de Menuisier. C est un bout d’ais chamtourné pour soûtenir des planches, ( 11 faut mettre , ou atacher un gousset pour soûtenir cot ais.) GOUSSET. Terme de Çoututiéres en linge. Morceau R j de 134 GOU de toile en quarré, lequel sert à faire tenir le corps de la chemise avec la manche de la chenille , & elt tout contre faisselle. ,, , GOUSSET i piéce de f armure d un gendarme qui se met sous faisselle , qui est faite en équerre , & qui a une branche ouverte plus courte que f autre. GOUSSET, en termes de Marine. C’est un morceau de bois, au bout duquel il y a deux tourillons qui entrent dans deux bêrotins au deuxième pont du vaisseau. H GOUSSET, se dit aussi en termes de Marine, de la barre du gouvernail dans les petits bâtimens. On donne aussi ce nom à la boucle de fer qui est autour du bout du timon du gouvernail, & où la manuelle entre pour le joindre. Aubin. GOUSSET, est un petit siège garni qu’on met à la portière du carosse. , GOUSSET. Terme de Blason. Piéce irreguliére, faite en faqon "de pupitre , qui prend en flanc des deux angles du chef de f écu , & forme un pal qui fe termine à la pointe. * GOUSSET , s m. [ Fator bìrcinm. ] C’est une odeur fade qui vient de faisselle de certaines gens. (Elle est assez jolie, mais elle sent un peu le gousset. Le s vieux égouts tzf les puants cautères, Et les goussets de gens déamour épris Devant son pié pajsent pour ambre gris. Poète anonime.) GOÛT , f m. [ Gustus. 3 Un des cinq sens situé en la langue par lequel on juge des faveurs. ( On dispute si le jgoût a aussi son siège au palais. Les goûts font diferens. Avoir le goût fin & délicat. Elle a le goût dépravé.) Entrer en goût. [ Cibum apetere. ] C’est commencer à avoir de l’apétit. . (C’est un bon signé quand un malade commence d’entrer en goût.) * GOÛT. Ce mot, au figuré, a un usage fort entendu. ( Avoir le goût bon. f Sapere. 3 C’est aimer ce qui est bon. Se faire le goût aux ouvrages antiques. Homme de bon goût. ) f Sapidité , limati judicìì. ] Homme de mauvais goût. f Infipidtts , infitlsus .3 C’est- à-dire , qui juge bien ou mal des choses. Trouver une cbose à son goût. Mol. [ Suavìtate duci. ] C’est-à-dire, à fa fantaisie. ( Le goût de Paris s’est trouvé conforme au goût d’Aténes. Racine. Le bon goût vient plus du jugement que de f esprit. La Bruyère. ) fg On se sert du terme goût dans plusieurs sens ; mais je ne voudrois pas que l’on imitât Malherbe, quia dit dans les Larmes de Saint Pierre: N’ont goult qu’à des ordures. Et dans ses stances pour Alcandre: Mais de m’oser le goust d’une s chère joye. On ne se sert point de goût & goûter dans les choses tristes & désagréables ; ainsi ces deux vers nc font pas imitables : II a toujours goûté les outrages du fort, La prison, les douleurs , la misère & la mort. On dit pourtant, II a goûté de la bonne , U de la mauvaise fortune : mais on volt dans cette expression, qu’u n homme a été heureux & malheureux, fans pourtant avoir été ni fort heureux , ni fort malheureux. Voici f observation de Mr. Chevreau, fur f u sage du terme goût : ,, Nos sens n’ont goût qu’à cela : prendre „ goût à un séjour : mon goût cherche f empêchement, ,, pour dire , la dificulté me plaît , font des manières ,, de parler un peu trop hardies ; & je ne crois pas ,, que ceux qui ont le goût bon, voulussent jamais ,, s’en servir.” Malherbe avoit tant de goût pour ce terme qu’il l’emploïoit dans tous les sens qu’il peut avoir. Dans une lettre à Mad. la Princesse de Conti : Vous pouvez bien juger que ce goût leur es commun avec une insnìté de bons serviteurs du Roi. Goût est la pour douleur , regret de la mort du Chevalier de Guise. Et un peu plus bas : S’il fait des choses contre notre goût, il rien fait point qui ne soient pour notre bien. GOÛT. [ Exisimatio , judicium.’] Terme de Peinture. Idée qui fuit l’inclination que les Peintres ont pour certaines choses. Maniéré. (.Voila un ouvrage de grand goût , pour dire, que tout y est grand & noble, bien prononce & bien destine. De Piles.) íg II est vrai ce que dit le Traducteur de l’Art de Peinture de du Frelnoi , que goût est une idée qui fuit l’inclination que les Peintres ont pour certaines choses GOU L’on dit, Voilà un ouvrage de grand goût ; pour dire, que tout y est grand & noble ; que les parties font prononcées & dessinées librement; & que les airs de tête n’ont rien de bas chacune en son espece ; que les plis des draperies sont amples , & que les jours & les ombres y sont largement étendus. Dans cette signification , l’on confond souvent goût avec maniéré ,. & l’on dit tout de même : Voilà un ouvrage de grande maniéré. , GOÛT , f tn. [Sapor, gusus.2 La qualité de la chose qu’on goûte. La saveur. ( Viande de bon, ou de mauvais goût. Cela donne du goût à la viande. Le goût des fruits est agréable. Notre hôte cependant s’adrejsant à la troupe, Que vous semble , a-t-il dit, du goût de cette soupe. Defpr.) Le haut jgoût. f Acuti cibi. ] C’est tout ce qui réveille l’apetit , & qu’on met dans les sauces, comme le poivre , la muscade, le citron , le verjus , &c. (Aimer le haut goût. Le haut goût n’est que pour les ivrognes, à ce que disent Meliìeurs les Médecins: mais la plûpart des Médecins sont aussi favans en cuisine qu’en Médecine. On dit proverbialement, qu’il ne faut point disputer des goûts. On dit aullì d’une chose trop chère , que le coût en fait perdre le goût.) GOUTANT, ante, adj. \JGuttatim cadens.] Qui tombe goûte à goûte. Ce mot, en ce sens , n’est que dans le Dictionnaire du P. Tachard. (Du vin goûtant , de Peau goûtante.) GOÛTE', f m. [ Merenda , gusarium.'] Ce mot signifie le repas qu’on fait entre le dîner & le souper, mais ce mot, en ce sens, ne fe dit guère que parmi le petit peuple & le bourgeois. En fa place, on fe sert à la Cour du mot de colation ; on n’y dira point; (Voila le goûté de la Reine, ou de Mr. le Dauphin, mais voila la colation de la Reine ou de Air. le Dauphin. (§ GOÛTE'. C’est ce que les Latins ont apellé an- tecœnìum. Merenda , c’est un second goûté que l’on donne à ceux qui travaillent à la terre dans les grands jours. La coûtume étoit autrefois de leur donner, après le goûté, à boire & quelque chose pour les soulager dans le long travail & dans les chaleurs qu’ils étoient obligez destiner. C’est ce que nous aprenons d’isidore : Merenda es qui déclinante sole sumitur cì- bus. Calpurnius , dans son églogue ç. v. 6o. explique clairement ce que c’est que merenda: Verùm ubi dec.livi jam nona tepefeere sole Incipit, seneque videbitur hora merendae. On est encore à présent, en beaucoup de lieux, dans l’usage d’un second leger goûté, pendant les chaleurs de l’Eté. GOUTE , f f [ Gutta, silla. ] Partie de quelque liqueur que ce soit qui tombe. (Une petite goûte. Une goûte d’hipocras. Boire une goûte de vin. Unt goûte d’eau. La soeur lui tombe à grosses goûtes. Çg Parmi les épigrammes de Marot, nous lisons celle-ci : Monseur íAbbé , fg Monseur son valet Sont faits égaux tous deux comme de cire , L’un ejì grand fol , l’autre petit folet » L’un veut railler , l’autre gaudir (if rire, L’un boit du bon , l’autre ne boit du pire : Mais un débat au soir entre eux se meut, Car maître Abbé toute la nuit ne veut Etre fans vin, que fans secours ne meure, Et son valet jamais dormir ne peut Tandis qu’au pot une goûte en demeure. GOUTE à goûte , adv. C Guttatim. ] Peu à peu» (L’eau qui tombe goûte à goûte , creuse le plus dur rocher. Ces mots, au figuré, signifient que les moindres éforts souvent réitérez produisent enfin un grand éfet.) GOUTE. [ Vinum protropum. ] Ce mot se dit entre Vignerons. C’est le vin qu’on tire fans pressurer. (C’est du vin de la prémiére goûte. Mère goûte.) * GOUTE. [ Scintilla. 3 Ce mot se dit au figuré. Exemple. ( Parmi un torrent de belles paroles il n’y a pas une goûte de bon sens. Abl. apoph.) On dit, c’es une goûte d’eau dans la Mer. \_Aqu Celle qui vous presfoit de courir au batéme, Languissante déja , cesse d’être la même , Et pour quelques soupirs qu’on vous a fait ouïr , Sa fiante se dissipe , Çjf va s’évanouir. Act. 1. sc. 1. GRACE. [ Sermonis lepos. ] Ce mot se dit du lan? gage , & signifie beauté. ( Tâcher à trouver les grâces de la langue. Abl. Apoph. Rendre grâce pour grâce. Abl.) GRACE. [ Urbanitas. ] Agrément : bon air. ( Avoir bonne grâce : marcher de bonne grâce : danser de bonne grâce : parler avec grâce.) On dit, grâces à Dieu (çf à vous , quand on remercie quelcun d’un service, mais cette expression est basse. (Grâces au bon sens, je n’ai rien aprouvé en toute ma vie. Car GRA Car d u rifle , grâce à ma selle, Grâce au chamois , à la chandelle, Je ne fuis point ailleurs blejsé. Abé Régnier.) Bonne grâce. f Lepos , décor fl C’est-à-dire , bon air, bonne mine. ( Fille qui a bonne grâce : c’est une personne de très-bonne grâce. Certain air de dévotion, ' Lors-que l’on n’efl plus jeune , a toûjours bonne grâce. Deshoul. ) Bonnes grâces. C Benevolentia. j Amitié : bienveillance. ( Avoir les bonnes grâces du Prince. Ahl. Etre dans les bonnes grâces de quelcun. Bear. Gagner les bonnes grâces d’une Dame. Elle livra aux Romains une place de grande importance , pour mettre son fils dans les bonnes grâces de Pompée. Racine, Mitrida- te, préface .) [f Costar, défense des ouvrages de Voiture , dit : Et je ne crains p*s le travail Jì étrangement , que cette crainte ne cède , fans beaucoup de réflflance , a l’apré- henflon que j’aurois de vous déplaire , U de perdre quelque chose de vos bonnes grâces , qui font la meilleure partie de ma gloire U de mon bonheur. A présent, cette faqon de parler n’a guére bonne grâce ; l’Auteur l’em- ploie quelques lignes après , plus heureusement : Un homme qui étoit Jì amoureux de vôtre divertissement, s’acorderoit snal avec foi-méme, s’il pouvoit ne vous acor- der pas une légére fatisfaflion que vous lui demandez de Jì bonne grâce , ffic. Mr. de Vaugelas a remarqué, rem. 211. qu’il faut toujours dire au pluriel gagner les bonnes grâces ; car bonne grâce au singulier , veut dire tout autre chose. Bonne grâce. Terme de TapiJJìer. Petit rideau qu’on met à côté du chevet du lir. f GRACE. Monoïe de billon qui se fabrique & qui a cours à Florence & dans tous les Etats du Grand Duc. Elle vaut un fol deux tiers. GRACES. [ Gratiarum aflio. ] Ce mot, au pluriel,, signifie remerciement. (Rendre grâces: rendre des actions de grâces : la prémiére façon de parler est de la conversation, & l’autre est plus du beau stile. Nouv. remarques de la langue. Je ne cesserai jamais de vous rendre des actions de grâces pour cette infinie miséricorde. Arn. Cons. I. i. ch. i;.) GRACES , f f. pi. [Gratiarum acliofl Remerciement qu’on fait à Dieu après un repas. ( Dire les grâces.) 0 ” Boëce E.po a remarqué fur le chap. Primum des Décrétales , tit. Ne Clerici vel Monach. facul. neg. fe immife. que le Pape Grégoire XIII. informé des longues débauches des Alemands , à qui il ne restoit pas assez de raison pour rendre grâces à Dieu à la fin du repas, acorda des Indulgences à ceux qui boiroient un coup après les grâces, son intention étant de maintenir l’ufáge des grâces , & d’arrèter la débauche par un dernier coup de vin qui mêriteroit l’Indulgence acordée par le Pape. De grâce, adv. On fe sert de ce mot pour suplier quelcun de nous faire quelque plaisir. (De grâce, faites-moi vite donner un siège. Mol. De grâce , ciiez plus de tendresse, Peut-on rien refuser aux vaux d’une maîtresse? Bourií Esope.) GRACES. [Charités.] Divinisez fabuleuses qu’on peignoit toutes nues. Elles étoient trois, Aglaìa, Thalia £? Euphmjìna. (Ne vous plaignez pas d’une brune, les Grâces le sont comme vous. S. Evrem.) f§ Selon l’ancienne Mithologie , il y avoit neuf Muses , trois Grâces , & une Vénus : mais les Poètes, à qui la fiction est d’un si grand secours, ont dit, il y a long-tems, que leur maîtresse étoit une dixième Muse, une quatrième Grâce , & une seconde Vénus. Rusin est le prémier , du moins que l’on connoisse, qui ait ainsi augmenté la famille des Muses & des Grâces, & donné une soeur à Vénus. On volt son épigramme dans le Septième livre de l’Anthologie. Du- perier, & le P. Vavasseur ont traduit cette épigramme en Latin ; mais les habiles trouvent leur traduction défectueuse ; en voici une toute simple & fans afecta- tion, mais elle ne laisse pas de plaire : II efl dix Muses , deux Vénus, Et quatre grâces de bon compte} En voici la raison , Madonte Fait entre elles le pardessus. GRA ï 37 On peint les Grâces petites , & d’une taille menuë pour taire connoître que les agrémens consistent dans ae petites choses , comme dans un geste, ou dans un souris. On dit proverbialement, Après grâce , Dieu but. GRACIABLE , adj. f Gratiâ dégnus. ] Terme de Chancélerie. II signifie rémiflìble , qui peut être pardonne , pour lequel on peut acorder des lettres de grâce. ( Ge crime est graciable. ) GRACIEUSEMENT , adv. (j Blandè, comiterfl D une maniéré gracieuse. ( Vous deviez lui parier plus gracieusement. Acad. Fr.) GRACIEUSER , v. a. (j Comiter habere , excipere. ] Fhìtg des démonstrations d amitié a cjuclcun pour ga* gner ses bonnes grâces. ( Le Roi a fort gratieuse Mr. le Maréchal de Villeroi. Acad. Fr.) GRACIEUSETE'', f f. (j Comitas , affabilités. ] Honnêteté , civilité. Ce mot, selon l’Academie, ne doit s’emploïer qu’au pluriel. ( Cette dame m’a faic mille gracieusetez. On le dit aussi des petits présens qu’on fait à quelcun pour reconnoître un service. Si vous me servez bien dans cette afaire, je vous ferai quelque gracieuseté. Acad. Fr.) GRACIEUX , gracieuse, adj. [j Blandus, comis, gra- tus.] Ce mot signifie, doux, civil , honnête, mail il n’est pas du bel usage. ( Réponse fort gracieuse , il faut dire , réponse civile £ç? honnête. ) Voïez mal gracieux. f GRACIEUX, gracieuse. [ Comis. ] Qui est beau, qui a de la grâce. ( Visage gracieux. Voit. Pois. Présentement on diroit, un visage charmant. On dit en matière de bénéfice , forme gracieuse.) GRACIEUX , gracieuse. [ Blandus fl Quoique ce mot ne soit pas fort bon dans le commerce ordinaire de la langue, il a bonne grâce en parlant de peinture, on dit : ( Des airs de tête fort gracieux. Figure qui a l’air gracieux.) Ménage s’est déclaré contre Mr. de Vaugelas, qui n’aprouve point ce mot. Le Père Bouhours prétend qu’on ne peut s’en servir sérieusement que quand il s’agit de peinture. Messieurs de l’Academie Pont emploie pour signifier, agréable, qui a beaucoup de grâce & d’agrément. ( Les Déesses toujours fières méprisantes, Ne /assureraient point des Bergéres tremblantes , Par d’obligear. s discours , des souris gracieux. Fontenelle.) GRACILITE', f. f. [Gracilité*.] Qualité d’une voix grêle, telle qu’elle est ordinairement dans les femmes, & dans les hommes qui font châtrez. Acad. Franç. DìHion. des Arts. GRADATION, f f- [Gradus.] Elévation qui fe fait peu à peu , de degré en degré. GRADATION. [ Gradatio. J Figure de Rhétorique. par laquelle l’Orateur éleve son discours par degrez, & alegue toujours des preuves plus fortes que les pré- miéres. GRADATION. [ Gradatio.] Terme de Peinture , qui se dit du changement insensible qui fait la diminution des teintes & des nuances. GRADE, f m. [Gradin.] Degré d’honneur. II ne fe dit qu’entre les Ecclésiastiques. (La Prêtrise est un grade fort considérable. Vertubleu c’efl un grade sublime, faisait ce que j’ai pU pour le mettre en estime. Bours. Esope.) f§ Ce n’est point dans l’Eglise , ni dans les conversations particulières , que l’on trouve le terme grade $ on fe sert plûtôt de dégré. Ainsi l’on dit assez souvent : II a passé par tous les degrés de la milice, pour parvenir aux plus grands honneurs. Mais on trouve dans les écoles de Théologie , de Philosophie , de Jurisprudence & de Médecine , les grades académiques prodiguez fans choix, quoiqu’en aparence on ne les acorde qu’à ceux qui semblent les avoir méritez par une longue & pénible étude. La plupart des gens font consister tout le mérite des grades literaires dans le nom feulement de Bachelier ou de Docteur : mais ces deux tires déshonorent ceux qui les portent fans les mériter : & au contraire, ils impriment une certaine dignité fur celui qui en est revêtu , quand on est persuadé qu’il en est digne , & qu’il le soutient par une érudition qúe l’on ne sauroit trop récompenser. On comprend gisement que ces diférens Tom. IL S degres IZ8 GRA degrés de Licencié , de Bachelier , & de Docteur, ont été inventez non seulement pour récompenser le mérité , mais encore pour exciter une certaine émulation, fans laquelle on tombe facilement dans le dégoût & dans l’ennui de l’etude souvent seche & rebutante. Comment ces degres ont ete! formez , & quelle en est l’origine, c’est ce qu il est dific.le de découvrir. Quelques-uns remontent jusques aux Hébreux, pour en trouver l’origine, parce qu’il faloit avoir aqúis la connoissance des langues , & du Droit Hébraïque , pour pouvoir être admis dans le Sanhédrin ; ce qui présupofe une longue étude & une habileté que l’on ne peut «quérir que par degrés. D’autres la cherchent dans la Gréce, où les Arts & les Sciences ont fleuri pendant long-tems : ils aléguent , pour autoriser leur conjecture, un endroit des histoires d’Olim- piodore , raportées par Photius dans la Bibliotéque, & où l’on voit que les Sophistes, c’est-à-dire , les gens de lettres, ne pouvoient porter un certain manteau, fans en avoir mérité la permission par /épreuve de leur habileté. Cet Auteur raconte ensuite la formalité que l’on observoit lorsque l’on étoit revêtu de ce manteau. Mais fi l’on en croît Conringius, cette cérémonie étoit un fimple jeu inventé par les écoliers, pour la réception de ceux qui se présentoient aux écoles , & que l’on conduisoit dans un bain public, où quelques écoliers se trouvoient a la porte , & fài- seient semblant d’en vouloir défendre l’entrée , en criant, arrête , arrête , tu ne te laver m pas. Solfier a remarqué dans son traité de pileo , que l’on aquéroit, en prenant le manteau avec les formalitez ordinaires, le pouvoir d’enseigner publiquement : mais le témoignage de Saint Grégoire de Nazianze , dans l’oraison funèbre de Saint Basile , ne nous laisse pas douter un moment , que cette cérémonie n’étoit éfectivement qu’un jeu dont son ami fut dispense , à cause de l’extrême considération que l’on eut pour lui dans Athènes. Peut-être que nous trouverons quelque chose de plus ressemblant & de plus solide sous le régné de l’Empereur justinien, qui étoit si fort intéressé à rendre illustre la Science de la Jurisprudence. En éfet , Mr. Duboulay raconte dans son histoire de rUniversitede Paris, que sous le régné de cet Empereur , il faloit passer par cinq diférens degrés , avant que d’arriver au Doctorat. Dans la prémiere année, on expliquoit aux jeunes écoliers les ínstitutes de cet Empereur , & l’on apelloit ceux à qui l’on enscignoit les premiers principes de la Jurisprudence Romaine, JuJìimanai. Dans la seconde, on leur expliquoit les Edits perpétuels des Préteurs, & ils étoient apellez EdiHales. Dans la troisième , ils passoient à l’étude des Décisions de Papinien , dont ils prenoient le nom , & étoient apellez Papiniunijht. Dans la quatrième année , on leur faisoit expliquer les endroits les plus dificiles des Loix , & on les honoroit du titre de Lytse du mot Grec Au'w , J'olvo , parce qu’ils étoient plus libres dans leurs études : c’est de ces Docteurs que Juvénal a entendu parler dans fa satire huitième : Qui Juris nodos, legumquê JEnigmata solvunt. Enfin la cinquième année étoit le dernier dëgré par lequel on montoit au comble de l’honneur ; & ceux qui y parvenoient , étoient apellez Prolyta. Mais quelque ressemblance que l’on trouve dans cette pratique avec la nôtre, Gaudentius, dans son traité des moeurs de l’Empereur Justinien, ainsi que Conringius, dissertation quatrième de antiq. Academ. ne peuvent se persuader que l’on y puisse trouver l’origine de nos écoles de Jurisprudence, & de nés honneurs académiques. En éfet, après la mort de l’Empereur Justinien, non seulement la Jurisprudence , mais encore toutes les Sciences & tous les beaux arts furent presque éteints dans la barbarie dont l’Europe fut inondée : les Gots, les Visigots, les Saxons, lês Alemands, les Bavarois , & les Francs, ainsi que plusieurs autres Peuples sortis du Septentrion , aporterent leurs Loix & leurs Coutumes , & changèrent entièrement l’ancien- ne Jurisprudence , qui ne fut rétablie qu’après que les Barbares eurent ete chassez des lieux qu’ils avoient usurpez ; & ce ne fut que sous le régné de Charle- j 11 un auparavant, que l’on commença d établir des écoles réglées , où l’on enseignoit les prêters principes de la Grammaire, & de la Rhétorique. H est cilié de compfcndre n. [ M'mor gradus .] Terme d’Egli- se. Sorte de petit degré fur l’Autel où l’on met les chandeliers St les bouquets. (.Mettre des bouquets fur ses gradins.) GRADIN £ , f. f. [ Scalprum. J Outil d’artisan , qui est une etpece de ciseau acéré & dentelé , dont se fervent particulièrement les Sculpteurs. GRADINS, s m. [ Parva Jlulu. J Terme de Bibliothécaire. Il se dit au pluriel. C’est une maniéré de petite echelle , foi te de bois de menuiserie , haute de quatre ou cinq pies , & dont chaque gradin , qui sert d’eehelon , a un pie & demi de long, & environ utr demi de large. On se sert de gradins pour prendre des livres qui sont fur des planches à six ou sept pies de haut. On fait les gradins de figure plate pour y monter & s’y tenir plus commodément que fur les échelons. f GRADUATION,/- /• Division en degrez. (Graduation d’un Thermomètre. Graduation d’un Baromètre.) On n’emploïe ce terme que dans ie Itile dogmatique. GRADUE ',s m. [Graduasus.J Terme à'Univer. Jtté. On apelle gradué , celui qui aïant étudié dans une Université célèbre , y a subi l’examen , & Fait Les autres choses qu’il faloit faire pour être Martre és Arts , Bachelier ■ , Licentié , ou Do/teur. 11 se voit par là qu’il y a de quatre sortes de graduez. Les uns sont apellez graduez simples , & les autres graduez nommez. On donne le nom d e gradue fmple à ceux qui ne jouit sent que du seul degre , & qui n’ont aucune nomination des Universitez. Les graduez nommez sont ceux qui jouissent du degré, & qui ont la nomination de quelque bénéfice. Car les Universitez célèbres on droit de nommer à de certaines Cures, & à de cer- taines Chapelles. Les mois de Janvier & de Juillet font afectez aux graduez nommez, & ces mois sont apellez mois de rigueur , parce-qu’il fout que dans ces mois le collateur confère le bénéfice vacant par mort au gradué le plus ancien nommé , fans qu’on puisse contester ce bénéfice au gradué , à moins que celui qui le lui conteste ne soit indultaire , ou mandataire. Les mois d’Avril & d’Octobre sont afectez aux graduez simples , & ces mois font apellez mois défaveur, à cause que le collateur peut conférer le bénéfice vacant par mort à qui bon lui semble des graduez. 11 fout que les graduez soient François de nation , ou qu’ils aient des lettres de naturalisé , & qu’elles soient enregîtrées dans la Chambre des Comptes, Les graduez doivent être tonsorez, nez d’un légitime mariage , avoir étudié dans une fameuse Université de France, avoir vingt-quatre ans acomplis, si c’est pour obtenir un bénefice à charge d’ames. Us doivent être de la qualité du bénéfice séculier, si le bénéfice l’est, & régulier , si le bénéfice est en régie. Us doivent aussi n'être pas remplis ; c’est-à- dire, ne posséder pas de bénéfice de valeur de six cens GRA cens livres. II est de plus nécessaire qu’une fois avant la vacance du bénéfice , ils aient donné copie de leurs degrés, & s’ils font nobles, de leurs preuves de noblesse. (§ Le gradué est celui qui a obtenu dans une fameuse Université , l’un des degrés académiques reconnus par le Concordat : ces degrés font au nombre de trois dans toutes les facilitez de Théologie , de Jurisprudence , & de Médecine. La Licence est le premier, son nom est significatif. On apelle Licencié , celui qui, selon l’exprellìon de la Glose fur la Pragmatique, a par ses études mérité d’obtenir le droit de pouvoir enseigner, régenter , interpréter le Droit canonique publiquement : ce qu’il ne pourroit pas faire fans en avoir obtenu la licence , qui s’aquiert par l’étude de trois ans, aufquels il faut en ajouter deux pour faire les cinq ans qui_ font nécessaires pour devenir Bachelier formé. J’ai déjà remarqué que l’étimologie de Bachelier étoit fort contestée. Ce qu’il y a de certain, c’est que ce terme a toujours signifié un jeune homme qui commence d’entrer dans l’âge de virilité que l’on apella hachelerie , témoins ces vers du Roman de la Rose: Amour avoit un juvenceau Auprès de luy tout de lé Qui doux regard fut appeUé Le beau bachelier regardant Les Isieaux £5? aujjì gardant. Ce terme a passé de l’ancienne chevalerie , dans les écoles de Théologie , de Philosophie & de Jurisprudence , & dans tous ces endroits on les regardoit comme de bas Chevaliers, c’est-à-dire , selon l’expli- cation de l’Auteur des Châtelains de Lille , comme jeunes Chevaliers qùi n’avoient point encore la force ni l’expérience nécessaire pour porter les armes &pour combatre dans les tournois , où ils portoient feulement l’écu des Chevaliers. Les Espagnols apellent Bachiller , les jeunes hommes qui commencent d’aler à la guerre. II y a trois fortes de Bacheliers dans nos écoles : les uns font Bacheliers formez , formati: les autres, Bacheliers courans , currentes : & les troisièmes , Bacheliers simples , simplices. Pour être Bachelier formé. II faut avoir étudié pendant cinq ans dans une Université : mais en faveur de la Noblesse, le Concordat s’est contenté de trois ans d’études, pourvu que l’écolier soit noble de père & de mère. Le Bachelier courant est celui qui étudie actuellement pour parvenir au Bacalaureat. Le simple, est celui qui a été fait Bachelier dans une Université ordinaire, & fans avoir rempli le tems d’étude prescrit par le Concordat. Le Bachelier simple ne peut point aque- rir un bénéfice en vertu de son grade, qui n’opere en lui que la capacité nécessaire pour jouir d’un bénéfice qui ne peut être possédé que par un gradué : telles font les Cures dans les villes murées, & les Digni- tez des Cathédrales. Le gradué à qui l’Univerlìté a donné un certificat de ses études en Philosophie & en Théologie pendant cinq ans, & à qui elle a acordé fa nomination pour le prémier bénéfice vacant, doit faire plusieurs démarches essentielles , qui font expliquées dans le Concordat. GRADUE' , graduée , adj. [ Qui gradum magijlerii adeptus eft.~] Ce mot, en termes d’Université, estausiî adjectif, & il signifie qui a pris quelque dégré, mais en ce sens il ne fe dit qu’au masculin. (Monsieur un tel est gradué.) GRADUE' , graduée, f Qui gradus habet notatos. ] Terme de Géographie. II se dit en parlant de cartes de Géographie , où les dégrez de Longitude & de latitude font marquez , & qui alors s’apellent cartes graduées. Voïez le Mercure géographique du Père Lubin. , Feu gradué. Terme de Chimie. C’est un feu qu’on donne par dégrez. GRADUEL , f. m. [ Graduale. ] Terme d 'Eglise. Ce qu’on chante à la Messe après l’Epitre , & qui sert de préparation à l’Evangile. (11 est apellé graduel , parce-qu’on monte au jubé pour le chanter.) H GRADUEL, fe dit aussi d’un Livre qui comprend tout ce qui fe chante au Lutrin pendant la Messe. (Achetter un Graduel.) GRADUEL , graduelle , adj. Terme d’Eglise. Ce mot se dit de quinze Pfeaumes qu’on apelle Pseaumes gran- duels. £PJ'almi graduales .] Us ont été apellez de la forte, GRA iza parce-qu en chantant on élévoit par degré la voix ou parce-qu on les chantoit fur les dégrez du Temple ’ ou parce-qu ils contiennent le retour du Peuple d’ifraël, de la captivité en Jérusalem située fur des montagnes. Voiez D, Abard Porcher , paraphrase des Pseaumes graduels. r G * ADUEL ' graduelle , adj. [Gradualis.J Terme de Jurisprudence, qui ne fe dit que des substitutions. ^ Ordonnance d’Orléans de 1560. a réduit toutes les substitutions graduelles à quatre dégrez pour le passé, & deux pour l’avenir. GRADUER , v. a. f Gradibus notare. J Terme de Géométrie. Diviser un cercle en 360. dégrez. (Un quart de cercle bien gradué. Graduer une carte de Géographie , un compas de proportion.) Se faire graduer , v. a. £ Magister» gradu donari. J Terme d Université. C’est prendre ses dégrez. ( II étudie pour fe faire graduer.) GRADUER, [j Gradus conferre , lauream trìbuere. J Signifie aussi, conférer des dégrez dans une Université , ceux de Maîtres és Arts, de Bacheliers, de Li- centiez & de Docteurs. GRAFIGNER , v. a. [j Vellicare. ] Egratigner. II ne fe dit guéres que des chats. Acad. Fr. Dicîionn. des Arts. On doute de l’ufage de ce mot. GR ATLLEMENT , si m. f Raucus clangor .] GRAILLER , v. n. £ Raucum clangorem edere. J Terme de Venérie. II fe dit quand on sonne du cor fut un ton clair, cassé & enroué , pour apeller les chiens. GRAILLON, f m. [j Repotia. J Reste des choses qu’on mange. Reste de viande ou d’autre chose mangeable. (De bons graillons. Je n’ai que faire de vos graillons. On dit, une Marie graillon , pour dire une femme en guénille.) GRAIN, ou grein , f m. £ Granum .] C’est ce que renferme l’épi de blé, de fégle, d’orge, oud’uvoine. (Un petit grain. Un gros grain. II y a souvent de l’ivroie parmi le bon grain. Batre les grains c’est-à- dire , les blez.) î GROS grains. On apelle ainsi, le froment, le méteil, le seigle. ( Les gros grains ne font pas abon- dans cette année. H Menus grains. Ce font les grains qu’on ferne en Mars , comme Forge , l’avoine , le mil, &c. ( Les menus grains ont bien réussi.) Poulets de grain. Ce font des poulets qu’on éléve au printems, & qu’on nourit de grain. GRAIN. Petite parcelle de quelque chose. Ce mot de grain fe dit en ce sens de force choses. On dit, grain de raisin, f Acinus vinaceus. J Grain de coral, grain de sel. £ Salis mica. ] Grain de chapelet , grain de grenade, grain de fable, grain de lierre , grain de poudre à canon , grain de grêle.) * GRAIN. C Mica. J La péfanteur d’un grain d’orge, ou de blé. ( Cela pèse un marc, deux onces & quelques grains. ) -f GRAIN, fe dit en Médecine du plus petit des poids dont on fe sert pour peser les Drogues. Trois grains font une obole , les vingt font un scrupule ; & les soixante font une dragme , autrement un gros. f GRAIN, est auflì une monoïe imaginaire ou de compte, dont on fe sert à Messine & à Palerme pour l’évaluation des changes & pour tenir les livres de commerce. f GRAIN, fe dit des morceaux d’or très-pur qui fe trouvent quelquefois fur la terre & dans quelques rivières. f GRAIN de Zelim. f Piper longum .] f * Avoir un petit grain de folie. Mol. f Cerebro la- borare. ] C’est-à-dire, être un peu fou. On dit aussi, être léger d’un grain. Je te mangerois avec un grain de sel , pour dire, je fuis plus fort que toi. II n’y a pas un grain de sel dans cet ouvrage. [ Nihil salis ineft.~] Pour dire , qu’il n’y a pas d’efprit. GRAINS de îépre. Se dit de certains grains qui font à la gorge des pourceaux. Grains de vérole , boutons qui viennent dans la vérole, cavitez qu’elle laisse fur la peau. Mettre un grain à un canon , c’est remplir d’un métal nouveau la lumière qui s’est trop agrandie à force de tirer. II est léger de deux grains. [ Exsefhts est. ] Proverbe, qu’on dit d’un homme à qui l’on a coupé les testicules. Tome II. Sa L/ si 140 GRA Il ejl dans le grain. [ In cursu est ad fortunas am - plissmas. 3 Pour dire, qu’un homme est dans un poste où il peut faire fortune. GRAIN. Ce mot fe dit parmi les Tanneurs & Cor- roïeurs, en parlant de certains cuirs. C est une perfection que le Tanneur donne au cuir en le corroïant, & que le Corroïeur achève entièrement par son travail. ( Faire venir le grain sur un cuir de vache, de veau, ou de mouton. Cuir beau de grain. Le grain du marroquin est plus gros que celui du chagrin.) GRAIN. Ce mot fe dit de diverses autres choses, comme des étofes. ( Le gros de Naples ou de Tours a les grains plus gros que les autres moéres. On con- noit l’acier à son grain qui est plus menu que celui du fer.) GRAIN de vent. Terme de Mer. C’est une tempe- te & un tourbillon qui fe forme tout à coup, & qui désemparé la maneuvre. GRAIN d’orge. C’est le nom que divers artisans donnent à divers outils. ,, =}= GRAIN d’orge , ou ligne. C’est la douzième partie d’un pouce, qu’on apelle autrement ligne, mesure dont les Charpentiers se servent. GRAIN de chapelet, J * Un Catholique à gros grain, c’est un libertin, un homme peu dévot, qui ne va à l’Ëglisc que par manière d’aquit. GRAINE , grainer , grainier. Voïez grtne, gréner & grenier. GRAIRIE , s /. Terme des Eaux & Forêts. Partie d’un bois qui est possédée en commun. C’est auffi un droit que le Roi prend fur les bois qui sont fur les très-fond d’autrui, à cause de la justice qu’il fait exercer par ses oficiers des Eaux & Forêts pour leur conservation. GRAIS. Voïez Grès. GRAISSE , ou grejse ,s.f. [ Adeps, phsguedo. ] Partie similaire du corps, simple, humide, & blanche , formée par le froid des parties nerveuses de la substance la plus onctueuse, qui s’exhale au travers des tuniques des veines. Deg. ( La graisse froide ne vaut rien : la graisse engendre la bile. La Chamb .) f GRAISSE £ anguille. Elle est propre pour la surdité. 4 GRAISSE de b/ereau. Etant mêlée dans les lave- mens adoucit les douleurs néfretiques. $ GRAISSE de canard. Elle est emolliente , adoucissante , & résolutive. £ GRAISSE de chien. Elle est vulnéraire, détersive, & consolidante. í GRAISSE de cigne. Elle adoucit & résout les hémorroïdes. H GRAISSE de Dauphin. Elle est résolutive & ra- molissante. $ GRAISSE d’ours. Elle atténué , discute , amollit, résout, & fortifie : elle est propre pour les rhumatismes. •f GRAISSE d’oye. Elle est emolliente, résolutive, & elle lâche le ventre. ^ GRAISSE de renard. Elle est propre pour les convulsions & pour les tremblemens des membres. ^ GRAISSE de serpent. Elle est bonne pour la goûte, & pour éguiser la vue. GRAISSE , s. s. [ Pinguedo. ] II se dit de ce qu’il y a de meilleur & de plus onctueux dans la terre. (La graisse des montagnes tombe dans les valées, & c’est ce qui les rend plus fertiles.) * GRAISSE. [Lucrum, opimitas. J Ce mot, au figuré , signifie ce qu’il y a de meilleur en quelque chose. ( Les soldats qui ont logé dans ce pais, en ont emporté toute la graisse.) On ri entrait point chez moi sans graisser le marteau. Rac. C’est-à-dire, fans donner de l’argent au Portier. On dit proverbialement : Ce n’est pas le tout que des choux, il faut encore de la graisse , Jors-qu’on a besoin encore de quelque chose pour achever une afaire. On ne fait rien qu’à graisse d’argent. [ Nihilstt nist multâ pecunià.) Pour dire, en donnant beaucoup plus d’argent qu’il n’en est dû légitimement. GRAISSER , greffer , v. a. [ Adipe ungere. ] Froter avec de la graisse. ( Graisser les roués d’un chariot : roué bien graissée : graisser un poulain pour décen- dre du vin dans une cave.) t \0* lui a graissé la pâte. [ Pecuniâ corruptus est.l C est-a-dire , on la gagne par préscns, ou à force d argent. Ablanc. GRA ( Vous ferez pleinement contente de vos foins, Mais ne vous laissez pas graisser la pâte au moins. Mol. école des maris.) f * GRAISSEZ les botes d’un vilain , il dira qu’on les brûle. [ Benefac avaro, injuria ipst est.2 Faqon de parler proverbiale , pour dire , qu’on ne sc trouve pas bien de faire plaisir à un mal-honnête homme. f * GRAISSER les épaules à quelcun. [ Aliquem fts. stibus dolare. 3 Terme bas , pour dire le bétonner. GRAISSET,/ m. [RubetaJ Espèce de grenouille qui est verte & qui vit sur terre. Elle tient du crapaud & a du venin. Son nom vient du rubus , buisson. GRAMEN , f m. í Gramen. 3 Ce mot se dit de diverses sortes de petites herbes qui viennent fans culture. II y en a une sorte qui est une plante qui porte des feuilles blanches & vertes en forme de ruban, GRAMMAIRE , f f [ Grammatica. 3 Ce mot vient du Grec. C’est l’art de bien ortographer, de bien prononcer & de s’exprimer correctement de vive voix, ou par écrit. ( Une bonne grammaire. On dit que Charlemagne avoit commencé une grammaire de la langue de son tems. La grammaire du verbe U du nominatif, Comme de l’adjeelif avec le substantif, Nous enseigne les loix. Mol. femmes sav. GRAMMAIRIEN , f sn. [ Grammatista. J Celui qui sait la grammaire & qui écrit selon les régies, (lin bon grammairien. Suéton a fait la vie des fameux Grammairiens Romains.) GRAMMATICAL , grammaticale , adj. [ Grammati- cus. 3 Qui est de Grammaire. (Terme grammatical. Faqon de parler grammaticale.) GRAMMATICALEMENT , adv. [ Grammaticè. 3 Selon les régies de la grammaire. ( Cela est bon grammaticalement , mais il y a peu d’élégance. Acad. Fr.) GRAND , grande, adj. Ce mot signifie qui a une étenduë corporelle & de quantité , qui a une grandeur phisique, & réelle. Grand chemin : une grande place : un grand feu : une grande statué : une grande alée. (Le mot de grande féminin perd son e devant certains mots. Exemples. La grand’ Chambre : à grand’ peine : grand’ chère : grand’ mère : grand’ pitié: grand’ mestè, & quelques autres. Vaug. rem.) * GRAND , grande. [ Summus , ingens. 3 Ce mot sc prend quelquefois pour excefflf, ou marque une maniéré d’excès, ou de magnificence. ( II nous a fait grand’ chère. Faire une grande dépense. C’est une grande méchanceté : une grande calomnie.) * GRAND , grande. Considérable. Remarquable. Illustre. ( Avoir un grand fond de mérite. C’est un grand homme. Les grands hommes de l’Antiquité. Toits les discours son des sotises, Partant d’un homme fans éclats Ce seroient paroles exquises, Si c’étoit un Grand qui parlât. Mol. ) On donne ce titre à divers Princes. Le grand Turc, ou le grand Seigneur. [ Turcarum Imperator. 3 Le grand Mogol : le grand Kan de Tartarie : le grand Négus , qui régné en Ethiopie : le grand Duc de Moscovie : le grand Duc de Toscane : Alexandre le grand : le grand Pomçée : Henri le grand : Louis le grand, Stz. GRAND. Ce mot se joint à divers autres noms d’o- fices & de dignitez , comme grand Prêtre. [ Summus Sacerdos. 3 (Grand Aumônier: grand Visir : grand Chambélan : grand Maître d’hôtel : grand Ecuïer. [Summus fcutiser.J & plusieurs autres. On en donnera quelques-uns dans la fuite.) * GRAND , grande. [ Grandis. 3 Ce mot fe dit des paroles, & veut dire, sonantes, énergiques. ( "Vous m’étourdissez avec vos grands mots latins. Mol.) * GRAND , grande, f Excelfits , egregius, illustrés.) Elevé: noble: généreux. ( Avoir l’ame grande, â Avoir le cceur grand, le courage grand : un grand esprit. ) , à grand. Adverbe , qui signifie un volume plus étendu. (Je veux l’Histoire Ecclésiastique du Père Alexandre en grand. Luce a fait faire son portrait en grand, mais elle a l’air auílì niais en grand qu’en petit. On dit proverbialement, service de grand n’est p*s héritage. On dit encore, aller du petit au grand , quand GRA quand on commence par de petites choses pour parvenir à de plus grandes.) * GRAND , s m. C Nimiò plus Jìbì arrogare. ] Ce mot se prend substantivement, & on sous-entend homme ou Seigneur. (Trancher du grand. Faire le grand. Picault tranche un peu trop du grand.) * GRAND. [ Sublimû. ] Ce mot se dit du Me, & veut dire , le stile sublime. II y a cinq sources du grand, ('élévation d’esprit , le patétique, les figures, la noblesse de l’expreflìon , la composition & ('arrangement des paroles. Dejpr. Longin, c. 6 . GRANDAT , f- m. [Majoratm. ] Qualité célébré en Espagne qui donne la permission de se couvrir devant le Roi. GRAND-CROIX , f. m. s Equìtum Melitenjìum pro- ceres.) Une des principales dignitez de l’ordre des Chevaliers de-Malte. ( 11 est Grand-Croix. Volez Croix.') GRANDELET , ete , adj. [ Grandiusculus. ) Diminutif de grand. (Elle a des enfans assez grandelets.) GRANDEMENT , adv. [ Multùm , valdè. ] Fort. Beaucoup. ( C’est une chose que je n’afectionne pas grandement. Houv. remarques. Grandement , veut dire aussi , avec grandeur & magnificence. [ Magnificê, ampìiter. ] (11 nous a grandement régalez.) GRANDESSE , f. f. C Majoratus. J Qualité d'un Grand d’Espagne. ( Ce favori mît la grandesse dans fa maison. Acad. Fr.) _ GRANDEUR , f. f. [ Quantitai, magnitude. ] Quantité , étendue selon ses diverses dimensions. ( II n’y a point de grandeur infinie. Méfurer la grandeur d’u- ne chambre. Une grandeur raisonnable & bien proportionnée. C’est un terme de mathématique.) * GRANDEUR. [ Enormitas, immanitas.) Enormité. ( Dieu seul connoît la grandeur du péché. Pascal. I. 4.) - * GRANDEUR, s Magnitudo, amplitude.) Hauteur : élévation. ( Elle a une grandeur d’ame qu’on ne peut assez admirer. Scar. La prose le cède à la poésie pour la grandeur des figures. Abl. Luc.) * GRANDEUR. [ Pondus, momentum .] Importance. Vous voïez assez la grandeur & la dificulté de ('entreprise. Pasc. I. 7.) * GRANDEUR. [ Dignitates, honores . ] Les grands. (Flater les grandeurs humaines. Fléchier. La grandeur a besoin d’être quitée pour être sentie. Pasc. ê Les fastueux dehors des grandeurs humaines font souvent tout le mérite de ceux que la nature en a revêtus. Pnlybe de Mr- de Folard. * GRANDEUR. [Majeflas . ] Grand éclat. Quelque chose de majestueux & de grand. (La grandeur des choses qui ('environnent frape d’abord l’efprit.) GRANDEUR. [Magnitude.) Terme de Mêdaillisìe. Les médailles se divisent en trois grandeurs. Le grand bronze, le moïen bronze, & le petit bronze. C’est aussi un terme à’Astronomie. ( Etoile de la prémiére grandeur.) GRANDEUR , s f. [ Amptitudo. ] Titre qu’on donne à certaines personnes constituées en une dignité fort considérable, comme aux Archevêques, ou Evêques , aux Ministres d’Etat, aux Gouverneurs des Provinces , aux Maréchaux de France, & aux autres Seigneurs qui font immédiatement au dessous des Princes. Monseigneur, dans le dessein que j’avois de me faire un illustre Protecteur, à qui me pouvois-je adresser avec plus de justice qu’à vôtre Grandeur ? ) GRANDEUR Souveraine. [ Suprema majejias. ] C’est la puissance d’Empereur , de Roi, & d’autre Souverain absolu. ( On ne partage point la Grandeur Souveraine, Et ce n’est pas un bien qu’on quite gç? qu on reprenne. Rac. Thébaïde, a. 1 .sc. 2.) f GRANDIR, v. n. [ Grandescere , adolescere .] Devenir plus grand : croître. ( Les plantes & les animaux grandissent insensiblement.) Ce mot n’est pas d’un grand usage. f GRANDISSIME , adj. [. AmpliJJìmus .] Ce mot n est que de conversation , & signifie fort grand. (11 a fait une grandissime fortune. GRAND-MAíTRE , f m. [Prases, reclor. ] C’est le principal oficier , & celui qui a toute la direction d’un lieu, de certaines choses & de certaines personnes. GRAND-MAÍTRE des Cérémonies. [Maximm rìejt- gnator. ] C’est un oficier qui sc trouve aux sacres & aux mariages des Rois , aux bâtâmes des enfans de Rois, aux réceptions des Ambassadeurs & aux pom- GRA 1 ai pes funèbres des Rois, des Reines, Princes & Princesses , & a foin des rangs & des préséances. GRAND-MAíTRE de l Artillerie, s Bellicarum machi- narum praseíìus. ] Oficier qui a la direction des magasins , des poudres , du salpêtre & de ('artillerie de Grand-Maìtre doit connoître le fort &le fossile de tous les Oficiers de ('Artillerie , pour en instruire Sa Majesté en cas de besoin. II doit aussi savoir les provisions qu’il faut faire , quelle est la force de son artillerie, & en quel lieu elle doit être placee avantageusement. 11 présente tous les ans Pétât des oficiers au Roi, il remplit les charges vacantes, puis le Roi confirme ou change cet état, &c. Les Oficiers du Grand-Maître , ce font quatre Lieutenans généraux, un Garde général , deux Contrôleurs, un Trésorier général, un Maréchal des Logis, avec des Commissaires & des Garde-magasins , des Canonniers & des Salpêtriers. Le Grand-Maître ne reqoit l’ordre que du Général, il le déclare ensuite dans son Parc, & le fait observer. GRAND-MAÎTRE de la gardérobé, s Summus vefii - mentorum regiorum prafefíus. ] Oficier qui a soin des habits, du linge & de la chaussure du Roi. GRAND-MAÎTRE de Malte, f Summus Melitenjìum magister .] C’est le chef de l’ordre des Chevaliers. GRAND-MAÎTRE du Colége. s Summus CoUegii tnode- rator. ] Docteur qui a le foin du Colége , & qui est le chef de tous les Régens, & autres gens de Colége. (II y a en Alemagne un Grand-Maitre de l’Ordre Teutonique. Voïez Teutonìque.) GRAND’-MAiTRISË , f. f. [ Supremum Melitenjìs ordinis magisterium .] Charge de Grand-Maître. Dignité & charge de Grand-Maître. La Grand-Maîtrife étoit vacante parla mort de, &c. Bouhours, hist.â’Au- busson , /. 2.) GRAND-MERCI , s m. [ Gratias agere. ] Parole qui marque la reconnoissance qu’on a d’une grâce reqûë. ( Dire grand-merci à une personne. Mes beaux Pérès Réligieux, Vous dînez pour un grand merci ; O gens heureux ! ô demi dieux ! Plût à Lieu que je susse ainp. Mar. ) GRAND’-ME'RE ,ss [ Aviapaterna , ou materna.) Aïeule. C’est la mère du père ou de la mère. (Jeanne d’Albret, fille de Henri d’Albret Roi de Navarre, étoit grand’mére de Louis XIII. Roi de France.) GRAND-PE'RE , s m. s Avus. ] Aïeul. C’est le père du père ou de la mère. ( Le grand-pére de Loïiis XIV. c’est Henri IV. Le grand-pére de Loïiis XV. étoit Loíiis Dauphin de France , fils de Loïiis XIV.) GRANDS , f. m. [Magnates, optimales.) Les Seigneurs de qualité. (IIy a deux sortes de Grands d’Et pagne. Voïez la Relation d’Espagne. Les Grands du Roïaume. Abl. Les Grands de Ta Cour : les Grands d’Espagne.) GRANGE , s f. [ J ìorreum. J Lieu de la ferme où l’on met le grain en tasseau ; où l’on tasse le grain que les moissonneurs ont coupé. ( Une belle grange.) En quelques Provinces, le mot de grange se prend pou r une métairie. Et le mot de granger pour un m étaler. ( Autrefois la belette aìant faim, Pour un trou fort étroit entra dans une grange Où trouvant quantité de grain, Elle se croit de noce, U d'abord elle mange. Louis. Esope. ) f GRANGEAGE ,s m. [ Villicatio .] Maniéré de donner une terre à ferme ou à louage. Donner une terre à grangeage , c’est la donner à moitié, à la charge par le Fermier de faire seul tous les frais de ('exploitation. è GRANGIER , ou Granger , s. m. [Villicut.) Mé- taïer qui a le foin de recueillir les grains, & de les faire serrer dans la grange. GRANIT, s nt. [Granites.) Pierre dure & mal polie , qui se trouve en Egypte, & qu’on nomme ainsi par- ce-qu’elle a des tâches formées de plusieurs grains de fable condensez. ( 11 y a du granit en Dauphiné.) GRANULATION , f f [Granulatio.) Terme dé Chimie. C’est la réduction des métaux en grenaille ; ce qui sc fait en les jettant dans de l’eau froide, lors-qu’ils font fondus. GRANULER, v. a. [In grana dividere.) Terme de Chimie. C’est verser goûte à goûte dans l’eau froide un métal fondu pour le congelêr, & le réduire en grenaille. (Granuler du plomb.) 8 ; GRA- ? i 4 2 GRA GRAPHOME'TRE , s [Gmpttmetrxm.] Instrument de Mathématiques, qui est un denu cercle divisé en igo. dégrez, pour lever des plans. GRAPE de raisin,/, f. £ Uva , racemw.) Ce que pouffe le bois de la vigne , & ou font a tachez plusieurs grains de raisin. ( Une grosse, ou une petite grape de raisin. Croiez-vous qu’amour m’atrape De ni avoir ôté Catin ? Qu’ai-je asaire de la grape, Quand f ai succé le raisin ? Auteur anonime.) GRAPE de verjus.. £ Omphacii racemus. ] Plusieurs grains de raisin qui ne font pas mûrs atachez ensemble. * Mordre à la grape. £ Inducere se in laqueos. j C'est-à-dire , à l’hameqon. (Donner dans le paneau. Etre dupe.) * Mordre à la grape. f Nimià voluptate geftire.j Ces mots fe disent aussi de ceux qui écoutent avec satisfaction quelque discours , ou quelque asaire qu on leur propose , & qui leur est agréable. ( Quand les envieux entendent médire, il semble qu’ils mordent à la grape. GRAPE. £ Botrus. ] Ce mot fe dit aussi de plusieurs autres fruits qui croissent à la maniéré des grapes de raisin. (On dit, grape de lierre , de sureau, d’aca- cia, &c.) GRAPE de mer. Sorte d’insecte marin , qui a de Pair d’une grape de raisin. Rond. La grape de raisin signifie dans le revers, des médailles, la joie , l’abondance , & le pais où fe cueille le bon vin. f GRAPE , signifie par analogie, une espece de gale qui vient aux piez des chevaux. ( Ce cheval a des grapes aux jambes. f GRAPILLER , v. a. [ Uvas reliftas sublegere. ] Chercher des grapes de raisin dans une vigne lors- qu’elle est vendangée. (Je n’ai pas grapillé grand chose.) * GRAPILLER , v. a. [ Colligere.'] Faire quelque petit gain. 11 a grapillé quelque chose dans cette asaire. (11 n’y a pas un grand gaina faire, iln’y a qu’àgra- piller. Acad. Fr.) f * GRAPILLER, v. a. [ PaulatimsurariJ Mot comique & figuré , qui signifie prendre peu & amasser en dérobant quelque petite chose. La plupart des servantes & des Maîtres d’hôtel de Paris, grapillent toôjours quelque petite chose , & à la fin s’enrichis- sent un peu.) GRAPILLEUR, s. m. [ Vinearum sublegulus.s Celui qui grapillé. ( Un pauvre grapilleur.) GRAPILLEUSE , f. f. Celle qui grapillé. (Une grapilleuse.) GRAPILLON , f. m. s Racemultss. ] Petite grape. GRAPIN,/ m. s Uncus , harpago .] Sorte de croc qui sert à retenir & à atacher une chose. (Us ata- choient à des solives des crocs & des grapins. Vaug. Quint. I. 4. c. 3. GRAPIN , f. m. [ Minor anchora.~\ Terme de Mer. C’eit une forte d’ancre à quatre bras. On les apelle aussi hérissons. * GRAPIN à main. £ Uncus manualis.) Instrument de fer, qui est fait comme un ancre à quatre bras , & dont on fe sert dans les combats navals pour sabordage. (Acrocher un grapin. ) GRAPIN. £ Spina. ] Terme de Maréchal. Ce sont certaines arêtes qui viennent fur le nerf des jambes de derrière d’un cheval, en forme de gales, ou tumeurs , entre le jarret & le paturon. GRAS , grasse , adj. £ Pinguis , opimm , obesití. ] Qui a de la graisse. Qui est dans un embonpoint considérable. ( Etre gros & gras. Veau gras. Bœuf gras. Femme grosse & grasse.) GRAS, grasse. [ Adiposw , pinguis. ] II fe dit de certaines matières onctueuses. (Le beurre est gras. L’huile est grasse. Fromage gras. Le vin devient gras, & l’ancre devient grasse, lors que ces liqueurs s’épais- sissent trop & qu’elles filent comme du sirop.) * GRAS, grasse. Ce mot fe dit en riant, & en faisant une sorte de reproche qui marque le tort d’une personne. ( Vous en etes bien plus gras d’avoir dit cela. t! s m esiùs ess boc dixisse.'] Vous en étés bien plus grasse d avoir cause ce vacarme; c’est-à-dire, vous avez îQYt u ftvQiY dit cela * Vous n’çn tirerez nul avantage.) GRA + * GRAS , grasse. IFescenninus , obfcttnus.'] Un peu libre , & gaillard. ( Cause grasse. Plaider la cause grasse.) , „ , ,. GRAS , grasse. Terme de Maçon ; c est-a-dire , ou il y a trop de chaux. ( Mortier trop gras.) GRAS , grasse. ICrasJus. ] Terme de Charpentier & de Maçon. Qui a trop d’épaisscur. ( Les joints de cette piéce de bois font trop gras, il les faut démai- grir. Les joints de cette pierre sont trop gras.) * Un pais gras. [ Pinguis ager.J C’est-â-dire , fertile & abondant. * Terre grasse. £ ArgiSa. ] C’est de l’argile. , * Avoir la langue grasse. £ Balbum ess'e.s C’est-à-dire, épaisse ; ce qui fait qu’on ne peut pas bien prononcer de certaines lettres , comme IV & le ch. GRAS , grasse. [ Adiposus. ] Ce mot sc dit encore des choses où on a mis de la graisse. ( Un potage gras. On dit aussi du cuir gras, des gants gras, un chapeau gras , &c. £ Sordidâ illuvie ob U t us.) f GRAS , grasse. Terme de Manufaclure. On dit qu’un drap est gras , qu’une étofe est grasse, lorsqu’ils n’ont point été bien dégorgez de leur huile ou de leur graisse , ce qui vient de la faute du Foulon. Figue grasse, f Ficus pinguis. J C’est une grosse figue vieille & scche, dont on sc sert pour faire supurer des abcès. f * Faire ses choux gras de quelque chose. Proverbe, pour dire , s’en servir & s’en réjouir. * GRAS comme un Moine. £ Qbejìjsimus. ] C’est-à- dire, fort gras. * Dormir la grasse matinée. £ Ad multam diem sier- tere , dormFe. J C’est-à-dire , fe lever fort tard , demeurer long-tems au lit pour devenir plus gras. í§ Prens garde seulement, qu’en dormant la grasse matinée , tu ne sois heureux qu’en songe seulement, & malheureux en éfet. Ablancourt , coq de Lucien. GRAS-DOUBLE ,s. m. f Omasum. J Espèce de tripe, que vendent les tripières. C’est le second des ventricules du beuf & des autres animaux qui ruminent. GRAS de mer. Terme usité fur les côtes de Languedoc , pour signifier un passage de mer. GRAS , s m. £ Caro pinguis. J Graisse , ce qui est contraire au maigre. (Elle aime le gras. Donnez- moi du gras , je l’aime mieux que le maigre.) GRAS. £ Caro. ] Ce mot se dit en parlant de personnes qui mangent de la viande le carême, ou les jours maigres. (Les jours gras. Mardi gras.) Faire gras. £ Carne vesci.~\ C’est manger de la viande aux jours où l’on n’en doit point manger. GRAS de jambe. £ Sura. ] C’est la partie postérieure de la jambe qui est sort charnue. GRAS-FONDURE , f f. £ Adipis fusio. ] Maladie qui vient à un cheval gras pour avoir été échaufé, & qui fondant la graisse dans le corps du cheval, l’é- toufe. Soleifel , P. M. c. 1 . /. 6. (On dit aussi, gras- fondu. II ne mourra pas de gras fondu. Proverbe.) GRASSEïEMENT , f. m. £ Balbuties. ] Maniéré de prononcer d’une personne qui grasseie. (Legrasseïe- ment affecté est désagréable. Acad. Fr.) f GRASSEïER, v. n. [ BalbutAe.J C’est parler gras. (Elle grasseie un peu, & cela ne lui mefsied pas.) Grasséier sc dit ; mais le plus souvent , en sa place, on dk , parler gras. GRASSEMENT .■ adv. £ Opimè. ] D’une maniéré grasse & riche. ( II paie grassement. II vit grassement. Acad. Fr.) GRASSET, grassette , adj. £ Pinguiculw.) I Qui est un peu gras. ( 11 est grasset ; elle est grassette.) GRASSETTE , s. f. £ Pinguicula. J Plante dont les feuilles semblent être graissées avec du soif, & qui étant écrasée , mêlée avec du beurre frais & apliquée sor le mal , consolide les plaies. í GRASSETTE , ou Jombarde des vignes. £ Ana. campseros. ] C’est une plante humectante, rafraîchissante , résolutive, propre pour effacer les taches de la peau. ^ GRASSOUILLET, grassouillette , adj. £ Pingulus .) Ce mot se dit des personnes d’un corps délicat, & veut dire , gras. ( U est grassouillet. Elle est grassouillette.) GRAT, f m. Endroit où les poules gratent pour chercher de la pâture. Mais ce mot n’est en usage que parmi les païsans. Acad. Fr.) í GRATEAU, f. m. Instrument d’acier dont se servent les Doreurs sor métal, pour préparer l’ouvrage qu’ils GRA qu’ils veulent dorer. II est pointu à quatre carnes tranchantes , monté dans un manche de bois. í GRATEAU. Instrument des Fourbisseurs , mais diférent de celui des Doreurs. II est tourné en spirale par le milieu ; les deux bouts font plats, tranchans & courbez , l’un à droite, & l'autre à gauche. II sert à grater & même à brunir la plaque des Gardes d’épées , qu’on veut nettoïer & réparer. GRATEAU. On apelle petit grateau, un oiselet un peu recourbé par le bout, dont les Fourbisseurs & autres Ouvriers gratent & adoucissent le relief de leurs ouvrages. GRATEBOESSE , s fi. Brosse faite de fil de lé- ton , dont se servent plusieurs artisans. Et grateboes- ser , c’est , chez les Horlogers, froter avec la grate- boesse une chose dorée, pour rendre l’or plus brillant. GRATECU ,'s. >«. [ Rosa sylveslris srulítis.] Fruit rouge du grand églantier dont l’effet est de resserrer. Sa fleur est une méchante petite rose qui vient dans les haies & les buissons. (Ces gratecus font assez jolis.) f * II n’y a point de Jt belle rose qui ne devienne gra- iecu. f Deflorescens forma dignita ». ] Proverbe , qui veut dire , qu'il n’y a point de fi belle fille , ou femme qui à la fin ne perde fa beauté. GRATELLE , f f. [ Pruritus , prurigo. ] Petite gale. ( Riche de gratelle & de doux. S. Am. La gra- telle est fâcheuse & dégoûtante. On apelle grateleux celui qui a de la gratelle. Acad. Fr.) GRATER , v. a. [Se scabere .J Froter la peau avec les ongles. Toucher la peau avec les ongles. Passer les ongles un peu fort fur la peau. ( Gratez-moi un peu fur l’épaule. Se grater.) GRATER ,©.«.[ AJìutè blandiri. ] Çe mot entre dans une faqon de parler burlesque & proverbiale. II signifie fiater finement. Trouver [endroit fossile d’une personne & par où elle peut être prise & flatée avec adresse. (11 le grate par où il lui démange. Mol. ) GRATER, v. n. [ Fores scalpere. 3 II se dit de la porte des Grands : c’est froter doucement la porte avec les doigts. Ce n’est pas savoir son monde que de heurter à la porte des chambres, ou des cabinets des Princes , ií y faut grater seulement. Quand on grate à la porte chez les Rois, ou chez les Princes, & que [Huissier vous demande vôtre nom , il le faut dire, & ne se qualifier jamais de Monsieur. Civ.fran. ch. 4 .) * GRATER, v. a. Ce mot fe dit des poules, & c’est jetter & creuser la terre avec leurs doigts. (Les poules gratent la terre.) GRATER. Terme de Tailleur. C’est avec l’éguille tirer le poil pour en couvrir quelque couture. (Grater une rentraiture.) GRATER, v. a. [ Raderc .] Terme de Chaudronnier. C’est nétéïer le cuivre avec la paroire. On grate bien le cuivre avant que de l’étamer, car s’il n’étoit pas bien net, [étain n’y tiendroit point du tout. $ GRATER un vaisseau. C’est racler & purger le bois du vieux goudron qui est dessus. GRATER , v. a. [ Radere .] Ratisser, fe dit du parchemin. ( II y a de la fausseté dans ce titre, le parchemin a été graté en deux endroits. On dit d’un Clerc de Procureur ou de Notaire , qu’il grate le parchemin.) On dit proverbialement, trop parler nuit , trop grater cuit. On dit qu’un âne grate Poutre. [ Afinus ajlnum fricat. j Qui fe sent galleux se grate. £ GRATER un Livre. Terme de Relieur. C’est ouvrir le dos d’un livre avec un instrument de fer dentelé , pour y faire mieux entrer la colle, avant que de [endosser. GRATERON , / m. [ Aparine. 3 Plante dont [eau distilée est bonne pour les maux de poitrine & pour les vapeurs. Quelques-uns la font boire dans la pleurésie. Èn latin. [ Aparine vulgaris.) í GRATTA DEI, ou GRATIOLA J. f. [Gratiola J Nom que les Botanistes donnent à une forte de plante médicinale qui vient en Languedoc, en Provence & en d’autres lieux. C’est une espèce de séné. GRATICULER, V. a. Diviser un tableau qu’on prend pour modèle en plusieurs careaux en forme de châssis, pour raporter les parties enfermées dans cha- GRA 143 que carreau , dans d’autres carreaux proportionnez qu on trace aussi fur [ouvrage qu’on veut tirer ou copier en grand ou en petit. Ce mot vient de [Italien grattcola , & du Latin craticula , qui signifie une grille. í GRATIENNE , f f. Especes de toiles de lin qui le manufacturent en quelques endroits de la Bre- tagne. r.lles font blanches & d’un assez bon blanchiment. T, GRATIFICATION ,_/!/.[ Domim , libéralisas ,3 Don gratuit. Faveur qu’on fait pour récompenser le mente de quelque personne, ou les services qu’on a rendus. ( II est riche des gratifications du Roi. II a reçu de particulières gratifications de son Prince.) GRATIFIER , v. a. [ Gratificari , dona rependere. J Faire quelque gratification. ( Gratifier quelcun.) GRATIN 11 / m. Reste de bouillie qui demeure a . u "U poison. ( Manger le gratin. Aimer le gratin. Le gratin est le meilleur.) GRATIOLE , f f [ Gratiola.'] Plante fort amère qui purge vigoureusement par haut & par bas, Sc dont on fe sert dans les hidropisies, dans les fièvres, dans la sidatique. GRATIS , adv. [ Sine mercede. 3 Gratuitement. ( Enseigner gratis.) A soupirer gratis , on perd plut qu’on ne gagne, II faut oler au sait Jans batre la campagne. Bours. Esope.) í GRATIS, est aussi substantif. (II a obtenu le gratis de ses bulles.) ^ * GRATIS, adv. On le dit d’un homme qui avance une proposition , ou un fait, fans en aporter la preuve. (Vous dites cela gratis.) GRATITUDE, f fi [Grati animï memorìa. 3 Reconnoissance d’une grâce reqûë. ( Avoir de la gratitude. Par une gratitude afectée d’une grâce qu’on n’a point reqûë , l’on se met industrieusement en état d’en recevoir, S. Evremont.) GRATOIR, f m. [Scalprum .3 Outil de fer qui sert aux Maqons. Les Orfèvres & les Graveurs apel- lent aussi gratoir , un instrument d’acier, fait en forme triangulaire & aboutissant en pointe , dont ils se servent à ratisser le métal sur lequel ils veulent refaire quelque chose. D’autres ouvriers sc servent aussi de gratoirs. f ORATOIRES. Outils dont sc servent les Serruriers, pour dresser & arrondir les anneaux des clefs & autres pièces de relief. II y en a de plusieurs sortes. GRATUIT, gratuite , adj. [ Gratuitus. 3 Qui se fait gratuitement. ( Don gratuit. Libéralité gratuite. La grâce est toute gratuite.) -j: GRATUIT, signifie en termes de Philosophie , qui n’a aucun fondement. ( C’est une soposition gratuite.) GRATUITE’, s. fi. [ Gratìa. 3 Ce mot n’est point dans [Académie. Messieurs de Port-Roïal s’en sont servis, pour exprimer une chose qui n’est nullement dûë. ( C’est la gratuité de [amour de Dieu , qui est la source de son choix & de la diférence qu’il met entre les hommes. Port-Royal.) GRATUITEMENT , adv. [ Gratuité. 3 Sans aucun profit. (Enseigner gratuitement. Ablanc. Dieu prédestine gratuitement.) f GRATUITEMENT , signifie aussi, sans fondement. (Vous avancez cela gratuitement.) GRAVAS , s m. [ Rudera. 3 Terme de Maçon. Petit morceau de plâtre ou de platras qui vient de quelque démolition , & qu’on jette parce-qu’il ne peut servir. Les Maqons diíèn 1 gravas, mais la plupart des gens qui ne sont pas Maqons , des gravais.) GRAVE , adj. Ce mot vient du Latin gravis , qui signifie pèsent. En ce sens, c’est un terme de Physique , & on dit: (Les corps graves; c’est-a-dire, pésents.) , . . , , * GRAVE, adj. [ Gravis. J Serieux : qui a oe la gravité. (C’est un grand homme grave. Mine grave. II est grave comme un Espagnol.) * GRAVE. [ Gravis. 3 Ce mot se dit du son , & veut dire , creux, bas & profond. ( Une corde qui a le son grave. Mers.) * GRAVE. [ Gravis. 3 Majestueux. ( Le Roi a 1 air grave & majestueux. Lé stile de [Ecriture est simple, 0 * mais chose de 144 GRA. mais de cette simplicité qui a quelque * GRAVE f A ut or gravis, (ì? plurìiti.? autoritatis.J Ce mot se dit des Auteurs & des Docteurs. (Un Docteur grave. Pascal. I. $•) * ORAVE. C Gravis. ] Ce mot te dit autti du dil- cours , & veut dire , sérieux. Plein de choses graves & de paroles sérieuses. ( Discours grave. Stile grave.) GRAVE. C Gravis. ] Terme de Grammaire , qui se dit d’un certain accent qui marque un rabaissement de voix. ( Accent grave.) GRAVE. [ Gravis. J Se dit des péchez. C’est un crime iì grave & si énorme, qu’il n’en obtiendra jamais le pardon. Vin de Grave. C’est du vin qui croît dans un petit pais qu’on apelle Grave près de Bordeaux , qui est très-couvert, & excélent pour la santé. * GRAVE' , adj. [ Varulis notât ut. ] On le dit en riant , du viiáge, sur lequel paroissent des creux, qui sont des marques de petite vérole. (Visage gravé : nez gravé.) GRAVE'LE , //• [ Calculus. ) Sable qui se forme dans les reins par le moïen d’une chaleur étrangère, (D’Ablancourt est mort de la gravéle.) On apelloit autrefois gravéle le petit caillou, & ce mot s’est conservé pour exprimer un mal qui est causé par une espèce de petit sable ou de petites pierres qui se forment dans les reins , ou dans la vessie. Je m’approchay de la fontaine, Pour Peau voir très-claire U faine, Et la gravelle belle ffi nette, Et dedans n’osay regarder. Le Roman de la Rose. í * GRAVE'LE. Espèce de tartre qui se fait à Paris & à Lyon. GRAVELE'E , s.s. IFaxficca.J Lie sèche & brûlée , dont les Teinturiers & les Blanchisseurs se servent, & que les Vinaigriers vendent. GRAVELEUX , graveleuse , adj. f Calculosw. J Qui a la gravéle. (II est graveleux : elle est graveleuse.) GRAVELEUX, graveleuse, adj. s Glareosm. ] 11 se dit de la terre, & signifie mêlé de gravier. (Terroir graveleux : terre graveleuse. On le dit auísi du craïon, dans lequel il y a des endroits trops durs, & qui tiennent de la pierre. Ce craïon ne vaut rien , parce qu’il est graveleux.) f GRAVELURE , / /. Ce mot , dans le stile familier, signifie , obscénité. ( U y a de la gravelure dans ce discours.) GRAVEMENT, adv. [Multd cum gravitate. ] Avec gravité. (Marcher gravement. Parler gravement.) GRAVER ,».«.[ Sculpere. ] Faire quelque gravure fur le métal ou fur le bois. ( Graver une planche : graver un cachet : graver de la vaisselle : graver en bois , en eau forte, en bosse.) ( * II laisse malgré les parques son nom gravé dans Tunivers, Voit. Po’es. Graver son nom au temple de mémoire. La Su2e. La Loi de nature gravée au cœur de tous les hommes nous parle intérieurement. Pa. tru, plaid. 9.) GRAVEUR , f. m. f Calator , scalptor. 3 Celui qui fait l’art de graver. ( Un excélent Graveur : un Graveur à l’eau forte : Graveur de tailles douces : Graveur en bois.) GRAVIER , s m. s Arena, glarea. ] Sable de rivière. ( Le fleuve s’épand dans un lit de gravier. Vaug. Quint. I. ;. Qsest-ce en éset pour toi , grand Monarque des Gaules, Qu’un tas de fable U de gravier, Que faire de mon Isle, il n’y croît que des saules, Et tu n’amies que les lauriers. Mr. de Roubin.) GRAVIER, f Sabulum. ] Sable qu’on jette en pif. lant. (Urine sabloneufe, & où il y a beaucoup de gravier. Deg.) v u ,v rIX , v. a. p rrorepere , reptare. 1 G av ^ s pe,n . e e " S*es lieux hauts & dificiles , & ( I pÍX, ? serVlr de ì mains E-bien que d< (Les chats, les ours, &c. gravissent aisément e des arbres & des rochers, où les hommes n vent gravir qu’avec peine. ) GRE GRAVITE', f. f Ce mot vient du Latin gravitas, qui signifie péfanteur. En ce sens, c’est un terme de Phijìque. ( La gravité', ou la péfanteur des corps est la cause qui les fait aprocher du centre de la terre. Mr. Huygens a écrit fur la gravité.) Centre de gravité. ( Gravitatis centrum. ] Terme de Mécanique. C’est le point duquel , si l’on suspend un corps pèsent, il demeurera en équilibre, & ne panchera d’aucun côté. C’est par ce point que passe la ligne de direction qui vient du centre de la terre. De ta chute , ignorant , ne vois-tu pas les causes, Et qu’elle vient d’avoir du point fixe écarté, Ce que nom apellons centre de gravité ? Mol. femm. sev. i * GRAVITE', f. f. [ Gravitas , severitas. ] C’est le sérieux d’une personne. (II paroissoit avec une gravité Stoïque. Abl. Tenir fa gravité : perdre se gravité, II ne faut pas aujfî, gravitez Espagnoles, Qu’une tête immobile énerve vos paroles. Sanlecq.) * Gravité de discours. ( Quelquefois l’Arioste, de la plus haute gravité de son stile , tombe dans des bassesses à peine dignes du burlesque. La Font.) * GRAVITE'. ' [ Gravitas. 3 Ce mot se dit du son. C’est une qualité qui rend le son creux, bas, L profond. ( Gravité de son. Mers.) í GRA VOIR , s m. Outil de Miroirtier- Lunetier. C’est avec cet outil que les Maîtres de cette profession qui travaillent aux chasses des lunettes , font cette rainure qui est au dedans de chaque chasse , & dans laquelle se placent les deux verres de chaque lunette. GRA VOIS, s >». [ Rudera. ] Morceau de plâtre ou de plâtras qui vient de quelque démolition. II faut être soigneux d’ôter tous les gravois. ) Voïez gravas. GR AVERE ì f f [ Cœlatura , scalpturaf] Art de graver fur le bois avec le burin , ou fur le métal avec le burin, avec le poinçon, ou à la pointe & à l’eau forte. La manière de graver. ( Une belle gravure.) GRAVURE. [ Scalptura. ] Terme de Cordonnier. Raie qu’on fait autour de la semelle du soulié où l’on couche le point. ( Faire une gravure : fermer la gravure. ) GRE', s m. [ Bona voluntas. ] Volonté : désir. ( Cela est à mon gré. Elle est assez à mon gré : hongre malgré tout le monde. Us n’élévoient passes en- fans au gré des pères & des mères. Vaug. Quint. I. 10 . De son plein gré. \_Mutuo consensu. j C’est-à-dire, par un mutuel consentement.) GRE'. [ Aéquus animm, aqua mens .J Ressentiment: reconnoissance. (Savoir gré de quelque chose à quel- cun. Voit. I. 12. Je me sai quelque gré d’avoir fait cela. Rac. plaideurs.) Bon gré, f m. s Bona gratia.J Ressentiment secret : satisfaction , joie particulière. (Je me sai bon gré d’en avoir usé ainsi. Abl. Luc.) Mauvais gré , f. m. (Non aquus animut.) Chagrin: mécontentement. (Je ne puis croire que 1e public me sache mauvais gré de lui avoir donné cette tragédie. Racine , Bérenice.) Bongré malgré. [ Animis adverfis. ] C’est-à-dire, contre le désir & la volonté. (. II veut bongré malgré Ne Je coucher qu’en robe çç? en bonnet quarré. Racine, plaideurs.) GREC, Gréque , adj. [ Gracies , graïusj Qui est de Grèce. (Homme grec. Femme gréque. Vin grec. Ces Grecs U ces Romains fi vantez dans l’Hifioire, Ont sauvé leurs noms du trépas'. Par des faits moins brillons, moins dignes de mémoire. Deshoul.) GREC , Grecque. [ Gracus. ] Qui est écrit en grec. (Livre grec.) GREC , f m. [ Littera graca. J Langue Gréque. (Entendre le grec. A prendre le grec. II fait du grec autant qu’homme de France. Mol. femmes savantes. Quoi ! Monsieur fait du grec ? Ah, permettez de grâce Que pour P amour de grec , Monsieur, on vous embrasse. Mol. femmes seyantes.) •f " C’est GRE f * C est du grec pour vous. [ Id te fagit. ] C’est-à- dire , cela vous passe , vous n’y entendez rien. t * II est grec là.dejsus. [ Id apprimè cadet.'] C’est-à- dire , il est adroit là-dessus. Cet homme n est pas un grand grec. [ Parùm artis périt us.] Pour dire , qu’on est ignorant & peu industrieux. Passez , c'est du grec. [Transeat , gracum ejì.] C’est- à-dire , ne vous mêlez point d’une a faire où vous n’entendez rien. GRECQUE , ou Gréque , s. f. Terme de Relieur. Petite scie dont on se sert pour gréq.uer les livres. GRECQUER , on Gréquer , v. a. Terme de Relieur. C’est couper avec la gréque un livre fur le dos après qu’on l’a cousu , afin d’y placer les nerfs , en forte qu’ils ne paroissent point en dehors quand le livre est tout-à-fait relié. GREDIN , / m. [ Pliteus . ] Gueux. (C’est un franc gredin.) f * GREDIN , se dit d’une personne , qui n’a ni bien , ni naissance, ni bonnes qualitez. ( C’est un gredin.) í GREDIN, adj. Mesquin. ( Ce repas est fort gredin. Des maniérés gredines. GREDINE, / / [ Blitea. j Gueuse. ( C’est une franche gredine.) GREDINERIE, / f. [ Sordes. ] Mesquinerie : action de gredin. GRE'FE, / m. f Public a tabula.] Bureau où l’on garde & où l'on expédie plusieurs acìes de Justice. ( L’arrêt est au gréfe. ) î GRE'FE, se dit quelquefois , pour les droits du Gréfe , les émolumens qu’on tire du Gréfe. (Les Gré- fes de cette Province. Les Gréfes des Amirautez.) GRE'FE, ou ente, f f. [ Sur cuit ìs , calamus.] Terme de Jardinier. Gréfe est le plus usité. C’est un petit jetton d’un arbre dont on fait cas, & qu’on infère & met fur un autre arbre, pour lui faire produire des fruits de l’espéce dont on a pris la gréfe. ( Une belle gréfe. Les gréfes en fente ont été les premières en pratique.) GRE'FE , f. f. [ Surculus. ] Terme de Jardinier. lise prend pourl’arbre qui a été gréfé. (Avoirplusieurs gréfes : mes gréfes périssent : vos gréfes réussissent.) GRE'FER , v. a. [ Arborent inserere.] Terme de Jardinier. Mettre une gréfe. Gréfer une pépinière : gréfer des poiriers pour les mettre en espaliers , on en buissons : gréfer en écusson , en fente, en couronne : gréfer des coignaífiers : gréfer une tige : gréfer une branche. On ne gréfe que dans certains mois du p ri latents & de l’été. ( La plupart des arbres ne produisent que de médians fruits , à moins qu’on ne les gréfe.) GRE'FIER , s. m. f Tabuíarius , afíuarius , scriba. ] Oficier qui garde les actes de Justice , qui les expédie, qui écrit à l’audience ce que prononce le Juge , & qui dans les afaires criminelles lit & écrit les dépositions des témoins. ( Corrompre un Gréfier.) On dit proverbialement, c ejì le Gréfier de Vaugi- rard , qui ne peut écrire quand on le regarde. Ce qu’on dit à ceux qui ne veulent rien faire en présence de quelcun. GRE'FOIR , s. m. [ Ctdtellus. ] Prononcez gréfoi. Petit couteau dont on se sert pour gréfer. Le gréfoir doit avoir le manche d’ivoire , ou de bois dur, dont ì’extrêmité soit plate, mince & arrondie , pour servir à détacher l’écorce des sauvageons, fur lesquels on veut apliquer les écussons. ( Les plus commodes gré- foirs fe plient comme des sepettes. On les apelle aussi. mtoìrs , mais ce dernier mot est le moins usité.) GRE'GE- On donne ce nom aux foies qui sortent de dessus le coucon , & qui n’ont pas encore été filées. 4= GRE'GE , est aussi un petit peigne de fer, dont on se sert en plusieurs Provinces de France , pour séparer la graine de lin de sa tige. 4= GRE'GER le lin. C’est en abatte la graine avec la grége. GRE'GEOIS. [ Gracinicus. j Epithète qu’on don- noit aux feux d’artiiìce dont se servoient les Anciens. On dit proverbialement d’un homme dont la colère passe vite, c est un feu grégeois. GRE î4 r GRE GOIRE, f. m. f Gregorìus. ] Nom d’hom- me. (Grégoire de Tours est un célébré Historien Fran. qois. Grégoire de Nysse & Grégoire de Nazianze étoient de savans Docteurs de l’Eglise.) GRE GORIEN , Grégorienne , adj. f Gregoriantts. J Ce mot sc dit du Calendrier. ( Calendrier Grégorien c’est le Calendrier qui a été réformé par les ordres du Pape Grégoire XIII. en içBa. Réformation Grégorienne. On dit aussi l’ofice Grégorien, le chant Grégorien, qui ont été introduits dans l’Eglise par le Pape . Grégoire premier.) GRE'GUER , v. ». Mettre en poche! Mettre dans ses gregues. (II m'a grégué dix pistoles.) Ce mot est bas. t GRE'GUES , f- f. f Bracca , femoralia. ] Mot burlesque , pour dire , haut-de-chauffie. ( Ici nous voïons un éternel concours de la noblesse en grégues d’écarlate & jupe de velours. Sar. Pois. Tirer ses grégues ; c’est s’en aler d’un lieu, c’est s’enfuir d’un lieu. t * R y a laissé ses grégues ; c’est-à-dire , il y est mort.) Cfi Ses grégues aux genoux, au coude son manteau. Régnier. {§ GREIGNEUR. Ancien mot qui signifie metU leur , plus grand. II vient d egrandior. Pathelin ; Par mon serment , c’est le greigneur Trompeur. Et dans l’Histoire de du Guesclin : Ouqueì estait lors Bertrand du Guesclin , que bien avoit oy dire que le Duc Charles avoit greigneur droit que le Comte de Mont - fort. GREILLE , f m. Instrument dont se servoient les Anciens en forme de clairon , qui avoit le ton fort doux & fin. ( Sonner du greille. ) GREIN , greiner. Voïez gréne & gréner. GRE'LE, adj. [ Gracìlis.] Mince, délié. (Cougrêle : voix grêle. On dit, en terme $ Anatomie , les boïaux grêles ; c’est-à-dire , les menus boïaux, pour les distinguer des gros boïaux.) Çf 11 est vrai que gracilis signifie naturellement une belle taille ; mais Horace , dans l’ode du premier livre, s’en est servi pour exprimer un jeune amant agréable & bien fait. Quis multa gracilis te puer m rosa, &c. GRêLE , st f. [ Grando. J Ce qui tombe de la nue, & qui étant en partie fondu est gelé par un air froid qu’il rencontre. ( Grêle plate : grêle piramidale, mince , transparente, épaisse. ) (* Une grêle de flèches. Une grêle de pierres. Ablancourt.. C’est-à-dire , une grande quantité de pierres & de flèches.) GRêLE. [ Grando. ] Chez les Médecins est encore une petite tumeur mobile & ronde qui vient aux paupières. On dit proverbialement, la grêle est tombée fur ms vignes , quand il est arrivé quelque grand malheur. 4= GRêLE,//. Outil dont les Tabletiers-PeignierS se servent pour dresser le peigne ; c’est-à-dire, pour en achever les dents & les aprofondir entièrement & également. C’est une espece de scie à une seule feuille. GRêLE', grêlée , adj. [ Gr an dine adustus. J Ce mot, se disant des choses , veut dire , bat u de la grêle. (Les blez font gréiez. Les vignes font grêlées.) f * GRêLE', grêlée. [ Varulis notatus.] Ce mot, au figuré, se dit des personnes , & signifie marquée de petite vérole. ( II a le visage bien grêlé ; elle est bien grêlée.) . , , \ * GRêLE', grêlée. {Calamitate assidus.] Qui a ete riche ou acommodé , & qui est ruiné. ( II est un peu grêlé. Celui qui a traduit la Rétorique d’Aristote , le continuateur de Ph. & l’atrabilaire A. sont terriblement gréiez.) „ -, m GRêLE', grêlée , adj. (Margantts distendus. ] Terme de Blason. II se dit des Couronnes de Marquis & de Comte, lesquelles font chargées d’un rang de grosses perles rondes , comme si c’éroit une grêle de perles qui fût tombée dessus. GRêLER , v. a. C Grandine verberare. ] ( Cet orage a grêlé nos vignes. La Bourgogne a été grêlée cette année.) GRêLER. [ Grandinare. ] Verbe impersonnel. ( U grêle ; c’est-à-dire , il tombe de la grêle ; il a long- tems grêlé. 7om. IL T T 1 On 146 GRE f * Qu’il vente, & qu’il grêle , je me moque de tout. Scaront) í Gl(ELET, f «r. Sorte de marteau dont les Maçons se servent. , . , i -r GRêLIN .f m. í Funtculusminornauttcus.l Terme de Marine. C’est le plus petit des cables d un vaisseau , qui sert à l’ancre d’affourché. GRêLON, f. m. [ Grandink major grumus. J Gros grain de grêle. (11 y a eu des grêlons qui pésoient une livre.) GRELOT , f. m. [ Crotalum. ] Maniéré de fort petite boule de métal, creuse & trouée , où l’on met un petit morceau de métal, ou d’autre chose dure en forme de baie , afin de faire une sorte de petit bruit résonnant. ( Un gros grelot : un petit grelot.) £ * Trembler le grelot. C’est trembler si fort, que les dents claquent l’une contre l’autre. H * Attacher le grelot. C’est faire le premier quelque chose, qui paroît dificile & hazardeuse. (Vous attacherez le grelot. Vous parlez à votre aise , mais la dificulté est d’attacher le grelot.) 4 GRELOT. On apelle fils au grelot. Une forte de fils qui se tirent de Dort en Hollande. Ils font blancs & plats , & servent pour broder à l’eguille des mousselines , des linons & des batistes. GRELOTER, n. n. [ Crepitare dentibusj Trembler de froid. (U y a une demi-heure que je grelote •n vous atendant. II grelote de froid.) 4 GRELOUE', fi »t. C’est un vaisseau de fer blanc percé dans le fond de plusieurs petits trous, dont on se sert pour grelouer ou grainer la cire, avant que de la mettre sur les toiles pour y être blanchie. 4 GRELOUER , Grainer , ou Grener la cire. C’est la réduire en petits grains, pour la purifier & blanchir. On peut voir la manière dont on le fait dans le Diction, du Commerce par Savary. GRE'MIAL , f m. [ Gremiale. ] Terme d’Eglise & de Chasublier. Espèce de tablier qui sert à l’Evêque, lors-qu’il oficie. (Déplier le grémial.) GRE'MIL, s. m. [ Lithofiermum .] C’est une petite plante qu’on apelle autrement herbe aux perles , qui porte une petite graine comme du mil. GRE'NADE , f /. [ Malum granatum.~j Fruit de grenadier qui est couvert d’une écorce rougeâtre par dehors & jaune par dedans , plein de plusieurs grains faits à angles, rouges & remplis d’un suc comme du vin avec de petits noïaux dedans. ( Les grénades font bonnes à l’estomac , mais elles échaufent un peu. Grénade vineuse. Les grénades aigres font astringentes , tempèrent la chaleur de l’estomac, le fortifient & empêchent la pouriture. Les grénades douces enflent & ne font pas si bonnes que les aigres.) GRE'NADE. [ Globulús ignitus .] Petite boule de métal , pleine de poudre, garnie d’une vis de fer ou de cuivre, percée , où se met l’amorce lente, & dont on se sert dans les sièges des villes contre les affiégéans. (Jetter des grénades. f * Us jettent dessus les gens des grénades avec les dents. Voit. Poêsl) GRE'NADE, en termes de Marine , est la même chose que crevette. GRE NADE de mer . C’est un corps dur pétrifié qui naît dans la mer contre les rochers , & dont la couleur & la forme font assez semblables à celles de la grénade. 4 GRE'NADE. On apelle ainsi une forte de linge ouvré qui se fait à Caën, & en quelques endroits des environs de cette ville de Basse Normandie. 4 GRE'NADE , se dit aussi de la foie la plus estimée pour la couture , les franges & autres sortes d’ouvrages. GRE'NADIER , s. m. [ Malusgranaîa. J Petit arbre qui porte le fruit qu’on apelle grénade. Le Grenadier a la feuille étroite , f rn. [ Cribrum granarium.J Terme AH Artillerie. Eípéce de crible , dans lequel on passe la poudre dans de petits trous ronds , & qui forment le grain en passant, quand on tire la matière des mortiers du moulin. GRENOiilLLFS , f f f Rana. ] Animal couvert de peau , qui vit dans l’eau & fur terre , qui a quatre prés dont elle fe sert pour nager, ou pour marcher en Pantelant lors-qu’elle est fur terre. ( La grenouille croasse l’été, ellle haït la cicogne, parce-que la eico- gne la mange. Chacun n’a ni repos ni treve, Que comme la grenouille il ne s'enjìe U ne crève. Bourf. Esope.) 4= La grenouille est aperitive & résolutive, f GRENOUILLE de mer. [ Rana marina. ] On l’apelle auffi pécheur. Son fiel est propre pour les cataractes des yeux. GRE I Arj f GRENOUILLE de bois. Z Rana JylveJìris. ) Elle est propre pour temperer l'ardeur de la fièvre. GRENOUILLE. Se dit d’un mauvais Poète. (II y a un marais au pié du Parnasse qui produit toutes les grenouilles poétiques dont nous sommes persécutez. Sarafin. ) (5 W y avoit, du tems de Marot, un mauvais Poète apellé Grenouille , & ce nom donna lieu a cette epigramme : Bien rejjimblez à la grenouille, Non pas que tu fois aquatique j Mais comme en l’eau elle barbouille, Si fais-tu en Part poétique. A juger de Marot par cette épigramme , on ne lé distinguera pas du pauvre Grenouille. GRENOUILLE. [ Ranula. 3 Terme de Médecine , petite apostume ou tumeur qui vient sous la langue, & qui ôte la liberté de parler. GRENOUILLE. Fer creux , dans lequel tourne le pivot d une porte ou d’une écluse , & qu’on nomme auffi crapaudine. GRENOùilLE. Terme à’Imprimeur. C’est la partie de la presse qui entre au sommet de la platine. GRENOUILLER, v. n. ,( Propinari. ] Boire en coquin dans quelque cabaret. (Il s’amule à grenouiller dans le cabaret.') GRENOUILLERE , f. f. ( Ranis infesta palus. ] Lieu OÙ il y a beaucoup de grenouilles. GRENU , grenué, adj. [ Granis onustta. ] Plein de grains. ( Epi grenu. ) On dit auffi , épi grené, poudre à canon grenue, cuir grenu, huile grenue, qui est figée en petits grains. GRE'QUER. Voïez Grecquer. GRE'SLL i j. m. [ Pruina. ] Petite grêle qui gâté ■les vignes. * GRE'SIL. [ Vitrunì in pulverem reàaclum. 3 Verre pile & réduit en poudre. GRE'SILER , v. n. [ Grandinare. ] Verbe impersonnel. ( 11 grésille ; c’est-à-dire , il tombe de grésil. II se dit auffi de ce qui se roussit au feu. ' f GRE'SILLER du verre. C’est le façonner avec l’outil qu’on nomme un Grésoir. On dit auffi, Griser , & Croiser. GRE'SILLON. Voïez Grillon. GRE'SOIR , s. m. f Friabulum. 3 Outil dont se sert un Vitrier , pour égruger les extrémitez d’un carreau de verre. GRE'SOIR. Chez les Orfèvres , c’est une boëte qui sert à recevoir la poudre de diamant, lors qu’on frote deux diamans l’on contre l’autre. GRESSERIE ,s f C Optasilicinum. 3 Pierres de grès, ouvrages faits de grès , comme les cruches. II fe dit de la roche d’où l’on tire le grès. GRE'VE , f f. [ Littrn arenosum. 3 Plage unie & sablonneuse au rivage de la mer. ( Les baleines endormies demeurent quelquefois fur la grève. II fe dit auffi du gros fable qui est fur le rivage, Arena .) GRE'VE. f Gravia. 3 Place publique à Paris , qui est devant l’hôtel de ville , & où se font les exécutions criminelles. (Cet homme prend le chemin de la grève. A la fin tous ces jeux que l’Athéisme élève, Conduisent tristement le plaisant à la grévè. Defpr.) t GRE'VER , n. a. í Ladere , gravare. 3 Ce mot commence à devenir un peu suranné. II lignifie, tourmenter : faire de la peine. ( Le Pape par fa Bulle greva le Clergé. Févret , traité de tabus. L’amour octroie fa grâce aux cœurs qu’il a grévez. soit. Pois.') GRE'VTJRE , f f f Hermia. 3 Nom que plusieurs donnent aux hernies ou descentes de boïaux. GREZ , f m. Z Silex. 3 Sorte de pierre dure. Elle est composée de plusieurs grains de fable calez ensemble , par le moïen de quelque matière terrestre qui s’arrête dans les pores qu’ils laissent entr’eux. Roh. Phif. , GREZ. Terme de Chasse. [ Superhres apri denies, j Ce font les grosses dents d’enhaut d’un sanglier qui fraient contre sea défenses qui sont ses grandes dents, d’embas. Sal. GRIBANË , f f Bâtiment de mer , depuis j o. jufqu’à 90 . tonneaux. __ T Tom. U. T 2 GRE 148 GRI GRTRTFTTF. s. s. [ Porcin* carrât plagula.~] Morceau de porc délié & taillé en long qu’on leve sur la flèche de lard. (Lever des griblettes.). GRIBOûILLETTE. Terme Populaire , qui se dit d un jeu d’enfans qui jettent quelque chose & 1 abandonnent à celui qui pourra l’atraper : ( J ai jette mon cœur à la gribouillette, satrape qui pourra.) t GRIE'CHE , «d/- [ Varius , acerbus. ] Ce mot n’a pas un usage fort étendu. (On dit, Ortie grié- cbe. Pie griécbe. Femme qui est grieche.) | GRIEF, griève , adj. s Gravis , molestus. ] Fâcheux : aflictif: rude. (II défendit sous-de grièves peines d’apeller Catherine , Reine d’Angleterre : M ancraix , schisme , /. i.) Malherbe a dit : "Son qu’il me soit Jì grief que la terre possède Ce qui me sut Jì cher. GRIEF , s m. [ Jaciura , damnums Terme.de Palais. Ecritures où l’apellant montre le tort & l’injusti- ce que lui a fait le juge de la sentence duquel il a apellé. ( Donner ses griefs.) [Querelœ.) T GRIERS , / m. Sorte de fromage qui vient de Suisse. Quelques-uns écrivent & prononcent, Gruiere. t GRIE'VEMENT, adv. f Graviter .] D’une maniéré rude & fâcheuse. Le mot de grief adjectif & de grièvement sont François, mais ils ne se disent qu’en de certains endroits comme consacrez. ( On le punira grièvement.) f GRIE'VETE', f f. [ Atrocitas. ] Ce mot n’est pas généralement reqû , & en fa place on dit : énormité : grandeur. ( La grièveté du péché se pourra aisément comprendre par cette comparaison. Régnier , Rodri- guez.) L’Académie l’a reqû. f GRIF, ou Grive. Monoïe de compte dont on se sert en Moscovie. Le Gris vaut dix copecs. GRIFE , f f [ Unguis sulcatus . ] Ce mot se dit proprement des bêtes , & signifie espèce d’ongle. (Les grises du lion. Les grises du chat.) (t * Vous ne sauriez croire les avantages qu’on m’a oferts pour me faire promettre de prêter mes grises contre vous. Voit. I. z%. Vos louanges ont des ongles & des grises. Boileau , avis à Ménage. On dit grifàde pour coup de grise.) {$ Mr. Costar, lett. 12. tom. 1. à Mr. Montauban, Avocat au Parlement : C’ejì vous , Monsieur , qui êtes le patron des autres patrons , volts qui défendez Jì éloquemment la mémoire des grands Ministres d.’Etat , U qui la sauvez des vilaines grises de íinsolente calomnie. £ GRIFE , se dit aussi dans le commerce d’étain, des marques en faqon de crochets que les Essaïeurs font aux saumons d’étain. GRIFON , s m. [ Gryphus. ] Oiseau plus gros que l’aigle : il a quatre pies : il ressemble à l’aigle par la tête , & par le derrière au lion : il a le dos noir, le flanc rouge & les ailes blanches. Les fables parlent de la forte du grisou , mais l’Histoire dit que c’est un oiseau vraiment fabuleux. JonJìon. Mr. Spon, recherches d!antiquité, dissertation , assure que le grisou est véritablement fabuleux , & qu’il étoit consacré au Soleil. GRIFON. Lime plate dentée par les bords, qui sert aux Tireurs d’or à canneller le lingot. GRIFON. Terme de Blason. Demi aigle & demi lion, aïant la tête , le poitrail, & les deux jambes garnies de grises comme un aigle. t GRIFONNAGE , s. m. f Litterœ malè exarata. ] Sorte de méchante écriture qu’on a peine à lire. (Un grifonnage ridicule. Gomb. épit. I. 2. ) GRIFONNER, v. a. [ Malè littéral exarare.) Ecrire mal. Faire & écrire vite. (11 s’amusoit à lire un manuscrit tout grisonné. Abl. Luc. tom. ;. Vieux manuscrits tout grisonnez. Abl. Luc. t. 1. Mon dessein n etoit pas de grisonner plus d’un dixain. Sar. Po'es. II veut dire aussi tracer grossièrement. , î GRIGNON, s. m. [ Crujlulum panis. J Mot burleique , pour dire, croûton de pain. (Coupez- mm un petit grignon de ce pain-là. f GRIGNON, fe dit aussi fur mer , du biscuit qui est par morceaux , & non en galettes. t GRIGNOTER , »..a. [ Rodere. ] Mot burlesque. Donner des coups de dent tout autour d’un pain : ron- GRI ger tout autour : manger. (Tenez, grignotez. Enfant qui commence à grignoter. Le Bourgeois peu content d’un repas Jì frugal , Pie fait que grignoter d’une dent dédaigneuse. Le Noble.) jff Le mot n’est point burlesque , il est ancien. Rabelais, /. 1. ch. 22. de son Gargantua ., s’en est servi : Puis tout lourdement grignotant d’un transon de grâces. Grignoter , c’est rompre du pain ou quelque autre chose en petits morceaux ; c’est s’amuser à manger lentement du pain ou du fruit. GRIGOU,/»». [Bliteus & Jìccuf .2 Mesquin, sordide , qui vit seul comme un misérable. (Riende plus indigne d’un honnête homme , que de vivre en grigou.) GRIL ,/»»•[ Graticula. ] Instrument de fer qui a une queue , & qu’on met fur les charbons lorsqu’on veut faire griller quelque chose. ( Un bon gril.) f GRIL , ou petit Jdumon. Nom que l’on donne à une sorte de truite saumonnée. GRILLADE,// Z Affinera.-] Viande grillée. (Faire une grillade d’une aile de poulet d’Inde.) t GRILLANT, grillante , adj. [ Lubricus .] Glissant. ( II fait fort grillant.) GRILLE, / / [ Clathri. ] Cloison de fer faite en petits carreaux qu’on met aux parloirs des Religieuses. ( Mettre une grille à un parloir. Demander une Religieuse à la grille. Les verroux & les grilles ne font pas la vertu des filles. Mol.) Souvent pour s’éloigner d’une injuste famille , L’on prend fans réfléchir le parti de la grille. Poète fans fard.) GRILLE de feu. [ Subices focarii. ] Ce font trois ou quatre chenets atachez ensemble à quelque espace l’un de l’autre avec une barre de fer. GRILLE de tripot, f Clathra jpkaristerii. ] Espèce de fenêtre au coin du jeu, élévée à trois piés de terre. (Mettre dans la grille. Faire un coup de grille.) GRILLE en Chancellerie , c’est un parafe fait en forme de grille qu’on apelle le parafe du Roi. f GRILLE. Sorte de laine qui vient d’Efpagne. C’est une efpece de prime ou de mere laine qui est fort estimée. On la compare q la pile des Chartreux, même à la pile des Jésuites, qui font les laines les plus fines que l’on tire de Castille & d’Aragon. f GRILLE à dorer. Efpece de treillis de fer dont les mailles font en losanges , qui sert aux Doreurs fur métal, pour mettre plus proprement au feu leurs ouvrages dorez. GRILLER ,©.«.[ Craticulà torrere. ] Faire cuire fur le gril. ( Faire griller des gríblettes.) GRILLER, v. a. [ Clathrare.) Fermer d’une grille. ( On a fait griller depuis peu ces Religieuses.) GRILLES. Terme de Blason. Barreaux qui font en la visière d’un heaume en forme de grille. L’un fur son écusson porte un casque sans grille, Dont le père autrefois a porté la mandille. Bourf. Esope.) £ GRILLES. On nomme à Genes , Compagnies des Grilles , une association de Marchands pour la traite des Negres. GRILLET ou griUot ,/»».[ Crotalum. J Terme de Blason. Sonnette ou petite cloche ronde qu’on met au collier des petits chiens , & aux jambes des oiseaux de proie. GRILLETTE. [ Cr ot a lis distindhts.'] Termede Blason. (Oiseaux de proie qui sont peints avec leurs grillots.) GRILLON, / m. ou greJìUon. [ Grillus. j L’un & l’autre se dit. Le peuple de Paris & tous les Boulan- gefs, qui sont pleins de grillons , disent greJìUon. Mais tous les bons Auteurs & tous ceux qui parlent bien font pour grillon. C’est pourquoi , fans balancer, je dirois grillon , parce qu’il est plus beau & plus court; & toutefois je ne condamnerois pas greJìUon dans le discours. Le grillon est un insecte gris , quelquefois il tire fur le noir, qui sc retire dans ses lieux chauds, comme dans des fours , & qui creuse la terre défichée , & chante la nuit. Le jour ses grésillons mangent la farine. Les Boulangers sont tourmentez des grillons, ou grésillons, & d’autres infectes qu’ils apel- lent bêtes noires. (Je mérite en.l’Histoire & le nom & la gloire de grillon immortel. Voit. Pois.) GRI f Le grillon pris en poudre est apéritif. GRILLONS. [ Cruciaria fidicuU. ] Cordelettes à fer- xer les doigts des criminels. GRILLOTALPA. Infecte vorace qui a trois ventricules , quatre boutons fur le dos où ses ailes font renfermées, & qui vient d’un œuf & d’un ver comme les autres infectes. GRIMACE , f /• [ Oris distortio. ] Mouvement laid & vilain qu’on fait avec la bouche & les yeux, à dessein de faire rire. Mouvement de la bouche, qui a quelque diformité, qu’on fait par habitude , ou à dessein pour exprimer quelque sentiment de l’ame. ( Arlequin & Scaramouche font des postures & des grimaces assez plaisantes. Elle feroit assez belle si elle ne faifoit point de grimaces en parlant. Quand on lui a dit cela, il a fait une grimace quKmarque assez que les choses ne lui font pas agréables. Ses deux yeux flambdians ne lançaient que menace , Et fa gueule faifoit un laide grimace. Mol. ) * GRIMACE. [ Compnjìtio , stmulatìo.) Façons qu’on fait par feinte & par dissimulation. (La dévotion des usuriers & autres gens qui persévèrent dans le péché , n’est que grimace. Au figuré, il se dit ordinairement au pluriel, & en mauvaise part. II signifie , les manières afectées de certaines gens. Le Tartufe met en vûë les grimaces étudiées des hipocrites, qui font des gens de bien à outrance : Mol. tart. f lacet. 2. Quoi ! parce qu’un fripon vous dupe avec audace , Sous k pompeux éclat d’une austère grimace, Vous voulez que par tout on soit fait comme lui. Mol.) t * GRIMACE. [ Sinus invenusti. ] II se dit au figuré , des botes & des fouliez, au singulier & au pluriel. C’est une maniéré de pli désagréable que fait la bote, ou le soulié , quand on les amis. ( Ce soulié fait une vilaine grimace : ces botes font des grimaces.) GRIMACER , v. n. [ Os distorquere. ] Faire des grimaces. (Elle grimace fans cesse , il grimace en mille façons. Saint. Amant. La bouche n’a jamais le droit de grimacer. Sanlecq. * Toujours quelque accident subit me fait grimacer à la mode. Gomb. ép. (Dissimulanter agere.) * Molière a fait souvent grimacer ses figures. Destr. poèt. c. ;.) f * GRIMACER , v. n. |[ Sinus invenustos agere. ] 11 se dit des botes & des fouliez ; il est bas & comique. C’est faire des grimaces. ( Mes souliers grimacent : ces botes semblent un peu grimacer.) f GRIMACIER ,/ m. [ Qui os distorquet.) Celui qui grimace. ( C’est un grimacier. Arlequin est le plus grand grimacier du Roïaume. Et souvent tel qui croit les autres grimaciers, Est au haut de ma liste écrit tout des prémiers. Sanlecq.) f GRIMACIERE , /. f. ÍQua os distorquet.) Celle qui grimace. ( C’est une vraie grimacière. ) Ce terme peut aussi signifier, hipocrite. t GRIMAUD , f m. [ Vrflo. ] Terme Injurieux. Ecolier : petit marmot : jeune homme qui ne fait pas grand’ chose , & qui est à peine initié dans les lettres. ( Ses vers d’épitétes enflez , font des moindres grimauds chez Ménage siflez. Destr. fat. 4. Quoiqu’un tas de grimauds vante notre éloquence. Le plus fur est pour nous de garder le stlence. Despr. fat. 9.) f GRIMAUDER. [ Pustones instituere. J Ce mot est bas & satirique. C’est enseigner des grimauds. ( Quand on a de l’esprit & qu’on grimaude, on le perd.) f GRIME. [Pusto.J Terme d e Collège. Quelques gens de collège font ce mot de grime masculin , mais ceux d’entre ces gens-là qui parlent le mieux le croient féminin. Grime signifie un écolier de basse classe. (Une petite grime: il est encore grime : c’est une méchante petite grime.) f GRIMELIN ,f m. [ Pusio. ] Grimaud. (Un petit grimelin. f * Nez grimelin.) \ GRIMELIN. Petite monoïe d’argent , qui se fabrique & qui a cours à Tripoli de Barbarie. Le Grimelin vaut France. GRI 149 un peu plus de quatre fols monoïe de GRIMELIN. Se dit de celui qui joue petit jeu ou qui fait un petit trafic. GRIMELINAGE, f m. £ Lucellum. ] Petit jeu ou petit gain. GRIMELINER. [ Parcius ludere. J Jouer petit jeu & dune maniéré mesquine, faire un petit trafic, mé- ^?§Er un petit profit. On dit aufli au verbe actif. ( 11 tâche a grimeliner quelque chose sur cette afaire.) GRIMOIRE,/**, s Liber magicmst Livre plein de caractères , de figures & de conjurations propres à faire*obéir les esprits. (Livre le grimoire.) t GRIMOIRE, f Voces rerum inopes & nuga cano- r se. I Ce mot est bas , & veut dire, toute forte de livres òt de discours obseurs & qu’on ne peut enten- dre. ( Quel grimoire est-ce là ? Je n’entens pas le grimoire.) Ç GRIMPEMENT ,/»?.[ Reptatus. ] L’action de grimper. Danet. GRIA'IPER , v. a. [ Reptare , reptatu afcendere. J Monter. ( 11 s grimpent fur le haut de la montagne. Abl. ret. I. 4. Quand il salut grimper, les uns se soulevoient, les autres se guindosent avec des cordes & des neuds-courans. Vaug. Quint. Curce , l. 7. ch. 11. 11 grimpe comme un chat. Quoi ! cette vision nouvelle a grimpé dans votre cervelle. Brébeuf. 11 grimpe fur le Parnasse.) í * GRIMPER , sc dit des lieux hauts , où l’on monte avec peine. (II faut bien grimper pour aler chez vous.) GRIMPEREAU , f m. Oiseau qui ne vole gué- res , mais qui grimpe fur les arbres de branche en branche. GRINCEMENT. DE DENTS , f. m. IStridor dentium. J C’est l’action de grincer les dents de colère , de désespoir , ou de rage. ( Jettez-le dans les ténèbres extérieures , c’est là où il y aura des pleurs & des grincemens de dents. Port-Royal, nouv. Tejìam. S. Math. ch. 22.) GRINCER, v. a. [ Stridete. ] Montrer les dents, décoléré & de rage. (II grinça les dents, jura, gronda. Voiture , Pots.) GRIN GO LE'- [ Cruce ferpentinà ornatusi] Terme de Blason. 11 se dit de certaines croix dont les extré- niitez aboutissent en scrpens qu’on nommoit autrefois. gargouilles , & depuis par corruption , gringoles , d’où est venu le mot de gringoler , pour dire, tomber vite. t GRINGOTER , V. a. f Fringultire. ] II sc dit des oiseaux & des personnes : il est bas & comique. C’est chanter quelque air, ou quelque chanson, de la voix , ou sur quelque instrument de musique. ( Gringoter un air nouveau. J’entendis un de ces meneurs qui gringotoit un joli couplet de chanson. France mourante.) GRINGUENAUDE , st f- [Sanser.] Petite ordure qui s’atache aux émonctoires , & ailleurs par malpropreté. Acad. Fr. ( Excroqueuse de gringuenaudes. Injure qu’on dit à une femme. S. Amants) GRIOTE 1 f f L Cerafum acidius.) Sorte de gros. se cérise un peu aigre. ( De bonnes griotes. ) Danet dit qu’elles font plus douces que les autres. GRIOTE. [ Polenta.) Orge frais & nouveau rôti médiocrement , & ensuite moulu. GRIOTIER , f m. t Cerafus. ] Arbre qui porte les griotes. $ GRIP , f m. On donno.it autrefois ce nom » un petit bâtiment que l’on équipoit pour aller en course, tel qu’est aujourd’hui le brigantin. f GRIPELER , v. n. Terme de ManufaHure. II sc dit des étofes de foie qui ne font pas bien unies, pour avoir été trop tôt déroulées dc dessus l’ensuble. ( Cette étofe s’est gripelée.) t GRIPER, v- a. [ Rapere , fwrari. J Mot burlesque , qui vient du Suédois grìpa. II signifie prendre t atraper ce qu’on peut. (Il gripe tout ce qu’il volt. Les Procureurs & toute la racaille des gens de Justice aiment à griper ce qu’ils peuvent fur les misérables qui tombent entre leurs pâtes. Le Pere du Prestolet M.... n’est ce qu’il est que parce qu’ìl a gripé fur le tiers & fur le quart. _ T î Tr/ 150 GRI Tel brklant de l’amour dont il se sent épris, Croît prendre femme à la pipée , Et la tenir déja gripée, Qui lui-même enfer rôts se voit jortement prts. Le Noble. ) f GRIPE-SOU, / m. £ JEruscator. J Ternie burlesque , pour dire , celui qui requit a 1 hôtel de ville de Paris les rentes des Particuliers, & qui pour fa peine a deux liards de chaque livre. ( C’est un gripe-fou.) GKIS 1 grise, adj. & s. [ Leucopbaw , Cinereus , N albo N fusco mixtus. ] Qui a une couleur grise. (Manteau gris : robe grise.) GRIS, grise- \_Camts. J Celui ou celle dont les cheveux commencent à blanchir. (Avoir les cheveux gris. 11 est déja tout gris. Elle a la tête grise. Ils font souvent tout gris avant que d’être sages.) GRIS. C Paulò ebr'rns. J Homme à demi ivre. ( Je soupai hier chez un ami , d’où je revins un peu gris.) C’est dans le même sens qu’on dit griser. ( J’ai grisé hier deux hommes à souper. Le fanatique Aufraine ne boit jamais qu’il ne se grise.) GRIS , s. m. [ Cinereus , eìneraccus. J C’est une couleur qui est entre le noir & le blanc , & qui est sinibo- le de la pénitence. ( Gris brun : gris sale : gris argenté : gris blanc: gris de perle: gris cendré: grisd’eau: gris verd , &c Etre habillé de gris.) GRIS pommelé. [ Albo U nigro variegatus. J II se dit particulièrement du poil des chevaux , qui est mêlé de blanc & de noir. GRIS de lin , f. m. [ Albo-rubrum. J Couleur qui participe du blanc & du rouge , & qui est le íìmbole d’un amour constant. ( Aimer le gris de lin.) GRIS de Un. Cet adjectif n’a point de féminin. (Ruban gris de lin.) * Nez incarnat (5? gris de lin. Benserade. Vin gris. £ Vinum belvum. ) C’est une forte de vin délicat , qui est entre le blanc & le clairet. Papier gris. £ Cbarta cinerea. J C’est du papier qui n’a point de colle. 11 sert à passer des liqueurs. Petit-gris. £ Mustela leucopkaa. ] C’est une forte de fourrure faite de la queue de certains écureuils. $ Petit gris , se dit aussi d’une des fortes de plumes que l’on tire de dessus l’autruche. Verd de gris. [ Asrugo. ] C’est la rouille de l’airain, dont on fait une couleur verte. Ambre-gris. Volez Ambre. f * Tems gris. [ Frigus opacum. J Ce mot est bas. 11 signifie un tems froid. f * De nuit tous chats font gris. [ No fie paria sunt omnìa. J Proverbe , pour dire , au propre, que toutes les couleurs font égales quand il n c y a point de lumière , & au figuré, que de nuit la beauté ou la laideur des femmes ne se peut pas discerner , & qu’il n’y a point de diférence entr’elles à cet égard. Faire grise mine à qtielcun. £ Aujìero vultu alìquem accipere. ] C’est lui faire une mine froide. GRISAILLE , s f. £ Color cinereus dilutior. J Peinture faite avec du blanc & du noir. ( Ce n’est que grisaille.) GRIS AILLER, v. a. [Leucophœo colore illinere.] Enduire de couleur grise les murailles, les planchers, &c. GRISàTRE , adj. £ Leucophao proximus. ] Qui tire fur le gris. (Poil grisâtre. Etofe grisâtre. Couleur grisâtre.) GRISETTE , f. f. £ Pannus cinereus.] C’est une forte d’étofe dont s’habiHent les filles & les femmes du peuple, & qui à cause de cette étofe sont apellées grisettes. II y a aussi des hommes qui s’habillent de grisette. ( Sa casaque étoit de grisette. Scar. rom. co-,n. t. 1. c. a.) t GRISETTE , f f £ Puella cinerea veste induta. ' Jeune fille qui ne porte point de jupe ni de robe di tafetas , & qui par conséquent n’a nulle qualité. (Un< jolie grisette. Aimer les grisettes. C’ejl ainjì que CUton , ce coureur de coquette , Ejì fans cesse à l’afàt , U ne peut en passant • Voir ni bourgeoise ni grisette, fìll *1 K e jette sur elle un ail concupiscent, Le Noble.) GRISOU , s. m. £ Camis , canescens. ] Homme qu grisonne. (11 est deja tout grisou, f * 11 est grisoi sous le harnois, Benserade , rondeaux .) Un cheval grison. [Equus leucopbaus.] C’est un che val gns. ( H étoit monte fur un beau grison.) GRO Un grison . £ Asinus. ] II se dit d’un âfte , pafca qu’ils font ordinairement gris. (Sancho monté fur son fidèle grison. D. Quichote .) t * GRISON, /. m. £ Pedijfequus . ] II se dit des laquais qui ne portent point de couleurs. GRISONNER, v. n. £ Canescere. ] Commencera avoir les cheveux gris. (11 grisonne: il commence à grisonner.) GRISONS , s m. £ Saxum , silex. ] Ce sont de gros grez dont on se sert à bâtir. GRIVE , s s £ Turdus.] Oiseau de couleur plombée , qui chante & siste agréablement. ( La grive est fort bonne à manger. II y en a de trois sortes, la petite grive, la grive commune, & la grosse qui est un peu moins grosse que le geai : une grive mâle: une grive femelle. Volez Olina.) £ Etre saoul comme une grive. C’est prov. avoir bû excessivement. GRIVELE’, grivelée , adj. £ Nigro U albo colore di- Jlinélus. J Qui est tacheté de blanc & de noir. f GRIVELE’E , f f. £ Lucrum iniquum. ] Profit secret & illégitime qu’on fait dans quelque emploi. t GRIVELER , v. a. {Furtis occultis quajìum facere.] Faire de petits profits illégitimes dans quelque emploi. ( 11 a bien grivelé dans l’emploi qu’il a eu durant quelques années , & il est devenu riche.) f GRIVELERIE , j. f. £ Compilatio , peculutus.] C’est Faction de griveler. f GRIVELEUR , f m. £ Peculator , aliéna pecttnia aversor. J Celui qui grivele , & fait des profits illégitimes. GRIVOIS ->s m. Homme qui aime à se réjouir. Monsieur de Calliéres desaprouve ce mot, & F Académie ne Fa point mis dans son Dictionnaire , non plus que les luivans. GRIVOISE,/ f. Fille libre qui vit en débauche. Et la grivoise avec eux , Vive les gueux. GRIVOISE. £ Tabacaria. J Tabatière où il y a une râpe fur laquelle on râpe le tabac. Les grivoises font venues de Strasbourg en 1690. GRIVOISER , v. a. [ Tabacum radere. ] Râper du tabac fur la grivoise. (Je m’amuse àgrivoiser.) GROGNE , // £ MuJJitatio.] Chagrin. Mécontentement. ( Faire la grogne. Acad. Fr. II est bas.) GROGNEMENT , / m. £ Grunnitus. ] Cri des pourceaux. Vianet. GROIGNER , ou grogner , v. n. £ Grunnire. J Ce mot se dit proprement des cochons, & veut dire , le cri naturel que font les cochons , & qui sert à les distinguer des autres animaux. ( Les cochons grognent.) f GROIGNER , où grogner ,©.».£ Obmurmurare, mutire. J Gronder : murmurer : être de mauvaise humeur. (La muse en groignant lui défend sa fontaine. Reg. fat. 2.) L’Académie ne met point d’i, dans tous ces mots , & écrit grogner , grogneux , &c. f GROIGNEUR , f. m. ÌMuJJìtans.] Prononcez groigneû. Celui qui grogne. ( C’est un groigneur.) f GROIGNEUSE , / f. £ Obmurmuratrìx. J Celle qui grogne. ( Une vieille groigneuse.) GROIN ,/>».£ Suis rostrum.] Ce mot sc dit proprement des pourceaux. C’est la partie de la tête du pourceau qui prend environ depuis les yeux jusques en bas. ( Manger d’un groin de cochon.) t * GROIN. [ Os , fades. ] Nez: visage. (11 lui a donné sur le groin. Ils se cachent le groin. S. Amant, Rome ridicule . Cefl un vrai pais à caterre , Le ciel n’y pleut que fur des foins, Et les plus agréables groins T rotent à l’ombre du verre. S. Amant, Po'ês. 3. part. $ GROISON , / m. Sorte de Pierre ou craie blanche réduire en poudre très-fine , dont les Alegit fiers se servent pour préparer le Parchemin. GRO LE , f. f £ Graculus. ] Oiseau du genre des corneilles , qui a le bec gros & long , & les pies noirs. t GROMMELER , «. £ Mutire, mujstare. ] Gronder sourdement. (II Gromméle entre ses dents. Ablancourt , Luc.) GRQMMELEUX. Voïez Grumeleux. * GRON- GRO . * GRONDEMENT , s. m. [ Munnur. j Bruit sourd. ( Le grondement du tonnerre. Rob. Ph.) t GRONDER, v. a. s Increpare , mujsltare.) Etre en colère contre une personne : être de mauvaise humeur : grogner : murmurer. ( Gronder quelcun , & gronder contre quelcun. Tandis que dans un coin en grondant je m'ejfuie , Souvent pour m achever , il survient une pluie » Despr.) * Le tonnerre gronde. La foudre gronde. Abl. J’oi íàns peur gronder forage. Théoph. Poès. En ce sens, il est neutre.) GRONDERIE , s. f. s Querela. ] Chagrin : mécontentement qu’on témoigne fans en dire la cause. GRONDEUR , s. m. [ Moroses , tetricm s] Celui qui gronde. ( Un mari grondeur est un sot animal. C’est un grondeur. C’est un petit grondeur. Palaprat a fait la comédie du grondeur . Je ne vis jamais un amour fi grondeur. Molière.') GRONDEUR, f. m. Poisson qui se trouve dans les petites rivières des Isles de PAmérique. GRONDEUSE , f f. f Morofa , tetrica. ] Celle qui gronde. (Femme grondeuse. C’est une franche grondeuse. ) GROS , f. m. [ Agmcn , turma. ] La plus grande partie de quelque multitude. ( Le gros de l’armée. Abl- Arr. I. i. Un gros de cavalerie. Un gros d’amis. Corneille.) Le gros d’un ouvrage. [Summa operis.) C’est la plus grande & la principale partie d’un ouvrage. ( A considérer le gros de l’ouvrage, je me déclare pour son Auteur. Lettre 2. à une Dame Provinciale.) GROS, f m. [ Portio principalis. J Ce mot se dit diordinaire , en parlant de Curé & de Chanoine. C’est la plus grande partie du revenu qui provient de la Chanoinie. ( Le gros de la Cure monte à deux cens écus.) GROS , f. m. f Caroleus. ] Monoïe d’argent de Lorraine , qui vaut environ dix deniers : II faut sept gros pour cinq fols. GROS , f. m. [ Grossis. J Terme de Marchand . La huitième partie d’une once, (II pèse un marc, deux gros.) GROS , f. m. [Oííava prctii pars.) Droit que païens au Roi les marchands qui vendent du vin en gros. C’est le huitième fou du prix du vin qui n’est pas vendu en détail. (Le gros monte haut. Païer le gros. Etre exemt du gros.) GROS , grosse , adj. ( Craffût. ] Epais. Qui est opo* sé à délié. Qui a de la grosseur. ( Louis le Gros est le trente-cinquiéme Roi de France. Un gros garçon. Une grosse femme ; c’est-à-dire , une femme grasse & replette ; & une femme grosse ; c’est-à-dire, une femme enceinte.) Mr. de Calliéres dans ses mots à la mode , se plaint fort qu’on mette le mot de gros à toute fausse , & c’est à cette ocasion qu’il a dit: La grosse qualité peut ftater nos désirs, Mais avec un gros bien on a ce qui s’apelle De gros honneurs , de gros plaisirs. j(^ II y a quelque tems que l’on afectoit le terme gros , & qu’on le mettoit par tout où il faloit mettre grand. On disoit, un gros mérite , une grosse chere, une grosse dépense , une grosse qualité , une grosse réputation : mais cette fantaisie est passée. Un jour , on se moquoit de cette afectation, & du mauvais usage du terme gros en présence de Louis XIV. qui le con- damnoit comme les autres. Defpreaux qui étoit présent, dit, que gros & grand n’étôient pas la même chose , & que , par exemple , il y avoit bien de là disérence entre Louis le Gros & Louis le Grand. L’Abé de Villiers a dit dans son Poème de ïamitié : Chacun cherche à grossir son nom £5 ?sa fortune . Grossir son nom , me paroit très mauvais. DespreauX a dit dans la Préface de ses œuvres, Le gros des hommes peut bien , durant quelque tems , prendre le faux pour le vrai. II me paroit que dans la Préface d’un recueil de plusieurs ouvrages sérieux & qui demandent une extrême exactitude , puis qu’ils ne font faits que pour reprendre les fautes d’autrui, le gros des hommes n’est pas dans fa place. GROS , grosse, f Gravida , qu# nentrem sert. J Ce GRO 1ç1 mot signifie , qui porte un enfant dans ses flancs, & en ce sens , il n’est pas usité au masculin. ( Une fem- me grosse de trois ou quatre mois. Elle ne s’est aperçu 6 qu’elle etoit grosse que depuis peu. Une cour- tiiane lui dit qu’elle étoit grosse de lui. Abl. apoph.) t GROS , grosse. [ Cupiens. J Qui a une extrême envie de quelque chose. (Je suis gros de voir le Roi. ) * GROS , adj . [ Potens , dives.J Ce mot signifie puissant , considérable. En ce sens, il vient de l’Ale- mand , gross. ( AI. N. est un gros Seigneur. C’est à ces grosses Madames a courir la pretentaine , parce qu elles ne saunaient faire œuvre de leurs dix doigts. D. Quich. t. 5. J’ennoblis , en païant , d’opulens roturiers, Comme de bons marchands , U de gros financiers. B ours. Esope.) On dit d un homme qui a le sens droit, mais qui ne 1 a pas fort délicat, que c’est un hon gros sens d’homme. Acad. Fr. On apelle aussi , un gros fin , celui qui fait le fin, & qui ne 1 est pas. Acad. Fr. t GROS , grosse, adj. f Ingens , violentus. j II se dit des maux & de la fièvre , & signifie grand, violent. (11 a un gros mal de tête. II a une grosse fièvre.) GROS, grosse, adj . f M agnus , summus.) II se dit des choses, & veut dire, grand, considérable. ( C est un des plus gros péchez que vous puissiez faire, que de demeurer si long-tems fans m’écrire. Cofi. lett. Gros intérêt.) On dit ces mots de diverses autres choses. Exemples. (Un gros livre: du gros drap : gros fil : de grosses joues : de gros yeux, grosses lèvres, grosses épaules, &c. une grosse voix : jouer gros jeu : du gros pain : du gros vin : de la grosse viande , &c. On dit, la rivière est grosse : gros biens : le gros canon : dîme grosse : lettre grosse : grosse vérole , &c.) * Avoir le cœur gros de quelque chose. [ Totum esse in fermenta. J C’est avoir le cœur plein de colère & de dépit. Les yeux baignez de pleurs , le cœur gros de soupirs. Corneille. " Avtvr de grosses paroles avec quelcun. f Ver bis amorti aliquem me.f/ère.) C’est le quereller fortement. Oa dit au même sens . Parler à quelcun des grosses dents. L Graviter objurgare. J * Toucher la grosjè corde, f Tangere ulcus. ] C’est parler de ce qu’il y a de plus important dans une afaire. * Se tenir au gros de P arbre. [F ortiorì addìclum ejse.) C’est-à-dire , suivre le parti le plus fort. S’atacher à celui qui a la principale autorité. * Faire le gros dos. C Fastum facere. ] Voïez Dos. En gros , adv. [ Acervatim. ] Ce qui est opofe a» détail. (Vendre en gros & en détail.) * Je fai l’afaire en gros. Le Malt. [ Summatim.) GROS jeu. C’est jouer beaucoup d’argent. II n’est pas si facile qu’on pense, d’être fort honnête homme & de jouer gros jeu. Deshoul. GROS. Terme de Finances. C’est un droit de Vingtième ou subvention qu’on prend sur le vin vendu. GROS. Terme A’Eaux & Forêts. Pour dire , qu’un arbre a tant de piés de tour. Les Charpentiers disent aussi d’un bois équarri, qu’il a tant de piés de gros. GROS. Ancienne monoïe que Saint Louis fit batre à son retour d’Egypte dans la ville de Tours , qui va- loit environ dix-huit deniers. GROS de Tours. Etofe de foie Hont le grain est croisé, & qui est une espèce de moíiére. GROS. Ternie de Négoce. A Amsterdam, Cologne Anvers, &c. la livre de gros vaut six livres. Tout en gros. [ Ad summum.) Tout compris. Dans l’arêt qui fut rendu à Aix pour le faux Caille , il n’y avoit que neuf Conseillers tout en gros. Aussi cet arrêt avec justice a-t’il été cassé au grand Conseil ; & l’on espère que Mr. Rolland triomphera de la fourberie du fripon de Caille. GROSSE avanture , s. f. C Fcenus marintán. J Terme de Mer. C’est de ì'argent donné au risque de la mer, & dont l’intérêt se paie après le retour du Navire. ( II a donné cent pistoles à la grosse avanture fur un tel vaisseau.)- pf GROSSE I52 GRO {$ GROSSE avanture. C’est un contrat, ou une espèce de société faite entre deux particuliers, dont 1 un envoie des marchandises par mer, & l’autre lui fournit une somme d’argent , à condition de la retirer avec un certain profit en cas de bon volage , & de la perdre si les éfets périssent. On engage au prêteur le corps & quille du vaisléau , ses agrez & apparaux, armement & victuailles, conjointement, ou séparément , ainsi que sur le tout, ou sur une partie du chargement, pour un volage entier, ou pour un volage limité. II etì dit dans les Ordonnances de la Hanse Teutonique, art. n. que si l’un des bourgeois est en demeure de fournir fa portion, il paiera la somme de deux cens livres , & le maître fourra prendre à la grosse avanture , pour fournir sur la part du bourgeois dilaiant. Volez Partìcle 19. des Assurances d’Anvers. GROS avanturier , f. m. [ Qui marina sœnore pecu- niam ponit. J Terme qui se dit sur Mer. Celui qui met de l’argent à la grosse avanture. (II est gros avanturier.) GROS bec, f. m. [_ Fringìlla ro/ìrata. ] Sorte de petit oiseau qui a un fort gros bec , qui a le cou gris , la tête d’un jaune tirant fur le rouge , & qui du reste est assez semblable au pinçon. (Le gros bec casse les noiaux des fruits : un gros bec mâle : un gros bec semelle. ) £ GROS bon. On apelle ainsi dans les Manufactures de papier, la pâte commune faite de vieux chi- fons ou drapeaux de toile de lin ou de chanvre, qui s’emploïe a faire le gros papier, qu’on apelle aulli gros bon. GROS tems. [ Procella. ] Terme de Mer. C’est un orage, lors que le vent sotifle extraordinairement, & que la mer commence à s’agiter. ( De gros tems on ne tend pas toutes les voiles.) t§ GROS tournois. Les Ordonnances des Eaux & Forêts ont réglé le moule des filets, c’est-à-dire, la largeur de leurs mailles : les uns doivent être du moule du gros tournois , dont on peut se servir depuis Pâques jusques à la Saint Rémi ; & les autres du moule du parisis, dont on peut se servir depuis la Saint Rémi jusques à Pâques. GROSEILLE, groseille , s. f. [ Grojsularia aci- nm. J Quelques-uns disent & écrivent groiseUe, jnús tout Paris dit groseille. C’est le fruit du .giufeiier. ( Groseille rouge : groseille blanche : groieille verte : les groseilles font froides , sèches . ct astringentes, elles ont une aigreur qui réveille ì'estomac : la groseille de Rolande est la plus estimée Je toutes , parce qu’el- le donne beaucoup de grapes grosses & longues. II y a une groseille noire qu’on apelle faux poivrier. GROISELIER , groselier , s. m. [ GroJJ'ularia. ] L’u- sage déclaré est pour groselier. C’est un petit arbrisseau qui a la racine menue, dure & chevelue avec plusieurs petites branches garnies d’épines droites, fa Heur est rougeâtre, f Ses feuilles font astringentes. GROSSE , s. f [ Tabula autentica. J Terme de Pratique. Maniéré d’expedition qui est faite fur la minute, & qui commence par une commission contenant les qualitez du Prévôt, du Lieutenant Général, du Sénéchal ou Bailli du lieu où demeure le Notaire, & renfermant la substance du contrat pour lui donner la force & la vertu de contraindre la partie qui refuse de satisfaire à son obligation. Cette grosse est signée des Notaires & scellée du sceau ordinaire du Juge , au nom duquel la commission est faite. ( Lever la grosse d’un contrat.) f GROSSE , se dit du profit ou intérêt de tant pour cent, que l’on donne pour l’argent que l’on prend, ou que l’on doflne à la grosse avanture. ( La grosse est sur le pié de tant pour cent.) GROSSE de boutons. ( Globuli duodecies duodeni. ] Terme de Potier d’étain. Ce sont douze douzaines de boutons d’étain creux. ( La grosse de boutons d’étain vaut trente fous.) f- GROSSERIE, ou Grojfierie. Ce font les gros ouvrages que fabriquent les Maîtres Taillandiers-Grossiers. GROSSESSE , f f. [Graviditas , pragnatio .2 Le tems que la femme porte Pensant dans ses flancs. ( Une heureuse grossesse. Achever sa grossesse.) GROSSEUR ■> f- f C Grafjitudo. ] Ce qui rend une chose grosse. ( Un bras dsone belle grosseur. C’est un homme d une grosseur prodigieuse. Avoir une raisonnable grosseur. Prendre la grosseur d’un homme. Ter- GRO me de Tailleur. C’est voir avec la mesure combien un homme est gros afin de lui faire un habit proportionné à fa grosseur. Pour égaler P animal en grosseur, Disant, regardez bien , ma saur, EJi-ce assez , dites-moi , n’y suisse point encore. La Font.) Etre en grosseur. [ Crasjìtudinem acquirere. J Façon de parler de Jardinier , laquelle sc dit des fruits. C’est avoir aquis la grosseur qu’il faut pour entrer en maturité , & demeurer en cet état fans augmenter. ( On dit, mes pêches font en grosseur. Quint. Jard.) í GROSSEUR, se dit quelquefois pour tumeur. (11 a une grosseur au bras, au visage.) GROSSIER, grossière , adj. [Rudis , impolitui, infabrè faflus. ] Ce mot se dit des choses de manufacture , & de quelques-autres ouvrages, il veut dire , grossièrement travaillé. Peu fin. ( Ouvrage grossier. Etofe grossière.) GROSSIER, grossière. [Mercator solidariuss Ce mot, en parlant de certains marchands, ne se dit qu’au masculin , & signifie celui qui vend en gros. (Alar- chand grossier.) f GROSSIERS. Les Taillandiers Grossiers font ceux des quatre métiers , qui composent la communauté des Maîtres Taillandiers de Paris, qui fabriquent les plus gros ouvrages de taillanderie. f GROSSIERS. Les Horlogers Grossiers font ceux qui ne travaillent qu’en gros ouvrages, comme en horloges d’Eglise , en tourne-broches, &c. * GROSSIER, grossière. s Pinguis , rudisP] Qui a peu d’efprit. Qui est peu civilisé. Rustique. ( Esprit grot fier. Air grossier. Femme grossière. Dans un siécle grossier. Lucien étoit un des plus beaux esprits de son siécle, mais je le trouve un peu grossier dans les choses de l’amour. Abl. Luc. dédicace. Lucien , tout ingénieux qu’il est, devient grossier si-tôt qu’il parle d’a- mour. S. Evremont , œuvres mêlées , t. 3. GROSSIEREMENT, adv. f Crajsâ minerva. ] Peu délicatement. ( Cela est travaillé grossièrement. * Dire grossièrement les choses.) * GROSSIE’RETE', s. f. [ Impolitia , crassitudo. ] Mot de nouvelle fabrique qui n’estreqû qu’au figuré; & qui signifie ce qui est opofé à la politesse. ( Vous avez purgé notre langue de la grossièreté, & de la rudesse des siécles passez. Huet , compliment à PAcadé. mie. L’Académie dit aussi, au sens propre, la grossièreté de cette Architecture ; & Danet dit la grossièreté de l’air.) (§ ,, Ce mot ( dit le P. Bouhours ) sc dit , depuis „ quelque tems , dans le figuré, & est opofé à poli. „ tejse. La grossièreté du langage , de P esprit , des mœurs : „ grossièreté d’un peuple. 11 ne sc dit point dans le „ propre , non plus que politesjè & comme ce scroit „ mal parler, que de dire la politesse du marbre , la ,, politejìè des perles , ce ne scroit pas bien parler, „ que de dire la grossièreté de Pair , la grossièreté d'u- ,, ne étose , quoiqu’ost dise un air grossier , une étofe „ grossière. Au reste , bien que grossièreté se dise, il „ ne sc dit pas aussi communément que politesse: „ mais il plaît à des personnes si habiles, qu’on peut „ juger qu’il plaira bientôt à tout le monde, &c. GROSSIERETE’. [ Verba obscœna .] Signifie aussi fa- Jetez , ordures. (Cet homme ne dit que des grossie- retez. On s’imagine que pour être exemt de la grossièreté de péché, l’on peut nourir des passions plus délicates.) GROSSIR, v. n. [ Grajsescere. ] Devenir gros. ( II ne croît plus, mais il commence à grossir. Je fuis grossi de deux bons doigts.) GROSSIR, v. a. f Augere , amplìficare . ] Faire voir plus gros. ( Miroir qui grossit. Lunettes qui grossit sent trop les objets.) GROSSIR. [ Augere.] Au figuré, veut dire, enfler, augmenter, faire paroitre d’avantage. (* La renommée grossit les choses.) SE GROSSIR, v. r. [ Plenioremfieris Se faire voir plus gros. S’enfler. (11 prend plaisir à se grossir.) SE GROSSIR, v. r. (Intumesceres Au figuré, s’e- norguèillir. S’enfler. Se donner un air plus fier. ((/orgueil est une enflure de cœur , par laquelle l’homme s’étend & se grossit dans son imagination.' Nicole, essais de morale , t. 1.) Le grossissement des objets , en parlant de lunettes. GROS- GRO GROSSOÏER, v. a. f Luculentiàs defcrìbere. J Terme de 'Notaire. Faire la grosse de quelque acte. ( Gros- soïer un contrat.) GROTE, f f- [ Spectts , caverna. ] Sorte de caverne. Ouvrage de rocailleur, qui représente une vraie grote, & qui est composé de pierres & de petites coquilles , qu’on met dans de certains jardins de Religieux. ( Une belle grote. Faire une grote.) Ati bruit qui trouble son onde, Le Rhin frémissant d’estai, Sort de sa grote profonde. Rec. de Bouh.) GROTESQUE » adj. [Ridiculus , ridendus. ] Plaisant : qui a quelque chose de plaisamment ridicule. ( Homme grotesque. Fille grotesque : air grotesque : visage grotesque. Action grotesque.) GROTESQUE , f. f. s MisceOtmea formarum insor- mium pifiuras Ce mot n’a point de singulier, & c’est lin terme de Peinture. Ce sont des figures qui représentent des choses qui n’ont jamais été. Figures qui représentent de certaines personnes d’une maniéré plaisante , & propre à faire rire. ( Grotesques bien imaginées. Calot a fait de belles grotesques. Enfin on peut compter plus de mines burlesques, Que n'en grava jamais Calot dans ses grotesques. Sanlecq.) Voïez Félibien , Principes d’Arcbiteflure. f * GROTESQUES. C Absurda ingenii commexta. ] Imaginations un peu gaillardes. Imaginations mal fondées. ( Ces grotesques font si ridicules qu’elles ne méritent pas qu’on s’y arrête. Pair u , plaid. 16.) GROTESQUEMENT, adv. [Ridicule, joculariterf] D’une maniéré grotesque. (II est habillé grotesquement.) GROuE'TEUX , grouéteuse , adj. [ Lapídosus -2 Pierreux. (Fond chaud & groiiéteux. Le Gendre, maniéré de cultiver les arbres, c. a. p. 9.) t GROUILLANT, grouillante. [Movens , Jpirans. ] Qui grouille : qui remue & qui a vie : plein de vermine. (Ce gueux est tout grouillant de poux: ce fromage est tout grouillant de vers.) f GROUILLER , v. n. [ Moverì. J Remuer : se remuer. ( Les vers grouillent dans ce fromage. [ Sca- tet vermibtts. J •f * La tète lui grouille. Mol. C’est-à-dire, il est vieux , ou elle est vieille. Et l’on demande I’heurè, [f l’on baille vingt fois, Qu’elle grouille aujji peu qu’une piéce de bois. Mol. ) f GROUILLER , v. a. [ Movere. ) C’est remuer. Grouiller est bas. ( On dit, je ne saurois grouiller la tête. On dit auffi, en parlant, ne grouillez point cela.) SE GROUILLER , v. r. [ Moverì. ] Se remuer. ( Ils font fi étroitement logez qu’ils ne sauroient se grouiller. Vous ne vous grouillez pas mal.) f GROUP , f m. Terme de Commerce. On le dit des paquets d’or ou d’argent en especes, que les Marchands s’envoient les uns aux autres par la poste, ou par quelque autre voie. (Je vous envoie parle Messager un group de cinq-cens Louis d’or, dont vous m’acuserez la réception.) t GROUPADE , croupade , f.s. [ Saltus in sublime. ] Terme de Manège. L’un & l’autre se dit ; mais les Ecuïers qui parlent le mieux, tiennent pour croupade. Voïez Croupade. GROUPE. [ Figurarum globus. ] Terme de Peinture. Quelques Peintres font ce mot dégroupé féminin, mais ceux qui parlent le mieux, le font masculin. Ils disent : ( Un beau groupe. Le groupe est un amas de plusieurs corps assemblez en péloton. Un groupe de fruits. Telles & telles choses font groupe avec telles & telles autres. De Piles, traité de peinture. Tous ces fruits en groupe amassez, Sont magnifiquement placez. Perrault. ) Qf Ce mot vient dei’Italien groppo, dont les Peintres Italiens se sont servis pour exprimer plusieurs figures jointes & mêlées ensemble, parce que ce terme signifie naturellement le tourbillon de poussière que le vent éleve , & où l’on remarque diférentes figures. Voïez le Diìlionnaire de la Crusca. Dufresnoi, dans son Art de Peinture, nous aprend comment un groupe doit être formé : GRU * 153 Inque figurarum cumulis non omnibus idem Corporis inflexus , motusque Vel artubus omnes Conversis pariter non connitantur eodem, Sed quatdam in diversa trahant contraria membra, Tranfversèque aliis pugnent , & csetera ffangant. GROUPER , agrouper, v. a. [In turmam congere. J ferme de Peinture. L’un & l’autre se dit ; il semble cependant que depuis peu grouper (bit plus usité. C’est faire quelque groupe. Mettre plusieurs corps à un pé- Oindre avec adresse plusieurs corps ensemble. ( II mut que les membres soient groupez de même que les figures.) GRU, s m. [FruHussylvatìcì. ] Terme dont se fer voient autrefois les Maîtres des Eaux & Forêts pouc designer les fruits sauvages qui se mangent par les bestiaux qu on nourit dans les bois , comme le gland, les chateignes, &c. GRUAU , s m. [Polenta , ptìsanarium. J Terme d e Boulanger. Ce dont on fait du gros pain. (Manger du pain de gruau.) GRUAU d’aveine, d’orge, [sc. [Hordei polenta. J C’est de l’aveine , ou de í’orge , &c. qu’on fait sécher au four, ou au soleil, & qu’après on fait batre en de certains moulins faits exprès , & dont on sépare le son sans bluteau. On en fait de la bouillie. ( Le gruau est fort sain.) GRUAU, s Gruis pullus. ] Le petit de l’oiseau qu’on apelle grue. GRUAU. ( Organum minus. ] Terme d 'Architecte. Petit engin pour élever les pierres & les pièces de Charpenterie. í Le gruau tient le milieu entre l’engin & la grue, aïantun long col, mais moindre que cette derniere, & aïant plus que l’engin un fauconneau fort alongé, posé sur le poinçon d’enhaut, & garni de ses chevilles comme le rancher de la grue. Lorsque l’on veut que le fauconneau de gruau ait plus de portée , on y ajoute avec des liens de fer ce qu’on apelle une eseo- perche , ou une piéce de bois de même force que le fauconneau , qui a une poulie au bout , & des chevilles pour continuer l’écbelier. GRU s, f f [ Grus. J Sorte d’oiseau de passage, qui a le plumage gris , un grand cou , le bec long & droit, les jambes hautes & rouges. La grue est plus grosse qu’une oie , elle vole très-haut ; & quand elles volent en troupe, elles se rangent en triangle. Quand la grue marche , elle léve fort les piés & court si vite, lorsqu’elle n’estqu’un peu blessée, qu’il est impossible de l’atraper. Quand on la veut prendre, elle se défend vigoureusement de ses ailes, & les coups qu’elle en donne font rudes. La grue demeure d’or- dinaire en des lieux marécageux , & se tient presque toujours fur un pié : elle vit de grenouilles & de ser- pens : elle n’est pas bonne a manger. On a dit que les Pigmées étoient toùjours en guerre Contre le grues, mais c’est une fable. Voïez là-dessus Voìt. L 9, de la berne. Faisons la paix , fy de la guerre, Dit madame la Grue au seigneur le Renard, Otii-da , je le veux bien , répondit de sa part L’animal qui se croit le plus Jln de la terre. Le Noble.) •f * Un cou de grue. f Es illi collì longitude, J C’est- à-dire , un grand cou. Le monde n’est pas grue. [ Bar- di non sunt hommes. ] C’est-à-dire, n’est pas sot, n’est pas niais. f * Faire le pié de grue. Scar. Poés. [ St are pede in uno. ] Se tenir fur un pié en atenaant. GRUë de mer. [ Grus marina. J Sorte de poisson qui a quelque chose de la grue terrestre. GRUë. [ Traftorìa grus. J Machine avec une roué» qui sert à lever les pierres lorsqu’on bâtit, ( Lever des pierres avec la grue.) GRUë. [ Grue. J Instrument de suplice dont on se sert dans les corps de garde des villes de guerre. 11 est composé de deux morceaux de fer plats & larges, chacun de trois doigts, & épais d’environ un bon doigt, qui par le bas sont faits en forme de bec de grue, & par le haut en maniéré de carcan, avec des méno- tes de côté & d’autre. Vrai-semblablement cette sorte d’instrument a été apelle grue, à cause que !e soldat qui est condamné à être à la grue est debout, & fait ce que nous apollons le pié de grue , ou à eau. fe que les deux bouts d’en-bas de cet instrument Tome II. U on t 154 GRU ont quelque report avec le bec de l’oiseau qu’on nomme grtíi. ( On dit, un tel soldat est à la grue : mettre un soldat à la grue.) GRUë. C’est une des douze constellations australes, qui ont été découvertes par les Modernes. GRUGER s v. a. [ Multum mandere . ] Mot burlesque , pour dire , manger. ( Tant que j’aurai de quoi gruger , je veux dormir, boire & manger. Dans la faim , de tous mets on gruge. S. Amant.) ( f * On nous mange : on nous gruge. La Fontaine, sables , l. i.) , GRUGER ? r>. a. [Friare, conterere. J Réduire en petites parcelles des choses dures, sèches & friables. ( Pour bien gruger le sel, il le faut faire sécher. Gruger des biscuits de mer, c’est les casser avec les dents. GRUGER. [Comminuere, frangere .] Terme de Sculpteur. Travailler avec la marteline. (Gruger le marbre.) GRUÏER, f. m. [ Saltuarius cujìos. ] O licier qu i a foin des bois. Oficier parmi les Religieux Bernardins qui a I’œil à ce que les Gardes des bois fassent leur devoir , qui assiste aux ventes, & qui marque les bois de son marteau. GRUïER , f m. [ Saltuarìus judex. J Oficier subalterne qui juge en prémiére instance des délits & malversations qui se commettent dans les forêts. (f Miraumont , dans son traité de l’origine des Jurisdictions de France, pag. q18- tom. i. dit, que „ Grúier est aussi Officier de forest, le nom duquel ,, aucuns tirent du mot grec c/’pt/í , qui signifie cbejhe, „ pour ce que leur charge & office est de voir, han- ,, ter, & fréquenter les forests remplies de chesnes, ,, & prendre garde qu’il n’y soit fait tort ni domma- „ ge : les autres , du latin grtss, oiseau vulgairement „ apell ègrué, lequel, selon Pline, nocîurnis tempori. „ bus excubm agit , lapillum pede sustinens , qui laxa- „ tus bmno , U decedens , indìligentem arguit , pour „ montrer que cet Officier Gruïer doit veiller sur les „ eaux & forests. Aucuns dérivent ce nom de Gruïer, „ du droit de Grurie , qui leur est atribué qui est une ,, jurisdiction qu’ils ont en la connoissance des crimes „ & délits qui se commettent dans les forests. GRUïE , adj. masc. [ Gruis captator. J Terme de Fauconnerie , qui se dit d’un oiseau dressé pour chasser aux grues. GRUÏER, figurément se dit d’un homme qui est habile en son métier, ou en quelque profession. (Ce Médecin est gruïer dans cette matière.) GRUIE'RE, f. m. [ Caseus pumicosus. ] Sorte de fromage à grands yeux. ( De bon gruïére.) II tire ce nom du pais de Gruiére en Suisse. GRUIE / RE , gruirie , grurie , f f. [ JurisdìHìo sal- tuaria.'} Ces trois mots se trouvent dans les Auteurs, mais celui qui est d’ufage & qu’on rencontre dans les livres qui parlent des eaux & forêts , c’est celui de grurie , qui signifie un ofice , ou charge de Gruïer. GRUME , s f. [ Ligna mndum quadrata. ] Terme des Eaux & Forêts , qui se dit du bois qui est encore avec son écorce. (Vendre du bois en grume.) GRUMEAU ,f m. [ Grumus. ] Ce mot íe dit de certaines choses liquides , qui devant être liées se réduisent en petites parcelles désunies , qu’on nomme ordinairement grumeaux. (Se mettre en grumeaux: se mettre par grumeaux. Voila qui est tout en grumeaux.) GRUMEAU de lait. [ Grumus laHeus. ] Ce font de petites duretez qui demeurent aux mamelles des nouvelles acouchées. Deg. f GRUMEL , f m. C’est ainsi qu’on «pelle dans quelques Manufactures, particulièrement à Amiens, la fleur d’avoine dont se servent les Foulons pour fouler les étofes. SE GRUMELER, v. n. f In grumos abire.'} Devenir en grumeaux : se former en grumeaux : sc faire en grumeaux. ( Quand la femme n’est pas assez tirée, son lait demeure dans ses mamelles, & parce-qu’il y demeure trop, il s’aigrit , il s’y caille & s’y gruméle. Maunceau , malad. des femmes , /. 5. ch. 17.) GRUMELEUX, grumeleuse , adj. f Grutnnsus.l Plein de grumeaux. ( Mamelles dures & grumeleuses. Pituite grumeleuse. Deg.) GRUMELEUX, grmneleuse , adj. ^Scaber , «fier.] On^le dit du bois quand sl est âpre & rude à ma- GUE GRURIE, / f ; Charge de Gruïer. Voïez Gruìnìe. C’est aussi un droit de moitié que le Roi prend en quelques forêts de son Roïaume. GUACATE'NE, f. m. Petite plante blanchâtre qui croît dans la nouvelle Espagne, qui ressemble au pouliot des montagnes , fans aucune odeur. Elle est vulnéraire & guérit les hémorroïdes. GUAHEUX, J. m. Vache sauvage. C’est un ani. mal de couleur de chateigne obscure, un peu moindre qu’un petit beuf, avec des cornes fort noires & fort pointues. ( Le guaheux est fort vite, & fa chair est très bonne. Voïez Abl, Marmol.) GUAINUMU, f. m. Gros cancre du Brésil qui a la gueule fort large , & qui est bon à manger. GUAIRO- Terme de Fauconnerie. C’est un cri qu’on fait à la chasse des perdrix en les votant partir , pour avertir le Fauconnier de lâcher l’oiseau. GUANABADE ,/»*.[ Guanabanus Qciedi. ] Grand arbre des Indes Occidentales qui porte un fruit de la grosseur d’un melon. î GUANCO , ou GUANACO , f. m. Animal du nombre de ceux qui fournissent la pierre du Be* zoard Occidental, autrement Bezoard du Perou. í GUANIN , f m. Espece de métal composé d’or, d’argent & de cuivre, dans lequel de trente deux parts il y en a dix-huit d’or, six d’argent & huit de cuivre. II y avoit autrefois des mines de Guanin dans l’Isle de St. Domingue ; mais on en a perdu en- tierement la connoissance, depuis que les Espagnols ont exterminé les naturels de cette Isle. GUAO , f. m. Arbre des Indes Occidentales, qui porte des feuilles rouges velues, & qui ne tombent jamais, & dont le suc est très-caustique. On apor- te de son bois en Europe, & l’on le regarde comme un préservatif contre les punaises. GUARA, f. m. Oiseau du Brésil de la grosseur d’une pie , qui a un bec recourbé & de longs piés. GUARAL, f. m. Sorte d’insccte qui est semblable à la tarentule , & qu’on trouve dans les déserts deLybie. Abl. Marmol ,1. 1 . GUARAQUIMIA. Arbrisseau du Brésil, semblable au mirte de Portugal. En mangeant de fa graine, on fait sortir les vers des intestins. GUE' , f m. [ Vadum. 3 Endroit de la rivière ou d’un marais, &c. où l’on passe à pié, ou à cheval, fans bac , ni bateau, à cause que l’eau y est fort basse. ( Passer un rivière à gué. Abl. Tac. ann. I. 2 . ( Un bon Capitaine doit savoir tous les guez d’une rivière qui couvre son camp.) Sonder le gué. [ Vadum t en t are.2 Ces mots, au propre , signifient tâcher à découvrir en quel endroit on peu t passer une rivière à gué. * Sonder le gué. [ Tenture animos.2 A u figuré ; c’est-à-dire, tâcher à découvrir adroitement l’ocasion de pouvoir entreprendre une chose. Connoître auparavant si on poura réussie au dessein qu’on s’est mis dans l’eíprit de venir à bout de quelque chose. GUE'ABLE, adj. [ Vadosus. ] Qu’on peut passer à gué, fans bac, ni bateau. (Le fleuve , qu’il faloit traverser, avoit quatre stades de largeur , & étoit extrêmement profond , fans êtreguéable. Vaug. Quint. Curce, i. 8- cb. r;. La rivière étoit large , & n’étoit point du tout guéable. Abl. Marm. I. 1 . Le Rône est guéa- ble en quelques endroits. Abl. Ces. 1. 1 . c. r.) GUEDE,, ou GUESDE , s. s. Voïez Pastel. Gués. der, c’est préparer les étofes avec de la guêde ou empasteler. GUEDER , v. a. [ Saturare.2 Saouler. Faire manger avec excès. II est bas, & n’est guéres en usage qu’aux tems formez du participe. ( II s’est bien guêdé.) Académie Françoise. f GUEDRONS , ou Guesdrons , f m. Les Guê- drons parmi les Teinturiers font ceux qui donnent aux étofes le pied de guêde , qui est nécessaire, particulièrement pour les noirs. GUE'ER , v. a. [Lavare.] Baigner. Laver dans la rivière. ( Guéer un cheval. O 11 dit aussi, guéer du linge : c’est-à-dire, le tremper & le laver en grande eau. Quelques-uns prononcent guciier. On dit aussi, guaïer une rivière. ) [ Vado trajieere,’] t GUENILLE ,sf. £PannoJd vestis, parmi detriti-2 Habit GUE Habit vieux & usé. Morceau déchiré de quelque vêtement. (Refaire ses guenilles. Ses habits sont en guenilles. 11 me tarde que je n’aie des habits raisonnables pour quiter vite ces guenilles. Mol. mal. forcé. t * Le corps , cette guenille , est-il d’une importance ou d’un prix à mériter seulement úu’on y peníe ? Mol.) GUENILLON , s. m. [ Lacinia , cento. ] Vieux lambeau de linge , ou d’étofe. (jf Mais qui pouroit compter le nombre des baillons, De pièces , de lambeaux , de sales guenillons ? Despr. fat. io. t GUENIPE , st f [ Spurca , mulier libidinosa. J Mot injurieux, & du peuple. II se dit des femmes. Sorte de débauchée, de coquine & de fripone. ( C’est une franche guenipe.) GUENON i s s. [Simia.) La guenon est une singe femelle. Voler Marmol d’Abl. t. i. /. i. c. 23. ( Les guenons & les singes vivent d’herbe, de blé, & de toutes sortes de fruits. Une guenon fort plaisante. La guenon vouloit encore dire Autre cbòje en saveur de ses magots, Mais grands coups de Jìflet , £5? grands éclats de rire Interrompirent J'es propos. Le Noble.) t * GUENON. [ Pithecium stinturnicium. J Laide femme, ou laide fille. ( C’est une guenon : elle est laide comme une guenon : quelle guenon est-ce là ? Pour épouser un singe , il faut être guenon. Bours. La Dor. est une petite guenon.) f GUENUCHE , f. f. ' C Simiola. ] Petite guenon. C’est une guenuche coifée. S. Amant.) GUENUCHON, guenuche , f. f. Ces mots font bas & comiques. ( II ne me resta pas la moindre plume peinte, La moindre guenuchon , le moindre perroquet. Scar. D. Japhet., a. s.sc. 2.) GUEPE, ou GUESPE , ss. £ Vejjta. ] Sorte de grosse mouche ennemie des abeilles. (Une grosse guêpe : une petite guêpe. Tel qtéon voit un taureau qu'une guêpe en furie A piqué dans les flancs aux dépens de fa vie. Despr.) GUEPIN , guêpine , adj. f Catus , subdolus.) Mot burlesque qu’on dit, pour marquer qu’une personne est fine , & qu’elle est de la ville d’Orléans. (II est guêpin : c’est une guêpine.) t GUERDONNER , v.a. ( Remunerari .] Vieux mot, qui entre quelquefois dans le burlesque; il signifie , récompenser. (Me voila bien guerdonné.) On disoit aussi , guerdon , f m. Récompense. GUE'RE , ou guéres, adv. [ P arum. ] Ces adverbes sc joignent avec une négation. ( 11 ne s’en est guère falu que. Voit. I. 2;. C’elt-à-dire, il ne s’en est pas beaucoup manqué. II n’est guére savant. Les femmes ne sont guéres sages. Qui ne rend point de soin n’est guéres amoureux. Vaug .) De guére , adv. II n’est de guére plus grand que son cousin. Mr. de Balzac disoit souvent. II ne s'en faut de guére , mais c’est un gasconisme. II faut retrancher le de , qui ne se met que quand il est question d’une quantité comparée avec une autre. N’aguére , ou n'aguéres , adv. [ Non ìta prìdem. Nuper. ] II n’y a pas long-tems. Cet homme qui n’a guéres étoit les délices de la Cour. Acad. Fr. {$ Mr. de Vaugelas aimoit le mot n’aguéres s il dit dès le commencement de son Q, Curce, liv. 4. Darius qui s'étoit vû n’aguéres une si nombreuse & si florissante armée , Ur. Et deux lignes ensuite, s’enfuioit à travers les campagnes n’aguéres couvertes du nombre infini de ses troupes. Je crois la diction vieillie & hors d’usage. GUE'RET Novalis ager. ] Terre qu’on sème de deux ans l’un. ( Nos fertiles còtaux portent deux fois tannée Et les moindres épis qui dorent nos guérets, S 1 égalent en grandeur aux chines des forêts. Rac. berg. a. ;. sc. t. GUE 1 ^ Et vos riches troupeaux paiffênt dans vos guérets,, Comme si l’on étoit dans une pleine paix. Bours. Esope. GUERIDON ,s m. s ColumePasusiinendo cande- labro. J C’est un ouvrage de Tourneur, composé d’une tige torse , d’une pâte soutenue de trois ou quatre petites boules, & d’un dessus pour mettre des flambeaux. Le mot de guéridon , à ce que m’a assuré le savant Mr. Boiiillaud, fut aporté d’Afrique par les Provençaux ; & alors fur ce mot, qu’on métamorphosa en homme, on fit un vaudeville que le peuple apella guéridon , & qui avoit pour reprise à la fin de chaque couplet le mot de guéridon. Voici un échantillon de cet air qu’on chanta long-tems par tout le Roïaume. Guéridon est mort ; Depuis près d’une heure Sa femme le pleure, Hélas Guéridon ! Les guéridons ne servent qu’à acompagner quelque belle table, ou quelque beau cabinet. ( On dit, de beaux guéridons : des guéridons peints : des guéridons dorez : faire des guéridons : tourner des guéridons.) GUE'RIR, v. a. & quelquefois neutre. [ Curare , emendare , sanare .] Rendre la santé : remettre en santé : recouvrer la santé. ( Guérir un malade : guérir une blessure : guérir une plaie. II eut de la peine à guérir de fa blessure. Abl. Arr. L 1. c. 4.) “ GUE’RIR. [ Sanare. J Ce verbe est souvent au figuré ,_ & il est beau. 11 signifie soulager , apaiser, adoucir, modérer. (Guérir les âmes par des au Héritez pénibles. Pasc. 1 . 4. Si-tât que fur un vice, ils veulent me confondre, C’est en m'en guérissant que je sai leur répondre. Despr.) * Le teins qui guérit tout , guérira tes douleurs.’ God. Po’és. 2. partie , 2. églogue. Se guérir de fa paf. fion. Le Comte de Bujsi. Je veux guérir votre ennui. Voit. I. 14. L’abfence ni le tems ne me fauroient guérir de mon amour. Voit. P os.) Ah ! vous êtes pour nous £jf trop jeune £5? trop bePe ; Atendez , petite cruelle, Atendez à blesser que vous puissiez guérir.) GUE'RISON , st fi L Sanatïo. ] Rétablissement d’une personne en santé. Retour de la maladie à la santé. Cure de quelque mal, ou de quelque blessure. ( Ce remède est cause de sa guérison. Travailler à sa guérison. Dieu vous donne guérison.) * GUE'RISON. [ Medela. ] Au figuré , il se dit de l’esprit, de l’ame & du cœur. II signifie faction par laquelle on les guérit & les délivre de leurs foiblef. ses. II signifie auffi fêtât sain & tranquille du cœur, de l’ame & de f esprit, qui sont délivrez de leurs foi. blesses. (Qui brûle doucement d!une amoureusefiâme, Ne doit jamais chercher fa guérison. Recueil de pièces galantes. On ne doit penser qu’à la guérison deS blessures de son ame. Arn. Cons. Je sai des gens qui par charité prient Dieu tous les jours pour la guérison des maladies de f esprit de A... mais elles ne le peuvent guérir que par miracle.) GUE'RISSABLE , adj. [ Sanabilis. J II sc dit particulièrement , parmi les Médecins & les Chirurgiens, des maladies, & de toutes les incommoditez qui viennent au corps. II signifie que l’on peut guérir, qui peut être guéri. ( C’est une surdité la plus commune & la plus guérissable. Du Vernei , traité de t nuit. Sa surdité n’est point guérissable. Mais quand il feroit guérissable, II est bien plus dlen mourir. Scud.) GUE'RITE , st f £ Spécula.) Logement en maniéré de fort petit cabinet pour y loger la nuit quelque sentinelle. „ . , - GUE'RITE. Terrasse ou petit dongeon eleve au dessus d’un bâtiment pour découvrir de loin. f * Gagner la guérite. [ Fugere .] C’est-à-dire, s'en- fuir. GUERLANDE , st f Terme de Marine . Pieces de liaison cintrées , qui se mettent au-dedans du vaisseau à travers de f étrave, pour fortifier & entretenir la rondeur de la proue. Tom. II, V % GUER’ « 156 GUE GUERL 1 N , s. s. Terme de Marine. C’est un moïen chableau qui sert à remorquer les vaisseaux. GUERPIR- Vieux mot, quiter, abandonner ; d’oú l’on a formé déguerpijsement. Amour sait guerre , Amour sait terre Souvent guerpir Blason des fausses amours. GUERRE -, s-s Ce mot vient de l’Italien , ou de l’Elpagnol, guerra. Loccenius dit qu’il vient d’un ancien mot Áleman vuerre. C’est une querelle de Princes , ou de peuples , qui se vuide par les armes en livrant des batailles, s’aísiégeant & faisant les uns contre les autres toutes sortes d’actes d’hostilité. (Déclarer la guerre. Faire la guerre à un Prince. Ablan- eourt , ret. Soûtenir la guerre. Ablanc. Ce fut une guerre civile fort cruelle. La guerre s’alume. Alumer la guerre entre deux puissances. Arrêter le cours de la guerre. Une guerre ouverte. Faire la guerre à feu & à sang. Etre I’arbitre de la paix & de la guerre. La guerre en quatre jours aux pieds de vos murailles, Feroìt plus de dégât que cinquante ans de taille. Bours. Esope.) f GUERRE. La guerre estl’art de ruser & de tromper finement par principes & par métode ; celui qui excelle le plus dans cet art est fans doute le plus habile. Toutes les parties qu’il renferme font fondées fur ce terrain , les unes plus les autres moins , & chacun ruse selon la portée de son esprit & de ses con- noissances. Deux Généraux médiocres se tromperont réciproquement, tous les deux comme deux enfans, deux habiles comme des hommes faits , jls mettront en œuvre tout ce que la guerre a de plus subtil, de plus grand & de merveilleux. , La Sience préside en tout à la guerre , & particulièrement dans la défense des places, ou pour mieux dire c’est tout que la sience. Polybe de Folard. {§ Savaron , de Cépée Françoise , dit : „ Les Fran- „ qois ont apellé la guerre du nom de guer , qui est „ à dire en langue Theudesque, épée” Mais l’étimo- íogie de ce mot, est , selon Mr. Ménage , le terme Aleman Werre , ou Warre , que l’on trouve dans les Capitulasses, & dans plusieurs Auteurs de la basse latinité. II est vrai que le mot Aleman signifie simplement sédition , comme Mr. de Caseneuve l’a remarqué ; mais l’on en a fait un terme générique, qui signifie toutes sortes de guerres. La véritable guerre est celle qui se fait entre deux nations libres ; car les séditions, les guerres civiles, & celle que les Seigneurs se faisoient autrefois , ne font point des guerres , & ne peuvent jamais se soûtenir ni par l’équité, ni par la justice. Tous les Politiques conviennent qu’il peut y avoir une guerre juste, & une injuste, & que la prémiére est toujours permise, aïant pour son fondement le droit des gens, qui permet de conserver , ou de rechercher son bien par toutes les voies nécessaires pour ataquer ou pour se défendre. L’Ecri- ture nous en fournit des exemples. Dieu même a ordonné non-seulement de faire la guerre à certains peuples, mais encore de les détruire entièrement : pour être juste, il faut prémiérement qu’elle soit faite par un Souverain , qui ne connoissant point de supérieur à qui il pût demander justice contre les usurpateurs de son bien, est nécessairement obligé de recourir à la force des armes : mais c’est une maxime observée dans tous les tems , que les particuliers qui osent faire la guerre & lever des troupes fans la permission de leur Prince , font coupables du crime de leze-majesté. 11 faut, en second lieu, que la cause soit juste & nécessaire : mais la dificulté est de bien décider quand la cause est véritablement juste & nécessaire ; & l’on ne sauroit donner une idée générale des causes qui peuvent rendre une guerre juste : chaque Prince a ses maximes , qu’il consulte plûtôt que les Casuistes & des Jurisconsultes. Grotius re- connoit deux fortes de guerres publiques : l’une est solennelle , l’autre est moins solennelle : la prémiére est apellée solennelle, lors que ceux qui se font la guerre, sont souverains dans leurs Etats, & lorsque 1 on y observe certaines formalisez , dont la principale est le défi & la dénonciation de la guerre solennelle , au cas que l’on refuse la justice que l’on demande. GUE f L’acroissement des Rois voisins est un sujet soft- sant de leur faire la guerre. N’avoir de sujet de guer- re que la guerre même , c’est la plus injuste de toutes les guerres. A l’exception d une juste défensive, toutes les guerres paroiffent également injustes. Poly. be de Mr. de Folard. GUERRE civile. [Bellum civile , motus civicus.'] C’est une guerre qui est entre les sujets d’un même Prince, ou d’une même République , ou entre le Prince & quelques-uns de ses sujets , qui ont pris les armes contre lui ; ou enfin entre les Magistrats & le peuple d’une même République. ( La guerre civile déchiroit la France sous le régne de Charles IX.) s§ Le P. Bouhours, après avoir dit dans ses Pensées ingénieuses , que Lucain est faux & guindé presque par tout , est obligé d’avouer qu’il a quelquefois des pensées fort vraies & fort naturelles, témoin celle-ci : C’est un grand malheur que de vaincre en une guerre civile : Usque adeò miserum ejì , civili vincere bello. II en aprouve encore trois ou quatre autres , qui méritent en éfet ses louanges , & en faveur desquelles il auroit dû adoucir les termes de faux & de guindé. II est vrai qu’il s’emporte quelquefois , & qu’il s’aban- donne trop à l’ardeur de son tempérament: mais Sca- liger qui ne l’épargne pas, lui a pourtant rendu justice par cet aveu dans fa Poétique , lib. 6. Fateor in iUo in- genium magnum , equidem etiam plusquam Poêticum condonabo. Et ensuite, en parlant de son Poème : MuL ta tamen in eo opéré acutè dicla , at nescio an nimismulta. * La guerre civile. [ Disceptatio , dijsìdium. ] Ces mots sc disant des gens de lettres , signifient les inimi- tiez & les haines qui sont souvent entre les hommes fa vans. ( Les guerres civiles des beaux esprits, sont pour l’ordinaire assez mal fondées.) Un guerre de religion, f Bellum sacrum. ] C’est une guerre qui se fait au sujet de la religion, l’un des partis ne voulant point soporter l’autre. La guerre sainte, f Faderatum bellum contra infidèles. J C’est la guerre que les Chrétiens ont faite autrefois par des Ligues & des Croisades, pour le recouvrement de la Terre Sainte. La petite guerre. [ Erronum cursus. ] Ce sont des courses que font les soldats détachez pour piller, ou lors-qu’ils vont en parti. (C’étoit un oison qui avoit la mine d’avoir été pris à la petite guerre. Scaron. rom. On dit d’une femme coquette que ses veux vont à la petite guerre.) Bonne guerre. [ Bellum aquum U legìtimum .] C’est- à-dire , selon les loix & l’usage de la guerre. ( On dit, en ce sens , cette prise a été faite de bonne guerre.) ( On dit Part de la guerre. Le métier de la guerre. [ Scientia militaris.'] Chef de guerre : ruses de guerre: équipage de guerre : atirail de guerre : munitions de guerre : gens de guerre : une place de guerre : conseil de guerre : Commissaire des guerres : un nom de guerre : la peste & la famine sont les trois fléaux de Dieu. Les fruits de la guerre. Voïez Fruit.) * GUERRE. [ Inimicìt'us, dijjtdia , rixa.] Quérelle: froideur : broiiillerie. Qu’il se perd d’agréables momens, Quand la guerre est entre deux amans. Charleval. * GUERRE. C Bellum , exprobratio. ] II se dit au fi. guré , en parlant du vice, du péché, &c. C’est une poursuite vive & ardente contre le péché , contre le vice & autre pareille chose. ( Faire la guerre au vice. Pasc. liv. io. C’est-à-dire, blâmer le vice : le décrier : être son ennemi. II déclare la guerre au conjugal lien, Et vous traite t amour de déité de rien. Mol.) * GUERRE. [ Objurgatio. J Ce mot se dit quelque, fois en riant, & veut dire , une petite réprimande, petits reproches, sorte de petite quérelle qu'on fait à une personne. ( Je contai mon avanture à mon frère, qui m’en fit long-tems la guerre. Abl. Luc. t. 2. p. 446. Faire la guerre à quelcun. Volt. I. 14. * Les Auteurs sc font une guerre ; c’est-à-dire, se Critiquent, se déchirent & se décrient. Scaliger fit une cruelle guerre à Cardan. Les guerres du Parnasse instruisent & divertissent le public.) Faire GUE Faire la guerre à T ail Abl. [ Pro tempore pro re conjtlium capere. ] C’est-à-dire , épier ce qui se passe dans une afaire où l’on a intérêt, & se conduire selon que l’ocasion se présente. * Qui terre a , guerre a. [ Opes rixarum origo.] Sor- de Proverbe, qui veut dire, que quiconque a du bien, a des procez & des querelles , pour défendre & conserver son bien. Le mot de guerre se dit encore à l’égard des bêtes. C Hélium , mimìcitia. ] ( Les chats font la guerre aux souris. Tous les petits oiseaux font la guerre au hibou. ) GUERRIER, / »r. s Bellator.] Qui aime la guerre: vaillant : hardi. ( Un fameux guerrier. Aux plussavans Auteurs , comme aux plus grands Guerriers, Apollon ne promet qu’un nom & des lauriers. Despr.) GUERRIER, guerrière, adj. [ Bellicosus , rei militaris glorìâ injìgnis. ] Ce mot se dit des personnes & de leurs actions. ( Peuples guerriers. La guerrière Pallas. Chanter les faits guerriers des Héros. Voit. Pouf.) t GUERROiER , u. w. [Belligerare.] Vieux mot qu’on trouve encore quelquefois dans le burlesque, & qui veut dire , faire la guerre. On dit aussi , guerroieur. Ç GUESDE, GUESDER. Voïez Guede, Gueder. GUESPE- Voïez Guêpe. GUET , f m. f Spécula , jseculatus. ] Action de celui qui épie, & qui prend garde. (Faire le guet: être au guet.) [ In Jjiecutis ejje. ) t * Avoir l’œìl au guet. Mol. [ Specularì , animad- vertere. ] C’est-à-dire, regarder de tous cotez. * GUET. [ Excubitor .] Celui qui fait le guet. (Mettre un guet au clocher.) * GUET. [ Vigiles excubia. ] Troupe de gens qui épient, qui font le guet. Cavaliers qui vont la nuit par Paris, pour tâcher de surprendre quelques filoux, & pour empêcher les désordres. Soldats fantassins qui vont par Paris la nuit, & qui commencent leur ronde depuis huit heures en été, & depuis cinq en hiver, jusques à une heure après minuit. (Le guet à pié : le guet à cheval. II y a un Chevalier du guet.) GUET. Terme des Gardes du corps du Roi. C’est un détachement qui se fait de chaque brigade des Gardes du corps, pour servir auprès de fa Majesté. (On apelle le guet, & les gardes s’y doivent trouver.) GUET. Ternie Militaire , dont la fonction est une des plus importantes dans la guerre. Végéce nous aprend comme le guet se faisoit dans les Armées Romaines, & dans les villes dépendantes de l’Empire. Dès ce tems-là , on se servoit du mot de guet comme on en use encore à présent. Capitolin raconte dans la vie de Pertinax , qu’aïant pris possession du Palais, il y établit une garde , & donna pour mot du guet, militemus , dont il s’étoit servi dans toutes les fonctions militaires. Spartian raconte de même, que Sévère aïant été élevé à l’Empire, avant que de mourir , donna le mot du guet à un des Capitaines de ses Gardes, & ce mot fut, travaillons , laboremus , parce que Pertinax avoit donné pour mot, combatons , mili- temtts. Pendant la dernière guerre, le Roi Louis XIV. a fàitun très-grand nombre d’Ordonnances militaires, d’où Ton a tiré une espèce de Code très-utile pour les gens de guerre , & Ton trouvera en abrégé dans le troisième livre les Réglemens faits au sujet du Guet & des Gardes , ainsi que du Mot que Ton apelle Ordre , ces deux mots étant sinonimes, & se trouvant toujours joints dans les diférens réglemens qui concernent ce point de la discipline militaire. II y a un Guet Seigneurial , que les Seigneurs qui se fai- soient autrefois la guerre, établirent fous une aparen- ce de protection. Pendant ce tems de licence où les Seigneurs se faisoient la guerre de leur seule autorité, leurs sujets étoient fans cesse exposez aux incursions & aux pillages, dont ils ne pouvoient pas se défendre : ils eurent recours à leurs Seigneurs, qui leur donnerent dans leurs châteaux , des endroits pour y retirer leurs meubles, leur bétail & leur personne, & les chargèrent de faire le guet pour prévenir les surprises & les ataques imprévues de leurs ennemis. II y a beaucoup d’aparcnce que ce Guet fut d’abord la seule récompense de la retraite acordée aux sujets : mais dans la fuite , quelques Seigneurs se firent une ocasion d’établir un nouveau droit sur le prétexte aparent dc GUE i57 la protection & de la retraite qu’ils donnoient à leurs sujets. Voïez l ‘article i;y. de la Coutume de Tours; le Chap. 92. de la Coutume de Bretagne ; & TOrdon- nance d’Qrleans art. 105. L’Ordonnance Maritime de rógi. a réglé danslettt. i. du 4. liv. la maniéré dont le guet doit être fait fur les côtes de la mer : elle ordonne d’abord, que les Habitans des Parroisses qui font sujetes au guet, feront la garde quand elle fera commandée , à peine de trente fols d’amende contre le défaillant pour la prémiére fois , & d’amende arbitraire pour la seconde : elle veut ensuite , que le signal soit fait de jour par fumée , & de nuit par feu : elle enjoint aux habitans des Paroisses sujétes au guet de la mer , d’avoir, en tous tems , dans leurs maisons, chacun un mousquet ou fusil, une épée , une demi-livre de poudre, & deux livres de baies , à peine de cent fols d’amende ; & en même tems, elle défend la saisie de toutes ces choses, comme étant nécessaires pour la défense du Public. Enfin les anciennes Ordonnances Maritimes soumettent au guet ceux qui habitent jusques à demi-lieuë d’éloignement de la côté. GUET, se dit de quelques animaux. Ce chien est de bon guet. Ce chat est au guet pour prendre une souris. (Quand les grues se reposent, il y en a toujours une qui fait le guet.) GUET. f Signant receptûs. ] Terme de Trompette. Son de trompette, qui avertit le Cavalier de se retirer, parce-qu’il est tard. ( Le guet est sonné , il saut se retirer. Le trompette doit sonner le guet à une certaine heure.) Le mot du guet. s Tejsera militaris.'] C’est une parole qui sert à discerner les amis d’avec les ennemis. (Le Commandant donne tous les soirs le mot du guet aux Oficiers , & ceux-ci le donnent à ceux qui entrent en faction. Le mot du guet empêche les surprises des ennemis, & la communication des traîtres & des espions.) Le mot du guet est ordinairement le nom d'un Saint & d’une ville , comme S. Martin, Paris. On change tous les soirs le mot du guet. GUET-à-PENS , f m. £ Injtdia consultò ac deditâ operâsaíla.] Crime fait de dessein prémédité. (Voilà, mon Pere, un pieux guet-à-pens. Pasc. I. 7.) (f On disoit autrefois guet à penser , que Ton a abrégé, pour n’en faire qu’un mot guet-à-pens , pour signifier un dessein formé de faire quelque action: ainsi Beaumanoir a dit que meurtreJì efl quand aucun tué de guet-à-pens s homicide , quand aucun tué autrui en chaude meslée. Dans la Coutume de Normandie, il est dit, guet à pourpenje. Voïez Mr. Ménage, ait mot AJfaJJìn , & fur guet-à-pens. Les amans disent que les yeux de leur maîtresse ont fait un guet-à-pens quand ils en ont été blessez. GUE'TER , v. a. [ Speculari , observare. ] Epier. (Le chat guête la souris. Guêter au passage. Scar. La mort nous guête. Main. Poés.) II vouloìt marier richement Une fille douce N jolie : Mais bien plus pour fa dot que pour son agrément , Guétoit déja plm d’un amant. Le Noble.) (§ Les Italiens disent guatare. Ma non si tosto, hor vedi instabil donna Rustico Pastor l’hebbe, guatata Che i primi Sguardi non Sostene. Pafior fido , art, 1. sc. 2. Ferrari, & Ménage ne conviennent pas de Torîgîne du mot Italien ; c’est ce que je n’examinerai pas. On disoit autrefois guette pour guet. Joinville a dit : mestne qu’ils tuerent la guette du Seigneur de Courcenay , C’est-à-dire, la sentinelle. Voïez Du C ange. GUèTEUR , f m. [ Spefiator. ] Celui qui épie. II ne se dit que dans cette façon de parler, un guîteur de chemins , pour dire , un voleur. GUETRE, f f. [ Sculponea , péronés. ] Sorte de bas de grosse toile qui n’a point de pié , & dont les Laboureurs se servent lors qu’ils vont à la cbaruë, & dont les Chartiers & quelques autres gens usent aussi pour conserver leurs bas-contre les croies. ( Des guêtres toutes neuves : mettre ses guêtres : tirer ses guêtres. ) f * Tirer ses guêtres d’une ville. S. Amant , Roms ridicule, f Abirè, ] C’est s’en aler d’une ville. GUETTE, f fi Poteau incliné qui se nïet entre U; deux i;8 GUE deux gros poteaux qui servent de remplage. On les appelle quelquefois, contrevents. GUEULE , f f C Gula. ] Ce mot se dit proprement de certains animaux farouches & de certains poissons. C’est l’ouverture à la tête de l’animal , où font ses dents & fa langue , & où il mâche ce qu’il prend pour vivre. ( La gueule du lion. Abl. Marna. Gueule de chien : gueule de lice. Sa!, c. 17. Gueule de loup. Sal. Le crocodile a une grande ouverture de gueule. Rond. Qu une horrible baleine ouvrant fa gueule stère, Me fajse de son ventre une vivante bière, Avant que. . . . Rampe, idile ;.) GUEULE. [ Os. ] Ce mot se dit aussi des monstres & des choses qu’on anime , & qu’on peint en monstre. ( D'une gueule infernale La chicane en fureur mugit dans la grand sale. Despr. fat. 8-) GUEULE. Terme de Chaise. On dit au bout de cinq mois qu’un chien a fait fa gueule , lors-qu’il commence à avoir de la vigueur. On dit encore qu’un chien chasse de gueule , lors-qu’il aboie , & qu’il apelle ses compagnons quand il est fur les voies. f * GUEULE. Ce mot se dit en certaines façons de parler burlesques & figurées. ( Exemple. Vous étés, ma mie, un peu trop forte en gueule. Molière, tartufe , aHe i.fc. 1. [ Ton ot U Le dis petulantijjimii verbk. 3 C’est-à-dire , vous êtes trop insolente en paroles , vous répliquez trop.) * GUEULE. [ Os. ] Mot burlesque , pour dire , la bouche. ( On la charme par la gueule. Gomb. ép. L 1. Elle n’a pas six dents en gueule. Scar. Elle a la gueule fendue jusqu’aux oreilles. La rieuse rit toute seule, Tant que sa bouche devient gueule. Gomb. ép. I. 2.) Avoir la gueule morte. [ Obmutescere. 3 C’est-à-dire, ne répondre mot , ne dire rien.) Mettre une personne à la gueule du loup. Q Aliquem inimici arbitrio permittere. J C’est-à-dire , l’exposcr fans défense à la merci de ses ennemis. f II en a menti par sa gueule. [ Ore mentittu ejì. ] On parle ainsi pour apurer fortement le démenti qu’on donne à quelcun. f Les mots de gueule, f Obscana verba.J C’est-à-dire, paroles sales & déshonnêtes. * Le mot de gueule se dit encore de diverses autres choses. [ Os. 3 Car on dit, gueule de four , de puits, de pot, &c. C’est l’ouverture du four, du puits, &c. II ejì venu la gueule enfarinée. [_ Cupidè advolavit .2 Quand on est venu dans un endroit pour avoir part à quelque bonne fortune. GUEULE. [G«/«.] Gloutonnie: intempérance dans le boire & dans le manger. (11 est âpre à fa gueule.) GUEULE droite V gueule renversée. Terme d ’ Architecture. Ce sont deux parties de la cimaise qui font un membre dont le contour forme une S. On apelle droite la plus avancée , & renversée , la convexe ou le talon. GUEULES. Ce mot étant un terme de Blason , s’é- crit avec une s finale , & est masculin. II signifie rouge. ( Le gueules est en pal : il est le simbole de la justice & de l’amour envers Dieu & envers le prochain : il est aussi le simbole de la valeur & de la magnanimité. Col. stence héroïque , ch. 4. Porter de gueules. On l’écrit quelquefois fans s. L’or , le gueule, Vargent, le Jlnople U Vazur, Me font mettre en éclat Vhomme le plus obscur. B ours. Esope.) Fête à ^gueule. Terme de quelques Provinces, pour signifier le dimanche qui suit la fête du Patron, parce- qu’en ce jour on se réjouit. GUEULE'E, f. f. s Spurca £«? fescennina verba. ) Paroles sales & obscènes. ( II n’y a que les impudens qui disent des gueulées. ) On le pouroit dire d’une bouche , mais ce terme est bas. GUEULER , v. n. f Debacchari. ] Dire impudemment beaucoup d’injures & de sotiscs, ou parler fort haut ? mais dans ces sens, ce terme est bas. CUEUí> AILLE » s s. Z Mendicantium turha. 3 GUI Gens gueux. (II n’y point d’honneur à fréquenter de la gueusaille.) GUEUSAILLER , v. n. [ Mendicare. J Faire le métier de gueux. (II aime à gueusailler.) GUEUSE , sf [ Mendica. ] Celle qui est pauvre: qui est dans la nécessité. ( C’est donc une gueuse.) GUEUSE. [ Scortum , macella. ] Fille ou femme qui méne publiquement une mauvaise vie , & qui se prostitue au prémier venu. (C’est une franche gueuse.) GUEUSE , f. f. [ Tr abs lìquati ferrì. 3 Morceau de' fer fait en forme de saumon , pésant mille livres, ou plus , qu’on met dans la forge pour fondre, & on en tire les barres de fer. H GUEUSE , f f. Espece de dentelle de fil blanc, très-legere , dont le fonds est de réseau & les fleurs de cordonnet fort délié , qui se fabrique sur l’oreiller de même que les autres dentelles. La mode en est presque perdue. On l’apelloit Gueuse, à cause de la modicité de son prix. £ GUEUSE , est aussi une petite étofe qui se fabrique en Flandres , où elle se nomme plus communément pìcotte. GUEUSER , v. n. & a. [ Mendicare. ] Demander fa vie : chercher de quoi vivre en demandant l’aumône. ( II gueuse par la ville. f Je ne vois rien de plus sot , à mon sens, Qu un Auteur qui par tout va gueuser de f encens. Mol. ) GUEUSERIE , f.s. [ Mendicitai. ] Pauvreté. ( Une grande gueuserie. II y a bien de la gueuserie dans le ciel. Abl. Luc. t. 1.) On dit aussi d’une chose de vil prix, c’est une gueuserie. On dit en Proverbe : la gueuserie est une espèce de ladrerie que tout le monde fuit. GUEUSETTE , f f i Vile vasculmn. ] Terme de Cordonnier. Sorte de méchant petit godet cassé où les Cordonniers mettent tout le rouge, ou le noir, dont ils rougissent, ou noircissent les fouliez. GUEUX, gueuse, adj. f Pauperculus. ] Qui est pauvre. ( C’est un Gentilhomme qui est un peu gueux. C’est une Marquise fort gueuse.) GUEUX , f. m. [ Mendient , sestertiarius homo. ] Pauvre, misérable , qui est dans une grande nécessité. C’est un gueux : il est gueux comme un rat. Boi. ép.) f C’eji un gueux revêtu. Gomb. ép. I. 2. C’est-à-dire, que c’est un coquin qui est devenu riche. O Ciel ! Vit-on jamais une telle insolence, La peut-on concevoir Sun serviteur, d! un gueux ? Mol.) * On dit proverbialement : II est gueux comme un Peintre , comme un rat d’Eglise ; c’est-à-dire, il est extrêmement pauvre. GUEUX, s. m. Grands de Flandres qui se révoltèrent contre le Roi d’Espagne , sous le gouvernement de Marguerite de Parme, & à qui le Comte de Bar- lemont donna par mépris & en riant le nom de gueux. Volez Strada, Histoire de Flandre , l. & F Histoire métallique de Hollande de l’Abé BÌ2ot. t GUEZE , f f. Mesure des longueurs, dont on sc sert en Perse pour mesurer les étofes, les toiles & autres semblables marchandises. 11 y en a de deux sortes.Gueze Roïale contient quatre cinquièmes de faune de Paris ; St la Gueze racourcie , ou simplement Gueze, n’est que les deux tiers de l’autre. GUI, f. m. [ Guide. ) Nom d’homme. Gui, Vicomte de Limoges, aïant tenu prisonnier l’Evêque d’Angoûlême, fut en 160;. condanné par le Pape à être ataché au cou de deux chevaux indomtez jusqu’à ce que son corps fût déchiré, & ensuite à être jetté à la voirie. Mézerai , Histoire de France , vie de Robert. L’Histoire des Comtes de Poitou marque qu’il y en a eu huit qui ont porté le nom de Cui. GUI. C ViJ'cm. 3 Sorte dé plante , qui ne croît pas au-delà d’une coudée, qui vient fur le tronc du chêne & de certains autres arbres , comme sor le tronc du poirier, du pommier ou du sorbier , & qui jette plusieurs branches qui s’entrelacent les unes avec les autres , & qui a la feuille comme celle du bonis, horsinis qu’elle est plus petite. Le gui est chaud & sec : il amo- lit, résout, a tire , & fait mûrir les apostumes, lors- qu’il est mis en emplâtre. Dal. liv. 1. ch. 2. Les Gaulois avoient le gui de chêne en telle vénération qu’ils l’aloient cueillir avec une serpe d’or le prémier jour de l’an. Spon ,, recherchez d!antiquité », dijf. j. GUI. GUI GUI- Terme de Marine. Nom d’une pièce de bots ronde & de moïenne grosseur , où est amarré se bas de la voile d’une chaloupe ou de certains autres petits vaisseaux. ch GUIBERT,/ m. Espèces de toiles qui se fabriquent à bouviers près Roùens il s’en fait de fines, de moïennes & de grosses. ( On leur a donné le nom de l’ouvrier qui en a fabriqué le prémier. ) f GUIBRAY \s m - On apelle fil de Guibray , un fil d’étoupe blanchi, dont les Ciriers íe servent pour faire la mèche des cierges , de la bougie filée & des colets de flambeaux de poing. GUICHE , s- fi Terme de Religieux. Petite bande large de deux doigts , a tachée à chaque côté de la robe pour en joindre les deux parties ensemble. GUICHET , s m. [ Ofiìolum. 2 Espèce de petite fenêtre où il y a une grille , & qui est dans la prémié- re porte des prisons. ( Ouvrir le guichet. ) GUICHET. [ Portula , fioricula. J Petites portes qui font aux grandes portes des villes & des prisons. (Ouvrir le guichet : passer par le guichet ; fermer le guichet.) GUICHET d’armoire. [ Armarìì fioricula. J Terme de Menuisier. C’est une porte d’armoire. (Un guichet bien travaillé.) GUICHET- [Fentsïra forìculas Terme de Menuisier. Ce mot se dit en parlant de fenêtre & de vitres. C’est le bois qui par dedans la chambre couvre le chaíïìs, ou le panneau de vitre, & qui est de la môme longueur Sc de la même largeur. Ce que les Ménuisiers apellent guichet , les gens qui ne sont pas du métier, l’apelient volet. GUICHET-, Bois où sont enchâssez les carreaux de verre, & qu’on ouvre. ( Ouvrir , ou fermer un guichet.) GUICHET. C Ofliolum. ] Sorte de petit volet qui se ferme fur la jalousie du confessionnal du côté du Confesseur. GUICHETIER , s. m. s Servtu carcerarius. ] Celui qui a soin de la porte d’une prison. (Un soigneux & fidèle Guichetier.) * GUICHETIERE , fi fi. s Uxor servi carcerarii. ] Ce mot est bas, pour dire , la femme du Guichetier. ( La Guichetière a été gagnée à force d’argent, & elle a donné les clez des portes de la prison.) GUIDE. LDuX , DuFlor , Pramonslrator .2 Ce mot signifiant celui qui conduit & qui méne, est masculin. ( Prendre un guide. On lui donna le guide lié. Abl. r et. L 4. ch. 1. Le Roi leur commanda de l’acompa- gner & de lui servir de guide. Vaug. Quint. Curce, l. g. ch. 10. Enfin Malherbe vint , U ce guide fidèle, Aux Auteurs de ce temssert encor de modèle. Despr.) GUIDE. [Duflrìx. ] Ce mot signifiant celle qui conduit , est féminin. (Je serai moi-même ta guide. Abl. Luc. t. a. pag. 8?- * II est juste que la Congrégation choisisse cette sainte guide. Patru , plaid. 16. page 579.) GUIDE. [ssict.J Ce mot signifiant chose qui guide ou qui conduit, est féminin. (Ainsi on dit, la guide des pécheurs , qui est un livre Espagnol, plein de pieté. La crainte de Dieu est une sainte guide. Morale duSage , page ;. La guide des chemins, c’est un livre qui contient la route des grands chemins.) £ GUIDE. Terme de Menuisier. Morceau de bois qui s’aplique contre un rabot ou autre outil à fût, pour l’afermir & comme le guider quand on veut recaler ou pousser des feuillures. GUIDES ,fif. [ Lora. ] Longes de cuir, ou cordons de foie dont les Cochers se servent pour conduire les chevaux. (Tenir les guides.) GUIDER , v. a. [ Ducere , viam pramonjìrare. ] Conduire , mener. (Quand le sort guidera vos pas dans la chambre où les ris enferment toutes leurs merveilles , fermez les yeux. Voit. Po'ëfi. Guider les troupes. Abl. César.) GUIDER, v. a. [ Ducere. J Terme de Cocher. C’est conduire avec des guides. ( II fait parfaitement bien guider ses chevaux.) * GUIDER. [ Regere , dirigere. ] Ce mot se dit, au figure, des choses spirituelles. (Un Confesseur guide la conscience de son Pénitent : un Maître guide ses disciples. GUI 159 Quel chemin le plut droit à la gloire nom guide, Ou la vaste Jìence , ou la raison solide. Despr. ) GUIDON -, s m. [ Equefier vexillarius. ] C’est un oficier de chaque compagnie des Gendarmes qui porte l’étendard. ( II est Guidon d’une telle compagnie : chaque compagnie de Gendarmes à un Capitaine-Lieu- tenant, un Soû-Lieutenant, un Enseigne, un Guidon, &c.) GUIDON. [ VexiUum equefire.J Ce mot signifie aussi quelquefois l’étendard d’une compagnie de Gendarmes, & c’est une sorte d’enfeigne d’étofe plus longue que large , fendue par le boutd’en-bas, &atachée aune lance de huit à neuf piés. ( Porter le guidon , garder le guidon.) GUIDON. C Catapulta globulus metallicw.'] Terme à'Arquebusier. Petit bouton de métal qui est au bout du canon de Parme à feu , & qui sert à guider l’œil pour tirer plus sûrement. GUIDON. [ Index nota sequentU .] Terme de Musicien. C’est dans les livres de musique une marque faite en forme d’/, qu’on met à la fin de chaque ligne, & qui montre le dégré où doit être située la première note de la ligne suivante. GUIDON. ÍRegii ararii liber. ] C’est le titre de certains livres. ( Le guidon des Finances, &c. Exerce-toì, mon fils , dans ces hautes slences > Pren , au lieu dlun Platon , le guidon des Finances. Despr. fat. ;. ) GUIGNARD, f m. Oiseau gros comme une alouette, ou comme une caille. II a le dos & la tête grise, le bec noir, le ventre blanc & rouge , & la gorge d’un gris plus blanc que le dos. Les guignards font excélens, & on les atrape l’hiver. Ils vivent dans les bois par bandes , & il y en a beaucoup dans la Beauce. GUIGNAUX. Terme de Charpevterie. Pièces de bois qui s’assemblent dans la charpente d’un bois, & fur les chevrons pour laisser une ouverture & passage à la cheminée, de la même faqon que le chevêtre fait dans les planchers. GUIGNE 1 f fi- L Cerasum crassìus. J Fruit de gui- gnier, qui est une forte de cérise grosse & douce. ( De bonnes guignes. ) f GUIGNER , v. a. ( Linets oculis ajpicere. J Regarder du coin de l’œil. ( Elle guigne un peu , & cela ne lui sied pas tout-à-fait mal. f Etre guigné de travers. Scar. Po'éfi.) f GUIGNER. [ Collineare. J Regarder avec dessein. ( Il guigne par tout pour voir s’il ne poura rien atra- per. 11 y a long-tems, qu’il guigne cette fille. Ce mot est bas.) GUIGNIER, fi. m. I Cerasus dulcis .2 Cérisier qui porte les guignes. GUIGNOLE, f. fi. Late percée qui sert à suspendre les petites balances dans les monoïes. t GUI GNON , f m. [ Infiortunium. ] Malheur. (Porter guignon à quelcun.) f GUILDINE , ou GUILDIVE. Eau de vie de sucre qui sc fait au Brésil. On la croît préjudiciable à la santé, & elle est défendue en France sous de grosses peines. GUILE'E ì f. fi. C Nimbus. ] Ondée de pluie. (Une petite guilée.) GUILLAUME , f m. I GuiÛelmwJ Nom d’hora* me. ( Guillaume III. Prince d’Orange & Roi d’An- gleterre étoit un grand Capitaine & un grand Politique.) f GUILLAUME. [ Runcina. ] Outil de Menuisier. Espèce de rabot. t Gros Guillaume. [ Panis secundarim plebeius.J On apelle ainsi du gros pain bis dont on nourit les valets. GUILLEDIN, f rn. [ Asturcos Cheval d’Angle- terre qui est hongre. ( II étoit monté fur un fort beau guilledin.) f GUILLEDOU , / rn. [ Lupanar. ] Ce mot se dit des personnes de l’un Sc de 1 autre sexe qui font dans une honteuse débauche. ( II court le guilledou. Scar. Po'ëfi. C’est-à-dire , il voit les filles débauchées. Elle court le guilledou ; c'est-à-dire, elle fréquente les bordels. Maie 1 60 GUI j \sais enfin cela la diffame Et pourquoi sortant de son trou, Va-feíle aussi la bonne dame, Courir la nuit le guilledou. Auteur anonime.) * GUILLE'E , s s [Nimbus. ] pluie soudaine & de peu de durée. (Voila une guillee de Mars.) GUILLEMET , s- m. [Nota citationis .] Terme d 'Imprimeur. Ce font de petites virgules doubles qu’on met en marge , pour marquer que ces lignes ne font pas de l’Auteur. t GUILLEMETTE, f f [Guillelma .] Nom de femme, mais ce nom est présentement bas & burlesque. ( II ne sait pas, Guillemette , la , la, la, tous vos ebas. Voïez Lett. amours) GUILLEMITES , s m. [Eremita S. Augustinis On apelloit autrefois les Augustins de ce nom , a cause de Guillaume de Gascogne qui rétablit leur Ordre. Voïez Odardo Fialetti. GUILLEMOT , s m. [ Perrm. ] Oiseau qui est une espèce de Pluvier. , , (ff GUILLER. Vieux mot qui signifie tromper. C’e- toit un proverbe familier , Qui croit de guiller Guillot, Guiliot le guile. Et dans le Roman de la Rose : Le franc qui onquet ne guida. On disoit auífi guìllon pour tromperie ; & comme François Corbeiiil , fameux Poète de son tems, étoit un insigne trompeur , on l’apella Villon, de qui Ma- rot a dit : Prou de Villons à décevoir, Peu de Villons en bon sçavoir. II fut arrêté prisonnier dans le Châtelet, & craignant d’étre puni selon ses tromperies, il fit lui-même son épitaphe : Je suis François, dont ce me poise , Né de Paris emprés Pontoife > Or fi une corde filme toise, Sçaura mon col que mon cul poise. Le Président Fauchet l’a raporté d’une autre maniéré : Je suis François , dont ce me poise, Nomme Corbéúìl en mon surnom, Natif fi Anvers emprés Pontoife, Et du commun nommé Villons Or d’une corde d’une toise Sçauroit mon col que mon cul poise, Ce ne sut un joly appels Le jeu ne me sembloit point tel. GUILLOCHIS- Terme à’Architecture. Orne- mens faits de filets parallèles , qui se taillent sur les faces & platebandes. On apelle , guillocbis de parterre , des compartimens quarrez de bonis ou de gazon dans les parterres. GUILLOTS , f. m. [ Fermes. ] Gros vers qui s’engendrent dans le fromage. (Fromage tout plein de guillots.) GUIMAUVE , sf. [ Altbaa , Altea. ] Plante qui produit des fleurs blanches, rouges, incarnates, ou pourprées. C’est un efpéce de mauve. GUIMAUX- Nom qu’on donne en Poitou aux prez qu’on fauche deux fois chaque année. f GUIMBARDES , s s Nom que l’on donne du côté de Lyon à certaines especes de longs chariots à quatre roues, qui fervent à voiturer les marchandises. Les Marchands Lyonnois envoient leurs marchandises à Paris fur des Guimbardes. GUIMPE , s f. C Fascia peHoralis Monialium. ] Terme de Réligieuse. Efpéce de mouchoir rond qui couvre le sein de la Religieuse , & qui est ataché au bonnet par le moïen d’une pafl’e qui est un petit morceau de toile, lequel tient à la guimpe. (Une guimpe bien blanche : atacher la guimpe : faire voltiger la guimpe.) í GUINDA, s. m. Efpece de petite presse à moulinet & fans vis , dont quelques Tondeurs de Draps fe servent au lieu de presses ordinaires. GUINDAGE , s. m. [ Carchcsìam. ] Terme de v e í' cr b" ^ mouvement des fardeaux qu’on hausse & baille. C est aussi la décharge des marchandises du vaisseau, & le salaire des matelots qui font cette déchargé Guillet. GUI f GUINDAGE, se dit encore des palans & autres cordages qui fervent à charger ou décharger les marchandises d’un vaisseau. ( Les domages & accidens qui arrivent aux marchandises par le défaut des guin- dages & cordages , font reputez simples avaries, & comme tels doivent tomber fur le Maître, le navire & le fret. ) Ordonn. de la Marine, régi. Art. 4. du liv. GUINDAL, OU GUINDAS , s. m. [ T0O0 , Toi - leno.s Machine qui sert à élever de gros fardeaux. GUINDANT, s m. [Altitudo veli.s Terme de Mer, qui fe dit pour exprimer la hauteur , ou la longueur des voiles. ( On dit, cette voile a tant d’unes de guin- dant : le guindant d’un pavillon , c’est fa largeur.) GUINDEAU , s. m. Terme de Marine. Machine qui sert à élever des fardeaux. C’est la même chose que capejìan ou virevaut. GUINDER , v. a. ( Atollere. ] Hausser : élever en haut. ( Guinder les voiles. Oiseau qui se guinde jus- qu’aux nues.) SE GUINDER , v. r. [ Insublime extolli. ] S’élever : fe pousser en haut : se porter en haut. ( Avoir des ailes assez fortes pour me guinder jufqués-là. Je me fuis guindé dans le Ciel à l’aide d’un grand vent. Abl. Luc. t. 2. Les uns fe foulevoient eux-mêmes ; les autres se guindoient avec des cordes. Vaug. Quint. Curce, liv. 7. cb. n. En même tems elle se guinde, Sur le bout de ses quatre piés, Et semblable au rouge coq-d’inde, Qui se gonfle la gorge en alongeant son nez. Le Noble.) SE GUINDER. [Se torquerel} Ce verbe , au figuré, signifie s’élever. ( II fe guinde si haut qu’on le perd de vúë. Díjpr. long. c. 2.) * 11 est ailé de fe guinder fur de grands sentimens. Mol. * On dit, un esprit guindé : un stile guindé : c’est- à-dire , qui est toujours élevé. [ Ventosus. J ( Le Rossignol persuadé , Qu’à ses vastes c/artez rien n’étoit dificile, Aprit grossièrement un ramage guindé, Et de tom les oiseaux se crût le plus habile. Bourf. Esope.) GUINDRESSE , f f. [Funis attollens.'] Terme de Marine. Maneuvre , ou cordage qui sert à guinder, & à élever des voiles. GUINDRE, f. m. [Rbombus.’] Petit instrument qui sert à devider la soie, le fil, &c. f GUINEATUF-LONGE'E ,/f Toile déco- ton & de soie qui se fabrique aux Indes Orientales. GUINE'E ■> f- f [ Guinea. J C’est une pièce d’or qui a cours en Angleterre , qui a la figure du Roi d’un côté, avec cette légende Carolussecundus , Deigratiás & de l’autre deux sceptres en sautoir avec les armes d’Angleterre, d’Ecosse, de France & d’Irlande, & pour légende , Magnus , Britannin , Franche (5? Hiberné, Rex. La guinée est un peu plus large & plus épaisse que le louis d’or. Elle vaut douze livres, dix-huit fous. On la nomme guinée , à cause que l’or, dont on la fabriqua, avoit été aporté de cette partie d’A- frique qu’on apelle Guinée, & pour marque de cela, il y avoit au commencement fur la guinée , la figure d’un éléfant. ( Le Duc de Montmout donna six guinées au Bourreau de Londres, pour lui bien couper la tête ; mais le misérable ne méritoit pas ces guinées, puis-qu’il la lui coupa très-mal.) 4 = GUINE'E. C’est aussi une toile de coton blanche, plus fine que grosse , qui vient des Indes Orientales, particulièrement de Pontichery. ch GUINE'E. On apelle beufs & vaches de Guinée, les cuirs de ces animaux encore verds , qui s’aportent des côtes du Cap Verd & de Guinée, & qui s’aprêtent ensuite dans les Tanneries de France. í GUINGANS, f m. Toiles de fil de coton, quelquefois mêlées de fil d’écorce d’arbre, qui n’est ni fine ni grosse. Elles viennent des Indes Orientales, particulièrement de Bengale. 11 y a aussi des Guin- gans, qui font moitié écorces & moitié foie. f GUINGOIS. [Obliqué , illepidè , invenujiè. J Ce mot est burlesque , & signifie , d’une manière mal propre, malarangée, tout de travers. (Votre perruque va tout de guingois. Votre mouchoir de cou est tout de guingois. Cela est tout de guingois.) GUI ( GUIONAGE , st »r. Droits que les Seigneurs ìévoient autrefois pour la sûreté du passage & du transi, port des marchandises par leurs terres, & qui garantisi- soicntles marchands du vol. GUIONNE > s f [ Guiona.] Nom de femme qui se dit en Latin. GUIORANT)gKÌ«r'a»íG C! d/. Ce mot se dit des rats & des souris,lors-quelles font un criìqui leur est naturel. {Les rats qui craignent leur pâte , D’une guiorante voix A. regret quitent les noix. Poète anonime.) GUIPER, ». a. Terme de Ruba-nier. C’est passer un brin de foie fur ce qui est déja tors. (On guipe l’or & l’argent comme la foie.) f GUIPOIR,/ m. Outil de fer crochu d’un côté, & chargé de l’autre d’un petit morceau de plomb pour lui donner du poids , dont les Passementiers & Ruba- niers se servent pour faire des franges torses , en les atachant par le bout crochu aux fils pendans, pour les tordre , ce qu’ils apellent, Guiper la frange. GUIPURE, s.s. Ouvrage guipé. Maniéré de dentelle de foie , où il y a des figures fie rose , ou d’autre fleur , & qui sert à parer les jupes des dames. ( Une belle guipure : fa jupe est pleine de guipure : mettre de la guipure fur une jupe. Jevoudrois bien qu’onjìt de la conquéterie , Comme de la guipure est de la broderie . Mol.) GUIRLANDE , f f- c Corona, cor alla. ] Couronne de fleurs. (Une belle & charmante guirlande. Mêle à tes lauriers des guirlandes de fleurs. Sar. Post En cueillant une guirlande , on eít d’autant plus travaillé que le parterre est entaillé. Mat. Po'éj. .. 4. ) GUIRLANDE. Ce mot se dit, en parlant de coifu- re de femme en deuil. C’est une b.ande de crêpe en bouillon , qui se met autour du bourrelet. GUIRLANDE. Plumes que les daines mettoient autrefois aux cotez de la tête où elles mettent aujourd’hui des rubans. GUIRLANDE. Terme de Chauàeronnier. Ornement de métal qui est une petite bande façonnée autour du bord du pavillon de la trompette, du cor de la trompe. GUIRLANDES. En ArcbiteHure font de petits festons formez de bouquets d’une même grosseur dont on fait des chûtes dans les ravalemens des pilastres , ou dans les frises. GUISE , f fi [ Modus, ratio.'] II vient de l’Italien guifa. Maniéré : faqon. ( Dans ce monde chacun vit à fa guise. ) * Chaque pays a fa guise, s Sno quistque mndo vivit. ] Sorte de Proverbe: c’est-à-dire chaque région a ses manières &ses coûtumes particulières. En guise. [Instar.] De la manière: de la faqon. ( On nous donna hier du thon en guise de veau. ) GUITARRE , guiterre , J', fi s Cithara. ] On dit l’un & l’autre, mais guitare est incomparablement plus en usage que guiterre. La guitarre est un instrument de musique qui vient d’Espagne, qui est fait de bois ropre à résonner, avec cinq rangs de cordes, une taie embélie de fa rose, un manche & un dos composé d’éclisses. ( Une belle guitarre : jouer de la guitarre. Nos guitarres U notre voix Ne charment plus comme autrefois. Voir. Poës. ) Voici ce que Mr. Ménage a dit dans ses obse» varions, tome I. pour guitarre , ou guiterre : „ 11s „ font tous deux très-usitez , & ils se trouvent tous „ deux indiféremment dans les bons Auteurs. Ron- „ fard a toujours dit guiterre. Dans une de ses élégies „ à Jean Brinon : „ Triste & penstf, je ne me couche à terre, ,, Tremblant de froid au bruit de ma guiterre . „ Et dans l’ode 16. du livre 5. ,, Nesonner à son huis ,, De ma guiterre j ,, Ni pour elle les nuits „ Dórmirà terre . M Ët dans les Plaisirs rustiques : ,, Puis réveillé, ma guiterre je toucheì „ S. Gelais l’a dit aussi : & c’est comme on prononqoit GYP i 61 „ dans le siécle passé ; dans celui-ci, on a dit plus „ communément guitarre. Mr. Sarasin dans des vers „ a Mr. le Prince : „ Choists quelque excéknte main g ,, Pour une st belle avanture, „ Prens la lyre de Chapelain , „ Ou la guitarre de Voiture. „ Et c’est aussi comme il faut dire selon Pétimoìogie, „ cet instrument nous étant venu d’Espagne, où on „ l’apelle guitarra , de l’Arabe Kithar , ou Kithara , „ qui se trouve dans les Versions Arabes de l’Ecriture „ au chap. 4. vers. aï. de la Génése, & au chap. „ vers. 8- de l’Apocalipsc; & quia été fait vrai-setm. ,, blablement du Grec tctôapctf car xsùapat ne vient „ pas de 1 Arabe ; c est un mot grec d’origine, qui a „ été dit deitídcipos, c’est-à-dire, le thorax, & cela à „ cause de la ressemblance qu’à une guitarre avec le ,, thorax, tant par le raport de ses cordes aux os, „ que çar fa figure, & particulièrement par fa con- ,, cavité. Les Italiens disent aussi ghìtarra. Par tou- „ tes ces raisons, je conclus que guitare est préfe- ,, rable à guiterre ”. , GUITËRNE , f. f. Terme de Marine. Espèce d arc-boutant qui tient les antennes d’une machine à mater avec son mât. GUI I RAN, st m. f Pix mollis, j Espèce de bitume & de poix dont on enduit les navires. GULDEN, f m. Mot Aleman , ou Goulde, com* me on le prononce en Franqois. C’est une sorte de monoïe d’argent qui se fabrique en Alemagne , qui vaut quarante sous de France. 11 y en a de diverses sortes, chacune avec l’éfigie & les armes du Prince qui les fait batre. GULPES* Terme de Blason. Tourteau de pourpre qui tient le milieu entre le bésant & le tourteau. í GUME'Ë, s fi Drogue présentement inconnue, dont il est fait mention dans le Tarifée 1664. & qu’oti apelle Guinée dans celui de la Douane de Lyon de i6;r. GUME'NES, ou Gumes. s F unis. J Terme de Marine. II se dit de tous les grands cordages en général, & en particulier des cordes des ancres de galère. GURAES, f m. Toiles peintes de Bengale dont les Anglois levent beaucoup pour envoler aux Manilles. f GURLET, ou GRELET, f. m. Outil de Lil moulin. C’est une espèce de têtu ou gros marteau dont une des extrêmitez de la tête se termine en pointe carrée, comme le têtu à démolir des maqons, & qui par l’autre extrémité est fendu comme le têtu à arrê* ter. La pointe sert au Limousin a piquer son moilon, & la partie oposée à le couper , pour l’équarrir & le réduire de hauteur & de largeur. GUSES- Terme de Blason, qui se dit des tourteaux de couleur sanguine ou de laque , qu’on peut nommer aussi de gueules. GUSMAN , f m. [ Gustmannus. ] Nom propre d’homme qui est commun en Espagne , & qui ne se donne point, ou rarement en France. ( Gusrnan d’Al- farache est fameux. ) GUSTAVE, f rn. [ Gustavw .] Nom propre d’homme usité en Alemagne, & particulièrement en Suéde. (Le grand Gustave Adolphe, Roi de Suéde , fut tué à la bataille de Lutzen, en i6;r. ) f GUTTA-GAMBA. C’est ce qu’on nomme autrement & plus communément. Gomme-gutte. GUTTURAL , gutturale , adj. [ Gutturale. ] Ce mot se dit de certaines lettres & d’une certaine maniéré de prononcer du gosier. ( Lettre guttutale. Les Hébreux ont des lettres gutturales. ) 0 GYMNASTIQUE, st fi C’est la science des exercices du corps. On la divise en trois espèces : la prémiére concerne les exercices militaires: la seconde les exercices propres à conserver la santé, on l’apelle Gymnastiaue médécinale : & la troisième, Gymnastique des Athlètes. Volez, Gimnastique. «I GYMNOSOPHISTE , Volez GÏMNOSO- PHÌSTE. GYNGLIME- Terme d Anatomie, qui fe dit de la jointure de deux os, lors-qu’ils font mobiles l’un dans l’autre, & qu’ils se reçoivent réciproquement, comme l’os du coude qui est reçu par celui du bras en même tems que celui du bras est reçu dans celui du coude. _ GYP. f [ Gypsum. ] Pierre transparente qui se . Tom. IL X trcuve 1 6 2 GYP 1 U A ^ trouve parmi celles de plâtre, & dont on fait le plâtre , treî-fin. £ On ne doit pas confondre le Gyp avec la pierre à ( plâtre, car ce qu’on apelle en France Gyp , n’est pas propre à faire du plâtre. C’esl avec le Gyp calciné, broie, passé au tamis & emploie avec de seau coléeéì des couleurs, que l’on contrefait le marbre & qu’on GYP l’imite si bien , que les yeux , & la main peuvent y être trompez. On trouve ce talc ou pierre brillante dans les carrières de Montmartre près Paris. GYPSEUSE. Les Médecins apellent goûte gypseuse celle qui est nouée, & qui paroit dans les articles comme une matière blanche & sèche en forme de plâtre. HAB HAB H , s. /. Huitième lettre de l’alphabet François. (Une H bien faite.} L’H. Cette lettre s’afpire dans les mots purement François ; c’est-à-dire , qu’elle fe prononce fortement , & que la voïelle du mot qui la précédé immédiatement , ne se perd point. Ainsi on dit, la harangue , & non pas /’ harangue , la harangere , & non pas l’harangére. Vaug. rem. Voici les régies que donne Monsieur de Vaugelas fur Palpitation de 1 ’h. Prémiérement, dans tous les mots François commençant par h , & qui viennent d’un mot Latin commençant aussi par h, Yh ne s’afpi- re point. Ainsi on dit & on écrit l’habit, Y honneur , & non pas le habit, le l'honneur. Secondement, Yh s’aípirc dans tous les mots qui font formez de mots Latins fans h , comme haut, hauteur , &c. Troisièmement, elle s’afpire dans tous les mots François tirez d’ailleurs que du Grec & du Latin, comme hardi , quels nous avuu» muiuiuv, un*. ___ âpre avec lequel ils s’écrivent en Grec, comme hérésie, harmonie, Yh ne s’afpire jamais. Ces régies ont cependant chacune leur exception. On excepte de la prémiére, hennir, hennissement, haleter, & quelques-autres. De la deuxième; huile, huitre , huissier. De la troisième , hermine, hélus, & de la quatrième , harpie , héros, hiérarchie. Defm. gramrn. Fr.') Vh , donne au c, une prononciation aprochante du son obtus & mouillé du g devant un * , comme charité , chéri, chicane, &c. 11 y a cependant plusieurs mots exceptez, comme Achab , Cham , Chana- am, Chostoes , &c. L ’h jointe à un p se prononce comme un s. Ainsi phantôme se prononce comme fi l’on écrivoit fantôme. fís J’ai été tenté de transcrire ici toute I’obfervation de Mr. de Vaugelas ; mais elle m’a paru trop longue, & je me contenterai de marquer au Lecteur qu’elle est à la page 197 . on conseille de la lire atentivement. HA ! Sorte d’interjection qui aspire son h, & dont on se sert pour exprimer quelque mouvement de l’ame. (Ha ! que Philis cjì digne qu’on f aime ! Voit. Poé'f. }Ja ! que j’ai dit de fois, en rêvant à ma peine , Désirable répos , aimable liberté. Unique fondement de ma félicité. LaSuze, élégies.) Ha , ha, ha 1 ma foi, cela est tout-à-fait drôle ! Mol- HA. Exclamation qu’on fait dans plusieurs passions, comme dans la douleur. (.Ha! la tête! Ha! je me meurs. Et dans la colère. Ha! coquin, je te tiens. J’ai de l’esirit ajsez pour faire du fracas, A tous les beaux endroits qui méritent des has. Molière.) t H AH A, Ce mot se joint avec celui de vieille, pont marquer une vieille décrépite & méchante. [Silicer- nium ,j (Vieille haha votre chien de fesser en a. 8car. Poëf.) HABASCON, f. ni. Racine qui croit dans la Virginie & qui ressemble à un Panais. Elle est aperitive, & les Indiens en mangent. HABILE, adj. [Promptus , expeditus.) U h de ce mot est muette & ne sc prononce pas. II signifie qui fait promptement quelque chose. (II a bientôt fait ce qu’on lui commande , car il est habile.) HABILE. [ Sciens, intelligens. ] Adroit. ( II étoit habile à cacher ses entreprises. Ablanc. ) HABILE. [Eruáitus, doflrinâ excultus.J Qui est savant. Qui est excélent en quelque chose. (Voisins étoit un habile homme. II est habile en son art. Ablanc. Mr. Arnauld étoit habile en tout genre.) HABILE. [Aptus.) Propre à une chose. (ÍJn bâ- tard & un étranger ne font pas habiles à succéder. HABILEMENT, adv. [Expedite, graviter.) Promte- ment. (Travailler habilement.) HABILEMENT. [Solerter , strenuè.) Avec adresse: avec esprit. En habile homme. (11 s’est tiré d’afai. rcs habilement.) HABILETE', f f. [Scientia , peritia , eruditio .] II signifie, capacité, Jience. (Castelvetro avoit del’ha- bileté dans les choses de la Poésie.) HABILETE'. C Sagacitas, indujiria , calliditas. J A- dresse, conduite. (C’est une grande habileté que de savoir cacher son habileté. Mémoires de Monsieur de la Rochefoucaut.) HABILISSIME , adj [ Eruditìjsimití, peritifjimus. ] Très-habile. (C’est un habilissime gadçon. II est ha- biiiffime.) f HABILETE', f f. Terme de Palais , q»i signifie aptitude. (Habileté à succéder.) HABILITER , v. a. [ Jdoneum reddere. ] Rendre quelcun capable de faire ou de recevoir quelque cho. se, lever des obstacles qui l’empêchoient. ( Un bâtard est habilité par la légitimation à recevoir des suc- cessions. ) HABILLAGE , f. m. [Aptatio.J Terme de Rôtisseur & de Cuisinier. C’est la peine que le Rôtisseur, ou le Cuisinier, a de plumer, de vuider, de larder, de piquer , ou de barder quelque oiseau. (Songez à l’habillage de ces oiseaux. Quand on a fourni les oiseaux au Rôtisseur, & qu’il les a habillez, on lui doit païer rhabillage.) f HABILLAGE , sc dit aussi des bêtes que l’on tuë, pour être vendués & débitées à la boucherie. Un garçon boucher ne peut être reçu Maitre , qu’il n’ait travaillé un certain tems fixé par les Statuts à rhabillage ou à la vente des chairs. HABILLE 1 . Terme de Blason. Se dit seulement des figures de l’homrne & de la femme qui font couvertes de leurs habits. On dit aussi un navire d’or habillé d’argent. HABILLE', habillée, adj. [Fesiitni, vesie inclut m.) Vêtu. (11 a couché tout habillé. Habillé de rouge, &c.) * Souvent j’habille en vers une maligne prose. [Or- nare .] Désir. fat. 7. C’est-à-dire , je fais des vers qui tiennent de la prose, à cause de leur simplicité. (Le tems n’est plus , mes vers , où ma muse en sa force, Du Parnasse François formant les nouriçons, De si riches couleurs habilloit ses leçons. Defpr.) HABILLEMENT , f m. [ Vestimentum , indumen- tum. ] L ’h de ce mot est muette ; il signifie en général toute forte d’habic foi t d’homme ou de femme. (Un bel habillement. Un habillement fort beau. HABILLEMENT de tête. [Capitis tegmen, Galea .] Ter- me (YArmurier. Sorte de casque qui couvre & cashe tout le visage & toute la tête. HABILLER, v. a. [VeJUre, induere .] L ’h de ce mot est muette. II signifie vêtir. ( On l’habille depuis les piés jusques à la tête.) HABILLER. [Vestitum praberef] Fournir d’habits. (Habiller ses domestiques.) - HABILLER. [Vestes concìnnare .] Se faire un habit. (Ce tailleur habille bien. Un Philosophe se laisse habiller par son Taileur, & il y a autant de foi blesse à fuir la mode qu’à l’asecter. La Bruyère.) S’HABILLER. [Sibivestem induere.) Se feire un habit. (S’habiller de deuil.) II signifie aussi fe vêtir foi-méme. (II s’habille bien tout seul.) On dit d’un Sculpteur & d’un Peintre, qu’il babille bien ses figures. (Habiller à l’antique, ou à la moderne.) * HABILLER chez Francœur le sucre & la canelle. Dejp. [Obtegere, involvere, amicire.) C'est-à-dire, enveloper. * HA- HAB * HABILLER. [Ornare, instruere.] Terme de Potier. Mettre des pies & des anses à un vaisseau de terre. (Habiller un pot.) * HABILLER. [Depurgare , exenterare , eviscerare.~\ Terme de Rôtisseur. II se dit de toutes sortes d’oiscaux, horsmis de l’aloiiette, dont on dit plumer. (C’est plumer, vuider, blanchir, larder, piquer, ou barder. (Habiter une perdrix, une bécasse, &c. Habiller la volaille.) f * HABILLER. L’Académie le dit en parlant des animaux qu’on écorche & qu’on vuide. (Habiller un veau, habiller un lapin.) * HABILLER une peau. C’est chez les Marchands Pelletiers la préparer à être emploïée aux divers ouvrages de pelleterie. f * HABILLER un cuir. Terme de Tanneur. C’est lui donner la préparation pour 1e mettre au tan. T * HABILLER un Saumon. C’est l’ouvrir & en séparer les entrailles & les ouïes, pour 1e mettre saler dans la cuve. t- * HABILLER une Morue. C’est lui couper la tête, l’éventrer, en ôter tes intestins, pour la mettre en état d’être salée. * HABILLER. [ 'Depurgare , exenterare.'] II se dit en parlant de poisson. C’est vuider 1 e poisson, avant que de ì’acommoder & 1 e faire cuire. (Habillez-moi ces poissons, & pour ce grand brochet, laissez-le un peu jouer dans Peau. Port-Royal, Térence adelphes , a. 1 -sc. 4.) * HABILLER, f Cannabim contundere [st purgare. ] Terme de Cordier. Passer 1 e chanvre par tes serans. (Habiller du chanvre.) HABILLEUR,7^ m. [Petìio.J Ouvrier Pelletier qui habille tes peaux. f HABILLEUR , sc dit aussi pour signifier l’Ouvrier qui prépare les diférentes matières,denrées ou marchandises, où 1e verbe habiller convient. HABIT , f m. [Vestis . vestiftts, vestimentum. ] Ha* billement. (L’habit qu’il a furie dos, est plus vieux que le Louvre. Main. Po'f. Couper un habit, terme de Tailleur. Habit court. Etre en habit court. Habit long. Etre en habit long. Habit de deuil. Habit de cérémonie. Henri III. faisoit des tournois, & des mascarades, où il se trouvoit d’ordinaire en habit de femme. Mémoires de Henri III. p. 21. Telle fous ces habits parait [st jeune U belle , Qui n’est rien moins au fond que ce qu’zlle paraît, Ses habits cachent ce qu! elle est , Ce que tu vois ce n’est pas elle. Corn,) (g Régnier a raison de dire dans fa Macete : Ma foi , les beaux habits servent bien à la mine. HABIT. II n’est pas possible de donner une idée des habits, dont tes hommes se font servi pour couvrir leur nudité, & pour se mettre à couvert de la rigueur des hivers: notre curiosité seroit même peu satisfaite, fi nous pouvions pénétrer dans tes premiers siécles ; nous y verrions, fans doute, tes hommes couverts de la peau de quelques bêtes féroces & la plupart tout nuds, tels que nous tes avons trouvez dans tes Pais que nos Peres ont découverts. Je voudrois feulement pouvoir découvrir la forme des habits dont tes Grecs, lors- qu’ils étoient tes peuples tes plus polis de la terre, étoient revêtus ; passer ensuite à Rome, & continuer ma route parmi ce grand nombre de Nations qui changèrent la face du monde, en chassant tes anciens Habi- tans des Pais dont ils se rendoient maîtres. Julius Pol- luxnous aprend les noms de quelques-uns des habits des Grecs ; mais on n’en est pas plus instruit; il faut donc se contenter d’expliquer succintement les habits dont tes Romains se sont servi ; ce qui ne sera pas inutile pour l’intelligence de plusieurs Auteurs & même de plusieurs Loix. Le terni evestis est générique ; il signifie toutes fortes d’habits & de vêtemens. Mais quand on vouloir parler de l’habit des femmes, on se servoit de stola, que nous avons conservé pour exprimer l’un des ornemens sacerdotaux. Les Romains n’avoient point de couleur affectée, mais la plus noble, parmi eux, étoit la pourpre ; l’habit des Magistrats étoit de cette couleur, & tes distinguoit des autres Citoïens. Divistt nostras purpura vestra togas. dit Martial : & dans plusieurs Auteurs, purpura signifie la Magistrature La pourpre la plus renommee etoit celle de Tyr. L’usage de la pourpre fut défendu aux femmes ; & fur cette espèce de manteau dont les. Romains se fer- HAB 16 z voient pour se garantir de la pluie, & qu’ils apelloienl lacerna j Voïez pourpre. Mais puisque i’oeasion se présente d’expliquer ce que c’étoit que lacerna; j’observe- rai que les Romains, & particulièrement 1e peuple & tes soldats, avoient des manteaux faits d’une étoffe grossière dont ils sc couvroient dans tes tems de pluie, & d hiver : tes femmes même en portoient, semblables aux mantes, que les femmes portent dans certaines oca- íions & dans certains Païs ; tes pauvres tes portoient presque toujours, parce qu’ils cachaient leurs haillons ; & tes riches ne s en scrvoient que dans tes mauvais tems & dans les spectacles, pour sc garantir de la pluie « du froid, comme nous l’aprenons de Martial : Amphitheatrales ms commendamur ad usta, Quum tegit algentes nostra lacerna togos. La tunique étoit parmi tes Romains ce qu’est la chemise parmi nous. Les Religieux qui ne portent point de linge , ont des tuniques de laine fine qui leur tiennent lieu de chemise. Aulu-Gelle a remarqué, lib. 7. cap. 12. que les Romains ont été, pendant long- tems , fans user de tunique ; ils prenoient la robe apellée toga , fans autre précaution, & dans la fuite, ils commenceront d’en porter de fort courtes, & qui alloient seulement jusques fur l’estoniac. C’étoit une marque de moleste & de délicatesse, de porter une tunique qui couvrît tes bras & les mains: on ne doit donc pas trouver étrange, si Caton qui af- fectoit d’imiter la simplicité des prémiers Romains, après avoir dîné , descendoit dans la place, & s’y promenoir fans souliers, & avec fa seule robe fur tes épaules & fans tunique. II n’en étoit pas de même des femmes ; elles étoient obligées de porter des tuniques fort larges, & qui tes couvroient jusques au milieu de la jambe. Ils portoient encore une seconde tunique, faite d’une étofe de laine, & dont ils se scrvoient dans l’hiver ; on peut la comparer à nos camisoles. Le manteau, paUium. L’usage du manteau étoit plus fréquent en Gréce qu’en Italie : les Philosophes affectoient de se distinguer des autres Citoïens par 1 e manteau & par la barbe. Aulu-Gelle raconte que 1 e Rhéteur Hérodes voiant un Philosophe , ou du moins un homme avec 1e manteau & la barbe philosophiques, dit qu’il voïoit bien 1e manteau & la barbe , mais qu’il ne voïoit pas 1 e Philosophe. Sagum & A- bolla. Deux sortes de vêtemens militaires , semblable* à peu près à nos casaques ou surtouts , ou à ces sayes ou sayons , dont on servoit autrefois. Stola , étoit un© espèce d’habillement de femmes dont tes hommes ne pouvoient pas se servir; il étoit long, ayant une riche bordure , & descendoit jusques aux talons. Ce terme est à présent en usage dans l’Eglisc, & est une partie de l’habillement du Prêtre, quand il sacrifie. Si l’on remontoir à l’origine de cette espèce d’orne- ment, on la trouveroit dans la Généle, où l’on verroit que Pharaon voulant établir Joseph Intendant de toute l’Egypte, il 1 e fit revêtir d’une robe de fin lin, apellée stola bistìna : on trouveroit encore que les robes qui furent distribuées aux frères de Joseph, sont nommées étoles , ainsi que la robe neuve dont se para Judith pour tromper Holopherne. Quelques-uns ont crû que stola , & orarium sont la même chose , mais c’est une erreur, 1e terme orarium signifiant simplement un mouchoir ; & s’il en faut croire quelques Auteurs , l’étole est une marque d’autorité & de Juris- diction, & ne peut avoir rien de commun avec {’orarium. Zona étoit une ceinture à laquelle on atachoit une bourse où l’on mettoit son argent. Aulu-Gelle , liv. 15. ch. 12. raporte 1 e discours que Cornélius Gra- chus fit au peuple Romain, à qui il rendit compte de la conduite qu’il avoit tenue dans son Gouvernement , & en finissant, il lui dit : Enfin , Messieurs, j’emportai de Rome ma bourse pleine d’argent, & jc la raporte vuide. Itaque , Quirites , quum Romam profeHussum , zonas quas plenasargenti extuìi , eus ex Pro - vincià inanes retuli. Et il ajoute ces paroles que je ne puis oublier : Aïii vini amphoras quasplenus tulerunt , eas argento plenas domum reportavemnt. Cette coûtume n’a pas été abolie, elle subsiste encore, & ne finira qu’avec le monde. Mitra , mot Grec. J’en parlerai dans son rang, & je dirai seulement, que l’on apel- loit Mitra , tout ce qui servoit à couvrir la tête & à ratacher tes cheveux. Toga. Je crois que nous n’à- vons point de terme dans notre langue qui signifie proprement le toga des Romains. Manteau , robe, ne sont Tome II. X 2 qu* i 6 4- H AB que de simples espèces d’habits , & toga en renferme plusieurs sortes. Ce que l’on peut dire de plus précis, c’est, que l’on portoit cet habit fur tons les autres ; il étoit propre auxRomains, ensorteque Togatus , U Romanus étoient sinonimes ; l’habit étoit trop embarrassant par fa largeur, pour être porté par les soldats; ainsi la robe étoit une marque de paix & de tranquillité. Ceux qui briguoient les charges publiques , pre- noient un robe blanche , &on les apelloit ccmdiiiati: mais cet habit qui étoit si honorable, deshonoroit les femmes, puisqu’au raport d’Ilidore, on obligeoit les femmes convaincues d’adultere, de prendre l’habit des hommes , c’est-à-dire , celui que. l’on nommoit toga. Ainsi Martial a dit : Coccina famofa donas,& Ianthina mœchse, Vis mage qua: meruit, mittere, mitte togam. La robe, toga , étoit si fort propre aux Romains que l’on distinguoit les Comédies, dont le sujet étoit Grec ou Romain , parl’épithéte dePaUiata, que l’on donnoit aux prémiéres , & de Togata , que l’on don- noit à celles dont le sujet étoit Romain. On ne portoit point la Robe toga pendant les Saturnales, tems de licence & de débauche, & qui ne convenoit point 'à la dignité de l’habit. Les jeunes gens portoient cette robe d’une étosté simple & fans ornement, que l’on apelloit toga pura ; mais lorsqu’ils avoient atteint l’â- ge de seize ans,ils prenoientla robe virile ; c’est-à-dire, la robe ornée de tout ce qui pouvoit la rendre éclatante & digne du nom Romain. On apelloit prxtextatoga, celle dont les bords étoient ou brodez, ou tissus avec de l'or ; jeun £ç? hocaerbum pratexto , video usurpar't à proba- tbí authoribtu pro eo quod vulgò dïcimiis bordure , dit Rais. Mais pourquoi déguiser ainsi le mot franqois? C’étoit une grande fête dans la famille,lorsqu’un jeune homme prenoit la robe pratexta ; car elle ouvrait la porte des Assemblées publiques,des délibérations,& même du Sénat, à ceux qui se revêtissoient de cette robe. Toga triumphalis. Les Romains avoient une robe particulière pour le triomphe. Tacite, liv. 12. de ses Annales, nous en fournit une preuve certaine ; car il dit que dans les Jeuxdu Cirque Néron porta la robe triomphale , & Britannicus la robe des jeunes gens, pour faire connoître, (dit l’Historien,) par cette différence d’habits , les emplois & les dignitez qu’on leur préparait. Plutarque raconte encore dans la vie de Marins, que ce Romain si fameux par les évenemens de fa vie, oubliant fa naissance, parut un jour en Public avec la robe triomphale : mais s’apercevant que le Sénat dé- saprouvoit sa vanité, il sortit, & aïant quitté cette robe, il revint vêtu de la simple robe que l’on apelloit Prétexta. La Robe triomphale étoit peinte , & on la nommoit Trabea , & Palmata , sans doute parce qu’on y peignoit des palmes qui ont toujours été le simbole de la victoire. La Robe étoit plus ou moins large ,. selon la qualité des personnes. Les Sénateurs la portoient fort ample, Toga /axas les personnes moins élevées la portoient plus étroite , Toga JìriHa. Paludamentum , étoit une espèce de côte d’àrmes, mais plus riche que celle qui a été autrefois en usage parmi nos Guerriers; on nommoit encore cet habit militaire, Chiantis , d’un mot Grec. Je crois que j’en ai assez dit pour donner une idée générale des différentes sortes d’habits dont les Romains ont usé; il semble que je devrais suivre les autres Nations, & tâcher d’expliquer de même leurs manières de s’habil- ler dans la paix & dans la guerre : mais on comprend d’abord simposlìbilité de satisfaire la curiosité des Lecteurs fur ce point, >L même qu’il est très-difficile de raporter les différentes sortes d’habits que nos pères ont portez : la mode & l’inconstance naturelle à notre Nation , ont causé tant de changemens, & en causent encore un si grand nombre parmi les hommes & les femmes d’à présent qu’il y auroit de quoi faire un volume du détail des habits & des coëffures des hommes & des femmes, fi l’on pouvoit en avoir une connoissance parfaite. Je finirai donc cet article par l’examen des habits que les Eclésiastiques ont portez, & qu’ils doivent porter. £í Habit Ecléjtujlìqtie. On ne peut pas douter que dans les prémiers siécles de l’Eglife, les Clercs n’aïent porté les mêmes habits , dont les Laïques étoient vê- us ; ils avoient trop de raison de se cacher , pour se éclater par un habit qui les fit reconnoître. Salvien a emarqué, que dans le commencement du Monachis- HAB me, les Moines étoient l’objet de la raillerie du Peu- pie, à cause de la singularité de leurs vêtemens, & l’on ne commença s’il l’en faut croire, à porter des habits différens que dans le sixiémé siécle : mais il n’est pas possible de découvrir l’époque de la prohibition que l’on fit aux Eclésiastiques de s’habiller de même que les Laïques. On trouve dans le Canon 20. du Concile d’Agde, tenu en ;o6. que les Pérès défendirent aux Clercs de porter des habits & des souliers qui ne convenoient point à leur état ; & dans celui qui fut te- nu à Mâcon dans le même siécle, on apelle l’habit Eclésiastique , habitus religionis ; & après avoir défendu aux Clercs de s’habiller comme les Laïques, il fut ordonné que ceux qui y contreviendraient, feroient mis en prison pendant trente jours, & qu’on ne leur donnerait que du pain & de Peau. Les Conciles tenus dans la fuite , ont souvent réitéré les mêmes défenses ; & la licence étoit si grande en ces tems-là, que le Concile tenu à Narbonne en ;8y- fut obligé de défendre aux Eclésiastiques de porter des habits rouges. Ce ne fut d’abord que par bienséance qu’on obligea les Clercs à se vêtir plus modestement que les Laïques : mais de simples défenses n’arrêterent pas le luxe & la vanité des Eclésiastiques > il fallut introduire une peine contre ces infracteurs ; on fe servit en Occident de la prison pour les punir : mais en Orient , un Concile tenu à Constantinople, pro- nonça une suspense pendant une semaine, contre ceux qui imiteraient les Laïques dans leurs habits. La punition devint plus sévère dans la fuite ; car nousapre- nons de Socrate, qu’Eustate, Evêque de Sébaste en Arménie , fut déposé, parce qu’il avoit porté un habit peu convenable à un Prêtre, & quelque éfort qu’il fît, il ne pût point être écouté par le Concile de Gan- gres , dans fa justification. Le Concile de Trente , SeJ’s. 14. chap. 6 . se conformant aux anciens Conciles, s’est expliqué suffisamment sur ce sujet. Les Conciles particuliers & les Sinodes qui ont été tenus depuis celui de Trente , ont confirmé Tobliga- tion imposée aux Eclésiastiques, de porter un habit conforme à leur état , & selon le sentiment de Mr. de SteBeuve, les Eclésiastiques font obligez en conscience de porter l’habit Clérical, particulièrement quand l’Evêque l’a ainsi ordonné. Le même Auteur consulté , si un Clerc pouvoit porter le deiiil de ses parens, répondit qu’il n’y avoit aucun Canon qui défendit aux Eclésiastiques de porter le deiiil de la maniéré dont les Laïques le portent. Mais comme le Concile n’a rien déterminé fur la couleur & fur la forme des habits, on remarquera que dans les cinq prémiers siécles de l’E- glise, les habits des Clercs n’étoient diférens de ceux des Laïques, que par une plus grande modestie, & une grande simplicité. Socrate raconte dans son Histoire de l’Eglise, liv. 6. ch. 22. que quelqu’un aïant demandé à Sisinnius pourquoi il portoit des habits blancs, quoi- qu’il fut Evêque: celui-ci lui répondit, qu’il lui aprìt en quel endroit il étoit écrit que les Prêtres doivent être vêtus de noir : que l’on voit, au contraire, dans l’Ecriture , que Salomon recommande aux Prêtres d’avoir des habits blancs. Le Cardinal Baronius a écrit que le brun & le violet, ont été les prémieres couleurs, dont les Eclésiastiques fe font servis pour fe distinguer des Laïques. St. Clement d’Alexandrie, & St. Jerôme dans son Traité contre Pelage , conseillent l’habit blanc aux Clercs ; mais à présent, le noir est la seule couleur que l’on souffre aux Eilésiastiques ; & quant à la forme , il suffit que l’habit soit long & descende jusques fur les souliers. Quelques-uns fe contentent d’une demi soutane : mais c’est une tolérance de l’Evêque qui pouroit défendre ce retranchement de l’habit Eclésiastique, que les Canons apel- lent vejiis talaris ; & quoiqu’un Auteur Moderne ait tâché de prouver par un Traité imprimé à Amsterdam en 1704. fous le titre de re vejiiaria hominis J'acri , que l’habit Eclésiastique consiste plutôt dans la simplicité, que dans la longueur & dans la largeur; il faut convenir, que l’habit long à plus de majesté que celui qui nel’estqu’à demi, qui peut néanmoins être permis ou toléré par les Evêques. {$ Habits de deuil. Les Loix Romaines obligent les femmes de porter le deiiil de leur mari, & c’est un usage général dans le Roïaume : mais ce doit être aux dépens de l’hoirie du mari : femme veuve porte le deuil aux dépens de son mari. Voïez Mr. Loùet , B? st n Commentateur , lett. V. ». 11. HABIT, HAB HABIT. [ Religionis habit us. J Vêtement de Religion. Habillement qui marque quelque ordre de Religion , & qu’on donne à ceux qu’on reçoit Religieux. ( Prendre l’habit de Capucin. Donner Phabit de Chartreux à quelcun. L’habit ne fait pas le Moine. Prov. ) Un habit de chœur. ( Cbori solemnis habitus. ] Terme de Religieuses BénédiH'mes. C’est une grande robe noire, plissée avec des manches longues qu’on porte sux cérémonies. HABITABLE, ad). [[ Habitabilité L’h de ce mot est muette. II signifie qui peut être habité. ( C’est un lieu qui n’est point habitable. Lieu sain & habitable. Ablanc. Rendre une maison habitable. ) f HABITABLE. On dit toute la terre habitable ; c’est-à-dire toute la terre qui est habitée, ou qu’on croit être habitée. (On en use ainsi dans toute la terre habitable. On déteste les médians dans toute la terre habitable. ) HABITACLE, J! m. ( Habitaculum, J Pauvre lieu où l’on demeure. 11 ne se dit qu’en raillant. ( Je vis tranquillement dans mon petit habitacle. ) En termes de Marine , c’est le lieu où l’on enferme la boussole. f HABITACLE, signifie aussi habitation, demeure dans le stile soutenu, & il se dit en quelques phrases de PEcriture. L’habitacle duTout-puissant. Les habitacles éternels. ) Acad. Fr. HABITANT , f m. [ Incola , oppidanus. ] Celui qui demeure en quelque lieu. (On a assemblé tous les habitans du village. ) En Pose. On apelle les oiseaux, les habitans de Pair ; les bêtes farouches , les habitans des forêts. HABITATION , s f Habitario , dnmicilium. J L’h de ce mot est muette. Le Lieu où l’on demeure. (Une) agréable habitation. Avoir droit d’habitation ; c’est-à- dire , avoir droit d’habiter en quelque maison , en quelque ville , &c. II faut tant d’annees d’habitation pour aquérir cle certains droits. ) HABITATION. [ Colonia. ] Ce mot se dit de quelques petites colonies qu’on commence à faire en quelque pais. On a fait quelques habitations chez les Iro- quois. ) HABITATION charnelle. [ Virgìnem cognoscere. ] C’est lors qu’une fille a acordé les dernières faveurs à un homme, f On ne le dit guére qu’en stile de Pratique, Acad. Fr. HABITER, v. «. C Locum inhabitare , incolere. ] L’h de ce mot est muette. Demeurer. Faire fa demeure en un certain lieu. ( Habiter les bois. Ablanc. Pais qui n’est pas habité. Les Italiens se contentent aujourd’hui d’être éclairez du même soleil, & d’habiter îa même terre qu’ont habitée les vieux Romains S. Evremont. Ce verbe est aussi neutre. Les Amazones habitoient fous des tentes. ) HABITER. [ Rem habere cum muliere. J Ce mot se dit en parlant d’hommes & de femmes. C’est avoir commerce charnel ensemble. 11 y a de certains tems qu’un marine doit point habiter avec fa femme. Si la femme habite avec son mari sur le point que ses mois font prêts de couler , & qu’elle devienne grosse, elle croira qu’elle l’est depuis la fupression de ses mois. Mauriceau , traité des femmes grol/ês, l. 2. ^ Habiter ne se dit guére en ce sens qu’en stile de Pratique. HABITUDE , f f. [ AJfuetudo , conjuetudo , ha. bittii. J L’h de ce mot est muette. Qualité aquise par plusieurs actes. Chose acoútumée. Acoûtumance. Coutume. ( L’habitude est une seconde nature. Contracter une habitude. Ce sont des maximes propres a entretenir les vicieux dans leurs mauvaises habitudes. Pajc. I. ìo. La confiance eji une chimère, En amitié tout amour dégénéré Sitôt que /'habitude en corrompt les plaisirs. Vill. ) HABITUDE. [ Consuetudo , usut , familiarisas. ] Fréquentation. (Heureux celui qui n’a nulle habitude avec les médians. Port-Royal. ) ± HABITUDE, signifie aussi connoissance. (II a des habitudes par tout. II m’a procuré des habitudes utiles. 11 ne fufit pas de faire de bonnes habitudes, il faut les cultiver.) ± Avoir une habitude , sc dit pour galanterie, pour commerce de galanterie. (II a toujours une habitude,) HABITUDE. C Corpork babitudo , conjìitutio. j Ce HAC 165 mot se dit du corps, & signifie la disposition du corps selon qu’il est sain , ou mal sain. ( La mauvaise habitude du corps. Deg. ) * HABITUDE. [ Manso. J Terme qui se dit de certains Prêtres de Paris, c’est être habitué dans une Paroisse. C’est avoir permission du Curé de la Paroisse , de faire quelques fonctions Eclélìastiques. (11 a une habitude à Saint Jaques de la Boucherie.) HABITUE' ,/»!.[ Parada minifler. ] Prêtre qui a une habitude dans quelque Paroisse de Paris. ( II est habitué à S. Paul. ) HABITUE 1 , habituée , adj. [ AJJuefaélus. ] Acoûtu- mé à quelque chose. HABITUEL , habituelle , adj. [ Habituais.) Terme de Théologie , qui se dit de la grâce qu’on apelle habituelle, qui n’est autre chose que l'amour de Dieu qui demeure en nous. Maladie habituelle , [Morbui inveteratus. ] C’est une maladie invétérée que l’on a depuis long-tems. Pèche habituel. [Peccatum consuetum. J C’est ust péché qui se fait par la mauvaise inclination de notre nature corrompue. HABITUER , v. a. [ Ajfuefacere. J Acoûtumer, faire prendre une habitude. ( II faut habituer de bonne heure les enfans à prier Dieu. Acad Fr.) * S’habituer , v. r. ( Affuescere, consuescere. J S’a- coûtumer à quelque chose. ( S’habituer au mal. S’habituer à mal faire. ) S’habituer. C Alicubi sedem figere. ] S'établir en un certain lieu. (S’habituer à Paris. ) FIABLE- C’est dans la Coutume de Boulogne , un port de mer, que l’on apelle ordinairement havre. HABLER, v. n. {Mendaciter sabulari .] L’h de ce verbe eji ajpirée, & il signifie parler trop. II vient de l’Efpagnol habler , qui signifie simplement parler , & il semble que les Espagnols Pont pris du Latin fabula - ri. Etre grand parleur, ou grande parleuse. Parler en exagérant trop les choses , & de telle forte qu’on mente. ( 11 hable. Les Gascons font sujets à habler.) HABLERIE , s. f. [ Magnidicum mendacium, jixHan- tia. j Lh de ce mot eji ajpirée. Paroles pleines de vanité & de mensonge. ( Tout ce qu’il dit n’est que hâblerie. C’est pure hâblerie que tout cela. ) HABLEUR , s. m. [ Nugivendm , gloriosus , manium promijjorum largtu mendax. J 11 h de ce mot eji ajpirée. Grand parleur. Celui qui a force de trop parler ct de trop exagérer, ment. C’est un grand hâbleur. Sur tout certain hâbleur à la gueule affamée, Qui vint à ce fejìin conduit par la fumée. Despr. ) HABLEUSE ,s f C Nughenda. J L’h de ce mot eji ajpirée. Grande parleuse, & un peu menteuse. (Elle est fourbe & hâbleuse. ) Tous les mots de cette colonne aspirent leur h, HACHE , f. f. [ disàa , dotabra , securk ] Cognée* Instrument fait pour fendre & couper le bois. ( Une bonne hache. Ases yeux étonnez se présenta Mercure , Tenant une hache a la main , Mak une hache que Vulcain Sur son enclume avait forgée. Le Noble. ) HACHE d'armes, f AJcia bellica. J C’est une sorte d’arme ofensive , faite quelquefois comme une hache, horsmisqu’elle a le manche plus long, ctletrenchant plus large, plus fort & plus éguise. Elle a d’autrefois un grand manche , en maniéré de hampe de pertuisa- ne, avec un grand ser au bout en forme de trancher de Cordonnier bien acéré, mais bien plus long , plus grand ct plus large. (Les Grenadiers a cheval de la maison du Roi ont un cimeterre, une hache d’arnies , un fusil ct une gibecière remplie de grenades. On se sert de haches d’armes dans les sorties & fur les brèches pour empêcher une escalade. Le Roi Jean se dé- fendoit en homme de cœur , avec une hache d’armes à la bataille de Poitiers , Abéde Choisi , Histoire du Roi Jean, l. 1. ch. 9. ) f HACHE. On apelle, en termes de Marine, Maître de Hache, ce qu’on nomme communément un Charpentier. f * Avoir un coup de hache. [ Infelicem este cerebri.] C’est-à-dire, être un peu fou, n’avoir pas toute la conduite nécessaire, & que doit avoir un homme sage. X ) HACHE, r 66 HAC HACHE , est aussi une interjection dont on se sert quand on est fâché d’avoir manque quelque ooup. HACHE-ROYALE , s f C Hastula regra .] Plante qui est une espèce d’Asphodele , & qu on a ainfi apel- lée , parce-qu’en fleurissant elle représente un sceptre roial. * HACHES. Terme d Imprimeur. On dit, imprimer en hache , quand il y a des notes, ou des gloses qu’on commence à la marge , & qui étant trop grandes font imprimées au bas de la page fous le texte, qu’on retranche à proportion. Les Arpenteurs, à l’imitation des Imprimeurs, se servent de ce mot pour désigner des héritages qui font les uns dans les autres , à la maniéré de la hache d’im- primerie. 0 Nicod a dit que „ hache , en fait d’arpentage, ,, est une certaine forme de champs , & confequem- ,, menttenans ou aboudssans de flanc, ou front cour- ,, be, & faisant tournailler, & non de droite ou plei- ,, ne ligne, comme une piéce de terre assise en tel lieu, ,, contenant deux arpens en hache. Item , une piéce „ de terre contenant dix aryens , assise en tel terri- „ toire , tenant d’une part à Henry Floquard, d’au- tre part à Pierre Amy, en hache à François. Ainsi „ ( dit-on ) de la figure d’une hache qui tourne le ,, becq , ou de la lettre H. d’écriture Françoise ”. HACHER , v. a. s Minutatim concidere. j Couper fort menu. Couper des couteaux à hache. (Hacher de la viande. M ait 6 prodige heureux ! du corps ainsi haché, Sort un brillant trésor dans son ventre caché. Le Noble. ) HACHER du boit. [ Lignum consecare . ] C’est le couper ou le fendre avec la hache. * HACHER la viande. [ Carnem concidere. ] Ces mots signifient quelquefois, la couper mal-proprement. ( Cet Ecuïer trenchant ne sçait pas son métier, car il hache les viandes au lieu de les couper proprement. On dit que la grêle a haché les vignes. ) HACHER. [Linea> ducere. ] Terme de Dessinateur & de Graveur. C’est croiser les traits du craïon , ou de la plume les uns fur les autres. Ainsi on dit, hacher avec la plume , hacher avec le craïon. ) f HACHER la laine. Terme de ManufaHure de tapisserie. C’est réduire en une poussière presque impalpable les tontures des draps & autres étofes de laine que fournissent les Tondeurs, ou même couper & préparer de la laine neuve de la même façon. HACHER. Terme de Fourbijseur & à'Armurier, &c. C’est couper par petits traits avec le couteau à hacher , qui est un petit outil d’acier en forme de gros & grand .canif. Les Fourbisseurs ne hachent que quand ils font obligez d’argenter ou de dorer, & ils ne hachent que le fer, le cuivre & le léton. ( Hacher une garde , un pommeau d’épée. ) HACHER. [ Asciâ secare. ] Terme de Maçon. Couper avec la hachette. ( Hacher le plâtre. ) Je te hacherai menu comme chair à pâté. £ OJsatim, minutim , te concipilabo, consiciam. ] Proverbe , qui veut dire , qu’on maltraitera une personne , & qu’on lui donnera grand nombre de coups. f HACHER. On dit, se faire hacher pour une chose , c’est-à-dire, la soutenir. ( II se feroit hacher plutôt que d’avouër qu’il s’est trompé. ) f HACHER, se dit aussi des troupes qui se défendent jusqu’à la derniere extrémité. ( Ce régiment s’est fait hacher dans le combat. II se fera hacher plutôt que de se rendre. ) HACHEREAU, s. m. [ Ascicula. ] Petite cognée. HACHETTE , s. f. [ Ascia. ] Outil de Maçon en forme de marteau & de petite hache pour cogner, & hacher le plâtre. . $ HACHETTE. Les Charpentiers se servent aussi d’un outil, qu’ils apellent Hachette à marteau. Les Couvreurs ont encore leur Hachette ou Atteste. í HACHEUR de laine. s. m, Ouvrier qui prépare les laines, pour ctre emploïées aux tapisseries de tontures. HACHIS , s. m. f Minutai, cibus intritiu. ] Ragoût de viande hachée. Viande hachée & assaisonnée de sel, poivre blanc & autres choses qui réveillent l’a- petit. ( Un fort bon hachis. Et fort dévotement il mangea deux perdrim Avec une moitié de gigot m hachis. Mol. tart. ) HAI HACHOIR , f »i. [ Tabula secandh cibit opta. ] Petite table de chêne fort épaisse où l’on hache la viande aveç un couperet. ( Nétéïer le hachoir ) HACHOIR, s m. £ Dolabrœ . ] li signifie aussi couteau à hacher. ( Emoudre , éguiser le hachoir. ) HACHURE , on hacheure , s f. [ Line d. k°I,^ S^bonS'tarf'..) “ soc HARDI, hardie, adj. ÍAudax,Jirenum , procax. HAR Vh de ce mot & de ses dérivez, est aspirée; L il signifie, qui a de l’hardiesse , qui a de l’assûrance. (Un hardi soldat: un hardi menteur: une hardie femme. Elle est hardie comme une Amazone. Je suk hardi , quand il faut Pitre, Si quelcun en doutait , il le pouroit connoître. Cadmus, a. fc. i. ) HARDI, veut dire encore, impudent, ou celui qui .donne tout auhazard. ( Un hardi joueur , ou assûré. Trait de plume hardi. 11 se dit figurément des choses spirituelles. Pensée hardie, expression hardie. En ArchiteHwre, on dit un escalier hardi. Le Peuple apelle le vent, Monsieur hardi, parce-qu’il entre par tout éfrontément. ) ch On dit d’un Peintre habile, qu’il a le pinceau hardi. On dit aussi d’un Joueur d’intìrumens, qui a le jeu ferme & brillant, qu’il a le jeu hardi, que son jeu est hardi. On donne plusieurs origines à ce mot. Le P. Labbe dit que Dubois le dérivé de ardeo Bouille, ab audace , vel ab animi ardore , quasi ardens , U nihil timens , un d t bardeau , puer mata indolit £V? audax ; nos gréciseurs, de xap JÍol, lecteur, changeant la pré- miére lettre en aspiration : d’autres diront, & fans doute, plus à propos, que hardi, ^ est celui qui défend courageusement ses bardes, c’est-à-dire, tout ce qui lui apartient ; ou bien celui qui est k premier à ataquer l’ennemi, & à crier h are quand il paroît. Hâter, c’est inciter contre quelcun, criant hare, bore , comme au levrier, ou haro, haro, comme en Normandie ; & de la harasser, être harassé, harceler, ou herceler, fà'c. HARDIESSE, s. f. [ Audacia. ] La hardiesse est une sorte de vertu qui consiste à ataquer avec prudence. As sûrance qu’on a pour faire, ou pour entreprendre quelque chose. ( Avoir de la hardiesse. Parler avec hardiesse. * La hardiesse des métaphores. ) HARDIESSE. C Temeritas, audacia. J Liberté qu’on Î irend de faire, ou de dire quelque chose. (Ha eu a hardiesse de lui faire des reproches. Je prends la hardiesse de lui écrire. ) HARDIESSE. C Libertas. ] Se dit auflì quelquefois par modestie. ( Excusez si j’ai pris la hardiesse, ou la liberté de vous écrire. ) f HARDILLIERS , f m. Terme de Hautelisfier. Ce font des fiches ou morceaux de fer qui ont un crochet à un des bouts, lis servent à soutenir cette partie du métier des Hauteliíìiers , qu’on apelle la perche de lisse, avec laquelle ces Ouvriers bandent ou lâchent les lisses, qui font la croisure de leur tapisserie. HARDIMENT, adv. [ Audacler , fortiter. J Avec hardiesse. ( Parler hardiment. Ataquer hardiment. Marcher hardiment droit à l’ennemi. Ablanc. ) f HARDIMENT, signifie aussi librement, sans barguigner. ( Je lui ai dit hardiment ce que je pensois. II faut parler hardiment à ses amis, ) HARGNE,/ / Voïez Hergne. HARGNEUX , hargneuse , adj [ Morosus £? dis ficilit. ] Quérelleux. ( II est hargneux. Elle est haï* gneuse. Et parce qiPìci-bas on te change â! étable, Tu veux hargneux U fier nom faire ici la loi. Rec. de Bouh. ) f HARGNEUX, se dit aussi des animaux qui mordent & qui ruent. (Prenez gardez à ce cheval hargneux. Ce chien est hargneux, il mord quand on le caresse. ) * Un chien hargneux a souvent les oreilles déchirées. Proverbe, qui veut dire, qu’un homme quérelleux est d’ordinaire batu & maltraité. HARICOT , f m. C Pulmentum ex variis cibit pipere Japoratum. ] Le haricot est une sorte de ragoût avec des navets & du mouton coupé par morceaux. (Un bon haricot bien gras. Molière. ) L ’h s’aspire. HARICOT, n Phajeohts. ] Fève blanche. Quelques païsans d’autour de Paris apellent ces sortes de fèves des calicots , mais ils parlent mal. A Paris, on les nomme haricots. ( Haricot dur, haricot tendre. II y a des haricots secs; les verds font dans leurs écosses, & se vendent en été ; & les secs font écossez & se mangent le carême suivant. Fricasser des haricots. ) HARIDELLE,/ f. [Strigafus equus.~\ La haridelle est un chétif cheval. (Une méchante haridelle. ) L ’b s’aspire. H ARLEQUIN, / m. [ Sannìo, mimm. ] Le liar- lcquin, c’est celui qui fait le boufon dans les farce* Italien- HA R. italiennes, Boufon. (C’est un barlequin. Feu Dominique étoit lin excèlent harlequin. On a donné au public ses bons mots , fous le nom d’ Arlequinìana. ) t HARLOU. Mot dont on se sert lors-qu’on veut faire chasser des chiens pour le loup. ( Harlou mes bellots, harlou. ) HARMALE, f f- Z Ruta fylvefiris. ] Plante dont les fruits font plus gros & plus mous que ceux de la rue des jardins, & qui a une odeur fort désagréable , elle croit en Egypte. f L’Harmale croit dans les lieux sablonneux. Elle est incisive, atténuante, digestive, dessicative , apéritive. HARMONIE, f s- Z Concentut, barmonia. ] Prononcez armonie. Enharmonie est une convenance & un acord de sons diférens de plusieurs parties. Acord agréable & charmant de voix , ou de paroles. ( Une belle & charmante harmonie. * Discours plein d’har- moníe. II y a dans les périodes de l’illustre d’Ablan- court une certaine harmonie qui plaît autant àl’oreille que celle des vers. 5 . Evremont , réflex.sur les Trad. * HARMONIE. [ Concordìa , confptratio. j Ce mot, au figuré, signifie union des personnes, ou des choses qui tendent à une même fin. ( L’harmonie du corps. L’harmonie du monde. Les corps politiques ne peuvent subsister sans une parfaite harmonie entre les arties qui les composent, entre les chefs & les raem- res. ( L’harmonie d’un bâtiment. ) * HARMONIE Evangélique. [ Harmonia Evangeli- ca. J Terme de Théologie. Ce font les concordances des quatre Evangélistes, dans lesquelles on fait voir le raport des uns avec les autres. ( Le Père Lami de l’O- ratoire a fait une harmonie Evangélique ; mais elle ne vaut pas celle de Monsieur Arnauld.) HARMONIEUSEMENT, adv. {_Musicè , numéroté .] Avec harmonie. D’une maniéré harmonieuse. ( Les rossignols chantent harmonieusement. ) HARMONIEUX , harmonieuse , adj. [ Harmonicuí, mujìciu. ] Plein d’harmonie. Qui a de l’harmonie : qui fait une agréable harmonie. ( Un son harmonieux. La harpe est harmonieuse. * Discours harmonieux. II ejì un heureux choix des mots harmonieux , Fuies des mauvais sons le concours odieux. Despr. ) HARMONIQUE. Progression harmonique. Voler Progression. HARNACHEMENT , f m. [ Equi apparats, fupelìex. ] L’action de harnacher. Et ce qui est nécessaire pour harnacher. ( Le harnachement de ces mulets a beaucoup coûté. ) L ’h s’aspire. HARNACHER , v. a. s Equum induire, ornatu fuo Réméré. ] Mettre à un cheval son harnois. Acad. Fr. HARNACHER , se dit figurément des habits de ceux qui font mal vêtus. (Cette femme est harnachée comme il plaît à Dieu. ) HARNACHEUR, f m. [ Equinì infiruHus opifex. ] Ouvrier qui fait les harnois des chevaux de selle pour les Selliers. HARNOIS , f. m. [ Equistrata. ] Terme de Bourre- lier. L’h s’aspire. Le harnois est le collet , la bride & tout ce qu’on met fur le dos du cheval pour l’enhar- nacher, & le mettre en état de servir. HARNOIS. [ Loramentum. J Terme de Sellier. C’est la têtiere , le poitral, la croupière, les rennes du cheval de selle. HARNOIS de carafe, f. m. Z Rheda instructm. j Terme de Sellier. C’est tout l’équipage de cuir du caresse. ( Faire un harnois. Noircir un harnois. Sémer un harnois de doux de cuivre jaune , ou de cuivre doré , des fleurons, de boucles, & d’autres petits orne- mens. Un beau harnois de carosse coûte cher. ) HARNOIS. [ Caruca. ] Terme de Chartier. Sorte de charette fans ridelles qui est propre à méner quelque voiture. ( Harnois à charier de la pierre. Harnois à charier du vin. On apelle d’ordinaire cette dernière forte de harnois un baquet. ) HARNOIS. [siVaost armaturaé] Ce mot de harnois, signifie aussi l’habillement d’un homme d’armes, mais en ce sens, il est plus de la poésie que de la prose. ( La mort vous sembioit belle autrefois à cheval & fous le harnois. Voit. Po f. Cléonime mourut d’un coup qui lui perqa son harnois. Abl. ret.l. 4. c. 1. Sous le harnois le plus riche que Vulcain ait inventé, marche le Prince. Scar. Pdf. Endosser lé harnois* HAR 173 Saves-vousfur un mur repoufer des assauts, Et dormir en plein champ le harnois fur le dos. Despr. ) Ct* Vous avez blanchi fous le harnois. ) Mol. [ In aliqua arte senescere. ] C’est-à-dire, vous avez exerce long-tems la même profession. 0 HARNOIS. Le P. Labbe a remarqué , que ce mot est dérivé par quelques-uns, de Sarcina, au moins se trouve-t’il dans le vieil Interprète de Guillaume de Tyr. Radevic semble en vouloir faire un mot Ale- mand : ,, Aufertur eiomne Juum hernafeha. Ce que ,, Guntherus dit : Eripietur ei cajlrorum tota fupelìex, ,, tout l’équipage d’un Chevalier dans le camp , ses ar- ,, mes & son bagage : & de là , endosser le harnois , ,, un cheval bien enharnaché ; & anciennement un „ harnois pour un trophée , où étoient atachées les dé- ,. fiouilles des ennemis. Nos Hellénistes recourent à ,1 áçvcty.lJ'íç , peaux d’agneaux , ápvw yAdta, selon „ Hésichius , dont on garnit encore les harnois des „ chevaux. Ce qui n’est guéres vraisemblable. Les ,, Italiens disent arnefe ”. Volez Mr. Ménage. f HARNOIS. Terme d 'Oiselier. II signifie tout l’équipage qui leur sert pour la chasse des petits oiseaux. HARO- [ Q ueritatio, imploratio .] L ’b s’aspire. Terme de la Coutume de Normandie. Sorte de cri, par lequel on demande secours. ( Crier haro fur quelcun , c’est demander secours contre une personne qui nous oprime, ou nous maltraite , ou qui outrage autrui. Faire haro fur quelcun. ) Volez clameur de Haro. HARODER , v. a. Z Laceffere , vexare. ] C’est crier haro fur quelcun: le tourmenter. Ce mot est vieux, & n’est pas dans l’Académie. HARPAIL , f tn. L ’h s’aspire. ZFerarum agmcn.J Terme de Chase. Troupe de bêtes fauves qui est la même chose que barde. H HARP AILLER, v. a. On s’en sert seulement dans le stile familier, en parlant de deux hommes ou de deux femmes , qui se querellent & se jettent l’un sur l’autre. ( 11s se sont harpaillez, après s’être long-tems quérellez. ) HARPE, f f- [ Eyra , cithara, ] La harpe est un instrument de musique à plusieurs rangs de cordes de léton, de figure triangulaire, fort harmonieux , & composé d’une table & d’un clavier. ( jouer de la harpe. Toucher de la harpe. ) sjf La harpe, dans les revers des médailles , signifie une ville où Apollon étoit adoré. Volez le P. Labbe , fur /’ethnologie de ce mot. HARPE. [ Falcatm unguis. ] Terme de Vénerie. C’est la grise d’un chiMu On dit proverbialement d’un voleur, qu ’il ejì parent du Roi David, qu’ilfait jouer de la harpe. HARPE', harpée , adj. f Lato firmoque dorfo. j Ce mot se dit des chiens, & veut dire , qui a les hanches larges. ( Chien bien harpé. Sal. ) $ L’Académie dit qu’on ne fe sert da ce terme, qu’en parlant d’un Lévrier, dont le corps tient quelque chose d’une harpe , en ce qu’il a l’estomach fort avancé & fort bas, & le ventre fort haut & fort elevé. Un lévrier bien harpé , une levrette bien harpée. ) HARPEAU, f at. f Harpago quadruplìci uncajn- fïrucluí. ] Ùh s’aspire. Terme de Marine. Grapin ou ancre à quatre bras , qui sert dans un combat quand on vient à sabordage. HARPE'GEMENT , f. m. [ Levis organorum ta- ftw. ] Maniéré délicate de toucher les instrumens de musique. HARP £R , v. n, f Poflicorurd crurum alterum ni- mis âttollere. ] Ce mot sc dit des chevaux. C’est hausser la jambe extraordinairement à cause de quelque maladie du jarret. ( II faut donner le feu à un cheval qui harpe. Sol. ) HARPER. Terme de Manège., qui se dit du train de derrière du cheval. ( Cheval qui harpe d’une jambe , c’est un cheval , qui lève précipitanment l’uns des jambes du derrière plus haute que l’autre , fans que le jarret plie. Cheval qui harpe des deux jambes; c’est-à-dire, cheval qui leve les deux jambes tout à la fois avec précipitation.) f HARPER , v. .a Z Citharâ canere. ] Mot burlesque , & peu usité, pour dire, jouer de la harpe. (Dès le vieux tems qu’Orphée harpa. Voit. Po f ) | * Se harper , ». r. [ Seje capillk arripere. j Se Y j dechi- 174 HAT déchirer. Se blâmer. Se railler. ( Les Auteurs se har- pent les uns les autres. ) , , HARPES, f ProjeHitii las ides. j T erme de Maçon. Pierre qu’on laisse sortir hors du mur pour servir de liaison, lors-qu’on les veut joindre a un autre mur. HARPIE , f f [ Harpyia. ] La harpie est une forte de monstre, moitié femme moitié oiseau. La harpie est un oiseau fabuleux & monstrueux qui a le visage & la tête de femme, & qui enlève ce qu’il peut atraper. Uh s’aspire. f * HARPIE. [ Mulier harpia U rapax. ] Femme avare, qui en prend où elle en trouve & en peut atraper. ( C’est une harpie. ) j- Se harpigner , v. r. [ Altercarì , rixari. ] L ’b s’aspire. Mot bas & burlesque, qui veut dire, fe batre. Ils ne font que se harpigner. ) HARPIN , f- nu Croc dont se servent les Bateliers , pour atacher leur bateau quand ils remontent, & qu’on apelle harpie dans le Lionnois. HARPON , f m. [ Harpago. ] Terme de Mer. On apelle aussi de ce nom , un gros javelot ataché au bout d’une corde, avec lequel on prend les marsouins & les baleines. (On dit, lancer le harpon. Le marsouin s’arrache quelquefois du harpon : On prend aisément le marsouin quand il est frapé du harpon. Quand la baleine a été acrochée avec le harpon, on laisse filer la corde , au bout de laquelle est atachée une courge sèche qui suit le poisson, & sert de marque pour connoìtre où il est pour le suivre.) HARPON. [ Ferreum trahis retmaculum. ] Ce mot, en termes d 'Architecture , est une grosse pièce de fer, qui arrête & tient ferme les pans d’un bâtiment de charpente. HARPONNER ,©.«.[ Harpagare. ] Darder avec le harpon , acrocher avec le harpon. ( Harponner une baleine , un marsouin. Acad. Fr. ) HARPONNEE R , f. m. [ Qui barpagone utitur. ] C’est celui qui dans la pêche de mer fe sert du harpon pour prendre de certains poissons, baleines , marsouins , éturgeons , qui fe tourne tantôt d’un côté tantôt de l’autre , il le darde au défaut des écailles, De. nis , histoire d’Amérique , t. 2. c. 17. ) HARPONS, f. m. [ Harpagnnes. ] Mains de fer. ( 11s font forger des mains de fer qu’ils apellent harpons. Vaug. Quint. I. 4. c. 2. ) HARPONS. [ Harpagones acuti. ] Terme de Mer. Tranchans qu’on met au bout des vergues , & qui sont faits en forme de la lettre S. pour couper les cordages de l’ennemi. Fournier. HART- Voïez bard. HASARD. Votez bazar d , bazarder , Uc. HASE, f /• C Cunìculm famina. ] Ce mot vient de l’Alemand base , qui signifie un lièvre. La hase est la semelle du lièvre, ou du lapin. ( C’est une hase qui est pleine. ) Ce mot de hase se dit par mépris d’une vieille femme. f HASS ART, s. m. Fsspéce de hache qui a le tranchant arrondi. On le dit aussi des grandes serpes. HAST j s- nu [ Hajlile . ] L7> s’apire , & \s fe prononce. Ce mot signifioit autrefois toute sorte d’ar- rae ofensive qui avoit un long manche. HASTE ,s f- í Hajia. ] Us fe prononce. Javelot fans fer qu’on faisoit servir de sceptre à toutes les divinitez. C’est aussi une pièce de bois longue , amodie & semblable à une lance qui porte l’étendart de la galère Réale. ( Hajìile. ) t HATE ì s f- C Ver u. ] Ce mot signifioit autrefois broche , mais en ce sens , il est horsd’usage à Paris , où l’on dit broche. jQT Ce terme est encore en usage dans la Bourgogne & dans le Lionnois, c’est-à-dire, parmi le Peuple. „ II est aisé de voir ( dit Mr. de la Monnoye, dans ,, son Glossaire des mots Bourguignons ) par la ref* „ scmblance d’une broche à une lance, que hâte vient „ du Latin basa , quoiqu’il aspire son h contre la ré- », g' e générale , qui veut qu’on n’aspire pas Yb initiale », dans les mots François lors qu’ils viennent des mots „ Latins qui commencent aussi par b”. Je ne sqai point comment les Bourguignons prononcent bâte : mais je içai bien que le Peuple de Lion & de la campagne ne 1 aspirent point. r 0 HâTE. [ Fesinatio, properatio. ] Vitesse : diligence. HA U Aler à la hâte , en grand hâte en quelque lieu. Avoir une extrême hâte de partir. Voit. I. 16. Faire une chose à la hâte. Ils sc retirent en hâte vers la ville. Abl. Arr. f Un Comédien fait à la hâte. Abl. Arr. t. 1. ) $ HâTE', bâtée , adj. part. Pressé, qui a hâte, qui ne peut attendre. ( Je fuis trop hâté pour attendre son retour.) ê HâTE', signifie aussi avancé, & fe dit des faisons. La saison est fort hâtée. HâTER, v. a. [ Properare , fesiinare. J Dépêcher. Faire avancer. Faire aler plus vite, ( Hâter la mort d’une personne. Gomb. Pois. Faire hâter un Messager. Adieu, ruisseau, si par mes regrets j’ai bien pû l’arrêter, voila des pleurs pour te hâter. S. Amant. Hâter le pas. ) Se hâter , v. r. [ Fejìination adbibere. J Faire quelque chose en diligence. ( Je me hâte le plus que je puis. Je me fuis hâté de travailler. Hâtez-vous de venir.) f HâTER les fruits. C’est en avancer la maturité. On a trop hâté ces fruits. HâTEUR , f m. [ Injìigator , qui urget assis carnes.] Le háteur est un oficier de la cuisine bouche du Roi, qui a soin du rôt. f HáTEURS. Inspecteurs qu’on commet dans les grands Ateliers, pour avoir l’ceil que les Maçons & autres Ouvriers ne perdent point de tems. On les nom- me aussi cbasj'eavant. HâTIER , f m. [ Affhrius capreolus. ] Instrumens de fer fur qui on met la broche lors-qu’on veut faire rôtir quelque viande. On apelle aussi ces instrumens des contrehâtiers. HáTIF , hâtive , adj. [j Pracox , pramaturus. J Ce mot fe dit dês fruits & de certaines fleurs , & veut dire , précoce. Qui meurit, qui fleurit, qui vient avant le tems ordinaire. (Tulipe hâtive. Abricot hâtif. Pêche hâtive. Poire hâtive. Les fruits hâtifs sont plus chers que les autres. Esprit hâtif f ou esprit formé avant l’âge. ) HâTILLE, J. f s Recentis suilht frujium. J L’h s’a- fpite. On se sert de ce mot à la campagne , lorsqu on parle de boudin , saucisse, &c. qu’on envoie à ses amis après avoir tué un cochon. (Je vous enverrai de la hâtille & du boudin. ) HATIVEAU, f- m. [ Pira prœcocia. ] C’est le nom d’une poire hâtive. ( Ce sont des poires de hâti- veau. ) QlâTIVEMENT , adv. [ Festinè. ] D’une maniéré hâtive. II est venu hâtivement.) Ub s’aspire. HâTIVETE', f f. [ Fejiinatio. ] II se dit des fruits, & il lignifie précocité. ( II y a dos fruits estimables pour leur hâtiveté , & d’autres pour leur tardiveté. Quint. jard. ) Autrefois ce mot signifioit diligence ; mais il n’est plus d’usage en ce sens. Tout les mots de cette colonne aspirent leur h. HAVAGE , s. m. [j Havagium , havadium.] Droit que le Bourreau a de prendre fur toutes les petites denrées qui viennent des champs aux marchez. Les Bourreaux de Paris & de Rouen ont droit de havage dans les marchez, & à cause de l’infamie de leur métier , on ne leur laisse prendre qu’avec une cuillier de fer blanc ou de cuivre qui sert de mesure. Ce mot vient de bavir , qui signifioit autrefois prendre. HAUBANS t s. m. [ Funes Jcansorii. J Terme de Mr. Ce sont les gros cordages qui tiennent les mâts, & qui sont amarrez, ou attachez aux barres des hunes, pour soutenir les mâts. ( II y a de grands haubans & de moindres, & à la réserve du beaupré , il n’y a point de mât qui n’ait ses haubans. ) HAUBANS. [ Sacomaticui reJHs. ] Terme de Maçon - nerie. Cordage qu’on atache d’un côté à un engin, & de l’autre à un arrêt solide , afin de servir de contrepoids aux gros fardeaux qu’on veut élever, & quand on atache le hauban à l’engin , on dit haubaner. f HAUBEREAU, Voiez Hobreau. í HAUBERGENIER , f. m. Celui qui fait de* haubers ou côtes de mailles. í HAUBERGEON , f. m. Petit Haubert. HAVE, adj. [ Horridus , macilentus. J Hideux. Laid à voir. ( Avoir les yeux hâves , le visage hâve. Vaugelas , Quint , l. 9. c. 3. Ils étoient tout hâves & défigurez. Abl. Luc. t. 2. ) HAVE'E, HAU HAVE'E, s. f. £ Havadium, J Terme de 'Bourreau. C’est tout ce que prend le Bourreau pour son droit de havage sur les petites denrées aux marchez de Paris, & de quelques autres lieux. (Faire parer leshavées. Lever les havées. ) HAVIR, v. n. [ Adurere. ] Ce mot se dit de la viande qu’on rôtit, & signifie brûler , en faisant un trop grand feu on fait havir la viande. ) HAVRE, s m- [ Portrn. ] Port. (Un havre. Le Havre de Grâce. ) HAVRE d’entrée. Le havre d’entrée est un port où il y a de seau pour entrer suffisamment en tous tems. HAVRE de barre ou de marée. C’ést un port où l’on ne peut entrer que de haute mer. L’Ordonnance Maritime veut que les ports & havres soient entretenus nets, & dans leur profondeur ; elle défend d’y jetter aucunes immondices, à peine de dix livres d’amende païable par les maîtres pour les valets, & même par les pères & mères pour leurs enfans : ce qui est conforme à la disposition de l’Edit du Préteur , Ne quid in flamme publico , {sc. t HAVRE-SAC, f. m. [ Saccus. J Mot Alemand , qui veut dire , sac à aveine , & parmi nous , c’est une forte de bissac de soldat fantacin. HAVRON , s m. [ JEgilops , agreJUs avena. J Avoine sauvage qui est velue, & dont on fait des hygromètres. HAUSSE 5 f- f. [ Farturn soli calcearii.2 Terme de Corâonier. Morceau de cuir qu’on met fur les formes, quand on monte un paire de fouliez. C’elt aufli un morceau de cuir que le Savetier met à un côté d’un soulié, oud'une bote pour hausser ce côté-là plus que ì’autre. ( Mettre une hausse. ) HAUSSE, s f. [ Farturn. J Terme de Lutter. Petit morceau de bois sous l’archet de la viole & du violon. ( Une hausse d’archet de viole ou de violon. ) HAUSSE. [TìmpanitransennaJ Terme d’ Imprimeur, C’est le papier que l’on colle fur le grand dmpan, afin que l’impression vienne également. HAUSSE. ( Auciio, lìcitatío. J Terme de Partisan. Enchère. ( Je mettrai ma hausse tout d’un coup quand íl s’agira d’adjudication. ) HAUSSE-COL , baujse-cou , s. m. £ Pelta colle sub- jeHa , collare ferreum , vel argenteum , aut areum. L’un & l’autre se dit : mais il semble que hausse - col. soit plus en usage que haufse-cou. C’est une sorte de petite plaque, qui est ordinairement de cuivre doré que les oficiers d’infanterie portent au dessous du cou. Les armes des oficiers d’infanterie sont l’épée, la pique & le hausse-cou. Gai a , tr. des armes l. 4 . ) L’Académie remarque qu’on dit indiféremment. Haufe-cou & haufse-col. Danet & Furetiér sont pour baujse-cou , & je crois qu’on les doit suivre en cela, quoi-que Richelet dise que baujje-col soit plus en usage. + HAUSSEMENT, {Sublatìo. ] L’action de hausser & d’élever. ( Le haussement d’un mur. ) On dit aussi , le haussement de la voix. f Vocit intensio. ] H HAUSSEMENT, se dit particulièrement du mouvement qu’on fait des épaules pour témoigner de Pin dignation ou du mépris. ( Le haussement d’épaules me déplaît. ) HAUSSER, v. a. {Tôliere.2 Elever. ( Hausser la voix. Abl. Hausser nôtre chevet avec une escabelle. S. Am. Hausser un mur. Hausser une machine d’un cran.) HAUSSER . v. a. [ Pretium augere. J II se dit de la valeur des choses. ( Hausser la monoïe. Hausser le prix du blé. Hausser la paie des soldats. ) ’ HAUSSER , v. n. [ Crescere , tumescere. ] Croître. ( La rivière hausse, c’est-à-dire , s’enfle , croît. ) * HAUSSER les épaules , [ Stupere, dejpicere. J Ces mots signifient un geste que l’on fait pour témoigner de Tâtonnement, & le mépris qu’on fait d’une chose. Voïez Epaules. Se hausser , v. r. [ Se erigere. ] S’élever fur le bout des piés. ( Haussez-vous, si vous voulez voir.) f HAUSSER le coude , hausser le tems, c’est prov. & bass. faire la débauche , boire avec excès. ■f * Le tems se hausse. [ Serenatur calum. ] C’est- à-dire , le tems s’éclaircit. ( Faire hausser le tems, fig. C’est bien boire. ) C’ejl un homme qui ne Je baisse ni ne se hausse, f Nul* là re movetur. ] Pour dire, un homme tranquille qui . ne s’émeut & ne s’inquiéte de rien. HAU î 7 5 Cela, lui a haussé le caur. { Sublatm ejl anhnus. J Par, lant d’une bonne fortune qui a donné du courage à quelcun. HAUT , f in. {Altum, superiorpars. J La partie la plus haute & la plus élevée de quelque chose. (Gagner le haut des montagnes. Vaug. Quint. L 11 grimpa fur le haut de la coìine. Abl. ret. I. 4 . ) HAUT , f m. ] Altitude. ] Hauteur. ( Tomber de son haut. Voit. Poés. Un mur de cent piés de haut. Abl. ret. 2. ?. c. 3 . ) HAUT , s m. ( Locus superior. ] II se dit de ce qui est fort peu élevé, & qui a quelque peu de pente. ( Le haut de la rue. Le haut du pavé. ) HAUT , s. m. { Dissolutio stomachi. J Ce mot se prend quelquefois pour la bouche. ( Un devoiment par haut & par bas. Une décharge de bile par haut & par bas. Haut & bas , est aussi un vieux terme de Droit , pour dire , entièrement. ) Le Très-haut. [ Altiffimm. ] C’est-à-dire , Dieu. * llfaut du haut N bas dans la vie. Mol. [ Vit a. setnper aquaih displicet. j C’est-à-dire, que la vie n@ doit pas être toute unie. HAUT, haute, adj. s Altus , cxcelfus , editm,sublu mis. ] Qui est élevé de terre. ( Une maison fort haute. Un toit trop haut. Haut de cent piez. Abl. ) * Etre haut en couleur. [ Coloratumfrontem habere.J C’est-à-dire , avoir beaucoup de couleur. HAUT, haute. [ Multa dies erat. ] Ce mot se dit du soleil, & veut dire , qui est déja fort ardent & fort élevé au dessus de l’horison. Le soleil étoit déja fort haut. ) * HAUT, haute. [ Procerus , excelsus. ] Grand à cause de sa dignité. Considérable. ( Haut & puissant Seigneur. Haut mérite. Haute pièce. Haute vertu. Vanter le faux éclat de la haute naissance. Dejpr. ) f HAUT, haute. [ Extremw, summus, J Ce ,quî est excessif en son genre. ( Haute injustice, haute loti te. Haute trahison, c’est un crime de Leze-Majesté au premier chef. 4 Chambre haute. C’est dans le Parlement d’An- gleterre, la chambre des Seigneurs , des Pairs (jtì Roïaume. * HAUT , haute. [ IllustrU , arduuf. ] Glorieux & dificile. Grand & considérable. ( Une haute entreprise. Vaug. Quint. I. 3 . Une haute fortune.) * HAUT, haute. {Sublimis , summm. J Sublime. ( C’en un orateur d’une haute éloquence & d’un profond savoir. ) * Le haut Alemand. s Lrngua Germanica. j C’est le langage Alemand le plus délicat & le plus poli, tel qu’on le parle en Misnie. II entend la Philosophie de Descartes, comme le haut Alemand. ( Çartesana Philosophiasub ìpjîus in- telligentiam non cadit.) Pour dire , cet homme ignore la Philosophie de Descartes. Le haut bout d’une table. [ Locus superior. ] C’est Tendrait le plus honorable. HAUT , haute. {Magnanhnm. ] Magnanime: courageux : fier : noble. (Avoir le cœur haut. Voit. Po'es. ) * HAUT, haute, f Remotm. J Ce mot se dit, en parlant du Carême & de Pâque , c’est-à-dire, qui ne vient pas fi-tôt qu’à l’acoûtumee. (Le Carême est haut cette année. ) * HAUT, haute. { Supérior. j Ce mot se dit en ter - mes de Jeu de cartes, & veut dire , une carte qui vaut plus qu’une autre , qui Temporte sor une autre. Ainsi au piquet les as font les plus hauts. ) Les hautes classes, f Scolte superions. ] Sont celles ou Ton enseigne la Rhétorique & la Philosophie. (Ce Jésuite est Préfet des hautes classes. ) HAUTS Officiers, f Principes exercitus. J Sont les Généraux d’armée. Les Lieutenans généraux , &c. (Mr. de Pionçac est à présent un des hauts oficiers.) HAUTS hommes. Dans les anciens titres étoient les grands vassaux. * HAUT, haute. [ Altum mare. J Ce mot se dit de la Mer, & des Eaux, & veut dire, enflée. (La rivière est haute. Les eaux sont hautes. La mer est haute. ) HAUT, haute. {Superior. '] 11 se dit des Païs íes plus éloignez de la mer ; à l’égard de ceux qui en sont plus voisins. (Le haut & le bas Languedoc. La haute Normandie. La haute Alemagne. Il sc dit aussi des païs qui sont dans les montagnes. ( Ainsi l’on dit, la haute Auvergne. ) * HAUT 176 HAU *HAUT en paroles. [ Verbe* intperiosus. ] C est-à- dire , qui parle impérieusement. * HAUT, à la main. {.Manu promptior, trasci celer .] C’est-à-dire, qui frape pour se faire obéir. * Viande de haut-gout. [ Embamma mmn sapons, j C’est-à-dire , qui a une faveur piquante & relevee. * Un chien de haut nez. {Canisjagax, odorus. Terme de Vénerie. C’est un chien qui a le sentiment & l’odorat fort bon. * l,e hautJlile. [ Stìlus sublimis. ] C est un langage rempli de termes nobles & d’expreffions riches & magnifiques. , HAUT , adv. [ Altâ voce. ] D’une voix haute. D u- ne voix élevée. ( Parler haut. ) * HAUT , adv. {Magnifies. ] D’une maniéré belle , & un peu stère. ( Le porter haut. ) * HAUT , adv. { Superbe , Jpendidè. ) D’une maniéré haute. Avec éclat. ( Si haut je veux louer Silvie , Que tout autre en meure d’envie. Voit Poës. ) Orgueilleux d’uti dejsein qui l’élevejt haut, II ne pensait rien moins qu’au faut Qtt’à de tels avortons la fortune prépare. Le Noble. ) t HAUT la main , adv. s Imperiosè. ] D’une maniéré haute & absolue. ( 11 fait cela haut la main. ) Cs Aller par haut. Balzac , dijfert. critique , a dit : ,, II est très-certain , Monsieur, & Pétioles même le „ sublime & l’olympien en demeureroit d’acord avec „ nous, que l’éloquence ne doit pas toûjours aller „ par haut , & que toutes ses actions ne doivent pas „ être de toute fa force. ”. Je ne crois pas que cette locution , aller par haut , fút reqûë aujourd’hui parmi nous. J; Gagner le haut. C.’est s’enfuir, fe mettre en fureté. 4 HAUT les bras. C’est-à-dire, en termes d’Artille- rie , mette le feu au canon. $ Couper de haut. C’est au jeu de l’ombre, & à d’au- tres jeux de cartes, mettre une haute carte de triomphe. II coupe de haut, il met le baste : H Traiter de haut en bas. [ Defpìcatum habere. ] C’est traiter avec mépris, avec hauteur. ( Je ne fou- frirai pas qu’un riche faquin me traite de haut en bas.) HAUTAIN, hautaine , adj.{Ferox, protervuí , .arrogans. ] Fier. Superbe. Orgueilleux. ( II est hautain : elle est hautaine. Esprit hautain. Humeur hautaine. ) HAUTBERT, f- <«• [ Lorïca annularis. ] L ’h s’a- spire. Cotte de mailles à manches & gorgerin que por- toient autrefois quelques Seigneurs. Ce mot signifioit aussi un haut Baron. Et ceux qui relevoient de lui s’apelloient haut-bergìers. HAUTBERT , est aussi un terme de Jurisprudence féodale. [ Primoris beneficii clientelare pradium. ) C’est le plus noble fief après ceux de dignité, & immédiatement au-dessous des Baronnies. {§ II ne faut pas confondre ces deux mots , Hauber & Hauther. Le prémier signifie une efpéce d’armes , qui consistoit, selon Fauchet dans son Traité des Châtelains , dans une chemise de fer bien poli. Voici comment il s’explique : „ Tous Leudes & Nobles de „ ce temps-là estoient hommes d’armes & fervans à „ cheval, parce que la force des François, c’est-à-di- „ re, nobles , gifoit en la gendarmerie & Chevaliers „ vestus de loriques appellées haubers, possible pour „ ce qu’ils étoient blancs & reluisaient à cause des ,, mailles de fer poli, dont estoient faites les loriques, &c. ”. Cette chemise se mettoit sur le gambeson ; elle étoit composée de diférentes mailles de fer bien poli, témoins ces vers de Guillaume Crétin : Plusieurs rai/îns procedent d’un bourjon , Et maille à maillefait-on le hauberjon. Et dans l’Ovide manuscrit, souvent cité par Borel, & dont j’ai une ancienne copie : Cils efem peints U entaillez , Ne cils haubers , menus maillez Sous le faix , fisc. Quant à Hauther , il est composé de haut , grand, eleve, & de Ber, ancien mot qui signifiait un Baron & un grand Seigneur. Les fiefs de hauber, sont aussi apell«z HAU dans les Auteurs de la basse latinité, feuda de lorìcâ , ou de bruniâ , dont Dominicy a donné l’explication dans son Traité de la prérogative des alleus. HAUT-BOIS., f m. {Tibia major.] Instrument de musique à anche & à vent, qui a plusieurs trous, & qui est semblable à une flute-douce. ( Jouer du hautbois. Mers. ) HAUT BOIS. [Tibicen.] Celui qui joue du hautbois. ( Le Sieur un tel est l’un des haut-bois du Roi. C’est une forte d’O licier qui joue du haut-bois devant le Roi aux bonnes fêtes, & quand le Roi le veut. 11 y a douze haut-bois du Roi. ) Ils font établis il y a près de huit cens ans , &c. HAUT-DE-CHAUSE , s. m. [ Bracca. J Partie de l’habit de l’homme qui prend depuis les reins jusqu’aa genou , & qui est composée d’une ceinture , d’un devant & d’un derrière. f * Sa femme porte le haut-de-chaujse. [ Viro con- juximperans.] C’est-à-dire, qu’elle est la maîtresse & que son mari n’a nul pouvoir au logis. HAUTE-CONTRE , f f f Symphonie sonus alter ab acutijjûno. Terme de Musque. C’est une partie de Musique plus haute que la taille, & plus basse que le dessus. On apelle en Latin la haute-contre , Alita, ou Contra ténor. ( On dit, chanter la haute-contre. ) HAUTECONTRE , s. m. { Gracilium ab acuto par - tium cantor. ] Ce mot, entre Musiciens, veut dire aussi celui qui chante la haute-contremais, en ce sens, il est masculin , & on dit, Monsieur un tel est un haute-contre. HAUTE-CONTRE,/ f. Terme de Lutier, & de violon. C’est une des parties du violon qui est entre le dessus & la taille. Car dans les beaux concerts de violon, il y a d’ordinaire cinq parties , 1» dessus, la haute-contre, la taille, la basse & la quinte. (Toucher la haute-contre. Jouer de la haute contre. ) HAUTE-FUTAYE, {Arborincadua.] Votez Futaye. HAUTE-GARDE. Terme d 'Escrime. HAUTE-JUSTICE , s. f. C Potesas vit a ac necis. ] Sorte de Jurisdiction qui comprend la moïenne & la basse, & qui connaît de tous les crimes punissables de mort, & de toutes les causes civiles, excepté les cas Roïaux, & privilégiez. Votez justice. HAUT-JUSTICIER , f. m. [ Supremus Judex. ] C’eíì celui qui a haute, moïenne & basse Justice, qui connaît de tous les crimes punissables de mort, & da toutes les causes civiles, qui ne font ni Roïales, ni privilégiées, & de toutes les fautes dont l’amende ne va pas au-dela de soixante fous Parisis. ( Le Seigneur Haut-Justicier succède a un bien que personne ne réclamé. Pat r u , plaidoyé 8- ) f De haute lute , adv. [ Protervè. ] Hautement. Haut la main. ( Son coeur est pris de haute lute, Bens. Rond. HAUT-MAL, s m. {Morbus comìtialvs.] Mal-caduc. C’est un mal qui ataque le cerveau qui fait perdre le jugement & le sentiment, & jette la personne qui en est ataquée dans de grandes convulsions. On Papesse haut-mal , parce-qu’il ataque la tête, ou qu’il fait tomber la personne de son haut. On le nomme aussi mal caduc ou épïlepse. ( Les Médecins ne votent goûte au haut-mal. , On dit que Jules César tombait du haut- mal. ) HAUTE-MARE'E, s. f. {Asm maris plentss. ] C’est le plus grand acroissement de la marée. HAUTEMENT, adv. [ Fortiter , audaHer.] Courageusement. Hardiment. ( II a hautement soutenu le parti de son ami. ) * HAUTEMENT , adv. s Clarè , evidenter. ] Clairement. ( L’amour que les justes ont pour la vertu témoigne hautement, &c. Pasc. /. 6. ) HAUTEMENT, adv. [ Elatì , superbe. ] D’une maniéré hautaine. Ce mot n’est pas encore bien établi. ( Cet homme parle toûjours très-hautement. ) HAUT haute. Ces mots fe disent encore de diverses autres choses : Exemples. Le maître des hautes-auvres. [ Carnifex , tortor. ] C’est le bourreau. La haute & basse Latinité. Le haut & bas Empire.) HAUT-LICE. [ Exquistior textura. J Terme de Tapisser C’est la plus belle des manufactures de Tapisserie. HAUT côté de mouton . Terme de Rôtisseur. Chapon de haute-graisse. Lt ÊLAtl Le haut du Ciel. [Vertex cœli.J Terme à’Astrologie.C'& le zénith. Le Haut du jour. [Sol meridìanus .] C’est le tems où le soleil est le plus ardent Haute heure. [Appétit meridiess C’est quand le Soleil est haut fur l’horison , & qu’il aproche du Méridien. Le haut [In caliss H signifie souvent au Ciel. * II le porte haut [ Effertse magnifiez C’est-à-dire, il fait l’homme de qualité , il agit avec supériorité. * Danser par haut. [ Ageresaltm insublime. J C’est faire des sauts & des capriolcs en dansant. Hautlepiè. t Se inpedes conjtcere. ] C’est-à-dire marchez. ( Ce Banqueroutier à fait haut le pié.) Haut le brus : c’est-à-dire, commencez a travailler. Haut le bois. II se dit à la guerre, quand on fait lé- ver les piques. II a le cttur haut , [f la fortune baffe. [Altut anima , forîunà infimusl ] Cette Façon de parlar est proverbiale. On dit d’une femme laide , que le haut défend le bas. [ Casta quia deformis. ] (f Haut parage. Ces termes marquent îa plus ancienne & la plus illustre noblesse ; ils font abrégez de haut parentage. Ragueau a remarqué dans son Indice, ,, qu’il y a des fiefs de haut parage , que quelqués- „ uns apellent ainsi , pour être mouvans, r.om du „ Roi simplement à cause des Duchez , Comtez, ,, Châtellenies ou Seigneuries dont il jouit en do- „ maine en son Roïaume, mais pleinement , & di- „ rectement de la Couronne de France. HAUTESSE i f f [ Celjìtudo. ] Titre qu’on donne au grand Seigneur. Le grand Seigneur. Le grand Turc. ( II déclara aux assiégez qu’il ne seroit plus tems de capituler quand fa Hautesse seroit arrivée. Bouhours, Aubujfon , /. ;. ) HAUTESSE. Eclat. Toute la hautesse & tout l’éclat du monde n’est que folie & vanité. C’est en ce sens que Messieurs de Port-Roïal l’on pris ; mais le P. Bouhours croît ce mot mal emploïé. [f On disoit autrefois haute (se pour grandeur , pouvoir souverain. Marot dans le Temple de Gupido L Adonc il vit autour de ses charroit. Filles & fils en la fleur de jeunesse, Et les plus fortes fubjettes à fa hautesse. HAUTEUR,/ /• C Altitudo. ] Distance qu’il y a depuis le bas jusques au haut. £ La hauteur de la tour étoit prodigieuse. L’ouvrage étoit élevé à la hauteur de la montagne. Vaug. Quint. I. 4. La hauteur des blez. Abl, Arr. ) HAUTEUR. C Altitudo, elevatìopoli. J Ce mot, en termes de Géographie , est usité. (Ainsi on dit, prendre la hauteur du pôle. ) * HAUTEUR. [ Parallehts. ] On le dit du parelléle fur lequel on croit être , quand on navige en pleine mer. (Nous étions à la hauteur du Cap verd; c’est-à- dire fous le parallèle qui passe par le Cap verd. La flote étoit à la hauteur de l’Isle deWigth. HAUTEUR. Distance d’un astre à l’orison. II y a Une hauteur aparente, qui est la distance d’un lieu aparent d’un astre à l’horison rationel. Et une hauteur véritable , qui est l’aparence dont on a ôté la réfraction. (§ HAUTEUR. Terme fort usité dans la Marine. Nos Dictionnaires nous aprennent que l’on apelle hauteur, l’élevation du pôle, du soleil & des étoiles ; ce qui se mesure, & se détermine par un arc de cercle compris depuis l’horison jusques au pôle & depuis le même horison jusqu’à l’astre dont l’on prend ja hauteur : on se sert même ordinairement de l’arbalête ou de l’astro- labe pour en conclure la latitude du lieu où l’on fait l’obfervation. La hauteur des astres ne se prend que uand ils font au cercle du midi, excepté la hauteur e l’étoilc polaire ; qui par le moïen des gardes , se peut prendre hors du méridien. Hauteur est quelquefois sinonìme avec latitude , & elle se prend pour la distance qui est comprise entre le vaisseau ou l’on est, en prenant la hauteur , & la ligne équinoxiale ; & par le moc de hauteur , on sous-entend la hauteur du pôle, qui est toujours égale à la latitude: on dit dans ce sens que l’on navige, par la hauteur de tant de dé. HAZ 177 grez pour dire , a tant de degrez de la ligne équinoxiale. Nous louviâmes trois jours par la hauteur de cinq degrez. HAUTEUR. [Latitudos Ce mot se dit en parlant de bataillon. C’est la longueur du bataillon depuis la tête jusques à la queue. (II donna beaucoup de hauteur à la bataille. Abl. Arr. ) í La force d’un corps d’infanterie consiste dans son épaisseur, & dans la hauteur de ses files. Polybe de Folard. HAUTEUR. [Collis , locw edims Petite coline. ( II vit une troupe qui tenoit une hauteur par où il devoir passer. Abl. Arr. * HAUTEUR. [Animi altitudo .] Grandeur de courage. Sublimité. Excélence. Grandeur. Perfection. ( Feu d’Ablancourt avoit une hauteur d’ame qu’on 11e sauroit assez admirer. Elle se moque de la hauteur de leurs spéculations. Abl. Luc. t.i. C’est en vain qu’ust téméraire Auteur pense de l’art des vers ateindre 1 * hauteur. Destr. Poitt. c. 1.) Cf Malherbe, fragment . Mais veu le nom que me donnt Tout ce que ma l’yre sonne , QU elle sera la hauteur De l’hymne de ta victoire, Quand elle aura cette gloire . Que Malherbe en soit /’ hauteur! Le Terme hauteur est ici mal placé. * HAUTEUR. Ç Elatio, arr opuntia ., fajìut. ] Maniéré absolue. Autorité. ( Ils tâchèrent d’emporter par hauteur cequ’ils ne pouvoient gagner par iuftìcc.Boubours, Aubujfon, L 1. II a traité cet homme de grande hauteur. J’ai gagné mon procès de belle hauteur. Je ne m’acommode pas de ces hauteurs.) II est tombé de fa hauteur, ou de son haut. [ Totm obstupuit. ] C’est-à-dire, fans être élevé de terre & é- tant seulement debout. HAUTURIER, f m. [Hauta peritm servand* poli altitudìniss Terme de Marine. Nom qu’on donne aux pilotes qui font les observations, & qui comtois- sent l’usage de l’Astrolabe. HAYE* Voïez haie. t HAYON,/ nt. Terme de Chandelier. C’est une espèce de râtelier double, à longues chevilles , fur lequel on met en étalage dans la boutique les chandelles communes, encore enfilées à leur broche. $ HAYRAT , s. m. Animal semblable au Ble- reau, qu’on trouve en Amerique. 11 a les mêmes vertus que nôtre Blereau. HAYVE’,// Petite éminence de fer que font les Serruriers fur le panneton des clefs, pour empêcher quelles ne passent au travers de la serrure. Les mots de cette colonne aspirent h, HAZARD, hasard, s. m. [ Casus , sors. ] Péril. Risque. ( On est bien fou de mettre sa vie au hazard pour les biens du monde. S’expofer au hazard. Abl. Arr. II courut hazard de se perdre. Abl. Ces. Ce n’est point le hazard qui conduit les choses du monde; mais la Fortune se régie par l’efprit des hommes. Du liyer , Frensb.l. 1. ch. 1. (Jeu de hazard.) [Aléa,J Mais la postérité d’Alfane U de Baiard, Quand ce n’est qu’une rosse, est vendu'i au hazard. Defpr. ) f HAZARD , se dit des choses qu’on a achetté à bon marché en profitant de l’ocafion. ( Un livre de haZard , un meuble de hazard, ) On dit aussi, trouver un bon hazard , profiter d’un bon hazard. f Parler au hazard. C’est parler inconsidérément & fans réflexion. H setter des propos au hazard. C’est avancer des propos, pour voir comment ils seront reqûs, ^ Dire une chose au hazard , à tout hazard, C’est la dire fans aucune intention précise qu’elle soit de conséquence. , , $ A tout hazard, adv , A tout evenement, quoi- qu’il en puisse arriver. Par hazard , adv. [Fortuites Par accident, fortuitement. ( Chose qui arrive par halard. ) Le hazard produit souvent des éfets furprenans, même contre l’ordre naturel des choses. Martial dans son épigramme i^.du Livre desjpeflaties, après avoir dits Emifît fietum vulnere facla. parens , Z ÌI ajoû- HEB 178 HEB II ajoute. „ . , 0 Quantum efisubìtis cafibm twgentum ! Pétrone á dit dans le même sens , sortuna habetratio- nem. Montagne , ch. N- en parlant des coups du ha- zard a dit, qu’// plaît a ^fortune envier Jur nos mu rades. Et ensuite Cette fortune surpasse en règlement les régies de F humaine prudence mais s’il y a des coups de fortune heureux , il y en a de même de malheureux. ^ Les choses du monde dépendent du hazard ; mais il faut de l’habileté & de la prudence pour savoir profiter de ce hazard. Polibe de Folard. HAZARDER , hasarder , v. a. [In periculum addu- cere.J Mettre au hazard. Tenter le hazard. ( Hazar- der la bataille, Abl. Hazarder sa vie. Ceux qui se ha- zardoient de faire passer les chevaux. Vaug. Quint. I. 10. c. 1. Ils bazardent de lui aprendre la conduite de sa maîtresse. Le Comte de BujJi. II faut hazarder le paquet. Proverbe. Et F écho n’osait pas même Hazarder de répondre aux refrains délicats. De ce petit Orphée. Le Noble. f Les grands Capitaines ne bazardent rien fans de fortes & puissantes raisons. Mr. de Folard. 0" Mr. de la Bruiére a dit dans ses Caractères : 11 y a un terme ( disent les uns ) dans votre ouvrage , qui cjl rencontré , £7 qui peint la chose au naturel : il y a un mot ( disent les autres ) qui esì bazardé , qui d'ailleurs ne signifie pas assez ce que vous voulez peut-être faire entendre. Je crains, en vérité , que l’on ne trouve rencontré & hazardé, trop affectez , & peut-être témérairement bazardez. Se hazarder , v. r. [ Periculum adiré. ] S’exposer au hazard. ( Personne n’osa se hazarder à lui donner un conseil fidèle. Maucroix , schisme. I. 1. ) HAZARDEUSEMERT , adv. Avec hazard. Avec péril , d’une maniéré hazardeuse. (Ha entrepris cela hazardeusement. Acad. Fr. ) HAZARDEUX, hazardeuse , adj. [ Periculofití. ] Ce mot se dit des personnes & des choses. II veut dire, qui bazarde trop. Dangereux. C’est un Médecin trop ha- zardeux. Abl. apoph.p. 554. Action hazardeuse. (Traiter tout noble mot terme de hazardeux. Deflir.) HAZE Voïez hase. HE'. [ Heus. ] Sorte d’interjection qui aspire son h , & qui sert à exprimer quelque mouvement de l’a- me. (Hé morbleu, ne me faites pas parler là-dessûs. Mol. Hé vite , hola quelcun. Mol. cocu imag. ) HEAUME ,s m.[GaleaJ Le heaume est un pot en tête qui couvre la tête, le visage, & même le cou de I’homme armé. HEAUME. [T’emo.J Terme de Marine. Timon , qui est un manche ataché au gouvernail, ou grande barre que manie à son gré celui qui gouverne. HEAUMERIE , f. f. [ Galearum fabrica. J Lieu où l’on fuie & vend íes heaumes. Ce mot n’èst plus en usage que dans le nom qu’on donne à une rué de Paris. HEAUMIER , f m. [Galearum artifex.~\ Prononcez haumie. C’est un des titres des Armuriers , qui se nomment Armuriers-heaumiers ; c’est-à-dire , faiseurs de heaumes. Le Heaumier est celui qui fait & vend des casques, des cuirasses, des brassards, & de toute forte d’armes pour couvrir un soldat. (LesHeau- miers , ou plútót les Armuriers font peu de chose, quoique la guerre soit allumée par tout. Voïez Armurier. HEBDOMADAIRE, f m. [ Hebdomadarim. ] Terme de certains Religieux. Celui qui est en semaine pour otìcier. ( Je suis hebdomadaire. ) Monsieur de Calliéres, dans le Diciionnaire des arts, décide qu’il faut dire , hebdommadier. £ L’Académie dit auss , hebdomadier. HEBDOMADAIRE, adj. Qui n’a d’usage qu’en cette phrase : Nouvelles hebdomadaires ; pour dire la gazette, parce qu’on la distribué toutes les semaines. Acad. Fr. ) • HEBERGE', hébergée , adj.\_ExceptUí.~\ Mot vieux & burlesque. ( II est plaisamment hébergé , pour dire , loge.) f HE BERGER , v. n. £ Teflum prabere. ] Loger. (Par tout ou nous avons hébergé , nos hôtes n’ont point lait de dificulte de prendre de Pargent de nous Voit. let. 8;- On disoit auffi héberge pour logement" HEL Un article exprès porte qu’en fa maison Le serpent fournira la moitié de la place Pour héberger le hérisson. Le Noble. ) f Le mot héberger ne se dit plus guere qu’en raillerie. Acad. Fr. HEBE'TE', hébetée , adj. [HebesJ Qui est devenu stupide. ( 11 est tout hébété. , elle est hébétée. Je laisse aux douloureux ce langage asefié, OUs’endort de moleJJ'e un ejsrit hébété. Despr. fat. 9.) HE'BET'ER , v. a. [HebetareJ Rendre bête & stu- pide. (Hébêter un enfant.) HE'BRAïQPE, adjsHebraicus.l, Qui estd’Hébreu, ou des Hébreux. ) Les caractères hébraïques. II y a des accens dans la langue Hébraïque. Poil. a Ménages) HE’BRAïSME , f m. [ Hebraismw .]] L’hébraïsme est une façon de parler hébraïque. HE'BREU , adj. [ Hebraus. J Qui est né Hébreu. (Moïse, par le conseil de son beau-pére Jétro, divisa le peuple Hébreu en douze tribus. Port-Royai ) L ’b ne s’aspire point. HE'BREU , f m. £Hébrdicwf\ Qui est écrit en caractères Hébreux. ( Manuscrit Hébreu. ) HE'BREU , f m. [ Lingua Hebrâica. ] Langue Hébraïque. ( Savoir l’Hébreu. L’Hébreu est aisé à aprendre. Monsieur Simon entendoit bien l’Hébreu. ) f HE'BRIEUX , f m. Terme de Marine. Oficier ou Commis qui délivre les congez ou brefs, que les Maîtres des navires font'tenus de prendre avant de sortir des Ports du Roïaume. Ce terme n’est guére en usage qu’en Bretagne ., où ces brefs font vulgairement nommez des fírieux. HE'CATOMBE , f f [ Hécatombe .] II vient du Grec. Sacrifice de cent bêtes que saisoient les anciens Grecs & Romains. (Humer la fumée d’une grasse hécatombe. Ablancourt. Vous crucifiez celui qui est la cause que vous avez des autels & des hécatombes. Abl. Luc. t. i. Prometée. ) 0 ” Jule Capitolin nous aprend que les hécatombes du peuple étoient composées de cent truies, ou de cent moutons : & celles des Empereurs étoient de cent lions, ou de cent aigles, U ceetera hujmmodiani- tnalia centenaferiuntur. HECTIQUE- Terme de Médecine. (Fièvre hectique. Homme hectique.) Voïez Etìque. HE'DICROUM , f m. Terme de Pharmacie. C’est une espèce de trochisques composez d’amomum, de feuilles d’indes, de safran, &c. & qui est propre contre la peste. HE'DISARUN,/. «t. Plante qui croît sur des lieux montagneux , & qui a une odeur assez agréable. f HE’DRE , f f. Espèce de gomme ou résine. C'est la gomme du lierre , qui en Franqois a conservé son nom Latin. On l’estime propre à la guérison des plaies. On l’emploïe auffi aux dépilatoires pour faire tomber le poil. ê HEDYPNOIS, f m. £Hedypnóis.~i Plante dont la feuille ressemble à celle de la Chicorée sauvage. Elle est apéritive , détersive, vulnéraire. HE'E ! Sorte d’interjection qui sert a interroger & marquer de la colère & quelque chose d’aigre. ( Hée que dit-tu. ) HE'GIRJE , f. f. [ Epoca Arabica. ] Terme de Chronologie. L’hégire est l’époque dont se servent les Arabes & les Turcs pour compter. L’hégire des Arabes & des Turcs est fameuse. ) Voïez Calviput. f HEIDUQUES , f m. Gardes de Soldats que quelques Princes d’AÍemagne & du Nord entretiennent dans leurs cours. L'Empereur fur tout a une très-beíle garde d’Heiduques. Divers Seigneurs ou Ambassadeurs ont à leur fuite des Heiduques armez de grands sabres. HE'LAS. C Heu. j Sorte d’interjection propre à exprimer quelque mouvement de douleur. L ’h du mot hélas est muette. ( Belle Hermione : hélas ! puis-je être heureux fans vous. ) Voïez la Tragédie en musque de Cadmus U? d’Hermione, a. 5 .Jc. 1. HE'LAS, s. m. (Voilà un hélas bien passionné. Mol.) 0 ” Costar écrivant à Voiture , lui dit, que Prométhée parlant avec beaucoup de mépris de Jupiter, laissa échaper un hélât dans l’excès de fa douleur. Surquoi. Mercure lui dit : Ce Jupiter que tu mépriseJì fort, >:t cannois point te mot là. Costar ajouts ensuite eela me fait HEL faìt souvenir de Menandre , qui dit quelque part , qu’il croioit que les riches ne diíòient jamais béhu , & que ce mot ne sortoit jamais de leur bouche ; mais qu’ils’est désabusé. Pag. 170. des Entretiens. HE'LEINE, f f. [Helena.] Nom de femme. (La belle Héleine.) t HELIANTHEME, f m. [ Helianthemum. ] Plante qui est vulnéraire. HE'LIAQUE , adj. [ Heliacus. ] Terme à’Astronomie , qui se dit du léver d’un astre , lorsqu’il sort des raïons du soleil, Voïez Bi on , usage des globles. HE'LICE- Terme de Médecine. Circuit de l’oreille de l’homme. HE'LICE. Noni qu’on donne à la gfande ourse , parce qu’on la volt toujours tourner autour du pôle dans un petit cercle. HE'LICE, adj. & f. f. [Helice.'] Terme de Géométrie & d 'Architecture. C’est une ligne tracée en forme de vis autour d’un cilindre. Un escalier en hélice, est composé de marches gironnées , a tachées les unes fur les autres autour d’une colonne de bois ou de pierre. ) HE'LICON, f tn. [Hélicon .3 Terme dont se servent les Poètes. C,est un mont dans la Béotie près de Thé- bes, & non loin du Parnasse, où l’on dit qu’étoit le séjour d’Apollon & des Muses. Sur le haut hélicon leur veine méprisée. Fut toujours des neufsaurs la fable U la risée. Despr. HE'LIOSCOPE, s m. [ Helioscopium. ] Terme à’Optique. Lunette à longue vûë qui sert à observer le soleil. HE'LIOTROPE, s. m. ç Heliotropium. j Plante qu’on apelle ordinairement soleil ou tournesol. ( Le grand héliotrope. ) HE'LIOTROPE , s. m. Pierre prétieuse de couleur verdâtre, marquée de tâches de sang, qui étant jettée dans un vase rempli d’eau, rend des réverbérations lumineuses. Voïez le Mercure Indien. HELLE'BORE , ou ELLE'BORE , s. m. [ H elle- borus .] Plante qui pousse une petite tige, au haut de laquelle il y vient des fleurs blanchâtres, & cet hellébore s’apelle Yhellébore blanc , mais il y en a un autre qu’on nomme hellébore noir. Voïez les propriétez de l’hellébore dans Dalecbampi Voïez aussi , Ellébore. * HELLE'BORINE, f f. Plante dont les feuilles ressemblent à celle de l’Hellebore blanc. Elle est détersive & vulnéraire. HELLE'NISME , f m. [ Hellenifinus. 2 Phrase Grecque , qui exprime en Latin des choses qui ne se peuvent défendre par des régies de la construction. HELLE'NISTES , f. m. [ Hellénisa .] C’étoientdes Juifs Grecs qui habitoient l’Egypte & les autres lieux , où la langue Grecque étoit en usage. C’est d’eux que nous avons la version des septante. s§ HELLE'NISTES. Nous apollons ainsi ceux qui s’apliquent à la connoissance de la langue Grecque. II est fait mention dans quelques endroits des A étés des Apôtres, de certains Hellénistes: on trouve dans le troisième tome de Y Histoire de l'Académie Roia/e des inscriptions,un Mémoire de Mr.Fourmont,où il examine quels étoient ces Hellénistes. Scaliger a cru que les Hellénistes n’étoient que les Juifs d’AIexandrie. „ Heinsius donne „ ce nom à tous ceux qui parloient la langue ou le dia- „ lecte hellénistique , c’est-à-dire , celui des Septante „ qui ont traduit laBible.SelonSaumaise,lesHellénistes „ étoient des Prosélites Grecs ”. Mr. Simon a dit qu’il y avoit deux sortes de Juifs, les Hébreux, c’est-à-dire , les Chaldéens , & lés habitans de la Palestine , les Hellénistes , c’est-à-dire, ceux qui parloient Grec. Enfin Voisins a cru que le Juif étoit celui qui soufre i t avec peine la domination étrangère ; que l’Hellé- niste , au contraire, étoit celui qui s’étoit soùmis aux loix & aux mœurs des Grecs. Mr. Fourmont proposa à l’Académie un sentiment diférent : il dit que les Hellénistes du chapitre 6 . & 9. des Actes , étoient les Syriens , qui aïant été soumis par les Grecs, s’acommo- derent bien-tôt, de leurs mœurs & de leurs coutumes: les Hellénistes du chapitre 11. doivent être les Gentils auxquels la vision de S. Pierre permettoit de prêcher l’Evangile. Voïez le reste. HELLENISTIQUE'. [ Hellénisticus .] Langue qui étoit HEM 179 Elle étoit mêlée de en usage parmi les Juifs Grecs. l’Hébreu & du Syriaque. HEM- Interjection pour apeller. (Hem , hem.) HE MATITE , f. f. [Hématites.] Sorte de pierre ainsi nommée, ou parce qu’elle ressemble à du sang sec & caillé, ou parce qu’elle a la vertu d’étancher le sang. HE'MAT OSE , f f. Terme de Médecine. Action naturelle par laquelle le chile se convertit en sang. On l’Apelle autrement sanguification. HE'ME'ROCALE , s m. [ Liliumpurp-ureumma * jus.2 Sorte de fleur rouge, gris de lin , ou jaune. (L’hé- mérocale est belle, & même elle est bonne à plusieurs maux. Voïez Das. HEMICICLE,/ m. Demi-cercle. En Architecture, ce font des arcs , les voûtes en berceau , les cintres qui les forment. & HE'MICICLES. Ce font les deux demi-cercles qui forment les voûtes, & ce que les ouvriers apeilent arcs. pour former & construire un arc de pierre de taille, on divise l’hémicicle en tant de voussoirs qu’on veutpour- vû qu’ils soient en nombre impair, afin que les joints ne se trouvent pas dans le milieu de la vûute ou arc , mais qu’il y ait un voussoir dans le milieu , qui ferme & entretienne tous les autres., c’est pourquoi on l’a- pelle la clé de l’arc ou de la voûte. On nomme aussi bémicicle , le panneau , moule, ou cherche de bois, qui sert à bâtir & conduire les arcs. HE'MINE ifs [ lìemina. J Vaisseau servant de mésure chez les anciens. C’est la mésure de la portion du vin qu’on doit donner à chaque répas aux Religieux de l’Ordre de Saint Benoit. Le mot hémine est Grec , í/aiÇitïTov , c’est- à-dire , demisetìer. Festus a dit que l’hémine est ainsi nommée du Grec s/aicv , parce qu’elle est la moitié du setier, & Aulu-Gelle , lib. 5, cap. r4. a confirmé cette étimologie , qn disant , que si l’on a versé une hémine d’un setier il faut dire qu’on a versé un démi- setier , & non pas un setier divisé par la moitié , di - midium , non dimiatumsextarium. î HE'MINE, ou Emine. Grande mésure des grains, en usage en plusieurs endroits de France & des côtes de Barbarie. L’Hémine n’est pas une mésure élective, mais une espece de mésure de compte, ou un compose de plusieurs autres certaines mesures. HE'MIONITE, s s t Plante assez semblable à la langue du cerf , excepté que les feuilles ont deux grandes oreilles à leur base. Elle est propre aux obstructions & aux maladies de la rate. HE’MISPHE'RE , f m. [ llemistherium. J Ce mot est Grec , & il signifie demi globe divisé par un plan qui passe au centre. Moitié du monde. Moitié du globe , ou de la mapemonde. ( Hémisphère supérieur ou visible. Hémisphère inférieur.) HEMISTICHE ,s m. [ Hemisticbw. ] II vient du Grec. L’Hémistiche est un demi vers Franqois Alexandrin , ou commun. ( U< bel hémistiche. Que toujours dans vos vers le sens coupant les mots , Suspende /'hémistiche, en marque le repos. Despr.) HE'MOPTISIE , f f- Crachement de sang causé par la rupture de quelque vaisseau du poumon , accompagné de toux & d’un sentiment de pesanteur sur la poitrine. HE’MORRAGIE, aimorragie , ou émorragie , f f. [ Hemorragia. j Ce mot vient du Grec, & tous les sa- vans vêulent qu’on écrive hémorragie. Perte de sang par le nez. (Provoquer l’hémorragie pour guérir le mal de tête. HEMORRHOÏDAL ,adj. [ Héniorrkoïdales .2 Epithète qui se donne aux altères & aux veines de l’intestin reCtum & du fondement dans lesquelles coule le sang qui cause Ihémorroïdes. HE'MORRHOïDALE, f f Nom qu’on donne à une petite plante appellée lapetite chélidoine. HE'MORRHOiDES , f f. [Hœmorrboideï.] II vient du Grec , & n’a point de singulier. Ce font des tumeurs rondes aux extrémitez des veines qui sont autour du fondement remplies de sang mélancolique. (Les hémorrhoïdes viennent d’un sang grossier , mélancolique & échaufé, Les hémorrhoïdes fluent, ou coulent. Etre tourmenté des hémorrhoïdes. On dit en phrase proverbiale, en parlant des hémorrhoïdes; quand on a les hémorrhoïdes, on est à plaindre ; quand on ne les Z * a pas îgo HER a pas, on doit craindre.) On dit, des veines hemorroï- dales intérieures & extérieures, Aphquer des sanlues pour décharger les hémorroïdes. XT , HE'MORRHOïS , s tn. [ Hémorrbóìs ] îvom qu on donne à une eipece de serpent qui a deux cornes au front Ceux qu’il a mordus, perdent tout leur íang en un jour par la bouche , par le nez , & par toutes les plaies du corps qu’il fait r’ouvrir, II y en a de deux fortes. La femelle est çlus dangereuse que le mâle.) HE'MOARHOISSE , s. s. [ Hemorrhoidibw laborans .] Femme qui a une perte de sang depuis long-tems. (jefus-Chriit guérit l’hémorrhoiffe. Port-Royal, n. Tejì .) HENDE'CASILABE,mf/. [ Hendecasyllabm. ) Qui se prend souvent comme unsubst. Ce mot est Grée , & signifie qui est de onze silabes. II se dit des vers. VAbé de Maroles , rem.J'urla 43 . pièce de Catulle , dit que les hendécafiìabes font des vers propres à faire des Satires. Catulle est le Poëte Latin le plus fameux en matière d’hendécasilabes. ( Vos hendécaíìlabes font doux & charmans. Les grâces quej’ai trouvées dans vos hen- décaiilabes chatouilleraient famé la plus ennemie des vers & de la musiqu e.BahacJettr. choisies z.p.l.i.lett.6.) HE'NECHEN , f Herbe qui croît aux Indes occidentales dans le territoire de Panama, quia des feuilles semblables au chardon , & dont les Sauvages font du fil. HENNIR, hennissement. Volez la colonne HAN. HENRI , f »r. [Henricm.J Ce mot aspire son b, & est un nom d’homme. ( La vie de Henri le grand a été faite par Mézerai, sous le nom de Air. de Pérefixe.) HENRIETTE , f. f. [ Henrica. ] Nom de femme. L’h de Henriette s’afpire. Cependant Molière a fait 1 ’h de Henriette muette , mais il est repris par quelques-uns. (Oui son cœur est épris des grâces d’Henriette. Volez Femmes savantes , a. 2. Jc. 5. ) La première femme de Monsieur le Duc d’Orleans s’apelloit Henriette , fille de Charles I. Roi d’Angleterre. II y a un petit Roman intitulé, Henriette Sylvie de Molière. HEPATIQUE, /• /• ÍRanrnculm. ] Plante qui fleurit blanche, violette ou rouge. II y a une hépatique limple. 4 = HE'PATIQUE. Especc de mousse qui est détersive & aperitive. On s’en sert pour les maladies du foie, de la rate , & pour la gratelle, prise en décoction. HE'PATIQUE, ou épatique, adj. [Hepaticus.2 Terme d eMedecin. Qui vient du foie, qui est causé par le foie, qui regarde le foie, qui est bon pour le foie. (Rameau hépatique. Roh. Pbif. Flux épatique. Rémede épatique. Tisane hépatique.) H On apelle Aloès hépatique , une Drogue Médicinale qu’on tire des Indes Orientales. HETATITE , f f. c Hépatites. ] Pierre prétieuse, ainsi nommée , parce qu’elle a la couleur du foie. f HËPATUS ,f m. Gros poisson de mer. Von foie est résolutif. HEPTAGONE, adj. [Heptagonus .] Terme de Géométrie^ qui est Grec, & qui se dit d’une figure qui a sept còtez & sept angles. (Figure heptagone.) Décrire un heptagone.) HEPTAGONE , [ Heptagonum. ] En termes de Fortification , c’est une Place fortifiée de sept bastions. (C’est un heptagone irrégulier,) HEPTAME'RON, f m. Ouvrage de Marguerite de Valois sœur de Franqois I. Reine de Navare , qui contient sept journées , ou huit, & qui fait FHistoire des amans heureux. HE'RACLE'ONITES , f. m. Anciens hérétiques du parti des Gnostiques, & qui avoient pour chef Hé- racíéon , dont parie Origéne. HERALDIQUE , adj. [Scutariusd] Qui regarde le héraut: qui apartient au héraut: Qui regarde les armes &les blasons des personnes de qualité. (Ainsi on dit, la sience héraldique , pour dire, le Blason.) HERAUT , s m. [Fecialis caduceator .2 Prononce c ■ n 11 0 . er d’un Prince souverain, qui lo qu il tait la fonctron de fa charge , est revêtu d’un h< queton, ou d une cote d’armes ; qui fait de la parte íon Prince les défis publics , déclare la guerre , publ la paix , & assiste aux grandes cérémonies. (On envo un héraut pour sommer les habitans de se rendre Vau Ouiat. Cttrce , l. ,. cb. 1. Le héraut faisoit les défis pi bhes , les trêves & les traitez de paix, & annonçoiM HER tournois. Abé de choisi , bis. de Phil. de Valois. jQf On peut dire que depuis que les hommes ont commencé de se faire la guerre, il y a eu des Hérauts, tels , ou à peu près semblables à ceux qui portent ce nom aujourd’hui, & qui en font les fonctions. Les Hébreux , les Grecs, les Romains, ont eu des Hérauts fous des noms diférens.On volt dans le Deuteronome, cb. 20. n. 10. n. 12. que la Loi défendoit aux prémiers, d’ata- quer une ville fans lui avoir prémiérement ofert la paix; & cette ofre ne pouvoit être faite que par des personnes qui avoient un caractère de représentation. Les Hérauts, chez les Grecs , jouissaient du privilège du droit des gens; & c’étoit un crime de leze-Majesté, que de les insulter dans leurs fonctions. L’enlevement du Héraut de Philippe , fut une des causes de lá rupture de la paix qu’il avoit jurée avec les Athéniens. Paufanias, in Atticis, raporte que l’on rencontrait dans le chemin d’Eleusine à Athènes , le tombeau d’Anthémocrite, que les Mégariens avoient fait mourir lors qu’il Faisoit la fonction de Héraut des Athéniens : L’iliade & l’Odissée nous fournissent plusieurs exemples des Hérauts & de leurs fonctions parmi les Grecs : & quant aux Latins, Varron nous aprend qu’ils dénonçaient toujours la guerre par des personnes qu’ils apeiloient/ecza/er, avant que de l’entreprendre. Ceux qui ont quelque con- naissance de l’Histoire Romaine , savent assez tout ce qui peut concerner les Hérauts, fans qu’il soit nécessaire que je les instruisse d’avantage fur ce point d’antiquité ; je m’ecarterois même beaucoup de mon chemin , &je croi qu’il est plus à propos que j’explique en peu de mots l’état & les fonctions des Hérauts, suivant nos u- sages & nos principes , & je ne puis prendre un meilleur guide que le Président Fauchet, qui en a fait un chapitre particulier. II croît que le mot Héraut dérive de l’Aleman ; car,, beral signifie vieil guerrier ; & „ il me souvient ( dit-ií ) avoir oui nommer ait franc, ,, les vieilles Eglises bâties en ce pais par nos an- ,, ciens Rois. Autres disent Fern/rï, c’est-à-dire, íèr- „ gent d’armes ; car bere signifie camp ”. Voïez Mr. du Cange U Spelman , au mot, heraìdus. On voit par les anciens Romans , ainsi que par FHistoire des Rois qui ont précédé Saint Louis, que les Hérauts étoient peu estimez, & qu’on les regardait comme des messagers dont ont fe fervoit en toutes sortes d’oeafions. Les Hérauts eurent un démêlé avec les Trouverres & Chan- terres ; & pour établir leur ancienneté & leur dignité, ils produisirent un ancien titre , par lequel l’Empereur Charlemagne leur acordoit des privilèges & des droits excessifs: mais Fauchet a rémarqué que ce titre finissant par ces mots , laquelle peine nous réservons à Nom à ms JucceJjeurs Rois des Romains , on en voitd’abord la fausseté , parce que Charlemagne prenoit toujours la qualité d’Empereur des Romains , & non celle de Roi des Romains. Les Hérauts étoient divisez en Rois d’armes , Hérauts & Pourfuivans. Le prémier & le plus ancien étoit appelle Roi d’armes ; les autres étoient simplement nommez Flérauts\ík l’on donnoit le nom de Poursuivant aux derniers reçus, comme n’étant point encore admis. Us avoient tous des noms particuliers qui les distinguoient;ainsi Mont-joie S.Denis, est afectéau Roi d’armes ; & les autres portent le titre de Plusieurs provinces , comme de Guienne, de Bourgogne, de Bretagne ; & tous portent également fur Fépaule gauche, un écu des armoiries de leur maître , & la robe de leur livrée. L’état des Hérauts a été autrefois fort éclatant ; ,, il n’étoit possédé que par des nobles : mais il ,, a été abatardipar aucuns qui y font entrez, indignes „ de telle charge , & le peu de compte que les Rois & ,, Princes en ont fait, principalement depuis la mort „ du Roi Henri II. quand , à l’ocasioii des troubles, ,, la plûpart des cérémonies anciennes furent mépri- „ fées, par faute d’en entendre les origines ”. Tous les Grands Seigneurs avoient autrefois des Hérauts, dont ils fe fervoient dans toutes les o casions de fêtes , de mariages, de défis, & de négociations, (/imposition du nom , que l’on apelloit batême, se faisoit par le renversement d’une coupe de vin fur la tête du Poursuivant la Roïauté d’armes & de Hérauts , &on lui donnoit le nom qui devoit le distinguer des autres. Voilà une idée genérale de l’ancien état des Hérauts : On peut apren- dre de Favin , dans son Théâtre d’bonneur , quelque chose de plus , & quel est l’état présent de ces mêmes Hérauts. II remarque d’abord , que ,, le Héraut Roi ,, d’armes porte la cotte de velours violet, avec l’écu „ de France couronné & entour® des deux Ordres de France 91 HER j, France sur les quatre endroits de fa cotte d’armes : „ les autres Hérauts ne portent simplement que trois „ Fleurs-de-lys d’or aux émaux de France , qui est „ le velours violet ; & furies demi-manches , les ar~ ,, mes & le nom de la Province ou Duché dont ils sont „ Hérauts j le Roi d’armes aïant le nom de la Pro vince „ écrit en lettre d'or sor les manches de fa cotte 11 „ remarque ensuite, qu’il faloit autrefois être noble de trois races, tant de l’estoc paternel , que du côté „ maternel, pour être reçû Mont-joie”. 11 fait ensuite un long détail des fonctions & des emplois des Hérauts, & ìl décrit particulièrement le batême du Héraut , dont Fauchet n’a parlé qu’en passant. Mr. Du (lange a inféré dans son Glossaire, sous le mot heraldits , un ancien manuscrit, où l’on voit la réception du Roi d’armes du titre de Mont-joie : les Valets de chambre du Roi dévoient le revêtir d’habits roïaux, comme le Roi même : le Connétable & les Maréchaux de France dévoient l’aler prendre pour le mener à la Messe du Roi , acompagnez de plusieurs Chevaliers & Fessiers : les Poursoivans & les Hérauts marchoient devant lui deux à deux : un Chevalier devoit porter l’épée avec laquelle on le faisoit Chevalier : un autre portoit sor une lance la cotte d’armes : & un autre la couronne de Police de Roi d’armes. Je finis cet article, en remarquant que les Hérauts jouissent , comme les Ambassadeurs, de tous les privilèges du droit des gens, quand ils font connoitre leurs qualitez & leurs pouvoirs ; & julques-là , ils sont traitez comme simples particuliers. On raconte, qu’en iss"- Marie, Reine dAngleterre, envola déclarer la guerre à Henri II. Roi de France, par Norice son Héraut, lequel étant entré dans le Royaume fans fe faire connoitre , & lans passeport de fa Maîtresse , il fût arrêté , & le Connétable de Mont- jmorenci lui dit qu’il méritoitbien qu’on le fît pendre. * HE'RAUT. Ce mot fe rencontre dans un sens qui tient du figuré. ( Exemple. Je fuis le médecin de Parue & le héraut de la liberté & de la vérité. Abl. Luc. dialogue des Philosophes a l’encan s c’est-à-dire, je guéris les hommes de leurs passions vicieuses , & je fais une .profession ouverte d’être libre , sincère & véritable, & en un mot de faire la nique à la contrainte & de me moquer de tout.) HERBAGE, st m. [ Herba pratensis , oins. ] Herbes. (Méner à l’herbage. God. Poést Us sont devenus semblables aux herbages que les troupeaux paissent. Port-Royal , IJ’aie ch. 37.) ch HERBAGE, fe dit aussi de toute sorte d’herbes, (Vivre d’Herbages , fe nourir d’herbages.) (J" Nos Coutumes reconnoissent deux sortes d’herbages , dont l’un est vif herbage , & l’autre , mort ■herbage s on peut voir la disposition des Coutumes qui -ont introduit le droit d’herbage. H HERBAGES. Vieux filets que les Corailleurs ou Pê- -cheurs de corail du Bastion de France, défont & échar- pient pour attacher aux chevrons avec lesquels ils arrachent le corail du fond de la mer. HERBE , f. f [ Herba .] Toute plante qui n’a point de tige, qui fait feuille & que la terre produit, ou d’elle- même, ou quand elle est cultivée. (De la bonneherbe. Mettre un cheval à l’herbe. Cueillir des herbes.) f Etre cocu en herbe. [ Ante tempus ejfe currucam. J .C’est - à - dire , être un petit commencement de cocu. ( Etre taillé pour être un jour un Maître cocu.) f Manger son bien en herbe. ['Depafeere rem suant ante tempus.] C’est manger & consumer ses revenus avant le tems. J * Couper l’herbe feus les piez à quelcun. [Altquem supplantant] C’est le supplanter, & le priver d’un avantage qu’il avoit espéré. II a empldié toutes les herbes de la saint Jean pour guérir son mal. [Remédia omnia adhibuit.] C’est-à-dire, il a cherché toutes sortes de moïens. HERBE simple, dont sc servent les Médecins dans les .maladies. ( 11 y a l’herbe de l’Ambassadeur , c’est la nicotiane. L’herbe des Charpentiers qui arrête le sang, autrement mille feuilles. L’herbe aux chats. L’herbe de •citron , c’est la mélisse. L’herbe aux cuilliers. L’herbe jaune ou gaude. L’herbe au lait. L’herbe de musc. L’herbe Paris. L’herbe aux perles, autrement grémil. L’herbe aux poux. L’herbe aux puces. L’herbe de saint Jean , de saint Pierre. L’herbe aux teigneux. L’herbe aux verrues , &c. Voie z Monsieur Tournesort.) _ f HERBES Potagerss , sont celles qui se cultivent HER ,8i dans les Jardins, & qui sont bonnes à manger. , í HERBES Médicinales , sont celles que les Médecins & les Apoticaires font entrer dans leurs remedes" , í HERBES vulnéraires , font celles qui prises intérieurement, ou apliquées en topiques , sont propresàla guérison desssilaïes. Les meilleures viennent de Suisse. í HERBES filées. On apelle ainsi une efpece d’étofe ou toile lustrée , que l’on fait aux Indes Orientales d un fil tiré de diverses sortes d’herbes. í HERBES de Joie. Les Anglois donnent ce nom à une efpece de chanvre qui croît fans culture à la Virginie. Cette herbe fe file comme le chanvre & le lin, d’Europe , mais le fil en est plus beau & plus lustré. On en fait des toiles & des étoles , qu’on apelle herbes de foie ; aussi bien que la plante. , f HERBES lâches. Etoles des Indes Orientales , moitié herbe & moitié coton. L’herbe dont on les fisc tique , fe rouit, fe bat & fe file, comme les orties dont on fait des toiles en France. í HERBE de Jean R Infant. [Herba Joannis Infan- th.] Plante de la nouvelle Espagne , dont les Feuilles ressemblent à l’ozeille. Elle est détersive , vulnéraire , digestive , astringente. F HERBE Lanugineuse. [Herba lanuginnsa.] Plante dont la racine est un bon remede pour le cours de ventre provenant du froid. f HERBE Mo/ucare. Plante qui croît aux Moluques. Sa seconde écorce & ses feuilles font vulnéraires. Elies guérissent les ulcérés. F HERBE Trientale. f Herba Trientalis. J Petite plante qui croît sor les Alpes. Eile est vulnéraire & astringente. O n s’cn sert extérieurement. HERBEILLER- [ Gramen carpere. ] Terme de Chajjé, qui fe dit du sanglier quand il broute l’herbe. HERBER, f. a. [Equino pefíori ellebori radicem al- ligare.) Terme de Maréchal. C’est mettre au milieu du poitral d’un c Rêvai qui a quelque mal de tête , ou quelque avant-cœur , un morceau de racine d’hellé- bore qui fait enfler & sopurer. (Herberun cheval.) F HERBER des cheveux. C’est les mettre sur l’herbe, pour les blanchir , & leur faire prendre une couleur autre que la naturelle. On apelle cheveux herbez , des cheveux châtains , que l’on a fait devenir blonds en les mettant fur l’herbe. f HERBETTE , f.s. [ Herbula. ] Mot burlesque, pour dire , l’herbe. (Guillot étendu fur l’herbette dor- moit. La Font. fables , /. 5. Au printems , on voit les moutons & les Bergéres couchez sor l’herbette. II ne fe dit guére qu’en Poésie , & en stile pastoral, Voiss qui gras fsi beau Me donnez Jans cesse Sur /’herbette épaisse Un plaisir nouveau. Deshoul. HERBIER ,s m. [Venter.] C’est le premier des ventricules du bœuf , & des autres animaux qui ruminent, où se reçoit l’herbe qu’ils paissent. HE'RBIE'RE , s. f. [Olitoria.] Celle qui va dans les jardins & dans les prêt , pour y cueillir des herbes pour les vaches, pour les lapins , &c. HERBORISER , arboriser , herbolifer , v. n, [Herba» ìnvestigare.] Ces trois mots fe disent, mais herboriser semble le plus sûr & le meilleur à bien des gens. C’est aler chercher dans la Campagne des herbes & des racines, pour s’en servir dans diverses maladies. HERBORISTE , arborijìe, herbolisie , J’, m. [Rota- nïeus.] C’est trois mots fe disent. Le peuple dit arbo- risie , quelques savans hommes disent herbo.'ijh , & d’autres, du sentiment desquels j’ose me mettre , disent herborise. L’herboriste est celui qui va chercher des herbes & des racines pour s’en servir dans les maladies. (Les modernes herboristes. Voïez Daléckamp, tome 1. histoire des plantos , /. 2. ch. 29. page 729. U 730.) L’Académiedit, herboriste & herboriser. f HERBORISTE , se dit aussi d’un homme qui con- noit les simples & leurs vertus. HERBU , herbui , adj. [ Herbofus , herbidus, ] Qui est garni d’herbes, )Pré herbu. Chemin herbu.) HERCE , st f [Catarafla-.] Vh s’afpire. La berce est une sorte de porte coulisse, d’où sortent en maniéré , de dents plusieurs morceaux de fers pointus. HERCE. [Cratespergamenarìa .JTermede Parchemi- nier. Sorte d’assez grand châssis avec des chevilles, sor Z ì lequel 182 HER lequel on étend le parchemin en casse pour le raturer. HERCE. [ Occatoria cratef.J Terme de Laboureur. Instrument de bois qui a plusieurs rangs de dents, du- quel les laboureurs se servent pour fendre les motes, pour les rompre & les casser. (3 11 y a deux fortes d’herces : 1 une est pofee aux portes des villes & des Forteresses : & l’autre sert au labourage ; on l’a fait passer fur le champ , après avoir été labouré, pour en òter les pierres & les cailloux , & pour rendre la surface du terrein égale. HERCE. [Claustra. ] Terme d’Architeêle. Barrière qu’on met devant les logis. Félibien . HERCE. f Tigilìa fibulata. ] Pièces de bois qui font dans les Eglises où l'on pose des chandeliers ou des cierges, quand on y veut mettre beaucoup de luminaires. HERCE. [Funis sustensorim.'] Terme de M arme. Corde qui sert à atacher les poulies aux lieux où l’on en a besoin. f HERCE' . adj. Terme de Blason. Unchateau bercé , est celui qu’on représente avec une berce. HERCEMENT , st m. [ Occatio ] L’action & la peine de hercer. HERCER, v.a. [Occare.~\ Terme d e Laboureur. Rompre & briser les motes d’un champ en faisant passer plusieurs fois la berce par les motes de ce champ. (Hercer un arpent de terre labourée. Champ bien ou mal bercé. HERCEUR , s m. [ Occatorst\ Celui qui berce quelque terre. (Un bon berceur.) HERCO-TECTONIQUE ,stf Terme de For- tìfication. Partie de l’Architecture militaire qui enseigne à travailler à la défense & à la munition. HE'RE. Voïez kaire. HE'RE'DITAIRE , adj. [ Hareditarim. ] Ce qui vient aux herbiers. Ce dont on hérite. Ce qui vient des pères & mères aux enfans, ou autres proches héritiers. ( Bien héréditaire. Le Roïaume de France est héréditaire, * La vertu est héréditaire dans la famille de Messieurs Bignon. ) On dit aulli adv. héréditairement. [Jure hareditario.J HE'RE'DITE' , s.s. [Hareditasst Terme de Palais , qui signifie héritage. Voïez héritage. II y a des Edits pour la confirmation d’hérédité.) HE'RE'DITE'. C’est l’universalité des ( biens, des droits & des charges d’une personne décédée ; c’est enfin le droit que peut avoir un héritier de recueillir les droits d’un défunt. L. 62.ff. de reg. Jur. En forte que l’héritier tient la place de celui qu’il représente. Une hérédité ne peut point être acceptée avec restriction de certaines choses e mort qui prit Helene de Bùijsi t>ont icy gift la moindre portion » C«r Pelle euji eu , à proportion fieses valeurs , un juste monument , Toute la terre éll’eust entierement Four fin cercueil, B? la grand’mér parente Hefust que pleurs, B? A clair firmament Luy euji Jèrvi ct une chapelle ardente. Nos anciens Poètes font pleins de ces hiperboìêá extravagantes : on les admiré autrefois : mais les gens de bon goût, & qui ont l’esprit réglé, ne peuvent soufrir les hiperboles. Tout ce qui est excessif, est vicieux ( dit le Pere Bouhours dans son Art de penser) jusqu’à la .vertu, qui cesse d’étre vertu , quand elle va aux extrémitez, & qù’elle ne garde point de mesures. Cependant l’hiperbole a été long-tems à la mode» Malherbe afectoit celle-ci : Qui sera Jl ridicule , Qui ne confesse qu Hercule Est moins Hercule que toi ? Et dans l’épitaphe dé M. le Duc d’Oriéaas : Plus Mars que Mars de la T trace. Mr. de Voiture a dit : 11 ejì de fâcheux entretien, Saturne est moins saturnien. jstr. Chevreau a remarqué dans ses œuvres mêlées, qtì$ P hiperbole est la favorite des jeunes gens , selon Aristote. È fittí encore cette remarque qui fak eonnottre IY2 HTP le penchant que nous avons pour l’hiperbole, quePIu- tarque après avoir dit que les choses incroyables Ion t toujours froides, il condamne Hegéíias, qui avoit dit dans son histoire , que le temple de Diane d Epbéjesut brûlé , parce que la Déesse de ce temple étoit^ absente, & qu'elle étoit alors ocupée à Vacoucbement TOlimpias, mère d'Alexandre. Mais en même tems, cet Auteur tombe dans la même faute, & n’est pas moins froid qu’Hégésias , en disant que la pensée de cet Historien étoit si froide , qu’c lie auroit pu. éteindre par fa froideur le feu de ce temple. HIPERBOLE , f f siliperbole.) Terme de Géométrie. C’est une figure décrite par la section d’un cône coupé par un plan qui n’est pas parallèle à l’un de fes côtez , mais qui s’en éloigne du côté de la base du cône. HIPERBOLIQUE, adj. [Hypexbolìcus.) Qui exagère ou diminue. (Discours hiperbolique. Maniéré de parler hiperbolique.) HIPERBOLIQUE , adj. [ Hyperbolicw.) Terme de Géométrie. Qui tient de l’hiperbole . (Une figure hiperbolique. Un miroir hiperbolique ; c’est-à-dire , taillé en hiperbole. Une ligne hiperbolique ne peut jamais toucher une ligne droite, qu’on nomme ajìmp- tote , quoi-qu’elle s’en aproche toujours.) HIPERBOLIQUEMENT, adv. [ Hyperbolìcè .] D’une manière hiperbolique. (Parler hiperboliquement de quelque chose. Abl. Luc.) HIPERCRITIQUE , f tn. [Nimiùm auflerus cen- for .] Ce mot vient du Grec, & il signifie un critique au souverain dégré, un homme qui est très-critique, & peut-être plus critique qu’il ne faut. (A nos Seigneurs Académiques , Nos Seigneurs les hipercritiques, Souverains arbitres des mots. Ménage, requête des Dictionnaires.) Un Poète anonime a fait depuis une parodie de cette requête de Ménage, & débite ainsi. (A vous nouveaux Académiques , Jmpertinens hipercritiques, Pauvres faiseurs d’avaMt-propos.) HIPERTIRON ,/• m. [Hyperthiron.) Table qu’on met aux portes doriques au dessus du chambranle en forme de frise. HIPE'THRE ' f m. [Hypatbron .] C’est, selon Vitruve , un édifice ou un portique à découvert ; comme étoient anciennement les temples qui n’avoient point de toit. HIPNOTIQUE, adj. IQuod fomnum parit.) Médicament dont on fe sert pour faire dormir. HIPOCAUSTE, f m. [Hypocauftum .] Lieu souterrain où il y avoit un fourneau qui servoit à échau- ier les bains chez les Grecs, Lies Romains. HIPOCISTE,/ m. [Hypocistk.) Petit rejetton qui naît environ le mois de May , fur le pié d’une espèce de cistus assez commun dans les pais chauds. C’est le nom du suc qui entre dans la composition de la théríaque, & de la plante dont on la tire. Cette plante n’est proprement que le rejetton d’une autre qu’on nomme Ladanum , & qui est une des deux espèces de Cistus. HIPOCONDREM.[^-,-á bile perdîtes.) Hipocon- driaque. (Cent fois la bête a vû l’homme hipocondre adorer le métal. DeJjir. fat. 8-) HIPOCONDRES , f m. [ Hypocondria. ] Mot Grec. Parties au dessous des dernières côtes, où font le foïe , la rate. (11 a les hipocondres durs, mous, &c. Maladie qui vient du vice des hipocondres. Mol.) HIPOCONDRIAQUE. [Cerritus.J Bizarre : fou : capricieux. (Maladie hipocondriaque. Deg. Mélancolie hipocondriaque. Mol. Pourceaugnac.) HIPOCRAS, f m. [Clare a , vinum aromatisés.) L’hipocras est un breuvage fait avec du vin , du sucre & de lacanelle. (L’hipocras est chaud & bon àl’estomac. Faire de l’excélent hipocras.) HIPOCRATEjJìîmj. [Hipocrates.) Célébré Médecin qul a dh fisprément d’un Médecin. (C’est un Hipocrate.) HIPOCRE'NE. Fleuve qui est fameux chés les Poetes. a prés ae i beheon chercher ton hipocréne. Benferade.) niPOCRISIE , /.’ f. [Ilypocrsis, simulât a p> II vient du Grec. L hipocrifie est une fausse dévr c’est faction trompeuse de la personne qui feint d« HIP ner une vie sage, & dévote. (Sa dévotion n’est qifhì- pocriíìe. L’hipocrisie est un hommage que le vice rend à la vertu. L’hipocrisie est aujourd’hui la vertu de toutes les Cours. U pastepour un Saint dans votre fantaisie, Tout son fait , croiez-moi , n’esi rien qu’ hipocrifie. Mol.) HIPOCRITE. [Hypocrita , pietatis simulator.) Ce mot est féminin lors-qu’on parle d’une femme, & masculin lors-qu’on parle d’un homme. (Un franc hipocrite, une franche hipocrite. Un méchant hipo- crite, une détestable hipocrite. Un dangereux, ou une dangereuse hipocrite. L’hipocrite ou ne croit pas en Dieu , ou fe moque de Dieu. Parlons plus obligean* ment, il fe moque de Dieu. La Bruyère. Laurent , dont le zélé feint PaJJ'e pour un vrai mérite , Croit Titre devenu Saint A force Titre hipocrite. Gomb. Poëf.) HIPOCRITE , adj. [Simulatus.) Qui tient de l’hipo* crite. Qui a de l’hipocrisie. (Charité hipocrite. Mol. 11 est extrêmement hipocrite. Sentiment hipocrite.) HIPODROME , f m. [Hypodromus.) Mot Grec qu’on a donné à une place de Constantinople ; où l’on faifoit des courses de chevaux. Pf Le mot J'çópwç signifie un chemin public, une place publique ; ùVot, un cheval. Voïez Mr. Du Cange. Les Latins prirent, dans la fuite , ie mot tsgó/Aoç, & le latinisèrent en dromus. Celui qui avoit le foin de tenir la place nette & dégagée, étoit nommé procurator àromi , comme on voit dans une inscription citée par Gruter , sol. 559. n. 5. veterp édition. HIPOGASTRE , s m. sVcntris pars infima, hy- pogastrum.) C’est la partie inférieure du bas ventre au-dessous du nombril. - HIPOGASTRIQUE, adj. [ Hypogastricus.) Epitéte qu’on donne à une artère qui fort de lartére iliaque interne, & qui fe distribué à la vessie, au rectum & aux parties génitales. 11 y a aussi une veine hypogastrique.) HIPOGRIFE ', ou bipocripbe , f. m. [HypogrL phus.) Mot qui vient du Grec, & qui veut dire, un animal en partie cheval & en partie grifon. Un cheval ailé, qui a des ailes comme un grifon. Mais cela est fabuleux. ( Oui, l’hipogrife est un oiseau fort laid. Tels palefrois font peur aux demoiselles. Scar. Poêf L’aîle gauche plia & ne pût soutenir le choc des hi- pogrifes. Abl. Luc. t. 2. H si. I. 1.) rïïPOLITE, f m. [ Hypolitus .] Nom d’homrae. (II y avoit un Hipolite fils d.e Thésée.) HIPOLITE, f. f. [ Hypolita .] Nom de femme. (Hipolite étoit Reine des Amazones.) HIPOMOCHLION, f m. [Hypomochlion .] Ter- me d e Mécanique. C’est le point qui lbùtient le lévier, & fur lequel il fait son éfort, soit quand on le baisse, soiî quand on l’éléve. Les ouvriers ì’apeììent orguèil. HIPOSTASE, f f [ Sedimentum.) Mot Grec. Terme de Médecin. Dépôt. Mare , ou épaisseur qu’on voit au fond des urines. Deg. HIPOSTASE. [tìypofasis.) Terme de Théologie. C’eíH -à-dire, substance, personalité. (Croire leshipostafes.) HIPOSTATIQUE , adj. [Hypostas s.) Terme de Théologie. (.Union hipostatique. God. Les Saints Pérès ont déclaré Nelson us hérétique, parce-qu’il nioit l’union du Verbe ave l’humanité sainte , & qu’il mettoit deux personnes en Jésus-Christ.) HIPOSTATIQUEMENT , adv. fHyposiaticè.) D’une maniéré hypostatique. t Le verbe s’eft uni hipostatique- ment à la nature humaine , & cependant il n’y a qu’u- ne personne en Jésus-Christ.) HIPOPOTAME ,f m. [ Hyppopotamm .) Ce moi est Grec. C’est un cheval marin. Voïez Marmol. TA- blanc. 1 . 1. c. 23. On dit que c’est un animal fort grand, quiestgris-brun & de la figure d’un cheval, qui se nou- rit dans le Niger & dans le Nil. f Sa graisse est émol- liente & nervale. Les Ethiopiens mangent fa chair. Voïez aussi la lettre C. de ce Dictionnaire fur le mot de cheval. HIPOTE'CAIREMENT , adv. [ Hyptbecario modo. ) Par une action hipotécaire. II est héritier hipotécaire- ment pour le tout.) HÌPOTE'NUSE r f f ÍHypotenusis, basis.) Mot Grec, qui signifie Jbûtendante. Terme de Géométrie , qui fe HIP se dît de la base d’un triangle , rectangle , & c’est îe côté opposé à sangle droit, & qui.le soutient. (Le quarté de shipoténuse est toujours égal aux quarrez des deux jambes d’un triangle rectangle pris ensemble.) . fiíPOTE'QyAÏRE, adj. [Hypotbccarim.~} Créan- eier hipotéquaire est celui dont le contrat est reconnu en Justice ou passé devant Notaires. Ce créancier est préféré au cbirographaire.) I IÍPOTE'QUE fi [Hypotbeca , pignus.'J Mot Grec. Terme de Palais. L’hipotéque est rengagement d’un bien. ( Avoir l’hipotéque fur une maison. Son hipotéque est fort bonne. Perdre son hipotéque.) òf HIPOTHE'QUE. Je ne crois point qu’il faille en retrancher la lettre b , qui en marque l’origine Gré- que. Les Romains ont inventé plusieurs moïens pour la sûreté des créanciers. On fit d’abord des ventes simulées d’un fond du débiteur : niais l’infidélité des créanciers abolir cet usage. On prit ensuite le parti de 1’engagement , par lequel on convenoit que le créancier joiiirôit des fruits d’un fond du débiteur, & en tiendroit compte fur les intérêts, & l’on donna à cette espèce de contrat le titre de Antichréfe , mot Grec qui signifie usage, jouissance réciproque; Car, par ce moïen , le débiteur joùissoit de i’argent qu’on lui avoit prêté ; & le créancier percevois les fruits du fond qu’on lui remettoit comme une espèce de nantissement. Mais l’expérience fit connoître les inconve- niens qui en naifloient , & la perte considérable que les débiteurs soufroient par la privation de la jouissance de leur fond : ou inventa l’hipothéque, qui est di- férente du gage, en ce que îe gage se faisoit par la tradition de la chose engagée, au lieu que l’hipothéque est aquife par la feule convention authentique. L. i. jfi. de pign. ali, L’action qui naît de cette convention , est réelle ; & quand il y a concours de diféren* tes hipothéques, elles sont réglées suivant leurs dates. 11 seroit à souhaiter que l’on rétablit l’ancienne jurisprudence , qui punissoit de ia peine du stellionat ceux qui contractoient une hipothéque sur un fond sans déclarer celles auxquelles il étoit déja assujéti : il n’y avoit pas tant de créanciers trompez par les débiteurs de mauvaise foi. II y a une hipothéque expresse, & une tacite qui résulte de la Loi & de l’équité. Le privilège prévaut à l’hipothéque, qui est éteinte par l’espace de dix années entre préfens, & de vingt entre absens. II ne fera peut-être pas inutile d’expli- quer ici ce que c’est que faction bipothécaire, & la déclaration d’hipothéque. On dirige faction bipothécaire contre celui qui l’a contractée , ou contre ceux qui le représentent. On agit en déclaration d’hipothéque contre les aquereurs & tiers possesseurs du fond hipothéqué. II y a cette diférence entre l’hipothé- que, & faction hypothécaire, que celui qui agit par hipothéque, peut d’abord exercer son action fur les héritages du débiteur, & par décret, suivant les Ordonnances des Criées , ou en faisant ordonner par le Juge du lieu, que tels & tels fonds demeurent adjugez au créancier pour une telle somme qui fera publiée en l’Audience , pour être les enchères reçûës, & le fond adjugé au dernier enchérisseur. Mais lors que l’on agit par action hipothécaire contre un tiers possesseur du fond hipothéqué , il faut faire déclarer ìe fond afecté & hipothéqué , & avant que de le faire vendre , le créancier doit discuter les biens de son débiteur , si le tiers aquereur le demande ; & en ce cas, ii doit avancer les fraix de la discussion, sauf à les re* peter. * HIPOTE'QXJE, fi. f. f Aqua arâens aromatica. ] C’est une composition de jus de cerise, de sucre , de clou & de candie que distribuent en gros les Vendeurs d’eau-de-vie de Paris , & que les Vendeuses d’eau-de- vie des coins des rués de Paris distribuent en détail dans de petites tasses à ceux qui en veulent. (Boire dë Thipotéque. Faites-moi pour un sou d’hipotéque. Don- nez-moi pour deux fous d’hipotéque.) * HIPOTE'QUE , fi f. [ Aromatïtes .] C’est aussi tme eau clairette rouge faite de cérifes , d’eau-de-vie , de sucre , & d’autres choses agréables que vendent les Limonadiers , & qu’ils apellent aussi Ratafia , & quelquefois Rarabi. (L’hipotéque est bonne & agréable.) HIPOTE'QUER, V. a. [Fundum oppignerare.'] Terme de Palais. C’est engager. (Hipotéquer son bien. Héritage hipotéqué. Son bien est hipotéque pour les dettes de son père.) HIPOTE'SE J-fi ÍHypttkeJÙJunoJttioJ Terme , HIS 139 d e Philosophie. L’hipotéfe veut dire , fiupofition. Examiner une hípotéfè. (Cette hipotéfe vous semble étrange. Patru , plaid. 3.) . On apelle hipotéfes en Astronomie, [Hipothéfir) les déférentes fupositions qu’on a silices touchant la situation des parties du monde. (Les plus fameuses hipo- tefes sont celles de Ptolomee , de Copernic , de Ticho- Brahé , de Defcartes , &c.) HIPOTE'TIQJJE, adj. [_Ripotbeticì 4 S.~\ Ce qu’on fu- pofe , .soit q.u il soit vrai, ou faux. (C’est une proposition hipotetique.) HIPOTE'TIQUEMENT , adv. [HipotbeticèJ Dune maniéré hipotetique. (Les choies de Physique ne ft prouvent qu’hipotétiquement.) HIPOTIPOSE ■,//. [Hypotbypo/ìs .3 Ce mot vient du Grec , & est un terme de Rhétorique. C’est une description vive L patétique de quelque chose. (11 y a de belles & de touchantes hipotipofes dans quelques oraisons de Cicéron. L’hipotipofe ferc à exciter les esprits ; mais il la faut taire à propos.) Les objets de nos pallions sont presque toujours préfens à f esprit. Nous croïons voir & entendre ceux à qui f amour nous atache ; ainsi , toutes les descriptions que nous faisons des choses que notre imagination préocupée nous présente, sont vives & touchantes ; elles sont apellées bypotypo - fies, parce qu’elles figurent les choses, & en forment une image qui tient lieu de la chose même ; & c’est ce que signifie ce mot grec Mypotypofie. HIPOTRACHE'LION , fi m. [ Coin pars infe* rior.J C’est ainsi que les Médecins apellent la partie inférieure du cou. HIPPOCENTAURE , fi m. ÍHippocenlaurus.J Monstre fabuleux que les Boètes feignent avoir été demi homme, & demi Dieu, f HIPPOLITUS , fi m. Pierre ordinairement grosse comme un œuf, jaune, qui fe trouve dans la vésicule du fiel du cheval. Elle est fudorifique. La dose est depuis un jufqu’à deux scrupules. HIPPOMANES 1 fi. m. [Hypomanes.] Venin célébré chez les Anciens qui entroit dans la composition des filtres amoureux. C’est aussi une plante. II y a f hippopbaez , l’hyppophajìum , l’bippofelinum, qui sont des noms de plantes. £ L’hippophaez est Un arbrisseau épineux qui croît dans la Murée près de la Mer. Les foulons s’en servent. $ HIPPURUS ,fi m. Poisson de mer qui a une figure a prêchante de la queue d’un cheval. 11 est apéritif. HIRONDELLE , hérondeBe, fi f. [ Hirtmdo J L’triage est pour hirondelle, L’hironcleíle est un oiseau de couleur noirâtre, avec une tache blanche sous la gorge, qui fait son nid dans les cheminées & sous le couvert des maisons, & qui a si bonne vûë qu’elle voit une mouche d’un demi quart de lieue. Bel. I. 7. c. 33. On dit que l’hirondelle est amie de l’homme , & la plus babillarde de tous les oiseaux. L’hirondelle, parmi les Anciens,, étoit fort célébré dans les présages, Comme /'hirondelle au prìntems, Mon berger revient tous les ms Me jurer un amour fidèle ; Mais que fies fier mens fimtfaux, Dès qttlen automne ilfient les vins nouveaux , ll fuit comme /'hirondelle. HIRONDELLE de mer. \_Pifick pennatus.'] Poisson qnì a des nageoires étendues semblables aux ailes de Phi* rondelle, avec une tête quarrée -, & tout ie corps couvert d’écaiiks dures & tachetées. , On apelle hirondelles ces espèces de Religieuses , qui pendant le Carême vont quêter pour les filles de S te» Claire. . . H * JJne hirondelle ne fait pas le prmtems ; prov. c’est-à-dire, qu’un seul exemple ne sufit pas pour prouver ; qu’on n’en peut tirer de conséquence. HISOPE ,fi m - ÍAyjfopumJ L’hitbpe est une sorte d’herbe odoriférante , chaude , sèche au troisième dégré. II y a de plusieurs espèces d’hisope. (Hisopô commune, bisopesauvage. VoiezDalécbamp. L’hisope cuit la pituite grossière & purge la poitrine & les poumons,) HISSER , à a. f Attollere .] Terme dé Mer. Hisser une vergue, c’est la faire monter au haut du mât. _ , t™ Tome ll B b HIS- 194 HIS HISTE'RTQUE, -» IHiJIerkmJ Terme de Mí- dedj2. Maladie à laquelle les femmes font sujetes , & qu on apelle autrement uud de mère. A pretent elles donnent à ce mal le nom de vapeurs. On a cru qu n venoit des vapeurs malignes qui s elevoient de la matrice. Mais comme les hommes qui font en quelques choses les vrais linges des femmes prétendent y être auflì sujets, les Médecins sc trouvent fort embaraísez fur la cause de ce mal.) HÍSTIODROMIË,/ /• [ Hifliodromia. ] C’est l’art de la Marine ou de la Navigation. HISTOIRE, f /. [ Historia .] C’est une narration continuée de choses vraies, grandes & publiques, écrite avec esprit, avec éloquence & avec jugement pour l’instruction des particuliers & des Princes, & pour le bien de la société civile. (La vérité & l’exactitude sont l’ame de l’IIistoire. Ecrire l’Histoire. Savoir l’his- toire. II y a de plusieurs sortes d’Histoires , la sacrée, la naturelle, la civile , la particulière, l’universcl- e, &c. Boileau qui dans ses vers pleins de sincérité, Jadis à tout son siécle a dit la vérité , Qui mit à tout blâmer son étude U sa. gloire , A pourtant de ce Roi parlé comme /'histoire. Despr.) f L’Histoire est l’école où il y a le plus à profiter pour les mœurs. Folard. f S’adonner à /' Histoire , c’est s’apliquer à l’étude de l’histoire ancienne & moderne. £ HISTOIRE , se dit de toutes sortes d’avantures particulières. ( C’est une plaisante Histoire. II nous a conté son Histoire. Je sai son histoire. L’histoire de ses amours est publique. Ce n’est pas une fable ; c’est une histoire ; c’est-à-dire, un fait, une avanture véritable. II repete toujours ses histoires , tout le inonde fait ses histoires par cœur. Cet homme est en- nuiant avec ses histoires. £ HISTOIRE, se dit quelquefois d’un discours fort long. (C’est toute une histoire, une longue histoire.) £ HISTOIRE , se dit dans le stile familier , pour di- ficultez , embarras, façons. (Voilà bien des histoires pour peu de chose.) Cefl une autre histoire , c’est- à-dire , c’est une autre chose , il ne s’agit pas de cela. HISTOIRE. [ Historia. ] Discours fur la nature de certaines choses, comme des poissons, des plantes. (Dalechamp a écrit l’histoire des plantes ; Joncton celle des animaux ; Bellon, l’histoire des oiseaux ; & Rondelet, celle des poissons.) HISTOIRE. [Tabelia argumentant.] Terme de Peintre. Tableau d’histoire. Tableaux qui représentent quelques histoires. (Peintre qui fait bien l’histoire.) HISTORIAL , ale. [ Historiens .] Qui contient quelque point d’Histoire. (Almanach historial.) HISTORIE', historiée , adj. [ Simulacris distinflut. ] Embéli de petites figures. (Chose bien historiée. En ce sens, on dit, historier, v. a. [ Ornare .] HISTORIEN ,f m. [Historiens.] L’historien est celui qui écrit l’histoire. II doit être exact , fidèle, éloquent, judicieux & d’un esprit grand , vaste & solide. t Les Historiens Grecs & les Historiens Latins font généralement estimez ; mais les Historiens François font louez de peu de personnes de bon sens. Ils n’ont ni art, ni langage qui soit conforme à la dignité de leurs matières. Un noble Vénitien a été l’Hi- storien de la République de Venise. L’AbéTalemant, préface fur l’hstoire de Nani. Tout Historien est menteur de bonne foi. Nicole , essais de morale.) H Peut-on rien imaginer de plus sottement crédule que la plupart des anciens Moines Historiens ? De quelle corruption de crédulité & de simplicité n’ont- ils pas inondé l’fliftoire? .... Des Esprits simples, sots & superstitieux prennent tous ces contes de vieilles pour des véritez indubitables. Les gens d’esprit rient de ces puerilitez. Polybe de Folard, Tom. IV. t HISTORIETTE, f f. [Historia fabularis.] Petite histoire mêlée de quelque peu de fiction. (Une historiette d’Amour.) HISTORIOGRAPHE , f. m. [Historia script or.] Celui qui écrit l’histoire. (Un fameux Historiographe.) H 1 STORIQJJE, adj. [ Historiens .] Qui est d’histoire, qui regarde 1 histoire , qui est propre à l’histoire. (Narration historique. Stile historique. On dit en Architecture , Colonne historique. f HISTORIQUE, se dit d’une chose qu’on assure qu on donne pour vraie. (Ce fait est historique. HOB f HISTORIQUE, un personnage historique, dans un poème , est celui qui est tiré de l’histoire. HISTORIQUEMENT, adv. [Hstoricogénéré.) D’une maniéré historique. (11 y a des gens qui racontent historiquement leurs réflexions comme des faits. Nicole, essais de morale.) HISTRION , f m. [Hstrio , ludio .] Farceur ob bouffon. Qui se dit des anciens personnages des comédies de Térence, Plante, &c. Acad. Fr.) f On le dit par mépris de toute forte de Comédiens. (On ne le volt qu’avec des histrions. On fe déshonoré à ne fréquenter que des histrions. HIVER, si m. [Hyems , bruma.] L’hiver est une des quatre faisons de Tannée la plus solide de toutes. C’est le tems que le soleil emploie à passer par les signes du Capricorne , du Verseau, & des Poissons. (Un froid hiver. La louange qui fut donnée Au repas de cette journée , Eut de quoi rendre bien contens U Eté, tAutomne [f le Printems. Pour /'hiver , toute l’assistance N’en dit mot même en Ja présence Quoi-qu’il eût fourni des ornions, Les trusts [st les champignons, Et la glace si nécessaire , Quand on veut faire bonne chère. Perrault.) * Vhiver de ta vie est ton second Printems. Main. Poés.) Façon de parler Poétique , pour dire, la vieiOeJse. * HIVER. [Annus.] Mot Poétique, pour dire, année. (Peu d’hivers viennent à bout de ces libertins. Comb. ép. I. ;. Ne veux-tu pas donner de beaux jours à mes derniers hivers. Main. Poés. Quand le fort t’a laissé compter cinquante hivers. Deshoul.) £ Fruits d’biver. Ce font les fruits qu’on mange pendant l’hiver, & qui ne font que dans cette saison. (Une poire d’hiver.) HIVERNAL , hivernale , adj. [Hyemalis.] Terme de Fleuriste. Qui est d’hiver. Qui vient d’hiver. (Cicla- men hivernal. Fleur hivernale. Marin , traité des fleurs. ) HIVERNER, v. ». [Hyemare.] Ce mot se dit en parlant de soldats, & signifie passer son quartier d’hiver en quelque lieu ; mais plusieurs croient qu’il commence à vieillir. (II dit qu’il tâcheroit d ’hiverner ailleurs. Sar. Prof. On diroit plûtot, il dit qu’i/ tâche- roit dépasser son quartier d.’hiver ailleurs.) H L’Académie admet ce terme en parlant des troupes. (Notre armée a hiverné en pais ennemi.) S'HIVERNER. [Vint hyemalem experiri .J S’exposer au froid pour s’y endurcir & s’y acoùtumer, en le rendant moins sensible. (Les femmes croient qu’il faut s’hiverner pour avoir le teint plus blanc & plus uni, Acad. Fr.) HIVORAHE , s. f. [ Prunus Brasiliada. ] Arbre du Brésil, qui ne porte du fruit que de quinze en quinze ans, & dont l’écorce a la même vertu que le gaïac. HO. [Hem.] Interjection propre à marquer quelque mouvement de l’esprit, quelque admiration , ou quelque surprise. (Ho, ho, dit le Pere, vous commencez à pénétrer, j’en fuis ravi. Pasc. I. 7. Ho, ho , qu’elle est égrillarde ! Mol.) HOBER. [Surgere.] L’h s’aspire. Vieux mot François , qui signifie bouger. (Ne hobez point de là.) HOBIN- [Equus tolutarius .] Espèce de cheval, dont le nom sc trouve dans Philipe de Comines. HOBO , f ni. [Hovus Indica . J Espèce de prunier des Indes Occidentales dans la nouvelle Grénade.) HOBREAU , f. m. [Pygargits.] Le hobreau est un oiseau de leurre, qui vole fort haut, qui prend ■ de petits oiseaux, qui a le bec bleu, les jambes & les doigts jaunes, qui est marqueté fous le ventre, qui a le dos & la queue noirâtres, les plumes de dessus les yeux, noires, & le haut de la tête entre noir & fauve. Bel. I. 2. c. 19. De tous les oiseaux de Fauconnerie, il n’y en a aucun qui soit moins gros que le hobreau & l’émérillon. Le hobreau fuit les Chasseurs, & tache d’atraper les aloùettes & autres petits oiseaux que les chiens font élever. Voïez le recueil des oiseaux de proie de G. B.) f L’A- HOI f L’Académie dit Haubereau, ou Hobereau, * HOBREAU , [Pauperculus nobiìis .J Alot burlesque & satirique , pour dire, un Gentilhomme de campagne. (C’est un méchant petit hobreau qui tranche du Grand Seigneur. De ma vie je ne l’ai trouvée si raisonnable , ni si bien coifée : malheur à tous les hobreaux qui la Verront. Richelet , recitiïl de lettres.) (f Je crois qu’il faut écrire baubercau , parce qu’il est le diminutif de bautber , grand Seigneur. Messieurs de l’Acadêmie ont mis dans leur Dictionnaire haubereau , ou hobreau : mais ils donnent la préférence à baubereau , & la raison le veut ainsi. HOC ,/ tu, L’h s’aspire. Le hoc est une sorte de jeu qu’on jolie à douze cartes lors-qu’on n’est que deux, & à quinze lors-qu’on est d’avantage. (Le Cardinal Ma- zarín aporta le hoc en France, & les François, à qui il l’avoit enseigné, y jouèrent bien mieux que lui.) HOC. [Folium luj'orium certuui.J Terme de Jeu de hoc. Carte qui est assistée & qu’on peut prendre. (Tous les Rois font hoc.) * HOC. £Quod alìcui esté] Mot burlesque, pour dire, qui est sûr, qui est assuré. Le Paradis vous est boc , pendez le Rosaire au croc.) HOÇA, / ní. Jeu qui vient de Catalogne. II est composé de trente points marquez de fuite fur une table , & il se joue avec trente petites boules, dans chacune desquelles on enferme un billet de parchemin où il y a un chifre. Quand on joué, on remué ces boules dans un sac , on en tire une dont on fait sortir le billet qu’on déplie aux yeux de tout le monde, pour voir ce qu’on perd , ou ce qu’on gagne. HOCHE,//. [Incisura.] Entaillure qu’on fait sur du bois pour y arrêter quelque chose. Voïez Coche. HOCHEMENT,/ m. [Capitisstuccejjìo.] L’b s’aspire. Mouvement dédaigneux de la tête, qui marque le mépris qu’on fait de la personne qui parle. (11 n’a répondu qu’avec un hochement de tête.) HOCHEPIE', / nt. L ’b s’aspire. Terme de Fauconnerie. Oiseau qu'on jette seul après le héron pour le faire monter. HOCHEPOT,/ tu. [Minutai.] L’b s’aspire. Hachis de beuf qu’on fait cuire dans un pot avec des marons , des navets , &c. On l’apelle aussi , sot pourri. HOCHE-QUEUE,/ m. [ MotacìUa .] Le hochequeue est un petit oiseau fort joli, qui a le bec noir & bien fait, qui est marqué de blanc & de noir, qui remué toujours la queuë, & qui vit trois ou quatre ans. A Paris, on apelle ce petit oiseau hochequeue , mais le plus souvent on l’apelle bergeronnette. ( Un hoche, queuë mâle. Un hochequeuë fémelle.) Voïez Qlìna. HOCHER, v. a. [Quatere , quajsare .J L'b de ce mot est aspirée , & il signifie remuer, branler. (Hocher la tête. Scar. Vous riez en hochant la tête. S. Amant. Hocher la bride à un cheval.) Figurément, c’est sonder les sentimens de quelcun. (On lui a fort hoché la bride fur ce point.) $ HOCHER le mors, hocher la bride à quelcun , signifie aussi effaïer de l’animer, de l’exciter à faire quelque chose. HOCHET,/ tn. [ Crepìtaculum .] Le hochet est d’ordinaire un morceau d’argent gros comme le petit doigt, & deux fois aussi grand, au bout duquel on enchâsse une dent d’ivoire ou de verre , qu’on garnit de trois ou de quatre petites sonnettes , & qu’on pend au cou d’un enfant au maillot pour le divertir & Pamufer. (Un beau hochet.) HODER, v- a. [Defatigare.] Vieux mot qui signifie lasser, fatiguer. HOïAU, / tu. [Aigu.] Le hoïau est un instrument de fer large & épais avec un manche de bois. (Un bon hoïau. Emmancher un hoïau.) Le hoïau sert aux vignerons & aux pionniers. ^OIR, / tn. [Hœres.] Terme de Valais , qui signifie héritier. Frustrer ses hoirs. On dit aussi, hoirie ,// [Hœreditas.] Succession, hérédité. (Hoirie jacente.) Cí HOIRIN. Terme de Mer. Ce mot est sinoni- me avec bouée & gaviteau , & ils signifient un signal dont on se sert pour faire connoïtre aux vaisseaux qui s’aprochent du port, qu’il y a dans cet endroit d autres vaisseaux fur leurs anchres , ou quil y a quelque ecusil caché fous les eaux : mais il y a pourtant cette diférence entre hoirin, bouée & gaviteau, que le HOL 195 cordage qui tient le tonneau vuide, lapîéce de bois, & ce que l’on amis pour sérvir de signal, estapellé hoi- rin : le tonneau , le bois , ou la branche d’un arbre , est la bouée , que l’on apelle gaviteau fur les côtes de Provence. HOLA, adv. Hem , hem tu , obe .] Le mot de hola aspire son h. On se sert du mot hola pour prier, ou pour commander d’agir plus doucement. (Hola, ne pressez pas tant. Mol.) On fait quelquefois ce mot substantif, comme le hola, quand il y a des gens qui fe battent. {Un Clerc , pour quinze Jbls , Jans craindre le hola. Peut aler au parterre ataquer Attila. Deípr .fat. 9.) HOLA. On fe sert de ce mot pour apeller. (Hola, ho, cocher, petit laquais. Mol.) HOLA. On fe sert de ce mot en voulant entrer dans un logis, & pour dire , qui est là. (Hola , n’y a-t’il personnne ici ? Mol.) HOLA, hola , adv. C’est assez. (Hola, hola, il faut avoir pitié des gens. Scar.) HOLA , / m. Ce mot fe dit en parlant de bruit & de quérelle , & veut dire, apaiser la querelle. Empêcher qu’on n’en vienne aux mains. (Mettre le hola. Ablanc.) HQLANDE, / / [Batavia.] La Holande est une des sept Comtez des Païs-Bas. En vain pour te louer ma Muse toujours prête, Vingt fois de la Hollande « tenté la conquête. Despr.) * HOLANDE. Ce mot entre Lingères est en usage, pour dire de la toile Holande. Mais dans ie monde ceux qui parlent bien , disent toile de Holande. (Cette Holande est très-bonne.) Holande , parmi les Faïan- ciers , veut dire aussi , porcelaine de Holande. {C’ejt de la vieille ou nouvelle Holande mais les gens qui ne font pas du métier, disent porcelaine de Holande, vieille ou nouvelle.) Monsieur Ménage prétend qu’ií faut dire toile d’Holande , & non pas de Holande , quoique l’b soit aspirée. A Batijle bolandée. On apelle ainsi dans le Commerce de toiles, une batiste plus forte & plus serrée que la batiste ordinaire. HOLANDER , v. a. f Calamum leviter ujìulare. ] Terme de Marchand Papetier. Qui se dit en parlant des plumes. C’est préparer la plume iors-qu’elle est arrachée de l’aile de Foie, & la passer par les cendres chaudes, pour ôter la graisse & l’humidìté du tuïau. (Holander une plume. Plume bien bolandée.) HOLANDOIS,/ m. [Lingua Batavica.] Prononcez Holcmdak. C’est le langage qu’on parle en Holande. (Le Holandois est très-doux & très-agréable dans la bouche des belles Holandoises qui le parlent bien. 4 = HQLANS,/ m. Espèce de batiste, qui se fa- brique en Flandres. î HOLER,/ tu. Monoïe de cuivre qui a cours en Alemagne, & qui vaut environ un denier de France. f HOLI,/ tu. Espèce de gomme ou de baume , que les Indiens de la nouvelle Espagne font entrer dans la composition de leur chocolat. Ils lui atribuenc la vertu de fortifier le cœur & d’arrêter le cours de ventre. HOLOCAUSTE,/ tu. &f. [Holocaustum.] Prononcez Qíocojïe. Mot Grec. Sacrifice. (Un saint holocauste. Am. Que le Seigneur rende vôtre holocauste parfait. Port-Royal , Psaumes, Ces saintes holocaustes, s’il en reste que’lque chose. Patru, plaid. 13, page 418. Vous n’êtes jamais plus aise que quand vous pouvez aler humer la fumée de quelque holocauste. Abl. Luc. Prométhée. ? Alors tu recevras /’holocauste enfumée, Et des bœufs consacrez !’odorante fumée Irasraper te s yeux.) t HOLOGRAFE, adj. [Holographum.] Ce mot est Grec , & un terme de Palais & de 'Notaires. J 1 signifie en parlant de testament holografe , qui est entièrement écrit & signé parle testateur, & qui est valable en France fans autres formalitez. HOLOMETRE, / tu. [Holmnetrum.] Instrumentée Mathématique , qui sert à prendre toutes sortes de mesures, tant fur la terre qu’au vol. II çst composé de trois régies mobiles. C’est Abel Tuilo qui en est l’inventeur. 4 Tome IL Bb» 196 HOM -r- HOLOSTEON,/ «- Poisson du Nil couvert d’un cuir dur & aprochant de 1 écaillé. 11 elt long d’environ un pié, de figure pentagone. ± hOI.OSTREUM. El'pece de plantin. Lette plante est deteríive, vulnéraire , astringente & coníolidante. + HOLOTHURIA- Ce font des corps informes marins qu’on a mis entre les espèces de Zeophites ou plantes. Ils sont résolutifs étant écrasez & apliquez. 0 " HOM- Nos Anciens difoient hom , pour homme; & nous disons aujourd’hui on pour àr. On dit, c’est homme dit. II y a lieu de croire que le mot bejson est composé de bis , deux fois, & de hom , homme, bejson deux hommes. HOMARD ,/ m. [ AJìacut . ] 0 toste écrevisse de mer. L’HOMBRE ,s m. [Hominis ludus.] Jeu de cartes, pris des Espagnols, qui se joue à 2, à), 4 & 5 Î iersonnes avec quarante cartes, après avoir ôté du jeu es huit, les neuf & les dix, & avoir donné à chaque joueur neuf cartes trois à trois & par ordre. L’hombrea été apellé ainsi du mot Espagnol homhre, qui signifie f homme, comme si l’on vouloit dire que ce jeu est si ex- célent qu’il mérite seul, entre tous les jeux, de porterie nom de l’homme. Les principaux triomphes de ce jeu s’apellent matadors, qui veut dire, meurtriers, dont les prémiers sont spadille, manille , baste ; &c. Les autres mots particuliers àl’hombre, ce sont la bête, la poule, respuesta, guano. (Puisfur une autre table avec un air ■plussombre, Elle va. méditer une vole au jeu d’hombre. Despr. ) HOMBRE , s. m. [Homo ludens.] Signifie aussi dans le jeu de l’hombre, celui qui fait jouer. On dit, à N. est l’hombre. Si l’hombre nomme une couleur pour l’autre, il ne doit pas se rétracter. Volez le livre du. jeu de l’hombre du Ch. de Méré. HOMELIE, f /• [ Homilia .] L’Homélie est une sorte d’instruction familière & chrétienne des Peres de l’Eglife. (Les Homélies de saint Chrisostome au peuple d’Antioche sont belles & bien traduites en Franqois. Le P. Séraphin Capucin a prêché d’cxcélentes Ho- mélies , mais je ne sçai s’il mérite tout l’éloge qu’en a fait Mr. de la Bruyère. Le tems des homélies n’est plus ; les Basiles & les Chrisostomes ne le raméne- roient pas. La Bruyère.) HOME'HES. Leqon du Bréviaire qu’on dit au troisième Nocturne. HOMER, f m. [HomerJ Mesure des Hébreux, qui contenoit la dixième partie d’un Epha, c’est-à- dire, 174. pouces cubiques. HOMICIDE, f m. [ Homicidium.] L’homicide est un meurtre. (Concévez , mes Pères, que pour être exemts d’homicide il faut agir par l'autorité de Dieu , & selon la justice de Dieu. Pasc. I. 14. J’ai communiqué les lettres de rémission qu’il a obtenues pour cet homicide. Patru, plaid. 4.) HOMICIDE, s. m. [Homicida.] Meurtrier. (Un vainqueur homicide. Racine, Iphigénie, a. 2. s. 1. Dieu défend d’être homicide. S. Cyran. The'ol. Etre homicide de soi-même. Corn. notes fur Vaugelas ; c’est- à-dire, fe tuer soi-même.) En stilefiguré, c’est ruiner sa santé. HOMICIDE, f. f- [HomicidaJ Ce mot marquant une fille ou une femme, est féminin. C’est celle qui tue ou qui fait mourir. (Tout l’Erébe entendit cette belle homicide. S’excuser au berger qui ne daigna loisir. Maucr. &la Font. ouvrages de Poésie & de Prose.) f HOMICIDE, adj II n’a guère d’usage que dans le stile soutenu. (Une main homicide, un complot homicide , un fer homicide , des regards homicides, des discours homicides.) HOMICIDER , v. a. [ Homicidium perpetr are.] Vieux mot, qui signifioit autrefois tuer un homme. HOMMAGE ,s m. [ Clientela.] II vient à’Homa- gium. L hommage est la soumission que le vassal fait à son Seigneur pour lui marquer qu’il est son homme, & pour lui jurer une entière fidélité. ( Hommage simple. Plein hommage. Faire hommage à son Sei- gneur. ) * HOMMAGE, lllonor , cuit m , comìtas.] Respect. Honnneur. Marques exterieures de soumission & HOM d’obéïssance. (Fleurs, alez rendre hommage au beau teint de Philis. Voie. PoêJ .’ Tous les beaux esprits lui rendent hommage. Voit. I. 35. L’hommage des cœurs est ce qu’elle aime. lift ses plaisirs les plias doux H’aler rendre Jouvent en Jan petit ramage uîfa maître je un ejpéce d’ hommage. Là Chapelle.) HOMMAGER. [Clientelarì muneri adfiricíus .] Qui doit hommage. (Cette Seigneurie a cent vassaux hom- magers qui en relèvent.) On dit aulsi , un domaine hommagé, des héritages hommagez. HOMMASSE, adj. [ Virago .J Ce mot se dit des femmes , & veut dire , qui tient de l’homme. (Cette fille est hommasse.) HOMME, f. m. [Homo.] L’homme est composé d’un corps & d’une ame raisonnable. (Seigneur, qu’est ce que l’homme pour être un objet de vos soins. Faire l’homme d’importance. Vous connoissez l’homme & là paresse. Molière. Homme de cœur: homme d’honneur : homme d’esprit. Un galant homme: homme bien pris dans fa taille : homme bien-fait, civil, honnête, sage, prudent, étourdi, rusé, fin, curieux , ambitieux, &c. L’homme est le plus malin & le plus perfide de tous les animaux. Voïez/ajà. tire de B... fur l’homme. Un grand homme d'Etat. Homme d’afaires. Homme de chambre.) 4 HOMME de guerre. C’est un homme qui a embrassé le parti des armes. (Un grand homme de guer- re. Amilcar , pere d’Annibal , a été un des plut grands hommes de guerre de {'Antiquité. 4 = HOMME d’Eglise. Celui qui a embrassé l’état ecclésiastique. (Un homme d’Eglife doit édifier par ses exemples autant que par ses discours. Un homme d’E- glisc sc rend méprisable, s’il oublie les bienséances de son état.) î HOMME de robe. C’est un Magistrat, un homme qui a une charge dans une Cour de Justice, qui fait observer les loix, & qui décide les diférens des sujets d’un Etat. On apelle aussi homme de robe, celui qui soit le barreau , un Avocat, &c. 0 HOMME de bien , & honnête homme, sont deux caractères diférens : l’un pratique les vertus chrétiennes : l’autre, les vertus civiles & mondaines. Mé- nandre a dit, qu’un honnête homme ne sçauroit jamais háir un homme de bien. Nos pères entendoient par homme de bien, celui qui joignoit la valeur à la probité. II est dit dans l’histoíre du Chevalier Bayard, ch. ;. que le Duc de Savoie commenda à unfien Escuyer de l’Escuyrie, en qui plus se soit, qu’il preint en sa garde le jeune Bayard, & que, à son opinion , serait un jour homme de bien. Un de nos Poètes a dit : En íset , peu de Rois comme Tite Font de la probité leur vertu favorite ; Et plus d’un Prince a cru qu’il ne lui manquait rien Quand il ne lui manquait que d’ètre homme de bien» Sanlecq.) Riche homme. Expression dont on fe scrvoit autrefois. Je fus (dit Joinville) toute la semaine à faire fe- fies N banquets aveques mon frere de Vauquelour, [f tous les riches hommes du pays qui là étoìent. C’est-à- dire , avec les Seigneurs & Barons du voisinage, Voïez la Note de Mr. du Cange fur cet endroit, pag. ;i. HOMME. [ Homo. ] Se prend pour le corps seul. Defcartes a fait un Traité de l’homme, où il explique la mécanique du corps humain. HOMME. [ Vir. j Signifie quelquefois l’homme seul, à l’exception de la femme. (La femme est un animal imparfait, qui ne requit fa perfection que d» l’homme.) HOMME vivant U mourant. [Clìens caducus.] C’est un homme que les gens de main morte sont obligez de fournir au Seigneur , afin que par fa mort le Seigneur puisse jouir des droits qui lui font aquis aux mutations. 0 La Coutume de Paris l’apelle vicaire, parce que c’est un possesseur fictif, qui tient la place du vassal, ou de l’emphitéote, lors que l’héritage ou le fief sont tombez en mainmorte : il doit faite tout ce que de- vroit faire un possesseur particulier, servir le fief, prêter la foi & hommage. Le Seigneur peut obliger les Communautez de représenter leur homme vivant & mourant dans un certain tems, ou de païer le droit acoútumé, On peu demander l’homme vivant S HOM mourant, & ^indemnité pour les rotures. Voïez Le Maître. Homme confisquant, que le Seigneur Haut- Justicier prétend avoir, quand il a droit de confiscation : plusieurs tiennent que les raainmortables ne peuvent pas se dispenser de le donner : mais du Moulin, art. ;i. n. 6;. soûtient hautement la négative. HOMME. [Pwí , sidejussorf] Terme de Palais, qui veut dire caution. (Vous m’a^ez pris pour homme.) HOMME d'a fuir es. £ Redemptor. ] C’est celui qui traite avec le Roi, du recouvrement de ses deniers. C’est aussi celui qui sollicite les procès de son maître. II y a un jeu de íhomme , qui est le même que celui de la bête. HOMME entre dans plusieurs phrases. Je ne fuis pas homme à vous mentir. [Non bs sum qui tibi mentiar. J 11 a tué son homme , C’est-à-dire, son adversaire, [Homìnem occidit.] Autant d’hommes, autant d’avis. f sfiffit homines, totidem sententiœ. j L’homme propose & Dieu dispose. [Magna sibipro- ponìt bomo , verùm aliter defiinat Deits. ] Tant vaut l’homme, tant vaut sa terre. [Qua.'k homo , talkprœ- Jìaturagerf] Face d’homme fait vertu; pour dire, que la présence du maître fait mieux travailler les ouvriers. [Immenjun laborant operarii ubi Dominai ad- ejìf\ On ne sqait quel homme vous étés ; c’est-à-dire , on ne connoìt ni votre humeur ni vos inclinations. [Nemo novit ingenium tuant. J Vous étés un homme plaisamment bâti. [S/c homo «.] Jamais cheval ni méchant homme n’amenda pour aler à Rome. [Ccelutn non animum mutant qui trans mare currunt .] ^ HOMME de sac U de corde. Un méchant homme , capable des actions les plus noires. HOMME. [Cliensf\ Ce mot , en parlant de fief, veut dire, vassal. (Le Seigneur féodal, faute d’homme, peut mettre en fa main le fief mouvant de lui.) Çfi HOMME. Ce terme n’a signifié , pendant longions , que l’un & l’autre sexe, aïant également l’u- fage de la raison qui les distinguoit des bêtes. Qnel- quefois homme marquoit le sexe masculin, seulement. Mais les hommes ont été, dans la fuite, distinguez entr’eux par des qualitez diférentes qu’ils prenoient en naissant, ou qu’ils aqueroient par des charges, ou par des emplois : mais ce fut principalement après rétablissement des fiefs, que l’on inventa plusieurs termes pour caractériser les hommes, dont la condition étoit devenue très-diférente entr’eux, ainsi ce n’est qu’apres sélection des fiefs, que l’on a apellé homme de fief, celui qui avoit reqû certains héritages, à la charge du service militaire & de quelques redevances : ce qui devint si commun , que homo, dans les Auteurs de la basse latinité, & homme dans nos Coutumes , signifient un vassal du prémier ordre. Nous lisons dans les Capitulasses de Charlemagne, liv. 3. tìt. iy. ces mots : Audìtum b chemin qualiter [fi Comités , [fi alii homines qui nofira bénéficia habere videntur, [fie. Mais pour éviter la confusion & l’équivoque , on a ajouté un adjectif qui en fait connoître la qualité , la profession , & les obligations aufquelles l’hom- me est soumis. Nos ancêtres ont connu six sortes d’hommes, i°. l’homme noble, 2°. l’homme roturier, 3°. l’homme éclésiastique, 4°. l’homme café, l’homme esclave, 6*. l’homme af anchi. Je ne m’ar- rêterai pas à examiner en détail toutes ces diférentes conditions de nos prémiers Franqois. J’examinerai seulement les noms que l’on a donnez dans la Jurisprudence féodale aux vassaux & aux simples emphi- teotes : par exemple , homme amoisfonné ; ce terme n’est connu que dans la province de Bresse, où l’on a- pelìe ainsi celui qui est obligé de moissonner pour son Seigneur ; ce qui est une véritable corvée. C’est une question dans cette province , si homme taìllable amois feae est taìllable, ou mainmortable. Le sentimentt de Rével, est, qu’il est libre, parce que la rigueur du mot taillahle qui emporte tout seul la mainmorte , est corrigée & adoucie par le terme amoisfonné , qui n’engage qu’à moissonner pendant quelques jours pour le Seigneur. Homme corvéable , qui est sujet à des corvées. Homme exploitable , C’est-à-dire , fur lequel le Seigneur a droit d’agir tant sor fa personne, que sur ses biens. Homme de corps. C’est dans la Coutume de Vitri. un homme qui ne peut point disposer ni de sa personne ni de ses biens , au préjudice de son Seigneur. 11 est dit dans 1 article 103. ,, Un homme de corps de mainmorte ne peut faire testa- ” me-nt de ce qui chet en mortemain , que jusqu’à HOM 197 ,, cinq fols tournois. „ F.t dans farticlé roq. de la même Coutume, que,, quand un vassal manumet son ,, homme de corps, il vient & retourne de ce même ,, fait au Roi en pareille condition qu’il étoit à son ,, Seigneur avant ladite manumission ”. Dans le« Etabliífemens de S. Louis, part. 2. ch. 31. homme de corps est sinonime avec taìllable & serf. Homme féodal ou homme de fief ; ces deux mots sont sinonimes. avec vassal. Parmi les preuves de l’Histoire de la Maison de Montmorenci, il y a à la page 219. un contrat de vente passé en 1462. par Antoine u’Oií- gnies, à Louis de Montmorenci pardevant un Notaire , & les hommes de fief du Duc de Bourgogne, qui sont tous qualifiez de Monsieur & de Chevalier , qualitez qui font connoître que homme de fies signifiait seulement un homme possédant un fief relevant d’un fief supérieur. Voïez Ragueau. Homme sortifiable. C’est ainsi qu’on nomme celui qui est obligé de contribuer aux fortifications des châteaux & des villes qui apartiennent an Seigneur Haut-Justicier. Cette obligation doit être fondée fur un titre certain, suivant la Loi 2. Co d. Ne rufiicani ad ulìum obsequium devocentur. Mais il est bien juste que le Seigneur donnant une retraite sûre dans son château à lés justiciables, en cas de guerres, ceux-ci contribuent aux fortifications qui seront nécessaires pour rendre l’azile plus assuré contre les incursions des ennemis, comme il est dit dans l’article 92. de l’ancienne Coutume de Brétagne, fur lequel Mr. d’Argentré a fait cette observation , que les hommes du Seigneur ne sont point obligez de contribuer aux réparations du château , ///'- Jì feudi lege expressâ, aut conventione. Alais à l’égard des villes & des bourgs, ceux qui les habitent, sont tenus de contribuer aux réparations qui peuvent lérvir à la sûreté des habitans , par la feule raison qu’ils habitent & profitent de la sûreté. Cette obligation dc contribuer aux fortifications du château, est apellée esìage dans les Coutumes d’Anjou, art. 134. & du Maine, art. 144. où l’on volt que le redevable doit travailler personnellement dans les fortifications qui consistent en quelques ouvrages seulement : car si le château est entièrement ruiné, ou dans une partie considérable , les sujets ne sont pas obligez d’y contribuer; l’état de leur fortune, qui souvent est très-mé- diocre , les en dispense. Homme de foi. Quelques Coûtumes apellentles vassaux, hommes de foi, comme celle de Brétagne, art. 294. U 662. dans lequel il est dit, que si le Seigneur faisoit injure à son homme de foi, comme de coucher avec fa femme, ou fa fille si elle n’etoit putain publique, ou le gueter en chemin pour lui faire un autre méfait, il perdrait son obéissance. Homme fiésé. C’est la même chose qu’hom- me de fief, dont plusieurs Coûtumes ont fait mention. Hommes francs , roturiers , ou mainmortables . Les prémiers sont libres : les seconds, sont oposez à l’homme noble : & le mainmortable est un homme serf, comme je l’expliquerai dans son lieu. Bons hommes. On donnait autrefois cette qualité aux bons habitans de la campagne , pour les distinguer des pauvres. Froissart, liv. 1. ch. 94. a dit : Si livrerent un assaut Jì dur [fis bien ordonné , les asfaillans chevaliers [fi es. cuyer’s , [fi même les bons hommes du pays , &c. Homme levant [fi couchant. Ces mots , levant [fi couchants signifient dans la Coûtume de Poitou, art. 34. un homme roturier qui habite dans i’étenduë de la Justice d’un Seigneur , & qui est encore apellé ejtuger. Homme lige. C’est celui qui tient en hommage lige, comme je l’ai expliqué sous le mot hommage. Rével a remarqué , dans son Traité des Statuts de Bresse , que dans la Province de Bugey, l’homme lige fait é- cheute de tous ses biens ; c’est-à-dire, qu’il est mainmortable. Homme profitable. C’est, selon la Coûtu- me de Bretagne, un homme dont le Seigneur tire dn profit. Homme de service. C’est celui qui est expres. sèment engagé à quelques services pour son Seigneur. Ce qui ne doit pas être apliqué au service militaire, parce que, selon la remarque de Ragueau , tous ceuX qui possèdent des fiefs , doivent naturellement ce service. Homme de faix. C’est un vassal, qui, selon Ragueau , est engagé par un serment particulier d’exécu- ter les articles de la paix que son Seigneur a faite. Homme mainmortable. Voïez mainmorte. Homme de plejure. Mr. de Boiffieu dans son Traité de l’usage des fiefs , ch. 73. a remarqué, que,, le fief de pleju» „ re est celui qui oblige le vassal d’être plege & cau- „ tien du Seigneur, à l’exemple dfs cliens de l’an- B b 3 «e*- >98 HOM ,, cliens de l’ancienne Rome, envers le Patron qui ,, étoit condamné à quelques sommes pour cauies pu- ,, bliques ou particulières : tels font les vassaux de ,, Normandie, qui font obligez de pleger leur Sei- „ gneur pour delivrer ses namps, c est-a-dire, ses „ biens saisis, jusques à la concurrence d’une annee „ de la rente qu’ils lui doivent par l’article 205. de „ la Coutume Homme retraiant. On apelle, dans Ja Province de Bresse , homme retraiant, celui qui a droit de retraite dans le château du Seigneur. Rével a remarqué que cet homme n’est point taillable. Homme taillable. Ce n’est point par raport à la Taille Roïale, ni même à la Taille aux quatre cas que les Coutumes apellent aides coutumières , que l’homme dont je veux parler, est apell è homme taillable. (C’est celui que le Seigneur féodal a droit de tailler toutes les fois, & comme il lui plaît, & que l’on apelle à miséricorde. Plusieurs Docteurs tiennent que la tailla- bilité & la mainmorte font la même chose ; c’est ce que j’examinerai dans son rang. Homme de suite. II y a des mainmortes personnelles qui suivent la personne, quelque part quelle se retire; & le Seigneur est en droit de la suivre par tout, & de recueillir les biens du mainmortable dans les cas où la mainmorte a lieu. La Coutume de Nivernois apelle homme de poursuite , celui qui est mainmortable personnellement. Homme vivant U mourant. Quelques Coutumes ajoutent U confiscant. Les Communautez & gens de mainmorte ne mourant jamais, les Seigneurs féodaux étoient privez des profits qui leur apartenoient en cas de mutations. Ils se plaignirent, & ils obtinrent, dans quelques Coutumes , que les gens de mainmorte leur païeroient une indemnité, qui leur seroit païée une fois seulement : mais outre que cette indemnité ne su- fifoit pas pour tenir lieu des lods, milods, reliefs Sc autres droits dont les Seigneurs étoient privez , & que d’ailleurs l’indemnité n’étoit pas en usage dans tout le Roïaume, on chercha des tempéramens pour satisfaire les Seigneurs. Les uns convinrent que de vingt en vingt ans, ou de trente en trente ans, l’on)païe- roit au Seigneur féodal une certaine somme, qui fut quelquefois fixée pour toujours, & souvent on la laissa indéterminée : ce qui causa, dans la fuite des tems, une contestation entre le Seigneur & les Cummunau- tez, parce que les fonds changent de valeur, & l’on ne sçait s’il faut régler la redevance par raport au tems où la communauté a commencé de posséder, ou eu é- gard à celui où la redevance est échùè. D’autres prirent le parti de l’homme vivant & mourant, que la Coutume d’Orleans apelle vicaire, parce qu’il représente la communauté , dont le sort dépend de la vie de cet homme : mais on trouve dans ce tempérament deux dificultez. La prémiére est, si la mort civile de l’homme vivant & mourant fait ouverture au lies : & les Arrêts ont décidé, que le Seigneur ne peut rien prétendre par la mort civile, & qu’il doit aten- dre la mort naturelle pour agir. Dufresne , lïv. ch. ; 1. Voïez Du PleJJìs , liv. 4. ch. 2. Baquet des nouveaux aquêts. On ne connoît plus l’homme confiscant. La seconde dificulté consiste à savoir fi le Seigneur est en droit d’obliger les mainmortables de donner un homme vivant & mourant, ou de païer une somme de vingt en vingt ans, ou de trente en trente, suivant l’usage : & l’on ne doute point qu’il ne le puisse. Mais le choix d’un homme vivant & mourant, ou d’une somme après vingt ou trente ans, est acordé aux mainmortables, & non aux Seigneurs, lesquels ne peuvent pas les obliger de vuider leurs mains des fiefs ou des héritages qu’ils possèdent, quand ils aqui- tent le droit d’amortissement. Au reste, nous n’avons plus d’homme vivant & confiscant ; les fautes font personnelles, & l’innocent ne doit pas soufrir pour le coupable. Mais fi le terme homme a plusieurs significations dans nôtre langue, le terme homo , en a de même plusieurs dans les auteurs de la basse latinité. Les bons hommes. [Minimi.J C’est-à-dire , les Minimes , a cause que Louis XI. apelloit ainsi leur Fondateur S. Franqois de Paule. Votez L’HiJioire de Lotm XI. Bon-Homme.' [ Vir probus. ] Ces mots ne se disai point en raillerie , veulent dire, un honnête homtm qui a de la vertu, & qui seroit bien marri de faii tort a qui que ce soit. Le mot de bon-homme , dat ce sens est tres-rare aujourd’hui, & Diogéne avec alterne auroit peins à en trouver en plein jour. HON Bon-homme. \_Hebes , Jiupidns.] Ces mots en riant ou en se moquant, marquent que celui dont on parle , est un bon simple, & qui n’a pas grand esprit. (II faut qu’il soit bon-homme pour croire tout le bien qu’on lui dit de lui.) HOMME'E ,s. f. [Diurna opéra."] Travail qu’un homme peut faire dans un jour, comme un Vigneron en cultivant les vignes, un faucheur, &c. Huit hommes font l’arpent de Paris*. HOMOCENTRIQUE , adj. r Homocentrìcm. ] II se dit de plusieurs cercles qui ont un même centre. HOMOCULE,/ m. [ 'Homuncio .) Petit homme. Terme de Médecine. Raimond Lulle fit un homocule dans un matras, en donnant à du Sperme qu’il j avoit mis , un certain dégré de chaleur. HOMOGE'NE, adj. [ Homogeneus.] Terme de Philosophie , qui veut dire, de semblable genre. (Matière homogène. Un sujet homogène.) HOMOLOGATION,// [ Confirmatìo .] Terme de Palais. Elle consiste à autoriser, à aprouverft ratifier. (L’homologation du contrat est faite dans les formes.) HOMOLOGUE, adj. [ Homologus .] Terme de Géométrie. On nomme cotez homologues, des figures semblables, ceux que l’on compare ensemble dans la proposition. Port-Royal. HOMOLOGUER,», a. [Publicà autoritateconfirma- re.] Terme de Palais. Autoriser. Aprouver. Ratifier, (Homologuer un contrat. Homologuer un acord fait entre les parties. HOMONIME , adj. [ Homonymm .] Terme de Logique. Qui est de même nom. De semblable nom. (Termes homonimes.) On dit aussi homonimie. Terme de Logique. HON, HON. [ Hem, ain, eho.] Interjection propre à marquer quelque mouvement de l’ame. ( Hon , hon, vous étés un méchant diable. Hon, hon , il a remis là à païer ses créanciers. Molière. Hon, que cela sent bon. 'Mol. cocu imaginaire.') HONGNETTE, / f. [Scalpellum acutum &qua- drilaterum. ] Ciseau pointu & quarté qui sert aux Sculpteurs en marbre. HONGRE, adj. St f. m. [Canterius equus .] L’k s’aspire. Le hongre est un cheval châtré. C’est un cheval hongre. (C’est un hongre.) f HONGRE,/ m. Monoïe d’or qui se fabrique en Hongrie, Sc qui vaut six livres de France. H HONGRE, est aussi une monoïe de compte, dont se servent les négocians de Hongrie pour tenir, leurs livres. HONGRELINE , / f. \_Sagulum.] Sorte d’habille- ment de femme , fait en maniéré de chemisette, qui a de grandes basques. HONORER, v. a. \Equum castrare.] Ce mot se dit en parlant de chevaux & de quelques autres bêtes. 11 veut dire , châtrer. ( Hongrer un cheval. Les Africains qui veulent avoir de bons chameaux, les hon- grent. Abl. Marm. t. r.) Point d’Hongrie , / m. \_AuLmm textum opéré hun- garico.] C’est une forte de tapisserie, faite par des ondes. í HONGRIE. On nomme aussi cuirs de Hongrie, de gros cuirs dont la maniéré de les fabriquer a été inventée par les Hongrois. t HONGRIEUR, / m. Celui qui fait ou qui vend des cuirs préparez à la façon de Hongrie. HONGROIS , Hongroise , adj. [Hungarus.] Qui est de Hongrie. (Le Peuple Hongrois. Langue Hongroise.) [Lingua Hungarica.) HONGROIS , / m. [ 'Hungari .) Les Peuples de Hongrie. (Les Hongrois font assez braves.) HONNêTE , adj. [ Honeftm .] Ce qui est souhaitable à cause de lui-même, & qui mérite de la louange. (La vertu est honnête.) HONNêTE, adj. [Comis, urbanm.] Qui a de l’hon- nêteté, de la civilité & de l’honneur. (L’honnéte homme est celui qui ne se pique de rien. Pasc. pens. C’est une fort honnête femme.) (§ Mr. de Bautru disoit, ,, qu’il est aussi dificile „ de passer pour honnête homme dès qu’on est gueux, ,, qu’il est aisé de l’être lors qu’on est riche. ” Ménag. $ HONNêTE homme. C’est aussi celui, qui outre l’honneur & la probité, a toutes les qualitez propres à le rendre agréable dans la société. (L’honnête homme renier- HON ferme toute sorte de bonnes qualitez. II réussira à devenir un fort honnête homme.) f HONNÊTE homme , se dit aussi par civilité d’un inconnu , qui paroît d’une condition honnête. (Un honnête homme demande à vous parier. Je suis venu avec un honnête homme , dont la compagnie m’a fait plaisir.) 4 = HONNêTE garçon. C’est un garqon bien né, bien élevé , qui a de la douceur & de la retenue. f HONNÊTE débauché. C'est un homme qui aime le plaisir, mais qui ne s’abandonne pas aux plus grands excez de la débauche , & qui conserve toujours le ca- ractére d’un honnête homme du monde. HONNÊTE. [ Urbanni , humâmes , pudictis . ] Ce mot fe dit des choses, & signifie, plein d’honneur. Galant. Qui marque de la conduite : qui est raisonnable : qui est fait avec jugement. n. (Horizon, finitor. J Terme de Géographie. L’horison est ce qui termine nôtre vûë, & qui sépare la partie du Ciel que nous votons, d’avec celle que nous ne voyons pas. ( Désigner l’horison d’uu lieu particulier. Horison sensible. Un jour que le soleil brillant sur /'horizon M’invitoit à dormir sur le tendre gazon í Poët. sans fard. ) ê HORISON , est aussi l’un des grands cercles qui coupe la sphere en deux parties, dont l’une s’apelle l’hémisphere supérieur, & l’autre l’hémisphere inférieur , & qui a pour pôles le zenit & le nadir. On dit dans cette acception, l’horison rational. HORIZONTAL , horisontale, adj. [Horizonti circulo ad libellam respondens.2 Terme de Géographie. Qui est parallèle à l’horison. ( Ligne horisontale. Cadran ho- risontal. ) HORISONTALEMENT , adv. [Relié ad horizontem.'J Dans une situation parallèle à l’horison. (II faut placer horisontalement le cadran. ) HORLOGE , f f. [ Horologium. 3 L’horloge est une sorte de machine composée de roues, dereso forts, de balancier & d’autres choses pour sonner les heures, ( Une bonne horloge. Souvent au dernier point l’on n’a pû parvenir . Que /horloge souvent avertit définir. villiers. ) HORLOGE. [ Horologium manuale. 3 Terme d’. loger. Petite montre que les gens qui ne sont pa metier apellent montre sonante. HORLOGE de sable , s. s (Horologium ex are? Petite machine de verre ou d’un côte il y a du f HOR qu’on laisse tomber dans l’autre vuide & qui mettant un certain espace de tems à passer, marque les heures , ou les demi-heures. Cette sorte d’horloge s’apelle ordinairement sable , fans lui ajouter le mot à’horloge. 11 y a des horloges pour un quart d’heu- re, pour une demi-heure , pour trois quarts & pour une heure, &c. HORLOGE d’eau. [ Clepsydra. 3 Elles ont été très- communes chez les Anciens. 11 y en avoit de plusieurs espèces dont Vitruve a parlé. Elles sont maintenant fort à la mode. Les meilleures se font à Sens. Ozanam en a donné un Traité dans ses Récréations Mathématiques. 11 a oublié le plus essentiel de la machine , car l’eau peut-elle passer d une vanne à une autre fans trou ? HORLOGER , horlogeur , s. m. s Faber automata- rim. 3 L’usage est pour horloger. C’est Partisan qui fait & vend de toutes sortes de montres sonantes, & non-sonantes, qui fait & racommode les horloges, & a soin de les bien faire aller. ( Un excélent Horloger. Cet Horloger superbe esi Fésroì du quartier , Et son courage esi peint sur son visage altier. Despr. HORLOGE'RE, s. f. [ Horologiorum opifick uxor. J La Femme de l’Horloger. (Une jolie Horlogère. Ce nouvel Adonis à la taille legére , Eli tunique souci d’Anne son Horlogère. Despr. ) HORLOGERIE , s. s. [ Ars horologiorum conficìen- dorum. ] Commerce , trafic , & métier d’horloger. ( L’Horlogerie n’est plus bonne comme autrefois. II n’y a que la Chirurgie & l’Horlogerie qui soient reçues au Levant. Poulet, rélation, ,. i. HORMIS- [ Prater. 3 Préposition qui régit l’a- cusatif, & qui signifie excepté. Capable de'teut faire, hormis une amitié. Celle qui vous ressemble, hormis qu’elle est moins belle. Volt. Poës ) Cs L’autorité de Mr. de Voiture, ni celle de Air. Delpreaux qui a dit dans fa satire ro. Honnis toi , tout chez toi rencontre un doux accueil , ne me fera pas approuver hormis, il me paroît fort vieux. Ne peut-on rien dire de ces deux toi, hormis toi, tout chez toi ? Je m’en raporte aux maîtres. HOROGRAPHIE , f /• [ Horographia. 3 II vient du Grec. Prononcez orographie. C’est l’art qui enseigne à faire des cadrans. L’horografie est belle & curieuse, & il faut de l’esprit & de l’étude pour y réussir. ) HOROLOGE. Nom que les Grecs donnent à un de leurs livres d’Ofice. HOROPTERE- Terme d 'Optique. Ligne droite tirée par le point, où les deux axes optiques concourent ensemble. HOROSCOPE. C Hora genitalis, 3 Ce mot est masculin & féminin, mais le plus souvent masculin. L’horoscope consiste à chercher le moment de la naissance d’une personne , & à voir sous quelle planette est née cette personne, pour lui prédire le bonheur & le malheur qui lui arrivera avec la durée de fa vie. ( Horoscope bien dressé. Vaug. rem. Qui que ce soit, Monsieur, qui soit femme ct Esope , II n’esi pas mal-aifé d’en tirer /'horoscope. Bours. Esope. ) £ * Faire l’horejcope d’une entreprise, d’une asaire, C’est prévoir, prédire quel en sera le succez. HORREUR , s s (Horror. 3 L’horreur, veut dire, aversion. Sainte horreur pour la personne du Cardinal. Mémoire de Mr, le Duc de laRochesoucaut. II est important de donner au monde de l’horreur de vos opinions. Pasc. I. 14. ) Horreur du vuide. HORREUR. [ Clades, ruina. 3 Désolation. Confusion. Désordre horrible & cruel. (Je traîne avec moi l’horreur & le carnage. Desmarais. En moins de rien tout fut rempli d’horreur & de sang. Vaug. Quint. I. f. c. II. ) HORREUR. [ Pavor, obscurités. 3 Obscurité profonde qui saisit & qui épouvente. (Perce la sainte horreur de ce livre divin. Despr. ) HORREUR. [ Tremor. 3 Simptome qui arrive aux fièvres intermjttantes, qui cause un tressaillement de tout le corps, HOR- HOS HORRIBLE. adj. £ Horrcndus. 3 Èpoiiveti- table. Qui fait horreur. ( Monstre horrible. Cri- me horrible. ) * HORRIBLE. [ Immenfus , infinitus. 3 Grand Excessif. ( Une horrible dépense, ì'aug. rem. ) 0 * Les mots horrible, éfroiaole, font souvent em- çloïez pour exprimer tout le contraire de leur signification naturelle. Voici la remarque de Mr. de Vauge- las fur l’ufage que l’on en doit faire : ,, Les épithètes, ■>■> horrible, éfroiable , & quelques autres semblables , ,, s’apliquent souvent en nôtre langue, aux choses „ bonnes & excélentes, quoî-qu’elles ne semblent ,, convenir qu’à celles qui semblent très-mauvaises & „ tres-pernicieuses. Par exemple , on dit tous les ,, jours, il a une mémoire éfroiable ; il fait une depense „ horrible ; II a une horrible grandeur , quand on par- „ lera d’une chose où la grandeur est louange, com- „ me d un palais, d’un parc, d’un jardin, d’une Eglise, „ &c. tant s’en faut que cette façon de parler soit „ mauvaise, ni qu’il la faille condamner, qu’au con- „ traire elle est èlegante, & a Cicéron même pour ga- „ rant, qui dit en l’une de ses lettres ad Attìcum , „ en parlant de César, horribiìi vìgìlantia,celeritate,dì- ,, ligentia. ^ II veut louer César, & il dit que sa vigilan- 55 ce i s a it vitesse, ou sa promptitude, sa diligence eji hor- „ rible.” L’Académie a aprouvé cette remarque, & a ajoute furieux & épouventable , pour signifier quelque chose d excessif : // a une épouventable démangeaison de parler, une furieuse envie de parler. 11 faut seulement prendre garde que ces adjectifs ne conviennent point a des substantifs d’une signification toute opofée. Mr. Chevreau n’a pas été de l’avis de Mr. de Vaugelas , & il a prétendu dans ses Observations fur Malherbe, que horrible & éfroiable font seulement sinonimes à redoutable ou terrible, & que Mr. de Vaugelas a mal traduit Cicéron. Mais l’usage & la décision de l’Académie doivent être nôrre régie sur ce point. HORRIBLEMENT , adv. [Horrendum ìn modum .] Afreulèment. Fort. Beaucoup. (11 est horriblement laid. 3 t HORS. s Pr.eter. 3 Cette préposition signifiant horsmU ne se dit d’ordinaire qu’en vers. (Nul n’aura de l’éfprit hors nous & nos amis. Mol. Hors cette ocalìon, il n’y a jamais eu de Loi qui ait permis de tuer. Pose. I. 14. Tout hors d’haleine enfin il entre aux Tailleries , Cherchant par tout matière à ses galanteries. Raynard. ) HORS. f Extra. 3 Préposition qui marque exclusion dans le propre. ( Hors de Paris il n’y a point de salut pour les honnêtes gens. Mol. * Je fuis hors de vos atteintes & propre à combatte vos erreurs. Pasc. I. 17. Chose hors de raison. Pose. I. ;. ) ; HO R S-d’auvre. \Fercula addiditias Petits ragoûts qu’on sert aux bonnes tables outre les entremets. (II n’oublie pas les hors d’œuvres. La Eruyére. Lièvres, perdreaux, faisans, ortolans délicats, Hors-cí œuvres, entremets paroijsent sur ses plats. ) t HORTOLAGE , fi m. Ce mot signifie les plantes, les légumes & les herbes potagères, qu’on cultive dans un jardin. M. de la Quintinie dit que le mot d ’hortolage est provincial, & il est bon de le croire. HORTOLAN. Votez Ortolan , comme récrit l’Académie. Cf HOSCHES- On trouve ce terme dans la Coutume de Nivernois, au titre du bordelage, & Coquille prétend que hojches , vient de l’ancien mot gaulois olea, dont Columella a fait mention, & signifie une terre, qui sert aux commoditez quotidiennes de la maison. Chiflet, dans son histoire de l’Abaïe de Fourmis, ra- porte une ancienne donation, p. ; 10. conçue en ces termes , scilicet in contaminik , in molendinis, olchis , HOSPICE, f. [ Hospitium .2 Lieu où l’on retire les étrangers. C’est aussi un petit Couvent que des Religieux bâtissent dans une ville pour y recevoir les étrangers du même ordre. ( Les Chartreux ont un hospice à Grenoble. ) HOSPITALIER, ère, adj. IHospmhsJ Celui qui reçoit & loge volontiers les pauvres « les palians. Cet homme est fort hospitalier. HOS Le s malade! âès-lors étant tels que les nôtres , Donnaient de l'exetcice au pauvre hospitalier. La Font. ) HOSPITALIE'RE , s.s ZHoJpita monialis .3 Ce mot, en général, veut dire, des Religieuses qui reçoivent & assistent les pauvres femmes, & filles malades , qu’on porte dans leur maison. II y a à Paris plusieurs sortes d’hospitaliéres : les unes s’apellent les hospitalières de la Chanté de Nôtre- Dame , & les autres les hospitalières de la Charité de Jésus. Les hospitalières de la Charité de Notre-Dame, ce sont des Religieuses de l’Ordre de S. François, qui portent l’habit de S. François avec le Scapulaire blanc à Phonneur de la Vierge, le voile noir, & au chœur Un manteau gris brun semblable à leur habit. Les Hospitalières font quatre vœux, obéissance, pauvreté, chasteté, & hospitalité, & elles sont fondées depuis environ cinquante ans par Madame Favre. On dit en parlant de ces Religieuses , une telle s’ejl faite hospitalière, elle ejì entrée aux hospitalières : & en parlant des malades de leurs hôpitaux, on dit, une telle est malade aux hospitalières île Notre-Dame , elle ejl morte aux hospitalières. On dit aussi , une telle ejl à la charité des femmes, ou aux hospitalières de Notre-Dame. Les hospitalières de la miséricorde de Jej'm, sont des Religieuses de l’Ordre deNaint Augustin aux Fauxbourg Saint Marceau de Paris, fondées par Monsieur d’Herbelet, Boïen des Maîtres des Requêtes.Elles ont í’été une robe blanche, une guimpe, & un rochet de fine toile de lin ; & l’hiver elles portent un grand manteau noir par dessus cela, lors-qu’elles sont au chœur, ou qu’on porte l’Ex- trême-onction à quelque pauvre malade de l’hôpitaL Elles font vœu de chasteté, de pauvreté, d’obéïlì'ance, & d’hofpitalité : ce dernier vœu consiste à servir , à soulager les pauvres filles, ou femmes malades, gratuitement, & fans autre vûë que d’en avoir un jour la récompense au Ciel. Ces bonnes Religieuses font gouvernées par Monsieur l’Archevêque de Paris ; & à ce qu’el- les m’ont assuré, leur Supérieure rend compte du bien des pauvres àMoníìeur l’Archevêque deParis,ou à l’Eclé- siastique qu’il lui plaît de donner pour cela à la Supérieure. En parlant des femmes,ou des filles malades qui sont dans l’hôpital de ces Religieuses, on dit, une telle s’est fait porter auxHospitaliéres de laMiféricorde de Jésus. Elle est morte auxHospitaliéres de laMiféricorde de Jésus. Le petit Peuple de Paris apelle pourtant tous ces hôpitaux"gouvernez parles hospitalières, la Charité des femmes, & il dit, une telle ne fait que de sortir de la Charité des femmes, & presque jamais une telle est sortie des Hospitalières de la Charité Notre-Dame , ou de la Miséricorde de Jésus. On croit que fur ce chapitre on peut parler comme le petit Peuple, fur tout en conversation, mais que les autres expressions sont plus. nobles & plus du bel usage. 11 y a encore à Pari» d’autres hospitalières. HOSPITALIERS, f. m. [ Hospìtalesd} Religieux habillez de noir comme les Prêtres, avec une croix blanche fur la robe & fur le manteau, établis par le Pape Innocent III. pour retirer les pauvres pèlerins, voïageurs, enfans trouvez, & les pauvres. HOSPITALITE',/ J. C Hospitalisas .3 C’est la charité qui consiste à recevoir & retirer quelcun chez soi. Demander Phospitalité. Violerl’hofpitalité. Abl. ret. !.$.j f HOSPITALITE', se dit aussi de l’obligation ou sont certains monastères de recevoir les voïageurs. ( 11 y a hospitalité dans cette Abaïe. ) ff HOSPITALITE'. Nous ne connoissons plus l'hospitalité, ni ses loix, qui étoient autrefois si respectées „ que l’on se faisoit un devoir indispensable de les exécuter. Rien, n’est plus beau (disoit ïhéophraste, au raport de Cicéron dans ses Offices, liv. 2 . ch. ig.) que de voir les maisons des personnes illustres ouvertes à d’illustreï hôtes; & la République est intéressée à maintenir cette sorte de libéralité : II n’y a rien même de plus utile pour ceux qui veulent aquerir par de bonnes voies un grand crédit dans laRépublique,que d’en avoir beaucoup chez les étrangers. La plupart des hommes naissent avec l’en- Vie de voïager & de connoître les pais & les mœurs des autres Peuples : & comme les premiers voïageurs ne trouvoient point de lieu de retraite dans les endroits où ils arrivoient, ils étoient obligez de prier les habitans de les recevoir ; & il s’en trouvoit d’assez humains & d’assez charitables pour leur donner à loger , & pour leur fournir les choses dont ils avoient besoin. Abraham à été de ce nombre , & a donné l’exemple de ('hospitalité, & de la ma- Tom. IL C c z nierc 204 k1O5 maniéré de recevoirìes étrangers. Nous lisons dans le chapitre iZ. de la Génésc., que ce Patriarche trouva, en sortant de fa tente, trois hommes, devant lesquels il fe prosterna, & leur oint de Peau pour laver leurs piés, & du pain pour rétablir leurs forces: il ordonna «n même tems à Sara de pétrir trois mesures de farine, K de faire cuire des pains fous la cendre : il nt auiu cuire un veau, qu’il servit devant ses hôtes, avec du beurre & du lait. Job dit au milieu de ses foufrances: Je n ai jamais laist'é les étrangers dans la rué , ma forte a tàûjours été ouverte. Et parmi les louanges que I’Ecriture donne à Tobie, elle met la distribution qu’il faifoit de trois ans en trois ans aux prosclites & aux étrangers, de fa part dans les dixmes. Les Peuples qui ont eu quelque sensibilité pour les mouvemens secrets de la nature qui unit les hommes par un nœud qui fubsisteroit encore jsi l’interêt & l’ambition ne l’avoientpas rompu, ont observé exactement les Loix de l’hofpitalité : ils s’en font même fait une efpece de religion , & ont établi des Dieux pour punir ceux qui les violeroient. Cicéron écrivant à son frere Quin- tius, apelle Jupiter bostitalis ; _ & Virgile dans le premier livre de l’on Enéide, a dit : Juppìter, hostitibus nam te dare jura loquuntur , Hune latum TiriiJque diem, Tr o jaque prose f lis Effë velis , nojìrosque hujus meminïjfe minores. On mit Vénus dans le nombre des Dieux de l’hofpitalité, comme étant la Déesse de la tendresse & del’ami- tié. Minerve, Castor & Pollux jouirent du même honneur , ainsi que les Dieux Lares , que l’on apelloit Dieux des voiageurs, Dn vìales. Ils poussèrent si loin la vénération que l’on avoit pour les étrangers, qu’elle étoit peu diférente de l’adoration ; on les baifoit, on lavoit leurs piés. L’hofpitalité se contractoit par tous les engagemens d’une sincère amitié : on sc faifoit réciproquement des préscns : on sc lioit souvent dans les festins, & le vin servoit à la libation que l’on faifoit aux Dieux de l’hofpitalité. Les Grecs avoient des lieux destinez pour recevoir les étrangers : Les Romains en eurent de même, qu’ils apellerent hostita- lia ou hostitia , parce qu’ils donnoient aux étrangers le nom de bonites. 11 est aise de s’imaginer comment les habitans des villes & des bourgs, prévenus de ces scntimens, recevoient les étrangers ; ils leur tendoient la main ; ils les conduifoient dans l’endroit qui leur étoit destiné; on leur lavoit les piés, ou on les con- duifoit dans les bains publics , dont quelques-uns étoient préparez pour les étrangers qui s’y baignoient gratuitement ; Et l’on n’oublioit rien de tout ce qui pouvoit plaire à l’hôte, & soulager sa lassitude. On regarda, dans la fuite, l’hofpitalité comme une efpéce de société contractée entre deux diserentes personnes, & même entre des villes & des familles entières ; & pour se reconnoitre , on se donnoit réciproquement certaines marques, lesquelles étant représentées, & sc trouvant semblables , fervoient de preuve de l’hofpitalité : c’étoit ordinairement deux pièces de bois, fur lesquelles on faifoit des entailles, répondant Tune à l’autre, & par leur rencontre on jugeoit de l’hof- pitalité. Telles font les entailles de nos Bouchers & de nos Boulangers. * HOSPODAR- /• nt. Titre porté par les Princes de Valaquie & de Moldavie , qui reçoivent du Grand Seigneur Tinvestiture de leurs Principautez. HOSTIE -, f f Ce mot vient du Latin Hostia, & signifie une victime qu’on immoloit en Sacrifice à la Divinité, les Païens à leurs fausses Divinitez, & les Juifs au vrai Dieu. On dit que Jéfus-Christ s’est offert en Sacrifice comme une Hostie immaculée , & un Agneau fans tâche. L’Eglisc Romaine apelle du nom d 'Hostie une pièce de pain à chanter, qui est consacrée , & qui a été changée au Corps de Jéfus-Christ , qui est contenu fous Tefpéce du pain. ( Rompre une Hostie. ) On apelle quelquefois Hosties le pain à chanter avant même qu’il soit consacré. ( Un Pâtissier a des fers pour les grandes & pour les petites Hosties Consacrer une Hostie. ) t§ Mr. Corneille s’est servi dans son Polieucte, du terme hostie pour viHime. Pere barbare , acbeve, acbeve ton ouvrage ; Cette seconde hostie est digne de ta rage. Mais il ne faut pas Timiter, à cause de Téquivo qU ' AV;TÌ 0stle ’ r ct '- me > & hostie,pain couse ou destine a être consacré. HOT HOSTILEMENT, adv. [ Hostiliter .] Avec hostilité. A la façon des ennemis. En ennemi. (Agir hostile- ment contre une ville. Traiter quelcun hostilement.) HOSTILITE', st f [ Hostilité. ] Action d’en- nemi. ( Nos soldats ont fait toutes sortes d hostili- tez fur les terres des ennemis. Ablanc. ) íf HOSTIZES , ou OSTIZES. C’est un droit annuel de geline (dit Ragueau dans son Indice) que le sujet paie a son Seigneur à cause du tenement. 11 en est fait mention dans la Coutume de Blois, art. 40. Galand, du franc-aleu , dérive ce mot de boste , qui signifie quelquefois l’bomme de corps du Seigneur : mais le plus souvent il exprime tous les tenanciers d’un Seigneur, demeurans, levans & couchans dans fa ceníive : la maison où ils demeurent, est apellée dans les anciens titres, bostizìa ; ainsi la rédevance que Ton paie par raport au logement que chacun ocu- pe, a été nommée bostizìa en Latin, & hostize en François, ainsi, ce mot doit être écrit par une H , Hosti. ze. Nous lisons ce mot dans un titre de Tan 1229. inféré parmi les preuves de THistoire de Alontmoren- ci, pag. 90. HôTE 1 st m. C Caupo , stabularius. ] \ Prononcez la première silabe de ce mot, longue. L’hôte est celui qui reçoit chez lui les personnes, qui les loge & leur donne à manger. Le mot d 'hôte signifie aussi celui qui loue quelque chambre, quelque apartement ou quelque maison à quelcun. ( Nôtre hôte est un fort honnête homme.) II se dit quelquefois de ceux mêmes qui font logez. ( II nous est venu une jolie hôtesse. ) * Compter fans son bote. Proverbe, qui veut dire, n’avoir rien fait qu’il ne faille encore voir & examiner. Se fonder fur quelque personne. ( Compter sur vous, c’est compter sans son hôte. Bens. rond. ) HÔTE. C Hosties. J Ce mot signifie aussi celui qui est reçû dans une maison. Feu d’Ablancourt a été quelque tems l’hôte de Conrart. Le Rat quitta son hôte en lui disant ces mots , Vos mets ne me touchent guére ; Peut-on faire bonne chère Ou l’on n’a point de repos ? Bours. Esope. ) HÔTE. [ Hostes. ] Personne honnête qui reçoit ses amis, ou charitable pour recevoir les pauvres. Dans les maisons religieuses il y a la chambre des hôtes. C’est en ce même sens qu’on dit ; il n’y a personne de plus foulé que l’hôte. HÔTES. Se prend figurément pour passagers. II sc prend aussi pour habitans. Les hôtes de ces bois. Qu’il est peu de beaux corps hôtes d’une belle ame. La Font. HOTE y st st C Sporta dostuaria. J Prononcez brève la prémìére silabe de ce mot. La hôte est un ouvrage de Vannier qui a des bretelles , & qu’on porte derrière le dos. ( Une hôte bien faite. ) * HOTE de cheminée. [ Camini corbis. J C’est la Í iente de la cheminée en dedans, par où le manteau è joint au tuïau. HOTE'E , f. f. [ Corbis plena. ] La hotée est une hôte pleine de quelque chose. ( Une grosse hotée de raisins ) HÔTEL y st nt. f Aides , domus. ] L’hôtel est la maison de quelque Seigneur de qualité. ( Ainsi on dit, Thôtel de Longueville est beau, l’hôtel de Rambouillet est pi en placé. ) On disoit autrefois : L’hôtel du Roi. Le Roi étant en son hôtel. HÔTEL. C Hostitium meritorium. J Ce mot se dit abusivement, pour dire, une grojfe auberge. Une fameu- sc auberge de Paris. II loge à l’hôtel Saint Paul. ) HÔTEL. Se prend quelquefois pour le lieu où Ton joue la Comédie. (Mieux que toi le Baron, moins que toi criminel Au métier que tu fais reustìt à Thôtel. Vill. ) Maître d’bétel. [ Tricliniarcbes. ] Voïez Maître. HÔTEL. [ Bastlica. ] Lieu où les Echevins & les gens de police d’une ville s’assemblent pour les afai- res de la ville. ( L’hôtel de ville de Paris est beau Sc grand. L’hôtel de ville de Lyon. ) sts HÔTEL de s Ambassadeurs. On ne doute pas que les hôtels des Ambassadeurs ne soient un azile pour eux & pour leurs domestiques : mais c’est une que- HOU question sur laquelle on ne convient pas, s’ils font aziles pour toutes sortes de scélérats qui s’y réfugient. Grotius, lib. 2 . cap. ig. §. g. de jure belli , dit qu’il faut en juger par la volonté du Souverain, de qui il dépend d’accorder, ou de refuser le privilège. "Wi- quefort, lib. i. sc fl. 2 g. croit que l’hôtel d’un Ambassadeur n'est point un azile pour tous les scélérats, le privilège n’étant acordé qu’aux Ambassadeurs, & à ceux de fa fuite. Pafchal, de légat. cap. 76 . soutient d’abord , que les hôtels des Ambassadeurs ne sont point des aziles généraux pour tous les scélérats : mais oubliant ce principe, il veut, un moment après, que l’on y reçoive tous les criminels ; à la réserve de ceux qui sont coupables du crime de Leze-Majesté, cu des grands crimes. On tient en France pour l’azi- le fans exception ; & même on veut, qu’un certain espace aux environs jouisse du même privilège. Voiëz Quartiers, & l’histoire de la grande a faire arrivée pendant le teins de i’Ambassade de Mr. le Duc de Crequy. HÔTEL-DIEU , f m. [ Nofocomium. ] L’hôtel- Dieu est un lieu fondé & bâti pour les pauvres malades. Lieu où ceux qui n’ont pas le moïen de se soulager étant malades se font porter pour y être traitez. ( II est mort à l’hôtel-Dieu. La vertu n'a plus feu ni lieu Autre part que dans /’Hotel-Dieu. Main. Garde un de mes habits , peur l’autre va le prendre , Et porte à /’Hotel - Dieu Vargent qu’on peut le vendre. Vill. ) H HÔTEL des Monóìet. Lieu où l’on fabrique les diverses especes de monoïes, qui doivent avoir cours dans un Etat. HÔTELAGE. f. m. f Enacion. J Droit que les marchands forains payent pour le louage des maisons, où ils mettent les marchandises qu’ils amènent aux foires. HôTE’lERIE , f. f. C Diverfirittm.2 L’hôtélerie est une maison où pour de l’argent on loge & mange lors qu’on va en voïage. Gros cabaret où pour de l’argent tout le monde boit & mange. ( Une bonne hôtélerie. ) HÔTELIER, f. m. [ Caupo. ] Celui qui tient hôtélerie. ( Les Hôteliers sont responsables des bardes qu’on leur donne. ) HÔTELIER, f Hnjpitibus accipiendit prafeflns.'} Religieux Bernardin qui a soin des hôtes , & leur fait acommoder des chambres. HÔTELIE'RE , f. f. [ Hospita , caupo, ] C’est la maîtresse de l’hôtélerie. HÔTESSE, f. f [ Hospita. ] L’hôtesse est la femme de nôtre hôte, c’est celle qui nous loge. (Nôtre hôtesse est morte. Et soufre des afronts que ne soufriroit pas /.'hôtesse d'une Auberge à dix fols par repas, Defpr. ) HOTEUR -, f m. f Bajulus dojfuarius. ] Le ho- teur est celui qui porte la hôte. ( Un bon hoteur. ) HOU, HOU. Terme dont le valet de limier use parlant à son limier, quand il le laisse courre un loup ou un sanglier. Sal. t HOU, hou. Ce mot se joint avec celui de vieille, pour dire, une méchante petite vieille. ( Vieille hou , hou , hou , vieille ha, ha , Vôtre chien de fejjìer en a. 8 car. Poës. ) HOuAGE, ou HOùACHE,/ m. [Navit inundis vejìigium.2 Terme de Mer. La trace qui paroît encore sor I’eau lorsque le navire est passé. Four. HOUBLON, f m. s Lupus saliflarius. J Le houblon est une sorte d’herbe qui s’étend fort loin, & qui grimpe fur ies arbres ou autres apuis qu’ellepeut rencontrer, qui fleurit en Août & en Septembre, & qui a la vertu de purifier & de rafraîchir le sang. (On se sert de houblon pour faire de la bière, & c’est la fleur de houblon qui aide à la conserver. ) H HOUBLONNER , v. a. II se dit du mélange du houblon. ( Houblonner de la biere. Cette biere est trop houblonnée. ) HOUBLONNIE'RE, f f [ Saliflarium. ] Lieu ou croit force houblon. (Il y a de grandes houblon- niéres en Flandre. ) HOùE, f /. É Ligo. ] La houe est un instru- HOU 205 ment qui a un manche de bois & un fer plat & large ou fourchu, dont les Vignerons sc servent pour labourer la vigne. HOùE. [ Kajirum , bipalium. ' ] Espèce de rabot dont on se sert dans les atteliers pour détremper le mortier. HOùER, v. a. [ Pastinare terram. ] Terme de Vigneron. C’est travailler avec la houe. C’est bêcher la terre avec la houe. ( II est tems de hoùer la vigne. ) HOUILLE , s /- [ Hilla. ] Terre grasse & noire qui sert en divers pais, de charbon de terre aux Forgerons. HOULE» f /• C Fluflus maris agitati . ] Terme de Mer. Vague d’une mer qui est agitée. Four. On se sert aussi de ce mot sor les rivières. HOULE. [ 00a. ] Les Quinquaillers donnent ce nom aux marmites & aux vaisseaux qu’on met fur le feu. HOULETTE »,/ f U’edum pastorale.} La houlette est une maniéré de bâton de six ou sept piez , avec un fer large par le bout & un crochet par le haut dont se servent les bergers en gardant les moutons. ( Les parties de la houlette ce sont, la hampe, le crochet, la douille & la feùillete. Une bonne houlette. Manier bien la houlette. Se servir adroitement de la houlette. Voiture aimoit depuis le sceptre jusqu’à la houlette. Mon Berger chantera mon nom fur fa musette , Je graverai le sien du fer de ma houlette. Vill. ) HOULETTE. [ Pedum. ] Terme de Jardinier . Petit instrument qui a un fer pointu , & un manche de bois d’environ un pié de long , qui sert à lever les oignons des fleurs, & autres petites choses. HOULETTE. [Pajioralis aufloritas .] Se dit figurément de ('autorité pastorale. ( Je respecte vôtre houlette pastorale. ) HÒUMAR if m- C Cammarus ou Gammarm. ] Espèce de poisson de mer. HOUPE» f f [ Pannìculus. J Toufe de soie dont on se sert pour jetter de la poudre de cipre, Toufe de soie qu’on met sor les bonnets quartez. HOUPE. [ Crijla, ] Petit plumage que quelques oiseaux portent sur la tête. Houpe d’aloùette HOUPE. [ Panìculut. ] Terme de Blason. Toufe de soie, qui termine un cordon de soie entrelassé , & pendant du chapeau qui sert de timbre au chapeau des Cardinaux, Archevêques, Evêques, & Proto- notaires. HOUPE, [ Panicula, ] Terme d’Eguiletier, la houpe est un petit bout de ruban qui passe au-delà du fer de l’éguillette. HOUPE. C Panìculut. ] II se dit aussi du haut d’une plante qui est en bouquet, & qui ressemble à une houpe. ( La houpe du fenouil, du millet, &c. t HOUPELANDE , OU houplande,f. f. [ Pe- nula. ] Vieux mot. Sorte de casaque. ( Mon cher ami que je prise plus que ma houpelande grise. Saint Amant. Un jeune Hermite étoit tenu pour Saint , Mais fous fa houpelande Logeait le cteur d’un dangereux paillard . La Font. ) HOUPER , v. a. C Paniculos facere. J Terme d ’Eguiletier. Faire en petites houpes. H HOUPER de la laine . C’est la peigner , & h rendre propre à être emploïée dans les étofes de lai- iJdgc. HOUPER 5 v. ct. £ Acclamate . ] Terme de Cbajse . C’est lors-qu’un Veneur apelle son compagnon lors- qu’il trouve une bête qu’on peut courre, qui sort de fa quête, & entre en celle de son compagnon. (Hou- per un mot long ou deux. ) L HOUPIER , f m. Ouvrier qui houpe ou peigne de la laine. Les Houpiers d’Amiens font une efpece de Communauté, & sont du corps qu’on apelle la Sdiet- terie. On apelle aussi Houpiers, les Fileurs de laine des environs d’Abbeville. f HOUPIERS. Terme de Commerce de bois. On donne ce nom aux arbres ébranchez, aufquels il n’est resté au sommet que des petites branches qui forment des maniérés de bouquets,que l’on apelle houpes. On nomme particulièrement Houpiers, les jeunes baliveaux qu’on a ébranchez pour les faire croître en hauteur. C c ? í «OU- 206 HOU f HOUPIERS , se dit aussi des têtes des gros arbres, que dans les coupes on ne peut façonner en bois de moule, & dont l’Ordonnance permet de faire des cendres. HOURAILLIS. s f»- IGrex canumstrigosus .2 L’h s’aspire. Méchante meute , composée de chiens galeux. HOURCE- / s C Ductorins sunk. ] , L ’h s’aspire. Corde qui tient bas bord & stribord a la vergue, & qui ne se sert jamais que du côté du vent. HOURDAGE , / m. [ Ruderatio. ] Terme de Maçon. Le hourdage est une maçonnerie grossière. HOURDER , v. a. [ Luto obducere. ] Terme de Maçon. Maçonner grossièrement. II faut hourder cette cloison. On hourde avant qu’on maçonne. HOURDI, ou lisie de hourdi. [ Tabulatì traps ad puppim. ] Terme de Marine. C’est le dernier des baux vers la poupe. HOURET, f. m. Sorte de chien de chasse. (Un houret galeux. Ces gens qui , suivis de dix houretsgsttace , Disent ma meute , £? sont les chasseurs merveilleux. Mol. ) HOURQUE, ou houcre. [ Oneraria Batavica. ] Terme de Mer. Vaisseau leger & plat de varangue dont se servent les Hollandois. 11 est du port depuis 50. 200. 500. tonneaux. HOURS- Voïez Baudet. HOURVARI- Voïez Ourvari. HOUSEAUX, ou bouses , f m. [ Péronés. ] L’h s’aspire. Chaussure contre le froid, la pluie & la croie. Ce mot est vieux, & n’a plus d’usage, qu’en cette phrase : II a quitté ses houjeaux , pour dire , il est mort. Encore aujourd’hui on apelle de ce nom en quelques Ports de Normandie les bottes , que les Pêcheurs portent quand ils pêchent. /J L’Auteur du Roman de la Rose dit : Souliers à Us , aussi bouleaux. Ayez souvent frais £5” nouveaux t Lesquels soient beaux , U sait u , Nr trop larges , ni trop petits. HOUSER- Vieux mot, qui ne se dit qu'au participe. ( 11 étoit houle & crotté. ) SE HOUSPILLER , V. r. Prononcez Yh. Se prendre & se batre en se jettant & se renversant l’un sur l’autre. ( Chiens qui se houspillent comme il faut. ) £ HOUSPILLER, est aussi actif, & signifie secouer quelcun pour le maltraiter. ( 11 l’a houspillé rudement. ) f HOUSPILLON, f m. On apelle ainsi dans le stile familier , un doigt de vin, ou d'autre liqueur, qu’on verse dans le verre d’un homme qui a déja bu un grand coup. ( On lui a donné le houspillon. II ne refuse pas le houspillon. ) HOUSSARTS , ou hujsarts. f m. Milice Polo- noise & Hongroise, qu’on opose à la cavalerie Allemande. Le Roi & l’Empereur en ont à leur service, lis sont meilleurs pour une promte expédition que dans une bataille rangée. ( Un Houjsart , un Dragon par ce morne plaisir , Dans un Camp avec grâce amuse son loisir. Perr. ) HOUSSE, s f- [ Stragulum. ] Ce mot aspire son h , & a plusieurs significations. La housse est une couverture de tapisserie, de drap, de serge, ou d’éto- fe de soie qu’on met sur des chaises garnies & rem- bourées. ( Une fort jolie housse. Une housse proprement faite. Mettre les housses. Agrafer une housse.) HOUSSE. [Tensile. ] Garniture faite de serge, qui couvre & entoure quelque beau lit. Elle se met aussi au lieu de rideaux autour du bois de lit, en attendant qu’on fasse quelques rideaux d’étofe de foie, ou d autre belle étose, mais il n’y a guère que le petit bourgeois qui se contente d’unè simple housse. HOUSSE, s Stragulumpendu/um. ) Couverture de velours, ou d ecarlate que les Princesses & les Duchesses fond mettre quand il leur plaît fur l’impéria- le de leur carosse. r HOUSSE. L Equi siragulum. ] Terme de Selli Couverture qu on met fur la croupe du cheval de í le. ( II y a de plusieurs fortes de housse pour le cl HUC val de selle, il y a une housse à la cravate. Une housse de main. Embéiir une housse. Atacher unehousse. Un cheval de combat à housse bien brodee. Le Nobles HOUSSE. [Ephippiisiragulum.J C’est aussi une couverture de cuir pour conserver la selle. HOUSSE. [ Collarissiragula. J Terme de Bourre - lier & de Chartier. C’est une peau de mouton ou de chèvre qu’on met sur le collier des chevaux de siamois. HOUSSE ,/ f. [ MuliebrU gausapa. ] C’étoit autrefois une couverture que les Païsannes mettoientsur la tête & sur les épaules pour se défendre de la pluie & du froid. HOUSSER, v. a. [ Sordes tôliere. ] Nétéïer avec un houssoir, ou autre pareille chose. (Housser une tapisserie. ) H HOUSSET , f. m. Soïe de Perse qu’on tire d’Alep. HOUSSETTES , [ Péronés. ] Vieux mot François, qui est encore en usage dans le Blason, & qui signi- fioit des brodequins ou bas de chausses. HOUSSEUR, f. m. [Scopariut.J Le Rousseur est celui qui housse. HOUSSEUSE, f f. [ Scoparia. ] La housseuse est celle qui housse. HOUSSIE'RES , f. f. [ Virgulteta. ] Endroit d’une forêt pleine d’arbrisseaux comme de houx & semblables. L’Académie dit houjjaie. HOUSSINE, f f [ Firga, virgula. ] La Roussi- ne est une verge de bois de houx. C’est aussi une petite baguette. t HOUSSINER, v. a. [ Firgis plecíere. ] Terme bas & comique, pour dire, donner des coups de houffi- ne. ( On a houssiné au bas du Parnasse le pauvre rimailleur Gâcon, pour avoir dit du mal de Richelet dans son Poète sans fard. ) HOUSSOIR, f m. [ Scopa lacunaria. ] L’h s’aspire. Le houssoir est une sorte de grand balai de plumes dont on housse les tapisseries, & les tableaux d’une chambre, &c. HOUX, f m. [ Aquifolium. ] Le houx est un arbrisseau, ou espèce de buisson toujours verdoïant. Son tronc & ses branches font lisses, couvertes d’une double écorce dont l’extérieure est verte, & celle de dessous pâle. Le bois de houx est dur, pesant & va au fond de Peau. Ses feuilles font vertes & garnies de piquans tout autour. 11 y a l'houx fréton qui est une plante. HUBERT ^ f. m. [ Hubertns. ) C’est un nom d’homme. ( Saint Hubert est le Patron des chasseurs, & on croit qu’il guérit de la rage. ) HUBIR, se hubir. [ Inborrescere,surrigere. ] L’h s’arspire. Hérisser le poil ou la plume comme les oiseaux & les autres animaux qui font en colère. Voïez ce chat comme il se hubit. Ce mot est vieux. U se dit figurément des personnes. II faut se hubir comme on poura ; pour dire, il faut se passer de ce qu’on n’a pas. HUCHE, / /. [ Maflra. ] Terme de Boulanger. La huche est une forte de grand cofre de bois où l’on paitrit & ou l’on met le pain : mais, en ce sens, le mot de huche ne se dit qu’en povince, car à Paris les Boulangers disent, paìtrin. HUCHE. [ Infundibulum moire sarinaria. ] Terme, de Meunier. Manière de cofre sans couvercle où tombe la farine. HUCHE. [ N avis tabulait) inflrucía. ] Terme de Marine. Navire en huche. C’est celui qui a la poupe très-haute. í HUCHER- Celui qui fait de huches. On donne ce tire aux Menuisiers dans leurs Statuts. f Se hucher , v. a. [ Acclamare. ] Vieux mot qui entre quelquefois dans le burlesque , & qui signifie s’apeller , Je nommer. Ton serviteur, je me huche. ) íf HUCHER. Dans la Comedie de Pathelin; Vosire feu père , En passant , huchoit bien, compere , Ou que faits-tu ? ou, que dis-tu ? Alain Chartier, dans ses Poésies : Puis ouy je qui le nemmoit Et huchoit pour mettre à raison. Dans la vie de Bertrand du Guesclin, hucher , signifie apelìer. Fuites hucher votre frere , S? lui pardonnez vôtre HUI tre maltalent : £«? vous en prions tous. Tripault n’est-il pas ridicule , de vouloir tirer du mot grec tixá^a j l’origine de hucber ? f HUCHET,./! m. [Venatoria buccinaS] Lehuchet est une forte de cor. Le mot de bucbet est vieux, en fa place, on dit, cor. ( Dieu preserve en pajsant toute sage personne , D’un porteur de huchet qui mal à propos sonne. Mol. fâcheux, a. i. fc. 6. ) HUCIPOCHOLT. Arbrisseau de la nouvelle Espagne. HUE , C Vade. ] Sorte d’interjection , dont fe fervent les Chartiers pour commander aux chevaux d’avancer. HUE E, s s [ Vocìferatio. ] L ’b s’afpire. La huée est un cri tumultueux, & de plusieurs personnes. ( II s’éléva une huée qui fit rire tout le monde. Abl. II fe fit une huée qui le déferra. Abl. apopb. II fe dit proprement du cri qui fe fait après la prise du Sanglier. Et Socrate autrefois dans un cbeeur de nuées , D’un vil amas de peuple attira les buées. Defpr. ) HUER, v. a. [ Convitm [fi stbilis conseftari. ] Se moquer de quelcun par des cris & par des signes de dérision. ( Tout le monde huoit après lui. ) HUER. [ Clamoribus incejsere. ] Terme de Chasse. Poursuivre le loup avec de grands cris. HUETTE, s f [Ulula. J Oiseau de nuit, qui est une espèce de hibou gros comme un coq. ' HUGUE , s m. [ Hugo. 3 Nom d’homme. Hugue Capet en 987. fut couronné Roi à Reims le troisième Juillet. ) HUGUENOT, / m. [ Calvìnìfia. J Le Huguenot est celui qui fuit les fentimens de Calvin. Sentiment Huguenot. ( II est Huguenot. Elle est Huguenote. ) HUGUENOTE , s. f. [ Calvinì discipula. ] Celle qui est dans les fentimens de Calvin. ( Une jolie Huguenote. Une franche Huguenote. Avant qu’un tel dessein né entre dans la pensée , On poura voir la Seine à la Saint Jean glacée , Arnauld à Charenton devenir Huguenot , Desmarets Janséniste U saint Pavin dévot. Defpr. ) (Les trois Seigneurs qui ont eu le plus d’aversion pour les Huguenots , ont eu tous trois des femmes Huguenotes , iis s’apellent le Duc de Montpensier, le Duc de Guise & le Maréchal de Saint André. Le prémier épousa Jaqueline de Longuy, le second Anne d’Est, & le troisième Marguerite de Lustrac. Colume- suf , mélanges historiques , p. 48. ) HUGUENOTE , f f. [Fornacula testacea. ] La huguenote est une marmite de métal, ou de terre, qui est sans piez ; & qu’on met ordinairement fur un fourneau de terre à faire bouillir le pot. (Acheter une huguenote. ) f Oeufs à la huguenote. On apelle ainsi des œufs cuits dans du jus de mouton. HUGUENOTISME , f m. [ Calvinianaseflaé] C’est la doctrine & le sentiment des Huguenots fur la Religion. HU'iART, f. m. Oiseau aquatique du Canada. II habite la riviere de Miffiffipi, & il est bon à manger. Sa graisse est résolutive, & très-bonne pour fortifier les nerfs. HUILE, f. f. f Oleum. J L'huile est une liqueur grasse, chaude & onctueuse qui fe tire de certaines choses. Ainsi on dit, de bonne huile £ olive., qui est une liqueur qui fe tire des olives. Huile de camomi- le > huile de noix ; huile de ce'dre , c’est une huile qui fe tire des pommes de cèdre, huile de violettes, huile rosat, huile d’iris, &c. . . . L’huile de fort loin saststoit T odorat , Et nageoit dans les flots de vinaigre rosat. Defpr. t HUILE vierge. C’est celle qui a été exprimée, des olives, noix, &c. fraîchement cueillies, fans avoir été chaulées ni trop pressurées. f HUILE grenue. C’est celle qui est figée en petits grains. C’est la meilleure & la plus estimée, particulièrement des huiles d’olive. HUI 207 t HUILE d’aveline. Elle est résolutive, pectorale adoucissante. * í HUILE de Baleine. Elle est résolutive & amollissante. f HUILE de bayes de Lentisque. Elle est astringente , propre pour rafermir les chairs. f HUILE de ben. Elle ne rancit point en vieillis, sant. Elle est propre pour la galle & les dartres. f HUILE de cade. Elle est digestive, emolliente. Elle guérit la Galle, elle est nervale. í HUILE de chien de mer. Elle n’est bonne qu’à brûler. í HUILE de Coco. Elle est bonne pour brûler. Les Indiens font cuire leurs ris avec cette Huile, f HUILE de Cornouille. Elle est propre à brûler, î HUILE de Gabian. Elle est incisive & pénétrante, í HUILE de l’Hermite. Elle est specifique pour les Rhumatismes. ê HUILE de marsouin. Elle est résolutive & ramollissante. _ f HUILE de Myagrum. Elle est propre pour amollir & pour adoucir les aprêtez de la peau. f HUILE de Navette. Elle est résolutive & adoucissante. í HUILE de noix. Elle est propre pour adoucir les tranchées des femmes. f HUILE d’ovile. Elle est résolutive & ramollissante. =1 HUILE de Palme. Elle est propre pour adoucir les douleurs de la Goutte, pour fortifier les nerfs. í HUILE de gignons. Elle est pectorale & adoucit santé. ch HUILE de poix. Elle est atténuante, í HUILE à’Escarbot. Elle est résolutive , adoucit santé, atténuante. H HUILE de semence de moutarde. Elle est propre pour la paralisie. f HUILE de senega. C’est l’Huile de Palmier. HUILE desezame. Elle est emolliente , résolutive, nervale. f HUILE de terre. Elle est une espece d’huile de petrole. î HUILE de tortue. Elle est amollissante & reso- lutive. £ HUILE de fruit de canelle. Elle est propre pour fortifier l’estomac. t * HUILE de cotret , s f. [ Fustis i&usé] Mots bats & burlesques, qui ne s’écrivent guère que dans le stile comique le plus bas, & qui signifient coups de bâton. (11 a eu de l’huile de cotret. Donner de l’huile de cotret à quelcun. ) Les saints huiles. [SanHum chrìsmaé] Ce font des huiles bénites par l’Eveque qui fervent dans les Sacre- mens de Batême, de Confirmation & d’Extrêm’onction. * HUILE. [Opití, labor.J Peine, travail qu’on prend, ou qu’on a pris à faire quelque chose. ( On reprochent à Demosténe que ses discours fentoient l’huile. Abl. Apoph. HUILE. Entre en plusieurs proverbes : On tireroit plûtôt de l’huile d’un mur, pour dire, qu’une chose est impossible. [ Oleum potirn ex lapide traheres. J Cet ouvrage sent l’huile , c’est-à-dire, a été bien travaillé la nuit & le jour. [ Lucubratum opta. 3 Jetter de l’huile dans le feu. [Oleum addere camino.J C’est animer un homme qui est déja en colère. II n’y a plus dé huile dans la lampe, f Vitalis humor hune déficit. 3 On le dit d’un homme qui meurt par défaillance de nature. C’est une tache d’huile à fa réputation, f Lobes est indeîebilis. 3 Quand on a reçu un afront sanglant. Vous perdez votre huile. [Oleum [fi operam perdis, jj C’est-à-dire, vous prenez beaucoup de peine inutilement. t HUILE. C’est en termes de Chimie , une matière grasse & inflammable qu’on tire des mixtes par la distillation. HUILER , v. a. [ Oleo inungere. 3 Ce mot ne fe dit pas, ce me semble, des personnes ; en fa place,, on diroit, froter d’huìle. Cependant un fort habile Académicien a écrit, ils firent du feu , prés duquel ils huilèrent. Cet habile Académicien n’est pas à imiter en cela. HUILER. C Oleo ungere. 3 Froter d’huile. ( Huiler des châssis. Châssis qui ne font pas assez huilez. ) - HUILER. [ Oleo ungere. ] Terme de Doreur Jur cuir 208 Hui cuir. Froter d’huile, huiler le dos d un livre pour y voler l’or. _ - .. » . . ^ HUILEUX, huileuse , adj. C O/eà- J Qui tient de la nature de l’huile. (Les noix léchés font de di- ficile coction , a cause de leur substance huileuse. ) HUILEUX, huileuse, adj. [ Pinguis, crajjm. J Ce mot se dit de surine, &c. & veut dire , gras en manière d’huile. ( Urine huileuse. Deg. ) HUILIER , f m. [ Qlearius. ] Prononcez huilií. L’Huiiier est celui qui ne fait & ne vent que deshui- le. ( Un riche Huilier. ) HUILIER , f m. [Pas olearium. ] Vase où l’on tient de shuile pour s’en servir à table. (Un huilier d’argent, de vermeil doré, de verre, ou de terre. ) t HUIS , f m. [ OstiumJ Ce mot est vieux, & ne se dit plus guére qu'en matière de Palais. 11 signifie porte. (Plaider à huis clos.) [ Occlufisforibm. J . f HUIS. C Ostium. ] Se dit encore quelquefois en riant, & dans le burlesque. ( Pendons-nous devant son huis. Bens. rond. ) Le lendemain la troupe famélique revient, & trouve l’huis fermé. Le Noble. HUISSIER,/ rri. [Jpparitor.J L’Huislìer est un Sergent. Je m’apelle Loyal, natif de Normandie , Et suie Huissier à verge en dépit de l’envie. Mol. ) HUISSIER Priseur. Oficier du Châtelet qui met le prix aux meubles, bardes, tableaux, &c. qui se vendent en justice. H HUISSIER Vistteur. Petit Oficier établi pour faire la visite des vaisseaux marchands, soit à la sortie, soit à l’entrée des ports. HUISSIER Audìenàer. [ Apparitar sorenfis. 3 C’est un Sergent qui assiste aux audiences des Juges, & qui garde la pgrte & l’entrée du Barreau , qui fait faire silence, &c. HUISSIER de la Chambre du Roi. [ Aulx Regia ostia- riuf .J C’est un Oficier qui entre dans la chambre du Roi un peu après que le Roi est levé, & qui prend la porte jusques a ce que le Roi ait pris fa chemise , ensuite il laisse entrer, & fait faire silence quand on parle trop haut dans la chambre du Roi. à Les Empereurs Romains avoient des Huissiers à la porte de leur chambre, qui étoient préposez pour l’ouvrír en levant le voile , ou la portière. Ils sont apellez , dans les anciennes inscriptions, Velarii. 11 y en a une dans Gruter , pag. 599. 7. de l’ancienne Edition, conque en ces termes : THALIUS PRJEPO- S 1 TUS VELARIORUM DOMUS AUGUSTJE. Et ensuite : L. FLAVIUS SUPRA VELARIOS DE DOMU AUG. Les causes que l’on devoit plaider dans le Barreau de Rome , étoient apellées par un Huissier, comme on le pratique dans nos Tribunaux : c’est ce que nous aprenons de Martial, liv. 4. ep. 5. où il tâche de détourner Fabianus, homme de bien, mais pauvre, du dessein de venir à Rome, où les mœurs étoient fi corrompues. Vir bonw U pauper , linguàque pefíore verus , Ouid tïbi vie , urbent, qui Fabiane petis , Qui nec leno potes , nec commcjsator haberi , Nec pavidos tristi voce citare reos. L’Empereur Antonoin décide dans la Loi 7, js. de in - tegr. restit. que celui qui a été condamné par défaut, doit être écouté s’il fe présente avant la fin de l’au- dience, parce qu’on présume qu’il n’a pas entendu la voix de l’Huissier, que Martial & Juvénal apellent Liburnus. .Martial, lib. r. ep. 42. Procul horridm Liburnm. Et Juvénal dans fa quatrième satire t Prìmus, clamante Liburno , Currite , jam sedit. î HUISSIER de la chaîne. On apelle ainsi certains huissiers qui portent une chaîne d’or au col avec la médaillé du Roi. Ils sont à la fuite du Conseil & en font exécuter les arrêts. HUISSIER de Notre Dame. [ Bidellus , accensut .] Bé- daut qui porte un petit bâton, & qui sert à garder le chœur de 1 Eglise, & faire faire place aux Chanoines. HUISSERIE, s f. [ValvxJ Garniture de bois qui sert a fermer ou orner une porte. On le dit de chambranles. HUM HUISSIE'RE, s s C Forte lignent janúa instru- fíus. ] Ce sont toutes les pièces de bois qui forment l’ouverture d’une porte. HUIT- [ Oslo. ] Nom de nombre indéclinable , qui vaut deux fois quatre. Uh de ce mot & des dérivez, est aspirée. (Ils sont huit. Elles sont huit. Huit jours, huit heures, huit fois, huit cens, huit mille.) HUITAIN , f m. [ Carmen oHonarium. ] Le huitain est une stance de huit vers. HUITAINE , f f. [ Oslo dierum spatium. J Terme de Palais , &c. Huits jours. (Les parties revien. dront à la huitaine. Un aigle fur un champ prétendant droit d’aubeine, Ne fait point apeller un aigle à la huitaine. Defpr. ) HUITIE'ME , adj. [ Ottavas .] Nom de nombre ordinal. ( II est le huitième. C’est la huitième. ) HUITIE’ME , f m. [ Dies ollavus. J C’est le huitième jour. ( La lettre est du huitième. C’est au- jourd’hui le huitième du mois. ) HUITIE'ME, f. m. [ Pars ocíava. J La huitième partie. ( 11 n’avoit qu’un huitième dans la ferme. Patru , plaid. 6 . ) HUITIE ME. [Vinarium vecligal.~\ Terme de Gabelle. Droit que les Cabaretiers de Paris païent au Roi pôur chaque muid de vin qu’ils vendent à pot, ou à assiette. (Païer 1 e huitième. ) Ce droit monte à quatre francs pour chaque demi queue. HUITIE’ME. [ OHo folia luforia. ] Terme de Piquet. Ce sont huit cartes de même couleur, & qui fe suivent. HUITIE'ME. [Oflava pars ulnx. J Terme de Marchand. Partie de saune. (On divise saune en huit huitièmes. ) f HUITIE’MEMENT , adv. [ Oclavò. ] II ne fe dit guére : on dit en fa place, En huitième lieu. t HUITIE’MIER, f. m. Commis des Aides, qui fait païer le huitième des vins. HUITRE , f. f. [ Ostrea, ostreum. J L’huitre est un poisson couvert de test dur, & qui a la chair plus môle que tous les autres poissons à écaille. (Une huître bien grasse. De toutes les huîtres, celles de Bretagne sont les meilleures. Une huitre fort grasse. Une huitre de mer, une huitre d’étang, Ouvrir une huitre. L’écaille d’une huitre. L’huitre a la chair grossière, dure & gluante. On mange les huîtres crues avec du poivre, ou frites, avec du bon jus d’o- • range aige. Messieurs, l’huitre étoit bonne. Adieu, vivez en paix. Destr. On nous mange , on nous gruge, On mus mine par des longueurs , On fait tant à la fin que /'huitre est pour le juge , Les écailles pour les plaideurs. La Font. ) H * C’est une huitre à l’écaille, prov. On le dit d’un homme stupide. f * Jouer comme une huitre, Prov. C’est jouer très-mal. í HUITRIER ,s. m. Celui qui crie, ou qui vend des huitres à l’écaille. HULOT, f m. [Vifloria fibula -2 Terme de Marine. C’est l’ouverture où est mis le moulinet de la manivelle. Hulots fe dit encore des ouvertures qui sont faites dans le panneau de la fosse aux cables. HULOTTE- Voïez Huette. HUMAIN , humaine, adj. [ Humanus .] Qui regarde l’homme. Qui apartient à l’honime. Qui est d’homme. ( Nature humaine. Sentiment humain. Excusez l’humaine foiblesse. Mol. ) * HUMAIN , humaine. [ Le vis, mifericors , humanus. ] Doux. Honnête. ( Une mort plus humaine. Voit. Po'éf C’est un Prince fort humain. ) Lettres humaines. [ Humaniores littera. 3 C’est l’étude des langues Gréque & Latine , de la Grammaire , des Poètes, &c. Signes humains. En Astrologie sont ceux qui représentent quelque figure humaine. f Choses humaines , c’est-à-dire , les afaires du monde, les accidens, ses revers de la vie. ( La vicissitude des choses humaines. ) £ Moiens humains, voies humaines. C’est-à-dire, tous ses moïens, toutes ses voies dont ses hommes peuvent sc servir. (II a emploie tous ses moïens humains pour réussir. ) f Plus HUM f P tuí-qu’humain , qui excède îa portée ordinaire des hommes. ( II a fait paroìtre un courage plus qu’humain. Sa prudence fut plus qu’humaine.) HUMAINEMENT, adv. [Humana more .] A la maniéré des hommes. Comme l’homme. ( Pour parler plus humainement, il étoit entre cinq & six. Scar. rom. i. •fart. ) * HUMAINEMENT. [Humanitùs.] Honnêtement. Doucement. (On l’a traité fort humainement.) HUMAINS , / m. [ Hommes ] Ce mot pris substantivement & au pluriel est poétique, & veut dire , les hommes. (Je m’estimois le premier des humains. Voit. Po'és. Heureux entre tous les humains Celui qui voit entre ses mains Ces armes naturelles. Godeau, Poésies, 2. p. La chasteté déja la rougeur fur lefrónf Avoit chez les humains reçu plus d’un afront. Defpr.) * HUMANISER , v. a. Facilem reddere.] Rendre quelcun plus humain , plus traitable, plus familier. (Humaniser quelcun.) f * S’HUMANISER„ v- r. [Se facilem N huntanum prabere.] Se régler fur les autres hommes, s’y conformer. S’adoucir. Devenir plus humain & plus honnête. 111 commence un peu à s’humanifer. Elle est un peu humanisée. Par charité , Madame , ou daigneí m’excuser. Ou daignez vous rej'oudre à vous humaniser. Bours. Esope.) ■f * Ne paraissez pas si savant, humanisez votre discours. Molière. C’est-à-dire , parlez comme les autres hommes.'] HUMANISTE, f m. [Humanioribus litteris eru- ditus. J Celui qui sait les humanitez. Qui sait les Poètes & les Orateurs. t C’est un bon humaniste. Unex- celent humaniste. Le P. Vaniére Jésuite est très-bon humaniste.) HUMANITE',/ f [Naturahmnana.] Terme de Théologie. L’humanite est la nature humaine. (L’huma- nite de Jéfus-Christ. Je voi l’ouvrage du S. Esprit en votre humanité que nul péché n’a corrompuë. God.] 0" Sancy raporte dans fa Confession , ch. 7. que le jeune Noaiiles avoit ete banni pour avoir trop marqué fa prédilection pour les femmes par ces vers : Nul heur , nul bien ne me contente Absent de ma divinité. Le Roi, pour lors Roi de Navarre , apostilla de fa main : N'apelles point ains ma tante, Elle aime trop [humanité. f * Reposer son humanité, f Corpusculum curare. ] C’est-à-dire, se reposer. * Paier le tribut a [humanité. [ Mort. ] C’est prov. mourir. * HUMANITE'. £ Urbanisai , comitas , humanìtas. ] Douceur. Honnêteté. (C’est un homme qui a beaucoup d’humanité. 11 l’a traité avec beaucoup d’huma- nité. Avoir de l’humanité. 11 est dépouillé de toute forte d’humanité. Ablanc.) HUMANITEZ , f f [Humaniores litera .] Ce mot, au pluriel, signifie la connoissance des Poètes & des Orateurs, & il se dit particulièrement en parlant des classes de Seconde & de Rétorique. (11 a enseigné les humanitez au Colége de la Marche à Paris, & il réussit heureusement. Maimbourg , hiji. du Calvinisme.] HUMBERT, f rn. [ Humbertus. ] Nom d’homme. HUMBLE , adj. [Humilís , fui déficient. J Qui a de l’humiiité. Modeste. Soumis. ( II est fort humble. Elle est fort humble. Un esprit fort humble. Je ne me trouve jamais si humble que quand je veux répondre à ses lettres. Voit. I. 42. Je vivrai contente en mon triste séjour, Sans que jamais le tems altère , Ni mon humble refecí , ni mon fidèle amour. Perr. griselidis.) * HUMBLE. [Humilité] Ce mot est Poétique, pour dire j bas. Qui n’est pas haut. Petit. (Les humbles bruïeres. Racine. HUM 209 Heureux qui satisfait de son humble fortune, Vit dans [état obscur oíi les Dieux [ont caché. Racine, Iphig. a. 1. fc. 1 . HUMBLEMENT , adv. [Humiliter.] Avec modestie- Avec soumission. (Suplier une personne humblement. Demander une grâce fort humblement. Répondre humblement. II saisit des soupirs , de grands élancemens ; Et baifiit humblement la terre à tous moment. Mol.) HUMBLES , f. m. [Humiles.] Ceux qui ont de l'humilité. (Les humbles recevront la terre pour leur héritage. Port-Royal , Psaumes.) í HUMECTANT, humeéiante , adj. On le dit des alimens & des boissons qui rafraîchissent. (Je ne prens que des choses humectantes. Les alimens hume- ctans lui font nécessaires.) HUMECTATION , f. f. [Humoris suffuso.] Terme de Pharmacie. Préparation qu’on fait d’un médicament en le laissant tremper quelque tems dans l’eau pour l’amolir , pour empêcher la dissipation de ses parties subtiles, ou en d’autres ocasions. HUMECTER, v. a. [Madefacere.] Mouiller & rafraîchir. (Celahumectelespoumons.il faut humecter le corps. La rosée humecte la terre.) f S'HUMECTER, se dit aussi pour se rafraîchir. (11 a besoin de s’humecter. II s’humecte la poitrine.) HUMECTER son pinceau. £ PeniciUum humeélare. J C’est le mettre fur le bord des lèvres , & le serrer un peu avec la langue. HUMER, v. a. [Sorbere.] Avaler quelque chose de liquide. Uh s’aspire. ( f HUMER une pinte de bière. Humer du bouillon , du cassé.) A HUMER [air , humer le brouillard. C’est s’expo- fer à l’air , au brouillard, & en être incommodé. f * HUMER. [Haurire.] Ce mot, au figuré, est un peu comique , & signifie prendre. (Elle a humé l’air prétieux. Mol. prétieuses. 11 n’a u ra pas plútòt humé l’air de Paris qu’il sera tout changé. Scar. nouvelles.) + * HUMER le vent , oU humer la parole à quelcun , C’est populairement, lui couper à tout moment la parole, l’empêcherde continuer son discours. HUMER AL. adj. [Ad humerum pertinent.] Terme de Médecine qui se dit d’un muscle qui fait mouvoir le bras en haut, & qu’on apelle autrement Deltoïde. HUMEUR,// [Humor.] Substance fluide. (Les plantes sc nourrissent de l’humeUr de la terre.) f HUMEUR. Terme de Megiffìer. Faire prendre l’humeur aux peaux de mouton qu’on passe en megie , c’est les laisser humecter dans une cuve sèche, où on les met après les avoir trempées dans de l’eau claire , pour les préparer à cette façon qu’on apelle, ouvrir les peaux. HUMEUR. [Humor.] Terme de Médecine. (II y a quatre humeurs dans le corps des animaux. Le sang, la bile , la mélancolie & le flegme, ou la pituite. L’humeur est une des qualitez du tempérament. Ceux qui ont l’humeur sanguine , sont gais & agréables. La Chamb. Le sucre subtilise les humeurs grossières & gluantes. Le sel dessèche les humeurs. Les trufes engendrent les humeurs grossières , parce-qu’elles sont terrestres. Epaissir les humeurs. Evacuer les humeurs. La nature s’irrite [fi conjure fa perte , Et d’un torrent d’humeurs qu'elle porte au cerveau , Acable ce grand homme , [fi le met au tombeau . Relat. de la mort deDese.) HUMEUR de hibou , [Morofiss.] C’est-à-dire , tempérament de celui qui est chagrin , retiré & fâcheux, HUMEÚR. £ Moret, ìngenium , ìndoles.] Certaine disposition d’esprit. Fantaisie. Naturel. (Humeur impérieuse , méprisante , fière, altière , insuportable. II est de méchante humeur, Et devenu mauvais rìmeur , Voit. Poës.) Dans l’humeur où je fuis, je ne dois plus converser avec les vrvans, Voit. 1. 1. Entrer en mauvaise humeur. Paf. 1. 5. Etre en humeur d’étudier ; c’est-à-dire , être en état d’étudier. Etre d’humeur à tout soufrir ; c’est-à-dire , être d’un tempérament à tout soufrir.) HUMEUR cristaline. [Humor cristallinus.] Corps tnoií Tome II. D d & 2 10 HllM & transparant de l’œil. Les deux autres humeurs de l’œil font l’humeur vitrée & l’humeur aqueuse. HUMEUR. [Frig/dm humor.] Fluxion. (Une humeur froide s’est jettée fur son bras. (Empêcher , arrêter, détourner une méchante humeur.) . , HUMIDE , adj. [Humidus , uliginosus. J Qui a de l’humidité. Qui est encore plein d’eau. Qui est mouillé. (La terre est humide. Lieu humide. Linge humide'. Avoir le cerveau humide.) HUMIDE radical , / m. [Humor vitulis.] Terme de Médecin. C’est une certaine humeur qu’on croît avoir été. la première dans le corps, qui est le principe de la vie & la cause de fa durée. (L’humide radical est consumé. L’humide radical dans mon caur se dissipe, Mon ejprit s’en altère , mon corps s en conjìipe. Scar. D. Japhet,«. i .sc. 4.) HUMIDEMENT, adv. [In humide coco.] Avec humidité. Fraîchement. On est ici peu humblement.) HUMIDITE',/ / [Humor, humidum.] Chose humide. Espèce de fluidité. Une des premières quali- tez de l’air. (Une grande humidité. L’humiditéest contraire au fruit. L’humidité modérée est cause du poil. Le sel se fond à l’humidité , quand il est dans un lieu humide.) f HUMIDITEZ , se dit au pluriel de I’abondance excessive de la pituite. (Les humidité? du cerveau. Dessécher les humidité? du cerveau.) HUMILIANT , ante , adj. [Sui dejsicientiam af. ferens.] Qui humilie, qui abaisse l’orguëil. On ne veut Í ioint convenir qu’on s’est trompé : cela est trop humi- iant à la vanité. HUMILIATION , f f. [Voluntariasui demijjìo .] L’humiliation est un terme de piété. C’est un état décaissement. (II est dans l’humiliation. L’humiliation est utile & nécessaire. Dieu qui donne à ses serviteurs le pouvoir de guérir des maladies, permet qu’ils y soient sujets pour leur humiliation particulière. Vie de S. Ignace , /. 2.) HUMILIATION. [Inufla turpìtudinis nota.'] Action par laquelle on est humilié & abaissé avec confusion. (Vos emportemens vous attireront de grandes humiliations. Acad. Fr.) HUMILIER.;», a. f Arrogantìam frangere.] Soumettre. Rendre humble. (Une Reine à mes pie? fe vient humilier. Racine , lphig. a. 2. .... Monsieur , songez , je vous fuplie, A l’ésort que je fais , lors-que je «/humilie. Bourf. Esope.) * HUMILIER. [Demittere.] Mortifier. Abaisser. (Us penfoient déja nous voir humiliez. Voìt. Fois Ne puis je pas d’Achille humilier l’audace ? Racine , I- phig. a. 4. Dieu a permis cet aveuglement pour humilier ce fanfaron. Boileau , avis à Ménagé. Le meilleur m oie n d’humilier l’bomme , c’est de le convaincre de fa foiblesse. Nicole , essais de morale , t. 1. 11 y a des gens qui , sous prétexte d’humilier l’orguëil de l’homme, l’ont voulu réduire à la condition des bêtes. Le même.) HUMILITE',//. {Humilités , animi demijjìo , fui contemptio .] L’humilité est une vertu Chrétienne qui est le fondement des autres vertus. (Une grande humilité. Une humilité véritable, sincère , exemplaire. Humilité feinte, fausse, artificielle , déguisée. C’est un artifice de l’orguëil qui /abaisse pour /élever, & qui n’est jamais plus capable de tromper que lors-qu’il fe cache sous la figure de l’humilité. Réflexion morale L?4. Etre illustre par son humilité. Avoir beaucoup d’humilité.) t HUMILITE', signifie quelquefois soumission , abaissement. (11 demande la vie avec humilité. II vous en prie avec humilité. Je ne faurois refuser à son humilité.) t§ HUMORISTES, / m. ou plutôt Umoristes. Le: Humoristes de Rome y établirent, au commencemen du seizième siécle , une espèce d’Académie de perfon nés agréables & savantes, dans la maison de Pau Mancini. Leur ocupatìon étoit de composer des co mcdies & diférens ouvrages de Poésies ; & souvent le: auteurs des comédies en croient les principaux acteurs le plaisir qu ils procuraient au Public, leur aquit le tî- tre de beghumon d ou l’on fit umoristi. Leur devisi fut un soleil cache dans une nuée, de laquelle 1 tomboit une doucerofee, avec ces mots, redit agmi- HUR ne dulci: ce qu’ils prirent de Lucrèce, lìh. 6. vers 6; 1. Us prétendoient montrer, que, comme l’eau salée de la mer perd fa qualité par la chaleur du soleil qui l’a athée, pour en former un nuage, qui fe résout ensuite dans une pluie douce & agréable, leur aplication à l’étude des Belles Lettres produiroit en eux un semblable changement, & feroit succéder à la rudesse de l’ignorance, la douceur des mœurs & la politesse des vertus civiles. -j- HUNDRED,/ m. C’est le quintal d’Angleter- re, qui est d’environ trois livres plus fort que celui de Paris. HUNE , / / [Carcbepum.] Terme de Mer. Lahu- ne est la cage qui est au haut du mât du navire, où l’on met une personne pour découvrir la terre, &c. (Monter à la hune. ) L’h /aspire. HUNE. [Tintinnabuli jìereokata.] Piéce de bois fur laquelle une cloche est a tachée, & qui sort à la sonner. HUNIER ,/ m. [Malus ferens Carchejium.] C’est le mât qui porte la hune. ( Le grand hunier, le petit hunier.) HUPE, / /• [Upupa.] L’h /aspire. La hupe est un oiseau fort beau , de la grosseur d’une grive, ou environ. Elle a le bec noir, long & délié , un peu crochu, les jambes grises & courtes. Elle a fur la tête une aigrette de plumes fort jolies , & de diférente couleur, qu’elle baisse & hausse comme il lui plaît. Elle a le cou & l’estomac tirant sor le roux, & les ailes & la queue noire avec des raies blanches. Olina. HUPE. [C ’rijìa.] Toufe des plumes fur la tête de certains oiseaux. Telle fille à brillante hupe , Queson mérite préoccupe , Croît avançant chemin accrocher des nigauts : Mais loin de réújjìr à tendreJes gluaux, EUe-même reste la dupe. Le Noble.) HUPE', hupée , adj. [ Cristatw .] Ce mot sc disant des personnes est figuré & comique, ou n’entre que dans le stîle familier. II signifie, fin, adroit. (Bien hupé qui pourra m’atraper fur ce point. Mol. 11 so gnifie aussi considérable, apurent. ; Combien en d t’on vû , je dis des plut hupez, ■ Asoufler dans leurs doigts à ma cour ocupes. HURE, / / I Caput aprugnum. J L’h /aspire- C’est la tête d’un gros brochet, d’un saumon , ou d’un sanglier. (Une grosse hure de brochet. Une grosse hure de sanglier. s * HURE. [Caput impexumfœdum.] Tête d’homme. Tête d’homme mal peignée. (II poudre quelquefois fa hure.) HUR-HAUT- Mot populaire dont se servent les chartiers , pour faire tourner leurs chevaux à droite. De-lâ vient qu’on dit proverbialement d’un homme qu’on ne fqauroit gouverner, qu’il n’entend ni à dia , ni à hur-haut. t HURLADE,// [ Ululants.] Grand cri. (Faire cinq ou six hurlades. Voit. I. ag.) HURLEMENT, heurlement ,/ m. [Ululâtus.] L’un & l’autre se dit, mais heurlement est plus usité, & c’est ainsi que /Académie Récrit. Cri de loup. Grand cri de personnes. (Elles pleuroient fa mort avec des cris & des hurlemens épouventables. Vaug. Quint. /.}. c. 12. Avec hurlemens & cris, Céphale mit son épouse Pro- cris dans le monument. Scar. Pois Mon ombre viendra remplir ta maison de hurlemens funèbres. Desr. lutrin, c. à.) HURLER, heurler , v. n. [ Ululare , ululatmi edere.] Faire des hurlemens. L’un & l’autre fe dit, mais hurler semble plus usité que heurler. (On entend ici les loups hurler dans la forêt. Et le lion hurlant dans fa rage dernière, Au pié desfleurs de lys a mordu la poussière. Recueil de l’Acad. iSg;.) HURLUBRELU , adv.' [Temerè, inconsultò.] Terme Populaire, qui veut dire, inconsidérément, témérairement. (C’est un homme hurlubrelu. Il est entré hurlubrelu fans dire gare.) Rabelais a dit, dans le prologue de son septième livre : Car je vous jure mon grand hurluburlu. C’étoit donc, de son tems, une espèce de serment. On apelle à présent hurlubrelu, un homme brouillon, qui ne icade point HYA point cequ’il veut faire. Ce terme est dérivé de l’A- lemand. HUTE , s. /• [.Casasramineaj La hute est une cabane de soldat. (Une bonne hute. Faire une hute.) L ’b s’aspire. Se buter , v. r. [Casa adiscare.J Se loger dans des hutes. (Ce soldat se hute.) HUTER. [ Antentm decussare. ] Terme de Mer. C’est de grand te m s, croiser les grandes vergues avec le mât, en amenant l’un des bouts jusques fur le vi- bord où on l’atache fermement, de peur que le vais- seau ne se tourmente. Fournier , navigation. HUTIN- Débat. Querelle. Froissart, tome i. ch. 17. dit : Car tojì après dtsner , un grand butin commença entre aucuns garçons des benuiers. tzf des archers d'Angle, terre. HUTLA,/ m. [ Gumìculm .] Petite bête des Indes Occidentales, qui ressemble à un lapin. RUY, «d». [Hodiè.'] Terme de Palais, qui signifie le jour présent où l’on est. II faut répondre à cette requête dans huy en quinzaine pour comparoir devant le Juge.) (S HYADES- C’est une constellation formée de cinq étoiles, que l’on voit fur le front du Taureau. Comme elles présagent la pluie, on les apelle Hyades, du mot grec vuv , pleuvoir. Audi Horace, lìb. 1. od. les apelle trìjies Hyades. Ovide nous aprend dans le cinquième livre des Fastes, ce que la fable a inventé i l’egard de cette constellation ; il dit d’abord : Ora mirant tauriseptem radiantia Jlatnmis, Navita quas Hyadas graias ab ìmbre vocat. Elles eurent un frère apeilé Hyas , dont le Poète célébré la beauté en ces termes : Nondumsabat Atlas humeras oneratus olympo, Cùm fatus es forma consiciendus Hyas. Ce jeune homme aimoit la chasse passionnément. Un jour, suivant un sanglier, il entra dans unecaver- HYS 2i 1 ne, où il fut la proie d’une lionne qui nourrissoit des petits. Cette mort causa une extrême douleur au père & à la mère : mais i’afliction des filles parut si excessive , qu’elle leur aquit une place dans le Ciel. Mater Hyan , U Hyan mafia flevere sor ores, Cervicemque polo Jupposturas Atlas : M ViLlus uterque parens tamen es pietate sororum, lUa dédit calum , nommefecit Hyat. ch HYDRARGIRE , s m. Mot Latin avec une. terminaison Françoise. 11 vient d ’Hydragirum , qui signifie vif-argent. Les Chimistes &’les Artistes qui aiment le misterieux & les grands mots, s’en fervent plus volontiers que du terme de vif-argent. jQT HYMEN- Le Dieu du mariage, dont Mr. de Benserade a fait une peinture bien naturelle dans son poème sur le mariage de Louis XIV. Ce Dieu par qui les gens font attachez ; Qui fait les bons U les mauvais marchez , Qui tiennent tous ,sans que pas un se rompe, Ne vint jamais avéquetant de pompe s 11 ifavoit pas son ordinaire train , Le repentir , le dégoût , le chagrin. A ses cotez Vamour ne marche guère, II va devant , ou demeure derrière. Et n’es lié que de ses propres nœuds , Afe. HYPERB AXE ; Volez Hiperhate. HYPOCISTIS; Volez Hipodsk. $ HYPOLAP ATHUM, Espèce de Rapontic ou de Rhubarbe. II y en a de sauvage qui croît sans culture, & d’autre qui se cultive dans les jardins. HYPOTYPOSE; Volez Hipotipose. í HYSTERA PETRA- Pierre grosse comme une noix, qui est sudorifique. Elle se trouve en Italie & en Alemagne. Volez la colonne HI, où vous trouverez les mots qui s’écrivoient par Hy. I JAB I ,s. m. C’est la neuvieme lettre de l’Alphabet François. (Faire un petit i. Faire un grand I. On trouve en François deux fortes d’i; un qu’on nomme voyelle , & un autre qui est un / consonne, qu’on apelle un j à queue , parcc qu’en effet, il en a une. Cet j se rencontre dans ces silabes, ja , je, ji, jo , ju , il se Î irononce comme un g se prononce devant les voyel- es e & i, & même il se met quelquefois en la place du g , comme jerhe , ou gerbe, jénijse , ou génisse, jé- ser , ou géser , &c. ) Quand la lettre i voyelle se trouve entre deux autres voyelles, & qu’elle se prononce presque comme fi elle étoit double , on met deux points fur cet i , comme dans ces mots, pdier, aiez , cróîez, votons , & autres ; mais quand cet i voyelle ne se prononce pas double, on n’y met qu’un point, encore qu’il soit entre deux voyelles ; par e- xemple , dans toutes les troisièmes personnes du pluriel du tems imparfait des verbes, ils avoient, Us é- toient, elles aimaient, elles voudraient, &c. & dans divers mots, comme voie, momie, plaie, &c. Quand la voyelle I est devant les consonnes, fans être précedée d’aucune autre voyelle dans la même fi- labe ; elle ne reçoit aucun changement dans fa prononciation , à moins que la consonne ne soit m ou ». Comme , imprimer , impudent, printems , ìnsincí, tinter , brin , lin ,fin , &c. où l'r se prononce presque comme un e s il faut pourtant excepter tous les mots où la sillabe im, est suivie d’une autre m , comme immer- sm , ou d’une n avec une voyelle , comme inaction , inepte , inotii, inusité , où ïi retient le son qui lui est propre. Pour ce qui regarde 1 consonne, cette lettre a cela de particulier, que jamais elle ne se redouble dans les mots, & qu’elle ne souffre aucune consonne ni devant ni après elle dans une même silabe. Volez la Gramm. Fr. de Desmarets.') Dans le Dialogue des Lettres de I’AIphabet, Monsieur d’Ablancourt, fait dire à 1 ’/, qu’on doit chasser Yy qui est étranger daus ia langue Françoise , & dont il peut faire lui-même toutes ies fonctions. II paroit dans ce Dictionnaire que les vœux de la lettre i ont été exaucés. t J A. C Jam.J Ce mot est une sorte d’adverbe qui est fort vieux, & qui tout au plus ne peut entrer que dans le bas burlesque, & même il y a des gens qui ne le peuvent soufrir. II signifie point, déja. (II est ja deux heures. Quand ce Ribaud feroit pendu, ceneferoit ja grand dommage. Voit. Poéf.) On dit proverbialement, & d’unstiie bas : II est des enfans de Noé, de la race de Jasait pour marquer un homme qui a mangé tout son bien ; faisant une mauvaise allusion à Japhetfils de Noë. ch JAAJA,/.’ m. Arbrisseau qui croît dans les lieux marécageux du Rois unie de Quoia , pais des Nègres. Les Hollandois l’apeìlent Mangelaar. ch JABAJAHITES,/ m. St f. Nom d’une secte parmi les Mahométans. Volez Rìcaut. TABLE,/- r». [Crena.f Terme de Tonnelier. Ré- nure , ou entai! lure qu’on fait dans les douves, à quelques doigts du bout d’un tonneau ou autre vaisseau pour y mettre & arrêter les pièces du fond. (Faire le jable des douves.) TABLER, v. a. [Inciserasfacere.] Terme de Tonnelier. Faire le jable des douves. (Jabler les douves d’un muid.) TABLOIRE , f f [Fàbrì doliaris ìnsrumentum.'} Outil aont le Tonnelier fe sert pour jabler. TABOT ,s.m. [sngluvies.J C’est une sorte de peau en forme de bourse, ou de fort petit sachet qui est sous la gorge de quelque oiseau que ee soit, & où d’abord se reçoit la mangeaille pour être ensuite portée dans le sac du gésier où elle se digère tout-à-fait. On apelle aussi ce jabot, poche. [Fundula. ] Mais le mût de jabot est le mot d’usage, sur tout lors que í’oiseau est en vie. Ainsi l’on dit. (Ce pigeon a bien mangé, il a le jabot fort plein. Cette poule n’apoint de jabot. Volez Poche. Amour nabot, Qui du jabot De Dom Japbet Tome II. As D d a 212 JAC As fait - Une ardente fournaise. Scar.) H * Remplir son jabot. C’est bien manger. ( Cet homme remplit bien son jabot quand il en trouve l’oc- casion. II a trop rempli son jabot.) * jabot. Dentelle attachée sur la fente de la chemise. Le mot de jabot , en ce sens, est presque hors d’usage, & même quand il avoit grand cours, il ne sc difoit qu’en riant. ch L’Académie admet jabot dans ce sens (un jabot de belle dentelle.) f JABOTAPITA,/ m. Arbre du Brésil, dont le fruit est d’usage dans la Médecine, & fournit une sorte d’huile qu’on mange avec les salades. JABOTER, v. a. [Masure.] Murmurer, marmo- ter. Que jabotez-vous là. Plus ordinairement, il signifie caqueter, babiller , fans être entendu de tout le monde. Jaboter est bas suivant l’Académie. J AB U slCABA ,/ m. Arbre qui croît au Brésil, & qui porte une grande abondance de fruits. Í AC. Voiez Iacbt. KCAism. Arbre qui croît le long des eaux dans quelques Isles des Indes Occidentales. 11 y a encore le Jacapucáia, qui est un autre arbre, dont l’écor- ce est plus dure & dont le fruit meurit pendant l’hyver. k JACARANDA, s rn. Arbre des Indes, dont il y à deux espèces. Le bois de l’une est blanc, & celui de l’autre est noir. Ce dernier est sudorifique & delicatif. Les gens du pays en mangent le fruit, après l’avoir fait cuire. JACE'E , s f [Jacea.] Fleur rouge ou blanche, qui est en maniéré de petite rose & qui fleurit en May. 11 y a une sorte de jacée blanche double qui fleurit en Juillet. f JACENT, jacente, adj. 111 vient du Latin ja- tens , & c’est un terme de Palais , qui se dit des successions abandonnées, quand personne ne se peut porter pour héritier d’une personne décédée. ( On établit un curateur à une hoirie jacente.) ]ACHAL,/»r- Animal gros comme un chien, dont on voit de grandes troupes en Perse. Ils percent les murailles des maisons pour y entrer, & ouvrent les sépulcres pour en tirer les corps morts, qu’ils dévorent comme des vautours. Herbert, voyages. JACHE'RE i f f [ Vcrvafta. J Terme de Laboureur. Terre labourable qu’on laisse reposer un an, pour y semer du blé l’année suivante. JACHERER, V. a. [Terrant prafcindere.] Terme de Laboureur. Donner le prémier labour à un champ. IACHT , f m. [Navis Anglica.] Mot Anglois, ou Hollandois, qui sc prononce iac en François. II y a des iachts Anglois & des iachts Hollandois. Le iacht Anglois est un bâtiment à mats & à voiles, propre pour aler fur mer, embéli d’apartemens commodes & jolis par dehors & par dedans.. On ne donne des iachts à personne sans un ordre exprès du Roi d’An- gleterre. Les iachts Hollandois ne font propres que pour aler fur les rivières, & outre que d’ordinaire ils n’ont point de voiles, ils ne font pas entièrement comme les iachts Anglois. Les iachts Hollandois se tirent par des chevaux, & les petits iachts n’ont qu’un petit apartement, mais à cela près, ils font fort beaux, bien dorez, bien peints, & très-commodes. Son Altesse le Prince d’Orange a ses iachts. Chaque Collège, & chaque ville de Hollande qui a séance aux Etats, a le sien pours’y rendre. On ne voyage en iacht que par la permission des Messieurs qui en sont les maîtres. On sc sert d’iachts pour passer la mer, ou des rivières , pour se promener, ou faire quelque petite course. On ne reçoit dans les iachts ni balots ni marchandises , & il y a d’autant plus de plaisir à sc promener en iachts. f IACHOS , f m. ’On nomme ainsi un des animaux qui produit le Bezoard Occidental ou du Pérou. JACINTE, oulIYACINTE, f. m. [Hyacinthus-1 Pùtìeurs Fleuristes disent le Jacinte, & ils ont quelle raison : car il vient de Iacinte changé en fleur, ìelo» la febl*. Cependant presque t*ut le monde le JAG fait féminin, & j’aimerois mieux parler comme tout Je monde que comme quelques habiles Fleuristes, que je ne condamne pourtant pas. La Jacinte est une fleur rouge, bleue, violette, verte, ou blanche avec le godet incarnat. (Une belle, une charmante, une agréable, une aimable Jacinte. II y a de diférentes Jacintes, il y en a d’Orientales, d’étoilées, de bru- males & de panachées. La Jacinte Orientale fleurit blanc , elle a un grand godet & sent bon. Je vois les Jacintes Orientales que le jour féme à son réveil. Voit.' Po'ês. La Jacinte étoilée est d’Allemagne, elle fleurit en Avril & en May ; & la Jacinte panachée ou à panache fleurit en May & est belle.) Volez Hia- tinte. JACOBE'E, s f. ( Jacalbaa .] Sorte de plant* bosseuse qui fleurit fort blanc. f JACOBE'E, fe dit aussi d’une forte de Tulipe , dont la couleur est rouge, brun & chamois blanchissant. C’est un terme d e Fleuriste. JACOBINES,// [Monialessancíi Dominici.] Re- ligieuses de Saint Dominique, qu’on apelle aussi Fil. les de Saint Dominique. JACOBINS , / m. ( Dominicani. J Religieux fondez par Saint Dominique. Us portent une robe de serge blanche avec un scapulaire de même couleur, & par-dessus une chape avec un chaperon noir. On apelle ces Religieux Dominicains, Freres Prêcheurs, ou Prêcheurs. Mais à Paris on ne les apelle que Jacobins , ou Dominicains. Quand on parle , on dit d’ordinaire Jacobins , & même quand on écrit d’une maniéré simple & familière, on dit Jacobins ; mais dans le stile grave on dit Dominicains, & non pas Jacobins. JACOBITES , / m. [Jacobita.] Ce font de certains Chrétiens qui vivoient en Egypte & dans la Terre- Sainte , apellez Jacobites, parce-qu’ils étoient disciples d’un Jacques , Patriarche d’Antioche. £ On appelle aussi Jacobites en Angleterre , ceux qui suivent le parti de Jacques II. & du Chevalier de S. George qu’ils regardent comme son légitime Successeur. JACOB US , / m. [Jacobw aurem.] Piéce de monoïë qui avoit autrefois cours en Angleftrre, & qui valoit quatorze livres dix fous. f JAçOIT que. Sorte de conjonction , qui veut dire , combien que. Ce terme est vieux & hors d’u- sege. JACOT,/ w. [Jacobus.] Nom de garçon, qui veut dire , petit Jaques. (Jacot est fort.) JACQUES- Voiez Jaques. JACTANCE,/ /• Vieux mot, qui signifioitlouange de soi-même faite par vanité. (Les Gascons font sujets à la jactance.) JACULATOIRE, adj. f Jaculatorius ,] Terme qui fe dit dans de certaines matières de piété, & en parlant de différentes sortes d’oraison. Oraison jaculatoire; c’est-à-dire, où l’esprit s’élance vers Dieu. JACUCATOIRE. [ Saliens. ] II se dit, en termes d ’ Hidraulique , des Fontaines , qui font des jets d’eau qui s’élèvent en Pair. (Une fontaine jaculatoire. On dit plus souvent un jet d’eau.) JADE , / f [Lapis divinus.] Pierre précieuse fort dure, verdâtre, dont les Turcs & les Poionois embé- liffent la poignée de leurs sabres. JADIS, «à [Olim.] Autrefois. Ce mot de jadis est vieux, & a peu de grâce en prose , mais il en a beaucoup envers lorsqu’ií est bien placé, Sc qu’on s’en sert sans affectation dans la grande poésie & dans le comique. ( O Soleil ! ô grand luminaire ! si jadis l’horreur d’un festin fit, &c. Malherbe , poës. liv. 2 . Que bénit soit le Ciel qui prévient de sa grâce, Des caurs jadis Jt lents à marcher JurJ’a trace. Poème fur P édit de S. Aug.) f JADIS. Ce mot sc dit en riant, & parlant familièrement. ( Cela étoit bon au tems jadis. Cela se faisoit jadis, mais présentement, non. Jadis un renard afamé, Rodant par-ti par-là pour faire bonne quête, Entra dans la maison d’un Peintre renommé . Bours. Esope.) f JAGOARUCU ,/ m. Animal du Brésil, qui aboie comme un chien. î Jâ- JAL í JAGRA, s. m. Efpéce de sucre, qu’on tire du cocotier en Amérique. f JAGUACINI, /. nt. Espèce de renard, qu’on trouve dans le Brésil. JAIET, s. m. [Gagates.] Sorte de pierre noire, iegére, fragile, qui a grand raport avec le bois, & qui, lors-qu’on la brûle, rend une odeur qui tient du souffre. (Beau jaïet. Noir comme jaïet.) Quelques -uns, selon l’Académie, écrivent jay & jais- On apelle encore absolument jais certain verre qu’on teint de différentes couleurs, & dont on fait divers ouvrages. Acad. Franç.) JAILLIR , v. n. [Satire.] Sortir par jet. Rejaillir. Ménagé dans ses observations a décidé que jaillir étoit très-bon, parce, principalement, que Ronsard & lui s’en étoient servis : & Vaugelas, dans ses remarques, croit que jaillir n’ett pas du bel usage, & qu’en sa place, on dit rejaillir. Les bons Auteurs, & ceux qui parlent le mieux, font d’ordinaire du parti de Vaugelas. Cependant il y en a beaucoup qui ne condamnent point Ménage, & fur tout en vers. II fait e» cent façons, oh couler dans les plaines, Ou jaillir dans les airs lecrijlal des fontaines. Voïez rejaillir. {$ S’il m’est permis d’expliquer ma pensée, je cross, que lors qu on parle d’une eau qui s’éleve, jaillir est le mot propre ; rejaillir ne vaudroit rien : mais en parlant d,e seau laquelle par fa chute se jette sur un habit , &c. il faut dire rejaillir. JAILLISSANT, jaiPìjfante , adj. [Saliens.] Eau qui fait des jets. (Eaux jaillissantes.) .í JAILLISSEMENT, f. m. Action de jaillir. On dit, le jaillissement des eaux , le jaillissement du sang. JALAGE, f. m. Droit Seigneurial que le Seigneur prend sur chaque poinçon de vin vendu en détail. JALAP ,f m. s Jalapa .] Plante médecinale , dont on aporte de la nouvelle Espagne la racine coupée par rouelles. Elle est purgative. JALE, / f [Gabata.] Efpéce de jatte ou de grand baquet, dont on se sert à Paris, pour mesurer la farine , & ailleurs pour la vendange. í JALE, est aussi une mesure des liquides, qui contient environ quatre pintes de Paris. Les Anglois I'apellent Gallon. f JALE'E , f. f. Ce qu’une Jale peut contenir de liqueur ou de vendange. (Unejalée de vin , une Jalée de raisin.) JALET, f m. [Globulus mijfilis.] Petite boule de terre grasse cuite , qu’on met dans le panier de l’ar- balète à jalet. JALONNER, V. n. [Pcrticas figer e.] Terme de Jardinier. C est planter des jalons de distance en distance fur des lignes bien droites pour faire des allées & des tranchées, ou pour planter des arbres. ( Nous jalonnâmes tout le matin. Quint. Jardins , t. i.) JALONS m. [Pertice- ,, ciunculam , & les Franqois après eux Idile , qui ne „ signifie autre chose que de certaines petites images, ,, telles qu on en voit gravées fur des pierres précieu- ,, ses ; & c est dela que les Poètes Bucoliques ont em- ,, prunté ce nom pour les représentations abrégées des ,, plus petites choses”. Cependant on voit parmi nos PoètesMrs. dela Menardiére & S. Amant, donner le titre d’idile à leurs poèmes, dont le sujet est grave s sérieux : le dernier a ajouté au terme idile l’épitéte de héroïque pour en relever la bassesse. Colletet fait idile masculin. Ausone est le prémier qui ait composé des idiles Latins ; & Jean de la Fresnaye est le prémier qui a fait des idiles en nôtre langue , & a fait ce mot féminin ; il commence ainsi : Petites Idyllies , Marchez de pieds soudains Vers les Nymphes jolies, Et dans les tendres mains Des pasteurs plus humains. Mr. l’Abbé Fraguier a remarqué dans son discours fur FEglogue, inféré dans le 2. tome de l’histoire de l’A- cadémie des belles Lettres , que ces deux mots eglogue & idile ne íìgnifioient pas dans leur origine ce qu’on leur a fait signifier dans la fuite. En effet, celui-ci est un terme générique dont on seservoit pour exprimer un ouvrage médiocre sans le fixer à un sujet particulier : un abrégé, un précis. Et quand au prémier, le mot Grec n’a d’abord signifié qu’un choix & un triage de plusieurs choses; & quoique l’on emploie l’un & l’autre pour spécifier des ouvrages de Poésie pastorale , le mot d’idile est moins déterminé à la Poésie que celui d’eglogue. Votez le discours que je viens de citer, IDIOME, f m. [ Idioma. ] Ce mot vient du Grec, St signifie langage d’un pais particulier, ou d’une Province. ( De quel idiome vous scrvez-vous pour expliquer vos pensées. Mol. mariage forcé. ) L’Académie remarque que le mot idiome n’est guére en usage que dans le dogmatique. IDIOPATHIE , f f. [ Idiophathia. J Maladie qui est propre à quelque membre particulier fans nulle dépendance des autres. Comme la cataracte dansl’œil. IDIOT, idiote , adj. [ Berbex. J Benêt. Sot. (Il est idiot. Elle est idiote.) IDIOT , f m. [ Illiteratus. ] Sot, niais ; qui a peu d’esprit. ( C’est un idiot.) IDIOTE, f. f. C Illiterata. ] Sote : niaise : innocente. (.C’est une franche idiote. ) IDIOTISME, / m. [ Idiotismm. ] Maniéré de parler qui a quelque chose d’irrégulier, mais qui est particulier à une langue. ( Ce pléonasme est un idiotisme de la langue Franqoise. Acad. t'r. ) II n’est guére en usage que dans le dogmatique. f IDITIOT , s rn. Les Fleuristes donnent ce nom à un œillet, d’un violet brun fur un blanc de lait. IDOINE, adj. [ Idoneus. ] Vieux mot, qui signf- fioit propre à quelque chose , qui se dit encore quelquefois en pratique. Mr. Pourchot, pour se railler de sancienne Philosophie, disoit que l’universel etoit une chose apte & idoine à être prêchée de plusieurs. IDOLATRE, adj. [ Idololatra. ] Mot Grec. Qui adore quelque fausse divinité. ( 11 est idôlâtre : elle est idolâtre. Peuple idolâtre Nation idolâtre. On ne peut être idolâtre fans être superstitieux. Honneur idolâtre. ) * IDOLâTRE, adj. [ Impotenti amore flagrant. J II veut dire, au figuré , qui aime éperdument. (II est idolâtre d’une femme qui le fait cocu. Pour bannir /’ ennemi dont j’et où idolâtre, J’affefíai les chagrins d’une injustìe marâtre. Rac. phédre. a. 1. sc. 1. Tome II. Le r On 2 20 IDO On dit aussi , rendre des devoirs idolâtres. Honneur idolâtre. Devoir idolâtre. ) IDOLâTRER , v. a. f Creaturam ut Deum colere. ] Rendre à une chose créee l’honneur qui n’est dû qu’à Dieu. ( Les Juifs idolâtrèrent en l’absence de Moïse.) * IDOLâTRER, ». a. [Amore infanire .] Aimer avec avec une passion démesurée. Aimer uniquement & Í mssionnément. ( Je l’aime , que dis-je aimer ? je 'idolâtre. Racine , Britannìcus , a. r. sc. 2. On ne vous verroit point réduit A la nécessité d’idolátrer sans fruit Une maîtresse éeratienante. Deshoul. ) IDOLÙTRES, s m. [ Ethnici , gentilet, ] Ceux qui ent adoré des idoles , parce-qu’ils n’étoient pas éclairez des lumières de la foi. ( On croit que les idolâtres font damnez. ) IDOLâTRIE ,sst [ Deroum adoratio. ] II vient du Grec. C’est un culte divin qu’on rend à la créature, ou à quelque partie de la créature. ( Idolâtrie absurde , ridicule, horrible, &c. Condanner, ruiner l’ido- lâtrie. L’idolâtrie est une véritable superstition & le Í ilus grand péché qu’on puisse commettre contre Dieu ; 'idolâtrie égale la créature au Créateur , & en cela elle est détestable. 11 y a de l’idolâtrie à invoquer le secours des démons. Tiers, superstit. C’est manquer de sens que de vivre dans l’idolâtrie. S. Cy- prien. ) ch * IDOLâTRIE, se dit aussi de l’amour violent, del’estime démesurée qu’on a pour quelcun. IDOLE, s f í ldolum,simulacrum. ] Quelques- uns font ce mot masculin ; mais tous ceux qui parlent & écrivent le mieux, le font toujours féminin. L’i- dole est la représentation d’une fausse divinité. (Idole rompue & mise en pièces. God. L’Académie le fait féminin. Celle qui souffre en sa présence Qffon vante en elle des apas , Ou des vertus qu'elle n'a pat , N’est qu’une Idole qu’on encense. Pavillon. ) * Idole. [ Idolum. ] Amour. Objet qui est cause d’une grande afection. (Elle renonce à cette idole d’iniquité, qu’elle s’est faite dans fa colère. Patru , plaid. 2. L’or est la brillante idole des avares. Go- deau, Poésies .. On crut que tout fléchiroit devant cette idole de la Cour. Patru, plaid. 1;. Mes plaisir* ent été mes idoles. God. Pois. ) Mainard a dit dans ses stances à Alcipe : Alcipe , reviens dans nos bois , Tu n’as que trop suivi nos Rois , Et íinfidéle efioir dont fusais ton idole. Mr. Costar , dans fa Lettre 101. tome. 2. 11 a été dit que l’homme se faisoít un Dieu de son désir, & de son inclination. L’buom del volersuo Dios face. Et: Sua cuique Dem fit dira cupìdo. Mais je ne me souviens pas qu’on ait jamais dit la même chose de nôtre esperance ; au contraire , on en fait une des courtisanes de la Fortune. Te fies , £V? albo r ara Fides colit Velata panno, U c. Voïez le reste. IDOLE, [ Infans statua. J Personne niaise , qui n’a point d’esprit, & qui paroit insensible comme une statue. (Une femme jolie, mais qui n’a rien de piquant dans la conversation, est une belle idole. Voyez ce portrait, qu’il est bien , II n’y manque que la parole ; Dites donc qu’il n’y manque rien , Car c’eft le portrait d’une Idole. ÍIDOLOTRYTE, st >»• S. Paul a donné ce nom aux viandes osertes aux Idoles des païens, qu’on pré- sentoit aux assistans pour en manger. Ce terme n’est d’usage que dans le stile dogmatique. IDEOGRAPHIE,/. st Udrographia.] La description des eaux. (L’ídrographie de Fournier est bonne, mais elle n’est par complette.) Voïez Hidrograpbie. JE. C Ego. ] Pronom, qui signifie moi, & qui marque la premiere personne singulière d’un verbe. (Je languis, je soupire âpres cette cruelle. ) JEA JE. Ce pronom mis aprés le verbe marque l’inter- rogation , & alors si la première personne du verbe finit par un e féminin, il se change en g masculin; ainsi on dit, pensé-je a cela ? & non pas pense-je ? Que si la prémiére personne du verbe n’est pas un e féminin , elle ne se change en e masculin, que quand la prononciation du je après la prémiére personne du verbe est rude , ou fait équivoque. C’est pourquoi on ne peut point dire, sens-je , dors-je ? écris-je ? roms-je ? mais stenté-je ? dormé-je ? servé-je ? rompé-je ? & au contraire , on dit dois-je ? fais-je ? stuis-je : à cause que cette prononciation n’est pas vicieuse & ne fait point équivoque. Et même ceux qui parlent bien, & qui ont de la délicatesse pour la langue, condan- nent aussi ces façons de parler , stenté-je , mangé-je , dormé-je , rompé-je , &c. & se servent plûtôt d’un retour, & ils diront, est ce que je mange , que je dors, gjV. JE ne sai quoi. [ Nescio quid. J Certaine chose. (Elle a un je ne sai quoi qui se fait aimer. La grâce, qu’est-ce autre chose que je ne sai quoi de surnaturel & de divin , qu’on ne peut ni expliquer ni comprendre. Entr. d’Ariste d’Eug. JE ne sai qui. [ Nescio quis. J Ces mots signifient je ne puis dire qui. ( J’ai vu je ne sai qui aujourd’hui qui m’a parlé de vous. ) Un je ne sai qui. [ Fatum , insulsm, fungui. ] Mots injurieux, qui veulent dire, un sot, un fat. ( C’est un je ne sai qui. ) y E',s m. Mesure des liquides qui contient deux , & qui est en usage à Augsbourg & en d’autres villes d’Alemagne. JEAN, / m. Prononcez Jan. Ce mot vient du Latin Joannes. C’est un nom d’homme. ( Saint Jean disciple de nôtre Seigneur a été Apôtre & Evangéliste ; il a écrit des Epîtres & l’Apocalipse. Jean Roi de France fut pris prisonnier à la bataille de Poitiers, & fut mené à Londres. Jean III. regnoit en Pologne, c’est un trés-vaillant Prince, à qui le monde Chrétien a de grandes obligations. ) JEAN. Nom que le peuple grossier joint à plusieurs mots , comme Jean-logne , Jean-Farine. Mr. le Cardinal de Janson demanda un jour à Air. Boileau, pourquoi il ne s’apelloit pas plûtôt Eoivin. Et vous, Monseigneur, lui répondit Boileau, pourquoi ne vou* apellez-vous pas plûtôt Jean farine. Jean ? Que dire fur Jean ? c’est un terrible nom Que jamais n’acompagne une épitéte honnête : Jean des vignes, jean logne. .. où vais je ? trouvez bon Qu’en st beau chemin je ni arrête. Deshoul. JEAN. Terme de Triquetrac. Quand il y a douze Dames deux à deux , qui font le plein du côté de Triquetrac. Petit Jean, grand Jean , Jean je retourne. II fait comme le chien de Jean de Nivelle , il s’enfuit Î uand on l’apelle. Proverbe qui vient de Jean de lontmorenci, Seigneur de Nivelle , qui ayant donné un souflet à son Père , s’en fut du côté de Flandres & ne voulut point répondre à la sommation que lui fit le Parlement à son de trompe pour comparoir en Justice. Cest le mariage de Jean des vignes , tant tenu , tant pa'ié. Ce Proverbe s’est dit par corruption des gent des vignes, ou vendangeurs qui ne se ramassent ensemble de plusieurs endroits que durant les vendanges, & qui âpres cela se séparent. C’est Saint Jean bouche cl or. On dit ce Proverbe d’un homme indiscret qui ne cache rien, & qui dit tout ce qu’il pense. C’est comme le Bréviaire de Messire Jean, qui s’tn va fans dire. Pour signifier qu’on fera une chose avee toutes ses conditions. JEAN le blanc. Espèce de petit oiseau de proie, qu’on apelle autrement oiseau S. Martin , & qui chasse aux alouettes. JEANNE ,s st [ Joanna. ] Nom de femme. ( L« Roi Jean épousa en secondes noces Jeanne veuve du Duc de Bourgogne. Jeanne d’Albret Reine de Navarre , mère de Henri IV. fut empoisonnée à Paris, quelques jours avant l’horrible massacre de la S. Bar. thélemi. JEANNETON , st st L Joanna. ] Prononcez Janeton. Diminutif de Jane, qui veut dire , jeune Jane. ( Jean- aetoa JES netòn çst éveillée, & elle semble déja avoir l’oeil tourné à la friandise. ) JEANNOT, s. m. [ Joannes. ] Prononcez Janot. Diminutif qui veut dire , jeune Jean , petit Jean. ( Jeannotest beau & sage. ) JE'CORATOIRE, adj. f. [ Verni Baslica.l Nom que les Médecins donnent à la veine qu’on apelle autrement Basilique. JECTIGATION , f f- C JeHigatìo. ] Terme de Médecine, qui se dit d’un tremblotement ou tressaillement qu’on sent au pous d u malade , & qui montre que le cerveau est menacé de convulsion. JECTISSE, adj.f. Qui ne se dit qu’en parlant des terres remuées qu’on a tirées d’un endroit pour jet- ter en un autre. ( Ce terrain n’est fait que de terre jectisse. ) í JEHOVA, OU JEHOVAH, f. m. C’est le nom propre de Dieu dans la langue Hébraïque. 11 signifie l 'Etre par excellence. Voïez Reland , & le Commentaire de M. le Cíerc fur l’Exode. í JEJUNUM , f- m. Terme & Anatomie. On donne ce nom au second des intestins grêles, qui est situé entre le Duodénum & l’IIeum. On l’apelle ainsi, parce qu’on le trouve toujours moins plein que les autres. JE'NISSE- Voyez Génisse. JENTE- Voïez Jante. JERBE. Voïez Gerbe. JERBER , ou Gerber , v. ». Terme de Marchand devin. C’est mettre des pièces de vin les unes fur les autres. ( 11 faut jerber ce vin , ou il faut jerber ces pièces de vin. ) On dit aussi dans un sens neutre ; jerber en second, jerber en troisième. Voïez Gerber. JE'RE'MIE , s. m. IJeremiM. ] Nom d’homme. ( jerémie ctoit un fameux Prophète. 11 a fait des lamentations. ) f * Faire le Jérémie. C’est-à-dire faire le pleureur, se plaindre sans cesse. JE'ROGLIFE , Jéroglifique. Voïez Hiéroglife. JE'RAME, Jéromites. Voyez la lettre H, & la colonne Hie. TE'RUSALEM, f. f. ÍJerosolyma. ] Ce mot, pris figurément, signifie ? Eglise. ( On dira de Jérusalem, mille & mille serviteurs de Dieu y sont nez. Port- Royal, Pseaume 86. ) Voyez Hiérusalem. TE'SUATES , s rn. C Jesuatì. ] Religieux fondez par le Bien-heureux Jean Colombin en 1367. Ils vont déchaux. Ils portent une robe blanche, & pardessus un manteau de couleur minime avec un capu- ce blanc. II n’y a point de ces sortes de Religieux en France. [E'SUITE, Jésuijìe, s. m. Uesuita. J On ne prononce point Ys au mot de Jésuite , & u eít meme inutile de l’écrire. Les Jésuites font des Religieux fondez par Ignace de Loyola Gentilhomme Espagnol , né en la Province de Guipuscoa. II vint à Paris en mil cinq cens vingt-huit, il y fit des compagnons qu il obligea par vœu a Mont-Martre dans une Chapelle souterraine à ne se point qui ter , & a travailler de concert au salut du prochain. Ce fut en ce lieu-là qu il jetta les fondemens de l’Ordre, dont âpres il fut le prémier Général. II lui donna le nom de la Campa - gniede J esta, & le Pape Paul III. confirma ce nom en mil cinq cens quarante. Les Jésuites font vœu de pauvreté , de chasteté, d’obéïffance, & un quatrième vœu d’aler par tout où le Pape les envolera. Saint Ignace leur Patriarche qui a fait leurs constitutions, a établi trois diférens états dans l’Ordre de ces Peres; celui des écoliers aprouvez , l’autre des coadjuteurs, & le troisième des proses. On nomme écoliers aprouvez, ceux qui font dans la voie durant leurs études. La Compagnie ne s’oblige point à eux que fous condition , quoi-que de leur côté ils s’engagent absolument à la Société en promettant d’y vivre & d’y mourir dans l’observation des trois vœux, & en s’obligeant par un vœu exprès d’accepter le dégré, ou l’état qu’on trouvera dans la fuite leur être le plus convenable. II y a deux sortes de coadjuteurs , les coadjuteurs Jpì- rituels & les coadjuteurs temporels. On apelle coadjuteurs Jsrritutls , ceux qui font en public les vœux de v». J ES 221 chasteté, de pauvreté & d’obéïssance, mais qui ne font pas le quatrième qui regarde les Missions qu’il plaira au Pape de leur ordonner. Les Coadjuteurs temporels, ce font les simples Frères qu’on apelle coadjuteurs temporels, parce qu’ils aident la Société dans les choses serviles , & qui font les moins importantes. On donne le nom de proses k ceux qui font publiquement les trois vœux solennels de Religion , en y ajoutant celui d’une obéissance particulière au Pape pour le regard des Miilions parmi les Infidèles & les Idolâtres. Les Proses font l’eslèntiel de l’Ordre, & ils sont obligez à une observation exacte de la pauvreté Evangélique. Les Dignitez & les Oficiers de la Compagnie de Jésus sont un General, 4. ou 5. Aslistans, des Provinciaux , des Recteurs, des Préfets de Coléges , & des Supérieurs de Maisons Professes. Le Général est perpétuel & absolu, & il ne peut;être déposé, à moins qu’il n’y ait du dérèglement dans fa conduite. Les Aílìstans sont les Ministres du Général, qui observent pourtant sa conduite, & servent à tempérer son autorité. Au reste , les jésuites n’ont point d’habit particulier. Celui qu’ils portent est d’une éto- fe simple & noire, & il consiste en une robe , & un manteau ; mais ils ne portent ordinairement le manteau que quand ils vont en ville. Ils n’ont point ds chœur, ni d’austérité d’obligation, & ils sont gouvernez d’une maniéré monarchique. Ils commencèrent en 1546. à enseigner dans l’Europe les Humanitez, la Philosophie & la Théologie, & c’est ce qui a beaucoup contribué à leur donner le crédit qu’ils ont. Ceux qui en voudront savoir d’avantage sur ce chapitre, n’ont qu’à lire Ribadeneyra, Mafée, Bartoli, Bouhours, & les livres qu’on a faits pour Si contre les Jésuites, & dont il seroit aisé de faire une petite Bibliotéque. JE'SUS- Terme de Papetier. Papier dont la marque est un nom de Jésus. ( Donnez-moi une rame de Jésus. ) JE'SUS-CHRIST , f. m. [ Jésus-ChriJlus. J Le Fils de Dieu qui est mort en Croix pour le salut des hommes. ( Croire en Jésos-Chrift & a la Sainte Eglise. Etre dévot à l’Enfant Jésus. La Compagnie ds Jésus. L’Oratoire de Jésus. Nom de Jésus. ) JET, f. m. [Jaflus. ] C’est Faction de jetter quelque chose. L’espace au bout duquel on jette. ( Un jet de pierre. L’arbre étoit éloigné d’un bon jet de pierre. Abl. ) JET. [ Jaflus. ] Ce mot se dit en termes de Mer. Faire le jet. C’est de gros tems jetter en mer la marchandise & le canon pour soulager le vaisseau , de crainte qu’il ne fasse naufrage. ) On dit aussi , jet de voile, pour dire l’apareil complet de toutes les voiles d’un vaisseau. Guillet , arts de l'homme d’épée. ($ JET. Ce terme signifie deux choses dans la Jurisprudence maritime. Jet, c’est Faction par laquelle on jette dans la mer des marchandises pour aleger le vaisseau agité par la tempête, & en éviter le naufrage. Jet, signifie encore la contribution de tous les intéressez dans le chargement & dans la perte des marchandises jettées. II y a dans FOrdonnance maritime de 1681. un titre du jet dont voici le prémier article : „ Si par tempeste, ou par chasse d’ennemis „ ou de pirates , le maître sc croit obligé de jetter „ en mer partie de son chargement, de couper ou i, forcer scs mâts, ou d’abandonner scs ancres, il „ en prendra l’avis des marchands, & des principaux „ de l’équipage. ” Cet article est conforme aux Ju- gemens d’Oleron, art. 9. que Mornac a cité fur la Loi , Amijja , ffl de Lege Rhodia. S’il y a diversité d’avis , FOrdonnance , art. 2. veut que celui du maître & de l’équipage soit suivi : & si le marchand est absent, les Ordonnances de Wisbuv, art. 21. veulent que le maître prenne Favis du pilote & de la plû- Î art des matelots. II faut ajouter, que , suivant les ugemens d’Oleron, art. 8- ,, si les marchands ne „ répondent pas à la demande qui leur est faite par „ le maître, lors le maître doit foire ce qui sera „ en lui & foire jet, & s’ils n’ont agréable le jet, „ non pourtant le maître , ne doit pas laisser qu’il „ ne jette tant qu’il verra que bien soit , jurant ,, lui & le tiers des compagnons sor les saints Evan- ,, giles, que quand ils ve - oient à droite route, ils „ ont jetté pour sauver leurs corps , & la nef, „ & les autres denrées qui y sont encore. ” On Ee ; ne 222 JET On ne doit point jetter que daris les dernières extrê- mitez , suivant les loix qui font au Digeste, íous le titre, de Lege Rhodiù. La même Ordonnance nous prescrit Tordre que Ton doit tenir dans le let. II est porté dans l’article 5. que,, les ustencilesdu vaifleau, & autres choses les moins nécessaires, les plus pelantes & de moindre prix, seront jettées les premieres, " & enfin les marchandises du premier pont, le tout ” néanmoins au choix du Capitaine , & par l’avis de ” l’équipage. " Loccenius traitant cette question dans son livre intitulé : Jus Maritìmum. lib. cap. 7. dit que le maître doit commencer à jetter les choses qui lui apartiennent, avant que de jetter celles des autres qui ne lui apartiennent pas. La délibération fur le jet, doit être écrite par TEcrivain, fur le regître qui fera signé ; & le même Ecrivain doit tenir un état des choses jettées & endommagées. L’Ordonnance, dans Tarticle du même titre , veut que le maître étant arrivé à un port, il déclare par devant le Juge de TAmirauté, s’il y en a , si non devant le Juge ordinaire, la cause pour laquelle il aura fait le jet, coupé ou forcé ses mâts, ou abandonné ses ancres : & s’il aborde dans un pais étranger , la déclaration doit être faite devant le Consul de la Nation Franqoise. La dificulté est souvent grande , après le naufrage, pour régler le prix des marchandises jettées , & de celles qui ont été sauvées , pour faire la répartition & le paiement des pertes & des dommages ; & l’Ordon- nance a réglé dans Tarticle 7. que „ la répartition fe- „ roit faite fur les effets jettez, & sauvez , & sur la „ moitié du navire, & du fret au marc la livre de „ leur valeur”. Mais suivant Tarticle n. les munitions de guerre & de bouche , ni les loïers des matelots , ne contribuent point au jet ; & néanmoins ce qui fera jetté, fera paie par contribution fur tous les autres effets. II est encore décidé dans Tarticle 15. que „ si le jet ne fauve le navire , il n’y aura lieu à „ aucune contribution , & les marchandises qui pour- „ ront être sauvées du naufrage , ne feront point te- „ nues du paiement , ni du dédommagement de cel- „ les qui auront été jettées ou endommagées ”. Et dans Tarticle 16. que si le navire aïant été sauvé par le jet, & continuant sa route , vient à se perdre, les effets sauvez du naufrage contribueront au jet sur le pied de leur valeur ení’état où ils se trouveront, déduction faite du sauvement. Enfin, pour finir cet article, je remarquerai seulement, que fi le vaisseau périt avec le reste de son chargement, il n’en sera fait aucune répartition sur les marchandises mises dans les aléges , quoiqu’elles arrivent â bon port : & si Tun des marchands refuse de païer sa part de la contribution, le maître pourra, pour fureté, retenir , même faire vendre par autorité de Justice, des marchandises jusques à concurrence de fa portion. JET. Se dit des abeilles qui font des essains. Examen. JET. [ Balifia. ] Efpéce de machine de guerre en forme de pierriers dont les Anciens se scrvoient pour jetter plusieurs flèches à la fois. $ JET. On apelle Armes de jet celles dont on fe sert pour combatre de loin. Les Anciens lanqoient des traits, des pierres, avec leurs machines de guerre , & les Modernes , fe servent des armes à feu. ( Rien n’estplus méprisable que les armes de jet, lorsqu’on ale courage de joindre l’ennemi avec l’arme blanche.) Po/ybe de Mr. de Folard. 0 " JET de berce. Suivant les usages de la Bresse, le maître d’un étang a derriere la chaussée un espace apellé le jet de berce, & dans lequel il peut mettre du gazon pour conserver la chaussée, ou prendre de la terre dans Tefpace de sept pieds, ou sept pieds < 5 fc demi, afin d’y faire les réparations nécessaires. On doute souvent à qui un fossé apartient. Les Auteurs ont décidé que le jet de la terre tirée du fossé , détermine le propriétaire ; ainsi la terre aïant été jettéc d’un côté , le fossé est censé apartenir au maître du Fond fur lequel le jet a été fait. C’est la décision de Loifel, dans ses Institutes , liv. 2. tit. 3. art. 7. L de la Coutume de Berri , tit. n. art. 14. deMontfort, *rt. 83. de Rheims, art. 364. d’Orléans, art. 252. & de plusieurs autres. La raison est , que selon Coquine , il faut regarder le bord opposé à celui sur lequel on a fait le jet, comme étant le véritable con- fin entre les propriétaires. Buridan , fur la Coutume de Rheims, a eu raison de remarquer que cette régls ne doit pas etre executee trop sévèrement 3 car JET il peut arriver, que les ouvriers ont jetté la terre fans attention fur la conséquence du jet; ensorte qu’il faut toujours s’en tenir aux titres que Ton peut produire, aux bornes duëment reconnues, & à la contenue du fond auqucl on veut attribuer le fossé dont il doit faire partie. JET. [ Calculw. J Calcul, suputation. Le jet à la plume est plus sûr que celui des jettons. JET. Terme de Fauconnerie. Petite entrave qu’on met au pié de Toifeau. On dit encore parmi les Pécheurs , jet de filet. C’est aussi une petite corde qu’on met au cou du patient. JET de fontaine. [ Aqua saliens. ] Petit filet d’eau que jette la fontaine. ( Un beau jet d’eau. IIse plaît à la voir d’un jet audacieux Abandonner la terre U s’élever aux cieux. Abé Régnier. ) JET A arbre . [ Fejìuca , surculw. J C’est la poussa de i’arbre. C’est un bourgeon qui pousse fur une tige. (Un nouveau jet. Pousser un jet. Arbre qui fait de beaux jets. ) î JET. On apelle canne d’un seul jet, celle qui n’a point de nœuds. On dit aussi, c’est un beau jet. JET , [Fufio. J Terme de Fondeur en bronze. Tuïau de cire , qui est fait d’une certaine grosseur, & qu’on aplique dans les moules & contre les ouvrages qu’on veut jetter en métal. ( Un beau jet. ) [ Statua ele- ganter fusa. J í JETTE'E, s. f. (j Agger, môles oppnfita fiuHibm. ] C’est un amas de pierres, de cailloux & d’autres matériaux jettez à l’entrée d’un port, liez fortement & soutenus par des pilotis, pour arrêterl’impetuosité des flots. (On a fait une grande jettée à l’entrée de ce port. ) f JETTE'E, fe dit auísi des amas de pierre de fable & de cailloux , qu’on jette dans les mauvais chemins pour les rendre praticables. (Ona fait des jettees par tout, pour rétablir les chemins gâtez par les eaux.) t í JETTE'E. Terme de Chandelier. On apelle jet- téede chandeles, le nombre de chandeles qu’on peut mouler d’une feule fonte de suif. JETTER , ou jéter , v. a. [ Jacere , projicere. J Eloigner de soi une chose avec quelque sorte d’éfort. ( Jetter une pierre. Jetter un pot à la tête d’une personne. Jetter dejl’eau au nez. Jetter de l’eau sur une personne. Chose qui est jettée d’en-haut.) JETTER bas ks armes pour fe sauver. [Arma dejicere.'J C’est les jetter à terre. JETTER par terre. [ Humi projìernere. J C’est-à- dire, terrasser. (Jetter un Géant par terre. ) £§ Un même injìant conclud nôtre hymen [fi laguerre, Fit naître nôtre eíboir , [fi le jetta par terre. Corn. Horace. On ne diroit plus, jetter un ejfroir par terre. JETTER hors de la maison. [ Ejicere. J C’est pouffer par force hors d’un logis. JETTER une fille dans un Couvent, f Pretrudere. J C’est la mettre, & la renfermer dans un Couvent. JETTER , mettre. ( II jetta deux cens chevaux fur fur les ailes. Abl. ret. C’est-à-d'ire, il mit, &c. JETTER, en moule. [ Fundere. ] C’est mettre dans u n moule , quelque chose pour l’y former. ( Jetter d u métal en moule. f JETTER en terre ou en fable. C’est faire couler du métal entre deux tables couvertes de fable ou de terre des Fondeurs , dans lesquelles on a imprimé la figure qu’on veut qui y soit réprésentée. £ JETTER du plomb fur toile. C’est sc servir d’un moule ou table couverte de drap ou d’étofe de laine, & par dessus le drap d’une toile ou treillis bien tendu , pour y couler du plomb en lames très-minces. Les Facteurs d’orgues jettent ordinairement fur toile l’étain dont ils font plusieurs des tuïaux à vent de cet instrument de musique. f JETTER une bride. Terme de Manufafîure de dentelles. C’est l’arranger, la disposer, _ la faire, pour remplir les vuides qui font entre le toilé des dentelles & des points. ( Ces brides font bien jettées, c’est- à-dire, font bien faites. II ne reste qu’à jetter les brides pour finir ce point. ) f Cela nese jette pas en moule, [Id non adeò facile ejh ] JET C’est-à-dire , cela ne se fait pas si facilement qu’onle pouroit croire. JETTER. [ Summam calculUsubducere. ] Calculer. Suputer. Compter avec des jettons. (Jetter une somme. Somme mal jettée. ) * Quand on commence à composer , il faut jetter sur le papier tout ce qui vient en l’esprit. [Exarare.] * Plusieurs n’aprouvoient pas qu’on me jettât dans les lettres. Abl. Luc. f Sc fiudiis ajserere ] J’ai jette de propos de guerre pour voir si je n’aprendrois rien. JETTER. Entre encore en plusieurs façons de parler : jetter des racines & des branches. [Mittere radiées. ] Jetter les fondemens d’un édifice, f Funda- menta ponere. ] Jetter fa tête , en parlant d’un cerf qui quitte son bois. [RamoJ'a ponere carnua. J Jetter un sort sor une famille. [Famiiuun ìncantare. j Jetter dans le scrupule une ame dévote. [ Afferre reli- gionem. J Jetter quelcun dans la nasse. \ln plagus indue cre. ] C’est l’engager dans une mauvaise affaire. Jetter un mot en passant contre quelcun. f Mittereri - diculum in aliquem. ] Cherchez les autres mots qui font joints à ce verbe. On dit prov. Du port il m’a jetté dans la tempête, f Me ad Jcopulum è tranquillo ìntulit. J On dit encore, il a jetté le manche après la coignée ; pour dire qu’on a abandonné une affaire , parce que les commen- cemens n’ont point été heureux. [ In média curfu de- Jiitit. ] f JETTER un navire fur un banc, fur un rocher, ou à la côte. C’est aler donner exprès contre un banc, Un rocher , ou une côte. Jetter un regard favorable fur quelcun. f Benigno vultn intueri. J ( Pourvu que fur mon ame il jette un oeil propice , Mon cœur avec plaisir luisait ce sacrifice. Rélat. de la mort de Desc. ) ^ * JETTER son bien par les fenêtres. [ B on a dijjî- pare , confumere , ejfundere. J C’est dissiper son bien , le prodiguer, faire des foles dépenses. .j. * JETTER, une chose à la tête de quelcun. C’est la lui donner fans qu’il la demande. (11 croit qu’on lui jettera une fille à la tête. On ne jette pas les emplois à la tête , il faut les demander. ) ^ JETTER un dévolu fur un benefice. f Impetrare.J C’est'impetrer en Cour de Rome les provisions d’un benefice. J; * JETTER le manche après la coignée. f Rem in- ceptam deferere .] C’est prov. abandonner une entreprise , se rebuter, se décourager dans un malheur au lieu de songer au remede. ê * JETTER de la poudre aux yeux. [ Fascinare. J C’est éblouir quelcun , le surprendre par des faux brillans. ( On lui a jetté de la poudre aux yeux. II ne cherche qu’à nous jetter de la poudre aux yeux, il faut s’en défier. * JETTER, v. n. f Examina scindere. ] II se dit des mouches à miel. C’est essaimer. C’est faire un ef- fain. C’est sortir de la ruche & s’aler poser fur quelque branche. II n’y a que les mouches qui jettent, & c’est au mois de Mai qu’elles jettent le mieux ; quand elles ont jetté, on les va prendre & on les remet dans une ruche où elles font de la cire & du miel. Se jetter dans un parti. [ Partes alìquas ample ni. J C’est l’embrasser ; le suivre. ( II s’eft jetté dans le parti des Allemands. ) Se jettera la tête de quelcun. f Se ultra alicui largirif] C’est se donner trop aisément à une personne. Se jetter fur la friperie de quelcun. s Contumeliofis ver- bìt verberare. J C’est l’outrager de paroles. Sur ses louanges, f Laudes dicere. J Se jetter dans la bagatelle, f Inania feclari. ] Se jetter , v. r. [ Irruere , Je immittere. ] Se lancer. Se jetter fur quelcun. II s’est jetté entre les bras de son Père. Abl. [ Se in cotlum Patris conjecit. J Ils se jettérent dans une chaloupe. Vaug. Quint. I. 4. ) Se jetter. [ Monasterium petere. J Se mettre. Se retirer en un lieu , s’y renfermer, pour y vivre. ( Se jetter dans un Couvent. Scar. ) Cf JETTER accrut. C’est faire des boucles, que l’on fait servir de mailles pour accroître un filet de chasse. TETTON , f. m. \Calculi 4 S , nummulus. J Pièce de cuivre, ou d’argent, ou d’argent doré , en forme de piéce de quinze sous, dont on se sert pour jetter. (Jet- JEU 223 tons bien faits. ) On donne aussi ce nom à un essai» d’abeilles. ff JETTON. Les Fondeurs de caractères d’Impri- merie apellent Jetton, une petite plaque de cuivre ou de leton très-mince , avec laquelle ils font la justification de leurs lettres nouvellement fondues. JETTONNIERS- Ceux de l’Académie Françoise qui n'alloient à leurs assemblées que pour recevoir des jettons d’argent qu’on y donne V. les factums de Furetiére. ( Mais en blamant leur troupe entière , Ah ! Jans doute , je me méprens , La feule troupe Jettonnìere A donné cet arrêt Jì contraire au bon sens. Poète fans fard. ) JEU ,/»».[ LuAus. ] Exercice où l’on sc divertit en jouant. (Un beau jeu. Un jeu agréable, divertissant, honnête, légitime, &c. Jeu déshonnête, défendu , illicicite, &c. ) On perd au jeu le tems & l’argent, & la vertu très-souvent. II y a des circonstances qui rendent le jeu mauvais. II y a des jeux qui scandalisent, T hier s des jeux. Etre ataché au jeu. Les jeux de hazard ont été condannez par les Pérès & parles Conciles. Les jeux de balon , de billard, de longue paume & quilles sont bien séants aux Laïques ; mais ils sont défendus aux Ecclésiastiques. (Jouer un jeu. Inventer un jeu. Aimer, ou abhorrer le jeu. Là tous cesforcenez semblent avoir fait vœu De J'e sacrifier au noir démon à jeu. Uespr. ) Jeu d’amour. Le joli jeu d’amour. [§ II ne faut pas oublier ici les vers de Mad. Det houlieres : Les plaisirs font amers , fitòt qu’on en abuse. II êji bon de jouer un peu ; Mais il faut feulement que le jeu nom amuse. Un joiieur d’un commun aveu II’a rien d’humain que l'apparence ; Et d’ailleurs il n’eji pus fi facile qu’on pense , D’être fort honnête homme, U de jouer gros jeu : Le defir de gagner qui nuit gjf jour occupe , EJi un dangereux aiguillon ; Souvent quoique l’ejprit, quoique le cœur soit bon , On commence par être dupe , On finit par être fripon. Le jeu , tel que nous le pratiquons, est du nombre des coscs qui sont bonnes, ou mauvaises, selon l’u sage que l’on en fait. Saint Thomas , 2. 2. qu. 269.. avance même cette proposition , que le jeu réglé peut être une vertu. C’est aussi la pensée de Jean de Salis- bery , liv. 16. cap. Policrat. „ L’excès (dit-il) „ dans toutes choses les rend criminelles ; la vertu mê- ,, me devientun vice , quand elle va au-delà de ses „ limites. ” On a joué dans tous les tems , & l’Ecri- ture nous aprendqueles Israélites s’étant levez du matin pour adorer le veau d’or, ils ofrirent des holocaustes & des hosties pacifiques : touc le peuple s’as- lìt pour manger & pour boire , & ils se leverent ensuite pour jouer. Tobie ne dit-il pas qu’il ne s’est jamais mêlé avec les joueurs ? Ce qui prouve que l’on joua dès le commencement du monde , & que dans le siécle de Tobie , les joueurs étoient une compagnie dangereuse que l’on ne pouvoit fréquenter fans perdre fa réputation : ainsi il ne faut pas croire que les Ly. diens aient été les inventeurs du jeu , comme Hérodote le prétend : il est plus vraisemblable de dire que ces peuples étant pressez de la faim , inventèrent plusieurs jeux pour adoucir les maux qu’ik sou- froient. Mais il y avoit des jeux & des joiieurs avant les Lydiens, & même avant le siège de Troïes , pendant lequel on prétend que les Grecs s’oeupoient à jouer diférens jeux pour charmer l’ennui de la longueur du siège. Quoi qu’il en soit, il y a lieu de croire que dés ces tems-là on joíioit avec cette ardeur, ou plutôt cette fureur qui possède aujourd’hui les joiieurs, & que Mr. Despreaux a si naturellement dépeints dans sa quatorzième satire dont voici un trait : Et qui fans cesse au jeu dont il fait son étude , Attendant J'on defiin d’un quarante ou d’un sept, soit 224 JEU Voit sa vie ou sa mort sortir deson cornet, Oue si d’un sort fâcheux la maligne inconstance Vient par un coup fat»! faire tourner la chance , Vous le verrez bientôt , les cheveux hérissez , Ainsi qu un possédé que le Prêtre exorcise, fêter dans ses fermons tous les Saints àe ï Eglise , Qu’on le lie , ou je crains , à son air furieux , Qse ce nouveau Titan ii escalade les cieux. Ce fui pour arrêter en quelque maniéré cette fureur, que les Loix Romaines ne permirent de jouer que jusques à une certaine somme : jenefqai si elles furent exécutées en ce point,- mais parmi les excezque Juvénal reproche aux Romains celui de mettre tout son bien au hazard du jeu est marqué précisément dans fa première satire. Tacite nous aprend que les anciens Romains joiioient avec tant d’empreffement, qu’après avoir perdu tous leurs biens , ils joiioient leur personne & leur liberté. Nais quelques maux que le jeu ait causez, on ne l’a pourtant jamais défendu. Les Lacédémoniens ont été les seuls qui l’aïent banni entièrement de leur République. On raconte que Cliilon, un de leurs citoïens aïant été envoie pour conclure un traité d’aliance avec les Corinthiens , il fut si indigné de trouver les vieux Capitaines ocupez , comme les jeunes & comme le peuple , au jeu, qu’il s’en retourna promptement fans faire aucune proposition , en disant que ce seroit ternir la gloire que les Lacédémoniens venoient d’aque- iir en fondant la ville de Bizance , que de faire aliance avec des joueurs. Ce n’est pas que l’on ait aprouvé toutes fortes de jeux, car les Auteurs qui en ont traité , en font trois espèces diférentes : la première est des jeux de hazard : la seconde, des jeux de pure adresse : & la troisième , qu’ils apellent mixte, est des jeux de hazard & d’adreffe. Les pré- miers ont toujours été défendus ; les seconds ont été reqús & autorisez ; & l’on a toléré la troisième espèce sous certaines réserves. La défense du jeu de hazard a eu pour fondement non seulement que le démon préside au hazard, & qu’ainlì on se soumet à ses loix , quand on joué à des jeux dont l’événement dépend de lui, mais encors les suites funestes de ces fortes de jeux , qui font plus agréables que les autres , engagent plus fortement, & font tout oublier Í iour jouir de ce plaisir, qui entraîne insensiblement es joueurs à leur ruine entière : ce qui arrive souvent par des événemens si extraordinaires, que l’on fe sent, malgré fa raison , saisi par des transports de colère d’autant plus criminels, que l’on ose s’en prendre à Dieu même du revers que l’on vient d’é- prouver. On peut encore imputer à ces fortes de jeux , les querelles qui y font si fréquentes, ses combats & les morts terribles qui n’arrivent que trop souvent. Tous ces maux n’arriveroient pas , si l’on fui- voit la disposition de la Loi seconde, §. i.ff. dealea- torib. qui défend de j osier de l’argent, si ce n’est dans les jeux qu’elle excepte en ces termes : Prœter- quam st quis certet hastâ , vel pilo, jaciendo , vel cur- rendo , saliendo , lufiando , pugnando .- quod virtutis causa fiat. Mais il arriva, fans doute, ce que l’on voit tous les jours dans la pratique des choses défendues avec quelques exceptions; on ne manque jamais d’étendre la réserve, & l’on retombe insensiblement dans le premier usage défendu. Ce fut indubitablement , ce qui obligea l’Empereur Justinien de publier une Loi fur le Jeu , qui mérite bien que l’on en renouvéle le souvenir. „ II y a long-tems ( dit l’Em- „ pereur dans la Loi ;. cod. de Religiosts Uc. ) que le „ jeu servant d’abord d’amusement aux soldats, a été „ permis à tout le monde : mais ce qui devoit être ,, un adoucissement aux peines & ennuis de la vie, „ est devenu la cause de leur ruine, & le sujet de ,, leurs larmes : plusieurs personnes ont perdu tout „ leur bien , en emploiant au jeu les jours & les „ nuits , & dans l’emportement de leur désespoir, „ ils s’adonnoient à des blasphèmes horribles. C’est „ ce qui nous oblige de défendre par cette Loi gé- „ nerale , de jouer dans les lieux publics, ni dans ,, les maisons particulières, ni même de voir jouer: ,, & quoique nous n’imposions aucune peine à ceux „ qui joueront ou qui verront jouer , nous vou- „ Ions que ce qui aura été perdu, soit rendu s’il a „ ete paie , & que 1 on puisse agir par les voies ordinaires pour le repeter, non seulement contre JEU „ ceux qui ont joué , mais encore contre leurs héri. „ tiers; & au cas que ceux qui auront perdu , ou „ leurs héritiers, négligent de demander la restitu- „ tion de leur argent, le Fisc pourra en former la ,. demande, s’il ne s’est pas écoulé un espace de ,, cinquante années : à quoi nous exhortons les Evê. „ ques de veiller, & de fe servir de l’autorité des ,, Présidens de nos Provinces , leur donnant néan* „ moins le pouvoir de permettre cinq sortes de jeux ; ,, dont le prémier est de sauter avec une lance sans ,, fer, le second, de sauter à l’aide d’un bâton le ,, troisième , de lancer une pique ou un javelot; le ,, quatrième de luter ; & le cinquième, la course des „ chariots autour d’une borne, ou de quelque obelis- „ que ou piramide : mais on ne permettra de jouer ,, à ces sortes de jeux, qu’un fol, quoique les joueurs „ soient riches , afin d’éviter les grandes pertes. Au „ surplus , nous défendons les chevaux de bois : & „ si quelcun perd son argent à ce jeu , il lui fera ren- „ du ; & les maisons où l’on aura joúé , seront ven- „ dues publiquement. ”. Cette Loi est claire dans la décision ; elle confirme l’ancienrre Jurisprudence, qui défendoit absolument le jeu. On peut voir ce que les Commentateurs & divers Auteurs ont écrit là-dessus- JEUX publics, f Ludi publict. J Fêtes & réjouissances publiques où il y avoit des tournois, & autres choses pour divertir le peuple. (On célébroit les jeux en l’honneur de quelque Dieu, ou de quelque Déesse. Abl. Les jeux Olimpiques. Jeux Pithiens, &c. jfjí JEUX, ou Spectacles publics. Tous les Peuples ont eu des jeux pour fe délasser, ou pour honorer Içurs Dieux : ils ont eu des Spectacles, ou Jeux publics pour divertir leurs Citoïens, & pour rendre un culte public à quelque divinité. Ces derniers entroient dans les cérémonies de leur Religion ; c’est pourquoi on les apelloit sacrez & divins. Nous n’avons que quelque connoissance imparfaite des Jeux de plusieurs Nations ; & il faut nous retrancher aux Jeux pratiquez par les Grecs &par les Romains. Outre les Jeux privez , les Grecs en eurent de publics , dont ils firent deux espèces diférentes : les uns étoient compris sous le nom de Gymniques : & les autres , sous le titre , Scéniques. Les Jeux Gymniques comprenoient tous les exercices du corps , îa course , la lutte, & les autres semblables ; & le lieu où l’on s’exercoit, & où l’on faifoit ces Jeux , étoit apellé Gymnasium ou Palœstra, ou Scadium , selon la qualité du Jeu. Gymnastum , étoit proprement le lieu des combats: Palœstra, celui où l’on josioit au palet ou disque, & où l’on se divertissoit à la joute & au jet du dard : & quand au lieu où l’on faifoit des courses à pié ou à cheval, on l’apelloit Stadium. A Pégard des Jeux Scéniques , on les réprésentoit tous fur un théâtre, ou fur la scène , qui est prise pour le théâtre, entier. Les Jeux de Musique n’avoient point de lieu particulier. Ceux qui étoient destinez pour les combats & pour les exercices du corps , étoientapellez Athlètes , mot dérivé, selon Pollux, liv. J. ch. 50. du Grec aÔAtj'V travailler, combatre, & les Acteurs furent nommez a'ÔA01. Dans tous les Jeux , il y avoit des Juges pour décider de la victoire , mais avec cette diférence > que dans les combats tranquilles, & où il ne s’agissoit que du chant & de la Musique , les Juges étoient a Isis lors qu’ils distribuoient les prix > & dans les combats violens & dangereux, les Juges prononcèrent debout. Pollux ne m’a pas apris la raison de cette diférence. Toutes ces choses préfupofées , il faut expliquer les Jeux Grecs en particulier : ils en avoient quatre principaux, qui sont, les Olympiques, les Pythiques, Néméens, & Istmiques. Les prémiers ont été instituez à l’hon- neùr de Jupiter : les Pythiques , à l’honneur d’Apol- lon : les Héméens furent d’abord dédiez à Mutins Archemore , & ensuite à Jupiter : & les Istmiques furent de même d’abord dédiez à Palemon, & après à Neptune. Entrons dans le détail. Jeux Olympiques. Leur origine est fort ancienne. Les Historiens des tems fabuleux , disent qu’Hercule eut quatre frères , qu’ils nomment Péeonœus , Epine- • il répondit que la peste ne cesseroit qu’après que l’on auroit établi à l’honneur de Mélicerte , des Jeux funèbres , qu’on célébreroit tous les ans fous le nom de Palémon , Dieu marin. (g Quant aux Jeux Romains , dont nous avons plus de connoissance que des Grecs , on les distingue par le lieu où ils étoient célébrez , ou par la qualité du Dieu à qui on les avoit dédiez. Les pré- miers étoient compris sous le titre de Jeux Circen- Jes , ou de Jeux Scéniques , parce que les uns étoient célébrez dans le cirque , & les autres fur la scène : &, à l’égard des seconds , on les divifoit en Jeux sacrez ; en Jeux que l’on apelloit Ludi votivi , parce qu’ils étoient célébrez pour demander quelque grâce aux Dieux ; en Jeux funèbres , & en Jeux plaisans & divertisans. Les Rois présidèrent aux Jeux publics , pendant leur régné : mais après qu’ils eurent été chassez de Rome , on donna d’abord aux Consuls le soin des Jeux publics ; & lors que la République eut pris une forme fixe & certaine , les Consuls & les Préteurs présidèrent aux Jeux Circenscs, Séculaires , & Apollinaires. Les Ediles du peuple eurent la Direction des Jeux Plébéiens : les Ediles Curules, celle des Jeux dédiez à Cérès, & de ceux que l’on apelloit Megalenfes. Dans ce grand nombre de spectacles publics, il y en avoit que l’on apelloit Jeux Romains , Ludi Romani , que l’on divifoit en grands , & très-grands ; le Sénat & le Peuple aïant été réunis l’an ;87- par l’adresse de Camillus , la joie fut si grande dans tous les ordres , que pour marquer aux Dieux leur reconnoissance de la tranquillité dont ils esperoient jouir , le Sénat ordonna que l’on fit de grands Jeux à leur honneur , & qu’on les solenniseroit pendant quatre jours , au lieu qu’auparavant les Jeux publics ne sc célébroient que pendant trois , & ce fût par ce changement qu’on a- pella Ludi maximi , les Jeux qu’on nommoit auparavant Ludi magnì. Quant aux Jeux Circenscs , ils furent ainsi apellez, parce qu’on les célébroit dans le cirque , que Tarquinius Prisons fit construire entre le Mont-Palatin , & le Mont-Aventin , pour y transporter la solennité des Jeux publics , que l’on célébroit auparavant dans un Isle du Tibre sous le titre de Ludi Consuales , du Dieu Confus à qui Romulus les avoit dediez : on croioit que ce Dieu étoit le Dieu du Conseil. Le cirque étoit un grand espace enferme par des galeries d’une structure ma- JEU gnifique , d’où le peuple voioit ce qui se passoit dans Patène. Un des bouts de cette enceinte é- toit en demi cercle , & c’est par cette raison qu’on apella circenses les Jeux que l’on y célébroit. On célébroit des Jeux à l’honneur des Divinitez qui ha- bitoient dans les Cieux , & de celles qui regnoient dans les Enfers : on apelloit Taurilia les derniers parce que , selon Servius fur Virgile, & selon Varl ron , on leur immolait une vache stérile que l’on apelloit islam. Virgile a dit , dans ie second de l’Enéïde ; ■ - - Sterilemque tibi Proserpina vaccam. Festus croit, peut-être avec plus de raison , que ces Jeux furent apellez Taurilia , parce que l’on y immolait un taureau, dont la peau étoit distribuée au peuple. Enfin , on croit que certains Peuples de la Scithie , apellés Tauri , avoient accoutumé de sacrifier à Diane, qui fut apellée Diana Taurica ; & comme Diane & Prolèrpine sont une même divinité , dont Pu ne est dans les cieux , & l’autre dans les Enfers , on apelle, Taurilia , les sacrifices faits aux Dieux infernaux. Les Jeux instituez pour honorer ces derniers , étoient de trois sortes, Taurilia , Compital'm , & Terentini Ludi. Les premiers étoient célébrez rarement, & toujours hors de Rome , de crainte d’évoquer dans la ville les Dieux des enfers. Les seconds sc solennisoiént dans les carrefours des villes , à l’honneur des Dieux Lares. Et les autres étoient solenniscz dans le champ de Mars , de cent en cent ans, à l’honneur de Platon & de Proscrpine. Entrons à présent dans le détail. ^ Ludi Apollinares. Ils furent instituez par le Sénat, à l’honneur d’Apollon , fur ce que l’on trouva parmi les livres des prédictions, des vers d’un certain Martins ; & comme la prémiére prédiction annonqoit la fameuse défaite des Romains dans la journée de Cannes , on examina atentivement la seconde par laquelle il avertissoit les Romains d’insti- tuer des Jeux à l’honneur d’Apollon, s’ils vouloient être victorieux de leurs ennemis : il faloit renouveller ces Jeux tous les ans , & prendre partie de la départie dans le trésor public , & l’autre partie seroit fournie par chacun en particulier pour lui & pour les siens. Le Préteur devoit y présider. Le Sénat ordonna que l’on chercheroit dans les livres dés Sibilles comment il faloit sacrifier à Apollon : il rendit ensuite un Arrêt qui fixa les Jeux, & régla que l’on donneroit une certaine somme au Préteur qui sacrifieroit un bœuf & deux chèvres, dont les cornes scroient dorées. Tite-Live , Macrobe , & plusieurs autres ont raporté les circonstances de ces Jeux. Ludi Capitolini. Les Gaulois aïant été défaits, & le Capitule ne craignant plus leur fureur, Camille, à qui les Romains étoient redevables de leur liberté , proposa de célébrer des Jeux à l’honneur de Jupiter Capitolin. Le Sénat ordonna que fa proposition seroit examinée par les Sénateurs qui furent choisis , ct après leur aprobation , les Jeux furent ordonnez. Ludi cajirences. Ce sont ici des Jeux de réjouissance , que les jeunes gens célébroient dans le Cirque, à l’honneur d’Asoanius ; & le Prince de la jeunesse y présidoit : selon les aparences, l’on y repréfentoit la prise de Troyes ; ct ce fut par cette raison que l’on apella ces jeux , Ludi Trojanì , les Jeux Troïens. Les soldats se divertis- soient aussi en faisant certains Jeux, qui furent ausiì apellez Ludi cajlrtnjes. Ludi Cereales. Ces Jeux furent instituez à l’honneur de Cérès : l’on y repréfentoit la douleur que cette Déesse ressentoità cause de l’enlevement de fa fille Proscrpine : l’on n’y rece- voit que des femmes habillées de blanc & les spectateurs dévoient avoir une robe de même couleur; & ils duroient pendant huit jours , ct il étoit défendu de manger avant la nuit , & de boire du vin dans les prémiers jours. Voiez Rcsin. antiq. Rom. lib. v cap. 14. LudUCircenfes. J'ai dit que l’on com- prenoic sous ce titre tous les Jeux qui se célébroient dans le Cirque. Ludi Compitales. Ces Jeux , sont plus anciens que la ville de Rome ; on les célébroit dans les Bourgs & dans les villages : on les apella Compitales , parce que l’on assemblent le peuple dans les carrefours , qui font en éfet les lieux où les villageois ont accoutumé de se joindre pour se divertir. Ludi consuales , dédiez au Dieu Confus , que JEU que l’on dit être Neptune. Ludi Florales. On donne à ces Jeux des origines diférentes. Les uns veultnt que cette fameuse Acca aïant aquis, par fes débauchés & par fes prostitutions , de fort grands biens , elle institua le peuple Romain son héritier, à la charge de célébrer des Jeux toutes les années au jour de son décès. Les autres veulent , que ces Jeux aient été instituez à l’honneur de Flora , Déesse des jardins , Sc qu’ils sont plus anciens que Romulus. Mais si l’on fait attention fur la.maniére dont on célébroit ces Jeux on fera jierfuatlé qu’ils doivent leur établissement à la libéralité d’Acca Laurentia-, car tous les Auteurs conviennent que l’on n’emploioit dans cette fête , que des femmes publiques, qui ne faisoient pas de dificulté de paraître toutes nues fur le Théâtre.On raconte,qu’un jour Caton étant entré dans le lieu où l’on célébroit les Jeux Floraux , le peuple n’osa pas en sa présence, ordonner aux actrices de quitter leurs habits , & de se mettre toutes nues. Caton s’en étant aperqû , se retira pour laisser la liberté au Peuple , qui témoigna fa reconnoissance par des grands aplaudissemens. Martial fit cette épigramme fur cet événement. NoJJ'es jocofe dulce cum sacra Flora , Fejìosque lusus , licentiam vuìgi , Cur ìn tbeatro , Cato , tenere venijti ? An ideò tantùm vénérai ut exires ? Peut-être qu’il y a eu des fêtes diférentes sous le nom de Jeux Floraux : l’une étoit en mémoire d 'Acca Laurentia : l’autre à l’honneur de la Déesse Flore. Ludifunèbres. Ces Jeux sont fort anciens : nous en avons des preuves dans lTliade & dans l’Enéïde : on y faisoit paraître des combats de gladiateurs, & la dépense en étoit quelquefois excessive. Ludi plebeii. On apelloit ainsi les Jeux que le Peuple faisoit célébrer dans certaines ocalions : tels furent les Jeux célébrez après l’extinction de la Roïauté , après la victoire remportée par le Dictateur Posthumius , fur le Lac Regille, fur les Latins. Ludi Martiales. Jeux célébrez à l’honneur de Mars : ils furent apellez Martiales , comme ceux que l’on avoit instituez à l’honneur d’Apollon , furent apellez Apolhnares. Ludisacula- res. Les Jeux séculaires ne sc célébrant que de cent en cent ans, les Historiens ont eut rarement ocaiion d’en conserver la mémoire. Zozime est le seul de qui nous puissions en aprendre quelques circonstances. On donne ( dit-il J à ces Jeux le nom de Séculaires , parce que la plus longue vie de l’homme étant fixée à cent ans , que les Grecs apellent un âge, & les Romains un siecle , ceux-ci crurent qu’ils dévoient apeller séculaires des Jeux que l’on ne devoit célébrer que de cent en cent années. Votez dans cet Auteur ce qui donna lieu à leur établissement. Ludi Scenici. Les Jeux Scéniques comprennent toutes les représentations , & tous les Jeux qui se sont fait sor la fcene. Les plaisirs des premiers hommes furent purement champêtres : ils s’assemblerent d’abord dans les carrefours, ou dans les places publiques , pour célébrer leurs Jeux & leurs Fêtes : mais étant souvent incommodez par l’ardeur du soleil, ou par la pluie, ils firent des enceintes de feuillages ; ils les couvrirent des mêmes feuillages , & apellerent cet endroit, trJvtii les Latins, scena ; & ainsi Virgile a dit, lib. I. Acneid. Tuttisylvis scena coruscis . Destper , horrentique atrum nemus imminet umbra. Sur quoi Servius a fait cette observation : scena apud antïquos parietem non babuit. Telle fut la scène de ce fameux Théâtre que Romulus fit préparer pour y célébrer des Jeux magnifiques , afin d’attirer les Sabins dans le piège qu’il leur tendoit, Ovide , lib. i. de art. amand. nous en a fait la peinture bien difé- rente des Théâtres d’aujourd’hui : Primus sollicitos fecijìi , Romule ludos , Cum j u vi t viduos rapt a Sabin a viros : Tune neque marmoreo pendebant vêla tbeatro , Nec suerant lìquido palpita rubra croco , Illic quM tulerant nemoroja palatia frondes Simpliciter pojìta » scena Jtne art c suit. 11 est impossible de découvrir quand on commença de transporter les fpectacles’de dessus le terrain fur un théâtre & de qui pourrions nous l’aprendre , JEU 227 puisque , pendant long - tems les hommes , bien loin de savoir former des caractères pour exprimer leurs pensées à peine favoient-ils parier ? Les premières ré. présentations furent rustiques , fans ordre, fans méthode : on chantoit, on dansoit fur les théâtres , chacun selon Ion génie. Mais les esprits s’étant humanisez & susceptibles de raison & jugement , on composa peu à peu des ouvrages que l’on débitoit, ou que l’on réprésentoit fur la scène. Ce fut ainsi que la tragédie, la comédie , la satire & les mines s’emparerent du théâtre , ou elles ont régné confusement, selon le témoignage de Maxime de Tyr, dans son discours 21 . où il dit que les anciennes représentations fur la scène Athénienne consiftoient feulement dans quelques choeurs d’hommes , de femmes & d’enfans , divisez en diférentes bandes, lesquels couverts d’huile & de poussière , chantoient des vers qu’ils composoient fur le champ, fans art & au bazard. C’etoit particulièrement après les vendanges que les gens de la campagne s’unissoient pour faire des sacrifices , & marquer aux Dieux leur reconnoissance. Paufanias nous assure que l’on immoloit une'chèvre , comme étant ennemie de la vigne ; que l’on y chantoit des hymnes à l’honneur de Baccus , & que l’on donnoit un bouc à celui qui avoit surpassé les autres. Heureux tems, où l’ambition des hommes se bornoit à mériter un bouc, ou une chèvre pour remp lir leurs désirs. Ce fut fans doute , pour rendre le divertissement plus agréable aux yeux du Peuple que l’on introduisit íur la scène des Mimes & des Pantomimes. Les Mimes étoient des acteurs dont la figure , les gestes Sc les discours étoient populaires , ridicules , & souvent très-obscénes, ces trois choses plaisoient, & plaisent encore fort au peuple , qui est plutôt sensible aux objets extraordinaires & aux discours libres & malhonnêtes , qu’à la propreté & à la régularité des habits, Sc qu’aux discours moraux & sérieux. Nos farces sont aujourd’hui des restes de l’ancien AH me Sc Pantomime. On donna dans la fuite , une autre forme aux poèmes obscènes du théâtre. Les Poètes composèrent des ouvrages moraux & remplis de sentences , qu’ils apellerent Mimes. Sophron en fit qui furent reçus comme les leçons d’une morale fort exacte: & quelques-uns de nos Poètes François Pont imité , entr’autres, Jean Antoine de Bais, dont du Ver- dier a fait mention dans l'a Bibliotéque, p. 6;8- où il nous aprend ,, qu’il étoit Secrétaire de la cham- „ bre du Roi , non seulement issu de famille noble „ du Pais d’Anjou, Sc de race de Doctes & entiere- ,, ment parfait en la connoissance des sceinces & ,, des langues Gréque & Latine. “ L’ancienneté des Mimes a rendu leur auteur incertain ; il importe même peu de le connoître , il vaut mieux nous arrêter fur les Mimes comme acteurs , afin d’en connoître le caractère & leur emploi. Quand le théâtre Grée eut été réglé en quelque manière , on fit d’abord paraître les Mimes , c’est-à-dire les acteurs propres a divertir les spectateurs , qui trouvoient plus de plaisir à les voir, qu’à entendre les vers des Poètes les plus fameux : on les plaça dans la fuite entre les actes & à la fin de la pièce. Les Latins imitèrent les Grecs, Sc le peuple Romain vit avec le même plaisir les postures ridicules des Mimes , & ne fut pas moins diverti par leurs railleries impertinentes que les Grées. Le Réteur Dioméde, lib. dit que les Romains apel- loient Planipes facteur que les Grecs nommoíent Mitnm : on lui donna le nom de Flanipes, parce qu’il avoit les pieds nuds, & qu’il marchait fur le terrain, selon quelques Auteurs ; mais plutôt, ce me semble, â cause de la bassesse du sujet de la pièce ; & comme dans le tragique les acteurs étoient distinguez par lc cothurne, & dans la Comédie par une chaussure basse apellée Soccia , les Mimes étoient fans souliers , ou du moins chaussez si plat , qu’on les apella Planipe - des : c’est ainsi que Douât en a parlé dans ses Commentaires sor Térence. Ces Mimes avoient la tête rasée , leur habit étoit de gros drap & de pièces de diférentes couleurs, comme celui de nos Harlequins; on l’apeiloit Ceutumcuiuí , mais comme ils faisoient diférens personnages , ils paroissoient quelquefois sous des. habits riches Sc de prix selon la remarque de Festus sous le mot recinium , où il dit que les Mimes étoient apellez recinìati ; parce qu’ils étoient vêtus d’une robe de pourpre ; andè ( dit-il ) re- ciniati Mimi planipedes : mais il n’y a pas d’apa- Tome IL F f 2 rence 228 JEU rence que des personnages qui ne paroissoient fur la scène que pour faire rire le Peuple par le ridicule de leurs personnes & de leurs habits , porta nairement les robes des Sénateurs ou de quelques autres Magistrats , que pour les rendre plus ràcules avec leur tête rasée & leurs souliers platscomme 1 on roit quelquefois un Harlequin avec 1 habit d un Gentilhomme. A ces Mimes succédèrent les Pantomimes, qui ne pârloient ni ne chantoient, mais qui par des ■actions & des gesticulations de toutes les parties de leurs corps , & par une danse forcée, exprimoient, & faisoient entendre les choses qu’ils vouloient reprefen- ter. 11 faut convenir que ce divertissement devoit erre médiocre pour des personnes graves & sérieuses, & qu’il étoit bien dificile de deviner ce que ces personnages muets vouloient représenter : cependant on dit qu’Auguste , suivant le conseil de Pylade & de Batylle , introduisit les Pantomimes fur le théâtre de Rome, pour amuser le Peuple, & l’empêcher de songer à la perte de sa liberté , peut - être aussi pour satisfaire l’inclination qu’il avoit naturellement pour les spectacles & pour les Jeux publics. Quelques Auteurs ont formé là-deffus beaucoup de raison nemens qui me paroissent plus ennuïeux qu’u- tiles. Je remarquerai seulement que le mot Pantomime est Grec , & qu’il signifie un imitateur de toutes choses : mais la danse étoit ce qui plaisoit le plus dans leurs représentations. Les Auteurs disputent fort sur l’habit des danseurs: chacun cite des autorité? pour apuïer ses conjectures ; le sujet ne mérite pas que je m’y arrête. II reste à observer que les Pantomimes ont été dans certains tems , fort honorez à Rome, à cause du talent particulier que quelques-uns avoient : en éfet , de quelque métier que l'on soit , on s’a- quiert toûjours l’éstime des honnêtes gens. II y a, dans lo recueil de Gruter, des Inscriptions où l’on voit l’éloge de plusieurs Pantomimes , comme d’un Théo- crite, A franchi d’Augúste, à qui l’on donne le titre de PANTOMIMUS HONORATUS , & d’un autre apellé Ulpius , que l’on qualifie de M A XI MU S PANTOMIMORUM ; à quoi il est ajouté : CORONA- TUSADVERSUS HUMONES ET OMNES SCENICOS ARTIFICES. Mais on se désabusa de ces sortes de gens dans la fuite, & l’on reconnut qu’ils s’insinuoient dans les maisons , & troubloient la paix des familles ; ce qui obligea Tibère de les bannir de Rome , où ils xentrerent dans ces tems où la corruption & la licence chassèrent la pudeur & l’innocence. Ludi votivi. Les Païens faisoient des vœux à leurs Dieux dans toutes les ocasions , moins par un sentiment de religion , que par une superstition dont ils étoient prévenus ; ainsi Horace adresse ses vœux à Venus , à Castor , à Pollux , au Dieu des vents, & même au navire qui le portoit , pour les rendre favorables au voïage de Virgile , & pour les prier de le lui ramener fans avoir soufert aucun mal : Navisqua tibï creditum Debes Virgilium , finibus atticis Reddas incolumem precor , Et serves anima dimidium mea. Une infinité d’inscriptions nous aprennent qu’ils voiioient des Jeux , comme étant un moïen assuré pour obtenir la protection de leurs Dieux. S’il s’agissoit du retour de l’Empereur après quelque grande expédition , ils voiioient des Jeux. On en peut voir plusieurs dans Gruter , & dans le Traité de Donariis U Tabellis Votivis de Thomalìni. Ludi Megalenses. Jeux Mégalésiens. Us étoient austi apellez les grands Jeux, parce qu’ils étoient dédiez aux grands Dieux, c’est-à- dire , à ceux du prémier ordre , mais particulièrement à Cybéle : on les représcntoit fur le théâtre ; & dans le tems de la solennité ; on y représentoit quelque comédie : celles de Terence ont été jouées dans les Jeux Mégalésiens , excepté les Adelphes, qui le furent aux J eux funèbres de Paul Emile, & le Phormion, qui le fut de même aux Jeux Romains. Les Ediles «onnoient presque toûjours ce divertissement au Peu- ple , & il étoit célébré dans le mois d’Avril , pen- dant six jours , avec des festins où la frugalité étoit observée. Jeux Floraux de Toulouse. Volez Mr. Ealaille , dans ses Annales de Toulouse. Le Jeit des cannes Jeux que les Espagnols ont pns des Mores. C’est une espèce detournois, où en tournant avec des chevaux, on se jette des cannes JEU l’un contre l’autre & où les combattant se couvrent de leurs boucliers pour recevoir les cannes. JEU. [Summa,pecunia.'} La chose qu’on joué. ) Jouer gros jeu. Mettre au jeu. Jouer beau jeu.) JEU de cartes. [ Folia lusoria. J C’est un certain nombre de cartes avec lesquelles on joue. ( Le jeu n’est pas entier. ) JEU. f Ludus , forum aleatorium. J Lieu où l’on joue. ( Un jeu de mail. Un jeu de paume. Jeu de l’Arque- buse , lieu où les Chevaliers de «'arquebuse s’exercent à tirer les Dimanches , &c.) JEU. [ Lujìo. J Ce mot, en parlant de paume, veut dire austi quatre coups , chaque coup valant quinze. ( Gagner le jeu. ) JEU. [ Tijiularum or dines. ] Terme d’ Organise. Ce qui est compose de quarante-huit tuïaux, & qui étant tiré fait une particulière harmonie. ( Tirer un jeu. Changer de jeu. Plein jeu , c’est un jeu composé de plusieurs jeux difêrens qui font ensemble un son harmonieux. ) JEU. [ Leges théâtrales. ] Terme de Comédien. Maniéré de représenter. Certaine manière de réprésentet accommodée au théâtre pour faire un bel éfet. ( Cela faisoit un jeu de théâtre fort agréable. ) JEU. En terme d’Escrime, c’est la manière de manier le fleuret, & d’en faire l’exercice. 11 y a le jeu simple , le jeu composé , le jeu coulant de la pointe de l’épée. _ JEU. En terme de Musique , ce sont les quatre par- ties nécessaires pour un concert. JEU. En Mécanique , est une certaine ouverture convenable qui donne facilité de mouvoir les parties d’une machine, comme d’une manivelle , poulie, &c. JEU. En termes de Cbarpenterie. Pièce de bois d’environ r;, piés de long & quinze pouces de grosseur , où pose & tourne l’arbre du moulin à vent. JEU. Terme de Jurisprudence. Collusion entre quelques parties au préjudice d’une autre. ( C’est un jeu joué. ) f JEU. En termes de Marine , le jeu du gouvernail , c’est son mouvement. í JEU, ou Jet de voiles. C’est l’apareil complet de toutes les voiles d’un vaisseau. {$ JEU. II est dit dans l’article qiZ. de la nouvelle coutume de Bretagne , que trois villages peuvent avoir un taureau, qui ne peut être tmpêcbé d’aler à jeu-, ensorte qu’en quelque lieu qu’on le trouve, il ne peut point être arrêté comme une bête trouvée en dommage. * JEU. £ Jocus , lusttí. J Raillerie. Façon de dire, ou d’agir badine , plaisante & un peu libre , sans pourtant dessein d’offenscr. (Prendre un chose en jeu. Ce jeu ne me plaît pas. í JEUX de mains. On apelle ainsi les jeux où l’on sc donne de petits coups , fans dessein de sc faire du mal les uns aux autres. On dit dans ce sens , jeux de main , jeux de vilain. * JEU dlesprit. [ Elegantia , urbanitm. J Galanterie. Choie d’efprit. ( Regardez ce qu’on vous écrit comme un jeu d’esprit. Scar. Poéf. ) On apelle austi jeu d 1 esprit celui qui demande del’adreste &del’esprit comme le jeu de trictrac, celui des échets. JEU de mots ou de paroles pour divertir f esprit. [ Lu- dm in verbis. ) Sorte d’allusion qui se fait par le moïen des mots, & quelquefois par leur arrangement. Les jeux de mots sont d’un petit esprit. Abl. ) t§ Les Italiens aiment fort les jeux de mots. Le Guarini, dans son Pajìorfido, art. i. sc. t, Cruda Amarilli, perche col nomen ancora L’amar , ai lassé, atnaramente insegne. t * JEU Ce mot, au figuré, entre dans plusieurs phrases proverbiales. ( Exemples. Couvrir son jeu. [ Dijfìmulare. ) C’est ne pas découvrir ses desseins. Ne sc pas découvrir. Cacher fa conduite. Mettre une personne en jeu. [ In alìquod negotium immiscere. ] C’est la mêler dans une afaire où elle ne veut pas être mêlée . Faire bonne mine mauvais jeu. [ Spem vultu f- tnulare. J C’est dissimuler & faire bon visage àquelcun pour lui faire ensuite quelque tour. C’est aussi cacher par une aparence trompeuse le mal qu’en a,ou le pauvre JEU état oû l’on est. Le Jeu ne vaut pas la chandelle, f Plus impendii quàm extndè lucri. J C’est-à-dire, que la dépense & les frais qu’on fait, montent plus que la chose, c’est faire plus de dépense que de profit. A beau jeu , beau retour, s Par pari. J C’est rendre la pareille. Etre cocu de bon jeu. C’eft être un franc cocu. Don. ner beau jeu à son ennemi, f Faàlem ansam adverfario prabere. J C’eft lui donner par nôtre conduite , un beau moïen de nous nuire. ) * Etre d deux de jeu. [ ìdeuter alteri prajìat. ] Ce proverbe est tiré du jeu de paume, & figurément il se dit des personnes. 11 signifie que ces personnes n’ont aucun avantage I’une fur Fautre en tout ce qui s’est passé entr’elles. De franc jeu , adv. [ Sincerè , Jìne dolo. ] C’est-à- dire, fans tromperie. ( Gagner de franc jeu. ) í JEU-PARTI. Terme de Commerce de mer. On dit , faire jeu-parti , lorsque de deux ou plusieurs personnes qui ont part à un même navire, il y en a une qui veut dissoudre la société, & qui demande en Justi«e que le total apartienne à celui qui fera la condition des autres meilleure, ou qu’on fasse estimer les parts de chacun des Associez. JEUX. [ Veneres, lepères. J Ce mot au pluriel, signifie quelquefois les petits amours, les ris & les grâces. ( Les jeux U les apas Marchent a vôtre fuite , Et naifjentfous vos pas. Voit: Poëf. ) JEUDI , f m. [ Dies Jovis. ] Le quatrième jour de* la semaine. ( Un beau jeudi. Le Jeudi gras. Le dernier Jeudi de charnage. Mr. Delpreaux a dit de l’Ane: £Que penfe-t’il de nous , lors que fur le midi , Un bazar d au Palais le conduit un Jeudi, Lors qu’il entend de loin une gueule infernale , La chicane en fureur mugir dans la grand’sale. Defpr. fat. 8-1 II est vrai que l’on afectoit autrefois de plaider dans les audiences du Jeudi gras , des causes dont le sujet étoit susceptible de raillerie : mais les Avocats oublioient souvent les réglés de la raillerie , & se don- noient la licence d’étaler dans le sein de la Justice des obscénitez scandaleuses ; c’est pourquoi on apelloit ces causes, des causes grasses. C’étoit principalement dans l’audience de la Bazoche des Clercs du Parlement de Paris , que l’on se divertissoit à entendre les dise- rends qui survendent entr’eux, où souvent l’ontraitoit des matières plaisantes , & des aventures arrivées à quelque Clerc. Rageau raporte dans son Indice sous le mot, Roi de la Bazoche qu’en 1469. un Avocat plaida pour ce prétendu Roi,L demanda le renvoi d’une cause grasse au tribunal de la Bazoche.Parmi les Plaidoiers de ]\lr.Expilly,d>. 17.il y en a un où l’on voit que l’on avoit fait une cause grasse d’une simple question concernant la légitimitéd’un enfant : mais l’usage de semblables causes a été aboli; la licence étoit trop grande; la charité Chrétienne y étoit trop blessée pour les tolerer;d’ail- leurs, toutes ces réjouissances, ces courses, ces masques que l’on voit non seulement dans le Jeudi gras , mais dans les derniers jours du Carnaval , sont des restes des Saturnales que l’on n’a point entièrement abolis. Du tems de Saint Augustin , on se masquoit, & l’on prenoit la figure d’un cheval ou de quelque béte sauvage, & dans cet état on couroit par les rués, insultant tout le monde s ce qui se pratiquoit principalement le jour des Calendes de Janvier. Nous avons parmi les œuvres de ce Saint, un sermon où ií s’éleve fort contre ces sortes de réjouissances. A JEUN , adv. f Ante cibum. ] Prononcez à jun. ( Etre à jeun. Oùir la Messe à jeun. ) On dit d’un Orateur languissant qu’il est à jeun. JEÛNE , f m. [ Jejunium .] On écrivoit aussi jeusne, mais la lettre s ne fe prononce pas , & marquoit seulement que ta première silabe de ce mot se prononce longue. Abstinence commandée par l’Eglife. ) Un saint jeûne. C’est aujourd’hui jeûne: observer exactement les jeûnes commandez. Rompre son jeûne. Le jeûne consiste moins en Fabstinence des viandes qu’en la fuite du péché. Maucroix , hom. 10. de S. Chrysojlome, Avoir de la peine à suporter le jeûne. Pasc. I. Harpagon ejì avide sf presque diaphane , 'Parles jeunes cruels aufquels itfe condamne. Regnard. ) JEU 229 * JEÛNE, fe dit généralement de toute abstinence d’alimens. Lors qu’un homme est trop long-tems fans manger, on dit qu’il ruine fa santé par un trop long jeûne. f JEÛNE, fe dit auss de Fabstinence qu’un homme fait malgré lui , n’aïant pas de quoi manger. ( II fait souvent des jeûnes qui ne sont pas de commandement. JEUNE , adj. [ Juvenis. ] Qui a peu d’âge. Qui n’est pas vieux. Le mot de jeune , en ce sens , s’é- crit fans accent, & fe prononce bref pour le distinguer de jeûne, ou jeusne abstinence, duquel la première silabe est longue. (II est jeune. Elle est jeune. Un jeune homme Une jeune femme fort jolie. Jeune Prince vaillant U sage , Devant qui l’Empereur U te Rhin filent doux , Soufrez que je vous rende hommage. Rec. de Bouh. ) f JEUNE. [ Natu^ mìnor. J II signifie cadet pour le distinguer de son aîné. ( M. tel le jeune est arrivé. } f JEUNE, se dit des bêtes, des arbres & des plantes. ( Un jeune chien , un jeune coq , un jeune chêne , une jeune plante. ) f * JEUNE. [Praceps , incogitans. ] Qui est folâtre. Badin. Qui n’a pas beaucoup de conduite. II y a des gens plus long-tems jeunes que d'autres. Le Comte de Bus fi. ) II a des manières jeunes. Acad. f JEUNEMENT , adv. 11 signifie nouvellement en termes de Chase. Un cerf de dix corps jeunement s c’est- à-dire , un cerf qui a pris depuis peu an corps de dix andouïllers de chaque côté. Ce terme n’est d’ufagc que dans cette phrase. JEUNER , V. n. [ Cibo vacare. ] Ce mot signifia proprement r,e point prendre d’alimens durant quelque tems. Les Bramines ne font jamais saigner leurs malades, mais ils les font jeûner. Placet au Roy. Sire le Suplìantfait pour vous des prières , Et jeûne fortsouvent à vôtre mtention , Soit par nécejjìté , soit par dévotion , II Jeûne de toutes manières. Pour le rendre encor plus pieux , Acordez-luì de grâce un petit bénéfice , En s’aquitant de son Ofice , II en jeûnera moins , mais il m prier a mieux. Auteur anonyme. ) JEÛNER , v. n. [ Ecrias efcuriales agere. ] Garder les jeûnes commandez par l’Eglife. (Jeûner au pain Ót à l’eau. On a beau jeûner , ce n’est rien faire , fi on ne ferme les avenues de son cœur à Ja vanité. Maucroix , homélies de S. Chrysofiome. ) f * JEÛNER à feu & à sang , prov. C’est jeûner avec une extrême exactitude, observer le jeûne dans toute fa rigueur. JEUNESSE , f f-í Juventus , adolescents. ] L’â- ge qui fuit immédiatement l’adolescence. ( Une belle jeunesse. Une florissante jeunesse. La jeunesse est aimable. La Jeunesse est charmante. Fâcheuse jeunesse. C’est être malheureux que de passer sa jeunesse sans aimer. Etre à la fleur de fa jeunesse. Ablanc. La jeunesse en fa fleur brille fur son visage. Dejpreaux , lutrin, c. x. ) La jeunesse du monde. Voici une remarque du P. Boubours dans ses Doutes : „ La signification de ces mots , jeunesse , & vieillesse , ne s’étend pas fi loin que celle de jeune & ” vieux. On ne dit pas la jeunesse d’un arbre , quoi- „ qu’on dise un jeune arbre. On dit bien une vieille , peinture , un vieil habits mais on ne dit pas la vieil - ’, leste d’une peinture , la vieil!este d’un habit , quand " on parle sérieusement. On dit cependant la Vieillesse ” du monde, peut-être à cause des sept âges du monde; 5 & on pourroit dire peut-être ''la vieillesse d’une mai- ’’ r m , après Mr. Sarrazin : Le bâtiment étoit vieux , ’ ’ E-f l’on y avoit plàtât songé à la propreté qu’à la ma- ’’ gnificence; il n’y toucha pourtant point, hors quelques ’’ réparations aufqudles la vieiìlejj’e de cette maison l’obli - " gea. Mais à propos de vieux (continue le P. Bouh.) " & de vieilles e, dit-on bien la Loi vieille , pour mar- ’. q U er la Loi de Moïse ? C’est ce qui est arrivé a la Loi vieille a t égard de la nouvelle, dit l’Auteur de la Traduction des Homélies de Saint Jean Chry- „ sostome. J’ai toûjours oùi dire le Vieux Testament „ & l’ancienne Loi ; & quand l’usage permectroit F f j qu’on 2Zo IF ,, qu’on joignit vieille avec Loi, en cetts^rencontre ne fsu6roid.il pus dire ls vieille Lot , au l [eu - vieille ? Selon l'Auteur du Dictionnaire de lAgn- „ culture, on peut dire, H n'est rien tel que de bien „ conduire un arbre dans sa jeunejje. sf Le mot de jeunesse est souvent collectif, & com- prend' toutes les personnes qui sont dans la sieur de leur âge., & que l’on apelle les jeunes gens , comme dans Virgile , Eneid. 8- Ejseram juventutem ; & dans Cicéron , Tuscul. I. 11. Juventutem laboribus eru- diunt. Les Italiens comparent le Printems á la jeunesse des hommes , & cette jeunesse est comme Je Printems, de l’un & de l’autre sexe ; ainsi Malherbe , dans un sonnet à Mr. le Cardinalde Richelieu , apelle verte saison , cet âge que l’on nomme jeunesse. Peut- être que ce vers de Pétrarque, Tutta la miafiorta, e ver de etade, lui a donné l’idée de cette expression, aussi bien qu’au Guarini, qui a dit dans son Pastorfido : A te dunque comejsa Fu la mia verde eta. II faut convenir que la jeunesse répand sor toutes les actions des jeunes gens une grâce qui plaît infiniment; & qu’au contraire, la vieilliesse est assez malheureuse pour rendre ridicules & insoportables les mêmes actions ; c’est particulièrement dans le commerce du monde & dans la galanterie , que l’on s’aperqoit de cette diférence. Malherbe a eu raison de dire : Mais aujourd’hui que mes années Vers leur fin s’en vont terminées, Seroit-il bien à mes écrits D'ennuìer les races sutures , Des Ridicules avantures D’un amoureux en cheveux gris. ? libelle a cru qu’un vieillard ne pouvoit débiter de bonne grâce des sentimens tendres : Dicere nec cano blanditias capiti. Et Properce , dans la dernière élégie du second livre , a dit de même : Autos prima eanat Vencres, extrema tumultus. Enfin, Ovide , grand maître en galanterie, a décidé qu’il faut être jeune pour foire l’amour & la guerre ; Turpesenex miles, turpesenilis amer. Malherbe a paraphrasé ce vers par ceux-ci : Ceux à qui la chaleur ne bout plus dans les veines En vain dans les combats ont des foins vigilant ; Mars est comme l’amour ; ses travaux & ses peines Veulent de jeunes gens. t * lly a eu de jeunesse en cela. [ Imperitia. ] C’est- à-dire, il y a un peu de legéreté , un peu de folie, un peu de foiblesse qui vient de la fougue del’âge. JEUNET , Jeunette, adj. [JuvenculusJ Qui est tout jeune. II se dit proprement des personnes. ( II est jeunet, & n’est pas encore en état d’être emploïé. Etre trop jeunette pour être mariée. Elle est Jeunette, elle est fleurie , Elle ne manque pus d’apas. La Suze. ) JEÛNEUR , f m. f Jejunii patient. J Qui jeûne beaucoup. (Les Chrétiens d’Arménie sont de grands jeûneurs. ) JEÛNEUR. Nom que les Anatomistes donnet au second des intestins grêles , qui est entre le duod num & Yìleum. Jéjunum. On Papesse ainsi, parce qu’ est presque toújours vuide. IEUSE ,s. f. [Ilex. ] Arbre sauvage dur & haut qui ales feuilles âpres., blanchâtres par dessus, verts par dessous, & taillées tout autour en forme de den de Icie. ( L’écorce de Pieuse est rousse & noirâtre etant cuite dans de l’eau & apîiquée durant une nu c , heveux . ' elles les noircit. L’ieuse porte v P eulTe P on' Pe > tlt que , ce l ui du âêne. Ils disent qi wis ít r mJF’fcse^n; 1 àe qui oroit parmi les í SeTcr? e « & toújours verdoïantes. L’if porte dës bises ro U ge IGN douces , St pleines d’un soc rouge & dangereux. Son bois est rougeâtre & ne sc pourrit point. (Un grand if. Un petit if. Celui-ci sert à parer les alées des Jardins. Dal. Ne pouvant soporter la fatigue du combat & de la retraite, il s’empoisonna avec de Pif. Abl. César, /. 6. ch. ;. ) [Antoine gouverneur de mon jardin d’Anteiiil, Qui diriges chez moi Pif [fi le cbévréseùil. Despr. ) IF VETE AU- Petit if. IGBUCAMI, s m- Arbre qui croît au Brésil, & dont le fruit ressemble à une petite pomme. IGCICA, s m. Arbre du Brésil qui produit une espèce de mastic d’une odeur fort agréable. IGNACE , s m. [ Ignatim. ] Nom d’homme. (Ignace de Loïola Fondateur des Jésuites , canonisé par Paul V. S. Ignace Patriarche d’Antioche. L’eût-on jamais crie , les disciples d’Ignace Chérissent à présent le Do fleur de la grâce. Auteur Anonyme. ) IGNAME. Plante qui croît dans l’Amérique , & dont on mange les racines au lieu de pain quand elles font cuites. t IGNARE , adj. II vient du Latin Ignarrn , & il signifie ignorant , qui ne fqait rien. L’ufage de ce mot est fort borné , & ne se ditqu’en riant, & quelquefois en colère. ( Meilleurs les Elus sont des gens ignares & non lettrez. N. en matière de Médecine est le plus ignare qui soit non seulement à Paris, mais en toute la France.) IGNE'E , adj., [ Igneus. J Terme de Physique. Qui est de la nature du feu. ( 11 y a des parties ignees dans tous les corps. Matière ignée. On dit aussi igni- tion qui est une aplication du feu aux métaux quand ils paroissent rouges avant que de se fondre. f IGNICOLE , f m. Sis. Terme Dogmagtique qui signifie Adorateur du feu. ( Les anciens Perses ont été ignicoles. ) í IGNITION , s fi Terme de Chimie , qui se dit de l’aplication du feu aux métaux jusqu’à ce qu’ils paroissent tout rouges, & enflammez.(Le fer & le cuivre soufrent Pignition. IGNOBLE, adj. [ Ignobilis, vilis. ] Bas , qui sent le roturier & l’homme de basse extraction. Un air ignoble. Mine ignoble. Procédé ignoble. Acad. Fr. Lui qui croît ne pouvoir fans dégrader ses Pérès. A d’ignobles Chrétiens donner le nom de Frères. Vill. ) IGNOMINIE, f f. [ Dedecus , infamia. ] Info. mie. Déshonneur. ( Couvrir d’ignominie. C’est une grande ignominie , & qu’on aura de la peine d’é- focer. i Ennemi des Romains 0 ? de la tyrannie , Je tiai point de leur jougsubt /'ignominie. Racine. ) IGNOMINIEUSEMENT , adv. [Cum ignommia 0 ? de- decore .2 Avec ignominie. (Traiter ignominieusement.) IGNOMINIEUX, ignominieuse, adj. [. Jgnominiasm .] Plein dignominie. Infamant. ( Chose ignominieuse. Cela est ignominieux. ) IGNORANCE , s. s. [Inscitia , imperitia. J C’est un manquement de sience. ( II y a une ignorance de fait & une ignorance de droit. Pose. I. 4. crasse, grossière, invincible. Etre dans l’ignorance. Croupir dans Pigno- rance. L’ignorance rend les hommes dignes de blâme & non d’excusc. Pose. I. 4. L’ignorance est honteuse à un honnête homme. §. Evremont , t. 1. Je ne viens point troubler vôtre indolence, Ni vous montrer un chemin trop batu , Pour être sage , une heureuse ignorance Vaut cent sois mieux qu’une faible vertu. Rag. de Vulc. ) f Prétendre cause d’ignorance. C’est dans le sole familier, prétendre ignorer quelque chose, foire semblant de Pignorer. ( Je vous avertis afin que vous n’en prétendiez cause d’ignorance.) On dit aussi en sole de Pratique , afin que nul n’en prétende cause d’ignorance ; c’est-à-dire , afin que nul ne puisse alléguer son ignorance pour excuse. IL 11 est certain qu’il vaudroit mieux quelquefois être ignorant, que de sqavoir beaucoup , si la science n’elt acompagnée d’un jugement solide : elle nuit plus qu’elle ne' profite. 11 est honteux d’être ignorant , mais il est dangereux d’en trop sqavoir. l/ignorance est toujours suivie d’une opiniâtreté invincible. On demandoit un jour à Aristipe qu'elle étoit la diférence entre un homme sçavant & un ignorant. 11 répondit qu’elle étoit la même qui se rencontroit entre un cheval dompté & celui qui ne l’est pas. Diog. Laerce. C’est une régie générale, que l’ignorance du droit n’est jamais une excuse légitime ; & qu’au contraire , l’ignorance du fait est régulièrement utile à celui qui la propose. On ne pardonne point celui qui néglige de s’instruire de ce qu’il peut & de qu’il doit faire ; il ne manque pas d’Avocats & de Procureurs, pour consulter: niais on ne peut rien imputer à celui qui ignore un fait important & décisif. Mais il est quelquefois dificile de juger si l’ignorance est de bonne foi , fi elle est légitime , & c’est par cette raison qu’un Jurisconsulte a dit dans la Loi r. js. de jur. N saci. ignorant, que les plus éclairez se trompent souvent ou sont trompez dans le discernement d’une juste ignorance. L’ignorance du fait d’autrui est la'seule excusable; car on n’écouteroit pas un homme qui allé. gueroit l’ignorance de son propre sait, quand il est certain. On ne peut proposer l’ignorance de fait > que lors que les choses font dans leur entier ; caron ne r écoute point après une transaction ni après un jugement définitif & fans apel, si ce n’est par la voie dc la requête civile, corne je l’expliquerai dans son lieu. Une ignorance d’un fait qui est public , n’est point présumée ; ainsi après la publication faite dans la manière acoûtu- mée, on ne peut point oposer son ignorance , ni quand elle estafectée comme lors qu’il r.’a tenu qu’a une personne de sqavoir ce que les autres sqavent. IGNOR ANMENT, adv. [Imperitést Avec ignorance. (11 parle de tout fort ignoranment. ) IGNORANT , ignorante , adj. {Ignarw , ìmperitus , ineruditus. ] Prononcez presque ìniorant en trois sila- bes. Qui ignore. Qui ne scait pas. ( 11 est ignorant. Elle est ignorante. Les Moscovites sont très ignorans. IGNORANT,/ m. [Homo illiteratití.~] Qui est dans l’ignorance. ( C’est un ignorant fiéfé. IGNORANT. [ Insciuí. J Homme qui n’a pas la con- noissance de certains faits qu’on lui demande. (Je fuis ignorant des a faires du monde. ) IGNORANTE , s.s. Celle qui est dans l’ignorance. ( Une franche ignorante. ) f IGNORANTISSIME , adj/Très-ignorant. Ignorait- tifié. Ignorantifiant. Termes burlesques dont se sert Molière. IGNORER , v. a. s Nescire , ignorare. ] Prononcez iniorer. Ne savoir pas. (Tous les méchant ignorent ce qu’ils doivent fuir. Pasc. I. 4. Je lui vendraiJì cher ce bonheur qu’il ignore, Qu’il vaudroit mieux pour lui qu’il ignorât encore. Racine. ) f IGNORER , se dit aussi pour ne vouloir pas ê- tre informé d’une chose, ni s’en mêler. Je veux ignorer ce que vous avez dit contre moi. Vous devez igno. ter ce qui se passe. ) IGUANA , s r». Animal amphibie qui se trouve dans l’Amérique, & qui est fait comme un lézard, IGUARUCU, f- m. Autre animal amphibie du Brésil , qui est grand comme un bœuf. t IKANPANAS , s. m. Poisson des moluques qui ressemble à un maquereau , & qui fait devenir rouges par tout le corps ceux qui en mangent beaucoup. IL- C â i â , illud. J Pronom qui fait à son féminin elle-, à son pluriel masculin ils , & à son pluriel féminin elles: Ce pronom se met devant les troisièmes personnes des verbes. ( U aime, ils aiment. Elle aime , elles aiment. II. ri’est point d’homme bien sage qui ne croie un Dieu immortel. [ Nemo sapiens qui non credat Deum immor~ talent. J Ou, Un y a point d’homme qui ne croie . IL 23 î La première façon de parler est la meilleure. IL n’est que de servir Dieu, Arn. lhy a. des herbes venimeuses, ou, il est des herbes venì~ meufes..... La prémiére faqon de parler est la plus récûë. IL en est des héros comme des autres hommes , ou, il est des héros comme des autres hommes. La prémiére faqon de parler est aujourd’hui la plus aprouvée, parce- qu’il est plus clair de répéter en avec le présent du verbe être. Que si on changede tems, & qu’au lieu d’un présent on mette un Tutur , les hommes íàvans dans la langue croient qu’il faut retrancher la particules. Exemple. Usera de sa félicité comme d’un songe, &non pas, en sera de sa félicité comme d’un songe. II ne faut pas imiter les anciens , qui fupri- moìent souvent le il, qui doit toujours préceder le verbe. Malherbe dans des stances: ~M<ús tout m’est inutile , tzf semble que mes larmes Excitent fa rigueur à la faire partir. Et dans d’autres stances à Monsieur de Montpensier, fiais il faut le vouloir , fg vaut mieux J’e résoudre. Plusieurs disent, il est dommage : mais Mr. Ménage, tome 1. deses observât, ch. 88- a dit que ,, cette façon „ de parler est purement Gasgone. J’avois cru que „ Air. de Balzac l’avoit mise exprès dans la bouche „ du Philosophe Perard , & du Président de la Cour „ des Aides , dont il fe moque dans les passages que „ j’ai raportez ailleurs. Le Pere Bouhours a cru la mê- „ me chose. Air. de Balzac ( ce sont ses termes, à „ la page içó. de ses Remarques ) à bien la mine de „ faire dire à Théophile: Je ne trouve point mauvaise „ vôtre liberté , pour, Je ne trouve point mauvais, aussi „ bien que; il eji dommage. Mais j’ai depuis trouvé que „ Mr. de Balzac parlé ainsi de son chef en un autre „ endroit:!/ est grand dommage qu’il ne soit aux gages „ de C Académie. C’est dans une de ses lettres à Air. ;, Chapelain, qui est la %i. au livre 18- “Le même Auteur remarque encore dans le tome i. ch. 87. de ses Observations, que pour parler juste au lieu de D est demain fête, il faut dire// fera demain fête. Et dans le chapitre 4;. du même , il observe, que “ II ne fait „ que de sortir > est mieux dit , que, II ne fait „ que sortir , II ne fait que sortir , est mal dit ; ,, car il est bon, pour dire ,II ne sait autre chose ,, que de sortir, il sort sans cesse. Alais II ne fait que „ sortir de table , est plus élégant que , II ne sait que ,, de sortir de table. Que si on dit, II ne vient , au lieu „ de , II ne fait , on ne peut ôter le de: II faut di- „ re , par exemple , II ne vient que de sortir de table , ,, & non pas , II ne vient que sortir de table. Ce font ,, des petites délicatesses de langage , mais qui ne „ laissent pas d’y faire de grandes beautez. “ Voici encore une espèce de délicatesse dans le chapitre 84. i, „ S’il faut dire, II semble que tout est , ou , que tout ,, soit sait pour me nuire. On dit l’un & l’autre. Mr, ,, de Vaugelas , & Mr. d’Ablancourt usent plus ordi- „ nairement du premier. Je tiens la seconde express „ fion plus naturelle & plus franqoise. Alais quand ,, on dit II me semble au lieu de II semble, il est cer- „ tain que le verbe qui suit , doit être toujoûrs à „ l’indicatif ; il faut donc dire , II me semble que cet - „ te femme ejì belle & qui diroit, II me semble que cette „ femme soit belle , ne parleroit pas François. Tout „ le monde en convient, & je ne fais que cette remar- ,, que que pour montrer qu’il faut peu de chose pour ,, changer une construction. " II ne faut pas oublier celle-ci, l’ocasion s’en présente souvent ; elle est au chapitre i;y tome 1. II faut dire , ll y a marché ,, touiles Samedis en ce lieu-là : il y a aujourd’hui bat „ au Louvre & non pas; IIy a un marché, il y a un bal. „ Alais il faut dire aussi, II y a tous les matins un mar- ,, ché tn ce lieu-la, qui dure depuis le matin jusqu’au soir. „ II y eut hier un bal au Louvre qui dura toute la nuit. „ Pe*u de gens manquent à ce dernier exemple : „ Alais pour le premier , plusieurs s’y trompent , & ,, particulièrement les étrangers. „ A tant d’observa- tions, il faut en ajouter quelques autres qui ne font pas moins d’ufage. ,, Mr. de Vaugelas , ch. 2S2. „ aprouve cette façon de parler , II rsy a rien de „ tel , II n’y arien tek 8 t il semble qu’en parlant, on „ dit plûtôt , II n’y a rien tel , que l’autre ; mais „ qu’en écrivant , on dit plûtòt II n’y a rien de ,, tel. Peur moi je voudroìs toujours écrire ainsi ' Mess 2 J 2 ILL Messieurs de l’Academie Françoise ont éclairci le doute par cette remarque: „ ll senible ( difent-ils,) „ que Mr. de Vaugelas n’a regarde ûnyanm de tel .que dans la lignification i , II n ejì 1 rien'tel : & en ce sens , la particule de devant sel, semble lu- „ perflue; ainsi on dira , & on écrira fort bien , II n'y a rien tel que d’aler son grand chemin. Mais ” p, je mo t tel est régardé dans la signification de ” semblable, il faut nécessairement mettre la particule ” fe devant tel, comme en cette phrase : Cet homme , est rusé, dissimulé , fourbe ; mais il n’y a rien de tel , dans son ami ; c’est-à-dire, qui /ut tel , qui fût „ semblable ; comme quand on dit , Il n’y a rein de Jìable dans le monde , on entend par là , qui soit „ Jìable dans le monde. Pour pouvoir dire , II n’y a ,, rien tel, il faut que tel soit suivi de ces deux mo- ,, nosillabes, que de. Exemple : II n’y a rien tel que „ de n’user jamais de fraude. “ Je finis par cette remarque fur cette façon de parler , Ilejî, 11 n’est, pour 11 y a, 11 n’y a. ,, C’estune phrase qui est fort familière „ à Mr. de Malherbe. II est vrai que II n’est, pour, „ II n’y a , est beaucoup meilleur & plus en usage ,, que , II est , pour IIy a en l’afirmative. Par ex- „ emple : II n’est point d’homme stjiupide, qui ne re- „ connoiffeune divinité, est bien meilleur que de di- „ re , II n’y a point d’homme st stupide. Mais si je di- ,, fois , II est des herbes st venimeuses , qu’e/les font „ mourir subitement , à mon avis , je ne dirois pas „ si bien que si je difois , II y a des herbes , & c. II „ faut remarquer que l’on ne dit pas toujours 11 est , „ pour IIy a. L’on ne dira pas , II n’eji qiìun an , ,, pour dire, II n’y a qu’un an-, ni, II n’ejìque deux „ personnes, pour dire, II n’y a que deux personnes ; „ on le dit seulement , ou quand il est suivi áe point, „ comme en l’exemple que nous avons donné, II n’est „ point d’homme stjiupide , ou quand il est suivi de la ;, conjonction , que, jointe à la préposition de avec un ,, infinitif, comme lln’ejì rien de tel que de, £c? c. quoi „ qu’il semble qu’à l’égard de la phrase, ce ne soit ,. qu’une même chose , de dire, II n’est que de ser- ,, vir, & 11 n’est rien de tel que de servir. Voilà ses ,, trois principaux usages. Je ne fqai s’il y en a ,, quelque autre. II y a grande aparence que ce font „ nos Poètes, qui pour éviter la rencontre des voïelles, „ ont introduit , ou du moins confirmé l’ufage de ,, ces façons de parler , fi nécessaires en une infi- „ nité de rencontres. " Voïons à présent l’obser- vation de l’Académie. „ II est dificile de juger si ces mots II est pour II y a , font moins élégans à „ l’afirmative qu’avec une négative. Si c’est trés-bien „ parler que de dire, II n’est point d’homme st stupide ,, qui, &c. on dira aussi fort élégamment , II est „ de s hommes tellement stupides, qu’on nesçauroit leur ,, faire entrer dans Vesprit , &c. Cela dépend pu- „ rement du goût que l’on peut avoir pour l’une „ ou pour l’autre façon de parler. Comme on ne ,, dit pas toujours , II est pour II y a , comme le „ fait remarquer Mr de Vaugelas, aussi ne peut-on „ pas toujours dire, II n’y a , au lieu de , II n’est. „ On dit fort bien , II n’est pas deux heures ; & on „ ne sçauroit dire dans le même sens , II n’y a que ,, deux heures ; car on le peut dire dans un autre „ sens. Par exemple fi quelcun demande , Com- „ bien y a-t’il que vous n’avez pas vù votre -ami ? on „ répondra juste , en disant absolument , II n’y a „ que deux heures , ou en joignant la particule que: „ 11 n’y a que deux heures que je lai vù. „ ILE- Voter Isle. ILF/ON, f m. Terme à’Anatomie. C’est le dernier des intestins grêles , qui est le plus long de tous. î ILES , f. m. pi. Terme à’Anatomie , qui signifie , les flancs, ou les cotez de la région hy- -pogaftrique. ILIADE , f f. [ llìas, 2 Poème d’Homére où il décrit la guerre de Troye. ILIAQUE, adj. Maladie violente & dangereuse qu on apelle passion iliaque , ou mijérere. C’estune expulsion des matières fécales par la bouche , cau- verfez 1 ^ nlouvement péristaltique des boïaux ren- ILIAQîje. Nom qu’on donne à deux erosses artères qu, sont des divisions de l’aorte , quand elle est parvenue a 1 os sacrum. ^ c clt P dr 'î' ÍLLAPS , f. m. Les Mystiques entendent nar c? terme, émanation, écoulement. tcn oent par ce í ILLATION - f f. Terme Dogmatique. Conclusion , conséquence. ILLEC. f/Ar J vieux mot qui signifioit autrefois, en ce lieu-là, f ILLEGAL , adj. Contraire aux loix , illégitime. On ne 1e dit guére. ILLE'GITIME , adj. [ Non legitimw.J Qui est contre la loi, qui n’est pas légitime. ( Mariage illégitime. Choie illégitme. Passion illégitime. Abl. Luc. ) Fils illégitime , fille illégitime. [Filas nothus.2 C’est- à-dire , Bâtard , & Bâtarde. £ ILLE'GITIME, signifie aussi injuste, déraisonnable. ( Un désir illégitime. , une prétention illégitime. ILLLE'GITIMEMENT , adv. [ Non légitimé , non jujié. J D’une maniéré illégitime. ( 11s ont contracté illégitimement. ) ILLICITE, adj. [ lili citas. ] Qui n’est pas permis. ( Chose illicite. Amour illicite. Fléchier Com - mendon , l. 2. c. 19. Ecrit qui contient une doctrine illicite & pernicieuse. Pasc.l. 6.Pratique illicite. Patru, plaid. 10. Jeu illicite. ) ILLICITEMENT, adv. [ Illicite , contra quamfas est. ] D’une maniéré illicite. ILLICO. Terme de Chancellerie. Relief d’Apel, pour être relevé de 1 ’illicè c’est-à-dire, den’avoirpas apellé fur le champ. ILLIMITE', E'E , adj. [ Absque limitìbus. ] Qui n’a point de limites. ( Cet Envoié a un pouvoir illimité.) ILLUMINATIF , itiummatïve , adj. [Quod illustrât. ] Ce mot & les fuivans viennent du latin. II signifie qui a la vertu d’éclairer. C’est un terme d’£- cole. ( Le feu a une vertu illuminative. La vie illu- minative. ILLUMINATION, f f. [ Illustratio. J Prononcez illuminacion. Action d’éclairer. (L’illumination fe fait presque que en un instant. ) ILLUMINATION. [ Illuminatio. ] Elle consiste en plusieurs lumières pratiquées la nuit avec adresse, & acompagnées de fois à autre de timbales , de trompettes , de flûtes , de haut-bois, & d’autres agréables instrumens qu’on joué de concert , pour marquer quelque réjouissance publique. Le mot d’ illumination, I Lumina , J est plus usité au plurier qu’au singulier. De belles illuminations. Les illuminations ont duré presque toute la nuit. ) î * ILLUMINATION. C’est aussi en termes de Dévotion , une lumière extraordinaire que Dieu répand quelquefois dans une a me. ( Une illumination divine, illumination du St. Esprit. ILLUMINER , v.r.[ Illustrare. J Ce mot se dit proprement du Soleil, de la Lune & des Astres. II signifie éclairer. I Lune , qui de íobscure nuit Illumine les sombres voiles. J God. Pfeaumés. f ILLUMINER , fe dit aussi quelquefois pour disperser des illuminations aux fenêtres & dans les rués en certaines ocasions. ( 11 y a ordre d’illuminer dans toutes les rués. On a illuminé toutes les maisons de la ville.) í * ILLUMINER. [Lucent menti prœbere.J Ce mot, au figuré , sc dit des personnes, & signifie donner des lumières , Eclairer l’efprit. [Ton éclat n’est qu’obscurité , Si ton Prince ne t’ilìumine. Chapelain , Ode à Richelieu. L’efprit est illuminé par la doctrine comme l’œil par l’air qui l’environne. Abl. apoph. Cela fait voir que vous avez l’efprit extrêmement illuminé. Boileau , avis à Ménage. Craignez les vivans qui tôt ou tard feront illuminez fur vôtre conduite. Le Comte de Buffì. ) ILLUMINEZ , adj. [ Lymphati , Phanatici. J Ce font des fanatiques , & des visionaires. Cf ILLUMINE', illumination. Les Saints Pérès & les Auteurs des premiers siécles de l’Eglise apelloient illuminez, ceux qui avoient été baptisez. ILLUSION, f f. [ Illusto inanesteclrum. J Tromperie des sens. Fausse représentation. (C’est une pure illusion. J’ai eu quelques illusions. La vie contemplative est bien voisine de l’illusion. Bours. ) * Cet avis de parens dont elle veut fe couvrir, n’est qu’une illusion. Patru, plaid. 9. [Error. ] í On dit, fe répaître d’illusions , fe remplir d’il- lusions ILL lusions, c’est-à-dire , de pensées & d’imaginations chimériques. f ILLUSOIRE, adj. [ Faìlax. ] Terme de Valait. Simulé, faic à dessein de tromper. Contrat illusoire. Toutes ces pièces font illusoires. ) ILLUSOIRE. [ Inutilis. ] II signifie aussi inutile , & qui est sans éfet. (Rendre un Arrêt vain & illusoire par des chicanes. î ILLUSOIREMENT , adv. Terme de Pratique. 11 lignifie d’une façon illusoire. ILLUSTRATION, f.s Prononcez iOustracion- Ce mot est écorché du Latin illustratio , & il veut dire : Explication. Discours qui met en son jour ce qu’il y a de beau & de particulier en un lieu, ou sur un sujet. Le mot à’illuftratìon , en ce sens, a un usage fort borné. ( Le Poète Joachim Bêlai qui étoit d’Anjou , & qui florissoit sous Henri II. a composé un livre, qui porte pour titre, l’illustration des Gaules .) ILLUSTRATION divine. [Divina illumixatio.) Ces mots se disent quelquefois en langage des dévots ; mais il semble qu’ils ne doivent se dire qu’après s’ê- tre servi des mots de lumière, d’ illumination, & autres: Illustration divine , signifie une forte d’illumination , ou une espèce de lumière que Dieu répand dans l’e- sprit pour lui faire pénétrer des choses qu’il ne pou- roit pas voir fans cette forte de lumière. ( Ces illustrations divines ne l’empêchoient pas de consulter les Religieux de S. Dominique. Bouhours, vie d’Ignace.) 4 = ILLUSTRATION. Ce mot se dit en parlant des marques d’honneur dont Une famille est illustrée. ( Cette famille est noble, mais fans illustration. Cette maison a besoin d’illustration. ILLUSTRE , adj. s Illustris, instgnis , consticuus. ] Qui a du lustre. Qui est fameux pour son mérite. ( (/illustre d’Ablancourt repose en ce tombeau. Ta- lemand des Reaux. Sous les titres pompeux dlune illustre fortune Souvent les plus grans Rois n’ont qu’une ame commune. Fléchier. ) (§ ILLUSTRE , du Latin Illustris. Titre des plus honorables. 11 y a eu autrefois , dans la décadence de l’Empire , trois titres d'honneur diférens, dont on honoroit les personnes qui se distinguoient par leur naissance ou par leur mérite personnel. Le premier étoit Illustris : le second, Clarijstmus & le troisième, Speftabilis. Mais le prémier marquoit une diférence essentielle entre ceux qui l’avoient mérité , & les autres. Nos Rois mêmes, daus la prémiere & dans la seconde race , se croioient honorez par le titre d ’Illu- strit , on d ’llluster. Parmi ce grand nombre d’actes anciens, que Doublet a raportez dans son Histoire de l’Abaïe de S. Denis, il y en a plusieurs, où Dagobert ajoute à la qualité de Roi de France, celle de Vir il- luster. Les Rois Chilperic, Pépin, & Charles I. ont crû ajouter un nouvel éclat au titre de Roi, par celui à’Homme Illustre. f On dit, une assemblée illustre, une Compagnie illustre , une famille illustre, une noblesse illustre, un illustre guerrier, une homme illustre dans son art, un monument illustre. f ILLUSTRE, signifie aussi qui est fort connu, qui a fait du bruit dans le monde, lorsqu’il est joint avec des substantifs, qui marquent des vices , des crimes. ( Un poltron illustre, un fat illustre, un scélérat illustre. La plupart des conquérans n’ont été que des scélérats illustres. ) ILLUSTRER, v. a. [ Ilhstrare, clarare. ] Donner du lustre 8- en écrivant à Mr. Delingendes, nommé à VEvêché de Sarlat, a écrit : J’avois dépit de ne vous pouvoir traiter d’illuftrissime. ) IMA 233 íf ILOTES, ou Hélotes. Espèce «('esclaves chez les Lacedémoniens. Harpocration nous aprend , que les habitans d’une petite ville apellée Helos, refusant «I obéir aux Lacedémoniens , ils l’assiégerent ; & s’en etant rendus maîtres, ils firent esclaves tous les habitans qu’ils apellerent Helotes , & ensuite Hilotes ou Ilotes. Leur condition étoit diférente de celle des autres esclaves en bien des choses. Prémiérement, on ne pouvoit les affranchir, ni les vendre hors des terres de Lacédémone ; & c’est ce qui a fait dire à Pol- Iux, qu ris etoient entre la liberté & la servitude. Cependant, si l’on en croît Théopompe raporté par Athenee , lìv. 14. les Spartiates imposèrent aux habitans de Helos, de dures conditions : ils les obligèrent de porter un bonnet de peau de chien, & un habit de peau de quelque bête : ils furent condamnez a être foiiétez une fois chaque année, fans avoir commis aucun crime, pour les faire souvenir qu’ils etoient esclaves : enfin, ou leur donnoit certaines terres à cultiver, fous la condition de raporter à leurs maîtres la quantité de fruits qui leur étoit prescrite quoique la récolté nesufîtpas. Outre toutes ces conditions onéreuses, ils etoient obligez de s’enivrer dans certains jours de fêtes, & de paroître en cet état devant toute la famille, afin de faire connoître aux jeunes gens l’état ridicule d’un homme ivre, & de leur inspirer de l’horreur pour l’ivresse , &c. Volez Cragius, de Rep. Lacedem. & Meurstus Lacon. lib. 2. c. 6 . ILS. ( Ç’est l’article pluriel des verbes : ils ont dit, ils ont été condamnez. Mrs de l’Académie ont agité long-tems la question, s’il faloit faire sentir 17 , en prononçant ce mot, ou prononcer comme s'il y avoit is. Dans le stile soutenu & dans les vers, il faut prononcer comme il est écrit, ils ont dit , mais dans le discours ordinaire, on peut prononcer h, fans blâ. mer toutefois ceux qui font du sentiment contraire. IMAGE, f f- [ Effigies .] 11 vient du Latin imago. Représentation de ce qui est. ( L’homme est Limage de Dieu. Le Fils est l’image du Père. Dieu a fait l’homme à son image. Bostûet, hist. universelle. ) {§ IMAGE. Corneille dans le Cid : Dom Rodrigue snr tout, n’a trait dans son visage , Qui d’un homme de cœur ne soit la haute image. L’Académie trouva que c’étoit une hiperbole excess sive de dire, que chaque trait d’un visage soit une image. Elle ajouta : haute, n’est pas une épitéte propre en ce lieu. Malherbe, dans les larmes de S. Pierre, dit : Henri, de qui les yeux U l’image sacrée Font un visage d’or à cette âge dorée. II me semble que voilà du galimatias. Age est à présent masculin. IMAGE. [Imago.~\ Ce mot est ordinairement consacré aux choses saintes , & c’est une figure de Sculpture , on une estampe , qui représente un Saint ou une Sainte. (Une belle image. ) ^ * IMAGE. On apelle belle image , une belle personne qui est peu animée. On dit ausiì d’une jeune personne fort retenue, qu’elle est sage comme une image. ($ IMAGES. Ce terme comprend les peintures & les statues dont on orne les Eglises. Ce n’est que depuis le neuvième , ou dixième siécle , que l’on met des images dans les Eglises & fur les autels. II est aisé d’en comprendre la raison. Les peuples ont conservé pendant long-tems Lldée du Paganisme & de ses Dieux , & l’on craignoit avec raison , que ('Idolâtrie ne se saisit encore des esprits naturellement portez à la nouveauté. On commença de peindre l’interieur des Eglises ; ensuite, on plaça sur les autels des figures de quelques Martirs ; & enfin aiant reconnu que les représentations scrvoient à augmenter les scntimens intérieurs de pénitence & de confiance aux prières que l’on faisoit aux Saints que l’on invoquoit, on se servit, pour orner les Eglises, de la peinture, de la sculpture, & même des fleurs, & de tout ce qui pouvoit convenir à la propreté & à la magnificence des Eglises & des autels. Mais les Juifs ne pouvant soufrir toutes ces parures que leuc Loi défendoit,ils obligexent Léon surnomme l’Isaurien, Tom. II. 6 g lorfquii 234 IMA iorsqu’il fut Empereur de Constantinople de condan- ne r ces imaees & même de faire briser une image de reeiTC rHRTST Les Papes & les Eveques tachèrent JESUS-CHRlj» f. ^es ra P & ^ ^nnoître son êrreùr e T e n mourut dans' les mêmes scntimens; & Constantin, surnomme Copronime, lui succéda, & suivit son exemple. II. ne me convient pas de faire ici une histoire de l’héresie & de la fureur des Iconoclastes - elle est entre les mains de tout le monde ; je remarquerai feulement, que les Protestans fe font servis des mêmes raisons pour acuscr les Catholiques d’idolâtrie, à cause des images des Saints que l’on voit dans leurs Eglises & dans leurs maisons : en vain on leur repete ce qui a été allégué autrefois pour la justification des images : en vain on leur fait connoî- tre quelle est la doctrine de l'Eglise Romaine, en leur raportant la décision du Concile de Trente, SeJJìon 35. où il est dit, que „ l’on doit avoir & conserver „ principalement dans les Eglises, les images de JE- „ SUS-CHRIST & de la Vierge Mère de Dieu , Sc „ des autres Saints, & qu’il leur soit rendu l’hon- „ neur & la vénération qui leur est dûë, non que l’on „ croie qu’il y ait en elles quelque divinité, ou quel- „ que vertu pour laquelle on leur doive rendre ce „ culte, ou qu’il faille leur demander quelque chose, „ ou mettre en elles fa confiance , comme faisoient „ autrefois les Païens, qui mettoient leurs efperan- „ ces dans les idoles ; mais parce que l’honneur „ qu’on leur rend, est référé aux originaux qu’elles „ représentent ; de maniéré que par le moïen des „ images que nous baisons, & devant lesquelles nous nous découvrons la tête & nous nous prosternons, ,, nous adorons JESUS-CHRIST , & rendons nos re- „ fpects aux Saints , dont elles portent la ressem- „ blance, ainsi qu’il a été défini par les Décréts des „ Conciles, & particulièrement du second Concile „ de Nicée , contre ceux qui ataquoient les ima- „ ges. ” Les termes du Concile sont si clairs, qu’il est surprenant que ces Protestans & leurs Ministres persistent encore dans leur injuste acufation d’idolâtrie. Le culte des images y est si bien caractérisé, que l’on ne peut, fans injustice confondre les Catholiques avec les Idolâtres du Paganisme, puisque bien loin de croire comme eux, qu’il y ait quelque divinité dans les images, on ne leur attribue aucune vertu que celle d’exciter en nous le souvenir des originaux. * IMAGE. [ Imago, stecies, idea. ] Ce mot, au figuré, veut dire, idée, réprésentation, figure de quelque chose. ( Que t image du vice adroitement tracée , Puijfe déplaire aucceur fans blesser la pensée. Villiers. t * II étoit agité par les images du malheur qui le ménaqoit. Vaug. Quint. I. 3. Leur inquiétude a quelque image des enfers. Gomb. épi. Les noces du petit Giron & de l’innocente N. ... ne vous donnent- elles pas une image d’une impudicité acomplie? S. Evremont, œuvres mêlées. 3 * IMAGE. C Idea , stecies. ] (La métaphore lait une belle image. ) ê On dit d’un ouvrage de prose ou de vers, rempli de descriptions, qu’il est plein d’images. Ce prédicateur a fait une belle image de la vertu , une terrible image du vice. IMAGER , f. m. [Imaginum fculptor propola. 3 Marchand qui vend & imprime de toutes sortes de tailles douces. ( Un imager fort à son aise. ) {§ Le faiseur d’images, & celui qui en vendoit à Rome, étoit apellé Imaginarìm , témoin cette inscription raportée par Raynejha , pag. 3. DIIS OMNIBUS COELESTIBUS P. GAISIDIO Q, F. SABINIANO FISTULATORI CANTORI IMAGINA- RIO, 6fí. U est vrai que Raynefius prétend qu’il faut lire Ma cmanus , qui n’est pas plus connu que Imaginant# « qu il veut abréger de Machinantes, Machiniste. IMAGINABLE , adj. [ Quod anìmo fingi potest. " CLui ie peut imaginer. Je sens une douleur qui n’ei pas imaginable. II a fait toutes les méchanceté; imaginables. ) „ IMAGINAIRE a dj. Z Imaginant#.! Quin’ef des choses THéréfi 0 "' ^ U1 "' eít pas dans * a naCur( des choies. ( Heresie imaginaire. ) Mr. Nicole a fai IMB voir que le Jansénisme n’est qu’une hérésie imaginaire. Voïez les Imaginaires. Mr. Arnauld a exécuté le même dessein dans le Phantôme du Jansénisme , & nouvellement il paroit la chimère du Jansénisme. Mais tous ces ouvrages ne convertiront pas ceux qui s’opiniâtrent à croire que c’est une hérésie réelle. J: Malade imaginaire. C’est un homme dont l’i- magination est si fort blessée , qu’il se croit malade, quoi qu’il sc porte bien. f Riche imaginaire. C’est celui qui se croit fort riche, & qui ne l’est pas. Le sistême du Sr Law a produit un grand nombre de riches imaginaires, Sc a fait une infinité de pauvres réels. ) IMAGINATIF, imaginative, adj. [ Imaginas#. 3 Propre à imaginer. (Avoir l’efprit fort imaginatif. ) IMAGINATION, f. f. f Vie imaginandi. 3 Faculté de l’ame pour concevoir les choses sensibles. Idée qu’on se forme d’une chose. Pensée. (Avoir l’imagi- nation vive. Ablanc. Jugez s’il est possible que je vive avec cette imagination. Voit. I. 19. Vous n’au- rez pas l’imagination si tendre qu’il vous faille consoler de cela. Voit. I. 35.) On dit, imaginative, f. f. au même sens. IMAGINATION. Invéntion des pensées & des éfets que produit l’imagination. Gallot a eu des imaginations fort grotesques. ) IMAGINATION. [Mentis deliratio.J Vision. Chimère. ( L’Abé N * * sc remplit l’efprit de cent folles imaginations. ) IMAGINER, v. a. [ Anìmo fingere. 3 Concevoir. Se former l’image , ou l’idée d’une chose. ( Peut-on rien imaginer de plus grand que son dessein ? Imaginer un expédient. Imaginer une chose plaisante. C’est un homme qui a pu imaginer un moment que vous le favorisiez. Voit. I. 33. J’ai beaucoup de plaisir à voir les choses que j’avois imaginées. Voit. I - 18- ) £ IMAGINER , v. a. [ Excogìtare. 3 Etre l’inven- teur de quelque chose. Imaginer une machine, imaginer un divertissement, imaginer une fête. S’IMAGINER, v. r. f Anìmo concipere.] Concevoir. (On ne peut rien s’imaginer de plus ridicule. ) S’IMAGINER. [Sibi fingere.~\ Croire. Se persuader. ( Je m’imagine que vous serez de mon avis. ) í IMAM, f m. Terme de Relation. Les Mahométans apellent ainsi, le chapelain d’une Mosquée. f IMAM , signifie chez les Arabes , chef & Pontife souverain de la Religion. Le Roi d’Yemen prend le titre d’Imam. IMBE’CILE, adj. [Imbecillus, mentis inops.J Sot. Benêt. Qui a perdu un peu de bon sens. ( Esprit imbécile. Elle est imbécile. Childéric III. Roi de France, étoit imbécile, & pour cela on le tondit, & il se fit Moine. Histoire de France, ) II veut dire aussi : Qui n’a point de force. ( Le sexe imbécile. Acad. Fr. Que c’est un imbécile , honteux esclavage Que celui d’un Epoux sur le panchant de l’àge : Quand sot# un front ridé qu'on a droit de haïr , II croit se faire aimer à force d’obéir. Auteur anonyme. f IMBE’CILE, est aussi subst. On dit au propre voilà un pauvre imbécile, & au figuré sans aucune addition, c’est un imbécile, c’est-à-dire, un idiot, un innocent. f IMBE’CILE, sc dit encore d’un homme dont la raison est afoiblie par Fâge. (Les années Pont rendu imbécile. ) IMBE'CILITE’, s. f. [ sníbecillitas, infirmitas.’] Bêtise. Foiblesse d’esprit. Simplicité d’efprit. Misère. (11 y a peu d’imbécilité à son fait. Sa conduite marque de l’imbécilité. 11 faut cacher à la vùë du monde l’imbécilité de nôtre condition. L’imbécilité de Pensant, pour dire, la foiblesse. Acad. Fr. ) IMBERT if m. [ Imbertus. J Nom d’homme- ( Imbert est savant. ) IMBIBER , v. a. [ Bibere , intingi .3 Ce mot sc dit des choses qu’on met dans Peau, ou autre liqueur, Sc signifie boire, & a tirer Peau, ou autre liqueur, par ces choses. Il faut laisser cela imbiber quelque tems. Cet homme est tout imbibé de la bonne opinion de lui-même. 5 . Evrem. ) S’IMBIBER, v. n. Devenir imbibé de quelque liqueur. IMM liqueur. ( La terre s’imbibe de la pluie, de l’eau dont on l’arrose. ) t SÌMBIBER se dit aussi des liqueurs qui pénétrent les corps fur lesquels elles, se répandent. (L’huile s’imbibe dans le papier, dans le drap. ) t IMBRÍAQUE, s. m. \_Ebrius.~\ Mot fort bas qui ne l'auroit trouver fa place que dans quelque épigramme satirique, ou dans le comique le plus simple. II signisie un ivrogné. ( Fi, c’est un coquin, c’est Un imbriaque dont je ne veux point ouir parler. ) IMBU , imbuê, adj. [ Imbutus. ] Qui est imbibé. ( Un vailseau imbu de quelque méchante liqueur la garde long-tems. ) * IMBU , imbue , adj. [ Aliqua opinione imbutus. ] Instruit. Informé d’une chose. ( On ne trouvoit personne qui ne fût imbu de ces nouveautez. Maucroix, schisme. L i. N * * est un peu imbu du Jansénisme. ) IMITABLE, adj. [ Imitabilií .] Ce mot & les soi- vans viennent du Latin. Qu’on peut imiter. ( Action imitable. Auteur qui n’est pas imitable. ) IMITATEUR, s. m. f Imitator , amulus. J Celui qui imite. Qui prend un excélent homme pour modelé. (Mutet est un des imitateurs de Cicéron. C’est son fidele imitateur. C’est l’imitateur des vertus de son père. Soiez mes imitateurs comme je le fuis de Jésus-Christ. Port-Royal , Nouv. Tejí.) IMITER, v. a. [ Imitari .J Prendre pour modèle. Prendre pour exemple & pour patron. Se conformer à une chose. ( Imiter les personnes , les vertus & les actions. Belle Orante, imitez ces exemples puissans. Sar. Pois. Alexandre afecta d’imiter Bacchus, non seulement aux victoires qu’il avoit remportées fur les Indiens : mais aussi en la forme de son triomphe. Vaug. Quint. Çurce l. 9. ch. 10. Corneille fameux Poète tragique François, a imité les Latins, & fur tout les Espagnols. Despreaux .à beaucoup imité Horace & Juvénal. Du ciel après fexerde implore le secours , Mais «'imite jamais par de burlesques tours , De ces Prédicateurs l'éloquence fleurie Qu’une chute de mots jette aux piés de Marie. Vill.) (f Les Prédicateurs ne font pas les seuls qui défigurent les originaux dans les copies qu’ils en font; les Orateurs & les Poètes n’y réussissent pas mieux , & l’on peut dire également de la plupart des uns & des autres, ce que Mr. de Balzac a dit de Ronsard , „ qu’à proprement parler, ils sont des fripiers & des „ ravaudeurs ; ils traduisent mal, au lieu de bien imi- „ ter.” J’oserois dire d’avantage ; ils barbouillent, ils défigurent, ils déchirent les anciens Auteurs qu’ils ont lûs ; & ne voit-on pas encore dans leurs ouvrages, les Cicérons, les Virgiles, les Pindares, &c. écorchez tout vifs, qui crient miséricorde aux charitables Lecteurs , & qui font pitié à ceux qui les voient dans cet état? IMITATION, f. f. [ Imitatìo, œmulatio. ] Prononcez imitacion. C’est un éfort qu’on fait pour tâcher de marcher sur les pas de quelque personne qui a laissé quelque ouvrage qui mérite de servir de modele. ( Imitation naturelle, artificielle , heureuse, ingénieuse, adroite, fine, subtile. Imitation grossière. Mon imitation n’est point un esclavage , Je ne prens que l’idée £«? les tours Çfl les loix Que nos Maîtres stuivoient eux mimes autrefois. La Font. Poès. ) íf IMITATION. Votez Plagiaire. IMITATION de Jesm-Christ. Livre de spiritualité fort estimé , & qui a été traduit en François pas plusieurs Auteurs. î IMITATION. Action par laquelle on imite. Imitation des grands hommes, imitation des vertus, imitation des vices. ={= IMITATION, fe dit aussi d’une chose qu’on ne sauroit imiter. ( Cet exemple est au-dessus de toute imitation. ) f IMM A , f. m. Espece de bol ou de terre rouge, dont se servent en Perse les Teinturiers ’& les Peintres. Les femmes Persanes en usent aussi pour relever leur beauté, comme on fait en France de carmin ou de rouge d’Espagne. IMMACULE', immaculée , adj. _ Mot qui vient du Latin immacuìatus , & qui veut dire pur, qui n’est IMM 255 point fouillé. II est consacré à la Vierge, & veut dire, pure. ( L’immaculée Conception. ) Les Thomistes ne font point du sentiment des Lentilles sur la Conception immaculée de la Vierge. Mel- chior Canus savant Dominiquain, dit que la question de.la Conception immaculée est du nombre de celles qui ne peuvent ni avancer ni reculer les afaires de la foi Catholique ; (ju’il n’y a rien dans J’Ecriture qui, selon le sens littéral, prouve l’immaculée Conception. On en célébré cependant la fête le huitième de Décembre. IMMANCABLE, adj. [ Certus, fixw, statut us. ] Ce mot fe dit des choses & des personnes ; lorsqu’il est emploie pour les choses, il signifie qui ne manque point. ( Cela est immancable. C’est une afaire im- mancable. ) Mais lors-qu’il s’aplique aux personnes , il veut dire, qu’on ne manque point de trouver, & alors son usage n’est proprement que dans la conversation & dans le stile le plus simple. ( Ainsi on dit, je fuis immancable tous les matins à huit heures. ) IMMANCABLEMENT, adv. [ Certè.st Sans manquer, fans faute. ( Vous le trouverez à table imman- cablement. ) IMMANCABLEMENT, adv. [Haud dubièst Assurément. ( Je m’y trouverai immancablement. ) ‘ IMMANENT , ente, adj. f Immanent. J Terme de Logique. Les actions immanentes font distinguées des actions passagères. (II y a des opérations immanentes en Dieu. ) f IMMARCESSIBLE , adj. Terme Dogmatique peu usité, qui signifie, qui ne peut se flétrir, qui est in- corruptibile. * IMMATE RIALITE, adj. & f. m. Terme Dogmatique, qui se dit de ceux qui croient des substances immatérielles. ( Les Philosophes immatéria- lîstes, ou les immatérialistes. ) IMMATERIEL , elle , adj. [ Absque materìà. ] Qui est fans matière, qui est pur esprit. (Dieu est un être immatériel. ) IMMATRICULATION ,s f u « album rela - tio. ] L’action d’iinmatriculer. IMMATRICULE, f. f. [/« album relatiost Enregî- trement qu’on fait du nom de quelcun dans un regître public. (Cet Avocat a levé son immatricule. ) IMMATRICULER , v. a. [In album referre. J Ecrire & enrégiltrer sur la matricule. On l’a immatriculé. (Se faire immatriculer.) IMMEDIAT, immédiate , adj. [Proximus.J Qui vient immédiatement d’une personne. ( Pouvoir immédiat. ) IMME’DIATEMENT , adv. [ProximéJ Incontinent après, ou devant, de la personne même. ( Cela fait immédiatement. Cela vient immédiatement du Roi.) IMMEMORIAL , immémoriale , adj. [ Omni hominum memorià antìquior. J Ce dont de mémoire d’homme on ne se souvient pas. (Entre en postes, si on immémoriale. Patru, plaid. 3. Usage immémorial. P or t-Royal, lettre au Père Adam. De tems immémorial. {§ La possession immémoriale forme une prescription invincible , & tient lieu de titre. C’est une régie incontestable. Mais les Jurisconsultes ne conviennent pas du tems qui doit s’écouler pour rendre la pot session immémoriale. Les uns disent, que tout ce qui est audessus de quarante ans, est regardé comme immémorial. Les autres soutiennent qu’il faut une pof. session de cent ans, pour la rendre immémoriale. Du Moulin, sur la Coutume de Paris, §. 12. nomb. 14. Duaren, fur les livres des fiefs, & Mr. Cujas en fa Consultation, art. 14. semblent exiger le nombre de cent années pour aquerir la prescription immémoriale : mais comme il est dificile de trouver des personnes qui puissent parler certainement de ce qui s’est passé dans l’espace de cent ans , je croirois que les prescriptions de"dix, de vingt, & de quarante ans, doivent être comptées scrupuleusement, & de moment en moment: mais ce qui excède quarante ans, ou du moins qui paroît excéder le souvenir d’une personne, doit passer pour un tems immémorial , & l’on n’est point obligé de prouver positivement une possession continué de cent ans ; il fusit qu’on puisse la présumer , & qu’elle soit autorisée par une tradition générale. IMMENSE, adj. [ Infini t us. ] II vient du La- Tom. IL Gg 2 tin 2)6 IMM tin immensus. Qui est d’une grandeur démesurée, (Pouvoir immense. Grandeur immense. Esprit im- ch IMMENSE, signifie auffi très-grand.Des fraix im- metSes rkheslsimmenses, ckst-à-ffire, de grands fraix, de grandes richesses. On dit auffi une ambition immense, des délits immenses, c est-a-dire, une ambition démesurée, des désirs demesurez. IMMENSITE', s f í Immensité. ] Attribut par lequel Dieu est présent en tous lieux. (Dieu estpre- tnnc líptìv nar son immensité. Je n’oser ois parler de ton immensité , Tant d’éclat , tant de Majesté Aveuglent rbumaine foiblest'e. (L’Abé Têtu, stances chrét. ) f IMMENSITE', se dit auffi de l’esprit, du cœur & des siences. ( L’immensité de nos désirs, l’immensi- té des siences. ) IMMERSIF, ive, adj. [Immersivus, immergent.] Ce qui se plonge dans Peau. L’or se prouve par la calcination immersive qu’on en fait dans de Peau forte. IMMERSION , s s [Immerfio.] Ce mot vient du Latin, & signifie faction par laquelle on plonge dans Peau , ou dans quelque autre liqueur. C’est aussi un terme de Pharmacie , & d’ Astronomie. IMMEUBLES ,s m. [ Resnon moventes. J Biens qui ne se peuvent transporter. ( Saisir les meubles & les immeubles. ) IMMINENT , adj. [ Imminent. J II vient du Latin , & signifie qui est prêt à tomber. Péril imminent ; on dit par corruption : Péril éminent. S’IMMISCER , V. r. [ Se immiscere. ] Terme de Pratique. Se mêler de l’administration de quelques afaires. ( II s’est immiscé dans la succession. Académie Fr. ) IMMISE'RICORDIEUX , euse, adj. [Immise- ricort. J Qui est fans compassion & fans miséricorde. Ce mot est nouveau , & n’est point dans PAcadémie. (Dieujugera les immiséricordieux, sans miséricorde.) IMMIXTION, J. f. ( C Immixtio. ] Terme de Droit. Adition d’hérédité, ou maniment des éfets de Phérédité. L’immixtion feule ne sufit point pour être déclaré héritier pur & simple. IMMOBILE , adj. s Immobilis, immotus. ] Qui ne se peut remuer. (II est immobile comme une statué. * Tout le camp immobile l’écoute avecfraïeur. Racine, Iphig. a. Elle demeure immobile. Scar. Fêtes immobiles. ) IMMOBILIAIRE , adj. [Immobilis.] Qui consiste en immeubles. (La succession immobiliaire apartient aux plus proches parens du côté dont les immeubles font venus. ) ( IMMOBILITE', f.s. t Firmitas, fiabilité. J Qualité de ce qui est immobile. (L’immobilité de la terre est contestée. ) * IMMOBILITE' d’esprit. [ Animistabilisas. ] t IMMODE'RATION % f f [ Immoderatio. 3 Vice contraire à la modération. * Le mot d’immodéra- tion n’est pas encore reqû. IMMODE'RE ', immodérée, adj. [Immoderatus.] Qui n’est point modéré. ( Esprit immodéré. ) IMMODE'RE'MENT , adv. [ Immoderatê.] Sans modération. IMMODESTE , adj. [ Immodestus, ìncomposltm.] Qui n’a point de modestie. (II est immodeste. Elle est immodeste. ( IMMODESTEMENT , adv. [ Indecenter .] Sans modestie. IMMODESTIE ,s. f. f Indecorè se gerent. 3 Choses contre la modestie. (Je ne puis soufrir les immodesties de cette piéce. Mol. Critique de Vécole des femmes , sc. 6. ) 2 J . EMULATEUR ,s.m. [Immolator J ( immole en sacrifice. Ce mot n’est pas fort < sacrifiée. Bossuet, Dofhine de fEglijé?) 01 ™* IMM IMMOLER , v. a. [ Immolare. J Sacrifier. (Immoler des animaux aux idoles. * On Pimmole à ma haine , & non pas à P Etat. Racine, Andromaque, a. 4. Immoler quelcun à fa douleur. Patru, plaid. 9. f Parentare. ] * s’iMMOLER à la risée publique. [Omnibus ejse ri- diculo. ] C’est s’exposcr sottement & malheureusement à être moqué & siflé de tout le monde. ( Vaug. rem. ) $ * S’IMMOLER pour la patrie. C’est exposer sa vie pour le bien de la patrie. S’immeler pour quelcun, c’est exposer sa fortune pour son service, se mettre en quelque danger pour lui. IMMONDE, adj. [Immundus.] Ce mot veut dire, sale, vilain , & ne se dit ordinairement que du diable qu’on apelle esprit immonde. ( Venfer y perd set droits , fi le diable en gronde , On n’aura qtia lui dire, alez esprit immonde, Retirez-vous. Poète anonyme. ) (§ Ce mot signifie encore impur. On dit (selon le P. Bouhours ) des animaux immondes, & des viandes immondes, en parlant des animaux & des viandes dont l’usage étoit défendu aux Juifs. On dit auffi une femme immonde, pour exprimer l’impureté légale que les femmes de l’ancienne Loi contractoient à leurs couches ; & qui diroit, des animaux impurs , une femme impure, ne parleroit pas correctement. IMMONDICE, f. f. [ Purgamenta, sordes. 3 Ordure. ( On avoir jette cette immondice fur la Dame. La Fontaine, contes. ) IMMONDICES. [ Stercus canis. J Terme de Chas. seur. Ce font les excrémens des chiens. IMMORTALISER, v. a. [Immortalitati con- secrare. 3 Donner Pimmortalité. Eterniser. ( Immortaliser sa mémoire. S’immortaliser par ses écrits. ) IMMORTALITE', _s. f. f Immortalisas .J Eternité. Perpétuité. Qualité qui rend immortel & qui fait qu’on ne meurt pas dans le souvenir des hommes. ( Travailler pour Pimmortalité. Aler à Pimmortalité. Jouir de Pimmortalité. Et ton nom du midi jusqu’à f ourse vanté , Ne devra qu’à leurs vers son immortalité. Despr. ) ($ Les Poètes disposent de Pimmortalité comme il leur p lait, s’il faut les en croire. Malherbe entêté de son mérite, ne dit-il pas dans son Ode à la Reine Marie de Médicis : Mais fart d’en faire des couronnes , N’est pas fçù de toutes personnes , Et trois ou quatre seulement , Au nombre desquels je me range , Peuvent donner une louange Qui demeure éternellement. Et dans son Ode au Roi Henri IV. sur son volage de Sedan : Ta louange dans mes vers D’amarante couronnée , N’aura fa fin terminée Qtsen celle de f univers. Volez les observations de Mr. Ménage fur les œuvres de Malherbe ; vous y trouverez une infinité de semblables vanteries. IMMORTEL , immortelle, adj. [ Immortalis. J Qui jouit de Pimmortalité. Qui vivra toújours dans le souvenir des hommes. ( Gloire immortelle. Souvenir immortel. Quand f aveugle destin auroitsaìt une loi. Pour me faire vivre sans cesse , fy renoncerois par tendresse , Si mes amis n’étoient immortels comme moi. Mademoiselle de Scudery ) t * IMMORTEL, adj. II se dit des choses qu’on suposc devoir être de longue durée. ( Un procez immortel, une haine immortelle.) IMMORTELLE, f. s. [ Elichryfum.] Fleur blanche, jaune, ou gris de lin en forme de tiges à feuilles ve- luès par dessous. (Une belle immortelle.) , IMMORTELS , f m. f Dii immortales. ] Mot Poétique, pour dire, les Dieux. ( Comme les immortels vous aurez des autels. Racine. ) t IMMORTIFIGATION t f f [ Nimia info indul- IMP bidulgentia. ] Etat de la personne qui n’est pas mortifiée. IMMORTIFIE', immortifiée , adj . [ Sibì minium ìn- dulgens. 3 Ce mot se dit en matière de dévotion , 6 c veut dire, qui n’est pas mortifié. (Esprit immorti- fié. Actions immortifiées. ) Le P. Bouhours dit í qu’immortifié est un mot de la façon de Mrs. dePort- Roïal. IMMUABLE, adj. [hnmutabi!is.~] Qui ne change point. La justice de Dieu est immuable. Tous les oracles du Seigneur font infaillibles & immuables dans la succession de tous les siécles. Port-Royal, Pseaumes. C’est une Loi immuable de la nature , que celui qui a donné la vie à un autre, la lui doit conserver. Le M dit, PI. 5.) IMMUABLEMENT, adv. [ Immutabilîter. J D’une maniéré immuable. ( Jésus-Christ à donné une nouvelle forme au mariage, en réduisant cette sainte Société à deux personnes immuablement & indissolublement unies. Bojfuet, DoHrine de l’Eglise, cb. 9. IMMUNITE', f s- [ Immunité. 3 Exemption. (Imminuté Eclésiastique. Les Princes acordérent autrefois aux Eclésiastîques toutes fortes d’immunitez, en les exemtant de tous impôts ; mais alors les Eclé- fiastiques n’étoient pas si riches qu’ils font, & don- noient tout aux pauvres. Fra-Paolo , des Bénéfices , à 5. ) L’immunité est un privilège ataché ou à la personne, ou à la dignité dont on est revêtu ; elle est souvent à charge au public ; elle cause de la jalousie & du trouble, & c’est par cette raison que Hobbes dans son traité de Cive cb. 13. k. io. a remarqué que l’exemption des impositions publiques cause souvent du trouble dans les Etats, dont les charges bien partagées se suportent plus aisément que lorsqu’il y en a d’exempts; & cette inégalité (dit-il) est plus difi- cile à soufrir que le tribut même. Pour régler cette égalité, le même Auteur observe, qu’elle ne consiste pas à païer des sommes égales , mais à porter également les charges imposées pour le bien de l’Etat, par une juste proportion des charges & des avantages dont on jouit ; car (dit-il) quoique tous jouissent également de la paix , les avantages que l’on en retire , ne font pas égaux, les uns aquerant plus de biens, & les autres moins. Au reste , le jurisconsulte Paul a donné la définition de l’immunité, dans la Loi 18. jf de verbor. signifie. C’est (dit-il) un afranchissement, & une exemption des charges publiques, que le Prince acorde à une personne , ou à une Communauté. L’Eglise a de grandes immunités, dont la plus grande partie ont de légitimes fondemens. Mais il y en a qui font abusives par la tolérance, & par le respect que l’on a pour tout ce qui peut concerner la Religion & ses Ministres. La matière des immunité? écle- siastiques est fort ample ; je remarquerai feulement, que les biens particuliers d’un Eclésiastique ne jouissent d’aucune immunité, & qu’il doit, comme propriétaire, contribuer aux charges publiques. IMMUTABILITE', s. s. [ Immutabilité. 3 Ce mot se dit en parlant de Dieu. Qualité ou attribut par lequel il est immuable, ( La terre par sa fermeté ■ En dépeint à nos yeux l'immutabilité. Godeau, 2. part. églogue 2. ) IMPAIR, impaire, adj. [ Impar. 3 Terme d ’Arit- tnétique. II se dit des nombres, & signifie qui ne se peut diviser en deux parties égales fans fraction. (Nombre impair, comme trois, cinq, ou sept, &c.) Voyez Nombre. IMPALPABLE , adj. [ Quod manu tangi non potes. 3 Qui est si menu qu’on ne le peut toucher ni manier avec les mains. ( Poudre impalpable, Abl. ) IMPANATION , s f [ lmpanatio. 3 Ce mot se dit en parlant de la Religion des Lutériens qui croient qu’après la consécration, le pain demeure & ne se change point, & que le Corps de Jésus-Christ est dans le pain. ( Les Lutériens croient l’impanation du vrai corps de Jésus-Christ. Maucroix, schisme , /. 2. page 347. ) £ On apelle Impanateurs , ceux qui admettent l’impanation. IMP ANE', adj. [ Impanatus. ] Terme de Religion des Lutériens, qui veut dire, qui est dans le pain. ( Jésus-Christ est impané. ) IMP 237 t IMPARDONNABLE, adj. s Non condonan - dus , nullà veniâ dignus. 3 Ce mot n’est pas encore reqû, & signifie qu’on ne peut pardonner. Qui n’est pas digne de pardon. ( Faute impardonnable. Outrage impardonnable. Ségrais, TraduHìon de l’Eneide.) ê L’Academie admet impardonnable. (f Le P. Bouhours condanne hautement dans ses doutes , pag. <50. le mot impardonnable , comme étant un mot nouveau, qui doit être marqué en caractère italique. Mr. Ménage qui le fuit pas à pas, & ne lui pardonne rien, soûtient dans ses Qbserv. tome 2. cb. 33. que les mots nouveaux ne doivent point être marquez d’un caractère qui les distingue des autres. N’est- ce pas là un sujet de querelle digne de ces deux Grammairiens? IMPARFAIT, s m. [ImperfeHum .3 Terme de Grammaire. Le second tems de ('indicatif d’un verbe. ( Conjuguer l’imparfait. ) IMPARFAIT imparfaite, adj. [ Imperfeflus, non absolutus. 3 Qui n’est pas achevé. Qui est un peu imparfait. A qui il manque quelque chose pour être dans son entière perfection. Ouvrage imparfait. Abl. ) IMPARFAIT. [ Vitiosus. 3 Qui a des défauts & des imperfections. ( C’est un homme vicieux qui est fort imparfait. ) IMPARFAIT. [ Cui ilees aliquid. 3 Terme de Relieur & àe Libraire. Livre où il manque quelque feuille. ( On ne vend point de Livres imparfaits, ou du moins on n’en doit point vendre. ) IMPARFAITEMENT , adv. [ Non perse fié, non abso- lutè. 3 D’une ■ maniéré imparfaite. ( Ce qui paroit dans le monde, est fait imparfaitement au prix de ce bâtiment. Voit. Poês ) í IMPARTIAL , adj. Qui est désintéressé qui ne prend point parti. ( Ecrivain impartial. Juge impartial. ) _ f IMPARTIALITE',/ f. Desinteressement. (L’impar- tialité est rare chez les Auteurs. ) IMPASSIBILITE', s f. [Dolorum immunité .3 Qualité de ce qui est impassible. ( L’impassibilité est propre aux Anges & aux corps glorieux. ) IMPASSIBLE , adj. [ ImpaJJìbilií, nuïïi dolori ob- noxiut. 3 Mot Latin. Qui ne peut souffrir de douleur ni de changement. (Dieu est impassible. Je n’aimerai rien de ce qui est sujet à la fièvre, & je ne donnerai mon cœur qu’à des beautez impassibles & immortelles. Cojì. lett. t. 2. Les corps glorieux seront impassibles. ) IMPASTATION , s f Ouvrage de Maçonnerie fait de pierre broïée, rejointe en maniéré de pâte. On croit que les obélisques des anciens étoient de cette forte. IMPATIENCE,/ / [ Impatientia. 3 Vice contraire à la patience. Ardeur bouillante & précipitée de faire quelque chose. (Brûler d’impatience. Faug. Quint. I. 11 est dans une impatience éfroïable. ÎMPATIENMENT , adv. [Impatienter,iniquo animo .2 Avec impatience. Soufrir une chose impatienment. Abl. Néron soufrit impatienment la mort de Narcisse. Racine, prés. de Britannicus. ) IMPATIENT, impatiente, adj. [ Impatiens. 3 Qui n’a point de patience. Qui ne peut soufrir rien qui le fâche. Le mot d 'impatient n’a ordinairement point de régime. (II est impatient. La jeunesse est impatiente. ) J’ai admiré dans ma jeunesse ces quatre premiers vers du Cinna de Mr. de Corneille : Impatiens désrs d’une illusre vengeance ; Dont la mort de mon pere a formé la naissance , Enfans impétueux de mon ressentiment. Que ma douleur séduite embrasse aveuglément. ’ II faut convenir qu’ils font brillans , & qu’ils séduisent d’abord : mais on s’aperqoit, quand ce prémier éclat est un peu diminué, que impatiens désirs ne s’a- corde pas avec enfans impétueux, & qu’il est nouveau d’apeller des defirs, des enfans de son ressentiment : mais malgré tout cela, on ne peut s’empêcher de les lire avec plaisir. IMPATIENTER, v. a. [ Patientiam abrumpere. 3 Faire perdre la patience. ( Si un verre cassé vous impatiente, votre repos en dépendoit. Nicole, ejsak de morale, t. 1. ) S’iMPATIENTER , v. r. [ Aégrè ac iniquo anima ferre. 3 N’avoir point de patience. Etre dans l’im- Gg j patience 2Z8 IMP patience à cause qu’on tarde trop a faire quelque chose. C’est un homme qui -'impatiente furieusement. ) f * S’IMPATRONISER, v. s. . lOccupare. s] S’établir. L’un avec prudence au Ciel s impatronile. Reg.sat. 14. S’impatroniser en un lieu. Scaron. Certes , c’est une chose aujjì qui scandalise , De voir qtiun inconnu céans -'impatronile. Mol. tart. a. 1. sc. 1. ) IMPECCABILITE', f f. [ Peccandi immunisas. ] Etat de celui qui ne peut pécher. ( L’impeccabilité n’est propre qu’aux bienheureux. ) H IMPECCABLE, adj. Qui est incapable de pécher. ( Dieu seul est impeccable. II n’y a point d’homme impeccable. ) 4 IMPECCABLE , signifie aussi incapable de saillir, de se tromper. ( Nous ne sommes pas impeccables. Vous avez du vous tromper, vous n’étés pas plus impeccable qu’un autre. ) t IMPECUNIEUX , Impécunieuse, adj. [ Mini- rnè pécuniosus. ] Ce mot veut dire, qui n’a point d’ar- gent; mais il n’est pas reqû, non plus qu ’impécunio- sité , quoique selon Danet ces deux mots se trouvent dans les Essais de morale. IMPENETRABILITE 7 , //., [ Impénétrabilité. J Terme de Philosophie. Qualité qui rend impénétrable. ( On demande si ^impénétrabilité est de l’cssence de la matière. ) IMPE'NE'TRABLE , adj. [ Impenetrabilis. ] Qui ne peut être pénétré. (Corps impénétrable. L'atome est un petit corps simple, indivisible, dur, solide, incorruptible & impénétrable. Voyez Gassendi, Lucrèce.') * Secret impénétrable, Godeau. s Secretum inscruta- bile . ] C’est-à-dire, qu’on ne peut découvrir. C’est un jiomme impénétrable. [ TefliJJìmití. ] IMPE’NE’TRABLEMENT, adv. [ Impenetrabilem i» modum. J D’une maniéré impénétrable. IMP E'NITENCE , s /. [ Obsiinatio peccandi nec panitendi voluntas. J Vice contraire à la pénitence. Dureté de cœur qui fait qu’on n’a nul regret de ses fautes. ( Cette miséricordieuse conduite ne toucha point leur impénitence. Maucroix, schisme, l. 2. L’im- pénitence des pécheurs a été punie. Boffuet, bis. univ. 1. p. Par votre dureté & par l’impénitence de votre cœur vous amassez un trésor de colère pour le Jugement de Dieu. Port-Royal, S. Paul, épitre aux Ro- ttiarns, ch. 1. ) IMPENITENT, impénitente, adj. s In peccato obfir- matrn. ] Qui n’est point pénitent. Qui ne se répent point de ses péchez. (Ville impénitente. Port-Royal, Houveau Tesament. C’est un relaps impénitent. ) ÍMPENSE , f /. [ Impensa. J Terme de Palais. Dépense ou frais qu’on a fait pour améliorer un héritage. Os Le terme impense n’est plus usité que dans le Palais, où l’on parle souvent des impenses U mélio- rations faites dans un héritage par un mari, ou par un usufruitier. Le terme Latin impense à plusieurs significations. Par exemple, dans cette épigramme de Martial, on explique diféremment le mot impense : Turba gravis paci , placidaque inimica quieti , Qu/e semper miseras soìlicitabat opes , Tradita efl Gœtulis, nec cepit arena nocenter , Et delator habet quod dabat exilium. Exulat rlusoniâ prosugus delator ab urbe ; Impensis vìtam principis annumeres. De spectaculis, epigr. 4. Le Poète loue l’Empereur Domitien d’avoir chassé d Rome les adulateurs & les délateurs, gens ennem de la paix & du repos, qui tâchent de devenir r ches par des voies criminelles. Nous ne voïons pli (dit-il) ces scélérats ; & le délateur est à présent pi m de cet exil auquel il a fait condamner tant d’ir nocens. Nous vivons en sûreté de notre vie : Impenjìs vìtam Principis annumeres. innïsf#vF’° m .i* nS ’, V0US devez mettre la vie dont vot rédewbles à n i S ’Empereur de ou bÌe > n R ÌtS ^ pereur , & à son Làn °pourla sûre té'pubh que que les Romains font rédevables de a vie Ouar aux impenses ou améliorations n,,! ’™ lu tad don, 0» n’est p», p.oprié.â” "l’on n IMP égard à celles qui ont été nécessaires, dont on peut demander le remboursement. Le Jurisconsulte Paul nous aprend à connoitre les impenses nécessaires , dans la loi 79. ff. de verb. Jìgnif. Les impenses nécessaires , ( dit-il ) sont celles qui ont empêché la ruine de la chose, ou le dépérissement : & les impenses utiles, sont celles qui rendent la chose plus précieuse , & d’un plus grand prix, ou qui préviennent la perte en tout ou en partie de la chose améliorée. Un autre Jurisconsulte explique plus en détail dans la loi 19. ff. depetìt. hœredit. des impenses qui ne sont que pour l’embélissement, la commodité , & pour me servir de ses termes, qui sont purement voluptueuses ; & il forme cette question , si les peintures, le marbre, & les autres choses de cette nature, qui n’étoient point nécessaires, peuvent passer pour une amélioration dont celui qui l’a faite peut en demander le remboursement; & sa réponse est, que la décision dépend de la qualité du possesseur de la chose ; car s’il a cru de bonne foi en être le maître , il est juste de le dédommager : mais au contraire, un possesseur de mauvaise foi est entièrement fans action pour le remboursement de semblables impenses , parce qu’il n’a pas dû s’y engager. _ Cette décision est fondée fur plusieurs loix , & particulièrement fur la il- ff- de petit, haredit. qui décident, que le E ossesseur de bonne foi peut demander son rem- ourscment de toutes les impenses qu’il a faites : Omni modo impensa deducat. Cette question arrive souvent dans la restitution d’un fond dotal, où le mari s’est engagé dans des dépenses qui servent plutôt à orner le fond qu’à le rendre plus utile: L s’il faut croire le docteur Cornés sor les loix de fa patrie , le possesseur de bonne foi peut demander le remboursement de toutes les impenses qu’il a faites ; & si on le lui refuse, il veut que le possesseur les enleve, où qu’il lui soit permis de les éfacer, & de les détruire , pourvû qu’il le fasse fans causer un préjudice notable au fond. Ce sentiment parole trés- rigoureux ; car tout possesseur de bonne foi pouvant repeter les impenses qu’il a faites, il doit demander le prix de celles qu’il ne peut pas enlever ; & s’il est de mauvaise foi, il n’a rien à prétendre , si ce n’est lors que la dépense qu’il a faite , paroît si excessive qu’on ne peut sans trop de dureté le priver entièrement de tout son remboursement. IMPERATIF , s m. [ Modus imperativus. ] Terme de Grammaire. Un des modes du verbe , & celui dont on se sert lorsque l’on commande. ( Mode impératif. f IMPE'RATIF, signifie aussi , impérieux, dans le stile familier. (Prendre le ton impératif, parler d’un air impératif. ) Je prétens d'Euphrosine être le seul captif , Moi je veux abaisser ce ton impératif. Bours. Esope. ) f Disposition impérative. C’est en termes de Pratique, une disposition qui ordonne absolument de faire quelque choie. IMPE'RATOIRE ,/»i.[ Imperatoria. ] Plante ainsi apellée à cause de ses grandes vertus. Sa racine est propre à guérir l’apoplexie, la paralisie, la fièvre quarte, &c. IMPERATRICE , s /. [ Imperatrix. ] C’est la Princesse qui est, ou qui a été femme d’Empe- reur. ( Une grande , vertueuse , courageuse Impératrice. IMPERCEPTIBLE , adj. [ Sensum sugiens. I Qu’on n’aperqoit point. Qu’on ne voit point, ou presque point. ( Chose imperceptible. Atome imperceptible. ) IMPERCEPTIBLEMENT , adv. [ Sensim , sinesen- su.) D’une manière imperceptible. Insensiblement. Peu à peu. ( Cela arrive , cela se fait imperceptiblement. Nous vieillissons imperceptiblement. L’homme périt en détail imperceptiblement. Det- houl. ) IMPERFECTION , s s [ Defefíut. ] Défaut qui est contraire à la perfection. ( C’est une grande imperfection. ) IMPERFECTION. [ Folia deficientia. ] Terme d ’Imprimeur & de Libraire. Ce sont toutes les feuilles IMP les qui manquent à un livre imprimé , & 'toutes les feuilles qu’il y a de trop dans quelque livre . ( Je lui demande des livres entiers , & il nfenvoie des imperfections. t IMPERFOR ATION, / / Terme de Chirurgie, qui signifie, défaut d’ouverture dans les conduits naturels. L’imperibration de l’uretre. IMPE'RIAL, Impériale, adj. [ Imperatorius. j Qui est d’Empereur. Qui apartient à l’Empereur. Armée Impériale. Voit. I. 7. Autorité Impériale. Ablanc. Couronne Impériale. ) f On apelle Villes Impériales , les villes libres d’Alemagne, qui composent le troisième colége de l’Empire. * Prune impériale. [ Prunum Perjìcum. ] C’est une espece de prunes des plus grosses & de figure oblongue. IMPERIALE ,/ f. [ Lilium Perjìcum. ] Fleur rouge ou jaune, qui tient de la tulipe, qui fe forme comme une couronne, qui fleurit au commencement d’Avril, & dure presque tout le mois d’Avril. ( Une belle impériale. ) IMPERIALE. Jeu de cartes, où l’on donne douze cartes, & quatre Rois, ou Dames, ou valets, ou as, font une impériale , de même que carte blanche, ou les quatre prémiéres cartes de chaque couleur. IMPE RIALE ■, f. f. [ Fajligium rheda. J Le des sus du carosse. ( Le carosse a versé & l’impériale a été toute fracassée. ) IMPE RIALE. [ Culmen. ] Terme d’Arcbiteflure. Espèce de dôme, ou de couverture dont le dos est en pointe, & qui en s’elargiíìant par en bas représente la figure de deux S, qui se joignent en haut & s’éloignent en bas. Félibien. f IMPE'RIALE. On nomme serge Impériale, une sorte de serge, qui se fabrique particulièrement dans le Bas Languedoc. Les serges Impériales s’apellent aussi sempiternes & perpetuanes. f IMPE'RIALE. Monoïe d’or du poids de quatre deniers quatre grains , & au titre de vingt trois carats trois quarts. L’Imperiale se fabriquoit autrefois en Flandres. IMPERIAUX , f m. [ Cafarumi milites. ] Armée Impériale. Troupes de l’Empereur. ( Les Impériaux ont été batus. Les Impériaux font forts, & nous pouroient bien batre à leur tour. Les Impériaux ont fait le siège de Lille & l’ont prise. ) IMPETUEUSEMENT, adv. s Superbe, ferociùs.} Fierement. Avec orgueil. Avec empire. (II en use impérieusement. ) IMPE RIEUX , impérieuse , adj. s hnperìosm. ] Arrogant. Fier. ( Humeur impérieuse. Esprit fier & impérieux. Ton impérieux. ) | IMPERISSABLE, adj. Qui ne peut périr. On le dit des Ouvrages d’efprit. ( Ce livre donnera à son nom une vie, une gloire impérissable. IMPERITIE , s. s. [Imperìtia .] Terme qui n’est reqû qu’en Justice. Pour marquer l’ignorance de la profession qu’on exerce. (Ce Chirurgien a été condan- né à des dommages & intérêts pour avoir estropié un homme par son impéritie. Tanet. ) IMPERSONNEL, impersonnelle, adj. [Personis caréns. J Terme de Grammaire. II se dit des verbes, & veut dire, qui est conjugué seulement par la troisième personne. ( Un verbe impersonnel. ) IMPERSONNELLEMENT , adv. [ Absque personis. ] Terme de Grammaire. D’une maniéré impersonnelle. (Verbe pris impersonnellement. IMPER TIN E M MEN T , adv. £ Absurde, inepte, insul- sè. ] Avec impertinence. Avec extravagance. ( Parler, ou répondre impertinemment. ) IMPERTINENCE, f f s Insulsttai, ineptie. ] Extravagance. Sotife. Folie. ( Une haute impertinence. . Faire une grande impertinence. ) IMPERTINENT , impertinente, adj. f Absurdus, insul- Jití, ineptm.} Ce mot fe dit des personnes & de leurs actions, & veut dire. Sot. Qui n’ejí passage. Discours impertinent. Conduite impertinente. Esprit impertinent. Jeune homme impertinent. Un impertinent est un fat outré, il rebute, il aigrit & irrite ceux qui lui parlent. La Bruyere. ) & Théophraste met au rang des impertinens, les grands parieurs, qui fatiguoient même les personnes IMP 239 inconnues par leurs longs discours. „ Un homme „ (dit-il) qui veut parler, se trouvant assis proche ,, d’une personne qu’il n’a jamais vûë & qu’il ne con- „ noît point, entre d’abord en matière, l’entretient „ de fa femme, lui fait un long détail d’un repas où „ il s’est trouvé, fans oublier la moindre circonstan- ,, ce : il s’échaufe, ensuite il déclame contre le tems ,, présent, & de là il fe jette fur une infinité de cho- ,, ses qui n’intéreffent point cet inconnu, &c. ” Notre siécle n’est pas moins rempli de ces sortes d’im- pertinens & de fâcheux, que celui de Théophraste. t IMPERTINENT , en termes de Pratique , signifie qui n’a rien de commun avec la chose dont il s’agit. ( Ce fait, cet article est impertinent. ) IMPERTURBABILITE',//. [Status perturbation nïnon ohnoxìm.} Etat de Faine tranquille & fans émotion. ( Clément vouloir élever les parfaits julqu’à l’apathie, c’est-à-dire, à l’imperturbabilité. Bojjuet. ) IMPERTURBABLE , adj. s Perturbations minimi obnoxìus. ] Tranquille, qui n’est point étnû. (Ce Philosophe dans la dispute est imperturbable. ) IMPETRABLE, adj. [Impetrabilis. ] Qui se peut impétrer, obtenir. ( Abolition impétrable. Bénéfice impétrable. Sa charge a été déclarée impétrable. ) IMPE TRANT , f. m. [ Qui impetravit. J Terme de Palais. Celui qui a obtenu, à qui on a acordé ce qu’il demandoit. IMPE'TRATION, / f. [ Impetratio. ] Terme de Palais. 11 se dit quand on obtient ce qu’on souhaite. On dit impétration d’un Bénéfice. IMPE'TRER , v. a. s Impetrare. ] Terme qui est d’ordinaire de Palais. Obtenir. Avoir à force de prières, de félicitations & d’importunitez. II a impétflé ce qu’il demandoit. ( Impétrer un Bénéfice en Cour de Rome. ) (§ IMPE'TRER. C’est proprement demander une grâce au Roi, ou au Pape. Impétrer un bénetìce ; impétrer des Lettres de grâce ou de rémission. La principale circonstance que l’on doit observer dans la demande , c’est, à l’égard des Lettres de grâce, qu’el- le soit conforme aux charges & informations , & à l’égard des Rescrits du Pape. c’est d’exprimer dans la Suplique tous les bénéfices, même les Prébendes dont on est en possession; autrement, la grâce est nulle, comme étant fubreptice & obreptice : ce qui emporte un dol, dont le vice anulle la grâce. IMPETUEUSEMENT ,adv. [Magno impetu .] Avec impétuosité. (Agir impétueusement. * Pousser impétueusement son cheval. ) IMPE TUEUX , impétueuse , adj. [ Vìolentus , ve- bemens. ] Violent. Ardent. Plein d’impétuosité. ( Fleuve impétueux. Vaug. Quint. I. %. Vent impétueux. Vaug. Quint. I. 4. * Esprit impétueux. Jeunesse impétueuse.) IMPE'TUOSITE', / f. [Impetus, violentia.'] Efort. Mouvement violent. Violence. ( Ils ont une impétuosité brutale. Abl. Tac. ann. I. 2. Torrent qui roule avec impétuosité, * Parler avec impétuosité. * Une grande impétuosité d’esprit. ) IMPIE , adj. s Impius. ] Qui a de l’impiété. (Homme impie. Femme impie. Action impie. ) ê IMPIE, est aussi, subst. (Un impie tremble à l’aproche de la mort. Les impies ont tout à craindre dans l’autre vie. La fin des impies est terrible. ) IMPIETE', s. s. [Impietais] C’est le contraire de la piété. Défaut de crainte de Dieu. (Ce font des gens qui vivent dans l’impiété. Contre les gens dévots veut-on fe maintenir , Empêcher qu’à leurs biens ils ne joignent les nôtres , C’est une impiété qu’on ne peut trop punir. Deshoul. ) ^ Faire des impìétez , dire des impiétez. C’est faire des actions impies, tenir des discours impies. t IMPITEUX , impiteuse , adj. [ Immisericors , sttvus. ] Qui n’a point de pitié. ( L’impiteusc main du bourreau. Théo. Pois. Impiteuse canicule. S. Amant. ) IMPITOYABLE , adj. [Inclemens , nihi ! miferans. J Qui n’a point de pitié. (Vertu impitoïable. Voit. I. 22. 11 est impitoïable. Elle est impitoïable. ) IMPITOYABLEMENT, adv. s Inclementer, inhuma - né, dure.} Sans pitié. (II l’a traité impitolablemeht.)- IM- 240 IMP IMPLACABLE, «* [ imfhcMÌU ) Qji « peut être apaisé. Une haine implacaple Deítin implacable. Abl. Fui dì Auguste irrité 1’implacable colère. Corn. ) Est-il irrévocable Que la rage implacable A cable Une ame inébranlable? Cadmus. a. t. sc. 2. I Ç. IMPLACABLEMENT , adv. [ Implacabiliter. ] Sans mïlèricorde. Danet. IMPLANTATION,//, [Implantas». ] Elle se fait en mettant des plantes avec les racines dans une terre préparée pour cela, & arrosée des lavures d’une partie malade. Alors on croit que ce mal passera dans les plantes. Si avant que la guérison soit parfaite, les plantes viennent à mourir par la mauvaise qualité qu’elles ont contractée, il faut en planter d’autres dans la même terre, ou dans une autre semblable. IMPLICATION,// s Implìcatio.] Terme de Palais. Engagement dans une afaire. ( On croît qu’il y a quelque implication, quelque complicité à Regard de ces causes. ) IMPLICITE. [ Fides ìmplicita. J C’est un terme de Théologie. Foi implicite. C’est une foi obscure, confuse, & qui ne peut être dévelopée par celui qui l’a. C’est la foi du charbonnier. IMPLICITE , adj. s Tacitut. J Terme de Palais. Une condition implicite ; c’est-à-dire, qui est com- Í irise tacitement & sous entendue , quoi-qu’elle ne bit pas exprimée. IMPLICITEMENT, adv. f Implicite. ] D’une maniéré implicite. Toute la doctrine Chrétienne est contenue explicitement ou implicitement dans le lim- bole. IMPLIQUE', adj. [Implicatret .] Engagé, compris. 11 s’eft trouvé impliqué dans la conspiration. IMPLIQUER , v. a. s Imp'icare. ] Ce mot se dit parmi les Philosophes , en parlant de choses qui se contredisent, & signifie enveloper. ( Cela implique contradiction, i f IMPLIQUER , lignifie aussi engager, embarrasser. ( On veut l’impliquer dans cette accusation. ) IMPLORATION,// - . [ Implora tin. ] Action par laquelle on implore. (I.es Juges Eclésiastiques ont souvent besoin de l’imploration du bras séculier. ( Ce mot «’ est pas dam l'Académie. IMPLORER , v. a. [ Implorare.] Demander humblement le secours qui peut aider. ( 11 faut implorer le secours de Dieu dans nos misères. ) IMPOLI. UmpolHm. ] AulTi-bien qu’ÏMPOLI- TF.SSE , font des mots nouveaux que l’Académie n’a point encore adoptez , & que l’usage cependant confirme (Vous êtes fort impoli.) IMPOLITESSE, / f. s Impo’itia , rusticitas, invenu- stst , murbanitas. ] L’impolitesse est une ignorance rustique des bien séances, & une grossièreté qui se met au dessus des régies & des égards de la vie civile. (La fiérte & les manières hautaines font les sources les plus naturelles de l’impolitesse Eelìeg. ) IMPORTANCE, f. f. [ Pondus , momentum. ] Valeur, mérite, considération. 11 se dit d’une chose qui importe, qui avantageuse, qui est considérable, qui est de conséquence. ( La chose est d’importan- ce. L’importance de l’afaire est. Faire l’homme d’im- portance. ) , IMPORTANMENT , adv. [ Maxime. ] D’une maniéré importante. (11 m’a servi importanment. ) II n’eft point dans l’Académie. IMPORTANT , importante, adj. [Magnus, gravis.] Qui est d’importance, qui est avantageux. Utile. (II . important de donner de l’horreur de vos opinions. Pafc. I. i 4 . c’ e st une matière importante à toute la morale. p a s c . /. 4 . C’est une chose impor- nnrtTn^ ^ marche comme un homme important. l. e Noble. IMPORTER, v. a. be est une H-"' ^ Interestë , referre. ] Ce ver- fie il faut - J e rf ver ^ e impersonnel, & il figni- L; poTiJ rr 0 ",? d ’"“- L, Chose lui àk°,,e )àm°e^ ^0.7:7°' IMP IMPORTUN , importune, adj. s Molestât, odìo- stus. J Qui cause de l’importunité. (.Homme importun. Femme importune. Chose importune. ) t IMrORTUNE'MCNT , adv. s Importuné , molesté.] D’une manière importune. ( Demander importuné- ment, ou avec importurité.) IMPORTUNER, ». a. I Mo’estum este, obrepere.] Causer de l’importunité. ( C’est un faquin de Gascon qui m’importune sans cesse. II importune le Roi & toute la Cour de ses médians vers. ) 0 Les Poètes se servent d 'importuner le ciel, pour, prier le Ciel avec beaucoup d’instance : Puis-je former des vceux , [f fans impiété Importuner le Ciel pour ta félicité ? Corn. Horace. IMPORTUNITE', / f. [Molesta importunitas.] Obstacle qu’on apporte au dessein d’autrui. Action de la personne qui importune. ( A force d’importunitez il a obtenu ce qu’il soubaitoit. ) IMPOSER , v. a. [ Imponere. ] Enjoindre. Donner. ( Imposer une pénitence. Pafc. I. 10 . Imposer silence. C’est un nom que les Apôtres ont imposé aux véritables serviteurs de Jesus-Christ. Maucroix, schisme , /. 2 . Imposer un fardeau. Danet .J IMPOSER. [ Faìsum crimen objieere. J Acuser à faux. ( 11 lui impose je ne sai quel attentat. Mau- crotx , fchif. I. 2 . ) IMPOSER- [ Insidias aurìbm facere. ] Tromper. En faire acroire. (II y a une certaine hipocrisie qui impose à tout le monde. Mémoires de Mr. le Duc de la Rochefoucaut. 11 ne l’auroit pas fait si vous ne lui aviez imposé & fait acroire que vous étiez Prophète. Abl. 11 m’a impose en cet endroit. ) 4= IMPOSER, signifie aulli inspirer du respect, faire impression sur quelcun. ( La présence d’un Général impose du respect aux soldats. Le discours de ce sage Magistrat imposa du respect aux séditieux, & réprima leur fureur. ) IMPOSER , ». s Tributum imperare. J Faire quelque imposition. Mettre quelque impôt. ( Imposer quelque somme sur les villes. ) f IMPOSER. Terme à’Imprimeur. C’est ranger les pages d une feuille, les mettre fur un marbre selon la situation où elles doivent être, pour être miles ensuite ious la presse. (Imposer un in quarto, imposer un in folio. ) IMPOSER les mains. [ Mantes imponere. ] Cérémonie qui se fait en donnant les Ordres. C’est pour cela que les meilleurs Théologiens croient que la seule imposition des mains est la matière essentielle des Sacremens de la Confirmation & de l’Ordre. Sainte Beuve. ) L’imposirion des mains étoit une cérémonie Judaïque qui étoit introduite , non par quelque Loi divine, mais par la Coûtume : toutes les fois que l’on prioît Dieu pour quelcun, on mettoic les mains fur fa tête en priant Dieu qu’il l’accompagnât. Jesus- Christ a suivi cette coûtume, soit qu’il fallût bénir desenfans, ou guérir des malades, enjoignant la prière à cette cérémonie. Les Apôtres de méme iniposoient les mains à ceux à qui ils conferoient le S. Esprit. Les Prêtres en ufoient ainsi lors qu’ilsin- troduisoient quelcun dans leur corps, & les Apôtres eux mêmes recevoient de nouveau l’impoíìtion des mains , lors qu’ils s’engagoient à quelque nouveau dessein. L’ancienne Eglise donnoit l’imi osition des mains à ceux qui se marioient. Les Abyssins le font encore. IMPOSITION , f. f. C Imposttio. ] Prononcez ini- posteion. Action par laquelle on impose. (/Imposition d’un nom. ) 0 IMPOSITION des mains. On peut dire que dès le commencement du monde l’on s’est servi de Pim- position des mains dans diférentes ocasions, & pour diférents sujets. Joseph aïant amené Ephraim & Ma- nassès ses deux fils pour recevoir la bénédiction de Jacob avant qu’il expirât, cet illustre vieillard étendit fa main droite, & la mit fur la tête d’Ephraim, quoiqu’il fût le plus jeune ; il mit ensuite sa main gauche sur la tête de Mariasses qui etoit Paine, & leur donna sa bénédiction , en changeant de cette maniéré Perdre de la nature, & donnant à Ephraim les avantages de la primogéniture. Le Seigneur aïant fait connoître à Moïse comment il devoir ordonner pour grands PrêtresAaron , & sesenfans, il lui dit, dans IMP dans l'exode, cb. 29. vers. 10. Vous amenerez le Veau devant le Tabernacle du témoignage, & Aaron & ses en kans mettront leurs mains fur la tête du veau, & le sacrifieront devant le Seigneur. On voit encore dans l'Ecriture, que le Seigneur dit un jour à Moïse, étant sur la montagne, de prendre Josué, en qui l’elprit ré- sidoit, & de mettre la main sur sa tête. Enfin les Apôtres , après voir reqû les dons du Saint Esprit imposèrent leurs mains fur Saul & fur Barnabé, lors qu’ils les envoïerent prêcher la Réligion naissante. Cet usage a subsisté parmi les Juifs jusques an tems de Léon de Modéne, qui dit que l’on apelloit Senti, ca , l’imposition des mains ; ensorte que de son tems, faire quelcun Docteur ou Ancien , & imposer les mains, étoient des termes sinonimes parmi eux. Les Grecs imitèrent les Juifs ; car lorsque les Athéniens vouloient élire leurs Magistrats, ils assembloient le Peuple à qui l’on proposoit des sujets pour lui demander son sufrage : & comme il étoit impossible de recueillir les voix séparément, on introduisit séléva- tion de la main , par laquelle chaque particulier mar- quoit son consentement, ou son refus : on apelle cette maniéré (sélection ytiçoTovic e, & dort Démosthe- ne & Ifocrate ont fait mention. Cet usage passa chez les Latins, dont Cicéron nous en fournit une preuve dans son Oraison pour Flaccus : Ne sunt expresta isttt praclara quœ recitantur pjìpbismata , non sententiis , neque autoritatìbus declarata, nec jurejurando constri- r IMPREGNER, v. «• [ Imbuere. ] iirerle luc ou quelque substance d’un autre corps par le moïen de l’humidité. ( L’eau ne se peut imprégner de sels que jusqu’à une certaine quantité. ) IMPRENABLE , adj. [ Inexpugnabtlis. ] Qu on ne peut prendre. ( Place imprenable. Vaug. Quint. I. Château imprenable. Le cœur de cette Dame est un fort imprenable. ) IMPRESCRIPTIBLE, adj. [_Usucapionimnobno- xìw. ] Terme de Palais. Qui ne se peut prescrire. Qui n’est point sujet à prescription. (Les servitudes font imprescriptibles. ) IMPRESSE, adj. [ Species imprejste. ] Qui ne se joint qu’avec le mot d’espéce, & qui veut dire : Qui fait impression sur les sens. (Ces espèces impret ses font des chimères. Voyez le P. Mallebr. ) IMPRESSION ,s f C Imprestìo, editio. ] Ce qui s’imprime fur la forme des lettres ancrées & pref- sées. Ouvrage d’imprimeur. ( Une impression belle & bien nette. Impression bien correcte. Faire une seconde impression d’un livre. On a fait près de 50. impressions d’Escobar, preuves du goût que le public a pour les mauvaises choses. Messieurs Anifron & Posuel de Lyon ont fait plusieurs éditions du livre de Sanchez fur le Mariage. Autre preuve de la même férité. IMPRESSION. Ce mot se dit en parlant de livres d’Eglisc. C’est une manière d’imprimer particulière, qui se fait avec de l’ancre commune , des gros caractères de léton , & une patte de léton & une brosse. On pose le caractère fur une feuille de papier, ensuite on le couvre de la patte qu’011 tient en la main gauche , & après avec la brosse qu’on mouille d’ancre, on frotte doucement fur le caractère, jusques à ce que la lettre soit nettement marquée. î IMPRESSION. C’est encore l’art d’imprimer des satins, des tafetas ou des toiles de coton à la maniéré des Indes, en y représentant avec une couleur noire, par le moïen de certains moules de bois de poirier , taillez & gravez en relief, divers desseins de personnages , d’animaux, de fleurs & de grotesques, qu’on releve ensuite d’autres couleurs avec le pinceau. Sa- vary. * Un noble de nouvelle imprejjìon. [ Homo novus. ] Mots burlesques , pour dire, un homme qu’on a fait noble depuis peu. IMPRESSION, C Animi affeflio. J Au figuré, il semble dire, mouvement qu’iine chose fait sur le cœur, ou sur l’esprit. •' Idée qu’une chose donne. Je crains que cette censure ne donne à ceux qui en scauront l’histoire , une impression toute oposée à la conclusion. Pajc. I. 1. C’est un langage qui produit dans l’esprit de la plûpart du monde des impressions contraires à la vénération qu’on doit avoir pour un livre si saint. Port-Royal , Nouveau Testament, prés. Recevoir quelque impression des médians desseins d’une personne. Pasc. I. Je connoiffois l’impression que les raisons faisoient sur son esprit. Abl. ) IMPRESSION. [ Nota impressa , vestigium impres- sum. ] Marque qui demeure sur quelque chose pressée par une autre plus forte. L’impression d’un cachet fur la cire. ) IMPRESSION. [ Ajsefltií. J Qualité qu’une chose communique à une autre , quand elle agit fur elle. ( Les Astres font des impressions fur les corps. ) IMPRE'VU, imprévue, adj. [ Improvisas. ] Qui n'est pas prévû. ( ( Coup imprévu. Accident imprévu. Chose imprévue. ) IMPRIME',/ m. Se prend quelquefois substantivement pour un petit livre. 11 court un imprimé contre la Bulle du Pape qui condanne l’Archevêque de Sébaste. On a vu beaucoup d’imprimez touchant 1 afaire du Cas de Conscience. ) ’ v ‘ a ' C Prelo mandare , typis ede- ru'uiro e t dpptposer quelque discours par le moïen de |ptfr« ” ra ™ r ^, ou lettres. Faire des formes de ces presse lès ,![ ai ? ereS ' P o( ' er fur le marbre de la cre & les con c î ler ,, avec baies trempées dans l’an- Òn &i. roû”,Tp,S S?' >ì>- %"'!>= imprimé,. Impif""a Imprimer un Auteur. Mol. imprimer. IMP Le Jonas inconnu sèche dans la poujjìére, Le David imprimé rìa point vit la lumière. Despr. fat. 9. ) IMPRIMER. U n ckartìt imprimerez Terme d 'Imager. C’est passer la planche ancrée & couverte de sa feuille sur la table de la presse entre les deux rou- leaux. ( Imprimer une estampe. ) IMPRIMER. [ Imprimere. ] Terme de Teinturier. Faire diverses fleurs & autres agrémens fur la toile qu’on apelle Indienne. IMPRIMER. [Telam primit eoloribus imbuere Z Terme de Peinture. Coucher une prémiére couleur qui sert de fond à celle qu’on doit mettre ensuite pour faire un tableau. ( Imprimer une toile. ) H IMPRIMER, se dit du mouvement qu’un corps communique à un autre corps, & des nouvelles modifications qu’un sujet donne à un autre sujet. ( Imprimer le mouvement à un corps. ) IMPRIMER. [/« anima imprimerez U signifie au figuré, donner, marquer, inspirer. ( Les objets impriment leurs images dans les organes. Roh.pbys. L’E- glise a foin que les cérémonies qu’elle expose aux yeux des fidèles , ayent quelque chose qui imprime du respect. Port-Royal , Nouveau Testament, préfacé. Son visage est animé d’une colère majestueuse qui imprime la terreur & le respect. ) Voyez la description des tableaux de Versailles. IMPRIMERIE,//. [ Ars typographica. ] Les caractères, les casses, les châssis, les presses & autres choses qui servent à imprimer. (11 y a ici une Imprimerie. II y a des Imprimeries dans les principales villes de France. Le Père Couplet assure que l’Imprimerie étoit en sage dans la Chine des l’an 950. En Europe, elle n’a commencé que daus le quinziémé siécle, & fut inventée par Jean Guttemberg Allemand. Leprémier livre imprimé a été la Bible en 1450. On Imprime depuis peu en Turquie.) Voyez l’Histoire de /’ Imprimerie. jQT II y a plusieurs opinions fur l’origine & fur l’in- venteur de cet art, dont Air. de Brebeuf a fait une peinture fi ingénieuse : C'est de lui que nous vient cet art ingénieux De peindre la parole, & de parler aux yeux , Et par cent traits divers de figures tracées, Donner de la couleur, U du poids aux pensées. Paul Jove, lib. 4. hist. a cru que l’Imprimerie a été aportée de la Chine par quelque Marchand qui com- menqa de mettre en usage, lors qu’il fut de retour en Alemagne , ce qu’il avoit vû avec atention à la Chine. AÍais c’est une fable mal inventée ; on n’au- roit pas tant tardé à enrichir l’Europe d’un secret si important. La ville d’Arlem veut s’attribuer l’honneur de l’invention de lTmprimerie, fur un vieux conte qui n’est fondé que fur le récit de Junius, qui dit qu’il a oui dire à des Anciens de la ville d’Arlem , que l’on y avoit inventé l’art de lTmprimerie, &que Fauste l’avoit volé, & transporté à M ay en ce, les in- strumens nécessaires pour imprimer, comme si semblable vol pouvoit être fait. Les personnes désintéressées estiment que Strasbourg est le véritable lieu de fa naissance , & en fixent l’époque à 1440. Mais celui qui en avoit conqû la prémiére idée, ne se trouvant pas ni assez habile, ni assez riche pour mettre en œuvre ses pensées, il fut à Alayence, & sc découvrit à Guttemberg, & par son secours il exécuta son dessein, & le fit paroître en 14ÇO. ou 1452. Ceux qui conviennent que Alayence est le lieu natal de ITm- primerie, ne s’acordent pas fur l’inventeur, ni sur la maniéré dont elle a commencé de s’établir: les uns se contentent de dire , que q’a été dans Alayence que l’on a commencé à imprimer des livres , & nomment Jean Guttemberg pour en être l’inventeur: les autres assurent que l’honneur en est dû à Jean Fau- stus ou Fust. Mais l’opinion la plus probable, est que Guttemberg a conqû dans Strasbourg les premières idées de lTmprimerie ; que ne pouvant pas seul parachever l’ouvrage, il fut à Mayence, où il associa Fauste, & oû ils commenceront les prémieres impressions par un Bible, & par les Offices de Cicéron. IMPRIMERIE. [ Officina typographica. ] Lieu où l’on imprime divers ouvrages *cr esprit. (Aler à lTmprimerie. II est à lTmprimerie. IM- IMP IMPRIMERIE. Commerce d’Imprimeur. Trafic d’imprimeur. ( L’Imprimerie ne va plus comme elle aîloit. ) IMPRIMERIE du Louvre. [ Typograpbia Regia. ] C’est une Imprimerie que le Roi de France a placé dans les Galeries du Louvre, & aux frais de laquelle il fournit en partie. Messieurs Anisson, Pofuel & Rigaud en font les Directeurs. 11 y a aussi l’Imprime- rie du Vatican à Rome. IMPRIMEUR , s- m. [ Typographies. ] Marchand ouvrier, qui par le moïen de l’ancre, des baies, des divers caractères & des presses, imprime toute forte d’écrits. (Un bon Imprimeur. Un Imprimeur fort exact. Martin étoit un excélent Imprimeur. ) IMPRIMEUR en tailles douces. [ Imaginum expres- Jantni opifex. C’est celui qui imprime toutes fortes d’images & d’estampes pour les Imagers. IMPRIMEUR. C’est le compagnon qui travaille à la presse. Tous les Compagnons qui travaillent dans une Imprimerie font composteurs, ou imprimeurs. IMPRIMEUR de livres d’Eglise. f Librorum Ec- clestajUcorum typographies. ] C’est l’ouvrier qui imprime des livres d’Eglife. IMPRIMURE, f f. f Arc a pigmentante subaflus. ] Terme de Peintre. Première couche fur toile. IMPROBABLE , adj. [ ImprobabìlU. J Qui ne peut être prouvé, ou ce qui n’est pas vrai-lèmblable. (Votre sentiment est improbable.) t IMPROBATION , s. f. [ Improbatio. ] Ce mot n’est pas encore reqû. C’est faction d’improuver une chose. Danet a mis ce mot dans la première édition de son Dictionnaire , & le P. de la Tour, homme qui joint à une profonde érudition une grande politesse pour le langage, & qui est Général de l’Oratoi- re ; s’en est servi dans fa dernière lettre circulaire de 1708. f IMPRODUCTION, s- f Terme Dogmatique. Platon croioit l’improduction & l’immortalité de famé. f IMPRODUIT, adj. II signifie , ; qui n’a point été produit, qui n’a point été engendré. IMPROMPTU , s m. [ Extemporalis oratìo. ] Chose d’efprit frite fans préparation & fur le champ. (Faire un impromptu à loisir. Mol. Faire des impromptus fur tout. Mettre tous les matins six impromptus au net. Tejsr. po'it. c. 2. Je ne dis point cela pour me piquer de l’impromptu. Laissez aux vains Héros de Cyries , de Clélie , I y un amour impromptu la burlesque saillie. & La grandeur d’Arimant, n’efl pas chose commun », Te gloire , en un clin d’ail , le voilà revêtu : T’uns prompt changement, Ligdamon,qu’en dit-tu? Je dis que de la fortune C’ejl un nouvel impromptu. Le Çhev. d’Accilly. IMPROPRE , adj. [ Improprius .] Ce mot fe dit des paroles qui entrent dans le discours, & veut dire , qui n’est pas propre. ( Se servir de mots impropres. ) Les mots impropres font ceux qui ne s’apliquent pas au sujet, qui n’y conviennent pas. C’est un barbarisme que de fe servir d’un terme impropre : En vain vous me frappez d’un son mélodieux , Si le terme est impropre , ou le tour vicieux ; Mon esprit n’admet point un pompeux barbarisme. Le P. Bouhours a observé dans fes remarques fur la Langue Françoise, „ qu’un de nos bons écrivains „ dit, de s raisonnement impropres au dessein qu’il a : ,, mais impropre ne fe dit point de la forte. On dit „ un mot impropre : mais on ne dit pas , cela esl im- ,1 propre au dessein que j’ai ; il faut dire, cela n’esl ,, pas propre au dejfein que j’ai. ” . IMPROPREMENT, adv. \Jmpropriè.~\ D’une maniéré impropre. ( Parler improprement. ) IMPROPRIETE’, f f. [ Impmprii vitium. J Qualité de ce qui n’est pas propre. C’est une impropriété. Les Grammairiens le disent quand on s’est servi d’un mot qui n’est pas propre. ) A L’IMPROVISTE , à l’impourvu, adv. f Ex improvise ., ] L’un & l’autre de ces adverbes fe dit, mais à l’improviste est plus élégant qu’à l’impourvu. Vaug. rem, ( Faire une chose à l’improviste. ) ' IMP 243 IMPROUVER, v. a. [ Jmprobare .] Ne pas aprou- ver. (Us ont raison d’improuver ce sentiment.) IMPRUDEMMENT, adv. [ Imprudenter , incon- sultèf] Avec imprudence. (Se conduire imprudemment. Parler imprudemment. ) IMPRUDENCE t s. s- C Imprudentia. ] Vice contraire à la prudence. ( C’est une grande imprudence. Faire une imprudence. ) IMPRUDENT , imprudente , adj. f Inconstderans. ] Qui n’est pas prudent. ( II est imprudent. Elle est imprudente. Discours imprudent. Action imprudente. ) IMPUBE RE , adj. [ Impuber. ] Terme de Trait , qui fe dit des enfans qui n’ont pas atteint 14, ans pour les garçons, & 12. pour les filles. ( Un impubère ne peut être acufé, ni puni en Justice. ) IMPUDENCE , f. f. [ Tmpudentia. J Efronte- rie. C’est le contraire de la honte. ( Avoir de l’im- pudence. C’est une insigne impudence. ) f IMPUDENCE , fe dit des actions & des paroles. ( Faire des impudences, dire des impudences. ) f IMPUDENCE. Déesse que les Athéniens adonnent dans le Temple qu’ils avoient bâti à son honneur. IMPUDENMENT, adv. [ Impudenter. J Efrontément. (Parler impudenment. Répondre impudenment. ) IMPUDENT , impudente , adj. f Inverecundus. J Efronté. ( C’est un jeune homme fort impudent. Elle est fort impudente. Action impudente. ) IMPUDICITE', f f , [ Impudkitia. ] Vice contraire à la pudicité. ( Evitez l’impudicité , car elle est honteuse. ) IMPUDIQUE , f. m. & f. f Obscœnus , impurm. J C’est un impudique. ( C’est une impudique. ) IMPUDIQJJE , adj. [Obsctenusf] Qui n’est pas pudique. ( Désir impudique. Elle est impudique. On dit impudiquement. ) IMPUGNER , v. n. [ Impugnare. ] Mot qui ne fe dit qu’entre Philosophes de classe. Combatre quelque raison , quelque point de doctrine. ( Im- pugner une doctrine. ) IMPUISSANCE , / f. [ Tnvalentìa generandi. ] Défaut naturel qui empêche la génération. ( Sa femme l’acuse d’impuissance. II y a impuissance respective. Le Frère Valérien a d’une quintessence Qui guérit de tous maux , même de /'impuissance. Auteur anonyme.) ('f IMPUISSANCE personnelle. La matière est délicate ; il faut pourtant en dire deux mots. Les hommes & les femmes peuvent être impuissans, ou naturellement, ou par accident. L’impuissance naturelle rend naturellement les deux sexes incapables de fe marier : mais si le mari ou la femme deviennent impuissans dans le cours du mariage , cette impuissance ne donne aucune ateinte aux liens du mariage. Sous le terme de frigidité, on entend l’impuissance intérieure , & que l’on ne peut reconnoître lorsque la conformation extérieure n’est point défectueuse : ainsi , le titre quinzième du quatrième livre des Décrétai es , conçû en ces termes, Tesrigidis fs maie - Jiciatií , ne s’aplique qu’aux frigides , c’est-à-dire, qu’à ceux dont l’impuissance est cachée , ainsi qu’à ceux qui par enchantement font rendus impuissans r & comme cette impuissance est l’éfet d’un maléfice, ceux qui réprouvent, ont été appeliez maleficia - ti, & c’est de ces mêmes personnes que l’Empereur Justinien a entendu parler dans le titre du Code de maleficiií N maleficiatìf. On étoit autrefois si fort prévenu de la puissance de la magie, que l’on ne dou- toit point que le plus vigoureux & le plus puissant ne pût être rendu impuissant, jufqu’à ce que le maléfice eût été levé par celui qui en étoit fauteur. Ceux qui veulent rendre odieuses les acufations d’im- Í juissance, disent qu’oti n’en trouve aucun vestige dans es douze premiers siécles de l’Eglise : mais tes sommes de ce tems-!à ne naissoient pas fous des constellations plus heureuses & plus vives que celles qui ont régné depuis ; & si l’on ne trouve point d’exemple de plainte formée à cause de l’impuissam.e d’un mari, ç’a été peut-être parce que le divorce étoit familier Tom. II. H h x parmi 244 IMP , . . . parmi les Païens & parmi les premiers Chrétiens, qui aimoient mieux prendre cette voie, que de faire éclat inutile. D’ailleurs, la Justice Eçlesiastique n’étoit pas réglée comme elle l'elì aujourd’hui ; il n’y avoit ni Juge, ni Tribunal, dont on ait pU garder les regîtres. Mais quoiqu’il y ait a présent des Juges & des Loix canoniques & civiles fur cette matière, on est très-embarassé dans le jugement que 1 on en doit faire lorsque le défaut n’est pas aparent ; & quand la conformation est régulière & selon l’ordre naturel, Temharas est encore plus grand, parce que le mal est caché, & que la conformation extérieure ne conclut rien pour la capacité intérieure : on ne peut, en ce cas, fe servir que d’une visite ou de la personne du mari, ou de celle de la, femme. Le congrez qui c’ordonnoit autrefois, a été aboli avec raison, & nous ne suivons plus en France la disposition de la Jurisprudence canonique , qui veut que les parties habitent pendant trois années ensemble avant que de les séparer, comme si la frigidité naturelle s’éteignoit par le tems, ou que les forces puissent s’aquérir par l'efpace de trois années, pendant lesquelles on épui- feroit plutôt le peu que l’on en pouroit avoir, que l’on ne retireroit la nature d’un si long assoupissement. D’ailleurs, que de quérelles , que d’injures pendant ce tems-là entre deux personnes qui seroient obligées de fe haïr , parce qu’elles ne peuvent pas s’aimer. II est vrai, que si l’on admet la force du maléfice , l’on pouroit esperer de le voir finir dans un certain tems. IMPUISSANCE. C Impotentia , imbecillitai. ] Défauts de pouvoir. ( II est dans l’impuissance de servir ses amis comme autrefois. Témoigner une impuissance honteuse. Mr. de la Rochéfoucaut. ) IMPUISSANT, impuissante, adj. [ Impotent. ] Qui ne peut rien. Foible. (Secours impuissant. Ablanc. Eforts impuissans. Racine , Iphig, a. 1- sc. 4. ) IMPUISSANT, impuissante. [ Ad generationem in- validas. J Qui a un défaut qui empêche d’engen- drer. ( La pauvre femme est à plaindre, son mari est impuissant. ) IMPULSIF, ive, adj. [ Impellens .] Action d’un corps qui pousse un autre corps. Tout mouvement est impulsif. ) IMPULSION, f. f. f Impulsto. ] Action de pouffer. ( L’eau étoit poussée fort haut par la force de l’impulsion des pistons. Perrault, Vitruve. ) * IMPULSION. [ Impulsas. J Ce mot fe prend quelquefois figurément, & veut dire , action qui excite. Mouvement. ( Le démoniaque nous frape, par l’impulsion du démon. Port-Royal, bomel. de S. Chryfosto - me. Souvent même les impulsions des héros ont quelque chose de divin qui est au dessus de la raison. S. Evremont. ) IMPUNEMENT» adv. {Impuni. ] Avec impunité. ( Les belles font semblables aux comètes, on ne les volt pas impunément. Gomb. épi. I. 1. On ne voit pas mes vers à l’envi de Montréúìl , Grossir impunément les feuillets d’un recueil. Defpr. fat. La Médecine est l’art de tuer les hommes impunément. Abl. apoph. On peut impunément, pour Pinterêt du Ciel , Etre dur , fe vanger, faire des injustices , Tout n’est pour les dévots que pêché véniel. Deshoul. ) IMPUNI, impunie , adj. [ Impunitus. J Qui n’est pas puni. ( Crime impuni. Faut-il laisser cet afront impuni ? Corn. ) IMPUNITE’, f. f. f Impunitas. J Elle consiste à ne pas châtier , a pardonner des choses qui devroient etre punies. (II gagna l’amitié des Soldats par l’im- pumte. Ablanc. Tous les jours à la Cour un sot de qualité reut juger de travers avec impunité. Defpr. ) v ’ * m P ure \ a st- C Impur us, non defiecatsss.'} mire EsnHr st m P?.P 0)nt de pureté. ( Vie im- tous Ìes E métai ^sn r ; • Act '° n impure - ( 0n dit ausli, on est malade! s lmpurS ‘ 1111 cor P s impur.) Quand f * Etre né dé un sang impur. C’est poétiquement etre ne de parens notez. poétiquement IMP IMPURETE’, f. f. [ Impurita <.] Vice contraire à la pureté. ( Se fouiller d’impureté. Impureté basse & honteuse. Prenez garde, mon fils, d’éviter toute forte d’impuretez. Port-Royal. L’impureté de l’or. ) [ Scoria. J J: Un livre rempli d’impuretez , c’est un livre rempli de choses obscènes. IMP UT ATION, f f [ Instmulatio. ] Elle consiste à attribuer quelque faute ou quelque chose de mal à une personne. ( L’imputation qu’on lui a faite de ce crime. ) II se dit entre gens d’afaires. [ Com- pensatio. ] C’est le compte que le créancier tient au débiteur de l’argent qu’il a reçu, fur une partie de la dette. (Les termes de la quitance règlent l’imputation.) (f IMPUTATION. Le terme imputer a plusieurs significations : on impute à quelques uns, ou un crime, ou une faute, ou une négligence ; on s’impu - te à foi même d’avoir fait ou de n’avoir pas fait une chose ; & dans la Jurisprudence , imputer , c’est tenir compte de ce qu’on a réçû sur ce qui étoit dû ; c’est éteindre la créance à proportion d u paiement. L’imputation & le raport ont beaucoup de ressemblance ; mais ils diférent en ce que dans le cas de l’imputation le créancier conserve & tient compte de ce qu’il a reçu; & dans celui du raport, les en. fans qui demandent le fuplément de leur légitime, font obligez de raporter dans la masse ce qu’ils ont reçu pour pouvoir fixer cette légitime. L’imputation la plus ordinaire, est celle qui fe fait, lorsque le débiteur pare une partie de fa dette; & il s’agit, en ce cas , de fçavoir comment l’imputation fe fera , lorsque la créance est composée de diférentes causes. La régie , alors est que le créancier qui fait toujours la loi à son débiteur , peut faire l’imputation de ce qu’il reçoit, comme il lui plaît ; & s’il ne s’explique point, le débiteur peut, lors du paiement, faire l’imputation à son avantage , & si enfin tous les deux gardent le silence, la Loi en dispose selon la nature & la qualité de la dette, & toujours fur la plus dure, & fur la plus ancienne , dont les Loix qui font fous le titre de J'olut. nous en fournis, sent plusieurs exemples ; ainsi la Loi impute le paiement fait par le débiteur, plutôt fur ce qu’il doit en son nom, que sur ce qu’il doit comme caution d’un autre ; & de même plutôt sur la dette échûë, que sur celle dont le terme de la païer subsiste encore : la dette la plus ancienne ést toujours présumée aqui- tée la première, ainsi que la dette privilégiée. Quant aux intérêts qui font échus , la Loi impute les sommes payées par le débiteur fur les intérêts échus, & ensuite furie principal, lorsque les intérêts font dus légitimement. A l’égard de l’imputation fur la légitime; c’est une régie générale, que les enfans qui demandent leur légitime ou le suplement , doivent tenir compte de tout ce que leur père ou leur mère leur ont donné en avancement d’hoirie, selon le langage du Palais : mais on ne convient pas toujours de la qualité du don & des avances qui ont été faites à un enfant : cette discussion entre dans la matière du raport, que les enfans doivent faire, & que l’on peut voir dans son lieu. Et quant à l’imputation fur la Falcidie, & fur la Trebellianique que l’on peut opo- ser aux héritiers, lors qu’ils veulent exercer l’une ou l’autre , on remarquera seulement à présent que les héritiers étrangers ne peuvent pas se dispenser d’imputer ce qui peut s’oposer à la Falcidie, & remplir la portion que l’héritier doit avoir ou les fruits qui absorbent la Trebellianique ; & à l’égard de l’imputation des fruits fur la Trebellianique , l’on observera, que les Docteurs, ne conviennent pas du tems, que l’héritier grevé & étranger doit jouir pour consumer la Trebellianique : les uns disent que lors que cet héritier a joui de l’hérédité pendant cinq ans, il ne peut plus fe prévaloir de la Trebellianique ; parce qu’il est présumé en être paie par les fruits qu’il a perçus. Mais le sentiment le plus reçu fur cette matière, est, que pour absorber la Quarte Trebellianique, il faut du moins six ans & huit mois ; & voici comment les Docteurs raisonnent. L’héritier grevé à droit de jouir de la Trebellianique dès le jour du décès du testateur, ainsi le quart des fruits de chaque année lui apar- tient, fans être obligé d’en tenir compte fur fa Quarte Trebellianique; ensorte qu’imputant les trois quarts des fruits de chaque année. II faut, pour consumer la Trebellianique , six ans & huit mois ; fur INA quoi l’on peut voir les questions notables de Duperies, liv. 4. quesì. ç. IMPUTATION. C Imputatio. ] Terme que les Calvinistes prennent en mauvaise part, quand on dit que le pèche d’Adam nous est imputé, & en bonne part, en parlant de l’imputation de la justice de Jésus-Christ, qui ne nous rend pas véritablement justes ; mais qui nous fait seulement paroître tels, qui cache nos péchez , mais qui ne les efface pas. IMPUTER , v. a. [ Imputare. ] Attribuer quelque faute, ou quelque autre chose de mal à une personne. (Imputer une chose à quelcun. Pasc. I. Péché qui ne peut être imputé. Une action ne peut être imputée à blâme, lors qu’elle est involontaire. Pasc. /. 4. Les Païens imputoient aux Chrétiens les calami- tez publiques. Lambert. Les fautes d’ignorance invincible ne nous font point imputées. La Justice de Jéfus-Christ nous est imputée. ) (ff Mr Racine a dit dans son Esther, ací. 2. sc. 2. Nos superbes vainqueurs insultans à nos larmes , Imputent à leurs Dieux le bonheur de leurs armes. Imputer , ici, veut dire , reconnoître, devoir à leurs Dieux le bonheur de leurs armes. Mais dans la signification naturelle,- imputer, c’est acuser quelcun d’être l’auteur de quelque mal. IMPUTER. Déduire & précompter une somme qu’on païe sur une autre qu’on doit. ( Vous imputerez l’ar- gent que vous avez recû pour moi fur mon obligation , & non pas fur mon dernier arrêté de compte. Les intérêts usuraires ne doivent point se païer, mais s’imputer fur le capital. ) f INABORDABLE , adj. Qu’on ne peut aborder. On dit , une plage inabordable, une place inabordable. La colonne disposée suivant les principes de Mr le Chevalier de Folard, est un corps d’in- fanterie inabordable à la cavalerie. î * INABORDABLE, se dit aussi dans le stile familier , d’un homme de dificile accez. ( C’est un homme inabordable.) INACCESSIBLE , adj. [ Inacceffus. ] Qu’on ne peut aprocher. (Place inaccessible. Rocher inaccessible. * Cet auguste Tribunal sera toûjours inaccesi fible à l’amour. Patru, plaid. 15. Son superbe cœur est inaccessible à l’amour. C’est un homme inaccessible. ) {$ Le P. Bouhours est ennemi déclaré des mots qui commencent par ìn. Messieurs de Port-Roïal les ont fort aimez. f INACCOMMODABLE, adj. Qui ne peut «'accommoder.. On dit dans le stile familier, cette affaire , cette querelle est inaccommodable. INACOSTABLE , adj. [NJperis moribus. ] Fier, qui est de dificile accès , avec qui il est dificile de faire connoiffance , ou de lier conversation. (11 est inacosta’ole. ) On ne le dit point. INACOUTUME', inacoutumée, adj. [ Insuetus, inufftatus. J Qui n’est pas acoûtumé. (Les plaisirs inacoutûmez font les plus sensibles. ) INACTION, f fi [ Inertia .] Prononcez inac- cion. Cessation d’agir. Ce mot est nouveau, & l’on s’en sert en termes de dévotion. (J’aime mieux être seule 0? dans íinadíion , Que de mesalier ma conversation. Bours. Esope. ) f INACTION, se dit aussi en termes de Guerre, de la cessation de toute action. ( Les armées font depuis longtems dans l’inaction. Les troupes ont été toute la campagne dans l’inaction. ) INADMISSIBLE , adj. ( Quod non admìttitur .J Qpi ne peut ou qui ne doit pas être admis. Terme du Palais. ( La preuve par témoins est inadmissible en de certains cas.) INADVERTANCE ,/s. C Imprudentia. ] Peu de foin qu’on a d’une chose. C’est une cruauté de prendre avantage de l’inadvertance, ou du peu de soin d’autrui. Patru plaid. 4. INAFECTATION. Mot qui n’est point reçu , & dont Boursault ne se sert que pour se moquer des expressions d’une précieuse. ( Des mots pleins d!énergie 0 f d’érudition Comme inintelligible, inaffeflation. ) IN ALI ABLE, adj. [Quod msceri nequit.'] Qui ne se peut alier. 11 se dit des métaux. INA 245 INALIE'. Messieurs de Port-Roïal fe sontscrvis de ce mot : mais il à été condanné par Mr. Ménage & par le P. Bouhours. INALIE'NABLE, adj. [_Quod alienari non potejìé} Qu’on ne peut aliéner , qu’on ne peut engager, ni vendre. ( Le domaine du Roi est inaliénable. ) IN ALPIN- [ Subalbinus. ] Lieu inalpin. C’est- à-dire , qui est engagé dans les montagnes des Alpes. Ce mot n’est pas fort Franqois. INALTERABLE, adj. [ Corruptioni non obno- xius. ] Qui ne peut fe changer ni fe corrompre. (De ce que l’ame est immortelle, il s’ensuit qu’elle est inaltérable de sa nature. ) INAMISSIBILITE', f. f. Ce mot fe dit d’une chose , qui ne se peut perdre. ( L’inamissibilité de la grâce dans les Saints. ) Ce mot est entré dans la querelle de Mr Ménage & du P. Bouhours. On voit avec plaisir deux sa- vans, graves, & à qui la raillerie ne convient point, se railler l’uii & l’autre, & se traiter de goguenard & de plaisant : c’est ce qui m’a déterminé à raporter ici cet incident de leur histoire. Voici comment le Jésuite fait parler une Marquise , dans ses doutes : „ Je fuis bien contente (dit-elle à Air l’Abé) du li- „ vre que vous m’avez envolé; quelque docte & „ quelque solide qu’il soit il est si clair & si aisé, „ qu’il ne faut qu’un peu de bon sens pour l’enten- ,, dre ; il n’y a qu’un mot qui m’a arrêté, c’est ina- „ miffibilité. Je vous confesse, Madame (reprit Mr ,, l’Àbé ) que ce mot est un peu Latin , & qu’il se ,, sent encore de la barbarie de l’école, mais il ne „ laisse pas d’être Franqois ; ou du moins il mérite „ bien de l’être; car comment"pouroit-on s’en pat „ fer ? Pour moi (interrompit Mr. le Chevalier) je „ ne le crois pas Franqois ; ce n’est, tout au plus, „ qu’un étranger habillé à la Franqoife, ajoúta-t-il en „ riant. Comme je ne l’entens point du tout (dit ,, Madame la Marquise) je vous assure que je n’au- „ rai pas beaucoup de peine à m’en passer, & je fuis „ bien trompée si je m’en fers jamais. Mr. l’Abé ne ,, répondit rien , ou par modestie, ou par complai- „ fan ce pour Madame la Marquise, de sorte que la „ conversation se tourna d’un autre côte.” Ce qui suit, est de Mr. Ménage , partie 2. de ses Observa - fions, page 554. ,, Notre Révérend Pere goguenard ,, croit que la plaisanterie lui sied bien ; & dans cet- „ te créance, le bon Pere ne sqauroit se tenir de „ plaisanter : mais cette histoire d ’inamijfibilité, non „ plus que celle à’incharitable, n’a pas le mot pour ,, rire : il n’est pas ici question, au reste, de boufon- ,, ner ; il est question de parler sérieusement d’un ,, terme de Théologie. Les sectateurs de Calvin pré- ,, tendent, que lorsqu'u n homme est une fois justi- „ fié, il ne cesse jamais d’être juste, quelque mal „ qu’il fasse ensuite ; de sorte que dans les plus „ grands crimes, dans le plus grand endurcissement ,, de cœur, dans le plus grand oubli de Dieu, il, „ conserve cette justification, & ne la peut jamais per- ,, dre. Pour faire entendre toutes ces choses en un „ seul mot, Mr. Nicole, dans un Traité de Théo- „ logie , s’est servi du mot d 'inamijjìbilité : Mais „ leur doHrine de l’inamijjìbilité de la justification, 0? „ cette alliance qu’ils font de l'effet de la grâce, 0? d’en- ,, fiant de Dieu, avec des crimes horribles, 0 ?c. C’est „ à la page 32;. de son livre des préjugez légitimes ,, contre les Calvinistes, & à la page 52s. du même ,, livre : Et l’on fera voir qu’il n’y eut jamais d’er- ,, reur plus clairement condannée par l'écriture du Vieil „ 0 ? du Nouveau Testament, que celle de Iinamìffìbi*. ,, lité de la justice 0? de l’alliance des crimes avec ,. l’état des Justes. Mais parce que Madame la Mar» „ quisc & Mr le Chevalier n’entendent pas ce mot, „ le P. Bouhours , par l’amidé qu’il a pour les Da- ,, mes, & pour les Cavaliers, le Donne, y Cavalier , ,, larme, glì amori. ( C’est la devise du bon Père ; „ volez les tables de ses entretiens. ) Le P. Bou- „ hours ( dis-je ) a mieux aimé déférer aux senti» ,, mens tìe Madame la Marquise & de Mr le Cbeva» „ lier, qui sont des personnes qui n’ont nulle étude. ,, qu’à ceux de Mr l’Abé, qui a fort étudié les_pré» „ miers siécles de l’Eglise.” II cite en fuite un pat. sage fort long de Quintilien, & un autre de la Préface de Air. de Sacy fur la Traduction des Proverbes de Salomon ; il finit par ces mots : ,, Ne diriez- „ vous pas que Mr de Sacy a visé à notre petit Gram- H h j mai- 246 INC „ mairien ? ” Mais un Grammairien qui débite agréablement ses leçons , & qui sçait en adoucir a sccheresse, vaut bien le Grammairien qui, la ferulea la main , songe plus à se vanger de son ennemi, qu’à instruire le Public. TNAMISSIBLE, adj. [ Quod aàmïtu non potest. ] Terme de Science. II veut dire, qui ne se peut perdre. ( Justice inamiíïïble. Mouvement inamiffible. ) INANIME'» inanimée , adj. [ Inanimus, inanìma- ms. J Qui n’est pas animé , qui n’a ni ame , ni vie. (Les choses inanimées. ) H * INANIME' , se dit aussi de tout ce qui ne marque point de sentiment. ( Une personne inanimée, une figure inanimée, une statué inanimée, un chant inanimé. ) INANITION , / / {Inanimentum .J Ce qui est oposé à répletion. (II est mort de pure inanition. ) H * INANITION , se dit aussi en matière de pieté. (Une ame tombe dans l’inanition, si elle ne se nou- rit pas de la parole de Dieu. ) INAPLICATION, / / c Nulla attentio. J Manque duplication. C’est une continuelle inaplication.) On dit aussi, inapliqué. INATENTION, / f- {Nulla application C’est un défaut d’atention à quelque chose. ( C’estune grande inatention. Cette inatention est un grand défaut. ) INAUGURATION , / f. {Inauguration Cérémonies qu’on fait au sacre d’un Empereur, d’un Roi ou d’un Prélat. On les apelle ainsi à Limitation de celles que (assoient les Romains quand ils entroient dans le Colége des Augures , ( Inauguration solem- nelle. ) INCAGUER , v. a. {Apolaftizare , provocare.l Défier quelcun, lui marquer qu’on ne le craint pas. Ce terme est bas. (Tu fais le fier, mais je t’inca- gue.) INCAHOTABLE, adj. f SuccuJJìbus immunìí. J Ce mot est nouveau & commence à se dire de certains carosses , & signifie qui ne cahote point, où l’on ne sauroit être cahoté. (Carosse incahotable. ) INCAME'RATION,/ / {Incarner atiol] Terme de la Chancélerie Apostolique. C’est l’union de quelque terre, droit ou revenu au domaine du Pape. INCAME'RER , v. a. [ Incamerare. J Unir quelque terre au domaine du Pape. INCANTATION , f. f. {Incantation Enchantement, paroles & cérémonies que font les Magiciens pour évoquer les démons , ou pour tromper la simplicité du peuple. ( On fit plusieurs incantations fur les Religieuses de Loudun. ) INCAPABLE, adj. {Minime idoneus. ] Qui n’est pas capable. (II est incapable de fa charge. Elle est incapable de gouverner fa famille. Si les Ecclésiastiques font incapables de faire leur charge, ils font inexcusables d’avoir accepté une charge si importante , & dont ils ne peuvent pas s’aquiter. Port-Roial, logique , 3. p. ch. 3. ) ÍJ INCAPABLE. On confond souvent l’incapable & l’indigne ; cependant on doit les regarder diférem- ment : car s’il est vrai que tout indigne soit incapable, il n’est pas moins vrai dans la Jurisprudence, que tout incapable n’est pas indigne, (.'incapacité consiste dans quelque défaut personnel, ou dans quelque qualité exclusive des dons & des libáralitez qui font faites par donation , ou par testament. On demande si les sourds, les muets, les aveugles, les imbéciles, ceux qui n’ont pas l’âge que la Loi ou la Coutume exige pour pouvoir tester ou donner, font privez de la faculté de disposer de leurs biens, ou comment ils peuvent en faire la disposition ? On demande encore, si le bâtard, l’étranger, ou aubain, le mort civilement ; & enfin si les tuteurs & admini- itrateurs , fi les Avocats, les Médecins, les Procu- reurs, ne font pas incapables , dans certains cas, de S™ â,"pe institution d’un legs , où d’une dona- rm l’ínrs ^ profit ? Ainsi l’on volt que la capacité, cwllTO. ™ T S - * ----- TinHitrnitp • e- . nen est pas de meme de flétrissure, qu’une mauvaise action’a"” 6 ^^e, ou une personne qui s’est rendue inssgne ^ Une biens de celui que l'on a 0 se n se" . I e , p r artlcI P er aux «rue . tels font, par ex* INC emple, ceux qui ont succombé dans l’acufation de faux intentée contre un testament, ou dans 1 acusa- tion d’inoficiosité intentée par un enfant contre la dernière disposition de son pere. Celui qui suprime un testament, tombe de même dans l’indignité. L’héri- tier qui est convaincu d’avoir contribué à la mort du testateur , ou qui négligé de pour suivre la punition de ceux qui l’on tué; une veuve qui se remarie dans l’année de deiiil , font de même déclarez indignes. Toutes ces sortes d’incapacitez & d’indignitez font expliquées dans les Loix du Code & du Digeste, & je ne crois pas devoir m’y arrêter d’avantage, si ce n’est pour remarquer, que depuis le régné d’Auguste jusques à celui de Justinien, la diférence de l’incapable & de l’indigne a été très-essentielle. INCAPABLE. [ Incapax. ] Qui a trop de cœur pour faire une chose qui ne se doive faire. U est incapable de faire aucune bassesse. ) ^ INCAPABLE, se dit aussi de ce qui n’a pas les qualitez & les conditions nécessaires. ( Sa tête est incapable de résister au bruit. Son estomach est incapable de digerer les alimens. Cet arbre est incapable de porter du fruit. Ce vaisseau est incapable de tenir la mer. Cette terre est incapable de rien produire. ) INCAPACITE',/ f [ Imperitia. J Insufisance. (II y a incapacité en son fait. On Pactise d’incapacité. Convaincre d’incapacité. Son incapacité est conuuë.) INCARNADIN, incarnadine, adj. {Color roseusst Qui est de couleur incarnate fort vive. ( Incarnadin d’Espagne. Incarnadin de rose. Peluche d’anémone incarnadine. Ruban incarnadin. ) f (.'Académie dit, est incarnadin est une couleur plus (bible que ('incarnat ordinaire. INCARNAT , incarnate , adj. [ Rose w. J Qui tire fur la couleur de chair. Qui tient le milieu entre le rouge & le blanc. ( Ruban incarnat. Peluche d’anémone incarnate. ) INCARNAT, s. m. {Color r ose w n Couleur incarnate. ( Cet incarnat est fort beau. ) f * INCARNAT , s. m. [ Vividm. ] C’est un rouge vif & beau que de certaines personnes ont aux joues. ( Jouvencelle au teint délicat , Mêlé de blanc U d’incarnat. Seat. Po-ëf. ) INCARNATIF, / m. Terme de Chirurgie. On le dit d’un remede propre à faire croître les chairs & à les unir. ( Cet incarnatif est bon. ) INCARNATIF, ive, adj. On le dit de tout ce qui fait venir les chairs, qui les fait croître , qui les unit & les rejoint. ( Remede incarnatif, bandage incarnatif, suture incarnative. ) INCARNATION,// [ Incarnatio. ] Union du Fils de Dieu avec la nature humaine. (Un traité de l’incarnation. Révérer le mistére de l’Incarnation. Le P. Thomassin a écrit fur l’incarnation.') INCARNE', incarnée , adj. [ Humana carne indutusj 11 se dit de Jésus-Christ, & veut dire, qui a pris un corps de chair. (Le Verbe incarné. La sagesse incarnée. II faut se confier en Dieu par son Fils incarné, crucifié & ressuscité pour nous, Bolsuet, Doflrine de s Eglise. ) * C’est un démon incarné. {Nequijstmus homo st Cela sc dit figurément d’un très-méchant homme. * C’est la chicane incarnée. ( Ipstjsmœ feint litium ambages. ] Cela sc dit, au figuré, d’un grand plaideur , ou d’une grande plaideuse. * On dit aussi d’un fort homme de bien , c’est la probité incarnée. [ Ipsa est probit.vs. J * S’iNCARNER, v. r. {Humanam naturam ajsu- mere. J Terme de Piété. Se revêtir d’un corps de chair. (Jésus-Christ s’est incarné pour le salut des hommes. Dieu ne peut rien mettre au monde de plus grand que le Verbe incarné. God. ) S’INCARNER. {Carne expleri.j] Terme de Chirurgie- Reprendre de nouvelles chairs. (II y a des re- medes qui ont la vertu d’incarner une plaie. ) , f INCARTADE , / s. [ Insultatio. J Brusquerie impertinente. Sorte d’insulte. ( Faire une incar- tade à quelcun. Mon importun & lui courant à l’em- brassade, ont surpris les passans de leur brusque in- cartade. Mol. Se repentir de son incartade. Penser a de. Non, INC Non , tout de hon , quittez toutes ces incartades, Le monde par vos Joins ne se changera pus. Mol. ) INCARTADE, signifie aussi extravagance, folie. (II fait tous les jours tant d’incartades, qu’on diroit qu’il a perdu l’efprit. ) INCARTATION , OU incart. f. f. Terme de Chimie. C’est une purification de l’or qui fe fait par le moïen de l’argent & de l’eau forte. Mais ce mot n’est gueres cfusage. INÇAS , f m. Nom que les habitans du Pérou donnoient à leurs Rois, H aux Princes du Sang. INCENDIAIRE, f. m. [ Incendiarius. ] Celui eu celle qui met le feu en un lieu. (C’est un incendiaire. 11 est puni comme incendiaire. Elle a été condannée comme incendiaire. ) Çs INCENDIAIRE. Les incendies ne font pas tous criminels, ni les incendiaires tous punissables; il y a des incendies malheureux qui arrivent contre l’in- tention de ceux qui en font la cause ; aussi ne les punit-on que civilement, & suivant la qualité du dommage. On ne se sert point du mot Incendiaire, pour exprimer ceux qui ont cause innocemment un incendie. Dans toutes sortes de crimes, il y a du plus ou du moins ; ainsi les peines qui doivent être proportionnées au crime, font différentes. Les loix ont décidé que celui qui met le feu dans une ville, doit être brûlé tout vif ; si c’est dans un village ou dans les champs , elles le condamnent au fouet. Je ne citerai pas les loix, qui Pont ainsi décidé, elles font raportées par les Auteurs qui ont traité de l’incen- die. Les Loix d’Espagne sont très-severes fur ce point, elles condamnent au feu les incendiaires. Parmi celles des Rois Goths qui ont régné dans l’Efpagne , & que l’on a recueillies fous le titre de fuero juzgo, (5? c. il est dit : todo orne qui incendier casa ayena en cibdad, prendalo el juez esagalo quemar ; & outre la peine du feu , l’incendiaire doit païer le dommage & réparer la perte qu’il a causée. Les loix des Rois qui ont succédé aux Goths se sont conformées à cette sévérité. C’est une régie, que le maître est responsable de la faute de son domestique , qui a cause l’incendie ; il en est de même du Locataire qui répond de celui à qui il a soûloiié. INCENDIE, s m. [ Incendium.J Feu qui a été mis à dessein. Le mot d’incendie se met d’ordinaire sans régime. (On n’a jamais vu un plus grand incendie. II y a eu cette nuit incendie en nos quartiers. ) $ Les incendies, & tout ce que la guerre offre de plus terrible, font permis, lorsque cela est nécessaire. Polybe de Folard. (f INCENDIE. Mr de Vaugelas , remarq. i;o. nous aprend, que ,, du tems du Cardinal du Per- „ ron, & de Mr Coiffe tau, ceux qui affectoient de ,, bien parler, n’usoient point du terme incendie ; on ,, disoit toujours embrasement : mais lorsque Mr de „ Vaugelas composoit ses remarques, le terme ìncen- „ die étoit très-familier, & les bons Ecrivains sc ser- ,, voient indiféremment de l’un & de l’autre : 11 est ,, vrai (ajoûte-il) que les plus exacts observent en- ,, core de dire plutôt embrasement qu ’incendie : mais „ si le sujet qu’ils traitent, les oblige à exprimer ,, deux fois la même chose, ils ne font point de „ dificulté de mettre à la seconde, incendie, je dis « „ la seconde, parce qu’il faut observer de mettre toû- ,, jours le meilleur mot , & le plus ancien le pré- „ mier. II est vrai que j’ai apris d’un des oracles de „ notre langue, qu’il y a cette diférence entre z'»- ,, cendie & embrasement , que incendie se dit propre- ,, ment d’un feu qui a été mis à dessein; & embra- „ sentent convient mieux au feu, qui a été mis par ,, cas fortuit, que l’on ne nommeroit pas si propre- ,, ment incendie. Cette diférence est très-délicate, ,, & très-vraie : incendier a toujours été reqû lors mé- „ me qu 'incendie ne l’étoit pas. L’Académie a obscr- ,, vé fur cette remarque , que plusieurs confondent ,, incendie avec embrasement. ” Quand ce mot est employé fansépitéte, il faut entendre que Yembrasement a été grand, il y a eu un incendie en un tel lieu. Embrasement est un mot consacré en certaines phrases, & on dit toujours Y embrasement de Troie. & non pas l’zzz- cendie de Troie. On n’a point reqû la délicatesse de Mr. de Vaugelas qui met de la diférence entre un Feu mis par hazard, ou par cas fortuit, & un feu mis à INC 24 y dessein. II me semble que le terme feu ne forme point une idée si étendue que embrasement nous disons le feu a été dans cette maison , quand il ne l’a. point entièrement brûlée : mais embrasement emporte la destruction entière de la chose , & même lors que dans le voisinage il produit le même effet. L’Empereur Auguste n’aïant plus d’ennemis à combatte, s apliqua entièrement à rétablir Tordre & la fureté dans la Ville de Rome, où il y avoit eu autrefois des Triumvirs , dont Remploi étoit de maintenir le repos public pendant la nuit, & de veiller aux incendies ; & c’est par cette raison qu’ils furent apelle? Triumviri noHurni .- mais comme il étoit dificile que ces officiers pussent fuisse à ces deux choses , Auguste créa sept cohortes, dont il en établit une pour veiller dans deux quartiers de Rome, & leur donna un Chef qu’il apella PrafeNus vigilum, dignité de laquelle plusieurs inscriptions anciennes font mention, comme dans les deux qui ont été raportées par Pan- vinius de civitate Romand. Celui qui commandoit ces cohortes , n’étoit point regardé comme Magistrat ; il avoit pourtant une jurisdiction sur les incendiaires, fur les voleurs de nuit, & fur les propriétaires & locataires des maisons, lorsque les incendies étoient arrivez par leur faute, ou par leur négligence : mais l’on avoit tant de mépris pour ces soldats nocturnes, que l’on fut obligé d’acorder des récompenses aux affranchis, & aux Latins, c’est-à-dire, à ceux qui n’étoient pas Citoïens, pour les obliger de s’enrôler dans l’espe- rance d’aquerir le droit de cité après six ans de service. C’a été fur le modele de l’u sage des Romains , que le Roi François I. créa en 1539. une garde nocturne dans la ville de Paris, & qu’il donna à cette garde un chef, avec le titre de Chevalier du Guet, mais fans aucune jurisdiction, son pouvoir étant renfermé dans le droit d’arrêter & de conduire dans les prisons, ceux qu’il trouvera errer fans feu dans les villes pendant la nuit, ainsi que les voleurs, & débauchez qui insultent ceux qusils rencontrent, ou qui causent d u bruit & troublent le repos des citoïens. 11 y a trois sortes d’incendies : l’un est fortuit, l’autre prémédité, & le troisième est arrivé par la faute ou par la négligence des locataires. Dans le premier cas, il faut que le locataire prouve le cas fortuit, s’il veut se garentir de répondre du dommage qne le feu aura cause, parce que l’on ne peut s’empêcher de croire que l’incendie est arrivé ou par fa faute ou par sa négligence, dont il est également responsable. Les Docteurs remarquent plusieurs espèces de fautes qui rendent les locataires responsables du feu : mais on peut dire en un mot, que la présomption est toujours contre le locataire; & comme la simple négligence n’est pas un crime, on agit, en ce cas, civilement contre ceux qui peuvent avoir donné lieu à l’incendie, & toutes sortes de juges en peuvent connoitre. A l’égard de l’incendie prémédité , c’est un cas Royal qui mérite une peine aflictive , & que l’on juge présidialement. Ce n’est que dans la Coûtume d’Anjou, art, 44. où les Châtelains connoissent des embraseurs de maison qui sont, selon Chopin, les boutefeux volontaires. Un si triste événement est souvent suivi de plusieurs procès „ entre les propriétaires, les locataires & les voisins „ qui ne sont point de la compétence d’un simple Grammairien. * INCENDIE. [ Tumultus. ] Combustion. Désordre. Trouble dans un Etat. ( II avoit arrêté lui seul l’impétuosité de cet incendie. Fléchier, Commendon , /• 2. c. 19. ) INCERTAIN , incertaine, adj. [ Incertus . ] Qjji n’est pas certain. ( Nouvelle incertaine. Esprit incertain qui n’est pas ferme. ) INCERTAIN. [ Duhius. J II se dit des chevaux de manège, & veut dire, naturellement inquiet, & qui n’est pas comme dans le manège dont on le recherche. ( Confirmez votre cheval dans son terre-à-terre, car il est bien incertain. Guilìet. ) $ INCERTAIN , signifie aussi variable. ( Le tem* est incertain. La faveur des Grands est une chose fort incertaine, j f INCERTAIN , est quelquefois subst. & on dit » quitter le certain pour l’inçertain. On ne doit pas fonder ses espérances sor l’incertain. IN CERTAINEMENT , adv. [ Incertò. ] D’une maniéré incertaine. ( II court un bruit confus de la paix, mais on éti parle fort incertainemenî. ) INCER- 248 INC certitude ou il est Etre dans l’incertitude. Le Duc de la Rocbefoucaut. La plus grande pâme de a Phsto- sophie n’est qu’un amas d’incertitudes. Nicole, estais ^Incertitude , irrésolution. ( L’incertitude du Général diminue le courage d’une armée. ) ê INCERTITUDE , signifie aufli inconstance. (L incertitude du tems. ) INCESSAMMENT, adv. [Indcfinenter.) Sans cesse. 11 étudie incessamment. II travaille incessamment. ) INCESSIBLE, adj. ÍQuod concedi non potejl . ] Qui ne peut être cédé. (Le nom, les armes, le rang, la noblesse , ne tombent point dans le commerce, ils font inaliénables & incessibles. Requête du Prince de Soubize contre le Duc de Rohan. ) INCESTE, f- m. f Incestm. ] Crime qui se commet en se souillant avec une parente, ou une personne Religieuse. (Commettre un inceste. Acuser d’inceste. Les incestes font punis de mort.) INCESTE spirituel, Crime qui se commet par des personnes qui ont une alliance spirituelle par le Sacrement de Baptême ou de Confirmation. On le dit aussi de celui qui possede deux Bénéfices, dont l’un dépend de l’autre. INCESTUEUSEMENT, adv. [ Inceste. J D’une manière incestueuse. Ce mot ne se dit guéres. INCESTUEUX, incestueuse, adj. [ Incestuí.' ] Souillé d’inceste. Où il y a inceste. Mariage incestueux. Maucroix, schisme, l. 2 . Un jour seul ne sait pas d’un mortel vertueux , Un perfide assassin , un lâche incestueux. Racine. INCESTUEUX , s. m. [ Incestuí. ] Qui a commis un inceste. (II y a parmi les hommes, des meurtriers, des incestueux & des adultères. Ablanc. Luc. t. 1 . ) On dit aussi inceste en ce sens. ) INCHARITABLE, adj. C Minime beneficus. ] Ce mot n’est pas encore bien établi. Qui n’a point de charité. ( Moine incharitable. Danet.) ǧ Arrêtons-nous un moment fur ce mot, & écoutons le P. Bouhours fécond en petites histoires ; c’est dans ses Doutes, page 2 ;. où il dit : „ Ah ! inchari- „ table ( repartis-je ) je ne sqai ce que c’est, & je ne „ l’ai vû nulle part. Vous n’avez pas tout vû ( re- „ partit-il ) & il s’est fait de beaux ouvrages qui ne „ font pas tombez entre vos mains. En vérité ( lui „ dis je) incharitable me semble encore plus contre ,, le genie de notre langue, qu ’insuportable & irrame- „ nable, &c. Quoi qu’il en soit (dit Air l’Abé) in- ,, charitable est excélent : mais puisque ce mot vous -- est inconnu pourlùivit-il en reprenant son ais modeste & tranquille ) aparenment vous en ignorez l’origine ; elle mérite d’être sqûë , & vous ne ferez pas fâché de l’aprendre. II y a quelques années, que dans un couvent de filles, une jeune pensionnaire fe confessa d’avoir été deux ou trois fois incharitable envers ses compagnes. Le confesseur fat touche de ce mot nouveau, & ne manqua pas, dès le jour même, d’en régaler les bonnes mères; elles aplanissent toutes à incharitable elles louvoient incharitable très-commode , & jugèrent d’u- nê voix commune , qu’il faloit lui donner cours. Pour autoriser ce beau mot , & le consacrer en quelque faqon, elles prierent un Docteur de leurs amis, fameux par fa doctrine & par ses livres, de le faire entrer dans le prémier ouvrage qu’il don- ,, neroit au public. Depuis ce tems-là, incharitable ,, a eu vogue parmi les dévotes polies, parmi les Ré- ,, ligieuses spirituelles, & j’en connois plus d’une qui i, ne manquent guéres de s’acuser dans leur confes- ,, fi on d avoir été incharìtables. ” C’est ainsi que le P. Bouhours croît divertir ses Lecteurs par de petits contes qu’il invente de tems en tems : mais il oublioit cette remarque de Quintilien , lib. 6. cap. qu’il y a des gens à qui semblable badinage paroît fade, & qui ne sauroient rire d une bagatelle froide & mal invente 6 : Sunt etiam judices quidam trsiiores, quam ut ri - Jum libenter patiantur. 1 í INCHOATIF, ive, adj. Terme de Grammai - r %. IL signifie le commencement d’une chose, d’une action, U y a des verbes inchoatifs. INC t INCICATRISABLE , adj. Terme de Cbìrut* gìe. U se dit d’une plaie qui ne peut être cicatrisée. ( Ces ulcérés font incicatrisables. ) INCIDENCE,//- l Aident ia. ] Terme de Géométrie. Chùte d’une ligne, ou d un corps fur un autre. C’est un axiome infaillible en Optique, que les angles de réflexion font toujours égaux aux angles d’incidence. ) INCIDENMENT, adv. [ Consequenter. ] Terme de Palais. Par occasion, par suite & par connexité. ( II est défendeur au principal & incidenment demandeur. ) INCIDENT , / m- [ Liticula stubnata. ] Dificul- té nouvelle. Question nouvelle qui naît dans le cours d’un procès, & qui embarasse le procès d’avantage, & le rend plus dificile à juger. 11 arriva un incident qui fit remettre le jugement du procès. Pasc. I. 6. Faire un incident. Le Mait. ) INCIDENT. £ Eventus. ] Terme de Poésie. Eve- nement ingénieux pour rendre une piece de théâtre plus agréable. ( 11 fout préparer, mais il ne faut pas découvrir les incidens. ) INCIDENT , ente, adj. [ Quod ad aliquid pertinet.s Qui est dépendant d’une question ou d’une proposition principale. ( Les Savans dans leurs disputes s’ar- rêtent trop aux questions incidentes. S. Evrem. ) II y a des propositions incidentes en Logique : Comme celui qui n’aime point Jésus-Christ, est anathème. La prémiere proposition est incidente. Art. de penser. 1NCIDENTER , v. n. [Appendiculis causa litem pro - trahere. ] Terme de Palais. Chicaner en foi font naître des incidens. (II a incidenté trois ou quatre fois.) INCINERATION , st f Terme de Chimie C’est la réduction des végétaux en cendre, en les fanant brûler doucement. INCIRCONCIS, incirconcìse, adj. - sNoncircun- cisw. J Qui n’est pas circoncis. ( La foi a été imputée à Abraham , lors qu’il étoit incirconcis. II n’y a qu’un seul Dieu qui justifie par la foi les circoncis & les incirconcis. Port-Royal, épit. aux Romains.') 1NCIRCONCISION , f f. \Praputium .] Etat d’un homme qui n’est pas circoncis. INCISER , V. a. [ Incidere. ] Terme de Chirurgien. Couper. ( Inciser un os. ) On dit aussi inciser un arbre. L’eau forte incise le cuivre. INCISER le Verre. Terme de Verrerie. C’est le couper , soit pour le séparer de la selle ou sarbacane, soit pour en retrancher l’autre extrémité oposée à celle de la selle, soit enfin pour Rouvrir d'un bout à l’autre, pour en foire du verre en table. INCISIF , incisive, adj. [ Quod incidit. ] Qui pénétre, qui coupe, qui dissoud les humeurs visqueuses. ( Remède incisif. Vertu incisive. ) f Dens incisives. Ce font les dents de devant qui fervent à couper les alimens. INCISION , f. f [ Incsio. ] Terme de Chirurgien. C’est une simple coupure, & elle se dit proprement des fractures des os de la tête. Dejp. ( Faire une incision. ) í INCISION cruciale. C’est une double incision dont les taillades fe croisent. INCISION. [ Incisura. ] Terme de Jardinier. Coupure, ou entaillure qu’on fait dans l’écorce d’un arbre. ( Faire incision. ) INCITATION,/ s [IncitatioJ Action de celui qui incite. Instigation. ( (/incitation à un crime fait acuser de complicité celui qui a incité. Acad. Fr.) INCITER , v. a. [ Incitare, infiammare. ] Exciter. Pousser. Encourager. ( Inciter- quelcun à mal faire. ) INCIVIL, incivile, adj. [ Inurbamu , rusticiu , agreflis. ] Qui n’est pas civil. ( II #st incivil. Elle est incivile. Action incivile. Procédé incivil. ) î Demande incivile. C’est une demande contraire à la bienséance, à la raison. £ Clause incivile.) C’est, en termes de Jurìsyruden* ce, une clause faite contre la disposition des loix. INCIVILEMENT , adv. [ Inurbanè, rusticè .] D’une maniéré peu civile. Peu civilement. ( En user fort incivilement. Parler incivilement. Répondre incivi- lement. ì INCIVILITE', s. f. [ Rusticitai, inurbanitas, rusticî mores. ) Action contraire à la civilité. ( Commettre une incivilité. C’est une grande incivilité que de fe couvrir devant les Dames. ) IN- INC INCLEMENCE, / /. , [Inclementia. ] Colé- re. Rigueur. (Fléchir l’inclémence des Dieux. Racine, ipbig. c. i. sc. z. ) * [/inclémence de l’air, du tems. Bal. t INCLE'MENT, inclémente, adj. f Inclemens. ] Ce mot lignifie, qui n’a point de clémence, qui a de la rigueur, mais il n’est pas reqû. INCLINAISON , s f- Terme de Géométrie. [/inclinaison de deux lignes eít leur rencontre en se coupant. I/inclinaisen de deux plans, & l’angle aigu de deux lignes droites tirées dans chaque plan par un même point de leur commune section, & perpendiculaires à la même section commune. INCLINANT , ANTE , adj. [ Proclivis. ] Qui incline. Qui panche de quelque côté. ( II est plus inclinant a faire du bien que du mal. ) II n’est gué- res d’usage en ce sens. INCLINATION, f f- [Inclinatio.] Etat & situation d’une chose qui panche vers une autre, ([.'inclination de deux lignes fait un angle oblique.) INCLINATION. [ Inflexio .] Ce mot se dit du mouvement du corps quand il sc baisse. ( Une inclination de tête. ) INCLINATION. [ Propensio. J 11 sc dit au figuré. Disposition de l’ame à se mouvoir vers un objet agréable. (Nos prémiéres inclinations font toujours les maîtresses. Voie. lett. 21. ) * INCLINATION, f Studium. ] Pente qu’on a naturellement à quelque chose. (J’ai une inclination naturelle à vous obéir. Voit. I. 37. Cela a touché mon inclination. Quand on a de la vertu, on soufre une contestation éternelle entre l’inclination & le devoir. S. Evremont. ) * INCLINATION, f Benevolentia. ] Amitié. Cœur. Afection. Gagner l’inclination des soldats. Vaug. Quint. I. 3. ) INCLINATION, f. Amor, pondus, agapa .3 Maîtresse. ( Mademoiselle est mon inclination. Faire une jolie inclination. ) INCLINATION. [ Infusio. ] Terme de Chimie. Opération chimique par laquelle on verse doucement les liqueurs qui surnagent les matières. Chams. (Verser par inclination. ) INCLINATION de l’axe de la terre, f Inclìnatio axis terra.] Terme à’Astronomie. C’est ce qui fait la procession des équinoxes & le changement des faisons. INCLINER, enclìner , v. a. [Propendere.] On dit incliner, & non pas enclìner. C’est pancher. Bais fer. Avoir de la pente à.(Incliner vers la terre. Roh. Phyf. Inclinez doucement la tête. Voit. Poêst 11 inclinoit à le renvoies absous. Le Mast. ) 4= * INCLINER , se dit en parlant d’une bataille où la victoire commence à pancher d’un côté. ( La victoire inclina long tems de ce côté. ) f INCLINER. En termes de Mathématique, on dit qu’un plan incline, lorsqu’il va en panchant. S’INCLINER, v. r. Je m’incline , je me fuis incliné. [ Caput inclinare, se alicui submittere. J Se pancher. Pancher la tête avec respect. ( S’incliner devant une personne. Maucroix, schisme, l. 3. ) J- S’INCLINER , sc dit en termes de Géométrie , d’un plan qui par son mouvement vient à former avec l’autre plan un angle plus aigu que celui qu’il formoit auparavant. (Ce plan /incline de plus en plus.) On dit aussi , qu’une ligne /incline de plus en plus fur une autre ligne. INCLINER , v. a. f Movere, impellere. J Mouvoir, disposer. (La grâce eficace incline la volonté à faire le bien, sans que celle ci résiste, quoiqu’elle puis se toujours résister. ) INCLUS, incluse, adj. [Inclusifs.] Enfermé, compris dans quelque chose. ( Le papier inclus en cette lettre. La lettre incluse dans ce paquet. Jusques au prémier Mai inclus. ) £ INCLUSION,//. [Inclusto, admijsto. ] Action d’inclurre, admission. INCLUSIVEMENT , adv. [Inclustvè.] D’une maniéré qui enferme , qui comprenne. (On lui a donné terme jusques au 8- Juin inclusivement ; c’est-à-dire, que ce jour est compris dans le terme. ) Inclusivement est opofé à exclusivement. INCOGNITO , adv. [Clam, clanculùm. ] Sans être connu. (11 est venu incognito. Elle est venue incognito. Vaug. rem. Ce mot incognito signifie aussi INC 249 fans cérémonie. [/Ambassadeur est arrivé incognito. BourJ'uut dans Esope dit du défunt Libraire Barbin Pour montrer au Public d’une façon galante , Un Libraire étendu dans fa chaire roulante , Combien incognito de livres défendus Hans ! arriéré boutique ont-ils été vendus ? Bours. Esope. Mr. d'Aubigné Archev. de Rouen a été inhumé incognito. ) * Rire incognito. Mots plaisons , pour dire, doucement & sons être aperqû. ( Je ris incognito, d’abord que je le vois , Je ne m’en puis tenir. Bours, Esope, a. 1. sc. 1.) INCOMBUSTIBLE , adj. [ Ardere nesciuf , ignis incompatiens. J Qui ne se brûle point. Qui n’est point susceptible de feu. (Matière incombustible. Ablancourt. Luc. t. 3. ) f INCOMMENSURABILITE', f f. Qualité des choses qui sont incommensurables, c’est-à-dire , l’excès d’une grandeur fur une autre. INCOMMENSURABLE , adj. [ Incommensurabilis. ] Ce mot est un terme de Géométrie , qui se dit des quantitez qui ne sont pas entr’elles comme un nombre à un autre nombre, & qui ne peuvent être mé- surées exactement, & sons qu’il reste toujours quelque chose , par une autre quantité qui leur serve de commune méfure. Voyez la Géométrie de Port-Royal, £«? les nouveaux élémens de Géométrie du P. Pardies. ( Grandeurs incommensurables. ) INCOMMODANT , ANTE , adj. [Gravis.] Qui donne de la peine, de la fatique, du chagrin. ( Ceux qui font le métier Remprunter font toujours fort incommodans. ) INCOMMODE, adj. [ Molestus. ] Importun. Fâcheux. Qui apporte de [incommodité. (Cela est fort incommode. Chose incommode. C’est un homme extrêmement incommode. ) INCOMMODE', incommodée, adj. f Confliftatus , morbo iaborans. ] Qui reqoit de [incommodité de quelque chose. Qui est mal. (II est incommodé du bruit de la rué. 11 ne sort point, il est incommodé depuis quelques jours. ) INCOMMODE', incommodée. [Inops, egenus.] Pauvre. Qui n’est pas à son aise. ( Monastère incommodé. Personne incommodée. Pasc. 1. 18. ) f * Etre incommodé de la veine poétique. Mol. INCOMMODE', incommodée. [LabesaHatus.] Ce mot se dit en termes de Mer, & en parlant de vais seau, & veut dire, qui a perdu quelcun de ses mâts, qui a fa manœuvre en désordre , & qui est presque hors de service. ( Le vaisseau se trouva incommodé au milieu du combat. ) INCOMMODEMENT, adv. [Incommodé.] D’une maniéré incommode. ( Cet homme est logé fort in- commodément. Acad. Fr. ) INCOMMODER, v. a. [Incommodum parere.] Importuner. Nuire. Faire de la peine & du mal. (Ils faisoient des courses qui incommodoient le Laboureur. Ablancourt. Arr. I. 1. c. 8- Incommoder [ennemi. Ablanc. Arr. Nos gens ne furent point incommo-. dez de [artillerie. Abl. Court. Cette banqueroute m’a incommodé. ) INCOMMODITE', f. f. f Incommodum , incommoda valetudo. ] Chose incommode. Sorte de mal. C’est une fâcheuse incommodité. Recevoir de [incommodité de quelcun. ) f On dit aussi , [incommodité du vent, de la pluie, [incommodité des voitures. f INCOMMODITE', en termes de Marine , se dit d’un vaisseau qui a besoin d’être secouru. (Ce vaisseau donna bientôt le signal d’incommodité. ) INCOMMUNICABLE, adj. [ Quod communs - cari non potest. J Qui ne se communique point & dont on ne fait part à personne. ( Secret incommunicable. II y a des choses incommunicables. ) INCOMMUTABLE , adj. [Mutationis expert.] Terme de Palais ; c’est-à-dire, qu’on ne peut changer. (II est propriétaire incommutable. ) f On dit aussi , l’incommutabilité d’une possession f c’est-à-dire , une possession qui ne peut être légitimement troublée. Tom, IL I i f IN- 250 INC f 1NC0MMUTABLEMBNT , fà. D’une fp^flí 6 qu’on ne puisse être dépossédé legitimement. ( Poffe- der une terre incommutablement. ) . INCOMPARABLE, ad/. [ Eximius , JlngulàrU. J Oui n’a point de contparaiíon. Qui ne peut etre comparé à aucune chose. Fort excelent en quelque choie, & bien loin au dessus des autres. (C est un homme incomparable. Action incomparable. ) ' Ff INCOMPARABLE. Nos Poètes particulièrement se sont servis de ce terme , sans y faire beaucoup á’atention. Malherbe a dit : Quelles preuves incomparables. Peut donner un Prince de foi , Que les Rois les plus adorables Wen quittent l'honneur à mon Roi ? „ Cette pensée ( dit Mr. Coíìar dans son Apologie ) „ pouvoitêtre expliquée plus clairement; il faut trop ,, de lumière pour la bien voir , & pour compren- „ dre ce que le Poète veut dire , que si un Prince „ peut faire des actions incomparables , c’est.le sien „ qui en remportera la gloire , fans que les autres „ Rois la lui osent contester. , ” 11 ajoute : Je ne „ trouve pas moins de dificulté dans les autres vers „ du même Auteur : Et quoi donc ? La France féconde En incomparables guerriers Aura jusqu’aux deux bouts du monde Planté des forets de lauriers , Et fait gagner à ses armées Des batailles fl renommées , Afin d!avoir cette douleur D’oiiir démentir ses vicloires s Et nier ce que les hijloires Ont publié de fa valeur. „ Comment est-il possible qu’il y ait plus d’un guer- „ rier qui mérite le titre d 'incomparable , puis que „ ce terme ne soufre point de société , non plus que ,, celui A’unique ? Néanmoins il est aisé de répon- „ dre que chacun de ces guerriers en particulier , „ n’étoit pas incomparable , lors qu’on le mettoit en „ parallèle avec ses compagnons , mais que tous en- ,, semble l’étoient au respect de tous les braves des „ Nations étrangères. ” Mais ces expressions, pà- ter des forêts de lauriers , gagner des batailles , sont- elles à Fa bri de la critique ? î INCOMPARABLE , se dit par ironie & dans le sti- ie familier, pour témoigner la surprise qu’on a de ce qu’un homme fait on de ce qu’il dit. ( Vous étés incomparable de dire de si belles choses. II est incomparable de regaler si bien ses amis. II est incomparable de prétendre qu’on admirera ses folies. ) INCOMPARABLEMENT , adv. [ Longé, multùm.} Sans comparaison. ( 11 est incomparablement meilleur que l’autre. Ablanc. ) INCOMPATIBILITE', f f {Nature difcrepan. tia.} C’est le contraire de la compati bilité. (Incompatibilité de bénéfices. Incompatibilité de charges. ) {$ INCOMPATIBILITE'. Tout ce qui est essentiellement oposé , est incompatible. C’est particulièrement dans la possession des bénéfices que l’incom- patibilité produit son éfet ; on ne la connoissoit point dans les premiers siécles de FEglise & dans Rétablissement des bénéfices, parce qu’ils étoient de la même nature ; ils obligeoient tous également à la résidence, pour veiller au foin des âmes : mais cette uniformité aïant cessé par les diférentes fondations qui ont été faites de Canonicats, de Prébendes , d’Ofices & de Personnats dans FEglise, l’on a établi deux sortes de bénéfices , dont les uns font incompatibles, & les autres compatibles. Deux choses produisent Fincompatibilìté : la prémiére est l’ob- ligation d’une résidence actuelle; un homme ne peut pas être en deux lieux diférens , ni rendre le service dans deux bénéfices en même tems : la seconde, est la charge d’ames ; un Pasteur ne peut pas conduire deux troupeaux à la fois ; un seul sufit pour l’ocu- P?. r . ’, t } uan " B veut remplir ses devoirs. L’incompati- biliteetant une jurisprudence nouvelle, ses régies n’ont E l b ° rd fix !T certaines : elle produisit d’a- bord une vacance de plein droit ; en forte qu’au moment que le pourvu d’un bénéfice requérant résiden ce avort ons possession d’un autre bénéfice de cette qualité, le premier devenoit vacant ipfo jure U ,pf 0 INC fatìo , selon le langage des Docteurs. Les bénéfices avares ne s’accommodérent pas de cette sévérité ; ils introduisirent un tempérament qui fut au gré de ceux qui s’imaginérent pouvoir jouir des fruits pendant une année qu’ils se réservèrent pour délibérer lequel des deux bénéfices ils choisiroient, ou pour en disposer librement par résignation , ou par permutation avec un bénéfice compatible, sans réfléchir qu’il ne leur étoit permis de jouir des fruits que du bénéfice qu’ils réscrveroient, suivant la Déclaration du Roi Louis XIV. de régi- & qu’une semblable disposition n’étoit pas canonique. Pour conserver quelque reste de l’ancienne sévérité , on établit cette régie, qu’en cas de négligence de la part du bénéficier de choisir Fun des béneficeS, ou de résigner celui qu’il ne vouloir pas garder, le plus ancien bénéfice étoit vacant de plein droit. II n’en est pas de même de l’Episcopat, que l’on a déclaré incompatible avec toutes fortes de bénéfices, même les plus simples, & qui n’ont ni charge d’ames, ni de résidence nécessaire: enfin Fincompatibilìté de l’Episcopat est si absoluè , qu’au moment de la consécration de l’Evéque , tout ce qu’il possède de bénéfices, de prébendes, & de chapelles, est impétrable comme vacant. Ilestvraiqu’a Regard des pensions dúés à FEvêque fur un bénéfice qu’il a autrefois résigné, elles ne vaquent point par fa consécration, & il n’a pas besoin de dispense pour les posseder, parce que les pensions ne font point des bénéfices. L’Eglise Gallicane s’est fait une loi de ne point soufrir dans une même personne plusieurs bénéfices fous le même toit, fub eodem teflo , comme il est remarqué dans F article 7;. des libertez de FEglise Gallicane, de Mr. Pitou. INCOMPATIBLE , adj. [Djfociabilis .] Qui ne peut subsister, qui ne peut demeurer, qui ne peut être en repos avec un autre. ( Bénéfice incompatible. Ofices incompatibles. Humeur incompatible.) INCOMPE'TANT, incompétante, adj. [Non légitimes. J Qui n’est pas compétant. A qui il n’apar- tient pas de connoitre de la chose dont il s’agit. (Juge incompétant. ) INCOMPE’TEMMENT, adv. [Non légitimé.'} Prononcez incornpétaman. Terme de Palais. D’une maniéré incompétente. ( II a été jugé incompétemment. ) INCOMPETENCE , f f. [ Non légitima po - testas. J Terme de Palais. Défaut de pouvoir connoî- tre d’une chose. L’Incompétence est jugée. ) (f INCOMPLAISANT. Selon le P.Bouhours,/*- complaifant & incomplaifance ne font point François; & quoiqu’un Marquis inconnu s’en soit servi, je doute ( dit le P. Bouhours ) que son autorité les fasse passer ; il a bien la mine de les dire tout seul. $ INCOMPLET, ETE, adj. On apelle en termes de Philosophie , idées incomplètes, celles qui ne represcntent qu’une partie de leur objet. INCOMPRE'HENSIBILITE', f f. [Incompre- henjlbilittu.} Ce mot se dit proprement de Dieu. Qualité qui rend fa grandeur & ses autres atributs incompréhensibles. (11 y a infinité par tout, & par conséquent incompréheniibilité par tout. Nicole, essais de morale.) INCOMPREHENSIBLE , adj. [ Incomprebenfibilis . ] Qu’on ne peut comprendre. ( Mistére incompréhensible. ) t INCOMPREHENSIBLE, se dit aussi d’un homme dont la conduite, les raisonnemens, les discours font extraordinaires ou inconcevables. ( Cet homme est pauvre & il vit en grand seigneur ; il est incompréhensible. ) INCOMPRESSIBLE , adj. [ Quod comprimi non poteji. } Qui ne peut être comprimé. L’eau est incompressible. INCONCEVABLE , adj. [ Difficilis, operofus. ] ( C’est un travail inconcevable de faire un bon Dictionnaire. ) INCONCEVABLE, adj. [Quod concipi non potefl. J Qu’on ne peut concevoir. Dificulté inconcevable. La peine que j’ai pris pour ce coquin est inconcevable. ) {$ INCONDUITE. Ce mot n’est pas toléra- ble. INCONGRU , uë, adj. [ Incongruens. ] Qui est contre les régies de la Grammaire. Molière a dit: ( Ces gens-là font incongrus en galanterie, ) î$ H INC II est vrai que Molière s’est servi de cette ex- preílìon ; mais c’est une précieuse ridicule qui dit : Le mòien de bien recevoir des gens qui font tout-a-fait incongrus en galanterie. On peut le dire de même en badinant. INCONGRUITE', f f. [ Barbarismes.] Faute contre la Grammaire. 11 se dit figurément des fautes contre l’honnêteté & la bienséance. (Vous faites des incongruité?. ) INCONGRUMENT , adv. D’une maniéré incongrue , & contraire aux loix de la Grammaire. ( La Comtesse N* * parie fort incongrûment.) On le dit au figuré. ( II fait tout incongrûment. ) INCONNU , inconnue, adj. [ Ignotus .'] Quin’est pas connu. ( Cela est inconnu. Chose inconnue. ) * INCONNU , inconnue , [ Nullius nominis. ] Qui n’aj point de réputation dans le monde. 4 INCONNU , est aussi subst. (Un inconnu m’a donné cet avis. Un inconnu lui a inspiré de l’amour. ) INCONSIDE'RATION ,sf. [ Imprudents. ] Imprudence. q Cet étourdi a perdu fa fortune par lòn inconsidération. ) INCONSIDE'RE', inconstdérée, adj. [Imprudent.] Imprudent. Peu sage. Peu prudent. Peu judicieux. (Action inconsidérée. Faire des largesses inconsidé- rées. Ablanc. apopb. Qui dit des paroles inconfidérées. Quelquefois on fait ce mot substantif. La mort est une inconsidérée qui ne respecte rien. Acad. ) INCONSIDE'RE'MENT, adv. [Imprudente*-.] Etour- diment. D’une maniéré promte & étourdie. Avec imprudence. ( S’engager inconsidérément en un lieu étroit. Vaug. Quint. I. j. ) INCONSOLABLE , adj. [Non consolabilis.] Ce mot se dit des choses & des personnes. Vaug. rem. ( 11 est inconsolable de la mort de sa maîtresse. II est dans une douleur inconsolable. Mais c’est moi que je plains seul, triste, inconsolable; Comment réparerai-je une perte semblable. ) Mademoiselle Descartes. ) f * INCONSOLABLEMENT , adv. [ Inconsolabili- ter.] D’une maniéré inconsolable. ( 11 est afligé in- consolablement. ) INCONSTANCE,/ /. [ Leevit.es , inconstantia.] Vice contraire à la constance. Belle Cloris, suiez l’in- constance. Scar. Aimer l’inconstance. L’inconstan- ce en amour mérite d’être blâmee. ) f INCONSTANCE , se prend aussi pour faction de changer. (On ne se fiera plus à lui après une telle inconstance. Cette inconstance ne doit pas vous surprendre. ) H INCONSTANCE, se dit encore des choses sujettes à changer. L’inconftance des faisons, l’inconstance des vents , l’inconstance de la fortune. INCONSTANMENT , adv. [ Inconstanter. ] D’une maniéré inconstante. ( Aimer inconstanment. ) INCONSTANT, inconstante, adj. [Levis, inconstant.] Leger. Qui n’a point de constance. Changeant. (Esprit inconstant. Humeur inconstante. Personne inconstante. Le tems est inconstant. On ne fait pas revenir les inconstans par des plaintes & des fracas. BustìRab.) INCONTESTABLE, adj. [Indubìtatus, non con. troverfou.] Qu’on ne peut contester. C’est une vérité incontestable. Mol. Titre incontestable. Patru. INCONTESTABLEMENT , adv. [ Indubitanter, abs- que ullâ controversta. J D’une maniéré incontestable. ( Cette maison m’apartient incontestablement. Cela est incontestablement vrai. ) INCONTINENCE, fi- [Incontinentia, intem- perantia.] Dérèglement de vie. ( L’incontinence seule sépara Henri VIH.de l’Eglise Catholique. Maucroix. schisme, l. i. Les dévots ne connoissent des crimes que l’incontinence; parlons plus précisément, que le bruit, ou le dehors de l’incontinence. La Bruyère. On a étahli les cloîtres, & les doubles grilles pour brider l’incontinence des femmes.) 4 INCONTINENCE d’urine. Terme de Médecine. C’est une maladie de la Vessie, qui cause un flux involontaire d’urine, soit la nuit, soit le jour, par un trop grand relâchement du sphincter. f INCONTINENMENT , adv. [lncontinenter.] Avec incontinence. D’une maniéré incontinente. (Vivre incontinenment. ) INCONTINENT, incontinente , adj. [ Incontinent. ] INC Ce mot veut dire, intempérant ; mais il ne se dit pas ordinairement, & même il ne se dit qu’en des matières de piété , ou autres pareilles. ,INCONTINENT , adv. [Statim, illico. ] Auffi- tot. (II viendra incontinent. Cela se fera incontinent.) íf INCONTRADICTION- Ce mot ne me paroit pas Franqois. INCONVE'NIENT , f m. [Incommodum, in. fortunium. J Ce mot vient du Latin inconvénient, il ne garde pas pourtant la signification de son origine. II se prononce inconvénian , & il signifie en Franqois , forte de malheur, infortune. 11 signifie auffi dificulté qui se présente dans une afaire. [ Difficulté ] Conséquence fâcheuse. ( C’est un grand inconvénient. II est impossible de prévoir tous les inconvéniens. II n’y a point d’inconvéniens à prendre ce parti. Ce sentiment est sujet à de grands inconvéniens. Engager dans un inconvénient. Bostuet. ) INCONVERTIBLE- c Qui ad meliorem frugem se recipere nequit. ] Oui ne se peut convertir. (Vous étés fi enraciné dans le vice que je vous crois inconvertible. Le P. Bouhours condanne ce mot dans la traduction de l’imitation de Jèsus-Christ par de Beuil.) INCORPORALITE', s f. [Spiritualitas. ] Ce mot se dit proprement de Dieu & des Esprits, & signifie qu’ils ne sont pas des corps. ( Je les entens crier tout le jour, & parler d’idées & d’incorporalité. Abl. Luc. t. 2. double accusation, p. ; io.) INCORPORATION , s f. [Coagmentatio.] Union & mélange d’un corps avec un autre. ( 11 faut mêler ces drogues & les laisser infuser jusques à une entière incorporation. ) INCORPORATION. [Coaptatio.] 11 se dit des corps politiques. ( On a fait l’incorporation de ces deux Compagnies, de ces deux Provinces, &c. ) INCORPOREL, incorporelle, adj. [Incorporem, corporis expert.] Qui n’a point de corps. (Etre incorporel. ) En Droit on apelle possession incorporelle , la possession des choses qu’on ne peut toucher, comme les droits Seigneuriaux.) INCORPORER , v. a. f Multa ìn unum corpus re- digere. ] C’est de plusieurs choses n’en faire qu’un corps. (Incorporer des acides avec des alkali, en sorte qu’ils ne fassent qu’un corps. ) * INCORPORER. [Unire.] Annexer. (Province unie & incorporée à la couronne. Patru, plaid. 4. ) * INCORPORER. [Aggregare, cooptare.] Recevoir. Admettre dans quelque compagnie de personnes. (Incorporer au corps des Oficiers de la ville de Paris.) S’INCORPORER, v. r. [In unum corpus redigi.] Se mêler en ne faisant qu’un corps. (Le plomb réduit en poudre, s’incorpore facilement avec l’huile. Glas. ) (§ INCORRECT. Celui qui 11’est pas susceptible de correction. Ce Terme n’est point reqû , & doit être condamné. INCORRIGIBILITE', s s [Indocilité] Indocilité. Persévérance dans ses fautes. ( Je me fuis défait de ce jeune homme à cause de son incorrigi- bilité. ) INCORRIGIBLE, adj. [Inemendabilis.] Qu’on ne peut corriger. Qui est incapable de correction. (Enfant incorrigible. ) INCORROMPU , uë, adj. Qui n’est point corrompu. ( La nature incorrompuë, Pascal. Ce mot est un peu bazardé. ) j0f Le P. Bouhours le condamne, pag. 19. de ses Doutes, parce que Mr. Pascal s’en est servi. Cette raison n’est bonne que pour lui. INCORRUPTIBILITE', s s [Incorruptibilité] Qualité par laquelle une chose est incorruptible. ( L’incorruptibilité des corps glorieux. ) * INCORRUPTIBILITE', se dit aussi de l’integrité d’un homme, qui le rend incapable d’agir contre son devoir, de se laisser corrompre. L’incorruptibilité de ce juge a paru dans les occasions.) INCORRUPTIBLE , adj. [ Corruptionis expert. ] Qui ne peut être corrompu. (Le bois de Settim est incorruptible. ) * Juge incorruptible. Une fidélité incorruptible, ( Integer. ] INCORRUPTION,// [Vis putredini refsiens ] Etat Tom. IL U z des 2 C 2 INC des choses oui ne fe corrompent point. ( L’incorrup- tion sera furie des propriétés des corps glorieux. On dit aussi incorruptibilité, en ce meme sens. INCOUPABLE, ttdj. Qui est innocent. On ne fe sert point de ce terme. , ± TNCOURANT , ach. Les Negocians se servent quelquefois de ce terme, pour signifier une chose qui n’est pas usitée , ou une marchandise qui n a point de débit. ( Cela est incourant. ) Ce mot ne se trouve que dans quelques traitez de Commerce imprimez en Hollande ; il ne paroît pas d’usage en France. í INCRASSANT, ANTE, adj. Terme de Médecine. On le dit de tout ce qui épaissit le sang & les humeurs (Remede incrassant. Alimens incrassans.) f INCRASSER, v. a. Epaissir, rendre épais. INCRE'DIBILITE', s- /. [ ïststd non facitsidemj Ce mot n’est en usage que dans I’ecole. (La contradiction manifeste est un sûr motif d’incrédibilité. ) INCREDULE, adj. & subst. [Incredulus.] Qui ne croit pas aisément. ( S. Thomas étoit incrédule. Personne incrédule. .11 faut être prudenment incrédule. S. Evremont. ) f INCRE'DULE , f. m. & f. Qui ne croit rien en matière de religion , qui fait profession d’être libertin. (Les incrédules nient les véritez les plus certaines. Le mauvais exemple des Ecclésiastiques fournit des armes aux incrédules.) INCREDULITE', st f. [ Incrédulité.' ] _ C’est le contraire de la crédulité. (II est dans l’incrédulité. Son incrédulité ne peut être vaincue. ) INCRE'E', incréée, adj. [ Increatus.J Qui n’a pas été créé. ( Dieu est un être incréé. Vérité in- îréée. God. Le Verbe incréé. ) INCROÏABLE , adj. [Incredìbilis . ] Qui ne peut être erù. Ce à quoi on ne peut ajouter foi. Qu’on ne íau- roit croire. Qui passe la créance. (Ces choses ne font pas incroïables d’un si grand Prince. Abl. Arr. Accident incroïable à ceux qui ne Pont pas vû. Voìt. L 9. ) INCROÏABLE , adj. [ [mmenfus .] Excessif, qu’on ne peut pas exprimer par les paroles. ( Xerxès fit passer en Gréce un nombre incroïable de soldats. II faut de i’incromble, il faut du fabuleux , Pour ks Héros [st four les belles. S. Evremont. ) INCROÏABLEMENT , adj. [Modo sidem excedente .] D’une maniéré incroïable. ( II y avoit à ce spectacle du monde incroïablement. ) Ce mot n’est pas fort usité. INCRUSTATION, f f [Incrustation Terme d’ Arcbiteflure. C’est un ornement de pierres dures Sc polies, ou autres choses brillantes qu’on aplique dans des entailles faites exprès dans le corps d’un bâtiment. ( Les incrustations du Louvre font de marbre; mais les incrustations du château de Madrid ne font que de poterie. ) INCRUSTER,», a. [ Incrustare .] Faire une incrustation. f INCUBATION, f. f. Action de la poule qui couve ses œufs. INCUBE , f. tu. [ Supprestìo noflurna. ] Opres- sion nocturne qui vient des cruditez de l’estomac. Le peuple l’apelle cauchement. INCUBE. Celle qui prend à l’égard d’une personne de son sexe les privautez qu’un mari prend avec sa femme. INCUBE. [Incubus, daman infultor.] Diable qui prend la figure de l’homme, & qui à la faveur de cette figure vient habiter avec Une femme, à ce qu’on í’imagine. Le tableau de l’amour en parle. INCULQUER, v. a. [ Inculcare. J Mettre une chose dans l’efprit à force de répéter. ( II faut inculquer aux enfans ce qu’on leur enseigne. II estnéces- mire de bien inculquer les véritez aux Chrétiens. Fleuri, mœurs des Chrétiens. ) ÇPL'TE, adj. [ Incultm. ] Qui n’est pas cultive. (.Terre inculte & sauvage. Bens rondS * INCULTE , adj. [Inurbanus.] Quin’est paS poli. (Esprit inculte. 11 est acoûtunié àmevie^ncul te. S. Evremont , génie des Romains INCURABLE, â ustZm] n i, » dit choses & des personnes, & signifie qu’on'ne peut guérir! INI) ( Mal incurable. Plaie incurable. God. Le mal ca* duc & la goûte font des maladies incurables. II y a dans l’hôpital des Incurables du Fauxbourg Saint Germain une sale d’hommes incurables, & une autre de femmes incurables. ) (f Mr. Racine, dans fa Phèdre, aH. i .st. 3. a dit; D’un incurable amour , remèdes impuijsans. Les censeurs de cette tragédie désaprouverent l’incu* table amour. Incurable ( dirent-ils ) est d’un trop bas étage, pour l’associer à l’amour s il faut le renvoïer à l’hôpital, ou dans la boutique d’un Chirurgien ; Et st dans ces vers détestables , Malgré les plus fortes raisons, On met l’amour aux incurables , Les Poètes logeront aux petites maisons. INCURABLES , f. m. [ Inj’anabilium hostitium. ] Maison fondée pour les pauvres malades dont la guérison est desesperée. ( Avoir une place aux incurables. II faut voir de ce pas les plus considérables, L’un demeure au Palais , [st l’autre aux incurables. Despr. ) INCURSION, f f [ Incursto . ] Les courses des ennemis dans un païs. ( Arrêtez les incursions des Barbares. Ablancourt. ) f * Incursion gaillarde & amoureuse. Terme Bur~ lefque. INCUSE, f f [ Numisma, incusum, nummus in. cusus. J Terme de Médailliste. Nom qu’on donne aux médailles qui n’ont point d’inscription au revers, ou qui portent en creux la tête qui est en bosse de l’autre côté. INDAGUE , adj. [ Turpis. ] Vieux mot , qui fignifioit autrefois, mal mis, & mal vêtu ; & dont le peuple se sert encore pour marquer un vilain , un mal-honnête. INDE , st »r. [Indicum. ] C’est un bois dont la décoction est fort rouge. C’est aussi le nom d’une couleur qui sert aux Peintres , qui fe fait de l’écume du pastel, que tirent les Teinturiers. /jT L’inde qu’on emploie aujourd’hui , fe fait de deux manières ; l’un , d’une herbe que les Grecs nomment Izatis, & les Latins Glastum, que nous apollons Guesde ; & l’herbe apellée Indigo , qui croît dans la province de Guatìmala, & qui est de grand usage parmi les Teinturiers. Félibien. INDECENCE ,s. f. [ Indecorum. ] Ce qui est contraire, & oposé à la bienséance, à l’honnêteté, Sc à la civilité. ( C’est une indécence. ) INDE'CENMFNT , adv. s Indecorè. ] D’une maniéré indécente. ( On assiste indécenment au service divin , quand on n’y aporte pas tout le respect que l’on doit. ) INDE'CENT, indécente, adj. [Indecens, indecorus. ] Qui n’est pas honnête. Qui n’est pas dans la bienséance. (Ils recherchent la prééminence par des voies & des pratiques si indécentes. Patru, plaid. 1;. page ;oç. INDECHIFRABLE , adj. [ Inextricabilis .] Qui ne fe peut déchifrer. ( Un chifre bien fait & avec une double clef est indéchifrable.) II signifie aussi, qu’on ne peut lire. ( Les caractères de cet obélisque sont indéchifrables. II signifie encore obscur & embrouillé, & qu’on ne peut expliquer. (Passage indéchifrable. ) f * INDE'CHIFRABLE, se dit aussi d’un homme dont on ne peut pénétrer les desseins, ou dont la conduite est fort extraordinaire. C’est un homme indéchifrable. Voilà une conduite indéchifrable. ) . INDE'CIS , indécise, adj. [ Non decifus, pendens J Qui n’est pas décidé. Quin’est pas déterminé. (Le procez est indécis. L’afaire est indécise. ) f INDECIS, se dit aussi des personnes , & signifie irrésolu, qui a peine à se déterminer. (11 est toujours indécis. ) On dit aussi d’un homme qui n’a pas encore pris fa résolution, qui ne s’est pas déterminé, qu’il est encore indécis. (II y a longtems qu’il de- vroit avoir pris son parti , & il est encore indécis. ) INDECLINABLE , adj. [Indeclinabilis.] Terme de Grammaire, qui se dit des noms qui ne fe déclinent pas. ( Nom indéclinable. ) Voïez décliner. t INDECROTABLE , adj. [ Luto indelebìlt constierjus. ] Qu’on ne peut jamais décréter. (Un pédant est un animal indécrotable. ) IN- IND INDETIN 1 1 indéfinie, adj, [ Indefinitus. ] Quî n’est pas défini. ( La chose est indéfinie. ) Selon Descartes , le monde est indéfini. ) f INDEFINI. Terme de Grammaire. On apelle prétérit indéfini , celui dont le te m s n’est pas précisément marqué , & qu’on apelle aussi Aoriste , comme f aimai, tu aimas, il aima. INDEFINIMENT , adv. [ Indefinitè. ] D’une maniéré indéfinie. (La Loi porte indéfiniment. Patru , f laid. 9. Divisible indéfiniment. ) INDE'LE'BILE , adj. [ Indelebilis .] Terme consacré, qui se dit des Sacremens, & qui signifie, qui ne se peut éfacer. ( Le caractère du Batême est un caractère indélébile. Le pédantisme est un caractère indélébile. ) INDE'LIBE'RE', ée, adj. C Absque deliberatione."} Action sur laquelle on n’a point délibéré ni réfléchi.) Les premiers mouvemens de la douleur & de l’indi- gnation font presque entièrement innocens, parce qu’iis font presque entièrement indélibérez. Le Maître. On ne dit point, indélibération. ) INDEMNISER , v. a. C Damnum frœstare. ] Terme de Pratique, Prononcez indamnifé. Dédommager. ( Indemniser une personne. II est indemnisé. Elle est indemnisée. ) f S’INDEMNISER , v. r. Se dédommager. (II saura bien ^indemniser de ses pertes. ) INDEMNITE', f f. Z Damni prœjlatio. J Terme de Palais. Prononcez indamnité. Dédommagement. Acte par lequel on promet d’indemniser. (C’est mon indemnité. ) C’est aussi un droit qu’on païe au Seigneur féodal, quand un fief tombe en mainmorte. (f INDEMNITE'. Mr. Ménage, tome 1. ch. 147. de ses observations , a remarqué qu’autrefois on di- soit indennìté; mais que depuis quelques années on. prononce la lettre m : ainsi il faut dire & écrire indemnité. Ce terme signifie en général, dédommagement & garentie ; & c’est dans ce sens que l’on donne aux Seigneurs féodaux une indemnité, lors qu’un fonds est aquis par une Communauté Laïque ou Eclé- siastique ; c’est aussi dans le même sens que les Coutumes acordent aux femmes une indemnité , lors que leurs propres biens ont été estimez par leurs maris pendant la communauté, ou lors qu’elles se sont obligées solidairement avec leurs maris ; & en ce cas , l’indemnité qu’elles peuvent demander , est aussi apel- lée remploi ou récompense ; ce qu’elles n’obtiennent qu’avec beaucoup dé peine & de dépense , les créanciers du mari n’oubliant rien pour éluder leurs prétentions. Je ne m’engagerai pas plus avant dans cette matière, pour entrer dans. l’examen de l’indemnité féodale. Mais il faut auparavant présupofer, que sous le terme de mainmorte on comprend toutes les Com- munautez Laïques & Eclésiastiques, parce qu’elles ont été incapables de rendre le service militaire dû à leur Seigneur féodal & que d’ailleurs ne changeant presque jamais, les Seigneurs féodaux font privez de í’échûte des droits de cens & autres qui leur font dûs dans les cas de mutation; en forte qu’ils peuvent les obliger de vuider leurs mains 011 de leur païer une certaine somme par laquelle les Communautez s’at sûrent la jouissance des immeubles qu’elles ont aquis. On voit par là, que l’on peut regarder l’indemnité, comme le prix de l’extinction ; ou du moins de la suspension de la Seigneurie directe, pendant que le fond sera possédé par des gens de mainmorte mais il faut auparavant présupofer que l’on entend par le terme mainmorte, toutes les communautez régulières & séculières, lesquelles ne meurent jamais , & étant toújours dans le même état, rendent infructueuse la Seigneurie directe, selon le sentiment de plusieurs Docteurs. Ces sortes de communautez étant incapables de rendre le service dû au Seigneur féodal, elles doivent acheter la capacité par un prix certain, qui tient lieu en même tems d’indemnité de la privation des droits, & dé prix de la capacité de posseder des immeubles. Bessy a remarqué dans son histoire des Comtes de Poitiers, que de toút tems, on n’a point pû empirer le fief dominant ; enforte que pour rendre solides les dons faits à l’Eglise & les aquisitions qu’el- le faisoit, il faloit un consentement, que les Rois ou les Seigneurs supérieurs acordoient quelquefois gratuitement, ,, pour participer (dit cet Auteur) aux „ oraisons des Religieux, & être reqûs en leurs con- „ frairies, & quelquefois aussi prenoient argent ou IND 253 „ récompense pour prester leur consentement. II ne ,, sufisoit pas que le Seigneur supérieur approuvât la „ chose, mais aussi falloit contenter tous les Seigneurs ,, moïens entre deux dont elle relevoit par degrez „ en plusieurs arriére-fiefs, qui est l’origine du droit „ d ’amortissement & d’ indemnité , qu’on peut juger „ de là être beaucoup plus ancien qu’on n’a pas esti- „ mé. ” Ce droit apartient aux Seigneurs directs, & cerisiers. II est réel de fa nature, & c’est peut-être par cette raison que Brodeau, sur la Coûtume de Paris, art. 167. a dit que ,, le droit d’indemnité est dû ,, AU Seigneur Haut Justicier, & au Féodal, quand ce „ sont diférentes Seigneuries, & la taxe se partage „ entr’eux par moitié. ” Mais toutes les Coûtâmes î’atribuent au Seigneur féodal, & la raison le veut, ainsi , puisque l’on ne voit pas en quoi la justice peut soufrir quand un fond passé entre les mains d’une communauté. Voïez , la Coûtume de Melun, ch. 4. art. 29. celle de Tours art. 10;. L’article 5}. du titre 9. de la Coûtume de Berry. Enfin la Coûtume de Poitou, article 92. í INDE'MONSTRABLE, adj. On le dit d’une chose qui ne peut se démontrer, qui n’est pas susceptible de démonstration. INDE'PEND AN CE , s fi [ Summa liber tas. 3 Elle consiste à être à soi , & à ne dépendre de personne. II est dans une entière indépendance. 11 n’y a rien de si doux que l’indépendance. Patru, plaid. 7 - Les filles cherchent dans le mariage le bonheur de l’indépendance. Ce mot signifie aussi ce qui est fans connexité & sans rélation à autre chose. INDE'PENDANMENT , adv. [ CircaJìtbjeHionem. J D’une maniéré indépendante.(Vivre indépendanment.) 3 = INDE'PENDANMENT , veut dire aussi sans aucun égard, fans aucune rélation à une chose. (Je luiren- drois service indépendanment des raisons qui m’y obligent. Nous devons faire notre devoir indépendanment des motifs d’interêt. ) INDE'PENDANS , f. m. f Independentes. J Nom qu’on à donné à quelques sectaires d’Angieterre & des Provinces-Unies, qui faisoient profession de ne dépendre d’aucune assemblée Ecclésiastique, INDE'PEND ANT , indépendante , adj. s Qui fui ju « ris eji. j Qui ne dépend , & ne relève de personne. (II est indépendant. Elle est indépendante. L’essen- ce de la divinité est d’être indépendante. Abbé de T.') INDE'PEND ANT. [Independens. J Ce qui n’a point de connexité avec une autre chose. (Ces deux affaires n’ont rien de commun , l’une est indépendante de l’autre. ) f INDETERMINATION, f f. C Dubìtatio , animi fiuHuatio. J Irrésolution. ( Je suis encore dans l’indétermination. ) INDE'TERMINE', indéterminée , adj. \lncertm, dubim -2 Qui n’est pas déterminé. (La chose est indéterminée. En Géométrie une ligne infinie est celle qui est indéterminée. ) f INDETERMINE'. On dit en termes de Philosophie, que la matière est d’elle même indéterminée au repos ou au mouvement; c’est-à-dire, qu’elle n’a d’elle même aucune de ces deux qualitez, & qu’elle est également capable de recevoir l’une ou l’autre. INDE'TERMINE'MENT , adv. [ Incertè , dubiè. J D’une maniéré indéterminée. Sans rien déterminer. (II a répondu indéterminément à cette question. II a parlé indéterminément de cette a faire. ) INDE'VOT , indévote , adj. [ Irreligiosttt , parent Dei cultor. J Qui n’est pas dévot. ( II est indévot ; elle est indévote. On dit aussi indévotement. ) INDE'VOTION , s. s. [ Parcus Dei cultm. ] Vice contraire à la dévotion. ( C’est une indévotion qui mérite d’être punie.) INDEX, f m. Terme Latin. Table qu’on mefc à la fin des Livres Latins. ( La Congrégation de Pin- dex à Rome, où l’on examine les livres. ( En Astronomie . c’est le stiie d’un cercle fur le méridien. C’est aussi le second doigt de la main. INDEX. Les Négocians & Teneurs de livres nomment ainsi un livre composé de vingt-quatre feuillets , qui se tient pat ordre alphabétique , dont on se sert pour trouver facilement sur le grand livre, les folio oû sont debitées les personnes avec lesquelles on a compte ouvert. L’Index se nomme aussi Alphabet, Table, ou Répertoire. Ii % $ IN- IND , s. m. Terme d’Anatomie. Muscle de l’Index, ou du second doigt qui suit le pouce. 254 -j- INDICATEUR de l’Index, Voï. Dion. T\mTT' ATTF , s- m. [ Indie atìvus. ] Terme de Grammaire. C’est le premier mot d’un verbe. (Con- juguer sindicatif. ) En Medecme on dit, signes indicatifs d’une maladie. „. . . INDICATION , f f- [ Indicatio. ] Signe qui indique quelque chose. Indication curative U préservative. Terme de Médecine. Indication, signifie aussi, enseignement. ( II m’a fait l’índication de ces héritages. ) INDICE, s nt. Ce mot vient du Latin Index. Table de livre. Sotte de Dictionnaire. ( La Régie se voit dans l’indice de Possidonius. Patru, plaid. iç. L’indice de Raguenau touchant les droits Seigneuriaux. ) INDICE. Ce mot vient du Latin ìndicium Terme de Palais. Sorte de demi preuve. Signes à la faveur desquels on conjecture que la personne acusée est vraiment acusée. ( Les indices qu’on a, ne font pas scfisans pour le faire mourir. Indice vrai , fort puissant, convainquant. Indice foible, faux, prétendu, à. Tirer des indices. Fabriquer des indices. C’est un crime acompagné d’indices certains. D’Aucourt. II n’avoit point fait arrêter ceux qu’il soupqonnoit, qu’il n’y eût été forcé par des indices évidens. Vaug. Quint. Curce, /. 7. ch. 1. Ton silence est suspect, & on le prend pour un indice d’un plus grand mal. Abl. Luc. t. 2. Jupiter le tragique. Mais je le laisse aler après un tel indice Et demeure les bras croisez comme un jocrìce. Mol. ) INDICE. Tous les Docteurs conviennent que l’on ne sqauroit donner de régie certaine pour démêler la vérité , quand on n’a que de simples indices ; ils font souvent trompeurs , & l’on a des exemples de l’injustice des Juges qui ont été séduits par des aparences qu’ils n’ont peut-être pas examinées avec toute l’atention qu’ils ont dû emploier, pour ne pas punir un innocent, ou absoudre un coupable. On convient néanmoins qu’il y a trois sortes d’indices ; les uns font légers ; les autres font plus graves & plus pressens; & les autres font plus décisifs , aussi on les apelle indices violens. Les prémiers sufisent pour arrêter ceux que l’on soupçonne d’avoir commis le crime, afin de prévenir leur fuite , & pour en informer, quoiqu’ils ne soient que de simples soupçons. Si les indices sont graves, ils tiennent lieu de présomptions & de commencement de preuve, qui donne lieu de condamner l’accuse à la question , selon le sentiment de plusieurs Docteurs. Enfin, les indices violens peuvent porter les Juges à prononcer le dernier soplice : mais pour produire cet éfet, il faut qu’il en résulte une évidence, à laquelle on ne peut pas résister. Quant à la torture, les Docteurs examinent fort au long les indices qui peuvent en autoriser le Jugement ; c’est sor quoi je m’expliquerai fur le mot torture. La faute de l’accuse sert extrêmement à fortifier les indices , & quelquefois la seule fuite est une preuve sufifante pour la conviction du coupable ; par exemple, la fuite de celui qui abandonne sonétendart, sufit pour le punir , selon les Loix Militaires. Elle est encore une preuve dans les cas où le seul soupçon sufit pour établir une conviction certaine : mais dans les grands crimes, la fuite toute feule n’est qu’un simple indice qui donne lieu d’enquerir. Le bruit qui s’est répandu dans le public, d’un crime, dont on nomme l’Auteur, est un foible indice, s’il n’est soutenu par des circonstances aparentes, comme de la fuite, d’une inimitié connue, & de menaces ; il donne lieu à la question dans les crimes cachez, & dont la preuve est dificile. Mais le bruit public ne produit aucun éfet, lorfqu’il n’est pas établi par une preuve uniforme ; car si quelque témoin dit qu’il n’en a pas oui parler , la déposition Jtt. Ta e n ’ e st pas public. L’inimitié décla- V • “J 1 lnt * lce des plus pressens, quand elle a une l’antrp°a ant:e ' * ^oit capable de porter l’un la cause est ?f enne i nis aux . derniers excès : mais si la cause est legere & peu intéressante, elle ne sert pas meme a arrêter celui o„e r ■ . rnp à informer T > fl ue , Jt >n soupçonne, ni me- Msi n & aeuí itérées en diférentes oc- casions, « peu de tems avant le crime commis, sont IND un fort indice , & autorisent Pemprisonnement & l’information, dont la preuve est fortifiée par cette circonstance. Enfin, c’est particulièrement dans les Procédures criminelles , que les Juges doivent examiner les faits & les circonstances avec une extrême attention ; & l’on ne peut donner de régie générale & certaine fur cette matière ; c’est par cette raison que l’Ordonnance de 1670. a dit dans l’article 2. du titre des Décrets, que, selon la qualité des crimes, des preuves U des personnes , fera ordonné que la partiese- ra ajjìgnee pour être dùie , ajournée à comparoir en personne, ou prise au corps, laissant ainsi à la prudence du Juge de prendre l’un ou l’autre parti , selon les indices & les circonstances. INDICIBLE , adj. f Inenarrabilis J Qui ne se peut exprimer par des paroles. (J’en ai une joie indicible. C’est un point indicible.) INDICIPLINABLE , adj. [ Monitoribus aster , indocilis. J Qui ne peut être dicipliné. ( Enfant in- diciplinable. Les belles, quand elles ont pris leur pli, sont indiciplinables. ) INDICROSE, ou ROSE INDIQUE. Les Fleuristes donnent ce nom à une sorte d’œillet qui est fort beau. INDICTION, f f. [ Inditfio, coatfio.] Ce mot sc dit en parlant de Concile. C’est la promulgation de l’assemblée du Concile. ( L’indiction du Concile est au prémier jour de l’an. ) INDICTION. [Inditfio .J Terme de Cronologie. C’est une révolution de quinze années, établie par Constantin qui ordonna que l’on ne compteroit plus par olimpiades, mais par indictions. Elle est encore en usage dans les Bulles & Rescrits Apostoliques. 0 INDICTION. Ce terme a d’abord signifié un tribut que les Romains levoient toutes les années dans les Provinces, sous le nom á’Inditfio tributaria ; & il est vrai-scmblable, comme la remarqué Baronius, art. 312. n. ioâ. & après lui Air. Fleury dans le livre dixième de son Histoire Eclélìastique, que ce tribut étoit levé pour la subsistance des soldats, & particulièrement de ceux qui avoient servi pendant quinze ans la République. Mais lorsque l’Etat de l’Em- pire Romain changea entièrement par l’abolition de l’ancienne République , on conserva néanmoins le terme Inditfio , pour marquer un espace de quinze années, de même que les Grecs comptoient par 0- limpiades , qui contenoient quatre années , & les Latins par lustres, qui étoient formez du cours de cinq années ; on introduisit dans Rome YInditfion, pour exprimer la révolution de quinze ans. On cherche inutilement le tems où l’on commença de s’en servir; & c’est un point d’histoire si obscur, que le Pere Pe- tau lïb. 6. rationar. ann. 364. a dit , que ceux qui afirment, que l’Empereur Constantin, après avoir aboli les jeux séculaires , & vaincu Maxence, introduisit l’indiction , qu’il fit commencer au mois de Septembre, devinent fans doute ; puiiqu’ils ne peuvent pas en raporter la preuve : en éfet, on en voit des actes plus anciens, que l’on apelloit Consulaires, parce qu’ils marquoient les Consulats Romains ; on en voit encore d’autres , où l’indiction est rapellés sous le nom des Empereurs & des Papes : enfin, depuis le commencement de la querelle des investitures, les Ecclésiastiques ne firent plus mention des Empereurs dans leurs indictions, qui furent fixées au mois de Janvier, sous le nom du Pape qui occupoit le Saint Siège. Mais toutes ces choses sont si e m harassées , que le P. Mabillon , dans son livre, de re di- plomaticâ, n’a pas pû les éclaircir, comme il a fait plusieurs autres choses plus importantes. Voyez Mr. du Cange, dans son Glojsaire. INDIENNE 1 s s- [Pannm indiens.'] Toile fur laquelle on imprime des figures , des fleurs & autres agrémens, & qui sert à faire des robes de chambre. ( J’ai acheté une indienne ; pour dire, une robe de chambre d’indienne. ) INDIFE'RENCE , st /• C Anìmus in nullampar- tem propendens. J Disposition d’esprit qui fait qu’on n’a pas plus de panchant pour une chose que pour une autre, J’ai beaucoup d’indiférence pour cela. Jouissons d’une paix profonde , i’indiference est le suprême bien , Qn IND XJn cseitY qui ne désiré rien PoJJede tous les biens du monde. Auteur anonyme. ) * INDIFE'RENCE. [ RemiJJìo, frigusculum. ] Espèce de froideur. (Elle a une grande indiférence pour lui.) INDIFE'RENCE. [ Indifferentia .] Ternie de Théologie. Pour expliquer Tessence de la liberté. (La liberté en général, en faisant abstraction de l’homme pécheur, peut fort bien s’expliquer fans indiférence, selon S. Augustin. Arnauld, apologie de Jansenius. ) INDIFE’RENMENT , adv. [ Indiscriminatim .] D’une maniéré indiférente. ( Vivre indiférenment. ) INDIFE'RENT, indiférente, adj. [Indifférent .] Qui a de /indiférence. (Humeur fort indiférente. II est indiférent. Elle est indiférente. ) II se dit austì de la personne pour qui, & de la chose pour laquelle on a de l’indiférence. ( II m’est indiférent. Elle m’est indiférente. Cela m’est indiférent. II n’y a point d’actions indiférentes. ) INDIFE'RENT. Indolent, qui n’a point de passion, que rien ne touche. (Une femme indiférente est celle qui n’aime rien. Quand on dit à une femme , ce jeune homme ne vous est pas indiférent, c’est lui dire, Vous l’aimez. Cela n’est pas indiférent, c’est-à- dire , cela est bon à quelque chose. ) f INDIGENAT,/ »r. Naturalisé. Ce terme vient du Latin Indigena , qui signifie, natif d’un p aïs ; & il est en usage en Pologne , où donner l’indigenat à un homme, c’est le naturaliser, lui accorder des lettres de naturalité. INDIGENCE,//. [Egesias.'] Ce mot vient du Latin indigentia , & il signifie disette, pauvreté. Prononcez indijance. Etre dans une extrême indigence. Pasc. I. 6. L’indigence est afreuse, elle est dure & honteuse. La crainte de se voir lui-même Réduit à l’indigence extrême , PI’arrête point sa charité. God. poës. ) Quand la nature N la raison Règlent notre dépense , On ne voit jamais l’indigence Mettre le trouble en la maison. Poète anonyme. ) Dieu a rempli de bien ceux qui étoient dans l’indigence. Part-Royal, Cantique de la Vierge. INDIGENT, indigente, adj. [Indigus, egenusfj II vient du Latin indigent. Prononcez indijan. Pauvre, qui est dans l’indigence. II ne se dit guéres que dans des discours de morale & de pieté, & même qu’il ne soit précédé du mot pauvre, pour le mieux faire entendre. ( Les Auteurs font d’ordinaire pauvres & in- digens ; & les haillons du pauvre V.... le disent assez. ) INDIGENT, f m. [Inops.2 Qui est dans l’indigence. Rendez justice au pauvre & à Tindigent. Port.Royal, Proverbes de Salomon. Ouvrez la main à l’indigent. Le ; même. Après qu’en votre nom on a pris tant de Villes , Voudrait on ni enlever le peu que j’ai d’argent ? Non, non, ce font pour moi des fraieurs inutiles ; Que peut votre trésor tirer d’un indigent ? Le Pais. ) INDIGESTE , adj. [Crudus, non concofíus.J Terme de Médecine. 11 se dit des alimens, & signifie qui est dificile à digérer, & qui demeure longtems dans l’estomac. ( Les fruits crus font indigestes. Viande indigeste. ) Un estomac indigeste ; c’est-à-dire , qui ne digère pas bien. f * INDIGESTE. [ Rudis , indigestaque môles. ] II se dit des ouvrages d’esprit mal rangez, qu’on n’a pas bien digerez ; c’est-à-dire, mis en ordre comme ils le doivent être. (C’est un livre encore indigeste. ) INDIGESTION,/./. [Crudités Terme de. Médecin. Imparfaite coction. Corruption de l’aliment. ) INDIGNATION ifs [ Indignatio. ] Déplaisir qu’on ressent lors qu’il arrive du bonheur à celui qui ne le mérite point. Ce mot d "indignation signifie aussi colère. ( Concevoir de l’indignation contre quel- cun. Patru , plaid. J 2. J t INDIGNE, adj. [ Indignus. ] Qui ne mérite pas. Qui n’est pas digne. ( H est indigne de l’honneur que je lui fais. Capucin indigne. ) IND 255 f INDIGNE, signifie aussi qui ne convient pas. ( Cette Action est indigne d’un honnête homme. Cet- le lâcheté est indigne d’un homme de guerre. ) INDIGNE. [ Indignus. ] Honteux. Injurieux. Qui n’est pas honnête. (Un traitement indigne. Le charger d’indignes chaînes. S. Evremont. ) INDIGNE', indignée , adj. f Stomachans , indigna- bundrn. J Fâché. Qui est en colère : ( II est injustement indigné contre lui. ) 0 INDIGNE' ne dit point assez dans la Pharsale de Brebeuf, liv. 1. Regagner les drapeaux que le Parthe a gagnez, Et vanger de Crajsus les manès indignez. Un homme indigné , n’est point un homme outré de douleur & de colère. INDIGNEMENT, adv. [ Indigne. ] D’une maniéré indigne. ( On l’a traité indignement. ) S’INDIGNER, v. n. [ Stomachari ] Entrer en indignation , se fâcher. ( On ne sçauroit trop s’indi- gner contre l’injustice du siécle. II est indigné de ce que fa maîtresse lui a refusé sa porte. ) t INDIGNER, v. a. Irriter, exciter l’indignation. ( II a indigné tout le monde par cette action. Sa conduite a indigné tous ses amis. ) INDIGNITE', f. f. [Indignitas.2 Qualité qui rend indigne. Défaut de mérite. ( On l’a démis de fa charge, à cause de son indignité. , 0 INDIGNITE'. L’incapacité & l’indignité ont di- férentes causes ; mais elles produisent le même éfet, l’une & l’autre privant également d’un bien, dont on auroit joui , si l’on n’avoit pas été incapable de le posseder, ou dont on s’est rendu indigne par fa conduite & par ses actions. L’incapacité n’a aucun ra- port à celui des biens duquel il s’agit ; l’indignité, au contraire, naît de l’ingratitude, quand elle est jointe au crime ou à l’insulte. On trouve dans les Loix Romaines plusieurs espèces d’indignité , que nous ne connoissons plus. Nos Ordonnances en ont introduit parmi nous , qui ont été inconnues aux Romains. Enfin, le Fisc profitoit de l’indignité des particuliers : mais à présent, le Fisc ne trouble point Tordre des successions , & ne profite point de la faute d’autrui. Quoique la Loi ait établi l’indignité & fes éfets , & que ce soit une maxime dans la Jurisprudence Romaine , que les crimes font prescrits, & abolis par l’efpa- ce de vingt ans; cependant Ton tient en France, que l’indignité ne se couvre jamais par aucune prescription, qui ne peut avoir lieu que pour la peine, qui ne peut plus être prononcée qu’après vingt ans : mais Téfet de Tindignité doit toujours subsister, parce que l’im- preffion du crime ne peut être éfacée que parla mort. Non seulement Thomicide rend indigne celui qui Ta commis ; la négligence d’empêcher la mort de celui à qui Ton veut succéder, produit le même éfet; ainsi le Parlement de Rouen à déclaré un fils indigne de la succession de son pere, parce qu’il ne savoir pas secouru pendant qu’il avoit été malade de la peste : l’Arrêt est raporté par Beraud sur la Coutume de Normandie. Celui qui ne révélé pas une conspiration formée contre son parent ou son ami , est tombé dans Tindignité , ainsi que celui qui néglige de vanger la mort de son bienfaiteur. 11 y a plusieurs autres cas d’indignité que les Auteurs ont remarquez, & dont je ne fais point de mention , pour me renfermer dans mes bornes. Voyez Richard des donations. Le Brun des successions , A? les deux titres du Droit Romain, Dt bis quìbrn ut indignis , [ffc. Voyez incapable. * INDIGNITE', / /. [Injuria, atrocitas. J, Injure. Mépris. Chose honteuse. ( 11s voudroient être morts pour se délivrer des indignitez qu’on leur fait soufrir. Abl. rétorìque, l. 3. c. 61. INDIGO, f m. [Indicum-2 Plante de l’herbe de laquelle on fait une pâte qui sert aux Teinturiers, pour faire une couleur violette. ( Elle vient des Indes. ) H iNDIGOTERIE ,s f On apelle ainsi le lieu oû Ton prépare TIndigo. f INDIGOTIER, f m. Plante dont Ton fait TIndigo, & qui croît dans les Iles de TAmérique. 0" INDILIGENT. Ce mot ne se dit point, f INDIMION,/ m. Les Fleuristes ont donné ce nom à une sorte d’oeillet , piquetté de brun fur un fin blanc. t IN- 256 IND Terme de Fleuriste. Sorte f INDIQUE, // d’anémone. t INDIQUER , X I” dicare - J Contrer comme au doigt. Donner a connoitre. Enseigner. ( On lui a indiqué cela. ) INDIQUER' [ Indicare , convocare. J Le mot le dit en parlant de Concile, & veut dire, signifier l’assem- blée du Concile. ( II indiqua rassemblée au troisième Novembre. Maucroix, schisme, l. 1. ) IND IRE- Ce mot se dit en terme de Fief. Quand on parle du droit d’indire aux quatre ces , qui est un privilège que quelques grands Seigneurs ont de doubler leurs rentes & leurs revenus en quatre cas. 1. Pour le voïage d’outremer. 2. Pour une nouvelle chevalerie. Quand le Seigneur est prisonnier de guerre. 4. Pour le mariage d’une fille. En 1695. Monsieur le Prince fit lever ce droit dans son Comté de Charolois pour le mariage de Madame la Duchesse du Maine fa fille. INDIRECT, ìndìrelie , adj. [ Indirefltu, obliquus .] Qui est oposè à direct. Qui est oblique. ( Avantage indirect. Voie indirecte. Harangue indirecte, e’est quand un Historien récite les principaux points de la harangue d’un de ses personnages , au lieu de Je faire parler lui-même. ) H Ce terme n’a point d’usage au propre, & on ne s’en sert qu’au figuré.. On apelle louanges m dire f k s , Celles qu’on donne adroitement à quelcun, fans qu’on témoigne avoir le dessein de le louer. INDIRECTEMENT, adv. [Obliqué.'] D’une maniéré indirecte. ( Cela le regarde indirectement. ) INDISCRET , indiscrète , adj. [ Inconstderatm. ] Qui n’a point de discrétion. ( 11 est indiscret. Elle est indiscrète. C’est un indiscret. ) INDISCRE'TEMENT , adv. s Inconstderatè .] D’une maniéré indiscrète. ( Parler indiscrètement. ) INDISCRETION , s. f. [ Inconstderantia, témérités .] Imprudence. (.C’est une grande indiscrétion à lui d’avoir fait celà. * On n’a vû que trop de ces malheureuses entretenir l’audience des indiscrétions de leur vie. Patru, plaid. u. (C’est-à-dire, des dérèglement de leur vie.) INDISPENSABLE , adj. [ Necejfarius, inevita- bilis. J Ce dont on ne se peut dispenser. ( C’est une loi indispensable. ) IND1SPENSABLEMENT , adv. [Necejsariè.] D’une manière indispensable. Sans se pouvoir dispenser. (La Cléricature étoit indispensablement a tachée à leur ministère. Patru , plaid. r;. II est engagé indispenla- blement à la guerre. Ablanc. ) INDISPOSE', indisposée , adj. [Infirma valetudine ajseHtss.] Qui n’est pas bien disposé. Qui n’est pas en bonne santé. (II est indisposé. Elle est indisposée depuis deux ou trois jours. ) Indisposé vient du verbe indisposer, qui n’a point d’usage en ce sens. INDISPOSER , v. a. [Alienum reddere. ] Rendre quelcun mal-intentionné pour un autre. Celui qui après m’avoir reçu , se répand aussi-tôt en des façons extérieures, s’indispose beaucoup pour me recevoir. Port-Royal , Imitation. (Le P. Bouhours condannece terme. Cet indijposer , dit-il, est gaillard, & je fuis bien trompé si ce mot-là fait fortune. Danet l’a mis dans son Dictionnaire. f INDISPOSER, v. a. II signifie dans le stile familier, aliener, fâcher, mettre dans une disposition peu favorable. II n’a d’usage que dans cette phrase, Indijposer contre quelcun. Cette démarche nous a tous indisposez contre lui. ) INDISPOSITION, s. f. [Infirma valetudo .] Mauvaise santé. ( Son indisposition est fâcheuse. Elle est dangereuse. Elle est guérie de son indisposition. Jacques le Févre mourut à cent & un an fans aucune indisposition, & Marguerite de Navarre le fit enterrer magnifiquement. Columéfius , mélanges historiques. ) INDISSOLUBLE, adj. [.Indìsjaïubìlis .] Qu’on ne peut dissoudre, qu’on ne peut ni rompre ni défaire. ( Ce mariage est indissoluble. Fléchier , Commendon , l. 1. c. 9. J e frémis à la feule vûë d’un engagement indissoluble. S. Evremont. j I^OLUBLEMENT , adv. [ Modo indijsolubili .] 0rte Sa "“ ( L’indiffolubilité du mariage?) P dissoudre. IND INDISTINCT, indstinUe, adj. [lndstiniïw.J Qui n’est pas distinct, obscur. Le mot d 'indstìnH est peu usité, néanmoins on le croit François. (Idée obscure & indistincte. ) INDISTINCTEMENT ; adv. [ Indstinttè. ] Sans distinction. Indéterminément. ( La loi l’ordonne indistinctement. ) f INDISPUTABLE, adj. Ce mot ne se dit pas. INDIVIDU, / m. [ Individuum .] Terme de Phi- lojbphie. Le mot à’individu est en usage parmi les Philosophes, pour marquer une chose particulière, & pour la distinguer des choses générales qui se peuvent diviser. L’homme, par exemple, est un terme général, & se peut diviser en Pierre , Paul, Jean, &c. qui sont des individus. ( Socrate est un individu. ) t * INDIVIDU. C Cuticula .] En riant, au figuré, il signifie le corps particulier d’une personne. ( L’hiver est l’ennemi particulier de mon misérable individu, & il n’y a pas moïen que nous nous acommodions lui & moi. Balzac , lettres familières à Conrart. Cela regarde mon individu. Cela concerne mon individu. Ces façons de parler se disent en riant ; pour dire, cela me regarde particulièrement. Cela concerne ma propre personne. ) On dit, La trèssainte [s individuè Trinité. [ San- fla U mdividua Trinités. J En parlant des trois personnes divines. INDIVIDUEL, â, adj. [ Individualis. ] Terme de Logique. 11 y a des diférences individuelles ; c’est- a-dire, que Pierre est diferent de Paul. INDIVIDUELLEMENT, adv. [Individualiser.] A ne regarder precilèment que l’individu, comme Pierre en tant que Pierre. INDIVIS, rrrài/è, adj. [Indìvisus.] Terme qui est ordinairement d e Palais, & qui veut dire, quirìst pes áivije. ( Notre substitution est conçûë en un article indivis. La clause est une & indivise. Patru , plaid. 12. ) Par indivis , adv. [ lnsoltdum. ] Terme de Palais. En commun. ( Posséder un héritage par indivis. ) INDIVISIBLE, adj. [InJ’ecahMs, individuus.] Qui ne se peut diviser. Qui ne se divise point. Qui ne peut être séparé. ( Corps indivisibles. Atomes indivisibles tels que Gassendi les admet. ) f On dit aussi indivisibilité , pour exprimer l'état de ce qui ne peut être divisé. ( L’indivisibilité d’un atome. ) INDIVISIBLEMENT, adv. [ Indivstbiliter. ] D’une maniéré indivisible. (Le ciel & la terre les ont joints indivisiblement. Patru, plaid. 1. ) INDOCILE , adj. [Indocìlis.] Qui n’est pas docile. Qui n’a nulle docilité. (Cervelle indocile. Mol. Esprit indocile. Scar. Enfant indocile. Les dévots font d’ordinaire indociles & visionnaires. Bnjj’uet. ) INDOCILITE',//. [Natura ajpera nuíliiu fcien- tia capax. J Vice contraire à la docilité. (II y a une indocilité invincible. ) Voyez docilité. t INDOCTE , adj. [ IndoUtií. ] Ignorant. (Ce n’est pas pour toi que j’ecris, indocte & stupide vulgaire. Dejmarais, visionnaires. ) INDOLENCE , // [Indolmtia. ] Mot qui marque le caractère de certaines gens qui n’ont nulle sensibilité , que rien ne réjouit, que rien n’aflige. (C’est dans l’ame qu’il faut planter l’indolence. Abl. Luc. t. r. Mille à la Cour se servent d’indolence , Pour exprimer langueur & nonchalance , £f vous diront d'un ton triste [s dolent , Depuis huit jours je me trouve indolent. Scaron. ) íf INDOLENCE. Les personnes indolentes font inutiles à elles-mêmes , & à tout le monde. Cicéron examinant les sentimens des Philosophes Grecs fur ramifié , dit dans le chapitre 13. que les uns croient qu’il faloit eviter les amitiez étroites , pour ne se pas trouver trop engagé dans les afaires d’autrui, chacun aïant assez des siennes , um infamìam non importât , jed causa. INFAMIE. \_Turpe facinm.) Ce mot lignifie aufli une action infâme & qui atire du déshonneur. ( II feroit mille infamies pour gagner de f argent. ) On dit aussi, il lui dit cent infamies. [Turpia dista. J C’est-à-dire, des paroles injurieuses. Infamement ne se dic pas. INFANT, s m. I Infant. J II vient de l’Efpagnol Infante. II se dit des hls aine?, des Rois d’Espagne & de Portugal, qui doivent íucceder á la Couronne. (L’infantd’Efpagne , qui fut depuis Philippe IV. épousa Madame Elízabet de France , sœur de Louis XIII.) INFANTE , s.s. [ Infant, j 11 vient de l’Espagnol Infanta. 11 se dit de la fille ainee du Roi d’Espagne, & de celle du Roi de Portugal. <, Louis XIV. époulk l’ín- fante d’el'pagne en 1666. ) f * Voici les Gouvernantes qu’on choisit pour nos Infantes Jomb. épi. L 1. L’infante du Lude. Star. pois. Enlève à det géant envieux çsf mutins. Hon de libertinet insantet. Desh. ^ Infante. Les Fleuristes ont donné ce nom à une tulipe isabelle fouettée de blanc. INFANTERIE , s s- C Pedejìret cap U. ] Soldats fantassins. ( Avoir de bonne infanterie. L’infanterie Espagnole n’est pas bonne. ) £ INFANTERIE. La véritable force d’un corps d’in- fanterie consiste dans son épaisseur, ou dans la hauteur de ses files, dans leur union, dans leur pressentent, & celui de ses rangs à la pointe de P épée. Cette épaisseur rend les flancs aussi forts que le front. Voïez le polybe de Mr. de Folard , ou l’on explique la maniéré de’faire combatte l’infanterie avec avantage; & où l’on fait voir la Faiblesse de la tactique moderne. INFANTICIDE , f m. fanfanticidiu-mJ Terme de Jtiristrudence. Meurtre d’un enfant. L’infantici- de est punissable de mort par une loi de Valentinien. Del aimai. INFATIGABILITE' , / /. [ Sedulitas ad opui. ] Ce qui rend infatigable. ( Voïez la fourmi, quelle prévoyance , quelle infatigabilité ! S. Evrem. ) INFATIGABLE, utij. [ IndefeJJus. J Qu’on ne peut Fatiguer. ( C’est un homme infatigable. Esprit infatigable ! Corps infatigable. Digne choix de Loùk Minijìre infatigable , Je trace de ton Roi le portrait admirable. Fléchier. Infatigablement , adv. f Labore ìmprobo. ] D’u- «e maniéré infatigable. (II travaille infatigablement à faire des expériences. ) S INFATUER , v. r. F Anhnum praocupare. J II vient du Latin infatuare. 11 signifie , être ii fort a taché à une chose qu’on en soit comme fou. Etre coiffé de quelque opinion. Les Italiens apellent cela inca- pricciarjt. ( Le petit atrabilaire s’est infatué tout seul de la beauté de ses rapsodies de politique usée. ) INFATUER, F Praocupare. J Est astis. Prévenir quel- cun en faveur d’une personne qui ne le mérite pas. (Un Auteur est encore plus dupe que ceux qui l’infa- tuent de leurs encens. Belleg. ) > INFECOND , adj. [ Infacundus. J Stérile. Qui n 6n ®on ne P eut P' ier > vu qu’on ne *ros Qu’fi e ft n - S nfl eS -M mp í e - ( Lc bois est si dur & i bronze est inflexible^' ^ ^ ^ ^inflexible. L strasso°m°t,a, “ c,ur " it W‘t,ì duK INF ble. ( Un Juge inflexible. Un Tiran inflexible. Un père inflexible. 11 est rare de trouver une mère inflexible ; mais celle-là l’est. Onfiait de mes chagrins la rigueur inflexible. Racine , Phèdre, a. 4. sc. 2. XJnsage ami toujours rigoureux , inflexible. Sur vos fautes jamais ne vous laijje paisible. Despr.) II y a des mots ( dît le P. Bouhours dans ses Doutes ) qui font bons dans le figuré , & qui ne valent rien dans le propre. Fléchir & inflexible font de cette espèce. On dit bien , fléchir un homme ; un Juge inflexible. Ce seroit mal parler, que de àne, fléchir un arbres branche inflexible. Le même dans la fuite de ses Remarques nouvelles , s’eXplique un peu plus au long fur ce terme. „ Ce mot ( dit-il ) fè dit proprement, dans le fi- „ guré , en bonne & en mauvaise part : Un Juge „ inflexible ; une ame inflexible. On ne dit pas, un ,, bras inflexible , pour dire , un bras qtton ne peutploier, „ comme le disent les Espagnols: Viò a! entermo y pro- ,, curando dio blar el braço , lo hallo inflexible; Je ne ,, scais même si l’on diroitune réglé inflexible , comme ,, le dit une personne qui écrit avec beaucoup de pu- „ reté & de politesse. Pour peu qu’on veuille se ser- „ vir de la raison il n’est pas dificile de voir que la „ véritable morale doit être une régie inflexible qui ,. ne suive ni nos fantaisies , ni nos préjugez. Si „ nous en croïons le Dictionnaire universel, inflexible „ se dit des métaux & des bois : le fer est inflexible. „ Je doute pourtant que l’on puisse dire , un bois „ inflexible. Ce Dictionnaire est fi peu correct en tant „ d’autres choses fur les Arts, qu’il pourroit bien ne „ l’être pas en celle-ci: A la vérité, flexible sc dit éga- ,, lément dans le figuré & dans le propre : Un esirit ,, flexible , une voix flexible , un osier flexible , une canne ,, flexible, filais cela ne prouve rien pour inflexible. “ INFLEXIBLEMENT , adv. [ Rigide. 3 D’une maniéré inflexible & tévere. 11 exécute inflexiblement ce qu’il a une fois résolu. Ce mot est dans l’Académie. INFLEXION , f. f. [ Vocis inflexio. 3 Ce mot sc dit de la voix, & veut dire, la maniéré de la fléchir. (L’in- flexion de la voix est agréable. ) + On dit aussi , inflexion de corps , pour dire une certaine disposition naturelle à plier son corps. Acad. Fr. INFLEXION. [ Flexus. 3 Terme de Grammaire. C’est la variation qui se fait aux Noms qui sc déclinent par les nombres & les cas , & aux Verbes qui se conjuguent par les modes , les tems, les nombres & les personnes. INFLICTION, f f. [Inflicfiof] Terme de Palais. Prononcez infliccion. Condannation à quelque peine. ( Le crime est connu , il ne s’agit que de l’infliction de la peine. ) INFLICTIVE , adj. si. [ Quod infligitur. 3 Qui est ou qui doit être infligé. Ce mot n’a d’usage qu’au Palais, & ne se met qu’avec celui de peine. ( L’arrêt décerne des peines inflictives contre, &c. ) INFLIGER , v. a. [ Infligere. 3 Terme de Palais. Condanner à quelque peine. ( L’Ordonnance inflige la peine de mort contre le meurtrier. ) _ INFLUENCE, f. f. [Syderutnvis, influxus. 3 Action des astres qu’on dit qui est cause ou du moins qui contribue à la production des éfets qu’on remarque fur la terre. (Admettre des influences dans les astres.) M. Gadrois a fait un traité des influences. * Etre né fous une malheureuse influence. Abl. (Cette guerre avoit répandu son influence, & porté le fer jusques dans la Gréce. Vaug. Quint. I. 4. ) * INFLUER, v. n. [Insiuere. 3 Ce mot ne se trouve qu’au figuré , & veut dire , porter son éfet. ( * La cause influe sur tout Pacte. Patru , plaid. 2. page 307. ) On dit aussi , les astres influent fur les corps sc- blunaires. Gadrois. INFORMATION, f f. [Inquifitiof] Terme de Palais. C’est Pacte par lequel, fur la plainte du Procureur du Roi, ou de quelque partie intéressée on s’en- quiert dans les formes de justice contre la personne qu’on acufe , avant qu’on l’ajourne personnellement, ou qu’on lui mette la main sur le colet. ( Faire une information. ) INFOR- INF INFORMATION de vie & de mœurs . [ Vitœ testimo - mura. ] C’est L’action de s’enquérir des mœurs. INFORME , adj. [ Informis . J Qui n’a ni forme ni figure. ( La nature d’une matière informe produit une abeille. Abl. Luc . t. i. Un Testament informe n’a point d’exécution. On dit, en Astronomie, étoiles informes. ) INFORME' , f ra. [ Inquifltio. ] Terme de Palais. 11 lignifie information. ( Trois Juges ont conclu à un plus ample informé. D’Aucourl , Facfutn pour le Brun; c’est-à-dire , à ce qu’il soit plus amplement informé.) INFORME' , ée , Participe. [ CertiorfaHus . ] Instruit. ( Informé dugrand bien qui lui tombe en partage. Dois-je prendre le foin d’en savoir d’avantage 7 Mol.) INFORMER , a. [ Quasionem babere de re ali- quâ. ] Terme de Pratique. C’est faire une information. S’enquerir. ( On informe contre lui. On a délivré une commission pour informer d’un crime. ) INFORMER. [ Erudire , edocere ] Instruire de quel*, que chose. Découvrir quelque chose à quelcun. ( On l’informa de tout ce qui s’étoit fait. Vaug. Quint. I. io. Informer des Juges. ) INFORMER , v. «. [ Inquìrere. ] S’instruire. S’en* quérir. ( Etre informé de l’état de la Cour. Le Duc de La Rochefoucaut. Informez-vous si salaire est telle qu’on l’a dit. Chacun s’informe de fa conduite. L’Au- teur a été mal informé du mérite de Mr. de savoir mis pour exemple au mot de commerce. (§ Mr. de Scudery censura ce vers du Cid. Vinformer avec soin comme va son amour. Voici la décision de l’Académie. „ L’Obfervateur à ,, bien repris cet endroit; il faloitdire, vominfor- „ mer d’elle. ” ch INFORMER , v. a. Terme de Philosophie. C’est être la forme substantielle d’un corps. ( L’ame informe le corps. ) INFORTIAT, s. m. [ Infortiatum. 2 C’est le second volume du Digeste compilé du tems de Justinien. C Je Tai le Code entier avec l’infortiat. Corneille.') ǧ L’etimologie de ce mot étoit inconnue dans le tems de Pafquier, dont Mr. Ménage a raporté les termes , ainsi que ceux de Trippaulc , qu’il traite de ridicule , en forte que l’incertitude reste toujours fur l’étimologie d ’ìnfortìat. INFORTUNE , s. f. [ Infortunium. ] Malheur. Disgrâce. ( C’est une grande infortune. Tomber dans l’infortune. La véritable vertu éclate dans l’infortune. Mademoiselle de Scudery. ) INFORTUNE' , infortunée , adj. [ Calamitosus , miser. ] Qui n’est pas heureux. Malheureux, t II est infortuné. Ces hommes infortunez qui vous parlent, ont vû mourir leur maître. Patru , plaid. 14. Qu’alez-vous devenir , belles infortunées. Muses qu’il protégea dès ses jeunes années. J)esh. fur la mort de Mr. de Mont. ) INFRACTEUR , f »'• ( Violator. ] Celui qui viole , qui enfreint & qui n’obferve pas. ( Je veux le faire saisir comme déserteur de la Médecine & i n tracteur de mes ordonnances. Mol. II est mort comme un parjure &un infracteurdela paix. Abl. ret. L 2. c. 3. Infracteur des Loix. ) INFRACTION, sf- [Fiolatio.J Action de la personne qui viole , & enfreint quelque traité ou autre chose qu’on a promis d’obscrver religieusement. ( Nous a- vons vû les aventures de l’armée depuis l’infraction du traité. Abl. ret. I. 4. c. 1. Infraction de vœu. Patru , plaid. 13. L’infraction des Ordonnances. ) INFRUCTUEUSEUMENT, adv.flnsruHuosè,) D’une maniéré infructueuse. Sans profit , fans utilité. Acad. Fr. ( 11 y a bien des autres qui travaillent infructueusement. ) * INFRUCTUEUX, infructueuse, adj. flnfruHunsus, Jìerilis.) Qui n’est point utile. Qui n’aporte aucun fruit. La guerre est rude & infructueuse. Abl. Tac, ann. I. 1. c. 4. ) Année infructueuse. Travail infructueux. ) INFULES , f- /• ZlnfuU.) On donnoit ce nom Aux ornemens des Pontifes. Danet. INFUS , infuse , adj. [ Menti ìndìtut. ] Donné par infusion. (Don infus. Science infuse. Grâce infuse. ) IN G 263 INFUSER , ». a. [ Macerare, ] Terme d ’Apoticaire. Mettre durant un certain tems quelque purgatif dans l’eau. ( Laisser infuser quelque purgatif pendant cinq ou six heures. ) INFUSER. Se dit des vertus ou des vices que la nature a répandus dans nos âmes ; mais on doute de "usage de ce mot en ce sens , [ Infundere, inserere. ] Dieu infuse la grâce dans le cœur de ses élûs. * INFUSER , ». a. f Infundere. J II se dit aussi des dons que Dieu répand dans les âmes. Dieu a infusé dans nos esprits certaines notions ou prémiéres véri- tez. ( Dieu infuse dans nos cœurs. ) , INFUSION ,_/î f. [ Maceratio. J 11 vient du Latin infusio. C’est une préparation par laquelle on plonge dans quelque liqueur convenable des médicamens entiers , ou quelques parties incises , ou écrasées, pour quelque chose qui regarde la santé. ( Faire une infusion. L’infusion se fait d’ordinaire pour communiquer la vertu d’un , ou de plusieurs médicamens à la liqueur où ils font infusez. L’infusion se fait aussi pour séparer la vertu dg quelque médicament, pour l’augmenter , ou pour corriger les mauvaises quali- tez qu’il avoir. Char vw, Pharmacopée , 1. ch. xg. On fait des infusions à chaud ou à froid. Une infusion de séné , ou de rubarbe, &c. ) INFUSION , s f. f Infusa. ] Manière surnaturelle dont les grâces font infuíes dans l’ame. ( Les Apôtres avoient le don des langues par infusion. Acad. Fr. Le S. Esprit est un maître invisible & secret qui se communique à l’ame par l’infusion de la vérité. Fléchier. ) INFUSION , s. f. Action par laquelle on fait entrer une liqueur dans les corps par les veines. Mr. Smith Médecin de Dantzic , a fait là-dessus plusieurs expériences avec un heureux succez. INGAMBRE , adj. [ Agìlvt , alacer. ] Gaillard, alaigre , qui saute sans cesse. II veut dire aussi un homme ardent à son profit, & vigilant dans ses afaires. Mais dans tous ces sens il est bas. (§ Je crois qu’il faut dire ingambe , vieux mot peu connu , & qui signifie léger , agile , dispos. Mr. de la Monnoie a remarqué dans son Dictionnaire des mots Bourguignons, que l’origine de ce terme paroìt Italienne, comme qui diroit, ben in gamba. Les Italiens cependant ( ajoûte-t-ií ) n’en usent pas. Son inventeur a été , je pense , Noël Dufail , Conseiller au Parlement de Rennes , dans ses contes qu’il a intitulez , L’Eutrapel, où il a dit , ch. 14. Le plus ingambe en deux mots. Ménage n’en fait qu’un en ce vers de Pépitaphe de Guillaume Colleter : mais (a traîtresse plus ingambe-, en quoi Furetiére l’a suivi. ch INGAMBE. Mr. de Folard se sert quelquefois de ce terme dans son Commentaire fur Polybe , pour exprimer un soldat agile , & propre aux mouvemens les plus promis. On doit, dit-il , fortifier les flancs des escadrons par des pelotons d’infanterie , composez des soldats les plus braves & les plus ingambes de l’armée , qui mettront la cavalerie ennemie en désordre par un feu continuel. C’étoit la metode d’Henrî IV. & du grand Gustave , qui avec des petits escadrons battoient les plus gros. INGE'NIEUR , f m. [ Machinator , machina- rius.J C’est un Mathématicien habile , expert & hardi , qui fcait l’Art de l’Architecture militaire , qui va reconnoîtrè la place qu’on veut atacjuer , & en marque au Général, & au Lieutenant-Général Pendrait le plus foible , qui trace les tranchées , les places d’armes , les galeries, les logemens fur la contrescarpe & sur la demi-lune , & conduit les travaux jusques auprès de la muraille , marquant aux travailleurs qu’on lui a donnés, l’ouvrage qu’ils doivent faire durant une nti’t. (/Ingénieur marque aussi les lignes de circonvallation avec des redoutes de distance en distance. ( Un habile Ingénieur. Un Ingénieur brave & expérimenté est fort nécessaire. ) ch INGE'NIEUR de Marine. Oficier qui fait les feux d’artifice de guerre , .& qui a foin de charger les gré- nades , bombes , pots à seu, & toutes sortes de machines à feu. On Papesse aussi , Ingénieur du feu , Artificier. INGENIEUSEMENT ^ adv. [ Argutè , so’erter. ] Avec esprit. (Jl écrit ingénieusement. Cette fable est ingénieusement inventée, ) INGE'- 264 MG INGE'NIEUX , ingénieuse , adj. C Induflritu , navuí, solen. ] Qui a de l’esprit. ( Personne ne peut etre plus ingénieux que vous a lui trouver de beaux titres» Voit. I. 34. Une pensée ingénieuse. C’eji être ingénieux soi-même à se déplaire , Que de s’embara/fer d’un mal imaginaire, Epit. d’Ôvide. ) INGE'NU, ingénud , adj. Qui est né de parens libres & honnêtes gens. Qui est né de parens libres & nobles. Le mot d’ingenu , en ce sens , est peu usité. ( C’est labourer d’une tache asjìdui , Que cultiver une enfance ingénue. Benserade , rond. p. 443. ) * INGE'NU, ingénuiflngenuus.} Franc. Sincère. Naïf jusques à la simplicité. ( Cela me semble fort ingénu. Bail. avis à Ménage. Qu’il faut avoir peu de discernement , Pour ne pas adoucir une bouche ingénue , Qui découvre toûjours une ame toute nue , Aux avides regards d’un curieux Amant. Villedieu. ) INGENUITE' , f f. [ Ingenuitas. ] Sincérité. Franchise. Naïveté un peu sote. ( 11 m’a dit cela avec la plus grande ingénuité du monde. Elle a beaucoup d’ingénuitè. ) INGE'NUITE'. Ceux qui naissoient d’un père & d’une mère libres , étoient apellez Ingénus', on donnoit encore cette qualité à ceux dont le père & la mère a- voient été afranchis. Ceux dont la mère étoit libre , & le père esclave , étoient auísi ingénus , en faveur de la liberté. C’est ( dit l’Empereur Justinien) la liberté de la mère qui rend libre son enfant , pourvu qu’elle se trouve libre dans le moment qu’elle le met au monde , quoiqu’elle fût esclave dans le tems de fa conception. Les Romains poussaient encore plus loin la faveur de la liberté ; car si la mère étoit de condition libre dans le moment de la conception, Pensant naissoit ingénu , quoique dans le cours de fa grossesse , elle devînt esclave, & qu’elle le fût encore, lorsqu’elle accouchoit , parce que la disgrâce de la mère ne dévoitpas préjudìcier à Pensant qu’elle portoit dans son sein. L’Empereur Justinien forme ensuite lui-même cette question. Si une femme esclave étant enceinte , est afranchie, & qu’avant son accouchement elle dévienne esclave , Pensant dont elle accouche, doit être regardé comme esclave , ou comme libre ? Le Jurisconsulte Martian consulté sur cette question, se déclara en faveur de Pensant, par cette raison , qu’il sufit à celui qui est conçu , de naître d’une mère , qui ait eu la liberté dans le tems intermédiaire de la conception, & de la naissance de Pensant ; ce qui est confirmé par l’Empereur dans ses Institu- tes , liv. 1. tit. 4. 11 y avoit cette diférence entre i’ingénu & le libertin , que le prémier étoit né d’un père & d’une mère libres , ou du moins d’une mère qui avoit joui de la liberté pendant fa grossesse. Et le libertin étoit celui qui naissoit d’un père & d’une mère afranchis. Le Sieur de Laroque s’est trompé dans le chapitre 13. de son traité de la Noblesse , en confondant les ingénus , & ceux que les Latins apelloient indigènes c’est-à-dire , qui font nez dans le même lieu qu’ils habitent : & l’on voit assez la diférence qu’il y a entre ces deux conditions. II dit ensuite plusieurs choses qui n’ont aucun raport à l’ingénuité, ni même à la servitude des Romains. Je pourois examiner ici, fi la Noblesse aquise par un père , peut remonter aux enfans nez dans la roture ; mais il faut réserver cette question pour l’article général de la Noblesse. INGENUMENT , adv. [ Ingenuè. J Franchement. Sincèrement. Naïvement. (II m’a avoué ingénument le tout. Je vous dirai ingénument ma pensée. ) S’INGE'RER , ». r. f Ultrò se alicui negotio h miscere. ] Se mêler de quelque chose. ( Vous êtes ui impertinente de vous ingérer des afaires d’autri Mol. ^Elle^ne s’ingére plus de guérir personne. AI Un Auteur qui a écrit sur la langue Françoise < 1696. condamne cette expression. On dit bien , di T de , donn , er des avis. S’ingérer de pari nas oue Pon q disp n " ?. nte . nd P as - Mais il ne s’ense Famlrni s in , gerer de quelque chose, faudroit plutôt dire , dans. ( Tç n» V enx nas on’t s ingéré dans mes afaires. ) " ^ veux P aï 1» < INH f L’Aeadémie dit , s’ingérer de queltjue chose , & s’ingerer dans quelque chose. ( II s’ingére des choses dont iln’a que faire. 11 s’ingére de tout. Je ne m’ingére point de vos afaires. Cet homme s’ingére toûjours dans vos afaires. ) INGRAT , f m. [ Ingratus. J Celui qui ne recon- noît pas une grâce reçue. ( C’est un ingrat. ) INGRATE ,s.s. Celle qui n’a pas de reconnoissance. (Aimer une ingrate. Voit. 1 . 30. Corine avoit promis de flâter mon martire , A’ingrate m’a trahi, quoi qu’elle nidit pu dire. Epit. d’Ovide. ) INGRAT, ingrate , adj. [ Immemor. ] Qui n’a nul ressentiment des faveurs qu’il a reçúës. Méconnoissant. ( N’être pas ingrat d’une faveur reçûë. Abl. ret. I. 2. Etre ingrat envers une personne. Abl, ret. ) H Les Républiques ont été de tout tems ingrates envers ceux de leurs citoïens qui leur ont rendu les services les plus signalez. Voïez le Polybe de Mr. de Folard. * INGRAT, ingrate. [ Ingratus , flerilis. ] Ce mot, au figure , se dit des choses , & veut dire , qui n’est point utile. ( Travail ingrat.. Ablancourt. Guerre ingrate. ) Vaugelas, Quint. I. 3. Terres ingrates.) INGRATEMENT , adv. [ Ingrate. ] Avec ingratitude. ( Vous en avez usé fort ingratement envers moi. Acad. Fr. ) INGRATITUDE , f f. [Ingrati animi crimen .] Vice contraire à la reconnoissance qu’on doit avoir d’une faveur reçûë. Insensibilité envers la personne qui nous a obligé. ( C’est une ingratitude fort noire. C’est une ingratitude la plus grande qu’on puisse imaginer. Ingratitude honteuse. ) í On peut atteller hardiment l’envie & l’avarice, deux vices aussi bas qu’ils font infâmes, & à detester : l’ingratitude peut marcher feule , car elle surpasse les deux prémiéres. INGREDIENT, f m. [ Condimenta. J Prononcez ingrédian. Qui entre dans la composition de quelque médicament. ( La Thériaque est un médicament où il entre de plusieurs fortes d’ingrédiens. Serviteur à Mr. l’Apoticaire & à tous ses ingrédiens. í INGRE DIENT, se dit dans le familier , des diverses choses qui entrent dans la composition d’une fausse, d’un ragoût. , &c. ( II y a beaucoup d’ingrédiens dans ce ragoût. 11 y entre de bons ingrédiens.) * C’est le dernier ingrédient des afaires déplora- blés , Patru , plaid. 14. Loin ces études d’oeillades Ces eaux , ces blancs , ces pommades , Et mille ingrédiens qui font des teints fleuris, A l’honneur tons les jours ce font drogues mortelles. Et lesfoins de paroìtre belles Se prennent peu pour les maris. f INGREZ, INGRESSION- [ Ingrefsus. J Ter- me de Philosophie Hermétique , qui signifient, entrée, ou mélange & union parfaite de deux choies.» INGRINS , s. m. Factieux qui parurent en Flandres du côté d’Ypres , & qui firent de grands ravages fous le régné de Philipe-Auguste. f INGROSSATION , s.s. Sublimation philo- fophale. í INGUINAL , adj. Terme de Chirurgie. Qui concerne Faîne. ( Un bandage inguinal. ) INHABILE , adj. [ Inhabilis , minime aptns. ] Prononcez inabile. Ce mot est un terme de Palais , & signifie qui n’est pas propre. Qui n’est pas capable. ( II est inhabile à succéder. II est déclaré inhabile. ) INHABILITE'', f f. [ Imperìtia. ] Terme de Palais. Qualité qui rend une personne inhabile. ( O11 a reconnu son inhabilité. ) INHABITABLE , adj. [ Inhabitalis. ] Où l’on ne peut habiter. Prononcez inabitable. ( C’est un pais inhabitable. Région inhabitable. Maison inhabitable. La Zone-Torride n’est pas inhabitable , comme les Anciens ont crû. ) INHABITE', ée. [ Defertus. ] Lieu où personne ne fait sa demeure. ( La plus grande partie de l’Amérique est inhabitée. ) í INHE'RENCE , f f [ Inhœrentia. ] Terme dé Philosophie, qui sc dit de l’accident , pour donner à entendre qu’il est toûjours en quelque substance. INHE'- INI INHE'RENT , inhérente , adj. [Inhérent.] La blancheur est une qualité inhérente à quelque sujet. La bonté de l’esprit est inhérente & ferme. Mol.) t INHIBER, O. a. [Inhiber c.] Terme de Pal ait , qui signifie défendre, mais il est fort vieux, & pour ain- ' fi dire , hors d’ufage. INHIBITION ,// [Inhibitio, interdìHum.] Terme de Pratique, qui veut dire , defenfe. (Faire inhibitions & défenses. Inhibitions expresses. Contrevenir aux inhibitions.) INHOSPITALITE', / f [ Inhostitalité-.] Ce mot est Latin , & signifie le refus qu’on fait à un passant de lui donner le couvert, dont il a besoin. (L’inhospitali- té ne se trouve pas même parmi les peuples les plus barbares.) INHUMAIN , inhumaine, adj. [ Inhumant w.] Qui n’a point d’humanité. Cruel. (Néron étoit inhumain.) $ INHUMAIN , sc dit aussi des loix & des coutumes trop rigoureuses, des mœurs & des actions des barbares. INHUMAINE ,/ s. [Séva , crudelis .] Maîtresse cruelle. Maîtresse rigoureuse. (Adorable inhumaine. A- mour, fai-moi raison de l’inhumaine. Voit. Po'ëf. Ne vous pas fâchez trop aimable inhumaine. La Suze. J’aí de f amour encor pour la belle inhumaine. Et ma raison voudrait que f eusse de la haine. Aloi.) INHUMAINEMENT , adv. [ Inhumaniter .] Cruellement. D’une maniéré inhumaine. Traiter inhumainement. Traîner inhumainement au suplice. S. Evre- mont. INHUMANITE', s s. [Inhumanité.] Action inhumaine. Cruauté. (C’est une grande inhumanité. Commettre une inhumanité. 11s ont eu sinhumanité de faire mourir un innocent. D’Aucourt, Faclum pour le Brun. Ceux qui se gênent tant pour contrefaire les vertueux, exercent de véritables inhumanitez contre leur propre cœur. Monsieur EJprit.) INHUMATION, s s [Inhumatio.] Action de donner la sépulture à un corps mort. (On a fait l’in- humation du corps aux Célestins.) INHUMER, v. a. [ Corpus humare.] Enterrer. ( Ils n’avoient rien en plus grande recommandation que d’inhumer leurs morts. Vaug. Quint. I. ;.) INJECTION,//- [Injeclio. ] Remède fait avec des huiles, des sucs, des eaux & des décoctions de plusieurs simples, pour guérir les plaies & ulcères. On apelle ces remèdes injections, parce qu’on les jette dans quelques parties du corps , comme dans le cou de la matrice & dans la verge de l’homme. (Faire une injection dans une plaie.) INJECTION. [Injechtí.] II signifie aussi Faction par laquelle on jette ces liqueurs dans quelques parties du corps, vil faut répéter ces injections deux ou trois fois par jour.) INIMAGINABLE, adj. [Quod mentemsubire non potejì. ] Qui ne sc peut imaginer. ( Un amour monstrueux & inimaginable. Abl. Luc. t. i. Amours, p. 169.) INIMITABLE , adj. [Inìmitabilh.] Qu’on ne peut imiter. Qui est au-dessus de toute forte d’imitation. (Auteur inimitable. Action inimitable. II faut imiter au commencement pour devenir inimitable. Coji. 1 .1. 2. Le feu de la nature , inimitable agent, Forme comme il lui plaît de l’or [f de forgent. Perrault à M. de la Quintinie.) 0 " On a proposé dans l’Academie cette phrase. la nature a des beautez inimitables a l'art ; elle a d’abord paru un peu farouche ; ces négatives si décisives ne régissent rien ordinairement, inimitable, incomparable, & une infinité d’autres, parce que, ce qu’on y eut ajouter, est inutile & redondant ; car dire qu’un omme est incomparable , c’est dire qu’on ne peut le comparer à personne : une joie indicible, est celle qu’on ne peut exprimer par aucune parole : inimitable , est ce qu’une personne ne peut imiter; ainsi, il semble qu’il fait quelque faute ou maniéré de pléonasme à dire , que la nature a des beautez inimitables a fart & sur ce que plusieurs trouvoient néanmoins cette faqon de arler , belle, & noble , on a été consulter le prémier ureau qui l’a condamnée tout d’une voix; mais la dispute s’étant échausee, on a proposé des phrases, qui ont ébranlé toute F Assemblée , comme : le Correge, INJ 265 par jon coioris , efl immuable à tom les autres Peintres t les Apôtres éclairez par le S. Esprit , ont prêché d’une maniéré simple , mais inìmìt.èìe a toute l’éloquence humaine. Plusieurs se font rendus à ces exemples, qui ont paru bons : d’autres ont du moins avoiié, que dans le ftile sublime, & oratoire, cela se pouvoit bazarder ; & pour répondre à l’objection touchant l’inutilité, & la redondance du régime , on a prétendu qu’il y a- voit même quelquefois nécessité d’y en martre ; car ce seroit fort bien parler, de dire inimitable a tous, hors à tel [f à tel, & on ne peut s’expliquer autrement; ainsi inimitable va ordinairement fans régi me ; mais dans le stile soutenu, ou lorsqu’il y a quelque comparaison , il peut soufrir un regime. Decslons de l’Academie par L. T. > INIMITIE',/ f. [Inimicitia.] C’est le contraire de l’amitié. (Une grande inimitié. Une inimitié mortelle. Charger d’injures les anciens , pour se signaler par d’illustres inimitié/. Longep.) f INIMITIE', se dit aussi de toute forte d’antipathie, soit dans les animaux , soit dans les végétaux. (II y a de l’inimitie entre ces deux animaux. 11 y a une inimitié naturelle entre telle & telle plante.) í ININTELLIGIBLE , adj. [Inintelligibilk, in . teUecludijjicilis.] Qui n’est pas intelligible , qu’on ne peut entendre, ou qu’il est très-dificiie d’entendre. (Vous parlez un langage inintelligible. Ce discours est inintelligible. Les sots admirent ce qui est inintelligible.) INJONCTION , / f. [Edìflìo.] Ce mot vient du Latin injunflio , & ne sc dit d’ordinaire qu’en pratique. 11 signifie commandement, ordre exprès de faire , ou de ne pas faire une chose. (Les Rois sont ab. solus fur le temporel de leurs Roïaumes , & pour cela ils font des Loix & Edits avec injonctions à leurs su. jets de les observer. Févret , de l’abus, l. 1. ch. 7. Dé. datation du Roi portant injonction à ses sujets de... ) INIQUE, adj. Ce mot vient du Latin iniquus, & il veut dire injuste. Méchant. Peut-on rien s’imagi- ner de plus inique? Maucr. homélie 14.) INIQUEMFNT , adv. [Inique.] D’une maniéré inique. Dans les procès, souvent on est jugé fort iniquement. Acad. Fr.) INIQUITE',//. [Iniquité, scelus.] Ce mot à’iniquité & celui d’inique, sont ordinairement consacrez aux matières de piété. Iniquité vient du Latin iniquité, & il signifie méchanceté. (Une grande iniquité. Une horrible, une honteuse iniquité. Heureux celui à qui les iniquité/ sont pardonnées. Port-Royal, Psal. ; r.) Mes iniquité/ rne sont venu acabler. PJ'al. 59. Commettre une grande iniquité. J’ai droit de pester contre Finiquité de la nature humaine. Mol. misant, a. ç.jc. r.) INITIAL , initiale , adj. [Litera majuscula.] Ce mot se dit des lettres , & signifie qui commence le- mot. (Lettre initiale. U11 a initial. Une J initiale.) í INITIATION, / f- [Initiatìo ] Ce mot signifie, introduction dans les mistéres d’une Religion. (Le Batême est l’initiation des Chrétiens. ) INITIER, i’. a. [Initiare.] Ce mot sc dit en parlant de la Religion des Anciens. C’est donner un commencement à quelcun dans la Religion. (Etre initié dans les mistéres de Cerès. Ablanc. ì $ INITIER , se dit par extension de quelque Religion que ce soit, & même de la vraie, dis n’étoient pas encore initiez aux mistéres de la Religion Chrétienne.' H * INITIER , sc dit aussi en parlant de science. (II n’est pas encore initie à la Philosophie, à la Médecine.) C’est-à-dire, il en ignore les prémiers élemens , il n’en a pas encore les prémiéresconnoissances , les premières teintures.) f * INITIER quelcun dans une société, dans une compagnie , c’est Fy admettre , le recevoir au nombre de ceux qui la composent. (On doit vous initier dans notre société. Je ne fuis pas encore initié dans cette compagnie.) INJURE , / f- Ce mot vient du Latin injuria. 11 signifie tort & dommage qu’on a fait à une personne par des voies de fait. Les souflets & les bastonnades sont des injures qu’on ne peut réparer. On donne des dommages & intérêts à une fille violée pour réparation de l’injure qui lui a été faite. Une grande injure. Une injure atroce.) 0 INJURE. L’Empereur Justinien, dans ses institutes, 7 orne II. L 1 tìt. t 266 INJ fit. 4. a dit que l’on apelloit injure , généralement tout cc qui est fait contre la disposition de la Loi ; mais parmi nous, on distingue l’injure du dommage , quoi- qu’on puisse dire que tout ce qui est dommage , est en quelque maniéré injure par réflexion lur celui qui le soufre • & de même tout ce qui est injure, est dommage par réflexion sur la réputation des personnes que S l’on injurie. Cependant pour ne pas confondre ces deux choses, les Loix Romaines les ont séparées fous deux titres diférens ; elles ont donné une action particulière pour le dommage fait aux choses suivant la Loi Aquilia , & une simple action pour les injures personnelles, dont elles ont déterminé les régies & les principes fous le titre de injuriis. 11 ne s’agit ici que des injures purement personnelles , pour lesquelles on ne donne d’abord qu’une action civile, pour obtenir la réparation de l’honneur ofenfé , & le dédommagement proportionné à ce que l’ofenfé a sou- fert : mais si l’acufé est aflìgné pour répondre fur les faits de l’injure, on ne refuse pas à l’ofenfe la voie extraordinaire de l’information , fur laquelle le Juge se détermine sans autre formalité : mais suivant la disposition de l’Empereur Justinien, l’injure faite à des personnes qui nous touchent de près, réfléchit jusques fur nous ; comme si elle est faite aux enfans , ou aux femmes, le père & le mari font parties capables pour en demander la réparation ; & même l’on a jugé que l’un & l’autre, peuvent transiger fur les dommages & intérêts ; voici comment l’Empereur s’est expliqué fur ce sujet : Si vous avez fait injure à la fille de quelqu'un, mariée à Titius, non feulement on peut vous poursuivre par faction d’injure au nom de cette fille , mais encore au nom de son père, & de son mari. Car il est raisonnable que les maris prennent la défense de leur femme. Nous pouvons encore recevoir une injure par réflexion en la personne de nos doméstiques : mais par un excès de délicatesse , on porte souvent trop loin la sensibilité : II faut en cette ocasion, suivre la régie qui nous est préfcrite par l’Empereur dans ses Institutes : on ne peut pas faste (dit-il) d’injure à des esclaves ; ,, mais 3 , on en peut faire à leur maître par réflexion , & d’u- „ ne maniéré qui nous touche beaucoup moins que „ l’injure faite à ta femme & à ses enfans ; car le maî- „ tre ne doit s’intéreifer pour son esclave, que lors- „ que l’injure est considérable, & qu’elle marque le „ mépris que l’on a fait du maître, comme si quel- „ qu’un avoit battu l’efclave d’autrui avec excès ; & „ c’est en ce cas que faction d’injure est accordée au „ maître ; car si quelqu’un s’étoit simplement moqué „ d’un esclave , ou qu’il lui eût donné quelque coup ,, de poing, il n’en pourroit pas être poursuivi par „ son maître”. II est aisé de juger par cette décision de l’Empereur, jusques à quel point un maître doit s’intéreífer pour ses valets. L’injure est caractérisée par les circonstances, & il n’y a de véritable injure que celle qui cause quelque préjudice , & qui est faite dans un dessein formé de nuire à la personne offensée ; & par conséquent, l’injure que l’on fait par hazard, n’est point punissable, parce que selon Aristote, dans ses Morales, le caractère distinctif de f injure & des actions innocentes, c’est le volontaire , & l’involontaire, qu’il distingue en deux manières, car (dit-il) lorsque l’on fait du mal à quelqu’un contre toutes attentes, & fans savoir pû prévoir, c’est ce que l’on apelle malheur: mais si au contraire on a pû le prévoir en quelque maniéré, c’est une faute qui mérite une peine, ou une correction proportionnée à la négligence , ou à l’igno- rance inexcusable de celui qui a commis la faute. On dit ordinairement que l’on ne fait point de tort, ni d’injure à celui qui consent, & l’on a raison , parce que le mal auquel l’on consent, & que l’on aprou- ve, n’est point un mal, pourvû ( selon la remarque de Pufendorf, liv. 1. chas. 7. §. 17.) que celui qui consent, ait le libre usage de sa raison , & qu’il ne soit point agité de quelque passion violente. Au reste, faction d’injure ne dure qu’une année tout au plus, & quand elle est légere, elle est présumée remise par le silence que les Jurisconsultes apellent diffìmulatim , pendant quelque terns, & qui fait présumer que l’o- tenie ne songe plus à se vanger, lorsque les prémiers mouvemens de fa passion sont refroidis, ou éteints. Les Loix permettent encore de repousser fin jure par 1 injure, pourvu que l’on sc renferme dans une défense reglee & modérée : mais il faut convenir que l’exé- cution de la Loi est bien dificile dans cette rencontre INN où la passion ne se modère pas facilement, quand une fois elle est animée ; Sc la raison, est rarement assez forte pour la retenir dans ses bornes. Tirer quelque chose à injure. {.Aliquid injurium ha-, bere.) C’est croire qu’on nous fait tort en cela. INJURE, f Contumelia , convicìum.) 11 signifie aussi une parole ofenfante qu’on dit à quelcun. C’est un mot, ou une raillerie qui blesse une personne. (Une grosse injure. Une injure fâcheuse , cruelle , sensible. Une petite, ou legére injure. Dire des injures à quelcun. Le proverbe Italien dit que de pardonner les injures, c’est un action d’un Chrétien : mais que c’en est une d’un sot de les oublier. La Religion commande de ne point avoir de ressentiment de l’injure qu’on nous a faite, ou qu’on nous a dite ; mais la raison nous conseille d’en conserver la pensée, pour mieux régler notre conduite à l’ave- nir. Cojìar , t. 2. I. q 3 8- Sa fureur contre lui se répand en injures. Rac. phédre , a. 4. J'c. 4. Vous les verrez bien-tôt féconds en impostures Amajser cantre vous des volumes d’ injures. Despr.) * Les injures de f air , l’injure du temps. {Intempéries.f L’injure de la fortune. Déguiser f injure de ses vieux ans. Corné) INJURIER, v. a. [ Convicium facere , convicïarì. J Dire des paroles injurieuses à quelcun. (Injurier une personne. INJURIEUSEMENT , adv. {Tnjuriosè ,, contwnelios .J D’une maniéré ofençante. D’unc maniéré injurieuse. (Traiter injurieuscment.) INJURIEUX , injurieuse , adj. [ Injuriojus , injurias.) Qui fait tort. Qui ofenfe. Qui fait afront. (Action injurieuse. Parole injurieuse. Discours injurieux. Et jel’aisurpris là, quifaisoità Madame L’injurieux aveu d’une coupablefiame. Mol.) H * INJURIEUX , signifie aussi poétiquement, injuste. (Le sort injurieux, la fortune injurieuse.) INJUSTE , adj. {Injusius , iniquité.) Qui est plein d’injustice, Qui n’est point juste. ( Homme injuste. Action injuste. Une guerre injuste. Un jugement in. juste. Sois avare, corsaire, injuste. Dejpr.) INJUSTEMENT , adv. {Injuria , contra sas.) Avec injustice. (Condanner injustement.) (L’excommunication ne nuit à celui qui en est frapé, que quand il s’en est rendu digne ; & elle retombe fur ceux qui f en frapent, quand ils le font injustement. P. Quesnel, Réflex.) INJUSTICE , s /• {Injusitia.) Vice qui nous fait retenir le bien d’autrui contre fintention & POrdon- nance des Loix de f Etat. Vice contraire à la justice. (Commettre une grande injustice. U signifie aussi une action injuste. ( Faire une injustice. L’injustice est visible. La satire bravant l’orgtiêìl U /'injustice, Va jusques fous le dais faire pâlir le vice . Despr.) INNE', E'E, adj. {Innatus.) Terme de Philosophie. Qui est formé , qui est né avec nous. On dit autrement naturel. Nous avons des idées innées, comme Pillée de finnni, & c’est, selon le P. Malle- branche , la preuve de f existence de Dieu la psos belle , la plus relevée, la plus solide, & la prémiere. INNOCENCE,// {Innocentai.) Pureté de mœurs. Intégrité de vie. (Innocence baptismale. Vivre dans l’innocence. Et qui ne vole au cid par la pure innocence, Doit marcher pénitent par l'aj'reuse seufrance. Vill.) f INNOCENCE, signifie f enfance. (II étoit encore dans i'àge d’innocence. 11 est sorti de 1 âge d’inno- cence.) f INNOCENCE, sc dit aussi de f état d’une jeune personne, qui ignore le vice, qui n’a point encore de mauvais penchans. (Corrompre l’innocence d’une fille, troubler son innocence , alarmer son innocence.) f INNOCENCE , lignifie encore une trop grande simplicité. (J’admire son innocence. Voyez son innocence. A-t-on jamais vû une innocence semblable ? ) * INNOCENCE. {Innocentia .J Ceux qui ne sont pas coupables. (Oprimer f innocence, Ablanc.) INO INNOCENMENT, adv. Avec innocence. Sans faire de faute. Sans péché. (Notre Père Bauni a bien apris aux valets à rendre tous ces devoirs-là innocenment à leurs maîtres. Pose. 1. 6. Lors que nom aproebons du fatal monument , La nature se plaît à vivre innocenment. S. Evremont. INNOCENS , / tn. [Innocentes .J Enfans qui étoient dans l’innocence, & qu’Hérode fit tuer. INNOCENS , f. m. [pies fejhis lnnocentium.~\ La Fête des Innocens. Le jour des Innocens. ( C’est aujourd’hui les Innocens.) f * Donner les innocens à quelcun. [Aliquem virgis excipere.) C’est-à-dire , lui donner fur les fesses le jour des Innocens, & cela pour rire seulement. INNOCENT, innocente , adj. [ Innocens , infons.) Qui n’est point coupable. (II est mort innocent. Elle est morte innocente. Traiter en vos écrits chaque vers £ attentat , Et d’un mot innocent faire un crime d’Etat. Defpr.) f * INNOCENT , innocente. [Infans , vervex .] Bon ct simple. (Si je le voi, je me moquerai de lui, & l’apellerai bien innocent. Ab L Luc. t. ;.J ê Paire l’innocent , c’eft prov. & bals. affecter ime grande simplicité , faire semblant d’ignorer une chose. (II fait l’innocent , & il est rempli de malice. C’est un fourbe qui fait l’innocent. II sait ce qui se passe, mais il veut faire l’innocent.) * INNOCENT, innocente , adj. [Innoxim.J II fe dit des choses inanimées. (Un remède innocent , c’est un remède doux & qui ne peut point faire du mal. Une afaireinnocente , c’est-à-dire, qui ne nuit à personne.) INNOCENT,/ nu [Innocentius.) Nom d’homme. Le nom à’Innocent a été donné à plusieurs Papes. (On croît que le Pape Innocent neuvième est mort empoisonné deux mois après fa création. Le pape Innocent XI. étoit un brave &S. Prélat, plein de courage & d’intrépidité. On a dit plusieurs enofes contre lui ; mais ces Ecrivains font suspects. II est mort au mois d’Aoust i68y- On croioit qu’Alexandre VIII. qui lui succéda, prendroit le nom d’Innocent XII. parce qu’il avoit été élevé au Cardinalat par Innocent X. Mais il ne le fit pas, en voici la raison. Qttoboni promu par Innocent dixième , Devoit être Innocent , [f faire le douzième. Pourquoi donc Alexandre ? & ce nom Jìpuissant Que présagé d il à la terre ? Si non que quand tout brûle, E-? quand tout es en guerre, II n'es pas a propos de faire l’Innocent.) t INNOCENTER, v. a. Mot qui se trouve dans Ma- rot. mais qui est hors d’ufage, on dit en fa place , donner les innocens, INNOMBRABLE , adj. [Innumerabilis , ìnnume- rm.] Qu’on ne peut compter à cause que le nombre en est trop grand. (Troupes innombrables. Ab/.) INNOMBRABLEMENT, adv. [InnumerabiliterJ Sans nombre. Dans une quantité qui ne fe peut compter. INNOVER- Voter unpeuplm b.u INO. INNUME'RABLE, adj . f Innumerabilis .) C’est la même chose qu’innombrable. Vaugelas a voulu introduire ce mot dans le genre sublime ; mais ses foins ont été inutiles , & les bons auteurs n’y ont point répondu. INOBSERVATION , f f [ Legum , ffidemm teegleflio .] Mot consacré aux manifestes & aux traitez des Princes. C’est quand on manque d’obferver & n’e- xecuter pas. (Inobservation de traité.) ch On dit aussi, l’inobservation des loix, l’inobferva- tion des régies. INOFFICIEUX , adj. C’est un terme de Jurisprudence , qui n’est point dans l’Académie. Un testament est celui où un Fils estexhérédé fans cause par son père. [Querela testamenti mofficìosis On dit dans le même stile, inojjìciosté. C’est la plainte que forme le fils contre le testament de son père, qui le déshérité fans cause légitime. £ L’Académie admet le terme inojfîcieux , & inoffi- ciojìté. £§ INOFFICIEUX. L’Empereur Justinien a donné dans fej Institutes, lib. z. tit. ig. une idée fuceinte d’un testamenst inofficieux, & d’une donation inoffi- INO 267 cieuse; il faut le suivre pas à pas. Les Jurisconsultes apellent inofficieux , tout ce qui blesse les scnti- mensde la nature, ctlesddvoirs réciproques qui lient les pères , les mères & leurs enfans. Ç’a été pour réparer l’înjure que les uns ou les autres souffrent par une injuste exhérédation , ou par un oubli affecté , qu’ils ont inventé une action à qui ils ont donné le titre d’inofficiosité. Cette action est fondée fur l’èquité & fur la présomption, qu’un père qui déshérité injustement son enfant, n’est pas dans son bon sens , & ne se sert pas de fa raison , non, qu’on I’en croie absolument privé, ni qu’il soit furieux ou insensé : car un testament fait par une personne dans la fureur ou dans la démence, est absolument nul: mais on le regarde comme un homme prévenu , a- veuglé par fa passion, ou qui par une foiblesse très- condannabìe , agit par des mouvemens étrangers. 11 étoit libre aux pères & aux mères dans les premiers tems de la République, de déshériter leurs enfans ; ils croioient qu’ils ne dévoient rendre compte à personne de ce qui se passait dans leur famille , on ils avoient établi un pouvoir souverain de vie & de mort; & dans cette pensée, on voioit très- fréquemment des enfans déshéritez par la disposition expresse de leur père, ou par la préterition de leur mère, qui tenoit lieu d’exhérédation ; & ce fut pour arrêter le cours des injustices fréquentes, que les pères & les mères exerçoient dans leurs familles, que les Jurisconsultes, dont les réponses étoient des décisions certaines , inventèrent faction d’inoíficioíìté , qu’ils rendirent commune entre les pères, les mères & les enfans. L’Empereur permet encore aux frères & aux sœurs de sc servir de cette action, & d’atta- quer par finofficiosité le testament, où l’un d’eux au- roit institué une personne vile, & dont la vie débauchée la rend indigne de toute sorte de bienfait, mais ce n’est qu’en ce cas que finofficiosité peut avoir lieu. Cette action ne sc transmet pas également aux héritiers de celui qui a été déshérité vu prétérit ; s’il meurt après l’ouverture du testament, ses enfans peuvent se plaindre , comme réprefentans leur père ; mais s’il ne laisse que des collatéraux ou des étrangers, ceux-ci ne peuvent pas intenter de leur chef la querelle d’inofficiosité : ils peuvent seulement continuer l’Instance commencée par leur parent, & c’est ce que les Jurisconsultes appellent querela praparata. Les posthumes qui n’ont point été apellez dans le testament de leur père, peuvent se servir de cette action , laquelle n’eftreqûé, que lorsque le père ou la more n’ont rien laissé à quelqu’un de leurs enfans ; car s’ils les ont instituez, la querelle d’inofficiosité cesse , quoique ie legs soit modique & bien au dessous de la légitime, dont on peut en ce eas demander le soplé- ment. Quant à l’efset de la quéreile d’inofficiosité, la Jurisprudence Romaine a varié, & il faut prendre garde de s’y méprendre. Toutes les Loix du Digeste, & du Code , ont déclaré le testament nul dans toutes ses parties, lorfqu’il étoit reconnu inofficieux , l’inofficiofité étant un vice qui sc répand fur l’institution, & fur les legs ; jusques-,là même que les legs étoient repérez, lors qu’ils avoient été païez : mais l’Empereur Justinien , par fa Novelle iiç. a modéré cette rigueur ; il déclare l’institution nulle ; mais il veut que les legs, & ses fideicommis que le testateur a faits, subsistent ,& soient exécutez. 11 est vrai que quelques Docteurs soutiennent, que la disposition de la Novelle ne doit s’apliquer qu’au cas d’une injust te exhérédation , ct non point dans la simple préterition : mais malgré toutes les raisons qu’ils allèguent en grand nombre , l’opinion contraire, quoique plus sévère, paroit être plus juste, la nature se trouvant également blessée dans l’un ct dans fautre cas. Enfin , l’inofficiofité étant regardée comme une injure personnelle, elle est éfacée par l’aquiefcementformel ou équipolent à la disposition du testateur ; de même qu’une simple injure est remise & pardonnée par le silence & par la moindre marque d’oubli ou de pardon. On peut acufer encore dinofficiosité les donations faites entre vifs de tous biens, dans lesquelles on n’a fait aucune mention d’un enfant: mais la donation n’est point détruite commme l’institutiôn, & f enfant oublié ne peut demander, en ce cas, que fa légitime , dont il ne peut pas être privé. INONDATION ,// [Inundatio, eluvio .J Eaux débordées qui étant sorties de leur lit naturel, couvren Tome U. Lia 1» 268 INQ. INOVEK, innover , v. «- [Vovum tnducere.] Introduire des nouveautez. (II est dangereux d innover.) INOUÏ, inouïe, adj. { laauditus. ] Qu’on n a pas encore ouï. Extraordinaire. Surprenant. (Cela est in. OUÏ. Chose inouïe.) . , „ ± On dit au(H , il est inouï, pour dire , c est une chose inouïe, on n’a ouï parler de rien de semblable. IN PACE- Mot Latin qui se dit chez les Moines de la prison où l'on enferme les Religieux discoles. (On î’a mis in pace.) f IN PROMPTU ; Voïez Impromptu. 4 INQUANT, f m - Vieux terme de commerce ; qui signifie ee qu’on entend présentement par vendre à Tencan. On s’en sert encore en Bretagne, où l’on dit Inquanter, pour dire vendre à l’enchere. INQUIET, inquiète, adj. {biquietus , sollicitas Q ChagnnT Qui est fâché. Qui a quelque choie qui le chagrine. Esprit inquiet. 11 a été inquiet toute la nuit, c’est-à-dire, il n’a pû dormir, ni reposer. 11 signifie auíìì, inconstant. (Un esprit brouillon & inquiet.) H INQUIET, signifie aussi qui aime l’agitation & le désordre. (Les Esprits inquiets font dangereux dans un Etat.) f INQUIET, se dit des passions & des mouvemens dcVame. (Une joie inquiète. La jalousie est toujours inquiète.) 4 Sommeil inquiet , est un sommeil souvent interrompu , & troublé par quelque peine d’esprit, ou par îa mauvaise constitution du corps.) INQUIE'TATION ,/. f. [ Inquietatio .J Terme de P a. lais. On aquiert la prescription par une possession de 30. ans fans trouble & fans inquiétation. INQUIE'TER, v. a. {Inquietare, ,'ollicitum tenere .) Donner de l’inquiétude. (Son procez l’inquiete. Son mal l’inquiéte. On craint tout, tout inquiète, quand on aime tendrement. Bojquillon.) INQUIE'TER , i>. a. {Vexare.] Terme de Palais. Troubler. (Inquiéter quelcun dans la jouissance d’un bien.) f INQUIE'TER, en termes de Guerre , signifie , harceler, arrêter par de fréquentes ataques. (Inquiéter une armée dans fa marche. Inquiéter l’ennemi avec un camp volant. Inquiéter les assiégeans par de continuelles sorties.) Inquiéter l’ennemi dans ses vivres, dans ses Courages, pour dire, enlever ses convois, ses fourageurs. INQUIE'TUDE s.s. {Cura , angor.] Chagrin. Tristesse. Soin & souci. (Etre en inquiétude. Vaug. Quint . I. j. La solitude, Bien loin. d’ètre un remède à son inquiétude, En devint mime t aliment. La Font.) f * INQUIE'TUDE. {Inquiet.] Mal. (Avoir des inquiétudes au corps.) INQUISITEUR, T m. {Inquijitor.] Un des Ju. ges établis pour connoître des Hérétiques. (C’est toû. jours un Jacobin qui est grand inquisiteur en Espagne.) INQUISITION , s s {Inquisitio. ] Perquisition. Recherche qu’on fait de quelque chose. (Faire une inquisition sommaire dujour & du vrai tems de la mort d’une personne. Patruplaid. 14. page ^6 2.) f INQUISITION d’Etat. Tribunal rigoureux & sevé- te, établi à Venise, & dont le pouvoir est illimité. INQUISITION. {Quafitorum Collegium.] Tribunal é- ■tabli en Italie & en Espagne pour connoître des Hérétiques. (L’Inquisition n’a pas été reqûè en France, & n’a été établie qu’après l’an douze cens. Voïez Fra Paolo,traité de l’Inquisition.) Après qu’on eût publié les Edits de l’Inquisition , il se trouva dix-sept mille personnes de tout âge , de tout sexe & de toute condition , qui par l’espérauce du pardon, confessèrent leurs crimes de leur propre mouvement. (Car l’In- quisttion à son entrée avoit fait espérer qu’on féroit grace^-a ceux qui s’acuseroient eux-mêmes.) Cepen- dan toute la grâce fut qu’on brûla tout vifs deux mil- P ? Uvr | s Penitens volontaires , & que la plû- releguez dans les Provinces voi- 24 e. 17 ^ana Jésuite, derebm Hijjtanicû, l. bkïZffmSyîi.’dS'Siste s r ‘T el m—^ rsiïr&s rgs INS horrible & h plus contraire à la société. Barbeyrae dans son Pujsendors. f On ne faisoit aucune diférence à Athènes du soup. qon du crime à la conviétion en matière de religion. Les injustices & les pieuses cruautez de cette République sembleroient incroïables, si le barbare tribunal de l’Inquisition d’Espagne & celui de Portugal , encore plus furieux, ne nous faisoit voir quelque chose de plus afreux, '& tout-à-fait oposé à l’esprit de l’Evan- gile. Polybe de Mr. de Fo/ard. Tome I. (/Inquisition de Rome & des pais de la dépendance du Pape, n’est pas fi cruelle que celle d’Espagne & de Portugal. Le Pe- re François Macedo met dans le Paradis terrestre la pré. miére institution de ce tribunal. Biais Mr. de Fo- lard est persuade que cet Auteur ne croioit pas , que l’Inquisition d’Espagne & de Portugal fût jamais sortie du Paradis terrestre, ni des maximes de ('Evangile, Ibid. Tome II. p. n j. INSA HABILITE *, sf { Insatiabilis cupiditas. J Qualité de celui qu’on ne peut rassasier. (11 y a des gourmands qui témoignent une grande insatiabilité.) * L’insatiabilité des avares est surprenante. INSATIABLE , adj. {Insatiabilis, injaturabilis .] Prononcez injaciable. II signifie qu’on ne peut rassasier. (Homme insatiable. Enfant insatiable.) (* Désir insatiable. Abl. Tac. ann. II y a trois cho- ses insatiables, & une quatrième qui ne dit jamais, c’est assez; Penser, la matrice stérile , la terre qui ne se soûle point d’eau, & le feu qui ne dit jamais , c’est assez. Port-Royal , Proverbes de Salomon, ch. ;o. Lc peuple dit cela d’une autre faqon. 11 y a quatre choses insatiables, la mort, la mer, la femme , & let Prêtres.) (f Le P. Bouhours condanne cette locution , insa- tìable d’bonneur , le terme insatiable étant de ceuX qui n’ont point de qutué ; c’est-à-dire, qui ne régissent rien. Mais Mr. Ménage nous assure , que l’on dit fort bien insatiable d’bonneur , insatiable d’argent, insatiable de carnage. INSATIABLEMENT , adv. {Insatiabiliter.] D’une manière insatiable. (L’avare amasse insatiablement des trésors. ) A L’íNSCEU , adv. {Clam.] C’est-à-dire, fans qu’on le sache. ( Elle s’engage à mon inscû. Mol. {Me mscio.] On avoit envoïé à Rome à l’inscû de la Reine. Maucroix, schisme, l. 1. U avoit ouvert le passage aux Suisses à l’insqû de la République. Abl. César , /. 1. ch. 1.) INSCIEMMENT, adv. {Imprudenter.] Sans savoir. Sans connoître. (II l’a blessé insolemment.) INSCRIPTIBLE, adj. Terme de Géométrie. Qui peut être inscrit. INSÇRIP HON,/ s. {Inscriptio , titulus.] Titre renfermé en peu de paroles. (Une belle inscription. L’épigramme n’étoit en son commencement qu’une inscription. Pilatete fit mettre un inscription sur la Croix de N. S. Une vieille inscription. Lors je veux dans ton Temple ajsùrer cette histoire Par une inscription ou de marbre oud’ivoire. Epît. d’Ovide.) INSCRIPTION. {Subscriptio.] Terme de Palais. C’est l’écriture qu’une partie fait sur le Regître, où il met son nom , & s’engage à foire quelque chose. ( Faire une inscription.) INSCRIPTION en faux. {Scriptì in causa saisi accusa- tio.] Terme de Pratique. Acte par lequel on déclare au Grefe de la Jurisdiction où l’on doit plaider, que la pièce dont la partie adverse se veut servir contre nous, est falsifiée, qu’on la soûtient telle & qu’on le prouvera par expers. Celui qui fait une inscription en faux, doit consigner au Gréfe une somme, qu’il perd, s’il ne prouve ce qu’il avance ; mais qu’on lu! rend s’il le prouve. Ragueneau a fait un petit livre de Y Inscription en faux , qu’on estime. f INSCRIPTION, se dit dans les Uníversitez, de la marque & du témoignage qu’un Professeur de Droit donne à un Ecolier de fa présence & de son assiduité aux leqons publiques. On n’est point admis à l’exa- men fans avoir ses inscriptions. INSCRIPTION. {Inscriptio.] Terme de Géométrie. C’est l’opération par laquelle on inscrit une figure dans Une autre. Voïez Inscrire. •INSCRIRE , v. a. {Inscribere.] Terme de Géométrie. C’est tracer une figure dans une autre. Quand on inscrit un triangle, eu une autre figure rectiligne dans INS un cercle, il fout que tous les angles de la figure a- bontissent à la circonférence. Inscrire un hexagone, ou autre poligone régulier dans un cercle, inscrire un triangle dans un quarré, &c.) On dit, un Poligone inscrit, une figure inscrite. [Inscriptuss S’INSCRIRE , v. r. [Dare nomen inscribendum .] Ce mot l'e dit en parlant de quelque acufoteur ; c’est écrire son nom sur le regître du Procureur Général, quand on va acuserquelcun. (Les délateurs souscrivent sur le regître du Procureur Général.) S’INSCRIRE í’w/iw.v. [Edito nomme aliquem saisi ac- cusares C’est aler au Gréfe, & déclarer que Pacte dont on se sert contre nous , est faux, & qu’on le prouvera. Patru , plaid. 14. $ * S’INSCRIRE en faux, se dit aussi pour denier une proposition qu’un autre allégué. (Je m’inscris en feux contre tout ce que vous venez d’avancer.) INSCRUTABLE, adj. [Occultas , inscrutabilisf] Ce mot vient du Latin, terme de Théologie. II se dit des sécréts de la Providence & desjugemens de Dieu, & veut dire , que l’esprit humain ne peut pénétrer. (Les voies de Dieu font infcrutables.) INSÇU. Voïez plus haut insceu. INSECTE,/ tn. [ Inseflum .] Animal aïant plusieurs coupures par le corps, au dessus & au dessous , qui n’a point de sang, ou du moins qui en a très-peu. (insecte marin, insecte volant, insecte rampant , insecte acatique, infecte terrestre.) On a remarqué depuis quelque tems, que les insectes ne font pas des a- nimaux si imparfaits, comme on savoir crû auparavant. On a aussi observé, que chaque plante a ses infectes particuliers & diférens , son ver, la chénille, son papillon. Les infectes ne s’acouplent jamais pendant qu’ils sont sous la forme de ver, ou de chénille , & a- lors on ne peut distinguer le mâle d’avec la semelle, (l/w insecte rampant qui ne vit qu'à demi, Un taureau qui rumine , une chèvre qui broute, Ont l’esprit mieux tourné que ria l’homme? Oui sans doute. Defpr.) On apelle aussi insectes, les grenouilles, les lézards, &c. INSEMINATION ,sf [Injhninatio.l C’est une des cinq sortes de transplantations qui fe font pour la cure de certaines maladies, en prenant de l’esprit vital du malade imprégné avec de l’aiman , & mêlé a- vec de la terre grasse dans laquelle on féme la graine de quelque plante apropriée à la maladie. On prétend que la maladie diminuera à mesure qu’on verra croître la plante. INSENSE', insensée, adj. [Insanus, mente captusi] Ce mot se dit des personnes, de leurs discours & de leurs actions , & veut dire , qui n’a point de sens, qui est fou. (Discours insensé. Patru , plaid. 7. 11 agit comme un insensé. Passion fole & insensée. Un homme des plus infensez, A quarante cinq ans le caur rempli de fiâmes , S’avisa d’epouser deux femmes , Pour le faire enrager une c’étoit ajse2. Bours. Esope.) INSENSIBILITE',/ / [Stupor.-] Dureté de cœur. C’est une insensibilité qui mérite d’être blâmee. Avoir de l’insensibilité. C’est une cruelle insensibilité. Les amans fe plaignent ordinairement de l’insensibilité de leurs Maîtresses. S. Evremont.') ^ INSENSIBILITE', défaut de sensibilité. (Un froid Violent cause l’inlénsibilité dans les parties du corps.) INSENSIBLE, adj. [ Sensús expert, J Qui ne sent pas. (Les choses insensibles.) INSENSIBLE. [ InfensibilU. ] Qu’on ne sent point. Qu’on n’aperqoit point par les sens. ( Mouvement insensible. Les atomes sont si petits qu’ils sont insensibles. L’acroissement des plantes est insensible. Le mouvement de la terre est insensible, on ne s’en aperçoit point par les sens. 11 y a une infinité de choses insensibles. Et if un vol insensible , U fe vit transporté Dans un vase Palais d'admirable beauté, Perrault. ) * INSENSIBLE. [Immifericors , ferreus , qui nullâ re movetur.'] Qui ne ressent rien, parce qu’il a le cœur dur & sans raison, qui ne sent rien, parce qu’il a le cœur dur & qu’il ne se laisse toucher de rien. (L’insensible & INS 269 le froid Voiture parloit d’amour comme s’il en sentoit Voit pois. C’est un esprit insensible. Avoir le cœur insensible. La plupart des gens de travail pensent à boire & a manger , ils sont comme insensibles à toutes les autres choses. Aìcole , ejjais de morale. Ah J pour ê* tre héros doit on être insensible? Quinaut.) INSENSIBLEMENT , adv. [Sersitn, sinesensu.~ì D une maniéré presque imperceptible. 11 perdroit'insen- libiement la raison. Ablanc. Entrer insensiblement en matière. Paf. I. ^ L’aiguille d’une montre avance insensiblement quand elle ne marque que les heures ; "E le mouvement de celle qui marque les minutes elt sensible. ( L amour entre insensiblement dans nos cœurs.) INSEPARABILITE' ,// Qualité des choses qui ne peuvent être séparées. INSE'PARABLE , adj. [ Quoddisjungi, divelli non potejis Qu’on ne peut séparer. Qui ne se sépare point. (Ces choies font inséparables. Amis inséparables. [As sidui co mites .J J INSEPARABLEMENT, adv. [Inseparabiliters D’u- ne maniéré inséparable. (Etre inséparablement ataché aux intérêts de queicun. Mémoires de Mr, le Duc de la Rochefoucault ,) INSE'RER, V. a. II vient du Latin inserere. Mettre dans. (On fit insérer ce jugement dans les cahiers. Patru, plaid, 13. Les Jardiniers infèrent doucement l’œil de l’écusson dans la fente de l’arbre qu’ils entent. Un Chirurgien infère fa fonde dans une plaie.) S’INSE'RER, v. r. [Sese immittere.'} Se mettre dans. (Les uretères s’inférent de telle forte auprès du trou de la vessie qu’on ne s’aperçoit d’aucun conduit pat où ils versent I’urine. Roh. phis.) INSERTION, s.s U vient du Latin insertio , qui lignifie enture. II veut dire en général faction pat laquelle une chose est mise & insérée dans une autre. L’insertion d’une gréfe dans la fente d’un arbre. L'insertion de la fonde dans une plaie. L’insertion d’une lettre dans 11 n mot, ou d’un, ou de plusieurs mots dans u n discours.) INSERTION. [ Implicatio .J Terme d’ Anatomie. C’est l’endroit où une partie du corps va s’atacherà une autre. C’est là que cette partie a son insertion. La veine cave a son insertion dans le ventricule droit du cœur, L’insertion des os, des muscles, des nerse, des veines, &c. dans le corps des animaux, est merveilleuse.) INSESSION, / /• [Infesta .2 Terme de Médecine. Nom qu’on donne au demi bain, parce qu’on le prépare quelquefois avec de la décoction de plusieurs herbes fur lesquelles on fait asseoir le malade. IN SE'ZE,/ m. [In decimosextos Terme á’Impri- rneur. Livre dont chaque feuille a trente deux pages. (C’est un petit in seze.) f INSIDIATEUR,/ »*. [Insidiators Ce mot signifie qui tend des pièges, mais il n’est pas en usage. Le P. Bouhours l’a condamné dans Limitation de Jésus- Christ, par Messieurs de Port-Royal, & il n’est point dans l’Académie. 0* Le P. Bouhours ne l’a pas condamné dêcisive- ment, mais il a prévù qu’il le seroit. II dit dans ses remarques nouvelles, „ qu’un des plus célébrés tra* „ d licteurs de nôtre tems , semble avoir entrepris „ d’établir le mot insidiateur , dont il sc sert plu- „ sieurs fois dans un de ses livres ”. II cite ensuite quelques endroits de la traduction, dont il entend parler, & il ajoute: „ Si insidieux, que Malherbe vouloir „ introduire , avoit passé , il auroit fraie le chemin k ,, Insidiateur ; mais comme on a rebuté Insidieux, je „ crains que l'on ne reçoive pas Insidiateur ”. La „ raison de fa crainte a été , que nous ne recevons „ guéres de nouveau , un mot tout latin , à moins „ que nous n’en aïons déja un qui lui ressemble en ” quelque façon , & qui aide à le foire connoître : „ ainsi , n'aïant point dan» notre langue de mot qui , dérive de Insidia , nous n’avons pû nous acommo- ’’ der á’insidieux , & nous aurons de la peine à nous „ acommoder à’Insidiateur. Ce qui rend ( dit-il ) ma „ conjecture assez probable , c’est que l’ïtalien qui a „ formé Insidie du Latin Insidia , a ftit ensuite In- „ sidioso & Insidiatore. Enfin , quand nous dirions „ Insidiateur , il ne s’enfuivroit pas qu’on pût di- „ re insidiatrice , non plus qu 'exterminatrice , ten- L 1 J 27 ° INS „ tatrice, dominatrice , dispensatrice”. Mr. Ménagé n’est pas du sentiment du R. P. Bouhours. „ Je ne i'cai j, Çdit-iî dans fa seconde partie des Observations fur „ la Langue Françoise) qui est ce célébré traducteur; „ mais quel qu’il soit, il a mon aprebation pour /»- ,, stdiuteur Insidiatrice , dans les endroits, où sl ,, les a employez : Les démons , ces ïnjidiateurs de nos âmes. Cette ennemie domestique , qui est son infìdia- îrice Mais l’usage a favorisé le pronostic du R. Père. On ne connoît plus ni Infìdiateur, ni Instdìatrìce. INSIDIEUSEMENT , adv. [Instdiosè.j] D’une maniéré insidieuse & qui tend à surprendre. II n’esl guére en usage que dans le stile soutenu. Acad. Fr. INSIDIEUX , insidieuse , adj. [Injìdiosw .] Ce mot veut dire plein de pièges , mais il n’est pas reçû. On dit, c’estun compliment insidieux. Des caresses insidieuses. Des présens insidieux. 11 n’est d’usage, dit l’Académie, que dans le stile soutenu & dans la poésie. {st Le terme Insidieux est entré, aussi bien qu ’lnst. àiateur, dans la querelle de Mr. Ménage & du P- Bouhours. Celui-ci a dit , comme je l’ai remarqué, que ,, si Insidieux , que Malherbe vouloir introduire, „ avoit passé, il auroit fraïé le chemin à Infìdiateur > „ mais comme on a rebuté Instdieux, je crains qu’on „ ne reçoive pas Instdiateur ", Mr. Ménagé , dans le chap. 8t- du second tome de ses Observations, a cru devoir remarquer que „ le P. Bouhours aprit ce rai- „ sennement de son maître Vaugelas, lequel a dit „ dans l’obscrvation 4;. que Insidieux est un mot pu- ,, rement latin , que Mr. Malherbe a tâché de faire „ François; car il est le premier que je sache qui en „ ait usé s je voudrois bien qu’il Fût suivi, parce que nous n’avons point de mot qui signisie celui-là, outre qu’il est beau & doux à l’oreille ; ce qui méfait augurer qu’il se pourra établir; iln’auroit pas grand peine à s’introduire parmi ceux qui entendent la signification , & la force du mot, & qui savent le latin.- mais pour les autres qui n’cn ont aucune connoissance, ils ne lui seront pas favorables, à cause que ni Instdieux, ni Instdiœ, d’où il vient, ,, n’ont rien qui aprocbe d’aucun mot de notre lan- „ gue qui signifie cela, & qui lui fraie le chemin ; tellement qu’il faudroit du tems pour le faire connoî- tre : les exemples tirez de Mr. Malherbe, en feront voir la signification & l’ufage ; il dit en un lieu : Ces subtilités quisemblent insidieuses} & en un autre : C est une insidieuse façon de nuire , que de nuU re, enforie qui on en soit remercié. J’ajoûterai un troisième exemple qui le fera entendre encore plus aisément : II ne faut pas se fier aux caresses du mon - de , elles font trompeuses , , s 1 il faut user de ce mot insidieuses , c’est-à-dire , qui sont autant de pièges & d’embûches que le monde nous dresse. Car pour l’introduire au commencement, je voudrois radoucir avec ce correctif, s’il faut user de ce mot , ou s’il faut ains dire , ou quelques autres sembla- ,, blés , ou bien l’expliquer devant ou après par quel- ,, ques mots finonimes, qui l’apuïent, & lui fervent „ d’introducteurs. Un vers qui commencetoit ainsi , Insidieux amour, qui , c. n’auroit pas mauvaise gra- „ ce, ce mot y seroit bien placé On découvre aisément que Mr. Ménage n’a raporté toute l’observation de Mr. de Vaugelas, que pour faire connoître au public la source, où le P. Bouhours a puisé son raisonnement sur Insàieux , & sur Instdiateur. II pousse même plus loin fa mauvaise humeur, & il la répand sur Malherbe même, en disant „ qu’il n’est point vrai, „ que cet Auteur ait été le premier qui ait usé d'In- ,, sidieux ; On trouve ce mot dans le Trésor de la „ Langue Françoise , & il n’a point été tellement re- ,, buté, qu’il ne puisse encore trouver sa place en „ quelques lieux ; mais Malherbe ne seroit pas moins „ illustre, quand il n’auroit pas été le premier qui ,, se soit servi d 'instdieux , ni Mr. de Vaugelas moins » le premier maître de notre Langue, quand il auroit », ignore quj 'Instdieux sc trouvoit dans le Trésor de 5 ) 33 91 11 31 31 11 11 31 31 31 31 31 31 0 ..„,_....... l’Académie Françoise, dans leur Observation fur la remarque de Mr. de Vaugelas , „ dans laquelle ils disent, que Mr. Malherbe n’a été suivi de personne, quand il a voulu établir instdieux , ” & ce mot pour lequel Mr. de Vaugelas avoit auguré ” fi favorablement, n’a point fait fortune ; ainsi quoi- ’’ qu« [Insidieux amour , soit une façon de parler fort ÎNS „ douce à Porsille , aucun Poète n’a encore osé ha- „ zarder cette épithéte ; peut-être recevroit-on la „ phrase suivante, Toutes les caresses du monde font „ trompeuses , & s 1 il faut user de ce mot, insidieuses : », mais ce ne seroit qu’à cause du correctif, s’iifaut user „ de ce mot , qui fait souffrir beaucoup de manières „ inusitées de parler.” Je m’arrête ici , & je me contenterai d’avertir le lecteur, qu’il trouvera dans la fuite de l’Observation de Mr. Ménage, plusieurs remarques critiques fur celle de son ennemi; j’aurois même retranché une patrie de la citation que je viens de faire , si j’avois pù l’abréger, & si je n’a vois pas crû que l’on prendroit plaisir de voir aux mains deux ennemis íi renommez dans la Grammaire Françoise, & également animez par cette jalousie, qui se forme prêt que toujours entre les personnes d’une même profession quand ils croient devoir l’emporter l’un furl’autre. INSIGNE , adj. \Instgnis.~f Ce mot signifie qui est fort remarquable & fe prend en bonne & mauvaise part, mais plus en mauvaise. (Insigne putain. Saint Amant. Insigne calomnie. Pasc. I. 16. On dit aussi fort bien & en bonne part : Insigne piété, insigne mo- dération. Maucroix , schisme d’Augleterre , l. 2.) * INSINUANT, insinuante, adj. [ Animas su - biens .] Engageant. Atirant, & gagnant avec adresse. ( Avoir des manières douces & insinuantes. Elle est fort insinuante. Les manières polies & insinuantes font de grands progrez fur les cœurs. S. Evremontl) INSINUATION,/, f. Ce mot est Latin Instnuatio. II lignifie faction par laquelle une chose entre doucement & insensiblement dans une autre. (L’insinuatioa de la chaleur dans les membres du corps.) * INSINUATION. Ç Oratio quidam dijstmulatione U cìrcuitione jubiens animum.~\ Ternie de Rétorique. Dit cours par lequel l’orateur persuade doucement ses auditeurs. INSINUATION. alìcujm ìn publicas tabules r dations Terme de Palais. Entregîtrement d’un acte dans les Regîtres publics. (II y a des Gréfes des insinuations pour les a faires séculières, & pour les Eclésia- ítiques.) INSINUER , V. a. [In publicas tabulas reserrei] Terme de Palais . C’est enregìtrer au Gréfe des insinuations. (Insinuer une donation. Patru, plaid. ;.) * INSINUER , D. a. [ Animés homìnum instillare. ] Au figuré, il sc dit des choses & des paroles » il signifie faire entrer adroitement dans le cœur, ou dans ì’efprit. Qe lui insinuai un petit mot de cette afaire, Plutarque insinue doucement la Sagesse. S. Evremont , Jugement fur Sénéque, t. ».) S’INSINUER, v. r. [Glifiere, firptre.~\ Entrer doucement dans quelque chose. (Le vent s'insinuè dans les fentes. Le mauvais air s’insinuè par les pores. Le chaud & le froid s’insinuent peu à peu dans les substances, l’un pour les cuire, & l’autre pour les glacer.) S’iNSINUER, v. r. [In amicitiam alïcujm irrepe re.] Gagner avec adresse. S’introduire avec esprit. ( S’insi- nuer dans le cœur d’une maîtresse. ..... Sa grimace est par tout bien venUè, On l’acueiUe, on lui rit , par tout il s'míìnu'i. Mol.) INSIPIDE , adj. [Saporìs expers , instpìàwj Qui n’a point de goût. Fade. (Liqueur insipide. Ragoût insipide. Viande insipide. La meilleure qualité de Peau, c’est d’être insipide.) INSIPIDE, adj. [ Fatum , instulsu r.] Au figuré, il si. gnifie, qui n’a rien qui reveille les sens, qui n’a ni goût ni esprit, sot & ridicule. (Les traductions de l’i- maginaire Amelot font insipides en comparaison de celles de l’excélent d’Ablancourt. II ne sauroit sou/rir qtíune phrase insipide, Vienne à la fin d’un vers remplir la place vuide. Defpr. fat. 2.) (st Mr. Racine, dans son Esther, m?, ç, fi. u Mais Mardochée astis aux portes du Palais, Dans ce cíeur malheureux enfonce mille traits s Et toute ma grandeur me devient insipide, Tandis que le Soleil éclaire ce Perfide. Insipide ne marque point assez le dépit d’Aman , & le dégoût de fa grandeur qui ne peut pas le garantir de la rencontre importune de Mardochée. INSIPIDITE',// [Gustusbebes. J Qualité qui rend fade & insipide. (L’insipidité de Pair- Rob. Phjfi. Le sel ôte l’insipidité des viandes.) IN- INS INSIPIDITE'. [ Insuljlteu.] Se dit aussi d’un ouvrage d’eíprit. On voit une insipidité regner généralement dans les ouvrages de quelques Auteurs. INSISTER, v. n. [Injìjìere.] Presser avec ardeur. Persister avec empressement & avec chaleur. (Elle insista fort pour me faire avoir le gouvernement du Havre de Grâce. Mémoires de Mr. le Duc de la Rocbefou - caut. II insista jusques à ce qu’il eût obtenu. Abl. ret. I. 2. c, j. Elle insista pour Faire recevoir son apel. Maucroix /schisme , l. i. 11 insista qu’il eût à confesser dans la torture ce qu’il avoit dit fi franchement. Vaug. Quint. Curer. I. 6 . c. 11. ) t INSISTER, signifie aussi s’apuïer. (II insiste toujours fur une mauvaise preuve. II ne faut pas insister fur un point aussi délicat.) t INSITION, s /• Terme de Jardinage & de Chirurgie. L’adion tfenter ou de grefer. (Infition vege. talc. Insition animale.) í INSITOR , s. m- Dieu des Romains qui prési- doit aux semailles. C’est un mot Latin , qui signifie, enteur, grefeur. INSOCIARLE , adj. Çlnsociabilk.] Qui ne peut être joint, mêlé , ni associé. (11 y a des corps insatiables. Le feu & Peau font des substances infociables.) £ INSOCIABLE , incommode, fâcheux, infuporta- ble dans la société. (C’est un homme insatiable. L’hu- meur insatiable de cette femme dégoûte toutes les compagnies.) INSOLATION ,s f. f Tnsolatio. ] Terme de Chimistes , & dé autres. C’est l’échaufement des matières quota expose à la chaleur des ratons du Soleil. (On se sert d’infolation pour les teintures, pour les baumes & pour les plantes qu’on veut garder. Cbaras, Pbarm. I. p. cb. 23.) INSOLEMMENT, adv. [.Arroganter , superbe.] Avec insolence. Avec peu de respect. (Parler insolemment à quelcun.) INSOLENCE, s. f. [Insalentia , petuìantìa, protervi - tas.] Sorte d'insulte. Conduite où l’on manque de respect à l’égard d’une personne pour laquelle on doit avoir de la deference. Hardiesse éfrontee. (Son insolence a été punie. Parler avec insolence. C’est une insolence infuportable. Châtier Pinsolence de quelcun.) INSOLENT , insolente , adj. [Arrogans , infolens ,su- perbusé] Qui a de l’infolence. (Etre insolent en paroles. Elle est fort insolente. C’est un insolent coquin. II veut direauss, fier, orgueilleux. Pour éblouir les yeux , la fortune arrogante Affecla déétaler une pompe insolente. Despr. ) 0 Ce terme est mal placé dans le second vers de la Marianne de Tristan l’hermite : Fantôme injurieux qui trouble mon repos , Ne renouvelle plus tes insolents propos. INSOLENT n’a jamais signifié fâcheux, importun ou capable de donner de l’effroi : mais on n’y regardoit pas de si près autrefois. x INSOLENT , est aussi subst. (C’est un insolent.^ Cet insolent insulte les honnêtes gens.) INSOLITE, adj. [Insolites.] Ce qu’on n’a pas coutume de faire. Vieuz mot, qui n'est plus en usage qu’au Palais. (Procédure insolite. Demande insolite.) INSOLVABILITE',/•/• [I^piasolvendi.] Impuissance de satisfaire à ses dettes. Impuissance de païer. (11 est darçs une insolvabilité toute entière.) INSOLVABLE, adj. [Qui Jolvendo non eji.] Qui n est pas solvable. (11 est mort insolvable. Elle est insolvable.) INSOLUBLE, adj. [Insolubìlisé] Terme qui se dit entre les Philosophes de 1 ’Ecole, & qui veut dire, qu’on ne peut foudre. (Argument insoluble.) INSOMNIE, [ Insomnie , vigilìa. ] Quelques Médecins font ce mot masculin , mais la plûpart des autres personnes le font féminin , & on pense que c’est le plus sûr. L’insomnie est une incommodité qui empêche de dormir. C’est une impuissance de dormir. (II est travaillé d’une perpétuelle insomnie.) 0 11 faut ici remarquer que insomnia au singulier signifie insomnie , que les Grecs ont apellé àyçvTrvítt. Parmenon dit à Phedria dans Térence , eunuc. aU. 2. sc. 1. v. r;, que ne pouvant dormir cette nuit, à cause de l’absence de Thaïs, il n’atendra pas le jour pour revenir. INS 271 Nam aut jam revertere , aut mox noclu te adiget borsum insomnia. Sur quoi Douât a fait cette note, qu’il faut lire te adiget, & non pas te adigent, ut Jìt insomnia numerifin- guìaris. Mais insomnia au pluriel d ’insomnium signifie les songes} ainsi Virgile a dit: Qu/t me sujpensam insomnia terrent. Et Silius Italicus, lib. 19. v. 72. Exercent rapidam truculenta insomnia mentent. Et Tibuìle , lib. eleg. 4. v. 1. Dì meliora ferant , nec Jint insomnia ver a. Les Grecs expriment le terme songe par hvnvm. INSOU TENABLE , adj. ((ssiod defendi non potes.] Qui ne se peuc soûtenir. Qu’on ne peur défendre. (Opinion ridicule & insoutenable. Pasc. L 3. La sentence est insoutenable. Patru, plaid. 10.) INSOúTENABLEMENT, adv. Ce mot n’est pas en usage. INSPECTEUR, s m. [Instefíor.] II signifie en général, celui qui a soin de prendre garde à quelque chose. II se dit en parlant des ouvrages d ’ArchiteHu- re , & c’est celui qui fait exécuter le marché, & qui a foin de la conduite de l’ouvrage , & que tout aille comme il faut. II se dit en parlant de gens de guerre. II y a des Inspecteurs particuliers & un Inspecteur général de l’infanterie. Ce sont des O liciers qui ont l’œil fur toutes les choses qui regardent l’Infanterie. II y a aussi pour la Marine , un InspeHeur de Constructions, qui est un Oficier commis pour avoir l’œil & l’inspection sur les constructions, fur le radoub , & fur tout ce qui regarde les Vaisseaux du Roi. II doit visiter les Ports où Sa Majesté fait construire des Vaisseaux , & apvendre aux Charpentiers à en faire des plans & profils, avant que d’en commencer la construction , afin de se corriger des défauts qu’on a remarquez dans ceux qui ont été ci-devant faits , & de pouvoir fixer des régies certaines, &c. INSPECTION, f f [Intuitif.] II vient du Latin injpefíio. Prononcez injpecccion. C’est la forte apli- cation qu’on a à regarder une chose. (Faire l’inspection d’un cadavre. Rob. Phif. Si je ieûr avois voulu dire à tous deux les mêmes choses comme l’inspection des Astres m’y obligeoit. Arnaud. Cons. I. 7. cb. 6 . Les Chiromanciens jugent par l’inspection de la main.) * INSPECTION , s. f [ Injpeflio, vigilantia.] Au figuré , il veut dire , soin qu’on a de regarder que tout aille bien. Vûé qu’on a pour la conduite de certaines choses. (Les Magistrats ont inspection furies marchandises , fur les denrées, &c. Les Précepteurs ont inspection sur les mœurs des jeunes gens. Avoir inspection sur les ouvriers.) INSPIRATION ,sf H vient du Latin injpirath. Ce mot se dit d’ordinaire en parlant de Dieu. C’est une grâce par laquelle Dieu éclaire notre esprit, & pousse notre volonté à quelque chose. «Due sainte inspiration. Pasc. L 4. Mépriser les inspirations que Dieu envoie. God. Je ne sçai quelle bonne inspiration vous a enga- ' gé à me venir voir.) f INSPIRATION , se dit aussi en parlant des hommes , & signifie, conseil, sollicitation , pressentiment. (II ne fait rien de bon que par Pinspiration d’autrui.) î INSPIRATION. C’est encore une des voies d’élire les Papes. On fait un Pape par voïe d’inspiration, lorsque tous les Cardinaux s’accordent unanimement, & comme par inspiration, à choisir un sujet qu’ils nomment à haute voix. INSPIRATION. [ Injpiratio.] Terme de Médecine. C’est faction par laquelle le poumon a tire Pair. Celle par laquelle il pousse Pair , s’apelle expiration. INSPIRER, v. a. [Ajflatu divino mentent con ci t are.] Ce mot sc dit particulièrement de Dieu, des Esprits célestes, des Muscs, & d’autres. C’est donner quelque inspiration. Mettre une chose dans la volonté. Favoriser de son aide. (Dieu lui a inspiré le dessein de se taire Religieux. Et maudissant cent fois le démon qui m’inspire, Je fais mille sermens de ne jamais écrire. Despr. fat. 2.) INSPIRER, o- a. [lrjpitare , huitareé] Au figuré il veut dire, faire naître dans ie cœur. ou dans l'esprit. (11 ell hon d’inspirer de grands desseins aux jeunes gens de qualité. Les Grands ne songent qu’à inspirer de la crainte & du respect. La grande ambition des fem- 272 INS femmes, c’estd’inspirer de l’amour. Mol. Sicil. a. 2. sc. 6 . Un bon Orateur inspire dans 1 ame des Juges diverses pallions, la haine, la colere , la compat- fl °sf On a proposé cette phrase dans l’Académie Françoise - son sus lice donna de la compassion à tout le mon- de c# injbira à plusieurs cette persuasion , que sa crdian - ce ne pouvoit être mauvaise. On trouva d’abord qu’il étoit plus naturel de dire que sa confiance persuada à plusieurs que fa croiance ne pouvoit être mauvaise , car inspirer une persuasion a paru une construction vicieuse. On dit bien injpirer une pensée, injpirer unsentiment : niais injpirer une persuasion , n’est d’aucun usage ; la raison même répugne , parce que l’inspiration se fait en un moment ; ainsi il est vrai de dire qu’on inspire un sentiment, une pensée ; mais pour persuader , il faut du tems, &c. Décisions de l’Acad. de M. L’Abé T. pag. 3. INSTABILITE',/ / {.Mobilité, bzconstantia , leviuu .] 11 vient du Latin. Etat qui n’est pas stable. Etat inconstant & chancelant des choses. (Je connois l’instabilité des choses d’ici-bas. Abl. Luc. Tome I. L’instabilité du tems. Toute votre félicité Sujette à /'instabilité, En un moment tombe par terre. Corneille. ) f L’histoire fournit de grands exemples de l’instabi- lité des choses de la guerre. Ceux qui aujourd’hui se glorifient si fort de leurs victoires , seront demain très-humiliez. Cette considération a toujours retenu les hommes sages & les grands Capitaines dans la modestie , & les a empêchez de devenir insolens dans la victoire. Poiybe de Folard. INSTALATION, f f. [A/fUf quo quvs ìn munere constituitur.) Action par laquelle on est mis en possession. (L’instalation doit être faite dans les formes. Patru , plaid. 16.) INSTALER, v. a. [ Consiituerel ] Mettre en possession. (Instaler une personne dans une charge. II est instalé. II s’est instalé dans la maison de ce Prince, il y gouverne tout.) INSTAMMENT , adv. [ Impenfè , enixê, magno- perè, etiam atque etiam. J Avec empressement. Ardemment. (Suplier instamment.) INSTANCE,//. [Aclìo, causa .] Terme de Palais. Procès où il y a demande & défense. Action intentée où il y a des défenses fournies. (Former une instance au Parlement. L’instance est pendante à la Grand-Chambre. Reprendre l’instance.) * INSTANCE. [ Contentw, ejflagitatio. J Empressement. Ardeur. (Prier avec instance.) INSTANCE. [ Objecfio .J Objection. Voïez ObjeHion. INSTANT, / m. [ fnjìans .] Moment. (11 n’y a aucun instant de nature où vous commenciez d’être. God. Un redoutable instant nom détruit fans réserve. Desh. poèf.) A sinstant , adv. [In ipso temporìs articula.'] Au même tems. Incontinent. (Si vous ne voïez à l’instant le bel objet qui a fait naître mon amour. Voit. Pois.) INSTANT, instante , adj. [Enixus , urgens.] Pressant. (Instante prière, solicitation, poursuite.) A l’insiar. Terme Latin qui veut dire , à la maniéré , à l’exemple, tout de même. (Ces gens demandent d’avoir des privilèges à I’insiar des Sécrétasses du Roi.) INSTAURATION,// [Instauratio.] Rétablissement d’un Temple, d’une Religion. (Le courage de Judas Machabée parut à l’instauration du Temple de Jérusalem. Ce mot n’est point dans l’Académie. INSTIG ATEUR , / m. [ Instigator , impulsor. ] Celui qui pousse & excite à faire quelque chose de fâcheux. (II étoit instigateur de la persécution. Mau- croix, schisme , /. 1. p. 199. II veut dire aussi, un dénonciateur. INSTIGATION ,/ f. [Insiigatio.] Action de la per tonne qui excite , pousse & presse quelcun de fair< quelque chose. (II a fait cela à l’instigation d’un tel 1 ! leur demanda , a 1 instigation de Perdiccas , quel: TTs ch^Ts 6 lasedition - Vau &- Quint. Cur INSTIGUER , V. a. llnsiigare.] Insiter, pousser s INS faire quelque chose de mauvais. (Les gens qui ignorent le Droit, n’entreprennent des procez , qu’autant qu’ils y font instiguez par leurs Procureurs. Acad. Fr.) f Ce Terme vieillit, Voïez la n. Edit. du Dictionnaire de l’Acad. Franç. INSTILER, v. a. [Insiillare.] Laisser tomber goûte à goûte quelque liqueur. (On instile des remedes dans l’oreille pour guérir la surdité.) j: * INSTILLER, se dit aussi en parlant de doctrine. ( Instiller une doctrine pernicieuse dans l’esprit de quelcun.) INSTINCT,/ m. on Infini. [Natura dufíus , vis ìnsita.] II vient du Latin, mjtmclm & il se dit des a- nimaux, & veut dire, inclination naturelle. (L’inf. tinct des animaux vaut mieux que la raison de la plû- part des hommes. Son éléfant, par un instinct de vengeance, fit un carnage des ennemis. Vaug. Quint. Curce , l. 8- c. 14. Un âne pour le moins insiruit par la nature , A /'instinct qui le guide obéit Jans murmure. Despr.) INSTINCT. [Imprejsa permotio.] II se dit aussi quelquefois des personnes, & signifie un certain pressentiment & un mouvement sécret qui les fait agir, sans raisonner & comme naturellement. (J’ai eu un bon instinct de n’avoir passait une telle chose, qui m’au- roit été fort nuisible. Ne troublons point du Ciel les justes réglemens , Et de tous nos instincts suivons les mouvemens. Mol.) INSTITUAIRE,/ m. [Instituarim.] Terme á’Ecole de Droit. Le Régent de Droit Civil & Canon qui enseigne les institutes. (Monsieur tel est instituasse cette année.) H On dit infiitutaire , dans le Diction, de Furetiere , au lieu de injiitiiaìre. INSTITUER, v. a. [ Insiituere, inducere. ] II vient du Latin. Instruire. Elever. (Est-il plus important qu’un cheval soit bien dressé qu’un enfant bien institué ? Patru , plaid. 10.) INSTITUER. [Injfituere.] Etablir. (11 fit les sacrifices qu’on avoit instituez à l’honneur de Jupiter. Abl. Arr. I. 1. II institua de nouvelles cérémonies. Abl. Tac. ann. Instituer un Ordre Religieux. Patru, Plaid.) $ INSTITUER un Osicier , c’est 1 ’établir en charge, en fonction. INSTITUER. [ Insiituere. ] Terme de Droit Civil. Qui se dit en parlant d’héritier. C’est nommer quelcun pour être son héritier. C’est laisser par écrit qu’on veut & entend qu’un tel soit notre héritier. (Auguste institua Tibere , & Livie ses héritiers. Abl. Tac. ann. I. 1. r. ?.) INSTITUT , f. m. [Insiitutum.] Régie qui prescrit un certain genre de vie. ((.'institut des filles de la Visitation. Les Ordres de Chevalerie ont chacun leur institut. EJpion de la Cour pour tâcher de lui plaire , De son propre institut il devient íadversaire.. Auteur anonyme.) " Les instituts , / m. ou Institutes ,// [ Insiituta. J C’est un livre qui contient l’abregé de la Jurisprudence Romaine. Aprendre les institutes. Le Sieur Deme- les enseigne les institutes, & il ne les entend pas.) ísi U faut dire Institutes, si l’on en cross les Compilateurs du Menagiana : mais Mr. Ménage lui-même en a parlé plus amplement, dans ses Observations fur h Langue Françoise, tom. 1. cb. 5. „ 11 est certain (dit-il) „ que dans le discours familier, on ne doit jamais „ dire, les Institutions de JuJìinien, quoi qu’on dise „ en Latin Institutiones JuJìiniani: j’ai dit dans le „ discours familier ; car dans une traduction de cet „ ouvrage, on pourroit dire Institutions de Justinien , „ comme a fait Mr. Pélisson , & comme avoit fait a- „ vant lui Nicole de Lèsent, & Gui de la Roche. Le „ meilleur pourtant, & le plus sùr , est de dire toû- „ jours Instituts, ou Institutes. Les Grecs Pont apel- „ lé de meme wç-stÌto., ” Ne diroit-on pas que c’est-là le sentiment décisif de Mr. Ménage ? Cependant , il ajoute: „ Volons maintenant qui est le meil- „ leur d 'Instituts ou Institutes. Selon moi, ils font tous „ deux également bons, étant tous deux également ,, en usage : néanmoins, comme de statuta nous avons ,, fait statuts, il semble que instituts soit le plusnatu- „ rel. Ajoutez à cette raison d’analogie, qu’on difoit àPa- ÎNS „ à Parìs, il Ji’y a pas encore cinq , ou six ans, la „ maison de l’Institut , en parlant de la maison de 5 , l’Oratoire , qu’on apelle aujourd’hui la maison de „ Institution. L’ancien mot étoit pourtant, Institut -, tes , comme il paroît par ce vers d’un Ancien al- „ légué dans la Bibliothèque de du Verdict à la pa- „ ge 77-. four Injìitutes Romanes, & par une ancien- „ ne version des Injìitutes , qui m’a été communiquée „ par le Sqavant, & l’obligeant M. Nablé, où ce „ Livre est toujours apellé Injìitutes dans le titré : st ,, commencent, Injìitutes en François. Dans la Préfa- ,, ce : Jì lor commandantes ejpécialement , que il or- „ donnances nos injìitutes. A la fin de la version des Constitutions, on y lit ces vers : „ En ! An de grâce mil CCIIII XXXII. ,, Le jour de Fête Saint Michel , „ Le translata Maître Michel , ,, Et Perrot de la Magdelaine „ De f Ecriture en ont la seine. J’ajoûterai à tout ce que je viens de transcrire, que Loifel a fait un abrégé de la Jurisprudence Coutumiers à qui il a donné lé titre d’ Injìitutes Coutumières, ou Manuel, &c. & Coquille, qui a de même composé un abrégé de la Coutume de Nivernois, s-’est servi de ce titre Institution au droit des François. On peut dire, ce me semble , que ces deux titres signifient deux choses diférentes : Loifel n’a composé que de simples régies, très-courtes, fans aucun raisonnement , ni autorité? ; & c’est ce que l’on peut apeller Injìitutes. Coquille, au contraire, a étendu la matière, & son ouvrage est comme une Introduction au Droit Franqois, laquelle peut être utile à ceux qui commencent cette étude , & à ceux qui y font plus avancez. f L’Academie dit Injìitutes. INSTITUTEUR , J', m. [ Injìilutor. J Celui qui a établi, qui a fondé, qui a institué quelque Ordre Religieux. (Saint Augustin ne fut jamais ni Religieux, ni Instituteur d’a.ucun Ordre. Patru, plaid. 15. M. Olier, ancien Curé de S. Sulpice de Paris , a été l’Instîtuteur du Séminaire de S. Sulpice, & son pré- mier Supérieur. ) INSTITUTION,/./: [ Constitutio. ] Etablissement. ( Elle a vû les suites heureuses d’une institution si sage. Patru, plaid. x. ) £ INSTITUTION, se dit de faction par laquelle on institue, on établit, & de la chose instituée. (Institution d’un Parlement, institution d’une Académie. Institution humaine. Cet homme pieux a fait des institutions utiles pour le public. ) INSTITUTION, f Injìitutio. J Ce mot se dit en termes de Palais en parlant d'héritier : c’est faction d’établir, instituer, nommer & déclarer quelcun pour son héritier. (L’institution d’héritier est un Droit, comme la pierre fondamentale du testament. Patru, plaid. 8- Institution testamentaire. Le Maìt. ) (f Dans la Jurisprudence Canonique, Injìitution est sinonime avec Investiture. L’Ordinaire donne Pin* siitution de la plûpart des bénéfices de son diocèse sur la présentation du Patron. L’institution aquiert droit dans la chose. La présentation , sur la chose seulement. Le tems de l’Institution n’est point déterminé : mais la présentation doit être faite dans quatre mois par les Patrons Laïques, & dans six par les Ecclésiastiques. L’institution n’a rien de commun avec la Juridiction forcée. Voiez Du Moulin , in Reg. de Infirm.n. ;^8- L’Evêque seul peut instituer sans l’in- tervention de son Chapitre. Panorme,c. 51. de elefi. in 6 . [f INSTITUTION Autorisais. C’est la Mission que l’Evêque donne aux Curez & aux Confesseurs. L’institution est nécessaire, la Collation est libre. L’institution est donnée fur la présentation du Patron ; & la confirmation est acordée à un Elú dans les Réglés prescrites par les Canons. 0 INSTITUTION d’heritier. Les Loix Romaines & la plûpart des Coutumes font directement oposées fur les institutions testamentaires. Les prémiéres exigent précisément une institution d’héritier pour l’ac- complissement de la forme d’un testament. Les autres la rejettent absolument; il faut donc séparer ces deux Jurisprudences qui se détruisent l’une & l’autre. L’institution d’héritier est un titre d’homneur , que les pères & les mères doivent à leurs enfans, & que, par un juste retour, les enfans donnent à leurs pères & à leurs mères, É’Empcrcur Justinien , après avoir INS 273 expliqué les formalité? qu’il faut observer en faisant un testament, a dit dans ses Institutes, liv. 3, tìt. 13, que les pères doivent instituer leurs enfans , ou les déshériter précisément & nommément ; & l’on étoit si prév«nu en faveur de cette formalité , que l’on a cru pendant long-tems à Rome, que les testamens dévoient commencer par l’institution de l’héritier : mais dans la fuite, on s’est désabusé de ce scrupule, & l’on a laissé aux testateurs la liberté de commencer ou de finir leurs testamens, par l’institution ; mais l’obligation d’instituer les enfans , a toujours subsisté, & subsiste eneore; ensorte que les simples legs qu’un père fait à ses enfans, doivent être acom- pagnez du titre d’institution d’héritier particulier,pour les distinguer de Phéritier universel, qui représente la personne du testateur, & entre dans tous ses droits, ce qui n’arrive que par la voie du testament: car le Codicile inventé fous le régné d’Auguste, ne peut ni donner, ni ôter l’hérédité à titre universel ; cet acte n’est point susceptible d’institution directe ; il souffre seulement une disposition indirecte , comme il est précisément marqué dans le titre de Codicil * lis, des Institutes de l’Empereur Justinien. Les choses demeurent rarement dans le même état; & l’on a été pendant long-tems dans cette Jurisprudence, de ne pouvoir instituer un héritier que par un testament : mais on a trouvé à propos dans la fuite de permettre leS institutions universelles dans les Contrats de mariage , dont Mr. Delauriére a fait nouvellement un traité , où l’on volt que suivant la méthode qu’il a observé dans ses autres ouvrages ; il a recherché avec foin l’origine & fustige des institutions contractuelles , dont le motif a été de conserver l’honneur & l’éclat d’une famille ; car toutes les institutions qui se fond dans les contrats de mariage , font en faveur des mâles & des aînez, qui font les Chefs des maisons, & à qui les Nobles destinent les Fiefs & les biens les plus considérables, pour être en état de soutenir l’ancienneté , & le crédit de leurs aïeux. Cette espèce d’institution d’héritier a cela de particulier , qu’elle est regardée comme une donation à cause de mort ; & cependant elle est irrévocable. Je m’explique. Elle est réputée donation à cause de mort, parce que le pere n’est point dépouillé de la propriété de ses biens, ni de la liberté d’en disposer en bonne foi pendant sa vie : elle est irrévocable , non seulement par ce qu’elle est faite dans un acte entre vifs , & fur tout par un contrat de mariage dont toutes les clauses font irrévocables , mais encore pour eviter le changement qu'un pere pouroit faire injustement. II est vrai que c’est une régie générale dans le pais du Droit écrit, & dans quelques Coutumes , qu’un pere, en instituant par son contrat de mariage , son aîné mâle, ne s’est pas privé de l’aliénation des biens, pourvu qu’elle n’ait pas été faite en fraude de Pinstitution ; ce seroit une servitude insuportable, si pendant sa vie, un père étoit esclave de ses enfans. Je conviens néanmoins, que si Pinstitution est particulière d’un tel héritage, un père ne peut point l’aliéner : mais il en est autrement , lorsque Pinstitution est générale ; Phéritier doit se contenter de ce qu’il trouve au décès de son père. Foi. les diverses Coutumes de France. INSTITUTION. [ Domus institutionis. J Lieu a Paris où les Peres de POratoire intruisent les jeunes gens qui entrent dans leur Congrégation. (II est à l’institution. ) INSTITUTION. Enseignement. Education d’un enfant. INSTRUCTIF, instruftive, adj.. [ Aptus ad do- cendum. ] II vient du Latin. Qui instruit. ( Chose instructive. Discours instructif. Doctrine instructive. Pose. I. 6 . Mémoire instructif. ) INSTRUCTION , / /. [ Praceptum, documentum.J Enseignemens. Mémoires instructifs. ( Les instructions font fort bonnes. Il lui donna ses instructions pour les Ambassades. ) J On dit aussi, l’ìnsttuHion d’un procez. (II travaille à Pinstruction de votre procez ), c’est-à-dire, il travaille à ce qui est nécessaire pour mettre le procez en état d’être jugé. INSTRUIRE, v. a. f Docere , érudìre,ìnformare.j Donner des instructions. (Je Pinstruirai moì-même à venger lesTroïens, Rac. Andr. a. 1 .sc. 4. I! gagnoit le cœur des Barbares, & les instruisait aux armes. Akl- ret. t. % Totn. II. M m Prens 274 INS Prens garde , en «'instruisant, de faire vanité, De ce tangage obscur dans l ecole usité. Villiers. ) /jf Mr. Corneille a dit dans son Cid : Instruisez le d’exemple. Messieurs de l’Académie ont décidé que cela n’est pas François ; il falloit dire : Instruisez-le par Vexemple de , &c. . . , , H lin malheur instruit plus en un jour que les pros- peritez en plusieurs années. Polybe de Folard. INSTRUIRE , v. a. [ Instituere. ] 11 se dit aussi de quelques animaux capables de discipline, comme sont les chiens, les singes , les éléfans, quelques oiseaux, &e. ( Instruire un chien à la chasse. On instruit les éléfans à danser, &c. ) INSTRUIRE, v. a. [Litem instruere. ] Terme de Palais. C’est mettre une afaire en état d’être rapor- tée aux Juges. ( Instruire un procez. ) t INSTRUIRE le procez à quelcun s c’est en matière criminelle , lui feire son procez. INSTRUMENT, f «*. [ Instrumentum .] Ce mot en général signifie ce qui sert à faire quelque chose. Un outil dont un ouvrier se sert pour travailler. (Les piez sont des instrumens naturels pour marcher. Les marteaux, les tenailles, les limes, &c. sont les instrumens de divers artisans. Le coin, le levier, le tour, &c. sont les instrumens de Mécanique. Le compas, la régie, le niveau, les quarts de cercle, les demi- cercles, l’astrolabe, &c. sont des instrumens de Mathématique. ) f INSTRUMENT. [ Mentula. ] Parties naturelles de l’homme. INSTRUNENT. [Instrumenta mustca .] Ce mot au pluriel veut dire quelquefois instrument de musique.(sLWt m’envoya quérir pour jouer des instrumens pendant leur repas. Abl. Luc. t. ;. ) {$ Tout instrument de musique est une machine inventée & disposée par l’art mécanique pour exprimer le son , & pour imiter, & acompagnef la voix naturelle dans un concert. La musique composée pour être jouée sur un instrument, est apellée organique ou instrumentale. On réduit toutes les especes d'instrumens en trois classes. La première est composée de ceux que les Grecs apelloient Encborda , & qui ont plusieurs cordes , que l’on fait raisonner avcc les doigts, comme le Luth, ou avec un archet, comme le violon. La seconde comprend les instrumens que l’on fait raisonner par le soufie, & que les Grecs apellent Pneumatica. La troisième est apellée par les Latins Pusatilia, parce qu’on ne les fait raisonner qu’en frapant dessus avec des baguettes, comme les tymbales ; ou avec de petits bâtons, & des plumes, comme le psalterion , la cymbale, &c. ( * U a servi d’instrument pour ruiner la République. Abl. Tac. II avoit été l’instrument de leur rage. Vaug. Quint. 1. io.) INSTRUMENS de sacrifice. Terme d’Arcbiteflure. Ce sont des ornemens de l’Architecture antique, tels qu’on les volt à une frise d’ordre Corinthien, de reste d’un temple derrière le capitule à Rome. INSTRUMENT. Terme de Palais. Acte public & autentique, par le moïen duquel on prouve en Justice quelque vérité. II se dit aussi des contrats & des actes publics passez pardevant Notaire. ( C’est un instrument autentique. Acad. Francs) On dit instrumens de vaisseaux. Tout ce qui sert à les armer. [ Navis armamenta. J Les instrumens de paix. Les traitez de paix qui sc font entre les Etats. Acad. Franc. ) f INSTRUMENTAL, instrumentale, adj. [Instrumentales Terme de Philosophie. ( Cause instrumentale.) í On dit aussi, Musique instrumentale qui est celle qu’on joue fur les instrumens , pour la distinguer de la Musique vocale, qui se chante. t INSTRUMENTER , v. n. [ Instrumenta confice- re, .J Terme de Pratique. Faire des Actes publics qui relient preuve en Justice. En ce sens, on apel- le tvtct^Ï des iàumens. „^ S - tIS A N , M ENT, adv. [Nonsufficienter.] D’u- ne mamere qui n’est pas Puissante. (11 a perdu fa cau- ^ ™ci« V ° ir Pr ° UVe ses allé S ations insofisanment. ) csíTSíS^ ÍTnscitia ' * m peritia.’] Incapa- cison *»—p - INT INSUFISANT, insusisante, adj. [ Nonsufficiens .J Ce mot se dit dans de certaines matières de Théologie. 11 signifie qui ne sufit pas. Cette grâce est sefi- sante de nom, & insusisante en éfet. Pasc. I. 2 . ) INSUFISANT. Ignorant. [ Inscius, imperitut.J On ne doit jamais nommer à aucun bénéfice des personnes insufssantes. INSULAIRE, f m. [ Infularis .] Qui habite une Ile. ( Les Anglois sont des insulaires. ) f INSULTANT, insultante, adj. part. (On dit, cet homme a des maniérés insultantes. Son procédé insultant déplait à tout le monde. Je ne soufri- rai pas des discours insultans. ) INSULTE. [ Probrum, ludibriums Quelques- uns font ce mot masculin , mais la plupart le font féminin , & c’est le plus sûr. Action injurieuse & insolente qu’on fait à quelcun. ( Une sanglante insulte. Faire insulte à une personne. Soufrir lâchement une insulte.) Abl. Mr. Fléchier a fait ce mot masculin. ( Gabinius représenta, que c’étoit un insulte qu’on lui saisoit. ) L’Académie l’a fait aussi masculin. Cette décision fait toutefois une grande insulte à l’usage reqú. Le mot d 'insulte est tellement féminin, que si quelcun disoit qu’il a reçu un grand insulte, on se moqueroit de lui, & au lieu de le plaindre, on l’in- sulteroit par des railleries. Mr. Ménagé aïant repris le P. Bouhours d’avoir fait insulte masculin, ce Père a reconnu qu’il avoit eu tort. f L’Academie fait insulte féminin dans la Nouv. Edition de son Dictionaire. f INSULTE , sc dit aussi, en termes de Guerre, de l’ataque d’une ville, d’un poste, qu’on veut emporter l’épée à la main, & fans faire de brèche. (Cette ville a été emportée d’infulte. Ce chateau est hors d’in- fulte. Ce camp est à couvert de toute insulte. ) Un grand nombre d’Auteurs sc servent mal à propos du mot assaut, lorsqu’il ne s’agit que d’une insulte, ou ataque d’emblée. L’assaut supose toujours une brèche. Voy. le Polybe de Mr. de Folard. INSULTER , v. n. & v. a. [ Illudere, insultare,sug- gillares Faire insulte. Faire une sorte d’afront outrageux & insolent. Outrager un malheureux. S’empor- ter avec chaleur contre quelcun. Insulter à la misère d’autrui. Vaug. rem. (II insulta contre le prémier qui s’oposoit à son avis. Pasc. I. z. Ami, n’insulte point un malheureux. Racine, Andromaque, c. i. ) INSULTER , v. a. [Primo impetu urbem expugnare. ] Terme de Guerre. C’est ataquer hautement & à découvert un poste. ( Les troupes du Roi insultèrent en 1677 . avec tant de courage & de bonheur la con. trescarpe de Valenciennes, qu’elles emportèrent la ville même. ) f INSULTER une armée dans son camp, c’est lors qu’elle est retranchée ; si elle ne l’est pas , c’est une surprise ; si elle a le tems de sc former, & qu’elle soit avertie , c’est une bataille. INSUPORTABLE, adj. [ Intolerabilis, intoleran- dwí.JQui ne peut être soufert,intolérable.C’estun homme insuportable. Chose insuportable. Humeur insu- portable. Mot insuportable. Vaug. rem. ) 1NSUPORTABLEMENT, adv. [ Odiosè, intolérant ers D’une maniéré insuportable. (Les anciens Philosophes raisonnoient insoportablement, on ne peut le* lire fans bâiller. ) INSURMONTABLE , adj. f Insuperabilis. J Qu’on ne peut surmonter. ( Ils trouvent une dificul- té insurmontable dans la traduction. Port Royal, Nouv. Test. préfacé. ) On dit aussi irsurmontablement , adv. pour dire , d’une maniéré insurmontable. INTARISSABLE, adj. [ Inexhaustm. ] Ce mot n’est pas aprouvé de force gens qui parlent bien. Cependant il y en a qui le soufrent & qui croient qu’on peut dire une source intarissable, pour dire, qui ne tarit point. Le plus sûr , à l’égard d u mot intarissable , c’est d’atendre qu’il soit un peu plus établi qu’il n’est. L’Académie ne l’a point reqû. Et cependant on ne doit pas blâmer un homme qui s’en serviroit sobrement. ( Ce Docteur est une source intarissable d’érudition, au figuré ; & au propre, les sources des grands fleuves sont intarissables. ) î L’Académie admet intarissable,St. dit une source intarissable, une carrière, une mine intarissable,des pleurs intarissables. Et fig. une imagination intarissable , une érudi- INT érudition intarissable. La veine de ce Poëte est intarissable. INTE'GRAL, ale, adj. [Intégralité Terme d’Algèbre. Le calcul intégral dans la nouvelle Analise répond au calcul différentiel. On se sert encore dans le. calcul d’intégrer, d’ intégrant , d ’intégrable. t INTEGRANT, intégrante, adj. [Intégrant.] Terme de Philosophie , qui se dit des parties qui composent un tout. ( Les parties intégrantes d’un corps. ) $ INTEGRATION, s. f. On apelle ainsi en termes d’Algèbre, l’operation qui se fait par le calcul intégrant. f * INTE'GRE, adj. [ Integer, scelerit purus. ] Ce mot se dit quelquefois , & signifie qui a une grande intégrité. Oui ne peut être corrompu. (C’est un Juge fort intégre. ) INTEGRITE', s. f. [ Integritas. ] Entière perfection d’une chose. Le Confesseur lui doit imposer une pénitence bien légére pour l’intégrité du Sacrement. Pose. 1 . io. Conserver les choses dans leur intégrité. ) INTEGRITE'. [ Probité. ] Probité. Vertu. ( II s’elt gouverné dans fa charge avec intégrité. Abl. C’est un homme qui a une grande intégrité. L’intégrité d’un Juge. ) î INTEGRITE', se dit de l’achevement du Poème Epique. L’intégrité de faction. ) INTEGUMENT, s m. [Integumentum. ] Terme à'Anatomie, qui se dit des membranes qui couvrent les parties internes du corps, comme les tuniques de l’œil, &c. t * INTELLECT , s. m. [Intellecius.] Les Philosophes disent quelquefois intelleél , au lieu d’enten- dement. Ils disent aussi la faculté intelleHive, & in- tellefíion t pour dire, faction, par laquelle l’entende- ment concoit quelque chose. ( Ils disent encore des substances intellectuelles, pour dire, spirituelles. Votre peine à r,{entendre est une raillerie, Vous avez /'intellect d!une catégorie. Bours. Esope. ) $ INTELLIGEMMENT , adv. II signifie avec con- noissance , avec intelligence. ( II parle de tout intelligemment. ) INTELLIGENCE,/ / [InteHigentia, cognitio.] Connoissance des prémiers principes. Connoissance , de quelque art, langue ou sience. ( Avoir f intelligence des langues. Voit. I. 72. ) INTELLIGENCE ,//. [ Peritia. ] Bon sens. Pénétration dans le fond d’une afaire. ( C’est un homme qui a de Pintelligence. ) * INTELLIGENCE. [Concordia, consensus.] Amitié. Union. Paix. Liaison. Concorde. Etre en bonne intelligence avec quelcun. Mr. de la Rochefoucaut. Ils étoient en armes pour la mauvaise intelligence des Gouverneurs. .... Mais bêlas ! à la Cour Combien tout ce qu on dit est loin de ce qu’on pense, Que la bouche £5? le cœur sont peu inintelligence. Racine. ) * INTELLIGENCE. [ Clandejìinum commercium. ] Correspondance avec des gens d’un parti contraire. Communication secrète avec des gens d’un parti contraire au nôtre. (Avoir quelque intelligence dans une ville. Abl. Arr. I. 1. ch. 7. Prendre une place par intelligence. Abl. Arr. L 2. chap. 1. Soupqonner quelcun d’intelligence. Le Duc de la Rochefoucaut. ) t INTELLIGENCE , substance purement spirituelle. (Dieu est la suprême intelligence. Les anges font des pures intelligences. Les intelligences célestes. ~ INTELLIGENCE, se dit aussi d’un grand homme , qui par ses talens & ses lumières est au-dessus de tous les autres. (II étoit Pintelligence du Conseil, de l’Etat. ) INTELLIGENT , intelligente , adj. f Intelligent, péri tus. ] Qui a du bon sens, & de la pénétration. (11 est intelligent. Elle est intelligente.) On dit intelligenment. INTELLIGIBLE, adj. [Intelleflu facilit, evident.] Clair. Qu’on peut concevoir. ( Auteur qui' n’est pas intelligible. Chose fort intelligible. Voix intelligible.) £ INTELLIGIBLE , se dit en termes d’Ecole, de tous les êtres, en tant qu’ils font l’objet de l’enten- dement. ( Les êtres intelligibles. ) On le dit particulièrement des êtres de raison qui ne subsistent que dans l’entendement, & qui n’ont rien de réel. (C’est un être purement intelligible. ) INT 275 INTELLIGIBLEMENT , adv. [Plané, perstsicuè, dilu - cidè. ] D’une maniéré intelligible. ( Parler intelligiblement. ) INTEMPERANCE, // [Intemperantìa, im- moderatio. ] Vice oposé à la tempérance. (C’est une intempérance. L’intempérance du vin & des femmes est nuisible à la santé. On devroit châtier l’intem- pérance de plume qu’on remarque à tant d’auteurs. S. Evrem. ) í * INTEMPERANCE de langue. C’est une trop grande liberte qu’on se donne de parler. ( On réprimera cette grande intempérance de langue. ) INTEMPE'RANMENT , adv. [Intempérantes.] Avec intempérance. ( 11 vit intempéranment. ) INTEMPE'RANT, adj. [Intempérant.] Exceffif. Outré, qui est sans retenue. II se dit fig. de Pesprit, quand on ne se propose point de bornes. (L’esprit intempérant dans le désir de tout sqavoir, va chercher ce qu’il y a de plus secret dans la nature. S. Evrem. 11 se prend aussi quelquefois substantivement. C’est un intempérant. ) INTEMPE'RIE , / f. [ Intempéries. ] Mélange inégal des quatre prémiéres qualitez. (Intempérie froide & humide du cerveau. L’intempérie de Pair. ) ($ Mr. de Balzac a dit dans son Socrate chrétien, page 295. en parlant de certains sermons imprimez à Lyon. ( L’Auteur fait son idole de son sujet, & tombe dans P intempérie de ces Orateurs , qui vont toujours plus haut que leur but , & ne croient jamais en dire assez, s’ils n’en disent trop.) Ce matin- tempérie , est-il bien juste en cette occasion? ' INTENDANCE,/ / [ Prafefíura. J Charge, ministère & fonction d’Intendant. Soin des affaires qui regardent le Roi dans quelque Province de France. Conduite du bien & des asiures de que'que Seigneur. ( Son intendance lui a valu cinquante mille francs. On lui a donné l’Intendance du Languedoc. 11 a l’Intendance de la maison, &c. ) INTENDANT,/ m. [Prœfeclus.] Juge envoie par le Roi dans quelque Province de son Roïaume, pour y connoître des afaires de Justice & de Finance. ( II est Intendant en Champagne, il est Intendant de Languedoc. ) Un Intendant de Province ayant querellé un Consul de ville de n’avoir point fait mettre de gardefous à un pont si étroit, qu’à peine son caresse y pouvoit passer, donna lieu à cette Epigramme. ( Certain Intendant de Province Qui ménoit avec lui téquipage d’un Prince, En passant sur un pont parut fort en couroux , Pourquoi, demanda t-il au Maire de la ville , A ce pont étroit £«? fragile W a t’on point mit de gardefous ? Le Maire craignant son murmure , Pardonnez, Monseigneur, lui dit il assez haut, Elotre ville n’étoit pas jure Que vous y passeriez Jì-tôt . Bouríaut. ) Les Intendans des Provinces ont succède à ces Oficiers que l’on apelloit fous les deux prémiéres races de nos Rois, Mijst Dominici ; parce que, selon de Roye, de mijjls dominicis, non forte, sed mijsu, U lellu principum mitterentur in Provincial. ]Js n’étoient au commencement que de simples Commissaires pour un te m s , & pour certaines choses. Ils commencèrent à paraître fous la prémiére race , leur pouvoir fut fort étendu fous la seconde, & ils disparurent au commencement de la troisième. Si l’on en croit Lot- seau dans son traité des Offices, liv. 1. ch. 14. les Maîtres des Requêtes, & les Baillifs ont succédé aux MiJJì Dominici. Voyez de Roye, cap. 13. U y auroic bien des choses à dire fur ce sujet ; mais il sufit d’indi- quer le lieu où l’on peut recourir dans le beson. INTENDANT de la Justice, Police Finance de la. Marine. [Maritimus prœfeclus.] C’est un Oficier qui demeure dans un port, & qui a foin de faire exécuter tous les réglemens qui regardent la marine „ qui a soin que les magazins soient fournis , qui visite les équipages quand ils font à bord , fait châtier les déserteurs & les coupables, & taxe les denrées, INTENDANT- [Exercit&s admintfìer, ] C’est austì un homme de mérite, qui fuit P armée par ordre de fa Majesté, & tient la main à la police, au paiement des troupes, & à divers autres réglemens. Tom. II M m * IN- 276 ÌNT INTENDANT. {_Rerum domejìicanim procurator.] Celui oui a soin des afaires d’une grande Maison, ou de quelque grand Seigneur. ( 11 est intendant de Monsieur, &c. ) r. , • INTENDANT, rimpojìtîtí, admimster.] Ceint qu a ordre d’avoir un soin particulier d une choie. ( Ainli on dit, Intendant des eaux & fontaines du Roi. Intendant des dances & inscriptions des édifices, &c. ) INTENDANTE, s. /! [Prafeiïi uxorj Femme d’In- tendant de Province. Le mot d 'Intendante ne se dit des autres femmes d’Intendant, qu’en riant ou par raillerie. ( Madame l’Intendante de, &c. a beaucoup de mérite. ) ENTENDIT ,/ m. Terme de Valait. Ecriture qu’on fournit dans un procez, quand il n’est question que de faits qu’on articule , & dont on offre de faire preuve. ( Le demandeur a déja fourni ses in- tendits. ) INTENTER , D. ». f Litem intendere. ] Terme de Palais. Commencer à mettre une personne en Justice. Commencer un procez. (Intenter une action. Patru, plaid. 10. L’action est intentée. Le Maît. ) On dit aussi intenter une guerre. INTENTION , f f [Consilìum , animai, mens .] Volonté. Dessein. Avoir bonne ou mauvaise intention. Porter son intention , non au péché, mais au gain. Pafi. I. 6 . Diriger son intention , c’ést détourner son intention du mal dont on est l’entremetteur pour la porter au gain qui en revient. Sas. /. 7.) INTENTION. [Intentio.] Aplication de la volonté à une bonne fin. Avec la direction de l’intentioh on se sauve de toutes sortes d’embaras. On a inventé des biais pour tout faire fous le prétexte spécieux d’une pieuse intention. Pascal. ) INTENTION. [Intentio. j Se dit en choses spirituelles. L’intention extérieure suffit pour la validité des Sacremens. On ne peut faire dire ailleurs des Messes assignées à une Eglise particulière, parce que c’est frustrer l’intention de celui qui la fait dire. Ste Beuve. ) H Faire une chose à l’intention de quelcun. C’est la faire à sa considération , & pour l’obliger. Première N seconde intention. Terme de Logique. Celle-là signifie la chose , & celle-ci seulement le signe. Ainsi homme est un terme de première intention & ce qui convient à l’homme, comme d’être espèce, d’être un nominatif, &c. est un terme de seconde intention. INTENTION , ou intenson. [Intentio .] Terme de Phisique. C’est le plus haut degré des qualitez. Le froid est dans fa plus grande intention ; c’est-à-dire, au plus haut point. INTENTIONNE’, intentionnée , adj. [Ajsefhts.] Qui a quelque intention. (Us étoient mal-intentionnez pour la paix. Mémoires de M. le Duc de la Rochefoucaut.] INTENTIONNEL, intentionnelle , adj. [ Intentionalis .] Terme de Philosophie. Qui ne se dit qu’en cette phrase, les estéces intentionnelles , ce sont de petits atomes que les Anciens ont crû sortir des objets , & qui fra- pent les sens. Mais tout cela chimère. INTERCADENT, TE, adj. [Mutabilité varius.] Terme de Médecine. Il se dit du poux, dont le mouvement est déréglé & disparoit de tems en tems. INTERCALAIRE, adj. [Intercalaris .J Mot Latin. Terme de Cronologie. II signifie qui se met entre des autres. ( On met un jour intercalaire au aç. de Février de quatre en quatre ans, dans Tannée qu’on nomme bissextile. ) f On dit aussi quelquefois des passages intercalaires , des vers intercalaires ; c’est-à- dire, qui ont été ajoûtez parmi des autres. On dit, mais rarement, en ce même sens, intercaler un jour, faire, ou omettre l’intercalation d’un jour. INTERCEDER, ». ». [Orare, obsecrare .] Prier pour quéMn. ( 11 * intercadent pour nous. On a intercédé pour fa grâce. ) . INTERCESSEUR, s m. [ Deprecator.] Celui qui intercède & prie pour autrui. (Un ardent interces- . ln tcrcesseur généreux, fidèle, courageux. 11 de 1 a''fortune 6 ^ ^ u ^ eî a ®'8® es auprès des favoris fait" en S ^ e P rectlt io,preces.] Suplication * «T £ ^ ?J d ^ UtruL puissante intercession.) _ b. . fl te . rmc wtércejjìon , est tout Latin InterceL sio, fignifioit une demande faite en faveur de queffin avec instance St avec empressement : cVaTnsi quc ÏNT l’on apelloit la demande que l’on Faifoit à Rome, de quelque charge pour un particulier. Les Tribuns du Peuple (dit Aulu-Gelle, liv. 1a. c. 1;.) n’ont pas été créez pour décider les differens du Peuple, mais afin d’intercéder pour ceux qui prétendoient obtenir une charge, ou qui étoient oprimez & vexez par un ennemi puissant & redoutable. L’Histoire Eclésiasti. que est remplie dés intercessions, que les Evêques fai- soient auprès des Empereurs & des Magistrats, en faveur des Chrétiens accusez de crimes, ou accablez de dettes. Le Peuple d’Antioche oprimé par les rigueurs de ceux qui levoient les sommes , que l’Empereur Théodose le Grand avoit imposées , pour soutenir la guerre contre Maxime, se révolta, & la sédition alla si loin, que la populace transportée de fureur, abatit les statués de l’Empereur & de l’Imperatrice. Un crime si éclatant irrita si fort l’Empereur, qu’il résolut de détruire entièrement la ville d’Antioche : ce qui auroit été éxécuté, sans l’intercession & les prières de Flavien son Evêque, lequel s’étant jetté aux pieds de l’Empereur, obtint enfin par ses larmes , le pardon qu’il demandoit, & sauva son troupeau. Ce fut pendant l’absence de ce Saint Prélat, que Saint Jean Chrysostome tâcha de consoler le peuple justement allarmé , par des homélies que l’on ne peut lire fans en être sensiblement touché. Mais la lettre , que Saint Augustin écrivit à Macedonius est trop belle, trop instructive de l’ancien usage de l’intercession des Evêques, en faveur de ceux qui étoient exposez à la rigueur de la Justice, pour l’oublier dans cette occasion. Ce Saint Prélat avoit écrit une lettre à Macedonius en faveur d’un particulier accusé de crimes. Ce Magistrat lui fit une réponse, par laquelle il lui marquoit sa surprise de voir qu’un Evêque, comme lui, s’intéréssât pour un homme convaincu de crimes dignes d’une sévère punition ; qu’il avoit de la peine à comprendre, que la Religion autorisât i’usage des intercessions, & que c’étoit aprouver le crime, que d’empêcher qu’on le punît. Saint Augustin lui fit une réponse trop longue , pour la raporter entièrement'; mais elle est trop belle, pour n’en pas marquer quelques traits. „ Nous sommes ( dit-il ) bien ,, éloignez d’aprouver le péché, puisque nous vou- ,, Ions qu’on s’en corrige ; & si nous demandons ,, qu’il soit impuni, ce n’est pas qu’il nous plaise ; ,, mais en le détestant, nous avons pitié du crirr.i- „ nel. On hait naturellement les médians, mais on ,, aime la personne, & l’amour que l’on a pour les ,, hommes, nous oblige d’intercéder pous les crimi- „ nels , afin que du suplice qui finit leur vie , ils ,, ne tombent dans un suplice qui ne finit point. „ Dieu fait lever le soleil sur les médians, comme ,, sur les bons ; ils nous ordonne d’uscr de cette ,, même bonté : aimons donc les impies ; faisons- ,, leur du bien ; prions pour eux, Dieu nous le ,, commande ; & nous devons être assurez, que nous „ n’entrons non plus par là dans la société des im- ,, pies, qu’il y entre lui-même, en leur conservant „ la vie & leurs biens. II y a d’ailleurs une grande „ diférence entre celui qui défend, & celui qui in- ,, tercède ; l’un ne travaille qu’à cacher ou à dimi- ,, nuer le crime l’autre demande grâce , ou une ,, modération de la peine ; c’est un devoir d’huma- „ nité, dont on se charge volontiers envers un autre „ homme ; & ce que chacun puniroit dans fa pro- ,, pre maison, il tâche d’empêcher qu’il ne soit pu- ,, ni dans celle d’un autre : JESUS-CHRIST même „ a intercédé auprès des hommes, pour empêcher „ qu’on ne lapidât la femme adultère. ” INTERCEPTER,».». [ Jntercipere. ] Supren- dre. 11 ne se dit guéres que des lettres , & d’autres choses semblables, par où l’on découvre quelque secret. ( L’on a intercepté vos lettres. Académie Fr. ) INTERCEPTION, s. f. [Interceptio.] Surprise , arrêt d’une lettre ou d’un paquet. (On a découvert le secret de vos intrigues par l’interception de vos lettres. Ce mot n’est point dans l’Académie. í INTERCEPTION , sc dit aussi d’une chose dont le cours direct est interomptu. ( Interception des raïons du soleil, interception des esprits animaux. ) INTERCOSTAL, intercostale, adj. [Intercostal*!.] Terme à’Anatomie. Qui est entre les côtes. (Muscles intercostaux. ) INTERDICTION, s s. [ Jnterditfio .J Défense, Inter- INT Interdit. ( Notifier une interdiction. Prononcer une interdiction. Patru, plaid. 8. ) INTERDIRE, v. a. [ Interdicere .] Défendre une chose à quelqu’un. Empêcher. J’inter dis,tu interdit, il interdit, nous interdisons, vous interdisez, ils interdisent. J’ai interdit, f interdiss. (Je lui ai interdit ma maison. Que sauroit-il produire ? interdire à mes vers l’entrée au* pensions, ou je ne prétens pas. Delpr. fat. 9. Certain jaloux ne dormant que d’un œil, interdisoit tout commerce à sa femme. La Fontaine, contes. ) INTERDIRE. [ A munere exercendo repellere.'] Suspendre des Ecclésiastiques & des Officiers de leurs fonctions. (On a interdit la Prédication à Monsieur l’Abé L **. Les Docteurs qui signèrent le cas de conscience furent interdits.) INTERDIRE. [Turbare. ] Un bruit qui s’éleva dans l’assemblée, interdit l’Orateur. INTERDIT , f m. [ Interdìftum .] Terme de Droit Civil. Il y a plusieurs sortes d’interdits , mais en général l’interdit c’est une défense que faisoit le Préteur de faire quelque chose. Voïez les Injìit. I. 4.) £ L’Académie remarque que le mot interdiHion se dit des Qficiers de Justice, & interdit, des choses saintes. INTERDIT, [Sacrorum ïnterdiHio. ] Terme A’Eglise. Censure Ecclésiastique, par laquelle l’Eglise défend í’administration des Sacremens, la célébration de l’of- fice divin , à cause de quelque péché & de quelque désobéissance notable & scandaleuse. Pinson, traité des Bénéfices. ( L’inrerdit étoit au commencement inconnu à l’Eglife. L’interdit est odieux. ) (f Le terme interdit est en usage dans la Jurisprudence Civile, comme dans la Canonique. L’Empereur Justinien nous aprend dans ses Institutes, lìb. 4. tit. 1;. que lorfqu’ils’agit de la possession , ou quasi postes- lion, le Préteur défend aux parties de faire certaine chose, ou commande de la faire, en se servant d’une formule particulière. Aujourd’hui, quand il s’agit d’une servitude, ou d’une propriété , on décide d’abord le possessoire , c’est-à-dire, lequel doit posseder, ou jouir pendant la contestation , & le jugement porte interdiction à l’autre partie de troubler son adversaire pendant la contestation du pétitoire , qui termine définitivement la querelle. Dans la Jurisprudence Canonique, l’interdit est une censure Eclèfiastique, qui est également fulminée fur les personnes & fur les choses. A l’égard des personnes, cette peine les prive des fonctions Ecclésiastiques, de l’ufage des Sacremens , & de tout ce qui concerne la Réligion. Et à l’égard des choses, elle suspend le caractère de sainteté , & de vénération qui y étoit imprimé ; ainsi les Eglises, les Chapelles ne font plus que des lieux pro- phanes, où l’on ne peut plus faire aucun exercice de Réligion. Les Docteurs disent, suivant cette idée, que l’interdit est ou local, ou personnel, ou mixte. L’interdit local ne comprend qu’une , ou plusieurs Eglises, dans lesquelles il n’est plus permis d’y célébrer les divins Mistéres de notre Religion , ni même d’y prier le Seigneur : mais ^interdiction d’une Eglise Paroissiale, laisse la liberté aux Paroissiens d’aller rem- E lir leurs devoirs dans d’autres Eglises non interdites. 'interdit personnel affecte les personnes, & les prive de toutes les fonctions de Chrétien, d’assister aux offices divins,& de recevoir les Sacremens.L’interdit mixte,est lorsque les personnes & les lieux font interdits en même tems. Cette matière est fort ample ; & pour la traiter à fond , il fáudroit s’engager dans la discussion d’une infinité de questions , què je dois laisser aux Théologiens ; mais pour donner une idée de l’interdit , & en faire connoître la nature , je me ren- fermérai dans quelques questions, qui peuvent convenir à mon dessein. i°. L’interdit est très-odieux;car il comprend souvent quand il est général, les innocens comme les coupables , & ceux-là ont punis du crime d’autrui. a°. L’interdit général présupose un crime général ; c’est-à-dire, qui a été commis par une ville, ou une communauté , dontle grand nomore de coupables entraîne dans l’interdit ceux qui ne le font pas. Le Pape seul peut prononcer un interdit général, soit local, soit personnel; & les Evêques ne peuvent interdire que certains lieux dans leur Diocèse, quand même les lieux feroient exemts de leur Jurisdiction. 4°. La grande difficulté dans cette matière, est de fqa- voir, quels lieux, & quelles personnes on peut interdire. Nos Théologiens, & les Ultramontains ne s’ac- cordent pas fur ce point : ceux-ci ne peuvent pas souffrir que l’on mette des bornes à l'autorité du Pa- ÎNT 277 pe, ni que l’on distingue le spirituel du temporel. Nous disons en France, que nos Rois & leur Roïau- me ne sont point sujets aux interdits, n» aux excommunications. Le Pape Grégoire IV. a été le prémier qui ait entrepris de vouloir excommunier. Louis le Débonnaire; mais étant venu en France dans ce dessein , à la sollicitation des enfans du Roi, les Evêques s’y opoférent, & lui dirent avec une hardiesse , & une fermeté qui doivent servir d’exmple à leurs successeurs, que s’il venoit pour excommunier leur Roi, il s’en retournerait lui-même excommunié. Une faute commise par le plus grand nombre de Citoiens, ou d’une Communauté, peut être le sujet d’un interdit général, local, ou personnel 6°. La faute doit être griève, pour mériter une censure si terrible, & dont les éfets peuvent être funestes même aux innocens. 7 0 . La privation des Sacremens & des suffrages de l’Eglise , est un éfet ordinaire de l’interdit. Plusieurs croient encore qu’il prive de la sépulture. Les partisans de l’interdit prétendent qu’il a été pratiqué dès les premiers siécles de l’Eglise ; mais on soutient avec raison , que c’est une invention des Papes, & que cette censure à été long-tems inconnue. II est peu de personnes qui ignorent l’histoirc du fameux interdit de Paul V. fur le Sénat & la République de Venise. f INTERDIT, ite , adj. Une marchandise interdite , ou défendue. Un commerce interdit aux sujets d’un Etat. f INTERDIT , adj. 11 signifie aussi , embaraffé , troublé, déconcerté. (11 a été interdit en me voïant. 11 a demeuré interdit fans pouvoir prononcer une parole. ) f INTERESSANT, intéressante,adj. Qui intéresse, qui reveille l’attention. (Avanture intéressante, jeu intéressant, livre intéressant, sujet intéressant. ) INT'ERESSE', intéressée, adj. [Suit rebut intentas .J Qui aime fort ses intérêts. ( II est intéressé, elle est intéressée. ) f INTERESSE' à une chose , c’est-à-dire, qui y a intérêt, qui y est obligé. ( Les sujets sont intéressez au bonheur de l’Etat. Les gens de bien sont intéressez à la punition du crime & à la récompense de la vertu. ) INTE'RESSER, v. a. [Spe lucri aPicere.j} Vouloir qu’on prenne part. Engager par intérêt. (Vous intéressez dans votre démêle trop de personnes. Racine, lettre à íAuteur des Visionnaires. Vous prétendez intéresser ma gloire à vous laisser périr. Racine , Iphig. a. î-sc. x. (Un bon Orateur doit intéresser les Juges. ) * INTE'RESSER sa conscience, s A reftâ conscientiâ discedere. ] C’est-a-dire, l’engager par une conduite injuste. S'INTE'RESSER , v. r. [ Omnibus fiudiis aliquem compleHì ] Prendre les intérêts d’une personne. Prendre part à quelque chose. (De bon cœur je m’intereC- se dans tous vos maux & tous vos biens. Voit.po’és. Mon cœur s’interessoit aux afaires de l’Etat. Abl. On s’intéresse dans les spectacles. ) f S’INTERESSER, signifie encore, prendre part dans une afaire. (Je fuis intéressé dans ce vaisseau. Je ne veux pas m’intéresser dans les fermes. ) INTE'RESSEZ, s. m. [ Publicani. J Ceux qui ont intérêt à quelque chose. Gens d’afaires. (Les intéressez lui avoient remis leurs diférends. Mémoires de M. le Duc de la Rochefoncaut.') INTE'RêT ,s m. [ Fanus, usura, impendium. ] Ce qu’on doit faute de parement d’une somme certaine, dûë par promesse, par obligation, ou autrement. ( Les intérêts sont dûs au créancier du jour de fa demande en Justice. Païer de gros intérêts. Les intérêts montent haut. Joindre les intérêts au principal. Tirer l’intérêt des intérêts. Cela est défendu. ) -j- INTE'RET, signifie aussi, la part que l’on a dans une société, dans une entreprise de commerce. J’aï un intêret considérable dans ce vaisseau. II a pris intérêt dans cette Manufacture. ) INTERêT, s m. [ Commodum. J Amour de la fortune & des richesses. Ce qui nous est cher. ( II n’y a guéres de probité à l’épreuvc de l’intérêt , quand on est dans l’indigence. Belleg. L’intérêt cependant peut tout sur tine femme , Jupiter le sçavoit quand pour cacher sa fiâme , Lui-même il se changea dans cet or précieux. Epit, d’Qvid. ) M m 1 * IN- 278 INT * INTE'RET, r Studium, fortio. 1 Parti d une personne. Part. Chose qui regarde nos interets , nos avantages. Etre dans les mterets d une personne Mémoires de M. le Duc de la Rocbefoucaut. Qui doit prendre à vos jours plus d’interet que moi. Raane, Iphigénie. a. j. sc. 6. Vous avez interet en cette perte Volt. 1. 44. Elle mit dans ses interets le Duc. Le Comte de Busjì. Les intérêts des Princes & des Etats de la Chrétienté. Préférer l’intérêt public à son intérêt particulier. jEun -parti condanné quitte les intérêts. A l’Eglise soumis respecte ses Arrêts. Vill. ) f INTE'ReT. On dit tirer un homme d’intérêt, le mettre hors d’intérêt , c’est-à-dire , le dédommager de ce qu’on veut faire. ( Ne vous allarmez pas, je vous métrai hors d’intérêt. ) î INTE'RêT , signifie quelquefois ? Dommage , préjudice. ( On l’a condamné aux dépens, dommages & intérêts. ) INTERJECTION d’apel. f.s. [Adsuperiorem judicem provocatio. ] C’est l’acte par lequel on déclaré qu’on est apellant d’une sentence. INTER JETTER , ». a. [Ad superiorem judicem provocare. 3 Terme de Valais. Ce mot ne se dit pas seul. ( On dit par exemple, interjettes a’apel unesentence. C’est apeller d’une sentence de quelque Juge inférieur. ) 4= On dit aussi , interjetter apel au futur Concile. ( Plusieurs Evêques & Docteurs de Sorbonne ont interjeté apel au futur Concile. ) INTE'RIEUR , s m. [ Intimi motus. J Ce mot se dit ordinairement en parlant des choses de conscience & des choses de piété. II signifie Cœur, Ame. (II n’y a que Dieu qui connoisse l’intérieur : L’intérieur des hipocrites est fort difèrent de l’exterieur. La grâce de Dieu pénétré l’intérieur de nos âmes. De mon intérieur vos êtes souveraine. Mol. ) f * INTE'RIEUR, se dit aussi des choses les plus cachées d’une famille, d’une maison. (L’intérieur de cette maison m’est bien connu. Je connois l’intérieur de cette famille. On dit aussi, l’intérieur d’une afaire. INTE'RIEUR, intérieure, adj. [ Interior,intimus .'] Ce qui est opoíe à extérieur. Ce qui est au dedans. ' ( Les sens intérieurs & extérieurs. Abl. Désir intérieur. Avertissement intériéur. Pose. I. 4 . La superficie intérieure d’une voûte. La partie intérieure d’un bâtiment. ) INTERIEUREMENT , adv. [Intùs.2 Au dedans de nous. ( La loi de la nature nous parle intérieurement. Patru, plaid. 9. ) INTE'RIM , f m. [ Intérim, interea. J Ce mot est un adverbe Latin, qui signifie cependant, en attendant que .... Charle-Quìnt a mis en usage ce mot d 'intérim , & il fut donné à un acord provisoire qu’il fit touchant la Réligion & en atendant la tenue d’un Concile. II y a en Espagne des Gouverneurs par intérim , c’est-à-dire, en atendant que le Roi ait nommé un Gouverneur. INTERLIGNE , f f. [ Verba inter duos lineas inter jeHa. J Ce mot semble venir du Latin. C’est ce qu’on écrit entre deux lignes, soit pour supléer à ce qu’on avoit omis, ou pour quelque autre cause. C’est une interligne qu’on ne sqauroit lire. Son écrit est embarassé d’interlignes mal écrites. Dans les Actes qui doivent faire foi en Justice, les interlignes ne font d’aucune considération. ) INTERLINE'AIRE , adj. [ ' Inter linearis .] II se dit de ce qu’on écrit entre les lignes d’un livre,ou d’un manuscrit. On apelle Bibles ìnterlinéaires, celles où le Latin est imprimé entre les lignes de l’Hebreu, & du Grec., II y a dans la Poliglotte de Londres une interprétation interlinéaire du texte Hebreu, qui n’est point dans la Poliglotte de fans,.Simon,critique du vieux e Jjument, p. S 8 ;. H y a des autres livres où l’on _ ^ , m f me obose, ausquels on donne aussi le nom d intérimaires. Glose interlinéaire. un^cles nerL^^OOUTEUR,/ m. [ Interlocutor ] C’est logue. ^ nna 8 es qu on introduit, dans quelque Dia- ’ s‘f‘ t Mutua inter ali■ quos collocutìo. ] Discours que se font les unes aux au- INT tres les personnes qu’on a introduites dans une même piéce. ( Les circonstances du Dialogue , les caractères des personnages, les interlocutions & les bienséances s’y rencontrent dans un haut dégré. Maucroix £ç? la Fontaine , ouvrages de prose U de vers, préface .) f * INTERLOCUTION. [Interlocutio.J Terme de Palais. Jugement préparatoire qu’on donne avant le jugement définitif. INTERLOCUTOIRE, / m. {Sententia non de- finiens. ] Terme de Palais. Sentence ou arrêt qui ne jugeant pas une afaire au fond, ordonne,qu’on prouvera quelque incident par titres ou par témoins. ( Sans tant de contredits & ^interlocutoires Et de fatras U de grimoires Travaillons les frelons U nous. La Font. ) INTERLOCUTOIRE. Ce mot est aussi adjectif : ain- fi, on dit. ( Un arrêt interlocutoire. Une sentence interlocutoire. ) 4= INTERLOPE , ou INTERLOPRE , / m. II se dit des vaisseaux marchands qui tachent de faire un commerce indirect & secret de marchandises de contrebande, ou qui portent des marchandises permises dans des lieux où il ne leur est pas libre de trafiquer. On les apelle aussi Avanturiers. f INTERLOPE, signifie aussi parmi les Nations d’Europe , qui ont des Compagnies de Commerce les vaisseaux particuliers de ces Nations qui tentent de faire leur négoce dans l’étenduë de la concession de leurs Compagnies, fans en avoir obtenu la permission des Intéressez ou Directeurs. INTERLOQUER , v. a. [ Interloqui. ] Terme de Paiais. Donner un jugement interlocutoire. ( Interloquer les parties. ) INTERME'DE , f. m. [Quod inter acîtts fabula ìntermedium ejl. f Terme de Poésie dragmatique. Tout ce qui se joue, se danse, se fait d’ingénieux & de conforme à la piéce de théâtre, tout, dis-je, ce qui se fait immédiatement après chaque acte pour divertir agréablement le spectateur. (Intermède bien imaginé.) INTERME'DIAT , adj. s [ Intermedius. ] Ce qui est entre deux. Ce qui a eu cours depuis un certain te ms jufqu’à un autre. 11 faut des lettres d ’in- termediat pour jouir des gages qui ont cours depuis le tems intermediat de la mort & de la prise de possession. C’est un terme de Chancellerie. 4= On dit aussi dans ce sens, gages intermédiaires d’un Ofice, d’une charge. INTERMINABLE , adj. [ Quod non potejl confi- ci. ] Mot nouveau dont s’est servi M. le Cardinal de Noailles , dans fa lettre Pastorale aux Réunis. (Sans l’autorité de l’Eglile toutes les disputes de la Religion font interminables. ) INTERMISSIQN , f f [ Intermìjjìo. 3 Difcon- tinuation. Interruption. ( 11 y a eu une intermission fort considérable. Intermission de fièvre. Deg.) Les Médecins disent aussi, l’intermittence du poux, de la fièvre. INTERMITTENT, intermittante, adj. [ Intervalla- tns. 3 Qui donne quelque relâche. Qui a de l’inter- mission. Fièvre intermittante. Poux intermittant. C’est un poux qui bat par intervale. ) INTERNE , adj. f Intejìinas. 3 Qui est au-de- dans. Qui fe fait au-dedans. ( Le mal est interne. Godeau .) INTERNER, ». a. Un grand Magistrat a voulu introduire ce mot dans la langue Franqoife , pour dire, se lier d’amitié avec une personne en qui l’on prend une confiance singulière. ( Son cœur s’étoit interné avec celui de son ami. ) Mais ce mot n’a pas fait fortune. INTERNONCE , / m. F Inter nantisss. 3 Celui qui fait les afaires de la Cour de Rome, lorfqu’il n’y a point de Nonce. , INTEROSSEUX , adj. [ Interrojseits. 3 Terme à’Anatomie. Qui fe dit de six muscles, ainsi apellez, parce qu’ils occupent ces trois espaces qui font entre les os du métacarpe. INTERPELLATION ", s. s. [ Interpellatio. 3 Terme de Palais, Sommation, ( On lui a fait une interpellation de païer, 1N- INT INTERPELLER , v. a. [ Interpedare. ] Terme de Palais. Sommer. ( Interpeller quelcun. ) INTERPOLATION, / / [Interpolai.] Chose aioùtée postérieurement à un ancien manuscrit. Et on apelle ìnterpolateur , celui qui a fait cette addition. INTERPOLER. £ Interpolare, contaminare. ] Insérer des choses fausses dans les manuscrits, les altérer, y transporter quelque mot. (Lescopistes ont défiguré plusieurs pièces, & les ont interpolées en y ajoutant des choses de leur tems. ) Ce mot n’est pas re- dans le stile ordinaire. INTERPOSER, v. a. [ Interponere .] Mettre entre. Emploïer. Entremettre. (Mars, Jupiter & Saturne font rétrogrades quand la terre est interposée entre eux & le Soleil, Roh. PhiJ] * L’Empereur interposa son autorité. Abl. Tac. An. Personnes interposées. Ab!. ) INTERPOSITION , / f. [Interpositio. ] Situation d’un corps entre deux autres. ( L’Eclipse de la Lune se fait par l’interposition de la Terre entré le Soleil & elle. L’Eclipse du Soleil se fait par l’ìnterpo- fition de la Lune entre le Soleil & la Terre. * L’interposition de l’autorité du Roi apaisa toutes ces querelles. ) INTERPRETATION , f f. £ Interpretatio . ] Explication d’une chose dificile à entendre, ou d’une chose que les autres n’entendent pas , & qu’on leur fait entendre en parlant un langage qui leur soit intelligible, ou plus facile. ( Interprétation fort nette, & Fort claire. ) INTERPRE'TE , f. m. £ Interpres. ] Celui qui explique & interprète une chose dificile à entendre, ou une chose que les autres n’entendent pas, & qu’on leur fait entendre en parlant leur langue. Celui qui explique , exprime & déclare. ( Un bon interprète. Interprète savant. * La voix & la langue ont été données à l’homme pour être les interprètes de ses pensées. La Chamb .) î INTERPRE'TE , signifie aussi celui qui déclare , qui fait connoitre les intentions , les volontez d’un autre. ( Ce Ministre est l’interpréte des volontez du Roi. ) F í INTERPRE'TE, se dit aussi de celui qui explique ce qu’une chose présage. ( II est l’interpréte des songes qu’on fait dans son quartier. ) í * Les yeux font les interprètes de l’ame , c’est-à- dire , les yeux sont connoitre les sentimens & les mouvemens de l’ame. INTERPRETER, v. a. [Interpretari .J Expliquer. {Interpréter favorablement une chose. Pasc. I. 6 . II avoit interprété cela d’une grande famine qui devoir arriver. Abl. Tac. Ann. I. n. INTERPRE'TER, v„ a. [ Accipere .] Prendre en bonne ou mauvaise part. Les gens de mauvaise humeur interprètent mal tout ce qu’on leur dit. Belleg. ) INTERREGNE,/ M. [ Interregnum.] Tems qui se passe entre la mort d’un Roi & la création de celui'cjui doit succéder. (Un long interrègne. Les interrègnes en Pologne, sont fréquens, mais en France ils sont rares. Un interrègne considérable. Après la mort de Childeric II. II y eut un interrègne de quatre ou cinq mois. Après celle de Thierri II. Roi de France, il y eut un interrègne qui dura cinq ou six ans. Corde-,nn,. hist. de France, t. i. ) INTERRE GNE. Se dit aussi en d’autres manières, & principalement pour le tems où une femme est brouillée avec son mari. ( Les Directeurs font rompre les femmes avec leurs galans , ils les brouillent & ils les réconcilient avec leurs maris ,, & ils profi. tent des interrègnes. La Bruyère. ) / INTERROGATEUR, f™. [Inqmsitor, percon- tator. ] Ce mot signifie celui qui interroge : mais il ne sc dit qu’en riant & par mépris. (C’estun interrogateur perpétuel. ) INTERROGATION, f / [Interrogation Figure de Rétorique , qui consiste à faire quelques demandes, & à interroger une personne. (User de fréquentes interrogations. L’interrogation est patétique.) On dit en termes de Pratique, un interrogat. INTERROGATOIRE,/»». [Interrogatum.] Terme de Pahiis. Procès verbal contenant les demandes d’un Juge & les réponses de la partie. (II a lui-même par son interrogatoire reconnu cette vérité. Patru , plaid. 8 ) 279 INTERROGER, v. a. £ Interrogare , percmtari.] Faire quelque demande , afin de découvrir une chose quon veut savoir. ( Interroger sur quelque chose, On l’a interrogé sur les faits & articles. ) On dit en termes de Grammaire. Un point inter rogant. Un mot interrogatif. Une phrase interrogative INTERROMPRE, ». a. [Abrumpere, interrum pere. J . J’interromps , j’ai interrompu, f interrompis* Discontinuer. ( Interrompre ses ocupations. Abl. Ret. I. c. Interrompre le cours de ses études.) INTERROMPRE. £ Interpellare , feriari. J Détour ner quelcun de son travail ( Ab ! Marquis , que l’on voìt de fâcheux tout les jours Venir de nos plaisirs interrompre le cours Mol. ) INTERRUPTION,/ f. [Intermptio, ce satin.] Discon- tinuation. ( Travailler fans aucune interruption. Et quelquefois dormant fans interruption, Je reçois en sursaut la benediííion. Sanlec. ) INTERRUPTION. [ Interruptïo .] Figure de Rétorique. Par laquelle on interromps brusquement son discours, pour marquer quelque passion. INTERSECT ION , f. f. £ InterfeBio. ] Ce mot veut dire entrecoupement , & ne se dit qu’en parlant de lignes & de cercles qui se coupent. (L’angle sc fait au point de l’intersection de deux lignes, ^'intersection du Méridien & de l’horison marque le vrai point du Midi. ) INTERSTICE , / m. £ Interjìitium.] Ce mot ne se dit guéres, & est bien Latin. II signifie intervale, espace de tems. (Un long interstice. Plusieurs Evêques font exactement garder les interstices ; c’est-à- dire, l’espace, d’une année entre chaque ordre majeur. On dit en Anatomie , intersiiees ciliaires. ) INTERVALE, f m. [ Intervalium. ] Espace. Distance qui est entre de certaines choses. ( Ainsi en termes de Guerre, on dit remplir les intervales. Abl. Arr. I. z. c. 5. L’intervale qui est entre ces choses est trop long. La bouffonnerie ne divertit que par intervales. S. Evrem. ) {$ INTERVALE. Les Loix & les Coutumes, pour prevenir les contestations, qui naissent facilement entre les voisins à la Ville & à la Campagne, ont établi des régies que l’on est obligé de suivre en plantant des arbres, en construisant certains édifices , ou en creusant des fessez des séparations. Solon , en donnant des Loix aux Athéniens , prit la même précaution , & les Decemvirs que les Romains envolèrent en Gréce, raportérent parmi plusieurs Loix, celles qui concernoient les distances que chacun doit laisser entre son fond & celui de son voisin. On en trouve encore un reste dans la Loi feiendum, du titre, finium regundorum, au Digeste, où il est dit, que, si quelqu un plante une haie , ou construit un mur de pierres sèches proche le fond d!autrui , il doit J'e contenir dans ses bornes. S’il éleve une muraille avec de Ix chaux, il doit laisser un pié de dijìance. S’il fait construire une maison , il doit laisser deux pies d’intervale. S’il fait creuser un tombeau ou un fojfé , il laissera autant de dijtance que l’un ou i’autre aura de profondeur / [f l’on ne doit planter le figuier [f l’olivier qu’à neuf pies de l’éloignement du fond voisin , £5? les autres arbres à deux pies. INTERVALE. £ Spatium. ] Terme de Poésie. Espace qui distingue les actes. ( II y a quatre intervales dans chaque pièce de théâtre. ) INTERVALE. £ Intervalium. ] Ce mot sc dit en parlant de quelques fous, & signifie, un espace de tems où de certains fous paroissent sages & ne font aucune folie. (II a de bons intervales. ) INTERVALE. [Spatium.] Terme de Musique. C’est en général la diférence qu’il y a du son grave au son aigu. (U y a sept intervales considérables dans la musique.) INTERVENANT, intervenante, adj. [Intervenons.] Terme de Palais. Qui intervient dans le cours d’un procès. (Partie intervenante. ) INTERVENIR , v. a. [ Inchoatn liti intervenire. ] J’interviens , je fuis intervenu. Ce mot est de Pratique, & veut dire , venir pendant le cours du procès & tandis qu’on plaide. ( Arrêt est intervenu qui. Un tel est intervenu au procès. ) INTERVENIR. £ Esse arbitrum. ] Entrer dans une * affaire 280 INT affaire pour l’acommoder. II signifie uussi ?àr dans un contrat, soit pour sc rendre caution so t pourl’autoriscr. (Le man est intervenu qui a au- t0r £í,plVFNIR ^ Interposer son autorité. L’autorité du stïf est intervenue pour les acorder. . II est intervenu decret de prise de corps contre lui. II est intervenu arrêt confirmatif de la Sentence. INTERVENTION , st st [ Ad causam accejjio.] Terme de Pratique. Action par laquelle on intervient dans un procès, ou dans quelque afaire. (Donner ses moïens d’intervention. Présenter une requête d’in- tervention. Son intervention a retardé le jugement du procès. II n’auroit pas prêté son argent fans l’in- tervention de son père. ) INTERVENTION. [ Interventio .] En parlant de Poe. me Epique , il signifie l’entremise des Dieux dan® Paction principale du poème. ( L’intervention des Dieux est nécessaire au Poème Epique. S. Evrem. ) í INTERVERTIR, a. flntervertere.] Renverser. (L’ordre de la succession a été interverti. ) INTESTAT , intestate. [ Intesiatw. ] Ce mot est Latin, & signifie celui qui est mort sans avoir fait un testament. On dit encore enfermes d z Pratique. II est mort ab intestat , héritier abintestat ; c’est-à-dire, fans qu’il y ait eu de testament. INTESTIN , intestine , adj. [ Intestìnus, intimus.] Ce mot est Latin, & signifie qui est au-dedans. Qui est en quelque lieu en quelque état. (Exciter ou apaiser une guerre intestine. Du Ryer , histoire de Strada. Ils chantent les riches trophées Des dépouilles de nos mutins ; Et de 7ios troubles intestins. ) {f INTESTIN adjectif, est du bel usage. Une guerre intestine. Mais je ne sçaurois aprouver intestin substantif dans les vers de la Pharsale: II cherche dans le cteur, N dans les intestins La colere des Dieux , U l’arrêt des destins. f INTESTINAL , ale, adj. Terme à’Anatomie. Qui est dans les intestins, qui sert aux intestins. (Canal intestinal, veine intestinale, colique intestinale.) INTESTINS ,st m. [ Intestinal]. Boïaux. ( II y a six intestins. Trois grêles & trois autres qui font bien plus gros. ) INTIMATION , st st. [Denuntiatio .] Terme de Palais. Dénonciation qu’on fait à la partie qu’on a ajourné que faute de comparaître au jour prescit, il sera procédé comme si elle étoit présente. (Assigner la partie avec intimation. ) INTIME , adj. [Intimus .] Mot qui vient du Latin, qui lignifie fort profond. II se dit en François des amis & amies, & veut dire, qui est un particulier & vrai ami. Qui est ami du fond de cœur C’est son infime ami. J’ai perdu un ami intime. Les opérations jes plus intimes de la grâce. INTIME', st nu. [Provocatus.] Terme de Palais. Partie qui a gagné son procès, & qui à la requête de l’apellant qui est celui qui a perdu , est ajourné en cas d’apel devant un Juge supérieur. (Je suis pour l’intime. ) INTIMEMENT , ad-j. [ Intimé, ex anima.] Entièrement. Tout-à-fait. , ( Nous pouvons avoir nos idées intimement unies à notre esprit. Recherche de la vérité, l. 6. ch. a. Les Chrétiens injustement excommuniez ont justement cette consolation, qu’ils n’en font que plus intimement unis & attachez en l’Eglise. P. Questnel, S. Jean, chap. y. v. 54. ) INTIMER, v. a. [Denuntiare.] Terme de Palais. Faire ajourner celui quia gagné son procès pourcom- paroltre devant le Juge de l’apel , & cela à la requête de l’apellant, & en vertu d*un relief d’apel qu’on a obtenu. ( Faire intimer fa partie. La partie est intimée. ) . INTIMER, s Denuntiare. ] Signifier à quelcun le jour d’une assemblée. Intimer un Concile. Intimer des opofans à la vente des fonds à certains jours. Le, erviteur ne peut faire autre chose que publier la Loi, & intimer la volonté de son maître. P. Ouest net, à. Jean , c. t. ©. I? . ^ J Action^Dar^p^HP^ ' Jr f . C Terroris injeftio. ] rend nul un Test 6 ° st àimide. ( L’intimidation cette voie. ) T stament quon a obligé de faire par INT INTIMIDER, v, a. [Deterrere , timorem injicere. ] Epouvanter. ( Intimider la populace. Abl. Le peuple est intimidé. II tâche d’intimider les conjurez. Vaug. Quint. Curce, L 6. ch. 7. Implacable pudeur, régne fur mes désirs , Intimide ma voix , mes yeux U mes soupirs. La Suze, poésies. ) INTITULATIONi st st ÍInstcriptiost II se dit des livres & des écrits, & signifie souscription, le titre , & le nom qu’on donne à un livre. L’intitula- tion sert beaucoup à faire débiter un livre. ) INTITULER, v. a. [ Instcribere.] Donner le titre à un livre, où a quelque discours de prose, ou de vers. (Intituler un livre. Scar. Livre intitulé. Pastc. I. 5.) INTOLERABLE, adj. [Intolerabilis.] Qu’on ne peut tolérer, qu’on ne peut sou frit. Insuportable. ( Une humeur intolérable. Un homme intolérable. Regarder ses maux comme intolérables. Nicole. ) INTOLE’RABLEMENT, adv. [Intoleranter.] D’une maniéré intolérable, & qu’on ne peutsoufrir. (Ces esclaves ont été intolérablement tourmentez. ) INTOLE'RANCE , st f [ Intolerantia. ] Ce mot n’est reçu que depuis quelque tems, encore n’est-ce qu’en matière de dispute sur la tolérance des Religions. L’intolerance consiste à ne vouloir entretenir aucune communion avec ceux qui ne font pas de la même Religion. Et ceux qui en agissent ainsi , sont apellez intolérans. INTONATION, st f. [ Intonatio .J Terme de Musique. C’est la diversité des sons. C’est la partie de la musique qui regarde la diversité des sons. (L’in- tonation est la même dans la musique & dans le plein chant. ) II signifie aussi Faction par laquelle on commence à entonner & à chanter. INTRADOS, st m. Terme à’Architecture. C’est la partie intérieure d’une voûte, qu’on apelle autrement doúelle. INTRAITABLE, adj. [ hnmanstuetus , aster.] Personne avec qui on ne peut traiter. ( Les Alle- mans ont naturellement l’esprit rude & intraitable. Fléchier, Commendon, l. 2. c. 4. ) INTRANT , st m. [ Èleftor , mirant.] Terme de f Université de Paris. C’est celui qui est choisi par sa Nation pour nommer le Recteur. II y a quatre In- trans, parce qu’il y a quatre Nations dans l’Univer- sité, & lorsqu’il est question de faire un Recteur , chaque Nation nomme son Intrant. Ensuite ces In- trans sc retirent en particulier pour choisir le Recteur; lorsqu’ils ne se peuvent acorder fur ce choix, le Recteur qui est encore en charge, à moins qu’il ne s’agis- se de lui-même, entre avec eux pour les faire pencher de côté ou d’autre, en donnant sa voix à l’un des partis lorsque les voix sont égales. ( Choisir les Intrans. Monsieur un tel est des Intrans. ) INTRE PIDE , adj. f IntrepidtAs. J Ce mot est Latin , & signifie qui ne craint point la mort , qui afronte les périls avec hardiesse. (C’est un homme intrépide. Courage intrépide. ) INTRE PIDITE’ , st. st. [ Animì firmitudo. ] Hardiesse. Assurance mâle & vigoureuse. (Avoir de l’in- trépidité. Excez d’intrépidité. Desh. ) INTRIGANT , ANTE. adj. [ FaHìostus, ardelio. J Qui a des connoissances. Qui sc fourre par tout. Qui fait mieux ses afairès que celles des autres. ( Les femmes, quand elles veulent, ontl’esprit adroit & intrigant. Les Provençaux & les Gascons font fort r»- trigans. ) INTRIGUE , intrique, st st. [Tragadia, comedia m- dus. ] On dit intrigue, & non intrique. U intrique est un terme de poésie ; C’est la conduite ingénieuse des afairès d’une pièce detéatre. (Intrigue bien suivie. ) INTRIGUE. [ Occulta artes , vaframentum. ] 11 signifie en général afaire, négociation, pratique qui sc fait avec adresse. ( * Avoir de l’intrigue. * Etre de l’intrigue. ) INTRIGUE, intrigue galante. [ Occulta machinatio venerea. j C’est un commerce amoureux qu’on méne secrètement. (Je ne puis soufrir ces coquets qui embrassent dix ou douze intrigues fans avoir aucun amour. M. de Scud. Vous pensiez bien trouver quelque jeune coquette Friande de /'intrigue, tendre à la fleurette. Moi; !N- INT INTRIGUE. [ Clandeftinum catistlium. ] Cabale de °ens qui par leur adresse fçavent embrouiller les choies. C’est un homme d’intrigue. 11 ne vit que d’in- trigues. J’ai fait réussir mon afaire par l’intrigue de Madame * * Ne décernions jamais dans de lâches intrigues , N’allons point à l’honneur par des honteuses brigues. Despr. ) INTRIGUER , v. a. [ Implicare. ] Embrouiller , embarasser une afaire. (Elle a intrigué toute f afaire par la supolìtion d’un faux héritier.. ) * INTRIGUER, v. ». [ Se negotth immiscere. ] Se mêler dans le grand commerce du monde , y chercher des connaissances pour y faire quelque chose. ( * Les plus habiles d’entre eux intriguent beaucoup, parlent peu & n’écrivent point, Pas. /. ) * 8'INTRIGUER, v. r. f Machinari. ] Se mêler dans le commerce du monde. Se faire plusieurs connaissances pour quelque dessein qu’on a. (Si on veut faire quelque chose à Paris, il faut s’intriguer. ) INTRIGUEUX , euse , adj. [ Clandestìnarum machinator artium. ] Ce mot fe prend pour l’ordi- naire en mauvaise part, & est plus d'ufage au féminin qu’au masculin. II se dit particulièrement des couriers d’amour. INTRINSE'QUE. adj. \Intrinsecus.~\ Terme de Philosophie. Qui est du dedans. ( Vertu intrinsèque Qualité intrinsèque. ) II est opofé à extrinsèque. f INTRINSEQUEMENT , adv. [Intrinsecè .,] D’une maniéré intrinsèque. (.Cette action est bonne intrinsèquement. 11 est intrinsèquement honnête homme. ) INTRODUCTEUR, / m. [ Per quem datur admijjìo. ] Celui qui introduit & facilite l’entrée d’une personne auprès d’une autre. INTRODUCTEUR des Ambajjadeurs. f Legatorum admìjjtoni prafeclus. ] C’est un Oficier qui reçoit & conduit les Ambassadeurs dans la chambre de leurs Majestez, de Messieurs les Enfans de France & des Princes Souverains. éjf On peut apeller admijjìanales, les introducteurs des Ambassadeurs ; ces Oficiers étoient connus des Romains : Lampride dit de l’Empereur Alexandre , quìd salutaretur quasi unus de senatoribus, patente vélo, admijjìonalibm r émotif j il en est fait mention dans le Code Théodosien, tit. de privileg. eorum qui insac. palat. I. 3. £5? 7. & dans Ammiari Marcellin, lib. 15. cap. & cet emploi étoit très-honorable. Corippus, de Laudib. Jusiìni, lib. 3. donne à cet oficier le titre de magister : Ut lœtus princeps solium conscendit in altum , Membraque purpureâ prxcelsus veste locavit , Legatos Avarum justos intrare magister. INTRODUCTION, / / [ Admijjìo. ] C’est faction d’introduire. ( L’introduction d’un Ambassadeur. ) INTRODUCTION, // S_lntroduHìo.~\ Entrée. Commencement pour faire quelque chose. Livre contenant les principes de quelque doctrine. (Ainsi on dit, introduction à la Géographie. Introduction à la vie devote. ) INTRODUCTION, f Exordium. ] Terme de Prédicateur. Exorde qui fuit immédiatement YAve Maria, & où le Prédicateur divise son sermon. 4 INTRODUCTION. On apelle en termes de Pratique, introduction d’instance, le commencement d’une procedure devant une Cour de Justice. INTRODUCTRICE , / f. [ Qua introducit. ] Celle qui introduit & favorise l’accez d’une personne auprès d’une autre. Je n’ai trouvé le mot à’introdufírice que dans la seconde partie des poésies de Godeau, Eglogue 4. & on croie que ce mot d ’introduHrice ne lè dit guère. ( Elle est favorable , ou rude introductrice. God. ) INTRODUIRE , v. a. [ Introducere, admit ter est J’introduis, j’ai introduit, fintroduists. Ce mot signifie mener dans un lieu. (Je l’ai introduit au Louvre. Introduire une personne dans les meilleures familles de Paris. Et toûjours prés des grands on doit ítre introduit Par des gens qui de nous fassent un peu de bruit. Mol. ) * INTRODUIRE. [ Tnducere. J II fe dit au figuré, & signifie faire recevoir, mettre en usage. ( Introduire une coutume. Introduire une opinion dans l’é- eole. Pasc. I. 6 . ) INT 2 8 i INTROÏT, s. m. [IntroitusJ Terme à'Eglise. On dit introït, s. m. introite , s.s. Celui-ci semble le meilleur & celui dont se servent les bons Auteurs. C’est le commencement de la Messe. (Dire l’introï- te. Le Prêtre est à l’introïte. L’introït de la Messe contient la déclaration que Dieu a faite aux hommes, depuis le péché d’Adam, de les vouloir déliver de la mifere ou ils font tombez , & les remettre en grâce en leur donnant un Sauveur. S. Ciran, Théologie sa- miliére , explication des Cérémonies de la Messe. ) í INTROMISSION , s. s. ÍIntromiJìoJ Terme de Philojophie, qui signifie, introduction, entrée. ( L’intromiffion des particules de Peau entre les fibres du bois. ) f IN TRONATI, / m. pi. On apelle ainsi une Académie de Sienne en Italie. (L’Académie desln- tronati. ) INTRONISATION, / /. [ In Episcopale munm ìn- troduHio. J L’entrée d’un Evêque en possession de son Evêché. On a fait des opositions à l’intrônifa- tion d’un tel Evêque. ) INTRÔNISER, v. a. Mettre en possession d’une dignité Eclésiastique. (Mr. l’Evêque fut intronisé avec de grandes aclamations du peuple. Acad. Fr. ) í INTROUVABLE, adj. On ne le dit que dans le stile familier, de ce qu’on ne peut trouver, ou de ce qu’on a beaucoup de peine à trouver. INTRUS, intruse, adj. II vient du Latin ìntru- sus, & veut dire en général, qui fans aucun droit s’est mis en possession d’une chose ; mais particulièrement il fe dit parlant de bénéfices. C’est celui qui s’est emparé d’un bénéfice fans un titre légitime , & qui n’y est pas entré par les formes prescrites canoniquement. Intrus n’est bien usité qu’au masculin. On’le regarde comme un homme intrus dans le bénéfice. Volez Rebujse. Danet dit s ’intrure à l’intìnitif, mais il n’est point ailleurs. INTRUSION , / / [ Usurpatìo, obreptio. ] II fe dit principalement pariant de bénéfices. II y a deux intrusions. La première est une action par laquelle ost fe met en possession d’un bénéfice par force , & à main armée. La seconde intrusion consiste à avoir obtenu un bénéfice ou une dignité d’une personne qui n’avoit pas le pouvoir de conférer cette dignité ou ce bénéfice. Cette dernière intrusion n’est point criminelle , mais la première l’est. {$ INTRUSION. La véritable intrusion est une voie de fait,toujours condannable,parce qu’elle est toujours acompagnée de violence & de force : mais on n’en volt guéres de cette efpécé, parce qu’elle ne pouroit pas réussir. II en est de diférentes fortes, & en si grand nombre, qu’il est dificile de les fixer : ainsi l’on fe contentera d’en raporter quelques exemples qui serviront à faire connoître l’intrusion dans les cas particuliers qui fe présenteront. C’est une régie générale, que celui qui prend possession d’un bénéfice fans titre , ou du moins fans un titre coloré, est véritablement intrus. En second lieu, il faut que la prise de possession du bénéfice soit fhite de l’autorité du Supérieur ; & l’on est intrus, quand on fe met en possession de fa propre autorité. Rebuffe, dans fa Pratique, estime que le Bénéficier qui commet un crime qui le prive ìpso jure de son bénéfice, est intrus, s’il continue d’en jouir, parce qu’il jouit fans titre ; & il ne peut pas jouir des fruits. Celui qui est élu, s’il prend possession du bénéfice, & s’il en perçoit les fruits avant la confirmation de son élection, est intrus. II en est de même du présenté , qui ne peut point administrer le bénéfice, avant que d’en avoir obtenu l’institution , si ce n’est en deux cas remarquez par quelques Docteurs , dont le prémier est , fi sélection a été faite fans contradiction & d’une commune voix, & le second, l’éloignement de celui qui doit donner l’institution : mais la prémiére exception à la régie générale, ne paroît pas bien fondée ; & la seconde pouroit être tolérée , à cause de la di- ficulté qu’il peut y avoir de se présenter à celui qui a l’institution du bénéfice ; mais le plus sûr, est, ou d’atendre l’institution , ou de fe pouvoir à l’Or- dinaire , qui peut fupléer à ce défaut dans les occurrences pressantes. C’est encore une maxime , que celui qui a un titre émané d’un collateur qui n’en a pas le droit , ou qui a été privé de l’exer- Tom. II. N n cice 382 INT cice par quelque cauíe particulière, est véritablement intrus : ainfi, le titre que l’on tient d un col latent excommunié, est nui, de méme que celui que l’on a obtenu d’un collateur qui ne Test que habitu, & non aíítt. On tombe aussi dans l’intrusion , lors que l’on prend possession d’un bénéfice, dont le titulaire a été dépouillé injustement, si le pourvû a eu connoissance de l’injuslice. Le fimoniaque est regardé comme intrus, & celui qui étant pourvû d’un bénéfice qui requiert résidence , joìiit des fruits d’un autre bénéfice d’une autre qualité, est intrus, s’il continué de percevoir les fruits du prémier, après le tems qui lui étoit acordé pour se défaire de J’un ou de l’autre. II faut ici remarquer, que l’intrusion n’est parfaite que lors que l’on a fait les fonctions du bénéfice, & que l’on a perqu les fruits : ainfi, le pourvû, ou l’élû, peut assister aux ofices, fans être intrus, s’ií ne perqoit pas les fruits. Quelques uns croient que l’on est intrus, quand on a pris possession d’un bénéfice fur une simple signature , fans avoir les Lettres expédiées en forme, & ils allèguent pour exemple, la Loi Sciât, Cod. de offic. Magijì. nfiìcior. Les autres soutiennent, au contraire , que la simple signature n’atribuë point le pouvoir de prendre possession du bénéfice, & que c’est la Bulle qui donne la forme à la grâce, & le droit de posseder & de jouir du bénéfice. II semble que dans cette diversité d’opinions, le plus sûr est d’atendre la Bulle, pour empêcher l’in- vasion d’un dévolutaire, car en bonne conscience, la simple signature met en droit de jouir des fruits du ■bénéfice. Pour empêcher l’intrusion, il faut observer les formalité?, introduites par l’ufage & les Ordonnances ; c’est-à-dire que l’on doit être mis en possession par un Eclésiastique, & qu’il faut en faire dresser un acte par un Notaire Apostolique. L’intrusion étant odieuse, on ne doit point la présumer , après une possession paisible, du moins de dix ans : mais quand elle est constante, elle ne peut point être couverte par aucune possession, suivant la régie de Chan- célerie de triennal, pojjejs. 11 y a des intrus de bonne foi, & de mauvaise foi. On est intrus de bonne foi, quand on est fondé fur un titre que l’on croit légitime , & dont on ignore le vice, le crime consistant toujours dans l’intention & dans la connoissance du mal que l’on veut bien connoìtre. Ce qui est confirmé par le Canon , Si virgo 54. q. 1. AI ais il faut que l’ignorance soit effective & sincère. La difi- culté est grande sur la validité des actes qui font faits par un intrus ; & l’on distingue ordinairement entre les actes civils , & ceux qui dépendent du caractère de l’intrus. Les premiers, comme baux à ferme, & autres concernans le temporel du bénéfice, font absolument nuls : La validité des seconds dépend de lá bonne foi de celui qui a été ou absous dans la confession , ou ordonné par l'imposition des mains. II est vrai, qu’à l’égard de {'ordination, plusieurs Docteurs tiennent, que l’intrus peut bien conférer Perdre : mais il ne peut pas en donner l’exercice. Les Docteurs conviennent que le possesseur d’un bénéfice en vertu d’un titre nul & vicieux, & qui en a un légitime & canonique, peut se servir de tous les deux, Je vice de l’un n’influant pas dans l’autre. Enfin, l’intrus connoissant le défaut de son titre, se pourvoie au Pape : il doit exposer son intrusion, autrement, il tombe dans le vice de l’obreption & subreption, à moins que le bénéfice lui soit acordé motu proprio. INTUITIF, Ive, adj. [lntuitìvus ] Terme de Théologie, qui se dit d’une connoissance claire & certaine de quelque chose. ( Les Saints dans le Ciel ont une connoissance intuitive de {'essence de Dieu. La vision intuitive de Dieu. Ac. ) 4 INTUITION , f. fi Terme de Philosophie. On dit, intuition, lorsque l’eíprit aperçoit fans examen, tout d’un coup & d’une feule vue, la vérité qu’il cherche. n INTUITIVEMENT , adv. D’une maniéré intuitive. [Intuitive, j Tous les Théologiens ne conviennent pas que S. Paul dans son ravissement ait vû 1 essence de Dieu intuitivement. ) it par intus-sufeeption, ou par des sucs nourriciers, qui font porte? par des canaux à la partie qu’ils augmentent. Les pierres au contraire crois- INV sent par juxta-position , ou íìmple apposition des parties. INVAINCU, invaincus, adj. [Invi/tasJ Ce mot veut dire qui n’a pas été vaincu, mais il n est pas bien établi. Messieurs de l’Académie remarquent que ce mot n’a d’usage qu’en poésie, & par opposition à invincible. Corneille a dit dans le Cid . ( Ton bras est invaincu, mab non pas invincible. ) INVALIDE , adj. [Non rat us.] Terme de P a. lab. Qui a des défauts qui le rendent nul. ( Acte invalide. ) INVALIDE , f tu. F Miles invalidas.'] C’est un hom- me de guerre qui a été estropié au service du Roi, & qui a une place dans l’hôtel des invalides. (On met à la grue, ou fur le chevalet les Invalides qui méritent punition. Les Invalides ont permission de sortir une fois la semaine. ) INVALIDE , adj. [ Invalidas, infirmas. ] Qui n’a plus de force, qui ne peut plus servir. (Depuisvotre maladie vous êtes tout invalide. ) INVALIDE. Nom qu’on a donné il y a vingt ans à une pie ce qui valoit d’abord quatre fous, & qui dans la fuite ne valut que trois fous & demi. INVALIDEMENT, adv. £In jrritum , irrité .] Sans validité. ( Ce mineur a contracté invalidement. ) 4 INVALIDER , v. a. [ Abrogare.] Terme de Pa/àb. C’est casser, annuller. On dit, invalider un acte, un contrat, un testament, c’est-à-dire, prouver qu’il doit être nul. INVALIDES, f. m. [ Invalidi milites. ] Ou Hôtel Rotai des Invalides. C’est un bâtiment magnifique au bout du fauxbourg Saint Germain de Paris, fondé en 1669. & commencé à bâtir en 1671. où il y a un Gouverneur, un Major & d’autres Oficiers, où l’on fait garde, & où l’on observe les mêmes choses que dans les places de guerre. C’est dans ce superbe édifice qu’on reçoit tous les Oficiers & tous les Soldats, qui dans les ocalions glorieuses ont été estropiez au service de Sa Majesté. Là on leur donne à chacun un juste-au-corps bleu, qui marque la livrée du Roi, on les couche, on les nettéie, où les blanchit, & on les nourit dans plusieurs grandes sales où font peintes les victoires du Roi, & où le Roi même est peint à cheval. II y a dans l’Hôtel des Invalides des Peres de la Mission, qui ont foin d’instruire les Oficiers & les Soldats dans la crainte de Dieu ; & présentement on y bâtit une très-belle Eglise pour y faire le service divin. Le Roi Louis XIV. est en relief fur le haut de la porte des Invalides, avec plusieurs trophées d’ar- mes, & autres ornemens dont la façade de l’édifice est embellie. Un Soldat ou un Oficier estropié entre aux Invalides, quand il a des certificats de services & du lieu où il a été glorieusement estropié. INVALIDITE',/. /. \Invalentia.] Terme de Pra. tique. Défaut qui rend nul quelque contract ou autre acte. ( Soutenir l’invalidité d’un mariage. Mau- croix, Schisme, l. 1. ) INVARIABLE, adj. [ 'Immutabìlb .] Qui ne varie point. ( La foi est une & invariable. Pasc. L '§.) INVARIABLEMENT , adv. [ Absque mutatione. ] Fermement. S’atacher uniquement & invariablement à Dieu. Pasc. L 1.) INVASION , s. s. ÇOccupatio.J Action de celui qui veut s’emparer. ( Défendre une Province contre l’invasion des ennemis. Abl. Tac. cmn. I. 1. 5. ) INVECTIVE, / / sAcerrima objurgatio.] Discours injurieux. ( Faire de sanglantes invectives. Et Jt par invective on détruit le péché , Que tout soit avec art diversement touché. Villiers. ) f INVECTIVER, v. n. [Asterè insetfari .] Decla- mer contre quelque chose. ( Contre un monde de recettes il invectivoit de son mieux. La Fontaine , contes. Invectiver contre le luxe, & l’usure. ) t INVENDU, invendue , adj. s Non vendîtes.] Ce mot est bien nouveau, & ne doit pas être bazardé que tout au plus dans le satirique, & le comique. 11 íìgnifieroit non vendu , qui ria pas été vendu. (Le livre de A. demeure invendu, & le Libraire enrage d’en distribuer {'impression à {'épicier & à la beurriere. ) INV INVENTAIRE , st »r. [Recognitio, inventorium.] Terme de Pratique, C’est une sorte de regître fait par ordre de Justice, contenant un dénombrement des biens meubles & des titres d’une personne. (Inventaire solemnel. Patru , plaid. 14. Faire inventaire. On pariait en tous lieux de ma magnificence , Quand pour un Inventaire ou mon mari courut , II s’échauffa fi fort qu’en trois jours il mourut, Bours Esop. ) INVENTAIRE de produHion. [ Index instrumento- yum. 2 . Terme de Palais. C’est le catalogue des pie* ces qu’on produit au procès. î Lettres de bénéfice d?inventaire. Ce font des Let* tres du souverain , par lesquelles celui à qui elles font accordées n’est tenu des dettes de la succession que jusques à la concurence de ce qui est porté par l’in- Ventaire. ê Héritier par bénéfice dé inventaire. C’est celui qui h’accepte un héritage qu’avec ces fortes de Lettres. INVENTAIRE. Vente publique des meubles contenus dans un inventaire, où se trouvent des fripiers. INVENTAIRE. Titre qu’on a donné à quelques livres, pour dire abrégé. ( L’invéntaire de l’histoire de France. ) INVENTAIRE , ou Eventaire. Terme de Vanier St de certaines femmes qui revendent par les rués de Paris. II est plus souvent féminin que masculin, parmi les petites gens & gens du métier ; & même inventaire n’est pas si en usage qu 'eventaire, parmi les ha* biles Jardiniers. C’est un grand panier plat fans anses, long d’environ trois piez, & large de deux, fur lequel les marchandes d’herbe Sc de poisson portent leur marchandise par la ville. ( Cette inventaire, ou plûtôt éventasse est garnie comme il faut. Mon in* ventaire est pleine. ) INVENTER, v. a. [ Excogitare. ] Imaginer quelque chose que personne n’a encore imaginé. Trouver quelque chose à force de penser & par l’adresse & la vivacité de son esprit. ( On dit que les Bergers de Sicile ont inventé l’églogue. ) f INVENTER. £ Comtninifci. J II signifie quelquefois controuver. ( Inventer des bourdes, des calomnies , &c. Que ne puis-je à mon traître injpirer le fouet D’inventer quelque chose à me tirer d’ici . Mol. Fâch. ) £ On dit prov. d’un homme qui a peu d’esprit, qu’il n’a pas inventé la poudre. INVENTEUR, s. m. [ Inventor. J Celui qui invente & trouve quelque chose par le moïen de son esprit. ( II a la gloire d’étre inventeur. Le ventre est l’inventeur des arts. ) INVENTEUR, / m. [Fiftor,'] Calomniateur. Celui qui invente des faussetez. On dit inventrice dans le même sens en parlant d’une femme. INVENTIF, inventive, adj. [Ad excogitandum aptus .J Qui invente. Qui trouve quelque chose par l’adresse & la subtilité de son esprit. Qui a du genie à inventer. ( C’est un homme inventif. Esprit inventif. Bens. Rond. L’amour rend inventif, Molière.') INVENTION , / f. [ Excogitatio. J L’invention consiste à avoir trouvé , ou à avoir imaginé quelque chose le premier. (Voilà la récompense de la belle invention. Ablancourt , Luc . T. 1. ) INVENTION. [Inventio.] Terme de Réteur. Elle consiste à trouver des moïens de persuader, & elle est une des cinq parties de la Rétorique. INVENTION. Terme d 'Eglise. [Crucis inventio. ] Jour où Sainte Heléne mère de l’Empereur Constantin trouva la sainte Croix. ( Célébrer la fête de l’invention de sainte Croix. ) INVENTION. [ Ars, machina. ] Moïen. Adresse. Subtilité. ( 11 me faut tous les jours trouver mille inventions pour jouir de mes maîtresses.. Ablanc. Luc. T. 1. ) stf INVENTION. Terme de Peinture. Dufresnoi l’apelle machine. Prìmaque occurrit [in albo Distonenda Pypi concepta patente Minerva. Machina, qua nojìris, inventio dicitur oris. L’invention est comme une machine composée de plusieurs pièces qui produisent un tout. L’invention est la prémiére partie de la Peinture. f INVENTORIE', ée, adj. part. Marchandises ou au- tres effets compris dans un inventasse. INV 28 Z INVENTORIER, V. a. ISuppeUemiis indicent aejeribere. J Mettre dans un inventaire. ( On a inventorié ces papiers. C’est-à-dire, on a mis fur le dos un numéro avec un parafe , pour montrer qu’ils font compris dans l’inventairq. ) INVENTRICE, f. f, [Inventrix .j Celle qui invente. ( Cerès est Vinventrice dû labourage. Acad, Fr» Sapho a été l’inventrice des vers saphiques, IN VERS ABLE, adj. f Quod everti non potefi. 3 Ce mot est nouveau, & se dit de certains caresses, & veut dire qui ne verse point. (II y a du plaisir a se promener dans des voitures inversibles. ) INVERSE, adj. f Régula trìum inversa. J Terme d Arithmétique. Régie où le quatrième terme est autant au dessus du troisième, que le second est au dessous du premier. Par exemple, si vingt ouvriers font quatre arpens de vigne en deux jours, quarante ouvriers feront la même quantité en un jour. INVERSION , s. s. [Inverfio.] Action par laquelle on retourne une chose. (§ INVERSION. Terme de Grammaire. C’est une interruption de Perdre naturel & du régime d’une phrase. Cette figure étoit familière aux Latins, & particulièrement aux Poètes : mais il faut convenir que cette transposition de mots , bien loin d’étre une beauté , elle cause un embarras dans l’esprit , qui l’arrête souvent tout court , témoin cet endroit de Virgile, liv, z. de l’Enéïde : Juvenes sortijfima frustra Pecíora , Jì vobìs audentem extrema cuptdo ejì Certa sequi , qua fit rebtu fortund videtii > Excessêre omnes adytis , arifque reliflis Dii quibrn imperium hoc Jìeterat, succurritìs tlrbi Incense, moriamur , in média arma ruamus. Servius a bien senti que cette inversion feroit de la eine aux Lecteurs ; voici comme il démêle ce ea- os ; Juvenes , dit-il, sortijfima peHora , frustra suc - curritis urbi incense, quia excejserunt adytis omnes Dii t undé, st vobis cuptdo certa est me sequi audentem extrema , moriamur , U in média arma ruamm. Horace nous fournit encore un exemple de ces fortes de transpositions ; il a dit dans la cinquième satire du premier livre : Penè macros arfit, dum turdos versât in igné. Et cette inversion a fait tomber Acron, un des plus anciens commentateurs de ce Poète dans cette erreur, qu’il a cru que arfit se raportoit à macros turdos , & que l’hôtelier avoit brûlé les grives, en les faisant rôtir : nam or do sensus est, dum hojpes sedulus, dum versât in igné macros turdos, penè arfit macros turdos, U to- tam domum quasi combujfit. Mais le sens du vers est, suivant la traduction de Air. Dacier, que P h ôte empressé à faire bonne chère a Horace, pensa brûler sa maison, en faisant rôtir des grives fort maigres ; car, ajoûte le Poète : Vaga per veterem , dilapso flamttta culìnam Vulcano, summum properabat lambere tefîum. Notre langue ne soufre point les inversions, ni*les transpositions : elle veut que l’on parle dans le même ordre que les idées des choses se sont placées dans notre imagination ; la nature la guide, & conduit par le droit chemin Ceux à qui nous parlons , jusques au lieu où nous voulons les faire arriver, fans les faire passer par dés labirintes, & par des détours, où l’on s’ égaré facilement, f INVESTIGATEUR ,, s m. C ìnvestigator. 3 On apelle en Chimie , investigateur, celui qui cherche la pierre philofcphale. * INVESTIGATION , / / C Investìgatio. 3 Terme de Grammaire. L’investigation du thême, c’est la maniéré de trouver dans les verbes, le tems & le mode primitif d’un moeuf, d’un tems, &c. INVESTI, investie, adj. [ Cìnflus. ] Entouré, environné, enfermé par des troupes. ( Ils craignoienî d’être investis. Abl. Ret. I. 4. ) INVESTI, invejìie. [ Circumdatus. ] Ce mot entre quelquefois dans le comique, Ainsi Maìnard , pots p. 167. a dit : ( Tes yeux investis de ciré ìïe connoijsent plus le jour. C’est-à-dire, tu es si chassieuse que tu hè Vois goûte. ) INVESTIR , v, a. s Mittere in pojsejfionem si- Tom, IL N n a ducia, 284 INV duciarium. ] Mettre en possession de quelque fief. Donner à quelcun l’investiture d’un benence Ecle- siastique, ou Laïque. (Investir une personne d un fier.) INVESTIR, v. «. [ Copiit cingere. J Terme de Guerre. C’est entourer de telle sorte une place, que rien n’y puisse entrer. C’est aussi enfermer & environner de telle façon des troupes , qu’elles ne puissent s’échaper, nì se tirer d’afaire fans être batuës. ( Quand un Général a dessein d’assiéger une place , il la fait auparavant investir par un corps de cavalerie fous le commandement d’un Lieutenant général, & d’un Maréchal de camp. On commençoit à investir l’aile droite où étoit Alexandre. Vaug. ç. c. 11. ) La Gazette dit inveftijfement. L’Academie admet aussi investissement. INVESTIR. Terme de Mer. C’est ataquer un vaisseau. 11 signifie encore, échouer. ( Cette galère a investi au Port Mahon. ) , INVESTIR. [Circumd.are.'] Etre tellement auprès d’une personne qu’on empêche les autres de l’apro- cher. Ce malade n’a pû tester en mourant, parce qu’il a toùjours été investi de ses héritiers. On dit auífi en choses morales, nous sommes investis par la contagion & par le débordement des eaux. INVESTITURE , ■ s. s. [ In pojsejstonem induftio .] Acte qui contient la mise en possession d’un fief, ou d’un bénéfice, & qui se rait par celui qui a le droit d’investir un autre & qui est suivi d’une prise de possession. Le Roi donne l’investiture d es fiefs de son Roïaume. ( Ce Prince a pris son investiture de FEmpereur. 11 lui donna l’investiture des deux Siciles.) jQf Le terme investiture est sinonime avec posjestìon. On dit, donner l’investiture d’un bénéfice, & donner l’investiture d’un fief. Ce font là deux sortes d’in- vestitures qu’il faut expliquer séparément. Les fiefs ne furent, dans leur origine qu’une simple concession de la jouissance de quelques terres que les Rois acor- doient aux soldats pour récompense de leurs services; & cette jouissance étoit bornée dans un certain espace de tems ; on l’apella bénéfice , parce que c’étoit une grâce qui marquoit la reconnoissance du Prince. Òn fixa ensuite la durée du bénéfice, ou par la vie du bénéficier, ou pour un tems dont on convenoit: mais enfin ces jouissances momentanées furent converties en propriété?: héréditaires, & chacun y imposa les conditions qui lui convinrent, & l’on donna le titre de fiefs, à ces sortes d’héritages, à cause de la fidélité que le vassal promettoit à son Seigneur , lors qu’il auroit besoin de son service ; & comme il dépendoit du Seigneur d’imposer à son vassal diféren- tes loix & diférens services, on n’a pas lieu d’être surpris si les droits des Seigneurs font si diférens, ni même s’il y en a d’extraordinaires, puis que dans leur origine ils ont dépendu de l’humeur & du génie de celui qui transferoit la propriété du fief. Et c’est aussi par cette raison, qu’il y a des fiefs masculins, & d’autres féminins , particulièrement en Alemagne , ou, selon la remarque de Mr. Chantereau le Févre , les-fiefs de haute dignité, & qui font situez au-delà du Rhin, font tout masculins , fans que les filles y puissent parvenir : & au contraire, en-decà du Rhin, ils font masculins & féminins ; d’ailleurs, les premiers actes de concession , ou d’investiture perpétuelle, font entièrement perdus ; & si l’on en croit le même auteur dans son traité de l’origine des fiefs, liv. i. chap. 8- son n’en trouve point avant l’an iooo. de Nôtre-Seigneur ; ensorte que les actes qui furent faits dans ces premiers tems, ne contenant principalement que la tradition du fond, souvent même sans confins & fans expression de droits imposez au vassal, il a été facile aux Seigneurs, dans la fuite , lors qu’ils ont donné l’investiture des fiefs, d’y imposer des conditions que le vassal étoit obligé de subir. L’investiture est donc ce que nous apellons à présent reconnoissance nouvelle ; & il me semble que nalmaìson, dans son sommaire discours des fiefs, pag. 3$. nous en a donné une idée très-juste. On voit que 1 ancien usage a été, qu’après trente ans, le Seig- JJ' S en droit de demander une nouvelle re- nourtant a r!fV q -k e e va ^ a l n Ç peut pas lui refuser, fans Couverture au ? fraix ' ma > s dans le cas de stitureà son SeSu? c y r f a ’ doit ]I demaiKler !J nTe " doit être fàire anv - Ce j re nouvelle reconnoissance titre 11 faut à n é r d “ Vassa1 ’ parce c ’ ue c ’ est son íléfices. * P és exammet 1 investiture des bé- INV / 3 f INVESTITURE. Les Rois de la prémiére & de la seconde race, ne se contentèrent pas de donnér en fief des Provinces & des Châteaux, ils donnoient encore les grands bénéfices, comme les Evêchez & les Abaïes, dont ils s’étoient rendus les Patrons, par les grandes libéralisez qu’ils avoient faites à l’Eglise : la maniéré de les conférer est marquée bien clairement dans les Conciles tenus en France , dans les Annales de lEglise Gallicane du P. Le Cointe, & dans le traité de Mr. de Marca, de concordia. Et comme, selon la Loi Salique , la tradition des fiefs se faisoit, en mettant dans la main du vassal un rameau, un brin d’her- bes, un bâton, ou quelque autre chose de semblable, ce qui s’apelloit investiture , ils jobservoient la même formalité dans la tradition des Evêchez, qui sc fai. soit par la crosse, & par Panneau avant la consécration. L’histoire nous en fournit plusieurs exemples, & nous voïons dans la vie de Louis le Débonnaire, qu’il investit de la même maniéré Saint Rambert de l’Archevêché de Rheims. Et Yves de Chartres nous aprend lui-même, qu’il fut fait Evêque malgré fa résistance, & qu’aïant été mené par force devant Phili- pe Premier, le Roi lui mit en main une crosse , & après savoir reçue, il fut à Capoue, où le Pape Urbain II. le consacra. Cet usage se répandit dans plusieurs autres Roiaumes : mais on ne confondoit point les biens temporels avec le pouvoir spirituel, quoique plusieurs aïent cru que Charlemagne se soit attribué l’investiture de la puissance spirituelle en vertu du Décret du Pape. Adrien Premier, par lequel ce Pape donnoit le droit d’investiture. Mais Mr. de Marca, & avant lui, le Cardinal Baronius , ont établi par de solides raisons, que ce Décrét est supose, & les Historiens conviennent que ce fut Othon Prémier, lequel aïant chassé Jean XII. y établit dahs un Concile un autre Pape , fous le nom de Léon VII. & se prévalant de l’autorité qu’il s’étoit aquise par la promotion de ce nouveau Pape , il porta les droits de l’Empire, jusqu’à se vouloir rendre maître absolu des Evêchez & des grands bénéfices, dont il donnoit la pleine investiture. En quoi les Empereurs qui Pont suivi, & les Rois voulant imiter Pexemple d’Othon , comprirent fous le nom d’investiture, non seulement les biens temporels, mais encore le pouvoir spirituel, par la tradition de la crosse, & de Panneau. Grégoire VII. se souleva hautement contre cet usage, ne pouvant voir tranquillement le pouvoir Episcopal entre les mains des Empereurs & des Rois. Et la tradition de la crosse , & de Panneau lui parut une usurpation, à laçjuelle il devoit s’oposer, parce que ces deux choses étoient les signes de l’autorité & de la Jurisdiction spirituelle. Et sur toutes ces raisons, il publia dans un Concile, qu’il tint à Rome en 1078. un Décret contre les investitures du pouvoir Episcopal. Cette Ordonnance si juste, set confirmée dans un autre Concile Romain, tenu deux ans après par le même Pape, lequel, pour autoriser sa décision, ajouta aux raisons fur lesquelles il avoir fondé son Décret, l’autorité du Canon vingt-deuxiéme, du huitième Concile Ecumenique, tenu sous Adrien II. par lequel il avoit été défendu expressément aux Laïques de s’ingerer dans l’election & dans la promotion des E- vêques. Quoique le sentiment de ce Pape fût Canonique , & selon les régies de l’Eglisc, il trouva des révoltez qui refusèrent de s’y soûmettre ; & les Empereurs , & les Rois, ne voulurent point se dépouiller du droit d’investir les Evêques par la crosse & par Panneau, quoique les successeurs de Grégoire VII. re- nouvellassent la disposition de ce Pape ; ce qui causa de grands troubles dans l’Eglise, dont je ne crois pas devoir faire ici le détail, il sefira de remarquer qu’après plus de ;o. ans, Calixte II. aïant tenté inutilement d’abolir les investitures, dans un Concile qu’il tint à Rheims,il fut plus heureux dans un autre Concile qu’il tint à Rome en 1123. où avec le consentement de plus de 300. Evêqqes, & de 700. Abez, Pafaire des investitures fut terminée entièrement, après avoir éclairci la matière que l’on avoit jusques-là emba- rassée par la confusion que l’on faisoit de l’investitu- re temporelle & de la spirituelle : Ainsi l’on convint que l’Empereur laisseroit les élections libres, qu’il ne donneroit plus d’investitures par la crosse & par Panneau, & qu’il restitueroit les biens de l’Eglise dont il s’étoit mis en possession ; & pour le dédommager , on lui accorda plusieurs choses qui le satisfirent. Cette décision set reçûé généralement par ses INV les Rois île France, d’Espagne & d’Angleterre ; & depuis ce te m s-là, on a regardé le serment de fidélité, que les Evêques & les Archevêques prêtent au Roi, par ra port seulement aux biens temporels, qui font attachez à leurs dignitez. f INVESTITURE., Terme de Guerre. On doit prendre des grandes précautions dans l’investiture d’une place, où une armée composée de soldats expérimentez & déterminez a tout oser, se trouve enfermée. Polyhe de Folard. t INVE'TE'RE', invétérée , adj. £ Inveteratus .] II vient du Latin. Ce mot se dit des maux & des maladies , & veut dire qui dure plus long-tems. Qui s’est enraciné dans le corps. ( Farcin invétéré. Maladie invétérée ) INVE TE REE, v. ». [Inveterare, inolescere .3 Vieillir. (11 ne ta u t pas laisser invétérer les maux , car ils pourroient devenir incurables. ) INVINCIBLE, adj. [ Insuperabilii , ìnvifkts. 3 Qu’on ne peut vaincre. Peuple invincible à la guerre. Vaug. Quint. I. Tel jadis /'invincible N le jeune Alexandre S’exerçait aux combats qu'il devoit entreprendre. Fléchier. ) INVINCIBLE , adj. [ Insuperabilii. ] Au figuré , il signifie qu’on ne peut ôter, surmonter, ni en venir à bout. A quoi on ne peut remedier. ( C’est une ignorance invincible. Dificulté, obstacle invincible. ) INVINCIBLEMENT, adv. [Insuperabiliters Dune maniéré invincible. ( Prouver une chose invinciblement. Maucroix, Homelìeu x. page 172. II persuade invinciblement les Catholiques à persister. Maueroix , Schisme, l. ;. page 502.) INVIOLABLE, adj. [Inviolatuss Qu’on ne doit pas violer. Qu’on ne doit pas rompre. Ma foi est inviolable. Ablancourt. Azile inviolable. God. ) INVIOLABLEMENT, adv. [Inviolatè , religiosè. J D’une maniéré inviolable. ( Je fuis inviolablement votre très-humble serviteur. God. Notre dernière demeure est inviolablement à notre choix. Patru , plaid. 8- ) INVISIBILITE ', f. f [ Invisibilité. ] Qualité qui rend les choses invisibles. (L ’invisibilité est de la nature des esprits. Ablanc. ) INVISIBLE , adj. [ Invisibilis , sub aseflum non ca- dens. ] Mot Latin. II signifie qu’on ne peut voir. ( Les substances incorporelles font absolument invisibles. Les corps qui s’elpignent trop de nous deviennent peu à peu invisibles.. On dit que ceux qui se font voir rarement, sont souvent invisibles. , * On dit de ce qui a été dérobé, qu’il est devenu invisible. La plupart des opérations dé.la nature font invisibles. ) Théophile aïant dédié un livre au Roi d’Angseter- re , & ce Roi n’aïant pas seulement demandé à lc voir, fit ce qui suit. ( Si Jacques Roi de grand savoir JJ’a pé trouvé bon de me voir , En voici la cause infaillible , Après qu'il eût là mon écrit , U crut que j’étois tout esprit , Et par conséquent invisible. ) INVISIBLEMENT, adv. \_M0A0 invisibilis , D’une maniéré invisible. Sans être vû. (II a passé invisi- blement. ) INVITATION, s /• [Invitatio, invitatuss L’ac- tion d’inviter. Cérémonie qu’on fait pour prier des personnes considérables de se trouver à quelque action solennelle. ( L’invitation des Cours Souveraines pour assister à un Te Deum , sc fait par les Oficiers des cérémonies. Faire une invitation. II n’y a point de plus forte invitation à l’amitié , que de prévenir en aimant. Le Malt. ) INVITATOIRE, / m. [ Invìtatorium ., ] Mot Latin. Terme d’Eglise. Verset qui excite à adorer L à loùer Dieu. INVITER, v. a. s Invïtare , allicere. ] Exciter à faire quelque chose. Engager. Obliger à faire. (Elle l’invita à faire le volage. Fléchier , Commendon, l. 4; c. 4. Le beau tems nous invite à la promenade. ) INVITER, f Invitare . J Prier de. Convier de. (Inviter quelcun à souper. Molière. ) INVOCATION,//- llnvocatìo, imploratios Mot Latin. Ce mot se dit en parlant de piste. ■ (/est INV 285 Faction de prier Dieu, & de prier les Saints de nous iervir d intercesseurs auprès de Dieu, dont ils font les temples & les amis. ( Croire ('invocation des Saints. L’Invocation du nom de Dieu. ) INVOCATION. [ Carmen devotorìum. ] Terme de Poésie. Partie du poème épique où le poète invoque quelque esprit celeste , Apollon, ou quelque Muse. Vers que le poète emploie à invoquer fa Muse. (Une belle invocation. ) & L invocation, est une partie essentielle dans la forme du poème épique ; les poètes veulent qu’on croie que leurs pensées & leurs paroles font la production d une inspiration divine. 11 y a eu dans tous les tems, plus de vanité que de religion dans les invocations des poètes ; auíîi, on regarde à présent cette partie du poème héroïque , comme un ornement capable d’exciter l’atention des Lecteurs. Souvent les poètes font deux invocations, la prémiére aux Muses , ou à quelque autre divinité, & la seconde à celui à qui ('ouvrage est dédié. Les principales régies de l’invocation poétique , font i°. selon le Pere Le Bossu, que l’invocation peut être mêlée avec la proposition : Homère en a ainsi usé dans son Iliade ; il prie d’abord sa Muse de chanter la colere (PAchille fils de Pelée ., Virgile n’a pas suivi cet exemple : il propose prémiérement le sujet de son chant , & ensuite il prie la Muse de lui en aprendre les circonstances; d’ou le Pere Le Bossu conclut, qu’il importe peu que ces deux parties soient séparées l’une de l’autre, ou qu’elles soient mêlées ensemble. 2 0 Que l’invocation est toujours une partie nécessaire de la forme du poème epique. j°. Et qu’elle est un prière adressée au génie allégorique de la poésie. Souvent les poètes, ou pénétrez de la grandeur de leur sujet, ou pour éblouir d’abord les esprits par quelque chose d’éclatant, se laissent emporter dés le premier pas aux vastes idées dont leur imagination est remplie : c’est pour prévenir ces égaremens, qu'Ho- race nous a donné ce précepte : Nec sic incipies , ut scriptor cyclìcus olim , Fortunam Priami cantabo , & nobile hélium , Quid dignum tanto feret hic promijsor hìatu ? Parturient montes , nascetur ridiculw mus. De arte poëtic. 4°. Les plus courtes invocations & les plus simples, font les meilleures. On s’expose à faire une grande chute, lors que d’abord on le prend fur le haut ton qu’il est dificile de soutenir : il vaut mieux monter pas à pas, que de décendre précipitanment faute d’haleine, pour soutenir le vol que l’on a pris. 11 faut prendre garde de ne pas trop étendre l’invocation , afin de laisser ('esprit en suspens ; & c’est avec raison que Giovan Baptisa Pigna a dit dans son traité intitulé I. Romanzi , que l’invocation est dans le poème épique , ce que le prologue est dans la tragédie. INVOLONTAIRE, adj. [ Non voluntarius. ] Mot Latin. Qui n’est pas volontaire. (L’ignorance rend les actions involontaires. Pafi. I. 4. ) ch INVOLONTAIRE, se dit aussi des mouvemens naturels qui ne dépendent pas de la volonté. La circulation du sang, la digestion & les actions vitales sont involontaires. INVOLONTAIREMENT , adv. [Prater vo/untatemj Sans consentement. Sans aucune volonté. ( Cela s’est fait involontairement. ) INVOLUTION ,// C Involutìo. 3 Ce qui enferme plusieurs difìcultez. (Involution de procez.) Ce mot est Latin , & a besoin de passeport pour entrer dans le langage Franqois. INVOQUER , v. a. II vient du Latin invocare. Terme de matière de pieté. C’est implorer le secours de Dieu ; c’est le prier humblement de nous secourir. C’est prier les Saints ou Saintes d’intercéder pour nous auprès de Dieu. (II faut invoquer Dieu.) H INVOQUER les démons , se dit aussi paf extension , pour dire les apeller à son secours. INVOQUER. [ Implorare. 3 Terme de Poète. C’est faire une invocation à Apollon ou aux Muses, afin de nous inspirer. ( Invoquer la Muse. O Muse, je t’in- voque, emmielle moi le bec. Reg. fat. 10. ) INUSITE', inusitée , adj. [ Imsitatus. 3 II vient du latin. Qui n’est pas usité. (Mot inusité.) N n j IN- 286 TOD \lnutìlis.\ Qui n’est pas utile. Q.íi S S'scrt E d , e à. T*** 'inutile aux ennemis. Vaus. Ouint. I. ?. Us etoient inutiles pour le combat. Abl. Ret. lib. n n -t L’argent, l’argent, dit-on, fans lui tout eststérile , L* vertu sam l’argent n’eji qu’un meuble inutile. Despr. ) INUTILEMENT, adv. {Inutiliter.2 Sans utilité. (Travailler inutilement. Eh ! faurois donc vécu bien inutilement. Si je n'avois aprií à mourir un moment. Relat. de la mort de Desc. ) INUTILITE',./!/. [Inutilìtas.'} Chose inutile. Le peu d’importance, de conséquence & de solidité d’u- ne chose. (C’est une inutilité fort ennuieuse. S. Evre- mont. Elle étoit frapée de l’inutilité de la chose. Nicole , EJfiiis de Morale, T. i. II ne sufit pas que l’homme «'humilie par l’inutilité de fa science, il faut qu’il confesse que ce qu’il en peut aquerir n’est presque rien. Le même. On ne doit point reprocher à Platon, ni à Socrate, l’inutilité de leurs dialogues. Maucroix, dialogues. ) f INUTILITE', lignifie aussi défaut d’emploi. (On laisse tous les jours les meilleurs Oficiers dans l’inutilité, eh leur ôtant les moïens de servir l’Etat. ) INUTILITE'. C Euga, ineptia, otìum. 3 II signifie quelquefois presqu’autant qu 'oisiveté. ( Les Espagnols s’abandonnent à l’amour dans l ’inutilité de Madrid , où rien ne donne du mouvement que cette feule passion. S. Evremont.. L’inutilité de la vie des femmes est la source de la coqueterie, elles ne scavent que faire de leurs tems. Belleg. ) INUTILITE', signifie quelquefois , chose superflue , & en ce sens il n’a guére d’ufage qu’au pluriel. (C’est un grand parleur qui ennuie par les inutilités qu’il debite. Ce gros livre n’est rempli que d’inutilitez. ) INVULNERABLE, adj. [ Invulneratus. ] II vient du Latin , & signifie, qui ne peut être blessé. ( Les Poètes ont feint qu’Achille étoit invulnérable, excepté au talon. On prétend qu’il y a des caractères & des charmes qui rendent les personnes invulnérables. * Une grande ame est invulnérable. La Bruyère. ) Etre invulnérable aux traits de la médisance & de la calomnie. TOALIER. Voyez Jdúalìer. ■ JOB , / m. [Jobm.] Nom d’homme. (Le saint homme JOB. f Pauvre comme Job. Patient comme Job. A naisse sur Job. ) JOBELIN , f. m. Maniéré de cocu. (C’est un Jobelin. ) (§ On dit Jobelin, & Jobelin bridé , que l’on apli- que à plusieurs personnes. Jobelin est le diminutif de Job , & signifie un homme qui endure patiemment les afronts & les injures ; & dans ce sens, on peut apeller Jobelins ces bons maris qui souffrent tranquillement le cocuage sans se plaindre. Et quant à Jobelin bridé, c’est une autre espèce de personnes qui n’ont aucun ra port avec les cocus volontaires. Rabelais, lin. i. ch. 14 . de Gargantua, a dit -• Après en eut un autre vieux touffeur nommé maître Jobelin bridé qui leut Hugutio. Èt il a entendu donner l’idée d’íin maître d’école qui a plusieurs enfans à instruire & à discipliner; ce qui demande une patience extrême. C’est encore dans un autre sens , que l’on se sert de Jobelin bridé , il y a des hommes qui ont un air contraint dans toutes leurs actions, & rien n’est plus désagréable que cette contrainte naturelle ou affectée ; ainsi on les bride comme si effectivement ils avoient un frein & une bride qui les gênent, & leur ôtent cette aisance qui est la principale partie dc î’agrément personnel. JOBELINS. On a apellé ainsi les beaux esprits qui estimoient plus le Sonnet de Job, de Benserade, que le Sonnet d’Uranie de Voiture. s t, JOCRISSE, f. m. [Sordidus, avarus.2 Pauvre eipece d’homme. Maniéré de petit vilain & d’ava- re, sordide, bas & lâche. Maniéré d’homme sotement w ? 1 ri ^ femme. (Un franc jocrisse. Faire le ^ n c’ > - un sourisse qui méne les poules pisser, ài / avois un mari, je dis , Je voudrais que ce fût le Maître du logis : SSî/'/f 4 -°°à t JODELLT , f. nt [F.u.it.J Folâtre. ( C est le jodelet de la compagnie. ) fait rire. Qui JOI JOïAU ,/ m. {Gemma, union es."] Chose précieuse & de prix, soit bague, coller, ou perle. ( Votes voyez de quel air on reçoit vos joïaux Croiez-moi c'est tirer votre poudre aux moineaux. Mol. ) Je donnerai telle somme par mois , Outre cela joiaux, perles de choix. Voit. Poés. ) ÎOïE , f. f. [ Gaudium , latitia. J Satisfaction qu'on ressent en soi, qui marque que le cœur est content , & qui fait voir ce contentement par quelque ligne extérieur. ( Avoir une grande joie. Recevoir de la joie. Donner une fausse joie. Paf. I. 4 . C’est vous qui faites toutes mes joies. Vaug. I. z o. La joie ocupoit tous les esprits. Mémoires de Monsieur le Bue de la Rochefoucaut. La joie est ce qui contribue le plus à la santé. S. Amant. Imprimez , mon Dieu, la joie dans l’ame de votre serviteur. Pors- Roial., Psi. 8 î- Faste le juste Ciel propice à mes désirs, Que ces longs cris de joie étouffent vos soupirs. Corn. Pomp. a. ;. sc. ) Tu sicais qiìen pareil cas, cesieroit avec joie Que je te le rendrois en la même monoie. Mol. fach. ) fff Mr. de Balzac, dans son Socrate, dit ; Les joies qui sont artificielles, durent peu ; pour être longues & assurées, il faut qu’elles viennent de source, & que la nature soit contente ; il faut que le contentement ait sa racine dans le cœur, autrement ce n’est que du fard fur le visage. JOIEUSEMENT , adv. [ Hilariter. ] Avec joie. Faites cela joieusement. Acad. Fr. Ce débauché passe sa vie joieusement. ) JOIEUSETEZ , /. /. [Festiva verba.'} Plaisanterie , mot pour rire. II ne se dit guére que dans le stile familier, & par raillerie. C’est un homme de belle humeur , qui dit force joieusietez. Acad. Fr. ) JOIEUX , joieuse , adj. f Latus , hilaris. ] Qui a de la joie. (II est joieux. Elle est fort joieuse de la bonne fortune de son ami. Bande joieuse. ) f JOIEUX, joieuse , adj. [ Jucundtu .J 11 signifie aussi, qui donne de la joie, qui comble de joie. Heureux. ( Le Roi, à cause de son joieux avènement à la Couronne, nomme, au préjudice de tous les graduez, à la prémiere prebende qui vaque dans chaque Eglise Catédrale, ou Collégiale. Pelletier, traité des expéditions. ) ($ JOIEUX Avenement. Pinson dans l’onziéme Chapitre de son Traité du Droit de Régale que nous apollons joieux avènement : Un Induit ou l’une des grâces expectatives reqùë en France, dont nos Rois sont en possession par un long usage de s’adresser au Chapitre des Eglises Cathédrales & Collégiales qui ont droit de conférer leurs Canonicats pour pourvoir un clerc dans la première dignité ou Canonicat vacant par mort après la signification du Brevet, portant la nomination du Roi avec injonction d’y satisfaire , à peine de nullité, à la prière du Roi. Quoique le Droit du joieux avènement soit une grâce expectative, elle a été conservée à nos Rois, parce que cette grâce différé des grâces expectatives abrogées par le Concile de Trente, en ce que celle-ci aïant pour objet un certain bénéfice , elle porte l’expec- tant à souhaiter la mort du titulaire, comme le Pape Grégoire l’a remarqué dans le Chap. 2 . de conceff. prabend. Mais le joieux avènement, n’aïant aucun objet certain, & son éfet dépendant de la mort de l’un des Chanoines , il ne peut pas faire naître des désirs criminels, du moins par raport à une certaine personne. Cet induit apartient au Roi seul, & il est diffèrent de celui que le Roi a de nommer & présenter une personne pour remplir le premier bénéfice vacant dans les Eglises où il est Chanoine d’honneur , comme Brodeau l’a remarqué fur Mr. Lotiet, lett. P. 6. Cet Induit étant atachéà la Couronne , il n’est point sujet à la prescription par le long usage. Quand les Brevets se trouvent datez du même jour, j’estime que fi le Roi ne s’explique pas fur la préférence, celui qui le premier a fait signifier son brevet, doit être préféré à l'autre. La mort du Roi, qui a acordé son Brevet, ne le rend pas inutile, & il n’y a que les Eglises Cathédrales qui soient sujettes âu Brevet du joieux avènement » suivant les Déclarations M, tions de L.o£iis XIII. & de Loiiis XIV. qui font rapor- tées dans les Mémoires du Clergé, & c’est même une régie générale que le Brevet ne peut avoir son effet que pour les Prébendes qui font à la collation d’un Chapitre. En faisant lignifier le Brevet, il faut bien prendre garde que la signification soit faite au Chapitre, aux dignité? & aux Chanoines tant conjointement, que séparément. Et il faut encore remarquer que le Roi ne peut acorder qu’un seul Brevet pendant sa vie fur une même Eglise ; & si par la mort d’un Chanoine il vaque un canonicat & une dignité, le Brévetaire peut demander l’un & l’autre. Au reste, sans m’engager plus avant dans cette matière, j’aver- tirai le lecteur qui en voudra fçavoir d’avantage, qu’il peut consulter Mr. Loiiet, «S son commentateur Pinson , Mr. de S. Valier dans son traité de l’indult de Meilleurs du Parlement , & Chokier dans l’ample traité qu’il a fait fur les prémiéres prières de l’Empe- reur, qui ont beaucoup de rapport à notre Brevet du joieux avènement. JOIGNANT , participe. [Proximtu , contiguus.] Qui joint , qui est auprès. (Sa maison est joignante à la mienne. ) t JOIGNANT. [ Propè. ] Préposition qui n’est pas fort usitée, qui régit l’acusatif, & qui veut dire, Tout contre. ( Joignant le bord. ) JOINDRE , v. a. [ Jungere, copulare. ] Mettre une chose avec une autre. Mettre une chose tout contre une autre. Mettre ensemble de telle sorte que les choses serrent & ferment proprement. Je joins, nous joignons, j’ai joint, je joignis. ( Je joignis le Généralatà la Vice-Roïauté. Patru, i. plaidoié. joindre les mains. Couvercle de cofre qui joint bien. ) JOINDRE. [ AJfequi, consequij Se mettre avec d’au- tres. (11 retourna joindre le gros de l’armée. Abl. Ar. ) f JOINDRE l’ennemi, c’est en termes de Guerre, l’ataquer de près avec Parme blanche , au lieu de s’amuser à se battre de loin. (Les François ont toù- jours raison de leurs ennemis , lorsqu’ils peuvent les joindre avec Parme blanche.) Polybe de Mr. de Folard. è JOINDRE quelcun, c’est aussi le rencontrer, être à portée de lui parler, Paprocher. ( II m’évite par tout, mais si je puis le joindre je le traiterai comme il mérite. ) JOINDRE. [Committere .] Terme de Tonnelier. Unir quelque pièce de bois en la passant fur le fer de la colombe. (Joindre un fond de tonneau. ) JOINDRE. [Committere. J Terme de Cordonnier. Coudre une chose avec une autre. ( .Joindre une paire d’empégnes. ) SE JOINDRE , v. r. [ Se conjungere. ] S’unir. Se mettre. Se mêler avec un autre. ( Se joindre à ses Alliez. Ces deux apartemens sc joignent par une galerie. Le Rône & la Sône se joignent à Lion. Se joindre par Mariage. ) JOINDRE. [Addere .] II signifie quelquefois ajoû- ter. (11 faut joindre l’expérience au raisonnement, pour réussir en Phisique. Joignez vos prières aux miennes. Joignez à cela que , &c.) JOINDRE. Terme de Palais. C’est mettre ensemble plusieurs instances ou demandes, afin de les instruire. ( Les appellations verbales font toujours jointes aux procez par écrit. ) JOINT, jointe, adj. [ Conjunélus, copulatm. ] Qui est mis avec quelque chose , & qui est bien serré l’un contre l’autre. Qui est avec d’autres. ( Chose bien jointe. Les troupes sont jointes. Par son heureux secours joint à ton induflrie , Tu peux cueillir des fruits au sein de ta patrie. Perrault. ) JOINT , s. m. [ Spatium , commijfura. ] Terme d’ Architecture. Intervalle qui est entre les pierres. ( Remplir bien tous les joints. Les joints des lits de pierre font de niveau. ) JOINT , f. m. L’endroit où deux os sc joignent, ['articulation. On dit, (le joint de Pépaule, le joint du bras. ) £§ JOINTS quartez, & joints à onglet. C’est une maniéré de joindre , & d’affembler les pièces de bois pour la charpenterie d’un bâtiment. î JOINTS perdus. C’est un assemblage, ou les joints ne sc voient que quand on est tout proche. ÒTNTIVES- Voïez Latte. JOINT que. íAdde quodj Sorte de conjonction JON 287 qui veut dire, outre que. ( Joint qu’il y avoit en lui de certaines choses. Vaug. Quint. I. 3. c. 6.) JOINTE, f. f. Assemblée, conseil, société. Mais on ne s’en sert qu’en parlant des conseils d’Efpagne. ( La Jointe du commerce. La Jointe des finances. ) JOINTE', jointée, adj. Ce mot sc dit des Chevaux. Cheval long jointe , c’est celui qui a le paturon long, efile & pliant; court jointe, qui a le paturon court, JOINTE E, f f. [ Manipulas. J Ce mot sc dit en parlant de chevaux de manège. On dit une jo'mtee de Jon. Une jointée de grain. C’est la quantité de son , ou de grain qui peut tenir dans les deux mains , quand elles sont jointes. ( Mettre une jointée de froment dans la mangeoire d’un cheval ) JOINTIVE, f f. En terme de Couvreur. Se dit des lattes qu’on cloue si prés les unes des autres qu’elles se touchent pour faire des lambris & des platsfonds, ôtant couvertes de plâtre. JOINTOÏER , v. a. Terme d 'Architecture. C’est remplir les joints des pierres après qu’un bâtiment a pris fa charge. JOINTURE, f f C Articulas .] Ce qui assemble & qui attache. ( Les doigts de la main horfmis le pouce ont chacun trois jointures. Cet ouvrage est si bien assemblé qu’on n’en voit pas les jointures. ) JOINTURE. _ [ Junllura. J Terme de Cordonnier. Couture qui joint les deux quartiers.du sou lié. . í JOL,/ m. Sorte de barque dont on sc sert dans le Nord. JOLI, jolie , adj. [ Bellus, scitus, lepidus, pulchel- lus. J Ce mot sc dit des personnes & des choses, & signifie. Qui aproche de la beauté. Qui a un air charmant. Qui est agréable. Qui est plein d’un esprit qui plaît. Elle n’est pas belle, mais elle est jolie. C’est une jolie femme. Elle est jolie. Un joli enfant. Une jolie petite fille. Je me fais bien servir des jolies choses que j’entens dire. Voit. I. 19. Aimer les jolies choses. Scaron. Un joli cabinet. Une jolie garniture. Un verre fort joli. ) JOLI, jolie. Ce mot sc dit souvent par raillerie, il sc dit des choses & des personnes. La jolie décoration au mois d’Août qu’une robe de chambre de camelot de Holande. Patru, plaid. 16. Ce gentil, joli, jeu d’amour. Scaron, Poésies. Ce gentil, joli père. Ménage , Observations fur la langue, seconde partie. Vous êtes un joli personnage. C’est un joli jeune homme. Nouvelles remarques sur la langue. Un esprit joli.) JOLI. Ce mot est quelquefois pris substantivement ; ainsi on dit. ( Cela passe pour joli. Four dire , cela est beau. ) f JOLI ne doit pas être confondu avec beau. (Le beau est au dessus du joli. On n’aime pas toujours le beau, on préféré quelquefois le joli. ) ft JOLIÇOURT, s m. Les Fleuristes ont donné ce nom à une forte de Tulipe , qui est mêlée de jaune & de couleur de tuile. JOLIETTE. [ Venustula. J Diminutif de joli, qui n’a guéres d’ufage qu’au féminin.. ( Mon Dieu, qu’el- le est joliette, oseroit-on l’aimer ? ) JOLIMENT, adv. ( Belle, lepidè^ venustè. J D’une maniéré jolie. D’une manière agréable, & où il y a de l’esprit. ( Dire joliment les choses. Danser joliment. ) JOLIVETEZ, s. f. [ Festivitates. ] Qui n’a d’usage qu’au pluriel. II sc dit des actions jolies que font les enfans. C’est un joli enfant ; il a dit cent petites jo- livetez. Ce même mot signifie encore ces babioles & ces bijoux qui servent à parer les cabinets. (11 a porté d’Allemagne cens petites jolivetez. Académie Françoise. ) í JONAS , s m. Nom d’homme. ( Le prophète Jonas. ) JONC, s m. [, Juncus, scirpus.'} Prononcez jon. II y a de plusieurs sortes de jonc. Le commun, le fleuri, le large, le lisse , mais en général jonc est une plante de marais, ou d'étang, qui au lieu de feuilles, pousse des tuiaux ronds, droits , fans neuds, menus & hauts d’une coudée & demi, verds, luisans & pleins de moéle blanche. Dal. • ( On fait des balais, des paniers, des cabats, des nattes, &c. de jonc. Et ne dédaignez pas de faire par vos eaux. Gémir en fa faveur les jòncs U les roseaux. Abbé Régnier. ) $ JONC d’Espagne. Espece de jonc qui est fort semblable au battin. f JONC- V.. 288 JON j. f JONC-ODORANT. Espece de plante ou de jonc d’une odeur aromatique, qui croît en Levant & dans f II se tient droit comme un jonc. Cela se dit proverbialement de celui qui se tient fort droit, & de celui qui ne se baisse point P°ur saluer. TONC C Annulas. ] Terme d Qrfevre. Bague sans chaton.’( Jonc émaillé. Jonc de diamans. Joncd’é- m JONCHAÏE, / / [Juncetum.J Lieu rempli de joncs. JONCHE'E de crème, f f. [Juncatas] Terme de Crémière. C’est un petit panier à jour qui est plein de crème, qu’on vend par les rues de Paris un peu a- près Pâques. (Prendre une jonchée de crème. Vendre sept ou huit jonchées de crème. ) JONCHE'E, / f [ Herbarum sorumque Jìratura. ] Herbes, fleurs ou jonc qu’on épand fur le chemin, quand on veut faire honneur au passage de quelque personne. {§ JONCHE'ES. L’Ordonnance de 1719. art. 91. permet de pêcher des jonchées en tout tems, excepté pendant le froid. On apelle jonchées, un amas de bois, & de feuillage, que l’on jette dans les rivières , pour y arrêter le poisson. Voler Mr s. Ménage U Ca- Jeneuve. JONCHER , v. a. [ Spargere, conjiernere. ] Ce mot est un peu vieux, mais les bons Auteurs Anciens & Modernes ne laissent pas de s’en servir. Couvrir de joncs, couvrir d’herbes , ou de fleurs. Vaug. Quint. L c. 1. ) * JONCHER la campagne de Morts. Abl. JONCHETS, / m. [ Oscilla. ] Petits bâtons menus dont on fait une forte de jeu. JONCTION, s / accejffìo.-} Ce mot se dit en parlant de troupes, & veut dire. Action de gens qui se joignent pour ne faire qu’un gros. (Empêcher la jonction des ennemis. Abl. Arr. I. i. ) On dit auílì la jonction des rivières. La jonction des deux mers s’est faite par le canal du Languedoc. t JONGLER , v. n. [ Ludificare. ] Folâtrer. Faire le baladin. Faire le jongleur. Le mot de jongler est vieux. JONGLERIE, s. f. [ Nuga atque fallaci*. J Char- latanerie, tour de passe-passe. f JONGLEUR, s. m. [Scurra.] Vieux mot, qui veut dire une forte de vieux Poète François, qui fur la viole aloit dans la Cour des grands Seigneurs chanter les belles actions de ces Seigneurs. Voiez Fau- chet de la langue U poésie Françoise, c. Z. {§ On difoit encore jangleurs & jugleours. Duches- ne remarque que ces sortes de gens portoient un habit particulier pour se faire distinguer, & pour se rendre plus plaisans ; il cite cet endroit d’un ouvrage d’Alain Chartier, pour prouver fa conjecture : Or ont tant bien retenu l’empramte de légère vanité , qu’ils ont voulu vivre comme galants en prodigalité oiseuse, soy vestir comme jangleurs, en habit desroyé. „ Et vient „ ce nom ( dit-il, comme j’eftime ) du Latin jocutor „ ou joculator , qui veut proprement dire boufon & „ plaisantent. ” IONIEN, Jonienne, adj. [lonicusj Qui est d’Io- nie. (C’est un Ionien. C’est une Ionienne. La dialecte Ionienne. ) Prononcez yonìen. Voiez dialeHe. IONIQJJE, adj. [lonicut.J Ce mot se dit en parlant des Ordres d’Architecture & de dialecte des Ioniens , & il signifie. Mis en usage par les Ioniens. Usité par les Ioniens. ( Ordre ionique. Dialecte Ionique. ) Voiez. Ordre. {$ L’Ordre Ionique a été expliqué par Vitruve dans son livre troisième, ch. ;. & par Mr. Félibien dans ses Principes de l’Architecture, l. 1. ch. ç. où il dit que les colonnes avec le chapiteau, & la bâse, ont neuf diamètres de la colonne prise en bas ; ce qui n’étoit pas ainsi, lorsque cet Ordre fut inventé : car elles n’avoient que huit modules, ou diamètres de haut. Mais les Anciens voulant rendre cet Ordre plus agréable que le Dorique, augmentèrent la hauteur des co- onnes, en y ajoutant une bâse qui n’étoit point en u- dans 1 Qrdre Dorique. L’entablement a une cin- S ' a hauteur de la colonne, dont la b à. d’un tiers àametre, & le chapiteau un peu plus «osé de volutes chap . lt ® au est principalement com- l-° à°LL '"Lk -L"! s «°° dinairementcannelées de a 4 . «und J" u","' JOU qui ne font creuses, & concaves que jusques à la troisième partie du bas de la colonne; & cette troisième partie a ses cannelures remplies de baguettes ou bâtons ronds, à la diférence du surplus du haut qui demeure strié & cannelé en creux, & entièrement vui- de. Celles qui font ainsi, s’apellent rudentées ou re- dentées. Le pied-d’estal a de haut deux diamètres, & deux tiers op environ. f JONQUE, f.s. Sorte de vaisseau , dont on se sert dans les Indes Orientales, & le long des côtes de la Chine. Les Jonques font des bâtimens fort communs dans les Indes, à peu près de la grandeur des flibots. Elles ont diférentes figures , selon les diverses nations qui font en cette région & qui s’en servent. Les voiles font souvent de roseau & de nates, les ancres de bois. Tout l’ouvrage est assemblé à queue d’aronde. JONQUILLE,//- sNarciJsus lberus.) Fleur blanche, ou jaune. (La jonquille simple à grand calice fleurit en Mars. Grande jonquille. Petite jonquille. Jonquille d’Espagne. ) JONTERAU, / m. Terme de Marine. C’est une des pièces de bois qui entre dans la construction de l’éperon d’un vaisseau. JOSEPH , / m. ( [ Josephus. ] Nom d’homme. (Joseph fut attendri à la vúë de ses frétés. Joseph étoit fils de Jacob & de Rachel. ) =£ On apelle Coton Joseph, une forte de coton filé de médiocre qualité. í Joseph suant, Joseph calé, Joseph à soye. Ce font des noms que l’on donne à certaines efpeces de papier. F JOSSELASSAR , / m. Sorte de coton filé qui íe tire de Smirne. II est intérieur à celui qu’on nomme MontaJJin. IOTA, / m. Lettre Gréque, dont la figure est fort petite. Elle répond à notre François. * II se prend dans l’Ecriture pour une chose trés- petite, quand elle dit que les Prophéties de Jésus- Christ s’accompliront fans qu’il y manque un iota. Cet ouvrage est complet, il n’y manque pas un .iota. On n’ajoûtera, ni ôtera un iota. Voit. I. 92. ) JOTTE, / / Herbe potagère, qu’on apelle Be- te ou poirée. F JOTTE, JOTTES. Vieux mot qui signifioit les joues d’un vaisseau, ou les deux cotez de savant dépuis les épaules jusqu’à l’étrave. f JOUAILLER, w. ». Jouer pour s’amuser, jouer à petit jeu pour passer le tems. (II perd son tems à jouailler. ) On ne le dit que dans le stile familier. JOiiALERIE , / f. [ Gemmati operts ars. J Marchandise de Joiialier. ( Se mêler de Joualerie. L’Académie l’écrit fans u. ) JOiiALIER, Jouailler, / m. [Gemmarum mango.J L’usage est pour Joiialier. Marchand qui trafique des pierreries. (Un riche Joúalier. ) 4 = JOÚALIER, se dit aussi de celui qui taille & qui monte les pierreries. On dit plus communément La~ pidaire. JOUANT, TE, adj. [Ludo déditusj Qui aimé à jouer. ( Cette femme a l’ame jouante. ) Cette expression ne peut entrer que dans le stile familier. JOUBARBE,// ÍSedum magnumj Herbe mé- décinale, qui est fort rafraîchissante, & propre pour les inflammations, pour adoucir les douleurs de la brûlure, de la goûte & du cancer. Autrefois on l’apel- loit Jovis barba. JOUE, / / C Gêna, mala. J La partie du visage , qui prend depuis les yeux jusques au menton. Une joue vermeille. Avoir les jolies rouges. Donner fur la joue. Couvrir la joue. ) J * S’en donner par les joúes. f Bona abligurke.. 3 Façon de parler populaire, pour dire, manger son bien en débauches. Mettre en joué. Coucher en joué. [ Collineare .] C’est mettre la gouche d’un fusil, ou de quelque arme à feu contre fa joue, & présenter l’arme pour la tirer. f * Coucher en joué. [ Appetere, concupiscere. J Façon de parler burlesque, pour dire, regarder, considérer. ( La vilageoise es belle U jeune , je l’avoue, bon Alphonse, en passant, peut la coucher en joué. Scar. D. Japhet, a. 1. sc. 1.) jGUé'S JOU JOUëS de peso ». Terme de Balancier. Maniéré de petites plaques qui font de part & d’autre fur les broches du pefon. JOUE’E, s s [Latera.J Terme de Maçon, Epaisseur du mur dans l’ouverture d’une fenêtre, &c. Facilité avec laquelle on couvre ces portes. (II y a jouées d’abajour, jouées de soupirail. ) /jf Le terme de jouée , fe dit en plusieurs rencontres , & signifie souvent parmi les ouvriers, les cotez. On dit (les jouées d’une lucarne, les jouées d’une languette. ) JOUELLE,// ÍJagum.'] Efpéce de joug composé de trois pièces, & qui sert à disposer les seps de vigne d’une certaine maniéré. Pomey. JOUER , ». a. [ Ludere. ] S’exercer au jeu. (Joùer une partie de paume. Jouer à la boule. Jouer au balon. jotier au dez , aux cartes, aux échecs, &c. Les hommes & fur tout les Ecclésiastiques ne de- vroient jamais jouer avec les femmes. 11 sied mal aux Eclésiastiques de jouer en public, ou à des jeux publics. On ne doit jouer que pour fe délasser le corps ou l’efprit. On ne doit pas jouer par intérêt. Les femmes ne doivent pas jouer l’argent de leurs maris. Tbiers, traité des jeux. Toute femme qui veut à Vhonneur fe vouer , Doit fe défendrç de jotier. Comme d’une chose funejìe , Car le jeu fort décevant Poujfe tine femme fort souvent A jotier de son reste. Mol. ) f JOiiER aux fermens. C’est chercher à tromper quelcun par des fermens. On fait dire à Licurgue, que les enfans joiioientaux noix, & les vieillards aux fermens; c’est-à-dire, que les hommes ne cherchent qu’à tromper par leurs fermens, auxquels ils ne fe croient engagez qu’autant qu’ils s’accordent avec leurs intérêts. Ne font-ce pas les Princes ou leurs Ministres, plutôt que les vieillards, qui jouent à ce jeu? Polybe de Folard. Qui a joué, jouera. Pour dire, qu’on ne quitte jamais le jeu, quoi-qu’on le promette. JOÛEE. [ Nugari. ] Badiner. Folâtrer. ( Us fe jouent avec leurs houlettes en faisant une autre danse. Elle tenoit un éventail dont elle joiioit. Le Comte de BuJJì. ) JOiiER. [ Tormenta bellica perdere. ] Ce mot fe dit de l’artillerie, & veut dire, la tirer. (Faire jotier l’artillerie. Ablancourt. ) JOiiER. [ Fabulant agere. J Terme de Comédien. Représenter. ( Jotier le Tartufe. Jotier une comédie avec aplaudissement. Abl. Luc. t. 2. On ne doit point jotier de Comédie ni de Tragédie dans les lieux Saints. Thiers, traité des Jeux, ch. On dit d’une piéce de théâtre , qu’elle n’est pas jouable ; c’est-à- dire , qu’on ne la peut pas jotier, ou qu’on ne la doit pas jotier, parce qu’elle n’a rien de plaisant, ni qui touche le cœur. M ah quand f irai chez vous, jouez, s’il est postìble , Ce que dans votre troupe on a de plus rsible , pour me laisser douter comme je me voi , Si l’on rit de la piece, ou st l’on rit de moi. Bours. Esope. ) JOiiER. [Fidìbus canere.J Terme de Jouéurs d’in- strumens de Musique. C’est faire résonner l’instru- ment pour se divertir soi-tnême, ou les autres. ( Jotier une partie fur le clavellìn, fur l’orgue, ou fur le luth.) Les Organistes disent, jotier la Messe. Jotier Vêpres, c’est-à-dire, toucher l’orgue à la Messe, ou à Vêpres. JOiiER. [ Sa/ire. ] Ce mot se dit des eaux, & des machines, & signifie les faire aller. (Faire jotier les eaux. Faire jotier les machines. Abl. Arr. I. 1. ) ép JOiiER, fe dit aussi d’un ressort, dont le mouvement fe fait avec facilité. (Cette serrure jolie bien. Ce ressort ne jolie pas bien. ) On le dit aussi du mouvement des os. ( Cet os ne joue pas librement dans son emboiture. ) f JOiiER, se dit du gouvernail d’un vaisseau, quand on le fait mouvoir avec la barre. On dit aussi, qu’un vaisseau , jolie sur son ancre. f JOiiER, ledit d’un mât, lorsqu’il a du mouvement dans l’endroit où il est placé : on le dit encore de toute autre chose qui a un pareil mouvement, f * JOiiER. {Jjsàibrio habere, ’êst fublinarefj Semo- JOU 289 quer. Rendre une personne ridicule. Plaisanter. ( Molière a joué les Marquis ridicules & les faux Dévots. Jotier fur la rencontre des mots. Abl. Luc. t. x. Ce n’est pas toutefoh qu’une muse un pers fine Sur un mot quelquefoh ne joué U ne badine. Defpr. ) t * JOiiER à boute-hors. \_Supplantare, dimovere.J C’eft voir qui fe chassera hors de quelque maison. (Valets qui jouent à boute-hors. ) J" * JOiiER à fe perdre, f In vitee diferimen fe in - ferre. ] C’est s’exposer à se perdre. Faire des actions qui nous conduisent à notre perte. î On dit aussi, jouer gros jeu, c’est-à-dire, s’enga- ger dans une afaire où on hazarde beaucoup pour fa réputation , pour fa fortune. f * JOÙER à quitte, ou à double. [ Ultima experi- ri. ] C’est rompre, ou s’accommoder tout-à-fait avec une personne. t * JOiiER de malheur. C’est être malheureux en jouant. t * JOÙER au plus fin. [ Fallacih uti.jj C’est user de finesse & tromper. f * JOÙER au plus fier. C’est se conduire d’une maniéré sûre en quelque afaire un peu délicate. t * JOÙER d’un tour à quelcun. s Ojficiis decipe- re. ] Jotier un tour à quelcun. Molière. t * Obi vous joiiez au monde un petit personnage. Mol. [ Indìgnam fane perfonam gerh. J SE JOÙER de son fief Terme de Jurisprudence. C’est en vendre une partie. Les amours jouent & folâtrent fur le sein d’Amarillis. JOÙER de la prunelle. [ Venari viros.J C’est quand une fille tâche à fe faire des Amans. JOÙER de la harpe, f Fur aces habere manus. ] C’est être sujet à dérober. On dit dans le méme sens, jotier de la grise. JOÙER du pouce, f Solvere. ] C’est dépenser de l’argent, & parer quelque chose. Nous lui avons fait jotier du pouce. ) SE JOÙER. C Nullo negotio pervenire. J Faire aisément une chose. SE JOÙER, v. r. \_AUquem ludifaceref\ Se moquer. Se rire de quelcun. (Se jotier de quelque personne.) SE JOÙER. [ Irridere .] Railler. Plaisanter. Se moquer. ( Se jotier sur le luxe des habits. Ablanc Luc. t. x. [TJimios mulierum ornatus irridere. ] La fortune se joùa des ordres qu’il avoit donnez. Vaug. Quint. I. 5. ) SE JOÙER. [ Ludere. J Se divertir. S’égaïer. En ce sens, il se dit des Auteurs. ( 11 se joùe en des descriptions agréables pour charmer le Lecteur. Abl. Minut. Félix, préface. ) SE JOÙER a quelcun. f Alìquem attentare. J C’est- à-dire , fe prendre à quelcun , ['attaquer. ( Ces canailles s’oscnt jotier à moi. Mol. ) f JOùEREAU, f m. On apelle ainsi dans le sti- le familier , celui qui ne joùe pas bien à quelque jeu ; de celui qui ne veut jotier que petit jeu ; & d’un mauvais joueur d’instrumens. JOÙET , f m. [ Crepundia. J Ce avec quoi on amuse les enfans. ( De petits joùets d’enfant. ) JOÙET. [Ludus, fabula. ] Qui est en bute à la fortune. (11 a été long-tems le joùet de la fortune. ) f§. Mr. Racine a dit, dans son Esther, afí. z.fc. 1. Et les foìbles mortels, vains joùets du trépas , Sont tous devant ses yeuz, comme s’ils n’étoient pas. Ce dernier vers m’a paru obscur. * joùet. [ Ludibrium. J Personne dont on fe joue. Personne qui est J’objet de la raillerie & du mépris. ( Etre le joùet des sots. Ablanc. Il est le triste joùet de ses ennemis. Scaron. ) lp JOÙETS. Terme de Marine. Plaques de fer, dont l’ufage est d’empêcher que la cheville de fer qui les traverse, n’entre dans le bois où elles sont posées. £ JOÙETS de sep de drisse. Plaques de fer qu’on cloùe aux cotez du sep de drisse, pour empêcher que l’eísieu des poulies n’entaille le sep. ^ JOÙETS de pompe. Plaques de fer clouées aux cotez des fourchons de la potence d’une pompe, au travers desquels on fait passer les chevilles, qui fervent à tenir la bringuebale. JOùEUR , f m. [ Aleator. ] Celui qui aime à joùer. ( C’est un grand joueur. C’est un bon joueur. Un fâcheux joueur. II y a peu de diférence entre Tom. IL O 0 les 29 O JOU ies joueurs de profession & les voleurs. Thiers, traité des jeux , cb. 27. C’ejì un coup enragé qui depuis bier m accable , Et qui feroit donner tous les joueurs au diable. Mol.) Un joiier de gobelet. £ Prœjligiator, pilariw. ] C’est une forte de baladin qui avec des gobelets fait des tours afin d’amuser les passans , & leur vendre quelque chose. Un joueur d’injìrument. f Githaredus. ] Celui qui joue de quelque instrument de musique, comme de violon & autres pareils. (Un joueur de flageolet. Un joueur de flûte. Un joueur de haut-bois. ) f * C’ejì un rude joueur. C’est-à-dire, un homme a qui il ne fe faut pas prendre. A qui il ne fe faut pas joiier. JOUEUSE, f f. £ Mulier aléa dedita. ] Celle qui Mme à joiier. ( C’est une grande joueuse. Ma femme s’écrie en joueuse, Perd tout, argent, bijoux, bagues, meubles de prix , Et même jusqu’à ses habits. Perr. Grifelid. t * Que vous êtes une rude joueuse, en critique. Molière. ) t TOUFLU , jouflu'ê , adj. [ Bucculentm. ] Qui a de grosses joués. (Deux gros jouflus. Mol. JOUG, f- m. [Jugum.J Prononce? joue. Instrument de bois auquel on atache les bœufs , lors qu’on les veut faire travailler. Ce qui joint & attache les bêtes qui tirent. ( Joug de chariot. Vaug. Quint. I. 3. Les chevaux commencent à fe cabrer, H à secouer le joug. Vaug. Quint. I. c. 11. Si j’avois épousé le moindre du village , J’obéirais, son joug me feroit doux. Heim ! combien donc d’avantage Si je viens à trouver en vous , Et mon Seigneur £5? mon époux. Perr. Gris. f Plier fous le joug. Abl. S’afranchir du joug de 1 a Macédoine. Abl. Arr. I. r. Porter impatiemment le joug de la domination. Vaug. Quint. I. 4. Secouer le joug. Le joug du mariage. ’Scar. ) £ Faire joug. C’est ceder, ne point résister. (Tout le pais a fait joug devant ce conquérant. Les Romains apelloient jugum , un certain assemblage de trois piques, dont deux étoient plantées en terre, & la troisième les traverfoit. C’étoit une peine militaire , que de faire passer les soldats prisonniers de guerre sous ce joug. Denis d’Halicarnasse raconte, liv. que les Pontifes à qui Tullus Hosti- Iius avoit renvoie le jugement dTIorace acufé du meurtre de fa soeur, firent plusieurs sacrifices pour purifier la Ville ; & après plusieurs expiations, ils firent passer Horace sous le joug. C’est une coûtume ( dit-il ) parmi les Romains, lorsque les ennemis sont vaincus, de ficher deux piques dans terre , & d’en mettre une troisième en travers : on fait ensuite passer les soldats sous la pique, âpres quoi on les renvoie ; ce fut la dernière sorte de punition que l’on fit scufrir au jeune Horace. JOVIAL, joviale, adj. [ Hilaris, feflivus. J Gai, joi'eux naturellement. ( On croit que l’humeur joviale vient de ce qu’on est né sous la planète de Jupiter. ) * JOUILLE’RF.S , ou Jouter es , f f. Murs à plomb d’une écluse avancez dans l’eau qui retiennent les berges, où sont attachées les portes & coulisses des vannes. F JOUJOU,^ ,n - Terme d’enfant, par lequel on exprimé les bagatelles avec lesquelles on amuse les enfans. JOUIR , v. n. [ Frui, potiri. ] Avoir la pof non d’nne chose. (Jouir de son bien. Jouir d’1 terre de cinq mille livres de rente. L Eglise jouissant du fruit de tes bien faits, Verra couler ses jours dans une heureuse paix. Auteur anonyme. ) * JOùlkt d’une maîtresse. Abl. Luc. f U Put €0Yp0V1£ l'ïlitìieYVi kabere T s A. • i i re faveur. ) ' ] (Cest en avoir la derr ^ JOUIR. Í Pqffldere, colloqui, samiliaritèr utì 1 T in te & te autres personnel qui* scrv JOU le public, & il signifie les avoir à la disposition. Ea pouvoir tirer du service. On ne jouit pas aisément des ouvriers. 11 y en a qui sont acablez de besogne, & l’on n’en fauroit joiiir. ( Cet Avocat, ce Médecin a tant de pratique qu’on ne fauroit jouir de lui. ) {§ Mr. Ménage a dit dans fa premiere églogue. Vous voulutes jouir de toutes mes douleurs , Entendre mes soupirs, & voir couler mes pleurs. Comme cette locution, jouir de mes douleurs, est hardie , elle n’a pas été aprouvée de tout le monde. Mais ( dit-il ensuite ) je la tiens heureusement hardie. J’avouë qu’elle est belle : mais il me semble qu’elle a besoin d’être autorisée par l’usage. Cet auteur ajoûte, que le P. Bouhours s’est servi dans deux endroits de lès Entretiens d’Ariste & d’Eugene, de cette locution, jouir t un de Vautre. L’Auteur des senti- mens de Cleante a censuré cette expression. Le R. Pere a tâché de se défendre dans ses Doutes fur la langue : mais il faut convenir, que fans être trop scrupuleux , on trouve dans ces mots une certaine obscénité qui blesse les honnêtes gens : on peut bien dire , comme Air. Ménage l’a remarqué , on ne peut jouir de vous : mais jouir l’un de Vautre, c’est tout autre chose. Mr. Corneille a mieux emploie ce mot dans son Heraclius , en parlant des douceurs du trône : Qui croit les pojfeder , les sent s’évanouir , Et la peur de les perdre empêche d’en joiiir. JOUISSANCE , f. f. £PoJfeJfioJ C’est l’acte de joiiií d’une chose en repos & fans trouble. Avoir la possession d’une chose, de sorte qu’on en puisse librement disposer. ( Avoir la jouissance de son bien. ) * II aima peu de femmes fans en avoir la jouissance. Maucroix, schisme, l. 1. Ils demeurèrent ensemble, non seulement la prémiére nuit de leur jouis, íance, mais encore le lendemain & lc jour d’après. S. Evremont, Matrone d’Ephése. . Qui ne fiait que la jouissance , Est du plus tendre amour t écueil le plus fatal. S. Evrem. ) JOUISSANT , jouissante , adj. f Quifruitur, qui po° tìtur. ] Qui jouit. (Elle est jouissante de ses droits.) JOUR , s m. £ Dies. J L’espace du tems que le Soleil est fur l’hémifphére. Les Astronomes l’apel- lent Jour artificiel, pour le distinguer du jour natu - rel, qui est de vingt-quatre heures, & qui comprend le jour & la nuit. ( Jour civil. Jour gras. Jour maigre. Jour ouvrier. Faire jour. II fait jour. Le jour commence à paroitre. Jour ouvrable. Et fans plus se trouver dans un même réduit , La clarté fit le jour , fS V ombre fit la nuit. Perrault. ) La pointe du jour. Le point du jour. £Prima lux.] L’un & l’autre se dit. ( 11 fit assembler ses soldats dès la pointe du jour. Abl. Tac. an. I. z. ) fs Les Romains commençoient le jonr à minuit; ils partageoient l’efpace d’un minuit à l’autre en plusieurs parties, à qui ils donnèrent des noms pour les distinguer. Le minuit, Inclinatio. Le teins de la nuit où les coqs ont acoùtumé de chanter, GalUcinium. Le point du jour, Diluculum. Le midi, Meridies. Le couché du soleil, Suprema tempeftas. Le soir, Vejpe~ ra. La nuit, Prima fax, parce que l’on abîme des bougies, des lampes, ou des chandéles dès que la nuit commence. La durée de la nuit, Concubium. Diférer de jour en jour. Vaug. Quint. I. z. [ ln dies differre. J Etre de jour. [ Vices munerU obire. ] Ces mots se disent entre gens de guerre, & c’est-à-dire, servir 24. heures en qualité d’Oficier Général. (II est de jour en qualité de Lieutenant Général, ) Les bons jours. [ Dies sefii. ] Ce font les Dimanches & les Fêtes célébrés. Porter le noir aux bons jours. Mol. ) Faire son bon jour. [ Sacra Eucharistia sieri participent. ] C’est faire ses dévotions. Recevoir la sain. te communion. Acad. Fr. ) Le jour des morts. £Feralia, ferales dies.] Fête célébré de l'Eglise Romaine, où l’on prie pour les morts , & qu’on apelle d’ordinaire, les Trépasses. ( Les jours gras. C’est le carnaval. ) Le s grands jours, f Dies fiìivales. ] Les jours d’été. ( Nous aurons bien-tôt les grands jours, Voit. Poésies. ) Les J°U Les grands jours. [Conventus juridici.] Ce sont des Commissaires députez par le Roi pour juger souverainement comme les Parlemens. Assemblées des Commissaires. ( Les grands jours de Lion suivirent cette doctrine. Patru, plaid. 5. Tenir les grands jours en un tel lieu. C’est-à-dire les grands plaids. ) Les hauts jours. En Normandie , ce sont les deux faisons où les maîtres des eaux doivent tenir leurs assises ; Ravoir à Pâques & à la S. Michel. JOUR. f Sol. ] Se prend quelquefois pour Soleil. ( Le jour n’est pas plus pur que le fond de mon cœur. Racine. ) On dit, brûler le jour , lors qu’on allume de la chandelle dans un tems où le soleil est levé. JOUR. [Fita.J Se dit figurément de la vie. (La Parque me file de beaux jours. Sarraz. Les femmes ne donnent au soin de leur salut que les vieux jours, qui malgré elles ne font plus propres à la vanité. Fléchier. ) JOUR. [ In horam vivere. J Ce mot entre dans plusieurs faqons de parler proverbiales & figurées. Ainsi on dit, vivre du jour à la journée. C’est vivre de ce qu’on gagne chaque jour. * Viens passer avec nous les plus beaux jours que la Parque te file. Sar. poèf Ne donnez pas tous vos jours à la gloire, vous en devez quelques-uns aux plaisirs. ( C’est-à-dire, ne passez pas toute votre vie à aquerir de la gloire. ) * Ouvrage indigne du jour. Abl. [ Opus typk pror- fus ìndignum. ] C’est-à-dire, qui ne mérite pas d’être imprimé. * Se faire jour, (épée à la main, au travers des ennemis. Ablanc. [Ferro iter Jlbi aperire.] Au travers du péril un grand cœur se fait jour. Andromaque, a. 3. fe. 1. JOUR. s Lumen. ] Terme de Peinture. Parties éclairées. ( Le jour d’un tableau. ) Tableau dans un faux jour. f Tabula f alfa lumine collocata. J C’est-à-dire , que la lumière qui entre où est le tableau, n’éclaire pas bien. JOUR. f Rima, rimula. J Terme de Charpentier. Vuide qu’on laisse entre les pièces de bois, de peur qu’elles ne s’échaufent. JOUR de fenêtre. [ Apertura. ] Terme à'Architecture. C’est-à-dire, ouverture. * JOUR de Dieu. Sorte de serment burlesque, & qui ne fe fait que par les femmes. ( Jour de Dieu , fi elle avoit fortfait à son honneur, je l’étranglerois. Mol. ) D’un jour à autre, adv. [In àiesfingulos .J Peu à peu. ( II recèvoit de jour à autre divers avis. Patru, plaid. ç. Les troubles croissent de jour à autre. Abl. Tac. ) D’un jour à Vautre, [ Diem ex die. ] Cet adverbe marque un tems défini, & signifie l’éfpace de deux jours ou en tout, ou en partie. (Du plus riche homme de fa ville qu’il étoit, il est devenu d’un jour à l’autre le plus pauvre. Vaug. rem. ) A jour , adv. [Canifrum rimis diduHumj ] C’est-à- dire, qui a des ouvertures. Panier à jour, terme de Vanier. C’est-à-dire, qui n’est pas plein. A jour. Terme de Banquier. Billets à jour ; ce sont des billets, ou plutôt des obligations d’argent prêté, qu’on est obligé de rendre aulfi-tôt qu’on présente ces billets. (II est défendu de tirer intérêt d’argent prêté fur des billets à jour. ) Cejì une affaire où je ne vois point de jour. t Huic negotio nullam invenio r imam.'] C’est-à-dire, ou je ne voi aucun endroit pour être terminée. Donner un mauvais jour aux aclions d’autrui. [Afíio- nes alicujus perperam interpretarï. ] C’est leur donner un mauvais sens. JOUR , f. m. [ Dies, lux. J Ce mot fe dit en parlant du Louvre, des Princes, des gens de qualité, où d’autres personnes qui sont à leur aise, comme de gros & gras Abez fainéans. Et à cet égard le mot de jour accompagné d’une négation , signifie que la personne dont on parle , n’est pas encore levée , Sc tans négation qu’elle est levée. ( 11 est jour ici. II fera bien-tôt jour. II n’est pas encore jour au Louvre, chez Son Altesse, chez Sa Majesté, &c. ) * Venir au jour. [Nafii, oriri.] C’est-à-dire, naître. * Voir le jour. f Vivere. J C’est vivre. * Revoir le jonr. [ Ad vitam redire. ] C’est-à-dire , ressusciter. f Nos jours, f Nofirum avum. ] Signifie quelquefois, notre siécle. Cela s’est passé en nos jours. ) f * On dit de deux choses fort dissemblables. II jOU 291 y a différence comme du jour à la nuit. f Toto cale différant. J f * On dit pour louer une femme, qu’elle est belle comme le jour ; & pour la mépriser on dit, qu’elle est belle à la chandelle, mais que le jour gâte tout. í * On dit d’un homme qui n’ofe fe montrer, qui se cache, qu’il craint le grand jour. ( II n’oseroit pa- roìtre dans les compagnies, il craint le grand jour. ) * Faire de la nuit le jour & du jour la nuit. [Dies in noBesmutare. ] C’est emploier le jour à dormir & la nuit à se divertir. * Se mettre à tous les jours. [ Seipjum largiri, non fe eximìum facere. ] C’est-à-dire , ne se ménager point & s’emploïer aux moindres choses. î * Se mettre à tous les jours , signifie aulïì, fe familiariser trop, oublier les bienséances de son rang. ( Un Prince ne doit pas se mettre à tous les jours. On dit aussi d’un homme trop hardi , qui s’expose trop souvent, & sans nécessité, qu’il se met à tous les jours. ) JOURDAIN, f. m. [Jordanis.] C’est un fleuve dans la Palestine, fameux dans l’Ecriture Sainte. ( Et passant du Jourdain les ondes allarmées >• Cueillir mal à propos les palmes Idumèes. Deípr. ) JOURNAL , f. m. [Ephemeris, dïarìum.] Récit de ce qui s’est passé de curieux chaque jour, ou k chaque mois en quelque Roiaume, ou en quelque autre Etat, durant le régné d’un Prince, ou d’une Princesse, ou durant le Gouvernement dé quelque Ministre. Le Journal est écrit d’un maniéré simple & fans ornement. 11 difére de l’histoire en ce que (histoire est écrite avec plus de soin. (II a imprirhé un Journal de Henri III. où il y a quelque chose d’assez curieux. Le Journal du Cardinal de Richelieu. * Le Poète Colleter a fait le Journal de Paris. JOURNAL. [ Rerum diurnarum commentariw. J Terme de Marchand. Livre où ils écrivent jour par jour ce qu’ils font. Le Journal des Savans. [ Eruditorum Ephemeris. J Feuille de papier imprimée qui fe donnoitii y a quelque tems toutes les semaines, & qui ne se donne aujourd’hui que tous les quinze jours , où l’on parle des livres nouvellement imprimez, de quelque expérience Phiíique , ou autre curiosité de l’histoire naturelle. Le Journal des Savans commenqa en r66;. L’Illustre M. Salo Conseiller au Parlement (inventa. Après fa mort, M. Galois le fit , M. De la Roque l’a continué, & M. Saurin le fait aujourd’hui fous les auspices du célébré Abé Bignon. H JOURNAL, fe dit auffî de divers ouvrages périodiques où (on rend compte des Livres nouveaux & de tout ce qui intéresse les gens de Lettres, quoique ces ouvrages portent d’autres titres. ( Le Journal de Leipsic, les Journaux de Hollande, les Journaux de Mr. le Clerc. ) JOURNAL. [ Diarium. ] Terme de Mer. C’est un mémoire divisé par colonnes, où les Pilotes décrivent jour par jour la navigation d’un vaisseau. JOURNAL , ou Journalier. [Jugerum.] Méfure de terre, qu’on peut labourer en un jour. Le journal est de 240. pieds ; mais ce mot n’est point en usage à Paris. JOURNALIER, journalière , adj. [Dìurnrn. J Qui se fait chaque jour. Qui est de chaque jour. (Mouvement journalier du Ciel. Révolution journalière du premier mobile. Expérience journalière. Ouvrier journalier. C’est-à-dire , qui travaille à la journée. f * Homme journalier. Beauté journalière. Les armes sont journalières ; C’est-à-dire, changeantes d’un jour à (autre. ) f§ Le P. Bouhours dans fes Entretiens d’Ariste Sc d’Eugéne, en parlant du flux & reflux de la mer : la révolution journalière du prémìer mobile ; mais Cleante a critiqué cet endroit : (Auteur ( dit-il ) veut que le mot journalière , signifie un mouvement réglé de chaque' jour, & il signifie une chose inconstante & déréglée, comme quand on dit communément, que les armes font journalières , pour marquer (inconstance de la fortune dans les événemens des armes. Cette censure n’est pas juste ; on entend toujours par jour -, nalier , ce qui arrive règlement tous les jours, & quand on dit que les armes font journalières s ce n’est point par raport auX jours qui succèdent les uns aux autres par un ordre immuable , mais plutôt par ra- Tom. II. O 0 % port 292 IRA port à Pinconstance de la beauté & de la laideur des jours, dont les uns sont agréables, & les autr s cheux par le froid, ou par la pluie. ÏOURNALISTE , s »*• [Ephemeridum scnptor.j Celui qui fait le Journal où l’on parle des choses qui regardent les belles lettres & les personnes curieuses. ( Un Journaliste éloquent, ingénieux, agréable, & qui egaie d'un air fin ce qu’il écrit. S’il étoit permis à un Journaliste de faire un long éloge, je vous assure que je m’étendrois beaucoup fur votre chapitre. Lettre de M. Teffier à R. M. Bayle étoit un excélent Journaliste. ) JOURNE'E , s. f. [Dies.] Jour. ( Une belle journée. 11 fit hier une agréable journée. Travailler à la journée. Vaug. Quint. I. 4. Je viens selon l’usage antique N solennel Célébrer avec vous la fameuse journée, Où sur le Mont-Sina la loi nous fut donnée. Racine, Athalie. ) JOURNE’E. C Opéra diurna. ] Le travail du jour- ( Païer les journées aux ouvriers qu’on a emploïez. ) JOURNE'E. [ Pralium, pugna. ] Bataille. Jour de combat fameux entre deux armées. (11s le vinrent prier de leur rendre leurs citoïens qu’il avoit fait prisonniers à la journée du Granique. Ábl. Arr. L 1. ) JOURNE'E. [ Diurnum iter.J Jour de marche. Chemin qu’on peut faire en un jour. (Etre à trois journées d u Danube. Abl. Arr. Venir à grandes journées. Vaug. Quint. I. 3. Venir à petites journées. Abl. ) * JOURNELLEMENT , adv. [Quotidiè , fingulis die- bus.'J Tous les jours. (On lui fait journellement des sacrifices. Bens. rond. Cicéron s’exerqoit journellement à faire des harangues. L’Abé Talemant. ) JOÛTE , s. f. [Pura bafla certamen. ] Combat de deux Cavaliers, près à prés dans la lice, ou dans la carrière. C’est aussi une course qu’on fait sur Peau où il y a des ataques A des combats. ( f * 11 entre en joute dix ou douze fois la nuit avec fa femme. JOÛTER , v. n. f HaJHs ludicris ex equis pugnare.J Faire des joutes. Courir avec des lances Pu n contre l’autre. ( Ils ont joùtè avec beaucoup d’adresse. ) * Que dirois-tu si tu voiois jouter publiquement des coqs & des cailles. Abl. Luc. t. 2. exercices. JOUTEREAUX , / «r. Ce font deux pièces de bois semblables que l’on coud des deux cotez au haut du mât, pour soutenir les barres des hunes. On donne le même nom aux pièces de bois qui font àl’épe- ron du vaisseau , & qui répondent d’une herpe à l’autre de haut en bas. JOUTEUR , f m. [Qui lanceà certat.] Cavalier qui combat à la lice avec la lance. ( II y avoit de rudes jouteurs en ce jour-là. ) t JOUVENCE if f [ Juventus.] Terme Burles- que, 'pour dire, jeunesse. ( La Fontaine de Jouvence. Grand dommage que ceci soit sornettes , Filles cannois qui ne font pas jeunettes, A qui cette eau de Jouvence viendrait Bien à propos. La Font. ) t JOUVENCEAU ,s. m. [ Juvenis. ] Terme burles- que, pour dire, jeune garqon. (Je ne croi pas que l’on blâme l’amoureuse ardeur dont m’eniiâme le bel cçil de ce jouvenceau. Voit. po'es. ) J- JOUVENCELLE, s. f. [Juvenis. ] Mot burlesque, pour dire, jeune fille. ( Jouvencelle au teint délicat. Scar. po'es. ) JOUXTE, pr. [Juxta.J Vieux mot, qui 1 plus d’usage que parmi les Libraires & les Imprimer en cette phrase. (Jouxte la copie imprimée à I ris, afin qu’on s’apperqoive de la contrefaqon. ( dit aussi en terme de Pratique. Cette piéce de t< re est située jouxte le chemin. ) IPECACUANHA. IPEREAU, &c. Voïez Y. stantinople^‘ ^ ece * a ' ne flui vient de Co de^l’Imér^^Ai’ 0U 1IRUCAHA, s. m. Grand arb est fort bon à mangeí ressembIe à une P oire qui se A diÇ?n L p E a ; la „f Philosophie vulgah porte contre les choses , a , m ? 9 P sent, & cette puissance r'avell^ ' ?. u . qu ). 1 , ul de P ,! petitus irascibilis. ] pdle “*** "«fable. [A IRO IRE, T /- [Ira- ] Ce mot signifie colère, 6 t est un peu vieux. Cependant, il est toujours reçu dans la belle poésie en parlant des Cieux , des Dieux, & des Princes souverains. ( Cette feuille verdoïante que Pire foudroïante du Ciel n’oseroit toucher. Voit. po'es. Quand on se range à son devoir, la pitié calme l’orage que l’ire a fait émouvoir. Mol. po'ês.l. 2. Ménage, sur ce vers, trouve ce mot, beau , N l’on ne doit point ( dit-il ) faire difficulté de s’enservir en poésie, fur tout en parlant des Dieux £«? des Rois. VAquilon fou fie, U d! un commun aveu Point n’ejì ma chambre exposée à son ire. Deshoul. ) IRE. [Ira.] Ce mot n’a pas mauvaise grâce aussi dans la belle prose, lors qu’il est bien placé. (Ils ont amassé un trésor d’ire pour le jour terrible du juge. ment. Maucroix, schisme, l. 2. page 274. ) IRIS -t s f C /ris, arcus cœleJUs. J Arc-en-ciel. ( II me semble qu’elle est un fris, & que c’est comme un arc-en-ciel qui paroît après l’orage. Voit. I. 63. Det cartes a divinement explique P Iris. ) C§ Mr. de la Chambre dit dans l’Epître Dédica- toire de son Traité de l’Iris présenté au Roi : Quand vous sçaurez que P Iris est le sujet de cet ouvrage, vous jugerez bien qu’elle ne pouroit paroìtre au jour fans la lumière du soleil. Le P. Bouhours est charmé de cette pensée ; de moins habiles que lui la trouvent trop figurée s on sqavoit dans ce tcms-là que le soleil étoit la dévise de Louis XIV. Mais peu de gens le sqau- ront dans la fuite des tems. IRIS , s. s. [Iris. J Nom que quelques Poètes donnent à leurs maîtresses dans les ouvrages qu’ils font pour elles. (Iris l’amour de la terre & de Ponde. Voit. po'ès. La belle Iris que j’aime constamment, &c. Irai-je de sang-froid , [f sans être amoureux , Pour une Iris en tair faire le langoureux ? Defpr. ) IRIS. [Iris. J Ce mot signifiant une forte de fleur, est fait masculin par quelques Fleuristes. Morin , dans son traité des fleurs, a toujours écrit , iris bulbeux, iris bâtis; néanmoins les gens habiles dans la langue, & les Dames qui parlent bien, font le mot d ’irìs féminin , & c’est le plus sùr. Uiris est une sorte de fleur changeante dans fa couleur, & dans ses feuilles, & qui est d’ordinaire bleue, blanche, ou jaune, & de plusieurs autres manières. L ’iris bulbeuse fleurit en Mai, & a d’ordinaire neuf feuilles en chaque fleur. L’iris jaune & variée qu’on apelle iris d’Angleterre , fleurit en Juin. L’iris de Portugal fleurit bleue, ou blanche. L’zViî de Perse est une fleur très - agréable, qui a des feuilles d’un bleu enfoncé fort beau. IRIS. Terme à’Anatomie. Cercle qui est autour de la prunelle de l’œil, & qui est de différentes couleurs, tantôt noir, tantôt verd. C’est un tissu de fibres disposées en rond, qui viennent de la tunique apellée uvée. IRIS. [Iris.] C’est aussi le nom d’une pierre qu’on met au rang des précieuses & des Opales, laquelle étant exposée au soleil renvoie un lustre & une lumière de diverses couleurs. Elle n’est pas de grande valeur. Sa couleur est un gris de lin fort transparent, dans lequel il paroît du rouge. IRLAND- C’est le vieux langage Ecossois. Sca- liger. IRONIE, f f. [ Ironia, illufio. ] Raillerie fine. Figure de Rétorique, qui consiste à se moquer avec est prit. L’ironie étoit la figure favorite de Socrate. Cojt. 11 a une facilité merveilleuse à maintenir l’ironie. Defir. longin. c. 28. Se servir avec esprit de l’ironie. Faire une agréable ironie. Pousser l’ironie. Emploïer l’ironie. Manier l’ironie avec une facilité charmante. Thiers, traité des jeux , ch. 2. ) ($ IRONIE , figure de Rhétorique, que quelques anciens Rhéteurs expliquoient : par le terme, Dissimulation : mais Quintilien, liv. 9. chap. 2. n’a pas voulu sc servir de ce terme, comme n’étant pas propre a bien marquer la force & Pétenduë de cette figure ; il a conservé le mot Grec t/çoW : par cette figure, on entend toujours le contraire de ce que l’on dit; ainsi lors que Cicéron dans une de ses Ca- tilinaîres aïant dit que Metellus réfutant de recevoir Catilina, vous prîtes (lui dit-il) le parti de vous retirer chez votre ami Metellus , ce grand homme do bien , on IRR an volt aisément, que ces derniers mots font une véritable ironie. Cette figure a été la favorite de So- crate, & l’on a dit de lui que toute fa vie a été une ironie continuelle, & on l’apelloit l’ironique , pares que, s’il faut en croire Quintilien, il contrefaisait l’i» gnorant & l’admirateur, comme s’ils eussent été plus sages que lui. Cet habile Rhéteur a remarqué que l’ironie devient figure par une fuite de plusieurs ironies qui prises séparément ne feraient que des tropes, de la même maniéré qu’une continuation de métaphores, fait l’allegorie. II remarque encore que c’est une ironie, quand nous faisons semblant de donner un ordre ou une permission que nous ne donnons pas en éfet, dont Virgile nous en a donné un exem- le, faisant dire àDidon, qu’elle ne retenait plus née & qu’elle lui permettait d’aller éprouver la fureur des orages pour chercher son Aufonie ; çar ( dit Quintilien ) Didon en parlant ainsi à Enée, ne difoit rien moins que fa pensée, il n’est pas possible de donner une idée générale de l’ironie; on en trouve de tant d’efpéces differentes, & elles se forment en tant de manières, que pour la faire connaître, on ne peut qu’en raporter quelques exemples , & c’est ainsi que Quintilien en a traité dans fes institutions de l’Ora- teur. II dit que lors que nous cédons à nos ennemis quelque avantage, nous serions bien fâchez fi on le reconnaissait en eux ; & pour éclaircir fa pensée, il raporte cet endroit du liv. n. de l’Enéïde, où Tur- nus dit ironiquement à Drance qui le pressait d’ac- cepter le défi d’Enée, & de disputer à celui-ci la conquête de Lavinie : Drance, quand, il s agit de montrer sa vaillance , Tu deploutí toujours ta pompeuse éloquence , Hardi dans le Sénat où le premier tu cours. Mais pourquoi le remplir de frivoles discours. Le sang n’a point changé nos fojsez en rivières > Et nom avons encor nos murailles entières. Suis ta coutume, Drance, & tonne de la voix. Exagérant ma peur, dis-nom tes hauts exploits, H honneur que tu gagnas dans cette rude guerre , Les montagnes de morts dont tu couvris la terre. Viens encore avec moi ta vaillance éprouver. L’ennemi feus nos tnurs eji facile à trouver : Tu trembles, quoi toujours on verra ton courage, Et dans tes pieds aìlez, U dans ton vain langage. C’est encore une ironie lors que nous prenons fur notre compte une faute que nous n’avons pas commise, & dont la honte retombe sur nos ennemis, comme quand Junon dit parlant à Vénus : J’ai causé de Paris la fiante criminelle , f ai même fait d’Helene une Epouse infidelle. Ce font là dès contreveniez pressantes, & qui produisent toujours leurs éfets. IRONIQUE, adj. [ Ironiâ dijsmulantiàque plenus .] Qui tient de l’ironie. (Ton ironique. ) IRONIQUEMENT, adv. [ Ironicè. ], D’une maniéré ironique. Par ironie. ( Cela a été dit ironiquement, & non pas sérieusément. ) f IROQUQIS, f m. Peuple cruel &feroce de Canada. On dir quelquefois d’un homme qu’il est un Iroquois pour dire, qu’il est grossier, dur, impoli. IRRADIATION, f f [Radiorum salis_ immijjìo.] Action du corps lumineux qui jette des raions. (L’i- ris se fait par l’irradiation du soleil sur les goûtes de pluie qui tombent d’une nuë. ) f * IRRADIATION , se dit aussi de l’épanchement qui se fait des esprits dans le corps d’un animal. IRRAISONNABLE , adj. [ Rationis expers. ] Qui n’a point de raison. ( Animal irraisonnable. C’est un homme irraisonnable. ) f IRRAISONNABLEMENT , adv. [Absque ratione .] Ce mot est peu ulìtê, & il signifie d’une maniéré irraisonnable, sans raison. (II en a usé fort irraísonna* blement. ) Ce mot n’est pas dans l’Académie. ) IRRATIONNEL, irrationelle, adj. [Irrationalité Terme de Géométrie. II se dit des lignes incommensurables, qui n’ont aucun raport exact entr’elles , ou avec une autre ligne d’une longueur connue & déterminée. ( Le côté d’un quarté & fa diagonale font des lignes irrationelles. ) IRRECONCILIABLE, adj. [Implacabilis, ìnex- orabilis. ] Qui ne veut point de réconciliation. Qu’on ne peut réconcilier. ( 11 est irréconciliable. Elle est irréconciliable. ) IRR 293 IRRE'CONCIOABLEMENT , adv, [Cìrcasem recon. cilianda gratta. J D’une maniéré irréconciliable ( Ils ont rompu ensemble irréeoncilîablement. ) . f IRRECOUVRABLE, adj. Qui ne peut être recouvré. Ce terme est peu usité , quoique Boileau ait dit, perdre un bien irrécouvrable. t IRREDUCTIBLE , adj. Terme de Chimie. On apelle teinture irréductible, la dissolution d’un métal, dont les principes font tellement désunis , qu’ils ne peuvent plus se remettre en métal. Les Chimistes cherchent depuis long-tems la teinture irréductible de l'or. IRREFRAGABLE, adj. [ CertijJìmm. ] Qu’on ne peut contredire. ( Témoignage irréfragable. Abl. Luc. ) IRREGULARITE', f /■ í Deformité, pravitos.] Ce qui est contraire à la régularité. Ce qui n’est pas conforme aux régies, ( Ouvrage où il y a beaucoup d’irrégularité. C’est une grande irrégularité. Irrégularité dans les mœurs. ) IRRE'GULARITE'. [irrégularité.] Terme à’Eglise. Empêchement canonique pour recevoir ou exercer les saints Ordres. (Encourir irrégularité. Tomber en irrégularité. II est en irrégularité. ) IRRE'GULIER, irréguliere, adj, [ Abnormis .] Qui n’eft pas selon les régies. Ce mot fe dit des choses. ( Un bâtiment irrégulier. Fortification irreguliere. Construction irréguliere. Verbe irrégulier.) IRRE'GULIER, irréguliére'. [Irregu arts.] Terme d 'Eglise. Qui ne peut recevoir, ni exercer les saints Ordres. (11 est irrégulier. ) IRRE'GULIE'REMENT , adv. [ Contra leges ac régulé. ] D’une maniéré irréguliére. ;Lcs Clercs qui vivent irrégulièrement, causent un grand lcandale. ) IRRE'LIGIEUSEMENT, adv. [Impie.] D’une maniéré peu religieuse. ( Cet impie parle de nos miste- res irréligìeusement. ) IRRELIGIEUX, irréligieuse, adj. [ Irrelìgiosm , parcus Dei cultor. j Qui n’a point de religion, ou qui en a très-peu. C’est une compagnie qui fous des habits religieux couvre des âmes fort irréligieuses. Pasc. I. iç- ) IRRELIGION , s s. [ Impiété. 3 Manquement de religion. ( C’est une grande irréligion. II y a de l’im- pieté & de l’irréligion à ne pas croire que. Vie de S ► Ignace. La négligence qu’on aporte à communies méne à l’impieté & à l’irréligion. Arnaud, fréquente communion , préface. ) IRREMEDIABLE » adj. [ Irremediabilìs . ] Ce mot fe dit des maux & des maladies , & signifie à quoi on ne peut pas remédier, (Le mal caduc est un mal irrémédiable. ) On dit irrémédiablement. IRRE'MISSIBLE , adj. [ Cui nullm venta locus reliHw eft. J Qui n’est point pardonnable. ( Crime irrémissible. Ablancourt, Luc. ) IRRE'MISSIBLEMENT , adv. [Sine ulla venta fie. ] Sans rémission. ( Condanner irrémiffiblement. ) IRRE'P ARABLE , adj. [ Irreparabilis. ] Qu’on ne peut réparer, ( C’est une perte irréparable. Dans une perte irrépatable la douleur peut être fans bornes. Fléchier. ) IRRE'P ARABtEMEMT , adv. f Kc ut sarcìri non pojfit.] D’une maniéré irréparable, (L’affaire est ruinée irréparablement. ) IRREPREHENSIBLE , adj. [ Inculpatm, irte .. prehensm. ] Qu’on ne peut reprendre d’aucune faute. (C’est un homme irrépréhensible. ) IRRE'PRE'HENSIBLEMENT, adv. [Absque rcpreken, Jtone.] D’une manière irrépréhensible. II s’est conduit irrépréhensiblement dans son emploi. IRREPROCHABLE , ru//. [Vita integer.] A qui on ne peut faire nul reproche. (Témoins irréprochables. Les gens qui fe mêlent de faire des reproches aux autres , doivent être eux-mêmes irréprochables, Thiers,saucerobert, r.p. 11 est irréprochable dans fes mœurs. D’Aucour. Sa conduite est irréprochable. ) IRRE PROCHABLEMENT , adv. [Sanfljsmè.] Cette femme a toûjours vécu irréprochablement. IRRESISTIBLE , adj. [Cui resisi non potes.] A quoi on ne peut résister. (C’est calomnier les Augu- stiniens que de dire qu’ils admettent une.grâce irré- sfiible, puisque quelque éficace qu’elle soit. la volonté peut toûjours résister ; Et c’est èn cela que con- Oo j fiste 294 ISA siste la liberté. ) On peut dire aussi irrésistiblement. Mais ces mots ne doivent être emploiez qu en iheo- 10 IRRESOLU, irrésolue, adj. svrà, ìncertus. 3 Oui na pas encore pris de ferme résolution. (Elle me parut irrésolue sor le retour de Monsieur a la Cour. Mémoires de M. de la Rockesoucaut. ) On dit irre- 1U1UH1C1JL. n r - r -r* 1 • ■ IRRESOLUTION , s f- [ Dubitatìo , ammi fluciua- tìo. 3 Etat stotant de l’esprit. Incertitude d’esprit qui fai't qu’on ne prend point de ferme résolution. ( Cela le tient dans une irrésolution qu'il ne peut surmonter. Le Duc de la Rochefoucaut. ) IRRE'VEREMMENT , adv. s Irreverenter , insolen- ter. J Avec irrévérence. D’une maniéré irrévérente. (Parler irréveremment des mistéres de la Réligion. ) IRRE'VE'RENCE , s.s. [IrreventiaJ Peu de respect. Défaut de respect. ( C’est une irrévérence qui mérite d’être punie. Assister avec irrévérence au service divin. ) IRRE'VE'RENT , irrévérente , adj. C Reverentiâ caréns. ] Qui manque de respect & de révérence pour les choses ou pour les personnes à qui il en doit. IRRE'VOCABLE , adj. [ Immutabilis, firmm , fixus. ] Qui n’est pas irrévocable . ( Ma parole est irrévocable. Arrêt irrévocable. ) IRREVOCABLEMENT , adv. [ Firmijjìmè, certìjjì- mè. ] D’une maniéré irrévocable. ( Juger irrévocablement. ) Furetiére met irrévocabilité. t IRRISÍON , f f- [ Irrijìo. 3 Ce mot est un peu vieux , mais il ne laisse pas de fe dire encore quelquefois. 11 lignifie, moquerie , mépris. (Chasser avec irrifion. ) I IRRITATION, /• /• [ Irrïtatìo. ] Action qui irrite le mal, ; au lieu cíe le guérir. L’irritation de Ja bile. ) IRRITER , v. a. [ Injìigare, instimulare, ajperare. 3 II vient du Latin irritare. Provoquer, exciter la colère d’une personne. ( Les péchez des hommes irritent le Créateur. * On irrite les Taureaux pour les faire combatre. ) IRRITER. [AJperareJ Augmenter. Aigrir. Rendre plus fâcheux. (Irriter le mal. Irriter une passion. Irriter la douleur. Abl. Luc. ) S’IRRITER , v. r. [ Ira ejserri. 3 Se mettre en colère. ( Si du peu que je vaux votre grand cœur s’ir- rite. Sar. pois. Le pecbeur maltraité s’irrite Çf s’éfarouche , Tu dois le ménager : le meilleur médecin. Au malade irrité paroit un ajfajjìn. Villiers. ) IRRORATION, f. f. [Irroratio. 3 C’est une espèce de transplantation qu’on emploie pour la cure de quelques maladies, & qui consiste à arroser tous les jours des arbres, ou d’autres plantes convenables avec l’urine , les sueurs & les selles, ou les la- vures de la partie malade, & sor lesquelles on jette de la terre nouvelle, afin d’empêcher que Pair ne dissipe la vertu de l’esprit vital qui est contenu dans ces choses. IRRUPTION » f- f. [Irruptio. 3 Prononcez irrup- don. Course sur les terres des ennemis. ( Les Tartareí font souvent des irruptions en Pologne. Ce pais elì sujet aux irruptions des ennemis. ) í ISAAC, f ra. Nom d’homme. Le Patriarche Isaac étoit fils unique d’Abraham & de Sara. ISABEAU , f- f [ Elizabetha. 3 Nom de femme. C’est fait de moi, car Ifabeau m’a conjuré de lui faire un rondeau. Voit. pots. Ifabeau de Bavière, me- re du Roi Charles VIL étoit une mère aveuglée & dénaturée,qui lui voulut arracher le sceptr e. LeMait.pl.*;.) f CAMILLE, s. f. Nom de femme. (Isabelle fille de Philippe le Bel Roi de France épousa Edouard second Roi d’Angleterre. ) ISABELLE , J. f. [ Subalbidust] Sorte de couleur qui participe du blanc & de couleur de chamois (Isa- í^f âtre - Isabelle blanchissante. ) nS’f sîs» (Chc - est commp son grand Chambelscm ^ SeigneUr ’ qui saee eif poiu^iTctìf ffsNom cFbomme ; Fu- iage est pom JJaie. (Isaïe a été un saint Prophète. II ISO étoit Prince du sang des Rois de la maison de David & il a prophétisé presque un siécle entier. Port - Roial Ifdie, préface. ) í ISAMBERT, /• M-, On apelle ainsi en Nor. mandie la poire de beurre rouge. ISAMBRON. Espece d’étosse qu’on emploioít dans les habits. î§ ISARD. Sorte de chamois , connu dans le Languedoc. Voïez les Origines de Mr. Ménage. ch L’ISARD , est une espece de chèvre sauvage, dont la peau est fort estimée. On en trouve en grand nombre sur les pirenées. ' ISCHIADIQUE, adj. [ Ifchiadicus. ] Epithète que les Médecins donnent à deux veines du pié , qui vont se terminer à la crurale. ISCHION, f m. Terme à’Anatomie. C’est un os des hanches. L’ischion, l’ilion, le pubis, & l’os sacrum font le bassin qui contient la vessie, la matrice, les intestins. ISCHURIE, f- f [ Ifchuria. ] Terme de Médecine. Entière supreffion d’urine, qui vient ou del’ob- struction des nerfs qui vont aux reins & à la vessie, ou des sables qui bouchent les conduits. f ISELASTIQUE , adj. Espece de combats ou de jeux établis chès les Grecs. Jeux Isclastiques, Athlètes Isclastiques. Voïez là-dessus Sam. Petit fur les loix Attiques. ê ISIAQUE, / nr. On apelle ainsi les Prêtres de la Déesse Isis. tz ISIES , ou ISIENNES , f. f. plur. Fêtes de la Déesse Isis, où les païens commettoient de grands excès. í ISIS , f. f. Déesse des Egiptiens. Les anciens Germains avoient ainsi une fausse Divinité de même nom, mais qui étoit diférente de la premiere. ISLE, f f- [InfulaJ] Prononcez Ile. C’est une terre environnée de mer, d’une rivière , ou de quelque fleuve. ( L’Angleterre est une Isle fort fameuse. L’isle du Palais à Paris. ) Isle, maison environnée de quatre rués, comme le College des Jésuites à Lyon. 11 se dit aussi des pais qui ne sont pas tout-à-fáit environnez de rivières. (Comme l’Isle de Rais en Bretagne. L’Isle de France , &c. ) í ISLES du vent. Les gens de mer apellent ainsi les lites Antilles au continent de l’Amérique. Ce sont celles qui sont le plus vers l’Orient. On les nomme Isles du vent, parce que les vents règnent prés. que toujours de cette partie du monde. Isles d’avatt le vent, Isles de dessous le vent. Ce sont celles qui sont oposées aux Isles du vent, & qui, par conséquent, sont plus à l’Oùest. f ISLET, Islot, Islotte. C’est une très-petite Isle. if” ISNEL- C’est un ancien mot qui signifie, agile, dijpos. Joachim du Bellai s’en est servi. ISOCHRONABLE. Terme de Mathématique. Qui entre dans la descente des corps graves. On veut savoir par quelle ligne courbe la descente d’un corps pesant est ïsochronable avec sa chute perpendiculaire. C’est-à-dire, comment il se peut fibre que la descente d’un corps soit continuellement aussi prompte que s’il tomboit à plomb du sommet de cette courbe. ISOLE', isolée , adj. [Nullâ ex parte circumfultus.J Terme à’ Architeîture. C’est-à-dire, qui n’a rien qui le touche de tous cotez. ( Colonne isolée. ) ISOLE'. Se bazarde quelquefois dans le figuré. C’est en ce sens que Madame Deshoullieres s’en est servi. ( Ah ! que mon cœur n’eft-il de ces cœurs isolez , Qui par aucun endroit ne tiennent à la terre , Qui font à leurs devoirs fans réserve immolez , A qui la grâce assure une pleine viBoire. Deshoul.) í. * ISOLE', se dit dans le stile familier, d’un homme indépendant, libre de tout engagement. (II peut aler où il veut, & vivre à fa fantaisie, c’est un homme isolé. ) ISOLEMENT, f. m. Terme de Architecture, qui n’est point dans l’Academie. C’est la distance d’une colonne à un pilastre, ou de quelque autre pièce qui doit être détachée des autres. ISOLER, v. a. [Non fulcire.2 Terme d 'Architecture. Faire une pièce d’Architecture qui ne touche point à une autre. ( Isoler un apartement. Isoler une colonne. ( L’Académie n’aprouve pas ce mot. ISO» ISS ISOMERIE, s s. Terme d 'Algèbre. Maniéré de délivrer une équation de fractions en les réduisant en même dénomination, & en multipliant chaque membre de i’équation par le dénominateur commun. ISOPERIMETRE , adj. Terme de Geémetrie . qui le dit des ligures, & lignifie qui font d’un tel égal circuit. (Faire un triangle Isoperimetre à un quarré. Ce font des figures Isoperimetres, c’est-à-dire d’un égal circuit. ) ISOPIRON, f m. Nom que Dioscoride donne à une plante que beaucoup d’Auteurs croient être l’Ancolie. t ISORROPOSTATIQUE , f f Terme de Mathématique. Science qui traite de l’égalité & de l’équation des poids : elle fait partie de la Statique. ISOSCE'LE , adj. [ Isocèles. ] Terme de Géome~ trie , qui se dit des triangles qui ont deux jambes ou deux cotez égaux. ( Faire un triangle ifoscéle. Dans tout triangle ifoscéle les angles fur la base font égaux. Ce mot vient du Grec, & veut dire, figure à cotez égaux, à cuisses égales. ISRAÉLITES, f m. [IJ'raélit.e.sj Peuple chéri de Dieu dans l’ancienne Loi, & qu’il tira d’Egypte pour lui donner la terre promise. (Voici un vrai Israélite sans déguisement & sans artifice. P. Quesnel. Jean , c. i. Ces paroles de J. C. ont passé én proverbe pour marquer un homme franc & sincere. L’Avocat de Serres est un bon Israélite. ) f 3 T ISRAÉLITES. Le Peuple Hébreu fut pendant longtems divisé en diférentes familles, fans se mêler les unes avec les autres : elles étoient connués & distinguées par des noms particuliers; on disoit, les Enfans d! Israël, les Enfans d’Edom, les Enfant de M o ab-, & l’on entendoit, par cette expression, ceux d’une même famille. Le nom à’Enfant signifia, dans la fuite, une nation, ou une certaine efpece de gens ; ainsi nous lisons dans Homère, les Enfans des Grecs , les Enfans des Troiens. On fait que les Israélites étoient divisez en douze Tribus, détendues de douze frères ; & pour éviter la confusion, ils gardoient avec foin les titres de leur généalogie depuis les Patriarches, c’est-à-dire, depuis les premiers de leurs Tribus. Dans ce grand nombre de décendans du pré- mier homme, les Israélites se distinguèrent pendant long-tems par l’exacte observance de la Religion & des mœurs de leurs ancêtres ; & c’est par une ancienne tradition que nous apollons encore aujourd’hui Israélite , un homme religieux & vertueux, mais simple & modeste dans son état. ISSANT , Issante , adj. £ Prodiens. ] Terme de Blason. II se dit du Lion & des autres animaux qui se mettent sur l’écu, & qui ne paroissant qu’à demi corps, semblent sortir de derrière quelque maison , quelque bois, &c. ISSANT. Se dit aussi en Blason d’un petit enfant nud qui sort de la gueule d’un serpent, comme dans les armes de Milan. ISS AS ■> s m. [ F unis antennam attoïïens.~\ Terme de Marine. Corde qui sert à hausser & à abaisser les vergues & les pavillons. ISSER, t), a. [ Attolere. ] Terme de Mer. Tirer en haut. ( Isser les vergues, les voiles, le pavillon. ) ISSU , ISSUë, part. pajs. U adj. [ Or t ut. ] Ce mot signifie sortir, mais if est hors d’ufage à son infinitif, & n’est usité qu’à son prétérit, je suis ijsu. C’est- à-dire , Je fuis sorti. Je fuis décendu. (II est issu d’un sang fécond en demi-dieux. Despreaux, Satire (. Les Rois dont il est issu ont aquis le titre de Très-Chrétien. Patru, plaid. i;. Cette famille est issue d’Angleterre. ) ISSU de germain. Né d’un cousin germain. (II est son issu de germain. Nous sommes cousins issus de germain, ou nous sommes issus de germain. ) ISSUE , s f. [ Abitm, exïtuí .] Endroit par où l’on sort. ( Rué qui n’a point d’issué. II commanda d’en- vironner la maison, de peur qu’il n’échapât par quelque issue dérobée. Vaug. Curce, l. 6 . ch. 8 -1 H A l’ijjiié, adv. Après, à l’heure qu’on sort d’un endroit. (A l’issuë du sermon, à l’issuë de I’audience, à l’issuë du Conseil, à l’issuë du repas. ) * ISSUë. [Eventus,succejsus, finis. ] Evénement. Succès. Fin. (Elles s’enquéroient quelle avoit été l’issuë du combat. Vaug. (suint. I. ;. c. ix. Prévoir l’issuë d’une afaire. Mol. dépit. am. a. 4. sc, 1. A l’issuë de la mort. ) JllB 295 ISSUë. Se dit des extrêmitez & entrailles des animaux qui se mangent. [ Intejiina , extrema.’] Est-il permis de manger des issues le jour d’abstinence ? non. ISTHME , ou ifime, s. m. [IJìhmuf.s La partie de la terre qui empêche qu’une presqu’isle ne soit entièrement isle. Partie de terre entre deux mers. ( L’Istme de Corinthe est fameux. ) ISTMIQUES , adj. £ Ijìbmici ludì. ] Jeux qu’on célébré tous les trois ans en Gréce, instituez par Sisyphe Roi de Corinthe. ITACLE, s m. [Antennœ funis helcìariusd] Terme de Marine. Cordage qui est amarré par en haut, au milieu d’une vergue contre les racages, & va passer par l’encornade, qui sert à faire couler la vergue le long du mât. f On dit auísi, Itague & Etague sur les vaisseaux François. ITALIQUE , adj. £ Italicus. J Ce mot se dit entre Imprimeurs, & c’est une sorte de lettre particulière dont on sc sert pour imprimer quelque nom , quelque explication, ou quelque passage d’un caractère diférent du corps du livre. ( II faut faire cela d’I- talique. Ce passage doit être d’Italique. II faut mettre cela en italique. On dit aussi ce tableau est d’un goût italique. ) t ITEM, çonj. Terme de Pratique. Ce mot est Latin, il signifie U aujjì, il s’emploie pour distinguer divers articles d’un inventaire, d’un compte , &c. item il faut vivre. On dit aussi, un item, pour dire, un article. C’est là Y item. ) ITE’RATIF, itérative, adj. [ Iteratus. ] Qui se fait une seconde fois. Le mot d 'itératif est de pratique, (Ainsi on dit un commandement itératif. ) f ITE RATION ,s. f. [Iteratio.J Ce mot n’est pas en usage, & en fa place, on dit réitération. f ITERATIVEMENT, adv. [ Itérative .] Sommer quelcun itérativement. C’est le sommer plusieurs fois de fuite, faire une seconde, une troisième, une quatrième sommation. ITERAT O ,s. m. Terme de Pratique. Arrêt d’i tertio est celui qui se donne pour les contraintes par corps. ITINERAIRE , f m. [ Itìnerarium. J Ce mot est Latin, & signifie description d’un voiage. (On a fait plusieurs Itinéraires. ) Le P. Mabillon savant Bénédictin a fait l’Ifmeraire d’ítalie. ITINERAIRE. Prières que doit faire un voiageuf quand il commence son voiage, & qui sont à la fin du Bréviaire. Un bon Prêtre ne doit point voiager fans dire son Itinéraire. ITINERAIRE , adj. Colonne itinéraire est une colonne à part posée dans le carré. Tour d’un grand chemin pour enseigner les routes, JUBE, f f ÍJaba.s Crinière du Lion. Banet. JUBE’,/ m. [Odeum, pulpilum.J Terme d ’Eglise. C’est une tribune d’Eglise, qui est un lieu élevé pour chanter. (Un beau jubé. Monter au Jubé. ) f * Faire venir quelqu’un à jubé. C’est faire venir une personne au point qu’on désire. t * JUBILATION, s f [Jubilatio .] Réjouissance, débauche. II ne se dit qu'en riant. (Ce sont des enfans de jubilation. Maison de jubilation. ) JUBILE', s m. £ Jubileus. ] Ce mot signifie tems de rejoïtijsance. 11 y a le Jubilé de l’ancienne Loi, & le Jubilé de la nouvelle Loi. Le Jubilé de l’ancienne Loi arrivoit de ço. ans en ;o. ans, & étoit institué de Dieu seul. Et le Jubilé de la nouvelle loi est celui que le Pape accorde aux Fidèles pour la rémission de leurs péchez. ( Le Pape Boniface VIII. est le prémier qui a institué le Jubilé, comme nous Pavons aujourd’hui, & ce Jubilé est une Indulgence pleniére & générale à tous ceux qui iront durant une certaine année visiter les Eglises de Rome. La première année de cette indulgence fut en 1500. mais le nom de Jubilé n’a été donné à cette Indulgence que depuis 147;. du tems du Pape Sixte IV. (Le grand Jubilé. Chaque Pape donne présentement un Jubilé l’année de sa consécration. Port-Róial. ) JUBILE', jubilée, adj. [ Jubileus. ] Terme de certains Religieux, & veut dire, qui est exemt d’aller au choeur, parce qu’il est vieux, & qu’il a un certain nombre d’années de Religion, ou qu’il a enseigné la Théologie Le Pere JUlï? 11 ivia juuvivwi. jw r .— í TUBIS, s. m. Raisins en grape séchez au so- leil, qu’on tire de Provence pour les provisions de Carême. ÍUC, f m - C Jugwn, cubile. ] Terme de maison de campagne. II signifie le lieu ou les poules juchent, & se perchent la nuit pour dormir. ( Les poules ne font pas encore au juc. Elles font sorties du juc. ) Voie z Juchoir. JUCHER, v. n. [Instdere.] Ce mot se dit des poules' 1 , & signifie percher. (Faire jucher les poules. Les poules se vont jucher dans le poulalier. ) f * JUCHER. [Aj/ldere.] Monter. Etre monté & assis fur quelque chose. (Il est juché sur son cheval. Où va-t-il jucher ? Elle étoit juchée comme une poule au haut du bagage. Scaron, Rom. ) £ * On dit baff d’un homme logé à un étage fort élevé , qu’il s’ést juché au haut d’une maison. ( Ce pauvre Auteur a été obligé de se jucher sous un toit.) JUCHOIR, f m. [Sedile gallinarium .] ' Lieu où les poules se perchent. ( Les poules font au juchoir. ) JUDAÏQUE, adj. [ Judaìcus. ] Qui est de Juif. ( Méchanceté Judaïque. Cérémonie Judaïque. Superstition Judaïque. Ablanc. Minut. Fel. préface. 11 dit en langue Judaïque, écoutez la parole du Roi. Port- Rotai, If. ch. ;6. ) A la Judaïque, adv. f Ritu Juddico. ) Selon les cérémonies des Juifs. ( Vivre à la Judaïque. ) JUDAïSER , v. n. [ Ritrn Judaicos Jequi. J Etre dans les sentiment des Juifs. (11 judaïle. ) JUDAÏSME, f m. [Judaorum Religìo.] Doctrine des Juifs. (Ceux qui ont composé le nouveau Testament étant Juifs, il est impossible de l’expliquer que par raport au Judaïsme. Voïez le livre des coutumes "des Juifs, par le P. Simon. Le Sabbat étoit une des plus mîsterieuses observations du Judaïsme. P. Qufs- p.el, Jean, c. 9. v. 14. ) JUDAS, f tn. [Judas.] Nom d’homme. L'A pâtre qui trahit Notre Seigneur s’apelloit Judas. De là vient qu’on dit. (Traître comme Judas, il est damné comme Judas. Et parce que Judas trahit Jesus- Christ en le baisant. Un baiser de Judas , signifie les caresses qu’on fait à une personne pour la trahir. Poil de Judas, c’esl un poil roux. Pour avoir des amis qui font de vrais Judas , Nanni, nanni, ntordié, je ne iriy frotte pas. Bours. Esope. ) JUDICATIF, IVE, adj. [Judicandì vis, facultai.] A qui il apartient à juger des choses, (Dans l’hom- me la volonté est la faculté judicative, parce que l’en- tendement ne juge jamais, il ne fait qu’apercevoir. ) JUDICATURE, f f. [ Judiciarium munm. ] Ce mot ne se dit pas seul. (Ainsi on dit. Un ofice deju- dicature. Une charge de judicature. C’est-à-dire. Une charge, ou un ofice de Juge, de Magistrat. ) JUDICIAIRE, adj. [ Judiciarìm, judicia/is.] Terme de Pratique. Qui est selon l’ordre de justice. Qui est dans les formes de justice. ( Ordre judiciaire. Patru, plaid. 1;. Bail judiciaire.) JUDICIAIRE. [Genwforense, concertarium.] Terme de Rétorìque. Qui regarde les actions criminelles ou civiles. (Le genre judiciaire. ) Voïez genre. JUDICIAIRE. [Astrologia judkiaria.] Terme à’Astrologue , mais ce mot ne se dit pas seul, on dit Astrologie judiciaire, qui est une science par laquelle on prétend prédire I’avenir, en observant les astres. t JUDICIAIRE , f f. [ Judicandì vis , facultai. J Jugement. ( II n’a jamais eu l’imagination bien vive, & c’est par là que j’ai toujours bien jugé de fa judiciaire. Molière. ) JUDICIAIREMENT, adv. [Jurìdìcè. ] Selon les Formes de justice. (Cession qui se fait judiciairement.) . JUDICIEUSEMENT, adv. [Prudenter,consulté .J TTmrr emetlt ‘ àvec esprit. (Parler judicieusement.) n.'îí - u IEU ^’ i u dicieuse. [Vir acrì jttdkio.fapiens.] f>l a f>9 de jugement. (Homme judicieux. ÌUDITR leU r X ; àn judicieuse.) diíh est belle’ ^ om somme. ( Ju- TVFS s J r ^ C ° Up , a la tête d’Holophernes. ) Yves, Patron des Procureursâ'homme. Saint IVE’TE ou !VE MUSQUE'E , st f. JUG rata. ] C’est une forte de plante qu’on nomme autrement cbamapitis. TUGAL , adj. [Jugalis.] Terme à’Anatomie. Assemblage de deux apophises qui naissent l’une de l’os temporal & l’autre de l’os de la promette, & qui sont jointes par une suture oblique, qu on nomme Zygo- matique. ( Le muscle mastetér prend son origine de l’os jugal. ) TUGE , f m - C Judex. ] Celui qui est revêtu d’uné charge de judicature. (Juge compétent. Juge sincere. Juge suspect. Juge recusable. Un Juge plein de probité , Toujours ferme au chemin de la droite équité Mérite une gloire immortelle. Je fiéchì le genou dès qu'il s’en presente un , Mais bon juge U femme fdelle 11 n’est rien de st peu commun. Le Noble. ) On apelle volontiers les Juges des Seigneurs, Juges fous l’orme. Loisel a remarqué dans ses Opuscules, pag. 72. que „ dans les Gaules, & depuis même „ que les François s’en furent rendu maîtres, on ren- „ doit la justice dans la campagne, fous les arbres, „ & principalement sous les ormes, que l’on plan- „ toit ordinairement aux carrefours des villages, ou „ le Peuple s’assemble plus coûtumiérement ; ce qui „ se pratique encore de présent ” Joinville, en la première partie de son histoire dit, que ,, le Roi Saint „ Louis alloit souvent au bois de Vincennes, où séant ,, au pied d’un chêne, il rendoit justice. ” JUGE cartulaire. [Judex cartularius.] C’est un Notaire. On apelle de ce nom les Notaires, parce que dans leurs actes ils se servent quelquefois de ces mots, Nous condamnons les parties de leurs consente- mens à executer le contrat. JUGE-MAGE. [Prator primarius. ] On apelle de ce nom en Languedoc le Lieutenant-Général du Pré- íidial. Les Juges des causes. [Causarum judices.] Terme d ’AuguJìins. Ce sont des Religieux qui dans les chapitres provinciaux examinent le droit de ceux qui prétendent avoir voix, & jugent d’autres petites afai- res qui leur sont envoïées des Couvens. H * Vous vous êtes en ma faveur trompé en une , chose de laquelle vous êtes si bon Juge. Voit. I. 57. ) ' í JUGE, se dit aussi d’un Arbitre qu’on choisit pour terminer quelque diférent. ( Je vous fais le juge de cette afaire. Soïez en le juge. Choisissons des juges pour décider entre nous. ) JUGEMENT ,f m. [Vis judicandì, vis judìcatrìx.] Partie de l’ame par lemoïen de laquelle on juge. (Le jugement n’est que la grandeur de la lumière dej’es- prit. Mémoires de M. le Duc de la Rocbefoucaut. ) JUGEMENT. [Judicium, existimatio.] Sentiment. Opinion. Pensée. ( 11s répondirent qu’ils ne faisoient pas le même jugement que lui de la place. Vaug. Quint. I. Des jugemens d'autrui, mus tremblons follement. Et chacun f un de l'autre adorant les caprices. Nous cherchons loin de nous nos vertus nos vices. Despteaux. ) JUGEMENT de Justice. [Judicium.] Tribunal de justice. ( Poursuivre quelcun en jugement. Patru , plaid. 9. ) JUGEMENT. [ Sententia, judicium.] Sentence rendue par des Juges inférieurs. ( Jugement provisionnel, interlocutoire. Jugement définitif. Rendre un jugement. II a été condamné par un premier jugement. Apeller d’uu jugement. Rien ne peut diminuer l’atrocité de ce jugement. D'Aucourt. Se tenir au jugement qui a été rendu. Le Maìt. * Combien y a t-il de gens qui apelleront de vos jugemens. Boileau, Avis à Ménage. ) JUGEMENT. C Ultimum judicium. J Ce mot en parlant de Dieu se dit absolument. C’est le dernier jugement où Dieu punira les méchans & récompensera les bons & les justes. Les jugemens de Dieu. Ce sont les châtimens que Dieu envoie fur les hommes à cause de leurs péchez. JUGEMENT téméraire, s Temerarium judicium. 3 C’est une pensée mal-fondée & précipitamment prise touchant les qualitez d’une personne, dont on juge trop légèrement. ( Les sources qui produisent les jugemens téméraires , ce sont la malignité & la précipitation . J UI pitation attachées à nos sens. II faut être fort retenu dans les jugeniens qu’on porte du mérite des hommes. II est dificile d’éviter la témérité des jugemens, lorsqu’on se fonds fur la propre lumière. Nicole, ejfais de morale. JUGEOLINE , / / C Digitatio orientalis. ] Plante qui est une espèce de digitale, & qu’on apelle autrement. Sesame. JUGER, D- a. [ Judicare. ] C’est faire par l’esprit assemblage , ou la désunion de deux choses selon qu’il les conçoit en afìrmant de l’une qu’elle est l’autre, ou niant dè f u ne qu’elle soit l’autre. Quand nous disons que la terre est ronde, ou que nous nions qu’elle soit ronde, cela s’apelle juger. Tel excéle à rimer qui juge sotement. Despr. ) JUGER, s Da lite judicare , Jlatuere. ] Déterminer par Arrêt on par sentence. On a jugé son afaire. Juger un procès. II est jugé, & condamné à avoir la tête coupée. ) JUGER. [ Decernere. ] Dire son sentiment sur les choses qui se présentent. ( Réprimez cette facilité que vous avez à juger mal d’autrui.) JUGER. [ ConjeHurâ ajsequi. ] Prévoir , conjecturer. ( On juge à votre mine que vous ne valez pas grand chose. ) JUGER sur T étiquette. C’est juger des choses fans les avoir examinées. [s Se juger soi même. C’est ce que peu de gens peuvent faire , & l’on est presque toujours juge severe pour les autres, & très-indulgent pour foi. L’avis que Mr. Despreaux a donné aux Poètes dans le premier livre de son Art Poétique , est trés-judicieux. Craignez vous pour vos vers la censure publique , Soie z vous à vous mime un sévère critique , L’ignorance toujours ejì prête à s’admirer. On a dit autrefois Jugeur. Mais c’étoit la même chose qu’aujourd’hui Raporteur. JUGESSE.MAGE , f. f. [Primarii Pratoris uxor.jj La femme du Juge-mage. On parle ainsi en Languedoc, mais à Paris on ne croit pas qu’on parle ainsi fans quelque correctif. JUGULAIRE, M- [Jugularis .] Terme d 'Anatomie. Veine jugulaire , qui est la gorge. JUIF, juive,adj. [Judas eus.] Qui est de Juif. Monoie Juive. Livre Juif. JUIF,/-/- [ Judaus. ] Qui est né Juif. (Un fameux Juif. ) JUIF errant. C’est un fantôme qu’on croit avoir vû d’un Juif, qui court le monde fans se reposer, en punition de ce qu’il empêcha Jésus-Christ de se reposer , lorsqu’il portoit sa croix au Calvaire. On apelle aussi Juif errant, un homme qui est toujours par voie & par chemin. On dit proverbialement: 11 est riche comme un Juif. On apelle Juif, un homme qui trompe en revendant beaucoup ce qu’il a acheté à un bas prix. ( Jean Blanc est un vrai Juif. ) 0 * JUIFS. On a eu pour eux une haine répandue parmi toutes les Nations : leurs usures excessives, leurs sacrifices nocturnes & abominables, & enfin un certain sentiment de Religion, les ont toujours rendus odieux. 11 s ont été souvent chassez de France, & ensuite ra- pellez : leurs richesses mal acquises les ont rendus nécessaires à nos Rois, à qui ils ont été souvent d’un grand secours. Ils n’ont jamais joui tranquillement ni long-tems de leur rapel : le besoin étant passé, on les a chassez honteusement ; & quand on les a tolérez , on a pris des précautions pour les distinguer des autres hommes. Le Roi Charles VI. leur acorda la permission de prêter à quatre deniers Parisis par semaine pour un. Le Procureur du Roi s’oposa à la vérification de la permission ; il acordoit les quatre deniers tournois , &contestoit seulement le Parisis ou quart de plus. La cause fut plaidée au Parlement, & le privilège fut confirmé. Mr. l’Abé de Choify de qui j'ai emprunté le fait que je viens de raporter, remarque dans la fuite de l’histoire de Charles VI. & en 1195- que les Juifs avoient auparavant été chassez de France cinq ou six fois , & que cependant ils y re- ítoient toujours en donnant de l’argent : mais enfin , ils furent bannis du Roïaume à perpétuité , parce ou’ils ne vonloient point se soumettre aux Ordonnances, & qu’ils ruinoient le Peuple par des usures énormes. On défendit par l’Edit de leur exil, de les in- JUI 297 sulter en leurs personnes, & on ordonna qu’on fcroit un inventaire de leurs biens ; que tous ceux qui leur dévoient, eussent à les paier incessanment, & que dans un mois ils sortiroient de Paris , & dans trois, du Roïaume : c’est ce qui fut exécuté à la rigueur ; & tout ce qu’ils ne purent pas emporter, fut confisqué. Ils avoient déjà été chassez du Roïaume en 1182. par Philippe Auguste, contre le sentiment des Grands , dont ils achetoient bien cherement la protection. Quoi qu’il en soit , plusieurs Auteurs attribuent aux Juifs bannis de France, l’invention des lettres de change : ils disent que les Juifs se réfugièrent en Lombar- die ; & pour retirer les biens qu’ils avoient été obligez de confier à leurs amis , ils écrivirent de petits billets qu’ils confioient aux pèlerins, qui pours lors étoient en grand nombre. Les Lombards se servirent de cette invention; & les Gibelins aïantété chassez de toute l’Italie , ils se retirerent à Amsterdam , où ils établirent ouvertement l’usage des lettres de change , & le rechange , lorsque les lettres qu’on leur avoient fournies , revenoient par le refus de celui fur qui elles étoient tirées, le rechange étant une espèce de dédommagement du tireur. C’est l’opinion la plus commune , mais que je ne trouve pas assez bien établie. 11 me paraît que du Rubis a parlé plus juste dans son histoire de la ville de Lyon , liv. ;. cb. ig. U dit que les Italiens commenceront sous le régné de Philippe III. fils de S. Louis, à lever des banques à Lyon & autres villes de France; & quoique l’usage en fût défendu par le Concile tenu à Lyon, néanmoins les' Juifs chassez de Sienne, sc retirerent en Lombardie, & plusieurs ensuite s’arrêterent à Lyon, moí'ennant de grosses sommes qu’ils païerent au Roi : & ce fut pour lors, dit l’Historien , qu’il commença à y avoir des banquiers à Lyon , &c. A la Juive , adv. C More Judaorum. J Selon les mœurs des Juifs. ( Vivre à la Juive. ) JUIFVERIE , / / C Judaorum vicus. ] Quartier d’une Ville où demeurent les Juifs. (II y a unej«/- verie à Avignon. ) On donne le même nom au quartier où demeurent les fripiers, & parce que la plupart font juifs. JUIVE ,/ f. [Judœa. J Qui est née Juive. (Une belle Juive. ) JUILLET, / m. f Julius. ] Un des mois de l’Eté. ( Le mois de Juillet est chaud. Nous sommes en Juillet. Le ç. 6. 7. de Juillet. II est né en Juillet. Le savant Jean Calvin nâquit à Noyon le 10. de Juillet de l’année 1509. JUIN, / m. s Junius. ] Un des mois de l’Eté. (Le mois de Juin est beau. II est mort au mois de Juin. Point de glace ; bon Dieu !au plus fort de f été , Au mois de Juin. Despr. fat. ;. ). JUJUBE, f m. [ Zizipbum. ] Fruit que porte le jujubier. ( Les jujubes sont bonnes pour l’estomac. ) JUJUBIER , f. m. f Zizipkvs. J Arbre qui est grand comme un prunier, & qui est tout garni ci’épines longues & piquantes. 11 y a encore une sorte de jujubier, qu’on apelle jujubier blanc , & qui est plus grand que le jujubier. JULE, Jules, f. m. f Julius. J L’un & l’autre sc dit. Nom d’homme. ( Le premier César s’apelloit Jule , & c’est de lui que les autres Césars ont pris ce nom. Votez Cimelia litteraria , cb. 32. Jule , á qui P avenir se montrede Jl loin (sue tout notre destin ejì dans ta connaissance Main. poésies. Jules , qui de t Etat tenez le gouvernail. Marigni, Balade. ) JULES, {_ Julius. ] Petite ri 0noïe qui vaut environ cinq sols, & qui est en usage en Italie. L’écu de nôtre monoïe vaut dix Jules. JULEP , f m. Z Julepus , dulcicula potio. ] Potion composée avec des eaux distilées & avec les sirops , ausquels on ajoûte quelquefois des électuaires , des confections, des poudres & autres médicamens. ( Faire un julep cordial. ) JULIEN, f m. [ Julianus. ] Nom d’homme. (Julien F Apostat. L’Empereur Julien étoit un éloquent Souverain. U en a donné des marques dans ses Césars. L’excélent Mr. Spanheim les a heureusement traduits en François ; & les a embélis d’agréables & savantes notes. ) JULIENNE, f- f Z Juliana. J Nom de femme- (Julienne est fort jolie. ) Tome II. P p JULIEN- 298 JlíM JULIENNE. C AnnU juVtanus. ] Ce mot se joint avec année. L’année julienne commune est de ;6;. jours , & la bissextile est de ;66. On lapelle ne , parce.. qu’elle a été reformee par Jules César. Voïcz t TULION , s m - [ Julianus. ] Nom de garqon , qui veut dire petit Julien. ( Julion est beau & sage.) TU VIART ,s m - C Onataurus. ] Béte de somme engendrée d’un taureau & d’une ânesse , & qui porte aussi pesant qu’un mulet. JUMEAU , J', m. s Gemmas, gemettus. ] Un des enfans mâles nez d’une même couche. ( Enfans jumeaux. Ce font deux jumeaux. ) f§ La naissance de deux jumeaux est suivie d’une difficulté insurmontable : Selon les aparences, le premier qui vient au monde , doit être regardé comme étant l’aîné ; mais les Philosophes & les Médecins con viennent si peu de la maniéré dont les fœtus ont été formez, & ce qui se passe dans les entrailles de la mere est un secret où les hommes peuvent si peu pénétrer, que l’on ne peut rien dire afirmativement fur ce sujet. Le Jurisconsulte Ulpien propose cette question dans la loi io. §. u!t. ff. de rébus dubiis : Un Testateur légué la liberté à unè esclave au cas que son premier enfant soit un mâle ; elle acouche d’un mâle L d’une fille : on ne pouvoit point déterminer lequel des deux enfans étoit né le premier ; le Jurisconsulte Ulpien décide que dans cette espèce particulière , il falloit suivre le parti le plus doux & le plus favorable , & qu’ainsi il falloit présumer le mâle né le premier , & déclarer la fille ingénue, puisque & mere avoit aquis fa liberté par la naissance du mâle. Ce n’est point là une décision précise ; on en peut conclure seulement que ces circonstances favorables doivent faire pancher plutôt pour l’un que pour l’autre. Cette question est amplement traitée par Mr. Henri dans son second volume , & par Mr. le Brun dans son traité des Successions, où l’on propose le partage, ou le fort; mais lorfqu’il s’agit d’un Roïaume, ces deux moïens de décider le doute, ne seront pas suivis ; les Roïaumes ne se partagent pas facilement ; il y en a même, comme celui de France, où l’on n’admetroit pas le partage. Quant au fort, on obligera dificilement les prétendans à soumettre leurs droits à l’incertitude du fort. Un Docteur Espagnol propose en ce cas une élection faite par les Etats assemblez,- mais je fuis persuadé que ce moïen n’est pas plus sûr que les autres , & que la pratique n’en est pas moins difficile. { UMEAUX. [Gemini ] Troisième signe du Zodiaque. Kioiquel’Académie mette indifféremment Jumeau & Gemeau, il semble que ce dernier est plus en usage. JUMEAUX- X Gemini. ] Ce sont deux alembics posez l’un auprès de l’autre. Ensorte que le bec de l’un entre dans le ventre de l’autre. JUMELLE , f f. [ Gemella. J Une des filles nées d’une même couche. ( Elles font jumelles. Ce font deux jumelles fort jolies. * Cerise jumelle. ) JUMELLE,//! [ Gemma, bi juges. ] Espèce de boite de fer qui assemble par embas les deux parties d’un étau. JUMELLE. [ Bijuges, J Terme d’hnprimeur. Grosse pièce de bois à chaque côté de ia presse. ( Les deux jumelles de la presse doivent être bonnes & fortes. ) JUMELLES ou Gemelles. [ Bijuges justifia. J Terme de Blason. _ C’est une espèce de fasce double , ou en deux devises , dont on charge le milieu d’un écu. On dit aussi sautoirs jumelez , croix jumelées , chevrons jumelez. J JUMELLES. Terme de Marine . Longues pièces de bois de sapin , qui sont arrondies & creusées, & que l’on attache autour d’un mât avec des cordes, quand il est besoin de le renforcer. On les apelle ausfi, Ge. mettes , Gaburons , Clamps , Cojìons. t JUMELLER, v. a. Jumeller un mât, c’est le fortifier par des Jumelles. JUMENT, f. f. f Equa. ] La femelle d’un cheval, ftin^à faire racf 16 ' ^ ^ Une cava e P^ ne ' ou de- 'T" ’ S en ejt venu noue faire J ' Mol. fâch act! 2 sc 6. )“ compl!ment - JUMENT. Terme de Faux monoìeurs. C’est une JLIP sorte d’instrument particulier, qui est en forme de fer de gaufres, & qui sert à faire & à marquer ’sefpéce au même-tems. ( Cette jument fait pendre son maître , & c’est tout dire. ) IVOIRE , f m. & f. C Ebur. ] C’est la matière des grandes dents , ou défenses de l’Elefant. ( Ivoire fort blanche. Vaug. Rem. * Son corps est un grand temple d’Ivoire. Voit. Po’éj] Cou d’Ivoire. (C’est-à-dire , cou fort blanc. ) L’Acadé- mie le fait masculin. JUPE, f f C Supparum inferius. J Sorte d’habile- mènt de femme , qui prend depuis les reins & décend jusqu’à terre. (Une belle jupe. Une jupe magnifique.) JUPE, d?entre-deux. s Supparum médium. ] C’est la jupe que les Dames mettent entre la robe & la jupe de dessous. JUPE dedejfous. [ Supparum intérim. ] C’est la-jupe qui est fous la jupe d’entre deux. JUPI TER , f m. f Jupiter. ] L’une des sept Planètes, dont l’orbite est situee entre Saturne & Mars, & qui tourne autour de la terre dans i’espace de douze ans, acompagné de ses quatre satelites découverts par Galilée. ( Un astrolabe en main, elle a dans fa goutiere , A suivre Jupiter paste la nuit entiere. Defpr. ) JUPITER. Chez les Poètes & les Païens, c’est 1* fils de Saturne, & le plus grand des Dieux. [Jupiter.} Jupiter quelquefois fait tomber le tonnerre Sur un arbre innocent , fur des fruits de la terre, Et lorsque A’ une femme il faut percer le sein, Le mime Jupiter n’a plus de foudre en main. Ëpít. d’Ovide. Le fameux Jupiter , celui que l’Antiquité Païenne a reconnu pour le plus puissant de ses Dieux, étoit, dans son origine, un mortel né de Saturne & de Rhée. Jupiter & Junon se rendirent recommandables par leurs vertus. Si nous en croions Diodore Sicilien, liv. Jupiter étoit d’une humeur bien diférente de celle de son pere : fa douceur, ses maniérés engageantes lui aquirent le nom de pere ; & plusieurs ont cru que le Peuple lui défera la Roïauté, dont Saturne fut dépouillé; car il déclara la guerre à son fils, & étant soutenu par Titan un de ses autres fils , ils en vinrent à une bataille dont la perte acheva de ruiner entièrement Saturne ; & selon Diodore, cette victoire rendit le fils maître de toutes les Nations. 11 usa bien de son pouvoir, & son principal soin fut de punir les scélérats, & de faire du bien aux vertueux. Ses grandes qualitez lui aquirent après fa mort le titre de Çtvç & de Jupiter. Les Peuples qui l’adoroient fur la terre, crurent qu’ils dévoient de même l’adorer dans les Cieux, & lui donner la prémiere place parmi les Dieux. Les Poètes prévenus par les scntimens du Peuple, lui confirmèrent & l’immortalité, & la supériorité sur tous les autres Dieux, que la superstition avoit inventez; & des actions de fa vie, ils en firent le sujet d’une infinité de fictions. La défaite des Titans, leur donna lieu de dire qu’il les avoit jettez dans le Tartare , parce que le fond de l’Espagne étoit regardé en ce tems-là comme la fin du monde , & comme un lieu couvert de tene- bres, en un mot comme on enfer. Le combat contre les Geans, fut inventé fur l’idée de celui où Saturne & ses Titans furent vaincus : ainsi tout ce que les Poètes ont chanté fur la grandeur de la puissance de Jupiter, a eu pour fondement les grandes actions qu’il avoit faites pendant qu’il régna fur la terre ; elles furent aussi la source où l’on puisa tant de titres diférens qu’on lui a donne dans les anciennes inscriptions, où l’on voit qu’il est apellé Jupiter le trés-grand& le très- bon. Jovï Optimn , Maxhno. Quelquefois on s’adref- se à lui fous le titre, SanHìtati J o vis , ou Num'mi Deorum , Aug. Jo-ji Opt. Max. ou Jovi Statori, Sa- lutari , Hojpitali , Feretrio , Inventari , Tonanti, Tar- peìo , Fu guratori, 'Fonitruo, Fulminatori, Imbrìcìtori, & enfin sous plusieurs autres noms que je ne crois pas devoir expliquer; on les entend aisément. JUPITER. Terme de Chimiste. C’est le nom qu’on donne à l’étain, JUPON , f m. s Supparum intérim. ] Petite jupe de femme qui ne sc voit pas. Petite jupe que les femmes mettent fur leur chemise »• Ç Ebriofuí, vinibibulm. J Celui qui est sujet à l’ivrognerie. ( C’est un ivrogne. Un infâme ivrogne. IVROGNER , v. n. [ Pergrœcari. J Se remplir de vin. Boire du vin par excès. (11 marcha durant sept jours, ivrognant & lè gorgeant de viande. Vaug. Quint. Cur- ce , /. 9- ) . * C’est une ivrognerie qui veut dire mieux que la sobriété. Abl. Luc. t. i. IVROGNERIE, / f. [ Ebriositas, bibendi intemperan- tia. ] C est le vice des personnes qui boivent du vin par excès. ( L’ivrognerie doit être blâmée. L’ivrognerie est honteuse,infâme & indigne d’un honnête homme. L’ivrognerie est dangereuse, car elle a perdu un Antoine l’un des Triumvirs. Le Mait. plaid. 24. ) IVROIE. Voïez Ivraie. JUS, / m - [Succits, jus .] Liqueur qui fort de quelque fruit. Substance liquide qui fort de quelque viande qu’on presse, qu’on fait rôtir. (Ils éprégnoient du jus de fefaine. Vaug. Quint. I. 7. Jus de réglisse. Le jus de citron rafraîchit. Prendre du jus de la vigne. S. Amant.) Voïez Inonder. . Le jus de la treille Es} un secours contre plus d!un tourment. Deshoul.) JUSIER. Voïez Gésier. JUSQUES, jtffque. [Usquèf] On dit l’un & l’autre, fans une s finale, ou avec une s finale ; jusques & jusque font prépositions qui régissent le datif, & qui marquent le tems, ou le lieu. (Joseph demeura en Egypte jut qu’à la mort d’Hérode. Port-Royal. Jusques à cette heure. Jusqu’a cette heure. Vaug. rem. Jusques à quand , Seigneur, attendez-vous à me secourir. Port-Royal. L’é- chelle de Jacob s’étendoit depuis la terre jusqu’a u Ciel. De Paris jusqu’à Rome. Le prélat resé seul calme un peu son débit , Et jusques ausouper se couche U f assoupit. Despr.) Mr. de Racan a dit : Seigneur jusques à quand fermeras tu l’oreille Aux plaintes que je fais ? II faut convenir que jusques à quand a quelque chose de bien dur. JUSQUIAME , f /■ [ Hyosciamus. ] Plante qui pousse plusieurs tiges , dont les fleurs font blanchâtres, qui est assoupissante, & souvent mortelle aux animaux qui en mangent ; son fruit ressemble à une fève. JUSSANT, f m. Terme de Marine. C’est le reflux dé la mer. (11 y ajussant, c’est-à-dire, la mer s’en retourne. ) JUSSION , f f [ Jaffìn, mandatum. ] Mot dont on Te sert en parlant de Pape, & signifie Commandement. Ordre. ( Le Pape après avoir répété ses longues Bulles d’admonition, de Jussion, de fTation. Mauc. J'cbis. I. 2. p. 20. ) 11 se dit au ÍT i au Palais , & signifie commandement fait à une t>ur souveraine. Cet Edit ne fut vérifié qu’après plusieurs Juflìons réitérées.) JUSTE , adj. [ Jtsiití , aquw. ] Ce mot se disant des personnes, il signifie qui aime ìa justice. Qui rend à chacun r.c qui lui apartient. ( Dieu est juste. II y a quelques hommes justes, mais il y en a peu. Le juste au sentiment du sage, Pèche sept fois tsi d’avantage, Mais la femme juste combien ? Ma foi le sage n’en dit rien. Aut. Anon. ) * On dit par exclamation, Juste Ciel! Juste Dieu! JUSTE. [JEquus. J Ce mot fe disant des choses, signifie conforme à la justice & aux Loix. ( Action juste. Jugement juste. Bien que de fe fâcher on ait de justes causes, Une belle d’un mot rajiste bien des choses. Mol. ) JUSTE, adj. f Convèniens. J Proportionné. Egal. Qui a de la justesse. ( Allégorie bien juste. Paj'c. I. 5. Des souliers fort justes.) ? e mot si § nifie quelquefois, qui est raisonnable, & conforme au bon sens & à la raison. (C etoientdes plaintes de quelques particuliers qu’iln’é- t9it pas juste d imputer au Corps. Rase. Provincial» ;. ) JUS * JUSTE. [ Accuratus. ] II signifie quelquefois exact. Une observation juste. Un compte juste. Une voix juste ne fait point de faux ton. Celui qui a l’oreille juste, discerne fort bien les accords. _ , * JUSTE. [ Réélus, legitimm. ] II fe dit a l’égard du poids. (Une balance juste demeure en équilibre & trébuché au moindre poids qu’on y ajoûte d’un côté. Une pièce de monoie est juste quand elle ne trébuche pas. * On dit qu’une arme à feu est juste quand elle n’a point de défaut. ) JUSTE, f m. [ Integer vit a: Jcelerisque purus. ] Homme de bien. Personne vertueuse & qui a vécu saintement Les justes font dans la main de Dieu, comme dans leur lieu de refuge. Morale du sage. Le juste est plus heureux avec le peu qu’il possède, que ne font les médians avéc leurs grands biens. Port-Royal , Psaumes. ) JUSTE , adv. [ Apprimè, convenienter. J Avec justesse. Avec esprit. (Ecrire juste. Parler juste. Abl. On pense juste par tout où il y a des hommes. Théo- phraste, Caractères des mœurs. ) H Au juste , adv. Dire le prix au juste, vendre au juste , savoir une chose au juste, peser une chose au juste. (Savez-vous au juste quelle heure il est? Di- tes-nous au juste ce qui s’est passé. ) JUSTE-AU-CORPS , st m. I Vestis virilis adstricíiorst Espèce de vêtement d’homme , qui est proportionné au corps, qui se boutonne comme un pourpoint, & qui décend presque jusques au genoux, quia des manches longues & retroussées qu’on se met dans le bras , qui a des poches pardevant & des boutons aux cotez & derrière, mais les boutons de derrière, ni des còtez, ne se boutonnent pas. ( On commence à s'inquiéter Comment-ilfaudra s’ajuster , Ou prendre juste-au-corps U jupe. Perr. Chasse. ) JUSTE-AU-CORPS de femme. [Vestis mulìebris adstric- tìor. J Sorte d’habillement proportionné au corps des femmes qui est fendu par derriere & vient jusques à mi- cuisse. JUSTE-AU-CORPS. Se dit en raillant d’une prison. On lui a donné un Juste-au-corps de pierre. On le dit auísi d’une bière , & de la croûte d’un pâté. JUSTEMENT, adv. [ Juste, juré .] Avec justice. (II a été puni justement. Onl’a justement condamné.) Monsieur , c’est justement que chacun vous renomme, Je doute que la terre ait un plus ho-nmte homme. Bours. Esope. ) JUSTEMENT, adv. [£o ipfi temporesi Précisément. A point nommé. ( 11 arriva justement au point que les Perses mettoient le feu. Vaug. Quint. I. ;. C’est prendre justement le Roman par la queue. Mol. Justement, suivant cette doctrine cette grâce est sufilànte sans l’ê- tre. Pasc. I. 2. ) JUSTESSE ,//. [Afta. compqfitio. J Raport ingénieux que doivent a - oir les choses d’esprit. C’est aussi le tempérament qui se trouve entre l’excès & le défaut. U y a d„„e deux sortes de justesse, l’une dépend du goût & du sentiment L fait sentir en chaque -ibole les mésures qu’il y faut garder ; & l’autre consiste dans le vrai raport que doivent avoir les choses. (Pécher contre la justesse. Voïez un traité de lajustestèdu Chevalier de Meré. Mais notre hôte fur tout pour la justesse N Part. Elevait juj’qu’au Ciel Théophile (5? Ronsard. Despr.) s§ Ce n’est pas le son des paroles qui en fait la beauté ; car autrement on trouveroit plus beau le chant des rossignols, que les discours les plus éloquens : préve- nons-nous donc de cette vérité, que c’est la justesse qui fait la solide beauté d’un discours ; que pour bien parler, il faut être sage ; c’est la sagesse qui dispose les choses , & les conduit à leur fin. Scribendi relié, stipere est, fsi principium sons. Lami, art de parler, c’n. 5. Les pensées font plus ou moins vraies, selon qu’elles font plus ou moins conformes à leur objet ; la conformité entière fait ce que nous apollons la justesse de la pensée ; de sorte qu’une pensée juste, est, à proprement parler, une pensée vraie de tous les cotez à dans les jours qu’on la peut regarder. Le P. Bouhours raporte pour exemple de cette justesse l’épigramme d’Ausone sur Di- don, & qui a été si heureusement traduite en notre langue : Pau- JUS Pauvre T): don , où t’a réduite De tes maris, le trijie fort! L'un en mourant cause ta fuite ; Vautre en fuiant cauje ta mort. JUSTICE ,s f í Jusiitia. ] Volonté de rendre à chacun ce qui lui apartient: ( La jullice est le fondement de toutes les autres vertus. Justice commutati- ve , distributive. Rendre justice a un chacun. La justice n’est pas une vertu d’Etat. Corn. ) f JUSTICE. Les Romains ne reconnoiííoient d’au- tre justice, que celle qui s’accordoit avec leurs intérêts, & qui pouvoit contribuer à leur agrandissement. 11 leur sutiloit qu’une chose fût utile , pour passer pour très-juste & trés-Iégitime. Tous les Princes du monde, anciens & modernes, fe font conduits par les mêmes principes. Ils ont tous embrassé cette méchante morale , que tout le monde déteste , & que tous suivent chacun dans fa sphère ; & ceux mêmes, qui par leur état devroient nous en éloigner , font les prémiers à nous en donner l’exemple. Polybe de Folard. {§ La justice doit être le motif & le fondement de toutes nos actions , & principalement des grandes entreprises. Demosthene, après avoir étalé aux Athéniens les profperitez de Philippe , fes perfidies, & fa mauvaise foi : Oui, Messieurs, ( leur dit-il) la grandeur bâtie fur les infidélité? & fur les parjures , manque dans les fondemens, & ne peut être durable : elle peut imposer aux yeux par des dehors qui promettent, & fe soutenir pendant quelque tems , comme par miracle ; car il faut absolument qu’elle s’écroule & s’abat- te. Je crois, Messieurs , que je ne me trompe pas : comme tout édifice demande des fondemens solides, toute action aufli doit avoir pour base la justice & la bonne foi. JUSTICE. [ Favor , gratta. ] II lignifie quelquefois autant que faveur, ou grâce. (Faites-moi ) la justice de croire que je fuis avec une afection aussi ardente que vous le pouvez penser , votre très-humble serviteur. Cojiar. t. i. lettr. 211. Rendre jujìice au mérite, f Ex verìtate tejìimare. ] C’est-à-dire , en juger favorablement. f * JUSTICE, f Pondus, menjúra. J Ce mot fe dit en riant, pour dire, poids ou mesure, nous avons ici la justice, vousalez avoir satisfaction. ) JUSTICE- [Jus, jurijprudentia .J Judicature. (Us ne pouront exercer aucune charge de Justice. Patru, j) laid. ) JUSTICE. [ Jus. ] Juridiction. ( II y a trois fortes de Justice, haute, moïenne & basse. La haute Justice, comprend la moïenne & la basse : Elle conr.oít de tous les crimes punissables de mort & de toutes les causes civiles dont les cas ne font ni Roïaux ni privilégiez. La moiènne Justice, connoît de toutes les actions civiles, réelles, personnelles S mixtes, & des fautes dont l’amende ne passe pas soixante sous parisis. La. base Jujìice, est une Juridiction qui connoît de toutes matières personnelles jufqu’à soixante fous parisis & des Cens dûs au Seigneur, & des fautes dont í’amende ne va pas au-de-là de six fous parisis. Efimite point ces fous dont la sotte avarice Va de ses revenus engraisser la Jusice. JUSTICE foncière. C’est une sorte de Juridiction qui connoit des censives qu’on doit au Seigneur, & de toutes les choses dont connoit la basse justice. Et ainsi l’on croit que la basse Justice &la Justice foncière ne font qu’une même chose. Ferrière, introduííion à la pratique, page 189. JUSTICE, f Quò quisin jus vocatur. ] Tribunal de justice. Lieu oú l’on rend justice. ( Apeller quel- cun en Justice. Abl. apoph .) JUSTICE. [ExtremumJ'upplicium.'] Exécution d’str- rê t ou de Sentence criminelle. .( On va faire justice. On fera justice aujourd’hui. On lui livra le coupable pour en faire justice. Abl. apoph. ) JUSTICE , f f. f Prinueva Janrlitas. ] Terme de 'Théologie. Prémiére innocence de l’homme avant son péché. ( Adam perdit fa justice originelle par la désobéissance. Dans la justice originelle la grâce étoit foû» mise au libre arbitre ; mais dans notre état le libre arbitre est soúmis a la grâce. ) JUSTICE. [ Jusiitia.'] Grâce de la justification , qui rend l’homme iulte. (Nous avions besoin de la grâce pour aquerir la jujìice , & pour y perseverer. JUSTICIABLE, adj. f Qui aiicujm potestatis est. ] 'Sujet à la justice de quelque Juge. (II est justiciable du JUS 301 diocezain. Patru, plaid, i-p U n’est pas son justiciable.) JUSTICIER , J', m. f Jurìsdiéìionem habens. ] Voïez Haut jujììcìer. JUSTICIER , v. a. C’est faire foufrir à quelcun le dernier suplice. ( On a justicié aujourd’hui quatre voleurs de grands chemins. Acad. Fr. {$ Et pour un mime fait, de même intelligence, Vun est jtcjiicié, l’autre aura récontpenj'e.) JUSTIFIANT, justifiante, adj. [ Probans, convîn- cens.^ Qui justifie. ( C’est un fait justifiant. Preuve justifiante. Circonstance justifiante. D. Aucourt, fa- Hum pour le Brun. ) $ JUSTIFICATEUR, f. m. Terme de Fondeur de caractères ci’imprimerie. II fe dit également & de l’Ouvrier qui justifie les lettres, & de l'instrument avec lequel il en fait la justification , ou plutôt avec lequel il les aprêtej c’est-à-dire, avec lequel il leur donne la dernière façon avant de les envoler à l’imprimeur. JUSTIFICATIF , justificative , adj. f Innocentìam prooans f Qui justifie. ( Etre reçû à fes faits justificatifs. Pièces justificatives. Le M ait. ) JUSTIFICATION, f. f. [ Probatio. J Défense qui montre qu’une personne n’est pas coupable. ( 11 a été contraint d’en user de la forte pour fa justification.) JUSTIFICATION. C Jusificatio. J Terme de Théo- ìogie. Rétablissement d’un pécheur dans la grâce. JUSTIFICATION, f Paginarum aquatitiu. J Terme à'imprimeur. Elle consiste à egaier les pages , tant en largeur qu’en hauteur. (Prenez garde à ia justification des pages. ) f JUSTIFICATION , en termes de Fondeur de caractères , signifie la comparaison qu’on faitd’une lettre nouvellement fondue avec une ancienne lettre, qui sert comme d’étalon ou de lettre matrice, pour donner aux nouvelles fontes leur véritable hauteur en ligne. ^JUSTIFICATION , fe dit auílì de l’instrument fur lequel sc placent & la lettre matrice & les lettres qu’on lui donne pour le distinguer du justificateur, qui sert à aprêter les lettres. JUSTIFIER , v. a. [ Purgare , culpam removere , de. peûere , probare. J Montrer qu'une personne n’est point coupable. Montrer que la chose dont on entreprend la défense n’est point criminelle. Montrer qu’une chose est vraiment dite. (J’ai bien justifié le Proverbe, que l’oisiveté est rr.ere du vice. Le Comte ae BuJjL Justifier une personne. Abianc. ) Je vous trouve fort bon de tenir ces paroles, Quand je me justifie à vos plaintes frivoles. Mol. JUSTIFIER. [JuJium reddere. j Ternie de pieté. Mettre au nombre des justes. (La grâce justifie le pécheur.) JUSTIFIER. [ Paginas aquaresi Terme d 'Imprimeur. C’est rendre les pages également hautes & larges. (Justifier les pages. Page bien justifiée. H JUSTIFIER. Terme de Fondeur de caractères. C’est mesurer des lettres nouvellement fondues fur la hauteur d’une lettre déja justifiée , ce qui fe fait avec la Justification & le Jetton. C’est aussi jauger, ou si l’on veut, niveler l’épaisseur des lettres fur lc marbre, aussi avec le Jetton. Ce terme s’entend encore de la façon qu’on donne aux lettres, en les enfermant entra les branches du Justificateur , pour voir s’ils fonc bien en ligne , & pour les aprêter. f JUSTINE, f f. Monoïe d’argent fabriquée à Venise , qui tient onze deniers de fin. On l’apelle autrement Ducaton. Le nom de Justine lui a été donné par ce qu’elle a été frapée fous un Doge de la famille de* Justiniani. 4 = JUSTINE , f f. Terme de Fleuriste. Tulipe panachée de deux rouges fur le fond de satin. JUSTINIEN, Jujìinian.sm. [ Justinianus .] Nom d’homme. II faut dire Justinien, & non pas JuJìinian. Quintilien .Domitien, &c. & non pas Quintìlian. Domitian. &c. JUVEIGNEUR, / r,i. [ Junior. ] Vieux mot de coutume qui fe dit du frère puîné, par abrégé de Jeune Seigneur. ( 1 ! y a des terres nobles qui sont tenues à ligence de Paine & du Juveìgneur, qu’on apelle tenues à Juveignerie , 011 en partage. (Ceterme est souvent raporte dans la Coûtume de Bretagne.) JUX TA-POSITION,/ f. Ù u xtapositioJ\ Terme d e Phfique. Action par laquelle les corps naturels augmentent leur masse par l’atachement d’autres corps voisins. ( La pierre s’augmente par juxta-position. ) IXEUTIQUE, udj. [ Ixeutieus. J L’artde prendre des oiíèaux à la glu. k P ? K. R. K 302 K K 5T. M. Dixième Lettre de l’Alphabet François. ( Un K bien fait Le K est presque tout a soit ba- ni de notre Langue , Sc en fa place on ie ícrt de la lettre C. Ainsi on n’écrit plus Karat , mais Carat, & il faut chercher au C. les mots qu’on écrivoit autrefois par K. Monsieur Defmarets remarque dans fa Grammaire Françoise que le K n’est pas proprement un caractère c!e ('Alphabet, n’y aïant aucun mot François où il soit empîoïé, que celui de Kìrielle , & qui a été formé abusivement de Kyrie eleison. Hors ce seul cas, cette lettre n’est en usage qu’en quelques noms propres ou apellatifs pris de ì’Aliemand & d’autres langues, comme Stokolm , Sobieski , &c. KACOURNE, /• f- Efpéce de tortue qui est beaucoup plus grosse que les tortues franches. Son écaille sert à garnir la plupart des grands miroirs. KAEY // Arbre haut & épais qui croît au pais des Noirs , & dont le bois est si dur qu’on en fait des Canots. On emploie son écorce & ses feuilles dans quelques remedes. KALENDES- Voïez Calendes. KALI- Fiante qu’on apelle autrement Soude. K ARABE', ou ambre jaune , f m. C’est une résine ou bitume fort pur qui s’écouie des veines de la terre dans la mer , où ii s’endurcit par la force de l’efprit coagulatif d u sel de la mer. (Karabé blanc, jaune, ou noir. Glas. lìv. 2 . c. 12 . ) KARAT- Voïez Carat. KARAOUTA, ou Karouata. s. m. Plante qui croit aux Indes Occidentales, & qu’on nomme autrement Karata. H y a austì un autre Karat a, qui est une espèce de bois qui croît dans l’Amérique. f Le Karata , est une efpéce d’Aloës. . T K AT TE QUI, s. m. Toile de coton bleue qui Vient de Surate. 4 K A VIA , KAVIAC , ou CAVIAL. Ce font des œufs d’éturgeons. 4= KEN , s m. Mesure des longueurs dont on fe sert à Siam. C’est une efpéce d’aune qui a près de trois piez. 4 KEPATH , s m. Petits poids dont fe fervent les Arabes. Douze Iíepaths font le Dirham ou dragme Arabique. KER. Mot Breton qu’on met d’ordinaire devant les noms propres , & qui signifie ville. KERMES, s f [ Granmn tinHorium. 3 Efpéce de coque rouge, remplie d’un soc de même couleur, qui croît en Espagne, en Languedoc, & autres pais chauds, & qui fortifie l’estomach, es rares qualités dont il étoit orné. Fontenelle. ) KIRIELLE. Terme de Poésie Françoise. Sorte de vieille rime Françoise qui consiste à repeter un même vers à la fin de chaque couplet, ou de chaque stance. KIRIELLE. Litanies, prières de l’Egliseà l’honneur de jésos-Christ, de la Vierge, & des Saints. [Litanm.] C’est une bonne femme qui passe la meilleure partie de la journée à dire ses Kirielles. Ce mot est vieux. 4 KISTE, / f Efpéce de laine qui se tirre d’Ale- magne. 4 KISTE. Mesure des liquides dont fe fervent les Arabes. KQLACH,/ m. Arbre qui croit au pais des Noirs, & qui pousse d’assez hautes branches ; ses fruits font assez semblables aux prunes & bons à manger. 4KOUAN, «u CHOUAN, / m. Graine legere d’un verd qui tire fur le jaune, d’un goût un peu sale & aigrelet ; on s’en sert à faire le Carmin. LA LA B T , S. M. La onzième Lettre de l’Alphabet. Pronon- - Lí cez Elle. ( Faire une L. L. bien faite, B. C. S. armez avec L. U P. T., joints à la querelle, Estèrent fe mettre en crédit, Voit poef. ) La Prononciation de la lettre L, reçoit diverses altérations. Car elle est mouillée , lorfqu’elle compose les mots, comme paille , fille , feuille , exceptez mille & ville. Quand elle est finale , les changement sc réduisent à trois. Car ou elle fe mouille , comme dans péril . mil , &c. ou elle est tout-à-fait fuprimée , comme dans sourcil , outil, gril, gentil. Ou enfin elle se change en v voïelle, comme dans col, sol, mol, sol. Cependant quant à ces derniers mots , on les écrit à présent comme on les prononce ; à moins qu’elle ne suive une voïelle. Car alors la lettre L , retient fa prononciation; & l’on dira , comme il est écrit un sol apel. Un homme mol Q efféminé. Hors de ce cas la lettre L , fe prononce & fe fait sentir. Defmarets , Gratn. Fr. te que ta lettre L, ejt la prémiére en t P í j Cre , Ce ’ à Louvre, du nom de . Ue f enfle d orgueil, elle leve la crête ; E demande a J es sceurs des refiecís inouïs. Aut. anon. ) " LA- Arucle du nom féminin, sur lequel c peint d accens. Exemples. ( La prudence sc hornuiês. & Ì2 ^k- "f*"*- exemples. ( La prudence tage des hommes, L la beauté celui des femi LA , / m. Terme de Musique. Une des principales vo ix de Musique. ( C’est un la. ) La prononciation de ce mot doit être longue. Là. Sorte de particule démonstrative qui se marqué d’un accent grave. ( Ces maraux-ià ont dessein de me briser. Ah, mon Dieu 1 que ditez-vous là ? Molière. En ce tems-là. En ce lieu-là. ) Là. Sorte d’adverbe de lieu qui fe marque d’un accent grave , & qui signifie, en cet endroit. En ce lieu. Exemple, Seìez-vous là. Abl. Vous étes-là assez mal astis. Alez-vous-en là , & revenez vite. ) * Là , là. Sorte d’adverbe qui sert à exhorter, & qu’on marque d’un accent grave. ( Là, là, continuez. Là, là, ne faites pas tant de bruit. La, là, ma mie, ne faites point la farouche , vous n’en mourrez pas. ) t La, la, la. Sorte d’interjection pour marquer quelque mouvement de Famé comme la joie, & dont on se sert lorsqu’on commence à chanter, ou à danser. La , la , la , la , la, la, Molière. 4 LABADISTES , / m. pi. Secte formée par Jean Labadie , Ministre en France & ensuite en Zelande. On trouve encore des Labadistes en Frise , & en d’autres lieux des Provinces-Unies. LABARUM, / m. Enseigne ou Etendit qu’on portoit devant les Empereurs Romains à la guerre. C’é- toit une longue lance traversée par 1e haut d’un bâton duquel pendoit un riche voile de couleur de pourpre , orné de pierreries & d’une frange à l’entour, II y avoit une aigle peinte, mais Constantin la fit ôtefr pour y mettre une croix. 4 LAB« » LAB f LABDANUM, og LAPDANUM , s. m. Sorte de graisse qu’on trouve attachée à la barbe des boucs & des chèvres. LABEUR i s- »r. Du Latin Labor. [ Opéra. ] Ce mot signifie travail, & ne se dit Fuére que dans la grande poésie , & la belle prose. Exemples. ( Donc un nouveau labeur à tes armes s’aprête , prens ta foudre , Louis. Malherbe, poésies. Quelles sévères loix ont jamais ordonné ou’un labeur soit extrême & qu’il soit inutile. Gombaut , poésies. ) f LABEUR, se dit aussi des terres qu’on cultive. ( Ces terres sont en labeur. ) LABIALE , adj. f. [ Littcra quœ lahiis effertur. 3 Terme de Grammaire , qui est Latin. {Lettres labiales , c’est-à-dire , qui se prononcent des lèvres.) Le son de l'r- consonne est un certain son mitoien entre celui du b, & celui de 1’/*, ni si ferme & si labial que le premier, ni si âpre & sifflant que le second. Befm. Gram. Fr. ) t Ofres labiales. [Verbo tenus. ] Terme de Palais. C’est-à-dire , ofres qu’on ne fait que de bouche. ( Les estes labiales ne sont point considérées en Justice, ) LABIEE , adj. Du Latin labilis. £ Debilis, infir- mus. 3 Ce mot se dit de la mémoire, & veut dire, qui ne peut rien retenir , & dont tout coule & s’écha- pe. ( Avoir la mémoire fort labile. ) LABIRINTE, f. m. [Labyrinthe. J Ce mot vient du Grec. Lieu où il y a tant de chemins entrelassez les ans dans les autres qu’on s’y égare, & qu’il est comme impossible d’en sortir, lorfqu’on y est une fois entré. (stìinos enferma leMinotaure dans le labirinte.) £ LABIRINTE. Terme à’Anatomie. Cavité de l’o- reille interne, plus petite que le tympan, & creusee dans l’os pierreux. f LABIRINTE. Terme d’ Architefíure. C’est une espèce de compartiment de pave, qui imite par difé- rens détours la figure d’un labirinte. * LABIRINTE. £ Res insxtricabilis. ] Embaras. Di- ficulté embarassante. ( Nous avons en Droit deux réglés pour nous démêler de ce labirinte. Patru, plaid. . Je boirais de Vabjinte Pour trouver à sortir d’un pareil labirinthe. Bourf. Esope. f LABIZA, s tn. Espèce d’ambre ou de succinum, d’une odeur agréable , qui coule par incision d’un arbre qui croît dans la Caroline. LABORATOIRE,//. [ Chimica Officìna. ] Terme de Chimiste. C’est le lieu où sont ses fourneaux chimiques & autres choses pour faire des opérations chimiques & l’endroit ou le Chimiste travaille, (.Un laboratoire bien propre. t LABORIEUSEMENT, adv. Avec grand travail. ( U vit laborieusement. ) LABORIEUX, laborieuse , adj. T Mufti laboris homo. ] Qui travaille beaucoup. Qui fatigue. ( C est un garçon fort laborieux. Fille laborieuse. On profite des recherches laborieuses des excélens Traducteurs. S. Evremont. Laborieux Jardinier duplus commode Maître, Qui pour te rendre heureux ici-bas pouvoìt naître. Despreaux. ) $ On dit aussi , mener une vie laborieuse , former une entreprise laborieuse , ou qui ne peut réussir sans un grand travail. LABOUR, f tu- [Aratio. ] Travail de laboureur avec la charue afin de cultiver la terre. ( Premier labour. Donner un premier labour â la terre. Une terre qui est en labour. ) Labour. [Vim^ cultura.] Travail de Vigneron avec ■fa houë , ou de jardinier avec fa bêche. ( Donner un laboura la vigne. Donner un labour aux espaliers.) LABOURABLE, adj. [ Arabilis.3 Q’on peut labourer. Oui est propre à être labouré. ( Terre labourable.) LABOURAGE, f m. [ Agricultura, agrorum culte.] Exercice de laboureur avec fa charuë afin de rendre la terre capable de raporter du fruit. Agriculture. ( U se plaît extrêmement au labourage. Le labourage fait tout son plaisir. ) £ LABOURAGE , lignifie aussi 1 ouvrage, la besogne d’un laboureur. ( Le labourage de cette terre coute beaucoup. ) LAC 303 f LABOURAGE. On apelle décharge & labourage des vins, cidres & autre-, boissons, la sortie de ces ii- (jueurs hors des bateaux dans lesquels elles sont arrivées à Paris. Les seuls Maîtres Tonneliers ont le droit de faire ce labourage. LABOURER, v. a. £ Arare , exarare. ] Fendre la terre avec la charuë. ( L’abourer un champ de terre. Champ bien ou mal labouré. Labourer a blé. C’est donner le quatrième laboura la terre. // n iroit point troubler ces moineaux Çs ces pies S il lui salait toujours comme moi s’exercer , Labourer , couper , tondre , aplanir , palisser. Despr. ) (s On disoit autrefois labeurer, témoin cet apophtegme : En peu d’heures Dieu labeure. LABOURER. £ Vincam arare. j Terme de Vigneron & de Jardinier. C’est remuer la terre avec la bêche, ou la houë. (Labourer la vigne. Labourer les espaliers. Vigne bien labourée. Espaliers mal labourez. ) LABOURER, £ Fodere. 3 II se dit improprement des animaux qui fouillent la terre, comme les cochons, les taupes , &c. ( On dit les cochons & les taupes ont presque tout labouré ce pré. ) LABOURER, Terme de Plombier. C’est mouiller & remuer avec un bâton le fable qui est dans le châssis autour du moule. ( Labourer le fable. ) F LABOURER, les vins. Terme de Tonnelier. C’est les décharger des bateaux où ils ont été voiture/., & les mettre à terre. LABOURER. Terme Marine. Toucher à terre. Ce vaiileau iaboure. On dit aulli qu’une ancre laboure. quand le fond du terrein n est pas bon pour Pou v rage. LABOURER, â'e dit figurément & en ítile bas, pour avoir beaucoup de peine. 11 aura bien à labourer avant que de gagner son procez. LABOUREUR , f. m. £ Arator , agricola. 3 Celui qui cultive la terre avec la charuë. (Un bon laboureur. Un riche laboureur.) LABOUREUR. Ternie de Plombier. C’est le bâton dont le plombier se sert pour labourer le fable. LABURN UM, f m. [Citise Alpìnus.] Arbre qui est une espèce de citise & dont les Païsans font des pieus pour enfermer leurs champs. LAC, f m. £ Lace. 3 Grande étenduë d’eau qui ne 1e desseche jamais. Lieu dans la terre, profond & toujours plein d’eau, lequel ne se communique à la mer que par quelque riviere. ( Le lac de Genevc est fort fameux. ) LACER. Voïez Lasser. â ./estime qu’il faut écrire lacet, lacer , & non lasser, qui est un mot qui peut signifier deux choses bien diférentes , & qu’on ne pourroit distinguer que par la prononciation si l’on écrivoit lasser. Lacer vient de laqueare, selon la remarque de Mr. Ménage. LACERATION ,s s- Z Laceratio. 3 ( Le Juge a ordonné la lacération du libelle.) LACE'RE 1 lacérée, adj. II vient du Latin laceratiu. Ce mot ne se dit qu’entre gens de Palais & ii signifie déchire. ( Ecroué bile & lacéré. ) LACERER , v. a. Déchirer une procedure, un écrit. Ce mot n'est guére en usage qu’en termes de Pratique. AcaJ Fr. LACERET ,/»*.£ Terrebella. 3 Outil deChar- pentier, de Charron, & d’autres ouvriers en bois. LACERET & tariere font smonimes. La tariere est un outil de fer servant aux Charpentiers & aux Menuisiers ; il y en a de plusieurs fortes & de diféren- tes grosseurs. Ce mot vient du Grec, scion Air. Fé- libien : rípirpor de T?pew, terebro , percer avec un instrument. Quand le tarriere est gros, les ouvriers disent un gros tarriere ; & quand il est petit, ils disent une petite tariere ; sa grosseur détermine son genre. Felibien. f LACERNE, / /- [ Lacerna. 3 Espèce de casaque que les Romains portoient pour sc garantir des injures de Pair. LACERON ,/»*•£ Chondrilla lacíorv. 3 Herbe bonne pour les lapins,& qu’on apelle autrement laiíron. LACET. Voïez Lajset. LACHE, adj. £ Laxe r et enfui. 3 Qui n’est pas assez tendu. ( Corde trop lâche. ) 304 LAC LÂCHE, adj. [InbonesmJ Qui n’a point de cœur. Qui a Famé basse. Bas & honteux. Qui n a point de courage , ni de vigueur pour faire quelque chose. (Esprit lâche. Elle est lâche. Procedc lâche. S coron. Une lâche complaisance. Abl. Tac. An. I. 2. Morbleu, c’es une chose indigne , lâche, infâme, De V abaisser ainsi jusqu’à trahir son aine , Mol. ) * j,âCHE , s m. [ Timidm , imbellit , ìgnavuí. ] Celui qui n’a point de cœur. Qui n’a ni courage, ni honneur. C’est un coquin. C’est un lâche. Le monde est plein de lâches. L’épée d’un lâche ne fait point de mal. Port-Royal. ) LâCHE, adj. [ Segnis , mers. ] Qui manque de vigueur & d’activité. Dans un tems vain les hommes font lâches. Un tems lâche , c’est un tems vain. A voir le ventre lâche , ou être lâche du ventre, quand il ne peut retenir les excremens. LâCHEMENT, adv. [ Relaxé. ] Dune maniéré lâche ; ce qui veut dire qu’une chose n’est pas tendue. ( Ce galon est cousu trop lâchement. ) LâCHEMENT , adv. [ Ignavè. ] Négligemment. D’une manière lâche & molle. ( Les ouvriers qui travaillent à la journée vont lâchement en besogne, sur tout quand on ne les volt pas. ) LACHEMENT, adv. [ Turpìter , inhonest. ] Honteusement. D’une maniéré basse & lâche. Sans cœur. D’une manicre éfeminée. Mollement (II s’est rendu lâchement. Se battre lâchement. Abl.) LâCHER, v. a. [ Laxare , remittere. ] Détendre un peu ce qui est bandé , lié, ferré. ( 11 faut quelquefois lâcher un peu la ligature. Deg. Lâchez un peu la corde elle est trop bandée. Lâcher la bride à un cheval. ) * Mais on dit figurément. Lâcher la bride à quelcun. [ Conjìringendum libidinibm tradere.J Pour dire l’aban- doner à fa conduite, lui laisser faire ce qu’il lui plaît. On dit lâcher les écluses. [ Laxare aquarum repagu- la. ] C’est-à-dire, lever la bonde & laisser courir l’eau. LâCHER un trait , une flèche, f Arcum remittere. 3 C’est-à-dire, la décocher. Lâcher un coup de canon ; de fusil, &c. c’est le tirer, LâCHER. C A vinculis laxare. ] Mettte en liberté. Laisser aller. Laisser & ne plus tenir. Lâcher un prisonnier. Abl. Lâcher prise. Scaron. ) LâCHER. [ Emittere. 3 Laisser échaper. Lâcher un soupir. ( Lâcher un mot. Lâcher des vents. Je veux qu’on soit sncere, [fi qiìen homme d’honneur On ne lâche aucun mot qui ne parte du caur. Mol.) LâCHER de l'eau. [ Urinam reddere. ] C’est-à-dire, pisser , se décharger de son urine. LâCHER , v. a. [ In aliquem emittere. ] II signifie aussi faire courir après quelque bête. ( Lâcher les Sergens âpres un larron. Lâcher les chiens. Lâcher une bête farouche. On dit en termes de Fauconnier. Lâcher l’autour.) LâCHER. [ Alvum ciere. J Donner un bénéfice de ventre. ( Les pruneaux lâchent le ventre. Mol. ) LâCHER lepié. [ Pedem ret'erre. J C’est fuir. (La cavalerie lâcha le pié. Ablanc. Ar. I. 1. C’est aussi cesser ce qu’on avoit entrepris. ) LâCHER V aiguiUete. [ Alvum exonerare. ] . Pour dire : fe décharger le ventre, aller à la selle. LâCHER prise. [ Pradain dimittere. ] C’est diminuer quelque chose de ses prétentions. C’est aussi rabattre le prix d’une marchandise pour en avoir un plus promt débit. LâCHER. un vent. [ Crepitum emittere. ] C’est laisser échaper un vent par derriere. LACHETE', s f. [ Débilitai , lassìtudo."] Foiblesse de corps. ( On sent quelquefois une grande lâcheté «n tous les membres. ) LàCHETE'. [ Inertia , pigritia. ] Négligence au tra- vaih ( Travailler avec lâcheté. ) LaCHETE', s f. [ Ignavia , turpis animi abjeHìo. ] Poltronnerie. Bassesse d’ame. Peu de courage. (C’est 1 ïï- e ; S \ an< * e Achete à lui Scaron. II a fait une lâcheté. Mol. ) tache. VI f LACINIE LE, adj. Ce terme signifie en tei LAD mes de botanique , découpé en parties longues St. étroites. ( Feuilles laciniées. ) LACIS- Votez lajjis. LACIVEMENT, adv. [Turpiter, inhonesè .] D’une maniéré lacive. Elles fe jouent lacivement & fan* pudeur. Patru , plaid. i§. ) LACIVETE' , s. f. [ Lascìvia , saìacitas. ) Mouvé- ment indécent de corps & d’esprit en matière d’amour charnel. Laciveté honteuse. II fut chassé du ciel pour sa laciveté. Abl. Luc. t. 1. Je n’ose soutenir de mes mœurs la trop grande licence & la laciveté. Benserade. LACONIEN, enne. adj. [ Lacan , lac ana. ] Qui est de Laoonie : Pais de l’ancienne Gréce dans le Pe- loponefe. LACONIQUE , adj. [ Laconicuf. J Ce mot fe dit du stiìe, & il veut dire , Serré. Vif & Pressé. ( Un stile Laconique. Ablancourt. Mais fur tout certain Grec rencherìt [fi fe pique D’une élégance Laconique. La Font. ) LACONIQUEMENT, adv. [Laconicè. J D’une maniéré laconique. (Parler laconiquement. Abl. Apoph .) LACONISME, f. m. f Laconica breviloquentiaj Langage court. Stile ferré, vif & pressé. Maniéré de. s’exprimer brièvement & sensément, à la maniéré des anciens Lacedémoniens. C’est un Laconisme. La Bruyère. ) LACRIMAL , Lacrimale , adj. [ Aégilops. ] Ce mot ne se dit que d’une certaine maladie qui vient à l’œil qu’on apelle fistule lacrimale. II y a aussi des glandes lacrimales situées au-dessus de chaque œil proche le petit angle , & qui filtrent une- sérosité qui humecte le globe de l’œil & facilite son mouvement. 11 y a encore les points lacrimaux qui couvrent un sac membraneux , qu’on apelle le sac íacrimal où se forme la fistule. LACRIMATOIRE ,s. m. [ Vas lacrymatorium. ] Les Anciens donnoient ce nom à un vaisseau, ou à une petite fiole, où on recuëilloit les larmes qu’on avoit versées pour une personne décedée, & qu’on enfermoit dans son tombeau. ( On voit encore des lacrima- toires dans les cabinets de quelques curieux. ) LACTAIRE , adj. La Colonne lactaire étoit élevée à Rome dans le marché aux herbes. On exposoit dans cet endroit les enfàns abandonnez, dont le public prenoit foin. LACTE', labiée , adj. [ Laclem. ] Terme à’Anatomie. U n’est en usage qu’au féminin, & il se dit de certaines venes qui contiennent un suc blanc. ( Les veines lactées font répandues dans toute l’étenduëdu mésentère. Roh. Phis. ( Voie lactée. ) Volez voie. LACUI,/ m. L’Auteur de la nouvelle relation da la Chinepag. 345. dit que le lacui s’apelle aussi oiseau de bec de cire, parce que son bec en a la couleur. Le lacui est un petit oiseau cendré, gros comme un merle. Le lacui aprend fans peine ce qu’on lui montre. II porte un masque , manie une épée, une lance, une petite enseigne, joue aux échets, fait la révérence & plusieurs autres actions, & même represente une comédie lui seul. LACUNE ì s f. [ Lacuna. ] Lignes qui manquent dans quelque livre & qui interrompent la fuite du dit cours. ( Une petite lacune. On trouve des lacunes dans les anciens Auteurs. Ce livre est tout plein de lacunes. On a rétabli les lacunes de Pétrone' fur un manuscrit de Belgrade. ) LADANUM, s m. [Cistrn ladaniseraj Matière gommeuse qu’on tire d’un arbrisseau apellé Ledum , par le moien des chèvres. Ces animaux broutent les feuilles de cet arbrisseau , reviennent à l’étable avec leur barbe chargée d’une substance grasse que les Paï- sans ont foin de ramasser avec des peignes de bois faits exprès : Ensuite ils la mettent en masse, & c’est ce qu’on apelle ladanum. LADRE, adj. [Lépris affeèím. ] Qui est malade d’une maladie qu’on apelle ladrerie. ( II est ladre. Elle est ladre. ) LADRE, [Lepròjuf. 2 Ce mot se dit des cochons. Un cochon ladre c’est un cochon qui a sous la langue de petits grains blancs,& dont la chair est pleine de ces grains. LADRE. [Paludojus .2 Terme de Chase, qui fe dit des lièvres. ( Un lièvre ladre , c’est un lievre qui habite aux lieux marécageux. Sal. ) LADRE. Ce œ,ot fe dit des chevaux, & veut dire marques. LAI ques blanches , au rond de l’œil & au bout du nez d’un cheval. ( Cheval qui a des marques de ladre. ) t * LADRE , f m. {Sordidus , prxparaií.) Vilain fiéfé. Avare tiéfé. Avare sordide. Qui n’a ni cœur , ni honnêteté. ( C'est un franc ladre. ) LADRE. Insensible , soit pour le corps , soit pour l’esprit. ( Je ne suis pas ladre , je sens bien quand on me pique & quand on m’offense. Acad. Fr.') Monsieur Bayìe dit qisil faut être ladre d’esprit pour ne pas admirer la maniéré frugale dont Calvin a vécu. LADRERIE, f. f. [ Lepra , elephantiasis.~\ Maladie de ladre , qui a sa source dans le foie. La Chamb. LADRERIE blanche. [ E’ephantia. J C'est une maladie de l’habitude du corps qui fait paroître fur la peau quantité de taches blanches qui ont leur racine dans la chair, & cela à cause d’une abondance de sang pi- tuiteux , corrompu , & blanc qui inonde tout le corps. Deg. p. 92. f * LADRERIE {Sordida avaritia, fordesC] Avarice sordide & vilaine. (C’est une ladrerie la plus grande du monde. Scaron. ) * On dit proverbialement, la pauvreté n’est pas un vice, mais c’est une espèce de ladrerie , chacun la fuit. LADRERIES. [Leproforum noficomiaC] Hôpitaux où l’on recevoit autrefois les lépreux, & qu’on apelle encore aujourd’hui Maludrerïe. LADRESSE , f. f. ( Elephantiaca .] Femme ou fille qui est ladre. Ce mot se dit tant au propre qu’au figuré. C’est un franche ladresse. Acad. Fr. LiETARE- Nom du quatrième Dimanche de Carême , ainsi apellé, parce que l’introït de la Messe commence par latare. í LAGAN, f. tu. Ancien Droit qui apartenoit aux Seigneurs fur les marchandises & débris des vaisseaux échouez ou submergez, que la mer jettoit sur les côtes. í LAGIAS. Toiles peintes très-belles qui se fabriquent & se vendent au Roïaume de Pegu. LAGOPUS,/! m. [Lagopus.J Plante qui est une espèce de trefìe , & qu’on apelle pie de lièvre. LAGUE , f- /• Terme de Mer. C’est l’endroit par où passe un vaisseau. f Venir dans la lague d’un vaisseau. C’est quand après être venu à lui côté à-travers,bn proue à son côté, on revire &on vient dans ses eaux & dans son sillage. On dit fort bien , Revirer dans ses eaux. LAGUNE,/ f. sLacHí.J Nom qu’on donne aux divers canaux qui partagent la ville de Venise. (Le flux & reflux est sensible dans les lagunes de Venise. S.Didier.) LAI, laie , adj. s Laìcm. J Laïque. (Conseiller lai. Cour laie. Patron lai. LAI, laie , adj. Ce mot se dit de certain Religieux, & veut dire Religieux qui fait seulement vœu de stabilité & d’obéïísance dans la maison, & qui ne pouvant être Père fait les œuvres serviles de la maison. ( Frere lai, on dit aufli sœur laie.) LAI, s. m. [Querimonia.] Terme de Poésie Françoise. C’est une sorte de Poème qui contient quelque chose de triste , d’amoureux ou de moral. II y a deux sortes de lais. Le grand lai qui est un poème composé de douze couplets de vers de diférente mesure sor deux rimes. Le petit lai est un poème de seize ou de vingt vers, divisés en quatre couplets, presque toujours fur deux rimes. Ces lais étoient la poésie brique de nos vieux Poètes François. ( Alain Chartier a fait de grands lais, & Molinet en a composé plusieurs petits qui ne sont pas fort bons. ) LAI,/! m. Terme de Marchand drapier. Voïez lé. LAID , laide , adj. {Deformis, fadus J Diforme qui a de la laideur. ( II est laid. Elle est laide de visage. Abl. Cela est laid à voir. scaron. Les camus sont laids en Europe , mais en Afrique & en Amérique , ils les trouvent beaux. II ejì laid , mais croi-moi c’eji une bagatelle , Un homme ejì assez beau quand il a Came belle. Bourf Ésope. ) t§ La beauté & la laideur font deux oposcz irréconciliables ; cependant Reignier le satirique a dit dans fa Macete : Que la beauté plus grande ejì laide auprès de vous. Cela n’est pas juste ; une belle personne paroit moins belle auprès d’une autre dont la beauté est plus parfaite : mais on ne peut pas dire que la beauté de celle- là devient une laideur. LAID » laide. [ Turpis , fadus. ] II se dit aussi des LAI 305 bêtes. On dit que le singe, Pours, le hibou, &c. sont de laides bêtes. LAID, laide. [ Trifiis , obscurus, rudis .] II se dit des choses , & signifie , vilain, désagréable & incommode. (Une laide maison, c’est une maison obscure & mal- bátie. Cette mode est laide. Cet habit est laid. L’hiver est une laide saison. Le vice est laid. ) ÍS LAIDANGER. Vieux mot, qui signifie injurier. Voïez Ménage U CaJ'eneuve dans leurs Origines. LAIDE, f. f. [ Deformis , injbeciofa. ] Celle qui a de la laideur. ( II divertit & la laide & la belle. La Fontaine , nouveaux contes. ) LAIDEUR , f.s. [ 'Deformitíís .2 Diformité. Qualité ou figure désagréable à la vûë & contraire à Vidée que nous nous sommes formé de la beauté. La laideur & la beauté dépendent beaucoup du caprice & de i’imagi- nation des hommes. ( La beauté est Piinagc du Paradis , ct la laideur Limage des Enfers. ) L’or même à la laideur donne un teint de beauté , Mais tout devient afreux avec la pauvreté. Despr. fat. 8- ) On dit auffî la laideur du vice & d’une action. {Turpitudo.} t LAIDRON , f.s. [Invenufia.] Fille laide. (Une petite laidron. ) LAIE, J-f [ Scrofa , fus metnoris cultrix. ] Femelle de sanglier. Laie pleine. ( On a pris la laie & ses petits. En donnant un jour fur une Laie Des autres chiens mal-apuié , II reçut défi dent une profonde plaie Dont il fut presque efropié. Le Noble. ) LAIE. {Maliens denticullatusf} Terme de Tailleur de pierre. C’est un marteau bretté. f LAIE. C’est aussi le marteau dont se servent les Carriers pour laïc r la pierre , c’est-à-dire , en faire les paremens. II difere du marteau des Tailleurs de pierre , en ce qu’il est un peu courbe vers le manche. LAIE. ( Laia. J Ternie de Forétier C’est une route coupée dans une Forêt. ( Les Arpenteurs font des laies larges de trois pieds pour porter ct tendre leur chaîne dans une forêt.) Ce mot laie signifie aussi la marque des coupes ; & celle des lais , ou baliveaux qu’on doit laisser. De-là vient le nom de S. Germain en Laie parce que cette Ville est au milieu d’une forêt. V oïez Mr. Ménagé dans fis Origines. LAIER , v. a. [Denticulato malleo lapidera cœdere. 3 Terme de Tailleur de Pierre. Travailler la Pierre avec une laie. Les Carriers disent aussi, laier la pierre , ou en faire les paremens. LAIER. {Via pcragrare.) II signifie aussi faire des routes dans une forêt. Et marquer les lais, ou baliveaux qu’il faut laisser lorsqu’on coupe une forêt. LAIER- La Coutume d’Orleans , art. 79. décide que „ le Seigneur de fief emmeublit & fait les „ fruits siens , quand ils seront en coupe, mesurez , ,, arpentez , laiez , criez &c. ” Laier , selon Lalande, c’est marquer les bois qui doivent être laissez en l’a- batis des bois de haute futaie, & en la coupe des taillis ; soit baliveaux, soit piés-cormiers, &c. LAIETTE , f f. [ Capja , capsula. J Petit cofre de bois qui n’a qu’une simple serrure, & qui n’est couvert ni de peau ni de cuir. ( Une grande ou une petite laiette. C’est aussi le tiroir d’un buffet. ) LAIETTIER , s. m. s Capsarìus. J Artisan qui fait des laiettes, des boites, de toutes sortes de caisses , & autres ouvrages de bois fans les couvrir d’aucun cuir ni d’aucune peau. ( II est maître laietier à Paris.) LAIEUR,/! toi. [ Metator . ] Celui qui fait des lais, ou qui marque le bois qu’on veut laïer. LAINAGE,./! m. [Lanarìum negotium .] Marchandise de laine. ( Faire trafic de lainage. ) £ LAINAGE ou Lan âge. Façon que l’on donne aux draps & autres étofes de laine , en les tirant avec des chardons pour y faire venir le poil. f LAINAGE , est encore le droit de dîme qui est dû fur les toisons des bêtes à laine, aux Ecclésiastiques ou Seigneurs à qui apartiennent les grosses & menues dîmes. En ce sens on dit, Dîmes de lainage & chaînages. LAINE,/!/- [Lana.J Poil de brebis. Partie de toison de brebis. Toison de brebis. (Voilà de bonne laine. Acheter de la laine. Vendre des laines de brebis. On fait diverses étofes de laine & de tapisserie. On mêle la laine avec la soie , du poil, ct c. Tome II. Q q E c 3 o6 LAI Et la laine g? lasoie en cent façons nouvelles jlprirent à quitter leurs couleurs naturelles . Despr. ) On dit proverbialement , Use laisse tondre la laine Curie dos Pour dire qu’on se laisse maltraiter sans se de- •fendre [Se coinpìlari patienter Jìnitst 11 a des fiés de laine, s Pedes lanatos babet quando succurrendum est. s On le dit des gens qui font lents à rendre service & a secourir C’est un tireur de laine. [ Fur. ] C’est-à-dire un filou , qui vole la nuit les chapeaux & les manteaux des paffans. LAINE K , ou Laner , v. a. Terme de Manufaaure. C’est tirer la laine fur la superficie d’une étofe , la garnir, y faire venir le poil par le moïcn des chardons. On dit aussi dans le même sens, Ephúgner, Emplaigner , Aplaigner, & parer. f L AINE R une tapisserie. C’est dans la fabrique des tapisseries de tontures de laines , couvrir de laine hachée & réduite en poussière , l’ouvrage , du Peintre avant que les couches en soient sèches , ce qui se fait par le ntoïen d’un petit tamis , que l’Ouvrier tient à la main. f LAINEUR, ou Laneur, s. m. L’Ouvrier qui laine les étofes & autres ouvrages de lainerie. On dit aussi, Eplaigneur, Emplaignew , Amplaigneur & Pareur. _ LAINEUX , laineuse , adj. [ Lanosm , lanatus. ] Qui a beaucoup de laine. ( Mouton fort laineux. ) LAINIER , f. m. [ Lan anus. ] Marchand ouvrier qui achete de la laine en échevaux blancs , qui la teint en toutes sortes de couleurs & qui la revend en blanc, ou teinte en échevaux, ou à la livre pour en faire des tapisseries , ou autres ouvrages. Presque tout Paris apel- le ces sortes de Marchands lainiers , mais entr’eux & dans leurs lettres de maîtrises ils se nomment teinturiers en laines. ( Un riche lainier. ) LAINIERE,_/l f. C Lanarii uxor. JFemme ou veuve de Lainier, qui achète vend & fait teindre de la laine en toutes fortes de couleurs pour travailler en tapisserie. (C’est une lainiere qui fait un grand trafic de laines.) f LAINIERE. On apelle barques lainières , de petits bâtimens François qui font avec les Anglois un commerce de contre-bande des laines d’Angleterre. LAïQÇJE adj. [ Laicus J Qui vit dans le monde , & qui n’a point d’engagement en aucun ordre Ecclésiastique ou Religieux. (Une personne laïque. Les laïques n’ont pas les mêmes privilèges que les Ecclésiastiques. On dit un habit laïque. Voïez Lai.) LAIS , f »*. [ Proletario. J Jeune baliveau, qu’on laisse pour devenir grand , lorsqu’on coupe une forêt. Marquer les lais. 11 ne faut pas couper les lais. On laisse tant de lais par arpent. ) £ LAISCHE , f f Mauvaise herbe qui croît dans les prez , & qui blesse la langue des chevaux. LAISSE. Voïez leste. LAISSE'ES s f f [Apristercus.'j Terme de Chaste. C’est la fiente du loup , & des bêtes noires. Sal. LAISSER i v. a. [ Rdinquere , deferere. J Quitter, .abandonner par mépris ou par quelque ressentiment. Je Jaijse , je laisserai, & non pas jelairrai , jelaijserois , & non pas je lairrois, Vaug. rem. ( 11 a laissé fa femme & ses enfans , & s’en est allé. Laisser son bienàl’a- bandon. Ablanc. Laisser 1c monde. ) LAISSER , v. n. Etre nonobstant quelque empêchement. ( 11 est pauvre , mais il ne laisse pas d’être honnête. C Pauper est, [f tameu vir probus. J Vous n’en avez point eu d’avis, mais cela ne laisse pas d’être certain. ( Quoi que cela vous sache , je ne laisserai pas de vous dire que.C’est-â-dire, je le vous dirai pourtant, je ne m’abstiendrai pas de vous le dire.) LAISSER . v. a. [ Dare , legare. ] Donner , céder. (11 lui a laissé dix milles écus par son testament. Je lui cn laisse toute la gloire. Gardez-vous, leur dit-il, de vendre f héritage Que va m ont laissé nos parens , Un Trésor est caché dedans. La Font. ) f LAISSER, f Cédere. ] Ceder. (Laisser la gloire à que.cun , laisser le profit, laisser le champ de bataille. ) LAISSER. [Sinere. ] Ne pas empêcher de faire quel- qae chole. ( Laissez lui rosser sa femme tout son lhou. Mol. Laissons le courir. Abl. Laissons-faire. II le faut estes 1 Vo'nf 6 ) ^ fantaisie ‘ Lalffer aler les choses comme LAISSER. Ce mot se dit en des façons de parler, LAI cù il lignifie rester, demeurer. ( Ce vin laisse un mauvais goût après qu’on l’a bû. [Ingratum saporem relin- quìt. ] Les parfums laissent une bonne odeur dans le lieu où on les a brûlez. Les bêtes laissent après elles des vestiges & même quelque odeur , ce qui fait que les chiens les suivent. On dit les ennemis ont laissé tant de milliers d’hom- rnes fur la place, pour dire, qu’ils y font demeurez, y ayant été tuez. f LAISSER, signifie mettre en dépôt. ( Je lui ai laissé mon argent & mes papiers jusqu’á mon retour. Je n’emporte rien, je laisse tout chez un tel. On dit aussi, iaijser en dépôt. 4 LAISSER, se dit pour confier, remettre. (Je laisse cette afaire à vôtre prudence, à vos foins. Je laisse mes intérêts à vôtre discrétion , à vôtre générosité. ^ A prendre ou à laisser. On le dit d’une marchandise dont il faut païer ce que le Marchand en demande, si on veut savoir. ( Cette étofe est à prendre ou à laisser. Cette maison est à prendre ou à laisser. ) LAISSER courre les chiens. [ Canes laxare. ] En termes de Chasse , c’est les lâcher après le gibier. LAISSER le inonde comme il est. [Sine quisque suo arbitratu vivat. J C’est-à-dire , ne point troubler Tordre qui y est établi. LAISSER aler le ebat aufromage. Se dit d’une fille qui a fait faux bon à son honneur. On dit aussi se laistèr aler. II vaut mieux laisser son enfant morveux , que de lui arracher le nez. Pour dire , qu’il faut soufrir un petit mal pour en éviter un plus grand. ê LAISSER la bridesur le cou a quelcun. C’est l’aban- donner à fa propre conduite. ( 11 fera bien des sottises si on lui laisse la bride fur le cou. ) Se laisser. [ Labi, sinere se abripi. J Ce verbe réciproque se joint à quelques autres. (Exemples, se laisser aler en dansant, c’est ne se pouvoir pas soutenir, n’être pas ferme fur ses jambes. Ce cheval se laisse tomber fort souvent. Se laisser mourir ) Onditauilì, ce malade est si foible qu’il laisse tout aler sous lui. f Se laìster bàtre. C’est soufrir des coups , des mauvais traitemens. (II s’est laissé battre comme un sot.) A Se laisser entendre sur une afaire. C’est s’expíiquer trop ouvertement, faire connoitre ses intentions & ses desseins. î Se laisser aler aux persuastons de quelcun. C’est ne pas tenir ferme , se relâcher. ( II avoit promis merveilles, mais il s’est laissé aler aux persuasions du premier venu.) ê Se laisser mener par le nez. C’est n’avoir pas la force de résister à un autre, se laisser tromper. Ces mots se Iaijser , se joignent à divers autres, même en des façons de parler proverbiales. On les trouvera fous les mots qui en déterminent la signification. Certes elle auroit tort de se laisser mourir , Aller en Vautre inonde est très grande sottise, Tant que dans celui-ci Von peut être de mise. Mol. í L AISSES & Relais. Ce font les terres que la mer a laissées au rivage, & qui s’affermissent peu-à-peu. LAIT, f m. [ Lacf\ Liqueur blanche qui vient aux mammelles de la femelle pour nourir ce qu’elle a produit, ce qu’elle a mis au monde. (Laitde femme. Lait de vache. Lait de brebis. Lait d’ânesse. Avoir de bon lait. Perrette là dessus faute ainst transportée, Le lait tombe , adieu veau , vache , cochon, couvée. La Font. ) Petit lait. [ Sérum. ] Lait clair. ( Prendre du petit lait tous les matins pour se rafraîchir les entrailles. II est réduit au lait d’anesse. Les Médecins lui ont ordonné du lait de vache.) £ Jeune lait. C’est le lait d’une Femme accouchée depuis peu de tems. ( Cet enfant a besoin d’un jeune lait. ) î Vieux lait. C’est le lait d’une femme acouchee depuis long-tems. H Fièvre de lait. C’est la fièvre causée par le lait qui commence à venir aux femmes dans les premiers jours de leurs couches. * LAIT. Ce mot au figuré, a un usage assez entendu. Exemples. * Veau de lait. f Vitulus lafíeus. J C’est un veau qui tette encore. * Dents de lait. [ Denses primì. Ce font les premières dents qui naissent aux hommes & aux animaux, qui tombentaprésquelque tems, & en la place défi- quelles il en revient de plus fortes & de plus dures. * ÂVÏiï LAI * Avoir me dent de lait contre une personne » f jam âttdum alìviiì malè velle . ] Cette façon de parler se prend dans un sens plus figrné , & lignifie avoir quelque ressentiment contre une personne; e'eiì vouloir mal à tine personne , & la haïr à cause de quelque démêlé qu’on a eu , ou à cause de quelque autre chose. * Un enseignement que l’on u suce' avec le lait , s Cum lalle nutrit if , ab insantia. J C’est-à-dire qu’on a pris dès le bas âge. * Faire une vache à lait de quelque asaire. [ Rem pro- ducere quasûs gratiâ. j C’est la tirer en longueur pour en tirer toujours d u profit. H Le vin ejl le lait des viellards. f Vinum lacsenum ,] Proverbe pour dire que le vin leur est convenable. f * Troubler te lait à une nourice. s Vrsgnantem filii sacere nutricem. ] C’est lui faire un enfant. f * Avaler un asront doux cantine du lait. f injuriant concoquere , taciteJusttnere. ] C’est-à-dire , le foufrit fans oser se plaindre , ni s’eft ressentir. Si l’on lui tordait le nez , il en sortirait encore du lai U t Aduc juvenis est. ] C’est-à-dire , il est encore jeune & fans expérience. Vinsuriait, c’e/ì souhait ; lait sur vin , c’ejî venin. Proverbe populaire qui veut dire, que l’on déliré sor-- ïir de l’enfance où l’on n’elt nourri que de lait, pour passer à l’âge où l’on boit de vin. Et lait sur vin c’ejì venin : Parce qu’on ne remet au lait que ceux qui font dangereusement malades. * Frere de lait. [ Cotlaflaneuí. J C’est celui qui a été nourri du même lait qu’un autre. (C’est mon frere de lait.) * Saur de lait. [ CoHa/íanea. 2 Celle qui a été nourrie du même lait qu’un autre. ( Elle est sœur de lait d’un tel. C’est fa sœur de lait. ) * LAIT. [ Lac. j Ce mot fe dit de plusieurs liqueurs naturelles, ou artificielles. ( Lait de tithimale, lait de figuier. [Lacficulneum.j Les œufs cuits à propos rendent du lait. Lait d'amandes. C’est le suc qu’on tire des amandes pilées. Lait de chaux. ) Voler Laitance. LAIT virginal. [Lac virgineum-2 C’est Une composition d’esprìt de vin, où l’on fait infuser du coral, du borax, benjoin , doux de girofle , candie, musque & ambre, propre à blanchir l'eau & se laver le visage. La voie de lait. s Via la/íea , galaxia. ] C’est une trace blanche qu’on découvre au Ciel, quand il est serain durant la nuit, & qu’on apelle communément le chemin de Saint Jacques. Cette blancheur est causée par la lumière d’une infinité de petites étoiles qu’on ne peut distinguer qu’avec un télescope, ^ Soupe de lait , se dit de divers animaux blancs tirant fur l’Isabelle. ( Chevaux soupe de lait. Pigeons soupe de lait. ) Laitage, f m. [ La/lentia , lacíictnia. J Lait. Tout ce qu’on fait seulement de lait & qu’on mange. ( Je me lasse de laitage. Alez couper vos joncs & presser vos laitages. Dejpr. fat. 4 . LAITANCE. Volez laite . LAITANCE ,sf. C Calx aquà multa díluìa. j Terme de Maçon. Chaux qui étant détrempée fort clairement ressemble à du lait. On Papesse aussi lait de chaux ; on en blanchit des murailles, des plafonds & autre choses, principalement dans les lieux où il n’y a point de plâtre. Félibien. LAITE , laitance , f f [ Piscis lafíea pulpa. ] On dit à Paris laite , & non pas laitance. Ce mot fe dit en parlant des poissons , & c’est la partie du poisson qui distingue le poisson qui a des œufs d’avec celui qui n’en a point. Voila de bonnes laites de carpe. ) 4 L’Académie dit laite & laitance. LAITE', LAITË'E , adj. [ Lafleam habens in ventre pulpam. ] Ce mot fe dit des poissons , & signifie qui a des laites. ( Haran laite. Carpe laitée. ) LAITE'E , f f. Nom que les chasseurs donnent à la porte d'une lice. LAITERIE , f. f. [Lacíaria cello.j Lieu de la maison où l’on met le lait, où l’on fait le Fromage , & où sont toutes les choses qui fervent au laitage. ( Une laiterie bien nette. 1 LAITEUX, laiteuse , adj. f Lcitíarius. J II fe dit d es plantes qui ont un suc blanc comme du luit , telles LAM 307 que sont lé tithimale , le figuier, îes íaîtuês &e. Laiteuse , se dit aussi des Opales. Voïéi Opale. LAITIER , s ni. f Spuma Terri. ] Terme de Fon± deur. C’est l’écume qui sort dès fournauxà Fer, & qui Vient des terres & dés craies que l’on met pouí aider à la fonte de la mine. LÀITIE'RE , /. f. c La/f aria. ] Femme qui pat Paris porte un grand pot de lait fur fa tête , le crie, le vend à mesures étalonnées , aux personnes qui lui en demandent. ( A peliez la laitière. Nôtre laitière ainsi troussée Comptait déja dans fa pensée Tout le prix de son lait. La Font. ) LAITON, ou lèton , s. m. [ Aurìchalcum. J Cuivre mêlé avec de la calamine, lequel est jaune comme i’of. (Ce Laiton est fort beau. ) , LAITRON, s m. [ Cicevbìta. J Plante dont le® lièvres font friands, qui est rafraîchissante & apéritive. Elle purifie le sang , & elle est d’usage dans les in* flammations de poitrine. $ L’Académie dit Laiteron On dit aufli vulgaire* rement Laceron. LAI TU c , s.s. [LaAuCa .2 Sorte d’herbe froids, humide, rafraîchissante, dont il y à de plusieurs sortes. (Laitue cultivée. Laitue sauvage. Laitue amère, St laitue Romaine qui est la meilleure de toutes. Laituá pommée.) (S LAIZ. Espèce de taillis dans les Coutumes d’Anjou , art. 311. L de Touraine, art. í$ LAIZE* Çans la Coutume de Bretagne , art. 265. ce mot signifie largeur. „ Le journal, soit est „ terre arable , prez, bois, &c. contiendra vingt cor» ,, des de long, & quatre de laize. ” ê LAIZE , se dit aulfi de la largeur qu’une étoftt doit avoir entre les deux lisières. LAMANAGE - s m. f Res naucìerarìa. ] Terme d» Marine. Travail des Mariniers qui conduisent un navire à l’entrée ou à la sortie d’un port ou d’une rivière. LAMA NEURS , f m. [Naucleri littcvavii.J Terme de Mer. Pilotes qui demeurent dans des ports dont les entrées ne font pas nettes , & qui en leur donnant quelque chose , conduisent les vaisseaux qui veulent mouiller dans leS parages , où il y a du danger. ( Le travail du Lamaneur s’apeíle Lama . nage , f m. ) fás Locmân & Lamaneur font sinonimes. Ces soi> tes de pilotes sont louez fur les lieux ; ils font fort nécessaires fur les côtes de Bretagne. Le maître du navire est obligé de suivre ì’avis du pilote ordinaire , s’il croît qu’il soit nécessaire d’en prendre. C’est ainsi que le Guidon & les Ordonnances de Wisbuy l’ont décidé. Volez la Loi Item quárïcur , §. Si magister , js. Locat. Le lamanage est avarie grosse qui doit être palée, les deux tiers par le marchand, & l’autre tiers parle maître. Le Guidon , au chapitre des avaries. f LAMARIE, f f On donne ce nota à la plante qui sert à faire la soude. LAMBDOïDE, adj. Epitéteque les Anatomistes donnent à la troisième future du crâne. LAMBEAU ' /• «t. C Lacinia, segmen. ] Petite pièce d’etofe qui pend, & qui tient un peu aune autré chose. Guenille. (Bon habit s’en va en lambeaux. f * Mettre les passages des Auteurs en pièces & par lambeaux. Boiìeau -, Avis à ménage. ) LAMBEAU. [ Cornu cervini villi. J Terme d e Chajse. C’est la peau velue du bois du cerf , & que le cerf dépouille. Sal. LAMBEAU. [ Te/a. ] Terme de Chapelier. Morceau de toile, sor quoi on couche le chapeau, afin de lui donner la forme. LA M BEL, ou lambeau , / m. [Tanìh transversa. inscuti capìte .2 Terme de Blason. Lambel & lambeau sont des termes dé Blason, & c’est une sorte deVjsure. La Colombìere fumeuît dans l’Art du Blason, du est son Livre de la science Hera.drque , chapitre ir. Psie'- 75. prénuére Édition: Celui des ensans de France qu on, TmeU , a st*. ™ m * zo8 LAM nomme le Duc ct Orléans , porte le lambeau d! argent ; chap. 2<;. page 221. il a écrit.- Gaston de Bourbon porte d’azur à trois jieurs de lis d’or brisé d un lambeau d argent. Néanmoins comme la plupart des modernes qui ont traité du Blason, emploient seulement le mot de Iambes je parlerois comme eux fans condanner ceux qui en blasonnant ou écrivant du blason, se servi- roient du mot de lambeau. L’Auteur de Y Art héraldique , chapitre 8- page 15 7- dit que le mot de lambel se rend en Latin par le mot de Trigillum, & chap. 4. art. 4. page 21 J. il écrit.' Philipes de France Duc d’Orléans porte de France au lambel d'argent. Le P. Ménétrier célébré en la sience du Blason , a écrit dans un livre qu’il a mis au jour , & qui porte pour titre , le véritable art du Blason, a écrit dis-je, Tome second , page 197. II lui donne un râteau mis en bande à côté des fleurs de lis, au lieu d’un lambel de quatre pendant en chef avec trois fleurs de lis , par ce que les Italiens nomment le Iambes rajìetlo. [ AuJJl-tòt maint esprit fécond en rêveries Composa torts ces mots de cimier f écart , De pal , de contrepal , de lambel b de face. Despreaux, satire ) LAMBIN, INE , j: m.&f [ Lentus .] Lentjus- qu'à donner de l’ennui. ( C’est un Vrai lambin. ) Ce terme est bas. Acad. Fr. LAMBINER, v. n. [ Lente agere , cunHari. f Agir len* tement. ( II ne faut pas lambiner. Acad. Fr. ) LAMBIS , f m. [ Limax. ] Grand limaçon qui se trouve dans les mers des Isles de l’Amérique , & dont îes Sauvages mangent la chair. LAMBOURDE ,/ f í Laquearium , tigìllum. ] Terme de Charpentier. Pièces de bois qu’on met fur le plancher pour y atacher des ais , ou du parquet. Pièces de bois qui font aux côtez des poutres, & où il y a des entailles pour poser des solives. ( Lambourde arrêtée. Planter des lambourdes. Lever les Lambourdes. Voïez L Expérience de l’arthiteflure militaire, êsf Félibien. ) H LAMBOURDE, en terme de commerce de bois, est aussi une pièce de bois de sciage , qui a trois pouces en carré. f LAMBOURDE , ou Frmc-Banc. C’est le dernier des bancs ou lits de pierre de taille , qui se trouvent d’ordinaire dans les carrières. LAMBREQUIN,/ m. [Lacìniœfluentes exgalea.) Terme de Blason. C’étoit comme un habillement de tête dont les anciens Chevaliers couvroient leurs casques , mais à présent ce n’est qu’un ornement autour de l’écu des armes. Col. c. 42. f On ne le dit qu’au pluriel. LAMBRIS , f- m. [ Materiarìa contabúlatio. ] Terme de Ménuifer. Toute forte de platfond de bois. Ouvrage de menuiserie dont on revêt les murailles. (Atacher un lambris. Un beau lambris. Un lambris de menuiserie. Le chaume devient or , tout brille en ce pourpris , Tous ces événemens font peints fur le lambris. La Font. ) (§ LAMBRIS. C’est un mot général qui lignifie to forte de platsfonds & les ouvrages de maçonnerie d on revêt les murailles ; car encore que le mot lambris se prenne particulièrement pour ce que I Latins apellent lacunar , & tout ce qui est au-del de la tête , il s’entend auííì des ouvrages de bois d les chambres font revêtues tant par les côtez t dans le plat-fond; déserté que quand on dit qu’une 1 est lambrissée, c’est-?,-dire qu’elle est toute revêtue bois par le haut & par les cotez. 11 est bon de voir que quand l’on. atache des lambris contre les pi tres ou solives, il /aut laisser de petits trous afin que vent y passe, & p jU ’il empêche que le bois ne s’éclia etant 1 un contr e l’autre ; car il peut arriver des ac tiens par tes Lambris atachez aux planchers con poutres Ive la pesanteur du bois fait ; rr .ener, & même se corrompre & gâter lì ? - u ^ aperçoive. Le mot de lambris vient de 1 ÌZv ' 1T1 sc u n 1 1 » s ’8 nifie les lattes. Yitn ape ,e les lambris des planchers lacunaria & ca 1 enfoncement qui est entre les lambris RISSAGE ’ (' ft C Tabulatrimparietis.l Ouv I e du Maçon , o» du Menuisier £ lambrissé. ( LAM demande tant pour mon lambrissage. ) LAMBRISSER , v. a. s Variétés tabulìs vestìre. í Se. vêtir d’un lambris. Revêtir de bois par le haut & par les côtez. ( Lambrisser une sale. Chambre bien lambrissée. ) LAMBRUCHE S f f. C Labrufca. ] II signifie k vigne sauvage , & qui n’est point cultivée. II signifie auísi le fruit qu’elle produit. (Cette vigne au lieu du fruit ne produit que des lambruches. Isaie, c. ç. ) LAME , s f. [ Lamina, lamella. ] Terme de Fourbis eur. C’est tout le fer de l’épée forgé & fourbi, qui est plat, étendu , ou formé en dos, à demi dos, ou en arête , & qui est pointu au bout. (Lame étroi. te, lame large , lame vuidée, lame à dos, à demi. dos j ou à deux arêtes. Forger, vuider & fourbir une lame. Passer une lame fur la meule. Monter une lame. Une lame doit être de deux piez & demi, ou de trois piez tout au plus. Casser une lame. Cette lame sera plutôt cassée que faussée. ) (§ Le P. Labbe s’est expliqué en ces termes dans ses étimologies : Lame , & par corruption lamme, n« vient point de Mftfta, cortex , mais de lamina, lanu na, comme lamenter de lamentare , loi dc lex, légal de legalis. LAME. [ Lamella. ]Terme de Coutelier. Tout l’acier & tout le taillant de certaine besogne de Coutelier. (Lame de ciseaux. Lame de couteau, de canif, de rasoir, sse lancette. ) LAME. [ Metallï lamina. ] Petite plaque de métal deliée à peu près comme un petit jetton, ou autre petite pièce de monoie. ( Métal mis en lame. Couvert de lames d’or. Abl.j LAME. [ Lamella. ] Terme de Tireur d'or. Ot ou argent vrai ou faux , plat, mince, & étroit que l’on mêle parmi le fil dans les dentelles, ce qui leur donne plus de brillant que si elles étoient toutes de fil tortillé autour de la foie. LAME. [ Incile. ] Terme de Rubanier. : Espèce de petites lattes qui soûtiennent les marches , & qui se baissent & sc haussent comme les marches à mesure qu’on remué les piez. LAME , [Filorumseries .2 Terme de Tisserand. Plu* sieurs fils de rang qui servent à faire croiser la toile, St qui sont atachez sur deux liens pendus à deux poulies. H LAME. Terme de Confiseur. On apelle lames d’écor- ce de citron , d’orange, &c. l’écorce de ces fruit» qu’on a levée de dessus la pulpe , & coupée en tranches pour les confire & les tirer au sec. LAME. [ TJnda , fluélus. ] Terme de Mer. Ce font les houles , ou vagues de la mer qui coulent les une» fous les autres. ( Les lames entrent dans le vaisseau. ) f * On dit proverbialement, & en raillant , dan» le bas stile ; C’ejì une bonne lame ou une fine lame, pour dire une personne fine & adroite. 11 se prend en mauvaise part. {J Marot dit dans un de ses Rondeaux : A mon plaisir , vous faites feu f? flame , Pourquoisouvent je Métonne madame (fie vous n’ave2 quelque ami pour amours , Au diable l'un qui fera ses clamours Pour vous prier quand ferez vieille lame. LAME à deux tranchans. [ Lamella biceps. ] Nona que les couvreurs donnent au corps du marteau dont ils se servent pour couper l’ardoise. LAME’, ée , adj. Terme de Manufacture , qui se dit d’un drap d’or ou d’argent. ( Ce drap est broché, frisé & lamé d’or & d’argent. ) LAMENTABLE, adj.' \LamentabilU , luHuofm .] Déplorable. Dolent. Qui se plaint. ( On entend en Pair des voix lamentables Voit. I. Confusion lamentable. Patru , plaidoié 4. Histoire pitoïable & lamentable. La fin lamentable de ce Prince excite da la compassion. ) LAMENTABLEMENT , adv. [ Lamentabili voce. ] D’une maniéré lamentable , pitoïable & triste. ( Conter un fait lamentablement. Se plaindre lamentablement. ) LAMENTATION,/ /. \Lamentatìo , neenìa,thre- ni.~\ Plainte, cri & gémissement. (Faire des lamentations. Les lamentions de Jeremie. Le bon homme Enée, dans virgile, s’abandonne trop aux lamentations, S. Evremont, réflexion fur les Tradulkurs. LAM* LAM LAMENTER , v. a. f Lugere , lamentarì. ] Déplo-- ter. ( Lamenter son malheur. Cette veuve lamente la mort de son mari. * Lamenter tristement une chanson bachique. Destr. fat. C’est - à - dire, la chanter d’un air triste & lamentable. ) Sc lamenter , v. r. [ Lamentarì, deplorare.'} 5 e plaindre. Déplorer son malheur. ( Elle se lamente sans cesse. Vous vous lamentez en vain, la mort est inexorable , elle ne rend point ce qu’elie a pris. 11s se lamentent de leur misere. S. Evremont , trad. ) LAMENTIN , s m. [l.amentanìw piscis.j\ C’est un gros poisson de mer , très-bon à manger. On en trouve quantité vers la rivière des Amazones, en Amérique. II a le corps fait comme une Baleine, jusqu’à la queue qui est plate & arondie. Sa tête est comme celle d’une taupe, son museau comme celui d’une vache , ses yeux comme ceux d’un porc , ses mâchoires comme celles d’un cheval, excepté qu’il n’a point de dents devant ; mais seulement un carnofité dure comme un os , avec quoi il pince l’herbe. 11 n’a que très-peu de cervelle. 11 n’a point de langue. 11 entend fort bien. Sa chair est comme celle d’un veau, fa graisse a du raport à celle du porc. On en peut voir diverses autres particularitez dans les relations de l’Arnériaue & des isles Antilles , où il s’en fait un grand débit. LAMIE, f f. [ Lamta. ] Monstre marin. VoïeZ Rondelet, Histoire des postons. í LAMIERS , f m. Ouvriers qui font des lames pour les Manufacturiers en draps d’or , d’argent, de foie, & laine , &c. LAMIES , f. f. [ Lamìee , midieres venefica. J Certaine efpecede denions ou de sorciers qui fous la figure de belles femmes devoroient les enfans, & dont parle Horace dans son Art Poétique. LAMINOIR. , f- m. [Laminarum duttoria. machina. ] Terme de Monoie. Machine où l’on fait passer les lames d’or, ou d’argent, & où on leur donne l’é- paisseur dans laquelle l’espece doit être fabriquée. f LÀMON, f m. Bois de Brésil qui vient de la Baye de tous les Saints en Amerique. é LAMPANTE , adj. Les Provençaux apellent huille lampante , celle qui est claire & bien purifiée. £ LAMPARILLAS , ou Nompareilles. Sorte de petits camelots très-legers, qui se fabriquent eh Flandres , & fur tout à Lille & aux environs. LAMPAS , f m. [ Tumorin ore equino. ] Terme de Manège. Tumeur au palais du cheval. ( II faut faire brûler le lampas à mon cheval. ) L’agréable Mr. de la Fontaine a donné ce même nom au palais de l’homme. : : : : : ( Ah ! Ah ! Sire Grégoire , Vous avez soif, je vois qu’en vos repas , Vous humeclez volontiers le lampas. ) LAMPASSE' , lampaífèe , adj. f Exertá lìngua. ] Terme de tìlston. 11 fe dit des animaux dont ia langue paroit hors de leur gueule lorsque l’émail de la langue est diférent de celui du corps. ( Luxembourg porte d’argent, au lion de gueules , armé, lampassé, couronné d’or. ) ' f LAMPASSES , f f- Toiles peintes qui se font aux Indes fur la côte de Coromandel. LAMPE , f f. [ Lucerna , lychnus. ] Vase qui est ordinairement de métail , où l’on met de l’huile avec une mèche de coton pour éclairer. ( Une lampe per- Í ietuelle. Un Grec acheta trois mille dragmes , la ampe de terre dont Epitecte s’étoit servi. C’est une lampe à plusieurs mèches. La lampe de Cardan. C’est une lampe de l’invention de cet Auteur laquelle fe fournit elle même de l’huile , à mesure qu’il s’en consume. C’est un petit cilindre de métail ou de verre , qui n’a qu’un trou au bas par óù l’huile tombe dans le goulot j où est la mèche. LAMPE inextinguible. [ Lucerna perpétua. ] Plusieurs ont cru que les Anciens avoient le secret de faire ces sortes de lampes par le moien d’une huile qui ne se consumait point. Sous le Pontificat de Paul III. on en trouva une dans le tombeau de Tulliola fille de Citron , qui brûloiï encore & qui «'éteignit aussi-tôt LAM 309 qu’on l’exposa à Pair. Mr. Descartes explique mécha- mquemer.t la cause de cet éfet. Cependant Ferrari regarde tout cela comme autant de fables. LAMPE d Eglise. Cette lampe est toujours de mé- tail d argent, ou de cuivre , & suspendue avec une corde dans le chœur de l’Eglise. Elle est composée de parties que les orfèvres apellent panache , culot, grand culot , petit culot, & chaînes. C’est dans le grand culot qu’on met un lampron de verre de cristal ou l’on met de l’huile & une mèche pour éclairer & pour y allumer les cierges de l’Eglise. Feu de lampe. Terme de Chimie. C’est le feu len* & egal d une lampe alumee, qu’on met sous quelque vaisseau. L’émail se travaille à la flamme d’une lampe , qu’on soufle continuellement avec Un tuiau. 11 ne faut point mettre la lampe aluméefous un boisseau. I Nemo lucernam accendens operit eam vase. ] Saint Luc* eh. 8. C’est-à-dire, qu’il faut faire paroîtrela lumière de l’Evangile & celles des bonnes œuvres. Les sages Vierges avoient leurs lampes alumées. Saint Matth. ch. 25. C’est.à-dire , qu’eiles veilloient & se tenoient prêtes pour entrer avec l’époux au lieu des noces. LAMPE d’argent au Ciel penduè. God. Description poétique , pour dire la Lune. La Lune par un trou tout-à fait obligeant, Luifaisoit dans fa chambre une lampe d’argent. Poème de la Magdelaine. ) * Cul de lampe, s Fundum teftudinaceum. ] Ornement SArchiteHure, qui pend en bas. ( Les clez des voûtes font quelquefois ornées d’un cul de lampe , & font une saillie pendante. ) C’est aussi un ouvrage de menuiserie ct de sculpture qui pend d’un plancher. * Cul de lampe. Terme à’Imprimeur. C’est une figure dont ils remplissent le blanc qui reste dans une page, à la fin du livre, ou de quelque partie d’un livre. * On dit d’une vieille personne, qui se meurt par défaillance de nature , il n’y a plus d’bullle dans la lampe. [ Lampas extìnguitur. ] C’est-à-dire , il n’y a plus d’humide radical, ni de principe de vie. On dit par injure à ^ne femme , que c’est une lampe de couvent. t LAMPE'E ,ff. [Meracapotatio.J Mot burlesque, pour dire un grand verre plein de vin. ( Une grande lampée. Boire des lampées. ) * LAMPEE , v. a. [Sicare cyathos.J Boire de grands coups. ( Nous avons lampé tout le jour. ) LAMPERON , f m. [Lucernula. ] Petit vaisseau de terre dans lequel on met de l’huile & de la graisse pour brûler. Lampion à parapet , est un vaisseau de fer où l’on met du goudron & de la poix pour brûler , & pour éclairer la nuit fur le parapet, dans une place assiégée. LAMPON ,s.m.[ Uncinus, hamulus. J Sorte de crochet d’or, d’argent, ou de cuivre dont on fe fer- voit il y a environ cinquante ans pour retrousser le chapeau. ( Retrousser le chapeau avec un lampon. ) LAMPONS , f. m. Sorte de chanson , qui veut dire buvons. (Chanter des latnpons. Sc. Virgile travestis l. 1. Lampons , camarades lampons. ) LAMPROIE , f /• [ Nampreda.l _ II y a deux sortes de lamproie, une lamproie de rivière , & une lamproie de mer. La Lamproie de rivière ^ c’est un petit poisson qui vit d’eau & de fange , & qui est de la longueur d’un doigt, ou d’un gros ver de terre. La lamproie de mer, est un poisson cartilagineux qui ressemble a languille, qui au commencement du printems entre aux rivières, qui a le ventre blanc, le dos semé de taches bleues & blanches,'qui a la peau lisse, qui n’a point d’os, & qui a la chair molle & gluante. ( La lamproie ne vit que deux ans. Rond-, Histoire des pois. sons , /. i?. ) ff La lamproie estdiférente de la murène. Air. Costat dit dans ses entretiens avec Air. de Voiture , page ;88- que Seneque dans le troisième livre de la colere , raconte qu’un jour Auguste mangeant chez Vediia Pollio, „ un esclave cassa quelques cristaux, & auííìtôt il ,, fe jetta aux piés del’Ëmpereur & le pria , hon de „ lui sauver la vie, mais d’empêcher qu’on ne le noyât; , d’où l’on inféré qu’il n’eût pas aprehendé fi fort Q. q ; cette >3 r» ,, ' 33 3 ï o LAN cette sorte de mort. s’il p’eût cru qu’elle eút une .. fuite plus fâcheuse que n avoient les morts ord - „ narres: mais il ne faut que voir le passage , pour juger que l’aprehension de cet esclave etoit detre mange par les lamproies, & que ce netoitquede cela seul qu’il avoit horreur. Mr. de Girac n a pas iàissé passes Terreur de Mr. Costar ; il lui a dit dans fa Défense des œuvres de Voiture, page 282. >, Je dis que vous fàillez avec beaucoup de gens, de croire que ces poissons que Dion & Seneque apellent mure- na soient les mêmes que nous apollons lamproies ; ce font des poissons bien diférens ; ceux-ci font ,, une efpece de remores , & les mêmes qu’Aufone „ décrit fous le nom de mujìella , & Cassiodore sous celui d'exormijlos : les autres qui font les ttáÓtcu , „ & les fiutx des anciens " &c. Mr. Costar répondit dans son Apologie , page „ Je pense aussi que „ je n’ai pas fait une faute reprochasse, d’avoir choili le mot de lamproie, & rejetté celui de murene, en racontant Thistoire de Vedins Pollio. Quoique , selon les Naturalistes , fe soient deux espèces difé- rentes de poisson ; les plus célébrés Ecrivains n’ont pas laissé de les confondre , préférant Terreur commune à l’afectation d’une science trop exacte & trop singulière. ” &c. ceux qui seront curieux de í’étimologie de lamproie , peuvent consulter Mr. Ménage dans ses Origines. LAMPRON , f m. \Lucemula.~] Terme de Fay. ancier. Vase de cristal où Ton met l’huile & la mèche d’une lampe d’Eglise. LAMPRON. Sorte de cul de lampe de terre où Ton met de l’huile, & qui se vend deux liards chez les chandeliers de Paris. Furetiere écrit lampion. LAMPSANE , f m- l Lampsana. ] Plante dont les feuilles aprochent de celles du Laitron lisse, & qui rend un suc laiteux amér. LANCE , s /• [ Lancea. ] Sorte d’arme ofensive qui est de bois , longue de dix ou douze piez, un peu moins, ouunpeu plus , & qui va toujours en diminuant de grosseur, depuis la poignée jufqu’au bout où il y a un fer émoulu. La lance est composée de la flèche , des ailes & de la poignée. ( Bien placer fa lance. Bien manier fa lance. Lever fa lance de bonne grâce. Tenir bien la lance. Abaisser la lance, f H LANCE. Montécuculi dit que la lance est la reine des armes pour la cavalerie, comme la pique pour l’infanterie. II en explique les avantages, fans négliger de nous en aprendre les défauts. La lance, dit-il, est la meilleure de toutes les armes dont on fe sert à cheval ; mais il faut qu’elle soit bien garnie , que les lanciers soient vigoureux , armez de pié en cap, qu’ils aient de bons chevaux , & un terrain uni , ferme, point embarassé. Si la lance n’a pas ces qualitez , ou quel’homme, le cheval, le terrain ne soient pas tels qu’il faut, & ne concourent pas à l’impetuosité de la course & du choc , ou qu’elle ne soit pas soutenue de près par les cuirassiers , elle est inutile. La grande dépense & le peu d’u sage de la lance , qui ne sert qu’à un jour de bataille , l’ont fait abandonner dans nos armées. Mem. de Montécuculi. Voïez aussi le Polybe de Folard , Tom. IV. LANCE. [ H a ft i le. ] Ce mot en parlant d’étendart de cavalerie, de dragons & d’infanterie, c’est un morceau de bois qui est en forme de lance, long de huit ou de neufpiez , bien tourné, ou l’étofe du drapeau , ou de Tétentard est attachée. ( La lance de l’étendart ou du drapeau est rompue. ) * LANCE. [ Eques bajìatus. ] _ Ce mot, en parlant de Gendarmerie Françoise du siécle passé , signifie un soldat qui est armé d’une lance , & qu’on apelloit aussi lancier. ( Le Roi croïant avoir gagné ce Seigneur, lui donna une compagnie dé cent lances. Le Roi fit entrer quatre cens lances dans le pais. Mezer. FUJI, de Charles VIII. II étoit Capitaine de cent lances. ) f LPlNCE fournie. On apelloit ainsi un homme d’ar» mes, qui avoit le nombre d’archers , de valets & dc chevaux dont il devoit ctre accompagné. LANCE-SPEZZATE. Ofieier réformé , qui étoit autrefois un Gendarme démonté qu’on plaçoit dans la cavalerie avec quelque avantage, dont a soit Anfpeífa- d e , qui marche âpres le Caporal. -anjpejja- LANCE. [ Lancea. ] Bâton long & plat par le bout. LAN Les Batteliers s’en servent pour jouter & se renverser dans Teau lorfqu’ils font quelque fête fur la rivière; {f Rompre une lance. Cette expression étoit autrefois très-familiére. Ofrir de rompre une lance , c’étoit ofrir le combat singulier. Rabelais,//'». í. chap. 23. fe moque plaisamment de cette ofre : La rompoit non la lances car c’ejì la plus grande refverie du monde , dire , f ai rompu dix lances en tournoy ou en bataille s un Char - pentier le feroit bien : mais louable gloire ejì d’une lance avoir rompu dix deses ennemis. ^ * Briser des lances pour quelcun. C’est dans le stile familier , le défendre contre ceux qui Tataquent. H * Baisser la lance. C’est fléchir , fe relâcher. (Cet homme fier a enfin baisse la lance. On lui fera baisser la lance. ) f LANCE brisée. C’est une lance à demi-fciée près du bout , & qui peut fe briser facilement dans une joute. f LANCE courtoise. On apelloit ainsi, une lance dont le fer n’étoit pas pointu , mais dont le bout étoit garni d’un anneau qu’on apelloit une frété ou une morne. On disoit aussi, lance moujje , lance frétée , lance mornée. LANCE gaye. Bâton ferré par le bout, plus menu qu’une pique, & cependant plus long, & qu’on nomme fur l’Ocean demi-pique , & fur la Meditéranée hasseguaye & 2 aguaye. f Hajla Africana. ] LANCE a feu. [Xiphia. ] Terme d’Artiscier. C’est une sorte de fusée de feu d’artifice. ( Faire, jetter, alu- mer des lances. ) LANCE à feu. [ Hajla ignita. J C’est aussi une forte de lance pleine de feu d’artifice aU bout d’en-haut. H LANCE- C’est aussi un météore ignée , dont là figure ressemble à celle d’une lance. LANCE. Outil servant aux ouvriers qui travaillent en stuc. f * Etre à beau pié sans lance. [Tendere manus.] Façon de parler proverbiale, pour dire, être démonte & désarmé. £$ LANCEM- Nicot expliquant ce terme dit que „ c’est une diction dont le commun & bas peuple des „ François, gaudit TAlleman & le suisse assez igno* „ raniment , pour n’entendre la signification du mot, „ ni la prolation , ni Tortogrnphe. L’Alleman Té» ,, cri t & prononce landsman , qui signifie homme du „ pays, compatriote,- & si l’on use de ce mot pour „ caresser, ce feroit autant comme qui apelleroit un „ étranger & un inconnu cousn , ou voisin , ou pays, „ comme , écoutez voisin , dites-moi l’ami , dites conu „ père , dites bon hom-me , h eus tu amice, comme quand „ un Espagnol parlant à un inconnu , Tapelle herma. ,, no ; l’Italien, fratello ; & le François mon ami. " J’avouë que cette explication est peu satisfaisante. LANCER , v. a. [ Vibrare. ] Jetter une chose avec éfort. Darder. ( Lancer un dard. Abl. Rét. I. 1. c. 9. C’étoit l’heuré du jour où le Soleil lance ses rasons avec plus de violence. Vaug. Quint. I. 3. Dieu lance le tonnerre. Abl. ) f LANCER , fe dit de certaines machines de guerre qui étoient en usage chez les Anciens. La Catapulte lançoit des pierres & des rochers fl’un poids énorme. La Baliste lançoit des traits d’une grosseur extraordinaire , ou des faisceaux de flèches. On peut voir leí terribles éfets de ces machines dans le Polybe de Mr. de Folard. LANCER, [Emittere.J fe dit figurément en morale, pour dire , pousser. ( Lancer des soupirs vers le Ciel. Lancer des regards afreux. Lancer des œillades amoureuses. Eh ! que me veulent dire , çjf cessoupirs pouffez Et ces sombres regards que fur moi vous lancez. M ol. ) LANCER. [ Inclìnare , vacillare. ] Terme de Mer » qui sc dit d’un vaisseau, qui ne faisant pas fa droite route sc jette d’un côté & d’autre. ( II lance bas bord.) í LANCER une manœuvre. C’est amarrer une manœuvre , en la tournant autour d’un bois mis exprès pour cet usage. í LANCER. Mettre un navire à Teau , mettre un vaisseau à la mer. LANCER. Terme de Chasse C’est faire partir la béte du lieu où elle fe retire ordinairement. ( Lancer tin cerf j c’est le faire partir de la reposée. ) LAN» LAN LANCER un loup. [£» latibulis excitare. J C'est le faire partir du liteau. LANCER un lièvre. C’est le faire partir du gîte. LANCER un sanglier. C’est le faire partir de la bauge. Salnove. Se lancer , v. r. f Irruere. ] Se jetter de colère, ou de furie sur quelcun , ou sur quelque chose. (Le Lion se lança sur lui & le mit en pièces. Abl. ) Lf LANCER ON- Petit Brochet. LANCETTE, / f- s Serpellus. ] Injìrument de Chirurgien propre á saigner , composé d’une chasse & d’une Pâme d’acier fort pointue. ( Une bonne lancette. Donner un coup de lancette. ) LANCI , f ut. Terme á’Architecture. Ce sont deux pierres plus longues que le pié droit dans le jambage d'une porte ou d’une croisée. f LANCIER,/ m. [Rastatw c que s .Cavalier armé d’une lance. ( Le Roi ordonna aux lanciers de n’a- Voir que des lances de cinq piez de long. Abé de choisi, ksi. du Roi Jean , liv. i. ch. 9. ) f* C est un chaud lancier. Cela se dit en raillant, pour dire, c’est un fanfaron qui se vante de beaucoup de choses qu’il ne peut pas faire, & particulièrement en fait d’amour. ($ LANCIERE- Ouverture par laquelle les eaux d’un moulin s’écoulent. 11 est dans la Coutume de Mon- targis , art. 7. ch, ro. ,, qu on ne peut empêcher, ,, les rivières courant perpétuellement, que les mou- ,, lins ne moulent, ou qu’ils n’aïent une abée ou ,. lanciere ouverte pour donner cours à Peau. ” {§ LANCIERS. Terme dont la Coutume d’Or- leans se sert art. 135. II est sinonime avec jambages de cheminée. LANCOIR , / m. Pâlie qui arrête Peau du moulin, & qu’on leve lorsqu’on le veut faire moudre. L ANE) AN, / m. Arbre qui se trouve dans les Isles moluques, dont les feuilles font semblables à celles du coco, & dont la mortelle sert à faire une espece de pain , dont les habitans se nourrissent. LANDE,/ / [_Loca sabulojaj Terre sablonneuse & stérile, qui n’est pas labouree. ( Les Landes de Bordeaux font renommées. ) £ * LANDES , se dit des endroits secs & ennuïeux d’un Ouvrage d’esprit. (Ce livre est rempli de landes. ) LANDGRAVE , / m. & f. [ Cornes , DuxJ Ce mot est Aleman , & signifie Comte d’un Pais , qu’on apelle Landgraviat. C’est le Prince ou la Princesse qui possede un Landgraviat. ( Monsieur le Landgrave de Hesse est un très-brave Prince. Madame la Landgrave douairière de Hesse fit long-tems la guerre avant la paix de munster. ) LANDI , landit , / m. [ Nundinasandionifîacx .] Vaugelas a décidé qu’il faloit écrire landit , & prononcer landi. L’u sage veut qu’on dise & qu’on écrive landi. Le landi étoit ce qu’on païoit autrefois au Recteur de l’Université de Paris , & ce qui se donnoit pour le landi se mettoit dans une bourse commune, pour fournir aux frais du Recteur, qui aloit à saint Denis au tems de la foire en cérémonie , acompagné d’un grand nombre d’écoliers. Mais l’Arrêtde Réglé- ment de 160g. a aboli ce droit de landi. Voiezlesan- tiquitez de saint Denis, l. 4. c. 18 .p. 1259. Le Landi signifioit aussi le salaire que les Ecoliers donnoiént à leurs maîtres au tems de la foire de Saint Denis. t§ LANDIT. La Remarque de Mr. de Vaugelas devant être notre régie surl’ortographe de ce mot, puis- qu’elle est autorisée par Messieurs de P Académie Françoise, on ne peut pas se dispenser de la transcrire ici, elle est un peu longue , mais qu’importe. II demande dans fa Remarque 310. s’il faut dire landi , ou landit ; & il répond ,, qu’il faut écrire landit avec un t à ,, la fin, quoiqu’il ne se prononce pas, ce qui a été ,, cause que plusieurs ont cru qu’il falloit écrire lan- „ di. C’est ce que le Disciple paie tous les ans à „ son précepteur , en reconnaissance de la peine qu’il ,, a prise a Penseigner , & vient de ces deux mots ,, latins, annns diffus , ou comme d’autres croient ,, d ’indiffum ; d’où il s’ensuit qu’il faut écrire landit „ avec un t ; car c’est ordinairement au bout de ,, Pan ; C’est-à-dire, de Pan scolastique, que ce pre- ,, sent ce fait au Précepteur. Mr. Malherbe a écrit ,, landit avec un t dans fa traduction des bienfaits de ,, Seneque. Voici le passage : Vous me direz qu’à ce ,, compte-là vous ne devez rien, ni à vôtre Médecin qui a LAN 3 11 » eu fa piéce d 3 argent quand il vous est venu voir, ni à vô- „ tre Pre'cepteur a qui vous avez pàiéson landit. Et pour ,, ce qui est de 17par laquelle ce mot commence qui ,, semble détruire cette véritable étimologie ; il faut ,, savoir qu’il est arrivé à ce mot la même chose qu’à „ plusieurs autres , dont nous donnerons ici des „ exemples , qui est que 17 au commencement étoit ,, Partiele du mot , la voïelle qui la fuit se mangeant „ par la rencontre de l’autre voïelle qui commence „ ce mot, & l’on écrivoit ainsi l’an dit en trois mots „ séparez , dont Particlc est compté pour un. Mais „ depuis par corruption il est arrivé que l’article ,, s’est joint & comme incorporé avec an ; de forte „ que ne faisant plus qu’un mot , il a fallu lui don- „ ner un nouvel article , & dire le landit. Si nous n’en „ donnions des exemples comme nous Pavons pro- „ mis , il semblerait que cette étimologie serait ,, bien tirée par les cheveux. 11 est certain que he- „ dera , cette feuille toujours verte , s’est long-tems „ apellée en François hierre il ne faut que lire les „ vieux Auteurs pour en être assuré , & même l’A- „ baïe d’Hierre s’apelle en latin Hedera. On a donc ,, été long-tems que l’on disoit l’hierre pour la hierre , „ à cause que 17 &1’« de l’article masculin & du fémi- „ nin se mangent , comme chacun sçait, devant la „ voïelle du mot suivant : mais depuis on en a fait „ un seul mot, lierre ; & depuis il a falu lui don- „ ner un nouvel article, & dire le lierre. Tous nos „ meilleurs Etimologistes croient aussi que loisir s’est „ formé de la même façon , & qu’aucunement d’o- ,, tium on avoit dit oijir en François , & que 17 ,, qui va devant oisir en disant loistr n’étoit que l’arti- ,, cle, mais que depuis s’étant tout-à-fait incorporé ,, avec le mot, il lui a fallu encore un article nouveau „ avec lequel on disoit le loisir. Je sçai qu’il y en a ,, d’autres exemples indubitables en notre langue , qui ,, ne fe présentent pas à point nommé quand on en. ,, a besoin : mais je fuis assuré qu’il y en a ; & cela „ est si familier à la langue Espagnole, que ce n’est „ pas une merveille si la nôtre en fait autant ; car „ en tous les mots que les Espanols ont pris de l’A- „ rabe qui commencent par al, comme alcova , al- „ guazil, alhamoda , alcaldes , & une infinité d’au- ,, tres , quoique cet al soit l’article Arabe , on ne ,, laisse pas d’y ajouter l’article Espagnol, & de dire ,, il alcova , il alguazil , tl almohada , £ç?c. ” L’avis de l’Académie a été qu’on doit écrire landit avec un f, & non pas landi fans t ; elle préféra l’étimologie d ’indiffum a celle de anmts diffus. 11 y a à S. Denis une foire que l’on apelle le landi , que l’on dit avoir été établie par Charles le Chauve. Guillaume de Nangis a écrit que ce Roi obtint du Pape & des Evêques de France des indulgences pour ceux qui assisteraient à la Bénédiction de cette foire, l’usage étant que l’ouver- ture de la foire se faisoit dans les champs par l’Evêque de Paris qui la benissoit solennellement, comme Dom Félibien Pa remarqué dans son Histoire de l’Abaïe de S. Denis. Cet Auteur écrit landi : mais son autorité ne doit pas prévaloir fur celle de l’Académie & de Mr. de Vaugelas. Pafquier, liv. 9. de ses recherches, ch, 22. écrit lendy & il dit que ,, le lendy ne s’ouvre point, „ qu’il n’ait été béni par le Recteur le lendemain „ du jour & fête de Saint Barnabé , auquel lieu il ,, s’achemine en parade, suivi des quatre Procureurs „ & d’une infinité de Maîtres és Arts, tous de che- „ val ; & après avoir fourni à son devoir , il est gra- „ tifié par les Marchands d’un honoraire de cent „ écus. ” LANDIE, / / [ Lendica. ] Terme d'Anatomie. Ce sont deux productions , qu’on apelle autrement ÌSimphes , & qui sont situées entre les deux levres des parties naturelles de la femme. LANDIER , / m. [Subex focariussi Ce mot signi- nifie une sorte de grand chenet, mais en ce sens il est vieux , & ne subsiste plus, ce semble , qu’en ce proverbe : II est froid comme un landier, LANDIT. Voïez landi. LANDREEJX, FUSE , adj. [Lcmguidus.] Infirme,. Valétudinaire. Qui est en langueur. Qui a de la peine à revenir de maladie. ( II est tout landreux. ) Ce terme est bas. Acad. Fr. LANER. Voïez LATNER. LANERET , / m. [Tertìarhus Sotte d’oîscau de proie qui est plus petit que le faucon, & qui est le mâle du lanier. LAN- 312 LAN T ANGAGE, s- m. [Lingual Langue 6s quelque nation particulière. Langue de quelques gens particuliers. Discours. (Les étrangers n entendent pas notre langage. Le vieux langage. Un langage bas & populaire. Un langage pompeux, fleuri, net, &c. Avoir foin de la pureté du langage. Les chats en ruminant le langage des Gots nous éclairent fans cesse. S. Amant. LANGAGE. [Sermo , dìclio , stilus , loquenài genus.J Art de parler poliment. Manière de s’exprimer dans fa propre langue. Le langage des Provinces doit être réglé fur celui de la capitale du Roïaume , & de la demeure du Prince. Ménage. Les François qui ont beaucoup de vivacité & de feu , ont un langage court & animé. Bouhours. Mon langage net & franc fait la figure à la contrainte. Main. poils. Cessez de tenir ce langage. Rac. Ipbig. * Le langage des Dieux. C’est la poésie qui est la langue dans la quelle les Dieux s’expriment. * Le langage des yeux. C’est la maniéré dont les yeux expliquent les pensées du cœur. (Entendre le langage des yeux. Racine. Le langage des yeux est un charmant langage, Et c’eji le seul dont l’usage Es à la mode en tous lieux. La Suze, poéf. t. i. ) Le langage des yeux n’est pas celui qui persuade le moins. Ce langage est expressif, amoureux, languissant & extrêmement hardi. PeliJJ'on , recueil de pièces galantes , tome i. * Soupirs , devoirs, petits foins, en amour tout «st langage. Ils viennent ausp-tòt avec un doux langage , Vous donner une main contre qui íon enrage. Mol. ) * Le langage des Cieux. Cela fe dit figurément , pour signifier que leur beauté, l’arrangement, le cours & la variété des astres qui y brillent, nous disent en langage muet que Dieu qui les a fait est infiniment puissant & sage. ( Les Cieux publient par un langage muet la gloire du Seigneur. Pfal. ig. * Les animaux ont un certain langage entr’eux, par lequel ils font connoître leurs passions. ) LAN GARD, adj. [Lìnguojus Jusurro.2 Quia beaucoup de langue. Qui aime à médire, qui parle fans discrétion. Ce mot est vieux & bas. On le trouve dans Marot. LANGE , f m. [ Fascia. ] Terme de Nourice. Grand morceau de toile , qui est piqué , qu’on met fur la couche de Pensant. Grand morceau de drap pour emmailloter P enfant. II y a trois langes. Le premier est de toile simple ou de toile piquée, & ce lange s’apelle lange piqué , & les deux autres font ordinairement de drap , ou le second lange est quelquefois un lange de futaine , mais le troisième est toûjours un lange de drap. ( Acheter de fort beaux langes. Aprêter les langes d’un enfant. Le Pape a envolé les langes bénis au Duc de Bretagne. ) LANGE. [Fannus.] Terne d’imprimeur en tailles douces. Morceau de drap qui sert à faire presser la Feuille qui est fur la planche gravée. LANGE. [ Pannus. ] Terme de Cartonnier. Morceau de drap fait en quarté, qu’on met fur les formes à carton. LANGE' , f m. Melon de Langé, tjui est une petite Ville en Touraine. ( Un bon langé. ) 11 faut dire un bon Langeais avec la permission de Richelet, au moins c’est ainsi que l’écrivent & prononcent les bons Auteurs. LANGOUREUSEMENT , adv. [ Languidè. ] D’une maniéré langoureuse. (11 vivoit langoureusement & presque toûjours malade. ) LANGOUREUX , langoureuse , adj. f Languens, languidus. ] Languissant. Plein de langueur. ( 11 est tout langoureux. Mener une vie langoureuse. Pour un Iris en Pair faire le langoureux. Des, fat. 9. Bien souvent un cœur amoureux Far un air triste U langoureux. La Suze , poésies. ) , LANGOUSTE , s f. [ Locustapiscis .] Poisson qui n a point de sang, qui est couvert de test mou , qui a devant les yeux deux longues cornes garnies d’éguil- lons avec deux autres cornes au dessus plus déliées & plus courtes. La langouste ale dos rude & plein d’é- guulons , elle a cinq piez de chaque côté la queue somme les ecreviffes, & elles fe dépouille de fa cou- LAN verture de même que le serpent de sa peau. Rond. LANGOUSTE. [ Locusta. ] Petit insecte ailé & fort en jambe, qui vole par la campagne, & qui dépeuple les blés. On l’apelle autrement Jauterelle. 11 y a un autre langouste , dont parle Matthiole, & qu’on nomme autrement Cheval marin. [Hippocam . pus. 2 Diférente de celle qui ressemble à une écrevisse. Elle a le dessus du cou velu auffi-bien que le devant de la tête , mais le front est fans poil. LANGUE , f f. [ Lingua. ] Petite partie de la bouche qui sert à former la voix , à goûter les choses & à faire la distinction des diférentes sortes de faveurs. Ce mot de langue au propre se dit des hommes & des animaux. La substance de îa langue est une partie môle & charnué, qui n’a aucuns fibres , de sort» qu’il n’y en a point de semblable en tout le corps. Elle est couverte d’une membrane déliée. Elle a fous le milieu un ligament fur lequel elle porte , & qui la fait remuér & alonger. Au bout de ce ligament il y a un petit filet, qu’on apelle le frein de la langue. Ses parties font le pié de la langue, ou la foûlangue , la furlangue , ou le dessus de la langue , & le bout de la langue. L’homme a la langue la plus fine & le goût le plus fin de tous les animaux. ( Une petite langue. Une grosse langue. Une langue de carpe , de mouton, de bœuf, de porc , &c. On perce la langue aux blasfémateurs. La langue juge des saveurs. ) Et pour louer un Roi que tout le monde loue Ma langue n’attend pus que l’argent la dénoué. ûespr. Seigneur, ma langue annoncera vos merveilles. Port - Roial, Psaumes. ) Tirer la langue. [ Linguam exerere. ] C’est la faire sortir hors l’ouverture de la bouche. f II vous verroit tirer la langue d’un pié qu’il ne fe- roit rien pour vous. C’est-à-dire, il vous verroit dans le besoin qu’il ne vous affisteroit pas. f Tirer la langue , [' Aliquem irridere linguam profe- rendo. ] Se moquer d’une personne en lui tirant la langue sans qu’il le voie. f Prendre langue. Ablancourt. [ Inquirere , percon- tari , sciscitari.2 C’est s’enquerir. f * Avoir bien de la langue. Molière. \JLoquacem este.2 C’est être grand causeur, ou grande causeuse. Ce Marculhu armé seulement de la langue , Et qui n’est genereux que dedans une harangue. Brebeuf. * Avoir la langue graste. Ablancourt. [ Balbutire2 C’est Bégaïer , c’est quand on ne peut pas bien prononcer de certaines lettres, comme l’r. * C’est une méchante langue. [Est mala linguxé} C’est- à-dire, c’est une personne qui médit & déchire les gens. On dit aussi langue serpentine. A II est impostìble d’arrêter la langue des Poètes. Boi- leau , Avis à Ménage, f Lingua sua moderari nequeunt Poe t a. J C’est-à-dire, il est impossible d’empêcher les Poètes de parler & de railler les gens. * Avoir la langue liée. [ Adstriclam habere linguam.2 C’est-àdire , n’oser parler de quelque chose. * Avoir lajangue bien pendue. [ Celeri çs? exercitâ este lìnguà.2 C’est parler facilement & éloquemment. . * Avoir une chose sur le bout de la langue, s Versa) i ìn labik primoribus. J Cela se dit d’une chose qu’on sqait, mais dont on ne fe souvient pas à l’heure qu’on la veut nommer. * Un hommesa^e doit être maître desa langue, & savoir parler ou se taire a propos. [Linguam domare debet.2 * La langue lui a fourché. [Excidìt illi excogitandi ver- bum.2 C’est-à-dire. 11 a lâché une parole contre son intention Il lui a donné du plat de la langue. [ Blandè illi palpa- tm est. ] C’est-à-dire. II l’a enjollé pour lui attraper quelque chose. Beau parler nécorche point la langue. Un coup de langue est pire qu’un coup de lance. * LANGUE. [ 'Lingua, setmo-2 Ce mot signifie aussi !e langage particulier qu’on parle en un pais. (II est autant possible de fixer la langue Françoise qu’il est possible de fixer l’humeur des François. Qui pourra croire qu’un valet qui n’entend que quelques mots de notre langue ait pû concevoir ou executer ce dessein. Patru, plaidoié. n. ) VUsage est le tìran des langues. Prov. C’est-à-dire, qu’il faut suivre l’usage sans raisonner. s$ Bran- lan (s Brantôme raconte dans la vie de l’Empereur Çharles-Quint, que cet Empereur parloit trois langues parfaitement, & qu’il faisoit tant de cas de la con- noissance des langues , qu’il disoit souvent qu 'autant île langues qu un homme sçait parler , autant de fois ej}~ il homme tellement que st un brave homme parloit de neuf ou dix sortes de langages , il l’estimerait autant lui seul , qu’il eût fait dix autres. II ajoûte que l’Empe- reur fit tous ses éforts pour gagner le Drogman de So- liman, parce qu’il parloit parfaitement dix-sept langues. A propos de Turc, Mr. Costar allégué dans la fuite de fa défense de Mr.de Voiture,unproverbeTurc qui autorise ce sentiment de Charles-Quint : Un homme vaut autant d’hommes qu’il sçait de langues. Ge que cet Auteur ajoûte page 187. est véritable : Jesçai des savans qui ne se servent du Grec , de l’Hébreu , gf du Ca/daique , que pour dire des sotises en Grec , en Hébreu U en Caldaiique. II faut convenir qu’une connoissance parfaite des langues Orientales entraîne insensiblement dans le pedantisine ; il faut les entendre assez pour s’en servir dans le besoin, mais il y a trop de tems à perdre dans une étude si di, ficile & si sèche. f La langue Gréque & la langue Latine sont fort stériles en termes militaires, & l’on ne doit pas s’éton- ner si nos Traducteurs tombent fi souvent dans des fautes énormes. Polybe de Mr. de Folard. La langue sainte. [ Lingua fan Fia , hebraica .3 C’est la langue Hébraïque. La langue Latine. (Faire des remarques fur la langue Françoise. Professeur aux langues Orientales. Un Maître de langues.) LANGUE vivante. [ Lingua vìva. ] C’est la langue que quelque peuple parle encore aujourd’hui. Langue morte. [Lingua mortuaj C’est celle qu’aucun peuple ne parle à présent, & qui ne subsiste que dans les livres. L’usage est le tiran des langues vivantes. Langue maternelle , langue étrangère. On peut disputer à l’Aca- démie Françoise le droit de régler notre langue comme il lui pìfcit. La langue Latine s’elt corrompue fous les Empereurs. Ablancourt, Patru & Vaugelas ont mis la langue Françoise dans fa perfection. S. Evremont , teuvres mêlées. ^ Maître de langue. C’est celui qui enseigne une langue vivante. LANGUES de feu. [Lingua ignitx.l C’étoit une matière qui avoir la figure d’une langue & la couleur du feu , que le S. Esprit fit décendre & se poser sur chacun des Apôtres , lorsqu’il leur donna la faculté de parier divers langages, au jour de la Pentecôte. Les aides de la langue. [ Vnets adjumenta. 3 Terme de Manège. C’est un certain cri que fait le Cavalier pour animer un cheval. LANGUE. [ Natio. ] Ce mot en parlant des Chevaliers de Malte, veut dire , nation. Ces Chevaliers Italiens n’étoient pas les plus braves de leur langue. La langue d’Espagne ne prétend pas posseder en chef la charge de Capitaine général. Bouhours , Hiji. d’Au- bulfon , 5. '* LANGUE. Terme de Fleuriste. II se dit en parlant de l’iris bulbeuse de laquelle l’extrêmité se relève en haut, & qui est jointe à trois autres feuilles dontl’ex- trêmité penche vers la terre , & qui se nomme menton. (Iris qui a les langues du bleu clair. Marin , traité des Fleurs.) * LANGUE. [IJngua in mare excurrensF] Pointe de terre qui avance dans la mer. ( Ces deux mers venant à serrer la terre de deux cotez font une langue qui ata- che à la terre ferme cette Province. Vaug. Quint. I. ;.) LANGUE de voile. C’est une cueille , ou une demie cueille de voile, étroite par le haut & large par le bas, qui se trouve dans les còtez de plusieurs voiles. LANGUE. [Rimula.'] Terme de Vitrier. Fente qui se fait sur le verre lorsqu’on le coupe. * On donne ce nom de langue à diverses plantes, à cause de leur figure. Langue de cerf. Langue de bouc & langue de bœuf. Yoïcz huglofe , & bourrache, Langue de cheval. [Hip- poglojjum , cynoglojfum. ] Langue de chien, c’est une espèce de glouteron. Langue de Serpent, &c. [ Ophio - glofsum.J LANGUE', languée , adj. [ Exertà lingua. ] Terme de Blason. C’est la même chose que lampafsé. LANGUE'ïER , v. a. [Suariam íinguam inspicere. 3 Voir & considérer des cochons , afin de certifier s’ils font vendables ou non. ( Languéïer la marchandise, Languéïer un cochon.) LAN 315 LANGUE'ïER. [ Percontari. 3 Se dît aussi en termes figurez, maistrès-bas, pour aprendre adroitement d’une personne ce qu’on en veut sçavoir, ou lui faire lc bec afin qu’elle ne dise que ce qu’on voudra. (Quand on veut sçavoir le secret d’un maître, il faut languéïer les valets.) LANGUE'ïEUR, s. m. £ InJpeFíor stuarim.J Celui qui tous les jours de marché se rend sur la place où se vendent les cochons, qui les visite & qui en volt & considère la langue pour voir s’ils font en état d’être vendus, & s’ils ne font point ladres. (Un bon languèïeur.} LANGUE'iEURS. Ce font des personnes préposées pour visiter la langue des pourceaux, & reconnot- tre s’ils font fans défaut, ou s’ils font ladres & mezeaux. 11 est dit dans l’article 42;. de la Coutume d’Orleans : Quand aucun achete des porcs au marché , U après qu’U les a achetez , il les fait langáier , U le langáieur trouve qu’ils font mezeaux , le dit acheteur ne fera tenu les prendre , Uc. Loisel, dans ses Institutes coûtumieres, liv.\. tit. 4. art. 17. a dit que Langaieurs font tenus reprendre les porcs qui Je trouvent mezeaux en la langues s’il n’y a rien en la langue , fçf néanmoins se trouvent mezeaux dans le corps , le vendeur est tenu en rendre le prix , sinon que tout un troupeau fut vendu en gros. II faut ici observer que le terme mezeau étoit fort en usage du temps de Saint Louis, où la maladie apellée ladrerie étoit fréquente parmi les François, qui l’avoient aportée de la Terre Sainte. Joinvìlle raconte dans la vie de Saint Louis, qu’un jour il lui fit cette question : „ Sénéchal „ (luidit-il) quelle chose est-il que Dieu ? Et je lui „ répons : Sire , c’est si souveraine & bonne chose que ,, meilleure ne peut être. Vraiment (fit-il ) c’est moult „ bien respondu ; car cette vôtre responfe est escrite „ en ce Livre que je tiens en ma main. Autre deman- „ de vous fais-je , sçavoir lequel vous aimeríés mieux, „ estre mezeau & ladre, ou avoir commis ou cotnmet- ,, tre un pechié mortel. Et moi qui onques lui voulu ,, mentir, luirespondi que j’aimerois mieux avoir com- ,, mis trente pechiés mortels que d’estre mezeau ; & „ quand les freres furent départis de là, il me rapel- ,, le tout soulet, & me fist seoir à ses pieds, & me „ dit : comment avez-vous osé dire ce que m’avez „ dit ? Et je lui respons que encore je le disoye. Et il „ me va dire : ha foui, musart m u fart, vous y êtes „ deceu ; car vous fçavez que nulle si laide mezelle- ,, rie n’est comme estre en pechié mortel ; & l’ame ,, qui y est, est semblable au diable d’enfer, par quoy ,, nulle si laide mezellerie ne peut estre; & bien est „ vrai, fist-il, car quand somme est mort, il est fane ,, & guery de toute sa mezellerie corporelle, mais „ quand somme qui a fait pechié mortel meurt, il ne ,, sçait pas ni n’est certain qu’il ait en fa vie eu telle ,, rêpentance que Dieu lui veuille pardonner ; par ,, quoi grand paours doit-il avoir que celle mezellerie ,, de pechié luv dure longuement , & tant que Dieu ,, fera en Paradis. Pourtant, vous prie , fist-il, & pour „ l’amour de Dieu premier, puis pour l’amour de moy, „ vous reteigniez ce dict en vostre cœur, & que vous aimiez beaucoup mieux que mezellerie & autres „ maulx & meschefs vous viennent au corps, que „ commettre en vostre ame un seul pechié mortel, „ qui est si infâme mezellerie.” Quel Roi 1 quel tems! quelle sainteté ! Voïez Mr. du Cange dans ses notes fur cet endroit. LANGUETTE , f f. [ Lingula. 3 Ce mot se dit de plusieurs choses , & est commun à plusieurs arts, & signifie ce qui est taillé & façonné en forme d’une petite langue. f LANGUETTE , se dit d’une petite pièce de métal qui se hausse & se baisse , & qui bouche un trou aux instrumens à vent. (La languette de ce hautbois est bien faite.) LANGUETTE. [Lingula. 3 Terme de potier tC Etain. Morceau d’étain gros comme le doigt qui est au milieu du couvercle des pots , de pintes, &c. Qui est enchâssé à Panse, & fur lequel ou met le doigt pout lever le couvercle. LANGUETTE. C Glottvs. 3 Terme à!Anatomie. C’est une fente qui est au devant du larinx , & qui est formée par la joncture des cartilages aryténoïdes. Elle sert à former la voix. LANGUETTE. En termes de Maçonnerie , c’est le mur de plâtre qui fait la séparation des tuïaux d’une cheminée qui portent sur des bandes de fer. Tome IL R r LAN- 314 LAN LANGUETTE. Terme A’Orfèvre. C’est un petit morceau d’argeht qu’on laisse exprès hors d œuvre , que l’Afineur retranche & éprouve avant que de contre- Ujarquer l’ouvrage , du poinçon de la ville. LANGUETTE ÍLingula .,1 Terme de Menuisier. Morceau de bois qui entre tout le long de la renure. LANGUETTE de balon, \_Ltngula.] Petit morceau áe bois rond, percé des deux cotez auquel on atache la vessie , & par lequel on soufie le balon. LANGUETTE. £ Lingula , glotth. ] Terme de Lutier & de Fabriqueur d’Orgues. (Languette de sautereau, de clavecin, languette de tuïau d’orgue. On dit aussi languette de trompe, &c.) f LANGUETTE de balance. £ Examen trutina.] Pe- libien dans sses principes d’Architecture écrit de la forte , mais c’est une petite faute , & plût à Dieu qti’il n’y en eût point de plus grosse dans son ouvrage. Les Balanciers de Paris & la plûpart des honnêtes gens l’apellent éguille de balance A? de trébucbet , & non pas languette qui est Provincial. LANGUEUR, f- f- ÍLanguor , marc or.] Foiblesse causée par quelque infirmité ou maladie. Peu de santé. Manquement de force qui vient de quelque maladie. Etat languissant. ( 11 semble qu’elles me font inutiles dans ma langueur. Pasc. I. 2. Je traîne ma vie en langueur. Main. f des * Je tombe dans de douces langueurs. Desp. Long.c.%. * Se défendre des langueurs de l’amour. Voit. I. 43. Je meurs de langueur. Voit. poés. Elle a bien du mérite puifquelle cause de la langueur à un homme fi froid. " Il exprima Jì bien fa peine (f son ardeur, Que Laure malgré sa rigueur L’écouta , plaignit sa langueur, Et fit peut-être plus encore. Deshoul. ) Le terme langueur me fait souvenir de la dispute d’Eudoxe & de Philante dans la maniéré de penser du P. Bouhours. Eudoxe n’aprouve pas ce vers du Tasse fur la mort d’Argant. Minacciava morendo , è non languia. Philante lui répond , qu’un Sarrazin feroce & robuste qui a été blessé dans le combat & qui meurt de fes blessures , peut bien menacer en mourant celui qui lui donne le coup de la mort. Je consens qu’il le menace (répondit Eudoxe) & même que fes derniers gestes, que fes dernieres paroles aient quelque chose de fier, de superbe & de terrible ; cela peut être, & cela convient au caractère d’Argant ; à la mort on conserve les fentimens qu’on a eu pendant la vie ; on ramasse ce qu’on a d’efprits & de force pour exprimer ce qu’on sent ; on jette quelquefois des cris éfroiables avant que de rendre les derniers soupirs : mais de n’être point foible lorfqu’on fe meurt , è non languia , c’est ce qui n’a point de vraisemblance. Mais qu’y a-t-il de plus convenable à la vertu héroïque ( dit Philante ) que de mourir fans nulle foiblesse ? Les héros ( reprit Eudoxe) ont de la constance en mourant : mais la fermeté de leur ame n’empêche pas que leur corps ne s’afoiblisse : ils n’ont de ce côté-là nul privilège ; cependant le non languia qui va au corps , exemte Argant de la loi commune i & détruit l’homme en élevant le héros. Le Tasse veut dire, ce me semble, (reprit Philante) qu’à voir Argant irrité contre Tancrede & le menaçant sur le point de mourir, on n’eût pas dit qu’il fe meuroit ; que fa fierté & fa colore éfaçoient en quelque forte fa langueur , & le faifoient paroître vigoureux. S’il m’est permis de prendre un parti, je me déclare pour Philante contre Eudoxe. LANGUIER , f. m. £Lingua suilla. ] Partie d’un çoehon qui contient la gorge & la langue , qu’on sale & qu’on sèche à la fumée. (Les Languiers du Mans font en réputation.) LANGUIR , v. n. [ Languere. J Vivre en Langueur. Avoir très-peu de santé. Je languis de foiblesse. Port- Royal. Psaumes.} LANGUIR, f Lento ctuciatu torquere.] Ce mot fe dit en parlant de bourreau & de patient, & veut dire, ne ï?f P^P^drer promtement. (Faire languir un patient. + ? A e N^nl° ng r^ m 5 la "8 uir U" Patient.) tï aAere -] Ce mot pour dire , s’en- nuier, ne vaut rien. On ne dit point après avoir ete quelque tems a Paris , vous languissez nour dire vous vous y ennuïez. Vaug. 8 ’ pourdire> LAN * LANGUIR. [Fume torqueri , consici . ] Mener une vie pauvre & pleine de langueur, parce qu’on n’a pa* dequoi subsister. Etre dans une grande pauvreté. (Languir dans la mifere. Abl. Luc. I. 10.) * LANGUIR. [ Amore deperire. ] Mourir d’amour, soupirer pour quelque belle. ( Philis , permettez-moi de languir à vos piez. Rac. Je languis du beau feu qui brûle dans vos yeux. Elle ne laissa pas long-tems languir l’Abé. BuJJì.) LANGUIR. [ Erigere.] Se dit de ce qui n’est pas dans son activité ordinaire. ( Ainsi on dit le Palais languit, on ne plaide presque plus. Depuis que les troupes font en quartier d’hyver, les nouvelles languissent. La guerre est cause que les plaisirs languissent. La conversation languit. Donnez lui ce qu’il demande & ne le faites pas languir. Acad. Fr. Une tragédie languit, lorfqu’elle n'intéresse pas assez vivement les spectateurs.) LANGUISSAMMENT, adv. [ LanguidêpnolUter .] D’une maniéré foible & languissante, tendre & passionnée. (Regarder languissamment. Parler languissamment. ) LANGUISSANT , languissante , adj. £ Languens, languidus.] Plein de langueur. Qui a peu de santé. ( Avoir une santé languissante. Gomb.ep.l .3. Iímene une vie languissante.) * LANGUISSANT , languissante. £ Debilis , infirmas .] Foible. ( Secours languissant. Tbeoph. pots.) * LANGUISSANT, languissante. [ Amans, amator.] Plein d’amour. Amoureux, plein d’une langueur amoureuse. (Yeux languissans. Je me feignis languissant & blessé. Voit. poêf. * LANGUISSANT , languissante. £ Languidus. mers."} Ce mot fe dit du ítile & du discours , & signifie , qui n’a rien de vif. Qui est mou , enervé & fans force. (Stile froid & languissant. Ablan. Luc. Ecrits languis- fans. Despr. Sat. 2.) t LANICE , adj. [ Tomentum saneum. J 11 fe dit de la bourre. Bourre lanice. C’est la bourre douce qui fe tire de la laine de mouton avec le peigne des Car- deurs, avec le chardon des Bonnetiers , ou par les Tondeurs de draps & de couvertures. (On fait de bons matelas avec de la bourre lanice.) LANIER , s m. f Accipìter laniarins. J Sorte d’oi- feau de proie qui a le bec & les piez bleus , les plumes de l’estomac mêlées de noir , & de blanc, qui est plus petit que le faucon & qui est la femelle du laneret. II étoit autrefois défendu á toutes fortes de personnes , de prendre des faucons , autours ni laniers ; & quand on en avoit pris avec permission , il faloit les porter au Roi qui les paroi t. Voïez le Code des chasses, tome 1. pag. 106. Laniers à laniandis avibus, vel quòd plumas denjas ff molles in modum lan a habent. LANIE'RE , f f [ Lorum , liguln. ] Petite bande de cuir dont les enfans fe fervent pour foiieter leur ■corniche & leur sabot. C’est aussi une forte de courroie. ( Us imaginèrent une efpece de lanière, ou courroie. Dejpreaux , Longin, remarques in 4. page 95.) LANIERE. ZHabena , ligula. ] Longe de cuir dont on fe lèrt pour tenir l’oifeau de proie fur le poing, ou à la perche. LANIERE. £ Insiita coriaria. ] Terme de Mercier. Cuir large de deux doigts qu’on emploie pour border les corps de cotte de servantes, & de femmes de village, LANQUIE'RE , s. f. £ Cesìicillus.] Peau-en forme de gros & de large bourlet qui fe met au-dessus des reins en forme de ceinture & qui soutient un homme sur l’eau. La lanquiere est inventée depuis peu , & on en a vû paroître l’éfet aux yeux de tout Paris le 14. de Septembre 1677. LANSPEÇADE, Anjpeçade , f. m. Soldat qui aide le Caporal , & qui est apelié par les Italiens , lan - zejpezzata. Voïez Garzoni , pìazza universelle , discor- so% 1, Prononcez Anspesade. Les Auteurs du recueil des nouvelles ordonnances de la guerre, & Gaia, Traité de la guerre , écrivent le lanspeçade mais mal. L’u- fage ancien & moderne est pour anjpeçade. Binet, Essai des merveilles de nature , chap. 1 7. écrit, l’Anjpeçade, est celui qui &c. Du Praiiíac, Discours militaires, chap. 10. a dit, les anjpeçades doivent soulager les caporaux & être comme leurs Lieutenans. Les fergens des gardes que j’ai consultez sur le mot d 'anjpeçade m’ont dit & m’ont prononcé que chaque compagnie avoit cinq anjpeçades , & que les anjpeçades étoient ordinairement LAN ment exempts de factions, excepté des rondes & des sentinelles perdues. LANSQUENET, / m. Sorte de jeu de cartes qui ne fe joue ordinairement que par des laquais & par de petites gens. Ce jeu fe joue à deux ou à plu- íìeurs personnes. On donne une carte à chacun des joueurs, & fur cette carte on couche ce qu’on veut jouer. Ensuite celui qui donne, retourne le reste du jeu des cartes & gagne lorfqu’il retourne une carte pareille à celle qu’il a donnée à quelqu’un des joueurs. LANSQUENET , s m. [_ Pedes Germantes .] Mot Ale- mand , qui veut dire , simple soldat & qui se prend parmi nous pour un soldat Aleman fantaqin. LANTER , v. a. ou knter , mais on prononce lanté. [ Cyprium as décor are. J Terme de Chaudronnier. II se dit en parlant de cuivre. C’est faire avec la tête du marteau de petites faqons & de petits agrémens fur le cuivre qu’on a mis en œuvre. ( Lanter un chaudron. Lanter un couvercle d’une marmite.) LANTERNE, / f. f Laterna. ] Instrument composé d’ordinaire de verre & de corne ou autre matière transparente, au dedans duquel on alume de la chandelle ou autre pareille chose pour éclairer. Instrument composé de verre & de plomb au milieu duquel on met une chandelle ou une lampe. (Une petite & grosse lanterne.) LANTERNE sourde, s Laterna sur da. ] Sorte de petite lanterne qu’on porte la nuit, qui n’a qu’une ouverture , qu'on ferme quand l’on veut. ( Avec une lanterne sourde on peut voir sans être vû.) On fait aussi des espèces de lanterne de papier, & de toile. LANTERNE de moulin. Sorte de petite machine en forme presque de lanterne, garnie de ses fuseaux & au travers de laquelle passe un fer qui fait tourner la meule de moulin. LANTERNE. [ Parvus tholus. ] Terme d 'Architecte. Petit d’ôme au-dessus d’une maison. LANTERNE. Terme d ’Orfévre. C’est la partie de la crosse d’un Evêque , ou d’un bâton de Chantre, qui est grosse & à jour, & qui en quelque faqon répre- sente une lanterne. LANTERNE. [ Lochs cancellis obseratus. ] C’est aussi un petit cabinet de ménuiserie , qu’on éleve dans quelques auditoires , pour y placer quelques personnes, qui veulent écouter fans être vûës. (II fe plaqa dans la Lanterne de la Grand’ Chambre pour oiiir le raport de son procès.) LANTERNE Magique. [ Laterna magìca, ) C’est une petite machine d’Optique , qui fait voir dans l’obscu- rité, sur une muraille blanche plulìeurs spectres & monstres afreux, de forte que celui qui n’en sqait pas le secret, croît que cela se fait par art magique. LANTERNE. Terme d ’EJsaieur d’or N d’argent. C’est une espèce de petit cabinet garni de verre, afin que le vent n’agite point le trébuchet qu’on place dans cette lanterne. f * LANTERNES. flneptiœ , nuga. ] II signifie des discours & des choses de nulle valeur. (Tout ce que vous dites, ce font des lanternes. On dit au même sens des lanterneries. 11 ne s’amuse qu’à des lanter- neries. ) Ces mots font bas & du petit peuple. On dit en parlant d’un homme sot qui croit aisément les choses , qu ’on lui feroit acroire que des vejjìes Jont des lanternes s mais ce proverbe est bas. LANTERNE. De cuivre batu, garnie de hampes & de boites de bois pour charger les pièces d’artillerie. H LANTERNE, ou Plioir. Instrument rond qui sert aux Gaziers à ôter la foie de dessus l’ourdissoir, pour la mettre fur les deux ensubles du haut de métier à gaze. f LANTERNER , v. a. [ Nugis aliquem qffendere. ] Vétiller. Tracasser. Importuner à force de dire des pauvreté/,ou d’autres choses qui ennuient & qui déplaisent. (Ma Melpoméne en verve fans pareille , Ne veut non plus lanterner ton oreille De graves traits. S. Am. Morbleu, ne me lanternez pas, car je vous. Scarr.) LANTERNERIE,// [Inania verba. ] Sotise’, discours impertinent, ou de peu d’importance. ( Tòut ce que vous dites là ne font que lanterneries. Acad. Fr.) f LANTERNIER , f. m. [ Laternarum opifex. ] Ce mot, pour dire, un faiseur de lanternes ne se dit pas, LAP 315 car ceux qui font des lanternes , ce font les Taillandiers en fer blanc , ou les Vitriers. Messieurs de TA- cadémie ne rejettent pas absolument ce mot, maisjls remarquent qu’il n’est guéres en usage. t LANTERNIER. [ Lqtemarim. ] Celui qui alume les lanternes des rues. Cet homme s’apelle Commissionnaire du Commissaire , mais il est peut-être le seul qui se donne ce nom. Le peuple de Paris l’apelle lan- ternier ; témoin le Vaudeville, Abaissez la lanterne, Monpeur le lanternier. t LANTERNIER. cejfator.'] Vétilleur, Tra- casseur. Importun ridicule. ( C’est un franc lanternier. Un petit peuple , mais sage Ne l’ijiime qu’un grand sot, Qtstun lanternier , un falot. Recueil de pièces galantes.) $ * LANTERNIER , se dit aussi d’un homme irrésolu , indéterminé en toutes choses. C’est un lanternier avec qui on ne peut conclure la moindre chose.) í LANTERNI8TE8 , s m. On a donné ce nom aux membres d’une Académie établie à Toulouse. t LANTIPONAGE ,/»*.[ Importunitas, cessât io. ] Mot bas, & burlesque , pour dire , fracas. Importunité ridicule. Sote conduite qu’on tient à l’é- gard d’une personne. (Mr. le Médecin , que de lanti ponage. Molière, Médecin malgré lui, ail. 2 . sc. 2 .) t LANTIPONER , v. a. [ Cefsare .] Chicaner une personne , l’ennuïer, Sc la fatiguer par un procédé ridicule. (Vous me lantiponez.) LANTURE , s f. [Cyprii arts ornamenta. ] Terme de Chaudronnier. Ce font les petits agrémens qu’on fait avec le marteau fur le cuivre , lorfqu’il est travaillé. ( Lanture belle & bien rangée.) LANTURLU. Mot dont on se sert pour se moquer des choses qu’on nous dit, & qu’on fit entrer en un Vaudeville du tems du Cardinal de Richelieu. Sorte de fameux Vaudeville fait du tems du Cardinal de Richelieu. ( Le Roi leur a répondu lanturlu. On a fait défense de chanter lanturlu. Voit. poe'f.) LANUSURE,// Terme d’ Architellure. Pièce de plomb qui est au droit des aretiéres, & fous les amortissemens. On l’apelle aussi Basque. f LAPATHUM , s m. Plante dont il y a diverses fortes. Lapathum acuto folio , lapathum palustre , Scc. LAPER , v. a. [ More canum bibere .J Ce mot se dit proprement des chiens & autres animaux, comme loups, renards, & signifie boire en prenant Peau avec la langue. ( Avec un broúet clair, il vivoit chichement, Ce broúet fut par lui servi sur une ajstette, La cigogne au long bec n’en put atraper miette r Et le drôle eut lapé le tout en un moment. La Font. I. 1 . sabl. rg.) LAPEREAU ; voyez LAPREAU. LAPIDAIRE, s m. [ Gemmarius lapicida. ] Marchand qui achète & vend de toutes fortes de pierres précieuses. ( Un riche lapidaire. ) C’est aussi l’ouvrier qui taille ces pierres. f LAPIDAIRE , adj. On dit, le siile lapidaire, ou le stile des inscriptions fur le marbre, fur le cuivre,&c. 11 n’a point d’autre usage dans cette acception. LAPIDATION,// [ Lapidatio.J Suplice qu’on fait foufrir en jettant des pierres contre une personne. (La lapidation étoit un suplice ordinaire aux Juifs. Saint Paul assista à la lapidation de S. Etienne.) LAPIDER , v. a. fLapidare, lapidibut obruere.Ji Tuer à coups de pierre. ( Lapider quelcun. Le Roi les fit lapider. Abl. * Caillou qui lapidez un million d’amans. Sar.poés.) f * LAPIDER, fe dit en parlant de plusieurs personnes qui s’élevent ávec chaleur contre quelcun. (On fembloit vouloir me lapider lorsque j’ai parlé en vôtre faveur. Je croiois qu’ils m’aloient lapider.) LAPIDIFIER, v. a. [In lapidem corner ter e. ] Terme de Chimie. Réduire les métaux en pierre par le moïen de leur calcination. On dit aussi lapidìficatìon , s. f. f Lapidifîcqtio.'] Qui est faction par laquelle les Chimistes convertissent quelque substance en pierre. LAPIDIFIQUE , adj. [ In lapidem convertens , ] Suc lapidifique. (11 y a des fontaines lapidifiques, dont l’eau fe convertit en pierre.) Tom. II. R r 2 LA- aï 6 LAQ_ ï A'PTN s. m. [ Cuniculus. ] Sorte d’animal fort connu qui apprivoise aisément, qui tire sur e roux, ou'qui est noir, blanc, gris couleur de cendre , ou marqueté, qui a les oreilles droites, une peie queue, & qui à force de grater la terre fe fait un petit trou ou il se retire , & d'où il ne fort que le matin & le soir, & même il ne s’en éloigne guere. Le lapin s apelle aussi quelquefois connin , qui vient du latin cuniculus. Le lapin est doux & joli, & chair est beaucoujr meilleure que celle du lièvre, qui est sèche & mélancolique. II y a des lapins de clapier , qui font des animaux domestiques, & des lapins de garenne. Ceux-ci font bons, mais les autres ne valent rien. II y en a aussi que les Rôtisseurs nomment buiffonniers , parce qu’ils se tiennent toûjours dans des buissons ; & ils font meilleurs que les clapiers , mais de beaucoup moins excélens que ceux de garenne. On chasse le lapin avec l’épagneul, avec de petits lévriers , ou avec le furet & des filets. Voïez Foúillou , Vénerie Royale, p. xoo. N 122. Voïez Connin. ( Encore st c’étoit qu’on ne fut qu’à la chasse Des lièvres , des lapins , des jeunes dains, passe. Ce font des animaux d’un naturel fort doux Et qui prennent toujours la fuite devant nous. Mol. Pr. d’Elide. I Gentil lapin de la belle Duchesse, Petit lapin , ton aimable maîtresse, En te voìant par moi tant souhaité A reconnu que je t’ai mérité. Gentil lapin , à mes vaux on te donne , A mes désirs enfin l’on t’abandonne. Petit lapin , enfin vous étés mien Et nul à vous ne peut prétendre rien. Muse coquette , page 6i.) On dit, barbe de lapin. C’est le grand poil qu’il a au museau. Poil de lapin. C’est le petit poil doux & & joli qui lui couvre la peau. (L’épaule , la cuisse, le rable d’un lapin.) $ Etre brave comme un lapin. C’est prov. & bass. être habillé de neuf. LAPINE , f f í Cuniculus famìna. ] Femelle de lapin. Quelques-uns des plus habiles dans la langue condannent le mot de lapine, & prétendent qu’on doit dire fémelle de lapin, & non pas lapine. Néanmoins , comme lapine est dans la bouche de plusieurs Dames qui parlent bien , je ne le condannerois point, fur tout en parlant, ou dans le stile le plus simple. f L’Académie dit lapine. ( Cette lapine est prête à mettre bas.) f On apelle prov. une femme qui fait beaucoup d’en- fans, une lapine. ( Cette femme est une vraie lapine.) LAPIS * f m. [ Cyaneus , stellatus lapis. J Sorte de pierre prétieuse qui est ordinairement en ovale , ou quarrée, qui est opaque & marquetée de petits points d’or , qui croît en Chipre, en Barbarie & en Egypte, & qui sert à orner les cabinets & autres ouvrages. R onel , Mercure Indien. LAPPA , f. m. I Lappa. ] Sorte de plante qu’on apelle autrement Bardane, ou G/outeron. LAPREAU , f m. [ Cuniculus. ] Petit lapin. ( Un bon lapreau.) LAPS , f m. Ce mot est écorché du latin lapsus. II se dit du tems, & n’est en usage que dans la pratique. Le laps de tems est un grand espace de tems écoulé qui change l’usage , ou qui éface la mémoire de quelque chose. ( On ne prescrit point contre le droit naturel par quelque laps de tems que ce soit. Cette coûtume s’est établie par le laps de tems. Se faire rélever du laps de tems.) LAPS , lapse, adj. Tombé. [ Lapsus. ] II ne se dit Hue de celui qui a quitté la Religion Catholique, & il n’a guéres d’usage qu’avec le réduplicatif. Du tems qu’on toléroit en France la Religion de Calvin, on voioit beaucoup de laps & relaps. Acad. Fr. LAQS, o\ìlas,s.m. Soit qu’on écrive las, ou laqs on doit prononcer las, II vient du Latin laqueus. Neud. Lien noue de telle forte qu’il fe ferme de lui-même S 3 »)* 6 ? n , teu L,^. es bouts qui pendent, ou de ce qui LrSil ?tr he ' í Fa ’ re des lâs àmour. Les muets du officiels oâfc 3VeC lacc > s de soïe les Grands officiers , par le commandement de fa Hautesse. On prend du gibier avec des laqs. Dans les laqs de la chevre un cerf se trouva pris. La Font. fabl. l. “ LAR * LAQS. [ Laquei, instdia.'] Embûche. Pièges. (L’a- mour le tient dans ses laqs. Bens. rond. page 317. U est tombé dans mes laqs. Abl. Un Pâtre à ses brebis trouvant quelque méconte Voulut à toute force attraper le larron ; II s’en va prés d’un autre , 0? tend à l’environ Des laqs à prendre loup , soupçonnant cette engeance. La Font.) LAQS d’amour. Chiffres ou lettres entremêlées, dont fe fervent les Amans pour des cachets. H LAQS d’amour. Sorte de linge ouvré qui se fait en Normandie, surtout à Caen & aux environs. LAQUAIS,/ rn. C Pedijsequus . ] Jeune garçon qui porte les couleurs de la personne qu’il sert, qui la suit & lui rend toutes sortes d’ofices serviles. (Un laquais bien fait. Laquais habillé proprement. Laquais soigneux, fidèle, négligent. Etre laquais. Avoir été laquais. Le bel honneur pour vous en voiant vos ouvrages Ocuper le loisir des Laquais 0 ? des Pages. Defpr. fat. 9.) Voïez Mr. Ménagé tom. 2. de ses observations, p. 403. LAQUE , f f í Laça. ] Sorte de couleur qui sert aux Peintres & qui est un milieu entre l’outre-mer& le vermillon. Sorte de gomme tirant fur le rouge qui sert à faire de la cire d’Espagne, du vernis, &c. (La laque est plus douce que rude.) LAQUELLE ; voyez lequel. LARCIN ,f m. \_Furtum.~\ C’est Faction de prendre & s’apiroprier injustement le bien d’autrui contre la volonté du maître & fans qu’il le sache. (Faire un larcin. Acuser de larcin. Convaincre de larcin. Ablancourt. ) LARCIN. \_Res furto sublata. J II signifie aussi la chose qui a été dérobée. ( On a trouvé le larcin. Recéler un larcin.) * LARCIN amoureux, s Furtivit veneres. ] C’est un plaisir dérobé , pris en cachette & à Timproviste, comme un baiser dérobé. LARCIN. [ Furtum. J II se dit aussi des Auteurs qui prennent d’un autre fans le citer. (Son livre est rempli de quantité de larcins. Le larcin est diférent de Limitation. Bouhours.) On trouve souvent dans les Ordonnances fur le fait de la chasse le terme larcin. II est dit dans l’Or- donnance de François I. de içiç. que duément avertis 0? informez des paieries, larcins 0f abus qui fe font ès eaux 0 ? forets , 0?c. Mais ce terme semble impropre ; car, selon la remarque d’un Commentateur de cette Ordonnance , il ne peut pas y avoir de vol d’une chose qui n est à aucun propriétaire. 11 signifie seulement la prise des bêtes rousses & noires , des lièvres, des phailans , par eelui qui n’a ni droit, ni privilège de chasser; aussi on ne punit pas un chasseur comme voleur , mais comme infracteur des Ordonnances. Voïez le code des chasses. LARD , f m. [ Laridum. ] Graisse ferme qui tient à la chair du cochon & qui s’étend tout le long de l’épine de son dos. ( Lard bien salé. Petit lard. C’est le lard qui est entrelardé. C’est le lard d’un petit cochon qui n’est pas tout-à-fait gras.) Lever le lard. [ Laridum è cadosalsamentario tollere .J C’est le tirer du saloir & reprendre pour le faire sécher. ( Etre gras à lard. C’est-à-dire fort gras. Et fans dire un seul mot j’avalots au hazard Quelque aile de poulet dont f arrachais le lard. Defpr. ) On dit proverbialement. Cet homme est gras à lard. On dit aussi de ceux qui aiment à dormir , qu’ils font du lard. On dit d’un avare , qu’// est vilain comme lard jaune. Quand on acuse quelcun , on lui dit, vous avez mangé le lard. f LARD , se dit aussi de la graisse de la baleine & de divers autres poissons. (Ce vaisseau étoit chargé de lard de baleine.) Collation lardée. [ Cana dubia. ) C’est une collation où l’fon sert viande & fruit tout ensemble. LARDER , v. a. f Larido configere carnes. J Piquer de la viande avec une lardoire & y laisser le lardon, (Larder un chapon , une longe de veau, &c.) t * LARDER. [Sagittis configere.'] II signifie quelquefois LA R quefois percer. ( II étoit tout lardé de fléchés. Ils se sont lardez.) t LARDER. [ Consigere.J II se dit aussi lorsqu’on met dans la chair d’autres choses que du lard. (Larder un jambon, de canelle , de clous de girofle, de tranches de citron, &c. En ce sens, on dit plûtòtpiquer. t * A quoi servent tous ces rubans dont vous voila lardé. Molière , Avare , a. i. sc. 4. LARDER la bonette. Terme de Marine. C’est découvrir l’endroit où un vaisseau a été percé à Feau pòur l’arréter. LARDE'RË , s s [ Parus. ] Petit oiseau que Po- mey croit être la même chose que mesange. LARDOIRE , s f. C Acm quo carnes lardo con. figuntur. J Petit instrument de bois, ou de léton, pointu par Je bout & fendu par le haut où l’on met le lardon lorsqu’on veut larder quelque sorte de viande que ce soit. ( Petite lardoire. Grosse lardoire. Lar- doire fine. Lardoire à piquer. Lardoire à venaison.) LARDON , f. m. [Exile lardisegmen .] Petit morceau de lard qu’on met entre les ailes de la lardoire , lorsqu’on veut piquer la viande. ( Petit lardon. Gros lardon. Couper des lardons. Faire des lardons.) t * LARDON. [ Difhím jocosum , cavilla. ] Mot piquant. ( 11 lui a donné un petit lardon en passant. Lire le lardon d’Hollande.) , LARES, s m. [ Lares. ] Ce font les Dieux domestiques , ou les Dieux du Foïer que les Païens adoroient. ( II faut invoquer les Dieux lares.) 0 ”Ces Dieux étoient encore apellez Pénates & comme ils étoient Dieux domestiques, on prétend qu’ils ont été nommez Pénates , parce qu’il y avoitdes Lares qui présidoient aux chemins , à qui l’on donnoit le titre de Lares viales , comme nous l’aprenons de Plante : Invoco vos Lares viales , ut me benè tutetis. Chaque famille avoit son Dieu particulier. Nous lisons dans le même Poète , m Aulular. afl. sc. 2. Ego Him Lar familiaris ex hac familia. Quelques Auteurs fe font servi de ce mot pour exprimer une famille entière, l’état & la fortune d’unepersonne. Cicéron, $. Verr. a dit Pauci estent reliquï qui L. Metelli autboritate in agros, atque ad juum Larem jamiliarem redirent. Horace, carm. ;. ode 25. Parvo fub lare. Le même, lib. 2. ep. 2. Paterni laris inops. Voïez Manès. LARGE j adj. s Latus , spatiosm , amplrns j Qui a de la largeur. (Fosse large de 45. piez. Ablanc. Arr. I. 1.) II est large , mais c’est par les épaules. Proverbe qui fe dit d’un avare. (§ LARGE étoit autrefois opofé à avare. Joinville, part. x. parlant d’un Henri Comte de Champagne, dit : Celui Henri qui étoit l’aisné, fut depuis Comte de Champagne sS de Brie, & fut apeílé le Large Comte Henri. II raconte ensuite ses libéralisez. Mr. du Cange a remarqué fur cet endroit, que les Latins ont usé du mot de largue dans la même signification ; & c’est de cet ancien mot que nous avons fait largejse. Ce terme a de même signifié, généreux , brave. II est dit dans l’histoire de Bertrand du Guefclin , que le Duc de Lancastre entendant raconter une action hardie de du Guefclin, dit que grant honneur l’avoit engendré ; qu’il estait gentil de cuer ; s’il lut devoit proufiter, car oneques large cuer ne deust finer mauvaisement. * Opinion large. Pas. I. 5. [ De moribus laxasenten- tia.~\ C’est-à-dire, opinion qui n’a rien de rigoureux, ni de gênant en matière de morale. t * H a la conscience large comme la manche d’un Cordelier. LARGE. Ce mot entre en quelques faqons de parler de mer. ( On dit courir au large, f In altum navigare , altum capestère. ] C’est s’éloigner de la côte ou de quelque vaisseau. Engager l’ennemi au large. C’est s’éloigner des côtes & le tirer à la mer.) LARGE. Ce mot fe dit en termes de Manège. ( On dit, cheval qui va au large, c’est-à-dire, qui gagne le terrain, en s’éloignant du centre de la volte.) Au large , adv. f Laxè , commode. ] A lasse & fans être pressé , ni incommodé. ( Se mettre au large.) H s étendre au long & au large, c’est prendre, aque- rir beaucoup de terrain autour de foi. ( Les Moines s’étendent au long & au large , & ne perdent aucune acasion £d’augmenter leurs biens.) LAR 317 * Nous voici bien au large , grâces à vos opinions probales. Pasc. I. 2.) II a pris le large. [ Se in fugant dédit. ] C’est-à-dire. II s’est échapé. Il s’est sauvé de la ville. Faire du cuir d’autrui large courroie. [Alieni prod't- gus .2 C’est-à-dire ; Ménager mal le bien d’autrui. II en a eu tout du long U du large. [ Egregiè verbe- ratus est. ] C’est-à-dire. II a été fort maltraité. II a perdu son procès avec amende & dépens. Acommodez-vous , le pais est large. Proverbe qu’on dit à celui qui en presse trop un autre fans nécessité. f Ce proverbe qui est bas , signifie plutôt, qu’on est en lieu où l’on peut prendre toutes les commodi- tez. LARGEMENT, adv. [ Largiter , copìosè. ] Pleinement. Entièrement. (II sont tous dispensez largement de restituer. Pose. I. 8-) LARGESSE , f f. C Largitio , liber alitais Libéralité. (Faire de grandes largesses au peuple. Ablancourt.) Cf LARGESSE. On apelloit ainsi les libérassiez que les Rois & les Princes faifoient au Peuple dans certains jours solennels. Us faifoient aporter dans des coupes des efpeces d’or & d’argent ; & après que les Hérauts avoient crié largesse , on les distribuoit au public. II est dit dans le cérémonial de France, tome 2. page 742. qu’à l’entrevûë de Franqois I. & d'Henri VIII. près de Guines Fan 1520. pendant le festin , H y eut largejse criée par les Rois d’armes 0 ? Hérauts ayant un grand pot d’or bien riche. Ces coupes étoient aussi apellées hanaps. Mr. du Cange fur Joinville, page 16. On fait souvent un mauvais usage de la libéralité. J’ai fait souvent réflexion sur cet endroit des Ofices de Cicéron , liv. 2. ch. 15. où il dit que Philippe dans une de ses lettres à son fils Alexandre, lui reproche d’une maniéré très-noble & très-digne d’un grand Roy les largesses continuelles dont il fe fervoit à gagner les Macédoniens. Qui vous a pû persuader ( lui dit-il ) que vous trouverez de la fidélité dans ceux que vous corrompez à force d’argent ? Celui en éfet qui est susceptible de corruption , peut trahir également F un & Fautre parti. f LARGESSE. Terme de Momie. C’est ce qui se trouve de plus dans les efpeces au dessus de la Loi Sc du titre permis par FOrdonnance. Ce qu’on apelle Largesse par raport au titre, fe nomme Forçage par raport au poids. LARGESSE , f. /. [ Latitude. J Elle consiste dans la distance entre deux lignes & qui fe mesure par une ligne droite. Port-Royal , èlemens de Géométrie , page 282. (La largeur d’un rectangle. Donner à un habit la largeur qui lui est nécessaire. La largeur d’une rue, d’un chemin, &c. Un drap de deux largeurs. ) Ce mot fe distingue ordinairement d’avec la longueur, & signifie une distance d’un côté moindre que celle d’un autre côté. (La longueur de ce rectangle est de trente piez & la largeur de douze.) í LARGO , adv. Terme barbare qui vient de l’I- talien , dont les Provençaux & d’autres fe fervent dans les écritures mercantilles, pour dire , amplement. (Je vous écrirai largo fur cette afaire.) LARGUE , J •’ tn. C Altum mare. J Ce mot fe dit fur mer. Tenir le vent largue ou vent de quartier. Ce font tous les aires de vent compris entre le vent arriére & le vent de bouline. f A la largue , adv. On le dit fur la mer méditerra- née , pour dire , loin du bord , loin des autres vaisseaux. Se mettre à la largue, ou s’éloigner. LARGUER, v. a. [Remittere. J Terme de Mer. C’est lâcher de certains cordages lors qu’ils sont hâlez. ( Larguer les écoutes. Larguer des manœuvres. ) II veut dire aussi tirer à côté. LARGUER , v. n. Vaisseau qui a largué. C’est lorsque ses membres, ou ses bordages, se quittent les uns les autres , ou qu’il s’est ouvert par quelque endroit. (11 faut aporter tous les soins possibles, pour empêcher la pourriture du bois & que rien ne largue. ) £ LARGUER, fe dit aussi d un vaisseau qui s’est servi du vent pour fuir l’ocalìon de combattre. (Ce vais- seau a largué.) LARIGOT, f m. s FistulaC] Mot vieux & burlesque. Les uns croient qu’il signifie le gosier & les autres un flageolet, ou une petite flûte. Le dernier sentiment semble le meilleur, de forte que boire a tire larigot , R r j 3i8 LAR CC seroit à dire boire de grands verres de vin hauts comme de petites flûtes. [Se vmo beare, utilargiore mn'o. ] Ceux qui ne font pas de cet avis disent que boire à tire-largiot signifie , boire a tire-gosier. Voiez lé Dìélion. de Trévoux. , + * LARIGOT. J’ai trouve ce mot au figure dans un sens un peu trop libre & trop gaillard. ( Dansant un branle au son de larigot. S. Amant.) LARINX, / M- [ Larynx. ] Terme à'Anatomie. Organe de la respiration dont le corps est tout cartilagineux , & qui doit être toujours ouvert pour laisser passer Pair qui entre & qui fort. II est aussi l’organe de la voix. II est fait de cinq cartilages , & a quatorze muscles dans lesquels font semez plusieurs rameaux du nerf récurrent. í LARIX , s. m. [ Laríx. J Arbre qui jette une gomme à peu près semblable à celle du Thérébinthc, quoique ces deux arbres soient fort diférens. LARME,//. [Laeryma. ] Eau qui tombe des yeux causée par la tristesse , par la douleur, par le rire oq par la joye. ( Larme feinte. Larme puissante. Donner des larmes au malheur d’un ami. Ablancourt. Fondre en larmes. Vaug. Quint. I. 9 . Elle laissa couler quelques larmes. Abl. Tac. An. Verser des larmes. Répandre des larmes. Essuier ses larmes. Abl. Tac. An. Les larmes lui tombent des yeux à grands flots. Vaug. Quint. Curce , /. 6. ch. 9 . Jaloux pleurez à chaudes larmes : Tant dlapas , d’atraits U de charmes Pour vous ne font pas destines. Benserade, Balet de la nuit. 2 . part.) LARME d’Holande. [Lacryma Batavica . ] Goûte de verre fondu, qui tombant dans seau s’y refroidit, & prend la figure d’une larme. Si l’on rompt la queue à trois ou quatre lignes de son extrémité, tout le reste se brise auffi-tôt avec un petit bruit, & l’on auroit de la peine à casser le gros de la larme avec un gros marteau. Les Cartésiens attribuent cet éfet à 1 efort que fait la matière subtile. V. Rohault ., Régis.) * LARMES. [ Lacryma. ] II se dit au figuré & signifie la tristesse. ( II faut pleurer ses pechez avec des larmes. Nous sommes le soir dans les larmes, & le matin dans la joïe. Port-Roial, Pseaumes. Elle pleure! en t avec des larmes de sang leur pudicité violée. Vaug. Quint. Curce. A des offres d’hymen répondre par des larmes, Et tarder tant à dire un oui st plein de charmes. Mol.) On parle des larmes de Saint Pierre. ( La Magde- laìne arrosa de ses larmes les.piez de Jesus-Christ.) LARMES. [ Gutta. ] II se dit aussi du suc qui distile goûte à goûte de certaines plantes. Les larmes de la vigne, les gommes, les résinés, le mastic sont des sucs qui distilent de diférens arbres. LARMES de cerf. Terme de Chaffeur. Eau qui coule des yeux du cerf dans ses larmières, où elle s’é- paissit en forme d’onguent qui est de couleur jaunâtre, & qui est fort souverain pour les femmes qui ont le mal de mere , en délaïant cet onguent & le prenant dans du vin blanc, ou dans de seau de chardon bénit. Salnove, Venerie , c. 2 . LARMES. [Guttœ .3 Terme d ’Architeflure. Certains ornemens d’Architecture , qu’on apelle gouttes , campanes , clochettes , parce qu’ils répréscntent des goûtes d’eau. 11 s sont comme de petites cônes sous le plat- fond de la corniche dorique. LARMES de crocodile, f M aligna [f ementita lacryma. 3 On donne ce nom aux larmes feintes de ceux qui versent des pleurs fans être afligez. LARMIER , / m. [ Coronìs. 3 Terme d’Architec- C’est un membre de corniche , duquel l’uí'age est de faire couler seau & la faire tomber goûte à goûte , & comme par larmes loin du mur. LARMIER. [ Projeflura. 3 Terme de Maçon. Haut e muraille fait en talus pour donner l’égout aux eaux. e e derniere sorte de larmier, s’apelle aussi chape- - \*Tw nement r ’ 011 ^apeau. Felibìen. Tprmp S /rí [Cavum juxta cervi tempora. 3 dessous de^-, Ce /r à'x fentes qui sont au- & où s’énaiffifïhnt d pii cer s 0 r tombent les larmes du cerf, LARMIER,/». LAS en parlant de cheval. Ce sont les parties à côté des yeux du cheval, ou un peu au-dessus. (Temple de cheval.) LARMOïANT, larmoyante, adj. [ Lachrymabundus .] On dit un œil larmoiant. ( Demander une grâce d’un œil larmoiant. ) II est vieux. LARMOÏER , V. n. [ Lacrymari. 3 Ce mot se dit rarement. II signifie jetter des larmes. Pleurer à chaudes larmes.; (Elle larmoïoit en parlant de la mort de son mari.) LARRON , f. m. [ Fur , latro. 3 Celui qui vole & qui dérobe le bien d’autrui en cachette. (Un petit larron. Un larron domestique. L’occasion fait le larron. Proverbe. Donner au plus larron la bourse. Prov. Ils s’entendent comme larrons en foire. Prov. Imiter le bon larron. Cet impitoiable larron Tire malgré les cris jusqu’au dernier marron, Les épluche , en fait fa pâture, Puis donne à ce chat imprudent, Pour toute récompense une boite c£ onguent Pour la brûlure. Le Noble.) $ 11 ne faut pas crier au larron. Prov. On le dit quand on a bien païé tout ce qu’une marchandise peut valoir. * Guerre mortelle à ce larron d’honneur. Mal. pois. * LARRON déplumé. Maniéré de petite peau mince & tortillée dans le tuïau de la plume. Les Relieurs apellent larrons les feuillets qui se trouvent pliez quand on rogne les livres , parce qu’ils ont plus de papier qu’ils n’en devroient avoir. LARRONEAU , f. m. [ Latrunculus. 3 Petit larron. ( C’est à faire à ces petits larroneaux de sc servir des ruses que tu me conseilles. Vaug. Quint. 1. 1 . c. 15 .) LARRONESSE , f f [ Mulier furandi callidiffma. 3 Celle qui prend le bien d’autrui. ( Une franche larronesse.) LARVE , / m. [ Larva. ] Terme de Mytologie. Qui signifie les démons de l’air , & c’est ce que le peuple apelle loup-garou. Les Anciens croioient que ces larves étpient les âmes des méchans , qui erroìent qà & là pour éfraïer les hommes. LAS , / m. Voiez LAQS. LAS, adv. [Heu. J Ce mot pour dire hehu est hors d’usage dans la prose. Mais les Poètes s’en servent encore quelquefois. ( Le destin veut que j’aime , il le faut satisfaire, Je neréstste plus ; las que pourrais, je f cure ? La Suze, Elegie.) _ LAS , laffe , adj [ De f essai , fatigatm. 3 Ce mot vient du Latin laffus. Qui est fatigué. Qui a eu bien de la peine de faire quelque chose. II régit le génitif quand il est suivi d’un substantif. (Je suis un peu las du voïage. Voit. I. 20 . ) & l’infinitìf avec la particule de , loríqu’il précede immédiatement un verbe. (Gom- baud, dans ses Epigrammes, l. 2 . a dit des avares, qu’ils ne sont jamais las d’aquerir des richesses pour ceux qui souhaitent leur mort.) * LAS, laffe, adj. II signifie aussi ennuyé. 11 est las de vivre. [ Satietas vita illum tenet. 3 Elle est laffe de pleurer. Je fuis las de parler à des sourds qui ne veulent pas oùir mes discours. Je fuis las d’oùir & d’en- durer vos reproches. Ils sont las de plaider.) {$ Je ne sqais si c’est délicatesse ou fantaisie : mais je n’aime point las & laffe, s’ils ne sont suivis de quelque chose. Je ne trouve rien à dire à cette expression, las de marcher , las de foufrir , las de parler : mais las tout court, me laisse en suspens, & comme en peine de deviner la cause de la lassitude. Exemple. Mr. Corneille, Mort de Pompée, afi. i.fc. 1 . Ce déplorable chef du parti le meilleur Que la fortune laffe abandonne au malheur, Devient un grand exemple, [f c. ( LAS d’aller. C’est le nom qu’on donne à un fainéant, à un paresseux. Ce proverbe est bas. LASER , / m. [ Affa fœtida. 3 Suc qu’on tire par incision d’une plante qui croît dans la Syrie. LASERPI3TIUM. Nom de Plante qui est incisive, atténuante, résolutive & vulnéraire. LASSANT, lassante, adj. [Molestus.) Fatiguant. Ennui eux. (Cela est lassant.) LASSER, LAT LASSER , v. a. [ Defatigare , lassare.] Fatiguer à Force de donner de la peine. Ennuïer (Je l’ai lassé à force de le faire courir u travers les champs. Je m’a- coutume à faire de longues lettres & j’ai peur de vous lasser. Voit. L 23.) SE LASSER , v. r. [ Desatigari , defatisci. ] Se fatiguer. S’ennuïer. On fe lasse presque autant d’étre debout qu’à marcher. Se lasser à polir une rime. Dejpr. dise. au Roi. ( Ils commençoient à fe lajj'er de fournir des chevaux. Abl. Tac. An. I. 2 .) LASSER. [ Lmea fer rat u ajìringere tbomeem. J Passer un lacet au travers d’un corps de jupe ou d’autre pareille chose. Les Demoiselles suivantes lassent leurs maîtresses. L’Académie écrit ce mot & les suivans par un c. lacer , lacet. Ce mot & les suivans se prononcent bref. LASSER. £ Lìntbo semoralium tœriua circumplicare.] Terme de Tailleur. Passer du ruban tout autour du bas du haut-de-chausse , des canons, de quelques relaies. A cette heure qu’il n’y a que les gens du bon vieux tems qui portent des hauts-de-chausses , on ne parle plus de lasser des hauts-de-chausses, mais on parle fort aujourd’hui de lasser des tabliers. C’est passer proprement au bas du tablier quelque joli ruban. ( Lasser un tablier de rouge, de bleu, de vert, &c.) f LASSER une voile. C’est saisir la voile à la vergue avec un quarantenier qui passe dans les yeux de pie, ce qui se fait lors qu’on est surpris d’un gros vent, & qu’il n’y a point de garcettes aux ris. LASSET , s- /• [ Linea f errata.'] Petit cordon rond de fil, de foie, aux deux bouts duquel il y a un petit morceau de fer blanc arrondi, & accommodé par l’éguilletier afin d’entrer fans peine dans les oeillets des corps de jupe. (Lasset rompu.) f * LASSET. [Laqueus.] Piège. Lacqs. Embûches, f * 11 est pris comme au lasser. Voit. pots LAS S U RE, s. f. [ Tœnia cìrcumplicata.] Terme de Tailleur. Ruban passé autour du haut-de-chausse, au haut des canons, ou des manches , &c. (Une lassu- re bien faite.) LASSIS ou Lacis , f. m. [ Textura hurnata. ] Ouvrage de fil ou de foie fait en forme de filet ou de recueil dont les brins font entrelassez les uns dans les autres. LASSITUDE, f. f- C LaJJìtudo , defatigatk. ] Etat où est la personne qui se trouve lasse à cause de quelque travail qu’elle a fait, ou à cause de quelque autre chose qui vi^nt de la disposition des humeurs qui font dans le corps. (J’ai une grande lassitude. Je sens des lassitudes par tout le corps , & on dit que c’est un signe de maladie.) H Les Médecins apellent lassitudes Jpontane'es, celles dont la cause n’est point aparente , & qui pronostiquent quelque maladie. LASSITUDE. [ Moleftïa.] S’emploïe aussi figurément, La réconciliation avec nos ennemis, n*est bien souvent qu’une lajjìtude de la guerre. De la Rocbefoucaut. ( On 'change d’amis autant par lajjìtude que par dégoût. Mr. Esprit.) LAST, f. m. [ N avis o'nus. J Terme de Marine. C’est un mot Alemand, qui est particulièrement en usage dans la Mer du Nord. 11 signifie la mesure & le poids de la charge d’un Navire. LATANIER,/ »*. Arbre des Isles Antilles , qui est une espece de Palmier. LATE , f/■ [AJsula, régula.'] Petit ais de chêne fort délié dont on se sert pour later. (Coucher la laie sur le chevron. LATE. [Ambrices. ] Terme de Marchand de bois. ■Petit morceau de late qu’on met entre les ais pour leur donner de Pair, afin qu’ils ne pourrissent pas. £ LATES à baux. Terme de Marine. Ce font des petites pièces de bois fort minces, qu'on met entre les baux, les barrots & barrotins d’un vaisseau , & qui fervent de garnitures pour soutenir le tillac. H LATES de CaillebotU. Ce sont de petites planches resciées , dont on fe sert pour couvrir les barrotins de caillebotis , & qui en font le treillis. ê LATES de Gabaritis. Ce font ces lates qui fervent à former les sapons du vaisseau , qui prend la rondeur qu’elles lui donnent dans leur tour. Elles font rondes par Pavant. LATES. £ AJful LAV LAVANDE , si si Ç Saliunca, lavendula. ] Sorte d’herbe qui fleurit bleue & en piramide, & qui étant odoriférante se met parmi le linge dans les cotres. (La lavande sent assez bon.) LAVANDIER, si m. [Lixa, lotor, regius .] Ofi- cier du Roi qui a soin de blanchir le linge. LAVANDIE RE , si f. [Lixa mulier. ] Celle qui fait de grosses lessives. Le mot de lavandière , en ce sens n’est pas si ordinaire que celui de blanchisseuse. Mais on dit bien lavandière, pour dire, une femme qui aide la blancisseuse à laver la lessive, & les blanchisseuses parlent de la forte. LAVANDIE'RE. [ MotacHlaî] Ce mot, pour dire, un petit oiseau assez joli qui remue toujours la queue, & qui est souvent sur le bord des rivières, est hors d’uíage. A Paris, en fa place on dit bergeronnette, & quelquefois hoche-queuê. LAV ANGE , ou lavanche , si f. [ Pli vis môles. ] Votez Avalanche. C’est un amas de nége. LAVARET , si nt. [Lavaretus . ] Poisson qu’on trouve dans le lac du Bourget en Savoye, & qu’on marine comme le thon, afin d’en avoir toute l’année. (Rondelet en parle.) t LAVASSE ,sisi [Unda, pluvia .] Pluie subite & impétueuse. (Les lavasses ont fait déborder lestorrens.) LAUDANUM, si m. Terme de Pharmacie. 11 se dit de plusieurs compositions qui ont l’opium pour base. LAUDES,// [Laudes.] Terme à’Eglise. Partie de l’Office qui est apellé laudes , parce qu’on y loue Dieu , & qu’on s’y répand particulièrement en actions de grâces pour le reconnoître de la protection qu’on a reçue durant la nuit. (Mes laudes font dites.) f LAVE', lavée, adj. On ne le dit que de certaines couleurs vives & peu chargées. Ce cheval est de poil bai lavé, ou de poil bai clair. Cette couleur est lavée, c’est-à-dire , foible & déchargée. LAVEDAÌ'í, si ni. Espèce de cheval qui a pris son nom du Comté de Lavedan en Gascogne, où l'on nou- rit de trés-bons chevaux. LAVEMAIN, si m. [MaUuvium.] Réservoir d’eau, qui est de plomb ou de pierre , & auquel on met un robinet qui donne de l’eau pour laver les mains. LAVEMENT , si m. [ Ablutio , lotio.] Action de la personne qui se lave. ( Le lavement des mains du Prêtre signifie la pénitence des fautes quotidiennes de notre'infirmité. Le lavement des doigts du Prêtre. S. Cìr. Cette dernière façon de parler se dit plus ordinairement que le lavement des mains. Port-Royal. Le lavement des piez. [ Lotio pedum.] Terme d ’Imager. C’est une estampe , ou image qui représente Notre-Seigneur qui lave les piez aux Apôtres. t§ Joinville raconte que S. Louis l’enquijì s’il lavait les piez aux pauvres íe jour du Jeudy-Saint -, [si je lui â , fy, fy, en malheurja Itspiez de ces vilains ne laver ay-je mie. Vrayement , si t-il , ç’ejì très-mal dìH, car vous ne devez avoir en dedaing ce que Dieusifl pour nosi- tre enseignement. Les Auteurs Eclésiastiques ont apellé cette cérémonie , Mandatum. Votez le Glojfai- re de Mr. du C ange. LAVEMENT. [Clyjier, anatina.] Terme d’ Apoticaire. C’est tout ce qui est envoie dans le ventre par le fondement pour purger le ventre. ( Donner un lavement. Prendre un lavement. Elle aima mieux mourir que de rendre un lavement qu’elle avoit pris. Sar. po'èf. Faire un lavement. On l’apelle auíli clistére, ), LAVER , v. a. [Lavare , abluere.] Nétéïeravecde l’eau. ( Laver ses mains. Donner à laver. Lavons les mains. On dit aussi lavons , pour dire, lavons les mains, & cette façon de parler est plus ordinaire que l’autre. Laver une'barbe. Un barbe bien lavée est à moitié faite.) í * LAVER sies péchez avec sies larmes, c’est pleurer ses péchez. f * LAVER la tête à quelcun. [ Aliquem objurgare. ] C’est le quéreller , le réprimander. J§ Cette locution n’est plus en usage que dans ie stile bas ct populaire Benscrade a dit en parlant du déluge que les Dieux envoïerent pour châtier i’insoien- ce de l’homme : Dieu lava bien la tête à son image. Mak Deípreaux a proposé ce vers comme l’exemple d’une pensée froide : ,, Peut-on (dit-il dans l’une de >, ses Préfacés) à propos d’une fi grande chose que le '-de- LAV -, deluge , dire rteft de plus petit, ni de plus ridicule „ que ce quolibet, dont la pensée est d’autant plus „ fausse en toutes maniérés, que le Dieu dont il s’agit ,, en cet endroit, c’est Jupiter qui n’a jamais pals» ,, chez les Païens pour avoir fait l’homme à son image ; ,, Phomme dans la fable , étant, comme tout le „ monde fqait, l’ouvrage de Prometbée. f LAVER, fe dit d’une rivière qui passe auprès d’u- ne ville. ( Ce fleuve lave les murailles de cette ville.) LAVER. [Eluere. J Terme de Chimie . Oter par le moïen de l’eau les impuretez grossières de quelque mixte. Glas. L r. LAVER. Terme de Charpentier. Oter une bosse d’une poutre avec la scie afin de l’équarrir. ( Laver une poutre Félibien.') LAVER. C Colores ejfundere. ] Terme de Mìgnature. Coucher les couleurs à plat fans les pointiller, soit fur le vélin, ou fur le papier : laver un dessein. f LAVER à dos. C’est laver la toison sur la bête avant que de la tondre. Laver auplat. Terme de Mo* noiage. C’est laver dans un plateau ou bassin de bois, les cendres, balaïeures & autres choses semblables, pour en tirer les plus gros morceaux d’or ou d’argent qui y font mêlez. SE LAVER , v. r. f Sese abluere. ] Se nétéïer avec de Peau. Se laver les mains, les bras, le corps, &c.) * SE LAVER d! un crime, f Crimìne se pur gare."] C’est monter qu’on est innocent du crime dont on estacusé. A laver la tête dun ane , on n’y perd que la lessive. [Frustra surdum montas.] Pour dire, qu’il est inutile de faire des leqons à celui qui n’est pas capable d’en recevoir. . Je m’en lave les mains, f Qujdquìd eveniet manus in* noxias ese volo. J On dit ce proverbe lorfqu’on tâche de se mettre à couvert du reproche d’un mauvais fuccez. L A VERNE, s s í Laverna. J C’étoit la Patrons des voleurs. : LAVETON, s m. Sorte de petite laine courte qu’on tire de dessus l’étofe avec le chardon, & dont on se sert pour faire des matelas, & autres choses. LAVETTE, ou lavère , s. s. f Fenicului.] Terme de laveuse d!écuelle. Petit linge dont on lave la vaisselle avec de Peau claire, lorsqu’elle est écurée. (Mala* vette ne vaut rien.) LAVEUR de toison , s m. [ Vellerum lotor. ] Celui qui lave & nétéïe les toisons de brebis tondues. ( Laveur de gans , de livres.) LAVEURE,//. [Lotura.] Terme de Gantier. Prononcez iavure. C’est une composition d’eau,d’huile & d’œufs batus ensemble dans quoi on trempe la peau dont on veut faire des gans. (Passer une peau dans une laveure.) LAVEURE d écuelles. [Çottuvies imntunda.] C’est Peau qui a servi à laver les écuelles. ( Jetter les laveures d’écuelles.) LAVEURE. [ Lotura. ] Terme à'Orfèvre. C’est l’ac* tion de laver les cendres provenant de la forge, & les ordures de la boutique, où il fe trouve de Por, ou de l’argent, & repasser ces cendres plusieurs fois par les moulins avec de l’eau & du vif argent pour en tirer la limaille. ( Faire la laveure.) LAVEUSE décuelles , f f. [Lotrìx culinaria.] Celle qui écure & qui lave la vaisselle. ( C’est une Paveuse d’écuelles.) LAVIS j f ìn - C Colores inaquâ diluti. J Terme dé Peinture. C’est une ou plusieurs couleurs d’étrcmpées dans l’eau. (Dessein fait avec du lavis. LAVOIR ,/ m. [Lavatrìna.] Grande pierre quar- rée & creuíée par un Alaqon, au bout de laquelle il y a uriegoulote, & qui sert à laver,-à écurer la vaisselle & à faire couler les eaux d’une maison dans le ruisseau de la rue. Cette forte de lavoir s’apelle aussi évier. Le lavoir, f lavacrum . ) Est encore une grande chaudière fur des piez, où il y a un petit rond pour mettre du charbon asin d’échaufer Peau dont on doit laver la vaisselle. On apelle encore lavoir, f MaUuvium. ] Une forte de vase rond ou en forme de tuïau où il y a une ou plusieurs canules qu’on remplit d’eau & qu’on met dans quelques sacristies, & quelques autres lieux pour y laver ses mains. Enfin autour de Paris, on nomme lavoir. [Lavacrum.] Un lieu couvert d’un toit & soutenu de piliers , où il y a de l’eau & où l’on lave le linge de lessive. ( Un beau lavoir.) LAURENCE, sf_ [Laurentìa.] Nom de femme. (Laurence est enjouée.) LAZ 3 2i LAURENT , f. m. [Laurentim.] Nom d’homme- ( Laurent est mort.) LAURE'OLE, f f. [Laureola.] Plante qui est une efpéce de Thymeltea, & dont les feuilles & ies Bayes ressemblent assez à celles du laurier. Daléchamp. LAUREOLE, ou Aurcole. Récompense des Martyrs, des Docteurs & des Vierges. La lauréole du martyre. VU. $ LAURET , f. m. Monoïe d’argent battue en Angleterre fous le régné de Jaques I. où la tête de ce Prince etoit couronnée d’une branche de laurier. LAURIER, f m. ( Laurus.] Arbre toujours verd, qui a la feuille longue & large au commencement, K aiguë au bout & qui croît aux lieux pierreux. II y a plusieurs sortes de lauriers. ( Un laurier mâle. Un laurier femelle. Un laurier cerisier. Un laurier thim. Un laurier d’Inde. Un laurier rose. Ce laurier est beau. Un laurier Alexandrin. Un laurier cerise. * LAURIER. ( VìBoria , triumphus.] Ce mot, au figuré , signifie la victoire , l’honneur & la gloire d’un triomphe. Une couronne de laurier. Elle Ye donnoit autrefois aux victorieux. On en donnoit aussi aux Poètes, parce que le laurier étoit consacré à Apollon.) II est revenu chargé de lauriers. Mêle à tes lauriers des guirlandes de fleurs. Scan po'èf. * Mainard qui fit des vers si bons eut du laurier pour récompense. Scar. pdêf *Desires-tu qu’à l’ombre des lauriers nous forons pour jamais à couvert des tempêtes, demeure encore armé. Main. poes * 11 fait Part de la guerre & ses heureux exploits Pont couvert de lauriers. Main. po'és. Et donnant des leçons à ses braves guerriers , Hans le champ de la paix ilJeme des lauriers. Fléchier. {§ LAURIER pour vìBoire est bien usé ; & les Poètes se sont fait un jeu du laurier & de la foudre , qui n’est guéres plus à la mode. Par exemple , on a admiré autrefois ces vers : Mars est mort , il n’est plus que poudre, Et le grand phénix des guerriers Sous une forêt de lauriers N’a pu fe garantir du foudre . Le Pere Bouhours qui a raporté ces quatre vers dans ses pensées ingénieuses, ajoùte que „ notre prose sou- „ fre encore moins cette locution que notre poésie ,, & qu’il ne voudroit pas dire dans un discours d’é- „ loquence d’un Prince victorieux, que ses lauriers », le mettent à couvert de la foudre.” Le jugement qu’il fait ensuite d’une pensée du Comte Víllamediana & qui roule sur le laurier & sur la foudre, pourroit bien n’étre pas du goût de tout le monde. Ce Comte fait parler ainsi Apollon à Daphné changée en laurier : „ Vous vivrez fans craindre la foudre de Jupiter ; car il n’est pas juste que qui a résisté aux feux d’Apollon, fente d’autres fiâmes : Viviras l’aurel essento Aun a los rayos de Jove Che no es bien sienta otras Hamas Quien resisto mis amores. Ce naturel que ce Pere vante tant, ne fe trouve pas dans la pensée du Comte, Vous vivrez exempte de la foudre. C’est un privilège qu’Apollon pouvoir procurer à sa maîtresse , la poésie peut soufrir ces sortes de figures : mais quel raport y a-t-il entre la foudre de Jupiter , & ses amours ? Mr. de Voiture étoit encore dans le goût du laurier & de son pouvoir contre la foudre ; il dit dans fa lettre à Air. le Prince : Vous sembloit-il pas bien injuste Que fous í ombrage des lauriers Qui mettent votre front auguste Sur celui de tant de guerriers, Sur cette feuille verdoiante Que l’ire du Ciel foudroiante ResteBe [f doserait toucher , fyfe. LAVÛRE. Voïez laveure plus haut. LAXATIF, laxaive , adj. [Laxativus.] Qui lâche le ventre. (Remède laxatif. Tisonne laxative. 11 vous faut un petit clistére laxatif.) LAZARE , s sn. [Lazarus.] Ce mot est un nom d’bomme dont il est parlé dans l’Evangiie, mais il nefs dit point sons article. Le Lazare , & non pas Lazare. Tome ll. S s Cep en- Z22 LEB Cependant le Pere Quesnel dit : Pour ressuciter Lazare f Jésus-Christ n’a emploie que des pneres & des larmes. S. Jean , e. n. U n’y a que la voix toute puissante de Dieu qui puisse faire sortir , comme Lazare ce pécheur du tombeau. Majfillon , le miracle que Tesus-Christ opéra fur Lazare. Nicole , notre anu Lazare dort. Nouv. Test. de Mons. Tous ces exemples me font contraires. r . c Ce mot pris généralement , « ligmhant un nom propre d’homme, n’a point d’autre défini. II n’en a que comme des autres noms d’homme de & a. Lazare Bais, Poète François a été estimé en son tems. Les œuvres de Lazare Bais font aujourd’hui presque autant bâiller que celles de Thomas de Lorme. LAZARET , f. m. [ Xenodocbium. J On donne ce nom à divers hôpitaux en Italie. Le Lazaret de Milan est un des plus beaux hôpitaux d’Italie. è LAZARET, se dit aussi dans quelques villes maritimes de la Méditerranée, d’une grande maison bâtie hors de la ville, où les équipages des vaisseaux qui viennent des lieux infectez , ou soupçonnez de contagion , sont obligez de faire quarantaine. LE, f. m. Article qui se met devant les noms masculins François , & qui s’écrit fans accent & se prononce fort doucement. Voïez les remarques fur la lettre E. ( Le jeûne consiste moins en l’abstinence des viandes qu’en la fuite du péché. Maucroix, Homel. de S. Cbrysojìome. Puisqu’il veut marcher dans le chemin des Justes, il faut que je lui montre. Arn. Hélas! le malheureux qu’il est, ne pense pas seulement à Dieu.) Cg L’article le doit être souvent repeté par nécessité. Mr. Corneille a dit dans son Cid : . ... Je le crains & souhaite. Mrs. de l’Académie observèrent que l’usage veut que l’on repete l’article le , d’autant plus que les deux verbes font de signification diférente, & qu’autrement le mot de souhaite fans l’article fait atendre quelque chose ensuite. Cette décision doit être une réglé dans l’usage de l’article le. Mr. de Vaugelas à propos d’une façon de parler assez ordinaire aux femmes, qui est que si une femme dit à une autre : Quand je fuis malade , j’aime à voir compagnie. L’autre lui répond : Et moi quand je la fuis, je ne veux voir personne. Dit que c’est une faute de parler ainsi , & qu’il faut dire , quand je le suis, par- ce que le ne se raporte pas à la personne, mais à la choie. Voïez Desmarets , Gram. Fr. ( Prens , ma Philis, prens ton verre , Buvons tous deux à longs traits , Prms ma bouteille legére, Et ne le deviens jamais. ) On parleroit mal si on disoit, & ne la deviens jamais. Votif J'çavez mon secret, dites-le lui. On pourroit suprimer ce le , dans la conversation , mais non pas en écrivant. ( Puisqu’il veut marcher dans le chemin des justes , il faut que je le lui montre. Arnaud.) (§ Mr. Ménage a fait fur le une observation qui me paroìt importante. La Voici. Chapelain a dit au premier Uvre de sa Pucelle: Prens 'pitié de ce peuple , A? reçois-le en ta garde, Et puis: ' II s’en va me quitter , attens-le , U le reçoi. Cela est très-mal dit : le pronom démonstratif le ne f» mange point après les verbes. LE', f m. C Panni latitude. J Largeur d’étofe , ou de toile entre deux lisières. (Voilà le lé de cette toile. Ce font des draps de trois lez.) LE' , f m. Ce mot se dit aussi de l’espace d’environ *4. piez qu’on doit laisser libre le long des rivières navigables pour faire remonter les bateaux avec les chevaux. í LEANS, adv. Là-dedans. Ce mot est vieux & hors d’ufage. On dit pourtant par raillerie & bass. d un homme qu’on a mis en prison , qu’on la mis Leans. . LEBESCHE , f. m. f Africus, lìbs. ] Terme de Manne. Nom qu’on donne fur la Mediterranée au vent qu oa apelle fur l’Ocean Sud-o'ùest. C’est celui qui loufle entre le midi & le couchant. , í LE CHE,/./i [Offella.2 Morceau de quelque cho b°""^wan8er (Cne lèche de pain.) Voïez Trand . LL CHEFRITE , fis. C Ajsaria cucumella. ] M rnere de vase plat & long de métal, ou de terre cui LEC qu’on met sous la viande qui rôtit pour en recevoir la graisse qui en tombe. ( Lèchefrite qui n’est pas nette. ) LECHER , v. a. [ Lingere , lambere. J C’est fréter une chose avec la langue. (L’ourse lèche ses petits. Abl. ) * Tableau léché. [ Imago pilla expolita.2 C’est-à-dire, travaillé avec soin & avec peine. f * Un ouvrage trop léché , c’est celui qu’un Auteur a voulu trop perfectionner. H A leche doigt, adv. En petite quantité. ( II ne donne rien qu’à leche doigt. II ne reçoit de l’argent qu’à leche doigt.) On ne le dit d’ordinaire qu’en parlant des choses qu’on mange. LEÇON, s s Texte de livre correct. ( La leçon ordinaire est vraie. Notre leçon vaut mieux que celle des manuscrits. Traduclion nouvelle de la Cité de S. Augustin, Remarques.) LEçON , f. f. [ Edìscendis diurnum discipulis pra- scriptum.) Chose prescrite pour aprendre. Chose que prescrit le maître à son écolier. Instruction que donne quelque maître que ce soit à son écolier , afin de le former aux choses qu’il lui montre. (Une petite leçon. Une grande leçon. Expliquer une leçon. Donner une leçon. Faire leçon. Prendre leçon d’un maître d’armes. Un maître d’armes , ou de danse donne leçon à ses écoliers. Je n’ai d’un vieux Dofleur ni Pair ni les façons, Et ne me sens point propre à donner des leçons. Mile. de la Vigne.) LEçON. C Equi institutìo. ] Terme de Manège. C’est l’instruction qu’on donne à un cheval lorsqu’on l’éJe- ve. ( Donner leçon à un cheval. II faut continuer à un cheval la même leçon pour l’assurer. Pluvinel, première partie , pag. ;8- LEçON. C Leclio. ] Terme de Bréviaire. Ce sont de petites parties du Vieux, ou du Nouveau Testament, L de la vie du Saint, dont on célébré la fête. Ce font aussi quelques parties des Sermons, ou des Homélies des Peres de l’Eglise. Celui qui doit dire la leçon en demande permission au Prêtre par ces paroles,’ Jubé JDosnne. LEçON de Théologie. [ PraleHio Théologien. ] C’est l’explication de quelque principe, ou de quelque point Théologique. (Une docte , savante & belle leçon. Expliquer nettement & faire bien entendre une leçon de Théologie.) LEçON. [ Praceptum. ] Avertissement. Instruction. (N’allons point nous apliquer les traits d’une censure générale, & profitons de la leçon fans faire semblant qu’on parle à nous. Mol. Je lui ai donné fa leçon. * Le malheur est une excélente leçon pour aprendre la patience. Maucroix , Homélie. * Ah ! que mon mariage est une leçon bien parlante à tous les païsans qui veulent s’asier à la maison d’un Gentilhomme. Mol. G. Dandin. Je voi que mes leçons ont germé dans ton etme, Et tu te montre digne enfin d’être ma femme. Mol.) LEçON. [ Castigatio, reprehenfio.'} Correction. Remontrance des Supérieurs. Je lui ferai la leçon comme il faut. t On lui a bien fait fa leçon. [ AJperè monittu est. ] Façon de parler proverbiale , pour dire : On l’a réprimandé en lui aprenant son devoir. H Faire la leçon à quelcun , c’est l’instruire de ce qu’il doit dire bu faire. (II est venu bien préparé, on lui avoit fait la leçon.) t LECTEUR, / m. [ Letfor. J Celui qui lit. Celui qui aime à lire. (Je ne suis pas grand lecteur. Rien n’apaise un lecteur toujours tremblant d’efroi , Qui voit peindre en autrui ce qu’il crois voir en foi. Despr. fat. y.) LECTEUR. [ LeAoratftí. ] Terme d ’Eglise. Un des ordres de l’Eglise. C’est aussi celui qui dans l’ancien- ne Eglise lisoit le texte de l’Ecriture Sainte à celui qui l’expliquoit, ou qui lisoit l’Ecriture lui-même au peuple assemblé. Godeau, dise. des ordres. On dit aussi leclorat. f On apelle aussi lefleur , celui qui lit l’Ecriture sainte dans les assemblées des Protestans. f On apelle lefteur dans les maisons religieuses, celui qui lit dans le réfectoire pendant le repas. On dit letlrice dans les couvens des filles. LECTEUR l m LECTEUR de la chambre gf? du cabinet du Roi. £Ana- gnojles. ] C’est l’oficier qui lit dans la chambre & dans Te cabinet du Roi. LECTEUR EcleJtaJHque. Celui qui lit au Roi des livres de piété. LECTEUR pour les Mathématiques. Celui qui lit au Roi des choses qui regardent les Matématiques. LECTEUR. [ Profejfor. J Ternie de Capucin U de quelques autres Religieux. C’est le Religieux qui enseigne la Philosophie , ou la Théologie. (Un tel Pe- re est lecteur en Théologie. Un tel Pere est lecteur en .Morale. Un tel Pere est lecteur en Philosophie.) Avis au UHeur. s Monitum. ] Proverbe dont on se sert quand le Supérieur fais une remontrance à mots couverts. ch Ce Proverbe se dit aussi d’un malheur ‘arrivé à quelcun , qui doit le faire penser à en éviter quelque autre qui le ménace. ( Cette maladie est pour lui un avis au lecteur. La maniéré dont il a été reqû à la cour ne présage rien de bon pour lui, c’est un avis au lecteur. II m’a trompé une fois , c’est un avis au lecteur.) t§ LECTISTERNE ,f m. Ce terme est latin, leéíis - ternium. C’est ainsi que les Romains apelloient une fête que l’on célébroit une fois chaque année à l’hon- neur de quelques Divinitez , dont on demandoit le secours, selon la circonstance des tems & des besoins. Us préparoient pour lors dans les Temples des lits magnifiques, fur lesquels ils mettoient la statue du Dieu à qui ils ofroient un festin composé des mets les plus rares & les plus délicieux. L’Empereur Julien a dit dans fa satire contre les Césars qui Pont précédé, que Romulus voulant célébrer dans les Cieux la fête des Saturnales , fit un festin auquel il invita non feulement les Dieux, mais encore les Césars : Les lits (dit-il) furent préparez selon la coutume. La coutume de mettre des lits autour des tables où l’on devoit manger,étoit observée dans toutes les familles , & dans la solennité du lecíijìerne , qui étoit ainsi nommée à leHis fernendis. Ces lits étoient ainsi préparez dans les fêtes , ou pour inviter les Dieux à passer la nuit & à faire bonne chere, ou pour y placer leurs statués & leurs images. LECTURE, J. f. f Leflio .2 Action de celui qui lit. (S’a- pliquer à la lecture. Ab L Luc. Aimer la lecture. Scaron, JEmploïer à la lecture des journées entières. Abl. Luc. Et fur des faits connus alléguant l’Ecriture, Te faire un vain honneur d’une longue lecture. Villiers. ) LECTURE, f Scientia , doclr'ma. J Erudition. Science profonde. Un Théologien doit avoir beaucoup de lecture. (Sans la lecture, le plus beau naturel est ordinairement sec & stérile. S. Evr.') LECHT, f m. Terme de Marine. Mesure fort en usage sur la mer du Nord , qui contient douze barils. C’est aussi en terme de Relation , le nombre de cent mille dans l’Indostan. LE'DUM, f m. [Ci/ius Ionisera.') Plante qui porte le Ladanum , qui est odorante , couverte d’un écorce noire , & qui vient à la hauteur d’environ trois piés. Voïez Ladanum. LE'GAL, légale , adj. [ Aéqtins , œquabilk. ] Qui est en loi. ( Contrariété légale , Patru , plaid. 12. p. }I2.) LE'GAL, légale , adj. [ Legalis. ] Terme de Tbéolo* gìe. Ce qui regarde l’Ancienne Loi que Dieu avoìt donnée aux Juifs, & particulièrement quand on opo- se cette loi à l’Evangile. ( Commandement légal. Cérémonie légale.) f LE'GAL, signifie aussi fidele , plein de probité & de droiture. ( C’est un homme extrêmement légal.) Acad. Fr. Colonnes légales. C’étoit chez les Lacédémoniens des colonnes élevées dans les places publiques , où étoient gravées fur l’airain les loix de î’Etat. LE'GALEMENT , adv. £Juxta leges , jufè. J Selon les loix. ( On a agi légalement dans cette afaire.) LE'GALISATION , J. f. C Infrumentum aufíoritate publicâ munitum.) Terme de Pratique. Certificat donné par autorité de Justice & confirmé par Paterta- tion , le seing & le sceau d’un Magistrat, afin qu’on y ajoûte foi par tout. ( Un acte sans égalisation ne fait point de foi dans un Etat étranger.) LE GALISER , v. a. [ Fidem J'cripto facere auHortta- tate publied. J Terme de Pratique. Rendre un Acte LEG 323 authentique afin qu’on y ajoûte foi dans un autre païs. Le Magistrat légalise Pacte d’un Notaire , en certifiant que ce Notaire est un Notaire puplic dans le lieu où Pacte a été fait, ensuite il apose son sceau à ce certificat. LEGALITE' 1 , f f. ç ALquitas, J Fidélité. Droiture. Probité. (II administre le bien de ses mineurs avec une grande légalité. Acad. Fr.') LEGAT, f m. [Pontificias légat us .Ambassadeur du Pape. II y a trois sortes de Légats. Un légat à latere. Un de latere & un légat né. LE LE'GAT à latere. C’est un Cardinal choisi dans le sacré Colége des Cardinaux, & c’est le plus considérable de tous les Légats, & en France il a la préséance devant les Princes du sang quand le Roi tient son lit de Justice au Parlement. Rochejìavin , hv. 7. des Parlemens. Le Légat à latere peut conférer des bene- fices fans mandat. II peut légitimer des bâtards pour tenir des benefices , mais non pas pour tenir des ofi- ces roïaux. II ne peut faire porter fa croix devant lui dans le Roïaume de France avant la vérification de son pouvoir ; mais lorsque son pouvoir est vérifié, il peur faire porter la croix devant lui, à la reserve du lieu où le Roi est en personne. Le pouvoir du Légat doit avant toutes choses être présenté au parlement qui i’examine , qui l’enregistre & le fait publier , sous les modifications que la Cour trouve à propos pour le bien du Roïaume & la conservation des libertez de l’Eglise Gallicane. Voïez Chopin. Le Légat jure au Roi, qu’il ne se servira du pouvoir de'sa légation qu’autant de tems qu’il plaira à sa Majesté. Voïez Rocheflavin. * LEGAT de latere. C’est celui qui n’est pas Cardinal, & qui est pourtant de la légation Apostolique. LEGATNE'. C’est celui à qui on ne donne aucune légation , mais qui en vertu de fa dignité , & non pas à cause de sa personne , est né Légat. L’Archevêque d’Arles & celui de Reims font nez Légats. Voïez Fe- vret , traité de P abus , /. 5. c. 2. LEGATAIRE , f m. &/. [ Legatarius , bœres ex aliquâ parte. ] Terme de Palais. Celui ou celle à qui on a légué. ( C’est un des légataires. Le Mai. Tout cela apartient à la légataire. Patr.plaid. 52. p. 517. II est légataire universel de défunt son frere. Patru, plaid. LEGATINE i f f. c Pannus partim fericus .J Sorte d’étofe, moitié fleuret & moitié soie.) LEGATION ) f f. [ Legatio. J Fonction de Légat. Charge de Légat ( II quita l’habit de Cardinal & toutes les marques de la légation. Fléchier , vie de Com» mendon. Le Pape honora l’Evêque de Liège de la légation de Flandres. Maucroix , vie du Cardinal Palus . La Légation d’Avignon. II exposa à l’Assemblée tous les articles de la Légation.) H LEGATION , se dit de l’étendue du gouvernement d’un Légat dans l’Etat Eclesiastique. ( La légation de Ferrare , la légation de Bologne.) f LEGATION, signifie aussi le tems que durent les fonctions d’un Légat à latere. ( Ce Cardinal eut de grands chagrins pendant fa légation. 11 arriva bien des afaires fâcheuses pendant fa légation.) t LEGATURE , f f. Petite étofe qu’on nomme autrement Ligature, Brocatelle & Mezeline. LEGE', adj, f A avis vacua. J Terme de Mer. II se dit des vaisseaux vuides & fans charge. ( Le vaisseau retourna legé , c’est-à-dire, fans charge de marchandises. ) On dit aussi, Lege. f LEGE, se dit aussi d’un vaisseau qui n’a pas assez de lest, ou qui est trop leger par quelque autre défaut , comme de construction, & qui par conséquent, est trop haut sur l’eau. LEGENDE > /■ /• t AHa Janiïorum. ] Mot qu! vient du Latin legenda , qui signifie qu’on doit lire. Livre contenant la vie des Saints. ( Lire la legende & PEcriture. Legende dorée. C’est un livre contenant la vie des anciens Saints, composé par Jacobus Vo- ragine.) LEGENDE. C Aummi infcrìptio. J Terme de Momie » Ecriture gravée autour dé la figure proche les bords, ou dans le milieu de la pièce. ( II fit fabriquer des fous d’or, qui avoient pour legende Téodebert. Nos écus ont pour legende : Sit nomen Doininibenediélum.) * LÉGENDE. [Prolixiora verha .J Ce mot fe dit ironiquement d’un long écrit 011 discours, qu’il est ennuieux Tom. II. S s a de 324 LEG de lire ou d’ouir. (II nous a allégué une grande légende de loix & d’autoritez. II a lû une longue légende de vers.) _ . LEGER , Ingère, adj. [ Levis. ] Qui tend en haut. Qui ne pèse gueTe. ( L’air estleger. Corps leger. Habit fort leger. Etofe fort legere. Déja d'une course legére r orn avons pajje les Etats Oue le Ne/ère enrichit de ses vins délicats, ‘Et le Prince en passant nous a fait bonne chere. Abé Régnier.) LEGER , legére. D Eques leviter armatus. ] Ce mot se dit de certains soldats , & veut dire, qui ne font pas pesiunment armez. ( Cavalerie legére. Chevaux le- gers. Abl. Arr.) LEGER , legéi-e. [ Levis. ] Ce mot en parlant d or ou d’argent monoié veut dire qui n’a pas le poids qu’il doit avoir. ( Ecu d’or leger. Pistole legére.) f LEGER, legére. [Levis.] Qui n’est pas grand, qui n’estpas considérable. (Imposer une penitence legere. Pasc. I. 10. Faute legére. Abl. C’est une legére blessure. Avoir une legére connaissance de quelque science. ) f On dit aussi un sujet sort leger, des raisons le- geres , ou peu importantes. (Voilà bien du bruit pour un sujet aussi leger.) LEGER , legére, [' Levis, inconstant, mobilisé] Inconstant. Volage. ( Esprit leger. Ablancourt. Esprit plus leger que le vent. Voit. Poes. On a voulu donner au mot d’esprit leger une autre signification , & faire entendre un esprit vif & subtil. Par exemple, il a la conversation legére , c’est-à-dire, il n’est point ennuieux dans la conversation. On dit d’un homme Eunuque , qu’il est leger de deux grains. On dit d’un homme qui frape aisément, qu’il est leger de la main. D’un gueux, qu’il est leger d’argent. ± On dit d’un Chirurgien qui fait ses opérations avec adresse , fans qu’on fente fa main , qu’il a la main legere. H On le dit aussi d’un habile joueur de clavessm. î Prendre un leger repas. C’est manger peu, prendre un repas frugal. f Avoir le sommeil leger. C’est se reveiller au moindre bruit. LEGER- Superficiel. [Levis.] II a une legere teinture de la Théologie. On dit d’un homme qui chante d’une maniéré aisée, & qui passe facilement les cadences, qu’il a la voix legére. Acad. Fr. LEGER , legére. [ Citus , velox. ) Ce mot se dit en terme de manège en parlant des chevaux, & veut dire vite & dispos. ( On dit ce cheval est fort leger. On dit aussi un cheval leger à la main, c’est-à-dire, un cheval qui ne pèse pas fur le mords.) LEGER, legére. [ Levis satura.] Ce mot se dit de la taille des chevaux, & veut dire déchargé de la taille. ( Cheval qui est de legére taille.) Ouvrage leger. C’est en Architecture un ouvrage beaucoup percé, & dont le peu de matière fait la beauté. On le dit aussi en sculpture des ornemens délicats & qui font fort recherchez, évidez & en Pair. De legére. [Temerè.] Facilement. Aisément. (II croit de legére.) A la legére, adv. [sEsivè.] Legerement. (Etre vêtu, ou armé à la legére.) A la legére , adv. [ Levi ac molli brachio. ] Au figuré , il veut dire, sans beaucoup de considération. ( Entreprendre une chose à la legére. Faire une chose à la legére. ) Bien des gens aiment mieux , dans ces exemples , légèrement, qu’« la legére, qui n’est pas d’un si bel usage. * LEGEREMENT , adv. [ Leviter saucius.] Ce mot en parlant de coups & de blessures , veut dire un peu. (Etre légèrement blessé. Vaug. Quint. I. 5. c. n.) LEGE REMENT, f Indiligenter , negligenter. J Inconsidérément. Imprudenment. (S’engager légèrement a un siège. Voit. I. • 74. Décider légèrement fur quelque^ ouvrage. Ablancourt^) LEGEREMENT. [Leviter, cursim.] 11 signifie aussi ÍTraíter r U er ' * ^ ^ chose , & fans l'aprofondir. de^ rlînspc 6 " 1 ^ 111 Une qllestl °n. Passer légèrement Uir des choses qu on pourroit fort étendre) . LEGERETE ‘,sf CL***] Ce mot au propre ne se dit guére que dans les matières de Phisique. C’est la qualité qui est dans une chose & qui fait que cette chose tend en haut. ( La legéreté du feu, de l’air, &c, LEGERETE'. [ Pernicitas , agilitas.) Vitesse, agilité, promtitude à agir. (La legéreté des piez, ou des mains.) * LEGERETE'. [ Inconsantia, tmprudentìa.] Inconstance. Imprudence. ( C’est une legéreté que tout le monde condamne. Le Duc de la Rachesoucaut. La legéreté de la Fortune. Legéreté d’ejprit. On acuse les François de legéreté.) * LEGE'RETE'. [ Levitas. ] II signifie aussi le peu de considération que demande une chose. ( La legereté d’une ofense. La legéreté d’une blessure.) LEGE'RETE'. [ Credulitas. ] Facilité à croire. Ce mot en ce sens n’est que dans Danet. On dit en parlant d’un homme qui écrit fort aisé. ment & fort vite, qu’il a une grande legéreté de main, & l’on dit la même chose d’un joueur d’instrument. Acad. Fr. On dit encore qu’une personne a beaucoup de legéreté dans la voix , lorsqu’elle passe facilement les cadences. Acad. Fr.) LEGION s f f- [ Legio. ] Terme de Milice Romaine. C’étoit un gros d’infanterie pesamment armée, qui du tems de Romulus étoit de trois mille hommes, qu’on divifoit en trois corps , qui saisissent autant d’or- dres de bataille. Chaque corps étoit composé de dix compagnies, ou manipules qu’on rangeoit à quelque distance les uns des autres fur un même front. Chaque corps avoit deux Oficiers Généraux pour les commander , qu’on apelloit Tribuns, & chaque manipule , deux Centurions. La Légion , fous les Consuls, étoit de quatre mille hommes , qui saisissent quatre corps qui étoietit commandez par un Consul, ou par un de ses Lieutenans, & chaque légion avoit fa cavalerie qui étoit de deux cens , ou trois cens maîtres. Ensuite & du tems de stlarius, oii remit en un ces quatre petits corps de la légion, on les augmenta & & on fit des cohortes , ou des régimens de cinq à six cens hommes , chacun fous l’autorité d’un Tribun, ou Alestre de Camp. Chaque cohorte fut composée de trois compagnies , ou manipules & la légion partagée en dix cohortes, qui saisissent autant de bataillons séparez , qui se batoient sur trois lignes ; de forte qu’alors la légion étoit de cinq ou de six mille hommes. Si les dix cohortes étoient chacune de cinq cens hommes , la légion étoit de cinq mille hommes, & si elles étoient chacune de six cens hommes , la légion en avoit six mille. Voïez Ablancourt , Stratagèmes de Frontin , & SaumaiJ'e. LE GION. [ Legio , multitude. ] Ce mot se dit quelquefois en parlant de Diables , & veut dire un grand nombre. ( Une légion de Diables. On dit aussi, ce marchand à une légion de créanciers. On a vû entrer chez lui une légion de Sergens. Je n’avois prié que quatre personnes à dîner, il en vient une légion. Acad. Fr. ) LE'GIONS. [Exercitus, copùe.] Les Poètes se fervent quelquefois de ce mot, au lieu de celui d ’armées, ou de gens de guerre. ( II voit comme fourmis marcher nos Légions Tans ce petit amas de poussière £5? de boue Dont notre vanité sait tant de régions. Racan , Poës.) LE'GIONNAIRE , adj. [Legionarius.] Qui est de légion. (Un soldat légionnaire. Voit. I. 39.) $ LEGIS. Belles soies qui viennent de Perse. LE'GISLATEUR , f; m. [Legislator.] Celui qui fait des loix. (Solon étoit un fameux Législateur. Abl. Le Législateur des Juifs n’étoit pas un homme vulgaire. Dejpr, Longin , l. 7.) Monsieur Genest dans son Epître à Mr. de la Bastide a dit de Luther : ( Parle , établi les droits qu’avoit ce seduHeur, Pour faire le Pontife fs le Législateur. Genest.) f LEGISLATIF , législative, adj. Pouvoir , faculté de faire des loix. (Pouvoir législatif, puissance législative.) LEGISTE , f m. [ Legis Docfor. ] Docteur és I.oix qui les enseigne , ou qui en écrit. ( C’est un savant Légiste.) LE GITIMATION, f f [Spuriorum liberorum adoptio. J LEG adoptio. ] Actiotì par laquelle on rend légitimes les en- fans naturels. Quand le pere & la mere en se mariant, mettent leurs enfans naturels fous le poile, c’est une espece de légitimation. La légitimation se fait par des lettres du Prince ; celles que le Roi donne doivent être vérifiées en la Chambre des Comptes, & par elles les enfans naturels font mis au rang des légitimes. Légitimation vraie & qùi est dans les formes. La légitimation entretient le concubinage , & pour cela on doit tâcher de l’abolir. On rvobtient des lettres de légitimation qu’avec peine.) f LE'GITIMATION, signifie aussi reconnuisance au- tentique & juridique, & on ne fe sert de ce terme qu’en parlant des afaires des Dietes de l’Empire. (On a fait la légitimation du pouvoir de ce député.) LE'GITÍME , s. f. [ Légitima hareditatis portio. ] Terme de Fa/ait. Portion de bien que la loi referve aux enfans. (Avoir fa légitime.) La légitime du Patron. [ Patroni portio. ] Portion de bien que la loi referve au patron fur les biens de son afranchi. ( On confisque la légitime du patron. Pair u , plaid. 9.) LE'GITIME, adj. [Legitimm, jttjhts.j ] Juste. Equitable. Qui est selon les loix. Qui est permis. (Cela est légitime avec cette intention , Pasc. I. 7. C’est un mariage légitime. Abl. S’il y a de légitimes sujets de pleurer, ce qu’on aime est fans doute le plus légitime. Patru , /. 4. a Olinde. Le légitime enfin ne sait point mon afaire, Et le nom de mari ne me peut satisfaire. S. Evrem.) £ On dit aussi des enfans légitimes , ou des enfans provenus d’un mariage contracté suivant les loix. LE'GITIMEMENT, adv. [ JuJiè U légitimé.'] Justement. Avec raison. ( Cet argent m’est légitimement dû. ) LE'GITIMER , v. a. [ N.otbum paterna hareditatis jure donare. ] Ce mot se dit en parlant d’enfans naturels, & veut dire les faire légitimes. Donner des lettres de légitimation. (11 n’y a que le Roi qui puisse légitimer dans son Roïaume les enfans naturels. On légitime un enfant , ou par des lettres que le Chancelier donne au nom du Roi , ou en fe mariant, si l’on est en état, avec celle de qui on a eu Pensant.) $ LE'GITIMER , fe dit aussi de la reconnoissance qui se fait dans les Dietes d’Alemagne du pouvoir, de la commission d’un Député. (On a légitimé le pouvoir du Commissaire Impérial.) ch LE'GITIMITE' , f f. Terme de Palais. C’est Pétât , la qualité d’enfant légitime. ( II a prouvé la lé* gitimité. On lui dispute sa légitimité.) LEGS , f » 1. [ Legatmn. ] Terme de Palais. Ce qui est laissé par testament à une personne. ( Un legs pieux. Faire des legs. Le Mcút. Limiter un legs. Patru , plaidoié 12. Les legs pieux sont favorables dans le Christianisme. Le Maître , pi. ig. 11 mourut , U fi n tesament N’étoit plein que de legs qui F auraient consolée Si les biens reparoient la perte d’un mari, Amoureux autant que chéri. La Font.) ■ f§ On donne plusieurs définitions du legs. C’est ( dit-on ) une donation faite par un testament ; c’est une portion médiocre de Phéredité que l’héritier doit aquiter ; c’est une libéralité qui n’a rien de commun avec le fideicommis , & que Phéritier doit aquiter directement au légataire , & , comme disent les Jurisconsultes , ver bis direcíis. LE'GUER , v. a. [ T es amen 1 0 legare. ] Terme de Palais. Laisser par testament. ( On lui a légué une terre de mille livres de rente.) II lègue au Renard son compere , & son trésor & fa taniere. Le Noble. LE'GUME , f. m. [ Oins , legumen. J AI ot général, qui signifie toute sorte de fruit qui vient dans une cosse , comme sont pois , fèves & lentilles. ( On trouva de l’orge & des legumes. Ablancourt , Ret. /. 4. c. Vivre de legumes. Am. On dit légumineux. $ LE'GUMES , fe dit aussi généralement de toute forte d’herbes potagères , de plantes , ou de racines propres à manger. ( Je pourrois vivre de légumes , il ne vit que de légumes.) LEICHES , f f [ Sparganìum. ] Herbe qui croît dans le près , & qui fe mêlant avec le foin blesse la LEN q 2 % langue des animaux. Ce foin ne vaut rien il est plein de leiches. f LEIPZIS* Sorte de serge qui se fabrique k Amiens. _ LEMME , f m. [Lemma, ] Terme de Géométrie. Proposition qui n’est au lieu où elle est que pour servir de preuve à d’autres qui suivent. Port-Royal , Ele- mens de Géométrie. ÍT LEMME, est une proposition qui sert pour la démonstration d’un Théorème, ou pour la construction d un problème. Voïez Qzanam , dans son DiHion- narre Matbem. LEMMER, / m. Petite bête de Laponie qu’on apelle autrement souris de montagne , parce qu elle ressemble assez à la souris, excepté qu’elle est rousse & marquetée de noir. LEMNIENNE , adj. [ Lemnia.] Epithète qu'on donne à la terre sigillée. LEMURES, f m. pi. f Lémures.] Lutins, Esprits qui reviennent. _ C’est ce que les Anciens apelloient larves.' II y avoit à Rome des fêtes lemurales. Mais je croi que tous ces esprits revenans ne sont que chimères. P. Maie. LENDE. Voïez lente. LENDEMAIN , f m. c Dies pofierus. J Le jour suivant. ( Le lendemain ils se rangèrent en bataille. Ablancourt, Tac. An. L 1. Faire le lendemain des nôces. Scaron. II ne faut pas remettre les afaires au lendemain. Nul n’est assuré du lendemain. Au lendemain jamais il ne songeoit, Et tout Ion fait dès la veille mangeait. La Font.) II faut profiter du tems en toutes choses, comme dit Martial : Sera nimis vita est crastina , vive hodie. Qui peut compter sor le lendemain ? dit Anacreon, ode iy. Et Horace : Quis soit an adjiciant hodiernte crastina vita; Tempera Dì soperi ? LENDORE, adj. [ Langui dus.] Nom qu’on donne à ses fiasques , languissans & feinéans qui agissent d’une maniéré nonchalante , & qui paroissent toujours dormir. Vous êtes un vrai lendore. Acad. Fr. Ce terme est bas suivant l’Académie. t LENIFIER, v. a. [ Linire , mitigare. ] Ce mot signifie adoucir , & est un vieux mot qui ne se dit qu’entre Médecins, & le plus souvent même en riant, p Par la douceur de l’harmonie nous adoucissons & lénifions l’aigreur de ses esprits. Molière , Pourceaugnac. AH. 2. fi. 8- LE'NITIF, fi m. [ Lenimentum. ] Terme A’Apoticai - re. C’est un remede qui adoucit. * Lenitif. Adoucis, sement, au figuré , il a eu un lénïtif dans fès atìictions. f LE'NITIF, est aussi le nom d’un electuaire, composé de plusieurs herbes & drogues , qu’on emploie dans les ìavemens. ( On lui a donné un lavement avec du lénitif.) LFNT , lente , adj. [ T ardus. ] Du latin lent tu. Qui a de la lenteur , qui est tardif. Qui n’avance guère de chemin. Qui fait peu de travail. ( Cet ouvrier est fort lent. Le mouvement des Planètes paroìt plus lent en un tems qu’en un autre. * Lent à punir. Ablancourt , Luc. t. 1. » * L’état de mes afaires ne demande pas des remèdes lents. Vaug. Quint, l. ;. Les Médecins disent un poulx lent, une fièvre len- tí, un poison lent, un remede lent. Les Chimistes parlent d’un feu lent, c’est-à-dire, qui n’est pas violent. LENTEMENT, adv. [Tardé, lentè.] Avec lenteur. ( Cet ouvrage va fort lentement. Cette rivière coule fort lentement. ) * 8e hâter lentement. Voit. poéfi LENTE , f L C Lens. J Petit insecte tirant sor le blanc qui s’atache aux cheveux des personnes , aux crins des chevaux , & aux poils de quelques autres animaux , & dont s’engendrent les pous. (Une petite lente. Une grosse lente.) LENTER. Voïez Lanter. LENTEUR , fi f. [ Tardifss , mora , lentor. ] C’est le trop de tems qu’on met à faire, ou à dire quelque chose. ( Acuser la lenteur du sacrifice. Racine, Iphigenie , a. * La Justice marche avec beaucoup Ss î de Z26 LBO de lenteur. Lenteur d’esprit. La lenteur est bonne dans le conseil , mais la prontitude dans 1 execu* tl0 | LENTEUR, se dit aussi en parlant d’imagination & d’esprit. La lenteur de son imagination, la lenteur de son esprit ; c'est-à-dire , la dihculte qu il a d’imaginer, la peine qu’il a de concevoir quelque chose. LENTICULAIRE , adj. £ Lenticularis. 3 Ternie d 'Optique , qui se dit d’un verre de lunette convexe, qui aproche de la figure d’une lentille. Le verre objectif des lunettes de longue vûe est lenticulaire. LENTILLE , nentille , s.s. [Lmticu/ast L’un & l’au- tre se dit, & même lentille est le plus régulier, mais îí n’est pas le plus en usage. (Lentille est une espèce de légume. ) Voïez lentille. C’étoit une chose qui ne paroissoit pas plus grosse qu’une lentille. Abl. Luc. L’Académie dit lentille , & ne fait aucune mention de nentille , qui ne se dit que par les badaus , dont Ménage a pris le parti, en décidant qu’il faloit prononcer nentille avec les Parisiens. * LENTILLE. [Lenss Terme d’ Optique. C’est un verre taillé en forme de lentille & qui sert aux lunettes. II est ordinairement convexe des deux cotez. Par fois aussi, il est plat, ou concave d’un côté. t * LENTILLE. C Lenticula. 3 Ce mot se dit aufïì des taches & rousseurs qui viennent au visage, & qui ressemblent à des lentilles. LENTILLE cCeau. £ Lenticula palustr:s.~] Sorte d'h orbe qui croît dans les marais. t LENTILLEUX, se , adj. [ Lentìgimstw. ] Visage lentilleux , c’est-à-dire , semé de ces taches qu’on apelle lentille. LENTISQUE if. m. [ Lentistcus. 3 Sorte d’arbre qui a feuille toujours verte, l’écorce rougeâtre, visqueuse & pliable. Le Lentisque porte son fruit en grape de raisin, & il sort du lentisque une résiné qu’on apelle ordinairement mastic. La feuille & lé fruit du lentisque ont une vertu astringente qui sert contre le crachemement de sang & la dissenterie. Dal. LE ON, f m. [ Léo. 3 Nom d’homme. ( Saint Léon. ) * LE ONARD , f m. [ Leonardus J Nom d’homme, LE'ONARDE , f. f. Nom de femme. LEONIN , léonine , adj. £ Leoninut. 3 Qui est de Lion. ( Société léonine. Cette façon de parler est proverbiale , & signifie une société où toute la perte est d’un côté, & tout le profit de l’autre.) LE ONIN , léonine. [ Leonìni versus. 3 Ce mot se dit aussi en parlant de certains vers latins qui ont une même consonance au milieu qu’à la fin. ( Faire des Vers léonins.) LE'ONIN , léonine. [ Versus leonìni. 3 Ce mot se dit aussi en parlant de la vieille poésie Françoise, on di- soit une rime léonine qui étoit ce que nous apollons aujourd’ui une rime riche. On apelloit aussi rime léonine plusieurs vers de fuite fur une même rime. Voïez Faucher L. de là poste Françoise , c. g. LE'ONOR , s- st [ Lconora. ] Nom de femme. Léonor Duchesse de Guienne acompagna son mari en la guerre sainte. Brasitome , Dames galantes , T. 2 .) , î LEONTIQJJES , f. m. Sacrifices que les Anciens faisoient à l’honneur du soleil, où on le repré- sentoit sous la figure d’une tête de lion raïonnée. $ LEONTOPETALON , st m. Plante qui croît parmi les blez, & dont la feuille ressemble au pié du lion. On l’apelle aussi pié de lion. LE'OPARD , f m. f Pardus. 3 Animal cruel 6 farouche , marqueté fur la peau de diverses taches II a les yeux petits & blans, le devant de la tête long 1 ouverture de la gueule grande, les dents aiguës, le oreilles rondes, le cou & le dos long, une grandi Vieuë avec cinq grises fort aiguës aux piez de devan « quatre à ceux de derrière. Le Léopard hait mor tellement l’homme, jusques là que s’il en volt feule un ,5" peinture il se jette dessus & le met er S;, 11 hait auss ‘ le coq & le serpent. Jonston , Hif îaiïtffl* ' r Marmo1 ' i- Histoire d’Afrique n’éf Sue les I éon.^ 11 liment de Jonston. Car il écrii ?' les hommes^ kur°en fom * T homn }' s - liérement ennemis des chiens ment. Voïez MaZoï ™ & âes adives qu'ils dé- LES ( Las de croquer bêtes à laine Qu’il avoit en toute saison , Et dégoûté de venaison , Un certain Léopard sur la rive Africaine Voulut d’une chair de Taureau Se donner un ragoût nouveau. Le Noble. Le Léopard en terme de Bkson montre toûjours les deux yeux & les oreilles, & on le nomme passant ou marchant. H On apelle Léopard lionné , le Léopard qui a les pâtes de devant élevées, comme on représente les Lions. On apelle Lion léopardé , le Lion qui a les pâtes de devant dans la même situation que celles de derriere. t LEOPOLD , s m. Monoïe fabriquée en Lorraine depuis le rétablissement du Duc Leopold Joseph dans ses Etats. II y a des Leopolds d’or & d’argent, qui sont au titre & du poids des anciens Louis d’or & écus de France. LE PRE , s f £ Lepra , fera scabies. 3 Apreté de la peau assez profonde en maniéré d’écailles , avec une démangeaison considérable. C’est une sorte de gale qui couvre tout le corps. ( Son corps étoit couvert de la plus horrible lèpre qu’on pût s’imaginer. LE'PREUX , f m. £ Leprostus, lepris affeflus. 3 Celui qui est malade de la lèpre. ( II dit au lépreux, soïez guéri, & sa lèpre disparut en même tems. Port-Roïal, Nouveau Testament. f LE'PREUX, est aussi adj. ( Un homme lépreux, une femme lépreuse.) LE'PROSERIE,// [Leprosorum valetudinarium.J Hôpital pour les lépreux. On le nomme communément. Maladrerie. LEQUEL, laquelle. £ Qui , que , quod. 3 Pronom adj. Ce pronom lequel & laquelle est rude au nominatif tant singulier que pluriel, & on se doit plutôt servir du pronom qui, à moins, que le qui ne fasse quelque équivoque. Exemple. ( C’est un éfet de la divine providence, qui est conforme à ce qui nous a été prédit. Ce premier qui faisant équivoque avec providence & avec éfet , il est mieux d’emploïer le pronom lequel , & dire : C’est un éfet de la divine providence , lequest &c. Voïez Vaug. remarques. Où pour mieux expliquer ma pensée U la vôtre , Lequel doit plaire plus d’un jaloux ou d’un autre. Mol. Fas.) Malherbe a dit dans son Ode à la Reine Mere au sujet de sa Régence : Mais l’art d’en faire des couronnes , N’est pas stçu de toutes personnes ; Et trois ou quatre seulement Au nombre desquels on me range Peuvent donner une louange Qui demeure éternellement. L’observation de Mr. Ménage est juste. „ Lequel ni „ se dit plus en poésie ; & cette phrase d’ailleurs, au ,, nombre desquels on me range , n’est pas agréable. „ Malherbe pouvoit éviter ce desquels , & dire, au „ nombre de qui l’on me range : mais son vers n’eùt ,, pas été si harmonieux. 11 est au reste n remarquer „ que dans toutes ses poésies il ne s’est servi de lequel ,, qu’en cet endroit, & dans l’ode à Mr. de Belle- „ garde.” II me semble que de qui auroit été moins tolerable que desquels. LE'SARD, f m. £ Lacertm. 3 Sorte de petit serpent vert. ( Tuer un léfard.) LE'SARD. Poisson de mer, de couleur verte, qui a la tête grosse, la bouche ouverte, les dens pointues, & qui devient long d’une coudée. Léfard est aussi un terme de blason. LE'SARD S ou lésardes. £ Rimx , fissura. 3 Terme de Maçon. Crevasses ou fentes qui sont dans les murs. Félìbien. LESE', lésée , adj. Voïez Le?é. t LE'SINE , s s. £ Sordida parcitas. 3 Conduite basse & sordide à l’égard du ménage qu’on fait de son bien. ( La lésine de certaines gens de robe mérite d’être blâmée. Mais que plutôt son jeu mille fois te ruine Que st la famélique honteuse lésine Venant mal à propos la J'aistr au collet Elle te réduisait à vivre sans valet . Despr. ) LE'SI- LIS LE'SINER,».».[ Impensas circumcidtre. 3 User de lésine. ( C’est une femme qui lésine fort.) LE'SION. Voïez LE'ZION. LESSE , f- /• [ Lorum , habena.~\ Sorte de cordon de chapeau qui est une efpéce de petite corde de foie, de laine, de crin , d’or, ou d’argent, qui fait trois ou quatre tours au bas de la forme du chapeau , dans l’endroit que les chapeliers apellent le lien ou la fi- celle. ( Une leste d’or. Une leste d’argent. Une leste de crin bien faite.) LESSE. f Habena.J Terme de Chaste. Corde de crin longue de trois brasses , ou environ , dont on tient les lévriers. ( Mener les lévriers en leste. Tenir les lévriers en leste. Sal.) Femme destre Et toûjours rire Fstre maîtresse , Tout veut conduire , Tout faire N dire. Jamais ne cesse , Et Dieu sçait , qu’est-ce Quand elle adresse A bien pratiquer N eslire Homme qui gouverner se laisse Ainsi qu’un chien qu’on meine en leste Sans nullement le contredire. H * Mener quelcun en leJJ'e. C’est l’obliger à faire ce qu’on veut, en disposer à fa volonté. LESSIVE,//- [ Lixivia , lixivìum. ] Linge sale couvert de son charrié plein de cendres , astis dans un cuvier, garni de son pissot, & sur lequel on jette de l’eau presque bouillante, afin d’ôter les grosses ordures du linge. ( Asseoir la lessive. Faire la lessive. Couler la lessive. Echanger la lessive. Jetter la lessive. Laver la lessive. La lessive coule.) £ A laver la tête d’un more , la tête d'un âne , on y perd fa lejjìve. Prov. C’est-à-dire, qu’il est inutile de vouloir reformer, ou corriger certaines gens. f LESSIVE , fe dit aussi de diverses lotions qu’on fait en Chimie. f * LESSIVE , fe dit en parlant d’une grande perte qu’on a fait au jeu. (II a fait une étrange lessive.) î LESSIVE , fe dit dans les sucreries, d’une eau preparée , qui sert pour purifier & rafiner les sucres, ou ce qu’en termes de l’art on apelle le Vesou. f LESSIVER, v. a. [ Lixivio lavare.~\ Mettre à la lessive. ( Lessiver de la toile jaune. ) LESSIVIAL, ou lexivial, adj. [ Lexivialis. ) Terme de Chimie. Qui fe dit des sels qui fe tirent par la fre- uente lotion des corps où ils sont contenus. Us sont xes ou volatils. LEST, / m. C Saburra, ] Terme de Mer. Sable. Cailloux, ou autre chose qu’on met au fond du vais. seau pour le faire tenir droit, lors qu’il est en l’eau. Ce mot de lest parmi les Anglois & les Flamans signifie un poids de quatre mille livres. Fourn. Voïez last. On dit aussi lestage , pour marquer rembarquement du lest. H Bon lest. C’est le lest de petits cailloux que l’on arrange aisément. C’est ordinairement celui des vaisseaux de guerre. H Gros lest. C’est le lest composé de très-grosses pierres & de quartiers de canon crevez. Ce lest empêche l’arrimage, & est dificile remuer. H Mauvais lest. C’est celui qui peut fondre à fond de cale, comme du sel ; ou lest qui peut entrer dans les pompes & les boucher ; ou tout ce qui peut gâter l’arrimage. H Vieux lest. C’est du lest qui a déja fait un voïage, ou une campagne. On met ordinairement du lest neuf une fois en deux années. Voiles à lest , ou Prelarts. Ce sont des vieilles voiles qu’on étend sous les sabords , quand on embarque ou qu’on décharge le lest, de peur qu’on n’en laisse tomber dans l’eau. LESTE , adj. [ Lautus , cancinnw , elegans , venu- sttií. ) Propre en habits. ( 11 est leste. Tous ses gens sont lestes. Troupes fort lestes. Ab!. Votre fille va leste & pimpante. Mol. ) (§ Molière , dans l’Ecole dessilles , ail. i.sc. a. Vous soufrez que la vôtre aille leste & pimpante. Ces deux derniers mots fe soufrent dans le comique. LET z27 í * LESTÉ, signifie aussi un homme adroit, habile & agissant. ( Cest un homme fort leste.) LESTEMENT , adv. [ Concinnt , élégant er.2 Proprement en matière d’habits. (II est habille fort lestement.) . LESTER, v. a. [SaburrareJ Terme de Mer. Mettre du fable , des cailloux, ou autres choses au fond d’un vaisseau pour le faire tenir droit lorsqu’il est ea l’eau. (Lester un vaisseau. Ablancourt.) LESTEE R , f m. ( H avis saburrata. ] Bâteau qut porte le Lest. LE'TARGIE, s.s. [Lethargia.2 Maladie qui contraint de dormir continuellement. LE'TARGIE, s f. [ Socordia , ignavia. ] Ce mot se dit au figure aufli-bien que létargìque. (Une lâche paresse l’a jetté dans une létargie profonde. Je n’aime point ces beautez liturgiques , dont la vertu est confondue avec le tempérament. P. Comm. Toutefois il est vrai qu'un ton plein ans le creux de Jes intesins, Et le sang aigri se fermente Par le levain pourri des acides malins. Le Noble.) í LEVAIN, se dit aussi du ferment, du dissolvant de l’estomac, par le moïen duquel se fait la digestion. (Le mauvais levain de son estomac corrompt tous les alimens qu’il prend.) * LEVAIN. [ F ornes peccati. ] Ce mot au figuré, signifie un principe de corruption dans les choses morales. ( Levain de péché. ) C’est l’inclination à m alfa ire qui est dans notre nature corrompue. ( Les passion laissent un levain dans le cœur, & fur tout la haine & l’envie.) LEVANT , f m. [ Oriens. J La partie du monde qui est à l’Orient. ( Venir du Levant. Ablanc. ) Ce mot Levant en parlant de notre marine , veut dire la Mer Mediterranée. En ce sens on dit. ( Escadre du Levant. Mer du Levant.) LEVANT, LEV LEVANT, adj. f Sol orìens. ] Qui se levé. II ne se dit qu’en cette phrase. ( Le Soleil levant, c'est-à-dire, qui se leve.) LEVANTE,/ ZEurtss.] Sur la mer Méditerranée c’est l’Est , ou le vent d’Orient. LEVANTINS , / m. [ Populi orientales.'] Les nations du Levant. Les gens du Levant. C’est aussi un terme de notre marine , & il signifie qui est sur la nier Méditerranée. Qui vient de la Méditerranée. ( Oficier Levantin. Equipage Levantin. Les Levantins en leur legende Disent qu’un certain Rat las des foins d’ìci-bas , Dans un fromage de Hollande Se retira loin du tracas. La Font.) LEUCACANTHA, / »». [ Leucas , leucóium.] Ce font des noms de plantes. Cette derniere est la même chose que le Giroflier. LEUCOMA, / [ Albuge. ] Terme de Médecine. Petite tache blanche qui vient à l’œil dans la cornée. • Les Américains donnent 9e même nom à un fruit qui est astringent. LEUCOPHLEGMATIE , f.s íAnafarca.] Espece d’hydropisie produite par une humeur aqueuse, extravasée & ramassée entre les interstices des muscles, & dans les pores de la peau. LEVE , / s. [ Cochlea tudicularis.] Terme de Jeu de mail. Instrument qui a un assez grand manche, qui est fait en forme de cuëiller, & dont on se sert pour passer quand on jolie au mail. ( La leve est rompue.) f LEVE'. Voïez Levée. LEVE'E, / /• [ Agger , môles.] Sorte de chaussée. ( Une levée de terre. Rompre une levée. Vaug. Quint. I. 4 .) LEVE'E. C Ab obpdìone difcejjìo. j C’est Faction de s’en aller du lieu où l’on s’étoit mis & le qui ter. ( Ainsi on dit la levée du siège de Charleroi. La levée de la Cour de Parlement. On a crû long-tems en 170g- la levée du siège de Lisse.) LEVE'E. C Militum conscriptio. ] Ce mot se dit en parlant des soldats & signifie , enrôler des soldats pour servir le Roi. 11 se dit aussi en parlant des tailles, & c’est Faction de celui qui prend fur le peuple. ( Faire des levées de soldats. Abl. Arr. I. 1. Faire des levées fur le peuple.) LEVE'E. [ Pecunia colleclio , tributum.] Argent qu on leve fur le Clergé de France pour ses intérêts du Roi. (Depuis Fétabliifement de la Monarchie on a fait de tems en tems, & dans ses nécessitez de l’Etat diverses levées fur le Clergé. L’Eglise acorde des levées au Roi. 11 s’est fait de grandes & fréquentes levées fur lé Clergé de France. Patru, Assemblées du Clergé .) LEVE'E. [ Tabulatum . ] Terme de Batelier. Sorte de petit plancher composé de trois ou quatre ais ata- chez au-dessus du nez , ou du cu du bachot, du batelier , ou du bateau. (S’asseoir, ou se mettre fur la levée du bateau.) LEVE'E. £ Manus in aléa ludo. ] Ce mot se dit en jouant à de certains jeux de cartes. C’est une main de cartes. Faire une ou deux levées de cartes.) î L’Académie dit un levé , & non pas une levée. (11 n’a pas fait un levé. II a déja trois levez.) LEVE'E. [ Sciffura. ] Terme de Couturière en linge. Tout ce qu’on ôte du rabat quand on 1 e taille, & qu’il y a plus de toile qu’il n’en faut pour le rabat. (11 y a trop de toile , il faut faire une levée.) LEVE'E. [ Frugum colleflin.] Récolté de grains. (J’ai été contraint de faire saisir les levées de mon fermier. ) LEVE E. Action de celui qui court la bague. -f * Faire une levée de bouclier, f Magnum ffl pra- clarum opus aggredi , sed irrita conatu. ] C’est tenter une chose qui ne réussisse pas. C’est entreprendre une chose qui n’a point de succès. f LEVE'E. Terme de Fabrique d’étofe au metier. C’est autant d’ouvrage qu’un Ouvrier en peut faire, fans être obligé de rouler fur l’ensuble de devant Fourrage déja fait. $ LEVE'E, se dit aussi de l’etole que l’on coupe d’une pièce chez un Marchand. ( On n’a pris de cette pièce qu’une levée de jupe. LEVER , ». a. ITollere, atíollere.] Prononcez levé. LEV 529 Soulever , & tirer de bas en haut. (Lever un gros fardeau avec un cable.) LEVER. [ Erigere. ] Hausser. ( Druses leva la main pour fraper Séjan. Abl. Tac. An. I. 4. ) LEVER, f Milites conscribere. j Ce mot, en parlant de soldats, signifie. Enrôler. Faire des levées. ( Lever des troupes. Vaug.Quint.l.j. Lever des soldats./ù/.) LEVER, j) Tollere cadaver. J C’est pour l’ordinaire les Eclésiastiques qui levent le corps & le conduisent. Patru , plaid, g.) LEVER. [ Tributum colligere.] Ce mot se dit en parlant des tailles & d’impôts. C’est prendre fur le peuple quelque argent. ( Lever la taille.) LEVER, f Auferre , removere. j Oter. ( Néron lui leva toutes fortes de défiances par ses caresses. Abl. Tac. An. I. 14. Lever toutes fortes de scrupules. Pasc. I. 8- Que cet éclaircissement leve de difficuitez ! Pasc. I. S. En vain à lever tout les valets font fort promps, Et les ruisseaux de vin coulent aux environs. Defpr.) _ Faire lever, s E latibulis feras excitare. ) Ce mot se dit en terme de Chasse & il signifie , Faire partir. Faire envoler. Faire Jbrtir du gîte. ( Faire lever une compagnie de perdrix. Faire lever un lièvre.) LEVER, s Sententiam Jìbi exfcrìbendam curare, j Ce mot sc dit en terme de Palais. Prendre au grefe la copie de quelque arrêt ou sentence, ou autre règlement de juge. Lever un arrêt. ( Lever une sentence au gréfe.) LEVER, f Capere.] Ce mot se dit en jouant aux car - tes , & signifie. Prendre & ôter des cartes jouées & jettées fur la table. ( Lever une carte. ) LEVER, f Pcmnum in vestem à mercatore emere. j Terme de Tailleur , qui signifie prendre. (Lever l’é« tofe chez le marchand.) LEVER. Terme de Potier. ( Lever la terre par rouleau. ) LEVER. [ Abfcindere.] Terme de Cordonnier. Prendre & couper dans une peau. ( Lever une paire d’eitt» peignes. ) LEVER. Couper ôter. f Tollere , cadere . ] Lever des gribelettes. LEVER. {Farìnam fermentare , fermentescere.] Terme de Boulanger. II sc dit en parlant de pâte , & signifie fe renfler. ( Pâte qui commence à lever. Pâte bien levée.) LEVER , v. n. f AJfurgere , oriri , pullulare. ) Terme de Laboureur. II se dit des grains semez, & il signifie qu’ils commencent à pousser & à sortir de terre. La pluie fera lever les aveines. Les aveines font levées. Cette graine leve bien.) On dit aussi lever les guerets. [ Novalia arare.] On dit en terme de Guerre. Lever le siège. [Urbem obfdione folvere. j Lever le camp. Lever le piquet, c’est-à-dire, déloger. Lever le camp avec des coins de mire , &c. On dit en terme de Marine. Lever Fancre. f An- choram vellere. ] Lever les voiles, c’est-à-dire, ses hausser. Lever une amarre ou une manœuvre, c’est démarrer cette amarre ou cette manœuvre. Lever le iqf, c’est démarrer le coët qui tient le point de la voilé , & peser sur les carguepoint. Lever la fourrure du c ab le t c’est ôter de dessus le cable la garniture de toise, ou de corde , qu’on y avoit mise pour fa conservation. Lever quelque chose à l’éguille de la boussole , c’est voir avec la boussole à quel air de vent reste la chose observée. Lever les terres , c’est en reconnoître la situation, & en faire une représentation exacte sur le papier. On dit dans la Géométrie pratique. Lever le plan. d’une ville, d’un bâtiment, d’un pars. [Iconographiam urbis delineare.] Pour en faire la représentation fur le papier exactement & avec toutes ses mesures. * LEVER le masque. [ Pudorem ponere. ] C’est agir ouvertement & fans sc cacher. 11 se prend le plus souvent en mauvaise part. C’est aussi quelquefois découvrir son ressentiment & fa colere, ne dissimuler plus. * LEVER le menton à quelcun. [ Alicui fubvenire & opituiari.] C’est le protéger, le soutenir & l’aider en ses afaires. * LEVER les épaules. [ Injuriam ferre.] Cela marque qu’on soufre quelque tort sans oser se plaindre. * Prendre quelcun au pié levé. (j In ipfo articulo ati- quem occupare. j C’est lui vouloir faire faire quelque Tome II. T t chose 33 ° LEV chose sur le champ sans lui donner le loisir de se re- ^ìSlêver le tablier à me fille. [ Virgìnis utérus tu .- met. ] C'est engrosser une fille ; ensorte qu elle ne puisse plus cacher fa groiieíie. „ LEVER le lièvre. [Ali* leporem excitée. ] C est ouvrir le premier un avis dont les autres font leur profit. LEVER la main. [Manum ad Sacramentum atollere.] C’est faire serment pour assurer la vérité d’une chose. Marcher la tête levée. [ Celsâ cervice eminere. ] C’est ne craindre rien , n’aprehender aucun reproche. LEVER la crête. [ Se in aliquem erigcre .] C'est s’élever contre quelcun qu’on ne craint pas. C’est aussi faire Je fier, parce que les âfaires font en bon état. LEVER- C Caput aperire. ] Découvrir. ( II faut lever son chapeau devant ses supérieurs. Une femme léve son masque. Les Religieuses doivent lever leurs voiles quand elles parlent à d’honnêtes gens. II faut lever le premier apareil de cette plaie.) LEVER, f Erigere , atollere . ] Ce mot se dit en terme de Manège , & veut dire faire manier. ( Lever un cheval à courbettes. Lever un cheval à caprioles.) SE LEVER , v. r. [ Surgere. ] Ce mot se dit d’une personne qui étant assise se met sur ses piez. ( On se léve quand on est assis , lorsquil entre , où l’on est, quelque personne de qualité, ou de mérite.) SE LEVER. [ E lefio surgere. ) Sortit de son lit. ( Je me vais lever. Madame ne se léve qu’à onze heures.) * SE LEVER , v. r. [ Oriri. ] Ce mot se dit au figuré , du Soleil, de la Lune & des Etoiles, & il signifie commencer à paroitre fur l’horison. ( Le Soleil se léve & se couche. Etoile qui vient de se lever.) * SE LEVER , v. r. [ Najci , conjurgere. ] II se dit aussi des vents, & signifie commencer à soulier. ( 11 se leva un vent impétueux. Vaug. Quint. Curce, l. 4.) LEVER , f. m. [ Tempus quo quis è lefiosurgit. ) Le tems qu’on se leve & sort de son lit. ( Prendre un homme à son lever.) * LE LEVER de l’aurore. Voit. Pois.[Ort/*s, exortus.] Le Lever des étoiles , du Soleil, de la Lune, &c. C’est le tems que l’aurore commence à paroitre vers !e Levant, & que les Astres commencent à paroitre fur l’horison. ( Calculer le lever & le coucher du Soleil pour tous les jours de satinée. La table du lever & du coucher de la Lune. Découvrir le lever des étoiles. Volez le livre qui a pour titre la connaissance du tems.) LEVEUR , f m. [ Exacíor. ] Celui qui a foin de lever les droits Seigneuriaux, les Dimes, Tailles, &c. LEVEUR. Terme de Papeterie. C’est l’ouvrier qui leve les feuilles de papier de dessus les feutres , pour les mettre les unes fur les autres fur le drapant. LEVEURE. Voïez levure. LEVIER, f m. f Veflis. ] Sorte d’instrument de bois ou de fer avec quoi on soulevé les choses pesantes. LE'VIGER , v. a. f Levigare.] Terme de Chimie. Rendre un mixte en poudre impalpable fur le porphi- re, ou fur l’écaille de mer. LEVIS, adj. [Arrcflarius.] Qui se léve & se baisse. Pont le vis. LEVITE , f m. [ Levita. ] Sacrificateur chez les Juifs, ainsi apellé parce qu’on le tiroit de la tribu de Levi. LEVITIQUE , f m. f Levitìcus .) Troisième livre du Pentateuque , qui parle des sacrifices & des cérémonies Judaïques. Voïez Sa ci , Dom Calmet. ?! LEUR, pronom possessif ; voyez SON. LEVRAUT- [ Carduus afinorum.] Epithète qu’on donne aux chardons communs. LEVRAUT, J. m. f Junior lepus. ] Petit lièvre. (Un bon levraut.) Lampride g remarqué dans la vie d’Alexandre oevere , que cet Empereur mangeoit tous les jours du levraut , parce que l’on étoit dans cette erreur, que ceux qui mangeoient du levraut , étoient embelis pendant sept jours de fuite. Cette imagination servit T ïe 3 scieurs P°ëtes , qui , fans respecter la sa" hpan?I npe Tt a e ’ fir ® nt des vers ' & Pe moquèrent de rae . - Un certain Martial publia cette épigram- Pulchnim , quod vides nostrum Regem NàVV , dn " lit p'-»"---. venants hnt , & lepus comesus Ex quo conttnuum capit leporem. LEII L’Empereur répondit sérieusement à cette raillerie par cette épigramme: Pulchrum quod putas esse vestrum Regem Vulgari miíerande de fabella ; Si verum putas esse non irascor. Tantum tu comedas velim lepusclos Ut fias animi, malis repulsis, Pulcher , ne invideas livore mentis. On peut juger par ces deux épigrammes, du goût & du genie de ce tems-là. LE VRE ■> f f C Labrum , labium. ] Ce mot se dit proprement de í’homme. C’est l’extrêmité mufculeu- se & charnue qui ferme & ouvre la bouche. ( Lèvres rouges, vermeilles, belles, fraîches, pâles, mortes. Abl. Luc. II vit du bout des lèvres. II a la mort fur les lèvres.) (§ 11 est dit dans la Satire Menippée : „ Quant „ à sélection d’un Roy , je donne ma voix au ,, Marquis des Chauffons ; il n’est pas Lipa ni camus; „ ains bon Catholique , Apostolique & Romain. ” Le terme lippe a signifié autrefois la levre , d’où , selon Nicod , nous avons fait lippée , pour un bon morceau. Nous disons encore : II a pris une bonne lippée en passant. L’Auteur des Remarques fur la satire Menippée a observé que „ ceux de la Maison d’Autriche ont depuis „ plus 1 de deux cens ans , presque tous de grosses „ lèvres ; ce qu’ils tiennent, non de la Maison d’Au- ,, triche, mais de celle de Bourgogne, par Marie, ,, qui épousa Philippe Archiduc d’Autriche , pere de ,, l’Empereur Charles-Quint.” II cite ensuite Brantôme en parlant de Marie d’Autriche , sœur de s Empereur Charles-Quint. * Accorder une chose du bout des lèvres. Voit. I. 7;. * Les lèvres A'un cheval. Soleisel. * Les lèvres d’une plaie. Lev. * Les lèvres des parties naturelles de la femme. Deg. * La carpe a les lèvres grosses & grasses. Rond.) LE VRETTE , s s. c Vertagus fiamina. J La femelle du lévrier. (Une bonne lévrette.) LE'VRETTER , V. a. [ Lepores insequi.] Chasser au lièvre avec des lévriters. C’est aussi faire des lièvres en parlant de la femelle d’un lièvre, lorsqu’elle fait ses petits , f Lepusculos parere.] , LE'V RICHE, ou lévronne , f. fi. Femelle d’un petit lévron. Vertagus junior fiiemina.] LEVRIER , /. m. [ Vertagus. ) Chien pour courre le lièvre. ( Un bon lévrier. Un grand lévrier. Un lévrier d’atache.) LFVRON , f m. [ Junior vertagus. ] Jeune lévrier. Céladon est un joli lévron. * t C’est un jeune lévron. C’est-à-dire, un jeune homme folâtre & badin. Mais ces mots font bas & peu usitez. LEURRE , f fi. [ Illicium plumatile. ] Ce qui est fait en maniéré de faucon avec deux ailes d’oiseau acompagnées d’un cuir rouge dont le fauconnier se sert pour rapeller le faucon. Un oiseau de leurre. Presen- ter le leurre au faucon. Acharner le leûrre. Qui vient bien au leûrre. Avant que de faire voir le leurre au faucon nouveau, il faut être sùr des chiens, des gens & des chevaux, & que le faucon ait fàim. Voïez le recueil des oiseaux de proie , page 12 J.) t * LEÛRRE. [Illicium.’] Adresse dont on se sert pour atraper quelcun. (C’est un leûrre pour atraper la dupe.) / * LEÛRRE. [ Wecebra. ] Ce mot,’ au figuré , signifie aussi apas , plaisir qui atire & qui gagne. (Depuis que le Sr. M. s’est laissé prendre aux doux leûrre de faire des vers, il s’est souvent rongé les ongles pour donner la migraine à ses charitables lecteurs.) LEÛRRE', leurrée , adj. [Callidus, asutus.] Ce mot, au figuré , veut dire aussi qui est fin , rusé & déniaisé à cause des divers tours qu’on lui a fait. ( Un Auteur qui a passé deux ou trois fois par les mains du Libraire Barbin devient leurré, à l’égard des autres Libraires Narquois , & ils ne lui peuvent faire guère de ruses qui soient à sépreuve de celles que lui a faites le grand Barbin.) LEURRER , v. a. [ Illicio asfiuesacere. ] Terme de Fauconnerie. Acoûtumer le faucon à venir fur le leurre. ( Leurrer un faucon.) t * LEURRER. [ AUicere , illicere , fiucum fiacere. J Aú figuré, il signifie amuser, atraper par finesse. Dire ou faire LIA faire quelque chose à quelcun afin de le faire donner où l’on veut. (A moins que de le leurrer de quelques vaines espérances , on ne l’amenera jamais où l’on désiré. On Fa leurré là-dessus. Mon pere est un bon homme à se dessiner. Et d’une cause en l’air il le saut bien leurrer. Racine, plaid. a. %.sc. r.) LEVÛRE , s. s. t Cervistafuma. ] Ce mot sc dit eti parlant de pain. C’est de l’écume de bière détrempée avec de la farine dont les Boulangers de Paris sc fervent pour faire du pain molet. LEVÛRE de lard. [ Lardiprasegmens] C’est ce qu’on leve de dessus le lard lorfqu’on veut faire des lardons & qu’on veut larder. ( Vendre des levures de lard.) LEVÛRE de filet. Terme de Pêcheur. C’est une certaine partie de filet. (Faire la levûre d’un filet. Voler Le s Ruses innocentes , c. ;.) LEVÛRE. Terme de Blason. Quartier de l’écu qu’on retranche du côté droit vers le chef pour en faire un autre émail que celui du reste de l’écu. On l’apelle aussi Francquartier. LEXICOGRAPHE, s ». Celui qui a composé un Dictionnaire apellé Lexicon. f LEXICON, s m. Dictionnaire Grec. (Lexicon de Scapula , Lexicon de Schrevelius.) On dit auílì Lexique , consulter les Lexiques. LEXIVE. Voïez Lejfive. LEXIVIAL , adj. m. f Lexivialis. ] Terme de Chimie ,• qui se dit seulement des sels qui se tirent par le moïen de la lessive, ou par la fréquente lotion des corps où ils font contenus. ( Les sels font distinguez en fixes , volatiles & lexiviaux. Le salpêtre est un sel lexivial.) LEZ, adv. [ Propè. ] Vieux mot qui fignifioit proche. (Le Pleflìs lez Tours.) LEZE', lézée. [ Lasut , incommodo ajsetfus. ] Ternie de Palais , qui vient du Latin Lesus qui signifie, qui a été blessé, & ofenfé, qui a reçu du dommage, à qui on a fait tort., '(Un marchand est lézé lorfqu’il a vendu fa marchandise beaucoup moins qu’elle ne vaut. Elle est lézée en cela.) LEZE', adj. pour dire lézée. Léze ne se dit que dans cette seule façon de parler. LEZE Majesté. [ Lasa Majestas .'] C’est-à-dire , Souverain qui est ofenfé. Etre criminel de léze Majesté. [ Majestatis crimine postulari. ] C’est-à-dire , être criminel envers le Roi, cn un mot envers le Souverain. Etre criminel de léze-majesté divine & humaine. [ liz Deum xfi homines insurgere.] C’est-à-dire, avoir commis quelque crime contre Dieu & contre le Souverain. p * II est criminel de léze-faculté. Mol. [ Medicorum facultatis crìmine reum esses] C’est-à-dire, il a commis quelque crime contre la faculté de Médecine. II a été rebelle aux ordonnances de ce vénérable corps. f * Vous n’êtes plus criminelle , st ce n'est de leze amour. Sar. poes. [ Venerem ojsendere , Udere.~\ C’est- à-dire , vous n’avez plus ofenfé que l’amour, & ce petit Dieu est fâché contre vous, parce. que vous ne voulez point aimer. LEZION, s s. [ Detrimentum. ] 11 vient du latin lœsto. C’est un terme de Palais. ( On dit il y a lézion d’outre moitié du juste çrix , c’est-à-dire que les choses dont on parle ont été vendues la moitié moins quelles ne valent. ( On la prend aussi pour fracture. Cette veuve a été acufée d’avoir rompu le scellé, mais on n’y a reconnu aucune lezion. LIAIS , f m. Sorte de pierre qui sc tire aux environs de Paris , Sc qui sert à faire des âtres , des jambages de cheminées, des fourneaux, &c. (Le haut liais est propre à faire des corniches. Sav. c. 57.) 0 LIAIS. C’est une efpece de pierre. II y en a de diferentes fortes, savoir le franc liais , & le liais ferault ou farault. Le liais farault ne brûle point au feu, comme la plûpart des autres pierres : c’est pourquoi on en fait les âtres & les jambages des cheminées. On s’en sert aux fours & aux fourneaux. Félibien. f LIAIS. Longues tringles de bois dont les Tisserons sc servent pour soutenir les lisses ; & des lisses & des liais font formées les lames. LIAISON -, f fi l Connexio , conjugatio, junclura.] Ce qui sert à lier'de certaines choses. (Cela donne LIB 331 quelque forte de liaison aux ingrediens qu’on pile ensemble. La liaison de For & du fer ne se fait que par le moïen du cuivre.) LIAISON. [ Connexio. ] Terme d e Maître.à écrire. Petit trait de plume qui lie les parties des lettres les unes aux autres. ( Faire bien les liaisons des lettres.) LIAISON. [ Contextus. ) Ternie de Grammaire. Petit mot qui sert à lier les parties des periodes, & les periodes mêmes les unes avec les autres. ( Ensorte , après , enfin , mais , toutefois, cependant , & autres particules font des liaisons du discours.) LIAISON. [ Sujfi'enatw. ) Terme de Maçon. Sorte de maçonnerie où les pierres foyt posées les unes fur les autres, St où les joints font de niveau , en forte que le joint du second lit pose sur le milieu de la pierre du prémier. (Une maçonnerie en liaison.) f LIAISON , se dit de l’assemblage de toutes les parties d’un vaisseau , par lequel elles s’entretiennent ensemble. ( 11 faut que toutes les liaisons d’un vaisseau soient bien faites.) LIAISON, f Alterna coagmenta.] Terme de Paveur. Ce font les pavez disposez d’un certain sens pour résister aux roués des harnois , des chariots & des caresses. LIAISON. [ Connexio. ) Ce qui a raport & connexité avec une autre. ( Cela n’a point de liaison avec ses principes. Pasc. I. ;.) * LIAISON. [ Falcati ungues. ] Terme de Fauconnerie. II se dit des ongles & des serres des oiseaux de Í iroie , & de Faction avec laquelle ils lient & enlèvent e gibier. LIAISON. [Conjunflio.] Se dit des sauces liées qu’on met fur des mets, quand ou veut les servir. * LIAISON. C Conjun/íio U familiarisas, ) Amitié. Union de coeurs. Sorte d’intelligence & d’union qu’on a avec des personnes. ( Faire étroite liaison avec quelcun. Les liaisons & les amitiez de la Cour font fragiles. Le Duc de la Rochefoucaut. II avoit des liaisons secrètes avec les Espagnols. Fléchier , vie de Commeiu don , /. 1, c. 17.) LIAI SONNER, v. a. lAdaptare .] Terme de Maçon. C’est arranger les pierres , en forte que les joints des unes portent fur le milieu des autres. C’est auílì remplir leurs joints de mortier. LIANES ou LIMES,//. Nom qu’on donne dans les Isles de l’Amérique à toutes les plantes qui rampent fur les haies , ou fur les arbres. (II y a la liane à serpent, la liane à dent de scie, la liane brûlante. ) LIARD, f m. f Teruncius. ] Petite pièce de mo- noie blanche qui vaut trois deniers, & qui avoit cours du tems de François I. Voïez l’Ordonnance. LIARD. [ Francici astis quadrans. ] Trois deniers. ( II s’en faut un liard. II y a à dire un liard. Parmi le tas de blé , vivre de segle U d'orge , De peur de perdre un liard, soufrir qu'on vous égorge, Defpr. Sat. 8 ) \ * ÌL’avoir pas vaillant un liard. C’est être fort pauvre. t * LIARDER , v. ». [ De suo aliquìd suppeditare .] Boursiller. (On a plusieurs fois liardé à l’Académie Françoise pour Mr. Colletet le fils.) LIASSE,//- [ Fasciculus. ] Terme de Procureur Sc de Gens d’afaires. Papiers côtez & liez ensemble. On apelle aussi liasse ce qui sert à lier lès papiers. (Donnez-moi la liasse de Fannée i 6 s 7 - Donnez-moi une liasse pour lier ces papiers. Pouvant charger mon bras d’une utile liasse, salai loin du Palais errer fur le Parnasse. Defpreaux, épître ;.) LIBAGE, / ». [ Rudus , ccementum. ] Gros moi- lon. Morceau de pierre de taille mal-fait & rustique , moindre que les carreaux dont on se sert dans les fondemens des grands édifices. LIBATION,// ILibatio , Ubamens] Prononcez libacion. Ce mot semble venir du Grec , & les Latins disent libatio , & c’est de là que les François Font pris. C’est un terme dont on le sert en parlant des anciens Sacrifices. C’est Faction de celui qui dans les Sacrifices faifoit les éfusions & en goùtoit , comme du bout des lèvres. (Faire, les libations. Alexandre immola un Taureau à Neptune , & pour faire une ofrande aux Dieux Marins - il jetta dans la Mer le vase d’or, Tom. IL T t a dont 332 L1B dont il s’étoit servi pour faire les Iioations. Bu Rye>, supl. de Quint. Curt. 1 . 2. ch. 3 -) TTRATTON. Ce mot est latin, libatio : niais nom n’en avons point pour expliquer le verbe libare. On peut encore se servir du terme esjujwn , qui mar- oue une liqueur répandue. Maïs outre que naturelle- ment la libation se faisoit légèrement & sans répandre beaucoup de liqueur , le mot effusion comprend plusieurs choses ; on dit une effusion de lumière , de gra- iciim- **«'**'* -^ . 7 r a r T 7 s’en est servi long-tems pour sacrificare ; amu Virgile a dit, lïb. 7. JEneid. Nunc pateras libate Jovi. Mais les Grecs L les Latins userent des libations en plusieurs,ocasions. On faisoit des libations des premiers fruits de l’année, c’est-à-dire, que Ton en présentoir une petite partie pour marquer sa reconnoissance. Et quodcumque mihi pomum novus educat annus, Libatum agricolse ponitur ante Deos. On faisoit des libations avec des fruits & des légumes, & avec des liqueurs. Les fruits étoient presentez dans de petits plats que Ton apelloit Cicéron a dit dans son Traité de finibm , 'esc. qu’il y a des débauchez , si impies, qu’ils osent manger les fruits dont on fait des libations aux Dieux dans de petits plats : Atqui reperiemus Asotos primùm ita non religio- fos , ut edant de patella quœ Bik libata sunt. Le vin & le lait étoient les deux liqueurs dont on faisoit des libations. Le vin devoit être pur & fans mélange, ïl est vrai que Ton faisoit des libations à Mercure avec du vin mêlé avec de l’eau , parce que ce Dieu étoit reconnu fur la terre & dans les enfers. On faisoit des libations avec du miel ; & les Grecs mêloientk miel avec de l’eau pour faire des libations à l’honneur du Soleil, de la Lune ; & des Nimphes. Avant que de faire les libations, on se lavoit les mains, & Ton faisoit certaines prières ; elles étoient une partie essentielle de la cérémonie des mariages & des festins de noces. On finissoit tous les repas par des libations de vin. On en faisoit sur les tombeaux, dont nous avons «n exemple dans le troisième livre de l’Enéïde : Solemnes tum forte dapes & tristia dona, &c. Libabat cineri Andromache, manefque vocabat Hectoreum ad tumulum. Anacreon se moque avec raison des libations sépulcrales. A quoi bon ( dit-il) répandre des effences fur mon tombeau ? Pourquoi y faire des sacrifices inutiles ? Parfume moi pendant que je fuis en vie , mets des couronnes de rose sur ma tête. Csi LIBELLAIRE. Quelques Auteurs comparent le contrat emphiteotique au contrat libellasse qui étoit en usage autrefois. Par ce dernier contrat, on remet- toit à un particulier la jouissance perpétuelle d’un fond fous une modique pension, selon la description qu’Ho- toman nous en a donné dans son Glossaire des Termes féodaux. Rat fur la Coutume de Poitou, art. 99. donne le titre de lìbellaire au contrat de vente des fruits d’un fond pour vingt ans, plus ou moins , même quand il est renouvellé : mais cette espece de contrat étoit faite en fraude des Seigneurs directs : il a été aboli ; & nous lisons dans les livres des nefs, qu’on peut donner un fief par un bail à loier, pourvu que ce ne soit-point par un contrat frauduleux, tel que le contrat lìbellaire. lib. 2. tit. 9. §. 2. LIBELLE , Ubéle , s. m. [ Libellas famojm. ] Ecrit injurieux qui est le plus souvent sans nom d’Auteur. Faire un libelle difamatoire contre quelcun. L’Ordon- nanee de Moulins veut qu’on punisse ceux qui font & ceux qui publient des libelles difamatoires. ) Cette sorte d’Ecrit, parmi les Romains étoit puni de mort, « depuis il ne fut puni que du fouet. ï LIBELLE , se dit aussi par mépris d’un placet, d’un mémoire rempli d’inutilitez. (On a réjetté son li- T P r „ , „ ' "bêler , v. a. [Prascribere vaàimonh ft&íiSK» S 0I ír r í í- h T pl0,t - Un exploit bi?™? l áî HbSéO ( “ “P fiefla I de E |iínaHon l 'ri’ nifil s en ,erme ' d efinance, s, íier la cleitination d un somme. (Libeller un ma ment, libeller une ordonnance ) lm ma LIB LIBE'RAL , libérale , adj. [ Liberalk , lenìgnm , beneficus. ] Qui donne volontiers. Qui fait libéralité. Qui donne avec magnificence. ( Jules César étoit libéral. Les grands doivent être libéraux. La libéralité marque la grandeur de leurs âmes. Elle est libérale de ses faveurs à tout le monde. Abl. Etre libéral de louange. Voit. I. 33. II est libéral de ce qui ne coûte rien. Abl. apoph. Un naturel libéral. Tantôt fur íherbe assis au pie de ces coteaux , Où Polycrene épandses libérales eaux. Deípr.) H On dit encore main libérale. ( La main libérale du Prince Ta comblé de biens.) LIBE'RAL , libérale. [Liberalk. 2 Ce mot signifiant honorable ne se dit guére qu’au masculin. ( La grammaire est un art libéral. 11 y a sept arts libéraux.) t LIBE'RAL-ARBITRE. Voïez Arbitre. LIBERALEMENT , adv. [ Liber aliter ., prolixe , mu- nificè .2 Avec libéralité. (Donner libéralement. Abl.) LIBE'RALITE', f f. [ Libéralisas , largitas , munìfi- centia .2 Vertu qui ne regarde les richesses que pour en faire du bien , & pour obliger les personnes qu’on aime , ou qui nous ont servi ou rendu de bons ofices. (La libéralité est la vertu des Rois.) î LIBE'RALITE', signifie aussi le don même que fàit une personne libérale. ( Une aussi grande libéralité est digne de celui qui Ta faite. Ce Prince généreux comble de libéralitez ceux qui le servent. 11 ne vit que des libéralitez de ses amis.) LIBE'RATEUR , f m. [ Liberator , offert or. ] Celui qui délivre de quelque servitude , de quelque domination fâcheuse, ou autre chose de cette nature. (11 le conjure de vouloir être le libérateur deTillema- gne. Abl. Tac. ann. I. 2. S’aquérir le titre de libérateur. Vaug. Quint. I. 1.) On dit, la libératrice , f f. ( Libertatis vindex. ] En parlant d’une femme ; mais on le dit rarement. II n’est point dans TAcadémie. f LIBERATRICE, se trouve dans le Dictionaire de TAcadémie. LIBERATION , f.s. [ Liberatio , vindiHa, exemptio .2 Terme de Jurijprudence., C’est la décharge de quelque dette, ou de quelque servitude. ( Obtenir, acor- der la libération de quelque dette, &c.) t LIBERER , v. a. [ Liber are , eximere .2 Terme de Jurisirudence. Décharger de quelque servitude; ou autre obligation. SE LIBERER, v. r. s Se ab aliquo expedire. J Se délivrer. )Se libérer de la tirannie d’un Père. Mol. Amour médecin , a. 1. sc. 4.) LIBERTE', s. f. [ Libertas. J Pouvoir de faire ce qu’on veut, à moins qu’on n’en soit empêché par la force , ou par les loix. Tout ce qui est contraire à la servitude &à la captivité. (Etre en pleine liberté. Jouir de sa liberté. Mettre en liberté. Qu’heureux esi le mortel Qui de la liberté forme tout son plaisir, Et ne rend qu’à lui seul compte de son loisir. , T Delpr.) f La liberte est une chose que les droits divins & humains nous permettent d’aimer si chèrement, que l’aprehenfion d’être privé d’un si grand bien, justifie tout ce que nous faisons pour le conserver. Polybe de Polar A. f LIBERTE', se prend aussi pour une forme de gouvernement , dans lequel la noblesse, ou le peuple, a la souveraine autorité. ( Les Tirans ont oprimé la liberté de leur patrie. Ce peuple est jaloux de fa liberté , & ne peut foufrir qu’on donne atteinte à fa liberté. Les peuples ont secoué le joug & se sont mis en liberté.) LIBERTE'. ( Licentia , potesias .2 Pouvoir. Permission. Se donner la liberté d’examiner les choses par la raison. Pose. I. 3.) LIBERTE' de conscience. [Liberum utriusque Religionii exercitium .2 C’est en France la permission de choisir la religion Catholique, Apostolique & Romaine. (Le Roi donne liberté de conscience. ) Autrefois cela se faisoit. LIBERTE'. [Licentior agendiratio .2 Privante. Familiarité. Franchise. Hardiesse honnête. ( Prendre des libertez avec une femme. Maucroix, schisme , l. 1. En user avec liberté. Parler avec liberté contre le dérèglement des mœurs. Abl.) LIBERTE'. [Libertas, agendi potesias. Terme de Théologie. Indiférence de la volonté à vouloir ou à ne pas vouloir. LIBER- LIB LIBERTE' de l’Eglise Gallicane. [ Ecclejìa Gallicane libertates U immunitates .] C’est un droit que s’est donné la France de ne pas recevoir aveuglément tout ce que les Papes ont voulu, & qui a semblé contraire à l’an- cienne discipline de l’Eglise. Voler le Traité des libériez de l’Eglise Gallicane de Mr. Pitou, commenté par Mr. Tu Pui. LIBERTE'. [ Facilita expedita. ] Terme de Peinture. Facilité. (Tableau peint avec une grande liberté de pinceau.) On dit aussi liberté de burin. 4 = LIBERTE', signifie auffi, une facilité heureuse, une disposition naturelle à quelque chose. (II a une fi grande liberté de langue qu’il dit tout ce qu’il veut. 11 fait tout avec beaucoup de grâce & de liberté. II a une grande liberté d’esprit & de corps.) H LIBERTE' de ventre. C’est la facilité que le ventre a de bien faire ses fonctions. LIBERTE' de langue. Terme d ’Epronnier. C’est une ouverture au milieu de l’embouc’nuie , tant pour donner place à la langue que pour fortifier l’embouchure. LIBERTE'. Ce qui est oposé à captivité. [ E cujìodia eduHio .J On a donné la liberté à ce prisonnier. f On dit poétiquement, qu’un amant a perdu sa liberté , que sa maîtresse lui a ravi sa liberté. H On dit en termes de dévotion , que la liberté des enfans de Dieu consiste à s’afranchir de l’esclavage du péché. LIBERTE'. Ce mot entre dans quelques complimens qu’on fait à une personne, lorsqu’on lui dit quelque chose d’un peu fort. J’ai pris la liberté de vous découvrir ma pensée sur votre conduite. [ Quid de te sentiam tibi liberiiu scripjl .J LIBERTIN > libertine , adj. [Nequam, dijsolutm .] Impie qui est dans le libertinage. Débauché. (Esprit libertin. C’est un homme autant libertin qu’on le sau- roit être. II se dit auffi d’un homme qui se raille de la Religion. Un Libertin d’ailleurs qui fans aine U fans foi, Se fait de ses plaisirs une suprême loi. Despr.) t LIBERTIN , libertine. [ Justò licentior.) Ce mot se dit en riant , & signifie, qui suit sa pente naturelle sans s’écarter de l’honnêteté. (J’ai l’espritlibertin, & je n’aime point à traduire. Je fuis née libertine. II y a dequoi «'étonner qu’un homme aussi libertin que moi se hâte de quitertout cela. Voit. I. 39.) f LIBERTIN, se dit d’un homme qui néglige ses devoirs , qui hait la sujétion & la contrainte. ( Ce jeune homme est devenu libertin. 11 méne une vie dissipée & libertine. II est d’une humeur fort libertine , on ne sauroit le fixer.) LIBERTINAGE,T m - [Impotens libido .J Dérèglement de vie. Désordre. (II est dans un honteux libertinage.) f LIBERTINAGE. [ Immoderata licentia. ] Ce mot se dit quelquefois en riant. ( Tout le monde fçait votre libertinage.) * LIBERTINAGE, se dit du peu de respect qu’une personne témoigne pour les choses de la Religion. (Le libertinage déshonoré ceux qui en font profession. II fait gloire de son libertinage. Ses discours sentent fort le libertinage.) LIBOURET , f m. [Linea pifcatoria. J Terme de Mer. (Ligne à pêcher des maquereaux. Four.) LIBRAIRE , f m. [ Typographie , Bibliopola, Li- brariuf. J Marchand de livres. - Celui qui est reçu devant le Procureur du Roi de Paris , & qui a pouvoir d’imprimer, ou de faire imprimer , de relier & vendre toutes sortes de livres avec permission du Roi. ( Un bon Libraire. Un riche Libraire. Messieurs Anifi son, Posuel & Rigault sont les plus riches & les plus habiles Libraires du Roïaume, & les Savans leur ont de grandes obligations. Un Libraire imprimant les essais de ma plume Tonna pour mon malheur un trop heureux volume. Despreaux.) f LIBRAIRESSE , f f. [Typographi uxor.J Mot burlesque , pour dire, femme de Libraire. (II demeure auprès de Notre-Dame, où la librairesse Margot lui chante bien souvent sa game. Cotin, Ménagerie.) LIBRAIRIE,//. [Ars typographorum.) Marchandise de Librairie. Commerce de livres. (La Librairie va mal. La Librairie est à bas. La Librairie est une profession honnête. t LIBRAIRIE,/ f. [ BìbliotkecaV) Vieux mot, pour LIC 333 àne, Bibhotéque. (Henri IV. dit à Casaubon qu’il vouloit qu il eût soin de sa Librairie. Columcf mé- langes historiques?) LIBRATION,//. [ Libratìo. ] Terme à’Astronomie. L est un balancement, qu’on apelle mouvement de Vibration , ou de trépidation, que les Astrono- mes ont reconnu dans le Firmament, par lequel la déclinaison du Soleil & la latitude des Etoiles change de tems en tems. On atribuë auffi à la Lune un mouve- ment de libration qui a été reconnu par le moïen du 1 eielcope, mais que l’on n'a pas bien encore déterminé. LIBRE, adj. f Liber , qui sua Jpontis est.) Qui n’est point en servitude. Qui jouit de la liberté. (Vous étés libre a taire ce qu’il vous plaît. Port.Royal. On est libre chez íoi. Elle eít libre, car elle n’est plus en condition. Et fur tout redoutant la baffe servitude , La libre vérité fur mon unique étude. Despr.) f LIBRE, signifie auffi indépendant. ( J’ai renoncé au service des grands, & je veux être libre. II ne dépend de personne & veut demeurer libre.) t LIBRE, se dit en parlant des Etats , des villes, & des peuples qui se gouvernent par leurs propres loix. (C’est un Etat libre. C’est une ville libre du corps de l’Empire. C’est un peuple libre & jaloux de ses droits.) LIBRE. [Immunis, negotiis vacuus.) Exemt. Déba- rassé. Qui n’a rien à faire. (Libre d'amour. Ablanc. Je fuis libre l’après-dinée. II n’est point d’homme libre en fa condition. Rac. Mon cœur est libre de passion. Terreaux , fat. 2.) LIBRE. [ Quod licitum est. ] Permis. ( Le commerce est libre avec les Hollandois.) f LIBRE , se dit en parlant des mers , des chemins. (Les mers font libres, depuis qu’on a chassé les corsaires qui les i n festoient. Les chemins font libres, & les voleurs ne font plus à craindre. Les chemins font libres depuis qu’on les a réparez.) LIBRE. / In dìHìs petulans. J Imprudent, indiscret, peu honnête. ( On interprète mal les discours trop libres qui vous échapent.) LIBRE. [ Popularis. ] Familier, facile. ( Les personnes polies ne font jamais trop libres.) * LIBRE. [Ingenuus ,stncerus, candidits .J Sincère. Franc. Hardi à dire ce qu’il pense. C’est un homme libre qui vous dira nettement fa pensée.) * Avoir le ventre libre. Terme de Médecine. C’est n’être pas constipé. f LIBRE, se dit des personnes & des dispositions corporelles, & signifie qui n’est point gêné , contraint. On dit un air libre, une contenance libre , une taille libre. 4 - Avoir la voix libre, la parole libre. C’est n’avoir plus d’empêchement dans la voix , dans la parole. LIBREMENT adv. [Libéré, ingenuè .] Franchement. Avec liberté. Avec hardiesse. Sans aucune crainte. ( Parler librement de tout. Dire librement: fa pensée. II va librement par tout. Entrer librement dans la chambre du Roi.) LIBREMENT, s Justo libérais. J Familièrement, fans cérémonie, avec un peu trop de liberté. (Cet homme en use trop librement.) LICAN TROPE, / m. [ Lycanthropos.) Mot qui vient du Grec, & qui veut dire , Loup-garou. Qu’on m’apelle licantrope , ou mifantrope, c’est de quoi je ne me soucie point. Abl. Luc.) LICANTROPIE , / / [ Lycanthropia .] Maladie qui vient de mélancolie & qui trouble tellement l’es. prit de certains hommes que «'imaginant d’être devenus loups, ils hurlent, font furieux, & exercent toutes sortes de cruautez fur le bétail, & principalement fur les enfans qu’ils étranglent. Volez de Lancre, l. 4. des Sorciers. LICE , / / [Stadium , curriculum. ] Lieu fermé de barrières où l’on fait les courses , tournois , & autres célébrés exercices. (Rompre une lance en lice contre quelcun. Entrer dans la lice. Abl.) f LICES , se dit au pluriel, lorsque des deux côtez de la palissade , il y a comme deux carrières fermées par des toiles. f LICES closes. On apelle ainsi celles qui font entourées de barrières, de toutes parts, pour empêcher que personne n’y entre. Tt 3 *Fuir 334 LIC ' Fuir la lice. Vaug. Quint. I 1- * Il n’osa entrer en lice avec un lavant nomme. Maucroix , schisme , /. 2- - . , * Entrer en lice contre quelcun. Pajc. LICE s Canis venatica prolétariat} Femelle de chien de Jhasse, destinée à faire race. Une belle lice. Une bonne lice. Faire couvrir une lice. Lice nouee. C'est-à-dire , une lice pleine.) LICE. Se dit figurément d une femme efrontee. ( Votant que cette lice, Esrontément ainjì me presentoit la lice. Régnier.) . . LICE. Terme de Cordier. Lspece de bâton qui est au baut du marchepié, & qui sert lorsque le Cordier fait de la sangle. . LICE. Terme de Ruhanìer. Plusieurs fils soutenus par un liceron. f LICE, forte de tapisserie. Voïez Liste. LICE'E , s. m. [ Lycaum.} Nom qu’on donne a la fameuse école où Aristote enseignoit sa Philosophie a Athènes. Bardin a fait un livre de Morale , qui a pour titre le licée. LICENCE,//- IPoteJhif, venia, licentia. } Le mot de licence signifie en général permijjìon , mais en ce sens, il est vieux. * LICENCE. [ Immoderata libertin . ] Trouble. Dérèglement de vie. (Licence éfrénée. Vaug. Quint. I. io. Arrêter la licence par la terreur du fuplice. Patru, plaid. I. io. Si on ouvre la porte à la licence, comment se défendre de la calomnie. Patru , plaid. L ii. Et jamais on n’a vù la timide innocence Pajsersubitement à l’extrême licence. Racine.) LICENCE poétique. [ Venia poëtis digna .] C’est à Regard du langage une liberté que prend le Poète en faisant des vers , laquelle n’est pas reçue dans la prose exacte & régulière. ( Les Poètes Grecs & les Poètes Latins prenoient des licences que les Poètes François n’oseroient prendre.) LICENCE. Terme de Peinture. On dit d’un tableau , qu ’il y a de grandes licences contre lapersteHive b contre les regks de Part. LICENCE. £ Licentia cursus.} Terme de Théologie. Les deux ans pendant lesquels les Bacheliers font fur les bancs, pour donner des preuves de leur capacité ávant que d’être reçus Docteurs. Elle s’ouvre de deux ans en deux ans, & est précédée d’un rigoureux examen fur les Conciles , fur l’Ecriture , & fur toute la Théologie Scolastique. Entrer en licence. Faire fa licence. Etre en licence.) LICENCE. Terme d’Ecole de Droit. [ Scientia juris utriusque curriculum. J Ce font des lettres qu’on obtient de la Faculté de Droit Civil & Canon , à la faveur defquelles on fe présente au barreau , à l’audience pour prêter le serment de fidélité dans la fonction d’A- vocat, & par lesquelles la Faculté de Droit donne permission de lire & d’expliquer publiquement. (Prendre ses licences. Entrer en licence. Etre en licence. Sortir de licence. Avoir, obtenir ses licences.) LICENCIE', / m. [ Qui licentia gradum adeptus est.} Terme à’Ecole de Théologie. C’est celui qui a fait fa licence. ( C’est un Licencié.) LICENCIER, v. a. £Mittere , mijsum facere.} Donner pouvoir de s’en aler. Donner permission de sc retirer. (Licencier les troupes. Abl.) LICENCIER. [ Licentia grçdum concedere. J Donner le degré de licence. (Ce jeune homme s’est fait licencier à Nantes.) * SE LICENCIER, v. n. f Licentiori vitase dare. ] Faire des choses qu’on ne devroit pas faire. S’émanci- per. Sortir de son devoir. ( * II s’étoit licencié à quelques paroles. Maucroix , schisme , l. r.) LICENCIEUSEMENT , adv. £Dijsolutè , licen. îms.j En libertin. ( Vivre licentieufement. Abl.) UÇENCIEUX ’ licencieuse , adj. £ Dissolut w , li~ est dans le dérèglement. Qui prend I t d T e ‘ lbcrte - ( Mener une vie licenfieuse.) réales de v C Î E V „•’ ^ dit aussi de ce qui est contre les Poème licentieíÍT 16 Uc “ se ’ Sonnet licentieux, moVsedst Sfaí'senTde'seld'atí J Ce LIC LICHNIS ,/ »r. [ Lychnis. ] Plante qu’on cultive dans les jardins, & qui est ainsi nommée à cause de la couleur resplendissante de fa fleur. LICITATION, //• E Licitatio. ] Terme de Pra. tique. Contrat de vente forcé d’une maison, ou heritage entre plusieurs propriétaires. Voïez Rousseau , méthode de la Pratique. ( Vendre une maison par Imitation.) t LICITE, adj. £ Licitus.} Ce mot est Latin , & signifie permis. II fe dit rarement. ( Cela n’est pas licite. ) f LICITEMENT, adv. [ Licitò , salvis legibm. ] D’une maniéré licite & permise. (Cela ne se peut faire licitement.) LICITER, V. a. [ Licitari. ] Terme de Pratique. Faire vendre en Justice par Imitation. LICE'RON, f tn. £Liciatorium.} Terme de Ru. banier. Petit morceau de bois plat qui íòûtient les lices. LICIUM , / m. [ Lycìum gaUìcum. ] _ Arbrisseau épineux , ainsi nommé, parce qu’il croissoit autrefois abondamment en Lycie : les Teinturiers s’en servent pour teindre en jaune. LICOPSIS , f m. Plante dont la racine est rouge, & qui est détersive , vulnéraire & consolidante. LICORNE , / /• £Monoceros. ] Sorte d’aniraal qu’on trouve dans les montagnes d’Ethiopie., La licorne est de couleur cendrée. Elle ressemble à un poulain de deux ans, hormis qu’elie a une barbe de bouc, & au milieu du front une corne de trois piés, polie, blanche & raïée de raies jaunes. Ses piés ont de Pair de ceux d’un élésent, & fa queue tient quelque chose de la queuë d’un sanglier. La licorne est si vite & st fine qu’on ne la peut prendre, & sa corne , à ce qu’on croit, sert de contrepoison. Abl. Marmol. f Les Savans conviennent que cet animal est fabuleux. La corne de Licorne que les Droguistes vendent n’est point d’un animal terrestre , mais d’un poisson ou Cheval marin ; & cette corne n’a aucune vertu contre les poisons , comme on l’a cru pendant long- tems. LICOU, f m. ou licol. £Capistrum.} Mais on prononce licou. Morceaux de cuir ajustez à la tête du cheval pour l’atacher à la mangeoire avec la longe. ( Le licou est rompu. L’Académie écrit aussi licou, & ne met point le mot de licol. Qu’avez vous-là , dit il , au cou ? Et d’où vous vient cette pelade ? C’est , repartit le camarade , La marque du collier où fe met mon licou. Le Noble. LICTEUR , f. m. f Liclor.} Sorte d’exécuteur qui marchoit devant le Magistrat de l’ancienne Rome avec une hache Sc des faisseaux accommodez autour de cette hache , & qui par ordre du Magistrat punissait ceux qui étoient coupables. Romulus établit des Licteurs pour rendre la présence des Magistrats plus respectable , & pour exécuter fur le champ les jugemens. Les Dictateurs étoient précédez par vingt-quatre Licteurs ; les Consuls, par douze; les Proconsuls & les Préteurs ou Gouverneurs de Province , par six ; le Préteur de la ville par deux. Quant aux Ediles , & aux Tribuns, qui n’a- voient pas l’exercice de la Haute Justice , ceux qui les précédoient, étoient apellez vìatores , parce qu’ils étoient souvent en chemin pour donner des ajourne- mens aux parties. Les Licteurs furent auss nommez, parce qu’au premier commandement du Magistrat, ils lioient les mains des coupables, liélor à ligando, ou selon quelques Auteurs , parce qu’ils portoient des faisseaux composez de verges & d’une hache liées ensemble. Quoique leurs fonctions fussent des plus villes , ils étoient pourtant de condition libre : ces fonctions consistoient à contenir le Peuple assemblé, chaque tribu dans son poste ; à dissiper la foule , à calmer le tumulte , & à chasser les mutins de la place ; ce qu’ils exécutoient avec beaucoup de violence. La seconde fonction étoit d’avertir le peuple de l’arri- vée, ou de la présence du Magistrat, afin que chacun lui rendit les honneurs qui lui étoient dûs , & qui consistoient à se lever si l’on étoit assis , à découvrir fa tête , & découdre de cheval, à mettre bas les armes que l’on portoit. La troisième , de marcher devant les Magistrats , non en confusion , mais les uns après les autres ; ensorte que dans Tite-Live, Yalere Maxime, s LIE xime, & dans Cicéron , on lit souvent, primus , se- cundw , ou proxìmw UHor ; ce qui prouve qu’ils mar- choient l’un à la fuite de l’autre. Id p se, eleflor lib. i. c. 23. a raporté une inscription où il est fait mention du proximus UHor : II examine ensuite si les Licteurs portoient les siusseaux droits , ou sur l’épaule ; & il remarque qu’ouisre ces faisceaux , ils avoient des verges à la main , dont ils se servoient pour contenir le peuple , ou pour l’obliger à sortir de la place ; ils s’en servoient encore pour faire ouvrir la porte des maisons où le Magistrat vouloit entrer. Pline raconte , lib. 7. que Pompée après avoir vaincu Mithridate, défendit à son Licteur de se servir, selon sa coutume, de ses verges pour faire ouvrir la porte de la maison de Posidonius , dont il respectoit le mérite. Et Tite- Live raporte un fait peu digne , ce me semble, de son attention ; il dit , lib. 6. qu’un jour le Licteur de Serv. Sulpicius , Tribun militaire, frapa si fortement à la porte de ce Tribun , que la plus jeune de ses sœurs en fut fort éfraïée , ce qui fut un sujet de rire dans la famille. Lorsque les Vestales paroiffoient en public, elles é toi en t précédées par un Licteur. Au premier commandement qui leur étoit fait, les Licteurs lioient les mains des acufez ; & fi le Magistrat l’ordonnoit, ils les fouetoient lorsque le crime ne méritait pas la mort : mais si le Magistrat leur difoit, pleflesecuri , d’abord ils coupoient la tête avec la hache au coupable , fans autre formalité. Enfin , quand les Magistrats vouloient plaire au peuple, & gagner fa faveur , ils faifoient écarter les Licteurs ; ce qu’ils apelloient submittere sasces. LIE , f. f. f Fax , sedimen. ] Vin épaissi au fond d’un muid. La matière la plus épaisse & la plus grosse qui demeure au fond de quelque liqueur. (Dessécher de la lie. Lie blanche. Lie rouge. On boit le bon vin jufqu’à lie. Abl. apopb.) * La lie du peuple. [ Infima fax populi. ] Cest le petit peuple. C’est le peuple le plus vil. (Etre de la lie du peuple. Vaug. Quint. I. 6.) f Faire chere lie. C’est faire bonne chere en s’é- gaïant avec ses amis. Lie est vieux & ne se dit que dans cette phrase. LIE'GE, / m. [Suber.J Sorte d’arbre de moïenne hauteur qui a le tronc gros , l’écorce grosse , qui jette peu de branches, & porte un petit gland. (Le liège est celui de tous les arbres qui ne meurt pas après qu’on l’a dépouillé de son écorce, parce que son écorce revient lorsqu’elle a été coupée. La cendre du liège dessèche extrêmement. Da/.) LIE'GE. [ Suberis cortex. ] Ecorce de liège. Bois de liège. ( Une semelle de liège.) LIE'GE. [ Ephippii ala. ] Terme de Sellier. Morceau de bois en forme de petite aile qui est aux deux cotez du pommeau de la selle , & qui lorfqu’il est couvert de cuir & embéli de doux , s’apelle Catte. ( Le Liège est décolé.) LIE'GER, v. a. f Suberì retia insruere. ] Terme de Pêcheur. Mettre le liège au filet. ( Liéger un tramail. Ruses innocentes , ch. 3.) LIEN, f m. [ Vinculum , lìgamen. ) Ce avec quoi on lie quelque chose. Un bon lien. Un lien fort. Couper, rompre un lien. * La possession de la beauté qu’on aime est un lien qui atache l’amour. Scaron , Pro. ( II déclare la guerre au conjugal lien, Et vous traite l’Amour de Deiié de rien. Mol.) * Les Loix font le lien de la société civile. * Tirer des liens ceux qui y font condamnez. Pert-Royal , Psaumes. * J’ai rompu mes liens , adorable Silvie. Rac. f * On n’est pas échapé quand on traîne son lien. Prov.) LIEN. [ Lìgamen. ] Terme de Vitrier. Petit morceau de plomb qui lie la verge de fer qui est le long du panneau & pose fur les châssis de bois. LIEN. [ Lìgamen. ] Terme de Chapelier. Ce qui est au bas de la forme du chapeau, & où l’on met la ficelle lorfqu’on enficelle le chapeau. f LIENS de gru'é. Ce font les bras qui apuïent l’arbre : ils font au nombre de huit , assemblez par le bas dans l’extrêmité des racinaux, & par le haut contre l’arbre avec tenons & mortoiscs , avec abouts,. LIE 33ç f LIENNE, /■ f. Terme de Tijserand en toile. On s’en sert aussi dans les Manufactures des petites étofes de laine. Ce font les fils de la chaîne dans lesquels la trême n’a point passé, faute d’avoir été levez ou baissez par les marches. LIENTERIE ,ss. [Lienterias Espèce de dévoïe- ment dans lequel on rend les alimens comme on les apris ou à demi digérez. L’excès de la boisson peut causer ce mal en dilatant trop l’estomac, & fur tout le pylore. LIER, ti. a. f Jugare , colligare , connefleres A tacher avec quelque lien. ( Lier les bras. Les moissonneurs lient le blé quand ils font des gerbes.) f LIER, se dit aussi d’un oiseau de proie qui arrête le gibier avec la serre. ( L’oiseau a lié la perdrix.) LIER. [ Circum vincire .] Terme de Tonnelier. C’est faire tenir les douves avec des cerceaux. ( Lier une cuve , un muid.) * LIER. [ Pracludere , vincire. ] Engager. Atacher. Causer quelque liaison. ( Cela ne lie ni le donataire, ni l’héritier. Les Régies nous lient. Patru , plaid. 2.) Le Saint Esprit à qui il apartient de lier & de délier , ne se rend jamais le ministre de la passion ou de l’aveuglement des hommes. Pere Quesnel, Rejiex.sur S. Jean. ) * Cet entretien lia peu à peu entre eux une étroite familiarité. Abl. Tac. ann. I. 4. Lier commerce. [ Ami - citìam cum aliquo conjungere. J Lier conversation. Lier une partie.) LIER. [ Spìfsare. ] Terme de Cuisinier. Faire une sauce. (Lier une sauce.) LIER. [ Connecíere. J Terme de Maçon. Joindre. ( Lier les pierres.) f Se lier , v. r. f Cum aliquo consociaris Se joindre. S’unir. (Se lier avec les Princes d’Alemagne. Patru , plaid. 4. Etre lié aux intérêts de son maitre. Abl.) LIERNE, s s. [ Catena, catenatio. ] Terme de Charpenterìe. Piéce de bois qui sert à faire les planches en galetas , & qui s’assemblent d’un poinçon à l’autre au dessous des faîtes. (II y a la sterne ronde, & la sterne de palée. ( On dit aussi lìerner , pour dire attacher des sternes.) LIERRE , s m. [ Hedera. ] Arbrisseau qui jette des branches dures & pleines de bois, couvertes d’u- ne grosse écorce grise , avec lesquelles il s’atache aux arbres. Le lierre porte une maniéré de fruit en forme de grape de raisin. ( Les Poètes étoient couronnez de lierre avant que Dafné fût changée en laurier. . La semelle es ains que le lierre Qui croit beau tant qu’à l’arbre il se tient bienserré ,| Et ne profite point s’il en es séparé. Mol. ) t LIESSE , s f. [ Latitia, gaudium. J Vieux mot, qui signifie joie , & qui entre encore dans le burlesque & le stiie le plus simple. ( Dieu garde en joye & en liesse. Voit. po'es.) On dit pourtant sérieusement. Notre-Dame de liesse , mais c’est une faqon de parler consacrée qui ne tire point à conséquence. LIEU , s m. [Locus, saiium. ] Terme de Philosophie. Espace qui contient quelque corps. ( Le lieu est immobile selon Gassendi. Le bois le plus funejle U le moins fréquentés Es au prix de Paris un lieu de sûreté. Defpr. ) Mauvais lieu. [ Lupanars Bordel. ( 11 avoit honte de sortir d’un mauvais lieu. Abl. apopb. Une taverne & un mauvais lieu font également infâmes. Patru , plaid, n.) LIEU. [ Locus. J Endroit. ( 11 a été tué en ce lieu- là. Ce scroit ici le lieu de vous loiier. Abl. Apopb. £ LIEU. [ Locus. ] L’endroit ou le passage d’un livre. ( En quel lieu avez-vous trouvé ce que vous avancez ? * Faire l’amour en bon lieu. Scar. Aimer en bon lieu. Abl. C’est-à-dire , avoir de l’atachement pour quelque belle qui le mérite.) LIEU. [Locus, Ansa .] Ocasion. Sujet. Raison. Place. ( Avoir lieu de sc glorifier. Mol. Donner lieu à quelque acommodement. Abl. Arr.l. 31. Leur nru- derie leur tient lieu de jeunesse. Mol. Tenir lieu de père. Abl.) LIEU. [Locus. ] Ce mot sert à nombrer: mais il ne lc faut jamais fous-entendre, & quand on s’en est servi, il / 33 $ LIE ììbs faut toujours répéter. ( E . n P re _n íroifiémè lfeu' est sage; en second lieu , honnete ; en troilieme lieu très-sevant ; & en quatrième heu , 1 homme le plus ílEU. S».] Ce mot se d.t en terme d eManege, & signifie la situation de la têt- d un cheval. Voila irn cheval qui porte en beau heu ; cest-a-dire, qui tient la tête levée & bien placee. LIEU. [ Genus , stirps , familia. ] Origine, extraction , maison , famille. ( Cet Oficier est de bon lieu.) ju lieu U place. [Loco. ] Terme de Palais. (Le créancier est subrogé au lieu & place d’un autre dont il a la cession.) Au lieu de. [ Loco. ] Sorte de conjonction , qui lignifie la même chose que en la place de. ( Donnez- moi un tel emploi au lieu de l’argent que vous m’a- viez promis. On a établi un autre au lieu de lui.) Au lieu de. [ Longé ut. ] 11 signifie aussi bien loin de : ( Je confesse ma faute, au lieu de la défendre. Au lieu desevanger, on doit aimer son prochain.) Cet homme n’a ni feu ni lieu. s Non habet ubi habit et.] Faqon de parler proverbiale , pour dire , qu’il est gueux & vagabond. Dans ce bas lieu. [ Infra. ] C’est-à-dire, ici-bas fur la terre par oposition au ciel. On l’a mis en lieu sûr. [ Habetur in custodia .] C’est- à-dire , on l’a mis en prison. LIEU Géométrique, s Locus Geometricus. ] C’est une étendue dont chaque point peut résoudre indifé- xemment un problème indéterminé , quand on le veut résoudre par la Géométrie. II y a diverses sortes de lieux. Lieu simple, ou lieu à la ligne droite. Lieu plan, lieu à la surface , lieu au cercle, lieu solide, &c. Volez Ozanam , Diclionnaire Mathématique , page 45. Çstc. De la Dire. LIEU. [Lochs.] Terme à’Astronomie. Lieu aparent, véritable ou moïen du Soleil , ou de la Lune. LIEU d’entrepôt. [ Mercaturarum statio.] Terme de Marine. C’est un port de mer , où l’on établit des magasins pour recevoir les marchandises qu’on y conduit , & pour les transporter dans les p aïs Etrangers. Ozanam DiHionn. Math. p. 231. LIEU de reste. [ Terminus. ] Terme de M arme. \C’est le lieu de la derniere décharge, & où se doit terminer le volage. LIEU. s Secestits , forica. ) Endroit de la maison où l’on décharge son ventre. (Je m’en vais aux lieux. Elle est aux lieux.) LIEU. [ Afellus minor. J Nom qu’on donne à un poisson de mer , en qui l’on remarque comme une chose extraordinaire qu’il a 440 Pancréas. LIEUë , f f. f Leuca. ] Espace de chemin qui contient plusieurs pas géométriques. La lieue des anciens Gaulois étoit de mille cinq cens pas géométriques. Les autres croient que les lieues ont chacune quatre milles. Volez Ablancourt , Préface fur César , [st San- fon , remarques fur la carte de C ancienne Gaule. Faire une lieue , 4. lieues. Abl. Les lieues font plus ou moins grandes en diférens pals. Les lieues communes font d’une heure de chemin. Volez Mile. . Mr. Ménage a fait un grand article dans ses Origines , fur l’étimologie du mot lieue. Je remarquerai seulement que la Jurisprudence à ses lieues particulières , que l’on apelîe banlieue. Par exemple, la lieue du moulin est, selon Ragueau , de deux mille pas, & chaque pas doit être de cinq pies à prendre de la huche du moulin venant à l’enclos de l’étage, selon les,coutumes de Tours & de Lodunois : & par les coutumes d’ùnjou & du Maine , la lieuë du moulin doit contenir mille tours de roué, qui doit avoir quatre pies de tour & de circuit par dehors. Au reste, les lieues font diférentes dans les Provinces du Roïau- me. L? ulEUe. Lest le nom que l’on donne, dat ques Provinces, au regître de la recette des ( ervis ; & l'on demande si semblable regître pe A” j Ur ? mostmt pour établir que le Seigneur : i p „ „™ t8 ’ Ce < i u ì Est très-important , soit pou la Cerfivf 1 S r solt pour empêcher la prescripti nnne ell ef> 1 Ue Jr a - 1,U ^ e des lie ” x ’.° u P*r tume de Paris ^Citait quíïieuë peut qu’else^L autfc n eu? e Ote, pas entierement suivie dans quelques Provinc! LIE la lieuë contient le détail des fonds, les confins, &!- nom des tenanciers. LIE'VE , f f Extrait d’un papier terrier d’une Seigneurie , qui sert de mémoire au Receveur , pour faire païer les cens , rentes, & autres droits Seigneuriaux. 11 contient le nom des terres, les tenanciers, & la qualité de la redevance, fans être autrement au- tentique. LIEUR, f m. [ Manipulorur.i colleHor. ] Ouvrier qui lie les gerbes pendant la moisson. LIEURE -, f f- C Nexus , vinculum , ligamen. ] Prononcez liure. Corde qui sert à lier des balots, des gerbes, &c. LIEURE. [ Colligatio.] Terme de Mer. Ce font plusieurs tours de corde qui assemblent deux choses. Lieure de beaupré , c’est celle qui tient l’aiguille de l’Eperon avec le mât de beaupré. LIEURES. Terme d e Charpenterie. Ce font des pièces de bois courbes par un bout, qui servent à élever les bords d’un bateau foncet avec les élans. LIE'VRE, f m. [ Lepus. ] Sorte d’animal fort vite , qui a quatre piez , qui est fort connu , qui a le poil long & tirant fur le roux , les oreilles droites & longues, le corps souple. II dort les yeux ouverts. II a l’oùie subtile. 11 est timide & très-fin. ( Le Lièvre connoit mieux tous les changemens de tems que le meilleur Astrologue. Jonston N Salnove. Lancer un lièvre. Faire lever un lièvre. Forcer un lièvre. Courre le lièvre. Le mâle s’apelle bouquet, & la femelle hase. Dans les broussailles l’on fe plonge, On fe racourcit, on f alonge, MaU au lieu du lièvre peureux, On ne trouve qu’un buisson creux. Perr. Chasse.) f C’est là où git le lièvre, s Hic nodus est dijstcultatis .3 Proverbe, pour dire, c’est là le fin, le secret de l’afaire. * Vouloir prendre le lièvre au son du tambour. [ &?- cretum proclamare. ] C’est divulguer un dessein qu’on devroit tenir secret jusqu’à l’exécution. Qui chaste deux lièvres n’en prend aucun. Proverbe, qui veut dire que pour réussir il ne faut pas entreprendre deux afaires à la fois. II a pris le lièvre au corps. C’est-à-dire, il a pris salaire de bon biais, & donné la juste décision. f * Lever le lièvre. C’est être le premier à faire une proposition , à ouvrir un avis. f On apelle mémoire de lièvre , un homme qui a la mémoire foible, qui oublie aisément. ( C’est une mémoire de lièvre.) LIE’VRE marin, s Lepus marinus. ] Poisson qui a le museau comme un lièvre avec deux petis oreilles. Rond. * LIE’VRE. [Lepus.] Terme d’Astronomie. C’est le nom d’une constellation Méridionale. LIEUTENANCE , f f. [Subcenturionis munus.] Charge de Lieutenant. ( II a eu la Lieutenance de la Compagnie. Lieutenant général dans l’Armée, dans un Prélidial. Lieutenant de Roi, dans un Province.) LIEUTENANT , f. m. f Legatus. ] Ce mot signifie en général l’Oficier qui exerce en la place d’un autre. LIEUTENANT, f Subcenturio. J Ce mot, fe dit en parlant de compagnies de soldats, c’est celui qui est immédiatement au-dessous du Capitaine , & qui lors. que le Capitaine est absent, le représente & exerce en sa place. (II est Lieutenant de la Colonelle. Un tel Capitaine a un brave Lieutenant.) Capitaine-Lìeutenant. s Centurio. J On nomme ainsi le Capitaine d’une Compagnie d’Ordonnance, ou de Mousquetaires, dont le Roi est le vrai Capitaine. LIEUTENANT. [ PrœfeHus exercituum. ] Ce mot fe dit des Généraux d’açmée , à l’égard du Prince qu’ils fervent. ( Le Roi a conquis telles Provinces par ces Lieutenans.) LIEUTENANT de Roi. [Regius urbis Prafdîus.] C’est celui qui commande dans une place âpres le Gouverneur. LIEUTENANT Colonel de Cavalerie. [Subtribunut equitum. ] C’est le prétnier Capitaine d’un Régiment de Cavalerie étrangère. LIEUTENANT Colonel d’un régiment d’infanterie. [Subtribunm peditum.] C’est le second Oficier d’un Régiment, qui le commande en l’absence du Colonel, & qui dans un combat se met à la tête des Capitaines, Gui Ile s. LIEU- LIG LIEUTENANT de Cavalerie, f Equitumsubcênturio."] C’est un Oficier créé par le Roi dans chaque compagnie de Cavalerie pour la commander en l’absence du Capitaine. LIEUTENANT d'Infanterie. [ Peditumsubcênturio. J C’est un Oficier créé par le Roi dans chaque compagnie d’Infanterie, pour la commander en l’abfence du Capitaine. LIEUTENANT de la Colonelle. [ Subtribunm. ] C’est le second Oficier de la compagnie Colonelle de chaque régiment d’infanterie. Le Lieutenant de la Colonelle du régiment des Gardes Franchises jouit de la commission de Capitaine , & tient rang du jour de fa com- million. Tous les autres Lieutenans des compagnies Colonelles des régimens d’infanterie tiennent rang de derniers Capitaines , soit dans leurs corps , ou à Regard des autres corps. Guillet. LIEUTENANT général. [ Primarius Prator. ] C’est le Lieutenant du Bailli, & celui qui dans la Province est le Juge des causes civiles. LIEUTENANT général. [ Pratorius legatm. ] Celui qui a le commandement de l’armée après le Général. LIEUTENANT général, J', m. f SubprœfeÂus exerci- tûs. j Ces mots en parlant d’armée marquent un Oficier qui doit être vaillant & expérimenté , capabble de faire la charge du Général, Sc qui fait tout ce que le Général lui ordonne. II y a souvent plusieurs Lieutenans généraux d’armée dans une feule armée. Leur nombre n’est pas limité, mais quand ils font plusieurs , le Général leur ordonne à chacun ce qu’ils ont à faire, & les emploie selon que l’ocafion se présente. LIEUTENANT Général des armtes navales du Roi. [ ClaJJls navalis prafeflus.'] C’est un Oficier qui précede les chefs d’Êfcadre , & qui leur donne Tordre pour le distribuer aux Oficiers inférieurs. LIEUTENANT de Roi dans une Province, f Regius Provinciœ PrœfeHus.'] C’est celui qui commande en l’ab- fencedu Gouverneur. Mr. le Duc de Villeroy est Lieutenant de Roi du Lyonnois, Forests & Beaujollois. LIEUTENANT Criminel. [Capitalium rerum Prator .J C’est à Paris le Lieutenant du Prévôt & le Juge des causes criminelles. LIEUTENANT Criminel de Robe courte. [ Litium c a. pitalìum QutejitorJ] C’est un Lieutenant du Prévôt de Paris, qui porte l’épée,& qui connoît, comme le Prévôt, des cas Roïaux , & juge présidialement comme eux. LIEUTENANT Civil. [ Ordinariœ cognitionh judex .J C’est à Paris le Lieutenant du Prévôt, & celui qui est le Juge des causes civiles. LIEUTENANT particulier. [ Secttndariœ vicis Pra- tor .j C’est celui qui juge des afaires en l’abscnce du Lieutenant général. LIEUTENANT général de Police, f Urbis Prator. J C’est celui qui juge des afaires qui concernent la Ville L les Citoïens. Autrefois la Police aparteuoit au Lieutenant Civil, mais elle en a été démembrée. £ LIEUTENANT Amiral. C’est proprement le Vice- A mirai. II y a dans les Provinces-Unies un Lieutenant Amiral Général , & des Lieutenans Amiraux de chaque Collège. ( Lieutenant Amiral de la Meuse, Lieutenant Amiral d’Amsterdam.) LIEUTENANTE,/ f. C Prafecti uxor. J C’est la femme d’un Lieutenant, en quelque état qu’il soit, de robe ou d’armée. ( La Lieutenante générale , la Lieutenante civile , la Lieutenante criminelle.) LIEUX oratoires. [Zodflrslíwv'i.JCertains moïens généraux qui peuvent servir à prouver toute sorte de sujets. LIEUX de Logique. [ Loci logicì. J Ce font des chefs généraux ausquels on peut raporter toutes les preuves dont on fe sert dans les diverses matières qu’on traite. Ces sortes de lieux de Rétorique & de Logique font, à ce qu’on croit, fort inutiles, parce qu’ils ne servent qu’à ralentir la force de l’esprit. Voïez là-dejj'us la logique de Mr. Bon. 3. Partie , c. 16. LIEUX de Métaphysique. [Loci Metaphìfici.~\ Ce sont de certains termes généraux convenans à tous les êtres; ausquels on raporte plusieurs argumens, comme les causes, les éfets, le tout, les parties, les termes oposez. Bon , logique , 3. partie, c. 17. LIGAMENT ,f.m.[ Ligamen _, _ vìnHura. J Terme à’Anatomie. Partie similaire qui lie , atache,. contient, & couvre les parties, & compose les muscles. LIGAMENTEUX, ligamenteuse, adj. [Ligament oJw,~] Terme de Fleuriste. II se dit des plantes qui ont leurs racines plus grosses que les fibreuses ; c’est-à-dire, com- LIG 337 me menus cordages, ouligamens. (Plante ligamenteuse. Marin , traité des fleurs.) LIGATURE, f.s. f Fafcia. ] Terme de Chirurgien. Morceau d’écarlate dont les Chirurgiens bandent le bras avant que de saigner. (Aprêtez la ligature.) 11 se dit de toutes sortes de ligatures que font les Chirurgiens pour les plaies , les fractures , &c. qui font diferentes selon les divers membres du corps. LIGATURE. [ Fascinatio. J Ce mot fe dit en parlant des sorciers, & signifie transformation. C’est un sortilège qui fait cesser quelque fonction du corps. ( Ligature naturelle. Ligature magique. Volez De Lan- cre, traité des sorciers , /. 4.) LIGATURE. [ Fajcinum , amuletum.J C’est aussi une forte de bande qu’on s’atache au cou, au bras ,. à la jambe , ou à quelque partie du corps des hommes , ou des bêtes, pour détourner ou chasser quelque maladie ou quelque accident. Ces ligatures font condan- nées par l’F.glise. Thiers, fuperjì. ch. 28- LIGATURE. [ Lìttera conjunHa. J Terme à’Imprimeur. Ce sont des lettres qui se tiennent. f LIGATURE , ou Legature. Petite étofe de peu de valeur, qu’on nomme austi Brocatelle ou Mezeline. II y en a de fil de lin & de laine , d’autres toutes de fil de lin, & d’autres mêlées de foie & de fil. On fabrique ces diverses fortes de ligatures , en Normandie, en Flandres & en Hollande. LIGE, adj. f Cliens dedititius.2 Ce mot fe dit en termes de Coutume, & signifie Vassal. (Un tel Marquis est homme lige du Roi. 11 a fait hommage lige d’un tel Duché ; c’est-à-dire, hommage plein.) 0”LIGE. Terme de Coutumes, & qui n’est plus en usage. On trouve dans les anciens titres, fief lige, homme lige , hommage lige, lige efiage. Toutes ces diferentes expressions signifient un engagement plus précis que la simple fidélité que le vassal doit à son Seigneur. Les Coutumes ont introduit deux sortes d’hom- m-age ; l’un est simple ; l’autre est lige. Queiques-uns ont cru que l’hommage lige se prêtoit au Roi, & le simple au Seigneur féodal qui n’est point souverain : mais la qualité de lige distingue essentiellement l’un & l’autre hommage par raport à la forme & à Rengagement. Celui qui rendoit l’hommage ligement, devoit être fans éperons, à genoux, les mains jointes dans celles du Seigneur , & devoit en cet état promettre de le servir envers & contre tous. Dans l’hommage simple , le vassal qui le rendoit, étoit debout, avec son épée, & ses mains libres, fans s’obliger à servir envers & contre tous. Cette diférence est essentiellement marquée dans l’hommage qu’Edouard III. Roi d’Angleterre rendit au Roi Philippe de Valois en 1330. our le Duché d’Aquitaine & le Comté de Ponthieu. roiffart, liv. 2. ch. 25. & après lui , Mr. de Choisi dans la vie de Philippe, raconte qu’Edodard vint à à Amiens où le Roi l’atendoit, & refusa d’abord de prêter l’hommage que de bouche & de vive voix seulement , sans observer les formalitez de l’homma^e lige, auquel il ne vouloir pas fe soumettre qu’apres avoir été instruit de la nature de l’hommage lige : ,, Et ne voulut adonc (dit l’Historien ) le Roi d’An- ,, gleterre proceder plus avant, qu’il ne fût retourné „ en Angleterre , pour voir les anciens titres, pour ,, montrer comment & de quoi le Roi d’Angleterre ,, devoit être homme du Roi de France.” Philippe de Valois aprouva son refus , & consentit de surseoir jusqu’à ce que le Roi d’Angleterre eût été pleinement informé de l’étenduë de son hommage , dont il envoïa la formule , qui fut exécutée , ainsi qu’ei- le est raportée par Froissart en- ces termes : „ Le „ Roi d’Angleterre , Duc d’Aquitaine , tiendra ses „ mains ès mains du très-noble Roi de France ; & ,, celui qui adressera ses paroles au Roi d’Angleter- ,, re Duc d’Aquitaine , & qui parlera pour le noble „ Roi de France , dira ainsi : Vous demeurez hom- „ me lige au Roi Monseigneur qui ici est , comme „ Duc de Guyenne & Pair de France, & lui pro- „ mettez foi & loyauté porter ; dites , voires. Et „ le Roi d’Angleterre Duc de Guyenne, & aussi ses „ successeurs diront voires, Et lors le Roi de Fran- ,, ce recevra le Roi d’Angleterre & Duc de Guyen- „ ne au-dit hommage lige, à la foi & à la bouche, „ sauf son droit & d’autrui.” 11 est vrai que Phìstoi- re remarque qu’en considération de la qualité de Roi d’Angleterre, on se relâcha sur quelques circonstances peu convenables à un Souverain, On pourroit Tom, II. U u rapor- 338 LIG raporter plusieurs exemples de l’hommage lige • & des engagemens qui y sent mals 1 J? .■ a , pas d’avantage pour donner lulee d une prestation c e foi, abolie depuis que les guerres particulières & le service personnel n’ont plus ete en ulage. t LIGEMENT , « dv. [ Ex rigidiore clientelœ jorniu- /#.] Terme de Fief. Tenir une terre ligement, c’est- à-dire , avec les conditions des fiefs liges.) f LIGENCE, s f [ Debitio graviomm clienfeìà fun- Hìonum .] Terme de Fief. Qualité d’un fief qu’on tient nuément & fans moïen d’un Seigneur , & par laquelle on devient son homme lige. t LIGNAGE , s- M- [ Genui , origoj Ce mot signifie Race. Extraction , mais il est un peu vieux. (11 est de son lignage. Issu d’un illustre lignage. La belle e'toit de trop tendre lignage, Pour renfermer st barbare courage. Vilí. ) LIGNAGE. Certain vin rouge fait de toutes sortes de raisins , dont parle Monsieur Despreaux dans fa troisième Satire. ( Un laquais éfronté m’aporte un rouge bord D’un Auvergnat fumeux qui mêlé de lignage Se vendoit chez Crenet pour vin de l’bermitage.) f LIGNAGER , adj. [ Eâdern gentis Jiirpe nattes. ] Mot de Coutume , qui veut dire, qui regarde le lignage. ( Droit lignager. ) C’est un droit que la Coutume donne au plus proche parent d’un vendeur de retirer dans un certain tems une chose immobiliaire fur l’aquéreur , lui estant bourse déliée, tant pour le sort principal, que pour les loïaux coûts. On l’a- peile aussi retrait lignager. ï LIGNAGER, est aussi Jubst. & signifie celui qui est de même lignage. LIGNE, f f [ Linea. ] Terme de Matématicien, Longueur fans largeur , ni profondeur. ( Ligne droite, courbe , oblique , perpendiculaire , parallèle , circulaire , spirale , finie , infinie, aparente , oculte. Ligne tangente , sécante. Tirer, méner une ligne. Diviser une ligne, &c. LIGNE. [ Linea , duodecima pars unciœ.] C’est aussi la plus petite des mesures de longueur. C’est la douzième partie d’un pouce , on divise pourtant quelquefois la ligne en six points. La ligne est à peu près de la largeur d’un gros grain d’orge. LIGNE de sot. [ Filnm. ] C’est un petit fil fort délié qu’on met fur une alidade , pour faire de plus justes observations. LIGNE. [ Versa , verstculus. ] Ce mot se dit en parlant d’écritures & de caractères d’Imprimerie , & signifie rangée de lettres, ou de caractères servant à imprimer. ( Une ligne d’écriture. Page qui contient plusieurs grandes lignes.) T Hauteur en ligne. Terme d 'Imprimeur. C’est la hauteur d’une lettre ou caractère d’Imprimerie , à la prendre de dessous l’œil de la lettre jusqu’au pied. Toutes les lettres doivent être fondues égales en ligne ; & pour justifier & connoître fi elles le sont, on sc sert des instrumens qu'on nomme le Jetton & la Justification. Renverser les lettres à longue ligne. C’est les enfermer dans les branches du Justificateur l’œil tourné en bas, pour y faire au pied , tout du long de la ligne qu’elles composent, une rainure avec le rabot. LIGNE, s Linea haniata , fêta pifearia . ] Terme de Pêcheurs. Scion d’épine ou de néflier , au bout d tique! il y a trois ou quatre brins de crins de cheval tortillez, à quoi on a tache un hameçon auquel on met quelque ver , ou autre choie pour atraper le poisson. LIGNE, f Ltcifur.c. Terme de Chiromance. Petites raies dans la main par où l’on prétend juger du tem- peramment & de la fortune des gens. (Une belle signe de vie. Ligne menfale. Ligne double. Volez Tncaste , cb. i. de fa Chiromance .) LIGNE. [ Linea. J Terme de Métopofcopie. Raie le hml * iî’ P ar ^.stuelle on prétend juger de la 1 de ^ mauvaise fortune des gens. ( On croit teq vJ® ne ; S ^rfront ont du raport aux sept plané* j ls I° p le2 ^Métoposcopie de Spontoni.) Stalhu* L J f 17/ lLinea ‘ticeflionis. J Terme de 5 5 OU de Mécanique. C’est la liene oui nasse *'*^4Sv£isíì saar LIG En terme d 'Optique & de P erse clive , on parle de la ligne visuelle. [ Radius visualis .] De la ligne de Ter - re, &c. [ Linea horizonti ad lïbellam refpondens. ] En Astronomie , & dans la Gnomonique , on paris de la ligne horizontale , de la ligne Méridienne, d<; la ligne verticale , &c. [ Linea horizontales , meridìo- nalis , verticalis .J LIGNE. C Cìrculus aquinoclìalisst Terme de Géografe. Equateur. Grand cercle que l’on conqoit fur la surface de la Terre , vis-à-vis de l’Equateur du Ciel. Ce cercle s’apelle aussi Equateur terrestre. Ligne equinoftiale. ( II doit faire plus chaud sous la ligne qu’en toute autre contrée. Les Matelots batifent les passagers la première fois qu’ils passent la ligne.) LIGNE d’eau. Terme de Fontanier. C’est la 144 . partie d’un pouce d’eau. ( II a cent lignes d’eau dans son jardin.) LIGNE blanche. Terme d’ Anatomie. C’est le concours des tendons de la plupart des muscles de l’épi- gastre, qui s’étend depuis le cartilage xiphoïde jufqu’à l’os pubis. On apelle aussi ligne blanche en Géométrie, celle qui est seulement ponctuée. LIGNE. [ Limes. ] Terme de Généalogie. Suite de gens qui décendent d’une certaine source directement, ou indirectement: (Ainsi on dit, ligne directe. [Di- reclm limes , linea transtversa. J Ligne masculine. II vient en droite ligne de l’illustre lion qui commandoit sur la montagne de Caucase. Voit. I. 4 . II décend en ligne masculine de , &c. Abl. Mais sujstez vous issu d’Hercule en droite ligne, Si vous ne faites voir qu’une hast este indigne , Ce long amas d’dieux que vous diffamez tous , Sont autant de témoins qui parlent contre vous. Despr.) LIGNE. C Linea, perpendiculum.J Terme de Maçon'. Cordeau dont les Maçons se servent pour prendre les alignemens. (Tendre les lignes. Tirer une muraille à la ligne. LIGNE. [ Acìes. ] Terme de Guerre. Grande & longue file, ou grand rang de troupes en présence de l’ennemi & en état de combattre. ( 11 rangea son armée sur deux lignes. Abl. Arr. 1. 1 . Re Duc tourna sor la gauche avec la seconde ligne de la Cavalerie. Combattre fur deux lignes appuïées d’un corps de réserve. La Chapelle , relation de Rocroi .) LIGNE. [ Eosta , vallum. ] Terme de Fortification. Ce mot de ligne lorsqu’on travaille à faire un plan sur le papier , signifie un trait tiré d’un point à un autre. (Ligne fondamentale. Ligne capitale , &c.) Etloríl qu’on travaille sur le terrain , le mot de ligne estpris quelquefois pour un fossé bordé de son parapet, & quelquefois pour un arrangement de gabions , ou de sacs à terre , qui «'étendent en longueur fur le terrain pour s’épauler, ou sc couvrir contre le feu de l’ennemi. (Ainsi on dit , quand la tranchée fut poussée à trente pas du glacis, nous tirâmes deux lignes, i’une à droit ; l’autre à gauche. Guillet. II poussa une ligne le long d’un bois sapin. La Chapelle , relation de Fri. bourg. 11 fit tirer une longue ligne. Abl.) LIGNE de défense, f Linea desenstonis.l Terme de Fortification. C’est la ligne tirée depuis l’angle, jusques à la pointe du bastion. Cette ligne représente le cours de la baie du mousquet selon la situation où il doit être pour défendre la face du bastion. La ligne de défense se divise en ligne de défense fichante , & en ligne de défense flanquante, ou razante. Voïez là-dess sus Deville , fortification. LIGNE, f Or do , disttojttio. J Ce mot Ce dit en termes de Mer. C’est la disposition des postes d’une armée navale le jour du combat, qu’on met autant que l’on peut sor la longueur d’une seule ligne.) Garder fa ligne. Venir à la ligne. Se rendre fur la ligne.) LIGNE de l’eau. [ Margines navìum. J Terme de Mer. C’est l’endroit du dehors du vaisseau qu’on apelle bordage , où l’eau se vient terminer quand le vaisseau à fa charge & qu’il flotte. LIGNE d’amarrage. [ F uni cuti viHarìì. ] Terme de Mer. Cordes qui fervent à lier le cable dans un gros anneau de fer qu’on apelle arganeau. LIGNE de la fonde, f Perpendiculum nauticum.il Terme de Mer. Cordeau qui est ataché à la fonde. f Vaisseau de ligne. C’est un vaisseau de guerre. î LIGNE du fort. C’est l’endroit du vaisseau où il est le plus gros. LIGNE, LIG LIGNE, ou ligner. £ Fosse.) Ce mot se dit en pariant de camp & de liège de place , & signifie retranchement. 11 y a de plusieurs sortes de lignes. 11 y a des lignes ou la ligne de circumvallation. [ Fojjle cìrcunduciœ. ] C’est le retranchement qui entoure ie camp. II y a des lignes de contrevallation , qui font des retranchemens qu’on fait autour de la ville & contre la ville qu’on assiège, pour sc parer contre l’insulte des sorties , quand la garnison de la place est forte. Enfin il y a des lignes qu’on apelle Ligues de communication, f Fosse per quas ab uno propugnaculo ad aliud patet iter.) (On dit, combler les lignes. Abl. 11 marqua l’endroit par où il voulut conduire la ligne de circonvallation. Relation de Rocroi .) f LIGNES. II est quelquefois nécessaire, pendant un liège, de forcir de ses lignes pour combattre l’en- nemi. Le Prince Eugenete trouva dans le cas de sortir de ses lignes au siège de Belgrade, & il n’y manqua pas. C’est, dit Mr. de Folard, une des plus belles actions de ce grand Capitaine, & certaines gens ont eu tort de la qualifier d’imprudent & de téméraire. f Les François dévoient sortir de leurs lignes, au siège de Turin, lorsque le Prince Eugene eut passé le Pô, parce que la grandeur de la circonvallation redui- soit leur armée à rien. Mais lorsque l’ennemi eut traversé la Doire , & que les Franqois n’avoient qu’une petite partie de la circonvallation à défendre , ils dévoient rester dans leurs lignes & porter toutes leurs forces vers le seul endroit qui pouvoit être ataqué. Folybe de Folard , Tome I. p. 59. de l’Edit. d’Amst. LIGNE décompté. [ Rationum linea.) Terme de Finance. Ce sont les articles qu’on couche dans un compte. Et tirer hors ligne, c’est mettre en chifre à la marge droite du compte. LIGNE. [ Linea.) Terme d 'Escrime. C’est celle qui est droitement oposée à l’ennemi, & sur laquelle sont posez les piés à la distance de dix-huit pouces l’un de l’autre. Etre dans la ligne. II y a une infinité d’autres lignes , fur tout en Maté- matique , qui ont des noms particuliers , & qu’il seroit trop long de décrire. On les trouvera la plupart fous les mots avec lesquels on les joint. LIGNE. Ce mot entre dans quelques faqons de parler proverbiales & figurées. (On dit, par exemple, mettre en ligne de compte, f Acceptum reserre. ] Pour dire , compter pour quelque chose. Molière a écrit, je ne mets pas en ligne de compte , tant de gens fa vans qui font à la Cour. C’est-à-dire, je ne compte pas, je ne parle pas de tant de gens qui font à la Cour.) £ LIGNES , se dit pour lettre missive très courte, ou billet. (Je vous écris ces lignes pour vous donner avis de mon départ.) LIGNE'E , / f. £Stirps, proies, soboles .] Race, en- fans. Tant que vous vivrez , je ne croirai pas être fans lignée. Vaug. Quint. I. 6 . c. 9. Susciter lignée à quelcun. Maucroix, schisme, l. 4. Talestris Reine des Amazones alla trouver Alexandre pour avoir de fa lignée. Vaug. Quint. Curce, l. 6 . c. 5. L’onziéme d’Avril de l’année 1585- le Roi Henri III. & la Reine Lotisse son épouse alérent à pié à Chartres & à Notre-Dame de Clairi , pour prier la Vierge de leur donner lignée. Journal de Henri III. LIGNER , v. a. [ Cotre cum lupa.~] Terme de Chajse. II signifie couvrir la Louve. f LIGNETTE, s.s. Médiocre ficelle dont les Pêcheurs , Oiseliers & autres Ouvriers font quelques-uns des filets qui fervent pour la pêche & pour la chasse. LIGNEUL, s m. [ Filum picatum.) Cordon composé de plusieurs fils poissez dont se servent les Cordonniers pour coudre le cuir. LIGNEUX, ligneuse,adj. £Lignosm.) Terme à’Agriculture. II se dit de la partie la plus ferme des plantes qui forme le bois. Un corps ligneux. Une plante ligneuse.) LIGUE,//. [ Societas , fa dus.] C’est une union solennelle & confirmée par serment, qui se fait entre des personnes puissantes , pour se défendre & se secourir les unes les autres , quand il en fera besoin. (II les obligea d’entrer dans la ligue contre ses ennemis. Abl. Faire une ligue. Acheve , acheve, grand Alcide, Va vaincre, en détruisant une ligue perfide, Tes ennemis humiliez. Le Noble.) LIGUE. £Faftio. ] Complot & cabale que plusieurs particuliers font ensemble pour quelque dessein. (Les LIM 339 dévots font ligue ofenstve U défensive, pouf donner de la réputation à qui il leur plaît. Belleg.) LIGUE grise. C’est la ligue des quatre Cantons qui font alliez des Suisses, & qui ne font pas de leurs Corps. Ce font ceux qu’on apelle Grisons. [ Genuini , Rœthi fœderati.) LIGUE. [ FaHio primatum Gadicorum. jj Parlant de l’histoire de France & du régne de Henri III. & de Henri IV. On donne le nom de Ligue à ce grand nombre de personnes de Paris , & des autres villes du Roïau- me qui s’unirent fur la fin du régne de Henri III. pour défendre la Religion Catholique , contre Messieurs les Réformez & le Roi de Navarre qu’on acusoit de la vouloir ataquer. ( La fuite de Mr. le Duc d’Alençon de la Cour de Henri III. fit éclore la Ligue. La Ligue avoit aussi dessein d’agir contre Henri III. quoiqu’il fût Catholique. Histoire de France , Vie de Henri III. Maim- bourg a écrit l’histoire de cette ligue. f * La ligue ofensive & défensive de Messieurs les Auteurs. Mol.') Vive le Roi, vive la Ligue. Proverbe qui fut mis en usage du tems de la Ligue, à l’ocasion de ceux qui tantôt prenoient le parti du Roi, quand ses afaires étoient en bon état, & tantôt celui des liguez , quand ils avoient le dessus. On aplique aujourd’hui ce Proverbe à ceux qui ne prennent aucun parti dans un difé- rent, & qui font tantôt aux uns , tantôt aux autres. LIGUER, v. a. (Fadere devìncire. J Unir dans une même ligue. (Les Hollandois ont eu le secret de liguer presque toute l’Europe contre le Roi de France.) * SE LIGUER, v. r. £In fœdera cotre. ] Faire une ligue. ( Us sont liguez contre le Roi. * Ils se liguent tous deux contre le premier. Fasc. I. a. En vain contre le Cid un Ministre se ligue, Tout Paris pour Chiméne a les yeux de Rodrigue. Despr.) LIGUEUR, f. m. Celui qui est de la ligue. ( C’est un ligueur, il sera pendu.) LIGUEUR. £FaCtiosut. ] Celui qui étoit de la Ligue que de certains Catholiques avoient formée contre les gens de la Religion. (Les ligueurs avoient dessein d’empêcher que Henri de Navarre ne parvînt à la Couronne. Mémoires de Henri III. Rien ne peut résister à tes foudres vangeurs , Et tu vois fous tes piés ces obstinez ligueurs Te fournir chaque jour victoire fur victoire. Le Noble.) LIGUSTICUM, f m. [ Ligusticum .] Plante qui a pris son nom de Ligurie contrée d’Italie, qu’on apelle aujourd’hui la rivière de Gènes. LILAS -, f m. £ Liliorum Perfarutn ligustrum.) Sorte d’arbre qui porte une manière de fleur blanche, bleue, violette, ou grise. (Un Lilas violet. Un Li- las de Perse.) LIMACE,//. [Archimedis cochlea .] On donne ce nom à une machine qu’on apelle, la Vis d’Archi- méde. C’est un canal autour d’un cylindre. Ozan. LIMAcON, ou limajfon , f. m. [ Cochlea , Umax. J Insecte rampant, de couleur rouge, grise, noire ou noirâtre, & marqueté quelquefois, qui a quatre cornes, deux petites & deux autres plus grandes, dont il fe sert pour se conduire. ( On dit que le limaçon a dans la tête une pierre qui guérit de la fièvre quarte. Le limaçon va la nuit chercher à paître dans les champs, dans les jardins , dans les céliers & dans les caves.) LIMAçON. [Testudo cochlearis .] Terme d’Architecture. Espèce de trompe, ou de voûte , qui aboutit en limaçon. £ Escalier en limaçon. C’est un escalier qui tourne tout autour d’un noïau. LIMAILLE, s.s ÍScobs, ramentum .] Petite poudre fort déliée qui tombe du métail lorsqu’on le lime» (Limaille de cuivre. Limaille d’argent. La limaille est aussi ce qui tombe du fer, Iprsqu’il est batu avec le marteau.) LIMAIRE , / rn. £ Thunnulus. j] Nom que l’on donne au Thon , lorsqu’il commence à grossir, & qu’il ne passe pas un pié de grandeur. LIMANDE,// [ Sole a piscis.) Espèce de poisson plat, quia la chair blanche, môle & humide. (La limande bien assaisonnée est assez bonne. ) LIMANDE. [ Tigullum. ] Terme de Charpentier. Pièce de bois de sciage, plate, peu large & peu épaisse. Tom. IL Ú u a On 340 LIM On apelle aussi limandes les P iéc f ^' te ‘ nir & à lever les linqoirs ou les pelles d un moulin. LIMAS, ou limace ,/ / íLimax.l Selon Messieurs de ^Académie , ce sont les limaçons qui n ont po nt de coquille & qui sont rougeâtres. ( 11 faut oter les limas de ce’jardm. Une grossie limace.) Cependant je crois qu’il y a des limas a coquille. IIMBE, / m. Ce mot vient du Latin lìmbus , qui lignifie bord’. Les Astronomes s’en servent quelquefois, pour dire le bord du disque , ou du corps du Soleil cu de la Lune. Les Botanistes apellent aussi limbes, la bordure des plantes , de leurs fleurs & de leurs feuilles. LIMBES, / m. [ Limbi , inferi. ] Terme de Théologie. Endroit où étoient les Patriarches & autres saints personnages , en atendant la venue de Jesos-Christ. Lieu où vont ceux qui meurent avant que d’être bati- sez. ( Les Limbes sont ouverts. Le Limbe U le Purgatoire, Près A'elle font des lieux de gloire. Voit. Poës.) , ( Le mot de Limbe au singulier est une licence qu’on ne doit pas imiter. Ces Limbes s’apellent les limbes des Pérès. [ Sedes piorum ante Chrijii mortem .) Les Catholiques Romains croient encore qu’il y a un autre lieu où font les âmes des enfans décedez fans Batême , lequel ils apellent les limbes des enfans, où ils soufrent la peine du feu, selon S. Augujìin. On apelle ces limbes de ce nom , parce qu’on croit qu’ils font auprès & comme aux bords des Enfers. Du Cange. LIME , / f. [ Lima. 3 Instrument d’acier fait pour polir le fer ou autre chose dure & solide. ( Lime douce, quarrée, ronde, ovale, coudée, &c. Elle s'en va fur une lime neuve Faire des éforts impuijfans s Mais après une fole épreuve Bien loin de la briser , elle se rompt trois dents. Le Noble. * Un petit mot qu’on m’a aporté de votre part, m’a fait reprendre la lime. Voit. poéf. Reprenez cent fois le rabot & la lime. Dejpr.) LIME de marée. [ Spuma maris. 3 Terme de Mer. C’est l’écume des bords de la mer & des havres que la mer emporte en se retirant. Four. LIME sourde. [ Scobinula plumbo injìruHa. 3 C’est une lime qui fait l’éfet d’une scie, qui est toute enve- lopée de plomb excepté la partie qui scie , qui est découverte , ce qui fait qu’elle coupe sans bruit les plus grossies barres de fer, pourvù qu’elles soient aussi couvertes de plomb. $ * LIME sourde. On apelle ainsi une personne qui agit secrètement pour quelque mauvais dessein , qui cache avec foin ses mauvaises intentions. On le dit aussi d’une personne qui parle peu, & qui cache quelque malignité. LIME, ou couperet. Les Emailleurs nomment de la forte un outil d’acier plat & tranchant, dont ils se servent pour couper rémail qu’ils ont réduit en canon ou tiré en filets. 11 leur sert à peu près comme le diamant aux Vitriers pour couper leur verre. On le fait ordinairement de quelque vieille lime. LIME. Espèce de limon. ( On mange des limes douces à Marseille.) LIMES. [ Aprugni dentes falcati. 3 Terme d s Chase. Ce font les deux dents inférieures du sanglier, qu’on apelle défenses. Volez Félibien dans ses Principes d’Ar- chiteHure. LIMER ,».«.[ Lìmare, lima deterere .3 Travailler avec la lime. (Limer du fer, du cuivre, de l’argent. Limer les barreaux d’une prison.) LIMER. [ Examinare , cafligare ad perse ffum un- & ue m- ] Polir, perfectionner un ouvrage , y mettre -a derniere main. ( Limer un discours. Abl, Plus je me lime U plus je me rabote, Je croi que le monde radote. r TA/r Bcgn. fat. 14.) LIM LIMEURE , ou limure , f. f. {Lima duclusf L’actìon. & la maniéré de limer. ( Cet ouvrier a la limure fort belle & fort juste.) LIMIER , f m. [ Canis indagator. 3 C’est le chien qui détourne le cerf, & d’autres grandes bêtes. (Un bon limier. Déja revenus de leur quête Les limiers ont fleuré la bête. Perr. Chass.) LIMINAIRE , adj. [ Libro prafixus. 3 Ce mot se dit en parlant des discours, ou épîtres qu’on met à la tête des livres. (11 est difìcile de faire une bonne épitre liminaire. ) Ce mot vient du latin. [ De là vint cet amas d’ouvrages mercenaires , Rondeaux , odes , sonnets , Epîtres liminaires. Despr. Ep. 3 LIMITATION,/ / [ Limitatio. 3 Restriction, Modification. (Donner une limitation à l’Ordonnan- ce. Patru , plaid. 9.) 11 veut dire aussi détermination d’un terme , de la valeur d’une chose. ( La durée de notre vie n’a point de limitation certaine.) LIMITER , v. «. L Terminis circumscribere , fini- bus describere. 3 Borner. Restreindre. Modifier. ( L’á- mour se doit limiter à l’union des cœurs. Saraz. Dialogue. Ces paroles limitent notre substitution. Patru , plaid. 12. Limiter un legs. Patru, plaid. 12. * Esprit fort limité. Voit. pots. Science limitée. La langue latine est fort limitee. * Je vois que votre vanité n’aura plus rien de limité. Mai. poés.') LIMITES, / / pi. [ Limites , conflnia. 3 Bornes. (11 les resserra dans leurs anciennes limites. Les Pirenées font les limites de la France. * Son ambition étoit fans limites. Vaug. Quint. I. 10 c. y * Dieu a prescrit aux Empires de certaines limites de puissance & de durée. Mr. le Duc de la Rochefou- caut. ) LIMITROPHE, adj. [ Conterminus, consinis. 3 Ce mot se dit des pais dont les limites se touchent, Sc signifie voisin , mais on ne s’en sert guere. ( Païs limitrophe. ) LIMON, / m. [ M aluni cìtreum , Hetruscum. 3 Sorte de fruit qui ressemble au citron , hormis qu’il est un peu plus long, qu’il n’a pas l’écorce si grosse & qu’il est plus plein de suc , & même d’un suc plus aigre que celui du citron. ( Un gros ou un petit limon.) LIMON. [ Limus. 3 Sorte de terre grasse. Bourbe. (L’eau de cette rivière est toujours trouble & mauvaise à boire , à cause qu’elle traîne quantité de limon. Vaug. Quint. I. 7. Fleuve qui traîne beaucoup de sable & de limon. Ablanc. Arr. I. 7. c. 2. Aujjì-tôt le limon par son poids emporté , Laisse Peau nette (c? claire , esj lui rend la beauté, Tribolet. * On diroit que le Ciel est soumis à fa loi, & que Dieu l’a paitri d’autre limon que moi. Dejpreaux, fat. 5. C’est-à-dire, l’ait formé d’une matière plus noble & plus excélente. Mais ceux que la nature a formé comme mus, D’un limon moins grossier que le limon vulgaire, Trouvent des charmes aufji doux Dans les souhaits d’un caur sincère, Que dans les plus riches bijoux. M. Deshoul.) LIMON, f Scapus scalarum. 3 Terme d’Arcbiteíiure. Piéce de bois qui sert à porter les marches d’une montée, ou d’un escalier. LIMON, s Alter currùs temo. 3 Terme de Charron Sc de Charetier. C’est le devant du brancard du chariot , ou de la charette, où est atelé le cheval qui porte une selle. ( Mettre un cheval au limon.) , LIMONADE, / / C Sorbitiuncula ex limonìis. 3 Liqueur composée d’eau, de sucre & de bons limons, ou citrons. (La limonade rafraîchit, & on en boit l’été.) LIMONADIER , f. m. [' Sorbitiuncularum citrearum propola. J Celui qui fait & vend de la limonade, de la tisonne, du chocolate , du café, & de toutes sortes de liqueurs. Le limonadier ne vend , ni sucre, ni dragée, ni confitures, ni fromages , hormis de Parmesan. Les Epiciers à Paris , font commerce de sucre ; & les Confiseurs, de dragées A de confitures. LIMON. LIN LIMONIUM , / m. [ Lhmnium. J Plante dont les feuilles sortent de la racine , & dont la graine est oblongue & rougeâtre, tirant sur le bleu. Cette plante est bonne dans la diarrée , dans la dissenterie , & dans l’heniorragie. LIMONNER, v. ». Terme des eaux & forêts, qui se dit en parlant du bois qui est assez gros pour faire des limons. (H y a plusieurs endroits où l’on ne coupe point les bois taillis qu’ils ne limonnent.) LIMONNEUX, limonneuse , adj. [ Limosus , lu- tofus. J Plein de bourbe. Plein de limon. (Usnepou- voient asseoir la plante des piez à cause des pierres rondes & limonneules qui les faisoient glisser. Vaug.Quint. liv.4. ch. 9. Bourbe limonneuse. Deforeaux, Epit. 4.) fg Je ne crois pas que l’on puisse dire avec Mr. Def- marets dans fa défense du Poème héroïque, Dialog. 1. T)'un fleuve nul jamais ne franchira les eaux Que le Dieu limonneux ne forte des roseaux. LIMONNIER , s- ra. [ Malus limonia, Hctrufca .] C’est l’arbre qui porte les limons. Dalechamp. LIMONNIER., f. m. f Equus ad temonem. J Cheval qui est au limon. (Faire reculer le limonnier.) LIMPHATIQUE , adj. [ Lymphaticus. ] Terme d’ Anatomie. Nom que les Médecins ont donné à des vaisseaux contenant une humeur aqueuse, qui passe dans les veines & dans le cœur par de petits conduits. Rohault. LIMPHE , f f [ Lympha. J Terme & Anatomie. Humeur aqueuse, limphe sali vaire , limphe pancréatique. ( Le fétus dans l’amnios se remué & nage dans une limphe.) t LIMPIDE, adj. [ Lympiduf. ] Mot écorché du latin. Qui veut dire clair. ( Eau limpide.) Ce mot n est point dans l’Académie. f LIMPIDITE', f. f. [ Lympitudo.] Mot écorché du latin. Qui signifie la qualité d’une liqueur qui est claire & limpide. (La limpidité de Peau. ) L’Académie n’a point mis limpidité dans son Dictionnaire. LIMOSIN , [■ m. [Lemovìx. J Efpece de maqons qui font des murailles avec de la pierre & du mortier, & ce travail s’apelle lìmojlnage. f L’Académie écrit limousin & limoujlnage. f Manger du pain comme un limousin, prov. C’est manger beaucoup de pain. H LIMOSINERIE , s. f. Art de travailler au limosi- nage. II se dit aussi de l’ouvrage des Limosins. LIN , s. m. [ Linum. ] Sorte de plante qui vient en petites tiges rondes & déliées , qui a des feuilles longues & aiguës , qui porte ses fleurs au haut de ses tiges ; & aprés ses fleurs , il se forme de petites têtes rondes & larges où est enfermée la graine du lin. ( Le lin sert à faire de la toile fine & de bon use , qu’on apelle toile de lin.') LIN. Graine de lin. ( Semer du lin.) LIN. C Filum lineum. J Fil de lin. ( Acheter du lin pour faire de la toile.) fg Quand d'un lin mol U doux chargé sur sa que. noúiUe Philis entre ses doigts tord fa blonde dépouille, IIsemble que le lin en devienne plm beau, Et qu’il faille ranger de lui mime au fuseau. Abbé Régnier.) LIN , s. m. Sorte de petit vaisseau dont on sc sert fur la Mer , & qui va à tous vens fans péril. LIN vif. Sotte de lin dont les Anciens faisoient de la toile qui rélistoit au feu , & qui se blanchissoit dans la flamme, cette sorte de lin est perdue. On en a vù il y a deux ans. LIN AIRE , s f. [ Lìnarìa. ] Fiante qui est diurétique , & qui est propre pour l’hydropiíie, la jaunisse, la pierre , la dificulté d’uriner. LINCEUL ,s m. [Sindon , lefíi linteum.] Drap de toile qu’on met fur le matelas , ou le lit de plume, pour se coucher dans le lit. Drap de toile servant à ensevelir. Le mot de linceul ne sc dit pas dans l’u- fage ordinaire, en fa place on dit drap. Néanmoins ii y a de certaines matières graves ct pieuses , où l’on croit que le mot de linceul vaut mieux que celui de drap. ( Joseph d’Arimathée aïant acheté un linceul, dé- cendit Jésus de la Croix, & l’envelopa dans le linceul. Port-Roia !, Nouveau Testament , S. Marc. c. 1;. ». 46 ) LIN 341 LINÇOIR , s m. [ Fulcimen. J Terme de Char - pentiers. Fiéce de bois qui sondent les chevrons au droit d’une lucarne, d’une cheminée, ou d’autres ouvertures qui sc font fur les toits. LINE'AMENT , f. m. [ Lineamentum. J Ce mot signifie trait de visage, mais il est un peu vieux, & en fa place , on dit trait. LINE'AMENT. [ Lineamentum. J Ce mot ne se dit presque point en peinture ni sculpture , en sa place on dit, trait. ( Former les premiers traits d’un visage, ou d’une figure, & non pas les premiers lìnéamens.) $ LINE'E , / f. Sorte de satins de la Chine, ainsi apellez de la maniéré dont ils sont pliez. t LINE T TE , f f. Graine ou semence de la plante qui produit le lin. LINGE,/ m. [ IJntcum , lintea. ] Mot général, qui veut dire toile. ( Toute sorte de linge, soit draps, chemises, scrvietes, &c. Vendre du linge. C’est une lingere qui a le plus beau linge de Paris, mais elle est un peu chère. Le linge orné de fleurs fut couvert pour tous mets, D’un peu de lait, de fruits, £5? des dons de Cerès. La Font.) LINGE,/»!. [Lintea. J Ce mot entre blanchisseurs & blanchisseuses, veut dire, tout le linge sale de quelque personne , ou de quelque maison. ( Compter le linge. Ecrire le linge. Acoupler le linge, c’est le coudre pour le mettre à la lessive. Echanger, couler, laver, batte, tordre le linge. Païer le linge au blanchisseur.) II eji curieux en linge fole. Proverbe qu’on dit d’un homme mal-propre , & dont le linge est sale. LINGE. ( Linteolum .] Morceau de toile, ou de quelque chose fait de toile. ( Je me fuis coupé au doigt, donnez-moi un peu de linge pour l’enveloper.) LINGE à barbe, f Linteum tonsorium. ] Maniéré de grande serviette que le Barbier met devant celui à qui il fait le poil, & dont il lui entoure le cou en l’atachant avec une épingle. (Un linge à barbe qui n’est pas assez blanc.) LINGER,/ m. [ Lintearim mercator. J Marchand qui trafique de toutes sortes de toiles, qui fait & vend des rabas, chemises, chaussettes, camisoles, & autres choses de toile. ( Un pauvre linger.) LINGE'RE , / /. [Lintearia. ] Femme qui vend de toute sorte toile, qui fait & vend de toute sorte de linge. (Une bonne lingère.) LINGE'RE. [Lintearia.) C’est la Religieuse qui a soin du linge, & qui donne aux soeurs tout le linge dont elles ont besoin pour toute la semaine. (La mère telle est lingère.) LINGERIE , / / [ Officina lintearia. ] Lieu dans quelques Couvens de Religieuses , où l’on met le linge blanc & le linge sale. (Je m’envais à la lingerie. (La sœur telle est à la lingerie.) LINGERIE. [Merces lintearia . ] Commerce de linge. Trafic de toile. (La lingerie ne vaut plus rien.) í LINGETTE ,// On a donné ce nom à une sorte d’étofe de laine, qu’on apelle communément, Flanelle. f LINGETTE , est auiïi une petite serge qui se fabrique en basse Normandie. LINGOT , / m. f Auri vcl argenti massa .] Terme d’Orfèvre. Barre d’or ou d’argent, d’environ un pié & demi. (Jetter un lingot.) LINGOT. [Massa metallica.] Terme de Potier d’E. tain. Morceau d’étain qui pèse trois ou quatre cens, qui vient d’Angieterre. LINGOT. ( Fup met aili cylindrus talea. ] Morceau qui a été jetté dans la lingotiére. LINGOTIE'RE , / / [ Cylindraceum proplasma ara - rium.] Terme de Potier d’Etain. Moule où l’on jette l’étain , pour en faire des lingots. f LINGUE, / / Sorte de morue verte, un peu longue , qui n’a presque que la peau & l’arrête , & qui est peu estimée. LINGUET , / m. [Retinaculum.] Terme de Mer. C’est une piéce de bois atachée fur le tillac pour arrêter le cabestan, de peur qu’il ne se détourne & ne sc dévire. On l’apelle auísi Guinguet. LINIE'RE , s f [ Quf linum vendit.] Femme qui achète du chanvre habillé, pour le revendre aux particuliers. LINIE'RE,//. [Terra lino consìta.] Terre semée de graine de lin. ïïu j LINI- 34-2 LIO I sXTIMPMT /' m [ Litura , iBitus.3 Terme d A- pok l St l m!IcÁcnt externe fait d’huiles , mélees avec d’autres médicamens, pour adoucir, humecte , ramohr, resoudre, fortifier, restraindre , rafraîchir & faire dormir. í ÏNTOM s YCarbasus. ] Sorte de toile tine» (C’éíidu linon fort beau & fort bon.) On dit aussi linom- ^1INOTE , f f C FEgithus. ] Petit oiseau très-joli, qui eit de couleur de terre , qui chante très-agréable- nient, & qui tì l'on en a grand foin, vit cinq ou six ans. Voïez Olina , Traité des Oiseaux. (Une bonne linote.) LINOT , f- m. [ jEeithus. ] C’est le mâle de la linote. í Le linot est ioli & éveillé. Un linot, depuis peu , charmé de votre note, A fait divorce avec que fa linote. Polisson, recueil.) Messieurs de l’Académie ne mettent point linot. En éfet , il paroît que linote signifie le mâle & la fémelle, à moins qu’on ne dise avec Furetiére qu'on ne fe sert de linot , que quand on veut distinguer le mâle d’avec la fémelle , comme a fait Mr. Polisson. Tête de linote. On le dit d’un homme de peu de sens, parce que la linote a la tête fort petite. t t II a Jljlé la linote. C’est un reproche qu’on fait a lin homme qui a un peu trop bû LINTEAU, f ™. [ Antepagmentum.il Terme d’ ArchìteHure. Dessus de porte & de fenêtre. Partie supérieure d'une porte, ou d’une fenêtre. LINX, f m. [ Linx.3 Sorte d’animal sauvage, qui a la tête petite , les yeux étincelans , la vûë exceíente, Pair gai, les oreilles courtes , la barbe comme celle d’un chat, les piez fort velus, le fond du ventre blanc avec quelques taches noires & les extrêmitez du poil de dessus le dos tirant fur le blanc, avec des mouchetures fur tout le corps. Le linx ne vit que de chair de bêtes , & que de chats sauvages. 11 se cache quelquefois fur les arbres , & de là il fe jette fur des cerfs & autres gros animaux à quatre piez. II leur mange la cervelle & leur suc ce le sang. Aussi-tôt que le linx a pissé , son urine fe glace, & il s’en forme une maniéré de pierre luisante. Le linx qui sait cela couvre son urine de terre. Cet animal est le même qu’on apelle loup ccrvier. Voïez JonJìon. * Avoir des yeux de linx. [ Linceis cernere oculis. J C’est, au propre, avoir la vûë très-bonne , & aufiguré être fort pénétrant dans les assures, & découvrir les desseins secrets d’autrui. * Nous sommes linx envers nos pareils. La Fontaine , fables , l. i. [Fejìucam in oculo frottis videmus.3 C’est- à-dire , nous votons jusques aux plus petits défauts d’autrui. ( Car tous tant que nous sommes , Linx envers nos pareils , U taupes envers nous, Nous nous pardonnons tout, U rien aux autres hommes. La Font.) LION , f m. [Léo. J Animal furieux , & de longue vie. II tire fur le roux. 11 a le devant de la tête quarté, le museau plat & gros , les yeux afreux, l’ou- verture de la gueule grande , le cou gros, grand, couvert d’une crinière, la poitrine large, le ventre grêle , les cuisses fortes & nerveuses , cinq ongles à chaque pié de devant & quatre à ceux de derrière avec une grosse & grande qúeuë. Le lion est le plus fier, le plus cruel, le plus courageux & le plus fort de tous les animaux. II est chaud & sec, il dort les yeux ouverts, & remue la queue en dormant. II aprehende le feu & même le chant du coq. 11 aime le Dauphin & hait les adives. L’hiver les lions entrent en amour, & alors sc batant à toute outrance , il est très-dange- reux de les rencontrer. Voïez JonJìon , [fi le Mar- mol d’Ahlancourt , l. i. ch. 27° (Le lion rugit. Sevigné de qui les atraits Servent aux grâces de modèle Ft qui naquîtes toute belle A votre indifférence près > Louriez vous être favorable Aux \ eux mnocens dune fable, Et voir fans vous épouventer Cn bon qu’amour sçut domter ? La Font. liv. 4.) c-dt un homme h«di LIQ_ LION marin. [Léo marin uí. ] C’est un animal qui ressemble à un lion & qui vit fur la terre & dans Peau. On en a pris vers le Cap de Bonne Espérance. LION. [Léo. 3 Un des 12. Signes du Zodiaque. ( Le lion ardent te menace. Sar. Pof. 11 a le lion à son ascendant.) Parce que le Soleil est dans le signe du lion en été, on le met quelquefois en vers pour Pété même, comme à fait Monsieur Defpreaux. ( Tout Pété loin de toi demeurant au village, J’y passe objìinément les ardeurs du lion, Et montre pour Paris Ji peu de passion. Defpr.) LION. Efpéce de monoie d’or Françoise qui avoit cours du tems de François I. qui avoit pour légende Sit nomen Domini benedicíum , & pour figure un Lion, qui pefoit trois deniers, cinq grains, & qui valoit cinquante fous neuf deniers. Voïez l’Ordonnance de François l.fur les momies. LIONCEAU , f. m. [ Leonculus.3 Le petit de la lionne. ( 11 y avoit avec eux quelques lionceaux. Voit. L 4. Les lionceaux rugissent après leur proie. Port-Ròial, Pfeaumes.) LIONNE ,ff Ç Leœna.3 La semelle du Lion. Elle est distinguée de íbn mâle en ce qu’elle n’a point de crinière. (La Lionne est furieuse quand elle a des petits, & malheur à celui qui l’aproche.) LIONNE', ée , adj. [ In modum leonis poJìtusP] Terme de Blason. Qui sc dit du Léopard rampant comme le Lion. LIOUDE , ff [Incisura.3 Terme de Charpentier. Entaille qu’il faut faire pour enter un bout de mât fur ce qui est resté après que le vaisseau a été démâté par un gros tems. Aubin écrit Lioube. LIPE , s. f. [ Labrum tumens.3 Quelques-uns apess lent de ce nom les lèvres du cheval ; mais ils ne parlent pas bien ; on dit lèvre de cheval , & non pas lipe. On dit d’un homme qui boude, qu’il fait la lipe. Le feu Empereur étoit remarquable par fa lipe. LIPE'E , J', f. [Menfa gratuita. } Vieux mot qui ne sc dit pas seul, & qui n'entre que dans le burlesque» il signifie bouchée , repas. * N’avoir point de franches lipées. La Fontaine, Fa* hies, liv. 1. C’est un chercheur àe franches lipées. Sca - ro». [ Gratuitarum menfarum ajfecla. ] C’est-à-dire» un écornifseur. LIPITUDE , ff. [Lippitudo.J Terme de Médecine. Affection des yeux qu’on apelle autrement chassie , & qur consiste dans l’écoulement d’une humeur crasse & visqueuse , qui a tache les paupières Fune à l’autre. LIPOTHYMIE, f f. [ Virium deliquium.3 Terme de Médecine. Diminution subite des actions vitales & animales, qu’on apelle autrement défaillance, dans laquelle le pouls est petit & foible, & la respiration obscure. LIPU, Wê , adj. [ Labrofus. ] Qui a la levre d’en- bas trop grosse & en saillie. LIQUEFACTION, f f. [Liquamen .3 L’action par laquelle une chose est liquéfiée, ou devient liquide. ( La liquéfaction de la cire, du beurre , du suif 1e fait avec une chaleur modérée. La liquéfaction des métaux s’apelle fusion.) A LIQUEFIER, v. a. [ Liquefacere. ] Fondre , rendre liquide, faire couler. (Le feu liquéfie les métaux. Le soleil liquéfié la cire.) SE LIQUEFIER , fe lìquìfier , v. r. [ Liquefieri , //- quari .3 Devenir liquide. Quelques-uns écrivent liqui* jìer , mais mal. L’u sage est pour liquéfier. ( Voila qui commence à se liquéfier. LIQUEUR , f f. [Liquor. 3 Tout ce qui est liquide , comme vin, eau, &c. (Une douce, une charmante , une agréable, une traîtresse liqueur. De nouveaux rejetions qui comme autant de bouches Attirent P aliment [fi sonnent la liqueur, Qui de P arbre au Printems fait toute la vigueur, Perr. à Mr. de la Quintinie.) LIQUEUR. [ Vinum medicatum. ] Ce mot sc dit er» parlant du vin , & veut dire, qui est mixtionné. Qui est doucereux. (C’est du vin qui a de la liqueur.) LIQUEURS. [Potiones medicata.3 Ce mot, au plurier, veut dire vins extraordinaires , comme Muscats , viri d’Eípagne > rossolis, & toutes sortes d’eaux composées de choses douces. (Les Dames aiment les liqueurs.) rr Nos LÍQ_ Nos peres n’ont point connu ces diférentes liqueurs qui font à présent fi fort en usage ; j’ai vû de vieilles gens qui n’ont point pû goûter ni le café, ni le thé, & encore moins les eaux-de-vie composées, que nous apollons auflì liqueurs ; ils se souviennent encore de cette chanson de Ronsard: I?homme sot qui lave sa panse D’autre breuvage que du vin , Mourra d'une mauvaise fin. LIQUIDAMBAR , s m. [ Amharum liquidum.~\ Réfine liquide , claire, jaunâtre, d’une odeur agréable , qui aproche de celle de l’ambre ; & qui découle par incision de l’écorce d'un arbre de la nouvelle Espagne. LIQUIDATION 1 s fi c Decifio , astimatio. ] ferme d ’Asaire. Taxe. Règlement. (II est établi pour la liquidation de toutes fortes de comptes.) LIQUIDE , adj. [ Ltquiduf , fluidus. ] Qui a de la liquidité. Qui cede au toucher des mains. ( Un corps liquide. Tout ce qui est fluide n’est pas liquide. Régis. Lorsqu’il voudra laver dans le cristal liquide La poudre U la sueur de la course rapide, Ce sera dans vos eaux que d.e leurs propres mains Les filles de ÌLerée aprcterontses bains. Abbé Régnier.) LIQUIDE, f Purus , non controversus. ] Terme de Palais. 11 signifie clair, débarrassé & fans contestation. (Son bien n’est pas liquide. Votre revenu est clair & liquide. Païer en deniers clairs & liquides. (S LIQUIDE. Terme de Droit. On dit, au Palais, que la compensation ne se peut faire que de liquide, à liquide, suivant la Loi derniere du Code des compensations ; ce qui est aussi observé dans les coutumes , & particulièrement dans celle de Paris, art. ioç. à laquelle celle d’Auvergne & plusieurs autres font conformes ; en forte que c’ell une maxime generale : mais la difìculté consiste quelquefois à sqavoir ce qui est liquide. Coquille, dans fa question ;o6. a remarqué que „les loix permettent la compensation , quand „ même l’une des dettes n’est pas tout promptement „ liquide, mais se peut liquider dans peu de tems.” Une chose est liquide lorsqu’elie est certaine en elle- méme ; & elle n’est pas liquide , lorsque la quantité n’est pas fixée, Tailleurs une dette embarassée de plusieurs dificultés, qui en rendent l’exaction dificile, n’est pas liquide , suivant la même Loi que je viens de citer. Sur ce principe , on ne peut pas compenser une somme certaine avec une autre somme adjugée par une autre sentence dont il y a appel : mais à cet égard il faut observer un jugement du Sénat de Chambery, raporté par M. Favre dans son Code, lib. 4. cap. 21. défi. 12. par lequel il a été jugé que l’on pouvoit compenser des dépens adjugez par une sentence , & taxez dans les formes ordinaires, quoiqu’il v eût appel de la taxe ; & la raison de ce jugement fut que !a dette oposée en compensation étoit certaine , puisqu’il n’y avoit point d’apel de la condamnation des dépens, & que l’apel de la taxe ne ren- doit pas la dette non liquide , ni que les dépens fussent moins dûs. Les sommes, qui dépendent de l’é- vénement d’une condition , ou dont le terme n’est pas échû , n’entrent point en compensation , non plus que les dettes litigieuses. Au reste, on prétend que les dettes dues au fisc ne peuvent point être compensées. LIQUIDE, est quelquefois oposé à épais, à ce qui ne coule pas. Confitures liquides. Cette encre n’est pas assez liquide. LIQUIDE. Chez les Poètes est quelquefois substantif. Le liquide des airs. LIQUIDE. Chez les Grammairiens ce font des consonnes qui font oposées à celles qu’ils apellent muettes. Comme l, m, n, r. LIQUIDEMENT , adv. f Lìquìdà , plané. J D’une maniéré claire & liquide. (II lui est dû liquidement deux mille écus.) LIQUIDER, f Litis impendia astimare. ] Terme de Palais. Taxer. Réglé r. ( Liquider des dépens. 11 est défendu par la derniere Ordonnance de liquider les dépens.) LIQUIDITE’, f f. £ Liquiditas.J Terme de Philosophie. ( La liquidité consiste dans l’agitation continuelle LIR 343 des parties insensibles du corps liquide. La liquidité est la forme essentielle de seau. Rob. Phis.) •f LIQUOREUX , adj. On ne le dit que de certains vins. ( Des vins liquoreux , des vins trop liquoreux.) LIRE, v. a. £Lcgere .2 Faire lecture de quelque chose. Je lis , tu lis , nous lisons. J’ai lù , je lits. Que je lûst’e. ( On ne sauroit trop lire la Bible. ( II faut dire en interrogeant lis-je , & non pas lìj'ez-je. LIRE. [ Legere , evolvere. j II signifie quelquefois seulement , savoir connoître & comprendre la figure & le son des caractères écrits , ou imprimez de quelque langue que ce soit. ( Savoir lire toute sorte d’E- criture. (Lire le François, le Latin, l’Hebreu, &c.) î LIRE. [ Interpretari. ] U se dit d’un Professeur qui explique un Livre à ses auditeurs. ( Ce Professeur lit Homere , ce Regent lit Virgile à ses écoliers.) On demande aussi à un écolier , quels Auteurs lifez- vous dans vôtre classe ? Lisez-vous encore les Ouvrages de Cicéron? £ LIRE un dessein. Terme de ManufaHure. C’est marquer en détail à l’Ouvrier qui monte un métier, le nombre de fils qu’il doit prendre ou laisser, afin de former fur son étofe les mêmes figures ou fleurs qui font fur le dessein. On dit aussi, lire la figure. * LIRE. [ Intelligere , noscere. J Ce mot au figuré, veut dire, Découvrir, Voir, & il est plus des vers que de la prose. (Je lis dans ses yeux tout en larmes un rendez-vous à mon rival. Sa douleur se lit dans ses yeux. Je lis dans vos regards la fureur qui vous presse. Ipkigenie , aH. 5. sc. Quand on aproche d’une belle Et qu’on soupire pour elle, On doit lire d’abord son humeur dans ses yeux. La Suze , poêf. ) LIRE -, s- fi. [ Lyra. ] Instrument de musique qui se touche avec un archet, qui n’est diférent de la viole que parce qu’il a le manche plus large , qu’il est couvert de quinze cordes, dont les deux plus grosses font hors du manche. ( Le son de la lire est languissant & propre à exciter la dévotion. Mers. I. 4. Reçoì donc belle Hero'ine Une lire qu’Apollon Pour ce dessein te destine, Souvent son illustre son A sous une main divine Charmé le sacré vallon : Trop heureuse quelle obtienne De raisonner sous la tienne. Rec. de Bouh.) * Muse il faut prendre ta lire , Armand nous aime. Mol. po'ês Prens la lire de Chapelain & la guitare de Voiture. Sar. po'ês. Je ne donnerois pas un clou à souflet, de lui, ni de sa lire.) sjf Les Grecs atribuoient à Mercure l’invention de la lire à quatre cordes tendues fur l’écaille d’une tortue, dont les acords de la plus basse répondoient à la note mi , & les trois autres à celles de fia , sol , la, qui marquoient les quatre tons , ou modes principaux de la voix , qui sont les premiers fondemens de la Musique. Diodore Sicilien dit que ces quatre cordes avoient raport aux quatre faisons de l’année , & que Mercure fit présent de cette lire à Apollon dans le tems qu’il étoit pasteur du Roi Adméte. Selon le sieur Brossard dans son Dictionnaire de Musique, Mercure ne mit d’abord que trois cordes ; Apollon y en ajoûta une quatrième, Corebus une cinquième, Hiagnis une sixième , & Terpandre une septième. Elle demeura en cet état jusques à Pythagore , ou , selon quelques Auteurs , jusques à Lycaon , qui y ajoûterent une huitième corde pour en rendre les extrémitez confortantes. Ensuite Timothée ajoûta la neuvième, la dixième, & l’onziéme ; enfin elle fut successivement formée de seize cordes, savoir quinze principales cordes, & une ajujìée. Volez les Prolégomènes de Ramés fur Anacreon. LIRE. [_Lyra.~\ Constellation septentrionale composée de dix étoiles. LIRIQUE , adj. [ Lyricus. ] Ce mot se dit principalement en parlant de poésie Gréque , ou Latine, & veut dire qui se chantcit sur la lire. (Les Odes de Pindare, d’Anacreon Si d’Horace font au rang de la poésie lirique des Anciens. Ost n’apelle proprement en François poste lirique , ou vers liriques que les chansons & tous les vers à chanter que font les Poètes François, qui en ce genre de poésie font excélens.) LIRON 344 LIS B , LIRON ou LOIR, s- m- C Mus Alpmw. ] Rat des Alpes qui dort tout l’Hiver dans le creux des arbres. flS s m. [ Lilium. ] Sorte de fleur qui pouffe une assez haute tige , qui sent bon , & qui fleurit blanc, ou orange ils lis fleurissent en Mai &. en Juin. 11 y a de plusieurs fortes de lis. . U y a un l.s blanc. Un lis rouge Un lis orange. Lis astodelle jaune. Lis de notre-danie. Lis des valées qui est une forte de mu- guet de bois. ( Le lis est le simbole de la purete.) b * J js. [ Oris candor. ] Ce mot fe dit au figure, en parlant du teint d u visage , & lignifie blancheur. (* Un teint de Roses & de à Voit. poéj. * Les lis, les œillets & les roses couvroientlanege de son teint. Volt. p o es. Hier je rencontrai ma charmante Phìlis, Les yeux étincelans 0? la bouche alumée, Elle avait fur son teint cent roses contre un lis. Mont. Poëf.) LIS. En terme de Blason. Se dit des fleurs, dont l’écu de France est chargé. Louis VU. fut le premier qui mit des fleurs de lis fans nombre dans ses armes. Charles VI. les réduisit à trois. L’origine des lis qui composent les Armes de nos Rois est fort contestée. Les premiers qui ont écrit l’histoire de notre France, étoient íi acoûtumez aux fables , & à inventer des choses extraordinaires, qu’ds fongeoient bien moins à chercher la vérité , qu’à l’ern- belir. Plusieurs ont cru, ou du moins ils Iont écrit, que les premiers François porterent trois crapaux dans leurs enseignes , & que les lis furent aportez du Ciel au Roi Clovis. Mais Gaguin qui a le premier débité cette fable , n’en a raporté aucune preuve , & ne l’a avancé que fur une tradition ancienne, dont on ne connoît point l’origine. Trithéme leur a donné trois grenouilles fans aucun fondement. Paul Emile, & Fauchet ont écrit que nos Rois portoient dans leurs enseignes trois couronnes de gueule en champ d’ar- gent. Mais Chiflet , partisan déclaré de la Maison cí’Autriche , a sufisamment détruit cette opinion, dans son Traité intitulé Lilium Francicum, cap. 12 . où il a observé qu’anciennement les Peintres & les Sculpteurs ornoient les couronnes des Rois & des Empereurs, de fleurs-de-lis ; mais ces sortes de fleurs mises fur les couronnes n’avoient que trois feuilles rondes, & n’étoient point des lis ; auílì les Hérauts d’armes les blasonnent par le terme jleuronnées , & non point par fleurdelisées. Cet Auteur s’est imaginé que les abeilles d’or que l’on a trouvées à Tournai dans le tombeau du Roi Chilperic, ont été les véritables armes de nos Rois. II faut avouer qu’il a traité cette matière avec beaucoup d’érudition & de foin, & qu’il n’a rien oublié de tout ce qui pouvoit servir à établir son sentiment , que l’on pourroit suivre sans donner ateinte à la noblesse & à la dignité de nos fleurs-de-lis; on pourroit même retrancher plus de la moitié de son livre , comme inutile pour persuader un fait qui ne méritoit pas tant de recherches. II commence dans l’onziéme chapitre de parler des abeilles & de leur origine fabuleuse : Virgile, Ovide, Pline y sont étalez amplement. On remarque que toutes celles que l’on trouva dans le tombeau de Chilperic étoient toutes égales , pour faire connoìtre qu’il regnoit seul dans son Roïaume , & qu’aïant oublié le traitement que son peuple lui a volt fait en l’obligeant de sortir de l'on Roïaume , il étoit comme le Roi des abeilles fans éguil- lon & fans ressentiment. Ce premier raport des abeilles avec Chilperic, est suivi de plusieurs autres; car en premier lieu , la figure & la représentation des abeilles dans les anciennes peintures, ont beaucoup de raport avec nos lis. En second lieu, l’Ecu de nos Rois est en champ d'azur : de même les abeilles o 1t: /° us bzuré : en troisième lieu , le miel «It, leion Pline , un nectar, & quelque chose de ce- s-.] & un don du Ciel , suivant l’expreífion de nnoU U,e ’ î" me Hes , ccelesia dona. Enfin le Lis est piIf pai e m ^ me Fime , une fleur Roïale ; & Virions ^ c î ans ^ es Georgiques, que les abeilles S - P arce qu’clles ont nourri Jupi- Voila, (sfZus lT"lT' r 'I UÌ ■ pour persuader que’le, a beïií°" ! bie " . COT*»,ncantes armes de nos Rois & nom u ° nt ece es P rcmieres surprenante, page SZÍ9^SS^t LIS gem gejlajse pro symbolis apes , e jusque mìlitarU eqv.i in- Jlrucíum apibw perspersum fuisse. Le reste de l’ouvra- ge est plus raisonnable ; U y explique les Afférentes choses qui furent trouvées avec les abeilles d’or dans le même tombeau. 11 y auroit plus d’aparence de croire avec Agathias que la fleur-de-lis n’est autre chose que le bout d’une arme ofensive , apellée francisque dont la figure avoit beaucoup de ressemblance avec le lis : mais nous n’en avons aucune preuve. II en est de même de la circonstance raportée par Gaguin, qui dit qu’un Ange aporta les fleurs-de-lis à un hermite qui habitait proche S. Germain en Laye, où est à présent l’Abaie de Joyenval, pour les porter à Clovis. Mais nos meilleurs Historiens ont démenti Gaguin, & font paroítre les Lis dans les Ecus de nos Rois bien long-tems après Clovis, & au commencement de la troisième race , c’est-à-dire, fous Louis VIL mais on ne sçait pas pourquoi il prit les Lis dans ses armes. Blondel a cru que ce fut par la ressemblance de son nom Lois avec le mot Lis; ce qui me paroît tout-à- fait puéril. II est plus vraisemblable qu’il prit des fleurs-de-lis dans ses armes , parce que íà beauté lui aquit le titre de Florus ; & pour y répondre , il prit le Lis, comme la plus belle fleur de son siécle. Quoi- qu’il en soit, il est certain que depuis son régné, on voit fans interruption des fleurs-de-lis dans les armes & fur les Sceaux de nos Rois ; & ce fut par cette raison que les Auteurs Latins apelloient les François Li- liati , & que lilium , ainsi qu’à présent le mot Lis, signifie la France. LIS. [ Gallia , gallìarum Rex. ] Ce mot au figuré se dit auílì en parlant des Rois de France & de la France, mais en ce sens, il est de la poésie & du stile sublime. * Elle a pris naissance des lis. Voit. pdés. C’est-à- dire , elle decend des Rois de France. * Cette valeur extrême par qui refleurissent nos lis, ne fera rien. Voit. po'és. C’est-à-dire , par qui les afai- res de France prospèrent. * Jamais Prince des lis ne fut plus triomphant. Main. po'és. C’est-à-dire, jamais Roi de France. Je vas joindre ces Mons à P Empire des lis ; Malgré mille périls vos Guerriers intrépides, T monteront , portés fur mes ailes rapides. Air. Betoulaud. ) jfss LIS pour la France, est une expression que nos Poètes ont autrefois afecté, mais qui est à présent vieille. Mr. Godeau dans une Ode à Louis XIII. a dit : Et pleins Aune vaine ejperance, Crure-nt que les Lis de la France Couronneraient leurs Léopards. Et un peu plus bas : Crut que bientôt fur nos murailles II seroit les Lis fleurir. Malherbe avoit dit avant lui : Nos doutes seront éclaircies, Et mentiront les prophéties De tous ces visages pâlis Dont le vain étude s’aplique A chercher Pan climaterique De Péternelle fleur-de-lis. Et ailleurs : Vole vite , & de la contrée Par qui le jour fait son entrée, Jusqu’au rivage de Cadis, Conte fur la terre £ 5 ? Jur Ponde Que Phonneur unique du monde C’ejl la Reine des fleurs-de-lis. Dans l’Ode à Mr. de Bellegarde, il prend la fleur- de-lis pour les François : Qui n’a vu. dessous leurs combats Le Pô mettre les cornes bus, Et les peuples de ses deux rives Dans la frayeur ensevelis Laisser leurs dépouilles captives A la merci des fleurs-de-lis ? Air. de Balzac ne pouvoit soufrir cette expression. „ Le bon homme Malherbe (dit-il dans ses Entre- „ tiens ) a eu le premier cette fantaisie des fleurs-de- ,, lis, à laquelle je ne pûs jamais être complaisant.” Air. Costar étoit d’un même sentiment ; il dit dans la fuite de la Defense de Voiture : „ Un Castel ve- ,, tro auroit-il pû soufrir des Lis , à la miséricorde desquels, LIS ,, dcsquels , les peuples éffaiez abandonnent leurs dà- „ poùilles ? ” II ajoûte : Et auroit-il laissé passer fans quelque coup d’ongles ces autres vers: Ces arrogeais à leur dommage Apprendront un autre langage , Et dans leur bonté ensevelis Feront voir à toute la terre Qu'on efl brisé comme du verre Quand on choque les fleurs-de-lis, Toici fans doute ce qui a donné lieu à Mr. Costar de citer Castelvetro par raport au lis. Le Commandeur Annibal Caro, illustre par son érudition & par ses poulies, fit une chanson à l’honneur de la France , scion l’ufage des Poètes Italiens de ce tems-là, II commença par ce vers : Venite à lombra de gran gigoli d’ore , Care muse. Castelvetro, scvere critique , & toùjours de mauvaise humeur, fit des Remarques succintes, mais piquantes sor cette chanson ; & la métaphore ne lui plaisant pas, il fit cette note fur pe premier vers : 0 le muse sono dischiata pigmatica ; 0 maieJì defenderano delsole , se non ve altro albero cbe gigli. La censure de ce petit poème lui attira bien des ennemis , & fit naître plu- ûeurs ouvrages pour la justification de la chanson , dontj’ai vû quelques-uns. Mais Mr. Despreaux a emploie plus heureusement les roses & les lis dans fa satire io. Attens, discret mari , que la belle en cornette Le soir ait étalé son teint sur sa toilette , Et dans quatre mouchoirs de fa beautésalis Envoie au blanchisseur ses roses'& ses lis. LIS d!or. [ Lilium aureum. ] Piéce d’or valant sept livres. Cette espèce a d’un côté deux manières d’Anges qui soutiennent un écusson, où il y a trois rieurs de lis, & de ce même côté elle a pour légende : Domine ekgijli lilium tibi , & pour milelime 1656. Elle a de l’autre côté une Croix couronnée de quatre Heurs de lis , & pour légende, Ludovìcus decimus quartas Dei gratia Francia N Navarra Iiex. £ FLEUR DE LIS , voïez Fleur. LIS. Terme de ManufaHure de toiles. II signifie à peu près ce qu’on entend par les gardes du rot, ou peigne d’un Tisserand , c’est-à.dire, les grosses dents qui sont aux extremitez du peigne. LISE,//- Nom de femme, mais on ne s’en sert que dans la poésie burlesque , ou satirique. ( Lise la marmiteuse au teint de pomme cuite. Gon » ) ch LISERAGE, se dit de l’ouvrage qui se fait sur une étofe en contournant les fleurs & le dessein avec un seul fil ou cordonnet. LISERER, v. a. [ Simulacris limbum ornare. j Terme de Brodeur. Broder des fleurs , des figures , ou des ramages sor une étofe , avec un cornet d’or ou de soie. ( Liserer une jupe. ) LISERON, ou liset s. m. [ ConvolvUlus. ] Herbe portant une fleur blanche comme un lis , & faite en forme de petite cloche. LISETTE,/-/ Nom de femme dont on sc sert dans les chansons & dans les épigrammes. ( La jeune Lisette a laissé aller le chat au fromage. ) LISETTE , / f. [ Volucra , volvox. ] C’est un petit insecte verdâtre , qui en Mai & en Juin gâte les jeunes jets des arbres fruitiers, & de la vigne. On apel- le aussi la lifette, coupe-bourgeon. ( La lisette a gâté tous les jets de nos arbres. Quint. Jar. fr. ) f LISEUR, / m. [ LeHor. ] Qui aime à lire. (C’est un grand liseur.) LISEUSE, / /• C Leclrix. ] Celle qui se plaît à lire. (Je sois une grande liseuse de Romans. ) LISIBLE, adj. [ Legibilis , quod legi potes. J Qui sc peut aisément lire. Facile a lire. ( Une écriture fort Lisible. Le gothique n’est pas trop lisible.) LISIBLEMENT , adv. [ Legibili modo. J D’une maniéré lisible. (Ecrire lisiblement.) LISIERE , / / [ Limbus , ora. ] Extrémité de l’étofe , qui est d’ordinaire d’une autre couleur que l’é- tofe. Extrémité de la toile. (Couper la lisière d’un drap.) LISIE'RE , f f. [ Lorum, fascia. J Bandes de cuir ou •d’étofe qui font attachées à la robe d’un petit enfant, & dont on fe sert pour le promener. * LISIE'RE- [ Finis, téminm , ora. ] Cc mot se LIS 345 dit des bornes ou des extremitez d’un champ, d’une forêt, d’une Province , d’un Pais , &c. LISIE’RE. Terme de Fosse ancienne. Rimes de liséré étoient celles qu’on métoit au bout du vers, par «position aux rimes des vers léonins qui étoient au milieu. La liséré es pire que le drap. Proverbe qu’on dit à un homme qui se défend d’être de Normandie , & qui assure n’être que des environs. LISOIR , / m. ( Susensorium .J Terme de Char on. Piéce de carosse fur laquelle posent d’autres pièces qu’on apelle moutons. ( 11 y a deux lifoirs. ) LISOIR de chariot. Pjéce de chariot sor laquelle*pose le brancard. ( Lifoir de devant. Lisoir de derrière.) LISSE, adj. f Levigatus ,] Poli. Uni. ( Chose lisse. Moire lisse. ) LISSE, / / [ Licium. ] Terme de Tapissier & de Rubanier. Assemblage de plusieurs longs filets de foie ou de laine étendus sor les métiers de Tapisserie de haute lisse , ou de basse-lisse. LISSE du hourdi. Terme de Marine. C’est le dernier des baux ou poutres de Parriere qui sert à l’afer- missement de la poupe. Life de porte-baubans. Ce font de longues pièces de bois plates qui règnent le long des haut-bans , pour tenir les chaînes de haut* ban dans leur place. Enfin lisse en général, veut dire , toutes les pièces de bois qui forment la ceinture du vaisseau, & font la liaison des pièces de charpente. f Praancliones. J LISSER, v. a. [ Polire, levigare. ] Ce mot sc dit des choses > & veut dire polir. Les cartiers & les papetiers disent User du papier. ( Lisser les cartes. Papier lissé. Les cordonniers & les lingeres disent. Lisser un talon. Lisser le linge , & les dentelles. ) f LISSERONS, / tn. Ce font les tringles 08 morceaux de bois qui portent les lisses des Tisserands, & qui font ce qu’on en nomme la tête. f LISSES. Ce sent chez les Tisserands , des cordelettes ou ficelles, qui font attachées par haut & par bas aux longues tringles de bois qu’on nomme Liais , ou Liseron. On les apelle Lisetes dans les fabriques de gaze. LISSOIRE,// [Insrumentum levigatorium.] Instrument qui sert à lisser. Morceau de verre , ou maibre pour lisser le papier, le linge , les dentelles, &c. (Acheter une lissoire. Acad. Fr. ) ÍLISSURB,/ /• Polissure qui se fait avec une lissoire. ( La fissure du papier. ) LISTE , / / Sorte de catalogue. ( Une grande liste. Faire une liste. Voilà la liste des morts, des blessez, &C. Liste générale ou particulière. Liste alphabétique des Villes de France. Liste des Prédicateurs. [Sïllabus, album.'] Mais nous verrons bien-tót une liste cruelle Du trépas de l'époux aporter la nouvelle Et pour paier enfin de triscs créanciers II ne laisse après lui qiìun tas de vains lauriers. Raynard. ) LISTEL , ou liseau , / m. [ Stria. J Terme $ Architecture. Moulure quarrée , petite bande ou régie qu’on met en quelques endroits pour servir d’or- nement. C’est aussi l’espace plein qui est entre les canelures des colonnes. J: LISTON, / m. C’est en termes de Blason une petite bande mêlée avec les ornemens de l’écu , sor laquelle on volt quelquefois une devise. LIT, / m. [Cubile , lePtus cubicularìm.] Ce qui est fait pour sc reposer & pour dormir commodément la nuit. Un beau lit est composé de son bois qui a quatre colonnes torses, ou unies , de tringles, de fiches, de quatre pans , de son dossier de bois, de verges de fer, avec les anneaux , de goberges, ou enfonçures, devis, & d’une dé pour monter le bois délit. Outre cela le lit est composé de son dossier de serge, ou d’étofe, de son fond qui est de serge, ou d’étofe aussi, de son chevet, ou de traversin , d’oreilles de rideaux, de bonnes grâces de cantonniers, ou de rideaux de pié , de pantes de serges , ou d’é- tofes, enjolivées de fourreaux , de foubassemens , de pommes de fit, de bouquets de plumes, de matelats, d’un lit de plumes, d’un sommier, ou d’une courte pointe avec une housse pour conserver les rideaux & autres ornemens. ( Etre au lit. Se mettre au lit. Garder le lit. Etre au lit de la mort. Patru., plaid. 8.) Tome IL X x Là ? 34 6 LIT Là Martin dans un lit entoure de fiateurs De cent sot s compliment savouroit les douceurs. Villiers. ) LIT de plume. [ Plumea cukita.st Taie de coutis pleine de plume qu’on met ordinairement entre deux matelacs fur le bois du lit. ( Un bon lit de plumes. ) T.IT d’Ange. C’estun lit en maniéré de pavillon, ataché au plancher avec des cordons qui soutiennent les rideaux qui font liez avec des rubans faisant d’a- gréables nœuds. . , . , LIT à la Duchesse, C est un lit qui n a point de quenouilles ou pilliers , où les rideaux font suspendus à une tringle de fer atachée au plancher, & où le dossier est orné de broderies auífi-bien que le Ciel. LIT de Parade. [ Solemne leflisternium. J ( J’ai veu Jules dans son lit de parade , & je l’ai veu tout a mon gré Boisrobert. ) C’est ou l’on expose les morts. LIT de repos, f Grabatum. J Sorte de petit lit pour fç répofer après le dîner. Quand je níallai jetter tout fatigué tout las Sur un lit de repos qui ne m’en servit pas. LIT de sangles. £ LeHus loris subtentus. J Sorte de méchant lit pour coucher un laquais ou une servante. LIT nuptial, f LeHussocialis. J C’est le lit où les nouveaux mariez couchent la préraière nuit de leurs nôces. ( Le Prêtre est venu bénir le lit nuptial. ) LIT de camp. [ LeHus portatìlis. J C’est un lit portatif qui fe démonte aisément pour porter à l'armée ou en voïage. LIT de veille. £ LeHus ad agroti cujìodiam. ] Lit dressé pour veiller quelque malade. LIT de Justice. £ Tribunal judiciarium. ] C’est lorsque le Roi est au Parlement assis fur son trône. Le Roi ne tient son lit de Justice que pour des afàires qui concernent l’Etat. Sanlec a dit du Roi Louis XIV. Tu régies tes exploits fur ce qui t'est permis ; Tu deviens dans ton camp Ministre de Thetnis » Tu veux qu’à ta raison ta valeur obéisse. Et ton char de triomphe, est un lit de justice. f LIT de grandeur. C’est un grand lit de gens mariez. LIT, [ LeHi crichlinares. ] C’est fur quoi les Anciens se couchoient pour prendre leur repas dans les sales à manger. On se m.ettoit d’ordinaire trois fur chaque lit. La place du milieu étoit la plus honorable, aussi-bien que le lit du milieu. * L’on dit , se mettre au lit. Se lever du lit. Garder le lit. [ LeHo detincri. ] C’est sc tenir au lit à cause de quelque maladie. Etre au lit de la mort. Faire un lit, &c. * Souiller un lit. £ Thalamos ladere. ] C’est y faire des choses contre la chasteté & contre l’honnéteté du mariage. ( On dit que Nectanebus Roi d’Egypte avoit trompé Olimpias, & avoit souillé le lit de Philipe son hôte. Du Ryer , Frensh. I. i. ch. I. Celle qitun lieu honnête Fait entrer au lit d'autrui , Doit fe mettre dans la tête Malgré le train d’aujourd’hui Que l’homme qui la prend , m la prend que pour lui. Molière. ) * LIT. £ Thalamus . ] Ce mot, au figuré a un usage assez étendu. II veut dire mariage. * Enfant du premier lit. £ Ex priore conjuge natus.J C’est-à-dire, d’un prémier mariage. * Enfant du second lit. £ SecuncH conjugii liber, j C’est-à-dire d’un second mariage. * LIT de fleuve. £ Alveus canalis. ] C’est le canal. Fleuve serré dans son lit. Vaug. Quint. 1. 9. Lit de marée. C’est un endroit de la Mer où il y a un courant. * LIT de pierres. £ Stratum lapidum , corìa, J Rang de pierres. Les joins des lits font de niveau. ( On dit aussi à l’égard des choses qu’on trouve en fouissant la terre. Un lit de marne, d’argile, d’ardoise , de plâtre , &c. ) (§ Comme les pierres font par lits dans les carrières, on dn des pierres, qu’elles ont deux lits , celui de dellus, & celui de dessous. Les lits de dessous font plus durs que ceux de dessus c’est pourquoi il faut renverser les pierres & mettre le plus dur dessus lorsqu on les emploie a découvert, comme pour couvrir des terrasses , & pour faire des dales. Felìbien. LIT de vent , ou vent de bouline. £ Venti 'via fe- mita. ] Terme de Mer. C’est un air de vent éloigné LEC du lieu de la route de cinq ou six rumbs. ( Tenir le lit du vent. Etre au lit du vent. Guillet. ) £ LITS de marée. Ce font des courans rapides qui sc trouvent en certains lieux de la mer. LIT de fumier. £ Stratum stercoris. J Terme de Jardinier. C’est un étage de plusieurs fourchées de fumier fur une certaine largeur. Pour faire une couche de cinq piez de large & de trois piez de haut, il faut mettre quatre lits de fumier l’un fur l’autre. ) LIT entre dans quelques Proverbes. 11 est mort au lit d’honneur. [Gloriosè occubuit.fj Pour dire, mourir à la guerre dans quelque occasion remarquable. Ils font lit à part. £ Seorstm cubant. ] On le dit d’un homme & d’une femme qui couchent séparément, de peur d’avoir trop d’enfans,ou pour quelque autre raison. Le lit est técharpe de la jambe. Pour dire que quand on a mal à la jambe il se faut tenir au lit. Le lit est une bonne chose, st l’on n’y dort , l’on y repose. . Comme on sait son lit on se couche. C’est-à-dire, qu’on tire du profit des choses suivant le soin avec lequel on les a ménagées. Prendre un homme au saut de son lit. C’est se rendre chez lui de bon matin & à son lever. II va du lit à la table Çst de la table au lit. On le dit des débauchez qui n’ont d’autre occupation que celle de manger & de dormir. U est au lit de la mort. C’est-à-dire , il est malade à l’extrémité. fin extremk posttus. J II ne faut pas atendre qu’on soit au lit de la mort, alors la pénitence est bien douteuse. (f Les Juifs superstitieux dans toutes leurs actions asectent, au raport du Rabin Léon de Modene, chap. 4. part. 1. de tourner du côté du nord le chevet du lit où ils couchent ordinairement, & les piés au midi ; & ils ne placent guéres leurs lits d’orient en occident , de crainte de blesser le respect qu’ils doivent conserver pour Jérusalem & pour le Temple. Les Latins avoient , comme nous, plusieurs sortes de lits ; les voici : LeHus cubìcularìus , c’étoit le lit dont ils sescrvoient ordinairement, & qu’ils apelloient auflì Torus, parcequ’il étoit fait, dans les premiers tems de la République, avec des joncs & des herbes tortillées. Torus ( dit Servius fur Virgile Eneid. ) ab herbts tortis diHus est. Apulée nous représente Pfiché couchée sur un lit de gazon qu’il apelle torus. lib. PJyche teneris £5? herbqsts lacis in ipso toro rescidi grami- nis suave recubans. Et Juvénal a dit dans fa Satire 6. Sylvestrem mon t ana torum euni sterneret uxor Frondibus , £çf culrno , vicinarumque serarum Pellìbus. LECTUS nuptialìs. Lit nuptial préparé pour le jour des nôces , on l’apelloit aussi genialis , par raport au genie que l’on croioit présider aux nôces selon Festin:. Leotulus infantum , ou cunœ , le berceau des enfans. LeHus tricliniaris. Lit fur lequel ils étoient couchez en prenant leurs repas. Les tables fur lesquelles on mangeoi t, étoient quelquefois fur quatre piés, & quelquefois fur trois. Juvénal a dit, Sut. Modò pt mihi mensa. 11 y avoit tantôt trois, & tantôt quatre lits autour de la table. Le même Poète dans fa cinquième [satire nous l’a apris : Tertia ne vacuo cessaret culcita kHe. On fe scrvoit du terme biclinium , pour signifier un lit feulement pour deux personnes. Plante: Jam sacite In biclinio cum arnica sua uter que accubìtum eatis. Ces lits étoient composez ou de feuillages,ou de peaux de bêtes , Virgile nous en soumit la preuve. Hœc ubi diHa , dapes jubet, £5? sublata répons Pocula , graméneoque viras , locat ipse sedili, Pracipuumque toro , £5? villost pelle leonis Accipit JEneam. On volt par ces vers,que ses anciens furent d’abord assis, & non couchez fur les lits autour de la table. Le lux* se répandit jusques fur ces fortes de lits, qui furent faits d’un bois précieux, & ornez de dorures & de tout ce qui pouvoit les rendre magnifiques & commodes pour fe coucher & manger à son aise. Horace, lib. 1. ep. ad. Torquatum. Si potes Archaicis conviva recumbere IpHìs. LECTUS penstlis , une soupente , un lit suspendu. Lits portatifs. LeHus funebris. Le lit sur lequel on exposent les corps des personnes mortes ; on l’apelloit aussi lìbitina, LIT Ubìtìna ^ comme Àcroù Fa observé sur Horace, Sb. j; ed. 5. Lrbitina. , kBus eji m qito mortïii ejserebantur. í LIT AGE, f m. Terme de ManusaBure de drapsí dont les Teinturiers se servent aussi. C’est faction de liter les étofes. LITANIES , s.s. C Lìîani.e , supplìcationes. ] Ge mot n’a point de singulier , & il veut dire , prières qu’on fait à Dieu, en invoquant les Saints, f Dire , chanter les Litanies de la Vierge, de Jésus, des Saints. Les Pérès de l’Oratoire font de grands diseurs de Litanies. ) f LITANIE. f Enumeratio. ] Ce mot se dit auísi au singulier , & lignifie une longue & ennuïeuse énumération. ( 11 me sait tous les jours une trille litanie de ses malheurs. 11 nous ennuie avec la longue litanie de ses exploits. II recommence toujours fa longue litanie. ) LITARGE , f f- C’est un composé de plomb. II y en a de deux sortes, l’une qu’on nomme litarged’or. [ Chryjìù. j Parce qu’elle a la couleur de for. Et Vautre qu’on apelle liturge PP argent. s Argyrith. J A cause qu’elle en a la couleur, LITE, f m. Sorte de fromage. LITEAU, j. m. [ Cubile lupi. J Terme de Chasse. C’est le lieu où íè couche & se repose le loup durant le jour. (Trouver un loup dans son liteau. Sal.) H LITEAU, se dit de certaines raies de diferentes couleurs , que l’on conserve le long des pièces de drap entre la lifìere & l’etofe , tant du côte de l’endroit que du côté de l’envers ; pour faire eonnoitre qu’el- les sont de bonne teinture , L cela se fait en y cousant de petites cordes avant que de mettre les étofes à la teinture. f LITEAU, se dit aussi des raies bleues qui traversent les toiles d’une lisiere a l’autre. II n’y a que les pièces de toiles pleines qui sont destinées à faire des napes & des servietes, qui aient des liteaux. . LITEMANGHITS , f m. Les habitans de Madagascar apellent ainsi, la gomme qui coule du tronc de la canelle blanche. Les Droguistes & Epiciers de Paris l’apellent Alouchi. ^ LITER du poison salé. C’est l’arrangerpar lits dans les gonnes, Hambourgs & barils. On dit que du poisson salé est bien lité , lorsqu’il est bien arrangé dans les futailles. Ce terme est commun pour le saumon, le haran & le maquereau. f LITER, un drap. C’est coudre ou attacher avec du gros fil ou de lâ menue ficelle, certaines petites cordes de la grosseur du petit doigt, le long de la pièce entre l’etofe & la lisiere, afin que la partie qui en a été couverte ne puisse prendre la teinture, & qu’elle conserve toujours son fond ou pied ; ce qui est proprement la preuve de la bonne teinture de Fétofe. ch LITERAÍRE, adj. Qui regarde les Lettres & les sciences. ( Journal Literaire. Nouvelles Literaires. LITERAL , litérale , adj. [ Nativus verborum j enfui .2 Qui est expliqué litéralement. ( Sens litéral. Preuve litérale. C’est une preuve qui se fait par écrit. Dom Calmet a très-bien expliqué le sens litéral de l’Ecritu- re-Sainte. ) LITE'RALEMENT, adv. ['Juxta genuinûrti verborum senjum .2 En un sens litéral; ( Expliquer litéralement un Auteur Grec òu un Auteur Latin. ) LITERATURE , / s [ Literaiura. ] La science des belles lettres. Honnêtes connoissances. Doctrine. Erudition. (Monsieur Arnaud le Docteur étoit un homme d’une grande litérature. ) * LITERATURE. [ Viri litteratï. ] Tout le corps des gens de lettres. ( J’ai à défendre le patrimoine des savans & la gloire de toute la littérature. Patru , plaidoié 4. On a imprimé à Paris des essais de littératures LITHOCOLLE , s f. Lìtbocolla. 2 Ciment avec lequel on atache les pierres pour les tailler sous la meule. On la lait de poix résine , & de vieille brique. Pour les diamans on use du plomb fondu où on leá enchâsse avant qu’il soit tout-à-fait refroidi, f LITHOMAGRA , s m. Agaric minerai; LITHONTRIBON, s m. Poudre propre à briser la pierre qui se forme dans les reins, & dans lá vessie , & qu’on compose avec d u sang de bouc préparé , du sang de lièvre brûlé , des semences d’alke- kenge, de saxifrage, des racines d’onnois j d’erin- LIT 347 gium, &c. On fait prendre cette poudré avec un peu de vin blanc où avec de Peau de pariétaire ou rave , & ce médicament s’apelle Lithontripìtìque. LITOPHAGE , s m. Petit ver qui se trouve dans la pierre & qui la ronge * il est couvert d’une petite coquille fort tendre, de couleur cendrée & verdâtre. LITHOTOMIE s.s {_Lìthotomia. ] Extraction de la pierre hors de la vessie. Mr. Sottet Chirurgien de Paris fit imprimer en 1682. un Traité de la Litho- tbmie. î LITHOTOMïSTE, s m. Operateur , Chirurgiett qui taille de la pierre. LITIERE, s /• C Stramentum, sujiramen. ] faille qu’on jetté dans les écuries & dans les étables fous les chevaux, beufs , brebis; ( Cette litière est trop vieille. ) , ê Ce cheval eji sur la litiere. C’est-à-dire, ce cheval est malade, ce cheval est épuisé de fatigue & hors d’é- tat de travailler. LITIERE de vers à foie. S'tercùs bombteit. J Voïez îsnard , pag. 178. Ce sont les crotes de vers à soie. LITIERE. [ LeBìca. J Espèce de brancard couvert de cuir, qui est soutenu par deux mulets , & qui sert à porter en quelque lieu un malade, ou une personne incommodée. (. Luctle le prémier Vengea l’humble vertu de la ricbejse altiere Et P honnête homme à pié du faquin en litière. Despr.) ijf LITIERE. Notre mot litiere vient de leclica , & celui du Grec Aserp ov qui est dérivé de hí} m , cuba, coucher. Les Romains avoient deux sortes de voitures , portatives : l’une étoit apellée Bajierna > l’autre leBìca. Leurs formes étoient diferentes, & elles étoient portées dìférenment. On rapotte fur la premiere, cette ancienne épigramme, où l’on volt une description de la portative , apellée baftema. Aurea maternas claudit bajierna pudicas , Qtue radiant latum gesat utrumque iatus ; Hune geminm portât duplici sub robore burâo\ Provebit modico pendula septa gradu. Isidore dans ses Origines, lib. 20. cap. 12. & ùn Jurisconsulte dans la Loi 40. js. de légat . 30. ont fait mention de cette espèce de voiture, laquelle étoit fermée, & ne servoit que pour les femmes: Enfin , elle étoit portée pat des mulets. L’autre espèce de voiture, apellée leBìca , étoit ouverte ; des esclaves la portoient, & les hommes s’en servoient ordinairement ; quelqùes-unes étoient fermées comme la précédente. II semble que nos chaises portées par deux hommes, sont en quelqud maniéré la leBìca des Romains , & que nos litières portées par des mulets ou par deS chevaux font la bajierna des anciens. II y aVoit autrefois cette difference de sella & leBicà , que la premiere ne servoit qu’à une personne; & que dans Fau- trè plusieurs personnes pou voient y entrer , & être portées. Enfin ; entre les chaises portatives , leBìca, il y en avoit de couvertes, & de découvertes. Je pour- rois raporter ici plusieurs choses concernant cés fortes de litières & de chaises portatives : mais oh peut s’en instruire dans le Traité de Scheffer , de re véhiculas , & dans le petit tiaité d’Arstorphius de leBis ts leBich. f *11 y a deux jours qu’il eji fur la litière, f LeB* detinetur. ] C’est-à-dire , qu’il eji couché U qu!il eji oh lit. Faire litière de son bien j c’est 3 e prodigùer. LITIGANT, ante . adj. [Contendens.j Qui plaide & qui conteste en justice. ( II y a trois parties li- tigantes en cette instance. ) t LITIGE, /• w. Terme de Pratique . 13 vient du latin litigium. II signifie contestation de Justice. Procès. Diférend. (Son bien est en litige. Ce bénéfice esi en litige. C’est un litige fâcheux. II est tombé malade durant Je litige. II n’étoit pas permis de consacrer au culte de quelque Divinité une chose en litige. Le Màìt. pi. itz- ) On dit auísi parties li- tigantes; c’est-à-dire , qui plaident. LITIGIEUX , litigieuse , adj. [ Litìgiasus , controverse. J Contagieux. Sujet à procès. Dejjreaux 3. Epi- pr«. ( Avoir i’humeur litigieuse, bejjr, sa Jujiice pesant ce droit litigieux, Demande l’huître , Pauvre, U l’avale à leurs yeux , Despr, ) Terne II, 0'LH 348 UV (§ LITIGIEUX, parmi nous, est u^ ch °se qui peut être contestée & soutenue par à raisons de part « d’autre & c’est dans ce sens que Mr. Delpreaux 1 a emploïé. Mais nous ne disons point qu un homme S 5 Ç e les procès est litigieux. Les latins enten- doient par Utigiosw , non-feulement un homme a qui les procès tenoient lieu de plaisirs & de divertisse- mens, mais encore un homme qui fait des procès injustes , qui lite moratur imquâ , comme dit Horace, tp. 2. liv. 2. Çt LITISCONTESTATION, s f Lorsque l’in- stance est liée par une présentation & par des detenles, la litiscontcstation est formée ; c’est le cours de 1 instance. , T . J LITISPENDANCE, s.s. [Inchata Its. ] Letemsdu. rant lequel un procès est pendant en justice. Acad. Fr. LITRE , f. m. [ Zona lugubris cum gentilitiis ìn- Jìgnibm. ] Grande bande noire qu’on peint autour de i’Eglise par dedans & par dehors, où font les armes d’une personne de qualité. ( Un beau litre. On met des litres autour des Eglises pour honorer la mémoire des Patrons ou des Seigneurs qui font morts. Voïez Ménétrier , Décor, fuuebr. ) LITRON, f m. [Modii décima fextapars. ] Sorte de mesure qui est de la grandeur d’une chopine, où l’on vend les choses qui ne font pas liquides, comme sel, chatégnes. ( Le litron est la sixième partie du boisseau. Acheter un litron de sel, de chatégnes, &c. Un demi litron. ) LITURGIE , / / C Liturgia. ] Mot qui est d’E- glise, & qui vient du Grec. C’est la maniéré de dire &decelebrer la Messe. (Ainsi on dit parmi les Grecs : la liturgie de Saint Cbrysojlome , & parmi les Latins, la liturgie de Saint Pierre. Gilbert Docteur en Théologie a traité de diverses liturgies. Liturgie ancienne. Liturgie nouvelle. Le Cardinal Bona a écrit de la liturgie. LITUUS , s -u. Terme de Médaidifles , purement latin. C’étoit le bâton des Augures fait en forme de crosse. LIVE'CHE, f fi Smìmium. ] Plante qui pousse une tige à la hauteur d’un homme, qui porte de petites fleurs blanches à cinq feuilles , & dont la racine fortifie l'estomac, résisté au venin, & excite l’urine. LIVET , adj. [ Postremus. J C’est celui qui en partie joue le dernier billard. LIVIDE , adj. f IJvidns. ] Terme de Chirurgien. II se dit de la peau , & signifie noir à cause de quelque coup. ( Voilà qui est tout livide. ) LIVIDE. S’emploïe aussi dans le figuré. (L’avarice bien-totau teint livide U blêmel Sur son cosre de fer va s’ajjeoir elle-même. Rainard. ) On dit aussi lividité. II y avoit inflammation avec lividité. Verdier. t LIVRAISON,//. ZExbibitio. 3 Terme de Marchand , &a Action par laquelle on livre & remet entre les mains de quelcun, une chose mobiliaire , ( Faire la livraison des marchandises à un Facteur. La livraison des clez n’a point été faite au tems porté par le contrat. ) Les Chanoines de Saint Just à Lyon apellent livraison , le vin & ls blé qu’on leur donne pour leur nouriture. LIVRE, / / C Libra,pondo. ] Ce mot en parlant des poids de Paris, veut dire, seize onces, ou deux marcs. ( Cela pèse une livre. ) Les livres font fort diférentes selon les villes & les païs. On peut voir dans le Diffionnaire du Commerce par Savary , la diférence de la livre de Paris avec celle des principales villes du Roïaume > & Légalité ou l’i- négalité qui se trouve entre la livre de Paris & celle desyilles des pais étrangers. Cf Le mot lime dans la signification de poids , ou de quantité , vient du Grec , dont les Siciliens se font servis dans le même sens. C’est le sentiment ìaconius, de Du Moulin, q. ioo. n. 780. de rti jL / r f * um ™. de Gronovius, de pecun. veter. “óu’iSï"í/'J“• s ti â c \ c = , > à' 1 , a y U2e parties, chacune nommee * ^ . tVa' U ' eS ì at ! ns on * uncïa qui est notre once : D ou vient ( dit Bouterouë ) que dans les dimi mitions de ce poids, il s ’en t™,,™ Ud " s , les aum C,,., cnmme 1 * j wouve qui ont des noms Grecs, comme la dragme, le scrupule, & l’obole, &c LIV LIVRE , / / C Libra Turnnica. J Vingt sous. (Avoir vingt-mille livres de rente. Elle a cinquante mille li. vres de rentes. II a quatre mille livres de pension. Gela m’a coûté quatre livres douze fous, ou quatre- livres quinze fous , & jamais quatre francs douze fous, ou quatre francs quinze fous. Le mot francs dans la signification de livre ne se met ni avec mille , & rente, mais il veut ordinairement être seul. Ainsi on dit in- diféremment, il doit cinq cens livres, ou cinq cens francs. Une livre, deux livres, trois livres ne le disent qu’en comptant, mais en parlant on dit vingt fous , quarante sous, un écu.. ÇPrens-moi le bon parti , laiffc-là tous les livres , Cent francs au denier cinq combien font-ils ? vingt livres, Despr. f LIVRE de gros. Elle vaut en Hollande & en Flan. dres six florins ou vingt schelings. LIVRE Jierlin , / / C Nummus Jlerlingus. ] Sorte de monoie d’Angleterre, qui vaut douze livres dix fous & quelquefois un peu plus. LIVRE ,/>»•[ Liber , volumen , codex. ] Sorte de volume gros, ou petit, imprimé, ou non , qui est composé de plusieurs feuillets, & dont les parties, quand il est relié, s’apellent tranche-file, nerfs, tête, queue, trenche , couverture, dos. ( II y a de plusieurs sortes de livres. Des in folio, m quarto,in octavo, in douze, in seize, in vingt-quatre &c. Livre qui a grand cours. Les livres de Charpentier & de Chapelain ne se sont point débitez ; on a vendu aux Beur- riéres l’impression de leurs livres. Livres sacrez. Livres spirituels, ou livres de dévotion. Livres d’JEgìi- fe. Livres profanes. Livres censurez. Livres hérétiques. Livres imprimez. Livres manuscrits. Livre ancien, ou moderne. Un livre de raison. Livre en blanc. Livre journal. Livre de compte. Livre de musique. Livre de plein chant. Chanter à livre ouvert. Relier un livre. Vos livres éternels ne me contentent pas , Et hors un gros Plutarque à mettre mes rabats , Vous dévriez brûler tout ce meuble inutile , Et laisser la science aux Do fleurs de la vide. ‘ Mol. ) II est dificile desuprimer entièrement un mauvais livre s la défense que l’on fait de le vendre , irrite la curiosité. Tacite raconte que sous le Consulat de Cornélius Cassus & d’Alinius Agrippa, Crémutius Codrus fut acusé d’avoir loué Bru tus & Cassius dans ses Annales : il fit un long discours au Sénat pour fa justification mais prévoiant fa perte infaillible , il finit fa vie par abstinence. Le Sénat ordonna que ses Livres seroient brûlez par les Ediles, mais ils furent conservez secrètement. ,, C’est ce qui me fait rire „ ( ajoûte le même Histoirien) de l’impertinence de „ ceux qui croient, par une puissance de peu de du- „ rée, éteindre la mémoire de tons les siécles ; car „ au contraire la censure donne une nouvelle auto- „ rorité aux Ouvrages ; & tous les Princes étrangers, ,, & les nôtres à leur exemple qui se sont servi de cet ,, artifice, n’ont rien fait par là qu’acroître leur honte, „ & la gloire de leur ennemi. ” Tacite , liv. 4. des annal. par Mr. d’Ablancourt. Cejìun livre usé. Façon de parier de Libraire, pour dire , un livre dont on a fait plusieurs impressions, & qui à cause de cela ne se demande guère, à cause cpie presque tout le monde en a. ( C’est un livre dur à la vente. ) On ditqu’un Livre est châtré, quand on en a retranché quelque chose de considérable. Mr. Costat dans la fuite de la Défense des oeuvres de Voiture, lui répondit : „ J’avois toujours oui dire à pleine bou- „ che , qu’un livre étoit châtré, pour exprimer qu’on „ en avoit retranché quelque chose , & qu’il n’étoit „ pas entier : si notre adversaire avoit du crédit à ,, l’Académie , ilferoit ordonner qu’on aboliroit cette „ façon de parler licentieuse , & qu’on mettroit cette ,, honnête phrase en sa place : Incommoder des Livres , „ les rendre eunuques. LIVRE. Les Relieurs se servent de plusieurs façons de parler, où ils font entrer le mot de livre. Us disent, étendre un livre, assembler un livre. Plier, batre, coudre un livre. (Gréquer un livre. Le donner à coudre, l’épointer, le rouler. Fouéter, défoùéter un livre. Fi- celler un livre. Le passer en carton, en parchemin, en veau, &c. Colsr, presser, rogner, jasper, tranchefiler un uvre, le marbrer, le dorer ? jjoyx <% c . ) LIYRív LIV LIVRE. C Codex, ] Registres des Marchands, Banquiers , Gréfiers, &c. ( On enseigne à tenir les livres de compte. II y a des livres à double partie , en débet , en crédit. Voïez le Parfait 'Négociant.') LIVRE de raison. [ Codex impenjì U accepti. ] C’cst un livre où l'on écrit ce qu’on reçoit, & ce qu’on dépense. LIVRE ouvert , adv. [ Aâ penam lìbri. ] Chanter à livre ouvert. Expliquer un auteur à livre ouvert ; c’est-à-dire , sans glose ni commentaire. On dit en Proverbe : Je viendrai à bout de cette afai- re, ou j’y perdrai mes livres. On dit auffi qu’un homme est écrit fur le livre rouge , quand il est noté : qu’il parle comme un livre , quand il parle bien. Le livre de Vie. [ Liber vita, J Terme de Théologie. C’est le decret de Dieu touchant les Elus. Les livres sacrez, c'est l’Ecriture sainte. j jL , grand livre dti monde, s Natura opéra. J Ce son tous les ouvrages de la nature,où l’on voit la grandeurt, Ja sagesse , la puissance & la bonté de Dieu. | * Le jeu des cartes s’apelle en riant le livre des Rois. LIVRE’E , s. f. C Alicujus familis inpgnìa. ] Les couleurs qu’une personne choisit pour se distinguer des autres personnes. ( Livrée jaune, rouge, &c. Une belle livrée. Prendre la livrée. Porter la livrée. Quitter la livrée. Sosie de la livrée a passé par une petite recette à une soûferme, & par ses concussions il s’est élevé fur les ruines de plusieurs familles. La Bruyère. Le laquais est pétulant Et d'une humeur évaporée , C est un fort sot animal , Mah tant qtiìla la livrée, 11 ne sait jamais grand mal. Baraton, contes. ) * LIVRE'E On s’en sert dans un sens un peu figuré, & l’on dit, M. un tel, qui fait aujourd’hui tant l’en- tendu , a porté la livrée. C’est-à-dire, qu’il a été laquais. * LIVRE'E. [Famulitium testera vestiariabistrufhtml} Tous les gens de livrée. Gens qui portent la livrée. (Faites suivre la livrée. La livrée doit attendre. ) LIVRE'E. Présens que la mariée fait à ses parens & à ses amis pour assister aux nôces : ce font pour l’or- dinaire des rubans de la couleur qu’elle aime , & cela ne s’observe que parmi le peuple, & même que dans les villages. LIVRE'E. Terme de Marchand de toiles. C’est un fil de foie d une certaine couleur , attaché à la lisière des batistes & des linons du côté du chef. C’est dans ce fil qu’est passé le morceau de parchemin carré, fur lequel est écrit le numéro de la piéce. Chaque Marchand se sert de soie de couleur particulière qu’il nc change jamais, & c’est ce qui a donné lieu d’apeller cette foie , Livrée. LIVRE'E. Se dit en morale. Quoique cet homme ne soit pas de i’opinion de Calvin , cependant il conclut fous ses livreés. LIVRE'ES. [Cibariastortula. ] Distribution qui se faisoit autrefois chaque jour ou tous les ans à quelques Oficiers pour leur subsistance , de pain, de vin , de viande. LIVRER» »■ a. C Tradere. j Mettre une chose en la possession. (Livrer une place aux ennemis. Abl. Arr. I. r. Sa destinée l’a livré à ses ennemis. Vaug.Quint. I. 5.) f LIVRER bataille , livrer un combat. C’est donner bataille , donner un combat. f LIVRER , s’emploïe en d’autres sens dans le stile familier. ( Je vous livre cet homme ruiné dans peu de rems, je vous le livre marié avant un mois.) C’est- à-dire, je vous assure qu’il sera ruiné, qu’il fera marié, &c. Je vous livrerai cet homme piez & poings liez ; c'est-à-dire , je vous répons de lui, il fera tout ce que vous voudrez. Se livrer , v. r. [ Se dederc. ] Se donner. Se rendre en la possession de quelcun. Se rendre à quelcun. ( Elle se livra toute entiere. Lc Comte de Buste, ) (st Racine, dans son Andromaque , aH. 1. sc. 1. Puisqu’après tant d’éforts ma reststance est vaine, Je me livre en aveugle au destin qui m’entraîne J'aime , je viens chercher Bermione en ces lieux , La fléchir , l’enlever , ou mourir à ses yeux. LIVRET, f W. [ Libellas. J Un petit livre. LOC 3 49 LIVRET. [ Abacus Pytagora. J Terme de Maître écrivain , qui enseigne l’Àritmétique. Ils apellent ainsi ce que les Mathématiciens apellent Table Pitago- rique. Ce livret contient la multiplication des premiers nombres les uns par les autres, & va pour le moins, jusques à dix. f LEZARDES, f. f. Toiles qui se fabriquent au Caire. Ces sortes de toiles sc tirent auffi d’Alep, où on les nomme Lìzaks. í LIZER, ou ELIZER, V. a. Terme de Manufacture. Lizer une piéce de drap , c’est la tirer par les lisières fur fa largeur afin de la bien étendre, pour en ôter les ribaudures & anguilles, qui font des espèces de faux-plis ou bourlets qui s’y font formez en la faisant fouler, causez par la force des maillets ou pilons qui font tombez deflus. í LAMAS,J.’ m. Espèce de petits chameaux ou moutons du Perou , que les Espagnols apellent Carneros de la terra. Ces animaux ont la tête petite à proportion du corps ; elle tient tout ensemble du cheval & du mouton ; leur lèvre de dessus est fendue comme celle du lièvre ; leur col long & courbé en bas comme les chameaux, & le pied fourchu comme le mouton. Us portent jusqu’à cent pesant, & marchent la tête levée & avec une espèce de gravité, mais jamais on ne peut les faire marcher la nuit ; ils mangent peu & ne boivent jamais. LesLlamas font si dociles & si faciles à dresser , que quand on les charge & qu’il s ont coutume de porter leur fardeau à certains endroits, ils y vont fans conducteurs, & étant déchargez reviennent tout seuls retrouver leur Maître. Sa laine quoi qu’in- férieure à celle de Vigogne, s’emploïe pourtant dans les mêmes manufactures. $ LQ. Sorte de Gaze qui se fabrique à Canton. LOBE, st m. [ Pulmoxis U jecoris fibra. ] Terme S Anatomie , qui se dit en parlant du foie , & du poumon. Les lobes fervent à rendre le mouvement du poumon plus aisé & plus léger. Lobe supérieur. Lobe inférieur. ) LOBE. [ Lobus. ] II se dit auffi du bout de i’oreil- Ic qui est plus gras & plus charnu que le reste. LOBE. [Ala. ] II fe dit des grains , & signifie les deux parties qui composent le corps de certaines graines comme des fèves , des melons , & autres. (st LOBERIE- Vieux mot. C’est tromperie. Aiaia Charrier, dans le Livre des quatre Dames : Bêlas ! mon cueur a tant ouy Veux les paroles Et leurs grans loberies selles. Leurs decevcns blandices molles. Et ailleurs : Et vont les pour es gens lobans , Décevant le monde , U robans. LOCAL , locale, adj. f Local*. ] Terme de Pby- stque & de Palais , qui regarde le lieu. ( Mouvement local. Coutume locale. Ií n’y a point d’autre mouvement local. Descartes. ) •f Droit local. C’est un droit qui fe païe à feutrée de certaines villes ou de certains territoires, à un passage ou à un pont. ( 11 y a beaucoup de droits locaux fùr la rivière de Loire. On dit auffi , mémoire locale , pour fe souvenir de plusieurs choses dificiles à retenir. On dit aussi localement , adv. LOCANDE .{Locanda,condufíitia.) Chambre qu’on lotie. ( Les pauvres gens logent en chambre iocande, parce qu’ils n’ont pas le moïen de louer un aparíement entier. ) L’Académie écrit locante, LOCATAIRE,/, m. & f. llnquilìnus. ) Celui ou celle qui tient à prix d’argent quelque aparté me n t, ou quelque chambre d’un particulier. Celui ou celle qui tient du propriétaire d’une maison & à qui on peut donner congé , si le propriétaire veut ocuper les lieux , si le locataire , ou la locataire mènent une vie scandaleuse , s’ils ne paient point, & s’ils détruisent ou démolissent quelque chose. (Un nouveau locataire. Une nouvelle locataire. ) t LOCATf , st m. [ Rhed.a conduHitia .] Carosse de louage. (Prendre uri locati pour s’aier promener.) LOCATION , /- f- [ Locatio. ] Terme de Jurisprudence. Action par laquelle on donne à ferme. ( L location tacite se fait lorsque le locataire demeure après letems du bail expiré; & alors elle est présumée faite encore pour un an aux mêmes conditions. ) LOCATIVES, tidj.f. [ConduchtnuJ Qui ne fe dit Xx ; qu’en g f f [ Logica , ars cogìtandi. ] Art de conduire fa raison. (La Logique est nécessaire. Il la faut savoir en honnête homme , & non pas en pe A dant. Voïez la logique de Bon. Autrement de Port-Royal , Et comme de seconde on monte en Rhétorique , II fut fait Conseiller en sortant de Logique. Auteur anonime. ) # LOGIQJJE naturelle. C’est un# disposition naturelle à raison- LOI raisonner juste. (Cet homme n’a point étudié , maïs il a une logique naturelle fort sûre. ) LOGIS, s. m. [ Aides, domus. ] On apelle ainsi ttmte maison qui est dans une ville. ( C’est un beau logis. II est venu au logis. II a dîné au logis.) ■Elle fort aujjì-tôt , ffi va faire au logis Le conte du festin , Au jeu , des deux habits . Villiers. ) $ Corps de logis. C’est la partie principale d’un bâtiment. ( Cette maison est composée d’un grand corps de logis entre deux pavillons.) £ Corps de logis, se dit encore d’un petit bâtiment détaché du bâtiment principal. (On a élevé deux petits corps de logis aux ailes. ) f LOGIS garni. C’est une maison meublée, où on loge pour de l’argent. On parle en termes de Guerre d’un Maréchal de Logis. [ Régis cmtuberniì defignator, ou Militaris hojpitii metator. ] Qui a soin de marquer les logis , c’est-à- dire , les maisons où doivent loger des gens de Cour, quand le Roi fait volage , & où les troupes qui sont en marche doivent loger. LOGIS , f. m. [ Diverforium ,flabuhcm. ] II signifie aussi une hòtelerie, une maison où on loge ceux qui font volage. On dit des joueurs de violon qu’ils ne trouvent point de pire logis que le leur. Et d’un fou , qu’il n’y a plus personne au logis. On dit aussi d’un homme qui quitte sa compagnie pour prendre les devants , qu’il va marquer les logis. ,LOGISTIQUE , f f ILogistica. ] Partie de l’Al- gébre , ou espèce d’Arithmétique litérale , qu’on apel- ìe logistique Jpecieuse. LOGOGRIFE, s m. [ Logogrìphus. ] Sorte de si m b oie en paroles énigmatiques. (Expliquer un lo- gogrife. ) LOGOTHE'TE, st m. C etoit un des principaux oficiers de l’Empire Grec. LOI -, st st L Lex. 3 Tout ce qu’à la prière d’un Magistrat , le peuple Romain assemblé dans les formes , ordonnoit pour le bien de la République, ou pour les intérêts des particuliers. Le mot de loi signifie aussi toute sorte de droit écrit. (La loi punit ceux qui tuent les voleurs. Faste. I. 4 . La loi porte qu’il n’est pas permis de tuer. Pastc. I. 1 . La loi des douze tables. La loi Salique fut composée par Pharamond. II y a deux sortes de loix ; la loi particulière , & la commune. La loi particulière est celle qui sert de réglé dans un Etat. La loi commune , ou naturelle , est celle que la raison nous découvre , & qu’il semble que la nature el- îc-même nous ait dictée pour suivre sa loi. Les loix humaines font la vertu de bien des gens. Bayles L’homme vivant dans l’enceinte des Villes Se fait des Gouverneurs, des Magistrats, des Rois, Observe une police-, obéit à des Loix. Despr. fat. ió. ) LOI. [ Praceptum, mandatum .] Ordonnance. Précepte. Commandement. (Jésus-Christ n’est pas venu pour détruire la loi, mais pour l’acomplir. La loi de Moïse. La loi de l’Evangile. Pose. I. 14 . Certains esprits forts en expliquant la Loi Font passer pour chimère un article de foi . Villiers.) LOI diocésaine. Cette loi n’entre point dans la Jurisdiction spirituelle ou temporelle des Evêques j elle émane de leur siégé & de leur caractère , qui les autorise d’exiger des Diocésains une aide & un moïen de subsister & de soutenir les dépenses que les Evêques font obligez de faire en visitant leurs diocèses. Ce droit est apellé par les Auteurs Eclésiastiques, procura- tio ; mais il est apellé dispensa , la dépense de l’Evê- que dans les Capitulaires de Charles lé Chauve. Pro- euratio est le véritable nom qu’on doit lui donner, & il étoit en usage dans le tems de la bonne latinité. Virgile n’a-t-il pas dit, dans le neuvième livre de son Enéide : Quod fuperest lati bene gestes corpora rébus Procurate viri. Les Auteurs de la basse latinité ont donné à ce droit le nom de circada; on le trouve dans la lettre no. de Fulbert, &dans Hincmar. La plupart des Evêques ne se prévalent point de ce droit, quoiqu’autorise par plusieurs Conciles, lesquels, recommandent en même- tems la modération, & défendent les exécutions violentes. Ce droit ne peut être exigé que sor les Curez & Monastères qui sont sujets à la visite. Les décima- teurs en sont exemts. Voiez Hautes erre, liv. 4 . ch. 4 . defes Distert-ations Canoniques. * J’ai rangé sous mes loix une grande partie de l’A- fie. Vaug. Quint . /. 4 . Phiiis, je fuis sous vos loix. Voit. po'éf * Les loix du devoir m’empêchent de vous suivre. Sarafin. po'ij. Les loix du mariage sont plus aisées à violer que celles des filles. Vìll. * II fait de son plaisir une suprême loi. Hejpr. fat. 4 , Mais ne présume pas qu’en te donnant ma foi L’hymen m’ait pour jamais asservi sous ta loi. Delpr. lutrin. ) Les loix de la guerre, f Jura be/li. j Ce sont dê certaines maximes dont les ennemis mêmes conviennent pour faire la guerre. í Bien que les Lois de la guerre permettent au vainqueur de Faire ce quillui plait d’une garnison qui se rend à discrétion, il y a de la lâcheté d’user de tout son pouvoir en pareille occasion. Les loix delaguer- te à cet égard-là sont injustes & cruelles. Polybe de Folard. Tom. 111. Les loix de la nature, f Leges naturœ. ] Les loix du mouvement. Terme de Phijique. Descartes a établi sept loix du mouvement. LOI. £ Dominatìo. ] Domination , maniéré hautaine. ( C’est Un homme qui veut faire la loi à tout le- monde. ) f Recevoir la loi de quelcun. C’est se soumettre à ses volontez. On dit aussi subir la loi. ( Ils furent obligez de subir la loi du vainqueur. ) LOI. En termes de Monoie. Se dit du vrai titre ou carat où elles doivent être fabriquées. A Denier de loi , ou denier de fin. C’est • celui qui tire fa valeur du prix que le Prince donne par fa loi óu son Ordonnance au marc d’or où d’argent, pour être emploie en espèces ; ou pour mieux dire , cette partie du marc d’argent sor quoi s’évaluê le titre ou 1 e fin d’une espèce , soit d’argent, soit de billon. Nécessité n’a point de loi. [ Nécessitai non habet le- gem.2 Proverbe , qui veut dire , que quand on est dans une nécessité extrême, on n’est pas sujet à la loi. î Homme de loi, s. m. ( Juris 0? leguin peritm. 3 Jurisconsulte , homme qui fait profession de savoir les loix. f Gens de loi. On apellé ainsi les Docteurs de la loi Mahométane. f LOI du plus fort. C’est la puissance que le plus fort exerce furie plus foible. ( C’est la loi du plus fort qui sort de réglé à la plupart des Princes. Les conquérans n’ecoutent que la loi du plus fort. ) f Ville de loi. Terme de ManufaHure. C’est une ville où il y a Communauté , Aprentissage & Maîtrise de quelques fabriques d’étofes. LOÏAL , locale , ádj. f Fi dus , fidelis , probus. 3 Fidèle. Le mot de local est un peu vieux dans l’usagë ordinaire , & il a plus de cours dans le burlesqu e quô dans le sérieux. Elle se moquoit de ma loïale amie. Voit. I. 57 . Cœur ferme & loïal. Voit. po’èf. ) LOïAL , locale. [ Genuinm , legitimus. 3 Ce mot se dit du vin & de quelque autre marchandise, & signifie, qui est tel qu’il doit être pour être vendu. Vin loïal & marchand. ) LOÏAL, locale. [ Docilis. 3 Ce.mot se dit des chevaux de manège. ( Cheval loïal ; c’est celui qui obéît de toute sa force , & qui ne se défend point, quoi- qu’on le maltraite. ) LOYALEMENT, adv. [ Fidè, fidéliser.^ 3 Fidèlement, mais il ne se dit pas si souvent qUe fidèlement. ( Servir loïalement. Vendre loïalement.) LOYAUTE' , f f [ Vides, fidélisas. ~] Ce mot signifie fidélité, mais il ne sc dit pas si ordinairement que ' fidélité , & il semble qu’il vieillit. ( La perfide se moque de ma loïauté. ) LOïER, f m. [ Pramium, merces. 3 Ce mot figni- fie prix & récompense , & est plus en usage en vers qu’en prose. (. Quelque heureux faquin Qui póur digne loïcr de la bible éclaircie , Té paie en s acceptant, d’un , je vous remercie Despr- fat. ) f LOÏER. 3 5 2 LOI ± LOÏER. Terme de Marine. Le loïer d’un matelot, c’est son païement suivant la convention. LOïER. C/W] Châtiment. Seroit-ce la raison qu’une même folie n’eût pas meme loïer. Mal. P<"JO M r nïPR s m ì Pretium location*. ] Prix qu on donne pouïie louage d’une chose (Prendre a loïer un jardin, des vignes, une maison. Donner a un pàïfan des vaches à loïer. ) r . LOIN j adv. [ Longe , procul. ] Ce mot sert a marquer quelque éloignement & quelque distance. ( S’enfuir fort loin. II est loin d’ici. Nous sommes de loin. ) r loin. C Procul. ] Ce mot est quelquefois une préposition , & il régit un cas. ) Loin des yeux , loin du cœur. Proverbe. 11 est loin de sa maîtresse. Près de l’Eglisc, loin de Dieu. Prov. ) LOIN. Ce mot le dit quelquefois au lieu de éloigné. ( Loin d’espérances de craintes , J’avois de moins rudes ateintes ; Voit. poës. ) On n’est pas loin d’aîmer quand on est bien persuade d’être aimé. Le Comte de Bujjì. ) f * II ne le portera pas loin. s Brevi panas dabit. J C’est-à-dire : il sera bientôt puni. LOIN. [ Longé ut. J Ce mot est quelquefois une conjonction , & se met au lieu de la conjonction bien loin ; mais en ce sens , il n’est en usage qu’en vers. ( Loin de lui rien comparer , Le monde le doit adorer. La Suze. Clìmene prude U sage , Haissoit tant les badins , Que le moindre badinage Lui caufoit mille chagrins ; Mais je badine avec elle Et loin de la ehagriner J’ai Jt bien fait que la belle Voudroit toûjours badiner. ) Au loin. C’est-à-dire , dans des lieux reculez. (II «st allé voïager au loin. Les renards ne mangent pas les poules de leurs voisins, ils vont chasser au loin, Acad. l'r . C’eJÎ un petit village ou plutôt un hameau Bâti fur le penchant d’un long rang de collines D’où l’œil s’égare au loin dans les plaines voisines. Despr. ép. 8- ) LOIN à loin , adv. s Lan go intervallo. 3 Dans une distance considérable. ( Plaser les colonnes loin à loin. Abl. Or est un monofilabe dont il ne faut user que de loin à loin. Vaug. rem. ) De loin à loin , adv. [ Longis intervalle. ] II signifie aussi dans un espace de tems considérable. ( Tous les secours qu’on a tirez des Eclésiastiques pour les besoins du Royaume, ne sont tirez que de loin à loin. Patru, œuvres diverses , p. 8i°- ) De loin , adv. [ Eminus. ] Mot qui sert à marquer quelque éloignement. (Apercevoir une chose de loin.) Bien loin de. [ Tantum abefì ut. ] Sorte de conjonction , qui veut dire au lieu de. ( Bien loin de le fréquenter, vous dévriez fuir fa compagnie,, parcs qu’il est en mauvaise odeur dans le monde. S. Cir. Bien loin d’attenter à fa pudicité, il n’y eut sorte de soin qu’il n’aportât afin. Vaug. Quint. /. ;. e. 12.) Je vous vois venir de loin. [ Sermonem tuum prafen - íio.] C’est-à-dire , ]e me doute de ce que vous me voulez dire. Ce Prédicateur ira loin. [ In majus fortunam amplu ficabit. j C’est-àdire, qu’il acquerera tine grande réputation. II ne voit pas plus loin que sonnez . [Nihil videt nijî quod ante pedes .] Fout dire, qu’un homme a la vuë courte. II n’ira pas loin. [Mors illi imsninet.J Pour dire, qu’il mourra bientôt. Pas à pas en va bien loin. Loin d’iti, profanes retirez-veus. [ Procul ejiote pro~ pbani. ) La jeunesse revient de bien loin. [ Pene ab orco revo- eatur juventus. ] On le dit d’un jeune homme fort ma- , j. *"• l n-etejjus. j ierme clé Vetnu „ c . le + T^i g » ncd ’ un . tab f eau - (Le loin d’un tab! ' -, p TAIN, lointaine , adj. f Longïnquus , tus. J] Ce mot signifie éloigné, mais on ne s’en si fort frequemment dans l’usige ordinaire. On dit elotgne que inmtain. (Les pà lointains. LOM . De la nous font venus Tant d’arbres excélens autrefois inconnus , Ou qui ne Je plaifoient qu’aux plus lointaines terres , Perr. épit. à la Quintinie. ) LOINTAIN , f m. [ReceJJus. ] Terme de Peinture. Eloignement d’un tableau. Ce qui paroît le plus loin delavûë. (Onvoit dans le lointain de ce tableau plusieurs petites figures. ) LOIR -, f m ' C Gli *. 3 Sorte de petit animal qui durant tout l’hiver dort, se repose, & s’engraisse dans le cœur d’un arbre. Hale museau & les oreilles aiguës , la queuë grande, le ventre un peu gros, & les cotez d’une couleur qui tire sor la couleur de cendre, & qui quelquefois est rougeâtre. 11 vit de glans & de noix. II nourrit son père & fa mère , lorfqu’ils font vieux, & qu’ils ne peuvent plus chercher de quoi vivre. La graisse de loir fait dormir , lorfqu’on en frète la plante des piés. On dit même que ses excrèmens guérissent de la gravelle quand on les boit dans quelque sorte de liqueur que ce soit: Voïez JonJìon. On l’apelle aussi Rat des Alpes. LOIRE , f f [ Ligeri î. ] Un des plus grands fleuves de France , qui commence à porter de grands bateaux à Roanne, de-là passe à Nevers, Orléans, Blois, Tours, Saumur, & se jette dans la mer à sept ou huit lieues au-dessous de Nantes. ( Que le cours de ses ans dure autant que le cours De la Seine U de la Loire, Qu il régne ce héros , qu’il triomphe toujours , Qu’il vive autant quefa gloire. Racine , Idylle fur la paix. ) LOISER , v. n. [ Pralucere. 3 Terme de Marine , qui veut dire , éclairer. Ce verbe étoit encore en usage du tems de Montagne qui s’en est servi. LOISIBLE , adj. [ Licitus. J Mot qui n’est plus en usage, parce qu’il est trop vieux. Vaug. rem. II lignifie , qu’il est permis. (Cela n’est pas loisible. Choie loisible. ) II a vieilli; mais on le trouve pourtant dans de bons Auteurs. Lorsque ce mot se trouve devant un Verbe qu’il gouverne, il régit l’infinitif avec la particule de. ( II est loisible de prendre des étofes au Levant, mais non pas de s’y faire circoncire. BalJ'ac , œuvres diverses , difc. 7. ) LOISIR , f w, [ Otium. ) Prononcez loisi. C’est le tems qu’on est débarassé d’afàires, & qu’on ne fait rien. (Avoir du loisir. Je n’ai aucun loisir. L’aniour est Pensant du loisir. Corn. Jouissons doucement d’ua heureux loisir. Saint Evrem. Là dans le seul loisir que Tbánis t’a laissé, Tu me verras souvent à te suivre empresse. Despr. épit. 6 . ) Auguste donna a Virgile un honnête loisir; c’est-àdire , lui donna de quoi vivre , afin de ne plus songer à autre chose qu’à faire des vers. ) f * On dit proverbialement d’un homme fort ocupé, il n’a pas le loisir de se moucher. C Cui nullum ejl abs re sua otium. ] A loisir , adv. [ Tranquille , otiesè. 3 Tout à fou aise & fans se presser. ( On ne fait rien qui vaille , lorfqu’on ne travaille pas à loisir. ) LOMBAIRES , adj. [Lumbares. 3 Terme à’A- natomie. Rameaux de l’artére , aorte décendante qui porte le sang aux muscles des lombes. 11 y a aussi des veines lombaires. íLOMBARD, f m. On a pendant long.tems donné en France le nom de Lombards aux Marchands Italiens qui venoienty trafiquer, particulièrement aux Génois & aux Vénitiens. Le nom de Lombard devint ensuite injurieux, & il ne signifia plus qu’un Marchand qui faisoit un commerce usuraire. E LOMBARD- On apelle ainsi à Amsterdam , un» maison où tous ceux qui sont pressez d’argent en peuvent trouver à emprunter fur des efets qu’ils y laissent pour gages. On y reçoit des joyaux , des meubles, des bardes, fur quoi on prête de Purgent. On ne donne sor les efets que les deux tiers de leur valeur, & on délivre en même tems un billet qui porte l’inte- rêt qu’on en doit pai'er , & le tems auquel le gage doit se retirer. Quand ce tems est passé, le gage est vendu au plus ofrant & dernier enchérisseur, & le surplus, le prêt & l’interêt préalablement pris, est rendu a» propriétaire. î LOMBART, f. m. On donne ce nom à une des «ìoïennes sortes de papier propre à l’impression. LOM- LON Ì.OMEES , s. »r. t Lumbi. ] Terme à’Anatomie, Partie de l’épine, composée des cinq plus grandes vertèbres , située entre le dos & l’os sacrum. Deg. pag, 114. ) . LOMBlS , s. m. [ Cocblea rubicunda . 3 Terme de Rocailleur. Grosse coquille vermeille. , , LOMBRICAL, adj. [ Vermiformis. ] Epithetè que les Anatomistes donnent à quatre muscles qui Font mouvoir les doigts de la Main, & qu’on apelle aussi vermìformes, L’ON- Sorte dé particule. Voiëz. On. t LON la la. Sorte de mot qui entre dáns les chansons à danser. f En chantant Ion la la , il vous quittera là. Buffr. LONCHÍTE , st m. [ Lmcbltk. ]_ Plante semblable à la fougère, & qui ne porte point de fleurs. fLONCLOATH- Toiles de coton blanches ou bleues, qu’on tire de la côte de Coroniartdel. LÔNDRE, f m. [ Triremis crajjìor. ] Vaisseau de bas bord en façon de galère -, mais plus matériel & plus pésant à la rame. f LONDRES , st m. Espèce de draps de laine destinez pour le Commerce du Levant, qui se manufacturent en Languedoc & en d’autres Provinces de France. JLONDRINS, / m. Draps de laine qui se fabriquent dans les mêmes Provinces que les Londres , & qu’on envoie dans les Echelles du Levant. Ces draps ont pris leur nom de la Ville de Londres , les Anglois a tant été long-tems avant les François en possession du Négoce de draperie en Levant. Ainsi on peut dire que les Anglois font les inventeurs des draps, & que les François en font les imitateurs. LONG , longue , adj. [Longue. ] Qui a de la longueur. Chemin fort long. Les lieues d’AIemagne font plus longues que celles de France. Avoir quinze toises de long fur neuf de large. ) ch LONG-COURS. On apelle volages de long-cours, ceux que les vaisseaux marchands font au-dela de la Ligne. * LONG, longue. [ Lentus , t ardus. ] .Qui tardé beaucoup. Qui est long-tems à faire quelque chose. ( O’est un homme fort long; ) Lorsqu’il est suivi d’un verbe, il le régit à l’infinitif avec la particule a. Les ouvriers font ordinairement longs à travailler; mais souvent on est plus long à les p aïe r qu’ils ne font longs à faire. 1 Lorsqu’il est acompagné du verbe être pris personnellement, il veut le verbe qu’ií régit, à l’in- finitifavec la particule de (II seroit tróp long dé reprendre cela dès le tems d’Apollon. Abl. Luc. dial. du coq. ) Mais lorsque le mot long est suivi d’un nom, il veut après foi la préposition en , ou dans. ( C’est un homhie fort long en tout ce qu’il fait; II a été long dans son discours. ) * LONG, longue. [ Diuturnns. ] Qui dure long- tems. Qui dure beaucoup. ( Longs regrets. Voit. po'ês. Longue absence. Abl. Apredinée fort longue. Mol. LONG-jOINTE', long-jointee adj. Ce mot se dit des chevaux, & ne se dit guere qu’au masculin. C’est-à- dire, qui ale paturon long, enfilé & pliant. (Votre cheval est long-jointé. ) Court-jointé est le contraire. Le long. s Secundum. 3 Préposition qui régit le génitif. (L'une des branches d u Rhin se va rendre dans la Meuse le long des Gaules fous le nom de Wahal. Abl. Tac. Arr. I. 2 . Nations qui habitent le long du Danube. Abl. Arr .) De son long , tout de son long , adv. [Toto corpore prostratus.2 Tdut étendu; (IÍ est couché tout de íòn long. ) Au long, toutaulong, adv. [Pluribus verbis, copiosèd} D’urte maniéré prolixe. D’une façon difufe. (Expliquer une chose fort au long, Abl. ) De long , adj. [Veste talari indutus est.] (II est vêtu de long. ) De long, adv. [Longus.2 Dé longueur. ( Robe qui porte cinq quartiers de long. ) LONGUE main. [Vêtus est inter nés amicitia.2 Nous fious connoissons de lònguè main. Tirer de long. [ Procrastinare. ] C’est chicaner pour une chose, èn aiférër l’exécution. II en a eu tout du long de Faune , ou du long U du large. [ Probè admodunt vexatus fuit. ] Quand on veut dire qu’un hómme a été bièri maltraité. IIfait le court [f le long de Fafaire. [Remappri- mè b prìmitiùí novitjj Pour dire* qu’un homme entend LON 3 5î une a faire à fond-,& qu’il en pénétre toutes ìes dificultez; C’est du pain bien long. [ Ars longa.2 Lorsqu’on pari» d’une chose qui demande beaucoup de tems. Vous nous donnez le Carême bien long. j[ tn longum pròtrabit.2 torfqu’on prend un long terme. LONGANIME, adj. [Longanìmus.2 Celui qu* suporte toutes fortes d’ofenses long-tems, & fans s’ir- riter. (Or? doute de l’usage de ce mot, aúi n’est point dans l’Académie. ) LONGANIMITE', f. f. [ Longanímitasi, aquàmens .j Patience qui vient de bonté & de grandeur d’anie. ( Ce Prince n’a difere si long-tems la punition qui étoit dûë à ce crime, que.par pure longanimité. Acad. Fr.) LONG È,f f. [Lorum, hàbena.2 Bande de cuir qu’on atache àl’áneaú du licou. ( Longe rompue. ) LONGÉ de veau. [Lumbús vitulinus,2 Partie dtt quartier de derrière d’un veau. (Manger d’une longé de veau de rivière en ragoût. ) ^LONGES. Terme de Carrier, Ge font des moiëns cordages avec lesquels les Carriers font des anses aux mannes ou panniers d’osier dont ils se servent pour vui- der les trous, quand ils ouvrent une nouvelle carrière. C’est à ces longes que s’acroche le crochet du cableau. LONGER «a chemin, f Reclo tramite fugere. J Termë de Chaste. Qui se dit des bêtes qui vont d’assuranee, ou qui fuient. ( Bête qui longe le chemin. Sal. ) LONGIMETRIE , f f .. [ Longimetria. j Art de mesurer des longueurs accessibles & inaccessibles. C’est une partie de la Trigonométrie. LONGIS , f m. Terme Populaire , qui se dit des gens froids & paresseux, qui font longs à faire tout ce qu’ils entreprennent. ( Vous êtes un lóngïs. ) LONGITtJDE } f f. [ Longitudo. 3 Terme de Géo» graphie. L’éloignement d’un lieu à l’égard de là ligne du prémier Méridien en alant vers l’Orient. (Compter les longitudes. ) On a trouvé les longitudes pair lé moïén lé plus sûr & le plus court dont se servent aujourd’hui les Astronomes, c’est par observation des Eclipses des Satellites de Jupiter, qui font très-fré- queiites, & en très-grand nombre , parce qu’il y en a plus de treize cens par an. ( Cette ville est située à ; vingt-six degrez de longitude, & quarante-six de latitude. ) On dit aussi en termes á’Ajìronomie. La longitude d’une étoile, & c’est l’arc'de l’Ecliptique, à compter des le premier degré du Belier jusques à l’en- droit où le cercle de latitude de cette étoile coupé l’Ecliptique. LONGPAN, f. [ Canterius oblongior. ] Terme de Charpenterie. Le plus long côté d’un comble qui a environ le double de fa largeur. LONGUE , f f. [ Nota produHa, J Terme de Mu- stque. C’est une note blanche figurée par un quarré avec une queue qui vaut le tiers d’une maxime, ou de quatre mesures. On dit aussi sillabe longue. A la longue , adv. f Diurturnitate temporis. J Avec le temps. ( A la longue elle ésperoit de tirer de grands avantages. Bujst. II est dificile qu’une haute élévation a la longue se soutienne. Dejpr. Longin. ) De longue. Cet adverbe ne se dit guere qu’il né soit acompagné du mot tirer, ou aller, & alors il signifie : Avancer , gagner pais. [ Abire , difeedere. ] Ge mot est hors d’usage. ( II tire de longue ., f Progreditur. 3 11 commence à aller de longue , c’est-à-dire, à faire du chemin & avancer. Vaug. rem. ) f LONGUEMENT, adv. [ Diù , longo tempore. ] Durant un long-tems. ( II a vécu longuement. ) f LONGUET, longuette , adj. [ Longïusculw. 3 Un peu long. Sermon longuet. LONGUETTE, s. f. Pétrit livre couvert de basane ' que vendent les Merciers de Paris, & dont se servent les petits enfans qui commencent à aller à l’école; LONGUEUR, s. f. [ Longitudo. 2 Espace où étendue ’ qu’il y a depuis l’un des bòuts d’une chose jusques à l’autre. Chose qui a une longueur considérable. (Ils n’aprehendoient pas tant les blessures que la Icíngueuc du chemin. Abl. Tác. An. I. 2 .) f Epée de longueur. C’est tmé épée de défense & d’une juste lohgueuf. f LONGUEUR, se dit en terme de Marine. Longueur d’un cable , c’est six-vingts brasses de long , qui est la plùs grande longueur des cables. ( L’ennemi s’apro- cha de nôtre vaisseau à la longueur d’un cable. f LONGUEUR de l’étrave à l’étambord. C’est la distance en ligne droite qu’il peut y avoir de l’un á l’autre. Tome U, Y y #lon- 554 IOR $ LONGUEUR de la quille portant sur te™ 5 - la longueur de la quille en ligne droite . c est dans la construction ce qui porte fur les tins. LONGUEUR. [ Diuturnitas. ] Tems que dure une chose. ( La longueur du siège en faisoit attendre une mauvaise issue. P"vit* t* 74* longueur de ía maia- die le chag rinoit. Abl. L’ejpoir d’un jufie gain confiant ma langueur, Pourrait de ton absence adoucir la longueur. Despr. Lutr. ) * Tirer en longueur, s ïn longum trahere. 3 C’est- à-dire , qu’il se passera beaucoup de tems avant qu’on voie la fin de la chose qui tire en longueur. Vaug. rem. 4 Tirer la guerre en longueur. Abl. Arr. ) * Aller en longueur. [ Moras neHere. ] C’est tirer en longueur. ( L’afaire tire , ou va en longueur. ) Marquer les longueurs d’une jupe. Terme de Tailleur. LONGUIS , f. m. Tafetas des Indes à carreaux. LOOCH . f m. [ LinFius. ] Terme de Pharmacie. C’est une composition d’une coniìstence entre celle du sirop , & celle des électuaires mois, destinée pour les maladies de poumon. Ce mot est Arabe. LOOM, f tn. [ Loomus avis. J Sorte d’oiseau de rivière des pais Septentrionaux. II a le bec court & pointu, les piez fort courts, & pour cela il ne peut marcher fur terre , de forte qu’il vole , ou nage toujours. Voïez la Laponie de Schefer. LOPIN ,/»*.[ Frujlum. ] Mot populaire , qui vient du Latin lopus. ) On dit en fa place , morceau , piéce. On apelle lopin , une partie coupée de la piéce entière. (Un gros ou petit lopin de pain , on diroit un gros morceau de pain, une piéce de pain. De là vient hapelopin , qui atrape ce qu’il peut dans les cuisines. Acad. Fr. ) H- LOPIN , signifie austi portion. (II a eu un bon lopin de cette succession. II a emporté un bon lopin de ce bien. ) LOPPE i / / C Scoria. ] Pomey dit que c’est la crasse du métail. LOQUE ì f/• [ PannuS' détritus. ] Pièces,morceaux , ainsi l’on dit d’un vieil habit fort usé, qu’il «’en va en loques , pour dire en pièces. Acad. Fr. LOQUET, f- m. £ Pejsulus versatìlis. ] Fer plat & délié ataché par dehors un peu au-dessus de la serrure d’une porte, composé d’un batant & d’un crampon, servant à fermer & à ouvrir la porte , lorfqu’elle n’est pas fermée à la clé. ( La porte n’est fermée qu’au loquet. Ainjt lorsqu’une fille en intrigue galante A Pamant qui s’impatiente Laijse de nuit ouverts U verroux [fi loquet, S’il fait que la mere ou la tante Nesoit point dans la chambre, il sf glisse en secret. Le Noble. ) LOQUET. [ Pejsulus nautìcw. ] Terme de Mer. Ce font des barres pour fermer les écoutilles, cabannes, & choses semblables. Fourn. LOQUETEAU, s. m. [Pejsulus elatorius. ] Loquet qu’on met dans un lieu où l’on ne peut commodément ateindre avec la main, qui s’ouvre avec un cordon & fe rabaisse par un ressort qui le renvoie. (On se sert de loqueteau pour fermer les volets & contrevents des fenêtres. ) LOQUETEUX, EUSE , adj. £ Pannofus. ] Pauvre. Déchiré, dont les habits pendent en loques. ( Ce n’est qu’un pauvre loqueteux. ) LOQUETTE, f /• Diminutif de loque. £ Frujìu- lum. ] Petite piéce. Petit morceau. ( Une loquette de morue. Ce mot est bas. Acad. Fr. ) - t LORGNER, v. a. f Oculis obliquis afiicere. 3 Regarder fixement & de travers. ( Plus je la lorgné , ® Mus je la trouve jolie. ) i$ LORGNER ne signifie point regarder de travers ; ce qui convient mieux à un homme en colere, qu’à vcH,í e dnL h r‘?l qui re § arde filment, mais avec des plaire • L^n^àz tnm femme qui commence à lui I éscns onre^T P ? S a P erqû de °®ux qui font s’est tromoé forrn? r C T de rœil - Le P. Là à ou^^ il dit que à- LOT Ménage croît que lorgner est un diminutif de lorìner , qui signifie dans la basse Normandie notre lorgner. Mais il y a plus d’aparence de le tirer de , dont les Auteurs dans la basse latinité ont fait lardis , qui signifie un homme qui a le dos rond, & qui baisse la tête ; lordicare , dans Mr. du Cange, c’est marcher la tète baissée , ainsi lorgner peut dériver de lordicare , parce qu’on regarde en quelque maniéré de côté & de travers, une personne. f LORGNETTE, / /. Petite lunette dont se servent ceux qui ont la vue courte pour distinguer les objets. ( 11 ne sauroit voir sans lorgnette. ) Ce terme ne s’emploïe que danslestile familier. LORIOT ,s m. [ Galbulm. ] Oiseau de couleur jaune tirant sur le vèrd, & grand comme un merle. ( Le loriot vit dans les bois & fréquente le bord des ruisseaux. Bel. I. 6. ) LORMIER, s m. £ Minuti operis ferrarii faberl] Titre que les Epronniers prennent dans leurs lettres de maîtrise, & qui signifie qui travaille en petites choses de fer. Le mot de Larmier ne fe dit point dans le monde. f On apelle Lormerie , tous les diferens ouvrages que forgent & vendent les Maîtres Epronniers, comme mords, éprens, cavessons, étriers, cavesines, filets & autres choses servant aux brides & harnois des chevaux , soit de selle, de caresse ou de charois, soit des autres animaux propres à la monture ou au tirage. II vient beaucoup de cette Lormerie de Normandie , mais le bel ouvrage ne fe fait que par les Maîtres Epronniers de Paris. LORRE', adj. £ Pinnatm. ] Terme de Blason, qui signifie les nageoires des poissons suivant les anciens heraults. Dauphin couronné d’or lorré de gueules. t LORS , adv. [ Tune. ] Ce mot est vieux , & en fa place on dit alors. (Je perdis lors le titre de vainqueur; il faut dire, je perdis alors. Vaug. rem. On dit pour lors , deslors , alors. ) LORSQUE. [ Cum, quando. J Sorte de conjonction, qui lignifie , quand, dans le tems que, qui régit l’in- dicatif. Lorsque vous êtes devant les médians, mettez un frein à votre langue, Et le moindre entretien de la beauté qu'on aime, Lorfqu’il ejl défendu devient grâce suprême. Mol. fâch. ) t LOS ,s. m. [ Laus. 3 Vieux mot, qui signifie louange, & qui n’est proprement en usage que dans le burlesque. ( La pru-d’hommie excite au los ma chale- mie. S. Amant. Votre los le portera dans terres étranges. Voit. pots. Vendôme consentez au los que j’en attens, Faìtes-tnoi triompher de l’envie U du tems. La Font. ) Si vous voulez, à pa'ier ce fera Quand votre los b renom finira. Mar. ) LOSANGE , f. fi [ Rhonibus. ] Piéce de verre dont on fait les panneaux de vitres, & qui finit en pointe par haut & par bas. (Une losange rompue. La losange a la figure d’un rhombe. ) LOSANGE de couverture. [Qu a dr a teclorìœ plumbeœ. ] Tables de plomb disposées diagonalement & jointes à couture pour couvrir la flèche d’un clocher. LOSANGE. £ Tejfellascutaria. 3 Terme de Blason. Figure en losange qu’on porte dans. l’écu, & qui lignifie, constance, sagesse & justice. ( Porter de gueule* à trois losanges. Col. ) LOSANGE', losangée, adj. [Tessellatus. 3 Terme de Blason. Qui a des losanges dans l’écu de ses armes. ( II porte losange' d’argent & de gueules. Col. ) Voïez maille. sjf Les filles portent! es armes de leur pere, fans autre diference que celle de l’écusson qui est en losange, dont l’étimologie a embarasséceux qui ont écrit de l’art héraldique. Les uns le dérivent du GrecAo^àf qui signifie oblique , de biais, parce que les losanges font un quarté posé de biais ct fur un des angles. Pi* thon a eu la même pensée : mais il veut que losange soit dit à luxagine, parce que c’est un quarré luxé de sa droite quarrure. Voïez Pithoeana. Le P. Ménétrier dans son Traité de l’origine des armoiries, ch. r8- dit qu’il y a plus d’aparence que „ c’est des ardoises & des autres LOT „ autres pierres coupées à angles aigus, dont on se „ sert pour le parquetage, que ce ternie a été formé, „ puisque ces pièces font nommées tozesén plusieurs „ Provinces du Roïaume : les Italiens les apellent „ lozel , & les Espagnols lozal. L’assemblage de ces „ lozes s’est dit lofé Sclojangé; & de ce nom on a fait „ insensiblement celui de losange. " Voiez Ménage. fff LOSANGER. Vieux mot, qui , selon Pafquier, íîgnifioit tromper, & il le dérive de lusingare. Alain Charriera dit dans ce sens: Amours est cruel lozangier. Mais ordinairement lojanger signifie louer, Le Roman de la Rose : Maint preudhomme ont defalouez. Les lofangeurs par leurs losanges, LOT, st m. C Pars,portio. ] La part & portion de l’un des cohéritiers. Portion. ( Le meilleur lot lui est échu. Avoir le gros lot, ou ie petit lot. La cboj'e ainsi réglée, on composta trois lots. En t un les maisons de bouteille, Les buffets, dr estez fous la treille, La vaisteìle d’argent, les cuvettes, les brocs. La Font. ) LOT. [S I e 2 c 6 LOU T C sçai (dît Mr. Gostar dans son Apologie* jWf L S nue les louanges que nous donnons nous-me- mésaux productions de notre esprit, nous privent de celles des autres qu’un Auteur qui commence le nremier à s’aplaudir, est sujet a n etre pas seconde & à perdre l’aprobation des honnêtes gens. Quicon- aue se vante indiscrètement de ses bonnes qualitez, leur ôte leur prix & leur agrément ; L d aimables qu’elles étoient, les rend odieuses & importunes. " L’esprit humain a une certaine noblesse , & une ' certaine hauteur naturellement ennemie de la iu- ” periorité que l’on veut usurper sur lui : dela vient ” qu’il releve volontiers ceux qui s’abaissent & qui le ’ soumettent, & qu’auffi-tôt qu’il n’a plus d emula- ,, tion & de jalousie , il fait succéder en leur place l’humanité , la coutoisie & la sincérité d un venta- „ ble témoignage. Au contraire, nous prenons a ta- ,, che d’humilier un orgueil qui nous est injurieux , & d’abatre la présomption d’un superbe , qui en le faisant plus grand qu’il n’est, nous fait paroître plus petits que nous ne sommes, & semble nous fouler aux pies, & nous marcher fur la tête. ”11 y a pour tant une maniéré ingénieuse de se louer soi-même. En voici un exemple dans cette épitaphe que Malherbe lit pour un vieux Gentilhomme : N’attens , passant , que de ma gloire Je te fajfe une longue histoire Pleine de langage indiscret » Qui se loue , irrite l’envie : Juge de moi par le regret Qu’eut la mort de m’ôter la vie » LOUIS , s m. C Ludovicm. ] Nom d’hommc. (Louis douzième fut excommunié par le Pape Jules second. Saint Louis est votre Patron , Louis le Grand en est un autre , Au gré de bien des gens pour les moins uujjì bon. Deshoul. ) LOUIS. [ Nummw aureus, ] Pièce d’or qui vaut présentement trente quatre liv. qui a pour Legende Lu. dovicus XV. avec la figuré du Roi couronné de lauriers. II y a des Louis blancs ou d’argent qui valent six francs. Gratis esì mort , plus d.’amour , fans parler ' En beaux louis se content les fleurettes. La Font. ) f Ordre de S. Louis. Louis XIV. institua cet Ordre militaire en 1695. pour les Oficiers qui ont servi avec distinction fur mer ou fur terre. Le Roi en est le Grand-Maître. LOúlSE, /. f. [ Ludovica. ] Nom de femme. (Hen. ri 111 . épousa Mademoiselle Lotisse de Vaudemont qui fut une très vertueuse Princesse. VoïeZ Brantôme.) $ I.OûISON, f m. [ Ludovicus. J Nom de jaune garçon. Petit Louis. (Loiiison est devenu grand en peu de tcms. f LOûlSON, f f. Z Ludovica. ] Nom de jeune fille qui veut dire, petice Louije. (Loiiison est fort jolie.) f LOUNG , f m. Drogue pour peindre en jaune, dont on se sert à la Chine, & en plusieurs lieux des In- des Orientales. LOUP , f m. [ Lupus. ] Animal sauvage qui rel semble à un gros matin. Le loup à les yeux bleus é étincelans, les dents inégales , rondes , aiguës & fer rées, l’ouverture de la gueule grande, & le cou si cour qu’il ne le peut remuer , de sorte que s’il veut regarde de côté, il est obligé de tourner tout le corps. S cervelle , à ce qu’on dit, croît & décroît selon le cour dela lune. Le loup étant dégoûté se purge avec d l’herbe, ou du blé en verd. II mange de la terre glai se qui lui sert quelquefois d’aliment & quelquefois d remede. Lorsque les loups sont fort pressez de la faim us se mangent , à ce qu’on croît , les uns les autres Etant vieux , ils sont blancs, de gris qu’ils étoient dan leur jeunesse. 11s deviennent même, quand ils son Apnn’iuT™ ’ enra 8 ez - Lorfqu’ils sont blesse dans la bo^'#' 18 ^’ " fêtent leur sang en se veautran • ■■■11 n ' ^ vont a la chasse sor le soir durant le brouillards - & loifqu’ils sont obligez de passe quel que fleuve a la nage , ils le traversent à la file sc me nant avec les dents parla queue, de peur que Peau u LOÚ îes entraîne. Il n’y a point de loûps en Angleterre , mais les pars Septentrionnaux en font pleins, & même îls sent plus méchansen ces régions-là qu’aux autres. Ert Laponie ils ataquentles hommes & les femmes en. ceintes, & mangent les petits enfans. Le loup est le plus goulu , le plus carnacier, le plus fin, le plus méfiant des animaux , & celui qui a meilleur nez de tous. Votez Jonston , histoire des animaux , & Salno- ve dela Chaste du loup , chap. 1. 2. (Aller en quête pouf le loup. Sal. Détourner un loup. Sal. Forcer un loup. Ablanc. Lancer un loup. Ablanc. Chasser un loup. Sal. JDe Lìcaon en droite ligne , Decendit autrefois un loup à surtout gris , Loup superbe Zf cruel , loup boucher instgne t Toûiours prêt à croquer quelque pauvre brebis. Le Noble. ) Cet homme a vu le loup. f Rscoclus est.) Pour mat» quer un homme expérimenté dans les a faires, & aguerri. On le dit aussi d’un homme enrhumé. II a mis son parent a la gueule du loup. f In apertum periculum parentem objecit. J C’est-à-dire, il l’a expo» se à un péril évident. II est connu comme le loup gris. [ Ipstus apud orrmes fama est.) Pour dire qu’un homme est extrêmement connu. Ce qui ne se dit que dc ceux de qui l’on peut familièrement dire ce qu’on pense. II est comme le loup qui n’a jamais vàson pere. [Num- quam parentem novìt. ] Cela se dit d’un bâtard , par» ce qu’on croît faussement que les loups par jalousie déchirent celui qui a couvert la louve. La guerre est bien faite quand les loups se mangent. Cela se dit des gens d’une même profession qui se déchirent, & qui plaident les uns contre les autres. Tandis que le loup chie la brebis s’enfuit, f Dumlu - pus cacat fugit ovis. J Pour dire qu’il ne faut point perdre l’ocasion , quand elle sc présenté. Entre chien Zst loup. [ Crepusculo, luce dubià. J C’est- à-dire, fur la brune. * Ce sont au dedans des loups ravijfans. Port-Royal , Nouveau Testament. [ Intrinsecus Junt lupi râpâtes, j C’est-à-dire, ce sont des médians & des scélérats, qui paroissent honnêtes gens. * f La faim fait sortir le loup du bots. Proverbe, f Adigit famés ad laborem.) C’est-à-dire, la nécessité oblige les gens à travailler & à chercher de quoi vivre. f * Enfermer le loup dans la bergerie. Prov. [ /,«- pum ovili condere. J C’est-à-dire, ne pas bien guérir une plaie ou autre mal. Donner les brebis à garder au loup. [ Ovem lupo com - mittere. J Proverbe pour dire , mettre quelque chose entre les mains d’une personne infidèle. Donner la bourse au plus larron. f * Quand on est avec les loups , il fatit hurler. Proverbe. [ Cum lupis ululandum est. ) C’est-à-dire, qu’il faut faire comme ceux avec qui nous sommes en compagnie , pourvu qu’ ils ne fassent rien contre l’honneur, ni contre le bon sens. t * Tenir le loup par les oreilles. [ Auribus luptmt tenere. ] Ce proverbe sc dit de celui qu’on tient em- barassé dans une afaire d’où il aura peine de sc tirer. * Marcher en pas de loup. Prov. [ Sujpenso gradu ire.) C’est marcher doucement en pas de larron , pour surprendre quelcun. t * Quand on parle du loup , on en voit la quettì. Prov. [ Lupus in fabula. ] C’est-à-dire, quand on parle de quelcun , il vient, ou il paroît. f * Qui ft fait brebis , le loup le mange. Prov. [ NU mta fimplicitas doits facile opprimitur.) C’est-à-dire, que quand quelcun montre de la douceur , on prend de là sujet de l’insulter encore d’avantage. f * On le regarde comme un loup gris. Prov. f Molesté fertur. ] C’est-à-dire , on le regarde avec ressentiment , avec chagrin, & comme une personne dont la présence choque & déplaît. LOUP. ZfTriangulus typographicus. ~) Terme de Libraire. Instrument de bois fait en manière de triangle, dont on se sert pour dresser les paquets des livres lorfqu’ils sont cordez. î LOUP. On donne le nom de dent de loup à divers outils ou instrumens d’Artisans , soit par ce qu’en efeC ils sont faits de crocs ou grosses dents de cet animal, fois LOU soit parce qu'iís en ont quelque ressemblance, la dent de loup des Orfèvres & Graveurs, qui est une vraie dent de loup actachée.à un manche de bois, leur sert à polir & brunir leurs ouvrages. LOUP-CERVIER. [Lupus cervarius.] C’est un animal sauvage fort farouche, qui a la vûë trés-bonne & qui ' a été apellé loupcervier parce qu’il ataque les cerfs avec furie. Selon quelques autres , c’est le même que celui qu’on apelle linx. Mais Mr. Perrault en a fait Voir la diférence. LOUP d’etang de mer. s Lucìm pisck. 3 C’est un Poisson gras, & le meilleur de ceux qui entrent aux étangs. II peut être grand d’environ trois coudées.K,à LOUP de mer. [ Lucius nmrimts. ] Poisson qui est semé de taches, qui a le dos blanc & bleu, qui est grand, gras, épais , couvert de moiennes écailles, aïant une grande & longue tête avec une grande ouverture de gueule. LOUP-GAROU. £ Nocíurni lémures. ] On apelle de la forte celui qui est tourmenté d’une efpéce de manie, ou de maladie mélancolique qui lui rend les yeux étin- celans, la langue sèche , le visage afreux & l’obligeà aller roder la nuit autour des cimetières, & à heurler comme un loup. Pline fe moque de ceux qui croient qu’il y a des hommes transformez en loups-garoux. Le P. Ma débranché de l’Oratoire n’attribuë les loups-garoux qu’aux éfets d’une imagination blessée. Voïez la Rech. de la Verité. Ces un vrai loup-garou. C Morofas, aj]>eracdif fiálk. ] C’est une efpéce de fou mélancolique , qui ne veut voir personne. Loup-garou au figuré veut dire aussi , sauvage. Farouche. Afreux. Solitaire. Oui n’aime point à voir les gens. (f On nous traite par tout comme des loups-garoux. Voit. pois. Mari loup- garou. Molière. ' 11 s veulent que leurs femmes vivent comme des loups-garoux. Molière. ) LOUP- C Corruptìus ulcus. ] Ulcère qui vient aux jambes. ( Avoir des loups aux jambes. ) LOUP, la Panthère. £ Lupus. J Constellation méridionale , qu’on apelle aussi bete du Centaure , parce que le Centaure la traverse; * LOUP. £ Lar va, Paropk. j Masqué pour femme, lequel est de velours noir avec une mentonnière. On lui a arraché son loup. ) . f * LOUP- £ AJJìculm rotalk. 3 Petit morceau de lateau boutduquel lesenfansatachent une corde qui est longue d’environ une demie aune , & dont ils fe fervent pour faire tourner dans Pair ce petit morceau, qui faisant un bruit qui a quelque chose du hurlement du loup, a été apellé loup par les enfans. LOUP en terme de Blason , se dit tantôt pajscmt , tantôt courant , tantôt rampant, & ravisant. LOUP- [ Homo komìnì lupus. 3 Figur. se dit des personnes malignes, médisantes , & qui déchirent impi- toiablement les autres. (Les hommes sont des loups les auxuns autres. Puisqu’entre vous humains, vous vivez en Vrais loups, Qn ne me reverra de ma vie avec vousi Mol. ) LOUPE,// C Ganglion, panus. 3 Tumeut ronde faite de diverses humeurs grossières. (11 a une loupe au front. ) LOUPE. [ Vitra convexo convexum. 3 Verre rond , enchâssé en forme de lunettes pour voir les objets. II y a deux sortes de loupes, í'une concave & l’autre convexe. La loupe concave diminué lesobjets, & la lou pe convexe les grossit. LOUPE. [ Gemma infesta.] Ternie àéJouaillier. Ce font des perles ou des pierres précieuses imparfaites. LOUPE dehok. £ Nodus. ] Ce sont des bosses ou gros heuds qui s’élevent fur l’écorce des arbres. H LOUPES. Terme de Momie. Ce sont les briques & carreaux des vieux fourneaux qui ont servi à la fonte de l’or & del’argent. Ces loupes se broient & se concassent , pour en tirer par le moïen du moulin aux la- veures, les particules de ces deux métaux qui peuvent g ’y être attachées. íf LOURCHE- Ancien jeu dont Rabelais a fait mention , & qui semble être la même chose que le trictrac-, car il dit, liv. i. ch. \x. Je pensois au jeu de lourche & trictrac. Voïez le Commentaire , page 145. de t Edition de 1111. tome 1. LOURD , lourde, adj. [ Gravis , ponderosus. ] Pesant , qui marche pefanment. (Cofre lourd. Caisse un LOU 3 57 peulouráe. Les leviers L les moufles élèvent les plus lourds fardeaux. L’or est le plus lourd des métaux. II a le ventre d’un tambour, Ce qui le rend tant soit peu lourd. Voit , poès. Les bœufs , les ânes, les éléfans font des animaux lourds â pesons. £ Segnis, gravis. 3 * LOURD , lourde. £ Tarduí , hshes. 3 Grossier. Quia l’esorit pesant. (Avoir l’esprit lourd. Suivre la muse est une erreur bien lourde. Cotin Menagerie. ) LOURDAUT . y, m. £ Stolidus , bardas , Jlupidus. ] Efpéce de niais & de sot. ( C’est un franc lourd a u t. Que Menalque est sourdant. Ce valet est bien sourdant. C’est un sourdant 4 de village. ) Un lourdaut libéral auprès d’une maîtresse Semble donner t’aumône alors qu'il fait largesse , Et d’une tel contre tems il fait tout ce qu’il fait, Que quand il tâche à plaire , il ofenfe en éfet. Corneille, menteur, act. sc. r. LOURDEMENT, adv. £ Graviter. 3 D’une maniéré pesante & peu adroite. ( J’apuiai lourdement sur le ciseau. Ab!. Luc. ) * LOURDEMENT. £ Stolidè, Jîupidè. 3 Grossièrement. Sotement. < Se tromper sourdement. On fe trompe lourdement quand on ne juge que selon les sens. ) t LOURDERIE , / / Ce mot est du stile familier, & signifie faute contre le bon sens, contre la bienséance. ( -J’ai fait une étrange lourderie, 11 fait tous les jours de nouvelles sourderies. ) LOURDISE, f. f. £ Stupor, tardita ». ] Action de lourdaut. Ce mot est peu en usage, & ne fe trouve point dans l’Aeadémie. H L’Aeadémie dit que cé mot vieillit. LOURE líf C Lyra. 3 Vieux mot qui fignifioit autrefois musette-, & celui qui en joiioit s’apelloit Loureur. LOUTRE,/ / £ Luira. ] Animal amphibie, & à quatre piez , qui a le poil court, épais , tirant fur la couleur de chatégne , la tête & les dents semblables presque aux dents & à îa tête d’un chien de chasse, & la queue ronde, grosse & finissant en pointe. La loutre vit d’herbes & de fruit, & principalement de poissons qu’elle acrape avec beaucoup d’a- dresse. Jonsìon. Loutre sc prend aussi póur un chapeau de loutre. ( Voilà un beau loutre. ) f C’est une' erretir de croire que le poil de loutre , entre dans la composition des chapeaux, mêlée avec celui du castor , comme Furetiere i’a avancé fur dè mauvais mémoires. Les plus habiles Chapeliers conviennent de bonne foi que l'on n’en a jamais emploïé dans la fabrique des chapeaux , & que si l’on donne lé nom de loutre à certains chapeaux , ce n’est que pour les déguiser, & les faire mieux valoir, en imposant au public par un nouveau nom. C’est du castor gras du Canada, & non du loutre engraissé , qui s’em- ploie dans la fabriqué des chapeaux de Castor, en le mêlant avec un tiers de castor maigre .Voïez le Dictionnaire de Savary. LOUVAT1 / m. {Lupœ catulús. 3 Ce mot né s’emploíe que dans le stile burlesque, & veut dire la même chose que louveteau. On dit aussi souvet. {Au bout de quelque tems que MeJJieurs les Louvat* Se virent loups parfaits frians de tuerie. La Font. ) LOUVE,/ / £ Lupa. 3 C’est la femelle dii loup. La Louve ne porte que deux mois, & fait cinq , six ou sept petits qui sont aveugles lorfqu’ils viennent au monde. Elle aime si éperdument ses, louvetaux, qu'elle no les quitte point jusques à ce qu’ils voient clair, & pendant ce tems-là le loup qui a couvert la louve lui apor* te à manger. Chasse du loup , c. 4. ( II pause un peuplm loin , N trouve Cantique & charitable louve , Qui prête ses tetins à deux petits en jans. Le Noble. ) * LOUVE. £ Lupa, fcoriutn. ] Femtnê insatiable dans la débauché. (La plupart des femmes font un peu louves.) * LOtJVE. [Lupa.] Putain. (C’est une franche louve.) LOUVE. [Lupus truéiorius .3 Terme de Maçon. Mor- ceau de fer forgé quarrément, mais plus large en bas qu’ en haut,qu’on engage dans un trou taillé exprès dans * Y y j «ne 358 LOU une pierre, & quia à l’autre bout un anneau par le- quel on l’atache au cable d’une grue pour elever cette ^LOUVE s Cadm utrinque exfundatus. ] Terme de Mer Baril défoncé mis fur 1 une des ecoutilles dans les navires des terres neuves , par lequel passent & tombent les morues lorfqu’elles font habillées. Four. LOUVE. [ Orbiculare rete. ] Terme de Pecbeur. Sorce-de filet rond pour prendre du poisson. Ce filet est une maniéré de petite rafle, ou plutôt ce n’est proprement que le cofre de la rafle, qui est une espèce de filet avec quoi on prend force poissons. ( Tendre la louve. Pêcher avec la louve. Ruses innocentes , ebap. 5. ) _ _ , LOUVER , v. a. [ Lapident attrahere. J lerme ae Maçon. Faire un trou dans une pierre , & y mettre la louve pour lever la pierre. ( Couver une pierre. ) LOUVEX, adj. [ Lupinus color. J Ce mot ne se dit guére qu’au masculin, & en parlant du poil de certains chevaux. II veut dire une forte de poil qui tire fur le poil de loup. Poil luovet. Soleisel , ) . LOUVETEAU , s m. [ Lupee catulm. ] Le petit d’une louve. ( Louveteau mâle, Louveteau semelle, Louveteau! gras & râblé, Quand les louveteaux commencent à être forts & qu’il leur faut plus de carnage, le loup & la louve vont à la chasse ensemble. Sal. ) LOUVETEAU. [ Lupi helciarii cuneus. ] Terme de Maçon. Coins de fer qu’on meta coté des louves, & qui fervent à les retenir. LOUVETER , v. n. [ Catuìos lupinos edere. ] Ce verbe se dit de la louve, quand elle fait ses petits. LOUVETERIE , f f. [ Luparitu instruflus. ] Tout ce qui regarde la chasse du loup. ( II est lieutenant de la louveterie. ) LOUVETIER , f. m. [ Luporum venationi prœfeftus. ] Oficier qui a la surintendance de la chasse du loup. ) ( François I. en 1520. créa la charge de grand Louve- tier de France. ) LOUVEURS , f. m. [ Cavatores camentarii. ] Terme de Maçon & de Tailleur de pierre. Ceux qui accommodent les louves dans la pierre. LOUVIER , ou louvòier , v. n. [ Modò in hanc , modò in aliampartem navem flefíere .2 Terme de Mer. C’est courir plusieurs bordées, ou faire plusieurs routes , tantôt à stribord, tantôt à bas bord. C’est-à- dire tantôt à main droite, tantôt à main gauche , en Í mrtant quelque tems le cap d’un côté pour revirer & e porter de l’autre. II n’y a point de bâtiment qui louvie mieux que la hourque, qui est une espèce de vaisseau Holandois. GuiUet. j $ L’Académie n’écrit que louvòier. LOUVRE, f- m. [ Lupara , Eastlica Regia. ] Lieu où loge le Roi lorfqu’ilest à Paris. Louis XIV. a fait rebâtir le Louvre tout à neuf. II fut commencé par Philippe-Auguste , continué par François I. & Henri II. augmenté par Louis XIII. ( Les Ducs ont les honneurs du Louvre. En fúiant des grandeurs la présence importune, Je nevaú point au Louvre adorer la fortune. Desprcaux. ) H LOUVRE, se dit auffi de- la maison d’un particulier. ( II fait bâtir un louvre. II est logé dans un louvre. ) Louvre dans ces manières de parler, signifie une maison superbe & magnifique. LOXODRÓMIF, s /• [ Loxodromia. ] Terme de Mer. C’est une science qui par un calcul Géométrique , enseigne à trouver sur mer le lieu où le vaisseau est arrivé, en donnant pour fondement du calcul les rumbs de la route & le chemin que le vaisseau a fait. Voïez GuiUet , & les tables de Cbìdrographie de Fournìer. Le premier qui inventa cette science fut Pierre Nonius en 1550. & Sncllius apellé Typhis Batavus l’a portée à la derniere perfection. Ce mot signifie course oblique. f LOXODROMIQUE , adj. On apelle Tables Loxo- dromiques les Tables de la Loxodromie , qui fervent a refondre promtement & facilement les problemes principaux de la navigation. Quand la route que fait un vaisseau, en suivant un des trente-deux vents mar- quezlur la boussole , ne se fait pas en ligne droite , Ce LO^ ne Vq e PC jr^ e k' gnc Loxodromique. V°ïez Losange. ridtcuk BI nì \í/d^f sa md î~ ] Folie ’ FantaiCe ridicule, ç u lui prend souvent des lubies qui font enrager les gens. ) Ce terme est bas & populaire ( lî 1"' P“‘ “* **< d'alkt P » U L,bis. iïì™,. ) U LUE f LUBIEUX, lubieuse , adj. [ Mail seriatuí. ] Qui a des lubies. ( II est lubieux. Elle est lubieuse. ) Ce mot est peu en usage. LUBRICITE', f /• [ Impudicitia , libido. ] Au lieu de lubricité , on dit ordinairement incontinence , impudicité , ou quelqu’autre mot de cette sorte,- néanmoins lubricité ne laisse pas d’être François , mais son usage n’est que dans le satirique , le burlesque & le comique. ( Juvénal a écrit contre la lubricité de Met saline. ) * LUBRIQUE , adj. [ Libidìnosus , impudicus. ] Qui est sujet à la lubricité. Le mot de lubrique ne se dit que dans le satirique ou comique. Et en sa place on dit , incontinent dans le stile ordinaire. (Et tous ces lieux communs de morale lubrique. Çpue Lully réchaufa des sons defa Musique. Despr. fat. 10. Ils voudroient ramener au jour, De íEspagnol outré d’amour Labïzare gsf lubrique flame. S. Amant, Rome ridicule, stance 52. ) LUBRIQUEMENT, adv. [ Libidinosè. ] D’une maniéré lubrique & impudique. Ce mot n’est ni dans l’Académie , ni du bel usage. H L’Académie dit, danser lubriquement. LUC, s nt. [Lucas. J ( Nom d’homme. (S. Luc étoit d’Antioche, ct il a écrit son Evangile Pan de Jésus-Christ 56. Port-Royal. Nouv. Test. D. Luc Da- chéri est trés-habile. ) LUCARNE, f f. [ FenesteUa in ipso teHo. ] Ouverture qu’on fait au-dessous de l’entablement des logis pour donner jour aux chambres d’un galetas, ou aux greniers. ( Une lucarne flamande. Lucarne fé- tiére. Lucarne demoiselle. ) LUCCIOLE , s s C Çicindela musca. J Mouche luisante , qui est à peu près de la forme des hannetons , mais plus petite. LÚCE , s f. [ Lucia. ] Nom de femme (Lucs est belle.) LUCIANISTES, s m. Hérétiques infectez de l’Arianifme , & qui avoient pour chef un Lucien qui avoit été disciple de Marcion. LUCIDE, adj. [Lucidus. ] Terme de Pbistque. Qui jette de la lumière. (Le Soleil, les astres , le feu , &c. font des corps lucides. ) * Intervales lucides. [ Lucida ìntervaUa. ] Terme de Médecin. 11 se dit des furieux & signifie le tems auquelleur folie les quite & leur permet l’usage de la raison. On s’en sertau Palais, quand l’on disque les furieux peuvent faire un testament dans les ” intervales lucides. LUCIFER, f m. [Lucifer. ] C’est ainsi que les Poètes Latins apellent l’étoile de Venus , lorsquelle paroîtle matin. LUCIFER, s Lucifer. J On donne ce nom au Chef des diables, quoiqu’on l’apelle d’ailleurs le Prince des ténèbres, mais ilfetransforme quelquefois en Ange de lumière. ( II lui fera bientôt , aidé de Lucifer, Goûter en Paradis les plaisirs de l’Enfer. Despr. fat. 10. ) ê LUCIFERIENS , f m. Secte de Schismatiques qui suivirent Lucifer Evêque de Cagliari dans le quatrième siecle. LUCINE , f f. [ Lucìna . J Déesse que les Païens croioient présider aux acouchemens, & qu’ils invo- quoientdans ces ocasions. On la prise pour Diane, ct quelquefois pour Junon. LUCRATIF, lucrative , adj, [ Quastuofus, lucro- fus, J Qui aporte du profit. ( Ofìce lucratif. Charge lucrative. ) LUCRE, f m. [ Lucrum. ] Profit. Gain. ( Faire un lucre considérable. Le lucre cessant justifie l’inte- rêt de l’argent. Les âmes basses ne considèrent que le lucre. ) LUCRE'CE , sf. f Lucretia. ] C’étoit la femme de Collatin , que Sextus fils aîné de Tarquin voulut violer. Les Poètes fe fervent de ce mot, quand ils parlent d’une femme chaste. ( Et st leur sang tout pur avec que leur noblesse Est passe jusqu’à vous de Lucrèce en Lucrèce. Despr. ) LUETTE , f f. [ Uva. ] C’est un petit morceau de chair songeuse & molasse de la figure ct de la grosseur d’un grain de raisin, pendant dans la gorge justement LUM flient à la bouche du canal qui va du nez au palais pour aider aux diférens tons, à l’agrementde la voix, & pour empêcher que le boire & le manger né regorge dans le nez. II n’v a que i’homme & quelques oiseaux qui ont de la disposition à parler qui aïent une luette. ( Avoir une luette allongée. Deg. p. 34. ) {$ Parmi les jeux dont on divertissoit Gargantua , Rabelais, liv. 1. ch. ai. fait mention des luettes , qui est un jeu connu en Bretagne, comme le Commentateur a remarqué, où on l’apelle la fossette. 11 se joue à Nantes, & à Bourdeaux par les enfans fur le gravier, avec des coquilles que le rivage leur .fournit en abondance, &e. LUEUR, f f‘ f C Fulgor , file» dor , nitor. ] Lumière. Eclat. Clarté. Sorte de splendeur. ( Une lueur fort vive. La lueur des armes jettoic comme des éclairs. Vaug. Quint. Curce. L 4. cb. 15. Marchera la lueur des flambeaux. Ab!. Luc. t. z. ) LUEUR. [ Aliquid fiel asulget.] Au figuré, signifie aparence. ( j’entrevois queïque lueur d’efpérance. Le peuple fe laisse aisément éblouir par la lueur d’un faux mérite. Belleg. 11 y a quelque lueur d’esprit dans les ouvrages de N** Acad. Fr. LUGUBRE , adj. £ Lugubrií , lufluosu. j Triste j qui marque de la tristesse. ( Vers lugubre. Habit lugubre. f ^Esprit lugubre. Homme lugubre. Morale lugubre, f* Chambre un peu lugubre, Là d'un enterrement la funèbre ordonnance. D’un pas lugubre U lent vers P Eglise s’avance. Defpr. ) LUGUBREMEMT, adv. [Lugubrem ìn moilum.~] D’une manière triste & lugubre. (Chanter lugubrement. ) LUIRE, ®. n. [Lucere, elucere .] Jetter une lueur. Avoir de la lueur. Avoir del’éciat. Je lui, tu luis, il luit , nous luisons , &c. Je luirai. Que je luise. Je luirais. Ce mot fe dit des planètes , des étoiles, de la flâme & de certaines autres choses. ( Le Soleil luit. La lune luit. On voïoit luire la flâme. Les vers luisant font apelíez de la forte, parcs qu’ils luisent dans les tenebres. Et dès qu’un mot plaisant vient luire à tiion efirit Je n’ai point de repos qu'il ne soit en écrit. Defpr. ) * LUIRE. [ Splendere , fuigere. j Ce mot signifie Briller. Paroitre , & il semble plus de la poésie que ëe la prose au figuré. (* Votre feinte lure dans vos yeux. God. ép. I. a. Iris P amour de la terre [f de Ponde , Si vos beautés ne luifoient point au monde. Voit. poëf. ) LUISANT, luisante , adj. £ Lucent , lucidus. j Qui luit. ( Le soleil est luisant. Ver luisant. Etoile luisante. Quand du milieu de P arbre une branche nouvelle Xelévesérement grojje , luisante U belle. Perr. ép. à la Quintinie. ) LUISANT, s. m. Terme de Rubannier. Petite figure sur de certains galons de livrée. ( Luisant noir. Luisant rouge. ) ± On dit auífi , le luisant d’une étole. 5 LUITE . Voïez LUTE. LUITES . s m - [ Aprugni tesiculi. ] Terme de Chase , quiseditdes testicules d’un sanglier. LUMIERE, / /. [ Lumen , lux. J Sentiment que nous avons quand nous regardons le Soleil Ou la fla- me. Impression de la matière subtile qui ébranlï nos yeux & nous donne le sentiment de la lumière. Lumière primitive , ou radicale, c’est la lumière qui est dans les objets lumineux. Clarté. ( Le Soleil ne don- lioit de ses raïons qu’autantqu’il en faloit pour en faire une lumière douce & agréable. Voit. 2 . 10. La lumière emploie onze minutes à parcourir douze diamètres de la terre. Mr. Huygens. ) LUMIERE. [Lumen.] Chandelle. Clarté. (Aportez de la lumière. La lumière est éteinte. Cachez la lumière. Scar. Le soldat aperçût de la lumière dans le monument. Saint Evrem. Matr. d’Eph. Mais en ma chambre à peine ai-je éteint la lumière, Qu’il ne m’est plut permis de fermer la paupière. Defpr. ) *LUMIE'RE. [Lumen.] Ce mot, au figuré, signifie la vie, le jour, la clarté du Soleil. (Jouissez des avantages de la lumière , tant qu’il vous fera permis. S. Evrem. Matr. d’Eph. LUM 359 Consentez que je paie à cette heure dernière, Ce que je disdès-lors que je vis /«lumière. Madem. Descartes. ) * LUMIERE. [Decus , ornamentum, lux. ] Cé mot se dit pour marquer quelque grand personnage qui est illustre par son mérite & par ses propres connoissan- ce. (* Une lumière du Christianisme. Patru, plaid. V C’est la lumière de son siécle. Le M ait. Mr. Bossuet Evêque de Meauxaété une des lumières de son siécle. Saint Augustin fut la lumière de l’Eglise dans le cinquième siécle. ) * Mettre en lumière. [ Opus in lucem edere. ] Ces mots fe disent en parlant des Livres, & signifient faire imprimer. Mettre au jour. ( Si-tât que Chapelain met une œuvre en lumière, Chaque leHeur d!abord lui devient un Lìniére. Defpr. fat. 9.) f LUMIE'RE. £ Spiraculum , meatm, foramen. 3 Ouverture qu’on a pour quelque chose. Vûë & con- noissance qu’on a sur quelque chose. ( Je n’ai aucune lumière particulière sur cette afaire. Je lui ai donné toutes les lumières que j’avois là-dessus. ) * LUMIE'RE. £ Lumen , cognitio , intelligentìà.] Pénétration. Clarté. Belles connoissances. (11 y a des gens qui voient mal les choses à force de lumière Mol. * Nos Pérès ont besoin de toutes leurs lumières pour trouver des expédions. Je voi bien qu’il a eu des lumières particulières & bien éloignées de celles de Saint Augustin. Paf. I. 7. On peut avoir beaucoup de lumière dansl’esprit fans avoir beaucoup de vertu. S. Real.) On peut fe servir de ce mot en singulier. La lumière de l’Evangile. Acad. Fr. Si j’ai quelque lumière de l’intrigue, je vous en instruirai. ) LUMIE'RE. £ Eminentia. J Ternie de Peinture. Le mot de lumière se prend pour ce qui est éclairé. ( Les lumières de ce tableau font bien placées, bien répan- duës, bien ménagées. Savoir bien répandre la lumière fur tous les corps. ) fjf Les Peintres apelîent lumières larges, celles qui font étendues , vives & brillantes ; ce font ces fortes de couleurs qui font que l’on voit de loin avec plaisir un tableau : les petites lumières au contraire se confondent & s’éfacent à mesure que l’on s’éloigne du tableau. LUMIE'RE. [ Foramen. ] Terme d’ ArchiteHure. Trou dans lequel on met le mamelon d’un truëiL LUMIE'RE. [ Rima, fenejira.] Terme à'Arquebusier. Petit trou par où fe communique le feu au cation. ( La lumière d’un canon , d’un fusil, d’un pistolet. La lumière est bouchée , gâtée, &c. ) LUMIE'RE. [ Or.J Terme de Faiseurs â’infiruntens à vent. Trou par où entre le vent, & qui est au-dessus de l’embouchure de l’instrument. (Lumière de flageolet , de flûte , de haut-bois. ) LUMIERE- £ Q cul us, ocellm. ] Terme d ’Asronomìe. C’est une petite fente qu’on fait dans les anneaux ou pinnules , qui servent aux observations Matématíques, & qui admettent un petit raïon de lumière. C’est l’endroit par où l’on regarde l’obiet. LUMIE'RE. [Foramen, canalis. ] Terme de Mer. Trou en chaque membre d’un vaisseau au-dessus de la quille, au travers desquels trous, passe une corde afin d’empêcher qu’ils ne fe bouchent, & d’entretenir la communication de l’eau pour l’usage des pompes. LUMIGNON , f m. £ Ellychnium. J La partie de la mèche de la chandelle , ou de la lampe qui brûle & qui est alumée. (Lelumignon de cette chandelle est trop grand , il la faut moucher.) LUMINAIRE, f. m. [ Luinìnare. ] Terme à'Eglise. Torches. Cierges & flambeaux qui servent à l’entef- rement d’une personne, qu’on met autour du corps ou de fa représentation. (Paierie luminaire. Fournir le luminaire. ) LUMINAIRES. [ Luminaria. ] Le Soleil & la Lune. ( Dieu crea deux grands luminaires , l’un pour éclairer durant le jour , & l’autre durant la nuit. ) t LUMINAIRE. [Qculì. J Mot burlesque pour dire, les yeux, ( On lui a poché les luminaires. II a usé sort luminaire à force d’étudier. ) LUMINEUX , lumineuse , adj. [Lumimsrn, lúcidut, lucens. J Certain je ne sai quoi par le moïen duquel la flâme , ou le Soleil font naître en nous le sentiment de la lumière. (Un corps lumineux.) LUMINEUX, lumineuse, adj. Eclatant. Brillant. Plein d’s- z6o LUN d’éeht & de clarté. ( "?»^?/>d?î°de God. po'és. Tout ce qu ^^^oL^^ J^ IVsnrit ln & lumineux. Baile. Le P. Mallebranche a 1 esprit lu* mineux. , 11 sarde son sommet tranquille L? lumineux. Chap. ode à Richelieu. ) LUMINIER C’est le nom qu on donne atìx Marguilliers dans la Coutume d’Auvergne. L’UN & l’autre le fera , ïun N Poutre k seront [ XJterque faciet. ] Ces deux façons de parler font très- bonnes. Vaug. rem. LUNAIRE, s- f ZLunaria. 3 Sorte de petite herbe dont les feuilles font faites en forme de croissant de Lune, &qui a la vertu d’arréter les ordinaires des femmes. 11 y a de plusieurs fortes de lunaires. La petite lunaire, ou la lunaire bleue, & la lunaire jaune. Voïez Bal. . . LUNAIRE, adj. [Lunaritst Qui apartient a la Lune. Qui regarde la Lune. (Annee lunaire. Mois lunaire.) LUNAISON , s. f. [ Menstruus luna cursus. ] C’est l’efpace de tems qui est depuis une nouvelle Lune jusques à l’autre. ( Au bout de dix-neuf ans les mêmes lunaisons arrivent. ) LUNATIQUE , adj. [ Lunaticus , intempérie juxta luna cursum agit at m s II y en a qui disent lunetìque ; mais mal, lunatique est le seul qui soit en usage. II vient du Latin lunaticus , & signifie qui tient de la Lune , fou , insensé , fantasque , extravagant. ( II est lunatique. Elle est lunatique. La nature a maltraité A. Elle lui a donné dans son air & dans fa Phisionomie quelque chose de lunatique; les aparences ne font point trompeuses en lui, car fa conduite est au moins aussi lunatique que fa mine. Cheval lunatique. Lunatique beauté. ) On atribuë ce tempérament à la Lune ; mais il n’y pas aparence qu’elle soit la cause des fantaisies & des extravagances des lunatiques. Cbe. f LUNATIQUE, est aussi subst. ( Le lunatique de l’Evangile. C’est un lunatique. ) IHous le déclarons lunatique , Et très digne de notre clique. Rec. des Piéc. de la Cal. LUNDI, f «r. C Luna dies , séria sectmda. 3 Le premier jour de la semaine , lequel signifie autant que si on disoit le jour de la lune. ( Un beau lundi. Le lundi Saint. ) LUNE, s f. [ Luna. ] Planète qui reqoit sa lumière du Soleil, & qui éclaire la nuit durant une partie de son cours, qui fait le mois. Ç Pleine Lune. Nouvelle Lune. La lune est plus petite que la terre. Le cours de la Lune dans le Zodiaque est de 27. jours 7. heures, &c. Elle n’atteint le Soleil que dans 29. jours ia. heures , &c. Le premier s’apelle cours périodique , & le second cours synodique, ou de conjonction. On volt des taches dans la Lune, qui viennent de l’inégalité de fa surface, dont quelques Anciens mêmes ont douté. La lune est à peu près quarante fois plus petite que la Terre. II faut nous signaler par quelque découverte. Pour moi fans me fiat er j’en ai deja fait une, Et j’ai vu clairement des hommes dans Lune. Mol. fem. sqav. ) "Nouvelle Lune. f Novilunium. 3 C’est lorsque la Lune étant en conjonction avec le Soleil, & se rencontrant au même dégré du Zodiaque avec le Soleil, à n’cn étant éclairée que du côté que nous ne voïons pas, ne nous montre aucune lumière. ( 11 y aura après demain nouvelle lune. ) Pleine Lune. [ Plenilunium. 3 C’est lorsque la Lune se trouvant oposée au Soleil, duquel elle est éloignée alors de la moitié du Zodiaque , ou de 180. dégrez, nous montre toute fa partie éclairée , & nous paroit tout-a-fait lumineuse. II y aura demain pleine Lune. ) Pleine Lune. [ Luna pleno orbe. 3 C’est la rencon- de la Lune à 180. degrez de la distance du Soleil. ( Nous aurons demain pleine Lune. ) L âge de la Lune. [[.urne cursus. 3 Ce font les jours qui te font écoulez depuis la nouvelle Lune. ( On ce du Soleil ) 6 ^ Lune ’ par le mGÏen d® ^ distan- «euolef’anciw^v r Ce ,, mot %nifîoit chez divers peuples anciens , 1 espace d’un mois. ( II revint trois K) 6 " dep “‘- r LUN Monsieur de là Monnoïe s’est servi de cette expression dans son Ode à Monseigneur le Dauphin sur la prise de Philisbourg, A peine le prit «n en la cinquième Lune; Et votis Prince en moins aune Vous Lavez emporté. Mr. de la Monn. ) * LUNE. [ Argentum. 3 En terme de Chimie, figní* fie Vargent. Bemi-lune, f f. Z Lunatum propugnaculum. 3 Terme de Fortification. Espèce de ravelin, qui a deg flancs , & qui est arondi en dedans vers la pointe du bastion où on les construit ordinairement, ce qui fait qu’on leur a donné le nom de demi-lune. (Oa emporta la demi-lune au second assaut.) Voïez Ravelin . Les Géomètres cherchent la quadrature des lunes; c’est-à-dire , des croissans qui se forment par l’intetse* ction de quelques demi-cercles. | * LUNE. Folie. (Les femmes ont des lunes dans la tête. ) [ Lunie varietati obnoxice funt. 3 f * Tenir de la lune. [ Lu.naticum este. ] C’est-à-dire, être un peu fou, 011 un peu fole. Avoir de la legerété. f * Vouloir prendre la lune avec les dents. Le Comte de Bu fil. ( lílud eficere , boc opus hic labor est. 3 C’est vouloir faire une chose impossible. ( Et pour lier des motsst mal s’éntr’acordans, Prendre dans ce jardin la Lune avec les dents. Despr. ) {$ C’est vouloir , pour parler en langue un peu commune, Prendre la lune avec les dents,, Que de vouloir en même tems Faire l’amour tstfa fortune. f * Coucher à Renseigne de la lune. [j Sub dio, aperti campo. 3 C’est-à-dire, coucher à Pair, coucher dehors» n’avoir point de lieu pour se retirer. Faire un trou à la lune. [ Clanculum abire. 3 C’est s’échaper furtivement. Aboier contre la lune , ou à la lune. f Oblatrare ali* quemse potentiorem. 3 C’est invectiver contre des personnes ausquelles on ne peut nuire. Vn visage de pleine lune. [ Rotunda facits. 3 On le dit de Celui qui a la face large & grossière. * LUNE. ZSemiluna , lunula ..3 Terme de Bâtier. Plaque de métal ronde qui estau devant & aux côtez de la tête des mulets, & où font gravées les armes de la personne de qualité à qui apartiennent les mules. LUNEL, st m. Z Lunula adverse. 2 Terme de Blason , qui se dit de quatre croissans apointez, comme s’ils formoient une rose de quatre feuilles. LUNETTES t s s Z Consticillum. 3 Instrument qu’on se met sur le nez, & devant les yeux pour lire & écrire lorfqu’on a la vûë trop foible, ou qu’on est vieux & qui est composé d’un châssis de corne, de deux petits morceau de verre ronds, enchâssez dans cette corne, au milieu defquels est ce qu’on apelle le nez des lunettes. Les meilleures lunettes font celles d’Angleterre. ( Se servir de lunettes. Ces lunettes font trop gros, ou trop menu. ) LUNETTES âgées; C’est-à-dire, propres pour les personnes vieilles. ( Lunettes jeunes. Enchâsser des lunettes. Mettre des lunettes. Les lunettes n’ont été inventées qu’au treizième siécle. ) LUNETTE d’aproche, ou de longue vû'ê. f Telefco - pium. ] C’est une forte de lunette en forme de tuïau» à chaque bout duquel & quelquefois au milieu il y a un petit verre afin de voir les objets de loin. Voïez Télescope. C’est Galilée qui en est l’inventeur en 1608. LUNETTE à facette. [ gpeculare multiplici sade. 3 Sorte de lunettes qu’on met au nez , qui font taillées en pointe de diamans, & qui multiplient un. même objet & le font voir ramassé où écarté. LUNETTE à puce. f Micmscopium. 3 Sorte de lunette dont on se sert'pour voir de petits objets. VoïeZ Microscope. LUNETTE de chapon. Ce font deux os au-dessus de l’estomac du chapon qui repréfent un compas ouvert. (Manger une lunette de chapon. ) LUNETTES de cheval, f Qcuíares. 3 Terme de Manèges. Ce font deux espèces de petit chapeau de feutre que le Palefrenier met fur les yeux d’un cheval qui est trop gai, ou vicieux. On met des lunettes à un cheval lorsqu’on le sort de l’écurie pour le laver ou qu’on LUP le mens su manège , & on lui ôte les limettes lors que l’Académiste est dessus ctqu’il est tenu, 6: alors on le domte , tout vicieux , ou tout gaiqu’il loi t. LUNETTES. Se dit par antiphrase, lorsqu’on élevé un mur qui ôte la vM d’une maison. Cette maison avoit vue sur toute la campagne ; mais le voilìti R *** en élevant son bâtiment lui a donné des lunettes. On dit proverbialement à un homme qui se trompe en regardant quelque chose , Prenez vos lunettes. On dit aussi, Voila un beau nez à porter lunettes. lunette. Ternie^ de Capucin. Cuir ou étole en forme de lunettes qu’on donne aux jeunes Capucins dont les regards n’ont pas été modestes. (Porter ler lunettes. ) lunette. Terme de Tapisser Sc de Tourneur. C’est un rond de bois que fait le Tourneur pour mettre fur la chaise percee , Sc que le Tapissier ensuite garnit de bourre , ou de crin , couvre d’étofc, Sc nomme aussi lunette. LUNETTE., [ Sedes forint. ] Terme de Maçon. Le siège duprivé. (Le siège de ces lieux ouïes mortels d’une posture fiére, vont par mépris tourner le derrière.) LUNETTE. [ Foramen , méat us. J Terme $ Architecture. Petite fenêtre qu’on fait dans les toits. Voûte à lunettes , est une espèce de voûte qui traverse les reins d’un berceau. LUNETTE. C Crysialli margo. ] Terme ss Horloger . Partie de la montre dans quoi se met le cristal. f LUNETTES. Ce sont aussi des instrumens de fer dont se servent les Courroïeurs & autres Ouvriers en cuir , pour parer & ratisser leur cuir. La Lunette est de figure spherique & très-tranchante dans toute fa circonférence extérieure. II y a en dedans une ouverture aussi de figure ronde, par où Touvrier la peut prendre pour s’en servir LUNETIER, f. m. [ ConstìcìUorum opifix. ] C'estl’un des titres des Miroitiers qui se nomment dans leurs lettres de maîtrise, Miroitiers-lunetiers. LUNULE, f f- Terme de Géomètre. Plan terminé par les circonférences de deux cercles qui se touchent en dedans. On donne le même nom aux satellites de Jupiter & de Saturne. LUPERCALES, / f -, C Lupercalìa. J Fêtes du Dieu Pan,qui se célébraient à Rome au mois de Février. (g Les Lupercales étoient une fête célébrée le 15. des Calendes de Mars , à l’honneur du Dieu Pan, que l’on apelloit Lupercm. On en attribue l’institu- tion à Romulus , qui introduisit cette solennité comme une expiation des fautes passées , selon l’interpre- tation de Plutarque , qui nous aprend qu’clle est fort ancienne; & qu’elle fut aportée par les Arcadiens qui vinrent en Italie avec Evander. Cette explication ne s’acorde point avec Périurologie des Lupercales , qui veut dire la fête des loups ou des louves. Peut- être ( ajoûte cet Auteur ) que la louve qui a nourri Romulus, lui a donné son nom. Mais enfin les cérémonies que l’on observoit dans cette fête, font douter que la louve de Romulus ait quelque part aux Lupercales. On immoloit deux chèvres, L on com- mencoit parfaire aprocher deux jeunes garçons d’une famille noble , dont fun toueboit le front’ de la victime avec une épée ensanglantée , & l’autre l’essuioit avec de la laine trempée dans du lait; & pour lors ces deux jeunes gens rioient avec éclat. On faisoit ensuite des courroies de la peau de la victime, & l’on en frapoit ceux que l’on rencontrait, en courant tout nuds par la ville. Les femmes recevoient avec plaisir les coups qu’on leur portoit, dans la pensée qu’ils leur procureraient un heureux accouchement. Enfin on facrifioit encore un chien. Quel raport peut-on trouver de cette fête avec le Dieu Pan ? LUPIN , f- m- [ Lupinì sativi. ] Pois plats Sc amers. (II n’y a que des lupins. Ab/. Luc. t. i. II me commanda de ne point manger de lupins. Abl. Luc. t. 2. hìst. vérit. î LUQÚOISES , s. f. Etofes de foie imitées en France fur celles qui se fabriquoíent à Luques. LUSERNK,/ f- [ Meclìca. ] Plante qui sert pour la nouriture des bestiaux, & qui les engraisse beaucoup. On la fauche jufqu’á six fois l'an née. ict iiuuuiuiu ut»a ucuict beaucoup. On la fauche jusqu a lix tois l'année, LUSTRAL, lustrale , adj. [Lustrafc .2 Ce mot vient du Latin, & il ne fe dit qu’au féminin. Eau lustrale. Ç Aqua lujivalis. J C’étoít une eau qui servoit aux anciennes cérémonies des Païens, pour arroser le LUT 361 peuple. L’eaU benite des Catholiques Romains a été mise en usage dans les Eglises à limitation de i’eau lustrale des Païens. LUSTRATION , f /. í Lustratio. Sacrifices. Expiations, cérémonies des Païens pour purifier une ville , un champ, une armée , &c. ILLUSTRATION. Le mot est Latin , Lustrare, !u~ stratio > qui est dérivé du Grec A«Tpov , ou de Zvrpar , ou de On peut choisir. Quoi qu’ii en soit, je me contenterai de remarquer que lustrare en latin signifie purifier les champs en marchant autour en sonne de procession ; c’est une expiation ; c’est une purification. Lucaìnadit: Purgare mania luflro. Lomaier a fait un très-ample traité des lustrations, où il s’eit si fort écarté dans les misteres du Paganisme, qu’il est peu de personnes qui aient le courage de le lire. LUSTRE, / tn. [ Lustrum , quìnquennium. J Ge mot signifie l'eípace de cinq ans ; mais en ce sens il est poétique. ( Je vais bientôt fraper à mon neuvième lustre. Defpr. ep. Huit lustres ont suivi le jour que je fus ta conquête. Main. pois. 11 mérite d'être mis au rang des foux les plus illustres qu’on ait vûs depuis trente lustres. Gon. épìt. L 1. Mourons de bonne grâce , U rìest~ce pas ajfess Pour en itre content que dix lustres passez. Mademoiselle Descartes. ) LUSTRE, [ ÇrystaU'lnum candelabrum. J Sorte de chandelier de cristal dont on se sert dans les assemblées^ & dans les représentations. ( Un beau lustre. ) LUSTRE. Terme de Peletier. Composition où il entre de la couperose, de l’aìun de Rome , & autres drogues pour rendre les manchons luisans. LUSTRE. Terme de Chapelier. Eau préparée avec du phillon , de la graine de lin, du bois d’inde & du verd de gris, pour rendre les chapeaux luisans. (Faire d u lustre.) LUSTRE. [ Nìtor , jplendor. ] Eclat. Splendeur. Brillant , relief. ( * Le lustre de la gloire. Vang. Quint. I. 9. Je vous veux faire voir dans tout son lustre notre grande mé- tode de diriger l’intention. Pafc. I. 7. Cela donne du lustre à ce que vous avez fait pour moi Voit. L z2. Souvenez-vous pourtant que ma famille illustre , Ce í assistance au Sceau ne tire point.son lustre. Defpr. fat. 10. ) LUSTRER, v. a. £ Fulgórem addere. j Ternie de Chapelier. C’est mouiller une brosse dans du lustre, enfroter plusieurs fois un chapeau pour le rendre beau, poli Sc luisant. ( Lustrer un chapeau. ) LUSTRER. [ Nitidum ejjîcere , nitorem pìleo induce~ re. J Terme de Peletier. C’est accommoder & ajuster un manchon avec du lustre, pour le rendre beau & luisant. ( Lustrer un manchon. ) II y a aussi d’autres artisans qui fe servent, au même sens , du mot lustrer , & de celui de lustre.. £ LUSTRER une glace. C’est la rechercher avec le lustrai r , après qu’elle est achevée de polir. On dit aussi, Moleter une glace , parce que les Ouvriers apellent quelquefois le lustroir une molette. LUSTREUR , s. m. [ Serica vestis concìnnator. J Celui qui donne le lustre à quelque étofe. ( Un lustrent de fourmes , de chapeaux , &c. ) LUSTREUX , eufe, adj. f Aitidus. J Qui a beaucoup de lustre. (Le satin est plus lustraux que les autres écoles. ) Ce mot est douteux. ê LUSTROIR, f. m. C’est dans les Manufactures de glaces une petite réglé de bois doublée de chapeau, de trois pouces de long fur un pouce Sc demi de large. On s’en sert pour rechercher les glaces quand elles font polies, & pour en enlever les taches qui ont écha- pé au poliffoir. On l’apellé aussi molette. LUT , / m. [ Lutum. J Terme de Chimie. Pâte mêlée de terre grasse & de ciment pour faire des fourneaux. Matière dont le fourneau chimique immobile est composé. LUTE , lutte , f.s. I Lutta , palasira. j L’usage est pour lute. Sorte de combat de deux personnes fans armes , Sc corps à corps, pour tâcher à fe terrasser l’un ou i’autre. ( S’exercer à la lute. Enfin pour arrêter cette lute barbare, De nouveau P on s’éforce , on crie , on les sépare. Defpr. fat. ) Tom. IL Z* f * LU- 362 LUT ± * ruTE. Emporter quelque chose, de haute lu- te, c’est l’emporter par force, par autorité. On dit aulfi, faire une chose de haute Jute. r IJTER v n rLuHari , luHu certare.] S exercer x k lnte ' (Licurgue voulut que les filles lutassent toutes nues pour paroitre plus robustes. Ablancourt , avoph * buter contre la fortune, bâton luta contre l’adversité. Mr. Esprit. Pouvez-vous encore luter contre les destinées ? Racine. II saut dans la plainesalée , Avoir luté contre Malte. Mal. poëf. 1. ;. II lute comme eux en son cœur. S. Amant. ) LUTER , v. a. [ Lutare , luto Hlinere. J Terme de Chimie , enduire de lut. ( Luter un vaisseau. ) LUTER. \_Ovem fatam reddere. J Terme de Berger. Ce mot fe dit des brebis, lorsque le bélier couvre fa semelle. ( Le bélier lute les brebis. ) LUTE'RANISME >s m. [ Lutbéranifmus. ] Ce font les fentimens du Docteur Luther fur la Religion. L’histoire du Lutéranifme est curieuse & agréable ; elle est belle quand on la raporte fidèlement. L’Ex-Jé- suite Maimbourg a composé une histoire du Luthéranisme ; quelques-uns la louent, & les autres n’en font pas grand cas. LUTERIEN , éne , adj. f Luther anus. ] Celui qui fuit & qui professe les fentimens de l’hérésiarque Luther , ce fougueux Moine auteur des troubles Germa*- niques, comme l’apelle M. Defpreaux dans son Epître de F amour de Dieu. ( Le Danube comptant pour rien , Le Romain , le Lutérien , Finit fa course vagabonde Four n’être pas même Chrétien. Abbé Régnier, voyage de Munich.) LUTEUR , luiteur , f m. [ LuHator. ] L’ufage est pour luteur. C’est celui qui s’exerce à la lute. ( Un mauvais luteur. Abl. apoph. Les luteurs font tous leurs éforts. S. Am. rom. ridicule , stance 6. ) LUTH, f m. [Çytbara, testudo. ] Prononcez Lu. Instrument de musique à cordes , composé d’une table de bois propre à résonner , d’un corps, d’une rose . d’un manche , de touches & de chevilles. ( Un beau luth. Monter un luth ; c’est-à-dire, y mettre des cordes. Acorder un luth. Jouer du luth. Toucher du luth. Je fuis le Dieu des vers je fuis bel esprit né , Mais les vers n'étoientpoint les charmes de la btHe ; Je Jai jouer du luth , arrêtez : Bagatelle , Le luth ne pouvoit rien fur ce cœur obstiné. Fontanelle. ) LUTHE'E , f f. Epithète qu’on donne à la man- dore , lorsqu’elle a plus de quatre rangs de cordes, & qu’elle aproche plus près du luth. LUTHIER , f m. [ Testudinum opifex. J Prononcez lutié. Artisan qui fait & vend de toutes sortes d’in- ftrumens de musique à cordes , comme luth, poche, tuorbe, violon , &c. Le peuple de Paris apelle ces artisans Luthiers , mais dans leurs lettres de Maîtrise ces artisans se nomment Faiseurs dlinstrumens de Mupque. LUTIN, f m, [ Larva. ] Esprit folet. ( II est auffi farouche qu’un Lutin. Voit. pof. Mon cheval est cravatte , U le folet le panse „ Si l’on s’en raporte à fes crins Oui pendent jusqu’à terre , & fin mêlez &stns. Je laisse toutefois à chacun fa croiance Sur le pansement des lutins. Abbe Régnier, voyage de Munich.) & LUTIN. Esprit folet; & comme l’on s’imagine que cet esprit se plaît à luter avec les hommes , on lui a donné de nom de lutin. LUTIN. Espèce d'e petit enragé qui fait du bruit, & une sorte de tumulte qui fâche, & qui romt la tête. x * aiïe so lutin. C’est un petit lutin. La vieille cou- roit comme un lutin. La Font. ) * se dit â'un homme agissant, & qui dort qu’ûn\utin h ) mme ^ U ° lutin ‘ 11 ne dort 8 uére plus pctï Tíue lu? est faìre I e lutin - ( 11 ne seit que tem- le n ISr. ,a à ) Ce verbe n’est en on L meíffiwídomL P sefo;JpF U ?T e sur l eqi,el au chœur. ( Chants ^rîn. ) ^ P ° Ur chantei LYS Ils marchent droit au chœur d!un pas audacieun. Et bien tôt le lutrin fi fait voir à leurs yeux Despr. lutrin, ch. 4 . 0 LUTRIN. Nos peres ont apellé leteri, ou, lettré ce que nous nommons à présent lutrin. Nous lisons dans l’histoire de Villehardouin ces mots : Lì bon Dux de Venise , quimult ere sages 'est proz , monta ìllete- ri , & parla au peuple , ffc. Sur quoi Mr. du Cange a fait cette note : ,, Quant au mot de leteri , c’est ,, proprement le lieu où l’on lit , d’où nous apollons ,, vulgairement un pulpitre d’Egíife, où fe lit l’Evan- „ gîle, un letrin , du mot Grec xìvrpov. ' Au restí le Lutrin de ìYlr. Boileau vaut bien fes satires, selon moi; l’efprit y règne ; l’invention est agréable ; la critique, plaisante ; personne n’y est insulté cruellement. LUXATION , fi f [ Luxatio. ] Terme de Chirurgie. C’est un déboîtement des jointures par lequel les os sont déplacez de leur afliéte naturelle, & portez en un lieu non acoûtumé avec empêchement du mouvement volontaire. Tev. ( La luxation arrive peu à peu , ou violenment. Luxation lente , ou violente. Luxation entière. Luxation complète. Luxation intérieure ou externe. ) LUXE, f m. [ Luxus , luxuries. ] Dépense superflue , soit à l’égard des habits ou de la bouche. Haran- gue contre le luxe des tables. Parler contre le luxe des bains. Abl. apoph. Le luxe des femmes. Dieuveut-il qu’on étale un luxe st profane? Oui , lorsqu'a l’étaler notre rang nous condamne Despr. ) 0 Le luxe de Lucullus étoit fi grand , qu’il faifoit nourrir des grives pour en manger toute l’annee. Plu- tarque raconte que les Médecins aïant ordonné qu’on donnât à Pompée une grive pour son souper, on en fit cherc-her, mais inutilement, parce que la saison en étoit passée; on dit qu’il falloiten aller chercher chez Lucullus : Hé quoi ( dit-il ) si Lucullus. n’étoit friand, Pompée ne vivroit-il pas ; Se luxer, v. r. f Suis fedibtss excidere. ) Terme de Chirurgie. II se dit des os du corps. C’est sc démettre, sc déboîter, sc disloquer. Les os des orteils sc peuvent luxer de toutes manières, Verduc , traité desfra- fiures , ch. 49 . t LUXURE 1 f f t Voluptatis libido. ] Ce mot est vieux , & ne sc dit plus que dans le stile comique ou satirique. 11 signifie incontinence. ( La chasteté fait la luxure. Am. Rome ridicule. Bachus mon gros falot, pardonne à ma luxure. S. Am. De ma fressure d’ame luxure ja s’emparoit .LaFontaine,nouveaux contes .) t LUXURIEUX, luxurieuse , adj , [ Libidinofzts, mu pudicus. 2 Ce mot a vieilli, & signifie qui est sujet à la luxure. (Lesjeunes gens sont ordinairement luxurieux. ) On diroit présentement, ils aiment le plaisir des femmes. Ils ne vivent pas toujours dans la continence. (Ces danses , ces héros à voix luxurieuses. Despr. ) LUY, ou lui. [ IUe , is. ] Pronom personnel de la troisième personne qui fait à son féminin eUe. Moi , toi, lui. ( C’est lui. ) 0 Lui-même ne se dit que d’un homme : Je le vois venir , c est lui-même. Molière a dit dans le Cocu imaginaire. fc. 9 . Je ne m’abuse point , c’est mon portrait lui-même : Je doute qu’on pivisse l’imiter fans faillir. LUZERNE , f f. f Medica. ] Sorte de foin qui fleurit violet, & qu’on fauche d’ordinaire trois fois l’année. C’est aussi une espèce de graine jaune tirant fur le mille. Voyez Lufirne. LUZIN , f m. [ Funiculus. ] Terme de Marine. Espèce de menus cordages qui servent à faire des en- fléchures. LYMPHATIQUE, adj. m. & f. Terme à’Anatomie. Voie z Limghatique. LYNCURIUS , fi m. f Lyncurius. ] Pierre que les Anciens croient être formée de Burine du Linx coagulée ; mais qui est plutôt une pierre commune en plusieurs lieux, grosse comme le doigt, & qui estasse! abondante proche de Caen. 0 LYRE. Voïez Lire. _ LYSIMACHIE, f f [ Lystmachia. ] Plante qui, selon Pline , tire son nom du Roi Lisimachus , parcs qu’il fut le prémier qui la iait en usage. On l’apell* autrement Corneille. MSUBS .- MAC MAC 363 MaC MaC V| SUBSTANTIF FEMININ. La douzième Lettre -* v * de l’AIphabeth François. Prononcez emme. Une petite m. Une'grande M. Faire bien une m.) La lettre m. fe prononce comme une», lorsqu’elle est immédiatement suivie d’une autre m. d’une b , ou d’un p. Exemples. Embrasser, Emmener, Tromper, qu’on prononce anbrajj'é, emmené, tronpé; cependant cette régie soufre exception en quelques mots, puil- qu’on dit Immédiatement , Immodeste, commode, commande , & d’autres où 1’»/ retient fa prononciation. La lette m. se prononce comme une » à la fin des mots, comme renom, parfum , faim, qu’on prononce de même que s’ils étoient écrits renon, parsun, sain. 11 n’y a qu’un seul mot françois où Vm se prononce dans toute fa forae, c’elt l’interjection hem, dont on fe sert pour apeller quelqu’un. La lettre m prend auffi le son de Yn, lorsqu’elle se rencontre immédiatement dans quelques mots devant 1 ’». Exemples, condamner ,J'olemnel, &c. Cette réglé toutefois n’ëst pas générale , pnifqu’on prononce Ym, dans Indemnité, hymne, amnistie, &c. Voïez la Gramm. Franç. de Mr, Desmarets. M. Quand elle est Lettre numérale, signifie mille chez les Anciens, & quand on y ajoute un titre dessus, elle fait mille fois mille, comme M. M. Caput est nu- meri quem feimus mille tenere. MA. [ Mea.J Pronom personnel féminin. (Ma mère. Ma tête. Ma main.) Quand ce pronom ma se rencontre devant des mots qui commencent par une voiel- le, on dit mon. Exemples, mon ame , mon épée, & non pas, ma ame , ma épée. (g MAAIGNE'E OU mesaignée. Ancien mot. Foi- ble, mal disposé, incommode. Le Doge de Venise dit en haranguant les Croisez : Et je Juif vialz hom £f febles , tzf auroif besoin de repos, U maaignée fuis de mon cors. Nos pères ont dit mehaìng pour ennui, maladie, disgrâce. Le Reclus de Molien : Pritnes pleure pour ton mehaìng , Et l’autruy ri ay es en dejìlain. Alain Chartieren la belle Dame Jans mercy : Et puisque fortune rudelfe Ne m’ont mie fait ce mehaìng. Duchesne , dans ses Notes fur cet Auteur, prétend qnemehainer, c’est estropier, rendre impotent de quelque membre. í MACADOSSIN,/ m. Nom d’une drogue qui vient de l’Amérique. Voïez Mechoacan. MACAF,/ m. Terme dlmprimeur. C’est un trait qui joint deux mots ensemble ; par exemple : qu’a-t- il fait ? f MACARON, s m. Terme de Tablettier-Pei- gnzer. Onapelle peigne à macaron une sorte de petit peigne, dont les deux extrémitez sont arondies ; ce qui représente assez bien cette sorte de pâtisserie qu’on nomme macaron. On leur donne cette forme, atìn que les grosses dents ne puissent blesser. MACARON , s m. [ Majjula ex intritis amygdalis cum ovorum aîbuminibus Jaccharo. J Mot qu on fait venir de l’Italien macaroni , comme qui diroit mets heureux, en le faisant venir du Grec. Que ce mot vienne du Grec , ou de l’Italien , les macarons font une forte de pâtisserie faite d’amandes douces, de sucre & deblans d’œufs. (Faire de bons macarons.) MACARONI, f m. Mot Italien qu’on commence à faire François. Petits morceaux rie pâte déliez & coupez par tranches, que l’on fait cuire & bouillir dans de l’eau , du set, du beurre , du lait , & un peu de bon fromage Parmesan râpé dans le plat où on les amis, étant tirez. ( Plusieurs trouvent les macaroni fort bons , & d’autres n’en sauroient goûter. Les Limonadiers de Paris vendent des macaroni. ) Ce mot n’est point dans le Dictionnaire de l’Académie. MACARONIQUE , adj. [ Macaronìcw . ) II se dit d’une espèce de Poésie Latine burlesque mêlée de mots écorchez d’une langue maternelle , ausquels on donne une terminaison Latine. Par exemple. Hic J'olet antiquo bribtu portare bijacco. T. de Beze a fait de la prose Macaronique, & c’est Merlin Cocaye Bénédictin de Mantoue qui a mis les vers Macaroniques en crédit. MACEDONIENS , f »*• [ Macedomani.'} Anciens hérétiques qui nioient la divinité du S. Eiprit; & qui furent condamnez dans le premier Concile Général de Constantinople en Pan ;8i. t M ACER , f m. Arbre qui croit dans les Indes & en Barbarie, dont l’écorce qui porte le même nom, s’emploïe assez heureusement pour la guérison de la dilsenterie. Cette écorce qui est tirée du tronc & de la racine de l’arbre,est grosse,rougeâtre,ct d’un goûtamer. MACETŒR, ’o. a. [ Atterere. J Terme de Chimie. 11 lignifie concasser des plantes & les écraser , afin que le suc en sorte plus facilement. *MACE'RER, v. a. [ Macerare.J Faire des macérations. ( Macérer son corps. ) MACE'RER , v. a. [ Macerare. ] Faire tremper une choie dans quelque liqueur, pour l’amolir & la rendre souple. ( Des œufs macérez dans le vinaigre s’amolis. sent de maniéré qu’on les fait passer aisément par des anneaux. Dunet. ) MACERATION, f. f. Terme de Chimie. L’écrase- ment des plantes qu’on expose à Pair, pour faire changer la disposition de leurs sucs & de leurs parties. * MACERATION , J. f. C Corporis vexatio. j Elle coniiite aatìiger son corps de jeûnes, de disciplines & de diverses peines pourl’amour de Dieu. Mortification. ( Saintes macérations. Patru, plaid. 15. La macération de la chair. ) f MACHACOIRE , OU M A QUE. Instrument à rompre & à broïer le chanvre, pour en séparer la filas, se de la chenevotte. MACHE,//! [ Valcrianella. ) Sorte déplante. Elle est vulnéraire. MACHECOULIS, / m. fPergula analitia.J Espèce de fortification ancienne , qui étoit un Parapet en aile. Voïez Felibien. roissent furie Soleil, MACULER, v. ». H vient du Latin , maculare.. Terme d’Imprimeur. Le mot de maculer se dit des marges iorsqu’elles sont noires, & il signifie barbouiller. ( Voila qui macule. Feuille maculée. Epreuve maculée. Ces derniers façons de parler se disent entre Imprimeurs en taille douce , & signifient, barbouillé par derrière , à cause que l’impression s’est déchargée, MADAME , / f- [ IlhiftriJJìma Domina. ] Titre qu’on donne aux Reines & aux Impératrices. ( Madame , je fai bien que Vôtre Majesté n’a que faire de toutes nos dédicaces. . Molière , Epître à la Reine Mere , en lui dédiant la Critique de ? Ecole des Femmes. Madame, si l’Académië prend la hardiesse de saluer Vôtre Majesté. Patru , Harangue à la Reine de Sue de.) MADAME. Lorfqu’on se sert de ce mot tout seul & fans y rien ajouter, on entend parler de la femme de Monsieur le Frère unique du Roi , qu’on apelle aussi. Son Altejse Royale. ( Ainsi on dit , Racine a dédié fa tragédie d’Andromaque à Madame. Feue Madame est morte d’un miséréré. On fait, Madame, & Vôtre Altesse Royale a beau s’en cacher. Racine , épître à Madc.me , en lui dédiant Andromaque. ) MADAME. On apelle de ce nom les filles des Rois de France. ( Madame Marguerite de France fut mariée en 1572. à Henri Prince de Navarre. ) MADAME. On donne aussi ce titre aux femmes qui ont épousé des Princes , des Ducs , des Seigneurs, ou des Hommes Nobles & d’un rare mérité, qui ont des charges considérables dans la robe , ou dans l’e- pée. ( Ainsi on dit, Madame la Princesse est morte. Madame la Duchesse de. Madame la Baronne de. Madame la Comtesse de Mombron. Madame la Marquise de Riberpré. Madame la première Présidente de Bretagne a beaucoup de cœur. Madame la Procu- reusc Générale. Madame l’Avocate Générale Bignon a un grand fonds d’efpritct de vertu. Madame la Gouvernante de. Madame la Maréchale de. Madame l’In- tendante de , &c. ) . MADAME. Quelques flateurs du siécle donnent fo- tement cette qualité de Dame à quelques femmes de riches Commis, ou Partisans de nulle naissance ; mais c’est un abus que le Roi corrigera par un bel Edit, quand tel sera son bon p’ai sir. MADAMA. Ce mot se dit aussi des simples femmes ou filles qui sont du petit peuple. (Ainsi Voiture , /. 40. a écrit, disposez Madame Aunet à s’acommoder avec eux. La pauvre Madame est une bonne femme, & il faut tâcher à lui faire gagner fa vie, Madame , se dit-elle , un penser m’efi venu , Quimporte á votre époux que vous cejjlez de vivre. La Font. Matr. Monsieur de la Fontaine dans ses Fables donne quelquefois ce nom aux animaux. U faudra qu on pâtisse Du combat qu’à causé Madame la Genijse. Fabl. 1 . a.) 0 Les Poètes disoient autrefois Madame pour ma maîtrejse. Malherbe : Et les vaux que fat faits pourront fi peu fier moi. Que je quitte Madame M demente la foi Dont je lui promettais , tfic. Les Poètes modernes ne se servent point de cette expression. Voici la remarque de Mr. de Vaugelas fur l’ufage que l’on doit faire d u ternie Madame , ou Mademoiselle dans les Lettres que l’on écrit. „ 1°. Après avoir ,, commencé par Madame , il ne faut pas repeter ce „ mot dans la premiere periode, à qui le premier Ma- „ dame fufit 2°. Au pronom personnel vous il faut y „ ajouter , Madame , Monseignuer , Monfteur ainsi „ il faut dire : II n’apartient qn’à vous , Madame , ,, Monseigneur. Le vous tout seul feroit incivil. 5 0 , „ II est bien placé après les termes de liaison des pe- j, riodes , comme car , au refte , enfin , Uc. Ainsi „ il faut dire : Car Madame^ &c. 4 0 . fl faut bien éviter „ de mettre Madame , on autres mots semblables après „ un verbe actif. Exemple :.je ne veux p«• Ce terme vient du Latin Magnus , grand. C’est une dignité en Pologne & en Hongrie. 4 = MAGNES ARSENICAL. Terme de Chimie. Caustique composé d’Arsenic, de soufre & d’antimoine. MAGNESIE, f f- [Magnefiits lapis.] Pierre minérale,fossile,noire ou tirant sur la couleur de fer qui ne contient aucun métal, mais un soufre fixe. Elle entre z 68 MAG 3 \j u tre en la composition du verre. On en donne aussi la couleur aux pots de terre , si avant la cuite on les peint de cette magnifie dissoute. On 1 apclle auílì nui- PIÌOfflêìQ» + MAGNESIE Opaline. C'est en termes de Chimie, une espèce de soie d’antimoine. MAGNETIQUE , a adj. s Magnetìcut. ] Ce mot ft dit de certains emplâtres ; & veut dire , où il y a de l’aimant pilé. ( Emplâtre magnétique. On dit aussi cn termes de Philosophie. Vertu magnétique. C’est à- dire, semblabe à celle de l’aimant. Dans l’Ouvrage que Mr. Puget de Lyon a fait fur l’aimant, il y ex- pliqued’une maniéré très-favante tout ce qui regarde îa vertu magnétique. ) f MAGNETISME, s. m. Vertu qu’a l’aimant d’attirer le fer. MAGNIFICAT- Terme de Bréviaire. Cantique de s Eglise qu’on chante à Vêpres. (Seul à Magnificat , je me vois encensé. Dejpr. Chanter Magnificat à Matines. Proverbe pour dire, faire une chose â contre- lems. ) MAGNIFICENCE , f. f. IMagnìficentia. ] Ver. lu qui aime l’éclat & à faire de grandes dépenses. (Les Dames aiment la magnificence, mais elles ne la pratiquent guere. Sa magnificence éclate. Vaug. Quint. MAGNIFIER, r». «. s Extollere. J Ce mot signifie Exaitér , louer d’une maniéré particulière ; mais il est fort vieux, & je ne vois point qu’on l’emploïe dans aucun discours. Vaugelas dit pourtant qu’il peut passer dans quelque ouvrage d’haleine ; mais il n’apar- tient qu’aux Auteurs du premier ordre de hazarderce mot. Mauctoix s’en est servi dans fa traduction des Homélies de S. Chrysostome. ( On magnifie la puissance de Dieu & la constance des Martirs. Homil. 6. p. 126. ) MAGNIFIQUE , adj. [ Magnifieus, jplendidus. ] Qui a de la magnificence. II n’apartient pas à tout le monde d’étre magnifique. Un Prince magnifique. Une Reine magnifique. ) MAGNIFIQUE, adj. Paré. Orné. Riche à cause de l’apareil de l’ajustement. ( Un habit magnifique. Abl. Son chariot n’étoit en rien plus magnifique que les autres chariots. Vaug. Quint. I. On Voit travailler tous les Arts , Ici se font de magnifiques Chars D’une forme toute nouvelle. Per. Griselid. ) f MAGNIFIQUE, se dit aussi des titres pompeux & éclatans, des paroles pompeuses. ( II a été honoré de titres magnifiques. 11 emploie dans ses discours des termes, des paroles magnifiques. ) f MAGNIFIQUE , se dit encore du slile élevé & sublime. ( Un st Ile magnifique. ) H MAGNIFIQUE , se dit des promesses qui font es. perer de grandes choses. ( On lui a fait des promesses magnifiques. On le trompera par des promesses magnifiques. ) MAGNIFIQUEMENT, adv. [ Magnifiée , Jplendidè.] Avec magnificence. D’une maniéré magnifique. ( Régaler magnifiquement. II est magnifiquement habillé.) MAGO- Voïez Magot. MAGOT, f m. f Cercopithecus , Jìmius major.' ] Gros singe. Prononcez mago. ( C’est un magot. ) f Vous discourez plus grave qu’un magot. Voit.poès. t * MAGOT. [ Dijsornw. ) Sot. Massait. Impertinent. Ridicule & mal bâti. ( Quel magot est-ce là ? Ah ! le vilain magot que c’est , & le moïen qu’une belle fille fe puisse résoudre a le prendre pour mari. ) MAGOT, s. m. [ Thésaurus ab dit us. j Amas d’ar- gent qu’on cache. ( On a trouvé son magot. II avoit mis son magot dans la cave. Acad. Fr. ) j. unes ue nn qui Arbre t MAGRABINES , // briquent en Egipte. MAGUEI , / tu. [ Magneya arbor. ] croît dans les Indes Occidentales. Les mpagi l’apellent chardon , parce que ses feuilles font épir ses & fort amères en leurs extremitez. Elles font g ses & longues d’nne demi aune. On en fait une e ce de chanvre, dont on fait des cordes. Yoïe2 l’Hifi des Inciís , & la Relation du P. BLì Valera. H MAHALEB ou Magalep. On nomme ainíì le 1 de sainte Lucie , dont les Ebenistes & les Sculptt MAI fe servent pour divers de leurs ouvrages. Le meilleur vient de Lorraine. f On donne aussi ce nom a 1 amande du fruit que porte cet arbre. MAHOMETAN, TANE, f ». © / [Maho- metanm , a. ] Celui ou celle qui professe la Religion de Mahomet. MAHOMETISME, f m. [Mahometismw.] C’est la créance de Mahomet, en matière de Religion. (Les Turcs', les Persans , quelques Indiens, quelques peuples d’Afrique & autres suivent le Mahometisme. Introduire , embrasser le Mahometisme. Abjurer le Ma- hometisme. La doctrine d’Arius est fort aprochante du Mahometisme. Perroniana , p. ao. ) MAHONNE, s. s. [ s avis Turcica. ] Vaisseau Turc, fait en forme de Galère. MAHOT , f m. Arbrisseau rampant qu’on trouve aux Antilles, & qui croît dans un marais parmi les Roseaux. Acad. Fr. H MAHOUTS, f tn. Draps de laine destinez pour les Echelles du Levant, qui le manufacturent en Angleterre & en France. MAHUTES i f f pi- C Avis alarum initia. ] Terme de Fauconnier. On apelle mahutes dans les oiseaux de proie, le haut des ailes près du corps. Acad. Fr. MAHUTRE , f tn. Terme de mépris, populaire »& bas, qui fe dit d’un misérable, d’un homme mal équipé. MAI, / tn. En Latin Maìus. II a été ainsiapellé de la Déesse Mata , mère de Mercure. C’est le cinquième mois de l’année, & méme l’un des plus beaux & des plus agréables. 11 a toujours été regardé comme un tems propre à faire l’amour. (II fut tué le premier jour de Mai. Le second de Mai. Joli mois de Mal, quand reviendras-tu ? ) MAI. [ Maialis arbor. ] Arbre qu’on plante le premier jour de Mai devant la porte d’une maîtresse ou de quelque personne de marque, qu’on veut honorer principalement. ( Planter le Mai devant la porte d’une maîtresse.) Le Mai des Imprimeurs. Grande feuille de papier qui contient les louanges de Saint Jean l’Evangehite , du Roi & de lTmprimerie, & cela en Caldéen , en Hébreu, Siriaque , Grec, Latin & François. Cette forte de Mai se faifoitle jour de la saint Jean Porte-La- tine,mais cette coutume a été abolie en 1664. ou 166;. MAI- [ Forus. ] Terme de Marine. Grand espace de bois grillé par le fond, où l’on met égouter le cordage qui est nouvellement sorti du goudron. Acad. Fr. MAI. f f [Preli forum.] Se dit du fond d’un pressoir où on met les choses qu’on veut fouler & presser, comme les raisins, les pommes, &c. MAI, /, / [ Malira. ] Maniéré de coffre plus étroit par en bas, où l’on pétrit, & où l’on démêle la farine avec Peau. MAIDAN ou MAYDAN, f m. On apelle ainsi en Perse & dans presque toute l’Asie, les places où fe tient le marché des denrées & des marchandises. Le M aidait d’Ispahamestleplus magnifique de tout l’Orient. f MAIDIN, f m. Monoïe d’argent qui sc fabrique en Egipte , & qui vaut depuis dix-huit jufqu’à vingt-un deniers de France, suivant le change. íf MAIERE. Les branches des saules & des peupliers font apellées maieres en quelques endroits. Le mot Latin est , materìa. On lit dans la Loi falique , tìt. 27. Se quis in sylva materiam aut ligna suraverit. Ce qui fait connoìtre que lignum & materia font deux sortes de bois diferentes. Le ,gros bois est lignum ; les branches & feuillages, materia , maiere. Voïez Windelìn, dans Jbn Glossaire de la Loi Salique. MAJESTE',//- ÍDignitas, prastantia . ) Air grand, vénérable & plein d’autorité. ( Avoir de la majesté. Un air plein de majesté. Abl. ) L’éclat des grandes actions répand fur le visage des héros une certaine majesté qui inspire du respect & de la crainte aux plus hardis. Silius Italiens a bien exprimé l’éset de cette majesté , dans la description d’une conspiration formée par quelques jeunes gens de Capouè. 11 fait parler ainsi l’un des conjurez : Tu te trompes, si tu crois trouver Annibal désarmé à table ; la majesté qu’il s’est aquisc par tant de batailles, ne le quitte jamais ; & si tu l’aproches, tu verras autour MAf atftouï de lui les journées de Cannes, de Trebie , & de Trasymene , avec l’ombre du grand Paulus : Fallit te , mexses inter qnòà credis inermeni, T ot beUis quasttaviro, lot ùadibus armai , Majejhts aterna ducem :si admoveris or a ‘Cannas 5 g? Trebiam ante oculos , Transymenaque busta, Et Pauli Jìare ingentem mìraberis umbram. * L’éloquence le cède à la poésie pour la majèjlé de l’exprefficn. Abl. Luc. t. 3. * MAJESTE'. [Majsta;.] Titre qu’on donne aux Empereurs & aux Rois. Empereur. Roi. (Sa MajestéImpériale , c’est ('Empereur. Sa MajestéCatholique , c’est le Roi d’Eípagne. Sa AI ajesté Très-Chrétienne , c’est 1 c Roi de France, qu’on apelle aussi le fils aîné de l’Eglisc. Sa Majesté Britanique , c’est le Roi d’Anglererre. Sa Majesté Suédoise, c’est le Roi de Suéde. Sa Majesté Danoise, c’est le Roi de Danemarc. Leurs Majestez arrivez au Palais reçurent les soùmissions de. Mémoiresde M. k Duc de la Rochefoucaut. Vautre jour songeant à nies misères Je calculais le bien de votre Majesté, Fout bien compté, f en ai la mémoire recente, ll doit votif revenir cent raillions de rente, Monsieur Sanguin.) íjf Le P. Bouhours examine s’il faut dire : Depuis que Votre Majesté est maître , ou, maîtresse du Comté. II a trouvé que les sentimens étoien t partagez. Le sien est qu’i] faut dire: Depuis que Votre Majesté est le maître i & je crois qu’il a raison. J’ai lú dans les Mémoires concernant le régné de Henri III. qu en ce tems-la n’etoit tenu pour bon courtisan , qui diseitle Roi , ains fallait du re leurs Majestez , 4 la mode de la Cour, LézeMajesté. Voïez l.éze. MAJESTUEUSEMENT , adv. f Multâ cum majestate , prxstantilì.] Avec majesté. (Marcher majestueusement.) MAJESTUEUX, majestueuse ,adj. [Majestate veneran- aus, augustíis.} Qui a de ìa majesté. Qui a un air grand, noble qui atire le respect, & marque quelque chose de vénérable, de grave & de charmant. (Princesse qui a un air tout-à-fait majestueux.) íjf MAïEUR- C’est un Echevin en plusieurs endroits. Voïez Ragtceau dans son Indice. MA J EUR , majeure , adj. [Egrefsus annos aliéna tu- tela.] Terme de Palais. Celui ou celle qui selon les Coutumes du païs est en âge de jouir de ses droits. (II est majeur. Este est majeure. Les Rois de France font majeurs à quatorze ans > par l’Edit de Pan 11*7$. P ar I e Droit Civil on n’est majeur qu’à vingt-cinq ans. En Normandie on est majeur à vingt ans.) MAJEUR, majeure. Ce mot se dit en termes à’Eglise, en parlant d’excommunication, (Excommunication majeure, c’est la plus terrible des excommunications, & celle qui a quelque chose de plus que l’excommuni- cation mineure.) MAJEUR, majeure. Ce met se dit en musique des confortantes qui diférent entr’elles d’un demi ton. 11 y a des Tierces & des Sextes majeures & mineures. Le ton majeur est la diférence de la Quinte & de la Quarte , & le demi ton majeur est la diférence de la Quarte & de la Tierce majeure. Le ton majeur surpasse le ton mineur d’un comma. (Ton majeur. Tierce majeure, de Luttai mi, du fa m la. Quelques-uns disent au Piquet une tierce, une quarte, une quinte majeure, au iieu de dire major,) On dit aussi causes majeures. [Causa majores .J Ce font celles dont le Pape doit être le seul Juge, & il y en a de trois espèces. Les prémieres regardent la foi, les secon des la discipline, & les troisièmes les Evêques. (Monsieur Gerbais a fait un excélent traité des causes Majeures.) MAJEUR,/ m. [Natu major.] Signifie celui qui est plus grand qu ! un autre, ou plus âgé. (S. Jaques le majeur.) MAJEURE,/ /. [Proposttio major.] Terme de Logique. La prémiére proposition d’un Illogisme. (Prouver tine majeure. Nier une majeure. Majeure vraie. Majeure fausse.) MAJEURE ,// [Major ordinaria.] Terme de Teoln- gien. L’un des plus grands acìes des Bacheliers de Téo- iogie de la Faculté de Paris, qui font en licence, dans lequeliis doivent soutenir de la Téologie positive, de l’iiistoire Eclésiastique, ou de la controverse , & qui se commence à huit heures du matin & finit à six heures du soir. (Faire fa majeure.) MAIGRE, adj. [Macilenttfí] Qui a de la mai- MAI 369 greur. (II est maigre. Elle est maigre. Oiseau fort maigre. Chien maigre. On dit maigre comme un squelet, ou comme un harang foret. 11 va du pié comme un chat maigre ', c’eft-à-dire, il est bon piéton.) MAIGRE ,s m. Chair où il n’y a point de graisse. (J’aime le maigre, donnez tn’en je vous prie.) MAIGRE. [Abstincntia à carnibus.] Abstinence de Viande. (Faire maigre. Un jour maigre.) * Un maigre Auteur. Despreaux. C’est-à-dire, un chétif Auteur. Un sttle maigre. * MAIGRE, adj. [Exiìis , aridttí.] II se dit des terres legéres & sabloneoses. (Cette terre est fort maigre. C’est un païs fort maigre.) f * MAIGRE sujet , est un sujet bien léger. (C’est un maigre sujet pour faire tant de bruit.) 3 = * MAIGRE divertisthnent , c’est un divertissement peu agréable. 3 = MAIGRE chere , se dit d’une mauvaise chere. T MAIGRE réception , se dit d’une mauvaise réception. MAIGRE. [Deficiens crajjìtudmef] Terme de Maçon & de Charpentier. C’est-à-dire , qui ne remplit pas tout-à-fait. (Cette pierre est trop maigre.) 3 MAIGRELET , maigrelette , adj. diminutif. On le dit seulement des en sans & des jeunes personnes. (Cet enfant est toujours maigrelet. C’est une jeune maigrelette.) On ne sc sert de ce terme que dans le stile familier. MAIGREMENT, adv. [Modicè , exiliter , - tenuìter .] D’une maniéré maigre. (Nous avons été traitez fort maigrement.) 11 n’a guère d’usage au propre. MAIGRET. [Subniacer , Jubmaákntns.] Diminutif de maigre. (C’est un homme qui est un peu maigret.) ■MAIGREUR,// [Macies .J C’est ce qui est contraire à Tembonpoint. (Elle a une grande maigreur qui la rend éfroïable.) f MAIGREUR. Fille ou femme maigre. (Loin d’ici Venus & les grâces, cedez à ces pâles maigreurs. Gomb. Ep. L 1.) MAIGRIR 5 D. n. [Macescere,] Devenir maigre. (Le malade maigrit à vûé d’œil.) M AIGUE , .//• [Tynnns. J Sorte de poisson de mer, que les Italiens apellent umbrino , •& lus Latins untbra , & en bas Latin niesga. MAIL,/ m. [Malleriits iusorius.] Ce mot fiait act pluriel mails. Sotte de maillet ferré qui a un manche de quatre ou cinq piez de long. On dit la mastì d’un mail, c’est le morceau de bois ferré par les deux bouts avec quoi on pousse la boule lorsqu’on joué. (Mon mail est rompu pat le milieu.) MAIL. [Spharisterimn , in q’uo ïrusalili pilâ huliturf] Lieu où l’on joué au mail. (Le mail qui elt auprès des Céleftins dc Paris n’est pas trop beau. S’aller promener au mail. Le mail de Saint Germain en Layeest un des plus beaux en France.) MAILLE, / / [Obolus , sescuncia.l Partie de denier. voïez Bouteroué , traité des mmóies de la première race des Rois de France, p. róç. 3 = MAILLE , se dit chez les Orfèvres & parmi ieS Monoïeurs, d’une forte de petit poids qui Vaut deux félins, ou la moitié d’un estelein. MAILLE. [M'mutia,] Quelques-uns croient quec’é» toit une forte de petite monoï'e q narrée. Voïez Clerac, traité des momies. Pour moi je trouve que dedans POr- donnance des vieilles monoïes que Monsieur Broífard m’a prétée, il y avoir du tems de François I. une nio- noïe d’or en forme de petit écu d’or, qu’on apelioit maille de Lorraine, qui avoit cours en France pout trente-trois fous six deniers , & pesoit 2. deniers 4. grains. Cette maille avoit d’un côté pour figure la tête d’un Duc de Lorraine, & de l’autre côté elle avoit une croix, & d’autres pièces dans son état. MAILLE. [Hamus, annulas.] II sc dit du tissu de plusieurs fils de fer, dont on faisolt autrefois des chemises de mailles, ou des jaques de mailles , qu’on poc- toit fous le pourpoint ou sous la casaque, pour se garantir des coups d’épée. On faifoit aussi des gands de mailles. 3 = MAILLE. Terme de Pêcheur. C’est l’ouverture quarree & plusieurs fois recommencée, faite avec du fil ou de la lignette, & travaillée avec une espèce d’éguil- le de bois qui compose les filets des pécheurs. Ce mot se dit encore plus généralement de toutes les ouvertures qui se rencontrent entre les choses Tome IL A a a tis. 370 MAI tissuës ou entrelaííces ; comme les quarrez ou les; losanges qui paroiffent entre les barres, ou les fils de treillis de fer, ou entre les echalas que les Jardiniers lient les uns aux autres, & en d autres rencontres MAILLE Ce mot vient du Latin macula , lorlqu il signifie une tache qui vient fur la prunelle de l’œil. On l’apelle auffi en Latin, âpres Pline , [Argentas II se dit aussi des taches qui paroiffent aux plumes des perdreaux lorfqu’elles changent de couleur , & a- lors on les apelle perdreaux maillez. [ Pcrdicis pullus maculii variuss MAILLE. [Gemma.] Terme de Jardinier. II fe dit des melons & des concombres, & lignifie l’œil, d’où fort le fruit. Quint. Jard. T. i. MAILLE. [Anndluss Terme de Blason. C est une boucle fans ardillon. f * II y a toujours maille à partir entr’eux. (Proverbe pour dire il y a toujours querelle entr’eux. [Semper inter fe rixanturs On apelle pince-maille , ad ast'em exakor asters un homme fort ataché à ses intérêts pour la moindre bagatelle. MAILLE. Terme de Tricoteuse. Ce qu’on prend avec faiguille lorsqu’on tricote. (Maille rompue. Reprendre une maille.) v. a. [ Dominan , tmperare. J titre maître Etre plus fort. L’emporter fur quelqu’un. (La Fran- ce fous tes loix maîtrise la fortune. ’Defpreaux, Discours au Roi. Par ta force invincible tes attraits puissant Tu maîtrises, Tirets , ma raison £«? mes sens. La Suze poésies.) f MAÎTRISER ses passions , c’est les dompter, les vaincre, en être le maître. MAJUSCULE, adj. m. ’èstj. [Quadrata liftera.J On prononce l’S en ce mot qui fe dit des grandes Lettres ou Capitales. (Les noms propres doivent commencer par une Lettre majuscule.) f MAJUSCULE est aussi subst. (Ce mot doit commencer par une majuscule.) MAL,/ m. [Malum.) Chose contraire au bien & à la vertu. Le mot de mal en ce sens n’a point de pluriel. (Fuïez le mal & faites le bien. Arnaud. Quel mal y a-t-il d’aller dans un champ & de s’y promener en attendant un homme ? Pose. I. 7. Songer à mal. Molière. Pour moi, je n’en entends point de mal. Molière.) * MAL. [Vitiusr.) Ce mot au figuré signifie tout ce qui est contraire à la vertu ; il fe prend aussi pour les défauts tant du corps que de l’efprit. On attribué à E- doùard III. la devise de l’ordre de la Jarretière, Honni soit qui mal y pense : c’est-à-dire, qui pense au pe- a hé ; qui a des désirs criminels. {Qu'on parle bien ou mal du fameux Cardinal , Ma prose ni mes vers n'en diront jamais rien , II nia trop fait de bien pour en dire du mal , II m'a trop fait de mal pour en dire du bien.) * Mettre à mal. Cette façon de parler est basse & figurée. Elle fe dit particulièrement des femmes & des filles, & elle signifie les porter tout-à-fait au libertinage , les débaucher. (Mettre une femme à mal. Mol. fistin de Pierre , a. %.sc. 6. MAL. [Detraflio.) Ce mot a un pluriel en ce sens. (Dire du mal d’autrui. Destr. Sat. 7. Ne parler d’une personne ni en bien ni en mal. Veit. I. 62. C’est-à-dire , ne parler point du tout d’une personne, ne la louer, ni la blâmer. 11s ont dit tous les maux du monde de la Comédie. Molière.) MAL. [Tœdium, damnum.) Déplaisir. Dommage. Peine. Le mot de mal dans ce sens a un pluriel. (Le mal qu’on dit d’autrui ne produit que du mal. Dejpr. Sat. 7. La guerre cause bien des maux. Ce font les gens du monde les plus adroits pour faire du mal. Vouloir du mal à quelqu’un. Voit. I. 40. C’est avoir de la haine pour quelqu’un & lui souhaiter quelque déplaisir.) MAL. [ Dolor.) Douleur. Le mot de mal en ce sens a un pluriel. (Je souffre mes maux patiemment. Ablan- court. Je sens du mal par tout le corps.) La mort n’est point au nombre des maux que la prudence aprenne à éviter. Costar. Dans la compassion que nous avons pour les maux d’autrui, il y a une refléxion sécrété fur nous-mémes , par laquelle nous nous regardons comme pouvant souffrir les mêmes maux. Nie. II faut tâcher à fe donner foi-même la connoissance de ses propres maux. S. Evr. A raconterses maux, souvent on sesoulage. Cor. Souvent de tous nos maux la raison est le pire. Boil. Quoi qiià peine à mes maux je puiste réstster, sainte mieux les souffrir que de les mériter. Cor. On a souffert bien du mal durant ce Siège. Un amant a bien du mal à quitter ce qu’il aime. Cette dernière faqon de parler n’est plus du bel usage auffi-bien que celle-ci. On aura bien du mal à prendre ce prifon- nier. 11faut dire on aura bien de la peine à prendre ce pri onrner. Un Amant a bien de la peine à quitter ce qu il aune» ffe l Sorte d’infirmité. Sorte de mah nie e fsh er de e " ce , sens a UN pluriel. (L’hoir eurabk.) lnfinité de "»«*■ H a un mal ir MAL sc dit auiïì dc ces tt-miki on j . . que l’amour caufc. ^ es ’ de ces agitation MAL {Vautour est un mal agréable , Dont mon caur ne peut pas guérir ; Mais quand ilstroit guérissable , II est bien plus doux d’en mourirï M. Scud.) MAL caduc, f m. [ Epilepsta .] Ce mot n’a proprement point de pluriel. C’est un mal du cerveau qui fait perdre le jugement & le sentiment. On apelle ce mal epi - lepjk & haut mal , parce qu’il saisit la tête. On l’apel- le aussi mal desaint , ou mal de saint Jean , parce que quand on a une fois ce maudit mal, on n’en sçauroit guérir que par miracle, & qu’à l’aide de quelque Saint. De sorte que les Médecins qui promettent de le guérir» font tous Charlatans. Voïez Epìlepfie. MAL de tête. [Capitis dolor .] C’est la migraine. MAL de ventre. C’est la colique. MAL de caur. [ Çordolìum .] C’est un soulèvement de cœur qui est causé par quelque dégoût. * On le dit dans un sens figuré, du déplaisir qu’on a de voir une chose pour laquelle on a de î’aversion. MAL d’enfant. [Parturientk dolor.) C’est le travail d’une femme qui accouche. MAL saint Mein. [ Elepbantiasts , lepra .] C’est la gale» MAL de Mère. [Hstericus dolor.) C’est une sufocation de matrice qui empêche la respiration. MAL contagieux. [Lues.) C’est une maladie qui se communique par Farouchement d’une personne infectée , ou par la respiration d’un air corrompu ; comme sont la peste, la lèpre, la vérole , &c. MAL de mer. [Nauj'ea .J C’est un bondissement d’es- tomac qui fait aller par haut & par bas ceux qui n* font pas accoutumez à aller fur mer. MAL de Naples. [Lues venerea.) C’est le nom qu’on donne en France, à la grosse vérole, parce que les François l’aporterent autrefois du siège de Naples. Les Italiens l’apellent au contraire le mal François. On l’a- pelle quelquefois simplement mal. (Le commerce avee les femmes débauchées donne du mal.) MAL de rate. [Splenicus dolor.) C’est une maladie causée par les vapeurs qu’on croit que la rate envoi* au cerveau. MAL rie terre. C’est le Scorbut. Voïez Scorbut. MAL subtil. [Avium pbtists.) Terme de Fauconnerie. C’est une maladie des oiseaux qui les fait tomber dans la maigreur. MAL d’avanture , f m. [Paronicbia.) Petit mal qui arrive par hazard. MAL, adv. [Malè.) En un mauvais Etat. En mauvaise santé. (II se trouve mal depuis trois ou quarte jours. Aller de mal en pis. Ablancourt. L’affaire va mal. II est mal à la Cour.) MAL. Cet adverbe a encore un sens assez étendu. (Exemples. Je vous mettrai mal avec les Poètes. Scaron » C’est-à-dire , je vous brouillerai avec les Poètes. Etre mal auprès de quelqu'un. Ablancourt . C’est-à-dire , n’ê- tre pas aimé d’une personne. Etre mal dans ses afaires, Pasc. I. 6. C’est-à-dire, commencer à devenir pauvre. Manquer de bien. Cela vousstedmal. C’est-à-dire , cela ne vous convient pas. Avec art quelquefois j’adoucis mon Empire II tomba l’autre jour un teillet de mon sein , IIy fut replacé de la main de Thamire Quoi qu il conduistt mal sa main. Fontenel. ) Mettre mal ensemble des personnes , est une diction assez familière : Vranie , U Job , ce me semble , N’avoient rien à se demander , Ma foi, l'on devroit bien gronder Ceux qui les mettent mal ensemble. MAL fe dit proverbialement en ces phrases. Mal [ut mal n’est point santé, en parlant de plusieurs infortunes & afflictions qui arrivent coup fur coup. On dit aussi ironiquement & en contre-sens, mal fur mal est santé, par une méchante équivoque en ce qu’il n’y a point de T en trois mots, comme si on disoit sans T. Le mal d’autrui n’est que songe, pour dire qu’on n’en est pas si vivement touché que du sien propre. On dit aussi d’un remède ou d’une chose indifférente, c’est de l’onguent miton mitaine, qui ne fait ni bien ni mal. On dit aussi , Rage du Ciel fait passer le mal des dents, pour dire qu’une plus forte douleur, une plus forte passion fait qu’on oublie la moindre. On dit aussi, de deux maux faut éviter le pirS, pour dire, il faut souffrir une petite perte pour en éviter un» MAL tine plus grande. Mal vit qui ne s’amende , en par» Jant de ceux qui commencent à sc remettre dans le bon chemin. (g Depuis quelque tems on a joint mal adverbe à plusieurs mots dont il change entièrement la véritable signification. Le P. Bouh. a remarqué dans ses Doutes que Mr. de Balzac a dit dans son Aristippe : La fortune efl à peu prés de l’humeur de ces Princifijes mal sages ; elle choisit le plmlaid U le plus mal fait, |„ Mais mal sage „ (ajoute le R. P.) ne se dit pas, on dit bien peu sage , „ mais malsage n’a pas été reçu : il n’est pas de même „ de mal -habile , mal-content, mal-honnête , mal- „ plaisant ; on peut s’en servir en toute sûreté. " Je doute à mon tour , de mal-agreable , quoiqu’il régné fort dans les conversations ; cela peut être : mais il faut atendre qu’il se soit introduit dans les ouvrages où l’exactitude doit regner. MALABATHRUM , ou Feuille d’Inde. Feuille médécinale que produit un grand arbre des Indes dans le païs de Cambaïe. MALACIE ,,s f [Malaria.] Terme de Médecine- Apetit excessif d’une chose que l’on souhaite avec une empressement extraordinaire , & qu’on mange avec avidité. ( Les femmes grosses sont fort sujettes à la malade , la plupart souhaitent de manger avec excès des harangs , &c. MALACHITE,/ f Pierre opaque qui participe du jaspe & de la turquoise. II y a quatre sortes de masochistes. La première est mêlée de plusieurs couleurs. La deuxième a des veines blanches mêlées de taches noires. La troisième est de couleur bleue mêlée. Et la quatrième , qui est la plus estimée, est celle qui aproche d’avantage de la turquoise. MALACTIQUE. Terme de Médecine. Médicament émolient & résolutif, comme la mauve, la guimauve , la graine de lin, les figues grasses, les oignons de Lis , &c. MALADE, adj. [Alger. ] Qui sc porte mal. (II est malade du poumon, de la goûte & de la pierre. Gomb. Ep. Elle est malade à mourir. Ablancourt. Le Médecin Tantpk , alloit voir un malade Quevisitoitson Confrère Tant mieux. La Font. ) * Avoir P esprit malade. [Alger anìmi .J C’est être un peu fou. Avoir quelque chose dans l’esprit qui ne va pas bien. * Je crois de cette beauté que plus elle aura de santé, &. plus elle fera de malades. LaSuze. Ç’est-à-dire, & plus elle fera d’amoureux. f * MALADE , sc dit des corps politiques. ( L’Etat est bien malade, lorsqu’il est agité parles divisions & troublé par les guerres civiles. ) f * MALADE, se dit aussi du vin qui peche en couleur. ( Ce vin a la couleur malade. ) MALADE , f m. Celui qui est malade. ( Assister les pauvres malades. Ablancourt. ) MALADE , f f. Celle qui est malade. ( Voilà une malade qui n’est pas dégoûtante , Molière. ) f * MALADE , adj. [Infirmus. ] II se dit quelquefois su figure des choses inanimées. ( Une bourse est malade , quand il n’y a plus d’argent. Une cause est bien malade, c’est-à-dire , qu’on n’en espère aucun bon succès, & qu’on la soutient par des pièces qui ne valent rien. On dit aussi qu’un aiman est malade , pour dire qu’il n’a guère de force. ) MALADERIE , maladrerie, f. f. [Valetudinarìumf] L’un&l’autre se dit , maladerie est plus doux & le plus usité. C’est un lieu fondé pour les personnes malades de lèpre. ) Le grand Aumônier donnoit autrefois les provisions des maladeries. Et cela se volt par un Edit de François I. du 22. Novembre içiy. Mais aujourd’hui Louis XIV. ayant rétabli en France l'ordre de S. Lazare, on connoit par ses Edits & Déclarations de 1672. que c’est lui qui a érigé en Commanderies les Maladeries & les Léproseries de son Royaume, & que sous ce beau titre de Commanderie, il les donne aux O liciers qui l’ont bien servi dans les guerres qu’il a eues contre les ennemis de fa Couronne. MALADIE , f. f. [ AdverJ'a valetudo , morbus. J Indisposition contre nature qui blesse directement les actions de tout le corps , ou de quelque partie. Etat des parties de notre corps qui rend ces parties incapables de bien faire leurs fonctions. (Une dangereuse maladie. Avoir une grande maladie. Les maladies viennent MAL 377 du mauvais régime de vie , ou de ce que nous veillons trop , ou trop peu ; ou que nous agissons trop , 0 u trop peu. Ils triomphaient encore fur cette maladie ,• L’un dijbit , il est mort , je Pavois bien prévu ; S’il ni eut cru, disait P autre , il seroit plein de vie.. La Font. ) * C’est ce déclarer, c’est faire voir la maladie, & qu’on est cruellement ulcéré de ce baptême. Patru,plaid. í MALADIE dupais. C’est le désir violent que quelcun a de retourner dans son païs jufqu’à en être quelquefois malade. ( La maladie de païs est souvent dangereuse. ) í MALADIE. On dit absolument la maladie , en parlant de peste , de contagion. ( La maladie est dans cette Ville. La maladie fait tous les jours des pro- grez. )L’Académie remarque que ce terme est bas dans ce sens. MALADIF , maladive , adj. [ Infirmus. J Qui est sujet à être malade. ( II est fort maladif. Elle est fort maladive. ) MALADRERIE. Voïez maladerie. MAL ADROIT , mal-adroite, adj , [Ineptus , pa- rumfiolers. ] Qui n’a point ou peu d’adresse. ( II est tout-à-fait mal-adroit. Fille fort mal-adroite. ) MAL-ADROITEMENT , adv. s Inepte. J D’une maniéré mal-adroite. MAL-AGREABLE , adj. [ Ingratm. J Qui déplaît. Qui n’est pas agréable. ( Cela est fort mal-agréable. ) t MAL-AISE , f. m. [ MoroJ'us , miser. J Etat fâcheux, déplaisant & chagrin. (Selon qu’il en estwa/. aise, le meilleur sera qu’il se taise. Volt. Pois. ) MAL-AISE. s Baratrum. ] Dans les prisons c’est un cachot étroit & bas, où l’on ne se peut tenir ni débouf ni couché qu’avec peine. MAL-AISE 1 , mal-aisée , adj. f Diffidlis , impeditus. ] Dificile. ( 11 est mal-aise de prendre une résolution sans s’en repentir. Mémoires de Mr. le Bue de la Roche-Fou » caut. II est mal-aisé à celui qui écrit des afaires du tems, de conserver fa passion si pure qu’il, &c. Le Duc de la Roche-Foucaut. t MAL-AISE’ , mal-aisée. f Pauper. ] Pauvre. (Un Marquis mal-aisé. Scaron. ) MAL-AISEMENT , adv. [Agrê, difificulter. ] Difici- lement. ( On ne sc persuade pas mal-aisement ce qu’on déliré. Le Comte de Bujfi. ) MAL ANDRES , fi fi C Nodi putridi. J Crevasses qui se forment au pli du genou du cheval , d’où il coule des eaux rousses & mordicantes , qui lui causent de la douleur , qui le font souvent boiter , ou lui tiennent la jambe fort roide au sortir de l’écurie, Soleifiel, Parfait Maréchal. í t On dit d’un homme d’âge qui ne sent aucune incommodité , qu’// ria ni furos ni malandres. MALANDRES. [ Nodiputridi. ] Ce mot ce dit encore des nœuds gâtez & pourris dans les pièces de bois qui empêchent qu’elles ne puissent être emploïées. MALAPRE , f. m. Terme d ’Imprimerie , qui signifie un Compositeur ignorant qui ne peut pas lire fa copie. f MALAQUETTE , fi m. Poivre de la Jamaïque , vulgairement apeïlé graine Girofle. On le confond quelquefois avec celui qu’on apell e Malaguette; mais ce sont deux poivres diférens. MAL-AVENTURE , fi f [ Infortunium.] Rencontre fâcheuse qui se fait par hazard. Ce mot est vieux & n’est pas d’un bel usage. ( Trouver un mal- aventure. ) MAL-A VISE' , Mal-avfiée , adj. s Imprudens , ] Imprudent. Sot. ( C’est un mal-avisé. C’est une malavisée. 11 est mal-avisé de se marier à 60. ans. ) MALBàTI, mal-bàtie, adj. [Sine artefaHm, inconcin - nus. ] Qui n’est pas bâti régulièrement. ( Maison mal- bâtie. Temple mal-bâti. ) f * MAL-BâTI , fi m. [ Mali compostas. ] Homme malfait. ( C’est un grand mal-bâti. ) f * MAL-BâTI, mal-bàtie , adj. [Ineptus , distortus .] Ce mot sc dit des personnes , ct veut dire'malfait. Difòrme. Ridiculement fait. ( C’est un corps assez mal-bâti pour faire rougir la nature. Mol. Pofi'} MAL-CADUC. Voïez mal ei-dessus. MAL-CONTENT, mal-contente, adf. [ Alicui offensas. ] Qui n’est pas content. ( II est mal content. Elle est mal-contente. Mémoires de Monsieur le Duc de la Roche- Foucaut. ) Tome IL B b b MALE MAL MALE, ou malle, s s. t Vidulus , arca. ] Coffre rond & couvert de cuir pour le voiage. ( Une malle pleine de bardes. ) ...... F MâLE f. m. [ Mu. ] Celui contribue a la génération avec’la femelle. (Un bon mâle. Elle veut le mâle.) 4 On dit dans le stile familier d’un homme fort laid, oue c’ est un vilain maie , tin laid maie. MâLE, adj. [ Fortií, generofus. ] Noble. Vigoureux. (Le stile de feu d’Ablancourt est un stile véritablement mâle. Courage mâle. ) 0 MâLES U semelles. Ce font les pantures « les gonds, ou charnières qui entrent l’une dans l’autre pour tenir le gouvernail suspendu à l’étambord, & lui donner le mouvement. M ALE'AB LE , malléable, adj. [ Malien duililvs. ] Matière qui soufre le marteau sans fe briser. ( L’or & l’argent font malléables. Le verre n’est pas malléable.) 0 MALEBESTE. C’est une efpece de hache à marteau, dont le côté du taillant est fait comme un calfat double. On s’en sert à pouffer l’étoupe dans les grandes coutures. f MALEBêTE. On dit dans le stile familier d’un homme dangereux & dont il faut fe défier, que c ’esì une malebète. MALEDICTION , f. f C Dira deprecationes. ] Imprécation. (11 lui a donné mille malédictions. Charger de malédictions. ) f MALEDICTION, fe dit du malheur qui paroit attaché à une maison, à une afaire. ( La malédiction est sur cette maison , sur cette afaire. ) f MALEDICTION , ledit aussi des dificultez insurmontables qu’on trouve à une chose. ( II y a de la malédiction fur cette entreprise. ) MALEFAÇON , f f. c Inconcinitas. ] Défaut qui fe trouve dans la maniéré, dont une chose est faite. En maçonnerie , c’est placer des pierres de lit en joints ; en Charpenterie, c’est mettre enoeuvre des bois défectueux ou flaches. En terme de Couvreur , c’est em- ploïer de ï’ardoife mal-faite ou trop foible , & ainsi des autres arts. f * MALEFAÇON, signifie aussi supercherie , mauvaise façon d’agir dans le commerce de la vie , dans la conduite. ( II y a de la malefaçon dans son procédé. ) L’Academie dit malfaçon. MALE-FAIN, f. f. [DirafamesJ & cruelle. Ce mot n’entre pas dans dans les vers de stile libre & antique. [ De tous les métiers le pire Et celui qu’il faut élire Pour mourir de maie-faim, EJì à point celui d’écrire.. P. Moufques. ] t * MALEFICE , f m. II vient du Latin mâlesu cium. C’est en général toute forte de crime & de méchante action : mais en particulier, c’est un art de nuire à quelqu’un par la puissance du Démon. (Maléfice amoureux, somnifique, détestable , horrible , exécrable. User de maléfice. II n’est pas permis d’ôter un maléfice par un autre maléfice. Lors qu’on est affligé de quelque maléfice , il faut avoir recours à Dieu. L'Ecriture défend de se servir de maléfice envers qui que ce soit. ) MALE'FICIE' , Malésiciée , adj. [ Fascinatus. ] Ensorcelé , enchanté , à qui l’on a donné quelque sort, à qui on a nui par quelque maléfice. ( Les Magiciens, fi Dieu le permet , peuvent empêcher qu’un homme maléficié, ou une femme malésiciée ne puisse engendrer son semblable. Thiers ,superji. ch. iç. ) MALEFICIE', maleficiée , s Graviter affèffus. ] Mot du petit peuple , & qui entre dans le comique ; c’est- a-dire , qui ne fe porte pas bien, qui a toujours quelque mal. (On ne le regarde que comme un pauvre ma. ftficié , & un misérable cancre. ) t MALEFIQUE, adj. [ Maleficus. ] Ce mot fe dit en termes à’Astrologie. II fe dit des planètes, & il signi- 5 e ’ flui a des influences mauvaises. ( Saturne & Mars Doctes maléfiques. II y a aussi quelques étoi- iífio,. COn “ el at ’ ons c l ue les Astrologues croient être ma. Scorpîon C *° nt * a t ^ te de Méduse , le cœur du Terme de FtììOlan. Ré. Jse““'ef (Ifeíi fiS " 3 ® v 5 aails les malcs-graces d une per- Faim mauvaise le burlesque & MAL sonne. ) Ce mot est bas. t MALE-MORT,/. f. [Mors acerba. ] Ce mot est du peuple , & il signifie une mort tragique & funeste. ( 11 mourra de male-mort. ) i MALENCONTRE , f. f- [ Sors adverfa Infor, tunium.jj Malheur. Disgrâce. Quelque chose de fâcheux. ( Fuïons que ce fou ne nous cause quelque malencontre. Ablancourt , Luc. Tome i.) + MALENCONTREUSEMENT , adv. [ Perniciosè, m - féliciter. ] Malheureusement. f MALENCONTREUX, Malencontreuse, adj. [ Exi- tialis. J Malheureux. (Se marier en un jour malencontreux. Port-Royal, cité de S. Augustin, Tome i. p. 261 . Un fort malencontreux, Destreaux , Sat. 6. ) MALENDRES. Voïez malandres. t MAL-EN-POINT. [ Pejjìmè. ] Sorte à’adverbe, qui est du peuple. (11 est mal-en-point, c’est-à-dire, il est en mauvais état. ) MAL-ENTENDU, mal-entenduë , adj. [ Mali auditus. ] Qu’on n’a pas bien entendu. (Discours malentendu. Parole mal-entenduë. ) t MAL-ENTENDU, f. m. [ Error. ] Erreur. Faute. Méprise. ( II y a du mal-entendu en cette afaire. ) t MAL-NUIT, f.s. [ Nox mfaujla. ] Ce mot fe dit quelquefois pour signifier une mauvaise nuit, & particulièrement une nuit qu’on passe sans dormir & avec inquiétude, & que des Charlatans, ou des Magiciens fe vantent de pouvoir donner à des personnes éloignées, par le moïen de quelques charmes. ( Donner la male- nuit à quelqu’un. ) t MALEPESTE. [ Va. ) Sorte d’exclamation & d’im* precation. MALE-RAGE, f f. [Famés canina.] Ce mot ne se dit qn’en cette phrase. (II faut qu’il ait bien jeûné, puis- qu’il a la male-rage de faim. La male-rage te saississe.) MALES-SEM AINES,/ /■ pi- [MenstruaJ Ce mot se dit des femmes qui tous les mois ont leurs maladies. MALET! Est , f m. [Sarcinularius opifex .3 Ouvrier qui fait des coffres & des maies. Voïez Cofretier. MALETôTE. Voïez maltòte. MALETÔTIER. Voïez maltôtier. MALETTE ,ff. [Arculas Terme de Capucin. C’est une forte de petit sac de grosse toile que le Capucin porte au bras, & où il met ses Sermons, lorfqu’il va prêcher en Campagne. Le Capucin porte quelquefois une malette de chaque côté. MALETTE , f. f [ Sarcinula , arctila. 3 Ce mot sig. nifie aussi une petite maie. MALFAISANT, malfaisante, adj. [ Nociotu, ma- leficus. 3 Désobligeant. Nuisant. ( Esprit malfaisant. Humeur malfaisante. Ablancourt. Uunsinge, l’autre Chat. t)’animaux malfaisans, c’étoit un très-bon plat. La Font. ) MALFAIT , malfaite, adj. [Malè struiluss Qui n’est pas bien fait. ( Bâtiment massait, maison Malfaite. ) MALFAIT, malfaite. f Deformis. 3 Qui n’a pas bonne grâce. Qui a méchant air. ( Un Gentilhomme fort malsain Une fille des plus malfaite de France. ) * MALFAIT , malfaite. f Malè tornatus. 3 Ce mot sc dit de l’efprít & du cœur, & veut dire maltourné. ( Esprit massait. Cœur massait. Voit. pois. ) MALFAITEUR, malsaìcleur, malfaiteur, s. m. [ Sce. lejius, facinorofus. 3 Le meilleur de ces trois mots est malfaiteur, & le seul qui soit en usage. Le malfaiteur est celui qui a commis quelque crime. ( Punir un malfaiteur. Les Magiciens sont apellez malfaiteurs, car ils peuvent nuire aux hommes en sept manières. Thiers, Superst. ) t MAL-FAME', malfamée, adj. [ Falmofm, infamie. ] Qui est en mauvaise réputation. ( Les personnes malfamées ne doivent pas être admises aux charges publiques, ni être reçùës dans les honnêtes compagnies. ) f MALGR ACIEU SEMENT , adv. [Inurbanè, rusticè.'} D’une maniéré mal-gracieuíè, rude, incivile & malhonnête. f MALGRACIEUX, malgracieuse, adj. [Inurbanus, m- venujtus.s Ce mot se dit des personnes, & signifie. Peu civil. Peu honnête. ( Vous êtes bien malgracieux. Vaug. Rem. C’est le plus malgracieux de. tous les hommes. Mol. Avare. ) MALGRE', [Invité. 3 Préposition qui régit l’acu- satif, & veut dire en dépit de. ( Se marier malgré les gens. Mol. Malgré lui & malgré les dents. Scaron. Prin * MAL Princesse des oiseaux , il vous eji très facile H enlever malgré moi ce -pauvre malheureux. La Font. ) MALGRE' que, Conj. [ Te invito. 3 Malgré que vous en aïez je passerai outre. Vaug. Quint. I. 9. f Bon-gré , malgré qu’il en ait. C’est-à-dire , soit qu’il le prenne en bonne ou en mauvaise part. MALHABILE-, «d/. flneruditus , ineptus.) Qui n’est point habile. Ignorant. Sot. ( C’est un malhabile homme. ) f MALHABILETE', s.s. [ 'Imperitia .] Incapacité, insuffisance. Tout homme qui a donné des preuves de malhabileté , ou de défaut de courage , ne fera pas mieux une autrefois ; & s’il ne fait pas pis, c’est une es- pece de miracle. ) Polybe de Folard. MALHERBE , s- s. Plante d’une couleur forte qui qui croît dans le Languedoc & dans la Provence , & qui sert aux Teinturiers. MALHEUR , s m. [ Calamitas , ìnfeììcitas. 3 Prononcez malheur. Accident. Disgrâce. Infortune. (Cela porte malheur. Les belles causent souvent de grands malheurs. Scaron. Suporter son malheur avec constance. Ablancourt. Et ces deux mots feront évanouir Tous les malheurs que vous venez d’mir. Perr. Grisel. ) î De tous les malheurs il n’en est point de plus grand & de moins fuportable aux hommes véritablement courageux , que d’être commandez par des chefs igno- rans & fans aucune conduite ; & s’ils ajoutent la lâcheté à tout cela, l’infamie tombe fur tous. Polybe de Folard. f A la malheure , adv. [ Inauspicatò. 3 Malheureusement. ( II est arrivé à la malheure. ) MALHEUREUSEMENT , adv. s lnféliciter. 3 Par malheur. Avec malheur , dans la misere. (Vivre malheureusement. Finir malheureusement. Cela s’est fait malheureusement. MALHEUREUX, malheureuse , adj. s Inselix. J Prononcez malheureux. Qui a du malheur. Qui d’heureux qu’il étoit, a eu de fâcheux accidens qui ont fait tort à sa fortune. Déplorable. Le mot de malheureux se dit des choses & des personnes. ( Chose malheureuse. Action malheureuse. Entreprise malheureuse. Ablanc. Etre malheureux au jeu. Un courtisan malheureux. Qsun homme est malheureux à Iheure du trépas. Lorsqu 1 ayant négligé le seul point nécejj'aire , II meurt connu de tous ne se connoìt pas. Bouh. Bec.. ) MALHEUREUX , malheureuse. [ Sceleratus. 3 Misérable. Méchant. Vie malheureuse. Malheureux que vous êtes, à quoi penfez-vous ? MALHEUREUX, malheureuse , adj. [Funestwst II se dit aussi de ce qui cause du malheur. ( C’est une superstition de croire qu’il y a des étoiles malheureuses , des jours malheureux & des personnes malheureuses, c’est- à-dire , qui portent du malheur à d’autres , fans qu’ils y contribuent par leur faute. ) f On dit que le gibet n’est fait que pour les malheureux , parce que les riches í’évitent par leur argent, leur crédit & leur adresse. f La consolation des malheureux , c’est d’avoir beaucoup de semblables. Proverbe. f Qui est malheureux au jeu, fera heureux en femme. Façon de parler proverbiale. MAL-HONNéTE, adj. [ Turpis, indecens , inve- nustus , indecorus. 3 Qui n’est point honnête. ( Un malhonnête homme. Mal-honnête femme. ) MALHONNÊTEMENT, adv. [ Inurbanè ] D’une fa- qon mal-honnête. ( II en use fort mal-honnêtement envers moi. ) MALHONNÊTETÉ' , f.s. [Invenusta agendi ratio.] Vice contraire à l’honnêteté. ( II sentit la mal-bon- nêteté de Ravestin. Histoire-d’Aubujjon , l. 6 . p. 322.) MALICE, / / s Nequitia , perversitas J Méchanceté. Friponnerie. Fourberie. Finesse. Artifice. (Sa malice est découverte. Voit. Pos. Reconnoître la malice d’une action. Pasc. L 4. C’est une malice fort noire & qui mérite châtiment. Ablanc. ) * MALICE. [ Jocosa fallacia. 3 Sorte d’action plaisante & galante qu’on fait à une personne amie. ( Si mon mal se pouvoit guérir par une grande appréhension, cette malice pourxoit être bonne à quelque chose. MAL 379 Voit. I. 23. Elle fait mille agréables malices à ses amis. Qui cherchant dans ses vers la feule vérités Ftt fans Ure malin J'es plus grandes malices. Despr. Ep. N. ) MALICIEUSEMENT , adv. s Malitiosè, maligne. 3 Avec malice. ( Lettre ecrite malicieusement. Voit. Pois ) MALICIEUX , malicieuse , adj. f Improbw, malignus .3 Méchant. Malin. (11 est malicieux. Elle est malicieuse.) II est malicieux comme un vieux singe. Proverbe. MALIER 1 f m. s Equussarcinarius. 3 Cheval qui porte la maie, & sur lequel le postillon est monté. (II n’anon plus de sens que son malier 6oà Pos.) _ MALIGNEMENT', adv. C Maligne. 3 Avec malignité. Avec malice. Avec méchanceté. Avec mauvaise volonté. ( Cela est malignement dit. ) MALIGNITE', s. m. [ Malignittu , malìtia. ] Malice, mauvaise volonté de nuire à quelqu’un , sans qu’il en revienne aucune utilité à la personne qui tâche à nuire. ( Je n’ai pas cette basse malignité de haïr un homme à cause qu’il est au-dessus des autres. Voit. L 74. ) MALIN, maligne , adj. [ Malignus , nocens. 3 Qui a de la malignité. Qui al’efprit méchant. II est malin. Elle est maligne. Souvent j’habille en vers une maligne prose. C’est par là que je vaux , si je vaux quelque chose. Despr. fat. 7.) * Fièvre maligne. [ Febris matígna. 3 La Cham. La malignité de l’air. La malignité des influences. MALIN estrit. [ Cacodamon. 3 C’est le démon. ( II a été tenté du malin esprit. ) t MALIN, f.m. [Dœmon.] Démon. (Pour Dieu ! Pensez que c’est le malin qui vous tente. Sar. Pos.) (s MALINE. On apelle ainsi fur mer , un tems de grande marée, qui arrive toujours au plein, & au défaut de la lune. MALINGRE, adj. [ Qui varìè valet. 3 Ne se dit que parmi le peuple , & signifie qui n’est pas en bonne santé, & sur tout de ceux qui sentent des incommodi- tez , fans en connoître la cause. MAL-INTENTIONNE', mal-mtentionnée , adj. f Mali afseclus. ] Qui a mauvaise volonté. ( 11 y eut des gens mal-intentionnez qui tâchèrent à le mettre mal dans l’esprit du Pape. Maucroix , Vie du Cardinal Palus. ) MALITORNE , adj. m. f.fMalè tornatm, siniser. 3 Qui est mal-adroit, qni ne veut rien faire de bien ni à propos. , On ne sqauroit rien commander à ce Valet , c’est un vrai malitorne. ) MAL-JUGE', / m. [ Sententìainiquitas. 3 Terme de Palais. Arrêt mal rendu. Sentence mal rendue. ( Les Seigneurs sont tenus du mal-Jugé. Patru, plaid.) MALLE- Voïez MALE. (si Mr. de Vertot s’est servi dans fa Dissertation fur Fancienne forme des fermens usitez parmi les Fran- qois , & qui est inférée dans le second volume des Mémoires de Littérature, page 700. du mot malle , qu’il explique en même tems par celui d’affemblée. On voioit (dit-il) au milieu du malle , ou de Pasemblée une hache d’armes , U un bouclier atachez à un poteau , comme les marques de cette Juridifiion militaire. Les Fran- qoiss’étant jetiez dans les Gaules, & n’aïant pas encore de lieu fixe pour leur demeure, campoient dans les champs, & s’y assembloient en certains tems de l’année, pour régler leurs diférens , & traiter des a faires les plus importantes. Us apellerent cette assemblée , mal- lum du mot mellen, qui signifioit parler, d’où ils avoient fait mal, une locution, & maal , un colloque , un discours ; & ensuite on dit, mallare , ou admallare , pour ajourner quelqu’un à Rassemblée générale. II est dit dans le chap. 48. de la Loi Salique, que Passe m- blée fera indicte par le Centenier , qu’il exposera un bouclier au millieu du malle: Hocconvenit observare, ut tunginus , vel centenarìus mallum indicent , b Jcutum inipjb mallo habeant. Voïez Mr. du C ange , (ìf Wen- delin fur la loi Salique. f MALLEMOLLES-, Mousseline ou toile de coton blanche , claire & très-fine qui vient des Indes Orientales. MALLEMOI.LES. Ce sont aussi des mouchoirs ou fichus de mousseline des Indes , quelques-uns raïez d’or & de soie , d’gutres seulement cPor , & quelques autres simplement bordez d’or. Les femmes s’en servent à mettre sur le col. B b b 2 3go MAL MALMENER , v. a. [ Malè accipere. ] Maltraiter. Tourmenter Faire de la peine. (Malmener une per- M\L-ORDONNE', ée. [Malè dìspnfitus.~\ C’est le contraire de bien ordonné. On nomme en armoiries pie- ces mul-ordonnées , celles qui íont deux ert cher & une en pointe , comme on voit trois fleurs de Lis en quel- ques armories d’Espagne. ( P. Meneflr. ) MALOTRU, tóe, adj. [Abje&us, vilisj Pauvre malheureux qui est en un état qui fait pitié. (Tout malotru, tout plissé, il s’étoit sauvé, &c. Hijì. amoureuse de France. C’est un malotru forgeron. Ab. Luc. File sut à la fin toute aise U toute heureuse Le rencontrer un Malotru. La Font. ) f 3 f Ce mot est vieux & bas. ( Mais le fort ne tombât fur aucun d’eux , mais fur un malotru meneur d’â- nes. Catholicon d’Espagne. ) MAL-PLAISANT , mal-plaismte , adj. [ Insuavis , in- jucundus. ] Oui est fâcheux. Qui n’est pas agréable. Cela est toùt-a-fait mal-plaifant. ( C’est une action malfaisante. II ne fut jamais créature de plus malfaisante structure. Scar. ) MAL-PROPRE , adj. C Squalidus , sordidus. ] Qui n’a point de propreté. Ce mot se dit des personnes & dc certaines choses. ( II est mal-propre. Elle est malpropre. Viande mal-propre. ) MAL-PROPRE, adj. [Idoneusparum, parumapttuj Celui qui n’a pas les dispositions & les qualitez requises pour réusiir à une chose. Un poltron est malpropre pour la guerre : mais en ce sens on dit plus ordinairement , il n’est pas propre pour la guerre. Ce- pandant l’un & l’autre se trouve dans de bons auteurs. MAL-PROPREMENT , adv. [ Squalidè. ] D’une maniéré mal-propre. (Manger mal-proprement. Nous sommes ici mal-proprement. ) MALPROPRETE', f.s. [ Squalor , fiurcities. ] Vice contraire à la propreté. ( C’est la plus grande mal-pro- preté du monde. C’est une mal-propreté étonnante , effroyable , horrible, insuportable. ) MAL SAIN , malsaine , adj. [Malèsantu .] Qui n’est £ as sain. Ce mot se dit des choses & des personnes. e melon est fiévreux &mal-sain: C’est un enfant malsain. Une femme mal-saine. ) jQf MAL SAIN, On dit, une côte malsaine , quand le fond n’est pas net , & qu’ily a du danger. (C’est une petite isle mal-íàine à aprocher. ) MAL SEANT, malséante , adj. [ Decorus. ] Qui sied mal. Qui ne sied pas bien. Qui n’ést pas honnête. ( Action mal-seante. Cela est tout-à-fait mal-seant. î MALT , /. m. On apelle ainsi en Angleterre le grain germé , avec lequel on brasse les diférentes fortes de bières. ( L’ìmpôt fur le malt est un des fonds les plus assurez des subsides, que le Parlement accorde pour les besoins de l’Etat.) t MAL-TALENT , f m. Vieux mot qui sc di- soit autrefois pour animosité , ressentiment contre quelcun. MALTHE, f- f [ M ait a. ] Ciment dont on se fervoit autrefois , composée de poix , de cire , de plâtre & de graisse, & dont on avoit besoin quand on faisoit la dédicace d’une Eglise , comme il est marqué dans le Pontifical. MALTÔTE, ou maletôte, f.s. [ Acerba tributì exactìo.'] Sorte d’impôt &d’exaction. ( Mettre une mal- tôte fur le peuple. Etablir une maltôte. Scaron , Roman comique, t. part. c. xx. a dit établir une maltoute, mais il a mal dit. ) Volez Mr. Ménage dans ses origines de la langue Françoise, [fi Ragueau dans Jbn Indice. t MALTÔTE, maletôte , f Navbs observatoria. ] Grand bateau fur la rivière, où il y a un bâtiment pour loger les Commis, à dessein de prendre garde à ce qui vient ? Pans par la rivière de Seine. (Les Commis sont a la maltôte. ) MALToTIER, mahtbtiers.m.[Acerbus tributì exaftor.l îeS Tu C„ C é UÍ V lé,e »»- »>à s„, iì franc coouin C pUí? ere d maltôtser est d’être un &ì?T^s»"s i ” ,r r ,b1 ' - c,eft le fik MALTOuTIER. Scaron Roman comique a écrit mal toutier. Tout le monde dit maltòtieVT * 1 ' MALTRAITER ,*.«.[ Malè accipere. J Traiter MAM mal. Outrager. ( Maltraiter une personne. ) MALTRAITER. Faire mauvaise chère. Regaler mal Mais ce mot en ce sens ne se dit guère qu’au passif. ( Nous sommes maltraitez dans notre auberge. ) De là vient qu’on dit par maniéré de compliment, excusez les maltraitez. Ora veniarn dapibus. Dan. MALVEILLANCE , f. f. [ Malvolentia .] Haine, mauvaise volonté. (S’attirer la malveillance du peuple : Les mots de malveillant & de malveillance , vieillissent, & il est bon de ne s’en servir que rarement. II s’est attiré le blâme, la malveillance , ou plutôt l’horreur de tout le monde. Cofi. t. L 170. MALVEILLANT, OU malveuiUant , f m. [Ma- levolus.~\ Ennemi. Celui qui haït quelqu’un. (Nos mal. veillans avoient fait courir un bruit. Maucoix , Schisme , /. ;. ) MALVERSATION , / /• [ Pravaricatio , cujfioj Mauvaise conduite de celui qui est dans un emploi public. ( On l’accusa de malversation dans fa charge. Ta/eman.) MALVERSER , v. n. f Perverse manus ediquod aimb niflrare. ] Se conduire mal dans quelque emploi, commettre des malversations.(II a malversé dans fa charge.) MALVOISIE , f f. [ Vinum Arvisium. ] Sorte de vin qui vient de Candie. ( Boire de bonne malvoisie. Les Magasins de Malvoisie Les Esclaves de bouche , U pour dire en deux mots t L attirail de la goinfrerie. La Font.) MALVOISIE est aussi un vin muscat cuit qui vient de Provence. MAL-VOULU, malvouluè, adj. [ Invisus. ] Celui ou celle à qui on veut du mal. Qui est haï. ( II est mal- voulu de tout le monde. ) t MAMAN , f f. [Mater. J Parole d’enfant, pour dire mere. ( Ma bonne maman. Elle est sous l’ai- de de fa maman. Gond. Ep. ) ± MAMANTETON. Mot d’enfant pour dire nourrice. ( Mamanteton est fâchée. ) Le terme maman , di le P. Labbc, vient de* premieres paroles des petits enfans. ch MAMAN6A, fi m. Arbrisseau du Brésil, dont la feuille ressemble à celle du Citronnier & s’emploïc dans la Médecine. ($ MAMBOURG. Ancien terme dont plusieurs Coutumes se sont servies pour signifier un tuteur. Mambournie. Puissance, autorité. Olivier de la Marche a dit, page 17. Le Roi des Romains son fils , marn- bourg [fi pere de vous, [fie. Volez l’Indice de Ragueau. MAMELLE , maméle ,sfi[ Mamma , u ber. J C’est au sein de la femme , une partie qui est ronde, grasse, charnue , composée de corpg glanduleux avec une infinité de vaisseaux, & qui côntient le lait dont la femme nourrit son enfant. Les femmes n’ont que deux mamelles parce qu’elles ne portent au plus que deux enfans. Elles sont placées au sein , afin que la femme puisse porter son enfant entre ses bras , le voir le baiser en l’alaitant, & redoubler ainsi l’amour qu’elle a pour lui. ( Enfant qui est à la mamelle. ) MAMELLE. Ce mot se dit des hommes. Partie au sein de l’homme composée de graisse, de peau, & d’un mamelon sans faire aucune fonction naturelle. MAMELLES. [ Ubera. J Ce mot sc dit des femelles de certains animaux. Ce sont de petites parties spongieuses & glanduleuses qui sont au ventre & entre les cuisses des femelles des animaux & qui se remplissent de lait pour la nourriture de leurs petits, (Les mamelles d’une laie. Sal. ) f MAMELLE. [ Tubercula ephippii anteriora. ] Terme de Sellier. C’est l’endroit où finit l’arcadc que les Selliers apellent les mamelles de l’arçon. MAMELON , f m. [ Papilla. J Ce mot ne sc dit que de l’homme & de la femme. C’est le bout de la mamelle. Le mamelon aux femmes est une maniéré dé petit canal par lequel Pensant soqant avec les lèvres tire le lait. ( Un mamelon vermeil comme une cerise. ) * MAMELON. [CardinU capitulum Terme d’Artisans. Ils donnent ce nom àl’extrêmité ronde .de quelques pièces de fer ou de bois, qu’on fait entrer dans un trou, où elle doit être mobile. Le mamelon d’un gond , c’est la partie rende d’un gond qui entre dans Ja pen- turc. MAN turc. Le mamelon d un trueil , c’est Pextrêmité du ci- lindre sur laquelle il se meut. t MAMELUë , s. s. t Mammosa. ] Mot burlesque pour dire celle qui est bien fournie de tetons. ( Une grosse mameluë. Scaron. ) MAMMAIRE. , adj. [ Mammarim . ] Terme à'A- natomie. Nom qu’on donne à deux artères qui portent le sang aux mamelles , & qui font des Rameaux des artères sousclaviéres. 11 y a aussi deux veines escla- Viètes i qui reportent le sang des mammelles dans les veines sousclaviéres. f MAMME , s m. Arbre du Roïaume de Quoja en Afrique, son fruit ressemble à une prune & s’em- ploïe à divers remedes. MAMMELUS , s m. Esclaves Chrétiens qu’on avoit pris étant jeunes , & qui composoient la milice des Sultans d’Egypte. On traitera chaque Pontife de mammeluí & de Califes. Vie de Sixte V. ) {$ Les Egiptiens apelloient en leur langue mam- tnelus , leurs Esclaves Chrétiens , ou nez de parens Chrétiens, soit que ces Esclaves eussent été pris, ou achetez jeunes 5 & celui d’entre les jeunes garçons qui avoit été choisi pour commander aux autres , portoit le nom d 'Emir , ou d’Admiral. C’étoit à ces Esclaves que les Sultans & les Grands-Seígneurs d’Egipce commettoient la garde de leurs personnes; & comme on avoit soin de les rendre parfaits dans Part militaire & dans toute sorte d’exercices, c’étoit aussi fur eux qu’on fondoit la principale elperance de la victoire dans les combats. On les choisiisoit ordinairement entre les Esclaves achetez , & l’on prenoit la plus grande partie entre les Circalsiens qui habitoient au long de la Mer Noire , depuis la Colchide & Plberie vers le Bosphore contre la Chersonése Taurique. Environ l’an riça. ( selon la stipulation du P. Maimbourg dans son Histoire des Croisades ) ces Mammelus dépossédèrent les Souverains héréditaires de l’Egipte , & ils y sondèrent un Empire , électif, qui dura jus- qu’en l’année 1517. où le Sultan Selim s’étant rendu maître du grand Caire , y fit étrangler leur dernier Empereur. MAMMILLAIRE , adj. f MamillarU. 3 Terme d > A- natomie. 11 lignifie qui ressemble à des bouts de mamelle. Les apophyses mammilhiìres. Ce sont deux petits boutons, qui sont sous les ventricules antérieures du cerveau , & qu’on tient être l’organe de l'odorat. On apelle ausiì mammiUaire un muscle qui sert à baisser la tête, Acad. Fr. t MAMESELLE ,s f- De certaines gens qui rafi- nent disent Mameselle , pour Mademoiselle , mais il n’y a que le Parisien qui est badaut , ou les Provinciaux qui parlent de la sorte. t M AMIE -, s f■ C Meum corculum ] Terme de Carejse , qúi veut dire mm caur , ma chere amie , mais ce mot ne se dit guère qu’en parlant à des servantes, ou qu’entre de petits Bourgeois (Je voudrois mamie que vous eussiez été ici tantôt. Mo'iére , Malade imaginaire , a. 2 . s. 6, Mamie faites cela , je vous en prie. Et cependant avec toute sa diablerie ll saut qut je l’apelle es mon caur es mamie. Mol.) MAMMONE, s m. \_ Mammoha. ] C’est le Dieu des Richesses. Et quelquefois il se prend pour les richesses mêmes. Danet. f MAMOERA , s «t. Arbre de PAmérique , dont le fruit ressemble à des mamelles. On le nomme aussi papaya & papayer. f MAMOUDI,/ m. MonOïe d’argent qui a cours en Perse & en plusieurs lieux des Indes Orientales. Le Mamoudi Persan est de la forme & à peu près de la grandeur des pièces de cinq sols de France. Les Ma- moudis des Indes sont de diférente valeur suivant les lieux. f MAMOUR , s s Terme de Carejse , qui veut dire mon petit caur , & qui n’a cours que parmi les bourgeois. Mamour , voilà le fils de Monsieur Dia- forus. Molière. ) f MAN ou MEN, s. m. Poids dont on se sert aux Indes Orientales, particulièrement dans les Etats du grand Mogol. Voïez Tavernìer & Savary. MAN 381 f MANA , f f Déesse du Paganisme queles Romains invoquoient dans les acouchemens. ch MANACO , f m. Arbrisseau qui croît au Brésil , & dont la racine s’emploïe dans la Médecine, MANANT , f m. IRuJiicm , Rjtrieola. ] PaïGm, Un gros manant. Esope conte d’un manant Charitable autant que peu sage -, Un jour d’hiver se promenant A f entour de son Hermitage , Aperçût un serpent sur la neige étendu. La Font. ) {§ II y a cette difference entre manant & habitants que les premiers sont nez & domiciliez dans une ville ou dans un bourg , & les autres ne sont que simple* habitans & domiciliez. MANCELLE , s s {Catena trafloria.] Terme de Chartien Petite chaîne qui tient au collier du cheval, au bout de laquelle il y a un grand anneau qu’on met au limon & qù’on aríête avec l’ateiloire , ce qui sert tout-à-fait pour tirer. í MANCENILLIER > s m. Arbre fort beau qui croît en Amérique & qui ressemble au poirier. Son fruit est très-dangereux , & tuë en peu de tems les hommes & les animaux qui en mangent. Voïez le Volage du P. Labat en Amérique. MANCHE, s m. [ Manubrium , capulut. ] Partie par où l’on empoigne de certains instrumens, comme couteau , serpe , hache , réchaut, cuillier, fourchette , &c. ( Ainsi on dit un beau manche de couteau , un manche de serpe , de hache , de cuiilier * de fourchette, &c, Outil qui a un manche trop long* ou trop court. V homme enfin la prie humblement De lui laijj'er tout doucement Emporter une unique branche Afin de faire un autre manche» La Font. ) MANCHE, s. m. IManubrium , capulut. J Ce hidt se dit de certains instrumens de musique, & lignifie la plus haute partie de l’instrunient, & celle où ses cordes sont atachéës aux chevilles. ( Ainsi on dit un beau manche de guitarre , de luth , de mandore, de tuor- be , de violon , de poche, &c. ) * setter le manche après la cotgriée. f Rem inceptam deserere. ] Proverbe. Se dépiter. Abandonner un afaire, parce qu’elle ne réussit pas d’abord. On dit d’un homme irrésolu & qui ne sqait quel parti prendre , qu’il branle dans le manche. [ In dú~ bio es Hlius anirrtw-. ] MaNCIÍE , f f. [ Manica. ] La partie de la chemise, ou de l’habit qui couvre le bras. La partie de l’habit ou de la chemise que l’on met dans le bras. (Manche courte, grande, ample & large. De demi pied les co'éjsures baissèrent , La gorge se couvrit , les manches s'allongèrent j A peine on leur voioit le petit bout des doigts. Perr. Griscl. ) MANCHES , f. f. [[Manies infertiles.'] Demi manches de toile fines avec des poignets & arriére-points à chga que bout. (Une belle paire de manches, f * Vous qui tenez ìncesamment Cent amans dedans votre manche * Tenez-les au moins proprement. Voit. Poèf. ) C’est-à-dire , vous qui avez cent amans; Du tems que l’on se mouchoit sur la manche. C’est-à-dire, au bon vieux tems, où le mondé h’étòìt pas rafiné. f C’es une autre paire de manches, sAliud es.] C’est- à-dire , c’est une autre chose. 0" Ci gît une devote ’ês qui sut des plut franches , Qui fous de modises atours Aioit à Vêpres les Dimanches ; Que faifoit-eíle aux autres jours ? Ç’es une autre paire de manches. On dit d’un homme qui n’est point scrupuleux, qu’il a la conscience large comme la manche d’un Cordelier, Bbb j Oa 382 MAN On apelle dans la Maison du Roi Gentilshommes de la manebe , ceux qui ss trouvent oancmuellement auprea du Prince quand il est jeune, & Gardes de la manche, ceux qui sont au devant du Roi , vêtus de hoquetons armez de pertuisanes. Acad. tr. ^MANCHE. [ A la , cornu. ] Terme de Guerre. Aile de bataillon qui est composée de mousquetaires. (Manche de main droite & manche de main gauche, bataillon qui défile par manches. ) * MANCHE. [Fretum Bntannicum. J lerme de Mer. C’est une longueur de Mer entre deux terres. (La manche Britannique, c’est la mer qui est entre la France & PAngleterre. ) stg MANCHE à eau. Terme fort en usage dans la marine. C’est un long tuiau de cuir , fait comme une manche ouverte par les deux bouts ; on s’en sert à conduire Peau que l’on embarque , du haut du vaisseau , jusques auxfutailes qui font rangées dans le fond de cale ; on s’en sert aussi dans le même fond de cale pour faire passer l’eau , ou les liqueurs, d’une futaille dans une autre ; enfin on s’en sert pour conserver l’arri- mage, Sc l’alïìete ou l’estive d’un vaisseau , en remplissant les futailles vuides où il faut que le vaisseau, soit plus chargé. Manche de pompe. C’est une longue manche de toile godronnée , laquelle étant clouée à 1a pompe, reçoit l’eau que l’on fait sortir, & la porte hors du vaisseau. GARDE-MANCHES. Ce font des fourreaux qu’on met fur les manches pour les conserver. Tours de manches. Ce sont des garnitures de rubans, «u de dentelles qu’on met entre le bout de la manche & la manchette. Bouts de manches. Ce font de petites manchettes qui font cousues au bout des manches du pourpoint des Ecclésiastiques, ou des gens qui portent le grand deuil. Cordeliers à la grand manche. MANCHERONS , f »i. [ Manìcula ,IHv.e ara- tri. ] Ce mot en parlant de charuë, signifie les parties de la charuë qu’on tient avec les mains lors qu’on laboure. II y a des gens qui apellent ces parties de la charuë, le manche de la charuè. Elles s’apellent peut- être ainsi en Province , mais à Paris & aux environs on les nomme mancherons , & on dit. ( Tenir les mancherons de la charuë. ) MANCHETTES , f. st c Linteus limlt#, extremn manie a ajfiuti#. ] Petit linge plissé & godronné avec un poigne embelli d’arriére-points, qu’on porte fur le poignet de la chemise & qu’on attache avec des rubans, ou des boutons d’argent. ( Des manchettes bien empesées. Des manchettes fort fines & fort blanches. Une paire de manchettes doubles. ) MANCHON, fi m - C Villosa maniea. J Sorte de demi-manche de la peau de quelque animal que le pelletier a passée & accommodée avec le poil, & dont on se sert l’hiver par grâce, & pour garantir ses mains du froid. ( Un manchon de chien. Un manchon de chat. Un manchon de petit gris. Monter un manchon. ) MANCHOT, manchote , adj. [Manet#.] Qui ne fe peut aider de la main , parce qu’il est estropié. Qui manque d’une main. ( II est manchot. Elle est manchote. ) f * II n’ est point manchot. [Suarum rerum est periti#.] C’est-à-dire , il est adroit. II a de l’efprit. C’eji une femme qui n’est pas manchote. C’est-à-dire qui est adroite. MANDARIN , st m. [ Manàarìm#. ] Terme de Relation. C’est un nom qu’on a donné aux Nobles de la Chine : il y a des mandarins d’armes, & des man. darins de Lettres. Ce mot signifie , Chevaliers du Seigneur. II y a des Jésuites qui font mandarins dans la Chine. MANDAT , f. m. [Jujsum , mandatum. J Terme de Cour de Rome. Certain rescrit du Pape par lequel il donne à quelques personnes certains bénéfices vaquans par mort seulement. •MANDATAIRE, s. m. s Mandatantu. f Celui qui elt tonde sur un rescrit du Pape , par lequel il afecte tte certains benéfices qui vaquent par mort seulement. MANDEMENT , s. m. [Mandatum.'] Terme d 'Eglise. Ecrit de 1 Evoque diocésain aux Archiprêtes de son Diocèse, par lequel û les avertit des choses qu’il faut faire pour le bien de lEglise , & U salut des peuples qu’ils ent a gouverner. ^ v *** MAN f MANDEMENT , se dit aussi du billet par lequel on ordonne à un Receveur ou Fermier de païer une somme à quelcun. ( Donner un mandement, accepter un mandement, païer un mandement. ) MANDER , v. a. [Accire , convocare.] Faire venir avec quelque sorte d’autorité. Apelier avec quel. que sorte de commandement. L’autre jour Japitec manda tous les Dieux. Voìt. Po'es. ) MANDER. [ Scrihere. ] Ecrire à quelqu’un. (On lui z mandé la mort de Ion ami. Ne croïez pas ce qu’on vous mande. Voìt. Po'éfi. ) MANDER, v. a.[Mandare, invitare.] Donner ordre de faire quelque chose, inviter de se trouver à une cérémonie. Les Parasites se trouvent à table sans être mandez. ) MANDEUR, s. m. [Accensus. , Aparitor.] On apelle ainsi à Lyon les Sergens ou Huissiers de ville qui marchent devant le Prévôt des Marchands & Echevins, avec leurs verges , & l’Ecusson brodé des armoiries de la Ville fur leur mandilles ou casaques. MANDIANT, mamlier , Voïez Mendiant Sc mendier. MANDIBULE, st f. [ Mandïbula. ] Terme d’A' natomie, qui signifie la mâchoire. {Mandibule inférieure. Mandibule supérieure. ) MANDILLE , f. f. [Penula.] Sorte de casaque d» laquais. ( 11 a porte la maudisse à Paris. Befipr. Sat. Notre Coupn le Savoyard A changé de Maudisse , II a pris cellbde César Contre sa propre fille. Poët. Anon. Vun sur son Ecusson porte un Casque sans grile , Dont le Pere autrefois a porté la Maudisse. Bours. Es. ) ff Ce terme est dérivé, selon le Pere Labbe, de Mantile , petite mante, petit manteau. II se moque de ceux qui le tirent du Grec : C’est (dit-il) faire trop d’honneur aux laquais, que d’aler chercher leur habit jusques dans Pollux, Sc dans Hesychius. MANDORE, Mandole , s. s. [ Fidicula. ] L’un & l’autre se dit, mais les Lutiers qui parlent le mieux, disent mandore. C’est un instrument de musique qui est de bois propre à résonner, qui a quatre , cinq, ou plus de cordes & qui a quelque raport avec le lut. (Une mandore lutée. ) MANDRAGORE , s.s. [Mandragora. j Herbe qui jette des feuilles assez semblables à celles des laitues , qui est froide au troisième dégré, & qui parce qu’elle assoupit est consacrée au Soleil. (Mandragore mâle, ou blanche. Mandragore femelle, ou mandragore noir. Bal. ) ^ MANDRAGORE de la Chine. C’est ce qu’on nomme autrement Ginseng. Cette plante est si estimée des Chinois , qu’une livre de fa racine .vaut trois livres pesant d’argent. f MANDRENAQJJE, s s- Toile des Isles Philippines , dont la chaîne est de coton Sc la trême dc fil de palmier. f MANDRERIE, s fi Terme de Vanter. C’est cette partie du métier des Vaníers, où l’on travaille aux gros Ouvrages. Les deux autres parties de ce mé- tier font la Clôture Sc la Faisferïe. f MANDRIER, s. m. Vanier qui fait des ouvrages de mandrerie. MANDRIN , s m. [ Veruculum, pugiunculm. ] Terme de Tourneur. C’est l’arbre qui tourne, au bout duquel on atache les pièces que l’on veut tourner. MANDRIN. Plusieurs Artisans apellent de ce nom les poinçons avec quoi ils percent le fer , & les autres métaux fur lesquels ils travaillent. MANDUCATION, s st [Esus, manducatio.] Ter- me de Théologie. Ce mot vient du Latin manducatio, qui signifie faction de manger: mais il ne fe ditqu’en parlant de l’Eucharistie. ( Manducation orale Sc corporelle qui se fait par la foi. ) MANE. Voïez MANNE. MANEAGE, s. m. [ Opt# manuale. ] Terme de Mér. Travail qui se fait avec les mains par les matelots qui déchargent un Navire. 0" Le maneage comprend la charge & décharge des planches , du merrein, du poisson tant verd que sec, fan* MAN sans que les matelots en puissent demander aucun salaire au marchand. 11 en est autrement du guindage, qui est la décharge des marchandises , pour laquelle les marchands doivent deux fous lìx deniers par tonneau, suivant \’article 17. du titre Guidon des avaries. MANEGE , f m. [ Hyppodromus. ] Lieu où l’on exerce les chevaux de selle. Lieu où l’on les fait travailler, & où on les dresse à toutes sortes d’airs. (.Un Beau manège. Un grand manège. ) MANE'GE. [Disciplina equestrhs Exercice & travail d’u n cheval dans le manège. ( Faire faire le manège à un cheval. 1 MANE’GE par haut. C’est la façon de faire travailler les sauteurs , qui s’élevent plus haut que la terre , & qui manient à courbettes, à croupades , à balotades, qu’on apelle les airs relevez. MANE’GE de guerre. [ Cursus castrenfts. ] C’est lê galop inégal, dans lequel le cheval change aisément de main en toutes les ocasions où l’on en a besoin. MANE'GE , se dit au figuré de certaines manières fines & adroites. En parlant d’un Courtisan habile , on dit qu’il entend le manège. Etes-vous en faveur, touc manège est bon , vous ne faites point de faute. [ La Bruy. ] C’est un manège difficile, c’est une afaire dificile à ménager. [Nouv. Rem.J Je fuis las de tous ces manèges. MANEQUIN , f. m. [ Cisa viminea. ] Ouvrage d’olìer. saunier haut & rond ou l’on aporte du fruit à Paris. ( Manequin fort creux. Manequin plein , c’es- à-dirt , dont les branches d’ozier font fort serrées. Manequin à claire voie. II est fait de grosses branches d’ozier fort peu serrées.) f MANEQUIN, étoit une mesure dont on se servoit autrefois en Angleterre , & qui étoit une espèce de panier dozier. f * Elle joue des manequins. Façon de parler burlesque , pour marquer une fille qui est dans la débauche des hommes. MANEQUIN. [Simulacrum m omnem habitum versatiles Terme de Peinture. Statue qui est ordinairement de cire , quelquefois de bois , de laquelle les jointures font faites d’une manière à lui pouvoir donner telle attitude qu’on désire. MANEQUIN AGE , s m. [Sculturas Terme d’./lr- chiteHure. ( C’est la fculture qu’on emploie dans les édifices. ) MANES , s- m. [Maness Ce mot n’a point de singulier , & signifie seulement l’ame d’une personne qui est hors du corps. Vaug. Rem. (Mes manès contens auxbords de fonde noire , se feront de tapeur une agréable histoire. Dejjr. Lutrin , ch. 3. 0 Voici la Remarque entière de Mr. de Vaugelas, ch. 228- ” On se sert de ce mot en vers & en proie , „ toujours masculin , & toujours au pluriel. Mais „ il faut prendre garde à ne l’emploïer jamais, comme „ les Latins , pour les Dieux infernaux ; car Dits ,, manibus & Dits Infernit , n’est qu’une même cho- „ fe, quoique les Latins le disent aussi de l’ame d’u- ,, ne seule personne. Les François ne s’en fervent „ jamais en prose , ni en poésie, qu’en cette signi- ,, fication. C’est-à-dire , pour Yame à’une perfon- ,, ne. ” L’Academic a observé que les Latins n’ont pas toùjours , entendu les Dieux Infernaux par le mot de manès. Ils ont quelquefois donné ce nom , comme nous , à l’ame d’un mort dans le même sens que nous disons .- Polixene fut sacrifiée aux manès d’Achille. Ce mot est demeuré en usage parmi nous, dans la poésie , & dans le stile sublime. Servius , fur l’Enéïde a dit, que les Manès font les âmes séparées des corps qu’elles ont habitez , lesquelles ne font pas encore entrées dans d’autres corps, & qui se plaisent à faire du mal aux vivans. II est certain qu’on entendoit par ce mot Manès les âmes des défunts ; ainsi Virgile a dit: manesque vocabat Hefloreum ad tumulum. On trouve dans diférentes inscriptions: Manibusgen- tis sua^ Quelquefois Manet signifie les enfers, les lieux où les âmes doivent fe rendre au sortir du corps humain. Virgile : Hac Manès veniat mìhi famasub imos. C’est là fans doute , l’origine du mot manoir , lequel avec l’épitéte de sombre ou d e funeste, est pris pour tombeau , & même pour le lieu où l’on croioit que les MAN z8Z âmes atermoient leur destinée heureuse , ou malheureuse. Enfin , toutes les divinisez infernales , & qui prcsi- doient aux funérailles & aux tombeaux, furent comprises fous le titre de Manès ; c’est pourquoi presque toutes les épiraphes & inscriptions sopulchrales commencent ou par Dits Manibus , ou par D. M. II semble que l’aveuglement du Paganisme étoit si grand, que l’on croioit que les Dieux manès résidoient dans les tombeaux , pour garder les cendres des morts ; témoin de cette inscription raportée par Mr. Spon : NE TANGITO O MORT ALIS REVERERE MANES DEOS. MANEUVRE, f m. [Operariuss Valet de Maître Maçon. 11 fe dit auíli plus généralement des pauvres gens qui ne vivent que du travail de leurs mains Sc qui n’ont aucun bien , ni aucune industrie , & ne font aucun commerce. ( Un pauvre maneuvrc. Un vieil maneuvre. ) MANEUVRE , f.s. [Opéra nautìca. J Terme de mer. Toutes les cordes qui servent à un Navire , excepté les cables & les hansiéres. ( L’essai est la plus grosse corde de toutes les maneuvres. Four. ) 11 y a des maneuvres fixes , qu’on apelle dormantes , & d’autres coulantes , qu’on remué souvent. 0 II y a parmi les Marins, diverses sortes de maneuvres qu’il faut expliquer. Maneuvres hautes. Ce font celles qui fe font de dessus les hunes & les vergues , & de dessus les cordages. Maneuvres baffes. Ce ibnt celles qui peuvent être faites de dessus le pont. Maneuvres à queue de rat. On apelle ainsi celles qui vont en diminuant , & qui vers le bout font moins garnies de cordons que le reste du cordage. Maneuvres majors. Ce font les gros cordages , tels que les cables , les hansiéres , l’étai, les grelins & autres. Maneuvres menues. Ce font les petites cordes qui fervent à maneu- vrer les vergues & les voiles ; les bras , les cargues & les boulines font de.ee nombre. Maneuvres fausj'es. Ce font celles que l’on met lorsque l’on se prépare à un combat, & que l’on fait servir lorsque les autres font coupées. On dit une maneuvre trop roide , ou trop halée. Maneuvre en bande. C’est une corde qui n’étanfc pas tenue ni amarrée , ne travaille pas. Maneuvres paf fées à contre. Ce font celles qui font passées de Barrière du vaisseau , à Pavant, comme celle du mât d’atimon. Maneuvres passées à tour. Ce font les maneuvres passées de Barrière du vaisseau , à Bavant, comme les cordages du grand mât , & ceux des mâts de beaupré & de mifene. Maneuvrefine. C’est quand on a fait tout d’un coup ce qu’il y avoit de plus avantageux à faire. Maneuvre hardie. C’est une maneuvre hardie & périlleuse. Groses maneuvres. C’est l’embarquement des cables, des canons, & enfin tout ce qui regarde le gros travail. Maneuvres , coulantes , ou courantes, dormantes. Les premières font les cordages que Bon manie à tout moment, comme le bras , les écoutes, les boulines, les cargues , les coùets , & leurs semblables. Les dormantes , sont celles qui maneuvrent plus rarement , comme les étais, les haubans , l’itacle , les gallaubans, &c. Guillet , Dìttionn. des arts des homme d’épée. Maneuvre. [Minfierìum nauticums Terme de mer. 11 signifie auffi Bu sage & la maniéré de fe servir de ces cordages, qu’on apelle maneuvres. En ce sens on dit faire la maneuvre. Ce matelot entend bien la maneuvre. 11 signifie encore les matelots qui s’en fervent. ( Les maneuvres font en désordres durant la tempête. ) f * Faire une bonne ou mauvaise maneuvre. Cela fe dit dans un sens figuré , pour dire faire une bonne ou mauvaise démarche dans la conduite de quelque afaire. MANEUYRER, v. a. F aire agir & remuer les cordages & les voiles à propos, f Fauticosfunes versare. ] Ce matelot fçait bien maneuvrer. On apelle auffi tna- neuvrier un matelot qui entend bien la maneuvre. [Ope* ris nautici périt m. J 0 MANEUVRER. Un Auteur moderne a dit dans fa Prétace , en parlant des Généraux d’Armée : Quand on a vú maneuvrer des Généraux habiles 0? expérimentez pendant le cours de deux cruelles guerres. f MANGALIS , f m. Poids de cinq grains dont on fe sert dans les Indes Orientales, pour peser les diamans. z 84 MAN ± MANGANESE , s- f- íMagneJìa.2 Terre mi- neralede la couleur du fer. ,pn entrouveenFrançe & dans d’autres pais , & on remploie pour purger le M ANGE ABLE , a ^i- C EAulU. ] Qui peut-être inangé Cda est mangeable, ou plutôt cela ce peut m MANGE AILLE ,/f [ Cibaria , efca. 3 Le mangé qu’on donne aux oiseaux. ) , _ f MANGEAILLE. C Cibut. 3 Viande & autre choie dont l’homme se nourrit. ( Assassiner les gens à force de mangeaille. Molière , Avare , a. ?. /' I. ) f MANGELIN,/ »*. Poids de sept grains avec lequel on pèse les diamans aux Indes Orientales. MANGEOIRE , f f. [ Prafepe. ] Chêne ou autre arbre de bois dur, dolé, planté & creusé qui va le long de l’écurie , ou de l’étable où l'on donne à manger aux boeufs, aux brebis & principalement aux chevaux. ( II faut tenir la mangeoire bien nette. Alexandre commanda qu’on fit les mangeoires des chevaux plus hautes qu’à l’ordinaire. Vaug. Q^curce, /. 9. ch. 5. ) MANGER, v. a. [ Manducare, Edere. ] Manger & avaler quelque aliment. (Manger du pain, de la viande , &c. ) MANGER seul, c’est manger comme les lions & les loups ; avec les inconnus , cc n’est que cérémonies ; avec des importuns, le repas est un supîice, si bien qu'il faut plus prendre garde avec qui l’on mange qu’a ce que l’on mange. S. Evremont, ìn 4. page. Boire 0? manger, coucher ensemble C’ejl mariage, ce mesemble. Costar écrivant à Balzac, lui dit : ,, A la vérité ,, c’est un grand reproche dans Athenée que de manger „ seul ; & la qualité de monophage , n’y est guéres „ moins injurieuse que celle d’antropopbage, & de man- „ geur de petits enfans , &c. ” Les Lacédémoniens «onnoissoient bien que pour entretenir l’union & l’a- mitié entre les citoiens , il étoit nécessaire de les faire manger quelquefois ensemble , & dans cette vûé, ils avoient des repas ou chacun aportoit ce qu’il pou- voit, & mangeoient ensuite tous ensemble avec une modestie & une sobriété dont eux seuls étoient capables. Cicéron en a fait mention dans ses Epîtres Familières, liv. 9. ep. 24. & Meurjlm en a traité amplement dans ses Mélangés Laconiques. On apelloit ces sortes de repas , phiditia , repas d’amitié. Juvénal a bien raison de se soulever contre plusieurs personnes de son teins, qui mangeoient seules , & faisoient beaucoup de dépense pour leur table, & de se récrier: Sed quisferat fias Luxuria sordes ? Ces gens-làpensoient autrement que Caton , lequel, ( au raport de Plutarque dans la vie de cet illustre Romain) étoit persuadé que rien ne concilioit les esprits, & ne produisoit l’union & l’amitié, comme de manger ensemble. Les Cordeliers ont prétendu long-tems qu’ils n’a- voient que l’usage de ce qu’ils mangeoient , & que le Domaine en appartenoit à l’Églisc Romaine, & Nicolas IV. qui avoit été tiré de l’Ordre des Cordeliers, fit une Bulle avantageuse à cette prétention. Nicole, première lettre Imag. ) * MANGER. [Duriùs increpare. ] Médire. Maltraiter de paroles. Haïr. Vouloir du mal. (En quel siécle suis-je venu ! l’on sc déchire, l’on sc mange. Gonb. Epi. lib. 1.) * MANGER. {Absumerel] Consumer. (Manger tout son bien. Abl. Apo .) * MANGER, s Rodere. ] Ronger. (Le sel armoniac mange la blancheur qui vient dans l’œil d’un cheval. Estre mangé des vers. Les poux & la vermine mange ce geux. [ Egenumhunc pediculi exedunt. 3 Jefa- bel fut mangée par des chiens. L’eau forte mange les métaux. ) * Se manger, v. r. Se devorer. ( Les loups ne se ■ stl ® n S e pas les uns les autres. ) ... sf* s e mangent, ilsse querellent. [invicem ctmvi- couteaux^' ^ ^'^-à-dire, ils font aux épées & aux £e regarder^Pnni’^ youx. £Avidè intueri. 3 C’est-à-dire, * ìnanper^X ^ t L ent,ve ” lent » avec passion, dre. ( Voïelfe emì s/tl", ^ Ter , me de Grammaire. Se per- *' MANGER <3 /er"Cslír í,,2 r e r/ eVant une autre voïelle. ) MANGER les mots. [ Voces vorare 1 C’est ne les énoncer pas tous , n’en prononcer P Ì 8 bie 0 toutes MAN les sylabes. ( II y a des Religieux qui mangent la moitié de leur Oficc en le disant.) MANGER des livres. [ Libros devorare. ] Les lire continuellement & avec atachement. Manger son blé en herbe. [Versuram ab ineunte anno facere.j\ C’est manger son revenu avant qu’il soit échu. Manger de la vache enragée. [ Dure ac parcè vivere. 3 Pour dire qu’on a beaucoup pâti , qu’on a apris à travailler & à être sage. On dit aussi ironiquement d’un demi sçavant, qu’il est sqavant jusqu’aux dents, qu’il a mangé son Bréviaire. MANGER. Voiez Brebis & loups. t Voilà ce que les rats ri ont point mangé. Cela se dit proverbialement quand on fait voir quelque chose qu’on avoit gardé secrètement. £jf MANGER du fable. Cela sc dit d’un timonier qui étant au gouvernail, a secoué le sable de shorloge pour le faire passer plus promtement, ou qui a tourné l’hor- loge , quoique le fable ne fût pas tout passé. Les matelots disent souvent que la lune a mangé, c’est-a-dire, qu’elle a dissipé les nuages. f MANGER. Termes de Sucrerie. Donner à manger à un moulin , c’est lui fournir des cannes de sucre pour en exprimer le suc , & les faire passer entre les trois tambours destinez à cet usage. MANGER , mangé, f. m. [ Cibus , efca. ] L’un & l’âutre sc dit. Ce qu’on sert pour sc nourir. ( Le mangé est prêt. Le Nectar est le breuvage des Dieux, & leur manger l’Ambroilie. Abl. Luc. t. 2 . ) t MANGERIE , f f. ( Edacitas.. 3 Goinfrerie, t * MANGERIE. [Vexatio, 3 Exaction injuste. Concussion. MANGEUR , f m. [ Edax, heluo. 3 Celui qui. mange. ( C’est un grand mangeur. ) Grand mangeur qui mange beaucoup & avec avidité. Athenée, liv. 1. fait mention d’un certain Phi- loxene qui ne trouvoit rien de trop chaud , & ne craignoit pas de se brûler pour prévenir son voisin à table, & lui enlever un bon morceau; il donnoit méme de l’argent aux cuisiniers pour servir les mets encore boiiillans. 11 raporte ensuite plusieurs exemples de gloutonnerie. MANGEURS. Ragueau nous aprend que l’on apelloit autrefois mangeurs ceux que l’on mettoit en garnison dans la maison d’un débiteur qui ne païoit pas ses dettes ; mangeurs parce que les gardes font établis à ses dépens, & vivent à discrétion. t MANGEURS de Crucifix, [tìipocrita.~] C’est-à-dire , un tartufe , un bigot. í t MANGEURS de chrétiens. On apelle ainsi les gens de chicane, qui vexent & tourmentent le peuple. í t MANGEUR de charettes ferrées, mangeur de petits enfans. C’est un fanfaron. MAN GEUR ES, f. f. f Pabulatio. 3 Terme de Chasse. Prononcez manjúres. ( Ce font les pâtures des loups & des sangliers. (Le loup & la louve choisissent un lieu propre , afin d’avoir leurs mangeures plus commodément. Sal. MANGEURES. f Abrojio. 3 Endroit où la vermine, où les souris ont mangé. t MANGEUSE , f. f. f Edax , EJìrix. 3 Qui mange bien. C’est une grande mangeuse. f Une mangeuse de Crucifix. [ Simulât a pietatkvana Jìmulatrix J C’est-à-dire , une bigote. MANGONNAILLES. On apelle en Bresse, mangonnailles , la perche & la tanche qui font dans les étangs. MANGONNEAUX- On apelloit ainsi certain» instrumens avec lesquels on jettoic des pierres. 11 y a apa- reneeque ce mot est dérivé du Grec, peáyuiavov , une machine. Meurjìus cite dans son Glossaire du Grec Barbare, plusieurs Auteurs du bas Empire qui sc font servi de ce terme. Voïez les Origines de la langue Françoise de Mr. Ménage. MANIABLE, adj. [TaAiliss] Ce que l’on manie aisément, manier avec les mains. (La cire est maniable.) MANIABLE, adj. [Docilis .3 Au figuré. Ce mot signifie» qui est doux , qui est traitable. ( Le peuple n’est pas si maniable dans une République que dans une Monarchie. ) MANIAQUE, adj. [ Furiofus .3 Furieux, emporté. Voïez manie. (On apelle les possedez , maniaques.) , MANICHE'ENS » f- m. [Manicbaì .] Anciens hérétiques qui prirent leur nom de Manès , persan de nation, & qui avoient des opinions extravagantes. Cette pernicieuse hérésie commenqa vers Pan 277. & elle se ïépan- MAN íépandit principalement dans l’Arabiè, dans l’Egipte 5 dans l’Afrique. S. Augustin fut engagé dans cette 8eété durant neuf ans. MANICLES , f m. [ Manie a, ] Ce font les fers qu’on met aux mains d’un prisonnier. (De groífes manicles. ) í MANICLE ou Tasseau. Terme de Tondeur de draps, instrument qui sert à faire agir les forces. t MANICLE ou mimique. C’est aussi chez plusieurs Artisans un morceau de cuir attaché a quelques-uns de leurs outils, pour y passer la main & les tenir plus fermes. MANICORDION, f. m. Instrument de musique à cordes qui a beaucoup de raport avec le clavecin ; qui a comme le clavecin , un clavier de cinquante touches, ou environ, qui a cinq chevalets fur fa ta- ble , & rend un l'on sourd & doux. Quelques-uns dérivent ce mot du Grec ptór@- L parce qu’il n’est composé que d’une corde tendue.D’autres disent qu’il est composé du latin manus Sc ckorda , parce que l’on ne touche pas les cordes avec l’archet, mais avec la main. Air. Ménage trouve l’étimologie Gréque très-naturelle , s’il est vrai que cet instrument n’ait qu’une corde. Mais Scaliger dans fa Poétique, l. i. c. 48. lui en donne trente-cinq. On dit Proverbialement qu’une fille a joué du ma.nicord.ion , quand elle a eu quelque intrigue secrette qui a duré long-tems fans bruit & fans éclat. f MANICORDION, se dit aussi d’une sorte de fil de leton ou de fer très-fin & très-délié , qui sert à faire des cordes de manicordions, clavecins, épinettes, psal- térions & autres semblables instrumens de musique. f MANIE , f /-_ [ Fur or lymphaticus. ] Maladie causée par une rêverie , avec rage & fureur sans fièvre, qui vient d’une humeur atrabilaire. * MANIE. [Furens mania j Emportement fougeux & inquiet qui démonte i'efprit. Forte aliénation d’elprit fans fièvre. Sorte de fureur. ( Rien n’est égal à leur manie. Voit. po'és. ] * MANIE C Ardor , libido, j Passion , fantaisie. Volonté ardente. (J’ai cette manie de vouloir donner fur tout ce qu’il y a de beau. Molière , précieuses. Chacun a fa manie. Aimer jufqu’à la manie. 11 a la manie du jeu, &c. M allez pas vous imaginer Pue je veuille vous détourner Te cette agréable manie Où Je porte votre génie Perr. Chass. ) MANIEMENT, f m. Voïez plus bas manhnent. MANIER, v. a. [ Tracîare. ] Tenir avec les mains. Tâter. (11 lui manioit les bras d’une maniéré un peu trop passionnée. ) MANIER. [ Moderari , regere. j Gouverner. Bien conduire. ( Manier une a faire avec esprit. Manier un cheval de bonne grâce. Abl. ) On dit encore ce Peintre est adroit à manier le pinceau , ce cavalier à manier l’épée , cette fille à manier l’éguille. f MANIER, signifie administrer. í Manier les deniers publics , manier l’argent d’une recette. MANIER. [Regere diflis animas. J Tourner les esprits comme l’on veut. ( C’est le talent des orateurs de manier les esprits, & de leurs inspirer les passions & les mouvemens qu’ils désirent. ) On dit d’un Auteur qu’il a bien manié son sujet. [Reftè & egregiè tracíavit argumentum. ] Pour dire qu’il l’a bien traité. MANIER , v. a. [ F.quum ex arte regere J Ce mot se dit en termes de manège : mais il est ordinairement accompagné du verbe faire. Ainsi l’on dit , faire manier un cheval , c’est lui faire faire le manège. On le dit aussi fans y joindre le mot faire. ( Voilà un cheval qui manie bien à courbettes, à cabrioles ou caprioles, &c.) MANIER. [Veniila.rebatiUo.~J Terme d e marchand de blé. C’est remuer avec la pêle. ( Manier le blé. ) f MANIER. , veut dire aussi , donner une façon à une étole à force de la faire passer par les mains. (Manier un cuir. Manier l’étofe d’un chapeau.) ± MANIER , signifie quelquefois parmi les Ouvriers qui travaillent fur les métaux, les mettre aisément en œuvre. ( Ce serrurier manie bien le fer. ) + * On ne peut manier le beurre Jans s’engraisser les doigts.. .Proverbe, pour dire qu’on profite presque toíl» MAN 385 jours à manier de 1’argént, & qùe le Financier eh retient toujours quelque partie. MANIERE, f f. f Modus. ] Sorte. Façon. Guise. ( Chacun dans ce monde vit à fa maniéré. II a de I’efprit à fa maniéré. Se faire une maniéré d’espric fin & délicat. Abl. ) MANIERE. [ Ratio agendi. J . Façon de faire. ( Ses petites maniérés m’ont tout-à-fâit charmé. II se faut corriger de ses maniérés basses & frivoles. 11 en veut aux Dames de la plus haute qualité , parce que les maniérés de la grandeur ajoutent quelque grâce à la beauté naturelle. (Avoir des maniérés douces & insinuantes.) (f La bonne maniéré plaît & donne le vrai agrément. Mr. le Ch. de Meré , des agrément. MANIERE fe dit aussi du langage. [Modus loquendi.] ( C’est une maniéré de parler élégante. ) II se dit de l’invention & de Part de faire les choses. [ Modus. ] Ce Chimiste a trouvé une nouvelle maniéré de fondre le verre. II se dit en parlant des choses qu’on ne peut précisément nommer. [Genusquoddam. J C’est une maniéré de Demoiselle , pour dire c’est une fille qui a aparence de Demoiselle. ) II se dit enfin de ce caractère particulier dont un Auteur ou un Ouvrier travaille. ( 11 a assez la maniéré de peindre de Raphaël. Ce Poète a pris la maniéré d’Hórace dans ses Odes. ) MANIERE. [ Adinventio. J Terme de Peinture. Habitude qu’on a prise dans le manîment du pinceau & dans les principales parties de la peinture qui sont, Yinvention , le dejjein & le coloris. (Bonne ou mauvaise maniéré. ) Connoìtre les maniérés. C’est connoître de plusieurs tableaux l’ouvrage de chaque peinture en particulier. Art de peinture. Te maniéré que [íta ut.] Cette conjonction qui avoit été hors d’ufage , commence d’avoir cours. Elle lignifie de Jorte que. (C’est un homme qui vit en vrai dévot, de maniéré qu’on a un grand respect pour lui. ) MANIETTE , f.s. [Terme A’Imprimeur en toise. C’est un petit morceau de chapeau dont on sc sert pour froter 1e châssis. MANIEURS de bléfur banne , f m. [ Verfatores. ] Gens fur les ports de Paris qui remuent 1 e blé avec des pèles , & qui gagnent leur vie à cela. _ MANIFESTATION 1// [ Expos tìo.] Ce mot vient du Latin tnanifeftatio , & sc prononce manifestation. II ne se dit guére que dans des discours sérieux & de pieté. 11 signifie , Connoissimce qu’on donne. Apa- rition. (Le Seigneur fit une manifestation de fa gloire fur la montagne. Vous amassez un trésor pour le jour de la colere & de la manifestation du jugement de Dieu. Port-Roial, Epit. de S. Paul aux Romains , ch. 2. ) MANIFESTE , f m. [ApoIogeticus.JYLcút où l’on découvre son dessein, où l’on se justifie de quelque chose. (Publier un manifeste. ) Ê MANIFESTE. Les manifestes des Princes font des écrits publics, qui contiennent les raisons justificatives pour la réparation des torts qu’ils prétendent avoir reçus , ou leurs prétendons bien ou mal fondées. Mr. deFo/ard croit que les Anciens publioient les harangues de leurs Ambassadeurs, qui précedoient la dénonciation faite par les Hérauts d’armes. On trouve ces harangues dans presque tous les Historiens. Polybe, Tite-Live & Thucidide nous en fournissent un grand nombre. Polybe de Folard, Tome II. p. 114. de 1 ’Edit. d’AmJì. fi MANIFESTE, adj. [Manifesta.] Clair & connu. (Cela est manifeste. La chose est manifeste à tout le monde.) MANIFESTEMENT, adv. [Manifesté.] Clairement» ( Faire voir manifestement quelque Vérité.) MANIFESTER, v. a. [ Manifestare. ] Faire vtìir. ( 11 étoit piqué de sc voir contraint de manifester au monde une dépendance si soumise. Mémoires de Mr. le Tue de la Roche-Foucaut. ) t MANIGANCE , f f [ Tolus, fraus-, ] Intrigue, Maniéré d’agir fine & fourbe. ( Le mari ne se doute point de la manigance. Mol. George Tandin, a. 1. f 2.) íMANIGUETTE,yi f. C’est le Grand Cardamome , ou sorte de poivre qu’on aporte des côtes d’Afri- que. On donne ce nom , mais improprement , au poivre de la Jamaïque , ou graine de girofle , dont se véritable nom est Malaquette. MANIMENT , f. m. [ Attrestatus.] Action de manier , de tâter & de tenir avec ses mains. ( Vous méritez le manîment d’une autre verge que la sienne. Voit. Po'és. Prendre une bonne habitude dans se manîment, du pinceau. Tome IL C C G MA- zZ6 MAN * MANIMENT, [ Admìniflratio. ] Gouvernement. Conduite d’afaíre . ou dc bien. ( Jxdure q ~ dq j T du manîment des afaires, Mémoires de Mr. le Duc de la Roche-Foucaut. Avoir le manîment de ion bien. Le Mat J M A MIT T F , f. f- Terme du Jeu de VHombre. C’est en noir le deux, L en rouge le sept de la couleur dont on joué. La manille est la seconde triomphe. C est Un + m jílANILLE, se dit auslì d’une espèce de grand anneau de cuivre jaune en forme de carcan, ou de bracelet , dont les Africains se servent pour se parer. C’est une marchandise que les Européens portent fur 1 es côtes d’Afrique pour traites avec les Negres. MANIPULE, f- /• Sorte de racine des Indes Occidentales , dont on fait du pain. MANIPULE , s. ni. ' f Manipulus. ] Terme d’£- gltse. Maniéré de petite étole que le Prêtre fe met au bras gauche quand il s’habille pour dire la Messe. Les Chasubliers apellent aussi ce manipule fanon , mais il faut parler en cela comme les Prêtres. 0 Le manipule tel qu’on le porte aujourd’hui en célébrant la Messe , étoit dans son origine un mouchoir , ou une serviette. II est apellé dans l’Ordre Romain , nmppula; mais on abandonne ce terme à cause des di- ferêntes lignifications qu’on lui donne. 11 y a bien des lieux, & particulièrement en Allemagne , où le manipule est apellé Fanon, terme de guerre, qui signifie un guidon , un drapeau , qui s’atachoit au bout d’une pique , pour marquer une troupe de dix soldats, & que les Latins apelloient manipulus militark. Le Prêtre se l’atache fur le bras gauche , qui est lé côté des réprouvez , pour être une représentation de nos malheurs, & particulièrement de l'esclavage où nous sommes engagez par le péché. On ne soait pas bien comme l’on a fait d’un simple mouchoir un des vêtemens sacerdotaux. Bocquillon nous en donne fa conjecture dans son traité de la Liturgie , chap. 7. Peut-être (dit-il) ceux qui servoient à l’Autel, met- toient de la dentelle ou de la broderie au mouchoir du Prêtre ; & ce qui n’étoìt au commencement qu’une legere parure, devint, par cette jalousie que l’on a les uns contre les autres , un ornement si précieux que les Prêtres n’oserent plus se servir de semblables mouchoirs ; ainsi étant devenus inutiles, on les fit d’éto- fe, avec une bordure & des croix , & leur aïant donné une autre figure, on s’accoûtuma à les porter fur le bras gauche. L’Auteur a raison de dire que c’est là une conjecture. En voici une autre. Comme les Diacres , & les Soudiacres recevoient les oblatiôns des Fidèles , & portoient les pains fur l’Autel , on leur donnoit des serviettes fur le bras , afin de ne pas salir leur aube & c’est par cette raison que le manipule est apellé Fanon. Depuis l’ufage des obïations étant aboli, au lieu d’une serviette , on a laissé aux Clercs une figure de l’aneienne pratique , en leur mettant fur le bras gauche une espèce de serviette faite d’étofe, & ornée de dorure & de croix. MANIPULE. [Manipulus militum.'] Terme de Milice Romaine. C’étoit une Compagnie d’Infanterie, qui du teins de Romulus, étoit de cent hommes, & qui du teins des Consuls & des premiers Césars, étoit de deux cens fantassins. Le manipule avoit deux Centurions qui le commandoient, & dont l’un étoit comme Lieutenant de l’autre. ( Ces Centurions étoient ce que nos Capitaines font aujourd’hui. Volez Ab L Frontin. ) MANIPULE, f m. [Manuaiis fascìculus.'] Terme de Médecin. C’est autant que l’on peut ferrer avec la main. C’est une poignée. MANIQUE , f f [ Manica futorìa. ] Terme de Cordonnier & de que’qit’autre artisan , comme de Chapelier , &c. La Manique est un morceau de cuir, ou d’autre chose qu’on se met dans la main, ou dont on fe couvre la paume de la main ou le bras , afin de travailler plus commodément. (Prendre fa manique pour travailler. A MANIQUETTE , s. s. Espèce de poivre dont ont fait trafic du côte du Senega , qui est moindre que le poivre des Indes. t MANIQOETTE. C’est le Cardamome ou graine de i?, ra ! e acre piquante au goût ct aromatique, o ív cs vents, atténué les humeurs grossières , fortifie estomac ct l e cerveau , excite la semence, & provoque les mois aux femmes f MANITOU, s. mTnimal de l’Amerique, qu on nomme aussi Opajsum. 11 est de lagrosseur d’un MAN cochon de lait, & grimpe fur les arbres avec beaucoup de legereté. 11 fe nourrit d’oiseaux ct de fruits. On vait fous son ventre une espèce de sac qu’il ouvre & ferme quand il veut, & dans lequel il porte ses petits. MANIVEAU,/ tn. [Scirpea cijïa , cijlella. ] Petit panier plat fait d’ozier, fur lequel on met de l’é- perlan. ( Un maniveatt d’éperlans. ) MANIVELLE , manuelle , s.s [ Versatile manu* brìum. J Ce mot en parlant de roue, est un morceau de fer rond qui passe au milieu d’une roué , qui est recourbé , & dont 011 se sert pour la faire tourner. C’est aussi une sorte de manche de bois, servant à faire tour. ner quelque roué. Poignée avec quoi on tourne quel. que presse , quelque roue. ( Manivelle trop petite. ) MANIVELLE. Terme de Mer. [ Temonk manu - brium. j C’est la piéce de bois que le Timonier tient à la main , ct avec laquelle il fait tourner le gouvernail. Les Imprimeurs apellent aussi manivelle, ce qui sert à tourner la presse. MANNE,// [ Ros syriacus. J Drogue médeci. nale. Suc ou liqueur blanche , douce & condensée par les rayon» du Soleil, qui coule d’elle-même en forme de larmes , du tronc des branches , des rameaux, des feuilles mêmes des Frênes ordinaires & des sauvages. Galovs , Journal des Sçavans. D’autres disent que la manne est une rosée condensée & épaissie en petits grains ronds ct qui est chaude. Enfin la plupart croient que la manne est une liqueur qui tombe en forme de rosée dans le te ms des équinoxes fur les arbres & fut les herbes où elle fe condense en petits grains. (La manne pour être bonne doit être blanche & douce. ) Dieu donna une manne miraculeuse , au peuple d’israël, dans le desert durant l’espace de quarante ans. f MANNE de Briançon. Cette manne découle des grosses branches des inelezes. Elle est purgative. II naît aussi de la manne fur l’F.rable en Latin acer. II en vient d’autre en Perse sur une plante épineuse que les Arabes apellent Agul, ou Albagi. Elle est brune, douce au goût, mais elle laisse un peu d’acreté, & elle purge comme celle de Briançon. MANNE se dit aussi figurément des alimens de l’es- prit. [Anima pabulumj Ii faut se nourrir de la substance de la vérité , & se répaìtre abondamment de cette manne zè leste. Et par extension on le dit de tout sorte de nourritures. [ Annona. ] $ MANNE d’encens. On apelle ainsi l’encens mâle , choisi en grains ronds & netsparce qu’il ressemble à la manne. £ MANNE majìichine. [ Cedria. ] Gomme ou résiné dure & transparente , qui coule du Cedre sans incision. 4= MANNE de mercure. Sublimé fait avec le précipité, après diverses préparations. t MANNE [ Segullum. 3 On donne encore ce nom à une couche de terre minérale ou de fable , qui couvre les veines des métaux, & qui sert à les indiquer. MANNE. Ouvrage de Vanier. [Sarcina , cijia. ] Qui est une maniéré de panier grand & plat avec des anses à chaque bout, & où l’on met la vaisselle lorsqu’on 3 desservi. Cette sorte de manne se nomme une manne à desservir. MANNE d’enfant, s C un a vimineœ. ] Ouvrage de Vanier en forme de berceau , avec une anse à chaque côté de la tête ct quatre pieds dessous où l’on met coucher un enfant au maillot. MANNE à marée, [CiJìapifcaria.']SoTte de panier, grand, rond & creux où l’on met de la marée. í MANOBI,/»j. Espèce de truffes qu’on trouve sous terre dans le Brésil & les Antilles. La plante qui produit ce fruit pousse une tige d’environ un pied & demi de hauteur. Voïez Lemery. Ces truffes ont le goût des pistaches. Elles fortifient l’estomaC. MANOEUVRE. Voïez maneuvre t MANOIR,/ m. f Domìcilium . ] Mot burlesque, pour dire, Maison. Logis. Lieu oùl’on demeure. N’es-tu pas un selon de sqavoir mon manoir & de n’y pas venir. Scaron. Pois. J’irai te dire en ton vaste manoir cent grand-mercis. S. Ara. Pois. Ami fuyons cette Maison Plus affreuse qu une prison Jesens une frayeur mortelle , Et je viens de m’apercevoir Que le Maître de ce Manoir T met le diable en sentinelle. Livre fans nom. ) 0MA.- MAN _ 0 MANOIR. Ce terme n’est plus erl usage que dans les Coutumes, ou on le trouve fréquemment. Le manoir, est la maison destinée pour l’habitation du pere de famille , & suivant plusieurs Coutumes, il apartient à laine, dans les anciens Titres , ce manoir est apellé casrum. Phiiipe deBeaumanoir, ancien Praticien , le nomme chief manoir* Les Jurisconsultes Anglois le designent par ces mots , mesuagium capitale. Bracton , pages. II est dit dans la Coutume de Paris ; Au fils aîné apartient le Qbateau, ou manoir principal, c. Mais les Coutumes ne conviennent pas fur la qualité du principal manoir. La Coutume de Paris, art. i;. compose le principal manoir de la maison ou château , avec la basse-cour contiguë, atenante audit manoir , & desinée à icelui, quoique le fojsédu cbkteau, ou quelque chemin sut entre deux , Sc outre cela , de /’enclos ou jardin joignant ledit manoir, Jì tant y en a. La Coutume d’Orieans donne à Paine le moulin, le four, le pressoir, lorsqu’ils se trouvent dans létenduë du manoir, Et celle du Grand- Perche donne les moulins, pourvu qu’ils soient à la vûë du principal manoir ; ce qui doit être entendu ( selon Dumoulin ) lorsque le moulin est uniquement destiné pour Tissage du Seigneur. II en est autrement quand il est public. Cette matière est susceptible de plusieurs di- ficultez , qui ne font pas de mon sujet. f- MANOMETRE, f- m. Tuïau inventé par M. Varignon, pour mesurer la pésanteur ou la raréfaction de Pair. Voïez les Mémoires de í’Âcad. des Sciences , 170,-. t MANON»'/, f- Nom de fille, lequel veut dire petits ssiarie. ( Manon est jolie parce qu’elle est sage. ) MANQUE- s Inopia , defeclns. ] Ce mot signifie » Faute. Défaut, & tient de l’ad verbe & du 110m substantif. Mais lorsqu’il est nom , il est masculin. ( C’est manque de soin & duplication. Benjerade. Que pour- roit-il y avoir de manque après tant d’habiles gens? Pajc. I. 8- Ce n’est pas snanque de sqavoir. PaJ'c. I. 7. Je voi beaucoup de tnanque & d’inégalité. Voit. Pois. 0 Mr. Corneille a dit dans son Cinna : Et dans un tel dessein le manque de bonheur Met en péril ta. vie As non p&\ ton honneur. MANQUEMENT , s m. [ Culpa, peccatum. J Défaut. Action de masquer. ( Se vanger d’un manquement de foi. Mémoires de Air. le Duc de la Rocbe-foucault. MANQUER, ». ct. [Deficere.] Faillir.fil a manqué à traduire deux vers. Pcrt-Rayal, let. au P. Adam. Pourquoi avez-vous manqué de rendre à la Vierge Phonneur qui ìui est dû ? Port-Royal. Manqués un peu à le bien recevoir. Aloi. Cocu imaginaire, acî. 1. sc. 1. ils ne manqueront pas de tourner leurs forces contre nous. Pa- tru, 4. plaidoié. Manquer à sa parole. ) MANQUER, v. a. s Non ajsqui , operassï perdere. ] Laisser échaper. Ne pas rencontrer. ( Manquer l’hom- me qu’on cherchoit. Manquer son coup. Manquer un animal qu’on vouloit tuer. Rarement on peut voir fans en être piqué , Pojfeder par un autre un cœur qu on a manqué. Mol.) Vautre qui ne lire pas bien » Manque le Lièvre As tué un chien. Perr. Chasse. * IIP a manqué belle. Proverbe pour dire, il a laissé écha*. per une belle ocasion , où il a échapé un danger. MANQUER, ». ». [ Cdrere. ] Avoir besoin. Etre en nécessité de quelque chose. (Manquer d’argent, de loisir. &c. II manque toùjours quelque chose dans une maison. Manquer de cœur. Le cœur lui manque. $ MANQUER, se dit d’un Marchand qui a fait faillite» banqueroute. (Ce Marchand a manqué.) 0 MANQUER rien. Le P. Bouhours a dit fur la mort de Molière. Mais Molière à ta gloire il ne manqueroit rien » Si parsnì les défauts que tu peignis J! bien » Tu les avois repris de leur ingratitude. Mr. Ménage, dans la secondé partie de ses Observé- tíons , se récrie: ,, Quelle bassesse d’expression ! La , prose » la plus prose ne l’est pas d’avantage, & le ” rait rien à la fin d’un vers, peut-il entrer darìs iiné ” oreille délicate fans l’écorcher? ” C’est Mr. Ménage irrité, & justement blessé par les railleries du P. B. qui parle;peut-être que de sens froid il n’auroit pas poussé la critique fi loin. Votez p. 2. des Obs.fur la Lang. Fr. c. 4. 0 MANQUER. Terme d’Agriculturc.On dit: Les vignes ont manqué cette année. C’est-à-dire , qu’elles ne nroduifent pas ce qu’elles ont d’abord promis. MANSARDE » s f- ÍDepreJssasigio tecíum.l Ter- MAN 387 me d’ Archiìecîuré. Maniéré de charpente ou de couverture de maison qui fe fait par des toits recoupez, & qui ont une double pente rompue par le brifis , au lieu de celle qui étui t droite & pointue dont on fe servoit autrefois. Mr. Manfard célébré Architecte moderne en est Pinventeur. MANSUETUDE ,s. s f Mansuetudo, lenitás. ] C’est le nom qu’on donne à la vertu, qui rend une personne» douce, traitable & facile. ( La mansuétude est la vertu d’un Chrétien. ) MANTE, s f [ Péplum. J Terme de Faiseur de ■deûil. Sorte de grand voile traînant que les femmes de qualité fe mettent fur la têtelorfqu’elles font en deuil, ( Cette niante est trop courte. ) MANTE , s. s. C Gausape. J Sortede couverture faite de grosse laine. MANTEAU, / m. [ Pallium .J Sorte de vêtement ample & large avec un petit collet qu’on porte fur l'habit ou fur la robe, souvent plus par bienséance que par nécessité. Manteau court. Manteau long. Manteau Royal. Manteau de Chevalier de Tordre. Manteau à queue-. Manteau de Capucin, de Recolets, d’Augustin déchaussé. Les manteaux de ces Religieux font courts & fans collets. Mais qui n'étant vêtu que de Jbnple bureau Passe Pété sans linge As Rhiverfans manteau. Defpr.) 0 II y a quelque aparence que ces deux vers de M» Defpr. ont été formez fur ceux-ci de Régnier , fat. 2. Or avec tout ceci , le point qui me console , C es que la pauvreté comme mai les affole , Et que , grâces à Dieu , Phebm , As Jbn troupeau , Nom n’eumesfur le dos jamais un bon -manteau » Ase. , Ausì lorsque l’on voit un homme par la rué. Dont le rabat es sale, As la chausse rompue, Set gregues auxgenoux , au coudesot pourpoint, Qui seït de pauvre raine, As qui soit malen point » Sans demander son nom, on le peut reconnoitre ; Cars ce n’efl un Poète , au moins il le veut être. II a dû dire , au moins il veut k paroitre. f * Vendre fous k snantèau , c’est vendre en cachette. On le dit des Livres défendus. ( Ce Livre se vend sous le manteau. ) f * Garder les manteaux. On ie dit en parlant d’un tiers qui demeure les bras croisez, pendant que ceux qu’iì a accompagné se battent l’un contre l’autre. (II ne ’s’est point battu, il a gardé les manteaux. ) On le dit aussi de celui qui ne participe point au divertissement de ceux qu’iì a accompagnez. MANTEAU de femme. [ P alla , cy clos. ] Sorte de longue robe plissée que portent les femmes. MANTEAU. Vêtement ample de certaines Religieuses pour aller au Chœur, comme de Bernardines & dé Bénédictines. MANTEAU de cheminée. [ Camìni tesuào. ] Tout ce qui couvre la hôte dè la cheminée. MANTEAU , s. m. f Vélum. J Se dit figurément en morale , des prétextes qu’on prend pour déguiser & faire éprouver quelque chose. (Se couvrir d’un manteau d’une austère vertu. ) MANTEAU , s. m. s Accipitris eblamides , penula. ] Terme de Fauconnerie. C’est la couleur des oiseaux de proye. MANTEAU , f m. l Pallium teserarium. J Terme de blason. Cotte d’armës ou autre chose qu’on met derrière P Ecu pour marque de dignité. F MANTEGUE , / »*. Sain-doux du porc-fan- glier, que les boucaniers de S. Domíngue ramassent tde la graisse de ces animaux qu’ils tuent dans leur chasse , & dont ils Font un bon commerce. t MANTEL, s. m. [ Pallium. ] Mot vieux & burlesque pour dire un manteau. MANTELE', adj. [ Palìiams. ) Terme d'e Blason. It se dit d’un Ecu chargé d’une chape un peu étendue. On dit aussi un Lion mantelé. MANTELET, / m. X_Palliolum.~\ Espèce de petit manteau violet que mettent les'Evêqués de France par dessus leur rochet lorfqu’ils vent au devant de quelque Légat. MANTELET C Pluteus , vinea. j Terme d 'Ingénieur. Couverture de grosses planches qu’on met contré unô muraille lorfqu’on la veut saper ou miner. Les mantelets parmi les anciens étoient bâtis de bois leger, hauts de 8- ou 9. pieds, larges d’autant » longs de 16, couverts à doubles étage , Pun de planches & Pautre dé claies avec les côtez d’ozier, & revêtus par dehors dé Tome IE Ccc 2 cuirs q88 MAN cuirs trempez dans l’eau de peur du feu. Voïez Bave kiéce de cuir qui s’aSsiî la portière des carosses pour la garantir du Ve S' & M d AN I TELETS, Les Marins apellentàà ou J Abords , les fenêtres qui terment les sabords ; ?k sont atachés par le haut, & battent fur le feuillet du bas ; ils doivent être bien doublez & clouez de fort crès en losange. Voïez Aubin. p * MANTELINE ' s s Sorte de petit manteau que les femmes mettent fur les épaules pour le garantir du r °± MANTIL,/ »». Vieux mot François, qui signifie le linge de table, particulièrement celui qui sert à la C MANTONNET,/ m. [_AdmiJsaria lamina, pejsuli lingulatié} Terme à’Artisan. Petite piéce de bois ou de fer, aiantun cran ou une entaillure qu’on atache aux jambages d’une porte ou ailleurs, pour foûtenir ou arrêter quelque chose, comme le battant d’un loquet. (3 MANTURES- Coups de mer , ou agitation des houles. Voïez Houles. | MANTURNE, f f Déesse du Paganisme, que les anciens Romains invoquoient dans les mariages. MANUCODIATA, m. Nom qu’on donne à l’oiseau de Paradis, assez semblable à l’Hirondelle par le bec & par le corps. t MANUEL, manuelle , adj. [Manualis.~\ Qui est fait avec la main. ( Seing manuel, c’est-à-dire, seing dont on a accoûtumé de se servir. H On apelle Dijiribution manuelle , ce que les Chanoines &c. reçoivent de rétributions pour leur assistance au chœur. MANUEL , / »». f Promptuarium , enchìrìdium. ] Petit Livre qu’on a souvent entre ses mains , & qui contient des prières ou quelques instructions abrégées. ( Le Manuel d’Epicìéte. Le Manuel de Beuvelet. ) MANUELLE , f f. Terme de Marine. Barre de fer jointe par une boucle de fer apellée gousset à la barre du gouvernail. f MANUELLEMENT, adv. [ Ad manum. ] De main en main. ( On le lui a remis manuellement. ) MANUFACTURE, sj\ [ Opificium. ] Le travail & la peine que l’ouvrier a pris à fabriquer quelque chose. ( La manufacture d’or & d’argent & de soye, est la plus noble de toutes les manufactures. ) MANUFACTURE, f f. [Officinal Lieu où l’on travaille en manufadure. ( 11 y a ici une manufadure da flambeaux. Etablir une manufadure. Je m’en vais à la manufadure Royale. 11 y a dans la manufadure de glaces plus de trois cens ouvriers. ) MANUFACTURER , v. a. [ Conficere varia opéra. ] Travailler manuellement à quelque forte d’ouvrage. (II a fait manufacturer diverses fortes d’étofes. ) MANUFACTURIER ,f m. [ Opifex .] Celui qui a entrepris quelque manufadure. Celui qui a droit de faire fabriquer quelque chose. ( Un manufadurier fort riche. ) MANUMISSION, f f. {JManumìjsto.~\ Adion par laquelle on donne la liberté à un Esclave en le prenant par la main & le congédiant, & en France on apelle »,«. numijjtons les afranchissemens des gens de main-morte. (§' MANUMISSION. Afranchissement d’un Esclave selon les Loix Romaines. Le terme manus signifie autorité, puijjance , domination ; & parce qu’en donnant la liberté à un Esclave, le maître l’afranchissoit de sa servitude, & le mettoit hors de fa puissance, l’afranchisse- ment fut apelle manumijjìo. L’Empereur Justinien a remarqué dans ses ïnstitutes , qu’il n’y avoit dans les premiers te ms de la République qu’une efpece de liberté , ainsi il n’y avoit qu’une efpece de manumis- sion. Mais fous le régné d’Augustc , on établit deux fortes de libertez , l’une juste , l’autre injuste ; & cette derniéreétoit apell íz inter amicos \ on afranchissoit par conséquent en diférentes façons : celle que l’on apel- loit justa , aqueroit à l’Efclave une entière liberté & fans condition : l’autre maniéré apellée injujia , étoit tres-imparfaite , parce que le patron pouvoit en plusieurs cas reprendre les mêmes droits qu’il avoit au. paravant fur son Esclave. La pleine manumission se faisoit premierement censu , lorsque le maître consen- toit tacitement, ou expressément que son Esclave fût inscrit dans le dénombrement des citoïens libres, que l on apelloit censta . établi par Tutkií Ho j ìilil4( £ MAC^ conde manière de manumission , se faisoit per vin. dìHam , & elle fut ensuite la plus commune. Le Maître tenant par la main son Esclave qui avoit la tête nue & rasée , le conduisoit devant le Préteur, oà lui aïant fait faire deux ou trois tours , il lui donnoit un souflet, & disoit au Préteur, Je veux qu’à l’avenir cet homme soit libre. Pour lors le Magistrat, tenant une baguette fur la tête de l’Esclave , prononçoit ces paroles; Je déclare que tu ts libre selon la coutume det Romains. Et de la même baguette un Licteur en donnoit trois ou quatre coups fur la tête de i’Afranchì, & ensuite il le conduisoit dans le Temple de la Déesse Feronia, où on lui donnoit un chapeau, marque certaine de la liberté. Les tours que l’on faisoit taire à l’A- franchi, marquoient ( selon Air. Cujas dans ses Observations ) qu’il avoit la liberté d’aler par tout où il vou- droit. Le souflet étoit une partie principale de la ma- numislìon , puisque Phèdre dans la fable cinquième du second livre , s’est servi du mot alapa pour marquer la manumission. Enfin on afranchissoit dans les testamens un Esclave en ces termes : Hune bominem liberum ejse volo. Ou par ceux-ci : Aio te liberum more Quiritium. Voïez le titre du digeste : de manumijjl tejìam. & le titre des institutes , Quibus causis manu. mitt. £5 ‘c. Enfin l’Empereur Constantin introduisit la manumission dans les Eglises, comme Sozoméne l’a remarqué , liv. 1. chap. 9. A tout cela il faut ajouter que l’on afranchissoit les Esclaves par Lettres , per Epistolam U inter amicos , dans un festin entre amis. En voilà assez pour le besoin que l’on peut en avoir. MANUSCRIT , f m. [ Manuscriptum . ] Chose écrite à la main. (C’elt un manuscrit de conséquence. Manuscrit perdu. Manuscrit retrouvé.) En abrégé M. S. MANUSCRIT , manuscrite , adj. [ Manuscrìptm. J Qui est écrit à la main. ( C’est une chose manuscrite. Papier manuscrit. Un ignorant hérita D’un Manuscrit qu’il porta Chez son voistn le Libraire , Je croì dit-ìl, qu’il est bon , Mais le moindre Ducaton Seroit bien mon afaire. La Font. ) MANUTENTION , f f. s Conservatìo. J Ternie de Palais. Soin qu’on prend afin qu’une chose s’exe- cute. (Le Concile & l’Ordonnance apellent les Ordinaires à la manutention de la discipline. Patru, plaidoier. ) MAPEMONDE , f f s Universorbis delineatio. J Terme de Géographie. C’est une carte générale du monde. ( Chercher une Ville, dans Ja mapemonde. Une belle mapemonde. ) í MAQUER , ou mâcher le chanvre. C’est le rompre avec l’instrument apellé Maque ou Machacoire % pour le réduire en filasse. MAQUEREAU , J- m. [ Lena. ] Celui qui débauche , qui vend & prostitue les femmes pour de l’argent. ( C’est un maquereau fieffé. Un franc maquereau. ) Voïez les Origines de Mr. Ménage. MAQUEREAU. \jScomber. J Sorte de Poisson de mer qui vit en troupe, & croît jusqu’à une coudée. II est rond épais charnu & n’a point d’écailles , aïant le museau & la queue pointus. ( On nous a servi au di- né de fort bons maquereaux. Maquereaux tout frais. Pêcher des maquereaux. ) * MAQUEREAUX. [ Varietates igné fafLe. J Petits cercles rouges qui viennent aux jambes lorsqu’on les a trop chauffées. ( Avoir des maquereaux aux jambes & aux cuisses. ) MAQUERELLAGE, f m. [Lenocintum .J Commerce de maquereau , commerce de maqnerelle. ( C’est un franc maquerelage. ) MAQUERELLE , f f.s Lena. J Celle qui débauche & prostitué les filles & les femmes pour de l’argent. ( Maquerelle fouettée par la main du bourreau.) t Vive,vive la maquerelle,piéce en Vers, que vulgairement on apelle, une bourse pleine d’écus. Main. Pois M AQUIGNON , s m. [Mango. J On apelle ordinairement de ce nom celui qui trafique des chevaux. Courrier de chevaux. ( Un riche maquignon. Maquignon trompeur. ) t * MAQUIGNON de chair humaine. Scaron. C’est un maquereau. t * Je crois que tu es quelque maquignon d’enfant. Ablancourt , Luc. f * MA* MAR t* MAQUIGNON de bénéfices. Celui qui trafique des bénéfices. f * Maquignons de la gloire , ils en font le partage. Gonb. Epi. I. 5. t f * MAQUIGNON de mariages. C'est celui qui s’intri- gue à faire réussir des mariages. íf MAQUIGNON est dérivé du Latin mango, selon îe P. Labbe & Mr. Ménage. Les Romains apelloient mangones , certains personnages dont on fe fervoit pour tromper le public. Mango , dit Papias , J'eduHor. On se fervoit d’eux pour farder les Esclaves que l'on vouloir vendre, à qui ils donnoient un teint vif & qui mar- quoit beaucoup de vigueur. C’est ce que nous aprenons, lìb. 6 . c. i ç. Mangones, qui colorem & verum robur, tnanifiagina mentìantur. Martial a fait mention de ces maquignons d’Efclaves, lìb. i. ep. 59. Milita pro puero centum me mango poposát. Rifiì ego. Sed Phebus protinut Hia dédit. Mr. Ménage a dit dans ses Origines de la Langue Françoise, que Mr. Guiet, critique souvent trop rigoureux , dérivoit le terme de maquignon du Latin va- cuna. Mais il s’en tient au Latin mango. MAQUIGNONNAGE , fi m. [ Mangonìum, ] Adresse à vendre & à refaire des chevaux. ^ E MAQUIGNONNAGE, fe dit aussi de tout négoce peu légitime , & où l’on tâche de tromper, en fe défaisant de quelque mauvaise drogue dont on déguise les défauts. $ * MAQUIGNONNER, v. a. [Mangonare.] Trafiquer en maquignon. Trafiquer d’une maniéré indécente. (Maquignonner des bénéfices. C’est trafiquer des bénéfices.) f MAQUIGNONNER , v. a. C’est proprement user d’artifice, refaire les chevaux & les faire paroître meilleurs qu’ils ne font à dessein de s’en défaire avantageusement. ( 11 a maqnignonné ces chevaux. ) MAQUILLEUR , fi m. [ Naviculascombris pis- candis. J Terme de Mer. Bateau de simple tillac qui va à la pêche du maquereau. f MARABOTIN , f- m. Ancienne monoïe d’Ef- pagne & de Portugal, qui étoit une espèce de bezant d’or, frapé par les Maures. MARABOUT, fi m. Terme de Marine. Voile de Galère qu’on ne met que dans le beau tems. C’est aussi le nom d’un Religieux Mahométan qui dessert une Mosquée. Voïez l’Hist. d!Alger par M. Laugier de Tajjy. í MARACA , ouCOCHINES. Vases qui fervent à recevoir le baume précieux du Perou. £ MARACOC, fi m. Plante de l’Amérique, plus connue fous le nom de Grenadille , ou Fleur de la pafijìon. Elle croît surtout dans la Virgine. MARAIS 1 fi- m- [ Palus. ] Eau qui n’est pas profonde & qui croupissant en de certains lieux, fe dessèche souvent Pété par la trop grande ardeur du Soleil. (Passer un marai. Mariai est une Ville en Lorraine, toute entourée de grands marais. Dessecher des marais. Un Rat plein d!embonpoint, gras U des mieux nourris , Et qui ne connoijjoit l'Avent ni le Carême , Sur le bord d’un Marais égayait fies esprits. La Font. ) MARAIS. \_Olìtoriapalw.~\ On appelle aussi, marais à Paris les jardins qui font autour de la Ville le long des fossez, ou qui ne font pas loin de la Riviere. (Acheter un marais. Louer un marais cinquante écus.) Òn nom. me maréchais les jardiniers qui cultivent ces marais. ts MARAIS fiai ans, Ce font des endroits fur les côtes de la mer , où l’on fait entrer de Peau salée pour faire du sel. £ * Se sauver par les marais. C’est Prov. fe sauver comme on peut d’un péril, d’un embarras. ( 11 fe sauva par les marais. ) ch MARANCE , fi. fi. On fe fervoit autrefois de ce mot qui est vieux. II signifioit amende pour quelque faute legere. MARANDER. Terme bas , dont on fe sert fur les côtes de la Manche pour dire qu’un vaisseau gouverne bien. MARANE, fi tn. [ Mahumetanus. ] Terme injurieux dont nous apollons les Espagnols, & qui signifie Mahométan. ( C’est un marane. ) 0 ” Les Espagnols apellent aussi maranes ceux qui font de race Juive, ou Arabe. Voïez Mr. Ménage dans fies Origines. MARASME,T m.[Marafimus.l Terme de Médecine. Maigreur extrême, consomption de la substance du côrs. MAR 389 MARATRE, / fi- [ Noverca. ] Belle-mere cruelle. Mere cruelle. ( Une cruelle marâtre. Cen’eftpasune mere , c’est la plus terrible de toutes les marâtres. ) * II ne peut s’imaginer que la France, où Phofpitaiité fut toujours si sainte , devienne pour lui la marâtre des étrangers. Patru , plaidoté xi. MARAUD , fi. m. [ Nequam, mafiigias. J Coquin, Belitre. Fripon. (Ma foi , marauds, vous ne vous rirez pas de nous, Molière. Faire le maraud ensei- gneur. Gonb. Epit. 1 . 1. Les plus grands marauds du monde fe nomment les honnêtes gens. Gonb. 1 . 2. Tu saura Maraud à ta confusion , Ce que c'est qu’un valet qui s’ataque àson Maître. Mol. fifi Du Grec uixpfii, scelestus , un méchant. Voïez le P. Labbe. II y a quelque aparence que ce mot de ma- ra, comme si on vouloit dire que Phomme que l’on apelle maraud , est un ruste qui n’est propre qu’à manier la marre de houe. MARAUDAILLE , fi. fi. [Fex, grex improborumf Canaille. ( Les séditions ne commencent que par la maraudante. MARAUDE , s. s. Petite guerre qui fe fait par des soldats qui fe dérobent du Camp, & qui vont fans Chef piller de tous cotez. MARAUDE , s. f. Coquine. Friponne. ( C’est une maraude. ) MARAUDER, v. a. [ Errare. J Courir çà & là à Par- mée fans aucun ordre, pour dérober le paifan. MARAUDEUR , s. m. [ Erro. J Soldat qui va à la maraude ou qui fe dérobe du Camp. f * MARAUDEUR , ce dit aussi de celui qui s’attri- bue des inventions des autres. II y a dans le monde une foule de ces fortes de maraudeurs dans les arts comme dans les íìences;on volt peu de gens qui fe fassent coníience de rendre à chacun ce qui lui apartient ; tout est plein de ces sortes d’impudens, & particulièrement dans les cours des Princes. Polybe de Folard. MARAVEDIS , fi. m. [ Marabìtmi. J Petite monoïe qui est de cuivre , & qui a cours en Espagne. f MARAVEDIS , est aussi une monoïe de compte dont on se sert en Espagne pour tenir les livres de commerce. II faut trente-quatre maravedis pour une réale; en forte que pour la piastre , ou piéce de dix réaux, nouvelle monoïe, il faut trois cens quarante maravedis, & pour la pistole, nouvelle monoïe, il faut, treize-cens soixante maravedis. MARBRE , marbe , fi. m. [ Marmor. ] Le petit peuple de Paris dit marbe , mais toute la Cour & tous les gens qui parlent bien, disent & écrivent marbre. C’est une sorte de pierre dure & luisante qui vient de Grece, d’Egipte, des montagnes d’Italie & des Pirenées. ( Marbre blanc, noir, rouge , incarnat, marbre fier. Sier le marbre. Gruer le marbre. ) Ce mot vient du Latin marmor , & marmor du Grec /zap/zw/psty, reluire. Çfi On dit, il est froid comme marbre. J’ai vú un® épigramme Latine que l’on fit après la mort du Duc de Montmorenci qui fut décapité devant la statue de marbre de Henri le Grand : Ante Patriefiîatuam natì ìmplacabìlis ira Qccubui , indigna morte manuque cadens , Jllorum ingemuit neuter , mea fata videndo , Or a patrie, natipeHora , marmor erant: Je doute que cette pensée, Le visage du père, & le caur du fils étoient de marbre, soit aussi belle qu’eite l’a para au P. Bouhours. Au Palais on apelle la Table de Marbre , la Jurifdic- tion des Eaux & Forêts, celle de la Connêtabiie , & celle de l’Amirauté , parce qu’autrefois ces Jurifdictions fe tendent auprès d’une grande table de marbre , qui occupoit la largeur de la sale du Palais L qui fervoit aussi aux festins Royaux. On releve au Siège de la Table de Marbre les appellations des Maîtres particuliers des Eaux & Forêts , & celles des Gruiers des Seigneurs particuliers. A. l’égard de l’Amirauté, il y a apelle des Sièges particuliers au Siège de la Table de Marbre. II y a trois Sièges généraux de la Table de Marbre ; un à Paris, un à Rouen , & le troisième en Bretagne. Voïez, Amirauté. £ MARBRE. C’est chez les Imprimeurs, la pierre fut la quelle ils mettent les caractères arrangez & mis en pages pour les imposer & corriger les formes. f MARBRE, fe dit aussi de la pierre qu’on emploï® à broier les drogues & les couleurs. C c c î MAR zyo MAR MARBRE', marbrée , adj. [ln modum marmorií varìatus. J En façon de marbre de diverse couleur. ( Panier marbré. Livre marbré sur tranche. Fleur marbrée. Giroflée marbrée. ) ê On apelle Bas marbrez , des bas où il y a des foies ou des laines de diférentes couleurs mêlées ensemble. ê Trufes marbrées , ce sont celles qui font grises & blanches en dedans. Les trufes marbrées font les meilleures. MARBRER , v. a. s Inmodum marmoris variare J Faire en façon de marbre. MARBRER. Terme de Relieur. Jetter avec le pinceau i noir L de l’eau forte fur la couverture d’un livre en ' ' -1— / TVV—i„ dU IJUJl UUVJ WM.* .... ... --- veau & le façonner comme du marbre, couverture d’un livre. Marbrer fur cuir. ( Marbrer la Mnrhrer fur tranche. ) MARBRER. Terme de Bonnetier. Mêler fi agréablement le blanc & le gris ensemble dans les bas, que ce mélange ressemble en quelque façon â du beau marbre. ( Marbrer des bas. ) MARBRER Terme de Marbrcur. Faire le papier ou la tranche des livres en façon de marbre. ( Marbrer le papier , marbrer la tranche d’un livre. ) MARBREUR , f. m. Artisan qui marbre la tranche des livres & fait le papier marbré. MARBRIER , f. m. f Marmorariw. ] Ouvrier qui travaille en marbre, ou en façon de marbre, & qui tire le marbre des carrières. MARBRIERE , f. f. [ Lapidicina marmorofa. ] Quelques uns apellent de ce nom le lieu d’où l’on tire le marbre, mais il parlent mal. On dit Carrière de marbre. MARBRURE,/ f. Terme de Relieur. Noir & eau forte , jettezsur la couverture d’un livre en veau. Voilà de belle marbrure. ) MARC , f m. [ Feces , magma. ] Prononcez mar. Ce qui demeure après qu’on a tiré toute la substance d’une chose. ( Marc d’olives. Marc de raisins. ) MARC. f Bes. ] Terme d 'Orfèvre. Poids de huit onces. (Le marc d’argent vaut aujourd’hui j6. livres.) On dit proverbialement. Etron de chien marc d’argent Seront tout un au jour du jugement. jgf MARC. Ce terme a deux significations bien diférentes , nous apollons marc d’or, marc d’argent, un certain poids de l’un ou de l’autre de ces deux métaux. Ce qui reste du raisin après avoir été foulé & mis fur le pressoir , est aussi apellé marc. Marc comme poids est composé de huit onces , & chaque once est divisée en huit gros , vingt-quatre deniers, vingt ester- lins , quarante mailles, quatre-vingt félins , & cinq cens soixante grains. Le gros est divisé en trois deniers, deux esterlins & demi, quinze mailles, dix félins, & 71 grains. Le denier en 24 grains. L’esterlin en 28. grains, & quatre cinquième de grain. La maille en 14. grains & demi. Le félin en 7 grains, & un cinquième de f rain. Et le grain en demi, en quart , & en huitième. oïez Mr-Bosard , traité des mondies c. 26. Mr. le Blanc dans son Traité historique des monoies,/>q§. i;y. estime que l'on n°a commencé à connoitre le poids de marc en France, que sousPhilipe 1 . l’an 1095. car on n’en trouve de mention que depuis c.e tems-là dans les anciennes donations faites aux Eglises : auparavant on se servoit de livre ; une livre d’or, une livre d’argent : & cette livre étoit de douze onces. Cet Auteur répond ensuite à l’objection qu’on peut lui faire sçavoir, que la livre dont on trouve des énonciations dans les anciens actes, étoit une monoie d’or apellée une livre d’or, & n’étoit pas un poids d’une livre. Voïez ses raisons pour détruire cette objection. Les Auteurs de la basse latinité ont apellé cette livre d’or marca. Papias : Marca dicitur pondus àrgentiunim librœ. Joan- nesà Janua : Marca dicitur quoddam pondus , scilicet média libra. Marc de raisin est dérivé de atnurca. "Voïez Mr. Ménage. 4 MARC lubs. Monoïe de compte en usage à Hambourg, qui revient à une livre tournois de France. f MARC lubs , est aussi une monoïe de Dannemarc, qui vaut seize fols lubs , ou vingt fols de France. f MARC. Monoïe de cuivre de Suede» qui vaut environ deux lbls six deniers de France. ï MARC-FRANC. C’est la premiere des quatre sortes de marc dont íe fervent les Charpentiers, pour tnar- MAR quer les pièces de bois façonnées, qui doivent être em- ploïées à la construction de quelque bâtiment, pour connoitre celles de chaque côté. MARC, f. m. [ Mar cus. ] Ce mot signifie, un nom d’homme, se prononce comme il est écrit , & faisant sonner le c. ( S. Marc a écrit son Evangile à Rome. ) MARC-ANTOINE. IMarcus-Antoniuf.] [Nomd’hom- me. (Marc-Antoine fit couper la tête à Cicéron pardej Satellites. ) 4 = MARCAIGE , f. m. Droit du Roi fur les paniers de poisson de mer qui font vendu à la hale. Ce droit est confondu avec plusieurs autres droits qui ont été aliénez du domaine. MARCASITE , f f. Minéral métallique dont il y a beaucoup d’efpéces. La marcajìte d’or, d’argent, de cuivre. MARCASSIN, f- m. [Nefrens aperj Le petit de la laie. Petit sanglier. ( On a tué la laie & tous les marcassins. ) MARCEL , f m. [ Marcellus. 3 Nom d’homme. MARCHAND, f. m. [Mercator .) Celui qui trafique de quelque marchandise que ce soit. ( Marchand grojjìer , celui qui trafique en gros. Un bon marchand. De tous les marchands les plus fripons & les plus scélérats, ce font les , &c. Un marchand Libraire. Un marchand de bois. Un marchand joùallier. Un marchand de toiles cirées. Un marchand de drap &c. f MARCHAND, se dit aussi de tous ceux qui achet- tent, quoi qu’ils n’en fassent pas métier. ( Attirer les marchands, tromper les marchands.) 4 = Il faut être marchand ou larron , Prov. C’est-à-dire, qu’un marchand doit être loïal, de bonne foi. 4 '■ * La foire fera bonne , les marchands s’assemblent , Prov. C’est-à-dire , que beaucoup de gens s’assemblent. 4 : II veut être riche marchand , ou pauvre poulailler. Prov. On le dit d’un homme qui risque beaucoup. 4 = On dit aussi prov. N’est pas marchand qui toujours gagne. Marchand quiperd ne peut rire. 4 Etre mauvais marchand de quelque chose. C’est proverb ., s’en trouver mal, n’y pas trouver les avantages qu’on en avoit esperé. ( II a été mauvais marchand dans cette entreprise. II ne s’en trouvera pas bon marchand. f * MARCHAND , marchande , adj. Qui sent le bourgeois & la maniéré d’agir de marchand. (II n’y a rien de plus marchand que ce procédé. Molière. Prétieufes. ) * MARCHAND , marchande , adj. [ Venalis. ] Ce mot se dit de certains lieux où il se fait un grand trafic. ( Ville marchande ; c’est-à-dire , Ville où il y a un Commerce considérable. ) On dit aussi un vaisseau marchand. [ Veclorium navi- gtum. ] Pour dire un vaisseau qui n’est point armé en guerre , & qui ne sert qu’à transporter des marchandises. On dit encore la rivière est marchande. [slmnis veftorius. ] quand il y a assez d’eau pour porter les bateaux chargez de marchandise. ( Vianet. ) MARCHANDE, f.s. s Propola .2 Celle qui trafique de marchandise. (Une riche marchande. ) MARCHANDER , v. a. [ Mercari. 3 Tâcher d’avoir bon marché de quelque chose qu’on veut acheter. ( Marchander du drap , de la toile , &c. ) f * MARCHANDER. Tâcher de gagner. Tâcher d’avoii. ( Si quelqu’un vient près de vous marchander votre cœur pour dentelle, ou tabis , refusez ces presens. Sar. PoïJ'. ) f * MARCHANDER. [Dubitare.J Chanceler. Hésiter. Tarder. Balancer. (Je me meurs, c’est trop marchander pour vous dire ma peine extrême. Sar. Pois. ) 4 * Ne point í marchander quelcun. C’est ne point l’épargner , l’ataquer brusquement. ( S’il m’insulte je ne le marchanderai point. II ne l’a point marchandé , il l’a tué du premier coup. 11 faut ataquer l’ennemi sans marchander , fans lui donner lc teins de se reconnoître. ) MARCHANDISE, f. f. [Merx .2 Chose dont on trafique. Touc le bien qui est en commerce , qui s’a- chete L qui se vend. Tout ce qui s’expose pour être acheté & vendu. (Acheter ou vendre de fort bonne marchandise. ) 4 = * Faire valoir fa marchcendice. C’est faire valoir ce qu’on » de bon , faire valoir son mérite. 4 MAR- MAR î MARCHANDISE marinée. C’est celle qui a été mouillée d’eau de mer. MARCHANDISE naufragée. C’est celle qui a essuie quelque naufrage. f MARCHANDISE avariée. C’est celle qui a été gâtée dans un vaisseau pendant son volage, soit par tempête , échouëment ou autrement. MARCHANDISES de contrebande. {Merx prohibitaf] C’est de la marchandise, ou autre chose qui est défendu par les loix d’un Etat, d’enlever sans Tordre exprès du Prince. ( Trafiqueur de marchandise de contrebande. ) MARCHANDISE. C Mercaturaf] U signifie aulsi le trafic même. (, Faire marchandise d’étofes, de cuir, de drogues, &c. ) , On dit figurément faire métier & marchandise dô quelque chose , quand on fait quelque chose ordinairement. II fait métier & marchandise de foussetez. Qu’un bonnette homme une fois en Ja vie Fftffe un sonnet , une Ode , une Elegie , Je le croi bien. Mais que f on ait la tête bien rajjtse Quand on en sait métier N marchandise , Je n’en croi rien. L’Abbé Régnier. ) f Moitié guerre , moitié Marchandise. On le dit d’un vaisseau chargé de marchandises , & qui est armé & en état de ce bien défendre. (On a équipé ce vaisseau moitié guérre , moitié marchandise. ) £ Moitié guerre , moitié marchandise. Prov. C’est-à- dire , moitié de gré, moitié de force. ( On Ta obligé de ceder, moitié guerre, moitié marchandise.) 0 MARCHE- Ancien mot qui est Torigine du mot Marquis. Voïez Mr. Ménage. MARCHE , f f. [ Iter. ] Les pas qu’on foìt en marchant. ( La marche de Tarmée. L’armée est en marche. Abl. Couvrir la marche de Tarmée Abl. Ret. I. 4. On fit vingt lieues en trois jours de marche. Abl. Ret.l. 1. L’armée continué la marche à travers une plaine. Abl. Ret. I. Retarder la marche d’une armée. Abl. Ret. 1 . 3. L’armée se mit en ordre de marche Abl. Ret l. 4. II prit sa marche le long du lac. Abl. Arr. I. 1. c. 5. ) f MARCHE d'armée. La sience des marches est uné partie de la guerre très profonde, que Mr. de Puisegut a réduite en principes & en listâmes. II y a beaucoup de précautions à prendre avant de se mettre en marche pour aller à Tennemi. Polybe de Mr. de Folard. La sience des marches fait l’essentiel & le capital de celle des grandes manœuvres. C’est à proprement parler la Dialectique militaire. II y a deux sortes de marches; les unes sont franches & ouvertes, les autres sourdes & dérobées. Le grand secret est de les concerter sur de tels principes, qu’elles soient propres à tout évenement, & qu’on ne se trouve pas plus emba- rassé dans celles-ci, si Tennemi en est averti, que dans les autres où Ton va à la franche guerre , ouvertement & comme on dit tambour batant. Ibid. Tom. IL La marche est bien ordonnée , lorsquelle est réglée fur Tordre de bataille fur lequel Ton veut combattre, fur le tems que Ton a pour le foire. Ibid. £ La description que fait Polybe de la marché d’Annibal depuis le Rhône jusqu’aux Alpes , & de là dans l’Italie ou la Gaule Cisalpine, est le chef d’œu- vre de cet Historien. Cette marche fameuse -Test pas fans embarras pour les fa vans. Ibid. Tom. IV. £ * Cacher Ja marche. C’est cacher les mesures qu’on prend pour réiislìr dans une entreprise. f * Soufter une marche. C’est en termes de Guerre , la dérober à la connoissance de Tennemi. Folard. H Fausse marche. C’est lorsqu’on feint de marcher d’un côté , & qu’on tourne d'un autre. f MARCHE forcée. C’est Torsqu’on fait une diligence extraordinaire pour arriver dans un endroit, se rendre maître d’un poste, ou échaper à Tennemi. MARCHE. [ Eundijìgnum.li Terme de Tambour. Son de tambour , par lequel on connoît que les soldats marchent, ou qu’ils font prêts à marcher en ordre. < Battre la marche. ) H MARCHE, se dit des airs de Musique composez pour caractériser la marche de certaines troupes. ( La marche des Suisses , la marche des Mousquetaires, la marche des Dragons, ) MARCHE. [ Gradrn. ] Degre d’escalier , ou d’Autel. Mais en ce sens le mot de dégré est plus usité que celui de marche. (On dit plus ordinairement les degrez de MAR 391 Tescalier sont beaux, que les marches de Tescalier sont belles , qui ne se dit presquepoint. ) 0 Mr. de Coftar a dit dans fa défense de Voiture: Tous lessuperlatifs toutes les hiperboles de notre langue, ne rehaussent pas dune marche les actions d’un homme illustre, je ne fournis aprouver le terme nuvrche dans lè figuré. MARCHE. Terme de Tourneur. [ Injubulum. ] Morceau de bois fur lequel le Tourneur met le pié lorfi qu’il tourne. MARCHE. [Affûta, palniulaf] Terme à’Organiste. Ce qu’on touche avec les pieds, qui fait raisonner les pedales MARCHE [ Pedamentum textrinum. ] Terme de Tisserands de Ferandinier , {sc. Morceau de bois qu’on touche avec le pié quand on fait de la toile, ou de Tétoffe, & qui fait aller les lames. ( Faire aller les marches. ) f MARCHE' , J', m. {Forum, macellumj Place publique où en de certains jours réglez on expose de la marchandise à vendre , & où Ton vend & achète la marchandise qui est sur la place. ( Le marché aux chevaux. Le marché aux bœufs. Le marché au pain , &c. Aller au marché. Fréquenter les marchez. Les marchez & les foires ne se peuvent établis que par la permission dtt Roi, Fevret, Traité de F abus, l. 1. ch. 9. ) MARCHE', [ Emtionis pretium. ] Le prix qu’on vend les choses au marché. ( Sqavoir le cours du marché. Acheter suivant le cours du marché. Courir sor le marché de quelqu’un. ) f MARCHE'. Dans le commerce qui se fait à Amsterdam on distingue trois sortes de marchezle marché ferme,le marché conditionnel, & le marché d’option. Voïez le Negoce d’Amjìerdam, & le Difíionn. de Savary. 0 J’ai connu des gens qui n’estimoient que les choses d’un grand prix, & croioient que ce qui coutoit le plus , étoit toujours le plus précieux, semblables en cela à Eliogabale, lequel, au raport de Lampride, voulait que ses maîtres d’hôtel augmentassent le prix des viandes qu’on lui scrvoit ; & disoit que leur cherté lui donnoit de Tapetit. Bon marché {Vile pretium. ] Vil prix. (Avoir une chose à bon marché. On dit aussi à grand marché. ) * II eut bon marché d’une fi grande & si mémorable victoire. {Nullo negotio hojìes vicit.J V. QA. i. 3. c. 11. ^ * Avoir bon marché de quelcun. C’est en venir facilement à bout, le réduire fans peine. * La modération que je connois en votre esprit, me fait esperer que vous aurez meilleur marché de cette affliction qu’un autre. Voit. I. 14. f * Faire bon marché de fa peau. C’est-à-dire , exposer sa vie légèrement. * Sortir d’une affaire à bon marché C’est-à-dire avec une legére perte. ê * Courirfur le marché de quelcun. C’est entreprendre sur ce qu’un autre a ménagé pour soi. ( II a couru fur mon marché , & obtenu Temploi que je sollicitois. ) f * Mettre le marché à la main à quelcun. C’est Prov. lui témoigner qu’on est prêt de rompre Tengagement qû’on a avec lui, & qu’on ne s’en soucie point. (Je lui ai mis le marché à la main. ) ^ On le dit auffi , pour défier au combat singulier , & ofrir à quelcun de prendre tèllei voie qu’il voudra pour le satisfaire. MARCHE'. [ Stipulaiio , licìtatio .] Stipulation verbale. Contrat par lequel on s’oblige à quelque chose devant les Notaires. Passer un marché. Faire un marché. Arrêter un marché. Conclure un marché. Voïez Vin. ) t MARCHEPIE' , f. m. [ Suppedaneum. J Sorte de petit b,me sor quoi on pose ses pieds. f MARCHEPIE' de caroffe , f. m. {Pedaneumsubfel . lium.} Partie qui est devant le siège du cocher, & fur quoi posent les pieds du cocher lorsqu’il est sur le liège du carosse. j * MARCHEPIE'. [ ScabcIIum pedum. ] 11 se dit au figuré , dans l’Ecriture Sainte. ( La terre est le marchepié du Seigneur. ) 0 On apelle marckepiés , en terme Ac Marine , les bords des rivières que Ton laisse libres de la largeur dc trois toises , asin que les bateaux puissent remonter facilement. Ce font auffi des cordages au-dessous & à l’arriere des vergues , pour porter les matelots qui sellent & deferlentles voiles , & qui veulent mettre o» ôter les boute-horS. Guìlìel , Arts de l’homme d’epée. MARCHER- {Proccdere. ] II sc dit des choses qui doivent succéder les unes aux autres , &c. Il ne fout pas 392 MAR pas marier la cadette la première,il faut que l’ainée marche devant. Ces deux afaires marchent du meme pie. C’est une afaire qui marche toute feule. ) * MARCHER à grand pets à la gloire , a l immortalité . f Ad gloriam virtutis via grossiri , &C. ] * Quand l’argent marche tout va bien. Prov. * MARCHE R sur des épines. C’est aller lentement & avec une grande circonspection dans une afaire délicate, ou dangereuse. f * MARCHER à tâtons dans une afaire. C’est; agir dans une afaire fans avoir les lumières nécessaires pour la bien conduire. MARCHER) r>. n. \_Ire. 3 Prononcez marché. Aller. Faire quelque pas. Etre en marche. ( L’armée marche. Les troupes commencent a marcher. Homme qui marche bien. Cheval qui marche de bonne grâce. Marcher à pié. ) f Vous craignez peu de marcher dans des routes nouvelles. Port-Royal , Lettre au Pere Adam. Marcher fur les p/ m. (Maliens,] Masse de fer au mi- MAR 399 lieu de laquelle il y a un trou qu’on apelle œil, & qu i sert à mettre un manche. (Marteau rond. Marteau breté.) MARTEAU âassiette. Instrument de paveur. MARTEAU a deux pannes. Instrument de paveur. MARTEAU de porte. [ Çantbarw.] Sorte de marteau de fer attaché à quelques portes pour fraper, & avertir ceux du logis qu’ils aient à ouvrir. (On n’entroit point chez nous lans graisser le marteau. Racine. ) MARTEAU d’horloge, (tìides automarius .J Est celui qui frape fur le timbre pour faire la sonnerie. MARTEAU d’Epinette. (Malleolm.] C’est un petit marteau de cuivre qui sert à accorder l’Epinette & le Clavessin , à tourner les chevilles & à les enfoncer. 4 = MARTEAU d.’armes. C’est une forte d’arme, faite à peu près comme un marteau. MARTEAU. (Marculus.] Fer avec lequel les Ofi- ciers des Eaux & Forêts-, marquent les arbres qu’il faut couper lorsqu’ils font des ventes & adjudications de bois. Jjf L’Ordonnance de 1669. veut qu’il y ait dans la chambre du Conseil de la jurisdiction des Eaux & Forêts , un cotre à trois clés, pour y déposer le marteau destiné à la marque des bois. Le Maître , ou le Lieutenant en son absence, doit avoir une des clés ; le Procureur du Roi, une autre; & le Garde-marteau, la troisième. Les Grands Maîtres ont un marteau particulier , & les Gruiers en ont un aussi. L’adjuditatai- re des bois du Roi doit avoir un marteau pour marquer les bois qu’il vendra en pié ; & à la fin de l’exploita- tion, le marteau dont il s’est servi, doit être rompu. MARTEAU- Terme d ’Anatomie. (. Malleolm J C’est un petit os fait en forme de marteau qui est dans l’o- reilie intérieure, & qui s’articule avec un autre fait en forme d'enclume. On dit qu’un homme n’est pas sujet à un coup de marteau, pour dire qu’on ne s’assujectit pas à venir prendre ses repas à une heure fixe. Acad. Fr. 4 = * Etre entre le marteau & l’enclume. C’est être dans une telle situation, qu’on trouve de Rembarras & des dificultez de quelque côté qu’on sc tourne. 4 = MARTEAU d’arbalejlrillc. C’est un traversier de l’arbalête , ou bâton de Jacob. Les marteaux font des pièces de bois plates ; elles sont percees d’un trou quarré par le milieu , afin d’y passer la flèche de l’ar- balête. A f un des bouts de ces marteaux est placée tine pinnule qui fait trouver l’horison qu’on apelle sensible. 11 y a 1e grand marteau, le moïen marteau , & le petit marteau, qui ont chacun leur usage. Les premiers s’apellent aussi curseurs. Aubin. t* MARTEL,/ m. (Malleolm .] Ce mot qui signi- fioit un marteau , ne se dit plus aujourd’hui en ce sens, & n’est en usage qu’au figuré & même dans le llile simple , ou dans le comique. (Avoir martel en tète. C’est- à-dire , être inquiet.) MARTELAGE , / m. [ Signum malleo impressumi] Terme des taux & Forets. II se dit de la marque que les Oficiers font fur les arbres avec un marteau. çLe garde-marteau doit faire le martelage en personne.) Voïez ÌOrdonnance des Eaux U Foiéts de 1669. f* MARTELER, v. a. (Malleo tundere.J Au propre, il lignifie, battre à coups de marteau, mais il ne fe dit &uere. Au figuré il lignifie. Tourmenter. Inquiéter, (je viens pour soulager ìe mal qui me martelle. Voiture , l'oejìe.. ) MARTELET , / m. (Malleolm.] Diminutif de marteau. U’clt un petit marteau. MARTELINE , J. /. (Denticulatm mal’eolm.] Sorte de marteau tie Sculpteur, qui est en pointe d’un côte, cX qui de l’autre a des dents fortes. MARTHE, / /• C Martha. J Nom de femme, (Marthe me semble fort belle. Gonb. Epi.) Son diminutif est Marton. MARTIAL, Martiale , adj. (Bellicosm.] Guerrier. Courageux. ^Avoir l’ams martiale. Ablancourt.) MAR LICLtS '/. >W. pi. [Funes ramnsi.] Terme de Matine. Petites cordes qui ont plusieurs branches ou parties qui font fourchues, & qui viennent aboutir à des poulies qu’on nomme araignées, qui servent aux maneuvres de l’artimon , & qui embrassent ses voiles quand on les veut ferler. MARTIN ,/ m. Nomd’homme, qui vient du Latin Manmui. (Le Pape Léon X. diíoit que Martin Luther étoit un trèt bel esprit. Voïez Kirmlia. liter aria , pag. 112.) Le aoo MAR La Saint Martin. C’est Ja fête de Saint Martin. (faire la Saint Martin , c’est boire & se re J°“ ir -) Le jour de la fête de S. Martin , est le terme presque général des baux à ferme & des conventions faites entre les propriétaires des biens de campagne , & leurs domestiques. La raison de cet ulage est , que dans le tems où l'on célèbre cette fête , qui a ete tres- íòlennelle en France, toutes les récoltés font faites, & l’année semble être finie par raport à la culture des fonds, & au paiement des gages de ceux qui les ont cultivez. On peut ajouter, que les Parlemens, après avoir joui du repos des vacations , ont toûjours recommencé l’année dans le même tems ; & cet usage a servi de régie pour finir, & pour recommencer les afaires domestiques des particuliers. A l’égard des réjouissances qui ont été en usage autrefois pour célébrer la fête de S. Martin , & qui se pratiquent encore , mais avec moins d’éclat & de débauche ; on peut dire que dans ces tems heureux, où le principal emploi des hommes étoit de cultiver les champs , & de conduire leurs troupeaux aux pâturages, les peuples avoient a- coûtumé de réassembler après la récolté, & de faire des sacrifices , pour marquer leur reconnoissance des biens que les Dieux leur avoient acordez. Cet usage est atesté par Aristote, dans ses Morales, /. 8- ch. n. par Maxime deTyr ,serm. 21. & par Horace dans son E- pître à Auguste : AgricoLs prisci, sortes parvoque beati Condìtapofi jrumenta , levantes tempore fejfo Corpus , N Ipsum animum fie finis dura ferentem Cum sociií operum , cum puéril , As conjugefidâ , Tellurem porco , Sylvanum la f le piabant , Floribus As vino genium , memorem brevis avi. Ces assemblées, ces fêtes étoient trop agréables pour ne se pas répandre dans les Gaules ; & comme elles se célébroient dans la saison où l’Eglisc solennisoit la fête de S. Martin, on mêla aisément le sacré avec le profane ; & si l’on cessa d’honorer les faux Dieux, on fit à l’honneur d’un Saint que toute la France respec- toit singulièrement, ce que l’on faisoit pour cette foule de divinisez du Paganisme. D’ailleurs les Grecs & les Romains faisoient des largesses de vin dans certain tems de l’année: les Grecs apelloient ces fêtes ‘sstdoi'yict , c’est-à-dire , selon Suidas, des fêtes célébrées à l’honneur de Baccus, dans le tems des vendanges , ou lorsque l’on goútoit des vins nouveaux la prémiére fois ; & les Romains, Vinalia , qui (selon Pline , lib. r8- cap. 19.) étoient célébrées dans le mois de Septembre. Les uns faisoient leur sacrifice en public, ìes autres en particulier. II est aisé de comprendre comment les peuples acoûtumez à ces fêtes bachiques, s’en servirent pour célébrer la mémoire du grand Saint Martin , pour qui ils avoient tant de vénération. Peut- être aussi que le miracle dont Grégoire de Tours a fait mention, lib. n. 22. a donné lieu de célébrer la fête du Saint par des festins , & par des assemblées où le vin n’étoit pas épargné. MARTIN pêcheur , f. m. [AlcedoJ Petit oiseau qui vit quatre ou cinq ans, qui a le bec long, fort & aigu , & la tête couverte de plumes bleues, claires ; les ailes bleues & semées de blanc; le corps blanc & un peu verd, & l’estomac couleur de rouille. On croit que cet oiseau étant mort & sec, & ataché en un garde- meuble, empêche qu’ilne s’y engendre des vers dans les habits. Oìina. (Un martin-pécheur mâle. Un mar- tin-pêcheur fémelle.) Messieurs del’Académie dans leur Dictionnaire, l’a- pellent martinet-pêcheur. MARTIN-SEC, f. m. Sorte de poire pierreuse. (De bon martin-sec.) à MARTINE ,s.f. [Martina. J Nom de femme. (Martine est méchante.) MARTINET, J. m. [Capulare candelabrum!} Sorte de petit chandelier de bois. (Martinet perdu.) MARTINET. [ Cypselus .) Espèce de petite hirondelle qui a la gorge & le ventre blanc, & le dos noirâtre. Bel. t. 7. c. martinet. [Moletrina serraria. ] 11 se dit des grands marteaux qui sont meus par la force de l’eau, ce “. x des moulins à papier , à foulon , à tan , l’nrP 3 ^ 1 9“ lerem ent des grands marteaux de forges. Et 1 on croît que cer fortes de grandes forges ont cris Vsenne°en Daimhirf'”^ ’ d v, C j qu>il V en a 8 plusieure à Lk íftS® baint Mar- MAR f MARTINET. Terme de Marine. C’est proprement la maneuvre , ou corde qui commence à la poulie nommée cap de Mouton, ou Moque de martinet, qui est au bout des marticles , & qui sert à faire hausser ou baisser la vergue d’artimon. MARTINGALE fi [Lorum longum. ] Terme de Manège. C’est une longue couroie de cuir , atachée par un bout aux sangles sous le ventre du cheval, & de l’autre au dessous de la muscrole, pour empêcher que le cheval ne porte au vent, & ne batte à la main. MARTIR, s- m. [Martir. J Celui qui soufre la mort pour la foi. (11 est mort martir. Le mot de Martir est Grec , & signifie proprement témoin. MctgTup OU faáfivç, Ose-t-on comparer la foiblesse ou la rage D’un Grec ou d’un Romain qui se donne la mort Au sage As généreux éfort D’un martir dont le sang signale le courage. (Abé Têtu.) * L’amour donne de secrets plaisirs à tous ses mar- tirs. Voit. Poésies. $ MARTIR , se dit aussi d’un homme qui soufre beaucoup. (On l’a fait mourir martir , à force de le tourmenter.) MARTI RE, f. f. Celle qui soufre la mort pour la foi. (Une sainte martire.) * Cloris pendez le rosaire au croc , s’il est vrai que votre époux est impuissant & jaloux, cela vous doit bien su sire, vous êtes vierge & martire. Furetiére. MARTIRE , f m. [ Martirium. j Mort souferte pour la foi. (Soufrir le martire. Psal. lib. 2.) f MARTIRE. f Cruciatus , malum , dolor. 3 Peine. Tourment. ( * Martire amoureux. Voit. Po'és. Je bénis mon martire & content de mourir , je n’ose murmurer. Voit. Po'és. Faveur qui pourroit me tirer du martire. Voit. Po'és. Et plusieurs qui tantôt ont apris mon martire, Bien loin d’y prendre part, n’en ont rien fait que rire. Mol.) Voiture n’en est pas le seul qui ait dit bénir son martire ; M. de Scuderi a dit aussi dans son Alaric : Ton esclave est content , même quand ilsoupire , II bénit en J 'on cœur les maux qu’il aJòufferts. Je sqai bon gré à Mr. Despreaux, de s’être moqué de cette fade & ridicule expression : Leurs tranjports les plus doux ne font que phrases vaines, Ils ne savent jamais quese charger de chaînes, Que bénir leur martire , adorer leur prison , Et faire quereller , le sens As la raison. En effet, dans ce fameux sonnet pour Uranie, l’Au- teur s’explique ainsi : Je bénis mon martire , As content de mourir Je n’ose murmurer contre sa tirannie Quelquefois ma r asm par defoibles discours M’incite à la révolté, As me promet secours : Mais lorsqu!à mon besoin je me veux servir d’elle , Après beauc crup de peine As d! éfort s impuissant , Elle dit qu’Uranie est Jeule aimable As belle , Et ni y rengage plus que ne font tous mes sens. MARTIRER , ». a. [Cruciare.] Vieux mot pour di* re tourmenter. (Ce traître honneur veut pour me martirer , Nos deux cœurs déchirer. Voit. Poès.) MARTIRISER , v. a. [Martirio afiicere!} Ce mot signifie , faire souffrir le martire ,& ne se dit guére au propre dans un sens actif. (Ainsi on dit, un tel Empereur fit martirifer un tel saint. Quoique martiriser ne se dise pas bien au propre dans un sens actif, il ne laisse pas d’être usité au passif, & on dit tous les jours un tel Saint fut martirilé sous un tel Empereur. ) * MARTIRISER. [ Vexare. ] Ce mot au figuré se dit dans un sens actif, mais en ce sens il n’entre pas ordinairement dans le beau stile, & signifie, Tourmenter. Outrager. Maltraiter. (Ils ont martirise ce pauvre garqon.) MARTIROLOGE, s. m. [ Maxtìrologium .\] Histoire des Martifs. Papiers. Journaux en l’Eglise. (Martirolo- ge Romain. On ne fcait pas précisément quand on a commencé de lire le Martirologe dans le Chœur des Egli- MAS Eglises, ou dans les Chapitres des Chanoines ou des J>loines. Thìers , des Jubez , ch. 7. ) MARTRE , f. f [ Itlis. j L’Académie dit marte. Animal Fait en forme de fouine, avec cette differen- ce, que la martre a le poil tirant un peu fur le roux , & la gorge jaunâtre. MARTRE, Zibeline, f. f. f Mufiela. ] Animal sauvage fait en forme de grosse belette qui se trouve dans les forêts de Laponie, qui se nourit d’oiseaux &. d’écureuils. La martre à le poil doux & noir ; íà peau elì fort estimée, & on en fait de très-bonnes fourrures. Voiez Schefer , Hifl. des Lapons. Les Chinois ont des fourrures de martres zibelines îd’un prix extraordinaire. Volez la nouvelle relation de la Chine, p. 175. Qn les apelle autrement souris de Moscovie. ï MARTRE, se dit auflì de la peau de cet animal, quand elle est emploïée en fourrure. ( Un manchon de martre , une robe fourrée de martre. * Prendre martre pour renard. Proverbe. C’est se tromper. í MARUM,./! nu Plante médecinale dont il y a deux especes. La première est une espece de cha- maedris, qui pousse des feuilles aprochantes de celles du serpolet. La seconde est une espece de thim- bre qui pousse des feuilles semblables à celles de la marjolaine. L’un & l’autre Marum contiennent beaucoup d’huile exaltée & de sel volatil. Le Marum est cephalique, stomacal, sudorifique, & il résisté au venin. II est propre contre les morsures des bêtes venimeuses. 11 est vulnéraire , nerval, fortifiant, & il corrige la mauvaise haleine. & MAS- i Terme de la Coutume d’Auvergne, tit. 28- art. 3. où il est dit : ,, Au haut pais d’Auvergne, „ & es montagnes du bas pais, lesdits pâturages se „ limitent par AI as & Villages, " &c. Surquoi Pro- het a fait cette note : ,, En ce lieu le mot de Mas „ est pris pour Village s Manie mansus , manjìo, mai- „ son, lieu habité. ” MASCARADE 1 f f. c Larvatorum ludicra ca - derva.] Divertissement agréable, & ingénieux de carnaval , où l’on se masque. Troupe de personnes masquées. ( Une belle, une superbe, une magnifique mascarade. On fait des mascarades pour quelque réjouissance publique, comme pour la naissance des Princes & autres choses. Ménétrier a fait un Traité des mascarades, mais il est un peu long. ) On donne aussi ce nom à des vers qu’on a faits pour les personnages qui font de ces mascarades. Qu’il s’en aille s’il veut fur deux trétaux monté , Amusant le Vont neuf de ses sornettes fades Aux laquais assemblez jouer ses Mascarades. Despr. f MASCARADE, se dit aussi d’une danse executée par une troupe de gens masquez. (On a dansé une belle mascarade. ) MASCARET, f m. [Asus refiuus. ] Terme particulier qu’on donne à un refius particulier & violent de la mer qui remonte impétueusement dans les Rivières de Garonne & de Dordogne, & qui fait le même effet fur ces Rivières que celui qu’on apelle la barre fur la Seine. MASCARON , f m. f Perfona ludicra, larva. ] Terme à’Architecture. Tête chargée, ridicule, faite à fantaisie, qu’on met aux portes, aux fontaines ou aux grotes. MASCULIN , Masculine , adj. [ Mafculinus. ] Qui convient au maie. C’est proprement un terme de Grammaire, où l’on parle du genre masculin. II y a des noms qui font masculins. En Poésie, on apelle vers masculins ceux qui se terminent par une rime masculine, laquelle se trouve dans tous les mots qui ne se finissent pas par un e féminin , par es ou ent. On observe dans les vers réguliers de ne mettre pas plus de deux vers masculins de fuite. Les Astrologues parlent de qualitez, d’influences & de planètes masculines & d’astres masculins. sts C’est une régie confirmée par l’autorité de Mrs. Vaugelas & Ménage, que le genre masculin prévaut fout seul contre deux féminins , quand même ils seroient plus proches du regime. Cette réglé étoit observée du tems de Malherbe ; ce poète dit dans la paraphrase du Pseaume 8 Mas 401 L’air, la mer, & la terre Wentretiennent-ìls pas Une sécrété loi de se faire la guerre ? Nous avons des mots qui n’ont point de féminin, comme vainqueur. II faut éviter de s’en servir avec un mot féminin. Mr. Racine a dit dans fa Phèdre , acl. 1. sc. 1. Quand même ma fierté pouroit être adoucie , Aurois-je pour vainqueur du ebosir Aride ? On ne peut point s’acoûtutner à donner le titre de vainquer à une femme. MASETTE- Voïez mazette. MASQUE, f- nu. {LarvaJ Chose qui represen- te le visage, & dont on se couvre le visage. On s’en sert au carnaval pour se déguiser. ( Un beau masque. Un vilain masque. ) En Espagne les Moines mettent des masques & dansent dans l’Eglisc aux fêtes solennelles. {$ Plusieurs Auteurs ont traité des masques. Mr. Savaron que nous connoiffons par plusieurs ouvrages, & fur tout par ses Notes fur les Ouvrages de Sidonius Apollinaris , a été le premier qui en ait parlé en notre langue. L’Abé Pacichelli , Napolitain, a examiné fort amplement l’origine & Fustige des masques, dans son Schediasma qui contient plusieurs ouvrages, entre lesquels le traité de maseberis , five de larvis, ocupe la plus grande partie du second volume. Mais fans aler chercher si loin de quoi satisfaire fa curiosité , on peut facilement la contenter par la lecture du dis. cours de Mr. Boindin fur les masques, & fur les habits de téatre des Anciens, tome 4. des Mémoires de Littérature, pag. 132. Le Pere Labbe a remarqué dans ses Etimologies , p. 332. que „ masque signifie pro- „ prement une sorcière , aux Loix des Lombards : „ Jìrigem qua dicitur masca. Dans le Dauphiné , 1 s ,, Savoie, & le Piémont, on les apelle encore de ce „ nom , & d’autant qu’elles se déguisent, nous avons „ apelle masques les faux visages, larvas perj'onas ; & „ de là les mascarades. ” MASQUE. [ Paropium. ] Morceau de velours noir où l’on fait un nez & deux yeux, dont les Dames se couvrent le visage quand elles vont en Campagne, ou en Ville. ( Les Dames n’ont commencé à porter des masques que fur la fin du dernier siécle. ) Brantôme , Dames galantes. Maintenant on les apelle des loups. MASQUE. {Larva .] Visage séparé du reste du corps, qui sert dans les ornemens de peinture & de sculpture. £ MASQUE, se dit aussi d’un moule de terre préparée & apliqué sur le visage de quelcun pour le tirer au naturel. f MASQUE. C’est un des poinçons ou oiselets dont se servent pour leurs ciselures, les Arquebusiers, Armuriers, Fourbisseurs, & autres Ouvriers Ciseleurs. * MASQUE , f. m. [ Personatus. j] Personne mas. quée en un jour de carnaval. (Aller voir les masques. On verra de beaux masques ce carnaval. ) * MASQUE. {Vélum, fi>ecies.~] Ce mot au figuré a d’autres sens fort beaux. ( Ce fut là qu’il leva le masque, & qu’il se donna en proie à toutes ses passions. Vaug. Quint. L 6 . C’est-à-dire, ce fut là qu’il ne garda aucunes mesures, que fans feinte & tout ouvertement il s’abandonna à ses passions. Au travers de son masque on voit à plein te traître , Par tout il est connu pour tout ce qu’il peut être. Mol. ) * Son honnêteté n’est qu’un masque pour trompée plus finement. Abl. C’est-à-dire, son honnêteté n’est qu’un voile, qu’une adresse, un pretexte pour tromper. * II otoit le masque aux vices de son tems. Des préaux, Satire 7. C’est-à-dire, il faisoit connoitre les faux vertueux. II découvroit les vicieux. f * Etre toujours en masque, c’est se déguiser, faire toujours paroìtre d’autres senti mens que ceux qu'on a. H Faire un masque de quelque _ chose à quelcun , c’est Prov. lui en barbouiller , lui en couvrir le visage. f MASQUE , s s. [ Larvata, fada. ] Injure pour dire , Laide. Sote & malfaite. ( Que la peste soit la masque. Scaron. ) Ce terme en vieux François fignifioit sorcière, & vient de masqua, qui veut dire un faux visage. MASQUE'. [ Personatus. ] En termes de Blason il se dit d’un Lïoil qui a un masque. Tom. IL Lee H " MAS- a.o 2 MAS i * MASQTJE', masquée , adj. part. On spelie un homme masqué, celui qui est couvert & dissimule. { II est toujours masqué. ) , _ V ± Batterie masquée. C’est en termes de Guerre, «ne batterie dressée, mais tellement couverte qu on ne peut s’en apercevoir. . i Brûlot masque. C’est en termes de Marine, un brûlot qui ne paroît que comme un vaisseau de guerre. f MASQUER. [ Larvam ïnàuere. ] Ce mot signifie aller en masque. II est actif & neutre , mais il est ordinairement neutre au propre & actif au figure. ( Peu de gens masquent présentement. ) f MASQUER , v. a. On dit au propre masquer quelcun , pour dire le déguiser en lui mettant un masque sur le visage. Ce terme signifie dans un sens plus étendu, déguiser quelcun en lui mettant outre le masque des habits qui empêchent de le reconnoître. (On le masqua en Arlequin. ) Acad. Fr. * MASQUER , v. a. [ Tegere, obuubere. ] Couvrir. ( Ils masquent leur faiblesse d’une zele. Désir. Discours au Roi. Je veux que le caur parle, & que nos sentimens Ne Je masquent jamais faits de vains complimens. Mol.) f * On dit, masquer un mauvais dessein ; masquer sa débauche sous les aparences de la sagesse, de la dévotion ; masquer le vice sous l’aparence de la vertu. SE MASQUER , v. r. [ Personam ad os apponere. ] Se mettre un masque sur le visage. SE MASQUER. Faire quelque mascarade. Aller en masque & se déguiser. _ (Elle se masqua quatre ou cinq foi s avec son mari. Le Comte de BuJJì. ) Bien qu’il se masque toujours, on le prend toujours pour lui-meme. Gonb. Epi. I. i. MASSACRE , J' ra. ICades, firages.] C’est Faction de tuer cruellement. (Le maslacre de la Saint Barthelemi se fit sous le Régné de Charles IX. à la sollicitation de Messieurs de Guise. Ce massacre & celui qui fut fait de tous les Franqois dans la Sicile, à l’heure des Vêpres, ce font ' les deux plus grands massacres qui aient été faits en pleine paix dans l’Eu- rope. ) MASSACRE. ICervinum caput absássum.] Terme de Chasse. C’est la tête du cerf, du dain & du chevreuil séparée du corps. Sain. En ce sens. massacre est auílì un terme de B U son. [ Obversum cervì caput. f * MASSACRE , se dit en parlant d’une chose rare ou précieuse qui a été gâtée. ( C’est un massacre.) MASSACRER , v. a. [ Truádare , maclare.] Tuer cruellement. En 1572. le jour de la Saint Barthelemi, on massacra durant la nuit tous les Huguenots qui étoient venus à Paris pour voir les noces de Marguerite fille de France, avec Henri Roi de Navarre. ) $ * MASSACRER, v. a. [ Inficere. ] Gâter, mettre en mauvais état. ( Massacrer des bardes, massacrer des meubles. ) x * MASSACRER des tableaux , massacrer desJïatues. C’est les gâter, les défigurer. -j: * MASSACRER, se dit dans le stile familierd’un mauvais ouvrier qui gâte fa besogne. ( Cet ouvrier massacre tout ce qu’il fait. ) MASSACREUR , f m. [Trucidator.] Celui qui fait un massacre. ( On vit le lendemain les massacreurs se promener par la Ville, & se glorifier d’une action qui leur faifoit plûtót mériter le nom de Bourreaux que celui de Soldats. ) MASSANE , f /■ Cordon de la poupe qui sépare le corps de la Galère de Passade de poupe. MASSE , f f. f Massa, môles. ) Amas de plusieurs choses qui ensemble composent un tout. (La masse du monde. La masse de la terre, & de Peau. Le Cahos des Poètes n’étoit qu’une masse de matière Confuse & informe. ) MASSE. [Cumulus, Jìrues.] Chose grosse & massive. Quantité indéterminée de quelque chose. (Où trou- C f r sroffes . mí *fl es de pierres pour remplir ces Une masse ss 5 ' -j- 4- Une grosse masse de sel. iZti fJ ^ te ; Ua masse des biens. Patru, 4. charter îa S'J 3 du sang. La Cham. De- Ch Mfs r sÈ a LV^àbair.) trcpoids de métal qui est attaché à un anneat, &°qssi MAS sert à faire voir la pesanteur des choses qu’on pefe avec le peson. MASSE. ['sudes majoris modì .] Gros marteau dont le Sculpteur dégrossit ion ouvrage en frapant fur les ciseaux. H MASSE. Gros marteau, ou maillet de fer, dont se servent les Charpentiers dans la construction des navires. MASSE. [ Clava, capitata virga. ] Terme de Blason. C’est un bâton à tête, garni d’argent, qu’on porte en quelques cérémonies. MASSE-D’ARMES. [Militarit clava.] Arme d’hast, dont on se servoit autrefois à la guerre, & qui est a présent hors d’usage. Elle avoit comme une grosse tête de fer au bout d’un bâton. MASSE. [ Gubernaculì temo. ] Terme de Charpentier. C’est une longue piéce de bois qui sert k faire tourner le gouvernail d’un bàteau foncet. MASSE. [Pifíurœ partes prxcìpua.] Ternie de Peinture. Parties qui contiennent de grandes lumières, ou de grandes ombres. ( Quand il est tard , on ne volt que les masses d’un tableau. ) f MASSE. [ Suuima, massa.] Terme Bachique, dont on se sert en choquant le verre & buvant des santez. ( Masse à l’honneur du grand Seiguier. Masse tope, crie, & croc. Saint Amant. ) Ces mots niasse & tope font aussi des termes de jeu de dez. MASSELOTE , s s. [ Metalli reliquia. ] Terme de Fondeur. Superfluité de métal qui se trouve aux moules des pièces de canon & des mortiers après qu’ils ont été coulez. MASSE-PAIN , s m. [Massa amigdalia panis.] Pâtisserie composée d’amandes", d’aveìines, de sucre, de pistaches & de pignons. Faire un bon masse-pain. Car de tous mets sucrez, secs, en pâte ou liquides , Les ejìomacs dévots surent toujours avides s Le premier Masse-pain pour eux, je croi, se fit, Et le premier citron à Rouen sut confit. Despr. fat. 10. ) MASSER, v. a. [Indicare , notare. ] Terme de Jeu de de2. C’est-à-dire ce qu’on veut jouer à un coup de dez. (Ha massé une grosse somme. ) t MASSER. [ Significare. ] Terme Bachique. C’est dire masse en buvant à la santé de quelqu’un. MASSICOT , f. m. [ Color luteus. ] Couleur jaune pour peindre. í MASSICOT. C’est de la Céruse qui a été calcinée par un feu modéré. II y en a de trois sortes, du blanc, du jaune & du doré. Leur diférence ne provient que des divers degrez de feu qui lui ont donné ces couleurs diferentes. f MASSIER, f. m. [ Clavator. ] Celui qui porte une masse. 11 y a des Massiers qui accompagnent Monsieur le Chancelier. Le Recteur de l’Univerlìté est jirecedé, quand il marche, de ses Bedeaux & Massiers. MASSIF, Massive, adj. [ Solidut. ] Gros & so- lide. ( Cela est massif Chose massive. De pilajìres Massifs les cloisons revêtues En moins de deux injlans s’é/event jusqtïaux nuis. La Font. ) MASSIF, f. m. Terme de Maçon. Chose pleine & solide. ( Un massif de pierres. ) MASSIVEMENT, adv. [ Solide. J D’une maniéré massive. Les Gots bâtissoient massivement, mais depuis on a bâti plus délicatement. MASSON, Majsonner , massonnerie. Voïez-ci- devant Maçon, [sc. MASSORE , s.s. [Massora, traditio.] Terme de Théologie Judaïque. C’est une Critique du Texte Hébreu que les Anciens ont inventée, par le moyen de laquelle ils ont compté les versets, les mots & les lettres du Texte. Ce mot signifie tradition. Ce furent les Juifs d’une Ecole fameuse qu’ils avoient à Tibériade, qui firent ou du moins commencèrent cette M affine. MASSUE , s.s [Clava.] Maniéré de bâton qui a le bout d’en haut fort gros. On dépeint Hercule avec une massue & peau de lion. ( On assomme des bœufs avec une massue'. On íè sert d’une massue pour fendre du gros bois. ) f * MASSUë, fe dit en parlant d’un accident fâcheux. (Cette nouvelle fut un coup de massue pour lui. Cette mort a été un coup de massue pour nous.) M A ST, MAS MAST, / m. C Malus. ] Terme de Mer. Prononcez mât long, comme si ce mot s’écrivoit fans s. Ç’est l’arbre qui tient les voiles d’un navire, ou autre pareil bâtiment. . (II y a ordinairement quatre mâts dans cbaque navire , & quelquefois cinq. Le grand mât, la mizaine, ou bourcet, le trinquet, le beaupré, & l’artimon. Four. ) $ Mat forcé. C’est un mât qui a foufert un éfort, & qui est en danger de fe rompre dans l’endroit où il est incommodé. ~ Mat gemellé, jumelle, reclampé, renforcé. C’est un mât qui n’aïant pas aífez de grosseur, ou qui aïant quelque éfort, est fortifié par des jumelles , ou pièces de bois, qui empêchent qu’il n’éclate & ne rompe. f Mat de rechange. Ce font des mâts de hune qu’on porte dans un voïage, afin de fupléer dans le besoin à ceux qui pouroient manquer. Mât. ( Tentoriì orthojlata. ] Terme de TapiJJìer. Piéce de bois servant aux tentes & aux pavillons. ( Une tente à deux mâts. Une tente à trois mâts. ) Mât désarmé. Terme de Blason. C’est un mât peint fans voiles. £ Maté, ée, adj. Vaisseau mâté en caravelle, c’est celui qui n’a point de mât de hune, mais feulement quatre mâts. £ Vaisseau maté en chandelier. C’est celui dont les mâts font fort droits, ou à plomb. f Mâté en frégate. C’est quand il a ses mâts arquez en avant. f Maté en galère. C’est lorfqu’un vaisseau n’a que deux mâts, fans avoir de mât de hune. $ Maté en heu. C’est un vaisseau qui na dans son milieu qu’un mât, qui lui sert de mât de hune, avec une vergue qui ne s’apareille que d’un bord. £ Maté en fourche, ou à corne. C’est un bâtiment qui porte une corne à demie hauteur de son mât, laquelle corne est posée en saillie fur l’arriere, & fur laquelle il y a une voile apareillée. La corne est proprement une vergue. H Maté en scmaque. C’est un mât au pié duquel il y a un boute-hors, qui prend la voile de travers par son milieu. . Mater , v. a. f Malo inflruere. ] Prononcez maté. Mettre les mâts à un vaisseau. ( On a mâté tant de vaisseaux. ) £ Matereau, s. m. Petit mât, bout de mât. 4 Mateur , s m. Ouvrier qui fait les mâts des vaisseaux , & qui fait toutes les proportions qu’ils doivent avoir. (Maître Mâteur. ) MASTIC , s m. \Maflìcbe , sgninum.~] C’est un composé de cire, de résine & de brique pilée qui sert aux menuisiers, & aux lapidaires. On apelle aussi masiic une forte de résine qui fort du lentifque. T>al. ( Voilà du bon mastic.) MASTICATION, / f. c Maflicatio. ] Terme de Médecine. Agitation des alimens entre les dents , qui fe fait par le mouvement de la mâchoire, de la langue & des lèvres pour les briser, les imbiber, & les préparer pour recevoir plus facilement la digestion de l’estomac. MASTICATOIRE , s m. [ Masiicatoria .] Terme de Médecin. Médicament externe composé de médicamens acres & de subtile substance, réduits en poudre & mêlez avec du miel, ou quelque suc, ou liqueur, & formez en pâtes, ou boules rondes, ou longues pour mâcher, afin d’atirer & purger la pituite qui abonde dans le cerveau. (User de masticatoire. ) MASTIGADOUR ,s. m. {Franum deflumatorium.] Ternis de Manege. C’est une éfpece de mords uni, garni de petites patenôtres & d’anneaux, qu’on donne à mâcher à un cheval pour le faire écorner, & pour lui rafraîchir la bouche. MASTIQUER, v. a. [ Lithocoìla glutinare. ] Co- ler avec du mastic. MASTOiDE. [ Masoideus. ] Muscle qùi sert à baisser la tête. On apelle encore de même une apo- phife de l’os qui est au crâne de derrière. - MASTURE, Mature, f. f. [Modrn niali inflruen- di. ] C’est la maniéré de poser les mâts dans les vait seaux. ( La mâture est disserente selon les vaisseaux. La mâture de ce vaisseau est fort bien faite. La mâture des Iachs est en fourche. ) £ MASULIT , f m. Chaloupe des Indes dont les bordages font cousus avec du fil d’herbes & dont les calfatages font de mousse. MAT 403 MASURE,//"- íParietina .1 Maison qui est en ruine. ( Une méchante masure. Une vielle masure. La Font. * L’amour a brûlé sa maison, & n’en a fait qu’une masure. Gonb. Epi. L 1. ) MAT. Voïez majì. MAT, mate, adj. ( Impolitusé ] Terme à s Orfèvre. Ce mot est bref. Qui n’est ni clair, ni bruni, ni poli, mais blanc & en forme de chagrin. ( Or mat. Argent mat. Eguiere mate. Voila qui est mat. Besogne mate. ) MAT. ( A lufîone dejeHio. ] Terme de Jeu des échets qui fe dit du Roi, & qui signifie, qui a eu échee (j? mat. ( Le Roi est mat. ) Echec (j? mat. Termes de Jeu des échets , qui veulent dire, le Roi est mort. (Donner échec & mat au Roi ennemi : C’est attaquer de telle forte le -Roi, qu’il ne fe puisse défendre , & ainsi gagner la partie. ) 0 " Je croi, avec le P. Labbe, que mat vient de matto Italien : mais je croi aussi que l’Italien vient du Grec /aenáioi selon Ferrari, ver b. matto. f * Donner échec (5? mat aux plats. Abl. Phrase burlesque, pour dire, prendre de tous les plats avec avidité. ( Manger avec ardeur, & donner fur les plats avec quelque forte de furie. ) f * Donner échec mat à quelcun. C’est remporter fur lui un avantage complet. MATADOR,/! m. [Carta lujbriœ superiores .) Terme d u Jeu déHombre. Ce font les quatre premiers triomphes ; Efpadille, manille, baste & ponte. MATAFIONS , f ni. [ Funìculí adjìricíorii. ] Petits cordages qui fervent à attacher les petites pièces d’une galère. MATAMORE,/ / [Carcer obscur us .On crois que ce mot est Arabe. C’est une prison où l’on renferme sous terre les esclaves toutes les nuits. La Matamore est très-incommode & très-cruelle, & il semble qu’elle n’ait été inventée que pour tourmenter les esclaves. On y décend par vingt ou trente de- grez. On n’y peut point recevoir d’air ni de lumière que par un petit trou. Les esclaves y font horriblement pressez , & souvent ceux qui en sortent, meurent, parce qu’ils ne peuvent fuporter le grand air. Us y étouffent quelquefois de chaleur : & ils y font presque toujours mangez de puces & de poux. Voïez A. Gallard , histoire d’une Esclave. MATASSE , j] f. [ Sericum crudum. ] Terme de Marchand de J’oye. C’est de la foye qui est encore par pelotes & fans être filée. t MATASSINADE , / /. [Afíio mimica.] Folâ- trerie. Action folâtre. (Elle fit cent matassinades.) MATASSINS , / m. [ Mimica Jaltatio. J Sorte de danse folâtre. ( Danser les matassins. ) MATELAS , Mater **, f. m. [ Culcita. ] Mai- nard, postes, page 142. a dit , si tu étois un grand Prince , Pégase n’auroit pour litière que des materas de satin. Materas, en ce sens, ne fe dit pas, on dit matelas comme l’a écrit Voit. I. 44. ( Acheter un lit, des matelas , & des couvertures. Le matelas n’est autre chose que vingt-cinq ou trente livres de bourre lanice , de laveron ou de laine que le Tapissier coud, & pique entre deux pièces grandes & larges de futaine , ou de toile bleue pour mettre fur quelque bois de lit. (11 est couché fur deux bons matelas de mère laine. Piquer un matelas. Au lieu de tant de loix de toutes les natures , Dont on vous a vu la remplir s C’étoit des draps, des couvertures , C’étoit des matelats qu’il falloit établir. Abé Régnier. ) f MATELAS , fe dit des petits coussins piquez qu’on met aux cotez d’un carrosse. MATELASSER , v. a. \_Minoribus culcitis inflruere.] C’est garnir un carosse de petits matelas. (Matelasser un carosse. ) f On dit aussi , matelasser des chaises, ou les garnir de quelque chose en faqon de matelas. MATELASSIER , / m. Ouvrier qui fait des matelas. MATELOT, / m. [ Nauta. ] Celui qui fait profession de fréquenter la mer. Celui que le Capitaine du Navire donne à chacun pour l’assister. ( Un matelot fort expert. Un tel est mon matelot. Fourn. Matelot fe dit aussi figurément de celui qui gouverne. E ee s 404 MAT Lassez l'état & n en dites f 1 m moi , II ejì pourvu d’un tres-bon matelot. Voit. poés ) ± N avire , ou Vaisseau matelot. C est celui qui étantPassablement bon de voiles, peut aller de com- págKÍÏc “«OB , si», lui causer de recarde- ment en fà toute. . _ * m* C Nauticum opus, pretzutn.J Ma mQf-p1nfî»af» .taíÍTo-mi iiciib vi* **• -- MATET-OTAGE , / CoU.Vp Hp Matelot COUtC Uíiju j . - MATELOTE, f f. C Pisses nautico more conattt. J C’eít la maniéré d’acommoder, à la maniéré d es matelots, du poisson frais pêché, avec du sel & du poivre. A la matelote , adv. £Nautarum more.] A la maniéré des matelots. (Vivre à la matelote.) Chausses à la matelote, ce font des chausses serrées fur la cuisse. MATE'MATICIEN , f. m. [ Mathematicm.] Celui qui fait les Matématiques. (Un fameux Mate- maticien. 11 n’y a point de louanges que je ne donne aux grands Matématiciens , pourvu que je ne le fois pas. S. Evr. ) MATE'MATIQUES , f f. £ Mathesss. J Ce mot n’a point de singulier ; c’est une science qui enseigne les choses par de véritables démonstrations. (Les Matématiques font fort belles. ) Les Matématiques font des sciences triomphantes, & non militantes, parce qu’on n’y dispute point. {$ Quand on parle de la science Matématique, ce terme a un singulier, ainsi on peut dire que la Matématique est une science qui enseigne tout ce qui se peut mesurer, & compter. La science de compter s’apelle Arithmétique; ce qui se peut mesurer, comme les longueurs & les largeurs, le retardement, ou la vitesse des mouvemens, &c. est compris fous le nom de Géométrie. La Matématique est ou simple, ou mixte. Les parties de la premiere, font l’Arith- métique, & la Géométrie ; & elle considéré la quantité simplement par elle même, abstraction faite de toute matière & de tout sujet sensible. La seconde , qui est la mixte , examine les propriété? de la quantité atachée à des sujets sensibles. Les Matématiques font divisées en spéculatives , & en pratiques. La spéculative, ou théorique s’arrête simplement à la connoissance d’une chose. La pratique enseigne à faire & à executer ce que l’on a pensé. Cette science a des termes qui lui font propres, comme problème, théorème, aphore, porifme, lemme, scolie, corollaire ; je les explique chacun dans leur ordre alphabétique. Cette science en général est di- ficile ; il faut rêver long-tems pour trouver la solution d’un problème. On dit qu’Archiméde , dans le ravissement où il étoit d’avoir découvert ce qu’il cherchoit depuis long-tems, sortit de sa maison tout déshabillé, & cria par les rués de Syracuse, Je l’ai trouvé , je l’ai trouvé. M ATE'M ATIQL E , adj. [ Mathematicm. ] Cela est vrai dans la rigueur matématique. MATE'MATIQUEMENT, adv. [Mathematicè.] A la maniéré des Matématiciens. D’une maniéré certaine & Géométrique. ( II y a des vérité? qu’on ne peut démontrer matématiquement. ) Ç MâTER : Voyez plushaut après Mast. MATER , v. a. [Conficere ludum, vincere.] Terme de Jeu des échets. C’est donner échec & mat au Roi. ( Deux chevaliers seuls ne peuvent mater le Roi. t MATER, v. a. £ Subigere , peenis ajpgere.] Mortifier, afoiblir. On dit, mater son corps, mater fa chair par des austérité?. t * MATER. [Lacessere .J Ce mot se dit des personnes, & signifie mortifier. Accabler de déplaisir. ( Je vous mate à force de lire. Sarazin , jeu des échets , ?- 252.) ? MATEREAU : Voyez après Mast. MATERIAUX 1 Matés aux , f. m. £ Materies. ] Jj n y a que ceux qui ne sçavent pas parler qui di- ient matés aux. On apelle matériaux tout ce qui sert < m t- C0mme le bois, la brique, la chaux & le fable. ' ort bons. Bien employer ses matériaux. ) r RI ^X., [ Argumenta. ] Ce terme se dit „|s d’es p n rit deS s Unvf'í? 1 '’ 0 " P r óp are pour les ouvra- ff doitavnir Hlstonen qn» veut écrire l’Histoi- MATF'PTFT matermux tout prêts. ) MAILRILL, matérielle, adj. f CorPorem 1 Ce dont une chose est formée r „ voreus. j ye matériel. Cause matérielle. )^ °" P r]nc >P e MAT f On dit aussi en termes d 'Ecole , le sens matériel, le sens formel. f MATERIEL, est aussi subst, en ce sens. On ne doit pas confondre le matériel avec le formel. * MATE'RIEL , matérielle. £ Stolidm. ] Grossier. ( Esprit matériel. Elle est un peu matérielle. ) MATERIELLEMENT, adv. £ Matérialités. ] Terme de Philosophie. C’est le contraire de formellement. ( La nature est matériellement une dans les individus.) MATERNEL, Maternelle , adj. [ Maternas .J Qui est de mere. ( L’amour maternel est grand, mais il n’est pas toujours fort sage. ) ch On apelle côté maternel , la ligne de parenté du côté de la mere. H Parens maternels , biens maternels. Ce sont les parens , les biens du côté de la mere. On apelle la langue maternelle. £ Vemacula Un - gua. j La Langue du pais où l'on a commencé à aprendre à parler. Montagne aprit le Latin avant fa langue maternelle. MATERNELLEMENT, adv. f Materné.] D’une maniéré maternelle. Elle n’a pas traité son fils maternellement. ) MATERNITE', f f. [Maternité.] Qualité de mere. (La Sainte Vierge a uni dans fa personne la virginité avec la maternité. Ç MâTEUR : Voyez après Mast. MATHIAS ,s m. £ Mathiaí. ] Nom d’homme- MATHIEU if m. [ Matham. ] Nom d’homme. (Saint Mathieu a été Apôtre & Evangéliste.) MATHURINS. Voie? Maturins. MATIE'RE Première. C Materìa prima. ] Terme de Philosophie. Principe dont les êtres naturels font composez. (Les atomes font la matière première de toutes choses, selon Gassendi. ) MATIE'RE , s. f. \Materia.] Ce dont une chose est composée. (Le salpêtre est la matière de la poudre.) $ MATIERE, se dit par opofition à l’esprit. ( II est au-dessus de la matière. II est dégagé de la matière. H On dit bass d’un homme grossier & sans esprit » qu’il est enfoncé dans la matière. MATIE'RE. [ Argumentum , thema. ] Sujet de quelque discours. Chose. Sujet. ( 11 lui a donné de la matière pour faire un discours. C’est une matière très-importante à toute la morale. Pasc. I. 4. Entrer en matière. Pasc. I. ç. ) f MATIERE, se dit sans article pour cause, occasion de quelque chose. ( Donner matière de parler, de rire, de se fâcher. Donner matière à la médisance. ) MATIE'RE. £ Excrementa. ] Excremens du corps humain. Un signe de santé est quand les matières font louables. On dit ausisi matières fécales. MATIE'RE. [Materia.] Pus qui fort d’une PI aye. ( Matière puante. ) MATIE'RE. £In. ] Ce mot a encore quelques autres sens. ( Exemples. Les inclinations font libres en matière de mots. Ablancourt. C’est-a-dire, en cas. En matière de guerre, la réputation fait tout. Vatig. Quint. I. l C’est-à-dire, en fait.) MATIE'RE. £ Restgmen. j Terme de Çartonier. Rognure pour faire le carton. ( Piler la matière. ) f MATIERES d’or d’argent. On apelle ainsi les cspeces fondues, les lingots & barres qu’on emploie pour la fabrication des monoïes. ( On aparté beaucoup de matières à la monoïe. ) MATIN , f m. [ Molossus. ] Gros chien. ( Un grand vilain mâtin. Ablancourt. ) MATIN, f. m. [ Manè. J Matinée. ( Je fuis tout le matin au logis. J’étudie le matin , l’apresdinée je me promène. Vous avez beau charmer , vous aurez le destin De ces fleurs st fraîches st belles , Qui ne durent qu’un matin ; Comme elles , vous plaisez , vous passerez comme elles. Bouh. Rec. ) MATIN. [ Dies.J Ce mot dans la signification de jour , est poétique. * C’est dans peu de matins que je croîtrai le nombre des morts. Main. po'és. MATIN, adv. £ Summum mane.] C’est quand il n’y a pas fort long-tems qu’il est jour. (II est bien matin. 11 se leve matin. ) Qui a bon voisin a bon matin. £ Cum quieto vicino tran- MAT tranquille quiescis. ] Proverbe , pour dire , qu’on vit en repos avec de bons voiiìns. L’Auteur de l’Apo- theose duDictionnaire de l’Académie,remarque que cette phrase devroit être mise sous le nom de matin , gros chien, parce que ce Proverbe veut dire que qui a bon voisin elt bien gardé, faisant allusion au chien qui fait le guet pour nous, & qui nous défend des insultes de nos ennemis. Furetiére & Messieurs de l’Académie font tombez dans la même erreur que Ri- chelet. íjf Rabelais a fait ce proverbe, liv. r. ch. aï. Lever matin , n’est point bonheur ; Boire -matin , ejì le meilleur. * On a beau se lever matin quand on a le renom de dormir tard. Proverbe, pour dire , qu’on a de la peine à recouvrer une bonne réputation quand on l’a perdue. * f On dit d’un homme fin, qu’il faudroit se lever bien matin pour l’attraper. MATIN , se prend aussi poétiquement pour les premières années de la vie. (Elle étoit encore dans son matin. Demain matin. Demain au matin. [ Crus mani. 3 Tous deux sont bons, mais le premier est plus usité. Quoi qu’on dise demain au matin , on ne dit pas jusques à demain au matin , mais jusques à demain matin. Vaug. Rem. {$ MATIN pour marquer le levant. Malherbe : Qui jusques où le matin Jrlet les étoiles en fuite , (çfc. Racan : O Soleil , ô grand luminaire , Si jadis Phorreur d’un festin Fit que de ta route ordinaire Tu recuiss vers le matin. Malherbe : Tel qu’au soir, on voìt le soleil Se setter aux br». [ Tragula. ] Ancien trait d’ar- balête, lequel étoit gros & ne faìsoit que meurtrir. E e e j MA- 4°6 MAT ^I'mA.TRICAIRE. L’usage principal de cette plante est pour les maladies de la matrice. MATRICE , f f- í Matrix , utérus. ] Les parties naturelles de la femme. La partie de la femme qui reçoit la semence de 1 homme & de la femme pour la génération. La matrice est d’une figure longue & semblable en quelque façon à celle d’une! poire. ( On dit le cou de la matrice-, le corps de la matrice. La matrice monte , décend, ou tombe , fe dilate, fe resserre, &c. Voïez Mauriceau, & autres qui ont fait des traitez des femmes. La plupart des maladies des femmes viennent de la matrice. Lue a la matrice ulceree. La matrice ne retient qu une fois. La. Chambre. ) ^ MATRICE , fe dit auíïì des autres animaux. (La matrice d’une chienne, la matrice d une cavale. ) MATRICE. [Matrices.] Terme d zMonóie. C’est le moule & le cachet où fe forment les sceaux & autres choses. Coin où fe forme la monoïe. Voïez Bouterouì J, traité des momies, p. 142. Matrice depoin- con des poids du Roi. [ Archetypum .] C’est l’original fur lequel on tire le poinçon dont on marque les poids, & qui a une fleur de lis au milieu. * matrice. [ Prototypum. ] Terme de Fondeur & A’Imprimeur. C’est une petite piéce de cuivre fur laquelle le poinçon de la lettre a été frapé. ( Une matrice bien frapée. ) * MATRICE. [Matrix.] II fe dit au figure des lieux propres à la génération des végétaux , des minéraux & des métaux. (La Terre est la matrice où les plantes germent. La marcaffite est la matrice, des métaux. ) * MATRICE, adj. f. Ce mot fe prend aussi comme un adjectif, & fe dit des choses principales d’où quelques autres ont été formées. Exemples. Une langue matrice. [Lìngua primìgenia, primaria.] C’est une langue ancienne & originaire d’un païs d’où quelques autres ont été dérivées , comme la langue Hébraïque, de laquelle ont été formées la C h ald arque, la Syriaque, &c. La langue Celtique, & quelques autres. Une Eglise matrice. C’est la plus ancienne Eglise d’un pais, ou d’un Ordre Religieux, à l’imitation de laquelle plusieurs autres ont été bâties. Couleurs matrices. Terme de Teinturier. Ce font des couleurs simples , dont toutes les autres font composées, Ravoir, le bleu , le rouge , le fauve, ou couleur de racine & le noir. MATRICIDE, /• ra. C Matricida. ] C’est la personne qui a tué fa mère. Matricide n’est pas encore reçu. Fratricide est un mot François ; mais pour matricide , je ne croi pas qu’on le puisse dire. T. Corneille, notes fur Vaugelas, p. $55. Si matricide étoit en usage, i! pouroit auíïì signifier le crime de la personne qui a tuè fa mère. MATRICULE , f f [ Album , catalogus. ] Ce 'mot en parlant d’Avocats, est un Arrêt, par lequel la Cour ordonne que Messieurs les gens du Roi ayant vû les lettres qu’un particulier a obtenues en l’école de Droit, ce particulier fera lé serment acoûtumé, & fera reçu au nombre des Avocats. ( J’ai vû ses matricules, & elles sont en très-bonne forme. ) t MATRICULE de f Empire. On apelle ainsi le dénombrement de tous les Princes & autres qui ont Téanee dans les Dictes & aux Etats de l’Empire. (On a mis ce Prince dans la Matricule de l’Empire.) MATRIMONIAL , matrimoniale, adj. [ Conjuga- ‘**•3 _ Terme de Palais. Qui est de mariage. ( Conventions matrimoniales. Cause matrimoniale. Se bien acquiter des fonctions matrimoniales. ) MATRONAL.ES, f f. [ Matronalia. J Fêtes des Dames Romaines qui fe célebroient aux Calendes de iViars, « a laquelle il n’étoit point permis d’affistcr aux hommes qur vivoient dans le célibat. MATRONE, f. f. [ Matrona. ] Femme gra- ,ve. Femme sage & un peu âgée. C’est une ma- troue. Une matrone Romaine. La matrone d’Ephése. MAU Quelle grâce aura ta matrone Aà prix de celle de Pétrone. La Font. ) f MATRONE. [ Obsietrix. ] Sage femme. Dans ce sens, il est vieux, & il ne fe dit à cette heure que dans les lettres de réception de sages femmes. Hors de là, on ne le trouvera que dans les vieux livres. ( On la fit visiter par les Matrones , qui raportérent qu’elle étoit grosse. Cronique scandaleuse de Louis XI. Elle a été visitée par les Matrones. ) t MATURATION , f f [ Maturatio. ] Terme Chimique. C’est une efpece de onction des fruits & des rémedes qui ont été cueillis avant leur matu- turicé. Cette onction est quelquefois humide. ( Les Chimistes traitent de la maturation. ) MATURIN , f- rn. [ Maturinus .] Nom d’hom- me. f * Malade de saint Mathurin, c’est-à-dire, un fou. Le mal de Monsieur saint Maturin. Scar.po'és. C’est-à-dire, la folie. MATHURINE , s. f. Nom de femme. MATHURlNS, s. m. [ Mathurimus .] Religieux vêtus de. blanc avec une croix rouge & bleue fur leur robe, qui ont été instituez par le Pape Innocent III. afin de racheter les esclaves des mains des infidèles. On apelle aussi les Mathurins, Religieux de la Sainte Trinité, & de la rédemption des Captifs. MATURINS. Couvent des Mathurins. ( Oûir la Messe aux Maturins. ) MATURITE', s s- [Maturité. J Ce mot fe dit proprement des fruits qui font mûrs. ( Le fruit est en fa maturité. Port-Royal. ) * Vous verrez le progrès d’une opinion nouvelle depuis fa naissance jusques à fa maturité. Pasc. I. 6 . H * Cette afaire eft en sa maturité. C’est-à-dire, elle est en état d’être conclue, achevée. * Êstre parvenu en âge de maturité, c’ejì-à-dire , à un âge mûr. _ ■ £ * On apelle maturité d’esprit , l’état d’un esprit mur, & solide. J- * Avec maturité. C’est-à-dire, avec circonspection & jugement & le tems nécessaire. (On a délibéré avec maturité. On a procédé dans cette afaire avec maturité. ) MATUSALEM , Matusalé, Matieusalè, s. m. Nom d’homme. Le peuple dit Matieusalè, mais il dit mal. Pour Matusalé & Matusalem ils fe disent tous deux; mais Matusalem est le plus en usage. (Son Fils fut nommèNutufklem. Girisijìoire de Sulpice Sévree'. í MAUBOUGE, f. m. Droit d’entrée qui fele- ve en Normandie & en d’autres lieux, fur les boissons, comme la bière, le cidre & le poiré. f MAUBOUGE, est aussi un droit qui est dû en quelques endroits fur tous les animaux, qui ont l’ongíe ou corne des pieds fendus, comme les beufs, les vaches, les moutons, &c. On l’apelle à Paris le pied fourché. MAUDIRE , v. a. [ Mali precarí] Je maudì, tu maudis, il maudit, nous maudissons, vous maudissez, ils maudissent. Je maudssois, j’ai maudit, je nfaudis. C’est donner des imprécations à quelqu’un ou à quelque chose. (11 maudit l’heure qu’il est venu au monde. Maudire quelqu’un. Etre maudit de Dieu & des hommes. ) f MAUDISSON, f. m Terme bas qui signifie malédiction. t MAUDIT , maudite, adj. [ MalediHus. ] Exécrable. : Détestable. (C’est un maudit homme. ) H MAUDIT , signifie quelquefois très-mauvais. ( Nous avons eu un tems maudit. Nous avons passé par des maudits chemins. Voilà un maudit livre. Nous faisons un maudit métier. ) MAUGE'RES , f. f. [Aavisstiilicidia.] Petits canaux de cuir, ou de toile coudrannée par lesquels l’eau s’ecoule du vaisseau dans la mer. MAUGRE'ER, v. n. f Execrari. ] Jurer. Pester. ( Les joueurs sont sujets à maugréer. ) Ce terme est bas. t MAUPITEUX, maupiteuse, adj. [Immitk, cru- delis. ] Qui n’a point de pitié. Cruel. ( De Bachus & de Ciprine, nâquit cet enfant maupiteux. Conrart.) H L’Académie dit que Maupiteux n’a plus d'usage en ce sens. Faire le maupiteux, signifie dans le stile familier, faire le misérable, fe plaindre,, se lamenter sans M AU sans en avoir autant de sujet qu’on le veut faire paraître. (11 fait toujours le maupiteux , pour ne faire plaisir à personne. ) MAURE, s. m . s Mauritanus. ] Homme noir né en Afrique. ( Les grands Seigneurs ont la folie de se vouloir faire servir par des maures. ) f MAURELLE, ou TOURNESOL,/»;. Plante propre à la teinture. Les Botanistes l’apellent Heliotropium. t MAURES- Monoïe d’or qui a cours à Surate & dans les autres Etats du Grand Mogol. MAURÍCAUD , / m. [ Nigellus, Jubniger .] Qui tient du maure , & qui est un peu noir de visage. (Cette femme s’est amourachée d’un petit mauricaud.) MAUSOLE'E, / »;. [MauJoleum.) Tombeau magnifique & à peu-près semblable à celui que la Reine Artemise fit dresser à son mari Mausole. Le mot Mausolée est pris du nom du Roi Mausole, & est plus de la poésie que de la prose ; cependant en prose il a bonne grâce quelquefois , quand il est employé avec jugement & fans affectation. ( On ordonna que la Religion éleveroit un magnifique Mausolée au grand maître. Bouhours, histoire d’Aubujson , l. 6. p. 54 6. Les six vers que j’ai promis au marbre de ton Mausolée, feront pleurer toute la terre. Main. poës. Un superbe, fameux, illustre, célébré, admirable Mausolée. Le premier Mausolée étoit si admirable , qu’il a passé pour une des sept merveilles du monde. La nouvelle relation de la Chine dit qu’il y a dans ce païs-là 68v fameux Mausolées. Louis XIV. fit dresser en 1686. dans l'Eglise de Notre-Dame de Paris, un superbe Mausolée à sa nièce Lotisse Marie d’Or- leans Reine d’Espagne. ) {§ Mr. de Balzac raconte dans ses Entretiens , Disert, ig. que lui & Air. de Porchères d’Arbaud aïant conseillé Malherbe de prendre dix mille écus qu’on lui ofroit pour le consoler de la mort de son fils, qui a volt été tué par le sieur Duperier : Et bien ( leur dit-il ) je suivrai votre conseil ; je pourai prendre de ? argent, puisqu’on my force ,• mais je proteste que je ne garderai pas un teston pour moi, de ce qu’on me baillera ; j’employerai le tout à faire bâtir un mausolée à mon fils. Il usa du mot de mausolée , au lieu de tombeau, & fit le poète par tout, ajoute Mr. de Balzac. Au reste, ces vers de Martial nous donnent une grande idée de la beauté & de la magnificence de ce fameux monument : Aère nec vacuo pendentia mausolea Laudibus immodicis Cares in astra feraní. Les Commentateurs disent que pendentia in aère vacuo, signifie que ce mausolée étoit élevé bien haut sur des colonnes, ensorte qu’il paroissoit être suspendu en Pair. Ramire, De Prado, U Ruderus. t MAUSOLE'E, se dit aussi de la représentation qu’on dresse dans les Eglises pour les services des Princes, & autres personnes de grande considération. MAUSSADE, adj. [ Injustes, illepidus. ] Quin’a point de grâce, qui est dégoûtant & désagréable. ( Les Pedans font fort mauflades en leurs vêtemens Les harnngeres font maussades en leurs paroles. ) f§ MAUSSADE , du latin ma'.è sapidns , selon le P. Labbe. ,, La diference ( dit-il ) qu’il y a entre fade, ,, vieux met, c’est-à-dire, avisé, sage, agréable, gra- ,, cieux, bien assaisonné ; c! maussade, instpidus, ma- „ lèsapidns, mal-plaisanr, dégoûtant, mal-propre, &c. „ pouvoit faire connoitre l’étimologie de ce mot à „ nos Hellénistes, s’ils n’eusscntété infatuez de leurs „ auovCoc, agresiis, injuavis, qui n’est qu’une pure „ pédanterie de collège de campagne, ou de quel- „ que petite école borgne. ” MAUSSADEMEDT , adv. [ Invenustè, inconcinnè. ] D’une façon maussade & fans grâce. ” Ce mot est bas. (Les savetiers travaillent maujsadement.) MAUVAIS, mauvaise, adj. [Malus.J Ce mot se dit des choses & des personnes, & veut dire qui n’est pas bon. ( Mauvais homme. Mauvaise femme. Mauvais poète. Mauvaise vie. Ablanc. Chose mauvaise. Pasc. I. 4. Mauvais mot. Vaug. Rem. Mauvaise lettre. Voit. I. 4. Mauvaise santé. Ablanc. On apelle le mauvais riche celui qui n’avoit point de pitié des pauvres , & qui se confioit en ses richesses , dont il est parlé dans une parabole deJ’Evangile. í f MAUVAIS & méchant font ordinairement sinoni- MAZ 407 mes, cependant méchant est un peu plus fort & plus odieux que mauvais. Acad. Fr. MAUVAIS , mauvaise. [ Morosus. ] Incommode. Fâcheux. ( Mauvais tems. Mauvais chemin. Voit. L 44- Mauvaise humeur. Pasc. I. 3. ) MAUVAIS, adj. [PerverJ’us, nocivus .] Ce qui est nuisible & dangereux. ( Le soleil d’après midi est mauvais pour la santé. ) MAUVAIS , se dit quelquefois substantivement, ( II a cela de mauvais qu’il critique tout ) Quelquefois adverbialement. ( 11 fait mauvais semer. ) MAUVAIS [ Mali. (j Sorte d’adverbe qui sert à marquer qu’on désaprouve une chose. ( Je trouve mauvais la liberté que vous avez prise. Nouvelles remarques fur la langue. ) (3 Le P. Bouhours a dit que dans cette expression, trouver mauvais, le terme mauvais étoit neutre. Cela est vrai, & il avoit été repris mal-à-propos par un anonime qui allègue cette phrase de Air. le Maître, pour prouver que mauvais , est quelquefois féminin. Alais il ne faut pas confondre les expressions ; trouver mauvais tout court, est dans les régies, le terme est neutre ; trouver mauvaise une aHion , comme il faut parler, parce que mauvaise est déterminée par aHion. Voïez la fuite des Remarques nouvelles de ce Pere, page 1;. {$ MAUVAIS. Le mauvais emporte le bon, en cas de confiscation pour cause de contrebande. Et dans la Coutume de Nivernois, tit. 8- art. 22. il est dit que Si homme [fi femme Jbnt conjoints par mariage, dont fun est de condition servile, £sf l’autre franc , soit íhomme, soit la femme, les enfans qui naîtront du- dit mariage, soit [fi demeurent de la pire condition , c est à sçavoir servile envers le Seigneur duquel meut ladite servitude ; [f est ce la Coutume dudit pais, par laquelle on dit que le mauvais emporte le bon. MAUVE , / f Ç Malva. ] Sorte d’herbe qui a une chaleur temperée, & qui sert à ramolir le ventre. 11 y a de plusieurs fortes de mauves, de la cultivée & de la sauvage, de la mauve rampante, & de la mauve sauvage, qui est grande. Voïez Matiole. MAUVIS , f. m. [ Malvicius. ] C’est le nom de quelques sortes d’oifeaux. On apelle aussi mauviete une efpéce de petite grive. H L’Ácadémie dit que mauviete est une espece d’aloiiete. MAUX- C’est le pluriel de mal. Voïez Mal. ê MAXILLAIRE , adj. [ Maxillaris. ] Qui apartient aux mâchoires. On dit l’os maxillaire, les glandes maxillaires. MAXIME, J'f [ Axioma. J Sorte d’axiome. Sorte de sentence généralement reçue. ( C’est une maxime reçûë de tous les Philosophes. On ne peut trop louer trois fortes de personnes , Les dieux , Ja. maîtresse [fi son Roi , Malherbe le disoit} j’y souscris quant à moi. Ce font maximes toujours bonnes. La Fout. ) MAXIME. [ Régula, sententia. ] Sorte de réglé & de sentimens. (Exemple. Maxime douce, sévère, favorable, principale. Pasc. L 6. Nous avons des maximes pour toutes fortes de personnes, pour les gens mariez , pour les gens d’Eglise. Pasc. L 6. Notre principal but avoit été de n’établir point d’autres maximes que celles de i’Evangile. Pasc. I. 6. Maxime dangereuse. Alaxime d’Etat. ) Monseigneur l’Ar- chevêque de Cambrai a fait un Livre des Maximes des Saints, qui a été condamné par le Pape , parce qu’il y enseignoit le Quietisme. MAXIME , / f. [ Maxima. ] Terme de Musique. C’est la plus grande de toutes les notes de Musique , qui est figurée par un quarré long avec une queue. Elle vaut douze mesures, & selon quelques-uns, feulement huit. MAY- Voïez Mai. £ MAYENNE , st f [ Melongena .] C’est une plante qui porte un fruit oblong, plus gros qu’un œuf, solide, de couleur purpurine verdâtre , rempli d’une chair blanche remplie de suc. Ce fruit est souverain apliqué sur le cancer, & pour apaiser les inflammations. MAZETTE, ; ou mofette, s. f [Equulwf Méchante monture. Méchant cheval fur lequel cn est monté. ( Depuis huit jours entiers nous sommes à piquer des chiennes de masettes. Molière, Cocu imaginaires) 4-0 3 MAZILLE, f r- MEC [Pecunia .] _ Ce mot signifie de sans le secours de la mécanique. ) . , . Monsieur Descartes a fait un petit traite de la mécanique, ou il parle du plan incliné,du levier, d u coin, de la roue, de la poulie, & de la vis, & fur lequel le P. Poisson Prêtre de l’Oratoire a fait de tres-scavan- tes observations. . , MECANIQUE , s. s. Ce mot se ait aulii de la maniéré cfexpliquer les actions naturelles des animaux & des plantes. Monsieur Perraut Médecin a fait un excellent traité de la Mécanique des animaux, où il explique les ressorts & les causes de leurs actions. f * Sa table famélique fait dire à nos esprits gaillards qu’il entend bien la mécanique. Gonb. Epi. i. C’est-à-dire, qu’il entend la lésine. MECANIQUE , adj. [ Mecanicus. ] Qui est de mécanique, f Opération mécanique. ) ME’CANIQUE , adj. [Illiberalií.2 Ce mot, en parlant de certains arts, signifie ce qui est oposé à libéral & honorable. ( Les arts se divisent en arts libéraux, & en arts mécaniques. ) | * ME’CANIQUE, adj. [ Sordidus , abjeclmè] Bas. Vilain, & peu digne d’une personne honnête & libérale. ( Cela est mécanique. Esprit mécanique. ) MECANIQUEMENT, adv. [ Mecbanìcè , ìllìberaliter .] D’une maniéré méchanique. ( II vit fort mécaniquement. ) Ce méme mot en termes de Mécanique, est oposé au mot Géométriquement. Et il fe dit lors- qu’on résoud un Problème en tâtonnant avec le compas, ou d’autres instrumens, & non pas dans une entière exactitude , & par le raisonnement seul. f MECANISME, f. m. On le dit de la maniéré d’agir selon les loix de la mécanique. ( Le mécanisme de la nature est admirable. ) ME’CENAS , Mécene, f. m. [Macenas.2 En prose on dit 'Mécène & en vers Mécénat & Mécene. Nom d’un Chevalier Romain , qui du tems de l’Em- pereur Auguste, étoit en faveur & apuioitles gens de lettres de ion crédit. (Feu Mécenas étoit honnête homme. ) * ME'CENAS , Mécene. s Beneficuf N libérait* i» litteratos. ] Protecteur des personnes de lettres. (Muses, ne faites plus de Poètes, ou faites-leur des Mécenas. Gonb. Epi. I. 5. On doit tout esperer d’un Monarque Ji juste , Mais fans un Mécenas, à quoi sert un Auguste. Defpr.) Ou chercher un patron dans le siécle où noussommes, 11 ejl de grands Estrits, il est de sçavans hommes, Mais il n’eft point de Mécenas. Poète anonime. ) ME'CHAMMENT , adv. _ [Perverse, improbè. ] D’une maniéré méchante, scélérate & perfide. Avec méchanceté. ( Nous serions bien lâches de nous fier eu leur parole après qu’ils Pont si méchamment violée. Ablcmcourt , Rét. I. j. c. x. ) MECHANCETE', f. f. [ Facinus ïliibcraie. ] Action noire. Action méchante. Crime. ( Faire une insigne méchanceté. Commettre une horrible méchanceté.) MECHANCETE', f Incommodum. J Ce mot se dît quelquefois en riant. ( C’est une grande méchanceté de me faire tant la guerre. Voit. I. 24. II m’a fait mille méchancctez. ) ['§ On a dit autrefois méchance pour méchanceté. Marot s’en est servi dans fa version du Pseaume 59. Tu es le vrai Dieu , qui méchance W aime point ni malignité. MECHANT , f m. [ Scelejìus , nequam. ) Qui i toute lorte de méchancetèz. ( Heureux celui qui te laifle point aller au conseil des médians. Les n chans font semblables à de petites pailles que le v< emporte Le Seigneur regarde d’un œil favorable œuvres des justes ; mais les œuvres des médians t íaTI'Vp P° r stR°.yal, Ps. 1. Le Seigneur extermina tous les médians. Ps. 9.) ’ • m ^ cilL }s te 1 adj. [Pravus, inepties £""ife 1 , b r Scaron. Rom. ) 3ÍleZ bien de mechans « MECHANT , méchante. [Malus, malignus^ M; MEC vais. Malin. (Etre de méchante humeur. Ablan . court. Vous êtes un méchant diable. Molière. Lorsque vous ne voulez pas être méchante, vous êtes la plus acomplie personne du monde. Voit. I. 22. ) MECHANT, méchante. [ Improbm, perfidusd] Perfide. ( C’est un méchant que je déteste. Arn. II ne faut pas être méchant à demi. C’est-à-dire, il ne le faut point être du tout, ou il le faut être tout-a-fait. ) ME’CHANT , Se dit encore de ce qui est usé, parlant des choses. C Tritus , objbletm. ] Cet homme n’a qu’un méchant habit. ) MECHANT, En raillerie se dit de celui qui fait une petite malice le plus souvent innocente. ( Lorsque vous ne voulez pas être méchante , vous êtes la plus acomplie personne du monde. Voiture. ) MECHANT a signifié malheureux. Alain Charrier dans son Cariai, page 595. a dit : Et fétu peulx parvenir jusques aux haults secrets qui sont fort á redouter & à craindre, a donc y seras-tu plus me- Jchant de tant que tu cuideras estre plus heureux. ME’CHE , f f [Stupern ignis fotnes.'] Bout de corde allumée que le mousquetaire fantassin porte entre ses doigts pour tirer son mousquet. (Compasser la mèche. Mettre la mèche sur le serpentin. Soufler la mèche & tirer. Sortir d’une ville, tambour bâtant & mèche allumée. ) * Découvrir la miche. [ Çonjliium alicui nocivunt nudare. ] C’est découvrir l’intrigue , le secret de l’afaire ou de l’entreprise. La mèche ejl découverte ; c’est-à-dire, on a connu & on a découvert la trame & le secret de l’entreprise , les pratiques sourdes & sécrétés. ME’CHE. Terme de Chandelier. Coton coupé propre à faire de la chandelle. ( Tordre la mèche. Mettre le coton en mèche. ) ME’CHE de chandelle. [Ellycbmum.'] C’est un petit bout de coton qui n’a pas été trempé dans le soif, auquel on met le feu lorsqu’on veut allumer la chandelle. MECHE. L Igniariw funiculm. ] Méchant linge brûlé pour faire du feu avec la pierre à fusil. ME CHE. [Mali truncmst Terme de Mer. Gros tronc sor lequel on ente quatre ou cinq sapins pour composer un gros mât. Four. r ME’CHE du gouvernail. C’est la premiere piéce de bois qui en fait le corps. =£ MECHE d’un corde. C’est le touron de fil de carrer , qu’on mêle au milieu des autres ronrons pour rendre la corde ronde. On dit aussi, Ame. ME CHE de ville-brequin. f Cochleatre terebra cujjiis. 3 Terme de Menuisier. C’est le bout du ville-brequin. C’est le fer du ville-brequin. ME’CHE. f Canddabrì tubulus. ] Terme de Potier d!étain. C’est la partie du flambeau où l’on met la chandelle. Cette partie sc nomme par les Orfèvres, Embouchure , mais les gens du monde qui ne sont pas du métier, ne disent, ni mèche, ni embouchure. Ils ne disent pas, mettez de la chandelle dans la mèche ou l’enibouchure de ce flambeau, mais mettez de la chandelle dans ce flambeau. MECHE. Terme de Clinqualier. C’est la bobèche du chandelier ou du martinet, laquelle est la partie du chandelier ou du martinet, où l’on met la chandelle. Le mot de mèche dans ce sens ne se dit guère que par les gens de la profession, ou autres gens qui savant le véritable nom des choses. ME CHE. Terme de Taillandier en ferblanc. C’est un petit morceau de fer arrondi avec de grands rebords au haut, qu’on met dans le flambeau pour y tenir ferme la chandelle Iorfqu’elle n’est pas assez grosse pour bien remplir l’embouchure du flambeau. ( Mettez une mèche dans ce flambeau, la chandelle est trop menue. ) t MECFIEF -, f m. [ Infortunìum. ] Mot burlesque qui signifie, Disgrâce. (Je n’ai fait autre chose qui doive attirer sur mon chef un si déplorable mèches. Benserade, Pdèfies. ) Í MECHOACAN ou Macadojfìn, f. m. Racine médecinale, ainsi nommée de la Province de Me- choapam dans la nouvelle Espagne, d’ou d’abord elle a été aportée en Europe. On l’apelie autrement, Ru- barbe blanche, ou Scamonée & Brionne de l’Amerique. Le Mechoacan est une racine blanche, qui purge fans violence les férositez dc toutes les parties du corps. On s’en sert dans l’hydropisie , dans sos rhumatismes, & dans la goûte seiatique. MEC ME'COMPTE , s. m. {Error calcular'ms.~\ Prononcez méconte , c’est-a-dire , erreur dans le compte qu’on a fait. Erreur dans le calcul. Erreur. II y a ici du mécompte. Patru, plaidoié i;. On a trouvé beaucoup de mécompte. ) * Vous trouverez du mécompte aux douceurs qu'el- le étale. Molière , Pfiché., a. i. sc. 2. ME'COMPTÉR , »• n. {Errare in numéro .Qui ne se dit qu’avec le pronom personnel. Se tromper en son calcul. II faut compter son argent deux fois pour voir si on ne s’est point mécompte à la premiere. SE ME'COMPTER , v. r. [ Errare. J Prononcez se méconté. Se tromper. ( N’oferoit on dire que Benoit XII. & Eugène IV. se font mécomptez. Patru, plat- doié iç.) * Son orgueil se mécompte. Benserade, Rondeaux. í MF.CONIUM, s nt. Nom que l'on donne au suc de pavot, quand il est tiré de la plante par expression. C’est une espece d’opium. í MECONIUM. On donne aussi ce nom à l’ex- crement noir & épais qui fort des intestins d’un enfant qui vient de naître. ME'CONNOISSABLE , adj. [ Multùm mutait# ab ilìo. ] Qui n’est pas reconnoissable. ( II est meconnoissable. Elle est tout-à-fait méconnoiffable. ) ME'CONNOISSANCE , s. f. [Ingrati animi mtìumf\ Ingratitude. ( II n’y a qu’une indigne méconnois- sance qui nous puisse fermer la bouche. Patru, plai- doie , p. 2?o. ) ME'CONNOISSANT , méconnoijsante, adj. £ Ingrats#. Immemor.] Ingrat. (II est méconnoissant. Elle est méconnoissante. ) ME'CONNOITRE , v. a. [ Non agnnscere. ] Ne pas reconnoître une personne. Je méconnais, tu méconnais, il méconnaît, nous méconnoijfons. J’ai méconnu. ( Je vous jure que je vous méconnoissois avec l’habit que vous avez. Et raiPe fois un Fat finement exprimé Méconnut le portrait fur luì-même formé. Despr. ) ME'CONNOÍTRE. {Immemorcm cjfe, oblivisci.] Etre ingrat. N'avoir point de ressentiment, ni de reconnaissance. (II méconnoit les bons ofices qu’on lui a rendus. Elle commence de méconnoître la main qui l’a tant de Fois affermie.) Histoire de Louis XIV. SE ME'CONNOîTRE , v. r. [ Sua sortis oblivisci. ] Faire le fat & le glorieux. ( C’est une personne qui se méconnoit extrêmement. ) ME'CONNU , méconnu'ê , adj. [ Ignotiu. ] Qui n’est pas reconnu. ( 11 est tout-à-fait méconnu avec cette perruque & ce chapeau. ) ME'CONTE- Voïez mécompte. ME'CONTENS,/ m. f Indignantes.] Princes factieux du tems de François II. (Les mécontent ont été rangez à leur devoir.) Ce mot de mécontent signifie aussi ceux qui murmurent contre le gouvernement. ( La fermeté de la Reine, & le respect qu’on avoit pour elle , apaisèrent les mécontens. La Chapelle , relation de Rocroi. II y a des mécontens en Hongrie. ) ME'CONTENT , mécontente, adj. {Minime contentas. ] Mal-content. (Je fuis fort mécontent de son procédé à mon égard. ) ff ME'CONTENT ou malcontent sont également recûs ; mais mécontent est plus noble, quand on a lieu de n’étre pas content d une personne. Quelquefois même mal-content seroit condamné. On dit les mécontens , c’est-à-dire, les factieux, que l’on n’apelle point mal-contens. MECONTENTEMENT, f m. [ Offensa. ] Nulle , ou peu de satisfaction qu’on a d’une personne. ( Je n’ai que du mécontentement de sa conduite. Donner du mécontentement à quelqu’un. ) MECONTENTER , v. a. {OJsendere .] C’est ne pas contenter. Ne donner nulle satisfaction, (Mécontenter quelqu’un. ) ME'CONTER- Voïez mécompter. ME’CRE'ANT , s m. [ Incredulw. J Celui qui n est pas dans la véritable créance. Infidèle. ( II ïembloit donner le mécréant pour racheter le fidèle. Patru, plaidoié pag. 56. ME'CREDI, mercredi, s. m. f Oies mercurii. ] Autrefois on difoit mercredi , mais aujourd’hui il n’y MED 409 a que mécredi qui soit en usage, ( Le mécredi est le troisième jour de la semaine. En un mot c’en ejì fait , Mécredi je commence. Vill.) MECROIRE , v. a. [ Non credere. J Ce verbe signifie ne pas croire , mais il n’est guére usité. ( II m’en mécroit. Je Pen mécroiois. ) ME'DAILLE, f f. [ Numìsma. ] C’est une pièce de métal qui est fabriquée en forme de monoïe, & où est gravée la figure de quelque Prince , ou de quelque Saint. (Une belle médaille. ) 0 * La science des médailles n’est pas du goût de tout le monde. Les uns font persuadez qu’elle est absolument nécessaire pour l’intelligence de l’dntiquité Gréque & Romaine. Les autres la regardent comme un amusement qui peut être quelquefois utile , mais dont on peut se passer. On peut s’instruire pleinement par la lecture d’un grand nombre de traicez faits fur cette matière, de tout ce qui concerne la science des médailles ; quelle est leur origine, leur usage ; comment on les divise en antiques & en modernes, en Gréques & en Romaines; ce que l’on entend par médailles du bas ou du haut Empire, du grand, ou du petit bronze ; en un mot, ce que c’est qu’une fuite dans le langage des Antiquaires : Toutes ces choses qui composent J’histoire des médailles, ne font point de ma compétence. Erizo, Antoine Augustin Evêque de Tarragone, Le Poids, Savot, Spanheim, le P. Joubert Jésuite, Baudelot n’ont rien laisse de tout ce qui concerne les médailles, fans en donner une claire & entiere explication : je me renfermerai donc , en Grammairien, dans Interprétation des termes qui font afectez à cette science. Après avoir remarqué fur l’eti- mologie du mot médaille, la diversité des opinions fur cette origine , & dontMr. Ménage a Fait mention; je croi qu’il Faut s’en tenir au sentiment de Le Poids ; & me plaît ce que disent tous, que ce nom de médaillés leur est donné de la matière dont elles font, qui est le métal, comme qui diroit medulles pour metalies par changement du t en d : parce qu’à la vérité elles font toutes métalliques. Médailles antiques ou modernes. Les Antiquaires ne s’acordent point fur la premiere époque de rétablissement des médailles, ni fur l’époque de leur fin. On s’embarasse en remontant à la source , que l’on cherche inutilement ; on n’est guéres plus content, quand on veut trouver la fin des antiques : les uns les conduisent jusques à la fin du haut Empire Romain : les autres, jusques au régné de Galien: d’autres les font subsister jusques à Constantin : & plusieurs les font finir avec l’Empire Romain fous Au- gustule : & enfin il y en a qui conduisent l’antique jusques à Charlemagne. Quant aux modernes, il Faut observer que l’on s’arrête lorsqu’on est arrivé à Charlemagne, & qu’on ne met pointau rang des modernes, celles qui ont été frapées pendant la vie de cet Empereur , & après lui dans l’espace de trois ou quatre cens ans, parce qu’elles sont si imparfaites, si grossières selon le génie de ces tems, que les Antiquaires n’y font aucune atention, & regardent cet espace de tems comme un vilain entre-deux de l'antique {fi du moderne, comme le P. Joubert a rémarqué. Médailles Consulaires, sont celles qui ont été frapées depuis l’abolition de la Roïauté, jusques à la distraction de la République , les connoisseurs en font peu de cas, parce qu’elles contiennent peu de choses curieuses. Médailles Impériales.. Ce sont celles qui ont été frapées sous les Empereurs. On en fait deux classes. La premiere contient le haut Empire ; & les autres, le bas Empire. Ju- le César a fondé le haut Empire, que l’on compte depuis son régné jusques à celui des trente Tyrans, c’est- à-dire, depuis l’a n 700. de la Fondation de Rome, & qui comprend environ xoio. ans , où l’Empire Latin & Grec fut entièrement détruit par l’invasion des Barbares. Médailles d’or, d!argent, de billon {fi de brome. Les premieres ne sont pas toutes d’un or fin ; il ne faut pas s’y tromper : on tient que l’alliage fut permis par l’Empereur Sévère. II n’en est pas de même des médailles Gréques , qui sont toutes d’or très- pur, & semblables aux médailles de Philipes Roi de Macedoine, & d’Alexandre son Fils, qui sont de vingt-trois karats & seize grains, selon Mr, Patin dans son Introduction à /’Histoire des Médailles. A l’égard de celles qui font d’argent, tous les curieux conviennent qu’elles sont plus défectueuses dans le titre, que celles qui ont été frapées fur i’or. Le billon est Tom. II. F f f ( selon 410 MED (selon Mr Bouterouë, p. 14 a-) nn marque encore que le terme de bjllon signifie toute sorte de monoïe qui est decriee, a quelque titre ou de quelque loi qu’elle puisse être. On peut voir le reste dans l’endroit que j ai cite. Le bronze est un mélange du cuivre rouge & du jaune, dont les Antiquaires ont formé trois espèces diferentes qu’ils apel- lent le grand, le moien, & le petit bronze, selon la grandeur, l’épaisseur & l’étenduè de la médaille, la grosseur & le relief de la tête : & pour ne se pas tromper fur ces sortes de diférences qui déterminent ]a qualité de la médaille , il faut consulter le P. Jou- bert. Médailles des Colonies. Elles font rares ; & l’on a une grande obligation à Mr. Vaillant d’en avoir donné un Recueil considérable au Public. On sçait que les Romains envoïoient de tems en tems des familles entières de Citoiens dans les Païs nouvellement conquis ; & pour en marquer l’époque , on frapoit des médailles avec certaines marques de distinction qui faisoient connoitre le sujet pour lequel elles avoient été frapées. Par exemple, un beuf fur le revers, ou deux beufs avec un homme qui conduit une charrue, marque rétablissement d’une colonie. On en voit plusieurs de cette espece, avec le nom de celui qui les a fondées ou rétablies : ainsi toutes celles où l’on lit Çolonia Julia, ont été établies par Jules César. Médaille fruste, est celle qui est défectueuse dans fa forme, ou parce que le métal est écorné ou rogné, le grene- tis éfleuré, les figures bifées, &c. mais si la médaille fruste est très-rare, les curieux l’estimeront précieuse malgré les défauts qu’elle peut avoir. Médailles éclatées. On apelle ainsi les médaillés dont les bords font éclatez par la force du coin ; ce qui n’en diminue point le prix, pourvû que les figures ne soient point endommagées. Médaillés dentelées , ont les bords taillez en forme de petites dents ; les Latins les apellent nu- mifmata serrata. Médailles fourrées. Elles n’ont qu’une petite feuille d’argent fur le cuivre, & ont été batuës ensemble avec tant d’adresse, que l’on ne le reconnoît qu’à la coupure. Médailles frapées fur l’antique. Ce sont celles que l’on reforme avec le marteau, en fe servant de coins modernes pour y faire ensuite une nouvelle empreinte. Médailles ineufes, qui ne sont marquées que d’un côté, l’ouvrier qui les a frapées, aiant oublié de marquer le revers : on croit qu’il y en a plusieurs avec ce défaut depuis Othon jusques à Henri l’Oiseleur. Médailles réparées ; ainsi apellées, lorsque de frustes & éfacées qu’elles étoient, elles paroissent nettes & visibles. Médailles saucées ; c’est-à-dire, batuës fur le seul cuivre, & ensuite argentées. Au reste, ces mots, légende, tête, volume, & revers, font aussi des termes afec- tez à la connoissance des médailles. La legende consiste dans les lettres qui font marquées fur la médaille ; & elle est à cet égard, ainsi que fur les monoïes, l’ame de la médaille. On en trouve quelquefois fans legende, & on les apelle médailles inanimées. Tête. Ce terme n’a pas besoin d’explication. Les médailles n’ont été inventées que pour immortaliser des personnes illustres , dont on met la réprésentation d'un côté, pour en donner une idée. On prétend que ce fut dans le commencement de la décadence de la République Romaine que l’on commença de métré des têtes fur les médailles, comme celles de Jules- César, des conjurez qui le tuerent, &c. Volume. Les Monoieurs se servent encore de ce terme, qui n’est autre chose que la grandeur & Pèpaisseur de l’espéce ou de la médaille. Revers. Toutes les médailles ont deux côtez : le principal est apellé la tête ; & l’au- tre revers, où l’on voit plusieurs figures qui ont du raport ah sujet pour lequel la médaille a été frapée. t * La médaillé est renversée. C’est-à-dire, les choses ne font plus en l’état où elles étoient. La fortune est changée. , Tourner la médaille. C’est-à-dire, considérer c ìote d un autre biais, d’une autre maniéré, d’un autre sens. <» frédaiUe. Prov. C’est une vieille perds» arlndo ^. vâge d'une figure extraordinaire, qui de grands tra.ts marquez. ( C’est une vieille médaille. ) í ME DAILLER, s. m. Cabinet rempli de tiroirs MED dans lesquels les médailles font rangées. (Il a un médailler curieux. ) ME'DAILLISTE , s. m. [Qui de numismatibmscrìp- stt.] Antiquaire, Auteur qui a écrit des médailles, qui en fait un grand amas, & une grande recherche, qui connoit bien les médailles. Monsieur 1 Abe Bizot a fait PHistoire de la République d’Hollande par médailles. , ME'DAILLON , f. m. [Met allia.1, Grande médaillé. (Un beau médaillon. Un médaillon rare, curieux, estimé. Fraper un médaillon. Vossius gardoit un médaillon d’Erasme en cuivre. 11 y a d’un côté de ce médaillon la figure d’Erasme, & de l’autre , celle du Dieu Terminus, avec ces mots , Concedo nulli Terminus. Columesius, particularisez, page i;o. ) MEDECIN, f m - [Medicus.J Celui qui exerce la Médecine. Celui qui possede Part de rendre & de conserver la santé , & qui n’épargne, ni soin , ni veille, ni travail pour le secours des malades. ( Un bon Médecin. Un excellent Médecin. Monsieur Houppeville de Rouen est un très-excel- lent Médecin. Tant que les hommes aimeront la vie, le Médecin fera raillé & bien payé. La Brui. II y a parmi les morts une honnêteté & une discrétion la plus grande du monde, & jamais on n’en voit fe plaindre du Médecin qui l’a tué. Mol. Entre les animaux jamais un Médecin N’empoisonna les bois de son art assassin. Boil. ) On dit que le Sieur Finot est un chétif Médecin. Ce Médecin Finot s’apelloit Jean, & étoit Lorrain, & l’on ne le doit point confondre avec Monsieur Raimond Finot de Béziers, célébré Médecin de la Faculté de Paris. Voïez Nouvelles de la Rép. des Lettres , mois de Mai i 68 v pag. SÌ9- ( Ton Frere, dis-tu, l’AJJaJJtn Ma guéri d’une maladie , La preuve qu’il ne fut jamais mon Médecin, C’est que je fuis encore en vie. Defpr.) 0 11 faut obéir à son Médecin : & Seleucus porta si loin le respect que l’on devoir avoir pour la Médecine, qu’au raport d’Elien , lib. 2 . c. 37 . il fit une loi par laquelle il étoit défendu aux Locríens, lors- qu’ils feroient malades, de boire du vin fans la permission de son Médecin, à peine de mort. f Fût-il de la Faculté, c’est un vrai Médecin dleau douce. Sar. Po'êf. C’est-à-dire un pauvre Médecin, & qui n’est pas fort habile. 0 Rabelais, dans fa Préface du septième livre dit : Le Médecin d’eau douce feu Amer, défendait aux malades l’aile de perdrix, le cropion des gelines , & le col de pigeon, les réservant pour fa bouche , laíjfant aux malades seulement les osselets à ronger. t Après la mort le Médecin. C’est-à-dire, du secours lorsqu’on n’en a pas besoin. Secours qui vient trop tard, & lorsque tout est desesperé. t Heureux le Médecin qui vient sur le déclin de la maladie, parce qu’il a Phonneur de la cure qui se fait par les forces naturelles. ME'DECIN, guéri-toi, toi-même. Proverbe de l’Ecri- ture sainte ; pour dire à ceux qui se mêlent de vouloir guérir les autres , & qui font eux-mêmes malades, & auroient besoin d’être guéris. 0 Disons quelque chose de plus des Médecins. J’honore leur personne ; je respecte leur art, & j’y aurois plus de confiance, si ceux qui en font profession, Pexerçoient avec moins d’assurance & plus d’a- tention. Un homme faisant semblant de louer un Médecin trop hazardeux, dit plaisanment, qu’il ne fai* soit pas languir ses malades. Et Platon disoit que le mensonge étoit permis dans la Médecine, comme dans la Politique. Voïez Apopbt. anciens. On apelloit autrefois les Médecins Phistciens, & les remedes qu’ils ordonnoient, ctmfeHiones phystca. Nous lisons dans le Roman de la Rose : Avocats 0? Phystciens Sont tous liés de tels liens , Tant ont le gain doux U fade, Qustls voudroient pour un malade Qu’il y en eut plus de cinquante. Et dans la Comédie de Pathelin : Ces Phistciens niant tué Te ces brouilles qui niant fait boire , Et toutesfois il les faut croire. On MED On apelloit aussi Mires les Médecins. Alain Charrier a dic dans son Histoire de Charles VIL Et fa jambe fut ft bien gouvernée par les Mires , que le péril en fut hors. C’est un abus trés grand , que de per- metre aux Réguliers & aux Eclésiastiques d’exercer 3a Médecine, soit dans les Monastères, soit dehors. J’avouè que suivant le sentiment des Docteurs , Pe- xercice de la Médecine ne rend point irrégulier le Clerc & le Moine, lì ce n’est lorsque par sa saute le malade meurt dans les remedes qui lui ont été donnez ; c’est la décision du chapitre Tua nos & ad auàientiam de homìcidio. * Le Médecin des âmes. Celui qui guérit les maladies des âmes. ME’DECINAL, médicinale, adj. [Medicina/is.J Salutaire , & qui porte médecine. ( Eau médecinale. Herbe médecinale. ) L’Académie dit Jyléàìánaì. ME DECINE , f f. [ Ars medica. ] C’est une science qui nous donne la connoissance des diverses dispositions du corps , afin de lui conserver la santé , ou de la lui rendre lorsqu’il l’a perdue. Le sujet de la médecine est le corps de l’homme entant qu’il peut être guéri. La fin de la médecine est la santé. Ses parties sont la phisiologie, la patologie, la thérapeutique. Le mot de médecine n’a point de pluriel en ce sens. ( Ceux qui se moquent de la médecine, disent que c’est un art de tuer les hommes impunément. Âblanc. Afop. ) MEDECINE. [Medicì uxorfi Quelques personnes se servent du nom de médecine pour dire la femme d’un Médecin. Ils diront, Madame la Médecine, ou Mademoiselle la Médecine est-elle accouchée ? Ces personnes parlent comme les Provinciaux qui ne fqa- vent pas parler. On dit à Paris , la femme d’un Médecin. MEDECINE. [ Potio medica. ] Potion préparée, & faite de la décoction de plusieurs médicamens simples, & d’infusions de médicamens purgatifs avec leurs correctifs, & avec un mélange d’électuaires, confections & syrops pour purger les mauvaises humeurs. Le mot de médecine en ce sens a un pluriel. ( Une bonne médecine, médecine un peu trop forte. 11 a pris depuis deux mois plus de huit médecines. ) j MEDECINE douce. C’est une médecine qui travaille peu celui qui l’a prise, f MEDECINE de cheval. C’est une médecine trop forte, trop violente. MEDECINE. Terme de Chimie. II se dit de la grande teinture minérale ou du grand œuvre. * Argent comptant porte médecine. C’est-à-dire, qu’il est agréable d’avoir de l’argent comptant. Ce proverbe signifie ausst plus particulièrement, qu’on ne veut point faire crédit. ê MEDECINER, v. a. C’est dans le stile familier, donner des breuvages & autres remèdes qu’on prend par la bouche. 11 ne se dit guére que lorsqu’on en prend trop. (On a trop médecine ce malade. On l’a tant médecine qu’il en est mort. ) SE MEDECINER , v. r. [ Medicamenta fréquentais adhibere. J Ce mot se dit, mais il est fort bas & ne s’écrit point, en fa place, on dit, prendre médecine. Vaug. Rem. ME’DIANE , adj. f. [Mcdiana vena. ] Terme de Chirurgien. C’est le nom d’une veine qui paroît dans le pli du coude. La veine médiane. On dit aust -fi, il le faut saigner à la médiane, en faisant ce mot substantif. AÍË'DIANOCHE, f f [ Notfurna cana. J Ce mot est venu d’ítalie, & se dit d’une sorte de soupé où l’on mange de la viande, & qu’on fait un Samedi après minuit sonné. ( Faire la mèdianoche.) MEDIAN, f. m. Monoïe d’or qui sc fabrique à Tremeqen, en Barbarie, & qui porte le nom du Dey d’Alger avec quelques lettres Arabes. Le Médian vaut cinquante afpres. î MEDIANTE, f f. Terme de Musique. La mediante, la dominante & la finale, sont les trojs notes principales dans un air. ME'DIASÏIN, f m. £Mediastinum .] C’est une continuation de la membrane, qui s’apelle pleure, laquelle est tendue fur toutes les côtes , & renferme la région moyenne ou vitale, autrement nommée 1 e. thorax. ME’DIAT, médiate, ( Mediatm. J Terme de Philosophie. Ce mot est relatif à deux autres , entre lesquels on l.e considéré, & il est oposé à immédiat. Genre médiat. Cause médiate.) MED 4ï ï f MEDiATEMENT , adv.' [Médiats.] D’une maniéré médiate. ( Agir médiatement. ) MEDIATEUR, f m. [ Meàiator, conciliator. J Celui qui s’entremet pour faire réussir quelque affaire. Entremeteur. Celui par le moyen duquel on fait quelque affaire. (II étoit médiateur dans cette affaire. 11 n’y a que Jésus - Christ qui puisse être médiateur entre Dieu & les hommes. Port-Royal. ) MEDIATION , _ f f. [ Intercejfm. ] Entremise. ( 11 accepta la médiation de, &c. Bouhours, Histoire d’Aubuffon , l. 4. ) MEDIATRICE, f f. [ Conciliatrix.2 Celle qui s’entremet pour faire que des personnes réussissent en quelque affaire, ou terminent quelque affaire. AIE'DICAMËNT , f. m. f Remedium. ] C’est tout ce qui peut altérer notre corps & le remettre en santé. (Un médicament simple. Un médicament composé. Un médicament externe. Un médicament interne. Médicament purgatif, ramolissant, chaud, froid, sec, ou humide. La matière des médicamens est prise des végétaux, des animaux, & des minéraux. Les Pharmaciens sc servent, pour préparer les médicamens , de la lotion, de îa trituration, de l’infusion & de la coction. ) MEDîCAMENTER , v. a. [ Medicinam adhibere. ] Panser un malade, & lui donner les médicamens nécessaires. (Un Chirurgien a une action privilégiée en justice pour avoir pansé & médicamenté quelqu’un. ) On dit auíïì médicamenteux. (Des alimens médicamenteux. ) t MEDICAMENTER, se dit aussi des chevaux. (II faut bien panser & médicamenter ce cheval. ) f MEDICINAL, Voïez Médecinal. AiEDiHTË', /- f Terme d’Arithmétique. Quand on a trois nombres proportionnées. MEDIN, fi m. Monoïe de Turquie d’argent , qui vaut dix-huit deniers monoïe de France. MË'DIOCRE , adj. [ MediocrU. ] Qui est entre le trop & le peu. Qui est dans une certaine médiocrité. ( Esprit médiocre. Cela est médiocre. Stile médiocre. Faire une fortune médiocre. II n’est point de degrez du médiocre au pire. Defpr. ) MEDIOCREMENT, adv. [ fMediocrìter. J Avec médiocrité. ( Avoir du bien médiocrement. Avoir de l’esprit médiocrement. ) MEDIOCRITE’, f f [ Mediocritas.2 C’est un milieu entre le trop & le peu. (II y a une heureuse médiocrité. Cette médiocrité est louable. O médiocrité, me- re du bon esprit , compagne du repos ! La Font. ) ($ II y a une médiocrité toute d’or, toute pure, & toute brillante, que l’antiquite a reconnue, qui est , fans doute , celle de Terence & de l’Arioste. Balzac, 1. différs, critique. Et ensuite : „ La médiocrité dont nous parlons étant d’auífi bon- ,, ne maison que la grandeur , puisqu’elles viennent „ toutes deux de même origine, & d’un même prin- ,, cipe de bon esprit, qui doute que cette noble mé- ,, diocrité ne se sente toujours du lieu d’où elle est „ sortie, & qu’en quoi qu’elle s’emploie, elle ne con- „ serve les droits & la dignité, ou pour le moins ,, Pair & ia mine de fa naissance. ” II raporte ces deux exemples pour faire sentir que le médiocre n’est pas moins estimable que le sublime : Astres marquez de sang, qui parmi les tenebres Montrez aux malheureux vos lumières funèbres , Fiers arbitres du fort, qui d’un ail irrité Vites le noir moment de ma nativité. Voilà, sans doute, du sublime, & même du plus sublime, Voici du médiocre: Heureux qui fe nourrit du lait de ses brebis , Et qui de leur toison voir filer f es habits, Qui ne fiait d’autre mer que la Marne ou la Seine , Et croit que tout finit où finit son domaine. Je suis persuadé qu’il se trouvera des gens qui donneront la préférence au médiocre : l’idée de la tranquillité champêtre me charme ; & l’idée de la malignité des astres m’éfraie. Balzac , en dépeignant le mérité de la médiocrité , a emploié tout ce que le sublime a de plus vives couleurs : tant il est vrai que le penchant naturel l’emporte toûjours fur la raison» MEDIRE, v. n. [ Detrahere . ] Mal parler de quelqu’un. Je médis, tu médis, il médit, nous médisons, vous médisez, ils médisent, je médisais, j’ai médit. ( Je les méprise si fort que je n’en ose médire. Gonb. Epi. Médire de quelqu’un. Ablanc , Tarn. II, F f f a Lot - a j 2 MED Larmes Médit de moi . mais je n’en fait que rire , Une cbofi pourtant me donne de l cnn Jf-,,. Jl est ma foi st fit, qu on nenfiauroit Medue , Quelque mal qu 3 on dise de mu Richelet, poes. ) AUdor astis dans fa chaise , Médisant du Ciel à fin aise , _ Peut bien médire eiujst de moh Despr. ) MEDISANCE , f f [ Detraclio .] Paroles injurieu- ses & fausses qu’on dit d’une personne. (Désirez-vous une vie heureuse, gardez votre langue de la médisance. Pert-Royal, PJeaume Empêcher les médisances. Pajc. I. 7. 11 est prêt de répandre ses médisances si on ne le tue. Pafo. I. 7. 11 y a une certaine douceur dans la médisance qui prévient notre esprit, & il faut avoir une grande droiture de cœur pour ne s’y pas laisser surprendre.. Auteur anonyme. Les vers de Bibaculus & de Catule étoient remplis de médisance contre les Césars. Abl. Tac. Ann. I. 4. c. iç. Les médisances s’oublient quand on les néglige , la défense qui semble autoriser la vérité , en conserve la mémoire. Abl. Tac. I. 4. Je crains qiìen repoussant les coups D'une Médisance maligne , Dont on voulut noircir un illustre Innocent , Mon zélé ne fiit peint prudent. Bouhours, Rec. ) ME'DISANT , f. m. \Detraftor, obtrcHator.~] Celui qui médit. ( 11 se conclud de nos maximes qu’on peut tuer les mcdisans en fureté de conscience. Pafi. /. 7- ) . . ME'DISANT, médisante, adj. [ Maledicus. ] Qui médit. ( Esprit médisant. Elle est médisante. ) ME'DITATIF, méditative, adj. , \_Medìtationi inten- tiu.J Qui s’aplique souvent à méditer. ( Esprit méditatif. Vie méditative. ) II se prend aussi substantivement. MEDITATION , f f [. Meditatio .] Action de ì’esprit qui médite. ( 11 est dans une profonde méditation. Etre en méditation. Faire quelque méditation fur les miseres de la vie. Arnaud. La question est difficile, elle demande une longue méditation. Ce mot se dit aussi des Ecrits qui contiennent ce que des Auteurs ont médité.. Méditations Chrétiennes. Les Méditations de Descartes font excellentes. Les Méditations du P. Mallebranche font fort abstraites.) MEDITATION , f f. [ Oratio. ] Oraison mentale. (II y a des Religieux qui font une heure de Méditation. Acad. Fr. ) Ou couvrir chez Thierry dune feuille encor neuve Les Méditations de Buzée U d’Hayneuve. Despr. Ep. Nouv. ) MEDITE', ée , part. pajf. adj. [ Meditatus. ] (Les cérémonies concertées, & les égards trop méditez gênent la société. S. Evremont. MEDITEE, v. a. [ Meditarì .] Elever son esprit à la contemplation des choses sublimes , ou divines. Songer profondément à quelque chose. ( Heureux l’homme qui met son affection en la loi du Seigneur, & qui la médite le jour & la nuit. Port-Royal, Pfeau- sne 1. Méditer fur quelque chose. Ablancourt. ) * Méditer. Avoir dessein de faire quelque chose. (II médite sa fuite. Méditer une trahison. Méditer un Sonnet. II médite un Evêché. Reg. Sat. 2. ) > t MEDITEE, est aussi neutre , comme méditer d’aller dans un endroit, méditer de sc retirer, méditer de faire une chose. t§ MEDITEE, du latin meditari. C’est rêver, réfléchir sur quelque chose. Le moderne Traducteur des Eglogues de Virgile, a cru d’avoir trouvé le véritable sens de ce vers de la premiere Eglogue. Sylvestrem tenui mufam meditaris avenu , en u e traduisant ainsi : „ Heureux Titire, assis à l'om- ” ,. re d un hêtre, vous essayez tranquillement fur ce Vr íl'íi Gau V0 L a ’ rs champêtres. ” Mais comment er ces essais avec ce qui fuit immédiatement, p r Ti fi re ' lentm ™ umbra Formofam refonare doces AmariUida sylvas. ” faîtes'reffinnpr 0 ^ 0 ' 1 c "^''gemment à l’ombre, vous riílt ' à «. da 1, belle'toa. échos à -eneter le P j> , e M° len d a P rend re aux senos a -epeter le nom d’Amarillis, si le berger n’eût 3VÍEG fait qu’ajusier un air à son chalumeau. Meditari veut dire ici, chanter métodiquement. La réponse de Titire confirme cette pensée : c’est un Dieu ( dit-il ) à qui je dois l’heureux loisir de chanter fur mes chalumeaux les chansons qui me plairont : Ludere quœ vellem calamo permi/ìt agresti. ME'DITERRANE'E , fi m. & f. [ Mediterra- neus. ] Ce mot est proprement adjectif, & signifie, qui ejt enfermé entre des terres. On le dit particulièrement de cette grande Mer , qui a communication avec l’Ocean par le détroit de Gibraltar, qui s’átend bien avant entre l’Afrique au Midi;, & l’Europe & l’Asie au Nord, jusqu’en Syrie & en Egypte, & qui méme se communique au Pont Euxin , qu’on apelle la Mer noire. On l’apelle la mer Mediterranée, & souvent la Mediterranée , en prenant ce mot comme un substantif. Voyager fur la Mediterranée. C’est la mer Méditerranée. MEDIUM- Terme Latin , qui signifie, milieu, moyen. ( II faut trouver un médium pour terminer cette affaire. ) MEDIUM, f. m. Terme de Logique. Argument qu’on propose contre une Thèse. Le Président en Sorbonne ouvre la Thèse par trois médium. MEDIUM. Jeu auquel les écoliers jouent en quelques Colleges de Paris avec une balle. MEDIUM. Terme de Botanique. [ Campanula foliis echii. J Plante dont la racine est grosse comme le pouce en s’apetiffant peu à peu, tendre, rouge, & couverte d’une écorce ridée. Tournefort. t MEDOC, fi m. On apelle pierre de Medoc, des cailloux brillans qui se trouvent en France dans le pais de Medoc. C’est une espece de diamant. f MEDULLAIRE , adj. Terme d Anatomie. Qui apartient à la mocle. (La partie médullaire du cerveau. ) t ME'FAIRE, v. ». [Nocere.] Ce mot signifie, faire mal envers quelqu’un, mais c’est un mot usé. (f ME'FAIRE. Terme de Coutumes , que Mr. Lefe- vre Chantereau explique en ces termes, liv. 1. ch. 14, „ Si le Seigneur vexoit intolerablement son vassal, & „ manquoit à la protection qu’il lui devoit, il me- „ faifiit s c’est-à-dire, qu’il perdoit la Seigneurie qu’il „ avoit sur son vassal & |sur son fies, qui releveroit à l’avenir, non du Seigneur dominant, mais du Suze- ,, rai n, qui est celui de qui releve le Seigneur domi- „ nant. Ainsi ( ajoûte-t-il ) ces mots de commise ,, de fiefstc de mefaire font relatifs, & à toutes les ,, fois où ils font einploïez dans les actes,ils concluent, „ autant l’un que l’autre, la feudalité, &c. ” t ME'FAIT, f, m. [Delittum.~± Vieux mot. Sorte de crime. Faute. ME'FIANCE, f f. [ Dijfidentia. ] Action de la personne qui se méfie. ( La méfiance est la mere de sûreté. La Fontaine, Fables, L 5. Dans l’amour la tromperie va presque toujours plus loin que la méfiance. Mr. de la Roche-Foucaut. ) ME'FIANT , méfiante, adj. [ Dìjfidens, fufiìcìofm. J Qui ne fe fie pas. Qui fe défie. ( Le monde devient méfiant. Pafi. I. 1. Humeur méfiante. Ablancourt. Le loup est le plus méfiant de tous les animaux. Sal.) SE ME'FIEE, v. r. [ Dijstdere. ] Je me méfie, je me juk méfié, je me méfiai. Avoir de la méfiance. Ne fe fier pas. ( Se méfier d’une personne. Se méfier de tout. Ablanc. ME'GALESIENS, adj. \Megalesta .] Jeux qu’on célébrois à Rome en l’honneur de Cibele, qui furent jn- stituez l’an de Fondation de Rome. í MEGANAISE. Volez Magalaifi. ME'G ARDE- [ Incogitantia, imprudentia. ] Ce mot fe prend adverbialement, & signifie inadverten - ce. (Faire quelque chose par mégarde. Vaug. Q^l. 9. Faire une omission par mégarde. Patm , p/aidoié. 6 . ) , MEGERE , f f. C’est le nom d’une des trois Furies , que les Poètes disent fille de la nuit & de l’Acheron. f * MEGERE , se dit aussi d’une méchante femme. C’est une megere. ) ME'GÍE , f. f. s Ars Alutarìa. J Art de passer les peaux en alun , qui est le métier de Mégiffier. ( Passer les peaux en mégie. ) ME'GISSERIE, f. f. [Alutaria.J Trafic & commerce de Megissicr, qui consiste en laine & en peaux, de brebis MEL brebis & de moutons. ( La mégisserié r n’est plus si bonne qu’elle, étoit autrefois. ) II y a à Paris un Quai de la mégisserie , parue que les Mégissiers y demeuraient. IUEGISSlER,yi m. [ Alutar'ms .] Artisan qui fait tomber la laine de dessus la peau des brebis & des moutons, & qui passe auílì les peaux à poil avec del’alun. (f MEHAIGNER- Vieux mot. Blesser ofen- ser. Ce terme ( dit Ragueau ) se prend pour toute blessure & coup donné à sang & plaie. MEIGLE. Espece de pioche dont les Vignerons se servent pour labourer la vigne ; elle est composée d’u n fer large du côté du manche, se termine en pointe, & est courbée. MEILLEUR , meilleure , adj. [Melior.~] Ce mot se dit des personnes & des choses. Qui a plus de bonté. Qui vaut mieux. Qui est plus excellent. ( II est meilleur que son frere. Le melon est le meilleur de tous les fruits. II son doit là-dessus d achat d’une feuillets Du Meilleur vin des environs. La Font. ) MEILLEUR , f. m. [sdeUm. ] Le plus expédient. Ce qui est plus à propos de faire. Ce qui vaut mieux. ( Le meilleur est de n’imprimer jamais. BenJ'erade , Rondeaux. Le meilleur est d’écouter & de peu parler. Ablancourt. ) & MEIX. Ce terme est particulier aux Coutumes des deux Bourgognes, & à celles de Nivernois, où le tneix lignifie non-seulement la maison où habite le mainmortable & homme de condition servile, mais encore les héritages qui son sujets à mainmorte & qui acompagnent la maison ; ainsi il est dit dans l’ar- ticle 4 . du titre 9 . de la Coutume du Duché de Bourgogne , qu’«w meix ajjìs en lieu de mainmorte, U entre meix mainmortable , est réfuté de semblable condition que sont les autres meix, s’il n’y a titre & ujànce au contraire. II y a des lieux où l’on dit seulement mex. f MELANAGOGUE, f iw. Terme de Médecine. Médicament qui purge la bile noire. MELANCOLIE, f f. ÍBilis atra, melancholia .] Espece de délire sans fièvre , accompagné de crainte & de chagrins fans raisan aparente , à cause que l’i- magination & le jugement sont blessez par l’abondan- ce d’une bile noire & brûlée. Tristesse. ( La mélan- cholie fait mourir les gens. Scaron. Je n’engendre Î ioint de mélancolie. Molière. Avoir de la mélanco- ie dans le cœur & dans les yeux Voit. I. 8 - Je fuis dans les sombres & noires mélancolies. Voit. I. Pauvre ejsrit, dira-t-on, que je plains ta folie , Modéré ces bouillons de ta Mélancolie. Despr. Sat. 7 . ) MELANCOLIQUE,adj. [Melancholicus.^ Triste. Chagrin. Affligé. ( Avoir l’air mélancolique. Abl. ) MELANCOLIQUE, /. m. [ TriJHs. ] Qui a de la mélancolie. ( Les mélancoliques font ordinairement plus ingénieux que les autres hommes. ) MELANCOLIQUE , /. /. [ Melancholica. ] Celle qui a de la mélancolie. (Je veux donc fans répliqué que l’on me rende promptement la divine mélancolique. Sar. po'es. ) MELANCOLIQUEMENT , adv. [A/œ/ie.] D’une maniéré mélancolique. Tristement. (II jouoit le reste du rôle fort mélancoliquement. Abl. Luc. t. 12 . ) MELANGE, s m. _ [Mixtura, admistio. ] Ce font plusieurs choses mêlées ensemble. ( Faire un agréable mélange. Un mélange charmant. Le mélange des couleurs. ) [ Colorum temperatio. ] MELANGE. [ Msceílanea. ] Recueil de plusieurs ouvrages de littérature. II y a plusieurs livres qui portent ce titre. MELANGE. [Imparium animalium copula."] Animaux de différantes especes qui s’acouplent ensemble. (Le mélange des animaux produit des monstres. ) MELANGER, v. a. £ Permscere. J Mêler. (Mélanger les couleurs. ) í AÍELANTERIA , s m. Sorte de matière minérale vitriolique , qu’on nomme vulgairement Chal- cite ou Colcotar. 4 MELASSE, s. s C’est ce qu'on nomme aussi Doucette ou Sirop de sucre. C’est cette partie fluide & grasse qui reste des sucres après qu’ils ont été rafinez, & à laquelle on n’a pû donner par la cuisson aucune consistence plus solide que celle de sirop. MEL 413 t MESLE , s s [ Mespilum. J Fruit de néflier. Le mot de mêle est Provincial, à Paris on dit nef.e. V oïez nèfle. MESLE', mêlée, adj. [MixtusJ Mélangé. Mis & confondu avec d’autres choses. ( Ces choses font bien mêlées. Cela est mêlé avec d’autres choses de pareille nature. ) MêLE'E, f f. [Pugna, «««.] Combat de deux partis qui en font venus aux mains. ( La mêlée fut grande autour de fa personne. Abl. Arr. I. 1 . ) 4 MêLE'E, se dit aussi d’une batterie entre plusieurs particuliers. ( 11 a gagné des coups de poing dans 1% mêlée. 11 a perdu fa perruque dans la mêlée. ) f MêLE'E, se dit auffi d’une dispute, d’une contestation aigre entre plusieurs personnes. ( Si la dispute s’échaufe d’avantage, je me tirerai de la mêlée. ) MêLER , v. a. [ Mijcere .J Mettre plusieurs choses ensemble. Mélanger. ( Mêler l’argent d’autrui avec le sien. Scaron. Mêler les couleurs. Mêlons aux chants des Vittoires , Les douces chansons d’amour. Quinaut. ) 4= MêLER le vin. C’est le frelater, mettra ensemble des vins de diférentes sortes. SE MêLER, v.r. [Mtfceri, se consundere .] Se mélanger. ( Ces choses commencent a se mêler. ) * SE MêLER de quelque chose. £5V mterponere. J C’est s’entremettre de quelque chose. (, Le plus sûr est de ne se mêler que de ses propres assaires. Scaron. ) 4 SE MêLER dans la foule , se mêler parmi les ennemis. C’est s’engager dans la foule, s’engager au milieu des troupes ennemies. 4 MêLER les cartes.. C’est battre les cartes. On dit simplement mêler. ( C’est à vous à mêler. ) 4 MêLER une serrure. C’est en fausser quelque pièce, en forte que la clef ne puisse ouvrir. 4 MêLER quelcun dans une mauvaise asaire, c’est l’y comprendre. ( Je ne veux point être. mêlé dans une asaire de cette nature. ) 4 MêLER quelcun dans les discours. C’est parler de lui. ( Vous m’obligerez de ne point me mêler dans vos discours. Je n’aime point à être mêlé dans vos discours. ) 4 * MêLER, fe dit des choses morales, & alors il signifie joindra, unir deux choses. ( Mêler l’agréable à Rutile. Aléser la douceur à la sévérité. ) f SE MêLER, se dit de certains animaux de diverses especes qui s’accouplent les uns avec les autres. 4 SE MêLER de quelque chose. C’est en faire fa profession , son occupation. ( 11 se mêle d’enseigner ce qu’il n’entend pas. 11 se mêle de commerce. II se mêle d’écrire, de faire des livres. ) 4 * SE MêLER d’un méchant métier. C’est s’adon- ner à des choses dangereuses, à des choses défendues dont on peut être puni, (II sera mauvaise fin, s’il se mêle d’un aussi méchant métier. ) MELESE, on mélèze, s s t Larix. ] Sorte d'ar- bre fort haut, qui a l’écorce épaisse, crevassée & rouge par dedans , qui a ses branches disposées autour de íà tige comme par dégrez, qui pousse des fleurs odoriférantes, & d’un très-beau rouge, & qui porte des pommes longues & assez semblables à celle dee ciprés. ( Le meilleur agaric croît fur la mélese. Da- lechamp. On recíieille souvent sur la mélese de la manne blanche , qui ressemble à des grains d’anis confit. ) (g Mr. Perrault, incertain si le larix dont Vitruve a fait mention dans son second livre, chap. 10 . eft la mélese, que nous connoissons, a conservé le terme latin dans fa Traduction. Son doute me paraît bien fondé ; car on donne au larix des proprietez que la mélese n’a pas. L’histoire fabuleuse raconte que les sœurs de Phaëton furent métamorphosées, après la chute de leur frere dans le Pô, en arbres clesquels ii découloit une gomme ou résiné semblable à la figure que l’on donne aux larmes, & qui par une espece d’antipathie resistoit à la chaleur du feu. Mr. Patin a raporté dans ses Familles Romaines , une médaille de la famille Accoleia, où l’on voit d’un côté la tête d’un jeune homme, avec ces mots, Lariscolus P. Ac- eoleitts s & de l’autre , trois arbres rangez en égale distance, que l’on prétend être des larix , qui ne se trouvoient , du tems de Pline & de Vitruve, que fur les rives tìu Pô. Ce dernier raconte que Jule César proche des Alpes fit ataquer un château, dont les ha- F f f j bitans v > 414 3VÎEL bitans avoienc fermé la porte , & avo ' ent bûcher de larix, auquel il tenta vainement de faire métré le feu; ce qui le surprit, & 1 ob ] ll f ea S former de la qualité de ce bois on lui en montra plusieurs arbres, qui avoient donne au château le nom de Larigmim. 11 feroit fort a souhaiter (ditVitruve) que l’on en pût aisément aporter a Rome , ou cette matière seroit d’une grande utilité pour les bati- mens ; car elle empêcheroit la communication aes incendies. $ ME LIANTE , f s [Melianthus .] C’est une plante qui croît plus haute qu’un homme. Sa tige eit grosse comme le pouce, ses feuilles font faites & rangées à peu près comme celles de la Pimprenelle, mais six foi aussi grandes, d’une odeur forte & puante. Elle n’est d’aucun usage en Médecine. Le premier qui la mit au jour fut. M. Hermant Professeur en Botanique à Leyde. MELICA , f /. [ Milium arundinaceum.] Espece de millet qu’on apelle autrement Bled barbu, & qui pousse plusieurs tiges fort hautes, semblables à celles des roseaux. On fait un rcmede de sa moelle qui est excellent contre les écroiielles. ME'LICE, ou Mclijse. Nom que quelques Poètes donnent à quelques maîtresses lorfqu’ils leur adressent des vers. (Adorable Mélice, ornement de la Cour. Racine. ) MELíCERIS. Terme de Médecine. Espece de tumeur formée d’une matière semblable au miel, St qui est renfermée dans une membrane propre. Les Religieuses & les Moines par leurs fréquentes génuflexions, font sujets à ces tumeurs. ME'LIER , s. m. [M scella.] Espece de raisin blanc agréable au goût, & dont on fait de bon vin. s Ce plant de vigne est tout de mëlier. ) Les bouchers donnent aulsi ce noin au troilìéme ventricule du bœuf. ME'LILOT , s. m. [ Melilotm J Sorte d’herbe qui croît à la hauteur d’une coudée, qui pousse des fleurs jaunes & petites, & porte des gousses où il y a une graine menue , rouffátre & d’assez bonne odeur. Dal. t MELIORATION , s s. [ Incrementum , per- secíio ;] Action par laquelle on rend une chose meilleure. ( II lui faut rembourser les méliorations qu’il a faites à cette terre. ) On dit amélioration, & non melioration. ME'LIORER , v. a. [ Rem meliorare. J Rendre meilleur. (Mcliorer une métairie. 11 a trouvé une piece qui méiiore son droit. ) L’Académie Franqoife ne dit point méliorer , mais améliorer qui est plus en usage. (II a fait rétablir les granges de fa terre, & jl l’a beaucoup améliorée. ) METISSE, milice, s. /. [Melyjsopbyllon .] Plante qui sent le citron, & qui à cause de cela, s’apel- le aussi citronclle. ME'LODIE,//. [Melos.] Douceur de chant, ou de son. (Une charmante mélodie. Aimer la mélodie. Faire une agréable mélodie. ) H MELODIE, ne signifie que l’heureux arrangement des sons que l’on entend successivement dans un même air chanté par une même personne ou par un même instrument. Mélodie est oposé en cela à sim- phonie, qui signifie la disposition de plusieurs sons opo- lez, & que l’on entend en même tems. MELODIEUSEMENT, adv. [Suaviter .J Avec mélodie. (Je pris une harpe & chantai pues quiso , &c. & continuai le reste 6 mélodieusement,qu’il, &c. Voit. I. xo. ) MELODIEUX , mélodieuse, adj. f Suavi r, harmoni- cus.2^ Plein de mélodie. (Chant mélodieux.) MELON, f. m. [ Pepo, melo .'] Sorte de fruit qui t: a * 11 P, e comme le concombre & les courges, mais qui «t bien plus excellent. La figure du melon est ovale & canelee. Sa feuille ressemble à celles de la vigne, amis de Vheure présente , Sont du naturel du Melon , II en faut goûter plus de trente , Jlvant que d’en trouver un hon. ) toute^unie 9 est . un m don dont l’écorce est na P° int de broderie. il y a des entrehs^ e r 1 \ î uri , melon fur l’écorce duquel vin mdon. f 16135 < U " boîI > un «*««*, un di- MEM MELON frapé. C’est celui qui a des marques de maturité. , . MELON noué. C’est-à-dire , qui est grossi au sortir de la fleur. MELON d’ eau. Cest une sorte de melon qui est rouge par dedans , & qui fe fond tout en eau quand on le manie. 11 y a en Italie quantité de ces fortes de melons. Au reste on dit. ( L’oeil de melon, maille de melon, bras de melon , écorce de melon, oreilles de melon , ce font les deux premières feuilles, qui sortent de la graine. Volez le poème de saint Amant sur le melon. Entamer un melon. Acheter un melon à la coupe. Vendre un melon à la coupe.) MELONNIER ,s m. [ Peprnarim propola. ] Marchand de melons. Celui qui à Pairs dans de petites boutiques, ou fur des tables dans des coins de rues , vend toutes fortes de melons. Le mot de melonnier se dit par le peuple, mais les honnêtes gens qui parlent bien, disent ordinairement, vendeur de melons , & presque jamais melonnier. MELONNIERE,/ f- f Pulvìnì in quibus pepones cres cunt. J Endroit du jardin où l’on fait venir les melons. ME'MARCHURE , s s. [ Pedis diftortio. ] Effort que fait un cheval en ne mettant pas le pied droit a terre. Soleisel, maréchal. MEMBRANE,//! [Membrana, cutis.] Terme d’ Anatomie. Peau dure qui envelope les chairs & autres parties du corps des animaux. Tunique. (Les membranes peuvent s’étendre & fe retirer fans danger, Une vraye membrane. Le fétus est envelope de trois membranes.) MEMBRANEUX , membraneuse, adj. [ Membrane - sus. J ( Corps membraneux. Deg. Partie membraneuse. La Chambre. ) MEMBRE, / »/. [Membrum.] Partie du corps. Partie qui entre dans la composition du corps. Etre perclus de tous ses membres. Lorsqu’après mille vains efforts J’aperçus près de moi floter des Membres morts , Hélas ! c’étoit mon Pere. Alleaum. ) t MEMBRE. [ Virga, pénis. ] Partie naturelle de l’homme. MEMBRE fe dit aussi d’une partie d’une Seigneurie, d’une terre, d’un benefice, & en choses morales. f Membrum. ] * Province qui devient membre du premier Empire du monde. Patru, plaidoié 4 . Les membres du Parlement d’Angleterre. II est membre d’un tel Chapitre. Les membres de Jefus-Christ. Les mauvais Citoyens font des membres pourris qu’il faut retrancher de la République. MEMBRE. [ Membrum oratìonis. J Terme de Ré- torique. Partie de période. ( Une période de deux. de trois, ou de quatre membres. ) t MEMBRE. [Membrum.'] Terme d’Architeclure. Parties qui composent les principales pièces comme font les doucines, les cimaises, &c. * MEMBRE de maison. [Aèdis pars.] Ce font les diverses pieces, ouïes divers apartemens qui la composent. T * MEMBRES de Vaisseau. Ce sont les grosses pièces de bois nécessaires pour le construire, comme varangues, allonges, genoux, &c. MEMBRE, s m. [Pars, membrum,] Terme de Blason. Se dit d’une jambe, ou patte de Griffon, d’Aigle ou d’autre oiseau, séparée du corps. ( Son assiete ordinaire est d’être en barre. ) MEMBRE', adj. m. [ Membris variatis, miniatis,&c.] Se dit en Blason d’un oiseau , lorfqu’il a les jambes d’un autre émail que celui du corps, M£MBRU , membrui, adj. [Membris va!en s, corpu- lentns, J Qui a de gros membres. Qui a les parties du corps grosses, grasses & charnues. (C’est une fille forte & membruë. Voit. I. 6 ;. 11 est fort & membru. ) MEMBRURE ifs ( Axis crajjìor. J Terme de Mouleur de bois. Pieces de bois longues de quatre piéds & hautes d’autant, éloignées l’une & l’autre d’en- viron quatre pieds, au milieu defquelles on met le bois lorfqu’on le corde à Paris. ( Mettre le bois en membrure. ) MCMBRURE , f f. [Tigillus.] Grosse pièce de bois de sciage servant à la charpente & à la menuiserie. MEME. [ Similis, Par. ] Pronom adjectif , qui veut MEM veut dire pareil. ( Celui là même. J’ai le même droit que lui. Jouir du même privilège. Avoir la même autorité que, &c. C’est le même homme que nous vîmes l'autre jour. ) Mômes , adj. [ Idem. J L’un & l’autre est bon fans une r finale, ou avec une r finale. (Les choses mêmes que je vous ai dites me justifient assez. La chose même que je vous ai dite me justifie. Vaug. Rem. ) MèME , adj. s Infuper, etiam, praterea. ] Qui sert de transition , & signifie en outre. ( On doit tout sacrifier, & sa vie même pour son salut. ) De même, tout de même. s Sicut , quemadmodum. ] Façons de parier comparatives, qui signifient, de la méme forte. t A même , adv. Mettre quelqu’un à même. C’est mettre quelqu’un en pouvoir & en état de faire ce qu’il lui plaira à l’égard de certaines choses. (Exemple : Voilà de l’argent fur cette table, je vous mets à même. Je me veux faire un gendre Médecin, afin d’être à même des consultations & des ordonnances. Molière, malade imaginaire. fff L’usage de même , où mêmes exige un plus grand éclaircissement. Ce terme est tantôt pronom, & tantôt adverbe. Comme pronom, il est susceptible de pluriel ; & comme adverbe, il est toujours le même. Malherbe a péché contre cette régie dans la Paraphrase du Pseaume 8- Mais la naïveté Dont mêmes au berceau les enfant te confessent. MêME est là adverbe. Et dans un autre endroit il a fait la même faute dans un autre sens : Les immortels eux même en font persécute» Même est là pronom, & se raportant aux immortels, il faloit dire mêmes. Mais dans l’un il a falu y ajouter une s pour empêcher l’élilîon ; & dans l’autre il a été obligé de retrancher cette lettre pour abréger les silabcs. Mr. de Vaugelas, art. 20. de ses Remarques, veut que même & mêmes soient également re- cevables. II donne ensuite une régie pour en user avec exactitude : mais il me semble qu’elle est un peu embarassante. „ Quand il est proche (dit-il) d’un „ substantif singulier, je voudrois mettre mêmes avec „ ss & quand il est proche d’un substantif pluriel, ,, je voudrois mettre même fans s. Exemple. Les cho- ,, J'es même que je vous ai dites, me jujìifient assez. Et : ,, La chose mêmes que je vom ai dite. Çjr. 11 ajoûte „ que ” le moïen de discerner si ce terme est pro- ,, nom ou adverbe, c’est de le mettre devant le ,, nom ; car s’il fait le méme éfet devant le nom. „ qu’après le nom, c’est une marque infaillible qu’il „ est adverbe. ” Ce discernement est fatigant ; auíst ,, cet Auteur avoue à la fin de fa Remarque, que ceux qui n’observeront pas cette Remarque, ne feront point de faute : mais ceux qui l’obferveront, feront plus réguliers, soulageront l’espritdu lecteur, & contribueront quelque cl ose à la neteté du stile. Votez la décision de l'Académie fur cet article. f MêMEMENT , adv. [ Pariter. J Ce mot ne se dit presque plus, & en fa place on se sert de même. Vaug. Rem. MEMOIRE , f f- [Mémorial] Ce mot n’a point de pluriel lorfqu’il signifie la puissance de l’ame qui conserve les choses qu’on a prises. ( Avoir bonne mémoire. Ma mémoire ne me trompe point. Sa mémoire est fort infidèle. La mémoire fe perd quand on est vieux. Comme M. ... un jour fe vantoit hautement D’avoir une heureuse mémoire, Vous auriez, dit Daman, honte d’en faire gloire Si vous aviez un peu de jugement. Rem. Vaugt. 3 MEMOIRE , f. /. [ Recordatio. ] Partie de Rétori- que, qui consiste à faire souvent mention des choses & des paroles d’un discours. MEMOIRE , f f [ Recordatio, reminifeentia.] Souvenir. Resiòuvenir. Le mot de mémoire en ce sens n’a point de pluriel. ( Exemple. Je n’ai aucune mémoire de cela. La mémoire des riches périra avec eux. Port-Royal, J’ai perdu, la mémoire de toutes ces choses. Voit. I. 2;. J’ai trop d’obìigation à Euripide pour ne pas prendre quelque foin de fa mémoire. Racine. On rend toutes sortes d’honneurs à son nom & à fa mémoire. Vaug. suint. Curce , /. 10. c. 10. MEN 4 1 5 On ne me verra plut pour df indignes sujets Invoquer le secours des filles de Mémoire. Têtu. ) MEMOIRE , f m. [ Infirumentum. ] Ce mot a un pluriel lorfqu’il signifie un petit papier où l’on écrit les choses dont on fe veut souvenir. (11 est écrit fur mon mémoire. J’ai perdu mon mémoire. J’ai fait plusieurs petits mémoires de cela. ) MEMOIRES , f. m. s Commentarii. J Relation des choses écrites simplement. Diverses choses qu’on fait, ou qu’on donne pour servir de matière à quelque histoire , ou à quelque autre ouvrage de cette nature. En ce sens, le mot de mémoires n’a point de singulier. (Les mémoires de Du sillet font beaux & lqavans. Volez là-dessus les lettres de Fra-Paolo. II a écrit fur de bons, ou de méchans mémoires. ) Monsieur de Tillemont a fait d’excellens mémoires fur l’Histoire Ecclésiastique. MEMOIRE fe dit aussi dans les prières qu’on fait à quelqu’un de fe souvenir. ( Sire, aiez mémoire de mes services dans la distribution de vos grâces. Mais ce mot est vieux. MEMOIRE fe dit encore de la bonne & mauvaise réputation. ( On brûle les procès des grands scélérats pour abolir la mémoire de leurs crimes. ) MEMORABLE, adj. [Mémorandum .J Chose dont on se doit souvenir. ( Les choses mémorables de Soc.rate. ) MEMORABLE. C Memoria dignus. J Chose qui mérité d’étre racontée. ( C’est une chose mémorable à la postérité. Ahlancourt. ) t MEMQRATIF, mémorative, adj. [Mentor.] Qui se peut souvenir de quelque chose. La Cour peut être memorative des Arrêts qu’elle rendit fur un semblable fait. ) f MEMORIAL, memoriale , adj. [Ad memorìam pertinens. ] Qui regarde la mémoire. (L’arithmusique memoriale. MEMORIAL , f. m. [Signum memoriale.] Une chose qui sert à conserver la mémoire de quelque événement. (Jesus-Christ nous a donné l’Eucharistie pour être un mémorial de fa passion.) 11 signifie quelquefois un mémoire. ( (/Ambassadeur de France a donné divers mémoriaux aux Etats de Hollande. ) í MEMORIAL, fi m. Livre qui sert comme dé mémoire aux Marchands & Négocians , fur lequel ils écrivent journellement leurs afaires , à mesure qu’ils viennent de les finir. Le mémorial est proprement une espece de journal qui n’est pas au net; aussi l’apelle- t-on quelquefois Brouillard ou Brouillon , parce que les choses qu’on y écrit, y font comme confondues & brouillées. í MEMPHITE, f f [Lapis memphites.] On donne ce nom à une espece d’Onix qu’on trouve en ilra- bie. Cette pierre est noire & blanche, & on lui a attribué une vertu narcotique. MENAÇANT,, Menaçante, adj. [Minax.] Qui menace. ( Voix menaçante. Racine, Iptigenie , a. 4. fc. 2. Lettre menaçante. Voit. I. ;o. ) MENACE , f f. ì Mina. ] Discours fait en colère & avec quelque forte d’injure à une personne qu’on lui fera du mal. (User de menaces contre quelqu’un. Maucroix , Vie de Campége. Ce mot vient de minacia qui fe trouve dans Riante en cettç signification. Ménagé. Tout homme prompt ejì d’un bon cour , S’il offense dans la chaleur , _ Un moment après il embrasse : Mais les gens froids font dangereux , Parce que leur esprit repasse Ce qu! on a dit ou fait contre eux , Et leur coup prévient la menace , Poèt. an. ) MENACER, v. a. [Minari.] Faire des menaces. ( II les menaqoit de fe joindre au Roi. Maucroix , Vie de Campége. II l’a menacé d’une grêle de coups de bâton. Ablancourt. Salente est garantie des malheurs qui la menaçaient. Telem.) $ * MENACER, signifie aussi pronostiquer, & dans cette acception il ne fe dit que des choies qu’on doit craindre. (Lesnue^es nous menacent d’un grande tempête. Les divisions de l’Europe nous menacent d’une guerre fâcheuse. La froideur du Prince menace ce courtisan d’une disgrâce prochaine. Tous ces acci- dens le menacent d’une grande maladie. ) t * ME- 4l6 MEN dit d’un bâtiment f - MENACER mine On Je ^ fortune d>im prêt a tomber. On _ dit j^u’elie est sur le point tomber. On homme menace ruine d> ± re * MENACER, se dit aussi Pdèt. de diverses cho- ses f fort levées ( Ces bâtimens, ces montagnes, ces arbres menacent les cieux. ) IWF'MADE, s s ÍMana . ] Femme que Ba- chîî mïïtoit en -fureur. ( Une fole Ménade. ) On apele en Franqois ménade une femme exportée & furieuse , qui ne garde aucune mesure d honnêteté. ( T’acommodes-tu mieux de ces douces Menades Oui dans leurs vains chagrins fans mal toujours malades , Se font des mois entiers fur un Ut éfronté Traiter d'une visible xf parfaite santé. Defpr. Sat. 10. ) ME'NAGE, f m. [Supellex domesticaé Meubles. Vaisselle & baterie de cuisine. ( Un joli ménage. ) ME'NAGE , f m. [ Familia. ] C’est l’état où l’on vit en son particulier & à ses frais en louant une chambre, ou une maison. (Etre en ménage. Se métré en son ménage. Nous tenons notre ménage ensemble. Voit. I. a;. Rompre son ménage. ME'NAGE. [Administratio familiarisé Gouvernement de famille. Epargne. Economie. ( Elle entend bien le ménage. Scaron. Vivre de ménage. Molière. Cnìheureux est le Mari, dont la femme humble U sage Eleve les Enfans [fj régie le Ménage. Bours. Esope. ) * Ce font de jeunes gens qui font un très-bon ménage. C’est-à-dire, qui vivent bien en paix. Faire mauvais ménage avec fa femme. C’est vivre en trouble & en querelle. - Même dans les prochains villages il fe fit d’é- tranges ménages. Voit. Poésies. C’est-à-dire, d’é- tranges choses. * ME'NAGEMENT , f m. [ Ratio , obfcrvantia. ] Egards. Considération. Retenue. ( 11 faut qu’une femme ait de grands ménagemens pour ceux qui l’ont aimée. Le Comte de BuJJì. ) Monsieur Danet dit que ménagement peut fe dire encore pour marquer une sage & prudente administration des choses. [ DifpenJ'atio. ] ME'NAGER, V. a. [René adminijìraref\ Epargner. ( Ménager íà bourse. ) * ME'NAGER. [Solerter traHare, confulere, parcere .2 Ce mot au figuré a un sens fort étendu. Exemples. * Ménager une entrevue. Ménager fa santé. [ Curare. J * ME'NAGER les troupes. avoir foin des troupes. * ME'NAGER son crédit. user de son crédit avec jugement. * ME'NAGER ses amis. [Non gravent nec môles um effe amicis. ] C’est ne leur pas être importun. * ME'NAGER les bonnes grâces d’une maîtresse. [ Parcius adhibere. J C’est les conserver avec soin. Avoir pour elle beaucoup de respect. * ME'NAGER une personne, s Dexteriùs uti aliquo .2 C’est avoir de la complaisance pour une personne. * II n’y a plus rien à ménager avec lui. C’est-à-dire, il n’y a plus de mesures à garder avec lui. * ME'NAGER ses couleurs, ménager ses teintes. [Peritè colores neHere. ] Terme de Peinture. C’est les conserver fortes & claires pour les parties les plus proches. f * ME'NAGER le tems. C’est faire un bon emploi du tems, ou prendre son tems à propos. On dit aussi ménager l’occasion. * ME'NAGER bien fa voix. C’est la bien conduite , chanter, avec justesse & avec méthode , tirer de fa voix tout ce qu’on en peut tirer. í ME'NAGER un terrain. C’est l’emploïer bien & cn j t ' rer j tout ce qu’on en veut faire. ME’NAGER un escalier, un Cabinet. C’est trouver dans un bâtiment une place pour faire un escalier , Un * C cr! trle,: ! ^ ans Sâter le reste d u bâtiment. . ^OER , v. r. [Sibi parcere.] Se choier. sc doivent f 6 sol ‘ ^ Ceux si ui relèvent de maladie le ^doivent un peu ménager ) Se co E nd M ^ A a G vee ’ zÏT'ífZ ^ ^ ment. (Se ménager P avec quelqu’un.T ^ Ablancourt , Arr. C’est f Fanue parcere. ] C’est MEN ME'NAGER , f nt, [Parcus, frugalité Qui épargne. Qui a de l’économie. (II est ménager en cho- ses de rien. Etre bon ménager. Le sage ejl Ménager du tems & des paroles. La Font. ) ME'NAGERE, f f. f Rei domejìicœ curatrix, admi- nijira. ] Fille, ou femme qui épargne. ( C’est une bonne ménagère. ) * ME'NAGERE. Qui distribue. Qui dispense avec raison. La nature est une grande ménagère des choses qu’elle fait. ( La Chambre. ) Parmi le petit peuple & les Faisans, un mari apel- le sa femme notre Ménagère. J’amene un orphelin qui n’a pere ni mere , Et que je fais nourrir par notre ménagère. Bours. Esop. ME'NAGERIE, f f. [Villa voluptariaé C’est un lieu au Château de Versailles où l’on voit tout ce qui peut rendre la vie champêtre, agréable & divertissante pour la nourriture des animaux de toutes sortes d’efpe- ces. ( La ménagerie de Versailles est très-belle, & mérite fort d’être vûë. ) ME'NASSER- Voïez ménacer. MENDIANT , mendiante , adj. [ Mendicus. ] Qui mendie, qui cherche fa vie & demande saumoné. ( On enferme en des hôpitaux les gueux mendions. ) MENDIANT, f m. [Religioji mendìcantes. ] Prononcez Mandiant. Celui qui mandie. (II y a quatre anciens Ordres de Religieux qu’on apelle les quatre Mandions. Ce font les Carmes, les Jacobins, les Cordeliers & les Augustins. Les Capucins, les Réco- lets, les Minimes, & autres font aussi des Religieux mandions. Ils vont à la quête, & ont permission de demander l’aumône , parce qu’ils ne font point, ou au moins fort peu reniez. On surcharge les Villes en multipliant les Monastères des Mendians. Fe- vret, de Vabus , lìb. 2. c. 1. 4 MENDIANS, fe dit aussi de quatre sortes de fruits secs qu’on mange ordinairement en carême , & que l’on sert dans un même plat , qui font les figues , les avelines , les raisins & les amandes. ( On nous servit un plat de quatre mendians, ou simplement , un plat de mendians. ) MENDICITE' , f f [ Mendicìtm. ] Etat misérable de celui qui est réduit à demander l’aumône pour vivre. ( Les procès ont réduit plusieurs personnes à la mendicité. ILavarice Peut faire dans les biens trouver la pauvreté, Et mus réduire à pis que la Mendicité. Desp. Sat. 10. ) MENDIER , v. a. [ Mendicare. ] Prononcez mandié. Chercher fa vie. Demander l’aumône. (Colleter croté jusqu’a l’échine, va mendier son pain de cuisine en cuisine. Defpr. Sat. 2. Veut-il que tn’abaissant fans honte à le prier, saille dans mes besoins chez lui les Mendier. Vill. ) * MENDIER. [ Aliénant opem ìmplorare , depreca- ri. f Chercher avec soin. ( J’ai mendié la mort chez des peuples cruels. Racine, Andromède, a. 2. fc. 2. Mendier des louanges. L'Abè Talemant, Plutarque, toni. t- Dès que les Mendians furent fouferts en France , Le crédule Burgeois fournit à leur dépense, Poët. an. ) $ MENDIER une saisie, mendier une intervention. C’est en termes de Pratique, faire faire une saisie, une intervention par une personne qui n’est pas établie dans le procez , pour tirer une a faire en longueur, t MENDORE- Voïez Mandore. MENEAU , s m. [ Médius fenejìra fcapus .2 Terme d ’Architeffure. Croisillon, ce qui sépare les croisées des fenêtres. MENE'E, f f- f Clandeflinum confilium, falîiofo- rum coitio. ] Pratique sécrété de gens qui ont conspiré pour faire réussir quelque entreprise. ( On a découvert les menées des conspirateurs. Une sécrété menée, ) MENE'E. f Cervi aufugientis via relia. ] Terme de Venerie. C’est la droite route du cerf qui fuit. Suivre la menée. 1 MENE'E. Terme de quelques Coutumes. Dans celle MEN celle de Tours, art. 169. c’est ( selon Ragueau ) l’ex- ploitation des Sergens établis par les Seigneurs Hauts-Justiciers. MENER , v. a. [DucereJ Conduire d’un lieu à un autre. Conduire. ( Mener au combat. Abl. Arr. I. i. Si vous me menez au bout de Paris en carosse, qui me ramènera ? Mener une Dame à la promenade. Scar. Mener l’avant. garde. Abl. Ret. I. 4. c. 1. Mener le carosse. ) MENER un cheval au galop, f Equo ferri cursu in- citatijjìmo. ] C’est le conduire & le faire aller au galop. ( Mener un branle. Mener du bétail. ) * La bonne vie méne en Paridis. La prodigalité méne à l’hópital. ) MENER un homme par le nez. [DucereJ C’est-à-dire, le tromper, en faire tout ce qu’on veut. C’est un homme entre nous à mener par le nez. Mol. ) t MENER par un chemin ou il n y a point de pierre. C’est poursuivre vivement un homme fans lui pardonner. MENER la table. £ Chartres coaptare. ] Terme de Cartier. C’est assortir les cartes & les plier. * MENER. [Murmur excitarej Ce mot, en parlant de bruit, signifie faire. ( Chantons, rions, menons du bruit. S. Amant. ) * L’or U d argent ne les menent piu. [Non ducuntur attro. ] Vaug. Quin. I. 4. c. 2. C’est-a-dire, que l’or & l’argent n’on't nul pouvoir fur eux. * MENER une vie scandaleuse. [ Luxuriosè agere. ] C’est faire une vie scandaleuse. * MENER quelqu’un rudement, f Duré alìquem ha- bej'e. ] C’est le maltraiter , en user rigoureusement envers lui. * MENER. [ Aster iùs traclare. ] Ce mot en parlant d’armée , veut dire batre rudement. ( Les Perses menoient rudement la Cavalerie Thessalienne. Vaug. Quint. L 3. ch. n. ) * MENÈR. [ Exrrcitum age-rej Chasser en batant. (II menoit batant & taillant en pièces une multitude d’ennemis. Vaug. Quint. I. 3. c. 11. ) MENER les brus. [Brachia exercere.] C’est-à-dire, travailler à force de bras. ME'NETRIER, f m. [ Tibicen .] Joueur de violon. Le mot de ménétrier est vieux & ne fe dit guère qu’en burlesque, dans la satire, Ou dans quelque façon de parler consacrée. (Ainsi on dit saint Julien des menetriers. ) (f ME'NE'TRIER. Ce terme est fort en usage parmi les gens de campagne. Le P. Labbe le dérive du terme mìnisterialis à ministrando, ou, comme quelques- uns disent en raillant, ,, parce qu’ils font des cher- ,, cheurs de menestres, d’autant qu’il est vrai, & il ,, a même passé en proverbe, qu’ils aiment mieux la maison d’autrui que la leur. ” L avilie a une autre pensée, page 69. Vax ejì corrupta ; pendet autem à duabus , mimo U hijhione. Nos hellénistes le font venir de favíç- sç, nuptiarum conciliator , ,, d’au- ,, tant que les ménétriers font emploiez aux noces, ,, comme auisi les cuisiniers & les échansons , que „ personne n’oseroit apeller nuptiarum conciliator es, „ (J ." Nos peres disoient ménestrel. f MENEUR , f. m. [ Ducíor. ] Celui qui méne. Ecuier, cocher. (Madame avoit un meneur, mais Mademoiselle n’en avoit point. Le trop hardi meneur ne sçavoit pas de Phaëton l’histoire & piteux cas. Volt. po'êst ) MENEUR d’Ours. [Ursorum achrj Homme qui méne des Ours dans les rués pour donner du plaisir au peuple. Messieurs de l’Académie prétendent qu’au sens figuré il fe dit d’un homme mal bâti & mal vêtu. Mais l’Auteur de l’Apoth. du Dict. croit qu’ils se sont trompez, que ce mot signifie un homme qui porte toujours un habit de même couleur, comme font ceux qui menent les Ours , de crainte que ces animaux venant par ce changement à les méconnoître , nc fe jettent fur eux. f MENEUR de ciseaux. C’est chez les Faiseurs de cartes à jouer, l’ouvrier qui rogne les feuilles de grandeur après qu’elles ont été peintes & lissées , pour en composer des jeux. MENEUSE , s. f. [DufîrixJ On apelle à Paris une meneuse, celle qui méne aux recommanderesses, des nourrices qui font des environs, & jusqu’à dix ou douze lieues de Paris, & à laquelle la nourrice qui a trouvé un nourrisson donne 25. ou 30. fols pour sá peine, MEN 417 & il n’y a presque point de quartier un peu éloigné de Paris qui n’ait fa meneuse , à qui toutes les femmes qui veulent être nourrices s’adressent pour les conduire à Paris. La meneuse va tous les mois, ou tous les deux ou trois mois chez les peres & les me-í res des nourrissons quérir les mois de la nourrice, & on Lui donne, outre le mois, un fol pour livre. La recommandereffe ne donne rien a là meneuse, mais quelquefois & par honnêteté seulement, si la meneuse lui a donné de bonnes nourrices , elle donne des étrennes à la meneuse. ( Une bonne & fidele meneuse. ) î MENIANTE, s si c Menyanthes. J Plante qui croît dans les marais. Ses feuilles font attachées trois à trois fur une longue queue, semblables à celles des fèves. II s’éleve au milieu de ses feuilles une tige à la hauteur d’un pied & demi. Cette plante porte des fleurs faites en cloche de couleur blanche tirant fur le purpurin, qui font suivies par des se- niençps ovales, rousses, d’un goût amer. La meniante convient à toutes les maladies causées par des obstructions, comme la jaunisse , elle est bonne contre l’hypodrisie, la colique & le scorbut. Elle se prend en poudre ou en décoction. t MËNIN, / tu. Alenine. f. f. [ Puer honora' ritts. J Mot qui vient d’Espagne où l’on nomme Me- ninos, c’est-à-dire, mignons ou favoris de jeunes en- fans de qualité qu’on met auprès des Princes pour être assidus à leur faire la Cour. ( Le Marquis N. eílMenin de Monseigneur le Dauphin. ) t MENINGES ! f f. [ Méningés. ] Terme de Médecine. Ce font des tuniques ou membranes qui envelopent le cerveau. On les apelle communément la pie mere & la dure tnere , par raport aux Arabes qui les nomment meres. MENIPE'E. Voïez Satire. MENISQUE, adj. [Meni/ceus.J Terme á’Optique. Figure d’un verre de lunette qui est convexe d’un côté , & concave de l’autre. MEN OLE, f m. p Manis. J Petit poisson que quelques-uns disent naître de l’écume de la mer, & d’autres avec plus de raison de petits œufs. D’autres poissons de même espece qui se trouvent dans cette écume qui viennent à éclore par la chaleur. MENOLOGE , f m. [ Menologium. J Mar- tirologe des Grecs. Ce mot est Grec , il vient de (atu Mois , & de ÁÍyoç Discours. î MENON, f m. Animal terrestre à quatre pieds, semblable au bouc ou à la chèvre, qui se trouve particulièrement dans le Levant. Sa peau sert à faire le Marroquin. t MENOTE , st f. Mot burlesque pour dire main. Main d’enfant. ( Donnemoì ta petite meno- te, que je la baise. Molière. ) MENOTES. C Ferrea manica. J Fers qu’on met aux mains des prisonniers & des criminels. ( On lui a mis des menotes. ) MENSAL, Mensale, adj. Ce mot qui vient de mensalis est feulement en usage au féminin , en termes de Chiromance. La ligne mensale est une ligne qui traverse le milieu de la main, depuis le second doigt jusqu’au petit. MENSE , s.s. [Men sa J Prononcez manse. Ce mot se dit en parlant d’Évêques, d’Abez & Chanoines, & il signifie, Revenu, Table. (Mense Abatiale. On a retranché les bénéfices qui font unis à la mense, ou des Evêques, ou des Chapitres, Patru, pi. 4. ) MENSOLE , s. f. [Caméra tholus .J Terme d’Ar- chìteHure. Clef de voûte. C’est la pierre qui est au milieu d’une voûte , qui la ferme, & qui l’arrête, & qui est quelquefois en saillie. MENSONGE, si »t. [MendacîumJ Prononcez mansonge. Bourde. Menterie concertée. Chose fausse & étudiée. (C’est un mensonge.) II est ennemi du mensonge. Arnaud. Le mensonge ne tombe pas aisément dans l’ame d’un Prince. Abl. Arr. L x. Le mensonge est indigne d’un honnête-homme. Le mensonge est tellement connu pour un vice, que ceux qui aiment le plus à mentir, le condamnent. LaSuze, recueil de pièces galantes. Le mensonge est odieux. Faire des mensonges, c’est mentir. Dire des mensonges , c’est rapor- ter des mensonges dont on n’est pas Fauteur. Tarn. II. Ggg J’at ai 8 MEN r ai rivé que vous m’aimiez mais ce n’est qu'unfinge, L amour m’a voulu flater d'un si doux mensonge. ) Faire un mensonge, & dire un mensonge, c est mentir. MENSONGER, mensongère, adj. [Mendax , fallax .] Qui ment, qui trompe, faux. ( Illusion mensongère. S. Cir. Vow êtes sans arrêt, soìble, vaine, legere , Inconstante, bizarre,ingrate, mensongère. Volt. poës.) Les gémissemens ne sont bien souvent que de vaines montres d’une douleur mensongère. Outre la vanité de son art Mensonger. La Font. ) MENSTRUAL, mexjlruale, ou menstruel, menstruelle , adj. [ Menstruuí. J L’un & l’autre se dit, mais menstruel est le plus doux. Prononcez manfiruel. Ce mot est usité en parlant du sang , dont la Nature purge tous les mois les femmes & les filles qui sont en âge & qui se portent bien. ( Les bonnes nourrices ni les femmes grosses n’ont point de sang menstruel. ) MENSTRUës, s s. pi. [ Menstrua. ] Prononcez manftruis. Ce mot n’a point de singulier, il vient du Latin , & il n’est pas fi usité que ceux de mois , de purgations, d’ ordinaires. II signifie les purgations que la femme qui se porte bien & la fille qui est en âge ont tous les mois. (De tous les animaux , si l’on en excepte quelques guenons, il n’y a que les femmes qui aient des menstrues. Elle a ses menstrues, & c’est une marque de Santé. Ses menstrues commencent à couler. Ses menstrues se sont arrêtées. Mauri- ceau , traité des femmes grosses. ) f- MENSTRUës. Terme de Chimie. On apelle ainsi tous les dissolvans. L’esprit de sel est le mcnstruë de l’or. ) En ce sens menstruë est masculin. MENTAL , mentale, adj. [Mentalis.] Prononcez mantal. Qui se fait en esprit & sans proférer de paroles. (Oraison mentale. S. Cir. Restriction mentale. Pasc. lib. 9. Sur cent pieux devoirs, aux saints elle est égale, Elle lit Rodriguez, fait l’OraiJbn Mentale. Despr. fat. xo. ) MENTALEMENT , adv. [ Sol a mentis cogitatione. ] D’une maniéré mentale. Ils enseignent de raporter mentalement à l’image de Jesus-Chrift les adorations qu’ils rendent à l’idole. Pasc. I. ) MENTE , s. s. [ Mentha. j Prononcez mante. Sorte d’herbe odoriférante. 11 y a de plusieurs espèces de mentes. ( II y a de la mente cultivée, de la mente sauvage, de la mente panachée. ) MENTERIE, s. f [ Mcndacium. ] Prononcez manterie. Bourde. Mensonge. ( C’est une grande menterie. Dire des menteries. ) MENTEUR , s. m. f Mendax. ] Qui ne dit pas vrai. Lourdeur. ( C’est un vrai menteur. Les Poètes anciens ont été de grands menteurs. Les voyageurs sont souvent menteurs. Je ne voi rien en vous qiìun lâche, un imposteur, Uu traître, un scélérat, un perfide, un Menteur. Despr. ) II faut qu’un menteur ait bonne mémoire. Proverbe* II est menteur comme une Oraison funebre, un Pané- girique, ou une Epitre dédicatoire. Proverbe. II ment comme un arracheur de dents. Proverbe. MENTEUR, menteuse, adj. [Vaniloquusf] Trompeur. Qui semble promettre quelque chose de bon, & n’a rien de bon en effet. (Un insigne menteur. Sa phisionomie est menteuse, car il a la mine d’un hon- nête-homme & c’est un fripon. L’Almanac est souvent menteur. Pline le menteur. ) MENTEUSE, f. s. [Mendax.] Bourdeuse. (C’est tine franche menteuse. ) . MENTION, f f. [ Mentio. ] Prononcez man cion. Faire mention , c’est parler & se ressouvenir d< quelqu’ uni ou de quelque chose. (Ila fait mentior j àus ses écrits. Faire une mention hono< rabte de quelqu’un. Ablancourt. ) • ment ’onnee, adj. [Commémorants. mentionn '' ] fr d ° nt on a P arIé ‘ ( L ’ avfs ci-dessuí t MENTIONNER, a . J [ Meminilfe ] l 1 signifie sair_e menuon , mais il ne se dit euére MENTIR, ... [***« iSc te d-à (J MEN est honteux de mentir. II lui a dit qu’il avoit menti. On ne gagne rien à mentir que de n’être pas cru quand on dit la vérité. Abl. Apoph. II y a des dévots indiscrets qui mentent par charité en faveur des Saints qu’ils aiment tendrement. Thiers, dijf. fur le portail des Cordeliers de Reims , c. I. ) MENTON , f. m. [ Mentum. ] Prononcez manton. Ce mot se dit proprement des personnes. C’est une éminence aiguë au-dessous de la lèvre de la mâchoire inférieure. * Pourquoi tant faire de menaces, & lever si haut le menton ? Sar. Poës. . Mais je voi fur le début du Prêne Que ta bouche déja s’ouvre large d!une aune, Et que les yeux fermez tu baist'es le Menton. Despr.) * Lever le menton à quelqu'un. [Fulcire fortunam ali. cujus.] C’est le soutenir, & l’apuier de Ion crédit. MENTON. Terme de Fleuriste. Ce mot se dit d’une certaine fleur qu’on apelle Iris bulbeuse, & il signifie les extrêmitez des trois feuilles qui panchent vers la terre. Iris qui a les mentons jaunes mêlez de blanc. Marin, traité de; fleurs, p. 20x. MENTON. C Pars labrì inferioris. ] Ce mot se dit d’un cheval. C’est la partie de la lèvre de dessous. So/eisel, Parfait maréchal. MENTON. Un habile Académicien pense que le : mot de menton se dit aussi du bufle. 11 à écrit dans la vie de Commendon, L 2. c. 13. p. 94. Lorsque le bufle est irrité, une toufe de poil lui pend au menton. Le mot de menton ne vient pas fort bien là; & quand cet habile Académicien auroit pris un autre tour, il n’auroit peut-être pas mal fait. MENTONNIERE, f. /. [ Paropidis inferior fafeia. ] Morceau de tafetas, de velours, ou de toile qu’on met au bout d’un masque coupé. C’est aussi un morceau de linge large de trois doigts qui a deux petits cordons, & qui sert à bander le menton des Dames lors- qu’elles se coifent. ( Une belle mentonnière. Quelques-uns apel/ent cette mentonnière un bridoir, mais la plupart sont pour mentonnière. MENU, menue, adj. [ Evilis , tennis, minuttss. ] Délié. Peu gros. ( Avoir la jambe menuë. Cela est menu. Couper bien menu. On dit du menu bois, du menu linge. Poussière menuë. Dragée menuë. Lettre menuë. Vendre le gros & le menu. Vendre en gros & en menu , &c. ) MENUS droits,]', m. [Venaticorum canum efcaprx- daria. ] Terme de Chaste. Ce sont les oreilles d’un cerf, les bouts de la tête, le mufle, les dentiers, le franc boyau & les neuds. Sal. MENU, / m. Terme de Rôtisseur. Ce sont les foyes & les ailes des poulets & des chapons qu’on vend au bourgeois pour fricasser. ( Un bon menu. Une fricassée de menu. ) * MENUS, s. m. Ce mot , en parlant du Roi, signifie menus plaisirs. ( Avoir quatre cens livres de gages sor les menus. Trésorier des menus. ) MENUS plaisirs. Petits divertissemens. (11 a cent écus pour ses menus plaisirs. ) * Menu , menue. [ Plebecula. ] Ce mot se disant du peuple , signifie le petit peuple. ( * Le menu peuple s’expose à discourir de toutes choses. Voi t. poës. t Par le menu. [Singulatim.] C’est en détail. (Comparer en détail & par le menu. Talemant, Plutarque, tome 2. Tu le seau ras en considérant par le menu pourquoi on a besoin de chaque chose. Abl. Luc. t. J. On dit proverbialement. (II pleut dru & menu. C Crebrà çef conscise. ] Haché menu comme chair à pâté , pour dire qu’on a cruellement massacré quelqu’un. ) MENU vair., s Petasatum tenue. Terme de Blason. C’est un écu chargé de vair, lorsqu’il est composé de six tires ou rangées , parce que le vair ordinairement n’en à que quatre. fst 11 est vrai que le vair est la seconde panne du blason , & il y est presque toujours d’argent & d’azur, comme l’hermine est presque toujours d’argent & de fissile. Le vair est la peau d’un petit écureuil du Septentrion ; il a le dos grîs, & le ventre blanc; ces deux petites peaux jointes ensemble , font la figure de nos vairs des armoiries. On l’apelle en latin Parut, soit à cause de la diversité des deux couleurs, grise & MEP & blanche, ou par quelque fantaisie de ceux qui ont commencé à blasonner. Le menu vair étoit fort en usage parmi nos peres ; ils en faifoient des doublures de leurs habits, & même des couvertures de lit. Joinville raconte qu’étant alé voir le Seigneur d’En- trache qui avoir été blessé, il le trouva gisant sur son couvertoir de menu ver dont il étoit envelopè. Ces vers d u Roman de Garin , & qui ont été raportez par Mr. du Gange fur cet Historien , nous font connoî- tre que l’on mettoit les fourrures au rang des plus précieux meubles : I.es palefrois, les muh les roucines , Coûtes de foie, couvertois hermines , [f c. Voïez le reste , page 65. î MENUAILLE, f f- Quantité de petites mo- noïes. ( k aïe r une dette en menuailles. ) ^ MENUAILLE, fe dit aussi d’une quantité de petits poissons. MENUET , f »!. [ Placida , demiffa faltatio. ] Sorte de danse courante. ( Danser un menuet. ) MENUET, signifie aussi un air à danser, dont la mesure se bat à trois tems. MENUISER , v. a. [Tenuare, extenuare, minu- tariam exercere. ] Travailler de l’art de Menuiserie. II est peu en usage. Ce mot vient du Latin minuo. MENUISERIE, f f [ Intejìinum op w. ] Ouvrage de Menuisier. ( Une belle menuiserie. ) f MENUISERIE, se dit aussi de l’art de menuisier. (Cet ouvrier entend bien la menuiserie. ) MENUISIER , f m. [Faber operis inteftini .]] Artisan qui travaille en bois, & fait plusieurs sortes d’ouvra- ges travaillez délicatement, & servant à l’Arcbitectu- re civile. ( Un bon Menuisier. ) MEON , s m. [ Anethum tortuosum. ] Plante qui croît en Bourgogne , dont la racine ressemble à celle de l’Angelique , à laquelle on la substitue quelquefois. SE ME'PRENDRE , v. r. [Errare.] Je me méprens , je me fuis mépris , je me mépris. Se tromper. ( II s’est lourdement mépris. II fe méprend en plusieurs choses. ) ME'PRIS , f m. [ Contemptus.] Jugement, opinion, & action d’une personne qui ne fait point de cas d’une chose. II y a trois sortes de mépris , le dédain , l’importunité & l’affront. (Un grand mépris. Tomber dans le mépris du peuple par quelque lâcheté, Mémoires de Monpeur le Duc de la Rochefoucaut. Faire mépris de quelqu’un. Ablan. 11 a traité cela de mépris. U a dans l’ame du mépris pour la plupart des grands. Cleopatre, afin d’obliger Antoine à être magnifique , affectoit des airs de mépris pour ses repas. Citri s Triumvir ai part. chap. 12. i Le mépris de l’ennemi est avantageux au soldat. Rien ne lui releve plus le cœur L l’audace, & ne redouble d’avantage ses espérances pour la victoire. Un Général doit l’inspirer à ses troupes ; mais s’il s’en remplit lui-même la tête, il court risque de le faire tomber sur lui-méme, parce qu’alors il est ennemi des précautions, & qu’il va trop vite dans les choses qui demandent beaucoup de prudence & de circonspection. Polybe de Folard, ME'PRISABLE , adj. [ Contemnendm. ] Digne de mépris. ( Un homme méprisable. Cela rend les gens méprisables. ) MEPRISANT, méprisante , adj. [ Fasidiosus con- temptor. ] Qui méprise. Elle a l’humeur fiére ct méprisante. Ahl. ) ME'PRISE ,ff- [Errer, hal'ueinatìo.] Erreur. Faute. (Une méprise grossière. Une grande méprise. Une terrible méprise. Reprenons ce que vous m’a- vez dit, de peur de méprise. Paf. I. 7. Comment avez-vous laissé glisser une méprise si grossière. Boi- leau , avis à Ménagé. ) ME'PRISE', méprisée , adj. [ DescHus. ] Choie ou personne qu’on méprise. ( II est méprisé de tout le monde. Les richesses ont été méprisées par des hommes fort sages. ) ME'PRISER , v. a. [ Desicere, contemnere. ] Avoir du mépris pour une personne, ou pour quelque chose. ( Mépriser les richesses. Mépriser l’orgiieil. Mépriser ie faste. Mépriser ceux qui nous méprisent. ) MER, /• /• [ALquor, mare.'] Assemblage de toutes lç$ eaux qui sont sous le Ciel. (La mer proprement est MER 419 une partie de l’Ocean, qui prend son nom des terres qu’elle arrose. Four. La Mer croît & décroît, hausse & baisse. Mettre trente vaisseaux en Mer. Voit. poéf La mer répond par ses rougissemens. Racine, Ipbigenie, acl. 3. Tenir la Mer, Ablanc, C’est un bon homme de Mer. ) ff C’est une question autrefois agitée, si la mer peut être possédée à titre de propriété & de jurssdiction. Seldenus & Grotius ont épuisé la matière, le premier dans un traité intitulé Mare clausum, & le second sous le titre Mare liberum. Selon la Jurisprudence Romaine, la mer est une des choses qui sont communes à tous les hommes, mais dont les rivages apartiennent au Peuple Romain. /. 5. js. ne quid in loco puhlico. En éfet, comment pourroit-on aquerir la propriété de la mer? On ne peut aquerir que par une possession réelle, ct l’on ne peut concevoir comment on peut posseder réellement & actuellement la vaste étendue de la mer. D’ailleurs, peut-on alléguer une possession paisible, la mer étant un téatre où l’on a vû dans tous les tems des combats , des violences , & des larcins exercez , qui seroient autant de troubles & d’interruptions de la possession ? 11 n’en est pas tout-à-fait de même de la juridiction; ct je croi avec Grotius, que cette juridiction n’elt point contraire au droit des gens, pourvû qu’elle soit bornée dans un golfe, ou dans un modique espace de la mer. II faut donc, ce me semble, s’en tenir à cette décision, que la mer est du droit des gens, c’est-à-dire, commune à tous les hommes ; que les rivages font sous la jurssdiction du Souverain, qui y peut imposer des tributs & des péages, soit à cause de la sûreté que les étrangers y trouvent, soit pour le dédommager des soins de les garder, d’y tenir des feux alumez pendant la nuit, & d’y métré des balises & des bouées pour marquer les endroits dangereux qui sont à l’entrée des ports, soit enfin parce que le terrein est son domaine : & s’il est vrai , comme il est décidé dans la loi il-Js. comm. prœd. qu’un particulier puisse, en vendant son fond , imposer cette servitude que l’aquereur ne pourra point pécher de thons dans Retendue du fond vendu, un Souverain peut avec plus de raison exiger de ceux qui usent du rivage de la mer, une certaine redevance. Tenir la mer. C’est courir en haute mer, loin du port & de la Rade. On ose tenir la mer devant les Anglois & les llollandois joints ensemble. IIriy a plus de mer. C’est-à-dire, la mer est calme. Coups de mer. [Violenti fiucíiu] Ce sont des agitations violentes des houles, c'est-à-dire, des vagues que le vent pousse les unes contre les autres. Tems de mer. [ Iratum mare. J C’est-à-dire , un orage, une tempête. Mettre à la mer. [Vêla facere.] C’est faire voile. La mer noire. C’est le commencement du flot. La mer refoule. C’est le reflus de la marée. La pleine mer , ou la haute mer. [ Altum mare.] C’est celle qui est éloignée des rivages. On peut voir les noms particuliers des diverses Mers qui sont autour & au dedans des grands Con- tinens dans les traitez d’Hidrographie & de Géographie. Un ancien disoit que la mer étoit agréable , mais qu’il faloit la regarder du port. Apoth. des Anciens. Le P. Bouhours, dans son Entretien de la Mer , a dit que lorsqu’Ariste & Eugene vinrent sur le bord de la mer, elle étoit alors pleine, [f n'étoit point trop émisé. C’est dans la pensée de cet ancien qui ne vouloir voir la mer que du port, que le P. Bouhours dit qu’i/ n’y a rien qui touche qui divertijje même d'avantage, que de voir un navire servir de jouet aux vents x-f aux vagues. Cruel divertissement ( dit l’Auteur de la Critique des Entretiens d’Ariste & d’Eugene ) de prendre plaisir de voir un vaisseau dans Forage, & tant de monde en danger de périr. Et il ajoûte en raillant,que l’Auteur entend qu’il n’y ait personne dans le vaisseau. * MER. Ce mot est fort usité au figuré. Exemples. ( * Tous avons ajfez vie dans la mer de ce monde , Errer au gré des flots notre nef vagabonde. Racan, Bergeries. ) * Je m’embarquai dessus la même mer , Où j’ai pensé tant de fois abîmer. Voit. poéf. j Courir les mers d’amour de rivage en rîvagt. Sarasin, ) Tom. U, °gg * Pour 420 MER * Pour moi sur cette mer qu’ici- . Je songe à me pourvoir d esquifs & d avirons. J Desp. E P . ) (* Avaler la mer & les poisons. C’est-à-dire, ab- ( * p 0 yter de l’eau à la mer. C est-a-dire , porter quelque chose en un lieu où il y en a deja une grande abondance. ) . MERCADENT, f m. IMinutm propola .2 Terme de Mépris , qui marque un marchand de legeres Merceries, ou un marchand ruiné. MERCANTILLE, f f- L Mercatura. 3 Terme de Négoce , qui ne se dit qu’en cette phrase. Ç eit un homme de profession Mercantilìe , c’est-à-dire, qui fait commerce ou marchandise. 4 = On dit aussi, Arithmétique mercantilìe , pour distinguer celle qui n’est propre qu’aux Marchands , d’avec celle des Astronomes & des Geometres. 4 - MERCANTILLEMENT, adv. D’une maniéré rncr- cantille. On le dit en ce sens ; il parle , il écrit y il s’exprime mercantillemcnt ; pour dire , qu’il parle, qu’il écrit, qu’il s’explique selon les maximes , les usages & les termes qui font afectez aux Marchands ou Négocians. ch MERCANTORISTE, adj. On le dit quelquefois de la maniéré de parler d’un Marchand. (Stile mercantoriste. Savary. ) MERCENAIRE, adj. [ Mercenarius , opéra. ] Qui sert pour récompense. Qui sert pour de l’argc-nt. ( Í1 ne faut pas retenir le salaire des mercenaires. Le monde est plein de personnes mercenaires. On ne reconnoít jamais mieux qui font les vrais Pasteurs, & qui font les Mercenaires , que dans les occasions de persécution. Jamais le Pasteur n’est plus attaché qu’alors à son troupeau ; jamais le Jvlercenaire plus prompt à l’abandonner. P. Quefnel, Refl. * ( Ame mercenaire. Molière. Avoir l’cfprit bas & mercenaire. Ablanc. ) MERCENAIREMENT , adv. [ Mercenarium in ma - dum. J D’une maniéré mercenaire. MERCERIE,/ /• [ Minutœ merccs. J Toutes sortes de marchandises de Mercier , laquelle consiste en serges, en taffetas, rubans, fil, soye, &c. (La Mercerie n’est pas si bonne aujourd’hui qu’elle étoit autrefois. ) 4 = MERCERIE, se dit aussi du Corps des Merciers, qui est le troisième des six Corps des Marchands de Paris. * MERCEROT, f. m. 3 Minuta mercis propola\ Petit Mercier, Mercier de Campagne, ou de menue marchandise. (C’est un Mercerot. ) Et il se dit le plus souvent par mépris. ( Ce n’est qu’un Mercerot. ) _ MERCI, f /• [Fenia.J Ce mot n’a point de pluriel, & fignifi e, pouvoir, pardon, pitié',miséricorde. Crier merci. Remettre quelqu’un à la merci de ses ennemis. Voit. I. y. Se remettre à la merci de la mer & des pirates. Voit. I. jy. Etre à la merci des bêtes farouches. Vaug. Quint. I. 9. Fait d’eux, fans aucune merci ce que les Grecs firent à Troye. Sar. poês. II n’est orgueil endurci Qu’à tes pieds elle n’aterre , S’il n’implore la merci. Mal. pocs. ) MERCI. C Gratia. J Grâce. (J’en suis quitte Dieu merci. Gomb. Epi. Quelque rare que soit le mérité des belles , Je pense Dieu merci qu’on vaut son prix comme elles, Mol.) ts Mr. de Segrais, Egl. 1. Ce berger acablé de son mortel ennut , Ne se plaisait qu’aux lieux aussi tristes que lui , Errant à la merci de ses inquiétudes , &c. Et Maynard : Nos beaux soleils vont achever leur cours , Livrons nos cœurs à la merci d’amour. On diroit aujourd hui, à la merci de P amour. Pr^c2SrV£ W ‘ÍÌst™ a M m u Ut T Um -‘ merchm '-ï près, trafique detoute R M ? rchand » a “ drap rubans, de soye, de fil & c e ,*f] ges .’ de tasetas, de 4 - MERCIERE, f. f & M a J U| L ric be Mercier. ) t ■> J !• Marchande qui vend tn ton- MER tes sortes de marchandises dépendantes du corps ds la Mercerie. . MERCREDI- Voïez Mécredi. MERCURE , f- m. [ Mercurius .3 C’étoit, selon les fables des Payens, un Dieu Fils de Jupiter & de Mars, & celui qui faisoit tous les messages des Dieux. On croît que c’étoit ce Mercure , que les anciens Gaulois adoroient fous le nom de Tbeutates. (Ha, Ha ! C’est vous Seigneur Mercure, Qui vous eût deviné la dans cette posture. Mol. ) jfíf Mercure fi fameux dans la fable, est un composé de plusieurs Mercures. Cicéron, dans son livre troisième de la nature des Dieux en compte jusques à cinq. Le premier étoit fils du Ciel, & de Dia. Le second étoit fils de Phoronidé, surnommé Throphonius. Jupiter, Roi de Crete, & Maïa furent pere L merc du troisième. Le Nil fut le pere du quatrième. Et le cinquième qui tua Argus, & régna ensuite en Egipte. Ce nom de Mercure a été donné à plusieurs Livres, comme le Mercure François , le Mercure Indien , le Mercure Galant. II y a encore le Mercure Historique , & depuis .1704. l’on imprime tous les mois à Trévoux un nouveau Mercure François. Pst Benscrade dit un jour à un homme de qualité, à qui, après plusieurs combats dont il étoit sorti glorieusement, il étoit arrivé une fâcheuse avanture qui l’obìigea à tenir une dicte assez exacte : Quoi, Monseigneur , vous ne vous contentez pas d’avoir étést souvent dans la Gazette , vous voulez être encore dans le Mercure Galant ? MERCURE, f Mercurius, Mercuriì Planeta .] C’est le nom d’une des Planettes , qui est la plus petite & la plus proche du Soleil. Voïez Bion , usage des Globes. MERCURE. \_Hydrargyrum Mercurius. 3 C’est l’un des trois principes actifs de Chimie ; on le définit. Une substance liquide, acide, subtile & aérée, capable de pénétrer les corps les plus solides, tirée des mixtes par le moyen du feu. (Mercure purifié. Mercure sublimé. Voïez Glaser , /. 1. & L 2. On le nomme ordinairement vif argent. ) Fixer îe Mercure. Le Mercure dans le Baj-omettre monte jusqu’à 29. pouces , ( V. Régis Phyf. Bion, usage des Globes. ) f Fixer le Mercure. Ces mots au figuré signifient, arrêter l’inconstance &la legereté d’un esprit. MERCURIAL, Mercuriale , adj. [ Mercurìalis. J Qui est de la nature de Mercure. C’est un terme d’A- strologues , qui disent une étoile^ou une constellation mercuriale. Une personne mercuriale. Les Chimistes parlent d’esprits mercuriaux. Et les Pharmaciens appellent miel mercurial , celui où l’on mêle de l’her- be dite mercuriale. MERCURIALE , f. f. f Mercurialis .3 Sorte de plante qui croît parmi les champs & aux lieux cultivez. La mercuriale est une petite plante purgative qui a été apellée mercuriale, parce qu’on raconte que Mercure l’a découverte. II y a une mercuriale mâle , & une mercuriale femelle. Dalechamp dit des merveilles de la vertu de cette petite plante. Voïez t. 2. de P Histoire des Plantes , /. 16. c. 2. La Mercuriale femelle se nomme en Latin Parthenium. MERCURIALE, s Solemnis Mercurit animadversto Senatoria. ] Terme de Palais. Discours du Premier Président, ou de l’un des Avocats généraux dans les assemblées qui se font à la Grand’Chambre le premier Mécredi d’après la Saint Martin?, & le premier Mécredi d après Pâques, où le premier Président & l’A- vocat général font quelques remontrances aux Avocats & aux Procureurs fur les choses qui regardent le devoir des Avocats & des Procureurs. Les Mercuriales de Monsieur le Premier Président sont belles. Les Mercuriales de Monsieur Talon sçavantes, & celles de Monsieur Bignon polies & pleines de bon sens. F* MERCURIALE, f Objurgatio. J Réprimende. ( On lui a fait une rude mercuriale. ) MERCURIALE. [ Consestiu litteratorum .3 Se dit d’une assemblée de gens de Lettres qui se fait tous les Mécredis chez quelque personne sçavante où l’on parle de sciences & de nouvelles. ( Qn tenoit autrefois des Mercuriales chez Monsieur Ménagé. ) t MERDAILLE, f f. Terme populaire. Ce mot se^ dit en parlant des jeunes en fa n s. ( Quelle merdaiíle est-ce là ? pour dire, quels petits breneux sont-ce là ? MER- MER MERDE , s f. C Merda , Stercus humanum. ] Excrement d’homme. (Merde puante.) Quoiqu’on évite en composant l’usage de ce mot, Scarron dit toutefois en raillant fa sœur qui le me- naçoit de. manger jusques à fa chemise en plaidant contre lui : ( Soit que je gagne ou que je perde , Mon Dieu que j’aurai de plaijir De lui voir manger tant de Merde. Scarron. ) On apelle merde de Becaíse ce dont on fait des ragoûts. MERDE d’Oye , est une eípece de couleur entre le vert & le jaune. MERDE de fer, est ce qu’autrement on apelle mâchefer. La merde de fer est l’écume de fer qui ne fe peut refondre nì devenir fer. On l’apelle en Latin Stercus Ferri. On dit proverbialement, plus on remue la merde , plus elle pût, pour dire qu’ií ne faut point aprofon- dir une affaire où il y a du crime, de Bordure, de la deshonnéteté. On dit aussi, aux cochons, la merde ne pût point. MERDEUX , eufe , adj. [ Merda ìnfeHus. ] Souille, gâté, rempli de merde. Chemise merdeuse. Lange mer deux. MERE , s- f- [Mater. J Celle qui a mis au monde quelque enfant. L’aniinal femelle qui a fait des petits. ( Une bonne mere. Une niere pleine de tendresse. Une mere vigilante. D exemple darne Mere en qui la vertu brille , EJì la grande leçon dont profite une fille. Bourf. Esope. ) Belle-mere, s. f. [Socrus, noverca. ] Celle de qui nous avons épousé la fille. Celle que notre pere a a épousée en secondes noces. Grand-mere ,f. f. [Avia. ] Ayeule. (Une bonne grand-mere. Quoi! vous étés Grand’Mere, Amintc ? c’en est fait, Autant que je m’y puis connoìtre ; II ejì assez plaisant de travailler pour Vitre , Mais fâcheux de l’étre en effet. Pavillon. ) * MERE. Titre qu’on donne à la Supérieure d’u- ne maison Religieuse. (La mere ab elfe. ) Le mot de mere est aussi une qualité, qu’ont la plupart des Religieuses, Si que de certaines Religieuses fe donnent les unes aux autres lors qu’elles se parlent. On demande au parloir la mere telle. ) On apelle laYiergeMarie,L« mere de DieufDeipara.] La reine-mere. (Test la Reine Douairière. Chez les Payens, la mere des Dieux s’apelloit Cibele. Lu -mere des Amours & des grâces , c’étoit Vénus. * L’oisiveté est la mere de fureté. La Fontaine , Fable , /. ;. Cette nouvelle Babilone', cette mere d’impureté. Patru, plaidoié 4 . MERE laine. Terme de Mégiffler. C’est la laine qu’on prend de dessus le dos des brebis, & qui est la meilleure de la toison pour faire les matelas. MERE goûte. Terme de Vigneron. C’est le vin qui vient fans avoir été pressuré. MEREper/e. Terme de Joúaillier. C’est celle qui conduit toutes les autres qui font plus petites. Jlsapellent aussi mere de rubis , mere d’émeraude, les matrices, ou les pierres, dans lesquelles elles commencent à se former. f§ Les Jardiniers apellent mer es les grosses branches des arbres. 11 s disent, une mere branche , une mere coignajfe. MERE nourrice, f ìlutrix. J C’est une nourrice qui donne à teter à un enfant au lieu de la vraye mere. * La Bourgogne & la Beauce sont les tneres nourrices de Paris, c'est-à-dire, qu’elles lui fournissent du pain & du vin. MERE. Terme de Cbajfe. II se dit du trou de la taniere d’un renard, ou autre bête. (Une renardière na j’amais qu’une mere.) * MERE. [Matrix. ] Terme d z Médecin. C’est îa matrice. On dit qu’une femme a des maux de mere. On parle en Anatomie de deux membranes du cerveau , qu’on nomme la pie-mere Si la dure- mere. [ Pia mater , dura mater. J MER 421 MEREAU, f- m. [ Calcuktí, symbslum, tessera. ] Marque qu’on distribué à des gens pour servir à être admis en quelque lieu, ou pour témoignage qu’ils y ont été. Ceux .qu’on distribué aux Ecclésiastiques pour marque qu’ils ont assisté à l’Office , font ordinairement de plomb. MERELLE , marelle , s. s. [Madrelíum.] L’usage est pour merelle. On dit le jeu des merelks qui est une sorte de jeu de petits garçons, fait en maniéré d’échelle formée avec la craie, où les enfans qui jouent marchent à cloche-pied en poussant avec le pied une espece de palet. (Jouer aux merelles. Sar. pois MERELLE , s. f. C’est aussi un jeu qu’on joué fus un tablier distingué par plusieurs lignes , avec des dames ou autres marques, dont il faut qu’il se trouve un certain nombre en ligne droite. MERIDIANE , Méridienne , s f. [Somnus de me- ridie. J Ce mot nous est venu de l’italien meridiana. On dit l’un & l’autre ; mais on ne s’en sert guére qu’en parlant, & dans des discours familiers. Quelques personnes aiment mieux dire méridienne que mé. ridiane. Cependant les gens qui aiment à conserver les origines des mots font pour méridiane. Et j’en voi beaucoup de ce parti. La méridiane est le te m s qu’on dort agréablement l’aprèsdíné lors qu’on a pris son repas. Mais le chagrin Médecin N... condamne fans apel a mourir de mort subite ceux qui font la méridiane. £ L’Académie dit méridienne. ME’RIDIEN , méridienne , adj. f Meridìanus. ] C’est un terme d ’Asronomie Si de Géométrie. 11 signifie qui regarde le Midi. ( Cercle méridien. Plan méridien. Ligne méridienne. ) ME'RIDIEN , f. m. [Meridìanus circulus.] Terme à'Astronomie Si de Géographie. Ce nom se donne à tous les cercles de la Sphere qui passent par les deux pôles, par le Zenit & par le Nadir , & qui coupent í’Equateur à angles droits. On compte ordinairement trois cens soixante méridiens, dont chacun passe par un degré de l’Equateur. Le méridien de Paris. Les Tables Rodolphines ont été calculées pour le méridien d’Urainsburg , qui est le même que celui de Rome. ) Le grand méridien. [Meridìanus major.] Terme de ceux qui parlent de la Sphere. C’est un grand cercle fixe dans fhorison , dans lequel cercle le globe est suspendu à l’endroit des deux pôles, & qui par le mouvement du globe ou de la Sphere , sert à désigner le méridien particulier de chaque endroit de la terre, & sur lequel sont marquez les degrez de latitude. Le premier méridien, f Primus meridìanus. ] C’est celui des méridiens qui passe par l’Isle de Fer qui est l’une des Canaries , & duquel on commence à compter les degrez de longitude tirant de l’Occident vers l’Orient. ME'KIDIONAL, méridionale , adj. f Meridìanus , Aufirinus. ) Austral. Qui est au midi, qui regarde le midi. ( Plan méridional. Amérique méridionale. Le Pôle méridional. Latitude méridionale. Vent méridional. ) f MERÏGAL, f. m. Espece de monoïe d’or qui a cours à Sosai a & dans le Roïaume de Monomota- na. Elle pèse un peu plus qu’une pistole d’Efpagne. On dit que les mines de Sofala produisent tous les ans plus de deux millions de mérigaux. MERISE, f f C Cerafi duracina. ] Petite cerise. (De bonnes merises. Cueillir des merises.) ME'RISIER , f m. [ CerasusJylveflris. ] Cerisier qu! porte les merises. (Un petit ou un grand mériíier. ) Le bois du merisier est très-dur , & prend un. assez beau poli : fa couleur est d’un jaune un peu pâle. On en fait des ouvrages de tour, de tablete- rie & de marquetage. MERITE, f rn. [ Meritum.] Ce mot fe dit des personnes & des choses, & il signifie, qui a en soi quelque chose d’exceilent, ou de bon. C’est un homme d’un rare mérité. [ Ad unguem faflus homo.] Ab - lancourt. (Avoir du mérité. C’est une preuve du mérité & de l’excellence de ses ouvrages qu’ils se soient conservez jusqu’à nous. Ablo.ncourt , Luc. Fpitre Dédicatoire. Et Von peut pour époux refuser un Mérité Que pour adorateur on veut bien a sa suite. A22 MER Tes rivaux font vaincus , tu n’as point de pareil. Tout l’Univers François adore ton Mente. Main. poës ) De certains faux dévots la cabale bP^te Dans un air de réforme a mvs tout le Mente. Vili. ) * MERITE Personne de mérité. Gens de mente. (■Récompenser le mérité. Respecter le mérité. Aliéner le mérité. François I. étoic un Prince qux adorait le mérité. , r + Plus d’une sots Arijte éprouva de Jon tems Que les Mérités éclatons Ont rarement un Jort tranquille. Bouh. Rec. ) f Dans les afaires désespères on a recours aux gens qui ont du mérité & de la vertu : l’envie qui les faisoit négliger, cesse alors de les persécuter. Polybe de Mr. de Fo'ard. [f MERITE n’a point de pluriel. Quoique Malherbe ait dit , où l’beur aux mérités est joint , on vient pourtant de remarquer que l’on dit Les mérites du Sang de J. C. Les mérités des Saints. L’usage ìe veut ainsi. Mainard suivant Pexemple de son Maître Malherbe , a dit : Ponr un livre de cinq cens vers Où l’on ne voit que des ténèbres , Tu crois que par tout Vuuivers Tes mérités seront célébrés. Mais il ne faut pas imiter le maître , ni le diciple. Bien des gens pleins de mérité, mais peu heureux , se font consolez de leurs disgrâces, en disant qu’il su- fit de mériter les faveurs de la fortune. Le Tasse Fait dire à Regnaud, qu’il aime mieux mériter les couronnes , que de les conquérir : 1 gradi primi Piu méritai, che confeguir desto. On allégué souvent le beau madrigal qui fut fait pour le Prince de Condé, & qui finit ainsi : Si je n’ai pas une couronne , C 1 est la fortune qui la donne , II fufit de la mériter. Mais ne quitons pas encore le mérité > ce terme est fort usité , & il ne fera pas inutile de rnporter ici ce que l’on trouve dans nos faiseurs d’Observations, & de Remarques fur notre Langue. Le P. Bouhours a observé dans ses Remarques nouvelles, pag. 27;. que ce mot se dit de la personne & de la chose. On dit un homme de mérité ; on dit aussi le mérité d’un ouvrage, quoique nous ne disions pas un ouvrage de mérité. Ce terme se prend quelquefois pour des personnes de mérité , comme vertu pour les personnes vertueuses. Exemple. Les Princes sages U vertueux honorent le mérité U la vertu. II ajoute ensuire , que mérité se dit seulement au singulier, pour marquer les bonnes qualitez de l’esprit ou du cœur. Mérités au pluriel ne signifie que les éfets de la Grâce. Quoique mérité au singulier signifie autre chose que mérités au pluriel, il ne laisse pas d’avoir quelquefois la même lignification ; & nous disons bien dans un sens téolo- gique, le mérité des bonnes œuvres. Mais pour achever de vous instruire de l’usage de ce mot, voïez la fuite des Remarques du même Auteur, pag. 216. jME'RITER, V. a. [Mererist Etre digne de bien, ou de mal. ( Mériter punition. Ablancourt. II mérite d’être honoré de tout le monde. ) ME'RITER. [ Dignum este. 2 Signifie aussi valoir, être digne, avoir de bonnes ou de mauvaises qualitez, qui adrent l’honneur ou le mépris. ( La Géométrie de H. mérite bien d’être imprimée. Cette Dame mérite bien qu’011 l’aime, qu’on languisse pour elle. Ce livre ne mérite pas d’être imprimé, ni d’être conservé à la postérité. Un amant a tout mérité Quand il a le bonheur de plaire. La Sabl. ) Bien mériter de notre langue. Phrase qui est p Latine que Françoise. i) c 'P e f de terme. Terme de Banquier 1 teram -S est quand le pàipal gagne à cl terme íiisossà'L fi pn , nci P al & le § ain de terme terme , .mqua la hn d u payement. Que ques personnes disent méritant , pour m MER quer un homme qui a beaucoup de mérité & d’ef- prit. Mais je ne l’ai trouvé dans aucun Dictionnaire , avec le tems il pourra meurir. Cependant Pomey le raporte. MERITES. Ce mot au pluriel signifie les éfets de la grâce. (Les mérités de Jesos-Christ. Les mérités, ou le mérité des bonnes œuvres. Pelage rendoìt la grâce dépendante de nos mérités. Flech. ) MERITOIRE , adj. [ Pr.einio dignus .] Terme qui se dit en des matières de pieté. (Faire des actions méritoires. Cela est méritoire devant Dieu. C’est-à-dire, cela mérité quelque récompense. Ils disputoient si la vie active étoit moins excellente, ou plus méritoire que la vie contemplative. Patru, plaidoié. Les Protef- tans nient que les bonnes œuvres, soient méritoires. ) f MERITOIREMENT, adv. {Meritòst Avec mérité. (Pour faire une action nieritoirement, il faut qu’elle se fasse sans intérêt & fans ostentation. ) MERLAN , f m. [ Aftiiití mmor. ] Poisson de la mer Océane , qui a les yeux grands & clairs, les dents petites, qui est couveit de petites écailles, qui a la bouche moyenne & la chair molle & legere. ( Un merlan tout frais. ) Les merlans sont viandes de laquais & de postillons, parce qu’ils n’empéchent point de courir. MERLE. f. m. [MerulaJ Oiseau qui a raport avec la grive. ( On dit un merle mâle & un merle femelle. Le merle mâle est noir, & il a le bec & les jambes jaunes, mais le bec est d’un jaune qui tire fur le rouge. Le merle femelle est de couleur de soie, & a l’estomac semé de petites taches d’un blanc sale. Olina, page 29. dit qu’il y a des merles tout blancs ert Norvège. In Norvegia ei sono merle deltacío blanche. Le merle est excellent à manger. II chante agréablement , & aprend diverses chansons en les lui enseignant avec un fifiet. li bat le tambour, & joue de la trompeté. (Un beau merle. Un joli merle. On ne rencontre ame qui vive Hors quelque Merle ou quelque grive. Perr. Chasse. ) On dit proverbialement d’un homme fin & matois; C est un fin merle. On dit aussi pour marquer qu’on ne croit pas qu’une chose se puisse faire. Si vous faites cela , je vous donnerai un merle blanc. Acad. Fr. ) MERLE. [Oni/lus.] Poisson semblable à une perche de Rivière, qui a la bouche garnie de dents pointues & crochues, & qui est d’une couleur entre bleu & noir. MERLELLE , f. f. {Merulx fœminaé] La femelle du merle. On dit aussi merle femelle , ou la femelle du merle , mais à Paris les oiseliers disent une merlejfe. MERLETTE , f. f. [Merula mutila, j Ce mot signifie petit merie, L ne se dit qu’en termes de Blason. (Porter d’or à i’orle de huit merlettes de sable. Col. ) MERLIN , f. m. [ Funìculm triplex, 3 Terme de Marine. Eípece de cordage à trois fils qui sert à faire les rabans. On dit aussi merliner une voile quand on l’atache à la ralingue avec du merlin. MERLONS , f m. [ InterjeHus inter fermenterions enestr as peribolus. ] Terme de Fortification. Monceaux de terre qui sont entre les embrasures, dans le plein du parapet. MERLUS , f. m. {Maris Inclus .2 Poisson de haute Mer & qui croît jusqu’à une coudée. 11 a le dos gris cendré, le ventre blanc, la queue quarrée, la tête avancée & aplatie, les yeux grands, & l’ouverture de la bouche grande avec des dents aiguës & courbes. (Le merlus a la chair môle, & son foie est: très-délicat. Rond. ) L’Académie Françoise prononce merluche. f iflERLUT. On apelle peaux en merlut, les peaux de bouc, de chèvre & de mouton en poil & en laine, qu’on a fait sécher sur la corde, pour les pouvoir garder sans sc corrompre, en attendant qu’el- les puissent être passées en chamois, cn megie ou en maiToquin. MEROVINGIENS , f m. [j Merovimsti. ] On apelle de ce nom les Rois descendans de^meroùée, nommé Roi de France. Et ces Princes font la première race des Rois François. Les Mérovingiens ont régne depuis Fan 411. jusqu’en 752. Chikleric III. est le dernier Prince de la race Mérovingienne. Mezerai, Histoire de Fran'cc, t. 1. MERRIN, Mairrin, marri», f m. {Lìgnumstjst- le- 3 MER fc- 3 Marrìn ne se dit que par ceux qui parlent mal. luais merrin ou mcùrrin font bons tous deux. Le mer- rw eû une forte de bois qui n’est point propre pour bâtir, & dont on ne fe sert que pour des panneaux & d’autres ouvrages de menuiserie. (Merrin dur.) Ce mot vient du Latin materiamen. P. Labbe. MERRIN. [Cornua cervina digitata, clavata, fihula- ta.} En termes de Chase , il signifie la tête, ou la ramure du cerf, la tige' & la perche de chaque corne. MERVEILLE , s f. Prodigium, miraculum, mi- rabile , portentum, mìrum .] Chose merveilleuse. Chose qui mérité l’admiration. ( C’est une merveille que cela. Enfin parlant toujours cCAJlres Çfi de Merveilles ; De chef-d’ teuvres des Cieux, de beautez fans pareilles. Defor. Sat. 2. ) ($ Sur ces mots de la premiere scène du premier acte du Cid, apajjepour merveille; Meilleurs del’Aca- démie s’expliquent ainsi : ,, Cette façon de parler a „ été mal reprise par l’Obfervateur. " Le terme mer- veille étoit autrefois en usage, four tout-parmi les Poètes; les goûts ne font les plus mêmes, & je doute que ceux qui composent aujourd’hui l’Académie , rendissent le même jugement. * Promettre merveilles a quelqu’un. Voit.l. 16. C’est lui promettre tout ce qu’on peut pour le flater, ou pour lui faire acroire qu’on le servira fort. * Elle est la merveille de nos jeux. La Suze. Par tout où doit passer cette jeune merveille , les zé- phirs parfument les airs. La Su2e. Belle Philis, adorable merveille. t A merveille , ou à merveilles, adv. [ Mirum ìn modunt. ] Elle est plus belle quë leurs figuiers beaux à merveille,même que le port de Marseille. ( Voit . poef) Ce Diable étoit tout yeux U tout oreilles , Grand éplucheur , clairvoyant à Merveilles. La Font. ) On apelle les sept merveilles du monde. 1. Les murailles & les Jardins de Babilone faits par Sémiramis. 2. Les Piramides d’Egipte. ;. Le Phare d’Alexandrie. 4. Le tombeau qu’Artemise fit élever pour Mausole son mari. Le Temple de Diane d’Ephese. 6. Celui de Jupiter Olympien à Pise. 7. Le Colosse de Rhodes. MERVEILLEUSEMENT, adv. [ Mirabiliter, miri- ficè.j\ Avec admiration. Fort bien. (Euripide fait merveilleusement exciter la compassion. Racine, Préface fur Ipbigenie. ) MERVEILLEUX , merveilleuse , adj. [ Mirabilis , intrus. J Plein de merveilles. Admirable. ( 11 n’y a rien que de merveilleux en votre personne. Patru, Harangue à la Reine de Sûede. ) MERVEILLEUX, / m. [ Mirisicus. j Terme usité dans la Poesie Epique & Dramatique. Tout ce qui surprend l’esprit, & lui donne une admiration qui le charme. Ils ont introduit dans leurs Opéra, un merveilleux faux & éblouissant. S. Evremont, Opéra. L’Ariof- re a outré le merveilleux des Poèmes par un fabuleux incroyable. Le même. Un Auteur qui est fans cesse à Ja quête du merveilleux , doit du moins le chercher dans le vraisemblable. Mr. de Folard. Nos anciens se servoient d u terme merveilleux pour exprimer les choses les plus tristes & les plus fâcheuses. Alain Chartier a dit dans le Regret d’un amoureux : O Dieu , je te prie humblement , Puisque avoir ne puis allégeance De mon très merveilleux tourment. Octavien de saint Gelais dans son séjour d’honneur : En la dance un Tarquin orgueilleux, Et avec lui de Romains moult grand prejfe , Lequel commit un crime merveilleux, Quand par ardeur il viola Lucrèce, Philippe de Cousines a dit de même : Ils étoient bien fx mille hommes qui faifoient merveilleusement des maux. Ailleurs •• Et feit ceci par trois fois, tant défì- roit demeurer en cet état nageant entre les deux, car tous le craignaient merveilleusement. Dans le chap. 80. L’Anglais rien demeura point content , 0 ? dit un mot au Roi qui s’en courrouça merveilleusement. Et après : Le Roi d 1 Angleterre conçut une merveilleuse haine contre le Connétable. Le merveilleux, selon le langage des Poètes, est, comme l’explique le P. Rapin dans ses Réflexions fur la Poétique, „ tout ce qui est con- MES 423 ,, tre le cours ordinaire de la nature. Le vraiscm- „ blable, est tout ce qui est conforme à l’opinion ,, du public. Le changement de Niobé en rocher, -> tient du merveilleux ; mais il devient vraiscmbla- „ ble, dès qu’une divinité à qui ce changement n’est ,, pas impossible , s’en mêle. ” Aristote s’explique ainsi fur le merveilleux , ch. 24. 11 faut ( dit-il ) tâcher dans la tragédie d’exciter l’admiration ; mais il faut emploier, tous ses éforts pour la faire naître dans l’epopée, où l’on a une liberté toute entière, au lieu que dans la tragédie on doit garder plus de mesure , & de proportion que dans l’epopée, où nous ne volons pas les personnes agir, comme on les voit fur le téátre ; & lorsque les choses sont hors de notre vúë, tout ce qui est hors des bornes de la raison, est très-propre pour produire le merveilleux. Mais le P. Le Bossu a fort bien remarqué , liv. 3. cb. 8- du Poème Epique, que ce Philosophe n’a pas eu dessein de donner une pleine licence de pousser les choses plus loin que la vraisemblance, & que la raison: ain- fi ; ( ajoute-t-il ) ce que je conclurois de la doctrine d’Arillote, est qu’il prescrit aux Poètes Epiques & aux Dramatiques le merveilleux & le vraisemblable, mais de telle forte que les Dramatiques aient plus d’égard au vraisemblable qu’au merveilleux ; & que l’Epique au contraire donne le dessus à l’admirable. MES- [ Mei. J C’est le pluriel du pronom possessif mon, ma. ( Mes biens, mes livres, mes affaires, mes douleurs. ) MES. Particule qui se joint à plusieurs mots, noms ou verbes, , & qui change leur signification en pis , comme si l’on disoit mal. Les exemples se trouveront après en leur rang. MES AIR, / rn, Terme de Manège. Qui se dit d’un certain air qu’on donne au cheval en le maniant entre le terre à terre & les courbettes. t MESAISE, / / [ Incommodum.] Vieux mot pour dire Chagrin. Inquiétude. Etat fâcheux. Etre en mélasse. ) MESALIANCE , / f. c Impar connubium.'] Alliance. Mariage fait avec une personne de condition fort inférieure. ( Les méfaliances sont rares en Allemagne. Et comme j'aperçois de la Mesaliance Entre votre mérite ffi mon ìnfufifmce. Bouts. Esop.) ME’SALIER , v. a. [ Inaquali cognatìone fe devinci- re. J S’alier mal. Faire une alliance indigne de soi. ( II ne faut pas sc mésalier. II s’est mésalié, & il est blâmé de tout le monde. J’aime mieux être feule efi daus l’inaélion, Que de Mesalier ma conversation. Bours. Esop.) ME'SANGE. Volez mézange. MES ARRIVER, V. n. [Jnfeliciter cadere , fectis accidere. J Arriver mal. Mésavenir. (II a cru qu’il en pouvoit mésarriver. Patru, plaidoié. ) ME'SAVENIR, V. n. [Aliquid adverjì accidere.] Mésarriver. (Prenez garde qu’il n’en mésavienne. ) t MESAVENTURE , / /, C Adverfus castes. ] Mot vieux & qui ne se dit guére. II signifie mauvais événement. Malheur. ( Car étant de nature A piller ses pareils; mainte Mésaventure L’auroit fait retourner chez lui. La Font. ) ME'SAULE,/ m. Terme à!Architecture. Nom que les Grecs & les Romains donnoient à une petite Cour qui étoit entre deux corps de logis. Volez Vitruve. f MESCAL, / m. Petit poids, qui est la demi- dragme des Persans. 11 fait environ la centième partie d’une livre de France de seize onces. MESENTERE , f »r- [ Mefenterium. ] Terme d’Anatomie. Corps membraneux ou font attachez les intestins. t MESESTIMER, v. a. {Parvifacerefi N’es- titner pâs. Mésestimer une personne. Mésestimer quelque chose. ) MESINTELLIGENCE,// [ Dijfiâium, dif- cordia, J Mauvaise intelligence. (Cette périt mésintelligence 424 telligence ne lui ôta point l’esprit de justice. Patru, plaidoié 16. p. 651.) , , ch TVTF'T TNS, s- m- Especes de toiles de chanvre qui se febriquent en Champagne ME'SOFRIR> *■ [ Inaquaha ojserre.j Of- rir moins que la chose ne vaut. ( Si vous aviez dessein d’acheter, vous ne mesofrmez pas tant. ) + MESPLAT, mejplate, adj. [ Semiplanus. j ferme à’ Artisan , qui se dit des pièces d’ouvrages qui ont plus d’épaisseur d’un côté que d’autre , & particulièrement des pièces de bois de sciage. MESQUIN, Mesquine, adj. [Tenax, sordi- dui.l Qui n’est pas libéral. Qui est vilain. Qui est bas & avare. (C’est un homme fort mesquin. C’est une femme tout-à-fait mesquine. Cela est mesquin. ) £ Avoir l'air mesquin , la mine mesquine. C’est a- voir l’air bas, la mine basse. MESQUIN , mesquine. [Ineptus, abjetfus.'] _ Terme de Peinture , &c. Qui n’a point de bon goût. Qui est de petit goût. MESQUINEMENT , adv. [ Sordidè. ] D’une maniéré mesquine & basse. ( Vivre mesquinement. ) MESQUINERIE , f f. st'ada tenacius. ] C’est un vice contraire à la magnificence. (C’est une mesquinerie basse, honteuse & sordide. ) MESSAGE , f m. [ Mandatum, nuncìns. ] Ce cju’on ordonne à un messager de dire. Nouvelle. (Un heureux , un agréable message. Us lui vinrent conter leur message. Ablancourt , Ret. t. 2. S’ils ne font pas tous les messages où leur maîtres les envoient, ils perdent leur fortune. Pasc. I. 6. Car Junon même U le maître des Dieux Serviroient Vautre U seroient glorieux Du seul honneur de porter les Messages. La Font. ) MESSAGER , f m. [ Nuncius. ] Celui qui fait un message. Celui qui porte des lettres & autres choses, & va pour la commodité du public d’un certain lieu à un autre. ( Envoier un paquet par la voie du messager. Un messager sûr & fidèle. Chez les Païens, Mercure étoit le Messager des Dieux. Des désastres fameux ce Messager fidèle Sçait toujours des malheurs la premiere nouvelle. Deipr. ) í§ Les messagers des petites villes portent une médaille où les armoiries du lieu font empreintes. Cet usage est ancien. 11 est dit dans la vie de Bertrand du Gueselin, que le Duc de Lancastre lui envola un héraut pour le prier de le venir voir : Adone le herault s'en partit, lequel portoit à son col les armes de son Seigneur. MESSAGER. [Signum, indicium.J Se dit figurément des signes & des avancoureurs de quelque mal à venir. ( Les lassitudes spontanées & la pesanteur du corps font des messagers de quelque maladie. ) MESSAGERE ,sf [ Nuntia. ] Femme de messager. Celle qui fait quelque message. ( La messagere est fort lente & peu exacte. Une messagere d’araour. Iris étoit la messagere de Junon.) * L’Aurore est la messagere du jour. MESSAGERIE , f f. [Nuntia, nuntia .] Les Messageries publiques. (La Messagerie de Paris pour Lion continuera de partir pour la commodité du public. ) MESSAGERIE , f. f. Office de messager public. Revenu qui vient des Messageries. ( L’Université de Paris subsiste en partie des Messageriee. ) MESSAGERIE. Lieu à Paris où logent régulièrement certains messagers de Province ou de Ville, qui viennent à Paris pour la commodité du public. (Voilà la Messagérie de Lion, la Messagerie d’Or- leans. ) f MESSALINES S f f Toiles fabriquées e Rgipte, qui se vendent au Caire & à Alexandrie. , MESSE , f. f. [ Mijsa.] Le sacrifice du Corps i «u Sang de Jesus-Christ contenu fous les especes d L. c vin ’ avec la représentation de sa passion, ir nnnr I» r í ert P ar I^los-Christ esl Pbonneur de Dieu < ía Meflfi sa n CeS hommes - (La Sainte Messe. Dir MÍ& emeS Mess?^ h ** 0tìir 1 &Ìr C dHR Ch T e Ì0UT à la Messe Auteur du Roi dévotement s’empresse, Je le croi bien. > MES Mats qu il ne songe au Bénéfice Autant ou plus qu’au Sacrifice , Je -A en croi rien. Ab. Regn. ) f MESSE de Chasseur. C’est une Messe basse qui se dit à la hâte. f MESSE. Prêtre qui sort de la Sacristie pour aller dire la Messe. (Voilà une Messe qui sort de la Sacristie. Voilà une Messe qui passe, allons l’entendre. ) t§ MESSE des PrésanHifiez. Dans les Eglises des Grecs , & généralement dans toutes les communions des Chrétiens d’Orient, on tenoit des Assemblées dans l’Eglise tous les jours du Carême : mais on n’ofroit le Sacrifice que le Samedi, & le Dimanche. Dans les autres jours, le Prêtre se communioit des hosties qu’il avoit consacrées le Dimanche ; & c’est ce que l’on apelloit la Messe des Présanctifiez. Voïcz le P. Goart sur le Rituel des Gréés , Zonare U Balsamonsur le Canon ça. du Concile in Trullo. Ce terme , pré- sanélifié , marque l’ancien usage de ne pas consacrer dans certains jours & de se servir pour lors d’une hostie consacrée auparavant. Dès les premiers siécles du Christianisme, l’Eglise Occidentale donna le nom de Méfié au divin sacrifice, que l’Eglise Gréque apelloit & apelle encore Liturgie. L’origine de Messe est fort contestée. II est certain que Messe vient de Mis- sa, terme latin ; mais on ne convient pas d’où Mijsa a été formé. Les uns disent que c’est un mot Hébreu, tiré du seizième chapitre du Deiitcronome, où l’on trouve Mijsach nedaba ,, que son a traduit en latin par Oblationem ssontaneam. On trouve un juste raport de Mijsach avec Mijsa ; non seulement parcs qu’il n’y a aucune diférencè dans les lettres & dans la prononciation du mot, mais encore parce que le terme Hébreu dérive de mm, qui signifie un tribut , une redevance que l’on paie au Souverain , & que notre Messe est un sacrifice & une ofrande volontaire, que le Sauveur a faite de soi-même, par ses propres mains, dans l’intìitudon de l’Eucharistie. On ajoute, pour fortifier cette opinion, que l’obiation volontaire que l’on faisoit à Dieu le jour de la Pentecôte, & qui est nommée AsiAfi dans le Deuteronome, est apell ce sacrifice nouveau dans le Levitique ; & ce sacrifice étoit fait de deux pains de blé cueilli nouvellement ; en forte que cette oblation étant une figure de celle que l’on fait tous les jours dans l’Eglise, il est facile de comprendre que les Latins ont transporté le terme Missach dans leur langue. Cependant le Cardinal Bellarmin, dans son Traité de la Messe, désaprouve cette étimo- logie : car ( dit-il ) si le terme Mijsach avoit quelque raport avec le Sacrifice misterieux de l’Autel, les Eglises Orientales l’auroient conservé avec les mots Amen, Alléluia , Sabaoth , Osanna, Sathan , &c. termes Hébreux que les Grecs ont conservez, & qui ont passé jusques à nous. Quelques autres ont cru que c’étoit dans la langue Gréque qu’il faloit chercher la source dont Mifi’a étoit dérivé ; ils allèguent le verbe fxvw, qui veut dire, enseigner , initier, injîruire, & disent qu’en changeant la terminaison du substantif /jivksií, on on trouve aisément le mot latin Mijsa. Mais ce sentiment est rejetté par tous les Savans; & celui qui est autorisé par le plus grand nombre de sufrages,est que le mot Mijsa est purement latin, & signifie la même chose que mijfio, un congé : & comme autrefois on con- gedioit les Cathecuménes quand on vouloit commencer le Sacrifice, en disant à haute voix, Ite mijsa est, on a trouvé à propos de se servir de ces mêmes paroles pour aprendre à ceux qui assistoient au Sacrifice, qu’il étoit fini, & qu’ils pou-voient se retirer. Le Sauveur a été le premier Sacrificateur ; ses Apôtres Pont imité. II avoit été anoncé par David, qui publia, qu’i/ seroit Prêtre seion tordre de Melchisedec. Biais on demande en quel tems les Apôtres commenceront à celebrer ce divin & misterieux sacrifice. Quelques- uns disent que ce fut trois jours après la mort du Sauveur , pour marquer la joie que fa Résurrection leur avoit inspirée. D’autres croient qu’ils isolèrent pas faire sitôt une fonction si auguste avant que d’a- voir reçu la grâce du Saint-Esprit, qui étoit une préparation nécessaire pour exercer dignement le ministère de la Prêtrise. II est incertain si ce fut (comme quelques - uns le croient) S. Jaques le Mineur fils d’Alphée qui sacrifia le premier, ou si ce fut S. Pierre. Quoi quil cn soit , on volt par les Aâes des Apôtres, MES Apôtres, qu’ils celebrerent tous ensemble, persévérantes in communicatione fraflionis panis orationibus. Saint Luc dit de même, qu’ils étoient ocupez au service du ministère du Seigneur, minijhantibus ibis Domino. Quoique le fond du Sacrifice fût par tout le même, & le soit encore, il a été célébré avec des formalisez & des solenriitez diférentes, que l’on a nommées Làrg/er& cette ditérence leur a fait donner diférens noms, comme, de Messe Romaine, de Messe Africaine, de Messe de S. Clement, de S. Denis, de S. Basile, de S. Chrisostome, de Messe Ambrosienne, Go- tique, Mozarabique , dont on trouvera l’explication dans le livre, des Liturgies du Cardinal Bona. II y a encore d’autres sortes de Messes, qui font celles que l’on célébré dans les Parroisses à certaines heures , dans les Couvens, & dans les Chapitres , & avec les solennitez prescrites par Pufage & par les Conciles. Ón à été obligé, dans la fuite des tems, d’ètablirdes Messes privées, ou particulières, parce que tous les Fidèles d’une Eglise ne pouvoient pas assister à la Messe solennelle. Saint Justin nous aprend dans fa seconde Apologie ce point de l’ancienne discipline. „ Le ,, jour du Soleil (dit-il) tous ceux qui demeurent ,, dans les villes ou à la campagne, s’assemblent en un „ même lieu ; ils lisent les Actes des Apôtres, & les „ Prophètes. Quand la lecture est faite, celui qui „ préside à l’assemblée, instruit les assistans, & les ex- ,, horte à imiter les vertus de ceux dont ils vien- „ nent entendre les actions. Ensuite nous nous levons „ ( dit-il ) & faisons des prières. La priere faite, on „ ofre le pain & le vin avec de l’eau. Le Président „ de l’assemblée récité aussi des prières & des actions ,, de grâces ; tout le peuple lui répond Amen , &c. Mais comme les Confesseurs qui étoient enfermez dans les prisons, ne pouvoient pas assister à ces Messes solennelles, on leur en voioit des Prêtres, afin de les fortifier par la grâce de l’Eucharistie, & de leur donner le courage de soutenir le combat qu’ils aten- doient à tout moment, comme S. Ciprien l’a remarqué dans fa cinquième lettre. On peut encore prouver que les Prêtres pouvoient ofrir le divin sacrifice tous les jours, soit pour les Chrétiens qui y assistoient, soit même sans assistans : mais c’est une question si c’étoit un usage autorisé par les supérieurs. On allégué plusieurs Passages de Tertulien, de S. Ciprien & quelques Actes desMartirs: mais les habiles en cette matière soutiennent qu’il n’y dans la primitive Eglise, aucune autorité , ni aucun exemple , pour établir que les Evêques, ou les Prêtres ont dit tous les jours la Messe. Ils Pont pú dire, mais il ne s’enfuit pas qu’ils l’aïent dite. Au reste, le Concile de Laodicée défendit de dire la Messe dans les maisons particulières. Saint Basile dit, que c’est une profanation de dire la Messe dans des maisons profanes. On ne le permetoit que dans les cas de nécessité. Enfin , la dévotion des Prêtres & des Fidèles introduisit Pufage de la fréquente célébration de PEucharistie ; & l’E- glise l’a aprouvé par un Decret du Concile de Trente,./^ IZ. On apelle Mejfi fiche, & en latin Miffa nautica, celle que l’on dit dans les vaisseaux qui font en volage; car pour éviter les inconveniens que les vents & la mer peuvent causer , on n’y consacre point. Albafiin. de Eucharifi. lìb. r. c. 7. 11 y a Messe haute , parce que l’on en chante une partie. La seconde est apellée bajjì , parce que tout s’y dit à voix basse, & fans aucun chant. Dans la Messe haute, il y a Diacre & Soudiacre : & dans la Messe basse, il n’y a qu’un Clerc qui sert le Prêtre ; & même un laïque peut rendre ce service. í§ L’Ordonnance- maritime , tìt. de la police sur les Vaisseaux, art. ;. veut que „ Pon célébré la Mes- „ se dans les Vaisseaux étans en mer, tous les jours „ de Dimanche & de Fête, si le tems le permet; & „ dans les autres jours, autant qu’il fera possible. ” II semble que la régie qui défend de dire la Messe hors des lieux qui font destinez pour célébrer ce divin Sa-, crifice, s’opose a l’éxécution de l’Ordonnance cap.fi- cut, cap. nulìuf, de confie, difl. 1. Concil. Trident.fiff. 22. Cependant le sentiment des Docteurs, est qu’on peut dire la Messe fur la mer, en prenant les précautions nécessaires pour prévenir les accidens : & s’il y a lieu de craindre le mauvais tems, on dit une Met se sèche, c’est-à-dire, où l’on ne consacre pas. MESSE'ANCE , f. f. [Indecens agendi ratio.] Manière qui n’est pas séante, qui ne convient pas. II MES 425 y a de la mejsécmce aux vieillards de faire les jeunes. Acad. Fr. MESSE ANT, Mefieante, adj. [ Indeconu, turpis .] Qui n’est pas séant. \ Cela est tout-à-fait messeant. Glose messeante. Les Siamois croyent qu’il est mes- séant à un homme d’avoir les dents blanches, & dans cette pensée, ils les noircissent avec du vernis fait exprès. Tachard, Voyage de Siam, i. 6 . ) íjf MESSEURES- Ce terme est fort usité dans la Bresse. Rével, dans son Traité sur 1 usage de cette Province, a remarqué , pag. 26;. Remarq. 62. que dans les contrées fertiles on charge les grangers ou metaïers de la dépense des moissons, en leur acor- dant la moitié des fruits. Mais dans les lieux stériles , la Coutume est, qu’après que la dixme a été levée , les moissonneurs comptent le reste, & prennent la dixième gerbe pour leur Salaire, & les rangent séparément; & c’est ce que Pon apelle les mejfiures. MESSIE , f m. \_MeJJios.] Ce mot signifie oint & sacré. 11 s’atribuë aux Sacrificateurs & aux Rois, mais par excellence il se dit de Jésus-Christ. Volez Canì- fius de lods Scriptura hxbraicis. C’est un des douze articles de la foi des Juifs qu’il viendra un Messie. Volez le Livre des coutumes des Juifs. On dit proverbialement , il est attendu comme le Mejfie. MESSIER , f m. [ Mejfium ffi vìnearurn custos. ] Celui qui garde les raisins pendans au sep. Celui qui garde la vigne lorsque les grapes de raisin font mûres. (Un meffier fort vigilant. ) MESSIEURS, f m. Pluriel, f Viri ornatijfimi. ] Titre d’honneur ou de compliment qu’on donne en parlant ou écrivant à plusieurs personnes ensemble qui sont de quelque considération. ( Femmes, filles, valets, gros Messieurs, tous enfin Alloit comme autrefois demander fin defiin. La Font. ) MESSIRE, f »*■ [ Dominus. ] Sorte de titre d’honneur qui veut dire mon Sire , & qui fe donne aux Chevaliers. ( Haut & Puissant Seigneur MeJJìre un tel Chevalier. ) Le mot de MeJJìre se dit aussi de certaines personnes de qualité, soit de robe ou d’Egli- se. ( Ainsi on dit, Monsieur Patru a fait l’éloge de Messire de Beliévre premier Président de la Cour du Parlement de Paris, Messire Hardoiiin de Perefixe Archevêque de Paris, a composé l’histoire de Henri IV.) t MESSIRE. Ce mot se dit quelquefois en riant, & alors il signifie la même choie que Sire. ( Messire Ambroise ne croit rien , & sa femme croit toutes choses. Cor. Epi. I. 2. . A Dieu le char , Voilà Messire Jean Chouart JXui de fin mort a la tête cassée. La Font. ) MESSIRE-JEAN , s. m. [ Pirumsaccaratum .] Sorte de poire mûre en Octobre & en Novembre. (Un bon Mesiìre-Jean. ) MESTRE de Camp , s m. ['Tribunsu milìtum .] On prononce ce mot de Mefire comme il est écrit, en faisant sonner la lettre s. 11 n’y a pas encore long- tems qu’on apelloit Mefire de Camp celui qui avoit & qui coinmandoit un Régiment d’Infanterie : mais depuis la supression de la Charge de Colonel Général de PInfanterie Françoise , qui arriva incontinent après la mort du Duc d’Epernon , les Commandans des Régimens d’Infanterie ont quitté la qualité de Mestre de Camp, & ils ont pris celle de Colonel. Cependant la qualité de Mestre de Camp subsiste encore, mais elle ne fe donne aujourd’hui qu’au second Officier Générai de la Cavalerie legere, & qu’aux Commandans des Régimens de cette Cavalerie. Le Mefire de Camp General de la Cavalerie legere est un Oficier fort considérable, qui en Pabsence du Colonel Général de la Cavalerie legere, commande absolument, & avec la même autorité, que le Général de cette Cavalerie. ( II n’y avoit point d’apa- rence qu’étant depuis douze ans Mejlre de Camp Général de la Cavalerie legere , je . . Lettre de Monsieur le Comte de Bufiy à Monsieur le Comte de Saint Agnan.) MESTRE de Camp. On apelle aussi de ce nom l’Oficier qui commande un Régiment de chevaux le- gers. Et en ce sens , on dit que le Mestre de Camp .doit marcher à la tête de son Régiment, & le mener au combat à Pend roi t que le Général lui aura mar- Tom. Il, Hfeh qué. 426 MES qué. Le Mestre de Camp est obligé aussi d’avoir l’œil sur les Capitaines de son Régiment, & de voir si leurs Compagnies font complétés, & en bon état. Mr. un tel est Mestre de Camp d un des meilleurs Régimens de toute la Cavalerie legere. ) ± MESTRE , ou grand mât. Mestre est un mot Levantin, pour dire le grand mât. On dit aussi en Levant, Arbre de Mestre. MESURABLE , adj. [ Mensurabilis. ] Ce qui se peut mesurer. ( La distance au firmament est si grande, qu’elle n'est pas mesurable. ) MESURAGE , f- m. \_Mensio.~] Action de mesurer. La peine qu’on a eúë à mesurer. Payer le mesurage. Lorsque le mesurage étoit défectueux , l’ar- penteur étoit tenu des dépens , dommages & intérêts des parties qui Pavoient employé. Ecole des Arpenteurs. ) MESURE, f. f. [ Pars aliquota. ] Terme de Géométrie & d’ Arithmétique. C’est un certain nombre, ou une certaine quantité, qui étant repetée plusieurs fois, égale précisément un autre nombre, ou une autre quantité, à quoi on les raporte. (Ainsi 3. est la mesure de 9. étant pris 3. fois; 4. est la mesure de ao. étant pris 5. fois ; & $. est aussi la mesure de 20. étant pris 4. fois : mais ;. ne peut être la mesure de 24. parce qu’ètant pris 4. fois, il est moindre que 24. mais étant pris 5. fois , le produit est plus grand que 24. Mesure quarrée. Mesure cubique. Voïez les Elemens de Math. de Hacquet à Rouen. ) MESURE, f. f. [ Modulus.~\ Sorte de vaisseau avec quoi on distingue & on détermine la quantité de certaines choses & de certaines marchandises. Ainsi les vendeuses de sel & tout le peuple dit. (Une mesure de sel de six blancs. Une mesure de sel de cinq sols. Le pot, la pinte, la chopine & le demi-fetier font les differentes mesures du vin qu’on vend en détail. Mesure étalonnée. La mesure est bonne. Faire bonne mesure. ) Les Persans n’ont point de mesure de quantité, comme le boisseau, parce qu’ils vendent tout au poids, & même les liqueurs. 11s n’ont point non plus de mesure pour le tems, ne se servant ni d’horloge, ni de cadrans solaires. MESURE. {Mensura. ] Action de mesurer. Action de prendre les longueurs , les grosseurs , & les largeurs d’une chose. (Prendre les mesures avec le compas. Prendre la mesure du pied pour faire des souliers. ) * MESURE. ['Prudens agendi ratio.] Ce mot au figuré est beau & assez nouveau. (Exemples. Prendre bien ses mesures pour réussir dans une affaire. II a rompu toutes nos mesures. Morbleu , ce font pour moi de mortelles blessures , De voir qu’avec le vice on garde des mesures. Mol.) * II n’y a point de mesures à prendre avec un fourbe. * Distribuer ses grâces avec choix & mesure. Ab- lanc. Apoph. La mesure est pleine. Cela se dit des médians dont les crimes font venus à l’excès, quand Dieu les punit. MESURE. [ Moduf , numerus. ] Terme de Poésie Françoise. Ce font deux sylabes. Les grands vers François qu’on apclle Alexandrins, font composez de six mesures. MESURE. [ 'Numerus , modulatìo .] Terme de Musique. Certain mouvement réglé qui se fait avec la main pour conduire selon les tems graves ou legers de la Musique la voix de celui qui chante. ( 11 y a diverses mesures dans la Musique , & elles se marquent par de certaines figures au commencement de la pie- ce de Musique. Voïez Zarlino, 3. partie de Musique, c. 10. I. 10. 11 faut batre également tous les tems de la messure. Batre la mesure à tems graves, à tems lents, & à tems legers. Mesure binaire, ternaire.) MESURE. [ Tempus. ] Terme de Danse. Sorte te cadence & de mouvement réglé. (Couper la mesure. Rompre la mesure. ) MESURE. Terme de Maîtres d’armes. Distance 3Uite pour porter. ( Etre en mesure. C’est être en ™m^ n uJiír rtÌOnnee P , 0ur sc barre. Rompre en se reculant r “ C ma ^ uer le C0U P de son ennemi "-r"» se prend aussi au 6 E uré. V„Tz ')* MES MESURE. Terme de Tailleur. Morceau de parchemin ou de papier long & étroit sur lequel le Tailleur marque les longueurs de l’habit qu’il veut faire. (Prendre la mesure d’un habit. Jetter la mesure sur l’é- tosse. ) MESURE. Terme de Boucher & de Chandelier. Ce sont cinq livres , ou cinq livres & demie de suif fondu, & fait en forme de jatte que les Bouchers vendent aux Chandeliers pour faire de la Chandelle. ( Acheter une mesure de suif. Vendre une mesure de suif. ) {f MESURE. Terme des Eaux £■? Forêts. La mesure pour toutes sortes de bois doit avoir douze lignes pour pouce, douze pouces pour pied, vingt-deux pieds pour perche , & cent perches pour arpent. Voïez l'Ordonnance des Eaux U Forets. A mesure que. f Simul atque. ) Sorte de conjonction qui veut dire selon que. ( Dieu vous bénira à mesure que vous deviendrez humble. Arnaut. ) f Outre mesure , adv. [ Immoderatè. ] Avec ex- cez. II est peu en usage, si ce n’est en ironie. (II est oficieux outre mesure. ) íf MESURE'. Ce qui est juste & renfermé dans une exacte observation de toutes les circonstances. Mai- nard a mal expliqué fa pensée dans ce vers : Puisque le grand Seguier fait un si bon accueil, Au travail mesuré qui fort de mon étude. Si l’on ne savoit pas que Alainard ne s’oeupoit qu’à faire des vers, on ne pourroit point comprendre quêl étoit ce travail mesuré qui fortoit de son étude. On ne dit point que le cabinet où les gens de lettres étudient , soit un étude comme celui d’un Notaire ; ou si le poète a entendu parler de ses lectures , & de son aplication aux belles lettres, c’est fa faute s’il s’est servi d’un terme équivoque & peu propre pour expliquer sa pensée. £ On dit, des termes peu mesurez , des paroles mesurées. MESURER, v. a. [Metiri. ] Se servir de la mesure pour reconnoìtre quelle est la grandeur & la quantité de quelque chose, & pour distribuer de la marchandise. (Mesurer du drap, de la toile, du bled, du sel, du charbon, &c. ) ê MESURER des yeux , avec les yeux. C’est juger par le moïen des yeux de la distance, ou de la grandeur d’un objet. í * MESURER un homme des yeux. C’est le regarder avec attention depuis la tête jufqu’aux piez, pour l’examiner, jxiur en juger. On le dit en mauvaise part. (Voilà un homme de méchante mine qui me mesure des yeux. ) í * MESURER les autres à son aune, Prov. C’est juger des sentimens d’autrui par les siens. On le dit plus souvent en mal qu’en bien. í * MESURER son épée avec quelcun , avec celle de quelcun. C’est se battte avec lui. (Je ne le crains point , nous avons mesuré nos épées, j’ai mesuré mon épée avec la sienne. ) T, * MESURER se s forces contre un autre. C’est faire épreuve de les forces contre celles d’un autre. * MESURER, f Conferre , moderari. J Faire comparaison. Comparer. (Mesurer l’étenduë de la puissance divine à notre foiblesse. Abl. Luc. t. 1.) * SE MESURER , ». r. [ Se conferre. ] Se comparer. C’est chose dangereuse d’oser se mesurer avec les Dieux. Benserade , Rondeaux. ) MESUREUR, s. m. [Mensor .2 Celui qui mesure les grains & les farines qui arrivent fur les Ports, & qui a droit de les visiter. Etre juré mesureur de grains. MESUREUR de sel. [ Mensor salarias.! Celui qui mesure le sel. MESUREUR de charbon, f Mensor carbonariuí. J Celui qui mesure le charbon. M ES USER, v. n. [ Abuti .2 C’est en mal user. (U mesuse de son crédit. Et songez qu 7 il vaut mieux encor qu’il en mesuse, Que si de P en frustrer il faut qu’on vous accuse. Mol. ) METACARPE, s m. [ Metacarpus. ] Terme dp Anatomie. C’est la partie de la main qui est entre le poignet & les doigts, & qui est composée de quatre os longs grêles & inégaux. METAÏER , f. m. [ Conduclor vïïUcus. ] Ce mot est fort peu en usage à Paris ; & en fa place on dit Fermier. ( Un pauvre Métaïer. ) # Ce MET {$ Ce terme est dérivé de medictaritu, parce qu’on leur donne les fruits à moitié. Le P. Labbe. ME'TAIRIE , s m. [Villa, rusticum pradium .2 C’est une Ferme. Le mot de Métairie se dit, mais à Paris on dit plus souvent Ferme que Métairie. ( Qui diable vous a fait aviser De vom débaptiser , Et d’un vieux tronc pourri de votre Métairie, Vous faire dam le monde un nom de Seigneurie, Mol. ) METAL, Métail, s. m. [MetaHum .] L’un & l’autre se dit, mais métail est le plus usité. Le métail est un corps minerai sujet à fusion, & qui peut détendre sous le marteau. Les métaux sc tirent des minières, & il y en a 7. l’or, l’argent, le plomb , le cuivre, le fer, l’étain, aufquels on ajoute le vif argent. Rob. Phis. Les Chimistes leur donnent les noms des sept Planettes. L’or répond au Soleil, l’argent a la Lune, le plomb à Saturne, le cuivre à Venus, le fer à Mars, l’étain à Jupiter, & le vif argent à Mercure. ( Un métail fort dur. Les métaux ductiles & malléables. La fonte & bronze, qui font des mélanges de métaux, s’apellent aufli du métail. Un miroir de métail. . II vit l'homme hypocondre , Adores- le Métail que lui-même il fit fondre. Despr. ) * La dam un réduit sombre où par de longs travaux , Avec l'aide du tenu se forgent les Métaux. Perraut. ) ME'TALIQUE , adj. [ MetalSicus , nwnifnaticns. ] Qui concerne le métail. Qui est composé de métal. ( Corps métalique. Partie métalique.) Couleur métali- que, c’est-à-dire, qui vient des métaux. Science métalique. L’histoire métalique de Bisot est estimée. METAUX. Terme de Blason. Ce font l’or qui est représenté par le jaune ; & l’argent qui est représenté par le blanc. (Dans un Ecu, il ne doit pas y avoir métail fur métail, autrement on juge que les armes font fausses. ) METAMORPHOSE, f f. [Metamorphoss , forma immutatio. ] Ce mot est Grec. Prononcez ntè- tamorpho2e. C’est le changement qu’on croyois avoir ctc fait par un Dieu, ou par une Déesse d’une personne en quelque autre forme. (La métamorphose de Daphné en laurier. ) METAMORPHOSE , f f [ Ovidii Métamorphosés. ] C’est aufli un ouvrage en Vers, & quelquefois en Prose, qui explique avec esprit le changement qu’on croioit qu’un Dieu., ou une Déesse avoit fait de quelque personne en autre chose. Ovide a composé quinze livres de Métamorphoses. 11 y a eu aussi des métamorphoses véritables & sacrées, comme celle de la femme de Lot en statue de sel, & celle de Nabucho- donosor en bête. ( Célébrons seulement cette Métamorphose , De fidèles témoins ni ayant conté la chose. La Font ) * METAMORPHOSE. [Morum, flatùs, conditionis mutatìo. ] Ce mot se dit aussi des divers change- mens de condition , & des déguiscmens d’habits. (Vous verrez bien d’autres Métamorphoses. ) f METAMORPHOSE , sc dit aussi d’un changement extraordinaire dans les afaires publiques, ou dans la fortune, & les mœurs des particuliers. (Voilà une grande métamorphose dans l’Etar, dans cette femme, dans ce jeune homme. ) METAMORPHOSER, v. a. [Figuram alicujw im- mutare .] Changer une personne en une forme toute autre que celle que cette personne avoit. Changer. ( Les Dieux & les Déesses ont métamorphosé plusieurs personnes en diverses especes d’animaux. ) $ * SE METAMORPHOSER en toutes sortes défigurés. C’est changer de maniérés comme on veut, faire toutes fortes de personnages, jouer toutes sortes de rôles. f METAPHISICIEN, f m. [ Metaphisiciss. ] Celui qui fait la métaphisique. ( C’est un grand mé- taphisicien , un bon métaphisicien. 11 est métaphi- sicien outré.) METAPHISIQUE , f f [. Métaphisica .] Ce mot est Grec. Prononcez Métaphisique. La partie de la Philosophie qui n.ous donne la connoissance dé l’être en gé- MET 427 néral, & des êtres qui font au-dessus des choses corporelles , comme de Dieu & des Anges. METAPHISIQUE. Classe de Philosophie, où l’on doit enseigner la Phisique & la Métaphisique. (Etre en Métaphisique. II a fait sa Métaphisique. ) METAPHISIQUE, adj. [Metaphisicw, abjiraélwj Qui apartient à la science apellée Métaphisique. (Un cas Métaphisique.) 11 signifie aussi trop abstrait, trop subtil. ( C’est un raisonnement subtil & Métaphisi- que. Ce sont des preuves abstraites & Métaphisiques. Nicole, Essais de Morale, t. 2. ) METÁPHISIQJJEMENT, adv. [Metaphsicè.'] D’une maniéré Métaphisique, élevée au-dessus de la matière & des choses corporelles & sensibles. II y a des choses qu’on ne peut concevoir que Métaphisique- ment. ) METAPHORE , f f [ Metaphora, translatio. 3 Terme de Rétorique. Ce mot est Grec. Prononcez Métaphore. Figure par laquelle en prenant un mot qui marque proprement une chose , on se sert de ce mot pour exprimer une autre chose qu’on veut represen- ter avec plus de force & plus de grâce. ( La métaphore doit être suivie & tirée des choses honnêtes. Faire une métaphore. Se servir de métaphores. II ne parle que par métaphores. ) f js Le Lecteur n’est instruit qu’à demi, quand on lui dit avec Quintilien, que la métaphore est un changement par lequel on transporte un mot de sa propre signification en une autre pour Pornement du discours, ou çour le rendre plus intelligible : 11 faut lui rendre sensible cette définition par des exemples, & par les rincipes que les maîtres de l’art nous ont donnez, 'indigence des Langues a introduit la métaphore ; car lorsque l’on a manqué de mots propres, il a bien fallu aler chercher des mots pour signifier ce que l’on penfoit ; c’est une ressource pour sepléer par figures ce que l’on ne peut pas expliquer naturellement, ou du moins que l’on ne peut pas expliquer si agréablement fans métaphore. On s’en sert donc, ou par nécessité, ou pour rendre l’expression plus vive, ou pour la rendre plus agréable. Quintilien en donne ces trois exemples. Les paisans apellent les boutons de la vigne, gemma, une pierre précieuse, par ce qu’ils n’ont point de terme particulier pour les expliquer. II disent que la terre est altérée, que les arbres font malades. Par la même nécessité nous disons qu’un homme est dur & fâcheux parce que nous n’avons pas de termes propres pour expliquer les dispositions de l’es- prit. Aristote est celui de tous les Rhéteurs qui a parlé plus amplement de cette figure. x°. II veut que l’on sc serve de mots connus, parce qu’ils déguisent assez la chose, fans l’obscurcir d’avantage par des mots inconnu. 2 0 . II faut bannir les mots équivoques. jV La métaphore est plus nécessaire pour la prose, que pour les vers , parce que ceux-ci ont d’autres orne- mens que l’autre n’a pas. 4°. II doit y avoir un ra- port juste entre le mot emprunté, & la chose que l’on veut signifier ; ainsi Euripide a fait une métaphore défectueuse, quand il a fait dire à Telephe, que certains rameurs faisaient les Rois fur la mer, U commandaient aux flots avec leurs rames , afin d’arriver plâtôt à Mysie. II n’y a point de raport entre un Roi & des rameurs. f. Les mots transportez doivent être agréables à l’oreille. Le poète Denis a apellé la poésie le cri de CaUiope : métaphore ( dit Aristote ) très-défectueuse, parce que le mot de cri est rude, & que ce qu’il signifie , n’a aucun raport avec la douceur de la poésie. 6°. 11 ne faut pas que la métaphore soit tirée de loin, ni par force. Quintilien ne veut pas que l’on se serve de plusieurs métaphores à la fois. Longin dit qu’il y a des occasions où elles font un très-bel éfet ; & il cite, pour le prouver, un endroit de Demosthéne. La métaphore doit être suivie, & c’est en quoi Malherbe a péché ; il dit dans l’Ode pour le Roi : Prens ta foudre, Louis, U va comme un lion Donner le dernier coup à la derniere tête. De la rébellion. La foudre & le lion sont deux métaphores qui n’ont aucun raport. Et ailleurs : O qu’il me ferait désirable Qui je ne fuffe misérable Que pour être dans fa prison , Mon mal ne niêtonneroit guéret , Et les herbes les plw vulgaires M’en donneroient la guérison . Tom. II. H h h » Mr. 428 MET Mr. Ménage a remarqué qu’il pliait ^ re ■> P our vre la métaphore tirée dc la prison, Mes fers ne m e- tonneroient guéres, je les romprais par le motndre efort. Au reste, il faut ici observer âpres le P. Bouhours dans son Art de penser, dialog. i. la diference qu il y a entre la comparaison,& la métaphore. Voici comment il raisonne sor cette matière. „ Quand Homere dit qu 'Achille va comme un lion, c’est une comparaison; ” ma is quand il dit du même héros, ce lion s élançait, ” c’est une métaphore. Dans la comparaison , le hé- ” ros ressemble au lion ; dans la métaphore, le héros ” est un lion. ” II ajoûte : ,, Disons donc que les „ métaphores sont comme ces voiles traníparens, qui „ laissent voir ce qu’ils couvrent ; ou comme des ha- „ bits de masque, sous lesquels on reconnoitlaper- „ sonne qui est déguisée. METAPHORIQUE , adj. [ Metaphorìcm , translatifs.^ Qui est figuré. Qui tient de la métaphore. Les mots ont presque tous deux sortes de sens, l’un propre & l’autre figuré, ou métaphorique. METAPHORIQUEMENT, adv. [ Metaphoricê. ] Figurément. ( Mot pris métaphoriquement. ) MET A PL A S ME, f m. [Transmutât™, j Terme de Grammaire. Changement qu’on fait dans les mots, en retranchant ou en changeant une lettre, ou une silabe. On l’apelle aussi Métathese. METATARSE, s- m. [ Métatarse. ] Terme d’ Anatomie. C’est la partie mitoienne du pied , qui contient cinq os entre le talon & les orteils. «f METATHE'SE, s- /• [ Metathesis, tranfposttìo litte- rarum. ] Figure grammaticale qui fe fait par une transposition de lettres dans un mot. Danet. ch METECAL, s. m. Espece de ducat d’or qui se frape à Maroc, & dans quelques autres villes de ce Roïaume & de celui de Fez. í METEDORES , s. m. Terme Espagnol , particulièrement en usage à Cadix. II signifie des Braves qui favorisent la sortie des efets que les Marchands ont été obligez de faire débarquer dans cette ville, à l’arrivée des galions ou de la flote des Indes. Ces Metedores sont des cadets des meilleures maisons du pais, qui n’ont pas de bien ; & qui moïennantun certain profit fur les efets qu’ils sauvent aux Marchands , s’exposent aux risques de la contrebande. ME'TEIL, s m. L Meditaneum bladum. ] C’est du bled mêlé de froment & de seigle. (Bled meteiï. Le bon ou le gros méteil est celui qui contient plus de froment que de seigle, & au contraire, le petit méteil a plus de seigle que de froment. ) ME'TEIL , s f Plante que Monsieur Tournefort met parmi les espèces de Stramonium. ME'TEMPSICOSE , f f [.Metempsicosis .] Mot Grec. C’est le passage que l’ame fait d’un corps en un autre. Pitagore a crû la métempsicofe, mais cette créance est une pure folie. II avois pris cette opinion des anciens Bracmanes, & elle dure encore parmi les Idolâtres des Indes & de la Chine, qui en conséquence ne tuent aucune bête & n’en mangent point. Revenons s’ilfe peut à la Metempsicose. La Font. ) Un buveur qui croioit à la Métempsicofe Disoit à table un jour buvant à rouges bords , Vous qui faites passer nôtre ame en d’autres corps , JuJìes Dieux prenez foin de ma Métamorphose. ) METEUR. Voïez Metteur. ME’TE'ORE, f m. [ Meteorum. ] Terme de Pi. lofophie. Ce mot est Grec, & il signifie, haut. Elev Sublime. Ce sont des mixtes imparfaits qui s’enge: drent dans l’air, & se forment des vapeurs & des e halaisons qui sortent de la terre, tels que sont la gr le, les éclairs, le tonnerre , &c. ( Les plus étonnai des météores ce sont le tonnerre, les éclairs & foudre. Rok. Phìf. ) m " Wrs.l Ce mot signifie gén » rt „ ment Ar ?’ Profession. II fe dit particulièrement d sieurs m r Camq >í eS - M § Les 8 ens de Métier. II y a pi Scavoir C un PS lvi d V Met ^ rS - A P rendre un bon Métie M&T à- Métier. Me.tre »» e --"à ceftï’ïïttía MET marchandise à trop bon marché.. II entend bien le Metier. Pour dire qu’il sqait bien faire les choses dont il fe mêle. ) METIER. [ Jugum. ] Terme d e certains Artisans. Ce sor quoi quelques Artisans travaillent. Maniéré de machine composée de plusieurs pieces de bois, fur quoi de certains Artisans font leur besogne, comme Brodeurs, Pajfementiers, Rubaniers, Ferandiniers , Tiffe- r ans, Tapisser s, Couverturier s. Par exemple le Métier de Brodeur est fait de deux en souples de bois, garnies de sangles, de deux rates, de quatre chevilles de fer qui servent à tendre le Métier. ( La besogne est sur le Métier. Mettre, monter la besogne sur le Métier. ) METIER à faire des bas de soie. Machine de fer qui vient d’Angleterre, & où il y a environ trois mille trente-sept pieces. METIER. [Lacm.J Terme d e Vinaigrier. C'estun cuvier où le vinaigrier pressure la lie du vin, & la met dans des moules pour faire du vinaigre. METIER, signifie aussi, nécessité, besoin. [ Opus , necejjìus. J Mais en ce sens il est vieux. II est bon métier qu’il ait du bien, car il a beaucoup de charge fur les bras. Acad. Fr. * METIER. Ce mot au figuré est noble , beau & fréquent. U signifie profession. (Le métier de ceux qui commandent est le plusdificile de tous. La Roiau- té n’est pas un métier de fainéant, elle consiste toute dans faction. Vie de Henri IV. Cléandre a toujours aimé le métier des armes. Ablancourt , Ret. I. 2. Va, ne prêche jamais, fais un autre metier , AJfez de gens Jans toi, nom fçauront ennuier. Art de prêcher, ch. 1. C’est un méchant métier que celui de médire , A f Auteur qui l’embrasse , il est toujours fatal. Defpr. fat. 7. ) Quand on est en doute sor quelque point de science , il faut eonfulter les Maîtres du métier. Chacun doit tâcher d’être habile dans son métier. Le métier de Dévot, ou plutôt d’hipocrite , Devient presque toujours la restôurce des gens Qu’une longue débauche a rendus indigens. Des femmes que la beauté quite , Ou qui d’un mauvais bruit n’ont pu fe préserver , Et de ceux qui pour s'élever , Fl’ont qu un médiocre mérite. Deshoul. ) J’avouë que le terme métier peut être emploie dans plusieurs ocasions ; mais je ne puis croire que l’on puisse dire dans le sérieux & dans le discours châtié, quoique Mr. Despreaux l’ait dit : Hatez-vous lentement , est fans perdre courage , Vingt fois fur le métier remettez votre ouvrage. La métaphore est basse, & mettre son ouvrage fur le métier, forme une idée tout-à-fait mécanique. On dit avoir cœur au métier, c’est-à-dire, se plaire à son métier; mais la phrase est basse, & très-digne du petit Jean , à qui Mr. Racine a fait dire : C’est dommage , il avoit le cœur trop au métier. Petit-métier , f. m. [j Crustulum tortile. ] Pâte faite de farine, de sucre, d’œufs & d’eau détrempez ensemble qu’on fait cuire entre deux fers fur le feu, & qu’on roule ensuite, si l’on veut, en petits cornets. ( Faire du petit métier. ) METIF , adj. m. [Hibridast Celui qui est né d’un Européen & d’une Indienne. II fe dit aussi des chiens qui sont engendrez de deux espèces, comme 'd’un mâtin & d’une levrete. ( Ce chien n’est pas franc lévrier, il est métis. Acad. Fr. ) ME'TODE, Ji f [Methodus.] Certaine maniéré facile & arrêtée pour faire quelque chose. (Une belle métode. Avoir une bonne métode pour enseigner. N’avoir nulle métode. ) ï De toutes les metodes de combattre , celle qui nous met dans l’absoluë nécessité de joindre l’enne- mi, & d’en venir promptement aux prises íàns regarder derriere soi , est fans doute celle qu’on doit préférer à toute autre. Polybe de Folard. ME’TODE. f Régula , ars , via. J Régies pour aprendre quelque chose , comme quelque Langue. ( Nouvelle métode pour aprendre la langue Gré- que. ) ■ * me'TOde. Adresse. Subtilité. Moicn pour faire quelque MET quelque chose. ( Ce principe merveilleux est notre grande métode de diriger ^intention. Pasc. I. 7. Non, je ne puis soufrir cette lâche Métode, QusafeHent la plupart de vos gens à la mode. Mol. ) ME'TODIQUE, adj. [ Methodicm. ] Qui a de la métode. Quia del’ordre. ( Démonstration métodi- que. Port-Royal, Géométrie. Esprit métodique. Sans garder dans , ses Vers un ordre Metodique, Son sujet de soi-même, £5? s’arrange £5? s’explique. Defpr, ) £ ME'TODKTUË, se dit par oposition à Empirique • On apelle Médecin métodique, celui qui «'attache exactement à la métode prescritte par le? régies de la médecine. ME'TODIQUEMENT, adv. [ Methodicè .] Avec métode. Enseigner métodiquement quelque chose. ME'TONIMIE , f /• [MetonimiaJ Ce mot est Grec, & est un terme de Rétorique. On fait une mé- tonimie toutes les fois qu’on se sert d’un autre nom que celui qui est propre. Ainsi quand on dit, Tout le monde lit Cicéron , il est sûr qu’on veut dire , que tout le monde lit les Ouvrages de Cicéron, Sc l’on fait une métonimie. ( Et hien-tôt vous verrez mille Auteurs pointilleux Huer la Métaphore en la Métonimie. Defpr. ) L’Auteur n’explique point assez ce que c’est que la Métonimie parmi les Rhéteurs. Voici en abrège ce que Quintilien en a écrit, liv. 8- ch. 6 . on ne peut pas puiser dans une meilleure source. Ce trope consiste a mettre un nom à la place d’un autre, Sc quelquefois même la cause pour l’éfet, l’inventeur pour Tin- vention, la Divinité qui préside à un élément , ou à quelque autre chose, pour cet élément, ou pour cette autre chose ; ainsi en poésie Baccus est pris pour le vin, Cerès pour le pain, Neptune pour la mer , & Pluton pour les enfers : mais cela n’est qas réciproque , ou î’expression feroit dure. II fait ensuite connoitre combien il faut être exact dans Tissage de cette figure. Car (dit-il) d’une côté, si Ton dit bien en prose, Mars pour la guerre, Vénus pour l’amour ; de l’autre, je doute que la sévérité du Barreau soufre que Ton dise Baccus & Cerès pour signifier du pain & du vin. Mais ce qui contient , est quelquefois pris pour ce qui est contenu ; ensorte que nous disons qu ’un homme est mangé, quand son bien a été dissipé. On emploie ce trope en bien des manières diférentes. Nous disons, par exemple, qu’Annibal défit soixante mille hommes à la bataille de Cannes ; & souvent Ton marque la cau- .se par son éfet. Voici un autre exemple de la Métonimie, que je tire des poésies de Malherbe : Complice de ma servitude , Pensers où mon inquiétude , Trouve son repos déstré. C’est là une métonimie (dit Air. Costar , tome r. lett. 1^9.) de Téfet pour la cause ; & mon inquiétude, f c. signifie en cet endroit, mon esprit inquiet if agité trouve du soulagement à s’entretenir avec mes pensées. METOPE , f m. [ Cava columharia. ] Intervale quarré entre les triglyphes de la Frise de TOrdre Dorique. - ss, METOPION,/ m. [Ferula ammonifera.'] Espe- ce de fertile. Cet arbre croît dans les sables de la Lybie, & produit la gomme ammoniac. METOPOSCOPIE , ss ÍMetoposcopiaJ Ce mot est Grec. C’est une forte d’art, qui par la considération attentive des lignes du front & de leur situation, prétend découvrir aux personnes, non seulement les choses qui leur font arrivées, mais aussi celles qui leur doivent arriver. Ciro Spontoniqui a traité de la métopofcopie , dit que Ton considéré 7. lignes au front, & que chaque ligne a fa Planette particulière. La premiere ligne est celle de Saturne, la 2. de Jupiter , la de Mars, la 4. du Soleil, la de Venus, la 6. àe la Lune, & la 7. de Mercure. t METRE,/ m. Mot burlesque qui vient du Grec, en Latin metrum, & en François vers. 11 ne se dit qu’en riant, Sc même il ne se dit pas d’ordinaire. {Vous montrez bien par votre lettre Que vous ni avez écrit en mètre, Que trois pere peuvent souvent Faire ensemble un sort bel enfant. Voit. poêf. ) MET 429 METROPOLE,//. [MetropolisJ Ce mot ne Te dit guère que dans des discours graves & serieux, il signifie, Ville Capitale. Saint Luc etoit d’Antioche qui est la métropole de Sirie. Port-Royal, Nouveau Testament, Préface fur /’Evangile de S. Luc. ) METROPOLITAIN, / ni. [ Metropolitanm.J Terme d’Eglise. Le mot de Métropolitain vient du Grec. C’est le premier & le plus ancien titre qu’on ait ajoûté à celui d'Evêque pour designer TEvêque de la ville Capitale d’une Province. Le Métropolitain est tine personne séculière Eclésiastique, qui est constituée en dignité, qu’on apelle aujourd’hui Archevêque , & qui a sous lui des sufragans qui font Evêques des Villes de , 1 a Province où le Métropolitain est établi. Monsieur TArchevêque de Rheims est le Métropolitain de toute la Champagne. Monsieur TEvêque de Châlons, Monsieur TEvêque de Troyc, & autres font ses sufragans.) Quand on parle au Métropolitain , ou à quelcun de ses sufragans, on le traite de Monseigneur s mais quand on parle seulement d’eux dans des discours qui ne regardent pas directement ni eux ni leur Charge , on se contente de leur donner du Monsieur. On dit aussi Eglise Métropolitaine. (§ On ne connut point dans les premiers siécles de TEglise d’autres Métropolitains que les Evêques qui furent établis dans les Villes Métropolitaines , c’est-à- dire, Capitales d’une Province ; ainsi Ton dísoit : Un tel Evêque de la Métropole, & non Evêque Métropolitain ; & ce ne fut que dans le quatrième siécle que ce titre commença à s’établir & à se multiplier dans TEglise. Le Concile de Nicée Tautorisa dans son quatrième Canon. Les Occidentaux ne reçurent pas sitôt le nom de Métropolitain ; ils se servirent de celui de Primat, pour signifier le premier Evêque de la Province; & dans TAfrique, on donnoit le titre de Métropolitain, au plus ancien. Evêque. f ME'TABLE , adj. [ Idoneus, admiffìoilis, comis. ] Qui se peut mettre. Qu’on peut faire passer. 11 se dit des pièces de monoie. Cet Ecu n’est pasmétable, c’est-à-dire, ne peut pas passer, ni être emploié. II se dit aussi des personnes. C’est un homme métable , c’est-à-dire, un honnête-homme , dont on aprouve la conduite. ) 4 = ME'TABLE , se dit aussi des habits, du linge &c. Cet habit n’est plus métable ; c’est-à-dire, qu’on ne peut plus le mettre , parce qu’il est trop vieux, ou hors de mode. ( Cet habit est encore métable ; ce linge est chifonné, il n’est plus métable.) METS , / nt. [ Dapes, cibus, ferculumi] Viandes qu’on porte & qu’on sert sur la table. (Un bon mêts. Mêts fore exquis. On nous a servi d’excellens mêts. Que sert quand on est dégoûté , L’abondance des Mets leur délicatesse ? Le linge orné de fleurs fut couvert pour tous Mets D’un peu de lait, de fruits, (s? des dons de Cerès. La Font. ) Mais à quel point n’est point charmé Le goût d’un Chasseur affamé , Dans le moindre mêts qu’on lui donne Toute sauce lui smble bonne. Per. chassé. ) METTEUR enauvre, s. m. [ Faber encaustes. J C’est une forte d’Orfévre qui émaille les ouvrages d’Or- févrerie, Sc qui met en oeuvre les pierres précieuses. ( Quiconque veut être un habile metteur en teuvre , doit sçavoir parfaitement le dessein. ) METTEUR à Port. [ Mercìmoniorum exonerator. ] Ouvrier sur les Ports de Paris, qui décharge le foin , le vin & autres provisions, & les met fur le Port pour y être débitées. METTRE, t>. a. [Ponere, locare.J Je mets, tu mets , il met, nom mettons, vous mettez , ils mettent. Je mettais. J’ai mis. Je mis, tu mis, il mit, nom mimes, vous mites, ils mirent. Que je mette, que je miffe. Je met- trois. Ce verbe mettre signifie Poser. Placer. (Mettre son pied sur une chaise. Je vous mettrai en un lieu d’où vous pourrez voir tout. Je mets en fait qu’une honnête femme peut voir cette Comedie. Molière. Voiez mis. ) Dieu a mis les Etoiles au Ciel. Mettre toutes ces choses dans un bon ordre. II mit ses troupes en bataille, c’est-à-dire, il les rangea. II les a mis en rang. Mettre quelque chose à part. Mettre la tête à la fenêtre. Mettre pied à terre. Mettre du linge dans un H h h } cofre. 43° MET coke. II y a trois mois que je n’ai mis les pieds chez lui. II est si las qu’il ne peut mettre un pied devant l’autre. Mettre un soldat en sentinelle. METTRE. [Collocarest II se dit en parlant des personnes & des choses, suivant les diferens mouvemens & dispositions. (Mettre en Métier. [Alìquem artifici tradere in sua arte erudiendumst Mettre un valet en aprentissage. Mettre un enfant à l’école. Mettre les humeurs en mouvement. Terme de Médecin. Mettre fa conscience en repos. Mettre la main à l’épée. Les Médecins l’ont mis au lait. Mettre un pion en prise. Terme de Jeu des échets. ) METTRE. [Colligerc, ìnvolvere. J Enfermer. (Mettre de l’argent en bourse. Mettre une personne en terre. Mettre un lièvre en pâte. ) METTRE hors. [ 'Exptllere , proferrest Signifie chasser, faire sortir. (II a mis ce valet hors de chez lui. II faut mettre hors les mauvaises humeurs. ) METTRE en fuite les ennemis. [ Dare in fugamst C’est les chasser. METTRE une personne hors de combat. C’est la réduire à ne pouvoir plus résister, METTRE des troupes fur pied. [ Colligere .] C’est les assembler. METTRE de l’argent à quelque affaire. C’est l’y emploi er. (Quand on poursuit une mauvaise dette , il faut mettre de bon argent parmi du mauvais. Mettre son tems, son soin & sa peine à faire quelque chose. Mettre une somme en commun. ) METTRE la main à la bourse. C’est en tirer de l’argent. METTRE la main à Pauvre. C’est-à-dire, travailler. METTRE jin à quelque chose. C’est l’achever. METTRE à mort. [ Interimere , sunderest Mettre en pièces, mettre par terre, mettre au pillage, mettre tout à feu & à siing. Mettre une personne à bout, &c. METTRE de l’argent à rente, à intérêt, &c. Mettre à profit, s Pecuniam in sœnore collocare. J METTRE. Ce mot se dit de la monoïe, & veut dire. Faire passer. Faire accepter. Donner cours. ( Je tâcherai à mettre cette pistole, quoi qu’elle soit un peu légere. ) METTRE bas. [ Parere. ] Ces mots se disent des femelles de certains animaux, & signifie, faire des petits. (Les Rennes femelles mettent bas environ la mi-Mai. Histoire de Laponie. ) * METTRE une personne en crédit, f Mentum ali- cui tollere. ] C’est donner de la réputation & du crédit à une personne. * Jls ont taché de nous mettre mal ensemble. Abl. Ret. I. %. c. r. C’est-à-dire, de nous brouiller. * Monsieur d’Avaux commença le premier à mettre Voiture dans le monde. C’est-à-dire , à le faire connoitre des honnêtes gens. METTRE en auvre. Terme A’Orfèvre. II se dit des pierres précieuses qu’on enchâsse dans quelque ouvrage d’Orfévrerie. METTRE quelqu’un en beaux draps blancs. [Or- nare alìquem ex fuis virtutibmst C’est se mettre mal dans ses affaires. METTRE le feu aux étoupes. [ Alìquem instigarest C’est exciter quelque division. METTRE à l’amende, au caveau, au pilori. [Ali- quem mulclare. J METTRE le cœur au ventre à une personne,l’animer, i’encourager. [ Dare animas. ] METTRE couteau sur table. Se préparer à faire gtand chere. [ Dare epulas. ] METTRE. Ce mot entre dans plusieurs façons de parler prises des arts. (Ainsi les Vitriers disent mettre en plomb. Les Menuisiers , mettre le bois Xépaisseur. Les Teinturiers , mettre en couleur. Mettre en violet,en rouge, en jaune. Les Bateliers , mettre à port , &c. ) * METTRE. [Palestricà disciplina informare .] Ce mot entre encore dans plusieurs façons de parler de mtmége, & signifie, dresser , ou aprendre un cheval à manier. ( Mettre un cheval à courbettes , à capriole. Mettre un cheval au pas , au galop. C’est le faire aller^ au pas, &c. ) i METTRE. \A causa dejieere. ] II se dit en Terme ( Mettre une apellation au néant. Mettre ivr f pn Ur rr rr P roc ^ S ‘ Mettre un procès en état. X ce Me P t?í (r,0 r- àtre en la main du Roi & de de Meure en ™ ^pte. Mettre à l’amen- ; mettre Cri Mettre en causc ’ &c - METTRE. L Trabere navet. ] 11 se dit en termes de MEU Mer. (Mettre en mer, mettre à la voile, mettre à port, mettre à terre. Mettre pavillon bas, &c. ) 11 se dit encore en plusieurs autres façons de parler diferentes selon les mots qu’on joint à ce mot mettre , & qui se trouveront en leur rang. * SE METTRE Ce mot signifie souvent commencer à, & quelquefois il se met seulement par élégance. ( Exemples, chacun se mit à le suplier. Vaug. Qui». I, q. C’est-à-dire, chacun le suplia. Tous se mirent à faire d’horribles cris. Abl. C’est-à-dire, tous firent d’horribles cris. Se mettre à faire quelque chose. C’est-à-dire, commencer à la faire. ) SE METTRE , v. a. Se placer. ( Se mettre à son aise. II ne sçait où se mettre. ) * SE METTRE bien auprès de quelqu’un. [ Ali- cujus benevolentiam inire. J * SE METTRE mal dans l’espritdu Prince. Abianc, * SE METTRE à faire quelque chose. * SE METTRE au barreau. Semettreàl’étudedela Philosophie. Abl. s Fora Philosophie operam navare. ] * SE METTRE l’esprit en repos. [ Tranquitlum ha- bere animum. ] * SE METTRE à l’abri, à couvert, au large. * SE METTRE dans les remedes. j, Remediis sanita- tì consalere. ] * SE METTRE en campagne, aux champs, en chemin, en devoir de, &c. [ Carpere iter. ] * SE METTRE en frais. * SE METTRE à la raison. [ Rationem audire. ] * SE METTRE à être honnête homme. [ Se adfru- gem recipeve. J * :E METTRE en quatre pour servir quelqu’un. £ Se in uliquem produndere. J * SE METTRE a aimer une fille. [ Animant virgim dare. ] * SE METTRE d’une secte, l’embrasser. [ Addice- re o.licui seélœ. J * SE METTRE de bonne heure dans les partis. [ Mature se in publicanorum socìetatem conserre. ] * SE METTRE aux trousses de quelqu’un, le suivre de près. f Aliqumi insequi. J * SE METTRE fur la friperie de quelqu’un. [Ali- quem proscindere. ] * SE METTRE à boire & à faire bonne chere. [Se se in epulas effundere. ] (§ METTRE. On emploie ce terme dans le jardinage , pour marquer que les arbres prennent du fruit. On dit , Ces arbres se mettent à fruit. MEUBLE , s. m. [ SupeUex. ] Tout ce qui sert à meubler une chambre , ou un maison, & qui se peut remuer & transporter. ( Précieux meubles. Beaux meubles. Meubles magnifiques. * La vertu fans l’argent n’est qu’un meuble inutile. Destreaux , Epître De tous les Perroquets , cétoit le plus charmant , Même à mordre il avoit une grâce infinie , Rongeoit les meubles proprement. La Font. ) MEUBLE , adj. On apelle biens meubles en termes de Pratique , les biens qui ne tiennent point lieu de fonds, & qui se peuvent transporter. (II a obligé tous ses biens meubles & immeubles. ) (ff MEUBLE. Les Jardiniers disent, une terre meuble , c’est-à-dire, une terre si bien labourée & si à propos, qu’il n’y paroît aucune motte, & qu’elle est comme réduite en cendres. MEUBLE', ée , part. paff. & adj. [Instructif, or- natusst Un Palais meublé , une chambre meublée. ) MEUBLER , v. a. [ Instruere domum stupellefli- lì. ] Garnir de meubles. ( Meubler une chambre , une maison, un apartement. ) H MEUBLER une ferme , c’est la garnir de tout ce qui sert à l’exploiter, à la faire valoir. ( U a meuble sa ferme de bestiaux. ) t ME'VENDRE , v. a. [ Infimo pretio vendere. ] Ne pas vendre assez. (Mévendre de la marchandise.) t ME'VENTE , f. f [ Venditio vili pretio. ] C’est úne vente qui n’est pas assez haute, qui est trop modique. ( II y a de la mévente. ) MEUGLEMENT, / w. [ Mugitw. ] C’est le cri naturel du bœuf, du taureau , & de la vache. ( Un furieux, un affreux, un horrible meuglement. ) MEUGLER, v. ». [Mugirest Ce mot se dit proprement MEU ment des bœufs , des vaches, & des taureaux , & signifie faire quelque meuglement. ( Taureau qui meugle. Vache qui ne fait que meugler. ) MEULE , f f. [Mola versatiles , pifirinariaf] C’est une pierre plate , ronde, & percée au milieu , qu’on fait tourner à force d’eau, avec le pied, avec la main, avec un cheval, ou autrement. Le grain s’écrase entre les deux meules , c’est la roue du moulin par le moyen du ploquier qui fait tourner la meule de dessus. L’œil de la meule est le tron par où passe le fer du ploquier. II y a des meules d’une piéce, d’au- tres qui ont des chanteaux. La meule d’en bas s’apelle le gîte ou la meule gissante. [Mola afinaria .] Celle d’enhaut s’apelle meule courante qui écrase le grain. [Mola iursatilis, pifirinaria .J Meule de Lapidaire. [Mola, calibea.'] Meule de Taillandier , Coutelier. [Mola cotarìa.] Une grosse Meule. Une petite meule. Une meule de moulin. Une meule à éguiser. [ Cos. ] MEULE à polir, f Mola lìgnarìa , calibea, cotaria. ] C’est une sorte de petite meule de bois fur laquelle on passe les couteaux, les ciseaux, 6cc. émoulus. ( Passer fur la meule. ) Les Lapidaires se servent de meules de plomb, d’étain, & quelquefois d’acier. MEULE de foin. Voïez Mule. f MEULE. Les Fondeurs de caractères d’Imprimerie apellent quelquefois la meule , ce qu’ils nomment autrement & plus ordinairement le grais. MEULE- [Matrix cervini cornu. ] Terme de Chasse. C’est le bas de la tête d’un cerf, d’un dain , & d’un chevreuil, & qui est le plus proche du massacre. Sal. MEULIERE , f. f. [ Molaris lapìàicïna. ] Carrière d’où l’on tire les meules de moulin. On apel- le aussi meuliere tout moilon de roche mal fait & plein de trous. f MEULLADES, f f Ce font les plus grandes des meules à Taillandiers , & qui ont au - dessus de quatre piez de diamètre. f MEULLARDEAUX , ou MOLARDEAUX , f. m. Espece de meules dont se servent les Taillandiers pour éguiser & afuter les outils de fer qu’ils forgent. t MEULLEAUX, f On les apelie aussi, Oeillards. Moienes meules à éguiser , propres aux couteliers & Taillandiers. f MEUM , f- m. Plante qui ressemble beaucoup au fenouil; même plusieurs Auteurs la croient une espece de fenouil. On emploie la racine en Médecine. Elle est d’un goût acre .A piquant, d’une odeur aromatique. Elle contient beaucoup d’huile exaltée & de sel volatil. Elle est incisive, aperitive, carmi- native, hystérique, & propre pour l’asthme. OnTem- ploïe en poudre ou en décoction. Elle entre dans la Theriaque. MEUNIER i Mânier, f. m. [ Pisirinarim , moli- tor. J On dit l’un & l’autre, mais Meunier est bien plus en usage que Múnier, qui n’est guére qu’en la bouche du peuple. Le. Meunier est celui qui gouverne le moulin, fait moudre le grain qu’on y porte, & prend pour sa peine une petite mesure qu’on apelie mouture. (Plus enfariné qu’un Meunier. Gonb. Epit. /. ;. Si tu n’avois fqrvi qu’un Meunier comme moi, tu ne ferois pas si malade. La Fontaine, Fables, l. 1. Quoique fils de Meunier encor blanc du moulin , II est prêt à fournir ses titres en velin. Despr. ) On dit proverbialement ’ qu’il n’y a rien de plus hardi que la chemise d’un Meunier , parce qu’elle prend tous les matins un larron au colet. 11 est devenu d’Evêque Meunier. On demande pourquoi les Meuniers portent des chapeaux blancs , c’est pour couvrir leur tête. {§ Benserade dégoûté de l’entreprise de faire un moulin, dit à Mr. l’Evêque d’Amiens qui y étoit intéressé : Pour moi je ne perdrai pat beaucoup ; mais pour vous , Monseigneur , vous deviendrez d’Evêque meunier. $ MEUNIER à foulon. Celui qui a . soin du moulin à foulon, c’est-à-dire, du moulin où l’on revique les étofes pour les dégorger. MEUNIER. [ Mugil, capìto fluviatilis. ] Sorte de poisson qui a la tête grosse & grande, la bouche sons dents & quatre oùies de chaque côté. Rond. MEZ 431 MEUNIÈRE , f. f [ Pijìrindrii uxor. ] Femme de Meunier. ( La meuniere est assez jolie. ) On dit du drap de Meunier , du nom d’un Marchand d’Elbeuf, qui s’apelloit Meunier. MEUR, meure , adj. Voïez mur. MEURE. Voïez mure. MEURIR. Voïez mûrir. MEURS. Voïez mœurs. . MEURTRE, f m. [Homicidium, cœdes.] Homicide. Mort cruelle. Tuerie. ( Faire, ou commettre un meurtre. Se souiller d’un meurtre horrible. ) * MEURTRE, sc dit quelquefois en choies morales, & lignifie dommage. [Damnum.J C’est un meurtre de couper cet arbre, il porteroit encore de bons fruits. í * Crier au meurtre. C’est se plaindre hautement de quelque injustice, de quelque dommage qu’on prétend avoir reçu. ( II crie au meurtre pour la moindre chose. ) MEURTRIER , f. m. [ Homicida. ] Celui qui a fait un meurtre. (Le meurtrier a été puni. ) MEURTRIER, meurtrière , adj. [Letifer.~] Qui tuë. Qui est cruel. Qui est détestable à cause de fa cruauté. ( Parque meurtrière. Scaron. Loix meurtrières. Racine, Iphigenie , aci. 4. _/<:•. 4. Vos décisions meurtrières sont en aversion à tout le monde. Paf. I. 4. ) f Vos yeux, belle Philis, sc mettent fur leur garde meurtrière. Molière. Gs MEURTRIER est à présent de trois silabes. Air. Ménage nous donne cette régie fur les Poésies de Malherbe, page 280. Aujourd’hui ( dit-il ) l’i précédé d’une mute & d’une liquide, & suivi de la voielle e, est constanment de deux silabes. Notre poésie a cette obligation , avec plusieurs autres, à Mr. Corneille, qui dans la Tragédie du Cid a ose le premier faire meurtrier de trois silabes : En un mot c’en efifait. Mécredi je commence. Vill. ) Jamais un meurtrier en fit-il son refuge ? Jamais un meutrier s’ofrit-il à son Juge ? Je scai bien qu’il en a été repris par Messieurs de l’A- cadémie dans leurs scntimens fur cette Tragédie; mais le tems a fait voir que q’a été fort injustement , &c. MEURTRIERE , s. s. f Aperturœ, foramina .] Petites ouvertures qu’on fait aux portes & aux murailles des Villes, par où l’on tire & l’on tuë ceux qui les attaquent. H MEURTRIERES , sc dit aussi fur les vaisseaux, des trous, ou petites ouvertures, par où l’on peut tirer. MEURTRIR , v. a. [ Trucidare , Ledere. ] Tuer. Faire mourir. (Le criminel échape , & l’on meurtrit l’innocent. Abl. Tac. Ann. /. 1. c. ) MEURTRIR, f Contundere. ] Faire quelque meurtrissure. 11 lui a meurtri le bras. Se meurtrir le visage. Maucroix, Homélie 1;. ) H MEURTRIR , se dit aussi des fruits, & signifie les froisser, les cotir, en les maniant trop rudement. ( II a meurtri ces pèches. Ne meurtrissez pas ces fruits en ses ramassant. ) * MEURTRIR le marbre. [Tundere malleo .] Terme de Sculpteur. C’est le fraper à plomb avec le bout de quelque outil. MEURTRISSURE , s. s. [Livida contufio. J Marque livide causée par quelque coup. (II y a meurtrissure. Ce n’est qu’une meurtrissure. MEUTE -, s f [ Canum venatìcorum turba. ] Compagnie de chiens courans. ( Une belle meute de chiens. Toute la meute efl en défaut , Sans- même en excepter Brifaut „ Perr. Chass.) f Clefs de meute. On apelie ainsi les meilleurs chiens & les mieux dressez d’une meute , qui servent à conduire les autres & à les redresser. f * On apelie aussi clef de meute , un homme quî a un grand crédit dans une compagnie donc il est membre. MEZ AIL 1 f m.. [ Frontale paleœ. ] Terme de Blason. C’est le milieu du devant du heaume, quî s’avance à l’endroit du nez. MEZANUE. C’est sor une galère , la Chambré où sc met le Comité. MU- 43 2 MIC ME'ZANGE ' ou mésange, Parra. ] Petit oiseau qui vit quatre ou cinq ans, qui est gros comme la fauvete, qui a , a ^í e .- ,, blanche, l’estomach tirant fur le verd, âl^hmedun violet obscur. La mezange a un chant fort désagréable II v a une mézange commune & une mezange à longue queue. Cet oiseau s’apelle en Latin, ÍW major, & en Italien parujsola, testa mora. Votez Oltna. MEZARAÏQUE , adj. [ Mesentericm .] Terme d Ana- tomie , qui se dit des veines du Mescntere. ME'ZELINE, ou méselìne , s. f. [ Atalkum textile ex iana ?ff lino.] Terme de Marchand. C’est une forte de petite étoffe qu’on apelle dans le monde étoffe de la porte de Paris , qui est une forte de petite brocatelle faite de laine & de fil, qu’on fabrique en Flandre. ( Voilà une mezeline fort jolie. ) í MEZEUM , f m. Efpece de Thymelaea , qu’on apelle aulli Laureolefemelle. Cette plante porte des bayes qui font piquantes au goût comme le poivre. MEZZABOUT , f m. [Triremis minus vélum.] Terme de Marine. Voile de galere qu’on n’apareil- 1e que pendant la tempête. MEZZANIN , f m. [ Tertium vélum triremis.] Troisième mât qu’on met quelquefois fur la Méditerranée dans les galères, entre l’arbre de mestre & la poupe. MEZZANINE , f- /• ’[ Fenestra dimidiata.] Terme qui fe trouve employé par quelques Architectes, pour lignifier une entrefolle. MI , f. m. Terme de Musique. C’est le nom de la troisième note de la gaine. (Ut, re, mi, fa, &c. C’est un mi. ) MI. [Senti.] Cette particule entre dans la composition de quelques mots , & marque la moitié de ce dont on parle, & elle fe joint quelquefois au mot suivant avec un tiret. Mi-Août, mi-chemin, &c. MI-AOÛT , f f Prononcez mi-Ou. C’est le milieu du mois d’Août. A la mi-Août le Soleil est encore au signe du lion. On dit aulli des autres mois. La mi- Septembre , la mi-Octobre, &c. MI-CARêME, /. /. Le milieu du Carême. (Etre à la mi-Carême. ) MI-CHEMIN, f f. [Dìmidium via.] La moitié du chemin. (Nous sommes à mi-chemin. ) MI-CÔTE. A mi-côte , adv. C’est l’endroit & la situation qui marque le milieu d’une coline aisée. (Les Jardins qui font à mi-côte fournissent le plaisir d’une belle vûë. J’aimerois à avoir une maison à mi-côte. Quint. Jardin. Tit. i. ) i * MIAULANT, miaulante, adj. [ F élis in mo- retn gemens , damans.] Qui soupire. (Mon ame dolente, toutes les nuits est pour vous miaulante. Voit. po'éf.) MIAULEMENT , f m. [Felinus clamor.] C’est le cri naturel des chats. (On entendit toute la nuit un grand miaulement. MIAULER, v. n. [Mia clamìtare.] Ce mot fe dit Î iroprement des chats lorfqu’ils poussent un cri qui eur est naturel, & qui les distingue des autres animaux. ( Les chats miaulent. L’un Miaule en grondant comme un tigre en furie , Uautre roule fa voix comme un enfant qui crie. Desp. Sat. 6. ) $ MIBI , f. m. C’est le nom d’une efpece de lianne qui croît en Amerique, & qu’on emploie à divers usages. Voïez le P. Lahat. í MIBIPI , f. m. Autre forte de lianne dont le P. Labat donne aulli la description. Elle produit une efpece de bois dont les oiseaux se nourrissent. MICHE , f f. [Panis candidus.] Mot qui ne I dit guere qu’en Province , & qui signifie du pain qt est blanc. (Manger de la miche. ) t , f. m. [ Micha'íl. ] Nom d’homms Vlnlì, a devenu sqavant. Michel Ruiter Amir; «ollando.s fut très-brave & très-fameux. 11 fut ble Fi. ”"5v?í ST s "à '' c bim™£ L ) E ' J,: t No ” ‘le femme. ( Miehelle e t MICHON , f. m. veut dire petit Michel. Nom de petit garçon , quî MIE MICHON, f- f- Nom de jeune fille. (Miction est adroite. Michon est gaie. ) t * MICHON , f m. Mot du petit peuple de Paris, qui veut dire, quelque peu de bien. (Avoir du michon. Elle songe à avoir du michon pour ses vieux jours. ) MICMAC- Voïez miquemac. f MICOCOULIER, / m. [ Celtis .] C’est «n arbre grand, gros, rameux, qui croît principalement dans les pais chauds. Son écorce est unie , & blan- cheâtre ; ses feuilles ressemblent à celles d’orme, mais elles font plus longues & plus pointues, vertes dessus, blanchâtres au-dessous, rudes & dentelées. La fleur a cinq feuilles disposées en rose, au milieu des- quelles font attachées plusieurs étamines for: courtes. 11 lui succédé une baie fpherique, noirâtre, semblable à une petite cerise, attachée par une longue queue. Ce fruit est d’un goût stiptique & agréable ; il est propre pour arrêter les cours de ventre , & les hémorragies. Les feuilles ont la même vertu. MICROCOSME , f m. [ Microcosmes. ] Mot qui vient du Grec, & qui veut dire petit monde. (L’homme est un microcosme plein de merveilles. ) MICROSCOPE , f m. f MicroJcopium. ] Mot qui vient du Grec. Quelques-uns disent microcospe , mais 'microscope est plus régulier , & selon l’étimolo- gie. C’est un instrument d’optique, dont on fe sert pour grossir les objets. 11 y a un verre, deux & quelquefois trois verres pour voir les petits corps. (Un microscope bien fait. Un bon microscope. D’un nouveau Microscope on doit en sa presence Tantôt chez Dalencé faire f expérience. Despr. Sat. io. ) On attribue à Mr. Huygens l’invention du microscope à lentille. Cependant le P. Maignan Minime en a parlé avant lui. MIDI, s m. [ Meridies. J Le milieu du jour. L’heure qui marque qu’on est au milieu du jour. (II est midi. II est midi passé. Midi est sonné. ) MIDI. f Meridiana pars mundi.] Partie méridionale. ( Lieu qui regarde le midi. ) MIDI. [ Afcensto, elevatio major. ] C’est l’endroit où le Soleil, ou quelque autre Planette est en fa plus haute élévation lorfqu’elles passent par le Méridien. Le Soleil est à son midi. ) * MIDI. On le dit au figuré des personnes & de leur fortune. ( Cette beauté est à son midi. (La fortune de ce favori est à ion midi. ) j£js Malherbe a dit: Tom les plaisirs des jours est dans leurs matinées, La nuit est déja proche à qui passe midi. t * Chercher midi à quatorze heures. [ Nodum in scirpo quarere. ] Proverbe, pour dire, chercher une chose où elle n’est pas. f * Chercher midi quand il n’est qu’onze heures. II se dit des écornifleurs qui viennent avant l’heure du diné, pour ne le manquer pas. MIE, sf. [Medulla panis.] La partie du pain qui est enfermée entre deux croûtes. (Aimer la mie. ) t MIE. [ Arnica, amasta, mibi charijstma. ] Terme de caresse, qui signifie Amie. (Je voudrois, nia mie, que vous euffiez été ici. Molière. J’aime mieux ma mie que tout cela. Molière. ) f MIE , adv. [Non, neutiquam.] Non point. Le mot de mie en ce sens n’entre que dans le bas burlesque, & méme il est fort vieux. (Je ne la voi mie , & pourtant je brûle pour elle. Scaron. ) fff MIE est dérivé de mica , la mie du pain, qui est très-peu de chose. Martial a dit : Non est in tanto corpore mica salis. MIEL,T nt - [ Mel.] Ouvrage d’abeilles, qui est une liqueur jaune & fort douce , & qu’elles font dans leurs ruches avec la cire , dans les cellules de laquelle elles mettent le miel. ( Le miel de Nar- bonne est fort bon. Miel rosat. Miel sauvage. Port- Royal. Mouche à miel. Rayon de miel. Le refus des Frelons fit voir Que cet art paffoit leur savoir , £t la guêpe ajugea le miel à leurs parties. La Font. ) * MIEL. ( SuavitM. ] Douceur. Plaisir délicieux, ( Mon MIG ( Mon ame étoit alors fur mes lèvres pour savourer le ntiel qui étoit sur les vôtres. Voit. pos. (§ Régnier le Satirique, Discours au Roi: Et que de ta couronne en palmes flfertile Le mi d abondamment & la manne difiìlent. De son tems , non plus qu'auparavant, le miel, ni la manne ne distiloient pas des palmiers, ni des palmes. Mais les deux vers suìvans nous font bien connoître le peu de justesse de nos anciens Poètes, qui n’ont d’autre mérité que la prévention où l’on est pour l’an- tiquité •• Comme des cbenes vieux au jour du Jlêcle d’or , Qui renaissant sous toi , reverdissent encor. Le Poète a voulu dire que fous le régné du Roi, leS chênes du siécle d’or reprennent leur premiere verdure. Cette pensée est naturelle dans fa fiction , màis elle est exprimée d’une maniéré si entortillée qn’on ne la comprend pas d’abord. * MIELLEUX , mielleuse . adj. [ 'Melleus. ] II se dit des choses qui ont le goût du miel. On dit figurément un discours mielleux. Un homme tout mielleux , parlant d’un dévot. MIEN , Mienne , adj. f Meus , me a, ] Qui est à moi- Qui m’apartient. ( Vous avez acheté votre charge, & moi j’ay acheté la mienne. Vous avez votre bien, & moij’ai le mien aussi. ) j ss Mr. Ménage a observé sur les poésies de Malherbe, que ces pronoms mien , tien , Jien, leur , tu, finissent désagréablement le vers, & particulièrement à la fin du sens. Voici l’endroit fur lequel il a fait cette réfection.• Comme échaperons-nouí en des nuits fi profondes-, Parmi tant de rochers que lui cachent les ondes , Si ton entendement ne gouverne le sien ? 11 faut convenir que mien & miens en tout sens forment un son désagréable. On ne s’en sert pas même dans le stile noble ou sérieux , quoiqu’un de nos Poètes ait dit : Je sçai que le traité que je viens de conclure , De la plupart des miens excite le murmure. MÎ-E'TE', f f £ Dimidium cEflatis. 3 Le milieu de Pété. C Nous sommes à la mì-été. La mi-été est passée. MIETTE , Miéte , /. f. [ Mica. ] Petite mie de pain. ( Une miette de pain. ) MIEVRE, adj. [ Alacer , malignm. ] II fe dit proprement d’un enfant vif, remuant & un peu malicieux. ( Cet enfant est mievre. On dit aussi mievreté. Mais ces termes font populaires. ) MIEUX , a dv. £ Melìus. J Plus parfaitement. Avec plus de grâce , d’efprìt, ou d’adresse. (II joué mieux du luth que lui. 11 danse mieux, il parle mieux, il écrit mieux que tous ceux que je connois. Votre Prince vous dit un jour Qsil aimait mieux un trait J amour , Que quatre pages de louanges. La Font ) De mieux en mieux , adv. £In melìus. 3 ( Tout va de mieux en mieux. 11 fe porte de mieux en mieux. ) * Un tien vaut mieux que deux tu l’auras. Proverbe. Argent comptant porte médecine. 11 vaut mieux tenir qu’efperer. On dit aussi à qui mieux mieux, f Certatim. ] Pour dire à Penvi l’un de l’autre. ch MIEUX, est quelquefois adj. & signifie meilleur, plus convenable plus propre à la chose dont il s’agit. ( 11 n’y avoit rien de mieux à dire , rien de mieux à faire. MIEUX, est aussi subst. (Le mieux qu’il pouvoir faire c’étoit d’attaquer fennemi. Le mieux pour lui c’est d’obeïr. ch MIGEAU, / m. On nomme ainsi en Rouísil. Ion la laine de la troisième forte , que les Espagnols apellent Tierce. tz MIGLJARO, en François Millier. Poids dont on fe sert à Venise pour peser l’huile. t MIGNARD, Mignarde , adj. f Blandìtìarum amans , eleoans , deìicatulus. ] Ce mot signifie , joli, mignon , délicat, agréable. II est un peut vieux , &ne peut servir que dans le stile simple, ou dans la conversation. (Elle a le visage mignard. On le dît des tnfans. On le dit aussi des ouvrages, & du langage. MIG 433 Je fuis une jeune bergere , Qui ne Jgai ce que c’est qu’artifice U que fard ; Qui plais fans songer même à plaire , Et qui n’ai rien de trop mignard. Poète anonime. ) f§ Mr de Charleval pour fe vanger d’une Dame dont il avoit lieu de fe plaindre, fit cette épigramme - Lise a beau faire la mignarde >• Chaque jour , elle s’enlaidit ; Ce n’ejì pas que je la regarde , Mais tout le monde me le dit . f MIGNARDEMENT, adv. £ Graphicè, déganter * blande. 3 D’une maniéré délicate. ( Ce peintre travaille fort mignardement. On éleve cet enfant trop mignardement. Sur un front blanc comme l’y voire , Deux petits arcs de couleur noire Etoient mignardement voûtez. Voit. ) 0" Nos peres imitant les Italiens, aimoient fort les diminutifs. Rémi Belleau, que la Croix du Maine apelle homme docte en Grec & en Latin, & fur tout excellent Poète François, a fait de mignard, mignarde - let , dans fa Traduction de la sixième Ode d’Anacreon ; La fille portant le lierre , Fredonnant dessus fa guilerre , Danse d’un pied mignardeht. Voilà comment s’expliquoient les beaux esprits de ce tems-là. Le même la Croix du Maine charmé des expressions si élégantes & si mignardes, a joute, qu’i/ a traduit bim heureusement , N avec beaucoup de grâce de Gréa en vers François , les Odes d’Anacreon. Les tems &les goûts font bien changez. f MIGNARBER, v, a. £ Mollìter traHare. 3 Traiter avec délicatesse. (Les meres mignardent trop leurs enfans. ) f MIGNARDISE , f f. C Blanditia , elegantia , venus.a , lenocinìum. 3 Quelque chose de mignard, ( Lucien a par tout de la mignardise , & de l’agrément. Abl. Luc. La volupté vient avec toutes les mignardises & la parure des grâces. La Chambre. Toutes ces mesures de période n’ont qu’une certaine mignardise , & un petit agrément qui n’émût point l’ame. Dessr. Longin.) On dit aussi qu’un enfanta été élevé avec trop de mignardise , c’efi-a-dire, de flaterie & de délicatesse. MIGNARDISE, £ Flos cariophiUeus leucopheus. J Espèce d’œillet gris, rouge ou blanc, qui fleurit en Avril, & en Mai. ( Mignardise fort jolie. ) MIGNATURE, s f [ Mìniata pulura. 3 On prononce miniature , & même plusieurs Récrivent, & on croit qu’ils ne forrt pas mal. L’Académie prononce mignature. La mignature ou miniature est une peinture dont les couleurs fe détrempent avec de l’eau gommée, qu’on fait en petit, fur du velin , ou fur des tablettes , qui veut être regardée de près , & qui est plus délicate que les autres fortes de peintures. ( Peindre en mignature. Cette mignature est belle. II y a aussi une forte d’ouvrage en mignature qu’on fait avec de l’émail de Hollande rafiné fur de la petite besogne d’orfévrerie délicatement travaillée. ) MIGNON, mignonne , adj. sScitus, eximius.'} Joli. Beau. Bien fait. Délicat. ( Ganiméde est si beau & si mignon. Abl. Luc. t. i. Elle a quelque chose de mignon dans le tour du visage. II se voi t des portraits en mignature touchez d’une maniéré aussi noble, quoique plus mignonne & plus délicate qu’en huile. Une beauté mignonne. Un visage mignon. Une bouche mignonne. Un ouvrage fort mignon. De l’argent mignon. ) MIGNON , f m. £ Puìchellus , venustulm. ] Fa, vori. Galand de Dame. ( Les mignons de Henri IIL f Elle fit asseoir le Philosophe auprès dessin mignon. Abl. Luc. t. i. ) lf MIGNON, Ce terme est bas, & l'on ne s’en sert que dans les conversations familières. Les Italiens disent mignone dont plusieurs anciens Auteurs se font servi pour exprimer , un ami, une personne favorisée plus que les autres. Redi , dans ses Observations, reconnoît que les François ont porté !e terme mignon en Toscane , & qu’ils le tiennent de l’Aleman minna , amour , & maìnnen , aimer ; & de même source font sortis ces mots , mignard, mìgnarder, menin. Sous le régné de Henri III. ce terme étoit fort commun. Tome IL Iii II 434 Il y avoit de jeunesgens de qualité que le Roi tenoit auprès de lui, & qui avoient une faveur declaree. C’est d’eux que Régnier a dit : Dusiécle les mignons , fils de lap ouïe blanche, Ils tiennent à leur gré la fortune en la manche ; En crédit élevez ils disposent de tout , Et ríentreprennent rien qu'ils n’en viennent à hout_ J’ai lû dans les Mémoires pour servir à l’Histoire de France, imprimez à Cologne en 1719. tom. 1. p. 70. que „ ce fut en i;i6. que le nom de mignon commen- , qa à trotter par la bouche du peuple, à qui ils étoient ” fort odieux, tant pour leurs façons de faire badines, ’’ & hautaines , que pour leurs accoutremens effetni- , nez, & les dons immenses qu’ils recevoient du Roi. ’ Ces beaux mignons portoient les cheveux longuets, , frisez & refrisez, remontans par dessus leurs petits ’ bonnets de velours, comme senties femmes, & leurs ’’ fraises de chemise de toile d’atour empesées & lon- ’’ gués de demi pied. De façon qu’à voir leurs têtes dessus leur fraise, il s’embloit que ce fût le Chef „ Saint Jean en un plat. " f MIGNON, f m. f Meum corculum, anima mi. ] Ce mot se dit d’un enfant qu’on caresse. (Ne pleure point mon petit mignon. Abl. Luc. t. 1. On dit quelquefois des animaux. De chats mignons une troupe choisie, Pour faire honneur a son ombre cherie, Toutes les nuits vient deJJ'usson tombeau., Verser lesang d’un rat ou d’un moineau. P. Confire. ) f MIGNON. [ Catamitm puer. J Ce mot se dit quelquefois lorsqu’on est un peu en colere. ( Je vous trouve un plaisant mignon. Vous êtes un joli mignon pour cela. Boileau , Avis à Ménagé.') f MIGNON de couchette , f. m. Jeune homme bien fait pour être le galand d'une belle. ( C’est un petit mignon de couchette. Abl.. Luc. t. 1. ) t MIGNONNE , f f [ Arnica. ] Terme de Caresse, dont on se sert à l’égard d’une petite fille jolie. (Venez ça, ma petite mignonne. Beaucoup de modesiie U beaucoup de bonté Ont des charmes plus grands que rien a la beauté, Souvenez-vom en bien , ma petite Mignonne. Bours. Esope. ) J- Je vous trouve une jolie mignonne. Ces mots sent un peu piquans. Ils signifient , je vous trouve malhonnête. Peu sage. MIGNONNE , f f. Terme d 'Imprimerie. C’est un des corps de caractères, qu’on nomme corps interrompus. L’on range la raignone entre le petit texte & la nompareille. MIGNONNEMENT , adv. [ Concinnê. ] D’une maniéré mignonne & délicate.(Travailler mignonnement.) f * MIGNONETE , f f. Sorte de dentelle de fil de lin blanc, très-fine , très-claire & très-legere , qui sc fabrique fur forestier de même que les autres dentelles. II fe fait des mignonettes de plusieurs desseins & hauteurs dans divers endroits de France, mais les plus hautes ne passent pas deux ou trois pouces. On en fait de belles à Anvers & à Bruxelles , quin’ont qu’en, viron un pouce de haut. MIGNOTER ,v. a. [ Adblandiri. j Ce mot est bas, & signifie caresser. (Elle mignote trop ses enfans. II y en a qui disent amignoter. ) t MIGNOTISE. s. f. [ Blanditia. ] Caresses. Fia- terie. Ç11 a gagné son cœur par de petites mignotiscs & fiateries. ) MIGRAINE , s f- [IJemicraniaJ Ce mot vie, du Grec , où il signifie douleur de la moitié de la d te, St en général la migraine veut dire douleur de têti ( Avoir la migraine.) Etre sujet à la migraine.) MIGRAINE. On apelle de ce nom une petite CI quille, qui, à ce qu’on croît, guérit de la migraine. t MIJAURE'E, s s [ Deformii. ] Mot bas , méprisant qui se dit d’une femme pour marquer qu’e le n a rien de beau. ( Voilà une belle mijaurée. M* “ er J.\s 0Ur g eú is Gentilhomme , a. 1. s. 9. MIL ou mille [ Milksimus. J L’un & l’autre sc di Sa"s cui n ne se e rìi? deC ‘ Ìnable ? ui signific dix fois «nt se 'an par ant d'année. Ainsi 0 sc : ( Nous avons gSSS trojs cens, ratm , plaid. i$. «uinees m MIL De Paris la veille des Rois , Van milsix cens quatre-vingt-dou2e, Tems où par de sévères Loix , VEglise défend qu’on épouse. Desh.) O Le P. Bouhours a observé dans ses Remarques nouvelles, &c. ,, qu’il faut écrire l’an mil , & non pas „ l’an mille. Ce mil est comme adjectif, & vient de ,, millesimus. C’est comme si L’on disoitl'anmillième: „ au lieu que dans mille hommes , mille vient du Latin „ mille St est une espèce de substantif. ” Mr Ménage n’a pas laissé échaper cette ocasion de reprendre le P. Bouhours. II set dans ses Observations, tome z. cb. 2;. „ Est-il possible qu’un homme qui est parvenu à être „ Regent de troisième, ignore ce que les écoliers de „ troisième n’ignorent pas ; Car qui est séculier de „ troisième qui ne sache pas , que mil & mille c’est „ la même chose , & que ces deux mots viennent de „ mille? que mil nonsculement ne vient point de „ milksimus , mais qu’il n’en peut venir, & que c’est millième qui vient de millesimus ? ” t MIL , ou MUlet. f m. Ce mot vient du Latin miUium. II n’est pas si usité que le mot de millet. C’est une petie graine ronde & jaune qu’on donne aux oiseaux , & qu’on mange aussi quand il est bien mondé; c’est-à-dire, qu’on en a ôté la peau. ( Le Mont ne me paroissoit pas si grand qu’un grain de mil. Ablanc. Luc. t. 2. Jcaromenippe , p. 299. Son large soupirail se pourroit aisément boucher d’un grain de mil. Ma* r igni. Volez Millet. Un jour un coq détourna Une perle qu’il donna Au beau premier Lapidaire ; Je la croifine , dit-il , Mais le moindre grain de Mil Seroit bien mieux mon afaire La Font.) f C ’esi un grain de mil dans la gueule cCun Ane. Proverbe qui se dit quand on donne peu à manger à un goulu , ou peu de chose à une personne qui désire ou a besoin de beaucoup de choses. MILAN , f m. [ Milvus. ] Oiseau de proie fort leger qui vole haut, qui est de couleur fauve, ou noire, & qui a pour ennemi le duc & le sacre qui sont deux autres oiseaux. Bel. Mais cent vases d’argent parent ses long Bttffèts, Avec peine un Milan traverse ses guerets. Poët. an. ) MILAN. [ Milvus píscis. ] Poisson de mer qui vole un peu au dessus de l’eau , & qui a la chair dure & sèche. Rond. MILAN. [ C asm Meàiolanensiss Sorte de fromage qui a des yeux & qui a la côte rouge. On dit aussi fromage de Milan. Si on veut acheter de cette forte de fromage , on demande à la personne qui le vend, donnez-moi du Milan , ou du fromage de Milan. MILE. [ Mille. ] Nom de nombre indéclinable, qui signifie dix cent. ( Un mile , deux mile , trois mile. çVoïez Mil. MILE. [ Sexcenti. ] On sc sert de ce mot pour marquer une multitude indéterminée. ( II fait mile jolies choses. Scaron. Rom. A prés mile peines & mile fatigues, je fuis enfin venu a bout de mes desseins. Vaug. nouvelles remarques. On t’a vu mépriser en jeune téméraire Mile U mile volantes morts. Desh. ) t MILE. Apres ce mot dans le bas burlesque on. sous entend quelquefois diable quand il est précédé de l’adjectif tout. ( Cela me fait mal comme tous les mile.) MILE f m. [ Milliare. J Ce mot a une pluriel & se décline lorsqu’il signifie une étendue de mile pas géométriques , ou de cinq mile pieds. Irson , traité d’Arithmé- tique, fait le mot de mile féminin , p. 3;, mais il est tout seul de son côte & tant pis pour lui. On dit un mile St non pas ttne mile. ( II y a de Lisbonne aux Terceresbuit cens cinquante miles. Voici une ReduHion curieuse qVa fait Casinir Polonoìs, des miles ou lieues des Provinces de /’Europe , conformément aux pieds Romains qui Jont egaux aux pieds Rhénans dont on fe Jert par tout le Septentrion. Pieds Le mile ou lieue.d’Italie. -- ;ooo. De France. 15750. D’Angleterro — 5454. Do MIL De Bourgogne, s8°oo. D’Egypte. 2ÇOCO. De Flandre, —.. ! 30000. D’AUemagne. La petite. —— - 20000. La moyenne. 22500. La plus grande. ——0 25OOO. De Hollande. 24OOO. De Suisse. ——— - 26666. D’Efpagne, 21270. De Lituanie. 28560 . On l’apeile mìla. De Pologne. —- 19850. Apellee auffi nrà De Perse. 18750 . De Moscovie. 3750. D’Ecosse. - *-- 6000. De Suede. 30000. MILE-FEuILLE , s. f. Z Millefolium. 3 Plante qui croît dans les champs , & produit des fleurs blanches par ombelles. è La MILE-FEuILLE est détersive, vulnéraire, astringente , deflicative , propre pour arrêter les cours de ventre , les hémorragies intérieurement & extérieurement. II y en a une autre efpéce qu’on apelle Mille- follium bulgare purpureum minm, C. Baub. Elle dífé- re de la précédente par ses fleurs qui font purpurines, ou d’un beau rouge. Elles contiennent l’une & l’autre beaucoup de sel essentiel & d’huile. La dernière à les mêmes vertus. On l’apelle en François herbe aux Voituriers ou Cochers, ou herbe aux Charpentiers, Carpentarìa. MILE-FOIS , adv. [Millies. ] On l’empioie pour dire très-fouvent. ) Je l’ai oûi dire mille fois. MILF.-GKAINE, f m. [Chenoppdiunt ambrojtoides finua- to folio. J Sorte de plante, qui est une forte d’armoife. MILENAIRE , J. m. [MiUenarìus. ] Terme de Cro- noiogie. 11 signifie mile ans. Ç 11 s’eft passé plus de quatre Milenaires depuis la Création du monde , jufqu’à la venue de Jéfus-Christ. Le Déluge arriva dans le second Milenaire.. On compte communément quatre Milenaires depuis la Création du monde, jufqu’à Jéfus-Christ. ) MILENAIRES, f. m, [ Millenarii. 3 On entend par Ce nom certains Chrétiens , qu’on traité d’herotiques, pares qu’ils croyoient que Jéfus-Christ devoit revenir fur la terre , & qu il y comblera les fidèles pendant mile ans de toutes fortes de biens temporels. Cette opinion est fort ancienne, & presque du tems des Apôtres. On l’attribuë à S. Papias, & elle a été suivie par S. Irenée , S. Juftin & autres. Tìlkmont. MILE S IMF. , f- m. [Milksimm.'] C’est, le nombre des années qui ont couru depuis la Nativité deNotre- Seigneur. (Les dates des Actes faits du tems de Char- lemagne n’avoient point encore de milénme. ) MILE'ZIME. C’est particulièrement un terme d,e Momie. C’est le chifre qui marque le tems de la fabrication des monoïes. Le tems de la fabrication, nommé milezime, étoit autrefois exprimé par le nom des Magistrats & du Prince. Bouter oué , Traité des momies s p. 8. f MILIAIRE , f m. Ce mot vient du Latin millia- rìum. II fe dit quelquefois en termes de Géographie, & il signifie mile pus. Voïez mile , f. m. MILIAR - f. m. f IDecies centena millìa. 3 Terme d'Arithmétique. Mile milions. MILIASSE , f f. II signifie une grande quantité. (Une miliasse d’hommes. Des miliaffes de fourmis.) MILICE , f _f. [ Milites , copia. 3 II vient du Latin milìtìa. Soldats levez dans un pais aux dépens du païs même. Gens de guerre. ( Le conseil s’éforce d’a- neantir la milice des enrôlez. Patru , plaidoie i. La Milice des Turcs est de deux fortes, i’une tire fa subsistance de certaines terres que leur donne le grand Seigneur , & l’autre reçoit fa païe en argent comptant Briot , Histoire Otomane. ) ê On doit exercer la milice avec un grand foin pendant la paix. Une milice corrompue & factieuse est un mal fans remede , les châtimens la rendent furieuse , & l’impunité augmente son insolence. On doit l’ex- pofer aux plus grands dangers & la faire périr. Polybe de Mr. de Folard. MILICES. [Conscripta ex indigents copia. J II fe dit particulièrement des Habitans d’un païs qui s’arment MIL 43 ^ pour défendre leur pays. En ce sens les Milices font opofées aux troupes réglées. (On a commandé les Milices pour défendre les côtes contre la décente que les ennemis y veulent faire.) MILICE, f.s. [Res militarisé] Se dit quelquefois de Part militaire, de la discipline des troupes. (Ce Capitaine entend bien la Milice.') f * MILICE. Ce terme s’eraploye en termes de i’E- eriture sainte , & fe dit dans cette phrase. (La vie de l’homme est une milice continuelle.) MÎLÍE'ME- [Milksimm,] Adjectif de nombre ordinal. (11 n’estpas le miliéme. Elle n’est pas la mi- liéme qui n’a pas aimé son mari quinze jours.) MILIER,_/1 m. [ Mille .] Mile. (Un inilier d’cpingîes.) * Faire un milier de malheureux. Patru , plaid. 7. C’est-à-dire , un grand nombre de malheureux. * Afronter des mìliers d’hommes & d’éléfans. Vaug. Quint. L 9. Bien-tôt viHorieux de cent peuples altiers Tu nous aurois fourni des rimes à MílierS. Defpr.) MILIEU ,f m. [ Médium , centrum .] Ce qui est également éloigné des deux extrémités. (Cela est justement au milieu. Ville qui est au milieu du Roïau- me. La Rivière passe par le milieu de la Ville. Le milieu d’un vers. Le doigt du milieu, Frendre quelqu’un par le milieu du corps.) ■f MILIEU, s’emploïe adjectivement , & on dit le point milieu , pour le point du milieu. Acad. Tr. Au milieu. [Inter , in.] Signifie parmi. (11 s’est jette au milieu des ennemis. Je l’ai perdu au milieu de la foule.) J- Au milieu , fe dit pour bien avant ; ce bras de mer s’avance au milieu des terres, cette langue de terre s’avance au milieu de la mer ; c’est-à-dire, bien avant dans les terres , bien avant dans la mer. * II est demeuré court au milieu de son Sermon. * MILIEU. [Modtss.] Tempérament L moyen qu'on trouve dans les afaires pour les régler. (J’ai trouvé un milieu pour les acommoder.) * 11 y a un milieu dans les choses. La vertu consiste dans le milieu. Les sages doivent tenir le milieu ea toutes choses. MILION, f m. [Decses centena milita,] Dix fois cent mille, ou mil fois mille. (Consumer des milions d’or. Volt. I. 4 7. ) * MILION. Grand nombre. (Vous venez de sauver un mìlìon d’ames. Toit. L 68. Jefçai que pour un tnilion Vous ne voudriez pus faire une rébellion. Mol. MILITAIRE , adj. [ Militarh .3 Qui regarde ia guerre. Qui concerne le soldat. (Tribun militaire. Exercice militaire. Art militaire.) f Les Anciens étoientplus habiles & plus profonds, que les Modernes, dans Fart militaire. Voïez le Po- Iybe de Mr. de Folard. H Juflice militaire , c’est celle qui s’exerce parmi les troupes, suivant l’usage & les ordonnances de la guerre. ± Exéoution militaire , c’est le ravage que l’on fait dans un pays , pour contraindre les habitans à faire ce qu’on exige d’eux. £ ArcbiteUure militaire , c’est l’art de fortifier les places. f MILITAIREMENT, adv. D’une maniéré militaire. ( juger militairement une a faire, agir militairement.) MILITANT, militante , adj. [ Militons. 3 Ce mot fe dit de l’Eglìfe qui est en terre. ( Eglise militante. Patru , plaidoie. 3. ) f MILITER , v. n. On ne s’en sert que dans le Dogmatique , & en parlant de dispute. Cettte raison milite pour mci, c’est-à-dire prouve ce que j’.avance. Cette raison ne milite pas contre moi , c’est-à-dire , ne combat pas ce que j’ai allégué , ne fait rien à salaire dont il s’agit. On dit aussi , le bon sens & ì’éxperien- ce militent pour moi. Ce terme n’a guere n’ufage que dans ces phrases. MI LIE T -, f m. Prononcez presque millîet en deux filabes. (lest la même chose que mil. Voïez Mil. MLLIET mondé. C’est-à-dire, nettoie, battu & pelé, Tom. II íii * Ou a'xS MIL On le mange ordinairement avec du lait. (Faire cuire Herbe du miliet. ) n MILLE-FEUILLE, s fl íMdlesohum. ] qu on apelle du Cumin ou Aneth sauvage. ± MILLE-FLEURS. On apelle eau de mille-fleurs, Mine de vache qu’on reqoit dans un vase, pour a pren- nre ensuite en remede. Eau de mille fleurs, huile de initie fleurs , est aussi de l’eau & de l’huile distillée de la bonze de vache. Rojsoli de mille-fleurs , c est celui dans la composition duquelil entre quantité de sieurs distilées. MILLE-PERTUIS , f m. C Hypéricon. ] Herbe médecinale , qui pouffe des tiges à la hauteur d une coudée & demie, & dont les feuilles font affez semblables à la Marjolaine. MILLE pertuis [Hypericum. ] Sorte de plante, dont les feuilles font percées de quantité de trous. Ses feuilles font semblables à celles de la rue. Sa fleur est jaune , mais étant pressée, elle rend un suc rouge, & étant mise dans de l’huile, elle la teint de couleur rouge. Cette herbe de mille-pertuis a beaucoup d’usage dans la Médecine. f MILLERAI, fl m. Monoïe d’or de Portugal du poids de six deniers , au titre de vingt-deux carats & demi, qui vaut un peu plus que la pistole d’Espagne. On les apelle aussi des S. Etienne, à cause de la figure de ce saint qui y est représentée, jl y a aussi des demi-millerais, qu’on apelle des titillerais à la petite croix. % MILLERAI , est aussi une monoïe de compte de Portugal ; mais en ce sens on entend toujours le titillerai à la petite croix. £ MILLEROLLE , fl f. Mesure dont on se sert en Provence pour les huiles d’olive. La millerolle revient à soixantes-six pintes mesure de Paris, & à cent pintes mesure d’Amsterdam ; elle pese environ cent trente livres poids de marc. í MILMILS , f- m. Sorte de toile de coton qui vient des Indes Oriéntales. MILORD , f- m. ipymiftn , Ratrapa, Dominrn. ] Mot Anglois qui veut dire Monseigneur. ( Un riche Milord. On dit d’un Bourgeois fort riche & glorieux qu’il fait le Milord. ) t MIME, f- m. [Mtmus. ] Sorte de farce, ou de Contedie boulonne. C’étoit aussi celui qui contrefaisait de telle forte des gens qu’il failbit rire, & divertissait les spectateurs aux dépens d’autrui. Ce mot vient de (UijMîç qui signifie imitateur. On apclloit aussi les Comédiens Pantomimes , parce qu’ils contrefaisoient toutes sortes de gestes & de postures. (f 11 y aurait bien des choses à dire fur les Mimes & fur les Pantomimes des Grecs & des Latins , mais je nt’en abstiens avec peine; je remarquerai feulement que le terme , & Muni parmi les Grecs & les Latins , fignifioit autrefois deux choses. On apelloit Mimes certains poèmes, les uns serieux, les autres pleins de jeux & de railleries. On donnait aussi le nom de Mimes aux Acteurs qui les récitaient. Les Grecs avoienc plusieurs sortes d’Acteurs Mimes , & même les Lacédémoniens , malgré leur sévérité, en soufraient parmi eux, au raport d’Athenée, liv. 4. e. 4. Les Mimes étaient à Rome , des Acteurs semblables à nos Harlequins, & nos valets ridicules qui ne servent qu’à faire rire le peuple, souvent par leurs sotises. On les apelloit planipedes, des piés plats, soit à cause de leur impolitesse, soit parce que selon la remarque deDonatsurTerence, ils paraissaient sur la Scène avec des souliers plats, ne leur étant pas permis de porter le cothurne du tragique, ni le soulier élevé du comique. Ils étalent rasez de même que nos boufons le sont dans les Pièces Comiques, prétendant par là de sc rendre plus ridicules. Enfin leurs habits étoient laits de plusieurs etofes de diférentes couleurs, & on les apelloit pannkulì, témoin Martial, lìb. 2. epig. *73. Os tibi pracisum, quanta non ipse latinus t ilìa panniculi percutìt ora sono. . ,. , ->-> avaient cies Fantom. te vais dire deux mots , fans renvoïer le 1 leae P. les Pantomimes ne parlaient point íavoient fi bien sc servir du geste & Se l’a, 011 devinoit aisement ce qu’ils vouloscnt ir les apelloit Pantomimes , parce qu’ils rép MIN également les sujets ridicules & vils, & les graves & ferreux. Le terme wav fait connaître l’étenduë de leur profession, comme Vossius l’a remarqué dans fa Poétique nctvrw/ m/uoi. On aura peut-être de la peine à croire que ces sortps d’Acteurs aient été estimez & considérez par les Romains ; nous avons pourtant des preuves autentiques de l’estime que l’on en Mbit après leur mort, par diverses inscriptions ou épita- phes. Volez Dempjìer, pag. t MIN AGE , fl m. [ Mensura. ] Ce mot se dit en parlant de Coutume, où l’on parle de droit de minage, qui est le droit que le Seigneur prend sur la mine de bled pour le mesurage. â Ce droit était, fans doute, onéreux. Duchên» raporte dans ses Notes fur la Bibliothèque de Cluny, une ancienne exemption de ce droit , acordée par une Comtesse de Poitou, à un Monastère le jour de la consécration de son Eglise : De blado N vino suo f uotiens voluerint, facient , çVf minagium nunquam da - unt. Le Roi Philipe Auguste confirma les privilèges deshabitans de Lorris, - entre lesquels il y avoitl’e- xemption du droit de minage ; Pacte est raporté par la Tbaumassiére, pag. 994. des Coutumes de Berri & de Lorris. f MINARET, f m. Espèce de tour ou de clocher placé près des mosquées des Mahométans. On y entretient des crieurs qui apellent le peuple à la prier», pour fupléer au défaut des cloches. t MINAUDER, si. a. [ Ducere os exquistis modis.] Prononcez minôdé. Ce mot fe dit des femmes , & veut dire. Faire l’agréable. Faire de petites mines pour avoir quelque air charmant. ( Elle minaude. Elle ne fait que minauder. t MINAUDERIE , fl fl í Oris argutia. ] Prononcez minoderie. Toutes les petites manières que fait une femme pour paraître agréable. ( Elle fait mile petites minauderies. Qu’aux beautez jeunes & fleuries Tout devient agrément jujqu’aux Minauderies, Je le croi bien. L’Abbé Régnier. ) f MINAUDIER , Minaudìere , adj. Qui fait de petites mines afectées. ( C’est un minaudier, cette mi- naudiere me déplaît. ) MINCE, adj. [ Tenuis, exilis. ] Menu. Délié. Qui n’est pas épais. Leger. Qui est petit & n’est pas grand chose. ( Un habit fort mince. Une étofe fort mince. Une porcelaine fort mince & fort fragile. Patru, plai- doiéq. La paye est mince. Un dîné ou un soupé fort mince. Scaron. 11 n’y a rien déplus mince que l’efprit des femmes. D’un vain titre on fe fait honneur Quand la NobleJJ'e est mince. Et je le laisse de bon cœur , Aux Dames de Province. Mr. de Coulanges. ) MINE, f fl í Medimnm efl quadrans. ] Sorte de mesure contenant la moitié du sérier. ( Mine étalonnée. ) Ce mot fe dit aussi en parlant de charbon, & veut dire forte de mesure pour le charbon. (II y a du charbon plein la mine. Voilà une mine de farine en blanc. Vendre une mine de charbon. Acheter une mine de b'ed. ) t MINE. [Semi jugerum. J C’est aussi une mesure de terre, dont l’étenduë demande deux minots de grain pour être semée. Elle revient environ à un demi arpent de Paris. MINE. [ Oris jjpecies , nativa vultus compojìtio, ge- Jìus, habitufque corporis , gejìus ajfeflatus. J Façon, maniéré & action d’une personne. Air d’une personne. (Dans toutes les professions, chacun affecte une mine & un extérieur pour paraître ce qu’il veut qu’on le croye. Mémoires de Mr. le Duc de la Rochefloucaut. Avoir bonne mine. Avoir mauvaise mine. 11 a la mine de n’etre pas fort entendu. 11 avoir la mine d’être constipé. Ábl. apoph. Elle fit toutes les mines qu’elle vouloir faire quand elle vouloir plaire à quelqu’un. Le Comte de Bu fi. ) MINE. í Triftis vel fer entes vultus. ] Visage bon, ou mauvais qu’on fait paraître aux gens selon qu’ils nous plaisent, ou selon qu’on se porte bien , ou mal. (Faire bonne mine à quelqu’un. Faire triste chere 0 ? laide mine. Scar. poéf. C’est avoir un visage chagrin à à cause qu’on se porte mal. Faire lu mine. C’est gronder, & être en colere contre une personne. Faire une mine grise. Scar. poef. C’est gronder contre quelqu’un. MIN Garde-toi tant que tu vivras , De juger des gens fur la mine. La Font. ) MINE. [ Simulâtio. ] Semblant. (Faire mine de prendre quelque chose. II fit mine d etre amoureux. Le Comte de Bujjì. 11 s font mine de trouver à dire à l’argent. Pair u , plaid. Cet homme a bien la Mine D’avoir le sang bouillant & l’ame un peu mutine. Mol.) H Faire bonne mine à mauvais jeu. Prov. C’est dissimuler adroitement, cacher le mauvais état où l’on est. MINE. [ Mina , rnna. j Monoïe des Juifs pesant un certain nombre de íicles. Bouteroué , Traité des momies , p. i v MINE. Attique. [ Attìca libra. J C’étoit le poids de cent dragmes à Athènes. Cette mine vaioit 44. liv. 4. f. 10. den. de notre monoïe. MINE , ou mine de plomb, f Minium. J Couleur d’un rouge orangé fort vif, & qui sert pour peindre en mignature. MINE. [ Stylus. ] Sorte de crayon de pierre pour marquer. Cette mine est bonne. ) MINE. [ Fodina. J Lieu dans la terre d’où l'on tire le métail. Une mine d’or, d’argent, de cuivre, d’é- tain , de fer. ( Trouver une mine. ) MINA. [ Usta. J llfeditauíli de la terre. Glebe ou pierre qu’on tire de la mine pour la porter dans les fourneaux , où on la fond, onl’épure, & l’on en fait le métail qu’elle contient. On l’apelle en terme propre marcajjìte. MINE. [ Cunìculus. ] Terme de Fortification. C’est une maniéré de chambre souteraine qu'on fait fous le rempart de la face d’un bastion à laquelle on va par des détours , & qu’on charge de la poudre qu’on juge être nécessaire selon la hauteur & la pesanteur des corps qu’on veut élever & renverser pour aller à l’assaut. Fé- libien. ( Mettre le feu à la mine. Découvrir la mine. Eventer la mine. ) ê On ignore l’origine des mines dont l’usage étoit connu aux Anciens aussi bien qu’aux Modernes. La métode de défendre ou d’ataquer les places par les mines est la plus certaine & la plus assurée , parce qu’elle n’est pas sujette aux caprices de la fortune & aux accidents inopiné?. L’invention de la poudre nous a mis en état de porter l’art des mines plus loin que les Anciens , & de rendre un siège pour ainsi dire éternel. On a fort négligé cette savante partie de la guerre , sans penser que celui qui est maître du dessous l’est aussi du dessus. Mr. de Vaiiere a fait de grands progrez dans la sience des mines , dont on tirerait de grands avantages si on vouloit s’y apliquer. Votez le Polybe de Mr- de Folard. Tome II. è Le puits de la mine, c’est l’ouverture qu’on fait en terre à la profondeur de la mine qu’on veut faire , & avant que de travailler à la mine. ^ La chambre de la mine, c’est le lieu où on fait, où on charge la mine. Le saucisson de la mine , c’est la mèche qui est enfermée dans de la toile, & qui est disposée pour mettre le feu à la mine. * MINE. C Clandestinum confUiunu ] Intrigue. Pratique sourde &secrette qu’on fait pour venir à bout de quelque chose. ( La mine est éventée. ) _ MINER, v. a. [Cunìculum agere.] Faire une mine. Faire un creux sous une muraille pour y mettre de la poudre , & faire sauter le mur en mettant le feu à cette poudre qui est dans ce creux, ou espèce de chambre qui est fous le rempart & la muraille. (11 faut miner la place par cet endroit-là. ) * MINER. E Cmsumere , deterere , atterere. ] Détruire. Consumer. Le mal mine. Scar. po'èf. Le tems mine peu à peu & détruit ce qui est fait de la main des hommes. Vaug. Quint. L 5. Balzac par son affectation, minoìt la beauté naturelle des pensées. S. Evrnr.ont , scuvres mêlées , ìn 4 .p. 57$. c’est-à-dire, perdoit sacrement naturel des pensées. Ce travail mine ses forces. [ Labor vires paulathn abfumìt. J C’est-à-dire, les affoiblitpeu à peu. ) MINERAL , f m. [ Fossile. Tout ce qui vient dans les mines. (U y a une quantité innombrable de minéraux. Roh. pots.) MINERAL , minérale, adj. [ Metallicus. ] Qui est de mine. ( Soufre minéral. Eau minérale. ) MINETTE , f f. ou Minon, f. m. [ Félix. } C’est MIN 437 le nom que les enfans donnent aux chats quand ils les apeìlent. MINEUR, mineure, adj. E Minor. J Ce mot signifie Moindre , Petit. Qui n’est pas si grand. ( Ainsi on dit en termes d’Eglise. Les quatre mineurs. Pour,dire les quatre petits Ordres. Prendre les quatre mineurs. L’ A lie mineure. On dit aussi en terme de Musique , ton mineur. ) MINEUR, mineure. Ce mot se dit en parlant d’excom- munication. On dit. ( Excommunication mineure qui est une censure Eclésiastique qui prive de la participation passive des Sacremens , du droit de pouvoir être élu , ou présenté à quelque bénéfice , ou à quelque dignité Eclésiastique. ) MINEUR, f. m. [ Cunìculorum fojfor. ] Celui qui mine sous quelque muraille pour faire sauter cette muraille ou autre chose par le moien de la poudre à laquelle on met le feu. ( Un adroit mineur. Attacher le mineur à la muraille. ) MINEUR, f m. [ Pupillus.'} Terme de Droit. Celui qui est en tutelle. (Un pauvre mineur. Un riche mineur. Un mineur ruiné. ) Ce mot de mineur est opo- sé à majeur. MINEURE, f f. [ Quf in tutela est. ] Celle qui est en tutelle. ( Elle est mineure, & elle ne peut contracter sens le consentement de son tuteur. ) MINEURE, f f. E Ajfumptio , minor propnsttìo. ] Terme de Logique. La seconde proposition d’un Illogisme. ( La mineure est claire. Nier une mineure. Prouver une mineure. ) MINEURE, f.s. E Minor ordinaria.j Terme de Théo - logie. C’est le plus court acte de la licence, qui commence à une heure après midi , & finit à six heures; & dans lequel on soutient ordinairement de la Théologie positive. ( Faira fa mineure. II a réussi dans se mineure. ) -f MÍNGLE, f f. Mesure de Hollande pour les liquides , qui contient deux pintes de Paris. f MINÏA, / m. Serpent venimeux & d’une grosseur extraordinaire, qu’on trouve en Afrique & en Amérique. II avale un cerf entier après savoir étouffé en le serrant. MINIATURE. Voïez Mignature. MINIERE , f f. E Fodina , metallum. ] Lieu d’où l’on tire les minéraux. (Une minière de souffre, ou de bitume. ) MINIME , adj. [ Color fcrrugmeus. ] Oui est d’une certaine couleur grise obscure. ( Drap minime. ) MINIMES , f m. E Minimi. ] Religieux fondez par saint François de Paule , qui etoit de Calabre, & confirmez par le Pape Sixte IV. en 1459. Us portent un habit de couleur tannée avec un petit capuce, un seapulaire rond & un manteau de même couleur. On apelle quelquefois à Paris ces sortes de Religieux, les Bons-hommes, & principalement en parlant des Minimes áe Chai lot , à cause que Louis XI. qui fonda les Minimes en France, apeiloit S. François de Paule bon-bomme. MINISTERE, f m. E Officium , intima , opus. J Fonction. Charge. Devoir. La peine que prend une personne pour quelque chose. ( La nécessité de leur ministère les dispense des charges de Ville. Patru,plai- doié 1. ) $ MINISTERE, sc dit aussi de l’entremise de quel- cun dans une a faire, d u service qu’il rend en s’emploïant à quelque chose. (Je vous orre en cela mon ministère pour terminer nos diferens. ) 4 MINISTERE, sc prend quelquefois pour tous les Ministres d’Etat. ( Le Ministère ne lui est pas favorable , le Ministère a rejette cette proposition. ) tf MINISTERIAÏ. Le P. Bouhours aïantTû dans les Mémoires de Pontis ces mots, ledest’ein qu’il avoit de fuplanter du minsteriat celui qu’il ne pouvoìt plus fi- porter , ne laissa pas échaper cette ocasiori de condan- ner Mrs. de Port-Roïal, que l’on croit être auteurs de ces Mémoires; il fit donc cette Remarque inférée dans la fuite de ses Remarques nouvelles, pag. 34*;. „ R „ faloit dire du ministère; c’est ainsi qu’on parle. Lors „ qu’ils aprendront que du tems de fan ministère les An - „ glois ont été batus chajfez , dit Mr. de Voiture , ,, en parlant du Cardinal de Richelieu. Mr. de Meaux „ dit de même : Le grand Cardinal de Richelieu achevois „fon glorieux ministère. Tout fléchit fous le ministère du „ Cardinal Mazarin, dit l’Auteur de la Relation des ,, campagnes de Rocroi. Enfin, Mr. Silhon a donné I i i 3 pour 538 MIN titre à un de ses livres , le ministère du Cardinal ” Mazarin. Et un habile Courtisan , qui savoit ega- lement sart de parler & de se taire, dit un jour, pour '' définir certaines gens qui ont toujours des intrigues à la Cour, qui se plaignent sans cesse du gouvernement & qui tâchent néanmoins de se mettre bien dans Pesprit de ceux qui gouvernent : Ces gens ( anus du Ministre , & ennemis du ministère. Apres ces autoritez qui sont des preuves de Pusage, je ne croi ” pas que personne ose se déclarer pour mìnisteriat. Je suis sûr que le bon Pere a senti quelque joie en fàisant cette remarque, MINISTRE , /• m. [ Minister. ] Qui sert à Dieu, à Dieu , au public, aux particuliers. Les Ministres de l’Autel sont ceux qui servent le Prélat ou le Curé quand il officie. Le Diacre & le Soudiacre sont des titres qui signifient ministres. Atdzovoç , Minister. MINISTRE , f m. s Minister regni, adminster. J Ce mot se dit parlant d’Etat, de Royaume, ou d’Empire. C’est celui que le Souverain a pour principal Conseiller dans les affaires d’Etat. ( Un fidèle, vigilant Ministre d’Etat. Quand je vous donne Vers ou Prose , Grand Ministre je lestai bien, Je ne vous donne pas grand, chose. Mais je ne vous demande rien. Bouhours , Rec. ) f MINISTRE , se dit aussi des Ambassadeurs, Envolez & Residens des Princes dans les Cours étrangères. (LesMinistres étrangers ont suivi la cour. Le Ministre de France , le Ministre d’Espagne, &c. ) * On étoit bien aise que sa colere retombât sur ceux qui'en avoient été les Ministres. Vaug. Quint. I. io. MINISTRE. [ Ver bi divini minister. J Celui qui prêche la parole de Dieu à ceux de la Religion. Celui qui prêche la parole de Dieu aux Luteriens. On apelle aussi cette sorte de Ministre Pasteur. ( Un sqavant Ministre. Un habile Ministre. ) MINISTRE Ternie de Religieux Maturin. C’est le Supérieur d’un Couvent de Maturins. (LePere Ministre est fort doux. ) Sa charge s’apelle Ministrerie. MINISTRERIE, f {■ [ Mìnsteriatusst Benefice, ou charge de Supérieur dans un Couvent de Maturins. Le Général de l’Ordre a plusieurs bonnes MinstrerieS à conférer. MINIUM, f m. du Latin Minium. Couleur minérale qui se fait de plomb poussé au feu , & qui sert aux Peintres 6 c aux Enlumineurs. MINODER, Minoderie. Voïez minauder. MINAUDERIE. t MINOIS, f m. [ Vultus , on] Mot burlesque pour dire visage. ( Sous ce minois qui lui ressemble, Chajsons de ces lieux ce causeur. Mol. ) 11 a un vilain minois. Scaron. Voïez mine. t MINON, J. m. [ F élis , catus . ] Mot dont on Te sert pour apeller un chat. ( Tien , minon, tien.) MINON , T m - Sorte de petite fleur champêtre qui fleurit jaune. MINORITE', sf- [Minoris atas. ] Le teins qu le Roi de France est mineur. (11 y a eu des guerre durant la minorité du Roi. ) On le dit aussi des au tresRois. La minorité des Rois finit à quatorze ans suivant un Edit de Charles V. de Pan 1374. Louis XV n’est plus dans fa minorité. 11 est majeur depuis 1724 t * II faut bien autre chose pour votre beauté qu’un minorité. Cette faqon de parler est de Benserade , é elle veut dire qu’il faut un autre galant à la Dam qu’un Roi mineur. MINORITE'.^ Pupillaris atas. ] Ce mot se ditaufl à l’égard de toute forte de mineurs. C’est l’âge d’ui mineur. C’est le tems pendant lequel on n’a pas l’ad ministration de son bien. ( On se fait relever de Contrats faits pendant la minorité. ) MIN O T, f m. [ Quadrant fixtarii. ] Sorte d melure dont on sc sert pour mesurer le sel , le charbon * E? Proprement la moitié de la mine. nor des \ L'est un minot plein. (Mi rV" min °t de charbon.) , . û l^rttca armata arcenda anchora.l Term à ^ute-hors, Défense. C’est une longue piéS d M1P bois, garnie par le bout d’un crampon de fer, dont les matelots se servent pour éloigner du Navire l’ancre quand on la léve , de peur qu’elle n’endommage Pavant du Bordage. Qzanam , Tbìcl. Mathem. MINOTAURE,/ m. [Minotaurus. ] Monstre, demi-homme & demi-taureau. (Tésée tua le Minuta ure. ( C’est aussi le nom d’une constellation Méridionale , qu’on apelle auffi Centaure. (§ MINU. C’est dans Particle 560. de la nouvelle Coûtume de Bretagne, l’aveu & le dénombrement qu’un nouvel aquereur doit donner en détail , ou, comme quelques-uns disent,par le menu,à son Seigneur. t MINUCIES , f f. c Minutia. ] Petites bagatelles qui regardent le stile. ( Ceux qui n’ont pas de goût pour la langue, sc moquent des minucies des Grammairiens. ) 0 MINUCIE. Ce mot ( dit le P. Bouhours dans la fuite de ses Remarques nouvelles , pag. 107. ) „ est „ joli, & exprime bien ce que l’on veut dire ; il est plus de la conversation que des livres : il peutnéan- „ moins trouver fa place par tout. Ce détail (dit le „ Cardinal de Rets dans son Ecrit du Conclave d’Ale- ,, xandre VII. ) paroit, fans doute, une minucie, c’est- ,, à-dire, une chose mince & frivole, & qui ne vaut „ pas la peine d’étre remarquée, & qui ne fait rien „ au gros de l’afaire. ” Voïez le reste de la Remarque. MINUIT, f m. [ Media nox. ] Le milieu de la nuit. ( II est minuit sonné. 11 est arrivé à minuit. II est une heure après minuit, » Je fuis négligemment étendu fur mon lit. Bouh. Rec. ) MINUSCULE, adj. [Minustula littera. ] Ce mot sc dit des lettres, & signifie fort petite. ( Lettre minuscule. Ce mot est oposé à la lettre majus cule , ou ca. pitale. MINUTE , s. s. [ Temporis punHum. ] Partie de l’heure. (L’heure est divisée en soixante minutes. La minute en 60. secondes,la seconde en 60. tierces. H.... Elemens de Mathem .) MINUTE. [ Minuturnprimum. ] Terme de Géométrie. C’est la soixantième partie d’un degré , qui est la 560. partie d’un cercle. ( Les Tropiques font éloignez de l’Equateur de 2;. degrez & 29. minutes.) MINUTE. [ Moduli pars. ] Terme d 'ArchiteHure. C’est la 60. partie du Module. MINUTE'E. [Momentum.j\ En fait de poids. La minute est la 24. partie d’une prime, qui est la 24. partie d’un grain , &c. 02 anant , Difíionnaire Mathem . MINUTE , f f. [Prima prascriptio.~\ Le premier acte qui se fait entre les parties où font leurs signatures avec celles des Notaires. (Les minutes des actes de conséquence demeurent dans l’étude des Notaires. ) MINUTE. [Minuta littera. ] Petite lettre dont on se sert pour écrire les actes originaux & publics. Petite lettre dont se servent les gens de pratique. (C’est de la minute. Ecrire en minute. ) MINUTE. [ Scriptum primarium. ] Ce mot se dit aussi d’un brouillon sor lequel on fait le projet de quelque ouvrage. ( Mettre au net une minute. ) MINUTER , v. a. [ Aclum prajcrihere. ] Terme de "Notaire. Faire la minute & Poriginal de quelque acte. ( Minuter un Contrat. ) MINUTER, v. a. [ Moliri , medìtari. ] Tramer. Machiner. Songer à entreprendre quelque chose. (Minuter secrètement une entreprise. Vaug. Quint. liv. 10. ch. 2. ) MINUTIE- Voïez minucie. MIOLOGIE, f f s Sermo demuscults. ] Science qui traite de la connoissance des muscles. (La Mio- logie de Bourdon est assez bonne. ) tMION, f. m. [Mïnor. ] Mot qui vient du Grec, & qui signifie plus petit, il signifie pafmi nous un petit garçon. ( Quel petit mion est-ceià. ) On donne quelquefois ce nom à des filles. ( Mion plus belle que Vaurore , Tu Jçais bien que mon ceeur t’adore. ) íMIOSTADE^ f.s. Espèce de petite serge , moins forte que les ortades , qu’on fabrique à Amiens, en Angleterre & dans d’autres païs. MI-PARTIR , v. a. [ Dividere, bìpartiri. ] Partager par le milieu, ce mot mi-partir est François & se dit, mais on dit plus ordinairement partager par le milieu que mi-partir. ( II faut mi-partir cela. ) MI-PARTI, mi-partie. [Bipartitus, ex aquo divisa J II se MIR Te dit des robes & desfmsnteaux de deux couleurs diFe- rentes. ( Les Echevins portent des robes mi-parties de rouge & de noir. Les Bedeaux & autres Officiers ont aussi des robes mi-parties. ) MI-PARTI. L Dijpartitus. ] Terme de Blason. II se dit de deux Ecus coupez par ia moitié & joints en semble en un seul Ecu. Mi-parti. 11 se dit lorsque l’E- cu étant coupé, il est parti feulement en l’une de ses parties. Chambre nû-parfte. [ Decuria bìpartitorum judì- cum. ] C’est une Chambre de l’Edit composée de Juges moitié Catholiques & moitié de la Religion. MI-PARTIR , v. a. [ Dividere , bìpartìrì. J Partager par le milieu , ce mot mi-parûr est François & se dit, mais on dit plus ordinairement partager par le milieu que nú-partìr, ( II faut mi-paríir cela. ) MIQUE.LETS , s m. s Milites pyrœnei. J Soldats à pièd, qui vivent dans les Pyrénées, armez de pistolets de ceintures, d’une carabine àrofiet, & d'tine dague au côté. MIQUELOT, f. m. Petit garçon qui va en pèlerinage à saint Michel sur la mer en gueusant. ch Faire le Miquelot, c’est affecter une mine hipo- crite. t MIQUEMAC, Micmac, f. m. t Ars, molitio.'] L’un & l’autre se dit, mais on croie que micmac est plus de la prose & micquemac plus de la poésie. Le micmac signifie, forte de tracas , intelligence vile & baffe entre des personnes. (Je ne sçai quelle action inistérieuse , je n’entends point c e micmac. Scaron. De mitres il fait troc, car il n’en donne point fans quelque ìniqttemac. Scaron. MIRACLE , f m. [ Miraculum , prodigium. J Chose qui ravit. Qui est au-dessus des forces de la nature , & qui est faite par Dieu, ou par ses Saints. (Jé- sus-Christ a fait de grands miracles. C’est un miracle étonnant, surprenant , extraordinaire , certain. Le miracle est un éfet qui n’est point Une suite des loix naturelles. Malhcrb. ) * MIRACLE, f Mirum. ] Chose admirable , belle, surprenante. Merveilles. ( II fit des miracles de fa personne dans le combat. Àrtenice , où je contemple tant de miracles divers. Volt. pois. Achille, à qui le Ciel promet tant de miracles , recherche. Racine . O n'etoìt plus ce Miracle d'amour Qui devoit charmer tout le monde. La Font. ) {§ MIRACLE d’amour , de beauté, d’esprit, a vieilli. Malherbe ai moi t fort cette expression : Henri, ce grand Henri que les foins de nature Avoient fait un miracle aux yeux de Funivers. Ailleurs, en parlant d’Achìlle : Je veux du même esprit, de ce miracle d’armes Chercher en quelque part un séjour écarté. f MIRACLE. Ce mot se dit quelquefois en riant pour marquer qu’on a fait quelque petite chose de mal, comme d’avoir cassé, ou brise quelque vase, verre , &c. ( II a fait miracle. ) MIRACULEUSEMENT, adv. [ Dhinitus. ] Par miracle. ( II a guéri miraculeusement. ) MIRACULEUX, miraculeuse, adj. [Miracu/iplenus.'] Qui s’est fait par miracle. ( Chose miraculeuse.) * MIRACULEUX , miraculeuse. [ Mirandm, mirabi- lis. ] Surprenant. Admirable. (Action miraculeuse.) MIRAILLE' , adj. [ Variatus , difcolor , divers’-o. /or.] Terme de Blason. II se dit des marques que les paons ont fur leur queue , & les papillons fur leurs a'tles, qui ont quelque ressemblance à des miroirs, lorfqu’ils font reprefentez fur des Ecus. ( II porcoit d’argent , au paon rouant d’azur, miraillé d’or. ) MIRCOLION, f m. Petit animal qui vit dans le fable , qui ne volt jamais la lumière , qui dort tout j’hiver, qui est tacheté de blanc & de roux, qui a deux cornes , qui est gros comme une abeille, & qui vit de mouches qui passent fur le fable où il est caché. MIRCOTON, Yoïez Mïrlicoton. MIRE,//- [ Specularis pïnula. ] Quelques-uns apellent mire une maniéré de petit bouton qui est au bout du canon des fusils, mais ils parlent mal. Le mot de mire en ce sens est hors d’usage , en sa place on dit Guidon. MIRE. Quelques-uns disent aussi la mire d’un canon, mais ces quelques-uns disent mal aussi. II y a bien un coin de mire qn’on met sous la culasse du ca- MIR 439 non quand on le pointe, mais il n’yanî mire ni guidon au bout de la volée du canon. Cependant on dit quelquefois en termes de canonier, mettre une piécc en mire, mais c’est-à-dire la pointer pour donner où l’on veut. On dit encore selon quelquesuns chercher fa mire , mais c’est en pointant son canon voir où l’on pourra donner. Coins de mire. Pièces de bois que l’on met fous la culasse d’un canon pour le hausser ou baisser. Mettre en mire, c’est pointer le canon. Prendre fa mire , c’est regarder en pointant un canon , en quel endroit on pourra donner. La terre femire-, c’est-a-di. re, que les vapeurs Font paroître les terres de telle maniéré qu’il semble qu’elies soient élevées fur de bas nuages. MIRER , v. a. [ Collineare, cotlimare.] Bien des gens croient ce mot usé, & disent en sa place viser. Cela est vrai en parlant de fusils & d’autres armes, qu’on met en joué , mais en parlant des (décès d’artillerie on pense qu’on peut dite. (Le canonier mire en pointant. ) $ L’Académie admet ce terme en parlant des armes a feu, d’une arbalète. Mirer c’est viser, regarder avec attention l’endroit où l’on veut que porte le coup d’une arme à feu , d’une arbalète. On dit, mirer le but, mirer le gibier. f MIRER. Terme de Manufacture. C’est examiner, regarder à contre-jour une piéce de drap déploiée & étendue sur la perche, pour connoître s’il n’y a point de trous , de déchirures ou d’autres défauts. Se mirer , v. r. [ Se intueri in Jpeculo , Je injpicere. ] Se regarder dans un miroir. ( Narcisse devint amoureux de lui-même en se mirant dans une fontaine. Narcisse oublia l’amour de soí-même pour se mirer en votre eu. Volt. pos Vous pour qui la nature aparu plus cruelle , Mirez-vous , mais pour voir que vous n*étés pas belle » Bours. Esop. ) Os La Fontaine, Joconde : Un jour en se mirant, je fais, dit-ìl gageure Qu’il n’ejì mortel dans la nature Qui me J'oit égal, en apas. Ce n’est que dans le stile enjoué que l’on peut se fer» vir de mirer. * ll fe mire dans son ouvrage. C’est-à-dire , il se considéré & s’admire dans son ouvrage. Main. pos. f * Se mirer dans ses plumes. On le dit dans le stile familier d’une jeune personne qui fait paroître une grande complaisance pour sa beauté , pour sa parure. MIRLICOTON, f m. Ce mot est un peu Gascon, & vient de ('Espagnol. C’est une sorte de pèche jaune qui mûrit sur la fin de l’Automne. ( Le mirli. coton est gros , & est aussi une manière de pavie beau & jaune, qui est assez bon. Quint. Jard.fruitiers, t. i. ) k MIRLIPOT , f m. Sauge infusée dans de l’eau, qu’on prend quelquefois en guise de thé. MIRLIROT, / m. Sorte d’herbe champêtre qui fleurit jaune, qui pousse une tige haute , & qui a une odeur assez forte. Le mirlirot viçnt dans les aveines & les terres fortes. * ( f en dis du mirlirot. C’est-à-dire , je ne m’en soucie point. Je m’en moque. Mais cette forte de façon de parler n’est que du petit peuple de Paris. *C’est pourquoi Monsieur Bourfaut dans son Esope fait ainsi parler Pierrot. Mais tenez franchement , f en dis du Mirlirot, TV/îfdié, je fuis las d’ítre apellé Pierrot, Bours. f* MIRMIDON, f m. Petit. ( Quel petit Mir- midon est-ce là ? Hé quoi! ce Mirmidon, passe pour un grand homme, Je ne peux revenir de ma perplexité. Bours. Esope. ) MIRMIDONS , f m. [ MirmiAones. ] C’étoit des peuples de Thessalie. Virgile a donné ce nom aux soldats d’Achile dans le deuxième Livre de l’Enéïde, & on le donne aujourd’hui à un petit homme qui n’est capable d’aucune résistance. ( Retirez-vous , vous êtes un Mirmidon. 0" Veu. Paterculusjib. i. raconte queTessalus Thes- protien de nation, suivi d’tin grand nombre de gens de son pais, vint s’établir dans un lieu ocupé par des Peuples apellez Mirmidons. Je ne sçai pourquoi on nomme Mirmìdons les petits hommes, MIRO- N 44° MIR MIROBOLANS ,s ™-, í Mirobolanus,glans un- guentaria. 3 Certaines especes de prunes froides au premier degré , & sèches au second , qui fortifient, purgent & resserrent tout à la fois. MIROIR, s m. [ Spéculum. 3 Glace de verre , où l’on fe mire. ( Miroir plat. Miroir convexe, concave, ardent. Miroir de toilette. Miroir de poche. * Un discours tropfincere aisément nous outrage Chacun dans ce miroir pense voir son visage. Defpr. fat. 7. ) f Les peintures ridicules qu’on expose sur les teâtres, font des miroirs publics où il ne faut jamais témoigner qu’on fe voie. Molière. ( Monsieur Perrault dans son poème de la Création du monde , dit en parlant d’E- ve tirée de la côte d’Adam. Adam qui s’étoit vu.fur le prochain rivage , Crut qu'un miroir jìateur luimontroit son image. ) MIROIR. C Margo toreumatica. ] Terme de Mer. Lieu fur la galerie où est la tutelle & dieu-conduit du navire. Four. (§ Aubin , dans son Dictionnaire de Marine, explique ainsi ce mot : Miroir fronton , Dieu-conduit » c’est une cartouche de menuiserie placée au-dessus de la voûte à l’arriére. On charge le miroir des armes du Prince, & on y met quelquefois la figure qui a don- né le nom au Vaisseau. Miroir est plus en usage que fronton. £$ MIROIR, défiés. Loifel a dit dans ses Institutions Coûtumieres , liv. 4. tit. 3. art. 77. que en chacune Branche de partage , celle qui s’apelloit mìrouer de fief par Vancienne Coutume du Vexin , pouvoit porter la foi pour toutes les autres. C’est-à-dire, que la branche qui avoit le titre & la portion la plus honorable du fief, pouvoit porter la foi & l’hommage pour les autres co- partageans, comme il est décidé dans les Coutumes de Sens , art. 2x9. de Montargis, ch. 1. art. 32. *è§c. Tours, art. nç. MIROIR. Terme d 'Oiselier. C’est un morceau de bois taillé en arc, où il y a plusieurs entailles dans quoi font de petits miroirs colez, & qui font soutenus d’une cheville , au milieu de laquelle il y a un trou pour mettre une ficelle, afin de faire tourner ce miroir qu’on fiche entre deux napes pour prendre des ortolans, & principalement des aloiietes. (Prendre desaloiietes au miroir. Ruses innocentes , /. 3. c. 13. /. ) MIROITERIE, f f. [ Speculorum commercium. ] Commerce de miroirs. Les femmes font bien valoir la miroiterie. MIROITIER , f. m. f Confiicilìarurn artisex. 3 Ouvrier marchand qui fait & vend toutes fortes de mi- roirs, de lunettes , de glaces, de globes de verre. Les miroitiers s’apellent dans leurs lettres de Maîtrise, miroitiers lunetiers. MIROITIERE, f. f. Femme de miroitier. MIROÙETE' , miro'úetée , adj. f Variegatus. ] Ce mot fe dit en parlant du poil de certains chevaux , & veut dire , bais à miroir. ( Cheval miroiieté. Soleisel.-) MIRRE , s f. [ Myrrha. 3 Gomme odorante d’un arbre qui croît dans l’Arabie heureuse, qui est plein d’épines , & haut d’environ cinq coudées. La bonne mirre est luisante & transparente , chaude & sèche. On ditqu’elle tuë les vers qui font dans le corps , & qu’elle rafermit les dents si l’on s’en lave la bouche avec du vin & l’huile. f MIRRE. Poids dont on fe sert à Venise pour les huiles, qui est de trente livres poids subtil de cette ville* f MIRRE, est aussi une mesure des liquides, surtout dqs huiles. Cette mesure d’huile ne pese qué vingt- cinq livres aussi poips subtil. MIRTE , s. m. s Mìrtus. 3 Sorte de plante qu les branches souples, l’écorce rouge , les feuilles peu longues, odorantes & toujours vertes. La fie u mirte est blanche & sent bon. Son fruit est astrí ' S On mirte sauvage. Un mirte domestique. 1 double. Le mirte est consacré à Vénus. . te mirte a amour •A la palme de la vif{oiyg t Scar. poës. ) " Les couronnes de mirte ne coûtent n: font plus charmantes que celles de laurie/ Lieu plante de mutes. IMirtetum.] MIR f Feuille de mirte. Instrument de Chirurgie, qui sert à nettoïer les plaies , & à tirer les pierres arrêtées dans l’urêtre. On donne le même nom à un autre instrument qu’on emploie dans les dissections, & don» l’extremité est crochue. MIRTILE, s m. [ MirtiUuí. 3 Nom d’un berger dans les églogues pastorales. * On apelle auslì de ce nom une plante qu’on nomme autrement airelle , en Latin vaccìnium. MIRTILLE, se dit aussi des bayes du mirte dont fe servent les Teinturiers pour teindre en bleu. MIS, m se , adj. [ Pqsìtm , collocatus. 3 Placé. Posé. ( Son argent est bien mis. Cette chose est bien. mise là-dessus. ) MAL mis , malmise. f Mâle pojìtus. 3 Mal placé Mal posé. ( Cela est mal mis. ) * MAL mis , mal mise. [ Ineleganter vestitus. 3 Mal vêtu. Le Poète Chapelain étoit toùjours mal mis. * Bien mis, bien mise. [ Scitè ornatus. 3 Bien vêtu. Leste. (C’est un jeune homme fort bien mis. Elle est tout-à-fait bien mise. ) MISAINE , ou mizaine , f f. \_Mediantss malus. ] Terme de Mer. C’est la voile qui est entré le beaupré & la grande voile du grand mât d’un Navire. MISANTROPE, f m. [ Hominum osor. 3 Mot qui vient du Grec d eputfaç Odium, haine & d’ayTpo 7 ro( Homo , homme , & qui veut dire, qui hait les hommes, ( C’est un franc misantrope. ) Molière a fait une excellente Comédie du misantrope , dont Air. Def- preaux dit : Dans ce sac ridicule où Scapin s’envelope Je ne reconnais plus l’auteur du Misantrope. On dit aussi Mifantropie. MISE, f.s. [ Sumptus, expensmn. 3 C’est la dépense qu’on fait en emploiant & fournissant quelque argent. C’est les articles de la dépense de quelque compte. ( On fera voir au visiteur i’état temporel du Alo* nastere, tant de la recette que de la mise. Port-Royaf t constitutions , c. 34. La mìje excedela recette. On dit des choses legéres & de celles qu’on veut mépriser. Je n’en fais ni mise ni recette. MISE. [ Quod est in usu. 3 Ce mot fe dit de la mo- noie , & veut dire qui est reçu, mis, & donné. Qui a cours. ( Argent qui est de mise. Mon oie de mise. Pièce qui n’est pas de mise. ) C’est une raison qui n’est pas de mise , c’est-à-dire , qu’on ne peut admettre. * Un homme de mise. C’est-à-dire, qui a bonne mine, qui a de la capacité, & qui peut rendre de bons services. djs Comme on fy connoit mal , chacun s'ysait de mise , Et vaut communément autant comme il se prise. Corneille, Menteur. MISE. [ Lìcitatìo. J II signifie aussi une enchère, (Unepremiere, seconde, ou derniere mise. f * Aller dans l'autre monde est très-grande sotist Tant que dans celui-ci on peut être démise. Molière , Cocu imag. ) MISERABLE , adj. [ Miser. 3 Pauvre. Malheureux. Qui est dans un état fâcheux. ( On devient misérable en perdant beaucoup. ) MISERABLE , s m. f AZrumnosus , infelix, 3 Pauvre. Malheureux. (Lesjoies des misérables ne durent guerre. Volt » l. 25. Vos regards font mortels , leurs coups font redoutables, En faisant des Amans ils font des misérables. La Suze, poésies. ) MISERABLE, [ Vilis , infimus. 3 Vil. Misérable. Qui n’a point de mérite. (Un misérable faiseur de vers. Patru , Oraison pour Archias. Navez-vous point de honte de me mettre en état d’apréhender auprès de vous un misérable bourgeois. Le Comte de Bujsy. Ne leur enviez point de misérables honneurs aufquels vous avez renoncé. Racine. MISERABLE. Ce mot fe dit auffi des ouvrages d’eí- prit, & signifie, Qui est mal fait. (On a imprimé un livre d’éloges, mais ces éloges font misérables. Son stile est misérable. Ce font de misérables vers. ) MISERABLE, f m. [ Nequam , perditus .2 Qui n’a nul mérite. Coquin. Pour qui on n’a point de considération. ( C’est un misérable. On le traite comme un misérable. MISERABLEMENT, adv. [ Miferè, ttrumnosè. ] Malheureusement. Par malheur. (II est tombé misérablement MIS blement entre les mains d’un mal-honnête homme qui l’a gâté.) MISERABLEMENT. [Miseriùs , calamitosi.] Ce mot se dit en parlant des ouvrages d’esprit qui sont mal- faits. (C’est un Auteur qui écrit misérablement.) MISERABLEMENT. [P estime.] Ce mot se dit aussi de toutes sortes d’Ouvriers & d’Artisans qui travaillent mal. (II peint misérablement.) MISE'RE , / f. C Miseria , ca.la.mitM , mceror. ] Malheur. Infortune. Disgrâce. Etat misérable & malheureux. (C’est une misère pour lui d’être trop beau. II est tombé dans la misère. Se retirer de la misère. C’est une misère que de passer sa vie avec des sots.) MISERE, f Paupertas, inopia.] Pauvreté. Disette. (Si l’on me donnoit le choix de l’une, ou de l’autre mort, je choisirois celle de misère, quoi qu’on ne la choisisse guère. Scaron, pois. De Pabîme de la misère, Si ma voix se peut faire entendre jusqu’aux cieux , Daigne fur moi jet ter les yeux , Seigneur écoute ma priere. L’Abbé Têtu.) MISE'RE'RE', f m. [IléusJ Maladie des intestins , qui est une révolution du mouvement naturel des boyaux grêles, pendant laquelle les matières ni les vents ne sortent point par le fondement, ce qui met une personne en grand danger de mort, & dont même on meurt si on n’est promptement secouru. (Mourir d’un miséréré. Deg.) Vulgairement on Papesse un troujfegalant. f MISERE'RE', se dit aussi de l’espace du tems qu’il faut pour dire le pseaume qui commence par le mot Miserere. (Vous pouvez l’attendre , il reviendra dans un miséréré.) MISE'RICORDE, s /. [CompaJJio.] Terme de Théologie. Pitié, compassion. (La miséricorde de Dieu est fort grande. Je ferai miséricorde à qui il me plaira de faire miséricorde, & j’aurai pitié de qui il me plaira d’avoir pitié. Port-Royal, Nouv. Tejiam.) MISERICORDE , s. f. [Misericordia.] Pardon. (II faut elperer que Dieu lui fera miséricorde. A tout péché miséricorde.) MISERICORDE. [ Charitas .] Ce mot se dit en termes d’Eglise, & il signifie bonté. (François par la miséricorde de Dieu & la grâce du Saint Siège. Salut.) MISERICORDE. [ VeJHarium .J Terme de Chartreux. Lieu où l’on met les habits. MISERICORDE. Terme de Chartreux. Repas que fait le Chartreux une fois la semaine au pain & à Peau. MISERICORDE. Lieu au Fauxbourg Saint Marceau de Paris, où on eleve cent pauvres filles orphelines. (Elle est à la miséricorde. ) MISERICORDE. [Heu, eheu.] Sorte d’interjection, ou d’exclamation qui sert à marquer quelque malheur. Ah ! mon Dieu, miséricorde ; qu’est-ce donc que cela ? Molière. ) 4 = Etre à la miséricorde de queicun , c’est dépendre absolument de lui. if Se remettre , s’abandonner à la miséricorde de queicun, c’est se remettre, s’abandonner à fa merci, à fa discrétion. £ Çrier miséricorde, se dit d’un homme qui soufre de grandes douleurs & qui crie. (II crie miséricorde.) On dit aussi, il crie miséricorde avant qu’on le touche. MISERlCORDIEUSEMENT , adv. [Mifericord’ter.] Avec miséricorde. (Dieu traite miséricordieusement les pécheurs.) MISERICORDIEUX, miséricordieuse, adj. [Miseri- cors, miserator , tiemens.] Qui a de la pitié & de la compassion. (Soyez miséricordieux & charitable autant que vous le pouvez être. Port-Royal. Miséricordieuse maraine. Patru, plaid. 6 .) MISNA,// Terme Hebreu. C’est une partie du Talmud des Juifs, qui contient leurs traditions , & qui explique divers passages de l’Ecriture. í MISSEirj:™- Drogue, propre à la teinture, qui croît & qui se cultive en Arabie. MISSEL, rnejsel , f m. [ Mijj'a/e.] L’usage est pour Mises. C’est le livre qui contient les prières de la Messe , & dont se sert le Prêtre qui célébré. (Un beau Missel. Un Missel bien conditionné & bien relié.) MISSION,//. Ue mot vient du Latin mijjìo , qui signifie envoi , & en parlant d’Apôtres. C’est Por- dre & le pouvoir que Jésus - Christ leur donna de MIS 441 baptiser & de prêcher l’Evangile. (La mission des A- pôtres. Ami) MISSION. [ Institutio .] Ordre & pouvoir que donne un Ecclésiastique supérieur à un inférieur pour aller instruire . prêcher, &c. (II lui demande (a mission Apostolique pour travailler à l’héritage de Jésus-Christ. Patru , plaid. 3.) MISSION. C’est aussi une assemblée d’Ecîésiastiques qui vont catéchiser & prêcher en des lieux éloignés. (II s’est mis avec les Peres de la mission.) MISSIONNAIRE,/ m. [ Mistionarim .] Ecclésiastique qui est envoyé pour catéchiser & pour prêcher. (Un zélé Missionnaire. On raconte qu’un jour certain Missionnaire, Après mille raisons ne sachant plus que faire , Pour convertir un SuiJJe instruit par Melanclon, Le convainquit enfin a grands coups de bâton. Sanlec. ) On apelle encore Missionnaires les Prêtres de la Congrégation de Saint Lazare , institués par Urbain VIII. & dont Vincent de Paul est le Fondateur. * On donne ce même nom à une Société de Prêtres établie par le Pere Eudes, fous le nom de Missionnaires du Saint Sacrement; de même qu’à ceux qui font des missions étrangères à Paris , & aux Prêtres de saint Joseph , fondez à Lyon par Mr. Cretenet. * MISSIVE ,/ f- [ Epiftola .] Ce mot a vieilli, & signifie une lettre qu’on écrit à quelqu’un. (Une longue missive.) MISTERE,/ m. [Misterium, arcanum.] Chose cachée & difficile à comprendre. (Un auguste mistére. Us cachent le mistére de la croix à ceux qu’ils instruisent. Pasc. I. 3. Les mistéres font au-dessus de Pefprit, & l’on cherche inutilement ce qui ne peut être connu ; la feule grâce peut inspirer la créance des mistéres, & la coutume en autorise le discours. S. Evremont. Tout est mistére dans l’amour , Ses flèches, son carquois, son flambeau,son enfance, Ce n’est pas l’ouvrage d’un jour , Que d’épuiser cette science. ' La Font.) En amour il saut se taire, Et cacher jmqu’auxsoupirs , S’il est fans mistére , II tst Jans plaisirs . Molière a fait ce mot adjectif pour dire mistérieux. C’est de la tète aux pieds un homme tout mistére Mol.) f MISTERES d!amour. On apelle ainsi les intrigues amoureuses. f MISTERES de la nature. Ce font ses opérations secrettes. (II étudie , il aprofondit les mistéres de la nature.) f Que de mistéres s’osrent à moi. C’est-à-dire , que de choses mal aisées à comprendre. Pasc. L 4. * Faire mistére de quelque chose. [Aliquid tacitum te- nere.] C’est faire le secret sur une chose qui ne le mérite pas- * Je lui demandai l’explication de ce mot, mais il m’en fit un Millére. PaJ’c. L 1. * C’est un mijiére que cela. C’est une chose sécrété. U semble que ces régies soient les plus grands mi- stères du monde. Molière. MISTE'R IEUSEMENT , adv. [Mysticè.] D’u- ne façon mistérieuse. D une manière particulière. D’utt air singulier. D’une sorte excessive & au-delà de ce qu’il faut. (C’est un politique qui se rencontre sur tout, & qui est mistérieusement soupçonneux. S. Evremont , discours de la Comédie Angloîfi.) MISTERlEUX, mistérieuse ,, adj. [ Mysticus .] Plein de mistére. Incarnation mistérieuse.) * MISTERlEUX , mistérieuse , adj. [Obscuriìs , abs, conditus.] II se dit au figuré, & entre dans le itile familier. 11 signifie plein de façon. (C’est un homme tout mistérieux. C’est une sévérité mistérieuse.) * MISTERlEUX , mistrrieuse , adj. [ ReteHm ,J A u figuré. 11 signifie aulsi, difficile à comprendre. (C’est un mot mistérieux, auquel on donne divers sens, Pasc. 1 .1 ) MISTERIEUX , / m. [Putidè pueriliter arcanur.] Celui qui fait des façons où il n’en est pas besoin. Celui qui fait le secret sur des choses de rien. (C’est un mistérieux. ) Tome II. K k k f MJSTI- 442 MIT ± MISTICITE,/ f. Recherche profonde en fait de spiritualité. (La misticité conduit souvent a 1 illusion & ±MKTrnnii adì. Figuré, mistérieux. On nes’en cíofcs de l« Religion. (Ufa. mistique d’un passage de l’Ecnture. Le corps mistique de Jéíus-Christ. . r , , j- MISTIQUE, lignifie aussi, qui ratine fur la dévotion & fur la spiritualité. (Auteur mistique, livre mi- ^4 MISTIQUE, est aussi substantif. (C’estun grand mistique , un faux mistique.) î MISTIQUEMENT , adv. Selon le lens mistique. (Cela doit s’entendre mistiqu'ement.) t MISY. c est scion Dioscoride une espèce de Chal- titií , ou une matière minérale vitriolique, dure, luisante & brillante, dé couleur d'or, qu’on trouvoit autrefois dans les mines de cuivre de Chypre. II a les mêmes qualités que le vitriol rouge naturel, qu’on a- pelle chalcitís. t MITAINE , / / f Mante a , Chirotbeca hiberna.'] Sorte de gans fourrez qui n’ont que le pouce & la main, & qui ne servent d’ordinaire qu’aux chartiers , laboureurs & autres gens de cette forte, f Mon laquais la prit fans mitaine. Main. f dés. f MITAINE , est ausli un espèce de gant de femme , qui n’a qu’un pouce & point de doigts , à la place def- quels est une petite pâte ronde & volante, qui couvre seulement le dessus des doigts de la main, le dessous ctant entièrement découvert. f MITAINES, se dit de certaines peaux de castor, qui ne sont propres qu’à fourer des mitaines. MITE, s f [Midas.] Sorte de fort petit infecte qui ronge les habits & mange toute la fleur de la farine- H On dit d’une femme fort marquée de la petite vérole , qu’elle a le nez mangé de mites. MITIGATION,/ s- [ 'Mìtigatio , moderatio.] Ce mot est Latin , & ne se dit que par quelques Médecins- MITIGATION de fièvre. C’est la diminution de la fièvre. H MITIGATION , s. f. Adoucissement par oposition à reforme. Cet ordre est trop austère , il a besoin de instigation. Acad. Fr. MITIGE/ , mitigées adj. [Mitigatus , lenitus.] Ce mot se dit en parlant des Ordres Religieux , & signifie, adouci. (Ordre mitigé. Carmes mitigez.) MITIGEE , v. a. [Mitigare , mimtere severitatem.] •Adoucir , modérer , relâcher quelque chose de la régie , de la peine. MITOYEN , mitoyenne , adj. [Médius , interme - diití.] Terme de Pratique. Qui est entre deux , & comme si on disoit mien & tien. Un mur mitoyen. [Intermedim paries.] Au manège, on apelle dents mitoyennes du cheval, quatre dents qui poussent entre les pinces & les coins, après que les dents de lait sont tombées , ce qui arrive sorsqu’il a passé trois ans. $ * Avis mitoyen , c’est un avis qui s’éloigne des extrémité?. de deux avis opolez, & qui tient un peu de l’un & de l’autre. On dit aussi , opinion mitoyenne , parti mitoyen. MITOLOGIE ,sf- [Mythologìa.] Ce mot vient du Grec. C’est la connoissance de l’histoire fabuleuse des anciennes Divinité? des Payens. (La Mitologie est absolument nécessaire aux Poètes. On doit entendre la Mitologie , parce qu’elle est utile à tout le monde.) 4 ' MITOLOGIQ.UE , adj. [Mythologìcus.] Qui apar- tient à la Mitologie. (Livre mitologique.) MITOLOGISTE, Mitologien ,s m. [Mythologista.] Ce dernier est le moins usité, il vient du Grec. C’est celui qui raconte & qui explique l’histoire fabuleuse. Celui qui fait l’histoire des Faux Dieux. Etre un habi- le Mitologifb. N 0 ël so Conte est un fameux Mitolo- giste.) MITON MITAINE. [ InutiHs , iners. ] Terme provertual qui se dit d’un remède, d’un secours, qui ne tait m bien m mal, qui ne sert ni ne nuit. (C’est de 1 onguent miton mitaine.) V re T^rmesolríV a ‘Sr I é ent ì ° ’S. ne coquere , macéra. ftídír^dí&de Fa ffiS^ rt àcement Laisser mitonner le potage. Potage bilTZitomé)^' MIX f * U faut laisser mitonner cette affaire. Scaron, C’est-à-dire, la laisser avancer, mûrir & venir à fa perfection. f * J’ai cru mitonner cette belle pour moi durant treize ans. Molière , Ecole des Femmes , afì, 4. sc. 1. C’est-à-dire, l’élever tendrement, la choyer, la caret fer, &c. [ Adblandiri.] f * MITONNER quelcun , c’est dans le stile familier, ménager adroitement son esprit, dans la vûë d’en si. r er quelque avantage. MITRAILLE ,/ s [Ais fiavum.] Leton dont on se sert pour souder. Les Chaudronniers apellentaulsi mitraille du vieux cuivre , morceaux de vieux chau. drons, de chenets, de chandeliers, & de marmites de cuivre. MITRAILLE. [Scruta.] Toutes sortes de vieux clous & autre sorte de morceaux de fer dont on charge les pierriers. Fourn. í MITRAILLE. On le dit en termes de Commerce , de l’argent monoïé qu’on envove en barils par les Voi. tûtes publiques. Ainsi par un baril de mitraille , on doit entendre que c’est un baril plein d’écus , de piaf. tresou d’autres semblables espèces. f MITRAILLE. Le peuple donne ce nom à la me. nue monoye, comme les sols , les liards , les deniers & autres semblables especes de billon. (Je ne veux point de cette mitraille, donnez-moi d’autre argent.) MITRE,//- [Mitra.] Ornement de tête d’Arche- vêque , d’Evéque & de quelques Abbez officiant so- lemnellemcnt. La mitre est faite de carton , doublé de satin , & couverte d’étoffe richement brodée. Elle est composée d’un devant & d’un derriere, de deux glans qui sont au haut de la mitre & de deux fanons qui pendent sor le dos de celui qui l’a fur la- tête. (Quittons une Ville où le vice va la mitre en tête & la crosse à la main. Dejjir. Jat. 1.) On ne voit que les gens de Mitres U de crosses , Faire aujourd'hui rouler de superbes carojjes. Poète anonyme.) {§ Les mitres sont de tous les tems & de toutes les Religions. II est pourtant vrai, selon le témoignage de Goar, ìn Euchol. Grac.pag. 431. & du Cardinal Bona dans fa Liturgie , que les mitres ont été inconnues dans l’Eglise Gréque. Dans la Latine, les Evêques la quitent en célébrant. On prétend que le Pape Sylvestre est le prémier qui ait porté une mitre dans l’E- gliso Latine. Quelques Abez obtinrent le privilège de porter la mitre ; les Evêques s’y oposcrent : mais ce privilège a subsisté pour quelques-uns, & même pour les dignitez de quelques Chapitres qui oficient aves cet ornement. Le Pere Théophile Rainaud , tìt. Mi. tra Episcopalis , dit que notre mitre est la même dont les Prêtres du Paganisme se servoient. La mitre d’au- jourd’hui n’étoit autrefois qu’un simple bonnet qu’on lioit avec un cordon autour de la tête depuis on a donné au bonnet une autre forme ; & du cordon qui n’est plus nécessaire , l’on a fait les deux bandes qui pendent fur les épaules. ( Les Prêtres Payens portoíent un semblable bonnet lié avec des cordons, que Virgile, Eneid. 9. apelle redimicula mitrœ. * MITRE. [Mitra carthacea.] C’est un grand bonnet de papier qu’on met en Espagne sur la tête de ceux que l’Inquifition fait mourir pour crime d’hérésie. f MITRE', mitrée , adj. [Infulatus.] Qui a une mitre. Qui a droit de porter la mitre sur la tête. (Abé croisé & mitré.) MITRIDATE, / m. [Antidotus mitbridatìca.] Antidote ou composition qui sort de remède, ou de préservatif contre les poisons. Voïez en ìa Composition dans Charras. (On apelle un Charlatan , vendeur de mitridate, aussi-bien qu’un homme hâbleur & hardi à promettre beaucoup & à ne rien tenir. Acad. Fr.) MITRON, / m. [Puer pjiariiis , pifjoris mìnìjìer. ] C est un nom qu’on donne aux maîtres garçons chez les Boulangers. On les apelle mitrons, parce qu’ils portoient autrefois des bonnets en forme de mitre. (Un mitron de Gonesse.) A'IIVE, /./. [Succuí , meduVa.] Terme de Pharma. cie , qui signifie , soc. La nûve de coin est prise par quelques - uns pour la gélée de coin, par d’autres pour le sirop seulement. MIXTE, / m. [Mixtum.] Terme de Phìfique. Corps mixte, c’est-à-dire, composé de plusieurs autres sortes de corps. ( On ne soauroit recueillir toutes les MOC Jes parties d’un. mixte. Roh. Réduire les mixtes en jeur principe. La Chambre.') MIXTE. Terme de Géométrie. Angle mixte , c'est-à- dire, angle dont les lignes qui le composent sontl’u ne droite , & l’autre courbe. Le Triangle mixte est fait par des lignes droites & courbes. On les apelle auílì mixtìlignes , du mot Latin mixtìlìneiu. MIXTE, adj. Composé de diverses choses & de diverses qualitez. (Corps mixte.) MIXTE, adj. [ Mixités. Terme de Pratique. (Test ce qui participe du réel & du personnel. (Action mixte.) 0 MIXTE. Lorsqu’il s’agit de régler la compétence d’un Juge, on examine la nature & la qualité du sujet de la contestation, dont les Jurisconsultes font trois espèces diférentes : La première comprend les matières purement spirituelles : la seconde, celles qui font purement réelles ; & la troisième est composée de l’une &de l’autre , & que l’on apelle par cette raison, mixte. On démêle souvent sans peine le caractère des deux prémiéres espèces : mais on hésite bien des fois fur celles qui parodient être mixtes, parce qu’elles ont divers regards. Tel est le mariage : ÍÌ on le considère comme Sacrement, il est de la Jurisdiction Ecléfiasti- que : si au contraire il s’agit des éfets civils, & de l’éxécution des contrats, il dépend de la Puissance temporelle. II arrive quelquefois que ce qui regarde la Puissance spirituelle, a une liaison si grande avec l’ad- ministration civile, que les Loix de l’Eglise peuvent être exécutées fans blesser les Loix temporelles: en- forte que les Supérieurs Eclésiastiques peuvent de leur autorité commander , ou défendre les mêmes choses. La plus grande partie des empêchemens dirimans que l’Eglise a établis dans le mariage des Catholiques, font de cette nature. Mais, selon Mr. Fevret, lort que la spiritualité est annexée au temporel, de maniéré qu’on ne peut les séparer , la temporalité atire la compétence devant les Juges laïques : mais les régies générales font souvent fautives. MIXTION,/ / ÍMixtio , mijìura .J Mélange. (II y a de la mixtion dans cette liqueur.) MIXTIONNE', mìxtionnée , adj. [Mixtus , medica - tus.) Mélangé. (Vin mixtionné.) MIXTIONNER , v. a. \_MiJcere .] Faire quelque mixtion. (11 ne faut point mixtionner le vin.) MOBILE, adj. [ Mobilis .] Qui peut fe mouvoir. (Un astre mobile. La Chambre.) * La Fortune est mobile , légère & inconstante. MOBILE. Ce mot fe dit des Fêtes de l’Eglise, & signifie qui change. (Fête mobile.) MOBILE , / m. f. Mobile .] Corps qui fe meut. (Le mouvement dépend nécessairement du mobile, Roh.) Le premier mobile. [Primus motor , primant mobile .] Terme à’Astronomie. La prémiére & la plus haute des sphères célestes qui donne le mouvement à toutes les inférieures. Ce prémier mobile n’est que dans le siste- me de Ptolomée. ( f Le Coadjuteur étoit le prémier mobile de la guerre. Mémoires de Mr. le Duc de la Rochefoucaut. L’in- terst est le prémier mobile qui donne le branle à toutes les actions des hommer. Belleg.) MOBILIAIRE , adj. \_Bor.a mobilia , movens .] Terme de Palais. (Biens mobitiaires. On apelle ainsi tout ce qui n’est point héritage, rente ou autre chose semblable censée immeuble. On dit aussi JucceJJìon mobu liaire. C’est la succession des biens meubles.) MOBILITE', / / [Mobilitas.) L’opinion de la mobilité de la terre est la plus plausible, en dépit des Cardinaux Inquisiteurs qui la condamnèrent fous Paul V. en condamnant le célèbre Galilée. Les nouveaux Astronomes suivent î’hypotése de la mobilité de la terre comme une opinion la plus plausible, donnant u- ne grande facilité pour expliquer d’une maniéré sensible les aparences des astres. f MOCA,/»»., Espece de séné très-mauvais, qu’on apelle aussi séné à la pique, f MOCADE- Voïez MOQUETTE. f MOCHE , / / On apelle soyes en moche, des soyes non encore teintes, & qui n’ont point encore eii tous leurs aprêts. è MOCHE, fe dit aussi dans le commerce des fils, ds círtains écheveaux de fils en paquets de dix livres MOD 443 chacun. Us se tirent de Rennes en Bretagne & ne font point tords. MODALE , adj. [ Modalis , condìtìonalis .J Terme de Logique, qui se dit des propositions qui contiennent quelques conditions , manières ou restrictions. MODE , / f- [Modus.'J Vogue que le consentement presque général du monde le plus poli donne à de certaines choses qui regardent la maniéré de s’habiller , de s’ajuster, ou de parler. (Inventer une nouvelle mode. Une belle mode. Un habit à la mode. Un mot à la mode. Les François n’ont rien de plus sot que leur mode. Les modes changent tous les ans. Mode qui ne dure guère. Suivre la mode. 11 y a autant de faiblesse à fuir la mode qu’à l’af- fecter. Théophraste , caractères des meurs. Les modes font certains usages Suivis des fous U quelquefois des Sages , Ç)ue le caprice invente , U qu’aprouve f A- mour. La Suze, poës. La mode est un tir an dont rien ne nom délivre , A son bizarr e goût, il faut s’acommoder , Mais fout ses folks loix étant forcé de vivre Le sage n est jamais le prémier à les suivre , Ni le dernier à les garder. Pavillon. ) MODE, / / [Vestium usus .] II signifie maniéré, façon , & entre dans des manières de parler adverbiales. (II étoit vêtu à la mode du pays. Abl. Arr. I. i. Dans ce monde chacun vit à fa mode. Sctu ron. La dévotion est à la mode parmi les femmesu La Br, ai vivre à ma mode , fst rien ne ni importune, enfer. Balet de la nuit.) MODE , / m. J )Modalitas , modificatio .J Terme de Philosophie. Façon d’être. C’est un accident que l’on conçoit nécessairement dépendant de quelque substance. Roh. Phis (Le Pere Maignan célébré Minime croit avec raison que Jes espèces Eucharistiques ne font que des modes, Roh. Entret.) MODE, / m. [_Modus, concentw .] Terme de Musque. Ton. C’est aussi la façon , l’ordre, & la forme qu’on tient à l’invention des chants. Cet ordre consiste à commencer, continuer, passer & finir sur de certaines cordes , ou notes affectées, à chaque mode, ou ton. (Mode majeur. Mode mineur.) 0 MODE & chant font finonimes en fait de musique. Broffard définit dans son Dictionnaire de Musique le mode: ,, Une manière de commencer, de „ continuer & de finir un chant qui engage à fe ser- „ vir plutôt & plus souvent de certains sons ou cor- ,, des, que d’autres. ” Les Grecs avoient quatre modes principaux, le Dorien, le Phrygien , le Lydien , & l’Eolien. Le Dorien étoit employé pour exprimer I es choses graves & sérieuses, comme les louanges des Dieux & des héros, & les grandes passions. Le Phrygien que quelques uns atribuent à Marsias, qui fut assez téméraire pour défier Apollon & lui disputer la gloire du jeu de la flûte ; ce mode avoit quelque chose de terrible & de martial. Le Lydien étoit doux, languissant, & propre à chanter des Elégies. Et quant au mode Eolien, il étoit en usage pour les chansons bachiques & amoureuses. MODE , s. m. [ Modus .] Terme de Grammaire. Maniéré dif'érente d’exprimer Faction du verbe que l’on conjugue ; & qui contient un certain nombre de tems. (Le prémier mode d’un verbe est l’indicatif. II y a cinq modes.) MODE'LE , ou modeìle , / m. TExemplare , pro- totypsis.) Terme de Peintre & de Sculpteur. Tout ce que le Peintre & le Sculpteur fe proposent d’i- miter. Figure de terre , ou de cire qu’on ne Fait qu’ébaucher pour servir de dessein , & faire une plus grande figure. 0 Dufrefnoy dans son Art de Peinture : ,, U se- „ ra (dit-il) très-expédient de faire un modèle des „ choses dont le naturel est rîificile à tenir, & dont „ nous ne pouvons pas disposer comme il noua ,, plaît. Qua deinde ex vero nequeunt prœfinte videri , Prototypum prius ìllarum formate juvabit. II faut ici remarquer avec Féiibien, que l’on ditte modèle d’un bâtiment ou d’une forteresse ; mais on n’apelle Tome IL K k k » pas 444 MOD pas modèle le premier dessein ou esquisse ^"tableau; ont dit le dessein , quoique les Peintres disent qu ils ont eu pour modèle, tels , ou tels ouvrages. ± MODE'LE Terme de Charpentier. G’est un patron artificiel qu’on fait de bois, ou d’autres matières , a- vec toutes ses proportions, afin de conduire plus lu- rement un grand ouvrage. On fait des modelés pour la construction des vaisseaux, qu’on apelle Gabarits, Serscs, ou Calibres. MODE'LE. [Homo qui m vanos sttusJe fingit.) Celui qui dans l’Académie de Peinture & de sculpture s’ex- pose tout nud devant les écoliers pour dessiner d’a- près lui. MODE'LE des actes en Justice. [Formula.] MODE'LE de Lettre. Meílieurs de l’Académie écri- yent ce mot avec deux LL. * MODE'LE. [ Exemplar , stecimen. ] Ce mot au figuré se dit des actions & des personnes, & signifie Régie. (La vie de Jésus-Christ est le modèle des Chrétiens. jésus-Christ est le modèle des Chrétiens , ses paroles & ses discours doivent être le modèle de nos paroles & de nos discours. On ne fait rien de beau que fur votre modèle. Voit. Poès. II est inutile de se proposer un grand modèle , si on ne l’imite. Vie de Henri IV. II ejì bien dificile enfin d!être fidèle , A de certains maris faits d’un certain modèle. Mol.) MODELER , V. a. [Typum ejftngere.] Terme de Sculpteur. Ce verbe est neutre & aHif. C’est avec de la terre, du la cire, ou de plâtre faire le modèle de quelque figure , pour faire ensuite cette même figure de marbre , de bois, ou d’autre matière. Un Sculpteur dira, j’ai modélé toute la journée. Je n’ai fait aujourd’hui que modeler. Le verbe modéler dans ces exemples est neutre : mais il est aussi actif. (Ce Sculpteur modèle toutes ses figures en cire, ou en plâtre, avant que de les tailler en marbre.) MODE LEE , v. a. [Proplafmaformare.] II signifie aussi, tirer en creux. Faire des moules fur les illustres ouvrages de l’Antiquité. (Le Roi a fait modéler la colonne de Trajan , & on en a aporté les creux en France. On a modelé les plus belles figures de l’Antiquité , & on en a fait des copies en plâtre dans les creux tirez fur l’original.) H MODE'LES , f. m. Terme de Monoyage. Ce font des lames de cuivre qui fervent à faire dans la terre, dont font remplis les châssis à couler les métaux fondus, les empreintes ou creux pour recevoir ces métaux. MODERATEUR, f m. [Moderator.] Ce mot & les fui van s viennent du Latin. 11 signifie celui qui régie , gouverne & modère. (Dieu est le souverain modérateur de toutes choses.) MODE'RATION , f. f. [Moderatio.] C’est une forte de vertu qui sert à nous régler & à prescrire à nos actions de certaines bornes au-deqà & au-delà desquelles la raison ne veut pas qu’elles aillent. (II n’a nulle modération. La vie n’est heureuse que dans la modération de nos passions , & par le bon usage que nous faisons de notre fortune.) -j: MODERATION , signifie aussi, retranchement, diminution de quelque chose. (La modération d’une taxe, la modération du prix d’une charge.) MODE'RE' , modérée , adj. [Moderatus , temperatus.] Temperé. Adouci. (Son ressentiment est fort modéré. Sa passion est un peu modérée.) * MODE'RE', modérée. [Sapiens , prudent. J Sage. Retenu. Posé. Réglé. (C’est un esprit fort modéré. Ablancourt. ) MODE'RE'MENT , adv. [Moderatè , temperatè , rno- dejìè. j Avec modération. Avec retenue. (Boire & manger modérément.) MODE'RER , v. a. [Moderari , franare , cohibere.] Tempérer. Régler. Mettre de cetaines bornes aux actions & aux passions. (Modérer son ressentiment. Modérer fa colère. Modérer son amour. Modérer les impôts.) Se modérer , v. a. sSe cohibere ,sibi temperare.] A- yoir de la modération. Se tempérer. Se régler. (C’est Mnnp 6 Fra ” Ce qu'Rait mieux se modérer.) .O/OGREIE , adj. [Recensé] Nouveau , qui est de notre tems. Auteur moderne. (Les Poètes anciens & modernes. Architecture moderne. Les Philosophes mo- de. nés sont préférables aux anciens. Monsieur Perrault a taule parallèle des anciens & des modernes. Dan, sette derniere phrase moderne est Jubjì. MOE MODESTE, ach- [. Modestus .] Qui a de la modestie. (Jeune homme modeste. Jeune fille fort modeste.) Soiez grave fans faste , aisé sans nonchalance , Modeste fans froideur , hardifans insolence. Sanlec. í MODESTE, signifie, qui est retenu & modéré dans ses sentimens, dans son extérieur & dans toute fa conduite. (11 est modeste dans ses discours , dans ses actions, dans fa conduite, dans ses habits, dans fa dépense , &c.) * MODESTE , f. m. Terme de Dévot précieux. C’est une sorte de mouchoir de cou , de soye pure, ou de laine & soye, raié ou uni, dont les jeunes Dames se couvrent le cou. On l’apelle modeste , parce qu’il sert à cacher leur sein. (Un joli modeste. Un modeste uni ur raié. Un modeste fort propre, fort galant & qui sied bien.) ê On apelle couleur modeste , une couleur qui n’est pas éclatante. (Le gris, le brun sont des couleurs modestes. Cette fille aime les couleurs modestes.) MODESTEMENT , adv. [Modeste.] Avec modestie. (On doit parler de soi modestement, mais fans afecta- tion. Un Religieux doit se comporter par tout modejie- ment. ) MODESTIE , / / [ Modestia .] Vertu qui nous enseigne à nous louer avec retenue, & à nous conduire avec discrétion dans toutes nos actions. (Avoir une grande modestie.) î MODESTIE, signifie aussi pudeur. (La modestie doit être l’ornement d’une fille. Les discours trop libres blessent la modestie, choquent la modestie.) MODICITE', st f [Tenuitas , paucitas .] Quantité modique. Petite quantité. (La modicité de son revenu ne lui permet pas de faire une grande dépense. La modicité d’une somme , d’un larcin , &c.) MODIFICATION , f f [Modificatio.] Limitation. Restriction. (On a aporté quelque modification aux Edits.) í MODIFICATION , signifie aussi en termes de Philosophie , Faction par laquelle une chose est modifiée. ( Les diférentes modifications des corps. La matière peut recevoir toutes sortes de modifications.) MODIFIER , v. a. [ Modificare. J Limiter. Restreindre. Régler. (On a modifié la taxe.) MODIFIER , v. a. [Modum adhibere.] Terme de Ph.'tojophie. Donner aux êtres un certain modèle. Rendre les substances d’une telle sorte. ( Les acci- dens modifient les substances. Voïez mode.) MODÏLLION, f m. [ Mutului. J Prononcez modiílon de trois íìlabes. Terme à’Architecíure. Partie qui dans la-corniche Corintienne, ou Composite soutient la saillie du larmier. MODIQUE, adj. [Modicus , parcus.] Médiocre» Petit. Leger. (La taxe est modique. Dépense modique. Cela est bien modique.) MODIQUEMENT , adv. [Modicè , parcè.) Ce mot signifie petitement , mais il ne se dit guère. Nous en avons pris modiquement. L’Académie admet ce terme. MODULATION , f. f. [Modulatio , concentra.] Terme de Musique. II se dit des changemens d’un son à un autre, selon de certaines notes ou consonantes agréables à l’oreille. MODULE , st m. [Modulus.] Terme à’Architecte. Mesure qu’on prend pour régler les proportions d’un bâtiment. C’est la moitié du diamètre de la colonne Dorique. C’est le diamètre de la colonne des autres ordres. f MOEDA, en François MORDE. Espèce d’or de Portugal, qui est proprement la pistole, & qui vaut deux mille rès ou reis. II y a des doubles moedes, & des demi moedes, qui valent à proportion. MOELLE. V oïez maiìe , & moúele MOE'LU. Voïez moilu. MOE'LEUX. Voïez tnoileux , & moùeleux. MOELLON. Voïez moìlon. MOETJF, f m. [Medus.] Terme de Grammaire. Différentes maniérés de conjuguer les verbes. 11 y a cinq maufs , l’indicadf, l’impératif, l’optatif, le subjonctif, & l’infinitif.) MOEURS,/ f. [Mores. ] Prononcez meurs. Le Le mot de meurs n’a point de singulier, & il signifie la maniéré bonne ou mauvaise dont vit une personne. La façon de vivre , & d’agir d’une personne. (Avoir de MOI tìe fort bonnes mœurs. Ses mœurs font mauvaises. Nous prenons les mœurs de ceux que nous fréquentons. Port-Royal. Corrompre les mœurs. Réformer les mœurs. Pose. I. ;. O tons, ô mœurs, f ai beau crier , Tout íe monde se fait ■payer. La Font.) Que faimerois à faire une fidèle image , Tu fonds de leurs perfides cœurs ! Encor plus que fur le visage. Moi qui bais le fard dans les mœurs. Bens. ($ Malherbe a mal placé, ce me semble, ce terme dans ces vers : La France devant ces orages Pleine de mœurs U de courage. î On dit qu 'un homme a des mœurs , c’est-à-dire > qu’ii a de bonnes mœurs ; qu 'il n'a point de mœurs t C’est-à-dire, qu’il a de mauvaises mœurs. í MOEURS, se dit aussi en termes de Poésie. Les mœurs font bien gardées dans une Tragédie, dans un Poème ; C’est-à-dire, qu’on y a bien observé ce qui concerne les coutumes du pais & du te ms dont il est question, ou le caractère des personnages qui font introduits dans le Poème. f MœURS, se dit aussi en Peinture. Les mœurs font bien gardées dans un tableau , c’est-à-dire, les figures y font représentées de la maniéré qui convient au te ms de l’histoire qui y est représentée. On dit dans un sens contraire, que les mœurs n’y font pas gardées. On dit proverbialement que les honneurs changent les mœurs , pour dire qu’un homme élevé en fortune fe méconnoit, & néglige ses amis qui font demeurez dans la pauvreté. [Honores mutant mores.] On dit qu’une fille fuit les mœurs de fa mère , pour dire que l’exemple de fa mère la rend sage ou folle. Nous en avons assez d’exemples dans cette Ville. Et fequitur leviter, filia matris iter. On dit que les mauvaises compagnies corrompent les bonnes mœurs. Saint Paul s'en est servi. [Cor- rumpunt bonus mores colloquia prava.] MœURS fe dit aussi des animaux, & alors il signifie naturel. [Indoles , natura.] MOGOL- Terme de Relations. C’est un Prince Mahométan qui est le plus puissant Roi des Indes , qui a un Royaume fort étendu & fort riche. Franqois Pi- rard dit que le Grand Mogol peut mettre trente mille Eléphans en bataille , quatre-vingts mille chevaux, & deux cens mille hommes de pied , d'autres disent cinq cens mille hommes. Le trésor de Scah-Ichoram étoit de quinze cens millions d’écus. On dit qu’à Agra il y a deux boisseaux d’efcarboucles, cinq d’émeraudes, & douze d’autres pierreries , douze cens coutelas dont les foureaux font d’or & d’argent > chargez de pierreries. Ce mot signifie un homme Circoncis , & on I’a- pelle Grand Mogol, pour dire qu’il est le chef & le Roi de tous les Circoncis. MOHATR A- [ContraHus dìflus mohatra.] Marché que font les Usuriers par lequel ils vendent une marchandise au plus haut prix de l’année , & les font ensuite acheter par des personnes interposées au plus bas prix. Voïez Lettres Provine. MOI. [.Ego.] Ce mot est le premier pronom personnel qui fe joint au nominatif avec la première personne du verbe , fi ce n’est en de certaines phrases consacrées où il fe met avec la troisième personne. (Exemples. C’est moi qui l’ai dit. Si c’étoit moi qui eusse fait cela, ou fi c’étoit moi qui eût fait cela. L’un & l’autre se dit, mais la première phrase est la plus régulière. Vaug. rem. Est ce moi ? Ce n’est pas moi. Moi , je ferois une telle bafiesse, je mourois plutôt. Je ne fuis pas de cet avis, moi. Molière, jai oùi dire, moi , que vous aviez autrefois un bon compagnon. Molière. Oùi moi, non pas moi d’ici, Mais le moi de la haut qui frape comme quatre. Mol.) Le moi est haïssable, ainsi ceux qui ne l’ôtent pas & qui fe contentent de fe couvrir, font toujours haïssables. Pose. MOI 445 Pour moi. [ Eg* verò.] A mon égard. (Pour moi, je l’avouë, je ne la puis voir fans l’aimer, ni l’aìmer fans mourir.) lie moi. [Mei.] Ces mots font plus de la Poésie que de la Prose. Vaug rem. (De moi , que tout le monde à me nuire s’aprête, je me fuis résolu d’at- tendre le trépas. Dal.pdef L ;.) (§ Malherbe a souvent usé de cette locution ; mais elle n’est plus en usage; où est le régime? Mr. de Vaugelas , art. 198. dit que de moi est fort bon & fort élégant ; cependant il ajoute , qu’il éviteroit de le mettre souvent en prose, & se contenteroit de savoir emploïé une fois ou deux dans un juste volume. Mais si ce mot est si élégant., pourquoi faut-il n’en user que très-rarement ? Le plus fur, est de le bannir absolument. On peut se servir de pour mei , ou de quant à moi , suivant le sentiment de Mrs. de l’Aca- démie. A moi. [Mihi.] On s’en sert pour apeller quelqu’un , & pour dire venez à moi. MOI-MêME. [ Ego ipfe. ] Pronom composé, qui marque mieux la personne qui parle. £§ Mr. Racine a dit dans fa Phèdre, ail. r. fc. 1. Tans un âge plus meur moi-même parvenu, Je me fuis aplaudi , quand je me fuis connu. Ou ce moì-méme est mal placé, ou il est inutile. MOI est quelquefois superflu comme dans cette phrase , gravez-»!»/ cela ainii. * On dit, menez-y moi , & non pas menez-m’y. * On dit encore proverbialement, se tenir sur son quant à moi, pour dire faire le sufisant. * MOI, se dit quelquefois avec un point admiratif. Moi ! je ferois capable de cette trahison. ' MOIEN ,fi m. [Modus , via, ratio , metbodus.], Maniéré. Voye pour faire quelque chose. (C’est un moyen sùr de les réduire tous. Pafc. l. 1. Trouver moyen de faire fortune. 11 lui a donné moyen de devenir habile homme. II s’est enrichi par de mauvais moïens.) MOIEN. [Rationes probandi , Uc-.J Ce mot fe dit, au Palais entre les Avocats , & signifie raisons qu’on a pour défendre la cause de sa partie. (Ses moiens sont bons. Ses moyens sont fort médians. Dire les moyens de fa cause.) MOIEN , mo'ienne , adj. [Intermediús, médius.] Qui n’est ni grand ni petit. Qui est entre deux extrémités. (Moyenne grandeur. Moyenne taille. Une moyenne fortune. On parle en Aritmétique de trouver un ou plusieurs nombres moïens proportionnels entre deux autres proposés. Et en Géométrie, on trouve aisément une ligne moïenne proportionnelle entre deux lignes données. Mais 011 cherche encore le moien d’en trouver Géométriquement deux, ou plusieurs moïennes proportionnelles. En Logique, on parle d’un terme- moyen dans un Sillogisme, par lequel on joint ensemble le sujet & l’attribut de la conclusion.) H MOïEN. Terme de Grammaire. Le verbe moïen est celui qui tient comme le milieu entre l’actif & le passif, participant de l’un & de sautre, soit en sa signification , soit en sa terminaison. Ce verbe est en triage chez les Grecs. Voïez la Méthode de Port-Royal.. [f MOÏEN - JUSTICIER. Voïez Jufiice Haute, Moienne, ff Bajfe. MOÏEN , moienne, adj. Ce mot se dit de l’air. (La moienne région de l’air. Voit. I. 9. C'est-à-dire, la région où se font les foudres, les tonnerres, les é- clairs , &c.) MOÏENS , f m. pi. [ Opes, divitìœ. ] Richesses. (11 a de grands moïens.) Au moien de. [Quo mediante.] C’est-à-dire, par le moïen de telle chose. MOïENNANT. [ Tum , Tummodo. ] Préposition qui régit l’accufatif. (Nous y donnerons ordre moien- nant quelque argent. Voit. l. 1 9. Moiennant une somme considérable. Ablancourt.) Quelques-uns ne peuvent soufrir moiennant. II est bon. Voïez le P. Bouhours, fuite des Remarques JRouvelles , pag- r 2.7. MOIENNEMENT, adv. [Medìocriter.] D’une façon moienne encre deux extrémités. (II est moienne- ment grand , íçavant, riche, &c.) MOÏENNER , v. a. [Conciliare.] Trouver moïen der. ( Moïeyner l’acord du mérite & de la fortune.) K. kk 3 MOïEU 446 MOI MOV EU. s m. [Modiohu.} Terme de Charron. Partie de roue , qui est une piéce de bois arrondie « percée par le milieu, au travers de laquelle pâlie lel- st eu du carosse , du chariot, du harnois, L c. MOïEU. [Vitellus.} 11 se ditauífi du jaune d’un œuf. f MOiEUX. Ce sont aussi des prunes dont il se fait une excellente confiture. MOIGNON , s m. [Mutilati membri extremi- tai.] Charnure, morceau de chair, partie d’un membre , soit du bras, soit de la cuisse, ou de la jambe lorsque le reste est retranché. 11 ne se dit guéres , qu’en cette phrase. (II a perdu un bras à l’armée, il ne lui en reste qu’un petit moignon. Cette feme ne laisse voir qu’un petit moignon de l’épaule blanc comme neige.) (§ Les Jardiniers apellent aussi moignon ,,une branche d’arbre raisonnablement grosse , & taillée au deuxième , ou au troisième œil. MOILE , Mouele, moéle , s. s. s Médusa .] Ce mot s’écrit de toutes ces faqons , & veut dire une substance simple, humide, grasse & insensible , contenu» dans les concavités des os. (Sucer la moile des os, La moile de cerf est souveraine pour les humeurs froides. ) MOILE. [Medulla plantarum stongiosa .] C’est aussi une substance môle & spongieuse qui vient au dedans de plusieurs arbres. ( Moile de sureau. Moile de, casse, celle-ci est un médicament.) * La moile d’un livre. Cela au figuré signifie ce qu’il y a de meilleur dans un livre. L’extrait d’un livre. , * C’est-là que les soldats mangèrent de la moile de palmier. Abl. ret. I. z. c. 2. MOILEUX , moUeuse, adj. [Medullâ sartus.} Qui est plein de moile. (Os moileux.) * MOILEUX, moileuse. [Optimè sartus.} Ce mot se dit en parlant d’étoffe, & signifie qui est de bonne laine. (Etofe moileuse.) H * MOILEUX , se dit d’un discours, d’un Livre plein de sens & de bonnes choses. (Voilà un discours bien moileux. Ce Livre est moileux.) jVjjs Les partisans de Mr. Despreaux ont fort vanté «es vers du quatrième chant du Lutrin : Et pour ce grand projet, tantôt dès quel’aurore , Rallumera le jour dans l’onde enseveli, Que chacun prenne en main le moileux Abéli . Des personnes qui raisonnent pendant la nuit, & projettent de se vanger de quelque injure dés qu’il sera jour, peuvent elles - dire tantôt , dont on se sert ordinairement pour marquer le tems où le jour commence à déclinerce qui n’arrive que quelques heures après midi. H * Vin moileux. On apelîe ainsi un vin qui a beaucoup de corps , & qui flatte agréablement le goût. H * Voix moileuse. C’est une voix pleine , douce , & qui n’a rien d’aigre , ni de dur. JVIOILON , Moúélon, s m. [Camentum , cœmen- tithis lapis.'} Pierre à bâtir. (Murailles faites de gros moilons. Abl. Martn .) £ MOILONNIER, f. m. Outil de Carrier. C’est le plus petit & le dernier des six sortes de coins dont les Carriers se servent pour couper la pierre. MOINDRE , adj. [Minor, inserior.} Plus petit. (La moindre part. Voit. I. 2;. * II n’est rien ici bas, qu’on doive-eomparer à ses moindres apas. La Suze. Jamais la moindre grâce Ni le moindre regard, le moindre mot enfin Ne lui fut accordé par ce cœur inhumain. La Font.) MOINE , J! m. [Monachus.} Mot qui vient du Grec & signifie celui qui est retiré dans un lieu solitaire, & qui ne songe qu’à son salut; mais aujour. d’hui on apelle Moine un Religieux de Cloître & de Couvent. Le mot de Moine se prend quelquefois en bonne part, mais ordinairement il se prend en mau- vaiie. C est pourquoi en la place du mot de Moine, on le sert du mot de Religieux. Saint Basile & saint Benoit lont les peres des Moines. Le mot de Moine en cet exemple peut se prendre en bonne part, mais rr-f M eX ^ mp eS ír ?" 8 il sc prend en mauvaise. {Ceft un Morne , & c est tout dire. Sentir le Moine, c est sentir une odeur fade & qui sent le relant. L’ha. bn ne fait pas le Moine, proverbe qui veut dire qu’il MOI ne fàut pas juger des gens par l’habit, il ne faut pas juger de la vertu d’un Moine pardon habit. II esteras comme un Moine. II tete tout son saoul. Bours £. sope. On se doit garder d’un Moine de tous côtés. Dame Vénus U Dame Hipocrifie , Font quelquefois ensemble de bons coups. Tont homme est homme, U les Moines fur tout. La Font.) Fou qui se fie à un Moine. Fin & adroit comme un Moine. Mes Moines font cinq pauvres Diables , Portraits d’animaux raisonnables , Mais qui n’ont pas plus de raison Qu’en pourrait avoir un oison , lis ont courte U maigre pitance, Mais ils ont groste [fi large pance , Et par leur ventre je connoi Qu’ils ont moins de souci que moi , Sans livre ils chantent par routine ,} Un jargon qu’à peine on devine. On connoît moins dans leur canton Le Latin que le Bas-Breton : Mais ils boivent , comme il me semble , Mieux que tous les Cantons ensemble. Boisrobert, Epitres, tom. 1. Epître 12.) (g Sanlec. en fait une ample description : Ces Moines ( diroit-il) ont d’étranges défauts; Ceux qui nefont qu’oififs, font les bons de Clairvaux; Dès qu’un Celestin touffe, il lui faut de la viande, La jambe du Feuillant sent la pâte d’amande ; Le Capucin volage un mois pour un Sermon ; Le Fontevraut s’ocupe à tripler son menton ; Le Carme est devenu marchand de Scapulaire , Parmi les Jacobins, point de foi qu’au Rosaire ; La guerre au Recolet donne un air cavalier , Le Cordelier enfin est toujours Cordelier. L’origine du monachisme est incertaine : quelques-uns l’atribuentà la fuite des prémiers Chrétiens, qui surent se cacher dans les déserts pour éviter la persécution des Payens : d’autres croient qu’il y a eu dans la naiss sance de l’Eglise, des personnes assez zélées pour a- bandonner leurs biens & leurs parens, & chercher la solitude pour imiter Jésos-Christ, & sc délivrer des embarras du monde, afin de se donner entièrement à Dieu. On leur donna le nom de Moines, qui est dérivé du mot Grec /-w®-, qui signifie seul, ou solitaire. Mais comme les hommes sont faits plutôt pour la société que pour la solitude , cet état ne subsista pas long-tems dans toute fa perfection ; car il n’est pas aise de se soutenir seul & par soi-même dans l’exercice de l’austérité <% de la prière , & de s’ocuper de ses propres pensées ; ces Solitaires s’aprochérent insensiblement les uns des autres; bâtirent des cellules pour pouvoir profiter des exemples & des instructions de ceux qui par leur grand âge ou par leurs vertus s’étoient distingués des autres. C’est ainsi que peu à peu 'les Communautés Religieuses sc formèrent, dans lesquelles on n’examinoit pas la vocation au poids de l’or, selon l’expression d’un Savant de notre siécle , mais au poids du Sanctuaire & de la ver- tu. Ceux qui embrassèrent ce genre de vie , furent a- pellés Cénobites ; on les nommoit auparavant Anachorètes : mais on ne les connoît à présent que sous le titre de Moines, dont voilà l’origine, qui a eu un succès étonnant, & qui dans son progrès a pris difé- rentes formes. í MOINE bourru. On apelle ainsi un prétendu phantome dont les nourrices font peur aux enfans. On apelle aussi Moinu bourru, vrai Moine bourru, un homme de mauvaise humeur. f Donner le moine. C’est une malice que pratiquent les écoliers, les pages , & les laquais, en attachant une petite corde au gros doigt du pié d’un homme endormi , & la tirant de tems en tems. f MOINE , sc dit aussi d’un certain meuble de bois où l’on suspend un petit chauderon plein de braise pour chauler le lit. MOINEAU , f me [Passer.} Petit oiseau gris, ou couleur de terre qui vit neuf ou dix ans, qui est solitaire & fort chaud en amour. On dit que les œufs & la cervelle des moineaux pris dans quelque electuaire font MOI sont bons pour donner de la vigueur à ceux qui n’en. ont pas assez pour les choses du mariage. Voïez Olina , Traité des oiseaux qui chantent. (Un moineau franc. Un moineau à gros bec. Pôle, Voyage du Levant , 2. fart. dit que le moineau ne boit point tandis qu’on lui broie du chenevi avec du pain & de Peau. Voïez Puise, reau. L’amour vint à tire d’aile , Tonner droit dans mes gluaux , J’aime une prise Ji belle Plus que cent mille moineaux, f Tirer la poudre aux moineaux. Proverbe pour dire, tenter une chose qui ne réussisse pas. MOINEAU- t Propugnaculum minus interjefîum inter duo majora .J Terme de Fortification. C’est un bastion plat bâti au milieu d’une courtine lorsqu’elle est trop longue, & que les deux bastions des angles font trop éloignez pour se défendre i’un de l’autre. MOINERIE ,s f. [ 'Monachismus.J Tout le corps des Moines. Tous les Moines. (II a quitté la Moi- nerie.) f MOINERIE, se dit aussi de l'esprit & de l’humeur des moines. (II a toutes les manières de la moi- nerie.) MOINESSE , f.s. \Monìalk.~\ Terme de mépris , au lieu duquel on dit Religieuse. ( (Test une franche Moinesse.) f MOINILLON ,s m. Petit Religieux qu’on apelle ainsi par mépris. (On ne voit que moines & moinil- lons. Cette ville est remplie de moines & moinillons.) MOINS ,/ rn. \_Minus.) Ce mot se prend quelquefois substantivement, & il signifie la moindre choie , la moindre somme. (Que le plus & le moins y mette différence. Reg. Sat. 19. C’est le moins que vous puissiez faire pour lui. Ablanc. MOINS. [Minus.] Sorte d’adverbe négatif qui étant devant un nom substantif demande un génitif. (Au milieu de fa carrière , Le Soleil a moins de lumière. Voit. Poës.) Vous ne l’aurez pas à moins de dix pistoles. MOINS. Ce mot éta-nt un adverbe de comparaison, veut la particule que après lui. (II est moins honnête homme que son pere. II est moins raisonable que jamais. Scaron. Je l’estime moins que je ne faisois. ) 0 MOINS va rarement seul. Mr. Brebeufa dit: Qui fait de ses lauriers son ornement plus cher , Mais qm veut les cueillir , moins que les arracher. Bien moins auroit été plus doux & plus régulier, si le vers l’avoit pû soufrir. En moins de rira. [_Mìnimis momentisf) C’est-à-dire, En peu de tems. En un moment. ( 11 s ont en moins de rien répandu leur opinion par tout. Pasc. I. 2. On dépeuple l’état en moins de rien. Abl.) Atout le moins , adv. [Ad minus.] Je vous conjure à tout le moins de vous souvenir de moi. 0 Balzac a dit dans une de ses lettres : A tout le moins il affaiblira les ennemis de la France.. Mais cette expression n’est plus du beau stile. Au moins , adv. [ 'Saltem .] Si vous ne le voyez aujourd’hui , prenez au moins la peine de le voir demain. Tu moins , adv. (Du moins , Souvenez-vous cruelle que je meurs pour vous. Scaron.) Pour k moins , adv. (Si vous ne voulez pas m’aimer, souffrez pour le moins que je prenne la liberté de vous dire que je vous adore.) A moins que. [Ni/?.] Sorte d e conjonflion qui veut qu on ne. (On ne devient guére sçavant a moins que d’étudier tous les jours cinq ou six heures. On dit aussi , on ne devient guére sqavant a moins qu’on n’é- tudie tous les jours cinq ou six heures.) 0 Mr. de Balzac a dit dans la première de ses dis. sertations critiques. U n’alléguait jamais a moins d’un Tue, ou d’une Tuchejje. II faut, ce me semble, retrancher l’ Pain moisi c °f STiâ's" blta « ÌF -- s r i6 f “ qui í mcnsi. (Oter le moisi dupain. Je ne saurois manger le m MOISIR, »• »- {Muccscere.} Contracter de la moisissure. (L’humidité fait moisir le pain.) Se moisir , v. r. {Mucorem contrahere.] Devenir moisi. (Le pain fe moisit. Mon pain s’est moisi. Le pain moisi n’est pas bon.) , _ ê MOISIR, se dit aussi quelquefois à l’actif. (L’humidité a moisi ce pâté, ces livres, ces meubles.) MOISISSURE J-f- {Mucor.) Efpéce de poil folet bleu qui vient au pain & à d’autres matières, par trop d’humidité. (La moisissure est dégoûtante.) MOISSINE, s /■ [Pampinus cum racemis pensi- iii .2 Pampre de vigne où les grapes font attachées, qu’on lie & qu’on pend au plancher pour conserver quelque tems du raisin après les vendanges. MOISSON, f f- {Coloni siuHuaria pensio.] Terme de Coutume. C’est la part du grain que le Fermier est obligé de payer à son maître, parce qu’il tient ses terres. Voïez la Coutume de Meaux , art. 70. & autres semblables. MOISSON, f f. {Messis.} La coupe & la récolté qu’on fait des bleds mûrs pendants parles racines. Le tems que dure cette récolte des bleds durant le mois d’Août. Les laboureurs & les gens des champs d’autour de Paris appellent cette moisson, l’Août, qu’on prononce, l'Oû. (La moisson est belle. Faire la moisson. II est mort durant la moisson. ) f MOISSON. [Segeíer.] II se dit quelquefois des grains qu’on a moissonnez , ou qui pendent encore par les racines. (On a fait saisir la moisson.) MOISSON,/. f. {Mesis.'} Se dit figurément en choses morales. {La moisson est grande , mais il y a peu d’ouvriers. PortRoyal, Nouveau Tesiament. * Ce Conquérant a recueilli une ample moiíson de gloire & de lauriers. Mars nous fait recueillir cC amples moissons de gloires C est à nos ennemis de craindre les combats, A nous de les chercher , certains que la viHoire Amante de Louis suivra par tout ses pas. La Font. * Mettre la faucille en la moisson A'autrui. {Immìt- tere falcem in tnejsem aliénants] C’est-à-dire, entreprendre fur le metier ou remploi d’un autre, & vouloir profiter de ce qu’il a fait. MOISSONNER, v. a. {Metere.} Faire la moisson. (On a moissonné les bleds & les seigles.) * Comme tu semer as, tu moissonneras. Abl. Apoph. C’est-à-dire , comme tu feras , tu seras récompensé. * MOISSONNER, v. a. {Perdere, desiruere.] Au figuré , il signifie aussi, Ruiner. Consumer. Perdre. Anéantir. {Le cours des ans qui tout moissonne, Vous fait si laide que personne Ne veut se mettre dans vos fers. Main. Poës.) * Votre vie en sa fleur doit ctre moissonnée. Racine, a. 1. sc. 2. MOISSONNEUR,)! m. [ Messor .] Celui qui coupe le bled avec la faucille. Ce mot de moissonneur se dit, & s’écrit par les honnêtes gens qui parlent bien, mais les Labouseurs d’autour de Paris apellent les moissonneurs , scieurs & coupeurs. (Voi dormir dans ces bois couchés les moissonneurs hâlés. Sar. poês. MOISSONNEUSE ,s. f. {Metens.} Celle qui coupe le bled. Les gens qui parlent bien , disent moissonneuse , mais les Laboureurs d’autour de Paris disent une outeuse. MOITE , adj. {Humidus , madens.J Humide. Mouillé. Le mot de moite est François, mais on dit plus souvent humide que moite , qui vient assez rarement en usage. (Lieu moite. Terre moite. Q«flíre fleuves assis fur leur moite rivage , Sur des urnes panchez couronnez defeïtiOases , Versent agros bouillons leur liquide cristal. Flechier, Eloge du Roi.) MOITEUR,/. f. {Mador , humor, humidum .] Peti- te humidité. (La moiteur des draps qui n’ont pas été bien seehes, peut causer du mal.) * MOL MOITIE', f- f {Dimidium.} C’est une partie de quelque chose que ce soit dont les deux parties sentie tout. (Avoir la plus grosse moitié. Couper par la moitié. Partager par moitié.) La moitié se dit proprement des choses partagées en deux parties égales. Ainsi un demi livre, c’est justement la moitié d’une livre. Un diamètre coupe un cercle par la moitié. (11 a trop fou- sert de moitié. Voit. poés. Dès que la lumière vous fera ravie, vous en vaudrez moins de moitié. Voit. poés U étoit de moitié dans le quart. Patru, plaid. 7. Faire de moitié avec quelqu’un. Abl. Apoph.) MOITIE'. {Partìm.} A demi, en partie. (Une her. maphrodite est moitié homme, moitié femme. Les Centaures sont décrits par les Poètes, moitié hommes, moitié chevaux. Son malheureux Amant expliquant ses désirs, Moitié par ses discours, moitié par ses soûpirs. La Font.) MOITIE'. {Consors , conjux.} Ce mot sc prend pour la femme d un hommemarìé. (Une moitié chaste & pleine d’apas est un trésor. Benserade, Rondeaux. Ce sera sa moitié , tout leur sera commun , Et dans la même chair les deux ne seront qtim . Perr.) * MOITIE'jïgne, moitié raisin. C’est-à-dire , d’une certaine maniéré qui n’est pas trop bien. * MOITIE' chair, moitié poisson. Cela sc dit d’une personne dont le naturel est inconstant, & qui se mêle de diférentes professions. f A MOITIE', se dit aussi advérbialement. (Son argent est à moitié dépensé. Cette maison est à moitié ruinée. Cet habit est à moitié usé.) MOL, ntole, adj. {Mollis, tener, flexilis.) Ce mot devant une consonne fait à son masculin mou , & il signifie ce qui paroît moien entre le dur & le liquide , & qui semble participer de l’un & de l’autre. (Un corps mou. f aime mieux un ruisseau, qui sur la molle arene Dans un pré plein de fleurs lentement fe prornene. Despr.) MOL, môle. Ce mot sc dit des fruits, & veut dire, qui a perdu fa dureté. Qui se gâte. Qui se pourrit. Cet abricot est mou. Une poire môle.) * MOL , môle. {Solutus, effeminatus, voluptuarius , delicatus .] Lâche, éféminé. Trop délicat. (II n’em- ploioit pas son argent dans les môles voluptés. Abl. Ret. I. 2. c. 4. La molle indulgence des Confesseurs jette les hommes dans une fausse sécurité. Port-Royal .) sf Mr. de Corneille a dit dans son Heraclius, aasi-sc. 1. Ma haine ri aura plus d’impétuosité, Et tous mes vaux pour vous seront mois {s timides. Diroit-on aujourd’hui des vœux mois, pour foibles, peu empressés ? ^ On dit que le tems esi mou, que le vent efi mou, c’est- à-dire , que le tems est relâché, que le vent est chaud & humide. $ MOU, sc dit d’un homme qui n’a pas de fermeté dans ses résolutions. (C’est un homme mou , un esprit mou. f MOU, signifie aussi indolent, qui ne prend rien à cœur. (II est trop mou pour s’intérelïer pour ses amis. C’est un homme mou, incapable de rendre service.) f MOLA, f m. Espèce de cochon de mer, ou poisson monstrueux , gros quelquefois comme un tonneau, fort pesant, cartilagineux, ayant la figuré d’une môle informe. Il est couvert d’un cuir ou peau rude , de couleur cendrée furie dos, blanche fous le ventre. Sa gueule & ses yeux sont petits. Sa chair est blanche, nerveuse, grosse. II gronde comme un cochon , quand on le prend. 11 n’a point d’écailles. Quelques-uns l’apellenc Luna, à cause de fa figure qu’on trouve aprochante de la Lune. La graisse est adoucissante & résolutive. MOLAIRE, ddj. f. {Molaris.} Terme à’Anatomie, qui se dit des grosses dents. (Les dents molaires.) t MOLASSE, adj. {Molliculus.} Qui est trop mou. Qui n’est pas ferme. 11 ne se dit que des chairs. Chair molasse. 11 y a quelques poissons qui ont 1 * chair molasse, comme sont le barbeau, le merlan, &c. ) f MOLDAVICA, s s. Efpéce de melisse, qui a le goût & l’odeur de la melisse ordinaire, mais plus forte MOL Forte & moins agréable. On la cultive datìs les jardins. Elle contient beaucoup d’huile exaltée & de sel essentiel. Elle a les mêmes vertus que la melisse commune. Les Botanistes l’apellent, Moldavica betonica folio flore eeruleo aut albo. MÔLE,/ m. [Môles.) Terme $ Architecture-, Rempart ou forte muraille qu’on fait dans les Ports de Mer contre l’impétuosité des vagues. (Faire un môle. Le môle du Port de Marseille.) MÔLE,/ s. [Mola. 3 Masse de chair informe qui se fait dans le ventre d une femme. (Elle est accouchée d’une môle.) MOLEMENT , adv. [. Moìliter .] Doucement. (II est couché assez molement, Abl. Luc. t. ;.) * MOLEMENT. [Fluxé , levi brachio .] Lâchement D'une maniéré peu courageuse. (II s’est porté molement à cela. Vante un baiser cueilli sur les Uvres d’Iris , Qui mollement résisté (-f par un doux caprice Quelquefois le refuse afin qu’on le ravisse. Despr. ) MOLER , v. n. [Puppim vento obvertere .] Terme de Marine. On s’en sert sur la Mer Méditerranée, & il veut dire , faire vent arriére -, ou prendre le vent en poupe. MOLESSE,/ /, [Mollìties.) Terme de Philosophie. Sorte de qualité qui se dit des choses dont la superficie est liée , & continué de telle maniéré , qu’é- tant pressée du doigt, ou de quelque autre corps , elle ne se romptpas, mais elle s’enfonce , & cède seulement en dedans vers les parties intérieures. (Corps qui a de la moleste. Votez la Physique de Gassendi.) * MOLESSE. [ Ignavia , mollitudo .] Sorte de délicatesse lâche & éfeminée. Maniéré douce & éféminée. Maniéré trop môle & trop délicate, qui sent plus la femme que l’homme & qui n’a rien de fort. (Sarda- napale etoit plongé dans la moleste. Abl. Vous qui chassiez de votre Cour toutes lès molestes cfamour , d’où vous font venus ces traits. Voit. pois. Ta parole a trop de moleste. Gonb. Ep. I. i. La ville de Sibaris fera décriée à jamais pour la moleste de ses Habitans, qui a banni les coqs de peur d’en être éveillés. Fon- teneíle, Dialogues des morts. Il air qui gémit du cri de V horrible Déesse , Va jusques dans Citeaux réveiller la mollesse » Q'est là qu’en un Dortoir elle fait son séjour, Les plaisirs nonchalant folâtrent alentour. Despr. Lutr.) t MOLESTER , ». a. [ Vexare. ] Mot un peu Vieux qui signifie , tourmenter, chagriner , (Molester une personne.) H On ne se sert guére du terme molester qu’au palais. (Molester quelcun par des procès, par des chicanes.) MOLET, molette , adj. [Moïïiculms Quin’estpas dur. Qui est doux. (Lit molet. Cela est doux & molet.) MOLET , molette, adj. [Mollìceìlus, panis mollior ] Ce mot se dit du pain, & signifie, qui est tendre , frais. (Pain molet.) . MOLET , / m. [FimbriaJ Sotte de petite frange dont on embellit des rideaux & autres choses. MOLET , / m. [ Sura.j C’est le gras de la jambe. MOLETON , / m. [ Textum laneum molliculum. J Etofe de laine pour doubler & faire des camisoles. (De fort bon moleton.) MOLETS , / m. [ Forficulw .] Terme d Orfevre, Pincette pour manier la besogne. MOLETTE, ou molete ,/ / [sttellatum calcarfser- me d ’Epronnier. Petit fer d’épron en forme d’etoile avec quoi on pique le cheval. (La molette de son épron est pleine de sang.) MOLETTE, Epi. [Statormu pilorum orbiculus.) Le cheval doit avoir un epi, ou molette au front. Voit. Epit. ) MOLETTE. [Mollis tumor in imo tibia equinœ flexu.) Tumeur tendre , môle & grosse comme une noisette, sans douleur, située entre le nerf & l’os au côté du boulet Cous le cuir. (Oter une molette. Le repos guérit les molettes. Soleisel, parfait Maréchal.) MOLETTE. ['Lapisjllicem quo teruntur colores .) Têt- me de Peinture. Morceau de marbre, ou de pierre avec quoi les Peintres broient les couleurs. MOLETTE [Restiarii trochlea.) Terme de Côrdier & de Rubanier. Petite poulie de bouis avec un fér recourbé qui passe au milieu & qui sert à retordre, MOL MOLETTE. [Vitriarii opificis umbilicm .] Terme de Miroúettier. Petit morceau de bois en forme de bon- don fur quoi on met le verre de la lunette pour la travailler. MOLETTE , adj. [Pepo , vel cucumis gràciìiòr.) Terme de Jardinier. II fe dit des Melons & des Concombres , c’est-à-dire, mal Fait, menu & étranglé. (Melon molette. Concombre molette. Quint. Jardins.) MOLI >/-:-. [Moly.J Fleur blanche, ou jaune qui fleurit en Mai. (Moli blanc. Moli jaune.) f MOLIANT, adj. Terme de Courroìeur. Il se dit des cuirs de vache , de veau , de mouton & même de beuf, qui a force d’être souvent & successivement tirés & maniés avec les trois sortes de pomelles, font devenus plus maniables & plus doux. î MOLIERE, adj. On apelle pierres molìeres , certaines pierres qui fervent à faire des meules. On a- pelle aussi pierres molìeres, des pierres de même nature que celle des meules, mais plus petites, & qu’on employé au lieu de moilon, pour les bâtimens ordi-ì naires. f Dents molìeres. On apélle ainsi les grosses dents qui servent à froisser, à broker les viandes que l’on mange. MOLINISME,/ m. [ Molinismm .] C’est le sentiment des Molinistes. (Le Jansénisme & le Molinismé font bien du bruit dans le monde sqavant, su r-tout depuis la Constitution de Clément XI. par laquelle ce Pape a condanné ioi. propositions du Nouveau Testament duPere Quesnel. Six ans ne fuffiroient pas pour lire les écrits qui ont été faits pour combattre cette Constitution qui a révolté presque toute la Chétienté; car ni l’Allemagne, ni C Espagne, ni la Savoye , ni la Flandre, ni la Suisse Catholique, ni aucune République Catholique ne l’a reqûë. 11 n’y a eu que quelques Evêques de France, contre lesquels presque tous les Curez de leur Diocèse se font récriés, qui ont accepté cette Constitution. Ces mêmes Evêques l’ont tenue pendant trois mois fur les Fonts de Baptêmë fans pouvoir la rendre chrétienne.) MOLINISTE , / [Molinista .J Qui est dans le sentiment de Molina touchant la grâce efficace & inefficace. (Les Molinistes font intrígans.) 11s font grands Partisans de la science moyenne, que Clément VIII. apelloit une invention humaine. Molinien se dit aussi à la place de Moliniste. (Tu viens nous infecter d’un fetis Molinien.) MOLINOSISME,/ m. [Quietisinus.) Sentiment de Molinos qui fut condamné à Rome. {Par les chemins fleuris d’un charmant Quiétismi Tout à coup Ramenant au vrai Molinosisme , II ne lui fait bìen-tòt aidé de Lucifer Goûter en Paradis les plaisirs de /’ Enfer. Despr.) . MOLINOSISTE , / m. [QuietisiaJ Disciple de Mç>- linos. (Madame Guyon étoit une vraie Molinojlste.) MOLIR, v. n. [ Mollescere.) Se ditpropreme ; des fruits , & veut dire , devenir mou. (Poire qui commence à molir.) * MOLIR , sc dit du vent qui devient moins vio« lent. (Le vent molit.) f MOLIR une corde .J C’est la lâcher afiri qu’elle né soit pas si roide. * MOLIR. [ Ojsensare, cestitare .] Terme de Manège, qui fe dit des chevaux qui bronchent. (Cheval qui molit extrêmement.) * MOLIR. [’Fatiscere -, labare.) N’être pas fermé dans la résolution qu’on a prise. Se relâcher. C’est un homme qui commence à molir. Molière.) f * MOLIR , se dit en termes de Guerre , des troupes qui commencent à s’ébranler pour plier. ( Le» troupes molissent à l’aile droite.) f MOLLE, ou MUELLE , s m. fMòUe. j Arbré du Perou grand & étendu. Ses feuilles ressemblent à celles du Lentisque, mais elles font beaucoup plus longues & plus étroites , rendant un suc gluant & laiteux* qui a Codeur & le goût du fenouil. Ses fleurs font dé couleur jaune blanchâtre. 11 leur succède des baies semblables au fruit de l’asperge, disposées engrapes comme le raisin ; elles ont Codeur & le goût des baies de genièvre. II découle de son écorce par incision , une refîne Odorante , semblable à la gomme Elemì. Ses feuilles & son écorce font résolutives, propres pour les enflures des jambes & des cuisses. . TmeIk LU .# MOL< aco MON ± MmrmF.R v a. Terme de Médecine. Rendre cataplâme est bon pour molhfier une tumeur.) ± Mnr TTCCA, s- / Pla nte étrangère dont il y a deux eftéces La première s’apelle molucca IcevU , la second fmoluccastlosa. L’une & l’autre se cultivent dans les jardins/ Elles contiennent beaucoup d huile & de sel. Elles résistent au venin, elles fortifient le cerveau & le cœur. MOLúE- Voïez morue. MOMENT, / »». [Momentum.) Fort petit espace dê teins. (Í 1 se perd d’heureux momem quand [a guerre "est entre deux amans. Cela s’est fait en un moment. í MOMENT se dit aussi pour intervale. (Ce malade a de bons momens. Cet insensé a quelquefois de bons momens.) A tout moment, adv. Sans cesse , en tout tems, a toute heure. t MOMENTANEE , adj. [Momentaxeus.) Ce mot est écorché du Latin, c’est un terme de Philosophie, qui fe dit des actions qui se font dans un moment. (L’action de la lumière n’est pas tout-à-fait momentanée , comme on l’avoit cru.) MOMERIE,// [Rjdicuia stmulatio , hypocrisis .] Boufonneric. Railleries. Bons mots. (C’est toi qui par tes tnomeries a réprimé l’orgiieildu bourgeois insolent. Ce n’est qu’une pure momerie. Vaug. Quint. L 9 .) tz MOMERIE , se dit d’ordinaïre au figuré, pour déguisement des sentimens, qui fait faire au dehors un personnage tout diférent de ce qu’on a dans le cœur. (L’action de cette femme est une pure momerie.) Ce mot vient de Momus , Roi des Railleurs, selon le P. Labbe. MOMIE, / /• [Mummia.J Corps embaumé. Sorte de composé de cire & d’amomum, dont on se sert pour conserver les cadavres des personnes mortes. H MOMIE, est encore une certaine liqueur qui coule quelquefois des corps humains, qui ont été embaumez & qui n’est proprement que leur graisse fondue mêlée de bitume. H MOMIES. Ce font aussi certains bitumes naturels qui coulent par quelques fentes de rochers, qui se trouvent dans l’Arabie & dans d’autres pays chauds. MOMON, / m. [A/eatorium &filens certamen.) Ce mot, selon quelques-uns, vaut autant que si l’on disoit, mot, mot , & selon d’autres, il vient de Mo- mns, qui à ce que racontent les Poètes, étoit le fou des Dieux. Le mot de momon viendra d’où il plaira à Messieurs les Etimologistes, mais il signifie aujourd’hui parmi nous l’argcnt que les masques jouent aux dez & fans revanche durant le Carnaval, lofqu’ils vont le soir chez les particuliers de leur connoissan- ce. (Est-ce un momon que vous allez porter ? Molière, Bourgeois GentiLhomme. f Courir un momon, c’est accepter le défi. MON, tna, pronom adjefiif. [Meus.) Qui signifie, qui m’apartient, qui est mien. (Mon livre , mon ami- Ma maîtresse est belle, mais elle est cruelle, & c’est tout mon malheur.) MON, ma. [. Meus , mea.) Ce mot mon, qui est un adjectif masculin se met immédiatement devant les noms féminins, qui commencent par une voyelle, & cela pour éviter le mauvais son que feroit le féminin wa. (Les Mathématiques font toute mon inclination. Mon amie, mon ame, & non pas ma inclination , ma amie, ma ame. MONACAL , monacale , adj. [Monachalis .] Ce terme est injurieux, & signifie qui est Moine. (Air monacal , esprit monacal, sentiment monacal, pensée monacale, vie monacale.) MONACALEMENT, adv. [[Monachorum in morem.) D’une maniéré monacale, à la façon des Moines. (Vivre monacalement.) MONACHISME , 7. m. ÇMonachi/muf.J Nom coll ctif qui comprend tout l’etat des Moines. (Le Mon shtfme n est plus fi régulier qu’autrefois.) ? f' í MmaciUÍ nummus.) Mono d Italie qui vaut un écu, Sc qui g été anellé de la fr te d un Chateau & d'un Port de Mer eí. 1 l’on fabrique cette forte de monoyk " ^ ' ‘ MONACO. Sorte de petite tasse faite en ovale v MON lant un écu, ou un peu plus. (J’ai fait faire un- beau monaco.) MONARCHIE,//- [Monarcbia.] Mot Grec qui veut dire un état gouverné par un Roi. (Aimer la Monarchie. Haïr la Monarchie.) MONARCHIQUE, adj. £ Monarchicus .] Qui estgou- verné par un Monarque. (Un état monarchique.) Les grenouilles fe lassant De l’état Démocratique Par leurs clameurs firent tant Que Jupin lessoûmit au pouvoir Monarchique. La Font.) MONARCHIQUEMENT , adv. [Monarchicum in moz rem.) D’une façon monerchique. (Gouverner monar- chiquement.) MONARQUE, / m. [ Monarcha .] Mot qui vient du Grec (Uovotçí;©-, & qui signifie, celui qui est seul Sou. verain. (Un bon Monarque. Un puissant Monarque. Un grand Monarque.) MONASTE'RE,/ m. [ Monasterium .] Demeure solitaire de Religieux. (Un beau Monastère. II a été chassé de son Monastère pour ses désordres. Pasc. I. 6. Près de la Ville étoit un Monastère Fameux par son Antiquité, Où des Vierges vivoient dans une régie austère Sous les yeux d’une Abesfe illustre en piété. Perr. Griselid. ) MONASTIQUE, adj. £ Monastìcus .] Qui regarde les Moines & les Religieux. (Discipline monastique. Pro. fesser la vie monastique.) î MONBELIARD , / m. Toile qu’on nomme ordinairement toile à matelas, à cause de leur uíàge. MONCAYAR , / pi. C’est une serge ou étofe de laine croisée & fort déliee , dont on fait des habit* longs. MONCEAU , / m. [Acervus , cumulus .] Tas. (Un petit monceau. Un gros monceau. Mettre en un monceau. Amasser en un monceau. XJn jour donc VAnimal qui ne cberchoit qu!à nuire, Détachoit du monceau tantbt quelque doublon, Un Jacobus , un Ducaton. La Font.) MONDAIN, mondaine , adj. £ Mundanm, vanus, gloriojus .] Qui a trop l’air du monde. Qui sent le monde. (Pour une dévote, elle a l’esprit un peu trop mondain. ) 4 MONDAIN,/»*. Celui qui est ataché aux choses vaines & passagères du monde. (Les mondains tremblent aux aproches de la mort. f MONDAIN, se dit aussi d'un homme sage L babils dans les afaires du monde. (C’est un sage mondain.) f * MONDAINEMENT , ado. £Mundanum in mts- rem.) D’une façon mondaine. (II vit fort mondainement. C’est-à-dire, il méne une vie fort mondaine.) t MONDANITE',//. Vanité mondaine. On ne le dit qu’en termes de Dévotion. (Passer fa vie dans la mondanité. Mépriser les plaisirs & les mondanitez.) MONDE, / m. {Mundus , orbù.') La terre, les cieux" & ce qui est entre la terre & les cieux. (On demande en Philosophie si le monde a commencé. II est impossible qu’il y ait plusieurs mondes. Rarement à courir le Monde On devint plus homme de bien, Abl. Regn.) Le nouveau monde. [Novus orbis.) On apelle de la forte les Indes Occidentales. C’est VAmerique. Le monde souterrain. [Mundus subterraneus.) C’est le titre que le Pere Kirker a donné à un livre où il parle des choses qui font enfermées dans la terre, & au dessous de fa surface, comme sont les feux, les eaux, les minéraux, les métaux, les pierres , & même , à ce qu’il prétend, des plantes & des animaux. MONDE. [Sstema.) Ce mot signifie encore un íisterne particulier touchant la construction du monde.- (Le monde de Descartes est ingénieux.) * MONDE. £Mortales.) Les gens du monde. (Lc monde est aveugle, il ne connoît pas la vertu. Voir le monde. Entrer dans le monde. Quitter le monde. On fe jette dans la dévotion pour fe consoler de n’être plus propre aux intrigues du monde. Fl tek.) * MONDE. [Plurimus, ingens turba f multitudost Plu, MON îlusieufs personnes ensemble. Plusieurs personnes » massées. (II y a une quantité de inonde devant fa porte.) MONDE. Terme augmentatif des afìrmations ou négations. (C’est le plus galant homme du monde.) MONDE , se dit des hommes vicieux & pécheurs. (Je ne prie point pour le monde , mais pour ceux que yous m’avez donné. Port-Royal N. Test.) MONDE. Terme de Blason. Boule qui répréfente le monde. ( Christofle Colomb portoit un monde pour cimier.) * Le grand monde. [Hommes primarii.2 Les gens de qualité. (II fréquente le grand monde.) Le monde poli , le beau monde. [Hommes clari.2 Ce sont les honnêtes gens & les gens de qualité, quid’or- dinaire sont propres, polis & bien mis. II y a des jours qu’on ne laisse entrer que le beau monde auX Tailleries & au Luxembourg.) * Le monde savant. [ Utterati .] Les gens de lettres, t * MONDE. Ce mot entre dans plusieurs façons de parler. (II paroît le plus civil du monde, c’est-à-dire, des hommes. Molière.) f * MONDE. [&m.] Domestiques. Gens qui sont à nous. (Tout mon monden’eft pas venu. II vaut mieux dire tous mes gens ne font pas venus. Vaug. rem. f * MONDE. [Innumerus.2 Grande quantité de quoi hue ce soit. (On vit un monde de prodiges. II est mieux de dire, une infinité des prodiges.) * 11 est allé à l'autre monde. [Ad Acberontem mifflu tfi.J C’est-à-dire , il est mort. Penser à l’autre monde. Songer au Paradis. Penser à k mort. Venir au monde. [Nasci.2 C’est naître, f Depuis que le monde eji monde. [Ab omni avo.2 Façon de parler proverbiale , pour dire de tout tems. f Ainsi va le monde. [His moribus vivitur .] II faut laisser le motide comme il est. Façon de parler proverbiale. (II doit à Dieu & au monde.) [Animant débet.2 f MONDE, adj. Ce mot vient du Latin, mundus , munda , mundum , nitidus , qui signifie, pur & net. II ne se dit qu’en l’oposant à immonde , qui signifie souillé , impur , & en parlant des anciennes cérémonies des Juifs. (II y avoit des bêtes mondes & des bêtes immondes , & il leur étoit permis de manger & de sacrifier de celles-là, & défendu de manger & de sacrifier de celles-ci.) MONDER, v. a. [Mundare.J Oter la peau de certaines choses. (Monder forge. Monder les quatre semences. Orge mondé. Noix mondée. Semence mondée. Millet mondé.) MONDER. En terme d 'Apoticaire. 11 se dit particulièrement en parlant de la casse. Monder de la casse, c’est casser les bâtons de casse , prendre ce qui est dedans qui s’apelle la pulpe , & le faire passer par le ta- •lis avec une spatule de bois. MONDIFICATIF , adj. [Purifieans.2 Terme de Médecin qui se dit des remedes ou onguens détersifs qui nétéyent & purgent un ulcère. * MONDIFIER, v. a. [ Pur gare. ] Nétoyer. Les Chirurgiens le disent en parlant de playes. f MONDILO, f m. Mesure des grains dont on fi; sert à Palerme. 6 g;. mondili deux tiers font un last d’Amsterdam. MONETAIRE, f m. [Monetarius.2 Intendant de la monoye. Bouteroúe , Traité des monoyes , page 179 . Voïez Momie. t MONGOPOES- Toiles de Coton qui se fabriquent aux Indes Orientales, & qui sont peu difé- jentes des Cambayes pour la qualité. MONIAL , ALE, adj. [Monialis.2 Religieux ou Religieuse qui vit en clôture. ( Les Monastères des moniales font sujets à la visite des Evêques quant à la clôture.) Çfi MONINE. La femelle d’un singe. Les Italiens donnent au terme monna une plaisante signification : Pigliar la monna , c’est s’enivrer. Les Languedociens so fervent de cette même expression. Goudelin, dans son Ramelet moundi segound flouret. Content [fi franc de tout souci , Sounque de prene la mounino. II est dit dans le Glossaire Toulousain , Mónnard , linge ; Mounino , guenon , genuehe ; Prene la mounino , s’enivrer. MONITION if /• [Monitiû , monitum-2 Eronoa- MON 451 cez monicion Terme d ‘Eglise. Action de celui qui publie le monitoire. (Munition canonique. Faire trois munitions. * Eve. chap. ig. Il signifie quelquefois admonition. MONITOIRE,/ m. Terme à’Eglise. Lettres où sont contenus les faits en vertu defquels on demande excommunication avec commandement du supérieur E- clésiastique, obligeant en conscience de révéler, de restituer, & d’obéïr à f Eglise sur peine d’excommu- nicadon. Les Monitoires se publient au Prône trois Dimanches de fuite par le Curé ou son Vicaire. (Fulminer un Monitoire. * Eve. chap rg. Obtenir un Monitoire. ) {$ MONITOIRE , & monition signifient naturellement la même chose : cependant nous en usons en deux sens diférens. La monition est un simple avertissement, & une correction charitable, acompagnée de la menace de quelque peine au cas que son ne sc corrige pas. Le Monitoire est un commandement que le Supérieur Eclésiastique fait à tous les Fidèles de reveler ce qu’ils savent de quelque crime caché, sous peine d’excommunication. Cette définition est tirée du Concile de Trente, Ses. aç. de Reformât. Mais. comme l’excommunicationn’estdans le èionitoire qu’u- ne menace comminatoire, il faut qu’il soit publié pour rendre désobéïssans ceux qui savent le fait dont on se plaint 5 & afin que l'excommunication soit encourue, A.rgentré fur la Coutume de Bretagne , a remarqué que ça été dans les Juridictions Eclésiastiques que l’on a commencé de se servir des censures pour avoir révélation de la vérité dont on n’a aucune preuve, & que l’usage est passé dans les tribunaux laïcs, où l’on a établi une Jurisprudence différente en quelques chefs de celle que l’on a observée dans les Oficialités. La question, si l’on peut acorder un monitoire pour toutes sortes de choses temporelles ou spirituelles, après avoir été examinée plusieurs fois, est enfin restée indécise. On dit des lettres moniteriales , c’eft-a-dire, quï portent la permission de publier un Monitoire. MONOCORDE , f m. [Monocordium.2 Instrument de musique monté fur du bois résonnant, où il y a des cordes & des chevalets, qui est très-propre pour régler les sons, & qui a été apellé monocorde , non pas qu’il n’ait qn’une corde , mais parce que toutes ses cordes sont à l’unisson. Mers. MONOGRAMME,/ m. [Monogramma.2 C’é- toit une maniéré de chiffe qui contenoit les lettres du nom des Rois François des deux prémiérs races, & que ces Rois fàisoient mettre à la fin de leurs lettres patentes & autres actes. (Théodebert fit fabriquer sous son nom des sous d’or, ayant d’un côté le mono- grame de Christus, & pour légende Théodebert. Voïex Bouteroúe , Traité des monoyes , p t 124 .) MONO!AGE , / m. [Aclio cudendi numinum.2 Action de monoyer. (Pas un Auteur n’a parlé de la machine, avec laquelle le monoyage étoit fait. Bouteroúe , Traité des momies , p. 107 . ) MONNEAGE. C’est le droit de faire battre monoye. II est dit dans l’art. 76 . de la Coutume de Normandie, que le Roi pour droit de monneage peut prendre douze deniers de trois ans en trois ans , fur chaque feu pour son monneage [fi fouage , qui lui fut ocîroyé anciennement pour ne changer la monóie. Bafnage a remarqué fur cet article, qu’il est à présent hors d’ufage iSfc fans exécution. MONOïE , f. f. [Monèta.2 Espèce d’or , d’argent, ou d’autre métal qui a cours. Portion de matière à laquelle l’autorité publique a donné un poids & une valeur certaine _ pour servir de prix & égaler dans lé commerce l’inégalité des choses. Bouterouè , Traité des momies , p. g. La fin de la monoye est Futilité publique , & sert à faire connoître le Prince qui í’a saie fabriquer, & en conserve la mémoire. Battre la monoye. Fraper la monoye. Donner cours à la monoïe. Debiter des monoyes étrangères. (f Le terme monóie , vient du latin monere , qui signifie, avertir, indiquer, faire connoître unè chose; ainsi les espèces d’or, d’argent, & de billon, font Connoître pair leur figure , par leur poids , •& par leur nom, leur valeur, & le Prince qui les a fait fabriquer. II y a deux sortes de monoyes : Tune effective & réelle: & l’autre feinte ^imaginaire, & de compte; & dé cette derniere qualité font les livres en France; &en d’autres paï», les gros, lessterlins, & les flo-' Tome U, L 11 » ring A.Z 2 MON rins : Et cette momie de compte (dit Mr. Bouteroue ) est composée d’un certain nombre d cstéces reelles, qui peu- íent changer dam leur substance, mais non pu dam leur quantité. La matière est 1 or, 1 argent, & le cuivre, L cette matière est alliée avec un ou deux autres métaux, comme de l’argent & du cuivre, &c Vmez alliage. La forme de la monoye consiste au poids , & en la taille de l’efpéce fabriquee, en 1 impression & figu- re qu’elle porte. Le poids est la base & la partie esten- tielle de la monoye. La taille a toujours' été réglée fur le poids principal de chaque nation ; ainsi chez les Juifs, & chez les Grecs, la taille fe régloit fur la mine; chez les Romains, & parmi nous, fur le poids de marc ; & pour faciliter les comptes, on a observé que la division fût faite en parties égales. Le droit que le Roi leve fur la monoye , est apellé Seigneuriage , & les frais de la fabrication, brassage , & ces deux choses jointes ensemble, sont exprimées par le terme rendage. La grandeur & l'épaifseur de l’espéce font apellées le vo- lume; & legende ce qui est gravé autour de la figure. Le millésimé est la date de l’année de la fabrication. II y avoit autrefois une monoye parisis, & une monoye tournois. La premiere fut fabriquée à Paris, fous Philipe I. & la seconde à Tours. Le parisis étoit plus fort d’un quart, que le tournois; c’est-à-dire, que quatre fols parisis valoient cinq fols tournois. Les Romains créerent trois Oficiers pour veiller à la fabrication des monoyes ; on les apella Triumvirs. Ammian Marcellin leur donne le titre de Procurato- res moneta , de Prafefíi , ou Prœpostti. Ils furent quelquefois apellés Quatuorviri , ou Quartumviri. On trouve une médaille frapée fous le Triumvirat d’Auguste, d’Antoine, &deLepide; on voit au revers un Mars avec cette inscription : L. Majstdïm F. F. longue IlIIvir. A. P. F. qui signifie que Majstdius longue qui avoit fait battre cette piéce d’or, étoit établi Quar- tumvir à Lire battre monoyes d’or pour l’ufage public ; car ces trois lettres. A. P. F. disent, auro publicè fe- viundo , & autres où se voient ces lettres. Ce font les termes de Lepois, page ii. où il ajoute qe dans plusieurs monoyes on voit cinq lettres IE. AA. FF. qui veulent dire, are , auro , argento fiando , feriundo. * II faut bien les payer de la même monoye. Abl. C’est-à-dire, leur rendre la pareille. Lors qu’un homme vous vient embrasser avec joie» II saut bien le payer de la même monoye. Mol.) H * MONOïE. La guerre & la paix, ces noms si respectables , font pour les Princes deux fortes de monoyes qui ont cours , dont ils se fervent toujours pour leurs intérêts, & jamais pour la justice. Plutarq. MONOïE, ou monoierie , s. f. E Officina monetalis .] Lieu où l’on fabrique les monoyes. 11 y avoit une monoye dans le Palais où le Roi faifoit fa principale résidence. (II y avoit dans chaque monoye un Officier nommé monetarius , dont la fonction étoit en quelque façon semblable à celle de nos Fermiers des monoyes & des gardes ensemble. Bouteroue , Traité des monoyes , pag. 57.) II y a en France une Cour des monoyes , qui juge souverainement de ce qui regarde les monoyes. MONOïE ,s f. [Minuti nummij Se dit des menues espèces. (II a changé un louis d’or en monoye .) MONOïER, v. a. [Monetam cudere, notare.J Donner au métal d’or, ou d’argent la forme de monoye, le faire en monoye. (Monoyer les matières par la voye du marteau. Bouterou’ê , Traité des monoyes p. 376 .) f * Ses louanges font monoyées. C’est-à-dire, il a donné de l’argent à celui, ou à ceux qui l’ont loué. Molière.) MONOïER, ou mono'ieur,s. m. [Signator monetalis .] Ouvrier qui travaille à la fabrique de monoye. Faux monoyeur , f m. [Adultérin# moneta cusorjj Celui qui fait de la fausse monoye. 11 se dit aulïï de ceux qui altèrent la monoye, & qui la rognent. MONOLOGUE, f m. [Monologium.J Scène dramatique où un acteur parle seul. Acad. Fr. ^ONOMAOUIE, f f. [Monomachìa. ] Duel ou d’homme à homme. MONOME, f. s. [ Monomus .] Terme d’ Algèbre. MON^PO? f Un r seul notn » a b, a a b. & JvlOiNOrOLL , f. m. [ Monopolium .'] Mot qui Tient du Greu. « qui originairement signifie fe renlre MON maître de quelque marchandise & la vendre seul ; mais présentement il veut dire un impôt qu’on met sur le Í ieuple. (Un fâcheux mono pôle. Mettre un monopo- e sur quelque marchandise. Monopole jamais monta t-il à tel point , Et Messieurs les Pasteurs , n’en rougijsez-vous point. Poët. anonyme.) MONOPOLE. [Constiratio.J Cabale sécrété qui se fait au désavantage de l’Etat. On dit aussi Monopo- ler en ce sens. Mais ces deux mots vieillissent. Ac. Fr. MONOPOLEUR, st m. [Monopoli autbor.~\ Terme qui vient du Grec, & qui est injurieux, pour dire un traitant. (C’est un franc monopoleur.) MONORIME,/ m. [ Monoritbmus.~] Ouvrage de Poesie dont tous les vers font d’une même rime. MONOSïLABE, st m. Terme de Grammaire, il est composé de Giec & de Latin, & signifie un mot qui n’a qu’une silabe. (11 ne répondoit que pat des mo- nosilabes.) , MONOTHELITES , st m. [ Monothelita .] Hérétiques qui ne reconnoissoient qu’une feule volonté en Jéfus-Christ. Le sixième Concile général les condamna , parce qu’ils détruifoient la perfection de l’hu- manité de Jéfus-Christ, en la faisant privée de volonté & d’opération. Le Concile déclara qu’il tenoit les deux volontés, & les deux opérations fans division, fan s changement de l’une dans l’autre, & fans qu'elles fussent ni séparées , ni confusesla volonté humaine étant sujette & obéissante à la divine. Le Cardinal Bellarmin dit que se Concile s’est trompé en condamnant les lettres d’Honorius, comme contenant l’hé- résie des Monothélites. Voïez la Défense des Théologiens , art. 4. MONOTONIE , st f. [Unus & idem vocis sonus .] Ce mot vient du Grec , & ii sc dit en parlant de gens qui lisent ou qui récitent. 11 veut dire un même ton , lin même accent. (La monotonie est ennuyeuse, dégoûtante , désagréable, fâcheuse. Sa monotonie est infuportable.) J’ai oui seire à quelques personnes un adjectif de monotonie. (Ce Prédicateur est. monotone.) Cependant je n’ai trouvé ce mot dans aucun auteur. MONSEIGNEUR. [ Dominus .J Absolument, est la qualité qu’on donne à présent au Dauphin de France. Serenijsimus Delphìnus. Avant Louis XIV. on disoit Monsieur le Dauphin. {sue des plus grands Héros & des plus grands Monarques , On voye en Monseigneur briller toutes les marques. Je le croi bien. Mais que quel qu’il puise être , il n’ait pas sort à faire A marcher dignementsur les pas de son Pere. Je n’en crois rien. L’Abé Reg.) íf Saint Gelais a remarqué que le Comte d’Angou. lésiné, qui depuis François I. fut apellé Monseigneur, quand il dévint héritier présomptif de la Couronne. MONSEIGNEUR, f m. [ Dominus .] Ce mot fait ail pluriel Mejseigneurs , & est un titre qui sc donne en parlant, 011 en écrivant à celui de qui on est vraiment sujet, ou à ceux qui sent les plus éminens dans l’Eglise , dans la robbe, ou dans l’épée , comme Princes, Ducs, &c. {Monseigneur en ce triste état , Confessez que le caur vous bat. Voit. Poëf.) A Monseigneur l’Eminentiísime Cardinal de Richelieu. A Monseigneur le prémier Président. A Monseigneur Godeau, Evêque de Vence. A Monseigneur le Cardinal de Noailles, Archevêque de Paris. En faisant scC,visite , un Evêque assuré De Vignorance d’un Curé : Lui demande d’un ton de Maître. Quel Asne de Prélat l’avoit fait Prêtre L’autre d’un ton humble £è? civil , C’est vous Monseigneur , lui dit-il. Bourf. Lettres. MONSIEUR , s. m. Lorfqu’on se sert de ce mot, fans y tien ajoûter, il signifie le Frere unique duRot. (Monsieur est un des meilleurs Princes du monde. Monsieur a épouse en secondes nôces une Princesse Allemande. Verneiiil est Lieutenant des Gardes de Monsieur, Benserade, faisant parler ce Prince a dit -- r Mon MON ■ Mon rang U ma beauté par tout se sont connaître, Et petit que je suit, je ne làijj'e pas d’être Tout le plus grand Monsieur qui soit. Balet de la nuit, i. part. 7. entrée.) (§ Pierre de Saint Julien raporte dans ses Mélanges, pag. 41. que,, quelqu’un , pendant un dîner d u Roi „ François I. parlant de Monsieur le Dauphin, pensa ,, gagner faveur en l’apellant Monseigneur; mais il •„ n’eut si-tôt dit le mot, que le Roi dit Monsieur, ,. Monsieur ,' par maniéré de repréhension. Pours lors, „ Lazare de Bail, l’un des plus doctes de son tems, „ dit, que le mot de Sieur étoit en France nom d’hon- ,, neur, & celui de Seigneur, étoit de propriété, & „ que pour vrai Monseigneur n’étoit jadis usité entre „ les anciens François. " 11 ajoute ensuite, que l’on fut de l’opinion du Roi, & que Monsieur étoit un terme plut important honneur , que n’est pas Monseigneur, qui esi un mot étrangler U hautain. Cependant notre dernier Dauphin fut toujours apcllè Monseigneur. Voici ce que Mr. de Balzac a dit sur ce sujet, Dis 7. „ Le Monseigneur de France n’est pas la même chose p que le Monsignor d’Italie ; encepays-là il ne pré- „ supose pas nécessairement infériorité en celui qui le ,, donne à un autre ,• car les Cardinaux , & les Prin- „ ces Souverains apellent ainsi les moindres Prélats de ,, la Cour de Rome, &c. ”. Voïez le reste , page 604. gf óoç. vous y trouverez depuis quand on donne aux Evêques le titre de Monseigneur. Nos pères ne man- quoient jamais de dire Monsieur S. Pierre, Monsieur $. Jaques , &c. le peuple le dit encore : mais le même Mr. de Balzac a fait dire à son Socrate Chrétien fur la maniéré dont on doit parler des Saints Pérss, que c’est les dégrader, que de les nommer par leur nom seulement, sans y joindre le titre de Saint: „ ,, mais ( ajoúte-t-il ) c’est être trop huguenot que de „ nommer les Peres fans les qualifier d c Saints; c’est „ auffi faire trop le Catholique, & vouloir être trop „ oposé aux huguenots, que d’ajoûter le nom de „ Monsieur à celui de Saint, & d’apeller Monsieur ,, Saint Ambroise, Monsieur Saint Jerôme, & Monsieur „ Saint Augustin. Dans la lumière de la gloire qui les „ environne, & qui les pénétrs de tous côtés ; dans „ la souveraine grandeur dont ils font en possession, „ ils font élevés d’une distance infinie au-dessus de „ nos qualités, & de nos titres, au-dessus de notre ,, Monsieur, & de notre Monseigneur, & même au- „ dessus de notre Sire, &c MONSIEUR. [Herus.) Ce mot mis absolument , & sans y rien ajouter, signifie le maître de la maison, mais il ne se dit que fd’une personne considérable. (Monsieur est-il au logis ? Monsieur est sorti. II y en A qui dans le discours familier , disent Mons, au lieu de Monsieur. MONSIEUR. [Dor,ûnus.~] Terme de Civilité , dont on se sert dans le commerce du monde civil, (Assurez- vous, Monsieur, de mon très-humble service.) f Faire le Monsieur. C’est faire l’homme de conséquence. Devenir gros Monsieur, c’est faire fortune. f MONSIEUR* Ce mot se dit quelquefois en colère , ou en riant. ( Ce n’est pas ce que je vous dis, Monsieur le sot. O Monsieur le respectueux , que vous avez peu de sens de n’avoir pas poussé votre fortune.) (§ Le pluriel de Monsieur, est Messieurs. Mr. Ménage a observé, tom. a. deses Qbserv. ch. ig. que l’on dit Messieurs les Etat Généraux des Provinces-Unies , quoique cette façon de parler soit tout-à-fait étrange. MONSON, ou monçon , ou mousson, s. s. [E- thesia ftabra .J Terme de Mer. On nomme de ce nom jes vents réglés qui soudent durant un certain tems dans la Met des Indes. MONSTRE, / m. [Monjìrum , portentum, hor* vmd.um.~S, L’î se prononce. Prodige qui est contre l’ordre de la nature. MONSTRE ,s m. s Monsirosut setm .] Animal qui est né avec des parties beaucoup plus grandes, ou beaucoup plus petites que naturellement elles ne doivent être. Animal qui est né avec plus départies que la nature n’en demande. (II est arrivé un monstre à la Foire S. Germain. Un monstre étonnant.) MONSTRE marin. Sorte d’animal qui tient de la figure de l’homme ou de quelque bête terrestre. Rond. * On dira au figuré d’une femme laide à faire peur, que c’est un monstre. (§ On dit que Benserade dit un jour à Mr. le Due MON 453 d’Orleans , qui ne retenoit pas des Dames à dîner, parce qu’il n’avoit pas de belle marée : Hélas , Monsieur , d’où vient que vous ne retenez pas ces Dames à dîner ? non-seulement vous avez de beau poisson , mais vous avez des monstres. On dit d'un bâtiment , où il n’y a aucune simétrie, que c’est un monstre en Architecture. En Latin, Mon- strum. Quiconque préféré sa propre gloire aux scntimens de l’humanité, c’est un monstre d’orgueil, & non pas un homme. Telem. Quel monstre qiiun amour jaloux, Tout ce qui P environne allume son couroux. Boyer. * Ce vieillard est un monstre d’avarice. * Néron étoit un monstre en cruauté. * Un peuple séditieux est un monstre à cent têtes. * Cela est un monstre dans la morale. * C’est un monstre qu’il faudroit exterminer. MONSTRUEUSEMENT, adv. [Prodigiosè.] Prodigieu- sement. (II est monstrueusement grand, ou gros.) MONSTRUEUX , monstrueuse , adj. [Monstrosus, prodigiofus .] Qui tient du monstre. (Union monstrueuse, Ablanc. Luc. tom. x. Animal monstrueux. Pois. son monstrueux. ) MONSTRUEUX , adj. [Prodigiofus .Ce mot se dit figurément en morale. ( Une mémoire monstrueuse. Une débauche monstrueuse. Un monstrueux caprice.) Rien rì égale en fureur, en monstrueux caprice, Une faujse vertu qui P abandonne aux vices. Despr. fat 18.) MONT ,s m. [Mons.J Montagne. ( Les monts Pirenées. Le mont Saint Claude. Le mont Parnasse.) MONT. [MonticulusP} Terme de Chiromance. Petite éminence au bas de la racine de chaque doigt. (On croit que le mont du pouce est consiicré à Venus, le mont du second doigt à Jupiter, le mont du doigt du milieu à Saturne. Voïez Trìcajje , c. 14.) MONT-VENUS. [Mons Venerisst Terme d’Anatomie. Eminence charnue qui est immédiatement au-dessus des parties naturelles de la femme. Maurïceau , traité des femmes grosses. 11 n’y a que les Anatomistes qui parlent sérieusement du mont-Venus , les autres ne s’en fervent d’ordinaíre que dans des discours un peu libres. f Les monts. On entend ordinairement les Alpes quand on dit les monts. (Passer les monts , repasser les monts, deçà les monts, ou delà les monts.) P * Promettre des monts d’or à quelcun, c’est lui promettre de grands avantages, de grandes richesses. On dit aussi , promettre monts & merveilles. H Par monts & par vaux. C’est prov. deçà , delà , de tous côtés. (11 va par monts & par vaux. On le cherche par monts & par vaux.) f MONT de piété. On apelle ainsi certains lieux où l’on prête fur gages à un intérêt fort modique, ou même fans intérêt. í MONT-PAGNOTE. C’est en termes de Guerre , une éminence d’où l’on regarde fans péril ce qui se passe dansoun combat. (II étoit fur le mont - pagno- te pendant toute Faction. MONTAGE, f m. [Ascenfus , eveffio .] Terme de Batelier. Action de celui qui fait remonter. (Facilitez le montage des bâteaux. Ordonnance de Paris.) MONTAGNARD , si m. [ Montanus. ] Celui qui habite les montagnes. (C’est un montagnard.) MONTAGNE, si f. [Mons .] Mont. Grande élévation de terre, ou de rochers au-dessus du niveau ordinaire de la terre. (Une montagne fort haute. Grimper fur une montagne. Abl. Les montagnes d’Au- vergne.) f II n’y a point de montagne fans vallée. Proverbe. * La montagne est acouchée d’une souris. Ancien Proverbe, qui veut dire, qu’un grand dessein qui avoit donné de belles espérances, n’a point du tout réussi. Que produit un Auteur après tous ces grans cris, La montagne entravait enfante une souris. Despr. f Les pays de montagnes & de défilés font des plus favorables pour tirer la guerre en longueur. Rien ne marque d’avantage l’insufisance & le peu de hardiesse d’un Général d’armée , que de ne pas profiter des a- vantages & des chicanes qui s’ofrent fans cesse dans les pays de montagnes difficiles & scabreuses. Poiybe de Mr. de Folard. De toutes les guerres, il n’y en Eli; a point 454 MON a point dc plus dificiles & de plus rusées , & en même tems de plus dangereuses, que celles de hautes montagnes , qui fournissent une infinité de ressources. La guerre des montagnes est celle qui demande le plus de génie & de talens extraordinaires. Amilcar Barcas a surpassé tous les Capitaines anciens & modernes dans cette partie de la sience militaire. Ibid. Dans la guerre qui se fait dans les plaines un esprit médiocre peut espérer de réussir; mais dans les montagnes rudes & escarpées , tout dépend de la supériorité du génie, St de la connoissance des lieux. Ibid. MONTAGNEUX, montagneuse , adj. [Montihussre- quens.) Oui est plein de montagness où il y a beaucoup de montagnes. (Pays montagneux.') MONTANT , f. m. [Reclutn perfiendicularc , arrec- tarium .] Terme de Menuisier. Piece de bois qui est au milieu de la croisée, & sur laquelle portent les batanr des châssis. Pièces de bois dressées debout. MONTANT , s. m. [Scapi.] Terme de Raquetier. L’une des cordes qui va le long de la raquette. (Montant rompu.) 4 MONTANT , adj. On apelle Joint montant en maçonnerie, le joint perpendiculaire de deux pierres. (Ce joint montant est trop large. Ce joint montant n’est pas droit.) ^ MONTANT, fe dit d’un vin qui a de là seve, de la vigueur. (Ce vin a du montant.) 4= MONTANT de Peau. C’est le flot. (Le montant & le descendant de Peau.) MONTANT , f. m. [Vertex .] Terme de Jardinier. II se dit des plantes , & signifie la tige. Voilà un beau n»ntant. (Ces plantes font un montant qui plaît. Curé d’Enonville , Jardins fruitiers.) MONTANT. [Summa.J Terme de Marchand. Le montant d’un compte, c’est k somme à quoi il se monte. MONTANT. [Ascendens,scandons.) Participe lignifiant qui monte. (II reçût un coup de flèche montant à Passant. Ablanc.) 4= MONTANT, f. m. Terme de Fauconnerie. On le dit en parlant d’un oiseau de proye, qui s’éleve au dessus d’un autre oiseau qu’il veut attaquer. (L’oiseau » pris le montant.) f MONTANT, adj. II fe dit de tous ceux à qui il apartient par droit d’ancienneté de monter à quelque charge, à quelque emploi. (II est le premier montant de fa Compagnie. Cet Oficier est le premier montant de tous les Capitaines de son régiment.) MONTANT, participe. Se dit, en termes de Blason, du Croissant, qui est représenté les pointes en haut. II se dit des écrevisses & autres choses tournées vers le chef de l'Ecu. 4- MONTASSINS OU MONTASINS. Sorte de coton filé qui fe tire du Levant. Ce font les plus fins de ceux qui viennent de Josclassar. MONTE', montée, adj. Terme de Mer, qui se dit pour exprimer le nombre des pièces d’artillerie d’un vaisseau. (Navire monté de quarante pièces de canon.) 4= MONTE'. On dit qu’un homme est bien-monté, qu’il est mal monté, c’est-à-dire , qu’il est»monté sur un bon cheval, sur un mauvais cheval, çll est toujours bien monté.) On le dit aussi d’un homme qui est bien ou mal en chevaux. MONTE'E , s. /. ( [Cobis , cIìvms .] Lieu qui va en montant. (La montée de cette montagne est fort roi- de. La montée d’un coteau est facile. ) MONTE'E, f f. [Ascensus.] L’action de monter. (La montée est plus dincile que la décente.) MONTE'E, f f. [Gradue , Sca/aJ Degrés. Escalier. Une belle montée. Deux servantes déja largement soufietées , Avdient à coups de pied décendk les montées. Despr.) MONTE'E de moulin à vent. [Scala moletrina.') Et «aliers de bois pour monter au moulin. MONTE'E de voûte. [Fornicis curvatura.] C’est l’ex- haussement de la voûte. MONTE'E de colonne. [Altitudo.] C’est la hauteur se la colonne. MONTE'E. [Afcenfui.'] Terme de Fauconnerie. 11 fe dit du vol de l’oiseau qui s’éleve en haut. MONTER ,v. n. 8t a. [Ascendere , conscendere.] Je monte. Je montai. Je suis monté. Aller vers le haut. (Monter les degrés. Abl. Monter la montagne. Monter par une échelle. Monter fur un arbre. Monter de hautes «olives- MU Marmot. Monter fur áee neshete. . MON MONTER , v.n. & v. a. [Equum conscendere.] C’est se mettre sur. (Monter un bon cheval. Monter à cheval de bonne grâce. Encéphale ne soufroit point qu’ua autre qu’Alexandre le montât, & quand il le sentait aprocher , il se mettoit à genoux. Vaug. Q^Curce, l. 6 . ch. s.) f MONTER. C Devenirs, pervenke.] Parvenir. (Monter à la souveraine puissance. Vaug Quint. I. 4 .) Ce mot en termes de guerre signifie passer d’une moindret charge à une plus grande. (II est monté de la der. niére compagnie à la première. (Ce mot entre écoliere signifie aller d’une basse classe à une plus haute. 11 et pere faire deux classes en un an, & monter de quatrième en seconde.) MONTER. [Surgere, attolli.] S’élever, s’enfler , tendre en haut. (La mer monte, les fumées du vin lui montent à la tête.) MONTER un violon. [Fides tendere.] Lorsqu'on bande les cordes pour avoir un son plus haut ou plus aigu. (II faut monter cette corde d’un ton.) MONTER un vaisseau. [Navem conscendere.] Terme de Mer. C’est être embarqué. {Monter tmefrégate. C’est s’embarquer dans une frégate.) MONTER au vent. [Ire ventk secundis.] C’est gagner le vent. Prendre l’avantage du vent. MONTER sur Mer. [Navigare.] C’est s’embarquef fur quelque vaisseau pour aller fur la Mer. MONTER, v. n. [Palajiricà disciplina insormari .J Ce mot en termes de manège signifie , aprendre à monter à cheval. (C’est un Gentilhomme qui monte sous un excélent maître.) MONTER à dos, monter à poil. [Nudum N infini» tum equum conscendere.] C’est monter un cheval fans selle. (Monter un cheval à dos, ou à poil.) MONTER en croupe. C’est monter derrière un autre qui est fur la selle. -4 MONTER un cavalier, c’est lui fournir un cheval. (II lui en a beaucoup coûté pour monter fa compagnie. MONTER. [In sumptut abire.] Ce mot fe dit de» choses que l’on compte. (L’argent monoyé fe trouva monter à deux cens mille talens. Vaug. Quint. I. On faifoit monter farinée à deux cens mille hommes» Abhncourt , Ret.) MONTER. [Insemen exire, in granum emicare.] Ce mot fe dit des herbes qui deviennent en graine, si. gnifie s’élever. (Après qu’il a été semé , il monte juC. qu’à devenir plus grand que les autres légumes. Port» Royal , Nouveau Testament.) MONTER, ». n. [Insemen exire.] Terme de Jardi» nier. 11 fe dit des plantes, & signifi z faire tige. (Ces laituës montent , & ne font plus bonnes a manger. Quint. Jard.) MONTER. [Componere, confirutre.] Ce mot se dit entre plusieurs ouvriers en parlant de leur besogne. (Monter une raquette, un baudrier, un fusil, un pistolet , & autres pareilles armes. Monter u, luth, un clavecin, une épinette, des cordes, & autres semblables instrumens. Monter un habit. Monter un soulier sur forme. Monter une épée. Monter une montre » une horloge, c’est en bander le ressort, en relever lo S oids. Monter de la charpente. Monter un lit, &ç. lonter un métier.) (§ MONTER un filet, c’est le garnir de toutes le» cordes nécessaires pour le mettre en état de servir. On dit en termes de Guerre , monter la garde, [Excubùu agere.] 4= MONTER la tranchée , c’est monter la garde dan» la tranchée. 4= MONTER à l’ajsaut, c’est aler attaquer les ennemis qui défendent la brèche d’une place. On dit en Astronomie, que les Astres montent fut l’horison. [Supra horisontem evehuntur.] MONTER sur le téatre. [Qomadum vel mimum agere J 11 íe dit des Comédiens, des Farceurs , Baladins & Charlatans. MONTER fe dit figurément en plusieurs maniéré*. MONTER sur des échajses, pour «lire se guinder. MONTER fur des argots, pour dire s’emporter. MONTER fur ses grands chevaux. Lorsqu’on n’a plu» rien à craindre. (Le rouge m’est monté au visage. Mol. Certes je nesçaipos qu’elle chaleur vout monte, Mats à convoiter, moi , je ne fuis pointfi prompte. Mol. $ * M9NTER, signifie aussi, hausser de pt» » croître MON cn valeur, (te blé monte tous les jours. Qn a fait monter le prix des marchandises.) 4 = MONTER , lignifie croître, s’accroître. (Sa puissance eit montée a tel point, qu’elle fait trembler ses Voisins. Le luxe & l’orgueil monteront de plus en plus & causeront la ruine de cet Etat.) 4 = MONTER. Terme de Teinturier. C’est donner à une etofe une couleur plus vive qu’elle ne doit avoir, pour ensuite la rabatte & la réduire à sa véritable teinte avec d’autres ingrediens. L’instruction pour les teintures porte, que les verds -, roux & couleurs d’o- ìive doivent être alunés, puis montés de gaude & de fustel, & rabattis avec le bois d’Inde & la couperose. f MONTICHICOURS , f m. Etofes soye & coton qui se fabriquent aux Indes Orientales. f MONTIER ,s tn. [Monaflerium.] Vieux mot qui ne se dit plus que dans quelques Provinces, comme fur les confins de Champagne & en Lorraine, & même il ne s’y dit guère. II signifie Eglise -paroissiale. (Aller au Montiet. ) 11 signifie aussi Monastère d’où vient le nom de l’Abbaye de Marmoutier , en Latin majus Monajlerium. MONT-JOi'E, f tn - [Monsgau^Hi.] Roi (Parmes, à qui on dohnoit le nom de Mont-joie, & qui alloit de la part du Roi sommer les Villes, & déclarer la guerre. {Mont-joie alors prémier Roi d’armes , homme discret, très-élégant en termes, fut par le Roi à Venise transmis. Jean Marot , Volage de Venise , ?• i4i. ) MONT-JOIE , s. f. [Cippuf , meta.] Ce mot dans nos vieux livres François, signifie aussi de petits monceaux de pierre fur lesquels on mettoit des croix , ou des botes d’herbes pour marquer le chemin aux pèlerins qui alloient aux lieux Saints , & on apelloit cela montes gaudii , parce que quand les pèlerins aperce- voient ces mont-joies, ils commençoient à se réjouir sur l’assurance qu’ils étoient arrivés aux lieux où ils avoient souhaité de se rendre. Les tours qui étoient fur les grands chemins se nommoient aussi les tours de mont-joies, comme les croix qui sont sur le chemin de saint Denis. (Les tours de Mont-joies de saint Denis. Le P. Ménétrier, Art Héraldique j t * MONT-JOIE, f.s. {Via.] Ce motau figuré en vieux langage Franqois, signifie chemin. Ainsi Maître Alain Chartier a dit la droite mont-joie de rhonneur , pour dire, le véritable chemin pour aller àl’honneur. t * MONT-JOIE , f. f. [Cumulus , acervus. ] Ce mot dans le stile bas burlesque , & qui tient quelque chose de l’ancienne façon de parler de nos peres, signifie Grand nombre , Grande quantité. {Je prie Dieu qu’il vous envoie D’ébattemens une mont-joie. Sar. Poési) (§ Ce terme composé de mont & de joie , a été au- trefois fort en usage parmi les François. On est em- baraffé fur son origine : celles que l’on raporte, ont toutes quelque vraisemblance : mais il semble que ce mot ayant toujours marqué une joie excessive, selon les ocasions , il est naturel de croire que mont-joie , veut dire ma joie. En voici la preuve ; dans le Blason des fausses amours, il est dit : Toutes fleurettes , Sont amourettes, C’eji de plaisance la mont-joie. Í1 est vrai que l’on a toujours écrit mont-joie avec un t s ce qui persuade que l’on a entendu parler d’un mont & de quelque chose d’élevé en forme de montagne, témoin Marot dans son Temple de Cupiàon: Du lieu dévot les paf]an s pèlerins Aboient semans roses esi rosmarins , Faisant de fleurs maintes belles mont-joies Qui nie donna aucun ejfoir de joie. Maison l’auroitfait masculin , si l’on avoit eu un mont pour principal objet. Au reste, il est dificile de rendre compte du langage de nos peres, qui ne connoiR soient ni régie , ni justesse. Je sçai que Mr. Ménage & Mr. Du Cange dérivent le mot de mont-joie , dé mons, une montagne, un amas de certaines choses. II raporte d’abord un endroit d’Olderic Vital, où il est dit que les Anglois étant entrés par surprise dans le camp des François , crièrent à haute voix monjtrìe , que l’Auteur explique par meumgaudium , & non pas mons gaudii. MONT-JOIE Saint Denis ,s /. Çri de guerre que MON 45 5 faisoiëntles Anciens François, & qui vouloit dire qu’U fa I loi t suivre la baniére de Saint Denis, qui conduisoít la marche de l’armée, & que c’étoit sous l’enscigne de ce Saint qu’il falloit fe ralier. Ces mots mont-joie Saint Denis signifient aussi une marque d’heureux présage ou de quelque secours d’en-haut. A l’imitation de ce cri de joie de nos prémíers Rois, les Princes du Sang se sont servis du même cri en y ajoutant le nom de la branche dont ils étoient sortis j ou le nom du Saint à qui ils fe confioient d’aVantage. Les Ducs de Bourbon cri oient mont-joie Bourbon , les Ducs d’Anjou, mont-joie Anjou. La Colombiére , Science héroïque , ch. 45- Monsieur le Dauphin a au-dessus de ses armes mont-joie Saint Georges.. On peut Voir la description des armes de cp Prince dans tine histoire de France de Brianville, p. 337. Voïez Héraut d’armes. MONTOIR , f tn. f Equitis jcandula , an ab a . tbrum.] C’est l’apui du pied gauche du cavalier fur l’étrier du côté gauche. ( Cheval facile au montoir. Assurer un cheval au montoir. Le pied du montoir. C’est le pied gauche du cheval. On apelle aussi ce pied, le pied de l’étrier. Le pied droit du cheval s’apelle le pied hors du montoir. ) Ce mot montoir peut aussi signifier ùne pierre, ou une piéce de bois, fur laquelle une personne fossile monte & s’éleve pour fe mettre plus facilement fur la selle d’un cheval. MONTRE, f f [Horologium manuale.] Petite machine ', qui est en partie de léton & d’acier, &qui a aussi des pièces de cuivre , d’argent ou d’or , composée de petits & de grands ressorts , de diverses roués, de platines, d’un cadran avec son çguille, qu’on porte à la poche & qui sert à faire vois les heures- (Une montre à pendule. Montre à répétition. Une montre sonnante. I.cs Horlogers apellent cette sorte de montre une horloge. Monter une montre.) MONTRE, f f. [Horagum index.] Se dit aussi de la platine qui indique les heures dans une horloge. (Les horloges des Eglises ont des montres dedans & dehors.) On apelle une montre d’ivrogne celle qu’on peut monter en tournant à droit ou à gauche. MONTRE. [Specimen, oflenjìo.] Mot généra! qui veut dire ce que le Marchand, ou l’Artifan fait voir devant fa boutique , pour montrer la marchandise dont il trafique, ou les choses qu’il fait. (Ainsi on dit une montre d’Orfévre, qui est un petit cofre au devant du- qtiel il y a une vitre que les Orfèvres étalent fur leurs boutiques & où ils mettent de la marchandise.) Mes. sieurs de l’Académie écrivent ce mot avec une 5 , Mon- Jire. Mais ils font mal, & ce n’est pas là le seul défaut de leur Dictionnaire. MONTRE de Pâtissier . Sorte de gros vase d’étain fur la boutique du Pâtissier. MONTRE de Mercier. Espèce de cofre couvert d’é- tofe verte fur la boutique du Mercier. ( Mettre la montre. Oter la montre.) MONTRE de cartes. Carton pendu à la boutique du Cartier, où il y a des trèfles, des carreaux, & quelque autre couleur. MONTRE. Terme de Marchand Drapier , Linger , (çf autres,1 qui trafiquent en détail. Oeil de marchandise , apparence. La montre de cette marchandise est belle.) Ne faites point de montre. Termes de gens qui achetent & qui prient le Marchand de leur ffiire voir d’abord de bonne marchandise. La montre consiste à faire voir de ìa marchandise & à la présenter pour la vendre. On dit encore, tout cela n’est que de la montre , je n’en veux point. MONTRE. Pneumatici brgani ordùfijìularhm exterior.] Terme de Fafíeur d’Orgue. C’est le jeu d’orgue qui est en vûë. Ce sont les grands tuyaux de l’orgue sor lesquels d’abord on jette les yeux quand on regarde l’orgue. * MONTRE. [Significatio.] Ce mot est figuré queh quefois. (Faire montre de son courage. Ab L Arr. I. 61. II signifie paradé. MONTRE. [C enfut, lustratio , recensìo.] Sorte de re- vûë de soldat. (Faire montre. Passera la montre.) 4 = L’Aeadémie remarque, que montre est vieux en ce sens, & qu’on dit plus ordinairement revisé. 4 = * Passer a la montre. C’est dans le stile familier , être reçu parmi les autres, quoiqu’on leur soit inférieur en dignité , en mérite -, &c. (11 a passé à la montres f On 456 MON ± On le dît aussi des choses , qui quoique d’une valeur inférieure, peuvent passer avec lés a'utres. MONTRE. [StipendiumJ Paye de gens de guerre, t Recevoir montres) -j-11 est vieux suivant l’Academie. ^ MONTRE ,/ / Unjpeflio.l Terme de Palais. Proce- dufe q J se f/isoit il n’y a paslong-tems pour faire décente fur les héritages contentieux, & abrogée en 1 ^MONTRER, r>. a. [Ostendere , indicare.] Faire voir. Découvrir. Donner à connoître. (Montrer fa folie a tout le monde. Elle a montré à tout le monde ce que rhonnêteté veut qu’on cache. Montrer son courage. Laissez vous vaincre en cette rencontre , Et par un beau retour plein de sincérité , Revenez à la vérité , Qui que ce soit qui vous la montre. Pavillon.) MONTRER. [Docere.] Enseigner. (Montrer en Vil- le. Montrer la Géographie. On lui a montré les fortifications. ) -j- MONTRER, se dit aussi absolument. (Ce Maître montre bien. II montre à un grand nombre d’écoliers.) MONTRER les talons à quelcun. [Terga obvertere .] C’est s’enfuir devant lui. MONTRER les dents a quelqu un. [Cornua alicui ob- verteie.] C’est lui résister en face. f * MONTRER le chemin aux autres. C’est faire quelque chose que les autres font ensuite, ou à dessein que les autres le fassent, donner l’exemple aux autres. H * MONTRER à quelcun son bec jaune. C’est populairement lui faire voir qu’il est un ignorant dans les choses dont il s’agit. (On lui a bien montré son bec jaune.) f * MONTRER le cul. On le dit populairement d’un homme qui s’étant engagé à quelque chose, n’en sort pas à son honneur, par incapacité, par lâcheté , ou par impuissance. (S’il s’engage dans cette afaire, il montrera le cul.) H MONTRER la corde. On le dit d’un habit si usé qu’on en voit les fils. (Cet habit montre la corde.) f * On le dit aussi prov. d’une finesse grossière & facile à découvrir. (Vos finesses montrent la corde.) MONTRER. [Exbibere. J Exposer à la vûë. (Les femmes aiment à se montrer, & à se faire voir. S. Evr.) MONTUEUX , montueusc , adj \Montibus fréquent .] 11 se dit des pays qui ne font pas unis, mais pleins de colines & de montagnes. (On ne peut pas voyager en caroffe dans les pays montueux. On ne s’y sert guére de chariots ; mais on y voiture fur des bêtes de charge. La Lune nulle part n’a fa surface unie , Montueuse en des lieux , en d’autres aplanie. La Font.) MONTùRE,/ / [Jumentum.] Cheval fur lequel on monte ordinairement. (Sa monture est bonne. Le mulet & la mule est aussi une forte de mon- tûre en divers endroits. Au Levant, les ânes & les chameaux servent de monture. Aux Indes, ils se fervent de bœufs & d’Eléphans. Toute ta troupe fuit U marque ses allures , Par de larges éclaboujsùres , Qu’elle fait jaillir en trotant Sur les hommes , fur les montures. L’Abbé Regn.) MONTùRE. [ InjìruBus , armamentum.] Terme commun à plusieurs Artisans. Monture de fie. C’est le bois de la fie. Monture de fusil, de pistolet, fstc. C’est le fût du fusil & du pistolet. Montâre d’épron. C’est un morceau de cuir qui est fur le cou de pied de la botte. î MONTURE, se dit aussi du travail de l’ouvrier qui a monté un Ouvrage. (Vous payerez tant pour la monture, t > f MONTURE, se dit pour Armement, équipement d’un vaisseau. Ce font les hommes & les canons dont un vaisseau est armé. MONUMENT , f m. [Tumulus , fepulcrum .] ' ,,e fuot pour dire tombeau est Poétique, ou de la prose sublime. (Ce sera pour les figures de pierre qui seront votre monument. Voit. pois. Nous devons fer- vir de pâture au vers du monument. Mol. pois. La Matrone d Lphese pleura cinq jours auprès du monu- v ?" T*,’ à/.vouloir prendre aucune nou- nlute. S.Evr. Sur la plûpait des Monumens anciens, on voit d ordmatre ces deux lettres initiales D. M. MOR qui veut dire, Bits Manibrn. Le monument ayant été consacré aux Dieux Manès. Nicaise , explication _ d’un ancien monument, c. ç. Présentement on met trois lettres initiales D. O. M. qui veut dire, Deo, Optimo, Maxima. Le monument ayant été consacré à Dieu, très-bon, très-grand. C’êtoit là le seul aliment Qtselle prit en ce monument. La Font. MONUMENT. {Monumentum.] Marque de souvenir. (En cette contrée le tems avoit effacé plusieurs monumens que les Poètes ont célébré. Vaug. Quint. I. Voìces beaux monumens de triomphe U de gloire. Où l’on dresse déja le plan de ton Histoire. Flechier.) f MONUMENT, se dit aussi en parlant des ouvrages des Auteurs célébrés. (II a laisse des monumens plus durables que le marbre.) MOQUE,//. [ Rbecanui. ] Terme de Marìne- C’est une espèce de moufle sans poulie, qui est percée en rond par le milieu. MOQUE de Civadiere est celle où passe l’écoute de Civadiere. Moque du grand Etai, &c. MOQUE’, ée, part. paf. & adj. [Irrifus, illufus.J Celui ou celle dont on se moque , ou dont on sc rit. SE MOQUER , v. r. [srridere.J Se rire d’une personne ou d’une choie. Ne s’en pas soucier. (II se moque de tout. Lucien s’est moqué plaisamment des Philosophes de son tems. Abtan. On se moque de lui.) Se moquer. [Rìdere , somniari.] 11 signifie aussi , réagir pas raisonnablement. 11 se moque de soutenir une choie si absurde. Vous vous moquez de vouloir sertir par un si mauvais tems. On dit à un Alarchand qui surfait sa marchandise, & à l’acheteur qui en offre trop peu, vous vous moquez. C’est se moquer de Dieu 6í des hommes. Proverbe. Les moqueurs sont souvent moquez. On dit aussi , la pelle se moque du fourgon. MOQUERIE, / / [ Irrisìo, ludibrium.'] Raillerie. (Une sanglante moquerie. Faire des moqueries de quelque personne , ou de quelque chose.) MOQUERIE. [Illuslo , rìdiculumst II se dit aussi de ce qui n’est pas raisonnable. (C’est une moquerie de nous faire une proposition si déraisonnable.) MOQUETTE , / /• [Pannw heteromalli contexte.] Etoffe velue qui se fait de différente couleur, & qui est propre à couvrir des chaises. (Chaises couvertes d’une jolie moquette.) f On l’apelle aussi, Mocade & Moucade. f MOQUETTE. [IUuslo .] Ce mot pour dire raillerie est bas & du petit peuple de Paris. (Ce ne font que des moquettes.) MOQUEUR, / m. [Illusor , derisor.J Celui qui sc moque. (S’il se dit votre amant, traitez-le de moqueur. Sar. Po'es. C’est un vrai moqueur.) MOQUEUSE,// [Jocosa.] Railleuse. (C’est une franche moqueuse.) -k MORABITE, ou MORABOUT, / m. Espèce d’Ermite Mahométan, qui fait profession de science & de vertu. 11 y en a beaucoup en Afrique, où on les respecte d’une maniéré extraordinaire. MORAILLE, mouraille , / s. [ Lupatum, ad ma- vendum naribus retentaculum .] Quelques-uns disent & écrivent mouraille, mais plusieurs habiles maréchaux que j’ai vus fur ces mots m’ont tous dit moraille. Je dirois donc moraille , fans pourtant condamner motiraille. C’est pour l’ordinaire un instrument composé de deux branches de fer, pour serrer le nez du cheval, afin d’empêcher le cheval de se débattre, quand’ on lui met le feu , ou qu’on lui fait quelque incision. (Une bonne moraille.) ê L’Académie dit moraìUes au pluriel. Donner des moralises à un cheval, lui mettre des murailles.) f MORAILLE. C’est aussi une espèce de tenailles de fer, dont on se sert dans la fabrique du verre en table, autrement vérre de Lorraine, pour tirer & alonger le cylindre de verre avant de l’inciscr & de Rouvrir. _ í MORAILLER, v. a. Moraliser le verre, c’est se servir de l’instrument apellé moraille pour l’alonger. f MORAINE,// C’est la laine que les Megiífiers & Chamoiseurs ont fait tomber avec la chaux de dessus les peaux moutons & brebis mortes de maladie, soit dans les champs , soit dans les bergeries. On donne encore à cette forte de laine ses noms de Mauris , Morts, Mortin, Mortain & Plures. MORAÌIt- MOR MORAILLON , s. m. [Scaterìum , cadfam pojsu- Ittí.J Terme de Serrurier. C’est le morceau de fer attaché au couvercle d’un coffre , qui entre dans la serrure. Et dans les serrures à bosse , c’est le fer attaché au verrou qui entre aussi dans la serrure. ch MORAIS , ou MURAIS , s. m. Mesure de continence qui eít en usage en quelques lieux des Indes Orientales. MORAL , Morale , adj. [ Eticbus , moralis.] Qui regarde les mœurs. Qui est instructif fur le chapitre des mœurs. Discours moral. Doctrine morale.) ê Onapell e vertus morales, celles qui ont pour principe les seules lumières de la raison. MORALE , f f. [Ethica moralts.] La partie de la Philosophie où l'on parle des vertus, des vices, &c. ( Lire la morale d’Aristote. Pose. I. 5. La morale d’A- ristote à Niccmaque est fort belle. ) MORALE , s. f. [ Scientia morum.] L’art de bien vivre Chrétiennement. ( Les Peres écoient bons pour la morale de leur teint. Pas. I. ;. Leur morale est toute Payenne. Pasc. I. Les habiles dévots Selon les gens ont leur morale. Desh.) MORALE. Ce font des réflexions morales & instructives. ( Une bonne morale. Une morale ingénieuse, spirituelle, agréable, plaisante, nouvelle, instructive, maligne, satirique. C’est un Prédicateur qui a une belle morale.) MORALEMENT , adv. [Moraliser.] Selon la maniéré de vivre , & d’agir des gens d’honneur & de probité. (II vit moralement bien.) f MORALEMENT parlant. C’est-à-dire, vraisemblablement & selon toutes les aparences. On dit dans le même sens, qu’une chose est moralement impossible. MORALISER, v. n. [De moribus difiutare.] Dire des choses morales. ( C’est assez moralisé. S. Amant. Je Mégare U je moralise, Peut-être un peu hors de saison , Qu’y faire ? malgré la raison , ■ Dans tout ce qu’on écrit , on se carafîerise, Desh.) MORALISTE , s m. f Qui de moribus difiùtat .] Celui qui écrit, qui traite de morale. ( On apelle en Flandre les Jansénistes , les moralistes.) MORALITE', f. f. [ Morale documentum. ] Réflexion morale. Chose morale. (Si vous n 1 aviez lu que ces moralités , Voussçauriez un peu mieux suivre mes volontés, Molière , Cocu imag.) 3= MORALITE' chrétienne. On apelle ainsi des réflexions conformes aux principes & à l’esprit de la Religion chrétienne. MORALITE', s Fabula sensus. J Sorte de vieux poème dramatique François qui representoit une action sérieuse & morale. 4 MORALITE', se prend aussi pour le sens moral, qui est envelopé fous quelque discours fabuleux. (Ces fables renferment de belles moralitez.) MORBIDE, adj. m. & f. [Morbidus .] Terme de Peinture. II se dit particulièrement de la chair grasse & vivement exprimée. * MORBIEU. [Mehercle.] Sorte de jurement burlesque. ( f Morbieu, comme il pleut là dehors. S. Am.) MORBIFIQUE, adj. de tout genre. [Morbosus, morbificus, morbum efficient.] Terme de Médecine. Qui regarde la maladie. Qui cause la maladie. Cause mor- bif.que. t MORBLEU- Sorte de jurement burlesque, (f Morbleu , je trouve la piéce détestable. Mol.) ($ Benserade fit cette épitaphe après la mort du Cardinal de Richelieu : Cy gît , oui gît par la morbleu , Le Cardinal de Richelieu s Et ce qui cause mon ennui , Ma pension avec que lui. MOR CE , s f. [Pavimentì lìgamina. ] Terme à’Architecture. On apelle morces les pavez, qui commençant un revers , font des maniérés de halpes, afin de faire liaison avec les autres pavez. MORCEAU,/ m. f Fruflum, resegmen,] Ce qu’on prend en une fois dans fa bouche pour manger. Ce MOR 457 qn’on coupe pour manger. Piéce dê quclqu e chose. (Un petit ou gros morceau. Couper ses morceaux. Manger un morceau. Un morceau d’etoffe. Un mor ceau de pain. Vase rompu en mille morceaux.) f On dit aussi, un morceau de terre , un morceau ou une partie d’une succession. (11 n’a qu’un morceau de terre. II a attrapé le meilleur morceau de cette succession.) f * MORCEAU à la Brinvilliers. [ Venenum, toxi- cum.] Façon de parler burlesque & nouvelle, pour dire , poison , parce que la Brinvilliers étoit une femme qui en donnoit, & qui pour cela fut brûlée en Grève, il y a environ 40. 011 42,. ans. [ Cher ami , fi votre santé Etoit sorte [s gaillarde , Comme elle ejl chez les Cordeliers ; Dieu vous la maintienne [f vous garde> De morceaux à la Brinvilliers. St. Ussans , billet en vers , p. 129.] * t Le morceau d!Adam. f Laringis cartìlaginis pars eminens. J C’est la partie du cartilage apellé iarinx, qui avance au devant du cou, aux hommes plus qu’aux femmes. * On dit d’une chose considérable & excellente, c’efi un bon , friand , ou excellent morceau. [ Opipara. obfonia ,] * Compter , rogner ou tailler les morceaux à quelqu’un. C’est épargner la vie à quelqu’un , lui plaindre sa vie, & ne lui donner que justement ce qu’il faut pour vivre. MORCEAU, se dit figurément de ce qui nous resté des anciens Poètes & Peintres. [Fragmenta.] (Onvoit à Rome de beaux d’Architecture. 11 ne nous reste que quelques morceaux de Pétrone.) í MORCEAU , se dit aussi des parties d’un ouvrage d’esprit. (11 y a de beaux morceaux dans cet ouvrage.) MORCELER y v. a. ( In frufia minuere.] Mettre en morceaux. On ne le dit guère qu’en cette phrase. Morceler une terre , c’est-à-dire , en démembrer plusieurs morceaux , plusieurs pièces. MORDACHE y f f. [ Forceps. ] Tenaille propre à retirer le gros bois dans le feu. t MORDACHE y f f. C Epifiomium. ] Terme de Capucin. Fspece de petit bâton que les Novices se mettent en la bouche pour avoir rompu le silence. (Porter la mordache.) f MORDACITE',//. [Mordacitus.] Terme de Phi- fique. Qualité corrosive qui par son acide, mord, ronge & divise les corps. (L’eau forte a une grande mordacité.) * f MORDACITE' , sc dit aussi pour médisance aigre & piquante. (Une mordacité enragée régné dans ses écrits, dans ces discours.) MORDANT- [Mordent.] Participe signifiant qui mord. ( Le sanglier , Fours , le loup, la loutre , le bléreau , &c. sont des bétes mordantes.) * MORDANT, mordante , adj. [Mordax.] Piquant. Satirique. (Esprit mordant. Abl. Quand Juvénal de fa mordante plume , Faisoit couler les flots de fiel Fef d’amertume. Despr. fat. 7.) MORDANT , f. m. [Index linea furcula. J Terme à’Imprimeur. Petit morceau de bois fendu qui tient la page fur le visorian , & qui montre la ligne de la copie qu’on compose. ( Donnez-moi un mordant.) MORDANT , s m. [Clavi bicujfiides.] Les Selliers apellent de ce nom des doux à deux pointes ,. qui ne se mettent que sur le cuir des harnois & des carosses. AIORDICANT , mordicante , adj. [ M or su pun- gens.] Piquant. Acre. ( Homme mordicant.) MORDICANT , ante. [Morsu pungens.] Ce qui est acide & piquant. L’eau forte est une liqueur mordicante. Ce sont les humeurs mordìcantes qui causent les démangeaisons. MORDRE , v. a. [ Mordere , dentibus appetere.] J’ai mordu. Je mordis. Je mordrai. Que je morde. Je mordjje. C’est prendre avec les dents. (11 m’a mordu la jambe. II m’a mordu au bras. II y a des chiens qui mordent les passans. Mordre dans une tarte. Mor- dre dans un petit pâté.) f On dit Prov. d’un homme bien fait, dont le courage , les forces , ou la bonne volonté ne répondent pas à l’exterieur ; c’efi un beau matin , un beau chien s’il vouloit mordre. T f MOROCTUS. Pierre rendre, tantôt verte, tantôt noire, tantôt jaune, qui rend une liqueur laiteuse. On la trouve dans les carrières de Saxe en Ale- magne. Elle arrête le crachement de sang, l’hemor- ragie , & les flux immoderez des menstrues. 0 MOROSITE'. lAIr, de Balzac a dit dans ses Entretiens, dissert. 17. Mais avouons, que c eft une chose véritablement importune , que notre ridicule , ou morosité, ou anxiété, apellez-la comme il vous plaira. Je ne vois pas que l’on se soit servi, ni de morosité, ni d!anxiété. MORPION , s. m. [ Pedicttlus inguinalis, ] Petit insecte qui mord & sc niche aux sourcils, aux aines, fous les aisselles & aux lieux du corps où il y a du poil. MORS- Volez mords. MORS du Diable, f. m. f Morfus Dìaboli. ] Plante qui est une espèce de scabieuse. MORSURE,//. Z.Morsus.2 Playe qui se fait avec les dents. ( Morsure de bête venimeuse. Abl. Apoph.) MORT , morte, adj. s Mortuus. ] Qui a perdu la vie. ( II est mort. Elle est morte de la blessure.) 0 Je ne croi pas que l’on doi#e imiter Malherbe dans ce fragment : La mer en cette furie, A peine a sauvé Doris, Et le funesie remords (site fait la peur des suplices , A laissé tous ces complices Plus morts que s’ils étoient morts. f * Avoir la langue morte. [ Tacere. ] C’est ne dire mot» * Lèvres mortes. Abl. Luc. C’est-à-dire, levres pâles & défaites. * Argent mort. [j A.rgentusn 'mutile. J C’est-à-dire, qui ne porte ni intérêt ni profit. * Chair morte, f Caro putrìda. J C’est la chair pourrie & insensible qui est dans les escarres des playes, & qu’on fait manger avec de la charpie. * Couleur morte. C’est une couleur sombre & qui n’a point d’éclat. * Eau morte. C’est-à-dire, qui Ne coule point. * Feuille morte. [ Color frondis mortua.2 Couleur qui ressemble à une feuille sèche. * Main morte. Voïez Main. La Mer morte. [ Mare mortuum. J C’est un iac de Palestine, qu’on apelle le lac Afphaltite. * Oeuvres mortes, s Pars navk è mari extcms.2 Terme de Mer. Ce sont les parties de vaisseau qui sont au dessus de Peau. Tête morte. [Caput mortuum,2 Terme de Chimie. C’est ce qui reste au fond d’un vaisseau après la distillation. f MORT bois. On apelle ainsi les épines, les ronces , le bois blanc qui ne peut servir aux Ouvrages. -j: Bois mort. C’est le bois seehé fur le pié , & qui ne tire plus aucune nourriture de la terre. Cotte morte. On apelle ainsi les meubles qu’un Religieux laisse en mourant, & tout ce qui est provenu de ses épargnes, $ Chaise morte. Terme de jeu de Paume. On apel loi t ainsi autrefois une chasse au pié de la muraille, éfc on dit aujourd’hui chasse au pié. . Tom, II. M m m » MORT 460 MOR MORT ,fm. C Mortuus , desunélw. ^ Oài q perdu la vie. Celui qui a ete tue en quelque bataille. (On l’a trouvé parmi les morts. La liste des morts & des blessez. Nos regrets pour les morts lont regrets superflus. Cb. de M-Ì , íf Le mort saisit le vif. Réglé de la Jurisprudence coutumière & que l’on tâche de faire passer dans les Provinces dú Droit Ecrit. C’est-à-dire, que celui qui doit succéder, est d’abord présumé maître des biens de celui à qui il succède, sans qu’il soit nécessaire qu’il recoure à la Justice. Voïez Loisel , Injìit. Coutum. Ivo. 3. tit. art. ï. La Coutume de Blois, art. i; 6 . çg Pontaus ; Chopin fur Paris U fur Anjou. Tiraqueau en a fait un Traité très-ample. Le mort exécute le vif. Voilà une régie bien diférente de la précédente. Loisel a dit dans ses Instit. Coútum. liv. 6. tit. 9. art. Le mort exécute le vif, (j? non le vif le mort , c’cjl-à-dire, que tout droit d’exécution s'éteint avec la personne de ío- bligé, ou condamné. L’ufage est de faire déclarer exécutoires les obligations & contrats des débiteurs âpres leur décès, pour pouvoir agir fur leurs biens. Voïez la Coutume de Paris, art. 160. 168- esc. MORT , f f. [Mors. J Entière extinction de la chaleur naturelle. Séparation de l’ame d’avec le corps. ( Mourir de mort violente. Mourir de mort naturelle. Mort longue, cruelle, affreuse, honteuse, glorieuse. Mort subite & imprévue. Courir à la mort. Affronter la mort. Une mort funeste. La mort n’est pas un mal que le prudent évite. Mal. pois. Néfendez-vous par la grandeur, Alléguez la beauté , la vertu, la jeunejse, La mort ravit tout fans pudeur. La Font. (§ La mort nous rend tous égaux. Mr. de Voiture, dans la lettre à Mr. le Prince : Au-delà des bords du Cocyte, II n’efl plus parlé de mérité, Ni de vaillance , ni de J'ang ; Nombre d! Achille ou de T bers te, La plus grande, U la plus petite Vont toutes en même rang. On est en peine de découvrir le sens de ces deux vers d’Florace, liv. 1. ode ;. Quem mortis timuit gradum Qui siccis oculis monstra natantia Vidit. Quelques Interprètes ont entendu par mortis gradum , un genre de mort. Mais il n’y a pas, dit-on, divers degrez de mort ; & le poète a voulu dire que la mort n’est jamais si présenté que fur la mer, & que ceux qui font exposé à cet élement, n’en ont point craint l’aproche. Bentley veut qu’au lieu de siccis , on lise réélis oculis. Mais cette correction , comme plusieurs autres, n’éclaircit point le doute. MORT civile. [Exìtus à cectu bominum.~\ C’est quand on n’est plus de la société civile ; ainsi le bannissement , la condamnation aux galères, &c. sont des morts civiles. MORT. [ Dolores mortiserì. J Ce mot se dit hiperbo- liquement des grandes douleurs qui menent à la mort, qui font languir & qui font haïr la vie. ( On lui a fait souffrir mille morts. C’est mourir d’une longue mort, que d’être toujours travaillé de la goûte & de la pierre , & d’autres morts violentes.) * MORT. [ Tadium. ] On dit souvent ce mot pour signifier quelque peine , ou quelque chagrin. ( C’est une mort que d’attendre si long-tems. C’est une mort que d’avoir affaire aux Avocats & aux Procureurs, &c. [Plurimi laboris esi rem habere cum patronis.'] Les Poètes parlent de la mort comme d’une personne , & ils disent que la mort est sourde à nos cris, qu’on a arraché une personne d’entre les bras de la mort, &c. Les Peintres peignent la mort comme un squelet. avec des griffes & une faux à la main. . MORT aux rats. [ Aconitum. J Poison qui fait mourir les souris & les rats. í MORT au chien, ou Colchique, f. f. s Colcbicum.~\ Riante qui croît dans les prez , & sor les montagnes, aa racine est mortelle. Prise intérieurement elle gon- ne comme une épongé. Elle est propre pour les rhumatismes & la goûte, lorsqu’on l’aplique exterieure- MOR MORTADELLE, mortadéle , f. f. [ CraJJlorlu . canica. ] Espèce de gros saucisson. (Les mortadelles sont bonnes & réveillent l’apétit.) MORTAILLABLE adj. [ Cliens, mancipìum. J Terme de Coutume. Qui se dit des personnes de condition servile dont le Seigneur hérite. íg MORTAILLE. C’est une espece de servitude personnelle , qui tient encore de l’ancienne servitude Romaine. 11 est dit dans la Coutume de Châteauneuf, tit. 1. art. 7. ,, Le cas de mortaille est , que quand „ aucun de condition servile décédé sans enfans , ou „ parens & lignagers, de même condition, communs ,, ou demeurans avec lui, & lors le Seigneur succède ,, à son serf, & prend tous fes biens, meubles & im- „ meubles, & en demeurent forclos les parens, & „ lignagers non communs, ni demeurans avec le dé- „ sont, & tous autres ; & s’apelle telle faqon de fuc- ,, céder, mortaille.” Plusieurs Coutumes en font mention ; de Nevers, tit. 8- art. 7. de Bourbonnois, art. 92. U 207. Duché de Bourgogne, tit. 9. art. 12. Les principales régies du droit de mortaille sont, i°. Le Seigneur ne peut l’exercer quand le défunt laisse des parens de son lignage communs avec lui, demeurans ensemble , & d’une même condition. 2°. Les mortaillables, ou mainmortables ne peuvent s’associer ensemble, sans le consentement du Seigneur, comme intéressé à empêcher cette association ; & si les associez viennent à se séparer, ils ne peuvent plus s’ast socier de nouveau fans la permission du Seigneur. C’est un ancien proverbe : Le feu , le sel U le pain, partent l'homme de mortemain. 4°. Ceux qui servent le Roi , ou qui étudient, ne sont point censez séparez ni désunis. ç°. Le serf ne peut tester au préjudice de son Seigneur. 6°. Le Seigneur qui succède à son serf, doit païer ses dettes, jusques à concurrence des biens dont il a fait un inventaire. Voïez les Commentateurs des Coutumes que j’ai citées. MORTAISE , mortoife , f. f. [ Cochlea cavitm. ] Terme à’Architecture. L’usage est pour mortaise. C’est une ouverture qu’on fait dans le bois pour y assembler des tenons. ( Mortaise piquée , simple & juste en about. Mortaise d’archet.) í MORTAISE de gouvernail. C’est le trou q narré qu’on fait dans la tête du gouvernail, afin d’y passer la barre. MORTAISE du mat de hune. C’est le trou qu’on fait dans le pié du mât de hune pour passer la clef. f MORTAISE de poulie. C’est le vuide du moufle où on met le rouêt. MORTALITE', f f [Mortalité.'] Nature mortelle. Etat mortel. (L’homme sent d’un côté la mortalité , & de l’autre la grandeur & l’éternité de Dieu. Pose. liv. 18. ) MORTALITE',,/! f. [Morbuslethiferpassimgraffamé] Ce mot se dit lorsqu’en un petit espace de tems il meurt plusieurs personnes, ou plusieurs animaux. ( La mortalité a été grande cette année. La mortalité est fur les brebis cette année.) MORT-DIEU -, f f C Per mortem. ] Sorte de jurement pour lequel on punissoit autrefois grièvement, & pour lequel on devroit encore punir ceux qui jurent de la sorte. MORTEL , f m. [ Mortales, mortale hominum ge- nus. J Ce mot pour dire un homme , est plus de la poésie que de la prose. Descartes ce mortel dont on eût fait un Dieu, ( La Font. ) Voiture ce pauvre mortel, Ne doit plus être apeUé tel. (Sar. poès.) Mortel, ne garde point une haine immortelle s II faut quiter le séjour des mortels. Main. poës.) Mais je ne conçois point de fatigue si rude, Que t ennuyeux loisir d!un mortel fans étude. Despr. Ep. Nouv.) MORTEL , mortelle , adj. [Mortalis, morti obnoxius.'] Sujet à la mort. Qui cause la mort. Dangereux. (Coup mortel. Playe mortelle. Maladie mortelle. Péché mortel. * Vos regards sont mortels , charmante Iris.) * MORTEL , mortelle. [ Capitalis , lethalis. J Ce mot en parlant de gens qui se haïssent signifie, grand, capital. ( II est l ’ennemi mortel des sots.) MOR- M OR * MORTEL, mortelle. [ Mortisex, ingens, pungens.] Ce mot se dit aussi des choses, & veut dire, grand, sensible , extrême. Voit.poes. ( Mortel déplaisir. Volt. pos. ) f * MORTEL, se dit aussi pour long, ennuïeux. (J’ai Fait deux mortelles lieues à pié. ) MORTELLEMENT , mortélement, adv. [ Capitaliser, letb aliter, mortifère. J A mort, & d’une maniéré mortelle. D’une façon qui cause la mort. Beaucoup. ( II est mortellement blessé. Pecher mortellement. ) On dit auffi b air mortellement quelcun , pour dire, excessivement. 0 * MORTE-MAIN- Dans la Coutume de Hainaut , ch. 84. x-f 109. & dans celle de Mons , cb. dernier , une personne ( dit Ragueau ) qui a été dtclarée ladre, doit le droit de morte-main, comme si elle étoit morte. MORTE-PAYE,/ m. £ PerpetuiJlipendiimiles .] Soldat que le Roi paye en tout teins, & qu’il entretient dans les garnisons. ( C est une morte paye. II y a dans cette Ville des troupes de garnison ordinaire , ou de mortes payes entretenues.) MORTE-SAISON , f. f. £ Intempes.ivitas. J Le tems où l’on ne fait rien. (C’est la plus morte-saison de Vannée pour les ouvriers.) & MORT-GAGE. Voïez gage. f MORTIÇAL, f- m. Monoïe qui se bat à Rez, & qui revient à vingt sols de Hollande. MORTIER , f. m. [ Mortíirhon. ] Vaisseau de metatf, de marbre, de pierre ou de bois dans lequel on pile quelque forte de chose. ( Un bon mortier.) MORTIER. \_Mortarium catapultarium. j Sorte de piece d’artillerie, courte , renforcée de gros calibre, & que l’on charge de bombes. ( Tirer un mortier. Mettre le feu au mortier.) MORTIER , / m. £ Honorarius , folemnk cudo. ] Ce mot se dit en parlant de certains Prélìdens des Parle- mens. C’est un bonnet de velours noir, rond , plat & large , bordé par en haut d’un large galon d’or à la distinction du mortier du premier Président qui a deux galons d’or, l’un en haut, & Vautre en bas. Aux Audiences célébrés de la Grand’ Chambre qui font les Lundis, les Mardis, & les Jeudis au matin, les Prélìdens de cette Chambre ont leur robe rouge avec leur fourrure, & leur mortier à la main, & un bonnet quarré fur la tête comme les autres Officiers du Parlement. II y a huit Présidens au mortier au Parlement de Paris, en y comprenant Monsieur le Premier Président. Monsieur Chas- sebras du Breau Conseiller à la Cour des Monoyes, habile dans la connoissance des Chartres, & dans tout ce qui regarde les choses du palais , me Va dit ainsi. (§ Le mortier des Présidens dans les Parlemens, est une espece de chaperon que l’on portoit autrefois avant l’usage des chapeaux, & que les Latins ont apellé in- suU, qui consistoit dans une piéce de toile dont les Prêtres se couvroient la tête. En éfet, Virgile , liv. 10. Eneid. parlant d’un Prêtre qui étoit en habit de Sacrificateur, a dit: Infula cui sacra redimibat teropora vittâ. Et Festus expliquant ce terme, dit que infula sunt fiamenta lanea quibus sacerdoies hcftútí templaque vela- banti ensorte que nous apollons un Président à mortier , Proses infuJatus. MORTIER, £Arenatum calcarium U arenarium in- tritum.) Terme d e Maçon, Chaux détrempée avec du fable, ou du ciment. (Faire du mortier. Corroyer le mortier. Raboter le mortier. Batre le mortier. Traiter de la maniéré d’emplover le mortier pour enduit.) MORTIER. [ lntritum sifius ; ] II se dit par extension de toute liqueur détrempée avec quelque chose qui la rend trop épaisse. ( Cette bouillie est st épaisse que c’est du mortier.) MORTIER à veille. Gros morceau de cire jaune dans lequel il y a une mèche qu’on allume pour avoir de la lumière toute la nuit. Acad. Fr. H MORTIFERE , adj. Terme en usage dans le dogmatique. II signifie , qui cause la mort. (Sommeil mortifère , poison mortifère , suc mortifère.) f MORTIFIANT, adj. Qui mortifie en causant du chagrin, de la confusion. (Cela est mortifiant pour moi. II a reçu une réponse mortifiante. ) MORTIFIC ATION , f f. [ Mortificatio , figura im- mutatio.) Terme de Chimie & de Médecine. Action par laquelle une chose s’altére, se corromps & se mortifie. MOR 461 (La mortification des corps se fait par l’humidité, en les laissant un peu pourrir. La mortification des chairs se fait par les Chirurgiens , pour diminuer la douleur de quelque incision , ou autre opération violente. La mortification du Mercure se sait quand on lui ôte sa fluiduité.) * MORTIFICATION,//. [ Maceratio, corporis as. fiittio .] C’est faction de mortifier sa chair par la haire, la discipline, le cilice , le jeune. ( Faire de grandes mortifications. Mortification extérieure de l’esprit & des paillons. Mortification extérieure du corps & des sens. C’est un homme d’une grande mortification.) * MORTIFICATION, f Moleftia , infortunium , sors osera. J Honte. Déplaisir qu’on reçoit. ( Ce fut une cruelle mortification pour cinq ou six Religieuses. Patru, plaid. 1. II a reçu une mortification très-seniible. C’est une grande mortification de demander à son ennemi.) MORTIFIER , v. a. [Macerare, figuram immutare.] Terme de Chimie. C’est changer la forme extérieure d’un mixte. II se dit aussi des esprits , & c’est les mêler avec d’autres qui lient ou détruisent leur force. ( Mortifier les esprits. Lemery, Chimie.) MORTIFIER. [Atterere, macerare, conficeref] Altérer un corps naturel, le rendre plus tendre & plus mou. ( On mortifie les drogues par infusion. Les Chirurgiens mortifient la chair des membres , & les endorment lorsqu’ils veulent faire quelque incision.) MORTIFIER. II se dit de la chair qu’on mortifie en la battant avec un bâton, ou la mettant quelque tems à Vair, pour la laisser un peu faisander, c’est-à-dire, la laisser un peu corrompre pour l’attendrir. (Laisser mortifier la viande au froid.) MORTIFIER, v. a. [Subigere, panis ajfligere.] Dompter, réprimer. (II faut un peu mortifier sa chair durant ce saint tems de Carême. Mortifier ses sens, fa volonté. Port-Royal. ) * MORTIFIER *ses gaffions. Maucroix, Hom.i. C’est les réprimer. * MORTIFIER. £ Pudoresujsundere. J Faire quelque honte , ou quelque déplaisir à quelqu’un en le blâmant, le raillant, le jouant, ou en lui faisant voir sa sottise. ( Mortifier une personne. La Comédie des Femmes sçavantes de Molière à bien mortifié Mr. Trissotin & Mr. Ménagius. t MO RT O DES , s s. Perles fausses , qu’on apelle autrement, perles gauderonnées. II y en a de plusieurs sortes & figures, particulièrement de façonnées en long, & d’autres en rond. MORTOISE. Voïez Mortaise. f MORT-PLAIN, s m. Terme de Tanneur, de Chamoiseur & de Megiíîier. Voïez Plain. MORTUAIRE, adj. £ FunebrU, funerarìm, fera- lií. ] Terme d’Eglise. Qui regarde les morts , qui sert pour les morts. ( Extrait mortuaire. Patru, plaidoié 14. C’est un extrait du Registre des morts. Registre mortuaire. François I. ordonna en 15 J 9. que les Curez dresseroient des Registres mortuaires de toutes les personnes qui mourroient dans l’étenduë de leurs paroisses. Le Mait. pi. 7. On dit auffi drap mortuaire , c’est un drap qu’on met fur les morts. On apelle auffi ce drap , poile. ) MORUE , Moluê, s. f. £ Morua, molua.J On dit présentement morue & non pas molu'e. La morue est un poisson de l’Ocea. qui est large d’un pied & qui croît jusqu’à une coudée. La morue a de grands yeux, & néanmoins elle ne volt guère clair. (Morue fraîche. Morue blanche. ) £ On apelle une poignée de mcru'es , deux morues jointes ensemble. MORVE 1 f f £ Mucw , equi morbus mucostu. J Ce mot se dit proprement des chevaux. C’est un écoulement d’humeurs flegmatiques, visqueuses, blanches , ou jaunâtres par les naseaux. ( Faire jetter i* morve. ) MORVE,// [Mucus.] Se dit auffi d’un excrément qui sort par les narines , & dont on se décharge en se mouchant. ( Cet enfant n’a pas foin d’ôter fa morve, il faut le moucher. ) MORVE , / f. £ Mucosus fruclrn. ] II se dit des laitues & de la chicorée. C’est une pourriture qui sc met à ces sortes de plantes & qu’il les fait périr. (Nos laitues ont la morve. ) MORVER, v. n. £ Mucum contrahere . ] Terme de Jardinier. 11 se dit de la laitue & de la chicorée. C’est M m m j avoir a 62 MOT avoir la morve , se pourrir. (Notre chicorée morve. Nos laitues morvent. Qumt. Jard.Jrmt. MORVEUSE, s.s Petite 6IIe qui a de la morve au nez ° Petite fille qui fait quelque petite sottise. Jeune fille'qtîi n’a nu,-expérience & qui n’e st pas capable dé grande chose. ( Une petite morveuse. C est encore une plaisante morveuse pour cela.) + * 11 vaut mieux laisser son enfant morveux que de lui arracher le nez. Sorte de proverbe , pour dire qu’il vaut mieux souffrir un petit mal que l’empirer par un remede. On dit encore , Qui se sent morveux se mouche , pour dire , celui qui se sent coupable des choses qu’on blâme , doit s’apliquer la censure. MORVEUX, euse, adj. [ Mucosus .] Qui a la morve. ( Cheval morveux. Cavale morveuse. Soleisel , parfait flarechaì.j MORVEUX, f Jn. Ce mot se dit d’un petit garçon qui a de la morve au nez , qui fait quelque étourderie ou autre petite faute. ( Un petit jeune homme. Un petit morveux. Un plaisant morveux.) MOSAÏQUE,//! [ O pus musvum , vermicula- tum. ] Terme d ’Architecture. Ouvrage marqueté fait de petites pièces & de morceaux de différentes couleurs , soit de pierre ou de bois proprement raportées. ( Un ouvrage à la Mosaïque.) Mr. Spon a fait une longue dissertation fur un pavé de mosaïque, trouvé à Lyon en 1676. 11 croît que le terme mosaïque est dérivé du latin mujìvum, qui signifie un édifice public, où les gens de lettres ont acoútumé de s’affembler : ,, Et il semble (dit-il) „ que suivant cette étimologie , il faudroit dire mu- „ Jdique , mais -'usage en a ordonné autrement, non ,, point parce que Moïse a inventé ces sortes de pa- „ vez & d’ornemens, comme quelques-uns ont crû, „ mais par un usage qui s’est établi insensiblement.” 1 Ì finit sa dissertation , en remarquant, que les Latins ont encore nommé les ouvrages de mosaïque, opéra quadrataria, parce qu’ils étoient faits de plusieurs quartez de pierre. Voici -'inscription qui a donné lieu à cette remarque : OPVS QVADRATARIVM AVGVRIVS CATVLLINVS V R S A R. D. S. P. D. f Teinture de Mosaïque , c’est une peinture où le pinceau n’a aucune part, & où tout se fait avec de petites pierres colorées, dont la disposition faite avec art produit un tableau parfait. $ MOSCH , s m. Espece de graine de bonne odeur, qui entre dans la composition de quelques parfums, & qu’on nomme aussi Ambrette. ch MOSCOSQUE, s f- Petite monoïe qui a cours à Archangel & dans le reste de la Moscovie. Deux Moscosques font le copec. C’est aussi une monoïe de compte pour tenir les livres de commerce. f MOSCOUADE , s f C’est le sucre but, ouïe sucre avant qu’il ait été rafiné, & tel qu’il sort des formes ou moules dans lesquels on le met au sortir de la quatrième chaudière , où le suc des cannes prend ía derniere consistence de sirop. MOSETTE, ou mozette, s. f. [ Lunula. ] Terme de Cordelier & de Récolet. C’est un morceau d’étoffe, qui est de même sorte que l’habit du Cordelier & du Récolet , & qui étant taillé en rond, lui couvre toutes les épaules & tout le devant de l’estomac. Les Cordeliers donnent aussi le nom de chaperon à la mofette. MOSQUE’E , s s. [ Fanum Turcicum. jj Lieu ou les Turcs s’assemblent pour prier Dieu & invoquer Mahomet , & qui est pour l’ordinaire superbement bâti & bien fonde. (IÌ y a des mosquées royales & des mosquées qui font fondées par des particuliers. Les mosquées royales sont les plus magnifiques & les plus riches de toutes. Voïez Ricaut , Histoire de ILmpire Otoman , /. 2. Petite ou grande Mosquée. deS mosquéeS 11 y U n Croissant. Poulet.) nním ’ m ' C Verbtmt , vocabulum, vox. 1 Tout mot Un I ™P? nce > & s’ecrit à part. ( Un mauvais Abì 11 a nrk C mot .' transcrire mot pour mot. .t, 11 ì P r ' s cela mot a mot de Suarès Palb l a íneT k m on oie C , Horace P^le des moi' coml Sarquee aucoindu'p'ublic. ^ quand e,le est MOT Multa renascentur quae jam cecidere , cadentque Quse nunc sont in honore vocabula, si volet usus Quem penes arbitrium est, & jus, & norma loquendi. Horat. Mais le même Horace dit qu’il a été permis & qu’il le fera toujours d’inventer & de produire des mots, pourvu qu’ils soient marquez du coin du public. C’est dans son Art Poétique. Licuit semperque licebit Signatum prtesente nota producere nomen. Je connoii parmi nous certains sots mimodeses, Qui pour un mot tout seul , vont nous faire cent gestes, J’enJçai t£ autres ausjí pour le moins aujst sots, Qui pour un gcjìe seul vont nous dire cent mots. Sanlec. ) {§ L’afectation de se servir des mots anciens, est ridicule, & rend le stile froid & languissant. Aulu- Gelle raconte , que le Philosophe Favorin reprenait un jeune homme qui avoir cette fantaisie, & qui pour se justifier , alléguait la simplicité & l’innocence des mœurs des Anciens; le Philosophe lui dit: Hé bien, vivez comme l’on vivoit autrefois, mais parlez comme l’on parle aujourd’hui, lìb. 1. cap. xo. Rabelais s’est moqué plaisamment de ceux qui font des mots nouveaux , & qui les puisent dans les langues étrangères, & particulièrement dans la latine ; c’est dans son Pantagruel , liv. 2. ch. 6 . où il introduit un jeune écolier Limousin qui compose son discours de mots Latins qu’il rend François autant qu’il peut. Pantagruel lui demande d’où il venoit, & il lui répond , de t aime, inclite es célébré Académie que l’on vocite Lutece. Et c’est de cette maniéré que l’écolier parle toujours à Pantagruel. Sur quoi Rabelais fait cette réflexion, que selon le Philosophe , & Aulu-Gelle , „ il nous „ convient de parler le langage usité, & comme di- ,, soit Octavius Aulu-Gelle, quil faut éviter les mots „ epaves, en pareille diligence que les patrons de „ navires évitent les rochers de mer.” Par mots epaves s II faut entendre , ce me semble , les mots étrangers , dont on ne connoit point l’origine, de même que l’on apelle epaves les choses egarées dont on ignore le maître. On demande pourquoi on ne peut soufrir ni les mots anciens , ni les nouveaux , ni aussi les étrangers. Les uns répondent que l’usage est le tyran des langues : mais ce tyran n’a de pouvoir qu’autant qu’on lui en donne. Les autres regardent i’usage dans les langues , comme une habitude, dans laquelle on a été élevé & instruit, & qui nous fait mépriser les choses nouvelles. D’autres allèguent Aristote , qui dit dans ses Topiques , que la nouveauté , en fait de mots, est toujours suivie d’une certaine obscurité qui nous fait de la peine. Enfin , on attribué l’éloignement que l’on a pour les mots ou vieux, ou nouveaux , ou barbares , à l’oreille qui est souvent blessée par un son nouveau , & souvent rude & désagréable. On doit sor tout chercher les mots qui ont un ion agréable , & éviter les cacophonies. Air. Des- preaux a fort bien remarqué dans son Art Poétique, chant premier, combien les mots rudes produisent un mauvais éfet. II est un heureux choix de mots harmonieux , Tuiez det mauvais sons le concours odieux, Le vers le mieux rempli, la plus noble pensée Ne peut plaire à t esprit , quand l’oreille esi blessée. S’il est permis de faire de nouveaux mots, voïez Ménage, tom. 2. desesObserv. chap. 54. U 5;. ils font tous deux fort longs. 11 est des mots qui signifient la même chose, dont on se sert diférenment ; ainsi désir & souhait signifient à peu près la même chose ; nous ne disons pas néanmoins faire une désir , comme, faire un souhait ; il nia fait crainte, comme , il m’a fait peur. Voïez la lettre de Mr. de Cambrai à Mrs. de tAcadémie, pag. 251, 2;2. Voïez aussi Parole. Un bon mot. Chose plaisante. Chose dite avec esprit. Chose qui surprend & fait rire. ( Dire de bons mots. Régnier a dit d’un Satirique , qu’il perdroit un ami plutôt qu’un bon mot. C’est ce qu’Horace avoir dit avant lui. Dummodo ri soin Excutiat sibi, non hic cuiquam parcet amice.) MOT. Quelques paroles. Peu de lignes. Un petit billet. Une petite lettre. ( Dire un mot à une personne. Ecrire un mot à un »mi. II ne lui dit pas un mot de MOT de consolation. Volt. I. 2;. Encore un mot. Ablanc. Ne dire mot de quelque chose.) Entendre à demi mot. C’est comprendre promptement ce qu’une personne veut dire dès qu’elle a commencé de parler. Un mot a deux ententes. C’est un mot qui a un double Tens. Le mot de connìn est de ces sortes de mots. II lignifie dans un sens, un petit lapin, & dans l’autre il se prend pour les parties naturelles d’une fille. * MOTS gr.n. f Verba objcœna , impndica, liberiora .] Ce font des mots qui contiennent quelque impureté, & qu’on ne doit point dire dans une honnête compagnie , & fur tout des femmes. C’est aussi la raison pour laquelle on en a omis quelques-uns, fur tout des plus grossiers. * MOTS de gueule, f Nupta verba. ] C’est-à-dire, qui ne fe disent que par des débauchez, ou des personnes inciviles. Trancher le mot. C’est-à-dire, parler hardiment & avec toute forte de liberté. ( A la fin , il tranche le mot , & lui avoue franchement qu’il ne pouvoit vivre fans elle. Abl. Luc. c. 2. Amitié. ) * Prendre au mot. f Pro pretio oblato rem auferre. ] C’est accepter ce qu’une personne dit & la prendre à fa parole. * II n y a qu’un mot qui serve. C’est-à-dire , il faut parler franc & fans déguisement, & dire une parole sur quoi on puisse faire quelque fonds. * Je ne vois pas où ejì le mot pour rire. C’est-à-dire, je ne vois rien de joli en cela. Je ne vois rien qui aille au cœur & qui chatouille l’efprit. * Avoir le mot pour rire. [ Cavillari. ] Etre plaisant. Bon mot. [ Urbani sales. J Mot vivement & finement exprimé. (Diseur de bons mots, mauvais caractère. Pascal. PI’attendez bien souvent pour fruit de vos bons mots, Que l’effroi du public [j la haine des sots. Despr. J MOT à mot, mot pour mot. Phrases adverbiales. Un testament est nul s’il ne fait mention que le Notaire l’a lû & relu mot à mot, un mot après l’autre au testateur. [Adverbum.j Les traductions ne fe doivent point faire mot à mot, fe rendre mot pour mot , mais par équipollence. [Non debent annumerari verba, non verbum verbo reddi .2 En un mot, est aussi adverbe, & lignifie pour conclusion. [Denique, tandem. J Je vous l’ai dit en un mot, autant comme en cent. En un mot, il faut que cela soit. MOT , fe dit proverbialement en ces phrases. Quand les mots font dits, l’eau benîte est faite, pour dire quand on a conclu un marché , il faut l’exécuter. On dit aussi , je ne fqai où est le mot pour rire de cette affaire , quand elle a mal réussi. On dit aussi prendre les gens au mot , quand on les prend par leurs paroles. On dit aussi , s’il ne dit mot , il n’en pense pas moins. MOT. [ Teffera , Jymbolum. J Terme de Gens de guerre. C’est ordinairement quelque nom de Saint que l’Aide-Major reçoit du Commandant, & qu’il donne ensuite aux autres Officiers peur se connoítre de nuit dans les rondes & autres rencontres. ( Donner le mot. Recevoir le mot.) * Avoir le mot. C’est être averti de quelque chose. Etre d’intelligence avec quelqu’un. (Cet homme qui avoit le snot, ne fit semblant de rien , & pour mieux jouer son personnage , &c.) MOTE , f f. [ Gleba. J Morceau de terre dans les champs labourez. (Une grosse mote. Une petite mote. Rompre les motes. Casser les motes.) (f MOTE ferme. Loifel, dans ses Institutions Coutumières , liv. 2. tit. 2. n. 9. La rivière ôte [f donne au Haut-JuJiicier , mais mote ferme demeure au propriétaire très-foncier. C’est-à-dire, le propriétaire peut suivre sa terre , tant qu’elle peut-être reconnue. MOTE d’arbre. [ Gleba .] Ternie de Jardinier. C’est une certaine quantité de terre qui tient aux racines, de forte qu’elles ne font pas découvertes. (Lever un arbre en mote. Retrancher à un arbre une partie de fa mote. Quin. Jardin, franc. t. 1.) MOTE. [ Colliculns , collis, clìvus , acervmj Coline. Eminence. ( On les voyoit broutant fur le haut d’une mote. Voit. pois) MOTE. [Mons Veneris .2 Petite éminence au-dessus des parties naturelles des hommes & des femmes, mais MOU 463 le mot de mote fe dit ordinairement plus des femmes. (Mote ferme & relevée. Voïez Mont de Venus.) MOTE à brûler. Tan, que les Tanneurs forment en maniéré de grande aíìiete qu’ils font vendre par Paris, & que les pauvres gens achetent l’hyver pour fe chauffer. ( Les motes font un bon feu.) MOTELLE. Voïez Loté. MOTER, ou Motter , v. n. Jetter des motes de terre avec la houlete à quelque brebis pour la ramener. * SE MOTER , v. r. [Glebis se tegerc. J Terme de Chajse, qui fe dit des perdrix, & qui signifie fe cacher derrière quelque mote. ( Les perdrix fe mutent.) MOTET , s m. [ Mujìcum carmen modulatum. ] Terme de Musicien. Certaine composition de Musique fur des paroles latines qui font de dévotion. (Un beau Motet. Chanter un Motet.) (g Brossard explique dans son Dictionnaire de Musique , ce que c’est qu’un motet. C ejì une composition de musique sort figurée , gif enrichie de tout ce qu’il y a de plus fin dans l’art de la composition. Et il ajoûte que l’on étend à présent la signification de ce terme à toutes les pièces qui font faites fur des paroles latines, fur quelque sujet que ce soit, comme font les louanges des Saints , &c. On fait même des pfeaumes entiers en forme de motets. Les Italiens ont dit mot- teto , de l’ancien mot motto, qui a signifié parmi eux toute forte de composition en musique. Us avouent que nos anciens Poètes Provençaux porteront dans la Toscane le terme snot, dont ils se fervoient pour signifier une chanson. Voïez Francisco Redi, Académicien de la Crusca dans ses Observations fur son Poème Eacco in Toscane, pag. 89. Nicole Gilles, l’un de nos Historiens, raconte que le Roi Robert qui succéda à Hugues Capet , composa plusieurs Cantiques & Him- nes que l’on chantoit dans l’Eglife 3 & pour satisfaire la Reine Constance fa femme, il en fit un qui commen- çoit par le terme Consiantia, & elle le chantoit souvent, croïant que le Cantique étoit à sa louange, quoiqu’il fût fait pour celebrer la constance des Martirs. MOTEUR, s m. [Motor, effeclor motûs. ] Ce mot fe dit de Dieu. 11 signifie qui meut , & il est plus de la poésie que de la prose. (Sage Moteur de l’Uni- vers. God. pois. Toi qui sus moteur de la main qui lesit. Perr. ) MOTEUR, f Author. ] Celui qui fait mouvoir & agir. Celui qui est le chef de l’intrigue. ( Tout votre parti vous considéré comme le chef & le premier moteur de ces conseils. Pasc.l. ig.) MOTIF, s m. [ Causa, incitamentmn. ] Fin. Dessein. But. Raison. Cause. (Je ne sçai quel est son motif. Découvrir les motifs de la guerre. Abl. On ne fait rien fans quelque motif. II n’a point d’autre motif que la gloire.) Un bon motif peut excuser , & non pas justifier une mauvaise action. {S. Evremont.) í MOTIF de crédibilité. On apelle ainsi ce qui peut raisonnablement porter à croire une chose indépendamment des preuves démonstratives. On le dit principalement en parlant des choses de la foi. t MOTION,//. [Motio, impusio .2 Terme de Phisique. Mouvement. MOTIVE , ou motrice , adj. [ Movens, efficient. 3 Terme de Phisique. Lequel veut dire qui meut. (La faculté motrice des muscles.) MOTUS. Sorte d’interjection qui n’est en usage que dans le comique & le burlesque, & qui marque qu’il se faut taire, ne rien dire de ce qu’on voit. [Si/e, tace ] Motus, il ne faut pas dire que vous m’ayez vû sortir de là. Mot. MOU- [Mollis. ] Cet adjectif fait son féminin ìm- le. Ce mot se dit des choses dont la superficie est liée & continué , de telle maniéré qu’étant pressée du doigt, elle ne fe rompt pas, mais elle s’enfonce. (Ainsi on dit un corps mou. Voïez Mol. MOU, f m. [Pulmo bovis.J Poumon de bœuf. (Acheter du mou pour donner à manger à quelque chat.) t MOUCHARD , f m. [ Coryceus, ajsentatoriut delator, aurìtus Jpeculator. J Sorte d’espion de Ville. Homme qui va par tout dans un lieu pour y épier une personne , voir ce qu’elle fait & la prendre s’il est besoin. On a mis des mouchards à ses trousses, & tôt ou tard il tombera dans leurs filets. Ne voilà pas de mes mott- 4 S 4 MOU mouchards qui prennent garde à ce qu’on fait. Molière ì Avare , ail. I. fcene H’ayez plus ces hautes penjees, Les mouches de Cour J ont chajjees. Les mouchards font pendus. La Font.) 11 v en a qui disent aussi mouche , au même sens. MOUCHARDS , f m. (Le peuple apelle aussi moutards ceux qui font gardes aux portes des Villes, & qui visitent les marchandises qui entrent , & font payer les droits qu’elles doivent. On apelle ordinairement ces gens-là, Commis , ou Gardes. MOUCHE, f f [MuJ'ca. ] Sorte d’infecte volant, qui pique particulièrement les hommes , & qui nait dans les lieux marécageux. ( Une grosse mouche. Dame mouche s’en va chanter à leurs oreilles , Et fait cent sottises pareilles. La Font. ) MOUCHE guêpe. [ AJtlus. 3 Grosse mouche ennemie des abeilles. MOUCHE acatique. [ Florikga. 3 C’est une mouche qui fréquente le bord des fleuves & les eaux. Voïez Jonfton , /. 5. c. 1. MOUCHE à miel. [Apts.J C’est une abeille. MOUCHE luisante, f Chrysopis. 3 C’est une forte de mouches qui luisent la nuit en certains païs, & qui couvrent les arbres qui font le long des rivières. (Nous vîmes une multitude de mouches luisantes, dont les arbres qui bordoient la rivière étoient si couverts , qu’ils paroissoient comme des lustres. Tachard, Voyage de Siam. I. 3. p. 200.) f Faire d’une mouche, un éléphant. Ablancourt, Luc. C’est-à-dire, grossir les choses, & parler d’une petite bagatelle comme d’une grande chose, & d’une chose considérable. * On ne sçait bien souvent qu’elle mouche le pique. Destreaux, Satire 9. C’est-à-dire,on ne fqait quel est le sujet de sa colère, ou de ses railleries. II s’irrite pour rien. * Ç’esl une fine mouche. [ Circumjpefiatrix. J C’est-à- dire , c’est une femme fine , adroite & rusée. Abl. * Prendre la mouche. C’est se fâcher promptement. Abl. H * Gober des mouches , Prov. C’est en stile bas, perdre le tems à attendre , à ne rien faire. ^ * Faire une querelle , faire un procez fur un pié de mouche , c’est-à-dire , fur une vetille , fur un rien. Ce proverbe est du stile familier. $ On apelle picz de mouche , une écriture dont le caractère est mal formé & n’est point lié. * MOUCHE , [ Musca serica. ] Petit morceau de taffetas noir de la grandeur d’environ l’aìle d’une mouche , que quelques Dames, & de fois à d’autres, que de jeunes hommes portent fur le visage , dans la pensée que cela leur donne une petit air plus agréable. ( Elle porte des mouches. II y a de certains endroits au visage où les mouches ne fient pas mal. L’Antiquité n’a jamais connu l’usage de mettre des mouches fur le visage des Dames. Mademoiselle de Scudery, tiran - nie de l’usage. Je rehausse d’un teint la blancheur naturelle , Et la derniere main que met à sa beauté Une femme allant en conquête , C’efi un ajustement des mouenes emprunté. I.a Font.) MOUCHER , v. a. [Mucum emungere.] Nétoïer le nez. ( IVloucher un enfant.) MOUCHER. [Candelam emungere, detergere. ] Ce mot en parlant de chandelle, c’est couper la mèche de la chandelle allumée, lorsque cette mèche est trop grande, & empêche la chandelle de bien éclairer. (Prenez les mouchetés & mouchez la chandelle.) SE MOUCHER, v. r. [Mucum eximere.] Senétoyer le nez. ( 11 est bon de se moucher soigneusement tous les matins.) On dit d’un homme habile à qui il n’est pas aisé d’imposer & d’en faire acroire , qu’il ne Je mouche pas dupìed. Ce proverbe est bas. ( Certes , Monsieur Tartuffe , à bien prendre la chose, N est pas un homme , non , qui se mouche du pied. i'iuuçHERON , J. m. [Culex. ] Petite moues le met dans les yeux, &c. ( Moucheron noyé le vin. 11 m est entre un moucheron dans les y MOU MOUCHERON. [ Ellychnium. 3 C’est le bout de la mèche d’une chandelle, ou d’une bougie qui brûle. MOUCHET , s m. [ Tercidrìm perces.] Oiseau de proye qui est le mâle de l’épervier. Bel. Histoire des Oiseaux, /. 2. c. r g. [st 21. MOUCHETE’. [Incisus , maculis varius.J En Blason c’est la même chose que plumeté, découpé. Voïez Découpé. MOUCHETE R , v. a. [ Maculis diflinguert, varìare] C’est marquer de plusieurs taches noires fur un fond blanc. ( Moucheter un fond blanc.) Us virent paroître une chèvre noire & blanche, mouchetée de taches fauves. ( Dom Quichotte , t. 2.) MOUCHETER, v.a. Terme de Decoupeur. Faire fur de l’étoffe diverses petites figures avec des fers. (Moucheter de l’étoffe.) MOUCHETER. [ Maculis nigris refpergere. ] Ce mot se dit de la toile de coton. Faire des fleurs , des petits carreaux & autres agréables figures fur de la toile de coton. ( Moucheter de la futaine.) MOUCHETER , v. n. [ Maculis distinguì, variari.] Terme de Fleuriste. C’est-à-dire , être brouillé de plusieurs petites taches de disserentes couleurs, qui fe mêlent. (L’œillet ne doit point moucheter.) MOUCHETTES , f f. f Forfex emunlloria, vo sella.] Ce mot n’a point de singulier, & signifie un instrument de métal avec quoi on mouche la chandelle, & qui est composé de deux branches, au bout de chacune defquelles il y a un anneau & un fond pour tenir la mèche que l’on coupé. MOUCHETTES. [Runcinia minor [st oblongior.] Terme de Menuisier. Sorte de rabot. MOUCHETTES. [ Mentum.] Terme d’Archi tellure. Couronnement ou larmier de corniche. MOUCHETURE,./.’/! [Macula nigra.] Plusieurs petites marques noires fur un fond blanc. ( Une agréable , une belle moucheture.) MOU CHETURE. [Z«f/:o.]Ouvrage moucheté faitavec des fers de decoupeur. ( Une moucheture bien faite.) MOUCHETURE d’hermine. [Macula mûris pontici. ] Terme de Blason. C’est une maniéré de queue d’hermine mouchetée. ( 11 porte d’argent semé de mouchetures. Col. ) MOUCHETURE, f Varìetatio. 3 Terme de Fleuriste. C’est un mélange de plusieurs petites taches de différente couleur. ( L’œillet brouillé de mouchetures n’est pas beau. On doit souhaiter que l’œillet n’ait point de mouchetures.) t MOUCHEUR de chandelle, f. m. [EmunHor.] Sorte de bas officier parmi les Comédiens, qui à la fin de chaque Acte , mouche les chandelles. .MOUCHOIR , f. m. [Sudarìum , mappula.] Linge dont on se sert pour se moucher. (Unmouchoir fort blanc.) MOUCHOIR de cou. f Strophium , strophiolum.] Linge dont les Dames se cachent le cou , & qu’elles portent pour se parer & s’ajuster. ( Un beau mouchoir de cou. Un mouchoir de point de France.) f MOUCHOIR. Torche-cul. (On se fait des mouchoirs des ouvrages de C.) MOUCHURE,/! f. [Emunclura.] Ce qu’on retranche du lumignon de la chandelle quand on la mouche. (Les mouchures de chandelles sent propres à éclaircir la glace d’un miroir.) MOUDRE , v. a. [Molere, commolere.] Je moud, tu mous, il moud , nom moulons , vous moulez, ils moulent. Je ínoulois , f ai moulu. Je moulus. Je moudrai. Que je moule. Je moudrais. Je moulusse. C’est jetter du grain dans une trémie de moulin pour être écrasé, & réduit en farine par la meule. (Moudre du bled. Moudre gros. Moudre bas. Voïez Moulu. + MOÛE , s.s. [Labri projelìio, porrellïo.] Sorte de mine & de grimace qu’on fait en allongeant les deux lèvres ensemble , ce qui se fait ordinairement pour sc moquer d’une personne. ( Elle fait la moue à quelqu’un. Scar. poêf.) MOÛELLE. Voïez moile. MOùELEUX. Voïez moileux. MOÙELON. Voïez moìlon. MOùETTE,/!/.[ Gavia , larut. ] Poule d’eau. H y en a de diverses couleurs, de blanches, de noires & de cendrées. . MOUFLARD, arde, adj. [Vultuosus.] Qui a le visage gras & rebondi, (Voïez ee gros tnoufiard. Cette mouflarde, 11 est de stile familier. Acad. Fr.) MOU- MOU MOUFLE isf- C Hiberna manica.] Sorte de gansf íburrez donc se servent les gens qui travaillent fortement avec les mains durant l'hyver. ( De bonnes moufles. ) t * On dit d’une entreprise dangereuse où il ne faut pas s’engager fans avoir des forces suffisantes pour en venir à bout, qu’ il ne faut pas y aller fans moufles. Cf Rabelais dans Gargantua, liv. i. ch. iç. Car leur sçavoir n’étoit que befierie, U leur sapience n’étoit que moufles , abastardistant les bons çç? nobles esprits , U corrompant toute fleur de jeunejfe. On apelle encore à présent moufles , des gans fourrez d’une peau de mouton ou d’agneau. Ce terme vient du latin barbare mujfula. On voit dans les Capitulaires de l’an 8x7. art. 22. où l’on réglé les habits des Moines : Wantos in asiate , mujfulas in hyeme vervecinas. Et dans l’art. 79, Vt mujfula vervecina fratribus dentur. MOUFLE. [ Opercu/um cncausticum. ] Terme d’E- mailleur. Petit arc de terre qu’on met au feu, fous lequel on fait parfondre les émaux. MOUFLE t f f- [ OperculumsiHile .] Terme de Çhy. mie. C’est une tuile ou couverture ronde qui empêche que les charbons qui font allumez dans la moufle ne tombent dans la coupelle pendant qu’on y entretient le métal en fonte. Acad. Fr. MOUFLE. [ Polyjpqstus .2 Terme d ’Architefíure. Instrument dont on se sert pour élever les fardeaux. La moufle est composée de deux pièces de bois percées en faqon de mortaises , dans lesquelles il y a des poulies de cuivre. Perraut, Vitruve. MOUFLE ferrée. [ Recbamus armatus.] Cette moufle est garnie de poulies de cuivre, de boulons & de cordages pour monter les pièces d’artillerie à l’élelbir.Daw. MOUFLER , v. a. [ Nasurn Qf gênas flringere. ] C’est Í irendre le nez & les joues à quelqu’un , en forte qu’on es lui fasse boursoufler. (C’est un visage à être mou- flé. Acad. Fr.) MOUFLETTES, f.s. [ Mobile manubrium .2 Ce sont deux morceaux de bois dont se servent les Vitriers pour tenir un fer à souder. MOUFTI , f m. [ Supremus Mabmmctana fcHa Sacerdos. ] C’est le chef de la Religion Mahométane, & celui qui résout toutes les questions dificiles de la Loi. Briot, Hifl. des Turcs. MOUILLAGE, f. m. [Statio navium. ] Endroit de mer propre à donner fond , ou à jetter l’ancre. (II y a bon mouillage par tout le canal.) f MOUILLAGE. Terme de Courroieur. Faqon que l’on donne aux cuirs en les mouillant avec de l’eau pour les disposer à divers aprêts qu’on leur donne ensuite. MOUILLE', mouillée , adj. [ Madidus, irronatuí. ] Trempé dans l’eau. Remplir d’eau. \ * IIse couvre d’un drap mouillé. Proverbe. C’est- à-dire , il allègue une méchante excuse , qui agrave sa faute , au lieu de l’amoindrir. MOùILLE-BOUCHE , s. s. [ Pirum vinosum. ] C’est le nom d’une sorte de poire qui a beaucoup de suc. MOUILLER, v. a. [ Hume tiare , irrorare. ] Tremper dans l’eau. Remplir d’eau. ( Mouiller le linge. Pluye qui mouille. ) * MOUILLER. [ AUuere. ] II se dit quelquefois au lieu d’arrofer, baigner, en parlant de la mer & des rivières. ( La mer Méditerranée mouille toute la côte de l’Afrique. ) MOUILLER , v. n. f Ancboram jacere. ] Terme de Mer. C’est jetter l’ancre. ( Nous mouillâmes en tel endroit. ) MOUILLER. [Molliter pronuntiare.~\ Terme de Grammaire , qui se dit d’une prononciation grasse & douce, comme deux LL qui suivent un I. Comme dans vermillon qui sc prononce comme si l’on disoit vermillion. f MOuILLETE, s. s. [ Frustulum panis oblongum. ] Trenche de pain longue & menue préparée pour tremper dans des œufs à la coque. MOùILLOIR, f m. ( Netricis vasculum.) Sorte de petit vase d’argent ou de fer blanc que les femmes qui filent attachent à leur tablier pour se mouiller les doigts lorsqu’elles tirent le chanvre de leur quenouille. (Un joli moiiilloir. ) MOUILLURE , s. s. \_Mador. ] Qualité de ce qui est mouillé. (La mouillure est nécessaire au papier qui sert à imprimer.) MOUILLURE, f. f. [ AJpersto.) Terme d e Jardinier. C’est un ample arrosement. ( II faut donner une bonne MOU 465 mouillure à ces plantes. Curé d 7 EnonviDe , cuit. des arbres. C’est-à-dire , il les faut arroser amplement.) MOULAGE) f m. [ Lateres essor mati.) Terme de Potier. Carreaux moulez. ( Voilà bien du moulage.) f MOULAGE. Droit que l’on paie aux Seigneurs qui ont des moulins banaux pour la mouture des grains. f MOULAGE, se dit de la partie d’un moulin qui sert à faire tourner les meules pour moudre. =£ MOULAGE, signifie aussi le droit qui est dû aux mouleurs de bois, c’est-à-dire , à l’Oficier de police qui mesure les bois de chaufage fur les ports de Paris. MOULANT, part. [_Molitor.~] Qui vient du verbe moudre. Qui fait moudre. Quand on le fait substantif masculin , il signifie le garqon du Meunier qui est ocupé à faire moudre le grain.(Ce Meunier a un bon moulant.) MOULE, s m. [ Typus, forma, proplasma.) Mot général qui veut dire , ce dans quoi on jette une chose pour la former. Creux à jetter les figures de bronze, de plomb, &c. (Jetter une figure au meule.) MOULE. Terme de Chandelier. Bois de noyer creusé & raboté proprement, où l’on fait couler du suif tout chaud par un tuyau de fer blanc lorsqu’on fait de la chandelle. (Nétoyer le moule.) MOULE. Terme de Plombier. Table faite de grosses pièces de bois bien jointes , longue quelquefois de dix- huit pieds, & large de trois ou quatre. MOULE. Terme de Potier. Bois de chêne de neuf pouces en quarté fur un pouce d’épais. =£ MOULE. Terme de Boutonnier. Morceau de bois rond , un peu aplati d’un côté, & fait au tour, fur lequel les Maîtres Boutonniers montent ce petit tissu d’or, d’argent, de foie, de crin, de poil ou d’autre matière travaillée à l’éguiile dont ils font leurs boutons. $ MOULE. Grand cercle, ou mesure de fer, qui sert à mesurer & mouler les bois de compte & d'àridelle. C’est de là que ces bois font apellez bois de moule , & les Oficiers qui les mesurent ont pris le nom de Mouleurs de bois. Cette mesure s’apelle ordinairement un anneau. H MOULE. Terme de Vanier. Ce n’est ordinairement qu’un brin d’osier tourné en ovale, en rond, en quarté, ou d’une autre figure, suivant les ouvrages que les Vaniers ont à faire. (§ MOULE de filets. C’est un morceau de bois de la grosseur & de la figure dont on veut faire le filet propre à la chasse. MOULE. [ Exemplum , exemplar. J Au figuré signifie modèle ou patron de l’exemplaire qu’on doit imiter. ( Cet homme s’est formé fur un méchant moule.) C’est- à-dire , a suivi un mauvais modèle. f * Cela ne se jette pas en moule. Faqon de parler proverbiale, pour dire que la chose n’est pas fi facile a faire que l’on croit. f * On dit d’une chose gâtée ou perdue , dont on ne doit pas regreter la perte , que le moule n’en est pas rompu. MOULE', ée, part. adj. & subst. ( Typis exeuffut. ] 11 ne sqauroit pas lire récriture à la main , mais il lit bien la moulée. Les Architectes apellent une colonne moulée, une colonne faite par impastation de gravier, & de cailloux de diverses couleurs, liez avec du ciment ou du mastic qui durcit parfaitement, & reqoit le poli comme le marbre. [ Columna mastiebe coagmentata .J MOULE'E , s. f. [ Samìatoris ramenta. ] Poudre ou boue épaisse qui se recueille fous la meule des Taillandiers , & qui est composée de petites parties qui se détachent de la pierre & des ferremens qu’ils aiguisent. On emploie de la moulée pour la Teinture en couleur noire mais il est défendu aux Teinturiers de s’en servir, parce qu’elle rend la couleur fausse , & qu’elle fait trop peser les étoffes, & fur tout la foie. MOULER , v. a. [ Opus ad proplafma fingere. J Jetter en moule. Faire couler la matière dans les creux. (Mouler en bronze, en cuivre, en étain.) MOULER. Terme qui se dit en parlant de faux mon- noyeurs. C’est jetter des pièces fausses dans du fable bien préparé & proprement mais avec ses jets, & des planches entre deux châssis ou moules. ( Mouler des louis d’or , des quadruples , des écus blancs , &c. Cette piéce est moulée. C’est-à-dire, elle est fausse. Elle est jettée en fable. MOULER, f Typis excudere. ] Imprimer. Ce mot n’est guere en usage que parmi le peuple. ( Ces Histoi- Tom. IL N n a res 466 MOU res font vrayes, puisqu’elles font motdees. Ôn ^ mouler des cartes à jouer. On dit encore d un homme qui a fait imprimer quelque ouvrage , qu U s est fait mouler. Acad. Fr.) MOULER. L Vm sis hie formare. ] Terme de Potier. Mettre k terre dans le moule. (Mouler du carreau.) MOULER. [Caudicariamstruem metin , admettre. J Terme de Marchand de bois des forts de Paris. Mesurer & mettre du bois dans les membrures. (Mouler du SE MOULER , v. r. [ Formari. ] Se former dans le moule. Les pièces d’artillerie fe moulent fur le modèle du bois. Dav.) * SE MOULER fur quelqu’un. [ Ad alterius exem- flumfe conformare. ] C’est prendre quelqu’un pour son modèle. Se former fur quelque excellente personne. ( Se mouler fur les grands hommes de l’antiquité. ) MOULES , f m. [ Mutilì. ] Sorte de petits poissons enfermez entre deux coquilles qui croissent contre les rochers , qui par dehors sont noires , & qui par dedans paroissent entre blanches & bleues. Rond. Antoine de Heide, Médecin d’Amsterdam, a fait un livre de l'Anatomie du Moule. MOULES d’eau douce. Petit poisson de test dur, couvert de deux coquilles noires & unies. Rond. MOULES. [Conchula .) Coquilles pour faire des grotes. MOULETTES ,stst [Concbstia.] Sorte de petites coquilles. Félibien. MOULEUR de bois , f. m. [ Caudicarile n’est que franche moutonnaille, c’est-à-dire, il se aisse conduire comme des moutons. La Fontaine Contes. * t MOUTONNE. C Cincinni muliebres ad frontem.] Sorte de coiffure dont les femmes se servoient. C’étoit une tresse de cheveux touffue & frisée qu’elles se mettoient sur le front. L Nous voyons des Prêcheurs coiffez à la moutonne, Se faire les yeux grands U la bouche mignonne ; Se radoucir la voix fst pour tout geste enfin Aux Dames d!alentour faire la belle main. Sanlec. ) MOUTONNER, ». n. [SpumantìbmfluAibw inhor- restere.] Terme de Mer , qui se dit lorsque l’écume des houles , c’est-à-dire , des vagues blanchit, qu’il y a beaucoup de mer , & que les houles paroissent comme des moutons. (On dit la mer moutonne.) H MOUTONNER , ». a. Rendre frisé & annelé comme la laine d’un mouton. On ne s’en sert guère qu’au participe. (Tête moutonnée, perruque moutonnée.) MOUTONNIER, ere. adj. Mot burlesque qui se dit dans le même sens que moutonnaille. ( Nation moutonnière , moutonnière créature. La Font.] MOUTURE , f f- [ Molitura. ] Ce que prend le Meunier pour faire moudre du grain., ( Prendre la mouture. ) On dit, tirer d’un sac deux moutures. MOUTURE. [Frumentum commolitum.] Farine moulue. ( Voila de bonne mouture. ) T Voici comment Loi sel explique dans ses Instit. Coutum. lìv. 2. tit. 2. art. 54. le droit de mouture: Droit de mouture est, que les Meusniers doivent rendre du rez le comble, ou de â.ouze, treize , ou quatorze combles ou pallez. Et Ragueau, dans son Indice. C’est ce que le Meufaier peut retenir ; quand on baille au Meus nier le blé nettoyé curé , il doit rendre du boisseau de blé rez un comble de farine bien moulue, fst rendre treize pour douze. Volez les Coutumes de Tours , art. 14. de Bourbonnais , ch. 33. de Normandie, de Bretagne, Çffc. MOUVANCE , f f s Servilh conditio pradii be- nestciarii.] Terme de Pratique, qui se dit en parlant de fief , & qui signifie dépendance. st La mouvance, en termes de fiefs, consiste dans la dépendance d’un fief qui doit foi & hommage à un autre fief. MOUVANT , mouvante, part. [Movens.] Qui meut. (Principe mouvant. Cause mouvante. Force mouvante. Ce sont des termes de Phistque & de Mécanique .) MOUVANT , mouvante , adj. [ Clientelarem orturn ducens. ] Terme de Palais. Dépendant & relevant. (Fief mouvant d’un autre.) MOUVANT , mouvante, adj. f Mobilis , vagus , in- certus, varius. ] Qui n’est pas ferme. Qui se peut mouvoir. ( Terre mouvante. Les roués s’enfonqoient dans le fable mouvant. Vaug. Quint. Curce, /. 4. c. 6.) MOUVEMENT , f m. f Motus , motio, impulsas. ] C’est la façon d’être d’un corps qui est mû, & le mouvement consiste dans l’application successive de ce même corps aux diverses parties des corps qui l’avoisinent immédiatement. * Comme cette définiton qui est de Descartes, souffre beaucoup de difficultez , il vaut mieux dire que le mouvement est le transport d’un corps N n n î ou 470 MOU ou de quelqu’une de ses parties, d’un lieu à un autre, comme le définit Gassendi. Action de se mouvo . (Le mouvement de la lune, des étoiles, du soleil, du cœur, du sang , du chile , «e.) MOUVEMENT de trépidation. [Motus trépidations .J Terme dont se servent les Astronomes qui suivent 1 0 - pinion de Ptolomée , & qu’ils atnbuent a un Ciel qu’ils ont imaginé entre le firmament & le premier mobile , & qu’ils nomment Ciel crisialin , qui par son mouvement propre ne fait que balancer d’Orient en Occident, puis d’Occident en Orient, ce qui fait que le mouvement des étoiles fixes est quelquefois hâté , quelquefois retardé. , , MOUVEMENT. £ Voluntas , Jponté. ] Volonté. Gre. (Cela n’étoit pas venu de son propre mouvement. Abl. Ces. ) MOUVEMENT. [ Motus , commotio.2 Pente. Sentiment. Tout ce qui touche & meut le cœur. * II n’a aucun mouvement de prier Dieu. Pasc. I. 4 . * II n’a aucun mouvement sur cela. (II ne souhaite pas fa mort par aucun mouvement de haine. Pasc. i. 7- ) * Le mouvement des passions. Exciter les mouve- mens. Ce son des termes de Rhétorique & de Poésie. MOUVEMENT. [Motus ad numerum. ] Terme de Musique. C’est la maniéré de battre la mesure pour hâter ou retarder la prononciation des paroles , ou le jeu des instrumens marqué par les notes. On le dit aussi du mouvement du corps dans la danse. H Air de mouvement. C’est un air dont la mesure est vite & gaie. $ Chanter , jouer de mouvement. C’est bien observer , bien marquer la mesure en chantant, ou en jouant de quelque instrument. 4= Presser le mouvement , ralentir le mouvement. C’est battre la mesure plus ou moins vite, fans toutefois la changer ni l’altérer. MOUVEMENT. [Motus, tumulus , seditio . ] Troubles. Guerres. ( Pacifier les mouvemens d’une Province. Mémoires de Mr. le Duc de la Rochefoucault. Ecrire une relation des mouvemens passez. Mémoires de Mr. le Duc de la Rochefoucaut .) MOUVEMENT. [ Motus , incejjus exercituíC] Terme de Guerre. Ce mot se dit en parlant de troupes & d’ar- mée. Ce sont les changemens de poste que fait une armée pour la commodité du campement, pour engager l’ennemi au combat , ou pour éviter le combat. Faire divers mouvemens. Faire tous les mouvemens de l’exercice militaire. MOUVEMENT. Terme de Guerre imaginé heureusement depuis quelques années , qui signifie faction, la marche, & tous les tours qu’on fait faire à des troupes dans quelque combat , ou quelque bataille. (Rien n’est fi périlleux que de faire de grands mouvemens devant un ennemi puissant fur le point d’en venir aux mains. La Chapelle , Relation des Campagnes de Rocroi. ) 4 MOUVEMENT de conversion. Ce mouvement se fait à droit & à gauche dans certains cas. Mais cette manœuvre ne se fait pas en un instant, & elle est Tailleurs très-dangereufe lorsque l’ennemi ataque. Polybe de Foletrd. MOUVEMENT. Terme de Mécanique. [ Motio, impulsas , vis. 2 Action des machines pour ébranler ou pour enlever des corps massifs ou pesans. t Le grand problème du mouvement perpétuel, est de trouver une machine, qui ait en elle-même le principe de son mouvement, qui se remonte toute seule. Mr. de la Dire en a fait voir l’imposlìbilité.) * ll s’esi bien donné du mouvement là-dejsus. C’est- à-dire , il s’est fort intrigué pour faire réussir une chose. MOUVEMENT, s. m. [Impulsai, vis. 2 Terme d’Hor- hgeur. C’est la machine qui fait mouvoir l’aiguille, fans ■y comprendre le quadran, la boite & autres pièces qui lui servent d’órnement. Cet Horloger est habile , il fait un mouvement en quatre jours.) 1 figurément en choses morales « spirituelles, & signifie pensée , sentiment, vo* lont. e. v 11 ne faut qu’un bon mouvement pour convertir un pécheur. Un premier mouvement ne fut jamais un crime . Corn.) - A terme mouvemem est emploie dans une in- finite de sens diserens. Les Phiíìciens ne conviennent MU pas de la définition du mouvement. Les Musiciens parlent souvent du mouvement, qui est une des principales parties d’une composition. Le mouvement est ou vite, ou lent, gai, ou grave, selon qu’il est marqué par le compositeur. Ce terme signifie encore la démarche, ou le progrès des notes, selon qu’elles montent, ou qu’elles décendent. On apelle mouvement semblable , quand les notes de deux, ou de plusieurs parties décendent ou montent en même tems; & l’on apelle mouvement contraire , quand une partie décend pendant que l’autre monte. Le mouvement local, est quand un corps change de place , & d’un lieu à un autre , par un flux continuel. II y a dans la nature deux sortes de mouvement ; l’un est égal, l’autre est inégal. Le mouvement des corps celestes qui se meuvent en rond , est Ha/,- celui des corps terrestres est inégal. Le mouvement diurne, ou premier, ou de rapt, est celui que le soleil, la lune, & tous les autres astres font tous les jours désorienta l’Occident en 24 . heures. Mouvement de trépidation. Quelques Astronomes ont ainsi apellé le mouvement par lequel l’écliptique semble se mouvoir, en s’avançant un peu d’un pôle à l’autre , & les équinoxes semblent aussi se mouvoir, en s’avancant un peu d’Orient en Occident, & réciproquement d’Occident en Orient ; ce qui fait changer les longitudes & les latitudes des étoiles : c’est pourquoi (ditOzanam) ce troisième mouvement que l’on apelle mouvement de libratìon , a été divisé en mouvement de libration premiere, pour expliquer la varation de l’obliquité du zodiaque , & en mouvement de libration seconde, pour expliquer la variation des équinoxes. Mouvement d’ondulation. Ozanam a remarqué que le Pere Ange a expliqué dans son Optique , toutes les proprietez de la lumière, par le mouvement à'ondulation , qui est un mouvement semblable à celui qu’on observe dans l’eau , lorsqu’on y jette quelque corps pesant : car on voit que les parties de l’eau se meuvent en cercle , ce qui s’apelle ondulation, laquelle arrive de même dans Pair, & dans tous les autres corps liquides. Mouvement de vibration, est un mouvement circulaire d’un corps suspendu librement autour du point où il est suspendu , en alant, & en revenant tantôt d’un côté, & tantôt de l’autre, du lieu de son repos. 4 MOUVEMENT d’altération. C’est le mouvement insensible qui arrive dans un corps , & qui en change les qualitez fans changer la substance. MOUVER, v. a. [íodere, movere.J Terme de Jardinier. 11 vient du Latin movere. C’est donner une maniéré de petit labour à la terre qui est dans un pot, afin que cette terre étant ainsi mouvée & rendue meuble, l’eau des arrosemens y puisse entrer avec plus de facilité. ( On mouve la terre des pots, ou des caisses avec un petit outil de fer, ou de bois, & cette forte de petit labour est très-utile. Quint. Jard. franc. t. 1 .) MOUVOIR, r>. a. [Movere, agitare , incitarej Je mem , tu meus , il meut, nous mouvons, vous mouvez, ils meuvent. J ai mit. Je mus. Qu’il meuve. Mouvant. Ce verbe signifie au propre remuer, donner du mouvement, faire changer de place. (Aristote a crû que des Intelligences faisoient mouvoir les Cieux. Archi- mede ne demandoit qu’un point fixe pour mouvoir la terre. Et au figuré , il signifie, Exciter , poujser. £ Impellere , excitare. J Porter à quelque chose , & n’est Huére usité qu’aux tems que je marque. ( La grâce éficace meut le libre arbitre. Pasc. I. rg. Nous sommez enflammez suivant les divers objets qui nous meuvent. Vaug. Q^l. 2 . c. 1 . II a été mû à cela par votre conseil.) SE MOUVOIR, v. r. [Movere, agitarese.2 Se remuer. (II ne sçauroit se mouvoir. Je ne puis me mouvoir. Que Rohault vainement sèche pour concevoir Comment tout étant plein , tout a pù se mouvoir. Despr.) 4 MOUVOIR, s. m. Ternie de Chandelier. C’est un outil de bois en forme de bâton , dont les Chandeliers se servent, pour remuer le suif liquide dont est rempli le moule où se fabriquent les chandeles plongées , de crainte qu’il ne s’épaistisse trop. 4 MOYEN-CAëN, s m. Sorte de linge ouvré qui se fait aux environs de Caen en Bassc-Normandie. MOZETTE. Votez Mofette. MU , ou MEU , uè, part. (-? adj. [ Mottis , com- motus.2 Ce participe a tous les sens du verbe mouvoir. MÙA- MUE MuABLE , adj. [ Mutabilis. ] Qui est sujet au changement. Qui change. ( Les choses mûables & passagères. Port-Rayai.) MiiANCE , / f. £ Mutatio toni. ] Ternie de Musique. Changement de note. ( II falloit faire une mïi- ance en cet endroit.) ($ Les mûances étoient autrefois en usage : mais comme elles étoient fort embarrassantes, du moins pour les écoliers, à cause du changement qu’il falloit faire à tout moment dans le nom des notes, ou des sons, en forte que la note qu’on avoit nommée la, il falloit un moment après la nommer re , on les abolit, & l’on inventa le Jî ; ce qui facilita la con- noissance de l’Art, soit pour le chant, soit pour les instrumens. On ne connoît pas sûrement l’Auteur de cette nouvelle invention : les uns en donnent l’hon- neur à un Cordelier : les autres, à Metru, fameux Musicien , & qui enfeignoit à chanter à Paris, environ l’an 1676. MUCILAGE) / m. f Mucìlago, vìscoJìt / m. Mesure de grains dont on se sert à Tongres. Le Mudde est de près d’un quart plus fort que le scptier de Paris. í MUDE ,/ m. C’est ausiì une mesure dont on se sert à Amsterdam pour mesurer les grains. Le last contient 27. mudes, ou 56. sacs,L 4. schepels font le mude. í MUDE. Sorte d’étofe faite d’écorce d’arbre, qui se fabrique à la Chine. MUë , f.s. £ Exuvia. ] Ce mot se dit proprement des oiseaux, & c’est lorsque les oiseaux changent leurs plumes. ( Les oiseaux sont en mue. II faut dans la mue avoir un grand foin des oiseaux. ) î MUë , se dit aussi des dépouilles des animaux qui ont mué. La muë du cerf , est le bois que le cerf a mis bas. La muë du serpent, est la peau que le serpent laisse. MUë. s Vernatio. ] Ce mot se dit aussi des vers à soyé. C’est la dépouille de la peau des vers à soye. IJ’nard, Traité des vers à soye. MUë. [ Cavea viminea. ] Terme de Vanier. Espèce de cage sans fond où l’on met la poule avec ses poulets. (Acheter une muë.) f MUë, est auffi un lieu obscur & terré où l’on tient la volaille pour P engraisser. (Mettre des chapons en muë.) t U c pcuvent, larges & hautes de quatre ou 22 ’ & cn dos-d’âne. Faire des mules de su- MULES f ’ s"/rï,' eux ^mier. Jardin .- ) vient en hvve'í ^ lc ® re » ou tumeur qui avoit to fidd ’ ""'à MUL MULES traversteres. [ Pernio m equìno cmre. ] Maladie qui vient au boulet & au pli du cheval, & qui cautérisé cet endroit, si bien qu’il en sort une humeur acre & maligne qui s’entretient par le mouvement que fait le cheval en marchant, & qui ouvre & ferme continuellement ce pli. Soleifel. MULET, / m. [ Mulus. ] Sorte d’anitnal de somme qui est engendré par un cheval & une ânesse, ou par un âne & une cavale, & qui a quelque chose des qua- litez de l’âne & du cheval. ( Le mulet & la mule ont l’odorat très-fin , & ont de la Empathie avec les oiseaux acatiques. On dit que le mulet ne rue pas quand il boit du vin , Jonston , Histoire des animaux. Le mulet d’un Prélat fe piquait de noblejse, Et ne parloit incestamment Que de sa mère la jument Dont il contoit mainte prouesse. La Font. ) f * Garder le mulet. C’est attendre long-tems. f MULET. On a donné ce nom à un vaisseau de Portugal de moïenne grandeur, qui porte trois mâts avec des voiles latines. MULETIER , s. m. Mulorum duHor , agaso. ] Ce- lui qui a foin des mulets, & qui est chargé de les conduire. ( Un bon muletier. Un fidelle, adroit & vigilant Muletier.) MULETTE , s. f [ Aviumstomachus. J C’est le gésier des oiseaux de Fauconnerie. MULON, f m. [ Salis meta .J On donne ce nom à un grand tas de íel qu’on amasse fur le bord de la Mer. On pourroit dire aussi un mu/on de foin quand la mule est petite, mais ce mot est douteux. MULOT , f m. \_Mus agrestis. J Sorte de souris champêtre. ( Un gros mulot. II y a de certaines conjurations superstitieuses dont on fe sert pour chasser les mulots & les ferpens. Thiers, superst. ch. 34. ) On dit proverbialement d’un homme fin & adroit, que c’est un endormeur de mulots. On dit qu’il sçait endormir les înulots , quand la chose qu’on entreprend est arrivée. En ce cas mulot signifie Marmote , qu’il est aisé d’endormir. MULOTER, v. n. II se dit des Sangliers qui fouillent les trous des mulots pour manger le grain qu’ils y trouvent. MULTINOME, f m. [ Multinomus. ] Terme à'Algèbre. Grandeur composée de plusieurs monômes. Ozanam. MULTIPLE, adj. & f m. & f. [ Multiplies.] Terme à’Arithmétique. II fe dit des nombres & des autres quantitez, c’est-à-dire, qui en contient une autre plusieurs fois. Ainsi le nombre 12. est multiple de ?. parce qu’il le contient 4. fois. Raison multiple, c’est celle qui est entre des nombres & des quantitez, dont les unes font multiples des autres. Ainsi la raison de 20. à y. de iç. à 3. sont des raisons multiples. Elemens de Géométrie de H. MULTIPLIABLE , adj. f Multiplieabilis.'} Qui peut- être multiplié. (Toute quantité est multipliable par quelque nombre que ce soit. Tout nombre est multipliable par lui-même.) MULTIPLICANDE,), m. \sM.ultìplìcandusnumeras .2 Terme à’Arithmétique. C’est le plus grand nombre, qui dans la régie de multiplication , est multiplié par le plus petit. t MULTIPLICATEUR, f. m. f Multiplicatorst Terme d’ Arithmétique. C’est le nombre par lequel on multiplie. > MULTIPLICATION , f. f. ( Multiplicatio. J Terme A’Arithmétique. L’augmentation d’une somme & d’au- tant de fois fa valeur que le multiplicateur contient d’unitez. (Sçavoîr la multiplication.) C’est ( dit Ozanam ) l’invention d’un nombre égal au produit de deux nombres de même, ou de diverse efpece. Elle peut-être simple, ou composée. La multiplication simple, est la maniéré démultiplierim nombre simple, par un autre nombre simple. On prend ordinairement le plus petit nombre , quand ils font inégaux, pour le multiplicateur; & le plus grand pour le multiplicande ; mais cela est indiférent ; car il est évident que ; multiplié par 2, fait autant que 2 multiplié par 3. La multiplication composée est la maniéré de multiplier une somme composée de plusieurs aussi diférentes, ou bien par un nombre simple. Cette multiplication arrive souvent dans la Réglé MUN de trois , Sc aussi dans la Géométrie pratique, pour la mesure des plans & des solides. Au reste , il faut observer que le multiplicande est le troisième nombre produit par la multiplication de plusieurs nombres, & qui contient autant de fois le multiplié, que le multipliant, que l’onapelle multiplicateur, contient d’unitez. MULTIPLICITE',//'. [Multitudo.'] Multitude. (II n’y a rien de plus oposé au principal but des substitutions que la multiplicité des possesseurs. Patru,plaid. 12.) On dit aussi multiplicité de foins & d’affaires. MULTIPLIER, f Multiplìcare , augere. J Ce verbe est atiif ordinairement, mais il est neutre aussi quelquefois. £11 signifie augmenter , croître. (Multiplier une somme. Cela multiplie à l’infini.) f/ Les Algebristes disent, multiplier les ratines Xu- ne équation par un nombre donné. C’est la transformer en une autre dont les racines contiennent autant de fois celles de la proposée, que le nombre donné comprend d’unitez ; ce qui se fait en multipliant la lettre inconnue de l’équation proposée par le nombre donné, & en égalant Je produit à quelque autre lettre inconnue. Voïez Ozanam , Diftion. Mat bernât. Multiplier plusieurs nombres ensemble ; c’est en multiplier premierement deux ensemble, & multiplier ensuite le produit par l’un des autres, & le second produit par l’un des autres , s’il y en a d’avantage, & ainsi ensuite jusqu’à ce que le dernier ait été multiplié ; ainsi on connoîtra que le produit de ces quatre nombres 2, ; , 5,7, est 210. Quand on multiplie un nombre par lui-même, le produit se nomme nombre quarré ; ou quarré du premier nombre, lequel est apellé racine quarrée du produit : & quand on multiplie le quarré par le premier nombre , c’est-à-dire , par sa racine quarrée, le produit se nomme nombre cubique, ou cube du premier nombre , lequel est apellé racine cubique du produit. Quand on multiplie le cube par le premier nombre , c’est-à-dire , par sa racine cubique, le produit se nomme nombre quarré, ou quarré du premier nombre , lequel on apelle racine quarrée du produit. Voïez Ozanam , Dictionnaire Mathemat. MULTITUDE , f f. [ Copia , multitudo , plebs , tur- ba. ] Grand nombre. Grande quantité de personnes. ( Une grande multitude d’enneinis. Une effroyable multitude de peuple vint au devant de lui. Âblanc. 4 MUNGO- Semence de l’Amérique, grosse comme celle de la Coriandre, & noire. Elle est propre, prise en decoctfcn , pour guérir la fièvre. MUNICIPAL , municipale, adj. Ç Mtcniceps, mu- nicipalis. ] Ce mot vient du Latin municipale. C’est un terme de la Jurisprudence Romaine. 11 signifie. Qui est d’une Ville , ou qui regarde une Ville qui se gouverne selon ses Loix & ses Coutumes, & qui jouissait des honneurs & des droits de Rome. ( Les Décorions étoient des Magistrats municipaux, c’est-à-dire , des Juges qui rendoient la justice dans ces fortes de Villes. Droits municipaux. Loix municipales. Offices municipaux.) II se dit encore aujourd’hui des Villes qui ont des Coutumes, des droits & des privilèges particuliers. Cet homme par son Testament selon les loix municipales, Leur laijsa tout son bien par portions égales. La Font. ) MUNIER. Voïez Meunier. t MUNIFICENCE, / f. [Largìtv, libéralité] Ce mot est Latin. Et il se dit quelquefois de la libéralité de quelque Prince. MUNIR, -d. a. [ Munir e, munitionibw , prastdiis, commeatu ornare. J Pourvoir & fournir de toutes les choses qúi font nécessaires. (Munir une Ville. Place bien munie.) * Se munir de résolution (j? de constance, Çstc. [ Parure , compararejìbi , armare se. ] MUNITION , amonitíon , s. s. f Commeatw , £s?c. copia. J Quelques-uns disent amonìtion pour munition, mais ils parlent très-mal. 11 faut dire munition & prononcer munition. On apelle munitions en termes de guerre, la poudre, le plomb, les boulets , les fou rages , le bois, le bled, le vin, le pain & la chair. Les ennemis n’ont point de munitions. Us manquent de munitions. Distribuer le pain de munition aux soldats. 4 La plûpart des places les plus importantes ne se MUR 473 perdent ordinairement que par le défaut de munitions, dont on néglige de les fournir. Poìybe de Folard. MUNITIÒNNAIRES , f. m. [Castrenstsannona re- demptores. J Ceux qui ont foin des munitions & des vivres de l'armée. MUPHTI. Voïez MOUFTI. MUR , / m. [Murw , paries. ] Murailles. (Un petit mur. Faire un mur. Un mur mitoyen. Mur de séparation. Mur de face. Tel autrefois qu’on vit avec Far et, Cbarbonner de ses vers les murs d’un cabarets Despr. ) 4 MUR de face. C’est le mur qui est à la face du bâtiment. $ MUR mitoyen. C’est le mur qui sépare le fonds de deux voisins, cè qui est commun à tous deux. 4 Gros mur. C’est un des principaux murs fur lesquels porte tout le bâtiment. 4= MUR de refend.. C’est un mur qui est dans œuvre, ou qui séparé les pièces du dedans du bâtiment, au lieu que les gros murs en font le contour 4= MUR de clôture. C’est le mur qui enferme les cours , les jardins, les parcs , &c. ' 4 MUR d’apui. C’est celui qui n’est qu’à hauteur d’apui de trois piez ou environ. £f Nous connoissons deux fortes de murs. Les uns font propres à ceux qui les font construire. Les autres lònt communs avec le voisin, & on les apelle murs nritoïens. Chacun peut construire un mur qui lui est propre , fur l’extremité de son fond , & sans laisser aucun intervale ; & en ce cas, il doit recevoir les eaux pluviales fur son fond ; & s’il a droit de les faire tomber dans le fond du voisin , celui-ci est obligé de permettre l’entrée dans son fond pour réparer le tort, ou la couverture de la muraille ; & c’est ce que Losse! apelle le tour de i’échelle dans ses Institut, liv. 2. tit. q. art. 13. 4 * Se donner de la tête contre un mur. C’est prov. entreprendre une chose impossible. 4 Tirer de l’huïle d’un mur. Prov. 4 On dit d’une homme dur , dont il est dificile d’obtenir la moindre chose , qu ‘on tirerait uustì-tôt de l’buile d’un mur. 4 On dit aussi Prov. d’un homme industrieux, qui sait trouver des secours & des ressources, ou les autres n’en sauroient trouver, qu’i/ tirerait de l’huile d’un mur. 4 Mettre un homme au pié du mur. C’est Prov. le mettre en état de ne pouvoir plus reculer, répondre solidement. MUR, ou Muraille, s Murw scutariw, J Terme de Blason. 11 se dit de la représentation d’un mur qui occupe toute la largeur de l’écu, Sc pan de mur quand il n’en ocupe qu’une partie , & on l’apelle maçonné, quand on marque les liaisons des pierres d’un émail diffèrent. On l’apelle planté quand il est representé dans l’écu , & soutenu lorsqu’il pèse sur quelques pièces representées au dessous. MúR , mûre & meure , adj. [ Maturw. J On écrit mûr & meurs mais quoiqu’on écrive meur , on prononce mûr. Ce mot se dit proprement des fruits, & il veut dire qui est en fa maturité. ( Fruit mûr. Abricot mûr. Pèche mûre. Pomme mûre. Les arbres pleins de fleurs fans contrainte rangez De beaux fruits toujours mûrs ont leurs rameaux chargez. Perr. ) 4 Vin mûr. C’est du vin qui n’a point de verdeur, & qui est en boite. 4 * Apostnme mûre. C’est-une apostume prête à crever, à percer, ou qu’il est tems d’ouvrir. * Age mûr. Abl. C’est-à-dire , l’âgc où l’on doit être sage. [ L’âge viril plw mûr inspire un air plut sage. Despr. ] * C’est un homme mûr. [ Matura œtatis ] C’est-à- dire , sage. 4 * Jugement mûr , esprit mûr. C’est un jugement, un esprit formé, sage. 4 * MÛRE Délibération. C’est un Délibération où tout a été examiné à loisir. (11 n’entreprend rien qu’après une mûre Délibération.) 4 * Une fille mûre. C’est une fille en âge d’être ma- Tom, II. O00 riée. 474 MUR riée. On le dit aussi par raillerie d’une fille un peu f On dit Prov. en parlant d une aseire , qu il faut attendre que la poire Jbit mûre . pour dire qu d ne faut point la précipiter, qu’il faut attendre le tems propre pour la conclusion.^ (L’afaire est mure, cette afaire ji’est pas encore mûre.) MURAILLE , s f IMurus , maniai Mur. (Une bonne muraille. La muraille blanche est le papier des Poux. Muraille de pierre , de moilon , de brique.) + MURAL, murale, adj. [ Muralis , òbsidionalis. J 11 n’eít en usage qu’au féminin. Les Romains apel- loient couronnes murales , celles dont ils honoroient ceux qui étoient montez les premiers fur les murailles des ennemis. MURE, ou meure , f. f. f Morum. J L’un & l’au- tre s’écrit de la forte , mais quoiqu’on écrive meure. on prononce mure. C’est le fruit que porte le mûrier, & qui est noir, ou blanc, lorsqu’il est entièrement mûr. ( Les mûres lâchent le ventre , mais elles fe corrompent aisément dans l’estomac.) H MÛRE de Renard. [ Morum batinum. ] C’est le fruit d’un arbrisseau qu’on apelle ronce , rubus. 11 est bon à manger. Cet arbrisseau croît ordinairement dans les hayes; on emploie en Médecine ses fommitez, son fruit & quelquefois ses racines. Ce fruit contient beaucoup de sel essentiel, d’huile & de phlegme. H est détersif, pectoral, astringent, propre pour les squinancies, & le cours de ventre. La racine est apéritive , & propre pour la pierre. * MÛREMENT, adv. [Mature. J Ce mot ne fe dit, ce semble, qu’au figuré , & il signifie , Sagement. Avec prudence , fsi fans précipitation. ( 11 faut mûrement penser au mariage.) MURENE , f f En Latin Murena. Poisson fort estimé chez les Romains. 11 étoit fort semblable à la lamproye, mais il étoit plus large , & avoit la langue plus grande. (§ On dit que la murene fraye avec la vipere , & qu’elle fait ses œufs fur le fable de la mer, ou d’une rivière ; car il y a des murènes de mer, & d’autres qui font dans les grandes rivières. César en faifoit servir dans les festins publics. Pline & Macrobe disent que les murènes tenoient le premier rang parmi les poissons les plus délicats. Le grand nombre d’a- rêtes de ce poisson deplaifoit à Cicéron : mais il faut qu’il ait entendu parler d’une murene de mer ; car à l’égard de celles que l’on trouve dans les rivières, Athenée nous assûre qu’eiles n’ont que l’épine du dos, de même que. les lamproyes. On peut juger de la bonté du mets par son assaisonnement, qui étoit composé de poivre , de safran, d’oignons, de vin naturel & de vin cuit, & d’autres choses semblables, dont Apicius a fait mention , lib. io. c. g. MURER , v. a. [ Muro cìngere , claudere , obtu- rare.J Environner de muraille. Boucher par le moyen de quelque^maqonnerie. (Ville murée. Murer une porte , une fenêtre.) MURIER , ou meurier, f. m. [Monts. ] On écrit l’un & l’autre, mais on prononce toûjours mûrier. C’est l’arbre qui porte les mures , & qui est apel lé Varbre Jage , parce qu’il boutonne le dernier de tous les arbres qu’on éleve, & qu’il attend à boutonner que le froid soit passé. (Un mûrier noir. Un meurier blanc. Dal.) MURIR, meurir , v. n. [ Maturescere , ad matu- ritatem adducere. ] L’un & l’autre s’écrit, mais quoiqu’on puisse écrire meurir , on prononce pourtant mûrir. C est venir en maturité, (Les cerises commencent à mûrir. Le solqjl fait mûrir les fruits.) * J’avance cette opinion, mais parce qu’elle est nouvelle , je la laisse mûrir au tems. Pas-, /. 6 . Maintenant que le tems a mûri mes désirs, Que mon âge amoureux des plus sages plaisirs , Bien-tôt s’en va fraper à son neuvième lustre, f aime mieux mon repos qu'un embarras illustre. Despr.) sj L Auteur du Dictionnaire de l’Agricúlture a dit meurir non mûrir. Mais Mr. Ménage, tome i. aejes Observations , ch. 216 . a remarqué que l’on dit en Anjou meurir , & que les Parisiens le difoient aussi autrefois , témoin cet endroit de Villon , Poète Pa- MUS Allé s'en vat , U je demeure , Pauvre de sens Ekf de savoir, Triste, failli , plus noir que meure. Présentement ils disent mure , & mûrier, & c’est comme il faut dire. 11 faut dire aussi mûr St mûre, en la signification de maturus & matura. Mr. de Corneille a dit dans son Heraclius : Laissez entre mes mains mûrir vos destinées, Et ne bazardez point le fruit de tant (Pannées. Cette métaphore m’a paru ingénieuse. Laiffez-moi ménager votre destinée, ne précipitez rien , fsc. MURMURATEUR ,s.m. [ Murmurator. ] Ce mot signifie qui murmure , & il ne se troàe guère que dans les ouvrages de Port-Royal. Monfiâ Arnaud dans l’histoire de Josephe , a écrit, ces murmurateurs asseoioient la souveraine Prêtrise. L’Abbé de Royau. mont , Histoire de la Bible, a dit, Dieu commanda de se séparer des murmurateurs. MURMURE , f m. [Murmuratio , querela .] Plainte sécrété de quelque tort qu’on croit nous avoir été fait. C’est faction de gronder. ( Apaiser le murmure des soldats. Le besoin, ma naissance obscure , M’avoit endurci aux travaux, Et je pouvois souffrir toutes fortes de maux , Sans peine fans murmure. Perr. Grifeld.) * MURMURE. En Latin Murmur. Le petit bruit que font les eaux. ("Le doux murmure des fontaines. Sar. poff. Et vos eaux sembleront par un nombreux murmure, Accompagner les airs £5? marquer la mesure. Ab. Regn.) MURMURER, ®. »• En Latin Murmur are. On s’en sert dans un sens actif, & dans un sens neutre. Etant pris aHivement, il ne se dit que des choses ; & il signifie dire quelque chose en grondant , parce qu’on est mal satisfait. (Ecoutons ce qu’il murmure entre ses dents. Abl. Luc. t. 2. dialog. du coq. ) Au sens neutre il se dit des personnes, & signifie gronder. [Conquérs , muffare. ] ( Aprenez âmes vulgaires, A souffrir sans murmurer. , Malh. Je bénis mon martire, fsi content de mourir, Je n’ose murmurer contre sa tyrannie. Volt. sonnet.) * MURMURER , v. a. [ Susurrum edere. ] Au figuré il se dit des eaux & des vents, & signifie, faire un peu de bruit, qui agrée. (Le vent qui rompt le silence , murmure dans ces buissons. Sar. poés. C’est-à- dire, faire un petit bruit en agitant les feuilles. Tantôt Ponde brouillant Parene, Murmure U frémit de courroux. Se roulant defftis les cailloux, Qu'elle raporte [f qu’elle rentraine. MUSARABE , f m. [ Musarabicuf. ] C’est un nom qu’on donne en Espagne aux Chrétiens qui vi- voient fous la domination des Arabes , parce que Musa en Arabe, signifie Chrétien. MUSARAIGNE , s f. En Latin mut aranem. Sorte de petit rat, ou de taupe qui se trouve à la Campagne , & dont la morsure est venimeuse. (§ MUSARD. Ancien mot, & dont on se sert encore quelquefois. 11 signifie un fainéant, qui s’ocup.e de rien , pour ainsi dire ', que le moindre objet arrêté, & fait oublier ce que l’on avoit à faire. On disoit mu- sardie pour sotise ou fainéantise. Le Roman de la Rose : Quiconque croye , ne que die, Que ce soit une musardie. Le Sire de Joinville ayant répondu à la question qu,e le Roi lui avoit faite , qu’zV aimeroit mieux avoir sait trente pechez mortels que d’être mezeau , c’est-à-dire, ladre ; le Roi lui dit : Ha foui , musart , musart, vous y estes deceu , Uc. MUSC- Voïez Musque. MUSCADE ,sf [Nux aromaticad] C’est le fruit d’un arbre des Indes , qui est assez semblable au pêcher, & qui porte une fleur qu’on nomme macis, au dedans de laquelle vient la snufcade qui est sèche &.chaude au second MUS fécond degré , qui est bonne à l’estomac , & qui. se râpe sur de certains ragoûts pour leur donner une petite pointe qu’ils n’auroient pas fans un peu de muscade. Voïer Matìole , /. i. cb. 142. $ II y a de deux sortes de muscade ; la muscade mâle, & la muscade femelle. La muscade mâle est une muscade sauvage, un peu longue, presque sans goût, fans odeur & fans vertu. L’arbre qui la produit est de la grosseur du noisetier. La muscade femelle est celle dont on use ordinairement, elle est ronde, d’une agréable odeur & d’un goût chaud & piquant. Elle croît sur un arbre grand comme le poirier, dont les feuilles ressemblent à celles du pêcher , mais elles font plus petites. La véritable muscade est enfermée dans trois diférentes envelopes. La premiere s’apelle Maris, qu’on nomme très-impropre- ment Fleur de muscade. Elle couvre la coque de la noix, & s’entrouvre à mesure que cette coque grossit. Sa coque est la seconde envelope ; & la troisième est une eípecede brou verd, qui n’est d’aucun usage. Les Hollandois font les maîtres du commerce de la muscade , par ce qu’ils possedent les Isles où elle croît. MUSCADE , adj. f O dor aromatites. ] Qui a une odeur aromatique & aprochante du musque. Rose muscade. Rose blanche qui a l’odeur du musc. MUSCADELLE , f. f. Ç Pirum muscatum. ] C’est le nom d’une forte de poire qui sent un peu le musc. On dit aussi une poire muscadePe. MUSCADET , s. m. [ Uva apiana.] Sorte de raisin blanc assez bon. (Un petit muscadet. Un gros museadet. ) MUSCADIER , s. m. [ Arbor myristica. ] Arbre qui porte la muscade.) MUSCADIN, muscardìn, s. m. [Crujìunt aromati- cum. ] L’usage est pour muscadin. C’est une fort petite friandise , où il y a du musque, de l’ambre & du sucre qu’on mange pour avoir bonne haleine & pour se réjouir le cœur. ( Au tems des vieux Paladins, on d i foi t toujours muscardins. Voit. dans l’Histoire de l’A- cadénûe. ( Mais aujourd’hui on dit & on écrit muscadin. MUSCARI, s. m. Plante qui pousse cinq ou six feuilles étroites & canelées , du milieu desquelles s’é- leve une petite tige entourée de fleurs semblables à des grelots , d’abord de couleur purpurine ou verte, & ensuite noirâtres. Ces fleurs font d’une odeur agréable & aromatique , & produisent des semences rondes & noires. Sa racine, qui est vomitive , est un oignon ou grosse bulbe blanchâtre , d’un goût fort amer. II y a diverses especes de Muscari. Voïez Tour nef or t. MUSCAT, s m. [Vinum apianum. ] Vin fait de raisins muscats. ( Boire du muscat. Excellent muscat.) MUSCAT , muscate, adj. [ Apianus. ] Qui tient du musc. (Rose muscate.) MUSCLE , s m. [Musculus. ] Terme âìAnatomie. Instrument du mouvement volontaire, tissu de fibres & de chair. ( Muscle ofensé. ) MUSCULAIRE, adj. [ Muscularis. 3 Nom qu’on donne à deux artères , qui viennent des souclaviéres, & qui se distribuent aux muscles postérieurs du cou. On le donne aussi à des artères, des lombes, qu’on divise en supérieures & inférieures. Les supérieures sortent de la grosse artère, & se perdent dans les chairs ; les inférieures font des rameaux des artères iliaques internes. MUSCULE, s s. f Verne musculares. 3 C’est le nom de deux veines de la cuisse. II y a la muscule interne qui vient des muscles intérieurs de la cuisse, & la muscule externe qui vient des muscles extérieurs. Ces deux veines vont Te rendre à la crurale. MUSCULEUX , musculeuse, adj. [Musculosus .3 Plein de muscles. ( Chair musculeuse. La peau du visage est toute musculeuse.) MUSE, s f í Musa. 3 Divinité du Parnasse à qui les Poètes ont donné pour frere Apollon. 11 y a neuf Muscs, Clio , Euterpe, Talie , Melpoméne, Terpsi- core , Erato , Polimnie , Uranie & Caliope. Les Muses font filles de Jupiter & de la Nymphe Mémoire. On les peint jeunes , belles , éveillées & modestes, vêtues agréablement, & couronnées de fleurs. Elles célèbrent par de charmans v s rs les victoires des Dieux, & enseignent la poésie & le langage des Dieux- aux personnes qui ont un heureux génie. MUS 475 Voïez l’Icomlogie de Ripa. On dit que les Poètes fout les nourrissons des Muscs. ( Le mal est qu'en rimant , ma Muse un peu legere , Nomme tout par son nom, U ne sçauroit rien taire. Defpr.) Dût ma Musc par là choquer tout ? Univers, Riche , gueux, triste ou gai , je veux faire des vers. Defpr. Sat. 7.) t MUSE. [ Poema , Poeta. ] Ce mot se prend figurément. ( Qu’ arrive-Uil de fa muse abusée ? il revient de la Cour couvert de honte & de risée. Dejp. Sat. 1. Suivre la muse est une erreur bien lourde. Cotin ménagerie. ) 0 “ Je ne croi pas que la muse, en parlant de toutes les muses, soit tolerable, ni en prose, ni en vers, quoique Mainard ait dit : C’est à quoi j’étois destiné Dés le premier jour de ma. vie , Et la muse m'auroit traîné, Si je ne l’avois pas suivie. Un de nos Poètes les apelle Les nimphes de la double cime. Cette expression est antique , & le vers n’est pas gracieux. Mainard les nomme illustres Demoiselles. Je fuis le plus heureux amant Des neuf iPustres DemoìsePes. Un amant de neuf Demoiselles n’est pas fans afaire. Comme la poésie est le principal emploi des muscs, Virgile a apellé musa , une chanson champêtre : Sylvestrem tenui musam meditaris avenâ. Egl. 1. MUSE , s.s. I Cervi meeror. 3 II sc dit en terme de Venerie, de la triste contenance, où sc trouve le cerf lorsqu’il est en amour, f MUSE. Voïez plus bas, Muser. MUSEAU , s m. [ Rofirmn. 3 Ce mot se dit proprement de certaines bêtes. C’est la partie la plus basse de la tête qui renferme les naseaux & qui couvre la bouche , ou la gueule. ( On m’a donné deux chiens qui ont le museau si long , qu’ils valent bien une Demoiselle. Voit./. n. Le Saumon du Lac de Garde a le museau plus long que celui de la Truite. Rond. I. part. p. n$. Le museau des grenouilles finit en pointe. Rond. Museau de ver à soie. Isnard , p. 178» Malgré cent tours d’une aimable folie Malgré fa peau tavelée U jolie, Sa longue queui gy son petit museau, Griset est mort. P. Commire, Jésuite.) t * MUSEAU. [ Vultus , os, faciès. 3 Nez. Viíàge. (J’ai reqû deux coups de ciseau en un lieu bien loin du museau. Voit. poês. Se graisser le museau. Molière „ Je m’enlumine le museau de ce trait que je bois fans eau. S. Amant. ) * MUSEAU de clef. [ Clavis denticuli, 3 Terme de Serrurier. C’est la partie du paneton de la clef, où il y a plusieurs fentes , qu’on nomme les dents. MUSEAUX. [CeParum brachia.~] Accoudoirs des hautes & basses chaises du Chœur d’une Eglise, parcs qu’autrefois on y sculpoit des museaux d’animaux. Acad. Fr. Les Pâtissiers apellent les petits choux des cajse-mtt* seaux. MUSELIE'RE ,s. s. [ Pastomis, pr ost omis. 3 Terme de Sellier. Morceau de bride qui passe fur le nez du cheval, & qui est attaché de part & d’autre à la têtière. (Une muselière malfaite.) MUSELIE'RE , f. f. [Camus, fiscePa. 3 Terme de Bourrelier. Morceau de cuir avec de petits cloux- qu’on met fur le nez des jeunes poulains, & fur le mufle des jeunes veaux qu’on veut sevrer. t MUSER , v. ». [ Cejsare, desidem esse. J Vieux mot qui fignifioit au propre avoir le visage fiché vers un endroit. Et au figuré sc distraire de son travail, & s’a- muser à regarder, à faire, ou à dire quelque chose d’i- nutile. ( Quand on donne un message à faire à ce valet, il muse à chaque pas, & il met long-tems à revenir.) f Tel refuse qui après muse. Vieux proverbe qui se dit des personnes qui regretent en vain les bonnes occasions dont ils n’ont pas scû profiter. En ce sens on apelloit un homme musard.' Tome IL O 0 o 2 MUSE- 47 « MUS MUSEROLE , s. f. [ Projìomk. ] Partie de bride qui passe fur le nez du cheval. Le mot de muserole se dit, mais les Selliers, ni les Bourreliers ne ^^^tpas si souvent que de celui de museliere. ( Une joli- muserole.) „ MTTSFTTE, ou muséte, s s. [ Utrtculus, canorus Sorte de cornemuse/ Instrument de Musique à anches & à vent, composé d’une peau, d’un bourdon , de deux chalumeaux & d’un porte-vent , ou l’on fait entrer le vent par le moyen d un loufiet. ( Musette organisée. Jouer de la musette. Mon b enter chantera mon nom fur ma musette. Vill. ) Que deviendrai-je, hélai , au fond de nos bocages ? Moi qui rìai pour tout avantage , Qu’une musette fs mon amour. La Font. 1 MUSICAL, musicale , adj. [Musicw.3 Qui tient de la Musique, & de l’harmonie. (Ton harmonieux & musical. Ab/. Luc. t. z.) MUSICALEMENT, adv. [ Harmonicè. ] Harmonieusement. (Chanter musicalement.) MUSICIEN , s m. [ Symphoniacus. ] Celui qui fait la musique , & qui gagne sa vie à la montrer ; ou à chanter. (Un bon Musicien. Un méchant Musicien.) MUSICIENNE , f. f. [ Symphoniaca. ] Celle qui sqait la Musique. ( Elle est Musicienne. ) MUSIQUE, f. f. En Latin Musica. C’est une harmonie qui naît des sons & des voix. Sa fin est de délasser agréablement l’eíprit, & de lui donner de nouvelles forces pour s’apliquer ensuite avec plus de feu au travail. Zorlìno, 1 . partie. (Une bonne, une excellente Musique. Une Musique enragée. Une méchante Musique. Chanter la Musique. Áprendre la Musique. Le Milan alors lui répliqué, Vraiment , nom voici bien , lorsque jesuit à jeun , Tu me viens parler de musique. La Font.) MUSIQUE. [ Symphonie chorus, harmonia, musica modulatio. J Concert de voix & d’instrumens qu’on fait en faveur de quelque personne. ( En Espagne & en Italie , les galans donnent la nuit la Musique à leurs maîtresses. L’Amour veut qu’un Galant se pique, De donner quelquesoit le bal U la musique. La Suze, poës.) Et tous ces lieux communs de morale lubrique , Que Lully réchauffa des sons de la musique. Despr. ) Saint Augustin nous aprend dans le neuvième livre de ses Confessons, que Saint Ambroise & le Pape Damase, ont été les premiers qui ont introduit la musique dans l’Eglise, où l’on se contentoit auparavant d’une simple psalmodie. Le Président Fauchet, liv. ch. r;, de ses Antiquìtez, dit que’ le Pape Vi- talien institua les orgues dans les Eglises en 66o. II y a des Musiciens qui prétendent que l’on peut diviser la Musique en quarante-cinq espèces diférentes : Voici les principales. Musique antique. Elle comprend celles des Hébreux , des Phéniciens, des Grecs, & des Latins. Ivlusique moderne. Aretin inventa la Musique à plusieurs parties, & on l’apelle moderne. Musique arithmétique , est celle qui consiste dans la considération des sons par le raport qu’ils ont avec les nombres. Musique pratique. Cette espèce est apliquée difërem- ment. Les uns disent qu’elle ne consiste que dans l’é- xécution , fans s’embarasser des raisons & des causes du bon & du mauvais éfet de la composition. Les autres nous enseignent que la Musique pratique contient deux choses, à savoir, la composition , ou la science de composer deux ou plusieurs chants, lesquels étant chantez ensemble , produisent une belle harmonie : ces chants s’apellênt parties ; ainsi ceux qui ont la connaissance de la Musique pratique, font apellez compositeurs. La seconde est la science de la no e; & quiconque sqait chanter à livre ouvert, pot "ri, p5rt „ ie , de la science pratique. Musique artìff à deux fortes. La première est celle rìn JL s n r des 'àumens avec la bouche & les les S réMèí>b U a h i 3rt 3 lnvc 1 ntée suivant les principes & les réglés etabhes pour la fimphonie. La seconde, celle que quelques «nstrumens foíment tout seuls , par la force de quelques ressorts. Musique chorale , m' MUT Musique pleine j c’est celle que l’on chante dans .les chœurs des Eglises. Les Musiciens étoient autrefois fort estimez, parce qu’ils ne chantaient que les louanges des Dieux & des Héros, & qu’ils n’inspiroient par leur chant que la vertu & le courage. On sqait qu’Agamemnon laissa , en partant pour la guerre de Troie, un Musicien dans fa maison, pour conseiller Clytemnestre dans les ocaíions, & pour veiller fur fa conduite. II lui chan- toit souvent les louanges des femmes illustres, pour lui inspirer le désir de les imiter. Et Athenée, liv. r. a fait cette observation, qu’Egiste ne séduisit le cœur de Clytemnestre , qu’apres avoir tué le Musicien dans une isle déserté. Les tems font bien changez; les Musiciens ne chantent plus que l’amour & le vin ; & ce seroit prendre un mauvais parti, que de confier une femme à la garde d’un Musicien. MUSQUE, musc, f. m. fMoschus .] L’un&l’au- tre est bon, mais le meilleur c'est musque. Quelques- uns apellènt musque l’animal des Indes qui produit le musque. Matiole, l. i. c. zo. croit que l’odeur qu’on nomme musque s’engendre au nombril d’un animal des Indes , qui étant en amour , devient tout furieux; qu’alors son nombril s’enfie & s’emplit d’ùn sang grossier , que cet animal court, s’agite & se donne tant de mouvement, que cette enflure crève , d’où fort un certain sang à moitié corrompu, qui ayant pris l’air, devient bien-tôt après odoriférant. ( Le musque est chaud au second degré , & sec au troisième. 11 fortifie le cœur, recrée le cerveau, & dessèche l’humidi- té des yeux. ) L’Académie dit musc. f Couleur de musc. C’est une espece de couleur brune. (Drap couleur de muse.) f Peau de musc. C’est une peau parfumée de musc. MUSQUE’, musquée, adj. f Moscho odoratm. ] Qui sent le musque. Qui a une odeur de musque. (Chardon musqué. Plante de violete musquée. Des noix confites musquées.) MUSQUE’, te, adj. f Mollit us, suavis , odorus.'] Au figuré, signifie doux, agréable, dateur. f MUSQUE’, musquée. [ Ineptus , rìdiculus .] Ce mot signifie quelquefois visionnaire, ridicule. (C’est une fantaisie musquée. ) MUSQUER, v. a. f Moscho afflare, inodorare.'] Donner une odeur de musque à quelque chose. ( II faut musquer cela. Musquer des noix.) î MUSQUINIER, s m. Tisseran qui fait de la batiste, de la demi-Hollande, du Cambrai raie & moucheté, & quelques autres sortes de pareilles toiles. Le nom de Musquinier est en usage en Picardie & dans les Provinces voisines, «ù la fabrique de ces toiles est commune. t SE MUSSER, v- r. [Se abdere , se condere. J Vieux mot, qui signifie sc cacher, & qui n’est reqù que dans le burlesque. ( Les souris sc mussent dans la terre. ) C’est de ce mot qu’est venu clignemuffette, jeu d’en- fans, où l’un deux ferme les yeux, tandis que les autres se cachent. í MUSULIPATAN, si m. On nomme ainsi les toiles des Indes à saunage. Ce font les mieux peintes & les plus fines qui s’y fassent. H MUSULIPATAN. On donne aussi ce nom à des mouchoirs qui viennent du même endroit. MUSULMAN , Musulmane, adj. [ Musulma - nus. ] Turc. (Troupes Musulmanes. Abl.) MUSULMANS , si. m. [ Musulmannì. ] Les Turcs. C’est un nom que les Mahométans se donnent, & qui signifie Vrai croyant. ( Les Turcs prennent à honneur d’être apellez Musulmans. ) MUTABILITE’, / f. [ Mutabilités, inconstan - tia. ] Etat des choses qui font sujettes au changement. ( La mutabilité de la fortune.) MUTANDE, f f [ Vesiis interior. ] Mot pris de l’Italien, U Terme de Capucin & de Feuillant. C’est un caleçon. ( Une. vieille mutande qui est toute usée.) MUTATION , si si [ Mutatìo. j) Changement. Révolution. (Le pais d’Athenes est le moins sujet aux mutations. Abl. Tac. I. z. c. i.) MUTATION. [Commutatio. j Changement d’un bien qui passe en d’autres mains. (Les Fiefs doivent leS . quints & requints en cas de mutation de vassal.) MUTILATION , si si Prononcez mutilacion. 11 vient du Latin mutilatìo. f Membri amputation C’est lorsqu’il MUT lorsqu’il manque quelque chose aux lèvres, aux oreilles , aux narines. Deg. pag. 84. C’est aussi faction de celui qui se mutile. (La mutilation d’Atis, Galant de la mere des Dieux. Port-Royal.) MUTILATION. Terme â’Arcbitefíure. Défaut dans lesbâtimens, qui consiste à avoir des parties mutilées. Estropiaient, dans les édifices. MUTILE', mutilée , adj. Mutilât us, mancus. ] Personne qui a quelque manquement en quelque partie. Châtré. (II est mutilé.) , MUTILE' , mutilée., adj, Terme à'Arcbitefíure. Rompu. Estropié. ( Partie mutilée.- Membre mutilé.) MUTILE', ée. [Mutilatus , mancus. ] II se dit îtu propre & au figuré. ( Un membre mutilé. Une pensée mutilée & estropiée est une pensée dont le sens n’est pas complet. Bouhours.') SE MUTILEE , v. a. [ Mutilarese.) Se châtrer. ( II y a des hommes qui se mutilent. Port-Royal. ) MUTILER, v. a. II vient du Latin mutilare , & il lignifie tronquer. Couper., retrancher quelque membre. Estropier. ( Alcibiade mutiloit d’une main sacrilège les statués des Dieux. Ablanc, Luc. t. 2. amours.) MUTIN , mutine , adj. [ Acer , cmtentiosus, in- docilis. "] Opiniâtre. Obstiné. (C’est un mutin. C’est une mutine. Votre plus court fera , Madame la mutine, D'accepter fans façon l’époux qu’on vous defíine. Mol.) MUTIN f. m. [ Seditiosus. ] Séditieux. (Les mutins ont été punis. Vas-tu , grand défenseur de ton Eglise, De tes Moines mutins réprimer Pentreprise ? Desp. ) f MUTINE', part. On dit un peuple mutiné, les troupes mutinées. ± * MUTINE', se dit en Poésie des flots agitez, des vents impétueux. Les flots mutinez, les vents mutinez. ) MUTINER, v. ». [ Commoverc, movere.) Révolter. Soulever. (Faire mutiner le peuple.) SE MUTINER, v. r. £ Indignari, siomachari. ) Faire le mutin. Se fâcher. Se mettre en colère, (lise mutine pour rien. ) SE MUTINER , v. r. £Seconcitare,rebePare.) Se révolter. Se soulever. ( La populace commence à se mutiner.) MUTINERIE , s.s. í Tumultus , seditio. ] Sédition. Trouble. Mouvement. ( Apaiser une mutinerie.) t MUTIR, v. n. s Stercus egerere. ] Quelques- uns disent & écrivent ce mot en parlant des oiseaux MYT 477 de proie qui se déchargent le ventre,. mais ils parlent mal. Le mot de mutir est vieux , & en fa place les oiseliers de Paris disent fianter. (Le Faucon fiante, l’aigle fiante, le pigeon fiante , le merle fiante , & ils ne disent jamais l’aigle mute, ni le pigeon mute.) MUTUEL, mutuelle , adj. s Mutuus. ] Ce mot: signifie, réciproque , & se dit proprement de plusieurs & de deux aussi. (Les Chrétiens se doivent aimer d’une affection mutuelle. Vaug. Rem. Le mari & la femme se doivent aimer d’un amour mutuel. Vaug. Rem. II y a un don mutuel entre la femme & le mari. Faire un don mutuel. Le Maìt. ) MUTUELLEMENT , adv. s Mutuò. J Réciproquement. (Il se faut servir mutuellement.) MUTULE , f. f. [ Mutulus. ] Terme â'Architecture. C’est une espèce de modillon quarré dans la corniche de l’ordre Dorique. ( On apelle cette forte de mutule corbeau. Volez Perraut , Vitruve.) MYOPE, f m. [ Myops .] Terme d 'Optique. Celui qui a la vûë fort courte , & qui ne volt qu’en clignant les yeux. MYRMIDONS- Volez Mìrmidons. f MYROBOLANS , [ Myrobolani .] II y en a de plusieurs espèces , qui s’apellent les bellerics, les che- bules , les citrins ou jaunes , les emblics, les Indiens ou noirs. Ils font tous un peu purgatifs n;rnr. ia8nne - e í, noire * Cette plante est un grand poiíon, particulièrement fa racine. cez^slss? T r’p/ C Pisaphaltum naturales Pronon- i ,, - e u une forte de bitume si ardent ou’il brûle tout ce qu’il tonrhp f,™ "i -jr• ou’avec Prand " . ( l u ll P uiffe être éteint qu avec grand peine par quelque liqueur que ce soit. NAR ( Les assiégez, l’incommoderent extrêmement par la quantité de naphte qu’ils jettérent avec de certaines machines. Le Président Cousin , Hist. Rom. ) 4= Les bitumes apellez Naphta font presque tout soufre ou huile mêlée avec quelque quantité de sel acide & volatil. Le meilleur est tiré d’un puits situé fur une montagne vers E Mont-feltin dans le Duché de Modene. Ces bitumes font incisifs, pénétrans, détersifs , digestifs, vulnéraires, résolutifs , fortifians. NAQUAIRES- Ce terme signifiait autrefois un tambour, ou autre instrument de Musique guerrière : 7 Ft oijjiez les tambours , Trompettes , naquaires , boufins , ll fait ses cors bondir , fjf ses trompes sonner , Naquaires , ffi buifines , y pot on oyr cler. Le Roman de Bertrand du Guesclin. NAQUET , f m. [ Famulus. ] Vieux mot qui est un terme de Jeu de Paume , en la place duquel on dit présentement un Marqueur. II fignifioit autrefois un petit garçon , un valet de pied, un laquais. f NAQUETER, v. n. f Colere ferviliters Prononcez naílé. Ce mot fignifioit suivre les Grands, leur faire fa Cour servilement. (II y a bien des gens qui vont caqueter à la porte des grands ) Faire naqueter quelqu’un. Ces mots ne s’écrivent guére, mais ils se disent en riant, ou en se fâchant. C’est faire long-tems attendre une personne avant que de lui parler. ( La plùpart des Grands, par une sotte fierté , font naqueter ceux qui ont à faire à eux : Ainsi bien-heureux qui n’en a que faire, & plus heureux qui ne les voit guére. Je viens de chez un Fat, qui m’a fait naqueter deux heures avant que de lui parler, que, &c. NARCISSE , f m. [ Narcijsus. 3 Nom d’un beau garçon qui sc voyant dans une fontaine, devint amoureux de lui-même , & fut changé en une fleur qui porte son nom. Voïez les Métamorphoses d’Ovide. f * NARCISSE. [ Narcijsus. 3 Beau garçon. Je vis comme tombé des Cieux ce Narcisse l’objèt de ma fl lime. Voit. po'éf Que fait notre Narcisse ? il sc va confiner aux lieux les plus cachez. La Fontaine , Fables , /. <;.) 4= * Faire le narcisse , c’est faire le beau. On le dit fort peu. NARCISSE, f Narcijsus albus magno odore. 3 Fleur en laquelle fut changé Narcisse , qui est une sorte de fleur blanche , jaune , ou de couleur de citron. (Un Narcisse blanc à calice orangé. Narcisse blanc double. Narcisse simple. Narcisse jaune simple. Narcisse jaune double. Tous ces Narcisses fleurissent en Mars, en Avril & en Mai, mais le Narcisse de Perse automnal fleurit au mois de Septembre.) , NARCOTIQUE, adj. [ Narcotìcw. ] Terme de Médecine , qui sc dit des remedes qui excitent l’assou- pissement. Le pavot, l’opium , la mandragore, la jusquiame sont narcotiques.) NARD , f m. £ Nardus. 3 Sorte de fleur odoriférante. II y a de plusieurs especes de nard. On trouve du nard de montagne & du nard Celtique. Voïez Dalechamp , liv. i. 4= NARD celtique. II croît dans les Alpes , sor les montagnes du Tirol. 11 est fort apéritif, propre pour résister au venin, & pour chasser les vents. 4= Spica nard. [ Nardus Indica. 3 Efpece d’épi qui croît aux Indes à fleur de terre. II est d’un goût un peu amer & acre. II est propre pour inciser, pour exciter surine & les mois aux femmes, pour fortifier l’estomac & le cerveau. On trouve en France plusieurs plantes apellées nard des montagnes, comme le nard bâtard du Languedoc ; le Nard des montagnes est une efpece de valériane. 4= NARD, sc dit aussi du parfum que les Anciens ti- roient de la plante du nard. t NARGUE. C Vah. 3 Mot dont on sc sert lorsqu’on veut marquer du mépris pour une personne, ou pour quelque autre chose. ( | NARGUE du Parnasse & des Muscs. S. Amant. Nargue pour lui. Scaron .) 4= Faire nargue. On dit Prov. & bajs. d’une chose qui l’emporte de beaucoup sor une autre, qu’elle lui fait nargue. ( Le vin de Bourgogne fait nargue à tous les autres. ) NARINE, s f- [ N arts. 3 L’une des deux ouvertures du nez del’homme, par lesquelles le cerveau se décharge NAS décharge de la pituite, & qui servent à flairer & à respirer. ( Une narine large & ouverte. Ouvrir les narines. ) f NARINE, se dit aussi én parlant de divers animaux. ( Les narines d’un taureau 4 d’un cheval. Ce cheval semble jette r le feu par les narines; Les taureaux de Jason jettoient le feu par les narines.) t NARQUOIS , / nt. [ AJiutw 4 defraudaíor . ] Filou adroit & rusé qui trompe les autres; ( Maint vieux that , fin, subtil g? Narquois, Le s guetta , les frit, fit main baffe. La Font. ) Narquois , s. m. Le jargon des gueux. ( Parler narquois. ) NARRATEUR i s m. f Oratòr , narrator 4 ex- pofitor. ] Celui qui narre , qui raconte. Autrefois les Avocats se nommoient narrateurs. NARRATIF, ive, adj. [ Narrativus .J Ce qui apartient à la narration. ( Discours narratif -, lettre, dépêche narratives. ) NARRATION , f f- [ Narratio. ] Terme de Rhétorique ; C’est la partie d’un discours oratoire qui contient le fait de l’aífaire. La narration n’a propre- hient lieu que dans le genre judiciaire, & elle doit donner à connoitre les mœurs de celui qui parle. Elle doit être courte 4 claire, belle, variée, vraye* cu vrai-femblable. ( Tacite a laissé ses narrations imparfaites. Abl. Tac. I. i.) NARRE'4 narrée, adj. [Narratus, recenfitus.'] Raconté. (, Un fait bien narré. Une avanture bien narrée. Ablanc .) NARRE', f m. [ Narratio , expositio-, ] C’est le récit de quelque affaire. (Un plaisant narré. Un beau narré. Un narré bien fait. Un petit ou long narré.) NARRER, v. a. [Narrare. ] Raconter. Faire le récit d’un fait, d’une adion. (Tucidide narre mieux que Tacite. Abl. Tac.) NARVAL, / í». Gros poisson qui se pêche dans les mers du Nord 4 particulièrement fur les côtés dix Groënland. On en tire de l’huile & une espece d’y- voire. NASAL, / m. [ Errhinum. ] Terme de Blason ; C’est la partie supérieure de l’ouverture d’un casque qui tomboit sur le nez du Chevalier quand il la bais- soit. Acad. Franç. 4 NASARA. Monoïe d’argent taillée en quarté, qui fe frape à Tunis. f NASARD, adj. [Nafiloquus . ] Qui nasille. Qui parle du nez. Ce mot de naj'ard est adjefiif; mais il ne fe dit guére au féminin. ( Lire d’un ton Hasard. S. Amant.) NASARD , / m. f Organicw concentití nafiloquw. ] C’est un des jeux de lorgue , dont les tuyaux font de plomb, & d’environ cinq ou fix pieds. Acad. Fr. NASARDE , ou nazarde , / fi. [ Incujsum naso tali- trum. ] Chiquenaude fur le nez. ( C’est un faquin à nazarde. Molière. II lui a donné une rude nazarde. Abl. Luc. ) f NASARDER, nazardér, v. a. [Incutere naso tas. litrum. ] Donner des nafardes. f Se moquer , fe rire de quelqu’un comme fi on le na- sardoit. [ Ridere. ] Me dussai-je rompre les doigts , si faut-il que je le nasarde. S. Amant. 11 nasarde l’Êfpa- gnol. Voit. po'és) NAZARE'EN. [ Nazareus. ] Nóm qu’on donnoit dans l’ancien Testament, ou à ceux qui vivoient saintement, comme Samuel, Samson, Jean-Baptiste, ou à ceux qui faisoient une secte, & qui croyoienc que Jefus-Christ étoit le Messie. NASEAU, Nazeau , / m. [ Narit. ] Ce hxót fe dit proprement des animaux , & signifie les ouvertures par où les animaux respirent. ( Naseaux fort ouverts. Naseaux fendus. Les naseaux d’ún cheval, d’un bœuf, d’une vache, &c.) f * NASEAU. Ce mot dans le burlesque & dans le satirique, signifie narine d’homme. (Un tendeur de naseaux. ) f NASILARD , adj. [ Nafiloquuw. ] Qui nasille , qui parle du nez. Nasillard ne fe dit guére qu’au substantif. (C’est utt nasillard.) NASILLER, v. n. f Naso vocem , verba proferref\ Parl«r du nez. (II nasille. ) NAT 481 f NASILLER , v. n. [ Volutare. ] II fe dit du Sanglier, & signifie fouiller avec le groin. ( Le Sanglier rouille & nasille dans la boue.) _ t NASILLEUR , / m. [ Nafiloquw. ] Terme injurieux pour dire , Qui parle du nez. Qui nasille. ( C’est un franc nasillent.) f NASILLEtlSE , / / C Nafiloquà. ] Collé qui parle du nez. (C’est une nafilieuse.) NÀSIÎORT , s. m. [ NasiuríiUtn .2 Plante ainsi nommée , parce qu’étant mise dans le nez , ell'é le piqué & le fait én qpelqUe maniéré tordre, & l’excite à l’eternument. Voïez Cresson. . NASSE,// ífiAajsa, rete. ] Terme de Pêcheur. Espèce de manequin qù’on pose dans l’eau, où entré le poisson , & où étant il ne peut plus sortir. Maniéré de filet en forme de manequin. Uné petite nasse. Uné grande nasse. Etre dans la nasse.) f * llhìmen le tient, dans la nasse. Sar. pois. C’est-à- dire , il est pris, il est arrêté dans leS liens du mariage; ( Maintenant que l’Hymen me tenoit dans la nasse, II n’étoit plus saison de songer au Parnasse. Sarrasin. ) NASSELLE. VoïeZ nacelle. NATAL 4 natale 4 ach. f Natalîí. ] Qui est du jiéii où l’on est né. ( Pars natal. Prendre Pair natal. Abls NATAL, natale. Terme de Jacobin. Maison natale : C’est-à-dire, Maison de profession, ( Retourner en sá maison natale.) NATE, natte, s. f. [ Mat t a , Jlorea. ] Tissu de paille ou de joncs. ( Faire de la nate. ) f NATE, fe dit aussi de toute sorte de tresses faites de trois brins ou cordons , de foie , dé fil, &c. (Une nate de foie , une nate d’or & d’argent. 4 NATE de cheveux, fe dit encore des cheveux tressez en nate. NATER 4 natter, v.a. [ Mattâ integere. ] Couvrir de nate un plancher. Attacher de la nate à quelqué muraille de chambre, ou d’autre pareil lieu. (Nater Une chambre 4 ou un cabinet.) f NATER les cheveux. C’est leS tresser eh nate. NATIER 4 HattìeV 4 f m. [ Storearum texior. J Artisan qui fait dé la nate. (Un bon natier. ) NATIE'RE, / / f Storearum textrïx. ] Fille ou femme qui fait de la nate. (Une habile natiére;) NATIF, native, adj. [ Natus , ortw. J Cé moÉ veut dire , qui est né en un certain lieu , mais il vieik lit un peu. (Ablancourt étoit natif de Ghâlons en Champagne , ou plutôt, Ablancourt étoit de Çhâlons en Champagne 4 ou Ablancourt étoit né à Ghâlons eii Champagne.) NATION, / f. [ Natio , gens, populos. J Tous les gens d’un certain païs. (Une nation belliqueuse, courageuse 4 hardie, farouche, sauvage, barbare, cruelle, méchante, lâche , perfide. Etre Grec de nation. Abl. Tucid. 11 n’y a point de nation qui fasse voir plus de courage dans les hommes , plus de beauté dans les femmes , & plus d’efprit en l’un & en l’autre sexe que les Anglois. S. Evrem. Opéra. Te tant de Nations la chere [fi vaine idole, Nassau, par plw d’un crime en Monarque érigé, Tèsqu’il fait Namur assiégé, Frémit , rassemble tout, [fi vers la Sambre vole. Desh. ) NATION. [Gentis .2 La plupart de tous les gens d’une certaine profession. (La nation des Poètes, un Temple , & de Kopèa >, balaier. Les Villes Neoco- res avoient le foin de garder ies Temples , de les tenir propres & fans ordure. Messieurs Vaillant, & de Valois ont fait chacun une Dissertation , ou ils ont marqué toutes les fonctions des Neocores. C’étoit autrefois un emploi vil : mais il devint dans la fuite fi con- fiderable, que les plus illustres Villes de la Gréee le recherchèrent avec empressement ; & pour aprendre au Public que les Empereurs les avoient honorées du foin des Temples, elles fuioient graver dans leurs Médaillés leur Neocorat, & le nombre dont elles avoient été favorisées. On peut voir fur cette matière les deux premiers volumes de l’Histoire de /’ Académie Royale des Inscriptions Belles Lettres , où l’on trouvera la matière parfaitement éclaircie. NEOMENIE , f f- [ Neomenia , nova lima.] Nouvelle lune chez les Juifs , que M. de Sacy traduit par le premier jour du mois. Cette neomenie pouvoit se compter ou du jour de la conjonction de la lune avec îe soleil, ou du jour de i’aparition. Ce qui étoit cause que les Juifs célebroient quelquefois deux Pâques, à cause de son incertitude. ( Le P. Perron .) NEOPHITE , f m. [ Neopbitus. ] Ce mot fe dit en parlant de la Religion Chrétienne, & veut dire qui efl nouveau né en Jefus-Chrift. Qui ejì nouveau converti. (Divin neophite. Patru, plaidoié i;.) NEPHRETIQUE ,/./*. C Nepbreticm morbus. ] Mot qui vient du Grec vítpqòç* qui signifie reins, & te qui veut dire maladie douloureuse qui est dans les reins & dans le bas ventre. ( Etre tourmenté d’une néphrétique. ) NE'PHRe’TIQUE , adj. [ Nepbreticus. ] Qui regarde les reins , qui est dans le reins. ( Colique néphrétique. Douleur néphrétique. II n’y a point de meilleur remede au monde pour les douleurs néphrétiques que de boire de l’eau froide , & de fe faire saigner. Patru , lettre 84. ) NEPHRETIQUE , f /. [_Lapit nepbreticus.] Sorte de pierre précieuse qui a une couleur mélée de blanc, de jaune, de bleu & de noir. Mercure Indien , 3. c. 4. NEPHRETIQUE , adj. [ Lignum nepbreticum. ] On a donné ce nom à un bois qui vient de la nouvelle Espagne. ( Ce bois étant râpé ou fendu en petits morceaux , & infusé dans de l’eau , la teint de forte qu’el- le paro.it de couleur d’or à travers le jour, & d’un bleu foncé à contre-jour. Si on y mêle quelque liqueur acide, ces deux couleurs difparoissent, & si on y met de l’huile de tartre, la couleur bleue revient. La pierre girafile fait le même effet. NEPOTISME , f. m. [ Nepotifmus. J Ce mot est Italien , & il fe dit en parlant des Neveux du Pape qu’il enrichit ordinairement des revenus de l’Eglife, & qu’il éleve à de grandes charges. ( Les Papes ont souvent tâché de remédier aux abus du Népotisme, & le Pape Alezandre VIII. a fait en 169a. une Bulle pour les abolir.) Leti a fait une histoire du Népotisme. NEPTUNE, /,»*• [Neptunus.] Nom de Dieu fabuleux que l’antiquité a fait le Dieu des eaux & de la mer. t NEPTUNE. [ Pelagus , mare. ] Mot poétique pour dire la mer. [Amour a cela de Neptune , Que toujours à quelque infortune 11 faut le tenir préparé. Mal. Poëf. /. ;. Sur terre [f fur Neptune. Démarais, Clovis , l. 4.J NEPVEU. Votez neveu. $ NEQUNDO , f m. Arbre des Indes dont il 7 a deux eTpeces. L’un est apellé mâle & l’autre femelle. Les feuilles du mâle font comme celles du Su- reau, & celles de la femelle font semblables aux feuilles du Peuplier blanc. Les feuilles font vulnéraires, deteriives, & donnent une bonne haleine lorfqu’on ardeurs de Vertus estìrae propres pout re P rim « NJER NEREE * f m. [Nereut.] Un des Dieux de la Mer, NEREIDES ,ff[ Nereides.] Divinisez fabuleuses. Nimphes de la Mer. t NERET, adj. [ Semias.' ] On apelloit autrefois fous nerets , des fous qui valoient un quart moins que les fous tournois. NERF -, f m. C Nervus. ] Partie fpermatiqUe qui naît du cerveau, ou de la moile de l’épine du dos, & qUi porte l’efprit animal où il est nécessaire pour faire le sentiment & le mouvement. (Nerf foulé.) Les Anciens ne comptoient que sept parties de nerft, mais les Modernes en ont trouvé dix. On les à compris en ces deux vers Latins. Optica prima, oculos movet altéra, tertia gustus, Quartaque, quinta audit, vaga fexta est, feptima lingua. NERF. La partie du cerf, ou du taureau qui sert à la génération de l’efpéce. * NERF. Ce mot au figuré signifie/i»ve, & tout c* qui soutient & fait agir. * L’argent est le nerf de la guerre. Ablanc. H * NERF de la guerre. Ce n’elt pas l’argent qui est le nerf de la guerre , comme Q. Curce l’a avancé. Machiavel a prouvé la fausseté de cette maxime. Cà n’est pas l’or, dit-il , mais les soldats diciplinez & fidèles qui font le nerf de la guerre. II est vrai que les finances font d’un grand secours, mais pourtant de bonnes troupes en font trouver aisément; car iï est moins dificile à de bons soldats de trouver de l’or qu’à ceux qui ont de l’or de trouver de bons soldats. Mr. de Folard confirme le sentiment de Machiavel par divers exemples que l’histoire lui fournit. * NERF de voûte. [Torcnmatu.] Terme à’Architecture. Ce font les membres, ou moulures qui font des corps faillans , en forme d’arêtes , ou de nerf le long des Ogives qui traversent diagonalement le dedans d’une voûte. * NERF. Terme de Botanique. II fe dit des fibres qui paroissent élevées fur les feuilles des arbres & deï plantes , & par où leur nourriture fe communique. NERF. [ Libri nervulus. ] Terme d e Relieur. C’est une ficelle qui est fur le dos d’un livre relié, & quî est couverte de peau , ou de parchemin. Les in-folio ont ordinairement six nerfs , & les in-quarto , in-octavo & in-douze , cinq , & les autres quatre. Un nerf bien droit & bien pincé. Dresser, pincer les nerfs d’un livre.) NERF, ferrure . [Nervi ifíus.] Terme de Maréchal* Atteinte violente que le cheval fe donne aux nerfs des jambes de devant par la pince des pieds de derriere. H NERINDE i f f Toile de Coton blanche qui vient des Indes Orientales. C’est une des fortes d» baffetas, mais étroite & assez grossière. f NERITA- Espece de coquillage qu’on trouv* en abondance sur les rivages de la mer Mediterranée. Us aprochent en figure & en grosseur des limaçons terrestres. Ils excitent la semence lorfqu’on les mange , & leur coquille est aperitive. NERON, f tn. [ Nero. ] Nom du sixième Empereur de Rome qui se tua lui-même après avoir régné 14. ans, & en avoir vécu ;a. * NE'RON. Ce mot au figuré veut dire une sorte d* tiran cruel. ( C’est un Néron. ) NERPRUM ■> f-m. [ Rbamnus catharticus. ] Arbrisseau dont le bois est jaunâtre, les branches garnies d’épines , les feuilles larges, vertes, environnées de petites dents très-menues ; il leur succède des bayes môles, grosses comme celles du genévre, remplies d’un suc noir tirant fur le verd , & de quelques semences jointes ensemble. Les bayes de Nerprum font purgatives , & propres pour plusieurs maladies, comms la goûte, l’bidropisie, la paralisie, & la feiathique. NERVAISON , f fi [Nervorum complicatio.] Terme de Médecine , qui fe dit du mélange & de l’assemblage des nerfs, fibres & ligamens qui forment une espèce de corde oti tendons qui se trouve à la queue dee muscles. NERVE', ée , adj. Terme de Blason. Il fe dit d« la fougere & autres herbes, dont les nerfs font d’ua autre émail. NERVER , xi. a. f Nervis firmare. ] Garnir de nerfs quelque chose pour la rendre plus forte. (Ounerreles pan* NET panneaux de carosse, les arqons de selle & autres choses pour les rendre plus Fermes. Cela fe fait avec des nerfs de bœufs battus qu’on cole fur le bois.) f NERVER un livre. C'est en dresser les nerfs fur 1 s dos, & les fortifier avec de bonne cole & parchemin, ce qu’on apelle autrement endosser un livre. NERVEUX, nerveuse , adj. [Nervis validusf) En parlant de quelque partie du corps, il signifie, où il y a beaucoup de nerfs. (Partie nerveuse. Un bras nerveux.) NERVEUX, Nerveuse , adj. [ Vigenss ] Fort. Vigoureux. (Les barbares font très nerveux & très-forts. Faisans nerveux.) * NERVEUX , nerveuse, adj. f Nervosa oratio.J Use dit du Jìile, & signifie fort. ( Un stile mâle & nerveux. Un discours nerveux.) £ NERVIN , ine , adj. Terme de Médecine. Qui est bon pour fortifier les nerfs. On dit, remedes ner- vins. Plantes nervines. NERVURES , s f. C Toreumata. ] Terme 8 Architecture. Ce font les moulures des arcs doubleaux & des croisées d’ogives qui séparent les pendentifs des voûtes gotiques. Ce font aussi les moulures fur le contour des consoles. î NERVURE , s.s. L’art d’apîiquer les nerfs. On le dit aussr des nerfs mêmes quand ils font apliquez. A NERVURE, fe dit en termes de Libraire , de ces parties élevées qui paroissent fur le dos des livres , & qui font formées par les nerfs ou cordes qui fervent à le relier. f- NERVURE. C’est aussi un petit passepoil d’or, d’ar- gent, de foie, &c. qu’on met fur les coutures des habits , ce qui y fait une forte d’ornement. NESTORIENS , s m. £ Nesioriani. ] Hérétiques du cinquième siécle, qui admettoient deux personnes en JESUS-CHR 1 ST, & qui furent condamnez dans le Concile d’Ephéfe. f On dit Nes.orianisme , pour l’heresie , ou la secte des Nestoriens. L’Histoire du Nestorianifme par le P. Doucin. ) NET, nette, adj. £ Mundw.~\ Nétoyé. (Lieu net. Place nette. ) C’est le contraire de sale. 11 est aussi quelquefois opoíé à plein. ( Les filoux ont rendu ma bourse nette.) £ Trouver maison nette. C’est la trouver vuide & fans meubles. î Faire maison nette. C’est chasser tous ses domestiques. f Faire tapis net. C’est au jeu gagner tout 1 argent qui est fur le tapis. NET, nette, f Nitidus. ] Clair. Qui n’a nulle ordure. Qui n’a nulle tache. (Verre net. Diamant net.) On~dit qu’un homme est sain & net , quand il n’a aucune incommodité. 4 = Une écriture nette , une impression fort nette, c’est- à-dire , que les lettres en font fort distinctes & fort lisibles. * NET , nette. Pur, Innocent. A qui la conscience ne reproche rien. (Je ne crains rien , mon procédé est net. Une conduite nette & irréprochable. Sa vie est bien nette , & bien dure. Patru, plaìdo'ié ç.) i * Je veux en avoir le cœur net. Proverbe qui signifie , je veux m’éclaircir avec lui, lui dire ce que j’ai fur le cœur, je veux m’en expliquer avec lui. * NET , nette. £ Purus , integer. J Ce mot fe dit du stile & du discours , & veut dire , Qui est clair. Qui ejisans embarras [ffans obscurité. Ablancourt a le stile fort net, fort vif & fort élégant.) Le P. Juenin a fait une Théologie txès-nette. * NET, lignifie aussi , franc & fans supercherie. ( Son procédé est fort net.) Au net , adv. [ Desœcatè. J Ce mot ne se dit pas seul. ( On dit par exemple , Mettre un Sonnet au net. C’est le transcrire fans qu’il y ait aucune rature.) On dit aussi au figuré. Mes Créanciers m’ont mis au net. * NET, adv. [ Purè, candide. ] Franchement. Sincèrement & fans aucun déguisement. f II ne sait pas bienseur , à vous le trancher net, D ’épouser une fille en dépit qu'elle en ait. Mol. Femmes Sçavantes, a. <;.s. i.J f NET , adv. Uniment & tout d’un coup. ( Cela s’est cassé net. On lui a coupé le bras tout net.) * Tout net, adv. [Plané, penitàs .] Franchement & fans aucun détour. ( Dire tout net fa pensée. Abl.) NEU 489 ( La belle répondit tout net, Ménage vous êtes coquet. Cotin, Menagerie.) NETTEMENT , adv. [ Mundè, purè. ] D’une maniéré nette. Proprement. ( Se tenir nettement. Manger nettement. Cela est nettement tracé.) * NETTEMENT. £ Apertè , candide. ] Clairement. Sans embarras. ( Patru écrit nettement & éloquemment.) II ne suffit pas de penser avec justesse ; il faut s’ex- primer nettement & poliment. Caillere.) * NETTEIER , nettoier , v. a. [ Mundare , pur - gare. ] L’un & l’autre fe dit, mais le grand usage est pour nettéier , car pour nettoier il ne se dit guére que par les Poètes, encore y sont-ils obligez par la tirqn- nie de la rime. Netteier lignifie ôter les ordures. (Nettéier les souliers. ) ch L’Académie ne dit point nettéier , mais seulement nettoier. * NETTEIER la mer de Corsaires. Vaug. Quìn. /. 4.0.8. * NETTEIER un homme fans vergette, c’est le bien battre & l’étriller. * NETTEIER le tapis. C’est emporter tout l’argent qui est au jeu. * NETTEIER ion bien. £ Obaratasua bona expedire .] C’est le débrouiller & le débarasser. * NETTEIER. [Delere, auserre .] Ce mot entre dans quelques façons de parler de guerre. C’est tirer fur toute l’étenduë d’une ligne droite. C’est battre l’étenduë d’une ligne droite ou d’un espace. Cela s’apelle aussi enfiler. ( Netteier le rempart, ou enfiler le rempart. £ Murum defensoribus nudare .] Netteier la courtine, ou enfiler la courtine. Nettéier le fossé, & la tranchée,&c. NETTEIEUR, f m. [Scabritiarumdentiumexpurga- tor .] Celui qui nettéie. Nettéieur de dents, c’est celui qu’on nomme plus ordinairement, Arracheur de dents. NETTETE ', f f. C Mundities. ] Propreté qui regarde les choses. Clarté. (Le cristal de Venise a une grande netteté.) * U ne tombe jamais de torrent qui trouble la netteté de son eau. Vaug. Quint. I. 5. c. 4. * NETTETE'. [ Nitor. J Ce mot fe dit du langage, & signifie l’arrangement des mots, & ce qui rend l’ex- preflion claire & nette. ( Discours qui a beaucoup de netteté. La netteté est une des plus grandes vertus du stile. Vaug. Rem.) NETTOÏER. Voïez nettéier. NETTOIEMENT, f m. £ Expurgatio. J II ne se dit que de l’enlevement des boues des rués. {Chaque maison de Paris est taxée pour le nettoiement des boues.) NEU, ou nœud , du Latin nodus, f. m. Prononcez neu. C’est l’entrelassement d’une chose pliable, comme le fil, une corde , une courroie , un ruban & choses semblables. ( Les Courturiéres & Lingères font des nœuds pour arrêter le fil, ou la foie. Les Tisserands font aussi des nœuds pour joindre les fils rompus. Un nœud ferré , un nœud coulant, un nœud double. Un nœud de rubans, un nœud de cravate. Un nœud d’épaule. Un nœud de soulier. Cinq fort beaux diamans en nœud proprement mit, T>ont leur chef se paroit comme d'un rare ouvrage. Mol. ) NEUD Gordien. [Nodus Gordius.) Alexandre trancha le neud Gordien d’un coup d’épée. Abl. Arr. I, 2.) * Les neuds des doigts. £ Articuli. ] Ce sont les trois os qui font en chaque doigt. Deg. * NEUD d'Amour. Sorte d’entrelas. * Ris qui ne passe pas le neud de la gorge. £ Risut Sardonim. ] C’est-à-dire, ris forcé. * Je romps tous les neuds qui m’attachent à vous, Rac. Iphig. 4. * Le mariage est un neud sacré qui lie le mari & la femme. £ Vinculum .] On l’apelle aussi neud conjugal, Z Jusqu’au nœud conjugal , je sais peu de progrès, Mais ce qu'on perd devant , on le recouvre après. Bourfi Efop. ] * Sçavoir le neud de l’affaire. Pascal, t. 1. C’est-à- dire, la difficulté. £ Rem apprimè callere.] NEUD. £ Caput, cardo. ] Terme de Poésie. C’est un obstacle à Faction du Héros du Poème. NEUDS. £ Carnea projecíio in cervi lateribus. ] Terme de Chaste. Morceaux de chair qui fe levent aux quatre flans du cerf. (Cerf qui a de gros neuds.) _ NEUDS d’arbre, £ Nodatio. ] C’est la partie par où il Tom. Il, Qqq pousse 490 NEU pousse ses branches. Le bois est plus fort & plus dur dans les neuds qu’au tronc & aux branches, bois qui est plein de neuds.) . . . ,. .. NEUD. C Articuli. 1 11 se dit des plantes qui font une tige , & particulièrement des tuyaux de bled, des roseaux & des autres plantes qui croissent pari entortillement de leurs feuilles , & il signifie cette liaison ou jointure qui paroît à chacun de leurs jets. Les neuds des plantes font faits pour fortifier les plantes, & pour filtrer le suc qui les nourrit & qui forme l’é- pi, les fleurs & la graine des plantes. Les surmens de la vigne ont aussi des neuds. On apelle dans les Verreries neud , un gros bouton qui demeure au milieu des plats de verre , quife font en fouflant avec là verge de fer. [ Umbilicus. J Dans TArtillerie, on apelle neud de charrue, [Nexus.] Le neud que font les Capitaines de charroi quand ils passent des cordages dans les rouages pour relever des pièces renversées. On apelle neud. [ Junclura , articulas. ] En termes à’Anatomie , cette partie du gosier ou de la gorge qu’on nomme larinx. NEUD. Se dit de l’intrigue d’un Roman ou d’un Poème dramatique. [ Nodus, cardo. ] C’est l’endroit où les personnages font le plus embarassez. (Le neud doit durer jufqu’au milieu du dernier acte , autrement le reste de la pièce est trop languissant. Dacier.) Le neud des Poèmes dramatiques , est un accident inopiné, qui arrête le cours de faction repre- fentée ; & le dénouement est un autre accident imprévu, qui en facilite ('accomplissement. Sentiment de V Académie fur le Cid. NEUDS. Terme de Jeu de paume. En parlant d’une raquette , l’un de ses cotez s’apelle droits , & l’autre les neuds. NEUD. Terme à’Astronomie. L’orbite de la Lune, c’est-à-dire, le cercle fur lequel elle fait son cours, coupe l’Ecliptique en deux points , qu’on apelle neuds, & autrement la tête & la queuë du Dragon, dans lesquels , ou proche defquels il faut que la Lune fe rencontre, quand il y a Eclipse del’undes luminaires. Le neud ascendant & Boréal , s’apelle la tête du Dragon. [ Caput Draconis. ] 11 fe trouve au passage de la Lune , à travers l’Ecliptique du Midi au Septentrion. Le neud descendant & Austral , s’apelle la queuë du Dragon, f Cauda Draconií. J II fe trouve au passage de la Lune, à travers l’Ecliptique du Septentrion au Midi. Les cercles des autres Planettes coupent aussi l’Ecliptique en deux points qu’on apelle neuds. [ Nodi .] * NEUD. f C alita, j Terme de Médecine. C’est une tuberoflté qui fe forme aux jointures des vieux goûteux. í NEVEL , st m. Petite monoïe de bas aloi dont on fe sert le long de la côte de Coromandel. NEVEU, f m. [ Nepos. ] C’est le fils du frere, ou de la sœur. ( Mon neveu est sage.) (§ Voici une expression toute nouvelle , si je ne me trompe. Hipolyte dit dans la Phèdre de Racine, aH. i.sc. 2 . que Thefée s’opofe au désir qu’il avoir d’époufer Aricie , dont les frétés étoient ses ennemis irréconciliables : Mon pere la réprouvé , U par des loix severes, II défend de donner des neveux à ses freres. Pour dire, qu’il ne veut point voir dans fa famille des enfans d’une mere, dont les freres étoient l’objet de fa haine. Voilà une véritable phrase entortilée. Je suis assez du sentiment de Mr. Defpreaux , fat. io. Je vieillis U ne puis regarder fans effroi, Ces neveux afamez dont l’importun visage, De mon bien à mes yeux fait déjà le partage ; Je crot déjà les voir , au moment anoncé, Qu’à la f n fans retour leur cher oncle est passé. t NEVEU à la mode de Bretagne. C’est le fils du coutm germain ou de la cousine germaine. Armre-neveuJ] m . [Pronepos.) C’est le fils du neveu. veudï p "• 11 se dit du Ordinal qui est le ne- veu ûun lape vivant. [Summi Pontifias nepos.) de I- sont 1>'" S CtKÌs Là'-Vuk" NEU Sur le haut Hélicon leur veine méprisée, í'ut toujours des neufs saurs la fable & la risée. Defpr.) f NEUF , f ttt. ( Un neuf de chifre, un neuf de cœur , un neuf de pique.) ■f NEUF. [ Nomss. J On le dit quelquefois au lieu de neuvième. ( Charles IX. Clement IX.) NEUF , neuve, adj. [ Novus , recens. J Qui n’a pas encore servi. Manteau neuf. Robe neuve. Cheval neuf.) Brebeuf dit d’une femme qui fe farde. [ Tous les jours un visage neuf, Certes c’est en visage un peu trop de dépense. * NEUF, neuve, s Stupens .] Etonné. Surpris. (Qu’un Auteur est neuf la premiere fois qu’on ('imprime. Mol. Précieuses.') * NEUF, neuve. [Radis , inexpertus.) Simple. Niais. (C’est un homme tout neuf. C’est une fille toute neuve. La belle dont le cœur st tout neuf en amour, Vous fait mal-à-propos soupirer plus d’un jour. 11 est plus facile de prendre Un cœur tout neuf qu’un cœur usé, La Suze, p ost Ce feroit être une fille bien neuve, Que de prendre un époux fans en faire d’épreuve. De Vaug. poéf.) * NEUF , neuve, f Novus. ] (* Ce font ici des choses toutes neuves pour moi. Mol. Faire corps neuf. Abl.) Terre neuve. On apelle ainsi les Terres nouvellement découvertes vers le Canada en Amérique, auprès duquel il y a un grand Banc , qu’on apelle le Banc de Terre neuve. J: Terre-neuviers. On apelle ainsi les Pécheurs qui vont en Terre-neuve. On le dit auffi des vaisseaux. Etre habillé de neuf. C’est porter un habit neuf. * Ce valet fait le balai neuf Proverbe , pour dire qu’il sert bien les premiers jours f Faire corps neuf. Prov. C’est rétablir fa santé après une longue maladie, ensorte qu’il semble que le corps soit renouvellé. A Faire maison neuve. Prov. C’est chasser tous ses domestiques & en prendre d’autres. NEUFIE'ME. Voïez neuvième. $ NEURE , f f. Espece de flûte ou de bâtiment d’environ soixante tonneaux , dont les Hollandois fe fervent pour aller à la pêche du haran. NEURITIQUE, adj. [Neuriticus.) Médicament propre aux incommoditez des nerfs & des jointures. NEURO GRAPHIE , f f. [ Neurographia.) Ce mot est Grec, & est un terme dé Anatomie , qui signifie la description des nerfs. (Duncan Médecin de Montpellier a fait un livre qui porte pour titre, La Neurcgrapbie raisonnée.) NEUTRALITE', s f ['Neutralisas.) Convention, qu’on fait avec des gens de differens partis de n’être ni. de l’un ni dé l’autre des partis qui font en guerre. ( Accepter la neutralité. Abl. La neutralité fait grand bruit. Voit. poèf.), f La neutralité est souvent plus ruineuse que la guerre. Polybe de Folard. £§ Mainard, dans une Ode contre un poltron : De peur d’endoster la cuirasse Tu fers avec fidélité, Une Damoiselle de glace, Qu’on apelle neutralité. La pensée est encore plus froide que la Démoiselle. NEUTRE , adj. [ Médius. J Libre, indiffèrent, qui ne prend aucun parti , qui n’est ni ami ni ennemi. ( C’est un froid ami qu’un ami neutre. S. Evremont.) NEUTRE, adj. s Neutrum genus .] Terme de Grammaire Grecque & de Grammaire Latine ,lequel veut dire, qui n’est ni masculin , ni féminin. Genre neutre. Nom neutre. On dit aussi verbe neutre, en termes de Grammaire Françoise, &c.) £§ 11 est peu de gens qui entendent ce que c’est qu’un verbe neutre dans notre langue. J’ai cru devoir inférer ici un article des décisions de l’Académie Françoise concernant les verbes neutres. Un de la Compagnie a aportè un sistéme furies verbes de la Langue Françoise. A propos des neutres passifs, dont voici un petit extrait ; il prétend que nous n’avons proprement dans NElI ,dans la Langue Françoise que deux sortes de verbes, sqavoir des actifs & des neutres. Les actifs ont un régime , que nous nommons l’acusatif, quoiqu’il n’ait pas d’inflection differente du nominatif, comme en. ces phrases, je bats mon valet , j’aime mon coustn ; & le neutre n’a point de régi me, je dors, je cours. 11 n’ad- met point de verbe pastis dans notre langue , parce qu’il dit que ce que nous nommons pastis, n’est autre chose que le participe du verbe joint dans différons nireufs ou tems avec le verbe auxiliaire , être, je fuis aimé, je fuis battu , à la différence des Latins qui ont véritablement un verbe pastis, comme amor, doceor, parce que les terminaisons font différentes en foi, amo, amor doceo , doceor , & à Ymûnitiiantare , amarì, do- cere, doceri. 11 divise ensuite les actifs & les neutres chacun en deux classes : il met des actifs simples , qui au prétérit fe fervent du verbe auxiliaire avoir , comme f aime, dont le prétérit est , j'ai aimé s & des actifs passifs , qui font souvent les mêmes , avec le pronom per- lonnel, me, te, Je, mais leur prétérit qui est ordinairement formé avec le verbe auxiliaire avoir , vient à fe former avec le verbe auxiliaire , être, comme en ces phrases, je me fuis aimé, je me fuis donné à vous depuis long-tems, je mefuis diverti. 11 y a de même, selon lui, des neutres actifs , qui font neutres de leur nature, & qui dans les tems formez du participe, fe fervent du verbe auxiliaire avoir ,■ courir, f ai couru s dormir, j’ai dormi. Et il y a des neutres passifs , qui font neutres de leur nature , & qui dans les tems formez du participe , fe fervent du verbe auxiliaire , être ,• tomber , je fuis tombé ; venir , je jiiis venu. Dans cette classe , il comprend les verbes qui font neutres naturellement, & qui fe conjuguent avec le pronom possessif, parce qu’ils lé servent du verbe auxiliaire être ; Je repentir ,fe souvenir s je me Juis repenti, je site fuis souvenu. Iljoignoit à cela plusieurs remarques très-curieuscs pour les verbes ; & on en a déja fait un résultat dans le temps que M. L. D. G. tenoit la plume ; mais comme il ne s’agit ici que des neutres passifs, on voit que le sentiment de ce particulier sur les neutres passifs est, qu’un verbe ne peut être nommé neutre pastis qu’il ne soit neutre de fa nature, & qu’il ne forme ses tems avec le verbe auxiliaire être j il est neutre alors , & pastis; neutre, parce qu’il ne régit rien, ce qui le fait neutre ; & passif, parce qu’il a la marque du pastis, en fe servant du verbe auxiliaire être ; ainsi fe repentir , fe souvenir, peuvent être neutres passifs , mais fe battre , s'abolir, ne le peuvent être, parce qu’ils ont véritablement la marque du passif en se servant du verbe auxiliaire être. Ils Je font battus , cette loi s’eji abolie , mais ils font verbes naturellement , & ne changent pas de nature pour fe construire ayec le pronom possessif. * NEUTRE. Qui accepte la neutralité. Qui n’est d’aucun parti. Lieu neutre. Ville neutre. Etre neutre. Demeurer neutre. Abl. Art, 1. 1 .) NEU VAINE, f f. [ Novemdiale tempus. ] Terme d ’Eglise Romaine. Priere qu’on fait durant neuf jours. (Faire une neuvaine.) 0”Les Romains faifoient des prières pendant neuf jours , pour apaiser la colere des Dieux irritez. Cette neuvaine étoit apellée Novendiales Feriœ, Fejìus nous aprend qu’elles furent inventées par Tullus Hostilius. f NEUVAINE. [ Humérus novenariw. j Mot burlesque , pour dire les neuf Muses. f J’en jure par la neuvaine, Qui boit de l'eau de l’hipocrene. ] NEUVIE'ME , adj. £ N anus. ] Nom de nombre ordinal. (II est le neuvième. Elle est la neuvième.) NEUVIE'ME , J', f. Terme de Piquet. Ce font neuf cartes qui se suivent, & qui sont de même couleur. (J’ai une neuvième. ) t NEUVIE'ME, subst. f. m. La neuvième partie d’un tout. ( I! est intéressé pour un neuvième dans cette afaire. II a un neuvième dans cet héritage.) NEUVIE'ME. Ce terme n’est connu qú’en Bretagne , où les Eclésiastiques ont un droit de prendre la neuvième partie des personnes décedées. L’Histoire de cette Province , nous aprend que dans un certain tems les Eclefiaítiques prenoient le tiers des meubles des décedez, & que dans la fuite ce droit fut modéré à la neuvième partie. Voïez Lobineau , Histoire de Bretagne. NEUVIE'MEMENT , adv. C ;Vw. J En neuvième ' lieu. NEZ 491 NEZ, / m. [ Nafus. ] C’est l’organe de l’odorat. C’est la partie qui dans l’homme est le siège de l’odorat , & qui est au milieu du visage. ( Le haut du nez, ou le dos du nez. Le bout du nez. Un grand nez. Un petit nez. Nez camus. Nez épaté. Maître nez. Un nez à triple étage. Nez aquilin. Parler du nez. Donner fur le nez. Sur tous les autres nez, son nez à t avantage, Et jamais un grand nez n’orna mieux un visage. Desh.) fjf Mr. l’Abbé Régnier ordonna au Peintre qui doit faire le portrait de fa maîtresse : Qu’elle ait le nez d’un blanc de Fait épais. Je doute qu’un tel nez futl’ornement d’un beau visage. í Parler du nez , chanter du nez. C’est parler, chanter d’une maniéré désagréable , comme íì la voixsor- toit du nez. * 11 n’ose montrer le nez. s Os fuum populo ostendere non audet. ] C’est-à-dire, il n’ose se faire voir, ni pa- roître en public. Fermer la porte au nez. s Ostium obducere. ] C’est fermer la porte à une personne. t NEZ de bette-rave. [ Nafus tubcrofus. J C’est-à-dire , nez rouge & d’ivrogne. Main. po'éf. £$ Rabelais apelle ces gros nez rouges & boutonnez , des nez à pompettes. La description est plaisante : (Es autres, tant croissoit le nez, qu’il fembloit la flûte d’unalembic, tout diapré, tout estincellé de bubelettes, pullulans, purpuré, à pompettes, tout efmaillé , tout boutonné, & brodé de gueules.) * Mener par le nez. f Ad nutum regere. ] C’est-à- dire , Gouverner une personne comme on veut. 4= * Donner du nez en terre. C’est succomber dans quelque entreprise , ou déchoir d’un état. ( L’entre- prife étoit au-dessus de ses forces , il a donné du nez en terre. 11 a fait tant de foles dépenses qu’il a donné du nez en terre.) * Demeurer avec un pied de nez. Avoir un pied de nez. f In alìqua re erubefcere. J C’est-à-dire, demeurer confus. Molière. * Avoir bon nez. f Futuri non improvidus. ] C’est être prudent & sage. Abl. (f On dit en conversation. II a le nez long s pour exprimer qu’un homme est prévoïant; qu’il voit les suites d’une afaire. Martial, lib. i. ep. ;. s’adressant à son livre , lui dit qu’il doit craindre la critique des Romains ; qu’anciennement ils n’avoient pas le nez si fin, mais qu’à présent, les jeunes & les vieux Pavaient aussi long qu’un rinoceros : Nefcis, heu, nefcis Dominse fastidia Romse : Crede míhi, nimium martia turba fapit : Majores nufquam ronchi , juvenefque , seneíquff, Et pueri nasum rhinocerotis habent. On dit quelquefois, il veut mettre le nez par tout » il veut mettre le nez dans mes afaires. Le Chevalier d’Aceilli : Votre chien , ( ditez-vous ) dans un coin retiré, En cent morceaux a déchiré, Les cahiers de deux inventaires. Monfieur le Procureur , il en a mal usé, C’ejì un chien fort mal avisé, II ne mettra jamais le nez dans mes afaires. * Ne voir pas plus loin que son nez. f Id folum videre quod est ante pedes.J C’est au propre. N’avoir aucune vûë. * Et au figuré. Ne prévoir aucune chose. * C’est pour leur beau nez. ] Ces mots fe disent par raillerie , & veulent dire, ce n’est pas pour eux. Ce n’est pas pour votre nez. Reg. fat. i;. * Tirer les vers du nez. £ Expifcari sécréta. J C’est faire causer quelqu’un , pour découvrir quelque chose. C’est adroitement faire parler une personne, afin d’en sqavoir quelque chose. Abl. * Est-ce à vous à y mettre le nez. £ An alienis tt immisces fecretis. C’est-à-dire, à vous mêler de cela. Sont-ce vos affaires? Molière, * Faut-il qu’on te jette au nez , le scandaleux affront qu’une femme friponne imprime fur ton front, £ Exprobrare. J C’est-à-dire, faut-il qu’on te reproche, &C. Molière. * Vous me jetiez toujours mon âge au nez. £ AZtatem continue mìht exprobras .'] C’est-à-dire, vous me reprochez toujours mon âge. Molière. * Elle fait aux plias matois donner du nez par terre, £ Facit ut cautiores humum ore pétant. J C’est-à-dire, Tom. IL Q q q » Elie ao 2 NIA g]le fait échouer Elle est cause qu’on ne réussit pas. ^ ê Saigner du nez. [ Deststere ab incapto. ] Ces mots au figure, signifient, n’oser executer une chose qu on avoit entreprise, ou promise. * Rire au nez de quelqu un. [ Altquem adunco naja sufbendere. j C’est se moquer de lui en sa présence. ** Je n’ai pas tout-à-fait le nez tourné vers la galanterie. Bours. * Aurìez-vous le courage D’oser soutenir à mon nez Que je suis beau de visage. Benserade, balet de la nuit, z.part. On dit en termes de Chasse, un chien de haut nez. [ Canis sagax.) Quand il chasse bien dans les chaleurs & dans la poussière. On dit qu’une fille a le nez tourné à la friandise. £ Mollis in venerem. J Quand elle est de complexion amoureuse. On dit qu’un homme s'est bien refait le nez. s Re- correxit stbi costas. ] Quand il a racommodé ses affaires , & qu’il s’est bien remis de ses pertes. NEZ. [ Nasus. ] Ce mot se dit de certains animaux , & c’est la partie , qui dans l’animal, est le siège de l’odorat. ( Le nez d’un cheval. C’est la partie de la tête du cheval qui est plus bas que les naseaux.) On dit d’un cheval porte le nez au vent. Quand il leve le nez aussi haut que les oreilles. NEZ. [ Acris odoratus. J Ce mot en parlant de certains animaux est figuré , & lignifie. Sentiment. Odorat. ( Le loup est celui de tous les animaux qui a le meilleur nez. Salnove, chaste du loup , ch. i. * Chien qui a le nez fin.) * NEZ. [ Rostrum. ] Terme de Batelier. C’est la premiere partie du bachot qui finit en pointe , & où est la levée, fur laquelle se met le Batelier, lorsqu’il se sert des avirons. î NEZ coupez. [ "Pistacia Jylvestris, Staphylodendron. ] C’est un petit arbre toufu qui croit dans les bois & dans les hayes , dont le bois est foible , rempli de moelle blanche. Ses feuilles ressemblent à celles de Sureau , mais elles font un peu plus petites. Ses fruits font semblables aux noisettes. On en tire une huile par expression , qui est résolutive. NI, Disjonctive. [ Nec. J Ni la douceur , ni la force n’y peuvent rien. On peut aussi dire mettant le verbe au singulier. Ni la douceur , ni la force n’y peut rien. Ces deux façons de parler sont bonnes. Vaug. Rem. II n’est point de mémoire d’un plus furieux, ni d’un plus rude combat. Monsieur Patru croit qu’il y faut la particule ni & non pas , & il a raison, & la façon de parler est plus belle & plus soutenue avec ni que fans ni. Voïez les remarques de Vaugelas. II n’y eut jamais de Capitaine plus vaillant ni plus sage que lui. Vaug. Rem. {§ Mr. Corneille a dit dans son Cid : Elle licite à pas un , ni donne d’ejperance. L’Académie décida qu’il falloit, ni ne donne , & que I’omission de ce ne avec la transposition de pas un qui devoit être à la fin , font que la phrase n’est pas Françoise. (Les oiseaux du Ciel ne sement ni ne moissonnent. Tort-Royal, "Nouveau Testament. On peut dire aussi en ôtant la particule ni, les oiseaux du Ciel ne sement point, ils ne moissonnent point.) NI plus ni moins, adv. Tout autant. Justement. (II y a cent écsus, ni plus , ni moins. Vaug. Rem. NIAIS i f m. [ Homostmplex, novus. J Sorte de benêt & d’innoçent. Celui qui a de la simplicité. (Il y a des niais qui employent habilement leur niaiserie. Mémoires de Mr. le "Duc de la Rochesoucaut.) t C est un niais de Sologne, f Dormitator. ] C’est-à- dire. C’est un rusé. Niais , niaise , adj. [ Nescius , insulfus, quast à n. ff-J benet. Innocent. Simple. ( Un garçon fort niai: a™;-i nt -r maise : Gamb ' t*#- Mine niaise. Voit. I. 43 ouïssant n ' a ’ S - ^ oit ' l ' 78* Un ton de voix lan XTI4TC & n !r 1S ‘r Moliere - Larmes niaises. Molière .) NIAIS , adi.stslvú i nido detrafluí."] Ce mot se di 0 0 "Ô ! „°f " K ic n ’ont pas mc „ vole àc qu on a pru au mi. ( Un Faucon niais U epervier mais.) w NIC NIAISEMENT, adv. [Inepte,stolìdè , sttu:."] D’un air niais. D’un air badin. ( Je ne finirois pas niaisement comme je fais , en disant que je suis votre serviteur. Voit. I. 40. Se radoucir niaisement. Le Comte de Buffì.) f NIAISER , v. n. [ Ineptè agere.J Agir d’une maniéré basse & badine.) 11 ne fait que niaiser. S’amu- ser à niaiser. ) NIAISERIE , s f [Ineptia, stoliditas .] Action niaise. ( Quelque chose de niais. ) Les pieces comiques font des niaiseries. Moliere. NICAISE , f m. [ Nicasim. ) Nom d’homme qui vient d’une mot Grec , qui signifie victoire. (Nicaise est mort.) f NICE , adj. [ Sìmplex , bebes. ] Vieux mot qui trouve encore sa place dans le burlesque & le comique. (II signifie Simple Niais.") ( Tant ne fut nice , encor que nice fut , Madame Alix que le jeu ne lui plût. La Fontaine, Nouvelles, 1. partie.) NICETTE. Diminutif de nice. Simplette. [Ineptula."] ( Une simple maîtresse qui soit douce & nicette. Regn. Nicette fut & ne penfoit à nul mal. S. Evremont.) | NICHE , f f. [Jocularia malìtia. ] Tour & malice qu’on fait à une personne. Sorte d’injure qu’on fait à quelqu’un pour lui faire déplaisir. (f Le Diable leur fait tant de niches, Qu’ils font malheureux d’être riches. Gomb. Epìt. 1 . 1. Faire niche fur niche à quelqu’un. Moliere.) NICHE. [ Loculus , J'caphus, stratus. J Cavité, ou enfoncement qu’on pratique dans l’épaisseur des murailles pour placer des statués, ou autres pareilles choses. ( Nous découvrîmes dans une niche une Diane à Tâge d’onze ou douze ans. Voit. let. 10.) 11 y a niche angulaire , niche d’Autel, niche à cru, niche de rocailles. NICHE'E, f f [Pullities.J Nid où il y a plusieurs oiseaux. ( Prendre toute la nichée de moineaux ou de rossignols.) SE NICHER, v. r. [ Nidificare. ] Ce mot se dit des oiseaux, & veut dire, nicher. ( Là fur des vieux ciprés dénuez de verdure, Nichent tous les oiseaux de malheureux augure. Habert, Temple de la mort.) t * SE NICHER. [ Irrepere, abdere, degere.) Se placer. Se mettre. Se cacher. (Où s’est-il niché ? Scaron. Le chat blanchit la robe çèf Fenfariné, Et de la forte déguisé, Se niche, U se blotit dans une huche ouverte. La Font.) H * Se nicher dans une benne maison. C’est dans le stile familier trouver une bonne retraite, un bon établissement. t NICHER quelcun en prison , ou absolument le nicher. C’est dans le stile bas, le mettre en prison. NICHOIR, / m. [ Nidulatorium.) Terme d 'Oiselier. prononcez nichoi. C’est une maniéré de cage particulière propre pour mettre couver des serins. ( Un ni- choir fort propre.) f NICODEME , s. m. Nom d’homme. II est parlé dans l’Evangile d’un Pharisien nommé Nicodème , qui alla de nuit voir Jésus-Christ. T NICODE'ME , sc dit aussi dans le stile bas & populaire , d’un sot, d’un innocent. V NICODE'MITE , s. m. & f. On apelle Nicodémi- te, celui qui n’ose faire profession ouverte de la vérité , qui dissimule ses scntimens. NICOLAïTES , s m. [ Nicoldita. ] Nom d’une des plus anciennes Sectes qui ait été dans l’Eglise. Elle tiroit son nom de Nicolas , qui avoit été ordonné Diacre de l’Eglise de Jérusalem, avec saint Etienne. On prétend que les Nicolaïtcs vouloient que toutes les femmes mariées fussent communes pour ôter tout sujet de jalousie. NICOLAS, s. m. [ Nicolaus. J Nom d’homme, qui vient du Grec, & qui signifie, vainqueur du peuple. Son diminutif est Colins: Colas. ( Nicolas Poussin qui étoit un excellent Peintre est mort en 1665. Voïez Bellori. Nicolas Perrot d ’Ablancourt, qui étoit fameux traducteur, avoit pris naissance en 1606. le ç. d’Avril à Chálous en Champagne.) NIÇOIS NIE NICOLE, s.s. Nom de femme, dont le diminutif est Cecole. ( Nicole est laide.) NI COTEAUX , / m. [ Lateris segmina. ] Morceaux d’une tuile fendue en quatre , dont les couvreurs fe fervent aux solins & vuilées. Acad. Fr. NICOTIANE , s / [ Nicotiana, tabacum .J Prononcez Nicociane. C’est une forte d’herbe dont la vertu est singulière pour guérir toutes fortes de playes, d’ulceres, de chancres & de dartres. La nicotiane a été apellée ainsi de Jean Nicot, qui étant Ambassadeur pour le Roi Très-Chretien en Portugal, envoya le premier en France cette efpéce de plante. Votez là-dessus le second livre de la Maison Rustique. La nicotiane s’apelle aussi tabac , ou herbe à la Reine. Votez Tabac. t NICROMANCIE. Ce mot ne fe dit pas. Votez nécromancie. NID , s m. [ Nidm. J Prononcez ni. Petit réduit de diverses matières ajustées proprement ensemble où l’oifeau couve & éleve ses petits. (Les oiseaux font leur nid au primeurs , lorsque tout entre en amour. Deux galant vigoureux, Au même nid , furent pondre tous deux. La Font. ) f * Prendre la pie au nid. f Lucrificam occajìonem invenijfe. ] C’est trouver ce qu’on cherche , & ce qu’on croît être avantageux. t * Etre logé dans un nid à rats. [ Nìdulum habi- tare. J C’est-à-dire , dans un méchant logis. On dit proverbialement , j'ai découvert son nid, pour dire, j’ai trouvé son argent. [ Aurum abftuli. j Ce jeune homme a trouvé un bon nid, en épousant cette vieille. [ Duxit anum benè nummatam. j On dit encore. II croit avoir trouvé la pie au nid. [ Sperat fe anfarn invenijfe. J Pondre au nid d!un autre. C’est coucher avec sa femme. $ NID d’oiseau. [ Nidus avis. J Plante d’un goût anrer & âpre , qui croît dans les bois autour des sapins , dont la racine ressemble à un nid d’oiseau. Elle est détersive , résolutive & vulnéraire. Ses feuilles ont la figure d’un cœur : elles font creusées , luisantes & canelées. Cette plante contient beaucoup de flegme , d’huile & de sel. NIDOREUX- [ Nidorofus. ] Terme de Médecine. Qui a une odeur de pourri & de brûlé. NIE'CE, s.s. [Neptis-I La fille du frere , ou de la sœur. (Une jolie nièce. Elle est nièce de Monsieur un tel. Elle est ma nièce. ) Ce mot est relatif à ceux d ’oncle & de tante. NIELLE,// [Rubigoé] C’est une humeur humide & maligne, qui tombant sur le bled qui est sur pied, & qui étant tout à coup échauffé par l’ardeur du Soleil , noircit & gâte le bled. (La nielle a gâté le bled. La nielle se met aussi fur le pied & sur ies feuilles des melons , fur la chicorée & fur les concombres , & elle les fait périr. Quint. Jard.fruit. t. i.) NIELLE, f.s. [ Nigella. ] C’est une forte de plante , dont il y a plusieurs especes. La nielle des jardins pousse une tige blanche , haute d’un pied , & porte au bout de fa tige ses fleurs, qui font d’un bleu pâle. La nielle citrine produit des fleurs de couleur de pourpre pâle. Voïez Dal. Hijî. des plantes , t. i. /'. 7. c. 1 1. La nielle sauvage a des tiges droites & velues , & des fleurs rouges. Elle est bonne pour la gratelle & pour les fistules. Dal. t. 1. 1 . 4. c. 3). “jf /. 7. c. n. f NIELLER , v. a. [ Rubigine corrumpere. ] Gâter par la nielle. (Le tems qu’il fait pourroit bien nieller les bleds.) NIELLER. [ Encaufìum argento iUinere. J En matière de Sculpture, c’est une maniéré d’émailler fur de l’argent. NIER , ». a. [ Negare. ] Dire qu’une chose n’est pas, ou n’est pas vraye. Dire que non. (Nier une proposition. Nier un crime. Abl. Les Epicuriens nioient la providence divine. Pasc. I. 4. Je ne nie pas que je ne l’aye dit. Personne ne sçauroit nier Que la prison ne soit une cruelle gêne, Mais rien n’est égal a la peine D’étre amoureux es prisonnier. B.' Rab.) NIGAUD , / m. [ Ineptm, stolidusé] Sot. Benêt. Impertinent. Niais. (Ce font des bons nigauds que NIM 49 3 ces gens-Ià. Molière. On ne sqauroit faire un pas fans trouver des nigauds. Molière. On veut de votre bien revêtir un nigaud, Pour six mots de Latin qu’il nous fait sonner haut. Mol.) t NIGAUDE,// [Inepta,Jiolida.] Sotte. Niaise. ( C’est une franche nigaude.) f NIGAUDER, [ Inepti agere , nugari. ] S’a- mufer à des bagatelles. (II ne fait que nigauder.) f NIGAUDERIE,// [ Ineptix. J L’action d’un nigaud. Sottise impertinente. Niaiserie. (Ce sont des nigauderies.) NIL, / m. [ Nilus .[] Fleuve qui traverse une grande partie de l’Afrique. On dit d’un homme obscur, qu’il est aussi inconnu que la source du Nil. f NILLAS, / m. Etofe d’écorce mêlée de foie qui vient des Indes. t NILLE, / / [ Pampinus.'] Terme de Vigneron, Sorte de petit filet rond qui fort du bois de la vigne lorsque la vigne est en fleur. ( Rompre une nille.) NILLE', ou nellé. Terme de Blason qui se dit d’une efpece de croix ancrée plus menue que l’ordinaire. (Croix nillée. Acad. Fr.) t NILLON , s s. Nom de fille qui veut dire pe- tite Anne. ( Nillon est bien faite. ) NIMBE , s m. [ Nimbus. ] Terme à’Antiquaire. C’est un cercle qu’on remarque fur certaines médailles autour de la tête d’un Empereur, pareil aux cercles de lumière qu’on voit aux images des Saints. f NIMBO , / m. Arbre qui croît en Amérique & qui aproche du frêne. Ses feuilles font vertes, d’un goût amer, détersives & vulnéraires. Le Nimbo produit des fleurs blanches , & un fruit jaunâtre qui ressemble à une olive. NIMPHE, / / C Nympha. ] Déesse des Payens. 11 y avoit de plusieurs fortes de Nimphes. Les unes s’apelloient Nayades, & c’étoient les Nimphes des Fontaines & des eaux , & les autres Néréides , & c’étoient les Nimphes de la mer , &c. ( Nos fontaines ce font nos larmes, D’ou vient ce changement ? Quel est notre forfait, Déesses autrefois , Nymphes pleines de charmes , 11 ne nous reste plus que des noms fans effet. Air. de la Monnoye. {§ La Religion Païenne étoit féconde en Divinisez de diférentes especes, & particulièrement en Nimphes, dont Noël le Comte a fait l’énumeration. Les plus connues, étoient champêtres , & atachées aux bois & aux fontaines. D’autres présidoient fur la mer, fur les fleuves & fur les montagnes ; ainsi elles exer- qoient leur empire fur la terre & fur la mer, avec cette diférence , que celles qui présidoient sur la terre, étoient apellées Nimphes ; & celles à qui les fleuves & les fontaines étoient consacrées, étoient distinguées par le nom de Naïades. A celles qui habitoient les étangs & les marais, on donna le nom de Limia~ des s à celles qui habitoient les bocages , celui de Nappées ; celles qui se plaisoient dans les bois, furent apellées Driades, ou Hamadriades , si elles étoient atachées à quelque arbre particulier. Les Nimphes qui habitoient les montagnes , furent nommées Oaca- des. Enfin , les Nimphes de la mer furent aussi apellées Néréides. f NIMPHE potagère. Mots burlesques, pour dire fille des champs. Jardiniere jolie. NIMPHE. Ce mot signifie quelquefois maîtresse , Se fur tout en poésie. La Nimphe que j’adore, l’autre soir aparut si brillante en ces lieux. Voit. po'es. C’est une Nimphe redoutable. Voit. po'és.) NIMPHEA, / / [ Nymphéa. ] Plante ainsi apellée, parce qu’elle vient dans les eaux. C’est 1 e Nénuphar. NIMPHES , / / pi. [ Pellicule , Nympha. ] Terme à’Anatomie. Ce mot est pris dans un sens métaphorique par les Anatomistes , & se dit en parlant des parties naturelles de la femme. Ce font des maniérés de petites ailes membraneuses qui font à côté du conduit de l’urine : & elles s’apellent Nimphes, parce qu’elles président aux eaux, & qu’elles les conduisent. Mauriceau. NIMPHES. Chez les Naturalistes est la petite peau qui envelope les insectes enfermez dans l’œuf, ou quand ils fe transforment. Ainsi la Nimphe n’est autre Q.q q * chose 494 NIV choses que le changement d’une chenille en un animal volant après s’être dépouillé de fa peau. t NINON, s- s Nom de âHs - qui veut dire petite Anne. ( Ninon est belle.) * MTORRE , s. s Fleur du Perou, qui aproche de la fleur d’Orange , & dont l’odeur est encore plus agréable. . (t MOT- Terme usité dans plusieurs Provinces, & qui signifie l’œuf qu’on laisse dans le lit des poules. On dit dans le Lionnois, Union. Le mot est dérivé de nidits. ± MOU , s- m. C’est une des mesures des Siamois pour les longueurs : elle revient à un pouce de pied de Roi moins un quart. Au dessous du Niou est le grain de ris, dont les huit font le Niou ; au dessus est le ken , qui contient douze Nious. H NIPER , r>. a. Fournir de nipes. ( On l’a bien nipé avant son départ. Cette mere nipera bien sa fille en la mariant. ) NIPES , s. f. fl. [ Mundus mulìebrìs. ] Sorte de petits meubles , comme bardes, linges , bagues & autres pareilles choses. (Il a de bonnes nipes. Abl.) f Tirer de bonnes nipes de quelque commerce, de quelque emploi , c’est en tirer beaucoup d’utilité, beaucoup d’avantage. t NIQUE , f /• [ Contumeliosa capitis porrefiio. ] Mouvement de tête pour marquer le mépris qu’on fait d’une personne. ( f Faire la nique à quelqu’un.) * Faire la nique aux richesses. Abl. Luc. [ Tìvitias sannis deridere. ] La prose & les vers font au croc, car Is monde leur fait la nique. Gomb. Ep. I. i. [ Les mots terminez en ique, Font aux Médecins la nique.) f MQUET , f nt. Ancienne monoïe qui valoit un double , ou deux deniers tournois. Volez Traité des momies par Le Blanc. 3= NISI. Plante de la Chine portant des feuilles semblables à celles du Violier. Les Chinois en font un remede pour toutes leurs maladies. Elle purifie le sang , elle répare les esprits, & résisté au venin. f NITOUCHE, f f. Faire la Sainte nitouche, c’est Proverb. faire le simple & l’innocent , faire l’hi- pocrite. ( Défiez-vous de cette Sainte Nitouche.) NITRE ■> f- m. [ Nitrum.) Sorte de salpêtre qu’on tire de la terre , qui est chaud , sec , de couleur blanchâtre , & qui a la saveur du sel. Dav. (Nitre naturel. Nitre artificiel. ) Volez Salpêtre. f NITREUX , euse , adj. [Nitrostu.) Qui tient du nitre. ( Ces eaux sont nitreuses ces terres sont nitreufes.) $ NITRIERE , s f. On apelle nitrieres les lieux où se forme le nitre. NIVEAU , s m. [ Libra , libella. ) Terme d ’Ar- cbiteìlure & de Maçon. C’est un instrument dont ie Maçon se sert pour dresser ses ouvrages. Instrument qui est utile au Maçon pour poser horisontalement les pierres & autres pièces servant à l’Architecture , & généralement pour dresser & aplanir tout ce qui doit être horisontal. ( Mettre de niveau. Mettre à niveau. Etre de niveau. < C’est-à-dire, n’être pas plus haut à un endroit qu’à l’autre. Ainsi l’on dit, cette allée est de niveau , ou n’est pas de niveau. Tu dirois reprenant ta pèle ton rat eau, J’aime mieux mettre encor cent arpens au niveau, Que d!aller follement égaré dans les rués, Me lasser à chercher des visions cornues. Despr. ) . *presser une allée suivant son niveau de pente. C’est à-dire , qu’il faut que la pente soit égale dans toute l longueur de l’allée, ensorte qu’elle paroisse unie d’ui bout à l’autre. On fait diverses sortes de Niveaux , entre lesquel le plus commode est un niveau d'air. C’est un pei aair enfermé dans un cilindre de verre plein d’eau « icelle hermétiquement par les deux bouts. Quam cette goûte d’air s’arrête justement au milieu du cilin % f--fl ndre sc trouve Posé horisontalement. V'intîlp ! , r y lUm c nt d ° nt 0n sc scrt pour niveler Peau Fr0ntm a dit: ' díquaemnes déversa b Serviïm lT n T e T Unt ' mdefit M ^ dam «Itìoribsilocì J rviantfef quidam emti m eminentiora non pojjimtfisc NIV Vitruve , lïb. Z. tajp. 6. nous aprend que l'on nivelait l’eau en trois maniérés. Lìbratur autem aqua dioptris, aut libris aquariis , aut chorobate. Le Traducteur de cet Auteur , après avoir remarqué, que libra aquarum n’est pas un niveau fait avec de l’eau , il ajoute qu’il y a aparence que cette balance , est le niveau dont les Fonteniers se fervent encore à présent, & qui est un instrument de cuivre , composé de deux régies, dont l’une est jointe à angles droits, au milieu de l’autre. L’ufage de cet instrument est , qu’étant pendu par l’endroit où les deux régies sont assemblées, la régie qui est pendante, tient l’autre à niveau, le long de laquelle on regarde. Cependant Félibien , dans ses Principes d’Architecture, a dit, qu’il y a plusieurs especes de niveaux , qui se font, ou par le moïen de l’eau qui donne immédiatement la ligne horizontale, ou à l’aide du plomb , dont la ligne tombe perpendiculairement fur la ligne horizontale , que l’on apelle la ligne de niveau. Voïez le reste. Davilers fait mention de plusieurs sortes de niveaux que je vais marquer. Niveau de pendule , celui qui marque la ligne horizontale par le moïen d’une autre ligne qui est perpendiculaire à celle que son plomb ou pendule donne naturellement. Niveau à lunettes , celui qui a une ou deux lunettes perpendiculaires à son plomb, qui ont chacune un cheveu ou un brin de soie mis horizontalement au foïer de verre oculaire, lequel scrt à prendre , & à déterminer exactement un point de niveau fort éloigné. Niveau àpinules , tout niveau qui au lieu de lunettes, a deux pinules égales, & posées fur & parallèlement aux deux extrêmitez de fa bâse, par lesquelles on bornoye le point qui est de niveau avec l’instrument, mais qu’on ne peut pas déterminer si précisément qu’avecdes lunettes, parce que , quelque petite que soit l’ouverture de la pinule , l’efpace qu’elle découvre , est toujours trop grand pour prendre exactement un point. Niveau de réflexion , est celui qui sc fait par le moïen d’une superficie d’eau un peu longue , représentant renverse le même objet que l’on voit droit avec les yeux ; ensorte que le point où ces deux objets paroissoient s’unir , est de niveau avec le lieu où est la superficie de l’eau. Niveau de poseur , celui qui est composé de trois régies assemblées, qui forment un triangle isoscéle & rectangle, comme un A Romain, & à sangle du sommet áuquel est atachée une corde où pend un plomb qui passant sur une ligne fiducielle tracée au milieu & d’équerre à la bâse, marque la ligne de niveau. Niveau de paveur, c’est une longue régie, au milieu & sur l’épaisseur de laquelle est assemblée à angle droit une autre plus large, où est ataché un cordeau avec un plomb qui pend fur une ligne fiducielle tracée d’équerre à la grande régie, & qui marque , en couvrant exactement cette ligne, que la bâse est de niveau. Niveau de Jardinier. Ce mot ne signifie pas moins la disposition d’un jardin, que l’instrument qui scrt à en dresser le terrein, &c. NIVEAU de la Campagne, s Soli superficies.'] Terme de Fortification. C’est une situation de terrein toute plate, & qui ne panche ni de part ni d’autre. Les talus & le déclin d’une hauteur sont le contraire de niveau de la campagne. Guillet , Art militaire. * Ajusté au niveau. C’est-à-dire , bien fait. Voit. poès. NIVEAU se dit au figuré , & signifie être égal & du pair avec quelqu’un. [ jEqualk , par ejse cum, (sc.) Quelle horrible peine pour un homme qui n’a que beaucoup de mérite pour toute recommandation, de se trouver au niveau d’un fait qui est en crédit ! La Bruy. NIVELE', E'E , par. f Libratus , libella aquatus .) Ce qui a été mis de niveau. NIVELER, v. a. [Aliquid ad libellant exigere.J Terme de Maçon. C’est voir par le moyen du niveau si ce qu’on fait est dans la régularité & la justesse que l’art demande. C’est chercher la disserence des hauteurs pour connoître les différentes élévations pour la conduite des eaux ou autres besoins. (II faut niveler cela.) NIVELER sc dit auílì figurément & bassement pour vetiller, Ianternér, s’amuscr à des bagatelles. [Nk- gari , nugas agere. ) II ne se met guére qu’à l’infinitif. ( Vous ne faites que niveler.) NIVELEUR , f. m. [_ Lìbrator. ] Celui qui se scrt du niveau pour placer quelque choie horizontalement, pour unir le terrein , ou pour conduire les eaux. NIVELLEMENT , f m. [ Libramen. ] C’est Faction de niveler. ( Le nivellement d’un terrein est difficile, quand il est d’une grande étendue.) Monsieur NOB Monsieur Picard a fait un traité du nivellement qui a été mis en lumière par les foins de Mr. de la Hire en 1684. f NIVETTE , s- s Efpece de pêche , qui meu- rit tard , & qui est d’un bon goût. NOBILIAIRE , st _ m. C’est un registre des No- blés de toute une Province , ou d’un pais. NOBILISSIME , adj. m. ÍNobì/iJslmms Qiialité qui du te ms de Justin, servoit à distinguer les Princes de la famille Impériale. Le P. Doucin. Bien avant ce tems-là on trouve fur les Médailles Nobilis César, ou Nob. C. C’est-à-dire, Nobilisfimus Cxsar. Ce titre est fort commun fur les Médailles du tems de Constantin. NOBLE à la rose , s. m. Sorte de monnoïe d’or qui est fort connue en Angleterre , & qu’Edoíiard III. fit battre en 1544. NOBLE à la rose. On volt par l’Ordonnance de François I. touchant les monoïes qu’il y avoit en France une forte de monoïe d’or , qu’on apelloit noble a la rose , qui étoit grande & large comme un fort grand écu d’or. 11 y avoit au milieu une maniéré de rose enjolivée de petites couronnes de fleurs de lis, & autres agrémens. Ce noble à la rose pefoit six deniers, & valoit cent deux fous. NOBLE-HENRI, s m. Monsieur Poissard, qui est un des plus habiles Conseillers de la Cour des monoïes de Paris, m’a fait voir que le noble-Henri étoit une vieille efpece de monoïe d’or Françoise du poids de cinq deniers dix grains , valant quatre livres quatorze fous. Cette monoïe avoit cours du tems de François I. & on tailloït trente-cinq noble-llenri au marc. Ce noble-Henri étoit grand & large environ comme un écu blanc , & avoit d’un côté pour figure un Prince fur son Trône avec une épée à la main , & de l’autre une croix au milieu de laquelle il y avoit une H , & tout autour de cette croix de petits lions couronnez. $ NOBLE homme. Qualité que les anciens Statuts de la Mercerie donnent aux Marchands Merciers , à cause qu’il leur est défendu de travailler de la main, comme les Artisans , aux Marchandises dont ils font commerce , leur étant feulement permis de les garnir & enjoliver. Aussi les mêmes Statuts difent-ils qu’ils font reçus noblement. NOBLE , adj. [ Nobilis. ] Qui a de la noblesse. ( II est noble. Elle est noble. ) NOBLE, adj. Qui apartient à la noblesse. (Un fief noble. La garde noble des en fans d’un Gentilhomme.) * NOBLE. [ Clarta , prastans. ] Grand. Courageux. Qui a quelque chose qui lent fa personne de qualité. ( Action noble. Cœur noble. Et je sçaurai d’un 2éle 'aussi grand que discret , A ce Noble triomphe aplaudir en secret. AI. de la vigne. ) fjf Mr. Racine a-t-il donné dans fa Phèdre, atí. 1. sc. ;. une qualité proportionnée à la dignité du Soleil, en l’apellant noble ? Noble U brillant auteur d’une illustre famille, Toi, dont ma mer e osait se vanter d’être telle, Qui peut-être rougit du trouble où tu me vois, Soleil , je te viens voir pour la derniere fois. Et quelque vers après, il donne à la poussière la même qualité de noble. Quand pourai-je au travers d'une noble poujjìere, Suivre de loin un char fuiant dans la carrière ? Je croi que fuiant est ici mal placé. Phèdre entend parler du char d’Hipolite, qui couroit après les bêtes, & ne fuioit pas. * NOBLE. [Eximiut.J Ce mot ce dit du fille &du discours. (Expression noble. Abl. Stile noble. On dit aussi une pensée noble, un sentiment noble. Une noble audace. Un noble orgueil. Une noble fierté.) * NOBLE. Terme d’ Anatomie. 11 fe dit de certaines parties du corps, & veut dire. Qui est absolument nécessaire à la conservation de l’individu. Le cerveau, le foye & le cœur sont les parties nobles. Quelques-uns ajoutent à ces parties les testicules, par- ce qu’ils font les principaux instrumens de la génération. Volez Barto/in. NOBLEMENT, adv. f Nobilium more , generose '2 D'une maniéré noble. (Vivre noblement. Fief tenu noblement. ) N OC 49 5 * NOBLEMENT. [ Egregiè , magnifie!. ] D’une maniéré noble. ( S’exprimer noblement. Pians un noble projet on tombe noblement. Defpr.) NOBLES , f. m. [ Nobiles. ] Ceux qui font nez d’une famille qui a de la noblesse. (Les Nobles font ambitieux & méprisons. Quand on me croiroit Noble à faire du fracas. Poùrrois-je me cacher que je ne le fuis pas. Bourf. Esope.) NOBLESSE , f. f [ Generis nobilitas. J Honneur & éclat qui vient d’une ancienne & illustre famile. (Noblesse ancienne. Noblesse moderne. Si pour votre noblesse il vous manque des Titres , ll faudra recourir à quelques vieilles vitres Où nota ferons entrer d’une adroite façon Tine devise antique avec vôtre écuíìbn. Bourf. Efop.) í NOBLESSE vient de vertu, Prov. C’est-à-dire, qu’un homme n’est proprement au-dessus d’un autre que par la vertu & par le mérite. f * Soutenir noblesse. C’est vivre noblement, faire une dépense convenable à la noblesse de fa naissance. NOBLESSE. C Nobilitatis ordo, corpus. ] Tous les nobles. II vouloir emmener toute la noblesse des Gaules. Abl. Ces. I. c. 2. î AJJemble'e de noblesse , c’est une assemblée particulière de Gentilshommes. (II reçût chez lui une grande assemblée de noblesse. ) í * NOBLESSE. On dit, noblesse de cœur, noblesse de fentimens, noblesse d’efprit, noblesse de pensées, noblesse d’expressions , noblesse de stile, &c. * On dit aussi d’une belle action , d’une conduite digne d’un homme généreux, qu’il y a beaucoup de noblesse dans cette action , dans la conduite de cet homme. {§ NOBLESSES. Dans l’article ço. de la nouvelle Coutume de Bretagne, les droits Roïaux font apellez ítoblejjes. Nous disons d’un homme qui vit avec quelque éclat, qu’il vit noblement , qu’il fait les choses avec beaucoup de noblesse. On divise la Noblesse en deux especes : I’une est la noblesse de race : l’autre est la noblesse civile. La première est apellée par Loi- feau , traité des Ordres, ch. 4. ingénuité ; ,, Car ( dit- „ il) à bien prendre garde , nous avons l’ingenuité, ,, qui est la noblesse provenant d’aucune race ; & celle „ qui provient des dignitez.” On sent d’abord la di- férence qu’il y a entre ces deux fortes de noblesse. Le même Auteur ajoute que la premiere n’a point de commencement s c’est-à-dire, qu’elle est ancienne, & que souvent sont origine est cachée dans les tenebres de l’antiquité; & c’est par là qu’elle est préférable à la seconde espèce de noblesse. La vieillesse rend la premiere espèce venerable ; & ce n’est qu’en fait de noblesse que les rides font autant de beautez , & produisent un éclat qui se répand sur toute la Décendance ; aussi on distingue les Nobles de race , de ceux de la noblesse moderne, par le titre de Gentils-hommes de nom Ê? (Parmes. Mais il n’arrive que trop souvent que la gloire des ayeux devient la honte de leurs successeurs, qui ne peuvent prouver leur noblesse que Par de vieux parchemins qièont épargné les vers. Boileau , fat. 6 . II feroit à souhaiter que l’on vit revenir ce tems heureux , où, pour me servir des termes de Mr.Defpreaux, dans so sixième satire, Chacun mettait fa gloire en fa feule innocence, Le mérite y faifoit la Noblesse U les Rois ; Et fans chercher l’apui d!une naissance illustre , Un Héros de soi-même empruntait tout son lustre. Mak enfin par le tems le mérite avili, Vit l’honneur en roture, Êf le vice annobli. NOCE , & noces, f. f. C Nuptia. 1 Festin qui se fait après les épousailles. ( Ils ont fait de belles noces. Aller aux noces. Etre de noces. Epouser en premiere noce. Epouser en seconde noce. Etre de la noce. ) f NOCE, se dit aussi de toute l’assemblée, de toute la compagnie qui s’est trouvée à la noce. ( Toute la noce est alée à la promenade , à la Comedie.) í Aler au combat comme à la noce, comme aux noces. Prov. On le dit d’un homme de guerre qui va gaiement au combat NOCE, 496 NOE sont ; mais NOCE. C 2Matrimonium. 3 Mariage. (La noce ra a donné la plus impudique des garces. Benser. p s. Assez dans d’autres tems vous pourrez satisfaire, Lui dit le Prince, aux tendresses du sang , Reprenez les habits qu'exige votre rang, Nous avons des noces à faire. Perr. Griseld.) f * Ce ne font que noces. C’est-a-dirc, ce ne que Fêtes , que réjouissances & festins. (G Messieurs de l’Académie écrivent nopces j je moi qu’on peut retrancher le p , puifqu’il ne taut pas le prononcer. Quand on parle d’un second mariage , on dit toujours au pluriel , secondes noces. C est avec raison que les secondes noces font odieuses lelon la Loi civile ; elles causent presque toujours de grands désordres dans une famille. Je doute fort que le fils de Demetrius fût content de la toison dont son Pere se servoit pour lui faire agréer le second mariage qu’il vouloir contracter : „ si je songe à me remarier, ce n est „ pas, mon fils , que je sois mécontent de vous, ,, comme vous l’aprehendez; c’est plûtôt que je vous „ trouve si honnête homme , que je veux tâcher de „ faire encore d’autres enfans qui vous ressemblent: „ je pense devoir cela à l’amour que j’ai pour la Re- „ publique , & à ma propre satisfaction.” Mr. Costar prétend dans la fuite de fa Défense , qu Erasme ote a Caton ce discours si peu consolant, pour le donner a Demetrius. Benserade a dit fort justement dans fa premiere balade à Mr. le Duc de Savoie : Noce , à vous dire ici ce que f en pense , Aux uns est joie , aux autres peine & croix. NOCHER, / m. [ Nauclerus. ] Mot poétique pour dire batelier. (Ta soeur nous a quittez, & le pâle nocher l’a portée dans fa barque. Main. po'és. Le chant des Sirènes perdoit autrefois le nocher qui l’en- tendoit. Voit. pois. Le nocher de la parque Pians une même barque. Passe indifféremment le vice U la vertu. Moue.) t NOCIER , nociere, adj. [ Pronuba. ] Ce mot ne se dit qu’en riant & dans le bas siile, & je ne Pat même trouvé que dans Voiture. (Sa torche nociere ondoyante lancoit mille divins éclairs. Voit. pois. H On disoit autrefois dans la Poésie , le Dieu Nocier, la nociere junon , pour dire , le Dieu qui préside aux noces, Junon qui préside aux noces. í NOCTAMBULE, / m. &/. [Nofìuabundmst On le dit des personnes , qui la nuit en dormant, se levent, marchent & courent sans s’éveiller. ch NOCTILUQUE,/ m. On donne ce nom aux vers luisons , au bois pourri, à la pierre de Boulogne & autres choses qui sont lumineuses & éclairent pendant la nuit. NOCTURLABE, s m. [ Nocíurlabium. ] Instrument par lequel à toute heure de la nuit on peut trouver combien l’étoile du Nord est plus haute & plus basse que le Pôle. Fourn. NOCTURNE, s m. [ Noclurnum. ] Ternie de Bréviaire. Ce mot sc dit en parlant des Matines , & veut dire prière pendant un certain tems de la nuit. ( Premier nocturne. Second nocturne.) NOCTURNE, adj. [Nofturnus. J Qui arrive de nuit. Qui apartient à la nuit. (Assemblée nocturne. Plaisir nocturne. Oiseau nocturne. Pollution nocturne.) NOCTURNE. Terme d 'Astronomie. Arc NoHurne, c’est Parc du cercle que parcourt le Soleil, ou un autre Astre, pendant la nuit. NODUS, f m. [ Nodus. ] Terme de Chirurgien. Tumeur contre nature qui vient fur les os du corps humain, & fur les jointures, engendrée d’une humeur crasse , froide, visqueuse, & qui souvent procédé de quelque mal vénérien. ( Cet onguent à la vertu de résoudre les nodus. Acad. Fr.) .NOE',/»*. [Nor.J Nom d’homme. (Le Patriarche Noé etoit un saint homme. C’est de ses enfans tous les hommes sont dècendus après le Déluge. Voiez la morale de Confucius , i. partie, pag. 4 . A la fainéantise un Prêtre d’évotié Et d une ignorance profonde, EJt considéré' dans le monde Comme l étaient les rats dans P arche de Nos. Bours. lett. ) NOI NOEL, / m - [Chrifti natalisdies. ] Prononcez Nouel. Ce mot veut dire les Fêtes pendant lesquelles on célébré la Nativité de Jesus-Christ, & en ce sens, le mot de Noël n’a point de pluriel. (Nous aurons Noël dans un mois. II n’y a plus que trois semaines jusqu’à Noël.) f On a tant crié Noël qu’enfin il est venu. C’est-à-dire, on a tant parlé d’une chose qu’enfin elle est arrivée. $ Bâche de Noël. On apelle ainsi communément, une grosse bûche qu’on met au feu le jour de Noël, pour entretenir le feu pendant toute la nuit. NOëL , f. m. [_ Natalium Christi carmen. ] Chanson spirituelle sur la Nativité de Jesus-Christ. Le mot de Noël en ce sens a un pluriel. (Un beau Noël. Des Noëls bien touchans. Les Noëls du Sieur Franqois Colletet sont de plaisons Noëls.) NOEUD. Volez Neud. f NO GUET , / m. Espece de grand panier d’o- sier , très-plat , plus long que large , dont les angles sont arrondis , & les bords n’ont qu’environ deux pouces de hauteur. On arrange dans ce Noguet des petits paniers de fruit, ou des pots de crème & des petits fromages, qu’on crie dans les rues. í NOGUETTE , / / Nom que l’on donne à Paris par dérision aux filles qui fervent les Maîtresses Lingères dans leurs boutiques ; il se dit particulièrement de celles du Palais. í NOGUETTE, signifie quelquefois une Revendeuse. é NOïALE , ou NOYALLE,// Espece de toiles de chanvre écrues, très-fortes & très-serrées, qui se fabriquent en Bretagne , dont l’usage est pour faire des voiles de vaisseaux ct bâtimens de mer. II y en a de plusieurs sortes. NOïAU , / m. [ Nucleus. ] Maniéré d’os qui n’ait dans de certains fruits, & dans lequel se conserve la semence de ces fortes de fruits. Tels sont les noyaux d’olives, de pêches, d’abricots, de cerises, &c. (Un gros, ou un petit noyau. Casser un noyau.) NOYAU. [ Tormenti or. J Terme de Fondeur , qui se dit en parlant de fonte de canon. C’est ce qui fait le calibre de la piece de canon lorsqu’elle est en moule. * NOYAU. Terme d ’Architecte. La partie du milieu des planches des anciens. Perraut, Vitruve. NOYAU , ou vis de montée. [ Scapusscalarum.) Pièce de bois où toutes les marches sont emmortaisées, ct tournent autour en lignes spirales. NOïER. Volez Nëíer. NOïER, / m. [ Nux juglans. J C’est un grand arbre ayant de longues racines , le tronc haut avec plusieurs branches, l’écorce grisâtre & crevassée quand il est vieux. Le bois de noyer est beau & plein de veines agréables. Ses feuilles sont larges, & ont une odeur forte. Le noyer aime les montagnes & haït les eaux. Son ombre est nuisible. f Ayant fait devant lui venir ses Métayers, Ecoutez bien mon ordre , U que chacun le suive, Dans tous mes champs , plantez-moi des noyers, Pour faire de l’huile d’olive. Bours. lett. J NOIR, noire, adj. [ Niger , ater. J Ce qui est oposé au blanc. ( Drap noir. Etoffe noire. Couleur noire. Poil noir. Yeux noirs.) * NOIR, mire. [ Malus , scelestus , nefandus.'] Méchant. Infâme. Scélérat. (Ils sont tout blancs au dehors, & tout noirs au dedans. Destreaux , Discours au Roi. Les Daufinois ont le corps blanc & Paine noire. î * NOIR, se dit tant des crimes & des mauvaises actions, que de ceux qui les commettent. ( Un crime noir , noir attentat, noire trahison, action noire, malice noire, homme noir, esprit noir.) í * Rendre noir , c’est diffamer quelcun, le faire passer pour méchant & criminel. ( On i’a rendu fort noir dans cette a faire.) N OIR , noire. [Obscur m , pulhss.~\ Obscur. Sombre. (Noire forêt. Voit. poës Prison noire. Voit.poës. Si je pouvois trouver d’ajsez noires couleurs , Que f aimerais à faire une fidèle image Du fond de leurs perfides cœurs. Desh.) NOIR , mire , adj. [ Plumbeus , lividrn. J Les Chirurgiens apellent noir, ce qui est meurtri ct livide. ( 11 est tout noir de coups, On apelle les dents noires, lorfqu’elles ne sont pas blanches, ê Bêtes NOI f Bêtes noires. On apelle ainsi certaines bêtes, comme le sanglier ; pour les distinguer des bêtes fauves, comme le Cerf. f Viande noire. On le dit de certains animaux, dont la cirait tire un peu fur le noir, comme le lièvre, la beccasse, &c. 4 Blé noir. C’est une forte de blé , qu’on apelle aulfi hié sarrasin. f NOIR, signifie aussi, sale, Crasseux. ( Porter du linge noir, avec les mains noires. ) * La bile noire. [ Air a bilk. ] C’est la mélancolie. * Vapeurs noires. Ce font des vapeurs mélancoliques qui montent aux cerveau. * Un noir chagrin. [Aspérités , morofitaslj C’est une tristesse profonde & mélancolique. NOIR, f. m. [. Nigrum, atrum. ] Terme de Teinturier. Couleur faite de galle, de couperose , de bois d’Inde , & d’autres drogues, qui ramasse & fixe la vûë. (Un beau noir. Un mauvais noir. Donner le noir bien à propos à une étoffe. Mettre én noir. f Nigro colore intuj'care. j C’est teindre en noir. NOIR , f m. [ Fulìgo. J II y a de plusieurs fortes de noir il y a du noir de fumee dont i'e fervent les imprimeurs en lettres ; il y a du noir d’os ou d’ivoire brûlé , qui sert aux Peintres ; & du noir en pierre qui est fait de lie , qui sert aux Imprimeurs de tailles douces. 4= NOIR d’efpagne. C’est du noir fait avec du liège brûlé , qu’on emploie à divers Ouvrages. Les Espagnoles l'on t trouvé les premiers. * L’homme va du blanc au noir. Defireaux , Bat. 8° [Nihilhomini médium est.'] C’est-àdire, il est inconstant, & prend presque du même moment des sentimens tout oposez. ^ * Voir tout noir,voir bien noir dans une afaire. C’est prendre les choses de mauvais côté, prévoir tous les événemens les plus tristes & les plus funestes. ( 11 volt toujours noir, il voit bien noir. ) 4= * Vendre du noir. C’ést tromper quelcun , lui en faire accroire. (Vous ne nous vendrez pas du noir. NOIR centre d’une carte où il y a un cercle noir où les Arquebusiers tâchent de donner pour avoir le prix. J’ai donné dans le noir. ) On apelle en Poésie le Styx , tonde noire. ( Quand on a passé tonde noire. Adieu le bon tems & les amours. ) On dit d’un tems obscur. Le tems est bien noir. 11 pleuvra des Prêtres. On dit d’un homme qui n’est pas fi méchant qu’il paroit. Qu’il n’est pas si diable comme il est noir. Gare le pot au noir. Terme qui aver- - tic celui qui joiie ayant les yeux bandez NOIRâTRE , adj. f Obater, subniger.] Qui tire fur le noir. ( Couleur noirâtre ) NOIRAUD, noiraude, adj. Nigellus , nigris pilis. ] Le féminin de ce mot est peu en usage. ( // est noiraud. C’est-à-dire , il a les cheveux noirs. ) Noiraud, f. m. Celui qui a les cheveux noirs. ( C’est un gros noiraud. ) NOIRCEUR , f. f. [ Nigriiudo, nigrities. ] C’eflice qui est opofé à la blancheur. f Ce Dieu quiseul m’est toutes choses , Aime mieux ma noirceur que vos Ik A? vos roses. Godeau , poës. i. part. élogue i. ] Cela éfàce la noirceur de son action. Molière, Ecole des femmes, a. S-sc. 4- s Votre caur jamak ne vous expose Aux déréglemens, aux noirceurs Oue la foìblejfe humaine cause Et sur íe mérite g? les matas-. Desh. ] NOIRCIR , v. a. [Nigritie inficere.] Rendre noir. Faire noir. ( Noircir un cadre. Noircir le talon d’un soulier. ) - NOICIR, v.n. [ Nigrescere. ] Devenir noir. ( II y a des pierres qui -noircissent, ou se noircissent à Pair. ) * NOIRCIR- [ Famam violare. ] Difamer. Oter la réputation. ( II est permis aux Prêtres de prévenir ceux qui les veulent noircir par des médisances, en les tuant. Pasc. I. t. On les a noirci dans les chaires. Pasc. I. ;. On croit souvent noircir autrui qu’on se noircit soi- méme. Benserade Rond. ) 4= NOIRCISSEURS, s. m. Ouvriers qui font l’ache- vement des noirs. II se dit particulièrement à Rouen, où le* Noicisseuïs font du nombre des Maîtres qui NOÏ 497 composent la Communauté des Teinturiers. Les autres font les Garanceurs & les Guesdrons. NOIRCISSURE, s. s. [Nigritici induflio.] Enduit de noir. ( La noircissure de ce Caresse coute tant. Une noircissure faite de vernis. ) NOIRE, s f. Terme de Musque. Sorte de note qui n’a rien de blanc, & qui Se vaut que la moitié d’une blanche. ( C’est une noire. ) 4 NOIRS , s m. Habitans de la Nigritie fur les côtes d’Afrique. NOISE, s s [Altercatio, rixa.J Querelle. Disputé. ( Bien-tôt nos gens ont noise fur ce point. La Fontaine , nouveaux Contes. II vit fans bruit , fans débat, stras noises & fans procès. Dtjjsr. Bat. Z- í,esf, les cas, lès contrats font la porté Par où la noise entre dans t Univers. La Font. ) Cf On donne au terme noise diférentes étimoîogtes : les uns le décrivent de noxa ou noxia : les autres, comme le P. Labbe , part. 2 .pag. 84. veulent qu’il ait été formé du bruit & tumulte tel qu’il arrive quand en déchargeant on jette ou qu’on remué des noix dans un grenier. Enfin Perion le fait venir du Grec Vos-« NOISETTE s f [ Avellana. ] Fruit de noisetier. (Une petite noisette. Une grosse noisette. Les noisettes nuisent à l’estomac. ) * f Presenter des noisettes à celui qui n’a plus de dents. Proverbe. C’est lui offrir une choie dont iì n’est pas en état de se servir. 4= Couleur de noisette. C’est un gris qui aproche de là couleur de la noisette. ( Drap de couleur dé noisette. ) NGISETTIER , s m. [ Qorillus saliva. J Arbre qui porte les noisettes , & qui est le même qu’on apelle coudrier■ Voiez coudrier. NOIX, s f- [ Nux. ] Fruit de noyer. ( Une bonne noix. Une méchante noix. La noix sèche est chaude, Les noix frêches nuisent moins à l’estomac que les noix sèches. Abattre des noix. Dealer des noix. Huile de noix. Là le Villageois le régalé De raisns , de pommes, de noix » Mak quoi que Jbn zélé étale , Rien ne touche le Bourgeok . Bouts. Esope. ) NOIX angleuse. [Nux angulosa.] Celle qui tient tes- lement à la coque -, qu’on ne peut la tirer que par morceaux. NOIX confites. [ Nux jaccbaro condita. ] Ce sont de* noix vertes qu’on a cuites & accommodées avec du sucre,de l’écorcede citrón, de l’ambre , du musque, &c. ( Faire des noix confites. Ambrer , musquer, des noix confites. Les Meilleures noix confites sont celles de Rouen. ) NOIX d’Inde. [ Nux Indica. ] Ce font de grosses noix qui viennent à un arbre semblable au palmier. Volez Matiole. La Noix d’Inde est le fruit de l’arbrë qu’on nomme coco. NOI Xvomique. s Nux emética. j Terme de Droguiste. On dit qu'elle fait mourir sur le champ les chiens ou les loups qui en mangent. 4 La noix vomique est le Fruit, ou comme quelques Auteurs veulent, Je noïau du fruit d’un arbre qui croît en plusieurs endroits de PEgipte. 11 s’én trouve aussi dans les Isles de Timor & de Ceylan. On assure que ces noix sont un poison assuré pour les animaux, mais Sion pas pour les nommes. NOIX de galle. [ Nux galla. ] Sorte dé fruit de chêne. (Les noix de galle sont froides & sèches & fervent à faire de l’anere&à teindre. ) NOIX muscade. Volez Muscade. On apelle noix la partie de ressort d’un fusil qui est faite en demi cercle, & qui sert à la débander. On disoit aussi noix d’arbalêtre. [Minork fistulaschaste- rium, ] La noix d’un moulin à cassé. 4 On apelle aussi noix , l’os qui Fait l’emboitement de la cuisse avec la jambe. (La noix du genoux.) 4 NOIX; Les Potiers de terre apèìlent la noix de la roue fur laquelle ils tournent les ouvrages de poterie* ì’arbre ou pivot qui lui sert comme d’essieu. Ils le nomment ainsi , parce que la tête de Cet arbre est presque ronde & en forme de noix, à la réservé qu’ëllë est aplatie par en haut, pour y. placer le morceau de tyrre-glaife qu'yn v««t travailler. Tonne IL &it Nui 4Q 8 NOM Noli me tangere. Ces mots Latins font le nom que les Médecins donnent à un tel ulcère malin , qui vient au visage , & qui est une efpece de chancre. ( . C’est auffi le nom d’une plante qu on a nomme ainsi, parce que pour peu qu’on la touche, elle se détaché par piéce de ion pédicule. £ Balsamina tut eu, ou no- li me tangere. J _ _ , _ , f NOLIGER, ou Nolìser. Terme de Commerce de mer en usage sur la Méditerranée. II signifie la même chose que fréter sur l’Ocean , C’est-à-dire , louer ou donner à louage un vaisseau. NOLIS, ou nolijsement s. m. s Naulttm, ] Terme de Marine. C’est fur la Méditerranée la même chose que ce qu’on apell t fret sur l’Ocean ; Voïez Fret ., f On dit aussi No/age , ou louage d’un vaisseau , le prix qu’on donne pour le fret. NOM, s. m. [Nomen.~] On peut dire généralement parlant, que le nom est un mot qui sert à nommer chaque chose. Mais si on descend dans le particulier, & qu’on regarde le nom en Grammairien , on le divisera en nom substantif & nom adjectif. Le nom substantif est un mot qui a genre, nombre & cas. Le nom adjectif marque d’ordinaire quelque maniéré d’être , ou quelque qualité, bonne , ou mauvaise. Etre long , large, noir, bon , mauvais , font des noms adjectifs. ( Un nom propre, un nom commun, appelatif, dérivé. Voïez là-dessus VoJJìus , Scìopìus SanHius, &c. Je ne puis rien nommer st ce n’ejiparson nom , J’apelie un cbatun chat , ffj Rolet un fr ipon. Despr. ) ( Un beau nom. Un nom glorieux. Un nom vilain & ridicule. Un nom de Baptême. Apeller par son nom & surnom. Donner un nom. Prendre un nom. Porter un nom illustre. Ablancourt. Nom de Seigneurie. Nom de guerre. Nom de Religion. Nom de Romain. Etson rare sçavoir augmentant son renom , Tirait beaucoup (F éclat de son auguste nom. Mile. de la Vigne. Et quand, le nom d’Amant se change au nom d’Epoux, L’ amour perd aujsì-tòt ce qu’il y a de plus doux. S. Evrem. ) {$ NOM- Ce terme est generique. On apelle nom, tout ce qui sert à faire conoîttre les choses animées & les inanimées. A l’égard des hommes, on apelle nom propre ; celui que l’on reqoit en naissant , dans le Batême , comme Jean, Pierre, Philipe. Le nom de la famille est apellé surnom , comme Louis de Balzac; Louis est le nom propre : de Balzac est le surnom. Plusieurs ont un troisième nom, lequel est quelquefois un sobriquet, qui est une espèce d’épitéte, comme Louis le Juste, Richard fans peur. Quelquefois aussi le sobriquet marque le fief dont on est en possession, comme, François du Bec de la Sablonniere. Ces sobriquets ont presque toujours une origine que le hazard a fait naître; ou bien les qualitez du corps, del’efprit, ainsi que quelque action particulière , ont donné lieu à désigner une personne pour en faire connoitre le mérite, le caractère , & même le démérité : ainsi notre Roi Philippe fut surnommé le belàcauCe de sa beauté : le Chevalier Bayard fut surnommé fans peur U fans reproche, à cause de la fermeté de son courage. 11 y a des sobriquets , qui finissent avec les personnes , & d’au- tres qui restent atachez à la famille. On a toujours donné le nom propre dans un certain tems ; mais les surnoms ont été imposez par hazard. Les Hébreux don- noient le nom à leurs enfans dans la circoncision. Macrobe & plusieurs autres nous apprennent que les Romains imposoient les noms aux enfans mâles le neuvième jour de leur naissance; & aux filles le huitième jour : & quant aux Athéniens , ils nommoient indifé- remment tous leurs enfans le dixième jour de leur naissance. Au reste le changement de nom a toujours été permis , pourvu qu’il n’intercssât point quelque autre famille considérable. Platine veut que Sergius ait été le premier des Papes qui ait changé son nom : Baromus attribue ce changement à Sergius III. Onu- phnus a Jean XII. ou plutôt à Jean XIII. & tous en- ìembie estiment que ce changement â été établi fur 1 exemple desaint.Pierre, qui s’apelloit Simon avant que d être fait Chef de l’Eglise. On dit que les Nobles Vénitiens ne changent jamais de nom , & ils evitent par la les tromperies qui se sont faites , & q„i peuvent sc faire sous de faux noms. La superstition NOM qui a toujours régné dans le monde , a persuadé aux petits esprits qu’il y avoit des noms heureux , & d’autres malheureux. On demande si les noms sont plus anciens que les armoiries. 11 est assez dificile de répondre à cette question: mais je croi avec Chassanée, qu’il y a des noms qui précédent des armoiries , & des armoiries qui procèdent des noms. A l’égard des bâtards , ceux qui ont été avouez & reconnus par leurs peres, peuvent porter leurs noms : mais ceux qui ne sont point avotiez , n’ont pas la même liberté. Mr. Ménage a fait un long chapitre dans le second tome de ses Oservations fur la Langue Françoise , fur les noms propres Latins , & comment on doit les traduire en notre Langue. J’avoue que j’aî lû autrefois avec peine ces deux vers de Mr. Corneille dans son Pompée , art. ;.Jc. 4. C’est Corneille qui parle : Veuve du jeune Crasse , £5? veuve de Pompée , fsc. Je l’ai porté pour dot chez Pompée fs chez Crasse. Est-il possible que le Poète n’ait pas senti l’éfet d’une équivoque si désagréable ; II a été gêné par la rime & par la loi de la versification. Crashs n’est point un terme qui sonne mal ; II est Romain , & l’on y est accoutumé. Nous lisons dans la Pharsale de Mr. Brebeuf. . Et des Paries vaincus Faire un beau sacrifice aux manès de Crajfus. J’invite le lecteur à voir le chapitre que je viens de citer. Je me contenterai de raporter ici les réglés que Air. Ménage nous y a proposées. ,, Je fuis ( dit-il ) de „ l’avis de ceux qui conformément à l’ufage, laissent „ la terminaison latine à certains mots, & qui donnent „ la Françoise à d’autres. Les mots qui sont fort „ usitez , ont presque tous la terminaison Françoi- „ se, comme Orphée , Hornere U Virgile ; ainsi les ,, noms des Saints se prononcent aussi à la Françoi- „ se. 11 faut en excepter Thomas , Mathìas , Bruno, „ & quelques autres, il faut aussi remarquer que les „ Poètes francisent beaucoup de mots latins , que les. ,, Prosateurs laissent dans leur langue. Quand il y a ,, deux noms qui composent un nom, ce nom d’or- ,, dinaire se prononce en latin , Petronim Pristus, „ Julius Actimus , Horatius Flacus , si ce n’est que „ l’un & l’autre de ces noms soit fort connu, Jule ,, César , Marc-Antoine , Tìte-Live. Mais quand y en ,, a trois , ils se disent toujours à la latine , quand „ même iis seroient fort connus , Marcus Tulliuf „ Cicero , Cditss Julius César. ” * Nommer les choses par leur nom. C’est-à-dire , en parlant franchement, elle sc défend du nom , mais non pas de la chose. Molière. _ * NOM. Réputation, f Fama. J Toute mon ambition est de rendre service aux gens de nom & de mérite. Molière , Sicilien. II s’est fait un nom immortel par fa valeur. * Nom de Jésus, f. m. Terme de Papetier. Papier fin de toutes les manières ( Donnez-moi du nom de Jésus. ) nom de Dieu , faites - moi cette grâce. [ Per Deum. J C’est une maniéré de conjurer quelqu’un. Les Chrétiens baptisent au Nom du Pere, & du Fils, & du S. Esprit. Les Apôtres faisoient des miracles au Nom de Jésus, & ils prononcent le pardon des péchez en son Nom. 11 est défendu au troisième Commandement de prendre le Nom de Dieu en vain Agir au nom de quelqu’un. [_Nomine alicujus agere. J C’est-à-dire, suivant le pouvoir qu’il a donné. Les cautions solidaires s’obligent en leur propre & privé nom: Terme de Pratique. NOM. [ Chyrographus. ] Se prend pour la signature. ( 11 est défendu dans les actes de changer , de supposer son nom , & «Remprunter celui d’autrui. ) NOM. [ Virtus , potestas , autorisas. J Se dit auffi du pouvoir, du mandement de l’autorité , en vertu de laquelle on agit., ( Le Baptême pour être valable doit être administré au nom du Pere , & du Fils , & du Saint Esprit. ) On dit Proverbialement, C’eJtune chose quin’apoint de nom. On m’a sait décliner mon nom. Rien ne fait plus de peine à une femme que de l’apeller par son nom : & de lui dire vous êtes une femme. NOMANCIE , Nomance, s. f. rOnomantia.J Bien des gens disent l’une & l’autre, mais le grand usage est pour nomancie. C’est une art qui par le moyen des lettres NOM lettres du nom de baptême d’une personne , devine ce qui peut arriver de bonheur, ou de malheur à cette personne. ( Catan a écrit avec réputation de la no- mancie , mais sages gens, en qui je crois assez , disent que ce qu’il en a écrit n’est que folie, & que cet art est une vision Italienne. ) í NOMBRANT, adj. On dit nombre nambrant , de Taplication d’un nombre à quelque sujet que ce soit. Ce terme n’a point d’autre usage. NOMBRE, s m. C Humérus. ] Terme d’ Arìtmétì- que. Assemblage de plusieurs unirez. (Un grand nombre. Nombre pair. Nombre impair. Nombre entier. Nombre rompu. Nompre premier, nombre composé. Nombre plan , nombre solide. Nombre quarté , cubique , &c. Nombre parfait. Nombre sourd ou irrationnel , &c. ) NOMBRE flan. [ Numerus planus. ] Est celui qui provient de la multiplication de deux nombres. Par exemple, Jìx est un nombre plan, parce qu’il vient de la multiplication de ;. par 2. car 2. fois 2. font 4. Les nombres qui etant ainsi multipliez l'un par l’autre produisent un nombre flan , s’apellent les côtez de cc plan : ainsi 2. L ;. sont les côtez de 6 . NOMBRE solide. [ Humérus so'idns. ] Est un nombre qui provient de la multiplication d’un nombre plan par quelque nombre que ce soit. Par exemple 18- est un nombre solide fait de 6. multiplié par 5. NOMBRE quarré. (Humérus quadratus. j) Est un plan dont le s côtez sont égaux , comme 4. provenant de 2. multiplié par 2. ou 9. provenant de 3. multiplié par Un nombre quarté fe peut ranger en quarté, & le nombre qui se peut ranger en quarré, est quarté. NOMBRE cubique. (Humérus cubicus.] Est celui qui se peut ranger en cube, comme 8- ou 27. donc les côtez font 2. & 6t les bases sont 4 & 9. Tout nombre cubique multipliant un autre nombre cubique , produit un troisième nombre cubique. NOMBRE impair est celui qui ne sc peut diviser également sans fraction qui est plus grand d’une unité que le pair. La somme de deux nombres impairs fait un nombre pair ; la multiplication de deux nombres impairs fait un nombre impair. NOMBRE pairement pair. Voïez Pair. NOMBRE pairement impair. V oïez Pair. NOMBRE premier ou primitif est celui qui ne peut être mesuré que par l’unité, comme 19. 29. i;. 7. 1?. &c. NOMBRE composé, est celui qui sc peut diviser en plusieurs parties égales , qui peut être divisé par d’au- tres nombres que par l’unité. Ainsi 4. est mesuré par 2. 6 . par ;. &par 2. &c. NOMBRE parfait, est celui qui est égal aux parties qui le composent, C’est-à-dire , à tous ses diviseurs si on les ajoûte ensemble, comme 6. est parfait, parce qu’il égale la somme de 1. 2. ;. qui sont les parties : 28. est un nombre parfait, parce qu’il est égal à la somme de tous ses diviseurs I. 2 4. 7. 14. NOMBRE sourd, ou irrationnel, est un nombre qui n’a pas de proportion avec un autre, & qui par conséquent n’est pas un vrai nombre. Car il y a toujours proportion rationnelle entre tous les vrais -nombres, & même entre les fractions quelques qu’elles soient, & toutes les quantitcz qui sont entr’elles cnmme nombre à nombre font entr’elles en proportion rationnelle & font commenfurables, parce qu’elles ont au moins l’unité pour mesure commune. NOMBRES casques. Terme A’Algèbre. Ce sont les diverses puissances d’un nombre multiplié plusieurs fois par lui-même. Racine , quarré, cube, quarré de quarré , cube cubique , &c. sont ces cojìques. NOMBRE entier, est celui qui est fans fraction, qui se peut partager en unirez fans aucun reste, comme t. 2. ?. 4- 1- 6 . &c. NOMBRE rompu. C’est un nombre divisé en plusieurs parties ou fractions, qu’on écrit avec deux rangs de chifres divisez par une ligne , dont celui de dessus est le numerateur;celui de dessous le dénominateur j signifie un demi , L un tiers, i trois cinquièmes, c’est-à- dire , trois parties, un tout divisé en cinq parties, trois de cinq. Dans toute vraye fraction , le numérateur est moindre que le dénominateur. Ainsi ~ n’est pas une fraction proprement dite, car huit quarts sont NOM 499 deux entiers. Toute fraction est à l’unité comme son numérateur est à son dénominateur. NOMBRE poligone , en terme d’ Algèbre , signifie un nombre áplusieurs angles , qui se forment par dénombrés en progression arithmétique ou égale; en telle forte que s’ils étoient arrangez & marquez en points, ils serment une figure à plusieurs angles : par exemple, si on marque un point en haut, deux en bas, cela fera un triangle , & le nombre de trois fera un trigone : si on marque deux en haut, & deux en bas, cela fera un quadrangle ou nombre quarré , qui fera quatre, ce qui arrive , quand la progression va seulement par un ou deux. Mais si la diférence du nombre est de trois, elle fera un pentagone; si elle est de quatre, un hexagone ; si elle est de cinq , un heptagone ; & ainsi du reste. Voïez l’Algèbre de Mr. Prête! , où les propriétés de ces nombres font bien expliquées. NOMBRE, en termes de Palais, & en plusieurs arts, sc dit aussi d’une quantité incertaine, indéterminée. Humérus incertm , indeterminatus. Quand On dit, j’ai été mille fois chez lui, on prend un nombre certain pour un nombre incertain. Un nombre rond , c’est cent ou mille, &c. Nous frétions pas nombre , c’est-à- dire nous frétions pas assez pour juger, pour tenir chapitre , & délibérer. II faut céder au nombre, à la force, à la pluralité. Dans les grands corps, la plûpart ne servent que de nombre. II a nombre d’envieux. II a un nombre innombrable d’écus. On dit, mettre au nombte ou du nombre , pour dire, dans le rang, dans la liste, dans le catalogue : on Tamis au nombre des Saints. 11 est du nombre des exilez. II s’est mis du nombre : pour dire , il s’est mis dans les troupes. On dit auffi dans le Blason , des étoiles, des fleurs fans nombre, quand l’ecu en est chargé, fans qu’il y ait de nombre prescrit. f NOMBRE Cardinal. On apelle ainsi quelque forte de nombre que ce soit, comme un , deux, trois , &c. f NOMBRE d’ordre ou Cardinal. C’est tout nombre qui sert à marquer Tordre , comme premier, second , troisième, &c. H NOMBRE Colleftif. Tout nombre qui marque assemblage de plusieurs nombres, comme une dixaine , une centaine, &c. f NOMBRE nombré, se dit de l’aplication du nom- brant à quelque sojet que ce soit. (Un grand nombre d’hommes, un nombre infini de monde , un nombre suffisant. ) NOMBRE, en Musque, en Poésie , en Rhétorique, se dit de certaine mesure , proportions , ou cadences, qui rendent agréable à Toreille un air, un vers, une période. 11 y a un certain nombre qui rend les périodes harmonieuses. Thucidide par le nombre élevé de son discours, fait qu’il semble qu’on soit présent à une bataille , & qu’on y entende la trompette. Art de P. Les Vers font composez d’un certain no-mbre de pieds otí syllabes. Toute Musique a un certain nombre de notes. Ces nombres font ces instrumens merveilleusement propres à remuer, & à agiter les passions. Art de P. NOMBRE. En termes de Grammaire, sc dit du singulier & du pluriel , & du duel chez les Grecs & les Hébreux. C Hnmerus Jingutark , dualis , pluralis. J II faut que le substantif & l’adjectif s’acordent en genre,en ças, & en nombre. NOMBRE. (Humérus.'] Terme de Grammaire. C’est le singulier, ou le pluriel du nom. (Singularis. ] C’est un nombre qui ne désigne qu’une seule personne , ou une seule chose. Pour le nombre pluriel. [ Pluralis. J C’est celui qui marque plusieurs choses , 011 plusieurs personnes. ) NOMBRE. Rang. (Inter. ] ( Poussin est au nombre des excellens Peintres. Ablancourt est au nòmbre des cxcellens Auteurs François. ) NOMBRE. [ Harmonia. ] Terme de Rétorique. Harmonie qui vient de l’arrangement des mots. ( La diction veut être renfermée dans quelque nombre. La prose a un nombre qui est dirérent de celui de la poésie.) NOMBRE. Terme d 'Aritmétique. Chifré. Marque de chifrè. En agriculture on apelle un nombre de gerbes, douze gerbes. ( II faut trois nombres de gerbes de bled pour faire un sérier de grain. ) NOMBRE d’Or , ou le grandCiel délà Lune. (Áureiti nmnerus. j Terme de Cronolo^e. C’est une révolution, de dix-fteuf ans, trouvez par Meton, pour tâcher d’a- Tome IL R r r 2 cotàss 500 NOM corder Farinée Lunaire avec celle du Soleil, au bout desquels on trouvoìt que les nouvelles Lunes reve- noient aux mêmes jours que la Lune recommençoit ion cours avec le Soleil à un heure prés , & quelques minutes Ce nombre a été apellé nombre d Or , ou a cause de son utilité, ou parce que ceux d’Alexandrie l’envoyerent aux Romains dans un Calendrier d’argent, oú les nombres depuis un jusqu’à dix neuf étoient en lettres d’or. Port-Royaì , Métode Latine. NOMBRES. [Numeri.] Livre du vieux Testament, où Moïse fait le dénombrement du peuple de Dieu par Tribus, & qui est le cinquième du Pentateuque. ( J’ai lû les Nombres. ) NOMBRER, v. n. [ Dìnumerare. J Terme à’Aritméti- qite. Dire la valeur des nombres. Exprimer la valeur d’un ou de plusieurs caractères aritmétiques mis en ordre. ( Nombrez cela. ) NOMBREUX, nombreuse , adj. [ Numerofia. J Qui est en grand nombre. ( Peuple nombreux. Une armée nombreuse. Abì. ) * NOMBREUX , nombreuse , adj. [ Harmonicus. J Ce mot se dit du langage , & c’èst un terme de Rétori- que , qui lignifie plein d’harmonie. Qui a du nombre. La langue Espagnole a quelque chose de nombreux. Une période nombreuse. Abl. La prose de Patru est nombreuse. ) NOMBRIL î f m- [ Umbilicuí. ] Espece de nœud qui lie les intestins, & qui paroit presque au milieu d u ventre. jrts On lit dans un fragment de Malherbe: EUe ítoìt iusqu’au nombril fur les ondes paroìjjante. Peut-être que ]e Poète auroit éfacé nombril , s’il avoit achevé l’ou- vrage. Le terme n’est reçú que par les Médecins & Anatomistes. Les Latins n’ont pas la même délicatesse pour Umbilicuí ; car Plaute , dans le premier acte des Menechmes, a dit, pour exprimer cet endroit du jour que nous apollons le midi : Dies quidem ad umbilicum dimidiatus mortuus. Et ce terme signifioit le milieu de chaque chose. Pline apella la Sicile, umbilicum Italia. Les Anostronomes & les Géographes s’en fervent dans le même sens , comme on peut le voir dans le Lexicon Matbematicum de Vitalis. NOMBRIL marin, f Acetabulum marinum minus. J Plante qui est bonne pour l’hydropisie , qui fait uriner; & qui n ait fur des coquillages. On donne le même n om au couvercle de la coquille d’un limaçon de Mer, que Rondelet apelle cocblea calata. NOMBRIL de Venus, f Cotylédon major ou umbiliciu Venerk. ] Plante dont les feuilles font rondes, creusées en bassin, qui croît contre les murailles des Villes , & dont on se sert pour les inflammations. NOMBRIL de f écu. Terme de Blason. Point qui est au milieu du dessous de la face ; & qui la sépare de la pointe. ( II porte d’or à un écusson de gueule mis au nombril. ) On apelle aussi en Botanique, nombril ou œil, l’en- droit des fruits où font enfermez les pépins. t NOMENCLATEUR, s. m. [ Nomenclator. 2 C’étoit parmi les anciens Romains celui qui faisoit profession de connoître tous les Citoyens, afin qu’on les pût apeller par leur nom en les saluant. Votez Abl. Apoph. plaisant , p. 494. in douze. t Adam le nomenclateur. La Fontaine , Nouveaux Contes. C’est-à-dire, Adam qui donna les noms. , t NOMENCLATURE J. f. r Nomenclatura .2 C’est une listé ou dénombrement de plusieurs noms. (Faire une nomenclature.) ■ NOMIN AT AIRE, f. m. & f. f Defignattss. 3 Personne nommée par le Roi à quelque Archevêché , Evêché ou Abaïe. Le mot de nominataire est masculin quand on parle d’un homme , & quand on parle de quelque fiffe que le Roi nomme à quelque Abaïe de Reli- gìeuses , il est féminin. (C’est un nominataire de Sa 1 3 r tr’ H *kssoud que la nominataire qui a pour elle kì/ïm p fo/) la communauté, & c . Patru , Urba- ™e ATI CVst {' • Komìnativus ] Terme de ssunTm subSamif sin S ulier °" ^riel NOMINATION, s.s. prononcez nominacion Mot général qui vient du Latin nomìnatio. La"? nation consiste a nommer une personne pour quelqu. NOM charge ou quelque emploi. Ainsi Monsieur de la Roche- foucaut a ait dans ses Mémoires. Les conférences se pensèrent rompre sur la nomination que fit la Reine dx Cardinal pour député > NOMINATION. Ce mot fe dit en traitant d’offices & de charges. C’est le droit de nommer & de presenter à quelque charge. C’est le pouvoir de nommer à quelque office. ( II sc réserva la nomination de quatra Officiers. Abl. Tac. Ann. I. i. c. ;. ] NOMINATION, [ Eleflio , defignatio .2 Ce mot, en parlant des charges de Justice de France , se dit des offices de Justice ordinaire du Domaine aliéné. C’est le droit qu’à un Seigneur fur scs terres de nommer une personne capable d’exercer un office. {Les Seigneurs ne doivent pas être privez de la nomination des offices de Justice de leurs terres, parce que ce droit est un fruit inséparable de la Seigneurie. Loiseau traité des Offices, c. 4 - & ) NOMINATION. [ Nuncupatio J Ce mot est fort usité dans les matières bénéficiales. C’est en général le droit de nommer à un bénéfice qui vaque, une personne véritablement capable de posséder un bénéfice, & d’en faire les fonctions avec honneur. 11 y a deux sortes de nominations, la Royale & la Scolastique. La nomination Royale, f Jus regium nominandi ad Bénéficia .] C’est la présentation que dans le tems & en vertu du Concordat, le Roi de France fait au Pape, d’u- ne personne capable , afin qu’il possède un Archevêché, Evêché, ou autre Bénéfice de Prélature. IIy a aussi des nominations accordées par fa Majesté à Messieurs du Parlement de Paris en vertu de leur induit fur des bénéfices qui ne vaquent point, mais qui vaqueront. Chopin , l. 2. du Domaine , titre xo. Les Rois de France à leur joyeux avenement à la Couronne , onC droit aussi de nommer à chaque Evêque & à chaque Collateur de leur Royaume, une personne pour être pourvûë de la premiere prébende qui viendra à vaquer. Déplus, quand un Archevêque, ou un Evêque est pourvu d’un Archevêché , ou Evêché , & qu’il a prêté le serment de fidélité au Roi , Sa Majesté est en droit de lui nommer une personne pour la premiere prebende qui vaquera, afin que cette personne en soit pourvue dan sle tems , & après que la nomination du Roi aura été signifiée à l’Evèque où l’Archevê- que. Voïez là-dessus le livre de droit Canon François. (§ NOMINATION Royale. Entre les nominations que le Roi a droit de faire, celle des Archevêchez, Evé* chez , A haïes & Prieurez exprimez dans le Concordat, est l’une des principales , puisque ce droit est ata- ché à sa Couronne, & trouve son origine dans l’an- cien usage des élections qui sc faisoient autrefois par le Clergé & par le peuple, auquel nos Rois ont toujours présidé , & qu’ils sc font conservé , quoique les élections aux bénéfices ne se fessent plus par les sufrages du Clergé & du peuple. C’est ce que Dupui a fort bien remarqué dans son Traité des libertez de l’Eglise Gallicane, que le droit de nommer aux grands bénéfices , n’est point un privilège , mais un droit ataché à la Couronne. Mr. Pithou a éclairci le sentiment d* Dupuy par plusieurs exemples ; & l’on pourroit en ajouter d’autres que notre Histoire nous fournit, en commençant par le Régné de Clovis, premier Roi Chrétien , puisque Grégoire de Tours a écrit dans le troisième livre de son Histoire , que Clovis donna à Di* njfius l’Evêché de Tours. II est vrai que selon plusieurs Auteurs, cet Historien s’est un peu embarassé dans l’endroit de son Histoire où il fait mention de Di- nifirn , lequel il fait succéder immédiatement à Lici- nius , & dans un autre à Theodorm & Proculus, qui furent Evêques en même tems. Mais fans entrer dans cette discussion, on ne peut pas douter que les success scurs de ce grand Roi ont même disposé des Evêchez: ainsi Ommarius fut ordonné Evêque de Tours, par le consentement de Clodomir fils de Clovis, qui tenoit se Cour à Orléans. Thierry ordonna que l’on établit S. Quintien à Clermont en Auvergne. Charibert fit ordonner Pascensius Evêque de Potiers. Je pourrois raporter plusieurs autres exemples que Grégoire de Tours me fourniroit comme ceux que je viens de citer. ^ Je sçai que le Clergé a souscrt avec peine l’au- torité des Rois dans l’Ordination des Evêques, & que fous Childebert même , quelques Conciles ont prononcé une exclusion entière du choix & du sufrage dt nos R«is : mais ii est certain qu’ils furent rétablis NOM dans leurs anciens droits ; & il n’en faut pas d*autre preuve que les Formules de Marculphe , où l’on voit dans la cinquième Formule du premier livre , l’Or- donnance du Roi concernant l’Episcopat : cette ordonnance est qualifiée de Praceptum , parce que le Roi commande au Métfapolitain , a qui il adresse , de consacrer celui qu’il a choisi. Quoique la pratique des ordinations ait changé , il reste toujours pour certain , que le droit de nomination aux grandes Lignite? Ecclésiastiques, est ataché à la Couronne, & que ce n’est point un privilège acordé à nos Rois par le Concordat qui confirma ce droit ancien & en usage avant lé Concordat, comme Mr. de Marca l’a observé lib. 6. c. 9. de concordia , en ces termes : Concordant igitur aboient elefliones, U in earum locumsubjiìtuunt jus nominationis, quod Régi trìbuunt exempta petito à Regibas primœstirpis , fçV. Ce n’est point auíli un droit de patronage , comme quelques-uns ont cru ; car le patronage peut être cédé ; & le droit de nominacion ne le peut point être, & ne passe pas même avec l’âpanage. C’est une erreur manifeste , que de croire que le Roi tient la nomination du Concordat ; la possellion de nommer est bien plus ancienne, comme Castel l’a remarqué dans ses définitions du Droit Canonique. Mais il faut observer qu’il y a des st baies qui sont restées électives , comme Cluny , Ci taux & ses quatre Filles , qui font la Ferté , Pontigny , Clairvaux & Morimon; l’Abaïe de Prémontré, celle de Saint Antoine de Vienne en Dau- phiné. Dans la Bretagne pais d’obedience, durant huit mois de l’année le Pape y est réputé Ordinaire dans neuf Evêchez ; ainsi pendant les huit mois , le droit du Roi cesse. Au reste , Chopin a remarqué dans son livre de Sacra Politia, que le Roi n’use point de son droit à l’égard des dignité? des Eglises Cathédrales L Collégiales, & des Communauté? conventuelles. NOMINATION Scolastique. C’est la présentation, qui à cauíè du Concordat, se fait en France au Diocésain , d’un Eclésiastique gradué pour posseder un bénéfice qui a vaqué dans un certain tems de l’année. (II se réserva la nomination de quatre Officiers. Abl. Tac . Ami. I. 1. c. 5. C’est un bénéfices la nomination du Roi. Ce bénéfice est à la nomination d’un tel. ) NOMINAUX , st m. [ Nominales .] On a donné ce nom à une secte de Philosophes Scolastiques , qui font les sectateurs d'Ocam Cordelier Anglois , qui vivoit dans le quatorzième siécle, & ils ont été ainsi nommez parce qu’ils donnoient des noms à plusieurs choses , & à plusieurs relations qui font entre les choses & à diverses maniérés de les concevoir, fans donner une claire explication de tous ces noms, dont la plupart font barbares , & ont été forgez par ces Philosophes, NOMME' 5 nommée , adj. [ Nominatas. ] Qui a un nom. A qui on a donné un nom. ( II a été nommé Pierre fur les fonts de baptême. ) NOMME' , nommée. [ Enuntìatus. J Celui ou celle dont on a fait mention. (II a été nommé entre les conjurez. Abl. ) NOMME', nommée. [ Destgnatus, nuncupatus.fi _ Présenté pour quelque charge , ou quelque bénéfice. ( Monsieur de Noailles a été nommé par le Roi à l’Archevêché de Paris. Madame de Cosse Prieure de Che- les a été nommée par le Roi à l’Abaïe de Saint Pierre de Lyon. ) NOMME', nommée. [ 'Conflitutw .] Déterminé. Précis. (A jour nommé. Abl. Venir a point nommé. C’est-a- dire, venir précisément & au tems détermine. NOMME'MENT, adv. [Nominatim ,steciatim .2 Particulièrement. ( Cela est nommément défendu. Patru , plaidoyé. Déshériter nommément un fils. Patru , plaidoye 12. Le Roi le demandoit nommément. Maucroix , Vie de Campége , p. ig6. ) NOMMER, v. a. [ Nominare , nuncupare. ] Donner le nom à quelque Enfant. Dire le nom de quelque chose que ce soit. ( Le. parrein , ou la mareine nomment Pensant sur les fonts de batême. ) NOMMER. Faire mention de quelqu’un. Elle le nomma plusieurs fois avant que de mourir. Abl. II y a six mois que je ne les ai pas seulement oui nommer. Voit. lettre. 25. Quoique par bien séance il ne nomme personne , Si l’on ne sc connoìt , au moins on se soupçonne. B ours. Esop.) NON 5 o 1 NOMMER. [DcfignareJ Ce mot se dit eh parlant de bénéfices & de charges. C’est prescnter un homme pour posseder un bénéfice ou une chargé. Le Roi de France homme à tous les Bénéfices Coníistoriaux de fou Royaume , c’est-à-dire , aux bénéfices qui font de Fondation Royale , & qui étoient électifs avant le Concordat, Fevrel de ì’abus , l. 1. c. g. Le Roi pour son joyeux aveneménc à la Couronne , nomme aux premières Prébendes des Eglises Cathédrales & Collégiales Vacantes par mort. Voyez bénéfice. NOMMER d.’office, f Ex officia nuncupare. ] Terme de Palais. Cela se dit lorsque le Juge ordonne , & nomme de son autorité des gens pour voir ou visiter quelque lieu, ou autre chose , & en faire leur raport. (Le Juge a nommé d’office des Jurez , ou des Experts. ) f NOMMER un dessein. Terme de Tistutier-Rubanien C’est ce qu’on apelle chez les Ouvriers de la grande navette , les Gaziers, les Ferrandiniers, &c. lire un desteim c’est-à-dire , marquer en détail à l’ouvrier qui monte un métier, quels fils de fa chaîne doivent se lever & se baisser pour faire la faqon, afin qu’il atache des ficelles à neud courant aux haute-lîsses de son Ouvrage. NOMOÇANON, s. m. Recueil des Canons on des Loix Impériales, qui y ont du raport, ou qui y souk conformes. Le Commentaire que Balfamon en a saisi en ngo. est le plus célébré de tous. ( Photius en fit un en go;. Monsieur Cotelier a publié sous ce nom un recueil des anciens Canons des Apôtres , des Conciles & des Peres , fans aucune relation aux constitutions Impériales. Jean le Jeuneur a fait le Penitenciel des Grecs , qu’il apelle Nomocanon. ) í NOMOPHILAXi s m. C’étoit chez les Athéniens & ensuite fous les Empereurs Grecs, un Oficier qui étoit le Conservateur des Loix. $ NOMOTHETE , s m. [ Nomotbeta. J Les Athéniens apelloient Nomothetes, les Magistrats qui avoient droit de faire de nouvelles Loix & d’abroger les anciennes. NOMPAREIL i nompareille , adj. ^Singularisa excellens , prœstans. J Qui n’a point de pareil, Esprit nompareil. Abl. Beauté noiiipareille.) NOMPAREILLE ,pf. [ Minima. ] Sorte de petit ruban fort étroit. ( Acheter de la nompareille. ) NOMPAREILLE , f. f. Sorte de petite dragée. ( Donnez-moi de la nompareille. ) NOMPAREILLE, f. f. Terme d’Imprimeur. Sorte dô petite lettre. (C’est de la nompareille. ) NON- Sorte à’adverbe négatif. [ Non. J (On n’a qu’à répondre oui & «0» à son choix. Pasc.%. Je fiai vivre à ma mode fçf rien ne m’importune , A tout ce que je veux on ne dit jamais non. Benser. Balet de la nuit. 2. partie, ijf Malherbe aimoit cet adverbe , il dit dans uhé Ode : Les puissantes saveurs dont parnaffe ni honore , Non loin de mon berceau commencerent leur cours. Et dans le Sonnet, Beaux U grands bâtimens , Beau parc , £V? beaux jardins , qui dans vôtre clôturé , Avez toujours desfleurs sst des ombrages verds , Non fans quelque démon qui défend aux hivers Tien ésacer jamais íagréable peinture. Mais il a eu beaucoup plus d’afectiòn pour le double non. Mr. Ménage a raporté dans fes Observations fur les poésies de Malherbe, neuf endroits dont le vers commence par «0» , non , comme : Non , non , qu’elle s’en aille à son contentement, ?e„ Mr. de Balzac , dans son Entretien trente-deuxième désaprouve sous le nom d’un Docteur en langue vulgaire cette locution, «0 »sans quelque démon ; soutenant que c’étoit une liaison contrainte & peu naturelle, pour ne dire pas cheville. II condamne encore démon ; outré que le démon (dit-il) étant le diable , eh la langue de Messieurs les Prédicateurs , On pourroisi conclure que ce seroit quelque diable qui auroit foin des jardins de Fontainebleau. ' NON AIN- VoïeZ plut bas, NONANTE- Voïez plus bas. NON pas. Sorte d ’adverbe négatif. ( Exemples. Oh he doit prendre pour régie que l’Ecriture & la tradition , & non pa» vos Cafuistes. Pose. z. ) R r r ì st 502 NON Il est plus aisé qu’un chameau passe par le trou d une éguille, que non pas qu’un riche entre dans le Royaume du Ciel. Port-Royal , Nouveau Tejt . ) /T L’usage à soufert non pat , pour en faire une négative ; mais il me semble que 1 on ne doit pas avoir la même complaisance pour non jamais. L Auteur de la Traduction du Poème de Saint Prosper a dit : Ses peres bien-heureux , U fa garde fidèle , D’un ail non jamais clos veillât fur leur troupeau. Un ail non jamais clos est un œil toujours ouvert II sufisoit de dire , son ail jamais clos. NON plus. Sorte de conjonHion , qui signifie, Tout de mime. (II ne ménage non plus qu’un simple soldat. ) NON plus ultra ,- Ce mot veut dire , n’allez pas plus loin, est devenu François dans le stile familier. C’eft le non plus ultra de la Fauconnerie. NON-SEULEMENT .adv. relatif p? augmentatif. r Non folàm , non tantàm , non modù. ] Cela est non-feulement vrai , mais encore évident. _ Cela est non-seulement permis mais encore commandé. NON-Vue. [ Non vifus. ] Terme de Mer. C’est-à- dire, Faute d’avoir découvert & eu connoissance du parage. ( On mit en panne pour ne pas périr par non- vûé. Guillet. Terme de Mer. ) NONAGENAIRE, adj. [ Nonagenarius.] Qui est âgé de nonante-ans ou de quatre-vingt dix ans. (11 est décrépit , & il est presque nonagénaire. ) NONAIN , f f. [ Monialis. ] Mot qui ne se dit qu’en riant , & qui signifie une Religieuse. ( La pauvre nonain baissoit les yeux. La Fontaine. Une jolie nonain. ) NONANTE, f m. [ Nonaginta.] Nom de nombre indéclinable , au lieu duquel on dit quatre-vingt dix. Quart de nonante. Instrument de Mathématique. C’est un quart de cercle divisé en ses nonante degrez, avec une alidade & des pinnules , &c. NONANTIE'ME , adj. [ Nanagenarius. ] En la place de ce mot on dit d’ordinaire quatre-vingt & dixième , mais quand on parle des choses anciennes, on dira plutôt en la nonantiéme Olimpiade, qu’en la quatre- vingt & dixième. NONCE,/ m. [ Nuncius. ] Ambassadeur du Pape. (Envoyer un Nonce en France. ) ( Brantôme a remarqué dans la vie du Maréchal de Chatillon, que „ lorsqu’il vint à la Cour on n’usoit „ sinon d’Ambassadeur du Pape ; & quand ce nom fut „ introduit , on disoit par dérision , Voilà Yonce du " ÉNONCE. On apelle Nonces en Pologne, les députez que la Noblesse des petites Dietes envoie à la grande Dicte, pour composer la chambre de la Noblesse. ( Les Nonces se sont assemblez. Les Nonces arrivent de tous cotez. ) NONCHALAMMENT, adv. [Oscitanter , négligent er.] Ce mot est condamné par Vaugelas, mais mal. II signifie avec nonchalance. ( II étoit couché nonchalamment dans son Carosse. Bouhours , nouv. Rem. Laisser nonchalamment dans les bras de l’amour la prudence & la retenue. Benferade , po'éf Sur un lit de repos la belle étoit couchée , La tìtefur fa main nonchalamment panché». La Sabl. ) NONCHALANCE,/./. í Incuria, negligentia.] Négligence. ( II est dans une nonchalance toute-a- Fait honteuse. Ab ! le repos n’efi pus aussi doux que Lon pense, Rien dans ce triste étatn’ocupe ni ne plaît. On fait tout avec nonchalance. Desh. ) NONCHALANT, nonchalante , adj. [ Osât ans. ] Qui est dans la nonchalance. ( 11 est nonchalant. Elle est nonchalante. ) NONCHALANT,/ m. [Négligent.] Négligent. (C’est lin nonchalant. A votre aise vous en parlez , Ft vous avez la belle une chaise roulante. Où par deux bons chevaux en Dame nonchalante, Vous vous faites tramer par tout où vous voule». Mol. •) NONCIATURE,//. [Nuncìatura.] Charge de Nonce, dignité de Nonce-, ( Grégoire III. choisit NOCL Laurent Campége pour hnonciature de Naples. IIcon- firma la nonciature de Milan à Campége. 11 a réussi dans fa nonciature. Maucroix , Vie de Campége. Pendant fa nonciature de Venise il mérita les aplaudissemens de cette République. Fléchier , Vie de Commendon , Préface.) NONCIATURE , f. f. [ Nuncii jurisdiclionis fines. J Ce mot se dit de quelques Jurisdictions que le Pape a établies dans ses Etats . & qui ont certaine étendue de pais, avec un certain nombre de places fur lesquelles le Nonce exerce la Jurisdiction, & en ce sens on dit. ( Une telle Nonciature est considérable. La Nonciature d’Avignon est renommée. Le Pere Lubm , Mercure Géographique. ) t NONE , / f. [Monialis. ] Ce mot ne se dit plus que dans le burlesque, ou le stile le plus bas. ( Dans un Couvent de Itow fréquentoit jouvenceau friand de ces oiseaux. La Font. nouveaux Contes. ) ($ Le Roman de la Rose , en parlant du pouvoir de l’amour dit : Qui fait servir Royne U Princesse , Et repentir Nonne U Abesfe. NONES,// [Non*.] Terme d 'Eglise. Ce motn’a point de singulier , & signifie des heures Canoniales qui répondent à trois heures après midi. ( Mes noms font dites. ) NONES, / / Mot qui n’a point de singulier , & qui a été emploie par les anciens pour compter les jours des mois. C’étoit le septième jour d’Octobre , de Mars , de Mai, de Juillet , & dans les autres mois, c’étoit le cinquième jour. ( Les nones font passées. ) t NONETTE , f f. [Monialis.] Mot burlesque pour dire petite none. ( Pas une n’estqui montre en ce dessein de la froideur ; soit nonne , ou nonette. La Fontaine , nouveaux Contes. ) NONNAIN. Volez Nonain plus haut. NONNAT. Petit poisson qu’on pêche dans la Méditerranée , exceptez les mois de AI ars, d’Avril & de Mai, suivant l’Ordonnance de la Marine de Pan i6gi. NONOBSTANT. ( Non obfiantibus , non obfiante. 3 Préposition qui ré^it l’acusatif. (Nonobstant la paix. Abl. 11 fut massacré dans le Temple nonobstant la sainteté du lieu. Vau. Quin. 1. io. ) í NON-OUVRE', adj. On le dit des matières qui ne font point travaillées ni mises en œuvre, particulièrement des métaux. ( De l’acier non-ouvré, du fer, du cuivre non-ouvré. ) î On apelle linge non-ouvré , toile non-ouvrée, le linge & la toile qui font unis , qui n’ont aucun ouvrage ni figure dessus. ' f NONPAIR, adj. Impair. ( II est nctnpair. ) f NONPARILLAS, ou LAMPARILLAS. Efpece de petit camelot qui se fait en Flandres. NON-VALEUR , f.s [Debitum , nomen non txigihile] Dette non exigible par l’insolvabilite des débiteurs.(Les non-valeurs qui se trouvent furies tailles font rejettées l’année suivante sur la Paroisse.) NON-VALEUR se dit encore des Terres & des Fermes qui font en désordre, faute de culture ou de réparations , qui nc raportent pas leur culture ordinaire. ( Fundus negletlus , incultus. ] Presque tous les héritages qu’on achete par decret font en non-valeur, il faut encore de la dépense pour les mettre en valeur. NON-USACE, / m. [Defuetudo.] Mot dont se sert Ménage pour marquer qu’une expression est abolie. On le dit aussi des Loix. í NOPAGE , / m. Terme de Manufa&ure. On apelle Nopage d’une pièce de drap , ou de quelqu’au- tre étofe de lainerie, la façon qu’on leur donne, en leur arrâchant les neuds avec de petites pinces , après qu’on les a levez de dessus le métier. 4= NOPER, v. a. Ilíìgnifie la même chose qu’énouer* & il est particulièrement en usage dans les draperies de Sedan. f NOPEUSES,// Ouvrières qui nopent, ou énoxient les pièces de lainerie au sortir du métier. On les apelle Eno'ùeuses. NOQUETS , / m. [ Plumbeus canaliculus. ] Terme à'Architecture. Petits morceaux de plomb quarré qui sont pliez & attachez aux jolies des lucarnes & siie les latjs des couvertures d’ardoife. NOR* NOT NORBERT, s. m. [ Norbertm. ] Nomd’homtne. (Saint Norbert fondateur des Prémontrez. ) NORD , / m. [ Boreas, Septentrio , Aquilo~\ Terme de Géographie. Septentrion. Le côté du monde qui est opoie au Midi. Vent qui souste du Septentrion au midi. ( Le vent du Nord. Le vent de Nord. L’un & l’autre est bon. Vaug. rem.) f On dit aussi absolument le nord , pour le vent du Nord. ( Le Nord régné depuis long-tems. Le Nord est violent. ) Le Soleil en naissant le regarde d’abord : Et le Mont la défend des outrages du Nord. Desp. f Faire le Nord , faire le Sud. C’eít en termes de Marine , Faire route au Nord, au Sud. NORD-EST , J. m. Terme de Géographie. Le côté du monde cjui est au milieu d’entre le Nord & l’Orient, & qui est à 4v degrez du Septentrion & du Levant. Vent qui souste de cecoté-là. Ce vent est froid & sec. NORD-OúEST , f. m. Le côté du monde qui est à 45. degrez du Nord & du Couchant. Vent qui vient de ce côte-là. Ce vent est froid & violent. On le nomme aussi le Balai du Ciel. NORD-NORD-EST. C’est le coté & le vent qui est entre le Nord & le Nord-efl , à 22. degrez & demi du Nord. NORD-NORD-OuEST. C’est le côté & le vent qui est entre le Nord & le Nord-oúejì , à 22. degrez & demi du Nord. NORD quart au Nord-est , C’est le vent qui est à ix. degrez & un quart du Nord du côté de l’Est. NORD quart au Nord-ouest. C’est le vent qui est à 11. degrez & un quart du Nord , du côté de l’Oúest. NORD-EST quart au Nord. Vent qui esta 55. degrez & demi du Nord , du côté de l’Est. NORENOúEST quart au Nord. Vent.qui esta 33. degrez & demi du Nord , du côté de l’Oúest. NORDESTER. Terme de Marine. Qui se dit de Léguiste aimantée , lorsqu’elle décline du Septentrion vers l’Orient, & Nordoúester , se dit quand este décliné du même point vers l’Occident. NORMAND , Normande , adj. [ N or man us. ] Qui est de Normandie , l’une des plus riches Provinces de France, & celle après le Dauphiné , où il y a de plus grands fourbes & de plus grands coquins. Vision. La vertu A? le vice font de tout pais. II tort de cette Province de beaux esprits. Mr. Corneille , Mr. Dupin , Mr. Fleury Poussin, Mr. de Fon- tenelle, Mr. le Tourneux, le Pere alexandre Jacobin, font Normands. Ce mot vient de l’Allemand Mann , qui signifie homme & de Nord Septentrion , parce que les Normands sont venus de Norvège de Suéde , & de Dannemark. Mr. de Vieux dans ses Origines de quelques Coutumes anciennes, raporte ce plaisant Conte d’un étranger , qui en priant Dieu disoit, tu nous a promis Seigneur, de nous assister dans nos tribulations: tu ne t’en dédiras point ; cartun’es point Normand. f * C’est un Normand. C’est. à-dire c’est un homme fourbe & fin, & à qui il ne se faut pas fier fans caution bourgeoise. ( Reprenons-là , faisons tour de Normand , dédisons-nous. La Fontaine , nouveaux contes. C est un faux Normand. C’est-à-dire , un fin méchant Normand. Soutenons bien nos droits , sot est celui qui donne , C'est ainsi devers Cdén que tout Normand raisonne. Desp. ) NOS- Voïez Nôtre. t NOS , ou NOUES. Ce sont des tripes de morues salées qu’on aporte dans des banques. f NOSSARIS. Toiles de coton blanches qu’on aporte des Indes Orientales. í NOSTOCH, s. m. Espece de mousse, ou gazon ras , qui croît le long des chemins & dans les prez. Les Chymistes & les Médecins lui attribuent de grandes vertus. NOTA, s m. f Observatio. ] Terme Lîstin , dont on se sert dans l’écoïe & au Palais, pour signifier une marque qu’on met dans un livre ou un écrit, quand il y a quelque chose de remarquable , & dont on veut se souvenir. ) NOTABLE, adj. [Notabilis.’] Remarquable. Considérable. (Chose notable. Un notable bourgeois. Fatru , plaidoyé 9. ) NOT 503 NOTABLEMENT, adv. [ hsigniter , magnoperi .J Considérablement. ( Cette action contribué notablement à fa gloire. Pair u , plaidoyé 3. ) NOTABLES, f. m. [Insignes.') Les plus remarquables personnes d’un lieu. ( Les plus notables du lieu lui vinrent offrir leurs presens. ) NOTAIRE, T m. f Libellio , tabellio, ] C’est une personne publique qui reçoit & écrit les conventions de ceux qui contractent ( Un bon Notaire. II n'est rien déplut beau qu!un Notaire honnête- homme , Mais dans ce Corps on a vit de tous tems Se glister des fripons parmi d! honnêtes sens. Bours. Esop. ) NOTAIRE Apostolique, s Notarius Apostolicut. ] Personne publique pour de certaines choses qui regardent la Cour de Rome. NOTAMMENT , adv. [ Maxime, Imprimh.) Vieux mot au lieu duquel on dit particulièrement , ou principalement. Vctug. rem. f NOTARIAL , adj. On apelle acte Notarial, celui qui a été fait par un Notaire. NOTARIAT , / m. f IJbellionis snunus. ) Le tems qu’on a exercé l’Ofice de Notaire. Fonction & Office de Notaire. (Durant son Notariat il fit des affaires de conséquence. Le Notariat oblige au secret. ) NOTE,>/- C Nota , indicìum . ] Marque qu’on fait pour serapeller quelque chose dans l’esprit. (Met- tez-là une petite note. ) NOTE. s Animadversiocensoria. ] Marque d’infamie. ( 11 a été condamné à faire réparation d’honneur , & c’est une note que cette condamnation. ) NOTE d!infamie, s Dedecm. J Marque d’infamie. ( Cette sentence est une note d’infamie pour lui. ) NOTE- [ Observatio. ] Observation. Remarque. Faire des notes pour servir d’éclaircissement. Abl. Apoph. 11 a fait de petites notes très-íqavantes fur Longin. Dejp. NOTE. [ CharaHeres musici. ] Terme de Musique. D’stance & changement de voix. La marque de ce changement de voix. Note blanche. Note noire. No- te éloignée. Chanter la note à livre ouvert. Entonner les notes. Etre assuré de la note. ) NOTE. [ Cantus. ] Chant. f La douce linote , Agréable en ses tons fsi savante en fa note. Ménage, poésies. ) Une jeune linote , Qui d’un fluteur exprès recevait des leçons , Et qui dufiageollct imitoit tous lessons , Sembloit avoir apris jusqu’a la moindre note. Bour. Esope. f * Faire dénoté. C’est-à-dire, faire changer de dist cours, ou de dessein. (Je vous ferai bien changer de note, chien de Philosophe. Mol. ) NOTER , v. a. [ Notam ìnurere. ] Terme de Palais. Marquer d’infamie. ( La sentence l’a noté. C’est un homme noté. ) NOTER. [Modos musicos defcrìbere. ] Terme de Musique. Marquer les notes fur un livre de tablature, afin de chanter dans les régies. ( Noter un livre. Noter une chanson. Livre noté. Chanson notée. ) t NOTER. [ Advertere , objervare. J Remarquer. ( 11 faut noter cela. Certaine fille un peu trop fiere , Prétendait trouver un mari , Point froid [fi point jaloux. Notez ces deux poìnts-ci. La Font. ) NOTICE , f f [ Notifia, j Ce mot semble consacré à de certaines matières, & il signifie une forte de livre qui donne la connoissance des lieux , d’un pais, d’une Province , d’un Diocèse. (Cela paroít par la notice de l’Empire. La notice de l’Empire. La notice du Diocèse de châlons. ) t NOTICE. Terme de Fa/à Connoissance. (Cela n’est pas encore venu à la notice des Juges. Quand cela viendra à la notice , C’est-a-dire , fera connu. ) NOTIFICATION,//! [ Notificatio. ] Terme de Palais. Déclaration. ( Edit de notification. Lettres de notification. ) NOTIFIER, v. a. [ Notum facere. ] Terme de Palais. Faire Ravoir. Déclarer à quelqu’un qu’une chose a été faite. ( Le lendemain vous avez notifié l’interdiction à l’Abesse. Patru, plaidoyé 5. ) NO- 504 NOV NOTION, C Notio, idea. ] Connoissance qui regarde les fiences , ou les arts. (Donner une notion de quelque chose, Port-Royal , Elemens de Géométrie . II y a quelque notion de la Grammaire, Maucroix , Schisme , /. 2. ) Ges notions communes font la raison commuable & universelle. ( P. Malebranche. ) NOTOIRE, adj- [ Apertus , notiu. ] Terme de Palais. Connu. Manifeste. Evident. Clair. ( La chose est notoire. Le Maître. ) NOTOIREMENT, adv. [Manifesté , apertê. ] Terme de Palais. Viliblement. Manifestement. (II a notoirement du bien pour porter cette dépense. Patru, plaid. 9.) NOTORIETE ', f f [ Manifestas , evidens , durits, cognitus. J Terme de Palais. Evidence. Connoissance. ( Cela est de notoriété dans la maison. Patru, plaidoié 16. Cela est de notoriété publique. Le Maître, playdayé ro.) NôTRE, adj. [Noster .J Qui nous apartient. ( Nôtre vie est dans nôtre sang. La Chambre ) 11 fait dans son pluriel nôtres quand on le dit seul, par raport au substantif qui a précédé. ( Ce ne sont pas vos afaires , ce font les nôtres.) ( Mais quand il se joint au substantif on dit nos.) ( Nôtre maison , nos maisons, nos livres , nos amis , nos biens, nos femmes, & nos enfans. Nôtre hôte cependant s’adressant à la troupe, Que vous semble, a-t-ildit, du goût de cettesoupe. De'fp. ) Nos Seigneurs du Conseil, du Parlement. [ Domhti nostri , (fie. J NÔTRES, s m. [ Nostri. ) Ceux de nôtre parti. ( Les nôtres aussi-tôt courent aux armes. Abl. Ces. I. NÔTRE-DAME , s /. [Nostr a Domina.'] Fête de la Vierge. 11 y a plusieurs nôtres-Dames. (LaNótre-Da- me d’Août. La Notre-Dame de Septembre, &c. ) NOVALES,//- [Novalia.] Ce mot n’a point de singulier. Dîmes que les Curez , ou autres Ecclésiastiques ont coutumes de lever fur les terres qui ont été défrichées depuis un certain tems. ( Les novales lui font contestées. ) sf NOVALES. C’est ainsi que l’on apelle les fonds défrichez & cultivez depuis quarante ans; & c’est dans ce sens qu’il faut entendre ce vers de lapremiere Eglo- gue de Virgile : Impius kœctam culta novalia miles habebit. Le Berger volt avec douleur qu’un soldat impitoyable viendra s’cmparer des fonds qu’il a défrichez & cultivez avec beaucoup de foin. Quelquefois le mot •novales est pris pour toutes sortes de champs cultivez, comme dans cet endroit du premier livre des Georgi- ques du même Auteur : Alternis idem tonsu cessare novales Et segnetn patiere sttu durescere campum. Ce que Mr. de Segrais a traduit de cette forte : 11 faut laisser long-tems la navale inutile , ÇÚfun long repos amendé une terre infertile : Dans une autre saison on pourra toutefois Sur un fonds dépouillé de cumin [f de pois , Ou de pareil legume à la gousse nombreuse , Préparer de froment une moisson heureuse. II n’en est pas de même dans nôtre langue, où les «ovales font seulement des héritages qui ont été long- tems incultes, & que le propriétaire a défriché & a commencé de cultiver depuis quarante ans. Les fruits que l’on cueille , font sujets à la dîme , comme tous les autres fruits : mais c’est une maxime en France, qu’elle apartient au Curé du lieu , qui a son clocher Í iour titre , comme il a été souvent décidé dans tous es Tribunaux du Roïaume : ce qui est confirmé par l’Edit du mois de Fevrier 1657. avec une feule exception en faveur de? Evêques, í NOUASSE,/ f Espece de noix muscade sauvage. NOVATEUR , s m. [ Novitatis autor. ] Ce mot se dit en parlant de Religion , & signifie celui qui invente quelque nouvelle opinion, ou quelque nouvelle secte en matière de Religion. ( Les Novateurs de toutes les sectes lui écrivirent. Maucroix l. 3. 0 ûisans peine au travers des Sophijmes de Claude , Arnaud , des Novateurs te découvrela fraude. Desp. ) On peut apeller aussi du nom de Novateurs ceux qui veulent faire quelque changement dans le gouvernement politique, NOU NOVATIENS , f ni. [ Nùvatiani . ] Hérétiques qui nioient que la Pénitence fût une voye pour nous reconciler avec Dieu , & qui refusaient le pouvoir à l’Eglife. Hist. Eccl. de M- Fleuri , t. 3. NOTATION , f f [Innovâtio.] Terme de Droit, qui signifie , altération ou changement de titre. Changement dans l’obligation originaire , qui l’éteint & l’anéantit. {§ NOVATION. ’ C’est un changement dans l’es- sence d’une dette, qui prend une autre forme, & n’est plus ce qu’elle a été dans fa naissance, comme il est dit dans la Loi premiere , jf. de Noval. Ce chan- gement doit être fait avec le contentement du débiteur. & du créancier& il fait que la dette change essentiellement, & non pas dans les circonstances étrangères: En un mot, il faut que la novation soit expresse, & qu’elle se fasse par les personnes intéressées. •J NOVATRICE,/ ni. [Novatrix .J Celle qui intro» duit quelque nouveauté, ou quelque nouvelle opinion, soit dans la Doctrine , soit dans les mœurs. Danet. NOUE, f f C Imbrex , arcuatm later. ] Sorte de tuile qui est feite en demi canal pour égouter l’eau. NOiiE, nouée, adj. f Nodatus, nodo implicatw. J Qui est arrêté par un neud. ( Cordon noué. Ruban noué. ) On dit qu’un boyau est noué, quand il est réçû dan* la colique qu’on nomme miserere. NOiiE'. [ Ligatus , circumvolatus. J Terme de Blason , se dit de ce qui est lié & entouré. Le Comte de M. porte d’argent à deux faces nouées de gueules. ) NOVELLES, s- f. C Novell#, ] Livre où font les Loix & les Constitutions de quelques Empereurs. ( Les Novelles de Justinien font reqûës de tous les Jurisi consultes. ) NOVEMBRE , s. nt. [ November. ] L’un des douze mois de l’année. ( La S. Martin est toûjour» en Novembre. ) S NOUëMENT,/ m. [Articulatio, arborum noda « tìo. ] Ce mot se dit particulièrement des plantes: comme , Le noui’ment des plantes. íf NOVEMPOPULANIE. L’Aquitaine fût autrefois divisée en première , seconde Aquitaine , & Novempopulanie , qui fut ainsi nommée , parce que cette partie comprenoit neuf peuples, chacun aïant son nom diférent. Mr. de Marca a remarqué dans soti Histoire de Bearn , liv. 1. ch. que ces neuf peuples formerent dans la fuite douze Citez, fans changer néanmoins le titre de Novempopulanie. Les neuf anciens peuples étoient ceux de Basas , de Médoc, dii pais de Buck, d’Aufch, de Sots, de Cominges, de Bigorre & de Bayonne. Et les douze Citez, furent Eufe , Ausch , Acqs, Laictoure , Cominge, Coserans, les Boiens, ceux de Bearn , d’Ayre, de Basas , de Tarbe, & d’Oleron. La Novempopulanie fut apel- lée dans la fuite Gasgone, après qu’elle eut été envahie par certains peuples apellez Vafcons , qui habitaient dans les Pyrennées. A présent, Ausch, Civitas Ausciorum , est la Métropole Ecléíîastique de la No- vempopulanie. C’étoit autrefois Eufe, ou Eause. NOVEM-VIRS ,sm. [ Novem-virì. ] Magistrats d’Athéncs au nombre de neuf. NOiiER , v. a. [Nodare , nodo implicare. ] Faire un neud. Arrêter par le moïen d’un neud. ( Nouer un ruban. ) NOiiER I’éguillette. (j Maleficio afficere. J Maniéré de sortilège qui empêchent les nouveaux mariez de consommer leur mariage. On dit le noúement d’éguillette. Quoique l’Acadëmie condamne ce mot. NOÙER l’éguillette. [ Pqfterioribiss pedibus calcitare. ] En termes de Manège , c’est quand un cheval s’épare & rue de toute fa force du train de derrière. NOiiER , v. n. [FruHum inducere.] Terme Jardinier. II se dit des fruits. La poire noue quand au sortir de la fleur, elle paroît toute formée. Le melon noue & s’arrête , quand au sortir de la fleur il grossit. On connoit aux fruits à noïau , qu’iis ont noué, quand la petite aiguille du milieus’alongeplu» que les feuilles de fleur. Quin. Jdrd. fruit. t. 1.) NOiiER , v. a. f Contrahere , mire. ] Ce mot se dit figurément en choses morales, parlant de la liaison d’a» mitié, de société. ( J’ay noué une si forte amitié avec C qu’elle durera long tems. ) í NOiiES. C’est une des quatre issues des mofiiès que l’on sale. On les nomme quelquefois nos , mais leur N OU leur véritable nom est Tripes de morues. On les aprê- te & on les sale dans les lieux de la pêche en même teins que le poisson, & on les encaque dans des futaise les ou grands barils. NOùET, f m. [Nodulus pharmacorum.~\ Terme de Médecin. Petit paquet de quelques drogues enfermées dans un petit linge lié. ( Mettre infuser une once de séné dans un noiiet de linge blanc. ) Les Cuisiniers mettent aussi dans leurs fausses un nouët rempli d’épi- ceries ou d’herbes aromatiques. NOUEUX , noueuse, adj. [Nodostcs .2 Plein de neuds. ( Une puissante & notìeuse massue. Vaug. Quint. I. 9. c. 7. Un bâton noueux. Destr. Lut. ) NOVICE , adj. f m. & f. [ Novitius. 3 Ce mot est masculin quand on parle d’un homme , & féminin quand on parle d’une fille. II signifie celui ou celle qui fait son noviciat , c’est-à-dire , qui est encore dans son année de probation, & quin’a pas encore fait ses vœux de Religion. (Un novice bien humble. Une novice ben obéissante. * C’estun sranc-novice. Scaron. C'est-à-dire, un ignorant. Ce font là les leçons dont un pere Manceau , Instruit Jon fis novice ausortir du berceau. Defpr. ) * NOVICE, adj. Esprit novice. Abl. Guillaume enfant de chœur prête fa main novice. Dejpr. Lutin. Les vieux soldats de Philippe novices aux voluptez dé- testoient. Vaug. Quint. I. 6. c. 6 . ) NOVITIAT , f. m. [ Novitiatut. ] Terme de Religieuse. Le tems qu’on est novice. (Le noviciat est rude parmi les Chartreux. Faire une année de noviciat.) NOVITIAT. C Homus probationis. ] Lieu du Couvent où demeurent les novices. ( Je vais au noviciat des jésuites Fauxbourg saint Germain. ) è * NOVITIAT , se dit aussi du commencement de toutes les Professions. ( 11 a fait son noviciat à la guerre sous un Général habile. Sa premiere campagne a été un rude noviciat pour lui. ) NOULETS , f rn. [ Canaliculi tcHorit. ] Petits égouts qui se font fur les Lucarnes. NOURRAIN , f m. Petits poissons qu’on jette dans les étangs pour les repeupler, qu’on apelle autrement allevin. NOURRI, nourrie, adj. [ Enutrìtus , alitus. ] A qui on adonné des alimens pour vivre. (II est nourri aux dépens du public. Abl. Qu’est devenu ce teint dont la couleur fleurie, Semblait d!ortolans seuls U de bisques nourrie. Defpr. ) J: Un homme bien nourri, c’est un homme gros & gras. f Grain bien nourri , c’est du grain bien plein, bien ;mpli. £ Un Jiile bien nourri , c’est un stile riche , plein , boudant. £ Lettre bien nourrie , c’est en termes de Maître à crire, une lettre dont les traits sont bien formez. * NOURRI, nourrie. [ Injbulîus, educatm. J Elevé. II a été nourri dans le barreau. Abl. Tac. Ann. I. . Etre nourri dans la pauvreté. Abl. Luc. ) * NOURRI, nourrie. ( Tabella coloribus non parci 'epìHa. J Terme de Peinture. Un tableau bien nourri 'e couleurs. C’est-à-dire , bien empâté, qui n’est pas egerement chargé de couleurs. ) NOURRI , f m. [ Altilia. J Tout le bétail qu’on ourrit, comme poules , cochons , vaches. ( Faire m petit nourri dans une maison de Campagne. ) NOURRIR, Norrìr , v. a. ( Alere , nv.tr ire. ] ’orce gens disent norrir, mais force gens disent mal ussi ; ceux qui parlent & qui écrivent le mieux , di- ënt Sc écrivent nourrir. C’est donner des alimens pour ivre. (Nourrirun pauvre. Et le plus petit Saint dans le siécle où nous sommes , Nourrit plus de pourceaux que notre Roi ría d’bomrncs. Poét. an. ) H * NOURRIR, signifie aussi, instruire,, élever. (11 a été nourri dans l’amour de la vertu. NOURRIR fa mélancolie dans la solitude. Abl. Tac. Ann. I. 3. Tibere nourrit la guerre par les incertitudes. Abl. Tac. An. I. 3. Ils lancent des torches ardents#, & telles autres choses propres à nourrir le NOll 505 feu. Vaug. Quint. I, 4 .c. 3. Son efperance nourrit son orgueil. Eloge de Louis XIV. Nourrir mille chagrins , mille remords dans Vame , Et mourir de dépit de voir vivre une femme. Saint Evrem. ) Se nourrir , v. r. [Vesci.J Prendre des alimens pour vivre. ( Se nourrir de racines. La nourrisse se doit nourrir de viandes qui fassent de bon sang , de veau , de mouton, de pigeonneaux & de pain frais. ) * Se nourrir de la parole divine. Mauc. Hom. 10. NOURRISSANT, nourrissante , adj. [Alibììis, altilis.J Qui nourrit. ( Viande trop nourrissante. Abl. Apoph. Le bon rôti est délicat & nourrissant. ) NOURRISSE, norrijse , s, f. [ Nutrìx. ] Le peuple dit norrijse , mais les gens d’efprit & tous les bons auteurs disent & écrivent Hortm^è. C’est la femme qui nourrit de son lait un enfant qui n’est pas à elle. (Une jolie nourrisse. Molière. La bonne nourrisse doit être faine & d’un bon tempéramment, avoir bonne couleur & la chair blanche. Elle ne doit être ni grasse , ni maigre. II faut qu’elle soit gaye , gaillarde, éveillée , jolie, sobre, chaste , douce & fans aucune violente passion. La nourrisse , pour être bonne, doit être depuis peu. La plus excellente de toutes les nourrisses c’est la mere. Voyez le Traité de la nourrisè , de Valembert. ) f NOURRISSE, se dit d’une Province qui fournit à une ville de quoi se nourrir. ( La Normandie est la nourrisse de Paris. ) NOURRISSIER, norrijjler , s. m. [ Nutritius. J Lorf- qu’on veut parler comme les honnêtes gens, on dit murrijjìer , & jamais mrrijjîer. C’est 1 e mari de la nourrisse. ( C’est mon pere nourrissier. ) $ * NOURRISSIER. On apelle pere nourrissier, un homme qui fournit à un autre ses moïens de subsister. f Sur naurrìjjìer. C’est le soc dont les animaux & les plantes fe nourrissent. NOURRISSON, norrisson, s. m. [ Alumnus .] 11 faut dir z nourrisson , & non pas norrisson. C’est Pensant qu’on nourrit. (11 l’aimoit non-feulement comme son Roi, mais comme son nourrisson. Vaug. Quint. I. 3. c. 6. Et sans s’incommoder , moyennant ce partage , Meres est nourrissons faij'oient leur tripotage. La Font. ) * Sacrez nourrissons de Phébus. Voit. pdes. Cette dernière façon de parler est burlesque & poétique. * Vous voyez à vos pieds un nourrisson du grand Saint Benoît. Patru, plaidoyé NOURRITURE, norriture,/. f. [Cibus , ciba- ria , ej'ca. J L'usage est pour nourriture , & non pas pour norriture , qui ne fe dit que par le petit peuple; c’est ce dont on fe nourrit. Alimens. ( Une bonne, excellente & fuculente nourriture. Ils firent tant à force de prières , qu’il prit de la nourriture. Vaug. Quint. I. 8- Etre condamné au payement des nourritures d’un cheval. Patru , plaid. 10. Comme un bon estomac CreJ'us avec usure, Sur le corps tout entier répand la nourriture. Bourf. Esop. ) H Prendre nourriture. On le dit d’une partie du corps , qui après avoir été affectée fe rétablit dans son état naturel. ( Sa main ne prend plus de nourriture. Son bras conmmence à prendre nourriture. ) f On dit aussi d’unarbrbre, qu’il prend nourriture, ou qu’il ne prend plus de nourriture. H F aire des nourritures. On le dit pour nourrir , élever du bétail, de la volaille. $ NOURRITURE. Terme de Tannerie. Toutes les foisque les Tanneurs donnent aux cuirs qui sont dans la fosse une nouvelle poudre de tar, imbibé d’eau, ils apellent cela leur donner de la nourriture. Quand un cuir n’est pas bien tanné , ils disent qu’on ne lui a pas donne assez de nourriture , pour faire entendre qu’on lui a épargné l’eau & le tan , & qu’il n’a pas été assez long tems dans la fosse. Les Hongrieurs & les Megif- fiers se servent aussi, de ce terme, en parlant de la faqon qu’ils donnent aux cuirs & aux peaux. * NOURRITURE. [Educatìo , inftitutio. ] Education. (N’avoir point de nourriture. ) * NOURRITURE. [ Alimentum, nulrimentum.J Tout ce qui entretient. (L’honneur est la nourriture &ìe plus ardent désir des âmes bien nées. Patru plaidoie 1.), Tome II. S s s *11 5 o 6 NOU * 11 faut donner de la nourriture au feu pour le conserver. La. Chamb. _ — . r ... * NOURITURE, s f C Alumnuí. ] Ce mot se dit principalement parmi les nourrisses, & signifie un enfant bien nourri. ( Voila une belle nourriture. C est une femme qui a fait de belles nouritures. NOUS- [-Vor. 3 Pronom. C’est le pluriel du pronom Moi. Nous sommes. II nous l’a dit. On parle de nouSi Nous deux. Nous-memcs. Nous scavons nom plaindre également. Defpr. ) On ne doit pas craindre la répétition de nom ; parexemple, il manque un nom dans cette phrase : Nom nom cachons , U nom déguisons à nom-mèmes nos défauts. On doit dire : Nous nous cachons, gf nom nous déguisons à nous-mhnís nos défauts. Car on ne peut ôter le nom qui sert de nominatif à déguisons ; & l’on ne peut bien dire aussi : Nom déguisons à nom-mêmes nos défauts ; il faut dire : Nom nom déguisons à nous-mê. sites nos défauts. Décif de l’Acad. par L. T. NOUVEAU , Nouvel. [ Novus , recens. ] Mot adjefíif, qui fait à son féminin nouvelle , & à son masculin nouveau & nouvel, mais non pas indifféremment. II signifie qui est depuis peu. (Nouveau livre. Nouvelle charge. Nouvel an. Vaug. Rem. Etre nouveau à la Cour. Vaug. Rem. & non pas être nouvel à laCour. Nouveau marié. Un mot nouveau. Quand Bacchits comblera de ses nouveaux bienfaits , Le vandangeur ravi de ployer som le faix. Defpr. ) NOUVEAU , nouvel, nouvelle. [ Alim. J Ce mot signifie presque la même chose que le mot autre,ou encore. ( Un Prêtre peut-il recevoir de nouvel argent pour la même Messe? Vase. I. 6 . ) NOUVEAU, nouvel, nouvelle. [ Novum .J Ce dont on n’a pas oui parler. Ce qu’on n’a jamais vû. Ce Hu'on ne fqavoit pas encore. ( Cela vous est-ii nouveau? Pajc, l. 4. Je ne dirai rien de nouveau. Le nouveau monde. [Novm orbis. J C’est l’Amérique qui a été nouvellement découverte. On l’apelle aufli le nouveau Continent , par opoíition à l’Ancien, qui comprend l’Europe , l’Asie & l’Afrique. * NOUVEAU monde. [Cariophyllem flos majors} Oeil- qui pousse une vintaine de boutons arrangez en rond. (Le nouveau monde n’est point estimé des connoif- seurs. Culture des fleurs , c. 2.) NOUVEAU converti, f m. C Neopkytm. ] Celui qui depuis peu a quitté une religion pour en embrasser une autre. On apelle aujourd’hui parmi les Catholiques Romains nouveau converti, tout Protestant, ou tout Réformé qui a quitté , ou qu’on a obligé de quitter fa religion, pour faire profession de la Romaine. On le nomme aussi réuni ; mais ce n’est qu’au Palais , & dans les discours de Religion. De nouveau, adv. [ Denuò, de integro. 3 Encore. (Payer de nouveau. ) NOUVEAU nés. m. [ Recens natm. 3 Qui est né depuis peu. ( Un enfant nouveau né.) NOUVEAU venu, s. m. [ Advena. 3 Qui est venu depuis peu. ( Monsieur est nouveau venu. ) {$ On a demandé dans l’Académie Françoise , si nouveau-venu est bien dit & s’il n’est qu’un seul mot quand il est mis comme adjectif ; car personne ne doute, lorfqu’il est substantif, que ce ne soit un seul mot. C’es itn nouveau-venu. Mais comme adjectif, il y a quelque dificulté ; & il y a un cas, où presque toute l’Affemblée est convenue que nouveau venu n’étoit même pas trop bon,comme lorsqu’il a quelque régime : II es nouveau venu d’Angleterre ; & on diroit plutôt : II es nouvellement venu d!Angleterre. Ce n’est pas que Mr. Corneille l’aîné ne l’ait heureusement emploie dans la Comédie du Menteur : . .... J aporte a vos beautez Un cùur nouveau venu des Universtez. Mais la poésie soufre bien des choses que la prose ex; n admettroit pas. Enfin on a conclu, que nouveau nu comme adjectif, avoir peu d’ufage & qu’on dit pûmes, c’est un homme nouveau venu , quoiqi ne puisse pas absolument le condanner, comme éfe ve ment. 11 S enest trouvé une phrase dans le Diction re. Decisons de T Académie par L. T. p. u. NOUVEAUTES f/; [ Novitas. 3 Chose t v*lle. ( J aune bten la nouveauté. ) NOU * NOUVEAUTE 1 . Changement. ( Etre ami de la nouveauté. Vaug. Quint. Cléopâtre avoit trouvé Fart de rafiner les plaisirs par les agremens de la nouveauté. Citri , Triumvirat , L 2. c. 12. La nouveauté vom plaît , il ne se passe jour , Que vom ne fajsez naître ou mourir quelque amour. Voir. Poës. ) {§ La nouveauté a des charmes pour tout le monde, mais ils passent bien vite; & un Ouvrage qui n’a que la nouveauté pour tout mérite, tombe bien-tôt dan* l’oubli. Ovide écrivit à un de ses amis qui lui avoit envoie un Ouvrage de fa façon, lui dit pour lui ma» quer qu’il avoit le même plaisir à le lire la derniere fois qu’il avoit eu dans la premiere lecture: Votre Ouvrage fe soutient par son propre mérite, & non point par l’agrément de la nouvauté : Virihm illa suie , non novitate placent ; NOUVEAUTE ', s f Terme de Jardinier. On apelle de ce nom les fruits & les légumes , qui, parle foin & l’industrie du Jardinier, viennent dans leur perfection avant la saison, ordinaire, & fur tout en hyver & au printems. ( Ainsi c’est de la nouveauté que d’avoir des fraises au commencement d’Avril. Un bon Jardinier doit avoir de la passion pour les nouveautez.) f NOUVEAUTE', se dit des Livres nouveaux. (Ce Libraire reçoit touces les nouveautez. 11 doit m’en- voïer les nouveautez. J’aimeà lire toutes les nouveautez.) * NOUVEAUTEZ. [ Motus , tumultm. 3 Troubles. Remûmens & broùilleries qui changent la face d’un Etat. ( Notre nation a une pente naturelle aux nouveautez Mémoires de Mr. le Duc de la Rochefoucaut. Porter les esprits à des nouveautez. Du Ryer . fupl. de Quint-Curce , l. 10. c. 11.) NOUVELLE, f f [ Nuntiunt. 3 Chose qu’on sçait depuis peu de tems. (Nouvelle vraye, sûre, certaine , assurée. Fausse, incertaine , bonne, méchante , mauvaise agréable, fâcheuse. Dire des nouvelles. Débiter des nouvelles. Scaron. Aimer les nouvelles, ) 0 " Le peuple a toujours aimé les nouvelles, &à s’entretenir des affaires d’Etat, k verre à la main, ou en se promenant dans les places publiques. Demosthé- ne reproche aux Athéniens cette curiosité, dans fa premiere Philippique „ Serez-vous ( dit-il, selon la Tra- ,, duction de Mr. Tourreil) éternellement à vous „ promener dans la place publique , & à vous deman* „ der , qu’y a t-il de nouveau? Philippe est mort, dit ,, l’un. Non , répond l’autre il n’est que malade. C’est „ ainsi que k peuple , & même plusieurs personnes ,, de toute condition passent une partie de leur vie. ” II faut convenir que les Nouvellistes de profession font très-ennuyeux. NOUVELLE, f Certus nuntim. 3 Avis fur ce qui regarde quelque personne, ou quelque chose. Avoir des nouvelles de l’armée. Avoir des nouvelles de la mort de quelqu’un. Arnaut. Darius eut nouvelle de la mort de Memnon. Vaug. Quint. C’est-à-dire , fuî certain, fut sûrement averti que Memnon étoit mou. Alexandre avoit nouvelle que Darius arrivoit. Vaug. Quint. C’est-à-dire , étoit certain. ) Envoyer aux nouvelles. Terme de Guerre. C’est commander quelques Cavaliers pour battre l’estrade, pour prendre quelque prisonnier , & pour découvrir ce que font les ennemis. * NOUVELLES. [ Gesa, vivendi ratio. 3 Maniéré ds vivre de quelqu’un. Conduite que tient une personne dans 1 e monde. Philis, si je ne vous vois plus, c’est que je sçai de vos nouvelles. Gomb. Epit. ) NOUVELLES , s. f. f Gesa fesiva recentia. 3 C’est le récit ingénieux d’une avanture agréable. La matière des nouvelles , ce font les finesses & les tromperie* galantes , & tout ce qui fe passe de surprenant & dr gaillard dans le commerce du monde amoureux. Le caractère doit être en joue & naturel. Leur but, c’est d’être utiles & plaisantes. ( Bocace a fait des nouvelles en Italien fort plaisantes. Cervantes en a fait douze en Efpagnpl fort belles, & la Fontaine a fait heureusement revivre les nouvelles parmi les François. ) NOUVELLES. f Fungiu-, 3 Maniéré de très-petit bouton fort rouge & fort vif qui fe forme dans la mèche de la chandelle, lorfqu’elle est allumée. (II y a des nouvelles à votre chandelle. ) NOUVELLE convertie , f. f. [Recensadsdem conversas} Femme ou fille Calviniste, Lutériéhne, ou de quel- (ju’au- NU A qu’autre Religion qui a embrassé une autre Religion que la sienne. t/’est une nouvelle convertie. Madame N. est nouvelle convertie. ) NOUVELLES converties, f.s. Sorte de Couvent, où des filles Catholiques Romaines , gouvernées par une Supérieure , instruisent en un certain tems, les pauvres femmes & les pauvres filles Calvinistes, ou Lutérien- nes , qui ont changé de Religion. On les enseigne trois mois dans cette maison , où elles font nourries aux dépens du Roi. ( Mettre aux nouvelles converties. Entrer aux nouvelles converties. Sortir des nouvelles converties. ) NOUVELLEMENT, adv. [Recenter , recensés Depuis peu. ( Livre nouvellement imprimé. ) NOUVELLISTE , / m. {Nuntiorum cupidusì] Celui qui dit des nouvelles. Qui aime à entendre, à dire, & à aprendre des nouvelles. (C’est un grand nouvelliste.) . Le caractère de nouvelliste conduit au ridicule , & rabaisse l’homme au-dessous de lui-même. Belleg. ' Ç NOYAU- Voie z Noiau plus haut. § NOYER- Voïez Ndierplus haut. NUAGE, f m. [ Nubes nubilum. 3 Vapeur humide qui obscurcit l’air. ( Nuage épais Voit. I. 9. Comme quand un épais nuage, A le jour obscurci , Et que le Cid de toutes parts noirci, Menace d'un affreux orage. Perr. Grifeld. ) * NUAGE. Multitude & quantité de choses qui font tomme un nuage. ( * Je voi former de loin un nuage de coups de bâton qui crevera fur mes épaules. Molière. Déja de traits en l’air s’élevoitun nuage. Racine , Iphig- ) * NUAGE. [Caligo, umbra. ] Ténèbres. Obscurité. ( Les esprits des hommes font pleins de nuages & de faux jours. Port-Royal , Log. 1. p. c. 19. 11 eji certains Auteurs dont les sombres pensées, Sont d’un nuage épais toûjours embarajsées. Defpr. ) * NUAGE, f Mxror, trifiitìa. ] Sorte de tristesse ombre & obscure. ( D’où vient qu’un triste nuage semble ofufquer l’éclat de vos yeux. Mol. Pstché, a cl. 4. sc. ;. > NUAGE, f Typorumscutatorium umbra , undula. J Terme de Blason, II se dit des pièces qui font repre- sentées avec plusieurs ondes, finuositez ou lignes courbes , soit fafces , soit bandes. NUAISON, s f. C Flatus œqualis duratio. ] Terme de Mer. C’est le tems que dure un vent uni & égal. NUANCE, f f C Umbra colorum commijsura. ] Terme de Tapissier. Tissu de couleurs depuis la plus claire jusques à la plus brune , ou au contraire. Une belle nuance. NUANCE , s f. C Capillorum commijsura. 3 Terme de Perruquier. Mélange de cheveux de differente couleur qui ont du raport , & qui fait par ce moyen un je ne fqai quel agrément quiplait. (Une belle nuance. Faire des nuances à une perruque. II faut qu’il y ait des "uances à une perruque, car elles en font une partie de la grâce. ) NUANCE,//. [ Armoge.] Terme de Lamìer & de Teinturier. C’est dans la foie & la laine un mélange adroit & agréable de couleurs dìferentes, & assortissan- tes. ( Cette nuance est belle, & elle réleve l’éclat de cette foie. ) NUANCE,//. [Co/orum in floribm nexus. ] Terme de Fleuriste. C’est dans de certaines fleurs, un mélange naturel de couleurs diferentes & aprochantes. Cette fleur a des nuances qui charment. ) * NUANCE. Ce mot est beau & nouveau dans le figuré. (Exemple, l’extrême difficulté ne paroit qu’à penser fur chaque sujet ce qu’il y a de meilleur, à dire, & à trouver dans le langage je ne fqai quelles nuances ; qui dépendent de fe connoitre en ce qui sied le mieux en fait d’expressions. Le Chevalier de Meré, Conversations , p. 20. ) NUANCE' , nuancée, adj. f Umbris diftinflus. J Terme de Fleuriste. 11 signifie, qui a un certain mélange de couleurs differentes & aprochantes. ( Les tulipes les plus nuancées font les plus beaux panaches. Ces fleurs font agréablement nuancées. Voi. la culture des fleurs. ) NUANCE', nuancée , adj. [ Coloribus varìatus , tempérant*. J 11 fe dit des tapisseries, des perruques, des NUD 507 foies & des laines, & il signifie , qui a le mélange des couleurs diférentes & aprochantes qu’il doit avoir pour être agréable. (Laine bien nuancée, foie agréablement & naturellement nuancée. Perruque bien nuancée, adroitement & proprement nuancée. ) NUANCER, ti. a. [ Umbris distinguere, tempera - te. ] Terme de TapiJJìer. C’est mêler dans une tapisserie les laines de diférente couleur, & qui ayant du raport les unes les autres, font une union qui âgée & qui fait une maniéré d’ombre. ( Prenez garde à bien nuancer ces tapisseries, car les nuances en relevent la beauté. ) f L’Académie dit nuer les couleurs, au lieu de nuancer . NUANCER, v. 'a. Terme de Lamier & de Teinturier. C’est donner à la foie & à la laine, le mélange de differentes & d’assortissantes couleurs que la laine & la foie doivent avoir. ( Ayez foin de nuancer comme il faut ces foies &les laines. ) NUANCER, v. a. Terme de Perruquier. C’est mêler adroitement dans une perruque , des cheveux de difl. ferente & d’assortiffante couleur. Pour donner plus d’a* grement à la perruque. (Nuancer agréablement une perruque. ) > NUBECULE, / / C Nubecula oculi. ] Vice de l’œil par lequel on voit comme au travers d’un nuage. Nubeeule , lé dit aussi de ce qu’on voit suspendu en maniéré de nuage au milieu de l’urine. Les Médecins l’apellent en Latin Cnaorema. NUBILE , adj. m. & /. [ Nubilis , nuptui matura vrrgoj, jam matura virgo , jam matura vira , jam plenis nubilis annis. [ Terme de Jurisprudence. Qui est en âge de fe marier. Les filles font nubiles à douze ans les garçons à quatorze. L’âge nubile est apellé autrement en Droit la puberté. La grande peine où je me voi C’eji d’avoir cinq filles chez moi , Dont la moins âgée est nubile : Je dois les établir , je voudrois le pouvoir , Mais à suivre Apollon, on ne s’enrichit guére ; C’est avec peu de bien un terrible devoir, De fe sentir prejsé d’être cinq sois beau-pere. Quinaut. NUD , nui, adj. [ Nudus. 3 Prononcez nu. Quî est dépouillé. Qui n'est couvert d’aucune chose. ( Mettre tout nud. II l’a mis nud comme la main. Abl. Si vous ne me condamnez qu’au fouet, je vous irai trouver nud en chemise. Le Comte de BuJJì. Elle se laissa voir toute nuë. Le Comte de Bujfi. Et je vou* verrois nud du haut jusques en bru, Que toute votre peau ne me tenteroit pas. Mol. ) Avoir la tête nui N les pieds nuds. \JNudato capite, nudisque pedibus esse. 3 Demi nud. ($ II faut bien se garder de dire comme Malherbe dans le poème des larmes de S. Pierre : Cet assaut comparable à l’éclat d’unefoudre , Ne laissant rien cbez lui que le mime penser D’un homme qui tout nud de glaive U de courage, Voit dese s ennemis la menace est la rage Qui lester à la main le viennent offenser. NUD de courage, nud t£épée. Phrase monstrueuse. Osenser est trop foible. Mr. Chevreau a remarqué que nos anciens Poètes ont emploïé le terme nud dans ce même sens. Alain Charrier, au livre des quatre Dames. Ains mourrai quand mourir devrai, De joie nui , Sans être à fortune tentiè. * Une épée nuë, c’est-à-dire , dégarnie de Ion fourreau. Les murailles font nuës quand elles ne font point tapissées. Les arbres font nuds, quand ils n’ont point de feuilles. * NUD, nui. [ Pannojití, lacent*, f Malvêtu. Pauvre qui a de médians habits. (Le mérité va lòuvent tout nud. On ne considère pas dans le monde la vertu toute nui. Molière. ) NUD , / m. Terme d’ ArchiteHure. Sur face à laquelle on doit avoir égard pour déterminer les saillies. ( Les feuillages du chapiteau doivent répondre au nud. de la couronne. ) NUD , f m. [_ Imago nuda. 3 Terme de Peinture & de Sculpture. La partie de la figure qui n’est couverte d’aucune draperie. ( Le nud d’une figure. ) NUD, nui. [Candìdmfinefucof Au figure, signifie,qui Tome U, S $ s 2 est yo8 NUE est dépouillé d’úrnement, qui est sans fard. ( Ce Prédicateur prêche la vérité toute nuë. Comment n’adorer pas une bouche ingenué, Oui découvre toujours une ame toute nui. Vil!. ) * j} nui l £ Nudè, abfque vélo. ] Sans déguisement, tout-à-fait. ( Découvrir à nud ses sentimens. Dans leurs petits repas, ils font voir à nud leur crainte & leur espérance. Abl. Tac. Ann. I. 2. ± jrfonter un cheval a nud , ou a dos nud. L elt monter dessus fans selle , ni autre chose. NUDITE', / /. [ Nudité. ] Parties naturelles de l’homme ou de la femme découvertes. (Vénus tàchoit à couvrir fa nudité. Abl. Luc. t. 1. Les Américains ni les Bramines des Indes ne cachent point leur nudité. ) NUDITE'. [ Figura nudœ , obfcena. ] Ce mot se dit en parlant de certaines figures de peinture, & veut àhe figure d’homme,ou de femme dont on voit les parties naturelles. * Les ordures y font fans envelope , & les yeux les plus hardis font effrayez de leur nudité. Molière, Critique de fEcole des femmes. NUDS-PIEDS, adv. [ Nudis pedibus. ] Les pieds nuds. ( Marcher nuds-pieds. Abl. Aller nuds-pieds. Vaug. Rem. ) NUD-PIEZ , fi m. Factieux de la basse Normandie que Gaston défit. Ydìçzl’HiJtoìre de Louis XIII. NUE', nuée , adj. £ Variatus, temperatm. ] Terme de Fleuriste. II se dit de certaines fleurs, & signifie , qui a des manières de nuance. ( Lefpéce d’a- ttemone pluchée qu’on apelle albertine est nuée d’incar- nat. Marin traite des Fleurs. ) NUE, fi fi [ Flubes , nubila. ] Vapeurs amassées & arrêtées ensemble qui obscurcissent Pair. La nuë marche , décend , tombe. II se forme souvent plusieurs nues les unes au-dessus des autres. ) f * Etre tombé des nuis. [ T ot m Jìupens ubì a/i- quid fiubiti accidit ] C’est-à-dire, ne scavoir où l’on est. Etre inconnu. Etre étonné parce qu’on est parmi des gens qui ne nous connoissent point, & que nous ne çonnoissons point. £ * Elever une chofie ou une personne, jusqu’àux nu'ês. C’est la louer excessivement. H: * Faire fauter quelcun aux nues. Prov. C’est Pi m- patienter, le mettre en colere. £ * Se perdre dans les nu'ês. On le dit en mauvaise part d’un homme , qui s’éleve dans ses discours ou dans ses raisonnemens d’une maniéré à faire perdre aux autres & perdre Iui-même de vûë le sujet qu’il traite, ou la chose qu’il a entrepris de prouver. ( Ce prédicateur fe perd souvent dans les nues. ) * Cette nuë grosse de foudre & d’éclairs vint fondre fur la Picardie. Voit. I. 7. c. 4. C’est-à-dire, cet orage , cette tempête vint fondre fur la Picardie. L un n’est point fardé , mais fia muse est trop nuë : L’autre a peur de ramper , gf se perd dans la nuë, Despr. ) NUE'E , nui, fi. f. £ Nubes. J ( Une grosse nuée chemine. Voit. I. 9. La nuée m’eût porté de côté & d’au- tre. Voit. I. 9. Le Soleil se couchoit dans une nuée d’or & d’azur. Voit. I. 10. ) ■f Ils lancèrent fur lui une nuée de traits. C’est-à- dire , ils jetterent une telle multitude de traits qu’elle obscurcissoit Pair. * On dítaufli une nuée de fable, de poussière, que le vent emporte, ou que les pieds de quelques animaux, ou le mouvement de quelques chariots élèvent en Pair en grande quantité. * Une nuée d’oiseaux, de sauterelles, &c. [ Avium, Zfic. immenfiusgrex .2 í* NUE'E, fe dit d’une entreprise, d’un complot, dune conspiration, d’une vengeance , d’une punition qui se prépare & qui va éclater. ( II sc scrme une nuee qui menace bien de gens. La nuée crèvera bien-tòt. ) NUE’E, /./. ZGemmarum partes, opaca, vitiata.l lerme de Lapidaire. II fe dit des parties sombres qui transoàrens danS - les P ie . fres précieuses & autres co?ps transparens, qui en dimmuënt P éclat & la valeur. (Le cristal est sujet à avoir des nuées, j ^ NUeMENT fans fard, sincèrement. [ Apertê, can- £nì f% Zllm Laverite Parle nu'êment & s an s art. NUL NUER, v. d. Voïez Nuancer. NUIELLE- Voïez Nielle Terme de Jardinier. NUIRE , v. n. £ Nocere. ] Causer du dommage. Faire tort. (Nuire à la réputation de quelqu’un. Pajc. I. 7. Nuire à la santé. Sar. Pois. ) Le dessein de nuire est incompatible avec un hom- me de bien. Mr. EJJrit. Ne pas nuire. Ces mots signifient quelquefois, aider, servir. ( Le crédit & les amis ne nuisent pas, c’est-à- dire servent en diverses rencontres. ) f NUISANCE, fi f Z Damnum , detrimentum. ] Ce mot est vieux, & il signifioit Faction de nuire, dommage. II ne faut rien faire qui porte nuisance à ses voisins. ) NUISIBLE, adj. ( Noxìw, nocens, damnfus. ] Qui peut nuire. ( II n’y a point de vent qui ne soit nuisi. blé. La Chambre. ) NUIT, fi. f [ Nox. ] Espace de tems que le Soleil est fous Phorifon. Une belle nuit. Une nuit claire. Une nuit obscure. La nuit s’avance. Abl. Ret. I. La nuits’aproche. Abl.Arr. La nuit vient. On la voit à nuit fermée entrer feule dans des petites rues. Patru, plaidoié n. La nuit s’écoule. La nuit est passée. Douce U paisible nuit, de tes plus sombres voiles , Cache bien mes destins. Benserade , balet de la nuit. Cette nuit en longueur me semble sans pareille : II faut depuis le tems que je fuis en chemin, Ou que mon Maître ait pris le soir pour le matin, Ou que trop tard au lit le biond Pbabus sommeille, Pour avoir trop pris de son vin. Mol.) f Dans les combats de nuit, celui qui ataque à la faveur des ténèbres a presque toujours la fortune favorable. La nuit est la ressource desfoibles & la ruine des forts. La nuit est, pour ainsi dire, la mere des térreurs paniques. Les sièges les plus mémorables des Anciens nous fournissent une infinité «factions de nuit. Leurs sorties , leurs assauts, tout s’exécutoit la nuit. Les Modernes comme les plus malhabiles, font tout le contraire. Polybe de Folard. f Se mettre à lanuit. C’est se mettre en état d'étre surpris par la nuit, avant qu’on soit arrivé au lieu où l’on veut aler. ( Si vous partez si tard vous vous mettrez à la nuit. Il est dangereux de se mettre à la nuit dans certains pais. ) H Percer lesnuits. C’est veiller toutes nuits. * NUIT. [ Tenebra , caligo , op a ci t as. ] Obscurité. Ce qui est oposéà la clarté & à la lumière. (Son dit cours est une nuit veuve de Lune & d’étoiles. Main. Pdëfi II n’y peut avoir de nuit dans votre esprit. Voit. I. 61. Dans lanuit du tombeau j’enfermerai ma honte. Racine , Iphìgenie, a fi. 2. J c. 1. ) De nuit , adv. £Nofiu .2 Durant la nuit. (Marcher, de nuit. Ablanc. ) NUIT & jour, adv. [ Nofiu diuque, semper, ] C’est- à-dire, toujours. On dit des oiseaux de nuit. ZAves nofiurnœ. ] Des voleurs de nuit. Un bonnet de nuit. Les plaisirs de la nuit. * La déesse de la nuit. [ Nox. ] Terme de Pdëfit, pour dire la Lune. * Les feux de la nuit. Ce font les étoiles. * Le voile de la nuit. C’est l’obscurité de la nuit. La nuit porte conseil. Z Nox ajsert confilium. J Façon de parler proverbiale, pour dire qu’il faut penser mûrement à une affaire avant que de l’entreprendre. De nuit tous chats font gris. Voïez Gris. (§ Les Poètes apellent la mort, une nuit éternelle. Mais je ne voudrois pas dire avec Mr. de Racan, Ps. y. Puni ces malheureux d’une nuit Jans matin. Cette expression est trop figurée. NUITAMMENT, adv. ZNoflu , no fie. ] De nuit. II ne se dit qu’en termes de Palais. f NUITE'E, f. f. ZSpatium nofiurnum. 3 L’espace d’une nuit. Ce mot est vieux. NUL, nulle , adj. [ Nullus, nemo.j Aucun. Personne. ( Je n’ai nul embarras. 11 n’a nulle aspiration. Le bien est de nulle considération devant Dieu. Mais non pas devant les hommes. Pafc. 1 . 9. Nul n’est venu ici. Tout vient dans son Sermon, tout est mk au hazard, Nul principe établi, nulles premier, nul art. Vill. ) NUL, NU M NUL 5 nulle, adj. [ Irritas , caffut . ] Terme de Palais. Qui n’est pas dans les formés. Invalide. (Contrat nul. Stipulation nulle. Patru , plaìdoié ) NULLE , f f. Sorte de mets composé de jaunes d’œufs, & de sucre. ê NULLE, f f. Caractère qui ne signifie rien , & qu’on n’emploïe dans lettres en chifre , que pour les rendre plus dificiles à déchifrer. ( Les nulles d’un chifre. ) NULLEMENT , adv. [ Nullo ntodo , nequaquam. ] En aucune maniéré. Cela n’est nullement vrai. Abl.) NULLEMENT. C Vitiosè, vìtìo. ] Terme de Palais. C’est ce qui se fait contre les Loix & les formes, & qui est sujet à cassation. NULLITE' , f f. [ Nullitas , vitìum. ] Terme de Palais. Défaut dans les formes. ( II y a nullité d’acte. Patru , plaìdoié i;. Ce ne font qu’abus , ce ne font que nullité?. Patru plaìdoìé. ;. C’est un moyen de nullité. ) On dit aussi nullité? dans la forme ou dans la matière des Sacremens. NûMENT, adv. f Apertè , candide , Jìncerc. J Franchement & fans détour. ( En fidèle historien , je vous raconterai nûment les choses. Voit. I. 10. Ra- porter nûment tous les chefs de l’acufation. Ablanc. Luc. t. i. ) NÛMENT, adv. f Immédiats , reclà , proximè. J Terme de Palais. On dit d’un appel qu’il ressortit nûment à la Cour, &d’unyiesqu’ilreleve nûment du Roi, e'eji-à-dire , immédiatement & fans moyen. Voiez Nuément. NUMERAL, numérale , adj. s Numcralis. (j Terme de Grammaire. Qui marque quelque nombre. II y a des nomsnumeraux. ) NUMERATEUR , f m. [ Numerator.~\ Terme A’A- ritbmétique. L’un des deux nombres par lesquels on écrit & on exprime une fraction, & qui marque la quantité des parties qu’on doit prendre dans le nombre entier. Le nombre qui désigne toutes les parties du nombre entier, s’apelle dénominateur, i 5 .est le numérateur, 4. est le dénominateur. NUME'RATION , f f. [ Numeratio. ] Terme d ’Arit- métique. C’est sart d’exprimer la valeur de tout nombre proposé en se servant de certaines figures. f NUMERATION, se dit aussi en termes de Commerce , pour compte , paiement actuel fait en deniers comptant. (La numération de cette somme a été faite en présence des Arbitres. ) NUMERO , f m. Terme de Marchand, qui veut dire nombre. C’est le numéro sept. Voï. le numéro dix.) H Livre de numéro. C’est une sorte de livre que les Négocians tiennent, pour connoitreavec facilité toutes les marchandises qui entrent dans leurs magasins , qui en sortent ou qui y sont actuellement. -f-* Entendre le numéro. C’est avoir de l’adresse & de l’intelligence pour de certaines choses. NUMEROTE', numérotée, adj. [ Numérisjlgnatus. ] Chose sor laquelle on a marqué le numéro. ( Toutes ces balles sont numérotées. ) è NUMEROTER , v - a. Mettre I enumero ou la cotte. (Numéroter les pièces d’un procez. Numéroter des NllM 509 balots. ) On ne s’en sert qu’en termes de Pratique ou de Commerce. N U MISMATOGR A PHIE, f f. í Numifmato- grapbia. d Ce mot est Grec, & il signifie, la deserip. tion & la connoissance des Médailles dor, d'argent & de bronze des Empires & des siécles éloignez. ( Ful- vius Ursinus , Augustin , Evêque de Tarracone; Eriz- zo , Noble Vénitien; Sambucus, Gentilhomme Po- lonois, ont donné un grand lustre à la Numisinato- graphie. Spon , Voyage de Gréce, í NUMMULAIRE,//. {Nttmmularia,major lutea.~J Plante fort astringente , vulnéraire , & propre contre le scorbut, qui croit dans les lieux humides. Elle pousse plusieurs tiges rampantes, ses fleurs sont jaunes, ia semence fort menue, & sa racine petite. Se s feuilles sont presque rondes, & ressemblent à unepiece de monoïe. NUNCUPATIF, adj. m. [ A un cupatìvus. J Terme de Palais. Ilse dit seulement d’un Testament fait verbalement & de vive voix. NUND 1 NAL, aie, adj. Nom que les Romains donnoientaux huit premières lettres de l’alphabec. ê NUNNA- Toile blanche de la Chine, dont il se fait un négoce considérable au Japon. NUPTIAL , nuptiale , adj. [ Nuptialis. J Qui regarde les noces. Qui est pour les noces. (Lit nuptial. Couche nuptiale. Voit. poef. Abl. Le Soleil en son aurore se montre aussi pare qu'un époux qui sort de fa chambre nuptiale. Port-Royal, pf. 18. 11 s reçurent la bénédiction nuptiale ; & c’est en quoi consiste toute la sainteté du Mariage. Le Malt. plaid. 12. Dans une magnifique sale Ou le Prince les ajjèmb/e , Avant que d’allumer la torche nuptiale En cette forte il leur parla.Petr. Griscl. NUQUE , f f C coUivertebra. J Partie élevée derrière le cou. (II sa frapé sur la nuque du cou. Un Normand député pour haranguer le Roi, Sire , dit-il, tout court fans pouvoirpajjer outre , Se frétant à la nuque ff regardant la poutre, Par faute de mémoire il tombe en désarroi. Ses amis l’excusant , difoient , il s’eji mépris ; Mais le peuple criant, à íécole , à l’école , Tout beau, leur dit le Roi, je n’en fuis point surpris , Les Normand sfont sujets à manquer de parole. NUTRITIF, nutritive, adj. [ Nutritius. ] Ce mot signifie nourrijfant. Mais il ne se dit que rarement, & même souvent en parlant des choses de médecine. (Un bouillon nutritif. ) NUTRITION, f f [ Nutritïo. ] Prononcez nutricion. Entretien du corps dans un même état par les parties qui sc changent en notre propre substance. ( La nutrition se fait par le moyen du sang. Roh. Phyf.) NUTRITION , f f [ Fomentatio , coagmentatio. J Ternie de Pharmacie. II sc dit de la préparation des médicamens, aufquels on ajoute quelque suc, ou quelque décoction pour les nourrir , pour ainsi dire , & en augmenter la force. NUTKITUM , f m. Onguent dessicatif & rafraîchissent préparé avec shuile, le vinaigre ou le suc de solanum. O OB E Q SUBSTANTIF MASCULIN. Une des lettres de l’Alphabet, & une des sept voyelles de la Grammaire. ( Un petit 0, un grand O. II ne s’est pas aperçu que toutes les voyelles n’étoient pas dans le nom de Neufgermain, & qu’il y manquoit un O. Cofi. ) O. Sorte d’interjection qui sert à exprimer quelque mouvement de famé (O / monPere! voilà qui est prudemment ordonné. Pafc. /. O! mon Pere ! lui dis-je , tout effrayé , ces gens-là étoient-ils Chrétiens? Pafc. l.s.) O II sc joint quelquefois au mode optatif des verbes. (O! queplût-à-Dieu. O! que n’ai-je fait une telle chose. ) 11 y a des mots où la prononciation de l’O varie, comme dans le François, croître, croire. Les uns voulant qu’on fasse entendre 1 ’o & \’ì , & d’autres prétendant qu’il faut prononcer ces mots comme s’il y avoit «n e ouvert. ( Defmarcts , Gr. fr. ) O , f. m. Terme d 'Eglise. Une des neuf Antiennes qu’on dit neuf jours avant la veille de Noël. ( L ’o est chanté. Sonner fe. Dire l’e. Aller à l’e, Les Ò, selon l’ufage de Paris & de Rome , ont été traduits en François. On apelle ces Antiennes Os, parce quelles commencent par l’exclamation O. O , f. m. Terme d ’Aritmétique. C’est un zero, V oie z Zéro. f * C’ejt un o en chifre. Cela se dit d’une personne dont on ne fait point de cas , & dont on ne considère point le suffrage. OBEANCIER , f m. r Prapositm. ] Premiere dignité du Chapitre de S. Juif à Lyon, & qui est la même chose queDoyen ou Prévôt dans les autres Chapitres. 0 ‘ Le terme Óbcancier est peu connu , il est dérivé de obedkntia , qui a signifié u n Hospice de Religieux, une maison dépendante d’un Monastère considérable. Nous lisons dans la septième letçre du quatrième livre $*s ; des 5io OBE des Epîtres de Geoffroi de Vendôme, que cet Abe alant à Sens, fut surpris en chemin par une pluie me^ lée de grêle , qui l’obligeade fe retirer dans 1 Hospice , ou Obédience de l’Abaïe de Saint Florentin ; & il y aparence que de Qbedientia on a fait Obéance & °SfnTENCE, s s- Prononcez Obédiance. Ter- mede Religieux & de Religieuse. Vœu solemnel qu’on fait d’observer les trois vœux de la vie religieuse. ( La vie religieuse consiste en trois parties essentie 1 - les , pauvreté, obédience, chasteté, Patru, plaidoié i;. Faire vœu d’obédience. Le Maît. ) OBE'DIENCE. [ Lìcentïa. ] Terme de Capucins, de Recolets & de quelques autres Religieux. Permission des principaux de l’Ordre, laquelle se donne par écrit à un Religieux pour voyager, ou pour aller s’établir Gardien en quelque Couvent qui lui est marque. L’o- bédience qu’on donne aux Peres est Latine, &aux Frères, Françoise. (Obtenir une obédience. Montrer obédience. ) OBE'DIENCE. Ce mot sc dit parmi de certaines Religieuses, & signifie ce qui est enjoint de faire tous les jours. (S’en aller à son obédience. Voïez obéissance. OBE'DIENCE. [ Subjectif). ] Sujétion. ( Demeurer fous l’obédience & à la garde des réguliers. Patru, plaidoyé. Ambassadeur d’Obédience. II se dit des Ambassadeurs que le Roi d’Espagne envoye au Pape , au sujet du Royaume de Naples, qui releve du Saint Siège. Pais d’Obédience. [ Obedientia regiones, ] C’est en France un Païs , ou une Province, qui n’est pas comprise dans le Concordat. La Bretagne & la Lorraine sont des Païs d’obedience. ; En Païs d’obédience , le Pape a huit mois de l’année , dans lesquels il conféré les Benefices vacans de plein droit. î$ Le P. Lobineau a parlé fort obscurément dans son Histoire de la Bretagne , du droit que le Pape a de pourvoir pendant huit mois des benefices vacans dans cette Province. Le fait est certain ; mais l’origi- nede ce , droit n’est point bien éclaircie , ni méme la question qui sc présenté souvent, si le Pape nomme comme Pape, ou comme Ordinaire ; ce qui est susceptible de beaucoup de dificultez ; car si c’est comme Pape, l’Evêque n’est que le Vicaire' du Pape; si c’est comme Ordinaire, il y a donc deux Evêques dans la même Province. Voïez les Arrêts de Frain , U le Commentaire du fleur Hevin. t OBE’dIENCIEL, obédiencielle , adj. [ Obedìentialis .] Terme de Théologie. Qui obéît par un ordre exprès de Dieu. ( Puissance obédiencielle. ) OBE'DIENCIER, f. m. £ Obedìentìarius. J Religieux qui va descrvir un Benefice dont il n’est pas titulaire. OBE'I, obéie, adj. Personne à qui on obéit. ( Le Roi est obéi dans tout son Royaume. Elle est exactement obéie dans fa maison. ) OBEIR t v. n. [ Obedire. ] J’obéi, tu obéis , il obéit , nous obéissons. J’ai obéi. J’obéit, j Ce mot se dit des personnes , des animaux & des choses, & il signifie,/ct/re ce Se soumettre. (Obéir aveuglement à son Prince. Abl. Se faire des loix aufquelles on obéit exactement. , Pasc. Pens. Celui qui commande aux Anges, obéit à la voix d’un homme. Godeau. Obéir à la justice. Le Maît. Obéir aux ordonnances canoniques & morales des Saints Peres. Monseur Arnaud , Fréquente communion. Cheval qui obéit à la main. Cheval qui obéit au talon. Ces dernieres façons de parler sont des termes de Manège. La gloire d!obéir eji tout ce qu’on nous laisse. Rac. ) * OBE'IR. Ceder, ( Obéir à la nécessité. ) OBE IR. [ FleHere se. J Plier fans rompre. ( Lame d’épée, qui obéit tant qu’on veut. Alumelle de couteau qui obéit. Osier qui obéit. La cire obéit, & prend la figure qu’on lui veut imprimer. ) OBE'ISSANT , obéissante, adj. [ Obedìens , obtempérant. ] Qui fait ce qiron lui commande. ( Les Soldats & les Chartreux font également obéïssans. Paf. Pens. Alexandre avoit des troupes très-obéissantes. Vaue. Quint. /. ;.) 5 V OBE'ISSANCE, s.s. [ Qbedientia. ] Ce mot signifie 1 action de celui ou de celle qui obéit, habitude d’o- “ eir \ a motd obéissance dans le langage ordinaire, & qui est dans le commerce du monde, n’a point de pluriel (One obeiflance particulière, prompte, humble , hdele aveugle. Se ranger sous ì’obéiífance du OBI Roi. Vaug. Quint. Remettre une Province dans l’o- béissance. Patru , plaidoié. i. Us étoient persuadez qu’on devoit une obéissance aveugle à la Cour. Mémoires de Mr. le Duc de la Rochefoucaut. Etre sous l’obéissance de pere & de mere. Àbl. Se détacher de i’obéissance .Mémoires de Mr. le Duc de la Rochefoucaut. Assurer quelqu’un de fa très-humble obéissance. Vaug. Rem. Vous seul, Seigneur , vous seul vow m’avez arrachée A cette obéissance ou j’étois attachée. Rac. ) OBE'ISSANCF.. [ Jujsum , mandatmn.’] Ce que l’on commande de faire fur l’heure. Ordre qu’on donne de faire quelque chose. Le mot d’obéissance en ce sens est un terme de Religieuse, & a un pluriel. ( Les diverses obéissances du Monastère donnent sujet aux Sœurs de parler ensemble. Port-Royal, Constitutions, page ço. Elle vient de son obéissance. On dit aussi en ce sens obédience. ) t OBE'ISSANCE. Quelques-uns disent obéissance , pour obédience , pour dire un des trois vœux de religion ; mais en ce sens le mot d 'obéiss ance n’est pas si fort en usage que celui d’ obédience , qui est le mot généralement reçu. OBE'ISSANCE. Ce terme signifie dans la Jurisprudence féodale, l’hommage, & toutes les redevan. ces féodales; c’est ainsi qu’il faut entendre ce mot dans la Coutume de Bretagne, art. 446. U 47;. Les héritages que les bâtards aquiérent, au cas qu’ils n’ont hoirs de leur corps engendrez en loyal mariage, doivent être au Seigneur fous lequel l’acquisttion a été faite , pourveu qu’il ait obéissance , est même justice, combien qu’il n’ait Haute Juftice. Voïez la Coutume d’Anjou, art. 258- celle du Maine , art. 27 6. & celle d’Angou- lême, art. 7. où il est dit : Tout Seigneur qui a droit de Châtellenie , peut faire tenir sa grande assise quatre sois l’an pour le moins, autrement les obéissances lut pourront être deniées , &c. OBELISQUE, f m. [ Obelisctts. ] C’est une superbe & magnifique pierre , très-haute , & d’un marbre fort dur & fort beau, qui est taillé en forme pira- midale , qui a ordinairement quatre faces, qui va en diminuant depuis le pied jufqu’au haut, & sc termine en pointe. On apelle les obélisques, les doigts du Soleil, parce qu’ordinairement les obélisques, lui étoient dédiés. Ceux qui ont parlé des obélisques racontent qu’ils sont très-anciens, & que les fils de Seth en dret scrent deux en Sirie , l’un de pierre & l’autre de briques , sor lesquels ils gravèrent les siences. On grave fur les obélisques les principaux préceptes de la Philosophie reprelèntez par des caractères hiéroglifiques. On sc scrvoit aussi des obélisques pour immortaliser les actions des grands hommes. II y a un superbe obélisque à Arles en Provence. Je vois par l’hiitoire de l’Eglise d’Arles , de l’Abé Duport que cet obélisque a été posé le 20. Mars 1679. fur un pied d’estal, qui est consacré à Louis XIV. quia cinquante-deux pieds de haut, qu’a fa pointe il y a un globe , & au dessus de ce globe un Soleil avec la devise du Roi, Nec plu- ribus impur, *stc. ( Tusçais que par mes foins U mes ardentes veilles , Cet Obélisque st vanté De ton régné fameux consacre les merveilles, A toute la postérité. M. de Roubin. ) OBENIGNA. Terme Latin , qui signifie soumission , reverence qu’on fait a des gens dont on espere quelque service. 11 a bien fait des 0 benigna à cette vieille pour attraper son bien. OBÈRE', obérée, adj. 11 vient du Latin obœratus, & n’a son grand usage que dans les discours de Palais. II signifie qui est endetté , qui est acablé de dettes. (Le E auvre Patru est mort obéré. On dit l’Etat est obéré, a République est obérée. ) OBERER, v.a. [ Obœrare. ] Charger de dettes. (II a obéré fa famille. S’oberer. C’est s’endetter. ) OBESITE’, f f. [ Obcsttas. J Terme de Médecine. Qui marque Pétât d’une personne trop chargée de graisse & d’embonpoint. OBJECTER, v. a. [ Objìcere , opponere. ] Opo- ser quelque chose à une opinion pour la combattre. Faire une objection à quelqu’un sur quelque matière. ( Objecter une dificultéàun Philosophe.) OBJECTER. Veut dire quelquefois blâmer, reprocher. [ [Exprobrare.J On lui objecta la bassesse de fa naissance. ÓBJEC- OBL OBJECTIF, objeflive,adj. {Vitrum objeflivum.f Terme A’Optique. Le verre objefíif, c’est celui qu’on met au bout des grandes lunettes, du côté des objets. f OBJFCTIF , s’emploïe plus ordinairement au substantif. (.Objectif d’une lunette. ) A OBJECTIF, adj. Ternie de Théologie. Dieii est notre bonheur objectif* c’est-à-dire, Dieu est. l’objet de notre bonheur. On dit aussi dans le même sens * qu’il est notre béatitude objective, notre félicité objective. OBJECTION , s f. C Objefíio, oppostio. ] Ce qu’on opofe pour détruire une opinion. Objection forte , puissante , ingénieuse, judicieuse, raisonnnable, fine* délicate, pressante, vaine , ridicule, frivole, chimérique-. Faire une objection. Proposer une objection. Répondre à une objection. Réfuter une objection. Détruire une objection. Soudre une objection. ) Ç OBIER, s- ni. [ Sambucus aquatica. ] C’est un arbre qu’on nomme autrement , Sureau de Mark. Danet. OBIER , s ni. Voïez Aubier. OBJET , s C Objeflum, res ob je fia. J Chose où l’on arrête les yeux. ( Objet beau , charmant, merveilleux, grand, excellent, incomparable, admirable, noble, rare, divin , adorable, prodigieux , laid , vilain odieux , infâme , ridicule. Je ne vois que de vilains objets autour de moi. Monsieur Perrault dit de l’homme : Et les plus beaux objets qui pajj'ent par ses sens, Mont tous pour J'a raison que des traits impulsant. Perr. ) OBJET. Chose où l’on arrête sa pensée, son coeur, son but, ou son dessein. ( L’homme est à lui-même le plus prodigieux objet de la nature. Pasc. Penf. Etre l’objet de l’invective publique. Mémoires de Mr. le Due de la Rocbefoucaut. Avoir pour principal objet de maintenir son crédit. Pasc. I. 12. Ces gens-là a.voient le même objet que les autres. Mémoires de Mr. le Duc de la Rocbefoucaut. II es certains objets que Part judicieux Doit offrir a P oreille , reculer des yeux. Despi. ) OBJET. [ Subjecia materia. ] Ce mot en parlant de sence , ou d’art, veut dire la matière de la fience ou de l’art. Le fin de la fience , ou de Part. ( Objet, matériel, principal, formel. O ne seait pas en quoi Pasc. Pens. cher, &c. f OBJETS 8 ? reproches. Terme de Pratique. OBJET. Se dit poétiquement des belles personnes qui peuvent donner de l’amour. ( C’est un objet charmant. Un objet négligé sien es pas moins charriant-. Corn. ) J OBIT , f m. [ Obitus , anniversariusn. J Terme á’Eglise. Service qu’on fait pour une personne morte quelque tems après fa mort. (Faire dire un O Hit. Fonder un Obit. ) OBITUAIRE, adj. [Mortualis codex .] Registre bù l’on écrit le nom des morts & le jour de leur sépulture , qu’on apelle aussi mortuaire. OBITUAIBE. [ Obituarius. J Beneficier pourvu d’un benefice vacant par mort. Un résignataire est toujours préféré à un obituaire. OBLAT , f rn. { Adfcriptitius Religiose familix. ] 11 semble Venir du Latin oblatus. Soldat qu’ayant la fondation des Invalides, le Roi mettoit en quelque Àbaie de son Roïaume , & que l’Abaïe étoit obligée de nourrir comme un véritable Religieux. On ne faifoit cette grâce à ce soldat que pour reconnoître les services qu’il avoit rendus à Sa Majesté; & iln’y avoit point d’Abaïe qui n’eût son oblat , ou qui ne donnât pension de deux cens écus, de mille ou douze cens livres à quelque pauvre soldat estropié , & nommé par le Roi. Ces oblats s’apelloient Moines lais. Us ont commencé dès le régné des Capets, & n’ont cessé qu’à , Rétablissement de l’Hôtel des Invalides, où oh les a tous mis, en transférant leurs pensions , pour les y entretenir d’une maniéré tout-à-fait honnête, commode , & honorable : de forte qu’aujourd’hui on ne les nomme plus Moines lais, Ni les oblats, mais Invalide?. Voïez Invalides. DELATION , f f. í Oblatioy oblatum. J Prononcez OBL 5 11 oblat ion. Ce mot ne se dit que dans les matières de pieté, & signifie offrande. ( C’étoient les décendans d’Arôn , qui dans le. Temple faiseient les oblations. Port-Royal. La feule oblation d u Corps de Jésus- Christ faite fur la Croix peut sanctifier les hommes. Port-Royal. Explication des cérémonies de. P Eglise. Les anciens. Juifs mangeoient la chair sacrifiée ; ce qui leur étoit une marque de la part qu’ils avoient à cette oblation. tíosuet * Doileur de P Eglise , cb. 10. 0 Tout ce qui est ofert à Dieu, est compris fous le terme oblation , ou fous celui d ’ofrande, Les oblations ont été , pendant les premiers siécles de l’Eglife, forcées & de nécessité, & l’on nepouvoitpoint apro- cher des Autels les mains vuides. Les Mages eh íon- nerent l’exemple ; chacun aporta fes préfens , qu’ils ofrirent à cet Enfant, dont ils connoissoient la Divinité cachée fous des langes : & depuis on introduisit dani l’Eglife l’ufagedes oblations les jours de Fête & dé Dimanche , non-feulement comme un aveu de tenir de la bonté du Seigneur les biens dont on joùissoit * mais encore pour la subsistance des Ministres des Autels , & pour les réparations des temples. Le second Concile de Mâcon, ajoute dans le quatrième Canon : Pour expier par ces oblations innocentes les pechez que i’ûn avoit commis. Cette pratique a subsisté pendant long-tems. S. Augustin, dans plusieurs Sermons, exhorte fes Auditeurs à satisfaire exactement à ce devoir. Et l’Histoire de l’Eglife nous aprehd , que les Empereurs n’entroient jamais dans le Sanctuaire, qu,e pour y faire leurs oblations. Les oblations cesserent d'être forcées , par le sixième Synode in Trullo, ra- porté dans le Canon, Nullm Episopui 1. quès. 1. parcs qu’on pouvoit les regarder comme une rétribution Simoniâque. Au reste , les oblations apartiehnent de droit aux Curez dans l’étenduè de leurs Cures , même celles qui fe font dans les Chapelles particulières. 0 OBLIAGE, ou oublies , sent sinonimes, & signifient , dans quelques Coutumes, un droit Seigneurial, avec cette diférence , que dans les unes obliage_ est une redevance dûë au Seigneur Féodal ; & dans d’atitres * c’est la peine imposée au vassal qui n’a pas satisfait à fes devoirs dans les tems prescrits parla Co.ù- tpqie. Voïez l’article 40. de la Goûtumé de Blois ; la Coutume de Montargis , tit. 2. chap. 40. OBLIGATION'’, f f {Scripti obligatiò , chira- grapbì cáutio. ] Sorte d’Acte qui se fait devant Notaires entre deux ou plusieurs personnes, dans lequel une ou plusieurs personnes s’obligent envers quelqu’autre de s’aquiter des choses portées par l’obiigation. Faire une bonne obligation à quelqu'un. Passer une obligation. ) * OBLIGATION. [ Obligatiò J Devoir. Sorte de né- cessité’qu’il y a de faire, òu de ne pas faire. (Obligation étroite , particulière, ancienne , ptessahte. Détruire l’obligation de donner saumoné de son superflu; Pasc. I. 12. Je ressens comme je dois les solides oblP gâtions que j’ai d’etre votre serviteur. Voit.l. 40. 0 Ceux qui écrivent exactement, ne disent pas: J’ai obligation de faire telle choj'e. Les enfans ont une obligation naturelle (Passer leur pere. Mais il disent : je suis obligé de faire, 0 jV. Les enfans font obligez , ffc. Ils avouent néanmoins qu’on peut dire : Ces urne obligation naturels d’asìser sonpere. Mais le P. Bouhours* dans ses Remarques nouvelles * dit que, avoir obligation de faire, est si commode, & tant de gens s’en servent, qu’il y a grande apnrencé que cette méchante phrase deviendrq bonne qVce le teins, &c. * OBLIGATION. L Debiium , gràtiœ debitios Bon office reçu pour lequel oii est obligé à quelque ressentiment. ( Tout le iponde prend plaisir à s’aquitter des petites obligations. Mémoires de Mr. te Duc de la Rocbefoucaut. Donner quelque chose à l’ancienne amitié & aux gens. Mémoires de Mr. k Duc de la Roche- foucaut. Avoir une particulière, avoir Une étroite obligation à un.e personne. Abl. ) _ U ne sent pas exposer une fille à avoir de grandes obligations à un homme calant & bien Fait. OBLIGATOIRE, adj. \Obligutorim. ] Qui obligea faire quelque chose. Contrât réciproquement obligatoire. Lettres obligatoires.') * OBLIGE obligée, adj.. {Devinfhuj Qui a reçu urt bon Office. Qu* a obligation à une personne,parce qu’U en a reçu qUclque plaisir. Voila un beau commencement, les Juges vous feront bien obligez. Paf. I. %. Elle lui fut obligée de ce qu’elle avoit porté la Reins »? 512 OBL à, &c. Mémoires de Mr. te Duc de la Rocbefoucaut. L’Abesse lui fait réponse qu’elle & ses filles se sentent infiniment obligées de ses bontez. Patru , plaidoyé ç.) • OBLIGE'’, f. m. C Syngraphm, cautionvs Jcnptum. J Acte par lequel on répond pour un valet qui entre en service , ou pour un garçoft qu on met en aprentiíTagc. * OBLIGEAMMENT, adv. [ Perrofficiosè. ] Prononcez oblijamment. Officieusement. Honnêtement. * Recevoir quelqu’un obligeamment. Traiter quelqu’un obligeamment. Abl. Elle tendit la main à celui qui Jes invitait si obligeamment. S. Evrem. Matrone d’E- pbese. ) OBLIGEANT,pur#. [Cogens.] Qui engage. Qui oblige. * OBLIGEANT , obligeante , adj. s Benignus , benesi- cus , officiojus. ] Officieux. Honnête. Qui fait volontiers plaisir. (Conduite obligeante, Pafc. I. ç. Dire un chose obligeante à quelqu’un. Boileau , Avis à Ménagé. Humeur obligeante. C’est un homme fort obligeant. ) OBLIGER , v. a. [.AJìringere obsiingere.] Engager quelqu’un par quelque acte devant Notaire , ou par quelqu’autre acte de Justice. ( Obliger quelqu’un par corps & biens. Le Mait. Obliger une personne à la garantie. Obliger de payer, ou obliger à paver. Patru. ) * OBLIGER. [ Obligare. ] Contraindre , engager , par une sorte de devoir , ou de bien-séance. Forcer a faire, ou à ne pas faire. ( C’est trop peu de chose our vous obliger à quelque ressentiment. Voit. I. 4. ersonne n’est obligé à changer l’ordre de ses repas. Pafc. I. 5. Si un homme doute qu’il ait vingt-ans, est- il obligé de jeûner ? Pafc. I. ç. II est obligé par fa propre conversation à, &c. Mémoires de Mr. 1e Duc de la Rocbefoucaut. Et nous n’avons besoin dans les adverjìtez Qui nous obligent de nom plamdre , Que des endroits par où vom fçavez tout toucher. B. Rabin.) * OBLIGER. C Pavere , optimè mereri. J Faire plaisir. Rendre un bon office, ( Personne n’a jamais squ obliger de meilleure grâce que Cirus. Abl. Ret. I. 1. c. 9. 11 faut essayer d’obliger les personnes de qualité. Mémoires de Mr. le Duc de la Rocbefoucaut. S’Obliger, v. r. [ Objìringerese.] S’eogager par obligation devant Notaire. (S’obligerpourquelquson. S’obliger. [ Polliceor , fum paratm. ^ S’engager par -une sorte de devoir , ou de nécessite. Je m’oblige à faire tout ce qu’il vous plaira. II s’est obligé à payer pour son ami. ) * S’obliger [ Sibi mutuè*benè mereri. ] L’un l’autre par de mutuels services. OBLIQUE, adj. [Obliquas.'] Terme de Géométrie. Qui n’est pas droit. Qui n’est pas perpendiculaire. < Ligne oblique. Angle oblique. Sphère oblique. Port- Royal. Et lorsque dans les Cieux le brillant Dieu du jour , De son chemin oblique aura fini le cour. Abé Régnier. ) On apelle en Astronomie Ascension oblique , le degré de l’Equateur qui monte fur l’horison de la Sphère oblique en même tems qu’un degré du Zodiaque, ou d’unePlanète qui se trouve dans le même degré, & dans Thorison oriental. f OBLIQUE- Terme de Guerre. L’ordre oblique est celui dont Végéce fait le plus de cas, & il Tapelle msimilitudinem veru. Les Anciens l’apelloient bataille de biais, c’est-à-dire qu’on mettoit tout ce qu’on avoitde troupes d’élite à l’aile qui devoit attaquer, pendant qu’on reftrsoit tout le reste de la ligne à l’ennemi. 11 paroit qa’Epaminondaa préférois cet ordre à tous les autres ; & Mr. de Folard le croit le meilleur : la ligne oblique ou l’ordre de bataille oblique étant tout ce qu’il y a de plus à craindre & de plus rusé dans la Tactique. C’est, dit-il, la ressource des foibles, & fur tout lors-qu’on introduit des colonnes dans l’aîle qui doit ataquer, comme fit Epaminondas à la bataille de Leuctres. Feu Mr. le Duc d’Orleans parut surpris de cet ordre de bataille, lorsque Mr. de Folard le lui présenta. Volez le Tome I. de son Polybe. L’ordre oblique est le plus fin & le plus dangereux de toute la Tactique. Cet ordre est inconnu aux Mo- í e í”, eS x? ne peut être pratiqué que par un Général habile cx tres expert dans les manœuvres Générales. Ibid. pref. du Tome II. * Je rends obliques des harangues directes. Abl. Cé- far . çréfaçts OBS * OBLIQUE. Qui n’est pas juste. Méchant. ( Se détourner du droit chemin pour suivre les voies obliques & corrompues. Port-Royal , Ps. 24. ». ç. ) OBLIQUE. Terme de Grammaire. On apelle de ce nom tous les cas qui ne sont pas le nominatif. ( Un cas oblique. ) OBLIQUEMENT , adv. [ Obliqué. ] D’une maniéré oblique. D’une maniéré qui n’est pas directe. (Tomber obliquement. Les joints vont obliquement. II est parvenu à ses fins, mais obliquement. Je lui ai reproché , non pas directement, mais obliquement. L’Ecliptique coupe obliquement l’Equateur. ) OBLIQUITE', s.s. [ Obliquité .] Disposition d’une chose qui est posée obliquement. (L’obliquité du Zodiaque est de vingf-trois degrez & demi. L’obliquité de la Sphère cause l’inégalite des jours & des nuits, & le changement des faisons. ) OBLIQUITE'. [ Via sraudulenta. ] Maniéré d’agir qui n’est pas juste. ( L’obliquité de son procédé fait connoître fa mauvaise intention. ) OBLONG, oblongue , adj. [ Oblongm. ] Qui est un peu long. Terme de Géométrie. ( Figure oblongue. Rectangle oblong, ou quarré long.) OBMETTRE, obmijjìon. Voïez Omettre & omission. OBOLE , s. f. II vient du Grec. En Latin obolus. Sorte de petite monoïe , c’est la moitié d’un denier. Mais autrefois il y avoir une efpéce de monoïe blanche qu’on apelloit obol.e , &qui valoi,t sept deniers, & selon Galand, Traité du Franc-Aleu, il y avoitauffiune obole d!or. (11 n’a pas vaillant une obole. Scar. C’est- à-dire , il est très-pauvre. Vous ne sortirez point de là que vous n’ayez païé jusqu’à la derniere obole. PorteRoyal , nouveau Testament. C’est-à-dire , que vous n’ayez tout payé. ) 0 L’obole d’or a eu cours fous Philippe Auguste , & sous saint Louis, comme Le Blanc a remarqué dans son Traité des monoïes. II fait encore mention de l’o- bole d’argent, que l’on apelloit obole blanche , ou obole tierce. L’obole, selon Nicod , valoir sept deniers tournois. On dérive ce mot du Grec, obolos , parce que l’obole étoit longue & étroite comme une éguille comme les obélisques. OBOLE, f f. [ Semscrupulw. } C’est aussi en termes de Médecine , un poids de dix grains, ou d’un demi scrupule. 11 y a eu chez les Anciens ençore d’autres sortes de poids apellez oboles. Prononcez le B de tous les mots de cette colone. f OBREPTÍCE , adj. [ Obreptitius. J Ce mot est Latin , & il ne fe dit qu’en termes de Palais , & ea parlant d’affaires. II lignifie qu’on « eu par surprise. ( Lettres obreptices. ) OBREPTION , / /. [ Obreptio. ] Ternie de Palais , qui veut dire surprise. ( Pour fermer la voye de l’o- breption, il dit que. Patru , plaid. 1;. ) OBRON, s m. f Sare cardo.J Terme de Serrurier. C’est un morceau de fer percé par le milieu, qui est attaché à l’obronniére du cofre , & dans lequel par le moyen de la clef, on fait aller la pêle de la ferrure quand on ferme le cofre. II y a d’ordinaire trois ou quatre obrons attachez à Pobronniére d’un cofre fort. (River lesobrons fur Pobronniére.) OBRONNIE'RE, f f- L Lamina cardinisfera. J Terme d eSerrurkr. Bande de fer à charnière , qui est attachée dedans au couvercle d’un cofre fort. Efpéce de petite plaque qu’on attache par dedans au haut du couvercle du bahut, au bout de laquelle il y a un obron. (Faire une obronniére. Attacher une obron- niére. ) Prononcez encore tous les B des mots de cette colonne. t OBSCENE, adj. p Obscenus , fiurcus. ] Ce mot vient du Latin , & se dit par quelques-uns , & veut, dire, sale. ( Mot obscene. Parole obscène.) Pétrone est un Poète fort obscène. Les postures d» l’Aretin sont obscènes. t OBSCENITE', f. f. [ Obfcenitas , impuritas. ] Ce mot non plus qu’obscéne n’est pas généralement reqû. II signifie paroles sales, ordures. (11 y a de Pobscénité dans la plûpart des Ouvrages de Ligniéres. ) L’obscénité tient souvent Heu de pointe dans les Epigrammes de Catulle. Ménage. 0 OBSCE'NE, & obscénitésont à présent fort en usage ; & l’on est même obligé de s’en servir dans les oca- ' fions, A OBS fions, n’y ayant point 'd’autre ternie équipolent. Au reste , la pudeur ne peut s’aconimoder des termes obscènes,- il n’y a que les débauchés , acoûtumés à toutes sortes de vices, les crocheter,rs & les harangéres qui ignorent les bien-séances , & à qui les obscénités conviennent ; les honnêtes gens ne sauroient les sou- frir. Nous aprenons de Cicéron, lib. i. de offic. cap. que les Stoïciens soûtenoient qu’il faloit nommer chaque chose par son nom ; que puisqu’on ne fait pas dificulté de se servir du terme de vol, de celui d’a. dultére , & d’affasfinat, qui sontenéfet de très-grands crimes, nous ne devions pas nous faire une peine de nommer par leur nom des choses qui font non-scule- ment innocentes en elles-mêmes, mais encore auto. risées par la nature & par la Loi. 11 s disoient encore, que l’obfcénité étoit ou dans les termes, ou dans la chose , & que s’il n’y avoit rien de honteux dans la chose, on ne devoit pas en fuprimer le nom. Mais tous les raisonnemens ne sauroient vaincre ce sentiment de pudeur que la nature nous inspire, & nous devons suivre son exemple dans la composition de ses ouvrages ; car elle a découvert ce que les hommes ont de plus beau , & elle a caché ce qui peut blesser les yeux: ainsi il faut fuprimer tout ce qui peut ofen- fer nos oreilles, & salir notre imagination. C’est ain- sl que Cicéron a raisonné dans ses Ofices , & fur quoi il s’est expliqué plus clairement dans une lettre qu’il écrivit à Pœtm , de qui il avoit fans doute reçu une lettre d’un stile un peu trop libre. J’obferverai toujours (lui dit-il) la pudeur Sc la modestie de Platon ; & je ne suivrai pas la leçon de ces Philosophes, qui veulent que crepitus , œque libéras ac rucíus , cjfe opor- tere. Lib. i. epist. 22. Quintilien, toujours imitateur de Cicéron, veut que l’on s’abstienne des mots obscé. nés , lib. 8- cap. p Et fans examiner les raisons de ces Philosophes, qui soutiennent qu’il n’y a point ^'expression honteuse par elie-même , il s’en tient à cette réglé générale, que l’on ne doit jamais violer les Loix de la pudeur. Nos peres n’étoient pas si exacts ; ils ne faifoient pas dificulté d’employer des termes obscènes, ne croyant pas que de simples paroles pus- sent blesser la pudeur; ainsi Malherbe a dit : Si quelque avorton de Venvie Ose encore lever les yeux , Je veux bander contre fa vie L’ire de la terre U des Cieux. On a blâmé Mr. de Balzac , pour avoir dit : Ma matière s’étant enflée entre mes mains, je me fuis trompé dans mon calcul. Terence n’a pas échapé à la sévérité des Censeurs , qui ont trouvé de l’obscenité dans ces v.ers de l’Eunuque, aH. 2. sc. v. 19. CH. Hoc bercle fasíum est. Facsts nunc promijsa appareant , Sive adeò digna r es est , ubi tu nervos tnt endos tuos. J’ai été surpris de trouver dans les poésies de Voiture ces vers pour Minerve dans un Balet. MiOe rayons ensorcelés , Sortent de vos yeux étoilés Qui percent fans faire ouvertures Et redoutée en toutes parts , Vous faites branler la nature Par ìe mdien de vos regards. Austt faudra-t.il déformais Qu’elle vous cède pour jamais i Car plus docle magicienne , Vous méritez le manîment D’une autre verge que lasienne , Et qui charme plus puissamment. OBSCUR, obscure , adj. En Latin obfcurus. Qui n’est pas clair. Ténébreux. Couvert de nuage. (Tems obscur. Chambre obscure.) ± OBSCUR- On apelle ainsi dans les couleurs, ce qui est moins clair , moins vif, moins éclatant, plus brun , plus chargé. On dit , couleurs obscures, bleu obscur, cheval bai obscur. £ Clair obscur. C’est en termes de Peinture , le mélangé des jours & des ombres. (Ce Peintre entend parfaitement le clair obscur.) . . „ * Çlair-obfcur , signifie aussi ce qui est peint tans mélange d’autres couleurs que du blanc & du noir, ou de quelque autre couleur brune. ( Desseins de clair obscur. ) , T * OBSCUR j obscure. Remplir de ténèbres. (Les OBS 513 esprits des hommes font ordinairement foibles & ob. feurs. Port-Royal, Logique , 5. part. c. 19.) * OBSCUR , obscure. [Haud clams J Qui n’a nulle réputation. Qui n’est pas connu. Qui n’a point d’éclat. (Son nom est un nom fort obscur. Naissance obscure. Abl. Mourir d’une mort obscure. Vaug. Quint. I. u Heureux qui satisfait de son humble fortune , Vit dans P état obscur où les Dieux Pont caché. Kac. Iphig. act. 1. sc. 1.) OBSCUR , obscure. [Captu dìfficilisf Dificile à entendre. Qu’on ne peut comprendre qu’avec peine, Peu intelligible. (Mot obscur. Façon de parler obscure. Vous croyez dans vos rimes obscures Aux Saumaifes futurs préparer des tortures. Deípr.) OBSCURCIR , v. a. [Obfcurare , caliginem ìn- duere.) Couvrir de nuages. Rendre obscur. (Nuage qui obscurcit le Soleil.) * OBSCURCIR. ' [Obfcurum reddereJ] Ternir. Esta- cer. Diminuer l’éclat de quelqu’un. (Les Jansénistes n’obscurcissent non plus l’éclat de la Société qu’un hibou celui de la lumière. Pose. I. 7. Obscurcir la réputation d’une personne. Abl. Obscurcir la gloire, de quelqu’un. Voit. po'éf ) * OBSCURCIR, [Tenebras qffimdere, affrre caliginem J Ce mot se ditdu langage. C’est embarasser de telle sorte une phrase, une période, ou une pensée qu’on ait de la peine à comprendre ce qu’on veut dire. Rendre obscur. ( Les longues parentéscs obscurcissent lc discours. Vaug. Rem. Obscurcir une pensée. Abl.) S’obfcurcir , v. r. [Obfcurum reddi , tenebris qffùn - d;.] Se couvrir de nuages. Devenir obscur & ténébreux. (Le tems s’oblcurcit. Le Soleil çommençoit à s’obfcurcir.) * S’obfcurcir , sè dit aussi de la vúë, pour diminuer, s’afoiblir. (La vûë s’obseurcit dans la vieillesse.) * Son esprit commence à s’obscurcir. [Obnubï.atur ani- mus.J C’est-à-dire, que son esprit n’est plus 11 beau ni fi brillant qu’il etoit. OBSCURCISSEMENT ,f m. [Obscuratio,] Etat d’une chose obscurcie. Obscurité. Ténèbres. (II fait un grand obscurcissement. Un étrange, un surprenant obscurcissement. L’Eclipse de la Lune est remarquable dans son plus grand obscurcissement.) f * OBSCURCISSEMENT. On dit, l’obscurcissement d’un passage mal interprété. (Sa gloire a reçu un grand obscurcissement.) OBSCUREMENT , adv. [Obscurè , p arum dìlucidèst D’une maniéré obscure & peu claire. Ambiguëment. (Je ne puis souffrir que les Historiens parlent obscurè- ìnent. Bouhours.') On le dit au propre & au figuré. OBSCURITE’ ,s. f. f Obscurités, caligo, tenebrx. ] Ténèbres. Privation de lumière. (Une grande obscurité couvroit la Ville. Voit, l. 10. Seigneur, l’obscu- rité des ténèbres n’est point obscure pour vous. Port » Royal , pf, 26. L’erreur Pévanouit , la sainte vérité D’un long aveuglement chaste l’obscurité. Genest.) H * V obscurité des tems , /’ obscurité de P avenir.. C’est-à-dire, le peu de connoissance qu’on a des tems dont on parle, l’ignorance où l’on est de l’avenir. * OBSCURITE’. Ce qui est oposé à l’éclat, au bruit & à la réputation qu’on aquiert en se faisant connoî- tre. (Je dois demeurer dans l’obscurité pour ne pas perdre ma réputation. Pose. I. ;.) J- * OBSCURITE’ de la naissance , obscurité de la sa. mUe d’un homme. C’est-à-dire, la bassesse de fa naissance , de sa famille. (II voudroit cacher l’obscurité de sa naissance. L’obscurité de sa famille révolté son orgueil.) OBSCURITE’. [Tenebris obduHus .] Ce mot signifie embaras , & ce qui est contraire à la clarté , à la netteté du discours , & à l’intelîigencedes choses. (L’obscurité est un des plus grands défauts du langage. Abl. Ce terme jette dans l’obscurité. Pasc. L 1.) Cicéron dans son Dialogue des Orateurs illustres , dit en parlant d’Allemagne , de Critias, & de Theramenes , qu’sls afectoient les grands mots, les fréquentes sentences & la brièveté, & tomboient ainsi dans l’obscurité: Grandes erant verbis, crebrissentcn- tiis, ccmprestìone rerutn breves, [st ob ipjam causant, interdum subobscuri. Tome II. T 11 OB. 5 i4 OBS OBSEDER , v. a. f Obsîdere, mokstiâ ajftcere .] Etre assidûment autour d’une personne avec d elle m de Pépier , oud’en obtenir quelque choie. ( Le Diable dans ce tems-là commenqoit a 1 obleder. Les amans l’obsedent. Molière, Mijan. ail. 2. sc. i. Voui avez trop d’Amans qu’on voit-vom obséder Et mon ctsur de cela ne peut s’ac'ommoder. Mol. ) * Apollon m’obsédé. Reg.Sat. rç. C’est-à-dire, me solicite de faire des vers. Me met en humeur de rimer.) OBSEQUES,//- [ Exeqtùa .2 Ce mot semble un peu vieux à quelques personnes , mais comme u se trouve encore dans les bons Auteurs , on ne peut raisonnablement le condamner dans un stilé grave & noble, après surtout qu’on a employé plusieurs fois le mot de funérailles. Ce mot d ’ obsèques signifie les cérémonies qu’on fait aux funérailles d’une personne morte. Derniers honneurs qu’on rend à une personne. Funérailles. ( Obsèques belles, magnifiques, honorables, superbes, royales. Les obsèques achevées, il envoya vers les Reines les avertir qu’il les venoit visiter. Vaug. Quint. I. c. 12. II fit ses obsèques avec tout l’honneur & tout le deuil qui étoit dû. Port-Royal, Bartelemi des Martirs , l. ;. c. 17. Ses obsèques durèrent trois jours. Maucroix , Vie du C. Polus , p. 92. Le Lion fit avertir fa Province, Que ses obsèques Jeferoient Une tel jour , ses Prévôts y seroient Pour régler la cérémonie , Et pour placer la compagnie. La Font. ) OBSERVANCE , s fi Z Observantia, observatio. 3 Ce mot se dit en parlant de Religion & de Religieux, & signifie Régie , Statut, Observation de la régie. Réforme. Cérémonies légales. (Etre instruite de toutes es observances de la vie religieuse. Patru , plaidoié. 16. Se dispenser de Y observance. Patru , plaidoié iç. Manquer à quelque heure de l’ofice , du réfectoir , ou d’autres observances. Port-Royal, Constitutions. Cordelier de Yétroite observance. II ne prétend pas vous engager à toutes les observances de l’ancienne Loi. Port- Royal. ) OBSERVANCE , f f [ Obtemperatio , ( rit us. ] Observation. ( Observance exacte, régulière, fidèle, rigoureuse , véritable. Les Pharisiens sc glorifioient de l’exacte observance des cérémonies de la Loi. Bojs. Histoire universelle. ) OBSERVANTINS , s m. [ Observantinus.'] Ce sont les Cordeliers de l’étroite observance, f * Observan- tin. Mot burlesque qui sc peut quelquefois dire en riant, lorsqu’on parle de quelques hommes de lettres exacts & critiques, & il signifie, celui qui examine & regarde avec rigueur si les ouvrages d’efprits qu’on a faits font dans la derniere régularité. ( * Déferons mêmes à ces rudes critiques , Par toi nommez frétés observantins, Trouvant à mordre aux choses les plus belles. Boise. Ep. t. Ep. 1. ) OBSERVATEUR , f m. [ Observator. 3 Celui qui observe. Qui prend garde. Qui épie ; celui qui est exact à faire quelque chose. ( Observateur passionné, exact, prudent, sage, religieux. Alexandre etoit trés- religieux observateur de ses promesses. Abl. Arr, L 7. c. 13. On les apelloit Chanoines, comme qui diroit observateurs des Canons. Patru , plaidoié iç. ) OBSERVATEUR. [Spéculâtor, indagator .] Celui qui remarque tout ce qui est nécessaire à quelque sience. Monsieur Cassiniest le plus estimé des observateurs. II veut dire aussi celui qui critique un ouvrage. {L’observateur du Cid s’est trompé en beaucoup d’endroits. ) OBSERVATION, s. f. [ Observatio. ] Action de celui qui observe. Observation sainte. Seigneur, je demeurerai le reste de mes jours dans Yobservation de votre sainte Loi. ) OBSERVATION , s. f. [ Indagatio, penetratio, con- templatio.] Ce que ía personne qui remarque & considéré avec attention a trouvé de remarquable & de sin- gulier sur quelque sujet d’art ou de sience. (II a fait diverses observations de Phisique. ) OBSERVATION. [ Nota. ] Remarque. Note. Annotation. ( Observation bonne, exacte, juste ,,particulière, docte , scavante , judicieuse. Faire des observations fur la langue. ) OBS f OBSERVATION. Terme de Guerre. On apelle armée d’observation , la partie d’une armée qui couvre un siège, & s’oposc à l’ennemi, pendant que l’autre attaque une place & pouffe ses travaux. OBSERVATOIRE , s m. [Spécula observatorias On apelle de la sorte un superbe édifice , qu! est à la sortie du Fauxbourg saint Jacques, & qui a été fait pour faire des observations de Phisique & d’Astronomie. (Observatoire Royal. Aller voir Pobservatoire. ) OBSERVER , V. a. [ Observare. ] Garder. (Mon Dieu , vos Ordonnances sont admirables, & c’est ce qui porte mon ame à les observer. Port-Royal , ps Tout homme qui observera les Commandemens du Seigneur, aura la lumière & l’intelligence. Port-Royal, ps. Observer les Commandemens que Dieu nous a donnez. Monsieur Arnaud , fréquente Communion. ) ê * OBSERVER les longues [fi les breves. C’est Rattacher exactement aux moindres choses, aux moindres circonstances, particulièrement dans ce qui regarde les cérémonies & les devoirs de la vie civile. On dit aussi , observer les points U les virgules. OBSERVER, f Specu/ari , animadvertere. J Considérer. Marquer. Epier. ( Observer une personne avec soin. Abl. ) OBSERVER, Se dit aussi des Astres. [ Specularì. ] On a observé quatre satellites dans Jupiter & cinq dans Saturne. On n’a pû encore observer des satellites dans Mars. f OBSERVER, remarquer, faire des remarques fur quelque chose. ( J’ai observé diverses choses dans cet Auteur. Observez bien ce qu’il vous dira. Je vous prie d’obscrver ceci. ) OBSESSION ì s f. [ ObseJJìo. J L’action d’obsc- der. L’état d’une personne obsédée. ( L’obseffìon imaginaire des Religieuses de Loudun.) OBSIDIONALE , adj. f. [ Corona objidionalìs gra- ìtiinea, ] Ce mot est Latin , & il ne se dit qu’en parlant des anciens Romains. Couronne obsidìonale, c’étoit une couronne q u'ils donnoient aux Généraux d’armées qui avoient délivré une Ville assiégée par les ennemis, ou une armée Romaine qui se crouvoit enfermée par les ennemis. Ce mot vient du mot Latin objidio , qui signifie Siège. OBSTACLE , f m. [ Objîaculum obex. J Empêchement. (Obstacle, grand, fâcheux, insuportable. Trouver des obstacles. Mémoires de Mr. le Duc de la Rochesoucaut. On n’aportera aucun obstacle à votre retour. Abl. Ret. I. 2. c. 2. Surmonter toutes fortes A’obstacles. Abl. Ret. I. 2. c. 2. Apollon par ma bouche annonça les miracles Que tuferois , lorsque la paix A tafiere valeur ne mettroit plus d’obstacles. Me Desh. ) OBSTINATION, ostinatìon, f. f. [ Obstinatio, pertinacia. J Le peuple de Paris dit osiination, mais les honnêtes gens disent & écrivent obstination , & il n’yapoint à balancer Ià-dessus , il faut parler comme les honnêtes gens. Le mot á’obstination signifie opiniâtreté. ( Une obstination grande , forte, impertinente, ridicule , terrible, effroyable. Commendon a volt un peu trop d ’osination & d’aigreur. Flechier, Vie de Commendon , l. 4. c. 7. ) OBSTINE', obstinée , adj. [ Obfi.inattu , pertmax. ] Opiniâtre. (Esprit obstiné. Etre obstiné à mourir Abl. * Malheur obstiné. Misere obstinée. Godeau. Je Pavois bien prévît, depuis plus d’une année, J’éludois tous les jours fa poursuite obstinée. Despr. ) OBSTINE' , s. m. [ Pervicax. J Opiniâtre. Un petit obstiné. ) OBSTINE'E , s. f. Opiniâtre. (C’est une obstinée. ) OBSTINEMENT , adv. [Obsìinatè, pertinaciter. j Avec obstination. Opiniâtrement. ( II fuit obstinément ce que fuit tout le monde. Mol.) OBSTINER , ofliner. v. a. [ Obstinare. J 11 faut dire obstiner. & no pas ostiner. C’est opiniâtrer quelque chose. (Ilm’a obstiné cela fort long-tems. ) H On dit aussi dans le stile familier, obstiner quel- cun , obstiner un enfant, ouïe rendre opiniâtre, être cause qu’il s’obstine. S obstiner , v. r. [Obfirmare animum .J S’opiniâtrer. ( Quiconque s’obstine à borner son désir dans le mal pour le mal même, nous rompons avec lui. Rase. I. 7. S’obstiner contre quelqu’un. Scaron. Je voulus m’obstí- ner à vous être fidèle. Racine, Androm. ail. a. sc. ) OB- OC A OBSTRUCTIF, objhufíive , adj. [ Siyptìcus. ] Qui peut causer des obstructions. ( Aliment obstructif.) OBSTRUCTION, s. f. ( Objlrulíio. ] Terme de Médecin. Ce qui bouche les conduits , ou les voyes naturelles par l’abondance & la qualité des humeurs vicieuses. Résoudre les obstructions. Obstruction fâcheuse, dangereuse, mortelle. Causer des obstructions. La Chambre. ) Prononcez les B. des mots de ces deux colonnes. OBTEMPERER ,».«.[ Obtemperare. ] II ne se dit que fort rarement & en termes de Pratique, f Obtempérer à Justice , c’eft obéir à la Justice. ) OBTENIR ,».«.[ Obtinere , ajfequi. J J’obtien, tu obtiens , il obtient, nous obtenons , vous obtenez , ils obtiennent. J’ai obtenu , f obtins, f obtiendrai, que f obtienne, fobtiwjj'e. Ce mot signifie,avoir ce qu’on demande. ( II a obtenu un bon benetìce. Il est distraie de rien obtenir de l’homme que par le plaisir. Pasc. Pens. C’est une chose dificile d’obtenir de son esprit qu’il méprise la vie. Port-Royal , Education det Prince, part. J'aime mieux m'exposer à perdre un bien si doux, Que de vous obtenir d’un autre que de vous. Corn. ) f OBTENIR ún Arrêt, c’est parvenir à avoir un Arrêt qu’on poursuivoit. • f OBTENIR à ses fins U conclusions. - C’est en termes de Pratique , obtenir en Justice ce qu’on demande par fa Requête. OBTENTION , f f. [ Impetratio. ] Ce mot se dit quelquefois en termes de Palais , & en parlant, affaires. ( Travailler à l’obtention de quelques lettres de Chancellerie. Après l’obtention de ses lettres, ils’est présenté à la Cour. ) OBTURATEURS , adj. [Musculi obturatòres. J Terme d’ Anatomie. Muscles de la cuisse ainsi apellez, parce qu’ils bouchent le trou qui est entre l’os pubis & celui de la hanche, OBTUS, Obtuse , adj. Terme de Géométrie qui vient du Latin obtusus, qui se prononce en François obtu , & qui n’est ordinairement usité qu’au masculin. Ainsi on dit un angle obtus. [ Angulus obtusus, J C’est un angle qui est plus ouvert qu’un angle droit. Ele- mens d’Euclide. f * OBTUS, obtuse. [ [Hebes .] Ce mot se dit au figuré , mais il est bas , & n’est usité que dans le langage le plus simple, & même en goguenardant; II n’est en usage qu’au masculin , & il signifie ,- Qufi à peu de pénétrât ion d’ejprit. Qui est un peu hébété. Qui a l’e- sprit lourd & grossier. A juger de /’imaginaire Géographe. Car * * par son encoulure £5? par sa belle çfifine maniéré de critiquer les ouvrages d’érudition , il n'y a personne qui ne dise que son ejpnt ejl des plut obtus, 0? des plus enfoncez dans la matière. OBVIER, »• a - C Pr avenir e, occurrere. J Prévenir , aller au devant. Empêcher. (Pour obvier à la chicane, Lisandre ne vouloir point qu’il y eût de Loix écrites. Abl. Apoph. Pour obvier à cette diformité, ils imaginèrent. Dejpreaux , Longin. ) OBUS, f m - [Mortanum horisontale .] Terme dìArtillerie. Mortier qui se tire horisontalement & sur un affût à rouages, à la différence des mortiers ordinaires qui se tirent verticalement ou obliquement. Les Cahotes à bombes portent de ces obus. f OCAIGNER un gant. C’est après qu’i la été retourné l’enduire dune composition de gomme adragant & d’huile de senteur broïez ensemble , pour le disposer à mieux prendre le parfum qu’on doit lui donner du côté de l’endroit. OCASION , f fi [ Occafio. ] Prononcez ocazion. Déesse qui, au sentiment des anciens, favorisoit les actions hardies , & qui étoit peinte en femme , fur un globe, avec des ailes au pied, le derriere de la tête chauve, & un rasoir à la main. Voïez Ripa , in- conologie. £ * Prendrel’ocafion aux cheveux. Prov. C’est-à-dire, qu’il faut prendre l’oeasion & en profiter dés qu’elle se présente. OCASION. [ Tempus, opportunités. ] Heureux moment pour faire quelque chose. Tems propre afin d’en- treprendre , ou de tenter quelque chose. ( Ocasion belle, heureuse, favorable, propice, avantageuse. Se servir de l’oeasion. Abl. Comme il s'oeupoit continuel- , lement à se dessein, il se présenta une ocasion, qui l’y OCE 515 confirma. Pórt-Royal, Barthelemì des Martyrs, l. 3. c. ;. Perdre l’oeasion de faire sa fortune. Attendre une ocasion favorable. Abl. ) : L’oeasion fait le larron', Proverbe. OCASION. s CommOditàs , periculum. J Conjoncture. Péril. ( Avoir de la fermeté dans les oca- sions. Mémoires de Mr le Duc de la Rochefoucàut. Ce Prince avoit de la foi & de la probité aux grandes oca- sions. Le Comte de Bujfî. II ne perdoit point le jugement dans l’oeasion. Abl. Les plus habiles blâment les finesses pour s’en servir en quelque grande ocasion. Mr le Duc de la Rochefoucàut, Réflexions: Ils se fervent des maximes Evangéliques dans les ocasions qui leur font favorables. Pqfc. /. 5. ) OCASION. [Pugna, certamen.] Ce mot en termes de Guerre lignifie combat- ( II donna des marques de son intrépidité dans la dernière ocasion. Il est brave dans Yocafion. ) OCASION. [ Ansa, materia. ] Sujet. Cause. Matière. Moïen. Lieu. ( Donner ocasion de faire quelque chose. Us avoient été chassez à son ocasion. Abl. Arr. I. 1. Chercher l’ocafion de rendre un bon office à quelqu’un. Abl. Trouver ocasion de servir une personne. Arnaud. ( Je n’eusse pas tant différé à vous remercier si j’en eusse trouvé l’ocafion. Voit. I. 22. ) OCASIONNAIRE , s m. [ Occasionh captator. J Mr. de Mezeray s’est servi de ce mot pour dire, Avarn tutier. OCASIONEL , ocasioneUe , adj. [[Occasionaliss Qui donne ocasion. (IIy a cinq causes ocalìonnelles de nos erreurs. Rech. de la vérité.) Le P. Mallebranche veut que toutes les causes soient ocalìonnelles , excepté Dieu, ainsi l’ame de Jesus- Chrirt rì’est que cause ocasionnelle de la grâce. * OCASIONER , v. a. [ Ansam prabere. ] Donner ocasion. On prononce les deux C des mots de cette colonne. OCCIDENT , s m. [ Occident. J Une des quatre parties du monde qui est du côté où le Soleil se couche. f Plusieurs viendront d’Orient & d’Occident, & auront ìêur place dans le Royaume du Ciel. Port-Royal, Nouveau Testament.) f OCCIDENT, s m. 11 se dit en Poésie pour le coucher du Soleil. ( Le Soleil étoit dans son Occident. ) OCCIDENT. Terme d’Astronomie & dë Géographie. L’une des quatre parties de l’horison à l’endroit où le Soleil se couche lorsqu’il est dans l’Equateur , qui est le tems des Equinoxes. II y a encore un Occident d’été & un Occident d’hyver. L’Qccident d’été , c’est l’endroit de l’horison où le Soleil se couche lorsqu’il entre dans l’Ecrevice, qui est le tems où se font les plus grands jours. L’Occident d’hyver , c’est l’endroit de l’horison où le Soleil se couche, lorsqu’il entre dans le signe de Capicorne, qui est le tems où les jours font les plus courts. Ces Occident d’été St d’hyver ne font pas également éloignez en tout pais, de l’Occident des équinoxes , mais cet éloignement est d’autant plus grand que la Sphère est plus oblique ; c’est-à-dire, que le pôle est plus élevé fur l’horison , ou que les Pais font plus éloignez de la ligne équinoxiale. OCCIDENT. [ Occasus, déclivités. ] Se dit figurément en choses morales, & signifie décadence, t L’Empire Romain fut dans son Occident dans le quatrième siécle. En poésie on dit, que les jours d’un homme font dans leur Occident, quand il est proche de fa fin. Godeau. ) OCCIDENTAL, occidentale, adj. [Occidentalis, oc- ciduusst Qui est d’Occidènt. Qui est à l’Occident. Qui regarde l’Occident. (Eufebe de Verceil fut le premier des Evêques Occidentaux. Patru, plaid. iç. ) Les Indes Occidentales. ) t OCCIRE , v. a. I Occidere. ] Vieux mot qui entre quelquefois dans le burlesque, & qui signifie tuer. ( Monseigneur , Satan m’emporte, Je te le dis de sens rajsis, Si tu fors , je ï’occis. (Scar. poéf. ) f OCCISION, f fi [ Occisio, Jlrages, dadet. ] Grande tuerie. Grand massacre.- OCEAN, f m. [ Oceanus. ] Amas d’eaux qui environnent toute la terre. (L’Océan qui borne le monde ne borne pas votre gloire. Voit. I. 44. Les vagues de I’Océan s’éleventavec bimt.Port-Royal,pJ. La Gaule s’e- tend depuis la Marne & la Séné jufqu’au Rône & àla„Ga- Tome H. T t c » ronne, 516 OCT tonne, & depuis le Rhin jusqu’à 1 Océan. Abl. Ces.I. i. L’Océan Atlantique , Etiopique, Bntamque , &C. Tous les fleuves enfin que /'Océan immense Reçoit ë? rend sans cesse avec meme abondance. L’A hé Regn. ) OCE’AN , s m. í Abyjsus, gurges. ] Au figuré signifie abîme, grande quantité. (II ne faut pas pénétrer dans les secrets de la Providence. C’est un Océan ou n est dangereux de s’abîmer. ) , f OCE'ANE , adj. /. La mer Oceane. II n a point d’autre usage. OCHE , f. f. [ Crena, incisura. ] Entailles que les Tailleurs de pierres & les Charpentiers font fur des régies de bois. . OCHER , v. a. [_ Taleolas crenis incidere. ] Faire des entailles fur un morceau de bois. OCHLOCRATIE, f /- Terme de Gouvernement où la feule populace peut tout au préjudice du bon « du notable bourgeois. Val. Ce mot vient du Grec multitudo , multitude & y.pctT@b potejias, puissance. (S OCLE- C’est dans la Coutume d’Angoumois la même chose que Douaire. Ab osculo. f OCOCOL, s m. On apelle ainsi dans la Nouvelle Espagne les arbres qui fournissent le liquid-ani- bar, ou ambre liquide , gomme qui est une espèce de baume. í OCOS, OCQUA, ouOCQUE. Poids de Tur- ^uie qui pefe quatre cens dragmes, ou trois livres deux onces poids de Marseille. OCRE, s. f. C’est une terre minérale dont on fait des couleurs. II y a de Yocre jaune, qu’on apelle ocre de Berri , qui est de bonne ocre. II y a de l’ocre de Rat qui est d’un jaune brun , & de l’ocre rouge qui vient d’Angleterre, & qu’on apelle ordinairement, Rrun d’Angleterre. En Latin ocre d u Grec ûxf>st , terre jaune. Le C. des mots de cette colonne , fe fait sentir. OCTAEDRE 5 f m - Ce mot est Grec , & est un terme de Géométrie. C’est un des cinq corps réguliers qui a huit faces égales , dont chacune est un triangle équilatéral. ( Mesurer la solidité d’un Octaèdre. ) [ Ottaedrum metirï. J OCTANTE- [ Oclogintas Terme numéral. Messieurs de l’Académie croient qu’il vaut mieux dire ettantt , que huitante , mais en cela ils se trompent, comme leur.a montré l’Auteur de l’Apoteose, parce que le mot françois est dérivé de huit. Cependant l’un & l’autre font hors d’usage , L l’on dit à présent quatre-vingt. H OCTANTIE'ME, adj. Nombre d’ordre. On dit à sa place quatre-vingtième. OCTAVE , fis í Ottava. ] Terme à’Eglise. Huit jours durant lesquels on dit un même Office. (Prêcher fine Octave. ) î OCTAVE, s s. [ Ottavas dies. ] On le dit parti- culiérement du dernier jour de l’Octave, qui répond au jour de la Fête qu’on célébré. OCTAVE. [ Diapason . ] Terme de Musique. L’O- ttave que les Grecs apellent Diapason, les Latins Ottava , & les Italiens Ottava, est la répétition du premiei son , parce que dans la Musique il y a sept intervalle! differens, & le huitième qui est la répétition du premier , est nommé octave. ( En parlant de l’octavt en termes de Musique on dit : Faire l’octave. Entonner une octave. Etre à l’octave. Monter à l’octave, Parcourir tous les degrcz d’une octave. ) f OCTAVE , se dit aussi des stances de huit vers d< la Poésie Italienne. ( Les Poèmes de l’Arioste & di Tasse font composez par Octaves.) OCTAVE,/./. Terme d’ Arithmétique Sc de Mar eband. C’est la huitième partie de l’aune. ( Une aun< & cinq octaves. Un tafetas de trois Octaves, c’est-à-di xe, large de trois huitièmes parties de l’aune. ) OCTAVE ,s. m. [Ottavim.J Nom d’homme. (Octa ve Auguste a été le second Empereur Romain. ) OCJA.VlE,s.f. [Ottavia.]Nom de femme. Octavius pere de 1 Empereur Auguste , laissa trois enfans, Octa vie .1 ainee, Octavie la cadette, & Auguste qui fut h second Empereur de Rome. ) 4 H OCTAVO ou Oebavo, f. m. Monoïe de cuivre qu a «m» «n Espa g n^ I?à.° à mmvel ocu de vellon , L il en faut dix-sept pour une reale aussi de vellon. II y a des Octavos dc quatre & de huit mara- vedis , mais on les apelle ordinairement les uns des Quartas , & les autres des doubles Quartas. OCTOBRE , f m. [ Ottober. ] L’un des douze mois de l’année. ( II est mort en Octobre. Cy gît Jean qui baisfoit les yeux, A la rencontre des gens sobres, Et qui prioit souvent les Dieux Que l’année eût plusieurs Octobres. Main. ) OCTOGENAIRE, adj. [ Oclogenarìus. ] Quia quatre-vingt ans. ( II y en a un qui est octogénaire. Maucroix, Schisme, l. ;. p. 548. ) OCTOGONE ,, / >n. c Ottogonus. ] Terme de Matématiques, qui vient du Grec, &qui veut dire qui a huit angles. ( C'eji un Ottogone. C’est-à-dire, une figure à huit cotez & huit angles. ) OCTOGONE , adj. Qui a huit angles & huit côtez. (Unefigure octogone. ) OCTOGONE, f. m. Terme de Fortification. [ Ottogone régulier ; c’est une place , ou un fort qui a tous ses huit côtez & tous ses huit angles égaux. Ottogone irrégulier. C’est celui dont les côtez & les angles ne font pas égaux. Fortifier un octogone.) OCTOSTILE ,/»*.[ Ottojìylum. ] Mot Grec qui signifie upe face , ou une ordonnance de huit colonnes disposées en lignes droites. OCTROI, / nt. [ ConceJJìo , donum, munus .1 Permission & concession de quelque Prince. L’octroi d’une grâce, d’un pardon , de lettres d’annoblisse- ment, &c. Deniers d’ottroi. Ce font des deniers que le Roi a permis à des Villes & à des Communautez de lever fur elles mêmes, pour leurs besoins & nécessitez. On apelle ottroi de la ville de Lyon la permission simple que le Roi a donné à la ville de Lyon de lever fur elle des deniers. OCTROYER , v. a. [ Concedere , tribuere. ] Donner. Accorder. ( Vous avez tous les biens & toute la joie qu’amour octroyé aux vrais amans. Voit. poes Quel est ce grand secours que son bras vous octroie ? Racine, Alexandre, att. a.sc. 2. ) OCULAIRE, adj. [Oculatus. ] Qui voit de ses propres yeux. Qui voit à l’ceil. ( Plusieurs témoins oculaires nous aprennent que. Mr. Arnaud, Fréquen. te communion. ) OCULAIRE, adj. [Evidenss Qui fe voit aisément. Evident. ( Démonstration oculaire. ) OCULAIRE. Qui sert pour l’œil. ( Verre oculaire.) OCULAIRE , f >n. K Ocularis. J Terme d 'Optique. C’est le verre qu’on met au bout des grandes lunettes du côté de l’ceil pour regarder. II y a l 'oculaire d’Optique où l’œil s’aplique pour voir les objets. V oculaire simple ou monocle, l’ocu- laire binocle ou double. OCULAIREMENT, adv. C Vìsibiliter .] Visiblement. Sensiblement. A l’ceil. ( On lui a fait connoitre cela oculairement. ) OCULISTE,/ m. [ Ocularius medicus. ] Médecin qui fait profession de soulager , ou de guérir le mal des yeux. ( Oculiste expérimenté, adroit, habile , sçavant, excellent, fameux.) OCULTE , adj. 11 vient du Latin occultas , qui signifie caché. Terme de Philosophie. Inexplicable & dont on ne peut rendre raison. ( Propriété oculte. ) Science oculte. [ Scientia occulta. J 11 se dit de la Cabale & de diverses sortes de Magie. Ligne oculte. [ Lìnea occulta, j Terme de Géométrie, C’est une ligne qu’on a peine d’apercevoir , & qui est tracée avec la pointe d’un compas, & quelquefois avec un crayon. On Fapelle aussi ligne blanche, ligne ponctuée. OCULUS CHRISTI, / m. Sorte de fleur d’un bleu céleste qui fleurit en Septembre , & qui sert à embellir les parterres. $ OCUPANT , adj. Qui ocupe, qui s’empare, qui fe met en possession de quelque chose. (Le premier ocupant. Cette ville est exposée au premier ocupant. ) OCUPATION, // [ Labor , negotium , intrica- tio.~\ Emploi. Travail. Affaire. (Ocupatìon belle, grande, grave,, serieuse, importante, glorieuse, avantageuse ODE tageufe, utile. Avoir une belle ocupation. N’avoir aucune ocupation. Etre dans l’ocupation. ) OCUPATION , s. f. Ç Occupatio, habitatìo. 3 Action áe ce qui remplit , habitation. OCUPATION. [ Praoccupatio. ] 11 lignifie aussi Faction de s’eniparer & de se saisir de quelque poste avantageux , de quelque passage, avenue , &c. î OCUPATION, signifie aussi peine , embarras. On dit, donner de l’ocupation à quelcun, lui susciter des afaires. (Je lui donnerai bien de l’ocupation. Si vous n’y prenez garde, il vous donnera bien de l’ocupation. ) OCUPER , v. a. [ Posfidere, babere. J Posseder. Avoir. Tenir la place de quelqu’un. Tenir. ( Ocuper avec des troupes l’entrée d’un détroit. Vaug. Quint. I. ;. Plaisirs , qui avez ocupé dans mon cœur la place quin’étoit duë qu’à Jésos-Christ, sortez de mon souvenir. Godeau , Prières. On ne lui peut dire guére de choses d’assez grande importance pour ocuper toute son attention. Le Comte de Bufjy. Quel fort pour ce grand caur dans son espoir trompe', Dû dejìr desavoir sans relâche occupé. Rel. de la mort de D esc. ) OCUPER , v. a. [ Operam xavare , dare.~] Amuser, Arrêter. Employer. (Je m’ocuperai à méditer sur vos ordonnances. Port-Royal, Psaume ng. L’esprit des hommes est trop grand , leur vie trop courte, leur tems trop précieux pour l’ocuper à mesurer des lignes, Port-Royal, Logique , Préfacé. 11 s ocupoient la garde de la tranchée par une grande sortie. Chapelle, Relation de Rocroi. J’ocupe ma raison d'utiles rêveries, Despr. ) OCUPER, v.n. [Ventre ìn jus pro. ] Terme de Pratique. C’est être pour une personne, * representer ses intérêts comme si elle y étoit elle-même. (Les Procureurs ocupent pour leurs parties.) En ce sens, on dit un Procureur ocupant, c’est-à-dire, qui est constitué pour l’in- struction d’un) procès. S’ocuper , v. r. [ Se exercere in aliqua re. ] Je m’o - eupe , je me fuis ocupé, je m’étois ocupé. S’employer à à faire quelque chose. S’arrêter. S’amuser. Avoir si fortement une chose dans l’esprit qu’elle nous possede entièrement. ( Le plaisir consiste à agir & s’ocuper de quelque objet qui plaise. Port-Royal, Education du Prince. Tout le monde étoit ocupé aux jeux , à voir courir. Ablancourt. Arr. I. 7. Ils étoient ocupez à se retrancher. Ablancourt, Ces. I. 5. c. 4. Elle étoit si ocupée de cette ressemblance qu’elle avoit quelque joye en se regardant. Segrais Zaide. On conçoit par une bête un animal qui pense , mais qui pense peu, & qui s ocupé de pensées confuses & grossières, Nicole, Essais , t. 1.) OCURRENCE , occurence, f f [ Castes, occasoj Rencontre. Conjoncture. (II l’employoit suivant les différentes occurrences. Histoire d’Aubuson , l. 3. Se servir du crédit de quelqu’un dans les ocurrences, Me, moires de M • le Hue de la Rochefoucaut. Ah! que dans certaine ocurrence. Un Poète est d’un grand scouts , Pour empêcher que mon absence Hun commerce s beau n’interrompe 1 e cours. Bours. lett. ) + ocURRENT , ocurrente, adj. On le dit des choses qui surviennent, qui se rencontrent. ( Les cas oçurrens, les afeires ocurrentes.) ODAR ,s- rn. Ce mot est un nom d’homme , mais il se porte assez rarement . . , „ ODE, f /• [Ode, oda.J Mot qui vient du Grec udt , & oui a été introduit dans notre langue par Ronsard, T e mot d 7 ode signifie chanson. C’etoít parmi les An- ciens un Poème qui comprenoit la louante des Dieux, des Héros, & de ceux qui avoient gagne la victoire, soit dans les jeux, ou dans les combats. Elle conte- noit aussi des matières bachiques, amoureuses & autres mais parmi nous , Fode embrasse rarement le vin & l’amour. Elle n’est plus souvent qu’un panégyrique. Votez Nicolas Richelet , Commentaires fur Ronsard ’ k-? les Odes de Malherbe.. J ( L’ode qui baisse un peu Veut de la patience , & nos gens ont du feu , La Font. ) ' , sf L’ode n’est plus ce qu elle etoit du tems de Pindare &des autres Poètes Lyriques Grecs : on ne s en fervoit que pour chanter les Dieux & les Héros; & ODE 517 dans cette vûë, les Poètes s’abandonnoient à tous les excès de louange que leur imagination échauffe par de si grands objets , leur fournissoit. Pindare en est un exemple. Le P. Rapin reconnoît dans ses Réflexions fur l’Art poétique, pag. 234. que fa grande vivacité lui ôte quelquefois le jugement , „ jl s’aban- ,, donne trop; ce sont des égaremens perpétuels que „ ses panégyriques, où par de grandes digressions de ,, son sujet, il promene ses Lecteurs de fables en fa- „ blçs, d’illusions en illusions , & de chimères en ,, chimères , car c’est l’imagination la plus déréglée „ du monde. ” C’est à peu près dans ce sens que Mr Perrault a dit, tome ;. du parallèle des Anciens* des Modernes, pag. 160. que le plus célébré de tous les Grecs dans le genre de la poésie lyrique, c’est Pindare: „ 11 faut croire qu’ileft bien sublime, puis- „ que personne n’y peut ateindre, soit pour F imiter, ,, soit pour ('entendre ; ” & que dans un autre endroit il traite Pindare de diseur de galimatias impénétrables que jamais personne n’a pû comprendre. Mais Mr Defpreaux ne peut soufrir, selon sa coutume , la témérité de Air Perrault, qu’il condamne avec toute l’ai- greur que l’envie peut inspirer. Mais heureusement ïés jugemens n’ontpas été rendus en dernier ressort. Au reste, Ronsard s’est atribué l’honneur d’avoir introduit le premier les Odes dans la Poésie Françoise, Vauquelin en est persuadé dans son Art Poétique : Car depuis que Ronsard eut amené les modes Du tour U du retour , U du repos des Odes, Imitant la pavane, ou du Roi le grand bal, Le François n’eut depuis en Europe d’égal. Mais Pasquier n’en convient pas. Voici comme il s’ex- prime dans ses recherches, liv.q.ch. 7.,, Et pour le ,, regard de l’Ode, si vous parlez à Ronsard , il se ,, vante dans la même Elegie, en avoir été lé premiep „ inventeur, en laquelle faisant mention comme Dieu ,, avoit éveillé les esprits à bien écrire : ” ,, De fa faveur en France il éveilla „ Mon jeune frit qui premier travailla ,, De marier les Odes à la lyre. „ Si à Du Reliai, il vous dira que ce fut Pelletier ; „ ai n fi le dit-il écrivant à Ronsard envieux de son ,, tems, auquel lieu il se trompette aussi avoir été le „ premier sonneux de sonnets ” J’ai cru qu’on ne le- roit pas fâché de voir Fendroit de Félegie, où l’on jugera fans doute que Du Reliai valoit bien Ronsard ; Pelletier me fit premier Voir l’ode dont tu es prince, Ouvrage non coutumier Aux mains de notre province ; Le Ciel voulut que j’apprinse s A le raboter ains, A toi me joignant aujsì Qui cheminais par la trace De notre commun Horace , Donc un démon bien appris , Les traits , la douceur la grâce Grava dedans tes estrits. La France r?avoit qui pût Que toi remonter de cordes De la lyre le vieil fufl , Où bravement tu accordes Les douces Thebaines cordes, Et humblement je chantai Holive dont je plantai Les immortelles racines, Par toi les grâces divines Ont fait sonner assez bien Sur les rives Angevines Le sonnet Italien. Depuis ce tems-là, les François ont composé des Ode* fur plusieurs sujets, avec succès; elles demandent un génie particulier pour y réussir, & tel a fait de belles Odes, qui n’a pas réussi dans les grands poèmes épiques, ni dans les dramatiques. Mr Chapelain est dç ce nombre : on a vù plusieurs Odes de fa façon , qui ont paru belles ; & malheureusement il a voulu s’élever au-dessus de son genie, & il a échoué. L’Ode n’a été d’abord empsoïée (ainsi qu’on Fa remarqué ) qu’à chanter les Dieux* les Hères: Horace en a fait un usage plus étendu •; dans la défiance de ses forces , il craint de fe bazarder de louer Augustecar dit-il T t-t j dans r 518 ODE dans fa satire ) tout le monde ne sçaít pas peindre des batailles hérissées de piques , ni tracer un Gaulois expirant après avoir rompu vainement son javelot, ou un Parthe, après avoir été blessé tomber de son cheval. Cupidum , pater optime vires Deficiunt : ne que enim quivis borrentia pìlis Agmina , nec sra.HU pereuntet cujpide Gallos , Aut labentis equo describat vaincra Parthi. Je doute qu’Horace parlât de bonne foi ; car il me paroìtqu’il sqait prendre bien haut quand le sujet le mérité. En éfet n’est-ce pas porter la gloire d’Auguste plus haut ,que de l’égaler à Jupiter : Le tonnere (dit- il, ) & les foudres nous aprennent que Jupiter régné dans les Cieux : & les victoires d’Auguste nous font connoìtre qu’Auguste régné fur la terre : Ctelo tonantem credimus Jovem Reenare , praj'ens àivus babebitur Augustus. ODET , f- m. Ce mot est un nom d’homme mais 51 est assez rare. ODEUR > st f [ Odor. ] Sentiment particulier qui résulte; en nous de l’inipreffion que certains corps font fur notre nez. Pouvoir qua un corps odorant d’exci- teren nous le sentiment à’odeur. (11 excita par l’odeur du vin ses esprits languissans. Vaug. Quint. I. Le sentiment à’odeur n’est pas semblable en toute sorte de personnes, II y a des corps qui n’ont aucune odeur. Sentir une agréable odeur. Ablancourt. Vous parfumez vos eaux des exquise! odeurs Qui dans les airs fans cesse exhalent de vosfleurs. L’Abé Régnier. ) H ODEURS, se dit quelquefois au pluriel pour toutes sortes de bonnes odeurs. ( Je crains les odeurs. Les odeurs m’incommodent. ) * ODEUR. [ Bona , vel ma/a fama. ] Réputation. ( Mourir en odeur de sainteté. Godeau. Se mettre en mauvaise odeur. Arnaud. Se mettre en mauvaise odeur dans le monde. Abl. ) ODEUR. C Odor , concinnius. ] Fleurs & ornemens de Rhétorique. (Les Fleurs de Seneque ont des odeurs trop fortes. Cojìar. ) ODIEUSEMENT, ttdv. [Odiosé.] D’une maniéré odieuse. (Vivre odieusement. Ablancourt.') f ODIEUSEMENT , lignifie aussi malignement, à dessein de rendre odieux. (II a parlé de moi, il a dit cela odieusement. ) ODIEUX, odieuse , adj. s Odiosui. ] Qui est en haine. Haï. Détestable. (Ce qui est agréable à Dieu est odieux aux Démons. M. Arnaud , Fréquente Communion. La cause étoit odieuse pour Son Altesse Royale. Mémoires de M. le Duc de la Rocbesoucaut. p. Un imposteur pour me rendre odieux Entreprit de souiller ma vie Par une noire calomnie; Mais que me fit ce bruit injurieux. Tribolet. ) H Toutes comparaisons font odieuses. Prov. On le dit en parlant des comparaisons qu’on fait de deux personnes, dont l’une des deux peut s’offenser, & souvent toutes les deux. ODONTALGIE , f- f. í Odontalgia. ] Terme de Médecine. Mal de dents des plus cruels & des plus fréquens, causé par une sérosité acre ; & les remedes dont on se sert pour apaiser cette douleur s’apellent odontalgìques. ODORANT , odorante , adj. [ Suavis , odor us. ] Qui aune bonne odeur. Qui sent bon. (Pere des fleurs, le teint de Philis à l’éclat bien plus rare que tes odorantes moissons. Sar. P dés. Odorant est plus d’usage en poésie qu’cn prose, où l’on dit odoriférant au lieu d’odorant. De ces lieux F éclat ’çfl tes atraits Ces fleurs odorantes, Ces eSUx bondissantes , Ces ombrages frais , Sont des dons de ses mains bienfaisantes. Racine. ) ODORAT, f. sn. f Odoratus. J Un des sens destin» par la nature pour sentir les odeurs. ( Les homm n’ont pas l’odorat si parfait que les animaux. Aye l’odorat subtil. Ablancourt. OEI A côté de ce plat paroistbient deux salades Dont lhuile de fort loin faistfsoit l’odorat. Despr. fat. ) ODORER, v. a. [ Olfacere. ] Sentir par l’odorat. Ce mot n’est en usage que dans le dogmatique. ODORIFERANT, odoriférante , adj. [ Odorifer. ] Qui sent bon. Qui a une agréable odeur. Le mot d’odori - ferantse dit particulièrement des fleurs qui sentent bon en toutes leurs parties, dans leurs feuilles , branches, tiges & racines. ( Plante odoriférante. ) í OEBAN, autrement OUBAN D’OR. Espèce de monoïe de comte du Japon. Les mille Oebans font quarante cinq mille taëls d’argent. OECONOMAT. Voïez Economat. Qeconome, Voïez Econome. OECONOMIE- Voïez Economie. OECUMENIQUE , adj. f Oecumenicus. ] Pro* noncez, & même écrivez écumenique , qui veut dire General Universel. (Concile œcuménique. Patru, plaidoiez. ) OEDEME ,s f Terme de Médecine. Tumeur contre nature, froide, lâche , molle, fans douleur, qui enfonce quand on la presse du doigt, & y laisse la marque imprimée. II y a une ademe aqueuse & venteuse. OEIL, s. m. [Oculus. J ou plutôt o?ar/. Ce mot fait au pluriel yeux. Prononcez euil. Partie organique destinée pour la vûé. Voïez yeux. (Un bel œil. Un œil vif, ardent, brillant, doux , amoureux, languissant, éveillé. Avoir l’œil beau en riant. II a perdu un œil. Insensez que vous étés , celui qui a formé l’œil, ne voit-il pas ? Port-Royal, Nouveau Testament Obéir au moindre clind’œil. Vaug. Quint. I. ) II n’est pour voir que l’œil du maître , Quant à moi j’y mettrois encore l’œil de T Amant. La Font. jfjs Pour mes pareils , Nearque, un bel ail est bien fort Tel craint de le fâcher qui ne craint point la mort. En un clin d’ail. f Ictu oculi. ) C’est-à-dire, dan* un moment. A vû'é d’ail. C’est-à-dire, sensiblement. ( Ce malade diminué à vûë d’œil. Sa foiblesse lui suseitoit des ennemis à vûë d’œil. Mémoires de M. le Duc de la Rocbesoucaut. ) OEIL. Ce mot au figuré a un usage assez étendu. ( Exemples. ) * On sc voit d’un autre œil qu’on ne voit le prochain. la Fontaine . Fables , l. i. * Regarder d’un œil de pitié, d’envie , &c. D’un œil indiffèrent, intéressé, curieux, jaloux , &c. Regarder , d’un œ‘1 sec. La larme à l’œil, &c. * Regarder à ail nui. [Nudo oculo consticere .] Terme d ’Optique. C’est regarder un objet fans le secours des lunettes. Cette faqon de parler est tirée du Latin. * Faire la guerre a t ail.[Éx re confitlere. JVoïez Guerre, * Vous avez aprís qu’il a été dit ail pour ail. [ Ocu- lum pro oculo. 2 Port-Royal , Nouveau Testament. C’est- à-dire, peine pour peine. Faire du bien à ceux qui nous en font. *Voir de bon , ou de mauvais ail. f Amicis vel tords oculis mtueri. ] C’est voir volontiers, ou ne pas voir volontiers. f * Avoir bon ail. C’est avoir de la pénétration, ne sc pas laisser tromper facilement. H * Faire toucher une chose au doigt U à t ai!, C’est la démontrer clairement en convaincre par des preuves indubitables. * Avoir PailJur les allions de quelqu’un. Ab’an « court. Arr. I. ;. s.g- C Alicui attendere. J C’est-à-dire , observer les actions d’une personne. * L’ail du maître engraisse le cheval. Proverbe qui veut dire, que les choses vont mieux quand le maître y prend un peu garde lui-méme. * Avoir P ail au guet. {Cìincla animadvertert J C’est- à-dire , avoir l’œil alerte. * Le Soleil est apellé l’œil du Monde , en terme de Poésie. f Coup d’ail Terme de Guerre. Le coup d’œil militaire n’est autre chose que l’art de connoìtre la nature & les différentes situations du païs où l’on fait, & où l’on veut porter la guerre ; les avantages & les désavantagés des camps & des postes que l’on veut occuper , comme ceux qui peuvent être favorables ou désavantageux .à l’ennemi. C’sst par cette «onnoiffance OBI de tout un pais, qu’un grand Capitaine peut prévoir les évenemens de toute une campagne , & s’en rendre pour ainíì dire le maître. C’est le coup d’œil militaire qui produit le grand & le beau d’une guerre. Le coup d’œil n’est pas un présent de la nature, comme on le croît-communément, mais il peut s’aquerir par I’étude & l’apíication. Voï. le Polybe de Mr de Fo- lard. Tome I. pag. 219. de r Edit. d’Amst. f Coup d’ail , se dit auffi de la vùë d’un passage , de s aspect d’une maison. (Le coup d’œil en est beau. U y a un coup d’œil charmant. ) * OEIL. [ tìelicis umbilicus. j Terme d ’Arcbiteíhre. C’est le milieu de la volute Ionique qui se taille en petite rose. ( L’œil de la volute. ) * OEIL. Terme d ’Epronnier. C’est la partie de la branche de la bride , qui est plate & percée pour joindre la têtière à la branche , & pour y attacher la gourmette. ( L’Oeil du mors. ) De même, plusieurs antres Artisans apellent du nom d’œil, certains trous qui font à leurs outils. V ail (Sun marteau , c’est le trou par où il est emmanché. L’ail d’un étau, c’est le trou par où passe la vis, &c. * OEIL. [Typorum crajjîtìesj II se dit de la grosseur des lettres dTmprimerie. ( Lettres de gros oeil, de petit œil. ) * OEIL. [Sp!endor.~] Terme de Marchand de Drap. Lustre. Couleur vive. ( Ce drap a un bel œil. ) OEIL debauf. [ Fenejìra orbiculata .'J Terme d ’Ar- chiteflure. Lucarne ronde dans les ouvertures des mais sons pour éclairer les galetas & les greniers. * OEIL de bœuf. Terme de Peintre. Petit vaisseau rond de Fayence, où les Peintres détrempent leurs couleurs. * OEIL de bauf. £ Buphtalmum Dioscoridû. ] C’est aussi le nom de quelques sortes d’herbes. II y en a auííì qu’on apelíe œil de vache, œil de chat, de cerf, &c. £ OEIL de bauf. £ Oculw bovis , ou Buphtalmum. ] Cette plante croît dans les champs, aux bords des chemins, & dans les sentiers. Elle contient beaucoup d’huile , médiocrement de sel essentiel. Elle est détersive, enrolliente, vulnéraire & résolutive. £ OEIL de chat. £ Oculm cati. ] C’est une espèce d’Anarrinumfeu Lychnh agria, qui est semblable au lin. Sa fleur ressemble à celle de l’hyacinthe. Son fruit à la figure des narines de veau. Sa racine est très- petite ; & fa fleur est propre pour adoucir les fluxions des yeux. £ OEIL de chat. Pierre précieuse qui ressemble à l’opale , mais beaucoup plus dure. On l’aporte des Indes ,& celle de Ceilan est la plus estimée. * OEIL. Terme de Jardinier. II se dit du melon , & c’est l’endroit d’où sort le bras du melon. Cet œil se nomme aussi la maille. Quint. Jardins. H Enter en ail. C’est insérer un petit bourgeon dans un certain endroit de l’arbre. f OEIL, se dit aussi de l’endroit par où fort le petit bourgeon de la vigne & des arbres fruitiers. OEIL. £ Corolla. ] II se dit des poires & des pommes. C’est l’extrémité opposée à la queue. Cet œil est fait comme une petite couronne aux unes & aux autres. * OEIL. C Oculm. J Terme dc Fleuriste. II se dit de l’oreille d’Ours. C’est le petit rond du milieu , qui est presque toujours jaune, ou couleur de citron. (L’oreille d’ours est agréable quand elle a l’œil grand & bien arrêté. Culture de VoreiUe d’ours. c. 2. ) $ OEIL de chat. Les lapidaires donnent ce nom à une lueur, semblable à peu près à la lueur qui paroît la nuit dans les yeux d’un chat. 4 OEIL de serpent. On donne ce nom à certaines pierres de peu de valeur , dont on fait des bagues. £ OEIL de pie, yeux de pie. Terme de Marine. Ce font les trous, ou oeillets, qu’on fait le long du bas de la voile au-dessus de la ralingue, pour y passer des garcettes de ris. f OEIL, ou yeux de la voiledesivadiere. Ce font deux trous aux deux points d’en bas de la voile de sivadiere , par où s’écoule Peau que la mer jette dans la sivadiere. £ OEIL de roué. C’est le trou rond , par où passe l’aiffieu dans la roué d’un d’afût de canon. OEIL de bouc. On donne ce nom qui paroît comme le bout de l’arc-en-ciel , & qui précede quelquefois í’ouragan , ou quelque tempête. OEILLADE , s f í Intuìtm , oculôrum c on j est us. J OEI 519 Prononcez auillade, qui signifie un coup S ail. (Oeillade amoureuse. Ablancourt. Jetterdes œillades à quelque belle. Scaron. 11 est des Damoiseaux , dont l’œiliade amoureuse Accompagne toujours la phrase prétieuse. Sanlec. ) * OEILLADER , o. n. £ Avidiìcs lumina conjicere. J Jetter des œillades. Regarder. (* Je vai jusques fur la nue aìllaàer ! Univers Pour chercher de ì’emploi dans les climats divers. Desinarais, Vif. act. 3. sc. 2. ) OEILLET , f m. £ CaryophyUus. ] Prononcez euiìlet. C’est une forte de fleur qui fleurit en Mai, & en Juin, blanche, rouge, violette & de toutes couleurs. ( II n’y a pas plus de 27. ou 28. ans que l’on con- noít en France les beaux œillets. Un gros ou petit œillet. Un œillet simple, double, commun, rare, velouté, panaché. Un bel œillet. Un œillet fort beau doit être large & avoir 14. ou iy. pouces de tour , il doit être garni de plusieurs feuilles, & pommer en forme de houpe. Plus un œillet est net, plus il est beau. L’œiilet de tdbtes couleurs est agréable. L’œillet beaucoup dentelé n’est pas agréable. L’œillet brouillé de moucheture ne plaît point du tout. L’œillet veut une terre fraîche, nourrissante & médiocrement legere. Semer, planter, cultiver , élever , gouverner , conserver l’œillet. II ne faut pas l’arrofer d’eau froide , mais échauffée par le Soleil. Les grands froids font mourir les œillets. Le chancre mange l’œillet, & pour cela il en faut soigneusement netteyer le pot. Culture de l’œillet. En voyant ces œillets qu’un illustre Guerrier Arrosa d’une main qui gagna des batailles, Souvhnt-toi qu’Apollon bùtijjbit des murailles , Et ne t’étonne pas que Mars soit Jardinier. Mille, de Scudery à M. le Prince. ) f OEILLET d’Estagne. C’est une forte de petit œillet d’un rouge fort vif. f OEILLET de Poète. C’est une autre forte d’œillet encore plus petit, qu’on trouve dans les bois. On apelle aussi de la mignardise, une autre forte de petit œillet, qui tire fur le gris de lin & de couleur de chair. 4 OEILLET, sc prend auffi pour la plante même qui produit la tìeur. ( Planter des oeillets, marcotter des œillets, lever des œillets. Pié d’œillets, marcotte d’œillets. ) f OEILLET d’Inde, s. m. s Ocellus indiens. J Sorte de tìeur, d’une odeur forte & peu agréable, qui ne fleurit que vers l’automne , dont les feuilles font veloutées , & qui tire fur l’orangé. * OEILLET. Ce mot au figuré n’est guére en usage que dans la poésie , ou dans ies ouvrages de prose qui ont quelque air de poésie, comme sont les Romans & autres de cette sorte. ( Les lis , les œillets, & les roses couvrent la nége de son teint. Voit. Pois. OEILLET. £ Ocellus, ocillum. ] Terme de Tailleur & de Couturière. Petit trou en tourné de soye qu’on faisoit au haut des basques de pourpoint. Petit trou entouré de fil qu’on fait au cou des chemises. (Percer des œillets. Faire un œillet. ) f OEILLET. Terme de Marine. Boucle que l’on fait au bout de quelque corde. 4 OEILLET d’étai. Grande boucle que l’on fait au bout de fêtai, vers le haut. C’est par dedans cette boucle que passe le même étai, après qu’il a fait le tour du ton du mât. $ OEILLETS de la Tournevire. Boucles qu’on fait à chacun des bouts de la tournevire , pour les joindre l’un à l’autre avec un quarantenier. OEILLET. £ Encaustm. J Terme d’Emailkur. Bouillons qui s’enlevent quelquefois fur les plaques émail- lées lorsqu’on les met au feu. OEILLETON. £ Ocelìi Jurcuìus. ] Terme de Fleuri, fie & de Jardinier. C’est un rejetton d’œillet. C’est un rejetton d’artichaud. Ces sortes de rejettons empêchent l’œillet de bien croître , & l’artichaud de bien produire son fruit; c’est pourquoi on les ôte. (Un œilleton nouveau, un œilleton fort. Mettre en terre des œilletons, &c. ) OEILLETONNER, u. a. £ Surculos resecare. J Terme de Fleuriste & de Jardinier. C’est ôter un œilleton d’un artichaud, 011 d’une plante d’œillet. ( 11 faut œil- letonner cette plante. ) OEILLIE'REj adj. £ Densocuìarim , d en s caninus .J Bruno n- 520 OEtI noncez euillére. Ce mot se dit en parlant de certaines dents qu’on nomme dents œi fier es , parce qu elles reçoivent quelques rameaux des nerfs qui meuvent œil. OEILLIE RE /'/• lOcularium tegmen. 1 lerrncclc Bourrelier. C’éíLun petit morceau de cuir qui est attaché à la bride du cheval de carosse, & qui lui couvre l’œil. ( Oeilliére bien faite. ) t OENANTHE, OU Filipendula angujìifolia. C’est une plante qui a les feuilles semblables à celles du persil, mais plus grandes. Ses fleurs font de couleur blanche tirant fur le purpurin, dont les feuilles font rangées en fleurs de lys. Sa racine est d’un goût doux & agréable, aprechant un peu de celui du panais. Ella croît dans les lieux marécageux. Elle contient beaucoup de sel &d’huile. Elle est deteriive , aperitive, carminative. On l’emploïe pour la pierre «Lies hemorr- hoïdes. î OENANTHE. Parmi les espèces de cette plante il y en a une qui est un grand poison. Elle porte des feuilles semblables à celles du cerfeuil, de couleur verte- brunc, ou noirâtre, d’un goût acre & piquant, remplies d’un suc qui est au communément laiteux, mais qui jaunit enfutie & devient virulent, puant , venimeux & ulcérant. Ses fleurs font disposées en ombelles comme celles de la ciguë. Ses racines font de petits navets blancs, remplis du même suc que la plante. Elle croît communément dans les païs froids septentrionaux. L’effet de ce poison est de causer une ardeur très-douleureuse dans le ventriculedes convulsions fortes qui renversent les yeux, qui ôtent le sentiment , qui resserrent les mâchoires ; des hoquets très-fhéquens,des envies & des efforts inutiles de vomir, des hémorragies par les oreilles. L’huile, le lait,le beurre & la graisse fondue en font le contrepoison comme à l'arsenic. t OENAZ, f m. C’est un oiseau plus gros qu’un pigeon. Son bec est long & pointu ; fa tête , ses ailes & son ventre sont de couleur cendrée ; sa queue est grise, & noire , & ses pieds font rouges. II aime fort les raisins mûrs. Sa chair est dure , & on le met parmi les pigeons sauvages. II contient beaucoup de sel volatil & d’huile. II est propre pour l’épilepfie, pour exciter l’urine, la transpiration, & pour réparer les forces. OESOPHAGE, f m. [ Oesophagus. ] Terme àA- natomie. Prononcez ézofage. Ce mot est Grec. C’est le conduit par où ce que l’on mange & ce qu’on boit entre dans l’estomac. f OESYPE, s m. [ Oesypus, ou Isopus butnida .] C’est une espèce de mucilage graisseux, & en consi- stence d’onguent de couleur grise-brune , d’une odeur des-agréable qu’on tire de Paine des cuisses des brebis & des moutons. II est propre pour ramollir, pour refondre , pour apaiser les douleurs, pour fortifier. On nes’en sert qu’extérieurement. OEUF , / w. C Ovum. 3 Prononcez eu. Ce mot se «lit proprement des poules & des oiseaux femelles. C’est ce que pond la poule, ou l’oiseau femelle, & qu’en un certain tems la poulé ou l’oiseau femelle couvent pour en faire éclore leurs petits. (Un bel œuf. Un gros œuf. Un petit œuf. Pondre un œuf. Prendre un œuf frais. Manger des œufs à la coque, Faire des œufs pochez. Faire des œufs au verjus. Faire des œufs filez, des œufs au miroir, &c. En Egypte on fait éclore des œufs dans un four, ou l’on en met plusieurs miliers à la fois. Un blanc d’œuf. Un jaune d’œuf. Notre laitière ainjì troussée Contait déja dans fa pensée Tout le prix de son lait, en employoit V argent, Acbetoit un cent d’œufs , saisoit triple couvée. La Font. ) OEUF. f Ovata ornamenta. ] Terme d’Architeiï, Ornemens qu’on taille en forme d’œafs dans des corn ches ou au chapiteau de la colonne Ionique. OEUF Philosophique. Terme de Chimie. Vaisseau e íorme de cœur ou d’un œuf, qui a un tuyau en i partie mfeneure, dont se servent les Chimistes e plusieurs opérations. OEUFS de Pâques. [ Ova Pafchalia. ] Se dit des pr< sens qu’on fau aux enfans ou aux valets àla fê! de Pâques , parce qu’autrefois on les saisoit d’œufs e .f,te comme on 6m encore en plullturs =nd "“" OEU On dit d’une femme qui acouche’ avant le terme, qu’elle a cassé ses œufs. On dit encore proverbialement : Ris Jean on te frit des œufs , quand on se moque d’un homme qui rit. * OEUF. Ce mot entre dans quelques façons de parler proverbiales, qui ont cours dans le stile burlesque, ou plaisant. f C’est ce qu’on apelle goûter la vie, & pondre ses œufs. Benserade , Rondeaux. C’est-à-dire , c’est être à son aise , & mener une vie douce & heureuse. t La grenouille qui n’étoit en tout grosse comme un ais. La Fontaine , Fables l. i. C’est-à-dire , la grenouille qui étoit fort petite. -j- 11 ejì rond comme un œuf. C’est-à-dire, il a tant mangé qu’il a le ventre rond comme un œuf. iy Cy gît Barthelemi Preudon Qui a fait faire cette vie Le Bon Dieu lui sajje pardon En rime çs en tapisserie : 11 mourut s an mil cinq cens neuf Tout plein de vertus comme un œuf. OEUF. Ce mot ce dit aussi des poissons femelles , des fourmis & de quelques autres. C’est ce d’où naissent les petits des fourmis, ou des poissons. * f Avoir des aufs de fourmis fous les pieds. Cela se dit d’une personne qui ne se peut tenir dans une place. * f Donner un auf pour avoir un bœuf. Proverbe pour dire, faire de petits prefens pour en atirer de grands. * On dit d’un avare, qu’il tondroitsur un œuf. OEUVE’, auvée , adj. [ Ovatus, ] Prononcez euvé. Ce mot se dit des poissons, «L veut dire. Qui a des œufs. ( Une carpe œuvée. Harang œuvé. ) OEUVF-E. [ Opus. ] Prononcez euvre. Vaugelas dans ses remarques a décidé que le mot d! œuvre signifiant livre , volume , ou quelque composition , étoit masculin au singulier, & toujours féminin au pluriel. Cette remarque s’observoit de la sorte du tems de Vaugelas. Aujourd’hui le mot d’œuvre dans la signification de livre ou de composition est masculin & féminin au singulier , mais au pluriel est toùjotsxsféminin ainsi que l’a fort bien remarqué Vaugelas. ( Exemple. Quand le bon Papelin met un œuvre en lumière , Chaque leHeur d’abord lui devient un Liniére. Despr. fat. 9 . ) (§ Et Benserade, dans son Poème dédié à Mademoiselle de Beau vais : Je veux chanter le Royal Himenée , Par qui f Europe à jamais fortunée Voit désarmer ses peuples furieux ; Oeuvre pénible , important & glorieux. II est vrai que Mr. de Vaugelas a dit dans fa trente- septiéme Remarque,,, qu’au singulier, quand il signifie „ livre, ou volume , ou quelque composition, il est ,, masculin : TJn bel œuvre. Pour aclion. il est féminin : ,, Faire une bonne œuvre. Quelques-uns disent, & », très-mal : Faire un bon œuvre. Au pluriel, il est „ toûjours féminin , soit qu’il signifie l’un ou l’autre; ,, car on dit : Faire de bonnes œuvres , j’ai toutes ses au - „ vres , & non pas tous ses œuvres. On dit , le ,, grand œuvre , pour dire la pierre philosophale, en „ un sens diférent des deux autres. ” Cette remarque étoit juste dans le tems où elle a été faite : mais voici ce que l’Académie a prononcé fur ce point, & qui doit être notre loi : „ Ce mot œuvre , n’est plus em- „ ploié au singulier pour signifier une composition; „ on dit, Ouvrage : II a mis au jour un bel ouvrage, ,, & non pas, une belle œuvre. Oeuvre est toûjours fc- „ minin non seulement quand il veut dire aflion, „ mais aussi quand il signifie le lieu & le banc destiné ,, dans une paroisse pour les Marguilliers : L’osuvre „ de cette Paroisse est fort belle. II est masculin quand „ on l’emploie en parlant de la pierre philosophale, „ &on ne s’en sert qu’en y joignant l’adjectif, grand: „ Travailler au grand œuvre. On l’emploie aussi dans „ le même genre, pour signifier toutes les estampes „ d’un même Graveur : II a tout íœuvre de Calot. ” Un bel œuvre. Vaug. Rem. Verras tu bien fans pitié une œuvre Jì malpolie . Main. Poës. page 288 . La pucelle ejì encore une œuvre bien galante. Deípreaux, Sat. ?. Le OEU Le monde à seine s'imagine Ouïra homme en tourment st fit eux Puisse faire œuvre si divine. Sar Poës.) Si les œuvres sérieuses de Voiture font médiocres, e’est de cette louable médiocrité qui, &c. Cojì. OEUVRE. [AHio , operatio , opus.] Vaugelas a décidé dans ses remarques que le mot d 'œuvre signifiant afíion étoit toujours féminin, cela est ordinairement vrai, mais il y a des rencontres où le mot d ’*uvre au singulier & dans la signification d ’aiîìon est beaucoup plus élégant au masculin qu’au féminin , sur tout lorsqu’il est pris dans un sens figuré, ou dans un sens ou le figuré est un peu mêlé avec le propre. (Pourquoi tourmenter, vous cette femme? Ce qu’elle vient de faire envers moi , eji une bonne œuvre. Port-Royal, 'Nouveau Tejìament , S. Math. ch. 26. Une sainte œuvre. Patru, plaidoié ;. Voilà quel fut le commencement d’un ordre , qui depuis prés de cinq siécles travaille si heureusement à ce grand œuvre. Patru, plaidoié 5. page ;6.) OEUVRE. [Opus arduum , Chrysopœia.f Ce mot en termes de Chimie , signifie, la pierre phi/osophale, & a- lors il est toujours masculin. (Le grand œuvre. Vaug. Rem. Travailler au grand œuvre. Glas.) OEUVRE. [Clathrì œdituorum.J Ce mot étant pris Ê our le banc des Marguilliers , est féminin. Faire une elle œuvre pour Messieurs les Marguilliers.) * OEUVRE, [Annui Ecclestœ reditus.] Ce mot est féminin aussi lignifiant tout ce qui sert à l’entretien & à la réparation de l’Eglise. Le temporel laïque de l’E- glise. (II a laissé par testament cent écus à l’œuvre. N’oubliez pas l’œuvre. L’œuvre de la Paroisse de saint Paul est fort belle.) OEUVRE. [rEdificium , œdesj Terme d ’ArchiteHu- re. Se dit du corps du bâtiment de quatre gros murs. Et on dit dans œuvre & hors d’œuvre , c’est-à-dire, par dedans & par dehors. 4 Un escalier , un cabinet pratiqué dans œuvre , c’est- à-dire , ménagé dans le corps du bâtiment. Un cabinet hors à’œuvre, c’est lorsqu’il est en saillie, hors du eorps du bâtiment, hors de l’aplomb des gros murs. £ Travailler fous œuvre , reprendre forts œuvre. C’est réparer les fondemens d’un mur fans l’abattre & en le soutenant. OEUVRE. Terme de Metteur en œuvre. Action & ouvrage de celui qui enchâsse, travaille & accommode quelque pierre précieuse. (Mettre un piepre précieuse en œuvre. Vaug. Quint. I. ;. Pierre précieuse délicatement mise en œuvre. Ablancourt.) Mettre une pierre hors d’œuvre. C’est la tirer de son chaton , & de la bague où elle est. Vendre une pierre hors d’œuvre. C’est la vendre hors de la bague où elle étoit enchâssée. * Mettre eu œuvre. [Occupare , ad opus apphcare.p Ce» mots au figuré font beaux, & signifient employer. (Exemples. * Mettre toutes sortes de remedes en œuvre. Vaug. Quint. /. r , , Cette faqon de parler est agréable de la forte qu elle est -nr/è Cost. * L’interêt met en œuvre toute forte de vertu. M. le Duc de la. Rochefoucaut , Réflexions. * La nature fait le mérite, & la fortune le met en œuvre. M. le Duc de la Rochefoucaut , Réflexions.) Se jetter hors d’œuvre. [Projici.jj Terme à’Architecture. Etre en saillie. Sortir en dehors. * L es prologues font des pièces hors d’œuvre. Les digressions font hors d’œuvre. [Prologi externi fimt Fçf adventitìi.l En ce sens on dit qu un homme est hors d œuvre. [Extra ordinem.) Pour dire hors le rang des autres, soit à table ou en compagnie. Hors d’œuvre, f m. Petit ragoût qu on lert aux bonnes tables , outre les entrées. [ Fercula addiditia .] La Bruyère. OEUVRE de marée. [Navis instauratio.) Terme de Mer. C’est le radoub, ou calfat qui se donne au vaisseau échoué sur les vases pendant que la marée est basse. Foumier. (Donner les œuvres de marée à un bâtiment.) _ „ _ , OEUVRES vives. [Caréna. J Ce font toutes les parties du Navire, depuis la quille jusqu’à la lisse du vi- bord. Foumier. OFE 5 2 í OEUVRES mortes. Ce sont les parties qui font depuis le vi bord jusques en haut. Foumier. ï OEUVRES de la chair. C’est la conjonction char* nelle de l’homme & de la femme. f On dit en termes de Palais, qu’une femme est enceinte des œuvres de qudeun , pour dire que c’est lui qui l’a engrossée. £ Oeuvres de miséricorde. Ce font certaines actions de charité, comme d’assister les pauvres, de visiter les malades, &c. Gagner les œuvres de miséricorde, se dit aussi dans le stile familier ; lorsqu’un homme fort retiré reçoit visite d’un autre, il lui dit, vous venez gagner les œuvres de miséricorde. OEUVRES pies. Ce sont les œuvres de charité faites dans la vûë de Dieu , comme de donner l’aumòne , d’assister les malades , &c. OEUVRFES de subrogation. Ce font les choses qu’otî fait fans y être obligé. (Il néglige ses devoirs & ne s’attache qu’aux œuvres de surerogation.) f OEUVRES de surerogation , se dit aussi de tout ce qu’on fait au delà du devoir, ou audelà de ce qui est nécessaire pour salaire dont ils’agit. On ne vous tiendra aucun compte de toutes ces œuvres de surerogation. Toutes ces œuvres de surerogation n’avance- ront pas salaire. * Maître des baffes œuvres , f m. [Latrinarum cu- rator.J C’est celui qui néteye les lieux. * Maître des hautes œuvres, f m. [Carnifex , tor- tor.f C’est le nom honorable qu’on donne au boureau. * La fin couronne l’œuvre. [Finis coronat opus.) Proverbe , pour dire, ce n’est pas assez d’avoir bien commencé , il faut aussi bien achever. II ne suffit pas d’avoir bien vécu , il faut bien mourir. * A l’œuvre on connoit l’ouvrier. [£x opéré dignoscù tur artisex, ex ungue leonem .] Proverbe. (A l’œuvre on connoit l’Artisan , Quelques rayons de miel fans Maîtrese trouvèrent, Des frelons le réclameront , Des Abeilles s’oposant. La Font.) OFENSANT, ofensante , adj. [Contumeliosus, în- juriosus. ] Choquant. Injurieux. (Procédé ofensant. Chose ofensante.) OFENSE , f f. [Peccatum, offensa , culs a.) Faute, Péché. (Mes ofenscs passées me tiennent dans une a- gitation continuelle. Port-Royal, ps. Expier ses ofen- ses. Pasc. I. 10. Mon Dieu, pardonnez-nous nós o- fenses. Port-Royal. Mon Dieu, purifiez-moi de mes ofenscs. Port-Royal.) OFENSE. [Offensa, injuria.'} Injure. Tort. Sorte d’afront. ( Prendre vengeance d’une oscnsc qu’on a reçûë. Le Comte de BuJJì. Un Auteur qui dans son écrit t Comme moi reçoit une oscnsc , Soufre plus que Job ne foufrit Bien qu’ìl eut d’extrêmes soufrantes. Sarrazin.) OFENSE' , f m. [Offensus , injuria affefîut.) Celui qui a reçu une oscnsc. Celui à qui on fait une injure. (Si-tôt qu’on fait paroître que l’on sc sent oscnsc, son rend sosenseur plus irréconciliable, car il s’imagine que 1 ’ofensé ne manquera pas de sc vanger , dès qu’il en trouvera l’ocasion. En cet afront mon pere est /’oscnsé , Et /’osenscur est pere de Chiméne. Corn. Cid.) II est dificile d’oublier une oscnsc : cependant Darius avoit toû,jours un Domestique qui repetoit de tems en tems à ce Prince : Souvenez - vous que les Athéniens vous ont ofenjé. OFENSER , ». a. [La-dere, nocere.) Nuire. Incommoder. Blesser. Faire tort. (Oscnscr quelqu’un. Je n’ai pas dit cela pour vous oscnscr. ) H On dit ce coup lui a oscnsc le cerveau. Le principe des nefs est oscnsc. Cette voix aigre oscnsc l’oreille» f * OFENSER les oreilles chastes. On le dit des paroles qui choquent la pudeur. OFENSER Dieu. [Transgredi . viol are f Terme de Théologie. C’est violer les Commandement de Dieu, S’ofenser , v. r. [ Lœdi, J Se tenir pour oscnsc. (Je vous prie de ne vous point oscnscr de se que je vous dirai. S’ofenser de quelque chose. Vous vou* oscnscr de tout. Tome IL U » » Con - 522 OFÍ Contente ton désir puisqu’il t’efi glorieux : Osense toi des fleurs qui coulent de mes yeux, Tonne, frase, il ejí tems. Des Barreaux.} OFENSEUR , f m. [ Violator. J Celui qui osense. (L’ofenseur est le pere de Chiméne. Corneille, Cid. ail. i. sc. 7. Plus l’ofenseur m’est cher, plus je me ressens de l’injure. Racine, Thébaìde, ail. sc. A Mr. de Scuderi avoit critiqué ce terme dans le Cid : Plus l’ofenseur es cher, [fie. L’Académie déclara son sentiment en ces termes : „ L’obscrvateur a quel- ,, que fondement en fa répréhension, de dire que ce „ mot, ofenseur, n’est pas en usage ; toutefois étant „ à souhaiter qu’il y fût pour opofer à osense, cette „ hardiesse n’est pas condannable ”. On le dit pourtant rarement. OFENSIF , ofensive, adj. [Ojsensivus , nocivmé Qui attaque. Qui offense. (Ligne ofensive & défensive. Fortification ofensive & défensive. Armes ofensives & défensives.) -j- OFENSIVEMENT, adv. [Offensive.] D’une maniéré ofensive. (Agir ofeníivement. Un Général qui se tient sur la défensive , doit agir ofensivement lorsqu’il en trouve des ocasions favorables.) OFERT, oferte , adj. [Qblatw .] Présenté. (Présent ofert. Chose oferte.) f OFERTE, s f [ Qblatio , ohlatum. ] Terme d’E- glise. Qui ne se dit plus à Paris. On se sert à sa place du mot d ’ofrande. OFERTOIRE. [Offertorium.] Terme à'Eglise. Quelques Eclésiastiques font le mot d ’ofertoìre féminin, mais les plus habiles de ces Messieurs le croyent masculin, & je croi que c’est le meilleur. On apel- le ofertoire l’en droit de la Messe où l’on ofre. (Ofer- toire tiré du Pseaume vingtième.) f OFFE, s f Espèce de jonc qui se tire d’Ali- canteen Espagne, & dont on fait un grand usage en Provence , particulièrement pour faire des filets à prendre du poisson. OFICE, s. m. [Officium , munus, obsequium.] Service, plaisir. (Le procédé de son amant detruisoit tous les bons offices que je lui rendois auprès d’elle. Le Comte de BuJJì. Rendre un bon ofice à quelqu’un. Abl. Rendre un mauvais ofice à une personne.) OFICE, f. m. [Dignités , facultas .] Charge„publi- que, grande, ou petite , pour laquelle il faut avoir des provisions du Roi. (Acheter un Ofice de Conseiller au Parlement, un Ofice de Maître des Requêtes. Faire de nouvelles créations d’Ofices. Mémoires de Mr. le Duc de la. Rochefoucaut. La vénalité des Ofices n’est pas fort ancienne.) {f II est dificile de définir l’Ofice. Ce n’est point un sujet solide & essentiel (dit Loiseau dans l’Exorde du Traité des Ofices, ) & qui ait une nature certaine pour définir, & des parties pour diviser ; mais c’est une idée, un accident & simple qualité, enfin une fumée d’honneur. OFICE, f. tri. [Palatii regii miniserium .] Place ou emploi qu’on achete pour servir chez le Roi, la Reine, Monsieur, ou chez les Enfans des Rois. (II a un Ofice chez Monsieur. Son Ofice chez le Roi lui coûte quinze mille livres. Quiconque a de t argent four avoir un Ofice, On ne regarde flus les vingt cens de service. Poète anonime.) OFICE, s. m. [Officium.] Terme de YEglise Romai ne. Prières qu’on dit un certain jour soit qu’elle soyent pour Dieu , pour la Vierge , ou pour quelqu. Saint. (Dire son ofice. L’Ofice du nom de Jésus. L’O fice du couronnement de la Vierge. Dans les Abaye réformées, l’Ofice divin se célébré fort dévotement Par les réglemens de Police, les cabarets & toutes for tes de jeux doivent être fermés pendant l’Ofice divin Ce fut Saint Jerôme, à la priere du Pape Damase qui distribua les Pseaumes, les Evangiles & les Epitre dans l’ordre où ils font dans l’Ofice divin.) OFICE, s. m. [Res sacra, divina .] Service divin Prières solennelles qu’on fait dans l’Eglisc a certaine heures. (Sonner l’Ofice. Aller à l’Ofice. Chanter l’O , ce - L Ofice de l’Eglise se réduit à trois choses, ; muer Dieu, à s’instruire de fa parole & le prier. Port Royal, explication des cérémonies de P Ofice.') .. ’f m - [Hora diurna .] Petit livre qui con sient les prières d’un certain jour, scitqu’elles soyen pour Dieu, pour la Vierge , «u pour quelque Saint OFI On a imprimé depuis peu un Ofice du couronnement de la Vierge qui est fort beau.) Le saint Ofice. [Munus fidei quasitorum .] Ces mots signifient ordinairement Y Inquisition. (11 a été condamné par le saint Ofice.) OFICE. [Funflio, agendi facultés .] Fonction. Charge. (Fak l’ofice de Sergent & apelie les Marchands. Ahl. Tac. I. 1.) OFICE. [Magsiratus , prœfefíura .] Devoir & charge de Magistrat & de celui qui a quelque supériorité. (C’est de l’ofice d’un Juge de Police de mettre le taux aux denrées. 11 est de l’ofice d’un Curé de prêcher à ses Paroissiens. Les Juges peuvent informer d’ofice, quand il n’y a point de partie.) * Faire quelque chose d’ofice. C’est la faire fans en ê- tre requis. On dit qu ’un Juge a informé d’ofice, lors. qu’il a informé fans en être requis, & par le seul devoir de sa charge. f Exferts nommés $ ofice, c’est-à-dire, que le Juge a nommés. OFICE ,f f [Cella vasaria .] Chambre où dans les maisons de qualité , & autres; qui font riches on met la vaisselle d’argent. (On y voir des ofices taillées dans le roc. Mademoif. des Jardins , lett. f. 132. Une jolie ofice. Une belle ofice. Une petite ou une grande ofice. Je fuis fourni de poivre [fi j’ai tout du Perier , Roulé dans mon ofice en cornets de papier. Desp. Sat. ;.) OFICE , f f. [Cella penaria.] C’est aussi le lieu , proche de la Cuisine, où mangent les domestiques. (Aller dîner à l’ofice.) OFICES, au pluriel, fe dit de toutes les chambres qui fervent pour la commodité d’une grande maison, comme sont la cuisine, la dépense, la sommélerie, &c. OFICIAL , f m. [Officialisé C’est le Juge de l’Ofi- cialité. C’est l’Oficier de l’Evéché plutôt que de l’E- vêque. L’Oficial est constitué en Dignité Eclésiastique. Pour être Official, il faut être pourvu par l’Evéque, Prêtre séculier & gradué, & François de nation. Un Religieux ne peut être Oficial. Les apellations des Sentences de l’Oficial ordinaire relevent devant l’Ofi- cial Métropolitain. Volez Loiseau, Traité des Ofices Ecclesiafiiques , l. 5. AMI y a trois sortes d’Oficiaux, l’Ordinaire, le Métropolitain , & le Primatial. Le prémier a fa Ju- risdiction dans toute l’étenduë du Diocèse. Le second est Juge des Apellations desjugemens rendus par l’Oficial ordinal^ & par les Oficiaux des Métropolitains. La Juridiction 1 de l’Oficial primatial a été autrefois très-étenduê; on en a retranché plusieurs Provinces. II n’y a que la primade de Lyon qui soit exercée actuellement. Les Réguliers ne peuvent point être Oficiaux. L’Oficial est Juge privatif de toutes les actions civiles & personnelles des Eclésiastiques, en défendant seulement. II connoît encore des délits ordinaires : mais si le cas est extraordinaire, & qu’il mérite quelque peine aflictive; il doit apeller le Juge Royal, instruire avec lui la procedure , & ensuite chacun rend son jugement séparément. L’Oficial punit les crimes par les peines canoniques, & le Juge Royal par les peines aflictives. OFICIALITE , f. f. [Officia/is munus, forum Ecchsia- sicum.] C’est la Charge du Juge qui exerce cette Juridiction; c’est la Justice de l’Evêque , ou de l’Arche- véque. C’est auísi le lieu où l’Oficial rend la Justice. (Aller à l’Officialité. Dans une Oficialité Les jouis passés une fouhrete Passablement belle [fi bien faite, Et d’une robujlesanté, Dit qu’un vieux Médecin l’avoit prise par force. Bouts. lett. ) OFICIANT, adj. [fi s. m. [Ce/ebrans.] Celui qui oficie. (Un Evêque étoit l’oficiant. C’est à l’oficiant de donner la bénédiction. ) OFICIER, f m. [Qui munus aliquod gent.] Ce mot en général veut dire celui qui fait quelque forte d’Ofice On prononce Officié. OFICIER , f m. [Adminsier regìus, caufarum fo- rensium cognitor, judex, [fie .J Ce mot en parlant de Justice, est celui qui a obtenu quelque Charge dans les formes. Personne en France ne peut être Oficier, qu’il n’ait ses provisions, qui n’ait été examiné fur fa capacité , qu’on ne soit pleinement informé de fes moeurs , qu’il n’ait l’âge marqué par les Ordonnances, OFR qu’il n’aifc prêté le serment & f,e soit reçû. On dit auíli Oficier de la Chambre des Comptes. Oficier en Parlement. Oficier de Juitice , de Finance, &c.) OFICIER , s. m. [Palatiiregii minister.'] Celui quia acheté quelque emploi pour servir le Roi, Monsieur, la Reine , les Enfans des Rois , ou les Princes. (11 est Oficier chez Monsieur. Etre Oficier chez la Reine.) OFICIER de Santé. On apelle de ce nom les Médecins , Apoticaires, Chirurgiens, Opérateurs qui servent chez le Roi & chez Monsieur. OFICIER de la bouche. Ce sont ceux qui ont les ofi- ces qu’on apell z bouche chez le Roi. 11 y a encore chez le Roi, chez la Reine, & chez Monsieur plusieurs sortes d’Otìciers, tels que font les Oficiers de la Chambre de la Reine , les Oficiers de l’écurie, &c. OFICIERS ,s. m. [ Minijìri .J Ce mot se dit auflì des domestiques de quelque personne de qualité , maïs c’est par abus , ou par raillerie. (Montagne nous a fait inutilement avertir qu’il avoir un Page, qui est un Oficier assez inutile en la maison d’un Gentilhomme de six mille livres de rente. Port-Royal, Logique , part.) OFICIERS de la marine, f Rei maritimeprafecli. ] Ce font des gens d’épée propres pour le combat qui ont autorité par subordination de l’un à l’autre. Le principal Oficier de la marine , c’est Monsieur l’Amiral, les autres font les Vice-Amiraux, les Lieutenans généraux. Les Chefs d’Escadre, les Capitaines des Vaisseaux , les Majors, Lieutenans, Enseignes, &c. OFICIERS mariniers. Ce font une partie des gens de l’équipage choisis pour la conduite & pour le radoub. Ces Oficiers, font le Maître, le Pilote, le Martre voilier , &c. Guillet , Art de la Navigation. OFICIER. [ Costrensespmfefti .J Ce mot en parlant de gens de guerre , signifie proprement celui qui a brevet, ou commission du Roi. Oficier subalterne , c’est celui qui est au-dessous du Capitaine. Bas Oficiers , ce font ceux qui font au-dessous des Lieutenans, Sous- Lieutenans , Cornettes & Enseignes. ch La négligence, la débauche & le luxe des Oficiers font les plus grands maux d’un Etat. H OFICIERS de Ville. A Paris on distingue deux fortes d’Oficiers de Ville, les grands & les petits. Les grands Oficiers font, le Prévôt des Marchands, les E- chevins, le Procureur du Roi, le Greiier, les Conseillers & le Receveur. Les petits Oficiers font ; les Mouleurs de bois & leurs Aides, les Déchargeons , les Mesureurs, les Debâcleurs & autres telles personnes établies fur les ports pour la police & le service du public. £ OFICIERS pasteurs d’eau. Ce sont les Maîtres Bateliers de Paris, dont les fonctions consistent à passer d’un rivage à l’autre de la riviere de Seine les Passagers qui se présentent, leurs bardes & marchandises. 11 s ont été érigés en titre d’Ofices, & font au nombre de vingt, y compris les deux Syndics. OFICIER, v. n. [Reisacra prœese.) Terme d’Eglise. Faire le service divin avec cérémonie. (Celui qui doit oficier est obligé , suivant la Loi, d’étre pur & chaste. Am. Joseph , ì. ;. c. 8- Quand l’Evêque oficie pontificalement , il doit être assisté de quinze Eclésiasti- ques. Martinet, Cérémonial des Evêques.') * OFICIER, v. ». [Lautè , opiparèque potare U e- dere .) Bien manger. Faire bien son devoir quand on est à table. (C’est un homme qui oficie encore bien pour son âge.) OFICIERE , f. f. [Prapostta.) Terme de Religieuse. C’est en général la Religieuse qui a un Ofice , une Charge, ou un emploi dans le Couvent. (Les Oficié- res se tiendront un peu de tems dans l’Assemblée, afin que les Sœurs ayent le tems de leur parler. Port-Royal , Constitutions , page ç2.) OFICIEUSEMENT , adv. [Officias, comiterj Obligeamment. (II en a usé le plus oficieusement du monde. * Je lui proposai oficieusement de se pendre à quelque haut arbre. Saint Evremont , Oeuvres mêlées. Ceci est dit en raillant.) OFICIEUX, oficieuse, adj. [ Officiosus, comû.J Honnête. Obligeant. Qui rend volontiers un bon ofice. (.Qu’il soit doux , complaisant, oficieux, sincère, on le veut, j’y souscris. Des. fat. 9. C’est une femme fort oficieuse.) f Mensonge oficieux. On apelle ainsi un mensonge fait purement pour faire plaisir à quelcun, sans pre. judice de personne. OFRANDE , s. f. [ Oblatio , donarium , oblatum , csìrterìum, j Terme d 'Eglise. Elle consiste à donner & OFU 523 à osrir quelque chose au Prêtre de Paroisse qui oficie solemnellement, & qui au même tems fait baiser en signe de paix une patène à la personne qui lui a donné quelque chose. (Les ofrandes qu’on fera au nom de ceux qui mourront en état de pénitence seront reçues. Arnaud , Fréquente Communion. Leurs ofrandes sont abominables. Arnaud, Fréquente Communion. Aller à Rollands. Revenir de l’ofrande., Les Rois de France ont coutume de donner des ofrandes au Curé dans la Paroisse duquel ils couchent. Le Moût. pi. 9. Si tous les Cocus des Paroisses de Paris alloient à l’ofrande , je plaindrois Messieurs les Curés, car ils sc- roient trop long-tems fur leurs jambes.) (§ L’Auteur del’Oedipe moderne, afí. 1 .sc. 5. dit : Peuples qui dans ce temple , aportant vos douleurs , Présentez à nos Dieux des ofrandes de pleurs. La figure est un peu forte ; aportant vos douleurs, peut bien encore être censuré avec raison. î A chaque Saint son Ofrande. Prov. C’est-à-dire , qu’il faut rendre des devoirs, des civilités , des foins à tous ceux qui ont quelque pouvoir dans une afaire. í OFRANDE. Les Poètes & les Orateurs se servent de ce mot pour signifier tout ce que l’on ofre à quelcun , pour lui marquer son respect, son dévouement, son zèle. OFRANT, participe. [Offerens .2 Qui veut dire, qui ofre. Au plus ofrant. T'ermes de Huijfier-Crìeur qui se disent quand on vend des meubles, & qui signifient à celui qui en ofrira le plus. (Vendre au plus ofrant & dernier enchérisseur. [Ultimo licitanti tradere.) De mes Sonnets fiateurs laser tout l’Univers , Et vendre au plus ofrant mon encens U mes vers. Defpr.) OFRE , f f. [Oblatio , munuí, conditio .] L’Abé de Royaumont, histoire de la Bible a fait le mot d 'ofre masculin , mais c’est une faute d’impression. Quoi qu’il en soit, les bons écrivains font le mot d'ofre féminin, & c’est tout ce que présente & tout ce qu’ofre une personne. C’est aussi Faction d’ofrir. (Une belle ofre. U- ne grande ofre. Une petite ofre. Une ofre obligeante. Faire une ofre. Scaron. L’espérance qu’elle eut lui fit balancer à refuser les ofres du Roi. Le Comte de Busi. J’ai de la peine à accepter Poste que vous m’avez faite. Ségrais, Zaide , t. 1. Ses ofres furent également mal reçues. Mémoires de Mr. le Duc de la Rochefoucaut. OFRIR , v. a. [Ostèrre , polliceri.) Présenter une chose. f ofre , tu ofres , il ofre , nous ofrons , &c. J’ofrois. J’0fris. f ai ofert. J’ofrirai, Que J'ofre. J’ofrirois. J’o - frise. Ofrant. (Ofrez à Dieu des sacrifices spirituels qui lui soient agréables. Port-Royal , Nouveau Testament. Si Caïn n’eút ofert à Dieu un sacrifice pour a- paisersa colère, il l’auroit châtié. Arn. Joseph, l. 2. c. 2. Simon le Magicien ostit de l’argent comme un mch tif pour se faire donner un bien spirituel. Pasc. I. 12. Je m’oste à soutenir que. Voit l. 46. II s’ostit de passer l’armée. Ablanc. Ret. I. c. S’ofrir à la mort. Aristote , Platon , Démocrate, Gajsend , Ofrent à cette Reine un secours impuissant. Relat. de la mort de Desc.) H OFRIR à Dieu ses maux , ses asti f lions ,fes pertes „ &c. C’est les soufrir pour l’amour de Dieu, les lui présenter en satisfaction de nos péchés. Acad. Fr. î * OFRIR le choix des armes a son ennemi. C’est luî en donner , lui en laisser le choix. f OFRIR son epée à (quelcun. C’est lui marquer qu’on est prêt de tirer l’épée pour fa quérelle. f OFRIR son service ,Jòn crédit , ses amis à quelcun, C’est lui osrir de le servir de son crédit, & par ses amis. ch OFRIR la main à une personne. C’est lui présenter la main pour l’aider à marcher. £ OFRIR à la visé , osrir auxyeux de quelcun. C’est exposer à la vûë , mettre sous les yeux de quelcun. (N’ofrez pas un si triste objet à ma vûë, à mes yeux. ) H OFRIR, se dit aussi au ». p. (Cet objet s’osre à mes yeux.) On dit dans la même acception. (11 «Poste une grande dificulté. II s’ofre une ocasion favorable. J’accepterai la prémiere charge, le premier emploi qui s’ofrira. ) OFUSQUER , ts. a. [ Obscur are , adumbrare. 2 Empêcher de voir nettement. Embarasser & empêcher la vûè. (Cela m’ofusque la vûë.) * OFUSQUER. [Ofsundere caliginem.) 11 se dit au figuré ,& signifie, obscurcir, troubler. Cacher les lumières de l’esprit. (Les grandes passions ofulquent l’enten- Tome II, U u u a de me n, 524 OIE dement. Les fumées du vin lui ont ofufqué le cerveau. Ofufquer la gloire de quelqu’un.) OGIVE , / f [Arcus decujfatns.l Terme d’Archi, tefíure. Arceau qui paíTc en dedans d une voûte d un angle à l’autre en forme d’arrête. OGN ON, f- m - C Cœpa.l Prononcez presque, ot- f nione n deux silabes. Sorte de plante qui a une racine ulbeuse & chevelue, au haut de laquelle est une maniéré de pomme ronde couverte de plusieurs peaux qu’on apelle ognon. (L’ognon est incisif, fait venir les larmes aux yeux quand on le pèle & le coupe, & est chaud au quatrième degré. Ognon, ou oignon blanc. Oignon rouge. Les oignons blancs piques de doux île girofle valent mieux que des herbes dans le potage.) 0 On apelloit Perides, tête d’ognon. $ Chapelet cP oignons. C’est. une grande quantité d’oi- gnons attachés à l’entour d’un bâton. 4= Etre vêtu comme un oignon. On le dit d’un homme qui est fort couvert d’habits. 4= En rang d’oignon. Phrase populaire dont on se sert en parlant de plusieurs personnes qui font assises & rangées d’une manière égale. (Ils font tous en rang d’oignon.) 4 1 Se mettre en rang d’oignon. C’est dans le stile bas & populaire , se placer parmi les autres. On le dit d’une personne de peu, qui prend place parmi des personnes de qualité, de grande considération. On le dit aussi d’un enfant qui s’assied parmi des gens bien plus âgés que lui. (II s’est mis en rang d’oignon.) OGNON de fleur. [Bulbw.J C’est la tête d’où naît la fleur. (Les taupes rongent les ognons des fleurs. On doit conserver avec soin les ognons des belles fleurs. 11 faut enfoncer les ognons avec le plantoir. Eplucher les ognons. L’arrofement humecte l’ognon quand il fait fa fleur.) * OGNON ,s m. [Carnojìtas verrucatoria.'] Dureté qui vient au côté du pied «St fous le gros orteil. (Ognon douloureux, incommode, fâcheux. Guérir un ognon.) OGOESSES- [Scutarii glohuli atri.J Terme de Blapm qui fe dit des fourfeaux de fable pour les distinguer des autres qu’on nomme Galpes , quand ils font de pourpre ; Guses, quand ils font de gueules; Heurtes , quand ils sont d’azur ; Pommes ou Volets , quand ils sont de sinople. OGRE,/ m. [Orgus Sylvestris.^S orte de monstre d’homme sauvage, qui mangeoit les petits enfans, & qu’on feint avoir été du te ms des Fées. OH- Sorte d’interjection dont on se sert pour réprimander & pour marquer quelque étonnement. (Oh ! vraiment tout cela n’est rien au prix du fils. Molière , Oh , oh , peste la b este. Oh , oh , oh , cela ne s’entend point du tout. Molière.') OH ! Interjection qui marque qu’on ne trouve point mauvais ce qui s’est passé. ( Oh ! Monsieur, il n’y a Point de mal à cela. Mol. May. forcé. OH ! que. Sorte d’interjection qui marque qu’on dé- saprouve. (Oh ! que diable, vous demeurez tout interdit. Mol. Scapin , afí. 2. sc. 3.) 0 OH ! non. C’est une expression négative qui a bonne grâce , comme dans cette êpitaphe composée par Scaron : Cy gît qui fut de belle taille , Qui savoit danser U chanter, Faisoit des vers vaille que vaille, Et les J'avoit bien réciter ; 5a race avoit quflque antiquaille , Et pouvoit des héros compter j Même il auroit donné bataille S’il en avoit voulu tâter > // parloit fort bien de la guerre , Des Cieux , du globe de la terre , Da Droit Civil , du Droit Canon , Et connoijfoit ajfez les choses Far leurs éfets U par leurs causes. Eloit-il honnête homme ? oh non. La diftongue de tous les mots de cette colonne, 1 prononce comme elle est écrite. OIE,/, f. [Anser.2 II y a une oie privée & d$ mestique , & une oie sauvage. L’oie privée est un o: soau qui nage fur l’eau, & vit sur une terre d’hei ces & de grains. Elle a le cou assez long, la pli me grsse, ou blanche, le bec gros & les jambe grosses. L oie est stupide. Les oies blanches sor Jes meilleures pour le profit. L’oie a la chair vil OIN queuse faisant beaucoup d’excrémens. La meilleure chose de l’oie est le foie. Pour Voie sauvage , elle est meilleure à manger que l’oie privée. Cependant elle se nourrit des mêmes choses que l’oie domestique. ( Un jour un Cuisinier insigne , Qui beuvoit quelquefois un peu plus fort que jeu , Pour mettre la marmite aufeu , Pensant tuer une oie , alioit tuer un cigne. Bourf. Esope.) 4= OIE nonette. C’est une espèce d’oie sauvage , un peu plus grosse qu’un corbeau , de couleur noire plombée. Sa queue est courte, elle habite les marais & est excellente à manger. Sa graisse est émolliente & résolutive. La Merde d’oie gâte les prez & brûle l’herbe. Merde d’oie. [Stercus anjèrinum.] Ce mot fe dit d’une couleur jaunâtre mêlée de verd, parce qu’elle ressemble à l’excrément des oies. Patte d’oie. [Palma anferina .] Ce mot fe dit en termes de Mer. Mouiller en patte-d’oie, c’est jetter trois ancres, l une au vent , & les autres à droit & à gauche , & en sorte que cela fasse un triangle ressemblant à une patte d’oie. OIE. [Anserinus ludus .) Jeu auquel on joue avec deux dez fur un carton . & qui a été apellé oie, à caul'e que fur ce carton il y a 63. cases ou cellules marquées diversement, & de neuf en neuf, des figures d’oie. Petite oie. [Ornatus adjeclusj Ces mots se disent en E arlant d’habits, & on entend par ces mots les ru- ans, la garniture, & tout ce qui sert à l’embellisse- ment de l’habit. (Que vous semble de ma petite oie? Mol. prêt. ) * Petite oie. Ces mots se disent en termes d’amour, & signifient toutes les petites faveurs que fait une maîtresse à son amant. (Je n’ai eu de la belle Iris aucune faveur solide, maisj’en ai eu toute la petite oie.) Petite oie. [Volatilium reJ'egmina.J Terme de Rôtis, seur. C’est le cou, les ailes, le juíìer, le foie & autres petites choses d’un oiseau de riviere. t.Acheter u- ne petite oie pour faire une fricassée.) 01GNEMENT, s m. [Unfíio , unclura.2 Action Í iar laquelle on oint ou parfume. (Le lavement & ’oignement des pieds étoient en usage parmi les Juifs) OIGNON- Voiez ognon. H OILLE,/ s. Potage où il entre plusieurs herbes & plusieurs viandes diférentes. Ce mot a passé de l’E- spagnol dans notre langue. ( On nous donna une excellente oille.) OINDRE , V. a. [ Ungere , lenire. ] J’oings , tu oings , il oingt, nous oignons , &c. soignais. J'oignis. J’ai oint. J’oindrai. Oignant. C’est froter avec quelque sorte d’huile, ou d’autre pareille chose onctueuse. (Oindre d’huile les malades.) * OINDRE. [Sacro oleo linire. ] Sacrer. J’ai trouvé David mon Serviteur, je Pai oint de mon huile Sainte. Port-Royal , pseaumes.) S’oindre , ». r. [Corpus oleo fric are .] Je m’oings. Je me Juis oint , «&c. C’est fe froter de quelque chose d’onctueux. (Les anciens fe fervoient de certains parfums dont le vrai usage étoit de s’en oindre- quelques parties du corps. Vaug. Rem.) * Oignez vilain , il vous poindra. Peignez vilain , il vous oindra. Prov. qui signifie, qu’en faisant du bien » un mal-honnête homme, on n’en reçoit que du déplaisir ; & qu’au contraire, en le gourmandant on en tire tout ce qu’on veut. OING, / m. [ Axungia.2 Graisse de porc qui tient aux reins. Les Médecins l’apellent axonge. On fe sert de vieux oing pour en froter les essieux des roués, les rouleaux des presses, &c. OINT, ointe , adj. [UnHus , linitus.'] Qui est froté de quelque huile, ou autre pareille chose. (Bras oint. partie ointe.) OINT ,/ m. [Unffus.J Celui qui est sacré d’une huile sainte, celui qui a reçu une sainte onction. Tels que sont les Souverains, les Prêtres & autres Ministres de la Parole de Dieu. (J’ai reconnu que le Seigneur garde son Christ & son Oint. Port-Royal. Ils ont osé touchera Y Oint du Seigneur. Pair u , plaid. iç. Ne touchez pas à mes Oints , & ne faites point de mal âmes Prophètes. Port-Royal, pseaumes. Déja P Oint du Seigneur remporte (a vicíoire, Et nous voyons que Dieu veille à fa sûreté. Poët, an.) La OIS La diftongue" ) OU f OLAMPI, s- m- C’est une gomme ou résiné dp re, jaune tirant sur le blanc, transparente, ressem. hiante au copal, douce au goût avec un peu d’astri. ction. On nousl’aporte de l’Amérique , mais elle est rare. Elle est detersive , deísicative & résolutive. OLEAGINEUX , oléagineuse, adj. _ [O/eaginosus .] Ce mot vient du Latin & signifie, qui tient de la nature de l’huiìe. Dont on peut exprimer de l’huile. (Plante oléagineuse. Les pins, les sapins, &c. font des arbres oléagineux. Les bois oléagineux brûlent mieux que les autres. Les olives , les noix, les amandes, &c. font des fruits oléagineux.) O LEGE ANE, f m. [OJsiscubitalis pars superior U extrema.] Eminence derrière le pli du coude, fur laquelle on s’apuye. Cette éminence n’est autre chose que l’apophise postérieure de l’os du coude, qui empêche que cet os puisse se fléchir en arriére, & qui forme un angle aigu, lors qu’on plie le bras. O LIBAN, / m. [Masculum thw.] Encens mâle. OLIBRIUS , s m. [Plies nimiosibi tribuens .J Mot burlesque qui signifie entendu, glorieux. (Ils faisoient les olibrius dans le commencement, mais ils ont le caquet bien rabattu à l’heure qu’il est. Baucourt.) OLIGARCHIE,//. [Oligarehia .J Mot qui vient du Grec, & qui veut dire Gouvernement de peu de personnes. OLIGARCHIQUE , adj. [Oligarchiew.] Qui est gouverné par peu de personnes. (Etat oligarchique.) OLIMPE,/ m. [ Calum .J Ce mot est poétique pour dire le Ciel, & on ne s’en peut servir en prose que dans un stile enjoué & burlesque, ou dans quelque Roman. (Venus est une des meilleures & des plus douces Déesses de tout l’Olimpe. Costar , Apologie de Voiture , p. 129. L’Olimpe son front dévoila. Volt. poés. Que tout /’Olimpe se dore , Et qu’aux innocens plaisirs Mille fleurs qu’on voit éclore Invitent tous les d.esirs. L’Abé Têtu. ) OLIMPE, f. m. [Olympus.] Ce mot est un nom de plusieurs montagnes, dont la plus célébré est extrêmement haute, & sépare la Thessalie d’avec la Macédoine. Le mont Olimpe est fameux dans les ouvrages des Poètes. OLIMPE , f f. [Olympia.] Nom que les Poètes ou les amans donnent quelquefois à leurs maîtresses en faisant des vers en leur saveur, ou en leur écrivant. (La belle Olimpe est en ces lieux. Voit. poés. Sur le bord d’un ruisseau paisible Olimpe se livroìi à de vives douleurs, Et malgré les autres malheurs Ausort de Montaupeur attentive §-? sensible. Deshoul.) OLIMPIADE, s f. [Olympias.] C’est le cours de quatre ans entiers, espace de quatre ans. Les Anciens comptoient par Olimpiades , & la prémiére Oltmpia- de a commencé en la cinquième année du cicle lunaire, & en la dix-huitiéme du cicle solaire. Alexandre le Grand est mort la prémiére année de la cent quatorzième Olimpiade. Volez Calvisius, Cronologie , I. partie, chap. 2 6. . t * OLIMPIADE. Ce mot se dit quelquefois en riant & en parlant de quelque personne ou à quelque personne, & signifie l’âge d’une personne. (II me semble que je vous vois avec votre visage de Plénipotentiaire me reprocher encore mes Olimpiades. Voit. I. 298.) OL 1 MPIEN, adj. [Olymphu.] Qui ne fe trouve ordinairement qu’au masculin, qui se dit de Jupiter, & qui veut dire de l’Olimpe. (Jupiter Olimpien. Abl. Arr. I. 1;. ) OLIMPIQUE, adj. [Olympicus.] Ce mot se dit de certains jeux qu’Hercule institua auprès de la ville d’Olimpie à l’honneur de Jupiter, qui se celebroient de quatre en quatre ans , & où il y a voit des courses & diverses sortes de combats. (Les jeux Olimpiques.) OLINDE, f f : Nom que les Poètes & les amans donnent quelquefois à leurs maîtresses dans leurs vers, ou dans leurs billets en prose. (Belle Olinde.) OLINDE. [Enss lamella chalybea.] Terme de Fourbis seur. C’est une sorte de lame d’épée qui est des plus fines& des O MB des meilleures, & qui a pour marque une corne. (Cet- te olinde est très-bonne.) ,í OLIVAISON, / f [Oleìtas, olivitas.} Saison ou Ion fait la récolte des olives, soir pour en tirer l’huile, soit pour les confire & les mettre dans la saumure. OLIVâTRE , adj. [Olivarnu co/or.] Qui tire sur la couleur d’olive. C'est un jaune mêlé de noir. (11 a le teint olivâtre.) OLIVE , / f. [Olea , oliva.'} Fruit d’olivier , qui est composé d’un noyau , de chair, d’huile & de lie. (L’olive fraîche est bonne àl’estomac, mais elle nuit au ventre. Dal. Les olives nouvelles font meilleures que les vieilles. Une olive bien charnue est excélente.) , t Un visage couleur d'olive. Cotin ménagerie. C'est-à- dire , visage plombé & olivâtre. * OLIVE. Ce mot au figuré est poétique, & signifie la paix. OLIVE. [Olea , oliva.} Ce mot se prend quelquefois pour olivier , mais c’est en des façons de parler qui semblent consacrées. (Ainsi on dit la montagne des olives pour dire la montagne des oliviers. Reviens planter fur nos bords L’olive tant souhaitée. Sarrazin.) OLIVES. [O rnamenta olivât a.} Terme d’Architecture. Ornement de Sculpture qui se taille comme des grains oblongs, enfilés en maniéré de Chapelet, fur les astragales, & baguettes. OLIVES. [Lupatus.} Terme à'Epronnier. C’est une forte d’embouchure. (Olives à couplet.) OLIVET , s. m. [ Olivetum, oletum.} Lieu planté d’oliviers. Quelques-uns ont dit le mont Olivet , pour dire la montagne des Oliviers. OLIVETTES, / s [Saltatio in orbem.} Espece de danse de Campagne, où l’on court les uns aprés les autres, en serpentant autour de trois arbres. (Allons , Nannette , dansons les olivettes .) $ OLIVETTES. Fausses perles, ou rasades, de la figure d’une Olive, dont on fait commerce avec les Nègres du Sénégal ; elles font ordinairement blanches. OLIVIER, f. m. [ Oleafier .] Arbre qui a des feuilles longues & aiguës, qui porte des fleurs blanches en manière de grape , d’où fort son fruit. (Olivier franc. Olivier sauvage.) OLIVIER. [Olivariut.} Nomd’homme. (Olivier de la Marche nous a laissé d’assez curieux mémoires.) Olivier Crotmvel Protecteur d’Angleterre. Olivier Pa- tru Avocat au Parlement , & Doyen de l’Académie Françoise, nous a laissé dix sept plaidoyés & quelques autres ouvrages. II étoit l’homme de son tems qui sca- voit le mieux sa langue. 11 est mort à 77. ans, en 1681. & il a eu le destin des gens qui aiment trop les lettres, c’est-à-dire, qu’il n’a pas été trop accommodé , mais il a vécu en très-galant & tres-honnête homme. OLOGRAPHE , adj. Terme de Palais , qui se dit en parlant de testament, & qui veut dire, Qui est entièrement écrit de la main du testateur. (Un testament olographe.) í OLONE ,// Sorte de toile propre a faire des voiles de vaisseaux , qui se fabrique dans plusieurs endroits de la Bretagne. On la nomme ausli, petite Q- lone & Locrenan. OMBELLE,/ f- [UmbePa.} Ce mot est Italien, i’est un terme de Blason , & qui se dit d’un espece le parasol que le Doge de Venise met sur ses armes, iar une concession du Pape Alexandre III. quand il se éfugia à Venise. , „ . T , OMBELLE. [ UmbePisera .] Terme de Botanique. 11 y des plantes à ombelle. C’est-à-dire , dont le bout de a tige se divise en plusieurs menuês branches , au >out deftjuelles il y a de la graine, qui font disposées :n rond à la maniéré des bâtons d’un parasol, qu’on ipelle en Latin, Umbella. Le fenouil, Panis, &c. ont des plantes à ombelle. OMBELLIFERE , adj [UmbePifer.} Terme de ìotanique , qui se dit des plantes dont les fleurs íont :n ombelle , ou en parasol. Votez OmbePe. OMBRAGE, f m. [Umbra, opacité, urnbra- ulum.} Corps qui fait de l’ombre, & fous lequel ou mprès duquel on se met pour être a I abri de la Ihaleur Mademoiselle Descartes.) í Grand oncle , C’est le frere du grand pere ou de la grand’ mere. ONCLE à la mode de Brétagne. C’cst celui qui a le germain fur un autre. ( Ainsi l’on dira : un tel est mon oncle à la mode de Bretagne , car lui & mon pere étoient cousins germains. ) ONCTION,//. [ Unfíio , infujìo gratin, inspira- tio, gratin motus. ] L’action d’oindre. L’onction est l’u- nedes principales cérémonies de l’ordination des Prêtres de la nouvelle Loi , car dans l’ancienne Loi il n’est parlé d’autre chose dans l’ordination des Prêtres que de l’imposition des mains. Godeau , Traité des Or- dr es , dise. i;. Nous avons un profond respect pour cette onìíion sacrée qui vous éleve dans l’Eglife a un si haut rang. Patru , plaidoyé. 5. ) ( * Comparez vos vers avec les autres vers des heures de Port-Royal, si forts , si éloquens & si pleins d’on f hon & de pieté. Port-Roial, Lettre au Pere Adam , p. 17. II n’a point d 'on f lion. ) Le Pere Quefnel a ramassé ce que les Saints Peres ont écrit de plus beau & de plus touchant fur le Nouveau Testament, & en a fait un extrait plein á'onHion & de lumière. Mandement du Cardinal de Noailles. Extrhne-onélion. Voïez extrême. ONCTUEUX, onclueuse , adj. [ UnHuostu, ] Ce mot fe dit de certaines liqueurs, & veut dire gras. ( L’huile est une liqueur onctueuse. ) ONCTUOSITE', f.s. [ Unâuojìtas , ] Humeur grasse & onctueuse. (Onctuosité de l’huile.) ONDE, / /. II vient du mot Latin unda. II signi- nifie l’élévation & Rabaissement de la surface de l’eau agitée doucement par le vent, ou menée par son propre cours. ( Les ondes de la riviere , de la Mer , &c. Une pierre qui tombe dans l’eau fait des ondes en rond. Vous aimerez à voir le bruit sourd de votre onde. Inspirer du sommeil la paix douce & profonde. L’Abé Reignier. ) ONDE,//- [ TEquor , pelagus. ] Ce mot est plus de la poésie que de la prose quand il signifie Veau. ( Te tout ce que le Ciel enserre Sous /'onde, dans Pair , fous la terre , II n’est rien qui soit sans amour. Volt. poës. Iris l'amour de la terre & des onde. Volt. poës. Se cacher sous les ondes. Vaug. Quin. 1 . 4. ) * ONDË- Ce mot se dit au figuré de ce qui étant agité se meut à la maniéré des ondes, comme la flamme. * (Le feu , dans la flamme en onde/ déployé , Tait de notre quartier une seconde Troye. Despr. Sat. 6. ) * ONDE [ Unda. ] II fe dit encore de tout ce qui reoresente des ondes & qui en a la figure. (Les colonnes torses sont faites en ondes spirales. Il y a des on- des fur le bois , qu’on apelle aussi veines. Plusieurs eto- fpc * des tapisseries font faites à ondes. Quand on veut tapisser une etofe il faut faire des ondes dessus. ONDE', ondée , adj. f Undulatus , undatus. j Qui est fait en onde. (Camelotondé) i ONDE', fe dit en termes de Blason , d une piece oui est formée par les lignes oui vont en ondes. nnnv'E s-f T Nimbus .2 Pluye passagère qui tombe en abSidance. (ILa faitune grosse ondée.) * f Nous allons faire pleuvoir fur toi une ondee de coups de bâton. Molière. ONDOIANT. Voïez plus bas. ONDOYER v. -r. Z Flufíuare , unâ&te* ] Ce ttiot íe dit proprement de l’eau, & il signifie faire des vagues, mais il est un peu poétique. ( Sous les avirons le fleuve en ondoyant blanchit. Sar.poéj. , , , ± ONDOYER, ne fe dit guere qu au figure. ( Les flammes ondoyoient, Les etendars ondoyoient dans ONG 529 îa plaine. Ses béaux cheveux ondoyoient au gré du Vent. ) ONDOYER , v. a. [ Infantem aquà tìngere absque ce- remoniis. J Baptiser fans faire de cérémonies. ( On* doyer un enfant. Enfant ondoyé. ) ONDOYANT. Participe , qui veut dire qui ondoyé. * ONDOYANT, ondoyante , adj. f Undosus. J Qui va en onde. Qui ondoyé , fait en maniéré d’onde. ( Sa torche nociere ondoyante , lanqoit mille divins éclairs. Voiture po’és. De longs cheveux à boucles ondoyantes. Benferade. ) ONDULATION,/ / f Motusundulationií. J Terme d. Optique. C’est une forte de mouvement de la lumière qui se meut en rond & comme par ondes qui fe font dans Pair, comme il s’en fait fur l’eau & fur d’autre* corps liquides. ONERAIRE, adj. [ Onerarius. ] Qui a le foin & la charge d’une chose, dont un autre en a l’honneur. Bien-tôt ies Prévôts , les Sergens , Te la Téejfè onéraires Agens , Tirent du scélérat un lugubre steclacle. Bourf. lett. ) ONEREUX, onereuse , adj. [ Onerojìts , gravis .} Fâcheux. Qui est à charge. ( Pacte onéreux, condition onereuse. ) ONGLE , / m. f Unguis , ungula. ] Efpece de corne qui croît, qui est tendre , déliée & étendue fur le bout de chaque doigt de la main & du pied de l’homme, & qui sert à affermir la chair des doigts. ( Avoir de grands ongles. Couper ses ongles. Rogner ses ongles, nettéyer ses ongles. ) ONGLES veloutez. [ Unguessordidi. ] C’est-à-dire , ongles sales & pleins d’ordures ; ce qui est très-mai propre & crasseux. Voïez velouté. (§ Les Romains tenoient leurs ongles fort propres , & avoient grand foin de les couper. Horace dans la Lettre septième du premier Livre de ses Epîtres , fait mention d’un Vulteïus, crieur public de son métier, lequel après avoir été rasé chez un Barbier, ccupoit tranquillement ses ongles. ONGLE. Ce mot fe dit des oiseaux qui ne sont pas de proye & de quelques autres animaux. ( Ongles dé canard. Rond. Ongles de poules d’eau. Bel. Les ongles de l’outarde sont fort courts Bel. I. ç. Le crocodille a quatre pieds divisez en doigts garnis d’ongles forts. ) ONGLE, ou grise de Lion. £ Ungues salcati. ] L’un & l’autre se dit, mais la plûpart sont pour grises. Un lion tenant un bouvillon sous ses grises , un voleur survint. Port-Royal , Phedre , /. a. Table 1. Monsieur Maucroix, Homélie de Saint Chisostome, Homélie ií. p. 19a. a écrit le lion n’est jamais fans ongles. Et la Fontaine a dit, mais en riant. Eux venus, le lion par ses ongles compta. Fables , /. 1. Fable 6 . ONGLE odorant. [ Unguis odóratus. ] Ongle qui sent bon & qui se dit de la coquille d’un poisson des Indes qui ne fe nourrit que du spica Nardi qui croît dans des Marais. f * Avoir bec §§ ongles. [ Petitur , remorsurusst C’est- à-dire , sc revancher de paroles & autrement, bien attaqué , bien défendu. * Vos louanges ont des ongles U des grises. Bòìleau , Avis à Ménage. C’est-à-dire , elfes font empoisonnées , & données de telle sorte , qu’elles blâment sous prétexte de louer sincèrement. * Avoir du sang aux ongles. K Aliquid ingenui fan- guini; habere. ) C’est-à-dire, avoir du courage & de la fermeté. Se roidir & sc défendre contre ceux qui nous attaquent. * ll a fallu ronger ses Ongles pour faire de st beaux vers. K Temorsosilli versussapiunt Ungues. J C’est-à-dire , il a fallu rêver & travailler beaucoup. * Rogner les ongles à qu’elqu'un. f Alicui de autorù tate & commodis detrahere. j C’est âu figuré, lui ôter beaucoup de son pouvoir, dé son crédit & de son bien. * A l’ongle on connoit le lion. [Ex ungue leonem. ] Proverbe imité du Latin , pour dire , qu’on juge d’un tout à proportion de ses parties. ONGLE. [ Albugo. ) Ternie dë fauconnerie. C’est une raye qui vient dans I’cÉil de l’oifeau. ONGLE. [ Unguis. ] Terme de Médecin. C’est aussi une maladie de l’œil & une excroissance de la membrane conjonctive qui s’étend dès le coin de l’œil jusques fur la prunelle , qti’ellé couvre & ofufqùe. ONGLE', onglée- r adj. - f Falculatue , ungulatus, ] Tome IL Xx X Ter* / 5Z0 ONZ Terme de Blason. II se dit des ongles ou cornes des animaux au pied fourchu quand elles font d’un émail diférent de celui du corps. Mais on dit armé, à l’é- gard des grises des aigles, lions grisez, &c. ONGLE'E , s' s. L Unguium rigor. ] Froid qu’on sent i bout des doigts. ( Avoir l’onglée. Boileau. au iout ues uujgio. — _ JJunsemble d’une main encenser l’assemblée , U autre à ses doigts crochus parait avoir /'onglée. „ D fl. > ONGLET, f m. [Unguiculi. ] Terme d 'Imprimeur. Deux pages qu’on imprime de nouveau, parce qu’il s’étoit glissé des fautes dans deux autres pages qu’on avoit imprimées auparavant. ( Faire un onglet. ) ONGLET. Terme de Relieur. Bande de papier qu’on relie avec d’autres feuilles, pour y pouvoir ensuite eoler quelque figure, ou quelque carte. $ ONGLET. Ternie de Menuiserie. On apelle assemblage à onglets , un assemblage de menuiserie , dont tes deux pièces qui se doivent joindre , sont coupées de telle forte par les extremitez , qu’étant jointes elles font un angle droit. ONGLET. [Cœstum uncum.~\ Terme d’Orfèvre. Sorte de poinçon taillé en ongle. 11 difere du burin qui est taillé en losange. ONGLET. C Unguiculus. ] Terme de Fleuriste & de Médecin. C’est la partie blanche des feuilles de la rose & de quelques autres fleurs qui tient au calice, & qu’on retranche quand on les prépare pour des médicamens. ONGUENT , f m. [Unguentum .] Médicament extérieur composé pour l’ordinaire , d’huiles, de décoctions , de cire, de poudres, de végétaux , de métaux , & de minéraux pour soulager les parties afli- gées. (II y a un onguent froid, chaud , rosat, réfrigérât! f, &c.) ONGUENT. Anciennement c’étoit un parfum liquide , dont on se servoit par délicatesse, & qui ser- voit à embaumer les morts. Tel étoit ce parfum que la femme dont parle saint Mathieu répandit sur les pieds de Jesus-Christ. ONGUENT de courriers. C’est du suif de chandelle dont ils se frotent les fesses. ONGUENT mìton mitaine. Remede qui ne fait ni bien ni mal. Proverbe. ONGUENT pour la brulure. Dans le propre , c’est un cirot fait avec l’huile d’olive & la cire. Dans le figuré , c’est un reproche qu’on fait à une personne qu’elle fera damnée. Monsieur Nicole a fait un petit ouvrage envers burlesques, intitulé Onguent pour la brulure. Ou secret pour empêcher de brûler les livres. II est fort rare à présent. ONIX , f m. jj Onyx. J Pierre précieuse qui est une espece d’agate. Danet fait ce mot féminin. H L’Onix est astringent , & on l’emploïe pour les ulcères des yeux. ONOGROTALE, f m. [Onocrotalus.J Oiseau de Marais qui a le pied d’oye , & la taille d’un Ligne. Danet. ONOMANCIE , Onomance, Nomancie , s.s £ Onomancìa. ] Ces mots viennent du Grec. Quelques sçavans disent onomance , ou onomancie ; mais tous ceux qui s’atachent à cette sorte de science , & qui en écrivent ; disent tous nomancie. Ainsi quand je parlerois à des personnes sçavantes, je dirois onomance , & quand j’aurois commerce avec des gens du métier , je dirois nomancie. L’Onomancie est un art qui enseigne à deviner , par le nom d’une personne, le bonheur ou le malheur qui lui doit arriver. L’Onomance est ridicule ; elle est condamné par les Canons , & par les Peres. Thiers , superst. ch. 19. Voïez Nomancie. ONOMATOPE'E, f s Terme de Grammaire. Figure de mots & de noms faits & formez fur le bruit ou la ressemblance du son de la chose qu’ils signifient, comme triquetrac , à cause des bruits que font les Dames qu’on remue à ce jeu. ONZE- [ Undecim. ] Nom de^ nombre indéclinable. ( Les onze mille Vierges. ) Fable qui n’a aucune aparence de vérité, & qui vient de l’erreur d’un manuscrit où il y avoit Ursula & Un- decimilla , dont ont a fait Undecim millia. Voïez Va- lestana. ONZE. Ce mot se met quelquefois pour le mot ordinal onzième. ( Ses lettres sont du orne & non pas de ïonze. Louis XI. étoit adroit. ) ©NZIE'ME, «ch. C Undeeimm. ] Sorte de nombre or- OPE dinal. ( II est l’onziéme. Elle est l’onziéme. En parlant de la sorte on parle régulièrement, mais l’usage est contraire à la réglé en plusieurs rencontres. On dit la onzième année de son régné. M. Arnaud , Je. sepb , /. r. ) , , , Cependant Messieurs de l’A,cademie ecrivent l’onziéme, & ils sont en cela suivis d’un grand nombre d’Auteurs. & Mr. Corneille dans Cinna dit: [Ow a sait contre vous dix entreprises vaines , Peut être que /'onzième est prête d’éclater. Corn. ) ONZIE'ME , f. m. C’est le onzième jour. ( C’est aujourd’hui le onzième du mois. Sa lettre est du onzième de ce mois, & non pas fa lettre est de l’onziéme. 11 vivoit au onzième siécle. ) ONZIE’MEMENT , adv. [ Undecimè. ] Dites en onzième lieu. OPACITE’ , f f- [ Opacitiu. ] Ce mot sc dit dan* les matières de Phjstque. Qualité essentielle des corps opaques. Et c’est ce qui est oposé à la transparence. ( Pierre précieuse qui a de l’opacité. Ronel, Mercure Indien. ) OPALE , f f [ O pains. ] Espece de pierre précieuse qui renferme plusieurs couleurs fort agréables. II y a trois sortes d’opale, l’opale Orientale , l’opale de Bobeme & la giraj'ole ; mais la plus estimée & la plus belle de toutes est l’opale Orientale.) OPALE. '.Terme de Fleuriste. Espece de tulipe de quatre couleurs, de colombin chargé de jaune doré, de rouge & blanc. (Une belle opale. Opale très. claire. Voit. poèf * Je vois les changeantes opales. Que le jour sterne à son réveil. Voit. poëf. ) OPAQUE, adj. [Opacus.J Terme de Pbipque. On apelle corps opaques, ceux qui interrompent Faction des corps lumineux, ou colorez, au travers delquels la lumière , ni les couleurs ne fe font pas sentir. OPERA , s m. Ce mot n’a proprement point d« pluriel. C’est une sorte de Comédie en musique qus nous avons imitée des Italiens. Le premier Auteur de ces Poèmes parmi les Franqois , c’est Perrin. II en fit reprefenter un en l’année ióçi. ( Faire 1 ’opera. Un bel opéra. L’opera de l’année passée fut trouvé assez beau. Aller à l’opera. II faut aller à l’opera une ou deux fois tous les ans. Ce n’est point /’Opera que je sais pour le Roi , Qui m’empêche d’être tranquille , Tout ce qu’on fait pour lui paroit toujours facile. Quinaut. ) t * OPERA. [Opus perdìjfîcile.~\ Chose difficile. ( C’est un opéra de lui parler. Bouhours rem. ) f * OPERA. [ Opus eximium ] Ce mot fe dit en riant pour dire une chose excellente. ( Une sorte de chef- d’œuvre en matière d’esprit. C’est un opéra que cela. Bouh. Rem. Vos deux lettres sont des choses admirables , dignes d’être aprises par cœur, & en un mot, ce qu’on apelle des opéra. Scaron lettres. ) t$ Mr. Defpreaux en a fait une peinture qui doit les rendre redoutables aux maris & aux femmes les plus vertueuses ; c’est dans fa dixième satire , où il tâche de détourner son ami du dessein qu’il avoit de fe marier : Par toi-même bien-tòt conduite à l’opéra , De quel air penses-tu que ta sainte verra , D’un Jpeflacle enchanteur ta pompe harmonieuse : Entendra ces discours fur l’amour seul roulans , Ces doucereux Renauds , ces ìnjensez Rolands Saura d! eux qu’à l’amour, comme au seul Dieusuprême , On doit immoler tout jusqu’à la vertu même, Qu’on nesçauroit trop tótse laisser enflamer , Qu’on n’a reçù du Ciel , un cœur que pour aimer , Et tous ces lieux communs de morale lubrique , Que Lulli recbaufa des sons defa mustque , este. OPERATEUR , f m. s Empyriciu. ] Sorte de Médecin chimique , qui ordinairement vend , ou fait vendre dubaume & d’autres sortes de drogues fur un théâtre dans les places publiques des Villes. ( Un bon Opérateur. ) OPE'RATION , f. f. [Apprehensto , idea , conceptm. j Terme de Philosophie. C’est Faction de l’efprit. ( Les Philosophes admettent trois opérations de l’efprit. La premiere conqoit , la seconde juge , & la troisième raisonne. ) Mais OPI Mais ces Philosophes ont tort, car la maniéré dont 1 esprit conçoit ne peut être apellce opération , l’ame etant toute passive à l’égard de ses idées. On dit aussi en terme de Théologie , l’opération de la grâce fur le cœur de l’homme. La Vierge a conçû par l’opéradon du Saint Esprit. [ Operatio , produtfio , îffeftus.) ï OPERATION , signifie Faction de ce qui opéré. On dit, ( Les opérations de la nature, les opérations de la chimie. ) OPERATION. On apelle ainsi en termes A'Aritme- itque , les supputations, les calculs qu’on fait , soit combinaison & l’addition des nombres , soit par la fraction, la division, ou la soustraction. (Trouver la racine d’un nombre quarté , est une opération d’Á- ritmetique. ) OPERATION, s Operatio meìhoàïca manualis . ] Terme de Chirurgie». C’est une aplication méthodique de la main sur le corps de l’homme pour lui rendre ou lui conserver la santé. (Une belle opération. ) , T OPERATION. Ce mot se dit en parlant de Médecine ctc. remede, & signifie Feffet du remede , ou de la medecine. ( La médecine commènçoit à faire heureusement son opération. Vaug. Quint. I. ;. . í OPERATION , se dit dans le stile familier & par ironie. Vous avez fait là une belle opération ; c’est- a-dire , vous avez mal fait, vous n’avez rien fait qui vaille. í OPERATION. Terme de Guerre. On apelle operatio» de la campagne , ce qu’on doit faire pendant une campagne. ( On a délibéré fur les opérations de la campagne. On a réglé avec les Généraux les opérations de la campagne prochaine. ) OPERATRICE, f f. [ Operatrix. J Mot de raillerie, pour dire, celle qui faitl’ofice à’Operateur. Voilàl’O- peratrice aussi-tôt en besogne. La Fontaine , Fables. I. Fable 9. ) OPERER v. a. s Exeqiii, producere , efficere. ] Faire. Exécuter. ( O Jésus , il ne falloitqu’un mot de Votre bouche pour opérer toutes ces merveilles. Godeau. La vertu divine a opéré ce miracle. Pafc. I. 22. OPERER. [ Operari. ] Ce mot se dit en parlant de remede , & signifie , faire quelque opération , faire quel - que effet. ( Mon lavement d’aujourd’hui a-t-il bien opéré ? Mol. Laisser opérer un remede. Vaug. Quint, /.j.) On dit proverbialement & ironiquement à ceux qui ont tout gâté. Vous avez bien opéré. [ Bellè opéra* tus es. J f OPERER , se dit dans quelques Arts ou fiences, qui demandent une certaine pratique, comme la Chimie , la Chirurgie , l’Arithmétique. Ce Chimiste fait bien opérer. Ce Chirurgien eít habile & opère parfaitement bien. Cet Arithméticien opère avec beaucoup de facilité. ) OPES, f nt. f Tahulatorùmforamina. ] Les Architectes donnent ce nom aux trous qu’ils laissent dans les murs à l’endroit où les chevrons font posez. OPHITE, adj. Marbre taché & diversifié OPHTALMIE*/ f íOphialmiaJ Mot qui vient du Grec, & qu’on prononce oftalmie , il signifie trtala. die des yeux. OPHTALMIQUE , adj. [ Ophtalmicus. ] Mot qui né se dit qu’entre les Médecins & Chirurgiens. II signifie qui regarde les yeux. ( Maladie ophtalmique. ) OPIAT, f m. Opiate./. f. [ Opiatum. ] Ceux qui ont écrit de cette drogue disent & écrivent opiate. Cependant les hommes habiles dans la langue disent opiat excellent , & je serois volontiers de leur avis. C’est un remede composé de conserves * de sirops, d’é- lectuaires pour purger les mauvaises humeurs. C’est aussi une composition pour blanchir les dents. Voïez Charles de Saint Germain. Med. Royal , 2. part. c. n.) * OPILATIF , opilative , adj. [ Opilativus , obstrue* tus. ] Qui peut opiler, & boucher les conduits du corps des animaux. ( Les viandes visqueuses font opi- latives. ) OPILATION , /. /. c Opilatio , obstruftio. ] Terme de Médecin. Obstruction. (C’est une opilation de rate. ) OPI 531 OPILE', opilée , adj. [ Obstuéhts , oppilatus. ] Terme de Médecin. Qui a quelque obstruction. ( Avoir la rate opilée. ) OPILER , v. a. [ Oppilare , obstruere. ] Boucher le* conduits du corps des animaux. Causer des obstructions. (11 y a des viandes qui opilent le foie ou la rate.) OPINANT* adj. ff f. m. [ Opinons , opinator.] Ce. lui qui opine. (11 ya eu tant d’opinans dans cette assemblée. ) , OPINER, v. n. [ Sententiam dicere. ] Ce mot se dit en parlant de Juges & de gens qui délibèrent, & qui signifie dire son avis fur une afaire l’orsqu’ort Fa jugée à l’audience * ou dans la Chambre. {II opine dn bonnet , comme un Moine en Sorbonne. Pafc. I. 2. II* s’en retournèrent pour opiner fur ce refus. Mémoires de Mr. le Duc de la Rochefoucaut. Un des plus considérez de la compagnie opina qu’il étoit d’avis que. Pafc. /. 6. Opiner à la ruine d’une Ville. Ablancourt. Arr. liv. 1. ch. 4. Us opinèrent à excommunier la Rein e. ffíaucroix. fchif. 31.) . T OPINER du bonnet. C’est être de l’avis * fans y rien ajouter, ou diminuer. On opine du bonnet, lors. qu’on ne fait qu’ôter son bonnet, fans rien dire. ( Lorsque ce Magistrat opine le premier , tous les autres n’opinent que du bonnet. Tous les Juges opinèrent du bonnet. ) OPINlâTRE, adj. [ Pervicax , pertinax ] Ce mot se dit proprement des personnes * & veut dire , qui ejl attaché à son propre sentiment. (Vous êtes opiniâtre » me dirent-ils, vous le direz , ou vous ferez hérétique, & Monsieur Arnaud aussi. Pafc, let. 1. Elle est Opiniâtre en diable. Scaron.') Les plus opiniâtres font les premiers à accuser lat autres d’opiniâtteté. Nicole. OPINlâTRE. [Obstinatus .2 Ce mot se dit des animaux * & veut dire. Qui résiste. Qui ne veut pas obéir, ni faire ce qu’on voudroit. ( La mule est un animal opiniâtre. ) * Mal opiniâtre. La Chambre. C’est-à-dire, un mal qui résisté au remede. ê * Combat opiniâtre. C’est un combat soutenu long- tems avec vigueur de part & d’autre. ( Le combat a été fort opiniâtre. ) f* Travail opiniâtre. C’est un travail où l’on persiste malgré la dificulté. OPINlâTRE', opiniâtrée , adj. [ Contestatus , obstinatm controverfuf.] Contesté avec opiniâtreté. ( Combat opiniâtre. Abl. ) OPINIâTREMENT, adv. [Pervicaciter * obstinatê, con . tumaciter .2 Avec opiniâtreté. (Dom Sebastien se précipita opiniâtrement dans une entreprise malheureuse. Port~Royal , Bartelemìdes Martyrs. I. 3. c. 17. Poursuivre opiniâtrement. Voit. I. 9. ) OPINlâTRER , v. a. [ Obstinationé mentem obdtt. rare. J S’attacher à quelque chose avec opiniâtreté, Contester opiniâtrement. ( Opiniâtrer le combat. A~ blancourt. Vous opiniâtrez mal-à-propos une chose qui est incertaine. Acad. Frán.') * OPINlâTRER , v. a. [ Obstinare. J Se rendre opi. iiiâtre. (II ne s’opiniâtre point dans fa passion. L* Comte de Bufst. Quand ils ont failli, ils s’opiniâtrent à se défendre. Abl. Arr. I. 7. ) OPINIATRETE', f. f. [ Pervicacia , obstìnatiof Obstination. ( La petitesse de l’esprit fait l’opiniâtreté. Mi- moirés de M. le Duc de la Ròchefoucaut. ) 11 faut bien distinguer la fermeté raisonnable , qui est une vertu , de F opiniâtreté , qui est Un vice où ort ne doit point accuser les autres d 'opiniâtreté , soue prétexte qu’ils ne se rendent pas à nos sentimens. Nicole. * Opiniâtreté de maladie. La Chambre. * OPINION, / /• [ Opinio , fententia. j Sentiment qu’on a fur une chose. Pensée qu’on a de quel* que chose que ce soit. ( Opinion saine , sure, Vraye- probable, problématique, ortodoxe, large, impie, hérétique , fausse * extravagante , pernicieuse , contagieuse. Embrasser une opinion. Pafc. I. 2. Combattre une opinion. Monsteur Arnaud , Fréquente Con - fejston. Déguiser une opinion. Monsteur Arnaud , Fré* Tome IL Xxx % stsentt 5Z2 OPO Í mente Communion. C’est une opinion ortodoxe , tous es Tomistes la tiennent , moi-même je l’ai soûte* îiuë. Pasc. liv. I. S’attacher à une opinion. Pasc. I. Un seul Docteur grave peut rendre une opinion probable. Pasc. liv. ;. Avoir une opinion probable. Pasc. liv. Et que maigri l'erreur & la prévention , Tout s Univers entier n'a qu’une opinion. Ombre de Desc. ) OPINION. C Idea , imagìnatio , arbitrìum. J Idée, peníee, imagination. (L’agrément est arbitraire , & dépendant du goût & de l’opinion. La Bruyère. 11 saut ménager l’opinion des sots. Saint Evrem, L’opinion dispose de tout, & le titre d’un livre Italien délia opinione, Regina del mondo , vaut lui seul bien des livres. Pasc. OPINION. Ce mot se dit des personnes & des choses qui regardent les personnes. 11 signifie , estime. ( II ont assez bonne opinion d’eux. mêmes pour croire qu’il est utile que. Pasc. I. Donner bonne opinion de seí. Ablanc. Diminuer dans i’esprit du monde l’opinion qu’on a d’une personne. Mémoires de Mr. le Hue de laRocbehucaut. Avoir bonne opinion de son Crédit. Mémoires de Mr. le Duc de la Rochefoucaut. 11 y en eut peu qui n’eussent assez bonne opinion de leurs services. Mémoires de Mr. le Duc de la Rochefoucaut. ) OPINION , f f C Judicium. J Ce mot se dit en parlant de Juges & est un mot de Palais. II veut dire la voix d’un Juge fur une afaire, son sentiment & son avis fur la chose dont il s’agit. ( Dans les matières criminelles les opinions étant partagées, le criminel est absous , & on incline toûjours à la douceur ; mais . J ( L oportunité des ocasions. ) Ces mots ne se disent guere. On dit. Prendre l’oportunité du vent. Molière. OPOSANT, »posante , adj. £ Pars adversatrix. 3 OPO Terme de Palais. Celui qui s’opose à l’exécution dé quelque acte de justice. ( 11 été rêçû opofant. Elle est reqûë opofante. ) H OPOSANT, sc dit aussi dans le stile ordinaire. ( II y a plusieurs opofans à cette délibération. II y a plusieurs opofans à cette entreprise. H OPOSANT, est aussi substantif. (II sc présenté urt nouvel opofant. LSs opofans aux saisies, les opofans aux criées. ) OPOSE', oposie , adj. [ Oppositus , contrarius. ] Contraire à quelque personne, ou à quelque chose. (Je vous admire de penser que nous soyons oposcz à l’Ecriture, au Pape , ou aux Conciles. Pasc.l. Abel & Caïn étoient de deux humeurs entierement opofées. Ar. naud , Joseph , /. i. c. r. S’intéresser dans un parti opofé. Mémoires de Mr. le Duc de la Rochefoucaut. OPOSE'. [Contra posttus. Terme de Blason. Ce font deux pièces peintes fur l’écu, avec deux pointes, dont l’une regarde le chef, & l’autre le bas. OFOSEZ, st m. [ Contraria .J Terme de Rétorique. Choses entre lesquelles il y a quelque contrariété, comme la vertu & le vice. OPOSER, v. a. [ Opponere , objieere , adversari. ] Présenter & offrir au contraire & pour combatre. (C’est une forte d’impieté de manquer de mépris pour les fausserez que l’efprir de l’homme opose aux versiez que Dieu a révélées. Pasc. I. n. 11 leur faut oposcr des forces pareilles aux leurs. Vaug. Quint. f. ) $ OPOSER. C’est mettre une chose pour servir d’ob. stade, d’empêchement à une autre. ( Oposcr une di- gue à la violence , à l’impetuosité des flots de la mer. Oposcr une batterie à celle de l’ennemi. Oposcr un bon retranchement au grand nombre. Oposcr des troupes fraîches, des ennemis redoutables. ) H OPOSER. C’est auffi mettre une chose vis à vis d’une autre. f OPOSER. Mettre en comparaison, en parallèle. Mr. de Folard opose les Capitaines anciens aux Généraux modernes , & il fait voir la supériorité des premiers dans la science des armes. S’oposer , v. r. [ Qbìcem ponere , impedire. J Faire ses efforts pour empêcher une chose. Etre contraire & tâcher de traverser une personne , ou quelque chose que ce soit. (Combien notre ordre s’est-il opofé ar- demment à la doctrine de Molina. Pastc. I. 2 . S’oposer aux déreglemens. Abl. S’oposer à la faveur. S’oposcr à une entreprise. Mémoires de Mr le Duc de la Roche- foucaut. S’oposer aux differens des ennemis. Pardonnez donc grand Prince à ces pauvres Amant : 2fe vous oposcz pas aux cours de leurs tendrejjes ; Bien que toûjours remplis de tendresstentimens , lis vous ont plus aimé que toutes leurs maitrejleS, B. Bahut. ) S’oposer. [ Reclamare. ] Terme de Palais. C’est protester de sc pourvoir comme il apartiendra. Protester au contraire. S’oposer à l’exécution d’une sentence. f OPOSITE , adj. Contraire, tout diférent. 11 ne se dit guére qu’au substantif & dans le stile familier. ( II soûtient tout l’oposite de ce qu’il nous a dit lui-même. Ces deux hommes ne sçauroient s’acorder , i’un est sage & habile, l’autre est étourdi & ignorant, c’est tout l’oposite. A FOpostte. [ Juxta , propè. ] Ce mot est une pré* position , qui signifie vis-à-vis , & ce que les Latins apel» lent èregtone. Elie régit le génitif en François. (On enfonçoit deux pieux à coups de hie, à l’opostte de deux antres qu’on mettoit plus bas. Ablanc. Ces. liv. 4 . ch. 3 . A l’opostte. [ Ex adverso , è contraria. 3 Ce mot se prend quelquefois adverbialement & fans régime. (11 est à l’oposite. ) OPOSITION , s. f. [ Opposttio , obex , dijsensio. J Quelque chose qui est directement opofé. (U y a une 0 posttim invincible entre Dieu & nous. Pasc. ) ê OPOSITION , se dit aussi en parlant d’un certain esprit de contrariété , qui est quelquefois entre deux personnes. ( II y aura toûjours de Imposition entre ces deux hommes. Oposition d’humeur*. Oposition de sentiment. ) OPO- OPT 'OPPOSITION. Ccmot en parlant dé la Luné marque 1 endroit du Ciel où elle'te trouve éloignée du Soleil de igo. degrez , lors qu’elle est pleine. Or la Lune est pleine au te ms de l’oposition, parce qu’au tems de 1 opolìdon la Lune a toujours fa partie basse tournée vers le Soleil & vers nous. Roh. Phif. c. a. e. r. part. c. 9. OPOSITION. [ Reclamatio .] Terme de Palais. Action de la personne qui s’opose. (Former une oposition. Le Mait. Faire son oposition. Donner ses causes d’o- polition. Patru. Se désister de son oposition. Le Mait. ) íjs OPOSITION. Ce terme est fort connu parmî les Rhéteurs., Les pensées tirent souvent tout leur agrément de Imposition des choses, & des termes, fur tout ( dit lé P. Bouhours ) quand les pensées font doubles, & Ont deux sens, comme deux faces > car cette figure qui semble nier ce qu’elle établit , & qui se contredit en aparence, est trés-élegante. II raporte ses exemples. Un poète Espagnol dit fur la mort d’une Reine d’Espagne : Viva no pudo fer mas , Muerta nopudo fer tnenos. Elle n’a pû être pendant sa vie plus qu’elle étoît ; elle ne peut être après fa mort moins qu’elle est. Marot finit l’épitaphe de Madame de Château - Briand par ces deux vers : O viateur , pour f abréger le conte , Cy gît un rien là oà tout triompha. OPRESSER , v. a. [ Opprimere , comprimere. J II ne se dit que par les Médecins en parlant d’oprellion de poitrine. ( Cette fluxion opresse la poitrine , ou opreíle le malade & l’empêche de respirer. ) On dit aussi, il est opressé , elle est opressée. OPRESSEUR ,f m. [ OppreJJbr , extincîor. ] Celui qtii oprime. ( Les opresseurs font odieux. II y a peu de fureté pour les opresseurs de la liberté des Peuples. Fléchier. ) OPRESSION , f f l Opprejjìo , fuffocatio. ] Action de celui qui oprime. ( Delivrez-moi, Seigneur, des calomnies & de 1 ’oprejjìon des hommes. Port- Royal , Pf ) OPRESSION de poitrine. Maladie qui accable la poitrine. ( Une bonne opreílìon de poitrine. Molière.') OPRIMER , v. a. [ Opprimere , torquere , di- vexare. ] Accabler. ( Seigneur, ne permets pas que la malice de més ennemis m'oprime. God. C’est une étrange & longue guerre que celle où la violence essaye à opritmr la vérité. Pafc. I. 22. Prendre en fa protection ceux qu’on oprime. Voit. I. 9. ) OPROBRE , f m. [ Dedecus. ] II vient du Latin opprobrium , & signifie , honte, déshonneur. ( Tous les jours mes ennemis me couvrent d’oprobre. Port- Royal, PJ'. II eR l’oprobre & l’excrértient de l’Eglise Gallicane. Main. Pois Le Seigneur effacera de dessus la Terre l’oprobre de son Peuple. J’ai fait tomber Israël dans l’oprobre. Port-Royal , Isaïe , c. 2;. tz? 41 - 11 se rejoùissoit en son cœur d’avoir part aux oprobres de la Croix. Boub. Vie de S. Ignace. A la honte & à l’oprobre de la raison humaine , les plus folles opinions trouvent des sectateurs. S. Evrem. ) On dit d’un homme qui a fait quelque action infâme, qu’il est l’oprobre de fa nation, ilnfamiafu* gentis. ] OPTATIF, / m. [ Optativus. ] Terme de Grammaire C’est l’un des modes du verbe par lequel on exprime quelque désir. ( Plût à Dieu qu’il vint. Je sou- haiterois que vous fuffiez en bonne santé. ) OPT F R- [Optare ,feligere. 3 Ce verbe signifie choi- & est alí'zf & le plus souvent neutre dans i’usage 'rdinaire U vient du Latin optare , & se dit plus dans »s matières de Palais qu’en toutes autres , & quand n s’en sert dans d’autres sujets, ce n est ordinaire- nent qu’en riant. ( II fut oblige d opter cela. C est 1 vous aopter. U Maître platdoye , L en nant, Mon- ieur d’Ablancourt a dit , Apollon fera contraint l’opter, il veut être prophète , medecm, ou violon. Lucien , t. 1. On dit d’un homme qui est pourvu de feux bénéfices incompatibles , qu’il a un an pour opter, ) OR 533 OPTICIEN ,f m. [ Opiìcm magister. 3 Celui quâ fait l’optique. (Il est bon opticien. ) OPTION -, f f. [ Facultés eligenâi. ] Choix. (Ce" la est à son option. ) & OPTION. Terme dé Palais. Lorsqu’entre deux Parties , on donne à l’une le choix de faire une chose ; on dit , qu 'elle optera dans trois jours , autre- ment Poption referée. A propos du terme option qui vient d’optio , il n’est pas encore bien certain quel étoit Foncier militaire apellé Qptio : Festus dit que c’étoit un Aide qu on donnoit a chaque Centurion pour exécuter ses ordres ; & c est dans cette penfee que Mr. Spon a dit que Optìo étoit, chez les Romains, ce qu’est par- nous un Aide de Camp. Mais Lipso prétend que le texte de Festus est corrompu. On peut voir les Observations de Cuper, lib. 4. cap. 9. OPTIQUE,/ f [Optica.'] Science qui considère la vue entant qu’elle est directe. (L’optique est belle ’& curieuse. ) OPTIQUE , adj. [ Opticus, ] Ce mot se dit én parlant d’Optique. ( On dit, par exemple , pinceau optique , qui est une multitude de rayons à la faveur des- quels l’œil voit un point. II y a quelques opticiens qui se moquent de ce pinceau optique , & qui soûtiennent que l’hipothese des pinceaux optiques est une pure imagination. ) OPTIQUE, adj. Terme d"Anatomie. Ce mot fe dit. de certains nerfs qui prennent leur origine du cerveau postérieur , & qui se viennent rendre par les trous d u crâne au centre des yeux. (Les deux nerfs optiques sont la premiere paire des nerfs qui part du cerveau .) On apelle Chambre optique. [ Caméra opticá. J Une chambre exactement fermée partout, excepté un seul endroit par où on laisse entrer la lumière , afin dé voir peints à rebours fur un morceau de papier blanc les objets de dehots qui répondent à ce trou , auquel on a mis un verre convexe. OPULEMMENT, adv. [ Opulenter , eòpìqfè. ] Richement. ( II a été cpulemment récompensé. Vivré ópuleniment, OPULENCE , f f. [ Opulentia , divit'ue, ] RL chesses. ( Vivre dans la gloire & dans i’opulence. Abl. Luc.) OPULENT , Opulente , adj. f Locupks , dives. 3 Ctì mot se dit des hommes , des Royaumes , des Provinces, des Villes , &c. (Une Ville opulente. Vaug. Quint. I. r s. Le Roi de France est l’un des plus opu- sens Princes de toute l’Europe. L’Angleterre est un Etat fort opulent. Etes vous opulent * chacun vous fait la cour $ L’or fut à Jupiter un secret en amour. Poet. anon.) OPUSCULE ,/»*.[ Opufculum. 3 Petit ouvrage d’efprit. (Les opuscules de la Mote le Vayer sont pleins d’érudirion. ( Les opuscules de Paul Colomesius sont quelquefois divertisans & curieux. Les opuscules de S. Augustin sont un précis de tout ce que ce S» Docteur a enseigné sur la grâce. ) OR, f m. [ Aurum. 3 C’est le métal le plus jaune & le plus précieux de tous les métaux. ( Or pur* bruni , moulu, batu , potable. Or en Feuille. Or fulminant. Apíiquer l’or & l’argent. Battre l’or. Filer de l’or. Si l’or seul a póur iiorn d’invicibles appas j Fuyez ces lieux charmans qu’arrose le Permeffe. Çe n’ejì point fur fes bords qu’habite la riches e . Despr. ) 0 L’or est le plus pesant des métaux parce qu’ìí est le plus fixe , & le plus compacte. La diference qu’il y a entre for & l’argent , consiste en ce qué les parties de l’or sont plus grosses , plus longues, & plus étroitement liées ensemble , & que ses pores sont plus larges à proportion ; que fes grumeaux sont plus grands. L’or s’étend facilement à cause de la lon- f ueur de ses parties. Mr. Boizad a remarqué qué leg ’ireurs d’or l’étendent jusques à 651990, fois plus que sont volume; & que les Batteurs d’or l’étendent , X x x j aulí 534 OR aussi sous les marteaux jusqu’à 159092. fois plus que son volume. II raconte ensuite dans le «neme chapitre r8- comment on tire lor des mines. L partagé en vingt-quatre parties ou degrez cle bonte^ chaque partie est nommee karat, qm est un nom de poids, & chaque karat se divise en demi quarts, huitièmes, seizièmes , & trente-deuxiemes. tes di- férens degrez marquent l’aliage : de forte nue quand on dit que l’or est à vingt karats, c’est de l’or qui a perdu quatre degrez de son entiere bonté & dans lequel on a mêlé un sixième d’argent ou de cuivre , ou des deux ensemble. L’or est l’objet universel de tous les hommes, & la cause de la plus grande partie de leurs malheurs. C’est avec raison que Lucain l’apelle le tiran des Rois : Monarque malheureux , malgré ton Diadème , Jl prend sur tes dejìrs un Empire suprême ; C’est lui qui s’autorise à te faire des loix , Et le Roi des me'taux eji le tiran des Rois. Pharsale, liv. 6. OR mat. [ Arrum impolitum. ] C’est de l’or qui ne brille pas. Or Vierge. Or moulu. Or trait. Or d’Orfévre. Or monnoyé. Or calciné. Or potable. Une tonne d or. Le nombre d’or. La Bulle d’or. La plus part de ces mots font expliquez chacun en son lieu. * OR ce mot est souvent pris figurément. (Exemples. ) * L’or même à la laideur donne un teint de beauté. Desp. Satire 8- C’est-à-dire , les richesses font que les personnes paroissent belles. ' * Acheter au poids de l’or. [ Caritts emere. 3 Ab L C’est-à-dire, acheter cher. * Ce n’ejì qu’or £5? que pourpre dans votre armée. Vaug. Quint. liv. 3. C’est-à-dire, ce n’est que magnificence. ( * Etsi f éclat de for ne releve le sang , En vain on fait briller la jblcndeur de son rang. Defpr. Sat. 5.) * Dire d’or. C’est parler comme il faut & comme on souhaite. Volt. pois. * Votez les lignes que j’ai marquées avec du crayon, elles font toutes d’or. C’est-à-dire, tout-à-fait belles & admirables. Pasc. I. 4. * Elle arrache l’or de ses cheveux. Cette faqon de parler est poétique, pour dire ses beaux cheveux d’un blond doré. Main. pois. * Préférer le clinquant du Tasse à Yor de Virgile. C’est à-dire, le faux brillant du Tasse aux véritables & solides beautez de Virgile. Defir. Sat. 9. * Quand l’or parle , la langue n’a qu’à fe taire. Port-Royal. * Promettre des montagnes d’or. f Montes aureos pol~ liceri. ] C’est-à-dire, de grandes & vaines promesses. * On dit d’une marchandise de bon débit , que c’est de Yor en barre. [ Quantivis pretii sunt Hia merces. J * II faut faire un pont d’or àses ennemis. C’est-à-dire ne les pousser pas à bout , ne les réduire pas au désespoir , & leur faciliter la rétraite. 4 = * Tout ce qui réluit n’est pm or. Prov. Cest-a-dire qu’il ne faut pas juger par les aparences ; q U e tout ce qui a l’aparence d’être bon, ne l’est pas. Je ne vois rien si agréable que l’or. Jupiter s’en sert pour gagner les bonnes grâces de ses Maîtresses. L’or en effet est un métal qui ne rend pas seulement l’homme illustre & glorieux ; mais qui lui donne aussi cent vertus qu’il n’a pas. Ab/. Luc. Dial. du Coq. - OR- [Flavutcolor. ] Ce mot en terme de Blason lignifie jaune, & il est le simbole de la charité & dc seuleme t ^ ma ’^ on c ' e àjorga en Espagne porte d’or f OR, se dit particulièrement de la monoïe d’c des espèces d or , par oposition à celle qui si dargent ou d’autre métal. (II apris de l’or pour voiage. 11 a une bourse d’or bien garnie. II a d ne une poignee d’or. U a joué tout l’or qu’il av OR À f Un homme tout cousu sor. C’est dans le stile fa- milier , un homme fort pécunieux. OR. [At , sedf] Sorte de conjonction qui signifie mais. On ne fe doit servir de ce mot or en ce sens que rare* ment & de loin à loin. Vaug. Rem. (Or Ecoutez la noble histoire De ì’Opéra de Capistron , J’en veux assurer la mémoire Par une immortelle chanson. Ch. de S. Gilles. ) ORÇA. Voïez la colonne ORC. ORACLE , s m. [ Oraculum. ] Faux Dieu qui rendit des réponses fur les choses qu’on lui deman- doit. ( II avoit été prédit par l’oracle que. Vaug. Quint. 1. 3. Alexandre envoya à l’oracle d’Hammon pour avoir permission de sacrifier à Ephestion , mais l’oracle le défendit. Ahlanc. Arr. L 7. Consulter l’oracle. Abl. Arr. ì. 7. Toujours comme un oracle il f est vù consulté. Desp. ) ORACLE. [ Oraculum. ] Réponse que rendort le faux Dieu que l’on consultoit. (IIy a eu des oracles rendus aux Macédoniens touchant l’honneur qu’ils dévoient faire à Alexandre. Abl. Arr. I. 7. c. 3. Accomplir l’oracle. Vaug. Quint. I. 3. Etudier l’oracle. Ablancourt. Les Prêtres avoient grand foin de ménager la réputation des oracles , & d’en justifier les trompeuses am- biguitez. Fontenelle. ) * ORACLE . [Dìvina oraculaf} Ce mot signifie parmi les Chrétiens les paroles de Dieu , ou des Prophètes. ( Tous les oracles du Seigneur font constans & infaillibles. Port-Royal , Ps. Nous avons les oracles des Prophètes ausquels vous devez vous arrêter. Port-Royal. Seigneur, vos oracles orît été mes consolations & mes délices. Port-Royal. ) * ORACLE. [ Effatum , sententia . J Sentiment qui contient quelque chose de beau & de solide. (Toutes ses paroles font autant d’oracles. ) ORACLE. Homme fort éloquent Celui dont les sen- timens & les discours font grands & extraordinaires. Personne éloquente, aux décisions & aujjugement de laquelle on déféré. ( Ils croient que passant de la chaire d’une classe à celle de l’Eglisc , on les doit révérer aussi-tôt comme des oracles Mr. Arnaud , Fréquente Communion , avertissement. Dans la naissance des mou- vemens il étoit consulté comme l’oracle de la fronde. Mémoires de Monsieur le Duc de la Rochesoucaut. On le compte entre les oracles de la langue. Saint Augustin est l’oracle que tous les Théologiens doivent consulter sur les matières de la grâce. ) Mainard a dit: Seguìer mêla promis , il n’en faut plus douter; Son genie eji un Dieu , fa bouche eji un oracle. C’est par la bouche que les oracles se prononçoient; mais on ne peut pas dire qu’elle est un oracle. Les Poètes du teins de Mainard ne se piquoient pas d’é- tre forts exacts. ORAGE , f m. [ ProceUa , tempejìas. ] Tempête. (II s’élevat tout à coup un orage qui pensa nous faire périr. 11 fit un furieux orage. Faire cesser l’orage. Durant la fureur de forage , Le plus intrépide courage Invoquoit le Ciel à genoux ; Mais arrivez au port par le secours des raines, Nous ne songeâmes plus qu’à caresjér les Dames , Quand nous eûmes laissé la Mer derriere nous . Boursi lett. ORAGE. Grosse pluye mêlée d’éclairs & de tonnerres. L’obscurité des bois jointe à celle de Yorage , leur déroboit la lumière. Vaug. Quint. I. g. c. 4. L’air est plein d’orage Voìt. poês ) * ORAGE. [ Sedìtio tumulus. ] Sédition. Trouble. Désordres. Confusions. ( En moins de 49. jours IV» rage est calmé. Patru , plaidoyé 7. II employa la dignité de son caractère pour calmer les orages. Mémoires dt Mr. ORA Mr . le Bue de la Rocbesoucaut. Je vois fondre fur moi un orage soudain d’impétueuses réprimandes. Molière, Fourberies de Scapin , a. i.sc. i. ) f * ORAGE, fe dit aussi des malheurs dont on est menacé , des disgrâces qui surviennent. ( II craint forage. II a détourné Forage. Dissiper Forage, conjurer Forage , se mettre à couvert de Forage, laisser passer Forage. ) ORAGEUX, orageuse, adj. [ Proceìlosus. J Plein (Forage. Fâcheux. (Dans un tems fi orageux il n’y avoit rien qui me pût secourir. Voit. I. 63. Une mer orageuse.) f * Une Cour orageuse. C’est une Cour où les intrigues causent des révolutions fréquentes. ( II s’est éloigné de cette Cour orageuse, pour vivre en repos. ) ORAISON, / /. [Preces, precatio .2 Prière à Dieu, à la Vierge , ou à quelque Saint. ( Oraison ardente , fervente, mentale , jaculatoire. Mon Pere, lui dis-je, FEglise a bien oublié de mettre une oraison à cette intention dans ses prières. Pase. I. 7. Le Pasteur étoit à coté , Et récitoit à Vordinaire Maintes dévotes oraisons, Et des Psaumes U des Leçons. La Font. ) ij§ ORAISON Dominicale. C’est le Pater nofler , que le Seigneur enseigna à ses Apôtres pour servir de modèle à toutes nos prières. Elle contient en peu de mots tout ce que nous pouvons saintement demander à Dieu. ORAISON., [ Oratio, concio. J Plaidoié de quelques anciens Orateurs. Ceux de Cicéron , si vous exceptez trois , ou quatre , font les moins considérables de tous ses ouvrages. Port-Royal, Education du Prince , 3. partie. ORAISON funèbre, [j Oratio funebm. J C’est un discours oratoire en faveur d’un mort de qualité, ou de grand mérite. 11 est dificile de faire une belle oraison funèbre. II ment comme un compliment, ou comme une oraison funèbre. ) 0 L’usage des oraisons funèbres est fort ancien. Thucidide raconte dans son second Livre , que les Athéniens firent des funérailles publiques à ceux qui avoient été tuez dans le commencement de la guerre du Péloponèse ; il fait ensuite le détail de la solennité , & dit qu’àprès que les ossemens furent couvers de terre , le personnage ,, le plus illustre de la Ville ■ tant en éloquence qu’en dignité, aïant fait leur orai- ,, son funèbre , on se retira. Pericles fut élu à cet „ honneur; il passa du sépulcre sur la tribune, pour être „ mieux entendu de tout le monde , & parla ainsi, „ &c. Traduction de Mr. d’Ablancourt. Quant aux Romains , Plutarque nous aprend dans la vie de Pu- blicola , que cet illustre Romain , après avoir rendu les derniers devoirs à Brutus , qui avoit été tué le jour précédent dans le combat, il fit son oraison funèbre ; ce qui plût si fort, que depuis ce tems-là on loua publiquement tous les grands hommes après leur mort. L’Auteur remarque ensuite, que l’on disoit que cette oraison funèbre étoit plus ancienne que toutes celles des Grecs , si l’on rejettoit le témoignage du Rhéteur Anaximenes, qui disoit que cette maniéré de louer les morts avoit été inventée par Solon. Oraison. Terme de Grammaire , lequel signifie discours. (II y a huit parties d’oraison , Farticle, le nom, le pronom , le verbe, l’adverbe, la proposition , la conjonction, & l’interjection. ) Quintillien nous aprend , liv. 1. ch. 5. que Forai- son consiste dans ces trois choses : ,1°. qu’elle soit correcte , emendata : 2°. qu’elle soit claire, dilucida : 3 0 . qu’elle soit ornée , ornata. On pourroit ajouter une quatrième condition , qui est la convenance, apte dicere : Mais la plupart des Grammairiens la mettent dans le rang des ornemens du discours. Ces trois perfections ont autant de vices oposez. ORAL , orale, adj. [ Oralk. ■] Ce mot se dit de la Loi des fçavans Rabins Juifs , & signifie qu'on expose de bouche. ( Ainsi on dit , la Loi orale des Raisins , parce que cette Loi s’enseignoit de bouche & par tradition. Richard Simon , Coutumes des Juifs. ) ORANGE, f.s. [ Malum auratum. ] Fruit rond de la couleur de For , qui a la chair blanche , & pleine de suc doux, ou aigre. (Orange douce. Orange aigre. ) ORA 535 ORANGE', orangée, adj. [Color aurern. ] Qui est de couleur d’orange. ( Ruban orangé. ) f ORANGE', est aussi substantif. (L’Qrange est une belle couleur. L’orangée assortit bien ces couleurs. ) ORANGEADE, f f. Plusieurs petits morceaux d’o- ranges confis avec du sucre qu’on sert sur une table au dessert. 4 = On dit aussi Orangeat ; & l’Académie apelle ainsi cette espe ce de confiture seche. ORANGEADE , f f. [ Succus limoniacus. ] C’est aussi de l’eau avec du sucre & avec le jus de 4. ou bonnes oranges qu’on boit pour se rafraîchir. ( J’aime Yorangeade , elle réjouit le cœur. ) ORANGER,/, m. [ Malus aurantia, J Petit arbre qui porte des oranges , & qui demeure toujours verd, ayant les feuilles lisses 4 épaisses , odorantes , & finissant en pointe , & portant des fleurs blanches & odoriférantes. (L’oranger fleurit en Juin & sent bon. Un bel oranger. L’oranger a toujours des feuilles, des fleurs & des fruits. Nous ne disputons rien au superbe Oranger, Sous son ombre humblement nous venons nous ranger . Mademoiselle de Scudery. ) 0 Mr. de la Fontaine dit : Orangers , arbres que j'adore , Que vos parfums me semblent doux l Efl-il dam s Empire de Flore , Rien d’agréable comme vous ? Vos fleurs ont embaumé tout Pair que je rejiire, Toujours un aimable Zcphire , Autour de vous fe va jouant. Vous êtes nain , mais tel arbre géant , Qui déclare au soleil la Guerre Ne vous vaut pas , Bien qu’il couvre un arpent de terre Avecses bras. ORANGERIE, f.s. [Citretumst Endroit d’un grand jardin où son placez les orangers. Lieu où l’on ferre les orangers. ( Une belle orangerie. ) ORATEUR ,/ m. [_ Orator. J C’est un homme de probité & qui parle en bons termes. Orateur fameux, grand , touchant , véhément , puissant , fécond, éloquent, brillant, patétique , vif, vigoureux, languissant , froid, sec, stérile , &c. ( César n’étoit pas moins grand Capitaine que grand Orateur. Ablanc. Préface fur les Commentaires de César. Les livres de l’Orateur de Cicéron sont fort beaux , mais le stile en est un peu long. Port-Royal , Education du Prin* ce , a. part. Qu’elle pitié de voir /'Orateur entrepris, Relire dans la voûte un sermon mal aprk, Sanlec. ) f VOrateur Romain-, le Prince des Orateurs, On apelle ainsi Cicéron par excellence. ORATEUR , Celui qui fait le théâtre des François, l. 3. p. 226. a écrit que les Comédiens apelloient orateur celui qui annonce les pièces , fait les harangues & compose les afiches. Les Comédiens ne font pas du sentiment de cet Auteur, au moins Rosimont qui est l’un de ces Messieurs qui parle le mieux , me l’a assuré positivement. Ils disent, c’est la Grange qui fait les complimens, & jamais c’est la Grange qui est l’orateur. ORATOIRE , adj, [ Oratorìus. ] Qui est d’òra- téur. Le stile oratoire. ) ORATOIRE- f SaceUum. J Ce mot est masculin , on féminin , mais le plus souvent il est masculin , au moins si l’on en croit les Peres de l’Oratoire, dont la plupart le font masculin. L’oratoire est une petite Chapelle devant laquelle on prie Dieu. ( Un joli oratoire , & quelqu’autres , une jolie oratoire. Messieurs de FA- cadémie font oratoire masculin, conformément à la décision de Vaug. t ORATOIRE. [ Congregatio Presbiterorum Qratorii Domini Jeju. ] Congrégation des Prêtres de l’Oratoire. Le mot Moratoire en ce sens ne fe dit guère seul que dans le discours familier , car en écrivant, on dira toujours la Congrégation des Prêtres de l’Qratoire ; mais en parlant familièrement on dit ; II est entré , il s’est - - . . .... 'jette 53 « jette dans l’Oratoire. P. Massillon est le plus ORC II est sorti de l’Oratoire. (Le habile des Prédicateurs de l’O- Vautres viendront après , déja de l Oratoire Hubert dans Orléanssçaitsoutenir la gloire: Vill. ) Le Pere D’Orléans Jésuite, dans la vie du P. Coton, parlant de YOratoire , dit que c’est une Congrégation eue nous avons la consolation de voir fleurir en toutes sortes de vertus , dans un grand nombre de saints Prêtres, d’habiles Prédicateurs & de bons Prélats. Pierre de Berulle, qui fut depuis Cardinal, est le premier instituteur des Prêtres de l’Oratoire de France, fl établit fa Congrégation â Paris en i6n. fous l’auto- rité de son Evêque, & il obtint pour cela des Lettres du Roi Louis XIII. datées du mois de Décembre 1611. ORATOIRE, / m. f Oratarium .J C’estla maison où demeurent les Pérès de la Congrégation de l’Oratoire. ( Je vai à l’Oratoire. J’ai diné à l’Oratoire. ) ORATOIREMENT, adv. [ Qratoriè .] En orateur. D u- ne maniéré oratoire. Ces grands hommes se sont expliquez oraloirement. Patru , plaidoyé iç. ) ORBE, adj. [ Orbis. ] Terme de Chirurgien. II se dit des coups qui font de la contusion , & qui meurtrissent sans entamer la peau. ( Ils vinrent tuer l’un des quatre Barons, & lui donnerent plusieurs coups orbes. Chronique de Louis XI. p. 9. ORBE , f. nt. I Orbis. ] Terme à’Astronomie. C’est un corps rond , qui a deux superficies, l’une convexe & l’autre concave. 11 y a des orbes concentriques, & d’autres excentriques. Chaque Planète est en son orbe. L’orbe du firmament. Les orbes celeftes. Le grand orbe, selon Copernic, dont le raïon s’étend depuis le soleil à la Terre , n’est qu’un point au regard du Firmament où sont les Etoiles fixes. ORBICULAIRE, adj. [ Orbiculark. ] Qui est de figure ronde & sphérique. ( Le renard un soir aperçût La Lune au fond d’un puits , V orbiculaire image. Lui parut un ample fromage. La Font. ) f ORBICULAIREMENT, adv. En rond. ( Le* astres se meuvent orbiculairement. ) $ ORBIS, f. m. Gros poisson de mer fans écaille , dont la forme est sphérique. 11 habite dans les endroits de la mer où le Nil fe dégorge. La poudre de ses dents est astringente. ORBITE , f. /. [ Orbita. ] Terme d’Astronomie. C’est la trace du chemin que décrit le centre a’une Planète dans le Ciel. L’orbite des Planètes n’est pas circulaire , mais elliptique. ) ORBITE f.s. Terme à’Anatomie. C’est le creux rond dans lequel un œil est placé. t ORQA. [ Age , agite. ] Sorte d’adverbe dont on ne fe sert que dans le stile le plus simple & en parlant familièrement. ( f Orqa, tout de bon je commence. Scar. pois. Orqa par vôtre Dieu, le ferez-vous. La Fontaine , Nouveaux Contes. ) ORCANETTE, / /• [ Ancbusa. ] Sorte d’herbe servant aux Teinturiers pour faire un rouge brun. 4 L’Orcanette est une efpece de buglofe, ou une plante qui croît dans le Languedoc. Sa racine est astringente. Elle arrête le cours de ventre étant prise en décoction. On l’emploïe extérieurement pour déterger & sécher les vieux ulcères. ORCHESOGRAPHIE . s f íOrcbesograpbia.l Art & description de la danse, dont les pas font notez avec des notes de musique. Thoinet Arbeau en a fait un Traité imprimé à Langres en i;88- ORCHESTRE, s f C Sympbonia pulpitum. ] Prononcez orkestre.^ Le mot d’orchestre parmi les Romains ctoit le lieu où se plaqoient les Sénateurs, & parmi les Grecs c’étoit la place où l’on dansoit les balets. Mais présentement on apelle orchestre parmi nous le lieu où l’on renferme la fimphonie & tous les joueurs d’in- ftrumens de musique qui jouent entre les actes des pieces dramatiques & les entrées des balets. (Les violons font dans Yorchestre. II est entré dans Y orchestre avec la fimphonie. ) ORCHIS 1 s m. f Orchit. ] Plante qui pousse de de fa racine six ou sept feuilles médiocrement larges, & semblables à celle du lys. 11 y en a plusieurs efpeces. f Ces plantes croissent dans les lieux humides. Leurs OB D racines font emploïées ordinairement pour fortifier les parties de la génération , pour exciter la semence, & pour aider à la conception. La dose est d’une dragme en poudre. ORD, orde , adj. On croît que ce mot vient du Latin sordidus , sale. Ils se font nourris de tout ce qu’il y a de plus ord & de plus sale dans la nature. Patru , plaid. 10. p. 271. ) Ce mot est vieux. ORDINAIRE , adj. [Ordinar ìuí , usttatus , sire» quens , communis. J Usité. Commun. Fréquent. (Xé- nophon raconte les choses ordinaires d’une façon qui ne l’est pas. Abl. Préface fur la retraite des dix mille. 11 est ordinaire de voir les plus zélez s’emporter. Pasc. I. 4. Le cours, ou le train ordinaire des choses. Sa dépense ordinaire monte tant tous les ans. C’est sa maniéré d’agir d’ordinaire. Nouvelles ordinaires. La question ordinaire , ou extraordinaire. ) D'ordinaire , adv. [ Vulgò. ] Fréquemment. Souvent. On honnore d 'ordinaire ceux qu’on craint. Que f esprit ou le rang plut grand que /'ordinaire, Dispense de ces loix qu’objerve/e vulgaire. Ombre de Defc. ) Pour f ordinaire , adv. Le plus souvent. ( Les femmes font pour f ordinaire enrager les pauvres maris. ) A f ordinaire , adv. [ More confiueto. J Selon la maniéré acoûtumée, comme on a de coutume. ( Us travaillent à l’ordinaire. II se porte a l’ordrnarre. ) ORDINAIRE , f. m. [ Sumptus quotidìani. J Ce qu’u* ne personne a reglément à son dîné & à son soupé- ( Son ordinaire est bon. Faire un bon ordinaire. L’ordinaire de sa table vaut un superbe festin. Main. poëf.) ORDINAIRE. Se dit aussi de cette mesure reglée de vin, de bois, de chandelle, foin, avoine qu’on fournit tous les jours aux domestiques & à l’écurie. ORDINAIRE ,s.m.[ Veredarius ordinarius. J Courrier qui va en poste & porte les lettres, & qui part & arrive réglément à de certains jours. (Je vous écrivis parie dernier ordinaire. Voit. I. 2;. Ecrire à quelqu’un par le premier ordinaire. Pasc. I. 2. ) ORDINAIRE , s. m. [ Cubicularius Régis ordinarius. ] C’est un Gentilhomme ordinaire duRoi, servant à Sa Majesté pour porter ses ordres & ses volontez aux Par- lemens , aux Provinces , & pour témoigner aux autres Rois & aux Princes la part que prend le Roi son maître à leurs joies & à leurs aflictions. On apelle auflì cet ordinaire, Gentilhomme ordinaire. (Ainsi on dit, il est ordinaire chez le Roi ou Gentilhomme ordU naire chez le Roi. Cette derniere façon de parler s’é- crit, & l’autre ne se dit guérequ’en parlant. ) Ce mot ordinaire se dit encore de plusieurs autres Oficiers de la Cour, de Judicature , de Guerre, &c. & est oposé à l’extraordinaire. Ainsi on apelle ordinaire plusieurs Oficiers qui servent toute l’année, mais seulement en l’absence des Oficiers de quartier , comme l’aumônier ordinaire , Médecin ordinaire, Maître d’Hôtel ordinaire. Les Conseillers d’Etat ordinaires font les douze qui servent toute l’année, à la réservé de douze autres qui ne servent que par semestre. Les Trésoriers ordinaires des Guerres , [ qunstores milìtares , J font ceux qui manient le fonds qui se fait tous les ans pour l’entretien ordinaire des gens de guerre & des garnisons. Et Commissaires ordinaires des Guerres ceux qui ont la conduite des troupes & le foin de faire faire les revues. ORDINAIRE, f m. f Judexproprius . ] Terme de Pratique. C’est le Juge naturel d’une personne. ( On l’a envoyé devant l ’ordinaire , ou plutôt on l’a envoyé devant son Juge ordinaire. ) ORDINAIRE > f m. [ Proprius Pastor. ] Terme d’£- glise. C’est l’Evêque diocésain. ( La visite de la clôture apartient de plein droit à Y Ordinaire. Patru , plaid. y. ) Sous ce terme , Ordinaire , on entend l’Evêque du lieu, parce qu’il faut le plus souvent s’adresser à lui dans tout ce qui regarde TEglife & la Religion. C’étoit un nom équivoque avant le Concile de Trente ; car on apelloit Ordinaires , les collateurs des bénéfices : mais ils ne font plus Ordinaires , depuis que l’on a cessé de leur envoïer Texécution des provisions acordées en forme commissoire. Je fqai que quelques Auteurs acordent le titre F Ordinaire aux Clercs qui ORD qiii ont droit de conférer des bénéfices: mais ce n’est pas feulement le droit de conférer des bénéfices , qui emporte la qualité d’Ordinaire, c’est l’étenduë de la juridiction qui se répand sur plusieurs choses , & c’est a cause du pouvoir sans bornes que l'on donne aux râpes» que l’on dit qn’ils font l’Ordinaire des Ordinaires. II y a dans le Sexte, un titre de ojficio Ordi- warii , ou il n’est fait mention que des Evêques. ORDINAIRE de !a mejse. Ce font les prières que le Prêtre dit à la Messe , & qui ne changent jamais. ORDINAIRE, f Consueta portio. ] Terme de Cargo- fier de Pam. C’est une portion de viande ou de poisson qu’on donne dans les gargotes de Paris à ceux qui y vont manger. ( Prendre un ordinaire de trois fous. ) ORDINAIRE. [ Consuetudo. j Ce mot se prend aulïì comme un substantif, & signifie , coutume ordinaire. ( C’est son ordinaire de mentir. C’est l’ordinaire des Courtisans de fl.iter. C’est son ordinaire de s’endormir incontinent après le répas. ) ORDINAIREMENT , adv. [ Ct fit. ] Fréquemment. Souvent. ( La plupart des hommes sont ordinairement ingrats & méconnoissans. ) ORDINAIRES ,s. m. [ Menstrua. ] Ce mot n’a point de singulier, & veut dire les purgations que les femmes & les filles qui ont l’âge de puberté ont réglément chaque mois. Les Dames en riant apellent leurs ordinaires cardinaux , & disent avoir ses ordinaires , ou avoir les cardinaux. ORDINAL, ordinale, adj. sNumerus ordinalis.] Terme de Grammaire , & il se dit du nombre qui marque Tordre, l’arrangement des choses, comme premier, second, troisième , &c. ( Un nombre ordinal. Les nombres ordinaux, & cardjnaux. ) ORDINANT , s 'fn. [ Ordinesconfèrent. ] Terme A'Eglise. Evêque, ou autre Prélat qui conféré les saints Ordres. ( L’Ordinant doit célébrer la Messe & faire les cérémonies selon les Ordres qu’il donne. ) t ORDIN\ND L’Académie apelle ainsi celui qui sc présente â l'Evéque pour être promu aux ordres. ( Examiner les ordinands , admettre les ordinands. ) ORDINATION , s. f. [ Ordinatio. ] Terme d 'Eglise. C’est faction de conférer les saints Ordres. ( II sera Prêtre à la prémiere ordination qui se fera. ) ORDONNANCE , s- fi [ Lex, edìclum , consti- tutio. ] Loi. Statut. Réglément. ( Ordonnances nouvelles de la ville de Paris. On dit aussi au pluriel, Ordonnances Royaux. Mais c’est une vieille façon de parler de Pratique , que Ton n’a pas changée. Car si on vouloit parler régulièrement , on diroit Ordonnances Royales , ce qui n’est pas encore reçu. Vaug. Rem. ) sf On ne dit plus , Ordonnances Roiaux : mais on allégué les Ordonnances avec le nom du Roi qui les a faites. On dit donc & Ton écrit , l 'Ordonnance de Louis XI. de Charles IX. de François I. de Louis XII. On élude ainsi la dificulté, s’il faut dire , Ordonnances Royales ou Roiaux, comme Mr. Ménage veut le persuader, tome 2. de ses ObJ'erv. ch. }o. La nouvelle Ordonnance de Tan 1667. s’apelle le Code Louis. 11 y a des Ordonnances qui se font par les Juges L par les Commissaires. ( 1 /faudrait par ordonnance, Reformer cet abus, Et que le Roi là dessus Fit une bonne défence Aux gens de se baigner que chaussez U vêtus. Coulanges. ) ORDONNANCE. [ Conshtutio. ] Ce mot se dit en parlant de choses Eclésiastiques , morales, & des choses de piété. ( Ordonnance sainte, canonique, morale. 11 est nécessaire pour le salut de ne s’écarter en rien des ordonnances de Dieu & des saints Peres. Mr. Arnaud, Fréquente Communion. Heureux ceux qui gardent les ordonnances du Seigneur. Port-Royal psaume $11. Seigneur vos ordonnances sont admirables , & c est ce qui me porte à les observer. Port-Royal, psaume 1x8. ) ORDONNANCE. [ Medici prefiriptum. ] Terme de Médecin. Ce que prescrit un Médecin pour la guérison d’un malade . ou pour la conservation de la lante d une personne. ( Le Médecin Guillot est si brouille avec le bon sens,que même jusques dans ses ordonnances on ne voit point de sens commun. ) ORD 537 ORDONNANCE, f Mandatum regiutn. ] Ce mot se dit en parlant de Finance C’est un ordre de la part du Roi au Trésorier de Tépargne de donner une certaine somme d’argent à une personne. (II lui donna une ordonnance de trois mille écus. Abl. Aquiter une ordonnance. Main. poés. ) ORDONNANCE. [ Ordinatio , defignatio. J Ordre, disposition. ( Tous messots à l’instant changeant de contenance, Ont loué du festin la superbe ordonnance. Despr. fat. ORDONNANCE, f Distqsttìo , institutio, composttio . ] Ce mot sc dit en parlant de Peinture. C’est la disposition des figures & des choses qui composent le tableau. ORDONNANCE. Ce mot se dit en termes d ’Archi- tefìure. C’est tout ce qui soit que ses parties d’un édifice ont une grandeur convenable, soit qu’on les considéré séparément, ou par raport à tout 1 ouvrage. ORDONNANCE, f Turbo catapbracla. ] Ce mot se dit en termes de Guerre , en parlant de certaine compagnies. On apelle compagnies d'Ordonnance, Celles qui n’entrent point en corps de Régiment, & qui consistent en Gendarmes & Chevaux-Legers tant du Roi que de la Reine & de Monsieur. f ORDONNANCE. Se dit aussi de la disposition , de l’arrangement d’une armée. ( L’ordonnance d’une bataille. Les troupes marchent en belle ordonnance. ) ORDONNATEUR , f. m. f Ordinator , dshrfitor. j Ce mor peut lignifier en général , celui qui ordonne. Mais en particulier, il signifie celui qui est le Chef de tous les Architectes du Roi, qui leur commande, qui régie & qui ordonne ce qu’ils doivent faire pour les bâ- timens de Sa Majesté. (Monsieur de Seignelai étoit Sur-Intendant, & Ordonnateur général des bâtimens du Roi ) £ Commissaire Ordonnateur. On apelle ainsi dans la Marine , le plus ancien Commissaire , qui dans un port, fait la fonction d’Intendant de Marine. ORDONNE', ordonnée, adj. [ Compost m , disfitus, ordìnatus. J Rangé , dispose par ordre. ( Un ménage bien ordonné, ccst-à-dire., bien réglé. Ce bâtiment est mal ordonné. ) ORDONNE E. Terme de Géométrie. II se dit des lignes , qui dans une Ellipse , ou autre section conique , sont tirées par un Diamètre paralelleà la Tangente de ce Diamètre , qui les coupe toutes par fa moitié. On apelle souvent ordonnées la moitié de chacune de ces lignes. Voïez Ozanam , DU 7 . Matématique. ORDONNER , v. a, [ Imperare, jubere , pracipere. J Commander. Régler. Prescrire. Donner ordre. ( Alexandre ordonna un deuil général à la mort d’Epheslion. Abl. Arr. I. 7. Ordonner sor peine de damnation Poste. I. Dieu ordonna à Noé de bâtir une arche à quatre étages. Arnaud, Joseph , l. Je vous abandonne cet ouvrage pour en ordonner ce qu’il vous plaira. Costar. Pendant que Cun «.] Régulièrement parlant on doit dire orfèvrerie, néanmoins pour une plus grande douceur plusieurs disent orfévrie ,■ mais comme ce ne sont pas des Auteurs Classiques, je dirois & j’écrirois toujours orfèvrerie, jusqu’à ce qu’orfévrie soit tout-à-fait usité par les bons Auteurs, & par ceux qui parlent bien. L 'orfèvrerie signifie le commerce & le trafic de l’Orfévre. Marchandise à’Orfèvre. (Un habile Académicien qui a traduit les Dialogues que Cicéron adresse à son frere Quin- tus, a écrit, Dialogue premier, page g^. Si vous aviez envie de voir les ameublemens & les pièces d 'orfèvrerie , vous prieriez le maître du logis. ) í ORFE'VRERIE, se dit encore du corps des Orfèvres , qui est le dernier des six Corps, des Marchands de Paris. í ORFE'VRESSE, f f. Femme , ou veuve d’un Marchand Orfevre. ORFRAIE, / m. [ OJJìfraga, haliœetos. ] Sorte á’oiseau de rapine de couleur brune, qui a les jambes courtes & couvertes d’écailles, & ses ongles ronds, qui mange le poisson d’étang & de mer, & qui a un cri fort lugubre. ( Ce n’est pas un cigne de nos canaux, c’est un orfraie de nos rivières.. Voïez Balzac, Barbon. Danet, fait ce mot féminin. ORFROI,/ m. s Sacra trabea ornamenta anterio- ra.~] Terme de Chasublier. Ce sont les ornemens de devant des chapes qui sont d’ordinaire semez de broderie. C’est le milieu des chasubles, qui dans les beaux srneihëns, ORG nemens, est le plus souvent embelli de broderie. (Un bel orfroi. ) & Les Anciens ont dit orsray. Borel a raporté quelques endroits des anciens Poètes pour l’intelli- gence de ce terme. Le Roman de la RoCe : Si eut le corps bel ftf dongie', B'orsray es eut un cbapel mignot , Un cbapel de rose, tout frais Eut dessus le cbapel d’orfray. Et ailleurs : Et un chapeau d’orfray tout neuf Le pins beau fut de dix neuf. J estime ( dit Borel) que c’est la broderie d’or broché, ou lo bord & parement des autels, écharpes & robes, & qu’il vient, non de orfevre, mais de aurum Pbry- gium, comme l'a remarqué Mr. Ménage. í ORGAGIS. Toile blanche de Coton qui vient des Indes Orientales. C’est une des sortes de baffe- tas.- On les apelle Orgagis du lieu où elles se fabriquent. f ORGANDIS. Sorte de mousseline , ou toile de coton. ORGANE , f m. [ Organum , médium , modus. ] II vient du Grec. Terme à’Anatomie. C’est une partie qui a une figure propre à faire faction à laquelle elle est destinée. (Organe principal. Organe extérieur ou intérieur. L’œil est un organe, & son action est la vûë. De tous les organes destinez aux fonctions des animaux, les organes des sens font les moins connus. * Après les Apôtres, les Saints Peres ont été les organes du Saint Esprit. Monsieur Arnaud, Fréquente Communion. La fi en ce est Yorgane le plus nécessaire pour la conduite & pour l’instruction des hommes. Patru, plaidoié, 4. ) ORGANEAU. Votez Arganeau. ORGANIQUE , adj. [ Organicw , infrumentalis. 3 Terme d’Anatomie. Ce mot vient du Grec. Instrumental. Qui est d’instrument. Qui est fait par l’or- gane. Qui vient de quelque organe. Qui est utile à faction. Qui a des organes. ( L’homme est un corps organique animé. Les muscles font des parties organiques. Action organique. ) ORGANISE', organisée, adj. [Figuratifs, abstolu- tus. ] Terme d’Anatomie. Qui a les organes nécessaires. ( Corps organisé. ) f ORGANISE', se dit aussi des sons. On apelle sons or gansez , les sons qui font accompagnez de quelque modulation. ORGANISER , v. a. [ Corpus fuis numeris par- tibufque abfolvere. ] II se dit en parlant des corps. C’est animer un corps & en former les organes. (Organiser un corps. ) $ ORGANISER, est aussi n. pass. (Le corps humain commence a s’organsser dans le ventre de la mere. ) £ ORGANISER, v. a. C’est encore joindre, unir une petite orgue à un clavessin,où à quelqu’autre instrument semblable, en sorte qu’en abaissant les touches, de cet instrument, on fasse jouer l’orgue en même te m s. (Organiser un clavessin, une épinette- ) On dit, un cla- veffin organisé, une épinette organisée. ORGANISTE , f. m. [Organicus, cantor, organarim.J Celui qui touche l’orgue durant le service divin. (Un bon organiste. Un sqavant, habile, excellent organiste. Les plus estimez organistes de ce tems, ce font Da- gicqur, le Marchand, Couprin. ) ORGANISTE. [ Organarias. j Ce mot est féminin quand on parle d’une fille ou d’une femme qui joue de l’orgue. ( II y a à l’Abaye au Bois une excellente organiste. ) ORGANSIN , f tu- [Organfmum fericum prapa- ratum.\ Terme de Manufacture de fnye.. C’est de la soye torse aprétée & bien conditionnée,qui a passé deux fois par le moulin. ( Les plus belles étofes, les fils du velours & du satin doivent être faits d 'organsin de Boulogne. ) Ce mot vient de l’Itaiien organfno. ORGE. [Hordeum.] Quelques-uns font ce mot féminin, comme Messieurs de l’Académie dans leur Dictionnaire, mais les bons Auteurs & ceux qui parlent íe mieux le font mafulin. L’orge est une plante qui jette une (impie tige avec des feuilles longues & largues , & qui porte son grain au haut de fa tige ORG 541 dans un èpi. ( Les orges font beaux cette année. L’orge est en foureau. ) ORGE Graine d’orge. ( Cet orge est beau & gros. L’orge est nourrissant. La Chamb. ) ORGE mondé. [ Hordeum gìuma exeniptum.'] C’est de forge dont on a ôté l’ecosse , & qui est propre pour rafrachir & faire de la tisanne. t II a bien fait f es orges. C’est-à-dire, il a bien gagné. 11 a bien fait ses affaires. t II faut mourir petit cochon , il n’y a plus d’orge. C’est-dire, il n’y a plus moyen de reculer , il faut absolument passer le pas. 11 faut bien fe garder en passant à Lagny, qui est à six lieues de Paris, de demander combien vaut l’orge. * Grain d’orge. On nomme quelquefois de ce nom la grandeur d’une ligne qui est la douzième partie d’un pouce. * Grain d’orge. [ ’Typus bordearius.' ] Terme d 'Imprimeurs. 11s nomment ainsi les notes de plein chant qui font en lozange, & qui valent la moitié d’une mesure. * Futaine a grain d’orge. s Textum xìlinum granit refperfum. J C’est une sorte de futaine figurée, & qui a des figures faites comme des grains d’orge. ORGEADE, f. f. [Aqua cum hordeo cofla.] Terme de Limonadier. Prononcez orjade. C’est de Peau d’orge où il entre de la semence de melon , du sucre & quelque eau de senteur. ( Les Limonadiers font for- geade <& la vendent vingt fous la pinte. L’orgeade est rafraîchissante. ) H L’Académie dit, orgeat. (Boire un verre d’orgeat. ORGIES , f f Mot qui vient du Grec, [ Baccbi sacra trieterica.] & qui veut dire Fête de Bacbuí. (Mépriser les orgies de Bachus. Benferade, Rondeaux. Les Peres reprochent aux Payens ces cérémonies infâmes & ridicules des orgies, parce qu'en effet les orgies meritoienc d’être blâmées. ) ORGIES. [ Bacchicum car m eu.] Petit Poème François à la louange de Bachus, ou du vin. ( S. Amant a fait un Poème qui a pour titre Orgies. ) ORGUES- [Organum.] Ce mot est masculin & féminin au singulier, mais au pluriel il est toujours féminin. C’est un instrument de musique qui est composé d’un sommier, de tuyaux de bois, de plomb, ou de très-fin étain, qui font diverses sortes de jeux, qui s’ouvrent par le moyen des registres. II est composé aussi de claviers, de pédales, de souflets, de porte- vent, & de plusieurs choses qui toutes ensemble contribuent à faire une harmonie propre à chanter les louanges de Dieu dans l’Eglife. ( Un orgue portatif ou portative. De belles orgues. De bonnes orgues. Accorder l’orgue. .jouer tendrement de l’orgue. Toucher l’orgue. Mers Le Bègue à l’orgue de S. Méri , ou toucl e l’orgue de S. Méri, c’est-à-dire , il estorga- niste à S. Méri. Ouvrir les volets de l’orgue, ou les fermer. - On apelle aussi Orgues , le lieu de l’Eglife où sont les orgues. ( Aller aux orgues. ) * ORGUES. [Machina bettica ex tubis catapultariis compstta. ] Ce sont plusieurs arquebuses à croc, ou plusieurs canons de mousquets, rangez les uns auprès des autres dans un fusil de bois, & qui fe tirent ensemble , ou séparément. Dav. * ORGUES. [ Catarafh. ] Terme de Fortification- Ce sont de longues & de grosses pièces de bois ferrées par le bout, détachées les unes des autres, & suspendues par des cordes au dessus des portes d’une ville pour les laisser tomber à plomb fur le passage, & empêcher l’ennemi d’entrer. ( Les orgues doivent être préférées aux herses. «ORGUES. [ CoUiquia. ] Terme de Mer. Manières de goutiéres le long des tillacs & des sabords pour l’écoulement des eaux. ORGUEIL, f »t. [Superbia, fastm, elatio , ar- rogantia. ] Prononcez orgueuil. Ce mot signifie vanité , & fe prend toûjours en mauvaise part, à moins qu’il ne soit accompagné de quelque épitete qui le releve. (11 y a un sot orgueil & un noble orgueil. L’orguëil est égal dans tous les hommes. Mémoires de M- le Bue de ìa Rochefoucaut. Etre enflé d’or- guëil. Pusc. /. 10. Rabattre quelque chose de son orgueil. Ab!. Arr. I. 7. Mettre au jour son orgueil. Mémoires de M. le Bue de la Rochefoucaut. Rabaisser forguëil de ses ennemis. Abì. Ret. I. 6 . c. 3. Yyy ; Et 542 ORI Et dans le cstur de P homme un orgueil inconnu Il attache à soutenir ce qtfìl a soutenu. Genclt. Si Ion vous avoit peint, vous verriez à’un coup d’œil Qiie vaut auriez grand tort d’en avoir de sorgueil. ^ Boiirf. Esope. ) ORGUëlL. [AltitudoJ Ce mot en poësie veut dire innrfois hauteur. ( Aplanir l’orguëil des monta* quelquefois hauteur, gnes. Voit. pois. ) On a de ORGUëlL , s. m. [[Hypomoclion .] Terme d’Artisan. Pierre, ou billot qu’on met fous un levier pour l’apuïer dessus. Et c’est le centre de son mouvement. l’apelle aussi cale. Ozan. DiHìon. Matem. ORGUEILLEUSE, s. f. [Superba .] Celle qui l’orguëil. (C’est une orgueilleuse.) ORGUelLLEUSEMENT, adv. [Superbe , arroganterj D’une maniéré orgueilleuse. Avec orgueil. Fièrement. (II parle fort orgueilleusement.) ORGUëILLEUX , orgueilleuse, adj. [Superbm , arrogant , tumidus.] Vain. Fier. Altier. Superbe. (II est íotemcnt orgueilleux. Elle est extrêmement orgueilleuse. Elle est orgueilleuse de rien.) ORGUëILLEUX, f m. [Superbui , arrogant.J Celui qui a de l’orguëil. (C’est un fat & un orgueilleux. Qii’ont ils gagné ces esprits orgueilleux Qui menaçaient d’armer la terre entière ? Ils ont vit de nouveau resserrer leur frontière. Racine.) f ORGUëILLEUX, adj. On le dit des choses que l’orguëil fait dire ou fait faire. (Une réponse orgueilleuse, une entreprise orguëilleuse & téméraire.) % * ORGUëILLEUX , se dit Poétiquement de certaines choses inanimées, comme sont la mer, les flots, les montagnes. (L’orguëilleux Apennin, les flots orgueilleux , les cimes orguëilleuscs des montagnes.) S’enorgueillir , v. r. [Superbire.] Devenir fier, superbe & vain. (II cemmence à s’enorgueillir un peu trop.) ORIBUS. Terme populaire qui se dit ironiquement en cette phrase. Poudre d ’oribus , pour se moquer des Charlatans. ORICULAIRE- Voïez Auriculaire. ORIENT, f m. [OriensJ C’est un des quatre quartiers du monde à l’endroit du Soleil levant. La partie du monde où le Soleil se lève. (Ce nombre prodigieux d’hommes dont vous avez épuisé l’Orient, pourroit. Vaug. Quint. I. 3. Les Langues d’Orient U mortes [f vivantes , Celles de ÍOccident vulgaires U sçavantes Etoient dans fa mémoire avec ce quelles ont De sçavant, de poli , de rare , çsf de profond. Rel. de la mort de Desc.) ORIENT. Partie qui regarde les régions Orientales. La Gaule Belgique regarde le Septentrion & l’Orient. Abl. Os l. 1.) ORIENT. Terme d’ Astronomie & de Géographie. L’u- ne des quatre parties de l’horison à l’endroit où le Soleil se leve lorsqu’il est dans l’Equateur, qui est le tems des équinoxes. II y a encore un Orient d’Eté, & un Orient d ’Hyver. L’Orient d’Eté , c’est l’endroit de l’horison, où le Soleil se leve lorsqu’il entre au signe de l’Ecrevisse, qui est le tems où se font les plus grands jours. GOrient d’Hyver , c’est l’endroit de l’horison où le Soleil sc leve lorsqu’il entre dans le signe de Capricorne, qui est le tems où les jours sont les plus courts. Ces Orìens A Eté U d’Hyver ne sont pas également éloignés en tous pays de l’Orient des équinoxes; mais cet éloignement est d’autant plus grand que la Sphère est plus oblique , c’est-à-dire, que le pôle est plus élevé fur l’horison, ou que les pays sont plus éloignés de la ligne équinoxiale. , ORIENT. Terme de Géographie. Ce mot se dit en parlant de cartes Géographiques. C’est le côté de la carte que nous avons à notre main droite lorsqu’elle íst devant nos yeux. orient. Se dit figurément des jeunes personnes. Un jeune Prince brille dans son orient. Une beauté dans son orient qui commence à paroître au monde. , O RIEN ILE, orientale , adj. [ Orientalis. ] Qui est 3 1 Orient, qui vient de l’Orient. Qui est d’Orient. (Les Indes Orientales. L’Opale Orientale est fort bel- le. Langues Orientales. Vent Oriental. Océan O- riental. ). ORIENTAL , orientale , adj. l’Orient. (Quadran Oriental.) Qui est tourné ver ORI ORIENTAUX ,s m. pi. [Orientales populif] Ce font les peuples Orientaux qui habitent les pays qui sont à notre Orient. (Les Orientaux sont vains & fastueux. Saint Evremont. ) f ORIENTE' , part. (Un plan bien orienté, une carte bien orientee.) $ ORIENTE', se dit aussi de la situation d’une maison , de son exposition à l’égard de l’Orient & des autres points cardinaux. Cette maison est bien orientée , cette maison est mal orientée.) ORIENTER , v. a. [Ad Or'tentem distonere , vertere.] Terme de Géographe. Marquer fur une autre carte de Géographie la vraye situation des parties de la terre à l’égard de l’Orient & des autres quartiers du monde. (Orienter une carte Carte bien ou mal orientée.) On dit aussi, orienter les voiles. C’est les brasser de telle sorte qu’elles reqoivent le vent. Académie Françoise. f S’orienter, c’est reconnoître l’Orient & les trois autres points cardinaux du lieu où on est. (Je n’ai pas eu le tems de m’orienter. Orientez-vous.) éç * S’orienter , se dit aussi d’un homme à qui on parle d’une afaire qu'ii n’cntend pas bien. & qui n’a pas eu le tems de reconnoitre de quoi il s’agit. (U n'est pas encore au fait il faut le laisser un peu s’orienter.) ORIFICE, f m . [Os , orificium .2 Terme d ’Anatomie. Entrée. Bouche. Ouverture. (Orifice intérieur de la matrice.) f ORIFICE, se dit aussi de certains vaisseaux de terre, de verre , &c. dont l’entrée est étroite. (L’o- rifice d’un matras, l’orifice d’une retorte.) ORIFLAME , js. /• [Auriflamma.l L’Oriflame é- toit Renseigne générale de France. On l’apelloit ori- flame à cause des fiâmes d’or dont elle étoit toute pleine. Elle étoit dans l’Eglise de Saint Denis en France , & elle n’en sortoit que quand on alloit à quelque grande expédition. Le Roi la recevoit des mains de l’Abé de Saint Denis avec grande cérémonie & grande dévotion, H il la saiseit porter devant lui par le plus vaillant Chevalier de son armée. On nommoit ce Chevalier le garde de l’Oriflame , & cette charge étoit fort considérable. Du TiUet , Recueil des Rois de France, leur Couronne , £«? Maison. L’ori. flame est apellée par quelques-uns la baniére de Saint Denis. Elle étoit effectivement en forme de baniere de procession ; d’une étoffe rouge semée de fiâmes d’or, longue d’environ douze pieds, pointue & fendue par le bas, & attachée au haut d’une lance. Meze- rai , Histoire de France, Vie de Philippe Augnse, écrit que l’oriflame étoit gardée par les communes. On ne cessa de la porter à la guerre que fous Charles VI. où elle disparût à la bataille de Rosbec. Quelques anciens Historiens & quelques anciens Romans François apellent Eoriflame, enseigne Royale, baniére de France , oriisor & orifiour, & ils disent porter l’oriflour. Un tel Chevalier portoit l’oriflour. Voïez le Roman de Guiteclin U autres. {§ Le Lecteur sera peut-être bien-aisc d’aprendre quelque chose de plus de ce fameux étendart de nos premiers Rois. Je vai le satisfaire aux dépens du sieur Galand. L’oriflameest la baniére de Saint Denis ; on l’apelle Oriflame, à cause de l’éclat des fiâmes d’or dont elle est parsemée. Guillaume Guiart, en son Roman des Royaux lignages : Oriflamme es une bannière Aucun poi plus forte qui guimple Du cendal roujoyant N smple Sans pourtraiture d’autre affaire. Ce qu’ii ajoute nous instruit de plusieurs circonstances : Li Roi Dagobert last faire Qui Saint Denis ça en arriéré Fonda de ses rentes prêmìéres , Si àomme encor appert leans , Et chapìets des mescreans , Devant lui porter la faisait Toute fois qu!aller li plaisait Rien ataché en une lance , Pensant qu’il eus remenbranct Au raviser le cendal rouge Se celui glorieux guar rouge. Lors- OKI Lorsque dans les grandes nécessités les Rois avoient recours à Saint Denis, ils commenqoient par des prières qu’ils faií'oient à Notre-Dame de Paris : ils aloient ensuite à Saint Denis , où ayant été reqús solennellement , ils décendoient sans chaperon & fans ceinture dans les lieux souterrains où l’on avoit enterré les corps des Saints Martirs, & où l’on conscrvoit l’Ori- 11 a me, laquelle étoit remise par l’Abé de Saint Denis entre les mains d u Roi, qui la donnoit au Comte du Vexin, comme premier Vassal de Saint Denis, & la portoit fur l’autel, où souvent le Roi la mettoit lui- même. Cette cérémonie étoit acompagnée de plusieurs prières, & de plusieurs bénédictions. Le Comté du Vexin ayant été uni à la Couronne par Louis le Gros , le Roi la donnoit à qui il vouloit ; &, comme dit Jean Juvénal des Ursins dans la vie de Charles VI. à m Chevalier loyal , prend’homme vaillant. On dit que celui qui étoit choisi pour porter l’Ori- flame, se confessoit, prenoit rEucharistie, & saisine serment de la garder fidèlement. L’origine de l’Ori- flame est très-obscure ; on en raporte plusieurs époques : & quant à la forme, on lit dans l’ancienne Chronique de Flandres, ch. 67. que dans la bataille de Cassel fous Philipe de Valois , „ Messire Miles de „ Noyers étoit monté fur un grand destrier couvert „ de haubergerie, & tenoit en fa main une lance, à „ quoi l’Oriflame étoit attachée, d’un vermeil samit ,, à guise de gonfanon à trois queues, & avoit en- „ tour houpes de verte soye”. II ne faut pas être surpris si les ennemis de la France ont tâché de persuader que l’Oriflame etoit une fable, Meyer, dans son histoire de Flandres, dit que les anciens Gaulois avoient certains étendars que l’on gardoit dans le temple de Minerve, d’où on ne les retiroit que lorfqu’il s’agissoit de quelque grande entreprise : mais il est convaincu de mensonge, lorsqu’il parle de la bataille de Mons ; car il dit que l’Oriflame fut prise & déchirée par les Flamans, dans cette bataille, où Anselme de Chevreuse qui la portoit, perdit la vie. Les Historiens de ce tems-là font mention de la mort de Chevreuse , & de la perte de l’Oriflame , mais d’une maniéré qui ne la déshonoré point, non plus que celui qui la portoit. Guillaume Guyart qui se trouva dans le combat a dit : AnJJìau le jìeur de Chevreuse , Si sut , comme nom aprismes , Efieint enses armes mejines , Du trop grand chaleur U retraitt Et l’Oriflame contrefaite , Chai à terre , U la saisirent , Flamans , qui après s’ enfuirent. Le sieur Gai and indigné de l’imposture de Meyer, a raporté plusieurs autorités, convaincantes de l’existen- cede l’Oriflame fous plusieurs Rois qui ont vécu après cette bataille. II passe ensuite dans l’examen de la question qui a partagé nos Historiens, si l'honneur de porter l’Oriflame étoit une Charge de la Couronne ? II soutient la négative. Au reste , il ne faut pas confondre l’Oriflame avec la baniere ou cornette blanche; car l’Oriflame étoit bien plus respectee , & on ne la portoit que dans les grandes actions : & la baniere ou cornette blanche étoit toûjours portée dans les Armees. On pourra voir les preuves fur lesquelles il se fonde. ORIGAN, f m. [ Origanum .] Plante qui pousse plusieurs tiges de la hauteur de deux ou trois pieds, dures, quarrées, velues. Ses feùiles ressemblent a celles du calament, & les petites à celles de la marjolaine ; les unes & les autres ont un goût acre & a- romatique , & une odeur agréable. Ses fleurs naiflent dans des épis grêles & écailleux ; elles font petites , de couleur incarnat & blanche. Sa semence est prés- que ronde & menue. I/origan eft propre pour les obstructions des poumons, du foye, de la rate, dans la toux, & l’ictére. J- Bouh. ORIGINAIRE, adj. [Or tendra , Qui tire son origine de. Qui prend son origine de. . (Les Hon- zi font originaires de Florence. Mot originaire de Grece. Ab L ) ORIGINAIRE. [Tngenitus , patrius, ìngeneratus.'] _ II se uit dts défauts de la naissance. (Vice originaire. Maladie originaire.) Ee Demandeur originaire. [Primai petitor .J Terme ORï 543 de Palais. C’est Celui qui a fait la première demande, qui a le préniier intenté le procès. ORIGINAIREMENT , adv. [Ab ortuf] Qui est d’origi- ne d’un certain iieu. Qui vient d’origine d’un certain lieu , ou de certaines gens. (Les Messieurs souques font originairement d’Anjou. Le Comte de Bujs.') ORIGINAL , s. m. [Arcbetypm , exempter.] Chose qui est premiere en son genre. Ecrit dont on tire copie. (11 fit copier toutes les lettres de fa maîtresse, puis il alla montrer les originaux. Le Comte de BuJJì. J’avois peine à croire cela, & je priai le Pere de me le montrer dans l'original. Pasc. I. 6. Cela est dans l’original Hébreu. Ce tableau est un original.) Pendant qu’on disputoit pour une médaille du Roi, & que le Roi devoit donner lui-même à celui qui fe- roit mieux un sonnet en bouts rimés, une Demoiselle fit ces vers : [Un cœur comme le mien ne veut point de médaille, Sans le Souverain bien tout me paroit un mal , Promettez-moi l’original, Si vous voulez que je travaille. Bours. lettre.) f ORIGINAL, se dit aussi des peintures, sculptures, &c. (Ce tableau est un original. J’ai plusieurs originaux des plus fameux Peintres. Ce tableau est tiré fur l’original. Cette statué est faite d’après l’original qui est à Rome. Cette copie aproche de l’original. * ORIGINAL. Ce mot est encore dans un sens un peu diffèrent de celui dont on vient de parler. (Ainsi on dit & on écrit tous les jours. Sgavoir une chose £original. Voit. pdês C’est-à-dire, sçavoirune chose de source , Ravoir une chose certainement & de ceux qui la fervent à font & avant tout autre.) * ORIGINAL , s m. [Ingenium prorsmsngularef\ Ce mot se dit en riant d’une personne qui a quelque chose de singulier & d’un peu extravagant dans l’es» prit, (Gui Gillot, Médecin imaginaire, est un original achevé.) * ORIGINAL , s. m. Ce mot se dit en bonne part, & veut dire , qui est le prémier par excellence en tine sorte de chose: (Voiture est Punique original des choses galantes. Pelijson , Préface sur les œuvres de Sarajin. Job est un original de patience. Ce n’est qu’un fossile original de louange & de raillerie. Main. Pois.) ORIGINAL, originale , adj. f Originalis ,J Ce mot se dit des pièces prémiéres & fondamentales d’une afai. re : il se dit aussi des langues & des poids qui servent de modèle pour tous les autres poids. (Ainsi on dit, les pièces originales d’une afaire. Les langues originales. On garde les poids originaux dans la Cour des monoïes de Paris. * ORIGINAL, originale. Ce mot se dit des personnes , des esprits & des actions qui ont quelque chose de nouveau & de particulier qui les distingue des autres. (Voiture est un Auteur original. II y a peu d’Auteurs originaux. N’a-Uon pas vu des morts aux rives infernales , Briller de cent beautez toutes originales. Perr.) $ Pefifee originale.' C’est une pensée qui paroit nouvelle, & qui n’a été prise d’aucun Auteur. (Ce livre est rempli de pensées originales.) ORIGINALITE' ,J. f. Qualité qui fait qu’une chose est orignale. (11 est bien dificile de connoître ,Voriginalité d’un tableau. Dépiles.) ORIGINE,// [Initium, prinápium , origo.J Commencement de quelque race, ou de quelque famille. Ce dont une chose vient & prend son principe. (Origine heureuse , superbe , noble , obscure, malheureuse. Tirer son origine de. Vaug. Quint. Reporter son origine aux Dieux. Abl. Arr. L 7. Jésos-Cbrist est la source & l’origine de tous nos biens. Arnaud. II fait voir que les nerfs tirent leur origine du cerveau. PorURoyal , Logique , préface. Et tout Jbrti qu’il est d’unesource divine , Son cœur dénient en lui sa superbe origine. Delpr. fiat. y») ORIGINE. Ce mot se dit en parlant de langue , & signifie ethnologie des mots leur dérivation. ^On dit que vous cfierchez présentement les origines dS la langue Suédoise. Boileau , Avis a Ménagé.) ORI- 544 ORL ORIGINEL, originelle , ach. [Peccatum originis, de- seshií natalium.] Terme de Théologie , qui se dit de la souillure, & de la tache contractée par nos premiers parens, & décendué dans leur postérité ; cette souillure s’apelle péché originel. (Comme nous naissons avec le péché originel dérivé d’Adam, ainsi nous serions nés avec la grâce originelle qui eût découlé fur nous du même Adam. S. Ciran, Théol. c. 2.) * JuJìice originelle , grâce originelle. C’est Tétât d’in- nocence où Adam a été créé. f * Les François ont le péché originel pour être Papes. f * II est Normand & c’est tout dire , il a le péché originel , je ne veux nulle liaison avec lui. ORIGINELLEMENT, adv. [Ab origine.] Dès l’origi- ne. Dès le commencement. (Plusieurs mots de notre langue viennent originellement du Grec , du Latin , ou de TAllemand.) ORIGNAC, orignal, s. m. [Alccs.J L’un & Tau- tre se dit au singulier, mais au pluriel on ne ditqu’o- rignaux. & quand on se sert d’orignac, on ne fait point sentir le c. L’orignac est un animal aussi puissant qu’un mulet, & dont le mâle porte sur la tête un grand bois plat & fourchu. II a le cou long & déchargé, les jambes hautes & sèches, le pied fourchu & le poil gris blanc, ou roux & noir. Sa femelle porte un an. II est sujet à tomber du haut mal ; mais lorsque cela lui arrive , il se grate Toreille du pied gauche. Dans cette pensée , on croit que le pied gauche de To- rignac est bon pour le mal de tête & pour le mal caduc. Sa chair est plus excellente que celle du cerf. Denis. Amérique , t. 1. c. 21. raconte qu’on court l’orignac à cheval, que le caracajou & le renard chat sent ensemble Porignac, & battent le bois pour en trouver la piste. La Pologne est pleine d 'orignaux ; & c’est le même animal que celui qu’on apelie Elan. De ses peaux bien passées on fait de bons bustes, des tapis de table & d’autres ouvrages. Voler Elan, í ORILLARD. Voïez Oreillard. ORILLON , s m. [Parotides.] Maladie qui vient aux oreilles, causée par quelque fluxion de mauvaises humeurs fur les glandes parotides. II n’est guéres en usage qu’au pluriel. ORILLON. [Ansa.] Partie d’une écuelle qui sert à la tenir à la main. (Une écuelle à orillon.) ORILLON ,/ m. [Auris propugnaculi.] Terme de fortification. Masse de terre revêtue de muraille, qu’on avance sur Tepaule des bastions à casemate, pour couvrir le canon qui est dans le flanc retiré, & empêcher qu’il ne soit démonté par Tassié^cant. II y a des orillons de figure ronde, d’autres a peu près de figure quarrée, qu’on apelie épaulemens. Guillet , Arts de P homme d’épée. ORIN , f- m. [ Funìculus ìndicis anchoraríi.] Terme de Marine. Corde attachée par un bout à la croisée de l’ancre, & par l’autre à la boucle, pour marquer Tendroit où est l’ancre. ORION , / m. [Orion.] Nom cjue Ton donne à l’une des quinze constellations méridionales. II y a trois étoiles fur une même ligne, qu’on apelie baudrier d’Orion. Les Paysans les nomment le Rateau, ou les trois Rois. ORIPEAU,/ m. [Lamina auricalchea.] Létonba- tu en feuille, dont on se sert pour faire des habits, des poupées & autres choses de petite conséquence. (Oripeau fort brillant.) * ORIPEAU. Chose qui a de l’aparence & qui est de peu de valeur. Choses qui ont belle aparence, & qui au fonds ne font rien. (Vers ramajfés éclatons d’oripeau , Qui font donner la Cour dans le panneau. Scaron, Epître chagrine.) ORIPEAU. Se dit populairement pour une maladie d’oreille , qu’on apelie à Paris orillon. (Voïez Orillon.] ORIZON, Orizontal. Volez Horison. ORLE ,/ m. [Limbttí apertus.] Terme d q Blason. C’est une maniéré de ceinture autour du dedans de j’écu, à quelque petite distance des bords. ( Porter s’il est redresse', le peut derechef abatre, faire ouverture. Mr. Cujas a observé , lib. 17. cap. ult. obferv. que de tous les tems il a été permis de faire ouvrir par force les maisons, & d’en faire vendre les éfets , quand le locataire ne païe par les loiers. C’est en èfet la décision de la Loi 59.^ leu çat. laquelle est transcrite dans les Basiliques, lib. ao. tit. 1. Cet usage est ancien parmi nous; car nous lisons dans Philippe de Beaumanoir, ch. 24. Quand on ne paye pas les rentes à jour , st elles font dués pour ntazures, l’on puet oster les huis & les fene- stres, ou penre des meubles à chaux qui les doivent. OUVRABLE , adj. [ Dies operarius. ] Ce mot se dit des jours , & signifie jour de travail. Jour ouvrier. Jour ouvrable. C’est demain jour ouvrable. II ne se dit qu’en cette phrase. OUVRAGE , f m. [Opus, ejfeFíio.] Production de la main. Production de la nature. Production de la fortune, ou d’autrc pareille chose. ( Un bel ouvrage. Un ouvrage excellent. Seigneur, les Cieux sont l’ouvrage de vos mains. Port-Royal , Pf. I,e septième jour, Dieu cessa de travailler au grand ouvrage de la création du monde. Arn. Joseph , l. 1. C’est un ouvrage de la nature. Vaug. Rem. ) í OUVRAGE, se dit aussi de la façon, du travail que l’on emploie à faire quelque ouvrage. (11 y a beaucoup d’ouvrage à ce tableau, à cette taille-dou- ce, à cette statué. On ne sauroit trop païer un aussi long ouvrage. ) OUVRAGE. [ ArchiteFlurœ militaris opus. ] Terme d ’ArchiteFíure militaire. Travail de fortification qui prend son nom de la figure de la chose qu’il re- presente à peu près. ( Un ouvrage à tenaille simple, ou double. Un ouvrage à queue d’ironde. ) OUVRAGE. [Animi opus.] Production d’esprit, soit livre, ou autre composition. (Ainsi on dit un ouvrage plein d’ínvention. Ablancourt. 11 est défendu d’imprimer aucun ouvrage de nos Peres fans l’a- probation des Théologiens de notre Compagnie. Pafc. I. 9. 11 ne fort aucun ouvrage de chez nous qui n’ait l’esprit de la Société. Pafc. I. 9. 553 ouv Ainsi recommençant un ouvrage, cent soir, Si s écris quatre mots , f en effacerai trois. Despr. Sat. 2. ) Je n'ai pú vous entendre ejìimer mes ouvrages , Et votes voir chaque jour en feuilleter les pages Sans sentir en mon cœur tout ce qu’on peut sentir , Ombre de Deseartes. ) OUVRAGE de l’efirlt. C’est ce que l’on invente dans !es arts & dans les sciences. OUVRAGE d'ejprit. C’est un ouvrage de la raison polie. OUVRAGE à corne. [Cornutum munimentum.} Dehors avancé pour couvrir un bastion , une courtine , &c. OUVRAGE à couronne. [Munimentum coronatum .] Dehors composé de deux ouvrages à corne joints ensemble, qui forme un bastion au milieu, & deux demi bastions aux deux côtez. £ OUVRAGE', ée , part. du verbe Ouvrager qui est hors d’ufage. On ne le dit proprement que de certaines ouvrages, qui demandent beaucoup de travail de main, comme sont les ouvrages de damasquineure, de filigrane, de broderie, &c. (La garde de cette épée est fort ouvragée. Cette étofe est bien ouvragée.) £ OUVRANT, ante, adj. v. A porte ouvrante, c’est-a-dire, au tems que j l'on ouvre la porte d’une ville. ( Je veux partir demain à porte ouvrante. ) è OUVRANT , se dit quelquefois du commencement du jour. A jour ouvrant, veut dire dès que le jour commence à paroitre. ( Je nie leve en été à jour ouvrant, ) OUVRE', ouvrée, adj. [Opéré vario disinrlui. ] Ce mot se dit du linge, & veut dire : Travaillé, façonné & figuré. (Linge ouvré. Servietes ouvrées. ) OUVRE', ouvrée. [ Jn opus redaHus .] Ce mot se dit aulli de l’argent & du cuivre, &c. II signifie travaillé & mis en œuvre. ( Argent ouvré. Cuivre ouvré.) f OUVREAUX, f. m. C’est dans les fourneaux à verre, les bouches, ou ouvertures où font les pots dans lesquels se fondent les matières propres à la vitrification. C’est auíïì par les Ouvreaux que l’on cueille, ou que l’on prend le verre au bout de la selle pour le soufier, qu’on le chaufe & qu’on Louvre. 11 y a le grand ouvreau, & les ouvreaux des ailes, ou les ouvreaux à cueillir. OUVREUR de loge, f. m. [Janitor .j C’est parmi les Comédiens une forte de petit officier qui a foin d’ou- vrir les loges. On dit aussi une ouvreuse de loges. OUVRIER- Voie z Travailleur. OUVRIER, f m. [ Qpifex, artifex, Operaritfs.} Prononcez ouvrìé. Celui qui travaille dans quelque métier honnête. Manœuvre, celui qui gagne fa vie à la sueur de son visage. (Un bon ouvrier. Louer des ouvriers pour travailler à la vigne. Port-Royal , Nouveau Testament. Ouvrier en laine, en cire d’Efpagne, &c. ) * OUVRIER. [Artifex.'} Ce mot au figuré est beau & n’entre que dans le stile le plus élevé. (Jusques à quand tous ces ouvriers d’iniquité se repandront-ils en de vains discours ? Port-Royal , ps. Dieu est l'orr- vrier de toutes choses, & le Souverain Artisan du monde, Coji. Qui n’admirera cet esprit céleste qui sut /’ouvrier de tant de fictions ingénieuses ? Patru, plaidoyé. ) OUVRIER. [ Operarius. ] Ce mot étant adjectif, signifie ouvrable , & ne se dit ordinairement qu’au masculin. ( Jour ouvrier. ) OUVRIE'RE , f f. [ Operaria. ] Celle tjui gagne sa vie à travailler. (Je ne puis rien souffrir qui ne soit de la bonne ouvrière. Molière. ) * OUVRIE'RE. Ce mot au figuré n’entre que dans le stile sublime. (La sagesse est \’ouvrière de toutes choses. Cojì. Elle est l ’ouvrière d’un mensonge si monstrueux. Patru, plaid. 2.) OUVRIR , v. a. [ Aperìre, reserare, patesacere * pandere.. ] J'ouvre, j'ouvris , j’ai ouvert, j'ouvrirai s que f ouvre, j’ouvrirois, j’ouvrisse. ( On ouvrira à celui qui frapera à la porte. Port-Royal, Nouveau Testament. Ouvrir une porte, ou un coffre. Ouvrir sa bourde. Abl. Hircan fit ouvrir le sépulcre de David. Arnaud, Joseph, l. 7. Ne remuez jamais vos lèvres qtien parlant , Et ne les ouvrez pas pour attraper du vent . Sanl. y f Le crédule corbeau qui se laisse entêter, A la tentation facilement succombe, OUV II ouvre le bec pour tbanter, Et d’abord le fromage tombe. Bours. Esop. ) OUVRIR une lettre. C’est la décacheter & la déplier pour la lire. OUVRIR un mur. C’est le percer, y faire quelque Ouverture. T OUVRIR , signifie aussi , fendre, entamer, ffiire une incision. On dit, ( ouvrir un corps mort, ouvrir la veine, ouvrir un abcez , ouvrir la tête. ) f On dit aussi, ouvrir des huîtres, ouvrir un pâté, ouvrir un melon. OUVRIR un livre. Ouvrir la veine pour saigner. OUVRIR la tranchée. Terme de Guerre. C’est commencer à creuser pour faire les aproches. [ Foffam aperire. J OUVRIR une mine. Une carrière, une marniére, &c. C’est commencer à y fouiller. f OUVRIR la laine. Terme de Manufatture. C’est la battre fur une claie pour en faire sortir la poussière & les ordures , & la passer ensuite entre deux cardes. f OUVRIR les peaux. Terme de Cbamoiseur. C’est les faire passer fur l’apalisson ou poinçon pour les rendre plus môles & plus maniables. f OUVRIR la bosse. Terme de Verrerie. C’est lors. que le verre est soufté en bosse, on le présente au feu du grand ouvreau, & qu’on l’y tourne en rond jus. qu’à ceque cette bosse s’etende d’elle même & s’ou- vre tout-à-fait, en sorte qu’elle forme ce qu’on apel- le un plat ou rond de verre. ••f OUVRIR un compte. Terme de Commerce. C’est placer un compte dans le grand Livre. * OUVRIR la Campagne par le siège de quelque place. Ouvrir la carrière, ouvrir le Parlement, les Etats, le Concile, le Jubilé &c. C’est-à-dire, commencer. Ouvrir boutique, c’est commencer à Faire négoce. * OUVRIR son cœur à un ami. [ Animum amie0 nudare. ] C’est découvrir son cœur à un ami. Voit. I. î 4 . * Ce bon homme ouvrait les avis les plus rigoureux. Mémoires de Mr. le Duc de la Rochefoucaut. C’est-à- dire, donnoit des ouvertures rigoureuses. II étoic le premier qui les proposoit. * OUVRIR, v. a. [Elucere.} II sc dit de l’esprit. Ouvrir l’esprit, c’est donner des lumières à l’esprit. Le meilleur moyen de se rendre habile, c’est de s’en- tretenjr souvent des choses qui ouvrent l’esprit. Le Chevalier de Meré, Conversations, C’est-à-dire, que pour devenir habile, il faut souvent parler des choses qui subtilisent l’esprit, qui lui donnent des lumières, & le rendent plus vif & plus pénétrant. ) * OUVRIR les files, ou les rangs. [Dilatare.} Terme de Guerre. C’est élargir les files, ou lés rangs. * OUVRIR une peau. Terme de Gantier. C’est l’élargir en la passionnant. * OUVRIR les yeux. [ Veritatem agnoscere. ] Ce» mots au figuré signifient reconnoître quelque vérité. Sortir dè l’aveuglement où l’on étoit. (11 a enfin ouvert les yeux & a reconnu qu’il étoit dans l’erreur.) * II n’ose ouvrir la bouche, f Ne verbum quidem proferre audet. ] C’est-à-dire , il n’osc parler. $ * OUVRIR la bouche. On le dit du Pape, qui donne le pouvois aux Cardinaux de parler dans les Consistoires. ( Le Pape a ouvert la bouche aux Cardinaux nouvellement créez. ) H * OUVRIR les oreilles , sc dit d’une personne qui commence à écouter favorablement une proposition par quelque motif d’interêt. (On lui a fait ouvrir les oreilles. 11 a ouvert les oreilles quand on lui a ofert cette récompense. ) $ * OUVRIR la porte aux désordres, aux abus. C’est donner lieu, donner ocafìon aux désordres, aux abus. S’ OUVRIR, v. r, Je niouvre , je me fuis ouvert. (Plusieurs sépulcres Rouvrirent. Port-Royal, Nouveau Testament. Porte qui s’est ouverte. ) S’OUVRIR. [Hiare , rimas agere. ] II se dit de certains fruits, comme des pêches, des prunes, des abricots, & il signifie , se fendre. ( On dit, l’abri- cot s’ouvre net, mais le plus souvent on dit sc fend net. ) * S’OUVRIR un chemin au trône. [ Sibi viam ad tronum pandere , aperire. ] C’est se frayer & sc faire un chemin au trône. Abl. * S’OUVRIR. Découvrir ses pensées à quelqu’un. Tom. II. Aaaa (S’ouvrir 554 OXI ( S’ouvrír à une personne. Âblanc, S’ouv rir à un ami. Le Comte de BuJJl\ ) S’OUVRIR. C Dìlatari. ] S'é largir. ( * Peu à peu les montagnes vinrent à s’ouvrir. Vaug. Quìn. I. * L’Infantreie s’ouvrit pour lui faire passage. Abl. Ret. I. i. c. 2 . C’est-à-dire, se fendit. ) OUVROIR, st m. [ Officina . J Lieu où quelques ouvriers travaillent. OXIACANTHA , st nt. Arbrisseau épineux qu’on apelle autrement aube. pitié. OXCICEDRE , st nt. [ Cedrus folio cuprejfî ma. jor. J Arbre dont les feuilles font semblables à celles dû cyprès. OXICRAT, f m. [ Oxicratum. ] Remède facile & prompt, composé d’eau commune & de vinaigre, propre à adoucir les ardeurs des inflammations , & à guérir les douleurs qui viennent de chaleur. OXIGONE, adj. [ Acutum habens angulum. 3 Terme de Géométrie. Ce mot est Grec. II fe dit des triangles, & signifie, qui a les trois angles aigus. ( Triangle oxigone , ou acutangle. ) OXIMEL , f m. [ Oxymeli. J C'est un mot Grec. Et il signifie miel préparé avec du vinaigre, & cuit jufqu’à consistence de fyrop. í OXYPETRA- Terre de couleur blanche tirant fur le jaune, d’un goût aigrelet, qui fe trouve dans le territoire de Rome. Elle est propre pour calmer l’ardeur des fièvres ardentes & pour désaltérer ; on en prend l’infusion dans Peau. M. Pharifa- ni premier Médecin du pape, à donné ce nom à cette pierre. ozi OZEILLE , oizeilk , f. f. [ Oxilapatum , oxalu , rumex. 3 Le bel usage est pour ozeille , & il n’y a que les badaus qui disent oizeìBe. L’ozeille est une forte de plante dont il y a plusieurs espèces. II y a de l’ozeille sauvage & de l’ozeille cultivée, qui est une sorte d’herbe qu’on sème dans les jardins, qu’on mange, qui est aigrette & rafraîchissante. OZERAIE, f m. f Locui viminibus confit ut. 3 Lieu où viennent plusieurs petits saules noirs dont on fait les oziers. (, Une grande ozeraye. Une belle ozeraye; ) OZIER */»*•[ Vimen. ] Branche de jeune saule qu’on pêle en Avril pour faire divers ouvrages de vanerie. ( Ozier blanc. II ejl franc comme ozier. Proverbe , qui veut dire qu’une personne a de la franchise , de l’honnêteté , & qu’elle est inégale. Mouiller l’ozier. Tremper l’ozier, tordre l’ozier, tortiller l’ozier. 11 reste À vottí parler du pere Qui ne veut pas moins que la mere $ I.e fier brave Moutauster Dant le cœur est franc comme ozier. Volt. ) f OZIER , est une sorte d’arbrisseau, dont la Feuille ressemble à celle du saule , & dont les jets ou scions font fort plians, & propres à lier quelque chose. ( Ozier franc, ozier bâtard. ) H OZIER , se dit aussi pour les jets ou scions de cet arbrisseau. (Un botte d’ozier. Lier avec de l’ozier. $ II est pliant comme de l’ozier. Prov. On le dit d’un homme qui a l’efprit souple & accommodant. FIN DV DEVX1EME VOLVME. W0& wmê. WWW * ê 'f y- J .'’j'- ; -Óyi ^ àr- «SfcJ â?xEâ r .* f ! *".;;;■ V j r-fe’íM^- >■ í-'a f;* j >- -?>■ .' • ••• , " VÍ'«• ?-v7.ïíïì X x >k # ^ 'A \\ A’ r ■'•îl-TSUatSí- -ààE»«M>â« <.* : •>.V - ^ Vr? Wì^'í ■ÍV7j® >*. ’*• ■r+'j* ï'dJíW. K ifs r'y'- '* '•-îfí ssa' a 4 S}S$ï) ;> j, v - ' ->^-7?ràl'r Li.’^î^."'--. P î^as^éá M DICTIONNAIRE DE LA LANGUE FRANÇOISE, ANCIENNE ET MODERNE, DE- PIERRE RICHELET; Augmenté- de plusieurs Remarques importantes fur k Langue Françoise, Additions d’Histoire, de Grammaire, de Critique, de Jurisprudence, ET DUNE LISTE ALPHABETIQUE DES AUTEURS ET DES LIVRES CITEZ DANS CE DICTIONNAIRE. Nouvelle Edition corrigée & augmentée d*un grand nombre (t Articles, TOME TROISIEME. P —Z \ I mwM mim A BASEE , Chez JEAN BRANDMULLER, M D C C X XXV. KATALOG J J i ' r y * =T 'r r !J '“M. v rr j s NOUVEAU DICTIONNAIRE DELA LANGUE FRANÇOISE» ANCIENNE ET MODERNE, Avec des Observations de Critique, de Grammaire & d’Histoire. PAC s. m. Unt des lettres de l’AIphabet François. (Faire un P. Un P mal fait.) Le P accompagné de Yfo se prononce com* me une F. Ainsi on prononce Phifique de même que si ce mot étoit écrit Fifique. I,e P ne se prononce pas en plusieurs mots. Par exemple, compte, loup, sept , sc prononcent comme e'ils croient écrits, conte, lou,set. Le P au commencement des mots se suprime, dans ptisanne & dans Pseaume. Au milieu des mots il sc prononce , dans baptismal, exemption, rédemption, Rédempteur. Dans les mots où le P est final, il se prononce, dans Gap ville , galop. (Vo'iez Desmarets , Grammaire Françoise.) PâCAGE, ou pascage,s. m. [Pascua.) L’un&l’au* ire s'écrit, mais quoi-qu’on écrive pascage avec une/, 51 ne la faut point prononcer. Elle ne sert qu’à montrer que la fylabe est longue. (On apelle fàcage le lieu cù le bétail va paître.) Votez Pâturage. f PACAL , s m. Arbre qui croit aux bords d’une rivière près de Lima dans le Perou. Les Indiens se fervent des cendres de ce bois brûlé, mêlées avec d u savon , pour guérir toutes sortes de dartres. t PACE'. Terme de Couvent. Mettre un Religieux ìnpacé, c’est le mettre en prison, où on le fait jeûner au pain & à l’eau. PACFI, ou pas, s. m. [Decumanum vélum, arte- tnon .] Terme de Mer. On donne ce nom aux deux voiles baises. Le grand Pacfi , c’est la grande voile. Le petit Pacfi , c’est la voile de mizaine. Ozan. Difí. Mar. t P ACHE,/»». [ Paflum. ] Ce mot ne vaut rien, & en fa place on dit parie. Vaug. Rem. PACIFICATEUR , s »». C Pacificator , mediator. ] Qui fait des traitez de paix. Qui fait la paix. (En cent lieux il me dégrada, ce pacificateur d’Avaux. Voit. po'es) PACIFICATION, s. s. [ Pacificatio, mediatio. ] Pro- noncez pacification. Ce mot a un usage assez borné. On dit. Un Edit de pacification , pour dire un Edit qui tend à appaiser & à pacifier les troubles & les brouille- ries du Royaume ; mais il ne se dit que des troubles qui furent excitez en i;6r. fur le sujet de la Religion. Volez là dessus FHifioire des troubles. II y a des gens qui souffrent par des Edits de pacification ; mais leurs dommages font récompensez par l’utilité qui en revient àl’Etat. Le M ait. pi, 19. ch PACIFICATION, sc dit aussi du soin qu’on prend pour apaiser des dissensions domestiques, ou des difé- rens entre des particuliers. ( J’ai travaillé inutilement à la pacification de leurs diférens.) PACIFIER, v.a. [Pacare, sedare. ) Appaiser. Accorder. Mettre en paix. Donner la paix. ( Pacifier l’Eu- rope. AbL. Pacifier la France, l’Italie, l’Allemagne. Abl. Pacifier les mouvemens de quelque Royaume. Mémoires de M. le Bue de la Rochefoucau.) f PACIFIER, sc dit aussi desquérelles des particuliers. (11s vouloient se battre, mais nous avons pacifié leurs diferens.) PAC PACIFIER, se dit aussi de la mer & des vents. [ftrk. ré.] (Après deux jours d’orage, la mer sc pacifia.) PACIFIQUE, f. m. [ Pacificus. ] Qui aime la paix. (Bien-heureux font les pacifiques , parce qu’ils seront ap. peliez enfans de Dieu. Port-Royal, Nouv. Tefi.) PACIFIQUE, adj. f Pacificus, quiet us. ] Paisible. Qui aime la paix. Qui est en paix. ( L’esprit pacifique. Ombre pacifique. Despr. Satire ;.) La mer pacifique. [Mare pacificum. J C’est la mer da Sud qui est au-delà de l’Amérique. Òn l’apclle pacifique, parce qu’il s’y fait moins de tempêtes que dans la mer du Nord, qui est l’Ocean Atlantique. 4 = On dit, mener une vie pacifique, ou tranquille; choisir une profession pacifique. PACIFIQUE possession. Une possession ne produit jamais aucun éset, si elle n’est pacifique; & c’est particulièrement dans la Jurisprudence Ecclésiastique , où la possession pacifique de trois ans est un rempart bien solide contre l’avidité des dévolutaires. Le Pape Innocent VIII. établit dans la Chancelerie Romaine, une régie en faveur de la possession triennale, quand elle est pacifique, & cette régie a été confirmée par tous les Papes qui lui ont succédé: la France l’a adoptée, parce qu’elle est conforme à la disposition du Concile de Râle, sur lequel la Pragmatique Sanction & le Concordat ont été formez. Pour jouir du bénéfice de la régie, non seulement il faut être fondé dans une pot session paisible de trois années , mais encore fur un titre du moins coloré : ainsi l’on doit examiner ces deux choses, quand il s’agit de la régie de pacificis , & commencer par l’examen de la possession, qui doit être paisible, & lans interruption. Rebuffe, qui a fait un Commentaire fur cette régie, a dit, que la possession paisible est celle qui n’est point troublée, ni en jugement, ni hors jugement : mais les actes qui sont faits hors jugement, ne peuvent être que de simples protestations qu! ne peuvent point passer pour un trouble légitime, & le litige injuste n’est point une interruption de la possession , comme il a été jugé par un Arrêt du Parlement de Paris, raporté dans le recueil deBardet, tom. 2. liv. g. ch. }8. U en est de même d’une instance intentée devant un Juge incompétent ; elle n’interrompt point la possession, parce que, selon le sentiment de Cornez, dans son Commentaire fur les régies de la Chancelerie, la possession doit être continué, & fans interruption, par le fait & par la négligence du Bénéficier; car comme on aquiert un bénéfice par la possession de trois ans, la négligence d’en prendre possession pendant trois ans, rend le titre inutile. PACIFIQUEMENT, adv. [Placidè, tranquille.) Paisiblement. D’une maniéré pacifique. Dans la Paix. San* guerre. (Vivre pacifiquement. Régner pacifiquement.) f PACO, f m. C’est une des fortes de minerais, 00 pierre métallique, qui sc tire des mines d’argent da Chily & du Perou. 11 est d’un rouge jaunâtre , & produit peu d’argent. f PACOCEROCA , f f. Plante du Brésil qui a le feuillage d’une canne dinde. Elle produit un fruit comme une prune, •oblong, triangulaire, rempli d’sme pulpe filamenteuse, succulente, d’une couleur jaune Tom. lll. A Safranée, 2 PAG Safranêe, d’une odeur vineuse, agréable, renfermant beaucoup de semences triangulaires & contenant chacune une petite amande blanche. Le suc du fruit est une teinture d’un très-beau rouge inefaçable. Toute la plante a une odeur de Gingembre ; les Indiens l’em- ploïent dans les bains. PACOS, / m. [Pacos. ] Animal du Pérou qui est aprivoisé, & qui porte beaucoup de laine extrêmement fine. C’est un espèce de Brebis. f PACOTILLE, f f. Terme de Commerce de mer. C’est un certain poids, volume ou quantité de marchandises qu’il est permis aux Oliciers, Matelots & gens de l’cquipage, d’embarquer pour en faire commerce pour leur compte. t PACT, f [ Pactum, siedus, conventio .2 Ce mot signifie, Accord, Convention , mais il ne vaut rien du tout. Vaug. Rem. PACTE , fi m. [ Paclum, pactio, promiffio. ] Accord. Convention. (On dit que les sorciers font un pacte avec le Diable. Vaug. Rem.) ■ PACTION, f. f. [ Conventio, clausula. ] Ce mot aujourd’hui ne se dit ordinairement qu’en parlant des affaires, & il signifie, Accord & Convention qui fe fait entre quelques personnes. (Faire une paction avec quelqu’un. Vaug. Rem.) - stlr Racine, dans son Athalie, act. r. sc. i. Rompez , rompez tout pacte avec Vìmpfctê. PACTION. ( dit le Pere Bouhours) étoit autrefois le meilleur; à présent, il ne vaut plus rien : pacte a prévalu , soit qu’il s’agisse des sorciers qui font un pacte avec le Diable, soit qu’il s’agisse d’autres gens -.paction n’est plus qu’un terme de Palais , Remarq. pag. 408- Mr de Vaugelas, cb. 457. deses Observations , a dit que pacte pour paction étoit un barbarisme : mais le Pere Bouhours qui a paru dans le monde après Mr de Vaugelas, a condamné paction, comme je viens de le remarquer : mais il me semble que si l’on excepte faire ttn pacte avec le Diable, il faut se servir de convention , K non de pacte, ni de paction, quand il s’agit d’un traité , d’un marché fait entre deux personnes. Le terme convention est générique. Transaction est une espèce de convention ; car, selon la définition des Jurisconsultes, la transaction est une convention faite entre'deux ou trois personnes fur une chose douteuse, & qui est litigieuse: & il y a cette diférence entre la simple convention & la transaction, que celle-ci ne peut Jamais être résolue & annullée que par le dol personel, c’est-à-dire lors que l’une des parties a été trompée par l’autre qui lui a soustrait des titres importans. PACTISER, v.n. [Pactionem facere, pacisci . ] Faire lin pacte, ou une convention. (Pactiser avec quelqu’un. Ç)n dit aussi pactionner. II est dcffendu aux Procureurs & aux Avocats de pactionner.) PACTOLE, s. m. [ Pactolus . ] Nom d’un fleuve qui se dit figurément des richesses, parce qu’on voit couler des grains d’or fur ses eaux. Le Pactole coule pour vous. [ Tìbi Paclolmfluit. J C’est-à-dire, vous étés trés riche. PADELIN, í m. [ Vitri fusor calìculus. ] Terme de Verrerie. C’est un grand creuset où l’on fait fondre la matière du verre. - PADOU, padoux, padoue, f. m. [Vitta bombyci- •na. J Les uns croient qu’il faut écrire padoue , & prononcer padou. Cette sorte de ruban , disent-ils, nous est premièrement venue de la ville de Padoue en Italie. IBellaregione .] Quelques autres, qu’on doit écrire & prononcer padoux. Enfin les derniers soutiennent qu’il faut dire & écrire padou. Que c’est f usage qui le veut ainsi, que tous les Marchands de pere en fils Pont toujours pratiqué de cette maniéré, & que par conséquent c’est le plus sûr & le meilleur. Si j’ofe dire mon sentiment là-dessus , je me range encore de ces derniers , fans pour cela condamner ceux qui écrivent padoue & prononcent padou. Le padou est une forte de ruban de fil ou de foie, dont on le sert pour faire des nœuds de souliers , des jartiéres, &c. (Padou gris, padou noir, padou blanc.) •f PAGALLE , f f. Sorte de rame, ou d’aviron dont on se sert à canoter ; c’est-à-dire, à conduire les canots dans plusieurs endroits de l’Amerique. PAGALLE, est aussi une grande espatulle de bois , dont on se sert dans les sucreries de l’Amerique pour remuer le sucre quand il rafraîchit, afin d’en former le grain. PAG PAGANISME , f ra. [ GentìliUs, fictorum Deontm cultus. ] Religion des Païens. Religion Payenoe. (Les Dieux du Paganisme étoient des hommes. P or t-Royal.) PAGAYE , s-s [Remus mìnor U lotus. J Aviron duquel fe servent les Sauvages pour nager leur piroque. jsjf Voïez le 4. tome des Mémoires de VAcadémie, pag. 399 - PAGE , f f. [ Pagina. J Tout le côté d’un feuillet de livre, ou tout le côté d’une feuille de papier. ( Une petite ou grande page. Faire de grandes pages.) í PAGE, fe dit auíïï de l’ècriture contenue dans la page même. (Je n’ai lù que la premiere page de ce livre.) í$ PAGE vient de pagina des Latins, àpangendo. PAGE , f. m. [ Ephebus , puer regius. J C’est ordinairement un Gentilhomme de douze à treize ans, qui sert une personne de qualité. ( Un page bien fait. Etre page de la grande écurie. Etre page de la petite écurie. Etre page chez Monsieur. Quitter les chausses de page. On dit auffi quitter les chauffes, & cette dernière façon de parler est la plus ordinaire. Etre effronté' comme unpa - gc de Cour. Sorte de proverbe , pour dire être fort effronté. * Louis XI. mit les Rois de France bors do pag» de Cour. Cette façon de parler est figurée, pour dire, il les a rendus absolus & mis en état de faire & de dire, il faut cela pour les besoins de l’Etat, & tel est nôtre bon plaisir. Et traînant en tous lieux de pompeux équipages , Le Duc N le Marquis Je reconnut aux pages. Desp. Le bors de page. On apelle ainsi chez le Roi, la récompense qu’on donne aux pages qui sortent de service. Hors de page. Se dit auflì figurément. II faut se relever de ce honteux partage, Et mettre hautement nitre ejprit hors de page. Mol.) î Tour de page. C’est une malice, où il y a quelque espieglerie. ( 11 m’a fait un tour de page. ) PAGE. [ Puer pedagogianus. ] Ce mot chez le Roi se donne encore à quelques jeunes gens qui servent ou qu’on instruit. (Ainsi on dit, être page de la musique. Etre page de la chambre. Les pages donnent les mules au Roi.) £§ Le Président Fauchet, pag. 512. a remarqué, que jusques au tems des Rois Charles VI. & VII. le moi de page semblait être seulement donné à des viles personnes , comme à garçons de pied. 11 ajoute, que l’on voit, par les Mémoires de Philippe de Confines, que les Pages qui servoient les Princes & les Seigneurs de son tems, é- toient nobles enfans , qui par tout suivoient leurs maîtres, pour apprendre la vertu & les armes. Le Chevalier U’Accilly a dit: S’il eji beau le fils de Climene, Quoiqu’elle ait un homme afez laid , Cela n’a rien qui me Jurprenne ; Son Page ejì un garçon bien fait. Loiseau, dans son Traité des Ordres, cb. ;. ». 27. a remarqué que „ l’ancienne noblesse de France n’étoit,, pas fi glorieuse que celle d’à présent ; qu’un pauvre,, cadet de gentilhomme, bien qu’il meure quasi de,, faim dans fa chaumière , tiendroit à déshonneur de„ servir en la maison du Roi ; même feroit difficulté de „ céder , dans la parroisse où il est, à un Grand Sei-„ gneur , disant qu’il est auffi noble que le Roi: ce „ qui est si ordinaire en leur bouche, qu’il est tourné,, en proverbe : mais, le tems passé , tous les Gentils- „ hommes , fans exception, falsifient ordinaire de fer-,, vir plus grand qu’eux, car les Princes servoient le„ Roi, & les Seigneurs servoient les Princes & les sim-„ pies Gentils-hommes les Seigneurs, comme, à la véri- „ té , à toute forte de personnes c’est un moïen de par- „ venir que de se soumettre aux plus grands, ce qui a ,, lieu particulièrement aux Gentils-hommes; car com-,, me le Gentil homme ne peut faire aucun exercice,, pour entretenir fa famille, c’est le seul moïen qu’il a „ de maintenir sa qualité, que de s’avancer aux Char- „ ges militaires par la faveur des Grands. “ Ilajoûte Les jeunes Gentils-hommes étoient Pages des Sei- „ gneurs , & les jeunes Demoiselles étoient filles de ,, chambre des Dames ; car , comme nous enseigne fort,, bien Ragueau, les Pages font pedagogia, Jìve pedago. „ giani pueri. ‘‘ Qr entre les Pages, il y en a de deux forts» PAG âjïtes, savoir, les Pages d’honneur, & îes communs: les Pages d’honneur ne font que chez ics Princes & les Souverains, & sont ordinairement fils de Barons, ou Chevaliers, desquels la fonction, telle qu’elle est en France, eít bien deorite par Q. Curce, liv. 8- où enfin il dit : Hxc cohors, veluti Scmìnarium Ducum, Prafeflo- rum eji i car étant tnis hors de page, ils deviennent Bacheliers , ou Damoiseaux. Bachelier signifie Je prétendant à Chevalerie ; Damoiseau est le diminutif de Dam t qui signifie Seigneur; jusqu’à ce qu’étant devenus chefs de maison , ils soient qualifiez Seigneurs tout-à-fait. Les Pages communs sont issus de simple noblesse , & servent les Chevaliers ou Seigneurs ; car un simple Gentil homme ne doit point avoir Pages, mais laquais feulement qui sont roturiers, &c. Le Président Faucher , en traitant de l’origine des Chevaliers, ch. r. dit que jufqu’au régné des Rois Charles VI. & VII. on apel- loit Pages , de simples valets de pié , & que de son tems, les Tuiliers apelloient Pages , certains valets qui pûrtoient fur des palettes lés tuiles Vertes pour les faire sécher ; & il ajoute : aussi le mot de Page volontiers signífioit petit & jeune. Le Jeuparty, en la chanson dit : Mlìex vaut un jaians que un Page , Et deux dijmes que un terrage. Air de Balzac ne peut soufrir le Page de Montagne ; il dit dans ses entretiens , dijjertat. 29. „ N’est-ee pas en ,, éfet se moquer des gens, de faire soavòir au monde ,, qu’il avoit un Page ? Quelque amitié, quelque esti- „ nié que j’aie pour lui, je ne sqaurois lui soufrir ce „ Page. Ç’eût été une vanité de Capitan de la comé- die de dire qu’il en avoit, S’il n’en eût pas eu : ,,mais s’il en avoit, je soutiens qu’il n’en dévoit pas „avoir; il me semble qu’un Page est une personne „ assez inutile & assez hors d’œuvre dans une maison „ de cinq à six mille livres de rente. “ Quant à l’eti- jhologie du mot Page , Mrs Ménage & Canseneuve le dérivent de pedagogium. Lancelot dérive Page du Grec kmù , puer ; un jeune garçon. PAGES,/»». [Nautsci tyrunculi ] Terme de Mer. Garçons qui sont dans le navire pour le neteyer, pour monter aux perroquets & servir les matelots. Votez Fournier , Hidrographie. Qf Parmi les Marins, pages, nwujses , garçons , sont ìes jeunes gens de l’équipage > aprentifs, matelots, ou élèves de la navigation. Page de la chambre du Cataine, e’est celui qui sert le Capitaine. ì PAGNOTE. s Iners , ignavus , ìimidus. 3 Cé Mot se dit ordinairement des hommes; néanmoins en ce sens, quelques-uns le font féminin , mais la plupart le croient masculin. (C’est un franc pagnote. C’est une vraye pagnote, c’est-à-dire, c’est un homme qui n’a point de cœur, qui est lâche, qui n’est point hardi.) ê D Académie fait pagnote masculin. Ce mot Vient de l’italien, pagnotia, qui signifie proprement un petit pain, & figurément un poltron, un lâche. 11 n’a d’usage cn François que dans ce dernier sens. t PAGNOTE. [ Timida. ] Ce mot se disant quelque- fbis des jemmes, comme il y a des rencontres où il se peut dire, est sans contestation/à»»»», mais ce n’est d’ordinaire qu’en riant que le mot de pagnote se dit des femmes. (.Pour moi, ce dira une femme , je fuis une franche pagnote. j’ai peur quand je vois feulement la figure d’un pistolet.) Mont pagnote. [Statio timidorum. ] Terme de Guerre. On appelle ainsi un lieu élevé qu’on choisit hors de la portée du canon d’ennemis, & où se placent ceux qui sont curieux de voir un camp, un siège, ou un combat, sans être en danger. On Rappelle aussi le pojie des invulnérables. t PAGNOTERÏE, f.s. [ Ignavia , inertia. ] Poltronnerie. Lâcheté. PAGODE , // [ Pagodus. ] C'est un nom que les Portugais ont donné aux Temples des Indiens qui sont Idolâtres. (Une magnifique Pagode.) H PAGODE, lé prend aussi pour l’Idole qu’on adore dans le Temple, & dans ce sens il est toûjours féminin. (Une pagode d’or, une petite pagode.) PAGODE. [ Nutnmus indus. ] C’est aussi le nom d’u- ne monoïe qui a cours dans les Indes, & qui vaut à peu près un Ecu d’or. f PAGURUS,/ »»- [Pagurus.} Especé d’étre- yislç de mer longue d’un pied & plus large que longue. PAI z Ce poissoh est couvert d’une écaille forte, unie, rougeâtre ou jaunâtre. Ses pâtes de devant font comme celles des autres écrevisses. Sa chair est bonne à man- ger, mais dificile à digerer. Elle est aperitive, propre pour la pierre, & pour exciter l’urine. PAÏABLE , adj. [ SolVendus. ] Prononcez péable. Qu’on doit païer. (Lettre de change païable à un tel. Somme païable dans six mois.) Messieurs de l’Académie écrivent ce mot avec unjr. Et Danet veut qu’on prononce peyer. PAÏANT , adj. tz? subst. m. [ Solvendus. } Ce lui qui païe. (11 y a quatre païans à ce repas.) PAïE, /' f. [Stipendium ] Prononcez pée. Chose dûè pour avoir servi & travaillé. Ce qu’on donne ait Soldat pour avoir porté les armes au service de son Prince. (Sa païe est bonne. Nous ne vous servirons pas feulement pour la paie comme des mercenaires, mais pat affection, Abl. Ret. I. %. c. 5 ) H La paie doit être sacrée, on n’y touche pas impunément ; ou les troupes, sc révoltent , ou elles s’enfuïent, la premiere occasion. Le défaut de païe est dangereux, surtout pendant le coûts d’un siège. ?o° lybe de í'olard. PAÏE,// [Detòw.j Païeur qui païe mal. (C’est une mauvaise païe.) Morte-paie. [ Improbus debitor. ] Voïez le en son rang sous la lettre M. PAïEMENT, f. m. [ABris folutio. ] Prononcez pas- ment. Somme qu’on païe. (11 voulut avoir cinquante talens pour le paiement des troupes Abl. Arr. I, 1. e. 10. Donner, prendre, recevoir en parement.) PAÏEMFNT. f Pecunia dies. j II signifie dans le commerce , certains termes fixes, où les négocians doivenfe aquitter leurs dettes, ou renouvelles leurs billets. (II y a quatre païemens à Lion.) * PAïEMENT. [ Salarium , manupretium."} Récompensé. Salaire. Punition. (II donne des excuses en parement. 11 a reçu le parement de ses crimes.) PAÏEN,/»». [ Deorum culter, idololatra. ] Prononcez ce mot comme il est écrit. II signifie celui qui est adorateur des faux Dieux. (Les Païens étoient aveuglez. S. Cir .) Un Païen converti qui croit un Dieu suprême , Peut-il être Chrétien qu’il n’aspire au Baptême? Despr. PAÏENNE,// [Deorum cultrix.} Prononcez ce mot comme il est écrit. Il signifie celle qui adore les faux Dieux. (C’est une Païenne.) t§ PAïENNIE. La région habitée par les Païens. Ce terme étois fort en usage dans lé tems des croisades- Voïez Mr Du Gange Jur Joinville , pag. de ses observ. PAÏER, V. a. [ Levarese are alieno. ] Prononce* peler. Donner ce qu’on doit. (La plùpart des gens âe qualité ne paient pas trop bien leurs dettes. Quand scs valets lui parlent de les païer, il les menace de coups de bâton. Païer à trente jours de vùë. Païer à joue nomme, Païer à heure vûë. Païer en billets, ou autre valeur, Païer à quelqu’un ou à son ordre.) PAÏER m i’aquit de quelqu’un. Patru , Assemblée du Clergé. [ Pro alto persolvere. ] C’esta-dire , païer pouc aquitter quelqu’un. On dit aussi païer à l’aquit de quelqu’un, C’est païer à fa décharge pour le décharger. Le Malt. plaid. On dit de la marchandise qu’elle paie un tel droit, c’est à-dire, qu’on le païe pour elle. [In merces dena* rios exigere. ] Une parroisse païe tant de taille. Un Bénéfice païe des décimés. Un Officier du Roi païe la Pau- lette, pour empêcher que fa Charge ne devienne vacante par fa mort. Païer à dîner. Païer fa bien-venuë» Païer fa rançon. Peu de cœurs paient en monoïe de bon alloi. Toureïï - Un esprit raisonnable est assez paié par le plaisir d’obli- ger une personne de mérite. * lis firent paier la peine du crime à celui qui en étoit auteur. Vaug. Quint, i.j.c. n. C’est-à-dire, ils punirent fauteur du crime. [Panas dare , lucre!} -j- * Je te le ferai paier. [ Non impuni fer es. ] C’est-à- dire, J’en aurai du ressentiment. Je te rendrai quelque mauvais office. •j- * Te voilà pctíé de ta raillerie. C’est-à-dire, te voilà puni. Molière. * païer la fole enchère. Païer les pots cassez. [PI** m.} - A a Tem. HL * PAÏER, * PAVER. Reeonnoître par quelque chose d’horinête, ou d’utile. Avoir du ressentiment d’une chose par une autre qui soit obligeante. (Les Hoílandois pàient la fidélité de leurs femmes par un grand assujettissement. S. Evretn. in 4 . p. 307 . ) * Je le fuis venu trouver pour pàier ses saveurs de quelque service. Âbl. Ret. I. r. c. 5 . Parer d’excuses & de révérences. Ab\. Luc. 11 faut pàier de fa personne . C en. Epi. I. 1 . Les yeux qui m’ont pris, paieront tous me» maux avec un souris. Voit.poéf. ) Le battu paie íamende. Voïez Battu. Qui répond paie. Proverbe. Pater en monoie de singe. Proverbe. Voïez Singe. * pAïER en Louis. 11 sc dit au figuré, & en raillant de ceux qui ont obtenu des lettres de répit, & qui commencent par ce mot Louis. Se períer, v. r. [ Sibifacere fatis. 3 Se satisfaire foi- même en prenant ce qui nous est dû. (Se païer par scs mains. II n’est rien tel que de se païer soi-même quand on en trouve une occasion honnête & légitimé. ) Sc pàier de raison. [ JEquum bonum audire. ] C'est-à-dire, se contenter de raison. * Se pàier d’excuses. s Excusationes accipere. 3 C’est fe contenter des excuses qu’on nous dit. * Ce font là ces fortes de choses qui ne Je peuvent pàier. C’est-à-dire, qu’on ne fqauroit jamais assez reconnoitre. Jsloliere. On dit qu’«« homme pàie les violons, & que les au. tres dansent, quand quelqu’un fait les frais d'un divertissement où il y a moins de part. On dit d'un homme dur L avare, qu’il pàie en chats U en rats. [ Malè Jsolvit. ] On dit que les peuples paient les fautes des "Rois. [ Quidquid délirant Reges, pleRuntur Achivi. ] On dit, tant tenu , tant pàié. Pour dire, qu’il faut païer à proportion des services. On dit aussi, qui mange la Vache du Roi, à cent ans de là en pàie les os. PAVEUR -, f m. [ Débit ot. ] Prononcez payeur. Celui qui pare. Un tel sera mon païeur. Un méchant païeur. Un bon païeur.) PAÏEUR de rentes. [ Diribitor , cìvilis quasar. ] C’est un Officier qui païe les rentes assignées fur PHôtel de Ville de Paris, au fonds qu’il a reqû des Fermiers du Roi, ou du Receveur général du Clergé. f * C'tji un pàieur d’arrérages. Ces mots sc disent en riant pour marquer un homme vigoureux, & bien capable de contenter une Dame en matière d’amour. PAïEUSE. f. f. f Débit rix. ] Prononcez peyeuse. Celle qui païe. (C’est une méchante païe u se. ) í P A IGNES- Espèce de tapis , ou couvertures dont les Nègres des côtes de Guinée sc couvrent. PAILLARD , paillarde , adj. £LibidinoJus, ìnvene. rem pronus. j Lacis. (II soûle le paillard désir, quidam son sein velu se couve. S. Amant, Rome ridicule.) PAILLARD , f m. [ Scortator, salux. ] Débauché a- près ses femmes. Homme fort & robuste, propre à bien servir une Dame en matière d’amour. {Deux forts paillards ont chacun un bâton, Qu’ils font tomber par poids & par mesure . ) {§ Ce mot a signifié & signifie encore un homme débauché , à qui les laides St les belles font le même plaisir & comme la corruption du cœur se répand fur tous les fentimens, & infecte toutes les actions , on s’est servi du mot, paillard , pour signifier un méchant homme , un coquin ; quelquefois aussi on a adouci ì’infamie du terme, en Impliquant à certains hommes adroits, & que nous apelions bons compagnons. Rabelais a fait un autre usage du même mot: Vous ne P a. vez pas telle ( dit-il ) vous antres paillards de plat pays. ■C’est-à-dire, vous autres rushes, & gens de la campagne. t PAILLARDE, f.s. [ Mulier libidinosa. ] Celle qui aime fort les plaisirs de la chair. Celle qui est impudique, lacive, qui est dans la débauche des hommes. (C’est une franche paillarde.) t PAU.LARDER , v. n. [ Scortari, rébus venereis utì. 3 Ce mot de paitìarder , de paillard , de paillardeur St paillardise ne se disent que dans le burlesque & dans le satirique le plus bas. VaiUarder signifie être dans la débauche des femmes. Fréquenter des femmes débauchées. Prendre des plaisirs deffendus avec des personnes de mauvaise vie. ( La Loi de Dieu deffend de paillardes.) 11 y en a qui disent paillardement, mais on doute de l’ussge de ce mot. II n’est point dant le Dictionnaire «se l’Academis. f Paillardise , s.s. s Impudldtìa, venma volupip tes. 3 Impudicité. Commerce charnel qu’on a aVec déí personnes débauchées. Plaisir charnel. (La paillardise est là perte de Famé* du corps & de la réputation.) PAILLASSE ,sf C Culcita Jlraminea. 3 Ouvrage de grosse toile* cireUx, St fendu par le inilieu, qu’on templit de paille, & qu’on niet fur le bois de lit & fous le matelas, ou le lit de plume. ( II n’y a pas assez de paille dans cette paillasse. II n’y a point de paillasse dans les lits des personnes un peu à leur aise, mais des sommiers de crin. ) f * PAILLASSE de corps de garde [ Prosibulum,scor. tum.J Ces mots au figuré veulent dire une femme ou fille de mauvaise vie, qui s’abandonne indignement à tous les soldats. On dit en Proverbe, serviteur à la patBajse, quand on quitte l’armée, parce qu’il y faut coucher fur la poil- lasse. * PAILLASSON, s. m. £ TegmenJlramineum .3 Terme de Jardinier. Espèce de couverture de paille qu’on met fur les fleurs & sor ses orangers, l’hyver, pour les conserver du froid. (Faire des paillassons.) On appelle aussi paillasson des couvertures de paille fous lesquelles on met quelque chose à l’abri. (Le vin dans les halles de Paris est quelquefois à couvert sons des paillassons.') PAILLASSON , f. m. ou nate à fenêtre, f. f. [ Store» Jìramentitia. 3 C’est une piéce de nate couverte paC dehors d’une grosse toile qu’on met Pété devant les fenêtres pour empêcher l’ardeur du Soleil, & qu’on haufi. le & baisse avec des cordes, autant qu’on veut. PAILLE, f f t f aléa , culmus. 3 C’est le tuyau du bled ou d’autre grain lorsque le grain en est dehors. (Petite paille. La grande paille. De bonne paille. Donner de la paille aux chevaux, aux bœufs, aux vaches. ) f * Rompre la paille. [Tejferam frangere. 3 Ces mots se disent des personnes & veulent dire. Cesser d’étre amis. La paille eji romptíé. C’est-à-dire , ils n’onfi plus d’amour l’un pour i’autre. * PAILLE. [ Ramenttan , partes vitiat*. 3 Petit défaut dans quelque pierre précieuse. (II y a une paille dans ce diamant.) 1 Pourquoi voïez-vous une paille dans l’œil de vôtre frère, lorsque vous ne vous appercevez pas d’une poutre qui est dans se vôtre? [Festucamin oculo videre. J Port.Royal , Nouveau Testament. ADer à lapa.lle. Terme de Soldat fantassin. C’est, lorsqu’on est dans un bataillon, poser ses armes pour aller aux nécessitez de la digestion, les reprendre au premier coup de tambour & se remettre au poste qu’on avoir quitté. í Aller à la paille , fe dit aussi des soldats qui vont chercher de quoi sc butter. * Etre dans la paille jusqu’au ventre. On le dit d’un homme qui a toutes scs commoditez, St fur tout des gens de guerre qui se trouvent dans de bons quartiers. (Nous sommes ici dans la paille jufqu’au ventre. ) 4= Etre comme rats en paille. On le dit des gens quî font dans un lieu où ils ont tout à souhait, & où ils font grand’ chere aux dépens d’autrui. (Nous sommes dans ce château comme rats en paille.) * f Homme de paille. C’est un homme de néant, de nulle considération. í * Homme de paille , fe dit particulièrement des gens qu’on fait intervenir dans ses afaires, & qui prêtent leur nom, quoiqu’ils n’ayent point de véritable intérêt. T * Peu de paille. On le dit d’une chose qui commence avec ardeur, avec vehemence , & qui est de peu de durée. (Cette violente passion n’a été qu’un feu de paille. Le combat commença d’une terrible maniéré, mais ce ne fût qu’un feu de paille. í ' Lever la paille. Proverbe populaire, qui se dit des choses excellentes en leur genre. (Ce conte est excellent, il leve la paille. Ce vin leve la paille.) f Croix de paille. Proverbe populaire, qui marque qu’on ne fera pas une chose, ou qu’on ne croît pas qu elle arrive. ( Si je lui prête de l’argent , croix de paille. Si je retourne chez lui, croix de paille. Si je me fie plus à lui, croix de paille. ) T fftr à la courte paille C’est tirer au fort avec des brins de paille d’une longueur inégale. ( Nous avons tiré a la courte paille à qui païeroit le repas.) T * Mettre bien Ue la paiUt dans ses souliers . Prov. On PAT On le dît d’un kotnme qui en peu de tems s’est fort èn- richi dans un emploi, PAILLE. Figure dans i’Evangile, lignifie les réprouvez. (Le Seigneur séparera la faille du bon grain. Les tempêtes donc PEglife a été battue, ont emporté la saisis, & fait paroître le froment. Nicole.) PAILLES. [ Rament a. ] Petits endroits foibles dans les métaux qui ne font point affinez. ( Ge rasoir n’a point de pailles.) (fi PAILLES. C’est la même chose que surebausures. Ce font des défauts dans l’acier. {fi PAILLES, ou écailles de fer servant aux aprêteurs fur verre. Félibien. {fi On trouve dans plusieurs endroits du Decret de Gratien, le terme p aléa fur plusieurs Canons. Les uns disent que ce terme marque le peu de cas que l’on doit Faire du Canon, que l’on doit regarder comme de la paille. II y a des Auteurs qui croient que ce mot est Grec, & que de on a fait f aléa, comme qui di- roít antiqua , ou pûur marquer qu’il est vieux, &à présent fans force & fans vertu, ou peut-être pour le rendre plus respectable par son ancienneté. D’autres le dérivent du Grec, mais d’un autre mot, qui est "A,», qui veut dire iternm en Latin , c’est-à-dire, uneseconde fois,-plus (Tune fois , pour faire connoître que le Canon a été raporté plusieurs fois. Antoine Augustin, Evêquô de Tarragone, dit dans íòn sccònd dialogue de emendat. Gratian. que quelques-uns croient que les Canons portent le nom de leur Auteur apellé Paglia , qui a été disciple de Gratien, & qui étoit d’une famille noble. Ce qu’il y a de vrai , c’est que non seulement Antoinê Augustin, mais encore Mr. Balufe dans fes Notes fur les dialogues de ce savant Evêque, disent qu’ils ont vû plusieurs Editions anciennes où ces Canons ne fe trou- voient point. PAILLES. ïnégalitei & diversités de couleurs qu’on trouve dans les marcassitcs ou pierres de mine. PAILLES de bittes. [Fibula, retmaculum. ] Terme de Mer. Longues chevilles de fer qu’on met à la tête des bittes pour tenir le cable sujet. PAILLEE [ Hehtis. ] Mot adjettif. Qui se dit proprement du vin, & qui n’est pour l’ordinaire usité qu’aii masculin. II veut dire qui tire fur la couleur de paille . (Vin pailler.) PAILLOTTE, ou paillette, f. f. \_Auri braftcolœ. ] Ce mot se dit de for & de l’argent, & signifie, une très-pe- tite & très-legére partie de l’or Ou de l’argent, ( Les paillettes d’or ou d’argent font précieuses.) PAILLETTE. [Auri, argenti g-ana, J 11 sc dit aussi de petits grains d’or & d’argent, applatis & percez, qu’on applique fur la broderie, pour lui donner plus d’éclat. PAILLETTE de fer. [ Feiri Jìill f m- ÍPanis,} Prononcez la lylabe pain des PAÍ , Mots quî fbîvettt dans cette colonne côfflfiìe si eîíeétòil écrite avec un e, au lieu de Pa. Ainsi prononcez pein, On appelle proprement & ordinairementpa/'w, un compose de farine, de levain, ou de leveure de bière qu’on paîtrit, & qu’on fait cuire dans un four pour la nourriture de l’homme principalement. ( Bon pain. Méchant pain. Pain bis. Pain blanc. Pain noir, dur, sec, moisi, molet, tendre, rassis. Petit pain. Pain chaland. Pain de Goneíse. Pain à la Reine. Ce pain n’a été appelle de ce nom que depuis la venue de la Reine Marie de Medicis en France. Faire du pain cornu* Mie de pain. Croûte de pain.) 0 PAIN de chapitre . On lit dans la satire Menippée z lin'efi que d’avoir un Roi légitime, étiam difcole, pour. vu qu’il nous laijje le pain de chapitre, U le purgatoire. On apellc pain de chapitre , celui que l’on distribué tous les jours aux Chanoines dans quelques Eglises. II étoit autrefois si excélent , que l’on apelloit pain dl chapitre, les meilleures choses. „ S’il est question (dit „ Henri Etienne) de parler d’un pain ayant toutes les,, qualitez d’un bon & friand pain , voire tel qhe ce--,, lui de la ville Erejìas , pour lequel Mercure prenoit,» bien la peine de décendre du Ciel, & en venir faire „ provision pour les Dieux, si nous en croïons au Poe-,, te Arcliestrate, ne faut-il pas venir au pain de chapi. „ tre, je dis au vrai pain de chapitre, dont celui que„ vendent à Paris les Boulangers, a retenu le nom, mais „ non la bonté, sinon, qu’en partie ? „ Ainsi l’Auteuí de la íàtire a entendu , fous le pain de chapitre , les grands biens dont les Eclesiastiques font en possession. {fi PAIN de panière, que les sujets de Saint Gondost fur Loire, outre le cens , doivent chacun un à leur Seigneur. C’est Un grand pain fourman. Ragueau. {fi PAIN d’boitelage. Redevance dûë au Seigneur féodal dans la Coutume de Dunois, art. ay. Pains d’ho- stelages mangez, & avenages doublent pareillement de moitié, comme lefdites tailles & festages. PAIN de rive. [ Panis in fuma non allifus. ] Terme de Boulanger de Pans. C’est du pain qui n’a point de biseau, ou qui en a très-peu. ( 11 ne manqueroit pas de vous parler d’un pain de rive, relevé de croûte croquante fous la dent, Moh Bourg . gent. a. 4 . fi. 1 .) PAIN de munition » [ Panis cafirenjts. 3 Terme de Soldat. C’est une ration de pain cuit rassis, entre bis & blanc, pesant vingt-quatre onces, qu’on donne à chaque Soldat. PAIN de mouton. [ Panis mutuatus. ] Morceau de pâte cuite, un peu plus grand qu’un écu d’argent, faic avec du beurre & du fromage que sont les particuliers de Paris, & qu’on vend & crie par Paris, un peu devant & peu après les jours de Pan. (A mes petits pain de mouton, Madame.) PAIN de blanc a blanchir. [ Creta mafia. ] C’est ua morceau de blanc qu’on vend chez les Chandeliers Paris, & dont on se sert pour blanchir & donner de Bâclât à la vaisselle. (Froter la vaisselle avec du blanc.) TAIN a chanter. [ Sacrifiai panis plagula. ) Hostie grande ou petite qui se fait en détrempant de la farine de pur froment avec de Peau, qu’on met après entre deux sers figurez fur le feu, & dont on se sert au Sacrifice de la Messe, à la Communion & à quelqu’autre usage. ch PAIN à cacheter. Sorte de petit pain fans levain, dont on se sert pour cacheter des lettres. PAIN azyme. [Azymus panis.'} Ternies consacrez pour dire pain Jans levain , dont on se sert présentement dans PEglife Latine pour consacrer. (On ne peuÊ consacrer dans PEglife Latine qu’avec du pain azime. Les Juifs mangeoient PAgneau Pascal avec des pains azimes.) {fi L’Eglise Latine & l’Eglise Gréque n’ont pû encore convenir fur l’ufage du pain azime , c'est-à-dire, fans levain, ou du pain ordinaire & fait avec du levain, dans la Consécration de l’Hostie. La difficulté consiste à savoir si l’on doit absolument se servir de pain azime. Les Grecs oposent, que PEglife Latine a consacré pendant long-tems le pain fermenté, & que ce n’est que depuis le Schisme de Photius, qu’elle s’ett avisée d’user du pain azime , parce que ce fameux Schifmatique, grand ennemi de l’Eglise Latine, n’au. roit pas manqué dc lui reprocher cette erreur, s’il l’en aVoit crù coupable, les Orientaux étant persuadez que l’on ne peut point absolument & fans crime fe servir du pain azime. Les Latins n’ont point été S décisifs î ils n’ont p*$ condamné le pain fermenté. En k ? «set» 6 PAI éset, hoús voïons très-souvent des Evêques & dés Prêtres venus del’Orient, sacrifier dans nos Eglises avec du pain ordinaire, fans qu’on leur en fasse un crime í mais ils soutiennent que l’usage du pain azime est plus conforme à l’institution du divin Sacrifice institue par notre Sauveur. La doctrine concernant le pain fermenté i n’est pas Universelle dans tout l’Orient. Le Cardinal Loua, & le P. Mabillon ont remarqué que les Maronites & les Arméniens ou Jacobites sacrifient avec du pain azime; & le P. Mabillon a ptouvé dans son Traité de l’Azime , que l’Eglise Gréque a sacrifié pendant quelque tems avec du pain fans levain* Je n’entrerai pas plus avant dans cette matière, qui n’est pas encore à présent décidée : je remarquerai seulement, que dans le fameux Concile tenu en 1419- où les Grecs & les Latins se trouvèrent, le Docteur Turrecremata, qui fut depuis Cardinal, soutint qu on pouvoit consacrer le pain avec du levain, aussi bien que le pain azime , mais qu’il étoit plus convenable d’admettre le pain fans levain, parce que le Sauveur s’étoit servi de cette sorte de pain dans l’institution de i’Eucharistie. PAIN bénit. [ Panis Infhratus. ] C’est d u pain que le Prêtre bénit, & qu’on coupe par morceaux pour le distribuer aux fidelles durant une Messe solem- nelle. (Prendre du pain bénit. Donner le pain bénit. Faire le pain bénit. Recevoir le pain bénit. Avoir le pain bénit.) Comme nous n’avons point de terme Latin qui lignifie précisément le pain bénit, je ne sqai pas pourquoi les Auteurs Latins n’ònt pas adopté le mot -Grec dont on se servoit dans l’Eglise Gréque; ce terme est agréable ; il est significatif, & l’usage l’au- toriseroit plus volontiers que Panis lujtratus. 11 est vrai que ««,»->,« signifioit aussi quelquefois l’Eu- charistie , qui est en éfet la source de toute sorte de bénédiction ; & comme l’on cessa de donner la sainte Hostie tous les jours de Dimanche aux Fidèles, on introduisit la coutume de leur donner un morceau d’un pain que le Prêtre avoir bénit; c’est par cette raison que quelques Anciens ont apellé nôtre pain bénit, panis vicarius communionis. Le Pape Mel- chiades le nomme eulogia & fermentum , pour le distinguer de la divine Eucharistie. S. Augustin le nom- vaejacramentum , sacrement, comme étant un sacrement d’une union de charité. Et S. Paulin écrivantà • S. Augustin, l’apelle dans Ce même esprit, panis una- nimitatis , un fimbole de bonne intelligence. 11 me semble que l’on trouve l’origine du pain bénit dans une Constitution du Pape Pie, raportée par Burchard, Evêque de Wormes, lib, cap. iq. dans lequel on voit que les Fidèles qui ne communioient pas les Dimanches, ofroientdes pains, que le Prêtre bénissoit, ct dont il en distribuoit des morceaux au peuple après la fin de la Messe. t * C’est pain bénit que dCescroquer un avare , C’est- à-dire , c’est bien fait que d’elcroquer un avare. Mol. PAïN de proposition. [ Panis propojìtionis. J C’étoit un pain qui étoit exposé dans le Temple , & que les Prêtres de l’ancienne Loi ossroient à Dieu. (Dieu dans le vingt cinquième chapitre de l’Exode, verset ;o. commanda à Moïse de mettre sur la table des pains de proposition.) f PAIN quotidien. On entend par ce terme emploïé dans l’Oraiíòn Dominicale, la nourriture de chaque jour, ou les besoins journaliers. f PAIN quotidien , se dit aussi dans le stile familier, des choses qu'on fait presque tous les jours. (II passe . son te ms à la chasse , au jeu , c’est son pain quotidien.) PAIN de bougie, f Filii incerati majfula. J C’est un demi quarteron, un quarteron , une once , un peu plus, on un peu moins de bougie pliée & arrangée proprement qu’on vend chez tous les Ciriers de Paris. , On dit aussi un pain de cire. PAIN de sucre. [ Saccari mafia. ] C’est d u sucre formé en maniéré de piramide , qui contient trois , quatre, cinq , six, sept, huit, neuf, dix ou douze livres de sucre tout au plus, & qu’on vend à Paris chez tous les Epiciers. (Couvrir un pain de sucre. Pain de sucre en papier gris , & pain de sucre en papier bleu.) í Avoir la tête faite en pain de sucre. C’est avoir la tête longue & pointue. PAIN de vieux oing. [ Veteris axungiee massa. J C’est une masse de vieux oing en forme de pain que font les Charcutiers, & qui se vend à Paris chez les Charcutiers PAI & les Chandeliers pour graisser les rouè’S tîe caresses i de chariots, de charettes, de tombereaux, &c. (Ache* ter un gros ou un petit pain de vieux oing. PAIN de he. f Massa fecis ace t ose. ] Terme de W naigrier. Lie accommodée en forme de tuile faîtière, dont les Chapeliers se servent pour fabriquer leurs chapeaux. * PAIN. Ce mot entre dans quelques phrases figurées & dans quelques proverbes. Exemples. [Tandis que Còlétet croie jusqu’á l'échine , Va mandier son pain de cuisine en cuisine. Desp. Sat. i. ) C’est-à-dire, va manger tantôt chez l’un & tantôt chez l’aútre. £ Rogat vicium. ] * Je lui ai mis le pain à la main. [ Pra manu dedt undè vivat. J C’est-à-dire, je lui ai donné ihôyen da subsister ct de gagner sa vie. Sans moi il n’auroit point de pain. s Sine me nihil effet quod ederet domi. s C’est-à-dire , sans moi il seroit gueux & n’auroit pas dequoi subsister. * La sotise du peuple lui donne du pain. [Ineptict plebis vttàm alit. ) C’est-à-dire, lésait subsister. Abl. * Feu du Rier travaílloit pour du pain. £ Pro cibo la- borabat.] C’est-à-dire, travaílloit pour subsister seulement. f * ll a eu fa maison pour un morceau de pain. [ Vi. lioripretio domum émit.] C’est-à-dire, à très-vil prix. Pour peu de chose. f * Manger son pain blanc k premier, f Benignam mode habuit fortunam , nunc iniquam. ) C’est avoir du repos au commencement, & de la peine après ; c’est faire bonne chère d’abord, & ensuite ne la pas faire fort bonne. f * Emprunter ún pain sur la fournée , C’est-à-dire, obtenir la dernière faveur de quelque belle avant quë de l’épouscr. [En Famoureuse loi Pain qu'on dérobe U qu’on mange en cacheté , Vaut mieux que pain qu’on mange U qu’on acheth. La Font.) f * Avoir du pain cuit. [ Utitur cibis arte quœsitis. ] C’est-à-dire, avoir dequoi subsister. Avoir des provisions. II se dit au sujet de diverses choses. t"* Mangerson pain dans son sac. C’est manger seul comme un vilain fans faire part à personne de ce qu’on a de bon. t * Manger son pain à la fumée du rôt. Prov. C’est être témoin des plaisirs d’autrui fans y avoir part. f * Manger du pain du Roi. [ Panent Regium ede- re. ] C’est-à-dire, être en prison , ou en galère. * A mal enfourner on fait les pains cornus. Proverbe pour dire, que quand on commence mal une affaire, il est difficile d’y remédier. j- ll ne vaut pas le pain qu’il mange. Cela se dit d’un valet fainéant. ' t Liberté ef pain cuit. Proverbe pour dire , qu’on est heureux quand on a du bien, & qu’on n’est sujet à personne. Etre en pain , c’est être émancipé, dans les Coutumes de Hainaut, de Mons & de Tournay. Etre hors de pain, c’est de ménie être émancipé. t * Cela est long comme un jour fans pain. Proverb# qui se dit d’une chose qui ennuie. \ * ll promet plus de beurre que de pain. [ PlurapoBi- cetur quàm prajtat. ] Proverbe. II donne de vaines espérances, On dit d’un homme qui déjeune avant que d’allerà la Messe , qu’il va à une Messe des morts, qu’il y port* pain & vin. On dit, pain coupé n’a. point de maître , pour marquer qu’on peut íè servir du pain de son voisin. PAIN d’épice, f. m. [Panis mellitus] C’est un compose de miel, de fleur de ségle, & des quatre épices qu’on fait cuire au four, & qu’on vend à la livre pat psj n . ou par petite pièce. (Faire de l’excellent pain d’épice. Le meilleur pain d’épice est celui de Reims en Champagne.) PAIN d'épice a la Dominé, II s’apelle ainsi du nom de son Inventeur, M. Dominé de Vitri le François. * ll aime le pain d’épice. II se dit au figuré d’un Juga qui taxe trop haut ses vacations. PAIN d’Epicier ,f m. [Pijior jjieciarius.] Celui quî fait & vend des pains d’épices. (C’est un des meilleurs & des plus riches pains d’Epiciers de Paris. ÏAIN PAI PAIN de pourceau, s. m. [Ciclamcn orbiculatum. ] C’est une herbe qui est une espèce de ciclamcn. PAIN de cocu, s. m. [Trifolium acetojum. ] Espéee d’herbe qu’on mange en salade. jsjf PAIN d’afinage. IL reste toujours quelque matière d’argent dans le fond de la coupelle, en forme de pain , & que l’on apelle pain d’afinage, ou plaque. PAINBE'CPIE,/ f. C Millier inersj Terme injurieux qu’on dit à des femmes pour leur reprocher leur fainéantise; comme si on dìsoit, qu’il fout leur mettre le pain au bec. (Cette femme est une vraye painbéche. ) î- P AINES, OU PEINES. /• / Les Courroyeurs nomment ainsi les morceaux de drap ou d etote de laine , dont ils font leur gipon. f PAIOMIRIOBA,/ m. Petit arbrisseau légumineux du Brésil, dont il y a deux efpeces. Leurs ra- cines font estimées bonnes contre le venin. Les Plan- tes font detersives, apéritives, vulnéraires, rafraichil- santes, & temperent l’ardeur des reins. La semence infusée dans le vinaigre guérit la gratelle. PAJONÍSME-/ m. £ Pajonismus. ] Nouvelle secte de Calvinistes qui s’éleva il y a quelques annees, & qui fut ainsi apeliée à cause de M. Pajon Ministre d Orléans qui en écoit i’Auteur. Cette secte étoit une branche de l’Arminianisins rafiné. Ceux qui la suivoient étoient apellez Pajonifies. PAIR. [ Equalk , par ] Mot adjectif ,. & qui ne le dit ordinairement qu’au masculin , & qui signifie égal, pareil. II ejisans pair. C’est-à-dire, il n’a point d’égal. PAIR. [Par.] II se dit de quelques oiseaux qui s’a- parient pour la génération, comme des pigeons, des tourterelles, &c. ( La tourterelle ne va jamais fans son pair : On dit que quand elle a perdu son pair, elle méne une vie languissante. ) PAIR. [Numeruspar, ] Terme d ’Antmétique. {Nombre pair. C’est-à-dire, un nombre qui se divise en deux parties égales en nombres entiers, & fans fraction. ) . f PAIR. Les Négoeians & Banquiers disent que le change est au pair, pour faire entendre qu’il est égal de part & d’autre ; c’est-à-dire, qu’il n’y a rien à à gagner ni à perdre dans les Négotiations que l’on fait d’argent & de lettres de change , en sorte que pour une somme qu’on donne en un endroit, on reçoit pareille somme dans un autre, fans qu’il en coûte de change ou de remise. H PAIR, se dit aussi de l’égalité des monoïes entr’el- les ; c’est-à-dire, de ce qu’il faut donner d’une sorte d’eí'pèce pour y rencontrer juste la valeur d’une autre. L’écu de France de soixante sols de neuf au marc, vaut cent deniers de gros de Hollande. Nombre pairement pair. f Numtrus par primas. ] C’est un nombre pair qui ne sc peut diviser que par des nombres pairs & non par des impairs. Tels sont le nombre 4. celui de 8- & tous ses multiples 16. 24. 32. &c. Nombre pairement impair , ou plûtot impair entent pair [ Par, impur mimeras. ] C’est un nombre pair, qui se peut diviser par un nombre pair, & par un impair. Tels sont tous les multiples de 2. qui ne font pas les multiples de 4. comme 6 . qui sc peut diviser par 2. & par ;. & de même 10. 14. 18- 20. &c. Nombre pairement ’èfi impairement pair. C’est un nombre pair qui se peut diviser par deux nombres pairs, & auífi par un nombre pair & par un impair. Tels sont tous les multiples de 4. qui ne font pas multiples de 8- comme 12. 20. 28- &c. PAIR £? non pair ,s. m. [ Par impar. ] C’est une forte de jeu où l’on cache plusieurs pièces de monoïe dans la main, & où l’on fait deviner quelqu’un si le nombre des pièces qu’on cache est pair, ou non. (jouer à pair & non pair. II y a non pair. II y a pair.) PAIR à pair, adv. [ JEqualiter. ) ( Nous voilà pair à pair. C’est-à-dire, égaux. ) Du pair, adv. [ Socius ejse. ] D’égal. De même air. De même maniéré. (Aller du pair avec quelqu’un. Pa- tru, plaid. 6 . II y a des gens obscurs & d’un mérite fort médiocre qui veulent aller du pair avec les personnes illustres & d’un haut mérite. ) PAIRE, s. s. £ Par , jugum. ] Deux choses de même efpéce, dont l’une ne va guére fans l’autre. (Une bonne paire de souliers. Une méchante paire de bottes. Une paire de sabots. Une paire de gans, de pistolets, &c. Une paire de pigeons, de boeufs, &e. PAT Elle avoit au bout de ses manchet Une paire de mains fi blanches . Scaron. ) On dit aussi une paire de ciseaux, de pincettes, de caleçons > & d’autres choses composées de deux parties égales & semblables. PAIRE [Neryorum conjugatio. ] Ce mot sc dit en terme d'Anatomie, & en parlant de nerfs. (II partdu cerveau sept paires de nerfs. ) PAIREMENT , adv. [ Panier. ] Voïez fous pair. PAIRIE,^./ £ Paris trancite dignitas. J Prononcez! périe. C est une forte de grande Seigneurie annexée seulement aux Duchez & aux Corniez. C’est un droit de Pair. C’est une qualité de Pair. Loiseau, Traité des Seigneuries Subalternes , cb. ;. (Eriger un Duché en Pairie. Les Rois de France peuvent seuls dans leur Royaume ériger des Terres en Pairie. Choisy, Vie de Philippe Valois. ) PAIRS ,/»*.£ Pares. ) Prononcez Pers. Les fief* étant devenus héréditaires, on apella Pairs un certain nombre de vassaux du fief dominant qui étoient obligez de tenir la Cour du Seigneur, & de juger des eau. ses féodales. Voyez Du Tiílet , Recueil des Rois de France. PAIRS de France. £ Patricii Francité. ] C’étoient douze grands Seigneurs, tant Ducs que Comtes, dont il y en avoir six Ecclésiastiques , & six qui ne i’étoient pas. 11 furent créez par le Roi Louis le Jeune pour assister au Sacre & au Couronnement des Rois de France , & juger les causes de la Couronne. Les Pairs Ducs Eclélìastiques font l’Archevêque de Reims, l’E- vêque de Laon , & l’Evêque de Langres. Les Pairs Eclélìastiques Comtes , sont l’Evêque de Beauvais ; l’Evêque de Châlons, & celui de Noyon. Les Pairs Ducs Séculiers étoient les Ducs de Bourgogne, de Normandie & de Guyenne. Les Pairs Comtes Séculiers étoient les Comtes de Flandre , de Champagne & de Toulouse. Voyez Du Tillet. Mais aujourd’hui on apelle proprement Pair , le Seigneur d’une terre érigée en Pairie. (Jamais en Duc (c? Pair n 1 habille le bourgeois , Ni ne donne aux sujets les qualitez des Rois. Vill. ) {§ PAIR, du Latin par, égal, semblable, coistpa gnon. Nous disons, pair N compagnon. Pairs de France. La première idée que l’on doit se former des Pairs de France , est que dans les premiers tems de la Monarchie , on donnoit le titre de Pair à tous les Grands Seigneurs du Roïaume, quand ils étoient égaux en biens & en pouvoir. Marculphe qui a vécu fous le régné des Mérovingiens, en fait mention au chapitre trente-deux'iéme du premier livre de ses Formules : & Mr. Bignon expliquant le terme Pares, a dit que les Pairs étoient des égaux, des compagnons. Ce titre de préminence a toujours subsisté : mais les Pairs n’ont pas toujours été les mêmes. Air. le Févre Chantereau nous a donné , dans son traité des fiefs, une étimolo- gie du mot Pair, qui m’a paru singulière , il dit, liv. 2. cb. ç. que,, le principal métier, ou plutôt le ,, seul des François, fous nos premiers Rois, étoit „ de porter les armes , & d’aler à la guerre : c’étoit „ un merveilleux établissement, que 1 e Roi comptoir „ le nombre de ses soldats par celui de ses sujets : il ne „ lui faloit point d’argent pour faire ses levées : il „ n’avoit pas besoin de les faire subsister, ni de les ,, fournir de pain de munition : chacun portoit ses ,, provisions qu’il avoit amassées de son bénéfice : ils ,, étoient couplez deux à deux , d’où est venu le 110m „ de Pair : il y avoit peine de mort contre les défer- „ teurs, & contre celui qui abandonnoit son Capitaine ou son Pair dans le combat. “ Ce sentiment est singulier : mais ce n’est pas Punique singularité que l’on trouve dans son livre. Pour rendre intelligible cette matière, qui devroit, ce me semble, être connue de tout le monde , il faut prémierement regarder comme une fable l’institution des Pairs, faite par Charle- magne, lequel , après la défaite d’une partie de fou armée au passage de Roncevaux , avoit créé des Pairs, pour les récompenser de leurs services. Les histo. riens , ou plutôt les faiseurs de romans de ee tems- là, pour rendre leurs histoires plus éclatantes, racontent une infinité d’actsons militaires de ces prétendus Pairs, dont on a reconnu la fausseté. Le sentiment de Budée sur l’origine des Pairs, est encore une erreur qu’Hotoman & plusieurs autres ont entièrement 8 MI ment détruite. Î1 a cru que nos Pairs ont été établis fur le modèle des Patrices Romains, & que ce mot de Pair est dérivé de Patrice. Mais on ne trouve rien dans nôtre histoire qui puisse autoriser cette érection auslì fabuleuse que la première. 11 faut donc, pour éclaircir ce point, distinguer le tems, & dire , que fous la première, & lous la seconde race de nos Rois, il y avoir des Pairs ; mais c’étoit un simple titre qui distinguoit les personnes riches, ou d’une famille ancienne, & le peuple qui gemissoit dans une condition vile , Ìí même servile ; & ce ne fut ( selon le sentiment de la plûpart des Docteurs) que depuis l’érection des fiefs, que l’on commença à établir des Pairs en titre, & à donner ce nom à ceux qui possedoient des fiefs relevant d’un Seigneur suzerain : ainsi les possesseurs des bauts fiefs, comme les Comtes de Champagne, les Ducs de Normandie, & autres de cette qualité , étoient les Pairs du Roi ; & de même les vassaux des Seigneurs étoient leurs Pairs. La fonction do ces Pairs consistoit principalement à juger les di- férends qui naissoient ou entre le Seigneur & un Vassal, ou entre les Vassaux, lors qu’il s’agissoit d’une matière féodale. II n’est pas possible de marquer précisément le tems de sélection des Pairs : mais ce qu’il y a de vrai est qu’iís n’ont commencé que depuis rétablissement des fiefs, & l’on est persuadé qu’à l’égard du Roi, il n’y eut d’abord que douze Pairs qui aslìsterent aux Sacres de nos Rois, aux Assemblées publiques, & aux Jugemens qui vouvoient concerner les fiefs & les personnes d u premier rang. II est aisé de comprendre comment les Parlemens étant érigez en tribu- naux réglez, les Pairs furent apellez dans sélection du Parlement de Paris , que l’on a toójours apellé la Cour des Pairs Laïques, & Eclésiastiques : le nombre des premiers n’est point fixé, mais il n’y a que fix Pairs Eclésiastiques qui ont été érigez en diférens tems. Je ne crois pas devoir m’engager plus avant dans cette matière purement historique. PAÏS , s. m. s Régit) , Patria , Natio , Orbis. 3 Prononcez péis. Ce mot vient de l’Italien f a'ese, signifie , Région , Contrée , Patrie , Lieu de la naijsance d’une personne. (On dit de l’ítalie que c’est un bon païs, mais que les gens qui l’habitent ne valent guéres. Avant que d’entrer dans un païs, il se faut informer des mœurs des habitans, & des diffèrent es Coutumes du païs. Autant de païs, autant de Coûtumes. Re- connoítre le pays. Abl. Le Sage n’a point de païs particulier. Us font de méme pays. Tout peuple peut avoir du goût da bon sens s Ils font de tout païs ; du fond de /’Amérique Qu’on y méne un Rhéteur habile £ 5 ? bon critique , II fera des fçavans. La Font.) f PAÏS. II est presque impossible à un Général d’ar- jnée de bien régler l’état de la guerre, & de juger des desseins de son ennemi, non plus que des siens propres , s’il n’est parfaitement instruit du païs ou il fait la guerre : tout chef d’armée qui néglige une chose si importante , ne mérité point le nom de Général. Tolybe de Folard , Tome 1. La connoissance du païs où l’on doit faire la guerre, fur tout si c’est un païs de montagnes, donne au plus fbible la supériorité fur le plus fort. Ibid. Tome II. jGT PAÏS, de pagus , qui signifioit une contrée, & méme l’ètenduê d’un certain terrein , que nous apel- lons un village. On célébrois autrefois des fêtes, dans lesquelles on parcouroit les champs avec de l’eau lustrale que l’on répandoit ; & ces fêtes étoient apellées Paganalia, queTullius avoit inventées. Ovide en a fait mention dans ses Fastes ; Pagus agat fejimn , pagum lustrate coloni , Et date paganis annua libafocis ; Placentur maires frugum teHusque cerefqut Furre fuo gravida , vifeeribusque fuis. Lancelot dérive pagus de une fontaine, parcs que (dit-il) les Anciens habitoient ordinairement autour des fontaines. Voila un fait bien bazardé : il y a plus d’aparence que pagus est le *■**©- des Grecs, qui signifie une élévation , une petite montagne, l’usage étant de s établir plutôt fur les hauteurs, que dans les fonds & dans les plaines. Le terme pagus signifie , dans les Auteurs de la basse latinité, non feule* MI ment un village, mais encoré une contrée, un baîî* liage. Païs montueux. Païs plat & uni. , Païs de bois. Païs de chasse. Païs maritime , marécageux , abondant en pâturages. Païs fertile , stérile , sec & maigre. Pais d’Etats. [Régit» veéligalis ex praferipto deputato . rum convmtu. ( Ce sont en France , les Provinces qui ont conservé le droit de faire des impositions fur eux par leurs Députez & par les Notables de la Province, comme la Bourgogne , la Bretagne & le Languedoc. PAÏS d’EleHion , c’est une Province où les impoli- tions sc font par Elus & autres Officiers créez à cet effet. Païs de concordat. Païs «'obédience. Voïez ces mots en leur rang. PAÏS de Concordat. [Regio in qua viget paHh inter Leonem decimum Papam U Francifcum primant. 3 Païs où les matières bénéficiales se règlent par la disposition du Concordat fait entre Léon X. & FrançoisI. PAÏS d'obédience , est celui où le Concordat n’est point reçu , comme la Bretagne , la Lorraine. PAÏS de Droit écrit. ( Provincia juris Jlripti. 3 Ctì senties Provinces & les endroits de la France ou l’on décidé les affaires par l’autorité du Droit Romain. (La Provence est un païs de Droit écrit.) PAÏS coutumier. [Regiones juris confueti, ] Ce sont les endroits de France où l’on décide les affaires civiles par les Coûtumes locales des lieux. (L’isle de France, la Picardie, la Champagne, la Normandie, sont des païs de Droit coutumier. ) f PAÏS Latin. [Parijìenfìs Univerjìtas. 3 Ternies burlesques pour dire, l 'Université de Paris, ou quelque autre lieu de cette nature. (11 y a peu d’honnêtes gens dans le païs Latin. C’est un homme du païs Latin» & c’est tout dire. Les Rois du païs Latin ont pour sceptre une férule. Main. pois. t PAÏS de sapience. [ Normannia. ) On apelîe ainsi en riant la Normandie, parce que la Coutume des fideles Normands estl’une des plus sages Coûtumes de France, ou, selon quelques-uns, la Normandie est apel- lée le pays de sapience, parce que c’est le païs de la fourberie & de la dissimulation , qui est la prudence dea enfans du siècle. Cela ne se dit que de la basse Normandie. f PAÏS de cocagne, [Fertilis regio. 3 C’est-à-dire, un païs abondant en toutes sortes de biens & de choses pour la vie. ( * Le païs de Caux est un pais de cocagne. Sar. poéf. f Paris est pour un riche païs un païs de cocagne , Dejp. Satire 6 .) PAïs, se dit figurément en choses spirituelles & morales. ( Les Modernes ont découvert des païs inconnus dans les sciences. [Multa incognita detexerunt recenm tiores. 3 L’Algebre est un païs inconnu à la plupart. Co Prédicateur à bien battu du païs. [Campos excurrit. J * PAÏS. Mot dont les gueux & les petits artisans ls servent quand ils fe saluent. ( Bon jour pais. Adieu pais. ) f II est bien de son païs. [Nimiùm fané ineptus ejì, 3 C’est-à-dire, il est fort neuf. II est fort niais. -J * Gagner païs. C’est fuir. [Solutnvertere. 3 j- * Courir le pais. [ Peregré abire ] C’est voyager en divers lieux. f * I! lui a bien fait voir du pais. C’est-à-dire, il l’a mené loin. 11 lui a donné de la peine. 11 l’a emba- rassé , chicané. II lui a fait des pièces. Plats-païs > f. m. [ Campejìres loci. ] La Campagne. Le plat.païs est tout à fait perdu. Faire le dégât dans 1 e p/at-païs, Ablanc. Arn. Fourrager ìeplat-païs. Vaug. Quint, le 8 . c. i. Leplat-païs étoit fans bois. ) f Le paît d’adieu fias. [Octïtania. Vafconia 3 Mots Burlesques , pour marquer le Languedoc & la Gafco* gne. II est du païs d’adìeufias.') * Juger à vue de païs. C’est juger d’une chose dont on n’a pas une connoissance certaine. PAïSAGE , f. m. [ Traílus amanâ locorum varielate dijlinHus. 3 Les Peintres prononcent pesage, mais ceux qui ne font pas Peintres prononcent païfage. C’est un tableau qui répréfente quelque Campagne. (Un beau païfage. Aimer les passages.) PAïSAGE. 3 [Rnr, locus amamus, 3 II signifie propre* ment l’aspect d’un païs , ou d’un territoire, aussi loin que la vue fe peut étendre. (Les bois, les câlines & les îes rivières, rendent ies païsages Fort beaux. C’est ce que les Peintres représentent dans leurs paysages. PAÏSAGISTE , s. m. [ficíor topographìcus.2 Prononcez pcifagiste. Peintre qui ne travaille qu’en païfages. (C’elt le plus fameux paysagiste de Paris. Les plus renommez paysagistes de Paris, ce font le jeune Francisque, "Wouvermans, & Maugobert.) PAïSAN, f. m. [Homo ruflicanus .] Prononcez péi- stm. Ce mot vient de l’italien paèsano. C’est celui qui est de quelque Village de la Campagne. (Les païfans ne font pas fy polis que les gens de Villes ; & les gens de la Ville ne le font pas tant que ceux de la Cour. Les païlàns font fins & médians, & principalement ceux des environs de Paris. Les paysans de France , quoique pauvres, font souvent plus heureux que ceux de Pologne , qui font tous esclaves de leurs Seigneurs.) PAïSAN , pa'isanne , adj. [Agrestìs & rusticusl} Il fc dit par mépris, & signifie rustre, grossier, peu civil, peu honnête. (Avoir Pair paysan. Avoir la mine paï- sanne. Avoir des manières païfannes. Sa conduite est xa'ïfanne, & je ne la puis souffrir.) PAïSANNE , f f [ Rujìica. ) Prononcez péifanne. Villageoise. (C’est une jolie paysanne, c’est a diré, c’est une villageoise jolie. C’est une franche paisanne, c’est- à-dire , c’est une rustre.) Molière a dit, le premier, pdlsannerie dans son George-Dandin ; J’aurois bien mieux fait, tout riche que je fuit, de tri allier en bonne £ 5 ? franche paifannerie. On peut le dire dans le comique , & dans la conversation familière. PAISIBLE, , adj. Prononcez péstble. [ Placidus, tranquìllus , stdatus , quietus. ] II lignifie tranquille, & il se dit des choses & des personnes. (Paisible nuit bêlas ! je ne demande que le repos que tu donne à tous. C’est un esprit fort paisible. L’Etat est fort paisible. 21 on, ne me parlez point de ces tièdes Amans Dont les paisibles cours riont nuls emportement. Mol.) f PAISIBLE, sc dit des animaux. ( Ce cheval est doux & paisible. Un agneau paisible. PAISIBLE, c Pacificus. ] Ce mot fe dit principalement en parlant des bénéfices , & veut dire, Qui n’est pas troublé dans fa possession: qui a possédé troisans, après lesquels on ne le peut plus troubler, & qui pour cela est apellé paisible posiesieur. II fe dit aussi des autres personnes qui ne sont pas troublées dans leur possession. [Souffrirez vous encor qu’un roc inaccessible D’un injuste ennemi Jbit d’azile paisible : Betoulaud. ] î Lieux paisibles. On apelle ainsi les lieux où il n’y a point de bruit, où l’on est en paix. (Nos bois paisibles, nos campagnes paisibles. -j: PAISIBLE, fe dit aussi des eaux qui ne sont point agitées. (Les eaux paisibles de nos étangs. La mer est paisible.) PAISIBLEMENT, adv. [ Sedato anima , tranquiUè. ] D une manière paisible. D’une façon douce & tranquille. La nature ne tend qu’à vivre paisiblement. t PAISSALER, ». a. [Palare, pedare.J Métré des paisseaux. Litez, Echalaffer la vigne. PAISSANT , adj. [De afcens .] Terme de Blason. Qui fe dit des vaches & brebis qui ont la tete baiílee pour paître. Votez Paître. t P AISSEAU, f. m. [Palus , pcdamentum.'] Ce mot ne fe dit que dans les Provinces, & en fa place on dit à Paris échalas. ê P AISSEAU, fe dit une espèce de serge qui se fabrique en Languedoc. PAISSOMME. Terme maritime. C’est un bas fond , où il y a peu d’eau. PAISSON,/ m - [ Radula .] Terme de Gantier & de Peaucier. Morceau de fer, ou d’acier délié qui ne coupe pas , fait en maniéré de cercle, large d’un demi pied, ou environ, & monté fur un pied de bois servant à déborder & à ouvrir le çuir pour le rendre plus doux. PAISSON , f. m. [ Glandaria vel berbarìa pastêa. J Glandée & autres fruits sauvages que îes porcs & autres bestiaux mangent à la campagne. (Les habitant ont droit de paisiim. , PAISSONNER , ». *. Terme de Gantier & de Peau. cìer. C’est étendre! & tirer une peau fur 1g paisson* C’est la tirer & l’étendre fur le paiffon. (Paiffonnet: une peau. PAÎTRE, v. n. [Pastere , prata pabularil} fjfe pais „ tu pais, il pait, nous paissons, vous paijfez, ils paissent, sfe paijfois , je paîtrai, que je paisse, paijfunt. Ce moï est un verbe neutre & défectueux. II fe dit proprement des bêtes, & veut dire manger. (C’étoient des chevaux de bagage qui paiffoient Ab L Rét. I. 1 . c. a. Mener paitre les pourceaux. Un grand nombre de pourceaux paiffoient le long des montagnes. Port « Royal, Nouveau-Testaraent, Hélas l petits moutons que vous êtes heureux, Vous paissez dans vos champs fans souci, sans alar* mes. Dcshoul. poésies. ) PAÎTRE , v. a. [ Herbemt pafieire. ] Ce verbe eii quelquefois actif. (Paître l’herbe.) {$ Saint Amant a abusé, ce me semble, de ce ter» me dans son Contemplateur : Vous qui gardez d’un foin st doux Le cher troupeau de vôtre maître Lui donnant , en dépit des loups , Le sacré pain de grâce à paître. L’Abé Régnier des Marais a dit dans une églogue: Son troupeau qui paijfoit, oublia à manger. Paître & manger , c’est la même chose ; ou si le Po*„ te a entendu parler d’un troupeau qui est dans le pâturage, & qui cherche à paitre, il a péché contre I» justesse. PAÎTRE , ». a. [Abigere pecus. ] Ce verbe est toujours actif lorfqu’il signifie mener paître. Faire paître. (Voyant un vainqueur des jeux Olympiques paître dss troupeaux, il dit. Ablanc. Apopb. p. 140 . C’est par lui que laissant fur le haut des coteaux Paître nos paistbles troupeaux , Nous ne craignons point le pillage Pendant que loin de nos hameaux. Tout respire l’horreur , le sang ssi le carnage. Poët. anon. ] PAÎTRE un oiseau. [Avem alere.'} Terme de Foui connerie. C’est lui donner à manger. * PAÎTRE , ». a. [ Pastere. J II fe dit au figuré, K signifie enseigner & conduire. Jesus-Christ dit à saint Pierre , Puisiez mes agneaux , paissez mes brebis. Port. Royal, Nouveau-Testament. ) f Envoyer paître quelqu’un. Aliquem foras quatire. J C’est-à-dire , chasser une personne , l’cnvoyer promener comme un sot. * Allez paître de Fherbe. C’est, allez-vous promener, vous n’êtes q u’une bête, Sar. pots. £§ Et je les staist peu cbo'ier, Que celles que je méne paître , M’y devraient moi-même envoler. Se paître, v. r. [ P asti. j Se nourrir. (Les corbeau* fe paissent de charognes. Les bons oiseaux se paissent sur le vif.) * Se Paître d’imaginations , de chimères , de vent. s Vana meiUtari. ] C’est-à-dire, entretenir son esprit, & se mourrir de choses vaines & peu solides, & d’eC. perances mal fondées. PAîTRIN ,sm.[ Pistrinum, Maêîra. ] Ternie de Boulanger. C’est une sorte de grande huche où les Boulangers de Paris & d’autour de Parts font le pain. (Un grand ou petit paîtrin. ) PAîTRIR, v. a. f Faririam fubigere. J Faire de la pâte pour en faire ensuite du pain. (On paîtrit la farine avec de Peau, en la remuant & la mêlant long- terns. Paîtrir la pâte pour faire du pain. II faut encore paîtrir cela davantage.) On dit aussy, paîtrir l’argile pour faire des ouvrages de terre. [Argillam depstre. ] f On diroit que le Ciel l’a paîtri d’autre limon que moi. Destreaux, Sat. * Etre paîtri d’ignorance & de vanité. C’est être sot & vain. II est des âmes paîtries de fange & de boue, qut ne sont éprises que du gain & désintérêt, [Terrent anima. 3 La Bruy. PAIX ,s f [ Bax. ] Tranquillité publique. Ce moî n’a point de pluriel, í Offrir, conclure, faire la paix * Tome IIL B ^ 10 PAI Abl. Rit . /. Rompre la paix, Abl. Rit* L ?. Donner la paix à toute l’Ëurope. Acheter la paix. Vivre en paix. Entretenir la paix. Charmante paix, délice de la terne , Fille du Ciel [fi tnere des plaisirs , Revenez combler nos désirs . Racine.) PAIX, Repos. Douceur. Tranquillité d’esprítct de vie. [Tranquillisas, concordïa. Elle nourrit dans son sein une paix éternelle. Tçfireaux, Lutrin. Ainli qu’en ces beaux lieux la paix régne en mon cœur.) * PAIX. [Prw, réconciliation Réconciliation. Elle consiste à se remettre bien avec quelqu’un. (.Faire la paix avec quelqu’un. Voit. I. g. * Vnepaix fourrée, ou plâtrée. [Pax filial] C’est-à- dire, qui n’est faite qu’en apparence & pour untems, dans le dessein de recommencer la guerre à la premiers occasion favorable. [Vivre avec son Iris dans unt paix profonde, Et ne compter pour rien tout le rejle du mande. Mademois. de Scudery.J í PAIX, sc dit de la concorde & de la tranquillité qui est dans les familles. (La paix régné dans cette maison. 11 ne peut vivre en paix avec fa femme. Entretenir la paix dans la famille. Nous vivons en paix. Notre maison est une maison de paix.) Ange de paix. C’elt un homme qui porte toujours les esprits à l’union & à la concorde. 11 a toujours «té uri Ange de paix.) ^ Laisser quelcun en paix. C’est ne le molester plus, íie l’importuner plus. (Laissez nous en paix. 11 s’est lassé de me tourmenter, il me laisse en paix.) f PAIX, sc dit populairement, pour calme, silence, éloignement du bruit. (Nous sommes ici bien en paix. Je vis fort en poix dans ma solitude.) £ * Laijferles morts en paix. C’est ne point parler mal d’eux. (Laissons les morts en paix.) H * Lie donner ni paix ni trêve à quelcun. C’est ne lui donner aucun relâche, le presser continuellement. (Je ne lui donnerai ni paix ni trêve, jusqu’à ce qu’il in’ait rendu justice.) PAIX. Terme d ’ Eglise. Maniéré de petite plaque legére, d’argent ou de vermeil doré, qui a une poignée par derrière, 5í au milieu la figure de Jésus-Christ, ou de quelque Saint, que le Diacre, aprés Y Agnus Dei de la Messe, donne à baiser au Célébrant, ensuite au Soû- diacre & à l’Acolite pour la faire baiser aux autres Ecléliastiques & au Peuple. (Baiser la paix avec respect. Quand Je grand Aumônier se trouve à la Chapelle, il fait baiser la paix au Roi.) * PAIX. [Pax sit, filete, favete linguis.] Sorte d’ad-. verbe dont on se sert pour faire taire ; pour prier ou pour commander qu’on ne fasse point de bruit & qu’on n’interrompe point. Le mot de paix en ce sens veut dire silence. (Paix-Jà, paix-là, je vous prie, Messieurs.) 0" Baile raconte cette histoire qu’il assure véritable. Un jeune Avocat, fils d’un Huissier, résolut un jour, avec quelques-uns de ses amis, d’aler dîner chez Mr. le Prélident de Mesrnes , & d’empêcher le parasite Montmaur de parler. Dés qu’il parut, l’Avocat lui cria , guerre, guerre. Vous dégénérez bien (lui répondit Montmaur) car vôtre pere n’a fait que crier paix. là , paix.là. Le même Montmaur étant à table avec plusieurs personnes qui faisoient beaucoup de bruit, Hé, Mejjkurs (leur dit-il) un peu de silence, on ne fait ce qu’on mange. Cela donna lieu à faire cette épigramme : Gomor étant à table, avec certains pedans (su criaient [f prêchaient trop haut fur la vandange, Lui qui ne songe alors qu à ce que font ses dents , Paix-!à, paix-là [dit il) ou nesçait ce qu on mange. t PAIX, s. f. ' Le peuple appelle de ce nom un os plat & large, qui forme l’épaule d’un mouton , d’un veau, &c. Les Anatomistes, parlant du corps de l’hom- me, appellent cet os omoplate. PAL , s m. [Palus] Ce mot est un terme de Blason. C’est une piéce qui se tient perpendiculairement droite, & qui partit l’écu en long depuis le haut juR qu’au bas. (II porte de íìnopleàun pal d’or. II porte d’argent à deux pals de fable. Col.) PALADIN, / [Eques errabundus.] Chevalier errant de la table ronde. (Les anciens sont fameux. PAL Lui qui presque semblable a ces fiers Paladins Qui parcouraient toute la terre, Enleve à des Geans envieux [fi mutins Non de libertines infantes , Mais en chemin faisant, des Places importantes. Deshoul.) (f PALADINS. C’est ainsi que l’on apelloit autrefois ces fameux Chevaliers écrans, qui cherchoient des ouations pour signaler leur valeur & leur galanterie. Les combats & I amour étoient ieur unique ccupation ; & pour avoir un juste sujet d’insulter les Chevaliers qu’ils rencontroient, ils se proposoient de publier que leur maîtresse étoit la plus belle personne qui fut au monde, & d’obliger ceux qui n’en conviendroientpas volontairement, de l’avoiier , ou de perdre la vie. On dit que cette manie commença de regner dans la Cour d’Artus, Roi d’Angleterre, lequel recevoit avec toute sorte de courtoisie & d’agrément les Chevaliers de son Roïaume, & des païs étrangers, lovsou’ils s’é- toient aquis par leurs combats la réputation de brave Sc de galant Chevalier. Lancelot étant arrivé dans la Cour du Roi Artus, devint amoureux de la Reine Ge- nevre, & se déclara son Chevalier; il parcourut toute l’Isle ; il livra divers combats, dont il sortit victorieux , & se rendant ainsi fameux par ses faits guerriers , il publia la beauté de fa maîtresse, & la sit re- connoître pour être infiniment au-dessus de toutes les antres beautez de la terre. Tristan, d’un autre côté» amoureux de la Reine Morte, publioit de même les beautez & les grâces de fa maîtresse, avec un défi à tous ceux qui n’en conviendroient pas. Les exploits de ces deux Chevaliers s’étant répandus dans le monde, l’émulation & l’envie d’aquerir de la gloire, mirent aux champs plusieurs autres Chevaliers, à qui l’on donna le titre de Chevaliers errons, & de Pal a. dins, parce que dans le commencement ils se refer- roient, après de longues courses, dans le palais du Roi Artus, où ils étoient régalez pour les délasser de leurs fatigues ; & comme la table fur laquelle on leur donnoit à manger, étoit ronde, on les apella aulïì Chevaliers de la Table ronde. Les avantures fabuleuses de ces Chevaliers ont fourni la matière à une infinité de Romans en prose & en vers, qui sont encore recherchez par quelques curieux , plûtòt à cause de leur antiquité, que par une curiosité raisonnable-. PALAIS, / m. [Palatium, domusregia.] Bâtiment magnifique propre à loger quelque Roi ou Prince. (Bâtir un superbe, un magnifique Palais. Abl. Luc, Bâtir en mille [fi mille lieux Te superbes Palais, des Temples vénérables , Tes Forts , des Places imprenables. Bosquiílon.) PALAIS Reliai. Ç Domus Augufia. ] C’est une belle, maison dans la rue S. Honoré, où logeoit Monsieur d’Orléans, Neveu du feu Roi, ct qui a été Régent du Roïaume. PALAIS Cardinal. [Domus Cardinalis ] C’est la maison qu’on apelle aujourd’hui Palais Royal, & où logeoit autrefois le Cardinal de Richelieu, qui à cause de cela s’apelloit Palais Cardinal. Balzac a repris autrefois cette façon de parler , Palais Cardinal. Elle est contre les régies de ia Grammaire, on l’avouë, mais elle est de l’usage, & c’est tout dire. PALAIS d'Or/eans. Belle maison avec un jardin, qui est située au Fauxbourg S. Germain, où demeuroit Mademoiselle de Montpensier. On i’apelle Luxembourg. t * PALAIS. [Domus superba [fi magnifica.] Maison belle ct propre. (Sa maison est une maison enchantée , on diroit que c’est un petit Palais.) PALAIS. [Forum, Curia, Bajìlîca.] C’est un bâtiment grand ct vaste, divisé en plusieurs chambres, où font distribuez Messieurs les Prélìdens, Maîtres des Requêtes & les Conseillers pour rendre la justice aux particuliers. (Le Palais est beau & grand. Pour augmenter l’effroi, la discorde infernale Monte dans le Palais, entre dans la grand’sale. Despr.) * PALAIS. Ce mot est un peu figuré dans plusieurs façons de parler. (Se mettre au Palais. Mourir de faim «h Palais. C’est-à-dire, ne rien faire dans la pro- feffion PAL session d'AvtìCát. Bloudèau crote sa robbe au Palais, G’est-à-dire, n’y fait rien. Pour faire quelque chose aXi Palais, il faut dormir entre les bras de la fille d’un bon Procureur. * Le Palais n’enrichit aujourd’hui personne. C’eft-à-dire, la profession d’Avocat n’est plus ce q u'elle éroit autrefois, & on n’y fait que rouler.) On dit, gens de Palais, l'ufage de Palais, le stile rer qu’il aura là du fer pour plus de cinq ans; & ,, que ses Bergers & ses Laboureurs ne seront pasob- „ ligez de quiter leurs troupeaux & leurs labourages ,, pour en alcr acheter à la ville, parce qu’ils en au» ,, ront abondamment. “ Je ne puis comprendre com» ment Mad. Dacier, dont je viens de raporter la traduction , a pu trouver dans ce récit les beautez & les grâces qui l’ont fi fort charmée : un disque de fer rude & informe, est le prix du plus adroit & du plus vigoureux : ce prix est présenté au milieu de tout ce que la Grèce avoit de grands hommes, & tout 1e mérite de la victoire consiste dans une quantité de sel assez considérable pour fournir pendant cinq ans aux besoins de la culture des champs les pius étendus & les plus vastes. Aîais arrétons-nous ici, de crainte de nous attirer ce grand nombre de partisans de l'antiquité , & passons auX Latins , qui se sont divertis au jeu du palet, que Martial a décrit dans ces deux Vers, lib. 14. Splendida cum volitent Spartani pondéra difei , HJìe procul pueri , Jit J'emel iUe nocens. Virgile nous en fournit aussi plusieurs exemples ; & Pave rti dément de Martial aux jeunes gens à qui il défend de s’aprocher, a pour fondement Favanture funeste d’Hiacinte , dont voici l’Histoire, selon qu’O- vide nous la raconte. Apollon éperduëment amoureux d’Hiacinte , fit une partie pour jouer ensemble au palet : Apollon commença le jeu, & il jetta son palet si haut, qu’il perqa les nuées & demeura lóng- tems en Pair» Hiacinte s’avança imprudemment pour le relever; mais le palet, du bond qu’il fit, frapa si fort au visage le pauvre Hiacinte , qu’il sut renversé par terre » du coup qu’il reçut. Apollon le releva, le cœur percé de douleur; il essuïa sa plaie; il emploïa tous ses secrets pour le guérir : mais il ne pût lui conserver la vie; & pour réparer, en quelque maniéré la rigueur de la destinée du pauvre Hiacinte, il lui promit de le transformer dans une nouvelle fleur qui exprimeroit Fexcès de fa douleur. PALETOT, / m - Sorte de manteau ou habit de gens de guerre. 11 y en a qui disent que c’est un juste-aucorps d’étoffe grossière & fans manches, qui ne vient que jusqu’aux genoux, & dont sont vêtus les païsans, principalement en Espagne. Acad. t'r> PAL PALETTE , ou paléte , f f. [ Palmula ïufiria. ] Maniéré de petit batoir rond , dont on se sert sort- qu’on joué au volant, pour recevoir ou jetter le volant. (Une jolie palette.) . PALETTE. tParva fcu'ella. J Sorte de petite fat), bière d’étaín-, ou d’argent » pour recevoir le sang de ceux qu’on saigne. (Ces palettes sont fort bien faites.) PALETTE, Ce mòt èn parlant de saignée, signifie le sang qui est dans la palette. (Quand le Médecin aura vû ees palettes, on les jettera. (II signifie aussi plein la palette. (Combien faut il tirer de sang à Monsieur, deux, où trois palettes? On lui a tiré troie bonnes palettes de sang.) PALETTE. [’Palmula atramentarìa.l Instrument de Fer en manière de fort petite palette de fer, dont on se sert dans les Imprimeries pour rélever í’ancre. PALETTE, t Palmula. ] Espèce de petite pelé de Fer, dont les forgerons se servent pour tisonner ieùt feu. PALETTE. [Patella!} Terme $ Anatomie. L’os plat qui est sor le genou, PALETTE. Terme de Peintre. Petit ais délié & uni, où les Peintres mettent leurs couleurs lorsqu’iîi travaillent. PALETTE. F Palmula. pìllorià. J Terme de Direur fur bois. C'est un tuyau de plume, au bout duquét il y a du poil, & dont on se sert pour coucher lei feuilles d’or fur le bois. PALETTE. [ Palmula.ii Terme de Doreur fur Cuir » C’est un outil de fer emmanché de bois, donc ôn sit sert pour faire de petits omemens au bout des derniers filets du dos, de la tête, & de la queue des livres. PALETTE aux nerfs-. Terme de Doreur fur cuir » Instrument de fer à manche de bois pour pousser lei nerfs. PALETTE. Ternie de Dorèur fur cuir. Petit ornement à un ou à plusieurs filets, ou de quelqu’autré maniéré semblable, qu’on pousse quelquefois fur 1e dôi des livres, au haut & au bout de chaque bouquet» (Pousser Une palette.) PâLEtÍR, parleur , f. f. fPallorl} L’uft & F autre s’é» cri t, mais il ne faut pas prononcer Fr. Couleur pâle» Certaine blancheur fade & morte que la peau fait pa» ïoître fur le visage de certaines personnes. C’est aul2 Une certaine blancheur fade & dégoûtante qui est naturelle à Certaines gens, ou qui leur vient de quelque maladie. (Une grande pâleur. Une pâleur dégoûtante, fâcheuse, chagrinante. Causer de la pâleur» Oter, chasser la pâleur. De mon teint -abattu la mortel!* pâleur Te dira mon amour fans blejjhr ma pudeur-. La Suze, Poëf.) PALfcZ. VoïeZ Paies. PALIATÌF»p«F«títôèé> ach'. fÈ.emedìtíìïi Aemtílcensì% Terme de Médecine , Remède paliatif. Cure paiiati» ve, c’est-à»(lire > qui he guérit le mal qu’en apparence, & ne fait que Fadoucir. PALlATlON, palHution , f f. ( Fucus) dissimula* ■tio..] Couleur adroite & ingénieuse dont on se sert pour faire voir q u'une chose qu’on croît méchante, 01* défendue ne i’elt pas. (Ne soffisoit-il pas d’avoir permis aux hommes tant de choses défensluës patleSfn- liations que vous y apportez ? Pafc. l. to. PALIER, ou pallier , v. a. [Colorare , cAttfam dbten» dere.J Couvrir ingénieusement. Donner quelque couleur à une chose , afin qu’on la voye tout d’une autre sorte qu’elle n’est véritablement , afin qu’on ns découvre pas ce qu’elle a de méchant, de pernicieux & de fâcheux. (De quelque maniéré qu’ils palíent leurs maximes, elles ne vont qu’à favoriser les Juge* corrompus. Pajï\ 1. 8» PALINGLNESIE, f f t^oaus orius.j Passag* de Famé d’un défunt dans un autre corps. C’est presque la métne jebose que la Métempsicosc des Pitagoti» ciens. PALINOD, ou palinot -, f m. Espèce de Poésie qu’on fait en l’honneur de la Vierge à Caën, à Rouen & à Dieppe. 11 n’y a que les Ecoliers & les média- cres Poètes qui fassent des palinots, PALINODIE ■,/ /. [Palinodia.] Mot qui vient du Grec, & qui veut dire désaveu de ce qu’on avoit dit, chant contraire au prémier ; la palinodie est uns ’ L % ">rt« 14 PAL forte de poème qui contient une rétractation en faveur de la personne que le Poète a offensée. On dit que le Poète Stelicore est le premier Auteur de la palinodie. Horace a compose une palinodie qui commence , ô niât re pulchrâ jïlia pulchrior. Je n’ai trouvé le mot de palinodie parmi nous que dans les poésies de Tristan l’hermite. Desinarets dit auflì ! chante donc la palinodie, cher paradoxe de mes sens. •f * Chanter la palinodie* [A Jì dicta revocare.] L est se rétracter. Dire autant de louanges qu’on avoit dit d’injures. Voïez, si vous voulez, là-dessus Scaliger, Poétique, l, 5. c. i r;. , PàUIR, paslìr, V. ». [Expallefiei-e.] L'un & 1 autre s’écrit, mais il ne faut pas prononcer l’r dans le mot pâlir, parce qu’elle ne sert qu’à faire longue la syla- fce oír elle se trouve. Pâlir signifie devenir pâle. (La moindre chose qu’on lui dit d'un peu fâcheux le fait pâlir. II pâlit à la Vûë d’une épée nuë.) La crainte qui fait rougir est plus excusable que celle qui fait pâlir ; celle qui fait rougir naît de la pudeur, & d’une honte modeste : & celle qui fait pâlit témoigne que tout le sang se retire au cœur pour en soutenir la foiblefise. M. de Scud. * Le plus affreux péril n’a rien dont je palisse. Racine, Iphigenie , ací. fi. tfc pâlis , jt frémis quand moi douleur cruelle Me reproche en secret que sainte une infidtUe. (Marigni rec.) H l’àLIR, est aussi quelquefois actif, & signifie rendre pâle. (Cette maladie l’a beaucoup pâli. Le Vinaigre pâlit les lèvres.) r ALLIATION , pallier. Voïez paliation & palier flus haut. f PALIS, f m- [Palus.] II fe dit des pieux qui font plantez pour faire quelque clôture. II y en a qui disent palée. PALISSADE, f. f. [Palorumdefixorum ordo. Terme de Fortifications C’est un rang de pieux pointus, & plantez tout droit, près à près dans les travaux de terré. (Garnir les endroits foibles avec des fraises & des palissades. Les palissades doivent être ferrées, de forte qu’il n’y ait de l’espace entr’elles que pour passer un mousquet, ou une pique. Les Forts ne font pas mieux traitez , Le Marquis me fait voir qu’ils font tous deux rejiex Sans palissade N J'am défense. Abé Régn. voyage de Munik.) PALISSADE. (XVrrM arborum micro applicitarum ] Terme de jardinier. Arbres qui font face de deux cotez, bordant ordinairement une allée ; & la séparant de quelque parterre. (Palissade haute. Palissade basse. Palissade d'apui. Affermir une palissade. Mettre en palissade.) PALISSADER, v. a. [Vallare locum .] Terme de For- tfication. Mettre des palissades en quelque endroit qui peut être emporté d’emblée. Planter des palissades aux postes foibles & dégarnis. (Palissader une berme, un parapet, la gorge d’une demi-lune, &c.) , PâLISSANT, ante , adj. [Expalkscens.] Qui pâlit. Les sorciers fe vantent de rendre les astres pâhf- fans par leurs charmes. PALISSER, ». a. [Protendere fipemfigeti.] Terme de jardinier. Attacher des arbres contre une muraille avec des lisières de drap, ou des morceaux d’é- guillette de cuir de chien, ou de chamois, attachez avec de petits doux fur des chevilles misés entre les joints de pierre , ou fur des morceaux de chêne mis dans la muraille lorfqu’on la fait. (Palisser des arbres. Arbres palissez contre une muraille. S'il lui falloit toujours, comme moi s'exercer, Labourer , couper , tondre , applanir, palisser. Despr.) T fPAUSSON, qu’on nomme aussi Pinçon , f. m. Instrument de fer plat & poli, planté de bout dans un pieu , dont les chamoiseurs fe servent pour ouvrir les peaux, c est-à-dire pour les rendre plus môles & plus maniables, en les passant les unes après les autres fur cet instrument. PALIURE s f. m. [Paliurus.] Arbrisseau dont les rameaux sont épineux, f Les feuilles & les racines de cette plante font astringentes. Sa semence adou- cit les acretez de la poitrine, elle excite surine, elle est emolliente « résolutive. PAL PALIXANDRE > f ni. Espèce de bois violes propre au tour & à la marqueterie. Le pins beau est celui qui est le plus plein de veines, tant dehors que dedans, & qui a le moins d’obier, (§ PALLADIUM, le mot est Grec, Latin, Sc François. C’étoit un bouclier fur lequel on voyoit la figure de la Déesse Pallas, & à qui la superstition Pa- yenne accoutumée à se faire des Dieux, avoit attribué la destinée des Villes & des Empires, on dit que Dardanus, Fondateur de la Ville de Troye, enferma ce bouclier avec les Dieux Pénates dans le Temple de Veíla qui fut en grand crédit parmi les Troyens, qui s’ima- ginoient que la durée de leur Ville dépendoit de la conservation de ce bouclier. Cependant ni le Palladium, ni les Dieux Pénates, ne purent pas empêcher qu’après un long siège, Troye ne Fût entièrement détruite par les Grecs. Enée éveillé par la frayeur d’un songe, où Hector, après lui avoir annoncé la ruine de fa Patrie, il lui conseilla de chercher Un asile, en lui disant qu’il seroit Fondateur d’un grand Empire, eut à peine le tems de prendre son Pere fur ses épaules, le Palladium & la Deesse Vesta d’une main, & son cher Ascagne de l’autre , & de se sauver au travers des flammes jusques au bord de la mer où il s’embarqua avec les tristes dépouilles de sa Patrie, & il aborda après avoir souffert tout ce que la fureur de Junon pùt inventer pour le faire périr, au port de Lavinium ; on y déposa dans un Tem, pie le feu sacré & le Palladium, pour servir de gages de fa fidélité, & de garands de la faveur des Dieux, l’un & l’autre furent ensuite transportez dans Albe, & enfin dans Rome, où l’on établit les Vestales pour garder avec soin ces deux choses. La ruine de Troye étoit une preuve certaine de leur foibleffe, niais ce fut pour cacher au Peuple l’impuissance du feu sacré & du Palladium, qu’on en défendit la vùè. Fi u Pique afiefía virorum Pallas ìn abfiruso pignus memorabile Templo, Nous en dirons peut-être davantage en parlant des Vestales. PALLAS,/ / Déesse, autrementappelléeMinerve. [Pallas, Miner va.] Elle étoit fille de Jupiter, & les Poètes ont feint qu’elle étoit sortie toute armée de son cerveau. C’est pour cela qu’on la regarde comme la Déesse de la guerre. PALLIUM , f m. [Pallium superhumerale.] Terme d 'Eglise. C’étoit dans l’aneienne Eglise un habillement semé de croix qui couvroit tout le corps depuis le cou jusqu’aux talons, qui étoit fans manches, & n’étoit ouvert que par en haut & par le bas. Le pallium dans la Grèce étoit commun aux Evêques, Archevêques Sc Patriarches. Mais aujourd’hui le pallium ne fe donne qu’aux Métropolitains. C’est une bande large de trois ou quatre doigts, chargée de croix noires , Sc attaché d’un rond qui se met sur les épaules par dessus les habits pontificaux, & duquel pendent deux morceaux longs d’un pied, l’un par devant, & l’autre par derrière. Le pallium represente Jesus-Cluist qui est le Pasteur Eternel. On croit que le Pape a donné le premier le pallium aux Métropolitains. Les premier des Evêques de France qui a reqù le pallium, fût Vigile, Archevêque d’Arles, afin d'avoir la préséance sur les autres Évêques; & ce fut en fa faveur que ChildebertII. écrivit au Pape S. Grégoire. Tertullien marque quel e pallium étoit l’habit que por- toient autrefois les Chrétiens. PALLIUM. Le terme est Grec, Latin, & François. 11 lignifie naturellement un manteau, & l’on a de la peine à comprendre pourquoi on a donné ce nom à un simple ornement archiépiscopal, qui ne reff semble aux manteaux des Grecs, des Romains, & des autres Nations, qu’en ce qu’on les porte fur les épaules. Le pallium est une espèce de cercle, ou de tôlier, fait d’une laine blanche d’agneaux, semé dé croix de soie noire, que les Archevêques portent lors qu’ils oficient pontificalement ; on le place fur leurs épaulés , & on l’atache avec quatre épingles de diamant; il a deux pendans, l’un fur l’estomac, & l’au- tre fur le dos de l’Archevêque. j’ai déja dit qu’il est fait d’une laine d’agneaux , laquelle on bénit dans la chapelle de Sainte Agnes à Rome, le jour de fa fête ; les Soûdiacres Apostoliques , qui font des Oficiers du Pape, aui nombre de cinq, uns PAL Ont été chargez du soin de cette bénédiction, & de ia fabrication des paliiums ; ils a secte n t de passer, en alant à !a chapelle de Sainte Agnès , devant le Vatican, d’où le Pape bénit les agneaux, qui font portez fur un cheval, dans deux paniers; & après avoir été bénits par le Prêtre qui ofìcie ce jour-là, on les remet à deux Chanoines de l’Eglise de Saint Jean de La- tran , qui les donnent aux Soûdiacres Apostoliques, lesquels les nourrissent dans un pâturage particulier, juss ques à ce que l’on tonde leur toison , dont on fait ensuite les paliiums. II y a aparence que l’onachoist le jour de ia fête de Sainte Agnès pour cette bénédiction, à cause de la pureté & de l’innocence des mœurs de cette Sainte, dont l’agneau est le véritable simbole. Depuis que \e pallium a été introduit dans P Eglise, fa matière a toujours été la même : mais la forme a changé de tems en teins. La solennité de la bénédiction est aussi fort ancienne ; elle fe fait fur le petit autel de Saint Pierre, où on laisse les paliiums pendant une nuit. Le pallium marque la plénitude de la jurifdiction du Métropolitain ; il n’ajoûte rien au pouvoir de l’ordre ni à la consécration de l’Archevê- q.ue : mais il le met en droit de faire toutes ses fonctions, comme d’ordonner les Clercs, de tenir des Si- nodes, de consacrer le Saint Chrême ; &, jusques à la tradition du pallium, il lui manque un pouvoir de jurifdiction, fans lequel il n’est point parfaitement Archevêque. On donne plulieurs sens mistiques au pallium. II est fait (dit-on) avec de la laine, & le Métropolitain Je porte fur ses épaules, pour marquer qu’il représente ce bon Pasteur qui porte dans ses bras la brebis qui s’étoic égarée. Le Pape Innocent III. prétend que la laine dont le pallium est fait, marque la sévérité de la discipline que l’Archevêque doit exercer; & la couleur blanche fait connoitre l’adoucissement de cette'rigueur selon les occasions; & fa rondeur nous enseigne la persévérance dans les bonnes actions, qui ne doivent jamais être interrompues. Les deux parties du pallium, qui font pendantes devant & derrière, aprennent au Métropolitain, qu’il doit ctreégalement instruit dans l’une & dans i’autre Loi ; & quant aux croix, leur disposition lui fait connoitre les vertus chrétiennes qu’il doit pratiquer ; celle qui est fur l’estomac, signifie la justice que le Prélat doit avoir incessanment devant les yeux; celle qui lui est opofée, signifie la prudence avec laquelle il doit gouverner son troupeau; & celles du côté gauche & du côté droit, marquent la force dans les adverfitez, & la modestie dans la prospérité. Enfin les épingles de diamant ra- pellent le souvenir des clous de la Passion de JE- SUS-CHRIST , & font aussi connoitre l’atache indissoluble du Prélat à ses devoirs. Le Pape est fondé dans le droit exclusif de donner le pallium aux Archevêques, & par le Concile de Latran tenu fous Innocent III. en i2iç. il fut ordonné que les Patriarches de Constantinople, d’Alexandrie. d’ântioche, & de Jérusalem, après avoir reçu le pallium du Pape , pourroient le donner à leurs Sufragans. Régulièrement, le pallium est réservé aux Archevêques : mais par une grâce particulière , il y a des Evêques à qui cet honneur a été acordé, & dont les Successeurs ont joui , & jouissent encore. L’Evêque d’Autun en France, est de ce nombre ; & nous lisons parmi les Lettres de Saint Grégoire le Grand, celle par laquelle il acorda à Siagrius, Evêque d’Autun, l’honneur du pallium , comme une récompense de ses vertus, & du foin qu’il prenoitde son troupeau: & quoique cette raison semble rendre le privilège personnel , néanmoins les Evêques d’Autun s’en font fait un titre pour l’obtenirdu Saint Siège. PALMA -CHRIST! , / m. [ Cataputia ma j m. ] C’est une plante qui monte fort haut, & qui porte des fleurs & des fruits couverts d’une couverture pleine de piquants. On l’apelle aussi ricin. PALMAIRE, adj. [Palmarius .] Terme à'Anatomie. Muscle qui prend son origine de l’apophise interne tk. inférieure de l’os du bras, & qui va s’infererà la peau de la paume de la main, Acad. Fr. PALME,/ / [Palma.] Petite branche de palmier. (Une petite palme. On porte des palmes à la procession du Dimanche des Rameaux, en mémoire de Rentrée de Nòtre-Seigneur à Jérusalem.) Ce mot de palme sc dit aussi souvent de i’arbre qu’on a- pelle palmier. * PALME. [Palma vìEiorìa.] Ce mot au figuré signifie victoire, honneur, graee. (Célébrons cette palme PAL j- qui nous invite à chanter, Sar. poés Une palme K vulgaire n’est pas pour un tel champion , Voit. pois. Muscs, à vos soins immortels il consacre ses palmes* Segrais . Egleg. 7.) ’ ís Les Poètes saisissent avec plaisir les termes de Palmes, de Lauriers, toutes les fois qu’ils doivent parler de la victoire. Malherbe dans son Ode à la Reine Mere. Et puisque selon son dessein 11 a rendu nos troubles calmes , S’il veut davantage de palmes Qu’il les acquière en vôtre sein. Et ailleurs : J’honore tant la palme acquise en cette guerre. Et ne différez plus les palmes Qu’il brille de vous acquérir. Acquérir des palmes n’est pas fuportable ; la palms dans ces médaillés marque la victoire. Mr. Ménagé a dit: Quel Amant fit jamais une telle conquîtes Myrtes, palmes, lauriers, venez ceindre ma tête s Eloignez vous cyprès, je goûte en ces bas lieux Les delices des Cieux. Si Malherbe avoit vécu du tems de M. Minage, il au- roit pû prendre fa revanche , & le chicaner fur leo couronnes de palmes que l’on voit rarement, c’est un arbre que l’on ne manie pas comme le myrte & le laurier ; & c’est par cette raison que l’on voit dans ies médailles & dans les tableaux une branche de palmier dans la main du Héros qui l’a mérité ; mais oa n’en voit jamais fur la tête. PALME , / m. Ce mot vient du Latin palmus. Terme de Géométrie pratique. C’est une mesure de Retendue de la main, il contient neuf pouces. On l’a. pelle ausli un Empan. f PALMER les égutUes. C’est les aplatir avec un marteau fur l’enclume par le bout opofé à la pointe, pour commencer à en former le chas, ou le cul. PALMETTES » / f. [PaìmuLe.] Terme d 'Archi* tellure. Petits ornemens qui se taillent fur quelques moulures, & qu’on apclle ainsi, parcs qu’ils font faits en manière de feuilles de palmier. Acad. Fran. PALMIER , fi. m. [ Palma. ] C’est l’arbre qui porte les dattes , qui est beau & grand , qui a le tronc droit & rond, mais l’écorce toute raboteuse. 11 ne jette point de branches qu’à la cime, & elles ont le bour tourné contre terre. Ses feuilles font longues, & en façon de roseaux, & ses fleurs blanches ata- chées en forme de grapes de raisin. Le palmier est toujours verdoïant, fleurit au printems, & son fruit est mûr en automne. II y a un palmier mâle, & un palmier femelle. II y a outre ce grand palmier une autre sorte de palmier , qu’on apetle le petit palmier. Celui ci n’a pas plus d’une coudée de haut. 11 a les feuilles semblables à celles du grand palmier, & la partie la plus près de fa racine, est pleine d’un gros germe rond qu’on apelle cervelle de palmier, Dul. I. 1. c. 28. (Le juste fleurira comme le palmier, Port Royal, Pj'eaumes.) PALMISTE, / m. C’est le nom qu’on donne à quatre diférentes espèces de palmiers qui croissent dans les Isles Antilles, Acad. Fr. t PALMITES,/ m. Espèce de palmier des Indes, dont le tronc est fort gros & les feuilles fort longues. Son fruit est un peu plus gros qu’un pois, dont on fait des chapelets. PALONNEAU,/ m. [Palanga traHoria.] C’est un morceau de bois plané, long de deux pieds & demi ou environ, au boutduquel on met des traits pour tirer le carosse, ou quelque a fut d’artillerie. (Mettre les traits dans le palonneau.) £ L’Académie ditpalonnier. f PALOT , adj. & f. m. [llujhcus, agrejiis.] Ce mot est vieux, provincial & bas, & lignifie lourd, grossier, rustique. (C’est un gros palot.) PALOURDES. Palourde, / fi. [ Cbanuepeloris. j Espèce de coquillage de mer. PALPABLE, adj. [TraHabilis,jub taiiurn cadens.j Sensible. Qui sc voit & qui se connoît par le sens. (Cela est palpable, Ablancourt. Suposition palpable, Patru, plaidoyé 1 ;.) f PALPABLEMENT, adv. Evidemment. (Je lui ferai voir cela palpablemcnt.) f PALPITANT , adj. part. Qui palpite. (Un cœur palpitant, entrailles palpitantes.) PALPITATION./ / í Pulpìtatio. J Dilatation K 16 PAL & secousse soudaine & contre nature des parties molles d u corps par l’efforc d’une vapeur, ou d’un vent qui cherchant à sortir ; & ne trouvant point d’issuë, éleve ces parties molles d u corps, & les fiait bondir à proportion de la force de son impétuosité. (Palpitation fâcheuse & incommode. ) PALPITER ,*.».[ Palpitare , micaire. J Ce mot se dit principalement du cœur, & signifie remuer vite & continuellement. (Quand un animal est fraîchement tué, & cju’on tiré son cœur dehors de son ventre, son cœur palpite encore. Quand certain direcleur parle à sa Sunamite, Je voudrais bien savoir pourquoi son cteur palpite ? Palpiter, eíl ce un mal ? il vient de charité. Oki : mais le caur de Paul a-t-ìl tant palpité ? Sanlec. ) PALTOQUET, / m. Homme qui a Pair & les manières rustiques & païfitnnes. (C’eit un vrai paltoquet. LE PALUS MEOTIDE, ou la palus Méotide . £ Palus Mœotìs. J Monsieur le Président Cousin , Histoire Romaine, p. $69. écrit. (Comme lesSeites avoient passé en ce tems-Jà la Palus Méotide & le Phare, Tacite fondoit fur eux. ) On croît que si on avoit à exprimer la même chose que Monsieur Cousin, il fàudroit dire au pluriel les Palus Méotides, & que même il se- roit mieux de dire U Palus Méotide, que la Palm Méo - tide. Ceux qui jugent charitablement, disent que la T ains Méotide est une faute d’imprellion. On dit en burlesque le. itygien Palus, pour dire l’enfer. PâME'. Terme de Blason, A gueule beante, il se dit du Dauphin d’Auvergne fans langue, pour le distinguer du Dauphin Viennois. II fe dit aussi de l’Ai- gle qui n’a point d’yeux. PâMER, ou pasmer, v. ». £ Animo deficere , linqui. 3 L’un & l’autre s’écrit , mais on ne prononce pas fr dans pasmer , elle ne sert qu’à montrer que la fylabe où l’x té trouve est longue. Pâmer signifie défaillir. Tomber en pâmoison. (Auz yeux de sa belle maîtresse Il pâmit de tnjiejse. Ségrais, Eglogue ;. On se Jbit à ces vers jusques au fond de famé Couler je ne f ai quoi qui fait que l’on ft pâme. Mol. ) On dit aussi, cet enfant fe pâme à force de crier, k Vimiâ vociferatìone ejulatur. J On dit encore fe pâmer de joye, fe pâmer de rire. On dit d’une femme, qu’elle fait la carpe pâmée. \ Pâ MOI S ON , f /. C Deliquium Défaillance. (Tomber en pâmoison, Molière, Cocu imaginaire. Rien n’eil plus admirable que les pâmoisons de Madame Guyon, c’étoit plûtôt des plénitudes du S. Esprit, dont elle seroit crevée une fois, li une Duchesse n’eût euë la charité de la délacer. Voler Relat. du Quiet, par M. de Meaux. PAMPE; f /■ [ Pampinus tritici. J Espèce d’her- be plate en forme de petit ruban , qui vient au tuyau du bled & autre graine lorsqu’il est pendant par les racines, & qu’il fe forme en épi. (Ainsi on dit la pampe du bled. La pampe de l’orge, de l’aveine, &c. . PAMPHILE, / »r. [ Pamphilus.f Nom d’homme qui vient du Grec, & qui veut dire. Qui aime tout. (D’Ablancourt a dedie fa traduction de Minutius Félix a Conrart fous le nom de Pamphile, pares qu’en effet le bon homme Conrart aimoit & caressoit tout le monde. ) PAMPRE,/ m. [ Pampinus vinea. ] Quelques vignerons que j'ai vûs fur ce mot le font féminin, mais mal. Tous ceux qui parlent bien & que j’ai consultez font sans contestation le mot de pampre, masculin. C’est le jeune bois de Tannée que poulie la vigne & qui est revêtu dc feuilles. (Baccus est couronné de pampre vert. Et la vous semblerez vouloir faire la guetre A Baccus couronné de pampres Etf de lierre. L’Abé Regn. ) (f Les Peintres & les Sculpteurs apellent vn fdion de feuilles de vigne & dc grapes de raisin, un ornement en manière de sep de vigne, qui sert à décorer la colomne torse, comme il y en a fur les Corinthiens des portes du chœur de Notre-Dame de Paris. PAN , /• C Pan. 3 Le Dieu des Bergers, auquel PAN les Poètes donnent des cornes fur la tête avec deî pieds de chevres, & qui a été principalement révéré en Arcadie. (Pan a soin des brebis. Pan a soin de* Bergers.) Voïez les Egtogues de Virgile. if L’on ne convient ni de la naissance, ni de l’ori- gine du nom dc cette Divinité champêtre, les uns disent qu’il étoit fiis de Pénélope & de tous ses Amans ; & pour marquer qu’il «voit plusieurs peres, on l’apella, Pan. Mot Grec qui signifie Tout; d’autres veulent qu’il soit fils de Jupiter & de Calisto , ou de Mercure, & de la Nymphe Driope ; enfin quelques-uns soutien, nent qu’il fut nommé Pan, parce qu’il est le symbole du tems, & par conséquent de toutes choses. Théocrite le reprefente dans fa première Idille, com- me un Dieu brutal, & qui ne pouvoit souffrir que les Bergers jouassent de la Butte fur le milieu du jour, parce que c’étoit dans ce tems-là, que retournant fa. tigné pour avoir chassé, il avoit accoûtumé de s’en- dormir, & qu’il ne vouloit pas être éveillé. Ce Dieu, dit le Poète, s’abandonnc aisément à la colerequise répand d’abord sur son visage. Les Peintres lui donnent la barbe & les pieds d’un bouc, & des cornes à la tête, cependant ses Nymphes le prirent pour leur protecteur, & elles fe faifoientun plaisir de danser au son de sa flûte; les Strudiens lui ossroient des sacrifices, où ils répandoient beaucoup de lait, & de miel, & les Romains celebroient tous les mois de Fevrier des fêtes à ion honneur que l’on apelloit Lupercalia. L’Hittoire fabuleuse raconte que Pan osa disputer à Apollon le prix de la flûte, Maríyas fut pris pour en juger, il déclara Pan vainqueur, & pour récompense de son jugement Apollon Tornade deux oreilles d’âne, pour faire connoître à tout le monde son ignorance & son peu de connoissance de la beauté & de Ta- grément. La inétne histoire raconte aussi que ce Dieu poursuivant une jeune Nymphé nommée Syrinx, fille du fleuve Ladon, les Nymphes de ce fleuve la changèrent en roseau. Comme il ne pouvoir soulager ses peines que par ses plaintes, il alloit souvent auprès des Roseaux du fleuve Ladon, & en ayant arraché quclques- uns, il fit une flûte avec plusieurs tuyaux qu’il nomma Syrinx, &e’est d’une semblable qu’un des Bergers de Virgile se vante d’avoir dans fa 2 Eglogue. EJì ntthi dijfanbus septem compacla cicutis f'ijlula. Voici comment Hérodote en parle dans son second livre : Au reste quelques Egyptiens- & que Ton apellfi Mendesiens, n’immolent ni chevres, ni boucs, parce qu’ils mettent Pan entre les huit premiers Dit. ux qu’il* croient plus anciens que les douze; les Peintres & les Sculpteurs répréscntent ce Dieu, ainsi que les Grecs sous la forme d’une chevre, avec les cuisses d’un bouc, non qu’ils s’imaginent que ce soit la représentation naturelle de ce Dieu , car ils le croient semblable auX autres Dieux : mais par une raison, que je ne trouva pas à propos de découvrir; cependant les Mendesiens honorent les chevres & les boucs; il saur ajoûter à toutes ces fables, que Pan ayant trouvé en Egypte les Dieux échappez des mains des Geans, il leur conseilla de se revêtir de la figure de differens animaux, asm de fe cacher ; & pour leur donner Texemple , il prit celle d'une chevre. D’ailleurs il combattit contre le Géant Typhon, & pour le récompenser les Dieux le placerent dans le Ciel, & en formèrent le signe du Capricorne , & c’est fans doute sous cette figure qu’on Ta dépeint comme un Satyre. Hyginus lit, 2. fab. 28. le conte autrement, mais en voilà bien assez. PAN. f m. L Vestis lacìnia. ] Partie de la robe qui répond à ce qu’on apelle lé. (II v a un pan de fa robe déchiré.) PAN. C Pwr mûri. J Ce mot en parlant de mur, signifie quelquefois une partie de la muraille. (Un pan de mur abattu. ) PAN. [ Compluviatum materialium. ] Ce mot fe dit entre ArckìteHe.. C’est-à-dire, face. Une tour à plusieurs pans. Faire des pans & des faces plates. Abrégé de Vitruve, pag. 124. Pan de bastion, c’est la face d’un Bastion. PAN, J. m. ( Quatuor faciès. ] Terme de Tapissier & de Menuisier. Le mot de fa» fe dit en parlant de lit. C’est une piece de boi* large de quatre pouces, épaisse de deux, PAN tìeu'x, & longue conformément a'u lit. (ïì y â danfc tm bois de lit quatre pans, deux de longueur» & autant de largeur.) PAN. [Paves Voïez Paow. PAN. fkese, plagie, indagol] Sorte de filet qui sert à prendre des lapins & des lièvres, & qu’on apeile plus ordinairement paneau. Voïez Paneau. PAN de rets. [RetiaJ Ce sont les filets avec quoi òù prend les grandes bêtes. Salnovt. 0 PAN, est un mesure de neuf pouces. Ce terme elt fort connu eh Provence où la cane est de huit pans , qui font six pieds ou une toise. 0 PAN de bois , est une ciotûre de eharpenterie qui sert a séparer des chambres, & à faire des retrast- chemens. 0 PAN de Bastion , c’est la partie du bastion terminée par l’angle de l’épaule & par l’angle flanqué. PANACE E ,f f. [Panax , panaces.] C’est un mot Grec, qui est le hom de certaines plantes dont on parle en Médecine. Mais aujourd’hui il signifie un remede universel propre à toute sorte de personnes, & qui étartt pris en petite quantité guérit les maladies les plus opiniâtres, cuisant doucement les humeurs, purifiant les entrailles, & ôtant d’une maniéré naturelle les causes des maladies. (II n’y a que les remedes qu’on tire des minéraux qui puissent devenir panacées. Panacée rafraîchissante, purgative, apéritive, sudorifique. La panacée prise à propos guérit les grandes maladies. Monsieur Massard a fait un Traité des Panacées. PANACHE, st m. [Penné petafum udomantes .) Terme de Pluniacier. C’est un bouquet de plume à deux rangs. (On apeile aussi ce panache, bouquet de plumes , mais entre Plumaciers le mot de panaché est le vrai mot. § uand un des Campagnards relevant fa moustacht r son feutre à grands poils ombragé d’un panache ( Impose à tous stlence. Despreaux, Sat. ; ) PANACHE de lit. [Puntcula plumaria .] Terrilê dé Tlumacier. Bouquet de plume au haut de la colom- îie du lit. Quelques Dames apellent cette sorte de panache bouquet déplumés , les ouvriers disent panache. t * PANACHE de cerf. [Cornua.'] Mots burlesques qui fe disent en pariant des gens qui sont cocus, & qui signifient cornes. [D’un panache de cerf fur le front me pourvoir , Voila qui est vraiment un beau venez y voir. Molière. Cocu imag.j PANACHE. [Cristaplumatili ornatus.] Tèrme d 'Orfèvre & de Potier d'étain. Partie de la tige ou de la branche du flambeau qui est élevée au dessus du pied, & qui s’étend en forme de petite aile autour de la tige, ou de la branche du flambeau. Panache bien fait. PANACHE. [Flos variis coloribus piBus. Terme dé fleuriste. C’est un agréable mélange de couleurs dans une fleur. (Anémone qui a un beau panache. Un panache qui n'est point tranché. Un panache brouillé ne vaut rien. Un panache bien enrichi. Panache qui scneteïe & rectifie. Les tulipes les plus nuancées font les plus beaux panaches. Un panache net & agréable.) 0 Ces panaches ne font autre chose que des raïeu- res de jaune ou de rouge, fur un fond de couleur suivant l’espece de la fleur. PANACHE. [Excurrens à fcapo orbiculus . j Terme $ Architecture. Une portion de voûte entre les arcs d’un dôme. On Papesse aussi fourche & pendatìf. PANACHE. Terme de sculpteur. C’est un ornement de plumes d’Autruche qu’on a introduit dans le chapiteau de l’ordre François , qu’on peut quelquefois mettre au lieu des feuilles d’un chapiteau composé, Acad. Fr. PANACHE de mer. [Plumarium marinumC] Arbrisseau qui croit à la hauteur de deux pieds & davantage, qui est de figure plate, & étendu en forme d’éventail. 11 naît fur les rochers au fond de la mer, d'vù il est jetté fur le rivage. PANACHE', panachée , adj. [Panniculis distinBusst, Terme de Fleuriste. C’est-à-dire, qui est de diverse couleur. (Fleur panachée de gris de lin , de jaune & de rouge. Panaché de verd. Rose agréablement panachée. Oeillet panaché.) 0 On ne fe sert du terme panaché qu’à l'égard des tulipes, & anémones, des oreilles d’ours, des .œillets k des rsà PAN l 7 f PANACHER, f. tn. Celui qui Vend, ou qui fait des panaches. PANACHER, v. a. [Coloribus vanegarej Terme de Fleuriste. Avoir un aimable mélange de couleurs. Prendre une diversité d’agréables couleurs. Les Tulipes qui panachent font préférables aux autres. Attendes que Vos hazards ayent panaché nettement. Cette fleur ne panache pas net. La feuillé de la tulipe s’alonge en panachant, Qstnt. Jardins , U Culture des fteurs. Se panaches •, S. r. [Distmgui coloribus J} Ternie dé Fleuriste. Prendre un agréable mélange de couleurs, Rose qui commence à sc panacher. Tulipe qui le panache , Morin, Traité des jleurs , page 296. be panacher de deux ou trois couleurs bien distinctes.) , PANADE , f f [Frujlum panis jure Joparatum.'} Pain râpé mis dans Un fuculent bouillon à la viande, (Cardan dit que Cornaro a vécu plus de cent ans ea ne mangeant que de la panade. On fait encore de la panade avec du pain & des œufs, & cette panade est bonne pour la santé. On peut vivre long teins ea ne mangeant que de la panade de pain & un oeuf. C’est le sentiment du fameux Venetien Cornaro ) f Se pantider , v. r. [Magnifiée Je ejférre.'} Se carrer. Marcher avec une sorte de gravité fiers. Se carrer en faisant montre de ce qu’on a de plus beau. Lè pape alors fe panada, Voit. po'es. ïí se pœmda tout fier parmi d’autres paons, La Fontaine, Fables , L 4. Toi qui te panade ë? qui déployé Unejt riche queue , £«? qui semble à nos yeux ■La boutique d’un Lapidaire. La Font.) FANAGE , f- m. [Jus herbaria pajiionis.j Termè de Coutume. Droit de paisson. Droit de faire paître ies cochons dant quelque forêt, pour y manger ie gland , la faine , &c. 0 De Chaufotìr explique dans son Institution des Eaux & Forêts ce que c’est que le panage, en ces mots. C’est la paisson ou pâture provenuë des fruits 'des arbres de'í forêts, comme gland qui est le fruit du chêne, ou faine qui est le fruit du haitre ; il est apelté glandée dans ies forêts plantées de chênes, il explique ensuite , 1 ’ arriére panage, il y a aussi, dit- ìl dans quelques forêts un arriére panage qui est quand le tems limité du panage est fini & expiré, les usagers , L coùtumiers peuvent laisser leurs porcs efdi- tes forêts un autre certain tems, en payant certaine redevance au Roi, combien qu’en quelques endroits, il fe pratique autrement. Le terme panage signifie aussi le droit que l’on doit payer au Roi & aux Seigneurs pour la faculté de mener ses pourceaux paître dans leurs forêts ; ii est dit dans le chapitre septième des Igìx forestières d’Ecosse, que lorsque le panage est abondant, le Forestier doit faire publier que chacun peut envoyer ses troupeaux, afin que ie panage e'n soit payé au Roi. v. Regiam ma\efiatem pag. 19, legg. foreji. 0 PANAGE a une autre signification dans la Bresse, où l’on apeile ainsi une quantité de blé que lé Granger, 011 Métayer retient par ses conventions à prendre sur les bleds avant le partage, pour nourrir les Moissonneurs, & Ies Bateurs, N ce mot, dit Re- vel dans son traité de l’ufage de Bresse, Remarq. 6r. vient du mot de pain. Pour être informé de la jurisprudence for le fait diî panage, il faut recourir à I’Ordonnance de 1669. concernant les Eaux & Forêts, tit. 19. Voyez ci-apres pâturage. PANAIS ,ftn, [Pastinaca fativa fyivcflrh laïifèlia'} Sorte de plante domestique ori sauvage, dont on ratisse la racine qu’cn mange dans le potage à la viande, ou qu’on fait cuire pour la faire. (Le panais est chaud & apéritif. Voyez Diojc. & Mat. I. 5. c. y4.) PANARIS , / m. [ Panariciuin .] II vient du Grec. C’est un terme de Médecine , & le noria d’un mai qui Vient à la racine des ongles, d’urie cause interne. PANCALIERS , f m. [ BraffîeaPaneaíka.] Espèce de choux apeîlez ainsi, parce qu’ils font venus de Pancàliérs ville de SaVoye, Acad. Fr. PANCARTE,//- [Peter es charte J Vieux papiers écrits. Paperasses. Ecrit qu’on a fiché à un poteau & où sont contenus quelques droits du péage. (Ce ne font point de vieux restes de pancartes toutes man- TmeJlL G *e« i8 PAN gées qui vous parient, Vatru, -plaid , 19. Ceux quî prétendent droirs de péage doivent faire en lieu éminent, public & accessible un tableau ou pancarte. VoïeZ Ragueau , Indice des droits Royaux.') H On apelle Fermier de la pancarte , celui qui afe'r- me les droits taxez par la pancarte. {$' Pancarte ce mot est Grec ■xcax<èf T1 > t quî est composé de *•«» tout & de xdftyf charta un papier. PANCE, f f .! [Abdomens C’est la partie du ventre des animaux qui renferme les alimens qu’ils ónt mangé. (Une pance de porc - de boeuf , de mtìuton, &c.) . . n _ f PANCE, f. f. \Vent& tentiis pihgui omajo.} te mot pour dire le ventre d'une personne , est burlesque. [* lis ont courte maigre pitance Mais ils ont grojse large pance. Boil. Epit. Peut On voir sans courroux 0 ? fans étonnement (fie des Religieux nez pour la penitence Loin de se contenter du plus simple aliment Prennent tant de soin de leur pance. Baraton, contes. 3 (f PANCE. Ronsard a dit : Il homme sot qui lúve sa pance D’autre breuvage que du vin Mourra d'une mauvaise fin. î PANCE. Terme de Fondeur. On apelle les pan- ces d’une cloche» les endroits où se fait la percussion / / Plante qui croît dans le Chily en Amérique, & dont la tige sert à teindre en beau noir. Cette tige qui est rougeâtre sc mange crue ; elle rafraîchit & a une qualité fort astringente. Cette plante ne se trouve que dans les lieux marécageux. Sa feuille est ronde, t issue comme celle de l’Achan- te, & a deux ou trois piez de diamètre. pansard, voïez pançu. PANSER. Terme de Chirurgien N de Palfrenier. V. Panccr. PANTALON, / m. [Vejlit interior adsrichor. J Sorte de caleçon , ou de haut-de-chausse qui tient avec les bas. PANTALON. [Alirnus, ludiof Celui qui dance quelque pantalonade, & qui est habillé en pantalon. (Deux gros jouflus, six pantalons, apoticaire, lavement, jamais je n’ai été 11 saou de sotises, Molière, Pourceau , tâ.Z.fc. 4. f PAN, P A M “ PANTALON , se dit d’un homme qui prend toutes forces de figures , & qui joué toutes sortes de rôles pour venir à ses fins. (C’est un pantalon. II ne manquera pas de faire le pantalon.) » A la barbe du pantalon. Faqon de parler proverbiale, qui lignifie, en présence & en dépit de celui que la chose intéresse le plus. (J’ai fait cela à la barbe du pantalon. Je soutiendrai ce que j’avance, à la barbe du pantalon. j PANTALON. Terme de Papeterie. C’est une des moïennes sortes de papier qui se fabrique aux environs d’Angciuléme. 11 est ordinairement marqué aux armes d’Amíterdam, PANTALONADE , s. f. [Hifbionalis afiio.} Sorte de dance boulonne, d an ce de pantalon. ( Dancer une pantalonade.) PANTALONADE, [ focularh , ridiculw ìngrejfm. ] Entrée ou íbrtie brusque & irréguliére d’un étourdi dans une compagnie sérieuse. PANT AMETRE, pentamètre, adj. [P entame ter.} Mot qui viçnt du Grec, & qui se dit de certains vers Latins. II veut dire, qui a. cinq fiez. Les vers pentamètres se joignent aux hexamètres pour faire des Epigrammes, des Elégies, &c. PANSE. Voie/ pance. P ANTE , s /■ [DecHvìtas, devezitas.} Pancbant. La maniéré d’être d’un corps qui va en pancbant. Maniéré dont on Fait pancher quelque chose. La montagne avoir une pante fort douce. Abl. Donner de la pante à quelque corps. Donner un demi-pied de parité à quelque corps , Sau.) PANTE, f f. Terme dc TapiJJìer. C’est un morceau d’étoffe qui entoure le lit, & qui a d’ordinaire de la frange. 11 y a trois pantes dans chaque lit. Le mot de pante se dit aussi en parlant de dais, mais en chaque dais il y a quatre pantes, & la pante du dais est un morceau d’étofe qui environne le dais. (On dit en parlant des pantes des lits , & des dais, la pante de dehors, la pante de largeur. Franger les pantes d’un lit, ou d’un dais. Attacher la frange aux pantes d’un dais ou d’un lit.) f PANTE. On apelle ainsi une efpéce de chapelet composé de plusieurs de ces petites coquilles blanches qu’on nomme porcelaine, qui fervent de mon- noïe en plusieurs endroits de l’Afrique & de l’Amé- rique. PANTE. [Propenfìo.} Ce mot fe dit des personnes, & signifie inclination d’une personne à quelque chose. (Avoir de la pante à la poésie. * Vous vous abandonnez , fans remord , fans terreur A vôtre pante naturelle. Point de loi , parmi vous ne la rend criminelle. Deshoul. poésies.) La joye eji le vrai bien , tous les autres font faux, Ou je ne la vois point , rien ne J’çauroit me plaire : Si ion met cette pante au rang de mes défauts , Je ne vaus promets pas Jl-tòt de m'en défaire. Bourf. Efop.) * PANTE. Certaine maniéré délicate & presque imperceptible. (II n’étoit question que du langage, néanmoins par une pante douce & presque insensible, vous avez dépeint les gens. Chevalier de Meré, Converf. PANTECÒTE. Voie/ Pentecôte. PANTELER, V. a. [Anhelare ] Palpitor. II fe dit de ceux à qui le cœur bat trop fort, pour avoir trop couru, ou pour avoir eu quelque émotion extraordinaire, causée par la peur, par la colere, &c. H L’Academie dit, qu’il est vieux. í PANTELANT, ante , adj. Qui halete, qui pan- tele. (11 est venu tout pantelant.) 11 n’est guère d’u- sage. PANTEON,/ m. [Panthéon.} Mot qui vient du Grec, & qui signifie un temple de l’ancienne Rome, dédié à tous les Dieux. Le Panteon n’avoit qu’une porte & une ouverture en haut, par laquelle il recevait le jour. Le Panteon étoit large , élevé & de forme ronde, parce qu’il représentoit la figure du monde. Ce fut M. Agrippa qui fit construire le Panteon, & qui l’embellit de superbes colonnes par dehors, mais par dedans il fut enrichi de magnifiques figures des Dieux & des Déesses. Le Pape Boniface IV. a expié le Panteon , & l’a consacré à la Vierge, à tous les Saints L á toutes les Saintes. PAN 21 PANTERE, / f. [ Paxtkeva.} Sorts iTanîma! farouche & furieux, qui a la peau marquetée de diverses couleurs, & qui n’est distingué du Léopard que par la blancheur. JonJion. [Et voit on, comme lui, les Ours ni les Panteres, S’essayer J'otement de leurs propres chimères. ûespr. Sat. 8 ) PANTIERE , f /. C Rf e penjtle.} Terme d’ Oiselier & d’Oiseleur. C’est une forte de filet fait en mailles à losanges, ou en mailles quarrées pour prendre des bécasses. (Pantiére simple. Pantiére volante. Pantiére à bouclettes. Pantiére entremaillée, ou contremail. lée. Tendre une pantiére. Ruses innocentes, liv, i. c. 27. Ë? 28.) t PANT 1 NE, / f- C’est un certain nombre d’é- chevaux de foie, de laine, ou de fil encore en écru, liez en semble pour être envoïez à la teinture. PANTOIS. Vieux mot. [Anxiè anhelans.} Homme qui »'a pas la respiration libre. Astmatique. Sca- ron a dit ; Ton feu gregeois m’a fait pantois. Q» difoit aussi pantoijlr pour dire avoir la courte haleine. Acad. Fr. PANTOMETRE, f m. [Pantometrum.} Mot qui vient du Grec. C’est un instrument Géométrique propre à prendre toutes fortes d'angles, à arpenter & à méfurer toutes fortes de distances & de figures, inventé depuis peu par Monsieur Bulet. II » fait un petit livre de l’usage du Pantometre. II scre aussi à diviser les figures planes & à tracer le plan des édifices, aussi-bien dans l’Architecture civile que dans la militaire. Voïez le Journal des Spavans de Vannée 1676. PANTOMIME,/?». [ Pantomimus.} Mot qui vient du grec, & qui veut dire boufon & plaisant, qui imitoit avec les pieds & avec les mains toutes sortes d’actions de personnes. Voïez la Pratique de Scaliger & de Voffìus, lib. 2. ch. ; r. lib. 1. ch. x. (Les boufons Italiens son inimitables, & je ne seaí si les Mimes & les Pantomimes des Anciens ont eu beaucoup d’avantage fur eux , S. Evremont, Discourt de la Comédie Italienne. Tel étoit Scaramouche autrefois à la Comédie Italienne. (11 faut que le spectateur entende sans parler tout comme si le Pantomime parloit.) Ablanc. [f Les Pantomimes fe formèrent fur les Mimes , ils ne fe fervoient point de la parole, ni du chant comme les Mimes, pour exprimer les choses qu’ils vouloient répréfenter au peuple ; ils le faifoient par des mines, par des gestes, par des mouvemens de toutes les parties de leur corps ; ils furent appeliez Pantomimes, parce qu’ils représentoient toutes choses , les sérieuses aussi bien que les badines & les obscènes, ainsi on ajoûte ce mot Grec *•«» tout à celui de Mimes. On dit qu’Auguste introduisit parmi eux la danse forcée, & les gesticulations mesurées , & que Pylades & Batille furent les prémíers dont il fe servit pour rendre plus agréables ces sortes de représentations muettes ; son dessein étant de tacher d’adoucir l’adoucir l’amertume de son gouvernement, par des amuscmens convenables au génie du peuple Romain ; & comme ces Pantomimes fe donnoient la licence de fe moquer de ceux qui leur déplaifoient, il les chatioit fevérement pour satisfaire ceux qu’ils avoient insultez ; Suetone raconte que fur la plainte du Préteur l’Empereur fit fouéter dans la cour de son Palais, les portes étant ouvertes, un Pantomime appellé Hyius, parce qu’il contrefaisoit tout le món- de; qu’il bannit Pylades de Rome & de tout l’Èrn- pire, pour avoir montré au doigt un des spectateurs qui le sifloient & fe moquoit de lui. Si ces Pantomimes ont été connus en Italie , long-tems avant le régné d’Auguste, c’est une question trop inutile pour m’y engager, ce feroit un tems perdu ; ce qu’il y a de vrai, est que la danse est fort ancienne. Les prémiers hommes inventèrent le chaut & la danse pour fe defennuïer en gardant leurs troupeaux, St iì Bacons n’a pas été l’inventeur de la danse, du moins, elle a fait une partie des plaisirs de la débauche , où le vin a produit dans tous les tems, une agitation tumultueuse & des mouvemens violeng de toutes les personnes qui s'y abandonnent, e’effc dans cette pensée que Tibulle » dit, lib. 2. Eleg. 1. C ; Agri^ 22 PAN Âgricola £c? mhni suffitsus , Baccbe , rubenti Primus inexpe-Ha duclus ab arte chorus. Lu ci è n prétend que la danse est ttès-propre pour exprimer toutes les pallions qui règnent dans les hommes. Et pour reùlfir dans cet exercice, les Anciens en avoient fait un art particulier avec des règles & des préceptes. II y a aparence qu’ils a- voient un lieu destiné à leurs représentations. Vitru- ve a remarqué dans le liv. 4. chap. 8- que les Romains avoient trois sortes de scènes, la tragique, la comique & la satyrique, & ce fut sans doute de cette dernière que ces Pantomimes se fervoient pour leurs représentations toujours satyriques & insultantes. II me semble que l’on trouve dans la Métamorphose de l’Asne d’or d’Apulée une idée de ces fortes de représentations par la danse , & par les mouve- mens du corps des Pantomimes ; cet Auteur fait la description dans le dixième livre d’une fête, où l'on vit après que la toile eut été levée , une montagne fort élevée , & semblable au mont Ida, tel qu’Ho- mere l’a dépeint, elle étoit couverte de diftèrens arbres, & du sommet on voyoit une fontaine qui formoit un ruisseau , sur les bords duquel , un Berger vêtu à la Phrygienne gardoit un troupeau, on jugea aisément par la richesse de son habit, qu'il re- présentoit le Berger Paris ; ensuite parut un jeune garçon plein d’agrément, mais nud , & n’ayant qu’un petit manteau fur l’épaule gauche, deux ailes for- toient d’entre ses cheveux parfaitement beaux, le caducée qu’il tenoit à la main faisoit connoitre que c'étoit Mercure ; il s’avança en dansant, & présenta à celui qui Faisoit le personnage de Paris une pomme d’or, en lui faisant entendre par signes Perdre de Jupiter, & ensuite il disparut ; alors on vit paroi tre une fille d’un air majestueux, & telle que l’on dépeint la Déesse Junon avec un diadème blanc à la tête , & tenant un sceptre à la main ; une autre «ntra fièrement, & l’on jugea d’abord qu’elle repré- sentoit Pallas portant un calque dont l’éclat éblouis- soit, portant un bouclier, tenant une pique à la main avec un mouvement menaçant , & telle enfin qu’elle est dans les combats; une troisième vint ensuite, plus belle que les deux autres, la vivacité des couleurs de son visage aprit d’abord aux spectateurs qu’elle representoit Venus avec les beautez & les grâces qu'elle avoit dans fa jeunesse, toute fa personne n’étoit couverte qu’en un certain endroit, caché par une étoffe de soie transparente. Chacune de ces Déesses avoit une fuite, Junon étoit acotn- agnée de Castor & de Pollux, elle s’avança mode- ement au son des flûtes vers le Berger, & lui fit connoitre par signes qu’elle lui donneroit l’Empire de toute l’Asie, s'il lui ajugeoit le prix de la beauté; ensuite Pallas acompagnée de jeunes hommes armez, tenant leur épée nue à la main réprésentant la terreur & la crainte inséparable; la Déesse de la guerre suivie d’un joueur de haut-bois, s’avance en dansant avec beaucoup d’action, fait connoitre à Paris que a’il lui acorde la victoire fur ses rivales, elle le rendra fameux par les actions guerrières; enfin Venus parut avec tous ses agrémens qui charmèrent les spectateurs , elle étoit environnée de plusieurs jeunes garçons agréables, ayant des ailes & tenans des flèches d’une main & des flambeaux allumez de Pau tre, comme si elle alloit à quelque noce, plusieurs jeunes filles étoient de la troupe ainsi que les Grâces & les Heures qui jettoient des fleurs devant elle, les flûtes à son arrivée commencerent à jouer des airs Lydiens, & Venus commença de danser avec des attitudes si tendres & des actions de toute fa personne fi touchantes , qu’elle excita la tendresse dans les coeurs de tous ceux qui la voyoient, elle s’aprocha du Berger & lui fit entendre par ses gestes qu’elle lui feroit épouser une femme d’une beauté parfaite, & dont les charmes égaleroient ceux de la Déesse; le Berger n’hélita pas un moment , & ayant pris la pomme il la mit dans la main de Venus; voilà une représentation assez claire du Jugement de Paris par les Pantomimes, tout s’y passa en danses, en gestes & en mouvemens du corps, lc spectacle étoit magnifique & capable d’ébloùir, mais faction n’étoit guère capable de plaire & d’émouvoir le cœur. Quelques autres ont recherché, quel étoit l’habic des Pantomimes de Pua & de l’autre sexe; mais il y a lieu PAO de croire qu’îls fachoientde faire connoitre leurs pïst* fées autant par leurs habits que par leurs gestes, Sí que potir y réussir ils prenoient des habits convenables ; ainsi Apulée habille Paris en Berger, & représente les Déesses, chacune selon fa condition & son emploi ; au reste pour connoitre en quoi coníìstoit Part des Pantomimes, & l’estime que l’on en faisoit, on peut voir le Dialogue de Lucien fur la danse. PANTOQUIERES , f. [Funicuìi cum scanjì- libus intexti. ] Terme de Marine. Cordes qui font un entrelaffement avec les haubans, pour les tenir plus roides & plus fermes, afin de mieux tenir le mât dans unê tempête. PANTOUFLE, s. s c Crepida cubicularis ] Espèce de soulié sans quartiers , qui n’ont ni garniture ni autre enrichissement; car lorsqu’il en a, ou qu’au lieu d’empegne de cuir, il y a du velours, on ne l’apélle plus pantoufle , mais mule. (De bonnes pantoufles. Les femmes & les filles du petit bourgeois mettent des pantoufles , dans la maison, &.les femmes de qualité des mules,') ,, A' Quelques-uns dérivent ce mot du Grec & ÇthAìt comme qui diroit tout liège. í Raisonner pantoufle. C’est Prov. & bass. faire des raisonnemens de travers. Mettre son soulié en pantoufle. C’est plier les quartiers du soulié & les coucher dans le soulié fur la premiere semelle, ce qu’on fait lorfqu’on a les mules au talon, ou qu’on y a quelqu’autre mal. f En pantoufle j adv. C’est-à-dire, à son aise, avec toute sorte de commodité. On dit qu’un homme plaide en pantoufle , lorfqu’íl plaide dans le lieu oú il demeure contre un homme d’un autre pais. Faire un siège en pantoufle , c’est le faire à son aise , & avoir toutes les commoditez nécessaires pour réduire une place. II est du stile familier. PANTOUFLE. [ Solea ferrea ad extra dechvis. ] Terme de Manège. Fer à cheval dont on se sert, pour rétablir les talons serrez & encastillez. II a íe dedans des éponges beaucoup plus épais que le dehors. ís Un terme si commun a pourtant une origine incertaine. Voïez Ménage dans J'es origines. t PANTOUFLIER , f. m. [ CrepiJarius, ] Mot burlesque & factice qu’on ne trouve que dans Lucien du fameux Ablancourt , & qui lignifie, qui a des pantoufles. (Dieu te gard, maître pantouflier. Lucien, t. r. î ■ « 44 -) PANTURE, f f. [ Episthabus. ] Terme de Serrurier. Ce sont des barres de fer qui fervent à soutenir les portes , ou les fenêtres fur les gonds. Morceau de fer plat qui est attaché par dedans à la porte, & dans quoi entre le gond. (Une bonne & forte panture. Attacher une panture.) PANTURE de tableau. Cette panture est ordinairement de cuivre jaune. Elle est composée d’un anneau & d’une petite plaque percée de trois petits trous, au haut de laquelle passe Panneau. Tout cela ensemble s’apelle panture. (Voilà une panture fort propre & fort bien faite.) Voïez la colonne PEN. PAON , f m. [ Pavo. J Prononcez pan , & même il n’y auroit pas grand mal quand on l’écriroit, mais comme cette sorte d’ortographe n’est pas encore bien établie, je ne Pai osé bazarder. Le paon, est une forte d’oiscau dont la chair est très-excellen- te, & qui a un très-beau plumage. II fait la roue & se mire dans fa queue aux rayons du Soleil. (On dit que les paons haïssent leurs petits jusques à ce que les plumes leur viennent à la tête. Les paons font jaloux & glorieux. Quand on les loué de leur beauté, ils étalent leurs plumes. On croit que le paon vit vingt-cinq ans. La plus grande beauté du paon est dans la queue. Ovide & les autres Postes en content des merveilles, que les yeux d’Ar- gus ont été attachez à la queue du paon, & qu’il est dédié à Junon. Le Paon Je plaignait à Junon f DéeJJe , dij'oit-il , ce n’ejí pas Jans raison Que je me plains , que je murmure , Le chant dont vous m’avez fait don Déplaît à toute la nature. La Font.) # On apelle la femelle du paou, me panejfi, Cg PAON. ^ ,,ê PÀÔN. îî faut prononcer Pan, dk pttòb ìatî'tf, ’ôiseaù dédié à Junon. Lucien & Dion Chrisostottie en onc fait une description , fur tout de ia queue qui le distingue dés autres oiseaux: Voiai celle de Lucien dans l’élóge de fa maison suivant la traduction de Mr d’Ablancourt. Le paon à l’cntrée du printenis , lorfqu’ii voie naître ces nouvelles fleurs , qui font non feulement plus belles , mais s’il faut ainsi dire * plus fleurs que les autres, étale avec plus de magnificence for St l’azur de ses ailes > & dispute avec le printenis à qui produira de plus belles choses , il fait la roué , il fe tourne & fe mire dans ses plumes dont féclat est redoublé par celui de la lumière , qui ne sc contente pas d’embélir scs couleurs * mais les multiplie , cela arrive particulièrement à ces cercles d’or qui couronne í’émail de ses ailes , & ressemble chacun à un arc en Ciel qui change de couleurs selon l’afpect de la lumière; Dion Chrifostome commence ainsi fa douzième Olympique. Quelques-uns disent que les oiseaux admirent le hibou , mais ne doiveht-ils pas plutôt admirer la beauté & la variété des ailes dû paon , qui s'éléve fièrement quand il veut caresser fa femelle , il étale fa queue, il en fait plusieurs tours -, & semble présenter aux yeux une vive peinture des cieux ; peut-on Voir sans surprise, au lieu de leurs plumes une efpécè d’yeuX qui brille par la diversité de scs raïons , la finesse & la longueur de cés mêmes plumes , étvfin son air orgueilleux au milieu de tant de brillans : mais tous ces éloges ne rendent point cet oiseau recomtnandable , parce qu’il est très-inutile & ne fait que d u mal, son chant ou plûtôt son cri est trèî désagréable, St Columella lìb. 8- cap. u- a eu raison de dire que le pan convient plûtôt aux personnes qui ont du bien qu’aux pauvres villageois, à qui il n’aporteroit aucun profit. Tandis qu’ils font dans Une maison, ils sont regardez comme oiseaux domestiques ; ainsi Tibère au raport de Suetone ordonna que l’on fit mourir un soldat qui avoir dérobé un paon ; cependant l’Empereur Justinien a déclaré dans ses InJHtutes t. z. ïr. 1. §. 1;. que les paons & les pigeons font de la nature des animaux farouches & sauvages, quoiqu’ils ayent accotìtume de retourner au lieu d’oú ils sc font envolez ; mais il explique en même tems comment il faut entendre cette décision, & ii dit que les paons , les pigeons , leS abeilles font reputez apartenir à quelqu'un tant qu’ils conservent l’inclination du retour ; & ajoute-t-il, ces animaux semblent n’avoir pluS cette inclination lorsqu’ils ont cessé de revenir. Varron de Re Rujiic. lib. Z. cap. 6. a remarqué qu’Hortensius a été le prémiet qui ait fait servir un paon dans le repas qu’il donna lorfqu’il fut rêçû dans le Collège des Augures 1 , qu’il apelle Cana adjicialis , & avec plus de raison aditialis , je finis parla Fable du Paon dont on n’a raporté qu’une partie. Phèdre fait plaindre le paoá à Junon de ce qu’elle ne lui a pas donné une Voix aussi agréable que celle du rossignol, & la Déesse lui répond qu’il surpassait les autres oiseaux par la grandeur St par fa beauté , que les Destins en a- Voient ainsi dispose, & qu’elle avoit partagé scs grâces j d’où le Poète formé cette moralité très-judicieu- se , que l’on né désire point çe que la nature ne nous a pas donné , de peur qu’étant trompé par dé fausses espérances, il ne reste que de vaines plaintes. Nòli afeclare quod tibi non ejì datum-, Delata ne fies ad querclam recédât, Èn terme de Blason , on apelle un faon rodant, lors. qu’il étale fa queué & qu’il est représenté de front. f PAON. Le bouillon de la enair dû paon est propre pouf la pleUreíìe, pour le calcul des reins & de la vessie j & pour exciter l’urine. Ses excreniens font bons pour le ma) caduc, pour les vertiges, les convulsions. Ses œufs sent propres pour la goûté sciatique , & pour les rhumatismes. PAON de mer. [ Paco pifas. ] Poisson de mér qui n’est pas beaucoup en usage; il est apéritif. PAONNEAU , s. m. [ Pavunculus. ] Prononcez panneau , & même on ne feroit pas mal de Pécrire; Cet 0 dans le mot de paonneau ne sert qu’à embaraf fer. Le paonneau est le petit du paon , & est un manger fort délicat. (11 nous a fait manger d’excel- iens paonneaux. ) t PAPA , f. m. [Pater ]] Terme à’Enfant , qui veut dire pere. (Mon petit papa mignon, Molière.) 2 : ì Ùrànâ pàpà. Terme, à' Enfant , ppur dire grand, pire. (Son grand papa f aime fort) PAPA, f- M- Divers peuplés dé PÀmérìque & des Indes ont donné le nom de Papas aux Souverains Prêtres de leur Religion. PAPABLE , «dj, [ Eligibilis adsutmni pontisicatitt apicem.'i Propre à être élû Pape. Ce qu’òn dit des Cardinaux. C’eft nn sujet très -papable , Acaâ Fr. PAPAL, Papale , adj. [ Pontif.cius , Pontificales. j Qui est de Pape. Qui* apartient au Pape. Qui relève du Pape. (Terre Papale. Bénédiction Papale. Lé siège Papal.) Voit. lettre. PAPAUTE',// Dignité dû Pape. (Elever à la Papauté. ) f PAPAYE- í P «puya .2 Arbre de l’ Amérique dont il y a deux efpeces. Le fruit de cet arbre fortifié l’estotnac. Ses semences font bonnes pour le scorbut, pour exciter l’urine & les mois aux femmes. PAPE , / [Papa, fttmmus Pontifex. J Le premier Pasteur de l’Eglise Catholique & Apostolique , est celui qui la gouverne souverainement.' Le titre dé Pape a été autrefois commun à tous les Evêques, & ìe nom de Pape n’a été affecté au Souverain Pontife , que Vers le commencement du sixième siécle. ■'Le Père TamaJJìn, Dilcipline Ecléfiajiique. (Le Pape est le prémier des Evêques. Le Pape est ì’Evéqtté ‘de Rome. Je lui demande trait pour trait, lin bon [f fidek portrait D’un Pape que tout le monde aime. Madem. de Scud. 0 PAPE, h’eft point uii nom de supériorité, quoique Papa danS son Origine signifie ayeul ou peredeS peres ; ce qui a persuadé Pîtalie que le Pape étoit le supérieur des Evêques par un titre distinct & plus éminent que celui d’Evèqùe. Pape est plûtôt un nom d’amitié, de charité & de protection ; en effet S. Augustin écrivant à fa sœur, lui dit, je crois que vous avez ses Ouvragés du S. Pape Ambroise ; S. Jerômè écrivant à S. Augustin l’apelle le bienheureux Papé Augustin, lequel dans une lettre adressée à l’Ëvêquè Aurelé se qualifie de trés-saint Pape, & de très he- horé Seigneur Aurele. PAPEGAI ,/w. [PJtttacusJ Ce mot signifiait autrefois, v.n perroquet , 11 signifie à présent en plusieurs provinces , un Oiseau peint fur du carton , ou fur dd bois, qu’on met au bout d’une perche, potìr servis de but à ceux qui tirent de Parc, ou de Parquebusei Celui qui abat le papegai emporte le prix. 0 L’Auteur du Blason des fausses amours. Tous Vapcgaux Sont.ils égaux Et d'un organe Gorge â'oifeìmx. \ PAPELARD , / m. [Palpátdr, blandU&quïie. j| Hipocrîte. Faux dévot. Tartufe. ( C’eft ún franc papelard à qui on ne doit point se fier.) 0 PAPELARDES. , dans ìe Roman de ià Rose. Si voulez donc que déformais ■Je fajjè de la cbate.mite Papelardunt comme un Hermité Rien rien, ne m'en parlez jamais. t PAPELARDISE ,//. [Hipocnfìs Hipócrisie. Fau R jse dévotion. (Nous vîmes que son fait étoit papelar - La Fontaine Contes. Quelques-uns disent papelárdie at* lieu de pàpelardije, mais il n’est pas si approuvé qu® papelardtfe, qui de lui-ihêmè ne Pest pas beaucoup $ sinon dans le bas burlesque. , 0 Dans 1 e Roman dé la Rose. XJne àutre après étoit écrite Qui bien semblait être bìpocritt Fapelardie eji apetiée Ç'ejì celle qui en recélée Quand on ne s’en peut prendre gardé jyaúcun mal faire ne fe tarde Qui fait dehors la marmireufe Siyant face pale & piteuse Comme une simple créature Mais il ny a mal adventure Qif elle ne pense en son courage . On peut voir le reste du portrait de la papeíardîse la p. î- vers de sédition de 1531. On y verra que , fausse dévotion est de teu» les teuts, PAPELL 24 PAP PAFELîNE i [ Pannus textes ex fîrico U fik. 1 Sorte d’étofe tramée de fleuret. (Papeline façonnée) PAPELONNE', adj. [Lunatus.} Terme de Blajon. Qui fe dit d’une représentation en forme d’écaiiie, ou de demi-cerele, qu’on fait sur un écu. Le plein de ces écailles tient lieu de champ, & les bords de pièces & d’ornemens. t PAPERASSE , / f. [Carte inutiles V> rejecla- neaj Vieux papiers. Papiers de rebut & qui font écrits. De vieilles paperasses. Chercher parmi des paperasses. Fouiller dans des paperasses. f PAPERASSER, v. ». [Inepte & contmuòfer ibere.} Ce mot ne fe trouve que dans Searon. II signifie/m- r* écritures fur écritures , écrit fur écrit. ÇNul d’eux ne fe peut pajfer Ilincessamment paperasser. Searon Poéf.) PAPESSE, /. /. [Papijfa.] On a donné ce hom au Pape Jean VIII. qui étoit Anglois, & qu’on a nommé Papejjê Jeane, Martin Polonus a écrit la vie de la Papesse Jeane. II y a dans la Catédrale de Sienne une statué de la Papesse jeane. Florimond a écrit contre la fable de la Papesse Jeane, Cofumes. opufe. PAPETERIE,// [Charteria offteina.} Lieu où l’on fait le papier. ( Une belle & grande papeterie. Les papeteries d’Ambert en Auvergne font les plus belles de France. On dît aussi papeterie, [Cbarta- rtum negotium, ] pour exprimer le negoce du papier. Danet. ) PAPETIER,/«*. [Cbartarum propola.} On apel' le de ee nom à Paris, le marchand qui vend de tou* tes fortes de papiers, d’ancre, de canifs, d*écritoi* tes, de plumes & de livres de papiers en blanc. (Un papetier fourni de tout.) PAPETIER forain. [ Cbartarìus forenjìs. J C’est un marchand Papetier qui fait le papier, qui l’améne à Paris, & qui le vend aux marchands Papetiers, aux merciers & autres. PAPET 1 ER-COULEUR, / m. [SpiJJíârum cbartarum compafíor.} Artisan qui fait le carton. Ces fortes (Partisans s’apellent entre eux papetiers-coukurs , mais les autres gens du monde les nomment ca.rtonniers , & jamais papetiers-couleurs. Compagnon papetier. C’est l’ouvrier qui fait le papier. Mais c’est hors de la papeterie qu’on les nomme ainsi ; car dans la papeterie, les compagnons ont chacun leur nom, l’un s’apelle coucheur , l’autre teveur, &C. PAPIER, / m. [ Papyrus , ebarta. J Composition faite de linge , accommodée & faqonnée avec tant d'adresse, qu’on écrit dessus. Le papier a été apellé tìe la forte d’une plante qu’on nomme papyrus , qui croît en Egypte dans des marais & dans des fossez autour du Nil. Voïez les merveilles que Dalecbamp raconte de cette plante, t L. Hijloire des plantes , liv. ig. cb. 67. (II y a diverses sortes de papier. 11 y a du papier réglé. Papier lavé. Papier de compte. Papier in octavo. Papier à humecter. Papier gris. Papier bleu, rouge, fin. Papier vanant. Papier au raisin. Papier à dessiner. Papier á quarter. C’est du papier fans marque. Papier brouillard. [Cbarta fabulas} C’est du gros papier dont on sc sert pour mettre fur la tête, pour faire des paquets, & pour mettre fur récriture de peur qu’elîe ne s’éface. U» pédant dont on voit la plume libérale , D’ostcieux papiers fournir toute la bâk. Mol.) PAPIER marbré. [Cbarta variis colorìbiispilla.} C’est un papier peint de diverses Couleurs. 11 fe fait en apiiquant une feuille de papier fur de Peau, dans laquelle on a détrempé plusieurs couleurs avec de l’huile & du fiel de bœuf, qui en empêche le mélange. Et selon la disposition qu’on leur donne avec un peigne, on Fait les panaches. PAPIER timbré. [Papyrus fgnata.} Terme de Palais. On l’apelle aussi papier marqué. C’est du papier fur lequel on a imprimé tine marque roiale, fur lequel seul il est permis d’écrire tous les actes de Justice & les Contrats des Notaires. Mettre en papier. Ces mots sc disent entre de certains marchands qui envelopent leur marchandise avec du papier , & ils apellent cela mettre la mar - ebandije en papier , PAPIER BLANC. Terme d‘Imprimeur. C’est íe prc. PÂP ihîer côté de ta feuille qu’on couche fur la fbrhîè/ (Nous comtnenqons 1 e papier blanc.) f PAPIER, fe dit aussi d’un Journal, d’un livre de compte. (Papier journal. J’ait écrit cela fur mon papier.) £ PAPIER terrier. C’est un regître contenant le dénombrement de toutes les terres & de tous les tenanciers qui relèvent d’une seigneurie. ( Il m’a semis son papier terrier.) PAPIER volant. [ Cbarta dejeflaria. J Terme qui íe dit au Barreau pour marquer un papier qui ne fait- point de foi en jujlice. ( Cé n’est qu’un papier volant qui ne peut être considéré en justice, Patru , plai. doyé 3.) PAPIERS. [Manufcripta.} Ce mot au pluriel signifie quelquefois les manuscrits. Après la mort de Monsieur Pascal on trouva quelques papiers qu’on fit imprimer , il y a 47. ou 48 ans. f PAPIERS , fe dit aussi, de toutes sortes de titres, mémoires & autres écritures. (J’ai aporté mes papiers. Mes papiers font entre les mains de l’Avocat.) On dit, proverb. Cela est réglé comme un papier de Imulìque. [ Ad amujjìm dispos tum ejl. J On dit que le papier souffre tout , pour dire qu’on écrit tout ce qu’on veut. On dit d’un homme qui a un bien litigieux, qu'il ejî riche en papiers. Vous êtes écrit fur mes papiers. Pour dire vous êtes mon débiteur. II ejl écrit en papier rouge. Pour dire, il a choqué quelqu’un qui seaura s’en vanger. t Brouiller , gâter du papier. Prov. C’est écrire de méchantes choses. PAPILLON , / m. [Papilio.} Sorte d’infectc qui vole, qui a les ailes marquetées de quatre couleurs, & qui s’atache fur tout à tirer le suc de la mauve. On dit que depuis qu’il est acouplè avec fa femelle il Vit en langueur. * f Se brûler à la chandelle comme un papillon. C’est fe jetter dans le péril inconsidérément. C’est quiter un azile pour sc mettre en danger d’être pris. {$ PAPILLON , terme d’agriculture * les Vigneron* disent, les vignes font k papillon , c’est-à-dire que leurs bourgeons en s’épanoiiissant ne donnent qu’one feuille de chaque côté qui ressemblent aux ailes d’un papillon , & c’est une mauvaise marque, f PAPILLONER, v. ». Mot nouveau. . [Volitare , exagitari.} Etre toíìjours dans le mouvement, & dans Faction à la maniéré des papillons. Mademoiselle Des-houlieres s’en sert dans fa lettre à Mademoiselle d’Ussel fille de Monsieur de Vauban. Elle papillonne toujours, me disert ce grand homme, & rien ne la corrige.) PAPILLOTE, // [Glomeratio.} Terme de Coï- feufe & de Perruquier. Petit morceau de papier ou de tafetas pour enveloper une boucle de cheveux. (Mettre les cheveux dans les papillotes. Papillote* qui font défaites.) H PAPILLOTE , lignifie aussi , paillette d’or ou (Par- gent. (Un habit tout semé de papillotes.) PAPILLOTER , v. a. }Glomerare.} Terme de Per - vuquier. Mettre les cheveux en papillote. (11 faut papilloter cette perruque.) PAPILLOTAGE , f. m. [ Glomerata colkâìo. J Terme de Perruquier. Ce font des papillotes de quelques frisures, ou de quelque perruque. ( Faire ou défaire un papiìlotage.) [f PAPILLOTER. Terme d* Agriculture, Nos Vignerons disent ; nos vignes ne font cette année que papilloter , c’est-à-dire, les parties qu! devroient concourir à former les productions, ont été dérangées, ce qui fait que n’aïant pû grossir, elles font devenues imparfaites. t EAPIN , / m. [Puis.} Mot vieux & provincial ûu lieu duquel à Paris 011 dit bouHlre. (Faire, donner, fnanger du papin.) PAPISME- Terme injurieux dont sc servent le* Réformez en parlant de la Religion Catholique. (Mr. Jurieu a fait íe Papisme & le Calvinisme mis en pa. falléle.) , t PÁPÍSTE, «d/. [Papijìa.} Terme odieux dont fe fervent les Protestant Qui est Catholique Romain. (11 est papiste. Elle est papiste.) PAPISTES , / m. [ Romana Eccksta addiili, j Le» Catholiques Romains. Ceux qui reconnoissent, & suivent les fentimens du Pape, (Les Huguenots n’aiment par fort le* Papiste*. BÁPO‘ PÁQ PAPOtATRES , s. m. s Papa cuit ores. ] Cesc-à-cîire, qui adore le Pape. Ce terme est injurieux. (LesLuté- riens & les Calvinistes apellent les Catholiques Papola- ires, & disent que le Pape est l’Ante-Clirist, Lettre au Pert Armât, p, 7. f Fa QU AGE, f nt. Ternie de Commerce . On le dit de l’arrangement qui se fait du poisson salé dan* les barils & autres futailles. f PAQXjAGE , se dit aussi pour le poisson même. L* paquage de cet endroit est le meilleur.) j PAQUE j Pafque.ff. [ Pascha. ) L’un & l’autre s’écrit, mais on prononce pâque, C’étoit dans la Religion des Juifs une cérémonie célébré où l’on faifoit la Cène, où l’on mangeoit l’agneau qu’on apelloit V agneau Pascal. (Manger la Pâque. Faire la Pâque. Préparer la Pâque. P or t. Royal, Nouveau Tejiament, S. Mathieu, c. 26 . La Pâque est aujourd’hui une fête où l’on célébré là résurrection de Jesus-Christ.) 0 ' PâQUES. II faut remonter dans les premiers âges du monde pour y trouver l’origine du mot & de la fête de Pâques. Ce terme Pascha íìgiiifioit parmi les Chaldéens passage, & plusieurs ont confondu le passa* ge du Seigneur par l’Egypte, lorsque pour punir cette nation il fit mourir dans une nuit les premiers nez défais P homme jusqu’aux bêtes & le passage de la mer rouge t mais les habiles conviennent que la Pâque doit être entendue du prémier passage , qui est marqué dans le ia. chapitre de l’Exode; „ Je passerai, dit le ,, Seigneur à Moïse, cette nuit-là par l’Egypte , K je „ fraperai dans les terres des Egyptiens tous les pré* „ mi ers nez depuis l’homme jusqu’aux bêtes, & j'exercerai mon jugement sur tous les Dieux de l’Egy- „ pte, car c’est moi qui fuis le Seigneur , le sang qui ,, sera marqué à chaque maison , où vous demeurez , „ vous servira de signe , je verrai ce sang & je passe- „ rai vos maisons, & la pluye de mort ne vous tou- ,, citera point -, lorsque j’en fraperai toute l’Egypte. “ Pour rendre le jour de cette action plus célébré & même immortel, Dieu ordonna en même tems à Moïse de le célébrer de race en race avec un culte perpétuel comme une fête folemnelle au Seigneur ï „ Vous mangerez , lui dit-il , dss pains fans levain ,, pendant sept jours , dès le prémier jour il ne se ,,trouvera point de levain dans vos maisons, quicon- ,, que mangera du pain avec du levain depuis le pré- ,, mier jour jusques au septième périra du milieu d’Ifì „ raél ; Le premier jour sera saint & solemnel , le ». septième sera une fête également vénérable ; vous 11e ferez aucune œuvre servile durant ces sept „ jours , hors ce qui regarde le manger, &c. “ Voilà ì’origine de la fête da Pâques qui a toujours subsisté parmi les Israélites , & qui a conservé son ancienne vénération dans la nouvelle Loi ; en sorte que l’on peut dire que nous n’avons point dans nôtre Religion de fête ni plus ancienne, ni plus folemnelle , ni plus respectable , puisqu’clle a été ordonnée par lui même pour être célébrée de race en race » Le jour où l’on commenqoit la solemnité étoit fixé au quatorzième jour du prémier mois, que les llraëlites apel» loient Nisan, comme il est marqué bien clairement dans le 28. chapitre des Nombres v. 16. le quatorzième jour du premier mois fera la Pâque du Seigneur; & après la mort de Jesus-Christ les premiers Chrétiens firent la Pâque comme les Juifs , suivirent leur Calendrier pour trouver le premier mois Nisan, & >S quatorzième jour de la Lune, ce qui fut observé jusques à ce que quelques Evêques fans changer le mois, firent naître une dispute qui a régné pendant long-tems dans l’Ëglise ; les un s’atacherent toùjours à l’usage des Juifs, & ils vouloient que la Pâque fut célébrés le quatorzième jour de la Lune, les autres vouloient que ce fût le Vendredi qui soivoit, parce qu’en ce jour Jesus-Christ a été crucifié ; il y en avoit qui vouloient que l’on célébrât la Pâque le Dimanche après ie quatorzième de la lune, parce que ce fut ce jour que Jesus-Christ ressuscita. PâQUE fleurie, f f. [ Dominica Palmarum. ] C’est le jour des Rameaux , qui est le Dimanche immédiatement avant Pâque. La Floride a été apellée de ce nom à cause qu’elle fut découverte le jour de Pâque fleurie, le 17. de Mars de Tannée i;i;. Voïez Garcilajjb de la Vega, Découverte de la Floride. PâQUE , f m. £ Dies Paschalis. ] Ce mot pris pour marquer le propre jour de Pâque , est masculin, & n’a point de pluriel. Pâque est haut cette année. Pâ° . PAR 25 que étoit fort bas il y a quelques années. Pâque est passé.) PâQUE. (_ Dominica in albis. ] Ce mot est masculin pour dire le dernier jour de la quinzaine de Pâque qui est le jour de la quafimodo. (C’est aujourd’hui Pâque clos, & jamais c’est aujourd’hui PâqUe close.) PâQUES ,sfi [Sacra synaxis tempore PaJ'chali. ] Ce mot est féminin & toujours ejl pluriel pour dire les dévotions qu’on a fait pendant la quinzaine de Pâque. ( Mes Pâques font Faites. Faire d’abord ses Pâques.) On dit proverbialement. Il faut Faire carêmeprenant avec fa femme, & Pâques avec son Curé. T On dit prov. d’un homme qui s’engage dans un* afaire, dans un parti > lorfqu’il n’y a plus aucun avantage à en efperer, qu’il se fait poissonnier la veille de pâques. On dit pour se moquer d’un bourgeois vêtu de neuf, qu 5 il est brave comme un bourreau qui va faire ses Pâques » On apelle œufs de Pâques. £ Ova Pascalia. ) Les préfets qu’on Fait aux valets & aux Enfans au tems de Pâques. PAQIJEBOT , s. m. [ Tabefíaria nœoìs. ] Mot An- glois. C’est un petit vaisseau de passage qui sert aux passans & aux Messagers» PAQUEFIC > f m » f Decumanum vélum. '} Terme de Marine. Nom qu’on donne aux deux basses voiles. Messieurs de i’Academie écrivent Pacfl, Voïez Pacfi. PAQUER, ». <*» C’est presser. Fouler le poisson salé à mesure qu’on le lite , ou qu’on l'arrange par couches dans les futailles, (Paquer du haran, paquer du saumon.) PAQUERETE >// [Mi syhejìris minor .2 Plan- te ainsi nommée, parce qu’elle fleurit vers Pâques, & qui est vulnéraire, & propre pour emporter les obstructions. PAQUET,/»». [Sarcina, fascis.} Plusieurs petites choses a tachées, jointes, acouplées, ou envelo- pées ensemble, (Faire un gros, ou un petit paquet. Fermer un paquet de lettres. Recevoir un paquet de lettres. Ouvrir un paquet de lettres. Acheter un paquet de chanvre, de livres, de bardes. Perdre , changer, égarer un paquet de linge, Voit, Ut. ;o. f Donner k paquet à quelqu’un, f Aliquem aculeii perjiringere. J C’est répliquer d’une maniéré plaisante dfc satirique à quelqu’un. * Donner le paquet-à quelqu’un. [Copiam alicui dare.} Ces mots signifient auffi, donner congé à quelqu’un, & lui dire qu’il fasse son paquet pour s’en aller. * f On dit en parlant d’une fille qui est grosse, qu’elle a donné le paquet à un tel, pour dire qu’elle l’a acusé, & qu’elle dit qu’elle est enceinte de son fait. * lisant bazarder le paquet. [Altquid audere. J Préverbe, pour dire, il Faut bazarder & poursuivre quelqu* entreprise. f * Le paquet de l’ épousée, f Viri puáenda. J Ce Font les parties naturelles de l’homme» Dans ce méme Fení on dit en parlant bassement ■& burlesqueraent, fl, te vilain, il montre son paquet , PAQJJETER , v. a. [ Insarcinam coíligere. 1 Mettre en paquets. II ne se dit guére. Messieurs de l’Académie ne l’ont point mis dans leur Dictionnaire, parce qu’on dit plutôt empaqueter . PAQUEUR , sm. Ce lui qui vaque le poisson fa- lé, qui le Foule & qui le presse en ('arrangeant dans le* futailles. • - . » PAR. [ Per. 3 Sorte de préposition qur régit racusatif, & qui veut dire , Au travers , par dedans. (Passer par 1 » France, Passer par une Eglise. S.Cir.) PAR . [Ob,propter.} A cause. (Les richesses ne sont pas si considérables par elles-mêmes que par l’estirae qu’on en fait. Abl. Luc. Le plaisir de l’amour est d’ai» mer & on est plus heureux par la passion que l’on a, que par celle qu’on donne. Mémoires de Mr, le Duc dt la Rochefoucaut. PAR. Pendant. Durant, (Ils partirent environ deux mille par une grande pluïe. £Maxima imbre.} Ahlan* court, Rit. lit). 4. e. 1.) PAR. [Cum. J Avec. II prit le diadème par la per- mislion d’Alexandre. Vaug. Çimnt. 1 . 8. c. 12. II a fait cela par envie, par colère, par vengeance, par finesse, &c. v ttt jj Tout Tom. m. 26 PAR Tout par amitié, rien par force. Par le conseil des Avocats. Par ce moïen.) , On dit. Aller par eau , par terre, par le coche, &c. par tout le monde, par mer & par terre, &c. pardessus, par dessous, par devant, par derrière , par le haut de la montagne, &c. * 11 se laisse mener par le nez. Parfois, c'esí-a-dire , quelquefois. [Aliquando.i Par hazard, par avanture, par accident, par bonheur, par raillerie, &c. par après , n’est plus en usage. M. de Vaugelas, Rem. 215. & l’Acadéinie. Jetter par terre quelqu’un, ou quelque chose. PAR. [ Per. ] Cette préposition se met au lieu de ces mots a la considération, ou en considération de. (Je Vous conjure par nôtre amitié de,&c. Elle est considérable par sa vertu, par sa beauté, &c. PAR. Cette préposition se met avec un verbe passif, & tient lieu de la préposition Latine a ou ab : (II a été tué par un de ses meilleurs amis. 11 se laisse mener par là femme. (11 a commencé son discours par une interrogation.) La préposition par entre encore dans beaucoup d'atitres phrases. Tout par amour & rien par force. II m’a juré par sa soi qu’il m’aimeroit toûjours. Par maniéré d’aquit. 11 est toûjours par voye U far chemin. II s’est répandu un bruit par.ci, par.ià. [Passim.] II a des dettes par-dejsus la tête. Parci-devant , parci-après. Par. bleu ou par-bieu , en faisant semblant de jurer. Par vôtre permijjìon. De par le Roi.. PAR amjì , est mauvais. M. de Vaugelas, Rem. 92. PARABOLE [ Parabola , allégerai."] Espèce de similitude, & de comparaison. On peut dire que la parabole est une maniéré de petite histoire qu’on imagine pour marquer une vérité de Morale, ou de Religion. La parabole a deux parties le corps & l'ame. Le corps est le récit de l’hiltoire qu’on a imaginée, S l’ame le sens moral, ou místique, caché fous les paroles du récit : (Faire une parabole. Jesus-Christ parloit en paraboles. Expliquer une parabole. Entendre une parabole. Port-Royal Nouveau Tejiament .) sjf Les paraboles ont beaucoup de raport avec les comparaisons selon Longin ch. ;i. PARABOLE. [ Parabola.] Terme de Géométrie. C’est une figure Géométrique , qui est courbe & infinie, & î’une des sections côniques , qui se fait quand un plan coupe une cône hors de son sommet, & qu’il est parallèle à l’un des cotez du cône. PARABOLIQUE, adj. [ Parabolicus. ] Terme de Geo. tiútrie. 11 se dit d’un ouvrage taillé en figure de parabole. {Miroir parabolique. On apelle auílì discours parabolique ; un discours qui tient de la parabole.) PARACENTESE,/./ [ Paracentèses .] Terme de Chirurgien. C’est une opération chirurgique pour évacuer Peau du ventre des hidropiques. (La paracentèse est dangereuse pour le malade. Faire une paracentèse.) t PARACHEVEMENT , s m. [ operis consum. matio. ] Achèvement, fin & perfection de quelque ouvrage. t PARACHEVER,».«.[ Persicere. ] Ce mot signifie achever, terminer, mettre fin à quelque ouvrage & le rendre parfait. (Parachever un bâtiment.) On dit ordinairement achever. * PARACHEVER. Terme de Doreur fur métal. C’est étendre sur l’argent, ou le cuivre qu’on veut dorer, l’or moulu & le vif-argent amalgamez ensemble , avec l’avi- voif, ou le grate-boesse. P ARACLET, s m. [Paracletus.] Nom qu’on donne dans l’Eglife au Saint Esprit, & qui veut dire Consolateur. PARADE,/./! [ Pompa , apparatus. ] Ornement. Habits superbes & magnifiques. (L’armée des Macédoniens néglige cette vaine parade, & elle n’a foin que dc se conserver inébranlable, Vaug. Quint. I, ). c. a. L’Alemagne a sort étalé Le mérite de cette aubade , Par tout elle en fait parade, Comme iPun fuirez signalé. Abé Régnier, Voyage de Munick. Chambre de parade. Lit de parade. On expose leî Princes mons fur un lit de parade. Habits de parade. Chevaux de parade. Porter des prescris en parade. Porter des dépoíìîlles des ennemis en parade. Faire parade de quelque chose, à. PAll PARADE, s f [ Reprasentatio .] Terme à’Oficierdsxi. fanterie. Ce mot de parade se dit lorsqu’un Capitaine d’Infànterie , ou autre Oficier se rend au meilleur état qu’il peut à son Bataillon , à son Régiment , Ou à sa Compagnie pour y prendre son rang & y faire les fonctions de fa charge. (Les Capitaines font obligez de faire parade. PARADE. [Ostentatio habitue.] Terme de Danseur de corde & d’autres gens de cette forte Le mot de parade le dit lorsque les facétieux & quelques danseurs de la troupe paroissent devant la maison où ils jouent, fur une forte de balcon qui est fait de grands & de gros ais, & qui est d’ordinaire élevé à sept ou huit pieds de terre, & que fur ce balcon où il y a le plus souvent des violons qui jouent, les facétieux disent mille froides plaisanteries, & font diverses sortes de postures pour attirer le badaut & le bourgeois, & le faire entrer au lieu où ils jovient en donnant à la porte deux , trois, quatre ou cinq fous ou plus. (Faire parade.) PARADE, f f. [ IHîts repuljìo. ] Terme de Maître dlarmes. C’est la maniéré de parer le coup qu’on porte. Sçavoir toutes les bonnes & méchantes parades. Les parades en forme de cercle sont bonnes & utiles. Faire une parade. S’attacher à une bonne parade. Négliger la parade de l'épée. Revenir à la parade, &c. Liancourt , maître d'armes. II y a autant de sortes de parades que de coups d’attaques. f PARADE , se dit aussi en termes de Manège , de l’arrét d’un cheval qu’on manie. (Ce cheval est sûr à la parade.) On dit. II faut éviter de faire parade de son esprit. £ OJientationis ingenii vitanda ejì JuJpicto ] Faire parade de ses blessures. [ Osent are cicatrices. ] Cette vieille guenon est venue faire ici parade de ses vilains os. [Ad- venit hue Je ojìentatum cum exornatìs ojjlbus.] PARADIS, J. m. f Beatorum J'edes .] Lieu où font les bien-heureux. II est en paradis. Quoi donc, cher Renaudot, un Chrétien effroyable Qui jamais servant Dieu n'eut d'objet que le diable , Pourra marchant toûjours dans des sentiers snauditt Par des formalisez gagner le Paradis. Defpr.) PARADIS terrejìre. [ Paradsus. ] Lieu délicieux où Moïse raconte que Dieu avoit mis Adam & Eve. * Venise se doit nommer à cette heure le paradis de la terre, Voit. I. 86. * Ses yeux font le paradis des âmes , Voit. poés. •j Elle m’a £ait voir le paradis dans Penser où je fuis, Voit. *En me tirant d’erreur il m’ôte du paradis,Dejpreuux, Satire 4. Les Prédicateurs font comme les marchands, ils surfont le Paradis en chaire, mais ils le donnent à meilleur marché au confellional.) PARADIS. Terme de Comédien. Espèce de galerie au- dessus des loges de l’hôtel des Comédiens, d’où l’on entend la Comédie. PARADIS , f. tu. Terme d 'Eglise Romaine. C’est une Chapelle qu’on pare la semaine Sainte plus qu’à l’ordi- naire , qu’on va visiter, & devant laquelle on prie pendant les jours qu’on va à ténèbres. (On dit. 11 y aura la semaine Sainte un beau Paradis au Val de grâce. Le Paradis de Nôtre-Dame étoit fort joli. Aller voir les Paradis. Visiter les Paradis. Le Paradis de Mahomet. C’est un lieu que ce faux Prophète a feint & imaginé , où il fait espérer à ceux qui suivront sa Loi , toutes sortes de plaisirs sensuels. Oiseau de Paradis, f Manucodiata . ] C’est une forte d’oiscau qu’on dit qui n’a point de pieds, qui vole prêt que toûjours & ne vit que de mouches. Graine de Paradis. Voïez Mamquette. ^ Pomme de paradis. O11 donne ce nom à une elpe- ce de pomme rouge qui sc mange en été. PARADOXE,/>«• [Paradoxum.] Mot qui vient du Grec, & qui veut dieu, sentiment contraire à i’opinion commune. (C’est un paradoxe que cela.) L’opinion de Copernic qui soutient le mouvement de la terre est un Paradoxe selon le peuple. (Humiiiez- vous, raison imbétille, connaissez, superbe , quel paradoxe vous êtes à vous même. Pascal. T paradoxe , adj. (Un sentiment paradoxe, un* proposition paradoxe.) PAf> PAR PARAGE,/»». [ Maris plage.. ] Terme de Navigation. Etendue de mer. ( Connoitre le parage où l’on est.) PARAGE , s. m. [ sEqiutts nobìliUì. ] Vieux mot qui signifioit égalité de condition entre Nobles. Et originairement il signifioit noblesse, parce que tous les Nobles prétendent parité ou égalité de noblesse. C$ Le Parage est un droit, en vertu duquel une petite partie du fief est possédée par les puifnez, & leurs dèscendans, fans être oblige?, de porter la foi & hommage à l’ainé, qui en possède la plus grande partie. L’ainé est apellé paragier , dans les Ufances de Saintonge , & dans la Coutume de Poitou art. 26. le Chemìer. Voie? Bechet fur ces Ufances, & Ragueau. Le terme de parage est un abrégé deparentage, filais d’un parentage noble, & même du parentage de la ligne masculine ; car selon Philipe de Beaumanoir ch. 4;. gentille]]} eji toujours raportée de pat' les pères , U non de par les meres. Etre de haut parage , c’elt ctre descendu d’une suite d’ayeux illustres & anciens, fans rien emprunter des ayeulcs. Ainsi PAuteur du Roman de Latin a dit; La es-1 u riche U trop de haut parage , Quatorze Comtes , as tu de ton lignage. Cf Le Président Fauchet p. 492. explique amplement «e terme ; Parage , dit-il, pareage, & parentage est tout un , le commencement d’une oraison à la Vierge Marie toute commune dit: A toi Reine de haut parage. Etau Roman d’Alexandre, Gadifer fut moult preux , d’un Arabi-lignage , En Berry fut nourri , U cil de son parage. Et audit intitulé pour orgueilleux humilier, composé environ l’an MCC. 1 . Aux vers de droit heritage Sera beau cors £5? beau visage , Jamais n'y aura avantage , Tant eût été de haut parage , Qui ne devienne pourriture , Au Roman de Morangis composé par Raoul de Ho«» dan environ l’an MCC. Et telle est gente de lignage Je fuis assez de haut parage Mon pere fut parent de Roi. Le parage est donc une espèce de tenure entre frereS d’une ancienne noblesse. Ùu Chesne a inséré dans les preuves de l’histoire de la Maison de Montmorency page 162. une ancienne transaction de l’an MCCCLXX 1 X. où il est convenu que certains fiefs seroient tenus en parage par Robert de Touteville & Marguerite de Montmorency. Cette tenure est expliquée dans la Coutume de Normandie, & particulièrement dans celle de Poitou depuis l’article n 8- Haut parage. Etoit un grand fief, comme ceux des Pairs & des Seigneurs mouvans immédiatement du Roi. Une femme de haut parage. [ Mulier nobihjjìnue pro - fapiœ .] Pour dire de très-noble parenté & extraction. PAR A GOGH,// - . [ Paragage. ] Terme de Grammaire. Allongement, addition d’une fylabe au bout d’un mot, comme dicier pour dici. Se Paragonner, v.r. \jVariegare. ] Terme de Fie a. riste. 11 se dit des tulipes, & signifie, revenir tous les ans avec un panache beau & net. (Quand les plaques demeurent bien distinctes des couleurs & du panache, on doit efperer que la tulipe se paragonnera tous les ans, Culture des fleurs, c. r. PARAGRAPHE,/»»/. [ Paragraphus. ] Mot qui vient du Grec, & qui parmi les Jurisconsultes, est pour «ne partie d’une loi, d’un chapitre, ou d’un titre. La loi seconde, au paragraphe second, dit, Patru, pi. 6.) f PARAGRAPHE , lé prend aussi pour la marque qu’on a pose à une section , à un chapitre. Mettez un paragraphe dans cet endroit.) (f Monsieur Corneille, Menteur, aft. i. fc.6. Qu’un homme à paragraphe est un joli Galant. t PARAGUANTE ,// [Donum.’] Mot qui vient de ('Espagnol, & qui veut dire ; Une forte de gratification. Une forte de don. Voïez Covarruvius. (11 , eu fa paraguante. On lui a donné fa paraguante.) H PARAGUANTE, se prend souvent en mauvaise part, PAR 27 pour un présent qu’on donne pour tenter la fidélité de quelcun & le corrompre. PARAIN. Voïez parrein. t PARAINSI, adv. [Ergo, ìtaque j Mot hors d’u- sage au lieu duquel on dit, Ainjì. Vaug. Rem. í PARAISONNIER , / m. Terme de Verrerie, C’est celui qui soufle les glaces à miroir. PARAKINANCIE, f f Terme de Médecine, Es. péce d’Esquinancie qui attaque les muscles externes du larinx. Acad. Fr. PARALAXE, L Paralaxis. ] Terme d'A/Ironomie & de Pkijìque. Plusieurs font ce mot féminin , mais quelques,uns le croient masculin. C’est la distance qu’il y a du lieu artificiel d’une étoile au lieuaparenc. C’est Pangle fait par deux rayons qui partent l’un du centre de la Terre, & l’autre d’un endroit de fa surface qui sc traversant dans le corps d’un astre, vont aboutir à deux points du Firmament, entre lefquelr on prend un arc d’un grand cercle , qui est la mesure de cet angle de la paraiaxe. (II y a diverses fortes de Paralaxe , de hauteur , de latitude , de longitude , d’afceníìon droite, de déclinaison, &c. La paralaxe de la Lune au Soleil. Lors qu’un astre est plus proche de la Terre , la paralaxe est plus grande. La plus grande de toutes les paralaxes, c’est horizontale. Lors qu’un astre est vertical, il n’y a point de paralaxe , Ozan. Iìitt. Math. Connoître la paralaxe du Soleil. Roh, Phif * Que Pastrolabe en main un autre aille chercher St Saturne à nos yeux peut faire un paralaxe. Defpreaux, Epitre à Monsieur de Guileragues. PARALIPSE,// [ Pratermijfio .J Figure de Ré- torique. Feinte qu on fait de vouloir omettre quelque chose qu’on dit pourtant. PARALLE'LE, adj. f Parallelus. ] Terme de Géométrie & de Géographie. Ce qui est également distant de quelqu’autre chose. (Ligne parallèle. Cercles parallèles les uns aux autres, Roh. Phif.') PARALLELE , / / [ ParaJIela. J Ligne parallèle, (Tirer une ligne parallèle.) On dit aussi absolument» tirer une parallèle. î Les parallèles ne font point dues aux Modernes, mais aux Anciens qui les pratiquoient dans leurs sièges. La prémiere parallèle , la plus proche de la place , étoittirée fur le bord du fossé, & servoit de communication aux tours & aux tortues bélieres des asliégjns. Ces sortes de communications croient quelquefois couvertes par dessus d’un blindage de claies ou de fa- cines, pour les garantir des coups plongeans des tour* & des ra m parts des assiégez. Polybe décrit cette parallèle couverte dans son Fragment du liège d’Egine, A quelque distance de cette parallèle, on en creusoit une autre derrière , toute semblable à nos places d’ar* mes, comme nous les apellons. C’étoit dans celle- ci que l’on élevoit les batteries de batistes & de catapultes, & dont la construction ne diféroit en rien des nôtres. 11 y en avoir quelquefois une troisième fur une même ligne parallèle, ces places d’armes conte- noient toutes les troupes destinées à la garde des travaux, on communiquait d’une parallèle à l’autre par plusieurs galeries ou fosse? blindez par dessus. Voïez le Polybe de Mr. de Folard. Tome II. p. 164. de Y Edit. d’Amjì. PARALLELE, f. m. [ Cemparatio , collatio. J Comparaison qui se fait d’une personne avec une autre. Le parallèle d’Alexandre & de César, Vaug. Remarq. {§ M. Ménage a fait un long discours fur le terme parallèle , a u propre , & au figuré. C’est principalement en cet endroit qu’il étale tout son ressentiment contre le P. Bouhours , & dans l’ardeur de fa colère contre le disciple, il s’en prend encore au Maître, il ne peut lòufrir que le P. Bouhours, ait traité M. de Vaugelas de héros , & qu’il l’ait comparé à M. le Prince, & à M. de Turéne; il dit pourtant qu’il étoit honnête homme , mais il ne veut pas qu’il fût savant ; & si on l’en doit, M. de Vaugelas devoit à M. Chapelain , à M. Contait, & à M. Patru, les passages Grecs, latins & Italiens, qui font dans son livre : mais il suffit pour récuser son témoignage, de dire que M. Ménage étoit en colère , lotiqu’il a composé l’observation 28. de son second volume ; & que l’excez de sa passion lui a sait oublier ce qu’ii devoit à la mémoire d’un homme qui a toujours bien parlé d« lui , & qui l’a honnoré de Tòm, III. 6 2 28 PAR ion amitié, & dont le souvenir est respecté par tous ìes François qui aiment nôtre langue. Voici la remarque de M. de Vaugelas; ce mot, dit- il, est masculin , dans le figuré, il est vrai que dans le propre , selon que les Géomètres le définissent, on ne le met guére tout seul , que l’on ne dise ligne en même tems: une ligne paralèlìe , deux lignes para- telles , & alors il est adjectif: mais dans le figuré il arrive à ce mot deux choies asseZ extraordinaires, l une que d’adjectif qu’il étoit au propre, il devient substantif au ligure, ne voulant dire autre chose que comparât - Jon, Vautre qu’au propre on l’écrit paralelìe selon son origine Grecque suivie des Latins, & au figuré il change d’Ortographe par l’ignorance & par la bizarrerie de l’u- fage, le paralelìe d’Alexandre & de César, &c. Mais Airs. de l’Académie n’ont pas été de l’avis de M- de Vaugelas, & ils ont décidé qu’il faut toujours écrire valide. PARALLE'LEPIPE'DE ,/[ Parallelepipedum .] Ternie de Géométrie. Corps solide enferme par plusieurs faces parallèles les unes aux autres. C’est un Prisme terminé par six parallélogrammes, dont les oposez sont de deux en deux semblables, parallèles & égaux, O'tan. HiH. Math. (Parallèle rectangle, ou oblique.) FAKAIXEL 1 SME , st. >n. [ ParaUelijmus. ] Terme de Géométrie & d'Optique. C’est la situation de deux lignes, ou surfaces parallèles. 11 se dit particulièrement en termes d’Optique, où l’on parle du parallélisme de ravons. PARALLELOGRAMME , f m. [ ParaL’elogrammumst Terme de Géométrie. C’est une figure plane , terminée par quatre lignes droites dont les oposées deux à deux font égales & parallèles. ( Parallélogramme rectangle, ou oblique. Décrire un parallélogramme, Port-Royal , hlement áe Géométrie. PARALISIE ,// [staralysts, nervorum restolutio.’] Terme de Médecin. Maladie qui ôte le sentiment à une partie du corps. (Fâcheuse, dangereuse paralilie. Avoir line paralilie.) (§' Le mot est Grec, son origine estT*f«lxM7is, une privation de sentiment & de mouvement d’une partie du corps. PARALITIQUE, s. m. [ Paralyticus. ] Qui a une paralilie. Qui est perclus de ses membres, ou de quelques-unes des parties de (on corps. (Jésus dit au pa- ralitique, vos pechez vous font remis, Port-Royal , ÌSouv. Test. t * Hé bien ! me dit-elle, pauvre paralitique, êtes- Vous venu ici tout entier ? Histoire amoureuse de France, pag. ioo.) PARALITIQUE , adj. [ Paralysi tentatus. ] Qui est attaqué de paralisie. (11 elt paralitique. Elle est paralitique d’une partie de son corps. ) PARALOGISME,/. »t. [ Paralogismus. ] Mot qui vient du Grec & qui veut dire , mauvais raisonnement. Sophisme. (II n’est pas inutile de représenter les principales sources des mauvais raisonnemens qu’on appelle sophismes , ou paralogismes , Port-Royal, Art de parler, ;.p. c. iZ. Ii y a sept ou huit sortes de paralo. gistttes qui méritent d’être remarquez ) t PARANGON , st m. [ Comparatio. ] Vieux mot qui ne se dit plus dans Vissage ordinaire qu’en riant, & qui veut dire comparaison parallèle. (Mettre une personne en parangon avec une autre.) f PARANGON. [ Proíotypus. ] Vieux mot qui ne peut entier aujourd’hui que dans le comique, & qui veut dire, modèle achevé fur lequel on se doit confor. mer. ( * C’est un parangon de sagesse & de doctrine, Abl. Luc. tit. i. p. 40. íst Mr. Lancelot le dérive du Grec mettre l’un contre Vautre. H PARANGON. On apelle perle parangon, Diamant parangon , les perles & les Diamans qui se distinguent par leur grosseur, par leur beauté, & par leur prix. PARANGON. [Marmor atrum. J Espèce de marbre fort noir. (Quelle sorte de marbre est-ce là? C’est du parangon. PARANGON Terme d’Imprìmeur. Caractère entre la paladine & le gros texte. f PARANGONNER , v. a. [ Canstrre .} Vieux mot qui tout au plus ne peut entrer que dans le burlesque , & qui veut dire, comparer. Faire comparaison. {st Parangonner est un vieux mot, qui signifie mettre en comparaison , comparer deux choses pour en PAR reconnoitré l’ideritité. Ceux, qui travaillent aux tentes Seigneuriales , sc fervent de ce terme, lors qu’a- prés avoir fait un nouveau terrier fur les anciens, on parangonne les uns avec les autres, pour recon- noitre s’il n’y a rien de plus ou de moins dans le nouveau Terrier. f Se parangonner, v. n. [ S este conferre. J Ce mot est vieux. Dices, Je comparer. PARANIMPHE, st. m. [ Promtbus , Paranymphus ] Ce mot est originairement Grec. & il veut dire celui qui étoit proche de l’époufée. Celui qui avoic la principale conduite des noces. Volez Racines Gréques de Port-Royal. Le mot de paranimphe en ce sens n’a point d’ufage en nôtre langue.) PARANIMPHE. Terme d e Théologien. Cérémonie qui fe fait de deux en deux ans à la fin de la licence où l’on fait l’éloge de chaque licentié. (Faire les paranimphes. Le paranimphe qu’on a fait à Monsieur un tel est fort beau, & il étoit méme plaisant en plusieurs endroits.) {st PARANIMPHE. Les Grecs apellent Paranimphes, ceux qui scion la coutume conduisoient Vépouse dans la maison de son mari ; ils donnoient le nom de lymphes aux épousées. Les Romains qui observoient la même cérémonie dans la conduite de l’épousce, apelloient pronubw le conducteur, & pronuba n c’étoit une femme qui eût cet emploi. Festus a dit : pronuba adbt T bebantur nuptiis qu,tstemel nupsterunt caul’a aujpicii, ut stugulare persteveret maîrimonium. Et Isidore lib. 9. pronuba dicta eo quod nubentibus praejt, quàque nu.be»- tem vtro conjungit, ipsta e/i b paranimpha. Cette conduite sc faifoit avec des circonstances singulières. Je supose les cérémonies usitées dans les fiançailles , & les sacrifices accomplis suivant la coutume, le jour ayant cédé la place à la nuit, on se mettoit en état de conduire l’épousce chez son mari, & Von commençoic par mettre les bardes de l’épousée dans un panier d’ofier, que Festus apelle cumerum , & dont le porteur étoit suivi de pluiieurs femmes portant dans leurs mains une quenouille, avec le lin ou la filace, qu’elles met- toient fur un fuseau; les parens, les amis & l’époux niarchoient ensuite, suivis de trois jeunes garçons, vêtus d’une robe blanche bordée de pourpre , que l’on apelloit patrini £s? matrini, dont l’un portoit un flambeau allumé , & qui étoit fait d’une branche d’é- pine blanche ; parce que scion le témoignage de Varron & de Festus , cette espèce de bois étoit heureuse & dc bon augure , & qu’elle chassoit les enchante, mens, que les Romains craignoient extrêmement. Si nous en croyons Pline liv. 16. c. 18. on portoit plusieurs flambeaux, que les amis communs tachoient d’enlever , de crainte que les mariez n’en lissent un usage de mauvais augure , & qui prefageoit la mort prochaine de l’un ou de l’autre. Ce n’est pas encore tout ce que Von faifoit dans l’entree de Vépouse, Pline ct Virgile nous apprennent, que l’époulè étant arrivée à la porte de la maison , les païens & le mari méme jettoient des noix aux enfans qui accouroient dans la rue. Tibi ducitur uxor, Sparge, marite, nuces. dit Virgile dans son Eglogue huitième, dont Servius a donné plusieurs raisons : les noix, dit-il, croient de bon augure, elles étoient consacrées à Jupiter, ce qui les rendoit respectables. 11 ajoùte encore que Von jet- toit des noix aux petits enfans , a fin que le bruit qu’il» feroient en les ramassant , empêchât d’entendre les plaintes de Vépouse , ou enfin pour marquer que le mari abandonnoit les divertissemens des enfans, qui faifoient plusieurs jeux avec des noix , pour ne s’apli- quer qu’aux affaires sérieuses & domestiques. Régnier fait allusion aux Paranimphes qui se font dans VUniversité de Paris par les Bacheliers de licence, qu’on apelle Bacheliers du prémier ordre, quelque tems après qu’ils font sortis de licence on les avertie de sc trouver un certain jour, qui est ordinairement le Dimanche à l’Oificialité , d’où ils vont inviter en fourrure Mr le Chancelier de VUniversité, à leurs Paranimphes, le lendemain , ou le jour que les Cours Superieures , le Châtelet, & l’Hôtel de Ville leut 1 ont marqué, ils vont tous en corps , & fous peine de grolles amendes inviter les Corps à leurs Paranim- phes ; autrefois toutes les Chambres du Parlement aífiitoient aux jeux paranimphiques , mais depuis long-tems elle» n’y aslittent glus, & le Président, v» ìe Chef de chacune des Chambres répond , que la Cour fe trouvera aux Paranimphes , à la maniéré accoutumée , c’est-à-dire , qu’eile ne s’y trouvera point du tout, c’est le Présenté des Jacobins qui porte toû- jours la parole pour les invitations ; le jour des Para- tjimphes tous les Bacheliers font obligez d’y être pre- ler.s , d’écouter ce qu’on a à leur dire d’obligeant, ou de critique, & d’y répondre 5 chaque Maison fait ses Paranimphes à part , mais en des jours differens , c’est-à dire, la Maison de Sorbonne, celle de Navarre , les Ubiquistes, & les Réguliers , & cela remplit ordinairement toute la semaine de la Sexagelìme ; ^on met tous les Paranimphes à des jours differens, afin que les Docteurs, & les Bacheliers puissent y assister à tous; le lieu où ils se font est très - illuminé , fort orné , & rempli d’une grande quantité de monde, celui qui fait les Paranimphes a une Robe d’écarlate doublee d’hermine, un bonnet fur fa tête , & il a le privilège de parler couvert, ayant une espèce de mortier à la main , & étant assis fur un trône de cinq ou íìx marches , les Bacheliers au contraire répondent debout & découverts ; c'est un des Bacheliers de la Licence qui est nommé pour faire les Paranimphes » qui font des discours personnels qu’il adresse à chaque Bachelier en particulier , aufquels il dit des vé- ritez ou des plaisanteries, suivant que le Paranimphe croît que le Bachelier les a méritées , & chaque Ba- chelier lui répond aulli de la même maniéré, ce qui fait ordinairement un jeu assez divertissant ; le fondre , & un grand nombre de Docteurs y assistent en fourrures , & en robes , & à la fin on y distribue de grands bassins de confitures. Le lundi gras suivant, tous les Bacheliers «'assemblent dans la Chapelle de l’Archevêché , & Mr. le Chancelier de l’Université y étant arrivé les fait tous mettre à genoux, & au jiom du Pape dont il fait la fonction de Vicaire en cette occalion * il leur donne la bénédiction Apostolique, & leurs confère le degré de Licencié ; c’est alors qu’ils en prennent la qualité, On croit que les Paranimphes de Sorbonhe tirent leur origine de la cérémonie qu’on faifoit autrefois à Athènes pour donner aux nouveaux Philosophes le manteau Philosophique, au sujet duquelTertullien a écrit son traité de Paíiio. II faloit que le nouveau Philosophe , habillé d’une maniéré extraordinaire cs- suïát durant trois jours entiers , les insultes, & les railleries du peuple , & méme des honnêtes gens, la modération & la fermeté contre ces sortes de railleries , étaient le prix auquel on mettoit le manteau Philosophique. S. Grégoire de Nazianze a décrit dans ses poésies cette cérémonie , qu’il auroit été obligé d’eíluyer comme les autres lorfqu’il fut à Athènes, malgré la considération qu’on y avoit pout S. Basile fon ami, qui employa son crédit pour le faire dispenser de cette épreuve. Le Mercure Galant du mois d’O* ítobre 1709. PARANOMASIE. XJParanomaJta.'] Ressemblance que les mots ont entr’eux. Elles sont dans les langues qui ont une méme origine. Le Clerc. PARAPET > / m - [Lorica, crepido.J Terme de Fortification. C’est une élévation de Terre par-dessus le rampart pour couvrir le canon & les hommes qui combattent. T^s mousquetaires bordent le parapet.) (f Les Auteurs qui n’entendent pas la guerre confondent quelquefois le parapet avec la muraille. L’Abé de Vertot est tombé dans cette faute dans l'on FUJI. de Malte, en parlant du liège du château Saint-Elme. II dit que les Turcs jetterent un pont sor le parapet, & joignirent la Cape à la mine. II eût dû dire que les Turcs poussèrent un pont jusqu’au mur, qu’ils tachèrent de laper & de miner. Polybe de Folard. PARAPHE,/ m. [Nota peculiarisfubscripto nomini adáita. ] Quelques-uns font ce mot féminin, mais mal. Le bel usage le fait masculin. Prononcez parafe. Paraphe veut dire la signature d’une personne, le seing d’un particulier, ( Un beau paraphe. Mettez-là vôtre paraphe, Faire son paraphe ) PARAPHER , v. a. s Chirogrupbum subjieere. ] Mettre son paraphe au bas de quelque acte, ou autre é- crit qui doit faire foi. (Parapher un contrat, une obligation, Jkc. Laisse * ici ct manteau , il vous fierait connoitrt J* vais lefairt parapher, ne varietur. Arlequin Procureur, Comedie.) par 29 {$ PARAPIIËRNAL , terme de Iu'ifprudence Romaine , c’elt un bien apartenam a une femme, & dont elle jouit indépendamment de ion mari ; ce mot est Grec qui signifie, hors de la dot. Quelques Auteurs ont crû que les biens paraphernaux, & ceux qui étoientou- tre la dot, & hors de la dot, extra dotaha, étoient dik. férens: mais c’est une pure subtilité embarrassante. Disons seulement que la dot & le paraphemal diffèrent ea trois choses. i°. Le mari est maître de la dot mobiliaire & des fruits des immeubles : mais il n’a rien dans lc paraphemal, ni en propriété ni en Fruits, %°. Le para- phernal est fans privilège, & ne jouit point des avantages de la dot. ) u . Si le mari a joui du paraphemal, la femme peut en tout tems en demander compte , & elle ne peut demander fa dot qu’après la mort de son mari, ou en cas de séparation dé biens. Le paraphemal n’est Connu que dans la Coûtume d’Auvergne chap. 14. art. r. Les anciens Bavarois le connoissoìent aussi; capit. 19. tit. r. & cet usage est resté dans toute l’Alemagne, selon le témoignage dc Gail lìb. 1. Oh j. capit. Quelquefois il y a des femmes asseZ bonnes, que de laisser leurs maris en possession de leur paraphemal : mais la joíhfi lance du mari ne lui donne aucun droit dans la propriété , & c’est fur ce principe que Rosental a décidé que le mari ne commet jamais par fa félonie le fief apar- tenant à fa femme, comme paraphemal, dont elle peut disposer sans l'on autorisation & contre son gré ; mais on demande si la femme ayant souFert ou consenti que son mari perçût les fruits du paraphemal, elle peut lui en demander compte, La question est fort agitée. Quant à moi, je crois que fi les Fruits du paraphemal existent, comme les arrérages des rentes, la femme peut les demander ; si au contraire ils ont été employez dans la commune famille, il me parois qu’il faut bien examiner les circonstances, s’il paroît en quelque maniéré que la femme y a consenti, il est sans répétition, il en est de même li le mari a eu besoin du revenu du paraphemal pour soutenir la famille, PARAPHERNAUX , adj. m. pi. [ Parapherna , qu {s PARASITE. Ce nom est odieux depuis long-tems : mais il etoic autrefois trcs-hunorable ; il a eu le même sort que celui de Sophijk , & le mauvais usage que l’on en a fait, les a également decredités. Ceux que les Athéniens apelloient «, les Romains les nommoient Epulones par raport à leurs fonctions qui étoient égales. Le sentiment intérieur que tous les hommes ont eu d’une Divinité , à laquelle ils é- toient redevables des productions de la terre , introduisit 1 offrande des prémiers fruits que l’on recueil- loit, pour marquer leur reconnoissance , & pour les recevoir & les enfermer dans les Temples ; il salut préposer des personnes , qui auroient Je soin de les conserver , de les distribuer au peuple , & de s’en servir pour les festins , que l’on présentoir quelquefois à certaines Divinitez. Les Grecs apelloient ces prémices '*?»« Atm , une sainte pâture, parce qu’elles con. ststoient principalement en blé & en orge , & qu’elles servoient à la nourriture du peuple; & celui qui étoit préposé pour en faire la distribution futapellé frafíísïï»?, Parasite, de «---?« & «><■. Athenée liv. 6. & après lui Samuel Petit in leges Atticas, ont remarqué que presque tous les Dieux avoient leurs Parasites, qui se mcloient aussi de faire des sarcifices avec les anciens & les femmes qui n’avoient eu qu’un mari. Enfin le lieu, où l’on enfermoit les grains offerts aux Dieux , étoit apeilé va(* quoKÌam , quòd. ] Conjon. •cfion qui signifie, à Cause que, & qui régit 1 ’mdicuts. (Us étoient chargez de fers, parue qu’ils étoient rebelles à la parole de Dieu, Port-Rayal, Psaumes.') £§ Mr. de Vaugelas dit d’abord décifivement dans son observation que parce que , & pource que sont également bons ì mais il convient en même temps que parce que est plus doux & plus uíité à la Cour , & presi que par tous les meilleurs Ecrivains; pource que, dit il, est plus du Palais, quoique à la Cour quelques-uns 1* disent aussi, particulièrement ceux de la Province de Normandie; il ajoute que Malherbe préféroit toûjourá pource que , jusques à avoir été fur le point de con» damner parce que , & fa raison étoit que , pource que a un raport exprès ou tacite à l’interrogatìon pourquoi s selon lequel il est plus convenable de répondre pour ce, que par ce, asin que celui qui interroge, & celui qui répond s’accordent»* „ mais selon Mr. de Vaugelas,, cette raison est plus ingénieuse que puissante contre „ l’usage de parce que, qui l’emporte presque de toutes „ les voix. Pourquoi donc Mr-, de Vaugelas , dit-ii, au commencement de ses Remarques que tous deux font bons , mais à présent pource cpue est absolument ma u» Vais. „ Mrs. de l’Académie ont décidé nettement qu’il,, rfest plus d’usage, & que la raison qui le faisoit pré-„ férer par Mr. de Malherbe à. parce que, n’a point eu„ assez de force pour le faire conserver ; personne ne dit présentement poureeque ; le P. B. confirme l’usage de cette décision. f PAR CE QUE-. Ce mot se sépare par quelques-uns, & fait trois mots, & signifie par les choses. Mais en ce sens , & lorsqu’il est ainsi séparé, il ne vaut rien du tout, Vaug.Rem. PARCHASSER , ». ». [ Venationem perficere. J QuelqUes-uns Pont dit pour signifier, finir & terminct ìa chaise par la prise de la bête qu’on a chassée» PARCHEMIN , / m. £ Membrane.. 3 Peau dè mouton raturée qui sert à écrire, à faire des éventails , vu à couvrir des livres. (Parchemin bien ou mal raturé. Parchemin en cqí/'e , c’est la peau de parchemin qui vient de chez le Megissier , & qui n’est pas raturée. ) Parchemin timbré, II ne peut rien offrir aux yeux de PVniviSt Que de vieux parchemins qu'ont épargné les vers. Despr.3 î PARCHEMIN vierge. C’est la peau p réparée des petits chevreaux ou agneaux mort nez. î Alonger le parchemin. C’est dans le stile populaire & bas , multiplier des écritures fans nécessité, dé souvent par esprit de chicane, ou d’interêt. (Les Pro- cureurs aiment à alonger le parchemin.) PARCHEMINERÏE , f f l Pergamenaria ojpcinu. 3 11 signifie Part de faire le parchemin, & le lieu où l’on sait & où Pon vend le parchemin. (II y a à Paris une rué de la Parcbeminerie.) PARCHKMINIER , f m. [ M embrun arum opifex. J Ouvrier Marchand qui achete des Mégiffiers des peaux de mouton qui sont passées en mégie, & qui ensuite leS étendant fur la herse, & les arrêtant aVec le clan , les rature avec des sers à raturer pour en faire du parchemin , dont il vend une partie en gros & eh détail, & l’autre il la porte au bureau des Aides pour être timbrée, & être après distribuée aux Greffiers, Notaires & autres. PARCLOSES , J’f C Ajsuhe mobiles. 3 Terme de Mer. Ce sont des planches posées fur les Vitonniere.s, & qu’on leve & baillé quand on veut voir s’il n’y a rien qui empêche secours de Peau vers 1e* Archioompe.s, «ââ «->».- MR cou- D* PAR PARCOURIR , ». a. C Peragrate , percurrere, ] Aller depuis un bout jufqu’à l’autre. Visiter d’un bout à l’autre. Aller en divers endroits d’un pais. (II a par* couru toute l’Allemagne. Le Soleil paroit parcourir l’E- cliptique, d’Occident en Orient, Roh. PhiJ'.) PARCOURIR. £ Librum pervolvere. (j Ge mot en par* lant de livres, veut dire, lire promptement , & fans faire beaucoup de réflexion. (II y en a qui croyent être sça» vans pour avoir parcouru les livres, & cesgens-)à font tous seuls de leur sentiment.) * PARCOURIR quelqu’un des yeux. [ Perluftrare ocu - lis. 3 C’est regarder quelqu’un avec attention depuis les pieds jusqu’à la tête. (11 l’a parcouru des yeux sans Lavoir pû reconnoitre. 0 PARCOURS. Vieux mot, que l'on trouve dans quelques coutumes, & qui signifie société , u* nion , entre certaines Villes , ou certains Villages. „ Le parcours est , selon Ragueau , une ancienne fo- „ ciété entre les Villes , & les Païs de divers Sei- „ gneurs , pour la commodité du commerce ; & Pi- „ thou enfin en ses Mémoires a dit quant au Droit de 5, société , qui a été autrefois entre quelques Pais & s, Villes de ce Roïaume étans lors fous divers Seigneurs „ pour la commodité du commerce , il étoit appelle „droit démarché, de parcours & entrecours à non „ de Pariage comme aucuns ont voulu dire dont nous ,, avons exemple au parcours ancien de Champagne & „ de Barrois , &c. Chopin dans son Traité du Domaine hv. I. tit. si. a fait mention d’une ancienne transaction faite entre l’Abé de Mouflon & le Duc de Rethel, par laquelle les sujets furent alliez & associez les uns avec les autres , & le parcours des hommes (Tune seigneurie à l’autre. PAR-DELA. [Supra.] Au-delà. (Seségards vont pour lui par-delà le respect, Bours, Esop.) PAR-DERRIERE , adv. [Pane, retrorsum.] Par la partie de derrière. (11 l’a pris en trahison, il l’a pris par derrière. Elle n’est bossue que par derrière, & c’est peu de chose que cela , puisqu’elle est belle au coffre. ) PAR-DESSOUS, adv. [ Sub, subter. ] Qui signifie sous. (Cela est par-deflous) PAR-DESSOUS. [Infra. J Ce mot est préposition quand il a un régime- (Passer par-deflòus la jambe.) PAR-DESSUS. [ Altius. ] Ce mot est adverbe lorsqu’ìl «st mis fans régime. (L’eau coule par-dessus.) PAR-DESSUS. [Supra. ) Préposition qui régit Yacufa- iif. (Avoir de l’eau par dessus la tête.) PAR-DEVANT, adv. [ Antrorsum. ] Ce mot dans le stile ordinaire est un adverbe, & signifie par la partie de devant. ( 11 est bossu par devant & par derrière. II avoit déja reqú neuf blessures par devant & par derrière, Vaug. Quint. Curt. I. 8. c. 14.) PAR-DEVANT. [ Ante , coram. j Ce mot en Termes de Pratique est une préposition qui régit Vacusatis & qui signifie en présence ; mais en ce sens il est fort vieux, & les Avocats qui parlent comme Monsieur Patru , disent un Contrat passé devant Notaires, & jamais par.de. vant Notaires. PAR-DEVERS. £ Penes. ] Préposition qui régit l’acu. salis, mais qui ne se dit gueres. (II a retenu par-devets lui la moitié de cet argent. PARDON» f- m. [Venia, remisio.] Sorte de rémission & de grâce qu’on fait à une personne qui nous a offensé. (Demander pardon de quelque faute. Obtenir pardon.) PARDON. [ Ignoscere.] II se dit quelquefois par simple civilité. (Je vous demande pardon lì je ne fuis pas de vôtre avis.) PARDON. [ IndulgentiK.] Rémission que le Pape a- eorde de certains péchez. ( Gagner les pardons. Les Papes donnent des pardons.) PARDON. [ Salutatio publica Angelica.] Ce font trois ou quatre coups du battant de la cloche fur le bord de la cloche pour avertir les Catholiques Romains de dire quelques Pafer, & quelques Ave Maria , ou autre courte prière, afin d’obtenir de Dieu miséricorde, & rémission de leurs pechez , & que Dieu leur fasse la grâce de les assister le reste du jour. (On sonne ordinairement les pardons dans les Paroisses trois fois le jour, le matin , à midi, & à sept heures du soir.) PARDONNABLE , adj. £ Veniâ dìgnus , ignojcibilií. ) Ce mot ne se dit que des choses', & signifie , qui mtrite pardon. ( Crime qui n’est point pardonna- PAll b le , Abl. Faute quì n’est point pardonnable ; Vaug, Rem.) 0 Mr. de Vaugelas a crû que pardonnable ne le dt- foit jamais des personnes , mais feulement des choses , ainsi je ne fuis pas pardonnable , est condamne par RAcadémie même, il faut dire je ne fuis pas digne de pardon. . PARDONNER, ». a. [Culpam condonare , ignojeere. J Donner pardon. Faire grâce. N’avoir nul ressentiment d'aigreur contre une personne. Je pardonne. Je par. donnai. J’ai pardonné. Je pardonnerai , & non pas Je pardonrai, Vaug. Retn. (En Pétât où je fuis, je lui dois pardonner, mais je ne la dois point croire. II est généreux de pardonner à ses ennemis.) La clémence étoit la vertu de Henri IV. ensorte qu’on peut douter s’il a soumis le Roïaume à force de combat* tre, ou à force de pardonner , Méterai. PARDONNER. [Excusatum habere. ) II se dit quelquefois par simplicité. ( Pardonnez-moi si je n’accepte pas Rostre avantageuse que vous me faites.) 0 Les véritables vertueux ne se pardonnent pas U moindre faute ; Seneque qui peut-être connoissoit mieux le fond de la vertu , qu’il ne la pratiquoit, a dit au sujet de Porsena & de Mucius Scevola, voïez, dit-il, combien la vertu est plus prompte à fe punir soi-mê- me , que la cruauté à lui imposer des peines, fans doute, ajoûte-t-il, que Porsena pardonnoit plus aisément à Mucius de savoir voulu tuer, que Mucius ne se pardonna à lui-même de ne Ravoir pas tué. C’est dans son Epître 44. H PARDONNER, se dit quelquefois pour excepter » épargner ; & dans ce sens on ne Remploie guère qu’a- près la particule négative ne. (La mort ne pardonne à personne. Le soldat dans fa fureur ne pardonne ni aux femmes ni aux enfans.) PARE', PARE E, Voïez Parer. PARE'AGE, Voïez Pariage. PARE'ATIS , s m. [Pareatis. ] Terme de Palais. C’est un pouvoir de mettre un ou plusieurs actes à exécution dans un territoire dépendant d’un autre Juge que de celui qui Ra rendu. (Prendre un paréatis , Patru.) PAREAU, f. m. £ Navicu’a Indica. ] Grande barque des Indes, qui a le devant fait comme le derrière , où l’on met indifféremment le gouvernail, quand on veut changer de bord, Otan. DiH. Matb. î PAREAU. Les pêcheurs apellent ainsi les cailloux qu’ils attachent de distance en distance le long de la coulure d’en bas du filet qu’ils apellent une seine, pour l’arrêter. 0 PARE'E, qui appartient,dit Ragueau, aux Seigneurs voisins fur leurs sujets & hommes de fief, pour les suivre en la terre & la seigneurie l’un de l’autre sans qu’ils fe puissent prétendre être affranchis pour être sortis de la terre de leur Seigneur. PAREIL , pareille , adj. £ Avqualìs , parilìs . J Semblable. (Bouche qui n’eut jamais fa pareille en divins attraits, Voit. poéj. Tu te trouverois mal d’un pareil Jlratageme, Je vois de loin , j’atteins de même. La Font.) 0 PAREIL est quelquefois substantif. Le Chevaliet d’Aceilly sur le portrait de la Reine ; Ce portrait d’une merveille , Plus belle que h soleil Nous dit , je suis le pareil D’une beauté sems pareille. 0 PAREIL substantif n’est pas du beau stile, je fuit ce pareil d’une beautéJans pareille. Jeu de mots. Malherbe stance pout Alcandre. En rares qualitez à nulle autre pareille , í PAREIL, se dit au subst, (têt homme n’a pasTu® pareil. II trouvera son pareil. 11 méprise ses pareils.) 0 Aujourd’hui ces mots à nulle autre pareille, a nulle autre seconde, íont usez, & passent pour chevilles. MU nage p. 297. Jur Malherbe. PAREILLE ,s s £ Par resirre. J La même chose, (Rendre la pareille.) A la pareille , adv. (Je vous remercie, à la pareille. C’est-à-dire, je vous rendrai la même chose. Adieu, à la pareille. C’est-à-dire, adieu, attendez-vous que je vous traiterai comme vous m’avez traité. n PAR tl lui fallut à jeun retourner au logis <, Serrant la queue ff sortant bas l’oreille t Trompeur c'ejì pour vous qu s f écris , Attendez-vous à la pareille. La Font) PAREILLEMENT, adv. [ Sìmiliter.'] Semblablement (Cela est pareillement vrai.) PAREIN. Voïez Par rein. f PAREIRA BRAVA. Plante qui croitauxIndes Occidentales, fur tout dans le Mexique & dans le Brésil. Sa racine est bonne contre la pierre & la gravelle. Les Portugais l’estiment beaucoup. Son nom en leur langue veut dire, vigne sauvage, ou bâtarde ; il a beaucoup de raport n la nature de la plante, qui porte des branches chargées de feuilles tout à fait semblables à la vigne, & qui rampent le long des murailles & des arbres. PARE'LIE , /■ f [Pareìium. ) Terme de Pbìjlque. C’est un mot qui vient du Grec , & qui veut dire l’a- arence d’un ou de plusieurs Soleils autour du verbale Soleil , dans {'intersection de certains cercles , dont les uns font concentriques au véritable Soleil, & les autres au Zenith; & s’il arrive la même chose autour de la Lune, on le nomme parafélene. PARELLE , f f- [ Lepatbum .J On apelle ainsi en divers lieux Pozeille des jardins. PAREMENT ,f m. Ce mot généralement pris, signifie un ornement dont on embélit & dont on ré* hausse la beauté d’une chose. (Un beau & magnifique parement.) PAREMENT, / »». C Ornamentum .] Ce mot en parlant d 'habit, signifie un ornement pour parer le reversis de la manche du pourpoint : C’est par exemple un morceau de taffetas uni, ou piqué, un morceau de tabis, «u d’autre étoffe à peu près de cette nature. (Mettre des paremens aux manches.) PAREMENT de manteau de femme. £ AJfutum vejiis tnuliebris ornamentum .) C’est un tissu de foye qui est de côté & d’autre fur le devant du manteau , & qui prend depuis le haut du manteau jufqu’au bas. ( Un joli, un beau parement.) PAREMENT d’Autel. [ Vejiiaria a/taris omamenta. 3 C’est un ornement d’étoffe de foye qui est enrichi de broderie & de frange de foye, d’or, ou d’argent, qu’on met pour parer le devant de quelque Autel. Un riche parement d’autel.) PAREMENT de muraille, f Lapidis sacres exteriusob. versa. ) Terme de Maçon. Ce font des pierres qui s’é- levent également droites les unes fur les autres, & qu’on apelle dressées à la régie, Ferrant, Vitruve , L z. (Parement bâti de pierre de caille. Pierre qui fait parement.) Parement. Se dit dans les forêts entre les bûcherons, des gros bâtons qu’iis mettent pour parer les fagots au- dessus de l’ame , & de la bourrée. PAREMENT. £ Pavimentorum dijpojìtio 3 Terme de Paveur. C’est l’arrangement uniforme des pavez. Un beau parement de pavez.) PAREMENT , f. m. £ Carnium apparatus. 3 Terme de Rotijjeur. Ce mot se dit en parlant d’agneau. C’est la graisse qui est autour de la pance d’un agneau, & qu’on étend proprement fur les quartiers de derrière pour leur donner plus de grâce. II faut mettre le parement a cet agneau. Ce parement n’eft pas bien.) PAREMENT. Ç Accipitris peftorales macula. 3 Terme de Fauconnerie. 11 se dit des mailles & de la diversité des couleurs. PARENCHYME ,s ™. Terme d 'Anatomie. Qui se dit de la propre substance de plusieurs parties du corps des animaux, comme du cœur, des poumons , du foye, de la rate , des reins. PARENT if m. £ Parent, cognât us, propìnquus. J Personne qui nous est unie par le sang. (Nos parens ne font pas toujours nos meilleurs amis. C’est son proche pa. rent. A ses côtez marchaient environ deux cens de ses plus proches parens, Vaug. Quint. /.}.c.;.) Sans cesse vous brûlez de voir tous vos parens Engloutir a la Cour Charges, Dignitcz, Rangs. Defpr. PARENS. [ Parentes. ] Ce mot signifie quelque-fois le père , la mère , mais quelques - uns ne trouvent pas ce mot élégant dans cette signification. Nouvelles remarques de la langue Françoije. (Dieu a.choisi quel- qwes animaux, où il a voulu tracer les,images de l’amour PAR 33 & de la piété que les enfans doivent à leurs parens. La Cham. Dieu lui donna des parens vraiment Chrétiens Flécbier.) ($ Ce mot, dit le P. B. n’est pas noble pour dire ceux de qui nous avons reçu la vie; il ne sign fie élégamment que les personnes qui nous sont unies par le sang , & il ne les signifie qu’en général, sans marquer en particulier le père & la mère : nos parens ne sont pas toûjours nos meilleurs amis : la plûpart des pro- cez sont entre des proches parens ; A-t-m veu quelquefois dans les plaines cP Afrique Déchirant à P envi leur propre République , Lions contre Lions , parens contre parens , Combatre salement pour k choix des tyrans, Parens pour père & mère, est employé néanmoins par de bons Auteurs ; & M. de la Chambre s’en est servi trois fois dans l’article IV. de l’amitié des animaux. L’Auteur de la vie d’un grand Archevêque sc sert aussi de ce mot dans la même signification : Dieu lui donna des parens vraiment Chrétiens. Quelque puis. santés que soient ces autoritez , continue t-ii, je ne crois pas qu’ii faille y déférer trop, les bons Ecrivains font en matière de langage , ce que sont les bons Capitaines en madère de guerre ; les uns & les autres se méprennent quelquefois, & quoi qu’on doive toûjours les estimer , on ne doit pas les imiter en toutes choses. 11 est vrai. - mais en matière de langage , il ne fufit pas de dire que les bons Auteurs fe sont mépris, il faut le prouver par un usage, qui doit prévaloir, & le P. Bouhours se contente de son propre crédit pour établir sa décision. Dans la prévention qui regnoit parmi les Pa. yens au sujet des manès, & des esprits qui inquiétoient les vivans, particulièrement pendant la nuit, & que l’on apelloit lémures , on inventa des sacrifices, afia que chacun pût apaiser la malignité de ces esprits, 34 PAR Si montrer dam son -parentâge Une longue suite d’ayeux Que la gloire a mis dans les Cieux* Et dans le balet de la Reine. J J Orient ç[uì de leurs ayeux . Sait les titres ambitieux, Donne à leur sang un avantage Qson ne leur peut faire quitter , Sam être ijsu de parentage Ou de vous ou de Jupiter. A Ménagé a fait ici cette note. Ce mot quoique Vieux, ne laisse pas d’être beau, & il est bien plus poétique que celui de parenté ; mais la beauté ne se trouve guère avec la viellesse. Chevreau a fait sur ces mêmes vers deux observations plus importantes ; l’une est fur le parentage de vous qui est insuporta- ble, & l’autre que qui ter, & Jupiter ne riment pas. PARENTE', f f £ Consanguìnitas , asjlmtas. ] Race. Famille. Proximité & alliance que le sang a établie entre de certaines personnes. (11 est d’une grande parenté. Sa parenté lui donne du crédit par tout.) 4 On disoit aussi autrefois parentage pour parenté, & on s’en sert encore dans la poésie. 4 PARENTE , f f. £ Propinqua , ajjìnitate conjun- r?«.] Celle qui nous est jointe par le sang. (Elle est mon amie & ma parente.) PARENTELEE, J. f. Qualité de parent (Ce Juge a été récusé à cause de la parenteOe .]) PARENTESE ,sf [P arentbijìs, mterdusio. ] Terme de Grammaire. Ce lont des mots qu’on inlére dans quelque période , & qui font un sens à part. (Les longues parenteses obscurcissent le discours. Nôtre langue est ennemie des parentéses. Les parentéses dans les vers doivent être courtes, & même elles doivent être ingénieuses , ou autrement elles font insuporta- bles. Le plus sûr dans nôtre langue, c'est de ne point faire de parentése.) •t PARENTESE, fe dit aussi des marques dont on se sert dans l'écriture ou dans l’imprimerie, pour en former les paroles d’une parentese. (MeteZ ces paroles entre deux parenteses.) PARER , v. a. £ Exornare, decorare. J Orner. Ajuster. (Si on se pare seulement pour satisfaire l’inclination naturelle qu’on a à la vanité, ou ce n’est qu’un péché véniel, ou ce n’est point péché du tout, Pose. h L.) Si la beauté des femmes ne faisoit pas naître l’a- mou r dans le cœur des hommes, que feroient-elles de tout le tems qu’elles employent à se pareil Ma - demoiselle de Scudery. Presque tous ceux qui déclament contre les femmes qui se parent , iroient les prier de reprendre leurs ajustemens , si elles cessoient de s’en servir, S. Evrem. PARER. [Vttare , avertere. ] Terme de Maître d’ar- ntes. C’est éviter. Empêcher avec adresse , ou de quelque façon que ce soit, que le coup qu’on nous porte ne nous attrape. (Parer le coup. Parer de la main. En parant il ne faut pas éloigner l’épée de devant foi. Parer de la pointe de l’épée. Parer du foible ou du fort de l’épée. Lmncourt , maure d’armes , ch. 6 . n. 16. N 17. II se dit encore plus généralement, pour dire, éviter quelque coup. Et même au figuré, pour dire détourner quelque malheur. * J’ai fort bien fait d e parer la déclaration d’un désir que je ne fuis pas résolu de contenter, Molière. A - ntour Médecin , ail. i. Jc. 1. - PARER, est aussi neutre , & on dit , parer aux coups , ou sc défendre contre un autre fans lui porter aucun coup. On dit aussi , qu’o» ne peut pas parer à tout , c’est-à-dire , qu’on ne peut pas tout prévoir , qu’on ne fauroìt remedier à tout. PARER. [ Prœtervebere. J Terme de Mer. 11 fe dit en parlant de cap , & signifie , doubler le cap U aller au-delà. Nous fûmes long-tems à parer le cap.) PARER. £ hnum equi cornu rej'ecare. J Terme de Maréchal. C’est couper la corne & la sole du pied d’un cheval avec le boutoir quand on veut ferrer le cheval. (Parer un agneau. Se parer, v. r. [ Exornare. 2 S’ajuster. (Les femmes aiment à fe parer. Se parer des pensées d’autrui. £ Sìbi aliorum cogitata tanquam sua arrogare. J (// eji ajje-z de geais à deux piés comme lui Qui se parent souvent des dépouilles dí autrui. Et que P 071 nomme Plagiaires , La Font.) MR tz Se parer, se défendre , se ínettre à couvert d® quelque chose, contre quelque chose. (Se parer de îa pluie , sc parer contre les incommodité/ de lu saison.) PARE', parée, adj. [Comptas. ] Orné, ajusté, (Elle est bien parée aujourd’hui. M. de Benserade a etì raison de dire ; Quelque paré qu’on soit, on a besoin d’avoir Un Jurtout de jeunesse , voUlez-votis l’avoir , C’eji qu'il ejì hnportant quelque fois de bien taire Son afie baptijlaire. t PARE'E, adj. f. Terme de Palais. On dit qu’une piéce porte une exécution parée, c’est-à-dire, qu’on peut contraindre en vertu de cette piéce , sans une ordonnance du Juge. Piéce de bœuf parée. [Bovinum frttstum praparatum .] Terme de Boucher. C’est la piéce qui fe leve à tête de surlonge. f PARERE» Terme de Commerce , plus Italien que François. II signifie l’avis ou conseil d’un Négociant; parce que répondant en Italien ce qu’il juge à propos fur la demande qu’on lui fait, il dit en cette langue , Mi pare, qui signifie il me semble en François. (Le livre des Pareres de Mr. Savary contient la résolution des questions les plus difficiles du Commerce.) PARESSE » s /• [ Pigritia , inertia , signifies. ] Nonchalance. Négligence. Lenteur blâmable. (Satisfaire à fa paresse. La paresse toute languissante qu’elle est ne laisse pas d’être souvent la maîtresse des autres passions. Elle usurpe sut tous les desseins & toutes les actions de la vie. Mémoires de M. le Duc dé la Rocbefoucaut. Un Auteur Italien a bâti un temple à la Déesse Parejse. Vous co n unissez fa parejse nature Ile à soutenir la conversation, Molière.) PARESSEUSE, s.s. Sorte de coifure de femme qut s’aplique fur la tête comme une perruque par le moyen de laquelle une femme paresseuse, qni se leve tard, est coifée dans un moment. PARESSEUX,/, m. [Piger, deses , iners. J Négligent. Nonchalant. (11 n’y en a point qui pressent tous les autres que les paresseux. Mémoires de M. le Duc de la Rocbefoucaut.) PARESSEUX, paresseuse , adj. [ Ignavus , segnis. ] Nonchalant. Négligent. Qui est sujet à la paresse. Qui aime la paresse. (Vous êtes parejjeuse à un point qui ne fe peut souffrir, Voie. lett. 17. Nôtre Muse souvent paresseuse U stérile A besoin pour marcher de colere £5? de bile. Despr.) * Ventre paresseux. Les lavemens rendent la na« ture paresseuse , La Chamb. PAREURE. Voïez Parure. t PARFAIRE, v. a. £ Perficere , absolvere. J Ce mot signifie achever. Mettre en fa perfection , mais il n’est pas fort en usage , parce qu’il a vieilli. £ Faites-vous toute belle , [f tâchez de parfaire L’ouvrage que les Dieux ont Jì fort avancé. Voit. poës.J 4 PARFAIRE une somme. C’est en termes de fr* nance , ajouter à une somme ce qui y manquoit. 4 PARFAIRE un Livre. C’est en termes de Libraire j ajouter à un livre les feuilles qui y manquent. (J’ai acheté ce livre chez vous, vous étés obligé dc le parfaire.) Faire U parfaire le procès a quelqu'un. [ Damna - tionem explore. ] Terme de Palais. C’est instruire le procès jufqu’à sentence définitive. Son procès sera fait & parfait. PARFAIT , parfaite , adj. £ P erse élus , completus. J Qui a de la perfection. Accompli. Achevé & fini dans toute fa perfection. (Entre les vivantes images de la Divinité, c’est la première, c’est la mieux ressemblante & la plus parfaite , Bens. Compliment a M. de Mêmes. II est impossible de faire rien de parfait, Abl. 11 faut bien des talens pour être parfait Prédicateur» ll faut pour en tracer le parfait caractère Que la grâce dam lui se joigne à Part de plaire. Vill.) Nombre parfait, En termes d 'Aritmétiquc. C’est un «ombre qui dans toutes les parties aliquotes ajoutée» ensemble font ce même nombre. Ainsi 1. 2. & j. parties aliquotes de S. font ensemble 6 . Et de même 1. 2. 4. 7, K PAR 4> 7> & !4- parties aliquotes du nombre s8- font ensemble r8- On trouvera la même chose au nombre 498- &c. Un accord parfait, cn termes de Musique, c’est Puni sson. Prétérit parfait , cn terme de Grammaire. C’est le tems passé & défini, comme je parlai & j'ai parlé. Le prétérit plus que parfait, comme j'avals par lé. PARFAITEMENT , adv. [ Perfefié , ad unguem. ] D'une maniéré parfaite. (11 faut aimer Dieu parfaitement, S.Cir. 11 josle parfaitement du luth.) Î 3 Malherbe a dit dans le pocme des larmes de saint Pierre, Mais toi que plus que tous j'aimai parfaitement. {$ M. Ménage a fort bien observé qu’une chose parfaite est une chose acomplie, & à laquelle il ne manque rien; & ainsi à la rigueur des termes, ce mot de parfaitement , ne peut être mis avec un comparatif, comme l’a ici employé Malherbe, & moins encore avec un superlatif, comme l’employent ceux qui finissent* leurs lettres par ces mots: Je fuis parfaite, ment vôtre très-bumble serviteur. M. de Vaugelas re. marque 491. a de même cette phrase, & il ajoùte qui diroit. Je fuis parfaitement vôtre serviteur , diroit fort bien: mais je suis parfaitement vôtre très-humble serviteur, ne Je peut dire qu’en ne Juchant ce que l’on dit ou du moins n’ysongeant pas. L’Académie a aprouvé cette remarque. t PARFÁUTE, adv. CDefcftu . ] Ce mot est de Palais & un peu vieux , & en sa place on dit faute de. (Par faute de payer, dites faute de payer. PARFOIS» adv. [ Quandoque. ] Ce mot signifie quelquefois , mais il n’est pas si usité que quelquefois. [Et Ji parfois d’amour vitre ame eji allumée, C’efi un feu pajfager-. Voit. poés.J PARFONDRE, O. «. C Encaujlum aurs induce* re. 3 Terme d ’Emailleur. C’est mettre la besogne au feu. Faire fondre l’émail également par tout. t SE PARFORCER, ». ». [Canari, eniti. f C’est faire un effort violent & presque au delà de ses forces» Ce mot vieillit ; & il faut dire Je forcer. t PARFOURNIR, ». [ Supplere, explert.J A- chever de fournir ce qui est nécessaire pour rendre une chose complette. (Un Libraire est obligé de parfournir les feuilles qui manquent à un livre qu'il a imprimé.) PARFUM ,s m. [Odor, odoramentum. 3 Senteur, Odeur artificielle. Composition odoriférante qui étant chaufée, ou échaufée, rend une agréable odeur. (Un excellent parfum. Faire de bons parfums. Aimer les parfums. Elles achetèrent des parfums pour embaumer Jésus. Port.Royal, Nouveau Tejiament.) f§ Les anciens aimoient fort les parfums, ils en ufoient dans plusieurs ocaíions , & particulièrement dans les funérailles , Sc fur les tombeaux, pour bon- rorer la mémoire des morts ; ainsi Antoine recommande de répandre fur les cendres, du vin, des herbes odoriférantes, & de mêler des parfums à l’agréable odeur des roses. Sparge mero cineres, £4? odore perlue nards Hojpes , U adde rosis balfama puniceìs. Anacrèon avoit dit long-tems auparavant Ode 4. A quoi bon répandre des essences fur mon tombeau? pourquoi y faire des sacrifices inutiles , parfumes moi plûtôt pendant que je fuis en vie , mets des couronnes de roses fur ma tête. PARFUM. Se dit figurément des choses qui fiaient agréablement l’efprit. (Le parfum des louanges. Sa prière est montée au Ciel comme un agréable parfum. Port Royal.) PARFUM, [Aromata,fuffimenta, Thymiamata J Terme d ’Apotïcaire. Ce font des tnédicamens externes composez de gommes & de poudres, qui mêlées ensemble & mises fur des charbons ardens , rendent une fumée propre à la guérison de plusieurs maladies. (Préparer un parfum.) £ PARFUM, fe dit aussi d’une senteur désagréable. (Voilà un méchant parfum, on nous envoie un étrange parfum.) PARFUMER , ». a. f Qdaribus ìmbuere , Unguento perfricare.'} Communiquer l’odeur d’un agréable parfum à quelque chose qui en soit susceptible. Faire prendre à quelque sujet l’odeur d’un parfum. Répandre î’odeur d’un parfum. (Parfumer des gans. Parfumer des liqueurs.) PAR 3 ? í PARFUMER les lettres. C’est les exposer au feu de soufre, les tremper dans le vinaigre. (On parfume toutes les lettres qui viennent des pais suspects de contagion.) On dit figurément d’un don fait de bonne grâce & fans aucun frais. Qu’il est parfumé. On dit aussi, que Sénéque parfume trop ses pensées, qu’à la longue elles donnent dans la tête. Bouhours. PARFUMEUR, f. m. [Myropola, uxguentarius .3 Marchand ouvrier qui fait, vend, & employé toute sorte de parfums, qui vend & fait de la poudre de Cypre, des savonnettes, des pastilles, eau d’ange & autre eau de senteur, vend de toutes sortes de gans parfumez, essences, pommades, &c. (Le metier de parfumeur est très ancien, & il a été en vogue parmi les anciens Grecs & les anciens Romains. Votez là-des- sus Garzoni piazza universelle. PARI , f. m. [ Pecuniaria JponJio. ] Ce qu’on a gagé. Le pari est considérable, il est de cent pistoles.) PARIADE i f f [Perdicum coitìo. 3 Terme de Chasse. Saison où les perdrix s’aparient. f PARIADE, sc dit aussi des perdrix apariées. ( H y a plusieurs pariades dans ce champ.) PARIAGE, f m. [Consortium, soeietas.J Ternie de Coutume. Tenir une Justice, ou un fief en pariage avec un autre, c’est-à-dire, en société. {ft PARIAGE, Ce st ainsi qu’on apelloit autrefois un# espèce de société, que nos Rois contractoient avec les Evêques & les Abez , par laquelle ceux-ci partiel» poient aux avantages & aux privilèges de leurs domaines. Cette association & communication de droit, dis Chopin, st». 1. eh. %. du Domaine, est apellée pariage, telle qtie celle que fit i’Evéque du Puy en Velay avee Philipe le Bel, Roi de France. Le Roi Charles VIL par Lettres Patentes adressées au Parlement de Toulouse , renouvella cette association & pariage, & enjoignit í ia dite Cour de Parlement de la faire soigneusement entretenir. Laroche Flavin à remarqué au Titre des Droits Seigneuriaux art. 12. que les Conseigneurs avec le Roi en pariage, ne peuvent procéder à faire leur reconnoissattce fans apeller le Procureur du Roi du lieu, s’il y en a, eu du Siège plus prochain, comme fut dit & arrêté le 17. Mai 1541. PAR ICI > adv. [Hac.J De ce côté. (II faut passée par ici. C’est par ici.) PARIER , ». a. [Sponfîone certare .3 Gager. (Parier une pistole, une paire de bas de soie, un castor, un# paire de gans , &c. ) PARIETAIRE,// Helxíne , ureeolaris herbu .) C’est une herbe qui croît naturellement sor les murailles. 11 y en a de diverses sortes. Ce mot est aussi adjectif. {Rué pariétaire , c’est-à-dire, qui croît sor les murs & en des lieux pierreux.) PARIEUR, f m. [Sponsor.J Celui quì parie. (11 f a plus de parieurs que de joueur®. Voilà un mauvais coup pour des parieurs.) PARIS , Lutetia. L’une des plus grandes villes dw monde, & la Capitale du Royaume de France, D u» brueil a d’abord raporté dans ses Antiquitez de Paris, les différentes opinions fur l’origine de cc mot ; la plus vraisemblable est que Paris fut bâti auprès d’un Temple d’Isis , .Ms. M. Spon prétend dans la aï. dissertation de ses Recherches d’antiquité, que l’on trouva , il y a quelque tems, une tête de femme couronnée d’une tour , & que c’est la figure d’Isis , qui étoit adorée dans un Temple élevé à son honneur dans le territoire qui áparrient à présent à l’âbaïe de S. Germain des Prez, Quanta Lutetia . PARISIENNE, adj. f. [ Minutifjîmì caralteres. J Terme &’Imprimerie. C’est le plus petit caractère dont se fervent les Imprimeurs» On Papesse autrement Se- danoise. PARISIS , s. m. [Unius quints ttcceffìo.J Terme de Palais. C’est l’addition de la quatrième partie de la somme au total de la somme ; par exemple 1 eparifò de seize sous, ce sont quatre fous ; ainsi quatre fous parisis sont cinq fous. Le Roi par fa dernière Ordonnance a ôté le parisis. En termes de Finance on apelle quart en fus ce qu’on apelloit au palais le parfis. PARISIS. £ Parijìenjis ager. ] Se disoit aussi du territoire auprès de Paris. Louvres en Parfis. PARITE', f f- f Pari t as , equalitas. ] Terme de Rétorique & de Pbilojopbe. Oh apetle lieu de parité lorsqu’on argumente sur des choses égales entr’eìíes ft «ù il ne sc trouve ni plus ’ni moins. Trn . III. E a PAR- 36 PAR PARJURE , s- m. [ Perjurium. ] Faux serment. (Punir le parjure. Patru. Urbanises. Je ne croi pas qu’un homme puisse vivre en paix qui se sent coupable d’un parjure, Ablancourt , Rit, liv. 3. ch. ;. Est-ce ainsi qu’au parjure on ajoûte l’outrage. Racine, Iphigenie, ail. 4. sc. 6 . . Je sçai que vos regards vont rouvrir des bief ures. Que tous mes pas vers vous font autant de parjures. Rac.) . _ PARJURE , adj. iPerjurus. ] Qui a fait un faux ler- ment. Qui s’est parjuré. Qui est fans foi. Cupidon . ne punit rebelle ni parjure. Desh. Mon unie parjure Ne put jamais vous faire cette injure. Voit. roef. Mon cœur mime aujourd’hui De son parjure amant lui proinettoit l’apui. Racine, Iphigenie , a. 3. f. ) PARJURE, s m. [ Perjuriosus. J Qui a fait un faux serment. (C’est un coquin. C’est un parjure. II n y eut jamais tant de parjures & de sacrilèges. Ab L Luc. On J'çait de cent beautez les trijìes avantures , Et l’empire amoureux eji rempli de parjures. La Suze, Elégies.) . . Se parjurer , v. r. [ Pejerare , objir ingéré se perjurio. J Faire un parjure. Commettre un parjure. (R s’est honteusement parjuré. 11 faut être un misérable & avoir m foi ni loi, pour se parjurer.) PAR LA , adv. [Mac.) Par cet endroit. Par ce lieu. (II vient de passer par là. Scaron.) PAR LA [ Sic. ] Sorte de conjonllive , qui veut dire ainsi, pur ces choses. (Je vol parla que paschal, liv. 1. PARLANT» parlante, part. 0f adj. í Loquax. J Qui parle. Les arbres U k* plantes Sont devenus chez moi créatures parlante*. La Font. J Trompette par lante, f Tuba anglicanu. J C’est un grand tuiau de fer blanc» fait en maniéré de trompette , par le moyen duquel on porte la voix articulée à une lieue loin, ou environ. L’invention des trompettes parlantes est venue d’Angleterre. On a dit qu’Al- bert le Grand avoit une tète parlante. Armes parlantes. [Scutaria tejfera nomini accommo . data. J Terme de Blason. C’est quand les pièces dont l’Ecu est chargé disent le nom de celui qui porte ces armes, comme une tour, dans les armes des Sieurs de la Tour, &c. PARLEMENT, / m. Le mot de Parlement veut dire conférence & pourparler , mais en ce sens il n’est pas en usage. PARLEMENT- [SénatusSupremus.) Est une Cour Souveraine,établie jiar nos Rois pour rendre la Justice a leurs Sujets. Cette Cour, à fa naissance, étoit l’assemblé* des Princes, des O liciers de la Couronne, des Prélats & des grands Seigneurs du Royaume qui rendoient la Justice aux Sujets du Roi deux ou trois fois l’année, en un lieu que le Roi designoit lui même, mais enfin en i;os. Philippe le Bel rendit cette assemblée sédentaire à Paris, & parce qu’il logeoit dans le palais du Roi qu’on apelle caria en Latin, il a retenu depuis le mot de Cour. Voler Joli U Miraut. Les Parlemens de France font Paris, Toulouse, Bordeaux, Aix, Grenoble, Dijon, Rouen, Rennes, Pau & Mets. (Etre si vocat au Parlement. Vaug. Rem. Etre Avocat en la Cour de Parlement. Patru. Combien au Parlement d’Avocats de grand poids Pour aller à grand train vont-ils contre les loix. Bours. Esope.) PARLEMENT. [ Curix supremœ consejsus. ] Signifie quelquefois la Séance du Parlement pendant une année, qui commence à la saint Martin & finit le 7. de Septembre. Cette ouverture se fait par une Messe solennelle, & des harangues de l’Avocat général & du premier Président. Le Parlement, f Sénatus Anglicanus. J En Angleterre, c’est l’Assemblée des Etats du Royaume , que le Roi a f semble, congédié, ou proroge quand il lui plaît. Elle est composée de deux Chambres , la Haute, où font les Seigneurs ; & la baffe, où font les Députez des Villes. PARLEMENTAIRE , f m. [Cunœ juprema sefiariw C’est celui qui tient le parti du Parlement. Ce mot ne fe dit qu’en parlant de ceux qui ont suivi le Parlement d’Angleterre qui étoit opose au Roi. PARLEMENTER, v. n. [Cum obsejsortbus de dedenda m ce agere. ] Ce mot se dit de* place* assiégées, & veut PAR dire, Parler , conférer avec les assiégeant pour leur livrer la Ville à dc certaines conditions Sc dans un certain tems. (La ville Parlemente. -J- * A peine Mars se présenta Que la belle parlementa. La Fontaine Contes.) * Ville qui parlemente eji à demi rendu’f. Façon de parler proverbiale, pour dire qu’une fille ou une femme qui écoute des propositions n’est pas éloignée dc les accepter & de se rendre. PARLER , ». a. C’est expliquer ses pensées par des signes que les hommes ont inventez à ce dessein, comme sont les voix & les sons. Expliquer fa pensée par paroles. Parler un langage inconnu. Ablanc. Parler bien une langue. Parler haut. Parler bas. Parler aux oreilles de quelqu’un. Parler du nez. Parler gras. Parler entre ses dents. Parler Balzac, parler Voiture. C’est s’exprimer à peu prés comme Balzac, ou Voiture. Parler blason, parler chasse. C’est s’exprimer en termes de blason & de cbasj’e. On aime mieux dire du mal dc soi-mêmeque de n’en point parler. Les petits esprits ont le don de beaucoup parler & de ne rien dire. M. D. L. R. F. (s M. de Balzac. II ne parloit que cercles , qutruth les, & que cabinets, ne scroit il point plus naturel de dire, il ne parloit que de cercles , de ruelles, 0? de c a. binets, le même a dit deTertulien, cet Afriquain parle de fer, 0? de pierres, tant son siile esì raboteux 0? dur : mais il ne faut pas l’imiter. Quoique parler lbit un verbe neutre, on peut dire parler une langue, parle* Grec,Latin, Alleman, François. On dit que les Amans pour ne se rien celer Au défaut de la voix ont ies yeux pour parler. Bours. Esop.) PARLER. Discourir. (Parler de quelque chose. Parler bien ou mal de quelqu’en. On parle diversement. Faire parler le monde. II a une grande facilité à parler. Parier pour quelqu’un. Je n’en ai jamais oui parler. Parler du cœur. Parler tout de bon. Parler en maître. Parler en public. Parler à tort & à travers. » vnwf y -y tia T V * f J ^ Ce qu’ils disent s’adresse a tous tant que nous sommet Je me fers d’animaux pour instruire les hommes. La Font.) H PARLER de la pluye 0? du beau tems. Prov. C’est dilcourir, s’entretenir de choses indiferentes. 3= PARLER en Pair, Prov. C’est parler sans aucun dessein, fans aucune vûé particulière. Parler m Pair, c’est aussi parler fans fondement, fans être bien instruit d’une chose. J- PARLER au bazar d, à la boule viie, C’est parle* témérairement de ce qu’on ne fait pas bien. * Paire parler les arbres , les rochers , 0fc. [Oratio- nem aftringere ..J C’est les introduire dans un discours comme si c’étoient des personnes qui parlassent. * La chose parle dleìle-mème. (Per se notum esì."} C’est-à-dire. La chose est évidente. Se parler par lettres. [Scnpto adiré aliquem. J C’est se communiquer ses pensées par lettres. $ St parler des yeux, c’est exprimer ses sentiment par des regards. f PARLER comme un perroquet. Prov. C’est parle* fans savoir ce qu’on dit. í PARLER en maître. C’est parler sur une matière qu’on possede a fond. í PARLER en écolier. C’est parler des choses dont on n’a qu une connoiflance legere & superficielle. •p PARLER aux rochers. Prov» C’est parler à de* gens, .qui ne sont point touchez des choies qu’on leur représente. r PARLER à un sourd. Prov. C’est parler à un homme qui est résolu de ne rien acorder, & de ne rien faire de ce qu’on lui demande. 4= PARLER á cheval a quelcun. C’est dans le ftile familier, parler a quelcun avec hauteur, avec empire. -j- Paire parler de soi. C’est faire des choses d’éclat, dont tout le monde s’entretient. On le dit en bien » en mal. (Ce brave oficier a bien fait parler de lui. Cette femme a fait parler d’elle. Cette fille a toûjour* ete sage & vertueuse , on n’en a jamais parlé.) I Je veux croire qu’au fond il ne se passe rien ^Mof j ° U m fatle * ^ Ítí(t ^ bim ' $ PAR* PAR 4 PARLER des grosses dents à quelcun, C’eft lui parler avec menaces. 4 La nature parle , le sang parle. C’est-à-dire que dans certaines conjonctures les sentimens naturels se réveillent. f PARLER François à quelcun. C’est lui expliquer nettement & préciiement son intention. PARLER par signes, comme les muets. [Sìgnis ulloquif] PARLER du ventre. C’est une adresse qu’ont de certaines personnes de parler d’une certaine manière qu’il semble que leur voix vienne de soin. PARLER doucement. Voïez doucement. * PARLER , v. a. Ce mot se dit des tuiaux d’orgues. {Tuiau qui parle bien. C’est-à-dire, quia une harmonie franche & naturelle comme il la doit avoir. Mers. 1. 6. PARLER. [ AJflatu divino concitare. ] Se dit pour inspirer. C’est en ce sens que Mr. Despreaux dit des mauvais Poètes, que Calliope nc daigna jamais leur parler . Êt Mr. de Villiers dit que l’Ecriture sçait parler au cœur. Cs PARLER Grec , Latin , sont mis adverbialement. On ne dit pas seulement peurler une langue , parler le langage de la Cour > mais on dit encore parler guerre, parier blason , parler chaJJ'e , esc. cela 1e dit d’unc personne qui sqaittous les termes de la guerre, du blason , & de la chasse, & qui les employé à propos en Î iarlant : Cela s’etend à toutes les choses dont on seait es termes propres, & dont on parle soavamment. On dit parler Pouilleux , c’est parler avec capacité de la chasse , & dans les termes de Pouilleux qui en a écrit. M. de Balzac dit dans ses entretiens , pour continuer ù parler Epigramme ; il dit aussi parler Horace, & s’est en parlant des sages ignorans, comme il les apelle, qui ne savent pas un mot de Grec ni de Latin & qui n’ont étudié ni en Logique, ni en Rhétorique, & qui font néanmoins des pièces, où l’on remarque toutes les régies du raisonnement, & de l’Eloquence : $fe me contenterai , dit-il, de vous en alléguer un seul , £? eìl “ core ne veux je pas vous le nommer, qui brille entre les autres comme le soleil entre les qjlres, pour parler Horace . M. de Balzac a parlé Balzac en cette rencontre plutôt qu 'Horace ; car Horace dit expressément, comme tout le monde seait ; Micat inter omnes Julium Jldus , velut inter ignés Lima minores. L’Orateur François a voulu fans doute enchérir fur la pensée du Poète Latin en laveur de ce sage ignorant qu’il ne nomme point, & comme iì ce n’étoit pas assez pour lui d’étre lune, il en a voulu faire un soleil; íl a crû peut-étre redresser Horace , en mettant le soleil pour la lune: mais je foie dire, il s’est égaré lui-mê- me, il dit une choie fausse en voulant dire une belle chose. Le soleil à proprement parler ne brille point entre les astres , il les obscurcit » il les efface , ils ne parpiffent point en sa présence, & il ne paroit point, quand on les voit. Cela n’apartient qu’à la lune qui brille dans une belle nuit au milieu des étoiles, avec «fautant plus d’éclat, que nous la voyons de plus près. M. de Balzac pouvoit dire de son illustre ami, qu’il ejl entre les autres comme la lune entre les ajires , ou s’il vouloit le faire briller, il pouvoit dire, il briUe entre les autres comme la lune entre tes ajires , il devoit le dire du moins pour parler Horace; mais de la maniéré dont ìl a parlé, il n’a parlé que Balzac. Quoi qu’il en soit, parler Epigramme , parier métaphore , parler Horace , parler Balzac, ce sont des expressions élégantes & Françaises ; mais il faut prendre garde où on les met, & fur tout il ne faut pas s’en servir souvent. {$ Tout cela est du P. Bouhours dans ses Remarques nouvelles fur la langue Françoise, je l’ai raporté fans en rien retrancher, parce que cette remarque peut être utile, «. [ Loquax , garru/us. J Celui qui parle. Celui qui discourt. Qui cause. (11 n'y a point de plus grands parieurs , que les demi Savans. Ab L C’est ce divin parleur dont le fameux mérite a trouvé chez le Roi plus d’honneur que d’apui. Main , í>° e s Ne soyez à la Cour Jì vous y voulez plaire Ni fade adulateur , ni parleur trop sincère. La Font. 3 f$ Grand-Parleur, dit 1e P. B. Suite des Remarques nouvelles , fsc, renferme deux choses, un défaut Sc une habitude. Qui dit grand parleur, dit un homme qui parle trop , qui parle souvent mal à propos , qui parle en Pair, qui parle pour parler : on ne dit pas d’un homme qui ne dit rien que de sensé,,-y,ui ne dit rien d’inutíse , qu’il soit un grand parleur , quoiqu’il parle beaucoup ; on ne 1e diroit pas même d’un homme , qui dans une ou deux rencontres auroit tenu de longs discours contre la coutume, & se soroi't trouvé en humeur de parler plus qu’à l’ordinaire. Grand parleur marque une habitude, & il ne faut pas s’en servir dans des endroits où il n’est question que d’ua acte, comme ont fait de célèbres Ecrivains en traduisant orantes mlite multum loqui , ne forez grands parleurs dans vos prières, au lieu de dire ne parlez pas beaucoup dans vos prières . On dit bien , c’est un grand parleur ; ce sont de grands parleurs. Mais dans une ocalion particulière , on n’exhorte guéres les gens à n’être pas de grands parleurs, on les exhorte à parler peu ; du moins on ne dit ordinairement grand par • leur , que pour marquer un homme qui est sujet à parles beaucoup, &c, L’Auteur Anonime des Réflexions fut l’usage présent de la langue Françoise , aprouve la distinction du P. B. mais il prétend que fi en parlant en général des prières qu’on a coutume de faire tous ses jours , je disois qu’il ne faut pas être grand parleur dans ies prières, je m’expliquerois bien, parce que c’est comme fi je disois > qu’il ne faut pas se faire une habitude de parler beaucoup dafis ses prières, qui est une expression qu’on ne fauroit reprendre en cette oca- sion, comme dans l’autre exemple, parce qu’il s’agitici de toutes ses prières généralement, St par conséquent d’un grand nombre d’actes, qui étant réïtereZ peuvent former une habitude ; il faut donc que l’Auteut des Remarques nouvelles sor la langue se soit mépris { & quant à moi je m’en tiens au sentiment du R. P, PARLEUSE , J. f. [ Garrula , verboja. j Ce ífiot se joint ordinairement à quelque épitéte , L ne se dit pas seul, (Ainsi on dit, C’est une grande parleuse pour marquer que c’est une fille, ou une femme qui parle beaucoup. Les femmes qui ont l’esprit petit font grandes parleuses. PARLOIR , f m. [ Âllocutorium.] Lieu du Couvent où l’on parle aux Religieuses à travers une grille. (Un petit parloir. Un grand parloir. Rien ne fait plus aisément oublier à une Religieuse la sainteté de son état que la fréquentation du parloir , II y a des Convens où il y faut retenic de bonne heure le parloir, & l’Abaïe de N. est de ce nombre. ) PARLOIR. [Cottoquii Ecus.] Ce mot parmi les Feùil- lans est une petite chambre ouverte de tous côtez , St qui est à chaque bout du dortoir, où les Religieux parlent ensemble, parce qu’il n’est pas permis de parler au dortoir. 4 PARLOIR aux Bourgeois , C’étoit anciennement à Paris ce qu’on nomme présentement l’Hôtcl-de-Ville ; c’est-à-dire, se Heu où ses Magistrats Municipaux tenoient leur Juridiction , & terminoient les diferens qui étoient de leur compétence, & qui sorvenoient entre ses Bourgeois en fait de police & de négoce. PARMESAN , f m. ] Cajius Parmen/ìs. ] Sorte de bon fromage qui vient de Parme en Italie. ( L« parmesan est fart b»n. ) p. R 38 PAR. PARMI- [ Inter , cum. ] Préposition qui régit Pactu satif & qui signifie Entre , Au milieu. 11 n’est pas possible de faire la Cour aux Muses parmi l’embarras des afaires & les tracas du ménage.) . PARNAGE . / m. [ Glandaria pasiioms f us. ) Terme des Eaux & Forêts , & de Coutume. C’est un droit Seigneurial dû aux propriétaires d’une forêt pour la glandée & paillon des porcs & autre bétail. PARNASSE, / m. IParnasi'us .) Mont qui est en Gréce, qui a deux pointes fort hautes & qui est consacré aux Muses. (Grimper fur le parnajfe comme Cole- tet fans pourpoint ni manteau. Vous me louez de bonne grâce Mais pour cette immortalité Dont on parle tant au Parnasse Hélas ! ce n’eji que vanité. Mile. de Scudery.) PARNASSE Satirique. Ouvrage de vers obscènes. PARODIE, / / [ Cntìcus , cenj'or. ] Sorte de poème , où pour jouer quelque personne on tourne avec esprit & un sens railleur & agréable les vers de quelque grand Poète. La Parodie a été mventee par les Grecs. Nous avons deux parodies assez fameuses en nôtre langue , celle de Bertelet contre Malheibe , & 1 autre qui a pour titre Chapelain décoifé. Scaliger a dit dans fa Poétique à i. ch. 8 . que la parodie etoit la fille de la Rapfodic. II faut donc connoìtre la mere avant que de parler de la fille. {$ Les Ouvrages des anciens Poètes étoient répandus dans le monde séparément & par lambeaux. JElian. iiv. r. $. ch. 14 . raconte dans ses diverses histoires que l’Iliade, & l’Odissée d’Homere étoient chantées fur les théâtres, ou dans les jours de solemnité, par parties séparées. Les uns chantoient les actions d A- gamemnon, les autres les funérailles de Patrocle. L’Odissée fournissoit plusieurs sujets considérables, comme le séjour d’Ulisse dans la grotte de Calypso. (f Mais comme ces récits étoient souvent languis- sans, & ne remplissoient pas l’attente & la curiosité des auditeurs, on y méloit pour les délasser, & par forme d’interméde des acteurs qui récitoient de petits poèmes composez des mêmes vers qu’on avoit récitez, mais dont on detournoit le sens pour exprimer une autre chose propre à divertir le public ; c’étoit ce qu’on apelloit parodies, dont Scaliger nous donne cette définition : est igitur parodia Rapsodia inversa , muta - tis vocibus ail ridicula fenfum retrahens. Suidas avoit dit avant lui, que parodier, c’étoit composer une comédie des vers d’une Tragédie : x*ì xapaii» «V* xiytT t CTctvix TpaysSidt pcitíuiktcÍÌ Kéycf lis xwiuiïiav. Car les parodies ne furent inventées que pour représenter aux spectateurs quelque sujet divertissant & comique & comme naturellement on aime mieux ce qui nous divertit , que ce qui nous afflige, ces petits ouvrages comiques tirez d’une Tragédie, ou de quelque poème sérieux, devinrent fort à la mode, parceqúe l’on y mêloitde la satire. Athenée liv. r;, a fait mention de plusieurs Poètes qui ont réussi dans ce genre de poésie, & fur tout d’un certain Euboeus de Paros, qui du tems de Fhilipe, Roi de Macédonie, fit des parodies pleines de railleries piquantes contre les Athéniens. t§ Nous n’en voyons que rarement à présent, elles demandent un certain tour d’esprit & une finesse d’ex- pression, que la nature n’acorde que rarement, outre que c’est un travail bien ingrat & qui n’est d’aucune utilité. De toutes les parodies, qui ont paru dans nôtre siécle, la plus ingénieuse est celle de quelques scènes du Cid ; on l’a jointe aux ouvrages de Mr. Despreaux : mais il n’est pas certain qu’il en soit l’Auteur. On y verra la véritable idée des anciennes parodies. Au reste on apella Rapsodie le recueil que l’on faisoit des ouvrages d’un Auteur : les deux poèmes d’Homere ont paru dans le monde fous le titre de pa-4'a. Síat, & quoique ce terme signifiât d’abord , comme nous l’aprenons de Suidas, un verbiage, une raillerie insipide, un conte fabuleux; on s’en servit dans la fuite pour exprimer un discours, une déclamation récité fur un theatre, & par une fuite naturelle on nom- nia pa-sêiiíut , ce ramas & cette réunion de differentes pièces d’un ouvrage de Poésie. [§ Le terme de Rapsodie a repris parmi nous fa première signification ; il se prend toujours en mauvaise part ; c’est un assemblage de plusieurs choses fans choix, fans ordre & fans goût. PAR PARODIER, v. a. f Versus industria iMfttUtare. ] Faire des parodies. (Cette piéce a été parodiée.') PAROëMlE, s.s. Espèce de figure ou de Proverbe sententieux. La paramie est une allégorie serrée, & diffère de la parabole cn ce que celle-ci est plus étendue. PAROI, / / [ Paries. ] Ce mot pour dire un mur est hors d’usage & en sa place on dit mur ou muraille, (Une paroi mitoyenne. On dit présentement un mur mitoyen. PAROI, / / C Latepa. ] Ce mot en Termes d ’Ana< ternie est masculin. C’est ce qui sépare les deux narines, depuis le haut du nez jusques à la lèvre. Desg. $ On apelles aussi, les parois de 1‘estomac , les membranes qui environnent l’estomac. PAROI. [ Arbores mallei nota insculpta. J Terme d’Eaux & Forêts. Arbres marquez du marteau de l’Arpenteur entre des piés corniers qui séparent les bois de dissérens propriétaires , ou les différentes coupes d’un bois. PAROIR, / m. [Equìni cornu seflrix novacula.) Instrument avec quoi ie Maréchal pare le pic des chevaux. On l’apelle aussi Boutoir. ch PAROIR. Instrument fur lequel les Courroïeurg & quelques autres Ouvriers parent les cuirs qu’ils préparent. PAROIRE, / / [ Interpolatorium. ] Terme de Chau. dronnier. Instrument d’acier, large & épais comme une piéce de trente fous, qui est emmanché , & dont le Chaudronnier se sert pour grater le cuivre avant que de Pétamer. (On grave le cuivre avec la paroire.) PAROISSE, / / [ Parada templum. J Eglise gouvernée par un Curé qui a la charge d’ames. (Aller à la Paroisse tous les Dimanches & toutes les Fêtes. On est obligé à Pâques de se confesser & de communier à sa Paroisse. Les Paroisses de la Campagne n’ont commencé qu’au quatrième siécle , & celles des Villes font plus anciennes. Discipline de F Eglise, 1 . p, C. 22 . ) PAROISSE. [ Parada territorium. ] Tout le lieu où demeurent les Paroissiens & Paroissiennes. Toute l’é- tenduë des lieux où s’étend la Jurifdiction spirituelle du Curé. (Visiter sa Paroisse. Les Paroisses de S. Paul & S. Eustache font les plus grandes & les plus grosses Paroisses de Paris. ) ch * C’est le coq de la Paroisse. ( Parada primarìus. J C’est-à-dire, le plus considérable : c’est le premier du lieu. PAROISSIAL , Paroissiale , adj. [ Curialis , parodia* lis. ] Qui est de la Paroisse. (Eglise Paroissiale. Meíïs paroissiale. Patru , pi. ) PAROISSIEN , Paroissienne , adj. [ Parochianus. ] Ce mot se dit des personnes, & veut dire, qui est de la Pa . roijse. (II est íòn Paroissien. Elle est fa Paroissienne. PAROISSIEN, / m. Celui qui est de la Paroisse. (Un bon Paroijsìen entend le Prône de ion Curé tous les Dimanches. PAROISSIENNE, s.s. Celle,qui est de la Paroisse. (C’est une des meuilleures Paroissiennes de M. le Curé.") PAROiTRE , v. n. £Comparere , vidai , eminere. 3 Prononcez, parêtre. Je paroi , tu parois, il parois, nous paroijsons. Je parus, je paroitrai. Je paroisse, je parusse^ je paroitróK , paroistant. Ce mot se dit des personnes & des choses, & signifie , Se montrer, Se faire voir. Avoir de l’éclat , de l’aparence , du lustre. Avoir un certain air, une certaine mine. (Paroitre en public. 11 ne paroit point, s’il paroissoit il y a ordre de l’arrêter. 11 a paru une nouvelle étoile. Les Comètes paroissent de tems en tems. Le ruban bleu paroit fort fur le noir. On n’est pas toujours ce qu’on paroit, Madame de Sablé. Les Espagnols paroifenb (âges & ils font fous , & les Franqeis paroissent fous & ils font sages. Volez là-dessus une petite Relation de Madrid. Un thevaher aimable autant qu’on le peut être Qui connut son mérité , N par hazard un jour t La vie à la grille paroitre Confit pour elle un violent amour, Perr Grise).) [$ PAROITRE se dit généralement dc tous ce qi tombe fous la vûé, & qui se fait voir ; apparaître c lc dit guercs que des esprits ou des spectres. ch PARO PAR 4 PARÓìTRE, signifie aussi, sembler. (Cela tìie pa- koít beau. Ce livre me paroît bon.) PAROLE , s f [ Verbum , sermo, vox. ] Mot. Explication de sa pensée par le son & la voix. Voix articulée. Discours. (Les paroles de vos lettres font choisies-. Lettre du Cardinal de Richelieu à Balzac. A la Cour on ne se sert guére des paroles que pour de- gui fer ses senti mens, Balzac. Lettres choisies. II n’y a qu’une parole qui serve, Molière. Entre gens d’hon- neur une parole est un contrat, Port-Royal. II n’a pas dit une feule parole, Scaron. L’honneur qu’on rend en paroles coûte peu & vaut beaucoup » Port.RoyaL Prendre la -parole. AÌ>1. Luc. C’est-à-dire , le discours. Reprendre la parole. Pose. L 4. C’est-à-dire, le discours. Martm à ce discours sourit N se console Se loue U sans façon les droit fur leur parole, Vill.3 î Avoir le don de la parole. C’est parler bien , parler facilement. On dit aussi, avoir la parole à commandement , avoir la parole en main. PAROLE. Ce mot entre encore dans quelqUes façons de parler. (Exemples. C’est un homme de parole. f_Stat promisiìs. ] C’est-à dire , qui n’est pas Normand & tient ce qu’il a promis. Les Normands donnent leur parole U ne la tiennent par. [fidem ajìringunt, promis- J'a non servant. [C’est-à-dire , promettent & ne s’aquit- tent point de leurs promesses. Sesouvenir de sa pat raie, Balzac. C’est-à-dire, de fa promesse. Reprendre , retirer, dégager sa parole [Fidem liberare. J C’est-à-dire, se rétracter civilement & dans le tems prescrit. Engan ger sa parole U sa foi , Abl. [ F idem asiringere. C’est promettre quelque chose avec assurance. Violer sa fa. rôle , Abl. Ret. /.j. [In f de non si are ] C’est-à-dire, ne pas tenir ce qu’on avoit promis. X)n lui porta parole de mille écus , Abl. [ Promitiére , denuhciare ] C’est- à-dire , on lui promit mille écus. Celui qui pôrtoit la parole parla en ces termes, Abl, Ret. I. [Qui íierba faciebatsic fatus esi. ] C’est-à-dire , celui qui Ce ne font que les plus communes, Indignes de vous couronner. PeliíTòn. f PARTERRE d’eau. On apelle ainsi certains canaux conduits par compartimens, à peu près comme les parterres ordinaires. ch PARTERRE de nate. C’est la nate qui couvre le plancher d’une chambre. ch faire un parterre. C’est populairement & bais. tomber à terre de ion long. (11 a fait un vilain parterre.) PARTERRE. [ Planum.} En parlant du lieu où l’on joué la comédie. C’est l’endroit où l’on entend la comédie debout. C’est le lieu uni & fans sièges où l’on entend la comédie fans être astis. (Billet pour entrer au parterre. On est mieux aux loges qu’au parterre. Quand il va à la comédie, il va toujours au parterre. Un Clerc pour quinze fols fans craindre le hola, Peut aller au parterre ataquer Atila. Defpr.) * PARTERRE. [Spefìatores piano fiantes!} Les spectateurs qui font au parterre tandis qu’on joué la comédie. (Le parterre n’ose contredire. Molière , Précieuses. Ces Messieurs ne veulent pas que le parterre ait du Icns commun. Molière, Critique de l'Ecole des Femmes. ) PARTERRE. [Chariu., j II signifie aussi un billet pour aller au parterre & y entendre la comédie. (Un parterre coute d’ordinaire quinze fols. J’ai pris trois parterres de mes amis.) C$ PARTHEN1ES. Suidas nous aprend que l’on apeiloit ainsi certaines chansons composées en l’hon- neur des filles ou des Eumenides. PARTI, f m. sSm-r, conditio.} Avantage. Ofre. Condition qu’on présenté à quelqu’un. Chose avantageuse, utile & considérable pour une personne. (11 a ref usé de bons partis. Cette fille là est un parti fort avantageux. Une riche vieille & mal faine, n’est jamais un mauvais parti. Main. pots. J’accepte le parti que vous m’ofrez. Le Comte de BúJJì , FUJI. amour. Veux tu vntr tous les grands a ta porte courir, Dit un père à son fils, dont le poil va fleurir, Prens moi le bon parti, laisse là tous les livres , Cent francs au denier cinq , combien font ils ê vingt- livres. Despreaux.) PARTI. [Partes, faflio.) Personnes oposées à d’au- tres en quelque chose, & qui font deux corps. Gens directement oposez les uns autres, à cause de certains intérêts R qui font divisez en deux corps, faction, (Le parti des Jansénistes & celui des Jésuites faifoient il y a quelque tems. grand bruit dans le monde. Te parti des Frondeurs & celui des Mazarins font fameux dans l’histoire des guerres de Paris. Le parti grossit tous les jours. Ablanceurt. PAR *' Etre du parti de son caur. Molière, critique deíi° cole des Femmes. PARTI. [Parte;.’} Défense. La protection que l’on prend d’une personne. Querelle. Démêlé qu’on a avec une ou plusieurs personnes, où s’engagent souvent force gens. (Prendre le parti des gens de bien. Abl. Arr. C’est-à-dire , la défense. Atirer quelqu’un dans son parti. Abl. Arr. C’est-à-dire, dans Jes intérêts, dans fa défense, dans son démêlé. 11 prend le parti des gens de mérite contre tous ceux qui les ataquer,t. S’engager dans un parti. S’atacher à un parti. Suivre un parti. Abl. Prendre parti entre deux personnes. Abl.) PARTI. [Tributum, vefligal.} Ce mot se dit en matière d’afaire. C’est un traité qu’un partisan fait avec le Roi pour recevoir dés droits qui apartiennent à Sa Majesté. (On aferme aujourd’hui le parti. Le parti des gabelles est asermé.) PARTI. [Bipartitus.} Terme de Blason. C’est la séparation de l’écu également par le milieu depuis le haut jusques au bas. II y a quatre divisions de l’écu, le parti , le coupé , le tranché & le taillé. (II porte parti d’argent & d’azur. Volez Col. c. 12.) PARTI. Ce mot se dit en parlant de Guerre. [Ex- pedita militum manus.} C’est un petit corps de Cavalerie ou d’infanterie, commandé pour entrer dans le pais ennemi pour y faire des prisonniers, & obliger les ennemis à contribuer. (.Commander un parti. Envoier un parti à la guerre. Défaire un parti. Tomber dans quelque parti ennemi. Aller en parti.) ch PARTI bleu. C’est un petit parti de gens de guerre, fans commission & fans aveu. PARTI. [Conditio, nomen.} Ce mot signifie quelquefois faction de s’engager & de se déterminera quelque condition, ou à quelque état qui fixe. (Prendre parti dans les troupes. Abl. Arr. liv. 1. Elle a pris parti ailleurs. Scaron.) 11 se dit dans le même sens de Rétablissement dans- le mariage. (.Cette fille est un bon parti. Life à de haut partis pouvoit prétendre, Mais à force d’atendre , Les plus beaux U les meilleurs Se pourvurent ailleurs. Coulanges.) PARTI. [Via. conjìlium.} II se dit des résolutions qu’on prend fur des affaires dangereuses. (C’elt le seul parti qu’il y avoir à prendre sur cette affaire. Prendre Son parti sur le champ. 11 a long tems balancé avant qne de prendre parti ) * Faire un mauvais parti à quelqu'un. [Magno ma. lo aliquem mac t ure.} C’est le maltraiter, ou lui procurer quelque méchante affaire. PARTI, partie, adj. [Profefius.} Qui s’en est allé. Qui est sorti pour ne pas revenir si.tôt. (11 est parti de Rome.J PARTlAIRE, adj. [Colonus agri ea lege ut dimi- dium bonorum cédât.} Álotqui-n’est d’usage qu’en cette phrase. Fermier partiaire. C’est un métaïer qui Í irend les terres à labourer à condition d’en rendre a moitié des fruits. ís II est dit dans la Coutume de Tours art. nj. Le Seigneur qui léve par. défaut d’homme, doit laisser la portion du laboureur & du métaïer partiaire , au regard des fruits artificiels & non des naturels. PARTIAL , partiale, adj. [Sefiarius,fvditicjus.} Prononcez parcial. Qui favorise un parti. (11 est partial. Esprit partial.) PARTIALISFR. Verbe qui ne se dit qu’avec le pronom personnel. [Partes amplefli.} Prendre tellement le parti de quelqu’un , qu’on ait peine à écouter ce qui lui scroit contraire. (II ne faut pas qu’un Juge se partialife. Acad. Fr.) PARTIALITE', f. f. [Faflio, divijlo.} Prononcez parcialité. Affection & pente particulière qu’on a pour un parti. Faveur pour quelque parti. II y a de la partialité. On n’aime guère la partialité.) PARTICIPANT- Volez plut b,u. PARTICIPATION. Volez plus bas. PARTICIPE , J. m. [Participium.) Terme de Grammairien. C’est un tems de l’infinitif. (II y a un participe aflif & U n participe passif. Le participe actif est indéclinable en François. Exemple. Je les ai trouvées mangeant , je les ai trouvées aiant le verre a la main. Vaug. Rem. Le participe passif est déclinable. Ainsi on dit nous nous sommes PAR Sues tendus ; mais quand ce participe est immédiatement suivi d’un verbe, il devient indéclinable. Exemple. Mes iniquitez me font venu acabler. Port-Royal, Pf. v. i6. í$ Je puis ici répéter ce que M. de Vaugelas a dit dans sa Remarque 184. que dans toute la Grammaire Françoise il n’y a rien de plus important, ni de plus ignoré que le Participe , Le Participe est ainli apellé, parue que selon la Remarque de M. l’Abé Régnier des Marets dans (à Grammaire Françoise, il participe du nom & du verbe. Les Grammairiens disent qu’il y a des participes actifs & des participes passifs, mais comme l’on ne peut rien retrancher des Remarques de M. de Vaugelas , de M. Ménage & du P. Bouhours, & qu’elles font trop longues, le Lecteur prendra la peine de les voir pour s’instruire. t PARTICIPES,/ m. [Confortes.'] Terme de la Mer de Levant, On y apelle ainli ceux qui ont part au corps du navire marchand. On les apelle aussi Par- fonniers & fur l’Ocean, Combourgeois, PARTICIPES. [Confortes , participes .] Terme de FL nances. Ce font ceux qui ont part dans un traité, dans une affaire de Finance. (L’Arrêt porte que tous les Traitons & îeurs participes , seront obligea de, &c. Acad. Fr.) PARTICIPER, v. a. [Participare.) Avoir part. Tenir de l’un & de l’autre. (II est diiìcile de participer » ce plaisir. Port.Royal, L’hermaphrodite participe de l’un & de l’autre sexe. íjs PARTICIPER à une chose , ou participer d’une cbo- se. Lorsque ce verbe lignifie entrer en partage, on dit participer. Un associé participe aux gains ct aux pertes. Quand il signifie tenir de la nature, ou de la qualité d’une chbse,.on dit participer de. PARTICIPANT. Gérondif du verbe participer* PARTICIPANT, participante, adj. [Particeps, parti- tipans.J Qui participe. (11 l’a sait participant de sa gloire. Elle est participante.) PARTICIPATION , /. f. [Participatio , communie. Prononcez participation. Elle consiste à participer à quelque chose. Avoir eu part à quelque dessein d’une personne. (Elle n’étoit pas capable d’entendre une affaire de cette importance-là fans la participation. Mémoires de M. le Duc de la Rocbefoucaut.) Jr On dit aussi, il a fait cela fans ma participation, fans me le communiquer. y PARTICIPATION , se dit en termes de Commerce, On apelle socieré en participation, une des quatre so- «ietez anonymes que font les Marchands. PARTICIPATION. [RepercuJjìtsQ Signifie aussi emprunt, réflexion. Les Lunes & les autres Planettes n’ont point de lumière propre, elles ne l’ont que par participation & par emprunt du Soleil. L’aine raisonnable est, une participation de la divinité.) PARTICULARISER , v. «. [Rem particularem etljjerere.2 Marquer les particularitez d’une chose, en marquer le détail. (Particulariser un fait. II a particularisé jusques aux moindres choses, & nous a fort ennuie.) PARTICULARISME , f. m. [Sententia Jlngularitai. J Opinion des Particularistes. Les Luthériens regardent Je Particularisme comme une opinion monstrueuse qui va à anéantir la Religion. PARTICULARISEE . f. m. [Particularis sententia te - nuxQ Celui qui tient pour une opinion particulière. On peut regarder le Pere Lamy dcl’Oratoire comme un Particularise sur son Sentiment de la Pâque de Jesus- Christ la veille de fa Passion. Monsieur de Tillemont lui a sçavamnient prouvé que le fils de Dieu fit la Pâque des Juifs avec ses Apôtres. PARTICULARITE", f. f [Alicujus reisingula.) Choses particulières. Détail de quelque chose. Circonstance. C est une particularité fort considérable, Abl, II marque toutes ces particularitez là, Pafc.liv.6. Ecrire toutes les particularitez de ce qui s’elt passé, Mémoires de M. k Duc de la Rocbefoucaut.) On disoit autrefois, même à la Cour, particulia. ■rite-, mais il saut dire particularité. M. de Vaugelas Rem. $4. a obièrvé que ce qui avoit introduit parti, cubante, étoit parce qu’on dit particulier , ct que l’on a crû que particularité se formoit de cet adjectif, mais fon sentiment est que particularité est dérivé de par. ticularitas de la balle Latinité, PARTICULE,/ [Portiuncula.) Petite partie. (Ramasser les particules de l’holtie» PARTICULE,/./; [ P articula. J Terme de Gram- PAR. 47 maire. Sorte de petit mot tel que font les conjonctions, les propolitions & autres de cette nature. (Ce n’est pas un petit secret dans le discours que de savoir omettre, ou rejetter avec esprit une particule.) PARTICULIER, / m. [Singularisé Homme privé. (Un particulier n’a pas droit fur la vie d’un autre. P afc. liv. 14. PARTICULIER, / m. lignifie aussi ce qui regarde le détail d une afaire, ce qu’il y a de particulier dans tine afaire. (Je vous aprendrai le particulier de cette afaire. Je ne sai la chose qu’en gros, je ferai charmé d’en aprendre le particulier.) PARTICULIER , particulière , adj. [Privatm, singularisé Qui n’est pas commun. (Bien particulier. Lit particulier. Chambre particulière. C’est uu cas particulier. L’aitnanta ceh de particulier, qu’il atirele fer.) PARTICULIER, particulière, adj, [Singularis, fccre. tus. Secret. (Conduite particulière. Demander une audience particulière.) ^ PARTICULIER, fe dit d’un homme qui n’aime pas à voir le monde, qui fe communique à peu de gens» (C’est un homme fort particulier.) $ On le dit aussi d’un homme dont l’efprit ne s’ac-. commode pas avec les autres, ou qui a quelque opi* nion diférente de fopinion commune. (II a un esprit particulier. II a des opinions particulières.) ê On dit de deux personnes, qui ont ensemble quelque afaire secrette qu’on ne peut pénétrer, qu’il y a quelque chose de particulier entre elles. f On dit aussi d’un homme & d’une femme qui se fréquentent, qu’il n’y a rien de particulier entre eux, c’est-à-dire, qu’iís n’ont point de mauvais commerce ensemble. Lieutenant particulier, [Privatm Prator.J C’est un Magistrat qui juge en l’absence d u Lieutenant Civil à Paris , ou du Lieutenant général dans les autres Frésidiaux. On dit aussi, Assesseur particulier. Maître particulier des Eaux & Forêts, &c. [Aquaria U Jylvejìrit Provincia prafes. En particulier, adv, [Seorjim, feparatim.é Chacua ou un nom, une préposition, ou autre chose. PARTIE. [ Pars adverse) Terme de Palais. Le demandeur ou le défendeur, la désendércísc. Le mot de parties en ce sens est ordinairement féminin, néanmoins si ceux contre qui, ou pour qui on plaide font des hommes, le pronom & le nom qui sc reportent à ce mot de partie, scmetent élégamment au masculin, ì cause de la chose lignifiée. On observe la même chose si le mot de partie est pris généralement. (Exemples. Les parties ont été apomtèes. Le Mai. Ma partie est particulièrement intéressée dans l’afaire. Le Mai. La partie , au sortir de l’enfance s’est consacrée a u ministère de l’autel, Patru, pi. 14. Pour contracter une société toutes les parties doivent sans doute la consentir , mais ils peuvent tous donner leur consentement de discrente maniéré, Patru, plaid. 6 . p. 180. Les Ju- ges peuvent recevoir des prelèns des parties quand ils ïes leur donnent par amitié. Pasc. I. Z. p. 2. Avoir á faire a forte partie. C’est plaider contre une personne puissante. Ces mots au figuré avoir á faire á sente partie, signifient avoir un puissant ennemi en tête. Qui nl entend qu’une partie n’entend rien. Sorte de proverbe pour dire qu’il faut entendre les parties qui Ion t intéressées dans une affaire ou dans une quérelle. Prendre un suge en partie. C’est ataquer un Juge en son prqpre & privé nom, parce qu’il n’a pas bien agi. Prendre quelqu’un à partie. Patru, plaid. 9. Se porter partie contre quelqu’un. Patru, plaidoié 9. Un Loup disoit qu’on l’avoit volé, Un Renard son voisin d’assez mauvaise vie Pour ce prétendu vol par lui fut apellé, Devant le ffuge il sut plaidé Non point par Avocats, mais par chaque partie. La Font.) PARTIE. Signifie aulsi client à l’égard de son Avo- eat ou du Procureur dont on a acoutumé de se servir. Cet Avocat contente bien ses parties. Ce Procureur a de bonnes parties. PAP.TIËS eajueUes. Terme, de Finance U de gens de Palais. [Fortuita compendia.) Ce font les charges & les osices qui par hazard reviennent au Roi, & dont le Roi dispose, parce que les o liciers sont morts fans avoir paié la paulette. (Sa charge est aux parties ca- suelles. PARTIE. [Bajsus , superius , ténor, contra.) Terme de Musque. C’est le dessus, la haute-contre, la taille» eu la baffe, qu’on apelle les quatre parties de la musique. (Chanter fa partie. Airs à quatre parties.) PARTIE de nombre. [Numerus , pars.) Terme d ’A- ritmétique. II y a des parties aliquotes & des parties aliquantes. Parties semblables, aliquotes ou aliquantes. Ansi 3. & 4. font les parties aliquotes semblables de iç. & de 20. parce que chacun est la cinquième partie de son tout, Ainsi 7. & 14. sont d es parties aliquantes de 12. & de 24. sjs PARTIE d’un nombre, c’est une partie qui entre dans la composition d’un nombre, ainsi z. 4. sent des parties du nombre sept. ff PARTIE' ahquote ou aliquante. La partie ali. quote d’un nombre, est un nombre plus petit, qui est «unis ris dans sc plus grand un certain nombre de fois PAR exactement, c’est-à-dire, qui mesure le plus grand, à» quel il est dit partie aliquote : ainsi on reconnoit qus 3. est une partie aliquote de 12. parce que trois me* sure ra. par 4. ou se trouve compris dans 12. quatre fois exactement. II est evident que l’unité est une partie aliquote de toute forte de nombre, parce que tout nom« bre est divisible par 1. f§ La partie aliquante d’un nombre est un nombre plus petit, qui est compris dans le plus grand un certain nombre de fois avec un reste, c’est-à-dire, qui ne mesure pas le plus grand, duquel il est dit partie aliquante. Ainsi on connoit que 2. est une partie aliquante de 7. parce que deux ne mesure pas 7. puifqu’il reste x. (f Les semblables parties aliquotes font celles qui sont également contenues dans leurs multiples. Ainsi on connoit que ces deux nombres 3. 5. font de semblables parties aliquotes de ces deux 18. î’o. parce que 3. est contenu six fois dans son multiplié >8- & que pareillement ;. est contenu six fois dans son multiplié 30. il est évident que ces deux nombres xg- 3o. sont équi. multiples des deux 3. ç. {$ Les semblables parties aliquantes font des nombres qui contiennent également de semblables parties aliquotes de leurs touts. Ainsi on connoit que ces deux nombres 9. 18- font de semblables parties aliquantes que ces deux 12. 24. parce que 9. contient trois fois le quart de 12. qui est 3. & que pareillement >8- contient trois fois le quart de 24. qui est 6. Voiez Ozanam, Dictionaire Mathématique. PARTIES. [Expens ebarta memorialis.) Terme de Marchand de quelques Artisans (çf Ouvriers. Mémoire de ce que le marchand, l’artisan, ou l’ouvrier 3 fourni à un particulier ou à une communauté. Le mot dc parties en ce sens est toujours pluriel. (Les parties d’un marchand doivent être arrêtées. Arrêter les partiel d’un tailleur.) H PARTIES smples, parties doubles. Termes de Marchands ou de Teneurs de livres. 11 s se disent des maniérés diférentes de tenir les livres de Commerce & de dresser des comptes. f PARTIES d’Apotkaire. On nomme ainsi les parties des Marchands & Ouvriers, qui estiment leurs marchandises ou leurs ouvrages beaucoup au-delà de leur juste valeur. PARTIE. [Piloris Info f) Terme de feu de paume. Ce font ordinairement, quatre, cinq, ou six jeux. (Joiier partie. Gagner partie & revanche. II a joiié trois parties aujourd’hui & les a gagnées.) PARTIE, se dit aussi d’autres jeux. Partie de tri- quetrac, partie de piquet, partie d’hombre ; on apelle parties liées, quand il en faut gagner deux de fuite. PARTIE. [Societas ad deleclationem.) Compagnie de certaines gens qui se metent ensemble pour quelque dest sein de plaisir, ou de réjouissance. Compagnie de gens qui sc font mis ensemble de dessein formé. Affaire & dese sein qu’on a & qu’on veut faire avec quelqu’un. (Ce ne furent par tout que galanteries, & parties de plaisir. Sca- ron. Faire un epartie de chasse. Molière. [ Venationent eonslituere.) Tout malade qu’il étoit, il voulut être de la partie. Remettre la partie. [Rem disses re.) C’est difé- rer l’affaire, ou le dessein qu’on avoir.) * PARTIE. [Clandejiinum consilium.) Complot. Dessein formé pour nuire ou perdre quelqu’un. (C’étoie une partie faite pour le perdre.) PARTIES. [Natura dona, animi dotes.) Cemotpris pour qualitez aquises, ou naturelles, n’a point de singulier. (Cléarque avoit les parties qu’il faut pour commander. Ablanc. Ret. I. 2. c 4. En partie, adv. [Partim.) (Uouvrage es en partie fait. C’est-à dire, est presque tout fait. liaeurwparí/fcequ’il sonhaitoit. C’est-à-dire, il a presque eu ce qu’il désiroif.) PARTIR,®.». [Partiri, dispertire.) Ce mot lignifie partager , L sc conjugue ainli. ‘se partis, tu partis. II partit, nous partijsons. J’ai parti , je partisse parti, rai, que je partisse. Repartir ois. Ce verbe n’est pas usité en tous ses rems. mais dans les tems où il n’est pas usité, on se sert d u mot partager. On dit en parlant blason, partir l’écu en deux. Parti & tranché de fable. Voïez Parti. PARTIR. Verbe neutre passf [Proscisci, obère.) se pars, tu pars, il part, nous partons, vous partez, ils par- tent. fe partis , tu partis, il partit, nous partîmes, fe fuis parti, j’et ois parti, ffe partirai , que je parte, fe partijje, je partirois. fe fuis parti. C’est quiter un lieu pour aller eu quelque voyage, ou en quelque autre lieu éloigné PAR ^ìoìgfté de celui qu’on quite. (Je pars demain,pour Lon- sires qui est le lieu du monde où le peuple est le plus méchant. II est parti pour i’Espagne. Le Courier est parti. Partez, Eafans d'Aaron , Partez. [famais plus iUujìre querelle De vos ayeux n’arma le ze k C’eji pour Dieu que vous combatez. Racine Athalie.) * PARTIE. [Oriri, emanare.) Venir. Procéder. (Il îPest pas dificile aux Grands de reconnoître quand les louanges qu’on leur donne partent de la tìaterie, Abl. Arr. I. 4. * Ce font des fautes illustres qui partent d’une grande ame, Boileau, Avis à Ménage.) f PARTIR, [CitiJJimè ferri .] Se dit auffi des choses qui font poussées avec grande force. (Un boulet de Canon part avec grande impétuosité. Et la foudre qui va partir Ne peut plus être retenUé Par la crainte du repentir. Corneil.) PARTIR, v. n. [Hic equus concintìè grejjam mit.) Ce mot fe dit en termes de Manège. ( Faire partir un cheval. C’est-à-dire, le faire échaper de la main, le pousser de vitesse. On dit aussi. Faire partir un cheval de bonne grâce. On dit auíli partez. C’est-à-dire. Poussez & piquez vôtre cheval.) PARTIR , v. ». [Progredi.) Terme de Maître.Far. mes. 11 lignifie, avancer le corps & pousser en même- tems. Le mot partir n’est ordinairement usité que quand le maicre-d’armes parle à son Ecolier. (11 lui dit, en garde, partez , c’est-à-dire, avancez & pouffez. Prenez garde que la main parte la première en tous vos coups, à tirer son ennemi par des feintes pour le faire partir. 11 faut aprés la parade, partir d’un terns, droit au corps. Liaueourt , maìtre-d’armes , l. 7. c. 12.) 4 PARTIR. On dit en termes de Carrier , faire par- tir la pierre, pour dire, la séparer & l’ouvrir arec les coins de ler & les pomelles. PARTIR , f. m. [Cursus greffas.) Terme de M axé. ge. C est le mouvement du cheval quand on le chasse vite. (Cheval qui a un beau partir. Animer son cheval au partir. P ARTISAN, f. m. [Publicanus, exaâor.) Fermier du Roi. Le mot de partisan, en ce sens, n’a ordinairement point de régime. (C’est un riche partisan. Les partisans font tous riches, & s’ils ne font pas les plus honnêtes gens du siécle, ils font au moins les plus heureux.) Les Partisans nous font sentir toutes les passions Pline après l’autre : L’on commence par le mépris à cause de leur obscurité, on les envie ensuite, on les haït, -on les craint, on les estime quelquefois, & l’on vit assez pour finir à leur égard par la compassion. La Bruy .) PARTISAN. [Dux , Ducior .] Terme de Guerre, Celui qui est adroit à commander & à conduire un parti. (C’est un excellent partisan.) * PARTISAN. [Fautor ,j Qui tient le parti d’une personne. Qui la défend. Qui la protège & entre dans ses intérêts. Le mot de Partisan, en ce sens, a iin régime. C’est l’un des plus zélez partisans de Mon. sieur un tel. Lorsque les Jansénistes & les Jésuites étoient brouillez, il y avoit d’honnétes gens qui étoient partisans des uns, & d’honnétes gens qui étoient pur. tijdns des autres. Gilotin en gémit, (5? sortant de fureur Chez tous J’es partisans va Jimer la terreur . Defpreaux, Lutrin.) PARTITEUR , s m. [ PartHer, divisât .] Terme à’Aritmétique. Diviseur. Dans la régie de division, on met le partiteur au-dessous du premier nombre à diviser avec une barre entre-deux. PARTITION , s. s C Partiti ».J Mot écorché du Latin, & qui fe prononce particion. C’est-à-dire, par - tage-, division ; mais il ne fe dit qu’en de certaines matières. (La Colombiére a parlé de la partition de i’é- cu, mais c’est en termes de blason .) On dit en parlant de Rétoriquc, les partitions de Cicerm. C’est un dialogue entre Cicéron & son fils, où Cicéron lui donne quelques préceptes de l’Art Oratoire. (Dans ce dilemme, la proposition qui doit contenir la partition «st fous entendue Port-Royal , Logique , 3. partie, cb. 1;.) PARTITION. [Divise.) Terme dl Aritmétique. C’est la division, la 4. règle de f Aritmétique. Voïez Pi. vision. Partiteur, c'ejï-à-dire, le Diviseur. PARTITION. [ Difpojitio.) Terme de Musique. C’est la disposition de plusieurs parties d’un air de Musique , notées fur une méme feuille. PARTITION, Partitio. Terme de Blason. C’est 1 a division de l’Ecu. PARTOUT , adv. [ Ubique .] En tout lieu. (Dieu est par-tout. Le Sieur Beraut ressemble au pourceau de S. Antoine, il fe fourre partout. Partout où l’amour régné , il doit faire la Ut, La Sabli.) PARVENIR, Verbe neutre paffis [Assequi, confi - qui, adipisci .] ZG parviens, tu parviens, [fe parvin. [fe fuis parvenu, [fe parviendrai, que je parvienne, [fe parvinsse, [fe parviendrais, que je fois parvenu. Ce moi signifie arriver, venir , être élevé à quelque dignité. Mon. ter à quelque dignité. Parvenir à l’Empire. 11 est parvenu aux plus hautes charges du Roïaume. Acl. í PARVENIR , fe dit absolument, pour s’élever en dignité, faire fortune, faire des progrez. (Cet homme parviendra en peu de terns. U est parvenu par de mauvaises voies. II aime le travail, il ne peut manquer de parvenir. PARVIS,/, m. [Templi atrium , PropìLeum.) C’est la place qui est devant le portail d’une Eglise. (Un beau & grand parvis. Le parvis de Notre-Dame de Paris est plein de lard, de jambon & de chair salée tous les ans le Jeudi-Saint.) ($ M. Ménage a fait un long discours fur l’étimo- logie de Parvis, où l’on pourra recourir pour satisfaire fa curiosité. PARULIS,/ w*. Terme de Médecine. Inflammation de gencive que les Médecins mettent au rang des phlegmons, & qui vient quelquefois a fupuration. PARURE// [Ornatus, ornamentum.) Ornement & tout ce qui sert à parer & à ajuster. ([UOr de fa blonde chevelure Bon port célejle, çjf fa parure Le faifoieut ajfez remarquer. Volt Poèsi Persuadé que la parûre , Et le superbe ajujlcment Du sexe que pour plaire a formé la Nature EJl le plus doux enchantement. Perr. Griselìd. * Elle a perdu ces riches parures, ces ornemens fi prétieux qui la rendoient vénérable aux yeux du vulgaire, Patru, plaid. 4. f * PARùRE , fe dit de la conduite d’un homme, dont toutes les actions se ressemblent, & d’un ouvrage où tout est de même caractère. (Tout est de même parure dans la conduite de cet homme. Tout est de même parure dans cet ouvrage.) On le dit d’ordinaireen mauvaise part. PARÛRE. [Symmetria.) 11 se dit aussi de la ressemblance ou convenance des choses dont on fait parade» (Ainsi l’on dit, les ateíages de chevaux doivent être d’une même parûre, c’ejl-à.dire, de même taille & de méme poil. Gardes d’une même parure, c’est-à-dire, qui portent de mêmes armes & qui font vêtus d’une même livrée. La tapisserie de la Chambre & celle d® l’Alcove sont de diférente parûre.) PARÛRES. [Ramenta.) Terme de Relieur, les exjtrê- mitez de la peau qu’on ôte avec le couteau à parer. Tout ce qu’on coupe d’une peau avec le couteau à parer lorsque les couvertures font taillées. Le mot de parure, en ce sens n’a point de singulier. (O11 jette les parures parce qu’elles ne servent de rien. On les brûle aussi quelquefois. On les fait bouillir pour en faire de la cole. Et l’on en garnit aussi des carreaux. PAS if- m - [Vajfus , gradus .] C’est une sorte de mesure de Géographie [çf de Fortification, &c. Le pas commun est de deux pieds, & le pas Géométrique de cinq pieds de Roi. Le mille d’Italie est de mille pas Géométriques. * (Voilà tantôt six ans eeoulez, & nous ne sommes encore qu’au premier pas. C’est-à-dire, nous ne sommes qu’au commencement, Patru , plaidoyer.) £jf PAS Géométrique, Berger /. 5. c, 10. remarque que le pas, la stade, le miliaire & la lieue, font les plus communes mesures des grands chemins. Selon ces Géomètres il y a trois sortes de pas, qui ont chacune le pas simple & le pas double: le pas simple de la première difference, n’est que de deux pieds de Longueur, & le double de quatre pieds; le pas (impie de la seconde difference est de deux pieds & demi, le double de cinq pieds ; le pas simple de la troisième F j disse- 46 TAS disséreticé, est de trois pieds & le double de six. De tous ces pas il n’y en a qu’un seul qui serve à la me* sure de nos grands chemins, savoir les doubles pas de la seconde difference, que nous avons dit être de cinq pieds. C’est celui qui régie les stades & le mil- liaire, & que par excellence l’on apelle pas Géométrique , & fut dit pajjus pat les Latins, à pandendo. Falfus autem dicitur ab expansés manibus : c’est-à-dire, que le pasus est dit de l’étenduë des mains, d’autant que la commune mesure de l’homme est de cinq pieds, qui se trouvent de l’une des extrémité- des mains a l’autre, quand les bras font tout ouverts & étendus. PAS. [Grejsus.} Le marcher d’une personne. Le mouvement des pieds en les posant & en les levant. Enjambée. (Aller bon pas. Retirer un pas en arriéré. Marcher à grand pas. Se retirer au petit pas. Ahlanc. Arr. C’est-à-dire se retirer doucement. Retourner sur ses pas. Ablancourt, S’étant séparé de la belle Touché d’une vive douleur , A pas lents il s'éloigne d’elle Chargé du trait qui lui perce le caur. Perr. Grisel.) n r Faire un faux pas. [Vejiigio «rare. j C est ne poser pas bien le pic. Et au figuré manquer de conduite. Broncher à chaque pas. PAS. [Vejligium .3 La marque du pied qui se volt lorsqu’une personne a marché Voilà son pas. Les amours naissent fous ses pas. Voit. poesé) Donner le fus à une personne. [Cedere locunt *3 C eft déférer par civilité à une personne, & lui permettre qu’elle passe ou entre la prémiére en quelques maisons, ou autre lieu. Prendre le pat devant. [Pragredi.} C’est entrer, ou passer le premier en quelque maison, ou autre lieu sans présenter par civilité la porte à ceux qui sont avec vous. PAS de balet. [Pajsus.} Terme de Maître de Dance. C’eft un pas figuré qu’on fait dans les halets. (Donner un pas de balet. Le pas droit, grave, ouvert, batu, tourné, tortillé. Pas relevé, balancé, coupé, dérobé, glissé, tombé, &c. Pas tnignardé. Pas de danse. Danser les cinq pas.) PAS. [Gradue , grejsus.} Ce mot se dit des ani- totaux, & principalement du cheval. C’est la maniéré ordinaire dont marche un cheval. (Le pas de ce cheval est beau, cheval qui a un bon pas. Aller au pas. On dit en Termes de Manège ; Commencer une leçon au pas, finir une leqon au pas. Cheval de pas.) Marcher à pas de loup, à pas de tortue, pas à pas. \Lentis pajjìbus incedere.} C’est-à-dire fort doucement. Marthe,- à pas comptez. [Lento pafi’u.} C’est-à-dire, gravement & doucement. 4 Les bataillons marchent d’un pas lent & grave, patee qu’ils ne peuvent aler autrement fans flotter & fans se rompre, & par là ils se trouvent plus long- tems exposez aux différentes bouches à feu , ce qui fait perdre aux soldats cette ardeur que la vitesse & ^élancement allument dans leut coeur, & qui les étourdit dans le péril, que le pas grave leur fait connoitr*. Polybe de Mr de Folard. Tome I. PAS de porte. [Limen.J C’est le seuil de la porte. (Elle est tout le jour sur le pas de fa porte.) PAS. [Augujiiœ.} Passage dificile. Passage, ou détroit dificile de montagne. (Gagner le pas de la montagne. Vaugelas, Rem. Le pas des Termopiles. Le pas de Suze. Vaugelas , Rem. Le pas de l’Ecluse.) * PAS. Démarche. [Statim , quamprimum.} (Dés le prémier pas il se laisse effraïer. Raciste, Jpbigenie, afi. i. sc. 5.) Suivre quelqu’un pas à pas. [Alicujití vejiigiis infifie - are.) C’est le suivre toujours & ne le quiter point de vue. * II voioit à deux pas de lui la prison & la mort. Voit. I. 34. C’est-à-dire , il voioit qu’il étui t fort exposé à la mort, ou à la prison. * PAS dificile. [fier impedita U periculosa .3 C’est- à-dire, a faire embarassante & épineuse. Afaire dangereuse & où il faut aller bride en main , où l’on doit se conduire avec beaucoup de circonspection. *(Pour se tirer d’un p,ts li dificile il faut de l’esprit. La Chatnb.) * PAS. [Oleum U operam perdere.} Peine. Vous n’y perdrez que vos pas , & le Diable ne le fait pas. Voit. pois * Pas. [Vefi/giumJ Voie. Vestige. (Marcher fur les pas de Téocnte St de Virgile, lìoileau, Avis u Mi* PAS stage, C’est à-dîre, prendre pour niodéte Virgile Sc Téocrite. Se faire estropier fur les pas des Césars. Despreaux , Satyre 3. C’est-à-dire, en faisant de belles actions à la guerre. Defpreaux dit parlant de Malherbe » Marchez donc sur ses pas, aimez fa pureté, Et de son tour heureux imitez la clarté. f * PAS de clerc, [Ineptia, error . ] Bévûë. Faute. (Faire un pas de clerc.) f PAS, [Luere capite scelus aliquod. ] Ce mot joint avec celui de passer, veut dire d’ordinaire mourir. {Fairepajser le pas à quelqu’un ; c’est le faire mourir, le tuer. Pajser le pas. Cette façon de parler a encore un au* tre sens que celui de mourir, commeil paroît par ces vers. [Et dès que son caprice a prononcé tout bas Varrêt de nôtre honneur, il faut passer le pas.] Molière , Ecole des Femmes, ail. 3. scene 3. C’est-à- dire. II faut que cela soit, il faut que nous suions au nombre de Messieurs les Cocus. 4 * Franchir le pas. C’est faire une chose qu’on ne pouvoir se refondre à faire. (II a enfin franchi le pas après avoir long-tems balancé.) PAS. Terme de Tisserand. C’est le passage d u fil dans la lame. Etre hors de pas. C’est prendre un fil pour un autre.), PAS. [Gradusé) Terme de Charpentier. Petite entaille faite fur les plates formes d’un comble pour recevoir les pieds des chevrons. PAS d’âne. f. m. Terme de Fourbijfeur. Sorte de plaque de garde d’épée- (Pas d’âne bien travaillé.) PAS d’âne. [Lupatum.J Terme d ’Epronnier. Sorte de mords qu’on donne aux chevaux qui ont la bouche forte. PAS d’âne. [Tujjtlago vulgarisé} C’est une petite plante qui croît dans les lieux aquatiques, qui est bonne contre la toux, qui porte des feuilles larges & couronnées, & des fleurs jaunes. PAS d’âne. [Annulus caudal us .] C’est fur les Navires un anneau avec une queue. f PAS d’âne, f. m. [ TuJJìlago .] Plante médicinale dont on fait un sirop. PAS. [Fretum Britannicum .] Terme de Géographit Détroit de mer qui est entre Calais & Douvre. (Le pas de Calais. On passe le pas de Calais pour aller en Angleterre.) PAS de souris. [Margo vaUarisé] Terme de Fortifi. cation. C’est le petit relais, ou elpace qu’on laisse fur la muraille au-dessus du cordon, pour donner du pi» au parapet. PAS de vis. [SírÂe.] Terme de Mécanique. C’est chaque tour de la canelure du cilindre tourné en vis. C’est la distance qui est entre les filets, ou arêtes d’une vis. PAS de Haubans. [Funiculi.} Terme de Matelot. Ce font de petites cordes qui traversent les haubans, en maniéré d’échelons. Pas à pas , adv. [ Pedetentim , lentì. ] Doucement. (Suivre quelqu’un pas à pas. Aller pas à pas. ' Le moyen d’arriver à la gloire de l'on original n’est pas de le suivre pas à pas, Abl. Tac. C’est-à-dire, de le suivre exactement, scrupuleusement.) De ce pas , adv. Tout d’un teins. (II me ména dt ce pas chez lui, Ablancourt, Luc. 11 croyoitqu’il vien- droit de ce pas attaquer l’armée, Ablancourt, Rétorique.) PAS. [iVsl», minime , nequaquam. ) Sorte de négative qui ne nie pas tant que point, & qui ordinairement ne se met pas devant la particule de. [On n’aime pas long-tems quand on n’ejì pas aimé. Vous n'avez-point C a!fie, Et moi je ne vois rien quand je ne la voi pas. Hal. poës. 1. 3.) Uhonneur dans ce Commerce e[i fort mal (filtré, Ne vous y laijsez pas surprendre, Un ami Jì sage Jì tendre EJi bien plus dangereux qu’un amant déclaré. Pavillon.] 0" PAS adverbe négatif me paroît rude & désa* gréable dans certaine situation. Exemple. Un homme qui etoit si amoureux de vôtre divertissement, s’acor- deroit mal avec soi-même, s’il pouvoit ne vous acorder pas une legere satisfaction, que vous lui demandez. II o>en plus doux de dire, s’il vous pouvoit vous refuser une &c. Quelques Poètes font rimer pas dans un sens à pas dans un autre, Benseradc a dit ; Chevaux PAS Chevaux aìlez ne se rencontrent pas A point nommé chevaux de pas. Je sai que l’on trouve de semblables rimes dans nos meilleurs Poëtes, Racine dans les Plaideurs. Tel que vous me voyez , Monsieur , ici présent, M’a d’un fort grand souflet , fait un petit présent. Mais je ne saurois goûter ces sortes de rimes, peut-être que c’eft par délicatesse ; il n’importe, ne peut-on pas aussi trouver quelque chose à dire à ce dernier vers, faire un petit présent Tun grand Joujlet , a quelque chose qui blesse , grand & petit ne s’accordent pas ensemble. {$ PAS & Point. Sont deux particules, dont l’ufa- ge n’est pas bien connu. Cependant comme M. de Vaugelas a remarqué ch. ;8y- ces particules oubliées aux endroits, où il les faut métré, ou mises là où elles ne doivent pas être, rendent une phrase fort vicieuse. Voici l’exemple qu’il en donne : pour ne vous enmtier , je ne ferai pas long. C’est très-mai parler, il faut dire, pour ne vous point enniiier. Et si l’on dit : il fera plus qu’il ne promet pas j c’est encore mal parler , car il faut ôter pas & dire, il fera plus qu’il ne promet. On ne met jamais ni pas, ni point devant leS deux ni. Par exemple on dit il ne faut être ni avare ni prodigue, & non pas, il ne faut pas être, ou, il ne saut point être ni avare ni prodigue. On ne les met jamais auíîi devant que, .qui s’exprime par vis en Latin , & par sinon en François, exemple : Ar ne ferai que ce qu’il lui plaira, on voit bien que ce que fe résout par vs k par snonque. Mais la régie cesse, Iorsi que le mot que ne signifie pas s non que. Ainsi on dit, je ne pense pits que vous le fajjìez , je ne veux pas dire que vous avez tort. On ne met ni pas ni point devant jamais, ni devant plus, je ne ferai plus tomme f ai fait, ni aprés plus si une négative fuit, il es plus riche que ì£a été celui : mais on dit, je ne veux pas non plus que vous alliez. On ne le met point devant aucun ou nul. On dit, il ne fait aucun mal, nui mal ; ni devant fans. On dit Jans nuage, & non fans point de nuage. On ne met encore ni l’un ni l’autre ni avant que l’on parle de quelque rems, ni après qu’on en a parlé, comme, je ne le verrai de dix jours s il y a dix jours que je ne l'ai vù. On les fuprime ordinairement avec le verbe pouvoir comme, il ne jauroit faire tant de coemin en un jour, il n’eût Jçu arriver plûtôt. On y peut mettre pat, mais il est beaucoup mieux de le su. primer. On dit rarement pas avec oser. 11 n’ojeroit avoir tout cela, il n’ojeroit dire mot. M. de Vaugelas finit fa Remarque en disant qu’il est très-dificilc de donner des régies pour suivre, quand il faut dire pas plûtôt que point, il le faut aprendre dc l’ufage, & fe souvenir que point nie plus fortement que pas. Au reste Mrs. de l’Académie ont aprouvé fa remarque par ra- port à point & k pas : mais ils condamnent snonque dont M. de Vaugelas s'est servi, il a dû Àuzsnon feulement. £§ Entre pas & point il y a cette diférence, que point est une négative absolue, & fans restriction : Ae ve veux point de cela. Vas ne porte pas si loin. PAS un, pas une, adj. [ NuUus , nemo. J Nul. Aucun. (On ne trouve plus dans le cours pas une personne agréable, pas un visage raisonnable. PASCAGE. Voïez pacage. PASCAL, pascale, adj. [ Paschalis .J Qui est àtPà. que. Qui regarde la fête de Pâque. (Manger l’Agneau Pascal. Cène Pascale, Port-Royal, Nouveau Tsament, S. Mathieu, ch. 26. On dit au pluriel les cierges Paschals, & non Pascaux. PASLE- Voïez pâle. PASLEUR. Voïez pâleur. PASLïR. Voïez pâlir. PASMER. Voïez pâmer. PASMOÍSON. Voïez pâmoison. PASQUA. Voïez Pâque. PASQUETTF, pâquette , s f. [Bellis.] Petite fleur , blanche qui vient au tems de Pâque. Elle ressembla, à une marguerite. II y en a qui rappellent pâquerette , comme il se trouvé dans le Dictionnaire de l’Académie. p vS QU íN , f m - [ ’Pasquinus ] Statue que les Italiens apdlent pajqunio, qui est dans une des places dc Rome, & laquelle ceux qui sont mal satisfaits du gou-, vernemer.t, ou des personnes d’aûcorité, vont attacher quelque vers, ou quelque raillerie qu’on nomme paf. quin , du nom de la statue à laquelle on les attache. PAS 47 Voïeî les xntìquitez de Rome. Pasquin s’adresse d’or- dinaire à Marforio autre statue de Rome, ou Marfo- rio à Pasquin, que l’on fait répliquer. Ses réponses font d’ordinaire courtes, vives & malignes. Mais parmi pous le pasquin est une espèce de satire. Ses sujets font des particuliers illustres dont on accuse la con- duite. (Le caractère du Pasquin c’est d’être plaisant, Brantôme, Hisoire des Dames galantes, t . 1. discours r. dit que les pasquins eurent grand cours en France du tems de Charles IX. & de Henri III. Faire un paf. quin contre une personne. ( Melin de saint Gelais a introduit le nom de pajquin dans nôtre poésie comme on le fera bientôt voir dans un traité de la poésie que les François ont imité des Italiens & des Espagnols. Un écrit scandaleux sous vôtre nom j’e donne, D’un Pasquin qu’on a fait, au Louvre on voussoupçonne. Despr.) PASQUINADE, s. f, [ Programma maledicum.] C’est une satire qui contient quelque chose de l’histoire médisante du siécle. La pasquinade n’a pour but que de déchirer le particulier, & la satire de le corriger. Faire une pasquinade. Les pasquins & les pajquinades ne vivent guere, parce que peu de gens les entendent.) * PASSABLE, adj. [Ferendus, noncontemnendus, tolerabilis.] Tolérable, Qui est raisonnable & mérite d’être souffert. (Vous verrez De vôtre dernière avanture Une assez passable peinture. Voit. Poéf. Ma soi tout es passable, il faut le confesser, Et Mignot sur ce peint s’ejí voulu surpasser. Despr.) * PASSABLEMENT, adv. {Mediocriter , fat bens.2 Tolérablement. (Faire des vers passablement, Voit. poéf. Ils sc figurent qu’il n’y a qu’às’expliquer passablement pour devenir bon historien, Abl. Luc. t. 2 ) PASSACAILLE,/ f íMuscamodulatio.] Terme de Musque. Fiées de Musique à trois tems, composée de couplets. (S PASSACAILLE est presque la même chose que la Chacone ; il y a pourtant cette diférence, que le mouvement de la Passacaiile est ordinairement plus grave que celui de la Chaçone; le chant plus tendre & les expressions moins vives, C’est par cette raison que les Passacailles font presque toûjours travaillées fur des modes mineurs, c’est-à-dire dont la médiante n’est éloignée de lafinale que d’une troisième mineure. Brossard DiHìon. de Musque. II y en a qui écrivent pajsecaille, comme les Auteure du Dictionnaire de Trévoux. Cependant Messieurs de l’Académie disent pajsacaiíle. + PASSADE,// [Síïgí.J Aumône qu’on donne aux pauvres passans pour les aider à passer chemin, & à se rendre où ils ont dessein d’aller. (Donner la paD fade à un pauvre voyageur. Demander la passade.) PASSADE. [Converso qu'mque motibus perfefla, uno mot u conjlans.j Terme d c Manège. C’est une étendue de chemin borné, ou non, par où le cheval doit passer & repasser fans qu’il lui soit permis de s’en écarter. (Faire des passades. Cheval qui ferme bien une paf. fade. Ajuster un cheval fur les passades. 11 y a des passades relevées, des passades de pirouette, des paf fades de cinq tems, des passades d’un tems, &c. PASSADE, / f. {Trust us, transgressas.'] Action d« celui qui ne fait que traverser un pais fans s’y arrêter. (Ce vin est assez bon pour une passade, DanetJ) PASSADE , [ socoja natantium colìuclatio. ] Se dit entre les nageurs, lorsqu’en se rencontrant l’un enfonce l’autre dans l’eau,&le fait passer entre ses jambes.) PASSAGE > / tn. [Transtus.] C’est l’allée d’un lieu à un autre., Voïage qu’on fait d’un lieu à un autre. (Le passage des troupes est incommode. En tout lieux fur nôtre passage Ce font des débordemens d’eau (ffil faut traverser presqu’ànage ; Chaque fleuve , chaque ruisseau A pur tout franchi Jbn rivage. L’Abé Regn.) PASSAGE: [Transtio.] Lieu par où l’on passe. Chemin pour passer. Permission de passer. (Le passage est libre. Donner passage. Acorder le passage. Livrerpas- saue aux troupes, Abl. Ret. I. 4. c. Z. Reconnoître un 0 passage. 48 PAS passage. Abl. Arr. liv. 5. II étoit aisé d’empêcherle passage à toute Pfermée. Abl. Ret. L ». Envoyer saisir les passages, Àbl. Ret. I. 2. c. 3. Disputer le passage du fleuve, Abl. Ret. 1 . 2. c. 3. f Je ne vois rien de plus dificile que le passage des grandes rivières, soit par la ruse, soit de vive force, lors qu’on a à faire à un ennemi vigilant & entendu ; & cependant on les passe, & rarement échoue-t-on dans ces sortes d’entreprifes. Volybe de Mr Folard. On trouve dans le Tome IV. de cet ouvrage tout ce qui regarde cette partie de la science militaire, soit pour l’attaque, soit pour la défense. PASSAGE. [Via.] Endroit de chemin, ou de route par où il faut palier quand on va en quelque lieu. (Voici un dangereux passage.) * PASSAGE. [Aditus.] Route qu’on se fait pour passer & pour avancer chemin, qu’on se fait vigoureusement au travers de quelques troupes, ou de quelques gros d’ennetnis. (Se faire passage l’épée à la main, Abl. Ret. I. 3. c. 1.) * PASSAGE. [Locus , ttxtus ] Endroit de discours, «u de livre. (Expliquer un passage de l’Ecriture. Le passage qu’il a aporté étoit décisif. Ces passages brilhms, ces traits fris de Pbijioire, De ms Prédicateurs firent Ivng-tems la gloire. Vill.) $ PASSAGE, se dit en termes de Musque, d’un certain roulement de voix qui se fait en passant d’une note à une autre. (Ce Musicien fait trop de passages en chantant.) PASSAGE. [ Thyrorion .] Terme A'Arcbitelìure. C’est un petit lieu qui ne sert qu’à dégager une chambre d’avec une autre. PASSAGE. [Portorium , naulum.] Droit que les marchandises paient en passant par un lieu. Le Roi de Dancmarck fait païer un droit de pajfage par le Zund. PASSAGER, v. a. [Equum agere.] Terme de Ma. «ége. Promener, méner au pas, ou au trot. (Passager iin cheval fur les voltes. Passager un cheval au trot. Quelques-uns disent pqljeger un cheval, mais pajsager est le mot ordinaire.) PASSAGER, passagère, adj. [ Peregrinus .] Qui ne fait que palier. Qui passe vite. (Oiseau passager. Chagrin pass sager. Fleur passagère. Biens passagers. Poisson passager. Comme chaque saison ma flamme ell passagère, Vill.) PASSAGER, s. m. [Vecior.] Terme de Mer. Celui qui paie le fret pour le port de fa personne & de ses bardes, Fournier. II sc dit aussi de ceux qui passent les rivières. [Lintrarius.] PASSANT. Participe, pour dire qui passe. PASSANT. [Superons.] Participe , qui signifie qui surpajje , surmonte. (Prélat, pqjshnt tous les Prélats pajfe-ì , Voit. pbés.') PASSANT ,s m. [Fréterions.] Personne qui passe son chemin. (Attaquer les passans. Passant tu vois ici le Comte de Grammont, Ce Héros éternel du vieux Saint Evrémont. Rec. de Bouh.) H PASSANT, adj. v. On dit un chemin passant, une rue passante, c’est-à-dire, un chemin public où tout le monde a droit de passer, ou par lequel il passe bien du monde, une rué fréquentée, où il passe beaucoup de monde. En pajfant, adv. [In transita.] En faisant chemin , sans venir exprès. (Saluer quelqu’un en passant. Je n’ai vû cette Ville qu’en passant. Boire un coup en passant, c’ejla-dire, fans s’arreter.) En pajfant, adv. [Obiter.] Incidemment, fans réflexion. Les libertins ne font en repos que quand ils ne songent qu'en pajfant à ce qu’ils sont, & à ce qu’ils peuvent être, Mad. Scud. PASSANT. [Gradient.] Terme de Blason. Se dit d’un animai posé dans un écu fur ses pieds, & qui semble marcher. (N. porte de gueule à deux lions pajsani l’un lur l’autre.) PASSAVANT, s. m. [Syngraphus viatorius.] C’est une forte d’ecrit qui permet à ceux qui voiturent de passer outre. (Prendre un passavant. Voter le bail des cinq grojjes Fermes, art. zg) PASSE- [Effe in cursu ad, Uc.J Ce mot se dit des perjbnnes, & veut dire. Sur le point. Etat.- (Nous ne sommes pas encore connues, mais nous sommes en passe «se Terre, Molière , Précieuses. Etre dans «ne belle passe, Scaron.') PAS PASSE , f. f. [Jn adversarium injultus Terme cl S Maître d’Armes. Elle consiste à passer le pied gauche devant le droit en portant le coup. 11 y a de diférentes passes, de tierce, de quarte, &C. Une passe bien faite, & dans son tems, est un trés-bon coup. II y a aussi des paf. Jesaucolet, qui consistent à sc saisir d’une manière prompte & adroite du corps de son ennemi, pour en tirer avantage, Liancourt, Maître d’armes, c. 14 ) f * Faire une pajfe au colet à quelque jolie grifette. PASSE. [Arcula serrea.] Terme de Billard. Petit fer rond en forme de porte au travers duquel on fait passer la bille. PASSE. [Porta serrea qUa globulus trajieitur.] Terme de feu de Mail. Petit fer rond en forme d’arc qui est à chaque bout de mail. {Etre en pajj'e : C’est être assez proche de la passe pour y pouvoir faire passer la boule d’un seul coupO PASSE. [Tranjeat.] Terme de feu de Cartes. On le dit pour témoigner qu’on ne veut pas jouer ce coup là, ou qu’on veut voir xenir les autres. (Passe, passe pour y revenir. Quand tous les joueurs on dit pajj'e, il faut refaire.) On dit aussi, il faut passer la passe. II n’a gagné que la pajj'e. PASSE. [Nummorumsupplementum.] Terme de Banquier & autres gens qui reçoivent. Surplus pour faire le compte rond. (Le compte y est, il ne faut plus que la passe.) f PASSE. Raisin de passe, c’est du raisin séché au soleil, dont on fait du vin en Afrique & au Levant. .í PASSE. Terme de Teinturier, qui se dit de la der. mere façon qu’on donne à certaines couleurs, en les passant légèrement dans une cuve de teinture. (On ■donne une passe de Cochenille aux gris tannez.) PASSE. [Ctncinnus.] Terme de Faiseuse de bonnets. C’est un devant de bonnet de femme. t On dit encore pafie pour dire, cela peut passer. PASSE', pajfée,adj. [Tranjmijfus] Choseau-de-là de laquelle on passe. (Fleuve passé. Rivière passée.) PASSE', pajj'ée, adj. [Evanidus, extinclus.] Qui n'est plus. (Cela est passé. Mode passée.) * PASSE', pajsèe. [Jam anus [f fioris extinfii.] Ce mot en parlant des personnes, veut dire vieux. Qui n’est plus considérable pour les qualitez du corps. (11. est bien passé. Elle est bien passée. * PASSE', pajjée. [Evanidus.] Ce mot sc dit dea couleurs, & veut dire qui a prrdu J'on lujire. Qui n’a plus son éclat ordinaire. (Couleur passée.) PASSE' en sautoir. [DecuJJatus.] Terme de Blason. Cestà-dire, mis en sautoir. PASSE , s. m. [Elapsus.] Tems écoulé. Chose qui s est passée. Le passé n’a point vû d’éternelles amours. Sçavoir le passé & Tavenir. Voit. I. go. PASSE-BALE, ou pajj’e boulet. J', m. [Modulus globu- larius.] Plaque de fer ou de cuivre percée en rond par le milieu pour y faire passer des boulets* les calibres. PASSE-CANAL. f. m. [AEJluanum.] Passage entre des bancs de Mer, ou un endroit étroit de Mer entre deux terres. passe G AILLE. J.f. [Tania manicaria.] Porte man chon, un ruban ou efpéce de ceinture qui soutient h manchon. $ PASSE-DEBOUT. Aquit que les Commis de; Douanes & Bureaux des entrées donnent aux Marchand; & Voituriers, pour les Marchandises qui doivent feu lement traverser un pais ou quelques Villes, fans ' être déchargées. PASSE-DROIT, f m. [Indulgentia , relatio.] Grac- & saveur que 1 on fait à quelqu’un en relâchant de soi droit, ou de la rigueur des Loix. (Je fais cela par ui passe-droit) r $ PASSE-DROIT,sc dit plus ordinairement d’une efpe ce de tort ou d injustice qu on fait à quelqu’un contre Tu lage ordinaire. (On fait un passe-droit à cet Oficier.) PASSEE, j. f. [Vejiigium.] Quelques-uns se serven seC -u n , t€rme ^-. de VbaJJe , pour dire, le pas d’un bête. (Voilà les pajjées de la bête.) t TASSE E, ne se dit que du tems où certains 01 seaux patient d un pais en un autre. (Prendre de bécasses a la passee.) Acad. Fr. • PASSEE. Les Mégissiers apellent une passée, deu douzaines de peaux de mouton, qu’ils plongent ton d un coup dans une efpece de grande huche rempli « une mixtion propre a leur faire prendre le blanc. PASSE'] PAS ÏA88E*Ë. f Transtus. ] Ce mot fe dit ett parlant de de guerre , & veut dire passage de gens de guerre par un lieu. (11s ont eu pluíieurs passées de gens de guerre qui les ont fort incommodez. Les passées des gens de guerre enrichissent quelques personnes & ruinent une infinité d’autres.) PASSE'E. [Pili conjunflim contextis Terme de Perruquier Sc de Trejjeuse. C’est environ trois douzaines de cheveux qu on tresse fur les foies lorsque l’on fait quelque perruque. (Sçavoir la passée. Apprendre la passée.) PASSE-FLEUR./ s [Lycbniss C’est une anémone. Voïez Anémone. 4 PASSE-FLEUR, ou pajse-rofe, ou Oeillets de Dieu. II y en a de pluíieurs efpeces, qui contiennent toutes beaucoup de sel essentiel & d’huile. Leur suc ëtant aspiré par les narines, excite l’éternuement. Leurs semences font bonnes pour la piquure du scorpion. PASSEGER, ». ct. Votez Passager. Terme de Ma- siège. PASSEMENT, / m. [Tania textihr.] C’est un «ouvrage de Passementier, qui est fait de fil, de laine, où de fove , & qui est travaillé en manière de ruban (Un beau , un bon passement. Faire du passement.) t PASSEMENTER , v. a. f Tanin textilibus orna- ve. ] Métré du passement sur quelque habit. Garnir de passement. (Ce mot de pajjementer en ce sens ne sc dit presque point, & en fa place on dit mettre du passement sur un habit. t * II méritoit qu’une étrivière passementât son mar- roquin , S. Amant , Rome ridicule. C’est-dire, qu’on le foiietât dos & ventre. PASSEMENTIER , f. m. [ Tanìarum textor. ] C’est celui qu’on apelle ordinairement Rubanier , & qui fait de toutes fortes de rubans & de passemens. (fl est maître Passementier. Les Passementiers font aujourd’hui presque tous pauvres ) PASSEMENTIERE, s f. ['Tanìarum textrix.) Une femme qui fait du passement. PASSEMUR -s m. [Tormmtum bellicum longiuss îvom qu’on a donné à une couleuvrine extraordinaire •qui a quarante calibres de long, & tire seize livres de balle. PASSE-PARQLE. C’est un commandement qu’on fait à la tête de l’armée , & qu’on fait passer de bouche en bouche jusqu’à la queue. PASSE-PAR-TQUT , m. [Sera biforiss Terme de Serrurier. C’est une serrure où il y a ordinairement deux ciels & deux entrées. PASSE-PAR-TOUT. [Claziis perviaj C’est une clef qui sert à ouvrir pluíieurs ferrures. (Mon passe-par-tout est perdu.) PASSE-PAR-TOUT. Terme de Scieur. Scie propre à fder de gros arbres. PASSE-PAR-TOUT. Terme de Graveur. Planche qui a une ouverture au milieu dans laquelle on enchâsse une autre planche gravée exprès, où est le poteau, vu le chiffre, ou les armes de quelqu’un. Un voyageur qui sqaií le Latin a un passe-par-tout pour se faite entendre. (Un disiingm est le passe- par-tout des vrais Logiciens.) PASSE-PASSE-/ m. [Prasiigia.J Tours de passe- paffe. Ce font des tours d’adresse & de subtilité de main , par lesquels les Charlatans font paroitre, & disparoître diverses choses. 4 * Faire des tours de pajse.pajse. C’est tromper, fourber adroitement. 4 PASSE-PEKLE./ W. On donne ce nom à un fil de fer très-fin qui sert à faire des cardes. f PASSE-PIERRE , ou PERCEPIÈRRE./ s, [Saxisragal} Plante qui croît dans les jardins, Sc qui est bonne en salade quand elle a été confite dans le vinaigre avec quelques epices. 4 PASSE-PIERRË, est aussi une plante marine, qui est une efpece de fenouil qui croit parmi les rochers & les dunes de la mer. PASSE-PíED ,/ m. C’est un air de Musque , à trois tons fort vites , qui commence par une noire hors de mesure , Qzan, DiB. Mat. C’est aussi une danle de Bretagne. t PASSE-PQIL > s- m - ïpecusfatorias Terme de PAS 49 Tailleur. C’est une petite bande de satin, ou de tafetas de couleur qu’on metoit dans les coutures d’un habit, & qu’on faisoit un peu avancer pour i« relever. PASSE-POMME,// C Pomum muséums Espé- ce de pomme précoce, & qui est sans pépins. PASSE-PORT 1 /. m. [ Commeatuss Ordre par. écrit d’un Souverain, ou de celui qui a le pouvoir d’un Souverain, de laisser entrer, passer & demeurer un certain tems fur ses terres , une ou pluíieurs personnes étrangères. (Avoir un bon passeport. Le passeport est fini. Expédier un passeport. Par tout â’excellens passeports Des vices de Pâme («f du corps, Desb.) 4 * On dit d’un honnête homme, d’un homme sgréable & reconnu pour tel, qu’il porte son passeport avec lui, c’est-à dire, qu’il sera bien reqù pat tont. 4 PASSE-PORT, lignifie aussi la permission d’un souverain de faire entrer dans ses Etats ou d’en faire sortir des marchandises fans en paie r les droits; 4 PASSE-PORT, fe dit encore de la licence que les Marchands ou autres personnes obtiennent de faire entrer ou sortis, en païant les droits, les marchandises défendues. 4 PASSE-PORT , en termes de Commerce de mer, signifie ce qu’on nomme autrement congé. PASSER. [Trarsre.s Ce verbe est actif & quelquefois neutre passif , d’autrefois neutre. Le mot de passer veut dire. Aller d’un lieu en un autre fans s’àrrêter tout-à-fait qu’on ne soit où l’on veut aller. Quand le verbe passer est pris en ce sens ou qu’il a un régime, & qu’il a un raport aux lieux , ou au* personnes, il se conjugue à son prétérit composé avec le verbe avoir. Et on dit f ai paffie ; mais quand ie verbe passer n’a ni régime ni raport aux choses, il se conjugue ordinairement à son prétérit composé avec le verbe auxiliaire passer. Exemples du verbe passer en tant qu’il a un régime. II a passé la rivière , Abl. Par tout où l’armée a passé elle a fait un grand dégât. Nouvelles remarques fur la langue. E„ Xemples du verbe passer entant qu’il est verbe pasìf & qu'il n’a point de régime. Le bagage est passé' L’année est passée. AManeourt. Par tout où vous passez vous répandez des grâces f Les caurs de tout le peuple acompagnent vos traces. Bouts. Efop.) 4 PASSER de bout. On le dit des marchandises qui entrent dans une ville, non pas pour y être déchargées & debitées, mais pour être voiturées ailleurs- . ( Ces marchandises ont passé de bout. ) ' 4 PASSER fur quelcun. c’est en Termes â’Efirime t gagner le fort de son épée pour le saisir au corps, pour le désarmer. PASSER par les armes. ,[ Militent reum catapultariis glandibus trajicerc.J Ces mots fe disent en parlant de soldats criminels. C’est faire tuer à coups de moût quet par trois ou quatre soldats à la tête du Régiment qui est en bataille , un soldat condamné du conseil de guerre, (Passer un soldat par tes armes.) ' PASSER. [In partes alicujus tranpre , transferri. 3 Etre transféré.. L’Empire passa des Médes aux Perses , ríbì. Rét. I. ). c. 5.) * PASSER. [Attingere , assequi , exúperares Ailes au-delà. (La plûpart des Idiles de Teocrite ne pas. sent guere cent cinquante vers , Boileau , avis à Ménage Je ne passerai pas cinquante pistoles. Elle a beaucoup passé mes espérances , _ Voit. I. 5. Quand cela passe trois mois, ma foi, je m’ennuye, Voit, * PASSER. [Omìtteres Omettre. (Vous passez une ligne. Vous passez un mot.) * PASSER. [SuperareJ Surpasser. (Prélat passant tous les Prélats passez , Voit. poés * PASSER. [Perpo/ires Retoucher. Voir, examines- (Que pourroit-il y avoir de manque aprés tant d’ha» biles gens qui y ont passé , Pasc. L 6.) * PASSER. [Breviter Jiriíiimqm diceres Dire legé» renient. Parcourir. Raconter en peu de paroles, (Ceux de Smirne après avoir passé légèrement for leur origine, dirent. Ablancourt , lac. Arr. I. 4, Dir* une chose en passant, Pasc. I. 6.) Tome ///. G PAS° 5 o PAS * PASSER. [ Satìssacere , depeìlere.2 Satisfaire. Dissiper. Chasser. (Passer son envie. Passer son chagrin, sa mélancolie, Scaron.) * PASSER. [Consumerc.2 Ce mot se dit souvent du îenis qui s’écoule & qui se consume à être en quelque lieu , ou à faire quelque chose. Et il signifie , demeurer v employer, consumer. (Passer l’hiver à Paris, & Pété à la campagne, Scaron. Passer les jours fans fermer les yeux, Voit. I. ;8- Passer ses jours autour de Rome, Ablanc. Tac. Arr. liv. 4. O'úi je vous aime (V? je vous ai cboijìt Entre mille jeunes beautez , Pour passer avec vous le reste de ma vie , Si toutesfois mes vaux ne Jont pas rejetiez. Perr. Griseld.) PASSER. [Perdurare.2 Veut dire encore durer. Cet habit lui a poste deux étez. 11 faut que ces provisions nous passent l’hiver.) * PASSER. [Ternpus insumere .] Ce mot joint a celui de tems, a encore quelqu’autres sens. (Ainsi on dit, c’est un homme qui ne songe qu’à passer son tems. C’est-à-dire , qu’à se divertir & qu’à couler doucement la vie. II pajse mal son tems. C’est-à-dire, il a de grands chagrins, ou de grands maux. * PASSER. [Percolare.J Couler quelque liqueur an travers d’une chose. ( Passer une liqueur. Passer un bouillon dans un linge.) On dit des liqueurs qu’elles passent par quelque conduit. Et des rivières qu’elles passent par un tel lieu. * PASSER. [Ejfluere , labi.2 S’écouler. (Le jour passe insensiblement, Ablanc. Voïez comme le tems passe. ) * PASSER. [Cedere è vità.2 Mourir. (11 est passé, il a plié bagage. II va passer.) * PASSER. [ AEJUmari. ] Ce mot sc dit des dìjiin- ilions particulières, & veut dire, être admis, être reçu. (Le mot a passé, Vaug. Rem. ) On le dit aussi des momies. (Cette pistole est bonne , elle passera. J’ai fait passer cet écu. j’ai passé une pistole qui é- toit légère. ) PASSER. [Statuere , decernereJ} Ce mot se dit des tfuges, lorfqu’ils opinent, ou des gens assemblez pour résoudre quelque chose, & signifie. Se conclure. S’ar- rêter. (Cela a passé tout d’une voix, Ablanc. La chose passa à la pluralité des voix. II leur promit de faire passer la chose en plein conseil.) * PASSER. [Oboleslere, in desuetudinem abire."} Etre aboli. (Ce mot est passé. La mode des vertugadins est passée il y a long-tems.) * PASSER [DecernereJ Ce mot sc dit entre Notaires & autres gens de pratique , & veut dire , faire , aeorder. (Passer un contrat. Passer un acte au gréfe. Passer condamnation.) PASSER , v. ». [HaberiJ Etre estimé. (II passe pour un grand Philosophe. Vous ne me ferez pas passer pour dupe. Qui soufre Vassiduité De l’Amant qui sait sa beauté En vain auprès de lui veut passer pour cruelle. Un homme qui se voit d’une femme écouté A droit de tout esperer d’elle. Pavillon.) * PASSER. [Deflorescete.l Perdre de son lustre. (La beauté passe, ou sc passe. Que vous donner ? Un simple bonjour , c’esi trop peu Mon caur , c’esi un peu trop , quoique sa saison passe II ne saut mime pas de votre propre aveu Que jamais de son caur mon sexe se défasse. Desh.) fs Ce terme passer est heureusement employé dans ce Madrigal. Vous avez beau charmer , vous courez le destin De ces fleurs si fraîches , Jì belles, Comme elles vous plaisez , vous passerez comme elles. * PASSER. [Statuere , acquiescere.2 Ce mot sert à marquer une sorte de volonté > ou de nécessité absolue. (Allons , il en faut passer par là, Mol. Allons il faut que cela passe, Mol. C’est-à-dire, il faut que cela soit.) * PASSER. [Annumerare, ascribtre.s Ce mot sc dit entre Soldats , en parlant de montre. C’est donner à PAS un Oficier la païe d’un ou de plusieurs hommea comme s'ils étoient effectifs. Passer trois hommes à un Capitaine.) PASSER. Se dit des examens qu’il faut subir, des chefs d’œuvres qu’il faut faire pour parvenir à quelque degré. [Asiribi in albums, II faut effuïer un rude examen pour passer Docteur de Sorbonne. (Ce Licentié a glorieusement passé. PASSER la plume par le bec. [Fruslratìonem in ali - quem injicere.J Pour dire. Frustrer quelqu’un d’utt avantage qu’on lui avoit fait esperer. Les Romains pour exprimer une tromperie cachée sous de belles aparences d’amitié & de service» disoient or sublinere : c’est-à-dire, selon Henry Estien- ne , dare verba , U arte quadain illudere. C’est là véritablement ce que nous ap estons , passer la plume par le bec. PASSER de sil en aiguille , pour dire » passer d’ua discours à un autre. Passer du blanc au noir , pour dire, aster d’une extrémité à l’autre. [Lamitiépasi se le gand. Lorsqu’on touche la main à quelqu’un qui n’a pas eu le tems d’ôter son gand. Contentement passe richesses , pour dire, qu’il vaut mieux être satisfais fans inquiétude que d’être riche. * PASSER. [Lavigarel} Ce mot se dit entre Archi - te fies & Maçons, & signifie métré. (On passera par dessus une composition de chaux pour remplir les joints. * PASSER. Cesser. (Laisser passer la pluye.) * PASSER. Ce mot entre encore au figuré dans plusieurs façons de parler. Exemples. Le feu de son esprit ne passe point dans ses ouvrages, At>l. Tac. Arr. 1. 4. C’est-à-dire , ne sc communique point à ses ouvrages. Après avoir instruit ses disciples sor les véritez de la foi, il a passe à la réformât,on des mœurs , Godeau. C’est-à-dire, il est venu parler. II ne lui laisse rien passir. [Vitiu §5? quidem levia ad- vertit.2 C’est-à-dire, il le corrige de tout. II lasse tout passer, [Omnia culpanàa prétermittit j C’eíï à- dire, il ne corrige, il ne reprend rien. tasj 'er par dessus toutes sortes de considérations , Voit. L 29. C’est-à-dire, ne rien considérer. [Nihil attendere. ) PASSER, v. ». II se dit des pierres précieuses, & c’est un terme de Jouaillier, & de meteur en œuvre. C’est perdre l’éclat de fa première couleur. (U y a des pierres précieuses qui passent bien plutôt les unes que les autres. PASSER. S’employe dans les Arts mécaniques. [Prnparare , ex polir e.2 Passer par la filière de l’or ou de l’argent. Pisser une couche de verni fur un tableau. Passer de la casse par le tamis pour la monder. Passer de l’hipocras par la chausse. PASSER. Ce mot est fort en usage dans plusieurs métiers. (Exemples. Passer en mégie. [PeUe consicere.s C’est accommoder une peau comme un Megilsier. Passir une peau. C’est lui donner les façons nécessaires. Passer le carreau sor les rentraitures. [Pannum assutum comprimer e 12 Ternie de Tailleur. Passer un livre en parchemin. Terme de Relieur. C’est percer le carton avec un poinçon & métré les nerfs dedans.) î PASSER. Terme de Teinturier. C’est mettre les laines, les soies, ou les étofes, dans des chaudières ou cuves pleines de drogues ou ingrédiens qu’ils emploient pour leur Teinture. (Passer une étofe en noir, la passer en bleu, &c. passer une étofe en Teinture.) T PASSER en blanc. Terme de Monoieur. C’est passer les lames de métal dont on doit fabriquer dés espèces, entre les rouleaux du laminoir, avant de les avoir fait recuire, t PASSER son ordre. Terme de Commerce de let- tres billets de change. C’est mettre son ordre au dos d une lettre ou billet de change en faveur de quelcun ; ou déclarer qu’on les lui transporte, pour lui être païez. t PASSER des marchandises en fraude. C’est les faire entrer ou sortir sans païer les droits. On dit à Cadix , passer par haut. PASSER des rasoirs & des couteaux. Pour dire, les aiguiser ou les afiler fur la meule. PASSER à la claie. Terme de Jardinier, ' Voïez Claie. * Se faire passer maître, Dofleur, &c. [Ad alìqmm gradum evehi,] C’est-à-dire, se faire recevoir. Voïez maître. Passer maître. /i) P ss SSER ’ tl i íl ' mot encore faire passer .) U «tuer ua ruban dans un anneau. Passer une épée dans PAS áans ìeS pendans áu baudrier. Gaffer ìe lacet áaftS les millets. Passer un bouton dans une gance. (.On dit aussi passer son bras dans une manche. Passer fa chemise par dessus fa tête.) * PASSER par diverses charges , ofices U emplois. [Df- versa obrre munia.J C’est les exercer les unes après les autres. * Il a bien passé des asaîres par ses mains. [Multa fraftavit negotia.J C’est-à-dire, il a fait plusieurs afai* res. * Se pajser, », r. [Agis Se faire. (Tandis que ces choses fe passoient, ils, &c. Ab L Arr. L c. 4..) * Se passer. [Marcescere , flaccejsere.j Perdre de son lustre, (La beauté de Mademoiselle une telle se passe fort. On dit aulïi, elle ejì bien passées * Se pajser. [fluere.J S’écouler. (Une partie de la vie se passe à délirer l’avenir. Morale du Sage. Oh est fort sot de hasarder son salut pour un plaisir qui se passe en un moment. On dit aussi pour un plaisir qui passe en un moment ) * Se pajser. [t'ioris esse extinfíi.j Vieillir. Diminuer. Cesser d’être si frais & si vigoureux qu’on étoit. (II commence fort à fe passer. La pauvre coquette fs passe fort. Se pajser. [Exoles-cres II fe dit du fruit. On dit qu’il fe passe, C’est-à-dire, que la saison où il devoir être mangé s’est écoulée , qu’il n’a plus son vrai goût, & qu’il est devenu insipide & mou. (La pêche trop mûre est passée. II y a des pommes & des poires qui te passent bien plutôt les unes que les autres.) * Se pajser. £SibiJatis ejfe.J N'avoir pas besoin. Ne fe soucier pas. (Je me passerai de tous les auttes biens tant que je jouirai de ceux-là , Voit. I. 2;. Les chameaux d’Afrique sont meilleurs que les autres, parce qu’ils fe passent d’orge jufqu’à quarante & cinquante jours, Abl. Mar. t. i. I. 1.) * Se pajser. £Abjiinere se. j S’abstenir. (Vous vous pourriez pajser de me dédier vôtre livre, Boileau, Avis à Ménage.) * Se pajser. [Re alìqua contention ejse.s Se contentes, (Je me passe à peu. 11 se passe de ce qu’on lui donne.) PASSERAGE» sf. £ Lepidium. ] Plante médicinale. f Cette plante est incisive , pénétrante, apéritive, propre pour la rage, pour exciter surine, étant prise en tisane. On s’en sert extérieurement pour la gale. PASSEREAU, s- w. c Passer. J Ce mot s’écrit mais il ne fe dit guére en parlant. On fe sert en fa place du mot de moineau , qui signifie la même choie que celui de passereau. (Je me trouve comme un passereau qui est tout seul fur le toit d une maison, Port.Royal , Pseaume 90, verj\ 8 ) Sa femelle s’appelle pajje. Catulle a fait une petite Elégie excellente fur la mort du passereau de Lèse bie fa maîtresse. PASSEROSE» s /• Sorte dc fiante qui pousse une tige d’une coudée, & qui porte des fleurs de couleur de pourpre, mais d’une couleur vive & éclatante. (11 y a des passe-roses cultivées & des passe- rofes sauvages. (Vosez passe-jìeurs. PASSE-TEMS, f m. [Oblefìatio ludicra.J Plaisirs. Divertissement. (Ce font des passe-tems permis. Passe-tems honnêtes. Donner du pasie-tems à quelqu’un. Assez commodément , de peur qu’il ne m’ennuie, Je prends les passe-tems les plus délicieux. Benserade, Balet de la nuit, 2. p.) t PASSEROUTË, f f- [Prœsligi*. ] Ce mot se dit des tours d’adresse & de finesse, & signifie le tour & la finesse qui l’emporte par dessus les autres tours & les autres finesses. (C’est des plus merveilleux tours de la passeroute & la maîtrise, Sar. po'es) $ PASSËTS, ou RAïGNS. s m. Séparations qui font dans les armoires des boutiques & magasins des Marchands, où l’on place & range les écoles selon leur efpéce & qualité. (Des armoires à passets.) PASSE-VELOURS, s.s. \Amaranthus.j Chapelle auffi cette fleur, amarante , ou fleur d'amour. C’est une fleur qui est de velours cramoisi, & qui garde long tems son lustre. (La passe-velours est belle, agréable.) Danet fait ce mot masculin, PASSEVOGUE, s. f. [Violentior remigatio.'] Terme de Mer. Vogue de Galere redoublée avec grand éfort de rameurs. .PAS ît PASSE-VOLANT,/m. [Suppnsititius miles s Hom» me qui passe en revûè & qui n’est pas enrollé. (Par 1 Ordonnance de 1668. Sa Majesté a ordonné que les passe-volans lèroient marquez a la joue par le bourreau avec un fer chaud fleurdelisé.) T * PASSE-VOLANT, fe dit aussi de ceux qui entrent aux spectacles fans païer, en fe mêlant parmi ceux qui ont droit d’y entrer. (s On apelloit autrefois pajsevolant une petite pièce d’Artillerie, dont Rabelais a fait mention, liv. 1, chap. 26. PASSEUR d'eau , s m. £ Portitor, lintrariussj Celui qui pajje la rivière depuis le Soleil levant jufqu’au couchant ceux qui veulent passer. A Lyon ce sont des femmes qui passent les gens fur la rivière de Sone, & on les apellc passeuses d’eau. PASSIBILITE', /. f. [Patibilis qualitas.J Terme de Phijîque. C’est la qualité d’un corps paisible, qui peut souffrit quelque douleur , recevoir , &c. PASSIBLE, adj. [Pajjlbilis, quod pati potejï.J Ce mot est tiré du Latin. II lignifie, qui peut íbuftir- (Nos corps font passibles, Godeau. Pour les maux étrangers nos âmes font paisibles, Et nos propres malheurs nous trouvent insensibles. Habert, Temple de la mort, PASSIF» passive , adj. [Patiens, passivus.J Terme de Phijîque. C’est ce qui est opofé à afiis. (Principe astis. Principe passif. PASSIF , passive. £PaJJivussJ Terme de Palais , qui fe dit en parlant de dettes. (Une dette passive. C’est une dette qu’on doit. Dette active, dette qui est due.) PASSIF, passive. £ Ver hum patiendi.J Terme de Grammaire. Ii sc dit en parlant des verbes qui fe conjuguent en François avec le verbe auxiliaire je suis. (Ainsi on dira que, je fuis aimé , je fuis battu, sont des verbes passifs François, parce qu’ils sc conjuguent avec le verbe je fuis, & qu’ils signifient qu’on est l’objetqui reçoit quelque éfet de faction, ou de la passion d’autrui.) PASSIF , f m. £Pajpvum verbum.J Verbe passif. (Conjuguer le passif. Le passif en François n’est pas dificile à conjuguer quand on fait les deux verbes auxiliaires.) PASSIVEMENT, adv. £ Passive. ] Terme de Grain, maire . D’une manière passive. (Ce mot fe prend passivement.) PASSIVETE', /. f. £Status pajjivus contemplative - rum. J Terme de Mystique, qui marque Pétards, ì’ame passive & contemplative. (La passiveté des contemplatifs n’est point un état de soufrance ; elle n’est «posée qu’à faction & à Pactivité , Bojjuet.) PASSION , s s £ Animi motus , affectas ] Mot général qui Veut dire» agitation qui est causée daní famé par le mouvement du sang & des esprits , k ì’ocafion de quelques raisonnemens. D’autres disent qu’on apelle passion tout ce qui étant suivi de douleur & de plaisir, aporte un tel changement daní l’esprit, qu’en cet état il se remarque une notable di- férence dans les jugemens qu’on rend, Rétorique, /, 3. (L’Orateur excite les passions. Les passions sont dangereuses , lors même qu’elles parodient les plus raisonnables, Mémoires de M, le Duc de la Rochefioucaut, Les anciens Poètes tragiques, tels que sont Sophocle St Euripide avoient trouvé fart d’émouvoir les pase sions, & il les faut lire si on veut aprendre à bien toucher une passion. Delcartes a fait un excellent traité des passions .) 0 M. de Cambray veut que la passion s’exprimé même fur la scène fans art & tout simplement ; dans ce sentiment il apelle passion façonnée ces vers de l’Edipe de Corneille. Impatiens dejìrs de gloire , Dont P aveugle & noble transport Me sait précipiter ma mort, Pour faire vivre ma mémoire ; Arrête pour quelques momens Les impétueux mouvemeiis De cette inexorable envie , Et soufre qu’en ce triste iout Avant que de donner ma vie, Je donne un soupir «ì l’amour. 0 On n’osoit mourir de douleur » dit cet illustre Prélat, fans faire des pointes & des jeux defpríts en mourant. PASSION, [Cupiditat, ardor.J Ce toot pris géiie- Tome III , G % rase- 52 PAS râlement signifie pa.nchp.nt , pante qu’on S pour une chose. (Les impies ont de la pajsìan pour les vices» Pose, l. 4. Avoir de la paision pour l’éloquence, Abl. Luc. PASSION. [Ardor , Jludium.} Ce mot se prend pour amour , ardeur , zélé. [Monfieur le Due de la Rocbt- foucaut a dit, la pajjìon est un Orateur qui persuade toujours. Voiture a écrit lettre 3g. [fi lettre 40, Rien ne peut éteindre la paffìon que j’ai à vous honorer, íar un honneur qu’on lé fait d’être constant » on entretient plusieurs années les misérables restes d’une paslion usee. S. Evremont , ìn 4. p. 206. C’est ce que j’avois à dire pour justifier ma passion, Abl. Lue, t. L. licence.) Nôtre siècle est groisier, & l'on ne voit plus guerres de ces passions désintéressées qui n’en veulent qu’au cœur, Danet. PASSION. [Animi impetus. J Ce mot signifie aussi quelquefois emportement brusque & causé par quelque ressentiment. Colère. Haine. (.C’est un brutal qui agit avec pajjìon. Quand on veut parler contre quelqu’un qu’on n’aime pas, il Faut adroitement cacher fa passion , car souvent la pajjìon gâte tout.) PASSION. [Libido.'} Brutalité qui porte aux plaisirs sensuels & défendus, (En ce sens on dit être maître ou esclave de ses paffions. S’abandonner à fa pajjìon ,) ■ A PASSION, se dit particulièrement de l’amour. (II a déclaré fa passion. II a une belle passion. C’est une passion naissante.) Gracian Qraculo Manual a raison de dire qu’il u’elt point d’empire si glorieux , que celui de ses propres passions, non ay mayor Jinnorio que el de Jì mìs- mo , de sut ajsettos , que elega a fer triompho del alvedrio. f PASSION, se dit aussi de l’objet de la passion. (La chaste & le jeu sont les passions.) PASSION. Se dit dans les villages d’un coup de cloche qui avertit que le Curé va réciter la paffìon. PASSION. C Chrijti mors [fi pajffìo.} Terme á’Eglise. Les soufrances de Jésus Christ. (Lire la passion de Jesus-Christ. Méditer fur la passion de Jesus-Christ. Prêcher la passion de Jesus-Christ ) A Rouen on chante la passion en musique en l’E- glisc de saint Sauveur, le jour du Vendredi Saint. PASSION. [Co'icio de Chrijìi cruciatibus.} Sermon sur la passion de Jesus-Christ. (Aller à la passion. Ouïr la passion.) fjf PASSION, terme générique. Les Philosophes ont fait de longs traitez fur les passions des hommes. Les Poètes ou du moins ceux, qui ont traité de l’Art poétique, ont aussi examiné avec foin de quelle passion Aristote a entendu parler pas ces mots, «Mué ie «a/« ìcxì fié&x. Ces deux passions doivent être l’objet du Poète, s’il veut plaire & instruire en même te ms les spectateurs. La Tragédie est selon ce Philosophe tine leçon publique plus instructive, que toutes les leçons de la Philosophie, parce qu’elle instruit l’esprit par les sens, & qu’elle rectifie les passions par les Passions mêmes, en calmant par leur émotion le trouble qu’elles excitent dans le cœur. Cette réflexion est du P. Ra pi n , elle est vraye ; que scroit-ce qu’une tragédie fans passion : mais il ne faut pas croire , que toutes les passions, auxquelles les hommes sont sujets, entrent dans la composition de la Tragédie, elles y aporteroient la même confusion qu’elles causent dans un homme, qui s’abandonne à tous les mouvemens de son cœur. Aristote n’a fait mention que de deux seulement que le Poète doit exciter, ìhl@- & : mais on ne convient pas dans l’explication de ces deux mots. Les uns croient qu’il a entendu parler «fe la terreur U de la compaffìon . Les autres veulent qu’il eût en vûè ì’horreur qui nait naturellement des grands crimes. Mais fans ra porter ici ce que M. de la Menar- diére a dit dans fa poétique pag, 4;. on doit entendre par le terme Qìi s®- une certaine terreur qui cause une espèce d’agitation & de frissonnement à la vûè des malheurs qui arrivent fans les avoir méritez, & qui fait naître en même tems un sentiment de compassion pour les malheureux, & une crainte dans ceux qui ont quelque raport à ce que l’on voit fur le théâtre , comme il le dit (ui-méme dans la section 14. c’est-à-dire, selon l’expression de M. de la Menardie- re, que faisant voir le châtiment d’un adultère, il faut de nécessité qu’elle effraye le vicieux coupable du même crime , & que par là elle l’oblige à se retirer d’un vice, qu il voit sévèrement punir. PAS t- FAS 5 ION , se prend pour l’exprefSon & la répré* Tentation vive des passions que l’on traite dans une piéce de theatre, ou dans quelqu’autre ouvrage d’e- sprit. (Les passions sont bien traitées dans cette piéce, Ce poète touche bien les passions.) f PASSION, se dit aussi dans le même sens, en parlant de la Musique & de la Peinture. (II y a beaucoup de passion dans cet aír-là. Les passions font bien touchées dans ce tableau.) £ PASSION, signifie en termes de Philosophie , l’im- pression reçûë dans un sujet, & il est oposé à action. PASSIONNE', passionnée , adj. [Alicujus rei cu. pidus, qui motus impotentes habet.} Touché, pouffé de quelque passion ; & en ce sens le mot de paffìon. né ne se dit que des personnes. (Etre passionne pouf la gloire, Ab/anc. Quelque pqffionuez que vous soyez pour les richesses, elles vous quitteront un jour malgré vous , Port-Royal. C’est une femme passionnée , c’est tout dire.) t§ On ne dit point être passionné d’une femme. L’Académie écrivant à M. de Bois Robert, l’un de ses membres , & ne voulant ni lui faire une incivili. té, ni le traiter d’égal, résolut de souscrire. Vos très. passionnez serviteurs Comme un peu plus civil que très - affìélionnez , & un peu moins que très-cumbles. Ptlijjon. PASSIONNE', fusionnée. [Amor incensus , amasus t tener.} Ce mot se dit des ct oses qui ont raport aux personnes, & veut dire, Touchant. Tendre. Amoureux. (Air passionné. Expression passionnée.) Ses petites colères ont quelque chnse de pajjìonné , qui fait qu’on n’est point fâché de savoir irntee. P. de Cleves. 1$ riiasuAiNiNJí, te aie aes perionnes St aes ctioles qui ont raport aux personnes: un hommepajjìonné » des fentimens paffionnez , des expressions paffìormees , H» air pajjìonné : quelquefois ce mot n’a point de régime, cet homme ejl tris pajjìonné ; & souvent il a un regime; cet homme eji pajjìonné pour la gloires, ordinairement, passionné est suivi de pour: pour la gloire , pour les riches es. PaSSIONNE'ìVIENT , adv. [ArdentiJiudio, vehemen- Fort. Très. Beaucoup. D’une maniéré tendre & amoureuse. (Aimer passionnément.) PASSIONNER, v. a. [Ardent! Jiudio velle.} Ce mot pour dire désrer , ou aimer avec pajjìon , n’est pas reçû. (Passionner une chose. Iî faut dire désrer unt chose avec pajjìon , Vaug. Rem.) Quoique l'Acudéinie semble ne pas désaprouver cette expression. II pajjìomte sort cette afaire. Cependant Vaugelas & Corneille la condamnent absolument. jrjs M. de Vaugelas veut que pajjìonner soit très-mau- vais, comme quand on dit paffimner quelque choj'e , pour dire aimer , defirer que'que choj'e avec paffìon , ct est neutre passif, Je pajjìonner est excellent, cette décision a été aprouvée par Mrs. ùe l’Académie. PASSIONNER. [Expnmere motus animi.} Animer ce qu’on récité , ou ce qu’on chante. Le mot de passionner en ce sens est nouveau, & on dit. Elle pat lionne les airs qu’elle chante. Poisson & Rosimond sont de bons Comédiens, ils font pleins de feu, & pajjìonnmt admirablement ce qu’ils récitent. Se pajjìonner, v. r. [ 2 ìi»uo aràore ajscì.} Se lait fer aller à fa passion. S’emporter. (11 ne sçauroit parler sans se passionner. 11 sc passionne & s’empor- te pour rien.) * Se pajjìonner pour ses amis. [Excitari , ardere.} C’est avoir du feu & de la chaleur pour ses amií. PASSOIRE, J.’ f. [Calum,} Sorte de vase rond» ou ovale , qui est de métal ou de terre, qui est percé de plusieurs trous, & qui a d’ordinaire un manche, & dont on se sert pour passer des bouillons, &c.) (Une petite pafloire. Une grande passoire,) PASTE- Voiez pute. (ffì PASTE, Terme de peinture. Dufrenoy a dit, Totasei tabula una depìHa tabeUa, Ce qui a été ainsi traduit , que vôtre tableau soit tout d'unepâte, c’est-à-dire, ajoûte le Traducteur dans son Commentaire. d’une mime continuité de travail , [fi comme fi le tableau avoit été fait en un jour ; le latin dit , tout d’une palete. PASTE'. Voïcz pâté. PASTEL, s m. [Diversorum colorum tnajsa.} Prononcez la. lettre S. dans ce mot. 11 vient de i’italien -àstâ. C s cst uns pâte composée de plusieurs couleurs broyées & gommées, dont on se sert pour des. íiner. (Faiiel gris, rouge , bleu » verd , jaune. Faire des crayons de Pastel. Dessiner au pastel. On fait de beaux portraits au pastel. PASTEL, [Glajtum, ijátis.[ Sorte de plante qui vient d’une graine qu’on sème tous les ans au commenco- ment de Mars, qui a les feuilles semblables à celle du plantain, qui croît en Languedoc, est très-propre pour les Teinturiers lotfqu’elìe est bien aprêtée. II se fait tous les ans quatre récoltes de pastel. (Bon pastel. Pastel en pile. Pastel en cocaigne, ou en cocs. C’est- à-dire, en boule. Pastel en poudre. Aprêter le pastel pour l’einployer dans la Teinture, Instruction pour la Teinture , ir. partie, article *$9.) PASTENADE , /. st Voïez panais* PASTENAQJJE , st. st [Scorpio marinusi] Poisson de Mer qui a la fagure d’une raie. PASTEUR , st m. [Pastor , pecoris cufios .] Ce mot signifie Berger , mais il ne se dit guère au propre , & même quand il s’y dit, on ne Pemploye d’ordinaire que dans des églogues, dans des discours graves & le plus souvent pieux. (Les Pasteurs sont venus adorer Jesus-Christ. Mr. Godeau , prières , oraù Jbn fur la. crèche. Un Roi qui naît dans une étable De pasteurs compose sa Cour. Godeau , poèf. a. part.) Pan a soin des brebis , Pan a foin des pasteurs. Ségrais, Eglogue 1. Quelques imitateurs , Jbt bétail , jé l’avm'é , Suivent en vrais moutons le pasteur de Mantoue, La Font.) * PASTEUR, [Pastor , parochusl} Ouré, Ministre de la parole de Dieu. (Le Pasteur va prendre le corps & lui donne la sépulture, Patru , plaid. z. Monsieur Baillé , Monsieur Claude sonc de fameux Pasteurs parmi Meilleurs de la Religion. J’ai de ms vieux Pasteurs consulté te plus sage , J’ai mis tous ses conjeils vainement en usage. Pour moi , Je m veux pas pénétrer le myjlere , Mon Pasteur me ta dit , c’eji à moi à me taire , Poec. anon.) PASTILLE , f f. f Pastiìlus.J Sorte de Compose tion odoriférante qu'on fait en manière de pâte, & qu’on forme ordinairement en petites pièces plates qu’on brûle dans une chambre pour y répandre quelque bonne odeur. (Ces pastilles font excellentes.) {$ Les Anciens aimoient les pastilles , ils avoient des personnes qui en faisoient commerce. Martial lib. 1. ep. 87. fait mention d’un Cosinus fameux par ses pastilles; Ne gravis hejierno fr agrès , Fefiennia , vtno , Pqftiilos Cosmi luxuriosa voras. {f Ce qu’il ajoute est vrai, on a beau avoir dans la bouche des pastilles pour corriger la mauvaise odeur de son haleine, il se fait un mélange, qui la rend encore plus infuportable» Quid quod olet gravius mixtuni diapastmate Virus ? Atque duplex anima longius exit odor. II y a aussi des pastilles de bouche qu’on mange E our avoir bonne haleine, & qui fervent à la santé, Pajìiilus edulis ad commendmdum ha/itufn .2 Tels sons les muscadins, les dragées , le cachou. j 3 T PASTIS , vieux mot, c’est pâturage , PASTORAL, pastorale , adj. [Pajiúralis , pastoru tiusi} Ce mot au propre n’a pas un usage fort étendu, 11 signifie , qui eji de berger. II ne faut pas se faire une idée de la vie pastorale aussi agréable que les Poètes nous la répresentent. [Tour à tour ils plaìgnoìent leur amoureux souci » La muse pastorale parle tokjauxs aitíst , Ségrais, Eglogue a. ) PASTORAL , pastorale , adj. [Pastotalis digniìas. Qui est de Pasteur d’Eglise. Qui reçarde celui qui a soin de la conduite des âmes. (Vigilance pastorale, Lambert , Saint Cyprien. Soin pastoral, Bâton pastoral.) PASTORAL Ouvrage du Pape S. Grégoire le Grand, qui traite des devoirs des Pasteurs, c’est à-dire, des Evêques & des Curez, & qu’on a traduit en Fran» GviD. [Opuf pastorales PAT S3 PASTORALE, st st f Carmen Btcoîicum ) Terme d* Voeste. C’est une forte de pocme qui est originaire d’Italie, & qui a été inconnu aux Anciens. (La pastorale tire son origine de l’églogue & de la satire. C’est un poème dramatique qui représente une action de bergéres & de bergers amoureux, & qui se termine heureusement. La matière pastorale , c’est l’amour des bergers & des bergéres. Le Tasse inventa en i . marcher, seá. 7 « un chemin batu. L’origine du P. L’abbe est plus naturelle : Patin , dit-il, vient plùtót de Pute, qui fe prend pour un pié plat, pa- tulus pes , que de na.rtit, calcare. PATIN,/»?. [Cahpoiliwn.] C’est une chaussure particulière dont les Hollandois fe servent pour aller fur la glace. Ce patin est composé de bois avec un morceau de fer dessous pour couper la glace. 0 Aîainard fur une femme, laquelle quittant ses patins en íè mettant au lit, quittoit la moitié de fa taille. Quelques invisibles Lutins Lui font laister dans Jes patins Plus de la moitié de fa taille. PATIN. [Solea medio globo inferim infini ria.] Sort» de fer de cheval fous lequel on a foudé une demi boule concave, & dont on fe serti pour un cheval éhan- ché, ou qui a fait quelque éfort. (Attacher un patia à un cheval.) ra A ííN st. I òuujiracii tunitamentis astres.] Termes d ’Architecture. Pièces de bois qui fe mettent dans les fondations fur les pieux, ou fur un terrain qui n’est pas solide , Félibien. ... , . contrefiari potes j Qu’on peut manier. Qu’on peut tâter. (Beauté pati- nable, Scaron. pois.) f PATINER , v. a. [Attreflare , pertraHare ] Manier. Tâter. (il aime les grifettes, parce qu’il lespa- tim. II aime à patiner.) H PATI- PAT t PATINER, se dit aussi en parlant de* fruits qu’on manie indiscrètement. (II ôte la fleur de ces fruits à force de les patiner.) • PATINEUR ,/»».[ Palpator. ] Celui qui manie. Qui tâte. (Z. pí patineurs font fort infuportables , Mème aux beautez qui font très patinables , Scaron, Epit. chag. à Mr. d’Albret. f PATINEUR, se dit aussi en Hollandî de ceux qui vont sur la glace avec des patins. (II y a beaucoup de patineurs cette année.) PATIR , v. a. [ Pati, tolerare , laborare. ] Je pati. J’aipati. Je pat irai. C’est soufrir. Endurer. Porter quelque peine. Recevoir dommage. (Elles quittent leur personnage , Non fans avoir beaucoup pati, Et cbacune dans Jons -ménage Selon son gré prend, fin parti. Perr. Griseld. On volt que de tout teins les petits ont pati des lotisss des grands, La Pont. Fables , /. 2 . Les bons pâtissent pour les mauvais. II ne pouvoit abandonner cette contrée fans que l’isle en paîit, Hifi. d’Aubujjon.) PATIR. Parmi les mystiques , c’est être dans l’ina- ction , & dans une contemplation passible & passive. Ainíi dans ce íèns , pâtir n’emporte pas une (outrance oposée à la joye, Fenelon. 0 Je nesaurois m’acoutumer au mot patir, il est dur & sonne mal ; le Chevalier d’Aceiiilly a dit dans une Epigramme. Dépuis le moment glorieux Çíue mes yeux virent Cléonice , De leur félicité le Ciel fut envieux , Jl affligea mon cœur d’un éternel fuplice. Dieux ! Faut il que le cœur patiffe De la félicité des yeux. 0 Outre le terme patiffe, qui me déplaît, il me semble que le sens est ici fort embarrassé ; on ne fçait pas si c’est le moment glorieux où il vit Cléonice , qui affligea son cœur ; ou si c’est le Ciel envieux dc la félicité de ses yeux. f patis, ou pajiil. f. m. ] Lieu où l’on met paître les troupeaux. t PATOIS , f m. [ Sermo rusticanus. J Sorte de langage grossier d’un lieu particulier, & qui est diférent de celui dont parlent les honnêtes gens. (Les provinciaux qui aiment la langue viennent à Paris pour se défaire de leur patois. Voïez Jargon. P ATOLOGIE, f f. [ Patbologia. ] Terme de Médecin. C’est la partie de la médecine qui considère la nature & la diférence des maladies, leurs causes & leurs iimptomes. Voïez Femel. (Le Traité de la patologie est curieux. On dit questions patologiques.'j PATON , / m. [ Fulcirnm coriaceum. ] Terme de Cordonnier. Petit morceau de cuir qu’on met en dedans au bout de l’empeigne du soulier, afin d’en conlerver la forme. (Monter un paton. Le paton de mon soulier me blesse.) PATON, f m. [ Massa compafta ad faginandos tapones. J Morceau de pâte préparée avec du beurre & autres drogues, qui sert à engraisser les chapons. On le dit aussi d’un petit oiseau bien gras. (Ces ortolans font des patons de graisse.) PâTRE , pajìre , f. m. [ Pajior armentitius. ] L’un & l’autre s’écrit, mais on prononce pâtre. C’est celui qui a foin de mener les bêtes au pâturage. {Etf fur un Edit des Pâtres de Nubie Les Lions de Barca vuideroient la Lybie. Despr.) 0" L’Ordonnance des Eaux & forêts de 1669. veut que les Pajires ou gardes des bestiaux, soient nommez annuellement à la diligence des Procureurs d’Ofice ou Syndics des Communautez par les habitons, le Juge du lieu présent, ou un Notaire, & sans frais , & la Communauté demeurera responsable de ceux qui auront été nommez. 0 Les anciennes Ordonnances exigeoient le serment des Pajires que les Usagers avoient choisis ; leur foin, «st d’empécherles abroutissemens ; & s’ils manquoient à leur devoir, sos Usagers demeuroient responsables du dommage causé par leur négligence. PAT 57 0 Je crois qu’il faut écrire Pajìre , & faire sentir 1» lettre S. 0 Ce terme Pajìre , n’est, ce me semble, en usage que dans-les Provinces où il y a de grands bois & de grands pâturages. Celui qui ne méne qu’un troupeau de moutons, est apell é Berger, & le Pajìre a fous fa conduite le bétail de toute forte d’un village ou d’une partie. 0 Le martre du bétail doit répondre de la faute de son castre, lors que le bétail a fait du dommage dans le fond d’autrui, soit à garde faite ou en cas d’abandon. 0 Le pastre est tenu de la mort & de la perte des bêtes, soit qu’elle arrive par une grande faute lai a cuipà, ou par une faute légete levi culpa. 11s n’en sont pas quittes en raportant la peau de la bête, lí ce n’est en établissant que la perte est arrivée par un cas fortuit. 0 11 y a eu dans tous les teins des bergers infidèles, qui profitant de réioignemenj où ils se trouvent, en menant paître leurs vaches & les brebis, ne se contentant pas -d’en traire le lait pour leur usage, ils le pre- rent entièrement pour le vendre. Virgile fait mention dans fa troisième Egiogue, d’un berger qui voioit ainsi son maître. Hic alienus ovìs cujios bis mulget in hora , Et suc eus pccori , U lac fubducitur agnis. 0 Deux bergers dans Téocrite Idyl. g. disputant de 1a beauté de leurs bergeres, l’uti offrit un veau pour gage, & invita l’autre de donner un de ses agneaux: niais celui-ci lui répondit qu’il nc le pouvoit pas ; perce que tous les soirs son père & fa mère comptoient& visitoient le troupeau, ce que Virgile n’a pas manqué d’imiter dans l’Eglogue que j’ai citée. De grege non aufim quidquam deponere tecum , Eji mibi namque domi pater , gj? injujla noverca , Bisque die nmnerant ambopecus, aiter {f bœdos. 0 Parmi jes loix agraires que l’on attribue à l'Em- pereur Justinien, & qui ont été données au public par Leunclavius il y a celle-ci qui convient à nôtre sujet: si un berger sans le consentement de son maître, s’avise de traire les brebis pour en vendre le lait, il fera fouets & privé de son salaire. AD PATRES. Façon de parler basse & burlesque. Aller ad pâtres , pour dire mourir. (Je l’enverrai ad pâtres, pour dire, je l’enverrai promener. J'ai comme vous fpavez, un habile cousin , Homme de conjcience, («? f pavant Médecin , Oui P enverrait bientôt, ad pâtres. Bours. Esope.) PATRIARCAL, patriarcale, adj. [Patriarcbalisf Qui apartient au Patriarche. Qui est de Patriarche. (11 porte d’argent à la croix patriarcale, d’azur, Col. Trône Patriarcal. Dignité patriarcale , Tomajfìn, Discipline Ecléjìajìique.) PATRIARCAT,/»*. C Patriarchatus.’} Dignité de Patriarche. (Elever quelqu’un au Patriarcat, ThomaJJìn , Discipline EcléJlaJHque.j PATRIARCHE, f m. [ Patriarcha .] Mot Grec qui veut dire le premier des Pérès. C’est celui qui possède la seconde dignité de l’Eglise, & c’est comme fi on diíbit, celui qui préside aux quatre parties principales du monde. (II y a cinq Patriarches, celui de Rome, d’Alexan- drie, d’Antioche, de Jérusalem, & celui de Constantinople. Un Saint Patriarche. On donne encore ce nom de Patriarche aux Saints Personnages qui ont vécu avant la venue de Jésus-Chríst.) On donne encore ce nom au chef des Eglises Chrétiennes d’Orient. Le Patriarche des Arméniens. Le Patriarche des Abyssins, des Jacobites, &c.) f On donne aussi le nom de Patriarche, aux premiers instituteurs des Ordres Religieux , comme Saint Benoît, Saint François, &c. PATRICE,/ »*• [ Patricius .] C’étoit le nom des Gouverneurs que les Empereurs de Constantinople en- voïoient en Italie, en Sicile & en Afrique. Ce nom de Patrice a aussi été donné par honneur à d’autres personnes. (Charlemagne reçût du Pape Adrien le nom de Patrice de Rome, avant qu’il prit celui d’Empe- reur.) 0 PATRICE, Patriciens. II faut remonter plus haut pour en trouver l’origine, & la véritable signification. Les Romains apelloient Patrices ceux qui defcendoient des cent Sénateurs, que Rotnulus établit, lotfqu’il jetta les premiers fondemens ds là République. Fenejirel. tí,f ' \om. III. H ($’ Ces 58 PAT ($ Ces premiers Sénateurs furent apellez Patrices, parce que Roinulus choisit les plus âgez. Seleílaque corpora Pâtres Dixit : tg Dit Ovide, & pour les distinguer des autres, ils portoient fur leurs souliers la figure du croissant de la Lune , c’est-à-dire un C qui marquoit le nombre de cent, parce qu’ils étoient cent Sénateurs. V . IJìdor. Etimol. . , FATRICIAT, /. r». [ Patricii dignitas. ) Dignité de Patrice, laquelle a été dans l’Empire Romain depuis Constantin le Grand. PATRICIEN , Patricienne, adj. [ Patricius . ] Qui vient de Sénateur Romain. (Race Patricienne. Famille Patricienne. Les Patriciens étoient les prémiers nobles Romains du tems de Romulus, Danet .) PATRIE ,// C Patria, natale folum. 3 Païs où l’on a pris naissance. (II est naturel d’aimer fa patrie. Le Sage n’a proprement point de patrie. La patrie est une vision. La patrie est par tout où l’on est bien. Les anciens étoient fortement infatuez de l’amour de leur patrie. Tu dois.là tous tes foins au bien de la patrie, Tu ne P en peux bannir que P orphelin ne crie, Despr.) 0 L’amour de la patrie n’est point une vision , & il est peu de personnes qui ne sentent dans leur cœur un secret atachement pour leur Patrie , & pour le lieu où leurs pères font nez. Glisse qui a tant vanté la sagesse, aima mieux revoir sa chere Itaque, que de devenir immortel; c’est pat cet exemple que Cicéron justifie l’a- mour de la patrie : Si quidem, dit-il, etiam iUeJàpientis- Jìmus vir , Itbacam ut videret , immortalitatem scnbitur répudias/} lib. 3. Leg. PATRIMOINE,/, tn. [Patrimonium,patriabona,] Bien qui vient du père & de la mère. (Avoir du bien de patrimoine. Tous les biens de l’Eglise sont le patrimoine des pauvres. 11s ont été originairement confiez ensuite par l’Eglise aux Bénéficiers pour être les administrateurs du patrimoine des pauvres. Le Pere ThomaJJìn , Discipline de l’Eglise, 1, part. I. 4. c. ' H PATRIMOINE de Saint Pierre. C’est une partie du Domaine que le Pape possede en Italie, & dont Viterbe est la Capitale. PATRIMONIAL, patrimoniale , adj. [ Paternus.} Qui est de patrimoine. (Héritages patrimoniaux. Fiefs patrimoniaux. Titre patrimonial fur lequel on reçoit les ordres sacrez.) t PATROÇINER1 v.n. [ Patrocinarì.] Mot burlesque écorché' du Latin. C’est parler à une personne pour la porter à quelque sentiment qu’on voudroit qu’el- le prit, en blâmant le sentiment que cette personne a, & soutenant celui qu’on veut lui faire prendre. ( Prêchez, patrocinez jusqu’à la Pentecôte , Vous serez étonné, quand vous ferez au bout , Que vous ne m'aurez rien persuadé du tout , Molière, Ecole des femmes, a. j.se. 1.) II fignifioit autrefois plaider. PATRON, f >». [Exemplar,fpecimen, arebetypus .] Ce mot en général signifie modèle. Un beau patron de dentelle. Un patron de point de France. Acheter un patron. Suivre son patron. Faire un patron. Tracer un patron.) f * PATRON. [Specimen, idéal} Ce mot se disant des personnes, est figuré, & veut dire, exemple. (Si on a à prendre patron fur quelqu’un , il faut que ce soit sur une personne de mérite.) PATRON. [Patronus, servi dominus .] Terme de Droit civil. C’étoit celui qui donnoit la liberté à quelque esclave. C’étoit tout homme qui avoit le pouvoir d’a- franchir ses esclaves. Le patron ou le maître afrançhit soit son esclave quand il le faisoit asseoir à sa table avec lui, quand il l’adoptoit, &c. Volez là-dejjus les Injiitut. I. I. tit. PATRON. [Patronus, fundator ] Terme de Droit canon. C’est celui qui a droit de présenter à l’Ordinaire , un Ecclésiastique capable de remplir le bénéfice que lui ou ses prédécesseurs ont fondé. (Jl y a un patron Laïque & un patron Ecle/ìajiique. Le patron ne peut fans l’auto- rite de l’Evéque établir un Eclelìastique dans son bénéfice. Le Roi est patron de toutes les Eglises Cathédrales & Collégiales > des Abayes & des Monastères , PAT s’il n’y a point de titre au contraire, Fevret, de Pabus% c. 8 ) PATRON. [Navarcbus , nauclerus. ] Terme de Mer. Celui qui commande aux voiles du vaisseau, & généralement à tous les gens du vaisseau, Fournier, Hidrogra- phie. D’autres disent que c’est un Oficier marinier qui commande tout l’équipage & toute la maneuvre, Pante- ro Pantera qui a fait un Traité de la marine , dit que patron est un Oficier de guerre qui distribué les rations & autres choses nécessaires à ceux qui rament, qui a foin de tout ce qui regarde le service de la galère, & même des marchandises qu’on y embarqué. (II y a des patrons dans chaque galère.) Voïez Pantero , l. z. c. 12. p. 317. 0 Capitaine , Maître & Patron font trois Co m man. dans de vaisseaux, qui diférent de nom & de fonctions. Le Capitaine commande par Brevet du Roi; ceux qui ne commandent que fur une simple commission les vaisseaux marchands, font apellez maîtres fur les côtes de l’Océan , & Patrons fur la Méditerranée. On leur donne aussi la qualité de Capitaine, lors qu’il s’agit d’ua volage de long cours. 0 Les Romains apelloient Navarchi ou Navicularii, ou Naucleri , tous ceux qui commandoient fur Mer. On trouve dans la Loi 30. du titre de Naviculariis Cod. Theod. ces trois qualitez ; & quant au mot de Maître, la Loi 2. de exercit. ail. nous aprend qu’il est ancien, puisqu’on apelloit Magijier celui à qui tout le soin da vaisseau étoit confié. t * PATRON, s Patronus , herus. } Le maître du logis. Le mot de Patron en ce sens est bas & burlesque, & est pris des Italiens , qui apellent le maître du logis padro- ne. (Le patron est-il ici? Où est le Patron? Le patron de la case est-il ici ?) Le Cardinal patron. [ Cardinalìs patronus.} C’est ce- lui qui gouverne à Rome. * PATRON, s Patronus titularis. ] C’est le Saint que quelque Roïaume, ville, village, ou les gens de profession honorent particulièrement, & dont ils célèbrent tous les ans la fête. (Saint Denis est le patron de la France. Saint Jaques celui d’Espagne. Saint Nicolas le patron des gens de mer. Saint Pierre celui de Rome. Oa le réjouit comme il faut à la fête des patrons. Saint Louis eji vôtre Patron, Louis le Grand en ejt un autre , Au gré de bien de gens pour le moins aujjì bon. Deshoul.) * PATRON. £ Patronus, Mécénat.} Protecteur. Défenseur. Celui qui s’interesse dans nôtre fortune, & qui tâche à la pousser. (Quand on n’a ni grands biens, ni grande naissance, on ne fait rien dans le montfe fans patron. Un patron tient souvent lieu de mérite à bien des gens. Se faire un patron. Nous servons un patron qui n’aime pas qu’on gronde. Benserade.) PATRONAGE,//». [ Patronatus, jus nominations.} Terme de Droit canon. C’est le droit de présenter un Eclésiastique au bénéfice vacant. (On aquiert le droit de patronage sur un bénéfice, lorsqu’on a fondé le bénéfice. On a droit de patronage sur une Eglise lorsqu’on à employé son bien à bâtir une Eglise, ou lorsqu’on Fa fondée. On dit, ce bénéfice est en patronage laïque. Le patronage des Laïques a commencé en Orient, 8 t V EcléfiaJUque en Occident, Discipline de PEglise, i.part. I. 2. c. 7.) 0 Le Patronage tel que nous le connoissons aujourd’hui, est bien diférent du Patronage des Grecs éfc des Romains. 11 est pourtant vrai que le Patronage Ro» main est la source du nôtre. Les ressemblances qu’il y a entre ces deux Patronages, ne permettent pas d’en douter ; il ne fera donc pas inutile , ni même hors dc nôtre dessein d’en remarquer ici les principales circonstances de l’Original. Denis d’Halicarnasse en a donne une idée générale dans le second livre de son histoire Romaine. II dit d’abord que les Athéniens & le* Thessaliens confondoient souvent les esclaves & le* cliens , le Patronage & la servitude; ils donnoient même aux cliens des noms qui marquoient-la bassesse de leur condition & leur pauvreté : mais Romulus en éta. hlissant le Patronage parmi les Romains, adoucit le* rigueurs du Patronage des Grecs, & eut en vûë de for- mer une certaine union d’amitté & de protection en» tre les riches & ceux qui ne l’ctoient pas, afin d’éviter Fusur» l'usurpation & ta tyrannie que la supériorité inspire & semble même autoriser. 0 II forma donc deux ordres, dont le prémier étóit composé des Patriciens, & le second des Plébéiens ; îes premiers furent chargez de la Religion, de la Magistrature & do soin des afaires publiques ; les Plébéiens surent destinez à la culture des terres, au foin des troupeaux & au commerce: mais connoiffant le danger où il laissoit cette partie de son nouvel état, il permit aux Plébéiens de choisir parmi les Patrices un Patron & un défenseur contre l’injustice, presque toujours compagne de la supériorité; il régla mime les devoirs respectifs des uns & des autres. Ces Patrices, dit l’Historien , etoient obligez d’expliquer à leurs cliens les Loix qu’iis n’entendoient pas, de s’in- tétesser dans toutes leurs afaires avec cette ardeur qui fait agir les pères pour Pinterêt de leuts enfans'; ils dévoient encore veiller à Potage que leurs cliens faisaient de leurs biens, à Pemploi de leur argent, Sc empêcher qu’on les trompât dans les contrats qu’ils faisoient : d’un autre côté les cliens étalent obligez de contribuer à la dot des íilles de leurs Patrons , au cas qu’ils ne fussent pas en état de les marier selon leur condition , de païer la rançon de leurs Patrons & dé leurs enfans, lorfqu’ils étoient prisonniers de guerre, de parer les dépens auxquels ils étoient condamnez fans espérance de rembouríement contre leur Patron ; de contribuer de méme aux frais que l’on faisoit ordinairement dans les brigues & dans les poursuites des charges publiques ; outre ces devoirs personnels, il én établit de communs entre les Patrons & les cliens ; ainsi il ne leur étoit pas permis d’agir criminellement les uns contre les autres , ni de íèrvir de témoins contre de tierces personnes en matière criminelle , ii ce n’elt pour Leur justification, & pour rendre i’obfervance des Loix du Patronage exacte & inviolable de part & d’autre. Celui qui les violoit étoit puni comme coupable de trahison , & comme une personne dévouée aux Dieux des enfers. Cette Loi étoit sévère, mais ce fut fans doute , & e’est le sentiment de l’Historien , par ce moïen que la bonne intelligence subsista pendant très-long-tcms entre les Patrons & les cliens ; ce ne fut pas ièulement dans Rome que le Patronage fut établi ; il fut auíli observé dans les Colonies , lesquelles se choisissaient des Patrons dans Rome pour les protéger, lorfqu’il s’agiroit de leurs intérêts. Le même Denis d’Halicarnalse l’a remarqué précisément , & nous lisons dans la sixième Verrine de Cicéron , que les Siciliens étoient cliens de la famille des Mareeìliens. Appieti a remarqué dans le second livre de la guerre Civile , que les Allobroges incertains s’ils entreroient dans la conjuration de Gatilina , consultèrent Fabius Sanga leur protecteur : car, dit cet Auteur, la coutume est dans les Provinces de l’Empire , que chaque nation ait son Protecteur à Rome : mais Sanga n’en usa pas en bon Protecteur, il fut avertir Cicéron de l’incertitude des Allobroges , & des sollicitations qu’on leur faisoit pour s’engager dans le parti de Catilina ; il n’en salut pas davantage pour obliger Cicéron à les faire arrêter , lorí'qu’ils s’en retournoient. Enfin Valére Maxime nous aprend liv. 9. cb. 1;. qu’Herophilus s’étoit aquis tant de crédit & d’autorite dans Rome , que la plupart des Colonies le choisirent pour leur Pa- tron. Gruter peut fournir plusieurs Inscriptions , qui justifient que plusieurs Colonies avoient des Patrons dans Rome , avec lesquels elles avoient contracte l’hospitalité réciproque pour être plus étroitement unis. 11 est aise de s’apcrcevoir dans ce détail de l’origine de nos Aides Coutumières , puisque dans plusieurs Coutumes ce droit a lieu en cas d'e mariage de la fille ou du fils aîné du Seigneur , de Rançon du Seigneur prisonnier de guerre, à l’aider enfin dans ses besoins. 0 11 est de même aisé de s’apercevoir que le Patron nage s'est établi dans P Eglise fur le modele de l’ancien Patronage Romain. Les Fondateurs s’attribuetent d’a- bord le titre de Patron , & le droit de présenter aux Evêques des Clercs pour servir les Eglises nouvellement érigées. , . Le Concile d’Orange tenu en 44.1. sous le jeune Théodofe & Valentinien, confirma aux Fondateurs le droit de présentation aux Evêques, ce qui fut eniui- te autorise par laNovelle 12?. cb. ig. de l’Empereur justinien, k par le second Concile d’Arles, canon 56. PAT Queìques-tiils croient que le Patrohagê & les aistrec honneurs ont été accordez aux Fondateurs pour exciter les fidèles à faire des dons & deS libéralisez aux Eglises. D’autres disent que ce droit est une marque de la reconnoissance des Clercs dont personne ne doit» se dispenser. PATRONE ìj-s. [ Patroná. ] Protectrice. Celle qui nous défend , qui nous favorise, & qui tious apure. (Sainte Geneviève est la patrone de Paris.) PATRON E , s.s. [ Patrona, prajîdium. .] U signifie figurément, celle qui nous pousse dans le monde, & qui nous favorise de son crédit. (Une bonne patrone fait souvent valoir les gens plus qu’ils ne valent en effet. Réflexions Critiques N morales , c. ;.) ch PATRONE , ou Ga/ere patrone. C’est la seconde des galères du Roi, (La patrone a beaucoup souferfe dans lé Combat. La patrone 2 essuie une rude tent- pête. ) PATRONER ; v. a. j 'Figuram delineare, ] Enduire de ctìuleurs par le moyen d’un patron. II se dit de ceux qui mettent les couleurs aux cartes à jouer. f PATRQN 1 ER , _/’ m. ( Figurarum delineator. C’est un faiseur de patrons. C’est celui qui fait & vend de toutes sortes de patrons pour les dentelles & les points de France. (C’est un habile patronier.) f PATROÙILLAGE , f. m-. [ Spurcitia. ] Saleté , malpropreté qu’on fait en patrouillant. (11 a fait un beau patroïiillagè. ) On ne le dit que dans le stile familier. PATROUILLE , f. f. [_ Exploratorìa excubia. 3 Teriné de Guerre. Ce sont cinq ou six soldats qui sont commandez par un Sergent, & qui sortent de leUr corps dé garde pour voir ce qui sc passe la nuit dans les rués d’u- ne Ville , & empêcher que rien ne trouble le repos dé la Ville. La patrouille marche toutes les nuits. Etre pris de la patrouille. Un qui de la patrouillé ejl Parcher k plus brave , Un controlleur d’exploits, £s? P autre un rat de cave, Bours. Esop.) \ PATROUILLER, patoùiller , ©-, n. £ln c ce ho versarìlj Quelques-uns disent patoâiBer , & peut-être qu’on de- vroit parler comme eux, mais l’usage est pour patroùìU ler, qui signifie marches' dans la loué. (Voilà un enfant qui patrouille dans la boue, il y a un bon quart d’heure.) 0 Sanlec décrivant la pauvreté de son Bénéfice, a difi Dans mon Eglise P on patrouille , Si P m ne prend bien garde à soi , Et le crapaud N la grenouille. Chantent tous Poffice avec moi. Le terme patrouiller est bien bas. f PATROUILLER, signifie aussi dans le stile Familier* manier mai proprement les choses ausquelles on touche , les gâter , les déranger en les maniant; & en cé sens ce verbe est actif. (Patroiiiller des viandes, patrouiller des fruits.) Acad.Fr. t PATROúlLLIS, f. m. Patroùillagc. (Quel patrouìl* lis faites-vous là. ) II est bas. f PATROùiLLis, se ditaulíì d’un bourbier. (IIamis le piédans le pacroiiillis.) II est bas. PATTE. Votez pâte. PATU , patué , adj. [ Ptnnipes. ] Ce mot ne se dit d’ordinaire qu’au masculin, & en parlant de certains - pigeons. II lignifie, qui a des plumes fur les pieds. (Un pigeon paru.) PATURAGE, pajlurage ,s.m. [JPascua,pabulum.] L’un & l’autre s’écrit, mais on prononce pâturage. C’est le lieu où les bêtes vont paître. (Il y a de beaux & dé bons pâturages en Normandie, & c’est presque aussi tout ce qu’il y a de beau dans cette Province. Climéne il ne faut pas mépriser nos bocages, Les Dieux ont autrefois aimé nos pâturages. Ségrais, Egl. 1. f PATURAGE, lignifie aussi l’usage du pâturage. (Aa Voir droit de pâturage sur une terre.) PATURAGE. Herbe dê pâturage.C’est une plante donÊ les Teinturiers le servent pour leur Teinture en fauve. PATURE, pajiuri , f.s. [ Pajìus , pabulum , pajiw. 3 L’un & l’autre s’écrit, mais on prononce pâture. C’est. à-dire , la nourriture qu’on donne aux bêtes, mais ce mot d epâture est peu usité au propre, à moins que ce ne soit dans 1e stile familier, comme a fait M. de la Fontaine. Totti. III, H 9 , (©* 6o PAV (De façon qu'un beau soir qu'il étoìt en pâture » Nôtre aigle aperçut d'avanture Deux petits ìmnjlres fort hideux. La Font.) * C’est une nécessité de servir d e pâture aux vers du monument, Main. poéf. Cf La pâture est ce qui sert de nourriture au bétail, & particulièrement l’herbe des prez , que l’on apelle pâturages , c’est-à-dire le lieu où les bêtes ont acoutumé de paître. Les Latins ont de même apellé pafiua les lieux où le bétail étoit nourri. Témoin cet endroit d’Hora- ce. lìb. 4. 04 . 4. Qualemve lettìs caprea pafcuìs Intenta, çè?c. jQs Et celui-ci d’Ovide dans ses Métamorphoses lib. 4- v. 689. Divitis hicsaltus, htrbofaque pajcua. (f Quelques coutumes distinguent la pâture en vaine & en grasse pâture. ts Loisel a marqué cette différence dans ses Institutions coutumières , liv. 2. tit. 2. reg. 20. vaines pâtures font de clocher a clocher j Mais les grasses n’apartiennent qu’aux Communiers de la Paroijfe : peut-être que Loisel a formé fa régie fur la difpoiition de la coutume de Troye , art. 169. où il est dit: On garde audit bailiage que les habitam des villes çVf villages , dont les territoires Jont voisins , ou tenans l’un à Poutre , peuvent mener ehampeyer vain pâturer leurs bêtes greffes Çf menues , les uns fur les autres U de clocher à clocher. If 11 y a deux espèces de vaine pâture; l’une est vaine par ra port au tems & à la saison, l’a titre est toujours vaine par fa qualité , ce qui est fort bien expliqué dans l’article 169. de la coutume de Troye, où elle explique d’abord la vaine pâture par raport. au tems U à la faisan ; vain pâturage ejl en terre (f prez dépouillez en plaines chaumes , çcf autres héritages non clos ou fermez , excepté toutes fois au regard des prez en tems q u'ils font défendus , qui ejt de. la Fête de Notre Dame de Mars , jusques à ce qu’ils soient dépouillez, excepté aiijjì qtPen tout tems on ne peut U ne doit mener pourceaux tfditsprez. Les termes que la coutume apelle plaines chaumes , font celles qui selon I’explication de Pithou, <& de Ragueau font en friche, vacantes & en chaumes. j (f Quant à la vaine pâture par raport à la qualité du fond , elle comprend toutes celles qu’on ne cultive point, qui font abandonnées aux pâturages en tout tems, & en toute saison, enfin les terres bennes sont toutes une vaine pâture. * PATURE- [£/«(.) Au figuré, il sc dit de la nourriture de l’ame. (La parole de Dieu est la pâture de l’ame. La connoiffance de la vérité est la pâture de l’esprit.) £ PATURE de Chameau. Plante médecinale, qu’on nomme ordinairement, Juncus odoratus. t PATURER, v. n. [ Pafcere. j Paître. II se dit des bêtes qui paissent. (Celui qui envoie pâturer ses bestiaux dans le pré d’autruí.) Voïez paître. H PATUREUR, f. m. On le dit à la guerre, des cavaliers & des valets qui mènent les chevaux à l’herbe. (On a donné une forte escorte aux patureurs.) PATURON , f m. [ S ct a longiores tqui calcibus impendentes. 3 C’est la partie du bas de la jambe du cheval qui est entre le boulet & la couronne. (Paturon long. Paturon court. Cheval qui a quelque incommodité au paturon.) PAVAGE , f >». [ Pavimentatio. ] C’est l’ouvrage du Paveur. $ PAV AME- Bois qui vient de la Floride, & qui avec son écorce & sa racine est bon pour la guérison des maladies secrettes. PAVANE , j. f. [ Ilifpanica faltatio Aicia pavana .) C’est une forte de branle ancien. (Danser la pavane.) jAs La Pavane est un chant à deux tems. On la divise en grande & en petite s celle-ci n’a que douze mesures en tout de quatre en quatre mesures. 11 faut qu’il y ait un repos & une cadence, la grande a trois parties, qui fe terminent par des cadences diferentes; La seconde partie doit avoir deux mesures déplus que laprémìere, & doit être plus gaye ; la troisième doit avoir deux mesures de plus que la seconde , & encore plus de 'gdyeté. Cette danse n’est plus en usage ; elle est trop sérieuse pout plaire à la vivacité des jeune* gens; les PAV contredanses où l’on ns garde ni mesure nî cadencé# ni même de bien séance, sont plus de leur goût , £ PAVANER , fe pavaner , v. n. C’est marcher d une maniéré fiere, superbe. (Ce partisan se pavane, cette femme se pavane.) . t PAVATE. Arbrisseau des Indes, dont la racine guérit les érelipeles. Sa décoction convient encore aux fièvres ardentes , aux inflammations du foye, & au flux de ventre. PAVE',/w. [ ’Pavimentum .] Grez, ou pierre quar- rée faite par les carriers pour paver. (Vieux pavé. Pavé neuf. Poser le pavé. Mettre un pavé. Asseoir un pavé. Tailler, cimenter, dresser le pavé. Affermir un pavé. Garnir un pavé de labié. Arracher le pavé. £• buucher le pavé. C’est ôter quelque chose du pavé pour l’ajuster & le métré en état de servir. Ma muse quife plaît dans leurs routes perdues, Ne fçauroit plus marcher fur le pavé des rués. Defpr.) f * Prendre le haut du pavé. [ Capere locum honora- tiorem. ] C’cst-à-dire, le rang le plus honorable lors- qu’on marche avec quelqu’un. Bateur de pavé. [ Vagus per totam urbem. 3 Voter Buteur. ê * Tater le pavé. C’est agir avec circonspection , avec irrésolution. PAVE' se met en plusieurs Proverbes. Je fuis fur le pave du Roi. [Sum m via regiu. 3 Pour dire : Vous n’a- vez point droit de me faire sortir d’où je suis. Etrefur le pavé, ledit d’un domestique qui n’est point en condition. Personne ne lui dispute le pavé. [ Pr.cjìat c z tens. 3 Pour dire qu’un homme est elevé audelfus des autres. II a maintenant le haut au puvé. [ Hune ditavit fortuna. 3 Pour dire, il est en fortune. (f PAVE'. Monsieur Ménagé a transcrit entièrement dans fe* Origines le chapitre onzième du second livre de l’Histoire des grands chemins de l’F.mpire par le lieur Berger. Je me contenterai d’en raporter un abrégé. Le mot de pavé a deux principales significations. Nous apellons pavé un quarreau de grez, de cailloux,,, ou autre matière de pierres ou terre cuite ; nous,, apellons aussi pavé, l’ouvrage entier composé des,, pavez ou quarreaux particuliers alliez ou battus avec,, arene sor la superficie de la terre. Mais les Latins,, donnent à pavimentum une lignification plus étendue, „ car il lignifie le loi ou le parterre d’une place de quel-,, que matière que ce soit, piastre , terre , arene, cail-„ loux , briques ou quarreaux de terre cuite, marbre,,, ou autre matière de pierres, pourvu que le dit sol &„ le parterre eût été affermi & batu , f râpé & consolidé „ sur la superficie de la terre , ou d’un plancher, pour,, en faire une croûte & un plant ferme pour porter ce,, qui doit reposer ou passer par dessus. Le mot pavi-,, mentum, est originaire d’un ancien verbe pavire.qui,, vaut autant que tundere, ferire, balte & fraper, dont,, Cicéron s’elt servi, & que Festus & Pline ont expli-,, qué , pavire tnim ferire eji , dit le premier > & le fe- „ cond lib. 56. cap. 25. Pavimenta m Italia fijlucis pa-„ vita. PAVE', pavée , adj. [ Stratus , pavimentatus. 3 Qui est garni de pavez. (Cour pavée. Église pavee ) f * Avoir le goser bien pavé. [ Majorent habere ma- xillam. 3 Ces mots fe disent des personnes qui avalent des choies fort chaudes. (Le goinfre a le gosier pavé.) PAVER , v. a. [ Pavimintare, faxis Jìemere. 3 C’est faire des rangs de pavé, les poser d’un certain sens, & les garnie de choses nécessaires pour les affermir. (Paver une rue.) PAVESADE, f f [Lorica. 3 Grande bande de toile ou de drap qu’on étend le long du platbord du vaisseau quand on fe prépare au combat. Voïez Paviers. PAVESADE, paviers , Bastingue on Bastingure est une tenture de frise de cordiliac , ou de toile, que l’on tend à l’entour du Platbord des Vaisseaux de guerre , & qui est soutenu par des pointilles, pour cacher ce qui fe passe sor le pont pendant un combat. On en met aussi à l’entour des hunes. Par une ordonnance de 1670.,, Le Roi a voulu qifà l’avenir les paviers,, soient de couleur bleue semée de fleurs de lis jaunes, „ & qu’ils fussent bordez de deux grandes bandes blan-„ ches. Nous appareillâmes pour le combat, & coin- „ me nous n’avions ni paviers ni garde corps, nos ma- „ telots prirent deux ou trois méchantes voiles, qui en „ firent I’ofice. Guillet Diélminant de d homme d’epée. t PAYS- PAV ^ PAYESADES. Terme de Guerre. Le P. Daniel les ïeprélcnce iòus la figure d’un bouclier; mais Mr. de Folard dit que c’étoient des mantelets declaïes , qu’on rangeoit du camp aux travaux les plus proches du corps d’une place , derrière lesquels les soldats à couvert ouvroient un petit folle pour les maintenir droits & fermes. On les rangeoit dans ce folie , qu’on cou- vroit ensuite de terre. On les apelloit des pavelades, ou tullenas , parce qu’elles servoient à couvrir; mais cela ne veut pgs dire que ce fussent des vrais pavois. Procope & Anne Comnéne font mention de ces fortes d’ouvrages dans leur histoire. Salignac dit aussi, qu’au siège de Metz, le Duc de Guise fit mettre des pavelades du côté des brèches. Polybe de Folard , Tome 11. PAVEUR , s m. [ Vavimentorum jiruUor. 3 Artisan qui pave les rues, les cours , les Eglises, les chemins, & autres lieux qu’on pave. Le paveur pour gagner fa vie, se sert de pince, de hie, de truelles , & de diverses fortes de marteaux. (Etre paveur.) Les paveurs s’apellent par railleries > lapidaires en grez ; mais c’elt un langage qui n’est pas usité par d’autres. P A VIE, pavi, pavis , f m. [ Perpcum dttracinum. ] C’est une forte de pêche qui ne fe fend pas. Les uns écrivent pavie, & les autres pavi, ou pavis. L’Auteur du Jardinier François , page 64. & tous les autres qui ont écrit du jardinage, ecrivent pavie. Néanmoins, entre les habiles gens en langue vulgaire, les uns font pour pavi, & quelques autres pour pavis. S’il m’est permis de dire mon sentiment sur l’ortographe de ces mots, j écrirois & je dirois pavie , à l’exemple des fqavans jardiniers & des fruitiers qui parlent le mieux. Four pavi Scpavis, on croie quexà efì le meilleur. Toutefois je n’ai trouvé écrit pavi , ni pavis dans aucun bon Auteur ; ainsi j’inclinerois pour pavie. Quelques Dames font le mot de pavie féminin , mais mai. ( On dit de hom pavies , de beaux pavies , & jamais de bonnes ni de belles pavies. Le pavie ne quitte pas le noyau. On dit l’eau, la chair, la peau, le goût du pavie.) 11 fe dit aussi du pccher qui porte les pavies. 11 est vrai que Messieurs de l’Académie ont décidé qu’il faloit dire un pavie , mais quand M. Kichelet dit qu’il n’a vû pavi ni pavis dans aucun bon Auteur fans doute M. Ferrant de l’Académie Françoise n’avoit pas composé fou Idille à M. de la Quintinie, puifqu’il y écrit pavis s ni M, Ménage, qui dit que le grand usage de la France est pour un pavis. [Là des rouges Pavis le davet délicat, Ici le jaune ambré du roujjatre muscat. Perr.] t PAVIE. On donne aussi ce nom à une efpéce de linge ouvré, qui fe manufacture én Flandres & en Basse- Normandie. PáVlERS , pavois, s. m. ou pavesade , s.s. [ Con. sn va lorica. ] Terme de Mer. On les apelle aussi ba. Jlingue. Ce sont de grandes bandes de toile, ou d’etofe, que l’on tend autour du platbord des vaisseaux deguer. re pour cacher les soldats, & ce qui fe passe fur le pont pendant un combat, Ozan. Difi. Math. PAVIER , ou pavoiser. [Septo tegere. ] Mettre des bandes pour entourer le vaisseau & cacher les soldats durant un combat naval, ou pour empêcher qu’on ne voye ceux qui travaillent aux voiles. PAVILLON, / m. [Conopaum , tentorium. ] C’est une forte de tente quarrée dont on fe sert dans les cam- pemens pour fe garantir de l’incommodité du tems. Le pavillon est aussi une forte de housse pour un petit lit faite en piramide. (Dresser un pavillon dans une chambre , Voit. 1. 9. Tantôt il fait dresser ses riches pavillons. Fléchier.) PAVILLON. [ Vexillum. ] Terme de Mer. Bannière qu’on arbore ordinairement à la pointe de quelque mât, qui est d’une couleur particulière, & qui est chargée des armes de la nation & de l’Oficier qui commande. (Porter le pavillon. Arborer le pavillon. ) Faire le pavillon blanc. [ Signum album erigere ] C’est arborer un pavillon dans un combat. Faire pavillon blanc à la t >Ue d’une côte étrangère. C’est faire un signal de paix pour montrer qu’on veut avoir commerce. Fairepavil. ton de France. [ Vexillum Gallicum extendere. C’est arborer le pavillon de France. Amener le pavillon. C’est le baisser, ou le mettre bas par respect à la rencontre de quelque vaisseau qui mérite cet honneur. Qn dit ausst PAV 6l baisser le pavillon. [Submittere signum.] On fe dit même au figure. * Un tel qui se pique de bel esprit baillé !e pavillon devant Monsieur un tel. s Fuses Jubmittitfì C est-à-dire, il lui déféré, & ne parle devant lui qu avec retenue. 0 L’Amira! doit porter le pavillon quarré blanc au grand mât, & les quatre fanaux. Ordonnance de lit Ma. r me. 0 Le pavillon est une efpéce de bannière que l’on arbore â la pointe du mât, ou fur le bâton de l’arriére, pour faire connoître la Nation, & la qualité de celui qui commande. La forme des pavillons est diférente; ils font chargez d’armes & de couleurs particulières. L« Pavillon de France est toujours blanc semé de fleurs de lis d’or. , 0 Le navire qui est monté par le Commandant de l’artnée a toujours été distingué des autres navires par quelque marque évidente , pour le faire reconnoìtre dans le combat. Hérodote dit, que Policrate ayant aperçu la stote des Athéniens, reconnut le vaisseau du Commandant par le signal qu’il portoit. 0' Cette marque de distinction a toujours été ou un étendartou une bannière, dont il y a trois espèces di- férentes dans nôtre Marine, le Pavillon, la Cornette & la Flamme. 0 L’Ordonnance de 1669. liv. 2. tit. 2. veut que lorlque l’Amiral fera embarqué, il portera le pavillon quarré blanc au grand mat; le Vice-Amiral au mat'd’a- vant; le Coritre-Ainiral ou le prémier Lieutenant Géné- ral ou Chef d’Efcadre, qui en fera la fonction , au mât d’artimon. 0 Les pavillons quarrez doivent avoir un quart de batans plus que les guindans ; le batant est la longueur qui voltige en Pair ; le guindant est la hauteur qui régné le long du bâton. 0 Les vaitleaux du Roi ne peuvent porter aucun pavillon que de couleur blanche, soit pendant la navigation , soit dans les combats; ils peuvent seulement se servir de la couleur rouge, ou de quelque autre couleur pour les signaux. 0 Quant aux vaisseaux marchands François, il ne leur est permis de porter que l’Enfeigne de poupe, bleuL avec une croix blanche traversante, & les armes d u Roi fur le tout, ou telle autre distinction qu’ils voudront choisir, pourvû que leur Enseigne de poupe ne soit pas entièrement blanche. 0 L’Ordonnance que j'ai citée, permet h celui qui commande des vaisseaux marchands, qui sont emploïez au commerce d’Efpagne, de porter le pavillon blanc à l’arriére de leurs chaloupes , lorfqu’ils navigeront dans la Bay e de Cadis ; la Baye est un bras de mer , qui fe jette entre deux terres» Sc s’y termine cn cu de sac par un enfoncement plus grand que celui de l’Ance, & plus petit que celui du Golphe. 0 L’Auteur du Dictionnaire de la Marine a remarqué qu’aux navires vaincus nu menez en triomphe, on atta. che les pavillons aux hautbans, ou à la galerie de l’arriére, & on les laisse traîner & pancher vers Peau, & tel* vaisseaux sont touez ou tirez par la poupe. 0 Le pavillon blanc est un signal de paix , le rouge marque la guerre. 0 La Cornette est une efpéce de 'pavillon, que les Chefs d’Efcadre metent au mâts d’artimon ; elle est blanche, & doit avoir quatre fois plus de batant que de guindant; elle doit être tendue par le milieu des deux tiers de fa hauteur & les extrémitez fe terminent en pointe. 0 Le pavillon & les cornettes ne font portez que lorsque l’Amiral est acompagné de vingt vaisseaux de guerre; le Vice-Amiral & le Contre-Amiraî de douze, dont le portier a seize pièces de canons & les cornettes de cinq. 0 Les Vice-Amiraux , les Lieutenans Généraux Sc Chefs d’Efcadre qui commanderont un moindre nombre de vaisseaux, portent une simple flamme, à moins qu’ils n’ayent une permission par écrit de Sa Majesté de porter un pavillon ou une cornette. 0 Lorsque les vaisseaux de Sa Majesté portant pavillon rencontrent les vaisseaux des autres Rois portant des pavillons égaux aux leurs, ils le feront saluer en quelques mers & côtes que fe fasse la rencontre. 0 Aniéner les pavillons, c’est rassembler le pavillon entre les bras d’un matelot, qui fe tenant auprès du bâton du pavillon , en fait une efpéce de fagot, en la ramassant entre ses mains. , „ ■ H ; t * Aà, 62 PAU î * Métré paviÙon bas. s Caput difcooperire. J Ces mots se disent en raillant par ceux qui étant à table » ôtent leur chapeau quand ils veulent boire à la santé de quelque personne, & qu’ils veulent témoigner du respect. ( Vous les verrez bien-t ût métré pavillon bas, Et je réponds pour eux qu’ils ne répondront pas. Aut. anon.) PAVILLON. [ VexiUum supremum ] Terme de B la. Í bn. C’est ce qui couvre & envelope les armoiries des ìmpereurs, des Rois, & de quelques Souverains, à qui il apartient seulement de porter le pavillon. 11 est composé de deux parties , du comble, qui est son chapeau & des courtines, qui en font le manteau. PAVILLON. [ Pendu/um t tuba vexillum. ] Terme de Chaudronnier. C’est le gros du cor de la trompe & de la trompette où est l’ouverture qui est au bas du cor, de la trompe, & de la trompette. (Pavillon de cor bien fait.) PAVILLON. [ Pars domûs tejiudinata. ] Terme d’Ar- thitecíure. Corps de logis qui acompagne la maison principale, & qui est au bout de quelque galerie. C’est aussi un corps de logis leul, qui est nommé pavillon à cause de sa couverture qui ressemble à celle des pavillons, ou des tentes d’armées. PAUL, f-m. [Pau/us] Nom d’homme. (I’aul vive i c , <4 Pauí est mort.) PAULE , f. f. [Paula. [) Nom de femme. Paule, fille du Comte de Pontieure ftit assiégée dans Roye par le Comte de Charolois, & elle se défendit courageusement, Brantôme, Dames Galantes, t. i. p. ; 87 -) PAULETTE , / f- [ Jus poletanum. ] C’est l’ar- gent de la soixantième partie du prix de l’ofice , que donne au Roi tous les ans au commencement de l’année chaque Oficier de Justice & de Finance, afìn de pouvoir pendant l’année disposer de son ofice. Ce droit a été apsll épaulette d’un nommé Charles Paulet Secretaire de la chambre du Roi > qui au commencement du siécle co. inventa le droit depaulette , qui fut autorisé par Arrêt du Conseil privé le 12. de Décembre 1604. Loi - seau ch. 10. des Úfices. (Quand un Oficier meurt sans avoir païé la pauíette, son ofice va aux parties cafuelles, Sc est perdu pour ses héritiers. La pauíette est ouverte. On n’est plus requ à la pauíette après un certain tems réglé par la Déclaration du Roi.) La pauíette perpétué nécessairement la vénalité des charges., & donne sujet aux enfans de devenir igno- ians, injustes & orgueilleux, parce qu’ils font assurez de posseder les ofices de leurs pères, & ferme la porte des honneurs aux personnes de mérite & de qualité, Méze. rai, hiji. de Henri IV, PAULETTER, V. a. [Juspoletanumfilvere.l Parer le droit de pauíette. (Les Oficiers des Maisons Rota les ne pauletent point, parce que leurs charges vaquent par mort. PAULOT, / m. Nom d’enfant & de petit gar- . qon , qui veut dire petit Paul , ( Pauloc est beau & bien fait.) PAUME,/-/ [Vola. 2 Prononcez pâme. II vient du Latin palma. Ç’eit le dedans de la main. C’est la seconde partie de la main, qui prend dépuis les rasettes jusques aux jointures des doigts. (II a la paume de la main toute pleine de caluS.) íjí' M. Lanceiot le dérive du Grec Palma , la paume de la main, de lá vient, dit-il, empaumer comme qui diroit prendre de la main, saisir. Longue paume, f. f. [ Pila ludus laxior. ] Maniéré de jeu de paume, où il n’y a qu’un toit pour servir, sans galerie ni murailles, & où l’on joué avec de petites baies L des batoirs. (Jouer à la longue paume.) Courte pa.ume. f Spbanjìerium. ] Ces mots font urì peu íurannez. (On disuit autrefois jo'úer a la courte pau. me, mais présentement on dit, jouer 4 la paume. C’est- à-dire, joiier dans un tripot, ou jeu de paume avec des raquettes & des baies.) Q PAUME, le jeu de paume est fort ancien Sc a toû- jours pafle pour un jeu permis & un exercice honnête & utile à !a santé. Plante , Martial, Cicéron , & plusieurs autres Auteurs de l’ancienne Rome en ont fait mention , on y voit même que les baies dont on joùoit etoient disérentes, il y en avoit que l’on apel- lòìt pi a tngonalis Idit parce qu’on joùoit dans un lieu disposé en triangle , & qu’il faloit que la baie donnât sur les trois côtez, parce què l’on joùoit à trois, PAU ils ávoient encore une espèce de baie que í'ott apeîioií pila paganica, parce que les villageois en tssoient ordinairement , le jeu de balon étoit aussi fort commun , c’étoit une espèce de jeu de paume, que l’on joùoit en poussant ou en repoussant le balon avec le bras armé. Voïez le Dictionnaire de Pitiscus fur ce mot & les Auteurs qu’il a cité. Pliùe lib. Ep. 1. décrivant la maniéré de vivre de Spurina remarque que dans certaine heure du jour il joùoit à la paume long-tenis & violemment, oposant ainsi ce genre d’exercice à la pesanteur de la vieillesse. PAUME. [ Palmas. ] On se sert de ce mot en parlant de la taille des chevaux destinez pour la guerre, & c’est la mesure de la hauteur du poing fermé. (Un cheval est de bon service pour la guerre lorsqu’il a seize paumes, ou un peu plus. ) PAUMELLE,//’. [Distichum hordeum. ] Espèce d’orge qui n’a que deux rangs de grains. PAUMELLE. [ Verticillurn. J C’est aussi une espèce de panture de porte qui s’attache fur le bois, & qui, tourne fur un gond. PAUMELLE. [ Digitale. ] Terme de Mer, C’est le tlez que les Trevíers ont à la main quand ils cousetit les voiles. f PAUMELLE. Morceau de bois plat plus long que large, dentelé par dessus, que l’on tient d’une main par le moïen d’une espece de nianicle. Cet instrument lest aux Courroïeurs à tirer leurs cuirs fur la table, pour lee rendre plus maniables. t PAUMER , v. a. [ Impingete alapam. ] Ce mot est bas & du petit peuple de Paris. II Veut dire Joufleter. (Elle lui a paumé la gueule. Je te paumerai la gueule.) PAUMIER, f. m. [Sphœrijìenus. ] Ce mot signifie le maître du jeu de paume, mais il ne se dit guère seul. On dit paumier raquetier, Sc même il n’y a proprement que ceux du métier qui parlent de la sorte, ou ceux qui veulent parler du métier dans les propres termes, car parmi les gens du monde en dit le maître du jeu de paume. Le paumier raquetier est celui qui tient un jeu de paume, qui fait L vend des baies & des raquettes, mais qui nc peut vendre des raquettes à moins qu’elles n’ayentfra- pé la baie. Voïez Raquetier. PAUMURE,/ f. [Cornu cervi apex. J Terme de Cha/je. C’est le sommet des têtes de cerf où le bois se divise en plusieurs branches, qui ctant au nombre de cinq, représente la paume de la main. PAVOIS , f- m. [Scutum, pelta, ] Vieux mot pout dise bouclier. On ne se peut servir du mot de pavois t qu’en riant, ou qu’en parlant des choses fort éloignées de nôtre siècle. (Lorsque les Seigneurs avoient eiu les Rois , ils les élevoient fur urt grand pavois , & les fuioient porter dans le camp, où le peuple étant assemblé en armes, confirmoit le choix , Mezerai , Hijioire de France, vie de Pharamond .) Le même Historiographe se sert du mot Paveché. Pout signifier celui qui est couvert de pavois. [Sentis tenus. J 0 PAVOIS-, terme de Marine, c’est une tenture de frise ou de toile que l’on tend autour des vaisseaux de guerre, L qui continué par des pointilles pour cacher ce qui se passe sur le pont pendant un combat, on s’en sert aussi pour orner un vaisseau dans un jour de réjouissance, les pavois des Anglois font ronges, & pat une Ordonnance de 1670. les pavois doivent être de couleur bleue semée de fleurs de lis jaunes , les mots de Bastingues, Bastingures, Bastinguere, font sinonimes aVec pavois. (S PAVOIS , c’est entourer le bord d’un vaisseau d’utt tour de drap ou d’une toile large d’une aulne de France, ce qui se pratique dans les jours de réjouissance eil de combat, tant pour le combat que pout ne pas laisser voir les soldats. Aubin. PAVOT, f. m. [ Papaver. ] 11 y a des pavots sauvages & des pavots cultivez. Ces pavots font rouges, blancs, ou noirs, & fous refrigératifs & propres à faire dormir. Le pavot cultivé est une espèce de fleur rouge, blanche, ou panachée en forme de houpe. Voïez pon* ceau. (11 y a le pavot sauvage. Les Poètes feignent le Dieu du sommeil couché sut des pavstr. Le Dieu couronné de pavots A peine ce matin m'avoit abandonnée Qu Apo’Uon a mes yeux encore à demi clos S eji fait voir de lauriers la tête environnée. Ds*h.) * Coììu PAU * Comparer là rose au pavot. Façon dc parler proverbiale , pour dire comparer des choses qui ne font point comparables. ^ PAVOT cornu. [Glauciumflore luteo.) II y en a de trois efpeces ; les feuilles de la prémiere ressemblent au verbuscum de Montpellier, les feuilles de la seconde à celles de la roquette; & la troisième à des feuilles plus petites que les deux premieres. Ces trois efpeces contiennent beaucoup d’huile & de sel essentiel ; elles font fort résolutives apliquées extérieurement. PAUPIERE, s s. Prononcez popiére. II vient du Latin palpebra. C’est ce qui couvre les yeux & qui les défend pardevant contre Pair, le vent, la fumée, les moucherons & autres incommoditez, II y a deux paupières en chaque œil, l’une en haut, & l’autre en bas. Elles se meuvent vîte afin de récréer la vûë, & de ne pas empêcher l’œil de voir. Elles font composées de peau, de cartilages, de muscles, de membranes, & de poils qui sont rangez dans un très-bel ordre pour ne pas nuire à la vûë, & défendre les yeux des choses les plus legéres, comme de la poussière & des moucherons. Volez Bartolin , Anatomie. [Sa bouche de /’enfance avoit tout Pagrément , jE t ses yeux qu’adoucit une brune paupière Plus bleus que n’ejì le Firmament Avoient aujjì plus de lumière. Perr. Griscld.] ^ * Fermer la paupière. C’est dormir. (Je ne puis Fermer la paupière depuis huit jours. f On le dit aussi poétiquement pour mourir. (Après qu’il eut sonné la paupière,) PAUSE, f f [Interpofita quies , cejsatio, pansa. J Prononcez pose. La pause consiste à prendre quelque repos. C’est faction de fe reposer. (II faut faire une pause ici, & puis nous continuerons nôtre chemin. Le sujet simplets clair n’enfermant qu'une ebose S'avancoit vers la fin fans détour Jans pause. Vill.) PAUSE. [ Quies. ] Terme d z Poésie Françoise. C’est-à- dire, repos. çLes vers de douze fylabes doivent avoir une paujè. Les stances de six St de dix doivent aussi avoir des paujes. Voïez repos. PAUSE. [ Cantûs intermijjîo. ] Terme de Musique. Certaine marque dans les livres de musique qui veut dire qu’il faut qu’une partie cesse de chanter pendant que les autres continuent. II y a des pauses de quatre mesures, de deux, d’une, Stc. Les plus petites pauses s’apellent soupirs & demi soupirs. Ozan. Fiel. Math. 0" PAUSES , terme de navigation , ce sont des bateaux fort larges & fort longs dont on fe scrtàArcan- gel eu Moscovie pour porter les marchandises à bord, Aubin. t PAUSE' , paujee, adj. Prononcez pose. Votez posé. PAL’SE'MENT, adv. Voïez posément. f PaUSER , v. n. [ Pausare , pauj'am facere. ] Faire une pause. II ne fe dit qu’.en terme de musique. PAUVRE ,s.m. [ Pauper, inops, egens. ] Celui qui est dans la disette & la nécessité. (Les vrais pauvres font les membres de Jesus-Christ.) En soulageant la misère des pauvres v ous entretenez quelquefois leur paresse, Fléchier. Combatez-vous vos Jens, domptez.vous vos faiblesses ? Dieu dans le pauvre ejl-il l’objet de vos largesses ? Despr.) 11 y a des pauvres honteux. [Inopes verecundì.’J Des gens de famille qui soufrent beaucoup de nécessité sans oser la découvrir. PAUVRE , adj. Qui est dans la nécessité. Qui soufre à cause de la pauvreté où il est. Qui n’est pas riche. (Malherbe est mort pauvre. Le Tasse a été pauvre, & n’est pas mort plus riche que Malherbe.) Saint Ignace fe faiiòit apeller i epauvre des pauvres , mais il y avoit plus d’orgueil que d’humilité dans ce titre. £ PAUVRE , se dit par extension d’une personne qui n’a pas de quoi subsister honorablement selon sa condition. (Ce Gentilhomme est pauvre. Ce Prélat est pauvre avec dix mille écus de rente. La plupart des Evêques meurent pauvres.) » PAUVRE d’ejprit. [ Venâ paupere illi ingenium ma - nat. J C’est un imbécille qui manque de jugement St de vivacité d’efprit pour comprendre les choses. PAUVRE en ejprit. [Pauper Jpiritu , ] Terme de/’£* tritureJamte. Ce font les esprits simples & humiliez pat PAU 6; le sentiment de leur misère spirituelle. (Bien .heureux sont les pauvres en esprit, car le Roïaume des Cieux leur apartient. S. Mathieu, cap. ç.) * PAUVRE volontaire. C’est celui°qui renonce volontairement aux biens du monde. * On dit d’une langue qu’elle est pauvre. [ Inops Hm- gua. ] Quand elle manque de plusieurs mots & des expressions dont elle auroit besoin en plusieurs rencontres, PAUVRE. [ Infelìx. ] Afiigé. Malheureux. Désolé, (Ces pauvres Princesses ne pouvant les empêcher, ne faisoient point de réponses, Vaug. Quint. I. j.c. 12 .) (§ M. de Scudery a dit dans fa Tragicomédie de* coups d’Amours & de Fortune que Mr. Sarrasin m étroit au-dessus de tous Aes Poèmes dramatiques de soa tems. r Assez U trop long.tems ma pauvre ame abatuè A souffert les rigueurs de íennui qui la tué. (f PAUVRE , n’est point du stile héroïque, on dit ce pauvre homme , d’un homme que l’on plaint & pour qui l’on s’intéresse, témoins ces vers du Bcrni que le P. B, attribue à l’Arioste. II pover Uom , che non sen’era accorta Audava combattendo , e era morto. {$ Le P. B. a dit que pauvre ne fignifioit pas patt* vreté quand on le mettoit avant le substantif, mais ua scrupule le prit quelque tems après, & il fe dit dans la fuite de ses remarques nouvelles à la fin , cela eft vrai, dit-il, lorfqu’on joint l’article le à pauvre , 1 epau, vre homme, le pauvre Prince , mais lorfqu’on y joint un ou quelque chose de semblable, il peut signifier pau. vreté, un pauvre homme, un pauvre paij'an, de pauvret gens, ainsi je crois devoir me rétracter d’avoir dit qu’awe pauvre veuve n’étoit pas bien , en pariant de celle qui jetta deux petites pièces dans le tronc, je devois dire du moins que la madère détermine ici le sens, quand on parle par exemple de Bergers, ou d’autres gens de basse condition on dira l’un dans le tems de pau~ vreté, comme le dit l’Auteur du livre intitulé les Sou- frances de Nôtre-Seigneur Jesus-Christ , une compagnie simple composée de Marie, de Joseph, & de quelques pauvres Bergers, mais si on parloir d’unPrin- ce pris dans une bataille en déroute, pauvre Prince, pour dire ce Prince malheureux ; nous disons même en parlant de livres & d’Ecrivains, c'ejî un pauvre Au» teur, c’est-à-dire, un méchant Auteur. PAUVRE, t lmperitus,futilis. ] Ce mot fe dit des personnes qui travaillent de l’efprit ou des mains, St signifie chétif, qui ne fait rien qui vaille, [Ménage ce pauvre Poète, Dit qu’il a fait mon Epitéte. Boileau, Avis à Ménage.) PAUVRE. [Dejpiciendus, contemptibilis , nullius me, menti ] Ce mot se dit des choses , & veut dire, chétif , mijerable. (Les soupirs & les langueurs font à mon gré une pauvre galanterie. Le Comte de BuJJy, Hijioire amou • yeuse.) PAUVRE. [Simplex [fi reiïusé] Ce mot fe dit aussi des personnes, & veut dire nais, simple. Qui n'entend nulle fines)e. (La naïveté avec laquelle le pauvre homme man- doit ces nouvelles sit rire cette folle. Le Comte de BuJJy , if ijtoire amoureuse.) PAUVRE. [Tenuis.) Misérable. Qui ne scait pas bien user de son bien. (Vous êtes riche en éfet, St l’oa Vous tient pour un pauvre homme, Corn. Ep. L 1 .) PAUVRE. [ Pauperculus.) Ce mot sc dit par un sentiment de compassion , d’amour, ou d’amitié qu’on a pour une personne. (Ce pauvre garçon avoit gardé jusques à ce mouchoir. Que je plains le pauvre garçon. Le Comte de Bujfy.) PAUVRE. [Carus, cara, ] Ce mot se dit en terme de earejjè, & signifie, bien aimé, cher. (Ma pauvre Toinette, crois-tu qu’il m’aime, Molière.) PAUVREMENT , adv.' [Tenuiter. ] Avec pauvreté, (Vivre pauvrement,) f PAUVRET, -pauvreté, adj. [Pauperculus.J Chétif, malheureux. Qui est dans la pauvreté & dans la disette, [// soufre un étrange suplice, Mais le pauvret esisans malice. Voit. poës.J La Pauvreté n’a pas un double. Le Comte de BuJJy, Le tems n'ofrit plus rien à ses at trais, Que maris au rabais Ëi /« pauvreté délaissée 64 PEA N’eut qu’un provincial épais. Coulanges. Villon. « Et sçacbez qu’en grand pauvreté , Ce mot dit.on communément Ne git pat trop grand loyauté , PAUVRETE',// [ Paupcrtai, inopia, egejìas. ] Disette. Nécessité. (On mérite beaucoup lorsqu’on soufre la pauvreté chrétiennement & pour l’amour tle Je- sus-Christ, S. Cir. La pauvreté à qui est né quelque chose est plus dure & plus odieuse que ia mort, Patru, plaidai c s.) PAUVRETE'. [ Votum paupertatis, ] Un des trois vœux de Religion par lequel le Religieux renonce à tous les. biens du siécle & ne possède rien en propre. (La régie de S. François est celle qui fait plus rigoureusement oblerver la pauvreté. Garder la pauvreté. Faire vœu de pauvreté.) Dans les Monastères on vend chèrement la liberté. Embrasser \a pauvreté de Jesus-Christ pour enrichir en commun celles qui font profession d’étre pauvres en particulier. P. de la Roche.) On dit proverbialement , pauvreté n’est pas vice, mais c’est une espèce de ladrerie , tout le monde la fuit. t * PAUVRETE', fe dit des langues. (La pauvreté de cette langue.) t * PAUVRETE'. [ Ineptia, nuga , deliramenta. J Ce mot fe dit au figuré, <& n’entre que dans le stile simple & la conversation, & il signifie fotifes, paroles fotes & r ut des de bon sens. ( C’est un homme qui dit les plus grandes pauvreté» du monde. Et les foins où je vois tant de femmes sensibles Me partissent aux yeux des pauvretez horribles. Molière, Femmes Sçavantes.) PAYABLE , pdier. Voïez la colomne PAI. PAYACO , /»*. Plante du Perou semblable au Plantin. Sa feuille étant prise en poudre est estimée ibonne pour la néphrétique, pour discuter les phlegmes, «tour chasser les vents. PAYEN. Voïez la colomne PAI. PAYSAGISTE, un Peintre qui réussit parfaitement m pansages. Voïez la condamnation de ce mot dans la fuite des remarques nouvelles du P. Bouhours pag. 93. PAZAN ,/ On nomme ainsi l’animal qui fournit le Bezoard Oriental. PEAGE , / «t. [ Vecligal , portorium , trìbutum. J Terme de Coutume. C’est un droit Seigneurial qui fe prend fur le bétail, ou fur ia marchandise qui passe pour entretenir les ponts, les ports & les passages, fçavoir ce qui fe transporte, & ce qui passe d’une contrée en une autre. (Le péage est dû. Les enfans de France & les Princes du sang font excmts de tout péage. On ne peut imposer aucun péage sans la permission duRoi. Voïez Ragueau, des droits Roiaux. Arrêts portans fupreffion de péage, Le Malt.) PE AGE. On ne fçauroit dire ft ce mot est dérivé de pcugium ou pedagium, dont les Auteurs de la basse Latinité fe font servis, comme M. Ménage l’a remarqué, ou ft le mot Latin n’a point été formé du François ; outre les tributs que l’on exigeoit pour fournir aux dépenses de la République Romaine, il y en avoit un général imposé fur toutes les marchandises que l’on trans. portoit d’un lieu en un autre, & que l’on apelloit veíit. gai ou portorium, ce qui est à proprement parler nôtre péage, dont l’origine est par conséquent fort ancienne, tant parnti les Grecs que parmi les Latins : mais on ne peut découvrir en quel tems ceux-ci ont commencé d’exiger des droits fur les marchandises en passant fur leurs terres, parce qu’ils ont été long-tems fans avoir ni commerce ni liaisons avec leurs voisins. On ne sçait f ioint encore, si Ancus Martins qui a ouvert le prémier e port d’Ostie, y a établi un droit fur les marchandises qui y seroier.t aportées ; il faut pourtant que les Péages eussent été établis lòus les Rois , puisque Plutarque, Denis d’Halicarnasse & Tite-Live ont remarqué, que Po- plicola abolit les péages, ainsi que plusieurs autres char. ges dont le peuple étoit oprimé: mais la République ayant étendu fa domination, elle fut obligée poux soutenir plusieurs guerres , de conserver ee qu’elle avoit aquis, & d’augmenter ses conquêtes, de rétablir ces anciens subsides, & même d’en imposer de nouveaux sur tout ce que l’on portoit à Capoue, à Pouzol& dans le © PEA vamp, qui avoit autrefois été «franchi de toute forte de droits, suivant la loi 9. §. 7. f. de Publican. Ainsi Rome & toute l’italie se virent acablées de subsides, jusques au tems où Cecilius Métellus étant Préteur, abolit les péages dans toute l’Italie par une loi, qui fut selon le témoignage de Dion Cassius, agréable au peuple , mais mal reçûë par les Sénateurs, & par la plupart des Grands, qui haïssoient Métellus qui s’aqué- roit l amitié du peuple par une loi li favorable- Cel afranchissement subsista dans i’italie jusques à la de- struction de la République & de la liberté ; car au ra- port de Suétone , Jules César renouvella tous ces su b- íìdes, ce q u’Auguste confirma. 11 est vrai que íì nous en croïons Tacite, Néron eut quelque envie d’éteiu- tire ce Tribut apellé Portorium : mais cette envie ne dura guère , & son humeur cruelle l’étoufa presque dans fa naissance. Au reste on comprend aisément que portorium fut un tribut imposé fur tout ce qui en- troit dans les ports de Ja Mer & des rivières, a porta portotium. La confiscation a toujours été la peine de la fraude faite à ces sortes de droits qui ont passé jusques à nous. Nous apellons Pontonage ou Pontenage , celui que l’on léve fur les ponts & fur les rivières ; Bar. rage le droit que l’on exige à la porte d’une ville ; Travers lorsqu’on est obligé de parer quelque droit en traversant d’une Province ou d’une ville dans une,, autre. 11 est dit dans l’article 192. de la Coutume „ d’Amiens , que Gens d’Eglife & gens nobles vivant,, noblement font francs & exemps de toutes tailles,&c. „ passages, travers , péages & pontonages tant par eau „ que par terre. PE'AGER , / m. [Portítor. ] Fermier de péage. Celui qui exige lc péage. (Les peagers doivent faire roet- tre des tableaux & des pancartes en lieu éminent, public & accessible pour faire connoitre les droits qui font dûs.) PEAU ,/ f. [ Cutis,pellis .] Prononcez po. Dépoiiil- le d’animal. (Une peau de mouton, de loup, de lièvre, de renard. Une peau de poisson. Une peau d’anguille. Une peau de grenouille, &c. PEAU. f Corium. ] Ce mot entre en plusieurs façon» de parler de Mégilsier, de Pelletier, Peaucier, Corroïeur, &c. (Mettre une peau en couleur. Terme de Peaucier. Passionner une peau. Terme de Gantier & de Peaucier. C’est tirer & étendre une peau fur le passion. Fouler une peau. Terme de Corroieur & d’autres gens qui travaillent en peau. Lustrer une peau. Terme de Pelletier. Pommeler une peau. Terme tíe Pelletier, &c.) PEAU, [ Cuticula. ] Ce mot fe dit des hommes, c’est tout ce qui couvre superficiellement la chair. (Avoir la peau toute écorchée. t * PEAU. Ce mot entre dans quelques façons de parler proverbiales & figurées. Exemples. t J2g* rfenragerait dans fa peau. [ Qtti iracundìa non turg furet. J C’eft à-dire, qui ne feroit fâché dans son ame, Y. Amant. La peau vous démange. ( Prurit pellis. 3 Vous voulez être battue. C’est-à-dire, vous ne vous fçauriez contenir, vous me poussez à vous rosser, Molière. N'avoir plus que la peau tzf les os. f Grandi macie tor. ridum esse. J C’est-à-dire, être fort maigre, Abl. II mourra dans fa peau. [ Vétéran pelliculam retme • bit. ] C’est-à-dire, il ne changera jamais de maniéré. Je ne voudrois pas être en fa peau. ( Nolíem in eadetn efje navi. ] C’est-à-dire, je ne voudrois pas être «n fa place.) O11 dit d’un poltron , qu’il a peur de fa peau. [ Sibi timet .2 On dit qu’un homme qui s’est retiré sain & sauf de quelque ocalion dangereuse. 11 a été bienheureux d’cn raporter la peau On dit, je crains pour fa peau , c’est-à-dire , j’ai peur qu’il ne soit étrillé. [Tant pis, reprit le triste oiseau Je crains en ce cas pour leur peau. La Font.] * II faut coudre la peau de renard à ceUe du lion. Ancien proverbe, pour dire il faut joindre la prudence à la force. II ne fçauroit demeurer dans,fa peau. Pour dire, qu’un jeune homme est inquiet & remuant. 0" H y a long-tems que l’on dit d’un homme inquiet , remuant, qu’il ne peut pas demeurer dans fa peau. Horace dit de lui-même en parlant de certains ara* bitieox PEC bitieux qui se tourmentent pour aquérir de l’honneer & de la réputation, qu’il auroit mérité la rigueur de la censure , s’il avoit taché de paroître ingénu dans le monde , lui qui étoit fils d’un AFranchi. Ouoniani in propria non pelle quiejfom. Sat. 6. lib i. On dit d’un homme qui a foin de son corps & qui sqait bien se traiter, qu'il a foin de sa peau. £Curât cu. tew. ] On dit d’un homme qui a été tué après s’être défendu courageusement qu’il a vendu chèrement sa > peau. s Effùso mu/to sanguine vitam dédit. 3 On apelle des contes de vieille, des contes de peau diane. Monsieur serrant nous en a donné en vers, & l’on est surpris qu’un fi célèbre Académicien se soit amusé à cette bagatelle. C’est à cette ocafion qu’on a fait ce quatrain. £ Perraut nous a donné peau d’âne. foison me loué ou qu’on me condamne • Ma soi, je dis comme Boileau Perraut nous a donné fa peau. J PEAU. £ Cutis, pellicula.] Ce mot se dit des Fruits. C’est ce qui les couvre , soit au dehors, ou au dedans. (Ainsi l’on dit, la peau des cérises, des prunes, des pommes, des poires, &e. La peau d’un noïau dépêché, d’abricot, d’amande, &c. II y a des fruits qui ont la peau douce, les autres l’ont rude, les uns l’ont lisse , d’autres ont la peau velue, comme les coings. On dit aussi , la peau des melons & des concombres, &c. ) On dit aussi qu’il y a une peau sous l’écorce des arbres. On dit encore , les peaux de l’oignon, la peau des porreaux, &c. ) PEAU, [Pellicula.] On le dit encore de ce qui se Forme fur diverses liqueurs, comme fur l’ancre & fur les sirops, & méme fur le lait qu’on a fait bouillir. í PEAUCERIE, s. s. Marchandise de peaux & de cuirs. PEAUCIER, s. m. £ Alutarìus . J Prononcez pôcié. Marchand ouvrier qui prend du Mégilsier & du Tanneur des peaux de mouton , qui donne les façons nécessaires à ces peaux , les met en couleur, & les vend ensuite aux Relieurs , aux Gantiers & autres ouvriers, ou marchands particuliers qui en ont besoin. (Un bon Peaucier. Un riche Peaucier.) Muscles P sauciers- [MuJ'culi cutìculares.] Terme à?Anatomie. Ce sont les muscles qui font mouvoir la peau où ils font attachez. t§ PEAUTRAILLÉ. Vieux mot qui fignifioit canaille. Pathelin. Mais je puijse Dieu avouer S’il n’eji atraìt d’une peuutraiPe La plus belle villemaille foui fort je croie en ce Roìaume. t PEAUTRE , f. m. [ Gubernaculum. T Vieux mot qui signifioit le gouvernail d’un vaisseau. {$ PEAUTRE. Le gouvernail d’un navire où d’un bateau. Nícod dit, que ce mot a été fait de pala , palitra. PEAUTRE', peautrée , adj. Terme de Blason. II se dit de Ja queue des poissons quand elle est d’autre couleur que le corps, parce qu’en éfet la queue des poissons est leur gouvernail. (II portoit d’argent au dauphin de fable peautre d’or.) PEC, adj. £ Harengus novussale afoersus. ] F.pitéte qu’on donne au harang fraîchement sale qu’on mange en Holande tout crud avec du beurre & du pain. (Le hareng pec est fort sain.) í§ PEC. Vieux mot, [Peftus.] On dit encore dans le Palais, que les Eclefiastiques font le serment la main au P‘c. t PECAEHLLE , f f. £ Culpa levis. ] Mot burlesque qui est écorché de PEspagnol pecaditlo , qui veut dire. Un petit péché. U ne faute léger e, (Ce n’eli qu’una pecadille.) PRCCA NT, peccante, adj. [Peccans.] Terme de Médecin. Qui pêche en quelque chose. (Humeur pec- cante, La Chambre.) PECCAVT Terme Latin qui s’eft rendu François, & qui lignifie confession de ses pechez. (11 ne faut qu’un bon peccavì pdtir avoir la rémission de ses péchez.) $ PECHA,/ m. Monoïe de cuivre qui a cours dans plusieurs lieux des Indes, & qui vaut environ six deniers de France. PéCHE , pefohe , f. f. £ Malum perjìcum. ] L’un jfe PEC l’autre s’écrít, maïs on ne prononce point IV. La pê* che est le fruit du pêcher. (Les pêches bien mûres font bonnes à l’estomac & au ventre. 11 y a de plusieurs sortes de pêches. 11 y a des pêches communes qui laissent le noïau , qui ont la chair pleine de suc. II y a des fiches qu’on apelle presses. Pêches noix, Pêches coins» Pêches rouges, alberges, pavies, &c. (Là briìloit le teint vif des pêches empourprées. Ici le riche émail des prunes diaprées. Perr.) 1 PêCHE, pefche , f f. [ Pifiatus, pifoium captura. 3 L’art de prendre les poissons Maniéré de prendre & de tirer de l’eau des perles. (La pêche est bonne. Aller à la pêche. Entendre la pêche. La pêche des perles est admirable. Voïez la Floride de Garcillajjb de lu Vega. ) La pêche est un exercice moins noble que la chasse, mais il est plus utile , aussi l’on en a fiait un art particulier. Bacchus déguisé sous la figure d’un pêcheur, dit à Panthée dans le troisième livre des Métamorphosés, qué son père. ne lui avoit laissé que les eaux pour tout héritage. Accise quas habeo jiudii succejfor U bores, Dixit opes , moriensque mihi nihil ille reliquit Prater aquas, unum hoc pojjum apellare paternunt » C’étoit plûtòt un bien commun à tous les hommes , & c’est par cette raison que le jurisconsulte Ulpien a dit dans la Loi ï.f. ne quid in loco publia» que F usage des eaux étant commun à tous les hommes , celui qui est troublé dans la liberté de pêcher ou de naviger, ne peut point agir par complainte, comme ne pouvant jouir d’un droit qui lui est particulier; mais il peut agir par action générale d’injure, en ce que l’on veut le priver d’une faculté accordée à tous les hommes. L’Empereur Justinien dans ses Institutes tit.de rer. divis, §. Flumina, confirma la liberte générale de pêcher. £js Cette jurisprudence n’a plus été reçuë dés que l’on a déclaré que les fleuves navigables étoient du domaine de la Couronne, & que les Seigneurs fur cet exemple se font apropriezles ruisseaux, & les autres eaux , dont l’usage est ouvert à tout le monde. £jf Nous avons donc diférentes sortes de pêches; la prémiere & la plus considérable est celle de la mer ; la seconde est celle des fleuves & des rivières navigables ; la troisième est celle des ruisseaux, des fontaines qui font dans les lieux publics, & la quatrième est celle des étangs. Disons en quelque csiosc séparément. jsíf La pêche de la mer est traitée fort amplement dans le livre de l’Ordonnance maritime de l’année i68i. D’abord fa Majesté déclaré la pêche de la mer libre à tous ses sujets , non- seulement en pleine mer ; mais encore fur les grèves, & il leur est encore permis d’aller pécher dans les mers éloignées, & fur les côtes d’Irlande, d’Ëcosse, d’Angleterre & de l’Améri- que, en prenant un congé de „ M. l’Amiral pour un voyage. Et quant à ceux qui font la pêche du pois- „ son frais avec un bateau, portant un mât, des voiles „ & un gouvernail ; ils ne prendront un congé que „ pour chacun an, fans qu’ils soient obligez de faire „ aucun raport à leur retour, íì ce n’eít qu’ils aient,, trouvé quelque détroit, vû quelque côte, ou sait „ quelque rencontre considérable à la mer, dont ils „ feront leur déclaration aux Officiers de l’Amirauté. (f Mais en accordant la liberté de pêcher, le Roi a prescrit la maniéré des filets & des rets, dont les pêcheurs peuvent se servir dans les pêches de la mer. La première espèce est apellée FOLLES, qui sont des filets à grandes mailles de cinq pouces en quarré, dont on se sert sur les côtes de l’Ocean pour prendre des rayes & des autres gros poissons plats. DREGE, filet avec lequel on prend les plus délicats poissons, comme turbots, foles & barbues, leurs mailles doivent être d’un pouce neuf lignes en quarré. TRAMAIL, il n’elt point de pêcheur qui ne connoisse cette espèce de filet, lequel est propre à la pêche & à la chasse; il se fait ordinairement selon Fauteur des ruses innocentes avec des mailles à lozange tant pour les auraez ou grandes mailles , que pour la toile ou petites mailles , bien qu’on puisse faire ces aumez à maille quarrée ; on fait ce tramail aussi long qu’on veut, la hauteur est ordinairement de' quatre pieds, & on îe peut faire plus ou moins haut. Selon qu’on Tom. III . I r« 66 PEC le trouve â propos. PICOTS, leurs mailles doivent être d'un pouce neuslignes en quarré , les mailles des filets appeliez PICOTS seront de pareille grandeur que celle de la drége & seront chargés d’un quarteron de plomb ou plus par brasse. RAVOIR, le Ravoir est une espèce de Rets ou de filets qui est tendu fur les grèves que la mer couvre & découvre. COURTINE, filet que l’on tend fur les sables que la mer couvre & découvre par son flus & retìus, il est en usage sur les côtes de Normandie , ils doivent avoir deux pouces en quatre , & on en attache avec des pieux plantez dans les fables: BOTEUX , un petit filet attaché à un batmi fourchu que les Pécheurs poussent devant eux fur le£ sables, & dont on se sert sur les côtes de l’Ocean. BOUT DE QUIFURE c’est la même chose. COLERE 1 , c est un filet que deux hommes traînent en mer aussi avant qu’ils y peuvent entrer ou prendre pied, on s’en sert lur les côtes de Normandie. PECHE', s. m. Faute contre Dieu. (Un gros péché. Un péché veniel C’est-à-dire , un péché leger, & qui est digne de pardon. Faire un péché veniel. Vil esclave toujours fous le joug du péché , Au démon qu’il redoute il demeure attaché. Despr.) PECHE' mortel, £ Peccatum mortale. ] C’est un péché qui donne la mort à Faîne, & qui la prive de la grâce de Dieu. (Còmmetre un péché mortel. 11 répéta cent fois que c'étoit chose atroce , Et de péché mortel traite chaque carojse. VillJ PECHE' originel. £Peccatum originif, primava labes. j C’est le péché du prémier homme qui passe dans tous les autres hommes. Volez originel. PECHE' afìuel. £ Peccatum acluale.] C’est un péché fait par quelqu’un. 11 est oposé à péché originel. Un péché d’omiíììon. [Peccatum omijjìonis.] Pasc. 1 . 4. Un péché de commiflìon , Pasc. I. 4. Un péché de surprise, Pasc. I. 4. (Demeurer dans le péché, Pasc. I. 10. Tomber dans le péché , Pasc. I. 4. On disoit en se taillant du Pere Bauni, qu’il étoit l’agneau de Dieu qui ôtoit les pechez du monde, Pasc. I. 4. Còmmetre un péché contre nature. Le pêché de la chair, &c. Chacun le met au rang des pechez effacez. C’est-àdire, on ne se souvient plus de lui. Régnier , Satire 14) PE CHER, v. ». [Peccare, delinquere. ] Faire un péché. (Pécher avec connoissance. Pécher fans connois- sance , Pasc. 1 . 4. Pécher par ignorance , Pasc. I. 4. Vôtre place? qui ; moi ? vous voir ainsi pecher? Von , non , venez à pied > Monsieur. Touche cocher. Vill.) Le jujie en un jour, dit le Sage , Peche sept fois davantage ; Mais la femme jujie combien ? Ma foi le Sage n’en dit rien. Poëc. anon. PE'CHER. [Errare. ] Ce mot au figuré veut dire man. Í juer. ( * Sa comédie pèche entre toutes les régies de ’art, Molière , Critique de l’Ecole des Femmes. Pecher contre le sens commun , Ablancourt. On peche contre la Grammaire, quand on fait des solécisines. On peche contre la pureté de la langue, quand on se sert de mots barbares. Un Poète latin peut pecher contre la quantité, & un Poète François contre la rime, &c. PECHER. [Peccare.'] Terme de Médecin. II lignifie n’être pas tel qu’il devroit être. Le sang peche en qualité. U peche aussi quelquefois seulement en quantité. PêCHER , pescher , v. a. £ Piscari.] On ne prononce pas 1 ’/. C’est prendre des poissons , ou autre chose de cette nature dans l’eau avec des filets, ou autre instrument à la pêche. Faire couler l’eau de quelque lieu où il y a du poisson , pour prendre ensuite le poisson. (Pêcher une carpe , pêcher un plat de poisson. Pêcher un étang , un vivier. Pêcher avec la seine & le tramail. Pêcher à la ligne. La maniéré de pécher les perles est tout à fait extraordinaire. ) 4 = ' PE CHER en eau trouble. C’est tourner à son avantage, a son profit le désordre des a Faires publiques ou particulières , se prévaloir du désordre des afaires des autres, pour faire les siennes propres. _ f * Qu a t il été pécher cela ? C’est-à-dire, où a-t-il ête prendre cela ? PêCHER , pescher , s. m. £Perjìca , perjìcus. ] L’un & Faune s’écrit, mais on ne prononce pas Fr. C’est un petit arbre qui porte des pêches, qui croît dant rcc les vignes , les jardins & les vergers, & qui a les feuilles un peu dentellées , & un peu plus grande» que celles de l’amandier. (Voilà un pecher bien chargé de pêches. ) PECHERESSE, f f. [Mulier l:bidinosi,peccatis obno . xia. ] Celle qui fait des pechez. (Je fuis une grande pécheresse. Une vieille pécheresse, Scaron. poef Elis imite avec ses pleurs la sainte pécheresse, Segmer, Satyre i j. C’est-à-dire, la Madelaine. ) On le fait aufiiì adjectif. (Quand Dieu viendra juger les vivans & les morts , Et des humbles agneaux objet de fa tendreffe , Séparera des boucs la troupe pecheresse. Despr.) PECHEUR , f m. £ Peecator , scelejius. ] Celui qui fait des pechez. ( Franc pecheur, pécheurs endurcis, pécheurs fans mélange, pleins & achevez , Pasc. I. 4. Lorsqu’un pecheur émit d’une humble repentance , Par les degrez prescrits court à la penitence. Despr.) PêCHEUR , pescheur , f m. [Piscator.] On ne prononce pas l’r. Celui qui pêche. Celui qui fait métier de pêcher, & qui s’entend à la pêche. Un bon pécheur. Un car peau qui n'étoit encore que fretin , Fut prtípar un pêcheur au bord d'une rivière. La Font,) PêCHUR a verge. £ Hamiota. ] C’est celui qui pêche à la ligne. (Etre reçu pécheur. Les pêcheurs ont pour leur fête la saint Nicolas.) Le Pape parlant du sceau de ses Lettres, dit qu’elles ont été données fous l’anneau du pêcheur. [Sub annulo piscatoris.] Parce qu’on suposc que S. Pierre comme pécheur s’en est servi le prémier. PECHEUR Sorte d’oiseau qu’on apelle ordinairement en François martin pecheur, & les Italiens itctl’o santa Maria. Volez Martin. 0 PECHEURS , dans certains endroits , & principalement , lur les côtes de la mer, il y a des pécheurs en terre, comme il est amplement expliqué dans FOr- donnance de 1669. tit. 31, dont voici le précis: Nul ne peut être reçu maître Pécheur, S’il n’a vingt ans ; il n’y a que ceux qui font reçus maîtres dans les sièges des maîtrises, qui puissent pécher dans les fleuves & rivières navigables ; il leur est trés-expressemení défendu de pécher dans les jours de dimanche & de fêtes; ils ne peuvent pécher que depuis le lever du soleil jusques à Ion coucher , si ce n’est aux arches des ponts , aux moulins , aux gords & autres lieux, où l’on tend des rideaux , où ils pourront pécher tant de jour que de nuit pourveu que ce ne soit dans les jours de dimanche & de fêtes & autres jours défendus ; il est aussi défendu de pécher dans le tems de fraye , sçavoir aux rivières où la truite abonde fur tous les autres poissons , depuis le prémier février jusques à la mr-mars , & aux autres depuis le prémier Avril jus- qu’au prémier de Juin sous peine d’Amande. ê PECK ou PICOTIN-/, m. Mesure d’Angleter* re pour mesurer toute sorte de grains. j - PECORE, s.s. Stipes] Ce mot au propre signifie , Un animal. Une bête , mais il est bas & burlet que. (La chetive pécore s’enfla li bien , qu elle creva, La Fontaine , Fables , l. 1. ) t * PECORE. [Stolidus, Jiupidus.] Ce mot au figuré est bas, & signifie , Sot. Sote. Qui n’a point ou peu d’esprit. (C’est une grosse pécore. C’est une petite pécore. ) PECQUE , ou péque , f f. [Stolida.] Mot buríess que & injurieux , qui ne se dit que des femmes & des filles, & qui veut dire, Mserable. Mal-bUtie. Sote. A-t-on jamais vû deux pecques provinciales faire plus les renchéries ? Mol. ) í PECTEN , f m. [Peâen.] Espece d’huitre, dont la coquille a la figure d’une main, elle est bonne à manger. Elle est détersive, apéritive, carmina* tive , & excite la semence. PECTORAL, / m. [Pectorale.] Piéce de broderie que le grand Prêtre des Juifs metoit fur son habit devant son estomac. (Le pectoral du grand Prêtre étoit beau. (Volez là dessus Bort-Royal , Hijtoìre de la Bible. ) J PECTORAL, fefiorale, adj. [Pefloraiis. ] Qui pend fur 1 estomac. ( En ce sens on dit, une croix pefíorale. C’est la croix que les Evêques se mettent au cou quand ils font en état d’ofieier.) t PEC" PEC t PECTORAL , peftorale , adj. [ Peciori utilis, sain- bris. ] Qui est bon pour la poitrine, qui la réjouit &lla fòrtilìe. (Cela est pectoral. Sirop pectoral.) Muscle pecloral. [ Musculus pefloris. ] Terme d 'A- natomie. C’est un muscle très fort qui est fur la poitrine, & qui sert à remuer le bras en devant. PE'CULAT , f. m. [ Péeulat us. ] Vol qu’on fait des deniers du Roi & duFifc. (Acufer de péeulat. Etre convaincu de péeulat.) 11 y a un excellent Traité du Péeulat dont on croit Moniteur Fouquet Auteur. Cf PECULAT.. C’est un larcin militaire, qui a régné depuis que la guerre a été introduite. La fameuse loi Julia qui fut faite, pour fixer les peines dont chaque crime devoir être puni , & que l’Empereur Justinien a raportée dans ses Institutes liv. 4 tit. 18. §. 9. comprit fous le péeulat non seulement le larcin des deniers publics; mais encore tout ce qui étoit sacré, religieux, ou qui apartenoit à la République ; elle réglois la punition du crime selon les circonstances. Un juge qui avoit volé l’argent du public pendant son administration, étoit puni de mort, ainsi que ses complices ; & à l’égard des autres qui contrevenoient à la Loi, on les punissoit par la déportation , & par la confiscation de leurs biens. On n’a pas été toujours si sévère dans la punition du péeulat, puisque Aulu-Gelle nous aprend , que Caton fe plaignit un jour hautement de la licence des soldats, & des Généraux: Les voleurs, dit-il, des biens de nos citoyens, font,, punis ou par une prison perpétuelle ou par la peine ,, du fouet, & ceux qui volent le public , jouissent,, impunément de leurs larcins dans la pourpre & dans „ la tranquillité. “ On commettoit même le crime de péeulat, quand on prenoit quelque chose de ce qui avoit été pillé fur les ennemis. Cicéron pour rendre le péeulat, dont il accufoit Verres, plus odieux, lui impute d’avoir pris une statue, qui avoit été prise dans un pillage ; & non seulement on punissoit les Généraux & les Gouverneurs comme coupables de pé- culat, mais encore les soldats qui n’aportoient pas ce qu’ils avoient pillé ; car on exigeoit d’eux, en recevant le ferment acoutumé, qu’ils garderoient fidel- lement le pillage, fans en rien détourner, & c’est fur le fondement de ce serment , dont la formule est raportée par Aulu-Gelle, lib. 16. c. 4.-que le jurisconsulte Modestin a décidé dans la Loi pénultième jf. ad l. jul. Péeulat. que celui qui a dérobé le pillage fait fur les ennemis, est coupable de péeulat. II faut pourtant avouer, qu’il n’est pas à propos d’exercer la Loi dans toute fa sévérité ; & c’est en demander trop aux soldats, que de les obliger d’aporter à leurs Généraux tout ce qu’ils emportent d’un pillage, dont l’e- speranee anime & soutient leur courage. 11 ne se- roit pas moins injuste cfexiger des Commandans un compte fidelle & exact de toutes les sommes qui font à leur disposition , & de toutes les prises que l’on fait dans le cours de la guerre ; l’excès d’une mauvaise administration , la rétention de la plus grande partie des deniers & des éfets qu’on leur a confiez, font punissables; ainsi les juges doivent sc dé- terminer par les circonstances & par les égards que l’on doit avoir aux services rendus au Prince & à l’E- tat. Ce fut là fans doute l’efpric du peuple Romain assemblé pour juger Scipion l’Astiquait» accusé de pé- culat , & d’avoir pris de l’argent d’Antiochus. Ce grand homme sc présenta , & sans entrer dans une justification de fa conduite, il dit au raport de lite Li- ve, que ce fut dans un semblable jour qu’il vainquit Amilcar & les Cartaginois, & qu’il étoit bien juste en mémoire de cette grande journée, de suspendre les afaires particulières & les quérelles. Qu’il alloit de ce pas au Capitule pour remercier Jupiter , Junon & Minerve, & tousses autres Dieux protecteurs du Capitule, de lui avoir donné la force de rendre dans un même jour que celui où ils étoient, un service fi important à fa Patrrie ; que s’ils en avoient le loisir, il les invitoit d’y aller avec lui, afin de demander aux Dieux des Capitaines qui lui ressemblassent. Au reste, ajouta-t-il , si depuis l’âge de dix sept ans jusques à ma vieillesse vous avez bien voulu m’acorder des honneurs au dessus de mon âge , j’ai taché de surpasser par mes actions ces honneurs que vous in’avez faits, il partit en même tems , & tout le peuple le suivit. PE CULE , f m. s Peculium. j Terme de Droit. Tout lc bien qu’on » aquis par ses foins & par son PEC 67 travail. Bien qu’aquiert un fils de famille par ses foins, (Le pécule en sc confondant avec la masse de ses biens, perd le nom de pécule , Pat r u , plaid. 4.) Jf PECULE. Quelquefois on entend par le mot pécule, tout le bien d’une personne. Tout son pécule, dit-on, consiste en peu de choses: mais félonies Jurisconsultes , il y a quatre fortes de pécules , le pro- féctif, l’adventif, le castrer»se & quasi caítrensc : pro. fefiitium , adventitium , castrenj'e U paganicum. Le premier consiste dans le profit qu’un fils de famille peut faire des deniers que son père lui a confiez pour négocier ; 1e second comprend les biens qui arrivent à un fils de famille par donation , succession ou autrement, sans que le père ou la mère y ayent aucune part ; le troisième est un bien aquis à la guerre; & le quatrième est de même un bien que le fils de famille a a- quis dans les fonctions publiques , qui ont quelque raport aux fonctions militaires. 11 y a une cinquième espèce de pécule, qui est le bien ou la dépouille d’un religieux: mais elle n’a rien de commun avec les autres. Cf Le terme pécule est dérivé de peculium , mais on ne convient pas de l’origine du latin; plusieurs Auteurs veulent qu’il soit Gaulois , & ils se fondent fur la Loi 9. §. cœterum js. de jure dotium , où Ulpien a dit que les biens qu’une femme peut avoir, il y en a que les Grecs apellentparaphernaux, & les Gaulois pica- le, quœ Gaili peculium apellant , quelques-uns ont crû qu’au lieu de Galli il faloit lire çç? alii, en forte que le mot peculium est plutôt latin que Gaulois : mais le sentiment le plus universel & le plus fur est que pécu- lium est un mot Gaulois, c’est-à dire de ceux que les Romains apelloient cisalpins, & qui avoient un langage particulier. M. Ménage est de ce sentiment, il s’en glorifie, oomme si on lui devoir cette étymologie ; cette interprétation , dit-il, a eu l’honneur de plaire à M. Fabrot le prince des jurisconsultes de son tems : mais M. Cujas, Mornac , d’Haute-terre. lib. cap. 17. rer, Aquitan. Voisins de vitiissermon, avoient cité avant lui la Loi 7. d’Ulpien avec le mot de Galli , il est vrai que Brodeau a remarqué fur le troisième titre de la Coutume de Paris, que l’on trouve le mot pecu- /koh dans les plus anciens Auteurs latins, ce qui semble autoriser ceux qui tiennent le mot peculium purement Latin & non Gaulois, en effet Plante a dit in Cajlna v. 2. sc. 2. Isurn peculi probant nil habere addecet Clam vìro. Cf Mais dans ces vers comme dans plusieurs autres endroits peculium signifioit le bien particulier d’une femme, qui ne l’a point aporté en dot à son mari, & que l’on apelloit encore paraphernal : mais les Gaulois ont entendu par peculium certain bien apartenant aux esclaves & aux fils de famille. Quoiqu’il en soit peculium signifie un bien médiocre , quasi puJìOa pe. cunia, & il est dérivé à peconbus , qui faisoient toute la richesse des anciennes familles. Cf 11 est souvent fait mention dans les loix Romaines du pécule des esclaves, mais il n’en est plus question & l’on ne sc sert de la jurisprudence Romaine que pour servir d’exemple, lorsqu’il survient quelque di- ficulté au sujet du pécule prosectif ou adventif, dont le fils de famille peut disposer librement lorsqu’il est majeur, & qu’il n’est point obligé d’imputer sur sa légitime , ni de raporter dans le partage des biens paternels ou maternels. Cf PE'CULE castre n se ou militaire , est composé de touc le gain qu’un soldat a fait à la guerre, & qu’il n’auroit pas fait s’il n’avoit pas porté les armes ; ost veut même que ce que les pères & les mères donnent à leurs enfans en vue de la milice & des besoins de ceux qui portent les armes, soit un pécule castrense. Quoique la puissance paternelle soit très-refpectable, elle ne donne aux pères aucun droit dans le pécule castrense de leurs enfans ; il est bien juste qu’ils jouissent librement du Fruit de leurs travaux, & qu’ils ont aquis au péril de leur vie. on confond ordinairement les Juges pédanées des Romains, dont il est fait mention dans le Uode Justinien lib. tit avec les Juges des Seigneurs , que Loifeau apelle Juges sous Parme, ce sont pourtant deux caractères bien diférens ; les Juges Pédanées n’étoient parmi les Romains que simples Commissaires choisis & nommez par le Préteur pour juger les diférens des particuliers , lorsqu’il ne s’agissoìt pas d’une a faire importante. On les apelloit Pédanées, arce qu’ils étoient alsis en jugeant fur un simple anc ou siège fort bas, qui ne lés distinguoit point de ceux qui sont fur leurs piés ; ainsi on les nom. moit Pedanei judices. 11s n’avoient ni le caractère ni le titre de Magistrats. Ceux qui étoient revêtus de la Magistrature, jugement fur une espèce de thróne élevs , & cette maniéré de rendre la justice faisoit connoître la diférence qu’il y avoir entre le Magistrat & le juge Pédanée. Loifeau quoique peu favorable aux juges des Seigneurs, reconnoit qu’ils sont vrais Magistrats ; car puisqu'ils tiennent la jujiice en fief du Roi , ils en ont la Seigneurie direcie , & font vrais Magistrats , étant les Juges du Territoire, Et par conséquent Mornac sur le titre de Pedaneis Cod. n’a pas raison de dire que les Juges des Seigneurs n’ont rien qui reflembie auç Pédanées des Romains. PEDANT, f m. £Infufus l/tterator. J Mot qu* vient du Grec & qui est injurieux. Ce mot en général signifie tout homme qui enseigne, qui conduit quelque enfant de qualité. Tout homme qui enseigne dans quelque Collège, qui est Régent de quelque classe. (Un tel est le plus grand pédant de PUniveríité de Paris. De tous les animaux domestiques à deux piés, qu’on apelle vulgairement pédans , du CJérat est le plus misérable, & le plus cancre ; il sent le pédant de dix lieues à la ronde. ) PE'DANT. £ Maie sénat us Palamon. ] Ce mot se prend pour un sçavant mal poli, qui afecte d’étaler une science mal digérée. Un pédant est un homme qui raisonne peu , qui a une extrême fierté > qui n’a qu’une fausse érudition, qui sait parade de sa science, qui cite sans cesse. Le Pere Mallebranche, £ Que la doUrirn est raboteuse Dans les écrits de ces pédans : Si f en dis tout pe qu’il me semble Ce sont de dalìn ignorons. Gomb. Ep. I. 2. J PE'DANT. £ Rìdicuíus eruditionis ostentator. J Ce mot signifie aussi celui qui a un caractère d’esprit fit, qui s’actdche opinâtrement à soutenir quelque point de science, a critiquer sur des bagatelles & des choses PED 69 de nul usage. En un mot, c’est celui qui est forte» ment opiniâtre , & en ce sens le mot de pédant s’étend fort loin. Car il y a des pédans de toutes robes, de toutes conditions, de tous états. Voïez la Logique de Port-Roial , discours t. pag. ig. £Lei pédans fikt d’ennuieux animaux, Mstantropes , chagrins , loches , présomptueux , Contestons, aheurtez, fourbes , malicieux , Ennemis du mérite, lui faisant la guerre , Et qu'on doit mettre au rang des malheurs de la terre. Scaron, Epitre chagrine.} 0 Ne vouloir être ni conseillé, ni corrigé fur son ouvrage, c’est un Pédantisme dit Mr. de la Bruïere » mais c’est _ plutôt opiniâtreté, ou prévention aveugle ou enfin ignorance , car les ignorans croient ordinairement d’en sçavoir plus que les autres. f PE'DANT. Ce terme burlesque apliqué à Fabius Maximus par les Romains ; & ses envieux faisoient son éloge en voulant le tourner en ridicule. Ce grand homme pour ruiner Annibal le rouloit de poste en poste, & vouloir traîner la guerre en longueur fans engager aucune action décisive. Les ignorans, qui negoûtoienfi as un sistême aussi profond, difoient par dérision, que abius étoit le pédant d’Annibal, qu’il ne quittoit jamais de peur de libertinage : qu’il n’ofoit pourtant le châtier de ses écarts, dans la crainte d’en être battu ; mais qu’il eherchoit à le renvoïer chez ses païens, faute de nourriture & de moïens pour s’enrreteuir en enfant de bonne maison. Polybe de Folard. PE'DANT, pédante , adj. £ Infulfus. J Qui tient du pédant. (Esprit pédant. Je vois dam le fatras des écrits qu’il nous donne Ce qu’étale en tous lieux fa pédante personne. Mol. J PE DANTE, s f. {Mulìtr ineptam emditìonem aste~ Bans. J, Femme qui a Tesprit pédant. (C’est une pédante, Boil.) î PEDANTER, v. n. Terme injurieux qu’on emploie , pour exprimer la profession de ceux qui enseignent dans les Coléges. (11 n’a fait toute fa vie que pédanter.) PE'DANTERIE, f f. [Infulsa eruditio. ] Action d® pédant. (C’est une pédanterie insuportable.) PE DANTERIE. [ Grammatistarum ineptìa. J Caractère d’efprit pédant. Vice d’esprit qui consiste à contester sotement sur des bagatelles , à entasser du Grec & du Latin fans jugement. (La pédanterie est un vice d’esprit & non pas de profession, Port-Roial, Logique „ Préface.') £ PE'DANTERIE, se dit aussi par mépris , de la profession de ceux qui enseignent dans les classes. ( II est ne pour la pédanterie. 11 ne veut pas renoncer à la pédanterie.) PEDANTE8VIE , adj. £ Ludìmagstro conveniens, J Qui est de pédant. (Discours pédantefque.) Ne fait point afcelant un fçavoir pédantefque Du Grec du Latin i’atelage burlesque. Vill. ) 0 L’idée d’un Pédant, le portrait d’un vrai Pédant , est fans doute celui-ci ; Un Pédant enivré de sa vaine science. Tout hérissé de Grec , tout baufi á’arrogance , Et que de mille Auteurs retenus mot pour mot Dans fa tête entassez , ria souvent fait qu’un fit , Croit qu’un livre fait tout , que sans Aristote La raison ne voit goûte , le bon fins radote. Despr. Sat. IV. J 0 Ceux qui voïent le monde poli commissent par-, faitement le ltile pédantefque, & ne s’y trompent pas, le caractère ridicule des Pédans se montre d’abord par l’afection de parler bien plus Latin que François, par une citation continuelle des anciens, enfin par Tim- pertinence de leurs discours, semblables au barbon dont Mr de Balzac a décrit la vie, lequel ayant été invité à des fiançailles , après que le contrat fut passé , &que les confitures furent présentées , il demanda audience à la compagnie, & entreprit un long discours à la louange de la virginité, mais il s’avança fi avant, dans ce discours, que de la recommandation du célibat, où Ton pensoit qu’il dût s’arréter, il passa jusqu’* la condamnation du mariage ; le monde est encor* rempli deces sçavans de la science des anciens & des modernes, en qui Tesprit que Dieu leur « donné est i % une 70 PEG une pièce inutile & presque étoufée sous le poids du Grec & du Latin dont ils ont rempli leur tête , « l’on peut bien dire d’eux ce que Madame Desloges difoit au raport de Mr.de Balzac, qu’ils reflemblent à une bête que l’on a chargée de tout le bagage de l antiquité, & les définit avec le même ,• une Bibliothèque beaucoup plus en désordre que celle d’un homme qui déménagé. PE'DANTESQUEMENT, adv. [Infulsorum litterato- rum more. ] D'une manière pédantesque. (Agit pedan- tesquement. [• PE'DANTISER , v. a. [Insulsum litteratorem age- re. 3 Tenir un procédé de pédant à l’égard de quelqu’un. (II n’aime point qu’on le pédantise. ) PE'DANTISME , s m. [ Grammatstarum ineptue. S Ce mot vient de l’Italien pedantismo. C’est 1 elpnt (Si le caractère de pédant qui trouve sotement a redire a tout, qui s’attache à des bagatelles, & pane legere- ment ce qui est de plus solide. Ebauchant cette définition , j’avois dans l’efprit les manières du mssantro- pe & atrabilaire A.... car elles le peignent d’apres nature. (J’aimc la justesse , mais je haï le pedantijme & l’asectation, Balzac , œuvres diveises , c. 7. lis semblent réputer pour pédantisme tout ce qui peut marquer de l’érudition , Ségrais, lettre á Huet. C’est la paresse des hommes qui encourage le pe- dantifme à grossir pìûtòt qu’à enrichir les Bibliothèques, & à faire périr le texte fous le poids des commentaires , La Bruyère.) î PE'DANTISME, se dit aussi par mépris, de la profession de ceux qui enseignent les enfans. (11 ne quittera jamais le pédantisme.) PEDERASTE, J' Ce mot est Grec. Sodomi- te. (Ce sont des discours de pédéraste, Abl. Luc.) PEDESTRE, adj. Ce mot vient du Latin pedejìrir. Qui est à pié. II se dit des statués, & veut dire , qui pose sur ses piés. (II y a dans l’Hôtel de Ville d’Arles une statué pedestre de Louis XIV. Le pedejire de la statué est à la fin, le Monarque en vúë, La Fontaine.) PEDICULAIRE. Terme de A/àr». 11 vient du Latin pedicularis. (Maladie pédiculaire , c’est lorsque les poux sortent par toute la peau en grande quantité, & fourmillent par tout le corps. Silla est mort de la maladie pédiculaire.) H pe'dicULAIRE de prez. [Pedicularispratenjìspur- purea. 3 Cette plante croît dans les prez. Elle contient beaucoup de phlegme, & d’huile, peu de sel. Elle est propre pour arrêter les hémorragies, le flux des menstrues, & des hémorroïdes, Elle est aussi vulnéraire & propre jjour les ulcérés. t PEDICULE ,/ m. [Tenuifjìmus ramusculus.'] Terme de Botaniste. II est formé du Latin pediculum. 11 se dit de la queue qui attache les fleurs & les feuilles á leurs branches. ’f L’Académie dit pédiculaire, au lieu d e pédicule. PEGASE , f. m. Pegasus , equus alatus.J C’est un cheval que les Poètes ont feint avoir des ailes, & avoir en frapant.du pié soit sourdre une fontaine qu’on apelle Uipocréne. (Pégase est le cheval des Poètes. Cf Les Poètes disent que le cheval Pégase fit sortir la fontaine Hipocréne sur le mont Hélicon d’un coup de pié , & qu’il naquit du sang de Méduse. Perse apeUefins cabalHnus , la fontaine où les Poètes de son tems avoient bû , pour faire connoître qu’ils n’avoient puisé que dans la fontaine d’une rosse , non point dans la fontaine de Pégase, le mot CabalHnus signifie en éfet, selon la remarque de Casaubon, un vieux cheval, il est dérivé du Grec, qui veut dire un cheval qui n’est propre qu’à porter le bâts, que les Latins apellent equus clitcllarius , ou plûtôt un vieux cheval afoibli par un long service » ce que les Romains exphquoient par ce proverbe que l'on trouve dans Pétrone , lajsus tamquam caballus in cliva. jjf L’Auteur de la science des médailles a remarqué pag. ;;6. que Pégase est le symbole de Corinthe, où Minerve le donna à Bellerophon pour combatre la Chimère , il se trouve aussi sur les médailles des villes d’Afrique & fur celles de Sicile dépuis que les Carthaginois s’en furent rendu maîtres, parce qu’on tenoit que ce cheval est né du sang de Méduse qui étoit Africaine. Syracuse en particulier qui avoit une étroite alliance avec Corinthe marquoit set médailles d’un Pégase. PEI Dans son genie étroit il est toitjours captif Pour lui Pbœbus eji sourd , U Pegase est relis. Despr. FE'GASE , [Pegasus, sydus ca leste. ] C’est le nom d’une constellation Septentrionale, composée de vingt & quelques étoiles. Les Poètes ont feint qu’après que Bellerophon sc fut servi de Pégase quand il combattit la Chimère, ce cheval s’envola au Ciel. PEIGNE , f m. f Pecien. 3 Instrument de corne, de bonis , d’écaille de tortue, ou d’ivoire, composé de dents, de dos , ou de champ, dont on se sert pour netéïer & peigner la tête, ou là perruque. ( Un bon peigne. Peigne de bonis , de corne, d’écaille detor- tué, d’ivoire , &c. Faire un peigne. Donner un coup de peigne. C’est-à-dire, peigner un peu.) * Donner un coup de peigne à un ouvrage. [Retexert opus. 3 Ces mots se disent au figuré & lignifient revoit un ouvrage pour le corriger & le polir. Quand on le dit d’une personne*, cela lignifie qu’on en a soit quel. que maligne description. II lui a donné un coup de peigne en p a fan t. [Hune maligne depexum dédit. 3 PEIGNE de Cardeur. [ Pecien. 3 Ce sont des cardes. Voïez Cardes. PEIGNE. [Textorum petten} Terme de Tisserand, Partie du métier de Tisserand laquelle est de roseau, ou de canne, qui est faite en forme de peigne, & au travers de laquelle passe le fil de la chaîne. PEIGNE. [ Peflen crenatum. 2 Terme de Tonnelier. Morceau de douve qu’on remet au bout d’une douve rompue. PEIGNE de Vrnus. Plante que les Botanistes apellent, pefien Veneris, autrement scandix, & qui n'est d’aucun usage en Médecine. On l’a ainsi nommée, parce que ses fruits étant proches l’un de l’autre , semblent rangez comme les dents d’un peigne. t * Les feuilles de cette plante ressemblent à celles de Coriandre. Elle croît dans les champs, & contient beaucoup de sel essentiel. Elle est aperitive, vulnéraire , digestive, résolutive, propre pour exciter Burine , & pour les maladies de la vessie étant prise en décoction. On dit proverbialement d’un homme de mauvais* humeur ou en colère. Qu’il tuéroit volontiers un mercier pour un peigne. PEIGNE. [Scabics furfurea. ] Terme de Maréchal. Maladie qui vient aux chevaux , causée par une crasse adulte & maligne qui sort par la racine du poil, & s’attache fur le cuir; par son acrimonie elle soit dresser 1e poil à la couronne & audessus, & enfin elle le fait tomber entièrement, Soleisel, parfait Maréchal, c. 73. (Cheval qui a d ex peignes au paturon. ) PEIGNE', peignée , adj. [Peâitus.2 Qui a été peigné. (Perruque bien peignée. Cheveux mal peignez.) On le dit aussi de la laine, du chanvre, &c. qui ont passé par la main des cardeurs. (Laine peignée. (Chan- vie peigné.) * Ouvrage bien peigné. [ Perpolitum opus. 3 C’est-à- dire , poli & bien soit.) PEIGNER, v. a. [Peflcre. 3 Démêler & ajuster les cheveux avec un peigne. Neteïer la tête avec un peigne. (Peigner un enfant. Peigner une perruque. Tous le> matins fous un prétexte honnête De montrer leur amour par de petits devoirs Chacune en le peignant arrachait de fa tête L’une les cheveux blancs, C autre les cheveux noirs Bourf. Efop. ) Se peigner, v. r. [Inccrtos crincs celligere. J S’ajuster les cheveux avec uti peigne. Se neteïer la tête avec un peigne. (On ne soauroit trop fe peigner.) PEIGNER. [Lanam carminare. ] 11 sc dit de la laine, de la soye , du chanvre, & lignifie carder. PEIGNER. [Polirc, perpolir e. 3 Au figuré il signifie, rendre bien propre & bien ajusté. (Peigner un ouvrage. Un jardin bien peigné.) t On dit en langue populaire que léchât apeignéle chien. [ Felis unguibus deformavit canem. 3 Lorsqu’on lui a donne quelques coups de grise. On dit aussi en nant que deux femmes je font peignées , pour dire fl, ‘c? ‘ e / ont prises aux cheveux, qu’elles se sont décodées & egratignées. PEIGNIER, f. m. [Peftinum opifex J Prononcez pe- gme. Celui qui soit & vend de toutes sortes de peignes. Le mot de peignier est le vrai mot, & il fe dit par les gens du metier & par quelques autres, mais la PEI plupart des personnes du monde qui ne íçavent pas les mots propres disent faiseur de feignes. (C’est un des plus fameux & des plus riches peigniers de Paris.) PEIGNOIR , / m, [Mitliebre involucrum.'] Prononcez peignai. Elpéce de petit morceau de toile blanche & tine qu’on se met sur les épaules le matin lorsqu’on est déshabillé & qu’on se peigne , & que les femmes portent ordinairement dans la chambre lorsqu’elles font en déshabillé. Un peignoir à dentelle. Un fort beau peignoir. Un peignoir bienfait.) PEIGNEURES; / [Exuvia peëinationis. ] Cheveux qui tombent quand on sc peigne. On sc fervoit autrefois des peignures pour faire des perruques. í PEIGNONS, ou Pignons, / m. Sortes de laines d’une très mauvaise qualité, qui ne font proprement que les rebuts, ou plutôt ce qui reíte des laines qui ont été peignées. t PEïLLES, / f Vieux chifons, ou morceaux de toile de chanvre & de lin , qui s’emploïent dans la fabrique du papier. f PEÏLLIER, / m. [Panniculorum Fropola.J Celui qui ramasse des peilles ou chifons. On dit plus communément Chifonnier. PEINDRE- [ P ingéré, depingere. ] Je peins, tu peins , il peint , nous peignons , vous peignez , ils peignent. Je peignais. J’ai peint. Je peignis. Ce mot en général lignifie, employer les couleurs , & en particulier il lignifie , les mêler N les nêier avec le pinceau pour réprescnter quelque objet, (feindre en détrempe, en huile, à fraiique, au pastel. Peindre en émail. Peindre en grand ou en petit. Peindre d’après nature. En peignant aujourd’hui Clorís , tu me peindras qu’une peinture. Gomb. Epit. L i. Alexandre voulut qu’il n’y eût qu’Apelles qui le peignit, Suplément de Quinte. Curce , liv. z. cb. 6.) PEINDRE, v. a. [ Pingere , Colorent inducereh] 11 signifie quelquefois simplement enduire avec de la couleur. (Peindre du bois. Peindre du fer de peur qu’il ne se rouille.) Jules César dit que les Anglois sepeignoietit le corps de Pastel qui leur rendoit la couleur Perse, & les fai- foit plus éfroïables dans le combat. [Se glajto inficie- bant.J Danet. 0 La coutume de sc peindre les cheveux est fort ancienne. Sparcien raconte qu’un Vieillard dont toute la tête étoit couverte de cheveux blancs, demanda un jour une grâce à ('Empereur Adrien, il la lui refusa , quelque tems après ce Vieillard s’étant peint les cheveux du plus beau noir qu’il put trouver , se présenta à (Empereur & lui demanda la même grâce, mais ce Prince aiant reconnu la tromperie lui répondit, ce que vous defirez de moi, je l’ai déja refuse à vôtre pere. * PEINDRE. II le dit souvent au figuré, & lignifie faire par le discours des représentations & des descriptions de quelque chose. (L’Árt du poète consiste à bien peindre. Je vais pour repoujser íaffront que vous lui faites Le peindre tel qu’tl eji , A vous tel que mus êtes. . Bourf. Eí'op.) 0 M. L’Archevê’que de Cambray a remarqué dans ses Dialogues fur (eloqSence pag. 95 . que (éloquence consiste non seulement dans la preuve , mais encore dans (art d’exciter les passions : mais pour les exci- ter, il faut les peindre , de forte que toute l’éloquen- „ ce consiste à prouver, à peindre, & à toucher. Tou- „ tes les pensées brillantes qui ne vont point à une de,, ces trois choses ne font que jeu d’eíprit ; peindre, „ ajoûte-t-il , c’est non seulement décrire ses choses,,, mats en représenter les circonstances d’une maniéré si „ vive & li sensible, que (Auditeur s’imagine presque ,, les voir; par exemple un froid Historien qui racon-,, teroit la mort de Didon se contenteroit de dire,,, elle fut si acablée de douleur après le départ d’E- >, née, q «selle ne putsuporter la vie, elle monta au,, haut de ion Palais, elle se mit fur un bûcher & se „ tua elìe-méme. En écoutant ces paroles vous âpre- „ nez 1e fait, mais vous ne le volez pas. Ecoutez Vir-, gile il le metra devant vos yeux : N’est-il pas vrai „ que quand il ramasse toutes les circonstances de ce „ désespoir, qu’il vous montre Didon furieuse avec,, lin visage où la mort est déja peinte, qu’il l’a fait,, parler ; à la vûë de ce portrait & de cette épée vô-„ tre imagination vous transporte à Carthage, vous „ erçïez voir la ilote des Xroïens qui fuit le rivage, „ PEÍ 7I <& la Reine que rien n’dl capable de consoler ; vous entrez dans tous ses íèntimens qu’eurent alcrs les” véritables speétateurs j ce n’est plus Virgile q U e vous " écoutez , vous êtes trop atentif aux paroles de',* la malheureuse Didon pour penser à lui, se Poète disparaît, on ne voir plus que ce qu’il fait voir ; voi- là la force de (imitation & de la peinture; de-là * vient qu’un Peintre & un Poète ont tant de raport, ” (un peint pour les yeux, (autre pour les oreilles. “ ” ' Les objets se peignent au fond de (œil fur la rétine, comme fur de la toise. 11s se peignent aussi sur tous les corps polis, comme fur la glace d’un miroir & fur (eau. * II portoit fa douleur peinte fur le front, Vaug. Qumt. L 6. * Virgile peint souvent les choses dans ses descriptions qu’il fait, & les bons poètes le doivent imiter en cela. * II ejtfait à peindre , Chevalier de Meré , première conversation. C’est-à-dire , il est bien fait. [Homo grapbicus. J f * C’ejt pour l’achever de peindre. [IBud défichant bunc omnibus coloribus dabit. J C’est-à-dire , c’est pour achever de l’acabler, de le ruiner , ou de le perdre tout-à-fait. f * Cela vous va à peindre. C’est-à-dire, cela vous sied bien. 1 * PEINDRE. [Scitè scriberej Ce mot se dit en parlant d’écriture. Car on dit d’un bon écrivain qu’il peint fort bien, & qu’il y a quantité de gens qui pei. gnent fort mal. PEINDRE, v. a. [ Faciempigmento insteere, linìrevul. tum.J Se farder, se donner de la couleur. (Jezabel se peignit les yeux avec de (antimoine pour plaire àjehu.) PEINDRE , signifie quelquefois faire un portrait [Delineare.J (L’Argilliéres réussit bien à peindre , il atra- pe bien (air d’une personne. ) On dit figurément peindre quelqu’un de toutes ses cou. leurs. [Ornure aliquem ex fuis meritis. J PEINE,// labor, cura. j Travail.. Tour. ment. Soin. (Je ne puis m’empêcber de voir Les beaux yeux qui causent ma peine ; Aproche donc viens. Qu’un paresseux t’apprennt Antoine , ce que c'es , que fatigue A que peine. Despreaux.) On veut trouver des coupables, & on ne veut pas sc donner lá peine d’examiner les crimes. La peine qu’on prend pour le persuader aux autres fait voir que cette entreprise n’est pas aisée. Mémoires de M. le Duc de la Rochesoucaut. Prendre peine à dire des loti ses. Cette composition demande de la peine , Molière. Mon cœur soufre à vous voir une peine incrdiable C’ejí un Jus lice qui m’acable. Mol.) 0 PEINÉ- On peut dire en général avec Grotius & Puffendorf, que la peine est un mal que (on sou. fre à cause du mal que l’on a fait, mais ils remarquent en même tems que tout mal n’est pas une peine dans le sens de punition d’un crime ; ainsi ce que (on peut soufrir par quelque accident ou par quelque cause é- trangére, n’est point à proprement parler une peine, mais une douleur, une affliction, une souffrance, qui a toute autre cause qu’une action criminelle & répréhensible, n’est point une peine que parla ressemblance entre les peines prononcées par la justice , & celles que 1e hazard a causées , ou qui asti gent plus (esprit. C’est sur cette diférence que la paillon n’est point regardée comme une peine : mais comme la peine dans fa lignification naturelle émane d’une autorité supérieure , elle doit être distribuée avec cette équité & cette justice , qui sont les parties les plus essentielles de la justice, il faut la régler furies circonstances du crime, ('autorité de punir a deux fondemens prin* cipaux, (exemple, pour inspirer la crainte d’un semblable suplice & la continuation du mal que le condamné pourrait faire, s’il n’en étoit empêché régulièrement; il faut avoir caractère d’autorité pour imposer une peine, cette régie a pourtant une exception, selon le sentiment des Docteurs, comme dans 1e cas où le crime est commis en des lieux & par des personnes qui ne relèvent d’aucun tribunal , tels font les Corsaires en pleins mer, on les regarde comme 72 PEI des ennemis publics du genre humain , & l’on peut impunément les punir , & particulièrement quand «n a pris une commission pour aller en Mer chercher des voleurs publics & rendre la navigation assurée , c’est le sentiment de Grotius liv. a. cb. 20. §. 14. de jure belli , &C. il arrive souvent que ce crime est conçû , mais il n’a pû être exécuté, doic-il être puni, la maxime génerale est que l'on ne punit jamais les simples velleitez , les actes purement intérieurs ne doivent point être punis par les hommes, Dieu est seul le juge de nos cœurs, Grotius y aporte cette restriction, les actes intérieurs, dic-il, lorsqu’iis influent dans les extérieurs peuvent être punis non point par eux-mêmes, mais parce que les actes extérieurs en dérivent, comme un ruisseau de sa source , dés qu’il perd fa bonne ou mauvaise qualité. Les peines font ou civiles ou criminelles, les premières font pécuniaires , on en est quite en païant la somme dont les parties ont convenu , ou qui est réglée par la Coutume du lieu. Les criminelles font légales , mais avec cette diférence que les unes font capitales & les autres ne le font pas ; on apelle capitales celles qui emportent la perte de la vie, que l'on a- pelle mort naturelle , ou Ja privation des droits civils, que l’on apelle mort civile , mais les peines qui notent d’infamie ou qui privent d’une partie du bien que l’on a, ne font point peines capitales. 0" Les peines ont été diférentes félon le génie des peuples, Dracon vouloir qu’elles fussent égales, parce que selon lui les crimes étoient égaux , mais la raison étoit'trop blessée par une semblable loi pour subsister long-tems ; il y avoit plus d’équité dans la peine du Talion , qui condamnoit à lòufrir le même mal qu’on avoit causé ; cependant elle fut abolie comme injuste. Martinet & Petit ont recueilli les loix pénales des Grecs, dont les principales étoient l’exil, la condamnation aux Galères, l’oltracisme étoit un exil honorable , il ne privoit point le banni de la jouissance de ses biens, & son honneur n’en étoit point flétri; une juste crainte, ou du moins apellée juste du mauvais usage que l'on pouvoir faire de son pouvoir t encore une grande diférence entre la peine ad opus publìcum , que les deux premières étoient perpétuelles pour la vie, & la derniere ne pouvoir être infligée que pour un tems, de forte que selon la décision de Papinien dans la loi 54. tit. de pan. si un esclave est condamné ad opus publi. eum. sons fixer un tems, il rentre dans so première condition de plein droit par l’expiration du terme réglé pour la duree de cette peine . il faut encore remarquer uue a.i metalium , & ad opus metalli, font des termes généraux d'un travail composé de plusieurs ouvrages particuliers dont l’on étoit de faire la chaux nécessaire pour le travail, le Jurisconsulte Ulpien apelle cet emploi Calcaria dans le h 10. leg. S. ff. de panis. C’est- Shre, la fosse où l’on lait la chaux, selon l’interpré- a- PEI tation de Pappias. Calcaria, id est , calceria à cake viva dict* , & cet emploi avoit cela de particulier, que les femmes pouvoient être condamnées à ce tra- vail, ou pour un tems ou pendant leur vie. L’autrc emploi dans les mines, & dont la loi fait mention étoit apellée Sulphuraria , c’étoit l'endroit ou l’on soi. soit le soufre. La déportation étoit une peine capitale qui fut subrogée à l’interdiction de seau & du feu; so rélegation dans une isle étoit une moindre peine qui ne privoit point de la vie. Quant aux peines qui ont été en usage parmi les peuples qui ont succédé aux Romains, la mort étoit relèrvée pour les grands crimes, tk les autres étoient expiez par une peine pécuniaire. II ne faut que jetter les yeux fur la loi Salique & fur celles des Goths, des Visigoths, des Lombards, des bourguignons, que Lindembrogius a recueillis fur le titre de Codex legum ante quurtum , &c. On y vois que les amendes que l’on païoit a u, Roi par forme de peine, étoient apellées fredu ou bannum Dominicum, & que les peines pécuniaires qui tenoient lieu de dé* dommagement de ceux qui avoient été ofenfez , é- toient nommées Weerigilàun ou leudis ,qui étoit particu- fièrement la réparation d’un homicide, quoique quelquefois ce 'Wirigilde fe prenne pour la composition du même crime, nôtre Ordonnance de 1670. tit. 25. a déclaré qu’après la peine de la mort naturelle , la plus rigoureuse est celle de la question avec la réservé des preuves en leur entier, des galères perpétuelles, du bannissement perpétuel, de la question sons réservé des galères à tems, du fouet, de l’amende honorable & du bannissement à tems, aussi nous ne connoissons que ces fortes de peines: mais les Juges peuvent en ordonner de plus grandes selon la qualité des crimes, comme le feu, 1a roue ; & la diférence qu’il y a entre ces fortes de peines , est que dans le cas de la condamnation aux galères perpétuelles ou au bannissement perpétuel, le condamné teste toûjous privé de .tous les droits civils , & il est comme esclave de la peine, fervus pana : au lieu que lorsque les galères où le bannissement est à tems, la peine cesse ainíì que l’éfet, après que le tems est fini, & le condamné est comme un afranchi qui a recouvert so liberté. PEINE. [ Soìlìcitudo , lubor. J Inquiétude. Ennui. Chagrin. Fâcherie. (Tirez moi de la peine où je fuis. Se inecre en peine de quelque chose. ) Balzac. PEINE. [Supphcium, pana. j Châtiment. Punition. (Peine corporelle. Peine pécuniaire. Les Dieux ne tardèrent gueres à faire païer la peine de ce crime à celui qui en etoit fauteur , Vaug. Quint. 1 . 2. c. 13. C’est-à-dire , ils ne lardèrent gueres a donner à fauteur du crime le châtiment qu’il meritoit. ) H PEINE du Jens. On apelle ainli ses douleurs que’ les damnez soufrent par les tourmens de i’enter. Oa apelle peine du dam , ce que ia privation de so vûë de Dieu leur fait loufnr. t PEINES du purgatoire. On apelle ainíì dans l’Eg- lise Romaine , ce que les âmes soufrent dans le purgatoire, soit par ses tourmens, soit parla privation où elles sont alors de so vùè de Dieu. (Les peines du purgatoire sont fort utiles aux Çclesiastiques & auX Moines.) í PEINE, se dit de la répugnance qu’on a à dire ou à faire quelque chose. (J’ai peine à lui dire ce qui se passe. J’ai peine à me séparer d’une compagnie aussi agréable.) PEINE, se dit aussi pour le solaire du travail d’un artisan. (II faut païer la peine de cet ouvrier. 11 est injuste de retenir 1a peine du mercenaire. Je lui ai don- en tant pour ses peines. Enfin je Fai fait fuir , & fous ce traitement J )e beaucoup d’allions il a reck la peine. Moll.) ch Etre en peine , c’est avoir des embarras d’afaires» avoir des a fa ires fâcheuses. A peine, fresque aussitôt. [Ubi, Jìatim atque.'] (A peine avoìt-il commencé son discours qu’il fut interrompu, c’est à-dire, aussi-tôt qu’il eut commencé, &c. A peine, adv, [Vix. J A peine y eut-il une seule maison illustre qui n’eût part à cette calamité , Vaug. Quint. L }. c. 13. C’est-à-dire, il n’y eut presque pas une seule maison qui, &c.) A peine , adv. f Sub pana. J Ce mot se trouve souvent dans les Edits & Déclarations du Roi. C’est-ì- dir s, Jur peine de. (Obligez-les U’absoudre les criminels qui PEI qui ont une opinion probable à peine d’être exclus des Sacremens, Pajc. L 6. ) A grand’ peine , adv. [ Ne quidem. ] A grand’ peine m’obìigeriez vous en cela, que vous ne voulez pas seulement, &c. C’est-à-dire, vous n’auriez garde de m’obliger en cela , puisque vous ne , &c. Sur peine. [Sub pana vetitum.} (On les oblige fur peine de péché mortel à absoudre , Pasc. L ç. Ordonner Jhr peine de damnation, Pasc. L 5 . C’est-à-dire, on les oblige à absoudre à moins que de pécher mortellement. ) Sous peine , sous des peines. (Cela est défendu fous peine de mort. On le défend fous des peines trés-rigou- reuscs, PaJc. I. 9 . C’est-à-dire, On le défend à moins que d’être puni rigoureusement.) 0 On dit également avoir peine , & avoir de la peine à faire une chese. Voïez la suite des Remarques Nouvelles du P. Bouhours pag. 224 . On apelle homme de peine. [Operarius homo.'} Celui qu’on aplique à des travaux où l’on fatigue beaucoup. On dit aussi servante de peine. On dit aussi proverbialement. Je viendrai à bout de cette afaire où je mourrai à la peine. [Rem ijiam con - sciant aut sub onere defatifear. C’est peine perdue que de lui parler. .[Ferla sum morrtm , frujira dicis.} f PEINE', ée, part. On dit qu’un Ouvrage est bien peiné, lorsqu'!! paroìt qu’on y a travaillé avec beaucoup de peine, qu’il est travaillé pesamment. (Cet Ouvrage est trop peiné.) ch Ecriture peinée , se dit d’une écriture qui paroîc écrite pesamment. PEINER. [Multum faborare.] Ce verbe est neutre & quelquefois aétif aussi. C’est faire avec peine. Travailler & se donner beaucoup de peine pour faire une chose. (II peine fort lorsqu’il fait des vers. II peine extrêmement tout ce qu’il fait. Cette dernière faqon de parler est un peu hardie au sentiment de bien des gens, qui néanmoins ne la condamnent pas.) PEINER, se dit aussi pour faire de la peine à quelqu’un. [Molesiam inferre.} L’Académie dit que peiner vieillie en ce sens. f PEINER, se dit encore d’une poutre, d’une solive, qui est chargée d’un trop pesant fardeau. (Cette poutre peine beaucoup, peine trop pour résister long- tems ) Se peiner, v. r. [Totus ejfe in aliqua re.} Prendre de la peine.. C’est un garçon qui se peine beaucoup. Se peiner pour ne rien faire. PEINT , peinte. [Piélus} Voïez Peindre. PEINTRE , f. m. [Piftnr.} Celui qui avec des pinceaux & des couleurs imite ce qu’il y a de beau dans quelque sujet. (Un Peintre doit être sqavant dans la fable & dans l’histoire. Un Peintre est méprise' quand son faible génie. Toujours Je rencontrant dans ses divers tableaux. Ne peut a ses destins donner de jours nouveaux. Vill.) Le Vafare a fait la vie des Peintres, des Sculpteurs <& des Architectes les plus fameux. M. Félibien a écrit fur le même sujet. PEINTRE en émail, f. m. [EncauJUcus piflor.J C’est celui qui avec des pinceaux & des couleurs d’émail imite fur des plaques d’or, ou de cuivre émaillées de blanc tout ce qu’il y a de beau dans la Nature. Les couleurs du Peintre en émail font le noir d’écaille, l’azur, le jaune , le gris de lin , le rouge, le pourpre, d’or, le pourpre de Vitrier, &c. Monsieur Bordier & Monsieur Petitot sont des plus fameux Peintres en émail de Paris, & les prémiers qui ont fait des portraits en émail. On ne faifoit avant eux que des fleurs & autres petites gentilles ses. Un portrait en émail grand comme la paume de la main, vaut quarante ou cinquante pistoles , quand il est fait par un habile Peintre, & le plus petit, quinze & vingt pistoles. ^ * PEINTRE, fe dit aussi de ceux qui représentent vivement les choses dont ils parlent, dont ils traitent, soit en Prose, soit en Poésie. (Cet Orateur est un grand peintre. Ce Poète est un habile peintre.) ■p Etre gueux comme un peintre. C’est Prov. être mal dans lès afaires. PEINTURE, f f- [Piciura , ars pìciur.t.} Art qui imite avec los couleurs ce qu’iì y a de beau dans un lujet. (11 y a diverses fortes de peinture. La peinture a huile est celle dont les couleurs font détrenu 1>EI 7? pees avec de l’huile de noix, ou de lin. La peinture en détrempe est celle dont les couleurs sont détrem- pees avec de l’eau & de la colle, ou bien avec de Peau & des jaunes d’œufs battus avec de petites branches de figuier. La peinture á frasque, c’est celle qui sc fait contre les murailles & les voûtes fraîchement enduites de mortier fait de chaux & de fable. 11 y a aussi une peinture Jur le verre , & une peinture en émail. Les sroteurs apellent aussi peinture une forte de composition où il y entre de l’oere, de la pierre de mine, & autres choses pour siroter les planchers.) PEINTURE , se prend quelquefois pour fard. [Fucus.'} Les femmes ne prencíroient pas tant,de peine à sc farder & á s’enluminer, IÌ elles sqavoient que toute cette peinture les rend afreuses & dégoûtantes. L» Bruyere.) PEINTURE en émail, f, f. [In encaujío pifiura.} C’est un art qui imite avec des couleurs d’èmail ce qu’il y a beau dans un sujet. Elle sc fait fur des plaques d’or, ou de cuivre emaillées de blanc par les Orfèvres meteurs en œuvre, & on peint fur ces plaque* avec des pinceaux & avec toutes les couleurs d’é- maìl , qui peuvent agréablement imiter la nature. Mais il est besoin de donner aux émaux qu’on emploie, un feu propre, afin de le parfondre fur la pla- qu«, & de leur faire prendre le poliment qu’ils doi- vent en avoir, & pour cela l’ouvrage doit aller sept ou huit foi s au feu. La peinture en émail n’est point sujete à changer, & le tems qui fait de fi grands changemens en la plupart des choses ne peut rien fur elle, parce que c’est une eípéce de vivifieation. PEINTURE. ffà ààj Tableau. (Voilà une bel- le peinture.) * PEINTURE. Ce mot se dit au figuré & a divers sens. Exemples. f * Etre brave en peinture , Abl. Apo. C’est être un faux brave. Un Maréchal de France en peinture. Un duel met les gens en mauvaise pojiure , Et nôtre Roi n’ejtpas un Monarque ^“peinture. Mol- * Je ne crains point d’être cherchée dans les peintures qu’on fait des femmes qui se gouvernent mal. C’est-à-dire, dans les descriptions qu’on fait des femmes , Molière .) ch * PEINTURE , se dit de la description vive & naturelle de quelque chose. (Ce Poète réussit dans la peinture des passions. Ce Prédicateur a fait une vive peinture du vice.) ^ * Faire une mauvaise peinture de quelcun , c’est représenter sou caractère defàvantageusement. » PEINTURE. [Folia lusoria Pista.} Ce mot sc dit en jouant aux cartes , & veut dire, cartes d’une certaine couleur. (De quelle peinture voulez-vous jouer? est ce du cœur ou du carreau? (s Le P. Bouhours a fort loué dans ses pensées ingénieuses ces quatre vers que Malherbe composa sur un livre de fleurs peintes par . Rubis fameux peintre : L’art y surmonte lu nature . Et s mon jugement n’es vain , Flore lui cenduijbit la main (Juand il faifoit cette peinture. 0 Faire une peinture, n’est pas juste, ee me semble, dit-on faire une arcbitefíure ? on ne fait pas un art, c’est l’art qui aprend à faire quelque ouvrage selon ses régies. Outre qu’en cet endroit, faire une peinture, explique mal un assemblage de diférentes fleurs qui composoienc le livre. 0 Au reste il y a long-tems qu’on a trouvé tine grande ressemblance entre la peinture & la poésie, & que l’on a accordé des licences aux Poètes & aux Peintres, que l’on refuse aux Orateurs, & Horace a dit dans son Art poétique. Piftoribus atque poétis Quidlibet audendi Jemper fuit aqua potejias. 0 Ce n’est pas que la pro/e n’ait ses peintures comme là poésie , mais elles font bien plus vives dans la poésie que dans la prose. Les Poètes peignent avec des traits plus hardis que les Orateurs: mais fans la peinture le discours languit, & l’on ne peut échaufer imagination des auditeurs, ni exciter les passions avec un stile simple & uni. 0 Je n’entreprendrai pas de faire ici l’histoire de l a peinture, il me convient beaucoup mieux d’expli- Ttmt Ul. K <îu«r 74 PEI quer quelqueî-uns des termes qui lui sont propres : Tels sont.' & ACORD. C’est la convenance des parties avec le tout. „ 0 ADOUCIR, c’est meler les couleurs avec un pinceau qu’on apellc BroJJ'e, qui ne fait pas de pointe , & qui est ou de poil de porc ou de blereau, ou de chien, ou de quelque autre animal ; on adoucit aussi les desseins lavez & faits à la plume en afoib- lissant la teinte ; on adoucit les traits d’un visage, ou de quelque autre chose en les marquant moins. On apelle encore adoucir, lors qu’en changeant les traits, on donne plus de douceur à l’air d’un visage, qui a quelque chose de rude. Lutin radoucissement est, lorsque les couleurs sont bien neïées les unes avec les autres, que les traits ne sent point tranchez, & qu’il n’y a rien de rude. 0 AGROPE', uni, joint* lié ensemble; il est certain que plusieurs choses diférentes entr’elles, produisent un éfet agréable à la vûë, par leur jonction, comme du Frenoy l’a exprimé par ce vers. Corpora diversâ natura junfta placebunt. 0 AIR. On dit en peinture des airs de tête , c’est. à-dire de visage ; le Guide donne de beaux airs de site á ses figures. On dit aussi qu’il y a de l’air dans un tableau, lorsque la couleur de tous les corps est diminuée selon les diférens degréz d’éloignement. Cette diminution s’apclle la perspective aérienne. (f ANTIQUE. Les peintres apellent F Antique , les statues, les bas reliefs, & les autres ouvrages antiques des Grecs , & des Romains. On comprend fous Je mot Antique tous les ouvrages de peinture qui ont été faits depuis Alexandre le grand jusques à l’Em- pereur Phocas, fous l’empire duquel les arts furent ruinez par la guerre. Les Antiquaires partagent les médailles en deux espèces, en antiques & en modernes. On ne convient pas fur la fixation des Antiques , & c’est ce que j’ai remarqué fur le mot médailles. ^ 0" APUI-MAIN, est un bâton ou baguette de trois ou quatre pies de long, dont les peintres se servent en travaillant pour apurer leur bras. 0 ATTITUDE. Les Italiens disent attitudinc. Ce terme signifie la posturect faction des figures qu’on représente , & il est plus noble & plus général que pojìu. re, ou action. 0 CALQUER c’est contretirer un dessein fur du papier pour en avoir les mêmes traits , ce qui se fait en diférentes manières ; quelquefois on frote le dessein avec du noir, ou avec quelque autre couleur, & ensuite avec une pointe qu’on passe pat dessus, on fait que la couleur marque fur ce papier qui est fous le dessein, ou bien au lieu de passer ainsi une pointe, on pique le dessein, & on le frote avec du charbon en poudre, & cela s’apelle poncer , & l’on nomme ponds les desseins qui sont piquez de la sorte, & qui peuvent servir plusieurs fois. 0 CAMAYEU, c’est une peinture d'une feule couleur, où les jours & les ombres sont observez sur un fond d’or ou d’uzur. On apelle grisaille ou camayeu ce qui est peint de gris, & drage celui qui est peint de jaune. Les plus riches camayeux sont rehaussez d’or ou de bronze par hachure. 0 CHAMP. C’est le fond d’un tableau, où il n’y a rien encore de peint. On dit aussi qu’une draperie , ou un morceau de bâtiment sert de champ à une figure ; quand la figure est peinte sur une draperie ou sur ce bâtiment. 0 CLAIR OBSCUR. On apelle un dessein de clair obscur, un dessein qui est lavé dans une feule couleur ou bien dont les ombres font d’une couleur brune , & les jours rehaussez de blanc ; on nomme encore ainsi certaines estampes en taille de bois, que l’on tire à deux fois, de même que des peintures ou des tableaux , qui ne font que de deux couleurs. Quelquefois on dit clair obscur d’un tableau, pour lignifier seulement la maniéré dont on a traité les jours, les demi-teints & les ombres, & avec laquelle on a sçû répandre la lumière sur tous les corps ; ce sont deux mots, l’on n’en fait qu’un à Limitation des Italiens qui disent cbiaroscuro. 0 COLORIS est une partie de la peinture, par laquelle le peintre imite la couleur de tous les objets naturels, & distribue aux artificiels celle qui leur est PEI la plus avantageuse pour tromper la vûë. Ainsi ce terme se prend généralement pour toutes les couleur» ensemble qui composent un tableau. L’on dit d’un ouvrage où les couleurs sont bien placées & bien entendues , que le coloris en eji beau , mais on ne se sert de cette expression qu’en parlant des tableaux d’histoire. On ne dit plus d’un passage, que le coloris en est beau, & même le mot coloris a plus de raport aux carnations qu’à toute autre chose. 0 COLORIER. Lorsque toutes les parties d’un tableau font si parfaitement liées ensemble, qu’on ne connoissg aucune pièce séparée , & qu’il semble que tout le tableau a été peint d’une suite & d’une mê- me palete de couleurs. On dit alors qu’il est bien colorié. 0 CONTOURS. Ce font selon Félibien les extré- mìtez d’une figure, & les lignes qui décrivent & environnent quelque corps, & par le m Oie n desquelles on marque la forme. Dufrenoy veut que les parties ayent leurs contours en ondes, & ressemblent en cela à la flame ou au serpent, lorsqu’il rampe sur la terre. Les contours, ajoûte-t-il, seront coulans, grands & presque imperceptibles au toucher , comme s’il n’y avoir ni éminences ni cavirez. Membrorumque sinus ignis flammantis ad injìar Serpenti undantes fiexu , Jed levia plana Magnaque signa , quasi sine tubere subdita taclu. 0 CONTRASTE. II vient du Latin, contrafiare, s’oposer à une chose, se défendre contre une ata- que. Le substantif contrafio , voïez le Dictionnaire de la Crusca. Ce terme est commun aux Sculpteurs & aux Peintres, pour exprimer la diversité d’actions qui paroit dans leurs figures, & la variété qui se doit rencontrer dans la position & dans la variété des membres du corps , & dans toutes les attitudes en général. Ainsi on dit contraster pour varier les actions & dispositions des figures. 0 CONTRETIRER. C’est prendre le trait du dessein à travers un papier huilé, bien sec, ou à la vitre sur un papier blanc. 0 CONTREPOINTURE, c’est passer un dessein fous une presse à imprimer, après Lavoir un peu mouillé avec une éponge, aussi bien que le papier blanc qui en doit recevoir l’impression. Voici un des préceptes de Dufrenoy. „ II ne faut pas que les figures ,, d’un même groupe se ressemblent dans les mou- ,, vemens, non plus que dans leurs membres, ou ,, qu’elles se portent toutes de même côté ; il faut ,, au contraire qu’elles se contrastent, en se portant „ d’un côté tout contraire à celles qui les traverse- ,, ront. 0 COULEURS. II faut en parler ici comme Pein- „ trç & non comme Philosophe. M. Felibien a re- ,, marqué dans son second volume de la vie des Pein, „ tres, page 624 . qu’il y a des savans en peinture, ,, qui ont cru qu’il y avoit quatre couleurs princi- „ pales, qui ont du raport aux quatre Elemens ; le ,, rouge au feu , Lazur à l’air, le vert à l’eau, & le „ cendré à la terre , & que du mélange qui se fait ,, de ces quatre couleurs avec le blanc & le noir, 7, qui sont pour la lumière & pour les ombres, il „ s’engendre une infinité d’autres espèces décodeurs. 7 , D’autres n’ont reconnu pour couleurs principales *, que le blanc ct le noir, qui font les deux extrêmes, „ & pour couleurs moïennes le jaune, ct le rouge, le 7, pourpre & le vert. Le sentiment de AI. Félibien est 7 , qu’il y a trois couleurs premières , qui ne peuvent 7, être parfaitement composées d’aucune autre , mais u dont toutes les autres furent composées, soavoir le 7, jaune, le rouge & le bleu ; car le rouge ct le jaune 7 , mêlez ensemble font Lorange ; du jaune ct du bleu 7, il en naît le vert; & le pourpre est engendré par 7, le mélange du rouge & du bleu : en sorte que si de 7 , toutes ces couleurs on en fait une nuance, en les *, unissant doucement les unes aux autres , il s’en for- », me une harmonie, comme dans la Musique, où d’un 7, certain nombre de consonances, on peut en les as» », semblant faire une diversité de modulations & d’har- », monie. Ainsi par le mélange d’un petit nombre de ,, couleurs on en peut faire des espèces fans nombre; », ct comme dans la Musique le grave & l’aígu ne font », point d’eux mêmes de tons, parce qu’ils sont dans », tous les tons: ainsi le blanc & le nost ne sont point „ des couleurs, parce qu’elles se rencontrent dans toute» PEI tes les couleur*. On peut voir cet Auteur fur Tufage* que les Peintres doivent faire des couleurs» Si vous desirez savoir comment on fait les couleurs, vous pouvez voir les principes de l’Architecture & de la Pein* ture^du même Auteur liv. cb. 4 , Ì$ CROQUER. On dit un tableau qui n’est que cro- qué, lorsque les parties n’en font point arrêtées & qu’il n y a rien de fini. d* DESSEIN. C’est la représentation générale ou perspective sur le papier de ce que l’on a projeté de taire. On apelle dtjfein au trait qui est tracé avec un crayon ou avec de l’encre sans aucune ombre. Dessein lavé est celui où les ombres font marquées avec de l’encre de la Chine, & qui est fini & terminé avec toute la propreté qu’il demande. Dejsein arrêté est celui qui est cotté pour l’exécuter, & fur lequel on a marqué le marché fait avec l’entrepreneur & le bourgeois. 0 DE'TREMPE où à Vhuile. Nous avons deux fortes de peinture, l’une en détrempe qui fe fait en détrempant les couleurs avec de l’eau & de la colle , St quelquefois avec des jaunes d’œufs. C’est ainsi que l’on a peint pendant long-tems : mais au commencement du 14 . íìecle, un Peintre Flamand trouva le secret de peindre à l’huile, & le mit en usage. Ce secret contiste uniquement à broyer les couleurs avec de l’huile de noix ou de lin : mais le travail de l’huile est bien diférent du travail en détrempe, parce que l’huile ne séchant pas promptement, il faut retoucher souvent l’ouvrage, ce que l’on ne peut pas faire dans la détrempe ; il n’est personne qui ne reconuoiffe la diférence qu’il y a entre la peinture en détrempe, & celle qui est faite à Phuile. Celui qui a inventé cette dernière manière de peindre, s’apelloit Jean deBruge, ou Jean Euk. Mais s’étant laiísé gagner par les prescris & les caresses d’Antonelìe de Messine, celui-ci porta le secret en Italie, il s’arrêta d’abord à Messine fa Patrie, mais il la quitta bien-tôt après, pour se retirer à Venise, où il s’établit, & où il fit plusieurs tableaux, qui lui aquirent beaucoup de réputation j & Dominique qui sc rendit dans la fuite fameux se servit des mêmes moyens pour aprendre le secret d’Antonel- le, dont celui-ci s’étoit servi pour seduire Jean Euk. 0 DISPOSITION. C’est une convenable situation de toutes choses, & un certain arrangement, qui rie regarde pas les mesures, & la siméteie des parties de l’ouvrage, mais la qualité. Ainsi on dit qu’un tableau est bien disposé, lorsque le sujet est bien représenté, que toutes les figures sont bien en leur véritable place, & font ce qu’elles doivent serre. Quoique ces figures puissent être mal proportionnées, & qu’il y ait beaucoup d’autres défauts dans ie reste de la composition. 0 DRAPERIES. Terme général dont les Peintres & les Sculpteurs sc servent également, les premiers entendent par draperies toutes fortes de vêtemens qui couvrent les figures d’un tableau ou les statues. On dit en peinture que les draperies font belles , U bien du Jposées, & en sculpture que la draperie ejí bien jettée, qu’elle eji bien dìjfcofée. DUR ou SEC. Termes qui signifient que les choses font trop marquées soit par des traits trop forts, soit par des couleurs trop vives ou trop sombres, proche les unes des autres. 0 ELEVATION. On apelle élévation , la représentation que l’on fait dans le dessein de la face d’un bâtiment. 0 ELOIGNEMENT. Ce qui paroit le plus éloigné dans un tableau , autrement lointain. 0 EMBOIRE.. On dit qu’un tableau eft. embu, lorsque la couleur est presque effacée. 0 EMBRUNIR. On dit qu’un tableau est trop embruns 0 EBAUCHE. On dit ébaucher un tableau, lors- qu’on donne la première forme aux figures, & que l'on y met les premières figures. 0 ESQUISSE. On apelle ainsi une légère ébauche & le premier craïon de quelque pensée & de quelque ouvrage qu’on a dessein de faire. Le mot est Italien , JqttìjJo. 0 ESTAMPE vient aussi de l’Italien jlampare, imprimer. Les Peintres nomment estampes toutes les pièces gravées á l’eau forte, au butin St en bois, on les apelle images, & celles qui sont fur le cuivre, taille douce. 0 EIGURES parmi les peintres. Ce mot signifie seulement les figures humaines. Ainsi l’on dit qu’un tableau est rempli de figures, M . . PEI 7S 0 FINIR, en peinture, c’est achever. Un tableau fini. 0 FRAISQUE , ou FRESQUE. Peindre en Fraifque, c est peindre fur un enduit de mortier tout frais avec des couleurs détrempées avec de Peau. 0 GOUT en peinture, c’est un choix des choses que le Peintre représente selon son inclination, & la connoissance qu'il a des plus belles & des plus parfaites. Dufrenoi recommande fort de peindre selon la maniéré & le goût des Anciens, autrement ce n’est que barbarie aveugle & temeraire, qui néglige ce qu’il y a de plus beau, félon le goût des Anciens , c’est-à- dire fur le modèle des Anciens, des bas reliefs, & selon les autres ouvrages antiques. 0 GRACE. Ce terme dans lés ouvrages de ''esprit, Ôt de la main, ainsi que dans les personnes, ne fau» roit être expliqué ni défini. On la connoît, on la sent, mais on ne peut pointTexprimer. C’est un don du Ciel que l’on ne peut pas aquérir. Une figure peut être destinée avec toutes ses proportions , & avec toute la régularité de Part ; cependant il arrive souvent qu’elle n’est pas agréable , parce qu’elle ftse pas cette grâce qui surprend d’abord, & qui attire nôtre attention ; il en est de même des personnes, & c’est par cette raison qu’Ovide en parlant de Venus à afe- cté de dire. Multaque cum forma gratta mixta fuit » 0 GROTESQUE selon Felibien est une maniéré li» centieuse de représenter en peinture des hommes & des hétes, qui ont quelque chose de chimérique, &. qui dsordinaire n’en ont que la tête & une partie du corps, dont le reste se termine en feuillage, rameaux, ou autrement. Cet Auteur & Dâvilers conviennent que l’on apelloit ces sortes de représentations des Grotesques, parce qu’anciennement on s’en feryoit pour enrichir les grotes qui ertfeímoient les tombeaux d’uhe même famille , comme celle d’Ovide ,• dont la grote fut découverte près de Rome , il y à quelque tems» 0 GROUPE, l’italien-dit Groppo: Balusinucci dans son Vocabulario del arto del desegno, s’explique, i nofiri artefici cbiamano groppo una quantita dì figure d’animait, 0 d’altro unité ëhfiéme-, le mot est masculin» Un groupe de figure d'animaux, de fleurs , de fruits, 0 ILLUMINATIONS. ; Nous aprenems de M. Fell- bien que l’on apelle illuminations , une décoration de plusieurs figurés peintes fur du papier ou fur de la toile, lesquelles étant exposées la nuit avec plusieurs lumières derrière-, font un effet fort agréable. 0 IMPRIMER. Les peintres usent de ce terme dans ce sens. Imprimer une toile pour y peindre , ce qui se soit en couchant une première couleur, qui sert de fond à celle qu’on doit métré ensuite pour faire un tableau» 0 INVENTION. C’est dans la peinture ce qui est purement de l’esprit du peintre. 0 JOUR. Les Peintres entendent par les jours, les parties éclairées du tableau. 0 LAVER. C’est selon Dâvilers fur un dessein pass se à l’encre, coucher avec un pinceau une couleur d’encre de la Chine ou de bistre à l’eau pour le faire paroitre le plus au naturel, qu’il est possible , par les ombres des saillies &des bayes, & par Limitation des matières dont l’ouvrage est construit. Ainsi on lave d’un rouge tendre pour contrefaire la brique ou la toile; d’un bleu d’inde clair pour l’eau & j’ardoisc ; de vert, pour les arbres ou gazons ; de safran ou graine: d’Avignon pour for ou le bronze, &c. 0 LECHER. On dit un tableau léché, dont les coule u cs font touchéesavee plus de foin & de peine que d’art & de science. 0 MANIERE. On apelle ainsi l’habitude que léss Peintres ont prise dans la pratique de toutes les parties de la Peinture, soit dans la disposition soit danS ïe dessein , soit dans le coloris. On connoit la manière de Michel Ange & de Raphaël dans leurs élèves. 0 MEGALO GRAPHIE. Ce terme a été invente par Yitruve liv. 7 . cb. z. où il enseigne comment on doit peindre l’intérieur des Palais & des maisons , dans les longues galeries ; on doit y peindre des passages, des fleuves, des fontaines , des histoires fameuses, comme la guerre de Troie, &c. & c’est ce qu’il apelle Megalographiam. 0 MINIATURE. Maniéré de peindre fur le velm avec des couleurs très fines, détrempées avec leau d ' S “ OT . K * Cf mode. 76 PEL {$ MODELE. Les Peintres & les Sculpteurs nom. ment. Modèle tout ce qu’ils se proposent cî’imiter. íf NUD. On dit le md d’une peinture pour exprimer, ce qui n’est pas couvert de draperie. jJT NUDITEZ , figures découvertes. Cf ORDONNANCÉ. En peinture c’est la disposition des figures d'uu tableau & de toutes les choses qui le composent. £f ORIGINAL. Un tableau est original, quand c’est celui que le Peintre a fait, c’est l’oposé à copie. (f PAïSAGE. Où l’on a représenté la campagne, & où les figures ne font que les accessoires. & PERSPECTIVE. C’est la face & les côtez d’un édifice. Les tableaux qui font faits pour représenter des bâ- timens tracez dans toutes les régies & conduites par lignes & diminution de couleurs. fs PROFIL. C’est le contour de quelque figure ; on dit le profil d’un visage,quand on n'en voit qu’une partie. _ JÛT PRONONCER. C’est marquer & spécifier les parties de toute forte de corps avec la force & néteté, dont elles font susceptibles. (st TENDRESSE. Douceur; on dit: tout est feint avec beaucoup de tendrcste. PEINTURE , peinturée , adj. [ Piftus , delineatus. ] Qui n’est couvert que d’une feule couleur. (Un plancher peinturé de jaune, de rouge, de bleu, &c. Les piroiietes font peinturées.) t PELACIIE, st st Espece de peluche grossière faire de fil & de coton. PELADE, st st [Alopecia.J Mot injurieux qui se dit des véroíez. ( Avoir la pelade. C’eit avoir la tête toute pelée après qu’on a sué. Que la tigne avec la pelade Se jette deffUs ma salade. S. Amant.) f La vérole se nommoit autrefois la pelade , patce que cette maladie annonqoit la venue de ia pelade, & avoit la vertu de faire tomber les cheveux de ceux qui en étoient attaquez. Ambroise Paré prétend que c’est á la pelade qu’on doit la découverte & l’invcntion des perruques. Si les gens de ce siécle là revendent au monde en celui-ci, ne s’imagine- roient-iis pas que tous les hommes ont la pelade, puis. qu’il s’en trouve peu qui ne soient coiffez, comme les vérolez de leur tems? Po/ybe de Polar d. î PELADE. C’est le nom de la laine que les Me- giíliers & Chamoifeurs font tomber paf le moïen de la chaux , de dessus les peaux de moutons & de brebis. PELAGE, st. m. 11 fe dit de !a couleur du poil de quelques animaux. (Ils font de diférent pelage, c’est-à-dire , la couleur de leur poil est diférente.) PELAGIENS-/ »». [ Pelagtani. ] Hérétiques fameux que Saint Augustin a combatu dans plusieurs ouvrages, & qui nioient la grâce de Jesos-Christ, la nécessité du batême, l’existence du péché originel. Le Cardinal Norris a fait une trés fesvante histoire de leur hérésie. / f PELAINS,/ »*. Ce font des satins de la Chiné. PELAMIDE,/ st [Belamys.} Monsieur Danet dit, que c’est un Poisson de Met, & qu’on apelle ainsi un jeune Thon qui n’a qu’un an. Mais il pour. roit bien íè tromper ; car je crois que la Pelamide est un poisson diférent du Thon, & qu’il a la chair moins rouge. PELARD, adj. [Lignum decorttcatum.} Epitéte qu’on donne à un certain bois, ou plutôt à de jeunes chênes, dont on a ôté l’écorce pour faire du tan, c’est ainsi qu’on l’apelle à Paris. Acad. Fr. PELARDEAUX- / »*. [ Aststula tomento farta. ] Terme de Marine. Morceaux de planches couvertes de bourre, de poix & de brai, qui fervent à boucher les écubiers, ou quelques trous qu’aura fait le canon ennemi. Acad. Fr. PELATRE, st. m. [Batilli patella.} C’est la partie de ia pèle qui est la plus large & qui a ordinairement des rebords. ( Un pelatre mal-fait.) PELAUDER. [Acerbis iïiibus excìpere.} Terme populaire. Latte à coups de poings ou de main. (Les écoliers font sujets à fe pelauder en sortant du Collège.) PêLE , pèle , ou pêne , st m. [ Patella. ] Terme de Serrurier. On dit pêne ou pèle, mais le plus usité de ces deux mots c’est pêle. C’est ua morceau de feí PEL qui est dans la serrure, qui ferme la porte ou le couvercle d’un cofre & que la clef fait aller (Le pêle en. tre bien avant dans la gâche. Le pêle de cette ferrure va bien.) PêLE, ou pelle . st. st. [Patella sterrea.} Instrument de set dont on fe sert pour prendre du feu, des cendres, des balieures & autres choses qui font à peu près de cette nature. Cette forte de pelle est composée d’un manche, au bout duquel il y a ordinairement un bouton de fer, & d’un pelatre avec des rebords. (Pèle rompue. Faire une pèle.) PE'LE , ou pelle , / / [ Patella. ] Instrument de bois qui est composé d’un manche & d’une partie qu’on apelle le plat de la pèle, dont on se sert pout prendre diverses choses, comme gravas , fumier, terre , & dont on fe sert aussi pour remuer diverses petites choses, comme blé, avoine , &c. 11 y a des pèles de fer qui ont un manche de bois, (lesquelles on fe sert pour remuer la terre. (Faire provision de part & de pèle pour un siège. Pèle pour enfourner.) PELE', pelée , adj. [Cllaber , dépliât us.} Qui est pelé. Qui n’a plus de poil, qui n’a plus de peau. (Co- chon de lait pelé. Amande pelée.) PELE', / m. [Çahus. ] Ternie injurieux , pout dire qui a peu de cheveux à la tête. Qui a ia tête fort dégarnie de cheveux. (C’est un vieux pelé tout jaune, & qui n’a plus de dents. Ablanc. Luc. Qui est ceí autre pelé , Ablanc. Luc .) II n y avoit aux Etats que trois teigneux A? un pelé. Votez le Catolicon d'Estagne. C’est-à-dire, il n’y a- voit que des gens de nulle considération. ch PELECINUS,/ m - Plante dont les feuilles ressemblent à celles de la vesse , ou du stecuridaca. Sa semence est propre pour exciter l’urine , pour lever les obstructions, pour sottisier l’estomac , étant prise en poudre ou en décoction. On cultive cette plante dans les jardins. PE'LE'E , st. st [Patella plena.] Plein la pèle. (Prendre une pêlee de feu. Donner une pelée de feu. (11 y en a qui disent pélerée. f L’Academie admet pélérèe , dans les mêmes phrases où l’on dit pelée. PE'LE-ME'LE , adv. [Promistcué , permixté , confuse.'} Confusément & en désordre. (Entrer pêle-mêle dans une ville. Ablanc. Arr. I. i. c. 4. Us entrèrent pêle- mêle dans la place. Vaug. Quint, l. 4.) fjf Malherbe dans fa Profopopée d’Ostende. Tout ce dont la fortune aflige cette vie, Pile mêle assemblé me presse tellement. Surquoi M. Ménagé a fait cette observation í pile* ,, mêle, ce mot est toujours de la haute poésie. Air. „ Chapelain s’en est servi dans fa Pucelle, (faible „ autorité, ) & M. de Segrais dans son Eneïde ; & ,, comme son étimologie est fçùè de peu de perl’on- „ nés, je la remarquerai ici par ocasion. Pêle-mêle „ vient de pejstulum & de misculum. Pejstulum est le „ diminutif de pejstum , qui signifie le fond , d’où „ Vient cette façon de parler pejjmn ire , pour dire „ aller au fond du latin pejstulum , dans cette signifiât cation de fonds on a fait le François pesle, qu’on „ a dit aussi pour un verrouil du Latin pejulum », dans la signification de verrouil, dans lequel ce », mot de pesle est usité encore aujourd’hui par le „ petit peuple de Paris: mais Chapelain & Ménage ne pourront jamais placer pesle mesle dans la haute poésie. x. x-tXàix > - - i_-'-*- -lit pi CIUICIC silabe de ce mot courte & fort doucement. Oter le poil. Oter la peau. Arracher l’écorce. (Peler des a- mandes, peler l’oíier. [Delibrare. ] Quelques-uns fe fervent de ce mot en parlant de cochons de lait, & en ce sens peler signifie ôter la peau avec de Peau chaude, mais en cc sens, le mot de peler n’est pas le mot d'u sage, & en fa place on dit échauder un cochon de lait & jamais peler un cochon de lait. C’est ainsi que les Traiteurs les plus fameux de Paris que j’ai vù là-dessus l’ont décidé. t PELER la terre. C’est en enlever du gazon. Peler des allées , c’est en enlever de la terre & de f herbe avec la bêche, la pèle. PELERIN , st m. C Peregrinator. ] Celui qui va en pèlerinage & qui a le bourdon & le coletin, (Etre pèlerin. Vivre en pelerin. Un pauvre pèlerin.) Rouge au soir, blanc le matin, jour de pelerin. * PELERIN , [ Camus , callidus , vafir.} Mot bas ft comique, au figuré. 11 fe dit des personnes, & selon les PEL les choses dont on parle, il a un sens satirique & ofen- sant. Si l’on dit d’un jeune homme qui aime les bel. les, & qui en a quelquefois des faveurs, c est un Ion pelerin , c’est-à-dire, un galant, un éveillé, qui fait son possible pour se bien divertir. Quand ori parle d’un homme qui ne songe qu’à venir à bout de ses desseins par toutes fortes de maniérés libres & gaillardes, le mot de pèlerin est choquant, & veut dire libertin , gaillard, fripon & scélérat, C’est dans ce sens qu’iJ semble que Molière ait dit, Si tu connoiíl sois le pelerin , tu trouverois la chose assez facile pour lui, Fejiin de pierre , a, t. sc. i. PELERINAGE , f m. [ Pcregrinatio votiva. ] Volage qu’on fait par dévotion en quelque lieu, où répol'e quelque corps Saint. Volage qu’on fait par dévotion eh un lieu où il y a quelque chose de Saint. (Aller en pèlerinage à Saint Jacques.) 0 ' PELERINAGE. Soit par un motif de dévotion, ou peut-être par un esprit de libertinage, ces pèlerinages étoient cn usage parmi toutes les Nations. On prenoit même avec certaines cérémonies l’habít de pelerin , qui conlistoit particulièrement dans un bourdon & dans une escarcelle. M. Ducange a traité fort au long des anciens pèlerinages dans fa quinzième Dissertation fur Joinvilie , où l’on voit que nos Rois voulant entreprendre quelque volage d’outre Mer, aprés avoir chargé la figure de la Croix fur leurs épaules, avoient acoutumé d’aller à Saint De* nis, & là aprés la célébration de la Messe , ils rece- voient des mains de quelque Prélat le bâton de pèlerin & l’escarceíle, & même {'oriflamme. C’est ainsi que Louis le Jeune, Louis VIL Philipe Auguste en usèrent, & Richard Roi d’Angleterre, qui partit dan» le même tems du Roi Auguste, vint à Tours, où il prit par les mains de Guillaume de Tours le bourdon & l’escarcelle de pelerin. Le méme a remarqué que souvent on se servoit du mot Ecbcnpe , au lieu de celui d’escarcelle , parce qu’on attachoit les escarcelles aux écharpes dont on ceignoit les pèlerins, Guillaume Guiart en ì’an 1190. Le Roi en icel tems s’apresta Si comme Dieu l’en avisa De là aller où promis a Autrement cuideroit mestrendye L 1 écharpe (Vf le bourdon va prends t A saint Denis dedans l’Eglise Fuis a l’oriflamme requise Que l’Abé de céans Ii bailla. 0 On est bien revenu de cet empressement daller chercher bien loin des secours, que l’on pouvoit trouver chez foi par ses prières & par ses bonnes œuvres, Une longue absence avoit quelquefois des fuites fâcheuses. Témoin cette Epigramme où le Poète aprés avoir promené pendant 2. ans son pelerin , dans {'Espagne, dans l’italie & dans les lieux Saints pour obtenir des enfans, en trouva trois que safem- me avoit fait pendant son absence. Quid profecerit hoc labore quœrìs , 2 r es natos reperit domum reversas. PELERINE, /. f. [Qu floton, f m. [Glot nus, glomer.J Prononcez floton. C’est une maniéré de fort petit coussinet, rempli ordinairement de son, & couvert de serge , d’étofe, de broderie, ou de soie j où l’on met des épingles, que de petites filles & autres portent pendu à la ceinture pour y ficher des épingles. (Un joli peloton.) PELOTON, floton. [Globus nudusf) Terme de Ra. quetjer. C’est le fond de la baie, lié avec de la ficel- le. œ (Couvrir un peloton. Lorsque le peloton est couvert , c’est une baie.) * PELOTON, floton. [Manipulas, catervaj Terme de Guerre. Ce sont quarante, ou cinquante fantassins qu’on poste dans les intervales des escadrons pour soutenir la cavalerie. (On mit un peloton entre chaque intervale des escadrons, Relation de Rocroi. Poster des pelotons dans les intervales des escadrons. Les pelotons ont fair grand feu. Les ennemis pensant nous tailler des croupières , Firent trois pelotons de leurs gens à cheval. Mol.) t Les Pelotons d’infanterie entrelassez parmi les escadrons, font d’une grande utilité. Ces pelotons ne (ont pas du goût de certaines gens; mais l’Histoi* re ancienne & moderne est toute remplie de ces sortes d’exemples , & tous les grands hommes qui s’en font servis pour supléer à la faiblesse de leur cavalerie , ou pour s’assúrer la victoire, s’en font toûjours bien trouvez. Polybe de Mr. de Folard , Tom. IV. 11 se dit aussi d’autrcs gens qui s’assemblent par petites troupes dans les rues. [Turtna conglobata.J PEL f * C’est un peloton de graijse. [Globus adipis.'] Ces mots en parlant d'otfeuu, veulent dire que l’oiseau dont on parle est bon & gras. , ' PELOTON , s. m. [ Glohulus. ) C’est du fil, de la laine, ou de la foie devidée en rond comme une petite boule, & en ce sens on dit figurément, dévider le j peloton, quand on débrouillé quelque afaire. PELOTON. Se dit de la posture d’un homme, dont les membres font ramassez. En hiver il y en a qui se tiennent dans le lit en petit peloton pour avoir plus de chaud. PELOUSE , f f. [Carnpus gramìneus.'} Prononcez presque plouste : mais on le peut faire de trois si. labes, en prononçant la prémiére fort courte & fort doucement. C’est une forte d’herbe courte & douce. [Vautre étourdi tombe à l'envers Quilles à mont fur la pelouse, b. Amant, Rome ridicule.) t PELU, fdiiè , adj. £ Villojus , pilofus .j Chargé poil. Pute p due. Ces mots se disent au figuré, d’un hipoente qui est ilateur & trompeur. On dit plus souvent velu que f élu. PELUCHE > f f. [Villoja pdlisfl Prononcez prêt que pluebe. C’est une sorte de panne à grand poil, servant à faire des doublures. (Peluche verte, gri. sc, noire, bleue , rouge, &c. PELUCHE. [Vilìofa fiorum folia .J Terme de Fleuri, ste. C’est le velouté de la fleur de l’anemone. (Anémone à peluche rouge. Fond de peluche d’anémone. Le calice , le cordon & la peluche font une belle anémone , & ce qui rend une anémone parfaite, c’est lorsque ces trois choses font de diférente couleur.) PELUCHE', peluchée , adj. [ ViPosus. ] Terme de Fleuriste. Qui est embeli d’une peluche. (Une anémone peluchée. Morin, traité des fleurs , p. 78 .) PE LURE, f f [Frucluum cutis.'} Prononcez presque plure. C’est la peau qu’on ôte de dessus quelque fruit, ou quelque fromage. (Grosse pelure. Petite pelure de poire, de pomme, de fromage, &c. Pelure de noix, de châtaigne, de grenade , d’orange. [Corium , cortex. ] î PENA1LLON, f. m. Ce mot est du stile familier , & signifie haillon. (Son habit s’en va en pe- naillons.) PENAL, LE, adj. [Pénalisé] Qui assujétit à quelque peine. (11 y avoir dans les premiers siécles parmi les Romains des Loìx pénales contre les Chrétiens.) H PENAL, f m. Espèce dé mesure de grains, diférente suivant les lieux où elle est usité. En Fran» che-Comté le pénal est semblable au boisseau de Paris, & en quelques endroits il est presque le double. t PENARD,/ m. [Vetulus, Jènex.J Le mot de penard se joint ordinairement k celui de vieux, & donne l’idée de quelque vieux homme qui est cassé. Elle a épousé un vieux penard qui la fait enrager quand elle regarde seulement un homme entre les deux yeux. C’étoit un vieux penard , qui n’étoit guère le fait d’une Demoiselle, mais elle l’a pris pour ses écus. Ma foi j'en fuis d’avis , que ces penards chagrins Et vertueux par force , ejperent par envie Oter aux jeunes gens les plaisirs de la vie. Mol.) PENATES,T P- [Penates.J C’est le nom que les anciens Païens donnoient à leurs Dieux Domestiques. (Un chat contemporain d'un fort jeune moineau , Fut logé près de lui dès Page du berceau , La cage [f le panier avoient mêmes pénates. La Font.) Les Pénates & les Lares étoient des divinisez domestiques, que les Païens adoroient, suivant l’idée que chacun en avoir formée. Lares & Pénates étoient les mêmes Dieux fous des noms diférens, & selon plusieurs Auteurs, il n y avoir point de diferenec entre ces Dieux, & les autres, ou du moins ils étoient choisis entre les autres Dieux pour leur donner le foin & la protection des Empires, des Villes, des chemins, & des familles particulières; cependant cette diférence est marquée bien clairement dans cette ancienne Inscription citée avec plusieurs autres par M. Baudelot dans son Traité de Futilité des volages. DIIS , DEABUSQUE PENATIBUS FAM1LIARIBUS ET JOVI CIETER1S VE DÌBUS. Denis PEN Denis d’Haliçarnaffe a observé que l’on don- noic aux Dieux Pénates des noms diferens par raport aux fonctions qui leur étoient commises. Chacun a- voit la liberté de se faire des Dieux Pénates, que Von ne connoissoit qu’en idée, & qui par conséquent ne pouvoient être désignez ni par un nom particulier, ni par une figure singulière, telle par exemple que celle de Jupiter, de Mars, de Neptune, &c. Le même Historien dit que Timée a décrit la matière & la forme des Dieux Pénates en ces termes : „ Dans le fan- „ ctuaire du temple de Lavinium où Enée déposa j, ceux qu’il avoit aportez de Troye, ils portent des », caducées, & font faits de fer, ou d’airain ou de „ terre cuite, ce qu’il dit avoir apris des habitans „ du pais. Mais Denis d’HalicarnaíTe condamnant les ,, Historiens qui ne debitent que ce qu’ils ont apris î) par bruit commun, raconte que l’on montroit dans j, Rome proche du marché , un temple fort obscur „ & fort petit, où l’on voioit deux statues des Dieux ,, des Troïens avec cette inscription, Deuates , qui „ est la même chose que Pénates. Les Anciens qui ,, n’avoient pas encore l’usage de la lettre P. Ce ser- „ voient en fa place de la lettre D. Ces deux fi- », gures d'un ouvrage très-antique , repréfentoient „ deux jeunes hommes, qui tiennent une pique à ,, la main. Nous avons vû dans plusieurs autres „ temples , les statues des mêmes Dieux fous la „ forme & fous l’habit de deux jeunes guerriers. „ On permet à tout le monde de les examiner, & ,, de satisfaire fa curiosité, & il n’est pas permis de >, redire ce qu’on en a apris. “ Voici ce qu’en ont dit Callicrate dans son histoire de Samothrace, Laty- rus dans la collection des anciennes tables , & Ara- tinus le plus ancien Poète que nous connoiflìons. ,, Chrise, difent-ils, fille de Pallas, en épousant Dar- „danus, aporta pour fa dot, le présent de Mercu- ,,re , c’est-à-dire, les Palladiums & les statues des „ grands Dieux, instruite des cérémonies qu’elle ds- ,, voit accomplir pour les honorer, mais uns "par. ,, tie des Arcadiens qui sortirent du Péloponèse pour ,, éviter le déluge, s’étant établis dans une Isle de „ Thrace , Dardanus y bâtit un temple aux Dieux ,, qu’il portoit, fans faire connoître le nom de ces „ Dieux, & il íe contenta (d’instituer en leur hon- ,, neur des sacrifices , que les Samothraces observent encore à présent ; pour lui il passa dans l’Asie avec un plus grand nombre d’Arcadiens, qu’il n’en ,,avoit laissé dans la Thrace, & il emporta le Pal- s,ladium & les autres images des Dieux; il consul- ,, ta ces métnes Dieux fur ce lieu où il devoits’éta- „ blir, & ils lui répondirent, dans la ville que vous », bâtirez, vous aurez soin de rendre tous les jours „ aux Dieux , que vous avez aportez, un culte di- „ gne d’eux : vous garderez exactement tout ce qui „ est prescrit pour les sacrifices, & tant que vous „ conserverez dans vos Etats, les images vénérables ,, de la Déesse que vous a aporté vôtre femme, vô- „.tre ville fera à l’épreuve de vos ennemis. Quel- „ que tems aptes Dardanus bâtit une ville, à laquel- ,, le il donna son nom, & où il placa les statues „ des Dieux. Quand Troye fut achevée, ses descen- „ dans y transportèrent ces précieux monumens, & ,, les Troyens leur dédièrent un temple, & un san- ,, ctuaire dans la haute ville, persuadez qu’ils ne pou- „ voient prendre trop de seureté pour conserver un „ dépôt, qu’ils sçavoient avoir été fait par les Dieux, „ & dont dépendoit leur salut : mais tandis que les ,, Grecs se rendoient maîtres de la basse ville , Enée „ se retira dans la haute, d’où il transporta ces grands „ Dieux & un des Palladiums. Le Prince Troïen chargé de ces précieuses dépouilles , les porta avec lui en Italie. Virgile dans son second livre de l’Eneï- de, fait raconter par son héros les circonstances de cette triste fuite : Pendant que mon père me parloit, & s’ofroit à me suivre dans ma fuite, nous entendions pétiller les fiâmes, le feu s’augmentoit à tout moment, & nous faifoit sentir sa chaleur. Allons, mon cher père , lui dis-je , & partons , je vous por- . terai fur mes épaules, Iule m’accompagnera, & ma femme nous suivra ; prenez donc, mon père , ce que nous avons de plus sacré, & nos Dieux pénates, car il ne m’est pas permis de les toucher ; je me charge ensuite de mon père, tenant par la main le jpetít Iule, & ma femme nous suivoit. Tu Genìtor , case sacra manu , patriosque pénates. Á PEN 79 íjf II raconte dans un autre endroit son embarquement , pour éviter d’être enseveli sous les ruines de fa patrie. Littora tum patria lacrymans portusque relinquo , Et campos ubi Troia fuit , feror exul m altum Cumsociis , natoque , Penatibus Qfj mágnis Diis. jQf Enfin aprés une longue & périlleuse navigation, il arriva à Lavinium, où U mit ses Dieux Pénates dans un endroit caché & peu connu d’un temple qu’il' choisit pour leur retraite : mais après fa mort Ascagne , pour obéir à l’Oracle , qui avoit autrefois ordonné à son père de bâtir une nouvelle ville, où il fit passer les Laventins & les Latins qui voudroient le suivre, jetta les fondemens d’une nouvelle ville, à qui il donna le nom d’Albe la longue , à cause da la longueur de sa situation, & dans le tems .où l’on travailloit à parachever le temple, on y avoit transporté les Dieux qu’Enée avoit porté à Lavinium. On trouva le lendemain de leur transport, que leurs figures étoient dans le même lieu d’où elles avoient été tirées, quoiqu’il ne parût aucune fracture aux portes ni aucune brèche aux murs du temple. On les transporta une seconde sois de Lavinium dans Albe, après avoir fait un sacrifice, pour obtenir des Dieux la liberté d’executer l’Oracle : mais on les retrouva le lendemain dans leur prémiére place. Un évene- nement si extraordinaire causa un grand trouble parmi les Troïens, & après une longue délibération on prit le parti de laisser ces Dieux à Lavinium, & de choisir dans Albe ceux à qui l’on donneroit le soin des sacrifices. On en établit en effet six cens , dont Egare fut le chef, lesquels repassèrent avec leurs familles à Lavinium ; & comme cette ville ainsi qu’Al. be furent dans la fuite détruites, & leurs habitans transplantez dans Rome, leurs Dieux Pénates qu’Enée avoit aportez, y furent reconnus par un culte particulier comme protecteurs de l’Etat & des particuliers. {$ Ces Dieux étant de l’invention des hommes, n’avoient ni forme particulière , ni nom même qui les distinguât des Lares, ainsi chacun les formol t suivant son idée , & en ehoisissoit la matière sans aucune préféren- ce : mais il faut avouer que les Romains en usoient bien familièrement avec eux, puis qu’ils avoient acoutumé lors qu’ils aboient en voïage, d’en métré quelques-uns parmi leurs bardes. J’ai, dit Apulée dans son Apologie, cette coutume de porter en quelque endroit que j’aille la figure de quelque Dieu Pénate parmi mes livres; il est vrai qu’il ne spécifie pas ce Dieu qu’il porte avec lui. Na>n , dit-il, morem mihi babeo unum Jìmulachrum inter libellas gejiare. Mais on ne doit pas douter, que ce Dieu ne fût un des Pénates que l’on ne féparoit point du domestique & de la famille de chaque particulier. t PENAUD, penaude. [Rubore perfufus.) Ce mot est vieux & bas. 11 signifioit, triste, confus, L étonné de quelque accident qui étoit arrivé. (11 est penaud comme un fondeur de cloches. Elle a été fort penaude quand on l’a prise sur le fait.) PENDABLE, adj. [Sujpendío dignus.J Prononcez pandable. Qui mérite la corde. Digne de la potence. (C’est un cas pendable. La poligamie est un cas pendable. Mol.) £ PENDAISON, f f. Penderie, exécution de pendus. (La pendaison le fait trembler. On a fait une terrible pendaison.) II est du stile familier. PENDANS dìoreilles , f. m. [Inaures.J C’est quelque chose de joli ou de précieux, comme perle, ou autre pareil ornement qu’on atache à l’oreille, pour parer la personne qui le porte. ( Cléopâtre avoit deux perles en pendans d’un prix inestimable. César eut, après la mort de Cléopâtre, une de ces perles, & il la fit scier pour en faire deux pendans à la statué de Venus. Citri , Triumvirat, ;. p. ch. ij.) j (f PENDANS d’oreilles. Ils ont été il y a long-tems un ornement de l’un & de l’autre sexe. Les Grecs & les Romains se servoient des perles & des pierres les plus précieuses pour parer leurs oreilles, avec cette diférence remarquée par Isidore , liv. rg. de ses Orì. gines cb. ji. que les jeunes filles avoient un pendant à chaque oreille, & les jeunes garqons n’en avoient qu’à une seulement; Les Grecs nommoient les pendans d’oreilles , les Latins inaures, ou Jia- lagmia. Une servante demande à Ménœcme. u ft. j. sc. de lui donner de quoi acheter des boucles & des pendans d’oreiiles. Ama.i 80 PEN Amabo 74 i Menucme incnireis da tnibî. Faciundas pondo duum nummuin Jialagmia, 0 Juvénal nous aprend aussi dans ta satyre sixié- me que les Romains nommoient encore Elencbì les pen- dans d’oreílles. Nil non permittit fibì mulier, turpe putut nil Cum virides gemmas colla circum dédit, N Clílil Aurìbus extentis niagnos commijìt Elencbos. (§ Les Grecs avoient plusieurs noms diférens pour exprimer les pendans d’oreiiles. Hesycbius & Julius Pollux en ont remarqué quelques-uns. Quant à la forme , à la matière, au poids, & à l’ouvrage il n’y a point eu de régie certaine, chacun a suivi son génie, ses forces & fa vanité, & le luxe n’a pas été moindre dans cette espèce d’ornement que dans tout ce que l’amb^ion & la volupté ont pû inventer pour satisfaire l’orgueil des hommes. Nous aprenons même de quelques inscriptions raportées par Gruter, qu’il y avoit des femmes & des filles, qui n’avoient d’autre emploi que d’orner les oreilles des femmes, comme nous a- vons des conteuses. 0 Les pendans d’oreilles étoient du nombre des Choses , dont les mères ornoient leurs filles, pour pa- roitre devant celui qui devoit devenir leur mari. Ce foin eít bien dépeint par Claudien fur un des Consulats dTIonorius. jìc vclut ojjiciis trepidantibus ora puell* Spe propiore thwi mater solertior ornât Ádveniinte proco, vejiesque [fi cingula vomit 5,f pe manu , viridique angujiat jujfridc peclus, Sublirbigitque cornant gemmis, U colla monili Circuit, U baccis onerat candentibus aures. 0 Les peuples les moins polis, ou plutôt les plus sauvages, n’ont point d’autre parure que celle des pendans atix oreilles , au né, aux joues, & au défaut des perles, ils se servent de coquilles, ou de petit cailloux. Votez les voyageurs. Les curieux apellent pendans d’oreille deux tableaux «pariez qui ne se peuvent vendre l’un sans l’autre. PENDANT, / m. Prononcez pendant. [Enjis lorum penjììe.J Terme de Ceinturier. II se dit parlant de baudrier & de ceinturon. Les deux pendans du baudrier , ou du ceinturon, ce sont les parties du baudrier qui pendent au bas du baudrier, & au travers desquelles on passe l’épée. La plupart des soldats apellent ces pendans , coudions, mais ce mot ne se dit qú’en riant, & entre gens un peu libres. PENDANT, adj. [Pendulus , sujpenj'us.) Qui pend, qui est a taché par en haut. (Les Edits font scellez en sceaux pendans en lacs de foie. On dit qu’un homme va les bras pendans, quand il a une contenance sote, & qu’il ne sçait que faire de ses bras. On dit aussi qu’un homme a les oreilles pendantes , quand il est extrêmement fatigué.) ■f * Couteau pendant , se dit d’un homme qui est prêt à tout faire pour un autre. (II est le couteau pendant d’un tel. PENDANT. Terme d'Horloger. C’est la partie de la montre où est ataché un anneau, dans lequel on pas se un ruban. PENDANT. Terme de Mer. Banderole qu’on arbore ordinairement aux vergues pour faire quelque lignai, ou servir de quelque embdissement. PENDANT, / m. [Cartes penjiles m Jiemmate .] Terme de lìlafin. 11 se dit des parties qui pendent au lambd. PENDANT, pendante, adj. [Lis pendens.) Terme de Palais. Qui lignifie, qui n’eji pas encore décide'. Qui n’ifi pas encore jugé. (Procès pendant à la Cour. Procès pendant à la grand’ Chambre.) PENDANT. [Per , inter P] Préposition qui régit l’acu- satif, & qui veut dire, durant, par un certain espace de tems. (Pendant le sermon, pendant la paix, ou la guerre. Pendant une aimable jeunejje On rtejl bon qu’á Je divertir , Et quand le bel âge nous laijsé On n’eji bon qu’a Je convertir. La Suze, poès.) 0 II faut bien prendre garde de ne se pas méprendre dans l’usage de pendant, & cependant. Ils signifient deux choses diferentes. Malherbe a dit dans Ion Ode à la Reine mére pendant fa regence. Grand Henry , grand foudre de guerre Que cependant que parmi mus Ta valeur étennott U terre PEN Les dejiins firent son époux, fis II saloir dire pendant, qui marque un rntervaíe de tems. Le Poète dévoie aussi s’apercevoir du mauvais esse t des que si proches l’un de l’autre. PENDANT que. [Dum, interea, cum.) $orte de con. jonction qui régit Vindicatif, & qui signifie, tandis que. (Pendant qu’on fait des livres on n’a guère d’argent.) t PENDAR.D, fi m. [Furcifer, nequani. J Pronom cez punditr. Méchant, coquin, fripon, scélérat. (Nous verrons cette afaire, pendard, nous verrons cette afaire. Le pendard de Scapin m’a par tine fourberie atrapé cinq cens écus , Molière. Ab ! tu prens donc , pendard, goût à la bajionnade. Mol.) f PENDARDE , / f. [ Damnata. J Prononcez pan. darde. Méchante coquine, scélérate. (Parlez bas, pendante , Molière.') PENDELOQUE,// [Pendula cryjiatius.) Prononcez pandeloque. C’est un petit morceau de cristal qui est taillé en poire, & dont on se sert pour omet les corbeilles, où l’on porte quelque bouquet. (De jolies pendeloques.) $ PENDELOQUE, se dit aussi d’une parure de pierreries ajoutee à des boucles d’oreilles. (Elle a dc belles pendeloques.) Ce mot se prend aussi pour un pendant d’oreille , qui u’est que d’une piéce. PENDELOQUES. [Panni lacerati.'} On le dit en se moquant des pièces qui pendent des habits déchirez. (N. a toujours fa soutane pleine de pandeloques.) PENDENTIF, / ra. [Arca for nuis. J Terme ù’Architecture. C’est tout le corps de la voûte suspendue hors le perpendicule des murs, & qui pousse fut les arcs-boutans. PENDERIE, / / [SuJJenJio , JuJJendiiímJ Action de pendre au gibet. (II y a eu aujourd’hui grande pendeì-ie à la Grève, ou aux Terreaux, si c’est à Lyon, ou au vieux marché, si c’est à Rouen. PENDF.UR,/ m. [Funis JûJpenJòr tbroclea .) Ternie de Mer. C’est un bout de corde de moïenne longueur, qui soutient une poulie, où l’on passe la maneuvre. PENDILLER , v. n. [Osatiares) Prononcez panditlé. Etre pendu à quelque chose. (On auroit vû sous un cordeau pendiller ta tête folle, st, &c. PENDOIR , / m. [Funis JuJJenj'or .] Prononcez ptn- àoi. Terme de Charcutier. C’est un morceau de cor- dc pour pendre le lard. ( II faut mettre un pendoir à cette flèche de lard, & la pendre.) PENDRE, v. a. [Pendei'e, Jujpendtre.) Prononcez pandre. A tacher en haut. Je pend, j’ai pendu, je pendis. (Pendre le lard au plancher ; pendre une cloche.) 0 M. Sarastn a dit dans son Ode sur la prise de Dunkerque. II a puni ton orgueil Et de ta rage étouj'ée Sur le sommet d’un écueil Pend le glorieux trophée. 0 Ce dernier vers ne me paroit pas imitable ; les monosylabes sonnent toûjours mal au commencement du vers. PENDRE. [CVk« Jujfigere.’} Etrangler à une potence , à un gibet. (II y a un Roi en Asie ou en Afrique , qui tient à gloire de pendre lui même ses su- jets. Furetiere, Roman liourgeois. De trois serpens pendez-eìi deux Le monde n’en J’era que mieux. Et quand Pierre fera pendu , Le momie n’aura rien perdu.) f Dire pis que pendre. (Omnibus maledìcîis altquetìi proscindere.j C’est-à-dire, chanter poùilles à quelqu’un, & lui dire toutes sortes d’injures. II a mérité le pendre. 11 ne vaut pas le pendre. 11 semble que dans ces façons de parler, le mot de pendre est pris comme un substantif. * PENDRE P épée au croc. [Arma depositre .J C'est- à-dire, quiter 1 épée & le metier des armes. * bigote a pendu le rosaire au croc Jì-tòt quelle a été mariee. C’est-à-dire, elle a levé le masque & a cesle dc faire la dévote. Se pendre, v. r. [Laqueo vìtatn Jìbi eiipere. ] S’é- trangler soi-mêtne. (U* n’ont pas un courage d’ilcariot pour se pendre eux mêmes. Furetiére , Roman Bourgeois.) PENDRE est aulsi quelquefois substantif, comme dans cette phrase. (C’est un traître qui ne vaut pas le pendie.) PENDRE. Se dit aussi d’une plante de l’isle de Madífo PEN Madagascar, & dont les feuilles font semblables à celles de l’aloès. PENDU , pendue , adj. [Suspensus.'] Ataché en haut. Ataché à une potence. (Lard pendu. Femme pendue.) PENDU. » pendue au croc. [Depojìtus J Ces mots se disent en parlant d’asaires & de procès, & veulent dire. . Qui a cessé. Qui n’est point poursuivi. Qui est laissé. (* Le procès eji pendu au croc. [Çeffata lis. ] C’est-à- dire, il ne se poursuit plus. 11 g cessé.) f L’afaire eji pendue au croc. C’est-à-dire, elle ne se poursuit plus. Elle est laissée. f PENDU , pendue au croc. Ces mots se disent en parlant d’épée & d’autres choses, & signifient. Qui ne sert plus & qu’on a abandonné. (Son épée est pendue au croc il y a plus de dix ans. Rosaire pendu au croc.) PENDU. Ataché à quelqu’un que l’on caresse. (Ce jeune marié est si fou de sa femme, qu’il est toujours pendu à son cou, & qu’il ne la peut quiter.) Je veux être pendu Jt, Uc. Espèce de jurement dont on se sert pour atìrmer quelque -chose. [A quoi sert de parler que pour être entendu? Et si je vous entens, je veux être pendu. Bours. Esop.) PENDU , f. m. [Cruciariiu , fujjendioj'uí.'] Celui qui a été étranglé à la potence par le bourreau. (Les corps des pendus apartiennent au bourreau , qui les vend aux Chirurgiens pour en faire des dissections. De cent pendus, il n’y en a pas un de perdu, Roman Bourgeois , Epitre au Bourreau. C’est-à dire, la plupart des gens qu’on pend font sauvez. On dit quand un homme sait bien ses a faires, qu’il a de la corde de pendu ., Roman Bourgeois, Epitre au Bourreau. Ces blasons frauduleux ajoutez à des vitres , ' Contre les droits du Roi font autant de faux titres. Et l’intervale eji bref de faussaire à pendu. Bours. Esop.) PENDULE , J- f. [ 'Horologtum oscillatorium.] Prononcez pandule. C’est une sorte d’horloge qui est meilleure que les horloges ordinaires, & qui fut inventée en 1657. par Monsieur Huygens Matématicien Holan- dois. (Une belle & bonne pendule. Une pendule à ressort. Une pendule à ancre.) On en peut voir la description dans un ouvrage que fit Mr. Huyguens, imprimé à Paris 167;. fous le titre de borologio oscillatorio , ou dans Bion en 1716. PENDULE de poche, s.s. fPendulaiJ Sorte de petite montre de poche dont M. Huygens a donné l’inven- tion. (Cette pendule est chere.) PENDULE, s m. [Vibratos HorologiiJiylus pendulus .] Prononcez pandule. C’est une verge de fer qui sert à faire les vibrations du pendule. (La vibration dupe». dule est trop petite.) Le mot de pendule est encore plus général. Et c’est un terme de Physique, qui signifie un poids attaché à une corde, ou à une verge de fer, suspendue à un point fixe, qu’on apelle le centre du mouvement. Et ce poids étant une ibis agité & mis hors de la ligne de direction, fait plusieurs vibrations, jusqu’à ce qu’il se soit mis en repos. Les vibrations du pendule fe font en des espaces de tems égaux, quoique les espaces que parcourt le pendule soient inégaux. Galilée est le premier qui a fait des observations fur le mouvement du pendule. La longueur du pendule détermine le teins dans lequel se fait chacune de ses vibrations. Un pendule long de cinq pieds de Roi, fait 1846. vibrations fim- Î ìles dans une heure, Ozan. Dicì. Math. Un pendule ong de trois pieds huit lignes & demie, marque les. secondes, à chacune de ses vibrations. Un pendule de quatorze pieds dix pouces, marque deux secondes. Un de trente-cinq pieds six pouces & une demie ligne, marque trois secondes. Enfin un pendule de 10912. pieds six pouces, marque une minute. Voïez la page 70. des additions à la Géométrie de Hacquet. Voïez aujfi Vibration. PENE. Voïez penne. PENE, f m - Terme de Serrurier , qui veut dire pèle de serrure. Voïez pèle. PE'NES. Terme de Mer. Ce sont de certains bouchons de coton ou de laine attachez au bout d’un bâton pour suifrer, goudranner & brayer un navire, fourn. On apelle ces bâtons, bâton à valdel. PENET RABLE > adj. [ Penetrabilis .] Qui peut gtre pénétré, percé. On dit .de diverses choies, soit PEN 8 1 au propre, ou au figuré, qu’elles ne sont pas pene- trahies. Mais on dit plus souvent qu’elles sont impénétrables. Voïez impénétrable. f PENETRABILITE',/ f. Terme dogmatique. Qua- lité qui rend penetrable. On dit la penetrabilité des corps. PENETRANT, pénétrante, adj. \_Meabilis, pervadens, permeans.J Qui pénétré, qui entre dedans. (Le mercure est pénétrant. L’action du feu est pénétrante. Un froid pénétrant, c’est-à-dire, violent & qui se fait sentir.) f Un esprit pénétrant, [Actes acris ingeniì.J C’est-à. dire, subtil & élevé. fr PENETRATIF, ive , adv. Terme Dogmatique, Qui pénétré aisément. (Qualité penetrative.) PENETRATION , f f C ImmiJJìo unius corporis m aliud. ) Prononcez penetracion. C’est l’action "par laquelle une chose entre dans une autre, ou ocupe la même chose. (La pénétration de Peau dans une épon- ge ne fait que chasser Pair qui étoit dans ses pores. Mais la vraie pénétration des corps par laquelle deux corps scroient ensemble en une même place, est im- possible & absurde en Phisique.) * PENETRATION. [Ingenii perjpicacia, aciesj Ce mot au figuré se dit de Pesprit, & lignifie vivacité. Lumière d’esprit. Intelligence. (N’avoir aucune pénétration d’esprit. C’est un homme qui a de la pénétration.) PENETRER, v. a. U v. ». [Penetrare , pervadere , permeare.J Entrer avant. Entrer & enfoncer dedans. Percer. (Pénétrer jufqu’au cœur du pais. La pluie a pénétré mon juste-au-corps. L’esprit de vin, les baumes , les huiles , &c. pénétrent la peau & passent dans la chair, & jufqu’aux nerfs & aux os. Les doux pénétrent dans le bois. 11 y a du cuir si fort que l’eau ne le peut pénétrer. Ce coup d’épée a pénétré jufqu’au cœur.) * PENETRER, v. a. [Percellere.’J Outrer. Toucher de passion. (.* Elle avoit le cœurpenetré de ces tristes nouvelles. Cela m’a pénétré jufqu’au cœur.) Abl. * PENETRER. [ PerJJicere , introfpicere.J Concevoir. Aprofondir. (* Pénétrer ce qu’il y a de bien & de mal dans une action, Pasc. I. 4. Ho, ho, dit le Père, vou» commencez à pénétrer, Pasc. I. 7. En amour quelquefois il eji bon d’ignorer , Et souvent vouloir ■ pénétrer Aprend de méchantes nouvelles. Bussy.) Saint Augustin est le Docteur de l’Eglise qui a pe« netré plus avant dans les matières de la grâce. Et dans nôtre siécle on peut donner ce même éloge à M. l’Evêque d’Ypre & à M. Arnaud. PENIBLE , adj. [ Operojus, laboriosus , difficìlis , molejius .) Difficile. Qui donne de la peine. Un pénible ouvrage. Volt. poès Chose pénible , Abl. Et moi fur ce sujet , loin d'exercer ma plume, Sf-’amajje de tes faits le pénible volume. Despr. Ep. 8-) f PENIBLEMENT, adv. [Operosè.'] D’une maniéré pénible. Avec peine. (On voïage péniblement dans les pais marécageux.) PEN IDE8, J- /• [PenediaJ Terme de Pharmacie. Sucre cuit avec une décoction d’orge jusqu’à ce qu’il soit cassant. Quand il est ainsi cuit, on le jette sur un marbre oint d’huile d’àmande douce, puis on le malaxe en pâte avec les mains, & pendant qu’il est chaud on le met en bâtons tortillez comme des cordes. Ces penides sont excellentes pour le rhume. f PEN 1 L, f tn. [Pâte.) Vieux mot qui ne peut entrer que dans le burlesque. C’èst la partie qui est au-dessus des parties naturelles, & qui est couverte de poils à un certain âge. 4 PENIN , ou PENNING,/ m. C’est le dénier de Hollande. II vaut un cinquième plus que ne valoit le denier tournois de France. PENINSULE,//^ {Pemnfula.j Terme de Géographie. Ce mot est Latin. On dit plus souvent en. François presqu’île. Voïez Prejqu’ile. $ PENIS TON, OU PANISTON, / m. Etofede laine qui se fabrique en Angleterre. C’est une espece de molleton. PENITENCE , s s [solor de peccato commis J o.} Terme d 'Eglise. Prononcez pênitance. Le mot de pénitence vient du Latin pœnitcntia, & il ne se dit ordinairement dans nôtre langue qu’en des discours où l’on Tome III, L parle 82 PEN parle de pieté. Cejl une vertu qui nous fait concevoir de ia douìeur de ms pechez : C’ejl un retour dupecheur à Dieu avec une ferme résolution de ne plus pecher a P avenir. (Et dans ce sens on dit que la pénitence doit être véritable, constante, courageuse, & non pas lâche & endormie, ni sujette aux rechutes , Pascal, Lettres provinciales , l. 10. Exhorter à la pénitence. Porter a la pénitence. Maucroix , Homélies de saint Chry- fojlome. Pourras-tu le teint frais faire aimer Pabstinence , Et les cheveux poudrez prêcher la penitence. Vill.) PE'NITENCE. [Panitentia Sacramentum.'} Ce mol en termes d’ Eglise Romaine , est un Sacrement que Dieu a institué pour remettre en fa grâce ceux qui Pont perdue p.ar les pechez qu’ils ont commis depuis le baptême, Monsieur de saint Ciran , Théologie familière, le- son 16. Jelùs-Christ a institué le Sacrement de Pénitence. Eve. Expliquer le Sacrement de Penitence. H y a des livres qui traitent de la matière, de la Forme, & des éfets de la pénitence. Les Ministres de la pénitence, ce font les Prêtres, PE'NITENCE. [ Pana pìacularU. ] Terme à'Eglise. Peine que le Prêtre impose au pénitent pour tâcher dans ce monde à satisfaire en quelque forte à la Justice de Dieu, & à apaiser sa colère. (On dit en ce sens, donner une pénitence. Imposer une pénitence , S. Ciruns PE'NITENCE publique. On a eu raison ce me semble, d’abolir dans l’Eglisc les pénitences publiques. Quel spectacle de voir à la porte de l’Eglise, un homme couvert de haillons, exposé au mépris ou à la raillerie de tout un peuple, fans y oser entrer comme les autres , pour participer au mérite du Sacrifice, & aux prières que l’on y saisoit pour tous les Fidèles ; lorsque quelqu’un étoit soumis à la pénitence publique, après avoir contesté ses péchez, on le metoit en pénitence avec des cérémonies efraïantes. Le Concile d’Agde canon u. ordonnoit qu’un Prêtre impoferoit ies mains au pénitent, à qui l’on ordonnoit de changer d’habít, & de prendre un cilice, & de foufrir qu’on Juï coupât les cheveux. C’est ainsi qu’on métoit en pénitence ceux que l’on jugeoit devoir subir cette peine ; & en cas de refus d’executer toutes ces choses, il fa- Joit les chasser honteusement, comme proscrits & séparez de la communion des Fidèles, dans quelques .endroits on jetoit de la cendre fur la tête du pénitent félon le témoignage de Tertullien dans son livre ssep». i nitentia, où il ajoute que le pénitent ne devoir vivre que de pain & d’eau, pleurer, crier & prier jour & nuit Dieu , & suplier les passans d’êtrc ses intercesseurs. C’étoit par ces pénibles exercices, que l’on méritoit l’abíòlution de ses péchez & le rétablissement dans la communion de l’Eglise : mais on ne parvenoit pas au recouvrement de son prémier état tout d’un coup ; il faloit passer par diférens degrez de pénitence. Le premier étoit de pleurer & d’attirer par ses larmes les prières de ceux qui entroient dans l’Eglise, comme il est porté dans la lettre 22. de Saint Isidore, où la pénitence publique est expliquée, selon l’usage de l’Egli- se Gréque. Dans le prémier état les pénitens compo- soient la prémiere classe des pleureurs ou des pieu- Tans; la seconde classe étoit composée des écoutans que l’on nommoit Audientes : mais il y avoit dans l’Eglise Latine deux sortes d 'Ecoutans, les cathecumenes & les pénitens. Les uns & les autres écoutoient également les leqons qu’on leur donnoít, & ['explication des saintes Ecritures; il leur étoit permis d’aflìster aux prédications. Mais dans l’Eglise Gréque on n’apelloic Ecoutans, que ceux qui étoient dans la seconde classe des pénitens. Ceux qui tnontoient dans la troisième classe étoient, nommez Projlrati prosternez, parce qu’ils étoient couchez le visage contre la terre, pendant que l’Evêque ou le Prêtre commis à cet éfet, faisoient des prières fur la personne du pénitent, ce que quelques Conciles apellent imposition des mains. Le quatrième degré étoit composé des conjifìans; parce qu’ils pou- voient rester dans l’Eglise avec les autres Fideles pendant le sacrifice, mais fans y offrir ni communier, comme il est marque précisément dans le second Concile de Nicée can. 12. A l’égard des pechez pour lesquels on etoit mis en pénitence, les usages, & les sentimens des Pérès étoient diferens. Nous ; vons plusieurs anciens pénitenciers, où l’on a marqué la qualité des péchez , ta durée dc la pénitence, & la rigueur de la PEN peine. Toutes ces choses dépendoient du caractère .& du génie des Evêques plus ou moins sévères. Quel- ques-uns metoient en pénitence pour ['expiation de tous les pechez mortels; d’autres ne l’imposoientque pour les péchez mortels quand ils étoient publics; ât d’autres enfin condamooient à la pénitence publique pour certains péchez quoique cachez. C’étoit une maxime générale de ne recourir à la pénitence publique qu’une fois pour le même crime, & quand on réci- divoit, on n’y étoit pas admis, la sévérité des exercises qu’on y pratiquoit, étoit extrême, & jusques à défendre de porter du linge, de manger de la viande, de boire du vin, d’aller à cheval ni dans une voiture ; enfin après avoir rempli tous les devoirs des véritables pénitens, on les reconcilioit à ['Eglise aveclea formalisez prescrites pour cette action, ce que l’on a- pelloit Exbomologéfe , suivant le sentiment de quelques Théologiens; car il y a des Docteurs qui croient que t’exhomologésc étoit la dernière confession publique des pénitens, avant la réconciliation; & c’est l’opi. nion qui me paroit la plus vraye: mais je ne m’enga- gérai pas davantage dans cette matière, qui convient mieux à un Théologien qu’à à un simple Grammairien. Elle a été traitée très-amplement par plusieurs Savans ; & pour en être parfaitement ia- slruit, il ne faut que recourir au Traité de !» pénitence , composé par le Pere Morin de i’Qratoi- re. Nous avons encore à présent des Confréries de Pénitens de plusieurs couleurs, mais qui n’ont tien de l’ancienne pénitence. Le Roi Henry III. institua dans Paris une confrérie semblable à celle de Rome, d’A- vignon & de Toulouse, & l’on fit la première pro. cession le jour de ['Annonciation, le Cardinal de Guis* portoit la Croix, & le Duc de Mayenne étoit Maître des Cérémonies. Les ennemis du Roi dont le nombre étoit grand firent ce quatrain. H près avoir pillé la France Et tout le peupie dépouillé ; N’eji ce pas belle penitence J De se couvrir d’un sac nioúìUé. ■íòà^ La pénitence monachale pratiquée dans les cloîtres , est non seulement très-sévére, mais rebutante ; les Supérieurs lui donnent un nom plus doux, & ils l’apellent humiliations , qui ont souvent causé des désespoirs, non seulement par leur sévérité: mais en- cor par l’borreur qu’on a de les exécuter. L’Abé da la Trape, à qui ces fortes d’humiliations plaisoient extrêmement, a fait un très-long chapitre dans son Traité de la sainteté, & des devoirs de la vie monastique, où il tâche de justifier les humiliations dont il s’est servi. ,, Ce sera , dit-il, par l’aplication d’un Supé-,, rieur vigilant & charitable qui aura soin de l’exer-,, cer par des réprehensions vives, des paroles piquan-,, tes, des confusions publiques, par des travaux,par,, des ocupations ravalées, & par toutcequ’il estime-,, ra capable de contribuer à son abaissement, pour-,, vù que toutes ces choses soient acompagnées de !a„ charité, & qu’il n’y entre point d’orgùeil & de mau-„ vaise humeur. “ On conviendra facilement de la nécessité & de Futilité des humiliations : mais il est fort a craindre qu en voulant humilier les autres, on n# s eléve trop ; & comme c’est ['esprit qu’il faut humilier, les ocupations puériles font peu d’éfet fur des personnes souvent plus susceptibles de raison, que sensibles à la honte d’une pénitence ridicule & peu capables de rapeller un moine à son devoir. PENITENCERIE if. f. [Cannerapanitentiarìas C’est la cour, ou le tribunal du grand Pénitencier & de* Penitenciers du Pape. (C’est un bref émané de lapé- nitencerie.) /w, Lanones panitentia léss Ce mot n’est proprement usité qu au pluriel, & il fait à son pluriel pémtenciaux, & non pénitentiels. H veut dire qui concerne, & qui regarde la penitence. (Les Pseaumes Pénitenciaux, laug. Rem Les Canons pénitenciaux, Le P. Torna fin. Discipline de P Eglise, 1. part. c. 20.) PENITENCIER, s. m. [Panitentiariur.J C’étoit a U tretois un Prêtre qui étoit le Vicaire général de l’E véque pour 1 administration de la pénitence, pour ce j?. or L. a F e ss® I e Penitencier VOreille de PEvêaue. h Pere 1 ornas m. Discipline de P Eglise. Le mot de Pi nitencier signifie aujourd’hui la même chose qu’autre rois; car c est le grand Vicaire de l’Evêque pourtou ce qui regarde le tribunal de la conscience. II absou PEN des cas dont il n’y a que i’Evêque ou l’Archevêque qui puisse absoudre. qSe confesser au Pénitencier.) PENITENS An Tiers-Onire, f. m. [Religinst tertii ordinii j'aïiíti Francisas Religieux du Tiers-Ordre de saint François fondez à ce qu’on dit par le Pape Nicolas IV. ils font habillez d’un gros gris comme les Capucins ; mais ils en font diférens, parce qu’ilsn’orit point de capuce en pain de sucre , & qu’ils ont des hautes sandales. On apelle à Paris ces Religieux Pi- que-puces du nom du petit village qui eit au bout du íauxbourg saint Antoine & qu’on nomme pique-puce. PE'NITENS. [ 'Pienitentmm Jodalitasl} II fe dit aussi de certaines confréries de gens séculiers qui s’assem- blent pour faire des prières & des processions nuds- pieds, & qui fe donnent aussi la discipline, ll^ades Pénitens blancs, noirs, bleus. II y en a qui dans quelques villes assistent les criminels à la mort & leur donnent !a sépulture. PENITENT» pénitente, adj. [ Pœnìtens. ] Qui est marri d’avoir péché. Qui est fâché d’avoir commis quelque faute. (Homme pénitent. Fille pénitente. Pénitens endurcis, que rien ne vous af.ige L’on j’çaura diriger celui qui vous dirige. Sanlec.) PE NITENT, f. m. Celui qui fe répent d’avoir ofen- sé Dieu. Celui qui donne des marques qu’il a regret d’avoir péché. (Un pénitent Laïque. Un pénitent Eclélìastiquo. Exhorter un pénitent à changer de vie, S. Cir. Le Prêtre doit voir si son pénitent s’est bien préparé, Interroger un pénitent. Absoudre un pénitent. PE'NITENTE , f. f. Celle qui fait pénitence. Celle qui fe confesse à un Prêtre. (Absoudre une pénitente. C’est une de mes pénitentes. 11 confesse une de ses pénitentes.) Quand ces pénitentes sont riches, & qu’elles font de gros prefens à leurs Directeurs, on les apelle des filles de Tvr, parce que l’Ecriture dit que ces filles ve- noient chargées de prefens implorer la face du Seigneur. Ce font trente laquais de trente Pénitentes Portant tous des bouillons de viandes succulentes. Sanlec.) 0 Ces Penitentes sont fort soigneuses de la santé de leurs Directeurs ; elles pourvoient à tous leurs besoins, soit en santé, soit en maladie. On les apelle pénitentes à confitures & à bouillons. Sanlec décrivant la pauvreté de fes paroissiens dit Près de là font dans des masures Cinq cens gueux couverts de baillons ; Point de dévote à confitures Point de pénitente à bouillons. PEN N’ ACHE. Voïez panache. PENNACHER. Voïez panacher. PENNAGE , f m. f Plumatilis amiclus. ] II signifie en général toutes les plumes qui couvrent le corps de l’oifeau de proie. Le pennage est de diverses sortes dc couleur, noir, roux, cendré , &c._ PENNE ,fi f [Pennœ deeuffata .J Plume d’oifeau de proie. Grosse plume d’oifeau de Fauconnerie. (Penne rompue. Penne arrachée.) Voïez Fouilloux , Fauconnerie. PENNE. [ Veli cornu. ] Ternie de Mer. C’est le point ou le coin des voiles Latines. PENNES. [Penna adorxatiíes.'] Terme de Blason. 11 se dit des plumes de l’oifeau qu’on met fur un chapeau , dans les Ecus. f PENNES, Puines, Pefnes, ou Picanes.s.f. Ce sont les bouts de laine, ou de fil, qui restent attachez aux enfubles, lorsque l’étofe, ou la toile est levée de dessus le métier. £ FENNONCEAU, s. m. Sorte de banderole chargée d’armoiries. Dans les saisies réelles des terres on affiche à la terre saisie les pennonceaux aux armes du Roi. On prononce panonceau. £ PENOABSOU > s m. Arbre de l’Amérique dont l’écorce est odorante. Ses feuilles ressemblent à celles du pourpier. Son fruit est de la grosseur d’une grosse orange ronde. 11 contient huit à dix noix, qui ont la figure des amandes. L’huile qu’on en tire guérit les coups de flèches & les autres plaies, étant apliquée dessus. Cependant cette huile prise intérieurement est un poison. PENOMBRE, s- f Terme d ’ Astronomie. Ce mot est formé des mots Latins , penè.umbra, c’est-à-dire, presqu’ombre. C’est la partie de i’ombre, qui est entre PEN 8; la vraie ombre & la lumière éclatante, dans laquelle il est preiqu’impossible de déterminer précisément où la lumière finit & sombre commence ; & c’est ce qui rend la plupart des observations disiciles & incertaines. PEN ON , f m. [Scutum variisJlemmatibus confer- tum.J Terme de Blason, qui veut dire armoirie. (Ua penon de plusieurs alliances , Col. c. g. p. 62.) . On parle à Lion de Penons, qui font les Capitaines des Compagnies de Quartiers qu’on apelle Pénonages. PENON. Etendart à longue queue qui apartenoit au- 'trefois à un íìmple Gentilhomme. C’est proprement un guidon à mettre fur une tente. 0 " PENON ou Pernion. C’est une ancienne efpéce d’enfeigne de guerre ; elle étoit faite d’une écofe ds soie ou d’un drap , dont une partie étoit fendue en deux parts jusques au milieu. Les Enseignes de Cavalerie sont encor aujourd’hui de véritables penons. Nous lisons dans Alain Chartier. Havart íEcuyer tranchant monté Jur un grand destrier portoìt un penon de velours azuré à quatre fleurs de lis. Besly dans son histoire des Comtes de Poitou cb. 2;. raconte que l’an 1066. le Pape envoïa une banière ou étendart de,, guerre au Duc Guillaume de Normandie, dit le Con-,, quêtant, afin de s’en servir en la conquête du Roïau- „ me d’Angleterre ; & il faut bien dire qu’elles ne fui- „ sent pas si amples qu’elles font aujourd’hui, d’au-„ tant qu’elles eussent été trop malaisées & incommo- „ des ; ou bien l’on usoit d’un drapeau médiocre, ,> qu’on nommoit Phanon par une diction corrompue,, du Latin ; car ce n’eit pas un mot Thiois comme „ on l’a pensé. Le P. Menêtrier a inféré dans son livre des Ornemens des Armoiries pag. 290. un extrait d’un ancien manuscrit qui lui avoir été communiqué par M. de Cange, où l’on voit l’ancien usage du Penon. Quand un Bachelier a grandement suivi la guerre, „ & qu’il a terrassez , & qu’il puisse avoir Gentils- „ hommes, fes hommes pour accompagner fa bannie-,, re, il peut licitement lever bannière , & non autre- „ ment, car nul homme ne peut, ne doit porter, ni „ lever bannière en bataille, s’il n’a du moins cinquan-„ te hommes d’armes tous fes hommes & fes archers,, ou arbalestriers qui lui apartiennent, & s’il les a à „ la première bataille où il fe trouvera à porter un,» penon de fes armes, & doit venir au Connétable,,, aux Maréchaux, ou à celui qui fera Lieutenant de,, l’Ost, pour le Prince requérir qu’il porte bannière, „ & s’ils lui octroient, doit sommer les Heraux pour témoignage, & doivent découper la queue du pe-„ non. “ En éfet en voici la preuve, dont les circonstances paroîtront fans doute curieuses, & dignes de l’atention de ceux qui aiment nos anciens usages. Olivier de la Marche raconte dans fes Mémoires chap. 2%. pag. 369. comment Messire Louis de la Vieville obtint du Duc de Bourgogne la permission de levec bannière: Voici le texte: la veyje, „ Messire Lofiis,, de la Vieville, Seigneur de Sains, releva bannière, „ & le représenta le Roi d’armes de la toison d’or, „ & ledit Messire Louis tenoit en une lance le pe-,, non de fes pleines armes, & dit ledit Toison : Mon,, redouté & Souverain Seigneur, voici vôtre humble „ Sujet, Messire Louis de la Vieville, issu d’ancien- „ ne bannière à vous sujete, & est la Seigneurie de,, leur bannière entre les mains de son aîné, & ne „ peut ou doit fans méprendre porter bannière ; par-„ quoi il vous fuplie, considérée la noblesse de fa na- „ tivité, & les Services faits par fes prédécesseurs,,, qu’il vous plaise de le faire banneret, & le relever ,, en bannière, & il vous représente son penon armoi-,, rié, sufisamment accompagné de vingt-cinq hommes,, d’armes pour le moins, comme est & doit être l’an-„ cienne coutume. Le Duc lui répondit, que bien,, fut-il venu, & que volontiers le féroit; fi bailla le „ Roi d’armes un couteau au Duc, & prit le penon en,, lès mains, & le bon Duc fans ôter le gantelet de,, fa fenestre, fit un tour au tour de fa main, de la,, queue du penon, & de l’autre main coupa ledit Pe-,, non & demeura quarré ; & la bannière faite le Roi,, d’armes bailla la bannière audit Messire Louis, & „ lui dit: Noble Chevalier recevez l’honneur, que,, vous fait aujourd’hui vôtre Seigneur & Prince, &„ íòïez aujourd’hui bon Chevalier, & conduisez vô- „ tre bannière à l’honneur de vôtre lignage. Ainsi fait,, le Seigneur de Sains relevé en bannière.,, On voir par ce récit, que le penon étoit quarré, & qu’il étoit attaché au bout d’une lance, qu’il faloit être banneret pour Tome III. La le 84 PEN le porter, & qu’il fàloit avoir du moins vingt-cinq hommes d’armes & vassaux pour être banneret. Le Tenon est encor à présent renseigne de la Cavalerie. PENSANT, adj. [ Cogitons .J Cs qui pense. La matière ne peut pas faire un être pensant. On apelle aussi nial-penfant un homme qui pense mal de son prochain , Nicole. PENSE E , s s [' Cogitatio. 3 Prononcez pansée. Action de l’elprit qui pense. (Nous sqavons par expérience que nous sommes capables de diverses pensées, lioh. Pbif l. i. c. 2. Bonne ou mauvaise pensée. Dieu connoit nos pensées.) ($ PENSE'E. L’Eloquence consiste dans la pensce & dans l’expreffion. Elles font naturellement inséparables : mais il est plus nécessaire de bien penser, que de bien parler; & l’on ne peut ni bien parler ni bien écrire, st la pensée que nous exprimons par nos paroles , n’est pas juste. C’est le sentiment d’Horace dans son Art poétique. Cependant on s’attache plus à présent à l’exprellion , qu’à la pensée; c’est ce qui fait craindre la décadence de nôtre langue. On peut donner des régies pour parler juste : mais il est difi- •ile d’enscigner à parler juste ; les idées des choses se forment dans nous-mêmes, fans que nous sachions comment, & on ne peut nous guider dans un chemin qui nous est inconnu. Et c’est par cette raison que f Auteur moderne du Traité de l’Art de parler, déclare d’abord qu’il n’entreprendra pas de prescrire des régies, touchant l’ordre que l’on doit donner aux choses, qui sont la matière du discours, & qu’il se contentera d’avertir seulement, que l’on doit méditer son sujet, & faire dessus toutes les réflexions nécessaires, pour ne rien oublier qui puisse contribuer à son éclaircissement. Quintilien a bien connu la dificulté qu’il y a de donner une définition juste de la pensée ; il s’ata- che seulement liv. 8 tb. $. à en faire une ample description. Quelquefois, dit il, elle se raporte à une seule chose, comme celle-ci : Rien ne gagne tant ier cceurs que /n bonté, quelquefois aussi à une personne: telle est la pensée de Domítius Afer, un Prince qui veut savoir, eji souvent obligé de pardonner bien des choses. 11 y a des pensées simples, comme celle-ci : rien ne gagne tant les saurs que la bonté. II y en a qui contiennent la raison qui leur sert de fondement, par exemple : dans tou. tes les querelles le plus fort paroit être P agresseur , quoiqu'il soit le plus offensé, parce qu’il eji le plus en état tl’osenjer. 11 y a aullì des pensées doubles, comme : la complaisance nom fait des amis, la vérité des ennemis. II ajoûte qu’il y a des Auteurs qui comptent jusques à dix genres de pensées, parce qu’on peut les former par interrogation, par comparaison , par admiration , pur déguisement, & par similitude, ce qui peut en produire un nombre infini : mais celles qui traitent des contraires, remportent fur les autres, par exemple : La mort n’eji point un mal, mais les aprocbes en font terribles .11 y en.a de simples, comme, Pavareyfejì pas plus riche de ce qu’il a, que de ce qu’il ria pas: mais la figure leur donne plus de force : Eji ce donc un Jlgrand mal que sic mourir ? Cette pensée est plus vive que celle-ci : La mort n’eji point un mal. II en est de méme quand on aplique une pensée générale à un sujet particulier: II eji aisé de faire du mal, il tji dificile de faire du bien : mais Medée dit la même chose dans Ovide avec plus de force. Quoi j’ai Aù le sauver £c? je ne puis le perdre. jQs Cicéron aplique à la personne ces sortes de pensées avec plus de soccez : La fortune, à César, en vous donnant un pouvoir infini, vous a donné ce qu’elle avoit de plus grand s N la nature en vous inspirant la c!e. mence, vous a donné ce qu’eíle avoit de plus précieux. £$ Quintilien après avoir donné toutes ces idées générales des pensées, il entre dans un détail dcsdi- férentes espèces de pensées, fort instructif, & il observe que '.s pensées ne doivent point être fréquentes, m visiblement soudes, & qu’elles conviennent à l’Orateur, dont le mérite donne de I autorité & du poids aux raisons, qu’il emploie pour soutenir fa cause. En éfet, dit-ii, ne seroit il pas ridicule, qu’un enfant, ou un jeune homme osât prendre un ton décisif, & qu’il parlât en maître. II ne faut pas aussi afecter de finir le raisonnement par une chute recherchée, & que l’on fait venir de soin, pour ne laisser aucun vuide, étant persuadez qu’un Orateur ne doit reprendre haleine, que pour donner à l’auditeur le loisir d’aplaudir. PEN (f Jusques ici j’ai suivi Quintilien pas à pas, & le chemin où le j’ai suivi, m a paru dificile Sc plein de ronces, je vais à présent m’en écarter, & chercher de* sources, où je puisse plus facilement prendre des couleurs pour former en détail le caractère des pensées dont on peut se servir. Lorsque l’on a traité cette matière, on demande d’a. bord ce que c’est qu’une pensée ingénieuse j mais il est dificile de satisfaire pleinement à cette demande, puit qu’on ne peut dire qu’en termes généraux que la pes- Jee ingénieuse est la production d’un esprit juste, éclairé , & qui sqait démêler le vrai du faux; il est aisé de se tromper & d’être ébloui, par un brillant qui se dislipe dés qu’on y fait la moindre atention. Cicéron dans son Traité de l’Orateur liv. i. nous a donné î’idée d’une pensée ingénieuse en parlant de l’élo- quenee de Crassus; ses pensées, dit-il, étoient parfaites, vraies, surprenantes par leur nouveauté ; naturelles , fans fard, & fans cette affectation qui les rend puériles. Quintilien a remarqué la diférence qu’il y a entre les pensées ingénieuses, & celles qui n’en ont que i’aparence : telle est celle d’un Déclamateur, lequel exhortant les Courtisans d’Alexandre de faire de* funérailles dignes de ce grand Conquérant, leur dit, qu’ils dévoient l’enfevelir sous les ruines de Babylone, & cependant chacun les verroit passer à ses fenêtres, boc quisquam jpeflabit é teflo. Le principal caractère d’une pensée ingénieuse, est qu’elle soit vraie ; & selon l’expresfion du P. Bouhours dans fa maniéré de bien penser, une pensée est vraie, lorsqu’elle représente les choses fidellement, & ell« est fausse , quand elle les fait voir autrement qu’elles ne sont ; mais, ajoûte-t-il, il faut prendre garde , que tout ce qui paroit faux, ne l’elt pas ; qu’il y a bien de la diférence entre la fiction & la fausseté ; l’un« imite & perfectionne en quelque faqon la nature, l’au- tre la gâte Si la détruit entièrement. C’est dans ce même sentiment que Quintilien a dit que les pensees ne dévoient être ni trop séquences ni visiblement faust ses; la vérité dans les pensees les rend justes ; de forte, ajoûte le méme P. B. qu’une pensée juste est, à parler proprement, une pensée vraie de tous les cò- tez, & dans tous les jours qu’on la regarde, l’exemplc qu’il raporte de la justesse, nous en donne une idé« bien sensible, que je ne dois pas oublier. C’est l'épi- gramme d’Ausone fur la mort de Didon. Infelix Dulo nulli bene nupta mania, Hoc pereunte sugis, boc fugiente péris. Le traducteur répond á l’Original. Pauvre Didon où fa réduite De tes maris le tnjie Jòrt , Uun en mourant cuise ta fuite , L’autre en fusant cause ta mort. Les pensees simples sont celles que l’on explique en peu de mots, comme la mort n’épargné personne, mais elles font bien froides, & c’est pour la rendre plus vive quTlorace a dit : Pailida mors aquo puisât pede Pauperum tabernas , regumque turrts. Et Malherbe : Le pauvre en fa cabane, où le chaume le couvre , Eji Jujet a Jes loixs Et la garde qui veille aux barrières du Louvre N’en défend pas nos Rois. Les Pensees nobles attirent l’atention & remplissent l’imagination d’idées , qui y restent empreint s pendant iong-tems. Ilermogene a traité amplement de la noblesse des pensees, dans son prémier livre de Farm. tb. 5 . 11 ne luffic pas, dit-il, que la pensee soit intelligible, il iaut qu’elle ait de la dignité & de la noblesse; car la clarté toute seule nous conduit insensiblement dans le stile froid: la dignité du sujet influe, selon ce Rhéteur, de la noblesse à la pensée. Ainsi il y a toù- jours de la grandeur dans ces discours qui concernent Jes Dieux, & dans ceux qui roulent fur les grands éve- nemens, comme font la bataille de Maraihon, & celle de Platée, le combat Naval de Salamine, le mont Athos, l’Helleipont ; & dans de semblables sujets, on y mêle quelque chose de fabuleux , comme a fait Hérodote; les pensées qu’on concevra auront de la noblellè, la beauté de l’expreffion dépend encor du choix des paroles qui finilîent la période. On apelle pensées fortes celles qui sont pleines d’un grand sens, & exprimées en peu de paroles, St qui d’abord produisent leur éfet: mais les pensées agréables PEtf agréables s’infinuent plus doucement, & fans exciter intérieurement aucune agitation ; il est vrai, mais la persuasion est bien plus chancelante quand elle naît de la force des pensées qui nous arrachent nôtre consentement malgré nous; mais elles exigent un talent particulier , qu’il est dangereux de tenter ; car tel veut faire l’agreable & le plaisant, qui se rend ridicule & impertinent ; la naïveté est un grand agrément dans les pensées. Voiture & après lui le Chevalier d’Accil- ly ont plû extrêmement par leur naïveté ; on en fera convaincu par la lecture de leurs ouvrages en vers & en prose, & j’y joindrai le Madrigal qui fut fait sur la fortune d’un homme de qualité : Elevé dans la vertu, ffe disois à quoi fers tu , Pauvre U stérile vertu ? Ta droiture U ton zèle Tout compté , tout rabatu , Me valent pas un fétu : Mais votant que Con couronne Aujourd’hui le grand. Pompone , AuJJì tôt je me fuis tu , A quelque ebofe elle ejl bonne. Cet endroit de la Lettre de Voiture à M. le Prince n’est pas moins naïf ni moins charmant. C’efl injustement que la vie Fait le plus petit de vos foins , Dés qu’elle vous fera ravie, Vous en vaudrez la moitié moins ; Soit Roi , soit Prince , ou Conquérant , On déchet bien en mourant. Ce respect , cette déférence, Cette foule qui fuit vos pas , Toute cette vaine aparence Au Tombeau se vous suivront p.ts ; Quoique vôtre esprit J'e propose Quand vôtre course fera close , On vous abandonnera fort , Eb Seigneur , c’eji fort peu de chose, Qusun demi-Dieu , quand il est mort. Quant à la délicatesse des pensées, elle est dp la nature de ces grâces & da ces agrémens, qui rendent les personnes charmantes ; on les restent, on en est saisi; mais on ne sçauroic les exprimer ni les peindre. Je dirai pourtant après le P. Rouhours, qu’une pensée où il y a de la délicatesse, a cela de propre, qu’elle est enfermée dans peu de paroles , & que le sens qu’elle contient, n’est pas fi visible, ni si marqué; il semble d’abord qu’elle le cache en partie, afin qu’on le cherche, & qu’on le devine , ou du moins elle le laisse seulement entrevoir pour nous procurer le plaisir de le découvrir tout-à-fait, quand nous avons de l’esprit, &c. Parmi les pensées délicates que cet Auteur a raportées, j’avouë que celle-ci m’a fort plû ; le Cardinal Bentivoglio a dit en parlant du Marquis de Spinoia, que sà naissance illustre & son grand mérite l’avoient fait Grand d’Espagne, avant qu’il le fût. L’ítaJren a un tour qu’on ne peut rendre en François. E fer nobiìita di fangue , è per eminenza di mérité, for. to ftlo in Ffpagno il grandato anche prima di confeguirl». Les penlees usées font celles que l’on a répétées souvent, en parlant sur un même sujet, dont plusieurs Docteurs se sont servi dans toutes les ocaíìons, où elles ont pû être placées ; le nombre des pensées usées est grand, mais on en trouve peu de neuves. On raisonne, on parle dépuis si long-tems sur les ouvrages du Seigneur, & fur root ce que nous voïons, &que nous connoissons, qu’il est presque impossible de penser quelque chose qui ait échapé aux hommes : mais la maniéré de les exprimer peut-être si ingénieuse & lì agréable que la pensée en parole neuve ou du moins peu commune. PENSE'E, f f- [Senfus , mens J Prononcez pansée. Ce mot signifie Sentiment. Opinion. Créance. Dessein. (N’avoir aucune pensée de son salut, Pafc. I. 4. Serois- je si malheureux que vous ayez cette pensée de moi. Molière. Cette conduite donna au Cardinal des pens es contre la liberté de, &c. Mémoires de M. le Duc de Ja Rochefoucaut. C’est-Ià ma pensée. Les secondes pen. fées sent souvent les meilleures.) PENSE E. [Sentent/a.] Ce mot signifie quelquefois. Un beau sentiment. Une bonne réflexion. (U y a plusieurs belles pensées dans les écrits de S. Augustin , ;ie Seneque, &c. Les pensées de M. Pascal. Une PEN 8s pensée ingénieuse. 11 y a dans ce discours presque tant de pensée que de mots.) Le Pere Bouhours a fait un recueil de pensées des Anciens & des Modernes; & c’eít de cet ouvrage dont on a dit ; (Dans le recueil de vos pensées Que vôtre main a ramassées Vous en usez modestement, Vous citez les pensées des autrot Sans avoir rien tiré des -vôtres . Que vous avez de jugement ! Poët. anon.) PENSE'E. Terme de Peinture, qui veut dire Est quijfe. C’est une prémiére pensée. C’est-à-dire, un dessein qui n’est pas fini. PENSE'E. {Viola incoloré] Sorte de fleur composée de cinq petites feuilles, chacune desquelles est embellie de couleur de pourpre, de jaune & de blanc. La { & plus sensible dans la catastrophe que dans aucune autre partie du Poème ; Premièrement, dit-il, c’est le terme de toutes les a faires du théâtre, donc il faut qu’elles se disposent de bonne heure par tout pour y arriver. En second lieu c’est le centre de tout le poème , dont les moindres parcelles y doivent tendre , comme des lignes qui ne peuvent être tirées d’ailleurs ; davantage c’est la dernière atente des Spectateurs , donc il faut que toutes les choses soient si bien ordonnées , que quand ils y font arrivez , ils n’ayent plus lieu de demander, par quel chemin on les y a conduits. Enfin comme c’est le plus considérable évenement & où tous les autres doivent aboutir, aussi est ce celui pour lequel il faut les plus grandes préparations St les plus judicieuses. PER PERIPHERIE , / / [ Periphcria , amlitus. ] Te?- me de Géométrie. Ce mot est Grec, & il signifie circonférence. PERIPHRASE,// [Peripbrajìs , circumlocutio .] Ce mot vient du Grec. II signifie, Circonlocution. C’est une figure de Rétorique qui consiste à exprimer avec plusieurs paroles ce qu’on peut dire en un mot. (11 n’y arien dont l’usage s’etende plus loin que h périphrase, pourvú qu’on ne la répande pas par tout fans choix & fans mesure, DeJ'pr. Vaug. 24.) 0 1 Longin croit que la périphrase est d’un grand usage dans le sublime : mais elle doit être maniée avec beaucoup d’atentioo & du réserve , de pwr de tomber dans une répétition fort ennuieuse. C’est un trope, dit Quintilien , qui sert à expliquer par un détour, & en plusieurs paroles, ce qui se pourroit dire plus brévement ; elle sert aussi quelquefois a expliquer des choses que la pudeur & la bienséance ne permetent pas de dire nuement & fans détour. PERlPHRASER, v. a. [ Amplis tare. ] Se servir de circonlocution. ( En matière de langage on ne doit point périphraser sans que la périphrase íbit nécessaire, ou qu’elle fasse beauté.) f PERJPLOCA , / / Plante qui croit dans les bois. Elle rend du lait quand on la rompt. Elle est un poison pour les chiens, les loups , les renards & les autres animaux à quatre pieds. Elle est résolutive étant apliquée extérieurement. PER 1 PN EUMON IE , / / [ Perìpneumonia. ] Terme de Médecine. C’est une inflammation du poumon avec une fièvre aiguè& dificulté de respirer. PE'RIPTfc/RE,/»«. (Peripterium .2 Terme d’Architecture. ] C’étoit un bâtiment environné de colonnes isolées, St ayant une aile tour autour, Acad. Fr. PE RIPTE RE. Lieu environné de colonnes , & qui a une aile tout autour , le mot est Grec, car nrtfk lignifie proprement l’ordre des colonnes qui est au portique , & au côté’ des temples ou de quelque autre édifice. Ces périptéres étoient des Temples , qui a- voient des colonnes des quatre cotez, & qui étoienl diférentes du perijiyle & de ì’AmpbiproJiyle , en ce que 1 un n’en avoit que devant & l’autre devant & derrière , & point aux còtez , &c. Voiez Eélibien & Perrauí fur Vitruve. PERIR, v. n. [ Perire. ] Je péri , je péri fois. Je péris , j’ai péri , je périrai. Que je périsse. Aller en dé- cadence. lomber en décadence. Dépérir. Sediisiper. Se ruiner. Se perdre. (Maison qui périt. Tout son bien va périr, lì on n’y donne ordre. A la fin tout périt- * C’est un homme qui périt sans ressource.) PERIR. (Interire. ] Mourir par quelque accident. Prendre fin. Soufrir quelque perte. (C’est un coquin qui périra malheureusement. II a péri malheureuse, ment. Périr dans'ïîeau. Périr fur mer. Périr paris feu. Périr de niisere. Fane périr P armée. C’est U ruiner.) PERISCIENS , s. m. [ Prriscii. ) Terme de Géographie. Ce mot est Grec. C’est le nom qu’on donne aux habitans des Zones froides, eu égard à cè que sombre du Soleil tourne autour d’eux durant une partie de l’année. PERISSABLE, adj. [ Fluxus , cnducus. J Qui peut périr. Erélé. fragile. (Le bien de la fortune eji un bien périssable, Quand on bâtit fur elle m bâtit fur le fable. Racine Poëf] PERISSOLOGIE , J. f. f Perijfologia ,fermo super - vacaneus, J Terme de Grammaire. Qui veut dire abondance de choies superflues. PERIS 1 ALTíQUE , adj. [ Motus -uermicularis. ) Terme d Anatomie. Ce mot est Grec, & c’est le nom que les Médecins donnent au mouvement des intestins, &c. PERISTILE , / m. [Locus columnis cinftus.l Terme d Atcbiteciuí e. Bâtiment environné de colonnes, comme font les cloîtres, & qui difére du periptére ; en ce que les colonnes du périjiile font en dedans, Acad. Fr. £$ PERISTYLE. Terme d’Architecture , il est tout Grec, environ, circum , St e-nía»* une colonne ; c est un lieu environné de colonnes. Le péristyle est di- férent PER férent du Pérîpfeére, en ce que le* colonnes d u péristyle sont en dedans , & celles du Périptere sont en déhors, comme aux temples des anciens ; ainíi tout ce qui est entouré de colonnes n’est pas péristyle. Fà2 Pêrraut sor Vitruve liv. ch. i. page 70. PERISYSTOLE,/;». Terme de Médecine. Qui est entre les deux mouvemens du poux , le mouvement de Môle ou de contraction. Le mouvement de diastole ou de dilatation. PERITOINE, s m. [ Ommtunt. J Terme á’Anatomie. Membrane qui occupe tout le ventre inférieur. PERLE, s.s [ Margarita, unio.~\ Sorte de pierre précieuse, ronde , longue , plate, en forme de poire, ou de bouton, qui fe forme en mer dans la chair des coquilles qu’on pêche aux Indes dans de certaines faisons. Voïez là-dessus tìarcilajso de la Pega, Relation de la Plorida de Acojia , /. 4. de Fhisìotre des Indes. Quelques-uns disent que les perles sont conçues de la rolëe qui tombe dans de certaines coquilles, & que selon que cette rosée est pure, les perles sont blanches, ou de belle eau. Rondelet , Hijioire des poisons, c. 44. pense que cette opinion est fabuleuse. Les perles que Cléopâtre avoit en pendans étoient d’un prix inestimable, soit pour l’eau, pour la grosseur & pour la figure. César en fit scier une pour faire deux pendans à la statue de Venus. Citri, Triumvirat. Les perles fe forment en la maniéré des oignons. On apelle aussi perles les goûtes de rosée qui font sor les herbes éclairées des raïons du Soleil. PERLE baroque. C’est une perle dont la figure est ir- reguliére. PERLE parengon. C’est une perle d’une grosseur extraordinaire. Mere.perle. C’est la coquille des perles. N acre de perle. [Coucha margaritifera.'] C’est le nœud de la coquille. Gris de perle. C’est une couleur semblable à celle de la perle. î Blanc de perle. C’est une elpéce de fard dont les femmes croient s’embellir. PERLE d’arbalete. On apelle ainsi un grain qu’on passe au travers d’un fil qui est attaché à la fourchette de l’arbalete. Cette perle sert de guidon à celui qui tire. On fe sert aussi de perles enfilées pour l’ufage de divers instrumens de Gnomonique. t * Cejl la perle des beaux esprits. [ Flos , decus. ] Ces mots sont un peu vieux & ne fe disent guére qu’en riant. (Les Bergers du prochain village Conjultoient?son crijial pour y voir leurs défauts Enfin Pétait la perle des ruijj'eaux. Tribolet.) (f On afectoit autrefois d’exprimer par ce terme ferle, une beauté, un mérite, un etprit d’un ordre supérieur. Malherbe dans un de ses fragmens : Mais quoi ? C’eji un chef d’«uvre, où tout mérite abonde , Un miracle du Ciel, une perle du monde. Sur quoi M. Ménage a fait cette note , j’éviteroi* maintenant cette façon de parler à cause de cette épigramme qui est fort commune : Vôtre beauté fans seconde Vous sait de tous apeller La perle unique du mondes II vous faut donc enfiler. Je puis bien raporter cette épigramme après M. Ménage. Voïez ce qu’il a dit dans fes Origines fur le mot Perle. L’Histoire Romaine a fait mention de certaines perles d’un prix excessif. Suétone a remarqué que Jules César acheta une perle soixante sesterces, qui sont selon la suputation de Budée cent cinquante mille écus, & qu’il en fit présent à Servilie sœur de Caton d'Uti- que. La fameuse perle dont Cléopâtre régala Antoine étoit d’un plus grand prix. PERLE', perlée , adj. [ Margaritis distinclus. J Ce mot se dit de certaines choses, & veut dire qui est embelli de perles, qui a des perles. (Diadème perlé. Croix perlée. Voïez Bouteroué , Traité des monoies, p. 185. 32 i. Couronne perlée. Ce sont aussi des termes de Llajbn, PERLE', perlée. Ce mot se dit en parlan t de bouillons , & veut dire blanchi d’un bon lait d’amandes qu’on a broyées avec de bon jus de mouton , & qu’on a miles PER 93 fur íe potage. (II nous a fait manger pour son opéra d’une soupe à boïullon perlé, soutenue d’un jeune dindon. Mol. Bourg. Gentil, a. 4.) PERLE'. [Indus conannus.J Terme de Musque. Qui se dit d’un jeu brillant & délicat en parlant du luthslfc du thuorbe. f PERLOIS ,/>«. Petit ciselet ou poinçon gravé en creux, dont se servent les Fourbisseurs & autres ouvriers qui ornent leurs ouvrages de ciselure & damas- quinerie, pour former les petits ornemens de relief, qui sont faits en forme de perle. PERLURES , f. fi [ Margaritaria crijia cornuum. ] Terme de Chasse.. Grumeaux qui sont le long des perches & des andoiiillers de la tête du cerf, du daim, ou du chevreuil, Sal. í PERMANENCE, fis. Terme Dogmatique. (La permanence du corps de Jesos-Christ dans l’Euchari- itie.) Ce mot n’a point d’autre usage. PERMANENT , permanente, adj. [Ftrmus , fia- bilis, conjians. ] Prononcez permanant. Qui dure. Durable. (Rien ici bas n’est permanent. Dieu seul est permanent.) PERMESSE ,s ra. [ Permeffùs. ] Fleuve de la Béotie & qui tombe du Mont-Hélicon, sor lequel les Poètes feignent qu’Apollon habite avec les Mules. Monsieur Despreaux dit qu’il fut. (Par un coup du fort un grand jour amené , Et du bord du Permesse a la Cour entraîné. Despr.) PERMETTRE , ». a. [ Permittere » Jtnere, dan copiant. ) Je permets, j’ai permis , Je permis, je permet- trai. Que je permette. Je permise. Permettant, pértnis, C’est donner permission. Acorder. Consentir. (II ne fauE pas, pour quelque considération que ce soit, permettre le mal. Je vous permets de me maltraiter quand j’aurai recours à vous. Dieu a permis que les médians tombassent dans la mifere. S. Ciré) * PERMETTRE, f Licere. ] Ce mot se dit dans un sens un peu figuré. Et il signifie, soufrir. Donner la liberté, le moïen, &c. de faire ou de dire quelque chose. (Exemples. Le tems ne permet pas de sortir. Le respect ne permet pas de parler. L’état de ses a faires ne lui permet pas de faire une grande dépense. PERMIS, permise , adj. [ Licitus. J Qu’on peut faire avec justice, avec raison. (Cela est permis. Chose permise. Mais Peji un jeune fou qui je crois tout permis Et qui pour un bon mot va perdre vingt amis ; Despr.) PERMISSION , f. /. [ Facultas , licentia, permijjîo. ] C’est le pouvoir & la liberté qu’une personne fuperieu- re acorde à son inférieur de faire quelque chose. Privilège. (Demander la permission de faire quelque chose. Acorder, obtenir la permission de faire batre monoïe, Ablanc. f PERMISSION. On nomme en Flandres, en Brabant, ct c. argent de permission , ce qu’on nomme dans le commerce argent de change ; c’est-à-dire , i’évaluatioa fur laquelle fe font les remises ct les changes de ces Provinces dans les pais étrangers. PERMISSIONNAIRE , J’, m. [ Licentiatus.’] On apelle ainíi à Paris celui qui a permission du Chantre deMôtre- Dame de tenir de petits pensionnaires ; & de leur enseigner la Grammaire & les humanitez. (C’est un permissionnaire.) PERMUTANT,/ m. [ Compermutans. ] Terme d ’EclefiaJiique. C’est le bénéficier qui permute, qui change son bénéfice avec un autre par la permission du Supérieur. Si l’un des permutans vient à mourir avant la prise de possession, le survivant n’est pas obligé de qui- ter son bénéfice. PERMUTATION , / fi [ Permutatio , commutatio. ] Terme de Bénéficier Edésiajtique. Changement qui fe fait d’un bénéfice avec un autre par la permission du Supérieur. (La permutation doit être libre & autorisée du pa'ron laïc. Voïez Rébus.') Cf PERMUTATION dans le droit civil. La permutation est un de ces contrats qui n’ont point de nom, liv. r. de rerum permut. & s’acomplit en donnant une chose pour une autre ; il est d’ailleurs du nombre de ceux que les Jurisconsultes apellent contrats de bonne foi, ct qui produisent une action, qu’ils désignent par ees mots pnelcriptis verbis. „ * M 3 Ce 94 I’ER Ce terme permutation est plus connu clans la jurilpru dence Ecléfiastique, c’est un échange, par lequel cieux bénéficiers se transtnetenc réciproquement le droit, qu us bnt dans leur bénéfice, dont ils sont en pofselsion aétuel- le; car il ne fufit pas d’avoir droit au bénefice , pour pouvoir en faire une permutation avec un droit reelct certain, l’expeétative n’ayant rien de certain, qui put éqtiipoler à un droit réel & certain. L’interêt n’entrant que trop souvent dans la permutation des bénéfices, il faut que pour la purger de la limon !e, qu’il pourroit y avoir, elle se fasse de 1 autorité du Pape, ou desEvéques ; la permutation faite fans 1 autorité de i’un ou de l’autre, feroit non seulement nulle, mais plusieurs croient qu’ellc rendroit les deux benefi- ces vacans & impétrables ; on peut voir fur cette question ce que Boetms Epo a écrit lut le chapitre cwn ohm de rer. permut. La plupart des Docteurs tiennent que les Abez exempts , qui jouissent des droits Episcopaux par prescription ou par titre, peuvent admettre des permutations des bénéfices de leur Ordre ; parce qu ils ont le pouvoir d’instituer & de destituer: mais cette prérogative n’apartient qu'aux Abez, qui ne connoissent que le Pape pour leur Supérieur. Car un Abé dans un Ordre qui a un Chef général, comme dansl’Ordre deCìteaux, ne peut autoriser une permutation ; il faut recourir au Chef de l’Ordre. Tous les jours del’année ne font pas également libres, & quelques Auteurs ont crû que 1 on ne pouvoir point permuter deux bénéfices dans les mois réservez pour les Graduez par le Concordat, ni au préjudice des Indu!raires, brevetasses du joïeux avenement, ou du ferment de fidélité. PERMUTER, v. a. [ Permutare. ] Terme de Bénéficier. C'efì changer son bénéfice aved un autre par la permission du Supérieur. (Permuter un bénéfice contre un autre.) PERNICIEUSEMENT, adv. [ Perniciosi.'] D’une maniéré pernicieuse. Cil vit pernicieusement.) PERNICIEUX, pernicieuse , adj. [ Pernìciosm , exitiahs, nocem. J Détestable. Nuisible. (Maxime pernicieuse. Exemple pernicieux, S. C'iran.') PERONNELLE, s s. [Loquax & ridicula.l Mot bas ct burlesque pour dire. Sotte , maÇbâtie. Idiote, (f Taisez vous, perronelle, Molière, Femmes savantes, acte l.sc. 6.) f PEROOLE, bluet, blaveole , Aubifoin. [Cy anus .2 Plante qui croît abondamment dans les biez ; elle contient beaucoup d’huile & de phlegme, & peu de sel. Sa fleur est astringente & rafraîchissante, propre pour les maladies des yeux. PEROQUET , f. m. ou Perroquet. [ PJlttacus. ] Oiseau qui vient des Indes, qui est ordinairement verd, & qui imite le langage des hommes & le cri des animaux. Marmot, Histoire d’Afrique, /. i. raconte que dans les montagnes d’Etiopie il y a des Peroquets de diverses couleurs , & qu’il s’en trouve qui ont la queue longue d’un pié ct demi & plus, mais que ces peroquets à longue queue n’aprennent point à parler.(Un peroquet mâle. Un peroquet femelle. Oàt dit que le peroquet aime la conversation des enfans, qu’il est sujet à la goûte & qu’il vit environ vingt ans ; quand Olina auroit dit cinquante, ou soixante, il n’auroit pas masdit. De tous les Peroquets c'étoit le plus charmant. Même à mordre il avoit une grâce infinie , Rongeoit les meubles proprement , Et ne criait que rarement, Pavillon.J PEROQUET. Se dit d’un homme qui parle fans «'entendre. (11 faut acoûtumer les hommes à réfléchir, afin d’en faire des hommes, & non pas des peroquets, Belleg.) PEROQUET. [ Sella plicatìlis. J Chaise à dos qui se plie, & dont on sc sert à table. PEROQUET. [ Aloe major. J Plante d’aloès. PEROQUET , perroquet. [ Magni mali appendix altéra. ] Terme de Mer. Dont on se sert tur l’Ocean. C’est l’aibre de la seconde hune de quelque mât, Fournier. íg PEROQUET. Terme de Marine , c’est le mât le plus élevé du vaisseau, arboré fur les hunes du grand mât & de la misaine, ct fur celle du beaupré , & de l’artiinon. On ne porte la voile de peroquet que dans le beau tems ; car li le vent étoit forcé, le vent qu’el- le prendroit, metroit le vaisseau en danger de sombrer sous voiles. Tems de peroquet, c’est un beau tems de vent médiocre, qui porte à route. PER PERORAISON,/ f. [Pcroratio. ] Terme de Ré. torique. C’est la conclusion d’un discours oratoire qui doit être vive & patétique. (L* péroraison doit contenir en peu de mots ct avec esprit ce qu’on a dit de plus fort dans le corps du discours. (La péroraison est nécessaire lorfqu’on fait lin long discours, & qu’on se défie de la mémoire de ses auditeurs. On cross que les plus belles péroraisons des Orateurs modernes Erançois, ce sont celles des pladoïers de M. Patru.) 0 ' PERQKAISOÍÍ. C’est la conclusion d’un discours, ou d’un poème. On la compose de tout ce que l’on a dit de plus capable de persuader, & d’émouvoir les Auditeurs, ou les Lecteurs. Les Grecs, dit Quintilien , l’a- pellent répétition , & les Latins énumération. C’est auffi un tableau en racourci de la cause que l’on présenté aux yeux des Juges pour en rapeller les idées dans son imagination. 11 faut que la péroraison soit soccinte ; car autrement ce feroit une répétition très-ennuïeufe & rebutante , parce que l’on le défie de la mémoire des juges, à qui loin croît nécessaire de rapeller tout ce qui a été dit : mais il m’a paru que rien n’étoit plus propre à se rendre les juges favorables, que de mêler dans la péroraison , quelque trait agréable & plaisant; c’est ainsi que l’on s’infinue dans le cœur, & que l’on persuade, c’est le sentiment de Quintilien , l’expérience me l’a confirmé. Les péroraisons étoient défendues dans le barreau d’Athcnes, & si un Avocat s’avisoit de toucher les Juges par de longues répétitions, il y avoit un Huissier qui étoit en droit de lui imposer silence. L’Exorde a la méme vûë que la péroraison. Quintilien a fait un long chapitre sur ce sujet, où il marque tous les détours dont on peut sc servir dans la péroraison, & après en avoir fait voir futilité, ou l’inutilité, il dit à l’égard de la compassion , qu’il n’apartient qu’aux grands Orateurs d’entrepren- dre d’exciter les larmes des juges & des auditeur*. C’est un moïen très puissant quand on y peut réussir : mais s’il ne perce pas jusques au cœur, il reste froid & fans éfet; ainsi un Orateur médiocre leur doit laisser la liberté de s’atendrir, & de régler ses sentiment fur les circonstances de l’acusation. Ce precepte est très-important, & c’est avec raison que Quintilien dit que dans l’entreprilè d’exciter des larmes , il n’y a point de milieu , si l’on ne fait pas pleurer les j u. ges, on les fait rire à ses dépens : nihil habet ijta res médium , jed aut lacrymas meretur aut rijitm : mais , ajoute ce savant Réteur, la péroraison n’est pas feulement ocupée à exciter la compassion; on est souvent obligé de la détruire, & meme de i’étoufer entièrement dans le cœur des juges, soit par des raisonne- mens qui les calment, soit pat des railleries agréables qui chassent la tristesse de la compassion ; iì en ra- porte ensuite deux exemples ; qu’on donne , dit un Avocat, du pain à cet enfant, afi?i qu’il ne pleure pas ; on avoit amené cet enfant aux piez des Juges, pour les toueher de pitié par fa présence. Dans une autre oca- lion un Avocat plaidant pour un homme fort gros & fort pesant, voiant que son adversaire avoit aporté un enfant dans l’Audience, queferai-je, s’écria-t-il, en regardant fa partie, je ne pourrai jamais vous porter fur nus épaules. Mais Quintilien nous avertit en méme tems fort à propos, qu’il íuut bien prendre garde dans ces ocasions de tomber dans une fade raillerie. Au reste Epiiozue & pesoraison marquent également la fin du discours. PEROT , s. m. [Secundaria exfionis qutrcús pro - letana. J 1 erme des Eaux ct Forêts. C’est une sorte de baliveau. 0 PEROT. Est une espèce de chêne que l’on nomme Perot , quand il a les deux âges de la coupe ordinaire. ,, II est dit dans l’article 119. de la Coutume ,, d Amiens : & li en iceux bois y avoit gros arbres,> qu on nomme Perots ou Tayons, ladite veuve ne les,, peut couper ou abatre, ne les apliquer à son pro-,» fat. Deheu íur cet article remarque que si on nomme Perots ces arbres qui ont les trois âges des autres avant qu’etre reputez tels s on les nomme aussi Tayons, qp 1 lignine dans le langage Picard, le Grand Pere ; ainsi les Perots ou Grands Pères doivent avoir trente ans. ÍS PEROT. On dérive ce mot de Perrot, diminutif de Pierre. Foiez M. Ménage. í PEROU- On dit proverbialement dans le commerce ,c’ifiun perou , pour lignifier un négoce, une entreprise ou il y a beaucoup » gagner. PERe PER PERPENDICULAIRE! adj. [ Perpendicularis. ] Terme de Géométrie, &c. Prononcez perpandiculaire. On dit uu’une ligne droite est perpendiculaire à une autre ligne droite lorsqu’elie y tombe à angles droits, une ligne est perpendiculaire à un plan, à un cercle, à une sphère, 11 elle ne panche pas plus d’un côté que de l’au- tre. On dit auffi au même sens qu’un plan çllperpendiculaire à un autre plan. On dit aussi qu’une ligne, ou lin plan lont perpendiculaires à l’horifon lorsqu’ils tombent à plomb. On dit aussi qu’une ligne droite est perpendiculaire à une ligne courbe, comme à un cercle, à une paiaboie, &c. loisque cette ligne droite est perpendiculaire à la touchante de cette ligne courbe à un même point. PERPENDICULAIRE, f f. [ Une a ad perpendiculum exacia. ] Ligne perpendiculaire. (Tirer une perpendiculaire. Elever une perpendiculaire.) PERPENDICULAIREMENT , adv. [ Ad cathetum. ] D’une maniéré perpendiculaire. (Tomber perpendiculairement, Abl. Un diamètre qui coupe perpendiculairement un autre diamètre, divise le cercle en quatre parties egales.) PERPENDiCULE , f. m. [ Perpendiculum . ] C’est en général une ligne perpendiculaire à l’Ilorison. Et en particulier on apelle pnpendhuíe le filet qui tend en bas par le moïen d’un poids qui lui est ataché, & dont on se l'ert pour divers instrumens de mathématique, comme pour le niveau, &e. PERPE TRER, V. acl. [ Verpetrare. ] Commettre. Ce mot ne (e dit guéres que des grands crimes. (Ce scélérat a ete tué pour avoir commis & perpétré plulìeurs assassinats, Acad. Fr.) î PERPETUANNE, f. f. Sorte d’étofe de laine croisée qui vient ordinairement d’Angleterre. PER PET UEL, perpétuelle, adj. [ Perpétuas, peren- »m.] Continuel. Qui ne cesse point. Qui dure. Qui est à vie. (II institue un chef d’Ordre qui est à vie, ou perpétuel, Fatru, Urbanises. La dignité d’Abé & d’Abesse de foi est perpétuelle, Patru , Urbanises.) PERPETUELLEMENT, adv. £ Perpetuum , semper. 3 Toûjours. Incessamment. (11 étudie perpétuellement. Ils lònt perpétuellement ensemble.) PERPETUER, v. a. [FEternìtuti mandare .] Rendre perpétuel. Eterniser, Immortaliser. {Que la firme du Ciel me tue S'ii avient que je perpetue JJ honneur de votre souvenir. Main. poès. ) PERPETUITE^, s.s. [p erpetuitas.] Durée qui ne cesse point. Continuation de longue durée. (Cela ne détruit ni le titre, ni la perpétuité du titre, Patru, Urbanises. Monsieur Arnaud a fait un excélent traité de la P erpe- îuite de la foi touchant l’Eucharistie, ou il montre que l’Eglise a toûjours crû la présence réelle & la transub- stantiation depuis les Apôtres. A perpétuité , adv. [ln perpetuum J Pour toûjours. (Condamner aux galères à perpétuité, fonder une Méfié à perpétuité.) PERPLEX, adj. [Incertus, dubiusl] Ou perplex, au masculin, & perplexe au féminin. Irrésolu. Chancelant & incertain de ce qu’il veut faire. [Deux Avocats qui ne s’acordoient pas Rendoient perplexe un Juge de Province. La font. Cont.] f L’Académie dit que perplex est vieux. PERPLEXITE', f.s. [Dubitaiio,ba]ìtatioi] Irrésolution, Incertitude de ce qu’on doit faire. Etat irrésolu & inquiet où se trouve une personne. (Alexandre se trouva dans une grande perplexité, Vaug. Quint. liv. 4 . ch. Mettre quelqu’un en une étrange perplexité, Vaug. Quint. I. ;. Je ne puis revenir de ma perplexité Je L’aurois méconnu fans J'a diformtté. Bours. Elop. PERQUISITION , f f. C Conquijìtio. ] Prononcez perkijûion. Recherche. 11 n’est en us,ge qu’en termes de P-, ais. (Faire une exacte perquisition de quelque personne, de quelque vol, &c.) H PERRAU , f. ni. Grand chauderon de cuivre étamé, dont les Marchands Ciriers se servent pour la fabrique des cierges. f PERRE'E if f Mesure de grains dont on se sert à Vannes & à Auvtay en Bretagne. Dix perrées font le PER 9^ tonneau dans ces deux Villes ; mais la perrée de Vannes est plus forte de dix pour cent que celle d’Auvray. PERRETTE,/./- [P etraij Nom de femme qui ne se donne guère qu’aux femmes du petit peuple. (Perrette est mariee.) ■f PERRICHON , j’, f. Petite Perrette. (Perrichon est bien jolie.) PERRIER. Volez Pierrier. íf PERRIER- Ce terme signifie dans nos anciens Historiens, une machine de guerre qui servoit à jeter des pierres avec tant de force, que les murs les plus forts en étoient renversez. Votez les Chroniques de Flandres. Guillaume deTyr les apelle p etrarìa. Votez PIERRIER. f PERRIERE , f f. Carrière d’où l’on tire des pierres. 11 se dit principalement en Anjou des ardoisières. PEKRIQUE , f f. 0 pjìttaculus. ] Petit perroquet, qui n’est pas plus gros qu’un merle, & dont le plumage est tout-à-fait verd , excepté le bouc des ailes & de ia queue qui tire fur le jaune. II y a des païs où l’on l’apelle P cruche. ° PERRON , f m - [ Podium , suiigejius lapideus ,jj Terme d ’ Arcbìtetture. C’est un lieu élevé devant un logis où il faut monter plusieurs marches de pierre. (Un beau perron. On trouve d’abord, je croi que c’est un perron, non, non, c’est un portique, je me trompe, c’est un perron. Par ma foi, je ne fai si c’est un portique, ou un perron. Vott. /. 9;. U gagne les degrez [fi le perron antique Ou Jans cejj 'e etalans bons [fi mécbans écrits Barbin vend aux pajjims des Auteurs à tous prix. Despr.) £§ Les Architectes ont inventé des Perrons de difé- rentes manières: Perron quarré, celui qui est d’équier- re : Perron cintré, celui dont les marches font rondes ou ovales; il y a des perrons, dont une partie des marches est en dehors, & i’autre en dedans, ce qui forme un palier rond dans le milieu, ou un palier ovale. P errons à pans, celui dont les encoigneures font coupées ; perron double , celui qui a deux rampes égales, qui tendent au même palier, &c. Voiez Daviiers. Perroquet. Volez peroquet. PERRUQUE, f f. [ Coma adjcititia , Galericulus , cjj'aries. 3 C’est une cosse de réseau autour de laquelis on range avec tant d’adreffe des cheveux qu’ils représentent la cossure naturelle d’une personne Q 1 y a des perruques à calote dont les cheveux sont atacheZ autour d’une calote & ces perruques ne lont que pour les enfans malades, pour les vieillards ou ; our quelques Eeléiìastiques. Les autres j e;iuques s’apellení simplement perruques. Les perruques blondes font les plus chères. La perruque est composée d’une coife de réseau dont le dessus garni de cheveux s’apelle plaque, ses autres parties sont le devant, le derrière & les coins. Combien devant nos yeux qui ne s’en doutent pas , Sous icur grande perruque étalent des apas Qui de la tête peinte étant le vrai modeie Ont beaucoup d'aparence, [fi n'ont point de cervelle. Bours. Esou.) (§ M. Ménage a raporté dans ses Origines les di. férentes étimologies du mot perruque. L’usage des perruques est fort ancien. M. Thiers a pris foin d’en ra» porter les preuves dans son Traité des Perruques, qui est beaucoup plus étendu que celui de Kangon, Recteur du Collège de Berlin, & imprimé à Magdebourg en 166 ;. Le Sieur Thiers a dit que l’Abé de la Rivière, Evêque de Langres, a été le prémier des Eeléiìastiques qui ont porté des perruques, & qu’on le peut par conséquent apeller avec justice le Patriarche des Eclé- JìaJíiques perruquets. Son exemple établit peu à peu l’usage des perruques dans l’Eglise, L même parmi quelques Moines. On allègue Saint Paul dans fa Lettre aux Corinthiens, où il dit que les hommes doivent prier la tête découverte, & les femmes au contraire la tête couverte, pour défendre les perruques aux Clercs ; mais Saint Paul a parlé en général des hommes, & l’on n’en fait plus diikulté à l’égard des Laïques. 11 est certain qu’à présent ses Eeléiìastiques peuvent porter des perruques, avec la permission de leur Evêque. J?SR« 96 PER PERRUQUIER , / m. [Gaìericuhrum opisex. j C’est celui qui fait des perruques pour les hommes, des tours & demì-tours da chevaux pour femmes & des coins pour hommes. (Un bon perruquier. Les perruquiers ont été érigez en corps de maîtrise en 1674. & pour distinguer leurs boutiques de celles des chirurgiens, ils nietent a leurs enseignes des bajjtns blancs, & ses chirurgiens des bajjins jaunes. Les perruquiers dans leurs lettres de maîtrises s’apellent Barbiers , Baigneurs, Etuvifies & Perruquiers.) PERKI'QUE'RK , f. f. [Com* subdititia iextrìx. ) Femme ou fille qui fait des perruques. t VERS, perse, ndj. [Caruleus .j C’est-à-dire,bleu : (Yeux pers. Couleur perlé.) {$ Villon D’herbes N fleurs rouges U perses. On disoit autrefois pars pour couleur prr/è. Ft dans Martial d’Auvergne cité par Borel dans son trésor. Puis venoit une haquenée Couverte de beau cramoisi, Toute de fleurs de lis semée Sur un beau velours pars choisi, Et puis venoit le Chancelier Habillé aperitive. On se sert de sa racine Sc de sa semence pour la pierre, la gravelle & pour exciter l’utine. PERSILLADE , s. s. f Acetaria petroselino resptrsa, ] Terme de Cuisinier. Assaisonnement fait avec du persil. ( Du bœuf à la persillade, c’est-à-dire , qu’on mange avec du persil ctud.) PERSILLE' , persillée , adj. [ Mucidus. 3 II se dit de certains fromages , & il ne se dit d’ordinaire qu’au .masculin. 1! lignifie qui a une sorte de moisissure, qui a un verd de persil. (Le fromage persillé est bon pour les buveurs.) PERSISTER , v. n. ( St are , pnsijhre. ] Prononcez ptrcijlé. Demeurer ferme dans quelque sentiment. Continuer. Persévérer. (11 persiste dans sa déposition. II persiste à dire & à faire les mêmes choses qu’aupa- ravant.) PER PERSONALISER , v.a. £ Prosnpopxiam agere. j C’est feindre que les créatures inanimées agissent à la maniéré des hommes, comme lì elles en avoient les paillons. Comme faire parler les murailles, la mer, &c. Ce mot est nouveau. Voïez Fersvmser. PERSON AT , s. m. £ PerJ'onatus. ] Ce mot se dit dans certains Chapitres de France. C’elt un Chanoine qui a lin degré au-dessus d’un simple Chanoine.. 0 La dignité dans l’Eglife est accompagnée de juris- diétion , le personat est fans jurisdiction. PERSONNAGE , /• [ Homo, vir. ] Prononcez ■personnage. Ce mot au propre se dit feulement des hommes & veut dire homme. (Un grand, un illustre, un fameux personnage. Ablancourt étoit un excellent personnage. Je vous dis que mon fils n'u rien fait de plus sage Oh' en recueillant chez foi ce divin personnage. Aloi.) PERSONNAGE. Ce mot dans la signification d 'hom. me, fe joint aussi avec des épitétes qui marquent quelque blâme. (Ainsi on dit, c’est un sot personnage, c’est un ridicule personnage. [Ridiculus homo. ] C’est-à-dire, un franc sot, un ridicule achevé.) PERSONNAGE. Ce mot s’emploïe aussi fans épitéte & toujours en mauvaise part. (Si vous aviez vû de quelle maniéré la nature a dessigné ht personnage, vous ne pourriez vous empêcher de rire.) PERSONNAGE. [ Perso»a. ] Terme de Comédien. Acteur. Celui ou celle qui représente quelque personne à Faction de la piéce qu’on joué. (Les personnages de la piéce sont , Sganarelle, Lucinde.) Le mot d ' AHeur en ce sens est plus usité que celui de personnage. * II joué dans le monde le personnage d’un sot. £ Sibi fatui perfinam imponit. ] C’est-à-dire, c’est un sot. [Que vous jouez au monde un petit personnage, De vous claquemurer aux choses du ménage. Mol.], * II a fort bien joué son personnage dans toute l’afai- re. £ Reclè partes egit. ] C’est-à-dire, îl a fort bien fait ce qu’il devoir faire. PERSONNE. £ Vìr vel mulier. ] Ce mot signifie Famé & le corps joints ensemble, & en ce sens il est masculin , ou féminin selon que la chose signifiée le demande, PERSONNE. £ Aliquis, nemo, nullus. ] Ce mot est toû- jours masculin, lorsqu’il est pris pour nul ou pour aucun, •& alors il n’a point de pluriel, & est une maniéré de nom indéclinable. On ne Fcmploye méme en ce sens qu’avec une négative, ou avec une interrogation. (Personne n'eji venu ici, & jamais personne n’ejí venue, Vaug. Rem. Personne a t-il jamais Fait ce que vous faites ?) ís PERSONNE. 11 est uificile de démêler quand ce mot est féminin, ou masculin: Voici le sentiment de M. de Vaugelas. Ce terme signifie F homme la femme tout ensemble comme fait homo en latin, & en ce sens il est toujours féminin, & s personnes au pluriel, se gouvernant en tout & par tout comme les autres substantifs réguliers, par exemple, j'ai vû la personne que vous savez » il faut porter du refiefl aux personnes conjiituées en dignité. . 11 signifie aussi le nemo des Latins & ie nadie des Espagnols, & en ce sens il est indéclinable , & n’a ni genre ni pluriel, mais il est toûjours masculin. Exemple per. sonne n’eji venu. Je ne vois personne Jì heureux que vous, si pourtant on parle à une femme il faut dire, jì heureuse que vous, ce qui a raport à femme ; & il scroit plus régulier de dire , je ne vois point de femme , au lieu de personne,)? heureuse , Jì grojse que vous. L’usage de personne pour nemo , n’est proprement que pour les choses, qui regardent Fun & l’autre sexe conjointement, comme personne n’a été fâché de sa mort ; car personne comprend l’homme & la femme fans les séparer ; ainsi il a le genre masculin : mais quand personne se raporte à l’un des deux sexes , ou à une personne seule, alors ce n’est pas le lieu d’employer personne pour nemo. 11 fait ensuite cette observation importante » après qu’on à fait personne féminin , comme les personnes dévotes. On ne laisse pas de lui donner quelquefois le genre masculin, & même plus élégamment que se féminin , par exemple Malherbe a dit : j’ai eu cette consolation en mes ennuis, qu’une infinité de personnes qualifiées, ont pris la peine de me témoigner le dépiaijir qu’ils en ont eu. Qtfiis est plus élégant que qu’elles , parce qu’on a égard à la choie signifiée, qui font les hommes PER 97 en cet exemple , & non pas à la parole qui signifie les choses. J’ajouterai de mon chef que dans cet exemple, personne comprend les hommes & ses femmes, & dans ce concours du masculin & du féminin, le premier doit prévaloir. Voici Fobservation de l’Académie. On a condamné ces manières de parler. Je uevais personne Jì heureuse que vous, je n'ai jamais vû perj'omme Jì grojje qtéjle , q U g Air. de Vaugelas semble tolérer, & il faut dire en parlant à une femme : je ne vois point de personne fi heureuse que vous, & en parlant d’une femme, je n’ui jamais vû de femme Jì grojse qu’elle, ce qui est la même chose que si orr difoit, je m vois aucune personne, jì heureuse que vous , aucune femme Jì grojje qu.’elle. A Fégard de ce que Mr. de Malherbe dit: j’ai eu cette consolation en mes ennuis , qiéune infinité de personnes qualifiées , ont pris la peine de me témoigner , le dépiaijir , qu’ils en ont eu j on a décidé qu’il suroît été mieux de dire , qu’eiles en ont eu , à cause que le genre qu’il faut donner à ce relatif, est détermine par l’adjectif qualifiées, qui est féminin, de fuite que pour faire recevoir qu’ils au lieu de qu’elles , il auroit falu dire, plusieurs personnes de qualité, ou du moins sc servir d’un adjectif, qui eût le genre mascu in & 1e genre féminin semblables , comme plusieurs petjonnes considérables ont pris la peine de me témoigner le déplaisir qa’i/s en ont eu. Cet adjectif considérables, étant de deux genres, »s fait pas le méme éfet que qualifiées, qui étant féminin, ne peut être joint qu’à un substantif qui soit aussi féminin. Passons à présent aux remarques nouvelles du P. Bouhours ; il convient avec M. de Vaugelas , qu’après avoir fait féminin le terme personne, on peut quelquefois lui donner le genre masculin , à ('imitation de Malherbe : mais, ajoute-t-il, il me semble que M. de Vaugelas n’a pas fufifamment éclairci ce principe; car si la chose signifiés doit servir de réglé pour changer d» genre après personne, il y a des rencontres, où il seroic un Solécisme, par exemple, si on parle des Dames d« la Cour , après avoir dit, que ce sont des personnes tres-spiritueiies , je ne dirai plus, ils jugent bien des ouvrages d’ejprit, il faut nécessairement dire elles , par raport aux Dames de la Cour, qui font la chose lignifiée : au contraire, lì je parle des Docteurs de Sorbonne, après avoir dit qu’il y a en Sorbonne des personnes très- savantes, je dirai : ils ont une parfaite connoijjance de la Théologie, & non pas elles, pareeque que les Docteurs font la chose signifiée. Si l’on parle de plusieurs personnes de Fun & de l’autre sexe, je dirai, ils parlent des afaires de la guerre , & non pas ellesi car lorsque ses deux genres se rencontrent, il faut que le plus noble l’emportc. 11 faut encore faire cette réflexion , que quoi qu’un homme soit la chose signifiée, on met 1e féminin après personne, quand le mot qui s’y raporte y est joint en quelque faqon, par exemple on dit : ll y a dans ht Sorbonne des perjbnnes très-Javanees U très-dijerétes, aus- quelles on peut fe fier pour la conduite des mœurs : ce seroit mal dit, auj'quels, parce que 1e relatif aufquels tient à personne. Perjonne lignifie quelquefois le corps ou la figure extérieure , & est diférente de perjonne, qui signifie l’homme ou la femme, on dit en ce sens : fa personne plaît extrêmement ; elle a mille agrément en Ja personne. Voïez les doutes du même Aujteur. PERSONNE. [_Homo,somma. ] Lorsque ce mot ne signifie pas nul, mais Fhomme & Ja femme tout ensemble il est tQu)oms féminin , & il a un pluriel. (Eîtenrpse. J’ai vû la personne que vous seavez. C’est une bile personne. Les personnes qualifiées. 11 faut porter du respect aux personnes constituées en dignité, Vaug. Rem.) PERSONNE. [Multi.j Ce mot ne signifiant pas nul, mais Fhomme & la femme tout ensemble est féminin Sl masculin dans une méme période , c’est-à-dire , que le pronom qui se raporte au monde personne féminin se met au masculin, Vaug. Rem. (Exemple, j’ai eu cette consolation dans mes ennuis qu’une infinité depesjbn- nes qualifiées ont pris la peine de pie témoigner le déplaisir qu’t/s ont eu. Vaug. Rem. II y a des personnes qui se font perdues par une chaleur de dévotion, parce qu’ils ont voulu plus faire qu’z7f ne pouvoíent, Port-ReyaL Iniitatunt de Jijus-CknJi, Que tout iroit bien mieux Jì personne ici b,u , JSe jì mêlait jamais de ce qu’il ne fait pas. Poém. fur FEd. de S. Aug.J Ut. N PER- 98 PER PERSONNE. f Specìes. ] Ce mot se prend souvent pour la figure, ou l’extérieur du corps , & en ce sens il ést toujours féminin, (Sa personne me plaît extrêmement. 11 est bien fait de sa personne , Abîme. Sa personne est pleine d’apas, Voit, pots. Entre la veuve d'une année Et la veuve ct une journée J_a diferencc eji grande , on ne eroiroit jamais Que ce fût la mime personne L’une fait fuir les gens, U £ autre a mitte attraits. La font.) # PERSONNE. Ce mot s’emploïe souvent avec les pronoms possessifs, & alors il a diverses significations. Aimer fa personne. C’est aimer ses aises, avoir un grand foin de fa lanté, de son corps, de son ajustement. ê Etre content de sa personne. C’est être satisfait de ibi-même. i Pater de sa personne. C’est aler à l’ocafion, s’exposer au péril, & faire bien son devoir. -r S’ajjurer de la personne de quelcun. C’est l’arreter, fe mettre en prison. PERSONNE. [Persona.2 Ce mot se dit en Théologie & en parlant de Dieu : c’est la Nature divine avec ses raports & ses relations réellement distinétes. (Ainsi la personne de Jésus est la divinité de jesus-Christ. 11 y a en Dieu en trois personnes.) PERSONNE. Terme de Grammaire. C’est une particulière diference du nombre du verbe, laquelle est triple en chaque nombre. (La personne du nombre singulier don verbe. C’est je, &c. En personne. [ [n proprià personâ. J Sorte d’adverbe. ^11 commandait en personne. C’est-à-dire, il commandoit lui-même & non point par autrui.) f On dit, ofenser quelcun en sa propre personne. On dit encore, en termes de Pratique, parlant àsa personne, •parlant àsa propre personne. C’est-à-dire, parlant à lui- même. Ou le dit aulîi dans le stile familier. PERSONNEL, personnelle, adj. [ Propnus. ] Qui regarde la personne. (Les fautes font personnelles. Ajournement personnel.) PERSONNELLEMENT , adv. [Propriè &sncerè.~] (Je suis personnellement vôtre ami. C’est-à-dire, pour moi, ze fuis vôtre ami.) PERSONNELLEMENT, adv. [Perse. ] En personne. (Comparoître personnellement. Terme de Palais, S’é- íablir personnellement. Terme d eNotaire.) PERSONNIER, f m. [ Contubernalis. ] Qui est associé à une personne pour tenir ménage en commun. £n quelques coutumes, il signifie aussi cohéritier. [Cohxres.J 0 On disoit autrefois parçonnier, pour un homme qui participoit dans une afaire , particulièrement de commerce; ,, Alain Chartier dans son quadrilogue: nous „ votons les étrangers aller de nôtre Royaume, qui „passent les fortunes de mer, pour venir à nôtre fe. ,, cours & être parqonniers de nôtre adversité & de „ nôtre peine : le peuple dit, perjbnnnr, les gens qui font au dessus disent ajsocié , participe. Dans la Coutume de Normandie le cohéritier est apellé personniei', & l’on y donne le même nom au complice d’un crime ; & dans la Coutume de Bourbonnois, de la Marche , d’Angoulême , les possesseurs d’un fond sujet à la taille réelle envers le Seigneur , ou de mortaille font apeiles personniers. Voïez Ragueau dans son In. dice. PERSONNIFIER? v. a. [Persmam ejsìngere. j L’ulàge de ce mot n’est pas grand. II signifie feulement, parler des choses ou des qualitez comme fi c’étoient des personnes. (Les Poètes ont personnifié toutes les pallions, comme Ternie, la vengeance, la gloire, la fortune, la discorde, s; sommeil, &c.) PERSPECTIF , adj. [ Scenographìa . ] On apelle en .Géométrie un plan perspectif, Faparence d’unplrn objectif décrit au-delà du tableau sur le plan géométral. & PERSPECTIVE, s f. Z P ars opticescujus ope qu* r emo t a j uni: proxima vuientur. J II y a deux fortes ds perspective, V me spéculative & l’autre pratique. La spéculative est une connoissance de l'esprit par laquelle 1 esprit considérant de certains objets, connoit les raisons de leurs diverses aparences selon les diverses positions de l’œil qui regarde. La perspective pratique est auíh une connoissance de l’esprit aidée des feus extérieurs & exécutée par la main , à la laveur de laquelle " ï er s£tllm pratique nous enseigne à représenter dans PER «n tableau ce qui paroit à nos yeux, ou que i entende» ■ meut conquit en la forme que nous le voyons. Le mot de perjpefiive signifie aussi des tableaux faits pour te- prelènter des objets en perlpective. Peu d’Auteurs ont bien traité cette matière. , , $ PERSPECTIVE , fe dit d’une peinture qui repre- fente des jardins, des bátimens ou autres choses semblables en éloignement, pour tromper la vue, & qu’on met ordinairement au bout de i’allée d’un jardin ou d’une galerie. f PERSPECTIVE linealc. C’est celle qui fe fait parles lignes seules. H PERSPECTIVE aérienne. C’est celle qui fe fait par la dégradation des couleurs. f PERSPECTIVE, se dit de Faspect de divers objets à la campagne vûs de loin. (Ce coteau fait une belle perspective. Cette maison a une belle ville en per» spective.) f * PERSPECTIVE, se dit aussi en parlant des divers bonheurs ou malheurs de la vie, qu’on regarde comm» certains, quoiqu’encore éloignez. (Les biens de cet oncle font une belle perspective pour vous. Le malheur qui le menace est une fâcheuse perspective pour lui.) f * En perspective, se dit pour, en éloignement. (II est riche, mais ce n’est encore qu’en perspective.) PERSPICACITE', /• /- [ Peijpicacitas, sagacitas, ] L’Académie a recû ce mot, & dit que c’est une force, une vivacité & une pénétration d'esprit, qui sert à découvrir les choses les plus dificíles à connoitre. Cepen- dant plusieurs personnes se sont encore scrupule des’en servir, quoi quil soit très propre pour exprimer faction par laquelle l’esprit connoit la vérité. 0 Ce mot signifie beaucoup, dit le P. B. dans la suite de ses remarques, & nous n’en avons point qui y réponde , il paroît fort prévenu en fa faveur, mais il a quelque chose de dur, & il est trop latin pour être autorisé par l’usagc. PERSPICUITE; ,sf [ Tersvicuitas. J Ce mot est Latin & signifie clarté, netteté, lise dit du discours. (La perspicuité du stile, du discours.) PERSUADER, v. a. [Suadere, persuaderez Ce or/, be régit un accusatif quelquefois, & quelquefois un datif. II semble qu’il régisse l'acusatis quand il signifie amener une personne au sentiment qu’on désiré.Convaincre une personne à force de raisons, l’entrainer, par de puissantes considérations. (Exemple. L’Orateur persuade se* Auditeurs par la solidité de son raisonnement, Ablanc. Je n’ose lui parier d’ainour de crainte de la persuader. Gomb. Ep.i. Mais lorsque persuader signifie Conseiller. Porter à croire. Faire croire. II semble qu’il veuille un datif. Cette conduite persuade!t à la Reine que, Me. moires de M. le Duc de la Rochefoucaut. II lui persuada de prendre la robe.) 0 PERSUADER., On peut plaire & ne pas persuader. Costar suite de sa défense pag. 72 . M. de Balzac avoit le secret de parler magnifiquement, mais i! n’avoit pas-le talent de plaire ni de persuader, & le reste. $ Se persuader, croire, s’imaginer, fe figurer. (Ilse persuade tout ce qui flûte sa vanité.) H PERSUADANT, adj. Qui persuade. (Discourspersuadant, raison persuadante.) Acud. Fr. f PERSUASIELE , adj. [Persuajìbilis .J Qui peut être persuadé. Qu’on peut aisément faire croire. (Cette opinion n’est pas persuasible.) PERSUASIF, persuasive, adj. ZPersuasorius, suasont pollens. ] Qui persuade. Qui a la force de persuader. (Discours persuasif, Abl. Avoir une éloquence persuasive, Mol. Critique de l’Ecole des Femmes. On dit aulîi d’un homme éloquent, il est fort persuasif.) PERSUASION, J. f. ZPerjuaJìo, indufíus .] Conviction de l’efpric causée par la force & la vérité des raisons. Créance. Solicitation. (La persuasion n’a pour l’ordi- naire sur nous qu’autant de puissance que nous voulons, Desp. Longin, ch. 1 . 11 fera porté à manger de ces viandes avec persuasion qu’il a , qu’elles sont souillées. Port-Royal, Eouveau Testament, prémiere Epître de saint Paul aux Corinthiens. 11 a fait cela à la persuasion de Monsieur un tel.) 0 Anacréon ordonnant à un peintre de faire le portrait de sa maîtresse sor l’idée qu’il lui en donnoit par le détail des traits de son visage; quand il vint à la bouche, il lui dit, que ses lèvres resseinbloient à celles ds la persuasion, afin qu’elles fissent naître à tout le monde I envie de ks baisse. FER YpiQí Xliïtt - 7 » cruçiï Hpa%tt>i>íuí>c» piSwfcx, Mademoiselle le Fevre a traduit ces deux vers ds cette forte ; fais lui les lèvres comme celles de la persuasion, U qu'elles dosinent envie de les baiser , & ajoûte dans ses Notes : on ne sauroit sans doute imaginer de plus belles lèvres que celles qui font faites pour persuader. Mais ce n’est pas par leur beauté , que les lèvres persuadent ; c’est par la force & la beauté du discours ; aussi la penfee de l’Amant a été que les lèvres de fa maîtresse fussent si belles qu’elles excitassent l’envie de les baiser. Dans ce grand nombre de Divinités , que le Paganisme avoit inventées, la persuasion occupoit une place parmi les Déesses. Hérodote liv. 8- dit que la Persuasion & la Nécessité étoient deux puissantes Divinités. PERTE ,s f [ Damnum , factura , detrimentum.) Dommage qu’on a souffert en perdant quelque chose. (Faire de grandes pertes. Faire des pertes considérables. Réparer fa perte, Ablancourt. Recouvrer la perte , Ablancourt. Une perte de sang. La perte d’une bataille. Ils soupirent après la perte De leur dernière liberté. Bussi.) TORTE ou gain tout ejt égal. C’est-à-dire , ne se soucier , ni de perte, ni de gain, recevoir l’un & l’autre d’un visage égal. Scaron. A perte de vuè , adv. [ Longé latèque. j C’est aussi loin que la vûë se peut étendre. (Une allée à perte de vûë.) f * Parler à perte de vuè. [ Immodicè loqui. J C’est- à-dire , parler sans réflexion. ( C’est un homme qui parle de tout à perte de vuè , & qui souvent se fait lisser.) On dit aussi courir à perte d’haleine. [ A d interclu - Jlonem anima currere.] £ En perte , en pure perte, adv. (11 fait des fraix en pure perte.) f PERTE. Toile de chanvre qui se fabrique en Bretagne , surtout dans le village nommé Perte, & en d’au- tres lieux. ’ PERTEGUES ,s.m. pi. [ Perticula. ], Terme de Marine. Bâtons qui portent une piéce d’étofe qu’on apelle tendekt, qui sert à couvrir la poupe d’une galere contre le soleil & la pluye. f PERTINACITE', / / [Pervicacia.) Opiniâtreté en quelque chose. (11 soutient ses opinions avec une grande pertinacité.) PERTINEMMENT, adv. [ Apti , cmvrnienter , appo. Jltè. ] Prononcez pértinanman. Convenablement. Raisonnablement. Fort à propos. (II a répondu pertinemment à toutes les demandes qu’on lui a faites.) PERTINENT , pertinente , adj. [ Aptus , idoneus, tonveniens.) Convenable. Qui est à propos. (Ilaalé- gué une raison pertinente. Ses offres ont été déclarées pertinentes.) PERTUIS , f » t. [ For amen. ] Ce mot signifie un petit trou, mais il n’est guère usité dans le langage ordinaire. ( Boucher un permis. On dit plutôt boucher un trou.') * PERTUIS. f. m. [Sinus.') Passage fur une rivière, où les bateaux ne peuvent passer que les uns aprés les autres, & où quelquefois on ne passe pas fans quelque danger à cause que le passage est dificile. (Passer un permis.) PERTUIS de bassin. C’est un trou par où se perd l’eau d’un bassin de fontaine, ou d’un réservoir, lorsque !e plomb, le ciment, ou le corroy est perdu en quelque endroit, ce que les fontainiers apellent aussi Rinard du Latin, Rina, Davilers. PERTUIS. [ For amen. ] Chez les Serruries , c’est le trou d’une clef forée. Chez les tireurs d’or, c’est le trou de la filière par où passe le lingot. En Géographie c’est un détroit de mer entre une Isle & la terre ferme. [£/- nus.) Le pertuis Breton, vers l’isle de Ré. PERTUISANNE, Pertusanne.ff [Spiculi longio. ris ççf latioris hajia.) On trouve dans quelques livres imprimez le mot d epertusaune , mais il faut croire que c’est une faute d’impression. Car on ne dit qu epertui. sanne. C’est une arme qui est composée d’une hampe & d’un fer large, aigu, & tranchant au bout de la hampe, éi qu’on donne à de certains soldats de chaque compagnie d’infanterie. (Une bonne pertuisanne. Qn com- PES 99 mence à ne se plus servir der pertuisannes,parce qu’elles ne font pas un grand éfet.) 0 ” Sorte d’armes. Ce mot est dérivé de pertundere , pertusus , pertusana, pertuisane. , í PERTUISANNE. Mr. de Folard donne la description d’une sorte de pertuisanne de son invention , qu’il jugt •nécessaire à l’infanterie pour se défendre contre la cavalerie, & qui est plus redoutable que la pique, fans étr* sujette aux mêmes inconveniens. Cette pertuisanne est de onze pies de long, & il en voudroit établir un certain nombre dans chaque bataillon. Un cinquième , ou môme un septième suffiroit. Cette arme est mille fois plus forte & plus avantageuse que la pique pour résister à un grand éfort & au choc de la cavalerie. Elle se manie plus aisément & avec plus d’adresse & de dextérité, & il n’est pas aisé d’en gagner le fort. Voï. te Traité de lu Colonne, ch. XII. PERTUISANNIER, pertusannier , s. m. [ Siciliarius.j On dit pertusannier & non pas pertusannier. C’est le soldat fantassin qui est armé d’une pertuisanne. (Ua bon pertuisannier.) PERTURBATEUR, s m. 11 vient du Latin per. turbator. C’est celui qui trouble. Qui met le désordre & la division. (Etre perturbateur du repos public, Voit. I. 2. C’est un perturbateur.) £§Ce mot ne se met qu’avec ce qui peut être troublé, comme le repos public, l’Etat, l’Eglife : mais on ne dit pas troubler le peuple, quoique l’on dise, exciter des troubles parmi le peuple. Mais cette remarque du P. B. n’est pas juste, ce me semble, le peuple ne peut-ij pas être troublé, c’est particulièrement parmi le peuple, que ces grands troubles arrivent. PERTURBATION, s.s. Terme dogmatique. Trouble, émotion de Faîne à l’occasion de quelque mouvè ment dans le corps. PERTURBATRICE , s. f [Perturbatrix.) Celle qui trouble & met en désordre. ( Elisabeth qui étoit un* perturbatrice du repos de l’Eglise, a dit Maucroix , Schisme , liv. p. 477.) PERVENCHE, s f. [Pervinca vulgaris latifolia J Ce mot vient du Latin pervinca. C’est une plante mé« decinale, qui rampe, dont les feuilles sont d’un beau verd & les fleurs blanches. C’est un des vulnéraires. ^ II y a deux principales efpeces de Pervenche. Elles font propres pour le cours de ventre , pour purifier le sang, pour les ulcérés des poumons. Qn les emploie intérieurement & extérieurement. PERVERS , perverse, adj. [ Perversus , depravatus. J Ce mot se dit des personnes, & veut dire méchant, scélérat, & ne se dit bien qu’au masculin. (Esprit pervers. ) PERVERS , s. m. [Scclestus, pravus.) Méchant, scélérat. (C'est un pervers. II ejl l’apui des bons , la terreur des pervers, Le Juge prêt en doit q u’à tort [f à travers On ne sauroit manquer condamnant, un pervers. La Font.) f PERVERSION ,s.f. [ Depravatio.) Ce mot est écor- ché du Latin. II ne se dit guère. II signifie Faction par laquelle on pervertit quelqu’un, &par laquelle on rend plus méchant, ou devient plus méchant. PERVERSITE', s.s [ Perverjltas. pravitas , nequitia. ] Mot écorché du Latin , qui signifie méchanceté , & qui peut trouver fa place dans quelque discours grave & sérieux. (11 a triomphé de la perversité de ses ennemis. Trop de perversité régné au Jlécle où nous sommes Et je veux me tirer du commerce des hommes. Mol.) PERVERTIR , v. r». [Pervertere, corrumpere, déprava . re.) Ce mot sc dit proprement des personnes , & veut dire gâter. Mettre dans les mauvaises voyes. (Les flateurs & les médians pervertisent beaucoup de monde.) tz PERVERTIR Pordre des choses. C’est troubler l’ordre établi. f On dit aussi, pervertir le sens de l’Ecriture, pervertir le sens d’un passage. PESADE, f f [Anteriorusn pedum ereHìo polìicis immotis.) Terme de Manège, Action du cheval qui leve les pieds de devant fans remuer ceux de derrière. (La pelade est le fondement de tous les airs.) PESAMMENT , adv. [Gravatim, lentè, tardé ) D’un* maniéré pesante. (II n’avoit avec lui que des soldats pesamtnent armez, Abl.Rét. [Catapbracti milites.) Tom. III. N a BESANT* 100 PES PESANT , s -»- [Sicoma.2 Terme de Chasublier. C’est un astéz gros morceau de fer ou de plomb envelo- pé de toile, où d’étofe qu’on met fur la besogne pour la tenir lorsqu’on travaille. (Mon pesant est perdu.) PESANT, pesante , adj. [ Gravis , ponderojus.j 1 errne de Phisique. C’est tout ce qui est porté comme de soi- mëme en bas. Qui tend en bas. (Le mouvement des choses pesantes ne vient pas tant d’un principe interne que d’un externe.) . , r PESANT > pesante, adj. f Gravis, j Lourd , qui pele. (Corps pesant. L’eau est pesante.) 0 ' Monsieur Desmarêts dans fa defense du Poeme héroïque a critiqué ces vers de Monsieur Despreaux. Et ma muse tremblante Fuit de ce grand fardeau la charge trop pesante. Pitoïahles vers, & pur galimathias , car premiere- Uien ,, la charge d’un fardeau , St le fardeau, d’une „ charge, font auífi peu raisonnables l’un que l’autre, ,, puisque fardeau & charge sont la méme chose : mais ,, on peut , ce me semble , les séparer , fardeau c est la chose, charge c’est le poids & la pesanteur de cette chose. PESANT , pesante. [ Ponderans.] II se dit des pieces de monoïe,& veut dire qu’elles font du poids réglé dont elles doivent être. (Cet écu est pesant. Une pistole pelante.) ’ PESANT , pesante, adj. [ Varum estlcax , tardus. J Ce mot se dit des personnes & veut dire lourd. Quia peu de feu & de vivacité, peu de brillant. (Esprit pesant. II n’est pas fans esprit, mais né triste & pesant ll veut être folâtre, évaporé, plaisant. Despr.) • H * Avoir la main pesante, avoir le bras pésant. C’est être fort & robuste, & donner de grands coups. On le dit aussi d’une personne puissante, dont le ressentiment & la vangeance sont à craindre. (Vous avez afaire à un homme qui a le bras pesant.) $ Avoir la tête pejante. C’est l’avoir chargée d'h limeurs, de vapeurs. PESANT, pesante. [ Molestus, gravis, incommodas. ] Fâcheux, onéreux, embarassant. (La garde de deux filles est un peu trop pesante, Molière. 11 s’avança avec toute la diligence dont étoit capable une armée aussi pesante que la sienne , Vaug. Quint. I. c. 7. PESANT, pesante, adj. [ 'Ingravescens .] Ce mot se dit de certains chevaux deseíle. C’est un cheval pesant à la main, c’est-à-dire, qui s’abandonne fur la bride. On dit d’un homme qui a beaucoup de mérite, qu’il vaut son pesant d’or. [ Decet auro hune hominem ex. pendi.J £§ Les Musiciens disent une musique pesante, quand les mouvemens, & par conséquent les notes font d’une longue durée. Voyez Brossard,Dictionnaire de Musique. Mr. de Sacy a ainsi traduit les prémiets mots de la vingtième lettre de Pline ; ,, que me donnerez-vous, St „ je vous conterai une histoire qui vaut son pesant d’or." Un de mes amis trouve trois choses à dire dans cette traduction ; la première est que valoir son pesant d’or , est une locution basse, vulgaire & peu digne de la politesse & de l’élégance de Pline ; la seconde que l’on dit d’un homme, il vaut son pesant d’or : mais il ne croie pas qu’on puisse dire qu’une histoire vaut son pesant d’or, quelque agréable qu’elle puisse être , le mérite qu’elle peut avoir ne se pèse point, ni dans le propre, ni dans le figuré. Enfin la traduction ne convient point à l’origi- nal : voici le texte, astempara , & accise auream fabu. iam. Pline ne demande point ce que son ami lui donnera, il exige de lui une somme considérable, le mot nc est un tout ou composé de douce onces, & signifiant très-souvent la totalité d’un corps d’hérédité, ou d’un tout qui peut être divise en plusieurs parties ; d’ailleurs auream fabulant n’est point une avanture qui vaut Ion pesant d’or : mais dans le sens de l’Auteur une avanture toute d’or. PESANTEUR , s. f. [ Gravitas ] Terme de Phisique qui n’a point de pluriel. C’est une qualité, ou une vertu par laquelle une chose pesante est portée en bas. (Une pierre tend en bas par fa propre pesanteur.) PESANTEUR. [Inipulsio gravis ] Charge lourde, poids, soulevez un peu ce balot & vous en sentirez la pesanteur ) PESANTEUR de tête. s Capitisgravitas .) Maladie qui vient de l’aòondance du sang ou d’autres vapeurs gros- PES fières. (Cela cause des pesanteurs de tête. 11 a une pesanteur de tête qui l’incommode fort.) f PESANTEUR, se dit en parlant des coups que donne un homme sort L robuste, & du bras & de la main qui les donne. (La pesanteur de fa main, de son bras, la pesanteur de ses coups.) PESANTEUR , se dit figurément de l’esprit. [ Tardi. tas ingenii.] Les habitansduNord ont plus d c pesanteur d’esprit que ceux du Midy. fjf Balzac a dit dans son Socrate Chrétien pag. 231. „ quand l’ame sc trouve dans ces pesanteurs & dans ces „ affoupissemens, Dieu prend plaisir à la reveiller, & à „ s’aparoítre à elle. PESCH E, pescher. Voïez ci-devant Pêche, pécher,&c. PESE'E,// [ Peiesura. ) C’est tout ce qu’on peso en une feule fois. (Une bonne pesée. Faire plusieurs pesées.) PESE-LIQJJEUR, s m. [ llydrometrum. ] C’est un instrument par le moïen duquel on connoit de combien une liqueur est plus pesante qu’une autre. C’est une fio- le de verre , à demi pleine de vit argent, sur le cou de laquelle il y a plusieurs divisions. Quand on la plonge dans quelque liqueur, l’on juge que la liqueur est moins pesante, plus elle enfonce, & au contraire, &c. PESER, v. a. £Appendere, ponderare. ) Voir la pesanteur d’une chose avec les poids. ( Peser une pistole. Peser du chanvre, du lin, de la laine, &c.) PESER , v. n. £ Gravetn N ponderosum este. ) Avoir de la pesanteur. (Coffre fort qui pefe beaucoup.) PESER, v. n. £MoleJìum este.] Etre onéreux, fâcheux & embarassant. (La couronne lui pèse sur la tête. Quand on connoit l’amour , ses caprices, ses peines, Quand onsçait comme moi ce que pèsent ses chaînes. Desh.) f PESER la pierre. Terme de Carrier. C’est la soulever de dessus le tas avec la grosse barre pour la mettre fur les boules. * PESER , v. a. £Rem perpendere , examinare, truti . nari.J Considérer, examiner, voir. (Peser la diféren- ce qu’il y a entre les choses, Pascal. I. 2. Lisez & pesez chaque mot, Pascal. I. 4. Peser un crime , Palru, pilai dot es * PESER, v. n. [Pragravare manum.] Ce mot se dit de certains chevaux deJelle Se veut dire. S’abandonner trop fur la bride. (Cheval qui pèse à la main.) * PESER. £ Infigere vestigia.] Terme de Chaste. Ce mot se dit quand une bête enfonce beaucoup de ses piez dans la terre, ce qui est une marque que la bête est grande, Sa/nove. PESER. £Morari, moram facere.] Terme de Musque. Qui veut dire, apuier fur les notes. (Pesez bien soc vos notes.) PESEUR , s. m. £Librator, pensator. ] Celui qui pele. Mais il lignifie proprement, celui qui est établi par autorité publique pour peser de certaines choses. (Un bon ' pescur. Un pescur exact & fidèle.) £f PESME. Vieux mot qui lignifie dur, fâcheux , pénible. Ville-Hardouin n u . <57. Et dedens celJ'ejor lor avint une mésaventure qui su pesme £5? dure, M. du Cange raporte dans son Glossaire fur cet Auteur plusieurs endroits de diférens Auteurs, qui s’en sont servis. Guillaume de Nangis M. 8. sous Pan 1216. parlant du Roi des Assassins , ici très-pesme Roi £5? mal voulant Seigneur des Harquastes habitoit en la contrée d’Antioche & de Damas. Guillaume Guiart sous l’an 1267. Estait le Duc de Baiviere Un neveu Mainíroi qui mort ete De vilaine mort g? de pesme Conradin ot nom en baptesme. Philipe Mousques en la Vie de Charles le simple. Terris Fius Guillaume su si ejhie Qui ne fut pas crueux ni pesme . En la vie de Philipe I. Donc fit un très-grand gelée Trop pesme trop démesurée. f PESO, J. m. Monoïe de compte d’Espagne. Les dix mille pesos valent douze mille ducats. „.Pl' SON ,s. m. [ Statera , veHis. ”] C’est une forte d instrument qu’on apelle aussi Balance romaine , & avec quoi on peso ce qu’on ne peut commodément peser avec des balances & qui est composé d’une verge, d’une masse, PES masse, d’un crochet & d’autres petites choses que les Balanciers apellent broches , jolies, gardes & tourrets. (Un bon peton. Un peton fort juste.) í PESON à ressort. Sorte dejnachine assez ingénieuse, dont on se sert pour peser diverses fortes de marchandises. Ce peton n’est pas si juste que le peton à contrepoids ou romaine, parce que le ressort est sujet à se relâcher & à s’afoiblir par son trop grand usage. PESON. s Vertìciiïus . ] Morceau de plomb que les femmes metent au bout dateur fuseau lorsqu’elles filent, afin de le tourner plus facilement. PESS AIRE, f m. Terme d ’Apoticaire. Médicament externe propre pour le cou & le corps de la matrice , composé de racines d’herbes, de semences de fleurs, & de sucs tirez de ces choses, & incorporez avec gommes, oignons, confections, poudres, miel & coton. Le tout pour guérir les maladies de la matrice, pour provoquer ou arrêter les mois. ( foliaires re- moliens. On croît que les femmes ont plus besoin de pejfaíres rafraichissans que de toutes autres sortes de pessaires.) t PESSE, f f. [Picea. ] C’est une forte de sapin. Voïez Supin. PEST E,ff- [ Pejiis, peftilentia. ] Maladie populaire & contagieuse qui est celle de toutes les maladies qui emporte ie plus de monde. C’est une tumeur qui naît fous la gorge , aux oreilles & aux aines. ( Le lìernia a fait deux plaisans Capitol! fur la peste. La pejte se mit dans l’armée & emporta une partie des plus braves soldats. Le mauvais air, la méchante nourriture & la trop grande chaleur engendrent la peste. Avoir la peste. Donner la peste. Aporter la peste dans un pais. La polie se gagne & se communique. Lu peste puisqu’il faut Papetier par son nom Capable 0 ,’euruhir t n un jour p Achéron Faj'oit aux animaux la Guerre. La Font.) * 11 ne manquoit pas de flateurs, peste/à/e, qui renverse plus d’Etats que les armes des ennemis, Vaugelas, Quint. L 8- chap. ç. [Pernicies fatalis.) [La discorde aux crins de couleuvres Piste fatale aux Potentats Vie finit, [fie. Mal. poés. 1 . * PESTE. Ce mot se prend quelquefois en bonne part & fur tout en parlant d’amour. (Exemple. f C’est un subtil venin, c’est une douce pejie qui veur charmer mes sens, Benjèrade, poésies.) * PESTE. [Malus cruciatus.) Ce mot sert à faire quelque imprécation & à exprimer quelque mouvement de l’ame. (La pejte etoufe le rimeur, Voit.poes. [Pestis opprimât podium.) La p,jie soit du fou, Molière. Ah j'oubiiots , peste de ma mémoire Celui qui fait grand cancan de Phistoire, Scaron, Pues. Oh , oh . peste la belle , Molière.) PESTE. [M aligna s.] Se prend quelquefois pour un adjectif. Cet écolier est pfite pour dire malin. Qui se sent prude [fi prétieuse pour toujours fit en fureté, Et fut-elle peste [fi rieuse Les rieurs font de Jon coté. Mile. de la Vigne. * PESTER , ». ». L ln aliquem Aebaccharì , alicui fiomacban.J Dire du mal, injurier, s’emporter contre une personne, ou quelqu’autre chose, mais avec des paroles injurieuses & outrageantes. (Pester contre le genre humain. 11 peste contre les Médecins & avec raitòn, car ils ont tue fa maîtresse à force de la-lâigner & de la purger. Je suis parti , les cieux d’un noir crêpe voilez, Pestant fort contre vous dans ce fâcheux martire, Et maudijjunt vingt fois Pordre dont vous partez. Mol. On se soulage quand on peste Et l’on ne jauroit trop pefier contre P amour. Cadmus, a. ;.) f FESTERIE , st f. Mot bas & burlesque. (Tu ne pouvois mieux rencontrer dans ton humeur de pesterie , Saint Amant, Home ridicule. C’est-à-dire , dans l’hu- jnwur où tu etois, de dire rage & de pester.) PER IOI PESTIFERE', pestiférée , adj. [ Peste taborans , pestû lentiâ confit H atui.) Qui a la peste, infecté , contagieux. (Endroit pestiféré.) PESTIFERE', f tn [Peste correptur.] Qui a la peste & qui la peut donner. (Au lieu de vous fuir comme un pestiféré, on a vû beaucoup de gens de naissance ne faire point de dificulté d’aller boire avec vous, Romtm Bourgeois , Epître au Bourreau.) f PESTIFERE, adj. Terme Dogmatique. Qui communique la peste. (Un air pestiféré, une odeur pestiféré, une vapeur pestiféré.) PESTILENCE st', f. [ Pestilentia Corruption de Pair* peste répandue dans un pais. 11 y a une grande pestilence à Naples. L’Académie Françoise reçoit ce mot comme en usage quoiqu’il soit vieux. L’Ecriture dit, que ceux qui hantent des hommes corrompus sont affis dans la chaise de pestilence. PESTILENT , pestilente , adj. [Pestilenti febresaucius .] (Maladie pestilente, Bouhours , Aubujfon, l. 5. p. a89< Fièvre pestilente.) PESTILENTIEL , pestilentielle, adj. [Pestifer.’} Qui a une qualité maligne, envenimée & qui tient de la peste. (Fièvre pestilentielle, La Chambres) f PESTILENTIEUX, adj. 11 signifie la même chose que pestilentiel. (Air pestilentieux, vapeurs pestilentieuses.) PESTRIN. Voïez paìtrin. PES TRIR. Voïez paltrir. PET, st m. [Crepitus ventrìs .] Vent qui sort du fondement avec bruit. (Faire un pet.) Déjapìus fier qu’un pet en coque, II avoit fagoté vos murs de biquoque. S. Amant, Rome ri d. t PETS. On apelle ainsi une sorte de bignets fort enflez. PETARADE > f f. Quantité de pets que fait le cheval en levant le derrière. ( Le cheval fit la pétaradé ,La Fontaine , Fables, liv. 6.) f * Faire la pétarade. C’est fe moquer en faisant des gambades. ( II lui a fait la pétarade.) PETARASSE , f f. [ Âscia. bifida. ] Terme de Marine. Espèce de hache à marteau, qui a le côté dut taillant fait comme un calfat double , & dont on le sert à pousser l’étoupe dans les grandes coutures. PETARD , f m. [ Pyloclajìrum .] Sorte de machine à anses qui est de métal, qui est faite en manicre de grand gobelet, qui est creuse de sept pouces ou environ, & large par la bouche à-peu-près de cinq , qu’on emplit de poudre fine & batuë, qu’on couvre ensuite fort bien, & dont on se sert pour faire sauter les portes & les barrières des villes qu’on veut prendre d’emblée, pour rompre quelque pont levis, des chaînes, & autre obstacle. ( Charger un pétard. Mettre ie feu au pétard. A tacher le pétard.) f On n’emploïe guère plus les pétards , mais on ne doit jamais en être dégarni dans les places frontières. Polybe de Mr. de Folard. PETARD. [Tormentum ináuHile .] C’est une carte où l’on met de la poudre, qu’on plie bien dans cette carte & qu’on pique de plusieurs coups d’épingle. Ensuite on la pose sous le talon du soulier avec une traînée où l’on met le feu, & cela sait du bruit. Les jeunes garçons s’amusent à faire de ces sortes de pétards pour se divertir. (Tirer des pétards.) PET ARDER , v. a. [ Admoto pyloclastro valvas dis rumpere. ] faire sauter quelque porte , ou quelque barrière avec le pétard. Se servir du pétard pour rompre quelque obstacle que ce soit. (Petarder un pont- levis. Petarder une barrière Petarder une porte.) PETARD 1 ER, f m. [Pyloclafiri vibratos .] Celui qui petarde. Celui qui va atacher le pétard à quelque sorte d’obstacle. (Les petardiers font en danger.) PETASE,[ Petasus. ] Nom que les Antiquaires donnent au chapeau aile de Mercure. PETASITE , f f [Petafites.) Plante qui croit aux lieux humides , & qui est bonne pour la toux & pour l’Asthnie. . ptTAUD- On ne se sert de ce mot que dans ce Proverbe. Ceci ressemble à la Cour du Roi Petaud. Pour dire qu’il n’y a que désordre & de confusion. Acad, Fr. Chacun y contredit, chacun y parle haut, Et P est tout justement la Cour Au Roi Petaud. Mol. N j PETAIT- 102 PET PETAUDIERE,/ / íLotus confusions. ] Terme de Raillerie. Pour marquer un lieu rempli de désordre & de confusion, Acad. Fr. PETECHIES , / f. Taches qui s’élevent fur la peau dans des fièvres malignes, d’ou l’on les apelle fièvres petéchiales. f- PETENUCHE,// C’est une bourre de foie d’une qualité inferieure à celle qu’on nomme Fleuret. Onl’apelle aussi Gallette deCocole. PETER -, v. n. [ Crépit um reddere. ] Faire un pet. (Iris, vôtre belle bouche est faite pour chanter, & vôtre beau cu pour peter.) PETER plus haut que le cu. Prov. C’est entreprendre des choses au-dessus de fesforces, ou prendre des manières au-dessus cíe son état. (11 est dangereux de peter plus haut que le cu.) t* PETER. [Cnpit are- ] Ce mot fe dit de la poudre & veut dire faire du bruit en tirant. Eclater avec bruit. (Le charbon fait peter la poudre.) f -* PETER. [DiJrumpi.J Ce mot fe dit des matons qu’on met au feu fans les fendre, & il signifie, faire un bruit presque semblable à celui que fait un petit pistolet lorsqu’on le tire. Eclater avec bruit. (Les matons pe- tent si on ne les fend avant que de les mettre au feu.) PET EUR, f. m. f Crepitator. ] Celui qui pete. (Vil- lain peteur. U un avecque prudence au Ciel s’impatronise. Et l’autre en sut chajsè comme un peteur A’Eglise. Reg, Satire 14.) PETEUSE,// [(W crtpitum edit.J Celle qui pete. (Grosse peteuse. Fi, la peteuse. Une petite peteuse.) f PETEUSE» ou Bouvier. [Bubulca. J Petit poisson de riviere long de trois ou quatre doigts de couleur argentine. Sa queue est fourchue. II est apéritif. PETILLANT, pétillante, adj. [Crépitant.] Ce mot fe dit proprement du feu & veut dire qui étincelle avec bruit. On le dit aussi du vin. [Par tout alors eji en campagne - Le pétillant vin de Champagne Ee maître ne P épargne pas. Ferr. Chasse.] * Enfant pétillant. [Puer vividus .] C’est-à-dire , enfant vif & plein de feu. * y eux pctilluns. [ Scintillantes oculi. ) C’est-à-dire, vifs & brillans. PETILLEMENT , / m. [ Formicatio. ] Certain mal qu’on sent dans les jambes comme si elles étoient couvertes de fourmis, Danet. PETILLEMENT, / m. [ScintiDatio.j L’action de pétiller. Le pétillement des yeux, du feu, du vin, Danet. PETILLER , v. ». [Crepitu perjirepere.) Ce mot fe dit proprement du feu. C’est jeter avec des manières de petites étincelles. (Le feu pétillé.) * PETILLER. [Scintiliare.’} Briller, éclater. (On voit pétiller en elle je ne fai quoi de brusque', Bevferade , poésies.') * PETILLER. [ Micare. ] Ce mot fe dit du vin , & signifie étinceler. [Vrai Dieu ! que le vin est bon , rjsiil est frais ! dans mon verre U pétillé. Scar. Poèf.] 11 fe dit aussi des yeux. Et signifie qu’ils font vifs & étincelans. ( On estime les yeux qui pétillent. II pétillé d’impatience.) PETIT , petite , adj. [ Parvus , exiguusLj Ce mot fe dit des choses & des personnes, & veut dire , qui n’est pas grand. (Petit lieu, petit cabinet, petite chambre, petite ville, petit homme, petit garçon, petite femme, petite fille.) PETIT, petite. [Minhnus. ] Qui n’.est pas de conséquence. pVousne manquerez pas de recevoir ma lettre par ce bonheur que vous dites que vous avez dans toutes les petites choses, Voit. L 22 .) PETIT , petite. [ Infant .] Ce mot en parlant à'enfant , veut dire/ors jeune. (J’étois petit quand cela arriva. 11 «st charge de quatre petits enfans.) * C’ejt un petit ejprit. [ Parvunl A? médiocre inge - nium. í C’est-à-dire. Qui a peu de génie. Qui n’est point considérable pour l’efprit. * Tout petit prince a des Ambassadeurs, La Fontaine, Fables, l. 1 . C’est-à-dire. Tout chétif & tout pauvre f rince. Tout Prince peu considérable. PET * Mon petit Monsieur, je vous trouve plaifmt. Ces mots se disent en colère pour marquer à un homme qu’il manque de relpect & de sens. (Ainsi Molière a écrit, mais mon petit Monsieur, prenez le un peu moins haut. Volez Msantrope, a. a.) Un petit. [Parùm, pau/ulùm .] C’est-a-dire, un peu. Tant soit peu. (Aimez-moi par charit é un petit, Voit. A moins dr être Sosie On ne peut pas savoir tout ce qu'il dit , Et.dans t’étonnement dont mon ame est Jdiste Je commence à mon tour 'a le croire un petit. Mol.) * petit , petite , adj. [Humilìsfj Peu considérable en comparaison d’un autre plus grand. (N’en déplaise aux Grands, ils font petits devant les Dieux, Bens. Les petits en tout afaire Esquivent fort aisément Les grands ne le peuvent faire. Lá Font.) PETIT lard ,fm. [ Lardumsatis pingue. ] C’est un* fortê de lard entre lardé, & qui n’est pas épais comme le lard à larder. (Le petit lard est excélent.) PETIT métier , / m. [ Crustulum tortile. ] Pâte faite de farine, de sucre, d’œuf & d’eau détrempez enfembl» qu’on fait cuire entre deux fers fur un feu clair, & qu’on roule ensuite, si l’on veut, en petits cornets. (Faire du petit métier.) Ce mot petit fe joint encore à divers autres mots, avec lesquels il change un peu de signification Petit lait, petite oye. Le petit doigt. Le petit coucher. Mon petit cœur. [Meum corculum.'} Petits piez. Etre réduit au petit pied. Petit fils. On les trouvera expliquez chacun en son rang. f PETIT-GRIS. Sorte de riche fourrure faite des peaux d’une espèce de rats ou d'écureuils , dont le poil de l’échine est d’un très beau gris cendré, & celui de la queue & du ventre d’un blanc tirant un peu fut le gris. Le petit-gris vient des païs froids, fur tout de la Sibérie. î PETIT-GRIS, fe dit aussi d’une espèce de duvet, ou petites plumes qui fe tirent du ventre & du dessous de* ailes de (autruche. f PETIT NOIR. Sorte de plume noire qui provient aussi de (autruche. PETITS, f. m. [ Humiles. ) Le peuple. Le petit peuple. * [On voit que de tout tems , Les petits ont pati des jotisis des Grands. La Fontaine, Fables, 1 2 .] PETITS , f m. [Catuh, pulii ) Mot général dont on fe sert souvent pour ( dire les animaux nouveau-nez qui font nourris par leur mere. PETITb choux, j. m. [Gìohu/us pistorius.'] Pâtisserie faite de sieur de pur froment, d’œufs , de fromage & d’un peu de sel- (Les petits choux font bons.) f PETIT a petit, adv. [Pau’atim.J Peu à peu. (II en viendra à boutpfí/í a petit.) í$ La remarque du P. Bouhours fur le mot petit, m’a paru mériter une place dans ces additions. Petit, dit-il, joint à homme ou k femme, ne signifie que la taille , m petit homme, une petite femme, & quoiqu’en disant, c'eji un plaisant petit homme , ceji une bonne petite femme, on entendra je ne sçai quoi qui marque autre chose que la taille. Ce qu’on dit a quelque raport au corps, de forte qu’on ne dira pas cela d’un homme ni d’une femme de grande taille, comme on dit d’un homme de petite taille, tel qu’étoit Alexandre, c'eji un grand homme; à la vérité les femmes fe traitent quelquefois entre elle» de»i« petite, quelques grandes qu’elles (oient, mais c’est par un jargon d’amitié , qui ne mérite pas d’être compté entre les expressions de la langue, & qui n’en- tre point dans les d.scouts. Si la remarque est vraie un bel endroit de la lettre ecrite à une personne de la Cour fur les conquêtes du Roi, pourroit bien être un peu faux. Ce n ejï p,u sans su jet que je tiens ce propos, Sans parler du siécle où nous sommes, Dans les siécles pajj ez souvent de grands Héros Ont été de très petits hommes. L’Auteur veut dire, comme il (explique lui-même, que les Héros les plus fameux, qui fe signaloientdans les combats, & qui rempiissoient tout le monde de 1* gloire de leurs armes, étoient dans la vie civile & pan tout PET tout ailleurs des hommes d u commun , qui se trou- voient confondus dans la foule : mais je ne scai s’il a dit ce qu’il vouloit dire. De très-petits hommes, ne font , ce me semble , en nôtre langue , que des Nains & desPigmées; ils’exprime plus heureusement, quand après avoir parlé de la Majesté, qui est comme naturelle à nôtre Auguste Monarque, & qui paroît jusques dans ses moindres actions , & dans ses dis cours les plus simples, il ajoute par une espèce d’in- spiration. Mais parle-t-on de bonne foi , EJi ce une fable , eji ce une histoire? Si ce qiÙon dit est vrai, rien ne manque à fa gloire ; Et dans iui, qui le fourrait croire, JJhomme est auffì grand que le Roi. A la vérité petit joint avec d’autres noms apellatifs, íìgnifìe dans le figuré, peu de chose , peu de mérite , & cela fans nul raport à la taille : petit prince, petit peuple, petites gens, petit prophète, tzfe. & nous disons en riant : mes petits MeJJìeurs, je vous trouve plaij'ans d’en user com. me vous faites. Mais il ne s’agit ici que de petit joint avec homme, & je crois qu’étant mis de la forte, il ne signifie que la taille. ■{•PETITEMENT, adv. [ Modicè , exigus, parcè,te- nuiter.] D’une maniéré petite & pauvre. (II vit petitement. Nôtre Docteur régalait fa moitié Petitement, enfin R était pitié. La Font.) PETITESSE, f f. [Stature brévitas. ] Petite taille. (Ma petitesse m’a été reprochée plusieurs fois, Voit. 52.) * La petitesse de P esprit fait l’opiniàtreté. [Exiguìtas, tenuitas ingenii. 3 Mémoire de M. le Duc de la Roche - foucaut. * Ce seroit une petitesse de cteur plûtôt qu’une véritable modestie. Le Chevalier de Meré. [Ignobilitas animi .] [Etre aujourd’hui grandeur §•? demain petitesse C’est le commun destin des Grands par cas fortuit. L ours. Esop.] $ PETITESSE, signifie aussi modicité, & en ce sens on ne le dit guére qu’en parlant de dons, de présens. (J’ai égard à la bonne volonté & non à la petitesse du don.) f PETITESSE , se dit pour minucie, bagatelle. ( II fist plein de petitesses.) t P ET IÏIO N , / /• [Petitio, postulatmn.] Prononcez péticion. Ce mot vient du Lati n petitio , qui lignifie demande, mais il n’est pas en usage en ce sens général. II est usité dans les Mathématiques , où il signifie une demande claire & intelligible, dont l’exécution & la pratique ne requièrent aucune démonstration. La Géométrie est établie sur les définitions, les axiomes, & les pétitions. Les pétitions servent de disposition à la Géométrie pratique , Le Clerc , principes de Géo. metrie. t PE'TITION , [ Postulatio , postulatum.] Terme de Palais. Demande, ou action en Justice. La plus pétition, c’est une demande plus grande qu’on ne la doit faire de droit. f PE'TITION de principe. [Petitio principii.] Terme dé Logique. 11 se dit lorsqu’on supose & met pour chose certaine ce qui ne l’est pas, & qui a besoin de preuve. Logique de Port-Royal, 9 . partie. f PE'TITOIRE , f. m. [Petitorìa difceptatio .] Terme de Palais. Action par laquelle on demande la propriété de quelque chose. II est oposé à postejfoire. (II faut juger le possessoire avant le pétitoire.) sjs Les jeunes Praticiens ont de la peine à comprendre ce que c’est que le pétitoire , & le possessoi. re ; lorsque le possesseur d’un fond est troublé dans fa possession , où qu’il en est chassé par force, il se pourvoit an juge Iloïal du lieu en complainte contre celui qui l’a troublé, pour être maintenu ou rétabli dans fa possession. L’instance étant liée , on conteste fur le possessoire , pour savoir qui des deux restera en possession du fond pendant la contestation , fut ce pétitoire, & ce préalable est fondé fur la nécessité de régler la possession momentanée, afin d’éviter que les parties n’en viennent aux armes pour jouir jusques à ce que le fond de salaire soit décidé, celui des deux qui a joui pendant la derniere année est maintenu ; ítóívsi c’est une régie générale que l’on ne peut point ac- PET 103 — j cumuler le pétitoire & le possessoire. On apeîle petitoi- re faction réelle que l’on a fur le fond dont iì s’agit t l’Ordonnance de 1667. tit. 18- explique cette matière. t PETON ,f tn. [Pcdiculus. ] Mot burlesque qui est souvent en la bouche des nourrices, & qui veut dire pied. (Ah les beaux petits petons, ah, que j’en sqai, belle nourrice , qui se tiendroient heureux de baiser seulement les petits bouts de vos petons, Molière, Médecin malgré lui, a. 9 .JI 9 .) PETONCLE , f f [ Petunculus. 3 Espece de petit poisson h coquille. Rondelet. Danet fait ce mot masculin. PETONCLE. Terme de Rocailkur. Sorte de petite coquille grisâtre & plate. (Une petite ou une grosse pétoncle, Une jolie pétoncle.) PETREAU , J • m. Terme de Jardinier. C’est le sauvageau qui repousse du pied de quelque arbre que ce soit. Ainsi son dit que les pruniers repoussent beaucoup de petreaux , Quint. Jardins fruitiers. * PETRE'E , adj. Plein de pierre, mot qui ne se difc qu’en Géographie, en parlant de l’Arabje, pais fort in» cuit , séparé de l’Arabie heureuse. L’Arabie pétrit. s Petrofa. 3 PETREOL , f m. [ Oleum petrolinum. 3 Ce mot vient de lTtalien petroglio. C’est de shuile qui sort d’un rocher. II s’en trouve dans file de Zante & dans quelques Iles de l’Archipel. On dit le petreol & huile de pe- treol. (Ce petreol est fort inflammable, & l’on s’en sert à la composition des feux d’attifices qui brûlent dans seau. L’huile de petreol a une odeur forte & désagréable.) * PETRICHERIE , f f. [Instruites pfcatonus.] Terme de Mer qui le dit de tout l’apateil qui se fait pour la pèche des morues, comme chaloupes, hameçons, &c. £ Ce ternie a été emprunté des Espagnols, qui apel- lent Petreehos un équipage de guerre, ou de chasse. PETRIFICATION , f f K» lapident conversion Ce mot en termes de Physique signifie le changement qui se fait, quand seau, le bois, ou quelqu’autre corps se convertit en pierre. (La pétrification du bois est difi- cile à expliquer.) PETRIFICATION. [Lapidea tranfnutati$. 3 Ce mot se dit aussi pour signifier les corps mêmes qui ont été convertis en pierre. (II y a des cavernes où l’on voit plusieurs sortes de pétrifications. Les cabinets des curieux font pleins de diverses pétrifications.) PETRIFIER, v. a. [In lapident cmvertere. 3 Con. vertir en pierre. (II y a de certaines fontaines qui ont la vertu de pétrifier de certains corps durs qu’on y jette, Rob. phif. 11 se dit figurément. * Quel tort lui fais.je enfin ? ai-je par un écrit Pétrifié fa veine N glacé son esprit ? Despr. Sat. 9 .) C’est-à-dire, ai-je durci fa veine? Suis-je cause qu® Chapelain fait des vers durs, rudes & raboteux, & qu’il n’a point de feu d’esprit ? Se pétrifier *, v. r. [ Lapidefcere. 3 Devenir pierre. (Phinée le pétrifie à la vûë de la tête de Meduse, Een- J'erade.) í PETROLE, f f. Espèce d’huile ou de bitume, dont il y a deux sortes ; l’une blanche & l’autre noire. L’une & l’autre font incisives, pénétrantes, raréfiantes, résolutives , atténuantes. Elles résistent au venin, chassent les vers, font dissiper les vents & fortifient les nerfs. PETS. Voïez Pet. PE'TULAMMENT, adv. [ Afpere. 3 Avec pétulance. (Agir pétulamment.) PETULANCE ,f f [ Petulantia. 3 Mot qui est pris du Latin, & qui veut dire une maniéré d’agir où il y a de l’emportement, de l’insolence & de séfronte- rie, & qui regarde les actions & les paroles. (C’étoit un autre Lucien par ses bons mots, par fa raillerie, & par fa pétulance fans pareille, Maucroix, Schisme d’Angleterre, l. 2. p. 284 ) PETULANT, pétulante, adj. [Pétulant.] Mot tiré du Latin signifiant qui a de U pétulance, quia une sorte de conduite emportée & insolente. (Un esprit pétulant. Humeur pétulante.) f PETUN , / nt. £ Vetmum. ] Tabac. (Prendre du petun.) f PETUN., 104 PEU > f PETUìî , est le nom que les Américains donnent au Tabac. On ne se sert guére en France de ce terme , que pour marquer l’excès que l’on fait en le fumant, ou l’endroit où on le prend en fumée. PETUNER , v. n. f 'Tabaci fumum are naribusque ex* ttpere. J Prendre du tabac. Fumer avec la pipe. [.Aujourd’hui Paveugle fortune Ejlpour qui boit, four qui petune. Sear. PoéfJ PEU , ttdv. f P ana n , Paululum, ] Qui signifie. En petit nombre. En petite quantité. 01 apeade bien. II a peu d’argent. II y a peu de questions où vous ne trouviez que l’un dit ofii, L l’autre dit non, Pascal. 8 ) Un peu , adv. [ P arum. 3 Cela est un peu ridicule. Cela est un peu fort. Voici plus bas le mot peu pris substantivement. Un tant soit peu , adv. [Parum. ] (Donnez m’en un tant soit peu.) Un peu maint , adv. [ Paulò minus.2 (II y a un peu moins que vous ne dites.) Un peu plus , adv. [ Paulò magis. 3 Un peu davantage. (II y a un peu plus que vous n’avez écrit.) Un peu après, adv. [Paulò pojf. j Presque auílì-tút. (II est venu un peu après.) Un peu auparavant, adv. f Paulò anteà. 3 (Cela est arrivé un peu auparavant.) P EU à peu, adv. | Paulathn. 3 Insensiblement. (On devient bon, ou méchant peu à peu.) A peu près , adv. [ Fermé, ferè. 3 Presque en partie, (Je vous raporterai a peu près la substance de son discours. Vaug. Rem ) PEU P en faut que. [Parum abeji ut. 3 Sorte de conjon . Pi ion qui régie 1 ejubjon/lif. ( Peu s'en faut que je ne dise que les hommes font fous de fe donner tant de peine & de faire mille bassesses pour amasser du bien, quand une fois ils en ont autant qu’il en faut pour vivre honnêtement.) PEU souvent, adv. [Rarò.] Assez rarement. (11 arrive peu souvent que l’amitié qui est entre les hommes soit de longue durée , parce qu’elle n’a d’ordinaire pour fondement que le seul intérêt.) Tant soit peu , adv. [ Paulispcr. 3 (Considérez tant soit peu ce que c’est que la colere, & vous ne vous y abandonnerez pas iì facilement.) * Quelque peu. C’est la même chose que tant fort peu. [Un Payen qui sentait quelque peu le fagot , Et qui croyait en Dieu , pour user de ce mot , Par benefice d’inventaire Alla consulter Apollon. La Font.) PEU, s. m. Ce mot est quelquefois substantif, & il a divers sens. Lorsqu’il signifie peu de chose, & qu’il est le nominatif du verbe , il veut le verbe au singulier. Mais lorsqu’il signifie un petit nombre, & qu’on sous- entend un génitif pluriel après peu, il demande le verbe au pluriel. (Faites part aux pauvres & avec joye de ce peu que vous avez. [ Parvum.2 Vort.Roial. Peu avec la justice vaut mieux que de grands biens avec l’iniquité. Proverbes de Salomon , c. 16 . Peu agissent rondement, c’est-à-dire, peu de gens en usent sincèrement. [Pauci. 3 Les Jésuites ont gagné, le monde fe paye de paroles , peu aprofondijj'ent les choses , P ajc. iett. 2 . C’est à-dire , peu de personnes se donnent ia peine d’examiner les choses.) * PEUCEDANUM- st »*• [Peucedanum-2 Plante qu’on apelle autrement. Queue de pourceau. FEUILLE,//' Terme de Monoïe. Morceau de pièces de mûnoïe que l’Essayeur a rompues pour en faire essai. (Voilà une peiiille. Amasser Jes° peùiíles.) if 11 faut dire avec M. Boizard p. 149 . que les ordonnances veulent que des quatre peùiíles coupées par l’Essayeur, il en laisse une aux gardes, & une autre au martre, & qu’il se charge des deux autres, dont il garde Fune, éi l’autre lui serve à faire Pestai. Chacune des trois peùiíles doit être enclose dans du papier, celle des gardes est cachetée par l’Essayeur, celle du martre par ses gardes & par l’Essayeur, & fur chacune, on doit marquer la quantité, le poids, l’aloi, & 1 e jour de la délivrance : & seront ses trois peùiíles gardées jusques après 1 e jugement des doctes. PEUPLADE, / J. £Colonia. J Gens envoïez d’un PEU païs pour peupler un lieu particulier. Colonie de gens qu’on envoyé pour peupler un lieu. (Envoyer des peuplades en quelque lieu, Abl.) II signifie aussi le lieu où l’on a fait quelque peu. plade. (On a envoyé on Gouverneur & des Missionnaires dans le r peuplades du Canada.) IncoLc. PEUPLE,/ [Populus, gens.2 Ce mot en gé- néral signifie une multitude de personnes qui habitent dans un même lieu , en y comprenant ses personnes de qualité & autres. (Air.fi on dit, il y a bien dù peuple à Paris. 11 y a une infinité de peuple à Paris. Ce n’c/i que fur fis ennemis Qu on entend gronder le tonnerre , Les peuples qui lui font soumis Sont les plus heureux de la terre. Rec. de Bouli.) PEUPLE , / m. Ce mot sc prend dans un sens moins vague, pour dire, tout le corps du peuple, fans y comprendre ce qu’on apelle les gens de qualité & les gens qui ont de l’esprit & de la politesse. (Et c’est en ce sens que d’Ablancourt a écrit que le peuple étoit amoureux de la nouveauté. Je vois courir le peuple , est je lis dans ses yeux , Que Louis est victorieux. Desh.) PEUPLE. [Cives, paradant. 2 Ce mot se prend aussi dans un sens plus resserré, pour dire toutes les personnes qui font d’une même Paroisse. ( 8 . Eustache est la Paroisse de tout Paris où il y a le plus de peuple.) Le petit peuple. [Plebectila , plebs instma.j C’est toute la racaille d’une Ville. C’elt tout ce qu’il y a de gens qui ne lbnt pas de qualité ni bourgeois assez, ni ce qu’on apelle honnêtes gens. Le petit peuple de Londres est méchant. Et cherchait a lui faire outrage. Rec. de Bouh. (f M. de Balzac a.raporté dans Reloge du Du* de Guise , chef des Ligueurs, un bon mot qu’on a- tribue à Madame la Duchesse de Retz, ils avoientst bonne mine ces Princes Lorrains, q W auprès dieux les au* tres Princes paroiJJbient peuple. Cette façon de parler , dit-il, est un peu hardie , elle plaisoit sort à Mademoiselle de Scudery , & le P. Bouhours a fort aprou- vé dans ses Remarques nouvelles fur la Langue, cet endroit des œuvres de cette illustre fille, où après avoir dit que ceux en qui on se fie le plus, font ceux dont on est le plus trompé, & que pour être sage, il faut toujours fe défier des autres & de soi- méme , elle ajoute: tout le mande fait des fautes, & tout le monde a tort en quelque maniéré', Un Critique exact pourroit trouver le mot peuple mieux placé dans cette phrase : il pdut être bien peuple pour fe laisser éblouir par P éclat qui environne les grands. Etre peuple une fois en fa vie n’est pas bien intelligible, & l’on lé roi t trop heureux, si l’on n’imitoit ce peuple qu’une fois en ià vie : mais Je laisser éblouir munie le peuple par le faux éclat des grandeurs , rien n’est plus clair r.i plus vrai , en un mot la locution est bonne, mais il ne fruit pas en user souvent. t PEUPLE poétique. [Plebs poeranmij C’est-à-dire, la multitude des petits Poètes. (II y va de l’honneur de vous autres héros du Parnasse de ne point soufrit qu’on outrage 1 e peuple poétique.) * PEUPLE. [Vulgus. 3 Ce mot se dit au figuré dan* un sens allez nouveau. (II faut être bien peuple pour se laisser éblouir par l’éclat qui environne les Grands. Les Princes Lorrains avoient si bonne mine, qu’atL près d’eux les autres Princes paroissorent peuple. C’est- à-dire , bourgeois, Niuvellcs Remarques fur la langue.) if Racine a dit dans son Esther act. 1 . sc. 1 . Qui pourroit cependant P exprimer les cabales Que formoit en ces lieux ce peuple de rivales. II me semble que peuple donne une idée d’hotn- mes, plùtôt que de lemmes. PEUPLE se dit auss d u petit poisson qu’on achete pour alviner un étang. (On a obligé ce fermier à mettre deux milliers de peuple dans cet étang.) PEUPLER > v. a. [Urbem civibus fréquent are. 3 Remplir de peuple. Métré des gens dans un lieu pouc l’habiter. (On dit qu’un des fils de Caïn peupla l’E* tiopie , Abl. Murmol.j PEUPLER, n. Ce mot fe dit souvent entr* PEU entre marchands de poissons dans un sens neutre , & signifie multiplier. (La carpe peuple fort.) On dit auflì peupler un étang, peupler une vigne, peupler un bois. * PEUPLE'', e'e. [Populis frequens , populosus.) Lieu où il y a beaucoup de peuple. (La France est très peuplée. Opéra peuplé de mille Dieux , Ferrant ) ï PEUPLER , ». a. Terme de Charpentier. Garnir de pièces de bois convenables, les parties vuides d’un bâtiment. (II faut trente solives pour peupler ce plancher. ) * PEUPLER. Terme de Manufacture. Peupler une étofe en boutons, c’est la friser , soit par l’envers comme certains draps, soit par l’endroit comme des ratines. PEUPLIER > f m. [ Populus.) II y a deux fortes de peupliers , un blanc & un noir. Le peuplier blano est un arbre grand & haut, qui a le tronc gros, Té* corce des branches liste & blanchâtre, son bois est blanc & tendre, & ses feuilles comme celles de la vigne. Le peuplier noir est celui qu’on apelle ordinairement tremble. Voie z donc tremble. (Le peuplier aime les lieux marécageux, Bal.) 4= L’écorce du peuplier blanc est detersive, propre pour la sidatique, pour la difficulté d’uriner, & pour Ja brûlure : on s’en sert extérieurement. Les feuilles du peuplier noir sont propres pour adoucir les douleurs de la goûte, en les apliquant fur la partie malade. PEUR if. f. £ Timor , met us. 3 II vient du Latin paver , & l’on disoit anciennement paeur. Crainte. A- préhension. Frayeur. (Avoir peur. Donner de la peur à quelqu’un. La peur le saisit, & il se troubla si Fort qu’on ne le put jamais remette. Trembler de peur, Abl. Une servile peur tient lieu de charité , Le besoin d’aimer Dieu pajse pour nouveauté. Delpr.) Avoir peur de son ombre. {Umbram timoré.) C’est-â- dire, avoir peur de rien. De peur de. [NE ] Sorte de conjonction qui régit le verbe à l’infinitif. (Quand on n’est pas habile , le plus sûr est de peu parler, de peur de faire connoitre son foible. ) Charles VII. s’abstint de manger par la crainte d’ètre empoisonné, & se laissa mourir, de peur de mourir. Variilas. De peur que. [.Ne.] Conjonction qui demande le ver . be attsubjonctif. (Le plus sûr c’est de ne point parler des Grands, de peur grt’iis ne se vangent si on en parle mal, & qu’ils ne s’offensent si on n’en parle pas avec toute la bonne opinion qu’ils ont souvent tous seuls d’eux-mêmes.) PEUREUX , peureuse , adj. [ Pavidus. ] Qui craint. (II est peureux. Elle est peureuse. Aminte , tu nu fuis , tu me fuis volage Comme le fan peureux de la biche sauvage. Ségrais, Eglogue 4.) PEUREUX, peureuse. [ Suspicax , suspiciosus.) Ce mot se dit des chevaux, & veut dire Ombrageux. (Cheval qui est peureux. Monsieur Perraut apelle une bande de canards un escadron peureux. Et le coup qu’à fleur d’eau l’on tire Disperse l’escadron peureux. Perr.) PEUT-ETRE , adv. [ Portasse , forjitan, forte.) Par hazard. (Monsieur Ménage avoué en quelque endroit de ses ouvrages qu’il n’a point de génie pour les vers, & cela est peut-être plus vrai qu’il ne le dit.) PH. Ces deux Lettres p gè? H jointes ensemble se prononcent comme une F. 11 y a quelques mots qu’on écrivoit par ph, selon leur étimologie, qu’on écrit à présent par une F. On les trouvera en leur rang. PI4AETON, s m. [phaëton.) Fils du Soleil & de Climéne. (Phaëton fut téméraire, mais il fut auíll malheureux. Croyez moi , Seigneur Phaeton, C’est en Dieu de bon sens qu’uvec vous je ní explique t 27 e prenez point un Jì haut ton , En cbnje problématique. Bourlàut.) Quelques Auteurs croient que la fable de Fhaétost PHA 105 renferme une vérité historique, & plusieurs autres font persuadez qu’elle est une image ingénieuse de la témérité des ambitieux , qui s’exposent aux plus grands dangers pour aquérir ou des richesses ou de la gloire; les prémiers disent que l’on a entendu parler de quelques chaleurs excessives, qui embraseront la terre & en consumèrent les fruits. Les autres soutiennent qu’il y a eu un Prince du nom de Phaëton , lequel en se promenant dans son char sur le rivage du Pô, y fut noyé. Zetzes traite de fable tout ce qu’Ovide a raconté dans ses Métamorphoses de l’avanture malheureuse de Phaëton : mais il ne nous aprend point la cause du malheur arrivé à ce Prince, qui n’est pas moins fabuleux que celui d’Ovide. 11 me semble que l’on doit regarder cette avanture, comme une allégorie dans toute son étendue, & il est aisé d’en comprendre le sens caché fous des fictions qui peuvent servir de leçons & d’exemples aux ambitieux. On a inventé depuis quelque te ms une espèce de voiture que l’on a apellée Pbaéton , parce qu’elle ressemble en quelque maniéré aux Chars que les Peintres ont accoutumé de representer quand ils peignent la chûtc de Phaëton. PHALANGE,/ f. [Phalanx .] Terme de Milice Gréque. C’étoit l'infanterie des Grecs pésamment armée , Abl. Traité de la bataille des Rotnaìns. D’autres disent que la phalange étoit un corps d’infanterìe de huit mille hommes. (.Mats lorsqu’à vaincre tous ses Phalanges font prêtes , Le Ciel avec ses jours termine ses conquêtes. Rec. de l’Acad. 1707.) 4 PHALANGE. Ce corps étoit toujours chez les N Grecs d’un nombre pair de 4096. hommes à 16. de profondeur. La phalange étoit composée des oplites, qui étoient des soldats pésamment armez, tous pi- quiers ; car les armez à la legere, comme archers, frondeurs & dardeurs, ne faisoient pas corps avec la phalange. Une armée Gréque étoit composée de quatre phalanges, qui faisoient r6;84- piquiers. On for- inoit le coin d’une phalange , & quelquefois on joig- noit les quatre phalanges pour cette évolution. Votez le Tome I. du Polype de Mr. de Folard. * PHALANGE. Est aussi un petit insecte venimeux. * Les Médecins apellent phalanges les rangs & dispositions des doigts de l’homme. * P H ‘V LA N G UJ M , f m. [ pbalangium.) Plante qui pousse lès feuilles dès fa racine , & dont les fleurs font blanches , & le fruit rond. * PHALARiS- [P halaris major.) Plante dont le suc est bon contre les douleurs de la vessie. PHALEUQUË, adj. [p baleuci versus.) Terme de Poésie. Espèce de vers qui a cinq pieds communs, un spondée, un dactile, & trois trochées. (Les vers de Catule sont phaleuques.) PHANTÔME. Voïez Fantôme. * Se former des phantòmes , ou fantômes , Pair u plaid. 2. C’est-à-dire, se former des chimères. 4 PHARAON, f >«. Jeu de cartes. (Jouer au Pharaon.) PHARE» f m, [P harus.) Ce mot vient du Grec pharos , que les Latins ont rendu en leur langue par celui de pbarus , les François par celui de Feu , de Fanal, ou de Phare. Les Espagnols apellent le phare farol , & les Italiens finale. Voïez le Dictionnaire de Covarruvias & celui de la Grusca. Ce qu’on nom- moit autrefois phare étoit une tour sor un rocher dans une Isle de ce nom, bâtie par Tordre de Ptoloméc Philadelphe, où Ton alumoit des feux, afin que ceux qui navigeoient, pussent régler sûrement le cours de leurs vaisseaux. Et aujourd’hui, par raport à cet ancien phare , on apelle de ce nom une tour qui est élevée sur la côte, & dont le haut porte un fanal qu’on allume la nuit, pour montrer la route aux vait seaux, & les empêcher de donner contre la côte. f$ Lë mot phare est rude, & même peu connu ; on ne doit point le transplanter dans le figuré, à l’exem* pie de M. Godeau dans une Ode au Roi Louis XIII. Louis, permets moi de le dire , Tu reçus un grand don des Cieux , Lorsqu’ils te donneront P Empire QzPavoient pejjedé tes ayeux. Mais c’eji une grâce plus rare D’avoir aujourd’hui pour ton phare tin Richelieu dans tes Etats , Ses conseils te donnent titre Tome Ul O D'aM io6 PHA D'apui , de vengeur & d’arbitre Des peuples U des Potentats. PHARICUM. Poison dont parle Dioscoride, maïs on ne soait aujourd’hui ce que c’est. PHARISIENS > / m. íPharifci.] Sectaires parmi les Juifs, qui faisant profession d’observer extérieurement la Loi, étoient sort méchans au fond du cœur. (§ PHARISIENS. On trouve dans l’Evangile de Saint Mathieu cb. a}, le portrait des Pharisiens. „ Le ,, Seigneur parlant au peuple & à ses Disciples dit: ,, Les Scribes & les Pharisiens font assis lbr la chaire ,, de Moïse : observez donc & Faites ce qu’iis vous „ disent : mais ne faites pas ce qu’ils font ; car ils „ disent ce qu’il faut faire, & ne le font pas, ils ,, lient des fardeaux pékans St insuportables , & les „ metent fur les épaules des hommes, & ils ne veu- ,, lent pas les remuer du bout des doigts. Ils font ,, toutes leurs actions afin d’être vus des hommes, ,, c’est pourquoi ils portent les paroles de la Loi é- „ crites dans des bandes de parchemin plus larges „ que les autres, & ont auílì des franges plus lon- „ gués; ils aiment les premières places dans les fe- „ (tins, & premières chaires dans les Sinaguogues; „ ils aiment qu’on les salue dans les places publiques „ & que les hommes les apellent Maîtres. 11 finit le portrait par ce trait qui doit éfraïer ceux qui suivent aujourd’hui les traces des Pharisiens: „ Mais, malheur à vous Scribes & Pharisiens hipocrites parcs „ que vous fermez aux hommes le Roïauifie des „ Cieux; car vous n’y entrez point vous-même, St j, vous n’en permetez pas i’entrèe à ceux qui défi- „ rent d’y entrer. Malheur à vous Scribes & Phari. „ siens hipocrites , parce que fous prétexte de vos „ longues prières , vous devorez les maisons des veu- „ ves, &c. “Voilà un grand champ ouvert aux Prédicateurs , qui s’élèveront contre les faux dévots. Saint Jean Chrisoftome leur fournira des couleurs vives, & qui donneront un grand éclat aux portraits qu’ils en feront : mais ils doivent prendre garde de n’être pas semblables aux Pharisiens, & de se souvenir de ce précepte si important. Que par tout fa conduite à ses fermons réponde , Et qu’il prêche d’exemple au milieu du grand monde. L’Abé de V. PHARMACIE , f f c Ars medicamentaria. J Mot originairement Grec, qui veut dire Part de guérir par des remedes. II y a deux sortes de pharmacie, la Ga- Icnique St la Chimique- La pharmacie Galénique est la partie de la Médecine qui enseigne le choix, la préparation & la mixtion des médicamens. La phar. macie Chimique est un art qui enseigne à resoudre les corps mixtes , à diviser & à connoitre les parties dont ils sont composez pour en séparer celles qui font mauvaises, en exalter les bonnes & les unir lors- qu’il est besoin. (La matière de la pharmacie est le xemede, son sujet le corps humain, & fa fin la con- noissance des remedes & la santé. Les principes de la pharmacie Chimique sont le soufre , le mercure , le phlegme & la terre.) PHARMACIEN, f. m. [Pkwmacopola.J Celui qui sqait la pharmacie. (II est bon pharmacien. C’est un exeelent pharmacien. Le pharmacien a une double fin : La première, c’est la vraie connoissance & la parfaite préparation du médicament; la deuxième, c’est la santé de Phomme pour laquelle le pharmacien choi. lit, prépare & mêle tous les médicamens. Charas , Phar. i. p. c. a ) PHARMACOPEE , f. f. [Pharmacopaa. ] Livre qui donne la connoissance de la pharmacie. (La pharmacopée de Mr de Charas est pafaitement bonne.) > PHARMACOPOLE. Terme de dérision. Qui sc dit d’un Apoticaire qui prepare & qui rend les remedes. PHARYNX, f. m. [Pharynx,] Terme d ’Anato. mie. Partie de la bouche vu commence le conduit qui va à l’estomac. PHASE, f f. [Phajis, apparentât.] Terme à’Afiro - Komis. Ce mot est Grec, & il fe dit de diverses illuminations , ou aparences de la Lune, dont la lumière croît & décroît. Les principales phases de la Lune font lorsqu’elle est en oposition au Soleil, & qu’elle en paroi t toute éclairée, & lors qu’elle est dans les quadratures, & qu’elle n’est éclairée qu’à moitié. On remarque aussi de semblables phases dans la planète de Vénus, PHE PHASE. Ce mot est Grec, St il signifie toutes les diférentes aparences des astres par raport au so. lei! & à la terre : mais particulièrement de la lune & de Venus, qui paroissent dar.s une rondeur parfaite, & ensuite elles forment une espèce de oroissant. Voie» Ozanam Dict Mathémat. PHEBUS, f m. [Apollo.] Apollon. ( Phébus , ni son troupeau Nous n’eumes fur le dos jumais un bon manteau. Regn. Sat. ) PHE’BUS, f m,. [Nugx canora.] Sorte de langage afecté, peu naturel, & qu’on n’entend presque "pas. (Le Phébus de nôtre langue ne sc raporte prelqd# point à celui des Grecs, Ablanc. Luc. t. Un autre en mots pompeux l'un à l’autre cousus Nous donne pour sublime un Juperbe Phébus. ViH.) (f M. DespreaBX a dit dans fa première Satire : II ejl vrai que du Roi la bontéJecourable Jette enfin fur la muse un regard favorable, Et réparant du fort l’aveuglement fatal , Va tirer déformais Phébus de l’hôpital. La pensée du Poète est que les liberalitez du Roi tireront les Sçavans de l’hôpital. Mais i( y a deux Phébus , l’un est le Dieu de Péloquence j l’autre est le Dieu de i’afectation & du galimatias, ou plûtôt c’est l’afectatior, même dans le langage , & le galimatias; voilà une équivoque dont M, Boileau ne s’est pas aperçu. f PARLER phébus. C’est exprimer avec des terme» trop figurez & trop recherchez ce qui doit être dit plus simplement. H Donner dans le phébus , emploier le phébus. C’est se servir d’un stile trop afecté, trop figuré. í PHELANDRYUM, f m. Plante dont il y a deux espèces. L’une & l’autre sont apéritives. Elles excitent l’urine & les mois aux femmes, & purifient le sang. La racine de la seconde est fudorifique. ^ PHE NI-SEAU ,_/ï/«. Le petit du Phénix. On ne le dit qu’en plaisantant & par exagération en parlant de bonne chere. (Je vous clonnerois volontiers des phénisseaux. ) C’est-à-dire, tout ce qu’il y a ds plu* rare, St les petits d’un phénix s’il étoit possible d’ea trouver. iu.e.ì’uaiZ' irnimix.j oeion. tnjt. des oijeaux, liv. 6. c. dit que le phénix est un oiseau grand comme un aigle, que les plumes d’autour de son cou sont dorées & que les autres plumes font de couleur de pourpre, que fa tête est embellie de plumes élevées en forme de crête, qu’il compose son nid de rameaux de casse odoriférante & de rameaux d’encens, que le soleil venant ensuite à alumet tout cela, ls phénix brûle & renaît quelque tems après de ses cendres. JonJlon , H fi. des oiseaux , dit que tout cela est fabuleux & on croît qu’il a raison. t * PHE NIX. [ F/os , ales. ] Ce mot au figuré est comique. (Diana apelle Vasquez le phénix deí esprits, Pafc. I. $. Sauvai est le phénix des esprits relevez. Défi r Sat. 9 . M. Bulteau de Préville est ie phénix des beaux esprits de Rouen. Un Sonnet fans défaut vaut seul ton long Po'emtf Mais en vain mille Auteurs y pensent arriver , Et cet heureux Phénix efi encore a trouver. Despr.) {$ PHE NIX Tacite liv. 6. de set Annales , racorv te que sous le Consulat de Pauiuî Fabius, & de Lu- „ ci us Vitellius, après une longue fuite d'années, le „ Phénix parut en Egypte, St donna une afnple ma- „ tiére aux beaux esprits de la Grèce & de l’Asie de ,, discourir sur ce sujet ; je dirai ce qui est reçíi gé- „ néralement pour véritable ; mais j’y ajouterai encor ,, des choses qui sont belles à soaVoir, quoi qu’elles „ne soient pas si bien prouvées. Ceux qui ent décrit „ cet oiseau, le dépeignent diférent des autres en fi- ,, gure & en couleur, St disent qu’il est consacré au „ Soleil pour la durée de sa vie; l'opinion la piuî „ commune est, qu’elle est de cinq cens ans : ainsi quel- „ques-uns Pont étendue jusques au delà de quatorze „ siécles. 11 s ajoutent qu’i) ne s’en trouva jamais qu’un „au monde, & que le premier parut sous PEmpifede ,, Sesostris, le second sous le régné d’Amadìs, & le trot- ,, sème sous celui de Ptolomée, l’un des successeurs „ d’Alexandre, le troisième des Macédoniens qui ont ,» régné en Egypte ; ils disent même qu’il arriva dans „ la vil. PHI „la ville qui porte le nom du Soleil, acompagné „ d’une multitude infinie d’oiseaux , qui admiroient „ la nouveauté de Ion plumage: mais ce qui s’est pas- „sé dans ces premiers siécles, est dificileà connoìtre ,,parmi tant de fables & de mensonges, depuis Pto- „ Iomée jusques à Tibère, il n’y a pas deux cens cin- „ quante ans : mais c’est pourquoi quelques-uns croient „ que celui-ci n’étoit pas de l’Arabie ni le véritable „ phénix, puis qu’il n’a point eu les marques qu’on ,, donne aux autres ; car on dit que le phénix, lors. „ que tout chargé d’années, il voit fa fin aprocher, „ dresse un nid dans son païs, auquel il communique j, quelque secret principe de vie, de sorte qu’il en „ renaît un autre phénix, de qui les premiers foins „ font de rendre à son pere les honneurs de lá sépul- „ ture. 11 choisit donc pour cela une grande quantité „ de parfums, de mirrne, qu’il essaie peu à peu de „ porter à cause de la longueur du chemin, & puis „ charge le corps du défunt, & le va brûler fur l’au- „ tel du Soleil. Ceci est incertain & mêlé de fables, ,, mais au teste on ne doute point que cet oiseau ne „ se voie quelquefois en Egypte. PHENOMENE, s m. IPhanomenon.'] Terme de Philosophie. Mot qui vient du Grec. C’est une aparen- ce qu’on découvre dans le Ciel & dans tous les éfets sensibles de la nature. (Les éclipses font des phénomène!. Les mouvemens des planètes, leurs aproches, leurs aspects, leurs opositions, font des phénomènes du Ciel. La secheresse de la terre, la chaleur du feu, &c. sont des phénomènes de la terre & du feu. Découvrir un nouveau phénomène. Chercher la cause d’un phénomène. t PHÍBURON, f m. C’est le Requien, ou espèce de Chien de mer qu’on trouve en Amérique. La cervelle de ce poisson étant séchée est aperitive. PHlLAC ITERE , f m. [Antidotum .] Prononcez & même écrivez filaftére. Ce mot vient du Grec. ì-v- Tiax’ifiiu. Préservatif. C’est un réméde superstitieux, qu’on a tache au cou , aux bras, aux jambes des hommes, ou des bêtes, pour chasser ou empêcher quelque maladie, ou quelque fâcheux évenement (Les phila. cteres font défendus, & ont été condamnez par les Pérès & par les Conciles, Thiers , superji. 11 y a des philactéres qui se font par des paroles, mais ils font ridicules.) PHILACTERE. Le mot est Grec qui signifie en général un préservatif, une défense contre le venin, & contre tout ce qui peut nous nuire. La superstition a inventé plusieurs sortes de philacte- res, & leur a donné plusieurs noms, dont le plus commun est dans la langue Grecque, & Amuletum dans la Latine. La forme n’a jamais été fixe ; tout ce qui pouvoit être porté ou au col, ou aux bras, ou en quelque autre partie du corps avec un sen» timent de religion, étoit un Phila èìére , & dans la suite on s’est servi de ce nom pour exprimer les reliquaires & les agnus Dei , que l’on portoit fur foi. Le Pape Saint Grégoire écrivant à Theodelinde, Reine des Lombards, lui aprend qu’il a envolé au Roi Adolou- vald un Philactere, consistant dans une croix, où il y a du bois de la Croix du Seigneur, & un E- vangile enfermé dans une boite magnifique. Et nous lisons dans Saint Mathieu ch. 2;. v. s. que les Pharisiens afedoient de porter un philactere, & de riches franges, omnia verò opéra sua faciunt ut videantur , dilatant eniin philacieria sua , U magnifiant fimbrias. M de Sacy explique dans fa traduction en quoi consi- stoient les philactéres que les Pharisiens portoient aveu tant d’afectation : lis font toutes leurs allions afin d'ètre vûs des hommes , c’est pourquoi ils portent les paroles la Loi écrite dans des bandes de parchemin plus larges que les autres fr? ont aujjì des franges plus longues. Un autre Traducteur s’est contenté de traduire simplement: lis font toutes leurs allions pour être regarde* des hommes , N Ut portent leurs philaltéres plus larges que les autres & les cordons de leurs manteaux plus longs. 11 y a aparence que les Pharisiens portoient leurs philactéres plutôt par ostentation que par superstition , comme on les a porté dans la fuite ; ce n’est pas que les Juifs ne fussent prévenus du pouvoir de certains préservatifs contre les maux qui arrivent souvent aux hommes. La superstition & l’idolâtrie font nées avec la religion , & firent d’abord un si grand progrez dans Ite- sprít des hommes, qu’on fut obligé d’emploïer toute l’autorité de l’Eglisc pour en arrêter le cours. Le Con- PHI 107 cite de Laodicee tenu dans le quatrième siécle, après avoir défendu aux Ecléfiastiques d’ufer de la magie, des sortilèges & enchantemens , & même l’étude de 1 astrologie judiciaire , veut que l’on chasse de l’Egli- se ceux qui se trouveront coupables de quelqu’un de ces crimes. Saint Cyrille Archevêque de Jérusalem, dans la première de ses instructions qu’íls donne à ceux qui étoient nouvellement baptisez art. déclare hautement que la divination, les augures, les philactéres que l’on porte fur foi & qu’il apelle xifiáuftara, ces mots écrits fur une feuille rt’arbre ou de papier, & toutes les choses de ce caractère, font un culte diabolique. Saint Ambroise & Saint Augustin & plusieurs autres Pérès de l’Eglise, les Conciles de Rome, d’Agde, de Constantinople, de Tours, & une infinité de Synodes ont également condamné les philactéres, les remèdes apliquez avec des paroles, & étoient regardez comme des inventions du Démon, dont le culte ofenfe di- rectement l’autorité d’un Dieu, que nous devons uniquement adorer. Ce crime est d’autant plus grand que bien souvent on se sert des paroles de l'Ecritu- re, & des choses les plus Saintes pour le commetré. Je n’ai garde de m’engager plus avant dans cette matière, elle est trop vaste, & je ne pourrois rien ajouter à ce qu’en a écrit M. Thiers dans son Traité des superstitions, tom. 1. liv. chap. 1. Çgsuivam. PHILACTE'RES, s. m. £Philalleria. ] Bandes de Î archemín, que portoient les plus dévots d’entre les uifs fur leur front, & où étoient écrites tes paroles de )a Loi. (Us étendent leurs philactéres. Ques nel) f PHÌLARIA, ou Filarìa , s. f Arbrisseau dont les feuilles & les bayes font astringentes & rafraiehiG santés, propres pour les ulcérés de la bouche, pour les inflammations de la gorge. PH 1 LAUT : E. s. s. [ Philautìa. ] Amour de soî- même. Complaisance vitieuse pour soi-même. (Cet homme est plein de pbìlautie, Acad. Fr. PHILIPE, ou Fillpe, s m. [ Pbilìppus. ] Nom d’homme, dont le diminutif est Philipot, qui veut dire petit Philipe. (Phiiipe dc Valois, Roi de France mourut en i;;o. âgé de ;S. ans.) PHILIPE, ou Philìppus. Monoïe d’or de Flandres d’un titre asseZ bas. PHILIPOT, f. m. Petit Philipe. (Philipot devient grand.) PHIL1POTE, f f Nom de fille, qui veut dire petite Philipe. (Philipote est belle.) PHILOLOGIE, f /*. [Philologia.'] C’est une lite- rature universelle qui s’étend à toute sorte de sciences & d’Auteurs. Ce mot est Grec. f PHILOLOGIQUE, adj. On nomme Philologique , une Dissertation fur des matières de líterature. PHILOMELE. f f [Philomela.] Nom, donc les Poètes se servent souvent pour marquer un rofll- gnol. (Et dans tes bois prochains phìlomde en gémit, Deftr. On toit plus d’une hirondelle , Et P on entend nuit (5? jour, La charmante Philoméle Parler de son tendre amour » Bosquillon.) $ PHILOSOPHAI-, adj. On dit la pierre phi- losophale , ou la prétendue transmutation des métaux en or. {Ars auri confiandi ,] (II cherche la pierre phi- losophale.) Volez pierre. PHILOSOPHE, f m- [Philosophas.J Mot qui Vient du Grec & qui veut dire Amateur de la Sages, se. Sage. Prudent. Mais comme dans ce sens, le nombre des Philosophes d’aujourd’hui est fort limité, on l’étend un peu d’avantage, & on nomme philosophe celui qui fait, qui croit savoir, ou qui se pique de savoir la Logique, la Morale & la Phifique. (Le sieur Paquier est un grand Philosophe , il dit que l 'accident n’est qu’une infortune & la substance qu’un suc. Lucien a mis les anciens Philosophes à l’encan, & à son imitation on feroit un plaisant dialogue sur les Philosophes modernes.) Descartes est le plus grand Philosophe qu’il y ait eu. Gassendi l’a suivi de près , mais ses principes sont très-diférens. Le Pere Malebranche de l’Oratoi- r.e est aussi un grand Phiiojophe. PHILOSOPHE , s. m. [Sapientia cupidus .J Celui qui Tome III. G » faft io8 PHÏ fait une particulière profession de sagesse. Celui qui est détaché des choses du monde par la connoiílance qu’il a de leur peu de valeur. (Le mépris des richel- ses étoit dans les Philosophes un défis caché de van- ger leur mérite de l’injustice de la fortune , Mémoires de M. le Duc de la Rochefoucaut.') £ PHILOSOPHE, se dit d’un homme qui mene une vie tranquille & retirée. (11 s’est retiré pour vivre en philosophe. C’eíí un vrai philosophe.) f PHILOSOPHE. Ce mot se prend quelquefois en mauvaise part, & alors il signifie, une espèce d’esprit qui ne se soucie de rien. Une manière de fou insensible. (C’est un philosophe, & c’est tout dire.) PHILOSOPHE, f. f. Celle qui sait la philosophie. Celle qui connoit la nature des choses. [ A vôtre fille aînée On volt quelque dégoût four les nauds dlhimenée. C’efi une Philosophe. Molière, femmes savantes: a a. f. r-] Le mot de Philosophe dans ce sens de Molière, est un peu méprisant, & on ne le dit guère d’une femme que pour s’en moquer. PHILOSOPHE. Les Chimistes prennent ce nom & se l'atribuent par préférence à tous les autres. (Les principes des Philosophes font le sel, le soufre & le mercure.) PHILOSOPHER, v.n. [ Philosophari .) Raisonner des choses , qui regardent la Philosophie. Bernier , après avoir philosophé cinquante ans, avoue qu’il doute des choses qu’il avoit crû les plus certaines. S. Evrc- mont , auv„ mil. in 4. p. 407. [Taisez-vous Peronelle, aillez Philosopher tout le saoul avec elk Et de mes aùions ne vous mêlez en rien. Mol.] f PHILOSOPHER , signifie aussi raisonner conformément aux principes de la philosophie. (II veut philosopher sur tout.) f PHILOSOPHER. C’est aussi simplement raisonner trop subtilement sur quelque chose. (11 ne s’agit pas de tant philosopher.) PHILOSOPHIE,]!/. [ Philosophia .] Mot qui dérive du Grec, & qui veut dire amour de la sagesse. C’est une connoissance claire & certaine des choses naturelles & divines qu’on aquiert à force de réflexions & de raisonnemens fur ces sortes de choses. (II y a une philosophie utile & nécessaire, qui est celle de Descartes & de Gassendi: & une autre qui est querelleuse , chicaneuse & toute afreuse, qui est celle des gens du Colége. On divise la philosophie en Logique , Morale, Ihiíìque & Métaphilìque. Tout ce qu'en tous les tems dit la Philosophie De Chrijiine épuisoit le merveilleux génie. Mademoiselle Descartes.) f PHILOSOPHIE, se dit des opinions des difé- rentes sectes des Philosophes. (La philosophie de Platon , d'Aristote ; la philosophie de Descartes, de Newton.) f PHILOSOPHIE Chrétienne. C’est celle qui est fondée fur les maximes de l’Evangile. (La Philosophie Chrétienne est d’un giand secours dans les accidens de la vie.) f PHILOSOPHIE païenne, ou naturelle. C’est celle qui n’est soutenue que par les seules lumières naturelles. * PHILOSOPHIE. [Sapientu siudium .1 Etude de la sagesse. Certaine maniéré de vivre sage & réglée qui roule sur de certains principes d’honneur & de morale. (La philosophie triomphe aisément des maux passez , mais les maux préfens triomphent d’elle. Mémoires de Monsieur de la Rocbefoucaut. Chacun se forme à son goût une philosophie. Reg. Sat. 14.) & PHILOSOPHIE- La Philosophie dans fa naissan- ce, a été la plus noble & la plus utile de toutes les sciences. Elle fut décriée dans la fuite parle mauvais usage que l’on en fit; elle a demeuré long-tems dans le decri ; & l’on n’opelloit philosophes que ceux qui cachoient de grands vices sous les aparences d une grande vertu. Enfin peu à peu l’on a pris le nom de Philosophe en bonne & en mauvaise part selon I air & le ton dont on l’acompagnoit : Voici ^otre Philojophe pour dire nôtre ennuieux. II fait le Philojopte par tout , pour dire que c’est un grand parleur , qui parle de tout sans connoissance; & nous ne . Laitons sérieusement de Philosophes que ceux qui le sont apliquez á la philosophie, que l’on fait PHI consister dans la connoissance de la nature & dans celle des astres : ceux qui cherchent 1 origine des choses . disputent sur le lieu, ou la philosophie a commencé de se former. Les Grecs toujours vains & prévenus en leur faveur, ont soutenu que les autres peuples qu’ils apel- loient barbares, ont puisé chez eux les premiers principes de la philosophie : mais ces barbares qui ne 1 e- toient que de nom, ont prétendu au contraire qu’ils avoient communiqué aux Grecs les premieres notions de toutes choses, qu’ils ont ensuite perfectionnees. Eusebe dans son dixième livre de la Préparation Evangélique , Clement d’Alexandrie dans ses Stromates, n’ont pas hésité à se déclarer en faveur des Hébreux, & de dire que les Platons, les Encrâtes ont eu connoissance des livres de Moïse, d’où ils ont tire presque toute la philosophie morale. Quoiqu il en soit la question ne mérite pas que l’on le déclare pour l’un , ou pour l’autre parti; je remarquerai seulement, qu’après avoir traité fort confusément la philosophie naturelle & la morale, il se forma deux sectes, qui furent la source de toutes celles qui parurent dans la fuite. La prémiére fut fondée par Thaïes, & fut apel- lée Ioniene ; & la seconde eut Pytagore pour son au- teur, & fut nommée Italique, parce que Pytagore enseigna sa doctrine dans cette partie de l’Italie que l’on apelloit la grande Grèce, & qui étoit composée principalement de Tarente , Métapont, Heraclée, &c. Thaïes étoit de Milet, & fut un des sept Sages fi renommez dans la Grèce; il croioit que Peau étoit le principe de toutes choses. On dit qu’il fit un long séjour en Egypte pour s’instruire, & qu’il retourna à Milet dans un âge assez avancé, où il enseigna ce qu’il avoit apris concernant les productions de la na- étude particulière : en forte que selon le témoignage de Diogéne de Laerce, personne avant lui n’avoit pénétré si avant dans la science astronomique. L’hi- lloire du Trépié que Diogéne assure véritable, est un grand témoignage de la sagesse de Thaïes, & de la réputation qu’il avoit aquise. De jeunes gens.pêchant un jour, tirèrent dans leurs filets un trépié d’or, que chacun voulut s’atribuer : l’oracle fut consulté sur ce diférent, il répondit qu’on le donnât au plus sage, & les Milésiens le donnèrent à Thaïes. Quant à Pytagore , il est trop connu pour m’engager dans le détail de fa vie, il est peu d’Au- teurs anciens & modernes , qui ne fassent quelque mention de ces deux sectes qui avoient pour objet la connoissance des astres , des hommes, & de touc ce qui compose ce bas monde. On vit naître une nouvelle philosophie, qui s’apliquoit presque uniquement à la découverte de la vérité, & à régler les mœurs des hommes, Socrate en fut l’Auteur. Ce Philosophe si fameux, & dont on parle encore tous les jours, naquit à Athènes dans la soixante dix septième Olympiade , & selon nôtre suputation 46g. ans avant Jesus Christ. II étoit fils d’un sculpteur & d’une sage femme, mais il sçut bien relever la bassesse de sa naissance par son mérite , qui l’éleva au dessus de tous les autres Athéniens. II s’apliqua d’abord à l’étude des choses selon la coutume de ce tems : mais ayant connu l’incertitude de cette science , & l’impossibilité de se fixer dans la diversité des opinions, il se donna tout entier à la philosophie morale, dont il fit une science distincte de la philosophie naturelle. On aura de la peine à croire qu’un homme apliqué à la recherche des sciences si serieuses, & qui fuioit le grand monde, ait porté les armes: cependant il est vrai qu’il fut au siège de Posidee, & que dans d’autres o calions militaires , il donna des marques de son courage & de Ion zélé pour fa patrie; il épousa deux femmes, Xantipe & Myrto; parce que la ville d’Athénes aiant été presque dépeuplée par une longue peste , on ordonna que l’on épouseroit deux femmes, pour éviter la ruine de cette République; l’excés de la mau- vaue humeur de Xantipe est connu de tous ceux qui ont quelque notion de ('histoire Gréque; & il raut avouer qu’il est peu de Philosophes capables d’une patience semblable à celle de Socrate. Un jour cette femme aprés savoir acablé dinjures, fans pouvoir ébranler fa patience , lui jeta un pot rempli d’eau laie fur la tête, mais il n’en fit que rire, dis.mt qu’il jaloit bien qu’il plût aprés un Jì grand tonerre. On raconte une infinité d’emportemens de cette femme, que Socra- PHI Sacrale soufrit avec un froid qui ìrritoit sa fureur. Car un jour Alcibiade lui envoïa un gateau , cette femme toujours furieuse, le prit, le jeta par terre, & le mit en pièces. Socráte lui dit en riant, bé bien vous n’m mangerez sas. II faut convenir que cet exemple est difficile à suivre; & si la philosophie n’est pas soutenue par le tempérament, il n’est point de patience qui ne fucombe à une si longue & si ennuieu- fe persécution : mais les ennuis domestiques ne l'empêchèrent pas de fe déclarer contre le vice, & de tacher de rendre les Athéniens susceptibles des leçons qu’il leur faifoit dans les boutiques & dans les places publiques, où il débitoit ses préceptes pour la conduite des hommes avec tant de chaleur, que l’on é- toit obligé de le tirer par son manteau pour l’arrêter; son zélé ne lui permetoit pas de garder des mesures, il attaquoit indiféremment les grands & le peuple ; & ce fut ainsi qu’il devint l’objet des railleries & des satires des Poètes, qui le représenteront fur leur théâtre fans égard & fans déguisement. Aristophane St représenter une comédie sous le titre des nuées , où il fait paroìtre un débiteur de mauvaise foi, qui ne pouvant pas plaider lui-même à cause de sa vieillesse, prie Socrate d’aprendre à son enfant, comment il pourra plaider en fa place, L le garantir d'aquiter fa dette ; mais il n’enfeigna à cet enfant que de fausses fubtilitez, & il lui donna d’ail- leurs de si mauvais conseils , que cet enfant battit son pere quelque tems après: le nombre de ses ennemis étoit trop grand , & ils avoient été trop vivement presi fez pour borner leur vengeance à de simples satires. Sa mort fut reíbluë, & l’on choisit Anytus, Alelitus, & Lycon pour être ses acufateurs & ce fut Méììtus qui fe chargea de former l’acufation qu’il concut en ces termes: Alelitus, fils de Alelitus du peuple de Pi- thos acufe Socrate fils de Sophronicus du peuple d’A- lopecie. SOCRATE EST CRIA 1 INEL, PARLE QU’IL NE RECONNOIT POINT LES DIEUX QUE LA REPUBLIQUE RECONNOIT , ET QU’IL INTRODUIT DE NOUVELLES DIVINITE? ; IL EST ENCOR CRIMINEL, PARUE QU’IL CORROA 1 PT LA JEUNESSE. POUR SA PUNITION LA AIORT. Cette accusation fut remise au Magistrat, qui Pin- terrogea sur plusieurs Chefs: mais au lieu de s’ata- cher uniquement à fa justification, il continua de déclamer avec le même emportement contre les vices qui regnoient dans Athènes, & irrita si fort ses juges, coupables comme les autres citoïens, qu’ils fe crurent intéressez à le perdre : cependant on lui laissa la liberté de choisir ou l’exil, ou la prison, ou une peine pécuniaire : mais il ne voulut point accepter ce choix qu’on lui donnoit, & nous aprenons de Xe- nophon qu’il dit à ses juges d’un air trop philosophique : pourquoi tant hésiter sur le jugement que vous ,, devez rendre, & puis que vous me permetez de me ,, juger moi-même, je me condamne le reste de mes „ jours à être nourri dans le Pritanée, aux dépens ,, de la République , en considération des grands fer- „ vices que j’ai rendus à ma patrie. “ Ce discours plein de fierté irrita si fort ses juges, que dans les prémiers mouvemens de leur colère, ils le condamnèrent à boire de la ciguë, fuplice fort commun dans ce tems-là ; un jugement si sévère ne fit pas la moindre impression fur son esprit ; il parut toujours le même, disant qu’Anytus & Alelitus pouvoient bien lui ôter la vie, mais qu’ils ne pouvoient pas lui faire aucun mal. L’exécution de l’arrêt fut suspendue jusques au retour du vaisseau, que les Athéniens envo- yoient tous les ans à Délos faire certains sacrifices, & dans l’intervale du voyage, ç’auroit été une propha- nation que de faire mourir un Citoïen. L’hisloire Gré- que a fait mention des discours que Socrate tint à ses amis, qui vouloient le consoler & le préparer à la mort. Je ne crois pas devoir les raporter ici, je remarquerai seulement que ce Philosophe n’a point fait de secte : mais on l’a depuis reconnu pour le chef de la philosophie morale. 11 n’en est pas de même de Platon, qui fut l’un des disciples de Socrate ; car après avoir parcouru l’E- gypte, l’italie & les Indes, il revint à Athènes rempli des feonnoissances qu’il avoit aquifes par la fréquentation des plus' sqavans Philosophes de l’Europe. PHI 109 U y sonda une Académie, & forma une secte qui s’assembloit dans les jardins d’Académus, l’un des plus riches citoïens d’Athénes, qui dépuis a donné son nom aux assemblées des gens de lettres, que l’on a apellées Académies. Sa doctrine surprit tout le monde , & l’on acusa les anciens Pérès de PEglife d’avoir suivi trop aveuglément ses principes, dont plusieurs font directement opofez à ceux du Christianisme. Le P. Balthus Jésuite a pris foin de les justifier d’une semblable acusation. Une preuve certaine du mérite rie Platon, est que malgré les changemens qui font arrivez dans l’Ecole Platonique , ses principes ne font point encor absolument abolis. On compte trois fortes d’Académies. L’ancienne fut fondée par Platon, fe- Ion Clement d’Alexandrie Jlromat l. i. la seconde commença fous Crates & Arcesilaus, qui changèrent en quelque chose les scntimens de Platon, & cette Académie subsista jusques au tems d’Hegesilaus, qui établit une troisième Académie. Je ne crois pas devoir entrer dans le détail de ces trois Académies. Je me contenterai d’obscrver que le premier principe , & qui a subsisté depuis Platon jusques à la destruction des trois Académies, conlistoit à proposer tout ce que l’on pouvoit dire pour & contre fur un méme sujet fans rien décider. Aristote fut pendant quelque tems disciple de Platon : mais il s’en sépara d’une maniéré désagréable, & qui lui donna lieu de dire, qu’Aristote avoit fait comme ces jeunes poulains , qui ne s’éloignent de leur mère qu’avec des ruades. Diogéne raconte que les Athéniens choisirent Aristote pour aller en qualité d’Ambassadeur auprès du Roi Philipe, & qu’à son retour ayant trouvé Xénocrate établi chef de l’Acadé- níie, il s’en sépara, & choisit un lieu agréable pour y enseigner fa doctrine en se promenant, ce qui fut la cause du titre de Péripatéticiens que l’on donna à ses disciples. Plusieurs conviennent que fa doctrine est plus pernicieuse, que celle de Platon; elle a eu un fort bien difèrent. Nos Pérès Pont régardé comme un homme qui ne pouvoit pas fe tromper, & l’on ne pouvoit pas le nier absolument, il faloit par des distinctions éluder son sentiment. Descartes & Gassendi Pont étrangement décrié : mais on l’a traité plus humainement dépuis son rlécri, qu’on ne le traitoit autrefois dans les écoles de Paris. L’histoire de ses disgrâces est remarquable. En 1209. les Pérès du Concile de Paris ordonnèrent que les livres d’Ariito- te feroietit brûlez, & excommunièrent ceux qui les 11- roient. Plusieurs Pérès de PEglife persuadez de la justice de cette condamnation , défendirent hautement les ouvrages de ce Philosophe, & l’on fit un crime à Abellard , à Pierre Lombard & à plusieurs autres «Renseigner la doctrine d’Ariltote, comme étant directement contraire aux Mystères de la Trinité & de l’incarnation. En 121;. íe Cardinal de saint Estien- ne Légat du saint Siège, défendit expressément dans la reformation qu’il fit de l’Univerfité de Paris, d’enseigner la Alétaphisique & la Morale d'Arillote : mais il permit la lecture de la dialectique, & quelque tems après on permit la lecture des ouvrages qui avoient été condamnez, pourvu que l’on corrigeât les erreurs qu’ils contenoient. Enfin Phiítoire Peroit trop longue, si je raportois toutes les particularitez de ia fortune d’Aristote. Air. de Launoy fournira de quoi satisfaire la curiosité de ceux qui en voudront savoir davantage, Antilihène est fans doute le fondateur de la secte cynique ; cependant on en attribue la gloire à Diogéne. Ce philosophe s'est aquis une réputation qui dure encor, par des actions extraordinaires; il é- toit fils d’icesius grand, aubergiste à Synope , & fabri- quateur de fausse monoïe 5 le fils imita son père, & selon Eubulus cité par Diogéne de Laerce, le pé- re & le fils fe garentirent de la peine qu’ils méri- toient en l'e bannissant eux mêmes. 11 fe vit bientôt après fa fuite dans une extrême nécessité ; il fit doubler son manteau, afin qu’il lui servit de couverture , & il portoit dans une besace sa nourriture ; enfin la dernière pièce de son équipage fut un bâton qu’i! fut obligé de prendre après une longue maladie, qui Pavoit fort afoibli, & il le conlèrva toujours pen- dant fa vie. La nature lui avoit donné un esprit railleur jusques au mépris. Platon ne fut pas à l’abri de fa mauvaise humeur ; il disoit que le zèle de ce Philosophe n’étoit qu’un simple amusement, & répandoit * Û ; ainsi no PHI ainsi son venin sur toutes fortes de personnes & de professions ; mais il avoit pour lui des lentimens n relevez, qu’aiant été pris , il fut vendu comme un esclave, ft lui aïant demandé ce qu’il savoit taire, je sçai, dit il, commander auxhommes, & il ditau trieur public de publier qui voudra achter son maître. On feroit un volume des bons mots que l’on a recueillis de lui ; & quant à fa doctrine, il l’exphque lui même dans Lucien: 11 faut être audacieux, efronte> „ gronder tout le monde, condamner toutes choies; ,, c’est le moïen de fe faire admirer ; avoir la parole „ rude , le ton de même, le visage renfrogne, la „ mine barbare; enfin paroître toujours avec un air „ farouche & sauvage , être fans pudeur, fans huma- ,, nîté, être dans les plus grandes assemblées comme „ (ì on étoit seul, choisir la plus laide pour 1 objet „ de son amour, faire publiquement, ce que les au- „ tres ont honte de faire en particulier ; tels etoient ,, les sentimens de Diogéne, a qui on donna le titre de chien, à cause de sa médisance continuelle & lans égard, & il y a lieu d’étre surpris qu’Alexandre ait dit, s’il faut en croire Diogéne deLaerce, que s’il n’etoit pas Alexandre » il auroit voulu être Diogene. La réponse que ce Philosophe lui fit est ignorée de peu de personnes. Alexandre lui demanda ce qu’il fouhai- toit de lui, rien , dit-il,./? ce n’est de lui laijjer lu liberté de voir le soleil. Quelque extraordinaire que fût fa doctrine & fa maniéré de vivre , il eut pourtant des disciples, à qui l’on donna le nom de Ciniques, parce qu’Antisthene faifoit ses leqons dans un lieu peu éloigné d’une des portes d’Athénes & que l’on nommoit Cynofacges. Quelques-uns croient avee beaucoup d’aparence, qu’on lui donna un nom qui marquoit son humeur mdr- dante , parce que non content d’aboyer fans cesse comme les médians chiens , il mordoit tous ceux qu’il voioit. Plante nous aprend dans ses Menéchmes aft. ç. sc. x. que les Grecs apelloient chiens ceux qui mé- diseient fans cesse de tout le monde. Me. Non tuscis mulier becuba , quapropter ciment Graii este prœdicabant. Mu. Non equidem scio » Me. Quia idem faciebat becuba , quod tu nunc facis, Omnia ntala ingerebat , quemque aspexerat : Itnque adeo jure capta apeUari est canis. Lactance en donne une autre raison qui n’est pas plus honorable aux Ciniques. Ces Philosophes, dit il, bannirent la honte & la pudeur de la société civile, & ils croioient que ce qui fe passoit entre un mari, & une femme en secret, étant légitime, on pouvoit le faire en public. Mais S. Augustin a remarqué dans fa cité de Dieu liv. 14. cb. 20. que ses Sectateurs ne Pont point suivi dans ce sentiment si honteux , St ont rougi d’une action qui doit être couverte par les tenébres les plus épaisses. IÍ ajoute que l’on voioit de son tems des Philosophes Ciniques qui fe distinguoient des autres par leur manteau & par leur bâton, qui gardoient quelques mesures d’honnêteté, & il ne doutoit pas que si quelqu’un avoit osé commetre quelque action d’impudicité , on l’auroit lapidé, ou du moins on l’auroit traité d’infà- me & d'homme fans pudeur. Nous voici arrivez atix Stoïciens, dont la secte est fameuse, & l’on peut dire qu’elle subsiste encor parmi nous, où l’on voit plusieurs sages en aparence, très médians dans le fond. Zenon que l’on reconnoit Î iour auteur de la secte Stoïque, s’apliqua d’abord à a Dialectique: mais après avoir aquis la science de raisonner 6 t de soutenir ses sentimens, il se donna tout entier à la philosophie naturelle & morale, Diogéne de Laerce a écrit que ce Philosophe se retira dans le Portique qu’il fortifia pour métré en fureté ses disciples contre la cruauté des trente tirans qui regnoient pour lors dans Athènes, & qui a voient déja fait mourir plus de quatorze cens citoïens. L’on apella ses dise ciples Stoiciens , nom que l’on avoit donné aux Poètes, qui avoient choisi la même retraite, dans laquel- Je il y avoit un Portique que les Grecs apelloient Ly- cee, ou ils s’assembloient pour philosopher. II y a plusieurs Zenons dont Diogéne de Laerce a fait mention ; mais celui qui a fondé la secte Stoïque, €it presque le seul Philosophe dont on se souvienne encor. Le même Auteur a sait un long détail des dogmes de la secte Stoïque, qui a été la plus pernicieust PHI de toutes les sectes; les aparences cn étosent belles: mais la sévérité, l’abstinence, le détachement des richesses & des grandeurs etoient des couvertures e- blouiffantes de beaucoup de vices, & sor tout d un orgueil, & d’une impudence insoportables. En etet ils vouloient que l’on nommât les choses par leur nom, asm d’accoûtumer l’imaginatìon a toutes sortes d ob- jetsindiféremment; ainsi fans se servir d un voile que la pudeur inventa pour couvrir la laideur & la nudw té des choses ; ils les apelloient en public comme en particulier; ce n’a pas été en cela feulement, que les Stoïciens ont été diférens des autres Philosophes, dont la plûpart ont crû que le souverain bien consi- stoit à vivre selon la nature, c’est à-dire, selon la nature & la droite raison ; ils ont tache de fortifier la foiblesse humaine, contre les malheurs qui peuvent arriver aux hommes, & de les instruire de tout ce qui peut les conduire dans les diferens incidens de la vie. Les Stoïciens au contraire plaqoient 1 homme au dese fus de tous les maux qui peuvent arriver aux hommes . & les rendre insensibles , & c’est à quoi ils n’ont pas pû réussir ; la raison, la religion encor plus que la raison , peuvent nous faire endurer la perte de no» biens & même la vie fans murmurer : mais elles ne peuvent pas nous ôter la sensibilité, que la nature même acorde aux bêtes les plus féroces. Au reste l'or- gueil & le mépris affecté de toutes choses même indi- férentes, ont rendu ses Stoïciens méprisables ; le» Philosophes Grecs & Latins sc distinguoient par un long manteau ; les Stoïciens pour se mettre audessus des autres, portoient des manteaux usez & déchirez, au travers defquels on voioit l’avarice, l’orgueil, 1» médisance, & presque tous les vices des plus débauchez. Sénéque a été, ce me semble, le plus modeste de tous les Philosophes Stoïciens & le plus honnête homme; on ne lui réprochoit que ses grande» richesses contre lesquelles il declumoit si hautement. Mais quoiqu’ii y ait eu plus de philosophie dans ses écrits que dans son coeur, on ne voit rien dans ses actions qui ne soit d’un homme sage, qui con- noissoit la vertu & qui la pratiquoit sans excez & fan» se déguiser. Pytagore est comme jc l’ai d’abord remarqué, fauteur de la secte Italique, parce qu’il philosopha dan» cette partie d’Italie que l’on apelloit la grande Grèce. Diogéne de Laerce marque que fa naissance & fa famille étoient fort obscures. Phétécide fut son premier Maître : mais dès qu’il eut ateint l’àge où l’on commence à sc servir de sa raison, il qui ta sa patrie & voïagea dans plusieurs parties de l’Europe & de l’Asie, pour s’instruire par la connoissance de» mœurs des peuples, & des dogmes des Philosophes qui étoient pour lors en grand nombre. A son retour il établit une école à Crotone, où l’on acouroit de toutes parts pour l’entendre, & si l’on en croie Diogéne on compta jusques à ;oo. disciples en même tems ; la nouveauté de ses opinions & particulièrement celle de la Métempïicosc atíra bien des Au- diteurs. II faifoit ainsi l’histoire de la transmigration de son ame dans diférens corps ; il difoit qu’il avoit été autrefois Ethalides, & qu’on l’avoit crû fils de Mercure, qu’il lui avoit dit de lui demander tout ce qu il voudroit excepté l’immortalité, que profitant de cette ofre il s’étoit contenté de fuplier Mercure de lui acorder le souvenir de tout ce qui se patíeroit pendant fa vie sens être éfàcé par la mort ; que Mercure lui acorda cette grâce, & même que son ame pat seroit successivement d’un homme dans un autre. Qu en éset elle paíla dans Euphorbus, & de celui-ci dans Horniotime, lequel étant mort son ame alla habiter dans le corps d’un pécheur de l isse de Délos» & enfin âpres la mort de Pyrrus, son ame avoit ani- me un corps qui fut nommé Pytagore, qui se souvenois de tous les passages de son ame. Je ne fai comment cette metemplìcose & cette réminiscence purent trouver des esprits assez faciles pour y ajoûter foi; ils dévoient décrier la science de Pytagore, bien loin de lui atirer des disciple», peut-être qué les ouvrages qu il publia sor plusieurs sujets importans, firent ?*r 0I î.- 1 Pf r ^ onna se ridicule de fa nouvelle Philosophie. D ailleurs s’il est vrai comme Diogéne de Laerce I a raconté, que ce philosophe ayant découvert une cuisse, on crut qu’elle etoít d’or ; on peut V** J. es hommes de ce tems.)à étoient susceptibles u illusion, St pouyeient être trompez facilement. Parmi PHI Parmi le grand nombre d’opinions & de sentiment, dont Diogéne a fait le détail, la défense de manger des fèves, parce qu’elles produisent des vents dans l’estomac, & qu’elles donnent une idée obscène, n’eft pas une des moins ridicules; il pouíîa íì loin fa bizarrerie à cet égard , qu’étant chez un de ses amis, un particulier, ennemi de Pytagore, mit le feu à] la maison, dont il sortit précipitament, & s’étant trouvé près d’un champ semé de fèves > dans lequel il ne voulut jamais entrer, & aima mieux rester exposé à la fureur de ses ennemis qui le tuèrent. A i’é- gard du silence de deux ou de cinq ans qu’il impo- soit à ses Ecoliers ; je crois avec quelques anciens, que ce n’étoit pas une défense absolue de parler, mais une défense de parler sans néceslìcé, & fans savoir parfaitement ce que l’on vouloit dire. Le fameux Épicure à succédé à tous ces fondateurs de Sectes philosophiques ; il naquit à Burgete l’un des bourgs de l’Atique la %e. année de la CIX. Olimpia- de. Soligéne étant Archonte, son père fut un de ceux que les Athéniens envoïerent à Samos pour punir les Citoïens rebelles de cette ville. On dit qu’écoutant un Grammairien, il lui demanda ce que c’étoit que le cahos dont Hésiode avoit parlé, comme il avoit été formé, puisqu’il étoit l’origine de toutes choses ; quelles mains avoient composé cette malle informe & d’un si grand poids. Le Grammairien lui répondit que toutes ces choses n’étoient point de fa connoiífance, & qu’il devoir s’adrelser aux Philosophes pour en être instruit ; hé bien, dit il, je vais chercher ceux qui enseignent la vérité ; il se donna en éfet tout entier à la philosophie & à la lecture des ouvrages des Philosophes : mais trouvant toujours qu’il leur manquoit quelque chose, il en prit ce qui lui convenoit & en fit un système particulier qu’il publia, en établissant une école publique à Mityléne, ensuite à Lampsaque & enfin à Athènes , n’ayant que dix-huit ans selon le témoignage de Strabon ; & atìn de philosopher agréablement £í d’adoucir l’ennui d’une étude souvent sèche & rebutante ; il acheta une maison dans la ville, où il fit des jardins & des bocages, que l’on n’a- voit point encor vús dans la ville, les anciens Philosophes ayant établi leur Académie & leur Lycée dans la campagne. Plusieurs Auteurs ont fait mention des Jardins d’Epicure, & ont entendu par cette express fion figurée marquer fa Philosophie, & ses sentimens. îroperce hv. à Cynthie a dit : Magnum ìter ad docias proficifci cogor Atbenat , Jlìic vel Jiudiis animum emendare Platonis Incipiam, cuit hortis docie Epicure tuis Et Juvénal dans fa quatorzième Satire Si quis me consulat , edam tn quantum sitis , atque famés gf frigera pofcunt, Quantum Epicure tibi parvis Jujjìcit hortis. C’étoit dans cette retraite que les amis & les diss ciples d’Epicure passoient agréablement les jours, on y parloit de Philosophie , & l’on y méloit les agré- mens & les plaisirs innocens, que l’on trouve dans une société de gens polis & íavans ; & ce fût là qu’il composa plusieurs ouvrages, qui lui a tirèrent une infinité d’ennemis. Platon , Aristote, Pytagore , Héra- clite, Démocrite & généralement tous les Philosophes éprouvèrent fa médisance : enserre qu’il est peu d’hom- mes qui ayent été tant louez & tant blâmez qu’Epi- cure, les uns'loûoient fa sobriété, sa réligion & l’austérité de sa vie ; les autres au contraire le traitoient de plagiaire, & l’acuseient d’avoir volé à Démocrite, la doctrine des atomes, & de métré le souverain bien dans la volupté fans aucune réservé. Cependant malgré tant d’ennemis & tant d’acufations la Secte d’Epicure a subsisté pendant long-tems, & son Système des atomes a été renouvellé par M. Gassendi, qui a tâché de justifier la vie & les mœurs de son Maître : mais quoiqu’il dise il est bien dificile d’éfa- cer la prévention où l’on est contre la morale d’Epicure. Passons à présent aux Pyrrboniens, dont le Maître aïant quité la peinture, sc donna tout entier àlaeon- noissance de la nature, & ne pouvant point contenter l’incertitude de son esprit, combatif entre le pour & le contre ; il se détermina à soutenir qu’il n’y avoit rien de certain, rien d’honnete, rien de malhonnête , rien de juste ni d’injuste ; & sur ce Principe il disoit que les hommes ne faisoient rien que par eoú- tûme & par l'obéïssance dué aux loix, puisque ceci n’étoit pas plûtôt ceci, que cela. Sa vie, dit Diogéne , ne démentit point ses sentimens ; il fût toujours dans une perpétuelle incertitude : mais il me semble qu’il la porta trop loin dans ses actions, puisqu’il fai* soit avec la même indiférence les actions les plus viles & les plus honnêtes. 11 donna son nom à sa secte qui fut apellée Pyrronnienne , & les Sectateurs Pyiro- wms , & sceptiques du mot Grec éimmucr , qui signifie uti homme qui examine avec mention les raisons pour & contre avant que de se déterminer. Voïez Sceptique. PHILOSOPHIE. Terme d’ Imprimeur. C’cst un caractère entre le Cicero & le petit Romain. (De quel caractère est cela? C’est de Philosophie.) PHILOSOPHIQUE , adj. [Pbiiojbphicus .] Qui est da Philosophie. Qui apartient à la Philosophie. (Définition Philosophique.) PHILOSOPHIQUEMENT, adv. [ Philofophicè .] En Philosophe* A la maniéré d’un Philosophe* Comme un Philosophe. (Raisonner Philosophiquement.) PHILTRE ,J■ m. [ Philtrum, pocjA-lum amatorium ] Prononcez Filtre , & même écrivez ce mot comme on le prononce. 11 vient d u Grec. C’est ce qu’on donne à boire à une personne pour J’obiiger d’en aimer un autre, qui l’aime, & qu’elle n’aime plus, ou qu’elle n’aime pas assez. (Un philtre amoureux. Un philtre dangereux, violent, puissant, agréable, &c. La femme de Valstein lui donna à boire un de ces philtres qui troublent i’elprit, au lieu de le gagner , Sarazin , conjp. Vulfiem. Je fuis prés du trépas Pour un philtre amoureux que j'ai pris par P oreille. Defmarais, Visionnaires, a. 1. i.) PHILTRER, v. a. [Linipidum sacere.] Terme de Chimie. C’est clarifier. C'est passer une liqueur par un entonnoir de papier, soutenu d’un entonnoir'dfi verre. (Philtrer une liqueur.) Voïez filtrer, &c. PHIMOSIS. Mala.de du prépuce où il est tellement ferré qu’il ne peut couvrir le gland. II se dit aussi des deux paupières de l’œil. PHISLC1EN , s m, [Phisicus, fpeculator natura.J Celui qui Fait la Phiiique. Celui qui etude en Phisi- que. Qui est écolier cle Phiiique. (Defcartes & Gap sendi sont les Phificiens modernes les plus fameux. C’est un jeune Phisicien de colege.) PHISICIENS. 0 Phifici.'] Ce mot signifioit autrefois Médecins. (Les Phificiens me font mourir, Sar. potj'.J (§ Rabelais apelie ainsi les Médecins, L l’on ne connoissoit pas le mot Médecin. Pathelin Les Phificiens m’ont tué Le ces brouillis qiíils niant fait boire , Et toutes fois il les faut croire lis en ouvrent comme de cire. Le Roihan de la Rose Advocats Phificiens Sont tous liez de tels liens Tant ont le gain U doux ’êfi fade, Qu’ils voudraient pour un malade Qu’il y en eût plus de cinquante. PHISIOLOGIE, / f. C Phìfioiagia .] Terme de Médecin. C’est une partie de la Médecine qui observe & considère la nature de l’bomme depuis fa naiss sa n ce jusques à fa mort. La phiíiologie considère les choses qui composent le corps humain, & qui lui font nécessaires pour ses diverses fonctions, Voïez Ri* viére , Traité de Médecine. PHLSIONOMIE, f fi [Infpeclio cujufque nature ex vultu ffi corporis habitu. J Science qui par les traits du visage juge de i’humeur d’une personne. Science qui juge du naturel des gens en coníiderant les traits de leur visage & de certaines parties de leurs corps. (Aristote, Avicenne & plusieurs autres ont traité de la phiíionomie. Us en diront tout ce qu’il leur plaira , mais la phiíionomie est fort incertaine & fort trompeuse.) * PHISIONOMIE. [Faciès plucens.~\ Certain air de visage qui d’abord plaît, ou déplaît, qui donne bonne ou mauvaise opinion , ou qui incline à avoir quelque sentiment de la personne qu’on voir. (C’est un jeune Gentilhomme qui a une phiíionomie fort heureuse. Sa phiíionomie n’a rien de ben. Avoir mauvaise philio- nomie. na PHL nomie. Guillot a une phiíîonomie la plus grotesque du monde.) _ PHISIONOMISTE,/ m. &sf íMetoposcopus.} Celui qui fait la phiíîonomie. Celui qui s’entend en pni- íîonomie. (Monsieur est bon phiilonomiste. Mauetuou selle est bonne phisionomiste.) PHISIQUE, ./I f. íPbifca.-] C’est la science des choses naturelles. C’est une science qui nous eníei- gne les raisons & les causes de tous les éfets de la nature. (Etudier la phisique, Roh. ibis. Le bon homme Aristote En Phisique moins sûr qu!en bijioire Hérodote. Perr.) PHISIQUE. Terme de Colége. C’est la classe où l’on enseigne phisique, ou du moins où on la doit enseigner. (II est en phisique. Faire sa phisique sous Monsieur Pourchot qui est l’un des plus habiles Ré- gens de phisique de {'Université de Paris.) Dagoumer a son mérité. . PHISIQUE , adj. [çhifîcus naturalisés Naturel. Qui regarde la science de la phisique. ( Une question phisique. Roh. ibis. Discours phisique. Dissertation phisique, La Chambre!) PHISIQUEMENT , adv. £phifìcë.} Naturellement. PHLE'BOTOMIE , s s [Vena seftio, ihleboto- mia.} Ce mot vient du Grec & ne se dit au propre qu’entre Chirurgiens & Médecins, & signifie Fart de saigner. (II entend fort bien la phlebotomie.) * PHLEBOTOMIE. 11 sc prend quelquefois au figuré » & veut dire. La saignée que le Politique fait faire , en faisant couper la tête des personnes de qualité qui troublent l’Etat. Le mot de phlebotomie ne trouve bien fa place que dans le stile médiocre, ou de conversation. (La phlébotomíe est quelquefois nécet faire dans un Etat, mais il faut qu’elle se fasse avec esprit, France mourante. PHLE BOTOM1SER. [ Secare venant. ] Ce verbe est neutre d’ordinaire, il vient du Grec, & ne se dit qu’en riant. 11 veut dire tirer du sang. (Je me ferai phlé- botomiscr demain matin.) PHLEGMAGOGUE. Médicament propre pour purger la pituite, comme l’agaric, la turbith, la semence de carthane. PHLEGMATIQUE , adj. [Pituitosus , pituita abun. dans.} Pituiteux. Abondant en pituite. (Tempérament phlegmatique. Loin ces rimeurs craintifs , dont Vesprit phlegmatique Garde dans ses fureurs un ordre didaflique. Despr. « PHLEGME, f m. [Pituita , phlegma.} Terme de Chimie. C’est un principe passif fort volatil qui se présente le prémier & fort par la moindre chaleur du feu en forme d’eau claire & insipide. (Le phlegme est propre à tempérer l’acrimonie des esprits, Glas Chimie , livre i. chap. 3 .) PHLEGME. [ Phlegma, aquositas .J Ce mot dans le langage ordinaire signifie un crachat épais. t PHLEGME, signifie aussi, pituite, l’une des quatre humeurs, qui selon l’opinion commune composent la masse du sang. Dans ce sens il ne se dit qu’au singulier. PHLEGME." [Animi tranquillisas!} U sc dit au fi» guré pour signifier une humeur sérieuse & tranquille, qui ne s’émeuc point. (11 a souffert cette injure, il a apris cette fâcheuse nouvelle avec un grand phlegme, avec son phlegme ordinaire.) PHLEGMON , f. m. [Phlegmone .] Terme de Chirur. gie U de Médecine. Ce mot est Grec. C’est une tumeur avec inflammation. (Un gros phlegmon.) PHLIBOT, f. m. [Havis rotunda.} Vaisseau Flamand qui est arondi même du côté de la poupe. , t PHLOMIS. Plante dont les feuilles ressemblent a celles de la sauge. Elle est detersive, dessicative, astringente, propre pour la brûlure, pour les hémorroïdes, pour le flux de sang. í PHOCOENA. Espece de Dauphin. Sa graiss se est résolutive & nervale. PHOENIX. Voler p henix. PHOSPHORE, f m. [ibojfrborus.} Ce mot est Grec. iS lignifie qui porte la lumière.. On a donné prenuerement ce nom à la pierre de Boulogne , qui conserve durant quelque tems dans.les ténèbres la PHR lumière qu’elle a’reçue du soleil. O" a aussi fait dépuis quelque tems des Phosphores cwttficnls > qui font des liqueurs qui luisent dans les . tenebres, Sc qui rendent lumineux divers corps qui en sont frotez, & fans les brûler. PHRASE, ss [ Phrasés, diflio.} Mot qui vient du Grec, & qui veut dire façon de parler. (Une bel, le phrase. Faire des phrases. Tel du stile souvent croit avoir l’élegance, Et sçavoir bien parler, qui pour toute science Hune phrase à la mode, & à'un terme élégant Sçait orner un discours par tout ailleurs rampant. VilL) <« 5 » On n’est point assez atentif à composer les phra. ses d’un discours, les uns pèchent par trop d’alêcta- tion, & c’est ce qu’on apelle parler par phrases, c’est. à-dire scion le P. Bouhours quiter une expression cour. te & simple, qui sc présente d’elle même, pour en prendre une plus étendue, & moins naturelle, qui a je ne fçai quoi de fastueux ; ce stile est tout à fait vicieux. Les autres au lieu de parler naturellement & de ranger leurs mots dans un ordre clair & évident, ils les embaraffent par le mélange, ou de parentéscs, ou de choses qui n’ont qu’un raport éloigné au sujet prin. cipal, & tombent ainsi dans l’obscurité, qui rebute le Lecteur ; les autres enfin par négligence ou par ignorance, font des phrases barbares & entortillées, qui ne font pas suportables. Exemple : Combien défié- clés se sont écoulez , avant que les hommes ayent pû revenir au goût des anciens, £ 5 ? reprendre enfin le simple £«? le naturel. Pourquoi entortiller cette phrase, ne pouvoit-on pas dire : Combien de siécles se sont écoulez, avant que les hommes ayent pû revenir au goût des anciens , 'èfj reprendre enfin le simple ( 5 ? le naturel dans les sciences U dans les arts. Caract. de la Bruyère. 11 y a des phrases rudes, il y en a de barbares, d’obscures, d’embarrassées, d’estropiées, & en un mot de tant de diférentes sortes qu’il ne fera pas inutile d’en raporter ici pour les faire connoître d’un coup d’oeil. La phrase est un arrangement de paroles, qui propres au sujet, & se liant les unes avec les autres forment une période & un sens parfait ; elle est donc un membre de la période qui est terminée par un point qui marque le repos, où le Lecteur ainsi que le Déelamateur doivent s’arrêter, changer de ton & reprendre haleine. Les Reteurs ont établi des phrases & des périodes dans la prose, parce qu’on ne peut ni lire ni prononcer tout d’une haleine un grand nombre de paroles, dont on sc sert nécessairement pour expliquer un sens parfait ; il faut se reposer de tems en tems : mais avec cette diférence que le sens n’étant pas encor complet, le repos n’est pas long, & on le marque par une virgule seulement : mais íorfque le sens est parfait, le repos est marqué par un point, qui fait connoître que c’est là que l’on doit, pour ainsi ' dire séjourner. On peut commettre deux fautes en distribuant ces repos ; la prémiére consiste dans la brièveté, & la seconde dans la prolixité ; fi les phrases sont trop courtes, en sorte que la lecture ou la prononciation soient trop souvent interrompues, il arrive que l’esprit que l’on doit tenir en suspens sc relâche , & son ardeur sc réfroidit, & lorsqu’une pensée est exprimée avec un trop grand nombre de paroles & de phrases, on sc rebute, & on arrive à la fin de la période tout épuisé & hors d’haleine. Mais la di- ficulté elì de trouver le milieu entre ces deux extremi- tez. Après avoir donné une idée générale de la phrase , il faut ici rapeller ce que nos Maîtres en ont dit çn particulier. M. de Vaugelas exafninant cette façon de parler, F immoler à la risée publique, Observ. nq: prétend que I on peut inventer des phrases nouvelles, & qu’il n’en est pas comme des mots, dont la nou- veauté est défendue dans nôtre langue; la raison de cette diference est, que l’on ne parle que pour se faire entendre, & 1 on n’entendroit pas un mot qui ne soroit pas d usage : mais il n’en est pas ainsi d’une phrase entière , qui étant toute composée de mots connus & entendus, peut être toute nouvelle & néanmoins fort intelligible: de sorte qu’un éxcélent & judicieux Ecrivain peut inventer de nouvelles façons de par- ler, qui seront reçues d’abord, pourvù qu’il y apor- te toutes les circonstances requises, c’est-à-dire un grand PIC grand jugement à composer ces phrases claires & élégances ; la douceur que demande i’oreillé , est qu’on en nie sobrement & avec discrétion : mais s il est permis d’inventer des phrases , il est trés.-délendu de taire revivre celles qui ne font plus en ulage, telle est celle- ci raporcee par le même Auteur, arrivé qu’il fut, 5 jr c. Rem. 141. 11 est plus aisé de marquer les detauts des phrases que leurs beautez; les unes font rudes & désagréables à l’oreille , qu’il faut toujours consulter dans le langage ; il y en a de barbares , qui pechent contre la construction ; il y en a d’obscures , d’einbarralfees, d’eltropiees, à qui il manque quelque chose d’eilen- tiel. PHRENESIE , ou Frénésie, f f [Phrenesis.] Forte & violente aliénation d’esprit avec tìevre. PHRE NETIQUE , ou Frénétique, adj. [ Phreneticus.] Aliéné d’eljprit. (11 est phrénetique.) Votez Frénétique écrit par F. PIITIRIASIS,//. [Phtiriasis.] Maladie pédiculaire donc les enfans font quelquefois tourmentez : fa cause est une semence qui produit quantité de poux, & dont on guérit en frétant la tête d’un linge frété de mercure. PHTISIE,/. / [P tbïsis.] Ce mot se dit entre Médecins. C’eit un entier amaigrissement du corps. C’est une exulceration du poumon avec une tiévre lente qui rend le corps fort maigre , Deg. (Tomber en phtisie.) PHTISIQUE , adj. [Ptisicus.] Celui qui est ateintde laPhtilie. , * PIAFE , sis. [Fasiosia ambulatio.] Mot vieux, bas Si burlesque qui veut dire morgue. (Faire la piafeaux gens. f PÍAFER , v. n. [ 'Magnificèse circumferre.] Ce mot dans i’uíage ordinaire & en parlant des personnes, est bas & burlesque, il lignifie marcher d’un air sot, & fier morguant. ( Je la voi piafer. S. Arnaud, Rome ridicule.) PIAFER. Ce mot se dit en parlant de certains chevaux de selle qui en marchant ont du feu , & plient les jambes jufqu’au ventre, ce qui a bonne grâce. (Cheval qui piafe.) PIAFEUR , si m. [Equus exsultor.] Ce mot se dit de certains chevaux de selle , ardens, & veut dire. Qui piafe. (Cheval piafeur.) PIALLER, ou paler , v. ». [Pipire.] Prononcez palé. Ce mot se dit proprement des poules , des poulets d’Inde, des oyes, & de leurs petits. C’est faire un cri qui témoigné que ces animaux soufrent, ou ont besoin de quelque chose. t * PIALLER , v. n. [ Vociserari , clamitare. ) Ce mot au figuré lignifie. Crier. Pleurer. ( Enfant qui ne fait que puller. Elle pialle tyie partie du jour, & fait enrager tous les gens du logis.) f PIALLERIE, J. s. [Vociferatio.] Criailleries. Pleurs. (Ce ne font que pialleries. On est las de toutes ses pialieries.) f PIALLEUR, / m. [Clamator, clamosus.] Crieur. Pleureur, (Uiest un pialleur. Taisez-vous petit pialleur.) t PIALLEUSE , J. f. [Clamoja , rabula. ] Crieuse. Pleureuse. (C’est une franche pialle use.) PIASTRE,/ / [Nummus argenteus Hisianicus. ] Espèce de monoie d’Espagne qui vaut un écu. f On Papelle aussi pièce de huit & Réale de huit, parce qu’elle vaut huit Reaux d’argent. t PÍAUTRE,/ m. [Vade paflum.] Ce mot est ofen- sant & de la lie da peuple de Paris , qui dit (Envoler quelqu’un au piautre. C’est-à-dire l’envoïer promener d’une maniéré méprisante & injurieuse.) PIC,/ m . [Vnìdens ligné] Terme de Taillandier, de Pionnier & d 'autres gens qui travaillent à fouir la terre. C’est un outil de ter qui n’a qu’une pointe & qui sert à fouir la terre. (Pic rompu. Sans songer au péril ils a bâtent le mur à coups de pics & de pieux, Vaug. Quint. Curce, l. 9. c. 5. ) H PIC. Gros poids de la Chine , dont on se sert à Canton pour peser les marchandises. Le pic de la Chine revient à cent vingt-cinq livres poids de marc. f PIC, ou Picq. Mesure des longueurs dont on se sert à Constantinople & presque par toutes les Echelles du Levant. PIC, / m. [Picus.) Sorted’oiseauquialebeclong, dur, fort & propre à percer l’écorce des arbres. ( Le pic vit de vers & fait son nid dans le creux des arbres.) 11 y a de plusieurs espèces de pics. 11 s’er. trouve de noirs qui font comme de petites corneilles, ii s’en trouve auílì de verds , de gris, de couleur de cendre & d'autres qui font marquez de noir & de blanc , Bel. I. ç.) PIC-VERT , pi-verd , f m. [ Picus u.rborarms.] Ost écrit d’ordinairepA-íimí, niais 011 prononce pi-ver J. 11 y a un pic-verd jaune, & un pic-verd rouge. Le pic- verd jaune a le bec fort & dur, & les jambes courtes , les ongles crochus & aigus , il a deux marques rouges fur les yeux , le dessus de la tête rouge & le reste du corps verd & rouge. 11 monte fur le tronc des aibres & fe nourrit de leurs excrémens. Le pic-verd rouge a le dessus de la tête & les cotez des temples rouges , & le dessus du dos brun avec un peu de blanc dans les ailes. PIC, / m. [Sexagmta J Terme de Jeu de piquet. C’est une forte de coup qui est remarquable au piquet, & qui vaut soixante points. (Empêcher le pic & re- pic.) f * Vous allez faire pic 8? repic , à ce qu’il y a de galand à Paris, Molière. A pic , adv. [Resta.] Terme de Mer. C’est-à-dire, à plomb , perpendiculairement. ( Etre à pic fur une Ancre , c’est être droite fur elle quand on la dégage. Se trouver à pic du soleil, [St are resta sub sole.] C’est-à- dire , fe rencontrer perpendiculairement fous le soleil. Le pic ele Tentrijse. [Tenerijsie insula.] C’est une montagne très-haute dans l’une des Isles des Canaries. PICA, / m. [Malacia.] Apétit dépravé qui fait désirer en quelque tems que ce soit des choses absurdes & incapables de nourrir, comme des charbons, des cendres, du plâtre , &c. Et cette maladie est fort ordinaire aux filles & aux femmes grosses, Acad. Fr. PICARD ANT. Efpéce de vin qui aproche du vin muscat & qu’on nomme ainli , parce qu’il pique davantage. [Racemus ardens.] $ PICARD ANS. Espece de raisins secs à peu près semblables a ceux que l’on apelle Raisins aux Jubis. £g PICAVERET, efpéce de Linotte. Voïez les Origines de M. Ménage. PICHET,/ «t- ou Pìché. [Urceolus.] Les marchands devin apellent de ce nom une sorte de petite cruche de terre à bec, dont ils fe fervent pour tirer du vin & remplir les pièces. (Un piché tout neuf, cassé , fêlé , & c. ) 4 PÍCHIN A DE HAUBOURDIN. Etofe de laine brune , croisée, qui fe fabrique à Ilaubourdin près de Lisle en Flandres, & qu’on emploie à habiller les Carmes. 4 PICHOLINES,/ / Petites Olives. PiCiNE , //. [Pijiina] Mot consacré dans l’Ecri* turc, qui veut dire Lavoir. Réservoir d’eau. Lieu où l’on fe lave. (11 y avoir à Jérusalem une picine aux brebis , P Ange du Seigneur defcendoit en certain teins dans cette picine, & en troubloit l’eau , Port-Roial , Jdouveau T.'fument. Evangile de S. Jean , c. ;. v. L. 4. &c. 4 PICINE, se dit aussi d’un lieu dans les sacristies, où on jette l’eau des Eglises qui a servi à nettoïer les vases sacrez , les linges servant à PAutel, é>' autres cbofes semblables. 4 PIC-NIC. / w. Faire un Pic nic, c’est faire une partie de plaisir, dans laquelle la dépense fe partage également entre les convives. On dit aussi, Pique- nique. 4 PICOL,/ m. Poids dont on fe sert à la Chine pour peser la soie. 11 contient soixante-lìx catis & trois quarts; en forte que trois picots font autant que le ba- bar de Malaca , c’est-à-dire , deux cens catis. 4 PICOL. Poids en usage dans divers lieux du Continent & des Iles des Indes Occidentales. II peso environ vingt livres poids d’Amlterdam. PICOLETS , / m. [Uncuiui.] Terme de Serrurier. Petjts crampons qui tiennent le pêne dans la ferrure. 4 PICOLl , / w*. Monoie de compte dont on fe sort en Sicile pour les changes & pour tenir les livres. Huit Picolis valent un ponti, six Picoiis font le grain. t PICORE E, sis C Pr*da ex bosiibus. ] Ce mot fe dit en parlant d e guerre, il est vieux, & n’est point en usage dans le beau stile, ni dans 1« commerce ordi- Tome lll. P ’ naire J 114 PIC naire des gens d’épée. (On dit aller a la petite gués- re , & non pas à la picorée.) . a 0 Pasquier lìv. 8 - ch. 5 . a dit que le mot ptcoree eit un mot nouveau pour signifier aller manger le bon nom- me aux champs , & selon M. Ménage, pteoree, elt e verbal dc picorer, fait de pecorare,& d epecora. Pecorare, picorer, pecorata picorée > aller à la picotée, c eit aller à la pétite guerre, enlever sur les ennemis des boeufs, des vaches , des chevaux, des moutons , ce que les soldats apelient courre la vache. 4: PICORER, v. n. [Pradatum ire.) Ce mot ne le dit plus au propre , & en fa place on dit aller a la petite guerre. f PICOREUR, s. m. { Prœdutor. 3 Vieux mot pour dire celui qui va a la petite guerre. f ' PICOREUR , s. m. [Blagiarius.) Sorte de pla. giaire qui prend çà & là dans les Auteurs. (Ce picoreur Grec U Latin La tige des Auteurs , Ménage , Cotin, Ménagerie.) PICOT,/ ->n. [Radix rejidua ligni avulji.) C’est une petite pointe qui reste du bois coupé près de terre, & qui bielle souvent les pieds quand on marche deiius fans y prendre garde. . ^ , PICOT. [Rete detijìus .3 C’est le nom d une forte de filet dont le fervent les pêcheurs fur les côtes de Normandie. (Le picot est fait comme la drege, mais u est plus petit.) PICOT. [Denticula.) II signifie aussi une petite en- grelure qu’on fait au bout des dentelles. _ , 4= PICOTE, ou Gueuse, s. f. Etofe de laine, qui est une espèce de petit camelot. On la fabrique à Lisle en Flandres. II y a aussi des picotes qui font mêlées de soie. PICOTE', picotée , adj. [Varulit notatus. 3 Ce mot fe dit des gens qui font marquez de la petite vérole, & il signifie qui a au visage quelques marques des petite vérole. (II a le visage picoté. Elle est un peu picotée.) PICOTE', picotée, adj. [ Variegatus. 3 Terme de "Blason. II signifie marqueté , & se dit particulièrement des truites pour les distinguer des autres poissons. PICOTEMENT, s m. [Punflio , punRìuncula .3 Impression de douleur que les humeurs acres font fur la peau. (Je sens des picotement fur toute ma peau.) t * PICOTER, v. a. [Anirnum sodicare, aculekpun. gere. 3 Tâcher de métré en colère. (Incessamment je ía picote. Gomh. Epit. I. ;. De tous cotez on le pi- cote, Sears) PICOTER. II se dit au propre d’une certaine impression fâcheuse , qui se fait ou sur les membranes , ou fur la peau par l’aerimonie des humeurs. [Pungere.) ( Des sérositez qui picotent la peau.") PICOTER. Se dit encore des petites piqueures que les oiseaux font aux fruits en les bequetant. [Leviter pungere .3 (Les grives ont picoté ces muscats.) t * PICOTERIE f f. [Verborum aculei .3 Petite querelle. Petite ataque qui se fait de paroles. Petite pique. Semence de division. (II y a toûjours entr’eux quelques petites picoteries.) PICOTIN , f. m. [ Corbula . 3 Sorte de petite mesure faite d’osier pour donner l’avoine aux chevaux, (Donner un picotin d’avoine à un cheval.) 0 Nicot explique ainsi ce terme ; c’est une espèce de mesure usitée en Pavoine tant seulement, car on re dit pas picotin de bled , pois, -fèves , navetes, & c’est la dernière mesure en fait d’avoine , qu’aucuns estiment de la mesure du quart, en cas de bled, cette mesure est compassée, la provende qu’on donne aux chevaux. Je crois avec M. Ménage que ce mot dérive du Latin Paucum , picotum, picotinum , Picotin. PICQUER. Volez Piquer. f P1CTOIS,/ w. (Te/o.3 Terme corrompu de Putois. Animal sauvage, dont la peau est du nombre des pelleteries communes. PiC-VERD. Voïez plus haut Pic. PIE,/ f. [Pica] Sorte d’oifeau blanc & noir quia la chair dure, & qui ne vaut rien à manger. (La pie pond neuf ou dix œufs, & fait son nid d’une maniéré fort ingénieuse. Elle est capable de quelque discipline, & parle lorsqu’elle est instruite, Bel. I, Sous ces arbres pourtant de vaines rêveries U n’iroit point troubler ces moineaux (j? ces pies. Defpr.) 0 11 cause comme une Pie , les Grecs ont dit de même L»,,»,. Garrula Cornix. PIE PIE-// [Loripes.) Autre oiseau qu’on apelle autrement becajje de mer , qui a le bec , les piés & les jambes rouges , & qui n’a que trois doigts à chaque pie. 0 On apelle en Bresse une Pie la portion quecha. que particuler a dans le fol d’un étang & dont il jouit quand il est à sec. PIE-GRIE'CHE. / / [Pxa grxca.) Oiseau qui a un cri fâcheux,& qui n’est guére plus gros qu’un merle. La pie-griéche a la tête un peu grosse & un peu large, le bec dur, noir & gros, un peu courbé par le bout. Elle a la tête & le dos gris avec le dessous de la gorge, du ventre & de la queue blanc. Sa queue est longue. Ses ailes noirâtres, ses jambes & ses pieds noirs ( La petite- pie-griéche est celle qui mange les mulots & les souri* des champs, Bel. I, z. c. 23 .) f C’eji une pie-griéche. [.Molesta .3 Ces mots se disent d’une femme criailleuse & fâcheuse. (Elie est bonne femme , mais elle est un peu pie-griéche.) f Elle cajole comthe une pie borgne, ou comme une pie dénichée. C’est-à-dire , c’est une grande causeuse. PIE , / / [Equus maculis albis U nigrk interjiin. Rus .3 Sorte de cheval qui a du blanc & d’autre poil, &quis’apellep«àcause de la ressemblance qu’ilaavec l’oiseau qu’on apelle pie. Une véritable pie doit être blanche & noire. Cependant il y en a d’autres sortes, car on dit une pie noire, une pie baie, une pie ahane. Quelques-uns font le mot de pie masculin, en ce feus, & disent, voilà un beau pie. L’usage ordinaire est de le faire féminin. VIE, s. m. [fiiar. 3 Nom propre qui s’est donné à quelques Papes. Pie IV. Pie V. mourut en 1572 . J PIE, adj. [ Pia opéra. 3 Mot qui signifie pieux, St qui ne se dit guére qu’en langage de Palais. ( C’est une oeuvre pie.) PIE-MERE, / / C Pia mater. 3 Terme d'Anatomie. C’est une membrane qui envelope le cerveau, & en soutient les vaisseaux. (La pie-mere est offensée.) PIED, / m. ou pie. [Pes.J L’un & l’autre s’écrit» mais le d ne se fait point sentir, & l’on prononce toûjours pie. Ce mot se dit des hommes & des animaux. C’est la partie que la nature a donné aux hommes & aux autres animaux pour marcher. Le pied de Phommt est une partie de la jambe composée de beaucoup d’os comme de chevilles , de talon, de doigts, &c. (Poser le pied à terre. Tourner bien le pied. A- voir les pieds tournez en dedans, varus , ou en dehors , valgus. Avoir des cors aux pieds. Le cou du pied, la cheville du pied, la plante du pied, &c. Le pied du cheval , comprend le sabot qui est tout ce qu’on volt de corne lorsque le cheval a le pied posé à terre. Faire pied neuf. Ces mots se disent des chevaux lorsque le íàbot tombe & que le petit pied demeure nud. Cheval pied nud. C’est-à-dire, cheval qui a la corne du pied usée.) PIED. Ce mot en parlant de l’homme entre dans plusieurs façons de parler. (Exemples. Meitre pied a terre, Abl. Arr. [Ex equo descendcre.) C’est descendre de cheval ou de carosse. Avoir le pied à l’étrier. C’est être prêt à monter à cheval, & à partir.) 0 Rejler sur ses pieds ; être toûjours fur sis pieds , ce sont façons de parler assez communes, voiture s’en servit utilement dans ses vers qu’il fit fur le Cardinal Mazarin , que son cocher versa un jour dans l’eau. Prélat passant tous les Prélats passez , Car les présent seroit un peu trop dire , Pour Dieu rendez les pechez éfacez De ce cocher qui vous sçut mal conduire ; S’il fut peu caut à son chemin élire , Vôtre renom le rendit téméraire , ll ne crut pat versant pouvoir mal faire Car quelqu’un dit que quoique pussiez faire, En guerre, en paix , en voyage, en asaire , Vous vous trouvez toûjours dessus vos pieds. 0 Heurter du pied contre le seuil de la porte , étoit autrefois un mauvais augure , Tibulle lib. i. Eleg. a dit : O quoties ingrejsus iter mihi trijiia Aixi Offenjhm in porta signa dedisse pedem. Prendre pied , trouver pied. [Vado sujìineri. 3 C’est trouver le fond d’une rivière , & n’être plus obligé de nager. (L’eau n’étant pas fi profonde qu’on n’eût pied en de certains endroits , Abl. U avoit mille hommes de pied, Abl, Arr. c. 1 . [Redites .3 C’est-à-dire, de sol- PIE soldats serrans à pied. Voïez plus bas le mot de pitd ûu figuré.) l’IED. (Ter.] C’est une forte de mesure de douze pouces , chaque pouce ayant douze lignes. Et cette mesure s’apelie pied de Roi. (Avoir huit pieds de long íur cinq ou lix de large. Pied quarré [Pes quadratus.] C’elt un quarré dont chaque côté est de la longueur d’un pied. Pied cubique. [Pes cubicus.) C’est un cube dont chaque côte est d’un pied , & dont chique face est un pied quarré. Un pied courant contient douze pouces quartez, mais le pied quarré en contient 144.) 0 ’ Le pied comme mesure estdisérent dans les Etats de l’Europe , & même dans les Provinces & dans les Villes particulières. Davilers pag. 118- 5 e '.de son Dictionnaire des termes cl’Architecture , ^ a pris foin de les rassembler de toutes les parties de l’Europe ; !e détail qu’il en a fait m’a paru long & plus curieux qu’utile; cependant on peut en avoir besoin, en ce cas on peut recourir à l’endroit que j’ai marqué. PIED. sRslíi/m.] Ce mot se dit des arbres, des montagnes & des murailles. C’est la partie la plus basse de l’arbre , du mur , ou de la montagne, f Se camper au pied d’une muraille, Ab!. An. L 1. Couper un arbre par le pied. Cette ville est située au pied des Alpes.) PIED. [Arbor,*] Ce mot se dit aussi des arbres & autres plantes , & lignifie la plante même. (Les jardiniers disent, j’ai tant de pieds d’œillets. 11 V a quatre cens pieds d’arbres fruitiers dans ce verger. On dit aussi il y a de tant de pieds d’arbres dans cette forêt.) PIED. [T«, Bajìs.) Tout ce qui soutient une chose. Ce sur quoi une chose pose pour la soutenir. (Ainsi on dit. Le pied d’un cosre fort. Les pieds d’un bah u. Un beau pied de casse te. Pied de verre. Pied de lit. &c.) 0 Le pied saisit le chef Les Latins disent que l’édi- lìce cède au sol, adificium solo cedit j & la Coutume art. 187. Quiconque a le sol, apellé l’étage du Rez de chaussée , d’aucun héritage , il peut & doit avoir le dessus de son sol pour édifier par dessus & par dessous, & quelques Coutumes disent la même chose par cette expression , le pied saisit le chef, Chalons art. 145. PIED poudreux. [ Novus homo. Qui pedibus albis in urbem venit .j Vagabond, étranger, inconnu, qui cil venu de fortune & dont on ne sçait pas l’origine. On dit en Termes de Blason, le pied de l’écu , c’est fa pointe & fa partie inferieuft. PIED. [Pes] Terme de Poésie Greque. Terme de Poésie Latine. Oeil une certaine mesure de quelques sylabes selon lesquelles le verbe semble marcher par cadence. (Le Spondée, l’Iambe & le Trochée sont des pieds de deux sylabes: les pieds de trois sylabes sont leDactiie, i’Anapeste, &c. Pieds simples. Pieds composez. Tous les vers Grecs & tous les vers Latins íònt composez de pieds > & les vers François de mesures. ) * PIED. [ Acclivitas. ] Maniéré de penchant qu’on donne à UDe chose. (Ne posez pas cette échelle toute droite, donnez-lui un peu de pied. ) * PIED. Ce mot au figuré entre encore dans plusieurs sortes de façons de parler nouvelles & dans quelques autres qui sont proverbiales. Exemples. * Gagner au pied. [Dare in pedes.] C’est fuir. * Lâcher le pied , Abl. Arr. I. 1. [Fugere.) C’est-à- dire, s’enfuïr. Le bon Père commença à lâcher le pied, Pasc. I. 4. C’est-à-dire , à ne pas tenir ferme. p * II est a la Cour sur un bon pied. [ Stat presclave inauià. ] C’est-à-dire , il est biái à la Cour. t * On ne le regarde pas Jur le pied de bel esprit. C’est-à-dire, on ne le conlidére pas comme bel esprit. t * Quand on eíf sur ce pied , on ne se soucie p us de rien. C’est-à-dire, loríqu’on est dans cet état là, on ne s’enquiert plus de rien. t ' Les choses ne font pas sur ce pied là. ( Non ita se res babent.) C’est-à-dire , les choses ne sont pas en cet état là. , ) * J’ai acheté ma charge fur le pied de dix mille écus. C est a dire , a raison de dix mille écus. j* * Lire armé de pié en cap. [Omnibus armis in- JlruBus. j C’est-à-dire armé de toutes pieces. f ' Aller du pied comme un chat maigre. C'est-à- dire , marcher fort bien. t * C’eJÍ un pied plat. [Plantus,planca e//.]C’est-à-dire, FIE un misérable , un coquin , un rustre Vec ce. pied plat , fàudru-t-il que j’en grand éclat, Molière , Tartufe. 115 , un grossier. (A. vienne à quelque Qn Jçait que ce pied plat d'gne qu’m le corifnde, Par de saies emploie s’eji poujj'e dans le monde. Mol. f * Avoir les pieds chauds. Ces mots , au figuré, veulent dire, être à son aise, Avoir toutes st-s petites commoditez. f * Aller faire le pied de veau. [Stare pedibus.) C’est- à-dire faire la reverence. f ¥ Sentir le pied de mejjager. [ Fcetidos babere pe- des. 3 C’est avoir le pied puant. (Le Messager d’une petite ville N’a pas te pied plus puant que Boris. Poète anonime. ) II sort de son pied plat une très-mauvaife odeur, j * Etre réduit au petit pied. [in Jummus angujiias aà- duci. ] C’est-à-dire, être réduit dans un état misérable. t * Aller à beau pied fans lance. [Ire pedes. ] C’est aller de son pied. f * J’en aurai pied nu ai’e. [Prcedam qualemcum- quefaciam.] C’est à-dire, j’en aurai quelque chose. f * Ce n’ell pas un homme qui je mouche sBs pied. [Recollas est fst emunllx naris.) C’est-à-dire, c’est un adroit, c’est un fin , tm rusé.. •f * Tenir pied à boule. [AJfìdere operi.) C’est-à-dire, s’atacher au travail , s’y afíujetir. f * Avoir bon pied , bon ail. [Sibì cancre.] C’est- à-dire, être ferme & dispos, être sain & gaillard. Prendre bien garde à soi. ■f * Faire ie pied de grisé. [STive prde intmo.) C’est se tenir sor un pied , Scaron , poéj] C’eít être long-tems debout & fur ses pieds. (Quand il faut a tâtons courir de rué en rué , Ou dejjbus un balcon faire le pied de grue. Scaron , poés.) f * Faire un pied de nez à quelqu’un, s Aliquem ìl- htdere. 3 C’est-à-dire , se moquer d’une personne. -j- * II a eu un pied de nez. FLcc Jpes cum frujfrata est.] C’est-à-dire, il a été honteusement refusé , on s’elt moqué de lui. f j: Prendre au pied levé. [Ex improvisa opprimere.) C’est ne donner point de tems. Vouloir qu’une chose se fasse promptement. t * Avoir un pied dans la fojse. [.Jant capularem & acheruntìcum ejj'e] C’est à-dire, être vieux & n’avoir pas encore long-tems à vivre. f * Tenir le pied sur la gorge, f Duré aliquem tra - Mare.) C’est-à dire, traiter à la ligueur. f * Secher J'ur le pied. [Dolore ac miseria tabescere.] C’est être en un triste & pauvre état f * Se trouver toujours fur ses pieds * [Stare animis in adverse fortunes.] C’eít-à-dire, sc trouver dans le mêm» état où l’on étoit , Scsir. poés Ne pouvoir être abatu d’aucun accident. {U ne crut p.is versant , pouvoir mal faire Car chacun liit que quoique vous fajjtez Vous vous trouvez toujours dessus vos pieds. Voie. poés.) j- * Ne savoir Jur quel pied danser. [Pedem ubi po- nere ampliîts non habere.) C’est-à-dire, ne savoir que devenir. + * Faire des pieds sle mouche. [Maie pingere. 7 C’eft- à-dire, écrire mal. Ecrire fi mal qu’on ait peine à lire ce qu’on a écrit. -j- * Chercher à pied (-f à cheval, s Ubique.] C’est-à- dire , chercher par tout & avec soin. j- * Premlre les chojes au pied de ìa lettre. [Ad ver- bum .3 C’est à-dire, considérer les choses comme elles font écrites , & s’en tenir là feulement. H * Au pied de la lettre , à proprement parler, à par, ler véritablement ( 11 meurt de faim au pied de la lettre. ) Se tirer une épine du pied. [Sè à re dijficili expedire.] C’est surmonter quelque difitoité. c’est sortir agréablement d'une affaire qui donnoit de i’inquiécude. Prendre pied Jur quelqu’un. [ Exemplum capere de aliquo. ] C’est voulo r faire comme lui. (Je prens pied fur ce que vous me dites.) Etre est pied: [ Conjervari.] Termes qui se disent en parlantdegfw sle guerre entretenus , conservez & continuez dans le service. ( Capitaine tn pied. Compagnie en pied. C'est-à-dire , compagnie conservée. On Tom. III. P a d't n6 PIE dit aussi, Compagnie retenue sur pied. Compagnie conservée jkr pied.) f On apelle Gens de pied , les fantassins , les soldats qui fervent à pied. De plein pied , adv. [Piano pede. J Ce mot se dit des chambres & veut dire. Chambres de même hauteur & toutes proches l’une de l’autre. (II est bien logé, il a trois chambres de plein pied.) De pied ferme , adv. [ Âudacier , impavide ] Sans bouger. Sans quiter le lieu où l’on est. (Le combat é- toit de pied ferme. Attendre quelqu’un de pied ferme. Ablancoart, Ar.) A pied Jéc, adv. [Siccis pedibus.) Sans mouiller le pied. (Palfer une riviere à pied sec.) PIED a pied, adv. Ces mots en termes de guerre, signifient par les formes ordinaires de fart militaire. (Gagner le terrain pied à pied. Faire un logement pied à pied. ) VIE' fourchu, ou pié fourche'. Ce fopt les moutons, les vaches & les chevres, & autres bêtes qui ont la corne du pied un peu fendue. (Le pié fourchu doit tant d’entrée. Le pied fourchu paye feutrée.) PIE' fourché. 11 signifie aussi les droits qui fe tirent " de i’èntrée de ces fortes de bestiaux. ( Le Roi tire beaucoup du pied fourché. Payer le pied fourché.) PIED ouche. [ Hylobata .] C’elt un petit pied.d’eltasiou petite baie longue ou quarrée en adoucissement avec moulure qu’on mec fous un buste dans une galerie. PIED D’E'SXAL. [ tíasis , fulcrum. ] C’est la partie baffe de ia colonne fur laquelle pôle son fut. 11 y a pied-d’ejial Toscan , Dorique, Corinthien , Composite. 11 y a picd-a’ejìal en adoucissement, en balustre, en talus, irreguìier, triangulaire, &c. ($' PIEDESTAL. C’est un corps quarré avec base & corniche , qui porte la colonne, & lui lert de soubassement, il est diferent selon les cinq «rdres. Piedejtal T os. can est dé la plus basse proportion , & le plus simple , n ayant q u’un plinthe pour base, & un talon couronné pour corniche. Piedejtal Dorique est un peu plus haut que le Toscan, & a un larmier ou moucheté dans la corniche. Piedejtal Ionique est de plus haute proportion que le Dorique , & lés mouchetés toutes sembla, blés. Piedejtal Corinthien , est le plus fuelce, terme dérivé de l’italien Suelto , qui lignifie coyer, égayé ct menu, mais il est plus riche de moulures dans fa base & dans fa corniche, au dessous de laquelle est une frise. Piedejtal composte, est semblable en proportion au Corinthien : mais les profils de fa base & de fa corniche en font diférens. Piedejtal double celui qui porte deux colonnes & a plus de largeur que de hauteur. Piedejtal continu , celui qui fans ressauts porte un rang de colonnes. Piedejtal en adoucijjement , celui dont le dé ou le tronc est un gorge. Piedejtal en balujtre, celui dont le profil est contourné en maniéré de balustre. Piedejtal en talus, celui dont les faces font inclinées. Piedejtal .flanqué, celui dont les encognures sont flanquées ou contournées de quelques corps comme de pilastres attiques ou en consoles. Piedejtal triangulaire , est celui qui étant en triangle a trois faces quelquefois cintrées par leur plan, & lès encognures en pan coupé, échan- crees ou contournées ; il lert ordinairement pour porter une colonne avec des figures fur ses encognures. Piédestal compojé, est celui qui est d’un-i forme extraordinaire comme ronde, quarrée ronde arrondi, ou avec plusieurs retours, ainsi qu’il s’en fait pour les groupes de figures , statues , vases. Piedejtal irreguìier , est celui dont les angles ne sont pas droits, ni les faces égales ou paralelles , mais quelquefois cintrées par la sujétion de quelque plan, comme d’une tour ronde ou creuse. Pie. dejtal orné, est celui qui non feulement a les moulu, res taillées d’ornemens : mais dont les tables feùiilées ou en saillie, sont enrichies de bas reliefs, chifres, armes, &c. de la inéme maniéré , ou postiches, comme font la plupart de ceux des statués équestres ct des autres superbes monumens. Piedejiaux par faillies ct retraite, ce font ceux qui sous un rang de colonnes forment un avant corps au droit de chacune , & un arriére corps dans chaque intervalle , comme les piédestaux des amphithéâtres Antiques, Davilers. Petit pied, J. m. Os entouré de la corne , de la fourchette & de la sole, & qu’on ne voit point que quand le cheval est deíîblé , Solesel, c. i. Réduire une figure au petit pied. C’est faire la copie d un grand tableau en petit, en gardant les mêmes proportions. PIE (f PIED fort. Les Oficiers jouissent d’un droit de deniers forts, ou pied-forts. Des petits pieds , f. m. [Mollicula esca.) Ce sont de toutes sortes de petits oiseaux excellons à manger. (U nous a fait manger des petits pieds. Je fuis las de viande de boucherie , je voudrois bien avoir ce soir de petits pieds.) PIED d'alouette. [ Pes ahiud.e. J C’est la partie queía nature a donné à l’aloiiette pour marcher. C’est aussi une sorte de fleur dont la tige est déliée, & haut d’environ deux pieds, qui est rouge, blanche, couleur de chair, ou violette, qui fleurit en Juin, Juillet & Août, & dont on sc sert pour embellir les plates bandes des jardins. (Des beaux pieds d’aloûettes.) [Consolida regalU -] II y a diverses autres plantes qui sc nomment avec ce nom de pied, comme sont le pied de chat de la fleur duquel on fait du sirop & des conserves pour lespoul- moniques. Pied de cheval. ['Tussilage. J ou pas d’âne. Pied de lièvre. [Pes leporinus. ] Pied ou patte de lion , qui croît parmi les bleds. (Pied d’oiscau , pied d’oïe, pied de veau , pied de geline. ) Voyez Fumeterre. PIED dc biche. [Pojìicus ferreus bïfulcus. ] C’est une barre de fer , qui lert à fermer les portes cocheres, qui est attachée à la muraille & qui à i’autrebont fe divise en deux crampons qui entrent dans les ferrures de la porte. PIED de chèvre. [Veetis f erre usé] C’est une barre de fer, ou une pince qui lert à remuer des pierres, ct autres fardeaux. Elle a un bec aigu courbé & refendu. Les Imprimeurs apellent pied de chèvre, l’outil dont ils sc servent pour démonter les balles. [Sudes ferrea. J PIED de chèvre. Terme de Mécanique. C’est une troisième pièce de bois qui sert à en apuyer deux autres qui composent le montant de la machine qu’on apelle chèvre, & qui est propre à élever des fardeaux. PIE D de grifon. [ Gryphipodion. ] Instrument de Chirurgien , qui a deux crochez de fer. On s’en sert dans les acouchemens dificiles , à retirer la tête de Pensant qui étoic demeurée dans le ventre de la mere. PIEDS droits. [Afier arreRarìus. J Pièces de bois qui font de jambage d’une porte ou d’une fenêtre. (Les pieds droits de cette porte font tout rongez de vers par le bas. Danet.) ($ PIED cornier. 11 est dit dans l’article Y. du titre de l’aísiéte , baillivage «^martelage &c. que les arbres de liziere & de paroy feront marquez du marteau du Roi, & de celui de l’arpenteur fur une face, àladi- férence des pieds corniers , qui le seront fur chaque face qui regardera la vente. Lorsque l’on vend quelque partie des Forêts du Roi, l’espace vendu est enfermé dans des lignes que l’on tire suivant la situation des lieux. Ces lignes font apelíées paroit, & les arbres que l’on laisse à côté, ou au bout de la ligne entre deux pieds corniers sent arbres de paroi ou de liziere. Exemple. Pied cornier Paroi Pied cornier Paroi Paroi Pied cornier Paroi Pied cornier On voit par cette figure que les pieds corniers font les arbres laissez & marquez aux extremitez de là vente. On voit encore qu’entre deux pieds, corniers, il y a un paroi ou deux, eu égard aux distances des pied corniers. Les pieds corniers doivent être tnar- quez du marteau du Maître , de celui du garde mar. teau & de celui du Mesureur. Les places taillées fut les pieds corniers font apelíées Miroirs, parer qu’elles font tournées pour regarder & mirer la droite ligne, qui conduit d’un pied cornier à l’autre, & les cotez où les miroirs font faits font nommez faces. La marque du maître est au dessus des autres, celle du garde marteau est ensuite & en bas de l’arbre. Volez fur cette matière Roussau fur les ordonnances des Eaux & Foretts. Ductiaufourt dans son instruction fur le fait dés Eaux & Forests. f PIED FORT, f. m. Terme de Monoie, On apelle ainsi une pièce d’or, d’argent , qui est beaucoup plus épaisse que les pièces de monoìe communes, & que l’on f râpe ordinairement pour servir de modèle. * PIED. Terme de Teinturier. 11 se dit des prémié- res couleurs des étoffes à qui on en donne aprèsd’au- tres de plus d’éclat ct ds durée. * Qa PIE * On dit d’une personne gave, qu’elie a toujours m pied en Pair. ['EJi pede mobilisé} Les Sergents disent par maniéré de proverbe. La vache a bon pied. [Pinguis ejt homo.'] Pour lignifier que la partie pour laquelle ils agissent est riche & qu’elie pourra les payer , ou pour dire que la chose qu’ils ont saisie est sufisante pour tous les frais qu’ils pour. ront faire. " PIED. [ Prctium. ] II se dit aussi de la valeur & de la proportion des monoïes. (Toutes les pièces d’or se règlent pour leur poids & valeur Jur le pied de l’écu-fol & à proportion de son titre. On a fait cette imposition sur le pied de dix écus.) Métré fous les pieds les injures qu'on a reçùés. [Inju- ri,ts perpétua oblìvïone obrutas velle.] C’est les oublier, & ne vouloir pas s’en ressentir. Métré quelqu’un fous ses pieds. [Infra fe putare. ] C’esl le ravaler & le mépriser. PIED marin. [Nauticus homo J Ternie de Marine. jOn dit d’un homme qu’il a lé pied marin , ou qu’il est pied marin , pour signifier qu’il est habitué sur mer, qu’il aime la marine , & qu’il entend la navigation. PIED de vent. Terme de Mer. C’est une Eclaircie , OU un endroit du Ciel qui paroit clair au milieu des nuages, & d’où le vent semble venir. PIED du Jiile. Ternie de Gnomonique. C’est le point du plan sur lequel tombe une ligne abaissée du bout du ftile, perpendiculairement sur te plan du cadran. 0 Les beaux pieds ont de grands charmes pour certaines nations ; les Grecs y trouvoient beaucoup d’agrémens. Anacréon qui avoit le goût fin & le cœur tendre , met au nombre des plaisirs, & dont il espéré jouir dans une débauche, celui de voir une jeune fille, qui a les plus beaux pieds du monde, dansant au son de sa lire. 0 PIECA. Vieux mot. On peut voir ce qu’Henri Etienne a écrit sur ce mot dans fa conformité du langage François avec le Grec , & que M. Ménage a copié dans ses origines de nôtre langue, je n’ai pas crû le devoir transcrire ici. PIE'CE. f /• [Pan-] Ce mot pris généralement signifie. Une partie séparée de quelque tout. (Une bonne piéce de chair. Métré au pot une grosse piéce de chair. La piéce de bœuf.) £ PIE'CE de terre. [Modus agri.] C’est une certaine étendue de terre tout en un continent. [ Voilà une belle piéce de terre.) f PIE'CE de blé. C’est une portion de terre semée en blé. PIE'CE. [ 'Pannifragmesítum .] Petit morceau d’étofe de toile, ou d’autre pareille chose qu’on met en quelque endroit usé d’un habillement, d’une chemise, ou autre pareille besogne. ( Personne ne met une piéce de drap neuf à un vieux vêtement, Port.Royal, Nouveau Tejíament.') PIE CE [Panni vel tel* volumen.] Ce mot en parlant d’étofe, de toile, ou de ruban, est une quantité d’aunes de toile ou d’étofe qui ne font point coupées. (Vendre , acheter une piéce de ruban. Une belle piéce de toile. Entamer une piéce de drap.) ' PIE CE. [Qmamentum pectorale. ] Morceau d’étoffe, brodé long d’un tiers on environ que les Dames a tachent devant elles fur leurs corps de Jupe lorfqu’el- les font en manteau. (Unejoliepiéce.) PIE'CE. [ Tormentura heUicum . ] Ce mot fe dit en parlant d’artillerie , & signifie canon. (Une piéce de campagne. Une piéce de baterie. Une baterie de six pièces. Tiret les pièces. Rafraîchir les pièces. Démonter les pièces, encloiier les pièces.) PIE'CE. [Nummus.J Ce mot fe dit en parlant de mo- noïe , & il signifie. Une espèce particulière de mo- noïe d’or ou d’argent. (Piéce de cinq sous. Piéce de cinq fous. Piéce de quinze fous. Piéce de trente fous. On a fabriqué les pièces de quatre fous & de deux fous en l’année mil six cens soixante & quatorze & elles ont cessé en mil iìx cens soixante & dix-huit. A- prés ce tems on en a fabriqué d’autres qui ont le bâton Royal avec la main de justice en sautoir d’un côté , & de l’autre le Portrait de Louis XIV. On a fait fur ce modèle des pièces de 20. fous, qui font aujourd’hui réduites à 16. sous. Et des pieces de >0. sous , qui ne valent plus que 8. fous. Aujourd’hui 1716. qu’on retouche & qu’on augmente l’ouvra- ge de Richelet, les Ecus vieux & nouveaux valent livres. Les pisses de jo. sous 50. fous. Les Louis d’or PIE 117 ao. livres & ;o. livres, mais cela ne durera pas long- tems. L’ancienne piéce de quatre sous, est une espèce d’argent qui d’un côté a l’éfigte du Roi avec cette legende Ludovicus XIV. Dei gratta , & de l’autre elle a pour légende Francia Rex U Navarra , de ce même côté là elle a au milieu une sorte de croix composée de quatre fleurs de lis qui ont une couronne. Les pièces de cinq fous, de quinze sous & de trente sous ont commencé à être fabriquées sous Louis XIV. comme on l’a marqué ailleurs.) 0 PIE'CE de huit. Terme de Monoie. La piéce de huit Réaux de Plate vaut aux Indes une piastre & une piastre vaut un écu de soixante sols rnonoïe de France. La Réale, la piéce de huit & la piastre sont de même poids & de même titre que nôtre écu, teì qu’il étoit en 1Ó92. auquel tems M. Boisard a publié son traité des Monoïes. PIE'CE. Ce mot fe dit en parlant de luth, de tu orbe , de guitarre & de plusieurs autres instrumens de musique. Composition de musique pour le luth , le tuorbe, ou autre instrument de musique. (Cette piéce est belle fur le luth.) PIECE. [Op.us] Ce mot fe dit en parlant des ouvra, ges d’esprit, comme de poésie. C’est quelque sorte de poème que ce soit comique, tragique ou autre. II a fait une belle piéce. On a déja representé la piéce cinq ou six fois. Morbleu , la piéce est détestable, Mol. Alors le jeune Abéfit admirer en lui Le geste, Pair, le ton, la piéce d’autrui. Vill.) PIE CE. [Tabula.] Ce mot fe dit aussi des ouvrages de peinture & de sculpture. C’est un ouvrage de peinture , ou de sculpture. ( Les antiques font des pièces achevées, & elles doivent servir de modèle.) FIF/CE de théâtre en général, sc réduit à la Tragédie. [Tragedia.] où à la Comedie. [Comadia.] Corneille,Racine L Molière ont excellé, les deux premiers dans la Tragédie & le dernier dans la Comédie. PIE'CE. [Pars.] Terme de jeu d’Echets. C’est le Roi, la Dame , les fous , les chevaliers , & les tours. Je ne fçaurois jouer contre vous , que vous ne me donniez une piéce. On dit qu’aux échet? la Dame est la meilleure piéce. C’est peut être là seulement. Car par tout ailleurs on rend aux femmes la justice qu’elie® méritent. PIE'CE. [Vini dolium] Muid , ou feuillette de vin» de bierre, ou de cidre. (Métré une piéce de vin, de bierre , ou de cidre en perce.) On dit en termes de ChaJJe , qu’on oiseau , ou uts chien sont tout d’une piéce. [Unicolor .J Pour dire qu’ils n’ont qu’une couleur. í PIE'CE. Outil de cuivre qui sert aux Chapeliers à éramper leurs chapeaux. f PIE'CE de raport. On apelle Ouvrage de pièces de raport, un ouvrage composé de plusieurs petits morceaux de pierres précieuses, de marbres les plus riches, ou de bois de diverses couleurs, disposées & arrangées avec art pour reprefenter quelque dessein de grotesque, de compartimens , rie fleurs , d’oifeaux, &c. 0 PIE'CE. On dit cet apartejnent est composé de plusieurs pièces, comme d’une sale, d’une chambre & d’un cabinet. 0 pie'CE de Charpente, C’est un morceau de bois taillé , qui entre dans un assemblage de charpenterie» & sert à divers usages dans les bâtimens. 0 Maîtresses pièces , sont les plus grosses , comme les poutres, tirans, entrans, jambes de force. 0 pie'CE de bois. C’est selon l’ufage de six pieds de long, fur septante deux pouces d’équarrissage. 0 PIE'CE A’apui ; c’est un châssis de menuiserie, une grosse moulure en saillie qui pose en recouvrement sur l’apui ou tablete de pierre d’une croisée, pour empêcher que seau entre dans la feuillure. 0 pie'CES de tuile, qui servent à divers endroits furies couvertures. On nomme tiercines, les morceaux d’une tuile fendue en longueur emploïez aux bâtimens, & Nigoteaux , ceux d’une tuile fendue en quatre pour servir aux solins & tuilées. 0 PIE'CES de verres , ce sont tous les petits carreaux, ou morceaux de verre de diférentes figures, & grandeurs qui entrent dans les compartimens de® ternies & panes ux de vitres. 0 PIECE§ coupées. On apelle ainsi un compartiment de plusieurs petites pièces figurées , ou tournées de lignes parallèles & dcéouvrement, & séparées F î par n8 PIE par des sentiers, pour faire un parterre de fleurs & de gazon. (f PIE'CE d’eau. C’est dans un jardin un grand bai- fln de figure conforme à fa situation. Voiez Davilers. On dit d’une personne quelle est toute d’une piéce. ['Homo rigida indolisj Pour signifier qu’elle fe tient trop droite , & qu’elle n’a pas la taille libre & dégagée. f * 11 lignifie aulli être franc xfi jtnccre , ne point déguiser ses sentimens, & être incapable de tromper les autres. (§ On dit cette femme est une bonne pièce. Le P. Du Cerceau a dit. L’eJJpit de l'homme ejì une bonne piéce ; Et quand je dis de Fhomme a cet égard , La Femme ejì là comprise sous l'espèce Four !es deux tiers au moins Q? demi quart. PIE’CE de four. sOpus pijlorinm.’] Terme de Pâtissier. C’est une tourte, tarte , ou autre forte de pâtisserie un peu considérable. ( Commander une piece de four. Faire une bonne piéce de four.) PIE'CE. l’Litis instrumenta. ] Ternie de Palais & de Pratique. Papier écrit. C’est toute forte d’écriture qui sert à quelque procès. (La piéce qu’on m’a communiquée, c’est le restaurateur du défunt, l’atru , p/aidvé z. Pièces étiquetées. Pièces inventoriées, paraphées tk côtées , Le M ait.') PIE'CE. Terme de Relieur. Morceau de maroquin qu’on colle quelquefois fur le dos du livre pour mettre Je titre du livre. (Coller une piéce fur le dos d’un livre.) PIE'CE quarrée. [Vitrum quaàratums Terme de Vitrier. C’est un petit morceau de verre en quarté qui est entre deux bornes dans un paneau de verre. t PIE'CE quarrée , fe dit aulli d’un outil dont se servent les Menuisiers pour voir fi les bois de leurs assemblages fe joignent quarrément. f PIE'CE de rencontre. Les Tourneurs apellent ainsi un morceau de fer attaché au haut de la lunette d’une poupée, qui par fa rencontre avec la piéce ovale fait baisser ou hausser l’arbre , fur lequel on tourne des ouvrages de figures irrégulieres. PIE CE. Terme de Cordonnier. C’est un morceau de cuir large qui couvre le cou du pied , & qu’on coud au bout de l’empeigne du soulier. (Métré une piéce de maroquin de levant à une paire de souliers.) t * Faire piéce à quelqu’un. [ AUquem deludere do. lis .3 C’est en user mal envers quelqu’un. f * Cette fille ijl une grosse pièce de chair. [Ossa g? f ornes.) C’est une fille grosse, grasse, & qui n’elt qu’une masse de chair. f * Emporter la piéce. [Esse mordacem. ] C’est railler cruellement. F * Mettre quelcun en pièces , c’est le déchirer par des médisances. (11 met tout le monde en pieces.) t * H a eu fa maison pour une piéce de pain. Pro ni. bilo feré aàan acqusivit. J C’est-à-dire , pour peu de chose. f * On a donné la piéce au Clerc du Reporteur. C’est- à-dire, on a graissé la pâte, on a corrompu par argent le Clerc du Raporteur. Métré la piéce auprès du trou, comme les Chaudronniers. [Rem extra rem coliocaref\ On apelle un aloyau piéce de huit heures , parce qu’il est bon a déjeuner. On dit d’une personne rusée, C ejì une bonne piéce. Quand on veut étriller quelqu’un , on dit qu’on l’acommodera de toutes pièces. [Omnibus modis exornatum dure ali. quem .J î Tailler en pièces , c’est défaire entièrement. (Cette armée fut presque taillée en pièces. Les meilleurs regimens ont été taillez en pièces ) f PJE'CES honorables: On apelle ainsi en termes de "Blason, certaines pièces de l’écu , comme le chef, la bande , le pal, &c. PiED BOT. [fieaurus .] Qui est boiteux. Pif.D , Volez Pie. PÍ h/D ROI 1 , J- m. Terme d’ ArchiteHure. C’est un pillier quarté qui est partie engagé dans un mur, Ferrant, Vitruve. PIEDROIT de porte, f m. C’est le jambage de la porte, Felìhien. 11 fe dit aulli des fenêtres , & des cheminées. Volez plus haut. PIE'GE., ,/• m. Pedicœ , laqueus.') Terme de Chas. seur. C’elt une sorte de machine de fer ou de bois pour atraper des renards, des bleraux & des^loups. (Tendre un piège. Prendre un blerau au piège, à tirer un Renard au piège. Volez les Ruses innocentes.) PIE Un bon renard n’est pas pris deux fois clans le ineme piège. ^ Q La concupiscence tend des pièges aux justes. Pajc, l. 4. 11 étoit tombé dans le piège qu’il avoir drisse à ibn ennnemi, Vaug. Quint. liv. ìo ch.%. UneNimphe redoutable y tend un piège inévitable. Vdt.poèJ. Semer des piégés sor la voye des envoyez , Patru , plaid. ì. Les femmes qui ont de la beauté (ont éternellement afliégées des gens qui leur tendent des pièges, Fléchier. AuJJì-tòt ton esprit prompt a Je révolter. Rechape rompt le piège ou l'on veut l’arrêter. Despr.) [f Le P. B. doute que dresser des pièges, soit une phrase Françoise, & aprouve drej/er des embûches : mais il sufit que le Port-Royal ait dit drejfer des piégés pour le condamner. PIE-GRIE'CHE. Volez pie. PIE ME'RE. Volez vie. PIERRE, J- m - [Petrus.) Nom d’homme qui marque quelque forte de fermeté , & qui a été donné au Prince des Apôtres. (Saint Pierre a été le prémier Pape & Lìnus le fécond.) PIERRE, J'f- [/.«pso] C’est un corps mixte inanimé, dur , qui ne lé liquifie point, & que fans beaucoup d’altération la nature a formé d’une terre simple. (Une grosse Pierre. Pierre dure, tendre, bonne. Pierre a bâtir. Pierre de taille. Pierre vive. Pierre brute , &c. Pierre à éguiscr.) f Vous jetez des pieìTes dans mon jardin. [ Verba tua me submonent aliqiad. ) Proverbe pour dire , vous m’ataquez , vous m’aculèz indirectement. f Faire d’une pierre deux coups. [Una eàdemque operâ duo prajìare.) Proverbe pour dire , faire deux a faires ou deux choies dans un même teins, & par le même moyen. * C’ejì une pierre de scandale. [Ojsendiculum , petra scandait .] C’eft une chose qui scandalise , ou donne sujet de scandale. (C’est une pierre d’achopement & de scandale pour la maison d’Jstaél, Port-Royal, ljuie,cb.%.) PIERRE de touche, J', s. {Coticula, lapis lydius.’] Sorte de pierre dont les orfèvres se servent pour voir si l’or est bon. (Pierre de touche fort bonne.) f * L’importun est justement la pierre de touche de l’esprit. [[Experimentum , tentatio .) Molière , précieuse. C’est-à-dire , que l’importun est la marque qui fait con- noître la vivacité de l’efprit. Le jeu est la pierre de touche qui fait connoître l’hu- meur & l’avidiié d’une personne. F La journée de Malplaquet a été la pierre de touche, qui a fait connoître le peu de mérite de certains Céneiaux qu’on regardoit auparavant comme riesTu- rennes , & la vertu de quelques autres, qui en avoient du moins toute la modestie & la valeur, s’ils n’étoient aussi éclairez. PIERRE ponce, s. f. [Pumex.J Sorte de pierre sort légére R poreuse qui sort des Volcans. On s’en sert pour poncer, (Piler, broyer de la pierre ponce.) PIERRE ele tu. C’est une pierre tendre & grossière. PIERRE de papier. Morceau de marbre rond ou quarté, au dessus d tique! il y a un bouton de marbre pour le prendre, & dont on se sert pour métré furie papier. (Acheter une pierre à papier.) * PIERRE angulaire. Lapis angularis. Ce mot au propre lignifie une pierre qui soutient le coin d’un bâtiment. 11 fe dit au figuré de ,]elus-Christ. Qls reje. tent cette pierre angulaire , cette pierre choisie que les Juifs ont rejetée, Saci, S. Profiler, ch. 57. Je m’en vas métré pour fondement de Sion une pierre angulaire, Port-Royal, Isaie 27. ) PIERRE précieuse , s. s [ Gemma, lapillus.) C'cst une petite pierre qui est rare & dure, & qui mérite le nom de belle , paree qu’elle est ordinairement d’une couleur diafane & transparente. (Les pierres précieuses les plus belles viennent des Indes Orientales. Le soleil , l’eau & la terre étant dans une certaine disposition toute particulière forment les pierres précieuses qui sont de diferente couleur, à cause du mélangé de la matière & de la diférence du te ms où les exhalaisons peignent cette matière cuite par la chaleur & arrosée par l’eau. Le Diamant, le Rubis, le Saphir, l’Eme- raude, l’Opale sont les pierres précieuses les plus dures. L’Agate , laSardoine, l’Onix, l’Amétiste sont des pier. res précieuses. ) Celles-là & les autres se trouveront chacune dans leur rang. 0 PIER- PIE sf pierre d’Aimant. Qiielqxîe envie que je puisse avoir de parler de l’aimant, & de ses vertus , je n’ai garde de m’engager bien avant dans cette matière ; elle eít trop étendue : mais je ne puis nTempêcher d’en dire quelque chose. On compte plusieurs éfets de l’aimant, & Jví. Defcartes en a remarqué jusques à trente-quatre. Les Latins ont apellé cette espèce de pierre Magnes , soit à cause de la grandeur de ses éfets, soit parce qu’un berger apellé Magnes , conduisant son troupeau, sen- toit que ses souliers s’atachoient à la terre , fa houléte ferrée par le bout, étant entrée dans la terre , il avoit de ia peine à la retirer : Magnes apçellatus ejt ab in- ventore , dit Pline liv. ;6. ch. 16. invenijfe autem cla- vh crepidarum baculi cujpide karentìbus cum armen- ta pajeeret : Mais n’est-ce point là un de ces contes dont Pline a rempli font histoire. Isidore l’a copié dans ses Origines : mais le fait n’en est pas moins douteux. Le sentiment de Lucrèce paroît plus vrai-semblable ; il croit que l’aimant a été apellé Magnes , de la Magne- fie où l’on en trouve beaucoup. Quem magneta vacant , patrio de nomme Graii, Magnetum quoniam yatriis in finibus ortus. Le même Pline dit qu'il y a cinq sortes d’aimant, qui se distinguent du nom du lieu où on les trouve ; il y a l’aimant à deux sexes,.l’un est mâle, l’autre est femelle, ils diférent par la couleur, les uns étant plus noirs que les autres. Bootrse Lapidib. lib. 2. cay. 248. divise les aimans en trois espèces, les uns atirent le fer, les autres se tournent contre le pôle fans atirer le fer, & s’atirent réciproquement l’un l’autre : mais il avoue ifb’il n’en a jamais vû de cette qualité; ce qui fait croire qu’il n’étoit pas fort instruit de la nature & de la qualité des aimans; puisque selon M. Defcartes, lorsque deux aimans font tournez l’un contre l’autre, ils s’uprocbent jusques à ce qu’ils se touchent, & s’ils font retenus dans une situation contraire à celle-là, ils fe fuient, & s’eloignent l’un de l’autre. Tous nos Philosophes modernes ont traité cette matière, on peut les voir. PIERRE , f f. [ [Calculas .] Mal qui s’engendre dans les reins, ou dans la vessie. Epaissi (Ternent d’une humeur terrestre & visqueuse qui se pétrifie par l’activi- té de la chaleur. ( Avoir la pierre. Mourir de la pierre. Jeter de petites pierres. La goûte aux doigts nouez , la pierre, la gravelle L’ignorant Médecin encor plus fâcheux qu’elle Chez l’indigne mortel courent tous s’assembler. Despr. ) II y a des pierres qui croissent dans le corps de certains animaux ausquelles on atribuë plusieurs vertus médecina!e§. * La yitrre infernale. [Layis Caujlicus. J Terme de Chimie. C’est une dissolution faite par Peau forte, qu’on fait cuire en consistance de pierre. PIERRE Philosophale , 011 simplement la yìerre. {Ars auri conjiandi. J C’est un secret de faire de l’or par art que les Chimistes cherchent depuis long-temx. On nomme certaines personnes qu’on dit avoir trouvé cette pierre philosophale ; mais l’on a peine à le croire, & l’on se persuade au contraire qu’on ne trouvera jamais ce secret. 11 faut croire cependant ce que l’on voit. H On dit d’un homme qui fait plus de dépense que son revenu ne paroit le permettre, qu’il faut qu’il ait trouvé la pierre philosophale. On dit d’une chose fort dificile à trouver, c’est la pierre philosophale ; & d’une chose qui n’est pas fort dificile , ce n’est pas la pierre philosophale. $ On dit d’un homme dont l’esprit est fort borné , qu’il n’a pas trouvé, qu’il ne trouvera pas la pierre philosophale. PIERRE à feu , pierre à fusil. {Pyrites."} C’est une sorte de pierre avec quoi on allume le feu. PIERRE d’atente. {Prominens è yariete lapis.} Terme de Maçon. Votez Atente. PIERRE de Chaux. Volez Chaux. PIERRE. [ Calculas yireus. ] Ce mot se dit de certains fruits, dont le cœur est dur & rempli de gravier. Cet amas de gravier sc nomme carrière. II y a diverses autres fortes de pierres. Comme la pierre de Boulogne. {Lapis Bononiensis. J Qu’on réduit en Phosphore par fa calcination. La pterre de cerf. {Lapis cervinus.} Qui s’engendre aux coins des yeux du «ers, à ce qu’on croit, & qui a les mêmes propriétés EIE 119 que le bezoar. Pierre à champignon. {Lapis fungìfer.} Qui fe trouve à Naples, & qui produit des champi- gnons quand elle est arrosée avec de seau tiède. Pierre dycrevijje. {Ocu/i cancrini.} Parce qu’elle naît dans la tete des écrevisses. Pierre d 'épongé, {dpongiofus.} Qui est bonne pour les vers & pour les goùetres. Pierre de limajji. {Limaceus.} Qui se trouve dans la tête de quelques limasses. Pierre naxienne. {Lapis naxius.J Dont les Couteliers se servent. Pierre Phrygienne, f Lapis Phrygius.} Qui vient de Capadoce. $ PIERRE Arménienne. Petite pierre d’un bleu verdâtre , dont on fait la cendre verte, ou verd de terre dont sc servent les peintres. í PIERRE Ajfienne. {Afius Lapis. J C’est une pierre spongieuse legere, parsemée de veines jaunes. Elle se trouve dans les mines en Italie. La poudre qu’on trouve dessus qui a un goût en peu salé est detersive, astringente, pénétrante , propre à consumer & à résoudre ; elle netoie les vieux ulcérés. î PIERRE à verre. {Quocolos.} C’est une pierre qui ressemble à du marbre, qui sc convertit en verre par le moïen du feu. Elle naît principalement dans la Toscane. í PIERRE calaminaire. f Calaminaris lapis. 3 C’est une pierre médiocrement dure, dont il y a deuxespe- ces, une rougeâtre & l’autre grise. La premiere se trou- ve abondamment dans le Berry, <& l’autre en Allemagne. On se sert de la premiere dans ses onguens & les emplâtres- í PIERRE à*Aigle. {Astites.} C’est une pierre ordinairement ronde ou ovale de couleur grise ou obscure , renfermant une maniéré de noiau qui s’apelle Caliìmus. On trouve de quatre sortes de pierre d’aigle. La premiere est astringente & propre pour arrêter leS cours de ventre ; on lui attribue encore la vertu d’em. pêcher l’avortement. Les autres ne font d’aucun usage en médecine. í PIERRE de bœuf {Alcheron Lapis. 3 Elle se trouve dans la vessie du fiel de Bœuf. Elle est fudorifique, apéritive , propre pour résister au venin , pour arrêter les cours de ventre, pour l’Epilepsie. La dose est depuis six grains jufqu’à un scrupule. t PIERRE d’Arquebujade. [ Pyrites. 3 C’est une espèce de marcasite de cuivre ou une pierre dore, pesante; sa couleur est grise , parsemée de petites taches jaunes brillantes. On la trouve en Italie dans les mines de cuivre. On en tire le vitriol romain en la lavant plusieurs fois dans l’eau & faisant les filtrations, les évaporations & ses crystalrsations nécessaires , comme quand on fait le salpêtre. Elie est detersive, astringente, deflìcative , digestive, résolutive, apliquée extérieurement. T PIERRE d’Azur. {Lapis lazuli .3 C’est une pierre bleue opaque, pesante, de différentes grosseurs, parsemée de quelques pailletés d’or & de cuivre; elle nait en Perse & aux grandes Indes. Cette pierre préparée purge l’humeur mélancolique , fortifie le cœur. On í’employe dans la consectson d’Alkermes. f PIERRE d'Azur fausse. Pierre verdâtre qui sc trouve en France près de Toulon, en Allemagne & en plusieurs autres lieux de l’Europe. On l’employe à faire l’azur commun í PIERRE de Bezoar d'Orient. {Lapis Bezoar Orienta- lis. 3 Ce Bezoar nait en plusieurs endroits du ventre d’une Chèvre sauvage des Indes Orientales, laquelle on apelle Capricerva à cause qu’elle tient de la chevre & du cerf. Cette Pierre est de différentes grosseurs, elle est de couleur d’olive ou grise , elle est propre pour fortifier le cœur, pour exciter la sueur, pour résister à la malignité des humeurs. On s’en sert dans la peste, dans la petite verole & dans plusieurs autres maladies. La dose est depuis quatre grains juíqu’à seize. f- PIERRE de Bezoar occidentale. {Lapis Bezoar occidentalisé} Ce Bezoar nous est apporté du Peton. La pierre est plus grosse que celle d’Orient. II nait aussi d’une chèvre sauvage. II n’est pas 11 estimé que celui d’Orient, néanmoins il a les mêmes vertus. £ PIERRE de porc. { Lapis porcini (ive Bezoar porci.} C’est une pierre à peu près grosse comme une aveline de figures différentes, de couleur ordinairement blanche tirant fur le verdâtre, mais quelquefois d’une autre couleur. Sa surface est assez polie. On trouve cette pierre dans le fiel de quelques sangliers des indes, à Malaca & cn plulieurs autres endroits. Les Indiens rappellent 120 PIE pellent en leur Iang 3 gc majiica de folio ; elle est sort rare, & fort estimée , principalement en Hollande. Cette pierre est recherchée pur !es Indiens avec beaucoup de soin. lis s’en servent comme d’un grand préservatif contre les venins. Ils l'estiment très propre pour guérir une maladie qu’ils appellent tmrdoxi , laquelle vient d’une bile irritée & qui cause à ceux qui en sont attaquez des accidens auíli fâcheux que ceux de la peste. Elle est auísi emploïee pour la petite verole > pour les fièvres malignes , pour les maladies hystériques, pour les rétentions des mois. Elle exige un habile médecin pour rappliquer & souvent en mélange tantôt avecl’o- pium tantôt avec les acides , suivant les circonstances qui lé rencontrent. Ce remede est pernicieux à la fin des maladies, lorsque le mal surpasse ses forces. â: PIERRE dejhsge ou bezoar. [Lapis bezoar Jìmiœ. ] C.’est une pierre grosse comme une Noisette > ronde ou ovale, souvent noirâtre. On la tire d’une espèce de singe qui se trouve particulièrement en l’ísle de stla- cassar en fllie. Cette pierre est très rare & très chere. On l'estime avec raison beaucoup au dessus des autres bezoars pour combattre la peste & les maladies contagieuses. Qniqu’elle soit plus fudoritique que les autres bezoars, néanmoins elle est cordiale & fortifie souverainement. II n’y a rien au dessus pour faciliter ses ucou- chemens difficiles causez par foi blesse & par épuisement £ PIERRE de Brochet. [Lucii Lapis.] Ce sont deS osselets ou petites pierres qui se trouvent dans la tête du brochet. Elle est propre pour la pierre des reins, de la vellie , pour exciter l’urine, pour l’épilepíìe , puur hâter l’acouchement, pour purifier le sang. La dose est depuis un demi scrupule jufiju’à une dragme. t PIERRE de Calcédoine. [Chakedonius Lapis 'J 11 y en a de deux especes, une Orientale & l’autre Européenne ; l’Orientale est plus dure. Sa qualité médecinale consiste à être alkaline. â : i : PIERRE de chenal. [Hippolithus Lapis.] C’est une pierre ordinairement jaune qui 1e trouve dans la velì- cule du fiel ou dans les intestins ou dans la vessie du cheval. Elie est fort en usage parmi les Arabes du désert. Elle est íbdorifique, propre pour résister au venin, pour tuer les vers, pour arrêter le cours de ventre. Les mêmes Arabes en font usage comme un specifique pour la folie. t PIERRE de caymane. [Lapis caymanes.] On trouve cette pierre dans l'cstomac des grands lézards ou crocodiles des Indes. Elle est estimée propre pour la fievre quarte appliquée fut les temples pendant l'accès. ^ PIERRE de crapaud [ Bufonites.] II y en a de deux espèces,une ronde, l’autre longue ; l’uue & l’autre n’ont qu’une qualité alkaline. f PIERRE de la croix. [Lapis cruciftr.] Elle a la figure de la corne d’un bœuf, inégale, tendre , sc coupant aisément. Cette pierre naît à Compostelle en Espagne auprès de l’Eglise de St. Jaques. Elle arrête le sang , guérit les fièvres & augmente le lait aux nourrices. ^ PIERRE de la tète de merlan. [Lapis merlang/us. ] Cette pierre qui se trouve dans la tête du Merlan contient un peu de sel qui la rend aperitive. H PIERRE dCEmery. [Smyrts Lapis. ] C’est une pierre fort dure dont il y a trois especes. La première & la plus estimée est apellée Emery d’Espagne , parce qu’el- le se trouve dans îes mines d’or & tl’argent du Perou. La seconde naît dans les mines de cuivre. Elle est unie & rouge fans or & fans argent. La troisième est l’e- mery commun , sa couleur est noirâtre. On la trouve dans les mines de fer. Toutes ces pierres sont era- ploiées pour couper & nettoier les pierres précieuses , les cailloux, le verre , se marbre. Elles ne font d’.'ìucun usage en médecine. p PIERRE de Toitnerre. [Lapis Brontius . ] Elle se trouve en Allemagne. Elle est de couleur jaunâtre, ou verdâtre, ou brune. On lui attribué la vertu de relilser au mauvais air étant portée dans la poche, mais cette vertu est imaginaire. : f PIERRE de foudre. [ Lapis Ceraunius. J Sa figure est disterente , de couleur blanche luisante , ou brune, ou noire, ou rouge, ou verte; elle se trouve en Espagne & en Allemagne. On lui attribue la vertu de guérir ou d’einpêeher les hernies des Enfans, si on l’apphque dessus. î PIERRE de Héliotrope. [Heliotropius gemma. J C’est une etpece de pierre précieuse, de couleur verte traversée de points ou de veines rouges.comme du sang. Este est alkaline. PIE f PIERRE d’Hirondelle. [Chelidonius ou Crelidcnia.] On trouve cette pierre dans l’estomac de quelques jeunes Hirondelles. Elle est de la grosseur dune Lentille. On s’en sert pour mettre dans les yeux , afin d’en faire sortir quelque ordure qui y est entrée. £ PIERRE de Lamantin. [Lapis vacca marr/itt.] On trouve dans la tête de la vache marine ou Lamantin quatre pierres qui ressemblent à des os. Ces pierres font estimées fort vomitives. f PIERRE de la matrice. [Hyftera petraf] Cette pierre est grosse comme une noix, dure , noire, aiant la figure de la partie naturelle d’une femme. On la trouve dans la terre en plusieurs endroits de l’Italie, &del’AÍ- lemagne. Pendue à la cuisse elle abat les vapeurs & excite les ordinaires. f PIERRE de lìnx. [Lapis lìncis , sive Daftylus Idaus .] Cette pierre est employée pour briser la pierre des reins & pour la chasser pas les urines étant prise par la bouche. Elle se trouve en Candie & dans plusieurs endroits de l’Europe. ■f PIERRE demalaca. [Lapis porc/Jpicati.] On trouve cette pierre dans la tête , dans l’estomac & dans la vese lieuse du fiel d’un animal qui ressemble à un gros hérisson ou un porc Epi des Indes. Cette pierre ressemble beaucoup au bezoar de porc, mais elle est plus grosse; ses vertus sont beaucoup au dessus pour les maladies contagieuses. T PIERRE de muge. [Lapis mugis.] On trouve une pierre dans la tête du muge qui est aperitive eè propre pour atténuer ia pierre des reins ou de la vessie. La dose en est depuis un demi scrupule jusqu’à deux scîupules. f PIERRE d’onix. C’est une pierre précieuse blanche , nette, polie, opaque, mais resplendissante, extérieurement ressemblante à un ongle humain. Elle nait aux Indes, en Arabie, en Amérique, en Europe. On l’emploie pour les ulcérés des yeux'. Elle est astringente prise intérieurement. £ PIERRE de Perigord. [Lapis petracorius.] C’est une espèce de marcasite ou une pierre dure , pelante, compacte , noire comme du charbon. Elle est detersive & astringente. f PIERRE de la petite verole. [Lapis variola.] C’est une pierre grosse comme une fève de couleur verdâtre, parsemée de taches un peu relevées, blanchâtres, livides & représentant parfaitement bien des grains de pe- tite-verole murs & aplatis. Elle est rare & curieuse ; on l’aporte des Indes. Elle fait sortir la petite verole , & empêche qu’on ne soit marqué. £ PIERRE de sang. [LapisJanguinalis.] C’est une espèce de Jalpe. On nous l’appotte de la nouvelle Espagne. Elle arrête le sang, pourvu qu’on la plonge dans seau froide & qu’on rapplique fur la partie. ê PIERRE de Sajíenage. [Lapis Sajienagenjìs.] Cette Pierre est de la grosseur d’une Lentille ; elle a la même vertu que la Pierre d’Hirondelle. On la trouve sor les montagnes de balcenage à trois lieues de la ville de Grenoble en J)auphipé. ï PIERRE ijuì Je fend. [Lapis Schijhis.] Cette Pierre est friable & facile à couper comme Je Talc. La meilleure est la Safranée qu’on trouve en Espagne , en Bohême & en plusieurs autres lieux. Elle est propre pour arrêter les Hémorragies, les cours de ventre, les Go- norrhées ; on s’en sert auísi dans les Collyres pour sécher & rieterger ses ulcérés des yeux. í PIERRE dejerpeut. [LapisJerpentis.') Cette pierre est une composition de plusieurs drogues Alexitaires que ses Indiens préparent & qu’ils forment en maniéré de Pastille connue on les voir. II y en a qui prétendent que cette pierre se trouve dans la tête d’une espèce de serpent ; mais les recherches des modernes nous ont désabusé de cette erreur. Qiioiqu il en soit, cette pierre est dans une grande estime en plusieurs pais. Elle est propre pour les morsures des bêtes venimeuses, on Rapplique sor la playe & l’on prétend qu elle se charge de tout le venin qui pourroit y être entré. On s’en sert auílì intérieurement en infusion. ï PIERRE de ferpens, [Lapis Anguium.] Cette pierre se forme dans la Bohême; elle est grosse comme le petit doigt d un enfant, ronde, percée naturellement dans le milieu , de couleur jaunâtre, obscure, marbrée extérieurement de différentes couleurs comme de l’iris & marquée de taches qui représentent des petits yeux ordinairement bleus. Les habitans du pais s’i- maginent qu elle a été formée par un assemblage de plusieurs serpens qui ont laissé chacun un œil. Ils l’efti- PIE l’estiment propre pour résister au venin, pour préserver de la peste & des enchantemens, pourvu qu’on la porte fur foi. H p, ERRE des rompus. [Lapis qjstsragus.} C’est une pierre labloneufe, creuse , de couleur cendrée ou blanchâtre aiant la figure d’un os. Elie adhère à la langue comme fait la pierre ponce. On la trouve en Allemagne. Elle est propre pour aglutiner & remettre en peu de tems les os rompus étant appliquée fur les fractures & prise intérieurement. La dose est depuis demi scrupule jusqu’à deux scrupules. t PIERRE de Tmcbe. [Tinca Lapis.} On trouve cette pierie dans la tête de la fendre. Elle est aperitive & propre pour la gravelle & pour la pierre. î PIERRE de touche. [Lapis Bijams.} Cette pierre est noire, dure, résistant à la Lune , pesante, unie, douce au toucher, fe polissant parfaitement, de couleur de fer. Elle nait en Ethiopie & en differens lieux d’Al- lemagne elle eitemploiée pour examiner l’or ctl'argent. £ PIERRE divine ou Jade. [Lapis divinus.} La couleur de pierre approche de celle d’Olive. On en volt de trois verds differens. La plus belle vient des Indes Orientales. On lui attribue des grandes vertus aux- quelles il ne faut point adjouter beaucoup de foi. ^ PIERRE divine ou Nefretique. [Lapis Nepbriticm.} Cette pierre est onctueuse comme le talc. Elle nait dans la nouvelle Espagne ; on en trouve aussi en Boheme. Elle est estimée propre pour la colique néphrétique. La dose est depuis quatre jusqu’à quinze grains. £ PIERRE àâ. [Lapis Stellaris.} Plusieurs mettent cette pierie entre les pierres précieuses, il y en a de quatre espèces. On les trouve dans le Tirol & en plusieurs autres lieux. Elles font propres contre la peste, & contre les autres maladies contagieuses, pour chasser & tuer les vers, pour purifier le sang, pour empêcher l’Apoplexie. La dose est depuis 14. grains jusqu’à un scrupule. î PIERRE sanguine. [Lapis stanguineus , sive hama . tites.} La meilleure & la plus estimée est celle qui vient tf Espagne. Elle est astringente & delsicative ; elle arrête le fa n A On s’en sert intérieurement & extérieurement. La dose est depuis quinze grains jusqu’à une dragme. H PIERRE Hystérique. [ Lapis Hystericuí.} C’est une pierre longue & ronde, pesante, noire, polie. Elle nait en la nouvelle Espagne. On prétend qu’étant apli- quée sur le nombril d’une femme, elle s’y attache & abat les vapeurs. f PIERRE Judaïque. [ Lapis Juddicm.} On nous l’aporte de la Judée. Elle a la figure & la grosseur d’une olive. Elle est propre pour arrêter les cours de ventre, pour exciter les urines. La dose est depuis demi scrupule jusqu’a demi dragme. ê PIERRE mire. [Ainpehtis Lapis.} Cette pierre qui est noire comme du jays croit dans une carrière proche Alençon. Elle est propre pour tuer les vers apliquée fur 1e ventre. Elle teint ses cheveux en noir. Elle est fort bitumineuse. f PIERRE Samiene. [ Lapis Samim.} C’est une pierre blanche qu’011 retire des mines del’Isle deSamos. Elle sert aux Orfèvres pour polir l’or. Elle est astringente & rafraîchissante. On s’en sert dans les collyres pour les yeux. J: PIERRE serpentine. [ Lapis serpentinus , sive Ophi- tes. } Cette pierre ressemble assès au marbre de couleurs diverlifiées & est parsemée de taches. Toute la qualité de cette pierre ne consiste que dans un peu de sel apéritif qu’elle contient. On en fait aussi des vases pour boire. î PIERRE séculaire ou miroir diane. [ Lapis jpecu. iaris,Jiue glacies maria.} Cette pierre est luisante comme le cristal. On en trouve beaucoup dans les carrières de plâtre aux environs de Paris. Elle est propre pour arrêter le sang, ct pour les hernies apliquée extérieurement. PIERREE, f f. [ Canaliculus lapidem.} Terme de Jardinier. C’eft un petit conduit qu’on fait fous terre, avec du motion sec par en bas, & couvert de mortier par en haut, pour faire écouler des eaux souterraines, qui rendroient la terre d’un jardin trop humide ct trop froide. [Faire une pierrée, Quint. Jardl) PIERRERIES, f.s. [Lapilli, gemma.} Pierres précieuses. Roi a de belles pierreries. J’ai vû toutes les pse; icries de la couronne. Le joug du Chariot étoit tout semé de pierreries, Vaug. Qiant. I. c. ;.) Le Bouhours a fait une ample remarque fur le inot pierreries : mais il faut avouer qu’il a poussé bien loin la critique ; il n’est point^d’Auteur, à qui il n’ait fait FIE 121 le procès. M. de Vaugelas a souvent essuie sa censure. II a mal parlé, dit-il, parce qu’il a dit : Ce pais étoit estime' le plus riche de L Univers, non seulement en or : mais en perles U en pierreries ; car on entend par ce ternie tout ce qui s'apt-Ue joyaux , U A-i perles yfont renfermées. Voilà en vérité une grande faute, c’ejl dire deux fois ia même chose, il faloit métré au pluriel, m perles fst en pierreries prétieufes. Je conviens que les perles peuvent être fous-entenduës dans le terme générique de pierreries; mais on peut bien fans faillir séparer les perles des pierreries, qui font d’une efpéce toute diférente. Pierreries n’a point de singulier. t PIERRETTE , f. f. [Saupus.} Petite pierre. PIERREUX , pierreuse , adj. [ Lapidosus, saxosus. } Plein de pierres. (Lieux pierreux, Port Royal, Nouveau 7'ejiament. Cultiver un champ pierreux, Ablanc. Luc. 11s sc couchoient par-ci par-là dans des lieux pierreux, Vaug. Quint. Curce. I, 17. c. ir.) * Chemin pierreux. [Saxetum.} 11 signifie au figuré plein de peine & de travail. [Chemin pierreux ejl une rêvérte On Jçait ici un chemin de velours. Poët. anon.) * PIERREUX, pierreuse, adj. [Lapidosa poma.} Il se dit de certaines poires ct des coins qui ont des espèces de petites pierres vers 1e cœur. (Ainsi on dit, le bon Chrétien d’hiver est pierreux, quand il est petit & contrefait. L’ainadore est pierreuse, Quint. fard. 1. 1 .) PIERRIER. ,/• m. [Tormentum minus lapidìhus inji- ciendis idoneum.} Sorte de petite piéce d’artillerie de bronze, ou de fer qui sert dans les vaisseaux & dans les petites places où l’on ne peut Te servir de grosse artillerie. L zpierrier est composé d’une volée, d’une culasse, de tourillons, d’un renfort, ou un tuot des mêmes choses qu’un autre canon. (Tirer un pierrier.) L’Académie dit & écrit aussi piérrier. PIERRIE'RE , f f. Carrière d’où l’on tire la pierre. Voïez Carrière. PIERROT, f m. Nom de petit garçon qui veut dire petit Pierre. (Pierrot est joli.) C’étoit aussi celui qui faisoit le Païsan à la Comédie Italienne, & dont il est parlé dans le Placet raisonné à Monseigneur. [Pourriez vous bien grand Prince être avare d’un mot ? Un mot coute t-il tant à dire? Et ce mot, quel eji-il ? lisez, vous j’çavez lire 1 Qulon donne une part à Pierrot. Rec. de Bouh.) PIERRURE , f f. [Mola insigniter grandinosa.} Terme de Chajse. 11 sc dit des petites pierres qui font fur la meule de la tête du Cerf. PIETE', s.s [Pietas.} Culte de Dieu. Dévotion. (Une haute, une grande, une particulière pieté Pieté envers Dieu. Faire des œuvres de pieté. Etre dans la haute pieté. C’est un homme de pieté. II travaille à témoigner à Dieu fa reconnoissance par les actions d’une pieté solide, Arnaud , fréquente communion , prés. Vous dont la piété solide Loin d?étaler aux yeux de fastueux déhors Et d’avoir d’indiscrets transports Est pour juger d!autrui toûjours lente 0? timide. Desh.) f PIE'TER , v. n. [Ad metamststerepedem.} Terme de joueur de boule, de quilles, ctc. 11 signifie mètre le pied à la distance du but qui a été marqué. f PIETINER, v. n. Terrain percutere, tripudia - re. j Fraper des pieds la terre, ou autre chose. (11 ne fait que piétiner.) PIETON, /• w. [Pedites.} Ce mot a vieilli , en fa place on dit fantassin. -J PIE'TON , piétonne, adj. [Pedibus pernix, pedibm celer.} U signifie , celui ou celle qui marche bien à pied. (11 est bon piéton. Les femmes font mauvaises piétonnes, c’est-à-dire, elles ont peine à marcher long- tems à pied.) Ces tnots font du peuple. t PIETRE, «ch-, [Sordidus, fmìus.} Chétif. En mauvais état. En méchant équipage (II est bien piètre.) Danet dit que ce mot signifie fané & fans éclat. [Flaccidus.} -f PIETREMENT, adv. [ Sordidê , sade. J Chetîye- ment. En mauvais état. (11 est vêtu piètrement.) Ces mots font bas. _ f PIE TRERIE , st f. [Sordida 0P flaccida merceifj Chose chetive. Chose qui ne vaut rien. t,C’est de la pietrene. III. Q. PlEU, 122 PIG PÍELT, s m. f Palm , vellus. ] C 5 est uns píéce de bois qui est ordinairement; groílè comme la cuisse & qu’on éguise par le bout, ou par les deux bouts pour taire des fraises & des paliílades. (Ficher un pieu en terre.) j (f PIEU. Perion dérive le mot de pieu , de Peda- mentum , un apui ; ainsi les latins disent : impedarare vitem, pedamenîo fukire. PIEUSEMENT , adv. [Piè-2 Avec pieté. D’une ma- niére dévote. (Vivre pieusement. Et l'on voìt des Docteurs qui vont pieusement De toute pété saper 1e fondement. Deípr.) ' t * Je crois pieusement, [Facilè credo.J C’est-à-dire, je croi sans examiner au fond si la choie est ainsi qu’on le dit, je le croi fur la bonne foi des gens, & fans me vouloir donner la peine de pénétrer davantage pour m’éclaircir de la vérité, í PiEUMART , s m. [Picus M art d J Voïez Pi- verd, oiseau. PIEUX, / »r- [ Paxilli. j Terme de Chasse. Ce font les bâtons dont on frape & tué les bêtes noires quand elles font dans le parc, Salnove. PIEU X fourchus. [Pâli, Paxilli.2 Terme dr Chasse. Ce font les bâtons dont on se sert pour tendre les toiles. PIEUX , pieuse, adj. [Pius.2 Qui a de la pieté. (C’est un homme fort pieux. (La Reine est une Princesse fort pieuse. De la Religion c'ejì ainjì qu'ils se jouent Jls ont un air pieux répandu fur le front Que leurs actions désavouent. Desh.) t PIFRE, s m. [ObeJus.J Goulu. Gourmand. Goinfre. (Le gros pifre. Ah, le piste ! ) PIFRE est ausii un gros serpent à deux têtes. Et les bateurs d’or donnent le même nom à un gros marteau qui leur sert à batte l’or. f Se pister , v. r. [Ingurgitarese.] Manger excessivement. Manger démesurément. C’est un goinfre qui fe pifre aussi tôt qu’il est à table. (L’Académie croie qu’il faut dire s’empifrer.) PIGEON, s ;«■ [Columbus , coìumba. ] Prononcez. pijon. Oiseau domestique qui est fort connu, & qui «onnoit toutes fortes d’oifeaux de proye. Lorsqu’ilcn est ataqué, il en est défendu par la cresserelle si elle s’y trouve. Le pigeon ne coche jamais fa femelle qu’il ne la baise à chaque fois. Les pigeons mâles se bâtent pour les femelles les uns contre les autres, & les pigeons femelles fe cochent les unes les autres au défaut des mâles. Le sang du pigeon est souverain pour les yeux, Bel. liv. 6. ch. a}. Voïez pigeonneau. (Le pigeon rocoule. Deux pigeons s'aimaient d’amour tendît L’un dieux s’ennuìant au logis Fut ajjìz fin pour entreprendre Un voiage en lointain palis. La Font.) GSjp La question, si on peut tirer fur les pigeons, est diversement traitée & décidée ; les uns disent que l’on ne peut point tirer sur les pigeons, si ce n'est lorsque l’on sqait parfaitement que celui à qui ils apar- tiennent, n’a pas droit d’avoir un pigeonnier; & fur ce principe ils disent que l’on peut obtenir monicoire pour découvrir ceux qui ont tiré. Le Cardinal Tolet tient au contraire, que l’on peut tirer sur les pigeons qui font dans les terres ensemencées. C’est aussi le sentiment de plusieurs autres Canonistes; mais on leur répond, que ce sentiment est consonne aux loix Romaines , qui permetent indiféremnient d’avoir des pigeons ; mais en France le droit des pigeons étant Seigneurial, cette raison cesse, ce droit étant une servitude sur le public. Voïez Gui Pape quœfi. riZ- Loti- vot, Votez Chasse & lloniface. Le Pere Vaniere, Jésuite a fait un Poème excellent sur les Pigeons qui est imprimé, & qu’on trouve dans son Pr.tánan rujiicum. PIGEON de voiiere. [Columbus cicuréj C’est un pigeon qui est nourri à la main, qui est élevé à la maison dans une volière fans aller chercher fa vie aux champs, qui ne fort de la volière que pour s’égayer. Les pigeons de volière font plus chers que les autres, pat ce qu’ils font meilleurs, & fur tout quand ils ne mangent que du chenevi & du millet. Les pigeons soit de volière , ou autres couvent leurs œufs dix-huit jours, Si le mâle Si la femelle tour à tour pendant, PIG la journée, mais la semelle toute la nuit. Ils font ordinairement des petits tous les mois. 11 s les nourrissent un mois durant, mais dés que leurs petits ont dix ou douze jours ils commencent à tirer le bec & à fe cocher. Leurs petits mangent seuls lorsqu’íls ont trois semaines, lis rocoulent à deux mois, & à six ou environ ils commencent à profiter & à se prépa- xer pour faire des petits. PIGEON cauchois. [Columbus major.2 On apelle ainsi une forte de pigeon plus gros & plus gras que les pigeons ordinaires. [Je yiois de te voir avec fa mine (tique En lapins de garenne ériger nos clapiers Et nos pigeons cauchois en superbes ramiers. Defpreaux, satire ;.) PIGEON fuyard. [Fugitivus columbus.2 C’est un pigeon qui s’éleve dans une fuie, & qui va chercher si» vie à la campagne. PIGEON ramier. [ Palumbis.2 C’est un pigeon sauvage qui sc perche fur les arbres. PIGEON pattu. [Plumipes columbus.2 C’est-à-dire, qui a des plumes aux pieds. Pigeon a Pipione verbo barbaro, selon Perion qui prétend qu’il faut écrire pijon & non pigeon , parce qu’en metatit un j au lieu du gil fe trouve pijon. $ PIGEON. On apelle clous à pigeon de grands doux à crochet, qu’on nomme autrement Bec.de can. ne. 11 s servent à attacher dans les colombiers les paniers où l’on met pondre & couver les pigeons. PIGEONNE , f f [ Columba. ] Prononcez pìjonne. C’est la femelle du pigeon. Luigi Ciero d’Adria dit que quand les pigeonnes se cochent ses unes les autres, elles ne jettent point de semence, & qu’elles ne laissent pas pourtant de faire des œufs dont elles font éclore des petits. Quando le Colombo ufanotru loronon gettano fento , [f non dinono partonfeono i’ova cui nas- cano polìi. Les Italiens étant sujets à caution, on n’eft pas obligé de croire le Ciero. * (Adieu pour jamais mignonne ! PériJJent tous les jaloux! Pleurez, Amour, avec nous Pleurez /’aimable pigeonne. Polisson.) PIGEONNEAU , f. m. [Columbinus pullus.2 Prononcez pijonneau. Jeune pigeon. Les pigeonneaux & les pigeons aiment les paons & haïssent l’aigle, l’épervier, & toute forte de corps morts. On conte que le pigeonneau étant grande chasse son pere & coche fa mere, Goccia fueri il padre, (tf ejfofi congiunge con la madrt. Voïez d’Adria, minera del monde. (Les pigeons & f». geonneaux ont la chair chaude & faine.) PIGEONNER. [Gypj'um macerarej Ternie de Maçon. Prononcez pijonné. Ç’est élever avec du plâtre pur au- dessus du comble de la maison des tuyaux d’une cheminée. (Pigeonner une cheminée.) PIGEONNIER , f. m. [Columbarium.2 Lieu où l’on tient des pigeons. 11 ne fe dit que des volières & des fuies; car on apelle colombier un bâtiment à pied qui a des boulins jufqu’au bas pour y tenir un grand nombre de pigeons. PIGME'E, J. m. [Pigmeus. j Mot qui vient du Grec & qui veut dire haut d’une coudée. Les pigmées au sentiment de quelques Auteurs, sont de certains peuples de Trace, grands d’une coudée ou deux, à qui les grues font la guerre, qui engendrent à cinq ans, & vieillissent à huit, & selon d’autres, les pigmées passent pour des peuples fabuleux. En vérité je connois bien des gens qui sont de cet avis. Voïez Aidrovandus, hijioire des Monjires, n. ig. (Les grues me prirent pour un pigmée avec lesquels vous fcaveZ qu’elles ont guerre de tout tems. Voïez Voiture, l. 9 . Quand le Pigmée altier redoublant ses efforts, De l'Hebre ou du Strimon vient d’occuper les bords. Defpr.) í3f Je fuis persuadé que les Pigmées n’ont jamais existé; la race n’en feroit pas perdue entièrement. Pline trop facile à croire les foles imaginations de* Poètes, a cru qu’il y avoitdes Piemées, qui n’avoient qu’un ou deux pieds de taille, & qui habitoient des montagnes agréables, où la douceur du climat y fai-- foit regner Un printems continuel : rnais les Grues- leur faisan t une cruelle guerre, ne leur permetoient pas de jouir u’un si beauféjour ; & pour tâcher de leí détruite ou du moins d’en diminuer le nombre, se» Pygmées s’assembîoient dans nn certain tems de l’an- nee, montez fur des chèvres & fur des béliers, & aloient fur le bord de la mer rompre les œufs des grues, & tuer les petits nouvellement éclos : mais cette exécution ne fe faifoit pas fans livrer un sanglant combat contre les grues qui défendoient leurs œufs & leurs petits. Aristote place les Pygmées proche les sources du Nil. Homère les met dans le fonds de l’Afrique fur les côtes de I’Ocean ; les Grecs les apelloient Nîí« ( . Et M. Bochart après avoir raporté les témoignages d’Homére, d’Aristote & de Nonnofus, reconnoit dans son Phaleg lib. 2. cap. 2;. qu’il n’y a jamais eu de véritables Pygmées, & que les Poètes qui fe plaisent de figurer les choses, ont fait des Géans & des Pygmées à leur phantaiiìe & selon leurs idées, mais qu’il se peut faire qu’il ait eu des hommes d’une taille au dessous ou au dessus de celle dont ils naissent ordinairement, nons en voyons encor aujourd’hui d’une figure extraordinaire par leur grandeur ou par leur petitesse. f * PIGME'E. [Punuìio.} Ce mot au figuré pour dire un petit homme, ou un petit garçon est masculin. (Elle a épousé un petit bout d’homme, mais c’est un pigmée.j t * PIGME'E. [Pumila.} Ce mot au figuré , pour dire une petite fille, ou petite femme est/ê/wiwï». (Sa maîtresse a le visage assez beau, mais c’est une petite pyg- mée, qui doit une partie de fa petite taille à ses souliers.) P 1 GNË- [Rameuta argentea ] On apelle signe en termes de monoïe les restes de l’arger.t qui a étéamal. gamé quand on a fait des laveures, Acad. Fr. £ PIGNES. On nomme ainfi dans le Perou & le Chi- ly, des masses d’argent poreuses & légéres, faires d’une pâte delfechée qu’on forme par le mélange du mercu. re & de la poudre d’argent tirée des minières. PIGNET, s m. [Picea.} On donne ce nom à un arbre qui ressemble au pin & au sapin. On le nomme aussi Peíle. f P1GNOCHER. Votez PINOCHER. rlGNOLAT,/ Ce sont des pignons confits & couverts de sucre. PIGNON, s »i. [Nucleus pinots.} Noyau de pomme de pin qui est doux, agréable, & d’une substance grasse & huileuse. PIGNON purgatif, [Nucleus americantis.} Ce sont des pignons qui viennent aux Indes dans de grosses pommes, dont les Indiens fe purgent. PIGNON. [Fajìigium, culrnen.} Ternie à’Architecture. C’est la partie qui va en triangle, & fur laquelle on pose l’extremité de la couverture. 0 T PIGNON , c’est le haut d’un mur mitoïen, ou d’un mur de fait qui termine en pointe, & où vient finir le comble. Le pignon de la sale du Légat de l’Hôtel-Dieu de Paris, qui est riche de sculpture, est un des plus grands, & a été bâti fous le Roi François I. par le Cardinal Antoine Ou p rat. Ce mot vient du Latin pàu, oupàacài». Pinacle ou sommet. Davilers. 0 ” PIGNON a redents. C’est à la tête d’un comble à deux égouts un pignon, dont les cotez sont retraits en maniéré de degrez, & qu’on faifoit anciennement pour monter fur le faîte du comble, lorsqu’il faloit en réparer la couverture , ce qui le pratique encore aujourd’hui dans les pais froids, où les combles sont fort pointus, & pìùtóc par ornement que par cet usage. Le mime. PIGNON entrapeté , se dit d’un bout de muraille à la tête d’un comble dont le profil n’est pas triangulaire, mais à cinq pans comme celui d’une mansarde, ou même à quatre comme un trapèze. Le même. On voit par là l’origine de cette façon de parler avoir pignon fur rué , c’est-à-dire, posséder une maison. í§ PIGNON de Roué, c’est une roue dentelée, ou une espèce de rouleau, qui est comme canelé- If y a des pignons que l’on nomme aussi lanternes , & alors ils font composez de plusieurs fuseaux qui acrochent ou sont acrochez par les dents des autres roués qu’on nomme hérissons , ou rouets. * f Avoir pignon fur rué. C’est avoir une maison à soi. PIGNON- [Denticula rotata.} Terme de Mécanique. C’est un arbre dans le gros duquel sont plusieurs ca- nelures où s’engrénent les dents d’une roué que le pignon fait tourner. Les pignons à fuseaux s’apellent des lanternes. PIGNON. Terme d 'Horloger. Arbre de roué, dans les canelures duquel s’engrénent les dents d’une autre roué. PIGNON de quatre. Terme á’Horloger. C’est un petit morceau du metail à quatre dents enchâssé dans la grande roué, qui sert à faire tourner la roué du quadran. PIGNON. [Stupa cannahina.} Terme de Cbanvrier & de Cordier. Tout ce qui fort du cœur du chanvre lorsqu’on f babille. $ PIGNON, ou Peignon. C’est encore une laine de médiocre qualité, qui tombe de la laine fine lorsqu’on la peigne avec les cardes & cardasses. PIGNONNE', pignonnéc. [ 'ficutumfajìigiatum.} Terme de Blason. C’est-à-dire, qui répresente un pignon de muraille. PIGNORATIF- [Pìgmrativum.} Terme de Droit. Engagement. Contrat pignoratif dì celui pur lequel on vend ou engage un héritage à faculté de rachat. M„ de sainte Beuv. t. 1. ìn 4. ì$ PIGNORATIF, adj. m. Le contrat pignoratif a été inventé pour couvrir l’ufure condamnée par les loix civiles & écléliastiquns, & l’on ne doute plus qu’il ne soit nul, lì ce n’est dáns quelques coutumes, comme celles d’Anjou, de Mans & de Poitou, où l’aque- reur d’un héritage prescrit par cinq ans de possellìon contre les créanciers pour rentes constituées depuis trente ans, en forte que pour éviter cette prescription, les créanciers, dit M. le Prêtre qui traite cette matière, aquiérent par vendition ta chose engagée, afin de la, tenir U poJjkLr pendant leur du. Mais par touc ailleurs c’est une maxime générale que le contrat pignoratif est réprouvé; car s’il étoit autorisé, ce scroit admette une nouvelle maniéré de tirer du profit sans les aliéner, ce qui est une usure manifeste; le contrat est pignoratif, lorsqu’il paroit par de fortes conjectures qu’un créancier a pris pour gage de la somme q u’i! prête, un certain fond, dont la propriété reste toujours au débiteur, & comme le gage ne produit jamais des intérêts, ni aucun autre profit, le contrat pignoratif passe pour usuraire, & par conséquent il ne peut sub- lister selon nos loix. PIGOU , s. m. f Candelabrnm acuminatam. ] Chandelier de fer à deux pointes dont on sc sert dans les Navires, l’une pour piquer en bas, l’autrepourpi- quer debout. Acad. Fr. PILASTRE,/»». [Parafiata.} Terme à'Architecture. C’est un pilier quarté qui a une base & un chapiteau. (Un pilastre ilòlé.) 0 " Les pilastres que les Latins apellent Lintes, or- tostrotos, îbnt des colonnes quarrees, ausqueiles on donne la même mesure, les mêmes chapiteaux, & les mêmes bases qu’aux autres colonnes suivant les ordres qu’on veut suivre, quand ils ne sont pas isolez, & qu’ils entrent dans îe mur ; on les lait d’ordinaire sortir du tiers ou du quart de leur largeur, selon lesdiférens ouvrages, car quelquefois ils ne sortent que de la sixième ou huitième partie, &c. V. Félibien principes de l’Architecture. PILE, s. s. [S^Ker.] Ce mot signifie en général une masse de plusieurs choses rangées les unes fur les autres, & il sc dit particulièrement du bois coupé, ou scié. Ce sont plusieurs ais rangez les uns fur les autres. Ce sont plusieurs ouches & plusieurs rondins entassez proprement les uns fur les autres dans un chantier, ou dans un bûcher. (Faire une pile d’ais. Mettre du bois en pile. On dit aussi une pile de livres, &c.) PILE. [Aversa nummi faciès .] Terme qui se dit en parlant de monoïe. C’est le côté dei’espéce où est la tête du Prince, d’où vient cette façon de parler, (Jo*ec à croix & pile.) PILE. [Çolumna JiruCtilis .] Terme à'Architecture. C’est un massif de maçonnerie. * PILE. [Typus mandarins"} Poinçon qui sert aux monoïeurs à marquer le revers ou la pile d’une pièce de monoïe. 0 ” Costar dans la lettre 27. de ses entretiens avec Voiture raporte un endroit de la morale de Craífet, où il dit que Saturne étant arrivé en Italie, y fit forger de la monoïe, & aporta cette belle invention aux hommes, qui en reconnoissance, & pour en conserver la mémoire, gravèrent dessus un vaisseau, & c’est ce qui a donné lieu à apeller pile une des faces des espèces. Ce terme pile signifioit autrefois navire , d’où l’on a fait celui de Pilote. PILE. En terme de Blason se dit d’une pointe ren. versée, ou d’un pal éguifé qui s’étrecit depuis lechef & va se terminer en pointe vers le bas de l’éeu. [Palus in acmnen definens.} * On dit proverbialement qu’un homme n’a ni croix ni pile. [/» nutio nunun» ejt.} Pour dire qu’ii est gueux. fiant III. Q a On 124 PIL On dit, mettre quelqu’un à la pile & au verjus. [Con. fundere aliquem maledifibs.'} Pour dire , 1 accabler de toutes fortes d’injures. , . , ck fouer à croix U à file. C’est une forte de jeu de liazard, où l’on jette une piéce ue monnoie en 1 air, & où l’on perd ou gagne, íuivant que la piece tombe ou ne tombe pas fur le côte qu on a nomme. (Jouons à croix ou à pile à qui paiera.) ... ± pile des Chartreux. Ce font des laines primes d’Espagne, qui, avec la pile des Jésuites, paflent pour les meilleures de toutes les laines Espagnoles. ± PILE'E , f f Terme de Manus allure de lainage. C’elt la quantité d’étofe que l’on met dans 1 auge ou vaisseau dé bois deitiné pour la taire fouler. ê PILE E , est aulsi en termes de Couyertuner , la quantité de couvertures que le moulin à foulon peut fouler à la fois. , _ ,, PILER , v. a. [ Tundere , contundere .J Battre avec un pilon. ’(PiÌer de la foute. Piler des drogues.) + * PILEE. [Egregié mandereì) Bien manger. (L elt un homme qui site bien. Piler comme il faut.) ± PILES, f f. ou pots, f. m. Espèces d’auges ou vaisseaux de bois , dont on íè sert pour fouler les cto- fes de laine. ^ piLES. Mortiers qui fervent dans les papeteries pour préparer la pâte, qui doit être emploiée a faire le papier. 11 y a les piles à drapeaux, les piles à fleuret, & les piles de l’ouvrier. 4 PILES , fe dit aufli des grands vaisseaux de pierre dure, dont les Italiens & les Provenqaux fe fervent pour mettre les huiles qu’ils veulent garder. f * PILEUR , f. m. [ Vorax , helluo .j Qui mange. (C’est un grand pi leur, pour dire, c’est un grand mangeur.) Ces mots font bas en ce sens. PILIER , f >»- [Columna Jìrucliiis .'.] C’est une sorte de colomne. Sorte de massif qui aide à soutenir la voûte de quelque édifice. (Un gros & grand pilier. Les piliers de l’Eglife Notre-Dame font forts & massifs. Les piliers du Palais font fort gros. Après ('Audience les Avocats confultans & autres fe mettent aux piliers. Je m’en vais au pilier. Vous me trouverez au troisième pilier. Entre ces vieux apuis dont l’affreuse grand sale Soutient P énorme poids de fa voûte infernale , EJi un pilier fameux des plaideurs respecté, Et toujours des Normands a midi fréquenté. Defpr.) * PILIER , f m. [Columna , fulcrum .] Ce mot au figuré fe dit des personnes, & signifie soutien , apui, protecteur. (Ce Prélat est un pilier de l’Eglife. Ce Ministre est un des piliers de l’Etat.) En ce même sens il est aussi comique. (11 fit banqueroute au plaisir, & devint un pilier de College, Abl. Luc. p. r. double chicanes) f * C’eji un pilier de cabaret, f Affìduus popino. J C’est-à-dire, un ivrogne qui est fans cesse au cabaret. f * C’eji un pilier de bordel. (Ganeo affìduus.) Façon de parler baffe & satirique. C’est-à-dire, il est le soutien des lieux de débauche, & il est sans cesse dans ces endroits là. f * Avoir de bons gros piliers. C’est-à-dire, de grosses jambes. Cette façon de parler est basse & comique. PILIER. ( Columella .) Terme de Vanier. C’est le bâton du milieu du Verrier. PILIER- (Columna.) Terme d ’Horloger. Petites pièces de métai! qui soutiennent la platine de la montre. On dit aussi les piliers d’une table, d’une escabelle , ct c. PILIER. (Pila.) Terme de Manège. C’est le centre de la voûte, autour duquel on fait tourner le cheval, soit qu’il y ait un pilier de bois ou non. On dit travailler autour du pilier. On fait aussi travailler un cheval entre deux piliers de bois. PILIER de moulin à vent. C’est ce qui porte le corps du moulin à vent. PILIER. ( Antesgnanus.) Nom qu’on donne dans l’ordre de Malte aux chefs des huit langues qui composent cet ordre. f§ PILIER , Pilori , Carcan. Sont trois mors fort communs dans le Palais, & marquent également la haute justice, & une efpéce particulière de peine. C’est une maxime selon Loileldans fes Institutes & plusieurs Docteurs , liv. r. rit- 2. art. 46. que nul ne peut avoir pilori en vice, où le Roi en ait , mais feulement échele ou Carcan. Si le Seigneur haut justicier veut élever un pilier tle justice, il doit en obtenir la permission du Roi du-e- PÎL ment entérinée, comme Baquet l a observe dans son traité des droits de Justice ch. 9. & si le pilier ou fourches font renversées ou par hazard ou par les vents, le Seigneur peut les faire relever de son autorité dam l’année, & s’il a laissé écouler Vannée, il doit encore obtenir des lettres de permission, qui feront adressees au Juge Roïal du lieu ; c’est la disposition de la coutume de Troyes art. 12;. avoir signe patibulaire , (f pilori , font signes de haute jujíice , ef quand ils cbéent le Seigneur les peut redresser dedans l'an J ans danger d’au. trui N d il pajj'e Pan, ne le peut faireJims le congé du Roi ou de fes Officiers. Les Coutumes de Meaux. art. 209. de Ne vers, de Sens, de Bourgogne y sont conformes ; mais comme dans l’intervale il peut arriver, qu’avanc que d’avoir obtenu la permission de relever le pilori, U faudra faire quelque exécution pressante, la coutume de Nivernois permet de jujiicier pendant ce tems, [ff faire faire Pexecution à la jújlice a un arbre ou autrement. La peine du Pilori & du Carcan a été inconnue aux Romains, nos pères fe fervoient du terme à’Echéle, parce qu’au lieu d’un pilier on fe fervoit d’une espe- ce d’Echéle, telle qu’on la vojt encore à Paris dans le quartier du Temple : „ 11 est dit dans ('histoire de Joinville : le bon Roi saint Louis aima tant Dieu & fà benoiste Mere, que tous ceux qu il pouvoit atein-,, dre d’avoir fait aucun vilain serment, ou dit quel-,, qu’autre vilaine chose & deshonnéteté, il lesfaisoit,, grièvement punir, & vis à Céfarée d’outre mer qu’il,, fit echaler un Orfèvre en brayes ct chemiíe moult,, vilainement & à grand déshonneur. La peine du Carcan & du Pilori a été autiefois imposée aux blasphémateurs pour la prémiére fois selon le témoignage de Philipe de Beaumanoir ch, 1. & dans la somme rurale de Boutillier : ,, qui jure & parle,, deshonnêtement de Nôtre-Seigneur & de la Vierge,, Marie, ctc. Chiet en amande, ct d’être mis par,, trois jours à l’échelle, & pendu à son col de gran-„ des lettres, que tous les puisons puissent voir ct lire,, le cas pourquoi ainsi est mis, puis banni de !a Province. PILLAGE,/»». (Direptio, populutio.) Action de piller. Dégât ct désordre de gens qui prennent, qui volent, qui enlèvent ct emportent tout ce qu’ils trouvent. (Abandonner une Ville au pillage, Abl. Ret. I. 2. c. ;. Mettre une Ville au pillage.) PILLAGE. ( Expilatio.) Terme de Mer. C’elt la dé- poùille des coffres & des bardes de l’ennemi pris, ct l'argent qu’il a fur lui jusques à trente livres, Four». Voiture dit d’une jolie fille qui charme tout le monde , que (* Sa bouche , son ris çf fes yeux Mettent tous les caurs au pillage. Voit. poës.) C’est-à dire , que sa bouche, fes ris & fes yeux fout fi charmons qu’ils ravissent les cœurs. PILLARD , arde, adj. (Pradator , Aepecnlator, popu- lator.) Qui aime à piller. II est aussi substantif. (On a couru lur les pillards, & on a repris leur butin.) í PILLE- Terme dont on fe sert pour exciter un chien à se jetter sur le gibier. On l’emploïe aulsi pour agacer un chien contre d'autres animaux, ou contre des personnes. PILLER, v. a. (Depopulari , diriperc.) Prendre. Emporter tout ce qu’on trouve. (Les soldats pillèrent la Ville. Abl. Piller une maison.) 0 M. Sarrasin a dit dans son ode fur la prise de Dunkerque. ffe les vois dessus ms bords Exposer tous leurs trésors. Que P Ibère aux Indes pide. Ce dernier vers n’est pas digne de son Auteur, & d’un Auteur aussi délicat que M. Sarrasin. 11 semble que ceux qui vont aux Indes y porter des Marchandises , sont des pirates, qui raportent en Europe ce qu’ils ont vole. M. Lanceliot dérive piller, d epilare, qui fe trouve en cette signification dans Animian stlar- celiin, qui vient de hiTuitìs, Eoi, pour 9 >(A»t*í, qui fe trouve pour un larron dans les hymnes d’Homere, Sc pour un brigand dans Hc-siode , ou plutôt selon AI. Ménage de prendre, dans Heliche, dont on au- roit fait pirare, piíare, piller. * PILLER. ( íurari.) II fe dit des Auteurs qui prennent quelques discours dans des livres fans les citer & sc les aproprient. ( Les auteurs modernes pillent souvent les Anciens, & s’atribuent leurs pensées.) PILLER, PIL PILLER. [Pecuìatum exarere.] Se dît aussi desTrai- tans & des Alaltoders qui font..des exactions & des concussions. (Les Financiers pillent le Roi.) f PILLER. [Canem excitare .] Ce mot se dit en par- lant de chien , & veut dire prendre. Mordre. (II l’a fait piller par son chien. C’est-à-dire, il l’a fait mordre.) On dit aussi en parlant à un chien, pille, c’est-à-dire , prends ce qu’on te jette. t * On dit de deux personnes qui se sont prises de paroles & d’injures, qu’elles se sont pillées. On dit aussi d’une personne dont on a parlé très mal, qu’on l’a extrêmement pillée. PILLER. [Permutare.] Ce mot se dit en terme de jeu Ue Cartes, & signifie prendre, enlever. (Lorsqu’on joue à la triomphe, l’on pille ordinairement.) PILLERIE, s. s. [ Rapacitos , rapina.] il se dit des exactions que font les gens de Justice, comme Procureurs, Serge n s, &c. & les Commis de quelque recette. (II se fait bien des pilleries dans les basses Justices.) PILLEUR, f. m. [Plagiarius, raptor .] 11 signifie en général, celui qui pille, & particulièrement celui qui pille & prend de côté & d’autre dans des Auteurs. (C’est une épigramme contre le pilleur Menalque.) PILON , f nt. [ Piler,n, píjiillum J C’est un instrument de métal ou ds bois, dont on fe sert pour piler. (Neteïer le Pilon. Pilon qui n’elt pas net.) $ PILON. On dit en termes de Librairie, envoler des livresau pilon, pour dire, les déchirer par morceaux, en forte qu’ils ne puissent plus servir qu’aux Car- tonniers, pour être pilonnez & réduits en cette espèce de bouillie dont on fait le carton, f PILONNER, v. n. Se servir du pilon. 4 PILONNER la laine. C’est la remuer avec une pêle de bois dans une chaudière, pour la dégraisser avant que d’être battue fur la claie. PILORI, f m. [Numella versatilis.] C’est une sorte de fuplice qu’on fait quelquefois foufrir à ceux qui n’ont pas mérité la mort, ni autre fâcheuse punition. Coquille, Coutume de Nivernais, Traité des juji. art. 15. dit qu’on se sert de ce fuplice en Cour Laïque & en Cour Ecclésiastique , & qu’un Official condamne au pilori un homme qui a épousé deux femmes au même tems. Le pilori est une marque de haut Justicier. Loijèau, Traité des Seigneuries, c. Le pilori est ordinairement un poteau où l’on a tache un homme en lui metant un carcan au cou; mais à Paris c’est une tour de pierre dans l’une des places des halles avec de larges ouvertures par le haut, au milieu de laquelle il y a une pièce de bois toute droite où pose une machine qu’on fait tourner, & qui à l’endroit des ouvertures de la tour a une maniéré de cerceau compose de deux grands ais qui se levern , dans lequel il y a des trous pour passer la tête & les bras des criminels que i’executeur fait ensuite tourner plusieurs fois, afin de les Faire connoitre & de les exposer à la risée du peuple. C’est dans le pilori qu’on met souvent les criminels qui sont executez en atendant qu’on les enterre, ou qu’on les vienne prendre pour les disséquer. L’endroit du pilori où l’on met ces criminels s’apelle la chambre des morts. PILORIER, D. a. [Numellrs verfatilibus publicè ro. tare.] Métré un criminel au pilori. (Ou piloria il y a environ 17. ou r8- ans deux insignes fripons dont Fun étoit Procureur.) P1LOSELLE , /• fi [ Philosella .] Plante qui a ses feuilles longues disposées fur terre en façon d’étoile , & couvertes de poils blancs. Elle est astringente, & quand on la coupe elle rend du lait. On l’estime vulnéraire , Acad. Fr. PILOTAGE,/ tn. [ PalarisJlipatio,palatio .] Ouvrage de fondation fur lequel on bâtit dans Peau. (Ce pilotage est bon.) PILOTE , f ra. [Recior navis , navarcbus.] C’est celui qui commande à la route, Fourn. Hidrog. C’est celui qui par le moyen de la boussole donne ses ordres pour conduire seurement le vaisseau. (Le pilote doit avoir une parfaite connoissance de la Sphère, de l’A- slroiogie, & de la carte marine. Vedi il libro dell’ ar~ mata navale del Capiton Pantero. Comme un Pilote en mer qu’épouvante Porage Dès que le bord parait fans songer où je fuis. T-e me sauve à la nage, U j’aborde où je puis. Despr.) [f Selon l’Ordonnance de i< 58 r. sur le fait de la Marine, on tie peut être reçu Pilote, ni en faire le* PIL 125 . — j fonctions que l’on n’ait fait plusieurs voyages en mer, & qu’après un examen fur le fait de la Navigation par le professeur d’Hydrographie, deux anciens Pilotes & deux Maîtres de Navires, en présence des Officiers de l’Amirauté ; il faut même que le Prétendant raporte les journaux de ses voyages. Sa fonction est de commencer à la route, & pour cet éfet il doit se fournir de cartes, routiers, arbalètes, astrolabes, & de tous les livres & instrumens nécessaires à son Art. II aura dans les voyages de long cours deux papiers journaux ; fur le premier le changement de routes & de vents, les jours & heures des changemens, les Issues qu’il estimera avoir avancé suc chacun , les réductions en latitude & longitude ; les variations de l’aiguílle, ensemble les sondes & terres qu’il aura reconnues ; & fur l’autre il metra de vingt-quatre heures en vingt- quatre heures au net les longitudes, latitudes réduites, les latitudes observées, avec tout ce qu’il aura découvert de remarquable dans le cours de fa navigation ; au défaut d’Ecrivains le Pilote en doit faire la fonction, s’il en est requis, la peine de son ignorance est de cent livres d’amende, & la privation de son exercice, outre les dommages & intérêts : mais la malice doit être punie da mort. II y a des Pilotes Lamaneurs, dont il est fait mention dans la même Ordonnance, liv. 4. tit. ils sont préposez dans des Ports, dont l’entrée est difi- cile, pour conduire les vaisseaux étrangers lorsqu’ils arrivent; ils ne peuvent être reçus qu'à vingt cinq ans» aprés avoir été examinez en présence des Oficiers de l’Amirauté. Leur exercice est apellé Piloter, & au défaut de Lamaneurs on peut prendre des Pécheurs. II y a eu dans tous les tems des personnes préposées dans les Ports dificiles pour conduire les vaisseaux dans les lieux où il y a des rochers & des écueils; & comme il faut souvent soulager ces vaisseaux par le déchargement d’une partie des marchandises, ce qui sc faisoit avec des chaloupes, que les Latins apelloient Levammturii , dont il est fait mention dans la Loi première du titre de Naviculariis. Cod. Theodofe. PILOTE. Se dit figurément en morale de ceux qui gouvernent les Etats, & qui ont le soin des afaires du gouvernement. Monsieur Despreaux l’a dit, de la raison qui conduit l’homme, ou du moins qui doit le conduire. [. L’homme, venez au fait , n’a-t-il pas la raison ? N’eji ce pas son flambeau , son pilote fidèle '! Oui, mak dequoi lui sert que sa voix le rapelle.] II y a aussi un petit poisson qu’on apelle pilote , dfc qui aproche fort du maquereau, Acad. Fr. PILOTER, v. a. [Palosfijluca adigere.] Terme à’Architecture. C'est ficher & enfoncer des pieux en terre pour afermir les fondemens d’un édifice, quand le terrain ne fe trouve pas assez ferme. (II faut piloter cet endroit.) í PILOTER , est aussi neutre. (II faut piloter avant que de bâtir.) PILOTIS , f m. [Palus, sublica.] Terme d’Arebi- tellure. Ce font des pieux qui composent le pilotage- (Faire des pilotis, enfoncer un pilotis. Abl.) PILULE , f. f. [Pilula, catapotium.] Termed’^í- potieaire. Les pilules sont des midicamens en forme de petites boules où de petites ploies, faites de plusieurs médicamens simples, ou composez, purgatifs, & confortatiss, réduits en poudre & formez avec sirop, ou miel, gomme, eau distilée, vin, sucre, oa liqueur convenable. (Pilules purgatives. Prendre des pilules.) 4 = PILULES angéliques. Certaines pilules composées d’aloës, do suc de violette, de buglose, &c. 4 = PILULES gourmandes. On apelle ainsi certaines pilules qu’on prend avant le repas, pour fe nettoies l’estomaç, & pour fe donner de l’apetit. f * Dorer la pilule. [Amara dulcedine temperare.] C’est dire à quelqu’un avec des paroles caressantes & flâteuses une chose qui fans ce tour lui déplairoit. [Le Seigneur Jupiter jçait dorer la pilule. Mol.] f * C’ejl une fâcheuse pilule. [Malum aquo anima exedendum.] C'est à dire, c’est une chose fâcheuse à souf- rir sans en dire mot, Mol. Ecole des Femmes, a. 1. sc. 4. 41 * Faire avaler la pilule à quelcun. C’est lui faire Faire quelque chose à quoi il a beaucoup de répugnance. (II sera contraint d’avaler la pilule. On lui a fait avaler la pilule.) Q. ; * PI AI- 126 PIN .f PIMBêCHÉi s- f Terme de mépris, qui se dit d’une femme impertinente qui fait ia précieuse. (C’est une vraie pimbêche.) On ne f emploie que dans ie stile familier. PIMENT , s or. [ Chanopodium. j Plante qui est une efpéce de pâte d’oye, & qui pousse une tige ronde, droite, velue, n’aiant guéres plus de demi pied de hauteur, cette plante est bonne pout falthme & pour provoquer les mois aux femmes. t PIMPANT , pimpante, act j. [Cultùs Sf elegan- túe superbiens ojientator. ] Ce mot est bas & burlesque, II fe dit des personnes & signifie, propre , ajujié, brave. (Elie est leste Sc pimpante, Molière, Ecole dey Maris , act. i. sc. 3 .) t PíMPE SOUE'E > s f. On le dit dans le stile familier d’une femme qui fait la délicate & la précieu, fe. (C’est une vraie pimpe fouée.) PiMPRENELLE , pimpernelle, pimpineJJe , s. f. [PimpmelJa.} Quelques Auteurs écrivent pimpineUe, & on croit qu’on devroit parler ainlì, mais l’u sage plus fort que la raison fait dire à Paris pimpreneiie. Quelques Parisiens disent auílì pimpernelle , mais le grand usage est pour pimpreneiie. C’est une petite plante qui a des feuilles un peu longuetes & dentelées, qui porte des fleurs d’une couleur cirant fur le rouge brun , qui est delficative au troisième degré, & froide & astringente au second. (!l y a de la pimpreneiie sauvage & de Ja pimpreneiie cultivée. La pimpreneiie se mange en salade & donne bon goûtau vin, Dale. champ.) PIN , s- m. [Pmm , pina/rn-.] Ce mot vient du Latin. II y a de trois sortes de pin. Un pin domejiique, un pin Jauvage, & un phi maritime. Le pin domejti- que est une forte de grand arbre qui jette plusieurs branches au haut de son troue, revêtues de feuilles épaisses, menues, longues & aiguës, d’une couleur qui tient du verd & du blanc. Le pin aime les lieux chauds & exposez au Soleil. Son bois est rougeâtre & pesant. Ses feuilles ne tombent point. Lepin porte des pommes qu’on apelle pommes île pin, qui sont grosses . solides & composées de plusieurs écailles hautes & élevées, où il y a de petits pignons longs & couchez dans leur lit, ïhiìecbamp. [Déserts, ou f ai vécu dam un calme Jì doua Pins , qui d’un Jì beau verd couvrez mon bermìtage , La Cour depuis un an me séparé de vous Mats ne sçauroit m’arrêter davantage. Main. poèf) H Tous les pins contiennent beaucoup d’huile & de sel essentiel. L’écorçe & les feuilles font astringentes & dessicatives. t PINACLE du temple, s. m. [Pinaculum.J Mots qui ne se disent plus, iL au lieu defquels on dit le haut du temple. f * Mettre quelqu'un sur le pinatlc. [Plenli manu laudes alkujut m ajira tollere (j Façon de parler figurée, mais basse & vieille, pour dire, louer fort quelqu’un, l’élever à force d’en dire du bien. PINASSE , f. f. [Gattlus minor. j C’est un petit vaisseau fait ordinairement de pin, long, étroit & leger. (La pinajje est propre à la course, à faire quelque découverte, & à décendre du monde en une côte.) H PINASSES. Etofes des Indes Orientales, qui font faites d’ecorce d’arbre. PINCE , f. f- [Krn à quelqu'un. [Aliquem vincere.] Proverbe. C’est emporter fur quelqu’un une chose pour laquelle ou est eu concourreuce avec lui. PION* 128 PIP PIONNIER , s. m. [Fojsor cajlrenjîs.] Ç’est un ouvrier du corps de l’artillerie qui fait les esplanades, abat les terrasses, fait les tranchées, &c. (Choisir de bons pionniers.) f PIOT, f. m. [Vinum.] Ce mot dans le burlesque veut dire le vin. (Le poète Saint Amant ainioit un peu le plot. II a un peu trop pris de plot. Mon fricajfeur régné au pais des Jbupes, Et mon piot surpasse l’bipocras. Main. Poéf.) ss Rabelais liv. i. cb. 2. de son Pentagruel : mais tout ainsi comme Noé le saint homme Job, auquel nous sommes obligez & tenus de ce qu’il nous planta la vigne, d’où nous vient cette Nectarique, délicieuse , précieuse, celeste, joïeuse, déifique liqueur qu’on nomme le piot, & au cb. 27. ,, Ecoutez Messieurs „ vous autres, qui aimez le vin, le corps-Dieu, si ,, vous me suivez, car hardiment, le feu saint Antoi- „ ne m’arde, que ceux tassent du piot qui m’auront ,, sécouru la Vigne. PIPE, s.s. [Pipa samia .] Instrument de terre cuite, fait en forme de petit tuyau, & dont on se sert pour prendre du tabac en fumée. La pipe est composée d’un corps qui est le tuyau, & d’une embouchure qui est la partie où l’on met le tabac & le feu lorfqu’on fume. (Pipe rompue. Doux charmes de la solitude Charmante pipe, ardent fourneau, Qui purge a?humeur mon cerveau Et mon esprit d?inquiétude ) PIPE. [Culeare doìiums] Ce mot fe dit entre mar. shands de vin. C’est un muid & demi de vin. (Acheter un pipe de vin.) On dit aussi une pipe de bled, en Poitou & en Anjou. La pipe de bled en Bretagne doit peser 600. livres, & contient quatre boisseaux. f * PIPE’, pipée , adj. [In laqueum induflus, fuca - tus.'] Falsifié, marqué. (Dé pipé. Carte pipée.) PIPEAU, f. m. [Fijlula. J Chalumeau qui imite le cri des oiseaux. [On diroit que Ronsard sur ses pipeaux rustiques Fient encor fredonner ses Idil'es Gotiques. Despr ] C’est pour elie qu’il prend le foin de ses troupeaux, Tour elle seulement raisonent ses pipeaux. Desh. PIPEAU, [silex avium calamus.] Terme à’Oiselier. Bâton moins gros que le petit doigt, long de trois pouces, fendu par le bout pour y mettre une feuille de laurier & contrefaire le cri du vaneau. (Quelques- uns fe fervent de pipeau pour apeller les vanneaux, Ruses innocentes, l. 3. c. 24.) PIPEAU. [Syrinx, syphon.] Chalumeau qui sert à avaler des liqueurs, & qui fervoit autrefois à fuccer le sang de Jesus-Christ dans la Communion, lorfqu’on prenoit les deux espèces. Ce qui fe pratique encore a S. Denis en France tous les Dimanches à la grande Messe. PIPE E , s. f. [ Pipulum , illicis calamì aucupimn. 3 Chasse aux oiseaux, qui durant la vendange se fait dans des bois taillis de cinq ou six ans de coupe dès la pointe du jour, ou demi-heure avant le coucher du Soleil. On coupe le jeune bois des branches d’un arbre, on fait des entailles lùr ces branches pour mettre des gluaux. Ensuite trente ou quarante pas autour de cet arbre on coupe le bois taillis, on fait une loge fous l’arbre où font tendus les gluaux, on s’y cache & on y contrefait le cri de la femelle du hibou avec une certaine herbe qu’on tient entre les deux pouces, & qu’on aplique entre les deux lèvres, en poussant son vent & en les poussant l’une contre l’autre. Les oiseaux qui entendent ce cri qui contrefait celui de la femelle du hibou, s’amassent autour de l’arbreoù l’on est caché, & fe viennent le plus souvent percher fur l’arbre où font tendus les gluaux, ils s’engluent les ailes, ils tombent à terre & on les prend. (Aller à la pipée. On prend à la pipée des geais, des merles & des pinçons, Ruses innocentes , l. 2. ch. 17. ig. I 9 > f * se m’en allois rêvant JJame bizarrement de vapeurs ocupée, Comme un poète qui prend les vers à la pipée. Reg. Sat. 10 3 PIPEE , v. fi. [P.pilando aves iílicere.] C’est contrefaire le cri de la chouette pour attirer les oiseaux qui la haïssent, & les obliger à fe venir percher fur un PIQ arbre où l’on a tendu des gluaux, & où s’engiuant les ailes ils tombent par terre & on les atrape. (Il n’a pas pipé un demi quart-d’heure, que quatre ou cinq geais, autant de merles font venus fondre fur l’arbre où il étoit caché & où il pipoit.) f * PIPER , v. a. [ Doits aliquem duel are.] Tromper. (Piper une personne au jeu, Mol. Poureeaugnac, a. r. fc. 2. Dieu nous garde de gens qui pipent, Scar. Poéf.) jfg Piber pour tromper est bas. On l’a dit autrefois, Corneille dans le Menteur. En matière de fourbe, il est,maître, il y pipe. t * PIPER les dez. [Fucare tejseras.] C’est-à-dire, falsifier les dez. f * PIPER. [ Nasutiùs judicare.] Rafiner, excéler, (Belle Dame que j’estime, non pour la rime, quoique vous pipiez en cela, Scar. Poès. 11 récitoit une épigramme où il pensoit avoir pipé. Cot. Ménageries] t * PIPERIE , s f. ( Dolus , fraus, fucus.] Trom. perie. (Tout cela n’est qu’une piperie, Scaton.) . * PIPEUR, f m. [Fallax , dolojus aleator.] Trompeur, fourbe. (On dit que les Daufinois, les Gascons, & les Normands font des francS>j§peurs, mais vision que tout cela, il y a des pipeurs par tout, le monde en est plein.) On peut dire Pipeuse, s. f. PlPl, s m. [Pipio. 3 Oiseau d’Abiliìnie, ainsi apel- lé, à caulè de íòn cri. Acad. Fr. PIQUANT, / m. [ Aculeus .3 Ce mot fe dit de certaines choses, & veut dire tout ce qui pique & blesse dans ces choses qui ont de petites parties aiguès 3 c pointues. (Les piquans d’un porc-épic, d’un buisson, Les piquans d’un chardon. Les piquans des épines, des rosiers & autres choses de cette nature.) PIQUANT, piquante, adj. [Pungens, aculeatus.] Qui pique, parce qu’il a quelque pointe aiguë. (Chardon fort piquant. Epine piquante.) * PIQUANT, piquante. [Acer, acidus.] II se dit des choses qui ont de l’acrimonie, de la pointe & qui piquent la langue. (Le sel & le poivre sont piquans. Ce vin est doux & piquant.) {$ Horace commence fa prémiére Satyre du second livre par ce vers. Sont quibiu in Satira videar nimis acer £s? ultra Legem tendere opus : Jîne nervis altéra, quidquid Composui, pars esse putat, [fc. Voici la traduction de M. Dacier : il y a des gens qui trouvent que je fuis trop piquant dans mes Sat ires, çsf que je poujjc la raillerie au-dela des bornes. Le P. Tarteron a traduit cet endroit dans le même sens, mais il y a des gens qui l’expliquent autrement & qui croient qu’aar est ici opofe à Jìne nervis qui fuit, & qu’ainsi Horace a voulu dire qu’il y avoir des gens qui trouvoient que ses Satires étoient d’un stile trop ferré, & qui ne convenoit pas à ce genre de poésie ; en éfet il a dit de Varius dans la precedente Satire vers 4;. Forte Epos acer Ut nemo Varius. Et dans l’F.pître 1. liv. 2. vers 163. Et placuit sbi natura Jublrmis çe? acer. Et dans tous ces endroits acer signifie ferré, concis. * PIQUANT, piquante, adj. [Mordax, aceìbus, acer, aculeatus.] Ofensant, choquant. ^Elle niéloit toujours dans ses plaintes quelque chose de piquant contre le Cardinal, Mémoires de M. le Duc de la Rocbefoueaut.) * PIQUANT , piquante. [Movens, commovendis ani- mis aptus.] Qui réveille l’esprit, qui plaît, qui à je ne sçai quoi de galant & de touchant. (Une blonde est plus brillante, & une brune a quelque chose de plus piquant , Le Chevalier de Meré, prémiére conversation. t PIQUE, s f. [Rixa, jurgium. dìjfidium.] Sorte de petite querelle qui cause du refroidissement entre gens qui s’aimoient. (II y a entr’eux quelque petite pique. Us font en pique l’un contre l’autre.) PIQUE , J. f. [Hasta.] Sorte d’arme qui est composée d un bois long de treize à quatorze pieds, arrondi, plané & gros à peu près comme le bras, aubout duquel il y a un fer forgé, limé, aplati, & pointu. On se sert de la pique dans l’infanterie pour arrêter la furie des cavaliers. (Pique traînante pique de biais, pique en terre, haut la pique, présenter la pique, présenter la pique en avant, alonger la pique, porter la pique haute, baisser la pique , Abl. Arr. Darder la pique.) t Mr. de Folard a prouvé que la pique est absolument nécessaire dans l’infanterie, cè qu’on la proscrite mal a propos. Mais il y avoir autrefois un trop grand nombre riQ. nombre de piques, un cinquième suffit dans un bataillon pour le fraiser contre le choc de la cavalerie. Cette arme doit être reformée & changée en tout, dans son fer comme dans sa longueur ; & Mr. de Folard donne la description d’une pertuisanne qui est plus avantageuse & plus terrible que la pique, fans être sujette aux mêmes inconveniens. Cette arme doit être mêlée avec d’autres plus courtes, autrement il est aisé de gagner le fort d’un corps de piquiers , & de rendre leurs armes inutiles. Traité de la Colonne de hit. de Folard, dans le Tome I. de son Polybc. PIQUE , s. m. [Hajlatus miles.1 Ce mot en termes d'ààrà se prend souvent pour (Faire défiler les piques. Voïez \’ Exercice général de /' infanterie.) £§ Voici comment le Président Fauchet s’explique fur l’origine des Piquiers, espèce de soldats autrefois en usage. Quant aux Piquenaires, ou Piquiers étoient ceux qui portoient des hantes menues de bois long de quinze & dix-huit pieds comme la Lariife Lacé- démonienne, & l'on cuide que les Flamands en ont ramené l’usitge , car l’on pense que ce soit leur tìoden hoc, avec lequel bâton ils renversèrent les Comtes d’Artois & de S. Paul dans un folle voisin de Courtrai. PIQUE, f.s. [Altus ad longitudinem hajke.] 11 lignifie la longueur d’une pique. (11 y a en cet endroic- là une pique d’eau.) On dit figurément à un homme grand & menu, que c’est une pique. On dit auffi. II ejí de cent piques au dejjus de vous en science N en biens, f LongiJJimè J’cien. tiâ [f censu te anteceUit.'] II est neïé de dettes, il en a cent piques par-deffns la tête. Acre alieno muìtò demersus eji.] On dit, qu’un homme a passé par les piques. [’Multa adiít pericula.] Lorqu’il s’est trouvé en plusieurs o casions, & qu’il a essuie plusieurs dangers, On dit d’un homme stupide, que c’est un as de pique. T PIQUE. On dit, traiter à la pique avec des nations sauvages, pour dire, faire commerce avec elles en se tenant sur ses gardes, & pour ainsi dire la pique à la main. On traite de cette force avec quelques sauvages voisins du Canada & avec quelques Nègres des côtes d’Afrique. On le dit aussi du négoce de contrebande que les Européens font dans plusieurs endroits de l’Amérique Espagnole. PIQUE , f m. [Spiculum aleatorii folii. ] Terme de Cartier. Point noir qu’on met sur les cartes à jouer. St qui a été etpelìè pique, parce qu’il a quelque raport avec le fer de la pique. (Carte qui a ries points de pique, ainlì on dit, jouer du pique, tourner du pique, la triomphe est de pique.) PIQUE', piquée, adj. [Corrostí, contaminât tu. ] II fe dit de certaines choses, comme des livres, &c. qui font piquez par les vers & percez de petit trous. 11 fe dit auffi des étofes fur lesquelles l’humidité fait venir de petites taches. PIQUE-BOEUF , f. m. [Eubulcus.] Est un charrier qui mene les bœufs qu’il fait avancer par un aiguillon qui est au bout d’un bâton. PIQUE-NIQUE , adv. Faire un repas à pique-nique. C’est payer chacun son écot. PIQUE-PUCE. f. m. [ Franciscani tertii OrdinU. ] Religieux du tiers Ordre de saint François, fondez par le Pape Nicolas IV. & qui ont tiré ce nom d’un petit village de Paris au bout du fauxbourg S. Antoine qu’on apelle Pique.puce. PIQUER , v. a. f Pungere , Jiimulare , lancinare. J C’est percer légèrement avec une chose aiguë. (Elle m’a piqué la main avec une épingle. Piquer une feuille de papier.) PIQUER. [ Pungere , figure.] Ce mot se dit des épi. nés, de certaines herbes & de tout ce qui a des pi- quans qui blessent légèrement. (Cette épine m’a piqué le doigt. Cette ortie m’a piqué la main. Chardon qui pique fort. Les piquans du porc-épic piquent extrêmement.) PIQUER. [Pungere.] II fe dit de quelques animaux, comme de l’afpic, du scorpion & de quelques insectes. (Cléopâtre se fit piquer par un aspic. Les scorpions piquent de leur queue. Les mouches, les puces, &c. piquent. Les oiseaux piquent avec leur bec.) ìp PIQUER , se dit auffi de l’operatton que fait un chirurgien avec la lancette, sans avoir ouvert la veine, & fans tirer de sang. (Ce Chirurgien m’a piqué trois fois, fans me tirer du sang) T PIQUER l’artere, piquet le tendon, piques- le nerf. C’est eíenssr i’artere, le tendon, le nerf, en voulant iaigner. PÍQ. 129 PIQUER. [Mordicare.] II se dit des choses acres & acides. (Le lé!, le poivre, &c. piquent la langue. Le vin, le cidre, &c. piquent fort quand ils font nouveaux.) î PIQUER , fe dit auffi du poisson qui n’est pas bien frais, & qui afecte le goût d’une maniéré désagréable. (Ce poisson commence à piquer, ces foles piquent.) PIQUER. [Carnes lardo figer c. ] Terme de Cuisinier N de Rotijjeur. C’est larder d’un certain sens. (Piquer bien la viande. Piquer une longe de veau.) On dit auffi piquer une orange avec des doux de girofle. Piquer des noix confites avec l’écorce de citron. PIQUER. [Cakaria equo subdere.] Ce mot fe dit en parlant de cheval. C’est donner de l’éperon au cheval pour le faire courir, ou aller plus vite. II piqua contre Alitridate & le porta par terre. Piquer des deux. C’est donner des deux éperons à un cheval.] Abl. Arr. liv. i. f PIQUER en latin , c’est être mal à cheval. On le dit en raillant, d’un homme qui est à cheval de mauvaise grâce. (11 pique en latin.) f PIQUER la mazette, c’est monter un mauvais cheval. =1 PIQUER le cofre. C’èst attendre chez le Roi, ou chez un grand , dans une anti-chambre fur un cofre. $ PIQUER les tables. C’est aller souvent manger chez ceux qui tiennent table. PIQUER. [Pannum ferro mterpungere.] Terme dc Técoupeur. C’est percer & figurer avec un petit set. (Piquer du tafetas.) PIQUER. [Interpuncìionìbm Jiipare.] Terme de Cein. tuner. C’est métré un brin de ficelle dans du cuir & faire de part & d’autre à côté de cette ficelle une rangée de points bien faits. Piquer une sangle, un baudrier, des jartiéres. PIQUER. [Fiio intersigere.] Terme d e faiseuse de bon. nets. C’est faire avec l’éguille plusieurs petits points quartez en œil de perdrix, ou autrement. [Piquer un bonnet.) PIQUER. [Puncîis interjiinguere.] Terme de Cordon, nier. C’est faire des rangs de points tout autour de la première femelle. (On ne pique que les souliers.) PIQUER. [Notam imprimere.] Terme de Charpentier. C’est marquer. (Piquer le bois.) PIQUER. [Perforare.] Ce mot fe dit entre marchands de vin. C’est percer avec un foret. (Piquer une pièce de vin.) PIQUER. [Rodere.] Ronger le bois, ou les étofes. II faut métré cet habit à Pair, les vers commencent à le piquer. Les vers ont piqué le vaisseau; Ondicauffil du bl i piqué, quand il est gâté par les charençons. PIQUER. [Nomen alicujmin albo pungere,] Marquer les préfens & les absens dans les compagnies où l’on doit le service, ou dans les ateliers où l’on travaille. (Ce Chanoine a été piqué ce matin pour n’avoir pas assisté à Matines.) * PIQUER d'honneur. [ Aliquem laudis Jiudio incì. tare. ] C’est encourager & exciter une personne à quelque chose en lui représentant qu’elle a du cœur & de l’honneur. 11 y a de jeunes gens dont on ne peut rien faire si on ne les piqup d’honneur. Voïez plus bas. * PIQUER. [Commovere , delinire.] Ce mot fe dit quelquefois des choses belles & jolies, & veut dire, agréer, enflammer. (Sa résistance me pique & je fuis plus amoureux d’elle que jamais, Voit. let. i;y. Les femmes ont quelquefois besoin de caprices pour piquer; c’est pour reveiller nôtre tendresse. [S. Evrem.) * PIQUER. [Aculeosin aliquem immittere.] Ofenser, irriter par quelque action, ou quelques paroles. (Son procédé me pique.) j- * On ne sçait quelle mouche Pa piqué, [sluis eum pupugerit incertum ejt.] Proverbe pour dire. On ne sçait quel est le sujet de sa colere, ou de son dépit. [On ne sçait bien souvent quelle mouche vous pique. Delpr.] II ne sent point quand on k pique. [Nihil prorjùs sentit.] II se dit au propre, d’un ladre, & au figuré d’un homme qui est insensible aux afronts qu’on lui fait. Se piquer, v. r. [Sese pungere.] Se blesser à quelque chose de piquant. (Je me fuis piqué la main en vou. lant cueillir une rose.) * Se piquer, v. r. [Commoverì, irasci.] Se fâcher, se métré en colère. (On ne va pas fe piquer pour si peu de chose, Molière.') * Se piquer au jeu. [Sese ludendo injìigare.] Cesmots signifient. Se fâcher en jouant & s’échautfer au jeu. 6 Tonte III. R (U 130 PîR (11 s'est piqué au jeu & a perdu tout son argent.) II lo dit au figuré pour marquer un homme qui «'opiniâtre à poursuivre une atFaire. * Se piquer de quelque cbose. sSe «2 aliquo ejserre.2 C’est faire profeíiìon d’excéler en une chose, de fça- voir une chose en galant homme, f Un honnête homme sçait tout & ne iè pique de rien. Mémoires de 'Monsieur le Duc de la Rocbefoucaut. N. Se pique d’ê- tre homme d'esprit, & c’est un fat.) /js Parmi les nouvelles Remarques de M. de Vaugelas on trouve celle-ci ; ,]e ne voudrois jamais écrire, il se pique de chanter U de faire mieux des vers que persane du monde ; parce que cette phrase est encor trop moderne, & il seroit à craindre que dans les Provinces on ne m’entendit pas, ou que les hommes doctes, qui ne hantent point la Cour, ne m’entendissent point non plus, &c. Depuis la mort de M. de Vaugelas cet. te locution s'elì un peu mise en crédit, mais elle n'en- tre point dans le ltile relevé. M. de la Rochefoucaut a dit: Un honnête homme sçait tout , ne Jì pique de ■vini. Nnns disons encor dans la conversation il s’est piqué d’honneur. * Se piquer d’honneur. [AnimumJìimuìis concìtare.J C’est faire profeíiìon d’avoir de l'honneur ». C P’JiiOus .] Terme de Botanique ; partie de la fleur qui est au milieu de son calice où est enfermée la graine. PISTOLE) 'sis. [Duplio aurett. f.] Piéee d’or qui n’est point batuë au coin de France, & qui vaut onze livres & quelques tous. II y a des pistoles d’Italie & t.es pistoles d’Espagne. (Une pistole legere. Une pistole bonne & de poids.) Les pièces d’or ou marquées au coin de France, qui valent autant que les pistoles d’Efpagne, s’apellent des Loùs-d’Or. (Nom sommes convaincus, Que chez vous on nous vole. ht que pour deux écus On conte une pistole. Bours. lett.) PISTOLE fourrée. Est une pistole d’or, dont le dedans est de cuivre ou d’argent. Acad. Fr. t PISTOLE, se dit pour la valeur de dix francs, lorsqu’on n’ajoute pas d’or. (Ce cheval me coûte cinquante pistoles, ou cinq-cens francs.) On apelle un double qui ne vaut que deux de niers. Une pistole de vicieux. On dit d’un homme riche, qu’il est cousu de pistoles. Ou apelloit autrefois pijlole, une petite arquebuse qu’on tiroit d’une main. P1STOLER , v. ail. [setusclopeti brevioris intersicerej] Tuer à coups de pistolets. 11 ne fe ditguéresque d’un Cavalier qu’on passe par les armes, ou d’un homme qu’on assassine à coup de pijiolet, Acad. Franc. PISTOLET, f [Brevior Jclopetus.~] Arme à feu qu’on tire d’une main , & dont fe fervent ordinairement les Cavaliers. Le pistolet est composé d’un fût, d’une poignée, d’une baterie, d’un canon, &c. (II y a des pistolets à fusil. Tirer un coup de pijiolet.) t U y a aussi des pistolets de ceinture, & des pistolets de poche. £§ Si nous en croïons Boreldans ses Recherches des Antiquité? Gauloises, pijiolet & pijlole ce font des armes ainsi dites de la ville de Pistoye près de Florence, où l’on faifoit des dagues qu’on apelloit selon Henri Estienne, & puis par abus on donna le même nom aux armes à feu , & aux petits écus & petites arquebuses, & enfin cela passa aux petits hommes* selon des Accords dans ses Bigarrures. Pijiolet vient selon d’autres de Fijiula à cause du conduit creux qu’il a, qui semble à une flûte. Quand un homme a dit quelque chose dans une dispute. On dit qu’il a tiré son coup de pijiolet, Académie Fr. Faire le coup de p isoles. [Ad pngulare certamenpro- vocare.’] Cela fe dit quand un Cavalier fort des rangs, & va défier quelqu’un des ennemis à sc battre avec lui à coup de pijiolet. PISTOLIER, J', m. [ Perìtus schpetariuì. ] Cavalier qui est adroit à tirer le coup de pistolet. (Cet homme est bon pijiolier , il ne manque jamais son homme.) PISTON,/»». [ Ernbolm . ] C’est la partie des pompes qui entre dans le tuyau ou corps de pompe, & qui étant levée ou poussée, aspire ou pousse l’eau en Pair. (Pousser le piston.) II y a aussi des pistons dans les seringues, dans la machine pneumatique, & autres. PITANCE,// C Cibaria Jporiula, diarium .] Ce qu’on donne à chaque Religieux pour son repas. Le mot de pitance sc dit, mais il n’est pas li usité que celui de portion. Et pour un Religieux qui dira pitance, cent autres diront portion. L’ufage du mot d e pitance est dans le stile simple & comique. [Ils ont courte çcf maigre pitance, Mais ils ont grossie çVf large pance. Boifrobert, Epîtres.] t PITANCE, [abus, objimium.’] Ce mot fignifioit autrefois la chair ou le poisson qu’on mange dans le repas, outre le pain. Mais il ne fe dit plus guéres. On disoit, il mange plus de pitance que de pain. f Aler à la pitance. C’est dans le stile familier & bas, aler acheter les provisions nécessaires pour la subsistance d’une maison. (f Les Bourguignons disent Pitainche que M. de la Monoïe explique dans ses Noëls Bourguignons, par boisson de vin. Pitainche, dit-il, n’est pas un mot Bourguignon, c’est un terme d’Argot, que le Poète a bour- guignonifé. En jargon pier Sipitancher, c’est boire. Pitanche c’est du vin; de planche on en a fait pitanche, en Bourguignon Pitainthe. Voici l’étimologie que le PIT i33 P. Labbe nous donne de ce mot pitance, que quelques-uns de nos Auteurs Ecléliastiques nommèrent Pi- tancia, il le dérive de Pitacìum , mot usité dans les Ecrits de l’un & l’autre Hincmar, & en plusieurs autres endroits pour une table enduite de poix, pïx, vue *, cire\ d’autant que personne ne recevoit fa portion de pain & de chair, ni autre chose nécessaire pouria vie, que ceux qui étoient écrits dans la matricule ou catalogue du Chapitre, Monastère, Hôtel-Dieu, &c. D’autres ont voulu le dériver de pite, denii-obole , petite monoïe, comme aussi les piteux, qui demandent la pite: mais ils se font trompez; car pitié, pitoïuble, piteux, piteusement, viennent de pius , pietas, & nos anciens Auteurs François tournant le íùr-nom de pieux, donné à Louis premier Empereur, & à Guillaume I. Duc d’Aquitaine, sc servent de pieux, débonnaire, piteux, pitoïable, qui veut autant dire que compassif & miséricordieux: il ne faut pas toutefois croire, que maupiteux qui semble être son contraire, signifie cruel, impitoïable, inhumain : mais bien celui qui contrefait le dolent, & le misérable, quoiqu’il 11 e soit pastel. H est certain que Pitance vient de Pitaciutn, & voici comment, les Romains tiroient des greniers publics la subsistance de leurs soldats; ilsavoient des personnes préposées pour recevoir les tributs que les Provinces étoient obligées de païer tous les ans en espèces ; la portion de chaque soldat étoit réglée, & chacun étoit obligé d’aller prendre avec un billet, qui leur étoit donné par le Grétìer, c’est-à dire, par celui qui tenoit le registre de la délivrance de ces mêmes billets, qui contenoient le nombre ou la quantité de l’étape qui leur étoit acordée, s'il m’est permis de me servir de ce terme, je tire la preuve de ce que je viens de dire de la Loi XI. du titre de erogatíone mi lit a.rìs annonœ. Cod. Tbeodos. où il est dit qu esusceptor antequam diurnumpi. tacium authenticum ab actuariis juj'ceperit, non eroget, quoà st abj'que pitacio fuerit erogatio, id qued expenjum (Ji, damais ejus potins Jupputetur. On apelle aussi dans les Communautez Réligieufes. PITANCERIE , / f. (Menfaria .) Le lieu où Ton tenoit la pitance. PITANCIER , f »». (Obfiniorum fcijfor.) Celui qui avoit le soin de distribuer la pitance aux Religieux. t PITAUD,/ M- (RuJiicus , agrcJHs.) Mot bas & burlesque pour dire, rustre, passim, mal-fait & mal- bâti. Qui sent le vilage. (Ce pitaud doit valoir pour le point souhaité Bachelier N Dolieur ensemble. La Fontaine nouveaux Contes.) f PIT AUDE,// (RuJHca.) Mot bas & burlesque & qui veut dire rustre, passim ne, grossière, mal bâtie. (En vain P amoureux tout surprit De sa pitaude oyant les cris Se rend la trogne furibonde. Saint Amant, Rome ridicule.) £§ PIT AUX- On donnoit autrefois ce nom à certains païsans, que Ton en vomit à la guerre, selon la témoignage de du Fauchet, liv. 2 . de la Milice çst armes ch. r. On leur donnoit encor le nom de Bìdaux, & e’est en changeant une lettre que de Pitaux , nous avons fait Pataux, nom que Ton donne aux païsans les plus grossiers. PITE, J'- f• (Uncix dodrans.) C’estla moitié d’une obole. (Deux pites valent une obole.) Pite est aussi le nom d’une Plante. (§ PITE. Petite monoïe qui vaut la moitié d’une maille, & est dérivé de Pilla. Mais le P. Labbe dans fcs secondes étimologies a dit, que le mot pite est un abrégé de petite monoïe, qui étoit autrefois en usage, & valoit la quatrième partie du denier tournois. Quelques-uns, ajoûte-t-il, ont tiré son nom de Poitou , où il y a eu une monoïe apellée Poitevine : mais que la pite soit cette monoïe Poitevine, j’ai de la peine, dit- il, à le croire, car ce scroit un étrange abrégé de Poitevine à pite, où il y a peu de probabilité. PITEUSEMENT, adv. (Mserè, miser abiliter.) D’une maniéré piteuse, Acad. tr. t PITEUX,]'*'"/, cu s (Miserandus.) Déplorable, misérable, malheureux, infortuné, dosent. (11 ne savoir pas de Phaëton Vhistoire & piteux cas., Voit. poés Faire le piteux, faire la piteuse. Le monde à peine s’imagine Qujun homme en tourment si piteux, Ptiiste faire auvre si divine. Sar. poëf.) k í a pi- o 4 PIV 0 PITEUX. Ce terme est vieux ; on le soufre pourtant quelquefois, comme dans cette épitaphe d un chien trouvé pendu à un arbre , dans le tems ou les Huguenots étoient redoutables. Pour abôier un Huguenot , On m’a mis en ce -piteux être , H autre jour je mordis un Prêtre , Et personne ne me dit mot. PITIÉ', s f- [Mseratio , commisération Compas, lion. Douleur qu’on a du mal d’autrui. (ha pitié ed souvent un lèntiment de nos propres maux dans les maux d’autrui. C’est une habile prévoyance des maux où nous pouvons tomber, Mémoires de MonfieurJe Duc de la Rocbefoucaut. La fin de la tragédie est d’exciter la pitié & la terreur. Le pauvre Gui Guillot fait pitié quand il se mêle de raisonner. Tandis que Bourdaloue à la Cour étonnée Annonce l'Evangile plaît a chaque mot Ailleurs il fait pitié dans la bouche d’un sot. ViH.) 0' Regarder en pitié. Cela veut dire regarder avec pitié, ou plutôt avec mépris. Les femmes de la Cour & du grand monde regardent en pitié les Provinciales : mais regarder en pitié, est-il bien François : peut- on dire regarder en haine, regarder en compajjìon ? í PÍTIS j f m. Petite monoïe de bas aloi, moitié plomb & moitié écume de cuivre, qui a grand cours dans l’isie de Java où les Chinois l’aportent. Les deux cens pitis ne valent que neuf deniers de Hollande. PITOYABLE , adj. [ Misericors .] Qui a de la pitié. (Etre pitoyable envers les pauvres.) PITOYABLE. [ Miserandm , mserabilis.~] Digne de pitié. (11 est dans un pitoyable état. Ahlanc. se n’esperai jamais qu’un jour elle eût envie De finir de mes maux le pitoyable cours. S'égrais, Eglogue y.] PITOYABLE. [Imrdmatm, inconcimm .J Méchant, malfait, misérable, qui fait pitié tant il vaut peu. (11 fait de pitoyables vers. Sa comédie est pitoyable.) PITOYABLE. [Mseratione dìgnm ] Qui excite à la pitié par des paroles tendres & pallionnées. Le mot de pitoyable fe trouve en ce sens dans Voiture, mais il semble peu usité. (Si j’osois écrire des lettres pitoyables, je dirois des choses qui vous feroienc fendre le cœur, Voit. liv. iy.) . í§ PITOYABLE signifie qui a de la pitié, & qui est digne de pitié. On dit, il efi bon [f pitoyable, regarder d’un ceil pitoyable, c'eji un Orateur pitoyable, pour dire c’est un méchant Orateur. I! eji pitoyable dans ses raijbnnemens, défunt choje pitoyable-, mais il est singulier que pitoyable ayant deux lignifications , impitoyable n’en a qu’une: on dit une personne impitoyable, pour dire qui n’a point de pitié, mais on ne dit pas impitoyable d’une personne qui a de la pitié. f On apelloit autrefois, Lieux pitoyables , les hôpitaux , maladeries & autres, ou on exerçoit l’hofpi- talìté & la charité. On le dit encore en ce sens dans les ordonnances. PITOYABLEMENT , adv. [Miferandum m modum, mijerabiliterfi D’une maniéré pitoyable, misérable, chetive. (11 plaide pitoyablement. 11 écrit pitoyablement.) PITON , f m . [ Fibula. ] Terme de Serrurier. Clou dont la tête est percée en anneau. Sorte de fiche au bout de laquelle il y a un anneau. (Un gros, ou un petit piton.) Pl i CITÉ, f f [ Pituita Humeur froide & humide. (Une pituite douce, aigre, salee, gypfeulé, à.) P1TUITEU X, pituiteuse, adj. [Pituitosm.^ Plein de pituite. (Sang pituiteux. Humeur pituiteuîe.) PITLTTEUX , f. m. [ Flegmaticus. ) Flegmatique , plein de pituite. (Les pituiteux r.’ont pas l’esprit 11 vif ni ft plaisant que les bilieux & les sanguins. PiVERD, J', m. [PJcm.2 C’est une forte de petit oiseau qui monte fur les arbres , il y a deux fortes ce piverts. Voyez M. Ménage & Vic-vert. PIVOINE, c Pyrrulus~] Ménage, Observations fur la langue Françoise a décidé que pivoine lignifiant un oiseau étoit masculin & cela vraisemblablement par ce qu’il a dit dans son oiseleur, le pivoine auxyeux noirs. Les oiseliers que j’ai consultez sut le mot de pivoine le font autant féminin que masculin. On suivra ià-dclsus le sentiment qu’on voudra. A moins qu’on ne veuille s’en raporter au sentiment de l’Aeademie qui le taie féminin. Le pivoine donc ou la pivoine est un fort bel PLA oiseau de la grosseur & de Pair d’un pinçon. E!le S le bec court, & un peu crochu & luisant. Elle a la tête & la queue noire, & les extremitez des grosses plumes de ses ailes de la même couleur. Elle a un filet blanc au milieu des ailes, la gorge & l’estomacd’u- ne couleur qui tire fur le vermillon. La xwàe vit environ fix ans. (Une pivoine mâle, une pivoine Femelle. Les Latins apellent la pivoine rubicilìa & les Italiens cîjbletto. Voie'/. Olina , Traité des oiseaux qui chantent.') PIVOINE, s. s [Pxonla.J Sorte de fleur qui est rouge, blanche, ou de couleur de chair, & qui fleurit en Mai. (Une belle pivoine.) Cf PIVOINE. Ce mot signifie deux choses, une fleur & un oiseau. Dans la première lignification il vient de Pteoma, ainsi apellé du nom de son inventeur. Pline en a fait mention au liv. 25. art. 4. & dans la signification d’un oiseau, ce mot est de Pavonia , á cause de sa ressemblance avec un Paon. PIVOT, s m. [Axis, car do .] C’est un morceau de métal dont le bout est arrondi en pointe pour tourner facilement dans une virole. Ce fur quoi touche quelque chose. (Les portes cochéres tournent fur un pivot. Les globes tournent fur deux pivots. Le suer]}ain acheve en deux coups de rabot, Et le pupitre enfin tourne fur son pivot. Deípr.) * PIVOT. [Prasidium, columen.'] Ce mot au figuré, signifie soutien. (La France & l’F.glìse se tournent sor vous comme sur leur pivot. Voit. po'es. Tantôt je peins en un récit La Jotte vanité jointe avec l’envie Deux pivots sur qui roule aujourd’hui nôtre vie. La Font.) PIVOT. Terme ô.’Eaux & Forêts. Racine principale que l’arbre pouffe dans terre en ligne perpendiculaire. í PiZE, ou B 1 ZA. Poids dont on fe sert dans le Roïaume de Pegu. PLACAGE , f m. [Mttjìvum opta. ] Terme de Tourneur, & de Menuisier. C’elt une forte de menuiserie qui consiste à plaquer du bois scie par feuilles fur les fonds faits de moindre bois, & à le coter pat compartimentaveede bonne cote. Le placage Feuille de bois de Grenoble que les tourneurs apliquent fur du bois de sapin. (Une table de placage. Travailler de placage. C’est du placage que cela.) Le P. Labbe donne deux dérivations àì ce Ternie, ou il vient, dit-il, de *•*«!, tabula , ou de place, Platea , ■xÀxrelx, ce qui fe cole & s’afiehe dans les Places publiques & dans les Carrefours. Nous disons placer quelqu'un ; un placet pour une chaire, un tabouret, deplacer, réplacer, &c. Plaque & plaqueront plus de raport avec n acufatif de cîont les Latins ont pu faire un substantif plaça , & ajoutant une Lettre planca une planche , qui se trouve dans les actes de S. Marcel, Pape & Alartir, & ailleurs; ii l’on aime mieux le dériver de planus, d’autant qu’elle est aplanie & sert à faire Faire ou sol d une sale, chambre ou grenier plain & uni. Planchete, plamula, plancher d’ais une chambre; plancher marqueté, pave d* brique; c’est ainsi que les etimologistes s’égarent souvent dans le Grec & dans le Latin, pour trouver Fori- gine des mots, dont on peut aisément fe palier. PLACARD, ou parMonccau Royal, f m. [Libellas publicé ajjíxus .J Armes du Roi qui fe metentau commencement des aiìches pour crier les immeubles à vendre par décret, & que le sergent met à la porte de la parodie du lieu où les biens sont réellement saisis. ■t PLACARD. [Libellas famojiis.'} Sorte d’ecritqu’on atkhs. Sotte if écrit injurieux qu’on atache pour être lú. {Mes vers a vos placards servent de pajje port. Scur. poës.) PLACARDER, v. ail. [Projlrióere , libellassgere. ] A ficher un placard. (On a placardé des libelles difa- macoires à ta porte du Gouverneur. L’Académie Françoise n’aplique ce verbe qu’aux personnes & non pas aux choses. Placarder quelqu’un, c’est aficher des placards injurieux contre quelqu’un, Acad. Fr.) PLACE , j. s. [Locus , fiatium.) Lieu découvert & fans bâtiment. (Une belle, une grantie place. Une place pour bâtir. La place Royale de Paris est un des plus beaux quartiers de toute la ville. Cette place èlt belle, mais elle n’elt ni ii agréable, ni ft gaie que la place du commun jardin de Londres. Cinq PLA Cinq ou fix petits arbrisseaux Qui Pan prochain Jeront pins beau» I trions en corps demander place Sur nôtre agréable terrajfe. Mile. de Scudery.) PLACE. [Lochs.] Espace, ou lieu pour palier, ou pour se métré. (Place. Faire place. Aletez-vous-là, il y a de la place assez, & s’il n’y en a autant qu’il en faut on vous en fera.) PLACE. [Serfer.] Lieu où est une personne. (Prendre la place d’une personne. Ceder, ou donner sa place à quelqu’un.) ffe ne voudroispas être à fa place. [Non talis ejfe qualis eji optarem.] C’est-à-dire, en l’état où il est. PLACE, [Area.] Ce mot en parlant de guerre & de baterie lignifi z champ de bataille. Lieu où l’on s’est ba- tu. (U y demeura environ quinze cens hommes fur la place. 11 en demeura quelque cinq cens fur la place, Ablanc. Arr. I. i.) PLACE. [Arx , oppidum munition.] Ville , forteresse, ou autre pareille chose.).(Forcer, prendre , secourir une place. II Jemble ri tire enfin venu que pour aprendre . Le grand art de forcer une Place à Je rendre. Desh.) PLACE de guerre. [Arx.] C’est une forteresse. (C’est une place de guerre qui n’est pas dificile à défendre. C’est une place de guerre coniidérable, importante, fameuse, &c. Place régulière ou irréguliére.) F Mr de Folard a donné deux savans Traitez de l’ataque & de la défense des places des Anciens , où l’on trouve des recherches fort curieuses. Cet habile o licier y fait voir que les Modernes n’aprochent pas des Anciens dans ces deux parties de Part militaire. Yoïez son Polybe. f On ne doit aprocher d’une place assiégée que dans le dessein de la délivrer par une action d’éclat. Ibid. La conservation d’une place, qui couvre toute un frontière, est mille fois plus précieuse que celle des troupes qui la défendent, & qui peuvent la sauver par un coup de vigueur. Ibid. PLACE bajje , place haute. [Inferior vel fublimis lotus.] 11 se dit des bateries de canon qui font dans les casemates, ou flancs retirez. PLACE d’armes d’une ville de guerre. [Area ad con - gregandos milites apta.] C’est un terrain libre & spacieux où s’assemble la garnison en cas d’alarme, ou quand il survient quelqu’autre chose. PLACE d’armes de Camp. [Arena.] Terrain où l’on range les troupes en bataille. PLACE d’armes de compagnie. [Spatium ad aciem difpo. nendam.] C’est le lieu où s’assemble la compagnie. La place d’armes d’une ataque , ou d’une tranchée. C’est un poste où on loge de la Cavalerie & de l’Infanterie pour soutenir les sorties de la garnison, & favoriser le travail des tranchées. •f En place marchande. [In publico.] C’est-à-dire, en lieu public, & exposé à tous les passans. (Etre en place marchande.) II y a plusieurs Proverbes. Compliment de la place Flaubert font des complimens communs & populaires. Quand un homme trouve fa place ocupée, on lui dit: C’est aujourd’hui saint Lambert, qui quite fa place la perd. PLACE. [Locus. ] Rang qu’on tient parmi les sça- vans. Saint Augustin a la prémiére place parmi les Pérès fur les matières de la grâce, & Defcartes parmi les Philosophes. La place. [Forum.] La place au change. C’est le lieu où s’assemblent les Marchands pour parler de leurs afaires. La place de Lyon est la meilleure & la plus riche de France. t * La place n’eji pas tenable. C’est-à-dire, la place est incommode. f * Faire place à un verre de vin. [Meire.] C’est- à-dire, pisser. * PLACE. Ce mot signifie encore un emploi, une charge. (Demander, briguer une place vacante.) PLACE. [Ordo , fertes.] II signifie le rang & l’ordre dans lequel les choses doivent être. (11 est hors de fa place. Métré chaque chose en sa place. Cette pensée est belle, mais elle n’est pas en fa place.) PLACER , v. a. [ Locare , ponere. ] Métré, poser. (Placez cela en cet endroit. II a placé son argent sur l'ïiôtel de Ville. PLA Et de'ja les galons chasseurs Non Jims àeoiter des douceurs Ont fait placer jur des feuillées Les Dames de neuf habillées. Perr. Chasse.) ^ PLACER. [ Difponere, collocare.] Métré, ranger le« choses comme il faut. (je ne veux point d’un aini qui me place dans son cœur avec des personnes fans mérite. MUe. Scud .) PLACER. [Nummotinfœnore ponere.] Bien métré son argent. (J’ai placécent mille francs fur le Clergé.) On ditausli. Qu’un père a bien placé h fille, quand elle est bien mariée. [Benè collocare.] Qu’un garçon est bien placé, quand il a un bon emploi. [Ampìum munus obtinet.] F PLACER bien la baie. C’est en termes de jeu de paume , pousser la baie avec la raquette, en forte qu’el- le aille fraper l’endroit qu’on veut. F On dit aussi en termes á’Escrime, placer bien son coup. F * Avoir le cœur bien placé , c’est-avoir de l’hon- neur, de la vertu, avoir les sentimens d’un honnête homme. (11 a le cœur bien place, il a le cœur fors mal placé.) .* PLACET , f m. [Sitffillium.] Siège fans. dossier. (Un beau placet. Saint Amant n’eut du Ciel que fa veine en partage , Un lit çcf deux placets compojôient tout son bien. Delpreaux, Satire i.) PLACET. [Libellus fupp/ex.] Ecrit qu’on présenté à un Juge, ou à quelque personne de grande autorité pour la suplier de quelque chose, ou pour la faire ress iòuvenir de quelque chose qui nous importe. (Présenter un placet au Roi, à Monsieur Colbsrt, à Monsieur le prémier Président, &c. (C’est un placet Monsieur que je voudrois vous lire, Mol.) Ces sortes de demandes faites par écrit, que l’on présente au Roi, aux grands Seigneurs & aux Juges, font apellez placets parce au’ils commencent toujours, plaije à vôtre Majejlé. Plaise, &c. Les Latins les apelloient elogia. Ammian Marcellin, liv. 14. dit que Constant!us étoit inexorable, & qu’il ne revoquoit jamais les condannations de mort quand il les avoit prononcées, quoi qu’on lui fit connoître par des placets l’innocence des condamnez : Ideoque fertur , nemìnem aliquando , ob bac vel Jhnilia pana addiflurn oblato de morie elogio revocari jujjìjje. PLACET. C’est une maniéré de petit poème François qu’on fait en forme de placet. (Voiture & Sca- ron ont fait de jolis placets.) PLACIER , placière, f. m. ffifi.f. [Locator.] Fermier de quelque place démarché. Celui, ou celle qui loue les places aux harangéres, fruitières & autres qui étalent les marchandises. (Le placier est tenu de ne- teyer le marché..) PLA-FOND. Voïez plat-fond. F PLAFONNER, v. a. Garnir de plafonds, ou couvrir le haut d’un plancher. (Une chambre bien plafonnée.) PLAGE, f fi [Littus vadofum.] Terme de Mer. Rivage de mer où les navires ne peuvent aborder, parce qu’il n’y a ni assez d’eau , ni assez de fond. (La plage n’est pas bonne. La plage est dangereuse.) PLAGE. Ce mot vient du Latin plagie. II signifie, lieu , endroit. {EJì-il dans l’Univers de plage fi lointaine Où ta valeur ne te puijfie porter. Despr. Epi t. 4.) PLAGIAIRE , fi. m. Ce mot est tiré du Latin pla. gìarius. Auteur qui s’attdbuë les ouvrages d’autrui. (C’est un franc plagiaire. Allez, fripier de vers, impudent Plagiaire , Alle2 cuijh'e. Mol. Femmes fav. a. ;. f. 3. Politien étoit un plagiaire. Columf) PLAGIAIRE. Nous ne connoissons plus les plagiaires, dont il est fait mention dans la jurisprudence Romaine, sous le titre ad legem Fabiam de plagiariis. C’é- toit un crime capital que de vendre des personnes libres pour servir comme esclaves, & de donner retraite aux esclaves fugitifs; l’abolition de la servitude personnelle a fait cesser le crime : mais le mot plagiaire subsiste encor, & subsistera long-tems. On apelle ainsi ceux qui s’apro- prient les pensées, les expressions, en un mot les Ouvrages, qui ont été donnez au Public. C’est un larcin lite- raire, que (impunité a autorisé dans tous lesteras. On a eu 0 iz6 PLA a eu beau crier au voleur , ii n’a pas été possible d’a- bohr ce pillage dans la République des letres. II faut convenir qu’il est bien dificile de l’en bannir entiere- ment. H ns a rien, dit-on, de nouveau fim le soleil, tout ce que l’on peut dire à présent, a été dit plusieurs fois; il n’est donc pas poílible d’éviter une juste sensation de larcin, fi l’on entend le terme plagiaire, dans toute l’étendue de la lignification, & fans restriction. 11 me semble que l’on doit suivre dans la république literaire la Loi d’un peuple qui s’est distingué par fa sévérité des autres nations de i’ancienrie Gréce. Les Lacédemoniensne punilfoient point le larcin comme un crime; mais ils condannoientau fouet le voleur, pour n’avoir pas soû cacher son vol; il en doit être de même dans l’Etat literaire. Ce n’est point lin crime de prendre chez les autres ce qui peut convenir à son sujet; un Auteur qui donne au Public son Ouvrage, l’abandonne & se dépouille du droit de propriété, ce n’est plus son bien, il est au premier ocu- pant; mais çelui qui s’en empare, & qui s’en sert fans précaution, n’évite pas la honte du larcin. On peut iè parer des diamans d’autrui : mais ils feront peu d’hon- neur, fi on ne les déguise ^de manière qu’on ne con- moisse pas d’abord qu'ils o'*t été empruntez. Limitation est uh des déguisement dont on peut se servir, pour user des Ouvrages qui Tont entre les mains de tout le monde. „ C’est selon Quintilien ìiv. 10 . cb. i. dans ,, les bons Auteurs qu’il faut prendre l’abondance & j, la richesse des termes, la variété des figures, & la ,, manière de compolèr; ensuite on s’atachera forte- „ ment à imiter toutes les perfections que l’on voiten 3 , eux ; car on ne peut pas douter qu’une bonne ,, partie de Part ne consiste dans Limitation adroite- ,,ment déguisée. ,, Les partisans de Virgile convier,- nent qu’il a imité Homère; qu’ii s’est servi de ses descriptions, de ses comparaisons: mais on dit qu’il en a usé comme ceux qui cherchent dans les mines des pierres pretieuscs, lesquelles, après les avoir trouvées brutes & informes, les metent en œuvre dans de Lor ou de l’argent, & en font connoìtre le prix. Cette imitation doit être tolérée dans la poésie plus que dans la prose, & W. de Segrais a raison de dire dans fa préface de la -traduction de l’Eneide de "Virgile que le Poète qui ri empruntera rien des autres , b H U! fira célèbre , ejl encor a naître. Cela peut être vrai, mais enfin il faut tacher de passer pour inventeur & pour original , plùtôt que pour un copiste ; quelque parfaite que soit la copie, on met toujours une grande diférence entre celui qui a inventé, & celui qui a copié. Du moins li l’on ne peut pas donner un air de nouveauté à son ouvrage, il faut ou confesser de bonne foi l’emprunt que l’on a fait, ou sou- Frir que l’on soit traité de plagiaire. PLAID ' J'• m - [sfurgnim , contentiolj Vieux terme de Pratique. Qui lignifie, Débat, question, & qui n’est plus en usage. PLAID. II ne faut pas confondre les plaids, c’est- à-dire, les lieux où l’on plaide les causes des parties, & les causes mêmes avec les p laits , ou selon quel. ques-uns le plait ou pleit. On fçait que dans la première race de nos Rois, on tenoit seulement deux fois Tannée des plaids généraux, placita generaiia, où l’on traitoit particulièrement des alaires importantes à l’E- tat, & c’est de la formule des jugemens rendus dans ces plaids généraux, que nous avons conservé la formule des Edits & Déclarations de nos Rois: car tel ejt nôtre plaisir. Le terme placitum pour signifier la décision de l’assemblée générale marquoit aulli le lieu, où l’on rendoit les jugemens , comme dans cet endroit des loix d’Ecosse, tit. i. où il est dit que le Roi Malcoimm avoit distribué toute la terre d’Ecosse à lés hommes: Et nibil Jìbi retinuit in proprietate, nisi re. giarn dignitatem çVf montent placiti in villa de Scona. C’est à-dire, qu’il fe réserva un endroit pour y tenir les assemblées publiques, pour y recevoir les hommages de ses vassaux, & pour y décider les querelles des grands Seigneurs: mais il n’étoit pas poílible de di- férer la décision des querelles particulières aux plaids généraux, fans laitier pendant l’intervalle de la tenue, îe trouble & le désordre dans une infinité de familles. Ainsi les Rois de la seconde race tenoient eux mêmes ies plaids, rceevoient ses plaintes de leurs sujets, & Jeur rendoient jultiee dans la campagne, sous des arbres, & enfin ils le plaqoient à la porte de leur Palais ; & on apella cette manière de rendre la justice, les plaids PLA de la porte. Joinville a dit dans son Histoire de Saint Louis que mainielôvs , dit-il, ayvâ que le bon Saint, après qu’il avoit oui mejje en été , il s’alloit ebatre au bois de Pincennes, &? Je Jeoit au pié a’un chejne, U nous faijoit seoir tous auprès lui , & tous ceux qui uvoient afaire, venaient à lui parler , Jans ce que aucun HwjJier n: autre leur donnajl empêchement, N demandent hautement de fa bouche , ft avoit nul qui cút partie. Un peu auparavant il avoit dit que cette maniéré de rendre la justice, étoit apellée, les plaids de la porte. Ce fut fut cet exemple que les Juges des Provinces, qui y furent ensuite établis, tinrent leurs assises, & leurs plaids dans les champs, dans les rués, devant les portes des Eglises; c’étoit dans ces lieux que nos premiers Rois, assistez des plus habiles & des plus sages de leur Cour, recevoient les requêtes & rendoient leurs jugemens fans autre formalité : mais il devint impossible de dé- cider le grand nombre d’asaires, qui fe prefentoit, & l’on fut obligé d’établir des Juges, do u t ou composa un Parlement; & cependant les Rois ne laissoientpas de rendre la justice ; car on volt que Charles Y. fit un Edit fur ce sujet le 27. de Fevrier i;;y. 0 " PLAIT Seigneurial. C’est principalement dans 1 « Dauphine, un droit que l’on paye au Seigneur féodal par le changement du Seigneur ou du possesseur de la chose qui y est sujete. M. de Salvaingdu Boiffieua fait un Traité fur ce sujet. PLAIDS, J', m. pi. \Loca N tempora ad judicia exrr- cenda.2 Lieux iX tems où l’on plaide. (On ouvre les plaids le lendemain de S. Martin. On donne les assignations à jour de plaids .) 0 On ne sc sert du terme plaids que dans le stile familier, petit Jean a dit dans les plaideurs de AI. Racine. Tous les jours le premier aux plaids, Ak le dernier. Et ensuite. îl nom k faut garder nuit ç-f jour U de prés, Autrement serviteur, EF nvm homme eji aux p'aids, PLAIDANT, ante, adj. [Acior cuujœ.j Avocats qui ont coutume de plaider. 11 y a trois sortes a’Avo. cuts, ses confultans, ses plaidant, les écoutans. Et le heur de R. fera toujours du nombre des derniers. PLAIDER, r>. a. [Caujàm d/cerej f aire la fonction d'Avocat. Soutenir en justice le droit de fa partie en qualité d’Avocat, ou de Procureur. Defendre & soutenir en justice son bon droit. (Plaider une cause à la Grand’Chambre , aux Requêtes, à la Cour des Aides, , c’est un évenement, dit Pline , fameux ,, par le rang de la personne , salutaire par la sévérité „ de l’cxemple, mémorable à jamais par son impor- ,, tance. “ Marins Prisons, Proconsul d’Áfrique, fut acu- sé par les peuples de cette Province : mais fans alléguer aucune raison, pour se défendre des Juges ordinaires qui- ne connoissoient que des a faires civiles. Pline & Tacite furent chargez par le Sénat de la cause des Africains, pour eviter la jurisdiction des Juges ordinaires ils exagérèrent l’énormité du crime de Prise cus. Latins Fronto, plaidant pour lui, soûtint que l’acusation se reduisoit au simple pécblat, dont la peine n’étoit que pécuniaire, la contestation fut vive dans le Sénat, & enfin on suivit le sentiment de Ju. lius Ferox designé Consul ; on donna des Juges fur le pécuíat, réservant l’acusation principale pour être de. cidée après que la civile scroit terminée. On ne voit point comment elle fut décidée ; mais on aprend par cette méme letre » que l’acusation fut portée au Sénat & plaidée en presence de l’Enipereur pendant pré* de cinq heures ; „ car on me donna près d’une heu. „ re & demie , dit-il, au delà des trois & demie, qui -, m’avoient d’abord été acordées. Cette méme letre nous aprend que l’on prescrivoiS aux Avocats les heures pour plaider, & l’on croît que Pompée avoit introduit cet usage dans son troisième Consulat; du moins il est certain par le témoignage de PAuteur du Dialogue de la corruption de l’éíoquen- ce, que dans Pancien Barreau les Avocats pouvoient parler autant qu’ils vouloient : mais dans la fuite on trouva à propos de métré des bornes au zélé des Avocats, qui croient n’en avoir jamais assez dit, & qui ne savent pas s’enfermer dans l’essentíel de la cause, Gn comptoit donc du tems de Pline les heures. & on les comptoit par une efpéce de cadran au soleil, qûi étoit pour lors en usage. Mais les Avocats ne pouvant s’acomtnoder de cette contrainte, ils rétablirent insensiblement Pancienna liberté de parler autant qu’ils le trouveraient à propos. Pline rémarque même dans la seconde lettre dii sixième livre que Regulus deittandoit toújours une audience libre; ce qui lui a paru toújours si juste, que toutes les fois qu’il étoit Juge, il acordoit facilement tout le tems qu’on lui demandoit; car enfin, dit-iso il y a de l’injustiee à prescrire des bornes à une cause dont on ignore le sujet. Les Avocats allant au Barreau , à leur retour afectoient d’être suivis par une foule de cliens. Quintilien a dit en 8k moquant de certains d’un médiocre mérite, après avoir débité avec beaucoup de clameurs une infinité de choses qui ne conviennent ni aux Juges ni à la cause, ils sont acom- pagnez à leur retour par un grand nombre de personnes & passent au travers de la place. 11 y a eu dans tous les tems des Avocats du caractère de ceux que le même Quintilien apelie Rabula t latratores , ils crient à pleine tête, ils dégoûtent de toutes parts de sueur, ils citent fans choix une infinité de loix & d’Auteurs, qui n’ont aucun raport au fait dont il s’agit, & s’adrent ainsi l’admiration des ignorans. C’est ce que Martial tib. 9. Ep. 19. a naïvement exprimé par cette épigramme ingénieuse, que l’on peu6 encor apliquer à plusieurs Avocats de ce siécle; il ne s’agit point ici ni d’une violence ni du poison, mais seulement de trois chèvres que mon voisin m’a dérobées ; le Juge a ordonné la preuve du vol, ct tu nous parles de la journée de Cannes* de la guerre de Mitridate, de celle de Lattage * des fureurs de Sylla & de Marius, tu t’emportes dans ce récit : mais enfin dis-nous quelque chose des trois chèvres. 11 y a dans l’Anthologie lib. 2. cap. 46. une Epigramme dans ce méme sens : J’ai perdu un pourceau, un bauf& Une chevre , £•? je vous ai payéMenelles pour plaider ma cou- Je : ma/s qu’ont de commun avec ma eauje Qtriades N à ThermopileS, c'ejl a Euticbides que j’ai afaires laijjiz-dóne Xerxés N les Lacédímoniem , b nc penjix qu'a moi dans Tmne III, S etU 138 PLA cette occasion , autrement je dirai par tout : Menelles a parlé de toute autre chose que de mon pourceau. Belle leçon pour une infinité dnvocats , qui parlent beaucoup & disent peu de chose du fait dont il s’agit^ Ce Barreau si fameux a suivi le fort de l’Empird Romain ; il fut florissant pendant que la République a subsisté, & tous les premiers Empereurs : mais son éclat s’avanouit avec celui de l’Empire, dont la de* struction entraîna celle de l’éloquence & des beaux arts, les querelles se décidoient paf les armes j &la raison fe trouvoit toujours du côté du plus fort J il est vrai que la plupart s’étant établis dans quelques contrées devinrent peu à peu susceptibles de quelques régies, & íe firent des loix selon leur génie , nous en avons des restes qui font connoítre leur esprit Sc leurs mœurs ; on y voit paf tout de la -férocité. 11s n’avoient ni Avocats, ni Magistrats4 comme ils orit été établis dans la fuite; Je ne m’arrêterai point aù détail de cette jurisprudence ; je remarquerai feulement qu’il ne la faut pas chefcheí parmi les François qui habitoient au delà du Rhin, & qui étoient demi sauvages, ils ne connoiffoient ni l’or ni l’argent z ils fe payoient en cuir j en bled, en fruits, en bétail ; & fur cette idée de leurs mœurs, il est aisé de juger qu’ils n’avoient ni loix ni tribunaux de justice ; quand ils fe furent rendu maîtres d’une partie du pais qui est en déca du Rhin j ils y vécurent pendant Iong- tems comme ils avoient fait auparavant.- mais il ii’é- toit pas possible qu’ils subsistassent dans le désordre j où ils étoient ; & pour établir quelque régie dans le nouvel Etat, qu’ils commençoient de fonder * ils ordonnèrent une assemblée générale, que l’on tenoit tous les ans le premier jour du mois de Mai dépuis le régné de Pépin. On venoit armés dans ces assemblées, où chacun avoit droit d’aiïister & de demander justice. Le Roi y présidoit acompagné de ses O liciers, ort les apelloit champ de Mars , champ de Mai. Les Ducs & les Comtes que l’on envoyoit dans les Provinces pour les gouverner , y étoient mandez , pour rendre compte des a faires de leur gouvernement, 1 prés pendant la vie, qu’il l'a été dépuis son décès ,, par ses Ecrits, par lesquels il a tellement marié & ,, aproche le droit Romain avec celui de la France, „ que tous ceux qui font venus depuis, l’ont suivi ,, comme leur Maître. Or feu Aï. Seguier connoif- 11 íant cela mieux qu’auoun homme de son tems, fçut PLA „ s’en servir à propos aux plus grandes afaires aux- „ quelles il étoit emploïé , prenant bien la peine de „ dresser lui-même un mémoire de ce dont il dési- „roit s’instruire, & de le bailler à Dumoulin avec „quatre ou cinq écus qu’il advançoit de fa bourse, ,, sur lequel M. Charles Dumoulin donnoit son advis „ par écrit raisonné & fortifié d’autoritez de droit, ,, de doctrine de Docteurs & d’arrêts, lesquels M. 8e- „ guier savoir si bien ménager, avec ce qu’il y aportoit „ de fa forme & de son jugement, qu’il avoir excellent, „ il se rendoit admirable dans ses plaidoiers. “ D'exemple de ce grand homme doit aprendre à ceux qui choisissent la profession d’Avocat, qu’il ne sufit pas pour réussir dans le Barreau, d’avoir de l’ésprit, & de scavoir beaucoup, il faut encor avoir des talens personnels que l’on aporte en naissant, & qui ne s’a- quiérent jamais. Se plaider, v. r. {Inter se litigare .] Etre en procès avec quelqu’un. (Les moines reformez & non reformez d’un méme Ordre se plaident souvent les uns les autres, & cela est honteux.) PLAIDEUR, s. m, [] Lìtigator . ] Ce mot se prend souvent en mauvaise part & signifie, qui aime à chicaner , chicaneur. II signifie aussi qui a quelque procès. (Les Normands font des plaideurs. Les plaideurs font à plaindre » car les Procureurs les sucent jusques aux os. Et partout de Plaideurs des escadrons épars Font autour de Themis Jìoter ses étendars. Despr.) PLAIDEUSE, f. f. f Litìgiosa.J Ce m ot signifie. Celle qui aime à chicaner. Chicaneuse. Celle qui a queG que procès. (C’est une plaideuse. Avoir pitié d’une pauvre plaideuse.) PLAIDOIRIE , s. f. [Litis agitatio .2 Action de plaider. Tout ce qui se dit de part & d’autre dans une cause qu’on plaide. Exercice d’Avocat fréquentant le barreau. (Se donner tout entier à la plaidoirie.) Çìtri. Tradulïton des Illustres Orateurs de Cicéron. L’au- dience favorable que la Cour me donne, m’emporte au delà des bornes d’une juste plaidoirie, P atru, ;. plaidoyé. Mais enfin je verray dans cette plaidoirie Si les hommes auront ajfez d'éfronterie. Mol.) On dit en termes de Palais un jour plaidoyable. [Dies ïegitimi /«•/.] C’est-à-dire, auquel on peut plaider. PLAID OVE', plaidoyer, f. m. [Causa dirfro.J L’un & l’autre le dit. Messieurs de Fort-Royal semblent être pour plaidoyé & l’Académie pour plaidoyer, mais qu’on écrive plaidoyé, ou plaidoyer , il faut prononcer plai. doyé. Le plaidoyé est une afaire qu’on a plaidée. Cause plaidée. (On n’estime dans nôtre langue en matière de plaidoyez que les plaidoyez de Monsieur le Maître, & ceux de Monsieur Patru.) PLAIDS. Volez Plaid. PLAYE , s fi [P laga, vulnusl\ Ouverture faite au corps par quelque coup. (Une playe grande, petite, dangereuse, mortelle. Penser une playe. Laver, netoyer une playe. Rafraîchir une playe. Playe qui n’a pas été bien guerie & qui s’ouvre quelquefois. La playe commence à se fermer. Ici l’un tombe ayant glissé Sur son fusil dans un fo[sé Et donnant du front Jur la crosse, Se fait une ésroyuble boise , Avec un trou , mais fans chagrin Quatre goûtes d’estrit de vin Guériront la bosté la playe. Perr. chasse.) PLAYE. [Cicatrix.J Ce mot sc dit aussi des cicatrices qui restent fur le corps après que la playe est guérie. Ainsi l’on dit, ce vieux soldat peut montrer plus de vingt plaves fur son corps. * PLAYE. {Mcerores, trijiitiœ. ] Affliction. Peine. (Dieu affligea l’Egypte de dix playes. Arnaud. Les playes de lame peuvent être mortelles.) * Les remedes les plus doux qui touchent à ma playe irritent ma douleur. Téo. poés. C’est-à-dire , qui touchera à la maladie amoureuse que j'ai. [ Vulnus refricare .] f Ne demander que playe est bosse. [Cupidus litium £;? rix/e’] Sorte de proverbe pour dire. Ne chercher, ne souhaiter, ne demander que querelles, & que débats. ÍLA 1Z9 î kLAIONANT, ante , adj. Terme de Pratique , qui lignifie celui qui se plaint en Justice de quelque tort qu’on lui fait. (La partie plaignante.) PLAIN, plaine , adj. [AEquusJ] II vient du Latin planus , & signifie, qui est plat & uni & fans aucune inégalité. (Un pais plain. En plaine campagne.  pur U à pla:n , pour dire entierement. [ Omni judicio.) PLAIN- Voïez plein. PLAIN-CHANT. Voïez pleìn-chant. í PLAINDlN, f »t. Serge qui sc fabrique en E- cosse. PLAINDRE , v. n. [Sortem alicujus lugere. J Avoir pitié. Avoir compassion. Je plains, tu plains, il plaint, nous plaignons , vous plaignez , ils plaignent. Je plai- gnois, j'ai plaint. (Plaindre quelqu’un. Je plains bien le pauvre Molière de s’étre attiré fur les bras Messieurs de la Faculté. Abl.) Se plaindre, v. r. [Queri, conquerij Je me plains, tu te plains , nous noSs plaignons. Je me fuis plaint. Faire des plaintes. Se lamenter. Soupirer. (II se plaint de la Cour. Se plaindre d’une personne, Abl. Le poète Mainard sc piaignoit incessamment de fa fortune. Accoutumez-vous à la vue D"un homme qui souffre U se plaint. Bens. Etre satisfait de son sort Quel qu’il soit ne jamais s’en plaindre Et regarder venir la mort Sans la deftrer ni la craindre.') j (f Nos anciens Poètes ont fait plaindre neutre. Malherbe dans une chanson. J’ai beau plaindre Qf beau soupirer Et ailleurs, Depuis que le Soleil est dessus sbemifpbére Qtfil monte ou qu’il décend , il ne me voit rien faire Que plaindre (-s soupirer. Bertaut. Autre cœur que le mien auroit-il la constance Desouff-ir tant de malsans plaindre A) soupirer. Racan Sonnet. Depuis que vous tenez ma franchise asservie Je n'ai fait jour N nuit que plaindre (5? soupirer. Ménage & Chevreau ont décidé que le mot plaindre n’est point neutre. L’Editeur anonyme a publié une nouvelle remarque de M. de Vaugelas fur le mot plaindre ; ,, j’ai demandé, ce sont les termes de la ,, Remarque, à l'Académie, fi le verbe plaindre vou- „ loit toujours a prés soi le regime de ce que , comme, „je me plains de ce que vous m’avez fait tort, & el- ,, le a résolu qu’à la vérité ce regime lui étoit naturel, „ & même ordinaire , mais qu’on pouvoit non feu- ,, lement le soprimer, comme, je me plains qu’il ail- „ le , ou je lui défens d’aller, & alors on a fort bien ,, parlé. PLAINE,/./ {Campus, planifies .] Etendue de pais fans montagnes. (Une belle plaine. Une grande plaine. Une plaine vaste & spatieusc , Ablancourt. C’est un petit village, ou plûtôt un hameau, "Bâti fur le penchant d’un long rang de collines D’où F ail s’égare au loin dans les plaines voisines. ' f Quelque rases & nettes que les plaines nous pa- roissent au coup d’oeil, elles sont cependant propres aux embuscades. Elles ne sont pas si unies, qu’iì n’y ait des fonds insensibles, des ravins, des fossez & de petits rideaux de terre, capables de cacher & de couvrir non seulement un grand corps d’infanterie, Biais encore de la cavalerie. Polybe de Mr. de Fo- lard. 11 y a diférentes maniérés de ranger une armée en bataille dans un pais de plaines. Ibid.) PLAINE. {Areascuti plenaf] Terme d e Blason. C’est la pointe de l’Ecu, lors qu’étant coupé en quarré, il reste fous le quarré une partie qui est d’autre cou- leur, ou émail que l’Ecu. PLAINT, plainte, adj. [. Mœfium sacere.) Ce mot est fort peu usité au féminin. (11 est plaint de tout le monde, parce qu’il est honnête homme. C’est-à-dire, on a pitié & compassion de lui.) PLAINTE, / f [Dolor, luclus, agritudo , gemitus .] Lamentation. Action de se plaindre, de sc lamenter. Gémissement. Soupir. Paroles qui impriment quelque douleur. Discours où l’on sc plaint. ( Entendre les plaintes des personnes affligées. Plainte de la France à Rome. La plainte des Nymphes de Vaux. Tom. III. S » Chan- 140 PLA Chantez petits oiseaux , mû danger , nulle crainte , ETinterrompe jamais votre amoureuse plainte. Segrais, Eglogue 4.) PLAINTE. C Quere/a , querimoniu , conque]tus. j Mécontentement. Paroles qui témoignent le peu de satisfaction qu’on a de quelqu’un , ou le tort qu’on a reçu. (Former ses plaintes contre quelqu’un. Faire des plaintes contre une personne. Porter ses plaintes à la Cour.) PLAINTIF, plaintive, adj. [Querulus , queribundus .] Qui se plaint, qui se lamente. Triste. Dolent. (Voix plaintive, Ablancourt. Une humeur jalouse & craintive se mit dans vôtre ame plaintive, Voit. po'es. Que fais tu dam ce bon , plaintive tourterelle ? Je gémis, j'ai perdu ma compagne fidelle. Fourc.) f PLAINTIVEMENT, adv. d’un ton plaintif, d’une voix plaintive. (Parler plaintivement, chanter plaintivement.) PLAIRE, v. n. [P/acere , aarridere.] Avoir de î’a- grément, des charmes. Charmer par quelques belles qualitez ou autrement. Agréer. (Elie plaît à l'on amant, parce qu’elle est riche. Elle lui plaisoit extrêmement parce qu’elle étui t belle, honnête àc spirituelle. La poésie plaît. Philis , j'ai tout fait pour vous plaire, Et f ce n’ejì qu’il faut mourir Je ne J'ai plus ce qu’il faut faire. Et pour n’avoir personne à sa flamme contraire Jusqu’au chien du logis il s’éforce de plaire. Mol.) PLAIRE. [Velles} Ce mot lignifie souvent vouloir , & alors veut la particule de après lui lorsqu’il exprime une volonté absolue. (II me plaît de faire cela. 11 ne me plaît pas d’y aller. Vaug. Rem. 11 a plû à Dieu de punir les nléchans, Pasc. I. 14. Plût à Dieu que vous eussiez dit vrai.) (si Toutes les femmes veulent plaire, & particulièrement celles qui ont le cœur sensible. Vous voulez qu’on vous trouve belle , Cependant vous étés cruelle ; Qn ne J'auroit vous enflammer, Je ne vous crois pas trop J’evére , Car enfin quand l’on veut plaire C’esi signe qu’on veut aimer. PLAIRE. Quand ce mot signifie vouloir , & qu’on l’employe par honneur, il ne veut point ordinairement la particule de après lui. Vaug. Rem. (Afin qu’il lui plaise me faire l’honneur de m’aimer. S’il lui plaisoit m’honorer de ses commandemens. Vaugelas , Re. marques. On dit pourtant très bien, s’il !m plaisoit de mourir , & c’est comme il faut parler lorlqu’íl n’y a pas lieu de métré un autre de après plaire.) On dit en termes de civilité, plait.il , Monsieur. [Quid vis.} On répond aussi, ce qu’il vous plaira. On dit par exclamation, plût d Dieu que j’eusse moins aimé la vie. [Utinam vita minus cupidus fuijsem.} A Dieu ne plaise. [Absit.} Ce qu’à Dieu ne plaise. [Quod avertat Deus.} On dit Prov. d’une chose mal ordonnée. Cela va comme il plaît à Dieu. [Ad arbitrium.} Cela vous plaît à dire. Se plaire , v. r. [bt aliquo se obletiare.} Trouver du plaisir & de la satisfaction en quelque chose, en quelque lieu, ou avec quelque personne. [Le Berger acablé de son mortel ennui , Fie se plaisoit qu’aux lieux ausiì tristes que lui. Segrais, Eglogue i.J f Se plaire , se dit aussi des animaux, pour dire, qu’ils aiment à y être, qu’ils s’y trouvent bien. (Les perdrix se plaisent sur ce coteau. Le poisson se plaît dans ce ruisseau.) í * Se plaire , se dit encore des arbres , des plantes, pour dire , que les arbres, que les plantes viennent bien & profitent dans un endroit. (La vigne se plaît fur les coteaux.) PLAISAMMENT, adv. [F aceté , fefiivè , non irridicu. lé.} D’une maniéré plaisante. D’un air agréable. (Pas. cal écrit plaisamment & solidement dans ses lettres provinciales. 11 y a force choses plaisamment dites, imaginées dans l’Histoire du Concile de Trente de l‘ra Paolo. ) t PLAISANCE,//. [ Amamìtas .] Ce mot ne sc dit qu’en ces façons de parler. Une maison de plaisance. [Prœdium beìlè aàsicatum U ameenum.} Un jardin de plaisance. C est une maison ou un jardin qu’on embellit «n vûë de s y divertir & non pas pour en tirer du revenu. PLA PLAISANT , s. m. [Facetus , ludìo , fesiivitatìs affe- Butor.} Celui qui plaisante. (U est difficile d’étre bon plaisant. Etre mauvais plaisant, Molière. Un froid plaisant est ennuyeux & insuportable à bien des gens. Vient-il de la Province une satire fade, D’un plaisant du pais insipide boutade , Pour la faire courir , on dit qu’elle est de moi. Despr.) PLAISANT, plaisante, adj. [Lepidus , festivus.} Di- vertissant. Agréable. (Les contes de Bocace & ceux des cent nouvelles font plaisans. Les fables de la Fontaine font plaisantes. Lucien étoit un esprit fort plaisant. Force gens croyent être plaisans, qui ne font que ridicules.. Balzac , iettres.) Ce mot plaisant joint avec le verbe être, & suivi d’un que régit le subjon- tif. {II seroit plaisant qu’un m o; t fit des prédictions. Fontenelle , nouveaux dialogues des morts. 11 est plaisant que vous croiez être plus habile que les autres, Abl. Luc. t. j.) PLAISANT, plaisante, adj. [Lepidum tu fane caput.} 11 se dit quelquefois par injure. (Vous étés un plaisant homme, un plaisant fat, &c. Je vous trouve plaisant de me faire ce discours.) PLAISANTER , v. n. [Scurrari, fcurriliter ludere.} Railler. Faire le plaisant. Dire les choses d’un air go- guenard , d’une manière enjouée. (II est difficile de bien plaisanter, Molière. La jolie façon de plaisanter pour des Courtisans, Molière.) PLAISANTERIE, / / [Facétie,J'curriles joeì.} Raillerie. Chose plaisamment dite, faite, ou imaginée. (Une plaisanterie fade, basse, froide. Plaisanterie ingénieuse. Tourner en plaisanterie, Molière. Pousser la plaisanterie. Mais c’est trop t’insulter, quittons la raillerie , Parlons fans hyperbole [si fans plaisanterie. Despr.) (si La plaisanterie est souvent d’un grand secours pour émousser la vivacité d’une raillerie piquante, laquelle on n’ose pas repousser, par quelque respect qui nous retient, c’est une leçon d’Horace. Ridiculmn acrì Fortius [si melius magnas plerumque secat res. PLAISIR, / m. [Deleàatio , voluptas.} Joye. C’est une aimable émotion de l’ame. C’est un changement qui arrive tout à coup, qui se rend sensible & qui met la nature en l’état qu’elle demande. Satisfaction. Contentement. (C’est le moindre péché de tous & le plus grand plaisir du monde. Presque tout le monde prend plaisir à s'aquiter iles petites obligations. Mémoires de iaRo- chefoucaut. Nous primes plaisir à ce conte. Pascal lettre 6 J’ai eu un plaisir extrême à lire. Voit. /. 59. Quand ce n’est que de l’or que mes plaisirs me coûtent Mes plaisirs ne me coûtent rien. Benferade, Balet de la nuit. z. p. Cléopâtre étoit de tous les plaisirs d’Antoine. Ci- tri, Triumv. p. ch. 12. Quand on a eu, Mad. le plaisir de vous voir & de vous parler le soir, il ne faut pas s’atendre à celui de bien dormir. S. Evre- mont , 4 p. -;;i.) ^ M. de Balzac a dit dans son Aristipe ; il y a- voit plaisir à oiiir un philosophe parler de la Cour. On dit aussi il y a plaisir de voir. * l-e plaisir de, la chair. [Obscenœ voluptates.} C’est la satisfaction qu’on a dans les privautez amoureuses. (Si j aimois les plaisirs de la chair , je me plaindrois d’avoir été trompée , Le Comte de Busii. Tout nous charme [si nous trompe en vous, Vous avez Vhumeur douce, [si toûjours les yeux doux Souvent un air fripon, mutin, touchant [si tendre, Qui marquerait quelques secrets désirs ; Etant, fait pour les plaisirs Pourquoi rien vouloir jamais prendre.) & On dit que les plaisirs dérobez font plus doux. La Fontaine a dit Pain volé, [si qu’on mange en cacheté, Vaut >»i«™ ----- - ’ mieux que pain cuit, [si qu’on achete. , KtAtl. j Ci) Cette pensée est sans doute tirée du neuvième chapitre des proverbes fur la fin où Salomon représente une femme débauchée , assise à la porte de sa maison, & apellant les passans en leur disant aqua furtiva à*l- ciores , panis abfcimditus suavior. PLAISIR. [Beneficium. meritum, gratta.} Bon office qu’on rend à quelqu’un ; grâce & faveur qu’on lui fait. (Les plaisirs qu’on fait aux gens font souvent intéressez. 11 est d’un honnête homme d’étre sensible aux plaisirs qu’un lui a faits. K PLA Si Charles par son crédit * M’a fait un plaisir extrême J’en fuis quitte , iì l’a tant dit Qu’il s’en eji payé lui mime. Gomb) A plaisir , adv. [Omni eurâ , indufiriâ claboratum.] Par plaisir. De dessein formé. (C’est une chose faite à plaisir. C’est de vous faire voir quel avantage vous avez fur ceux mêmes qui ont été formez à plaisir pour être l’exemple des autres. Voit.) Par plaisir , adv. A plaisir. [ jfocosê, facetè . ] Pour se divertir. Pour rire. (Travailler par plaisir. Ecou- tez-moi , je vous fuplie, charmante Iris, quand ce ne feroit que par plaisir & pour voir seulement comment je m’y prendrois.) PLAISIR. [ Voluntas , discretio .] Volonté, discrétion. (II peut faire de cette chose à son plaisir. C’eji-a-dire, comme il lui plaira.) Sous le bon plaisir. [ Sub placito. ] Façon de parler qui sent le Palais, c’est-à-dire, avec l’agrément & le consentement. Cela se fera sous le bon plaisir de la Cour. 0 ' On demande s’il faut dire , il y a plaisir à voir , ou il y a du plaisir à voir , le premier est plus usité que l’autre. M. Ue Balzac a dit il y a plaisir de le voir poljédn- une idole , esc. M. Pascal, il y a plaisir d’être dans un vaisseau batu de forage, lorsqu’on est assuré qu’il ne pourra périr. í PLAMER , v. n. Terme de Tanerie. Plamer un cuir , c’est lui faire tomber le poil ou bourre, après qu’il a passé par le plein, pour le disposer à être tanné. Quelques-uns disent Piler, au lieu de Plamer. f PLâMES , ou Plasmes, s. f. Emeraudes brutes propres à broïer pour faire entrer dans quelques medi- eamens. - P L AMUSE , f f [Alapa.] Terme bas & populaire, qui lignifie donner un coup du plat de la main fur le visage, je n’ai vû ce mot que dans le Dictionnaire de Trévoux- PLAN» / m. [ lebnographia, descriptio. ] C’est la «présentation du trait fondamental de quelque ouvrage d’architecture civile , ou militaire. 11 y a un plan géométral, & un autre plan que les Imagers apeilent plan à vùé d’oiseau. [Descripta lineis Jpecies .] (Tracer un plan. Lever le plan d’une place de guerre. C’est par le moyen des cordeaux & des instrumens de Géométrie qu’on peut voir quelles font les fortifications d’une place.) 0 ' PLAN. Vitruve se sert du terme Icbnographie, ce que nous nommons un plan , qui est la représentation de la position des corps solides, qui composent les parties d’un bâtiment, pour en connoitre la distribution; on apelle plan général, celui dont les solides & les espaces font de leur naturelle proportion ; plan relevé, celui ou l’élevation est élevée fur le géométral, ensorte que la distribution en est cachee, & plan perspectif > celui qui est par dégradation , selon les régies de la perspective, pour rendre les plans intelligibles. On en marque les massifs d’un lavis noir, les salies qui posent à terre, se tracent par des lignes planes, & celles qui font fupo- sées au dessus, par des lignes ponctuées. On distingue les augmentations ou réparations à faire d’une couleur diférente de ce qui est construit, & les teintes ou lavis de chaque plan sc font plus clairs à mesure que l’étage s’éleve. Plan régulier est celui qui est compris par des figures parfaites, dont les angles, & les cotez oposcz font égaux, & plan irrégulicr, celui qui est au contraire de biais ou de travers en tout ou en partie par quelque sujétion. Plan figuré, celui qui est hors des figures, & est composé de plusieurs retours avec enfoncemens quartez ou circulaires, angles saillans, pans coupez , & autres figures capricieuses qui peuvent tomber dans l’imagination oes Architectes, & qu’ils mettent en œuvre pour se distinguer par des productions extraordinaires, plan, Jardin, celui qui est ordinairement relevé fur son géométral , & dont les arbres, les treillages, & la broderie sont colorez de verd , les eaux de bleu , & la terre de gris ou de rougeâtre. Plan en grand, celui qui est trace austi grand que l’ouvrage, ou fur le terrein avec des lignes ou cordeaux atachez à des piquets pour en marquer les encogneures, les retours & les centres, & pour faire la couverture des fondemens ou sor une aire pour servir de-pure aux apareilleurs, L planter avec exactitude le bâtiment. PLA 141 * PLAN. (TVsesl.] Ce mot au figuré signifie dessein , projet de quelque ouvrage. (Faire le plan d’une histoire , d’un poème, d’une harangue, &c.) PLAN. [ ‘Superficies .] Terme de Géométrie. Surface plane. Port-Royal, lìv. art. 4. p ardies, liv. 1. art. S. (Ligne perpendiculaire à un plan. Ligne oblique fur un plan.) PLAN , plane, adj. f Area,solum. ] Terme de Géométrie. (Angle plan. Surface plane. Nombre plan Figure plane. Superficie plane. Construire des figures planes, Le Clerc , Géom. I. 2.) PLAN. [ Agendi ratio.] Dessein de conduite. (Peu de gens se font un plan de vie raisonnée & réfléchie, S. Evrcm. La plûpart des gens tracent aux autres un plan de conduite qu’ils ne prennent pas pour eux- mêmes. Nicole.) PLANCHE ,s s. [Axis, tabulaseHilis.] Ais, partie d’arbre sciée en long, qui a peu d’épaisseur, & qui porte de largeur un bon pié, ou un peu plus. (Une bonne planche.) f * Faire la planche aux autres. [Aditum aperire ] C’est montrer le chemin aux autres ; c’est leur montrer l’exemple, c’est les porter à faire de même que nous. (Voilà un arrêt qui fait la planche à bien des désordres) * C’est une planche qu’il a sauvé de son naufrage, [E naufragio tabula .] C’est-à-dire, ce qu’il a pû conserver de son bien qu’il a tout perdu. * Se fier Jur une planche pourrie. [Dubià fertuna ìn- Jìfiere.] C’est s’assurer fur une chose incertaine, fur des espérances mal-fondées, ou fur une personne qui peut manquer. PLANCHE. [Trabs lignea.] Terme de Vinaigrier. C’est une sorte de solive qui presse la lie. PLANCHE. [ASrea lamina .] Terme de Graveur. C’est une feuille de cuivre, sur laquelle on grave pour tirer des estampes. (Une belle planche. Une planche bien gravée. Graver une planche.) PLANCHE. [Tabula orne a.) Terme dTmprimeur en taille-douce. C’est une feuille de cuivre fur laquelle on a gravé une figure. (Ancrer une planche. Essuyer une planche. Oter le superflu d’une planche. Passer une planche sur le rouleau.) f PLANCHE, signifie aulïï , l’estampe tirée sur la planche. (Ce Livre est orné de belles planches.) PLANCHE. [Pulvinus.) Terme de jardinier Morceau de terre cultivé, long de quinze à vingt pieds, & large de quatre, ou environ. (Planche bordée de bouis. Une planche d’afperges. Une planche de poirée. Métré en planche. Faire une planche. Labourer une planche avec le rateau. Préparer , dresser, cultiver un# planche. Voyez la culture des fleurs.) PLANCHE'IER, v. a. [Contabulare ] Faire un plat fond. Le couvrir proprement de planches qu’on ata- che & qu’on ajuste comme il faut les unes contre les autres. (Planchéier une chambre au lieu de la carreler.) Quelques-uns disent seulement plancher, au lieu de plancheier, & d’autres comme Danet planchéer. PLANCHEIEUR,/ m. [Tabularum diflributor.) C’est un Oficier fur les ports de Paris qui dépuis le bord de la rivière jusques fur les bateaux chargez, met de fortes planches fur des tréteaux afin d’ailer & de venir fur les bateaux & d’en décharger les marchandises. PLANCHER, f m. [Tabulatum] Terme à’Architecture. C’est la séparation des étages des logis en dedans. Les planchers ont deux faces, l’une au dessus fur laquelle on marche, & l’autre au dessous, qu’on nomme plat-fond, lorsqu’elle est lambrissée. Les uns font fur les rés de chaussée , les autres entre deux étages, & d’autres au haut des maisons. (11 faut faire un plancher avec grand foin, Vitruve, abrégé 1. f. cb. a. Un étage est entre deux planchers. A tacher u* lustre au plancher. Tomber fur le plancher. Le pire eji ou qu’il faut dormir fur k plancher, Chose A’ordinaire un peu dure : Ou se refondre à se coucher Sur un lit que je voi , dont la seule figure Me détermine presque à ne me point coucher. Abé RegJ f PLANCHER hourdì. Celui dont les entrevoux é- tant couverts par des ais des lates, est ensuite maçonné grossièrement. Plancher rame & tamponné, a les entrevoux remplis de plâtre & plairas retenus par des tampons ou tentons de bois avec rainures hachées aux còtez des solive?. Ce plancher est ordinairement S î enr 142 PLA enduit d’après les solives par dessous & quelquefois par dessus, fans aire ni charge. Plancher enfoncé, celui dont Je dessous eit à bois aparent avec les en- trevoux couverts d’ais ou d’arene, qui panche d’un côté, ou est courbe par le milieu à cause de la pé- fanteur de fa charge. Plancher de fiâtes formes, qui est fait fur un espace peuplé de pilotis, &c. Davilers. F.ntrevoux l’efpace qui est entre chaque solive, tampons, chevilles de bois mises dans les rainures des poteaux d’une cloison. Rainure est l’entaille faite avec la cognée aux cotez des poteaux ou des solives pour retenir les panneaux de maçonnerie dans un pans de bois ou une cloison, & les entrevoux dans un plancher. H De'charger le flancher. Prov. On dit dans le stile familier, il faut décharger le plancher, c’est-à-dire , il faut sortir, se retirer. (Déchargez le plancher au plus vite.) * Le flancher des vaches, f Tellus. ] Mots fort bas & du petit peuple pour dire la terre. PLANCHETE, f f. [ AJjida. ] Terme de Tourneur Sc. de Panier. C’est une petite planche que le Tourneur & le Vanier metent devant leur estomac lorf- qu’ils percent quelque chose d’un peu dilìcile à percer. La planchete en terme de Vanier fe dit aussi de certaines hottes. Ce font trois brins d’olìer debout & travaillez à plein dos. (Une planchete de hotte de boulanger. Une planchete de hotte de jardinier.) î PLANCHETTE , terme de Tijjïttiers-Rubanniers. Petite planche de bois quariée & trésmince, qui soutient la chaîne à l’endroít où le Tissutier travaille» PLANÇON , f. m. £ Talea. j Branche de saule, de peuplier , de frêne ou autres arbres qu’on plante fans racine en terre lorfqu’elle a deux ou trois ans. (Tout le rivage est peuple de f laçons de saule, Danet.) PLANE ,/ »r. [Platanus.) Sorte d’arbre grand & haut qui a de longues racines. Ses branches font grandes & étendues. 11 a l’écorce grosse & épaisse , les feuilles fort larges & a tachées à une longue queue. Le plane porte des baies rondes & grosses comme line noifete, & il sert seulement d’onibre. On dit que les feuilles tendres du plane, cuites dans du vin & apliquées fur les yeux cn apaisent l’inflammation , J)al. I. ,. c. L8- Voïez le P. Labbe, fur le mot plane: on dit plûtôt Platane que plane. : PLANE , f. f. [Dolabra duflici tnanubrio injirufla.’] Terme de Charron , de Tonnelier , & de quelque autre Artisan. C’est un outil d’acier large de deux bons doigts ou environ , & long à peu près d’un pied & demi, qui a ordinairement deux tranchans, qui a une poignée à chaque bout, & dont on fe sert pour unir, polir & aplanir uniment le bois. (Une plane à tailler des fonds.) PLANE , f f. ['Dolabra' nnea quadrata. ] Terme de Plombier. Morceau de cuivre qui est quané , & qui a une poignée d’un côté qu’on fait chaufer pour planer le fable. Quelques plombiers disent f laine, mais ils disent mal Le grand uláge est pour flâne, (Une belle plane. Une plane bien unie.) PLANER, v. a. [Comflanare , œquum facere .J Terme de Charron, de Tonnelier , de Tourneur, gfc. C’est polir le bois avec la plane. (Oter du bois av£c ia plane. Planer un morceau de bois. Planer une douve.) PLANER. [Refetìtis ìUibus xq tiare.2 TerMe d*Orfèvre , de Chauderonnier & de Potier d'étain. C’est unir la besogne à force de petits coups de marteau» (Pla* ner un plat, une alliéte, une casserole.) PLANER. [ Arenam square. ] Ternie de Plombier. C’est passer la plane lorlqu’elle est chaude fur le sable du moule , afìn de l’unir & de le rendre égal par tout. (Planer le sable.) Quelques plombiers disent fiai. ner le fable, mais ils disent mal. Ceux de ces artisans qui pailent le mieux, disent flâner. PLANER , v. n. £ Alarum txpansarum libramento fe fei dii a versare.2 Ce mot lé dit des oiseaux qui volant en Pair ne remuent presque point les ailes. £í/î flânent fur le bord d’une mer poissonneuse. Segrais, Eglogue. 7.] * On le dit aussi d’un nageur qui demeure ét du fur Peau fans remuer les pieds, & qui ne fait 1 remuer un peu les mains. PLANETAIRE, adj. £ Planetarius.2 Terme d ’AJ wome ú’Astrologue, La région planétaire. C’est l’el ce où les planètes fe meuvent. (Heures planétaires.) font les heures, pendant lesquelles les Astrolog PLA s’îmagïnent que chaque Planète domine à son tour. PLANETE. C Planeta , fydus errant. ] Etoile er. rante. (II y a sept Planètes, le Soleil, la Lune , Mercure, Venus, Mars, Jupiter & Saturne. Le Soleil & la Lune font les principales Planètes.) Parmi les Astronomes , ce mot est ordinairement masculin. (Saturne est le plus éleve de toutes les Planètes. Mais ailleurs on le fait féminin. II est nc fous une bonne planète, Acad. Fr. Or ma planète bienfaisante Promet a ma vie un long cours Ergo saurai sur mes vieux jours Quinze ou vingt mille écus de rente. Rec. de Bouh. PLANEUR, / >«• íPolitor , malle at or. ] Terme díOrfévre. C’est Partisan qui gagne sa vie à planer la Vaisselle. Ce que les orfèvres apellent flaneur , let potiers d’étain l’apellent forgeur. PLANTMETRIE, f fi [Planimetria.2 Terme de Géométrie pratique. C’est Tare de mesurer les plans & les surfaces. PLANISFERE, f- m. £ Planijpharium .] Terme de Géographie. C’est une carte plate de la terre. C’est auffi en terme d ’Astronomie, une description du globe ce. leste sur une surface plate. PLANT, fi m. [ Vineaticumsemcn.2 Terme de Jar. dinier & de Vigneron. Jeune arbre pour planter. Jeu* 11e vigne pour planter. (Avoir de beau plant. Elever du plant») II signifie aussi racine, tige. [Radìx , caulis.) Cet- - te graine poulie son plant, (Quand vôtre plant a pouf- sé à la place où vous l’avez semé , & qu’il est haut d’un doigt, ôtez-le pour le replanter, Quint. fj-arA, Fr. t. 2. ) PLANT , f ni. £Arborum plantarium , seminarhm.2 Lieu où l'on a planté , & où l’on éleve plusieurs pieds d’arbres. (Voilà un beau fiant d’arbres.) PLANTAGE, fi m. [Pluntatio , conjìtio .] Terme de jardinier, C’est toutee qu’on a plante. (Faire un bon plantage. ) PLANTAIN ,/• m - ÌPlantago.2 Sorte d’hetbe oïl de plante dont il y a plusieurs elpéces, qui croît dans les lieux humides, frais, ou pleins d’ombrages& qui est astringente, defficative & souveraine pour plusieurs maux. (Le grand plantain & le petit plantain.) PLANTAIRE, adj. £ Muscu'.us plant anus. ] Epi; théte que les Anatomistes donnent à un muscle qui sert an mouvement de la plante du pied. Acad. Franç » PLANTA RD ; fi m. £ Taiea sdignea, papule*. ] Grosses branches de saule » d’aulne, de peuplier, qu’on choisit pour plante! quand on étête ces arbres. PLANTATION , s fi On apelle ainsi dans l’A- merique les établiffemens que les Européens sont dans les terres qu’ils défrichent, & où ils plantent des cannes de sucre, du tabac, &c. (Les plantations Fran- qoises ont beaucoup soufert pendant la guerre.) PLANTE, / f. CPlanta.2 Corps mixte, vivant, qui tient un milieu entre l’animal & le minerai, ayant suc & racine, à la Faveur de laquelle il se nourrit. (Plante parfaite j C’est une plante qui porte fruit, ou semence. Plante imparfaite ; C’est celle qui ne porte ni fruit ni semence. Plante bosseuse, fibreuse, bulbeuse, tubéreuse, charnue, genouilleuse. Marin , Traité des fleurs. On dit aussi plante ligamenteuse. Plante à racine. Cette plante est composée de plusieurs filets qui prennent leur nourriture dans la terre. La terre vit jadis les plus grands des Romains Au sortir des combats , de leurs mains triomphantes Cultiver avec foin les moindres de ses plantes. Perr.) 0" PLANTE. Pytagore & Empedocle au faport de Diogéne Laerce, ont donné une ame aux plantes, & les ont mises au rang des animaux. D’autres Philosophes leur ont donné l’apétit, le sentiment, la dou» ceUr, la volupté ; & dans cette pensée i's ont crû que c’étoit un crime de cueillir une fleur, & de couper un arbre. Une semblable erreur étoit fondée sur une autre, qui n’étoit pas moins grossière, puisqu’el- le confistoit à donner une ame à cette masse que l’on apelle le monde, qui la communique à toutes ces productions. Ce qu’il y a de vrai, est qu’on ne peut pas douter, que les plantes n’ayent des Vertus, & des qualitez diférentes selon leurs espèces; ces quali- tez font ocultes ou manifestes, & ont diférens degreZ. Les unes font chaudes au prémier dégré, Us autres ause- PL au second, & les autres au troisième ; ainsi l’orge rafraîchit au premier degré , les concombres au second, le pourpier au troisième, la ciguë au quatrième. Chaque plante tire primitivement sa qualité de la semence dont elle naît ; & selon les disciples de M. Gassendi la semence des plantes prend les qualitez des corpuscules dont elle est formée. Les Médecins & les Philosophes ont fait cette remarque, que l’éfet des qualitez des plantes dépend beaucoup de la condition des corps fur lesquels elles agissent ; ainsi on fçait par expérience , qu’une plante qui est froide od chaude à l’égard d’un certain homme, ne l’est point autant à l’égard d’un autre. Les Cartésiens & les Gat fendilles en donnent des raisons, chacun selon fort sistéme , mais d’une maniéré peu convainquante pouf ceux qui ne connoissent que légèrement ce que c’est qu’atome ou corpuscule. On ne peut pas douter qu’il y ait des plantes qui ont la Vertu de purger les humeurs : mais on doute boniment cette opération le fait par un choix des humeurs ; dans l’interieur de lá personne que l’on purge; Les vins disent que c’est par impulsion, & que les médicamens chassent dehors les humeurs; à qúi ils font contraires * de la même maniéré que la chaléúf chasse & repousse le froid qui est entré dans le corps; II y etì 3 qui estiment que l’opération dti remède fe fait par irritation : en- forte que la nature Ou la partie du corpS qui est afli- gée, étant irritée par lé remède z fe dégage volontiers des humeurs dont elle étoit chargée; D’aUtres enfin disent que les Contraires font purgez par les contraires, & de même les semblables par les semblables; & c’est ce que je ne déciderai pas ; C’est encor une question indécise dans cettë matière; comment nait sent les plaílteS qúi sorfërlÊ de la terre sans semence; pourquoi certaines plantes baissent dans certaines parties du monde, & non dans d’autfes ; Comment fe forme cette diversité de coúieUrs dans les fleurs, & dans les fruits; énsiri comment se peut faire que le même oignon de tulipe; ou la même racine d’œillet produU sent des oeillets & des tulipes diférentes presque toii- tes les aunees ; & dégénèrent très-foUvent. On Vous répond qu’il y a une cause industrieuse qui eiì fait la tiC sure, & quand On presse ces Philosophes à qui l’on s’a- dresse , & qu’on leur demande quelle est cette cause industrieuse ; ils disent que ce ne peut être autre chose qu une vertu séminale; il faut s’en tenir là; On n’est pas plus certain ni plus content fur le fait de la nutrition des plantes. VoieZ le système de Mr. Régis ; l’Abregé de la Philosophie de M. Gassendi, & le petit Traité de l’Anatomie des Plantes imprimé à Paris eri 167;. chez Roulland. PLANTE. [ Viviradix. ] Est de diférentes manières» Par exemple. On apelle fiante annuelle , celle dont la racine meurt dans la même année. Plante étoilée ; celle qui s’élevë trop. Plante marine , celle qui naît au fond de la mer, edmme le corail. Plante vivace , celle dont la racine ne périt pas. Plante a parasol , celle dont les fleurs font en parasol comme le fenouil. Plante trapu'é , celle qui est ramassée ddns fa taille; Plante verticelléé , comme celle de la mente. 3 = PLANTE, fe dit pou t plante médicinale. (La con- íioissance des plantes. La eonnoissance des plantes est fort nécessaire à un Médecin.) La plante du pied. [Planta pedis , soluínf\ Cest le dessous du pied de l’homiiie. C’est la partie inférieure du pied qui touche à la terre. (Pierre Payant pris par la main droite ; il le leva , & auflì-tôt les plan. tes de ses pieds devinrent fermes , Port-Royal , AA. des Ap< c. ;.) * 11 cultive avec plaisir cette planté admirable. culus tencllus .] Boijrob. Epit. t. I. Epi t. 5. C’est-à-dirë ce jeune homme avec joie. JST PLANTE'". Ancietl mot qui signifioit multitude , abondance; quantité. (Froislàrt tom. 1. cb. 17. Là peut-on voir grand noblesse, de bien servir de grand planté de mets & entremets.) PLANTER, D. a. [ Consmrere , plantare. ] Métré une plante en terre pour lui faire prendre racine & lui donner de l’acroiflèment. (Planter des ehous, de la chicorée, du plant.) Tous ses bords font couverts de saules non plantez Et de noyers souvent du passant insultez. Despr.) PLANTER une forme. Terme de îucrerìe. C’est la mettre lur son pot pour lui faire son fond & la préparer à recevois la terre qui blanchit la cassonade. PLA 143 * PLANTER, s Deserere. ] Ce mot, parlant de maîtresse , ou de quelqu’autre personne à qui l’on est ata- ché, veut dire, laisser, abandonner. (Planter là une maîtresse. Je Pai planté pour reverdir.) sf Brantôme parlant de Louis XI. dit : 11 planta sa femme dans le château d’Amboise. Vie d’Henri second. T * PLANTER le piquet dans une maison. C’est s’y établir pour y demeurer quelque tems. (11 est venu planter le piquet chez moi.) * PLANTER des cornes. ( llsurariam capere alicujid íixorem.~] En parlant de maris dont on aime les femmes , c'est mètre des cornes fur la tête. C’est faire Cocu. (Jupiter admit Ixion à fa table; & Ixion pour íeconnoître cet honneur; lui Voulut planter des cornes , Abl. Luc. t. j. On dit qu 'un homme se plante bien , quand il fe tiens tìe bonne graCè. Qu’il a les cheveux bien plantez. Pour dire, qu’ils font bien placez; Qu’une maison eji bien plantée. Quand ëlle est bien située & agréablement bâtie. Qu’une figure esì bien plantée. Quand elle représente debout avec une belle atitude. Académie, Françf) ' * II lui planta ìa javeline fort avant, \_Defigerí\ C’est àsdire , il la poussa fort avant dans son corps. Abl. * 11 fe vint planter à Pembouchure du port ; Ab* íànc. Arr. L 2. * PLANTER le§ échelles. (Scaìas admovere.2 Abl. * Cheval qui lé plante bien fur ses membres. [Erì. gere.jj Soleifel, parfait Maréchal ; c. n. £ * PLANTER quelque chose au nez de quetcun. C’est lui faire quelque reproche; lui dire quelque chose de désagréable. (II lui a planté au nez les galante- sieS de sa femme.) PLANTER lá Foi. f Prœdicarè Ëvangelìum apud ex. teras nu/iones.J C’est enseigner & établir la vraie Religion en quelque lieu. S. Augustin Abé planta la foi en Angleterre; O ri dit aussi planter des colonies. C’est- à-dire , établir des colonies en quelque lieu. * On l’a envoyé planter des choux. C’est-à-dire, on Ta relégué à la Campagne. .. 0 ' Sarasin a dit autrefois dans son Ode fur la prise de Dunkerqíië. Veuille nié foiré écouter tìe ce héros magnanime De qui lA niant doit plantet Nos lauriers úux champs de Solyme. Mais cette pensée lî peu vrai semblable ri’eft plus á la mode; c’est une fade louange que de prometre des conquêtes qtie Ton ne fera jamais. M. Sarasin ai- hioit le mot dé planter , car il dit dans la dernière strophe de la même Ode. Et quand tes puissants éforts Au travers de mille morts Auront l’Espagne domptée ; Reviens planter fur nos bords L’olive tant souhaitée. Qest-à-dire en termes honnêtes, que Mr le Prince ïevienne planter des choux. Au reste, planter des lauriers est une locution qui vieillit : Malherbe a dit dans íiti Sonnet. A quel front orgueilleux n’a F audace ravie Le nombre des lauriers qu’il a déja plantez. Cette façon de parler a déplu extraordinairement à M. de Balzac: A vôtre avis , dit-il dans son Socra- te Chrétien; convicnt-il à un Orateur, & mhne à un Poète , de dire que Godej'roi de Bouillon fs tant d’autres héros Chrétiens , ont été planter leurs lauriers jus. ques fur les bords de l’Euphrate. Planter des lauriers , n’c/l autre chose , ce me semble , en sa plus noble signification , que âe faire des allées N des palissades , (s? cette afíion apartient à l’agriculture , non pas à Fart de la guerre. Les jardiniers plantent les lauriers , U on en couronne les victorieux. C’ejl à quoi peu de nos gens ont pris garde , U ces belles phrases font imprimées dans les plus beaux ouvrages que nous ayons. Ne croyez-vous pas que pour bien parler , il faudrait parler plus correflement. César a mérité mille lauriers mille Jiatuès , il y a pourtant grande diférence entre César & un planteur de lauriers , entre un Conquérant U un faiseur de Jìatues. M. Ménage tache dans fes Observations fur Malherbe de justifier cette façon de parler dans les Poètes, & voici comment : Quand les Poètes disent d’un Guerrier, qu’il a plante des lauriers, ils préluposcnt qu’il les a cueillis chez les ennemis, & qu’ensuite il les a plantez dans fes terres ou dans celles qu’il a con,- 144 PLA “ÎT conquises fur ses ennemis, c’est-à-dire qu’il s’est paré de leurs dépouilles, & qu’il a profité de leurs pertes. Liais cette présupofition lì nécessaire pour justifier cette locution -planter des lauriers , pour gagner des batailles , conquérir des villes & des provinces , est fi peu naturelle , qu’il faut y avoir rêvé long tems pour en a- voir la moindre pensée , c’est un voyage qu’il faut faire avant que d’en venir au planter des lauriers. En cfet ne faut il pas se figurer une invasion chez les ennemis, une victoire remportée , des lauriers arrachez, & ensuite transportez dans les champs du victorieux pour pouvoir dire qu’il a planté des lauriers- (f Les vers de Virgile dans le livre des Geor- giques, & ceux de M. de Segrais extraits de son Poème Pastoral, condamnent M. Ménage, bien loin d’a- puier son sentiment. Virgile s’adressant à fa chere Mantoue , lui dit, que s’il vit encore quelque tems, il fera le premier qui lui fera voir des palmes del’Idu- mée & qui lui dressera un temple. Primus Idumaas referam tibi , Mantua , palmas , Et viridi in cmnpo templum de marmore ponam. II n’y a point de présupofition à faire pour entendre la pensée du Poète, il nous conduit lui-méme au Parnasse d’où il nous ramène à Mantoue, où il espère de planter le prémier les palmes qu’il aura cueillies. Cela est naturel, on l’entend d'abord, & c’est dans ce sens que M. de Segrais a traduit cet endroit de Virgile. Des cimes du Parnasse en ma. chere Patrie Je veux , s’il plaît aux Dieux , de conserver ma vie, Conduire le prémier les immortelles Sieurs ; Ma célébré Mantoue aura part aux honneurs Des Palmes du Jourdain ornanc cette contrée , Quant aux vers d’Athis, Poème Pastoral du même Auteur, la feule lecture sufit pour condamner l’apli- «ation que M. Ménage en veut faire. Home délicieuse arrose un saint bocage , Que Malherbe autre fois fur ce fameux rivage Planta de ses Lauriers fur le P inde cueillis. PLANTEUR , f. m. [Sator , plantator .] Jardinier qui plante des arbres. On apelle un Gentilhomme qui vit à la campagne un planteur de choux. PLANTOIR, f m. [Satorius paxilìus .] Terme de jardinier. Outil en forme de fort petit bâton aiguisé, au bout duquel il y a du fer-pour faire un trou en terre , lorsqu’on veut planter de la chicorée & quelque autre chose. Le plantoir des planteurs de boùis est plus grand & plus gros que le plantoir ordinaire. t PLANTUREUSEMENT , adv. [ Abmdê , copiojì , large. ] Copieusement. Avec abondance. (II y est a plantureufement. j’ai dîné plantureusement.) t PLANTUREUX, plantureuse , adj. [Cofiosus , largus , abundcinsf] Abondant. Copieux, où il y a quantité de choses. (Après le repas , qui fut assez long & plantureux , ils s’entretinrent debout, Abl. Luc.) PLANURE , f f. C AJJula , fiobs. J C’est le bol* que la plane coupe & qui tombe au pied de Parti" fan qui plane. (Planures trop grosses. Brûler des pla- nures. ) f PLAPPER, f. m. Petite monoïc de billon qui se fabrique à Basic en Suisse, & qui vaut deux sols de France. PLAQUE,/ f. [ Lamina , lamna."] Morceau de Fer, ou de fonte figuré , épais d’environ un bon pouce , haut d’un bon pied & demi, quelquefois plus, & large d’autant, ou environ , que l’on atache avec des morceaux de fer que l’on apelle pâtes , au contrecœur de la cheminée, afin que le feu ne le gâte pas. (Une bonne plaque. Plaque de cuivre pour faire une Epithaphe.) PLAQUE, f f. [Argenti lamina candelabri .] Pièce d’argenterie ouvragée, au bas de laquelle il y a un chandelier. On en fait aussi avec des glaces de miroir. PLAQUE. Terme d 'Eaux & Forêts . [ AmuJJìsâ ] C’est la marque du marteau qu’on met fur des arbres pour tirer des alignemens de l’un à l’autre. PLAQUE. [ Lamella. J Terme d 'Arquebusier. C’eft un morceau de fer délié qui est au bout de la poignée du; pistolet, de la couche du mousquet & du fusil, CUr.e belle plaque da fusil, ou de pistolet.) PLA PLAQUE. lEnJìs scutula.'] Terme de Fourbisseur . C’est la partie de la garde de l’épée qui couvre la main. PLAQUE. [ Çapillaceum reticulum. J Terme de P mu. quier. C’est le dessus de la Perruque. Plaque de perruque mal garnie.) PLAQUER , v. a. [ Incrujìare. j Prononcez plakê. Métré , apliquer proprement une chose contre une autre pour ne faire qu’un corps. (Plaquer proprement fur du noyer blanc des feuilles de bois de noyer.) PLAQUER. C Agg/utinare. ] Terme de Maçon. C’est jeter le plâtre fur une dosse. PLAQUER, C AJJigere,] Afficher. On a plaqué cet é. criteau fur fa porte. PLAQUER [ Exprobrare. 3 Se dit pour reprocher. (On lui a plaqué au nez fa fotife.) II est dustilefami. lier. ■f PLAQUER unsouflet sur la joué. (C est donner un souflet.) 11 est bas. PLAQjJESAIN, s- m. [Cencha p/umbeaj Piece d* plomb un peu creuse & ovale, où les vitriers détrempent leur blanc pour signer le verre. PLAQU1S. s m. [ incrujìatio. ] Incrustation d’utj morceau mince de pierre fans liaison. {$ PLASSAGE. Droit que l’on paye pour pou- voir occuper une place dans un marché, afin de vendre & étaler sii marchandise. PLASTRAS. Volez plâtras. PLASTRE. Voïez plâtre. PLASI'RER. Voïez plâtrer. PLASTRIER. Voïez plâtrier. PLASTRIERE. Voïez plâtriere. PLASTRON, f rn. [Peflorale .] Terme de Mû- Ire Jarmes. C’est une espèce de corselet qui est rempli de bourre, & couvert de cuir que le maître d’ar- mes met devant son estomac lorsqu’il enseigne. (Donner dans le plastron.) f PLASTRON , se dit aussi des devants de cuiras- se que les cavaliers portent à la guerre. -j- * Un plajiron de bordel. Mots burlesques pour di. re une petite putain , qui est à tous venans, & qu’ou présenté aux premiers venus qu’on ne connoît pas. f * PLASTRON , se dit aussi d’un homme qui est eit butte aux railleries & aux brocards. (11 est le plastron des railleries de tout le monde.) PLAT, J • m. [Lanx, cutinus .] Sorte de vaisselle qui est creusée, qui a des rebords, & qui est faite de métail, de fayance, ou de terre, dans quoi on sert le potage & Ta viande sur la table. (Un petit plat. Un grand plat. Att lieu qu’il vous en faut chercher Peut-être encor cent de ma taille Pour faire un plat: quel plat? croyez moi , rien qui vaille. La Font.) PLAT de rôtisseur, [paropsìsâ] C’est un plat profond & avec peu de rebords. On l’apelle aussi on plat à bcsfîn. * Chacun aporte son plat quand on va souper chez lui. C’est-à-dire, que chacun aporte son soupé. PLAT. [Annona esc aria. J Signifie aussi entretene- ment de bouche chez un Prince. Le Controlleur General a son plat. PLAT de l’équipage. [ Annana nautica. ] Terme de Marine. Ce sont sept rations qu’on donne pour nourriture aux gens de ['équipage qui mangent sept à sept. T * Donner un plat de son métier. ( Spécimen artit exhibere. J C’est donner quelque chose de ce qu’on sait, ou de ce qu’on* fait. Un maître de musique qui donnera un concert donnera un plat de son métier. f * C’eji un plat de son métier. [Fruits , dolus.] Ces mots signifient aussi quelquefois tromperie, fourberie, tours qu’on fait à quelqu’un. (II a eu commerce avec un Gascon, & ce Gascon l’a volé, & lui a fait voir un plat de fin métier.) PLAT. [j Lanx libraria. J II se dit auílì d’un bassin de Balance. Voïez Bassin. PLAT. [ Discus vitreusâ) Terme de Vitrier. II se dit du verre. C’est un grand rond de verre uni, tel qti’rl vient d.es verreries, & qu’on taille en plusieurs pièces pour faire des paneaux do vitre. PLAT, j. m. [Lutus enjìs intentatum .J Ce mot se dit particulièrement en parlant d’épée, & veut dire. La partie de la lame qui est plate & unie. Tout ce qui est uni dans quelque lame. (Il lui a donné des coups de plat-d’épée. II a reçû fort patiemment sept ou huit coups PLA ftìtlps de plat-d’épée. II lui a donné du plat du couteau fur les doigts.) C’est en ce sens qu’on dit au figuré , donner du plat de la langue, c’est-à-dire , fìater, avoir quelque forte de babil un peu spécieux. Expression balle, & bourgeoise. PLAT, plate. [Pronus, bumi jacens.j Qui elt posé sur terre. Qui elt couché tout de son long. (11 est étendu tout plat dans le lit. Coucher un bois de plat, & non pas de bout. ) Mauvaise locution. PLAT. [Omnibus jpoliatus .] Bas, pauvre, confus. (On l’a rendu plat comme une punaise. Ce Marchand a fait de grandes pertes , il est maintenant bien plat.) Autre phrase bourgeoise. PLAT, plate, adj. [Planus, eequus.’) Uni. Qui n’est point élevé plus en un endroit qu’en un autre. Aplati. (Cela n’est pas encore assez plat. Chose qui est plate. Un pais plat.) [sEquata agrorum planifies.'] PLATE peinture. C’elt une représentation qui n’a aucun relief. H Broderie plate. C’est une broderie qui n’est point relevée. í PLAT paii, se dit de la campagne, des villages, des bourgades, paropolition aux villes, aux places fortes. (Les habitans du plat pais ont pris la fuite. Les soldats ont ravagé le plat pais.) ê Vujjeau plat, bâtiment plat . C’est un vaisseau, un navire de bas bord. ch Avoir le ventre plat. C’est n’avoir pas mangé depuis long-tems. 4= Avoir la bourse bien plate, c’est n’avoir guére d’ar- gent dans fa bourse. * PLAT, plate. [ Abjeclus , bumi lis. ] Ce mot sc dit des pensées, du langage , & des productions de l’esprit ; il veut dire Mal-dit. Mal tourné. Bas. Rampant. Qui n’a rien de vif. Qui n’a rien qui pique, ni qui arrête l’esprit. (Discours tort plat. Vers fort plat. Ccqu’ildit, est fort plat. L’esprit des disciples de saint Augustin est un ouvrage très.plat. £$ Air. Uespreaux a dit dans fa troisième Satire : Et qui rouge & vermeil, mais fade x-f doucereux , Wavoit rien qiiun goût plat, [stc. Mr. de S. Evremont, s’il est, comme on le dit, l’Auteur de la Comédie de l’Académie, fait dire à Colleter irrité du mépris que Mr Godeau faisoit de ses Ouvrages : Je Jai bien respecter Godeau comme Prélat , Mais Godeau comme Auteur, je le trouve fort plat. 11 faut convenir que ce mot ne doit être employé que dans la conversation. L Pbijîonomieplate. C’est une phisionomie basse, & qui ne signifie rien. On dit auíli, nez plat, bouche plate, jolies plates. £ Cheveux plats. Ce font des cheveux qui ne font point frisez naturellement. f * Tout plat, adv. [Penitùs, plané ,JtncerèF\ Librement. Franchement. Netement. Sans déguisement & sens détour. (Refuser tout à plat. Dire tout à plat ce qu’on pense.) Pié plat. Volez pied. Servir a plats couverts [Rem reticere. ] Volez Couvert. f PLA TA. Terme Espagnol, qui signifie del’argent. (Un Ducat de plata, un Real de plata.) f PLATA-KLANCA. Sorte de minerai, ou de métal, Comme on parle au Perou & au Chily, qui sc retire des mines d’argent. Ce minerai est blanc, tirant fur le gris, d’où il a pris son nom, Plata-blanca signifiant argent blanc en Espagnol. PLATANE , f m. II vient du Latin Plataxus. C’est un plane. Volez plane, arbre. Le platane est un arbre qui étend Fort ses branches, & qui est propre à faire d’agréables ombres. Abl. Luc. t. %. (Leurs oreilles font des feuilles de platane. Et cette rustique cabane , Que couvre A rafraîchit un fpatieux Platane Leur semble un séjour enchanté. Perr. Griscld.) PLAT-BORD./. m. [ AJseres marginales navis. ] Pièces qui font le dessus des bordages d’un Navire, ou d’un bateau. PLAT BORD. [Margo lateralis.’} Terme de Marine . Est une espèce de garde-fou ou d’apui , qui régné alentour du pont. PLATEAU ,s.m.[ Lanx lignea. ] Prononcez plat o. C’est le tond de bois des grosses balances propres à pe- PLA 145 fer de lourds Fardeaux. (Métré le poids fur l’un des plateaux & la marchandise qu’on doit peser fur l’autre.) PLATEAU. [ Caimus ligneus .] Terme de Boulanger. C’est une manière de petit plat de bois, qui n’est pas si creux que les plus ordinaires de métal ou de fayance, K & qui sert aux Boulangers pour mettre le pain mollet. (Us disent. Mettre le pain mollet dans ses plateaux. II faut netoyer ce plateau.) PLATEAU, f Siliqua tenera. ] Terme de Jardinier. Ce font les cosses des pois qui ne font défleuris que depuis peu de jours, ces cosses font tendres & longuettes, les pois n’ètant qu’à peine formez dedans. (On dit, mes pois ne font encore qu’un plateau. Quint. Jard, fr.t.i.') PLATEAU. [Fimum ferinum.’} Terme de Chaste. Ce font les fumées des bêtes fauves qui font plates & rondes. f PLATEAU, sc dit en termes de Guerre, d’un ter. rain élevé, mais plat & uni en haut, fur lequel on place des batteries de canon. PLATE-BANDE , f. f. [Florum puhinusj) Terme de Jardinier. C’est un morceau de terre assez étroit qui régné le long du parterre, & où l’on met d’ordinaire de* fleurs & des arbustes. (Une belle plate-bande.) PLATE-EANDE. f FaJ'cia ferrea.) Terme de Fondeur . C’est une partie de la culasse d’une piéce d’artillerie. Voiez Praijj'ac , Discours militaire, pag. 11 a. PLATE BANDE, f Corsa , tanìa. j Terme d’Archi te. fíure. C’est un nombre quarré qui termine l’architra- ve de l’ordre Dorique. C’est aulli la face des chambranles. (f PLATE-BANDE. Moulure quarrée, plus haute qus saillante, comme font ses faces d’un architrave , & la plate-bande des modillons d’une corniche. Plate-bande de baye. C’est la fermeture quarrée, qui sert de linteau à une porte , ou à une fenêtre, &• qui est faite d’une pièce, ou de plusieurs clavaux. Plate-bande bombée [st réglée. C’est la fermeture ou linteau d’une porte, ou d’une croisée, qui est bombée dans l’embrafure, ou plein de Majesté. On dit aussi plein de bon sens, * II ejì plein de vie. C’est à-dire , il vit encore & il se porte bien. PLEIN, pleme. [Fœtal] Ce mot sc dit en parlant des femelles de quelques animaux & veut dire, Qui a un, ou plusieurs petits dans le ventre. (Chate pleine. Chienne pleine. Laie pleine.) PLEIN, pleine. [Fréquent.] Ce mot étant immédiatement précédé de la préposition en sc dit en parlant de certains lieux publics & de quelque autre chose , & en designe comme le lieu. (En plein Palais. Le M ait. C’est ce que les Latins apellent frequenti curia. En pleine Sorbonne , Paj'c. I. 1 . En plein Sénat, Ablanc. En plein marché. En pleine rue, Scan». C’est à-dire , au milieu de la rue , dans la rué. E 11 pleine paix, c’est-à- dire , au milieu de la paix ; la paix étant faite , tout étant en repos. En plein midi. E 11 plein jour. * PLEIN , pleine. [Integer , abjbtutus.J Entier. Absolu. (Pleine autorité. Plein pouvoir, Paj'c. I. Pleine puissance. De plein droit, Ablancourt.') ï PLEIN , sc dit en termes de Blason. Porter les armes pleines d’une maison, c’est en porter les armes fans les écarteler & fans brisure. On dit aussi d’une maison qui ne porte qu’un émail, ou qu’une couleur dans l’écu de ses armes, qu’elle porte d’or plein , de gueules plein , &c. * Dr/mer à pleines mains. [ P lents manibus dare. ] C’est donner abondamment & libéralement. * On dit d’une plante qu’elle est en pleine terre. [Ple- no solo. ] Pour dire qu’elle n’eíl pas dans une caisse. Qu’un arbre est en plein vent, pour dire qu’il n’est pas en espalier, ni en buisson. Tailler en plein drap. [ Sum - ptibus non parcere.] Bâtir en plein champ, c’est n’épar- gner point aux chosts qu’on a en abondance. * En plein hyver. [Media hyeme.] C’est-à-dire, au plus sort de ì’hyver. * Pleine marée. [aEjius altior.] C’est lors que le flux est le plus haut. * En pleine mer. [Aperto aquore.] C’est-à-dire, loin des côtes. * Voguer à pleines voiles, [plenis velis navjgare.] C’est- à-dire , avec un vent fort & favorable. * Crier à pleine tête. [Summâ contentione clamare.] C’est crier de toute fa force. * Franchir un fossé de plein saut. [Uno saltu fojsam rnjîlire.] C’est-à-dire , le passer d’un seul faut. * Etre plein de sa grandeur, [’superbire.] C’est-a-dire, en être enorgueilli. Racine, Iphigenie, a. t. * II eji plein de lui-mtme. [B- : nè de se exijiimat.] C’est- à-dire , il a un peu trop bonne opinion de lui même. s§ M. de Balzac a dit, cet homme, Monsieur, tout plein du Louvre , de Fontainebleau, de saint Germain, ne paroît que cercles, que ruelles. PLEIN , pleme. [Compaclut.] Terme de Vanter. C’est toute la besogne qui n’est pas à jour. ( Panier plein. Besogne pleine.) Tant plein que vuide. Terme de Maçon. On toise un bâtiment tant plein que vuide, c’est-à-dire, aussi bien l’eípace où font les portes & les fenêtres que les gros murs. A plein, atlv. [Prorsus, omninò, pevitùs.] Entièrement. Tout à-fait. (II se retira dans fa tente , d’où il Tome III. T a dewou- 148 PLE découvroit k plein l’armée, Vaug. Q^íurce, l. 4. cb. 12.} Tout plein. Voïez Tout. PLEINCHANT , / ni. Voïez plus.baut. _ On dit dpuT ^ d \duin , façon dc parler QUi hgninô èout-à-fait, entièrement, & qui n’a gueres d’ulàge qu en cette phrase. (.11 a été absous à pur ù? a plein, Acad.tì.) Ce vin sent la framboise a pleine bouche. On dit que la me jure eji pleine. [Menfura conférs a.} Quand un homme a commis tant de crimes qu’il a tire fur lui la vengeance de Dieu. /Z' PLEIN fief de Haubert en la coutume de Normandie , qui eit de toute prééminence , à la diference de ceux qui font du tiers, quart, cinquième & septième de haubert. Ragueau. Plein pojjejjoire, c eit dit Ragueau la pleine maintenue Sc garde que 1 on ajuge a une des parties, & disérente de la recréance, qui n eit que provisoire. , , . PLEINEMENT, adv. [Qmninò , plane , mtegre. j A- bondainment, tout-à-fait, entièrement. (On fa pleinement satisfait. ) PLEiON , s m. P aléa in sasckulos ligata.j Les traders de Paris apeljent pleion de la paille botée qu on vend chez les chandeliers pour métré dans les paillasses délit, Sc dont se servent les natiers pour faire les nates & les chaises de paille. Les gens qui ne font ni chandeliers ni natiers , Sc qui ne parlent pas dans les termes de l’art apellent botes de paille ce que les autres apcl- lent pleion. (Voilà de bon pleion.) PLEïON. [Vimen.'J ferme de Jardinier. C’est de la paille de seigle longue Sc ferme, dont on couvre les petites salades fur couche , & dont on fait les paillassons. On se sert aussi de pleïons pour lier la vigne, Quint. Jardins fruit. PLENIER , pléniers, adj. [P lenarius.} Terme d’E- glife , qui veut dire entier Sc parfait. Le mot de plénier ne se dit qu’au/íww®/». (11 y a indulgences plenieres Lux Carmes déchaussez.) PLENIER , souffre encore d’autres aplications. ( Les Rois tenoient autrefois leur Cour pleniere. 11 y a eu un Concile plenier en Afrique , où le Baptême donné par les hérétiques fut déclaré valide. Un visage plenier pour dire gros & gras, Dubois. ) PLENIPOTENTIAIRE. J', m. £Legatus cum J'uuunâ potejlate J Ce mot eit écorché du Latin. Prononcez p lenipotanciere. C’est f Envoyé d’un Souverain qui a un plein pouvoir pour quelque négotiation, & pour faire quelque traité de paix, ou autre acord. (La pré- miere chose qu’on examina dans les Conférences, ce furent les pouvoirs des Plénipotentiaires. ) PLE NITUDE, f. f [ Abundantia , redundantia.} Terme dc Médecin. On apelle plénitude lorsque les veines font remplies d’une telle quantité de sang , qu’elles en souffrent violence, & sont quelquefois en danger de se rompre , Deg. (11 y a plénitude dans ses vaisseaux.) PLENITUDE. [P erjééiio.} Pleine & entiere perfection. Acomplilïement plein , entier Sc parfait. (L’Episcopat est la plénitude & la souveraineté spirituelle du Sacerdoce. La Sainte Vierge a eu une plénitude de grâces. Tomajfin , Discipline de ïEglise. PLEONASME , s. ra. [Pleonasmus, verboruni redundantia.} Ce mot vient du Grec, Sc est un terme de Piéton que. C’est une façon de parler, par laquelle il semble qu’on s’explique en plus de motsqu’il n’étoit nécessaire , comme loriqu'on dit, je l’ai vû de mes yeux. Je l’ai oiii de mes propres oreilles. f§ 11 est vrai que Qumtiiien, iib. g. cap. traite de pleonaline cette locution : j’ai vie de mes propres yeux s c’est assez de dire, j’ai vû. Ego oculis meis vidi > satis eji ennn , vidi. Mais il faut convenir que l’on exprime bien mieux la vérité du fait que l’on avance comme vrai, parce qu’on l’a vû. J’ai vû, oiii, j’ai vû de mes propres yeux. PLETHORE,/ ra. Terme dc Médecine. Réple- tion d’humeurs , qui se dit particulièrement du íàng, Sc ensuite des autres humeurs. if PLEVENK. Ce terme lignifie, dans les Coutumes de Bretagne Sc de Normandie, la même chose que plege, caution. tf PLÉVAR. Donner caution. PLEURANT , adj. [siens , lacrymans.} Qui jets des larmes. (11 a un œil toujours pleurant à cause de sa fistule.) ̧ Nous naissons en pleurant, dit Seneque, & c’est de cette forte que nous entrons dans le monde, &que PLE nous en sortons. Cependant, si on en croît quelques Historiens, 011 a vû des enfans rire dans le moment où ils voyoient le jour. L’experience nous apprend que dans le cours de la vie, Jes uns pleurent, les autres rient: mais le nombre des pleureurs excède celui des rieurs. Plutarque dit que Phocion n’a jamais ti, ni pleuré. Une semblable indiférence rend la vie bien lan. guissante. Anaxagore , au raport d’Elien, liv. g. cb. 1 j. n’a jamais ri, ni méme souri. Héraclite, au con. traire, rioit incessamment; c’est ainsi que les uns pleurent , les autres rient. PLEURARD, «Me [Lacrymosus.} Reproche qu’on Fait aux enfans qui pleurent. (Taiscz-vous petit pleurard.) PLEURE, / / [SuccingensJ Terme d’Anatomie. Côtes, ou os de la poitrine, qui forment une eípéce de voûte aux cotez de la poitrine , Deg. ou plûtùt une membrane qui environne toutes les parties contenues dans la poitrine. Elle est trés-mine, mais cependant très fort®. (Pleure entamée.) PLEURER , v. a. [Flerejacrymari.} Jeter des larmes. Répandre des pleurs. (Loin de blâmer vos pleurs, je fuis prêt de pleurer. Je pleure & je soupire, & je ne reçois aucun soulagement. Volt. poéfi. On pleure, on s’ennuye, On souffre en aimant ; Mais quelle autre vie Pajj'e plus gaîment ? Sur ma parole On se peut assurer Qisaraour enfin console Ceux qu’il a fiait pleurer.) PLEURER à chaudes larmes. [Ejsujts lacrymis.} PLEURER de joye. [Fra gaudio lacrymas ejfundere.} C’est être si vivement touche d’une joye intérieure, que ce mouvement émeuve le cerveau, de forte qu’on jete quelques larmes. Car on pleure de joye comme de tri- liesse. Ces mots, pleurer de joye , signifient aussi ; Se te. jouir si fort que les larmes en viennent aux yeux. PLEURER comme une femme. [Lacrymas coramoda. relugenti.} Sc mettre à pleurer, c’est-à-dire commen. cer à pleurer. Faire pleurer. 0 La plupart des femmes pleurent quand il leur plaît. Juvénal a eu raison de dire dans fa sixième satire, que les larmes se présentent aux yeux des femmes tous les momens du jour ; Sc qu’elles font toujours an guet, en attendant l’ordre d’cn sortir: Uberibus semper lacrymk , semperque paratis In Jìatione sua , atque expeciantibus illam Quo placeat manare modo. Les pleurs attendrissent les cœurs les plus durs & les plus indiférens, principalement ceux qu’un amant laisse échaper dans l’excès de fa peine & Ja maxime est vraie : Pleurez, amans , aux pieds de vos maîtresses, Si vous voulez attirer leurs tendresses , fui pleure quand il faut des pleurs , Eu amour eji maître des cœurs. A quoi l’on peut ajouter ; Les sots qui pleurent à propos, Sont toujours préférez aux diseurs de bons mots. t PLEURER comme une vache , comme un veau. C’est pleurer excessivement. On ne le dit que d’un homme, qui pleure pour une chose qui n’en vaut pas la peine. PLEURER, v. a. £ Aiiquem p/orare. } Ce verbe se prend aussi dans un sens actif. (Car on dit, pleurer quelqu’un, pleurer la mort de son ami, c’est-à-dire, à cause de la mort.) On dit d’un avare qu’rV pleure le pain qu 1 il mange , pour dire qu’il se plaint sa nourriture, Sc qu’il dépense à regret ce qu’il lui faut pour se nourrir. On dit que les yeux pleurent à quelqu'un, [StiUant lacrymœ ex oculis ,] lorsqu’ii a une fistule lacrimale , ou que quelque fluxion lui a fait tomber de Phumidité des yeux. En ce sens , on dit des yeux pleurant. * PLEURER v. n. [Stillare lacrymas.} Ce mot se dit, au figuré, de la vigne. C’est-à-dire, qu’au mois d’Avril, le tems s’étant adouci, la fève monte en abondance. Sc il fort des goûtes d’eau, comme des larmes, r>"j l’endroit où l’on a taillé la vigne. (La vigne commence à pleurer.) II se dit de quelques arbres qui jetent sses sucs & des gommes. î PLEUREb,/ / Ce font les laines qui se coupent PLE PLE I4q pent fur 1a bête après qu’elle est morte > & qui font d’une très-mauvaií'e qualité. PLEURESIE , s f. fFleuritis, lateralis dolor.) Terme de Médecin. C’est une inflammation de la pleure ou de la membrane qui environne les côtes. Deg. (II est mort d’une pleurésie. Avoir une pleurésie. On a acoûtumé de saigner pour la pleureulie.) Voïez Pleure. H Eaujfe pleureuse, C’est une douleur de côté eau lés par i’instammation & J’irritation des parties voisines de la pleure. (II est attaqué d’une fausse pleurésie.) PLE U RE TIQUE . adj. [ Pleuriticus. ] Celui ou celle qui a une pleurésie. Dan 1 1 . PLEUREUR, f. m. [ Plorator, facilis in lacry- wai.] Celui qui pleure. Celui qui pleure aisément. (Un petit pleureur.) PLEUREUSE, f f. [In lacrymas mollis .] Celle qui pleure facilement. (Une petite pleureuse. ) Dès que fui quelque chose , elle en ejl envieuse , Se je la contredis , elle fait la pleureuse. Bours. Esop. PLEUREUSES. [Prœficœ.j C’étoit, parmi les Anciens, des femmes qui dans les funérailles acompagnoient le convoi d'un illustre mort, & pleuroíent la pertequ’on faifoit d’une personne considérable. ps Les Romains persuadez que les larmes ne font pas toujours des marques fidèles d’une véritable douleur ; pour s’épargner la peine de feindre une afliction extérieure dans les funérailles de leurs parens ou de leurs amis, établirenr l’ufage d’un chœur de Pleureuses , qu’ìis plaqoient à la tête du convoi, & qui par des chants lugubres, & par des larmes afectées , tâchoient d’émouvoir le Public en faveur du moqt que l’on conduisait au bûcher. Elies avoient à leur tête une femme qui régloit le ton sur lequel elles dévoient pleurer ; on les apelloit P rœficœ, comme nous l’aprenons de Fe- stus. P rœficœ dìcuntur mulieres ad lamentandum nior. tuum conáuclœ , quœ dant cateris tnoduìn plangendi , quasi in hac Ipsum prœfefiœ. Le Poète Lucilius en a fait mention , au raport de Nonius ; Mercede quœ C on duc t x fient aliéna in funere Vrœficœ , Celle qui entonnoit la lamentation, étoit nommée p rœfi- ea, du terme prœfari parce qu’elle commençoit à pleurer la première. Les autres étoient auííì nommées Vrœficœ, mais plus rarement que leur maîtresse; & c’est ce qui fait croire qu e.prœfica ne vient pas d c prœfari , puis que toutes les Pleureuses étoient honorées de cette illustre qualité; Lorsque les Romains voulaient parler d’eux-mémes. avantageusement, ils prévenaient leurs auditeurs par ce mot prœfijcine ; en quoi nous les imitons encor., lors que nous nous donnons quelques loiianges; car nous disons volontiers , cela soit dit Jam vanité. Nous lisons dans YAJmaria de Plante , acl. 2. sc. 4. que Leo- nida acuféde quelque tour de souplesse, commença, fa justification par prœsisine, parce qu’il devoit dire du bien de lui-mêmc: Prœfiscine , hoc mmc dixerim , nemo me etiatn . accusavit Mérita meo, neque nie Athenis eji alter hodie quisquant Cui credï-veHè, œqué patent. Et comme lés Pleureuses afectoient de donner de grandes ioûanges au mort; elles se'fervoient d’abord, selon la coutume , du terme prœfiscine, pour prévenir les Spectateurs, & attirer leur croyance ; d’où l’on a Fait le motprœficœ. L’Ecriture nous fournit des exemples de ces pleurs publics. II est dit dans le chapitre 21. des Nombres, que l’on pleura trente jours fur le corps d’Aaron : Ontnìs autem multìtudo vident occubuijje Aaron, jlevit super eo trìgìnta diebus per cunclassamiiiiis suas. Moïse fut pleuré de meute pendant trente jours par tout Israël. Aussi-tôt que le malade étoit expiré, on apelloit les Pleureuses, que l’on plaqoíc à la porte de la maison ; & s’étant instruites par les domestiques des circonstances de la viedu défunt, elles en composaient un éloge, où le mensonge & la flaterie n’étoienc pas épargnez. L’art des pleurs conlìstoit dans Faction & dans le chant. Le Poète Lucilius nous l’aptend par ces vers : Mer ce de quœ Qondticiœ fient alieno in funere, Vrœficœ Multo, b vapillos sçindimt , U clamant mugis. On reconnoit d’abord dans ces vers les deux parties de J’art de pleurer, CapUJosJctmiant , voilà Faction, Si clamant ntagh , voilà le chant , qu’elles acommo. dosent à certains vers lugubres, que l’on apelloit neniœ^ selon explication de Festos : Nenia eji carmin quod in funere laudandigratiâ cantatur. Et c’est ainsi que Cicéron en parle dans le second Livre des Loix : Honorato - rum virorum laudes in condors.' memoranto, euj'que etiam ad cantus , ad tìbìdmem profequuntur , cui nomen ne- niœ, quo vocabulo etiam Grœci cantus lugubres nommant. On comprend aisément que ces Pleureuic; étoient vêtues de l’habit qui marquoic ordinairement le deuil & Fatìiction ; c’étoit une robe noire , que les Romains apelloientpaPsl ; & ceux qui en étoient vêtus , étoient désignez par cette épithète, pullatì , dont Juvénal fait mention dans fa troisième satire : Si magna AJlurici cecidit domus , borrida mater vullati proceres, disert vadimonia prœtor. Auguste , au raport de Pétrone, défendit, à ceux qui portoient cet habit, de se présenter aux Spectacles : San- xit ne quis puliatorum in média cavea J'ederet. Je ne sqaurois être du sentiment de M. de Saint Evremont: t 11 ya, dit-il, une certaine douceur à pleurer la mort de celui qu’on a aimé ; vôtre amour vous tient lieu de vôtre amant dans la douleur ; & de là vient l’atachement à un déùil qui a des charmes : (fui me console, excite ma colere , Et le repos ejl un bien que je crains j Mon déùil me plaît, ff doit toujours me plaire # 11 me tient lieu de celle que je plains. f PLEUREUSES , f f. On apelle ainsi de larges man- ' ehettes de toile de Hollande, qu’on inet fur le revers de la manche d’un. juste-au-corps dans les premiers tems d’un grand deuil. (11 porte des pleureuses. II a quitté les pleureuses.) PLEUREUX, ettse , adj. Qui pleure facilement de peu de chose. On dit avoir l’air pleureux, la mine pleureuse, prendre un ton pleureux. f Avoir les yeux tout pleureux. C’est les avoir encore tout moites, tout rouges d’avoir pleuré. PLEUROPNEUMON !£,/• f.[Vleuropneumoniaf\ Espèce de pleurésie, dans laquelle la pleure & les poumons sont enflammez, & qui a la même cause que la pleurésie. Acad. Fr. PLEURS. [Fletus, LacrymœJ Ce mot est masculin, & n’a point de singulier. 11 lignifie larmes. Eair qui tombe des yeux, parce qu’on est afligé , ou quelquefois quand on est dans la joye & à force de rire. (Répandre des pleurs. Voit.poes. Son intérêt lui arrache des pleurs. Rac. Ipbrg. a. ì.sc. (sue loin de ma belle • Mon amour fidelle Me ceute de pleurs Une belle , lorsqu’’elle ejl en pleurs, En ejl plus belle de moitié. La Font.) On ne dit pas des pleurs de joye, quoiqu’on dise pleurer de joye s mais on dit des larmes de joye. (Nacttjez pas du Ciel les ordres rigoureux , Et de vos trijles pleurs n arrosez pas vos charmes. U enfant que vous pleurez jouit d’un fort heureux s C eji plaindre son bonheur que de verser des larmes, {$’ On ne dit pointpAwau singulier, Alain Charrier a écrit autrefois ; Hélas il me fut trop meilleur Que je puisse finir mon pleur. Fiais Fusage est à présent pour- pleurs au pluriel. PLEURS de terre, f Aquarum subterranearum Jlilla - tiones. J Eaux de pluye qui coulent & qui distillent entre les terres. (Ce sont les pleurs de íafrerqui ont fait fondre cette glacière, Acad. Fr.) £§ On apelle ainsi, dit Davilers, Jeséàpx qu’on ramasse de diverses hauteurs à la campagne , par le moyen des puisards qu’on fait pour lés découvrir, ■& des pierres glaisées dans le fond , avec goulotes de pierre pour les conduire à un regard commun apellé réceptacle, où elles se purifient avant que d’entrer dans un aqueduc, &c. ■ PLEUVOIR v. n, (fluoré, impluere.) On apelle pleuvoir , toutes les fois qu’il tombe de Feau du Ciel. (11 y a deux jours qu’il pleut. II a plu tout le jour.) Les Barbares voyant pleuvoir des dards dessous côte^ abandonnèrent la ville. Abl, Arr. I. 5. (Teï^don- ’jiçere.) . *"•" Dieu fera pleuvoir Us pièges fur les mecnáhs. Vort- R ° yaL T î * Le« J 150 PLE * Les Barbares firent pleuvoir des flèches fur les radeaux. Vaug. Quint. liv. 7 . t * Morbleu, comme il pleut la dehors , saisons pleuvoir dansr.otre corps du vin. Saisit Amant. ' Que de biens, que d’bonneur fur toi s’en vont_p/t«- voir. [Quantis bonis ditatus eris.j Defp. Sat. K. t§ PLEUVOIR. On dit depuis quelque tenis, ilpleut ici ite l’ennui , en parlant d’un lieu où l’on s’ennuie,& mi l’on ne se divertit point : Malherbe a dit dans Ion Ode à la Reine. Mais d'alkr plus à ces batailles , Où tonnent les foudres d’enfer, Et luter contre des murailles, Dont pleuvent la flamme ççf le fer. Cette métaphore est noble ; les Italiens s’en font servis , & particulièrement Gratiani dans son Poème de la conquête de Grenade où il dit. (hu de Jìrali atra nube el cielo ojcura Onde pioggia 1 gorge de J'anguc hamuno. Des Portes a donné un régime à pleuvoir, quoiqu’il foit neutre. O beaux yeux qui pleuvez tant de feux & de traits. Quel siécle ! quel goût ! PLfcÁJ l'-A-DIEU. Voïez Plaire. VIA, j'. m. [Sinus, lacinia.'} 11 consiste à métré proprement une ou plusieurs fois en double une chose qui le peut plier. ( Ce pli n’est pas bien fait. 11 ne faut faire que deux ou trois plis pour cela.) PLI. [Rag*.] Marque qui demeure dans une chose qui a été pliée. (Ce jutte-au-corps n’a pas été bien plié, on y voie encore de certains plis qui n’orit pas fort bonne grâce, mais ces pliss’en iront peu-à-peu dés qu’on l’aura porté quelques jours.) VU de cable. [Rudentis flexuras] Terme de Marine. C’eitla longueur de la roue du cable , tel qu’il est roué dans la folié. (Mouiller un pli de cable. C’est en filer très-peu.) 3= Le pli du bras , le pli du jarret. C’est l’endroit où le bras, où le jarret se plient. (11 a été bleísé au pli du bras.) : f Avoir des plis au front , au visage. C’est avoir des rides. * Prendre un mauvais pli. [In vitium flefli.J C’est à- dire. Une mauvaise habitude. (I.’esprit naturellement le mieux Fait prend de mauvais plis) On dit encore, il a pris son pli. [Fixaeji illius natu- vas II ne changera pas. On dit de métne , fouiller dans tous les plis & replis du cœur, [ Qinnta perJ'crutari.J Cela ne fait pas un petit pli. 4 * Donner un bon pli à une afaire. C’est lui donner un bon tour > la tourner de telle forte, qu’elle puisse être bien entendue & favorablement jugée. £ * On dit aussi Prov. d’une faire aisée, St dont on viendra à bout sans peine, cette afaire ne fera pas un pli. PLIABLE, aiì j- [P lexibiiis , plexibi.’is.J Qui fe peut plier, Tôlier est ucs-pliuble. [lentus.] On le dit au figuré. Esprit docile & pliable. PLIAGE, /. m. [ Complicath >.) La maniéré dont quelque étole ou autre pareille chose est pliée. (Le pliage des étoles doit être dans la dernière propreté , Savari, parfait marchand.) PLIANT, ante, adj. [Vitilis , lentus , flexibilité} Qui est propre à plier. (Un siège pliant. Une table pliante. L’olier & le bouleau font des bois pliant. 4= * PLIANT, fe dit aussi pour docile. ( Esprit pliant , humeur pliante.) PLIE, f.s. [Pajjêr.} C’est un poisson de mer plat & large, qui a la bouche petite, & qui est fans dents. (La plie entre aux étangs de mer & de rivière.) PLIER , ployer , v. a. [Fleclere, citrvare. ) On dit l’un & Tautre , mais plier est incomparablement plus doux & plus usité que ployer , qui est si vieux qu’il nVn peut plus. C’est métré proprement par plis. (Plier des étofes, du linge, des fervietes. Les Relieurs plient les feuilles des livres qu’ils veulent relier.) Quoique Messieurs de l’Académie après Richelet dî- sent vue ployer n’est point d’uíage. Cependant AI. De- fpreaux s’en sert dans son Epître à Monsieur de La- moignon. [Quand Bacbus comblera deses nouveaux bienfaits, Le vendangeur ravi de ployer fous le faix. Defpr.] J 'S H me semble que cette phrase, qui eft p vieux epu’tl k en peut plus , est plus décrépite que le mot plo- PLE yer, & s’il étoit vrai qu’il fût hors d’usage , pourquoi dire que Ton se sert de l’un & de Tautre , & laisser ainsi les lecteurs dansl’incertitude de ce que l’on doit croire. AI. de Vaugelas a soutenu qu’il ne faloit pas confondre piler Stployer. AI. Ménagé fur ce vers de Malherbe. A soupir mépris U ployer les genoux. A fait une longue observation pour prouver qu’il saut dire plitr les genoux , & bannir entièrement le terme ployer. Mais j’avoùe que son autorité ne sautoir prévaloir dans mon esprit à celle de M. de Vaugelas. Cependant l’Académie aiant prononcé que p loyer n’est guéret plus en usage même dans la lignification de courber , il faut dire plier. On doit s’en abstenir, fans pourtant condamner ployer à un banissement perpétuel. PLIER. Terme de Marchand de galon. Plier fur la main. C’est faire tenir les mains suspendues & un peu éloignées Tune de Tautre, & faire passer tout autour de la foie ou du galon , pour en faire un écheveau. (Plier un écheveau.) 4= PLIER les étofes. C’est leur faire un pli au milieu dans toute leur longueur, St leur en faire ensuite plusieurs dans leur largeur également distans les uns des autres, qu’on range alternativement en dedans & en dehors. (Plier juste & proprement un drap.) f PLIER , le dit aussi chez les Marchands, pour re- mettre une étofe dans ses premiers plis. 4 PLIER des Joies. C’est mettre les échevaux de soie, au sortir de Ta teinture , en deux ou en trois, suivant la longueur qu’on veut donner aux botes. On dit aussi, Plier du fil. 4 PLIER m évantail. Terme d’ Evantaillijie. C’est le monter & y mettre le bois. 11 fe dit aussi des plis qui se font au papier, pour le mettre en état de recevoir la monture. * PLIER. [Fleclere.} Faire céder, faire obéir, courber, Incomber. Le mot de plier dans ce sens est aflif St neutre. Et on dit. (Faire plier la lame d’une épée St plier la lamç d’une épée ; plier Poster & faire plier Tôlier. Voilà qui plie. Planche qui plie & non pas ployé, comme on le diiòit du tenis de Vaugelas. Quelque jout ce nom redouté, fous qui la stère Espagne pin , Voit.poef. Et fous les pas nombreux dc leur danse légère Faire à peine plier la mousse (ç? la fougère. Perraut.) PLIER. [Cadere , relrocedere.} Ce mot fe dit en termes de Gueire, & c’est fuir, ceder & abandonner son poste, & en ce sens le verbe plier est toùjcurs neutre, (L’infanterie plia , Abl. La cavalerie fut contraint* de plier. Faire plier l’infanterie, Ablancourt.) 4 * PLIER les genoux élevant le veau dlor. C’eft faite la cour servilement à un favori, à une personne puissante. t * PLIER. Ce mot entre en quelques faqons de parler proverbiales & figurées. {Exemples.) t * II vaut mieux plier que rompre. [Satins tjï flelîi quà nfrangi ] C’est-à-dire, il vaut mieux céder, obéir St s’acomruoder que de résister, que d’être opiniâtre & faire tort à ses intérêts. t * PLIER la toilette. [Furarif C’est dérober. Voler une personne, & lui prendre ce qu’elle avoir de meilleur dans son logis & s’enfuïr. t * PLIER bagage [ J r ajd cnl/igere. j C’est s’enfuir & s’enaller. (J.1 a tait Gilles, il a plié bagage.) A Ee P. du Cerceau. En premier lieu je fais plier bagage. Non toutefois fans violens remords , Au grand Virgile, Homere N ses consorts. 11 faut m’aprêter bien tôt à plier bagage, Abé Regn. PLIEUR , J. m. [Strufior.} Celui qui fait le métier de plier du linge. PLIEUSE, f. f. Ouvrière qui plie les livres en blanc avant que de k-s coudre. (11 faut porter ces livres à la plieuse.) PLINGER, v. a. [EUycbnium primo itnmergere inse - à) Terme àe Chandelier.\\ fe dic de la prémiére trempe qu’on donne à la mèche lorfqu’on fait de la chandelle. (On plir.ge la mèche lorfqu’on commence à faire de la chandelle.) PLINTE,/ s. [PUntus.J C’est un membre d'Arcbi- teflure , quarté & plat ; partie supérieure de chapiteau Toscan. La plinte est une partie quarrée qui fait le fondement de la base des colomnes. Perraut dans tousles livres d ’Arcbitcflure fait le mot de plinte masculin, mais il est seul de son parti. peints PLO PLiNTË de mur. [ Excurfius mur;.'} On apelie ainsi deux ou trois rangs de briques avancées, ou toute moulure plate & haute qui dans les murs de face porte les planchers &fert à porter l’égout du chaperon d’un mur de clôture & le fermer d’une souche de cheminée. if FLIRTE arrondi. Celui dont le plan est rond, ainsi que le tore comme au Toscan de Vitruve. ífi PLINTE ravalé. Celui qui a une petite table re. feuillée quelquefois avec des ornemens comme des po* ftes, Guiílechis & entrelas. (f PLINTE de figures. C’est la base. {$ PLINTE ronde ou quarrée, qui porte une figure. PLIOIR,/. m. [Palmula complicatoria.} Prononcez plìoi. Terme de Relieur. C’eíi un petit instrument de bonis, ou d’ivoire, plat & délié, dont on se sert pour plier des livres. (Un joli plioir.) On se sert austì du plioir pour couper le papier & ouvrir un livre broche. (II faut ouvrir ce livre avec un plioir. ) •t PLIQJJE , f f. [ Plica Polonica. ] Maladie fort commune en Pologne. Les cheveux d’un homme malade de la Plique se mêlent si fort, qu’il n'est plus possible de les peigner. Le malade meurt souvent de ce mal. (11 faut fe faire razer, dés qu’on se sent attaqué de la plique. ) T PLIS» Sortes de laines de la moindre qualité, qui leste vent de dessus les bêtes tuées pour la boucherie. PLISSER, v. a. [Vejies Jìnuare,} Ce mot se dit entre Tailleurs Couturières, & veut dire faire plusieurs petits plis de rang & en long avec Léguiste. (Plisser un tablier, plisser les poignets d’une chemise, plisser PLO 151 une jupe.) PLISSURE, f. fi [Plicatura.} La maniéré de plisser, & le travail qu’on y fait. (La plissure d’un surplis est di. îcile & coute beaucoup.) PLOC , fi 'íi. (Fartant ex tomento U vitra trito. ] Terme de Marine. C’est une compositon de verre pilé & de poil de vache , -dont on garnit le dessus du doublage , tant pour la conservation & la durée du vaisseau, que pour empêcher que les vers ne s’y engendrent, & criblent le vaisseau , comme il arrive en navigeant dans la zone torride, O2. DiH. Math. PLOC. [Pili vaccœ.J II signifie aussi du fil de poil de vache. (On fait des couvertes à ploc.) f PLOC , se dit aussi des poils de chèvres, de chevrotins & de chiens. PLOIER. Voïez plier. ck PLOK-PENIN , fi. w. On apelie ainsi en Iíollan. de ce qu’on donne dans les ventes publiques au dernier Enchérisseur d’une marchandise. C’est une efpéce de dersier-à-dieu, par lequel on signifie qu’eile lui a été adjugée. PLOMB , fi. ut. [ plumbum .] Prononcez plan. Sorte de métal fort connu qui tient du blanc & du noir, qui est le plus mou, le plus fragile , le moins considérable de tout les métaux, & dont sc servent principalement les plombiers, les vitriers , les potiers d’étain dans leurs ouvrages. Le meilleur plomb vient d’Angìe- terre par navetes & par saumon , & il naît dans la terre , où on le trouve avec quelque mine mêlé avec de Largeur. Les plombiers en travaillant & parlant du plomb, disent. (Etamer le plomb. (Jetser le plomb en moule, Tondre le plomb. Ecremer le plomb. C’est en ôter l’é- cume. Les vitriers en faisant leur besogne, disent mettre m plomb. C’est loger le verre dans le plomb. Ouvrir le plomb.) PLOMB. Terme de Plombier. C’est tout le plomb qu’on met fur les toits & autres endroits de la maison. (Poser le plomb.) PLOMB. s. m. [ Perpmàìculum .] Terme de Maçon & de Charpentier. Ce dont les maçons & les charpentiers fe servent pour niveler & les prendre à plomb. C’est un morceau de plomb pendu à un filet, lequel par son poids, se tient toujours dans une situation verticale & perpendiculaire à l’horison. f Jetter son plomb sur quelque chose. Prov. C’est avoir dessein fur quelque chose, former un dessein pour parvenir à quelque chose. (11 a jette son plomb sur cet emploi, sur cette fille, sur cette terre.) H PLOMBS. On apelie ainsi des morceaux de plomb aplatis, que les femmes mettent daes les manches de leurs habits pour les faire bien tenir. U plomb. [Bolis.} En termes de Mer. C’est la fonde. (Î1 faut toòjours avoir le plomb à la main, quand en aborde des côtes inconnues.) PLOMB. [Aaufiea latrinuria.} C’est une maladie qui ataque les ouvriers qui travaillent à vuider les fossez des privez quand ils n’y font pas acoutumez. Elle est su- focante, & ses symptômes ressemblent à ceux de l’apo- plexie. * PLOMB. Ce mot entre en quelques façons dc parler figurées. (Exemples.) Le plomb ni le fer des Espagnols ne nous peuvent faire du mal. Voìt.l. 84. C’est-à-dire, les armes, les coups de canon , ni de mousquet, ni les coups d’épée. Ou d’un plomb qui fuit P ail & part avec P éclair Je vais faire la guerre aux habitant de Pair. Defpr.) * Le pauvre homme ejt en plomb. [ In pharetro plum. beo.} C’est à-dire , est mort & est couché tout de sos»- long dans un cercueil de plomb. f * Avoir du plomb dans la tête. C’est être froid & sage. f * Cul de plomb. C’est un homme laborieux L sédentaire. (C’est un cul de plomb qui ne quitte point le travail.) A plomb , adv. [Se/ âireclè imminet nojìris cervicL bus.} Le Soleil donnoità plomb fur là tête , Scar. Rom. C’est-à-dire, donnoit tout droit fur fa tête. On cuit. C’eji un soleil ardent, Qui fies traits à plomb va dardant Mais d’une force Jì cruelle Qu’on fie fient bouillir la cervelle. Lerr. Chasse.) A plomb. Parmi les ouvriers il est fiubjlantlfiniaficu . lin. Maniéré d’obferver si une chose est bien perpendiculaire. (II faut qu’un Maçon sçache bien prendra ses aplombs .) * Le plomb vole à l’instant & pleut de toutes parts. C’est-à-dire, on tire auffi-tôt force coups de mousquet, Dejprcaux, Ep. 4. On parle en Chimie, où l’on nomme le plomb , Sa. iurne, du sel de plomb, ou de faturne , du magisters de plomb, du baume de faturne, du plomb brûlé du plomb lavé , &c. Voïez le Traité de Chimie. Le plomb d’une horloge. [Pondus.} Ce font les con- tre-poids. On scelle avec du plomb dans la Chancellerie de Rome. D’où vient que l’on dit que le plomb de Rome est fort cher. PLOMBAGINE, fi. fi. (Plumbago .) Glèbe minérale ou pierre de mine de plomb & d’argent mêlez ensemble avant que d’être mise au fourneau. f PLOMBATEUR , fi m. ( Plumbator .) Terme de la Chancelerie de Rome. C’est celui qui met le plomb aux Bulles. PLOMBE", fi m. ( Plumbatura .) Terme de Relieur. C’est une composition de mine de plomb , de colle, & d’eaubien détrempée dont on fe sort pour plomber de certains livres. (Broier le plombé.) PLOMBE'E, fi. fi ( Plumbea compojìtiol) C’est une composition faite avec de la mine de plomb, de laquelle plusieurs Artisans fe fervent pour colorer en rouge. PLOMBER , ®. a. ( Plumbare.') Terme de Potier. C’est poser le plomb fur la poterie. (Plomber un pot , une casserole.) Voïez P lonmier. PLOMBER, ïfi devenir louche. (Plumbo infuficare.) Terme d ’Emailleur. ( Les émaux clairs, mis fur un bas or, plombent & deviennent louches; c’est-à-dire, qu’il y a un certain noir comme de fumée, qui obscurcit la couleur de Lémail.) PLOMBER. (Plumbum retrbus vincire. ) Terme de Pêcheur. Mettre du plomb aux filets. (Plomberies filets.) PLOMBER. ( plumbum mercibus ajfigere. ) Terme d* Commis de Douanes. C’est mettre un plomb fur les ba- lots avec la marque du Roi, asm que les Commis des Douanes par où passeront les balots ne les ouvrent point. (Plomber des balots.) On plombe les Bulles qu’on expédie à la Chancelerie de Rome. PLOMBER. ( Parietem ad catbetum examinare. ) Terme de Maçon. C’est voir fi quelque ouvrage de maçonnerie est droit, ou a du fruit. (Plomber un mur.) On dit aussi plomber un Vaijfieau. (Navern ad libellant examinare.) C’est voir avec un instrument lì le vaisseau «st droit, soavoir s’il est sor LArriére, ou fur LAvant. On 152 PLO On dit encore Plomber un arbre. [Solìdares} C’est fouler la terre ave les pies pour l'akermir. 1 PLOMBER. [Plumbares Ternie de Relieur. C’est métré le plombé fur la tranche d’un livre & le brunir lorfqu’il est sec. (On ne plombe que les livres de deuil & quelques livres de prières , comme font ceux qu’on relie pour les Religieux & les Religieuses.) PLOMBER le visage. [Livore decorare vultum. ) Le rendre livide & de couleur de plomb à force de coups. On dit auífi, cet homme ne le porte pas bien, il a le teint plombéík livide. £ PLOMBERIE,/ f. Art de fondre &de travailler le plomb. On le dit aulli des ouvrages des Plombiers. PLOMBEUR, s. m. Celui qui plombe, qui aplique les plombs » ou marques aux étofes <& autres marchandises. PLOMBIER, / m. [Vlumbarius faber. ]. C’est celui qui fond le plomb , qui travaille en plomb , & qui fait toutes les fortes d’ouvrages qui fe peuvent faire avec le plomb. Pour travailler de son métier le plombier a une fosse où il met fondre son plomb, & il fe sert de moule, de fable, déférs, de tables , de maillets, de ferpetes, de toile de fer, de cueiller de fer, d’écremoire , de plane , de fourneau & d’etain, pour étamer le plomb. (Un bon plombier.) L PLOMBIERE,).'/. Femme ou veuve d’un Maître Plombier, qui continué le métier & le commerce de la plomberie. ( f PLOMBIERE. C’est aussi une pierre minérale qui reliembie beaucoup au plomb. PLOMMER, flamber, ». n. [Ficlilia plumbo incru- J}are.2 Terme dé Potier. L’un & ï’autre fe dit. Les plombiers disent plus souvent ptommer qu ^plomber, mais les gens qui ne sont pas du métier ne lé fervent d’ordinaire que de plomber. C’est apliquer le plomb fur la poterie. Polèr le plomb fur la poterie. (11 faut plomber cette poterie.) | PLOMO-RONCO, / m. C’est le plus riche de tous les minerais d’argent qui fe tirent des mines du Chi. ly & du Pérou , le plus facile à exploiter , & qui coûte le moins de fraix. il est noir & mêlé de plomb , d’où ìl a pris son nom. On le fond fans avoir recours au ▼if argent ; le plomb poussé au feu s’èvapore aisément, &l’argentreste aussi net que si on l’avoit amalgamé. PLONGEUR,J. /- [Propugnaculi declivitas.2 Terme de Fortification. On apeìlc p/ongee de parapet, la partie du parapet qui va en talus ou en glacis. PLONGEON,/ «». [Mergus.J Efpéce d’oifeau. II y a deux fortes de plongeons, un plongeon de rivière, & un plongeon de mer. Le plongeon de rivière est un oiseau qui est noir fur le dos , blanc fous le ventre, qui a le bec long & rouge , les plumes fort déliées, trois doigts à chaque pié, les ongles fort plates, & qui est plus petit que le canard. Le plongeon de mer est gros comme une sarcelle. 11 a le bec, les jambes & le dessus du corps noir. 11 a le ventre blanc & la queue courte & noire , & est couvert d’un duvet très-fin, Bel. PLONGEON, [Urinator.2 Se dit aussi des nageurs qui décendent au fond de l’eau pour y chercher quelque chose. PLONGEON. [Spicarum fascis inversa .] C’est dans plusieurs Provinces un tas de gerbes renversées. * Faire le plongeon. C’est fe plonger dans l’eau. C’est se métré la tête dans l’eau , s’y cai.her entièrement, & imiter en quelque forte l’oifeau qu’on apelle plongeon, qui nage en fe plongeant. * On dit qu’un homme a fait le plongeon quand il s’est échapé de la foule , ou qu’il s’est tiré d’un pas fâcheux. [Manant de tabula susulits * Faire le plongeon, fe dit d’un homme qui baisse la tête quand il entend tirer dans un combat. (Les nouveaux soldats font ordinairement le plongeon aux premiers coups que l’on tire.) * Faire leplongeon, fe dit aussi d’un homme, qui après avoir soutenu quelque chose , se relâche tout d’un coup par foibleffe, ou n’allegue que lisiblement de mauvaises raisons. PLONGER, v. a. [Immergeres Métré, enfoncer & cacher clans l’eau. < Plonger une personne , ou autró chose dans l’eau.) * PLONGER de la chandelle. C’est lui donner plusieurs couches de suif, en la trempant dans l’abîme, oïl moule qui en est rempli. * PLONGER , v. n. [ bmrinare .] Faire le plongeon. (C est un homme qui plonge bien,) PLU * PLONGER, V. a. [ Desgere.2 Fourrer, métré, SN. foncer. (Plonger un couteau dans son sein, Racine, Ipbn genie ,a.<;. Ta can t son ennemi au défaut des armes, il lui plongea le poignard dans le flanc. Vaug. Quinte Cur - ce, l. 9. ch 5. ) * PLONGER. [ In inferiora glandes immìttere. ] Ce mot fe dit du canon qui tire du haut en bas. ( Coup de Canon tiré en plongeant. Ils étoient au pied du rempart, & le canon qui tiroit ne les incommodoitpas , parce qu’il ne pouvoit assez plonger.) Se plonger , v. r. [Profundo Je mersare. J Se cacher dans l’eau. (II fe plongea dans l’eau de peur qu’on ne l’aperçût.) * Se plonger, v.r. [Volutari,se ingurgitare.'} A u fi. guré, il veut dire s’adonner aveuglément à quelque chose de mal, s’cnfoncer dans le dérèglement. Seplon. géant dans l’impureté , ils ont déshonoré eux-memeg leurs propres corps , Port-Royal, Epître aux Romains , ch. i. Se plonger dans toute forte de vice , Ablanc. Luc. t. 1, Se plonger dans la débauche. Se plonger dans toutes sortes de dissolutions, Vaugelas. Qnint. liv. 10. F.tre plongé dans l’avarice , dans l’impudicité, dans les sacrilèges , P use. I. 4. Etre plongé dans de nouveaux troubles, Racine, Iphigenie, a. 2 .Jc. 7.) PLONGEUR,/ m. [Urinator.J Celui qui plonge dans l’eau. (Un bon plongeur. Un excélent plongeur. 11 fit commander à quelques plongeurs d’aller entre deux eaux. Hijioire du Triumvirat .) 0 PLOTE- Voïez pelote. PLOTER. Voïez peloter. PLOTON. Voïez peloton. PLUCHE. Voïez peluche. PLUIE, / / [Imber, pluvia .) C’est l’eau qui tombe du Ciel. (Pluie chaude, froide , grosse, petite, pluie Ae sang, c’est de l’eau qui paroit de couleur ronflé. Cau- fer de la pluie. 11 va tomber de la pluie. Vent qui amène la pluie. Une goûte de pluie. Les Poètes ont feint que Jupiter fe changea en p suie d'or, pour entrer au lieu où étoit Danaé, pour dire, gagna les gardes par argent. Bis le soir une grojse pluie De vents U de grêle suivie Tombe dans tous les lieux voisins , Fait des lacs de tous les chemins. Perr. Chasse.) {$ Ce terme réussit souvent dans le figuré, par exemple ces deux vers de Malherbe dans fa prière pour le Roi, ne fonc-ils pas magnifiques. Certes quiconque a vù pleuvoir dessus nos têtes Les funejies éclats des plus grandes tempêtes. Virgile n’a-t-il pas dit dans le douzième livre de son Enéide, Et toto turbida calo Temprjlas telorum , S? ferreus ingruit imber. Je pourrois raporter une infinité d’endroits des plus fameux Auteurs , pour autoriser l’usoge du mot;>/e«iwr, dans le figuré. Les Poètes Latins & Italiens m’en fourniroient en abondance, mais il me paroit inutile d’en prendre soin. Les Philosophes disent que la pluie est formée des vapeurs atirées par le soleil, lesquelles étant condensées de forte que Pair ne les pouvant plus soutenir, elles tombent par leur propre poids. $ PLUIE. Efpéce de droguet dont la chaîne est dí foïe, ou de poil, & la trême en partie d’or, ou d’argent. On en fait des habits d’hommes & de femmes. (Un habit de pluie d’argent.) PLUMACEAU , Plumajseau, s. m. [ Lineunito~ mentum.2 Terme de Chirurgien & de Maréchal. C’est la charpie qu’on met aux playes. Tente fur quoi on met de ! onguent pour penser des playes. (Faire des plumaceaux.) PLUMACEAU, s. m. [Extremum plumatile.'] Terme de Rotijscur. C’est le bout de l’aîle d’une oie , duquel le Rôtisseur fe sert quelquefois pour foufler doucement les charbons fur quoi il fait revenir fa viande. í PLUMACEAU, fe dit des petits bouts de plume qu’on emploie pour emplumer des clavessins & des flèches. PLUMACIER, s. m. [Plumarius.2 Marchand ouvrier qui acommode des plumes d’Autruche,qui monte des ai- gretes,veml & loue des coifures de halets & de toutes sortis PLU sortes de branches de plumes. (Un pauvre pluma- cier.) PLUMAGE , s. m. [ Avium pluma. ] Ce mot se dit proprement des oiseaux. Ce sont des plumés de quelque oiseau. (Un bon plumage. Que vous êtes un bel oiseau , Mon Dieu , l’agréable plumage ! Je croi que vôtre ramage Eji pour le moins aujji beau . Bouirs. Esope.) PLUMAIL, f. m. [Scopa plutnaria .] C’est un petit balai de plumes. PÏ.UMART, f m. [ Scopa plumatilis. ] Houffoir de plumes de volaille. Acad. Fr. PLUME»/./. [Plumai} Duvet qui couvre quelque forte d’oiseau que ce soit. (Bonne plume.) f * La belle plume fait le bel oiseau. [ Corporìs habì- îum exornat.} Proverbe pour dire les beaux habits parent bien une personne. Les grolses plumes qui fervent adx oiseaux pour voler, & qui ont un tuyau, s’apellent pennes en terme dé Fauconnerie. Vóïez penne. PLUME,// [Penna, calamus.} C’est ordinairement un tuyau de l’aile de quelque oye, ou de quelque cigne & quelquefois de corbeau, qu’òn holande li bien, qu’on la rend propre pour écrire lorsqu’on l’a taille. (Une plume bien nete. Une plume bien holandée. On Vend les plumes par carteron & par demi carteron, mais les merciers & les papetiers les achètent par millets. Cette plume est bonne, elle écrit bien. Tailler une plu- Sue. Tenir fa plume de bonne grâce. Bouhours ce beau diseur,Jì connu dans la France , (fa dans ses entretiens pleins de tant d’enjouement , SçutJì bien atraper leJide des Romans, ‘ En traduisant dit-on cet augujie volume, Voulut Jur ses vieux jour; JantfierJa plume. Aut. Anon.) Eolander une plume. [Calamum igné prœparare.} C’est passer le tuyau dans les cendres chaudes, pour en ôter la graisse & l’humidité. PLUME. [ Scnptor scient JJìmus. ] Ce mot se prend quelquefois au liguré , & veut dire celui qui s’explique par écrit. (Monsieur Patru est une des meilleures plumes de France.) * Métré la main à la plume. [Calamum sumere.} Ces mots au figuré signifient composer quelque ouvrage d’esprit. (Un Sçavantsolitaire, Caché jusqu'à ce jour dans un coin dé la terre, Fait entendr.efa voix , N 1 » plume à la main Vange la venté qit'i! portoit en son sein. Aut. Anon-) * Ma plume eji une putain , mais ma vie ejl une sain. te. Main. pois C’est-a-dire, je nomme les choses par leur nom, ma muse est un peu trop libre, niais je vis en ■fort honnête homme. (£ Un autre Poète s’est servi du terme plume danî cette Epigramme que l’òn a censurée avec raison. Delisle ta fureur Contre ton Procureur Injujiement s’alume j Cesse de mal parler , Tout ce qui porte plume Fut eréé pour voler. La pensée est vraie dans la propre lignification dc plume , mais elle est fausse daris cette Epigramme , puif- qu’il n’est pas vrai , que tout ce qúi porte plume ait été créé pour voler , quand on prend le mot de voler , pour celui de dérober. Le Terme plume est plus heureusement employé dani ees vers du Menteur II aura cru sans doute tz? je fuis fort trompée , Que les filles de cœur aiment les gens d’épée ; Et vous prenant pour telle , il a jugé soudain , Qsune plume au chapeau vous plaît mieux qu’à la main. PLUME & relies de plume. Quand l’héritage ne doit que plume. Theroane art. 9. ï\ n’avoir poule, gelene, Jau, ou chapon de rente ; còmnie aussi nous lisons clans la Coutume de Nivernois, tit. 6. ch. j, que pour bour- delage est dû argent, bled & plume. Cens en argent, plume & grain. Herdtiin art. 14. PLU 153 / * Passer la plume par le bec. f Frufirare aliquem. J C’est amuser une personne en s’en moquant, Molière % Scapin, .q. t * Il y à laissé des plumes. C’est-à-dire, ii íui en co u te. * II faut plumer la poule (l’oye) fans la faire crier. [ Callidè arnpiendum eji. ] C’est-à-dire, que quand oh fait deS concussions il faut prendre garde de ne donner pas ocasion à des plaintes. * II eji au poil gsf à la plume. [ Martis U Minérvà homo. 3 Cela veut dire que la personne dont on parle* est capable de diférens emplois. On dit des choses qu’on écrit par ocasion. f Cogita - tìs alienis J'eJ'e exornat.J Cela s’eji trouvé au bout de nui plume. On dit d’un Auteur qui dérobe les pensées des autres , quë c’ejì la corneille d?Esope qui eji parée des plumes d'autrui. On dit que la viandeJent la plume , quand le cuisinier pour né s’être pas levé matin est cause que la viande n’est pas assez cuite. On dit d’un homme qui tire tout l’avántáge d’une société, qtie F eji la plume de Vaigle qui dévore lés autres. On dit en Terme de Fauconnerie , donner la plut/ie à l’oifiau. [Avéra inescarc.} C’est lui donner une c ère de pluihes. PLUME. [Plmmla.l Terme de Botanique. Petite partie de la graine cachée dans les cavirez qui fe trouvent dans scs lobes. t PLUME Marine. [Penna Marina.} C’est une plante qui ressemble à l’aíle d’urt oiseau. PLUME. [Circulusplumatilis} Terme de Plumacìer, Sorte de plume de quelque bel oiseau étranger dont les gens d’épée parent leurs chapeaux; ( Batre la plume. C’est lui faire venir le poil. Frises les plumes. Brouiller les plumes.) PLÚME d’enfunt. [Penna.} C’est un brin de plume de quelque bel oiseau étranger dont ori pare le bonnet d’iln énfant. PLUME'E*/ /i [bïtìncïura atrámenti.} Plein la plu. hiée d’ancre. (Prendre une plumee d’ancre. Uonnez- moi une plumee d’ancre.) PLUMER , v.à. [ Avi plumas detrahére. ] Ce mot se dit proprement des oiseaux, c’est arracher la plume. (Plumer un oiseau.) t * PLUMER. [Tundere aliquem àuro.} Ce mot se dit au figuré des personnes, & lignifie faire dépenser dé l’argent & du bien à quelqu’un. Oter du bien. Ronger; (La mere & la fille le plument maintenant. Ablanc. Luc. t:t. ;. II a été plumé par scs sujets, Benjerade, Rondeaux.') (§' PLUMER Voiseau, c’est-à.dire , une dupe, un sot, q-ui tombe dans les filets de ces gens qu’on apelle Chevaliers d’industrie. L’Auteur des saujses amours, a dépeint naïvement ces Victimes innocentes de ía tromperie rì’un grand nombre de fainéans qui vivent aux dépens des sots. Si un coqUardsau Qui soit nouveau Tombe eri leurs mains ; C’eji un oiseau Brins au gluau Ee plus ne moins , Car tant de pìamfîs Font pár leurs mains Lui tomber dejjus le museau Qu’avant qu’íl parte de leurs pôingtí ll j’era plumé de tous poingts. . Le Chevalier d’Aceilly s’est aussi servi de ce mot* qui n’est reçu que dans le stile familier. Pour plumer quelques gens , qui font fort álàirmez , On parle à'établir la chambre de Jujiice , Pour les peuples helas ! que sert qu’en Rétablisses ‘Pels oiseaux ïiôlent mieux après qu’ils font plumez. PLUMET , / m. [Pennx ornantes galerum.} C’est une plume simple autour du chapeau. (.Acheter un plumet. Ce plumet est fort beau. 11 a un plumet fur Ion chapeau. Porter un plumet.) s * PLUMÈT. [Pturms orna t us.} Ce mot sc dit d’un cavalier, ou de quelqu’aucre homme d’epée qui porte des plumes, & il marque quelque mépris de celui durit òn le dit, & veut dire ; Homme d’épée Ou cavalier qui a quelque moleste, ‘qui tient plus du galant que d’un véritable homme d’épée. yOtii, toujours le plumet allia la préférence. La Fontaine, Contes.) Tarn, III. U Plumet, 154 PLU PLUMET. C Fasoiculut plumatilis. ] Terme de Muletier L de Bâtier. Ce sont des plumes de coq qu’on met fur la couverture des mulets. (Métré les plumets.) PLUMET. [Gerulus .J C’est celui qui sert de Juré por- teur & qui porte dans un sac sur sa tête & sur son dos le grain & le charbon que les bourgeois achetent fur les ports de Paris. (II ne suffit pas d’avoir acheté du charbon , il faut des plumets pour le porter au logis. Jc cherche par tout un plumet , & je n’en trouve point. Le Bourgeois qui achete des voies de charbon les paye au plumet, & le plumet en paye le maître porteur, le mesureur & le marchand.) PLUMETE', en Terme de Blason. C’est la même chose que moucheté & découpé. fPLUMETTE,// Petite étofe, quelquefois avec de la foie , mais plus ordinairement toute de laine. PLUMEUX, euse. Adj. Qui tient de la plume. Qui est fait de plume. (pédalé n’avoit pat deces rames plumeuses Encore traverse' les ondes écumeuses. Poèt. Anon.) PLUMITIF , f m. [ Tumultuarius commentaria- lus. ] Minute qu’un Greffier écrit à la hâte & en abrégé quand le Juge prononce à l’Audience. Voïez Ra- gueau. t PLUMOT AGE , f m. Terme de Rasinerie de sucre, façon qu’on donne à la terre qui sert au rzfina- ge , en la rafraîchissant & la paitrissant sans l’òter de dessus le sucre, & en y versant une ou deux cuillerées de terre claire. f PLUMOTER. C’est fàire le plumotage. PLU-PART. Voie?, plustart. PLURALITE' , s f [Major nunierus , pluralitas J Plus grand nombre. ( La chose passa à la pluralité des voix. Etre élu à la pluralité des voix.. La pluralité des Messes aperte de la gloire à Dieu. Pasc. 1 . 6.) Monsieur de Fontenelle a fait un Dialogue très-agréa- ble de la pluralité des mondes. PLURALITE'. Ce mot se dit en parlant de bénéfices , & veut dire possession de plusieurs bénéfices. (La pluralité des bénéfices à charge d’ames a toujours été trouvée mauvaise en France, mais la pluralité des bénéfices simples y a toujours été reçue.) PLURIEL, ou plurier , f m, [ Pluralis. ] Terme de Grammaire. Nombre qui marque plusieurs. (Décliner le pluriel du nom. Conjuguer le pluriel d’un verbe. Nom qui est au pluriel.) (§ On doute s’il faut dire pluriel ou plurier. M. dé Vaugelas est pour pluriel, quoique les Gramairiens écrivissent plurier. La raison sur laquelle il se fonde est que venant du Latin pluralis, où il y a une L en la dernière lilabe, il faut nécessairement qu’il la retienne en la même filabe en François; parce qu’il pose en fait, que nous n’avons pas un seul mot pris du Latin, soit adjectif ou substantif, qui ne retienne L quand elle se trouve en la dernière ou pénultième filabe Latine, où il y a une L , &c. L’Académie a atesté que l’usage étoit pour pluriel. M.Ménage tom. i. de ses Observations, est d’un sentiment contraire, il allègue une ancienne Grammaire Françoise de Robert Estienne ou plurier est imprimé avec un R, ainsi que dans plusieurs ouvrages d’Henry Estienne, de Nicod , de Meziriac & deMarot qui dit, Je prouverai par bons témoins Que tous pluviers n’en font pas moins. Et après un long détail il est obligé de convenir, que quoiqu’il estime plurier meilleur que pluriel , il ne condamne pourtant pas pluriel, & par conséquent il est plus scur d’user de celui-ci que de l’autre. Enfin le k. B. aprouve l’un & l’autre. PLURIEL, plurielle ou plurier, pluriéle, adj. [Pluria- /«.J Qui marque le pluriel. (Nombre pluriel, ou plu- rien Terminaison plurielle , ou plûtôt, terminaison du pluriel .) II y a plusieurs noms qui n’ont point de pluriel, comme persil, cerfeuil, pimprenelle, rué herbe, sommeil, safran, ablinte. ,, Longin reconnoit dans son Traité du Sublime cb. „ 19. qu’il n’y a rien quelquefois de plus magnifique ,, que les pluriels, car la multitpde qu’ils renferment „ leur donne du son & de l’emphase, tels font ces plu- „ riels qui sortent de la bouche d’QEdipe dans son „ Sophocle. PLU Hymen, funeste hymen tu trias donné la vie : Mais dans ces mêmes flancs , où je fus enfermé Tu fais rentrer ce sang dont tu m’avois formé , Et par.là tu produis & des fils & des pères, Des frères , des maris , des femmes U des mères , Et tout ce que du fort la maligne fureur - Eit jamais voir au jour U de bonté U d’borreur. Tous ces diférens noms, ne veulent dire qu’une,, même personne, c’est à Içavoir OEdipe d’une part &„ sa mère Jocaste de l’autre. Cependant par le moyen,, de ce nombre ainsi répandu & multiplié en divers plu-,, riels.il multiplie en quelque façon les infortunes d’OE. „ dipe ; c’est par un même pléonasme qu’un Poète a „ dit On vit les Sarpedons & les Hi ftors paroitre. II en faut dire autant de ce passage de Platon à pïo* pos des Athéniens: Ce ne font plus des Pelops, desCad. mus , des Egyptes , des Daunus , m des hommes nez bar. bares qui demeurent avec nous, nous sommes tous Grecs éloignez du commerce çs? de la fréquentation des nations étrangères qui habitent une mime ville. En éfet , tous ces pluriels ainsi ramassez ensemble,, nous font concevoir une bien plus grande idée des„ choses, mais il faut prendre garde à ne faire cela que,, bien à propos, & dans les endroits où il faut multi- „ plier ou exagérer, ou dans la passion, c’est-à-dire,,, quand le sujet est susceptible d’une de ces choses ou „ de plusieurs , car d’atacher ensemble ces cymbales,, ct ces sonnetes, cela sentiroit trop son sophiste. 11„ faut avouer que la réflexion de Longin est trós-juste;,, nous sentons en nous-même la force & l’éfet des plu-,, riels. Voïons ce que ce Réteur a dit ensuite des lìngu- liers ; nous ne pouvons pas consulter un plus habile maître ; & je fuis persuadé que l’on me sçaura bon gré d’avoir ici cousu ces deux morceaux de son ouvrage, qui ne perdent rien de leur force par la traduction de M. Boileau. On peut aussi tout au contraire réduire les pluriels,, en singuliers, & cela a quelque chose de sort grand:,, Tout le Péloponèse, dit Demosthène étott alors divise en „ saflions s il en est de méme de ce passage d’Hérodote : „ Phrinyscus faisant répresenter sa tragédie intitulée;,, la prise deMilet, tout le théâtre se fondit en larmes car de ramasser ainsi plusieurs choses en une, cela,, donne plus de corps au discours. Au reste je tiens,, que pour l’ordinaire c’est une méme raison qui fait,, valoir ces deux diférentes figures. En éfet, soitqu’en,, changeant les singuliers cn pluriels, d’une feule chose,, vous en fassiez plusieurs, soit qu’en ramassant des,, pluriels dans un seul nom singulier qui sonne agréa-„ blement à l’oreille , de plusieurs choses, vous n’en „ fassiez qu’une , ce changement imprévu marque la ,, passion. La pluralité des pluriels nous conduit insensible-,, ment à cette question assez importante : comment plu-,, steurs pluriels suivis d’un singulier régissent le verbe .,, M. de Vaugelas propose cette question dans fa remar-,, est le lingulier, ce mais servant comme de barrière », entre deux, & d’un obstacle pour empêcher la com- », munjeation & l’influence du pluriel sur le verbe. „ Quoiqu’il en soit, & à quelque cause qu’on I’atri- „ bue , l’usage fait ainlì dire presque à tout le inonde, », & les femmes que j’ai consultées là-dessus, à l’imita- „ tion de Cicéron, font toutes de cet avis, & ne peu- »> vent soufrir non seulement toutes se s richesses 0f tous ìtses honneurs, mais toute fa vertu s'évanouirent. Que », ii l’on demande ce que deviendront ces pluriels , »» toiiS ses honneurs U toutes ses richejj'es fans aucun », verbe qu’ils régissent, il faut répondre que l’on fous- ,, entend le même verbe pluriel s'évanouirent, lequel », néanmoins on n’exprime pas, pour n’être pas obli- », gé de le répeter deux fois, quand on le met après ,, toute J'a vertu ; car lì l’on ne le metoit point à la tin, „on diroit fort bien: non seulement tous ses honneurs, „ 0? toutes ses richesses s’évanouirent , mais toute fa „ vertu, & alors après vertu il faudroit sousentendre „ s’évanouit , mais il est beaucoup plus élégant de le ,, fous entendre en cet exemple après ces pluriels, „ qu’après le singulier. Si j’avois pû retrancher quelque chose de cette remarque importante, je ne l’aurois pas raportée toute entière ; du moins on n’aura pas la peine de l’aller chercher dans les remarques de M. de Vaugelas , j’y ajouterai encor celle ci, qui est la 148.,, On demande ,,st vingt-unsiécles est bien dit, ou s’il faut dire vingt. „ un Jlecle. On alléguois pour le singulier un exemple „ qui fermoit la bouche au parti contraire , à savoir ,, que l’on dit & que l’on écrit assurément vingt 0? un ,, an & von pas vingt U un ans, ni vingt U une an. ,,nées. Les autres oposoient un autre exemple à celui. „ ci ; & qui n’est pas moins fort, que l’on dit & que „ l’on écrit vingt 0f un chevaux, & non pas il y a „ vingt 0? .un cheval. Ces deux exemples fournirent „ un tiers Parti, auquel à la fin les deux autres se ran- „ gerent, qui est que tantôt on met le singulier, & ,, tantôt le pluriel selon que l’oreille que l’on doit con- „ sulter en cela, le juge à propos. Néanmoins ni les „ uns ni les autres ne revinrent pas si absolument à ce „ partage, que ceux qui croioient d’abord qu’il faloit ,, toujours métré le singulier, ne crussent encore qu’il ,, le faloit métré beaucoup plus souvent que le plur : el, ,, & que les autres qui étoient pour le pluriel, ne crus, „ sent le contraire. Ceux-ci se vantoient d’avoir la rai- >,son de leur côté, parcc que vingt demandoit sans „doute le pluriel; il n’y a point d’aparence que pour „ ajouter encore un à vingt , & augmenter le nombre , ,, il prenne une nature singulière , que cela répugné „ au sens commun ; les autres alléguant l’usage le sou- ,, verain des langues , ne laissoient plus rien à dire à „ la raison, si ce n’est qu’elle ne demeurait pas d’a- ,, cord de cet usage ; & voici comme ceux qui étoient „ pour le singulier , prouvoíent que l’usage étoit pour ,, eux. On ne dit point en parlant, vingt 0? un hommes, ,, vingt 0? une femmes , cent 0f une -perles. Les autres „ répliquaient qu’ils ne doutaient plus que hommes, y,femmes & perles, ne fussent là au pluriel, mais que „ l’r finale ne se prononçait point en nôtre langue , & „ que c’étoit ce qui les trompait; c’est véritablement „ la source ct la cause du doute, qui a donné lieu à „ la dispute ; car si on étoit bien assuré de l’usage , il „n’y auroit point à douter, les arrêts étant décisifs; „mais tout consiste en la question de fait, de sçavoir », si c’est l’usage ou non , or est-il que ce qui empê- ,, che de le sçavoir, c’est que les s finales, qui font „ nos pluriels, ne se prononçant point, les deuxnom- ,, bres se prononcent de la même façon, & par ce „ moyen l’oreille ne peut discerner l’un de l’autre, ni ,, reconnaître l’usage. 11 y a plaisir quelque fois d’exa- ,, miner & de découvir pourquoi on est en doute de „ l’usage en de certaines façons de parler. Messieurs de l’Académie ont observé sur cet endroit, que quand on dit vingt & un Jlecle , vingt U une pi - PLU 155 fiole, l’oreille ne peut distinguer , si siécle ou pistole sont au singulier ou au pluriel. La question ne devient sensible que quand on demande s’il faut dire , il a vingt 0? un cheval , ou vingt U un chevaux dam son écurie. Vingt U un blesse tellement, que presque tout d’une voix on a préféré vingt U un chevaux. II est certain que l’on a dit vingt-un an, & l’usage l’autori- se , mais ce même usage veut, que s’il luit un adjectif après un, on mette cet adjectif au pluriel, il y a vingt U un an acomplis, N vingt 0? un an passez ct non pas vingt 0? un an acompli ou passé. On dit de même, ce mois a trente 0? un jour , & non pas trente 0? un jours. Sion y joint un adjectif, il faut dire àu pluriel : il y a trente 0f un jour pasjez , qu’on n’a reçu de ses letres. PLUS. [Magis. J Ternie de comparaison qui veut que après lui, & qui signifie davantage & qui vaut le mugis des Latins. (L’amour propre est plus habile que le plus habile homme du monde. Mémoires de laRo - chejaut. Se croire quelque chose plus que les autres. Je cannois 0? j’avoué humblement ma foiblesse, Daphnis ee chaque jour plus d’un de mes soupirs. Rec. de Bouh.) PLUS. Ce mot précédé d’un article a la force d’un superlatif. (L’homme le plus simple qui a de la passion, persuade mieux que le plus éloquent. Mémoires de la Rochesoucaut.') Le plus. N’est par fois qu’un comparatif , comme quand on dit. (C’est le plus âgé des deux freres.) PLUS. [AmpliuiJ Ce mot se dit absolument ct signifie davantage. (N’esperons plus mon ame, aux promesses du monde. Main. poés.) PLUS. [ Ampliùs. ] Ce mot servant à exprimer une quantité discrète veut souvent un génitif. (Son armée étoit de plus de cinq mille chevaux. Ablanc. Arr, 11 a demeuré plus de six mois dans Paris. II n’est point d’homme dont je fasse plus de cas.) * PLUS. [Item, injuper.'} Ce mot est souvent une espèce d’adverbe qui sè dit en comptant en détail, & qui signifie Outre cela. Encore. {Plus une éguille à ra- commoder les voiles, quatre sous. Ablancourt. T. 1. /. 2. ) PLUS. [Quò magisj Ce mot se met également pour d’autant plus. (Plus on est élevé, plus on court de danger. Racan, poésies.') Au plus, adv. [ Saltem. ] Tout au plus. (On ne lui doit au plus que cinquante écus.) Déplus, adv. [Prxtereas Encore plus. Outre. (On doit de plus se souvenir qu’il est plus généreux de pardonner que de se vanger.) PLUS du tout, adv. [Non ampliùs. ] Ces mots fe mettent avec une négative, & signifien t point, pas, nullement. (Ne penser plus du tout à une chose. Pasc. I. 4.) De plus en plus, adv. f M a gis ac magis. ] Toujours plus. (11 aime de plus en plus, son amitié augmente tous les jours de plus en plus.) Le y lus, adv. [ Magis. ] (C’est celui qu’ellc aime le plus, c’est-à-dire, plus que tous les autres.) Quand plus est comparatif , il doit être précédé par le. On n’étoit pas si exact autrefois, Malherbe a dit : Et faire les choses fans art, Esì l’art dont on fait plus d’estime. M. de Corneille dans son Cinna att. 1. sc. r. Au milieu toute sois d’une fureur si juste J’aime encor plus Cinna que je ne hai Auguste ; Et je sens refroidir ce bouillant mouvement Quand il faut pour le suivre exposer mon amant. Quoique les monosilabes finissent mal un vers, & que les mots de tien & de mien soient peu agréables, ce vers du Cinna de M. Corneille Te demander du sang , c’est exposer k tien. peut être soufert. „ Le plus, s. m. [Magisj Davantage. (Quelep/«r,& le moins y mette diférence, Reg. Sat .) Un peu plus. [Plusculum, p an là plus.] C’est-à dire, quelque peu de plus. (11 faut métré un peu plus de miel dans cette composition.) PLUS-PART , f.s. [ Pìerique , maxima pars J Prononcez & même écrivez, si vous voulez, laplie part. C’est- à-dire, la plus grande partie. Ce mot la plù-part, régit toujours le pluriel lorsqu’i) n’est suivi d’aucun génitif Tom. IIL U » singulier. iç6 PNE singulier. (Exemple. La plû-part se laissent emporter à la coutume. Vaugelas. Rem. La plû-part ne jugent que par passion, & la plû-part jugent mal aussi. Ablanc. La plû-part. [ Maxima pars hominwn.) Lorsque ces mots sont immédiatement suivis d’un génitif singulier, ils ne demandent plus de pluriel du verbe qui le fuit; immédiatement, mais le singulier, parue qu’alorscontre toutes les régies de la Grammaire, c’est le génitif qui gouverne le verbe & non pas le nominatif. (Exemples. La p/û-part du monde fait cela. Vaug. Rem. La plû-part du monde est aujourd’hui fans foi.) La plus-part. [ ’Plerique.) Ces mots suivis immédiatement d’un génitif pluriel régissent le verbe au pluriel, parce qu’alors, c’est le génitif qui donne la Loi au verbe, & non pas lç nominatif. (Exemples. La plû- part des hommes font, &c. Vaug. Rem. La plûpart des riches qui n’ont point de naissance sont des fripons. Ablancourt. La plû-part des femmes aiment mieux qu’on leur compte de l’argent que des fleurettes. Voïez les Doutes.) La plus-part dutems. [Sapè,sapius .2 Le plus souvent. (II passa la plû-part du tems à jouer.) La plus-grand’part. [ Maxima pars. ) Ces mots réagissent toûjours le singulier. (La plus grand’part se laisse emporter à la coutume. Vaug. Rem.) PLUSIEURS , adj. [ Multi , complures .] Un grand nombre. Une grande quantité. (11 y a plusieurs dévots •8 qui il ne se faut pas fìer, & fur tout quand ce font des dévots de profession. On fait une même chose en plu- sieurs façons.) PLUSIEURS fois, adv. [ Multoties , sape numéro. J Une quantité de fois. (Us m’ont promis plusieurs fois de m’obliger, & plusieurs fois ils ont oublié ce qu’ils m’avoient promis.) PLÛT A DIEU que. [Utinam.) Sorte de conjonftion qui régit le subjontis. (Plût à Dieu que les riches qui n’usent pas bien de leurs richesses tombent dans la pauvreté , afin qu’au moins ils cessent d’être fous, & aprennent à vivre. Plût à Dieu que Montreuil fût sage. ) PLUTON,/ rn. [ Pluto. ] Fausse divinité de la fable, que les Poètes font Roi des enfers. (II étoit mari de Proserpine. On dit qu'elle fut sort trattable . Et que dès lors Plutonjssí convaincu , Çtfun Dieu comme un mortel pouvoit Ure cceu, Ch. de S. Gilles.) PLÛTÔT, ou plus-tojt, adj. [Potiùs .] L’un & l’autre s’écrit, mais il faut prononcer plûtót. (Plutôt mourir que de changer. Plútòt les froids Lapons boiront Ronde du Gange , Que je cejje jamais de chanter fa louange. Ségrais, Eglogue 7.) PLÛTÔT que. [Ante.) C’est-à-dire, avant que. (Je viendrai plûtôt que lui.) Au plútòt , adv. [Quam primum. ) Vite. Promte- ment. (Convertisscz-vous au plûtôt, de crainte que la mort ne vous surprenne dans le malheureux état où vous êtes. Acordez-vous au plûtôt avec vôtre adversaire. Fort-Royal , S. Matth. ch. ;.) PLUVIAL,/?». [Trabeasacra.) Terme à'Eglise & de Chasublier. C’est une chasuble d’Evêque, ou d’autre Prélat. (Un beau pluvial.) f PLUVIAL ,' pluviale , adj. [Pluvialir.) Qui est de pluie. 11 ne se dit qu’au féminin. Eaux pluviales , ce sont des eaux de pluie. (Les citernes sc remplissent des eaux pluviales.) PLUVIER, / m. [ Pardalus. ] Sorte d’oiseau qui est en quelque façon semblable au vanneau. C’est une espèce d’oiseau brun qui est marqueté de jaune, & qui est de la grandeur d’un pigeon. II a le bec noir, rond & court, & n’a que trois doigts aux pieds, Bel. 1 . 4. ( Un pluvier mâle. Un pluvier femelle. Des pluviers bien gras sont fort bons. Tendre aux pluviers. Apcller les pluviers avec un fiflet.) í L’jssage du pluvier purifie le sang. U est propre pour 1 Epilepsie & pour exciter l’urine. PLU V ib.UX , pluvieuse, adj. [Pluviosus,imbricus.) Sujet la pluie. (Tems pluvieux. Saison pluvieuse.) , TT í PLUVIEUX, lignifie aussi, qui amene la pluie. (Un vent pluvieux, une constellation pluvieuse.) PNEUMATIQUE, adj. [Pneumaticus .2 Machine POC qui se remue par l’agitation de l’air. Un jeu d’orgue est une machine pneumatique. Monsieur Boile a rapor- té toutes les expériences qu’on peut faire avec la machine pneumatique , contre le sentiment des Philosophes radoteux qui admetoient l’horreur du vuide. PNEUMONIQUE- Médicament propre pour les maladies du poumon. PNIGITE , adj. [ ArgiUosa. ] Terre argilieufe & glutineusc des anciens* propre pour resserrer & arrêter le sang. PO ALLIER , / m.JCimbali incumba. ] Terme de Fondeur. C’est Une grosse piéce de cuivre, dans laquelle porte le tourillon du sommier de la cloche qui la tient en l’air suspendue. POCHE,// [Sacculus, perula .] Espèce de sachet de toile ou de peau au dedans du haut-de-chausse, pour métré de petites choses, comme couteau, mouchoir,clé, petit livre, &c. (Une grande ou une petite poche. Ata- cher les poches. Border les poches.) f * Acheter chat en poche. Vosez chat. •f * II tient cette afaire dans fa poche. C’est-à-dire, il est assuré du succès de cette affaire. H Jouer de la poche. C’est débourser île l’argent, donner de l’argent. POCHE. [Rete effbrmatum in facculum .] Terme de Chasseur & d 'Oiselier. C’est une forte de filet avec le. quel on prend des lapins au foret ; on y prend aussi des faisans & des perdrix. On apelle encore ce filet pochete. (Tendre une poche. Volez les Ruses innocentes, livre premier , ch. 1 j. 29 ) POCHE,// [Fidicula. ] Terme de Lutìer. Manie- re de violon , qui est un instrument de musique que les Maîtres à danser portent en ville dans leur poche, lors- qu’ils vont montrer leurs écoliers, & qui n’a été apellé poche que parce qu’on la met dans la poche. La poche est composée d’un colet, d’un manche, de touches, d’une table, de deux ouies, d’un chevalet, d’une queue, de cordes & d’un corps. 11 y a des poches tondes ,& des poches quarrées. (Jouer de la poche.) POCHE. [Snc-car.] Sac de Meunier, où il met son blé ou fa farine. POCHE. [Rugata vejìis.) Faux plis que font les habits mal taíllez. (Ce justau-corps fait des poches en «et endroit.) POCHE. [ Ingluvies. J Terme de Rôtisseur. Espèce de peau en forme de bourse, qui est dans la gorge des chapons, des volailles &c. (Tirer la poche.) POCHE. [Exqusìta linea.) Terme de Maître décrire. Marque plus grosse & plus ronde que le trait qui fait le corps de la letre. (Poche bien arrondie. Arrondir une poche.) POCHE' , pochée , adj. [ Elixus. ] Ce mot sc dit des œufs, & veut dire. Qui est cuit dans du beurre qu’on a fait bien noircir fur le feu. (Faire des œufs pochez.) + POCHE', pochée. [Contufus.) Ce mot ne sc dit proprement qu’au masculin, en parlant des yeux, & veut dire. Qui est noir tout autour, à cause de quelque coup de poing. (Oeil poché. Avoir les yeux pochez.) (§ Rabelais, dans fa prémiére Préface, Ayant un un ail poché. C’est par métaphore que l’on dit, pocher un ail. Ce terme dans fa signification naturelle, signifie la même chose que barbouiller. On dit : Une écriture pochée , un livre poché , lorsque les mots font barbouillez, & trop chargez d’encre. Ainsi un ail poché, est un œil ofensé par un coup de poing, qui l'a rendu noir & meurtri. t POCHER, v. a. [ Contundere. J Ce mot se dit en parlant des yeux. C’est les faire devenir noirs, en leur donnant quelque coup de poing. (Pocher les yeux » quelqu’un.) * POCHER. [Calami duélum in latitudinem amplis * tare.) Terme de Maître à écrire. Faire une poche de letre. (Pocher la queue d’un g.) 11 signifie aussi, charger une écriture de trop d’encre, y faire des pâtez. POCHER. Faire cuire des œufs dans lapoile fansleí brouiller. (Faites-moi pocher ces œufs.) POCHETE,// [Riticulum.) C’est une forte de filet. Votez poche. POCHETE,// [Marsupium.) Espèce de sachet de cuir ou de toile au-dedans d u haut-de-chausse , pouS métré diverses petites choses. Volez poche. Mart perdit par un trou Purgent desa pochete. 8. Amant, POCHETE', POE POCHE TE' j pochetêe , adj. [ In pera sermtus. ] II se dit des choses qu’on a portées dans la poche. ( Ces papiers font pochetez, c’est-à-dire, ils font sales pour avoir été trop portez dans la poche. On a du dégoût pour les fruits qui ont été pochetez. Le tabac à râper est beaucoup meilleur quand il a été poeheté.) POCHETER, v. a fl. [ In pera fer v are. ] Serrer pou* quelque tems dans fa poche. (Pocheter des olives, des truffes, des marrons, Acad. Fr.) f POCHETIER , f. m. Celui qui taille & fait des poches. 11 ne fe dit proprement que de l'Artisan qui en fait de cuir. POCILLATEUR. Yvrogne. Mot qui vient du Latin poculum , qui signifie vase à boire. Acad. Fr. f PODAGRE ,sf [ Podagra. Q Terme d e Médecin. Ce mot est Grec, & lignifie la maladie qu’on apelle la goutte aux pieds. t PODAGRE , f m. [ Podager , podagrosus. ] Terme de Médecin. Celui qui a la goutte aux pieds. II ne se dit dans le langage ordinaire qu’en riant (C’est un pauvre podagre.) II fe dit auffi d’un homme falop, vilain, avare. PODESTAT , Potejiat , f m. [ Prator , Magijira. tro.J Ce mot vient de l’Italien Podejià. Louis qui a écrit l’histoire d’Arles, dit Potejiat ; mais l’Abé Duport, qui a fait l’histoire de l’Eglise de cette Ville, a dit Pode. Jiat,& c’est comme il faut dire. A Venise, Podejiat est un Magistrat Vénitien qui administre la Justice dans les lieux de son département Ce Magistrat répond au Préteur Romain. Voïez Amelot , Htjïoire de Venise. On apelloit auffi autrefois à Arles, & du tems que cette ViL le étoit République, Podejiat , le premier Consul & le chef de toute la Ville d’Arles. Ce Magistrat étoit souverain dans ses jugemens. II étoit élû par le corps des habitans, & après un an d’exercice dans fa charge, il pouvoit être continué, ou déposé. {$ Les Italiens disent Podejià , en abrégé posta, com- me il est expliqué dans le poème de la Seccbia rupita , du Sceau enlevé, chant i. ftroph. 12 . Scrivano i Modernes abbrevìato Potta per podejia J’u le tabelle Onde per Jcberno i Bolognes attora Li bavean tra lor cognominato il pottà. t PODOMETRE, s. m. [ Podometrum. J Terme de Mécanique. Ce mot est Grec, & signifie Comptepas. C’est un instrument composé de plusieurs roues dentelées, qui entrent l’une dans l’autre, & qui font dans une même plan, lesquelles, par le moyen d’une chaîne attachée au pied d’un homme qui marche, avancent d’un cran à chaque pas qu’il fait; ou cette chaîne étant ata- chée à la roue d’un caresse ; les roues de l’instrument avancent auffi d’un cran à chaque tour que fait la roue du caroffe. Et par ce moyen l’on peut savoir combien de chemin l’on a fait. On aplique ce même instrument à une rose atachée à un bateau, laquelle est dans Peau, & qui tourne à mesure que le bateau avance, &c. Voïez les Instrumens de Mathématique de Lion. t§ POEANES- Chansons Gréques, quifignifioient cris de joye , acclamations , bénédifltons. Suidas dit qu’il y en avoir de deux fortes. L’un se chantoit à l’honneur de Mars, avant le combat ; & l’autre, après la victoire : niais cet Auteur peu exact, ne se souvenant pas de ce qu’il avoir dit , veut que ce chant après la victoire fût en l’honneur d’Apollon. Ce qu’il y a de certain , est que lesPœanes ne se chantoient jamais que pour les Dieux. Voffius a remarqué dans fa Poétique, en parlant des chansons, que Demophy- te prit ce prétexte pouf acuser Aristote qui avoit fait une Ode en faveur d’un certain Hermias, tyran d’A- tarne. Aristote se défendit, en soutenant que son Ode n’étoit point un pœan, parce qu’elle n’avóit pas l’acla- tnation , qui caractérise le paon. Macrobe, Saturnal. lib. i. c. ragotte une origine de ce mot, mais peu satisfaisante. Celle que nous lisons dans Athenée, est mieux inventée ; il dit que Latone craignant d’être devórée avec ses enfans par le serpent Pithon, cria de toute sa force à Apollon, & même plusieurs fois ; & que c’est de là que l’on a formé l’aclamation io pœan. POELE , poesle,ou poile, f f [Sartago.l De quel. que maniéré qu’on écrive , on prononce poile, ou pouè- le. C’est un instrument de fer qui sert à la cuisine , qui est composé d’un corps rond & creux avec des rebords, POE iç7 au bout duquel 51 y a une assez grande queue. (Ecurer une poele. Essuyer une poêle. Poisson mon bel ami qui faites le prêcheur , Vous irez dans la poêle, ts> vous avez beau dire, Des ce soir on vous fera frire. La Font.) * H rfy en a point de plus empêché qzte celui qui tient lá queu'ê de la poêle. C’est-à-dire , qu’il est bien aisé de parler, mais qu’il est mal-aisé de faire. t * Tomber de la poêle dans le feu. £Ruere ìn pejus.'J C’est-à-dire, tomber d’un petit mal dans un plus grand. í PQèLES des plombiers. Les plombiers ont diverses fortes de poêles de fonte pour fondre leur plomb, ou pour le verser lorsqu’il est fondu. T POêLE. Les Chauderoniers on^auffi une poêle de fonte garnie de fa cuilliere de fer pour faire fondre l’é- tain, dont ils font l’étaimure deS marmites, des casseroles, &c. T POêLE à chandelle. Terme de Chandelier. C’est la chaudière dans laquelle ils font fondre leur suif. POêLE , ou poesle , f. m. [VaporariUm, hypocaujium,'} C’est Une sorte de grand fourneau de terre ou de mé- tail, qui est posé sur des pieds, qui est. souvent embelli de petites figures , & qu’on chauffe l’hiver à force de bois qu’on met par une ouverture que ce fourneau a dans une chambre qui est tout contre. On ne fe sert guére en France de poêles pour échauffer une chambre l’hiver ; mais c’est en Alemagne , en Suede & autres pais septentrionaux , où les poêles font fort communs, &, pour l’ordinaire, allez beaux, toujours très-commodes ; & on s’étonne que les François , qui font les singes des autïes nations, n’imitertt pas les Al- lemans en cela, {Pour comble un poêle où l’on rejjire Un molle N fade vapeur Qui fait presque faillir le cœur , £Ji P endroit où l’on se retire. L’Abé Régnier.) Le mot de poêle signifie plus souvent la chambré qui est échauffée par le moyen du fourneau, que le fourneau même. Comme quand on dit, entrer dans un poêle. POêLE, poésie,f ni. [ Pallasepulcralis J Drap dtìnl on couvre le cercueil des morts; (Les hommes & les femmes ont le poêle noir, & les filles & les garçons* le poêle blanc.) POêLE , f m. [ UnibeHa , v.mbraculum. J Dais fous lequel on porte le saint Sacrement aux malades, & dans les Processions. Acad. Fr. POêLE. Dais qu’on présenté aux Rois, aux Princes & aux Gouverneurs de Provinces, lorfqd’ils font leur entrée dans une Ville, ou dans d’autres cérémonies. Acad. Fr. POêLE. £ ?«à J 8e dît encore du voile qu’on tient fur la tête des mariez durant la bénédiction nuptiale. (On met les enfans fous le poêle durant la cereponie du mariage , pour marquer qu’on les feconnoît. A* ead. Fr.') POêLON, ou poeslon , f m. [ Pultarium. ] Prononcez pouêlon , ou potion. C’est une petite poêle qui est de fer, ou de cuivre. (Un grand , ou un petit poêlon.) _ , f POêLONNE'E, s.s. {Pultarium plénum.) Plein le poêlon. (Faire une poêlonnée de bouillie.) POEME , / m. [ Poêma. ] C’est toutes sortes de sujets mis en vers. 11 y a de petits & de grands poèmes. L’Epigramme est un petit poème, i’Idile en est un plus grand. Mais les plus grands & les plus beaux de tous les poèmes , ce sont les poèmes Epiques & les Dramatiques, tels que sont les Tragédies, les Comédies , les Pastorales, & les poèmes où l’on raconte quelque action héroïque, & qui ont pour but l’instru- ction des Souverains , tels que font tous les poèmes Epiques bien faits. {Un Poème excélent, ou tout marche & se suit, fl’ejì pas de ces travaux qu*un- caprice produit „ Despr.) jQf poëME & poète sont également dérivez de ertiun faire quelque choses & comme les ouvrages de poésie font une espèce de composé de Vers & de fictions , on lés a nommez poèmes, & leurs Auteurs poètes. L’Ecri- turc nous fournit les premiers poèmes qui ayent paru dans le monde ; l’un est ce fameux cantique composé U ? par 158 POE par Moïse, aprés avoir retiré son peuple de la captivité, où il avoit langui sous la tyrannie des Egyptiens. Alors , dit l’Ecriture, cb. 14. de l’Exode, Moïse & les enfans d’Israël chantèrent un cantique pour marquer au Seigneur leur reconnoilsance. Et l’autre est l’hiftoi- re de Job, que l’on prétend avoir été écrite en vers. Et le troisième est le Cantique des cantiques, qui passe pour un poème dramatique. Les Grecs imitèrent les Hébreux ; ils firent premièrement des pastorales , où ils se représenterent eux- mêmes tels qu’ils étoient, c’est à-dire, simples berger*. Tibulle les a dépeints de même, liv. j. cap. 4. Agricola ajjìduo primùm ìafsatus aratro , Cantavit^erto rujiica vcrba paie. Les bergers étantilevenus citoïens des villes, y apor- terent leurs anciens usages ; ils se divertirent après avoir travaillé; ils chantèrent; ils dansèrent ; ils firent des vers qu’ils composèrent en dialogues, ou chaque berger soûtenoit la beauté de sa bergere, & ils gageoient un agneau ou un chevreau , qui se roi t le prix du vainqueur. Cette espèce de poème a passé jusques à nous , fous le titre d’Eglogue. Mais s’étant peu-à-peu polis, ils donnerenc une forme à leurs chansons; ils les mirent en dialogues fous des noms feints, & ils les porterent ensuite sur des théâtres , dont les scènes étoient de feuillages , & en firent ainsi des répréscntations réglées, qu’ils apellerent comédies, qui dans leur origine ne furent qu’un jeu rustique & lans malice : mais l’on a toujours été porté à corrompre les choses les plus innocentes. Ainsi les Poètes se donnerent la licence de médire hardiment de tout le monde, même de nommer les personnes; ce qui plaisoit fort au peuple toujours ennemi des riches : mais cette maniéré d’insulter les plus honnêtes gens devint insuporta- ble; & pour prévenir les éfets d’une liberté si dangereuse , on défendit de nommer les personnes. Mais cette défense ne fut qu’une vaine précaution ; on ne nomma plus les gens; mais on les fit connoitre, soit par un masque resemblant, soit par le portrait qu’on en faisoit si naturel , qu’on ne pouvoit pas s’y méprendre ; comme il n’étoít pas possible de s’acommo- der d’un tempérament , qui laisseroit toùjours une entiere liberté de médire , on l’abrogea ; & les poètes ne pouvant se défaire de l’habitude d’insulter amis & ennemis, se renfermèrent dans les généralisez, & s’en prirent aux moeurs de leurs tems ; & ce fut de cette maniéré que d’un poème on en fit deux , c’est-à-dire, la comédie, & la satire ; mais la première ne fut d’a- bod qu’une lìmple bergerie qui subsista pendant long- tems chez les Italiens; & parmi le grand nombre que l’on a vù fur le théâtre , on n’a conservé que \'A- minte du Tasse, le Pajìor fido de Guarini, & la FiUi de Sciro du Comte Guido Baldo Bonnarelli. Mais nous ap’renons de Gio Mario Crejcenteni , que le plus grand nombre de Bergeries, la plùpart insipides & rustiques, qui parurent fur le théâtre, en firent perdre le goût. POèME épique, héroïque, ou Epopée. Ces trois épité- tes font connoitre la nature de ce poème. Epique vient du Grec t*©-, un vers. Le terme héroïque fait connoitre que le sujet en doit être grand & héroïque. Epopée nous aprend que le poème a pour íbn objet les mœurs & les habitudes des hommes. Ainlì l’on peut dire que le poème épique, héroïque, ou l’épopée, est, selon le P. le Bossu, liv. 1. cb. j. un discours inventé avec art, pour former les mœurs par des instructions déguisées fous les allégories d’une action importante, racontée en vers d’une maniéré vraisemblable , divertissante & merveilleuse. Cette description du poème épique promet beaucoup : mais le poète qui se donne beaucoup de peine pour y réussir , recueille rarement le fruit de son travail ; & on n’a pas encor vû, du moins on le croit, que l’iliade, ni l’Eneïde ayent encor ramené a la vertu des personnes engagées dans le vice. Nos Poètes François n’onc pas été plus heureux. Saint Louis, Clovis, la Pucelle, Alaric, ont-ils fait quelque conversion ? A peine ont ils pù amuser agréablement les lecteurs pendant quelques momens par leurs descriptions, par les grands évenemens , qu’ils ont imaginez contre toute vraisemblance , & qui sont plus propres a ébloïiir le peuple, qu’à plaire aux esprits solides, & qui ne trouvent rien de beau que le vrai. Castel-Vetro a dit que la fin de la poésie est seulement de plaire au peuple , & même au peuple grossier: Conciopa coja sht la pocjìa fia Jiata trovuta Jblamente POE ptr Ailettare t per ricreare , io dico per dilettare e ptr ricreare gli animi délia multitudme , e del commune papolo, il quale non intende gli ragtom , ne le divifiom, yit gli aY^p>Yi€ 72 tì Jottili c lowtctíïi dal ujo délit idioii . Peut-être que Castel-Vetro pousse trop loin sa mauvaise humeur ; & puitqu’il etoit dans cette pensée, pourquoi a t-il employé tant de tems à commenter la Poétique d’Aristote ? Mais il faut rendre justice à la poésie ; c’est un amusement agréable, & qui peut plaire aux honnêtes gens, qui font sensibles aux grâces & méme aux instructions des poèmes dramatiques & héroïques, & qui a pour son principal objet, suivant le sentiment de Pigna , dans son traité de RomanA, pag. 17. d’ex- citer l’admiration : Ejsendo che epicofra quejta ammi. raîione per principale , onde a gii altri sourajiia. l’OéìYIE dramatique , est celui où les Acteurs agissent fur le rheatre, comme les hommes ont acoûtumé d’agir dans leurs afaires, -?««« signifie une action réellement imitée & exécutée. Ce poème est né dans les villages, où les bergers & les laboureurs s’assembloient dans certains jours de l’année, pour offrir aux Dieux les pré. mices de leurs fruits, & pour tâcher, par des danses & par des chansons, d’adoucir l’ennui de leur vie solitaire & pénible. Maxime deTyr, discours XXI. nous a donné une idée de la comédie dans fa naissance. „ La Muse Athénienne, dit-il, consista d’abord dans„ un chœur de jeunes enfans, & de jeunes hommes, les- „ quels, à la fin de leur récolté, se partageoient en„ deux bandes, pour ot'rir le tribut de leurs premiers,, fruits; ce qu’ils acompagnoient de chants & de dffé-„ rentes poésies, qu’ils composoient sur le champ, & à„ qui l’on donna dans la fuite une forme pour en faite,, un ouvrage régulier, que l’on apeila comédie, de„ tifui, bourgs, villages , qui furent le lieu de fa nais- „ lance:,, mais la raillerie, & même le ridicule, n’onc jamais été bannis du théâtre. Les Romains conter, verent ]’ufage de certaines comédies libres , & que nous avons conservées fous le nom de farces, ou de petites comédies; ils les apellerent Fabula Ateilana , parce qu’elles furent inventées dans Atella, ville de la Campante , & comme on les donnoie au Public après les pieces sérieuses, afin de les délasser de leur atten- tion , on les nommoit encore exodia, témoin ce vers de Juvénal, fat. 6 , Urbicus exodio rfum movet AíeDma. Les comédies furent distinguées par le sujet de la pièce : lorsqu’il étoit Grec & que les Acteurs étoient habillez à la Gréque, la piéce étoit nommée Comadia palliata , parce que le manteau étoit i’habit le plus ordinaire des Grecs : lorsqu’il étoit Romain, L que les Acteurs étoient revêtus de la robe Romaine apellée toga, la comédie étoit nommée togatas ce qui se pratiquait, quand le sujet consistoit dans quelque action du peupler mais si au contraire l’Acteur principal étoit un Sénateur ou quelque citoïen du premier rang, la piéce étoit honorée du titre de pratexta , robe bordée d’une bande de pourpre ; on la nommoit encor en ce cas trabeata 1 enfin, fi la piéce étoit même de personnes du premier é* ta t & du peuple,elle étoit qualifiée de tabrniuria. Quant à la Tragédie , autre poème dramatique, elle a paru après la Comédie. Scaliger a remarqué que l’on s’en. nuia de voir toùjours fur le théâtre des sujets bas, populaires & indignes de l’attention des personnes graves, & dont les sentimens sont bien Uiférens de ceux du peuple. On a emploie fur la scène des évenemens sur- prenans & tragiques, & l’on a mieux aimé pleurer que rire aux dépens d’autrui. Ainjì pour nous charmer, la tragédie en pleurs , D'Oedipe tout tremblant fit parler les Acteurs i D'Orejíe parricide réprima les alarmes , Et pour nous divertir, mus arracha des larmes. On a donné au mot Tragédie plusieurs étimologies: les uns le composent de, un bouc, & de àìì,un chant, parce que dans les fêtes champêtres, on sacrifiait un bouc à Bacbus ; cet animal étant l’ennemi nroirel de la vigne & du Dieu qui y préside. D’autres disent que le Bouc étoit le prix de la victoire des poètes tragiques; C est le sentiment d’IIorace, dans son Art poétique : Carmine qui tragioo vìlem certavìt ob bircum. Mais il en est qui croient que Tragédie vient de rpt £, lí Ire & le marc de la vieille huile, dont les premiers co- 5?ed*ens se bnrbouilloient le visage, avant que le poète Eichile eût inventé les masques. POE Qui caniret , agerentque perunftì facibus ira. Horat. Art poët. la Fresnaye veut que l’on nous ait donné, dans son Art poétique, une fausse idée de la Tragédie : Mais le sujet tragique ejì u» fait imité , J)e chose jujie A? grave en ses vers limité , Auquel on y doit voir , de i’afreux, du terrible , Un fait non attendu , qui tienne de l’horrìble , ~Du pitoiable aujjì , le caur attendrissant , Hun tigre furieux , d’un lion rugissant , Comme quand Rodomont abusé far cauteile , Meurtrit se repentant la pudique Isabelle , Ou comme quand Créon s’occirent de leurs mains. Si la Tragédie n’avoit rien que d’horrible, que d’afreux, on ne s’emprcsseroit pas d’aler voir les spectacles, qui ne peuvent qu’afliger, lans mêler le moindre plaisir aux horreurs des crimes les plus énormes. Ou la Fresnaye n’a pas Lû la Poétique d'Aristote , ou il ne l’a pas entendue ; il veut que le poète tragique pénétre dans le cœur des spectateurs, & qu’il y excite du mouvement & de l’agitation, qu’il explique par ces deux mots ->««<- *«< pi'Cí*, c’est-à-dire , la terreur & la compassion ; sentimens bien éloignez de l’horreur, qui remplit l’imagination d’idées éfraïantes, & comme a dit de la Menardiere dans fa Poétique , un fameux tranlissement inutile à toutes choses ; au lieu que la terreur excitée dans les esprits par le châtiment des coupables, produit un éfet profitable par l’aprehen- sion qu’elle inspire aux vicieux qui la ressentent. Quant à la Tragicomédie , un troisième poème dramatique, on peut la définir une action malheureuse dans son commencement, & heureuse dans fa fin. F.lle a été inconnue aux Grecs & aux Latins, & il fémble que l’on a fait de la Comédie & de la Tragédie un mélange de joye & de tristesse , pour ne pas pleurer toujours & rire toujours. Ces trois poèmes n’ont que les mêmes régies, quoi- qu’ils soient diférens dans le fond ; c’est-à-dire, qu’ils doivent avoir les mêmes parties de qualité & de quantité , qui forment la Comédie & la Tragédie. Les parties de qualité font la fable, les mœurs, les sentimens, le langage, l’apareil du théâtre & la musique, laquelle, à la vérité, n’eítplus, parmi nous, une partie essentielle de la Tragédie, ni de la Comédie. Les parties de quantité font principalement la durée du poème, l’unité du lieu, & tout ce qui en constitué la nature. Ce font là des choses qui ont été examinées par plusieurs Auteurs, que l’on peut consulter. Mais outre ces grands poèmes, il en est de petits , à qui l’on refuse le titre de poème : tels sont les quatrains, dont le sujet est ordinairement moral ; son caractère est simple & grave ; il est composé de quatre vers alexandrins, & quelquefois de petits vers, qui ont leurs sens détachez les uns des autres. Les rimes sc mêlent de deux faqons; le prémier vers rime avec le quatrième, & le second avec le troisième, ou le prémier rime avec le troisième & le second avec le quatrième. Le madrigal est un poème succint, & composé ordinairement tout au plus de douze ou treize vers de diférentes rimes, entre- lassées comme le poète le trouve à propos. Le Sonnet, la Balade, le Chant Royal, le Virlay, le Rondeau, & plusieurs autres ouvrages de poésie sont de ce nombre ; ce ne sont pas des poèmes d’une grandeur démesurée ; ils n’en sont pas moins dificiles, ni moins agréables. Mais le P. Rapin a eu raison de dire dans ses réflexions fur la poésie, que ces fortes de petits ouvrages sont très-mé- chans, dès qu’ils ne sont pas très beaux ; & toute leur beauté consiste dans le tour qu’on leur donne. POèSIE , f.s [Potss , Po'etica.'] Scaliger liv. i. de fa poétique , dit que la poésie est la versification qui explique le sujet, d’autres disent que la poésie est un art qui imite les actions des hommes, & qui en represcnte les pallions en vers agréables dans les vég\es.Caselvetro dans J'a poétique , part. i. particella j. soutient que la poésie est un récit de quelque action considérable qui probablement a pû arriver. Mais cette définition deCastelve- tro ne regarde que la poésie Epique ou Dramatique & les autres définitions de la poésie sont plus generales. On prendra le mot de poésie en quel sens on voudra, mais les sages gens disent qu’elle est de toutes les folies la plus contagieuse & la plus dangereuse. II y a de plusieurs fortes de poésies. (Poésie divine , morale ou naturelle qui traite de la nature, ou de ses merveilles. Poésie Li- rique. Poésie Dramatique. POE 159 Sans tous ces ornemens le vers tombe en langueur . La Poésie ejì morte ou rampe fans vigueur. Dêfpr.) í$ POESTE , POESTEIS. Le premier signifie nn homme puissant, & le second signifie puissance , au-> torité. Ville-Hardouin n. 16. li Barons de France li plus hait , £çf li plus poesez. 0 f w. 210. & Joannis li Roi de Blakic de Bougrie ne s'oblia mie , qui moult fut riche & 1 poejieis dlavoir. M. du Cange dans son Glossaire fur cet Historien a cité Guillaume de Nangis : £«? moult d’autres terres de/a le Rhin soumis fous fa poejié. Gautier de Mets. Lit nature tant par son sens Que le corps d'un homme es formé, Mais n'ot pas tant de poejié Quel y fut mettre la vie. Le terme poejié étoit autrefois fort en usage, & l’on apelloitge»* de poejié, ceux qui étoient fous la puissance d’un Seigneur. Dans la somme rurale de Boutiliser, gens de poejies U gens coutumiers , íìgnifioient, hommes roturiers sujets à des redevances seigneuriales, mais ils n’étoient pas gens de mainmorte. Voïez les coutumes deVitri, de Sens& de Bar-le-Duc. Voïez tome j. de l’antiquité pag. í POE f , ou POEDE,/ m. Poids dont on sc sert en Moscovie, qui pèse quarante livres du pais, ou environ trente trois livres de Paris. POETE,/ ra. [Poéta .J Prononcez fouette. Mot quî vient du Grec, & qui signifie proprement celui qui fait. C’est pourquoi on apelloit autrefois en France nos Poe, tes, fa/leurs, ou Fatijies, & les œuvres faits. Voïez Du.Çhéne préface fur les auvres d’Alain Chartier. Le mot de Poète veut dire aussi celui qui feint, mais il n’a cté considéré, en ce sens, que peu à peu, car l’an- cienne poésie n’avoit point de fictions. Voïez Vojsus , poétique , ch, 4. de artis poétieœ natura, (Poète Lirique, Dramatique, Epique. Etre né Poète. Malherbe disoit qu’un bon Poète n’étoit pas plus nécessaire à l’Etat qu’un excellent joueur de quilles. Un bon,excellent, agréable poète. La plùpart des Poètes que je connois, & qui vivent, sont de.francs je ne soai qui. Je leur voi de l’efprit, mais peu de grandeur d’ame. Lignié- re est un bon garçon, mais il est un peu yvrogne, &San- teùil un peu fou, &c. Un Poète à la Cour fut jadis à la mode , Mais des fous d’aujourd’hui F es lepius incommode. Despr.) t§ Les Poètes font extrêmement entêtez de leurs ouvrages. Platon au raport de M- de Costar dans ses entretiens pag. 106. diloit, pour exprimer un homme fort en colere, qu’il ne l’étoit pas moins qu’un Poète contre un Comédien, qui reciteroit mal sc s vers II cite encor fur ce sujet, cet endroit de la vie de Simonide écrite par Diogene Laérce , où cet Auteur raconte , que des ouvriers qui chantoient fort mal les vers de Simonide, sc plaignant de ce qu’il sautoir fur leurs tuiles fraîchement faites & encore toutes molles, il leur répondit, f ai autant de droit de gosier vôtre besogne que vous la mienne. Dans ses apophtegmes des anciens nous lisons ceux- ci. Un poète importun lisant des vers, & en aiant encore beaucoup à lire, demanda à celui qui l’écoutoit, quels étotent les meilleurs ; ceux que tu n’as pas encor lús, lui dit-il. Un autre poète disoit qu’il avoir deux cofres chez lui, l’un pour les louanges, & l’autre pour l’argent, mais qu’il trouvoit le prémier toûjours plein, & l’autre toûjours vide. Votez lc tome 4e. de l’Académie, pag. 4 '> 7 - t POeTEREAU, s. m. [ Imperitus versfícator. ] Mot burlesque pour dire un méchant petit Poète. (Poétereau que je luis, je ferois Marquis à la mode. Scaron. pots ) POÉTIQUE, f f [ Poétices . ] C’est l’art qui enseigne la maniéré de faire des poèmes. (La poétique d’Aristote est belle, elle comprend les préceptes du poème Epi. que & du poème Dramatique. Castelvetro a commencé la poétique d’Aristote , Picolomini l’a expliquée aussi, & Horace a composé une poétique qu’il a renfermée en trois Epitres. Vida a fait une poétique en vers à l’imitation d’Horace. Scaliger & Voisins nou* ont laissé chacun une fort docte poétique. Le cinquième & le sixième livre de la poétique de Scaliger sont meilleurs que les autres , quoiqu’il juge quelquefois assez mal de quelques Auteurs. (Monsieur Defpreaux a fait l6o POI a fait une poétique qui n’est pas un de ses moindres ouvrages , & où il a beaucuop imité celle d’Horace, mais d’une maniéré qui lui fait honneur. POëXIQUE, adj. [ Poéticusl} Qui a l’air & le caractère de la poésie. (Stile poétique. Phrase poétique. Mot poétique. -Je sçus prenant P essor par des routes nouvelles Elever ajfez haut mes poétiques ailes. Delpr.) ^ Licence poétique. On apelle ainsi les libériez que les Poètes se donnent dans leurs vers contre les réglés ordinaires de la langue. On apelloit aulsi licencespi'eti- qucs , les libertez que les anciens Poètes prenoient, contre les réglés de la versification. f* PÒëTIQUE. [Imprudent.} Qui n’est pas fait prudemment ni sagement. (Le mariage du bon homme Colletet avec fa servante étoit un mariage vraiment pòëtique.) t* POëXIQUE. [ Inconclnnus. ) Alal-fait, rtial-bâti, bizarre. Qui sent le Poète. (Habit poétique.) PÓëXIQJJEMENX > adv. [ Poéticê, Po'etico more. ] En Poète. D’une maniéré qui tient du poète. (Cela est dit poétiquement. On doit s’exprímer dans l’Ode poétiquement & dans la Satire plaisamment.) f * POëïlQUEMENT. [Imprudentsr ] Follement. Un peu inconsidérément. (Se marier poétiquement.) POëXISER , v. n. [' Verjìjican. ] Versifier. Ce verbe n’a gucres d'usage qu’en raillant. (Au lieu de songer à ses affaires, il ne fait que poèt/sir. Acad.Fr.) POGE ,s m. [Dextrum latus navis.} Terme de Manne de Levant. Poge signifie la main droite & orfi la main gauche. C'est ce qù’on apelle fur l’Ocean stri- bord & bas-bord. POGN ARD. Voïez Poignant. POIDS , f. m. Ce mot vient du Latin pondus , & le d qu’on ne prononce point y est resté pour distinguer ce mot de pois, qui est un légume , & de poix qui est une résine. Prononcez poids. C’est ce qu’on met dans des balances & dans des trébuchets pour peser quelque chose, & qui est marqué. (Alerte les poids dans les balances. Ces poids font fort justes. Faire bon poids. C’est-à-dire j peser bien. Pistole de poids , c’est-à-dire, qui pese.) Si on pesoit les hommes & si l’on les estimoit au poids i un Allemand vaudroic deux Romains, Balzac.) POIDS. [Trutina.} 11 lignifie aussi l’instcument avec quoi l'on mesure la pesanteur des corps, par le moyen des marques, qu’on apelle auslì des poids, dans l’ar- ticle qui précédé. (Peser au poids du Roi, au poids public.) POIDS. Terme de Momie. C’est l’épreuve de la bonté des espèces de monoïe. MonjUur BoiJ'anl. 'POIDS de marc. [ Selibra Francien.'} C’est un poids dont on le sert en France pour l’achat, ia mise & la rece- te des métaux & marchandises, qui est compose de quatre mil six cens huit grains, qui est divisé en huit onces, ou lòixante-quatre gros, ou cen: quatre-vingt douze de- niers, &c. Volez Monsieur Boijard. POIDS originaux. Ce sont des poids de cuivre avec leur boëte de même métail fort proprement travaillez que le Roi Jean qui regnoic en i;;o. sit faire , qui sont ne dépôt à la Cour des inonoïes de Paris, & dont on se sert en cas de nécessite pour regler tous les autres poids. POIDS du Janfluaire. [ Pondus fancluariì. ] C’ctoit un poids célébré chez les Juifs, qui étoit fous la direction des Prêtres. On dit figurément. (Peser ses actions aupoúfrdu sanctuaire. Pour dire, s’examiner sérieusement devant Dieu, Fléchi) 0 Plusieurs croient qu’il y avoir parmi les Juifs deux sortes de poids ; l’un sacré & du Sanctuaire, qui étoit le poids pesant ; l’autre royal commun & pro- phane : mais cette distinction est fans fondement. L’E- criture ne fait mention que du poids du Sanctuaire, qui étoit le plus pesant, & le plus juste, à cause qu’il étoit l’original, & l’êtalon sur leque tous les autres étoient ajustez, & que l’on conservoit soigneusement dans le lieu !e plus respectable du temple, sous la direction & l’intendance des Prêtres, d’où vient, dit M. Bou- teroue pag. iç. qu’il portoit ce nom de sacré & du Sart- Buaire. POIDS. [Onus, gravitas-} La pesanteur d’une chose. (Le poids de ceia est considérable. Soulevez un peu ce balot & vous en connoittez à peu prés le poids. POI Aujsi-tfo te teP'ton par son poids emporté , Laijíe l’eau nette claire %? lui rend sa beauté, Tribolet.) '* POIDS. [Jugum, onus ] Ce mot au figuré, signifié grandeur. 11 ne peu porter cette charge, son poids Paca. bleroit. ... * H soutint le poids des negotiàtions lés plus importan. tes. Fiecbier. Préface fur Commendon. [Pondus maxima, rum sérumJuJlinuit.} C’est-à-dire, il s’aquita des nego- tintions les plus grandes & les plus considérables. * POIDS. [Pondus ] Ce niot au figuré, signifie autfi importance, considération, conséquence, autorité. ( Le témoignage d’un"tel homme est de grand poids poumons assurer, PaJ'c. I. 5. 11 n’eut pas si-tôt prononcé fa scnten. ce fur une afaire de ce poids, que les conviez aplaudi- rent, Vaug. (siuìn. Curcc. L 5. c. a.) * Vendre au poids de l’or. Voïez Vendre, Ne rien faire qu’avec poids St mesure. [Nihilextra mo- dum sacere.} * POIGNANT. Voïez Piquant. , POIGNARD, pognard, s m. [Pugio,sica.} Ort écrit l’un Sc l’autre , mais le premier est lé plus ordinaire. C’est une arme longue d’un bon pied ou environ, avee un manche de bois , d’os ou de corne, & une lame qui coupe des deux cotez, large au milieu & fort aiguë au bout; ( Etre percé de trois coups de poignards , Volt. !et. 9. On le trouva saisi d’un grand poignard , Abhmcl) 0’ Le poignard étoit la masque du pouvoir souverain des Empereurs ; ils le taisaient porter par le Préfet iftl Prétoire. En éfet Lampride a remarqué dans la vie de Commode, que ce Prince fit trois Préfets du Prétoire, contre la coutume , l’un desqúels étoit afranchi, Sc portoit le poignard devant lui; en forte qii’cn l’apel- loi t liber tus a pugirne , ce qui a été mal traduit par l’Abé de AI a toi es : voici le texte : Tuncque primstm tris Vrxfeciì Pr.etor. fuere . inter quos libertinus qui a pugitme apellattis est, que ce Traducteur a rendu de cette forte : ce fut alors pour la première fois qu’il y eut trois Préfets du Prétoire , entre lesquels il y eut un afranchi qui portoit son nom du poignard , dont il s’étoit Jervi souvent. Alais selon Saumaise & Casaubon, il faut dire que cet afranchi fut préféré aux deux autres nouveaux Préfets pour lui faire porter son poignard. Quelquefois l’Empereur portoit lui même ce poignard, comme on peut le voir dans Tacite, où Yitellius le déposant lui-méme de l’Empire, tira le poignard qu'il portoit à son côté , comme un titre qu’il avoir sur la vie des Citoïens, & le remit entre les mains du Consul Celius Simplex qui étoit pré; sent à cette action. Galba dans Suetone portoit son Poignard pendu au cou ; íi nous en croyons Xiphilin^ on se moquoit à Rome de voir ce Prince tout mile & tout usé de vieillesse, & d’ailleurs tout noué dégoûtés, portant une arme qu'il ne pouvoir manier, & qui ne lui servoit que d’un fardeau inutile & embarrassant. Êt certes ajoute Costal dans une Lettre à Voiture : II ne lied bien qu’à un jeune Prince de répondre comme fit nitre Charles IX. aux principaux Seigneurs de fa Cour qui sollîcitoient ardemment la charge de Connétable après la mort d’Aune de Alontnlorenci : si que faire de personne pour porter mon épée , je la porte - rai bun mei-mème. Cet exemple de Galba confirme bien la vérité de ces beaux vers > Ceux à qui la chaleur ne bout plus dans les veines , En vain dans les Combats ont dessins diligens s Mars est comme P Amour, ses travaux &sis peines Veulent de jeunes gens. * POIGNARD. Ce mot est beau au figuré. Exemples; (0 est avec respect, enfoncer le poignard, Désir. Sat. Y. C eít-à-dire, maltraiter, Outrager en faisant semblant du contraire.) C e/f lui Métré tnoi-mèmì un poignard dant lefei». [Demiìtere gladitim in jugulum.} C’est-à-dire, c’eít l’af- fliger, 1.acabler moi-riiême. Rac.And. aB. 2 .Ji . S- * Avoir le poignard dans le cœur, ou dans le sein. [Vehementi dolore ajflci.} C’est avoir de la douleur,® méme une douleur très-vive, Bens. po'és. Elle scavcit qu’autant de momens qu elle difére- soit à chasser son rival, elle donneroit autant de coups de poignard dans le coeur de celui qu’elle aimoit, Comte de Bnjsi. i PPJDNARD. Les Bressans apellent poignards les brochets de deux ans. • Revel, p. 416. FCrlGNAR- POI POIGNARDER i pognarder, ». n. [Vugione pwcutere.J C’elt tuer à coups de poignard. (Poignarder une personne. Jule César fut poignardé dans le Sénat de vingt- quatre coups de poignard.) Le poignard etoit de cuivre. POIGNARDER. Veut dire aussi tuer, quoi qu’on lé fasse lans poignard. (Les François furent tous poignardez dans les vêpres Siciliennes, & les Calvinistes à la journée de saint Barthelemi.) * C’eji me poignarder que d’en user de la forte. C’est- à-dire, c’est m’outrager cruellement. C’est me faire toutes fortes d’injures & d’outrages. C’est me perdre, m’acabler & m’assaffiner que d’en user ainli. POIGNE'E, ou pognée, s. f. [Manipulas, pkgillus] C’est tout ce qu’on peut tenir dans la main fermée. Prendre une poignée de pièces de quatre fous. Une poignée de bled. Prendre à poignée. AuJJl tôt de longs cloux il prend une poignée Sur son épaule tl charge une lourde coignée. Del'pr.) f POIGNE'E de moru’é. C’est en termes de Commerce deux morues. En France les morues fe vendent fur le pied d’un certain nombre de poignées au cent, & ce nombre est plus ou moins grand suivant les lieux. A Paris le cent est de cinquante-quatre poignées, ou cent huit morues. H POIGNE'E, fe dit chez les Merciers, de plusieurs écheveaux de fil attachez ensemble ; ainsi l’on dit vendre le fil à la poignee. POIGNE'E de pijiolet-, [ Capulus .] C’est la partie par laquelle on tient le pistolet. (Une poignee de pistolet bien faite.) POIGNE'E d’épée. Partie par laquelle on tient l’épée, (Une belle poignée d’épée.) POIGNE'E de loquet. C’est un fer plié qu’on empoigne pour ouvrir le loquet. 11 le dit de divers autres instrumens, & signifie toujours la partie par laquelle on les empoigne. POIGNE'E. Terme d ’bmbaleur. C’est un petit morceau de toile en forme d’oreille que l’embaleur laisse aux coins des balots pour les manier. * POIGNE E, [Parva hominum manus ,2 Peu de gens. Peu de troupes. (Vous n’avez acoûtumé de combatte que contre une poignée de gens. Faug. Quint. I. 9. ch. 2. Acourir au secours d’une place avec une poignée de gens, Foit. I. g?. POIGNET, pognet, f. m. [Carpus, pugni hrachiique commijjura.] On écrit l’un & l’autre. C’est la jointure qui lie la main avec l’os du bras, Deg. (Avoir le poignet fort. Avoir le poignet bon.) Les maîtres d’armes font entrer ce mot dans plusieurs façons de parler de leur profession. 11s disent tourner le poignet. Baisser le poignet. Tourner le poignet de seconde. Elever le poignet. Les italiens fe metent en garde, le poignet de quarte,&c. POIGNET , pognet. ( Affûta extremœ manica fafcio. la. ] Terme de Couturière en linge. C’est la partie de la chemise, ou d’autre ouvrage de toile , où font les arnérepoints & les pommstcs. ( Poignet de chemise bienfait) On apelle aussi poignets des fausses manches qu’on met quelquefois pour conserver les poignets des chemises & ne les pas salir. [ t'ufcioìa .] POíL ,/w. [Pilus.] Petite partie menue, longue, flexible & sèche qui fort de la peau comme un filet. ( Poil-folet c’est le premier poil qui vient en la levré d’enhaut d’un jeune homme. On apelle aussi poil-folet. [Pubes.] Le premier poil qui vient aux jolies. II a l’e- itomac plein de poil. Avoir les bras pleins de poil. On dit que le poil est une marque de force.} POIL. [ ViUus. J Ce mot fe dit aussi des animaux. C’est ce qui fort par les pores des animaux à quatre pieds, & qui les couvre entièrement. (Le poil du lion est comme roux. (Le poil du cerf est fauve, &c. POIL. [ Pili. D Barbe, (ss arracher le poil avec des pincetes. Les Barbiers font le poil. Vôtre poil n’est pas bien fait.) POIL. Se dit aussi de ce qui croît dans le nez. [Fi- hrijf.ì POIL. [Pihl] Ce mot fe dit des étofes, de chapeau, & de quelques autres choses , comme des ouvrages de péleterie , draperie, chapelerie, &c. (Tirer le poil d’urve etofe. Prendre une etofe à poil. Manchon dont le poil est tombé. Coucher le poil d’un chapeau. On fait le camelot de poii de chèvre & de chameaux, On POI ï6í fait des chapeaux de poil de castor, de lapin, &c. La boùre est faite de poil de bœufs & vaches.) POIL. Ce mot en parlant de cheval veut dire couleur, (Si on demande de quel poil est ce cheval. On répond, bai, alzan, gris, pommellé. Poil de souris. Poild’étour- neau. Poil zain. Poil rotian, &c. £$ Poil fe dit rarement pour les cheveux de la tête; car on n’a jamais dit, il a de longs poils , pour de longs cheveux , ni il a les poils noirs , pour il a les cheveux noirs. On ne coonoissoit pas autrefois la distinction des cheveux & du poil. Des Portes dans un même Sonnet a confondu l’un & l’autre, & a dit dans foa Sonnet 6. De fes doret cheveux mon cœur ejí arrêté, Et un peu plus bas Ses cheveux du Soleil éfacent la beauté. Et immédiatement après Son bel «if me ravit , son poil doré me tient, POIL. Ce mot entre dans plusieurs façons de parler de Manège. Monter á cheval à poil. C’est monter fans selle. [Nudum equum injcendere. ] Avoir ïéperon à poil. C’est savoir au flanc du cheval. Froter an cheval a poil. C’est le froter selon que naturellement le poil est couché.) POIL, entre dans plusieurs Proverbes. On dit d’un homme bien propre & bien ajusté, qu’un poil ne paffì pas P autre. On dit d’un poltron, qu’U fe iaijferoit arracher la barbe poil a poil. On dit d’un homme roux, quïl a le poil de Judas. t * II eji au poil & à la plume. [Homo militia togœqut idoneus.J C’tst-à-dire, il est bon à plusieurs choses. L,* Avoir le poil a quelqu’un. C’est-à-dire. Châtier, punir & maltraiter quelqu’un comme il le mérité. _t * C’eji un brave à trois poils. Mots burlesques pour dire. Un brave d’une certaine maniéré & toute particulière, & qui est un peu fanfaron. f * Prendre du poil de la bite. C’est boire le jour d’après qu’on a bien bû. On dit aussi. 11 est mort parce qu’il a un peu trop pris du poil de la b'éte. C’est-à-dire, parce qu’il a trop baisé de femmes. POILE. Volez Poêle. í POILOUX , f m. Terme de mépris, qui fe dit dans le stile familier, d’un misérable, d’un homme d® néant. (C’est un poiloux.) POINCILLADE ,ff. [Pointiana.] Arbrisseau qui croît en Amérique, & dont 011 ne cûnnoic point encore les vertus. POINÇON,/». [Vemculum.] Petit instrument rond qui est de fer poli dont on fe sert pour percer. (Un poinçon bien fait) POINçON d’efgie. [Scalprmn fgnatorium ] Terme de Monoie. C’est un long morceau de fer en forme de poinçon fur lequel l’efigie du Prince est gravée par le tailleur général des monoïes. (3 POINçON de croix ou A’écuffon ; ils font fort petits selon M. Boisard, parce que le tailleur général né grave en relief fur chaque poinçon. , qu’une des pièces qui composent les croix Á les écussons , par exemple , il grave fur l’un des poinçons une fleur de lys, fur un autre la couronne ; ou s’il s’agii d’une croix > il grave fur l’un des poinçons la letre qui fait une partie de cette croix, fur un autre la couronne qui en termine un côté & ainli du reste. POINçON des Légendes , dit le même Auteur, tant pour servir du côte de l’éfigie , que du côte de la croix, ou écusson ; le tailleur général grave de même plusieurs poinçons, fur chacun delquels il ne met qu’une des letres, qui composent les legendes. Fóiez le reste page POINçON. [Cejlrum C’est une efpéce de ciseau pro. pre aux graveurs & aux sculpteurs. POINçON. [Scaiprum ] Terme à’Orfévre. Petit instrument d’acier gravé en creux dont on fe sert pour marquer la vaisselle d'argent. ( Chaque orfèvre a son poinçon qui contient la marque particulière de chaque orfèvre. On apelle aussi pointons, les fers acerez avec quoi on travaille les matrices des caractères d’impri- merieí POINçON. [Acus, difcerniculum .] C’est aussi ce qu’on apelle une aiguille de tête, dont les femmes sc fervent pour arranger leurs cheveux quand elles fe collent. 1 Un beau poinçon de diamant.) Tom, III. X POIN- i6a POI POINÇON. £ Pugiunculus .] Terme de Manège. Pointe de fer dans une manche de bois pour piquer un cheval à la croupe. (Donner les aides du poinçon a un cheval sauteur. ) . , POÌNçON. [ Dolium. ] C’est auíîi le nom qu on donne en quelques Provinces à une mesure de choses liquides. (Un poinçon de vin. Un poinçon d’huile. Le poinçon vaut une demi queue de Paris.) POINçON. [Columen. ] En ternies de Charpenterte. Est une piece de bois qui est toute droite fous le faite du bâtiment, & qui sert pour ['assemblage des fermes , faîtes ou fousfàîtes. On se sert aussi des poinçons dans la fabrique des Ponts de bois, Acad. Fr. __ . On apelle encore poinçon, la principale piéce de bois qui soutient les engins & autres machines à élever de» fardeaux, Académ. Franç.) $ POINçON , lé dit en termes de Sucrerie, d un fer, ou d’un bâton long d’un pied, avec lequel on perce la tête des formes à sucre pour les faire purger. POINDRE, v. n. [Dilucescere , pullulare.] Ce mot se dit des herbes & du jour. C’est commencer a paroítre. (Le jour commençoit à poindre, Voit.let. 129. Sortons, voilà le jour qui poind. Les arbres commencent à poindre au Printems, Ablanc. Luc. coq. f De tous les maux on vie poindre l’engeance. La barbe commence à lui poindre , iìenserade , Rondeaux .) POINDRE, v. a. [ Pi ingéré. ] Ce mot pour dire piquer, ojenjer , est François, mais peu usité. (Ne t’ofense pas des vers dont l’aigreur te poind, Teo. poéj.) | * Oignez vilain, il vous poindra > poignez vilain, il vous oindra. Vieux Proverbe qui fait connoître l’hu- tneur des païsans , & du petit peuple, qui est ingrat des biens qu’on lui fait, & le soumet bassement quand «n le maltraite. POING, snt. [Pugnus.] Prononcez par». II vient du Latin. On y laisse le g quoi qu’on ne le prononce pas. C’est la main fermée. C’est aullì le poignet. (Montrer le poing à quelqu’un. Donner des coups de poing à une personne. 11 fut condamné à avoir le poing coupé. II a eu le poing coupé & a fait amande honorable.) On dit Proverbialement. II a la tête plus grojje que le poing , &Jìelle n'ejì pas enflée. On dit encore d’un enfant toujours malade, qu’il ne vaut pas un coup de pomg. H Flambeau de poing, C’est un flambeau de cire qu’on porte à la main. f Oiseau de poing. C’est un oiseau de proie, qui étant réclamé, revient sur le poing du Fauconnier sans leurre. (Chasser avec un oiseau de poing.) H Mener une dame jur le poing. C’est la mener par la main. O11 ne le dit que par raillerie. POINT,/ f>i. [Punition ) Terme de Matématique. Endroit de la quantité. Extrémité de la ligne. (Le point doit être conçû indivisible. Port-Royal, Géométrie,page gi. Le point Matématique est un endroit de la quantité , dont on ne coniìdére ni la longueur, ni la largeur, ni la profondeur.) Quand cn la considère & qu’on regarde le point comme indivisible, on l’apelle point Philosophique. Point d’atòucheinent. Point de section. Point central. Elever ur.e ligne à un peint. Tirer une ligne d’un point à un autre. Mener une ligne par deux points donnez. Decrire une circonférence par trois points donnez qui ne soient point en ligne droite; Point vertical, &c. Cs Le point Matématique est défini parEuclide, cu. jus pars nulla ejt. C’est, disent les Maternatieiens, sex- trémité d’une quantité, L qui ne peut être divisée en d’autres parties; le point Matématique est en idée, & le point physique réel. Volez Ozanam Dict. Maté m. POINT. Terme de Musique. Le point est la marque de laprolation. Voïez le Dictionnaire de musique de M. Brossardí POINT. On dit souvent tout vient à point qui peut atendre. Si vous aimez une coquette , if} J'oit insensible a vos maux , Qui vous flate , puis vous maltraite , Lt vous acáble ae rivaux. Fie vous rebutez point, quelquesot s’ireit pendre, Fie vous rebutez point, vous la verrez changer, Atendez Pr.eure du berger , Tout vient a point qui peut atendre. POINT. [Interput, (Uones , punfla.] Terme de Grain, maise Petite marque ronde qui se tait avec le bec de la plume, pour montrer que le feus du discours est acbe- POI vé, & que la période est finie. ( Un pomtjnterrogmtk fait ainsi ? & un point admiratif en cette forte,) Les Hébreux marquent leurs voielles par les points, (On dispute fort sur l’antiquité, ou la nouveauté des P °La Géomancie se sert des points. Votez Géomancie. POINT [ Fars. ] Ce mot se dit en parlant de dijeours oratoires. 'C’est l’une des parties du discours oratoire. (L’Orateur divise íòn discours en deux ou trois points qu’il prouve, ou au moins qu’il doit prouver par de bon. nés raisons.) _ „ - . POINT C iîf /summa , caput. ] Ce mot se dit panant d’afaires & de dispute. C’est la principale chose de rafaire ou de la dispute. La dificulté, ou le nœud de l’afaiVe, ou de la dispute. La chose dont il s’agit dans l’afaire, ou dans la dispute. ( Decider un point, P„r,- ì . Point débatu entre les parties. Pale. I. 2. Flon, quoi que !’ignorance enseigne sur ce point Dieu ne sait jamais grâce a qui ne C amie point, Despr.) POINT. [ Quiejtio. ] Ce mot se dit aussi en parlant de l’hiitoire , ou d’autre pareille chose , & signifie chose particulière , endroit ou question particuliers de l’histoire. ( C’est un point d’histoire fort obscur. Ablanc. Voilà un point de Théologie bien surprenant. Pajc. I. 6. POINT doré. [ Punftio aurea. ] Terme de Chirurgie, Opération de chirurgie, dont on se sert pour la guéri, son des hernies. POINT saillant. [ Vunftum saliens. ] Terme d ’Am. tonne. Prerâiere marque de conception qui est l’en. droit où se forme le cœur, & qu’on aperçoit aisément avec le Microscope dans les œufs couvez. POINT a’bonneur. [ De honore contentio. J Chose particulière qui regarde l’honneur. Ce sont les régies & les maximes desquelles les gens du monde croient que leuf honneur dépend. (La passion dominante des Gentilshommes , c’est le point d’honneur, Fajê. L-}.) POINT d’honneur. [Sentisedes bonoraria.] En Terme de B asm, c’est la place dans un écu, répondante au mi. lieu du chef & au dessous. POINT. [Scuti partitio.] Terme de Blason, c’est la place dans un écu, répondante au milieu du chef & au dessous. POINT. [Sentipartitifs. ] Terme de Blason , c’est ia division de 1 écu en plusieurs quarrez , tantôt au nom- lire de neuf, tantôt dé quinze, dont les uns sont d’uu émail & les autres d’un autre, & qu’on apelle aussi points équipoUez. POINT. [ Temporis pimclmn. J Moment, tems prescrit, tems juste, tems désiré. (.Sur le point d’en venir aux mains , il se retira, Abl. Arr. L 1. II arriva justement au point que les Perses metoient le feu, Vaitg. Quint. L 8- c. Us étoieht fur le point de passer un article qui n’étoit pas assez examiné, Maucroix , vie de Campege.) POINT. [Status.] Conjoncture, état. (Vous voïez en quel point la fortune me prend, Vaug. Quint. 1 . 3. c, ;. Se remettre au méme point où l’on avoit été, Abl.) POINT du jour. [Sublucanum tempus , diluculwn.] Commencement du jour. (Le lendemain dès le point du jour ils passèrent ie Tibre, Ahlanc Ret. 1 . 3. cb. ç, Voïez pointe.) POINT. [Métal] Certain terme , certaine borne a» deça & au delà dequoi il ne faut pas aller. (II est bon d’exagerer les choses jusques à un certain point.) Etre insolent au. dernier point, Molière. [Eo insolentil devenire. C’est-à-dire, ctre fort insolent. POINT. [Fajûgmm.] Ce mot signifie quelquefois élévation. (Etre au plus haut point de fa gloire. Abl. Luc. I. 1. c. ,.) f En bon point. [ Bona corporis habitudo. ) En bonne santé. (Etre en bon point.) Voïez Embonpoint, POINT secret. [ Arcana mouette nota. ] Ferme às Momie. C’est un pecit point qui le met ordinairement ious les letres des legendes pour marquer le lieu de la fabrication. Le point secret doit être dans la mon oïc de Paris fous le second e de ce mot Bénédiction , qui est la dix-huitiéme letre de cette légende, Sit X->me» De- mmi Bénédiction. Ee point secret ne se met plus à présent si exactement. Voïez Monsieur Boijjart. POINT. [ Fimtium. ] Terme de Cartier. C’est une marque qui est rouge ou noire fur les cartes, & qu’on MÍ tzpelle pique , trèfle, cœur, ou carreau , páreè que ces points ont quelque raportavecle cœur, le trèfle, le carreau, & les fers de pique. POINT. j/sota] Terme de Jeu de piquet. (Marquer son point, compter son point, avoir trente de point, gagner le point. Quatre as, quatre rois, quatre dames, quatre valets, ou quatre dix, valent quatorze de point. Les DcZ font ttìarqueï d e points, depuis un jufqu’à fix en chacune de leurs faces. On parle de point au jeu de Trictrac. Point de voile. [Veli anguhts inferior.J Terme de Mer. C’est le coin d’embas lí’une voile auquel les écoutes font attachées, Four. POINT. [Duel us acus .3 Terme de 'Tailleur , de Couturière & d 'autres gens qui cousent. C’est ce qu’on fait avec l’éguille enfilée. (Faire un point, tirer un point. Il faut métré là un point, coudre un point.) POINT. [Calcei moduìus .] Terme de Cordonnier. Ce mot fe dit en parlant de la grandeur des souliers. (Un soulier à fix points. Il faut un soulier à Monsieur, de sept à huit points.) f * lis Je chaujsent tous à un même point. C’est-à- dire, qu’ils conviennent tous en certaines choses. (On dit qu’en matière d’amour, les femmes fe chauffent toutes à un nréme point;) POINT. [Tania linea.) Terme de Faiseuse de point. C’est une forte de passement de fil qui fe fait presque toujours à l’éguille. (11 y a de plusieurs fortes de points. Point coupé , point d’Alençon , de Sedan * d’Autillac. Point à la Reine, point d’Ëfpagne, point de France, point de Hongrie, point de Paris, point de Gènes, point de Venise. Point d’efyrit. Cette dernière sorte de point se fait aux fuseaux, mais tous les autres que j’ai jusques ici remarquez, fe font à l’éguille. Fille qui gagne fa vie à faire du point. Racommo- der un point.) POINTS. (Foramina.) Se dit de petits trous qu’on fait à des étriviéres, à des courroies, ou à des soupentes de carrosse pour y passer l’ardillon. ( Allonger Pétri- viére d’un point.) POINTS. [ Punctula. ] Terme de faiseuse de points. Plusieurs petits points qui font faits à l’eguille, rangez proprement les uns auprès des autres & dont le diférent arrangement fait autant de diverses figures. II y a le point clair, le point ferme, le point riche , le point de deux, le point de losange, le point vitré, &c. POINT de côté. [ Lateris dolor. ) Douleur de coté. (Avoir un point au côté.) POINT, adv. [ Non, ne, minime , nequaquam. ] Sorte de négative qui lignifie pas, mais qui semble nier plus fort que la négative pas. (On ne fe doit point fier a un ennemi réconcilié. Je n’ai point d’argent,) Monsieur Charpentier a mal parlé quand dans le Dialogue contre Furetiere, il dit Furetiére n’a-t-il pas de honte d’en parler ainsi. 11 faloit dire, n’a-t-il point de honte. POINT , adv. Veut avoir après foi l’article défini. Suivant cette régie, on dit il n’a point d’argent. 11 n’a point de foin, point d’apetit. POINT. Se met quelquefois après le mot, comme s’il vouloit dire nullement. C’est ainsi que s’en est servi la Fontaine. (C’étoit un bujle creux es plus grand que nature , Le renard en louant fèfort de la Jculpture : BeL’e-tête, dit-il, tuais de cervelle point, Combien de grands Seigneurs font bujles en ce point. La Fontaine.) f POINT, point, adv. [ Nequaquam , nuUattnus. J Nullement. (Point, point elle ne monte pas encore, & elle ne fauroit rien entendre, Molière.) POINT du tout , adv. [Non omninoj Sorte de négative qui veut dire , nullement , pas. ( 11 ne la considère point du tout.) Le point en point , adv. [ExacU, admujfim.) Exactement. (11 a exécuté de point en point ce qu’on lui avoit commandé de faire.) A point nommé, adv. [ Jujiè , pracìsè , opportune. J Précisément, justement & à tems. ( 11 est venu à point nommé.) î De tout point, a dv. ( Omnino , prorsùs. J Entièrement & comme il faut; (II est accomodé de tout point.) POINTAGE,/ m. [Notatio in Mappâ.) Terme de Marine. C’est la désignation que fait le Pilote, fur la POÎ ,6; Cafte marine, du lieu où il crois que le vaisseau est arrivé. (Un Pilote doit savoir bien faire le pointage de la POINTAL , / m. [Trahi arreHa.) Terme de Charpentier. C’est une grosse piéce de bois posée debout entre deux vérins pour redresser la charpente de quelque bâtiment, (han. Difl. Math. POINTE,// (Muero, acumen , actes J Ce qui est aigu & pointu au bout de quelque chose que ce soit. (La pointe d’un canif, d’un ciseau, d’un couteau, d’une épée. Une pointe rompue, une pointe émoussée, &C. (Les Piramides fe terminent én pointe. La pointe d’un diamant bien taillé, &c.) POINTE, [Fertex, cacúmenj Ce mot fe dit en parlant de montagnes , & veut dire, sommet. (Une des pointes de la montagne de Tarare v-ous empêcha de me voir. On dit aussi la pointe des clochers, Voit. I. ç,) POINTE. [Acus nautìca divsiones.) Terme de Marine. Marques & divisions de la boussole ou du compas de mer, qui sont au nombre de trente-deux, qui marquent les vents. (Dans les ouragans le vent parcourt souvent toutes les pointes du compas. Un Rhurob de vent vaut quatre poàr.) POINTE. [Clavus fine capíte.) Clou fans tête qui attache le paneau de vitre avec le bois du châssis. Efpéce de petit clou fans tête. (11 faut mètre une pointe là.) POINTE- [ Cujpis, mticro. ] Terme d s Graveur. C’est un instrument dont on se sert pour graver à Peau forte. (Graver avec une pointe.) POINTE. [ Vertcx. J Terme de Manège. Action de cheval qui en maniant sur les voltes fait une efpécè d’angle. (Vôtre cheval ne s’arondit pas bien & fait des pointes.) POINTE. [ Muer o , acumen.) Terme de Coutelier St de Barbier. C’est la partie la plus grosse & la plus lares du rasoir qui est vers le bout. (Raser de la pointe.) POINTE. [Caliptru.) Terme de Coifeuse de deuil. C’est la partie de la çoìfure de detiil, qui vient sor ls front. (Vôtre pointe ne va pas bien, Hia faut mettrè autrement) POINTE à corriger. [Mucre.J terme a Imprimeur. C’ert un instrument de fer en forme de petite aleine pour corriger les formes, & les pages, & pour lever lés letres- POINTE de timpan. Terme d Imprimeur. Elle est composée d’une branche & d’un aiguillon , & est attachée au timpan avec deux vis, afin d’aider à raire les registres. =r POINTE. Terme de Perruquier. On apelle la pointe des cheveux , cette extrémité par où l’on commence à tourner la boucle de la frisure : l’autre bout s’apelle la tête. C’est par la tête que les cheveux fe tressent. * POINTE. (Acumen, argutia .] Rencontre spirituelle.-Bon mut (Vous êtes en colere & vous faites des pointes. L’Epígramme doit finir par une pointe ingénieuse. 11 est ridicule dè parler par pointé, par Ce que cela n’ett pas naturel, & qu’on dorme souvent, dansìe froid. Et n’alleì pas toujours d’uue pointe frivole, Aiguiser par la quevii une Epigrasne sodé. Defpr.) (§ Les pointes sont l’écUeil deS esprits médiocres , quson vain éclat éblouit; ils les recherchent avec soin, ils les apellent une chute agréable d’un raisonnement froid & languissant, & ce qui ne brille pas est pour eux insipide; il ne faut pourtant pas les bannir entièrement : mais la dificulté est de les bien choisir, & quoiqu’il soit impossible d’en donner des régies certaines^ on peut dire en général qu’il faut y éviter le faux ; car les fausses pointes sont les plus vicieuses ; celles qui consistent èrt équivoques sont les plus mauvaises ; les jeux de mots sont devenus infuportables. Car (elon Quintilien liv g, ch. çi. Les jeux de mots ne peuvent jamais produire une pointe juste & agréable , il en raporte cet exemple d’un Avocat qui disoità ses Juges en plaidant pour un Pere contre son fils : Peres corscripts , car je dois ainsi commencer-, pour vous faire rejsouvemr des peres. Et pour faire sentir le ridicule des pointes qui naissent de i’équi- voque , il raconte qu’un Avocat dit, en remerant à la mère d’un jeune homme qui avoit été blessé à la tête , ries esquilles qu’on avoit tirées de la playe : malhncreu, fe mère , vous ri"avez pas encor mis votre fils au bûcher , "W vous avez déja recueilli ses os. Si du tems de M. Boi- leau on s’étoit désabusé des pointes , comme il le dit dans son Art Poétique, Tom i III. » * î-a i 6 4 roi La raison outragée enfin ouvrit les yeux , La chassa four jamais des discoursJ’erieux , Et dans tous les écrits la déclarant infâme , Par grâce lui laíjfa l'entrée m P Epigramme. Nous les voyons renaître dans la plupart des Ouvrages les plus serieux, ou le clinquant brille de toutes parts, où les periodes finiíïent par un mot affecté, par une sentence amenée de loin, où enfin on ne trouve plus ce naturel &-cette simplicité dignement soutenue par la force de la raison. * poiNTE. [Saporis acumen.) Ce mot se dit du vm & veut dire un je ne sai quoi dans le vin, qui plaît & qui chatouille. (Ce vin a une pointe agréable.) * POINTE, [fr opossums Dessein, entreprise. (Poursuivre sa pointe, Ablancourt , Arr. I. i.) * A la pointe de l’épée. [ Per vint. ] Avoir quelque chose à la pointe de P épée. C’est-à-dire > de vive force & à la rigueur, en combatant, attaquant & ie défendant.) ' POINTE, s Diluculunt. ] Ce mot se dit en parlant du jour , & de quelque autre chose , & il signifie le commencement. (On dit la pointe du jour , & le point du jour, Ablancourt, Arr. I. r.) Voiture écrivant à Costar. Le point du jour & la pointe du jour , mâle ou femelle, vous en userez comme jl vous plaira, & selon l’humeur où vous ferez. Entre, tiens pag. ry6. La pointe des herbes. [ Pullulatio .] * La pointe de la digue. [ Aggeris congejlitii lingual C’est le bout le plus avance de la digue. Vaug. Quint. 1 . 4. cb. 5. * POINTE. [Cornu exercitûs.J Ce mot se trouve dans Ablancourt en parlant de guerre , pour dire tête de quelques troupes. (11 mit son régiment à la pointe de l’aile droite, Abl. Arr. I. 1. c. 10. II dit aussi la pointe de l’aîle gauche, Abl. Arr. I. 1. » POINTE de bajiion. [Andulus propugnaculis Terme de Fortification. C’est l’endroit du Bastion íe plus avancé, où se rencontrent les deux faces inclinées l’une vers lVutre. La pointe d’un coin se forme de même par la rencontre de ses deux faces. POINTE. [ReHa. ] Terme de Fauconnerie. On dit qu’un oiseau sait pointe, lorsqu’il va d’un vol rapide, en «'élevant ou s’abaíssant. La pointe de F Ecu. [Scuti ucumen, cufiis.] Terme de Blason. C’est la partie inserieure de l’écu qui ordinairement doit aboutir à une petite pointe. On pose les fleurs de lys, deux en chef & une en pointe. On apelle auíïì pointe une piéce de Blason du bas de l’écu en haut, & qui est plus étroite en fa largeur que le chappé, occupant seulement les deux tiers de la pointe de l’écu. POINTES , flèches , lames , bandes. Divisions du tablier du triquetrac fur lesquelles on case ou on range les dames. [Lamina.’] 11 y en a de diverses sortes, en bande, en barre, en face, &c. f * Faire des querelles fur la pointe d’une égaille. [Ri. ■xari pro re levi.j Sorte de proverbe pour dire, faire des querelles pour rien, pour très-peu de chose. POINTER j t), a. [ Mucrone ferire . ] Piquer de la pointe, donner de la pointe. (11 a mis l’epée à la inain <% l’a pointé.) POINTER [Tormentum beUicum librare .] Terme de Canonnier. C’est dresser & métré le canon en état de tirer. (Pointer le canon.) POINTER. [ Jugulare.] Terme de Boucher. Ce mot Te dit principalement en parlant de bœuf. C’est leur métré le couteau dans la gorge & les tuer. ( Pointer un bœuf.) POINTER. [Locmn navis detegere .] Ce mot est un terme de Mer, & se dit en parlant de cartes marines. C’est trouver dans la carte le point & l’endroit où l’on pense qu’cst arrivé le navire. Fourn. POINTER. [Punflulis delinearc.] Terme d’ Archite. Hure. C’est raporter avec le compas le plan ou le profil au developement des panneaux. T POINTER. Terme de ManufaHure. C’est faire quel. ques points d’éguille avec de la soïe , du fil, ou de ia ficelle à une piéce de drap 011 autre étofe, pour conserver ses plis , & empêcher qu’elle ne se thifonne. í POINTER l Egaille. C’est en former la pointe avec la lime. POI POINTER. [ Qpinione diferre .] Contester, être d’un avis contraire. Ces deux Juges sont toujours pointez l’un contre J’autre. [Perpetuò inter se dissident ] H POINTES, Les tireurs d’or nomment ainíì certains petits poinçons d’acier trés-fins & très-pointus , dont ils sc servent pour polir les pertuis de la filière, ou fer à tirer. ch POINTES Naïves. Terme de Lapidaire. On donna ce nom à certains diamans bruts d’une forme extraordinaire qui viennent de Bengale. POINTEUR > f m. [.PEneorum tormentorum exp/o. sor,vel libratar.] Officier d’Artillerie qui pointe le canon. POINTILLAGE> f m. Petits points qu’on fait dans les ouvrages de mignature. POINTILLE , f.s. [Futile jurgium.) Vaine subtilité. (Cette pointille dont la daterie fait toute sa défense sur le sujet d’une guerre très-mémorable, Patru, pi, p. 84.) f POINTILLER , v. n. [ Vitilitigare .] Contester fans raison. ( 11 pointille fur rien. 11s s’amuscnt íotement à pointiller là-dessus.) POINTILLER, ». a. [Punclis delinearc. ] Terme de Peintre en mignature. Faire plusieurs petits points ronds, ou longs. Travailler par points. POINTILLERIE, f f. [Argutiola.] Picoterie, contestation fur des bagatelles. (Toutes les petites pointilleries de Grammaire ne font que sccher & affaiblir l’elprit.) POINTILLEUX, pointilleuse, adj. [[fiirgìosus.] Qui aime à contester. Qui conteste sotement. (Sans être trop pointilleux, je le pourrois trouver mauvais, Voit. L 46. Et bien-tòt vous verrez mille Auteurs pointilleux, Piéce à piéce épluchant vos Jbns es vos paroles , Interdire cht-zvous Rentrée uux hyperboles. Despr.) POINTU, pointue, adj. [AcutusJ Aigu. Qui a une pointe. (Lame trop pointue. Couteau trop pointu.) t * POINTU, sc dit d’un homme qui cherehe à lubti- liser sur tout, & qui fait de mauvaises pointes. (11 a l’esprit pointu.) POINTURE, s.s. [ Veli contrafìio. ] Terme de Mer. C’est 1 e racourcissement de la voile qui se sait de gros tems pour prendre moins de vent. POIRE,//! [Pirum.] Fruit de poirier, qui est or- dinairement plein de petites pierres. (Les poires ne font pas fi saines que les pommes. II y a de plusieurs sortes de poires, les plus communes font les poires de fin or, bonnes en Juillet & en Août. Poire de mouille bouche, bonnes en Août & en Septembre. Poires de beurré, bonnes en Septembre & en Octobre. Poires de Mdfire-Jean, bonnes en Octobre & en Novembre. Poires de virgou. leuscs, bonnes en Octobre & Novembre. Poires à deux têtes. Poires de fusée. Poires U’Angoisse, ces poires ont été ainsi apellées d’un village du Limosin qui s’apelle Angoisse. 11 y a quantité d’autres sortes de poires qu’on peut voir en détail dans les traitez des Jardins fruitiers. On en trouvera la plupart dans ce Dictionnaire, cha. cune dans son rang. Voici quelques-unes des principales espèces, distribuées selon le tems qu’elles tneuríssent. En Juillet. Le petit muscat, ou sept engueule. Le gros muscat. Le bâti. veau blanc. Le beurré d'été. La poire de la Magdeleint & h cuisse madame. Aumois d’Août, la grojjé mouille bouche , la vallée, la poire a deux têtes , le gros roujfetet . La poire d’Amiral, la bergamote A’été, la poire d’orange commune , Royale musquée , le Caillot r osat, le bon ebré. tien musqué. En Septembre. Le bon chrétien d’été, la vertroude, le beurré gris, le beurré blanc, ou le Doyenné de Saint Michel. Aumois d’Octobre le Mcs/ìrc-sean , différentes espèces de Bergamote , le besìd’heri, leAfar- tinsec. En Novembre ia Virgouleuse, le petit beurré d’bi. ver. Uambrette. En Decembre la mouille-bouche, ou le poire longue a:hiver , le Franc réal. En Janvier le bon chrétien d’hiver. En Février le roujselet d/hiver, l’Qrangt musquée, ou la poire Magdeleine, 0 /V. * Poires d’Angoisse. [Pirum molsiiœ & angusii arum s C’est une espèce de cadenas, qui par le moyen de certains ressorts, qui se lâchent, quand on l’a mis dans la bouche de quelque personne, l’obhgent à tenir la bouche ouverte & 1 empêchent de crier. f * Manger des poires dl Angoijse. [Multis molesiis divexarì. J C’est être dans la misère & souffrir píusieur* maux. t Entre la poire U le fromage. [Ad mensas secundo*, j C’est-à-dire, au dessert, à la fin du repas. (On contra en «ê FOI mence à causer quand on est entre la poire & le fro- mage.) f Garder une foire four la Jbif. [ In vetustatem ali- quìd L'est conserver quelque chose pour la nécessité. POIRE. [ Capsula fulveris tormentarii . J Maniéré de boite en forme de poire, où son met de la poudre à tirer & que les Gainicrs de Paris font & vendent. (Une poire trop grande. Faire une poire.) POIRE a feu. [ Eolipila. J Espèce d’Eolipile faite'de cuivre en forme de poire, qui n’a qu’un petit trou par où l’on tait entrer l’eau,quand on l’y trempe étant|échau- fée, & par où le vent sort avec violence quand on la met sur le feu. f POIRE, Masse , ou Contrepoids. Terme de Balancier. Morceau de fer ou de cuivre, attaché à un anneau qu'on coule le long de la verge de la romaine ou peson, pour trouver la pesanteur des marchandises qu’on met au crochet de la romaine. POIRES secrètes, f Eptjiomium equinum .] Terme d ’E- pronniere. C’est une forte d’embouchure. POIRE', f. m. [ Pyratkum .) Cidre de poires qu’on fait en Normandie. (Faire de bon poiré. Boire du poiré.') POIREAU , porreau , f m. [ Porrum capitatum.} Régulièrement il faut dire & écrire porreau. La plupart des Jardiniers le disent & l’écrivent, & on. peut sans crainte parler comme eux. Néanmoins l’usage général ide Paris c-ft pour poireau , & c’est auOi de la forte que parlent Messieurs de Port.Royal, Hjioirc de là Bible, figure 4;. (Us préférèrent à cette nourriture les poireaux & les oignons de I’Egypte.) POIREAU, porreau. [Ferruca ] Ce font des espèces de verrues qui viennent aux’ boulets & aux paturons, aux pieds de derrière des chevaux, & fupurent, Soleifel. POIREAU, ou porreau. [Ferrucu/aJ C’est une petite tumeur composée d’une pituite épaisse & endurcie qui vient fur la peau. (Couper la tête d’un poireau.) POIRE'E , ou pnrréc,sf. f Beta. J Sorte d’herbe potagère à larges feuilles, & dont on mange les côtes qu’on apelle Cardes de poirée. (Cueillir de la poirée.) POIRIER,/»». [.Pirus .2 Arbre de moïenne hauteur, qui a le tronc gros, plusieurs branches & les feuilles rondes & lisses par dessus. ( Poirier sauvage. C’est un arbre branchu , qui pousse plusieurs rejetons, & qui a Pécorce de son tronc toute crevassée. Un poirier fort chargé de poires. ) POIS,/»»- £Psum. ] C’est une sorte de legume fort connu (Pois verds. Manger des pois verds. Les pois verds font chers d’abord. Pois nain, pois à longue collé, pois à grosse cosse, pois en cosse, pois hâtif. Pois lupins , ce sont des pois plats & amers qui servent à la médecine. Pois chiches , c’est une de sorte de pois cornus qui fervent à la médecine.) POIS chiches. [C/cer.] Plante qui porte de gros pois, qui ont en quelque maniéré la forme d’une tête de bélier. POIS anglais. [Pisti anglica. } Sorte de pois qu’on trouve dans les Iles Antilles, auílì-bien que les pois d’an. gole. On dit prov. Vous me regardez de travers, vous aî je vendu des/wr qui ne cuisent point. On dit encore, il va & vient comme pois en pot. ch On dit Prov. & bajs. S’il me donne des pois, je lui rendrai des feves ; c’est-à-dire, s’il méfait du chagrin, je lui rendrai la pareille. f On dit encore d’un homme qui donne peu pour a- voìr beaucoup, qu’il donne un pois pour avoir une fève. On apelle un goulu. (Helluo.} Un avalent dejàgris. POIS ramez. [Pisaramis palatal} Ce sont des grands pois auprès desouels on met des branches d’arbre, aust quelles ils s’acrochent. f POIS rouges , ou pois de P Amérique. Ce sont les fruits de deux arbres de diférente efpéce, mais qu’on apelle tous deux arbres de corail. POISON , f m. [ Vtnenum. toxicum .] Venin. Tout ce qui empoisonne & donne la mort. (Un poison lent. Un poison violent. Faire donner du poison à quelcun, Ablancourt , Tac. I. 4. Poison subtil, poison dangereux. Le poison qui s’engendre en Macedoine est li subtil qu’il consume le fer, & ne se peut porter que dans la corne du pied d’un mulet, Vaug. Quint. Curce, 1 .10. ch. 10) * POISON. (Fator, putredo.} Puanteur. (Son nez est fertile en poison. Main. pois Quel poison est ce-là.) FOI 165 — j * POISON. {Venenum.} Désordre, mal, dérèglement. (Ne soufrez point que ce poison gagne les entrailles Ì 9 la France. Pat. p. 9. J’ai le cœur neuf, mais ma raison , Qui n’est point trop farouche , En éloignera le poison, De peur qu’il ne la touche. Livre sans nom.) * POISON. [ lllecebra. ] Ce mot se dit quelquefois en bonne part, & fur tout en parlant d’amour , & d• choies qu’on aime , & il signifie apas, charme, enchantement. (Elle est le plus agréable poison que la nature ait fait. C’est vous qui donnez le poison Qui chaste ma faible raison. Voit. poés. Qui l’auroit pú penser qu’on pût si-tôt vaincre un poison si charmant. Rac. And. a. 2. /. ;. II est d’autres erreurs dont Vaimable poison D’un charme bien plus doux enyvre la raison » Despreaux, Sat. 4. Tu feras si amoureux de ce doux poison, que ttt n’en voudras point faire de part aux autres. Abîme . Luc. t. 2.) sf On aplique le terme poison à tout ce qui est mauvais. M. Despreaux, sat. Toutefois avec l’eau que f y mets à foison t J’espérois adoucir la force du poison. C’est-à-dire , du mauvais vin dont il étoit régalé. Ue peu plus haut : Car Mignot, c’eji tout dire, dans le monde entier Jamais empoisonneur ne sut mieux son métier. Mignot étoit Pâtissier & Traiteur de Paris. POISSARDE, s s [ Squallida. ] Termes injurieux qui fe disent par les hatangeres ou d’autres femmes de mêtne efpéce, quand elles se reprochent kur mal-pro- prêté. í POISSE , f f Fascine , ou petit fagot enduit & trempé de poix, dont on se sert dans la défense des places de guerre. POISSER, r>. a. [ Picare. } Enduire de poix. Remplir de poix. ( Poisser des moyeux de rôtie. Rôtie poissée. On poisse les navires, les bâteaux & les cables, pour empêcher qu’ils ne se pourrissent dans l’eau. On poisse les tonneaux, pour empêcher que la liqueur ne s’écoule. Avoir les mains poissées, c’est-à-dire , barbouillées , & pleines de poix. Un habit gras & poijje. ) POISSON , />». iPiscis. 3 Mot général qui convient à la plûpart des animaux qui naissent & qui vivent dans les eaux: mais plus proprement on apelle poisson, un animal qui vit dans l’eau , qui a la chair couverte d’écailles, qui a des oùies & des nageoires fur le dos &à quelques autres parties du corps , pour fendre l’eau & nager. (Poisson de mer, poisson d’eau douce , poisson d’étang, poisson plat , poisson rond » poisson qui a la chair ferme. Prendre le poisson avec le feu , ou prendre le poisson au feu. Prendre le poisson avec des filets. Enfin le Héron ridhule Qui ne vouloit manger quedu meilleur poisson, Preste par le besoin , ne fit point de scrupule De s’en tenir au limaçon. Bourf. lett.) f Muet comme un poisson. [ Tucitus. J C'est-à-dire, qui ne parle point. f II eji comme un poisson dans l’eau. C est-a-dire, il est fort à son aise-, •j- Les gros postons mangent les petits, f Patentes pie. bem opprimant.} Les puissans ruinent les petits. j Jeter un petit poisson pour en avoir un gros. C’est faire un petit présent pour en recevoir un plus consi- | * pi avalerait la mer U Itt poissons. [ Vorax est. ] Proverbe qui veut dire, c’est un goulu. | * La sauce vaut mieux que le poisson. C’est-à-dire, ('accessoire vaut mieux que le principal. (Ma soi > i’homme est bâti d’me étrange façon, II nesait bien souvent , s’il est chair ou poisson. D«tpr.) X î POISSONS- i66 POI POISSONS. ZPisces.') Ce mot est toújoûrs pluriel, Iôrf- ■qu’il signifie i’un des douze signes céléstes dans lequel le soleil entre au mois de Février. (Avoir pour ascendant les poissons. I! .est né fous les poissons.) POISSONS Royaux* £Pijces regii.] Terme de Marins. Ce font les dauphins, les éturgcons, les (humons & les truites, qui apartiennent au Roi seul, quand ils sont trouvez échoikz sur le bord de la mer, à la diferencedes autres, qui sont partagez comme simples épaves. POISSONS. [Curvuti.l Terme de Blason. 11 y en a de 'courbez. [Dorso conjunâfl} D’adoffez fin palum positif De péris en pal comme les chabots. On apeìle un niaquerau, im foison d’Avril. Le peuple dit à celui qui a mis le pied dans l’eau, qu’il a pêché un foison. On dit de celui qui a de la peine à digérer une injure, qu’il ne fait à quelle fausse manger cefois- son. On apeile chere de Commissaire , quand on sert fur table chair & foison. On dit jeune chair & vieux foison. Pour marquer que les vieux foisons sont plus excélens que les jeunes, & qu’au contraire les jeunes fcêtes sont meilleures que les vieilles. POISSON. [ MsnJ’ura. ] Mesure qui tient la moitié d’un demi-setier , & dont on se sert pour mesurer quelque sorte de liqueur, comme le lait. (Prendre un poisson de l„it à 1* prémiére laitière qui passera.) POISSONNERIE,// £ Forum fijeatonum. ) Lieu à Paris, où se vend le poisson les jours maigres & le Carême. (Aller à la poissonnerie. La poissonnerie est bonne, on y trouve dequoi.) POISSONNEUX, poifjonneuse , adj. (Pisculentui.’] Qui est plein de poissons. Qui a force poissons- ( 11 s plantent fur les bords d’une mer poissonneuse. Segrais, Eglo- gue. Lac fort poissonneux. Abla/u.) POISSONNIER, ou marchand de poison, s. m. [Pisca- rius.J Celui qui fait trafic de poisson. Le mot de poissonnier se dit; mais on dit plus souvent marchand de foison , que saisonnier. ( lln’yavoit point de poissonniers au marché, c'est 5 ourquoi le poisson étoit cher. Elle est fille d’un marchand de poisson, L plus rarement & moins bien. Elle est fille d’un des plus riches poissonniers des hales.) POISSONNIERE,// [Piscaria.'] Celle qui vend du poisson de mer dans les marchez de Paris les jours mai- grès & le Carême. (Une riche & grasse poissonnière. Une grosse & grasse poissonnière.) POISSONNIERE,//. [ODa piscaria. ] Vaisseau de cuivre qui est fait cn long , médiocrement creux avec des rebords & une anse , qu’on étame proprement, & dans quoi on fait cuire du poisson. (Les Chaudronniers font les poissonnières.) POITRAL , poitrail, s. m. [ Antilena. ] L’un & Vautre fe dit. C’est la partie au-dessous du golier, & au- devant des épaules du cheval. ( 11 est blessé au poitrail.) POITRAL, ou poitrail. [ Ephippialis antilena. ) C’est une bande de cuir qui passe par-devant le poitral du -cheval pour tenir la selle ferme quand le cheval monte. (Poitral rompu.) POITRAL , ou poitrail. £ Trabs. ] Terme à’Archite- ílure. j Grosse pièce de bois portée fur des colonnes , des pilastres, ou de gros murs. Ce mot de poitral s’apel- le ordinairement sablière. POITRINE,// [Peélus ] Ce mot se dit en par- lant de veau, de bœuf o* de mouton. C’est la partie de devant du veau, ou du mouton. (Métré un poitrine de veau err ragoût. Mette au pot une bonne poitrine de mouton ) POITRINE. £ Thorax. ] Ce mot se dit en parlant de l’homme, entant que cette partie de son corps est bief. fée, ou malade, & c’est la partie de l’homme qui enferme le cœur. (Etre blesse à la poitrine. La fluxion est tombée fur la poitrine. Vaug. Rem.) & Malherbe , dans son Poème des Larmes de saint Pierre a dit, Les arcs qui de plus près fa poitrine joignirent. M. Ménage trouve que ce mot poitrine , est fort beau, & fort noble ; & que M. de Vaugelas n’a pas dù proscrire ce mot, comme n’étant plus en usage; car dit il, FuJ'a- ge du mot ces ani , le mot vient a s’abolir peu á peu, farce que l usage es comme Fume la vie des mots. U convient pourtant que I on peut dire la fluxion lui eji tom - Me f# la poitrine, il eji hiejj'é a la poitrine. Mais M. Ménage tranche net la question : M. de Vau- gelas, dit-jj, se trempe, poitrine tjl toujours de la belle, POI Çfide la haute pose. L’Académie, dans ses Observations fur les Remarques de M. de Vaugelas, art. 6g. a renfermé l’ufage du mot poitrine dans certains cas , qui font, avoir la poitrine large, étroite , serrée , se buire la poitrine , U rafraîchir la poitrine, & dans le figuré ,ce Prédicateur n’a pas de poitrine, pour dire qu’il ne peut parler long-tems fans être incommodé. Ainsi, ni l’auto- rité de Malherbe, ni celle de Desportes qui a commencé son chant d’amour par ces deux vers : Puisque je suis épris d’une beauté divine , Puisqu’un amour celese eji Roi de ma poitrine. Ces autorisez, dis-je, ne feront pas recevoir la décifioò de M. Ménage comme une régie que l’on peut suivre. f POITRINIERE, // Les Tissutiers-RubannierS apellent la poitriniére du métier où ils travaillent la traverse de devant, fur laquelle ils s’apuïent la poitrine. Ils nomment Rouleau de la poitriniére , un petit cylindre de bois qui y est attaché avec des tenons, & fur lequel l’ouvrage passe, à mesure qu’il s’avance avant que d’être roulé fur la grande enfuble. POITRON, / m. £ Prunum fiavum. ) Espèce de prune jaune qui est la moindre de toutes. POIVRADE,// [Pipnatumf Sauce avec du vinaigre & du poivre. (Faire une bonne poivrade. Aimer la poivrade.) POIVRE , s. m. £ Piper. ) Aromate fort connu, & chaud au troisième degré, dont on sc sert dans deS ragoûts, qui vient dans des gousses. Un arbre des Indes qu’on apelf epo.vrier, ou F arbre du poivre. (On dit que le Soleil noircit le poivre & qu’il est blanc lotsqu’il est dans les gousses. Poivre blanc. Poivre noir. Poivre long. Poivre mâle. Poive femelle. Metant le poivre noir dans l’eau de la Mer & l’exposant au Soleil, on le fait devenir blanc. Charas, Pharm. ch. 50. On raconte que peur le guérir d’un cours de ventre, il n’y a qu’à avaler trois grains de poivre blanc. Pour moi j’aimeJur tout que le poivre y domine, J’en fuis fourni, Dieu fait, fs j’ai tout Pelletier Roulé dans mon ofice en cornets de papier. Despr. Sat. ;.) Il y en a qui lisent autrement ce second vers & qui disent, J en fuis fourni, Dieu fait, U jai tout du Perier Roulé dans man ofice, [fie. POIVRE d’eau. [ Hydropiper. J Espèce de persicaire qu’on apeile autrement ouvrage. POIVRE a qutu'e. ffiubeba J Petits fruits qu’on apeile autrement cubebcs. POIVRE d’/mse, [Piperitis] Plante qui croît à la hauteur d’un pied & demi, qui fe trouve en Languedoc, & que les vinaigriers metent dans le vinaigre pour le tendre fort. í POIVRE noir. £ Piper] Poivre blanc, piper album. Poivre d’Rthiopieou poivre long, piper longum. Poivre de la Jamaïque 011 de Thevet, Ammium. Poivre sauvage ou petit poivre, Agnus Cajius. Tous ces Poivres sont incisif & apéritifs. POIVRE', poivrée, adj. £ Pipeie conditus. ] Chose qu’on doit manger, & où l’on a mis du poivre pont lui donner un goût un peu relevé. (Ragoût trop poivré. Pâté trop poivré. Sauce qui est tant sort peu trop poivrée.) * POIVRE' , poivrée , adj. £ Lue venerea affilia. \ Qui a pris quelque mal avec ries femmes débauchées, (ll s’en est allé follement divertir avec des filles dejoïc & il en tient, le pauvre diable , car il est poivré comme il faut.) POIVRER, v. a. £ Cibos pipere con dire. J Métré du poivre dans quelque chose qu’on doit manger, afiri dí lui relever le goût. (On ne doit pas trop poivrer les ragoûts, les cervelas, ni la chair de pâté, ni aucune chose qu’on mange.) "t* POIVRER. £ Luc venerea ajficere. J Ce mot se dit en parlant de filles de joie qui donnent d u mal à ceuX qui ont commerce avec elles. ( Toi , louve , toi guenon , qui m’a / bien poivré Que je ne croi jamais en être délivré. S. Amant.) POIVRIER ,/«*.£ Piper arbot. ) Arbïe des IndîS qui porte le poivre, & qui selon quelques-uns ne (liséré du genévrier qu’en ce qu’il porte fa graine danS des gousses. POI* POL POIVRIER, f Pixis pipere trito pìeua. ] Petit ouvrage à’orfevre en forme de petit sucrier, où l’on met un peu de poivre blanc. (Un poivrier bien-fait.) On apelle aussi poivrier, celui qui broie le poivre au moulin. [Piperarius.J POIX. y f. f. [Pix.] C’est un suc gras qui coule de soi-menie de quelque arbre & dont on se sert pour plusieurs choses. (Poix noire. Poix blanche. Cuire la poix. Voïez Dalechamp, liv. i. des plantes, cb. 27.) POIX-RE'SINE. [Refîna fîillatitia.] Voïez Résine. POIX de Bourgogne. [ Pix Burgundiea. 3 C’est de la poix blanche qui sort de certains arbres qui croissent dans les montagnes de la Franche-Comté, vers le mont- Jura. Elle est fort tenace, & on l’emploie à faire des emplâtres désiccatifs. í POIX de terre. [Napbta.] Especede bitume mou, & fort inflammable ; il est incilif, pénétrant, détersif, digestif, vulnéraire, fortifiant. POLACRE, ou Polaque , f. m. [ N avis vecîoria. J Vaisseau Levantin de médiocre grandeur, qui a des voiles Latines à la Mizaine & à l’Ârtimon , & les autres quarrées. POLAIRE , adj. [Poluris , poloproxirnus .] Qui est auprès du pôle. (Cercle polaire artique & cercle polaire ancartique. Etoile polaire, On y sçait comment vont Lune , étoile polaire Vénus , Saturne Mars dont je n’ai point à faire. Mol.) POL ASTRE. Terme de Plombier. Poêle de cuivre, où l’on met de la braise, & qu’on fait entrer dans de gros tuiaux pour les souder. í POLD1.NGUE, ou DINGUE. Monoïe d’argent qui se fabrique & qui a cours en Moscovie. II en faut deux cens pour faire un rouble. POLE, f ra. [ Polus , vertex. J Terme d ’Astronomie & de Géographie. C’est le point de la superficie du Ciel, qui ne décrit aucun cercle , & qui tourne simplement fur foi même. ( Le pôle artique. Le pôle antartique; Les pôles du Ciel, les pôles de la terre; L'aimant dont les cotez aux deux pôles répondent, Et qui i’esprit humain §# la raison confondent. Mademoiselle Déscartes.) POLES. [Poli axes.'] Terme de Géométrie. CefontleS deux bouts d’un axe, autour duquel on conqoit qu’une Sphère tourne ; & plus généralement ce íònt deux points de la Sphère également éloignez de la circonférence d’un grand cercle de la Sphère. En général le pôle d’un cercle, grand ou petit, décrit fur une Sphère, c’est un point qui est également éloigné de tous les points de la circonférence, & fur lequel on pose la pointe du compas pour décrire ce cercle. * La peine & la récompense sont les deux pôles sur les quels tourne le genre humain. [Cardines.] Abl. Apoph. 0' 11 ne fera pas inutile de raporter ici les diférens poies , dont les Astronomes ont fait mention. Pale du monde s la ligne droite , ou le diamètre à l’entour duquel la Sphère tourne, est apellêe axe, ou aijfîeu , dont chaque extrémité est apellée pôle, l’un ariiique & Vautre antarUique. Le premier est celui qui est dans la partie du ciel que nous voions. On le nomme arcllque, a cause de l’une & de Vautre Ourle , que les Grecs apellent «fKi©-; il est aussi nommé Septentrional, à cause des sept étoiles de la petite Ourse, que les Latins apellent tirones , & que nous apellons petit chariot; 011 le nomme encor quelquefois boréal ou aquìlonaire, par raport au vent de bise , apellé par les Latins Aquiio , & par les Grecs fiéfsxt. Le pôle antarctique est celui qui est diamétralement opose à i’arctique, & qui par conséquent ne paroit jamais fur notre hémisphère, étant toujours caché fous l’orison, il est apellé antarctique , du mot Grec xtr'ì , qui signifie centre. Quelquefois on le nomme aujiral ou méridional, à cause du vent du midi, que les Latins apellent aujier. 11 n’y a que les peuples qui habitent fous ce quartier qui puissent voir les deux poies du monde , puifqu’aulli-bien que nous ils voient la moitié du.ciel; ailleurs on ne peut voir qu’un pôle élevé , parce que Vautre est d’autant plus abaissé au-dessous de l’orison, ce que Virgile exprime agréablement ainsi : Hic vertex nobis femper fublimis, at illum Sub pedibus Jiix ajirn videt , manefque profundi. On voit par ces vers que les Latins ont apellé vertices , POL 167 les pôles du monde , du mot Latin vertere , tourné. On les a aussi apellez pôles du premier mobile , pour les distinguer des pôles du Zodiaque, fur lesquels les seconds mobiles ou les cieux intérieurs, & principalement celui du soleil, tournent & font leurs mouve- mens propres, tendant obliquement de l’Occident à l’Orient: les pôles du Zodiaque, sont aussi principalement & plus souvent apellez pôles de P Ecliptique, parue que ìe soleil marche toujours, pour ainli dire , fur cette ligne, fans jamais s’en écarter. Le mot de pôle ne se dit proprement que d’un cercle ; car le pôle d’un cercle, est un point dans la surface de la Sphère, également éloigné de la circonférence de ce cercle, & parce qu’il y a toujours deux semblables points diamétralement oposez , il s’enfuit qu’un cercle a deux pôles qui en sont comme le centre; il y a néanmoins cette Uiférence entre le pôle d’un cercle & son centre , que le centre est toujours dans le plan du cercle, & le pôle hots de ce plan, sqavoir dans lásurface de la Sphère. Ainsi on connoit que les poses de l’Equateur font les poses du monde ; & que leS pôles de l’Orison sont le Zenith & le Nadir. Voïez 0 - zaiuim. POLEMIQUE, adj. [Polemicus.] Epithète qu’on donne aux livres de dispute ou de controverse que les Auteurs écrivent contre les autres. Les traitez que saint Augustin a faits sor la grâce contre ses Pélagiens & leL Sémipelagiens , sont des ouvrages Polémiques. í POLEMIT , f m. Sorte de petit camelot qui se fabrique à Lille en Flandres. POLEMONIUM,/»f. [Póleimnia.] Plante dont les fleurs sont formées en roscees, & que quelques Bo- ■ tanistes croient être le Lichnis. f Cette plante a un goût visqueux & amer. Elle est deterlive, vulnéraire, mais fort peu en usage dans U Médecine. POLEMOSCOPE , f. m. [ Spéculum polemosco. pum. J Lunete à longue vue, destinée au service de la guetre. POLI, / [Terfîtas.] C’est une sorte d’éclat& de lustre, net, clair, uni & luisant tout ensemble. (Cela donnoit aux enduits un poli qui les faisoit luisons comme deS miroirs. Abrégé de Vitruve. pag. 84.) $ POLI id une glace. C’est la derniere façon qu’on lui donne avec l’émeril, ou la potée ; & dans les Manufactures on nomme le lieu destiné à donner aux glaces cette dernière façon, l’attelier dupoli. POLI, polie, adj. [ Perpolitus. j Rendu plus beau. Rendu luisant. (Marbre bien poli. Lame de couteau bien polie.) * POLI, polie , [Limatus, excultús.] Civilisé. Honnête. Qui a quelque chose de galand. (C’est un homme fort poli. Avoir les mœurs polies.) * POLI, polie. [Ornatus, excuitus.] Ce mot se dit du stile & du discours , & veut dire, Exacl , Châtié. (G’est un discours extrêmement poli.) POLI A N TE', poliantée, adj. Ce mot est un terme de Fleunjie , qui vient du Grec, & qui signifie qui a plusieurs fleurs. On apelle une oreille d’ours poliantée , celle qui fait un giûs bouquet de cloche, aut haut de fa tige. Votez la culture de Pareille d’ours, ch. 2. N 5- POLI ANTEA. Recueil assez mauvais, d’où ses médiocres Prédicateurs tirent des passages pour faire leurs Sermons, & qui est par ordre Alphabétique. POLICAN t f m. [Policanura.] Instrument de Chirurgie propre à arracher les dents. POLICE, J] f [ Disciplina polìtica. ] Mot qui vient du Gtec, & qui veut dire règlement de ville. La police consiste à faire divers réglemens pour la commodité d’une ville , & ces divers réglemens doivent regarder les denrées, les métiers , les rues & les chemins. (La police de Paris est fort bonne. Ou fî par un Arrêt la grossière Police D’un jeu fî nécejfaire interdit P exercice. Defpr.) 0 POLICE, Terme de Jurisprudence. „ Comme,, sretíìs, dit Loiseau , lignifie cité, aussi xejarti» , que,, nous disons police , signifie le règlement de la cité ; „ partant il semble que le díoit de police ne doit pro-,, prement apartenir qu’au Baron qui a droit de ville,, close, & non pas au Châtelain qui n’a droit que de „ Château. Toutefois ta grande conformité qu’il y a „ «ntr* 168 POL „ entre les Barons qui font apellez grands Châtelains, „ & les simples Châtelains, a été cause que comme les „ Châtelains ont usurpé les autres droits des Barons,auí- „ si ont ils empiété le droit de police, qui de fait n’est „ plus le règlement d’une ville, mais d’une cité. “Mais il semble que cet Auteur se contredit lui même dans le c. ió. n. 22. des Seigneuries , où il dit, en parlant des hauts-jufticiers, qu’il y a des causes dont la connois- sance leur est interdite , & il ajoute : „ & pour ce qui dépend du mtxtum imperium , ils n’ont pas police, " mais feulement en ce qui est de faire des réglemens „ politiques, & non en ce qui concerne l’execution d’i- „ceux, c’est-à-dire que ces Seigneurs hauts-justiciers ,, ne peuvent pas faire des réglemens généraux, ni qui ,, soient contraires à la police générale du Royaume , ,, quoiqu’ils aient droit de justice. “ Quoi qu’il en soit, il est certain que la police est absolument nécessaire, pour maintenir la paix, la tranquillité, & la discipline entre les peuples qui doivent vivre ensemble. Les Hébreux, les Grecs , les Romains, & tous les autres peuples , qui ont à leur exemple établi des villes & des bourgs , & une certaine liaison d’afaires & de commerce , ont eu une police dont chacun est convenu selon son génie & ses besoins. On peut voir dans le premier volume du Traité de la Police du Sieur de la Marre , 1 Histoire de Rétablissement dans toutes les Nations dépuis les Hébreux. La police est dans les réglemens qui concernent les denrées, la propreté des rués, la tranquillité pendant la nuit, l’oblérvation des fêtes parraportaux cabarets & aux divertissemens publics , aux poids & mesures, à la discipline des marchez publics, aux métiers. Quant à l’ordre & à la discipline , à l’égard de la voirie, Voie % Voter. sOficiers de Police. Magistrats, ou personnes publiques commises pour veiller à l’execution des loix, ordonnances & Réglemens de Police. POLICE. ( Syngrapha. ] Terme de Mer. II se dit fur laMerMediterranée&sur les côtes, & signifie un billet de change. POLICE de chargement. [ Receptarum mercìum tejii. ficatio. j Terme de Mer. On apelle ainsi fur la Méditerranée, ce qu’on apelle fur l’Ocean connaissement. C’est un écrit par lequel le Maître d'un Vaisseau conseil se d’avoir chargé telles marchandises fur son bord, avec soumission de les porter au lieu destiné, POLICE d'ajj'urance. [ Scheda chambiaria. J Terme de Mer. C’est un contrat par lequel on promet assurance des choses, qui sont transportées par mer d’un pais à un autre, au moien de tant pour cent que Rassuré paie ri’avance à Rassurent. Fourmtr. (S La formule de la police de chargement, & d’assurance est expliquée dans le Guidon 2. Elle doit contenir le nom de celui qui Fait assurer, avec déclaration si la marchandise lui apartient, ou si elle est par commission d’autruí, à qui elle apartient, le nom du Maître du navire , fa demeure, le lieu ou les marchandises ont été premièrement chargées , le port ou capacité du navire, le havre d’où il part, si c’est par barques, lieux ou bateaux, ou dans le mêtne navire, les routes ou escales qu’il doit faire , le port où il va faire fa décharge, la ville ou cité en laquelle pour dernier reste la marchandise doit être portée, soit dans le même navire ou par allégés, le nom de celui à qui elle va être consignée, & finalement le stile ordinaire du Notaire. Le terme de police comme contrat maritime, est Italien, il vient ôepohzza qui signifie un billet, un état de la convention faite par Rassureur à Rassuré. POLICE', policée , adj. [ Optimis kgihus inJlruHus. ] Bien réglé. Où il y a bonne police. ( U11 Etat bien policé. République bien policée. Peuples fort policez. Abìanc.) POLICE ?,,!k a. \Legibus informare.'} Faire des loix & des réglemens de Police. POLICHINELLE,/ m. [ Ludio . ] Sorte de hou. son qui joue les rôles comiques dans les farces Italiennes. C’est aussi une forte de marionnete boufonne. (Polichinelle est plaisant , mais il l’est davantage par ses postures que par ses paroles, qui souvent sont fort froides.) POLICRESTE. f. m. Terme de Pharmacie. Ce niot est Grec & signifie qui a plusieurs usages, qui sert à plusieurs choses. On a donné ce nom aujourd’hui à un sel artificiel. Sel policrejh. VOL POLIE'DRE, f fit. [ Poliedrmn. ] Terme de métrie. Corps qui a plusieurs faces. (Poliédre irrégulier. 11 y a cinq poliédres, ou corps réguliers , le tétraèdre, qui a quatre faces ; le cube qui en a six ; l’octaédre, qui en a huit ; le dodécaèdre , qui en a douze ; & Ricosaé- dre qui en a vingt.) U k poliédre gnomonique. C’est ordinairement une pierre à plusieurs faces, fur lesquelles il y a diverses for- tes de quadrans. POLIE'DRE , udj. Lunete poliédre. C’est une lunete taillée à plusieurs facetes & qui multiplie les objets. POLIGALA,// [ Poltgala vulgaris. ] Plante qui purge fort document en la metant infuser dans un verre de vin, Voïez Polygala. POLIGAME, adj. [Plurium uxorum vir, Polyga. mus.J 11 se dit des hommes, & signifie qui a épousé plusieurs femmes. Le mot de pohgame n’est pas fort usité, cependant on trouve qu’il se peut dire, & que la Grue n’est pas à réprendre pour avoit écrit que les Bramines étoient poligames. Uijl. des Bramines, chap. 15. POLIGAMIE, j s.s. C Polygamia. 3 Mot qui vient du Grec. Mariage qui est contraété par un seul homme avec plusieurs femmes. Voïez Théophil. Aletus. Traité de la Poligamie. (La poligamie est un cas pendable. Mo. liére .) £§' Dieu n’a donné qu’une femme au premier homme ; il a dit qu’ils seront deux dans une seule chair. La- mecli, Run des deeendans de Caïn, a été le premier qui ait épousé deux femmes : ce mauvais exemple fut pourtant suivi après le Déluge, par ses Patriarches Abraham, Jacob, & leurs successeurs, qui eurent une femme avec ce titre honorable & beaucoup de distinction dans leur famille , & une autre femme qui sembloit ne tenir lieu de femme que pour servir la véritable, & potir augmenter les st,milles, & peupler le monde. Aussi la poligamie est un crime très-punissable ; & si quelques-uns ont fait un crime de se marier deux fois successivement, à plus forte raison l’on condamne deux mariages contractez en même rems. POLIGLOTTE,// Mot qui vient du Grec, L qui se dit en parlant d’une certaine Bible, & qui signifie une Bible en plusieurs langues. (La polìgìotte t íl la meilleure Bible, mais elle vaut cent écus, Acheter une poli. glotte bien conditionnée. On dit aussi un Dictionnaire poliglotte. Académie Françoise.') La poliglotte (RAngleterre. La poliglotte du Président le Jay a ruiné son Auteur pour n’avoir pas voulu en céder l’honneur au Cardinal de Richelieu. 11 y a encore une poliglotte du Cardinal Ximenes & de Philippe II. POL1GNEMON ,s- m. [’Calamintha arvenjìsver - ticeUaea.li Plante qui a les feuilles semblables à celle de l’origan. POLIGONE,/»». [Polygonus Mot qui vient du Grec, & qui signifie qui aphsìeurs angles. (C’est un po- ligone. Faire un poligone. Poligone régulier. Poiigone irrégulier.) POLÎGR.APHIE, f.s. [ PolygraphiaJ Ce mot est Grec. Et lignifie Rsrt d’écrire en plusieurs manières & de faire diverses sortes de chifres. POLIMATHIE,// [Polymathia.’] Science presque universelle. Je n’ai vû ce terme que dans les ouvrages du PereMalebranche contre Monsieur Arnaud. C’est un reproche qu’il fait à ce Docteur de s’atachef si fort à la Polimathie. * POLIMENT, adv. [ Palitè , concinné. ] D’une maniéré belle & polie. (Ablancourt écrivoit poliment.) POLIMENT , j. m. R Politura.} Prononcez polimah. Terme de Diamantaire & de Lapidaire , qui lignifie 1 éclat & le lustre qu’on donne aux pierres précieules, ou que les pierres précieuses ont d’elles-ttiétnes. I.’ai- gue marine n’a pas le poliment égal à celui du saphir. Pierre qui a perdu son poliment. Le poliment du diamant le fait sur la roue.) Mer c. Ind. POLIMENT, T trr. sSplendor.) Lustre. Eclat. (Les ouvrages d émail prennent un beau poliment dans le feu.) â POLIMlTHiE- Les Poètes Dramatiques ape!» lent Po.yiìiitbie , un nombre excessif d’iocidens , & plus que la nature du Poème dramatique ne le peut foultir. L Abe d Aubìgnac, 7 erence juffijìé, dijj'ert. 2. POLINOME , f. m. [Polynomus.J Tetme à’Algt. bre. Grandeur composée de plusieurs monômes. (H 5 a un polinome rutional, Si un poli nome hraiienal, Àcad. Fr.) PO- VOL POLIPE, s tn. [Polypus piscis.) Ce mot vient dii Grec, & lignifie qui a piujieurs pieds. C’el’c le nom d’un poisson de mer qui a plusieurs pieds , P’ine, l. 9. cb. jo. Quelques Auteurs qui ont parlé des poissons l’a» pellent pulpe. Voici Rondelet, hijtuire des poiJJ'ons. POLIPE. [Polypus , morbi genus.) Terme de Médecine. Chair superflue dans les narines qui nuit à la respiration. (Elle a un polipe dans l’une des narines.) Ce mal a été ainsi apellé à cause de la ressemblance qu’il a avec le pied du polipe marin. POLIPODE, f m . [Polypodion.) Ce mot est Grec. Terme de Botamjie. C’est une plante medecinale, dont les Feuilles ressemblent en quelque façon à celles de la fougère. Elle croît fur des pierres moussues & fur des troncs d'arbre. On l’apelle aussi politric. Voïez Poly- pode. POLIR 5 v. n. [ Excolere , adxquare. J Neteyer. Vendre beau, plus net & plus poli. (Polir un marbre. Abkmc. Lucien.) POLIR, v. a. [Levigare, polire.) Terme de p olijfeur. C’est donner plus de lustre aux glaces de miroir, les rendre plus luisantes, avec de l’eau & de la potée, qui est une terre rouge, dont on se sert pour le poliment du verre. (Polir une glace.) POLIR. [Expolire.) Terme de Coutelier & d’Emou- leur. Palier par dessus la polissoire, (Polir un rasoir. Polir un couteau.) * POLIR. [ Elimare , excolere .] Civiliser. Rendre plus civile, plus galand & plus honnête. (11 faut polir les mœurs & l’esprít, c’est-là le point. Benserade, Rondeaux.') POLIR. [Limarc.) Ce mot se dit en parlant de discours Sc de stile. (Polir un discours. Polir son stile. AbL C’est le rendre plus exact & plus châtié. Si deux jours feulement chargé de mon ouvrage Tout-a-coup devenu Poète U bel esprit, 11 te fulloit songer a polir ton écrit. Despr.) * 5 e polir soi-même. [ 5 e se excolere .] C’est se rendre plus parfait. Ablanc. Luc. POLISILLABE, adj. [ Polfillabha .] Terme de Grain, marre. 11 se dit des mots & signifie qui a plusieurs sillabes. 11 se dit seulement des mots qui ont plus de trois sillabes. Car s’ils n’en ont qu’une, on les apel- le monosìUabes ; s’ils en ont deux, diJWabes , & s’ils en ont trois, trijìllabes s Sc tous ceux qui en ont davantage > se nomment polisìtlabes. POLISPASTE ,s f [Parafa.) Terme de Me- chunique. Machine à plulieurs poulies qui sert à élever plusieurs fardeaux en peu de tems, & dont M. Perrault a fait la description. H Le polispaste étoit une puissance capable de harponner, de guinder, & d’amener des Hélépoles, des vaisseaux tout armez, en un mot des fardeaux & des malles efroïables. Mr. de Eolard montre dans son Po- lybe, que Vitruve & Perrault son commentateur n’ont rien compris à cette machine ; & que le dernier , faute d’intelligence dans les machines, a regardé comme impossibles, les prodiges mécaniques qui sont attestez par un grand nombre d’Hiltoriens de l’antiquité. Mr. de Eolard donne une savante description du polijjiujte d’Archimede, qu’on peut voir dans le Tome 1 . de son Polybe, p. 8?. de P Edit. d’AmJi. POLISSEUR, s m. [ Polio .] Terme de gens qui travaillent aux glaces de miroirs , & c’est l’ouvrier qui polit les glaces. (Le polisseur a de la peine.) POLISSOIR,/ m. [Politorium.) Instrument dont le polisseur se sert pour polir les glaces. (Les Doreurs ont des polissons.) POUSSOIR. C’est souvent le lieu ou l’établi où se fait le poliment. C’est ainsi que les Eguilliers apel- lent la table, fur laquelle ils dérouillent leur marchandise , & donnent le poli à leurs éguilles. POLISSOIRE, f.s. [Rota lavigatoria.] Terme de Coutelier & d ’Emouleur. C’est une meule de bois dont les couteliers & les émouleurs se servent pour polir les outils émoulus. POLISSOIRE. [ Politovium .] C’est aussi une sorte de grosse brosse de jonc pour polir les quadres & les bordures des miroirs & des tableaux. f POLISSON , f m. [Nebulo.) Mot bas & burlesque qui se dit des jeunes écoliers & autres petits garçons malpropres & un peu fripons. (C’est un petit polisson.) POLISSURE, f. f. [Politura.) C’est faction de polir, VOL 169 POLITEÏSME , ou polithéisme , f. m. [ Polytheifmus .] Ce mot est Grec & signifie pluralité des Dieux. 11 a été introduit dans notre langue depuis peu. (Le Pere Gilbert a prouvé PUnité de Dieu, aiant parlé contre le polithéisme en général. Monsieur Abbadie a fait la même chose, mais a’une maniéré plus solide dans la vérité de la R ligion chrétienne. POLiTË'E , ou polìthée , f. m. [Polytheus.) Celui qui croit qu’il y a plusieurs Dieux. çL’unité de Dieu se doit décider contre les polithees par les feules lu- miéres de la raison.) POLITESSE,//. [Morum elegantia, urbanìtas) Ce mot ne ie trouve point au propre. 11 consiste à avoir quelque chose d’honnéte, de civil, de poli Si de galand. Civilité honnête & polie. Exactitude châtiée , polie & galante. (La politesse de l’esprit consiste à penser des choses honnêtes & délicates. Mémoires de M. le Duc de la Rochefoucaut. La politesse de ses écrits est Limage de celle de lés moeurs. Avoir de la politesse. Mordre, la politesse la magnificence T répondront par tout au choix , a l’abondance. Abé Régnier.) POLITIQUE,//'. [Scientia politica.) C’est l’art de gouverner les Etats. (La politique a pour but d’établir un Etat naissant, de conterver heuieulément l’Etat qui est établi, de soutenir celui qui est fur son penchant & d’empêcher qu’il n'e tombe en décadence. La prudence est l’ame de la politique. En bonne £s? tendre politique, Un Amant bien J’ense ne doit paroitre amant Qa’ù ce qu’il aime feulement. La Font.) POLITIQUE, f f. [P slitica.) Livre qui contient ds* préceptes de politique. (La politique d’Aristotc est prise en partie des dialogues de ia République de Platon.) Voïez la Bibliographie de Naudé. II y juge des livres de politique de plusieurs Auteurs & marque ceux qu’on doit lire çour fe rendre habile dans cet art. Lipfe , /. 1. de Jes politiques, dit que Philippe de Confines mérité d’étre comparé à quelque historien que ce soit des Anciens. * POLITIQUE. [Oeconomia , agendi ratio.) Conduit» fine & adroite dont la fin est de fe maintenir, ou de devenir heureux. Pascal. I. 1. Leur objet n’est pas d» corrompre les mœurs, mais ils n’ont pas aulli pour unique but de les reformer, ce feroit une mauvaise politique. Et l'Auteur inconnu qui par letres vous fronde, De votre politique a découvert la fin. , Pascal. H Les François uferent d’une mauvaise politique à Regard des Vénitiens pendant la guerre de 1701. On agit avec eux avec trop de ménagement. On témoigna de la crainte, où il n’y avoir rien à redouter. Le Prince Eugene fut plus habile, & ii usa d’une politique toute contraire, moins circonspecte & moins timide ; il fourragea les Vénitiens & les marauda avec toute la tranquillité possible, fans aucun ménagement. Polybe de Eolard. | POLITIQUE grofiìere. C’est celle qui est fondés fur la franchise & la bonne foi , & fur les loix les plus rigides de l’équité. La politique qui n’est d’abord que grossière, s’afine à mesure que notre puissance s’aug- mente par la terreur de nos armes. Ibid. 4 POLITIQUE fine. C’est , dans son sens propre, l’art de tromper finement & frauduleusement ses voisins. Ibid. f La Politique tant vantée des Romains étoit inju» fte & tirannique à bien des égards , mais trés-favora* ble & très-propre à leurs intérêts. Elle fut toujours parée & ornée des atours de l’équité & de la justice; les plus fins y furent trompez. Jamais conquérans n’en établirent une plus rulée. Les Romains ont eu l’a- vantage de couvrir leurs injustices plus subtilement que les autres, mais dans le fond ils ne valoient guère mieux que les Carthaginois du côté de leur politique militaire. Ibid. 1 om. II. POLITIQUE , adj. Wlsscit uti forò , politiav .] Qui est selon la politique. Qui est de politique. Qui regarde la politique. (Gouvernement politique. Discours politique.) f II est des Etats politiques aussi bien que des militaires, comme de toutes les Religions, de toutes les sectes, Tom. III. V ,ie 170 POL lie tous les Ordres écléfiastiques & réligieux. , Tcms lans exception se corrompent à mesure qu’ils s éloignent de îeur source. Polybe rie Folard. f On npeile Magistrat politique, tous les Magiltrats qui ont quelque inspection sur ce qui regarde le gouvernement, la sûreté, l’abondancé d’une ville. * POLITIQUE, «d/. [Tempori jìrviens.] Ce mot le dit des choses & des personnes, il lignifie fin, adroit. Qui a pour but de se maintenir heureux en se gouvernant d’une maniéré adroite , fine & prudente. (Esprit politique. Conduite politique. 11s couvrent leur prudence humaine & politique du prétexte dune prudence divine & chrétienne. Pufc. L ç.) _ {$ Pasquier a remarqué que dans les derniers troubles de la Ligue, il se forma deux Partis parnn les Catholiques : les uns étoient apellez Politiques , que l’on estimoit moins que les Huguenots , jparée que , dit-il, ils plaidaient pour la paix ; & les autres etoient distinguez par le nom de Ligueurs. POLITIQUE, f m. [Politicus] Qui est savant dans l’art de gouverner les Etats. (Un politique doit être un prudent achevé. II doit connoìtre à Fond les mœurs & le caractère de l’esprit des peuples qu’il gouverne, & avoir toujours en vûë la félicité de l’Etat.) * POLITIQUE , f m. [_’ Omnium temporum homo. ] Qui se gouverne d’une maniéré fine & adroite dans le commerce qu’il a avec le monde. (Je le connoi, c’est un politique & un dévot, c’est tout dire.) POLITIQUEMENT, adv. [Ex civihs prudentia legi- bus] Selon i’esprit de la politique. (Les Théologiens disent que l’Ordre est un Sacrement de P Eglise, mais en parlant politiquement on ne prend pas le mot d’Qr- dre ainsi.) Votez Loifeau , Traité des Ordres. POLITIQUEMENT, adv. ['Cautè , securè . ] D’une maniéré fine & adroite. (II faut agir un peu plus politiquement que vous ne faites.) f POLITIQUES, v. n. C’est dans le stile familier, raisonner sur les a faires publiques. POLITRÎC, s m. [Polytricon. ] Un des quatre capillaires. POLIUM,/ m. [Polium.J Plante cephalique propre pour exciter les urines & les mois aux femmes, f POLIZEAUX, / rn. Efpece de toile qui fe fabrique en Normandie. f POLLUER , v. a. [ Poìluere. J Souiller , profaner. On ne le dit guere qu’en parlant des Eglises & des choses qui font à leur usage. (Polluer les choses saintes, polluer une Eglise.) H Se polluer , c’est commettre le péché de moleste. POLLUTION , / f. [Pollutio.] Prononcez polu. eion. Ce mot se dit de l’honime. C’est une perte de semence, qui d’ordinaire est causée volontairement, & qui quelquefois arrive la nuit & fans qu’on y ait contribué. (La pollution volontaire est un péché de misérable & elle est maudite de Dieu. Tomber dans des pollutions nocturnes.) POLLUTION , / f. [ Profanatìo. ] Profanation d’un Temple. (La pollution d’une Eglise dure jusqu’à ce qu’elle ait été rebénie. Acad. Fr.) £§' Le terme pollution , par raport aux Eglises & aux Lieux bénits & consacrez, signifie beaucoup plus que profanation : aussi, dans le cas de la pollution , on fe sert de plusieurs cérémonies , pour réconcilier une Eglise pollue , & y rétablir le Service divin, que l’on ne pratique point dans le cas de la profanation , où il stifit d’une simple bénédiction. Mais comment fe peut il faire qu’un édifice composé de matériaux insensibles puisse être pollué? 11 est vrai que les crimes commis dans une Eglise, ne font aucune impression sur les pierres dont elle est construite : mais il n’est pas moins vrai que l’idée que nous avions de la pureté & de la sainteté du lieu, est extrêmement blessée, & même détruite dans notre imagination; nous ne regardons plus qu’avec horreur ce qui étoit auparavant i’objet de notre vénération & de notre respect. Ainsi, pour rétablir ce même lieu dans notre esprit, & lui a tirer les sentimens de piété & de religion que nous avions pour lui , on a trouvé à propos de métré en usage des cérémonies, des prières, des ablutions, des bénédictions, enfin tout ce qui peut ra- peller nos premiers respects & notre première con- fiance; ce qm est fi vrai, que la conciliation n’est en usage que hans le cas des crimes publics & connus, comme je 1 etablrrai plus amplement fous le mot re- eoná dation. POM ^ POLOMITTE* Camelot trés-leger qui fe fabri- que à Lille en Flandres. On l’apelle aussi, po'.imitte & Polemit. f POLOSUM , / m. Efpece de cuivre rouge qu’on allie avec de l’étain , pour en faire ce métal composé qu’on apelle Fonte verte. POLTRON , poltronne , adj. [Formidolofus,scru. pulojus. 3 Lâche. Bas. Peu courageux. (Ayant en horreur les allions poltronnes , J’exterminai dès lors toutes les Amazones. Desmarais, Visionnaires, acte i. sc. i. Je renonce à la prudence si elle est poltronne & li scrupuleuse. Balzac , lettres .) POLTRON, [Avis a pollue truncato .] En termes de Fauconnerie , il fe dit d’un oiseau de proye, auquel on a coupé les ongles des pouces, qui íònt les ongles de derrière , pour lui ôter le courage, & empêcher qu’il ne vole le gros gibier. POLTRON , J', m. [ ígnavus , meticulosus. ] Lâche. Qui n’a point de cœur. Qui n’a ni courage, ni hardiesse. (C’est un grand poltron. Passer pour un poltron. Ciel? me faut.il ainsi renoncer à moi-mime , Et par un impofieur me voir voler mon nom ? Que son bonheur eji extrême De ce que je suis poltron. Aloi.) Un Chef de guerre poltron à la tête d’une armés, ou dans une place assiégée, doit être mille fois plus poltron qu’un autre, parce qu’il court moins de dangers , & qu’il doit s’y exposer le moins : car ce ne font pas les mains qu’on lui demande, mais la tête. Polybe de Mr. de Folard. POLTRONNERIE , f f. [Ignavia, socordia.] Sorte de bassesse & de lâcheté. Vice oposé à la hardiesse, au courage, & à la fermeté de cœur. (Faire une poltronnerie. C’est une poltronnerie la plus grande, la plus honteuse qu’on se puisse imaginer. La poltronnerie n’est pas un crime dans ceux qui ne professent pas le métier des armes. 11 dépend de nous de le laisser là, lorsque nous ne nous sentons pas assez de vertu & de courage pour l’exercer. ?s- lybe de Mr. de Folard. {Tu triomphe de P avantage Que te donne sur moi mon manque de courage ; Et te n’eji pas en user bien Cest pure jansaronnerie De vouloir profiter de la poltronnerie De ceux qu'ataque notre bras. Aloi.) f POLUSKE, fi m. Petite monoïe d’argent de Aloscovie. Le Poluske vaut la moitié d’un copec. f POLYCANTHUS, f- m. C’est un beau chardon qu’on cultive. 11 est apéritif & fudorifique. í POLYGALA. Plante qui croît aux lieux élevez , herbeux. Elle est estimée propre pour exciter le lait aux nourrices. Elle purge la bile fort doucement. Voïez Poiigala. ff POLYGLOTTE,//- [Volyglotta. ] C’est un oiseau des Indes grand comme un étourneau. Sur Pètimologie de ce mot, voïez Mr Ménage i dans fies Origines ; on ne peut rien dire de plus. í POLYPODE, / m. Plante semblable à la fougère , dont il y a deux sottes. Le Polypode commun croît fur les murailles de la campagne, parmi la mousse dont elles sont couvertes. Le Polypode de chêne fe trouve lur les branches de cet arbre , à l’endroit où elles le fourchent. Cette plante s’emploïe en Médecine, for tout la racine, qu’on croit laxative, pro- pre pour so scorbut, les obstructions des viscères » &c. Voïez P olipoda. POM ACIES, / / [Cocblea, Umax?] Escargots qui viennent des montagnes de Genes, & dont la coquille est blanche & dure. Acad. Fr. POMMADE,// [Melinum unguentum.] Composé de pane de porc & de diverses senteurs, duquel cn se sert pour les lèvres, les mains , les cheveux, &c. ( Faire de la bonne pommade. Vendre d’excel- lente pommade pour les lèvres. Pommade de jasmin, de tubéreuse, &c.) f POMMADE , f f. [In cquum ligneum exercitatio .] Terme de Voltigeur. C’est un saut qu’on fait en tournant sur le cheval de bois, en apuyant seulement la main sur le pommeau de la selle. (Faire une pommade.) f POM- POM POMMADE', pommadée, adj. [IUìnitusf] II se dit des choses où l’on a mis de la pommade. On le dit des cheveux, & ce mot est comique. (i7 eji bien-f ai t , de bonne mine , Dont le poil à la. blondine "Bouclé , poudré, pommadé , Cache an visage fardé. Pelisson, recueil de pieces galantes.) t POMMADER, v. n. [Unguentum melinum confice. j-f.) Ce mot né se trouve que dans les précieuses de Molière, scene. & il ne se peut dire qu’en riant. 11 figniiìe d amuser à faire la pommade (C’est trop pommadé , dites leur qu’elles détendent.) Se pommader. [Se unguentis uneíitareé] Se graisser de pommade pour cacher les défauts de son visage. (Madame N. est deux heures à fa toilette k Je pommader.) POMME,//. [Malum, pomum'ì Fruit de pommier , qui est de bonne chair, & qui est sain lorsqu’il est mûr, mais lorsqu’il ne l’est pas, il est froid, de mauvaise nourriture & de difficile digestion. (11 y a de plusieurs sortes de pommes qu’on apelle pommes de capendu qui font de bon goût & réjouissent le cœur. Les reinettes. Les pommes d’apis, ou plutôt d’apie, comme l’écrit Dalechamp , liv. 3. de VHistoire des plan - tes, c. 1. p. 254. Pommes de paradis, qui font de petites pommes douces. Pommes de caleville qui font des pommes rouges & de belle aparence. Pommes de Rambure qui font de grofles pommes rondes. Pommes douces. Pommes aigres. Pommes chatégnes. Pommes jumelles, on apelle de la forte des pommes qui viennent atachées l’une avec l’autre. On y voit LeJJîus verser le sang dé un homme Bour vangerjon honneur, £çf ravoir une pomme. Aut. Anon.) On dit en prov. 11 lui a rendu la tête comme une pomme cuite, à coups de poings. [ Os commitigare pugnis. ] * POMME de discorde. [Difftdium.J II se dit au figuré d’une chose que plusieurs prétendent d’avoir. (/est par illusion à la pomme d’or dont parlent les Poètes qui mit de la jalousie & de la discorde entre trois Déesses des Payens, Junon, Vénus & Pallas. (Donner la pomme à une Dame, c’eít à-dire le prix de la beauté, Acad. Fr.) * POMME. [Caulis capitalisés Ce mot se dit en parlant de choux. C'est proprement le cœur du chou. (Mettre une pomme de chou dans le pot.) On dit suffi une pomme d’orange. Une pomme de grenade. Une pomme de pin , &c. * POMME. [Globulwé} Ce Mot se dit en parlant de lit & de plusieurs autres choses. C’est tout ce qui est Fait en maniéré ronde ct sphérique. (Ainsi on dit une pomme de lit , c’est ce qu’on met au haut de chaque colonne de lit, qu’on couvre d’étofe, ou qu’on enjolive de franges & d’étofe. On dit aussi pomme de che- iset , une pomme d’arrofoir, &c.) 11 y a plusieurs plantes à qui l’on a donné le nom de pomme, comme la pomme d’Adam, la pomme do- ree, ou pomme d'amour , la pomme épineuse, la pomme de merveille. & POMME de Pin. Vatinius, cet homme si généralement haï des Romains, faisant combatte des Gladiateurs dans la Place des Spectacles, reçut plusieurs coups de pierre. Les Ediles ne voulant pas autoriser Une semblable licence , défendirent de jeter des pierres dans Patène, laissant la liberté au peuple d’y jeter des pommes. Un Particulier consulta le Jurilcon- sulte Casellius, fi fous le nom de pommes, les pommes de pin y étoient comprises. 11 répondit quYai , p-ourvú qu’elles fui sent jetées a la tête de Vatinius. POMME', pommée, adj. [ Capitatus ] Ce mot se dit des choux, & des laitues. C’est se former en maniéré de pomme. (Chou pommé. Laitue pommée ) POMME', J’, m. [Succus ex malts exprejjus jj En Normandie, qui est ie pais des pommes, on apelle pom. ìt.é, le cidre qui se fait des pommes. (Excellent pommé. Faire du pommé. Boire de bon pommé.) POMMEAU, f m. [Pila capu i.’] Ce mot se dit en parlant de selle de cheval, d’épée & de fleuret. C’est ce qui est en forme de petite pomme au bout de la poignée de l’épée. C’est ce qui est en maniéré ds Í iomrne au haut & sur le milieu du devant de la sel- e du cheval. (Un pommeau d’épee fort beau. Un pommeau de selle bien-fait. Un pommeau de fleuret.) POMMEAU. [Sura .J Térme cle Medicine » C’eít le POM 171 gras de la jambe, Sc la partie supérieure de la joue. POMMELE, J. f. [Instrumentai» ligneum manicà in- Jirufíum.J Terme de Corroyeur. Instrument de bois fur lequel il y a une manique de cuir, qui est long d’un pied, large d’environ un demi-pied, épais d’un bon pouce, plein de plusieurs dents qui font au travers de la pommele & à quelque distance les unes des autres , & dont on se sert pour faire venir le grain au cuir. (Tirer à la pommele.) í POMMELE. Instrument dont se servent quelquefois lès Fouleurs & Aprêteurs de bas, pour tirer la laine des ouvrages de Bonnetterie en les foulant & aprêtant. Les Réglemens défendent l'usage de la pommele. t POMMELE. Les Carriers apellent pommelés, les deux petits coins ou morceaux de bois de chêne, qu’on met des deux côtez des coins de fer pour faire partir la Pierre, c’est-à-dire, l’entr’ouvrir & la séparer du banc dont elle fait partie. POMME LE , / / [Lamina plumbea persorataé] Ta- ble de plomb battue en rond & pleine de petits trous qu’on met à l’embouchure d’un tuyau pour empêcher les ordures de passer. POMMELE', pommelée, adj. [Equus scutulatus ,] Ce mot se dit en parlant de poil de cheval, (bu cheval gris pommelé. C’est un cheval qui a sur le corps, ou fur la croupe du gris & du blanc mêlé comme rouelles.) POMMELE', pommelée. (Ccelutn variis colonbus ìn- textum.) Ce mot sc dit en parlant du Ciel. (Le Ciel «Ji pommelé. C’est-à-dire, l’air est plein de nuages disposez en de petites figures rondes & en maniéré de petites pommes qui passent vîte, d’où vient le Proverbe Ciel pommelé Si femme fardée, ne font pas de longue durée.) POMMER, v. ». (Caput facere .) Terme de Jardù nier. 11 le dit des choux & des laitues. C’est se former en maniéré de pomme. (On plante des choux & des laitues pour les faire pommer.) On dit aussi au réciproque. (Les choux se pomment. Les laitues commen- cent à se pommer.) POMMER, v. ». [Globari in rotunditatem ] Terme de t’ieunjte. 11 se dit de l’œillet, & signifie , s’aron- dir en s élevant. (L’œillet est beau quand il pomme en forme de houpe. Culture des sieurs, ch. cle l'aille t.) POMMERAIE , J', f. (p omarium , bortus malis conjì- tus.) Lieu où il y a beaucoup de pommiers plantez par ordre. (Une belle pommeraie. 11 y a d’agréables pommeraies en Normandie.) POMMETES , J', f. (Rotunda p un fia.) Terme de Couturière en linge. Ce font de fort petits plotons de fil, placez également íur les poignets des chemises & de quelque autre besogne, entre les arriéres points. (Ces pommetes font bien-faites. Faire un rang de poinmetes.) POMMETES. [GlobuhJ Terme de Tourneur, Bois tourné en forme de petites pommes. (C’est une table à pommetes. Les pommetes ne font plus à la mode.) POMMETE' , pommetée, ad>. [Spharulis djtinflusf] Ce mot se dit quelquefois en terme de Blason, Sc il signifie qui a de petites pommes. (II porte de gueules à trois losanges pommettes d’argent.) POMMIER,//». (Malus.) C’est l’arbre qui porte les pommes , qui est un arbre qui aime les lieux gras, qui devient assez haut, & n’a qu’un tronc dont il jete des branches qui s’étendent au large. Ses branches & son tronc sont couvertes d’une écorce assez épaisse, qui tire fur la couleur du gris cendré. Ses feuilles font ver- doïantes, longuetes , aiguës, un peu dentelées. Elles tombent au commencement de i’Hiver & reviennent en Mai. (Les fleurs du pommier font blanches. Un beau pommier. Un pommier bien chargé de pommes,) * POMMIER. (Pomarium.) Petit instrument de métal , ou de terre , où l’on met cuire des pommes devant le feu. (11 ne peut tenir dans ce pommier que trois ou quatre pommes.) POMONE,/ / (P omona.) Nymphe & fausse divinité des anciens qui présidoit aux Jardins, & qui fut mariée à Vertumne. Les Poètes quelquefois donnent ce nom à l’Autoniiie. (Atendre que Cerès contente ait fait place à Pomone. Desor.) s§ Nous ne connoissons Pomone que par la trompe, rie que Vertumne lui fit, pour fe rendre maître de ion cœur & de la personne. Elle n’avoit de paillon que pour la culture de ses fruits ; & de crainte de devenir sensible à quelque autre plaisir, elle s’enserma dans ses jardins, fins permettre aux hommes d’y entrer. Tome III. Y 2 Plu- 172 POM Plusieurs amans firent leurs éforts pour lui plaire, mais inutilement. Vertumne fut plus ingénieux & plus heureux ; il se déguisa en vieille ; il en prit les habits & les cheveux , & sçut si bien par ses conseils & qu n ecuit, ix. - — désagréable, il lui montra un jeune demi-Dieu, brûlant, vif, & semblable, dit Ovide, à l’astre du jour quand il a dissipé les nuages qui le cachoient. La vûë de tant de charmes ne trouva rien dans le coeur de cette belle qui pût lui résister ; il n’eut pas besoin d u- ser d’adresse & de violence pour y regner. fille se rendit sans résistance, & ils ressentirent en même tems une égale tendresse. Vimque parut J'ed vi non efi opus , inque figura Capta Dei nympha eji, & mutua vulnera Jentit. La morale cachée fous cette fiction est peut-être celle-ci : Vaine fierté , faible rigueur , Que vaut avez peu de puijsance Contre l’amour N la confiance. Vaine fierté , faible rigueur , Ab ! que vous gardez mal un caur. POMPE, fi f C Pompa.] fi pareil superbe & magnifique qui se fait par ostentation, ou pour quelque autre dessein. (La pompe consiste dans Tordre, la variété & magnificence.) pour éblouir les yeux , la fortune arrogante AJseclu d’étaler une pompe insolente. Despr. (§ j'ai líi avec peine ces deux vers dans la Tragédie de Pompée, act. 2. sc. 4. de Mr. Corneille; ils répondent mal à plusieurs autres qui sont très-beaux dans cette Tragédie : Seigneur , ne donnez point de pretexte d César Pour attacher s Egypte aux pompes de fox char. Le char fait une partie de la pompe ; mais la pompe ne fait pas une partie du char. POMPE, [pompa ludi curu/isj Ce mot, en parlant de carrousel, ou de mascarade, c’est la marche magnifique & reglée de quelque carrousel, ou mascarade. (Décrire la pompe d’un carrousel.) POMPE Sacrée. [Sucer apparatusj Ce sont les processions & solemnitez Ecclésiastiques. POMPE Royale. C’est le couronnement, l’entrée, ou le mariage des Princes, ou Princesses. POMPE militaire. [pompa militons. ] Ce sont les anciens Capitaines & Empereurs. POMPE funèbre. [Pompa funcbrisí] C’est à-dire, tout ce qui se fait de magnifique pour les funérailles de quelque personne de qualité. * La pompe de VEloquence. [Species (fi pompa in dì. cendo.'] C’est une éloquence haute & magnifique. Ab. lancourt. POMPE. [Antlia.] Machine pour élever Peau. Elle est composée d’un tuyau , qui est le corps de la pompe, & d’un piston qui s’éleve & s’abaisse par le moyen d’une manivelle, qu’on apelle brimbale. Le pot de la pompe, c’est l’endroit par où Peau entre dans la pompe. 11 y a une soûpape, qui s’ouvre au dedans pour laisser entrer Peau, & qui se ferme pour l’empêcher de sortir. C’est aussi une petite machine de verre courbé qui jette Peau. On se sert aussi de la pompe pour évacuer Pair. (11 y a des pompes aspirantes & des pompes respirantes.) 0 1 On ne fera peut-être pas fâché de trouver ici la description que le P. Rapin a faite de la pompe, hortor. lib. 4. Quamquam sapé cavis , teretì Jìphone , colonus Ducit aquas puteis , (fi quos natura récusât, Arte facit fontes ; it machina penfilis alto E tubulo , lymphas motu fiphonis anhelo Quasurfum attollat, môles licet ipsa repugnet , (fie. 11 y a à l’Observatoire de Paris une pompe ajpiran- te , qui éleve Peau à trente-deux pieds par le seul poids de Pair. POMPE. [Ampula inversa .] Ternie d 'Oiselier. E- spece d auget qu’on peut faire de bois, mais qui est ordinairement de plomb , quì a une ouverture au milieu pour passer la tête de l’oiseau, & une autre au haut où I on fait entrer promptement le goulet d’une fiole pleine d eau ou de mangeaille & qui est renversée perpendiculairement sur la pompe. (Une pompe bien tarte.) PON POMPER , ». « C Antlià aquam tollerel] C’est tirer & repousser le piston qui est dans la pompe ou dans une seringue , pour aspirer , ou pour pousser l’eau ou l’air, ou quelque autre chose de liquide. (11 faut pomper long-tems avant que d’avoir atiré tout l’air d’un récipient. Quand un Navire fait eau, il faut pomper. On pompe aussi l’air dans la machine pneumatique, jusqu’à faire mourir les animaux qu’on met dans le ré. C 'POMPEUSEMENT , adj. [Splendide, magnifico appa. ra tu. ] D’une maniéré magnifique & pompeule. Avec pompe. Avec un superbe apareil. (Elle est pompeusement parée.) POMPEUX, pompeuse , adj. [Mugnificus ,Jplendidus.'] Qui a de la pompe. Qui est magnifique. Leste. Bien paré. [Elle fort pompeuse (fi parée Vour la conquête d'un Ammt. Main. poési 1 . ;.) f Vers pompeux. [Versus sublimes. ] Stile pompeux. Ablanc. [Grandis oratio.) Abl. (Eloquence pompeuse, Qui rendu plus fameux par ses illufires veilles, b it naîtrejousj'a main ces pompeuses merveilles. Despr.) POMPHOL.DC> f Terme de Pharmacie. E- spéce de calamine artificielle qui s'artacbe^à la voûte du fourneau où se fond l’airain en forme de vessie, ou de petite bouteille qui venant ensuite à croitre, devient comme un flocon de laine. Acad. Fr. POMPONE, f tn. [PomponiusJ Nom d’homme (Le sage & le fameux Pompone n’est plus qu’un peu de poudre.) PON A N DE'. Les Clercs de la chambre des Comptes donnent ce nom à la premiere apostille qui se met sur le commencement d’un compte , & à l’étiquette qu’on met à la liasse des aquits de compte. PONANT , f m. [Occidens.] Ce mot est un Terme de Géographie qui lignifie Occident , niais il ne se dit pas présentement par ceux qui écrivent bien, on dit Occident. PONANT. [Mare oceanum ] Terme de Mer. II veut dire la mer Océane distìnguee des mers du Levant par le détroit de Gibraltar. (On dit Vice-Amiral du Ponant. Escadre du Ponant.) £jí Le P. Labbe croît que Ponant vient de l’Italien Pomnte, pour lignifier l’Occident, le lieu où le soleil se couche. t PONANT. [Clunes. 3 Mot bas & burlesque pour dire cu. PONANTIN, ponantìne, adj. [Occidentalisé Terme de Mer. Qui est de la mer Océane. (Oficier ponan- tin. Matelot ponantin.) PONCE)// [Pulvis delineatoriusé Ternie de Mat. tre a écrire. Morceau de toile ou de serge où il y a du charbon broyé dont on se sert pour poncer le papier pour aller droit quand on écrit. (Donnez-moi, s’il vous plaît, la ponce pour poncer mon exemple.) PONCE. sPztmr#.] Votez P ierrc-ponce. Messieurs de l’Académie observent sur ce mot, qu’on dit également pierre ponce & pierre de ponce. PONCE A D , f m. [Papaver erraticum maju r. 3 Sorte d’herbe qui vient parmi les bleds & les seigles, qui fleurit rouge & _ quelquefois blanc, en forme de simple tulipe, & qui alors s’apelle coquelicoc ou pavot sauvage, qui est une espèce d’herbe réfrigerative & qui, lorsqu’elle est cuite & prise en breuvage , provoque le sommeil. (On fait du íirop de ponceau. Ruban de couleur de ponceau. C’est-à-dire, de couleur fort rouge.) PONCER, v. a. [Ajfiiélo pumice lavare.~\ Ternie d’ 0 “- févre. C’est rendre ìa vaisselle mate avec de la pierre ponce. (Poncer la vaisselle.) PONCER, v. a. [Collinearefi Terme de Dessinateur de Graveur. C’est piquer un dessein & le si0ter a- vec du charbon en poudre. (Poncer un dessein.) PONCER. [Linéament a in papyruni describtre. j Terme de Maître à écrire. C’est régler le papier avec la ponce. (Je ne puis aller droit quand j’ccris, fl je ne ponce mon papier auparavant.) PONCER une toile. C’est la marquer à l’un des bouts de la pièce avec une sorte d’encre. PONCHE , _/• / [Cerevisia Anglicanaé Boisson que font les Anglois avec l’eau-de-vic, le sucre & le jus de citron. PONCIRE, s. m. [p oncile.J Gros citron qui ï l’écor- PON J’écorce fort épaisse & n’a que fort'peu de jus. (L’E- torce de citron confite est prise des poncires.) EONC1S, s- »r. [Delineatio punUuatuJ] Terme de EeJJìnuteur & de Graveur. C’est un dessein piqué Sc froté avec du charbon en poudre. PONCIS. [Linéament a m papyrum descripta .] Ternie de Maître à écrire. L'est une demifeúille de papier, coupée avec le canif & la réglé le plus droit qu’il est possible, qu’onmetfur le papier où l’on veut écrire, pour aller droit. PONCTION , / /. [Punftio.] Terme de Chirurgie. Ouverture qu’on fait au bas du ventre des hydro- piques pour en vuidre les eaux. On l’apelle autrement Paracentèse. PONCTUALITE',/ [Impensior cura.] Gran. de exactitude. (On ne peut assez estimer la ponctua- lité. C’est une ponctualité qui va jusques au scrupule. C’est une ponctualité la plus grande qu’on fe puisse imaginer.) PONCTUATION, s.s. [Interpunciio.] C’est la science de mettre les virgules , les points , les lettres capitales & les minuscules. (Aprendre la ponctuation. Savoir la ponctuation.)' PONCTUEL, ponctuelle, adj. [Impensé diligens.] Exact. (11 faut qu’un honnête homme soit ponctuel. Elle est extrêmement ponctuelle.; PONCTUELLEMENT , adv. [Accuratiùs , txaciâ ra- tione.] Exactement. A point nommé & sans manquer. (Parer ponctuellement tous les ans. ïatru , pluuioyé ;. il n’y a personne qui execute plus ponctuellement les ordres de la justice que vous. Roman Bourgeois, Epître au Bourreau.) PONCTUER, v. a. [Interpunftis dijiinguere .] Mettre les virgules & les points. (Ponctuer une lettre. Ponctuer un discours écrit.) PONDRE, v- a. [Ova edere.y Ce mot fe dit des oiseaux & des poules, & il signifie faire des œufs, je pond , f ai pondu. Je pondis. fNos poules ont pondu deux douzaines d’œufs cette semaine. Les oiseaux commencent à pondre Sc à couver au printems. Et voyant que fa Poule , à ce que dit la Fable, Pondoit tous les jours un auf d’or, 11 crut que dans son corps elle avoit un trésor. La Font.) On dit Proverbialement d’un homme riche & qui est fort à son aile, qu’il pond sur Jes aufs. [Nummis incubât.'] PONT,/*»- [ Pons.] Ouvrage dé Architecture qui se fait sur une riviere, sur quelque fossé , ou autre chose de cette sorte, afin de pouvoir passer sur la riviere, le fleuve, ou le fossé. (Le Pont-neuf de Paris est un fort beau pont. On fait des ponts de bois, & on en fait aussi qui sont tout de pierre. Tels que font à Paris le Pont-Royal, le Pont-neuf & autres. Imitons de Maroi l’élégant badinage , Et luisons le burlesque aux plaisant du Pont-neuf. Del'pr.) £ Les ponts qu’on construit fur les ruisseaux , & les chaussées qu’on tire fur les marais, pour la communication des quartiers d’une armée, doivent être d’u- ne telle largeur qu’on y puisse tout au moins défiler par manches & passer fur un bon front d’hommes, pour être en état de charger tout en arrivant. Les Modernes négligent cette méhode, dont Air. de Folard fait voir les avantages. Votez son Pniybe , Tome 11. PONT de bateaux. [Pons navahs.] Ce sont des bateaux qu’on assemble avec des ancres près à près & qu’on couvre de planches pour faire passer quelque riviere à des troupes (Faire un pont de bateaux. Passer. Construire un pont de bateaux.) 11 y en a un à Rouen très beau, qui hausse & baillé comme la marée. PONT de jonc. [Pons jcirpeus.] Plusieurs bottes liées ensemble qu’on couvre de planches pour faire passer des troupes dans des lieux marécageux. PONT LEVIS. [Pons verfatihs.] C’est un pont qui se leve & se baillé. 0 Suivant la Jurisprudence Franqoise atestée par ITiommeau, dans ses Maximes générales , part. i. ch. j q. les Seigneurs qui n’ont haute, moïenne, ou b ,sse justice, ,, ne peuvent, fans permission du Seigneur ,, duquel ils relèvent, faire en leurs maisons ponts- ,, levis , fosse z & fortereíles. “ PÛNT-LLV1S. [lnpojucosped.es crebra arretho.] Ter. me de Manege. Action du cheval qui fe cabre Sc se dresse fl fort iur ks jambes de derrière, qu’il est ea PON 173 danger de se renverser. (Cheval qui fait des pont» levis fort dangereux.) PONT-DORMANT. [Pons arreclarius.] Pont qui s’é» leve par le m ot en d’une bascule. PONT-VOLANT ,s. m. [Pons duftarius. ] C’est un pont qu’on fait à la hâte sur quelque petit passage de quatre ou cinq toises, & qu’on pousse avec un engin. C’est aussi un terme á’Artillerie qui se dit d’une machine presque semblable à celle qu’on apelle flèche, Acad. Fr. PONT. [Tabulatum.] Terme de Mer. C’est un plancher qui séparé les etages d’un Vaisseau. 11 y a des Navires qui n’ont qu’un pont, d’autres deux, & d’autres trois. Le premier pont est le plus proche de l’eau & s’apelle franc'tiDac. Les autres sont au-dessus. Pont volant , c’est un pont de Vaisseau , qui est leger & fur lequel on ne sauroit poser le canon. Pont-cou- pé, c’pst celui qui n’a que l’acastillage de Pavant éfc de l’arriere , sans regner de la proué à la poupe. Pont de cordes. C’est un entrelassement de cordes qui couvrent tout le haut d’un Vaisseau en figure de pont, fur les vaisseaux qui n’ont qu’un Tillac. Ce qui n’arrive ordinairement qu’aux Vaisseaux marchands pour lé défendre de Pabordage des corsaires, &c. Òzun. Dicl. Math. PONT-L’EVêQUE. [Caseus pontis Episcopi.] C’est uns forte de petit fromage qui vient de Font-l’Evêque, ville de la basse Normandie. t * PONT aux Unes. [Pons afninus.] On apelle ainsi dans les sciences une legerc dificulté qui arrête d’a- bord les ignorans & les stupides. L’Académie prétend, au contraire qu’on apelle pont aux ânes les subterfuges, les échapatoires , Sc les réponses triviales dont les plus ignorans se fervent pour éluder les difkultez. * il faut faire un pont d’or à son ennemi. Façon da parler proverbiale, pour dire, qu’il lui faut donner la facilité de se sauver, quand il veut s’enfuir. PONTAL, / m. [Prosunditas.] Terme de Marine. C’est la hauteur ou le cœur d’un vaisseau. ch PONTANIER , J', ?«. Celui qui perçoit fur les marchandises un droit de pontenage. PONTE,/*». [Numerus.] Terme de Jeu d’H ombre. C’est Pas rouge, quand on joué en cœur ou ea carreau. í PONTE, fe dit aussi au jeu de la bassette & du pharaon , de celui qui met de Pargent fur des cartes contre le banquier. (II y a beaucoup de pontes.) PONTE, f.s. [Ovatio.] Terme d 'Oiselier. Ce sont les œufs que pondent les oiseaux. (Les oiseaux font leur ponte dans une certaine saison de l’année. La ponte ries oiseaux est faite.) II se dit aussi des tortues. PONTE', f m. [Enfspars extremasub capulo pojì. ta.] Terme de Fourbijs-ur. C’est la partie de l’épée qui couvre le corps de la garde. Fond qui couvre le corps de la garde. (Un ponté bien fait. Une garde á ponté.) ch PONTE', pontée, adj. Se dit d’un bâtiment ou Vaisseau qui a un pont. (Bâtiment ponté, frégate pontée, barque pontée.) PONTENAGE , s. m. [Pontaticum.] Droits qu’il faut payer au passage d’un pont, soit pour les personnes, pour le bétail, ou pour des marchandises. (Païer le pontenage.) ch PONTER, v. n. C’est être ponte, jouer contre 1e banquier à la bassette ou au Pharaon. (11 a perdu son argent à ponter. II s’amufe à ponter.) PONTIE'RE , / f. [Anus.] Ouverture par ou la poule rend ses œufs. PONTIFE , / m. [pontifex , Antijies.] Parmi les Païens, c’étoit un Ministre des choses sacrées, institué par Numa Pompilius. II y avoit des grands & des petits Pontifes, & au-dessus de tous les Pontifes , il en avoit un qu’on apelloit le Souverain Pontife, oïez Ros nus. Parmi les Juifs en l’ancienne Loi, il y avoit un grand Pontife qui étoit le Souverain Sacrificateur : mais en la Nouvelle, le mot de Ponti'e est pris dans Saint Paul, Epitre aux Hébreux, ch. ç. pour celui qui ofre des dons & des sacrifices à Dieu pour ses péchez Sc pour ceux du peuple. 11 signifie Sacrificateur, & à peu près dans ce sens on dit quejéfus- Chriit est le grand, le parfait & le Saint Pontife. On attribué aujourd’hui le titre de Pontife au Pape, pour dite qu’il est Vicaire de Jésus Christ. (Parle s etubli les droits qu’avoit ceféduïieur Pour faire ie Pontife b k Législateur. GenelL) Y i 0” H»- i 74 PON {§ Plusieurs croient, aprés Varron, Ub. 4. de Ung . latin, que le Terme pontifex est dérivé de pont , pontií. Mais l’étimologie de Scevola me paroît plus naturelle, pontifex à fqffe & facere, En éfet, le pouvoir des Pontifes étoit fort étendu parmi les Romains, Sc fur tout celui du premier Pontife , que l’on distinguoit des autres par le titre de maximus : 11 prélidoit aux augures , aux sacrifices, & généralement à tout ce qui dépendoit de la Religion. On donnoit le titre de p ontife à tous les Prêtres, & l’on pouvoit être Pontife de plusieurs Collèges & de plusieurs Divinisez. Mais parmi le grand nombre de Pontifes que l’on voioit dans Rome , celui de la Déesse Vesta tenoit le prémier rang, & dépendoit néanmoins du grand Pontife, comme tous les autres. D-r dignité du grand 011 très-grand Pontife étoit si élevée au-dessus des antres Pontifes, que l’on voit dans les médailles de Jules- Céfar Sc d’Auguste , qu’ils ont pris le titre de P onti- fex Maximus & de Dictateur tout ensemble ; &, au raport de Capitolin, le Sénat crut faire honneur à Macriti, en l’élisant Souverain Pontife. f PONTIFE, fe dit dansl’Oficede l’Eglise de tous les Evêques dont on célébré la fête. (Du commun des Pontifes. On fait l'offioe d’un tel Saint Pontife & Martir.) PONTIFICAL, f. m. [pontificale.'] Livre qui contiens les cérémonies qui regardent le ministère de l’Evêque. (Pontifical Romain.) PONTIFICAL, pontificale , adj. [pontifiaiw.] Qui est de Pontife. Qui est de Pape. Qui apartient au Pape. Qui regarde l’Evêque , ou quelque autre Prélat. (Habit Pontifical. Messe Pontificale. Vêpres Pontificales. 11 étoit revêtu de ses habits Pontificaux. Durier , Sus. de Quint. Curt. I. 2. cb. 11.) PONTIFICALEMENT, adv. [Pontificio apparatu.] En Pontife. D’une maniéré Pontificale. (Le Pape étoit vêtu pontificalement. Maucroix, Vie de Po'us. Quand un Evêque oficíe pontificalement, il est assisté de quinze Ecléíìastiques. Mann d , Cérémonial des Evêques.) PONTIFICAT , f. m. [Pontificatus , pontifiera digni- tas.] Dignité du Pape. Papauté. Tout le te m s qu’on a été Pape. (Parvenir au Pontificat. Elever au Pontificat. La vie du Cardinal Commcndon comprend 1 histoire de quatre Pontificats. Flécbier , Préface Jur la vie de Commendon. Maimbourg a fait l’hilloire du Pontificat de Saint Grégoire. Célestin V. fe déposa du Pontificat. Cojiar, t. 2. lettre 355. Célestin V. renonqa au Pontificat, & fonda l’Ordre des Célestins. Le P. Beurrier , hijf, des Célejtins de Paris.) T PONTIFICAT, fe dit auss de la dignité de grand pontife parmi les J u i fs & parmi les Romains. (Sous le pontificat d’un tel. César obtint le Pontificat.) í PONTIFICAT , se dit Prov. Sc dans ie stile familier , d’un homme qui marche avec beaucoup de pompe & d’éclat. (II est venu en grand pontificat. II marche toujours en grand pontificat.) í PONTIL, f. m. Terme de Verrerie. C’est un instrument de fer, dont on se sert dans la fabrique des glaces qui sc foufíent à la selle. f PON'ÍTLLER , V. n. C’est fe servir du pontíl, pour reprendre la glace à l’oposite de la selle, PON TILLES , J. f. ou EjJontilJes. [ Pax/lli. ) Terme de Mer. Ce sont des pièces de bois , qu’on met debout fur le plat-bord, pour soutenir les paviers Sc les gardes-corps. PONTON .fi m, [Ponticulus.] Terme de Guerre. C’est un pont composé de deux bateaux à quelque distance l’un de l’autre, qui sont couverts de bonnes planches aufli-bien que la distance qui les sépare, qui ont des apuis & des garde-fous. (Faire passer des troupes & de la cavalerie fur un ponton.) PONTON. [Iter plani tabulatifèj carina.] Terme de Mer. Grand bateau plat, qui a trois ou quatre pieds de bord , & qui sert à soutenir les vaisseaux lorsqu’on ìes carène. PONTON,), m. [Ponto.] Vaisseau dont 011 sc fer- voit pour passer les rivières, & dont il est fait mention dans les Commentaires de César. Ô PONTON. C’est un grand bateau plat, qui a trois ou quatre pieds de bord , qui porte un mat, & qui sert à foûtenir un Vaisseau, quand on le met fur le côté pour lui donner la carène. 11 est garni de cabestans & autres machines qui fervent à coucher & relever les grands Vaiíteaux , & à nétoyer les ports & en POR tirer la vase , les pierres, anchres, bris de Vaisseaux. Le ponton sert auss à mater. 11 a ordinairement soi. Xante pieds de long , seize pieds & demi de large, & six pieds & demi de creux. Le mot est Latin, ou plû- tôt Gaulois. Jules-César a écrit dans ses Commentaires, qu’il envoya en Italie des pontons, pour aporter le reste des Troupes : P lerasque naves in Italiam émit . tit, ad reliquat milites equitefique tranjportandos, pou. tones, quod est genus navium Galhcarum. f PONTON, se dit principalement de certains petits bateaux de cuivre qu’on porte dans les armées sor des espèces de chariots pour le passage des rivières. (Lorsqu’il s’agit du passage d’une rivière, on ne doit pas seulement renforcer & doubler l’attelage des ha- quets à pontons, mais encore les faire marcher à la tête de tout. L’entreprise de Denain faillit à échouer pour avoir négligé cette précaution. Les François furent obligez d’attendre trois heures leurs pontons, Sc il étoit trois heures de jour lorsqu’ils arrivèrent.) P 0. Ijbe de Folard. Tom. I. PONTONIER , f. m. [ Veclor nauticus.] Batelier qui tient un bac pour passer les rivières, aux lieux où les ports sont établis. POPLITAIRE , adj. [poplitaus.] Muscle de la jambe. POPULACE, f f- [P lebs, plebecula .] C’est le petit peuple. C’est la partie la moins considérable du peuple , en prenant le mot de peuple dans un sens vague & étendu, pour une multitude de personnes qui habitent dans une méme ville. (La populace étoit irritée. Mémoires de M. de la Roehefoucaut. En diférem endroits des Gardesfontpofiez , Pour contenir la Populace, Et la contraindre à faire place. Perr. Griscld.) f POPULAGO-/ m. [p opulago.] Plante dont les feuilles ressemblent à celles de la petite chelidoine. Elle est détersive, vulnéraire, rafraîchissante. POPULAIRE , adj. [p lebeius.] Ce mot se dit des personnes , Sc signifie qui tâche de gagner les bonnes grâces du peuple, l’amitié du peuple. (Cicéron étoit populaire. Caligula , à son avènement à l’Empire, fut fort populaire. Voïez Suétone. Habiles orateurs , Javans , mais populaires , C’ejì ainjt qu’autrefois mt prêché les Saints Peres. Vill.) POPULAIRE [Popularisé] Ce mot fe dit en parlant de politique & de certaine forme de gouvernement. (Ainsi on dit gouvernement populaire. Abl. Arr!) POPULAIRE. [ Publice grajfans. ] Ce mot se dit en parlant de maladie, Sc signifie commun. Qui ataque en même tems plusieurs personnes. (La peste est une maladie populaire. II y a plusieurs maladies populaires.) POPULAIREMENT , adv. [Adfinsum vu/gi.] D’une maniéré populaire, & capable de gagner íes bonnes grâces du peuple. (Gouverner populairement.) POPULARITE’’,/ [Popularisas.] Ce qui rend une chose populaire. Ce mot n’est point dans le Dictionnaire de l’Académie. Néanmoins le Pere de la Eus s’en sert. Toutes les qualitez, dit-il , nécessaires au commandement , étoient renfermées en lui dans un air de popularité noble & militaire qui lui étoit naturel. POPULEUM, J. m. [Ungucntum papuleum] Onguent qui sc fait avec les boutons de peuplier noir, les feuilles de mandragore, de jusquiame, de morelle, &c. & qui est bon pour les hémorroïdes. POPULO- [ Infantes.] Terme bas dont on sc sert pour exprimer un grand nombre d’enfans. ( Depuis six ans que vous êtes mariée , voilà bien du populo.) On dit auss d’une fille qui est tombée en faute, qu’el- le a fait un populo. f L’Académie dit populo , d’un petit enfant gras& pote le. (Voilà un joli petit populo.) POPULO , J. ni. [Potro aromatica.] C’est une espèce de rossohs, qui fe fait avec de seau de vie, de l’esprit de vin, élu sucre, de Panis & de la canelle. f POQUELLE, / /. Plante du Chily. Sa fleur qui est une espèce de bouton d’or, sert à teindre en jaune , & sa tige en verd. PORACE' , poracée , adj. [Poracew.] Terme de Médecin, qui se dit ordinairement cfe la bile , & veut dire qui tire sur la couleur du porreau. (C’est une bile poracée.) PORC,T m. [Porcus , fus .] Prononcez por. Ce mot signifie cochon , pourceau , & trouve mieux fa place dans un roR «n stilc un peu soutenu, que le mot de cochon ou de pourceau. (Lmmlez un porc noir avec de chasies mains A la ntere des Dieux. Le Président Cousin, Histoire Romaine.) Au reste, on se sert du mot de porc, quand on parle de chair de cochon. (On dit toujours , acheter du porc frais. Faire rôtir un morceau de porc frais. Le porc frais n’est pas sain, & il est dangereux d’en trop manger.) 0 “ La Coutume deNivernois, tit. 10. art. i F. défend d’avoir des pourceaux dans la ville de Nevers, „ à cause, dit Coquille, de la salubrité de Pair qui „ est infecté par le repaire de ces animaux, qui sont ,, sales & immondes. “ II ajoute que “ les Alagistrats „ doivent veiller exactement à l’exécution de cet ar- „ ticle , & qu’outre la confiscation , ils doivent con- „ damner à une forte amende les contrevenons aux „ défenses de la Coutume. “ Suivant plusieurs Coutumes, les prez font de défense aux porcs en tout tems. La Coutume d’Orléans, art. 15;. va plus loin ; On ne peut mener pu/iurer porcs e's prez pajiis U vignes , en qudque temps que ce soit. Celle de Berri, tit. des droits prédiaux , art. io. En tout temps , prez , jaçoit qu’ils Joient fauchez , sont désensables. Quant aux pourceaux , s’ils y font trouvez , y échoit prinse. Les Coutumes de Melun . de Sens , de Troyes, de Chaumont, de Châlons, portent la même défense. PORC. [Vencrius murex 1 } Sorte de poisson de mer qui est plat, & qui est couvert d’écaiiles fort rudes. Rond. f Le porc-marin est une forte de gros poisson , qu’on apelle autrement Marsoin ou Dauphin , & dont la peau préparée ressemble à du clíagrin. PORC-EPIC , s. »t. [ Hyjírtx . ] Prononcez por-épi. Sorte d’animal qui est grand comme un lapin , qui est touc couvert de piquans , qui peut demeurer très-long- tems sens manger, & qui vit ordinairement de pommes & de grains de raisins. C’est une espèce de gros hérisson, qu’on trouve en Afrique. II haït Pours, le renard & la vipere. Jonjion. f PORC-SANGLIER. Porc sauvage qu’on apele ordinairement sanglier. PORCELAINE, pourcelaine , s. f. [Vas ficiile si. nìcum .] L’un & l’autre se dit ; mais le premier est le plus usité. La porcelaine est une terre qui vient de la Chine & du Japon , & dont on fait des vases qu’on a- pelle porcelaine, du nom de la terre dont ils font composez. On est cent ans à préparer cette terre avant de la mettre en œuvre. (II y a peut-être pour cinquante francs de fausse porcelaine. Patru plaidoyé 16. p. 621. Chercher jusqu’au Japon la porcelaine es P ambre, Despreaux, fat. 8- A-t-elle , pour donner matière à votre haine , Cassé quelque miroir , ou quelque porcelaine ? Molière, femmes savantes, a. 2. sc. 6. Votre long poil étoit ondé , Vous me sembliez être acoudé Sur un vase de porcelaine. Saint Amant, Rome ridicule.) £ C’est une erreur de croire qu’on soit cent ans à preparer la matière dont se fait la porcelaine. Rite se fait, comme toutes les autres poteries, avec de la terre, ou plûtôt svec une espèce de pierre môle & blanche , qu’on tire des cariicres du Quangsi. Après qu’el- le a été pilée & broïée, on en fait une pâte dont on forme les vases ou autre vaisselle, de la méme maniéré que la poterie se fait en France. On trouve dans une letre du P. d ’ Entrecolles, Missionnaire Jésuite, plusieurs choses curieuses fur la maniéré dont on fait la porcelaine à la Chine. o fsi’ On connoissoit peu o autrefois les porcelaines de la Chine & du Japon. C’est à présent une fureur que l’on a pour ces ouvrages, qui font l’ornement le plus précieux des chambres & des cabinets. II me semble que je puis apliquer aux empressemens des curieux de notre tems, la réflexion de Velleius Vatercuìus, au sujet des ouvrages de Corinthe queMummius envoya à Rome , après la destruction de cette ville. ,, Vous „ êtes, fans doute, persuadé (dit-il àVindicius) qu’il ,, seroit plus utile à la République, que nous fussions „ restez dans l’ignorance des Ouvrages de Corinthe, „ que d’en avoir aquis la connoissance , & qu’il con- ,, venoit mieux à la simplicité de nos mœurs de nous j, passer de ces bagatelles, que de les rechercher avec POR ^ 175 „ tant de foin & tant de dépense : No» tante»puto du. bites, Vindici, quin magis pro Republicasuerit mane- ”, re adhuc rudem Cormthiormn int.elìeHum , qtiam in tantum ea inteBigi , U quin bac prudentia , illa im- ” prudentia decori publico suerit amveninîtior. “ f PORCELAINE. [Venerius murex. ] Sorte de petite coquille blanche qu’on trouve dans ies éponges. Rond. L 2. La porcelaine est aussi une espèce de coquille qu’on apelle coquille de Vénus : cette coquille est belle & unie, un peu ovale, plate le long de la fente, blanche au dedans, & du reste fort dure. Rond. t PORCELAINE, ou pourcelaine. [Peplion, portulaca J On donne ce nom en quelques Provinces à l’herbe qu’on apelle pourpier. Volez pourpier. $ PORCELET , f «'■ Petit porc qui a atteint l’â- ge de six mois. f PORCELINE. La plupart des fayanciers de Paris, & presque tout le petit peuple, dit porceline ; mais c’eft le mauvais usage. Le bel usage veut qu’on dise pourcelaine , ou plûtôt porcelaine. PORCHAISON, f f- [Tempus venandi aprosj Ternie de Chasse, qui se dit en parlant du sanglier. C’est le tems que le sanglier est gros & gras. (Ainsi on dit, le sanglier sera bientôt en porchaison.) PORCHE , /• tn. [propylstura, vesilbulum , porti- cus .2 Terme d 'ancienne Architecture. C’étoit un lieu couvert à Pennée de la plûpatt des temples. (Un grand porche.) (f Le porche est un espace quelquefois avant le grand portail d’une Eglise. 11 a été inventé pour métré à couvert du soleil ou de la pluie, ceux qui ne pou- voient pas y entrer. Les Latins Pont apellé atrium , & l’ont toujours regardé comme faisant une partie de f Eglise, pour laquelle on devoir avoir de la vénération. Baronius a remarqué que Constance n’osa pas faire enterrer Constantin son Pere dans 1 Eglise, & qu’il íe contenta de le faire inhumer dans le porche, in atrio. Et, au raport de Balzamon , fur le second Canon des Apôtres, on encenloit les porches comme les Eglises. On plaçoit dans les porches, des puits, des fontaines, des cuves pleines d’eau, où l’on se lavoit avant que d’entrer dans l’F.glise. C’étoit en cet endroit que l’on mettoit les pénitens du premier ordre que son apelloit pleureurs: ils étoient là (ditTer. tulien) pour commencer à réparer le scandale qu’ils a- voient donné au public, & à demander des prières à ceux qui entroient dans PKglise. On y plaidoit autrefois les Causes : mais les Conciles & les Peres le recrierent contre cette profanation, qui fut abolie. Au reste , ceux qui voudront être parfaitement instruits de cette matière, doivent voir le Traité que Mr. Thiers en a composé. PORCHER , f tn. \Subnlcus , suarius J Celui qui garde les cochons, & les raene paître. (Le porcher est mort.) f * PORCHER, se dit d’un homme grossier, malpropre & mal-apris. (C’est un vrai porcher.) PORCIIE'rE,/ m. [Porcorum cujlos fatninaji Celle qui garde les cochons , & qui a foin de les faire paître. (Une petite porchère qui n’est pas tant déchirée.) PORE , f m - [ Méat us, pori.J Ce mot se dit au singulier, nuis le plus souvent au pluriel. Cs font des ouvertures comme invisibles qui font dans la peau, par où sortent le poil & les sueurs. (Les pores font plus ouverts l’Eté que l’Hiver. Ouvrir les pores.) Ce mot de pores se dit aussi de tous les petits trous, ou de toutes les petites ouvertures qui íe trouvent de toutes sortes de figure entre les parties de la matière des corps. (Suposons que la seringue a des pores. Roh. Phis it.c. s2 .) POREUX , poreuse , adj. [M eabiliss] Qui a des pores. (Corps poreux. La terre est poreuse.) PORFíL. Volez Profil. PÒRFiRE , f nu \Porphyntes ] C’est une sorte de marbre qui est rougeâtre & marqué agréablement de blanc. (Beau porfire. II dit que vos vertus vous ont aquis un nom Qui vous fait adorer jusqu’au bord de l’Hidaspe, Et au’il n’eft point de monument Ni de porfire ni de jaspe, Qiii puisse à s avenir vous montrer dignement. Bours. lett.) PORISJVîE, f ni. [Porifmus .J Tenue de Mathématique. Ce niot «st Grec. C’est un Théorème, tiré pan o ça- 176 __ POR ocasion d’un autre Théorème fait & démontre. Fw- e'.ns. V. Oz. D. M. . Le Porifme est un problème très-facile, & qui sert pour en refondre de plus ditìciles. Ozanain en donne des exemples dans son Diliionnaire Math c- vutìique. POROSITE', f. f. [Porositas.) Maniéré dont les corps font poreux. (Mr. Boyle a fait un Traité de la Porosité des corps.) -j: PORPHYRION,/ m. Oiseau aquatique grand comme un Coq, de couleur bleue ou diversifiée. Son bec est gros, purpurin, & 11 porte une crête fur la tète. Sa graisse est emolliente, & résolutive. PORQUES,;: f. ÍCoJla mtermedm. ] Terme de ■Marine. Ce sont de grosses pièces de bois qu’on met fur le plat & fur les genoux des Vaisseaux de guerre pour les fortifier. Ce sont aussi des pièces de bois cintrées, qui fe mettent fur la Carlingue, parallèlement aux Varangues , pour doubler les membres du Vaisseau. (Por- ques de fond. Porques aculées. Ozan. Difi. Math.') PORREAU. Voïez poireau. PORRR'E. Voïez poirée. PORT,/ m. Terme de Mer. Lieu ou mouillent les Vaisseaux, & où ils font en assurance contre la tempête St les vents. (Un bon port. Fermer les ports. Ouvrir les ports. Creuíèr un port.) Ablanc.) * Fermer les ports. C’est empêcher la sortie des bâ- timens qui y sont. Avoir un port fous le vent. Terme de Marine. C’eít avoir un lieu de retraite pour le besoin. PORT. Terme de Mer. On se sert du mot de port pour exprimer la capacité des bâtimens de mer. (C’est un Vaisseau du port de cinq cens tonneaux.) Voïez tonneau. On dit auífi portée, f. f. en ce sens. 0 " PORT cCtm Vajfeau. (/est fa capacité , que l’on spécifie par le nombre des tonneaux. Ainsi on dit qu’un Vaisseau est du port de deux cens tonneaux , pour faire entendre que fa capacité est telle qu’il peut porter une chargé de quatre cens mille livres , chaque tonneau étant pris pour un poids de deux mille livres. PORT. [Portus.) Lieu où abordent & où l’on vend à Paris , fur le bord de la Seine, de certaines marchandises , comme foin, charbon, bois, &c.) PORT de salut. [ Portus Jalutis. ] Lieu où l'on se retire pour être à l’abri d’une tempête. On le dit aussi des maisons Religieuses , & cela devroit être ; mais Tefprit du monde régné autant dans quelques cloîtres que dans le siécle. * PORT. [ Perjugmm . ) Repos. Assurance. Etat où l’on jouit d’une aimable tranquillité. Retraite heureuse. (II est dans le port, il est hors des ateintes de l’injustice & de l’envie. Patru , /. 4. a Ohnde. * Flous avons ajjez vú fur la mer de ce monde , Errer augré des vents notre nef vagabonde , 11 ejl ter.is de jouir des délices du port. Racan, Bergeries. * Avec un peu d'éfort On arrive toujours auport Quand on jait conduire fa barque ; Ne Jdurois je trouver un favorable Port , Pour me métré à f abri det tempêtes du fort ! Racan, Bergeries, a. 5. fc- 1. ) PORT-ROIAL. [Portus Regius.) Abaïe de Religieuses à quatre lieues de Paris, où s’étoient autrefois retirez plusieurs hommes pieux & savans qui ont enrichi le Î iublic de leurs ouvrages. (Monsieur Arnaud a fait 'Apologie des Religieuses de Port-Royal. L’épouse que tu pnnsfans tache en fa conduite Aux vertus nfa-t.on dtt dans Port-Royal injìruite , Aux loix de son devoir régie tous ses désirs. Despr.) PORT. [Vefiura portorium .J Ce mot se dit en matière de letres. C’est ce qu’on paye au bureau de la poste , ou au distributeur pour la letre qu’on reçoit, & qui a été aportée par l’ordinaire. (Païer le port d’une letre. 11 m’en coure tous les ans plus de vingt écus en ports de letres.) Défendre le port des armes. [Armorum gejtationem prohibere J C elt-à dire , Défendre de porter les armes. PORT. [Species corporis, habitas .) Mine. Air St façon d une personne (Avoir le port re,retable. Abl. Luc. E le a la votx, son port & fa façon. Port cekste. Port adorable. Voit. poèj.) POR PORT. [Qu-e feruntur char t r.) Terme de jeu de c car. tes. Ce sont les cartes qu’on relerve après en avoir é- carté quelques-unes. (Un beau port. Mon port est de carreau , de cœur > &c. ) PORT de voix. [Varia vocis injlexiones.) Terme de Musicien. C’est la facilité de faire avec la voix des passages, des frétions, & autres agrémens de la Alusi. que. 11 y a diverses fortes de port de voix. * Faire naufrage au port. ['Navemin portufrangere .] Cela fe dit quand un dessein ou un ouvrage fe ruine & fe détruit lur le point qu’on le croioit achevé. PORTAGE ,f m. [Gejiatio > veclura.) Action de por- ter. Peine & travail qu’on a à porter. (Faire le portage du charbon.) Ordonnance de la ville de Paris, c. aj. PORTAGE ■ f. ni. Terme de Mer. C’est la permission qu’a chaque Oficier, ou chaque Matelot, de métré pour loi dans le navire jusques au poids de tant de quintaux, ou jusques à un certain nombre de barils. Fourn. PORTAí L, f. tn. [Proíyrum.) C’est la grande porte d’une Eglise, ou d’un Temple. (Le portail de S. Gervais est un des plus beaux portails de tout Paris.) î PORTAIL , fe dit aussi de la façade entiere d’une Eglise ou d’un autre édifice. PORTANT , f m. [s/,malus ferreus.) Terme de Serrurier & de porteur de chaise. Fer courbé St a taché aux cotez des chaises des porteurs, où l’on met les bâtons pour porter les chaises. PORTANT. [Anse portatiles .] Terme de Serrurier & de hukutier. C’est un fer en forme d’a nie , ataché aux cotez des cotres , des cassetes & des bahuts, dont on fe sert pour les soulever & les porter du l’on veut. (Prendre un cofre , un bahut, ou une callète par les pbrtans.) PORTANT. [Pevfile gefatorium.) Terme de Ceintu. rier. C’est la partie du baudrier qui pend depuis la fin d’un des cotez de la bande jusques aux p-. ndans, & qui sert à racourcir ou à alonger le baudrier. PORTANT, adj. [Fertns , port ans ] (L’un portant l’autre. Le fort portant le fossile.) A bout portant. [Cominùs.) Voïez Bout. PORTATIF, portative , adj. [P ortutu facilis.) Qu’on peut porter. (Livre portatif, (figue portative. On me- ne à la guerre des moulins & des fours portatifs. Cadran portatif.) í PORTATIF, se dit aussi des personnes. On dit d’un homme qui est fort pesant, St qui peut à peine marcher, qu’il n’est plus portatif. (Si jetois plus portatif j’irois voir mes amis.) PORTATIF , f m. Terme de Commis aux Caves. C’est Je livre que les Commis aux caves portent toujours avec eux ,& où ils mettent le nombre des muids de vin des cabaretiers pour en fàire le raport au Bureau. PORTE , f f [ Ojiiuni , porta.) Mot général pour dire ì’ouverture par où l’on entre dans un lieu. Assemblage dais a tachez avec des pentures, St soutenus par des gonds pour fermer cette ouverture, litre fur le seuil de la porte. Ouvrir ou fermer la porte. Pousser la porte. Les jambages d’une porte. Le seuil de la porte , ou le pas de la porte. Déja plein du beau feu qui pour vous le transporte , Barbin impatient chez moi frape à la porte. Despr.) Faire la porte. [ fanìtorem agere. ) Terme de Religieux. C’est être portier. PORTE de devant. [Anterior porta.) C’est la porte de l’entréc du logis. PORTE de derrière. [P seudotyrum.) C’est une porte pour sortir par le derrière de la maison. PORTE brisée, [jfora plicatiles.) C’est une porte qui s’ouvre en deux, que les Menuisiers apellent porte à deux manteaux, ou porte à deux batans. PORTE cochére, [Fores valvata, valva.) Assemblage de grandes planches atachées les unes auprès des autres, & soutenues par de bonds gons, de bonnes bandes , St de bonnes pentures , pour fermer l’ouver- turc qu on fait lorfqu’on bâtit une maison où doivent entrer des caresses, des chariots, &c. (Une belle porte cochére. , forte de carosse. [Rheda fores.) Ce qui bouche 1 ouverture qui est au milieu de chaque carosse vitré, par laquelle on monte en carosse, & par laquelle on decend de carosse. Faujji-porte. Voïez Poterne. PORT* PORTE à'écluse. [OJlhim aggerk.] C’est une grande sloture de bois qui arrête l’eau dans les écluses. PORTE d’agrafe. C’est la partie de l’agrafe qui est tournée en forme d’arc & de cintre. PORTE. [Aditus.] Passage entre deux montagnes. (Les portes Caspiennes. La porte de fer est un passage pour entrer de Hongrie en Transylvanie. (On dit dans un sens un peu plus figuré, que le Roi aiant Pignetol a une porte en Italie.) PORTE. {Aula J'urcica.] C’est la Cour du Grand Seigneur, (taire un acommodement honorable avec la Forte. Se brouiller avec la Porte. Les Grands de la Porte. Etre tributaire de la Porte. Bouhours Hiji. d’AubuJfon, 1 . 4.) PORTE, f. f. [Venu porta.] C’est une veine considérable, qui porte le sang de diverses parties du bas ventre dans le foie, où elle rentre par la partie cave, & où elle se distribue en une infinité de rameaux qui se répandent dans fa substance. Elle est formée de deux grosses veines, la mesaraïque & la splenique, qui sont faites de plusieurs autres veines, qui viennent de l’estomac, des intestins, de la rate, de l’épiploon, &c. * PORTA. {Via, aditm.] Ce mot aufiguré n’entre que dans le ítile soutenu, (Exemple. C’est ouvrir la porte à une infinité de larcins. Fuse, I. g. En s’atri- buant à lui seul l’autorité des loix , il ouvrit la porte à mille désordres. Abl. Arr. Tac. I. 11. Quelques particuliers pratiquez pour ce dessein ouvrirent taportt à cette usurpation. Patru , pi.] De porte en porte , adv. [OJhatim .] De maison en maison. Aller de porte en porte ail armer un quartier. (Chercher son pain de porte en porte. 11 va de porte cn porte comme le pourceau de S. Antoine.) Proverbe. * PORTE. [ ÙJiium, aditui.] Ce mot au figuré lignifie l’entree, le moien d’tntrer & de parvenir à quelque i.hose. (áiníì l'on dit, la porte du Paradis. Je- sus-Christ se nomme la porte, c’est-à-dire, le moyen par lequel les brebis qui loue les fidèles, entrent dans la bergerie, qui est l’Eglise. La Grammaire est la porte de toutes les Mathématiques.) O11 dit d on importun que fi on le chasse par la porte, il entrera par la fenetre ; on dit d’un trompeur qu’il a toujours quelque porte de derrière. On dit, cela est charmant comme la porte d’une prison. £ A porte ouvrante, a porte fermante. On le dit en parlant des places de guerre, & autres villes, où l’on ouvre Sc l’on serine les portes à certaines heures précises du matin & du soir. (Jc partirai demain à porte ouvrante. II est arrivé à porte fermante.) H * Heurter a toutes les portes. C’est s’adresser à toutes fortes de personnes , & chercher toutes sortes de moïens pour réussir dans une afaire. (II a heurté à toutes les portes.) ^ * Se morfondre à la porte de quelcun. C’est lui faire long-tems fa cour fans en pouvoir rien obtenir. (II est dur pour un homme de cœur de se morfondre â la porte d’un Ministre, lorsqu’il a mérité les plus grandes récompenses par ses services.) ê * On dit d’un homme d’un grand crédit, d’une grande considération, que toutes les portes lui sont ouvertes, que toutes les portes tombent devant lui. ì§ PORTE, en Latin, janua, parce que Janus pré- fidoit aux portes des temples & des maisons particulières. Ovide le fait même portier des Cieux, lib. l, Fasor. Prajldeo foribw Cceli, cmn mitibus horis Et redit ojfìcio supplier, itque meo. Dans le propre , la porte est l’ouverture par laquelle on entre ou l’on fort d’une maison : & dans le figuré, ce terme lignifie le commencement d’une chose, ce qui a donné lieu à la faire. On dit, ouvrir la porte à la guerre, a la licence souvent les Latins se sont servi du mot limen , pour signifier une maison. Virgile, Ane t d. 7. Referai fridentia lim'ma Consul, &c. Les Jurisconsultes ont dit, m limine litis, dans le commencement du procès, dès que la porte est ouverte à la chicane c’est dans le sens figuré qu’ils ont fait le terme poJUiminmm, qui signifie le retour d’une per. sonne dans fa patrie, dans les biens, & dans fa maison, dont on avoit perdu la propriété en changeant d’état & de condition par la perte de fa liberte , ou du droit de Cité. Le Sénat mal satisfait de la Paix que le Consul Mancinìus avoit laite, le renvoya tout POR 177 nud, les mains liées derrière le dos, aux Numantins pour en faire ce qu’ils voudroient : mais iis refusèrent de le recevoir, en disant que ce n’étoit pas par le sang d’un seul que l’on devoir expier le violentent de la foi publique. 11 retourna à Rome, & voulant régler & gouverner ses biens comme il avoit fait avant fa disgrâce, Cicéron a remarqué dans ses Topiques » qu’on lui soutint qu’aiant été abandonné aux ennemis, il étoit devenu leur esclave, & avoit perdu les droits de Cité, fans pouvSir se prévaloir du droit de retour que l’on apelloit jus pojìliminii : mais on jugea que n’aiant point été reçu par les ennemis, il n’avoit point été privé de la liberté , ni de la qualité de Citoïen Romain, & qu’il pouvoir jouir de ses biens comme libre & connue Citoïen, & non pas par droit de retour , jure pofliminit. Les portes des Grands étoient presque toujours fermées à Rome ; ils avoient des portiers: celles des Tribuns étoient au contraire, toujours ouvertes ; afin que le peuple pût en tout te m 5 leur parler. Ceux qui briguoient des Charges, afectoient de tenir de même leurs prémiéres portes ouvertes. Les Grecs & les Romains y metoient des marteaux , dont Pollux & Eustathius ont sait mention ; Lucrèce les apelle marculi, lib. 1. vers. ; 17. & l’on croit que Plante a entendu dans ses Ménech. a fi. 1. sc. 2. v. 64. par cantbarum , se marteau de la prémiére porte. Le portier avoit une petite chambre où il se retiroit, & c’étoit dans ce même endroit que l’on tenoit de grands chiens enchaînez, pour garder la maison pendant la nuit; & afin que l’on ne s’aprochât trop près de ces animaux pendant le jour, on écrivoit fur la muraille ces mots, cave carient, dont Pétrone a fait mention, ainlì que Virgile dans son Eglogue huitième: Hylux ìn limine latrat. Au reste, les Grecs & les Romains ouvroient leurs portes en les poussant fur la rué ; & de crainte de bief. scr les passans, le portier avoit acoûtumé de frapec en dedans la porte avant que de l’ouvrir, pour a- vertir ceux qui palìoient. A l’égard des portes dans l’intérieur des maisons, on y metoit des voiles, que nous apellons aujourd’hui.íwiùém. On entroit d’abord dans un vestibule, où l’on plaçoit les statués, les portraits, & les armes des ancêtres, dont ils tâchoient par ce moïen de conserver & d’honorer la mémoire. Ils y plaçoient même des statués de leurs Dieux. Mien raconte , dans le chapitre 41. du second livre de ses histoires, que Xenocrate de Calcédoine revenant vainqueur d’un festin que l’on avoit donné au public, mit fur la tête d’une statué de Mercure qui etoit dans son vestibule, la couronne qu’il venoit tle gagner. On peignoir les portes de diférentes couleurs ; on les orneit par des inscriptions, parl’exposition des dépouilles des ennemis que l’on avoit vaincus, pat quelques animaux que l’on avoir, tuez à la chasse, salon le témoignage de Manilius: Hoc habet, hoc Jìudium poses ornare fuperbis PeUibus, U captas domibus prafgere pradas. Usage qui subsiste encore parmi les Gentils-bommeï. Enfin, dans les ocasions de fête & de réjouissance, on couronnoit les portes avec des guirlandes de toutes sortes de fleurs, avec des feuillages, & avec des arbres entiers que l’on plantoir à la porte solennellement ; & dans les ocalìons de deuil, on sc servait d’un ciprès. Et fronde carottai Funereâ , dit Virgile , 4. Aneid. Et lib. 6. Ferales ante cuprejjoc Constituunt. 11 y auroit encore bien des choses à remarquer fur le* portes des Anciens : mais la digression scroit trop longue ; il faut nous contenter de remarquer que quelques Coû- tuines obligent le vassal de rendre hommage à la porte du château, lorsque le Seigneur à qui il est dû, en est absent, Sc d’observer les mêmes formalisez que l’on obser- veroit s’il etoit présent. II m’a toujours paru très-rídicu- le & contre la bienséance,d’obliger le possesseur d’un fief de se métré à genoux devant une porte,de tenir les mains jointes fans qu’il y ait quelqu’un pour ses ouvrir, enfin de renouveller à une piéce de bois ses assurances de fa fidélité. Du Moulin, fur l’article 14.de la CoûtumedeChar. tres, a eu raison dc dire qu’il n’y a que les sots qui soient sapables d’autoriscr une semblable impertinence. Les Tome 111 , Z plain- 178 POR plaintes que les amans font contre les portes qu’ils trouvent fermées, ne font pas moins impertinentes. Ovide étoit de ces chantres nocturnes, Eieg. lib . ;. Ule ego Musarum purus Phœbique Sacerdos Ad rigidas canto camien inane fores. Sans doute qu’il ne fe fouvenoit pas, quand il fit ces vers, d’avoir fait celui-ci : Ebrius ad durum formofe limon arnica Cantat. & {f Les Poètes, pour exprimer l’horifon, ont dit /« pertes d’Orient. Mr. de Meziriac : L’aurore qui venoit d 7 un visage riant, En volonté d’ouvrir les portes d 7 0 rient. L’exprefïìon, en volonté d’ouvrir , est baffe. Voiture a dit. Des portes du matin l’amante de Cèphale. Mr. Sarrasin: Au point de la clarté nàijjante , U aurore pale U tanguijjante, Quand la porte du jour s 7 ouvrit. Rampale s’est servi de portail , que je trouve bien dur: U Aurore en J'es plut beaux habits , Ouvroìt d’une clef de rubis Le portail d’où le jour commence fa carrière. PORTE- Ce mot se joint à divers autres, & signifie celui qui porte, ou ce qui porte. Exemples. PORTE-ARQUEBUSE , J- m. [ Armijcr regius.] Ofi- cier qui fournit de poudre & de plomb pour la chaise du Roi, & qui a 300. livres de gages avec toutes les vieilles'armes du Roi, comme fusils & pistolets. (.11 y a deux porte.arquebufes fervans par semestre.) PORTE-ASSIETTE , f m. [ DiJci fsrculum. ] Rond de métail ou d’olier en forme de coller dont on fe servoit ordinairement il y a vingt-huit ou trente ans pour métré fous les assiettes à ragoûts. (11 a de beaux porte-assiettes d’argent. Porte-aíiiette d’étain sonnant. Porte-alliettes d’oíier bien faits.) On apelle aussi ces sortes de porte.ajjiettes des cohers. PORTE -A UBANS ,J. m. [Antennarum gejlatores.] Ter- me de Marine. Pièces de bois qui portent les aubans. PORTE-AUGE, f m. [Alveifer.] Maqon qui ne travaille pas à la journée, mais qu'on va quérir dans les carrefours pour refaire quelque chose. ^ PORTE-AUNE. f m. Machine de bois dont se servent quelques Marchands pour soutenir leur aune, en faisant saunage de leurs étofes. PORTE-BAGUETTE , f m. [ Annuli qui catapulta bá. eillum continent. Terme d'Arquebusier. Ce (ont deux petits morceaux de ser en rond atachez au fût de Parme à feu, S fur lesquels pose la baguette du fusil, du pistolet & du mousquet. £ PORTE BALE, f. m. [Circumforanettì Propola. ] Petit Mercier qui court la campagne, ct qui porte sur son dos une petite baie, ou une caisse legere remplie de menue mercerie, ou de toiles. PORTE-BOUQUET , f. m. [D feusforum fafciculi ge. Jlator,] Efpéce d’allìete d’argent où l’on met des gans & des bouquets, & qui sert à parer la toiletc des Dames. (Un beau porte-bouquet.) i PORTE-BROCHES, s. m. Outil dont fe servent les Arquebusiers, où s’emmanchent les diférentes broches qui font propres à ces Ouvriers. * PORTE-CAHIER , s. m. f Cartopbofum majui. J C’est un porte-feuille large par le dos , & qui a des filets où l’on passe plusieurs feuilles de papier. Volez porte-feuille. PORTE-CARREAU, s. m. [Pulvillorum tabulatum .] Petit carré de menuiserie soutenu de pommes, sut lequel on met des carreaux. $ PORTE-CEDULE, s. m. Petit porte-feuille long & étroit, dans lequel lesNégocians & gens d’afaires portent leurs billets & papiers importans. PORTE-CHAPE, f. m. [ íajìophorus.] Celui qui porte la chape dans les Eglises pour y faire i’Ofice de Chantre , &c. Les Maîtres cuisiniers de la ville de Paris prennent dans leurs lettres la qualité de porte-chàpes. PORTE-COL, J. m. Terme de Gabelle. C’est celui qui fait le fauísaunage dans des sacs, qu’il porte ordinairement pendus au col. t PORTE-COL. [Geruluíi] Terme des Aydes. On donne ce nom à des pauvres gens qui gagnent ieuï vie en revendant à petites mesures, l’eau-de-vie qu’ils smt achetee„au pot & à la pinte. . POR PORTE-CRAYON, f. m. [Stilifer ] Petit instrument, gros comme un bon tuyau de plume , long de sept ou huit pouces où il y a un crayon. PORTE-CROIX , f. m. [Cruajer. j Celui qui porte la croix. .... (Illustre portf-croix par qui notre banmere W a jamais e» marchant fait un pas tn arriére. Defpr.) PORTE-CROSSE , f m. [ Pajloralìs pedi gefiator. ] EcléiÌ3stique qui porte la crosse devant un Prélat loti- qu’il oficie. PORTE DIEU , f m [Qui viaticum agm sert.'] O11 apelle ainsi à Paris le Prêtre qui porte le Viatique anx malades. (Le Porte-Dieu est sous le daix , le Ciboire à la main, précédé de deux falots & d’un Clerc, qui sonne une clochete, pour avertir le peuple de fe me- ire à genoux.) PORTE-DINE', /. m. [prandìi gejlatorium.] Terme de potier d’étain. Sorte de pot d’étain, fait pour perler à dîner à de certains ouvriers comme aux maçons, eharpentiefs , &c. RORTE DRAPEAU , f m. [Vexìllarìuí .] Celui qui porte le drapeau de l’Oficier. Enseigne dans les gardes Françoiscs. On disoit autrefois P orte-Enseigne. PORTÉ E'PE'E , f m. [Matbœropborw.] C’est une efpéce de sangle ou de ceinturon, dans quoi on met l’épée lorsqu’ou la porte. (Un porte-épée bien fait.) PORTEE'-PERON. f. m. [ Calcarium gejìatorium. ] Terme de Cordonnier. C’est un petit morceau de cuir, trois ou quatre doits au-dessus du talon de la bote, mis pour soutenir l’éperon du Cavalier. (Un bon ou méchant porte-éperon.) PORTE ETENDARD, / m. [Signifer ] C’est íegarde de la brigade qui porte l’étendard. PORTE E'TRÍER , f. m. ['Stapia ligula.] Terme d« Sellier. Petit bout de courroie ataché au derriere de la selle pour trousser les étriers quand on est defeen- du de cheval, ou que le cheval est à ('écurie. , PORTE-FAIX,y.’ m. [Eajulus j C’est celui qu'on apelle ordinairement crocueteur , & qui gagne fa vie à porter des fardeaux avec les crochets fur ses épaules. PORTE-FEU. [Ignifer.] Conduits où l’on met désamorcé pour faire jcíier successivement des fusées dans des feux d’artifices. PORTEFEUILLE,^ «r. [Cartopborum.] C’est un ouvrage de Relieur, composé de deux ais de carton, couverts de parchemin, de veau, de mouton, ou de maroquin , avec quelques enjolivemens de doreur fur la couverture. (Un beau porte-feuille.) PORTE-IMMONDICE, f. m. [Srrdifcrum insiruimn- tum.] Ordurier. Voïez Ordtirier. PORTE-LETTRE,/ m. [Literarum theca gejìatorìa.] C’est une efpéce d’étui, ou de bourse de cuir, ou de broderie, qùi sert aux gens d’afaires à métré leurs papiers, lettres, mémoires, ct c. & les porter dans leurs poches fans qu’ils fe gâtent. (.On apelle de mémemi porteur de lettres.) PORTE-L 1 VRES. f. m. [Capfarius.j Celui qui portoit des livres des enfans de condition lorfqu’ils alloientaux exercices. ( Danet .) PORTE-LOTS , f. m. 0 Margo lignea. J Terme de Charpentier. Ce sont des pièces de bois qui règnent au pourtout des bateaux foncets, ou autres Vaisseaux au dessous du plat-bord. PORTE MAIL , f m. [Malleoli vel tudìçuli gefiator.] C’est l’Ohcier qui va quérir un mail, une passe ct des boules, quand le Roi veut jouer au mail. PORTE-MALLE, J. m. [Sarcinarius.] Oficier qaì est obligé de suivre le Roi avec une malle, où il y a du linge & tout ce qui est nécessaire à l’habillementdu Roi. PORTE MALHEUR , ou porte-guignon. f m. [Malo- rum aulor.] Nom qu’on donne à celui qu’on erpit être cause de quelque malheur. Mr. de la Monoïe explique le tnotpcrte-guìgnen en ces termes, dans fes Noèls Bourguignons : „ Qui 1, dit guignon, dit travers s guignon en effet vient de 1 > guigner > qu’on auroit dû écrire cuigner , regarder du ,, coin, c’est à-dire, du coin de l’œil. “ Cuin du latin cuneus est dans Nicot, qu’on peut aussi voir au mot guigner. Cette maniéré de regarder du coin de l’œil attribuée à l’envie, a de tout temps été pou-r marquer une efpéce de fascination qui portoit malheur. Horace, L 1. epiji. i 4 . Non ijìic ohliquo oculo mea commodes qufquMt POR ta mente superstition régné encore aujourd’hui en Espagne. PORTE-MANCHON. s. m. [Cingulum pellicea manie* gejiatorium.] C’est un grand anneau d’argent, avec un gros bouton de même métal, qu’on met au manchon, & au travers duquel anneau passe un ruban qu’on se met à la ceinture, & qui sert à soutenir le manchon. (Un beau porte-manchon.) PORTE-MANTEAU , s. »r. [Pendiculi retinaculum.] Petit ouvrage de Menuisier, long d’un pié ou environ, que l’on atache avec deux doux à quelque chose & où l’on met son manteau lorsqu’on l’òte de dessus ses épaules. (Un porte manteau assez joli. •j- Tous nies habits font fur ma peau. Bref je Juis mon porte-manteau. Benserade, poës.) PORTE-MANTEAU de Madame. C’est celui qui porte la queue du manteau de Madame. PORTE-MANTEAU. [Palliigejiator.] Oficier qui tous les matins se doit trouver au lever du Roi, qui prend à la garderobe le manteau de Sa Majesté & se tient proche de sa personne pour le lui donner, ou le lui ôter quand elle le demande. Le porte-manteau a soin aussi de garder les gans, le chapeau, l’épée&le manchon du Roi, & les lui rendre quand il les lui demande. 11 y a douze porte-manteaux du Roi servant par quartier, & qui prennent tous la qualité d’Ecuyer. (A- voir une charge de porte-manteau. 11 est porte-manteau chez le Roi.) PORTEMENT, f m, [ Crucis gejíatio. ] Prononcez porteman. Ce mot se dit parmi les Peintres & lescon- noisseurs, en parlant de la Croix de Jesus-Christ. 11s apellent portement de Croix , une peinture de Jesos- Chrilt qui porte fa croix. (Melan a fait un portement de Croix , qu’on estime beaucoup, parce qu’il est très- beau.) PORTE-MISSEL , f m. [Pluteus librifer.] C’est une forte de petit pupitre avec un pied & des rebords qu’on met fur l’Autel & dont on se sert pour soutenir le Missel lersqu'on dit la Messe. (Un porte-Misse! bienfait.) PORTE-MITRE, f m. [ Mitrifer .] C’est celui qui lorsque l’Evêque, l’Archevêque, ou autre Prélat oficie, donne la mitre à l’Aumônier pour la mettre fur la tête dc l’Evêque, ou de P Archevêque. PORTE-MOUCHETTES , f m. [Forficum gestator ,j| Instrument de métal qui a des rebords , qui est de la longueur des mouchettes, & où l’on met les mouchettes quand on ne s’en sert pjo,{ljnporte-moucbettesbien Fait.) f * PORTE PAQUET , f. m. [Susurro] C’est un terme injurieux qu’on dit des causeurs ou des dateurs, qui vont faporter à d’autres ce qu’on aura dit secrètement d’eux dans quelque petite compagnie , à leuí désavantagé. PORTE-PIE'CE , s. m. Terme de Cordonnier - Outil dont le cordonnier se sert pour percer les souliers. PORTE-QUEEè. s. m. [Caudatarizu.] S’apelle autrement Caudataire. II y en a chez les Cardinaux. t * PORTE-RESPECT, f. m. [Bre-oior sclopus.] Ce mot se donne par une espèce de raillerie à un mousqueton de gros calibre, parce qu’il oblige celui à qui on le présenté de psrter rejpefí & de ceder à la violence que lui fait son ennemi. f PORTE-TAPISSERIE , f. m. Machine composée de plusieurs tringles de bois, & quelquefois de fer, & qu’on attache souvent au haut des portes, pour soutenir un morceau de tapisserie, qui tient lieu de portière, & qui va & vient avec la porte. î PORTE-TARRIERE , f. ni. Outil d’Arquebuiier j qui sert à enmancher les tarrieres. PORTE-TRAIT, f m. Terme de Bourrelier. C’est un petit morceau de cuir plié en d;ux pour soutenir le trait des chevaux de carosse. PORTE-VENT > f. m. [Fijïula aèrent trájiciens.] Terme de Faiseur de mujette. C’est un chalumeau qui est fur la cornemuse, & qui sert à Rentier avec la bouche. C’est la partie de la musette par où l’on fait entrer le vent avec un soufflet. PORTE-VENT. [ Fijiula -] Terme de Fa fleur d’orgue. C’est une sorte de q narré qui est de bois, qui est creuX» qui est ordinairement tout colé de parchemin par dedans Sc qui sert à porter le vent dans les souíîetsde l’orgue. PORTE-VERGE , f m. [/Ippaiitor.] C’est le bedaut d’une Enlise de paroisse. PORTE-VERGÚES , f. t>i. [Funium fcariJUium gejla- POR 179 tores.'] Terme de Mer. Ce font des pièces de char- penteries cintrées, ou l’assemblage de plusieurs pièces de bois qui font une portion de cercle & la partie la plus élevée de l’éperon, & qui règnent fur l'Aiguille depuis le chapiteau jusques aux Bosseurs. Ozan, Ditt. Math, PORTE-VOIX, f tn. [Buccina fertnonem proctcl tranf- mittens.] Sorte d’Instrument de métal dont on fe sert pour porter la voix plus loin. Votez Trompette pariante. PORTE'E , f f IJaHus, ctnjeflus.] Ce tìiot se dit en parlant d’armes qu’on tire, soit armes à feu, ou autres, comme arbalètes, frondes, &c. C’est l’endroit jusques où porte l’arme lorsou’on la tire. (11 étoit à la portée du pistolet, de l’arbaléte, ( de la fronde, &c. A la portée du trait. 11 a été tué à une portée de mousquet de la Ville. Us sont bots de la portée du canon. II ne fàut pas se camper à la portée du canon d’une place de guerre.) PORTE'E. [Jafíus menfirius.] Terme à’Arpenteur. C’est une mesure qui est de la longueur dé la chaîne del’Arpenteur, laquelle il porte d’un piquet à l’autre. Les ouvriers qui travaillent en étofes & en rubans» parlent aussi déportées, & disent que îa chaîne est dc tant de portées, dont chacune est d’une certaine Ion. gueur. [Textura.] PORTE'E. [tn iongumdufíus.] Use dit de l’étenduë à laquelle certains corps peuvent agir, ce qu’on nomme en Philosophie la Sphère d’activité. (La portée de la voix , &c.) PORTE'E. [Partus, fœtus.] Ce mot so dît des femelles des animaux. Ce sont tous les petits que la semelle fait & met au monde. (C’est sa prémiére portée» C’est sa seconde portée. Lice qui a eu quatre chiens d’une portée.) PORTE'ES. [Cornuiiria ccljìtas.] Terme de Chasse. Action de cerf qui passant dans un bois épais, jeune & tendre » fait plier & tourner les branches avec si» tête. (Le Cerf de dix cors commence à faire des portées de la tête à la mi-Mai. Salnove.') * PORTEE. [Captas, intelligentia.] Ce mot se dit des personnes, & veut dire Capacité. Ce que peut Faire une personne ; ce que peut produire son esprit- Force. Avantage qu’on a par dessus une autre personne, soit que cet avantage vienne de l’esprit ; de quelques qualitez particulières, ou de la Fortune- En matière de letres galantes, on peut dire qu’il n’y a personne de la portée de Voiture, & que Monireiiil U le Pais ne Font que ses singes les moins considérables- (Je connois la portée de son esprit. Tant de faits au-deffus de la portée humaine , Comment J'eront-Us crus de la pojiérité, > Si nom qui les voyons, ne les croyons qu’a peine. Abé Regn.) PORTE'E , f. f. [Planta fitppeUex.] Terme dc Merl Votez Port. PORTER , v. a. [Gejlare, Bajulare.] Avoir sut soi quelque sorte de charge, ou de fardeau. Tenir» Avoir sur soi. (Mulet qui porte cinq cens pesant. Porter un cierge à la procession. Porter une épée- Porter un pistolet. Porter de l’argent. On ne peut trop aimer ses chaînés Quand i’amaur aide à les porter. Racine ) * PORTER la pique , porter le mousquet. [Arma gí- Jiare.] C’est-à-dire, être piquier, être mousquetaire. PORTER. [Praserre, gerere.] Terme de Blason. Quì signifie avoir dans lès armes une certaine couleur. (II porte de gueules d'or, & d’argent, &c.) PORTER. [Transserre.] Transporter d un lieùàust autre. Conduire, mener. (11 porta les enseignes Romaines au-delà de l’Elbe. Ablanc. Tac. Ar. i. 4. Tuyau qui porte l’eau dans les bains. Savots PORTER.. [Emittere, expiodere.] Ce mot se dit ea parlant d’ Artillerie, d’armes, Sc d’initruinent qu’on jette, ou qu’on tire, Sc dont le coup s’étend loin & VA jusques à un certain lieu. (Canon qui porte un boa quart de liens. Leurs frondes portoiens loin. Abl. I. c, ;.) PORTER- [tncederel] Ce mot sc dit en parlant de gens qui marchent, ou qui dansent. {Porter jon pied en dehors. C’est jeter son pied en dehors lorsqu’on marche. Porter son pied en dedans. C’est le jeter trop en dedans , ce qui est un défaut. Porter bien le pied , le Tirât Ut. Z % corps igo PRO torps N & ttte. C’est jeter son pied de bonne grâce. C’est tenir son corps & fa tête agréablement. On diL aussi au même sens & en parlant de certains animaux, comme des chevaux : Voilà un cheval qui forte bien fa tête,') PORTER. [PonderareJ Poser. (Les cordes du luth portent fur le filet. Colonne qui porte fur le mur.) PORTER. [Extento cors are iflu adversariunt peterel] Terme de Maître d’Armet. Allonger, pousser. (Porter une bote. On dit aussi au même sens, porter un coup d’épée.) On dit aussi qu’une colonne forte à faux , quand elle n’est pas soutenue par un apui convenable. Co. lumna non bene sulta. PORTER. [Pragnare.2 Ce mot se dit des femelles des animaux qui sont pleines un certain tems réglé lors. qu’elles ont été couvertes. (Les cavales portent les poulains onze mois & autant de jours qu’elles ont d’an- nées. Saleìfel , parfait Maréchal.) PORTER. [Ferre, fundere .] Ce mot se dit des fonds de terre Çy des arbres , & veut dire produire. Estre fertile. (La terre porte des fruits. Arbre qui porte de beaux fruits.) PORTER. [Equum agere .] Ce mot fe dit en terme de Manège. C’est faire avancer. (Porter son cheval de côté & d'autre. On dit aussi en termes de Manège. Cheval qui porte bas. C’est-à-dire, qui baisse trop la tête. On dit aussi Cheval qui porte beau. C’est-à dire, qui a une encolure de cigne & qui porte la tête haute & de bonne grâce.) PORTER une santé à quelqu’un. [Propinare.2 C’est boire à la santé d’une personne, en engageant un autre à faire la même chose. (■Cependant mon hâbleur avec une voix haute , Porte à mes campagnards la santé' de nôtre hitc. Despr.) PORTER, [serre.] Terme de jeu de cartes. On dit au piquer, quand on a écarté, qu’on porte en pic, ou en trefle, qu’on porte à une quinte en cœur. A la boule quand un seul joue contre deux, on dit qu’il porte les deux. PORTER. [Navigare versus rhumbumf Ce mot se dit en Ternie d e Mer, & signifie faire route. (Vaisseau qui porte au Sud.) Porter un cap , ou doubler un cap, c’est passer un cap, & le laisser en arriéré, ou à côté. PORTER à route. [ Relia progredi.] Ou faire droite route, c’est courir en droiture au parage où l’on veut aller, sans relâcher ni dériver fi l’on peut. PORTER toutes ses voiles. C’est les avoir toutes apa- reillées & toutes au vent, f PORTER. Ternie de Teneur de livres. C’est écrire, ou mettre un article, une partie, une dette à l’en- droit qui leur convient. On dit porter fur le Journal, porter fur le grand livre, porter à compte, porter en débit, porter en crédit, porter en recette, cn dépense , &c. í PORTER , se dit en Termes de Commerce d’éto- fes, de la longueur & de la largeur qu’elles ont. (Cette pièce porte trente aunes.) í PORTER, se dit dans le même sens dans le Commerce du bois quarré. Cette poutre porte quarante pieds. * PORTER. [ Continere ] Contenir. (L’arrêt portoit que ses livres seroient brûlez. Ablancourt. Tac. Arr. I. 4 .) * PORTER. [Ducere, incitare , cogéré.) Pousser, obliger, faire pancher, incliner. ( 11 s portèrent son esprit à la cruauté. Ablancourt. Quel démon vous irrite (j? vous porte à médire? Un livre vous déplaît s Qui vous force à le lire ? Despr.) * PORTER. [Dirigere J Diriger. (Porter son intention au gain, & non pas au péché. Pascal. I. 6.) * PORTER. [Tolerare , sujimtre , pati.2 Suporter, foufrir. (Porter patiemment le malheur. Ablancourt. Faire porter aux médians la peine de leur crime. Ablancourt. Ret. I. 2 . c. 3 .) ' PORTER. [Ferre.J Ce mot entre encore dans plusieurs façons de parler qui ont chacune un sens particulier. (Exemples. II ne le portera pas loin. Scaron. [Illud haut multum fieret.) C’est-à-dire, il fera bien-tôt puni. Vous en porterez le péché. [Culp.e ptenamsujiine. hk] C’est à-dire, vous étés cause du mal que je fais, & vous en ferez puni.) PRO r Porter parole de quelque chose â quelqu’un. [Ccrtu verba de re aliquâ alìcuì fiacere.) C’est engager fa parole à une personne pour assurance de la chose dont on lui parle, pourvu que de son côté cette personne veuille faire ce qu’on lui propose. f * PORTER la parole. C’est parler au nom d’un corps, d’une assemblée. * PORTER témoignage. [Dicere tesimonium .] C’est rendre témoignage. * PORTER de i’ajfeftion, de l’amitié, ou de l’amour à une personne. [Propendere in aliquem inclinatione vo. luntatis.2 C’est avoir de l’afíection, de l’amitié, ou de l’amour pour une personne. * PORTER la robe. [Forum f qui.2 Fréquenter le Palais en qualité d’homme de robe. On dit au même sens porter l’épée. [MiUtiam profiteri.2 C’est suivre les armes & faire la profession d’homme de guerre & de cavalier. ($ PORTER une couronne. Mr. Godeau, Ode à Louis XIII. Tous les Rois ont une couronne , Tous ne la savent pas porter. * Le porter beau. Le porter en beau lieu, [Magni. scèse habere.2 Ces mots, en parlant des personnes, signifient avoir une certaine propreté & ur. certain aju. slement qui marque qu’on est acoinmodé. * PORTER. [Favere,2 Apuyer, favoriser. (II le porte, il le soutient, il le favorise, il l’apuye-) * PORTER envie à quelqu’un. [InvidereJ * PORTER bonheur ou malheur. [Proférant vel ai. versant afferre sortunam.2 * PORTER. [ Vinum robustum. J II se dit du vin. (Ce vin porte bien l’eau, c’est-à-dire, il ne perd pas beaucoup de fa force, quoiqu’on y mette de l’eau.) PORTER. S’employe en plusieurs Proverbes. Comme argent comptant porte niedecine. Autant vaut traL ner que porter. On dit d’un mauvais Prédicateur, ou d’un homme incommode, qu’on le porte fur ses épau- les. On dit d’un homme battu, qu’il est le plus fort, qu’il a porté les coups. On dit qu’en l’autre monde chacun fera mercier & portera son pannier. Se porter. Ce verbe est aussi réciproque & entre dans plusieurs façons de parler figurées & de divers sens. ( * Se porter bien. [Optimé se habere.2 C’est être en bonne santé. On dit qu’il fe porte mieux. Pourquoi tant s’informer de quelle année cst-elle, quand on fe porte bien & qu’on est toùjonrs belle. Bens.) Se porter mal. [Mail se habere.2 C’est n’avoir point de santé. Etre malade. * Se porter â quelque chose, [Propendere in aliquil2 C’est avoir de la pente & de [inclination à une chose, (II se porte à la Poésie. II se porte à la guerre, lise porte au bien. Ablancourt.) * Se porter. [Animum attendere.2 S’apliquer, s’em- ployer. (Se porter mollement pour les intérêts d’m» ami. Se porter avec ardeur à une chose. Ablanc.) Se porter. [Se gererej Se gouverner , se conduire. (II commanda à la noblesse de le suivre, & de se porter en gens de cœur. Ablanc. I. 1 , Se porter. [Se gerere.2 Ce mot fe dit en Termes de Palais. {Se porter partie contre quelqu’un. Se porter pour apellant. [Adjudicem juperioremprovocare.2 C’est- à-dire, fe rendre, fe déclarer apellant ou partie. Se porter pour héritier. [Hareditatem adire.2 C’est fe déclarer héritier.) * Puisque vous êtes tout porté ici. [Cum hic comnodi adss. ] C’est-à-dire, puisque vous vous trouvez ici ; puisque vous êtes venu. POR TERE AU, f m. Construction de bois qu’on fait fur les petites rivières pour retenir l’eau & la rendre plus haute, afin de faciliter la navigation. Í 1 est fait en forme de bonde d’étang. On en voit à Cot- beil prés Paris fur la riviere de Seine. PORTERIE , J. fi [Cella ojiiariis Ce mot ne fe trouve ^ U nÀ 3 n P9 ur ^£ n 'her la chambre du portier. PORTEUR , /. m. [VeHor.2 Mot général qui veut dire celui qui porte. (On donne des coups de bâton au porteur. Donner quelque chose au porteur. De vos biens déformais il es maître (f? Seigneur ^JVMT) contrat duquel je suis porteur. PORTEUR, f. m. [Vefler.2 Officier des ports de Paris qui a foin de faire porter les marchandises. (Un juré porteur.) j . PORTEUR POR PORTEUR. [ 'LeBìcarius .] C’est un porteur de chaise. (On dit porteur, ou porteur de chaise, & plutôt porteur, que porteur de chaise. (Allez dire a met porteurt qu’ils le trouvent ici, à dix heures, car je veux aller en ville.) PORTEUR. [Equus veHor.] Terme de Cocher & de pojiibon. C’est le cheval de devant fur lequel monte le postillon qui conduit les premiers chevaux d’uncarolì'e à six chevaux. PORTEUR de lettre de change. £Qui pecuniam ab alio solvendam accipit.] C’est celui qui porte une lettre de change. (Etre porteur d’une lettre de change.) £ PORTEUR, te dit aullì de celui qui est chargé de rendre une lettre. f On dit par raillerie d’une lettre qu’on trouve trop longue, le porteur vous dira le reste. PORTEUR de charbon , s. m. Officier des ports de Paris qui fait porter par des plumets le charbon que le Bourgeois achete. (Juré porteur de charbon.) PORTEUR d’eau, s. m. £Qui per domot aquani cir. cumfert.] Celui qui gagne là vie à vendre & à porter de l’eau par Paris. (,Un bon porteur d’eau. Un porteur d’eau qui ne trompe point, caries porteurs d’eau don* nent fouVent de l’eau de puits, ou de riviere, pour de l’eau de fontaine. Le porteur d’eau a deux seaux, des cerceaux & une sangle.) PORTEUSE d’eau, s. f. £Aquario!a.] Celle qui gagne fa vie à porter de l’eau dans les maisons. PORTIER,/»». £OJ)iarius.] Celui qui garde la porte, soit d’une grande maison, d’un Colége, ou d’un Couvent, & qui a foin de l’ouvrir & d’avertir c.uxdu logis qu’on demande. (Portier rébarbatif. Voulez- vous parler à Monsieur, graissez la pâte à son portier. Ablancourt. Son mari qui sortant a tout laissé tranquille , Se trouve ajsez surpris , rentrant dam fa maison , De voir que le portier lui demande son nom. Defpr.) 0 PORTIER de Comédie. Mr. Racine, dans ses Plaideurs : Ma foi , j’étois un franc portier de Comédie, <œ 5 > PORTIER d’un grand Seigneur , ou de quelque Magijirat. Ces sortes de gens font terriblement intéressez , & savent parfaitement faire ouvrir la bourse avant que d’ouvrir la porte. Ecoutons Petit Jean portier de M. George Dandin, sc. i. a(i. i. det Plaideurs : Tout Picard que j’étois , j’étois un bon Apôtre, Et je faifois claquer mon fouet tout comme un autre , Et les plus gros Monsieur me parlaient chapeau bas Monsieur de Petit ff-ean, ah ! gros comme le bras ! Mais de P argent, l’honneur n’ejl qu’une maladie > Ma foi , j’étois un franc portier de Comédie » On avoit beau heurter f niôter Jan chapeau , On n’entroit point chez nous Jans graijjer le marteau . Point d!argent, point de Suijfe , es ma porte étoit close s II ejl vrai qu’à Monsieur j’en rendok quelque chose , Tous comptions quelquefois , on me donnait le foin De fournir la maison de chandelle s de foin ; Mais je n’y per dois rien s enfin , vaille que vaille, J’aurois fur le marché fort bien fourni la paille. Voilà l’idée générale d’un portier de quelque grande maison. Voici à présent un des tours dont ils usent souvent. Chicaneau donne de l’argent à Petit Jean, qui le reçoit agréablement; mais il n’ouvre point la porte, & dit à Chicaneau de revenir demain; ce qui l’oblige de se recrier : Hé rendez donc l’argent , Le inonde ejt devenu , fans mentir , bien méchant, PORTIER. [ Ostiariw.] C’est le premier des quatre ordres mineurs. (Recevoir l’ordre depsrrà) PORTIE'RE , s f [OJtiaria.J C’est une Religieuse qui a soin d’ouvrir les portes. (La Mere une telle est portière.) PORTIE'RE, / s. £Supparium.] C’est un morceau d’étofe pendu a une tringle qu’on met devant la porte d’une chambre & qui est aussi long & aulfi large que la porte. (Faire une portière. Métré une portière.) 0" Le véritable mot Latin est protyrum , qui signifie une avant-porte, une portière. Les Romains me* toient des pièces d’étofe devant les portes de leurs galeries ou de leurs portiques; témoin Properce, lib.z, eleg. v. io. u. POR i$i Scilicet umbrofis sordet pompeia columnk Porticus aidais nobilis attalicis. Ulpien, dans la Loi Quasttum , de instrument, m* Jìruc, leg, distingue trois espèces de voiles. i°. 11 y en avoit dont on se servoit dans les maisons pour y donner du frais. 2°. D’autres étoient disposez pour éloigner le vent, & s’opposer à la pluie, comme auílì pour couvrir les cours ouvertes. On couvroit les statués de certains voiles; Et ç°. II y avoit un voile a* pellé penula , dont on; couvroit la porte de la maison. On peut encor voir d’autres significations du Terme pro . pyleum dans le Dictionnaire Mathématique de Vitalis. Voïez propyleum. On se servoit encore de voiles dans l’intérieur des maisons, & ils étoient semblables à nos portières, Lampride dit d’Héliogabale, cap. 14. Qui subito militum strepitu exterritur, in angulum se candi* dit , objeciumque veli cuJbicularìi , quod in introitu erat cubiculi, Je texit. Suetone dit de même de Caligula. Inter pratexta soribus vêla fe abdidit. Le même Lampride, que je viens de citer, loué l’Empereur Alexan- dre, de l’accès facile qu’il donnoit à tout le monde, les portes de fa chambre étant toujours ouvertesî Quod salutaretur quast unies de Jenatoribm, patente vélo, admijfionalibus remotis , sc. PORTIE'RE de carosse. [ Rbedœ fores.'] C’est une ouverture qui est au milieu de chaque côté d’un carosss qui n’est pas vitré & par laquelle on monte en ca- rosse, ou l’on décend de carosse. (Se mettre à la portière. Etre à la portière du carosse.) PORTIE'RE , adj. f. [Apta satui matrix.] II fe dit des brebis & des femelles de quelques autres animaux. (Une brebis portière. Une lice portière: c’est à-dire, qui est en âge & en état de porter des petits.) PORTIE'RES. Se dit encore des cornes de la matrice, en la plupart des animaux ; qu’on apelle auílì trompes. On dit burlesquement qu’une charette est un carosse à trente six portières. PORTION, //. [Divisto.] II vient du Latinpw. tio. Prononcez porcion. Ce mot signifie partie de certaine chose, comme de terre, & de maison. (Portion de maison à louer, portion de maison à vendre. Jesçai une bonne portion de pré, de vigne &c. à vendre.) PORTION. £Pars.] Terme de Géométrie (Diviser une ligne en tant de portions égales, où inégales. Uns portion de cercle, on dit avili un segment, ou un secteur. Voïez ces mots en leur rang. Les verres de lunettes portent plus loin ou plus prés selon que le verre objectif est portion d’une plus grande ou plus petite sphère.) PORTION. [ Esculenta portios Terme de Religieux Bernardins & de plusteurs autres.] C’est ce qu’on donne de vin & de viande à un Religieux par chaque repas. (Une bonne portion. Une portion de viande. Une portion de vin. Etre privé de fa portion.) 0 PORTION démodé. Terme de Musique. C’est-à- dire, un chant qui n’a pas toute l’étenduë du mode. Voïez le DiHionnaire de Mustque du Sieur Brojjard. PORTION congrue. [ Congrua pensto.] Termes qui fe disent en parlant de tìénestces Cures. C’est ce qu’on assigne à un Curé pour vivre en desservant une Cure. (La portion congrue est au moins de cent écus. On lui donne une portion congrue. Faire une portion congrue. Monsieur Thiers a fait un Traité des portions congrues .) * La portion congrue est dûë aux Curez de droit divin & de droit naturel ; & la feule raison autorise cet ancien Proverbe, que quijert l’autel, doit vivre de P autel. Pendant les prémiers tems de rétablissement de l’Eglise, les Clercs vivoient dans une parfaite communauté, & l’on foumissoit à chacun ce qui lui étoit nécessaire. Les ob- lations, les dons que l’on faisoit abondamment, tout en- troitdans le fonds de cette communauté, & l’Evêque avoit le foin de la régir, & de subvenir aux besoins des particuliers qui la coniposoicnt; elle finit, parce qu’il devint impossible de la maintenir lorsque les Fideles commencèrent à remplir les villes, & à se répandre dans le monde. Mais le fonds de cette sainte société ne fut point encore divisé: les Evêques en resterent ies dispensa- teurs, & ils en tiroient, de tems en tems, ce qui étoit nécessaire pour la subsistance des Clercs : cette distribution fut d’abord journalière : on la fit ensuite tous tes mois» & enfin on se sépara, & pour lors on fit un partage irrégulierdu fonds de cette sainte société; chacun prie, non selon ses besoins » mais selon son pouvoir ; & z z 1» 182 POR la part que l’on laissa aux Curez ou aux Vicaires per- Í ietuels, fut nommée surdon congrue , c’est-à-dire, fe- on Grimaudet, dans son Traité des Dixnies, „ justa „ & convenable quantité pour vivre selon leur quali- „ té & de leur famille, pour exercer les droits d’hospi- „ talité & de charité, & payer les tributs & charges ,, curiales. " 11 semble que cette portion devoir être d’abord fixée par les Evêques : mais on a été long- tems en France incertain fur la cottité. D’un côté de ía Loire , on donnoit 300. livres ; & d’un autre, 250. seulement. On a souvent disputé sur quoi , & par qui cette portion alimentaire devoir être aquitée ? Et pour établir une jurisprudence certaine à cet égard » Louis XIV. d’heureuse mémoire publia une Déclaration fort étendue , dont voici la disposition. ,, i°. „ Elle fixa la portion congrue à 300. livres dans tout „ le Roïaume. 2 0 . Les offrandes, les honoraires & „ droits casuels, que l’on paye tant pour fondations, „que pour d’autres causes, n’entrent point dans la „ composition de la portion congrue. 3 0 . Les Curez „ doivent tenir compte de tout ce qui paroit être de „la dotation du bénéfice, comme dixnies, hérita- „ges, rentes, & autres choses semblables. 4°. Si a- „ près l’option que le Curé a faite de la somme de „ joo. livres & l’abandonnement du revenu dont il „ jouissoit, on défriche des fonds, il jouira des dix- „mes novales survenues, fans aucune diminution des „ 300. livres. $°. S'il y a un Vicaire établi par PEvêque „ & suivant les Canons, il aura i;o. livres pour fa por- „ tion congrue. 6°. La portion congrue sera payée a» „ franchie de toute forte de charges. 7 0 . Elle fera „ prise fur les dixmes ecclésiastiques ; & au casqu’el- ,, les ne soient pas fufisantes, fur les dixmes inféo- „dées, c’est-à-dire, qui font possédées par des Laï- ,, ques. 8°. S'il y a plusieurs décimateurs , chacun ,, en suportera à proportion de la dixme dont il jouit, „ suivant le régalement qu’ils doivent faire entr’eux ; ,, & faute de savoir fait dans trois mois, ils pour- ,, ront être contraints solidairement sur une simple „ Ordonnance du Juge. “ Cette Ordonnance est datée de Versailles, le 20. de Janvier 1686. L’exécu- tion de cette Déclaration a fait naître plusieurs disi- cultez. .On demanda d’abord, si ceux qui par un privilège particulier font a franchis de la dixme, comme les Religieux de Cîteaux, doivent payer la portion congrue, quand il n’y a point de dixme fur laquelle le Curé puisse la prendre ? La faveur de cette portion est si grande, que l’on soumet ceux qui ne payent point de dixmes, à en suporter leur part. Enfin, les Curez ne peuvent point demander leur portion , qu’aprcs avoir abandonné généralement tout ce qu’ils peuvent avoir du fonds de leur Cure. PORTIQUE, f. r,t. [Porticus.J Lieu long & couvert par une voûte, ou par un plancher soutenu par des colonnes. (Un beau portique. Faire, construire, bâtir un portique. Dresser des portiques. Ablanc. Ils ateignoient déja le superbe Portique Où Riboule Libraire , au fond de sa boutique ; Sous vingt fidèles clefs garde U tient en dépôt Uamas toujours entier des écrits de Perrot. Despr.) (f PORTIQUE. C’est une espèce de galerie ouverte de tous cotez, dont le couvert est soutenu par des piliers, afin de pouvoir s’y promener à couvert du soleil & de la pluye. Portique circulaire. C’est une galerie couverte autour d’une place ou d’une cour. O11 dédioit des portiques aux Dieux, comme il est prouvé par ces Inscriptions que Thomaflìn a raportées dans son Traité de donariis : JOVI VICTOR! TREBONIUS GALLUS COS. PORTICUM EX VOTO FECIT DEDICAVJTQUE X. KAL. MATAS APPIO ANNIO M. ATI. COS. MLVANO SANCTO S. VALLIUS SOLON PORTICUM _ LX VOTO FECIT DEDIC^IT^E X. APRILIB. PISONE ET BOLANO COS. PORTIUNCULE , f.s [Fefium nojirx Bomin* cle Angehsfi Pete célébrés dans tout l’Ordre de Saint POR François, à i’ocasion d’une vision quseut ce Saint dan* une petite chapelle dédiée à la Vierge & apelléePor- tiuncule. (Un Prédicateur s’exposc à dire bien' des pauvretez, quand il prêche la portiuncule.') í PORTO APORTO. Les Droguistes donnent ce nom au sumac qui vient de Porto en Portugal. PORTOIR 1 s- m - Terme de Chartreux. Pronôn- cez portoi. C’est une sorte de machine de bois qu’ort tient à la main & où l’on porte à manger aux Char- treux. Ce mot est auíïì en usage dans les autres Com- munautez Religieuses. PORTR.A 1 RE, V. a. [Imaginent delineare.j C* mot signifie peindre , mais il est vieux & par coiffé- quent peu usité. Au lieu de ce mot on dit peindre. jsf PORTRAIRE. Ce terme semble générique, L l’on peut s’en servir toutes les fois qu’il s’agit de la ressemblance de deux choses diférenres. On ne dit point le portrait d’un cheval, d’une maison, ni por- traire un cheval; on ne nomme point un tableau où il y a plusieurs figures, un portrait. Portraire n’est ea usage, non plus que portrait que loríqu’il s’agit d’un homme ou d’une femme. PORTRAIT, s m. [Imago pilla , effigies.'] Ce mot sc dit des hommes seulement & en parlant de peinture, C’est tout ce qui représente une personne d’aprés nature avec des couleurs. (Un beau portrait. Alexandre permit à Apelle seul de faire son portrait. Du Ryer , J’upl. de Quint. Curie, J. z. sb. 6 . Ce portrait rejsemble à la belle, II elt invisible comme elle. Men.) PORTRAIT chargé. [Pifíura jocularis £? ritlicula. ] Terme de Peintre. C’est un portrait satirique. C’eit un portrait qui représente tellement les défauts d’une personne, qu’il les augmente. (Faire un portrait chargé.) f PORTRAIT. Terme de Maîtres Paveurs. Gros marteau dont ils se servent pour fendre & tailler le pavé de grès, particulièrement celui qu’on ncoime du petit échantillon. * PORTRAIT. [Figura.] Ce mqt, au figuré, lignifie représentation, figure. {Mes Moines font cinq pauvres Diables , Portraits d’animaux raisonnables , Pffe. Boise. t. r. Ep. 12.) Que toûjours tes portraits soient peints d’aprà nature. Qu’on comoijse aisément le cnur À la peinture. Vill.) o* aois aux yeux a Jilcmene un portrait mmmut Du grand combat qui mit nos ennemis à bus ; Mah comment diantre le faire Si je ne m’y trouvai p,u ? Mol.) PORTRAITISTE, portrayeur , faiseur de portraits, s, m. [Pifíor.] Bien des gens disent indiféremmenttous ces mots, mais à tort. Portrayeur ne vaut rien. Por- traitifie sc soufre avec moins de peine; cependant il ne vaut pas grand chose, & il n’est pas encore autorisé; n faut atendre qu’une belle bouche, ou qu’une personne respectable s’en serve. En a tendant la bonne fortune de ce mot, on dira faiseur de portraits. C’eft U11 . r ^ >e .* n ^ se ^oi ne sait point l’hiftoire & qui n’est point paisagiste ; mais qui s’aplique seulement à faire des portraits , & qui y gagne dequoi bien faire bouillir son pot, parce qu il n’y a point de bourgeoise un peu coquette & un peu a son aise qui ne veuille avoir son portrait. Les plus fameux portraitistes qui soient de mon te m s à Paris, ce font L’Arzilliére, Ferdinand, Rigaud, Vignot, & de Troie. PORTRAITURE, f f. [Diagrapbiciíf liber.] Ce mot n elt plus en ulàge pour signifier portrait. Mais on ait bien, un livre de portraiture. C’est-à-dire, un li- vr ® ÎPJtraite de Part de peindre. ^ PORTUGAISES, f f. Grosses piècesd’orfra- pees en Portugal, du poids d’une onze trois deniers, aU D t i î ÍDff- e rT V , i ^ t ' trois carats crois quarts. h '“'R I yMNE , f m. [PortumvusJ Dieu marin qui prelidoit aux Ports. On célebroit en Grèce à foo, honneur des jeux Portumnales. POSADE. Votez pesade. í POSAGE , s. m. [Pqfitio.l C’est le travail pout po.er certaines choses pesantes. On le dit aussi P os de la dépense qu’ii faut faire pour payer ce travail. (Le potage deces pierres a donné beaucoup de peine. Le ppsage de cette statue a beaucoup coûté.) POSE. Voïez PAUSE. POSE", pfie, adj. [P os tut, collocatus.] Mis. Placé. (Colonne posée fur fa base. Cofre posé fur les pieds.) * POSE', f osée. [ Homo sedatus , modes us. ] Sage. Prudent. (Esprit posé. Jeune homme fort polë.) [f POSE'. Un homme sage, modeste, qui est toû- jours dans la même situation. Molière dan$ son Avare, dit: II faut avouer que Js vôtre ( pere ) animeroit contre fa vilainie, le plus pojf homme du monde. Dans la conversation familière, & dans le comique, é>o»»»e posé peut être reçu. f POSE' que cela soit. [Sir ìta sanè.] C’est-à-dire , Supofe que cela soit. Prenez le cas que cela soit. POSE'. [Pcdibut insistent.’] En terme de Blason. Se dit du»iion arrêté fur ses quatre pieds, * POSEMENT, adv. [Alodesè, placide, leniter.] Doucement. Sagement. (Us marchèrent au combat posément. Abl. Ret. I. r. cb. g.) POSER, v. a. [Ponere, locare, satuere.] Métré. Placer. Asseoir. (Poser les pierres. Poser la prémiérë pierre d’un bâtiment. Poser de bonne grâce la main sur le luth. On dit aussi poser son camp dans une plaine. Poser un corps de garde. Poser un soldat en lentinelle. Ablancourt.) $ POSER let armet. C’est mettre bas les armes; (Posez les armes. Les vaincus posèrent les armes. A- près la fuite de la cavalerie l’infanterie posa les armes.) ss * POSER let armet, signifie aussi faire la paix OU une treve. (Toute l’Europe fatiguée d’une longue guerre , a posé les armes.) sf POSER. Terme dont les Peintres se servent pour placer une personne, afin de destiner d’aprés, comme l’on fait dans l’Académie de Peinture. On dit, poser un modèle. On dit aussi , une figure bien posee. POSER. [ Coliocare .] Terme d’ Arithmétique. Qui fe dit des chissres qu’on met au-dessous des nombres ajoutez. (Huit & neuf font 17. pose 7. & retiens I.) * POSER un sait. [Pro certo ponere.] C’est assurer qu’une chose est véritablement ce qu'on dit. POSER. [Insdere , inmti.] Ce mot fe dit dans un sens neutre entre Architectes & autres , & veut dire porter jur quelque chose. (Cette pièce pose fur le mur. Cela 11 e pose fur rien de solide.) s- POSER une forme. Terme ú’Imprimerie. C’est la même chose que la dresser. POSEURS , s. m. [StruHoret.] Terme d ’ Architecte & de Maçon. Ce sont ceux qui dans les grands ateliers posent les pierres lorsqu'on bâtit. POSITIF, f «». \_Minut organum pneumatìcum.] Terme de Facteur d’orgues. Petite orgue qui a plusieurs petits jeux au bas de la grosse orgue. (Toucher le positif.) POSITIF, f m. [Ú ostìvum, absolutum .] Terme de Grammaire. Adjeétif qui requit plut ou très devant soi, 1 n- François. POSITIF, positive, adj. [Réussi existent, certm.] Vrai. Lfectif. Solide. Réel. (Cela est positif. La beauté positive des édifices consiste en Légalité du raport des parties.) f Droit positif. [Jus postivum J On le dit par opo- lìtionau droit naturel; & on le partage en droit positif divin, & en droit positif humain. Le droit positif divin est tout ce que Dieu a ordonné, & qui n’est pas connu dans le droit naturel, comme les Cérémonies légales prescrites aux Juifs, & l’institution des Sacrcmens dans la Nouvelle Loi. On apelle droit positif humain, ce qui est établi par les Loix & par les coutumes des hommes. ^ On dit en matière de Religion, qu’une chose est de droit positif, c’est-à-dire, qu’elle est fondée sur la discipline de i’Eglise, sur une Loi purement Eclésiasti- que, & non pas fur l’institution divine. POSITION, s s. [Sitm, dijpostio J Prononcez poscion. Situation. (La position de la clef de musique. On parle en Astronomie de la diférente position de la sphère, qui est droite, parallèle ou oblique, ce qui cause Pi n égali té des jours & la diferente élévation du Pôle fur l’horison.) f POSITION , se dit aussi en Termes de Géographie, de la situation des lieux. (La position des lieux est juste, & bien marquée dans cette carte.) POS 183 On parle en Arithmétique de la régie de faujsepo - st ion. [Suppo/itio.] Ou de deux fausses positions, & c’est quand on calcule fur des propositions des nombres faux & qu’on prend à discrétion, pour trouver le vrai nombre inconnu que l’on cherche. í POSITION, est aussi un Terme de Philosophie , & fe dit de l’établislement d’un principe. (La position d’un principe.) • E POSITION, fe dit encore des maximes de doctrine contenues dans des thèses que l’on soutient. (On a censuré une de ses positions.) í On apelle en parlant de versification Latine, une sllabe longue par postion, lorsqu’elle est longue, parce que la derniere lettre de cette sillabe est une consonne, & que la premicte lettre du mot suivant est aussi une consonne, au lieu qu’elle Teroit breve, si cette prémiere lettre étoit une voïelle. POSITION. [Situs, stuatio.] Terme &’Arcbìtefture. C’est la situation & la disposition d’un bâtiment en général, & de chacune de ses parties en particulier. fjs C’est aussi un Terme de Peinture, que Dufrenoy apelle postura, vers. io;. „ C’est (dit-il) d&s le goût ,, des Anciens que l’on doit choisir une attitude, dont „ les membres soient grands, amples & inégaux dans „ leur position : “ Horuni igitur vera ad normam postura legetur Grandit , inœquuli.t, formojiique partibus amplis. Et il ajoûte : ,, Enforte que ceux de devant contra- „ stent les autres qui sont en arriére, & soient tous éga« „ lement balancez fur leur centre : “ Anierìora dábit membra in contraria motu, Diverjb variata , juo ìibrataque centro. On se sert encore de ce mot en termes de Danse . [Postura corporìt in chorea.] Et il se dit de la manière de poser les pieds l’un à l’égard de l’autre. 11 y a quatre sortes de positions régulières, &c. POSITIVE, J. f. [Theologia postiva, revulstdialecli- cœ jpinis.] Théologie qui consiste dans l’intelligence de l’Ecriture des Pérès, des Conciles & de l’HistoireEclé- siastique. (Enseigner. Savoir. Etudier la positive. (Elle est oposée aux chicanes de la scholastique, & aux disputes de la Controverse. Le Pere Morin Prêtre de l’Oratoire étoit trésfça- vant dans la postive. Voïez let Origines de Mr. Ménage, mot positive. POSITIVEMENT, adv. [Expresse, nominatim.] (Cela est positivement vrai.) POSSEDER, v. a. [Potiri,srui, pojsdere ] Avoir la jouissance de quelque chose; en être le possesseur. (Posseder un bénéfice, une charge. Hélas / comment souffrir qu’un autre la possede. Posseder un grand pais. Posseder de grands biens. fe compte ensn pour un malheur 'Fout ce qu’on acquiert avec peine, Qu’on possede en tremblant qu’on perd avec douleur. Abé Régnier.) í POSSEDER let bonnes grâces de quelcun. C’est en ctre favorisé, en être aimé. H POSSEDER l’ejprit, le cœur de quelcun. C’est avoir du pouvoir sur lui, en être extrêmement aimé. POSSEDER, [Diris malts agere.] Ce mot se dit en parlant du Diable , lorsqu’il tourmente & agite quelque personne. t * Quelle fureur vous possède ? La colere le posse- doit tellement qu’il n’étoit pas maître de lui. * POSSEDER bien une science. [Scientiam apprhni caVere.] C’est l’entendre & la savoir bien. ch On dit aussi, posseder les Auteurs, posseder parfaitement les poètes. Se posseder , v. r. [Sui compotem esse.] Etre à foi, être maître de soi-même. Ne fe pas troubler. (11 fe possede fort. II ne se possede pas, tant il est en colere.) On dit qu’un Orateur fe possede bien, quand il ne fe précipite point dans son discours, quand il ne pa- roit ni emharassé dans son geste, ni troublé par la présence de ses Auditeurs. POSSEDE', possédée, adj. [Pojsessut.] Chose dont on jouit. (Bénéfice possédé pailìblement trois ans ) POSSEDE', possédée, adj. [A dœmoniit obsejsus.] Tourmenté du démon. (II est possédé. Elle est possédée depuis un an.) t * II est possédé de quelque démon amoureux, car il brûle pour toutes les filles qu’il voit. POSSEDE', sm, [Dœmeniacm, energumenus.] Celui dont 184 POS dont le corps est tourmenté du démon. (Chasser le diable du corps de quelque possédé, II y a bien des gens qui ne croyent pas qu'il y ait des possédez.) POSSESSEUR , s- m. [Pofefr, HominusJ Celui qui possede; Celui qui jouit d’une chose. (Etre pol- sesseur de bonne foi. Le paisible pojsesjeur. C’est celui qui a possédé trois ans un bénéfice» en faveur duquel tems-iì y a prescription contre celisi qui attaque le possesseur. Etre paisible possesseur.) POSSESSIF , pojsejjicie, adj. [Pojsesvus ] Ce mot est un Terme de Grammaire. 11 ne se dit proprement qu’au masculin & il marque quelque possession. (Les pronoms possessifs sont, mon, ton, son, nôtre, vôtre, Uc. POSSESSION, f f. [Pojjijfio , eiominium.’} Action de posseder. La jouissance qu’on a d’ùne chose. (Une posseifion triennale. Une paisible posseifion. Une pof- session annale.) POSSESSION. [ 'InveJUturast Ce mot se dit en parlant de Bénéfices. Installation. Cérémonies qui se pratiquent lorsqu’on instale un Ecléíìastique dans un bénéfice. JPrendre possession d’un bénéfice. Métré un Prêtre n posseifion d’une cure. Etre en possession d’un bénéfice.) {$ POSSESSION triennale. En matière de bénefices, la possession paiíible d’un bénéfice pendant trois années, est un rempart bien fort contre l’avidité des dé- volutaires. Le Pape Innocent VIII. établit dans la Chancelerie de Rome une régie en faveur de la possession triennale; on la suivit en France, non point tant comme une régie de Chancelerie, que parce qu’el- le est conforme à la disposition du Concile de Bâle, d’où l’on tira le titre 12e. du Concordat. La possession doit être paisible & sans interruption > qui doit être faite dans les formes prescrites parles Ordonnances: ainsi il a été jugé par un Arrêt cité dans le recueil de Bardes, tom. 2. L 8- ch. ;8- qu’un litige injuste n’avoit point interrompu la possession triennale. Votez k journal du Palais. La possession du résignant est inutile au résignataire, lorfqu’il est ataqué par le vice de son titre, ou de sa personne; mais (i le litige a commencé contre le résignant, le résignataire peut fe servir de la posseifion de son Auteur. Voïez Pafior. lib. q. cap. ult. La possession doit être fondée sur un titre légitime, ou du moins coloré. Selon Cornez sur cette régie, tout titre qui n’est point condamné par la régie, est un titre coloré ; & comme la possession sans titre est inutile, le titulaire ne peut passe dispenser de produire le lien. Cette régie a lieu contre les régalistes & contre les indultaires & les graduez. Apres trois ans de possession , le regrès n’a pas lieu, iì les trois années se sont écoulées depuis la fin de la maladie du résignant. Voïez sor cette matière, Rebuste, Gomez, Cboîtier, Pajior, Brodeau. POSSESSION. [Depostum, cujhdiast Garde, dépôt. (Un celerier a les clefs de la cave en fa pojsejjìonl) POSSESSION. [Intima unio.J Union tendre que forme l’amour. (Les charmes de l’esprit raniment les apas qu’une trop libre possession afoiblit. Bel/eg.) Une possession paisible engendre le dégoût, elle éteint le désir, & découvre tous nos défauts: Alors qu’m commence d’amer. On cache le désagréable, On montre ce qu’on a d’aimable, On veut plaire , on veut enfiamer, Le plus aigre eji doux U traitable, Mais Ji-tàt qu’enfin on fe plait , Et qu’en un mot Pasaire eji faite. Chacun se sait voir tel qn’il eji, Et l’on ne peut faire retraite. POSSESSION. Etat d’un homme possédé par le dé' mon. La possession des Religieuses de Loudun étoit chimérique. * POSSESSION. [Bona, pradìa, suncli.’} Fonds ou terre qu’on possede. (Cet homme a de grandes possessions. II rétablit les citoyens dans leurs anciennes possessions.) * 11 est en pojsejfion de tout dire, ç«? de tout faire, de mentir, &c. [Afuetus mendaciis.] C’est-à-dire , il en a pris la coutume, & il semble qu'il croit que cela lui est permis. POSSESSOIRE , f m. [PoJfestlrium.J Terme de Palais & de Matière bénéficmle. C’est la récréai,ce. C’est la possession d’un bénéfice. (Juger le plein possessoire. POS Patru. plaid. 1;. C’est juger le fond.) On dit aussi ^OSsÏÏmJTF/,//. [TessbilitasJ Î1 est dificiíe de juger de la possibilité & de l’impossibilite des cho- ses. Abl. I. 90. POSSIBLE, adj. [PoJjibilìtJ Ce mot vient du Latin. Lorsqu’il se trouve devant un verbe qu’il gouverne, il régit l’infinitif avec la particule de. Yostìbk signifie ce qui peut arriver. (C’est une chose possible. Cela est possible. 11 n’est pas possible d’écrire beaucoup & dç bien écrite. Est-il possible que nous travaillons à la structure & à la cadence, d’une période comme s’il y alloit de notre vie. Balzac , Entr. 15. Toutes choses sont possibles à Dieu. Heureux qui peut choisir une régie fidèle, (fini tient tous J es destrs à la raison Jôumk, Et ne faisant rien que par elle, 2ve veut rien qui nc soit éfit possible & permis. Du Ttousset.) » £§ L’Académie, dans son sentiment sur le Cid, pag. aprés avoir expliqué ce quec’estque l’extraor- dinaire, & le merveilleux, dit : Hors de ces deux genres, il ne Je fait rien qu’on puisse ranger sous le vrai. semblables est s’H arrive quelque événement qui ne soit pas compris fus eux, il s’apelle simplement posjìble, comme il eji pojjible que celui qui a vécu en homme de bien, commette un crime volontairement. POSSIBLE,/, m. [Omnibus enitiviribusi] (J’aifait mon possible pour réussir. C’est-à-dire, j’ai fait tout ce que j’ai pû.) POSSIBLE, adv. [Forsan.'] Feut-être. Le mot de pojjible en ce sens est un peu suranné & en sa place on di t peut-être. 11 ne faut donc pas imiter Voiture qui dans lès Poésies a dit: Possible, est-il plus vrai qu’il ne le dit. On diroit aujourd’hui, peut-être est-il plus vrai qu’il ne le dit. 0 ’ POSSIBLE , adverbe , pour peut-être , est banni du beau stile par Mr. de Vaugelas , sb. 149. desetRemarques-, par Messieurs de l’Académie, qui le soufrent avec peine dans la conversation familière; & par Air. Ménage, tom. 1. de Jês Observations, ch. 2ç§. f POSSON, ou POISSON, f. m. [Mensurast Petite mesure contenant la moitié d’un demi-lèttier. (Un posson de vin.) POSTCOMMUNION, s f. [Postcommunio.J Terme d’Eglise. C’est une sorte de prière que le peuple chante, aprés la communion du Prêtre. ch POSTCOòIAIUNION, est l’oraifon que le Prêtre dit à la Messe immédiatement après la priere apellée communion. (La Messe finit, le Prêtre est à la poít- communion. f POSTCRIT , s m. [PoJiscriptum.'J Quelques- uns apellent ainsi (le tirant du Latin pojtscriptum ) ce qu’on ajoûte à une letre ou à un mémoire, parce qu’on l’a écrit après, ou qu’on s’en est souvenu après avoir écrit la letre. Plusieurs marquent cette addition par ces letres P. S. POSTE, s s [Litterarum diribitoriumj Lieu 011 l’on porte & où arrivent les letres. (Envoyer quérir les letres à ia poste.) POSTE, / s. [Equorum veredorum jlabulumj C’est lî lieu où sont les chevaux fur quoi on court & fur quoi 011 fait un certain espace de chemin. (Je m’en vais à la poste. La poste n’est pas loin d’ici.) POSTE, / f. [Iter veredorum cursura confictemìura.'] Ce mot signifie aussi une certaine course que font les chevaux de poste. L’espace que font les chevaux de poste lorsqu’on court. (Courre à la poste. Vaug. Remarq.) Loiiis Hernigka fait un Traité des Postes, où il en distingue de quatre sortes , à cheval, en bateau , en chariot , & à pied. Et cette dernière est en usage en Italie, en Turquie & au Perou. 11 n’a point parlé de la poste aux ânes qu’on courre en quelques endroits. {s Hermannui Hugo , dans son Traité déprimascri- bendi origine, & Mr. Lequien de la Neufville , dans son livre de Yorigine des pojìes, ont traité plus amplement & plus méthodiquement cette matière. Voici ce que j’ai cru devoir inférer en cet endroit. La nécessité de commencer & de correspondre les uns avec les autres, & particulièrement entre les Nations étrangères > a fait inventer & établir les postes. Les Dieux mêmes furent obligez de proposer Mercure pour porter leurs ordres dans les Cieux & fur la Terre, & pour être informez de ca ros ee qui s’y passoit v& si Von en cvoit certains Historiens, lès hirondelles, les pigeons , & les chiens, ont été les messagers de quelques Nations, avant que l’on eût trouvé des moyens plus sûrs pour aler promptement d’un lieu dans un autre. Comme l’on ne pouvoit pas faire une feule course sur un même cheval, il salut nécessairement établir des lieux où l’on pourroit trouver des chevaux ou des chariots tout prêts pour continuer la course : on fit bâtir des maisons fur les grands chemins, où l’on tenoitdes chevaux & d’autres voitures & l’on donna à ces maisons le titre de sationes , ou pojìtmies. Ainsi nous disons Jiation, pour un lieu où l’on fe repo- se, & où l’on s’arréte pendant quelque teins; & nous disons pose , ou une pose la maison où l’on prend des chevaux destinez pour les couriers. Les Romains apel- loient la poste, cursus publicus, ou cuballatio , comme dans le titre du Code de annonce militari , ou cursus cla- vicularis. Si nous remontons aux Perses, nous trouverons qu’ils apelloient angaries toutes les actions que l'on faisoit par force, par contrainte & avec beaucoup de peine. Les Latins adoptèrent ce terme, & firent an- gana , pour signifier une charge personnelle, une corvée, & un cheval de poste , dont il est fait mention dans la Loi 7. cod. de Fubricent. & dans la Loi 4. co d. Tbeodos de cursu publico. De angaria, ils firent le mot paran- garia , qui a plusieurs lignifications •• tantôt on apelloit ainsi le fourage & le grain que l’on enlevoit comme par force pour la nourriture des chevaux qui doivent servir dans les armées : tantôt on donnoit ce nom aux voitures qui ne dévoient passer que par les chemins de traverse. L’origine des postes est fort incertaine : les uns veulent qu’elïes étoient connues avant le régné d’Augu- ste, puisque Cicéron s’est servi du terme Jiator, qui veut dire un Courier : les autres atribuent l’invention des postes à cet Empereur, & remarquent que Cicéron n’a entendu parler que ries messagers qu’il avoir envoyez, par- ce qu’il a dit satores, Si non pas publicos ou rcipubftca ; du moins ce fut Auguste qui ordonna que chaque particulier contribueroit aux fraix des réparations des grands chemins & de l’entretien des postes , fans qu’au- cun s’en pût dispenser, non pas même les vétérans: les seuls Oficiers de la chambre du Prince, apellez Prapo- fîtisacri cubìculi , en furent exemtez. Au reste , on ne pouvoit point prendre des chevaux dans les postes publiques, fans avoir une permission autentique, que l’on a- pella d’abord diploma,& dans la fuite ,/ictère evefiionum, qui signifie la même chose que nos billets de poses, que l’on est obligé de prendre des Commandans dans les grandes Villes & dans les Places de guerre, pour avoir des chevaux ; ce qui s’observoit fi exactement, qu’au ra- port de Capirolin , Peftinax alant en Syrie pour exercer la Charge de Préfet d’une cohorte, ayant négligé de prendre des billets de poste, il fut arrêté , & condamné par le Président de la Province, à faire le chemin à pied depuis Antioche jusques au lieu où il devoit exercer fa charge. Je ne crois pas devoir en dire davantage fur les postes établies dans l’Empire Romain fous le titre de course publique-, la matière est trop ample, . a. [ Pojìponere.] Ce mot vient du Latin pojìponere. Au propre, il signifie, métré après. (Ce relieur a postposé ce feuillet qui devoit être mis devant.) f * Pojtposer le soin de son salut aux asaires du monde. C’est faire moins d’état de son salut que des choses du monde. POSTULATION , f f. [Pojiulatio , petìtio.] Terme de Droit Ecléfiajiique. C’est la nomination à une dignité pour une personne qui ne peut être élue selon les Canons. Ainsi , comme son élection fe roi t vicieuse, on procède par voie d e postulation. C’est-à-dire, que le Chapitre fuplie celui qui a droit de confirmer sélection, de i’aprouver, quoiqu’eìle ne soit pas canonique. tS POSTULATION. Terme de la Jmijsrudence Eclé- JiaJiique. Lorsque les Electeurs d’un bénéfice ou d’une dignité trouvent dans la personne qu’ils voudroient élire, quelque empêchement personnel qui rendroit leur élection inutile , ils s’adresfent au Pape, ou à leur Supérieur , & le prient dc pourvoir celui qu’ils ne peuvent pas élire valablement. La postulation est donc une prière qu'un Chapitre Régulier ou Séculier fait à son Supérieur de nommer celui qu’ils lui proposent, dans le bénéfice, ou dans la dignité qui vaque par mort, & dont ils ne peuvent disposer en fa faveur, à cause de quelque empêchement canonique. On trouve l’ori- gine de la postulation dans f histoire des Croisades. Baudouin aiant été élu Empereur de Constantinople après fa prise de cette grande ville par les Croisez, on élût, suivant la convention faite entre les François & les Vénitiens , Thomas Morolini pour Patriarche : mais le Pape Innocent III. déclara cette élection nulle, par des raisons qu’il feroit inutile de raporter. Cependant Mo- rolìni etant d’un mérite distingué, le Pape le pourvût de la même dignité de Patriarche , dont il jouit pendant six ans. Sa mort fit naître une grande contestation dans le Ciergé, entre les Prélats des Eglises conventue!- *, es * es . Prévôts des Eglises séculières , & les Chanoines de i Eglise Patnarchase . qui prétendoient être les seuls en droit d elire le Patriarche : en éfet, ils élurent leur POS Doien ; & les autres s’étant auífi assemblez, choisirent trois personnes, le Cardinal Marcel, l’Evêque de Crémone , & un Chanoine de Paris, apellé Corzon, & les présentèrent au Pape , & pojlulerent qu’il lui plût d’en choisir un des trois, & en même teins, les Chanoines de Sainte Sophie demandèrent au Pape la confirmation de leur élection ; ensorte que l’on vit clans cette grande afaire la postulation & élection concourir. Mais le Pape , par son Epître , les déclara nulles, & ordonna au Clergé dc sc rassembler, & de procéder à sélection d’un Patriarche , dans la forme qu’il lui prescrivit: mais la discorde ne régna pas moins dans cette assemblée que dans l’autre. L’Archcvêque d’Hé- raclée fut postulé par neuf Chanoines , sept Prévôts, & vingt-trois Prélats ; & Laurent, Curé de S. Paul de Venise, fut élu par quinze Chanoines , & par le Prévôt de l’Eglife des Saints Apôtres , en sorte que le Pape fe vit encore une fois entre la postulation & sélection. Nos peresont vû dans le siécle passé & en 168S- un semblable concours de postulation & d’éleétion dans le Chapitre de Cologne. Après la mort de Maximilien Henri de Bavière, Ion Archevêque, le Cardinal de Fur. stemberg, Doien de cette Eglise , fut postulé pat la plus grande partie du Chapitre , & le Prince Joseph de Bavière fut elú par neuf Chanoines seulement : cependant sélection fut confirmée. On volt par ces exemples, que la postulation & sélection sont deux choses diférentes : en éfet sélection aquiert d’abord un droit à i’élû : la postulation est une grâce que l’on demande, il faut qu’eile soit «cordée, pour produire quelque éfet. L’élû doit être sans tache, fans défaut, & fans empêchement canonique : le postulé a en lui quelque empêchement qui exige l’autorité du Pape pour être éfacé : enfin la diference est si ellentidle , que les postulans peuvent varier jusques à la présentation de la postulation au Pape , & les électeurs ne le peuvent pas. La raison est sensible , je viens de la remarquer. 11 y a une postulation simple , & une solemnelse. La pré- miére peut être faite (selon le sentiment de Sylveiter, ver b. pojiulatio ) à toute sorte de Supérieurs, même aux laïques : & la iolemnelle ne peut être faite qu’au Supérieur qui a pouvoir de dispenser; mais la postulation simple n’elt point en usage ; ceux qui ont le pouvoir d’é- lire, ont celui de postuler. La postulation n'est pas reçue dans tous les cas des empêchemens canoniques ; il en est de si considérables , qu’ils ne peuvent point être éfacez par la postulation. Le défaut d’áge , la tache de la bâtardise, empêchent sélection, & peuvent etre fupleez par la postulation. Un Evêque ne peut pas être elú, parce qu’il est a tache à fa dignité, dont il ne peut sc dépouiller de fa feule autorité , mais il peu k être postulé. En un mot, on peut postuler les inca. pables : mais on ne peut pas postuler les indignes. On lait la diference qu’il y a entre f incapacité & l 'indignité en matière de benefices. Le postule doit consentir à fa postulation , qui peut être refusée, suivant le chap. y. de pojiulat. eXira. le sape étant maître defes grâces; mais elle doit être faite du moins par les deux tiers deselecteurs, n’étant pas nécessaire que tousses fulrages tendent à la postulation, ni qu’elie soit faite par un consentement unanime, comme quelques-uns ont cru. POSTULER. [Caufam agere.] Ce mot fe dit des Avocats de certaines Provinces. C’est faire la fonction d’Avocat & de Procureur. (Ili>i>/i«/f au Présidíal de Châlons ) POSTULANT. [Caufam agens , patronus.] Ce mot se dit en parlant des Avocats de certaines Provinces de Erance , qui font Police d’Avocat & de Procureur tout ensemble. (Etre Avocat postulant au Présidíal deVitri le François.) POSTULANT, f. m. [ Candidatus, Qui monacbif- mum ambit. j Celui qui demande à être reçu Religieux. (C’elt un postulant qu’on recevra bien-tót. Le* Chartreux Òt les Capucins ont beaucoup de postulans.) POSTULANTE , J. f. Celle qui demande à entrer dans quelque CouvtftV; de filles pour y être Religieuse. (Eprouver une postulante. Part-lioyal , Conjiitutions.) POSTULANTS. [Pojìulantes] Terme usité dans le* Chapitres d Allemagne , & qui signifie ceux qui nomment un lujetdontl’Election ne peut être canonique, a cause de quelque défaut d’âge ou de naissance, ou parce qu’on est déja pourvu d’un autre bénefice incompatible. POSTULER, ». n, [PoJMare.] Demander avec em. POT èfnpressement pour être Religieux , ou Religieuse- (T1 postule pour être Capucin. Elie a poítu'ié pour être Carmélite.) POSTUME. cid.. ou -posthume. [Pojìhumus.] II vient du Latin pojìhumus. II lignifie qui est né âpres la mort de son pere. (Enfant postume. On dit auíîì c’est un postume.) Les Jurisconsultes apellent postumes , non feulement ceux qui naissent après la mort de leur pere, mais encore ceux qui viennent au monde après le testament de leur pere , ou de leur mere. Le Jurisconsulte Caîus a dit clans ses Institutions , lib. 2. 2. qu’il y a deux sortes de postumes : les uns , pojihumi uppeUantur, qui poji patris mortem de uxort nati stunt : Its autres , qui poji tejiasnentum staâium nestcuntur. On pourroit aleguer plusieurs autres autorisez ; mais on se contentera de raporter ici cet endroit de l’Aululaire de Plaute, afl. 2.Jc. i.v. 40. où Megadore dit à sa sœur qui le pres- soit de se marier, que lors qu’un homme qui a passé la moitié de son âge , épouse une femme moins âgée , s’il vient par Lazard à devenir pere fur ses vieux jours, Pensant ne manque pas de s’apeller postume : Poji médium atatem , qui médium ducìt uxorem domum , Si eum Jinex unum pragnantem foriuitu fecerit, Quid dubitus qum Jit purutum nosnen puero pojihu. mus. * POSTUME. [Opus pojìhumum. J II se dit aussi des ouvrages qu’on a mis au jour, & qu’on a fait imprimer après la mort de celui qui en étoit l’Auteur. (Les œuvres postumes d’un tel Auteur.) POSTURE,/ st [Corporis habitas ,Jìtus.] C’est une certaine lituation du corps. Etat du corps qui est d’un certain sens & d’une certaine manière. (Posture lacive. Sote posture. Posture indecente. Ils mêlent cent gestes badauts A cent postures distblués. S. Am. Rome ridicule. Les postures de l’Aretin sont scandaleuses , ridicules & contre les bonnes mœurs.) POSTURE, [Prosterè Jiare.] Etre en bonne posture de faire fortune. v (st On ne dit point parmi les Peintres , la posture d’un homme dans un tableau ; on le sert d 'attitude , d ’aílion & de ilistofìtion. POT , st m. [Vas.] AI o t général qui signifie un vaisseau de métal ou de terre , destiné pour mettre quelque liqueur à boire. (Ainsi on dit un pot à l’eau. POT. [For, poculum.] Ce mot se dit généralement aussi pour marquer quelque sorte de vase de terre , de fayance, ou de verre , grand ou petit, propre a contenir quelque liqueur, ou quelque autre chose. (Ainsi on dit. Un pot à huile. Un pot à beurre. [Vas butirarium.] Un pot a gelée. Un pot à confitures. Un pot à traire les vaches. P ot à charger. P ot à moineau, p ot à pigeons. Un pot de giroflée. Un pot d’œillets. C’est-à-Uire , un pot où il y a de la giroflée. P ot où il y a des œillets. ) POT de chambre , st. m. [ Matulia , matella , trulla.’] C’est un pot à pisser. (Xantippe volant que Socrate ne se soueioit point de toutes ses criailleries,lui jetta un pot de chambre fur la tête. Donnez-moi un pot de chambre. Ablanc.) POT. [Quartarius vini.] Ce mot se prend pour une certeine mesure tenant deux pintes de quelque liqueur. Cette mesure entre Poitiers d’etain s’apelle quarte. POT. [Hemina.] Ce mot immédiatement avec quelque nom de liqueur lignifie pot plein de liqueur dont il s’agit. (Ainfi on dit tirer un pot de vin, de cidre, ou de biere. ) POT au lait. [Sinus!] Vaisseau de cuivre dans lequel les laitières portent leur lait.Les laitières ont une grande adresse à porter à Paris leurrai aulait fur leur tête. [Perrette fur sta tête ayant un pot de lait, Bien posté J'ur un coustinet, Prétendoit arriver Jans encombre à la ville. La Font. ] POT. [Olla, crypta.] Ce mot lignifie souvent la mime chose qu p marmite. ( Ainfi on dit métré le pot au feu. Faire bouillir le pot. Ecorner le pot. Avoir soin du pot) POT ,87 f * POT. [ Obfinium .] Ce mot dans le sens de mat. imte signifie aussi tout ce qui est dans le pot. i v A 1 on pot est assez bon , & quand vous voudrez en venir manger, vous me ferez plailir, & nous dirons mille folies.) POT a feu. [Granatuni igmtmn U mijjile .] C’est une grenade bien chargée , & enlermee dans un pot de terre rempli de fine poudre & bouché de parchemin , ou de peau de mouton qu’on jette avec une anse. (Jeter un pot à feu.) POT en tête. [G'st/ea.J C’est un casque qui a une couverture par devant j & qui est à l’épreuve du mousquet. (Avoir le pot en tête.) Pot de vin. [CoroHarium.] Ce mot se dit en parlant de petits marchez qu’on fait. C’est ce qu’on donne ou. tre le marché (11 y a dix écus pour le pot de vin.) f POT. Sorte de petit papier, qui s’emploïe dans la fabrique des cartes à jouer. f Un pot pourri. [ Minutai. ] C’est un ragoût composé de plusieurs morceaux. Faire un pot pourri. On dit austì au figuré, saisons Un pot pourri de tout cela. C’est- à-dire, confondons & mêlons tout cela ensemble pour faire ensuite un bon acord. On dit au figuré d’un homme qui a beaucoup de bonnes choses, mais confusément, que c’est un pot pourri de doctrine. * Etre toujours parmi les pots U les plats. [Inter pocu. la verstari .] C’est être toùjours dans la débauché du vin. f * Tourner autour du pot. [Circuitione uti.] C’est- à-dire , Ne dire pas franchement fa pensée. Agir d’une maniéré fine & couverte. f * Découvrir le pot aux roses. [Tacenda aperire , mu cus tangere .] C’est-à-dire, découvrir le secret de l’a- faire. f * Etre à pot tzf rôt avec quelqu’un. [Menstt U foco apud aliquem distidere. J C’est vivre presque toujours avec une personne. f * lis ne font qu'un pot Jjf un feu. [Convicìum Jhnul babent.] C’est-à-dire , ils vivent, boivent & mangent ensemble. II va [st vient comme pois en pot. [Jrrequietus,] C’est- à-dire il est inquiet, il fait plusieurs allées & venues. IIn'y a chez lui m pot aufeu ni écuelles lavées , Pour marquer un ménage en désordre. f * Payer les pots castes. [Damnant rependere.] C’est. à-d ire, payer tous les frais. * C’est un pot de teore contre un pot de fer. [Vas fer » reum contra fiel.-le.] Cela se dit d’un homme foible qui a peu de crédit, qui a quelque chose à demêler contré un homme puissant & qui a beaucóup d’autorité & de crédit. Le pot de terre en soufre , fst n’cut pos fait cent pas, Oue par son compagnon , il sut mis en éclats. La Fontaine.) II fait le pot a deux ances. [Subaixis alis infert.] Cela se dit d’un homme qui met les mains fur les côtez en se querellant, comme les harangeres, ou qui se carre. POTABLE, adj. [Potukntus.] Ce mot vient du Latin potabi'is 11 signifie, qu’on peut boire, qu’on peut prendre en breuvage. Qui est liquide. (Or potable. On. guent potable. So/ejêl.) J: II pourroit aussi signifier qui est bon à boire; mais il n’est pas en usage en ce sens. On ne dira jamais le vin de Bourgogne est un vin potable , bon à boire. 11 se laisse boire. POTABLE [ Àqtta chymica. J Ce mot se dit aussi d’une certaine eau composée de plusieurs drogues & re. galisée , dont se servent quelques faux-monoïeurs dans leurs ouvrages. (11 fefervoit d’e«H potable pour blanchir les espèces.) POTAGE,/ m. [Justculurn ., puis.] Boûillon du pot, soit gras , ou maigre, qu’on verse fur des soupes de pain coupées fort proprement & qu’on sert ensuite au commencement du diner. t.Un bon , Un succulent potage. Une poule , un jarret de veau, une pièce de bœuf & une queue de mouron, font un excellent potage. 11 y a des potages aux herbes, des potages au lait, des potages à l’oignon, ctc. Les Chinois ne mangent point de potage, soit aux herbes, au lait, ou à la viande. Nouvelle Relation de la Chine. Je vis de bonne soupe fst non de beau langage, Vaugelas n’aprend point a bien faire un potage. Mol.) J * Ce n’est qu’un fou pour tout potage. [Pro omni po- Tome lll A a 2 , v r, 188 POT culo Jiultus efì. ] C'est-à-dire, enfin tout bien considéré, ce n’est qu’un ton. Scaron, yods. . f ' II ne rencontra pour tout potage que. La romaine, Fabl. I. C’est-à-dire, pour toute chose il ne rencontra que, D onnez-moi du vin pour tout f otage. POTAGER , ForrrZcre , adj. £ Olitorius. 3 Ce mot en parlant de jardin veut dire lieu où sont les herbes qu on .mange au potage. Un jardin potager. On dit auíli herbe potag&e. C’est-à-dire, qui est propre au potage. POTAGER, potagère, £ Discus pulmentaris. J Ce mot se dit de la vaisselle , & veut dire. Où l’on met le potage. (Plat potager. Assiette potagère.) . POTAGER, J. m. [liortus olitorius.} C est le jarain ou quarté dans lequel viennent les herbes qu’on mange au potage & en salade. (Un beau potager. Un grand potager.) POTAGER, f. m. [Fornix.} Sorte de.grand fourneau à plusieurs réchaux qu’on met dans les cuisines un peu raisonnables & qui servent a mitonner les potages « a faire les ragoûts. (Faire un potager. Un potager dans une cuisine est fort commode. ) POTAGER. [Vasfutile , Jiannettm.} Terme de Ports*" de terre & d ’etain. Pot de terre ou d’étain , où 1 on porte à dîner aux manœuvres & aux compagnons maçons, carriers, &c. (Uu potager bien fait.) POTAGER. [Qfe regia minijier.} G est l oticier de la cuiline-bouche du Roi qui a soin des potages. + On dira d une personne qui aime tort le potage. [OJa amator.} C’ejt un grand potager. í POTAKI. On nomme ainsi les cendres & potasses qui viennent de la Mer noire. í POl’AMOGETON. Plante qui croît dans les marais. Elle est rafraichisl'ante , astringente, propre pour la dissenterie ctant prise en décoction. f POTASSE, / / Espece de cendre graveléc qui vient de Molcovie & de Pologne , & dont les Teinturiers se servent. On la nomme quelquefois Vedajfe, f POTE , adj. [Manus frigore fiupida ] Ce mot se dit des mains & veut dire courte & grosse. (Avoir les ' mains potes. Les mains potes ne font pas belles.) POTEAU ,/ m. [Palus , fiipes.} C’est une forte de pièce de bois de moienne grosseur, fichée en terre. (II faut planter là un poteau. 11 faut métré là un poteau. ) POTEAU. [Orthefiata.} Terme de Charpentier. Pièces de bois qui sont à plomb dans un pan de charpente, & qui pesont fur des sablières. II y a poteau de croisées, poteaux de remplage , Uc. ffi Dans les bàtíniens de bois, il y a les gros poteaux , ou poteaux corniers , les poteaux qui se mutent de fond au pan de bois, les poteaux des croisées, les poteaux des huisseries, les poteaux de remplage, les petits poteaux, les petits potelets. Félibien. POTE E , / /• [Fas plénum.'} Plein un pot. Pot plein de quelque choie. (11 lui a jetté une potée de pit fat fur la tête. 11 lui a jetté une potée d’eau au nez ) 11 se dit aussi de ce qui est contenu dans la marmite / f. [Furca , patibulum.} Gibet. (Po- tence à un bras. Potence à deux bras. Etre exposé au fouet, & à la potence. Pascal. I. 6. Dresser une potence. Planter une potence en plein marché, sur un grand chemin. Par set concussions fatales à la France lia déja vingt fois afronté la potenct. Aut. Anon.) POTENCE. [Fulcimentumsubalare} Béquille. (Mat- cher avec des potences. Lts estropiez n’ont pas plus besoin de leurs potences pour cheminer, qu’il a besoin de lieux communs pour faire des livres. Balzac, let.) ($ Mr Ménagé dérive le mot potence, quand il signifie un bâton d’apui, depotentia, parce que les po- tences donnent la puissance de marcher aux infirmes, qu’on apelle impotent. {$ Mous lisons dans l’histoire de Joinville, qu’un jour il y eut dans le monastère de Cluny, une grand* dispute entre des Juifs & des Clercs fur le fait de la R*, ligion. Un vieux Chevalier survint, se lieve de dejj'ut sa potence qu’il portoit àsoysoutenir , & demanda à celui des Juifs qui paroissoit le plus habile , s’il ne croioit pas que la Vierge étoit la Mere de Jesus-Christ ; & lui aiant répondu que de tout ce il ne croioit rien , pour lors 1* Chevalier irrité , il heve sa potence', & fier t le Juif bien ejìroit sur l’ouye, tant qu’il le couche a terre renversé. Sur quoi le Roi -ui racontoit à Joinville cette avancure, lui dit que nul, fi n’ejt grand Clerc éfi Théologien parfait, ne doit d/Jputer aux Juifs, mais doit somme lay, quand il oit me,ure de la Foi Chrejtienne, defendre la chose, non pat seulement de parolles, mais à bonne épée tranchant, [J frapper les médisons efi mejereans a travers du corps , tant qu’elle y pourra entrer. POTENCE. [Tuba fiexio.} Terme de Chaudes-onnier, ll le dit en parlant de trompette. Ce font les bouts dei branches de la trompette qui sont formez en arc. (Potence bien faite.) POTENCE- [Fulcrum.} Terme de Charpentier. C’est une étaie, ou un poteau qu’on met sous une poutre, pour soutenir un plancher trop chargé. POTENCE. [Telamo , Interpenjìvum.} 11 se dit aussi des pieces de ter, ou même de bois, qui sont en saillie pour y atacher quelque chose. (Potence de lanterne. Potence a quoi estatachée l’enseigne qui pend devant la boutique d’un Aiarchand, ou d’un artisan. Une poulie en potence, e’està-dire, pendue à une potence.) POTENCE. [Longunus annuiaris.} Terme d ’Acade- mijie. La potence est un certain bâton où l’on met le canon de la bague lorsqu’on court la bague. [Brider la poterne. [In wngurium annulorum Icenccam impingere.J Ces mots le dilent lorsque la lance de celui qui court la bague touche', ou frape la potence , ce qui est une maladresse. POTENCE de brimbale. [Emboìi ansa.} Pièce de bois fourchue, qui est soutenue par ia pomme , & dans laquelle entre la brimbale. On dit en Architecture qu'une maison est bâtie en potences. En parlant des bras ou des ailes qui sont bâtis à côté du grand corps de logis. [Domus orthojtaiis adifi cata.} POTENCE', potencée, adj [Patibulatus, jugatus.} Ce mot í’e dit en terme de Blason , & signifie qui est fait en forme de béquille ,-qu’on apelle aussi part «ce. (11 putréfié fable à la croix potencée d’argent. Col.) POIENCIEL, Potencielle, adj. [Potentialk.} Terme de Médecin. Ce mot est oposé à actuel. (11 y a deux sortes de cautères, le cautère attueïs qui est le bouton de fer rougi au feu , & le cautère potentiel , qui íe fait avec la chaux & d’autres drogues caustiques. Les choses acres & piquantes, comme le poivre » &c. ont u» feu potentiel.) POT t POTENCIEIAEMENT, adv. [ P otentialiter^ 1 er- tíie de philosophie. Ce mot ell opolè à actuellement, & il lignifie, qui est en puissance. PO TENTAT, J- m. [Supremus f rincepsé] Monarque. Roi. Prince ablòlu & souverain. {Le Potentat 1e plus grand de ms jours Se Jcra rien qu’une ombre Avant qu'un demi siécle ait achevéson ctçtrs. Main, poés.) PO TENTIELLE , / f. [Argentinai] Plante à laquelle on a donné ce nom à cause de fes grandes vertus , & qu’on apelle autrement argentine. PO TERIE, f.s [ Vajajìglïna.s Marchandise de po. tier. (La poterie est tragile.) POTERIE, s Figlini operis offìcma. ] Se dit aussi du lieu où l’on fait les pots de terre. 11 y en a beaucoup en Normandie. TOTERIUM,/ m. Petit arbrisseau, qui est une espece de barbe de renard, ct qui croît en Candie, en des lieux montagneux , secs & arides. POTERNE,// [î jludothyrum.l Terme de Fortification, G’eít une faulle porte qu’on fait pour sortir deux á deux. POTIER,/ m- [Fìgulus.] Marchand qui fait & vend de toutes fortes de poterie de terre. Mainard, dans l une de fes Epigrammes : Quand Rome etoit C amour des Dieux Ft la source des grandi exemples, L’art du potier fâchait les Dieux Qifelle révérait dans fes temples. POTIER d’étain, f m. [Vasorum èJlanno fiftor J Marchand ouvrier qui travaille en toute forte d’étain, qui fait & vend de toutes lòrtes de vaisselle d’etain. (Freinent , rué saint Honore, est l’un des plus acommo- ùez & des plus habiles potiers d’etain de Paris.) POTIN, / tn. [ sEris ftavi recrementum. ] Léton jaune, dur, cassant & sonnant. (Ce n’est que du potin. Ce potin n’est pas beau.) POTlON , / / [fMM.]. Prononcez pocion , terme û’Apoticaire & de Cnìmijíe. Toute forte de remède liquide qu’on prend par la bouche pour conserver, ou pour rétablir la Pente. (Une potion purgative, cordiale, astringente, pectorale, aperitive, anodine , somnifère* diurétique , hépatique , carminative. (Préparer une potion. Doser une potion. Voïez la pharmacie de Eau. dran.) POTIRON,/»». [Cucurbita orbiculata. ] C’est une sorte de citrouille. C’est une plante qui a une tige traînante , Si qui porte un fruit rond , gros , & couvert d’une ecorcî qui tient du jaune & du rouge. Les potirons font de diticile digestion. Les uns font bons à manger Òc les autres ne valent tien. Ceux qui lont bons a manger , le cuisent, lé fricassent, ct le mettent quelquefois au potage. C’est auslì une forte de champignon. POU ,s nt. [Pediculus.] Vermine qui pique & qui s’engendre de la chair, principalement dans la tête , & quelquefois dans les chemises & dans les habits de laine, ct fur tout Tété > à cause de la crasse & de la sueur. Le Roi Louis treizième aïant pris un pou fur l’habit du Maréchal de Bassompierre, le vouloir montrer á tout le monde : N’en faites rien , Sire , reprit le Maréchal, cela vousferoit tort, chacun diroit qu’on ne gagne que des poux á vôtre service. Voïez là-deífus Cojtur , défense des ouvrages de Voiture, page 91. On dit que les poux s’enfuïent de ceux qui font morts, ct que lors qu'ils naissent à la tête d’un malade c’est bon ligne. Les poux s’engendrent aulli dans. la plupart des bêtes. On dit qu’ils tourmentent si sortie lion qu’ils le mettent comme en rage. (On dit aulli que les ânes n’engendrent jamais de poux, ainli 011 n’a que faire d’avoir peur de se isoler contre le Médecin Guiiiot & le Sieur le Gendre.) Voïez JonJion, chap. 2. des infectes. f ll éeorckeroit un pou pour avoir la peau. [Sordidus bonis arctiparcus.2 C'est-à-dire, íl est fort ladre & fort avare. f C’ejl un pou affamé. [Famelicus eJK] C’est-à-dire * c’est un pauvre diable qui tâche d’en atraper. On dit d’une personne mal-propre qu’il se laisse manger aux poux. POU. IPeaei.Ji Insecte de mer. Infecte d’étang de nier qui tourmente le poisson. Rond. t i’OUACRE, adj. [ Spurcus, malt ojens.1 Ce mot POU ,8y est bas & se dit des personnes, il Veut dire. Èale. Vilain 1 Dégoûtant. (C’est un petit poùacre. C’est un vilain poii- acre. Le mot (le poùacre ct ceux-ci poúacrerie & poúa~ crejje fe disent,mais ils font très bas & ne s’écrivent pas.) t POÚACRERIE , / / C Fator , ffurcitia. J Chose vilaine ct dégoûtante. (Quelle poúacrerie est-ce là ï ) t POtìACRESSE , / f. [Spurca. ] Celle qui est salé & dégoûtante. (Tetite potiactesse.) FOÚAS. Sorte d’inter\efhon dont on se sert pour mar* quer qu’une chose est fort dégoûtante. (Pouas , vou* m’engloutissez 1 e cœur. Molière.') POUCE, / >»- íPoliex.-) C’est le plus fort, & le plus gros des doigts de la main. (Avoir le pouce coupé.) f * Jouer au pouce, f Pecuniam numerare. ] Met fort bas, pour dire compter de ï’argent. t * Serrer les pouces à quelqu'un. T Digitorum crus. ciatu extorquere veritatem.) C’est tourmenter & mal. traiter quelqu’un pour l’obliger d’avouer quelque chose. f * Se mordre les pouces de quelque chose. [Dolere fo*- Jlea.2 C’est sc repentir de quelque chose qu’on a fait. POUCE- [Unciaé} Mesure qui comprend douze ligne* dont chacune est large de la grosseur d’un grain de bled, Cet ais a quatre pieds, cinq pouces.) (§ Un pouce de terre. Après la mort de Marie dé Medicis, on fit un sonnet qui finissoit par ces vers : Si jamais un passant curieux te demande Le funejie récit des maux que j'ai soufferts , Dis : ce trijie cercueil chetivement enserre La Reine dont le sang régné en tout l'Univers, Qui n’eut pas en mourant un seul pouce de terre. Elle étoit petite-filíe d’un Empereur, Maximilen I. sema me d’un Roi, Henri IV. mere d’un Roi, Louis XIII. & des Reines d’Angleterre & d’Efpagne. î POUCE d’eau. On apelle ainsi la quantité d’eau qui remplit un tuïau d’un pouce de diamètre. (Cetté source donne tant de pouces d’eau.) £ POUCE Event. Ce terme signifie en fait d’aunag* d’etofe de laine, mettre le pouce de la main devant le bout de faune en aunant les étofes, afin d’en augmenter la mesure. f POUCE pieds. [EalaniJ Petits poissons de mer à coquille, qui ont la figure d’un gland de chêne. lissent bons à manger & apéritifs. t POUCHOC,/ m. Drogue pour la Médecinê & pour la teinture en jaune. On la trouve à Siam St les Chinois en font commerce au Tunquin. POUCIER , / m. [Polie :r addititiusì] Terme d ’Eguu letier , & de Tireur d’or. C’est une maniéré d’ongle de fer blanc dont quelques éguiletiers sc couvrent le pouce afin de sc conserver l'ongle. C’est aussi une pièce dé pouce de métal dont sc fervent les tireurs d’or pour travailler & dont ils sc couvrent le pouce. (Mon policier est perdu.) í POUDE ou POUTE. Poids de Moscovie dé quarante livres du pais, qui revient à environ trente» deux livres poids de marc de France. POU DE SOYE, Votez FOUTDESOYE. POUDRE, / / [Pulvis.] Terre déliée ct si menui qu’elle peut être emportée par le moindre petit vent. Petite chose trés menue & très-déliée, soit de bois ou d’autre chose. (La poudre vole au cœur de l’Eté lorf- qu’il fait fort chaud. Réduire en poudre. Mettre en pondre. Mettre de la poudre fur le papier de peur que récriture ne s’efface. De poudre on a la bouche pleine, On avale & ón crache la laine. Encore à peine la peut-on Pouffer plus loin que le menton. Perr. chasse.) Mr Racine , dans son EJìher, aft, 2.fi. t, II parle, 6? dans la poudre il les fait tous rextriìr . POUDRE n’est point là (ce me semble) dans son lieu; pouffiére auroit été plus propre. Les Auteurs des Romans ont dit mordre la pouffiére, Si non la poudre, O’ail- leurs on ne peut point éviter Téquivoque. f * Jet ter de la poudre aux yeux. [Eucum facere .] Ce proverbe fe dit de gens qui pour tout fond de mérité n’ont qne de belles aparences. C’est tromper, c’est éblouir par de belles apparences ceux qui ne se con- rtoissent pas aux choses. (Ainsi on dira fort bien du Philosophe Launai, qu’ìl jette de la poudre aux yeux des étrangers par son babil.) POUDRE. Ce mot fe dit en termes de Tanneur. (On la; dit. 190 POU dit Donner trois poudres au cuir. Le cuir est en première, en seconde, le cuir est en troisième poudre.) POUDRE de plomb, s Cìm plumbeus. 3 C’est du fort petit piomb de forme ronde qu’on vend chez les armuriers de Paris , & qui sert à tirer de petit oiseaux, ou autres petit animaux. (On neteye fort bien le verre & la fayanceavec de l’eau & de la poudre de plomb. Pendant que cinq ou Jìx canards Ateints par la poudre mortelle , Couchez fur l’eau bâtent de l’aì'e. Perr. chaise.) POUDRE, f Pulvis pyrites.'} Terme d eSaìpetrier. Poudre à canon. C’est un composé de foulphre. Le salpêtre fait peter, le foulphre & le charbon allument. (,11 y a environ trois cens vingt ans que la poudre à canon est trouvée. Poudre fine. lionne poudre. On croit que la poudre blanche est une chose fabuleuse. ^ L’invention de la poudre ne changea presque rien dans l’art d’aíTiéger les places , si non que ia force de f artillerie augmenta les précautions dans les aproches, & fit évanouir toutes les machines qui n’étoient pas capables de résister contre ses efforts. P olybe de Mr. de Folard. f Tirer fa poudre aux moineaux. Prov. C’est fe mettre en frais, se donner de la peine inutilement & fans aparence de succez. .POUDRE îleJhnpatie. [Pulvis fìmpathkus.} C’est du vitriol qui est calciné au Soleil, mêlé avec du crâne humain, St dont on se sert pour arrêter le sang. [ Voyez vous bien ce tour, il n’ejl pasfì commun, De deux coeurs il n’en fera qu’un Par la poudre de simpatie. Perraut, Poésies.] POUDRE de Cypre : poudre de Chipre. [ Pulvis Cy. priut.} L’un &l’autre se dit, mais le premier est le meilleur. Poudre qu’on vend chez les parfumeurs. C’est un composé déracine d’iris, de civete musc, dont on se sert peur dessécher & poudrer les cheveux. 0 ' Mr de Balzac, liv. 2. lett. 1. a dit : Ma mat. tresse m’ayant commandé de lui rendre compte de tout mon sang , ‘êf de n’aller à la guerre que quand on char - géra les mousquets de poudre île Chipre , Çfc. Le P. Lab- be explique ainsi ce mot dans la seconde partie de ses Etimologies : ,, Poudre , poussière , poudrette , pul- ,, verulentus-, poudrer , pulverare ; poudrier , boète à „ poudre soit pour jetter sur récriture , soit pour mar- ,, quer les heures ; & poudrier, qui fait de la poudre „ à canon, &c “. Je cherche ce que c’ctoit proprement que le Vulveraticum de nos anciens titres & privilèges d’Abayes. Si le Traité de Mr. de Boilfieux fur l’ufage des fiefs dans le Dauphine avoir été imprimé lorsque ce Pere publia ses Etimologies , il n’auroit pas été en peine de savoir ce que c’est que Vulveraticum , ou F ulveragium dans les anciens titres ; il auroìt apris que ce terme signifie quelquefois le salaire des Arpenteurs, à cause de la poussière qu’ils essuient en mesurant la terre ; qu’il signifie encore le présent que les Gouverneurs des Provinces exigeoier.t des villes qu’ils viíi- íoienr ; que dans la Loi 16. du Code Théodolìen, tit. de Ttronibus. Vulveraticum signifie ses deux fols que l’on qvoit acoûturoé de donner aux esclaves qui s’enrôLoier.t dans la milice; que dans les Capitulaires, pulveruge & péage, sonr linonimes, & q Me n Dauphine ,, le pul- ,, verage est un droit que les Seigneurs fondez en titres „ ou en possession immémoriale , ont acoûtumé dc ,, prendre fur les troupeaux de moutons qui passent fur „ leurs terres,à cause de la poussière qu’ils y excitent Mais il me semble que les Seigneurs peu incommodez de cette poussière , ne méritent point de dédommagement. Votez le Glojfaire de Mr. Du Cange. POUDRE. ['Pulvis.} Ce mot se dit entre Apoticaire & Chimtjle. On apelle ainsi des tnédicamens préparez de plusieurs médicamcns simples, ou composez de plusieurs purgatifs, ou confortatiss pour purger ou fortifier. En un mot, on apelle poudres toutes les matières lèches lorsque naturellement ou par artifice elles se trouvent réduites en particules distinctes Jes unes des autres. (La pharmacien a besoin de poudres. La poudre de vipère purifie & renouvelle le sang, conserve la chaleur naturelle & redonne i’embonpoint.) POUDRE ‘iu Duc. Est une poudre composée de ca- nelle & de sucre blanc , dont on use après le repas» pour fortifier i’estnmac & pour aidera ia digestion.. FOUDRE du C'ollege. Defpreaux dit qu’il a été dès l’enfance dans la poudre d’un Greffe. POU £ POUDRE de diamant. On le dit en parlant des diamans fort petits. •f: POUDRE d’or. C’est l’or qui est en petites parceí- les. (11 a a porté beaucoup de poudre d’or de Guinée.) f POUDRE impalpable. C’est une poudre si déliée, qu’on ne la sent presque pas fous le doigt. f POUDRE d’escampette. [Fusain capefcwe.} ftjot bas du petit peuple de Paris pour dire. Fuite, prendre de la poudre d’ef ampette- C’t'st à-dire fuir.) POUDRE de prelinpinpin. C’est un remede inutile St qui n’a nul effet, f On le dit bassement en parlant* d’un charlatan. , POUDRE de projeftion. [P uhìs projettionis.} Voïez P rojecíion. POUDRE- C Lahnrem in caffum profundere. ] S’em- ploye en quelques Proverbes. Tirer fa pouelre aux moi. neaux. C’est travailler en vain. On dit d’un homme qui se met en colere pour peu de chose, ou qui devient amoureux dés le premier abord , que fa poudre est bien fine. POUDRER, «. [Odiruto pulvere conjpergere,} Ce mot se dit en parlant des cheveux & veut dire. Jeter de la poudre de Cypre fur les chevaux, (foudrec une perruque. Poudrer quelqu’un. Poudrer les cheveux.) ch POUDRER. Terme de Teinturier. Ilse dit d’une certaine poudre qui fort des étofes après qu’elles or,t été teintes en noir, & qui y relie des diférentes drogues & ingtédiens qu’on a coutume d’emploïer à cette teinture. t POUDRER. [ Currendo puherem Jpargtre. ] Terme de Chas e, Ce mot sc dit du lièvre qu on chaise, lorsque dans un terris de lécher esse il passe dans des chemins poudreux & dans des terres nouvellement labourées, où il fait voler la poudre qui recouvre ses voies & diminué beaucoup le sentiment des chiens. POUDRERIE,/'/ [Pulvtris nitrati ojfìcina.} Lieu où l’on fabrique la poudre. Danet. POUDRETTE, f. f. [Pulvis Jiercoreus.} Terme de Jardinier. C’est la matière fecale fort feche St réduite en poudre. (11 y a des Jardiniers qui fe fervent de la poudrette, pour encaisser leurs Orangers, mais ils font mal. Çnúnt. Jard.fr. t. i. La poudrette ne vaut rien à l’ans- mune. Culture des fleurs , ch. 5.) POUDREUX, poudreuse, adj. ïPuCvmdentus,} Plein de poussière. (Avoir les pieds poudreux. ’ Vainqueur poudreux. C’est-à-dire, plein ou couvert d’une pou/ liere glorieuse. La fur des tas poudreux de Jacs £5* de pratique Heur.e tous les matins une Sybilt étique, Defpr.) T PIED poudreux. Terme de mépris, qu’on n’em- ploie qu’en parlant d’un homme de néant. (C’est un pied poudreux.) POUDRIER, j’ m. [Pyxis pulveris.} C’est dans un écmoirc de table ou de valise , une maniers de petite boète ronds ou quarree , de bois ou de métal, perces par le haut de plusieurs trous , dans laquelle on met de la poudre, ou du fable qu’on jette fur ce qu’on écrit,afìn que f écriture ne s’essace pas. Quelques papetiers disent Jablier au lieu de dire poudrier, mais ils disent mal; tous les autres papetiers avec !e reste des gens du monde qui parient bien , disent poudrier. (Voilà un poudriet bien-fait. Un joli poudrier.) POUDRIER. _[ Pulveris irrequieti horologium. J Est aussi sc nom qu’on donne aux horloges de fable. POUDRIER ,f m. [Nitrati, odorati pulveris op sex, propota. j Marchand qui fait ou qui vend de la poudre, tant à canon que celle qui est parfumée. POUF- r Fragor, tumultus.} Terme indéclinable c? populaire. Qui sert à expliquer quelque grand bruit 01* quelque chute (Les mousquets faifoient pouf. Son cheval s’eít cabré , pouf, voila mon homme par terre. Ce mot fe dit aussi d’un fanfaron bien vêtu. Í1 fait pouf. [Tumidé fe fe ineedendo jafíitat.} Acad. Fr.} POUF Terme d’Artisans. Qui se dit du grais qui s’égréne, St qui s’en va en poudre quand on le travaille. Áead. Fr, POUGEOISE,/ / Sorte de monoïe dont on se se-rvoit du tems de Saint Louis. POURGER , n. Terme dc Marine. [Vento pup- pim obvertere.} C’est faire vent en poupe. Ce terme est en usage fur la Mcditerranée. Acad. Fr. P OUIU rou FOUILLE', s >». [ Codex kemficiorum. ] Terms d'Ezlise. C’est un ancien nom, & c’est un Catalogue , reglìtre ou inventaire de tous les Bénéfices d’une Province de France, qui en marque les revenus, les Colla* teurs & les Patrons. C Fouillé général ou particulier. Fouillé royal. Le Fouillé général est en neuf volumes, & il contient tous les Bénéfices, avec leurs revenus & leurs Patrons. Le Fouillé particulier renferme les Bénéfices de chaque Diocèse. Le Fouillé roíal coqtient les Bénéfices qui sont à la nomination du Roi. Chercher Bn Benéfice dans le Fouillé. 11 faut avoir un livre qu’on apelle la clé du Fouillé. ) Ménagé écrit Poúillié , mais mal. Voter Mr. Ménagé ; ce qu’il a dit fur Pouillé, est curieux. f FOUILLER, v. a. Dire des Fouilles à quelcun. ( Je l’ai bien pouillé.) Ou dit aussi, se pouiller. (lisse lotit fort pouiller. On ne s’en sert que dans le stile familier. SE POUILLER, v. n. [Pediculos venarij Chercher ses poux & les tuer. (Les gueux se pouillent souvent. Les singes se pouillent eux.mêmes.) POUILLERIE , s.s. [Sordidum vejiium receptaculumd] Terme d ’Hôpital de Paris. C’est le lieu de l’Hôpital où l’on met les habits des pauvres. (Aller à la pouillerie Í tour y prendre les habits de quelque pauvre. Mettre es habits à la pouillerie.) f POUILLES, f. f. [ConvitiaJ Ce mot n’a point de singulier. 11 n’entre que dans la conversation & le stile simple ou burlesque. ( Chanter pouilles à quelcun. Scaron. Mars traita le fort de faquin , Lui dit cent' pouilles , gt? la Gloire Rompit son cornet à bouquin. Mai. Focs.) POUILLEUX , pouilleuse , adj. [ Pediculofus. J Qui a des poux. (II est pouilleux. Elle est pouilleuse.) On dit bois pouilleux. \_Lignum rugosumj Quand il est plein de taches. f POU L AILLE ,ff On le dit de toutes les sortes d’oiseaux Domestiques , qui se nourrissent dans les basses-cours des fermes & maisons de campagne, comme, poules, poulets, chapons, dindons, &c. £ POULAILLE sauvagine. On apelle ainli dans les statuts des Maîtres Rôtisseurs toute forte de gibier à plume , comme faisans , perdrix , beccasses , grives , dcc. POULAIN ìf m - [EquipuUusJ C’est le petit de laça vaste, lequel est apellé Poulain, jusques à ce qu’on le monte ou qu’on le fasse travailler. (Faire un poulain. Elever un poulain. Métré un poulain au manège. ) i'f POULAINS. On lit dans Joinville ces mots: Ei sacnez qu’on appelle les paysans de cette terre , poulains ; fut averti MeJJire Pierre d'Avalon qui e'toit mon co«- jin, qu'on me appelJoit poulain , par ce que j’avois conseillé au Roi de demeurer avec que les poulains. II semble que ce terme est clairement expliqué : cependant l’Au- teur de la vie de Louis le Gros en donne une idée difé- renteaurMp. 24. 11 dit que l’on apelloit poulains, ceux qui étoient nez d’une mere Syrienne & d’un père François. Jaques de Vitry , l. 1. ch. 67. en parle autrement; il veut que l’on apellât poulains , ceux qui étoient originaires de la Fouille. Mr. du Cange , dans fes Observations fur Joinville, pag. 8;. ajoûte qu’il est encore probable que nos François donnerent ce nom à ceux qui étoient sortis des conjonctions irréguliéres dont parle de Vitri, à cause qu’ils ressembloient à ces jeunes poulains échapez qu’on ne peut arrêter. Mais il me semble que la comparaison n’est pas juste : poulain avoit du raport au vice & à la tache de la naissance, & non pointa la qualité de la personne. POULAIN. [Bubo venereus .J C’est une sorte de tumeur maligne qui vient à Faîne , parce qu’on a eu commerce illégitime avec quelque femme ou fille débauchée qui avoit du mal. (II a été an bordel, & a gagné un poulain. II a un poulain dont il aura peine à guérir, parce qu’il est fort dangereux.) POULAIN, s Machina devolvens dolìaj Terme dcTon- nelier. Instrument de Tonnelier,propre à traîner ou à décendre du vin dans la cave , composé de deux barres & de quatre épars , qui passent en haut & au bas du poulain , & au travers des barres , & qui servent à les faire tenir ensemble. (Décendre du vin dans une cave avec un poulain.) POU 191 POULAIN. Espèce de traîneau sans roue fur lequel on voiture de gros fardeaux. POULAIN mi.parti , ou le chevalet. [ Cantirius. J Constellation septentrionale, composée de quatre étoiles de la quatrième grandeur. POULAINE , f f- [Çalcei Po/ani .2 Longues pointes de certains souliers, qui furent défendus du tems du Roi Charles VI. 0 Farini les Arrêts d’amours composez par Martial d’Auvergne, on trouve celui-ci, pag. 769. de l’Edi- tion de 1 ç78. „ II y a six ou huit Valets Cordonniers „ qui se sont plaints en la Court de céans , de ce qu’il „ faut maintenant mettre aux pointes des souliers „ qu’on fait, trop de bourre, disant qu’ils font trop „ grévez, & qu’ils ne pourroient fournir les oompa- ,, gnons , ni continuer cette Charge, s’ils n’en avoient „ plus grands gages qu’ils n’avoient accoustumé , at- ,, tendu que le cuir est cher, & que lesdites poulaines ,, font plus fortes à faire qu’ils ne fouloient. Si à la ,, Court fait faire information, & rapport d u profit ,, & dommage qu’ils en ont, & pourroient avoir ; & „ tout veu & considéré ce qu’il faut considérer ; la „ Court dist, que lefdits Cordonniers feront lesdites „ postâmes grosses & menues à l’appetit des compa- „ gnons & suivant ledit service d’amours, fur peine ,, d’amende arbitraire “. Rabelais » liv. 2. ch. 1, fait aussi mention des souliers à poulaine. Mr. de Mézerai, dans la vie de Charles VI. raconte que fous le régné de Ce Roi, “ les gens de qualité avoient mis en usage „ une certaine sorte de chaussure, qui par devant avoit ,, de longs becs recourbez en haut, (ils les nommoient „ des poulaines) & par derrière comme des éperon* „ qui sortoient du talon. Le Roi, par fes Edits, ban- „ nit cette ridicule mode : mais elle revint, & dura „ jusques bien avant dans le quinzième siécle “. Borel dans son Trésor, &c. prétend que souliers à poulaine étoient faits a la Polonoife : car, dit-il, Polaine c’est la Pologne. POULAINE. [Rojìrum .] Terme de Marine. Grosse pièce de bois, qui s’avance au-delà de la proue du Vaisseau, fous le beaupré. C’est ce que les Marscil. lois nomment Jìrpe. Acad. Fr. POULALIER , s »«• [ Gallinarium.’] C’est le lieu où couchent les poules, & où elles pondent ordinairement dans des petits paniers d’osier remplis de paille. (Les poules font encore au poulalier. Votez au poulalier s’il n’y a point d’œufs frais.) POULALIER. £Pecoris volatilis venalitius.jj Marchand qui vend de la volaille. (Les poulaliers viennent à Paris tous les jours de marché. C’est un poulalier assez à son aise.) + POULANGIS , f m. Sorte de grosse tirtaine laine & fil , qui sc fabrique en Bourgogne & en Pi- cardie, POULARDE , f f. [_Pulla altilis. ] Poule jeune St grasse. (Une bonne poularde. Une excellente poularde. On nous a servi une poularde rôtie qui étoit la meilleure & la plus tendre du monde.) POULE, J. f. [GallmaJ Sorte d’oiscau domestique fort connu, qui fait des petits qu’on apelle poulets. (Une bonne poule grasse. Métré une poule au pot. L’avarice perd tout en voulant tout gagner ; Je ne veux , pour le témoigner , Que celui dont la poule, a ce que dit la Fable , Pondait tous les jours un «us d’or. • La Font.) POULE A’Inde. \Gallina indica.^ C’est la femelle d U Coq d'Inde. On dit d’une Dame retirée à fa campagne & qui ne fréquente jamais la ville , que c’est une gardeusc de poules d’Inde. 0 Mr. Ménage prétend que Scaliger s’est trompé, quand il a cru que les poules d’Inde ont été ainsi apel- lées, parce qu’elles nous ont été aportées des Indes. 11 foûtient queç’a été parce que les François ont donné ce mot d’Inde à plusieurs choses aportées en France des pais étrangers : mais il ne dit point de quel pais elles font venues. POULE de Guinée. C’est un oiseau d’un fort beau plumage , qui est noir & semé de plusieurs taches blanches. II est gros comme une poule ordinaire , niais il est enjambé plus haut, Bel. I. 7. POULE IQ2 POU POULE d 1 eau. [Fulica.J Oiseau de rivière, qui est noir, bien garni de plumes , ayant la tête presque semblable à celle de la poule privée avec une crête blanche ou rouge. (Les poules d’eau font grasses l’híver, leur chair est de bon goût, mais elle est de dificile digestion. Bel.) * f Faire la foule mouillée . £Animo frafliortm ejje.j C’est-à-dire. Manquer de coeur & de hardiesse. N’avoir point de courage. * f Plumer la foule. C’est être soldat & vivre chez le païsan. C’est voler avec quelque sorte d’autoríté. * Plumer la f ouïesans la sain crier. {Tondere aliquem Jhte clan tores Votez Plumer. 'Un bon renard ne mange jamais les poules de son voisinage, four dire que quand on veut faire quelque mal, il ne faut pas être en un lieu où l’on soit connu. H Faire le cn de foule. C’est faire une espèce de moue en avançant & pressant les lèvres. f Cu de foule. C’est en ternies de Chirurgie , une ex- crescence de chair qui vient quelquefois autour des plaies. ± On apell e,farcin cu de foule , une espèce de farcin qui vient aux chevaux. POULE. C Lusorn certaminit framium. ] Terme de Reverjis. C’est l’enjeu qu’on met en jouant au reveríis » & qui ne peut être gagné que par le qumola. (Tâcher à sauver la poule.) Terme de Jeu d’ombre. POULET , f. m. [Pullus gallmaceus.) Le petit de la poule. (Un bon poulet de grain. Faire une fricassée de poulets. II m’ejì , disait elle , facile jyélever des poulets autour de ma maison, Le renard sera hien habile, S’il ne ni en laijst a.jjez four avoir un cochon. La Font.) f POULETS sacrez. Les Romains tiroient des auspices des poulets sacrez , & ils n’entreprenoient rien de considérable dans le Sénat ni dans les armées, qu’on ne les eût auparavant consultez, comme un grand nom- bre d’Auteurs Rassurent. Lorsqu’on avoit besoin de re- • courir à cette sorte de dévination, on laissoit les poulets un certain tems dans une cage fans manger. Après cela les Prêtres ouvroient la cage & leur jettoient leur mangeaille, s’il la bequettoient de bon apetit & de leur propre mouvement, c’étoit un très-bon augure, éi un très-inauvais s’il s la refusoient. Quoique cette superstition soit fort ridicule, Mr. de Foiard assure dans son Polybe , qu’il à vû à Naples des superstitions mille fois plus ridicules & plus folles que celle-là. Tome L f. 1 78. * POULET. [ Amatoria litterte. ) Billet galant. Billet amoureux. Petite letre d’amour qui doit être ten. dre ou galante & agréablement tournée. Le mot de foulet en ce sens, n’est pas si en usage qu’il etoit autrefois. (J’aurois à cette heure dequoi vous écrire un beau poulet. Voit. I. jg. Répondre au plus obligeant poulet du monde. Voit. I. 14. ) £§ Mademoiselle du Tillet contoit autrefois, que du. rant la Ligue les poulets a voient leur passeport de l’un & de l’autre parti. Mr. Gojlar,suite de la défense, f ag. aj. Le P. Ducerceau a dit galamment : Je sçak les cas , f ai lu Bail £sf F oie t , Poulets ne font condamnez far IEglise. Mr. de la Monoïe a remarqué dans son Glossaire sur les Noëls Bourguignons , que poulet , dans le sens figuré , pour un billet amoureux , n’a guére- été en qsage parmi nous que depuis 1610. jusques en 1670. tout au plus. j’avouè que l’on dit plus souvent un biset , un billet galant , qu’un foulet : mais aussi cc terme n’est pas si fort décrié, que l’on puisse marquer fa proscription dans l’année 1670. II a raison de rejeter l’étimologie de Saumaise , qui le dérive , dans le sens figuré, de polyptichum, & d’en faire deméine de celle de Furetiére, qui a dit que l’on a nommé poulets les billets d’amour, parce qu’en les pliant on y failoit deux pointes qui réprésentoient les ailes d’un poulet. On donne encore deux autres origines de foulet dans le sens de billet d’amour: les uns disent , que les amans font souvent réduits á íe servir du ministère d un marchand de poulets, qui entre facilement dans les maisons , fur le pretexte de vendre de la volai.le , & trouve le moyen de rendre íe billet à i’T? e , • autres croient que poulet vient de Italien. Air. Ménagé a cité dans ses Origines, un . FOU endroit du voïage d’Audebert en Italie , où iî dît que „ si c’est pour inaquereiage que foie faite ,, la punition, on pend deux poulets vifs aux pieds „ de celui qui auroit été pour suborner une femme ; „ & de là vient ce que nous apollons en France „ porter un poulet, quand on envoyé un petit billet; ,, d’autant que ceux qui fe mêloient de ce métier, „ portoient les poulets vendre par les maisons, & me. „ toien(un billet fous l’aìle du plus gros, cjui étoitun „ avertissement à la Dame qui l’entendoit où pour la „ prémiére fois trouver Ie moyen de le bailler à là „ main. Cela étant découvert, le premier fut puni „ d’estrapade, avec deux poulets a tachez aux pieds, „ qui ne font cependant que voler ; L depuis est ve. „ nu que le inaquereiage, de quelque façon qu’il soit, „ se punit de cette forte; & nous n’entendant l’origine, ,, apollons indifféremment un poulet , toute forte de „ petits billets “. A quoi Mr. Ménage ajoûte, que „ les „ Italiens ne fe fervent point d u mot de poulet en cette „ signification ; ce qui détruit l’étimologie d’Audebert, ,, laquelle d’ailleurs n’est pas vraisemblable “. Cepen. dant nous lisons dans le Dictionnaire de la Urusca, au mot folio. Portar folli, fare ilrusjìano , en Latin leno. cinium exercere , du terme folli dans le sens des Italien* a bien pû passer en France , puisque le porteur des bil- lots d’amour fait le métier de rujjiano. POULET. [ Chartula brevior. j Terme de Papetier. Sorte de petit papier pour écrire de petits billets amou, reux, ou autres. (Acheter du poulet.) POULETTE > s. s. IPuUaJlra.] C’est une fort jeune poule qui n’a pas encore pondu. (Une belle, une jolie poulette. O11 tué les cochets & on garde les poulette*, Un jeune coq des mieux hupez En rodant far son voisinage Hune jeune Poulette aujji belle que sage Eut les yeux £sf le caur également supez. Bourf. lett.) f POULETTE d’eau. ( Gallinula aquaria. ] Oiseau aquatique , qui est bon à manger. Sa graisse est anodine, émolliente & résolutive. f * POULETTE. [PueUa.J Jeune fille pour le plaisir d’amourettes. (C’est une poulette que cela. Nous venon* de voir une jolie poulette.) [f POULETTE. Terme d’Agriculture. Les Vignerons disent : Voilà de bonnes poulettes, j'en vas planter; & ces poulettes ne sont autre chose que du sarment, au bas duquel il n’y a pas du bois de deux fèves, comme aux chapons & aux crossettes ; si bien qu’on use de ces poulettes comme d’un plan de vignes propre à réûiisir. POULICHE, f. f. IPuBa.-} Petite femelle de ca- vale. (Une belle pouliche.) POULIE ,/ f. [Trochlea.’} C’est une roue de bois, ou de métal canelée, Ct enchâssée dans un morceau de bois, ou de fer, fur laquelle passe une corde pour lever i& abaisser quelque fardeau gros ou petit, selon la grosseur de la poulie. (Une grosse, ou petite poulie.) ($’ Les Espagnols disent polea. El carrillo (dit-il) donde corre la cuerda è maroma que salie algwi peso. A verbo graco , polea , versor. J’ai compté dans le Dictionnaire de la Marine d’Aubin, jusques à vingt-quatre fortes de poulies dont on fe sert dans les Vaisseaux. POULIE- [L yocblea .2 Petit cartiliage annulaire situe au grand coin de l’œil. f POULIER , v. ail. [Onus trochlek ;»o/;W.] Elever quelque fardeau par le moyen d’une poulie. (Poulier de* gerbes dans une grange.) POULINE , f f. [Equa puUa. ] Petite femelle de cavale. (Les poulains à deux ans ou à deux ans & demi commencent à s’échaufer après les poulines. So- leijel, Parfait Maréchal, c. 147.) POULINER, v. n. ['Fatum edere,~\ Ce mot fe dit des Cavales. C’est faire un poulain. ( Cavale qui vient de pouliner.) , POULINIF/RE, adj. [Equa prolétariat] Ce mot ne fe dit qu’au féminin , & en pariant de cavale. 11 signifie cavale qui est pleine. Cavale destinée à faire race, ou qui a un poulain. (Une jument poulinière. ) Voïez Jument. ^ POULIOT , J. nt. [ Vulegium latifolium.] Sorte d’herbe odoriférante. (Pouliot citronné, cultivé, roial, commun. Pouliot mâle. Pouliot femelle. Le pouliot est chaud & ami des poumons.) ^ POU „ f Lé Poulies (le Virginie entre Jans 1 a composition de la tériaque , & on la tient Souveraine contre la morsure des serpens. POULiPE. Voïez Polipe. POULPE , f f.’■ [ Palpa. ] Terme de Médecine. Qui se dit du plus gras & du plus solide de la chair, & que les Médecins disent plus particulièrement de la partie supérieure du ventre , parce qu’elle est charnue. On apelle de même la chair des fruits, H POULPETON, f. m. C’est une forte de ragoût fait de viande hachée, & puis recouverte de tranches de veau. POULVERIN , f. m. [p ixis pulveraria.] C’est une maniéré d’étui qui est couvert de cuir, ou de velours, qui pend avec les charges à la bandoulière & où l’on met la poudre fine & déliée qui n’est propre qu’à a- morccr. (Soutìez au bassinet, prenez le poulverin. Mar. tinet„ Exercice Général pour /’ infanterie , p. 9. (j? çi.) POULVERIN. [ Horologiutn puherariurn. ] II signifie aussi une horloge de sable; mais , en ce sens, il n’est pas usité comme le niot de Poudrier. Voïez Poudrier. Le Dictionnaire de l’Académie Franqoise , Furé- tiére, & la plûpart de«..Auteurs écrivent & prononcent pulverin, & ie croirois qu’ils ont raison, puisque le mot vient du Latin Pulvis. POULVERIN, f. m. [Puhis minutui.] Terme d'-rír- iillcrie. Poudre fine pour amorcer le canon. POUMON , J. »i. [Puímo.] Chair molle & spongieuse qui est l’instrument de la respiration & de la voix. (.Etre incommodé du poumon. Avoir un bon poumon. Le poumon est situé dans la poitrine. User íès poumons à force de crier.) POUMONS de mer. [Pulmo marinus.] C’est une forte d’inlccìe marin couvert de cuir dur qui a de l’air des poumons de l’homme, t POUNDAGE,/ m. Droit qui se leve en Angleterre sur les Vaisseaux marchands. POUPARD, s. »t. [PupiUuí. ] Terme de Marchand poupetier. Poupée qui n’a point de bras. Poupée emmaillotée qu’on apelle aulîi maillet , en terme de poupetier. Un joli poupard. Un beau poupard. II se dit aussi d’un petit enfant en maillot. rs Villon, dans son petit Testament, se sert de ce terme, pour exprimer un homme affecté: Et que l'argent ou la plupart Soit employé dedans ses paquet Pour achepter a ce poupart Une fenejtre auprès Jaint Jacques. POUPE, / /• [Pappis.’} Terme de Mer. La derniere partie du navire qu’on apelle aussi arriére. (Une belle poupe de navire , ou un bel arriére de navire. Poupe q narrée. Poupe ronde.) ìf La poupe est aussi apellée queue parce que le gouvernail qu’on y a tache , fait le même éfet que la queue fait aux poissons. Le pourtour de la poupe est orné de balcons, de galeries, de balustres, de pilastres & autres ornemens, avec les armes du Prince, Je tout richement doré & peint. Poupe quarrée. Ce font des Vaisseaux qui ont l’arcasse construite selon la largeur & la structure des grands Vaisseaux de guerre: on les apelle Vaisseaux à poupe quarrée, par opoiì- tion aux flûtes, & autres bátimens qui n’ont point d’arculfe, & qui ont des fesses rondes à l’arriére, de méme que le íont les joues à Pavant. Quelques-uns disent aussi, cul quarté. Voir par poupe, c’est voir les choie s derrière foi; on dit, Nous vîmes leur flote par poupe. Aubin. Voïez cet Auteur fur les termes Ar- cajje , FeJJes, Joues. * Avoir le vent en poupe. [Secundis ventis serrt.~\ litre heureux. Avoir tout à souhait. Réussir dans ce qu’on entreprend. Voiture , letre 42. ROUEE. Ternie de Cbajj’e, qui se dit des têtes de femelles des animaux , & principalement de l’ourse & des autres animaux mordans. L’os du Front qu’on apelle autrement coronal, est apellé par les Médecins l’os de la poupe. LOUPE E , f f. [Papa.] Terme de Poupetier. C’est une figure de petite fille qui est faite de gros drapeaux & de blanc d’Espagne & qui est habillée. (Une jolie poupée. Achille beau comme le jour Pleura neuf mois pour son amour Comme un enfant pour sa poupée. Sçar. poéfi] PQUPE'E. [Statumma tornatilia. ] Terme de Sculp. POU 193 teur. Piéco de bois (Végale grosseur & proportionné* aux jumelles du tour des sculpteurs. POUPELIN, /, m. [Exile popanum.] Terme de Prr- tijjìer. Pâtisserie faite de fleur de froment, de fromage, d’œufs & de sel, qu’on beurre lorsqu’elle est cuite. C’est-à-dire, qu’on fait tremper toute chaude dans du beurre. (Faire un poupelin. Commander un poupelin Beurrer un poupelin.) POUPELINIER, s. >». ou P ouplinier. [Pelvis p op ana. ria.] Terme de Vatjjìrr. Prononcez pouplìmé. Manière de bassin de terre, d’étain sonnant, ou de cuivre étamé où l’on fait fondre du beurre pour beurrer le8 poupelins. (Un pouplinier bien fait.) POUPETIER, /• tn. [Coroplathus.] Marchand qui fait ou qui fait faire de toutes sortes de poupards & de poupées (Un riche poupetier.) POUPIN» adj. [Scitus, venustus.] Qui a le visa. ge & la taille mignonne , & une grande propreté dans l’ajustement. (Cette fille a un visage poupin Madame de la B. a la taille fort poupine. Ce jeune homme est poupin .) POUPON > f, m. [ puellulus. ] Mot burlesque pou» dire petit enfant. {Saur Jeanne ayant fait un poupon , Toujours étoit en oraison. La Fontaine , Contes.) POUPONNE , /. /. [ Car a , venujla.] Mot bas & comique dont on se sert pour caresser des femmes qu’on aime, & qui veut dire mignonne , jolie & aimable. {Va , pouponne, mon caur , je reviens à l’heurt/. Qúi ma pauvre fanfan, pouponne de mon ame. Molière.) f N’êtes-vous pas bien-aife de ce mariage, mon aimable pouponne. Molière, Mariage forcé.] POUR- [Pro.] Préposition qui régit l’acusatif. (On lui donne une belle maison pour dix mille livres.) POUR. [Ob , propter.] Ce mot se dit souvent au lieu de la préposition a cause. (On vous defie de montrer aucun droit divin ni humain qui permete de tuer pour l’honneur , pour un souflet, pour une injure & une médisance. Pascal,/. 14. On n’admira jamais les Centaures pour leur beauté, mais pour leur extravagance. Ablanc. Luc.) POUR. [In gratiam ] Signifie A la considération. En saveur. (On doit tout souffrir pour Dieu. Arnaud. Jc n’ai qu’un filet de voix & ne chante que pour Silvie. Sar. pois. Le cher Daphnis me plaît , [f je pense à lui plairet Que mon dejlin seroit heureux Si le Ciel avoit tous mes vaux ! Si mon caur pour Dieu J'eul jbûpiroit de tendresse. Rec. de Bouh.) POUR. [ Ut. ] Se met immédiatement devant l’insi- nitif, & signifie afin de, & alors c’est une conjonHion plus en usage qu 'afin de. (11 n’y a jamais eu de Loi qui ait permis de tuer pour. Pose. I. 14. II l’cnvoya pour le faire connoître aux soldats & lui aprendre le métier des armes. Ablancourt, Tacite.) POUR. [Licet, quamvis.] Ce mot avec un adjectif, suivi d’un que régit le subjonctif, & signifie bien que , encore que. (Exemples. Pour grand que fût le péril , ils s’éforcerent tous à l’envi d’aller dégager le Roi. Vaug. Quint. Curce, l. 9. ch 4.) POUR moi. [Mei cauja.] A mon égard. De iuoi. Pour moi , est de la prose, & de moi de la poésie. Vauge . las, Rem. POUR. [ Aliquandiu. ] Pendant. (Cela subsistera pour un tems.) POUR le tems. [Habita ratione t emparés.] Eu égard au tems. Cela est passable pour le tems.) POUR, f m. [Pro.] Ce mot se prend quelquefois substantivement- (Un bon Orateur doit savoir le pour & le contre. Abl. Le pour & le contre sont probables & feurs par conséquent. Pascal l. 6. On peut choisit du pour &,du contre. Pascal l. 6. Penetrer dans le pour & le contre d’une question. Pascal 1.6.) POURCEAU, / m. [Sus, P orcus.] Ce mot signifie , Porc , Cochon ; mais il ne se dit guère en parlant familièrement & sérieusement, & en sa place on dit ordinairement porc, ou cochon ; mais en écrivant on se sert du mot de pourceau. O11 employé aussi ce mot de pourceau quand on parle familièrement & qu’on rit, on qu’on injurie. Exemples. 11 se voit dans Plutarque un savant pourceau qui ne cedeguére à ce docte Romain, qui fut apellé le pourceau des letíres.Cojlar , défense des au- Tome ÍIL B b m ÏQ4 ?OV *m de Voiture. On a dit des pourceaux que Famé ne leur fervoit durant leur vie, que comme le sel après leur mort, pour les empêcher de se cotrompre. C’e- jiar. En récompense je ne vous apellerai plus pour. ceau. Voit. letre. 148. f * Fi, c’est un vilain. C’est un gros pourceau. sS«r, obejùs.] On dit auslì en proverbe. C’est le pourceau de fuioit Antoine. C’est un homme qui se fourre par tout pour y boire Sc manger. (C’est une manière de parasite banal.) Ce proverbe vient de ce que les pourceaux de l’A- baïe de S. Antoine qui est en Dauphine, ont le privilège d’entrer, avec leur clochette au cou, dans toutes les maifons du lieu, où ils se fourrent à toute heure, parce qu’on n’ose les en chasser, & qu’au contraire on leur donne à manger par respect à saint Antoine. (Et le plus petit Saint dans le siécle où nous sommes , Nourrit plus de pourceaux que notre Roi n’a d’hommes. Poët. Anon.) (jf Dans une grande partie des cérémonies payen- nes, on faerifioic un pourceau ; mais c’étoit principalement dans les solemnitez des fiançailles, ou lorsque l’on contractoit des alliances. La superstition al- loit, à leur égard, jusques à croire qu’il falloit ofrír en sacrifice des pourceaux dix jours après leur naissance , parce qu’ils étoient reputez purs & propres aux sacrifices jusques à ce tems-là. Je ne sçais si la correction de Mr. Nicaise, d’un endroit du huitième de l’Enéïde , doit être suivie. Nous lisons dans toutes les Editions de ce Poète : Et cetjk jungebant fédéra porca. II prétend qu’il faut lire : Et cœfu jungebant fœdera p or co. II convient que dans les Sacrifices que l’on faisoit en contractant alliance , on immoloit un pourceau femelle; „ car, dit-il, casa fœdera porca, ce font „ mots rampans, & qui rendent la prononciation des- „ agréable : mais casa jungebant fœdera porco a je ne ,, sçais certain agrément qui sc sent mieux par l’oreil- „ le & par le sens, que par la raison, “ si l’on en croit Quintilien , qu’il prétend devoir être lû de cette maniéré ; Quœdam non tain ratione, quàm senfu ju- dìcantiir, ut tllud , casa jungebant fœdera porco, fecit elegans fiílìo nominis i quod fi fuijset porca , vile erat. Je n’ai pas encore oui dire qué ce soit une élégance de donner au mot masculin le régime du mot féminin. Voïez son explication d’un ancien monument, imprimée à Paris en 1689. 4 POURCEAU de mer. Poisson de mer, qu’on apel- le aulli Marsouin. POURCELAINE. Voïez porcelaine. POURCELET, f m. [Blatta , porceUìo. ] Petit animal qui a plusieurs pies, & qui se met en rond pour peu qu’on le touche. ' POUR CE QUE- [Eo quod, quia.'} Sorte de con. jonftion hors d’uláge dans le beau stile. Elle ne sert que dans le comique quelquefois, & dans de certaines façons de parler plaisantes & agréables. Ilots de là, on dit en fa place, car, parce que, & quelque, fois d’autant que. (Quand j’épousai ma femme , aujjì n’étoit ce pas Pour son teint, Ja jeunejje , ou ses autres apas : En voidez-vous savoir la raison ? ce fut pour ce Qys’elle avoit une bourse. Bens. Balet de la nuit, 1. p. cut. g.) POURCHAS. s. m. [ Emolumentum .] Vieux mot qui signifioit profit, avantage obtenu après une longue poursuite. II n’est en usage qu’en cette phrase. Ses pourcbas valent mieux que ses rentes. POURCHASSER, v. a. [ Injequi, ambire.} Pour. suivre. Tâcher d’avoir. Tâcher d’atraper. (Pourchasser un cerf, un sanglier.) t * On dit aussi au figuré, pourchasser un emploi une fille. POURFENDRE, v. aft. [Dìffindere.] Vieux mot qui est en usage dans les anciens Romans, pour Gg- nÌl ur noïm 8rand coup tle tnillant d ’ une arme. POURrlLí-R, v. aci. [ lìombycinum auro inte. arere.J Entremêler de tissure diférente. (Cet habit é- toit pourfi/é d’un galon d’or , qui lui donnoit beaucoup de grâce.) Ce mot vieillit. POUR L’HEURE- [ Nunc .3 Sorte à’adverbe hors û usage , en la place ducjuel on dit présentement. POU POUR LORS. [Tune.] Sorte d 'adverbe qui vieil, lit, & en la place duquel on dit alors. Le P. Bou- hours doute de son usage. POURPARLER,/ «t. [Colloquium.] Conférence qu’on a sur une afaire. (II traversoit le pourparler de la paix. Mémoires de M. le Duc de la Rochefoucmt.) POURPENSER, v. a. [Perpendere.] Ce mot est un peu vieux, & n’est bien en usage qu’en riant. U signifie, penser, songer à quelque chose. Faire réfle. xion sur une chose. (II faut un peu pourpenscr à cela.) POUR peu que. [Dummodo.] Conjonction qui de. mande le subjonctif, pourdi se, Jì peu que. (Pour peu que je m’étendisse sur cette matière, je pourrois.... Ablanc. Luc. Pour peu de défense que vous eussiez voulu aporter, la meilleure partie de moi-même vous resteroit encore. V oit. le t.) POURPIER , f m. [Portulaca, latifolia , feu fol. va.] Sorte de plante qui a une tige ronde, des feuilles grosses & larges, & des petites fleurs jaunes, ou tirant fur 1e pâle. (II y a du pourpier sauvage, marin & cultivé. Le pourpier est bon aux reins & à la vessie. II est froid & humide, & bonj plusieurs maux. Voïez la-dessus Daìecbamp.) 4 = POURPIER doré. C’est une espèce de pourpier naissant qui tire sur le jaune. POURPOINT , f tn.[ Thorax.] C’est la partie de i’habit de l’homme , qui couvre le dos, l'estomach & les bras, & qui est composée du corps du pour- point, des manches, d’un colet > de busqués & de bat ques. (Un pourpoint bien fait.) Nos peres Jur ce point étoient gens bien fenfez, Qui difoient qu’une femme en j'çait toûjours ajfez, Quand la capacité de son esprit je haujj 'e, A connoitre un pourpoint d’avec un baut-de-cbaujse. Mol.) (f Ce mot n’est plus en usage, les hommes ne portant plus de pourpoint. Mainard, dans une Ode contre un poltron, a dit : Tu lai ses combatre les Princes, Leurs armes ne t'animent point, Et mets toûjsurs quatre provinces Entre la guerre (jf ton pourpoint. Mauvaise plaisanterie. î Tirer un coup à bride pourpoint. Prov. C’est le ti. rer à bout portant. H * Dire une chose à bride pourpoint à quelcun. C’est lui dire , lui reprocher en face , quelque chose de dut & de désobligeant. çCe reproche est à brûle pourpoint.) f Commencer à remplir son pourpoint. C’est Prov. devenir gros & gras. H Remplir son pourpoint , se dit aussi Prov. Four faite un bon repas. f * II faut que tu vêtes un pourpoint de pierre. Abl. Luc. C’est à-dire, que tu entre en prison. -j- * Sauver le moule du pourpoint. [ Vitu servanâa efi. J C’est sc sauver soi-méme, son corps & fa personne, POURPOINTIER , s. m. [Thoracarius propola.] Artisan qui ne fait que des pourpoints, mais il 11’y a plus aujourd’hui d’artisans qui ne fassent que des pourpoints, Et les Pourpointiers sont unis au corps des Fripiers, de forte,qu’ils font & vendent des habits complets comme les Fripiers. f POURPOINTERIE, sc dit , pour le métier de pourpointier. Acad. Fr. POURPRE', pourprée, adj. [Lividi vari, fébris fejiihntis indices. Ce mot se dit de certaines maladies où il paroìt du pourpre. (Une bonne fièvre pourprée. Molière.') POURPRE', ou pourprin. [ Color pur pur eus, purpuras us. ] Se disent, chez les Fleuristes, des couleurs vives, qui font fur les fleurs aprochant de la pourpre. (Un bel œillet pourpré.) POURPRE. J. m. [Lividœ macula.] Ce mot n’a point de pluriel, & signifie une forte de maladie qui consiste n avoir le corps couvert de taches bleues, ou noirâtres , qui viennent ensuite d’une fivre maligne. (B est mort du pourpre. Vaug. Rémi) POURPRE , f f. ± [Conchylium marinum, ex quo purpura íjficitur.] Espèce de poisson enfermé dans une coquille , de la grosseur d’un œuf. Cette coquille est ridée , de couleur de cendre, quelquefois jaunâtre, & quelquefois entre verte & cendrée, & au-dedans jaune, semée de plusieurs pointes en forme de clous avec un POU tm fong bec en maniéré de tuïau, audevant duquel il y a un couvercle. La pourpre vit de poisson & d’her- bes. Elle nait fans opération de mâle & de femelle, & fans œufs. La précieuse liqueur de la pourpre est quelquefois noirâtre, & quelquefois rouge, & est au mdieu du cou. Vaugelas croit ce mot de pourpre masculin en ce sens; mais je fuis son serviteur. Rondelet, Belon & autres favans hommes qui en ont parlé , le font féminin, Si doivent plûtôt être crûs que Vaugelas. POURPBE. j[ Regìa , ou pontificalis purpura. J Ce mot, au figute, le dit des personnes de grande dignité , des Rois, des Cardinaux & des Juges Souverains, & en ce sens il est toujours féminin, & lignifie la dignité de ces personnes, marquée par l’étofe rouge qu’ils portent. (L'est par ce titre que le Cardinal de Richelieu a crù rehausser l’éclat de fa pourpre Si de fa vie. Vaug. Rem. Epître ciedicainire.) * POURPRE, j Muricatus , purpuratus. ] Braverie, superbe apareil, magnificence pompeuse & éclatante. (Ce n’est qu’or & que pourpre dans votre armée. Vaugelas •, Qu:nt. I. c. a.) POURPRE, / m. f Conchylhtm. ] Ce mot, en terme de h'ítjíjn , est masculin. Le pourpre est composé de 1 azur, de gueule, du sable St du sinople, & il est en barres dans les armes de ceux qui en portent. Le pourpre signifie la foi, la charité, la tempérance & la piété. Col. cb. 4. (On dit en parlant de Blason. Parti de pourpre & d’hermine. Col. ch. 12. 11 porte de pourpre au chevron abaissé d'or. Col. ch. r;.) POURPRE,/ tn. [ Purpurcus color. J Ce mot, pour dire U couleur de pourpre, est fait masculin par les Fleurijies. ïls disent. (Pourpre clair. Haut pourpre, pourpre brun. Votez Mann , Traité des sieurs , & autres. Vaugelas croit qu’en ce servs pourpre est adjeâif ; mais on croit qu’il croit mal. On ne dira pas du fa - t:n pourpre, comme il le pense, mais du satin couleur de pourpre .) * POURPRE. Ce mot se dit en parlant des couleurs dont le Soleil peint le ciel, & en ce sens il est masculin, Si ne fe dit qu’en vers. (Exemple. 11 couvrit l’borison d’un or luisant & pur, Pour y répandre ensuite le pourpre U (‘azur. Perraut, Poésies.) POURPR 1 S, / w. [ Arnlitus , complexus ] C’eft l'enceinte d’un lieu. Le mot de pourpris n’est pas (i usité qu 'enceinte , que clos, où quelqu’autre mot de cette forte. (11 est dans le pourpris de la maison. Cependant il y a des endroits où pourpns est tout-à-fait propre. Ainsi, en parlant des abeilles , & de ie»r ruche , on dira fort bien, que L'abeille va piller le crocus U la rose f Puis s'envolant dans le pourpris JDe son petit Palais rultique , Avec grand foin elle C api 1 que A serrer tout ce doux butin. Mercure galant.) 0 " Le mot est ancien, & il n’est guére plus con- ru que dans les Coutumes. Froissard a dit, vol. 1. cb. 1;. ,, Et furent ordonnez gens d’Estât entour lui, „ qui bien íçavoient que l’on devoit faire ; mais point ,, ne le dévoient laisser passer, ni aler hors du pour- ,, pris. “ Et dans le Roman de la Rose : Si ce pourpris ne peux garder Tout vif me puijfe-on larder Si jamais hom vivant y entre . Ce terme signifie, selon Ragueau , l’enclos, les en- ,, virons & prochaines clottures de quelque lieu feig- „ neurial, chastel , manoir & hostel noble, ou de „ l’Eglise. “ II est dit dans Yarticle 6g. du titre 4. de la Coutume de Nivernois , que ,, le dénombrement „ doit contenir tous les droits , prérogatives , préemi- „ nences du fief, ensemble les chastel, maison , gran. ,, ge, pourpris & domaine, &c. “ Et dans la Coíi- tume de Bretagne, art. $41, ,, Les maisons, fiels, „ terres , de convenans, & domaines congéables nob- „ les, & autres terres nobles, soit d’ancien patri- ,, moine ou d’acqu’est, & les meubles, seront parta- ,, gez noblement entre les nobles qui ont , eux & „ lturs prédécesseurs , dès & auparavant les cent ,, ans derniers vécus, & fe sont comportez noble- ,, ment ; & aura faîne, par préciput, en succession ,, de pere & de mere, & en chacun d’icelles , le „ château ou principal manoir , avec le pourpris , POU 195 „ qui fera le jardin, colombier & bois de décora- „ tion, & outre, les deux tiers , &c. “ Et par Y mr. ticle 621. II est dit que „ bois pris outre la volon- ,, té de celui à qui il est, ne porte crime, s’il o’é- „ stoit charponté pour merrain à édifier, &c. ou qui „ est pourpris & hébergemens & prochaines clostu- „ res de la maison pour la décoration d’icelle. " t POUR QUE. [Ea mente, ut J Conjonction qui régit le Subjonctif, & qui lignifie pour, afin de. Si afin que. Pour que n’a jamais été bien établi, & ne l’est pas encore. (II est trop honnêre homme, pour qu’il ne fasse pas réflexion fur ce que je lui dirai. On dit. 11 est trop honnête homme, pour ne pojr.t faire de réflexion fur ce que je lui dirai. Monsieur de Vaugelas , en faisant l’horosoope de pour que , ne s’elt point trompé. Ce mot s’elt enfin établi : les personnes qui ont le plus de politesse, disent dans la conversation. (Sa conduite est trop régulière, pour que la colomnie y donne la moindre'atteinte. Et le Pere Bourdaloué dit dans le Panégyrique du Prince de Condé. Ce héros etoit ennemi de la louange même la plus lincere. C’étoit assez qu elle fût louange, pour qu’il ne pût la soûtenir. V. le P. Boub.) 0 Cette expression , pour que , a été chancelante pendant long-tems, puitque le P. Bouhours, dans ses premières Remarques, décide nettement qu’aucun de nos bons Auteurs n’écrit de la forte; & les plus grands Maîtres de la Langue sont dans le sentiment où étoit Mr de Vaugelas. Mrs de l’Académie onl été très sévères fur ce point; car toutes les phrases que Mr de Vaugelas fembloit aprouver, furent rejetées, à la réserve de celle-ci, que l’Académie adopta : ZQ ne fuis pas asjez heureux pour que cela soit, pour que cela arrive. 11 faut convenir que cette express on abrège la phrase, & qu’elle est commode; mais aussi elle a quelque chose de rude. Cependant le même Père Bouhours, convaincu de l’usage de la diction pour que , se corrige lui-même, dans ses secondes Remarques, p. 462. „ Depuis mes prémieres Remarques (dit-il) „ pour que s’est presque établi ; je Pavois condum- „ né avec Mr de Vaugelas, qui ne laisse pas de di- „ re, en le condamnant, qu’il y a grande aparence „ que cette façon de parler étant courte & comme- „ de, elle s’établira peu à-peu. II ne s’est pas troin- „ pé dans l’horolcope qu’il en a fait, & nous enten- ,, dons dire tous les jours : Sa conduite a été toujours „ trop régulière, pour qu'on croye les discours de J'es en - ,, nemis. Sa réputation eji trop bonne , pour que la ca- „ lomme y donne quelque atteinte. “ II cite ensuite plusieurs endroits des Ouvrages de nos meilleurs Auteurs , & finit en disant que Mr Corneille s’est trompé dans ses Notes sor Mr de Vaugelas , quand il a dit que le mot pour que ne se soùfroit que dans 1» conversation. POURQUOI- C Cur , qnare. ] Adverbe qui sert à interroger. A cause de quoi? Pour quelle raison? POURQUOI non ? fshudm ? Quid ita non ? ] C’eji pourquoi. [QuamobremJ Conjonction qui signifie ainsi, de forte. que , Si qui ne change jamais (Vous étés sage & réglé , c’est pourquoi Dieu vous bénit. II a travaillé toute fa vie, c’elt pourquoi il a de la réputation.) II lignifie auffi , C'esila raison pour laquelle, f POURQUOI, / m. [Scire causam cupio ] Ce mot fe prend autli par fois substantivement ; Si alors il signifie la cause. (Je yeux savoir le pourquoi.) POUR quoi que ce soit. [ Quamcumque ob causam. ] C’elt-a-dire , pour quelque cause, ou quelque chose que ce soit. POURRIR- ÍPutresacere, putrefìeri.J Ce verbe est actif & neutre. 11 lignifie corrompre, gâter, consumer beaucoup, réduire dans une manière de pourriture , dans un état pourri & presque consumé, (Oa pourrit les chifons pour faire du papier. La pluie pourrit la charpenterie. Perraut , Vitruve. L’humidi- té fait pourrir îes fruits. Faire pourrir de cuire. C’est à-dire, faire cuire autant qu’il est possible.) H POURRIR dans l’ordure, dans la mifere. C’est croupir dans l’ordure, dans la mifere. * POURRIR en prison. fDetineri diutiùs ] C’est demeurer long-tems en prison, y croupir misérablement. Ab ■ano Luc. H * POURRIR dans le vice. C’est persister dans son péché, dans tes muuvaiies habitudes. ^ * On du d’un homme qui n’a pris un emploi qu’en attendant mieux, qu’il ne pourrira pas dans cet emploi. Tome lil. 1> b a «'est Itz6 POU c’est-à-dire, qu’il ne l’occupera pas long - tems. Se pourrir, v. r. [Putrefieri.] Se gâter, se corrompre. (Le fruit commence à se pourrir, il y fout prendre garde.) ' - _ . Pourri , ie , adj. pas. [Putridus , p utrefaaus , cano- sus.] (Un mauvais citoien est un membre pourri qu’il faut retrancher de la République. Ce cidre sent le pourri. Otez le pourri de cette poire. Bois pourri.) POURRITURE,/ / sPutredo, caries.] Putréfaction, corruption, infection. (La pourriture est à craindre pour le fruit.) ^ Tomber en pourriture. On le dit d’un homme perdu de maladie venerienne. (11 tombe eu pourriture.) POU RSUITE, / / UnseOatio, consHatio .]|Ce mot se dit en parlant d’ennemis qu’on poursuit. C est l’action de poursuivie. Chasse qu’on donne à quelqu’un , en le pressant & courant après lui avec ardeur. (II s’étoit engagé à la poursuite des ennemis. Abl. Ret. I. i. c. 10. Arrêter la poursuite de l’ennemi. Abl. Ret. I. 4. c. 5.) POURSUITE. £Perseczttio. ] Sollicitation ardente. (Redoubler les poursuites. Faire les poursuites nécessaires pour voir la fin d’un procès.) POURSUITE. sAmbitio , ambitus.] Soin qu’on prend pour faire réussir une afaire. Brigue qu’on y employé. (^Une femme a bien de la peine à se défendre des poursuites d’un homme galant & bien-fait. L’Abé N. s’est morfondu à la poursuite de l’Evêché de ) POURSUIVANT,/ m. slnsequens, injians , litigans.] Celui qui poursuit quelqu’un. II se dit, au Palais, de celui qui poursuit un procès. (s POURSUIVANT, est non feulement celui qui poursuit une personne , une afaire ; mais encore celui qui s’aplique à aquerir un art, une science, & à posséder une chose pour laquelle on a une passion extrême : ainsi poursuivant étoit autrefois finonime avec amoureux. Rabelais, dans son Epitre au Cardinal de Chatillon , a dit : Comme fil deuji jouer le rolle de quel- que amoureux ou poursuivant en quelque insigne comédie. Les Hérauts d’Armes avoient leurs Pourssiivans, qui commençoient à s’inslruire dans leurs fonctions, qui croient très-grandes autrefois ; on les apelloit Clercs d’Armes. Le P. Ménétrier a fait mention, dans son livre de la Chevalerie, pag. 20F. d’un ancien Manuscrit, dont il a raporté ce fragment, concernant les Pour- suivans d’Armes : ,, Quand on fait un Clerc d’Armes ,, ou Poursuivant nouvel à un jour solemnel, sçavoir ,, à l’une des quatre festes de l’an, après disné > à pren- „dre vin & espices , le Prince le baptise d’une écuelle „ de bois pleine d’eau, & lui donne quelque nom à fa „ plaisance ; & le Poursuivant ne fait nul serment aux ,, armes, & peut rendre ses armes à son maître sans ,, rien méfoire. " La cotte d’armes étoit la marque essentielle de Chevalerie -. les Hérauts & les Pourssii- vans la portoient, mais diféremment ; les Pourssiivans la portoient tournée fur le bras, dit le P. Ménétrier; les Hérauts, devant & derrière ; & le Roi d’Armes la portoit semée de lys, la couronne fur l’Ecu. POURSUIVRE, ». n. [Injèqui.] Je poursuis. J’ai pour. suivi. Je poursuivis. Je poursuivrai. Presser. Donner la chasse. Aler après quelque personne, ou quelque bête. (Poursuivre l’ennemi. Ablanc. Ret. I. 4. c. 2. Poursuivre quelqu’un de près. Poursuivre à cor & à cri. 11 le poursuit l’épée dans les reins. Cela se dit, au pro- re & au figuré, d’un créancier qui presse fort un de- iteur de payer.) * POURSUIVRE. [ Urgere. ] Tâcher d’avoir. (Soit que vous poursuiviez Evêché, femme, ou fille, hâtez- vous lentement. Voit. po'es Ce vain titre d’bonticur que j’eus tort de poursuivre, Ne garentìt pas de la faim , Jesgai qu 1 après la 'mort la gloire nous fait vivre , Mais en ce monde il faut du pain. Mr. de Roubin.) POURSUIVRE. [ Pergere. ) Continuer. (Poursuivre son chemin, son discours. Poursuivant sa pointe, il donna jusques au camp. Abl. Ret. I. 1. c. 10.) POURSUIVRE. \Litem perjequi.] Ce mot se dit en parlant de pratique. C’est, après avoir intenté une action, presser le jugement de l’afaire ; c’est solliciter. (On peut tuer dans une embûche un calomniateur qui nous poursuit en justice. Pas. I. 7. Poursuivre l’au- dience. Poursuivre un procès.) í§ POURSUIVRE le filet. C’est faire les mailles d’un filet toutes de fuite, jusques à ce qu’il soit fini. POU POURTANT. [ Attamen , verumtamen.] Conjonction. Cependant. Toutefois. (Si dans le mal qui me pojsede Je languis Jans dire rien, Pbilis , pourtant je fui fort bien Quel doit en être le remede. Jiegrais, Chanson ;.) f POURTOUR./ m. {Ambitus, conseptum.] Ter- me de Maçon. C’est le tour & la mesure d’un corps. (Le manteau de cette cheminée a tant de pourtour.) POURVOIR , ». tt. [Collocare.] Je pourvois , tu pourvois, il pourvois. Nous pourvoyons, vous pourvoyez, ils pourvoyent. Je pourvois, j’ai pourvû , je pourvoirai, que jepourvoye, je pourvoirais , ou je pourvujje. Donner. En ce sens, il régit l’Acusatif. (Pourvoir quel. qu’un d’un gouvernement. Vaug. Quint. L ì.c. 4 . Le Pape est obligé de pourvoir celui que le Roi lui nomme pour un Benéfice. Majjac , Droit Ecclefiajiiqut, c. 4 ) POURVOIR , v. n. [ Providere. ] Donner ordre à quelque chose. Avoir soin. En ce sens, il régit ie Datif 01 pourvût de bonne heure à fa retraite. Abl. Arr. I. 2 . Elle ne s’employe pas moins â pourvoir aux biens des autres qu’aux siens mémes. Voit. let. 22 . Le Pape pourvoir aux Evêchez qui vaquent par mort arrivée en Cour de Rome. Dieu y pourvoira. Le voile n’eji le rempart le plus fur Contre l’amour, m le moins accessible : Vn bon mari mieux que grille ni mur , T pourvoira, f pourvoir ejt pojjìble. La Font.) POURVOIR. {Filiam in matrimomum bene collocare 2 Se dit d’une fille qu’on marie richement & noblement. (II a trouvé un bon parti à fa fille, elle est richement pourvuè .) Se pourvoir , v. r. [Sibi comparare.2 Se fournir de quelque chose. (Faire provision de blé, de vin, & des autres choies nécessaires. Je songe à me pourvoir d esquisses d’aviron f, A régler mes dejìrs , à prévenir forage , Et sauver*f ilse peut ma raison du naufrage. Defpr.) Se pourvoir , v. r. [Agere cum aliquo.2 Ce mot en termes de Palais signifie s’adreífer. (Ils seront obligez de proposer leur déclinatoire , sans qu’ils puissent se pourvoir à la capitainerie. Patru, plaid.) POURVOYEUR, / m. {Provijbr esarius .] Celui qui fait la provision. (Pourvoyeur qui tst devenu riche à force de ferrer la mulect POURVU, / m. [ Donatus, conj'ervatus.] Terme qui se dit en mat.ére de bénéfie. C’est celui qui est pourvû d’un bénéfice. Celui à qui on a confère, ou qui a un bénéfice. (Un bénéfice vacant par l’incapa- cité du pourvû. Majjac, Traité des bénéfices.) POURVÛ, pourvué, adj. [Munitus.] Fourni. 11 est pourvû de tout ce qui est nécessaire. On dit prov. qu’un homme est pourvû de fil & d’ai- guilles. [Omnibus injìrucîus.] Pour dire qu’il est pourvû de tout ce qu’il lui faut pour réussir dans une afaire. * POURVÛ , pourvûé. [OrnatusJ Orné. Paré. Qui possede. (Une divinité de mille attraits pourvue tient mon cœur en ses fers. Voit. poej] Un gros âne pourvû de mille écus de rente. Reg. Sat. 4 .) POURVÛ que, potirveu que. \_Modo ut] L’un & l’au- tre est bon; mais quoiqu’on écrive Fom-â que, il faut prononcer pourvû que. Cette conjonction régit je subjonctif. (Pourvû qu’enfin j’arrive, U qu’au moins je la voyt , Que je meure aujjl.tàt , je mourrai plein de joye. Segrais, Eglogue ;.) Pourvû que l’honneur n’y soit pas ofenfé, on peut se libérer un peu de la tyrannie d’un pere. Molière, Amour Médecin , a. s. sc. 4 .) POUS,/ m. [ Puljûs , arteria motus.] Le batte- ment des artères. C’est ie mouvement des artères. (Avoir le pous lent, inégal, déréglé. N’avoir point de pous. Le pous bat fort. Guiílot & Finot redou- blent la fièvre de leurs malades, en leur ratant 1 * pous. Votez Médecin. Le Vieillard accablé de l’horrible Artamene, Tombe aux piés du Prélat Jans pous J'ans haleine. POU f * Ttiter le potes à quelqu'un. [ Injpicere mentent alicujus.] Au figuré, c’est pressentir ce qu’il a dans l’esprit. f POUSET,./^ m. C.eit le pastel, ou cette couleur rouge qui se trouve dans la graine d’écarlate, & qui sert pour la teinture. POUSSE, J- f [IHutn inclus, anhelitus.2 Terme de Maréchal, qui se dit en parlant de chevaux. C’est une difficulté de respirer, causée par l’embaras des poumons, par l’obstruction del’égoût du poumon, qui se fait par le conduit des reins, le tout acompagné d’un batement de flans & de dilatation de narines, particulièrement , lorsque les chevaux courent, ou montent. (Cavale qui a la pousse. Cheval qui a la pousse. SoleìJ'el.) POUSSE. [Annua arhoris propage .] Ternie de Jardinier. C’est le jet d’un arbre. (La pousse de cette année est belle. Cet arbre a fait une belle poulie.) POUSSE', poussée. [ PulJ'us .] Part. du verbe poujjer. * Vin poujje. [Vappa, vinum fugiens.2 C’est-à-dire, vin gâté, pour avoir bouilli hors de la saison par trop de chaleur, ou par quelque agitation. f POUSSE-CU, J'. ra. [ SateL’es. ] Valet de Sergent qui porte l’épée, & qui aide le Sergent, l’Huissier, ou le Commissaire à mener les prisonniers en prison. (Les pousse-cus sont des misérables qui n’ont point de pitié de ceux qu’ils traînent en prison.) POUSSE E de voûte , f. f. [Fornias impuljìo .] Terme d'Architecture. C’est l’éfort que peut faire la voûte par sa pesanteur, contre les murs qui la soutiennent. •f * On dit proverb. Je lui ai donné la poujfée. [Sol. liatiorem ipsum reddidiJ] C’etì-à dire, je lui ai dit une chose qui fui a fait peur, qui l’a emu. POUSSER, v. a. [Puìsarc, pellere.J Faire avancer a- vec force. (II faut pousser cela plus avant. Vous Pavez poussé, & il est tombé.) î POUSSER au trou. Terme de Carrier. C’est conduire la pierre fur les boules ou rouleaux, jusqu’au dessous du trou où l’on doit la brider avec le cable & son crochet, pour la tirer ensuite sur la forme de la carrière par le moïen de la roue & de son arbre. POUSSER. [Fropelleres Terme de Maître d’armcs. C’est porter un coup avec force. (Pousser un coup. Pousser une estocade. Pousser hardiment, vigoureusement , de toute sa force. Pousser droit. Pousser de seconde, de quarte. Pousser de tierce le long de l’épée. Liancourt, maître d’armes, ch. 2 . 4 . U 12 .) POUSSER. [Equum agere .] Ce mot, en parlant de cheval , veut dire donner de ïéperon. (Pousser vertement un cheval. Abl.) POUSSER. [Hofies fugarc.2 Ce mot se dit en parlant d 'ennemis. C’est faire fuir. C’est faire reculer. (Pousser Pennemi. Abl. Arr. I. 1 .) * POUSSER, [ssenr acriter perse qui.2 Poursuivre ardemment Pousser vivement. Porter & faire aller une chose auffi loin qu’elle peut aller. (Pousser vivement une affaire. Molière. Ne poussez point votre folie plus loin que la sienne n’alla. Sar. po'es. Pousser sa victoire au-delà des bornes d’Hercule. Vaug. Quint. I. Je ne pousse pas ma vengeance si loin. Rac. Quel besoin st pressant avez-vous de rimer, Et qui diantre vous pousse à vous faire imprimer ? Mol.) * POUSSER fa fortune. [Ad multas opes procedere.2 C’est-à-dire, s’avancer dans les honneurs & les biens.) * POUSSER. [Impellere , injligare.2 Exciter. Contraindre. Obliger à force de solicitation & d’instance. (Si on ne le pousse, il ne fera rien.) * POUSSER. [Irritare.2 Obliger quelqu’un à se fâcher, parce qu’on l’outrage, qu’on l’offense & qu’on le pique. Entreprendre quelqu’un pour lui faire tort. (11 la suplia de ne point pousser son fils. l.e Comte de lìujjì. 11 n’eít pas d’un galant homme de pousser les gens.) * POUSSER. [Emittere.2 Ce mot sc dit en parlant de vaux , de soupirs & de sanglots , & veut dire faire. (Pousser des vœux, des soupirs, des sanglots. Rac.) POUSSER de beaux sentiment. C’est sc piquer de dire des choses galantes aux dames pour leur témoigner de la paillon. [Et ce qui leur fed bien, dans ces commencement, En nous vieux mariez auroit mauvaise grâce , II nous feroit beau voir attachez face a face, A pousser les beaux sentiment. Mol.) rou 197 * POUSSER. XJFusiùs traclare.2 Ce mot, en parlant de certaines choses , signifie Epuiser. Dire ce qu’on peut penser fur une certaine matière. L’aprofondir. (Nous sommes ici fur une matière que je serai bien- ailé que nous poussions. Molière .) t ' POUSSER ù la roue. [Javare.2 C’est à dire, aicbr. * POUSSER, v. n. çif a. [Pullufare.2 Ce mot se dit des plumet & signifie jetter. Produire. Croître & pa- roitre. (Poirier qui pousse beaucoup de bois. Plante qui commence à pousser. Tout pousse au primeurs.) POUSSER. [App/icare.2 Terme de Doreur sur cuir. C’est prendre de l’or avec le fer à dorer & l’apliquer fur la couverture du livre. (Pousser les bouquets, les filets, les nerfs.) POUSSER- [Longiùs procedere.2 S’avancer vers quelque lieu, aller plus loin. (J’aime mieux retourner fur mes pas, que de poujjer plus avant.) POUSSER sc dit auiiì en parlant du vin qui sc tourne par la chaleur, ou par l’agitation. [Vapida eva- dore 2 (11 est dangereux de remuer le vin quand il est en fleur, cela le fait poujjer.) POUSSER a bout la patience de quelqu’un. [Abu- ti pat.entìa alicujus.) La patience qu’on pousse à bout devient fureur. [Pat/entia Ixja fit suror.2 POUSSER le tenu avec l'épaulé. [Diem ex die prola- tare. ] C’est gagner le tems insensiblement pour différer de payer ou de faire quelque autre chose. Se poujjer, v. r. [Comprimt.2 C’est sc faire aller & avancer avec force. (C’éroit une pitié de voir comme on sc poussoit aujourd’hui à la procession.) * Se poujjer. [Sej'e in majus proveheres Tâcher de faire quelque chose dans le monde. Tâcher de faire fortune. (C’est un intriguant, il se poussera, ou il mourra à la peine.) f POUSSEUR de beaux sentiment, s. m. [Verbisad- blandi.itor.2 Celui qui se pique de dire de jolies & de belles pensées. Celui qui dit de jolies choses, des choses galantes. POUSSEUR à’argue, f. m. Ce sont des maneuvres qui poussent & font aller Largue lorsqu’on dégrosse les bouts d’or & d’drgent. POUSSEUSE de beaux sentiment, s. s. Sorte de précieuse qui sc pique de dire de belles choses. Molière, POUSSIER., s m. [Pulvis carbonetu 2 II se dic en parlant de charbon. C’est tout le menu charbon, ou la poussière de charbon qui demeure au fond d’un bateau. (Acheter du poussier de charbon. Les Doreurs fur cuivre se servent de poussier de charbon.) POUSSIERE , j'- f. [Pulvis. Chose si déliée & si menue qu’elle peut être emportée par le vent. (La pouíliere vole au cœur de l’été lorsqu’il fait bien chaud. Faire de la poussière en balayant. La gelée fait aller de certaines pierres en poussière. Couvert de sueur & de poussière. Vaug. Quint. I. 1 . De ses ailes en l’air secouant la poussière, Dans la main de Boirude il éteint la lumière. Defpr.) Ont ils rendu P esprit, ce n'eji plut que pousiiere Que cette Majejie Jt pompeuje tsJìfiere. Malh. poési 1 . 0 Le P. Bouhours a dit dans ses Doutes fur la Langue Françoise, que cendre & poujjìére sont sinoni- mes dans cet endroit de la Traduction des Homélies de Saint Jean Chrylbstome : Quoique les corps après la mort soient réduit 1 en cendre sfi eu poujjìére. Air. Ménagé a été d’un sentiment contraire, & trouve dans cette expression, de la beauté & de l'érudition, le mot de cendre nous faisant souvenir des corps qui sont brûlez; & celui de poujjìére, de ceux qui font inhumez. Voïez la seconde partie de ses Objìrvations fur la Langue Françoise, ch. Vous y trouverez en même tems la colère étalée avec beaucoup de feu contre le Pere qui savoir ataqué très-vivement. * Essuyons la noble poussière qui couvre les lauriers, c’est-à-dire, travaillons pour obtenir la victoire & pour gagner les lauriers. Voïez Lauriers . POUSSIERE. [Pulvis Jfi umbra Jumus.2 S’employe en quelques occasions figurément. Exemple. (Nous ne sommes qu’ombre & poussière. [OJsundere caligmcm.2 Jetter de la poussière aux yeux. C’est éblouir par da beaux discours. François I. tira le grand Budée de la poussière d u Colége. Vicq. N. devenu pédant couvert de la poussière de l’école. S. Evr.) B b 5 í Reduirt 198 POU H Réduire une ville en poujfeere. C 5 est par exagération la saccager, la détruire. (Nos batteries ont bien. tôt réduit cette ville en poussière.) î Faire mordre la pouffiere à Jbn ennemi* C’est poë* tiquement le terrasser, le vaincre. POUSSIF, poujjìve , adj. [ Anhelus .] Ce mot se dit de s chevaux, & veut dire. Qui a la pousse. (Cheval poussif.) . f * POUSSIF, poujjìve. [Sufeiriosur.] Ce mot se dit des personnes, mais en mal. 11 veut dire. Qui a courte haleine. 11 est poussif. On dit aussi substantivement. C’est un gros poussif. POUSSIN,/ m. [Pullus.] Le petit d’une poule. (Poule qui a fait des poussins. La poule méne ses poussins.) POUSSINIERE, / f. [Pléiades'] C’est ce qu’on apel- le en termes á' AJironomie des pléiades , qui font lèpt étoiles qui font derrière le signe du Taureau. POUSSOIR, / m. [ Pulfatorium.] Instrument dont le Chirurgien le sert pour pousser dehors la dent qu’il a décharnée. Le poussoir est un fer à trois pointes. POUSSOLANE. Voler plus bas p ozzolcmc. í POUT-DE-SOIE, ou Pou-dejbit , / m. [7m?- tum J'ericum denjtus] Grosse étofe toute ne íoïe, qui est unie & qui n’a point de lustre. (Acheter un habit de pout-de-loie.) POUTIE, / / [ Pulvifculus. ] Petite ordure qui se trouve sur les habits. (11 est li propre qu’il ne peut souffrir la moindre pousse sur lui.) POUTIEUX, euse , adj . [Hitoris ajfeflator.] Qui a une grande affectation de propreté ; (II est si poutieux qu’il a toujours des vergettes.) Mais on doute de l’u- sage de ces deux mots. V. Dan.et. POUTRE, / / [ Trabs. ] Terme à’Arckiteflure. Grosse piéce de bois qui porte les solives. (Equarit une poutre. Poser une poutre. Ce ne fut pas le pis , car pour rendre complété La vengeance duis au Poète Une poutre cassa les jambes à PAthlete. La Font.) POUTRELLE,// [Trabecuìa.] Petite poutre. POUVOIR > ». n. [Pojfe, quire.] Je puis, tu peux, il peut , mus pouvons. Je pouvois , j’ai pit , je pus. Je pourrai , je puijfe, je pourrms , je pujfc. Avoir pouvoir. Avoir puissance , le crédit. Etre en état de. (Vous pouvez tout fur Monsieur. Voit. poès. Je puis ce que je veux, & tout ce uue je veux ne va qu’à passer le teins en honnête homme.) f W en pouvoir plus. C’est-à-dire, être vieux, foi- ble & caste. f N’en pouvoir mais. [Non ejfe in causâ cur.] C’est- à-dire , n’étre pas cause qu’une chose qui ne se devoit pas faire, soit faite. (Je n’en puis suais. [Nen fum in causa cur.] C’est- à-dire , ce n’est pas ma faute , je n’en fuis pas cause. POUVOIR, se dit en parlant des choses fortuites. [Evenire.] II se pourra bien faire que vous perdrez votre procès. POUVOIR. [Capere.] Signifie aussi contenir. 11 y peut six personnel, mais cette phrase avec raison pa- roit étrange à Vaugelas. L’Académie croît pourtant qu’on peut dire prov. autant qu’il en pourroit dans mon œil, pour dire rien du tout. On apelle un homme impuissant, un Jean qui ne peut. Terme de Trtflrac. On dit prov. fi jeunesse fçavoit, & vieillesse pouvoit, jamais pauvreté ne seroit. POUVOIR, / m. s Vis,] Force. (Aimable amour, ôtez-moi la volonté, puisque vous m’avez ôté le pouvoir , ou rendez.moi le pouvoir puisque vous me lait fez encore la volonté.) POUVOIR,/ m. [Potejias.] Puissance. Crédit. Autorité. Etat de pouvoir faire. (Son pouvoir est fort borné. Etre dans le pouvoir. Avoir du pouvoir. II est en pouvoir de faire du bien à ses amis, mais il n’a pas at fez de cœur pour leur rendre un bon ofice. S’employer de tout son pouvoir à servir un ami. Les Evêques n’ont aucun pouvoir fur les Magistrats, comme Magistrats. Que fervent les conseils d’une prudence vaine ? L avenir quel qu’ií J’oit , eji hors de fen pouvoir ; 2ie fernit-on pas mieux de s’épargner la peine Qu’elle nous donne à le prévoir v Pavillon.) $ POUVOIR. Commandement absolu. II est très- tare que deux Généraux, dont le pouvoir est partagé on PRA alternatif, puissent être bien d’accord. Une tête feule,, vec une prudence & une intelligence médiocre,fera mil. le fois plus d’effet, & viendra aisément à bout de ses entreprises, que deux braves Généraux habiles & entendus, qui ont de la jalousie l’un contre l’autr e.Polybede Foiard. f POUVOIR. Droit, faculté d’agir pour un autre en vertu de l’ordre & du mandement qu’on en a reçu, soit de bouche, soit par écrit. (On lui a donné un pouvoir fort ample. II n’a qu’un pouvoir limité.) f POUVOIR, se dit aussi de l’acte, de l’écrit, par lequel on donne pouvoir d’agir. (Je suis chargé des pouvoirs de ces deux hommes pour terminer leurs di. férens. Les Ambassadeurs ont communiqué leurs pouvoirs. Le pouvoir de ce Ministre n’est pas de bonne forme.) POZZOLANE, poujsolane , / / [Arena puteoln. na .J Quelques-uns disent & écrivent pouJjolane t mais mal, à ce qu’on croît ; pozzolane est le vrai mot. C’dt une forte de fable qui fe trouve dans 1e territoire de Pouzzol ville d’italie auprès de Baies, qui n’est pas éloignée de Naples, qui est propre à faire de bon mer. tier. Sorte de fable qu’oti tire de terre en Italie lors- qu’on fait des puits. La pozzolane est propre à faire de bons enduits. Perraut , Abrégé de Vitruve , p. PRAGMATIQUE SANCTION,// [Pragma. tica sanfiio ] Prononcez Pragmatique sanfiion. Ces mots viennent du Grec & du Latin , & on apelle Prag. matique sanfiion , de certaines ordonnances, de certaines constitutions, ou de certains édits généraux fur quelques affaires particulières qui touchent ordinairement l’interét public, quelque corps, ou quelque vil. le. Houjat , feecimm juris , t. t. préface. PRAGMATIQUE SANCTION. Ces mots font aussi un terme de droit canon François. Cette pragmatique est une ordonnance de Louis IX. de l’annee irSZ. qui regarde la collation des beneíices & le choix des personnes Eclésiastiques pour ses posséder, & qui confor. niément aux anciens Canons donne aux Collateurg ordinaires, aux Evêques, aux Abaïes & aux Chapi- tres 1e pouvoir d’éiire leurs Supérieurs. Monsieur Pa. tru parle ainsi de cette pragmatique, plaidoié , pag, 6;. Vous savez quel étoit l’état déplorable de l’Égli. sc Gallicane quand Saint Louis par la pragmatique qui porte son nom, lui donna comme une face nouvelle, en rendant aux Gollateurs ordinaires, aux Chapitres, aux Evêques, tout ce que la confusion des siécles passez leur avoir ôté. Voïez encore Joli , Traité des ofi- ces, t. i. titre 11 y a outre la pragmatique de Saint Louis ou de Louis IX. une autre pragmatique de Charles VII. faite avec les Grands du Royaume & les persan, nés les plus intelligéntes dans les matières Eclésiastiques, par laquelle Sa Majesté entend que suivant les anciens canons renouveliez par un des décréts du Concile de Bále, tenu fous ses Pontificats de Martin V. & d’Eugene VI. chaque Eglise & chaque Communauté aura droit d’élire son Chef & son Supérieur. Que le Pape ne pourra plus user de grâces expectatives, ni de réserve à l’égard des Eglises Métropolitaines, Catédrales & Collégiales; qu’il ne pourra aussi user de grâces expectatives, ni de réserve à l’égard des Monastères, les Dignitez éfc Prélatures venant a vaquer ; qu’on y pourvoira par élection, & qu’à l’avenir tous les Papes obligeront par ferment à leuravenement au Pontificat de garder cette ordonnance, conformément aux anciens Canons. (Etablit la Pragmatique Sanfiion. Apuyer souvent la Pragmatique. Détruire la pragmatique. Louis XI. s’oblige* par serment fur le Saint Evangile à détruire la Pragmatique sanfiion. Combatte, ataquer la Pragmatique. Le concordat qui se fit entre le Pape Léon X. & le Roi François I. abolit ses principaux chefs de la Pragmatique sanction.) (3 PRAGMATIQUE SANCTION. Les Elections des Evéchez & des Dignitez Eclésiastiques ont été pendant longtems incertaines, & la maniéré de les faire changea souvent, & causa de grands troubles dans 1e Royaume, principalement fous le régne de Charles VII. On crut que, pour trouver quelque remède à tant de maux, il saloir tenir des Concises de rems en rems, & dans cette pensée, on fit, fur la fin du Concile de Constance un Decret, par lequel il fur ordonné que l’on tiendroit un Concile à Pavie dans cinq ans , & un autre en France dans sept ans : niais la peste qui régnait dans Pise, rendit l’indiction inutile, & l’on résolut de tenir un Concise à Bále dans sept ans ; ce qui fut exécuté fous le Pape Eugene, lequel étant informé que le* PRA Peres aroîent des vûé's contraires à son autorité, il leur fit déclarer par son Légat, que son intention étoit qu'ils cessassent de s’assembler, & licentia le Concile: mais les Peres refusèrent de se fouinetre aux ordres du Pape , & continuèrent leurs délibérations. On vit pour lors les foudres lancez de part & d’autre, les Cardinaux divisez ; & dans le trouble dont les suites pouvaient être funestes, l’Eglise Gallicane s’as- iênibla à Bourges en 1431. & députa, du consentement du Roi, l’Archevêque de Lyon, pour assister au Concile tenu à Baie. Mais le grand feu fut éteint par l’autorité de l’Enipereur Sigil’mond, qui recon- cilia le Pape & le Concile : mais quelque teins après, le Pape & le Concile se déclarèrent la guerre avec plus de fureur qu’auparavant ; le Pape excommunia le Concile ; & le Concile ayant déposé le Pape, élût Amedée, Duc de Savoye, Sc lui donna le nom de Félix ; & fur le refus qu’il fit d’accepter cette élection , ffineas Sylvius, Secretaire du Concile , fut élû en fa Place, & prit le nom de Pie IL Alors la thia- re lui inspira des sentimens contraires â ceux qu’il avoit eus comme Secretaire du Concile , qu’il soutint être soumis à l’autorité du Pape. Pendant cette d:- vilion li préjudiciable au repos de l’Eglise , le Roi Charles Vil. assembla dans la Sainte Chapelle de Bourges, les Princes, les grands Seigneurs , & les Eclésiastiques les plus célébrés de son Royaume, où l’on examina attentivement tout ce qui avoit été arrêté à Bâle avant les seconds troubles & après ; dont on composa la Pragmatique J'anHion, dans laquelle on voit plulieurs décisions importantes : telle est la supériorité du Concile sur le Pape, la forme des élections, l’abolition des grâces expectatives, les réserves au Pape , le droit des graduez, la posseílìon pacifique, & plusieurs autres réglemens que le Roi Charles VII. fit exécuter avec beaucoup de soins : mais après fa mort, les Papes firent tous leurs éforts auprès de nos Rois pour en obtenir l’abolition. L’histoire de ces te ms nous aprend toutes les circonstances de cette grande afaire, fans que les Papes pussent rien obtenir, jusques au régne de Loíiis XI. lequel séduit par l’Evêque d’Ar- ras, consentit à l’abolition de la Pragmatique, que le Pape fit traîner par les rués de Rome, & pleura de joye, d’avoir ainsi rétabli son autorité dans toute son étendue. Un service fi considérable ouvroit la porte aux plus grandes récompenses. Cet Evêque prévenu de son mérite , demanda au Pape l’Archevêché de Besançon & celui d’Alby, P un parce qu’il étoit né dans Besançon , Sc l’autre parce qu’il l’avoit promis au Roi : mais le Pape le regardant comme un homme de qui il n’avoit plus besoin, répondit qu’il n’a* voit pas acoûtumé de pourvoir une mème personne de deux Evêchez, & qu’il eût à choisir. Le Cardinal blessé par ce refus, sortit de Rome, & fe retira en France, où la Pragmatique étoit encore observée, quoiqu’on l’eût traînée par les rués de Rome. II cacha son ressentiment : mais il fçut si bien ménager l’e- sprit du Roi, que malgré les instances & les poursuites du Légat & du Cardinal Baluë, la Pragmatique ne fut point abolie. 11 est vrai que dans la fuite on éprouva cet ancien proverbe que vient à bout qui f eut aten. dre. La Pragmatique fut peu à peu presque abolie, malgré les éforts des Parlemens, & elle languit jusques au Pontificat de Léon X. & sous le régne de François ì. lequel étant en Italie, ce Pape l’invita d’allerà Boulogne, où il le trouveroit. En éfet, le Roi y fit son entrée le n, Décembre j ç 1 ç. le Pape y étant arrivé quatre jours auparavant ; & là on abolit entièrement la Pragmatique , par une Bulle du 19. Décembre içi 6. qui fut acceptée par les Oficiers du Roi, & autorisée par le Concile qui s’y tenoit, en la session 11. Ce n’étoit pas assez que de détruire cette fameuse Pragmatique ; il falloit établir quelque ordre dans l’Eglise, qui ne pouvoit pas rester dans cet état; on fit donc le Concordat, qui est une espèce de traité entre le Pape & le Roi, concernant l’autorité Eclésiastique en France. PRAIRIE,/ / Voïez prérie. PRA LIN ES , ou amandes a la praline, f f. [ Amyg - dala saccaro condita.} Ce sont des amandes rissolées dans du sucre. Amandes qu’on fait bouillir dans du sucre jusques à ce qu’ils soient un peu sèches , & qu’el- les croquent sous la dent. (Ces pralines sont fort bonnes.) í PRASIUS, / m. Pierre précieuse de couleur PRA 199 de poireau. Elle est propre pour résister au venin & pour fortifier le cœur. On l’aporte des Indes Orientales & Occidentales. II y en a de plusieurs elpéces. 0 PRATIC. La Bruïere à dit, chap 1. ,, UnMa- „ gistrat alloit par son mérite à la première dignité ; „ il étoit homme délié & pratic dans les afaires. " C’està-dire, habile, propre à manier une afaire; qui a beaucoup d’expérience. PRATICABLE, mi,. [Prafticus, ad. praxim facU lis.'} Ce mot dans fa première signification veut dire qui se peut pratiquer, qui peut être mis en usage & en pratique. (Ce conseil n’est pas praticable. Cette machine est d’une belle invention , mais elle n’est pas praticable.) Le mot de praticable en ce sens, n’est pas bien en usage, & l’on dira plûtôt, ne se peut pas métré en pratique. PRATICABLE. [Pei-vìus.} Ce mot, parlant de chemin , veut dire bon , par où l’on peut aller. (Les chemins commencent d’être praticables. Les chemins sont à cette heure praticables. Les chemins ne sont pas praticables à cause des neiges. Renaudot. Gazette du mois de Mai 1690.) * PRATICABLE , adj. f Comis 0 ? morìbus facilis. J Parlant des personnes, veut dire, avec qui on peut avoir commerce. Sociable, avec qui on peut avoir affaire. (C’est un homme qui n’est nullement praticable que le bon homme A....) 0 PRATICABLE & impraticable se disent & récrivent, dans le propre, Sc dans le figuré, pat les personnes qui entendent le mieux notre langue. Voïez le P. Bouhours. PRATICIEN, / >»• [Pragmaticus , formularius.J Celui qui entend bien les diverses sortes de porcedu- res. Celui qui conduit & instruit un procez. Celui qui fréquente les divers sièges des Juges, Sc qoi fait les différons stiles qui regardent les procez. (Un bon Praticien.) PRATICIEN. Un homme fort expérimenté dans les procédures du Palais, Sc dans la pratique de quelque art, ou de quelque Science. Dans le Blason det folles amours : Vénus frivole En fin école Vous a fait grand praticien. PRATICIEN. [ Litium peritus.} Vieux Clerc, ou solli. cireur de procez, qui a apris la pratique. (11 est défendu aux Praticiens de signer des Requêtes Sc des écritures.) PRATIQUE , ad). [Prafticus.} Qui n’est pas spéculatif. Qui est dans l’exercice & dans faction. (11 y a une Géométrie pratique Sc une Géométrie spéculative.) PRATIQUE,// [ Praxis. J Action de pratiquer. Exercice. Usage. (Cette opinion n’est pas fans probabilité dans la Téorie, mai s il faut suivre le contraire dans la pratique. Pascal, 67. 11 y a plusieurs pratiques pour faire des opérations de Mathématique ct de Mécanique. 11 y a une pratique toute particulière, La pratique continuelle d’un métier rend un Artisan habile.) PRATIQUE , / / [Notifia rerum forenjìum.} Terme de Palais. C’est l’usage des coûtumes & des disérentes sortes de procédures. (Aprendre la pratique chez les Procureurs. Savoir la pratique. Entendre ia pratique.) PRATIQUE. [Litium injìrumenta} Sacs & papiers qui sont dans l’étude d’un Procureur ou d’un Notai, re, & qui apartiennent à leurs cliens. (On a vendu les pratiques de ce Procureur trente mille livres.) PRATIQUES. [Emptorum copia.} Ce mot sc dit en parlant de gens qui gagnent leur vie à servir le public, & il signifie Afaires qui viennent des chalans ou des cliens qu’on a. Gens qu’on sert en qualité de personne publique. Afaire qu’on donne à une personne afin qu’il en tire quelque profit. (Donner des pratiques à un Avocat, à un Procureur. II a acheté l’étude & la pratique d’un Procureur au Parlement. Chirurgien qui a de bonnes pratiques. Médecin qui a les meilleures pratiques de tout Paris. Avoir des pratiques en ville.) PRATIQUE , / f. [Copia commeTcii.] Ce mot se dit en termes de Mer, Sc signifie Commerce, Commnni - cation. (A la veué de la côte nous fîmes pavillon blanc pour avoir pratique.) * PRATIQUE. [Clandeíiinum consilium.} Intrigue. Cabale. Adresse. Menée. (Ses pratiques nous firent avoir une armée de cinq mille hommes. Voit. let. 74. On fai- foit des pratiques pour le perdre. Voit, let. 74. Etre averti 200 PRA averti des pratiques d’un parti. Mémoires de M. le Duc de la Rochefoucaut.) PRATIQUER, v. a. {Profiteri , exercere .2 Faire souvent. Exercer. Métré en usage. Réduire en pratique. (Faire pratiquer aux hommes les devoirs extérieurs de la Religion. PaJ'c. I. Tous les bons Auteurs le pratiquent ainsi. Vaug. Rem. Vous donnez des leçons que tout le monde admire : Pratiquez le premier ce qu’on vous entend dire. ísourf. Esop.) PRATIQUER. [Ùti familiarìter .] Fréquenter. Hanter. (On s’atachc volontiers aux honnêtes gens, parée qu’on a du plaisir & de l’honneur à les pratiquer. Cbev. de Méré, Conversé) PRATIQUER. {Seducere, corrumpere. J Suborner, Tâcher Je gagner. Tâcher d’atirer à son parti, tll en- voyoit sous main pratiquer les Perses. Vaug. Quint. I. Mon pere a été alsaffiné par ceux que les vôtres ont pratiqué avec des sommes immenses. Vaug. Quint. I. 4. c. 1.) PRATIQUER. [Dtfionere -2 Ménager. (Les Architectes pratiquoient des lieux pour y métré des vases d’ai- rain. Abrégé de Vit. p. 18) PRE’, fi m. [ Pratum. 3 Piéce de terre qui ne se laboure point, & où il vient de l’herbe qu’on fauche tous les ans dans une certaine saison de Tannée, & où ensuite on fait paître les chevaux & les bœufs. (Un beau pré. Faucher un pré. Mais quand au renouveau la diligente aurore Redoroit dans nos prez les ricbejjes de flore. Perraut.) * Se trouver fur le pré. C’est se trouver en un lieu pour se battre en duel. ± Aimer mieux quelcun en terre qu’en pré. C’est Prov. & bas', l’aimer mieux mort que vivant. PRE'-ADAMITES , J- m. [Pra.adamitt.J Hommes que quelques-uns ont cru avoir été avant Adam, mais leur opinion est condamnée par T Eglise. La Pei- rére qui mourut il y a environ cinquante ans aux Vertus, petit village auprès de Paris, a fait un livre des Pré-Adamites , pour lequel il pensa périr à Bruxelles. (Voici TEpitaphe de ce savant homme. Ici git la Peirére , ce bon Israélite, Catholique , Huguenot, enfin Pré-Adamites Quatre Religions lui plurent à la fois ; Et son indiférence étoit fi peu commune, Qu’aprés quatre-vingt ans qu’il eut a faire un choix, Le bon homme partit {f n’en chofitpas une.) Le livre de la Peirére fut imprimé à Leyde en 16ç ç. où il eut d’abord quelques Sectateurs qui bien tôt a- prcs l’abandonnérent. Desmarets Professeur en Théologie à Groningue le réfuta, & la Peirére y fit une répliqué. Son Epitaphe ne dit pas vrai, car il ne fut jamais Huguenot & Catholique à la fois. A la fin de fa vie il se convertit, il fit une rétractation de son livre, & mourut saintement dans une maison des Prêtres de TOratoire près Paris. [f Pré-Adamites. 11 faut convenir qu’un homme qui n’est pas dans Tesprit du Christianisme, & qui se croît être en droit de penser sans régie & fans soumission à l’Ecriture Sainte & aux décisions des Conciles & des Saints Peres, se laisse aisément surprendre aux premières idées qui se présentent à son imagination : c’est un des points de la justification du Sieur la Peirére, Auteur du livre des Pré-Adainites, que de dire que ,, tant qu’il a été Calviniste, il avoir raison de ,,croire, selon les principes de Calvin, que l’inten- „ tien qui l’induisoit a la recherche des Pré*Adatnite?, ,, étoit fort innocente , & que le motif dont il pou. ,, voit se servir pour le métré au jour selon les mê- ,, mes principes, n’étoit pas fans aparence de Reli- ,, gion. “ II raconte ensuite, qu’ouvrant un jour le ^Nouveau Testament, il tomba sur les versets 12. 1 & 14. du cinquième chapitre de l’Epître de S. Paul aux Romains, dont Tintelligence lui parut dificile , & dans l’agitation où il étoit, il ne trouvoit pas de moyen d’y donner un sens raisonnable qu’en suposant qu'il y avoir des hommes créez avant Adam : cependant cette pensée ne lui plût pas d’abord , par ce qu’elle étoit fort éloignée de la créance universelle à Tégard de la création d Adam ; & il voulut chercher dans les Conciles & dans les Saints Peres, la résolution de son ern- barás, & particulièrement dans le Concile de Trente, qui établit la doctrine du péché originel fur les trois PRE versets qui Pavoîent arrêté ; il consulta ses 'amis K les plus habiles de fa Communion, fans trouver uns explication qui le satisfit. II raconte ensuite qb’ayanf expliqué son embaras à un Ministre du Languedoc, son ami, qui ne trouvoit aucune obscurité dans les Passages de S. Paul, il lui promit que la première fois qu’il prêcheroit, il prendroit ces trois versetspout son texte, & qu’il les expliqueroit si clairement, que Ton n’en douteroit plus. La Peirere fut au prêche, & au sortir il demanda au Ministre, si la chaire avoit cette vertu miraculeuse de faire qu’un Ministre pût expliquer à ses Auditeurs ce qu’en éfet il n’entendoit pas ; & comme le Ministre en convint, son doute se fortifia ainsi dans son esprit, & devint une certitude: „ si bien (dit-il) que n’ayant pû résister à la douce ,, violence des raisons qui me flatoient, je me rendis ,, moi-même à mon opinion. “ Dans cette préven. tion, il regardoit son système non seulement com. me innocent, mais encore comme propre à concilier les Juifs avec les Chrétiens : mais lôrsqu’il eut publié son Ouvrage, il avoué, dans son Apologie, que „ les „ Juifs, les Ministres Calvinistes & Luthériens, & tout „ ce qu’il y a de frelons (ee sont ses termes) dans les „ Ecoles Schismatiques de Luther & de Calvin, írri- „ té de la nouveauté inouïe de mon opinion, s’est „jetté fur moi & fur mes Pré-Adamites, avec une „ furie qui n’tst pas imaginable. “ Les Catholiques ne manquèrent pas de s’éiever contre lui, mais avee moins de fureur. ,, J’avoué (dit-il encore) que quei- ,, que répugnance que j’eusse pour les autorité? que ,, Ton m’aléguoit, je ne laissois pas d’aprouver en mon ,, amc le procédé des Docteurs Catholiques, & de croi- ,,rc qu’ils avoient grande raison de fe tenir fermes „ à Tautorité de l’Eglife, & de s’en servir pour ren. „ verser mon hypotése, parce que les Catholiques re- „ connoissent Tautorité absolue de TEglise, & qu’étans ,, soumis par conscience , ils ont raison de croire tout „ ce que TEglise croit, pour cela même qu’elle le ,, croit. “ II seroit inutile de détailler davantage son Apologie ; je crois qu’elle fut de bonne foi, quoique quelques-uns en ayent pensé autrement. Cependant 011 expliqua pour lors les trois versets de S. Paul avec tant de netteté, que je fuis persuadé qu’il ne,songea plus à soutenir les égaremens de son imagination Ces trois versets sont ceux-ci : n°. 12. „ Comme 1c ,, péché est entré dans le monde par un seul hom- ,, me , & la mort par le péché , & ainsi la mort est ,, passée dans tous les hommes , tous ayant péché „ dans un seul. “ n°. ij. Or le péché a toujours >, été dans le monde, jusqu’à la Loi ; mais n’y ayant „ point de Loi, il n’étoit point imputé & reconnu -, pour péché. “ n°. 14. „ Et ainsi la mort a ex- „ ercè son régné depuis Adam jusqu’à Moïse, à Té. >, gard de ceux même qui n’ont pas péché par une „ transgression de la Loi de Dieu, comme a fait Adam, „ qui est la figure de Tavenir. “ Ou selon une au. tre Traduction : ,, C’est pourquoi comme par un „ seul homme le péché est venu dans le monde, & ,, par le péché la mort, de la même maniéré la ,, mort a passe dans tous les hommes, tous ayant „ péché en lui ; car jusqu’au tems de la Loi, le péché „ étoit dans le monde : mais comme il n’y avoit ,, point de Loi, il n’etoit point imputé, & nean- „ moins la mort a régné, depuis Adam jusqu’à Moï- „ se , fur ceux même qui n’ont point peche en deso- „ béïssant à la Loi de Dieu, comme a fait Adam, „ qui étoit la figure de celui qui devoit venir. “ Od enfin, selon le P. Bouhours : ,, Ainsi donc c’est de ,, la même sorte, que par un seul homme le péché est ,, entré dans le monde, & par le péché la mort, qui „a passé ensuite à tous les hommes, tous ayant péri ché en lui ; car jusqu’à la Loi, le péché étoit dans ,, le monde: mais la Loi n’étant point • encore, le ,, péché n’étoit point imputé ; cependant depuis Adam „ jufqo’à Moïse , la mort a régné sur ceux même dont „ le péché n’a pas été une transgression semblable ,, à celle d’Adatn, lequel est la figure de celui qui doit venir. “ II faut (ce me semble) aimer la nouveauté, & se plaire à se tromper soi-même, pour for* tuer fur ces trois articles un système íi contraire à 1 Ecriture & à la créance de TEglise, qui reconnoìt Adam pour le premier de tous les hommes. PREALABLEMENT , au préalable, [Ante onu à.J Cet adverbe signifie avant toutes choses, niais il est hors d’ufage. Vaugelas, Remarq. PRE On dit aussi c’ejl un préalable, c’est-à-dire, une chose -qu’il faut faire avant toutes les autres. Ces mots ne se disent plus qu’en termes de pratique. [Hoc prtus ani- madvertendum.] f I J REALLEGUE' , p-éalléguée , adj. s Ante dictas.] Qui a ete allégué auparavant. (Cela se trouve aulsi dans fauteur preallegué.) PKE'AMBULE , f. m. [Exordium , proamimn.] Discours qu’on fait pour entrer en matière. Discours qu’on fait avant que d’entrer tout-à-fait en matière, & qui souvent est aster superflu. Discours inutile & qu’on pourroit aisément retrancher. (Parle en peu de mots, & fans préambule. Abl. Luc. Tout ce long préambule ne tend qu’à etaler la sotte vanité de l’Auteur.) t PREAU > f. ni. [Pratulum.) Petit pré. (lisse sont battis fur le preau.) PREAU. [Carceris area.] Ce mot se dit en parlant de prison & de prisonniers. C’est la cour de la prison. (Prisonnier qui se promène au preau. Métré un prisonnier fur le preau. Avoir la liberté d’être sur le preau.) PRE'BENDE , f f- [Prabenda.]^ Sorte de Bénéfice qui est ordinairement ataché au Canonicat. Revenu Eclesiastique qu’on donne à une personne , & qui est ataché à un autre Bénéfice. (Prébende Cathédrale. Prébende Collégiale, il faut avoir quatorze ans acomplis pour posteder les Prébendes des Eglises Cathédrales, & pour celles des Eglises Collégiales dix ans achevez. Mqjjac, Droit Eckjìajt.') jj PRE'BENDE. Le mot est Latin , prabenda, & il sig- ïiifioit la distribution journalière que l’on faifoit aux Magistrats qui gouvernoient les Provinces, & aux soldats. Cicéron en fait mention dans fa quatrième Ver- line ; Horace, dans ses Satires, & Aulu-Gelle, lib, 15. cap. 4. raconte l’aventure d’un certain Vintidius Bastus, qui louoit les chevaux & voitures que le Public fournistoit à ceux qui alloient commander dans les Provinces. Ce terme prébende n’est plus en usage que dans i’Eglife , où il lignifie plusieurs choses : premièrement, prebende dans ion origine , lignifie feulement une distribution quotidienne , qui se fait dans quelques Chapitres, St dans des Monastères. On apelle aulli prében. Aesimple , un revenu annuel, établi en considération des prières & du service Ecléliastique auquel il est ataché ; ce qui n’est point mis au rang des bénéfices. Les autres prébendes font distinguées par 1 afectation ou aux personnes , ou aux fonctions dont le Prebendier doit s’aquiter. La prébende préceptoriale est diférente de la prébende théologale ; Chopin a remarqué cette di- férence dans son Traité de la Police Eclesiastique, hv, tit. n. 51. La théologale est établie dans les Eglises Cathédrales ; & la prèceptoriale , dans les Eglises Canoniales, où le Maître d’Ecole reqoic une prébende , pourvú qu’il y ait dans ì’Eglise plus de douze Chanoines t & d’ailleurs, ! e Théologal n’enfeigne que la Théologie ; & le Précepteur est préposé pour enseigner les jeunes Eclésiastiques dans lesLetreS humaines. L’insti- tution de ces Précepteurs est fort ancienne dans l’Egli- se ; car dans le Synode tenu fous le Pape Eugene II. qui futélú Pan gr;. on ordonna d’établir dans les Eglises des Précepteurs pour enseigner les Letres humaines. La même chose fut ordonnée dans le Concile de Latran de Tannée j 579. fous Alexandre III. ce qui n’ayant pas été exécuté , le Concile aulsi de Latran , tenu fous le Pape Innocent III. renouvella dans le chap. 11. la même Ordonnance , avec cette clause, que le Précepteur de chaque Eglise enseigneroit non seulement les Clercs, mais même les enfans de la Parrqisle gratuitement. Enfin le Concile de Trente , seJJ. 5. les Ordonnances d’Orleans & de Blois ont tâché de confirmer l’ancien ulage , & de le faire pratiquer, mais inutilement. Volez Mr Févret , de t’abus. Les prebendes canoniales , font celles qui dépendent du Canonicat, & y font ata- chées ; on peut être Chanoine fans prébende ; mais ce N'est , en ce cas , qu’un vain titre , dont on ne fe soucie puéres ; c’est pourtant le titre de Chanoine que les Docteurs apellent Canonia , qui donne la seance dans le Chœur , & l’entrée dans le Chapitre. 11 y a des prébendes ascctées aux Enfans de Chœur; elles ne font point sujetes aux Graduez, ni aux Mandataires. La piebende qui n’eft point atachée au Canonicat, peut être divisée : ainsi - il y a des semi-Prébendez dans plusieurs Eglises Cathédrales & Collégiales, où ils ont été établis pour être aíîidus au Chœur & aux Ofices ; & ils (feutrent point dans le Chapitre; ni ces sortes de fe- PRE 201 mìprébendes ne çeuvent être conférées par le Pape- PREBENDE',)! m. [Qui annona jus habet inter Ca. nonicos.] Celui qui a une Prébende. (II rejetoit la cause de leurs malheurs fur d’inutiles mendians, qu'il apel- loit Prélats, Chanoines Prébendez. Maucr.Schism. I. 1.) L’Académie & Danet écrivent Prébendier , & disent ue c’est celui qui en certaines Eglises sert au Chœur au- estons des Chanoines. t PRE'CAIRE. [Precariopojjìdere.] Terme de Droit II ledit de la maniéré de posteder quelque chose. Pos. Jéder par précaire. C’est ne posteder pas comme propriétaire , mais seulement comme un ufufructuaire , à condition de restituer, ou en paiant la rente. (Un douaire & un usufruit ne se possèdent que par précaire» Dans les letres de constitution de rente, on y met la clause de constitut de précaire.) í§ PRE'CAIRE. L’Eglise s’est enrichie par plusieurs moyens & particulièrement par les contrats depréctvrt & de prejiaire. On apelloit précaire , une donation que les Particuliers faisoient de leurs biens aux Eglises & dont ils continuoient de jouir pendant leur vie, ou pendant plusieurs générations, en payant une certaine redevance ; & quand les Abez ou quelque Eglise donnoifi ainsi quelques biens à un Particulier pour en jouir de même pendant un certain tems fous une redevance annuelle , on apelloit cet acte prœjiaria , preftaire. On confondoit souvent ces deux contrats. Marculphe, lib. 2. cap. 40. nous a conservé la formule du prejiaire , où l’on voit qu’un Evêque confirme le preftaire qui avoiC été fait par une Eglise à des Particuliers pour jouir de certains fonds pendant leur vie. On en trouve encore dans les anciennes formules, où les clauses dont on sc scrvoit ordinairement, font expliquées. Les Conciles ont confirmé cet usage; ils ont déclaré que "Ton ne pouvoit point prescire par aucune longue possession, ni changer la nature du titre qui n’aquéroit point la propriété; & pour éviter Tusurpation sur le fondement d’une posl’effion du fond pendant plusieurs années, & méme pendant plusieurs générations , il fut ordonné par ses Capitulaires , & par le Concile de stleaux, que les précaires , & les préjtaires serment renouvelez de cinq en cinq ans, & enfin, ce renouvelement paroissant, fans doute incommode, Ton stipula cette clause, que Pacte fubsilleroit comme s’il avoit été renouvela tous lee cinq ans. PRECAIREMENT, adv. [Gratuité , gratte.J Par grâce & par pure souffrance. (C’est régner précairement^ quand Tempire ne s’étend que fur les choses permises. La Rochefoucaut.) PRECAUTION , J- f [Cautio , provijìo.] Prononcez précaucion. C’est une vûë des Inconveniens qui peuvent arriver. (Negligerdes précautions qui serment bien nécessaires. Prendre d’autres précautions que celles dont on s’est servi. Prendre ses précautions auprès de quelqu’un. Mémoires de M. de la Roebejou - caut. C’est à faire aux Grecs d’y porter des précautions. Vaug. Quint. Curce , 1 . 1. cb. g. Quelque mesure que Fon prenne Pour éloigner tous les Amans , L‘ amour J'çait trouver les ntoméns Où la précaution ejl vaine. Livre fans nom. ch On ne doit rien négliger à la guerre de ce qui peut nous mener à la Victoire, & ne rien mettre au Lazard fans quelque aparence de réussir. Lorsqu’on manque dans les précautions qui dépendent de nous, on se perd d’honneur & de réputation. Polpybe de Mr. Folard.) H PRECAUTIONNE', adj. Prudent, sage , défiant. (Un homme fort précautionné. Une Femme précautionnée.) Se précautionner , v. r. [Providere , prœcaverr.] Prononcez se précaucionner. C’est user de précaution. (Se précautionner contre un ennemi.) PRE'CEANCE- Volez prejiance. t PRE'CEDEMEN T , adv. [In primit , ante omnia.] Antérieurement. Avant un autre. Terme de pratique. (Ce créancier a été collûqué précédemment à un autre.) PRECEDENT , précédente. [Antécédent.] Qui précédé. Qui a ete auparavant. (Les siécles preredens. Je Pavois vû les jours précedens. L’année précédente, Au livre précédent. A la page précédente.) Tome ll.l. C c PRE'- 202 PRE PP.E'CEDER , v. a. [Praire.'] II vient du Latin p ace. dere. Aller au-devant. Avoir le pas devant quelqu’un. (Us concluoient à ce qu’i) fût dit qu’ils nous préce- deroient. Patru , plaid. i;. Un président précede un Conseiller.) PRE'CEDER. [ Ante e(se.] Etre auparavant. ( Ceux qui nous ont précedez, n’ont pas été si habiles que ceux qui ont vécu avec nous.) PRE'CEDER. [AnteceUere.] Surpasser en quelque chose. (Monsieur Arnaud a précédé en mérité & en scien* ce tous ses adversaires. Saint Augustin 2 précédé tous les autres Peres fur les matières de la grâce.) PRECE1NTES, // Terme de Mer. Voie z Ceintes. t PRE'CENTEUR , f. m. [ Pracantov. ] Terme dont on se sert en quelques Eglises de France , & particulièrement à Lyon. 11 est formé du Latin Pracantor, qui lignifie celui qui chante avant les autres. Le Maître du chœur. PRE'CEPTE, f. ni. [Canon, norma , documentum.] II vient du Latin praccptum. Instruction qu’on doune pour aprendre quelque chose. Principe , fondement de quelque langue. Dogme. Instruction. ( Aprendre ses préceptes. Savoir ses préceptes. Donner de bons préceptes. Une morale nue aparté de Pemmi, Le conte fait p.ajjer le précepte avec lui. La Font.) PRE'CEPTE, [Praccptum.] Commandement. (Dieu a établi le précepte de ne point tuer. C’est un précepte afirmatif. C’est un précepte négatif.) PRECEPTEUR , f ru. [ Praceptmr,padagogus .] Celui qui est chargé de la conduite d’un jeune enfant riche , ou de qualité , & qui le doit élever dans la vertu & dans les letres, & qui pour fa peine a quelques gages du pere, ou de la mere , ou des parens de Pensant. Feu Monsieur Bossuéc Evêque de Meaux avoit été Précepteur de Monseigneur le Dauphin. L’Archevéque de Cambray l’a été de Monsieur le Duc de Bourgogne. {$ On doute s’il est plus à propos d’envoyer les en- fans aux écoles publiques , ou de leur donner des Précepteurs pour les enseigner dans la maison. Quintilien est persuadé que l’on aprend beaucoup plus dans les écoles que dans les maisons particulières. L’Empereur Antonin remarque, au contraire, que son bisayeul pensoit autrement : Mon bisayeul m’a enseigné à n'aler point aux écoles publiques , à avoir chez moi les plus habiles Maîtres, & à connaître qu’en ces sortes de choses, on ne J'auroit jamais trop dépenser. Liv. i. art. 4. * PRECEPTEUR,)! m. [Dottor, monitor.] U est quelquefois figuré & signifie celui qui donne des préceptes qui regardent les mœurs & la conduite de la vie. (11 semble que tu n’aies jamais lû la vie de ces grands précepteurs du gente humain. Ablanc. tant. 2. parasite.] PRE'CEPTORIAL, adj.subjt. [Praceptoria digmtas.] Dignité dans un chapitre qui charge un Chanoine du foin d’enseigner. (La préceptoria/e est vacante.) PROCESSION,/! f. [PraceJJlo.] Terme d ’AJirono- mie. 11 se dit des Equinoxes qui avancent vers l’Orienr. Le mouvement lent de la huitième Sphère qui avance vers POrient, fait que les points des Equinoxes que les anciens Observateurs avoient placé au prémier degré à’Aries & de Libra, se trouvent à présent au 19. degré 27. minutes & quelques secondes de ces mêmes signes. Copernic qui estime que les étoiles fixes font immobiles , apelle ce changement la précejjlon des Equinoxes , & dit que c’est parce que l’Equateur coupe tous les ans l’Plciiptique en des points plus proches de l’O- rient, &c. t PR.êCHE , pr esche , s. ni. [Cencio.] L’un & l’autre s’écrit, mais on prononce prêche. Terme de MeJJìeun de la Religion. 11 signifie Sermon, ou Prédication, mais, en ce sens, il ne se dit plus guère à Paris , on se sert en sa place du mot de Sermon , ou de celui de Prédication. (Monsieur Claude a fait un beau Sermon, ou une belle prédication , & plus rarement Monsieur Claude a fait un beau Prêche : mais quand ce Sermon est imprimé , on ne dit jamais Prêche, mais Sermon. Ainsi on dit, les Sermons de Monsieur Daillé font fort estimez, & jamais les Prêches de Monsieur Daille sont fort estimez. PRêCHE , f. m. £ Calvinijtarum templum, J Terme dont quelques-uns se servent pour exprimer ce que ces PRE Messieurs de la Religion apellent temple ; mais il vieil- lit en ce sens , & on emploie ordinairement à Paris le mot de temple au lieu de celui de prêche. (Et l’on dit, Aller au temple. 11 est au temole, & presque plus. II est au prêche. Aler au prêche.) PRêCHER , prescher , v. a. [Concionari , de rébus di- vinisconcionem babere.] Annoncer la parole de Dieu au temple. (Prêcher l’Evangile au peuple. Prêcher la parole de Dieu. Prêcher les Dimanches. Prêcher uu Avent, un carême , une octave. Chaque jour la Province entend prêcher absens Tous ceux qui dans Paris tiennent les premiers rangs. Vils) * Après cela, viens nous prêcher ton innocence. AU. Luc. Ces vieillards chagrins qui prêchent tant contre les plaisirs, ne font vertueux que par force. Flech. tg II íferoit à souhaiter que l’on nous prêchât I’Evan- gile comme on le prêchoit dans les prémicrs siéelà de l’Eglise ; nous ne serions pas si souvent ennuïez , & même rebutez par tant de mauvais Sermons, débitez pag des déclamateurs outrez, & d’une maniéré plus pro. pre au théâtre qu’à la chaire. Cependant le nombre des Prédicateurs est infini, & la plupart regardent la prédication comme une route qui conduit sûrement aux A baies & aux Evécliez ; fondez sur des exemples fré- quens, qui soutiennent leurs espérances, & par le succès de tant de sermons, ou achetez, ou mal composez, ou mal débitez: Avec moins de talens vingt Abez ont prêché, A qui bien-tòt la chaire a valu l’Evêché. On suivit d'abord l’exemple des Juifs, lesquels com- menqoient leur Synagogue par la lecture de quelque endroit de l’Ancien Testament, fur lequel un Docteur de la Loi faisoit un discours naturellement & fans art. Saint Luc a fait mention dans le quatrième chapitre de son Evangile, du sermon que Jesus-Christfit dans la synagogue de Nazaret un jour du Sabat. „ Etant „ venu (dit-il) à Nazaret où il avoit été élevé, il entra, „ selon sa coûtume , le jour du Sabat dans la synago- „ gue , & il se leva pour lire. On lui présenta le livre ,, du Prophète Isaïe; & Payant ouvert, il trouva le lien ,, où ces paroles font écrites, &c. Ayant fermé le livre, „ il s'assit". Nous lisons dans le chapitre i;. deséctes des Apôtres, que Paul & Barnabé étant arrivez à Antioche de Piíìdie, „ ils entrerent dans la synagogue, „ ils s’assirent; & après la lecture de la Loi & des ,, Prophètes, les Chefs de la synagogue leur envoyerent », dire : Ales freres, li vous avez quelque exhortation ,, à faire au peuple , vous pouvez parler “. Cet usage fut établi dans les Assemblées de l’Eglise naissante ; on y établit des Lecteurs, lesquels ayant lú quelques endroits de l’Ecriture, ceux qui avoient ete ordonnez, parloient fur le sujet qui fe présentoir. Quoique cet emploi ne fût pas un Ordre , cependant il fut dit dans le Concile de Miìeve, tenu en 402. que quand quelqu’un n’auroit fait qu’une feule fois la lecture dans une Eglise , il ne pouvoir point être reçu dan* une autre: cependant S. Augustin semble exiger une Lecture réitérée plusieurs fois, pour faire un Lecteur en titre; car il s’explique en ces termes dans la lettre qu’il écrivit à Quintilien: ,, Mais j’admire qu’on veuille faire ,, passer pour Lecteur un homme qui n’a jamais là „ qu’une feule fois dans l’Eglise, & qui mêmen’ya „ lû qu’un livre non canonique ; car si cela seul le „ doit faire connoître pour Lecteur F.clésiastique, íl ,, faut donc aussi que ce qu’il a lû , soit reconnu pour „ Ecriture Eclelìastique : si au contraire ce qu’il a lû, ,, n’est point une Ecriture F.clésiastique, qui que ce „ soit qui l’aitlûë & dans l’Eglife méme, n’est point „ Lecteur Eclésiastique II y a aparence que ce fut par cette raison que S. Augustin ne vouloit pasrecon- noître pour Lecteur Eclésiastique , celui qui avoit là des Livres qui ne paffoient pas pour Eclésiastiques, plutôt que parce qu’il n’avoit lû qu’une feule fois. Après la lecture, l’Evêque patloit à son peuple; ce fut pendant long-tems, le principal foin des Evêques, à qui les Conciles ont souvent enjoint de remplir ce devoir & d imiter en cela les Apôtres , aufquels ils fuccédoient, &. qui avoient prêché la Loi nouvelle fans le ministère d’autrui, fi ce n’est lorsqu’ils ne pouvoient pas eux-mémes semer le grain dans le champ du Seigneur. Saint Augustin prêcha en présence d’Aij- réle Evêque U’Hipoue , parce qu êtant Grec, il avoit d» PRE áe tá peine à ssexpllquer en Latin. Palladius nous a* prend que S. Jean Chrifostome failòit souvent la fonction de l’Evêque qui n’étoit pas en état de prêcher; & dans le cas de l’impoíiîbilite , on se servoit du ministère d’un Diacre. Cette obligation de prêcher, ét oie 1 i fort atachée à l’Ëpiscopat, que plusieurs Conciles défendirent aux Evêques de prêcher dans d'au- tres diocèses que le leur, fans le consentement de i’Evêque du lieu, comme Zonare & Balzamon l’ont remarqué sur le io. Canon du Synode tenu in TruUo. Cette discipline subsiste encore dans l'Eglise; nul ne peut prêcher dans une Eglise, fans avoir pris fa million de l’Evêque; c’eít ce qui fut précisément ordonné dans l’Assemblée du Clergé de l’année 164;. par une Déclaration inférée dans le Procès verbal, pag. 272. où il est dit dans i’articie 12. que ,, la charge de prêcher apar- „ tenant à l’Evêque comme son principal ministère * 3, il est obligé d’y satisfaire le plus souvent qu’il lui „ est possible ; si ce n’eit par lui, du moins par ceux ,1, qu’ií employera en cette fonction ; c’est pourquoi ,^> il est défendu à tous Religieux , même à ceux qui „ se disent exempts, de prêcher en aucunes Eglises „ fans la permission de l’Evêque diocésain, & fans ,, avoir reçu million, de lui même dans les Eglises „ de leurs Monastères fans fa bénédiction , & n’entre- „ prendront point de ce faire 3 ledit Evêque diocésain „ y contredisant , &c. “ La prédication étant donc une fonction inhérente à l’Episcopat, nul ne peut enseigner le peuple sans une mission expresse de l’Evêque diocésain, qui doit connoître les personnes dont zi sc lert pour cultiver en fa place la vigne du Seigneur. On dit prêcher fur la vendange , quand on s’amuse à parler ayant le verre à la main. II nous a prêché sept ans pour un carême. Ce qu’on dit d’un homme qui importune en répétant fans cesse les mêmes choses. On a beau prêcher à qui n’a cœur de bietì faite. Proverbe. *Allez-vous en un peu prêcher cela à Ruël. Volt. l.çi. a f Son teint mortifie preche la continence. Reg. Sat. 1 ;. PRêCHEÙR , prefeheur, f. m. jjPrœdicator, conciona- ior.] L’un & l’autre s’écrit, mais on prononce Prêcheur, Ce mot signifie celui qui prêche, & le dit quelquefois en parlant des Jacobins qu’on apelle frères Prêcheurs , maison ne les apelle pas de la foire dans le commerce ordinaire, on les nomme Dominicains, ou Jacobins à Paris , mais dans quelques Provinces on les apelle Prêcheurs. f PRêCHEUR. [Tnfttlsut concionatorj Ce mot pouf dire Prédicateur est bas & de mépris. (Monsieur l’Abé tin tel est un plaisant prêcheur.) PRECIEUX , précieuse, adj. Voïez prétieux. PRE'CIPICE , s. m. [Praceps locus.] II vient du Latin précipitium. Grande & profonde ouverture de terre. (Un affreux précipice. Jetter dans un précipice. Crois tu que toujours ferme aux bords du précipice Elle pourra marcher fans que le pied lui glijje. Defpr. f v Ta couronne & ta vie font au bord du précipice. Vaug. Quint. L ç. II vouloir profiter de tous les éve- neraens pour jeter les Princes dans les précipices. Mémoires de Mr. de la Rochefoucaut. Conduire dans le précipice par un chemin agréable. God.) PRECIPITAMMENT, adv. [Prœcipitanter, prœ. properè.] Avec précipitation. (Quand on est bien sage , on ne fait rien précipitamment ) FRE'CIPITATION ,f f. [fíimia celeritas.] Extrême vitesse. (Marcher, courir avec précipitation.) * PRE'CILTTATION. Prononcez précipìtacion. (La trop grande précipitation ôte pour l’ordinaire une partie du jugement.) FRE'CIPITATION. £Ad purum excociio.] Terme dc Chimie. Elle se fait lorsque le médicament qui avoir été dissous par quelque sel fixe corrosif, ou par quelque esprit acide , ou par quelque esprit volatile, quite le dilòlvant & se précipite au fond du vaisseau. Voïez Char. Pharmacopée. Le mercure précipité, f Preecipìtatus bydrargirus .] C’est fine dissolution de mercure qui se fait au feu de lampe durant deux mois, qui le réduit en poudre rouge & brillante. t PftE'CÏPITE'MENT , adv. Cc mot signifie précipi- PRE 20z t arriment , mâis il n’est pas fi en usage que précipitant ment. Vaug Rem. PRE'ClPíitR, v- a. [ Prœcipitem agere .J Jeter dans un précipice. Jeter d’un lieu haut & élevé en bas» jeter de quelque lieu en bas. ( Précipiter quelqu’un du haut d'une tour. Dieu a précipité Lucifer dans les enfers. Sur ces cœurs endurcis que le secours Write, Qifune erreur obstinée entraîne U précipite, II montre Jd puiJJ'mtce. Genest.) {§ PRE CIPITER. L’un des plus anciens fopliceê dont on a puni les coupables de quelque grand crime, a été de les précipiter d’un haut rì’un rocher, ou de quelque lieu fort élevé. Jehu fit précipiter par des eunuques Jézabel par une fenêtre, & la muraille fut teinte de son sang. Reg. lib. 4. cap 9. L’Hdtoire profane nous en fournit plusieurs exemples. Ulifle arrache Astianax du tombeau d’Hector, où Andromaque l’avoit caché, & le précipite du haut d'une tour extrêmement élevée. Daphidas , au raport de Valere Maxime, l/b. 1. cap. 8 voulant se moquer d’A- pollon, fut à Delphes consulter son Oracle, à qui il demanda comment il pourroit recouvrer un cheval qu’il n’avoit jamais eu. L’OracIe lui répondit qu’il le trouveroit, & qu’il mourroit d’une chute qu’ií fe. roit de dessus. Cet impie s’en retourna fort satisfait, Croyant qu’il s’étoit moqué de l’Oracle : mais maL heureusement il tomba entre les mains du Roi At- talus, lequel pour le punir de ses médisances & de ses mépris , le fit précipiter du haut d’une roche spellée Equus , justifiant ainsi la promesse qu’il lui avoit faite qu’il trouveroit le cheval, qu’il n’avoit jamais eu , & punissant i’audace d’un homme qui avoit osé tenter de tromper un Dieu. L’usag# de ce supiiee étoit observe dans Rome, avant que l’on eût les Loix des douze Tables; car elles ordonnent que le faux témoin soit précipité du haut de la roche ïarpeïenne , & que l’on en fit de même des esclaves convaincus de larcin , après avoir été foùécez. * Ii ne faut rien précipiter. Abl. Arr. C’est-à-dire » il ne faut rien hâter, ni faire trop vite. * PRE'CIPITER. dans le malheur. Abl. [Ad exitium prœcipitare.] Faire tomber vite dans le malheur. PRE'CIPITER. \_D1Jf0lvere.] Terme de Chimie. C’est séparer le mixte dissous , & le faire tomber en pou* dre au fond de son dissolvant. Glof. tr. de Chim. I. 1. Se précipiter , v. r. ['Prœcipitem fe dare.'] Se jetef tì’un lieuéleve en bas. (11 s’est précipité du haut d’un rocher dans le mer.) f Fleuves qui fe précipitent dans la mer. Vaug. Quint. I. 5. C’est-à-dire, qui coulent vite. * Se précipiter dans le péril. Vaug. Quint. I. i», C’est à-dire, se jeter dans le péril. On ne doit pas fe précipiter dans le plaisir , parce* qu’on le rend plus agréable à force de le désirer. Ch, dc M. PRE'CIPITE' , précipitée , adj. ['Praproperus J Hâté, (Départ précipité.) PRECIPUT, f *n. IPrœcipuum.] Terme de Palais. Ce mot est pris diféremment. C’est un présent que les mariez se font mutuellement, & donnent à celui des deux qui survivra. [Donatiopropternuptias.jj C’est ce que le mari , ou la femme, prennent sur toute la communauté hors part & avant le partage. C’est aussi ce que l’aíné a pour son droit d’ainesse dàni une terre Seigneuriale. ( Prendre son préciput. Elle* un préciput considérable.) A' PRECIPUT. Ce terme est fort intelligible. Ce que l'on prélevé sur un tout & par préférence aux autres intéressez , est un préciput. La Loi Romaine ne connoit le préciput que dans un cas ; les Coútunwá dans deux diférens. Selon la Loi , ce qu’un perè ou une niere lèguent à leurs enfans, est préciput, conçu en ces termes : Je lègue par droit d’injiitution A . la somme de . par préciput ç«f avantage. Et dans cette espece de legs, le préciput n’est point sujet au raport entre cohéritiers qui partagent une hérédité; celui à qui il est fait, prélève fur la masse ia somme leguée pat préciput ; & s’il l’a reqù, il n’est point obligé d’en tenir comte : mais il doit être imputé for la légitime. Quant au préciput coûtumier, le premier est le droit d’aînesse, qui est un véritable préciput que la Coutume du lieu a réglé diféremment. II est dit dans l’article > de la Coutume de Paris : „ Au fils aîné apartiervt par Tome UI, C c * ,, pré* 204 P RE préciput le château ou manoir principal & basse „ court attenant & contignè audit manoir, dessinés , à icelui , encore que le fossé du château ou quel- ,, que haye ou mur fût entre deux ; & outre lui apar- , tient un arpent de terre de l’enclos ou jardin joi- , gnar.t ledit manoir , si tant y en a ; & si ledit enclos , contient davantage, l'aîné peut retenir le tout, en , baillant récompense aux puisnez de ce qui est outre , ledit arpent en terres du méme fief, fi tant y en a, , linon en d’autres terres, ou héritages de la dite suc- „ cession , à la commodité des puisnez, le plus que „ faire se pourra, au dire de preud’hommes ; & «'entend l’enclos ce qui est fermé de murs, fossez ou ,, bayes vives Cette disposition n’a pas été requë par toutes les autres Coutumes : plusieurs y ont ajouté, ou change , ou diminué. PREVOIS,/ m. [Compendmm, summas Particulier. Juste & distinct. (Circonstance précise. Pasc. i. 6 . Témoignage bien précis. Donner des marques précises qui distinguent une chose d’une autre. La Chambre.') í’RE'CISE'iUEI.'T , adv. [Piunè , juste , ea ipsâhorû.2 Justement. Exactement Ni plus ni moins, dans letems juste. Dans le tenrs qu’il faut. (Dire précisément ce qu’il Faut. 11 est venu précisément à trois heures. On loupe précisément à six heures dans les Couvents & les Communautez.) PRE'CISÍON. / f. [Pracifìo.2 Terme de Philosophie, Abstraction. C'estfaction de notre esprit qui ne pouvant comprendre parfaitement les choses un peu composées , les considéré par parties, & par les diverses faces que ces choses peuvent recevoir , & c'est ce qu’on peut généralement apeller, Connoître par ah- fraction ou par précision. Votez la Logique de Mr. Bon, première partie , chap. 4 . PRE'CISION. [Aèqiasar, diligentias Exactitude. (La Géométrie est la feule science qui va jusqu’à la derniere précision, c’est-à-dire, justesse & exactitude, non seulement sensible, mais auffi à celle quife peut imaginer. ) PRE'COCE, adj. [ Pramaturus.2 Mot qui vient du Latin pracox, & qui fe dit des fruits murs avant le tems. (Fruits précoces. Cerises précoces. On dit substantivement aussi des précoces.) On dit au figuré, à Limitation des Latins, un ejfrrit précoce, \lngenium prxcoxj En parlant d’un enfant qui fait paroitre de l’esprit de trop bonne heure. La Bruy. Et l’on en dit comme des fruits précoces, qu’il ne dure pas long-tems. PRECOMPTER , ou préconter, v. a. [£* ratio, mbus deducere priits qu te accepta suer un t.2 L’un & l’au- tre se peut écrire, mais on prononce préconté. Terme de Pratique , qui signifie compter auparavant & déduire tí’abord certaines sommes. ( Les enfans qui viennent à la succession de leur pere ou de leur niere , doivent précompter ce qu’ils ont reçu en avancement d’hoirie. 11 faut précompter les frais, &c.) [ ImpenJds priàs deducere ] PRE'CONÍSATION , f. f. [AUcujus ad prxla. turam préconisât ìo , renunciatio.2 Terme de Matière béneficiale. Prononcez praconisacion. Raport que fait le Cardinal protecteur au Pape & aux Cardinaux en plein consistoire, que celui que le Roi de France a nommé à un Benefice a les qualitez requises pour poffeder un Bé- néfice. Majsac. Droit Ecles c. 4. PRE'CONISER, v. a. [ Dstgnatum prasulem praco- nisare , nnuncìare.2 Terme de Matière beneficìale, qui se dit du Pape & des Cardinaux qui font leur raport en plein consistoire que la personne nommée à quelque be- nefice a les qualitez requises pour le poffeder. (Le Pape, ou le Cardinal préconise un tel pour l’Evëché, &c.) PRECONISER. [ Laudibus extollerej II signifie quel. quefòis louer une personne & dire qu’elle est digne d’être préconisée dans les formes. (II a quantité d’amis qui le préconisent à la Cour de Rome.) Í3 Le P. du Cerceau, dans son remercîment à Mr. le Duc du Maine. Sur tout , scavons comme l’on doit priser Tout don qui part d'une auguste perjònne, Et qu’an ne peut assez préconiser Et le présent , U celui qui le donne. PRECURSEUR,/m. [Pracursor,prndronius.2 Cs mot se dit en terme de pieté & veut dire. Qui e/i venu devant. ( Saint Jean a été le précurseur de J E S U S- CHRIST. Ce mot ne se dit que de lui.) PRE PREDECEDER , V. r. [Priorem obire.l Ce moi est écorché du Latin , & signifie mourir avant un autre , avec qui on a quelque relation , ou liaison d’interét. Il ne se dit que dans le stile des Notaires. ( On soit des conventions dans les Contrats de mariage pour régler ce qu’il faudra faire selon que l’un ou l’autre du mari ou de la femme prédecédera.) PRET)ECUS , f. m. [Prior obitus .) Terme de Pra. tique. Mort d’une personne avant celle d’une autre, avec qui elle a quelque liaison d’interêt. (On a mis cette clause en cas de prédecés de l’un ou de l’autre des conjoints. Le prédecés du mari a beaucoup nuit à ses enfans du premier lit.) PREDECESSEUR, / m. iAnteceJsor.2 Celui qui en a précédé un autre en quelque lieu , ou quelque charge, ou en quelque ofice. (Iln’estpas si estimé que son prédécesseur.) f PREDECESSEUR , se dit aussi généralement de tous ceux qui ont vécu avant nous dans le même pais. (Nos prédécesseurs étoient plus sages & plus habiles que nous. Nos prédécesseurs ont établi de bonnes Loix.) On ne le dit en ce sens qu’au pluriel. PRE'DESTINATIENS, / m. Hérétiques imaginaires qu’on croyoit dans des erreurs grossières fur la Grâce & fur la Prédestination , pour 11 ’avoir pas bien entendu la doctrine de Saint Augustin. Le Pere Sir- mond, Jésuite les a cru réels. Mais le Président ftlau. guin lui a fait voir le contraire , par les témoignages de Saint Fulgence, de S. Prosper & les autres disciples de Saint Augustin , qui ont soutenu que l’opir.ion des Pré, destinations étoìt une herelìe imaginaire, forgée par les ennemis de la doctrine de S. Augustin. PREDESTINATION ,/ / íPradejlinatio .2 Pro- noncez predejiinacion. Terme de 'l’beoiogie , auquel nous isolerions toucher. Le terme est d’aílleurs aflèz clair: chacun l’entend, mais peu de personnes le comprennent. f PREDESTINATION , est un decret de Dieu par le. quel les Elus font prédestinez à la gloire éternelle. ê PRE DESTINATION > se prend aussi pour le decret de la providence sur toutes les choses purement humaines , òt qui ne regardent point le salut éternel. (Lss T urcs croient la prédestination, & ils méprisent le péril. ) ( H PREDESTINE',/ m. Destiné de Dieu au salut éternel. {fous Erez du nombre des prédestinez. La gloire des prédestinez.) t PREDESTINER, v. a. Destiner de toute éternité au lalut. (Dieu a prédestiné les Elus.) í preDeS'IINER , lé djt du choix que Dieu a fait de certaines personnes pour de grandes choses. (Dieu avoir prédestiné Moïse pour délivrer son peuple de la captivité.) £ On le dit aussi de toutes les choses extraordinaires, qui semblent être Lestée du hazard. (11 étoit prédestiné à ce malheur, il ne pouvoir l’éviter.) PRE'DICABLE , adj. & quelquefois/ m. [ Pradi - cabitis.2 C’est un pur terme de Logique , qui se dit de certains atributs généraux, qui fe peuvent dire à l’éganl de certaines choies. PRE'DíCAMENT ,/ W». [Praàkammtumé] Ter- me de Logique. C’est une des dix catégories ausqueile# Aristote a voulu raporter tous les objets de nos pensées. (Les prédicamens sont fort peu importans pour former le jugement & la raison, ce qui est pourtant le but de la vraie Logique. Ces prédicamens sont la substance, la quantité, la qualité, les habitudes, la forme, la figure , la relation, la situation, quand , &c.) f * Etre en bon , ou en mauvais prédicamens dans k monde. [Bené vel rnalè audire apud omnes.2 C’est-à-dire, en bonne ou mauvaise réputation. t PREDICANT,/ m. s Infidsus concionator. ] Mot de mépris pour dire un Ministre de la parole de Dieu. (C’est un petit Prédicant de village, qui faitl’en- tendu & n’a pas le sens commun.) PREDICATEUR , / m. [ Sanéli Evangelii f race. J C’est un Eclesialtique qui est ou qui doit être un homme de probité, d’une vie exemplaire & d’un grand sens, & qui d’une maniéré grave , ornée & touchante enseigne les versiez Evangéliques pour la gloire de Dieu, pour son propre salut & pour celui du prochain. Vo.ïeZ là-d est us la Rétorique de Grenade. (Le Prédicateur doit être savant. 11 ne peut annoncer la parole de Dietí PRE fans íe consentement des Archevêques, des Evêques, ou de leurs Grands-Vicaires chacun dans leurs Diocèses. Les Curez de Paris avec leurs Marguilliers pre- sencent à l’Archevêque le Prédicateur qu’ìls ont choisi. Un Pire Jacobin Bachelier de Sorbonne PenJ'ant bien me la donner bonne , Me dijoit l’autre jour d’ein vrai ton de Pédant, Tous les Prédicateurs ne font pas ce qu’ils disent ; Vous n’avez pas raison , dis je, en le regardant , D'être de ceux qui les méprisent ; Car sans aller plus loin chercher delà les Monts ; U exemple de cela , vous Pètes : •C'eji vous qui dites vos Sermons , Mais cen’ejî pas vous qui les faites .) Le Prédicateur persuade autant par ses actions, que par ses raisonnemens : C’eji ainjì qu’en prêchant, on fait f peu de fruit ; Le Sermon édifie , U Pexemple détruit. En vain J'ur les leçons par les Rhéteurs préscrites Tu polis nuit N jour tes Sermons hypocrites : Si tu veux me toucher , fais remarquer en toi Les vertus qu’en prêchant tu veux produire en moi > Ains par leur exemple ont prêché les Apôtres , Et par l’exemple aiîjji doivent prêcher les autres , On a beau dire vrai, raisonner ff crier , De tous les argumens , l’exemple ejl le premier. L’Art de prêcher de l'Ade de Villiers. Cette pensée de S. Augustin s’eít souvent présentée à mon imagination : il compare la plupart des Prédica. teurs aux Hébreux , qui indiquèrent aux Mages le lieu où le Sauveur étoit né : „ Ils montroient (dit-il) la ,, lòurce de !a vie , & ils restoient dans les ténèbres de „ la mort, semblables aces pierres plantées pour mar- ,, quer les chemins aux passans , tandis qu’elles restent „ immobiles. Plusieurs Prédicateurs ressemblent à ces ,, pierres; ils enseignent le bon chemin, & restent „ toujours dans leurs égaremens“. PRÊ'DICATION > f f. [ Concio fait a. ] Prononcez frédicacion. C’est-à-dire , Sermon. C’est une instruction chrétienne qu’un Edeiiastique fait au peuple en tlile oratoire. (La lin de la prédication est, de convertir les âmes à Dieu. Faire une belle prédication. Aller à la prédication. S’adonner à la prédication.) PRE'DICATION , J', f [Conjura .] Se dit au figuré de ce qui peut en tenir lieu. (.La vertu de nos Ancêtres est un s prédication perpétuelle & une censure muette des vices du siécle. Eléchier. PREDICTION ; // [ Pradifiiovaticinatio.] Prononcez prédiccion. C’est une maniéré de prophétie. C’est une divination par laquelle on ùit& on marque ce qui doit arriver. (L’étet confirma la prédiction. Ab- lanc. Arr. I. 7. II y a bien des gens qui se moquent de toutes les prédictions des Astrologues & qui les croient fort vaines, & ils ont raison.) Volez Pronostic. PREDILECTION» / ffPrMilcftio.] Témoignage d’amitié qu’on donne à quelqu’un au dellus de ses semblables. Ce pere a trop de prédilection pour son aine. L’Académie remarque qu’il ne se ditgueres que de la passion amoureuse. PREDIRE , v. a. {Futura pradicere .] C’est dire ce qui doit arriver. Deviner. (On lui a prédit que s’il se marioit avec la jeune Climene , il auroit un panache de cerf. On lui a plusieurs fois prédit le malheur qui lui est arrivé.) ' PREDOMINANT, prédominante , part. N adj. JPravalens, pravalidus.] Qui prédomine , qui agir, ou qui paroit le plus. (Qualité prédominante. C’est la paillon prédominante.) _ PREDOMINER, ©. ». {Pravaleré.] Dominer particulièrement. (I! y a des choies où les élemen s prédominent plus que dans d’autres. Roh. phifé) 4 = PRE DOMINER, se dit aussi des qualitez morales, & des paillons qui prévalent fur les autres. (L’avarice prédomine en lui. L’amour de la gloire prédomine dans ce Prince.) PREEMINENCE,//. [ Prxjiantia.] Droit, privilège , prérogative. (Il ne peut moins taire que de défendre les prééminences de son Abaïe. Patru. pi. , ll faut qu’ils quitent une prééminence que leurs prédécesseurs ont toujours gardee. Patru , piaid. 19.) 4 PREEMINENT , prééminente , aslj. [ Prajtons, ] PRE Plus haut, plus grand, ou plus préminente.) 205 excéíent. (Dignité PREEXISTENCE,./: / {Pneexisentiaf J Etat de ce qui existe avant queiqu’autre chose. Origtne a cru la préexistence des âmes. Duptn, C’est dans le même sens qu’on di t préexistent. PRc/FACE , / f. f Pr.ehqu.ium ] Discours qu’on met à la tête d’un livre, & où un Auteur remi raison de la conduite qu’il a tenue dans Ion ouvrage. (La préface qui est à la tête des Remarques de Vaugelas. v.ít très-belle. Celle qui est à la tête des ouvr ; gas de 8a- rasin est belle aussi, mais il y a quelque chose de faux. Les préfacés îles ouvrages de Monsieur d’Ablancourt font fort estimées. Je ne puis qu’en cette Préface Je ne partage entre elle vous Un peu de cet encens qu’on recueille au Varnajse , Et que j’ai le secret île rendre exquis ffi d ux. La Font.) Si l’on òte de beaucoup d’Ouvrages de Morale, î’Avertissement aux Lecteurs, l’Epitre Dedicatoire, la Préface, la Table, les Aprobutíons, il reste à peine assez de pages pour mettre le nom du Livre. La Bruiere. _ _ j. j- L . j iciiuc u ixgiije. o elt la partie de la Messe qu’on dit immédiatement devant le Canon , & qui sc chante aux grandes Messes. C’est Rentrée du Canon de la Messe. (Chanter la préface. On est à la préface de la Messe.) PRE'FECT. Voïez plus bas. PREFECTURE,/ / {Prafe&ura.] Charge & dignité de Préfet qui étoit fort considérable dans l’an» cienne Rome. Volez plus bas Préfet. PREFERABLE, adj. [ Antcponendus. J Qui doitz être préféré. (Les Platoniciens font préférables pour la Logique à tous les autres Philosophes, Port RoiaT) PRE FERENCE , / / Pnmx partes.] Elle consiste à préférer une personne à une autre pour lui donner, ou faire faire un® chose. (Donner la préférence à quelqu'un. Ablanc. Minerve eut la préférence sur Neptune, à qui donneroic le nom à Athènes. Benjìr. Demander la préférence , païer quelqu’un par préférence. C’eji l ! Inégalité qui fait la preference ; Sans qu'il vous cede en rien , vous êtes son vainqueur ; Je ne vois entre vous aucune différence , Mais je la sens bien dam mon cœur. Le P. Lederel Jes.) PREFERER > v. a. {P r ferre.'] User de préférence k l’égard des choses, ou des personnes, estimer davantage. (11 s le goût mauvais en matière de poésie , puisqu’ii préféré le Tasse à Virgile , & Juvénal à liora e. Ost l’a préféré à son rival, à son concurrent, à son aï. né, &c. ) PRETET , ou Prés Tt , / m L’un & J’autre s’écrir, car ce mot vient du Latin Prafefius. Prononcez préfet C’étoit autrefois un des premiers Magistrats de Rome ' qui la gouvernait en l’absence des Consuls , ou des EmI pereurs. On le nommoit le Préfet de la Ville, [.e Pré' set du Prétoire étoit le Chef de la Légion prétorienne destinée à la garde de l’Empereur. Voïez Prétoire. II y a aujourd'hui à Rome un Préfet, qfii est une efpece de Gouverneur. II y a aussi des Préfets de la signature, des Press, &c. 6 If PRE'FET de la Ville, {Prafeflus urbis.] Tacite, en parlant de Lucius Pi son, qui mourut de mort naturelle à Page de quatre-vingt ans sous le régné de Tibère, chose assez rare en ce tems-là , raconte PoriginJ de cette Magistrature. Voici ce qu’il en dit : Lors que les Rois s’eloìgnoient de Rome, ils établiísoient tin Magistrat, qui la gouvernait. & mettait les ordres nécessaires aux a faires qui sc présentaient. Denter fut le prémier à qui Romulus donna cette Charge ; & ensuite Numa Martins fut choisi par Tuilus Hostilius & Spurius Lucretius par Tarquin le Superbe. Les Rois niant été chassez, les Consuls suivant cet exemple commirent des personnes pour remplir leurs fonctions pendant leur absence. II y a anarence que du tems de Tacite, cette coutume étoit presque abolie, puis qu’il ajoute que l’on en voyoit encore quelque image dans les Féries Latines, lors que l’on choisit un homme pour faire la charge des principaux Magistrats." Auguste fit Mécenas Gouverneur de Rome & de l'Italie pendant les guerres civiles ; niais aiant établi fa C c } dorni- 206 PRE domination, il donna le gouvernement de la ville à un Consulaire, pour contenir le peuple & les Esclaves, & maintenir la paix dans Rome , par la crainte du châtiment. On apelloit Féries Latines, une Fête qui se célébrait sur le stlont-Aiban, & à laquelle on apelloit les Peuples Latins, ou du Latiunf, & l'on éiisoic un Magistrat pour y présider. Mais il faut que cette Charge ait été rétablie dans la fuite, puis que nous voions un titre dans le Digeste, de offìcio Prœ- ftciis Urbi, où il est réglé que le Préfet ne connoîtra d’aucune Cause au-delà de la centième pierre de Rome , ultra centejhnum ab illa lapident. Mais son pouvoir étoit très-grand dans l’enceinte de la ville ; il connoissoit de toute sorte de crimes , des diférenda que les esclaves avoient avec leurs patrons qui refu- soient d’afranchir un esclave qui ofroit d'acheter sa liberté, & de plusieurs autres choses qui sont énoncées dans les îoix du titre que j’ai cité. Voïez Fe- nejlella, de Magistrat. Rom. cap. 6 . Prefet des Vivres, ou des marchez. [firœJeBus annonces On comprenoit fous le terme annona , toutes sortes de vivres & de denrées nécessaires pour la nourriture des hommes. II y avoit un Préfet à Rome qui avoit le soin de toutes ces choses : il veilloit à procurer l’abondance , & à maintenir les denrées dans un juste prix. Nos juges de Police font aujourd'hui (es inêmes fondions. Dans le premier âge de la République Romaine, on fit d’abord un partage des terres entre les citoïens, & chacun vivoitdes fruits qu’il recuëilloit par son travail. Peu de tems aprés, le nombre des citoïens étant considérablement augmenté, il ne fut pas possible de ■garder cet ordre : les plus riches s’emparerent de la plus grande partie des terres; & pour prévenir les fuites d’un tel désordre, on fit un règlement, par lequel on fixa ce que chaque particulier pourroit posséder en fonds. Ce fut, au raport d’Aurelius Victor, pour récompenser les services de Curius Dentatus , que le peuple lui permit de posseder jusqu’à cinquante ar- pens de terre. Ce règlement étoit très-utile pour le repos public, s’il avoit pû subsister long-tems : mais l’Histoire est remplie des révoltés fréquentes du peuple qui demandoit Je partage des terres. Pour apaiser les séditions d’un peuple qui suportoit impatiemment la honte & la rigueur de la pauvreté, tandis qu’il voioit des Sénateurs, & même des Chevaliers ilans l’abondance de toutes choses, on fut obligé d'ordonner une distribution journalière d’une certaine quantité de bled , & l’on donna le soin de cette distribution , que l’on nomma exhibitio annona , pré- mierement aux Ediles, & ensuite on créa un Osicier particulier, que l’on apella PrafeBus annonce ; & pour l’aider dans une fonction si embarassante , on établit ries subalternes sous le titre de Curatores annona , de Tuumviri frumenti divìdendi, & de Frumentarii dont le soin étoit de mesurer le bled avec des boisseaux & un rouleau, de la maniéré que nous le mesurons aujourd’hui, ainsi que nous l’aprenons d’un fragment du Poète Lucilius : Frnnuntarius est, modium hic tecum Atque rotuìur.i unum habtt. Dion Cassius & Suetone ont remarqué qu’Auguste ne dédaigna pas cette Préfecture. Quelques-uns de ses successeurs l’imiterent en cela : mais comme il étoit de la destinée de l’Empire Romain d’être exposé à de continuels changemens, on cessa , fous les derniers Empereurs, de donner du bled aux pauvres , & l'on trouva plus à propos de leur distribuer du pain, fans doute, parce qu’iis étoient embaraífez du grain qu’on leur donnoit. Ce pain fut qualifié de panis sordidus dans une loi du Code Théodoíien , pour en faire connoïtre la qualité. 11 fut encore apellé panis gra- dilis , parce qu’il étoit distribué au peuple placé par degrez dans une enceinte faite exprès , & diférente du cirque & de l’amphitéatre , comme nous l’aprenons de Prudence contre Symmaque , dans son second livre. PRE’FET des cohortes nocturnes. [PrafeBus vigilum ."] Les incendies étant très-fréquens à Rome. l’Empe- reur Auguste établit, au raport de Dion Cassius, un certain nombre de cohortes (les uns disent cinq, & les autres sept) pour veiller, pendant la nuit, aux incendies, & empêcher le progrès qu’ils faisoient en diférens quartiers de la ville. Iì y avoit auparavant des personnes à qui l’on en confioit de tems en tems le foin : mais l’Empereur jugea à propos de rendre fixes les cohortes, qu il disposa en diíérens quartiers fous la PRE conduite d’un Préfet apellé PrafeBus vigilum, & 0 L donna en même tems , que celui qui les comman. deroit, auroit la connoissance & la punition de quelques crimes nocturnes, expliquez dans la loi troisième , ff. de offic. prafeB. vigil. Mais malgré cette préro. gative, on regarda avec mépris les cohortes, soit pat raport à leur emploi, soit parce qu’elles étoient com. posées de vils ar’ranchis ; & c’est dans cette préven. lion peu favorable que Juvénal a dit dans fa quatrié. me satire : Tjpnfitis pradives hamis vìgilare eokortem Servorum noBu Licinus jubet. Ce fut aulîi par cette raison qu’on donna aux soldats le titre de Sparteoli, parce qu’ils portoient des souliers faits de joncs apellez /parti , selon la remarque de Baudouin, de calceo antique , cap. j. & de Calaubo n fur Suetone, dans la vie d’Auguste, cap. 30 où il dit que les pauvres faisoient des souliers avec des cordes apellées Jparta. La loi que j’ai citée, nous aprend que le préfet marchoit toute la nuit , calceatus cum hamis & dolabris. Sa chaussure étoit, selon les npa- rences, d’un cuir capable de résister à la pluye & à la neige; il faiíoit porter des vaisseaux propres à y mettre de l’eau , & semblables à nos féaux de cuir, dont on fe sert dans les incendies, que l’on apelloit hama. II est vrai que quelques interprètes croient que hama veut dire harpago , un croc , qui n’est pas inutile dans ces ocaíions; & quant à délabra, il signifie une do. lotte , une hache, dont on se sert aussi fort utilement. PRE'FET du Trésor public. [ PrafeBus ararii. ] Le soin du Trésor public fut d’abord donné à des Que* Jìeurs : mais cet emploi a souvent changé de nom & de pouvoir, comme Tacite l’a remarqué. Augulìe permit au Sénat de préposer un Prefet de l’ordre des Prétoriens , & ordonna qu’on l’éliroit par le fort. Le tems atant fuit connoïtre íes inconvéniens de cette forte d’élection , Néron rétablit les Quefieurr. PRE'FET de l'Egipte, surnommé Augufialis. Ulpieti nous aprend par la Loi unique, que le Préfet de l’Egipte confervoit toujours fa Préfecture , jusqu’à ce que ion successeur fût entré dans Alexandrie , quoique, suivant la réglé générale , le successeur au Gouvernement exerçât sa charge dès qu’il étoit dans la Province. II joùissoit de tous les honneurs des Proconsuls, à la réserve de faisceaux & dc la robe bordée de pourpre , apellée pratexta. Son principal soin étoit d’en- voyer à Rome la quantité de blé que l’Egipte devoit fournir tous les ans. Le Jurisconsulte Modestin a dé. cide dans la Loi 21. ff. de manumiff. vindiB. que le Préfet d’Egipte pouvoit a franchir les esclaves. Et Ul- pien , dans la loi ì.ff. de tutor. dat. ab bis qui jus dan* di habent, qu’il pouvoit donner des tuteurs. PRE FET du Prétoire, [PrafeBus pratoriof} Ce Préfet étoit bien au-dessus de tous les autres, puis que l’Empereur Severe l’honora du titre de Sénateur, & de la qualité d’Illustrissime. On lui donne un titre bien plus éclatant dans une inscription citée par Augustin Cant. purni, dans Ion Traité de majejiatc Magijiratuum Roma. norum , pag. 139. où il a fait un grand article concernant le Préfet du Prétoire. PRE FET, f. tu. [PrafeBus, prapofitus.’] Terme de Jésuite, C’est le Jésuite qui a soin des clasitrs. (Le Pere lin tel est préfet. Unlevere, un exact prefet. Onl’a fait préfet des classes d’humanitez.) Ce terme est aullì en usage chez les Prêtres de l’Ora- toire Le P. N. a été long tems Prefet du College dc Nantes. Ainsj lors qu'en un coin qui leur tient lieu d'aziU , J?Ecoliers libertins une troupe indocile, Lo:n des yeux d’un Prefet au travail assidu , Va tenir quelquefois un brelan défendu s Si du vaillant Argus la figure éfraiante Tans l’ardeur du plaisir a leurs yeux fe prefente , Le jeu ceffe à i’mjiant, l’azile èji dej'erté, Lt tout fuit à grands pas le Tyran redouté, Defpr. Lutrin.) PRE TET. [. Pxdagogusf] Jésuite précepteur d’un enfant de qualité qui est pensionnaire dans leur colége. (Les Jésuites donnent, autant qu’ils peuvent, desPi'é- jets à tous les enfans de qualité qu’ils ont en pension.) PREFINIR , v. aB. [Prafinìre dìem f] Marquer un certain jour dans lequel on élt obligé de faire ou dí païer quelque chose. (L’ordonnance a préjìni certains teins pour les assignations.) PREFIX, Préfixe y adj. [ Prafifiitus , Jìatutus. ] De» PRE Déterminé, conclu , arrêté* (Us se rangerent en bataille au jour préfix sous l’obéilfance du Roi. Vaug. Oumt. I. $.c. l. 11 n’y a point de tems préfix.) "^PKEFIXION de de La , s f [_Stata diui dcjìgnatio.] Terme de Palais. (Pour toute préfixion de delai, on lui a donne deux mois. C’est-à-dire, pour tout delai , pur dernier delai.) PREGATON , / r». [Ocelli minores.'] Nom que des tireurs d’or donnent aux dix ou douze plus petits pertuis de leurs filières , après que leur fil a passé sur le banc à dégrossir. PREGNÀNT » a dj. [ Dolor acerbus. ] Violent, pressant, douleurs prégnantes . 11 n’a d'u sage que dans cette phrase. Acad. Fr. PREJUDICE,/. »». IDamnum.] Perte, tort,dommage. (.Cela lui a fait un notable préjudice. Cela lui cause un préjudice. Cela lui cause un préjudice con- lì derable.) PRE JUDICIABLE , adj. {JNoxius, nocivus .] Qui porte préjudice, nuitible. (Cela lui est tout-à-tait préjudiciable. L’impiété elt préjudiciable à la fortune, à la réputation, &c.) On dit préjudiciaux au Palais, parlant des frais, des défauts qu’íl faut rembourser. PRE jUDICIER , v. a. [Daranum inferre .] Faire du tort, cauler du tort. Nuire. (.La débauche préjudicie à la santé. Le mauvais succès de son livre a fort pré- judicié à sa réputation. L’amour préjudicie souvent à la fortune.) PREJUGE', / m. [Res prajudïcata.] Terme de Palais. Ce qu’on a jugé d’une a faire sans juger le fond , & qui marque en quelque façon que celui en faveur de qui on « jugé gagnera entièrement son procès. ( On lui a adjugé la récréance du Bénéfice, A c elt un favorable préjugé pour lui.) P RE'JUGE'. [ Prajudicium. ] Sorte de connoissance antérieure qu’on a d’une chose, ou d’une personne. Prévention. (.La Philosophie de Descartes sert beaucoup à se défaire de les préjuge*. * Se voir en Auteur érigé , EJi un JlnìJire préjugé. Scaron, poés. * Quand on veut bien aprendre quelque chose, il se faut defaire de les préjugez. Je fçai dans quels faux préjugez Dès vos plus tendres ans vos esprits font plongez. Genest.) PRE'JUGER , V. a. [Judicium ferre.] Terme de Palais. C’elt prononcer sur une chose qui prépare à juger au fond , & définitivement une a faire. ( C’elt ce que vous avez préjugé quand vous avez mis l’apellant hors des prisons à caution. Patru, pi. n.) PRE'LART , / »». [Telapiceata , cerata.] Terme de Marine. C’elt une toile godronnée , qu’on met fur les escaliers, panneaux , fronteaux, caillebotis, & autres endroits ouverts d’un vaisseau. Or. Diét. Math. PRELAT , / m. [ Antijies , Prajul. ] Qui posséds Un Bénéfice à prélature. (Prélat, passant tcus les Prélats passez , Car les presens , feroit un peu trop dire. Voit. poés. De votre dignité soutenez mieux Véclat , EJi ce pur travailler que vous étés Prélat ? Despr.) PRE'LATURE , / / [Prafulis dignitas] Toutes les grandes dignitez de PEglise , comme de Patriarche , d’Archevêque , d’Evêque, d’Ábbé, & autres principales dignitez- (lis nommèrent aux Prélatures. Patru, pi. 4. La conversion des âmes elt la plus noble fonction de la prélature. Maucroix , Homélies.] PRéLE ou Prelle,J'.f. \_EquiJetum majus aquaticum ] Plante qui a une tige creuse & ronde , & qui est une especc de jonc qui sert aux Tourneurs pour adoucir le bois. PRELEGS » / tn. [Pralegata] Legs dont on ordonne la délivrance avant le partage d’une succession. t PRELEGUER, V. « [Antelegare.] Terme de Hotaire. Faire un legs qui doit être païé avant le partage de l’héredité. PRéLER , v. a. [Equifeto fricare lignum.] Terme de Tourneur & de Vernijj'eur. Froter avec de la prêle. (Prèler le bois.) PRE 207 T PRELEVER , v. a. [ Pralegere.] Terme de Pra* tique. Lever quelque somme avant le partage d’une succession, ou d’une Société. (11 faut prélever les dettes passives.) PRELIMINAIRE, «d/, [Praloquium.] Ce mot vient du Latin preliminaris. 11 lignifie qu’il faut bien examiner & savoir avant le sujet principal d’une a faire. Ce qui est à la tête de quelque livre, ou de quelque ouvrage d’esprit. (Discours préliminaire. Une question préliminaire. Rob. phif.) P RE'LIMINAIRE, / m. [, Froissâmes .] Ce mot se prend encore comme un substantif, qui signifie ce qui se doit examiner, juger, ou terminer, avant que l’on traite une a faire dans le fond. (11 y a divers préliminaires qu’il faut examiner avant que de traiter de la paix. C’elt un préliminaire qui donnera bien de la peine & fera perdre du teins.) PRELUDE, / m. [Praludium, proludium.] Mot assez nouveau, pour dire tout ce qui se joûe d’abord fur quelque instrument de musique pour se concilier les gens devant qui on doit jouer. (Ces préludes sont beaux & charmans. Faire quelques petits préludes.) (f Après quelque prélude de plaisanterie fur les bonnes fortunes du Comte, il, &c. Le Comte de Bujfi. C’est- à-dire , après quelque commencement de plaisanterie. 11 danse lui seul comme par prélude , la , la. Molière , préthufes.) t PRELUDER , v. n. [ 'Praludere, proludere.] C’est commencer à jouer un peu sur quelque instrument de musique pour le mettre en train. ( Avant que de chanter , il faut que je prélude un peu. Molière , Malade imaginaire , intermède.) * PRELUDER. [ 'Praludere.] Ce mot se dit aussi en raillant & en parlant de manger. (En attendant le dîner , on nous a aporté un ragoût, mais ce n’étoit que pour préluder.) t * PRE'MATURE', Prématurée, adj. [ Immatu. rus, pramaturus.] Ce mot vient du Latin pramaturus, qui fe dit au propre des fruits , & signifie qui est trop. tôt mûr. 11 n’est en usage, en François, qu’au figuré, & signifie qui se fait, ou qui arrive plutôt qu’il ne devroit. Ainsi l’on dit : Une mort prématurée. [Immatura mors.] C’est-à-dire, qui arrive dans le bas âge , ou dans U jeunesse. Une demande prématurée , c’elt-à-dire , faite avant qu’on dût la faire, avant le tems auquel on auroit droit de la faire.) f * PRE'MATURE'MENT, adv. [Prématuré.] D’une maniéré prématurée. Avant le tems. ( Les entreprises qu’on fait prématurément, ne réussissent pas.) PRêME : D’E'MERAUDE , / f. [Prasma.] Sorte de pierre prétieusc , qui est à demi transparente & à demî opaque. 11 y a de quatre sortes de PrémeA’émeraude. L’une qui tient du jaune & du verd , l’autre de la couleur de la fougere, la troisième est mêlée de plusieurs couleurs disserentes , & la quatrième est d’une couleur blanche & bleue, avec quelques taches qui tirent fur le noir. Ces quatre sortes de pierres se trouvent dans les Indes Orientales & Occidentales & dans l’Europe, en Bohême. Voïez le TreJ’or des Indes. PRE MEDITATION ,/ f. [ Prameditatio .] Prononcez prémeditacion. Action de l’esprit qui prémédité. (Une longue & ferieuse préméditation. On ne doit rien faire en matière d’esprit sans beaucoup de préméditation.) • PRE MEDITER , V. a. ( Prameditari. ] Médités auparavant fur une chose. Penser auparavant à une chose, la rouler en son esprit. ( Préméditer un dessein, II a prémédité de faire un volage.) PREMJCES, primices, / f. [Primitia.] Ilfaudroit dire primices du Latin primitia d’ou vient le mot dé prémices ; cependant l’usage y est contraire , on dit & on écrit prémices, & même toûjours au pluriel. (Leí prémices sont les premiers fruits que porte tous les ans la terre & qu’on offroit anciennement à Dieu. Les prémices etoient la portion de tous les biens de la terre que Dieu s’étoit réservée dans l’ancienne Loi. Les prémices doivent servir à nourrir & non pas à enrichir le« Clercs. Elles doivent servir à les délivrer de touí les soins temporels & non pas les y engager. Le Pert Thomafin , Discipline de PEglise. J’aurois de mes troupeaux immolé les prémices. Mais tu ne te plais point à diantres J'aerifices QiPà ceux d’un cœur contrit. Charpentier, poés) * PRE'- 208 PRE * pre'mices. [Initia > primitif.] Ce mot eft beau au figuré > & il signifie commencement. (Toujours la tirante a d’heureuses prémices , De Rome pour un tems Cdius fut les délices. Racine , Britannicus s. i. f. i.) PREMIER) premiere , adj. [PrimasJ Terme de Nombre ordinal qui signifie celui qui marque quelque commencement. (11 est le premier. Elle est la premiere. Adam est le premier homme. Eve la premiere femme.) * PREMIER , premiere , adj. [Primarius.] Conûdera- ble.(C’est l’un des premiers Gentilshommes de France.) * PREMIER. [ Àutesgnanus.] Ce mot se dit des personnes , & ne lignifie pas seulement celui qui est à la tête, qui tient le premier rang, mais celui qui est le plus considérable. (C’est le premier de tous les Poètes C'est le premier de tous les Orateurs.) PREMIER, premiere. [Prijìinus.] Ce mot sc dit de ce qui est passé. (La premiere femme d’un homme c’est celle qu’il avoit épousée en prémieres noces. Les métaux fondus recouvrent leur premier éclat. II est bien déchu de fa premiere fortune.) PREMIER , f m. [Primus or dine.] Terme de Jeu de paume. C’est un des endroits de la galerie des jeux de paume. (II y a deux premiers dans chaque galerie tle jeu de paume. L’un de ces premiers est le plus près de la porte & (autre de la corde. La balle est au premier. ) í,a matière premiere. [ Materia prima. ] Terme de Philosophie. C’est la matière tles corps que l’on considéré n’aiant aucune sonne, & cela te fait par abstraction. PREMIEREMENT, adv. [Primo, ante otmia.] En premier lieu. (11 faut premierement adorer Dieu, & èn second lieu aimer son prochain comme soi-méme.) | PREMIER que. [Antequam, priusquam.] Sorte â'adverbe , qui lìgnisioit Avant que , mais il est à présent hors d’ufage. fjf Quoique Malherbe ait dit, Premier que d’avoir mal , ils trouvent le remede, l’on a eu raison de bannir cette expression. Nombre premier. [Primarius numerus.] Terme à’Arit. métique. On apelle ainsi tous les nombres qui ne peuvent être divisez par aucun autre nombre sans fraction. Monsieur 1e premier. [EqueJlrìt pecuaria minoris pra. seftus] C’est le premier Ecuier de la petite écurie de ia maison du Roi. Mais Monseur le grand c’est le premier Ecuier de la grande écurie , qu’on apelle aussi le grand Ecuyer. [Regii stabult magister.] FREMISSE ìff 11 vient du latin pramiffa , & c’est un terme de logique. C'est l’une des deux premières propositions d’un Sillogisme. P. R. Logique , g. partie. Quand on accorde les deux prémisses, on ne peut nier la conclusion quand le Syllogisme est en forme. PRF.MONTREZ ,/• >». [Prœmonstratensts Ordinu Re/igiosus.] Religieux fondez environ l’an 1120 . par saint Norbert Gentilhomme Allemand. 11s ont pris leur nom d’un lieu apelle Prémontré dans l’Evéché de Laon , où ils ont été premierement établis. Ils suivent la réglé de Saint Augustin , & ils sont habillez de blanc. (II s’est allé rendre Prémontré. Les Prémontrez sont fort riches.) SE PREMUNIR , ». r. [ Se.pramunire.] C’est se précautionner. Se pourvoir de bonne heure contre quelque chose de fâcheux. (II faut se prémunir contre les maux que l’on prévoit. Se prémunir contre le froid, contre le mauvais air, &c.) f PRE'MUNIR se dit aussi à J’actif. (Prémunir quel- cun contre la séduction, contre les mauvais exemples.) PRENABLE , adj. [Expugnabitis.] Qui peuc-être pris. Cette ville n’est pas prenable. PRENDRE, v. a. [ /lpprehendere , capere.] Ce mot vient du Latin Prehendere. Je prens , tu prens , il prend. Nous prenons , vous prenez , ils prennent. J’ai pris, je pris , je prendrai , je prenne, que je prisse , je prendrais. Se íailìr d’une chose , ou d’une personne. Mettre quelque chose en son pouvoir. Dérober. (II a pris un bâton & lui en a déchargé un gros coup fur les épaules. Prendre un prisonnier. D’Aìba avoiia qu’il avoit pris quelques plats d’étain à nos Peres. Pascal , I. 6. Que cnacun prenne en main 1e moëleux Abely. Bespr.) PRENDRE. ( Sorbere potionem medicftm. ] Avaler (Prendre une médecine. Vaugelas, Quin. Prendre un PRE bouillon. Âblancourt . Prendre de la nourriture. 11 y 3 trois jours que ce malade n’a rien pris. Prendre son repas. Les Médecins ne prennent gueres de remedes, parcc qu’ils en connoissent l’inutilité.) PRENDRE. C Urbem capere, ] Emporter de force. Obliger une place à se rendre. (Prendre une ville. Ab. lancourt, Ret. liv. z. Prendre une place d’emblée. Ab. lancourt. César. Prendre par famine. Ablancourt.) (g J’ai vû un madrigal, adressé à feu Madame 1» Dauphine, lequel finit par ces deux vers : En un mot, vous prenez les caurs, Comme notre Roi prend les villes. PRENDRE. [Accipere.] Ce mot veut dire en termes de Guerre, détacher quelques soldats, ou quelques troupes & se mettre à la tête. (II prit son régiment de» gardes & courut à l’aile gauche , Ablancourt, Arr.) * PRENDRE. [Irà fer ocre.] II se dit au figuré, par, lant de la colere , & il signifie, s’emparer, se saisir d’une personne , la transporter, (exciter. (Le Courroux me prend. Mol, cocu. L’impatience le prit, & il se jet- ta dans le péril. Vaug. [f C. L’épouvante le prit, &il quitta son poste. Abl. César.) * PRENDRE [Habere.] Reputer. Croire qu’une personne est ce qu’elie n’est pas. (Ils me prennent pour un Docteur. Pascal, l. 8 ) * PRENDRE. [Illudere] Tromper. Atraper. (Ils’eft laisse prendre comme un íòt.) PRENDRE. Ce mot entre en plusieurs façons de par. ler qui ont des sens differens. (Exemples. Prendre en bonne part, ou en mauvaise part, [In bmarn vel malam partem accipere.] C’est se fâcher, ou ne se pas fâches, de ce qu’on nous dit, ou qu’on nous fait. Le prendre bien ou le prendre mal. [Perverse vel tnalè interpretari .J C’est prendre bien ou prendre mal le sens d’une chose, C’est bien , ou mal recevoir ce qu’on nous dit, ou fait, Puisque vous le prenez ains , je ne puis vous refuser. Pascal, l. 7 . C’est-à-dire , puisque vous le trouvez bon. Trace quelque figure pour voir comme tu t’y prendras, Ablanc. Luc. C’est-à dire , pour voir comme tu feras, tu commenceras. Prendre P épée. [Milttiam prostteri.] C’est s’engager dans l’épée ; C’est prendre la profession des armes. Prendre la robe. [Forum J'equì.] C’est s’engager à porter la robe & à être homme de robe de profession. Prenez fur l'Empereur, prenez fur la Hollande, Mais, S;re, au nom de Dieu, ne prenez rien fur moi. Le Fais) PRENDRE. Ce mot entre encore dans plusieurs&« qons de parler ordinaires. (Exemples. PRENDRE langue. C’est s’informer. PRENDRE jour. [Dkm Jiatuere. ] C’est arrêter un jour pour faire quelque choie. Je vous prens tous à témoins. [Testes vos volo,] C’est-à- dire , vous témoignerez tous pour moi. PRENDRE sm tems. [Scité U commode tempus cape. re.] C’est-à dire , épier (occasion & ne la pas manquer. PRENDRE terre. [Ad littus appelkre.] Terme de Mer. C’elt-a-dire, décendrè du vaisseau pour aller à terre, (rendre le large. PRENDRE fur lésait. [In manifestasteelere deprebendi .] C’est surprendre une personne qui fait mal. PRENDRE quelqidun au mot. [Descemlere ad candi, tionem oblatam.] C’est vouloir s’en tenir à la parole d’une personne & consentir à ee qu’il veut sur quelqu* chose qu’il a avancé. PRENDRE pitié de quelqu'un. Voit. poës. [Alicujui msereri.] C’est avoir compassion d’une personne. PRENDRE garde à quelque chose. [Cavere alicui.] C’est avoir soin. (Prenez garde à votre bourse.) Prendre garde. [Objervare.] Ces mots signifient aussi. Se défier, (e mettre fur ses gardes à (égard de quelqu’un (Prenez garde à vous, on vous filoutera ) Voïez Garde. Pi'.ENDRE la fuite. [Fttgam capere,] C’est s’enfuir. PRENDRE repos. [Requiejíes-e,] C’est se reposer. (II ne prend aucun repos. Prendre courage. Prendre patience. Prendre la poste. Prendre congé. Prendre une chose à cœur. Voïez c«ur. Prendre la fièvre, c’est commencer à avoir la fièvre , &c.) PRENDRE du tabac par le nez. [Haurire tabacutn naribus.] On le prend aussi en fumée & en machica- toire. (La raison pour laquelle la plupart des femmes ne prennent point de tabac , c’est qu’il est ami du cerveau» & qu’elles n’or.t point de cervelle.) RE- PRE f RENÙRP. du corps. C’est arrêter un prisonnier. PRENDRE feu au moindre mot. [Vel minimo verba à'ujcí. 3 PRENDRE la lune avec les dents. [Cervos venari. j C’eû entreprendre une chose impossible. PRENDRE Jaixt Pierre pour suint Paul. C’est se tromper, & prendre une chose pour une autre. PRENDRE les lievres au son du tambour. C’est entreprendre ouvertement & avec éclat ce qui se devroit faire en cacheté & finement. Il a pris Martre pour Renard. [Graviter erravit.J C’est á-dire , il est trompé. Ce qui ejì bofi à prendre , eji bon d rendre. [Quod facilé j'umitur, facile retribuitur.'} PRENDRE d'un sac deux moutures, j Duplicem mer. eedern accipere.] C’est tirer un double profit, & se faire payer deux fois d’une même affaire. PRENDRE un tison par l’endroic où il brûle. C’est prendre uns affaire de travers. * PRENDRE. [Radicem agere.2 Terme de Jardinier. II se dit des arbres, prendre racine, c’est faire & pouffer de bonnes racines. Quintiuie dit qu’en ce sens, reprendre est plus u lité. Voïez Reprendre. On s’en sert auílì en parlant des fruits qui commencent à grossir. [It ìn cvrpusj On dit, ce fruit prend chair, c’est-à-dire, il grossit. Se prendre , v. r. [AuserriJ] Se dérober. S’enlever» S’cmporcer. (Cela fe prendra fort aisément.) Se prendre, s Sor ber i. ] Ce mot se dit des remedes & autres choses qu’on avale, ou qu’on reçoit de quelque autre façon. (C’est un remede qui se prend par la bouche.) * Se prendre. [ Coagulari. ] Se figer. (La graisse fe prend lorsqu'elle n’est plus chaude.) * Se prendre de paroles. [Atrocioribus verbis Je invu cem lacejjere.2 C est se quereller. (Ils l'e sont pris de paroles comme des coquins. Ablanc.) * Se prendre à quelqu'un. [Aliquem lacejsercl} C’est s’ataquer à quelqu’un. ( Delpreaux a rossé à grands Coups de Plume tous ceux qui se sont pris à lui. Quand on a un peu de sens commun, on ne sc prend ni à Poète, ni à Peintre, ni à Prédicateur, ni autres gens de cette sorte.) * On a tout de moi quand on s'y prend de la bonne forte. Molière. C’est-à-dire, quand on tient à mon égard une conduite horprête. p§ PRENDRE à partie. C’est acuscr, c’est rendre responsable. Mr. de Benserade, Rupture. Mais eujjlez vous (ce qui n’eji point) Favorise' du dernier point La pàjjion que s ai sentie , Je ne saur ois jans lâcheté Prendre votre honneur d partie Contre votre infidélité. Le Poète auroit (ce me semble) mieux dit, pren. Are à partie votre honneur de votre infidélité; mais il lui manquoit une silabe. Souvent les Poètes pechent par nécessité. Montagne, liv. i. ch. 4. a dit. „ Un „ Gentilhomme des nôtres merveilleusement sujet à la „goûte, étant pressé par les Médecins de laisser du „tout les viandes salées, avoir acoútumé de répon- „dre plaisamment, que furies efforts & tourmens du „ mal il vouloir avoir à qui s’en prendre, & que s’é* „ criant, maudissant le cervelas, & le jambon, il s’en „ scntoit autant allégé. “ Sur quoi il ajoûte : „ Et „ nous voyons que l’ame en ses passions fe pipe plú- „tôt elle même, sc dressant un faux sujet & sauta- „(tique, voire méme sa propre créance, que de na- „ get contre quelque chose. “ * Se laser prendre. [Capi.] Molière. C’est se laisser gagner l’esprit par les choses. Premettre que les choses tassent impression fur nous fans être prévenu de rien. PRENANT, prenante , adj. [Accipiens.J Celui ou celle qui prend. En termes de finances , la partie pre. fiante , c'est celle qui reçoit des deniers. Carême prenant , f m. [ Genialium dies. ] C’est le Mardi gras, la veille du jour où le Carême commence. f PRENEUR, J' m. [Captator. ] Celui qui prend. Celui qui reçoit quelque chose d’un autre. (Comme il est plus honnête de donner que de recevoir, je ne refuse pas d’être le preneur afin qu’il soit le donneur. Ablaneourt , Luc.) PRENEUR de tabac. [Qui tabacum kaurit ] Ces mots f« disent en mauvaise part, & signifie qui est acoútumé pre 20q à prendre du tabac. (Les honnêtes femmes n’aiment guere ces preneurs de tabac. C’est un preneur de tjlbâC ^ PRENEUR. [Acceptator, manceps ] Terme d e Pra* tique, fermier qtii prend à louage. (Le preneur est tenu de bien fumer les vignes.) PRENOM, /• M. [Pranomen.) Nom propre qu on met devant le nom général de la famille, comme Pierre, Paul, &c. „ _ , f PREN OT ION,/-/ [Pranotio.) Ternie de Philosophie. Notion , ou connoissance qu’on a d’une chose avant que de la bien comprendre. Voïez Votietn. PRE'OCUP ATION,/ /• [Antecapta opinio.2 Pro- noncez prèocupacion. Cest une sorte de prévention. (Pour bien juger, il ne faut avoir aucune preocwpa- ^PRE'OCUPER, v. [Animum imbuerej Ce mot se dit des personnes & veut dire prévenir. S’emparer auparavant. (II faut tâcher (le lui préocuper l’elprit.) Se prèoeuper , v. r. [PraoccupariJ Etre prévenu* Se laisser aller à la préocupation. (Se préocuper de son mérité. Ablaneourt.) PRE OPINANT, /• m. [Prìmus opinionem firens.J Celui qui a opiné avant un autre. (11 est toújoursde l’avis des préopinans.) $ On dit aussi, préopimr. PREPARANT, adj. [Vaja praparantia, Jpermatira.J Qui prépare. Qui sert à préparer. 11 n’est en usage qu’en termes d’Anatomie , où l’on dit qu’il y a des vaisseaux préparans, tels que sont les prostates & les parastates à l’égard de la semence. PRETARATIF,/™- [ApparattisJ A pareil. (De beaux, de grands, de magnifiques préparatifs. De superbes préparatifs. Faire des préparatifs pour une grande guerre. Ablanc. Ar. I. 1.) PREPARATION,/. / [Lemma ] Terme de Matbe. rmtique. C’est l’une des parties de la Démonstration, Si c’est une proposition de Géométrie, ce sonr quelques lignes qu’il faut tirer dans la figure ; si c’est une proposition d’Arithmétique, c’est quelque fupositiost qu’il fàut faire pour venir plus facilement à la Démonstration. O 2an. Bill. Matbem. PRE PARATION. [Difipqfitia ] Prononcez préparucion. L’action de sc préparer. (11 n’a pas fait tout ce qu’on attendoit de lui après une 11 longue préparation. La préparation de la Pâque.) ( PREPARATION. [Apparatus.) Préparatif. (On saie de grandes préparations.) PREPARATION. [Modus praparandij Terme d 'A* poticaire & de Chimiste. C’est un travail artificiel par lequel on réduit le médicament en l’état où il doie être pour être emploie, PREPARATOIRE, adj. [Sententia difiostiva.2 Terme de Palais. Jugement, ou Sentence préparatoire , c’est-à-dire , qu’on donne avant que juger une affaire à fond, & atendant un jugement définitif. PREPARER, v. a. [Convivium pasarej Aprêter. (Préparer le soupé.) PREPARER- [Parure .j Terme d Apoticaire. Faire la préparation de quelque médicament. (Préparer un médicament. On prépare un médicament en ajoutant, retranchant & changeant.) PRE PARER les terres. [Difionere , colere.2 Terme de jardinier. C’est les cultiver & les disposer & les rendre propres à être ensemencées, & pour y planter quelques atbteS, racines, &c. ch PREPARER, se dit aussi pour composer un discours, une harangue. (11 avoit préparé un beau discours.) H PREPARER, se dit aussi des personnes, & signifie” mettre dans la disposition nécessaire. (Son maî- tre’l’a préparé à bien répondre. Les Médecins préparent ce malade par divers remedes.) Se préparer , ©. r. [Se alïcui ret accingerej S’appre-». ter Se disposer. (Préparez-vous à me voir presque aussi Philosophe que vous. Voit. I. 26. Sc préparer aï» combat, à la mort, Stc.) i Se préparer-, se dit encore du tems. (Le tems fe prépare à être beau pour notre volage. L’orage fe Pr p I REPATOUT, f- *»■ [ Colleflio, selcctio. ) Nom ou’on donne à de certains plants de vigne choisis en divers endroits, comme qui diroit pris par tout. + PRETOSER , ©• .«• [Praponere , prœficere.J Terme de Grammaire. 11 sc dit des mots & des particules au’on met devant quelques autres mots. Qn com* Tome IIL B d pose 210 PRE pose les mots en leur préposant quelque particule, comme relire, défaire, &c. PREPOSITION, / fi £ PrœpoJjtio. ] Prononcez prépozicion. Terme de Grammaire. Mot qui se met devant un nom substantif & qui en régit quelque cas. {Pour est une préposition qui demande l’acusatif. Pour vos beaux yeux, je languis, je soupire. Volt. po'éj.) 0 L’usage des prépositions est peu connu, particulièrement dans les Provinces ; & je ne puis mieux l’éclaircir qu’en raportant les décisions de ceux que nous reconnoissons pour nos maîtres. ,, La répétition , des prépositions n’est nécessaire aux noms, que ,, quand les deux substantifs ne font pas finonimes ou ,, équivoques. Exemple : Par les ruses , U les artiji- ,, ces de mes ennemis. Ruses & artifices font finonimes ; ,, c’eit pourquoi il ne faut point repeter la préposition par. Mais si au lieu d'artifices il y avoit armes, u ,,faudroit dire , par les ruses [fi par les armes de mes ,, ennemis , parce que ruses & armes ne font ni sino- ,, n mies ni équipollens ou aproc'nans. Voici un exem- ,, pie des équipollens : Pour le bien U l’henneur de ,,Jbn maîtres bien & honneur ne font pas finonimes, ,, mais ils font équipollens, à cause que bien est le „ genre qui comprend sous foi honneur , comme son „ espèce. Que si au lieu à’honneur il y avoit mal, ,, alors il faudroit repeter la préposition pour , & dire, ,, pour le bien [fi pour le mal de Jan maître. 11 en est „ ainsi de plusieurs autres prépositions, comme par, ,, contre, avec, fur, fous & leurs semblables. “ L’A- cadémie n’a pas entièrement aprouvé cette décision ; elle a consenti que l’on dise, par les ruses [fi les ar- „ tifices, quoi qu’il ne soit pas mal dit, par les ruses „ [fi par les artifices. “ Mais elle ajoute qu’elle tient „ que la répétition des prépositions est nécessaire de- ,,vant des substantifs équipollens ; ainsi il faut dire, „pour le bien [fi pour l’honneur de son-maître, & non 3 , pas pour l'honneur N I e bien. “ Voici une autre régie d u même Mr. de Vaugelas : „ Les prépositions ,, doivent être nécessairement repetées, quand le se- „ cond substantif est réellement séparé & distingué du „ prémier, sans qu’il saille considérer s’ils font fino- ,, nimes, ou aprochans, ou contraires ; ainsi il faut ,, dire : Les Poètes font diférens les uns des autres, par „ la variété des Ju jets qidils traitent, [fi par la manié . ,, re de Pimitation , & non pas U la maniéré de rirai- stations d’autant plus que variété & maniéré ne font „ ni finonimes ni aprochans ; & je ne tiens pas que „ ce soit un scrupule, ni une superstition , ni un ratì- „ nement, mais bien une régie nécessaire, à laquelle „ on ne peut manquer fans commettre une faute, &c. ‘‘ PREPUCE, / m. [Preputium.J Peau qui couvre ]a tête des parties naturelles d’un enfant & d’un homme. (Couper le prépuce.) PKE'KIE, J'fi [ Prata.J Une grande étendue de pré. Plusieurs prez de fuite & fans discontinuation. (11 y a une assez belle prérie entre Vitri-le-Franqois & Châlons en Champagne. Rempli de douces rêveries Qu’inspirent les grands bois , les eaux £5? les préries, ll sent soudain fraper [fi son ceeur [fi ses yeux. Perr. Griseld.) PRE'ROGATIVE, / / [ Prorogatives. ] Préémi- nence honorable. (C’est une prérogative qui lui apar- tient. Volez Loiseau , Traité des Ofices en général, ch. 7. Que peut on imaginer de plus absurde que d’ajuger à un homme les prérogatives d’une terre qui n’est point à lui. Patru , plaid. 13.) PRE’S. [Propê.] Préposition qui régit le génitif & qui signifie auprès. (Se camper près de la ville. Abl. Arr. / 3.) PRE’S. [ Perè. ] Préposition qui veut dire environ. (Pavois près de quinze ans. Ablanc. Luc. 11 fut près de trois jours à consulter. Vaug. Quint, lettre 10. ch. g.) II y a près de six mille ans que Dieu a créé le monde. Giri,Sulp. Sevcre , /. 1.) 0 ,, On confond souvent, pris & auprès. Le pré- „ mier est préposition quand il marque le voisinage „ d’un lieu , comme, Nos Troupes font campées près ,, d’une rivières ou le terme d’une chose, comme, ,, ll ?/! près de Jon feu. 11 signifie quelquefois environ, „ comme , Ils Jbnt près de vingt mille hommes , & quel- ,, quefois presque ; C’eji a peu près ce que j’avois a dire. ,, D signifie aussi la proximité du sang , ll me touche „ de fort près. Dans cette expression , A cela près il „ eji honnête homme , ce terme est une exception. Et PRE ,, dans celle-ci, II n’ejì pas fi grand que vous à beau* „ coup près , il est négative. Quand on dit, A cela ,, près nous sommes bien-tòt d’acord, c’est une exception „ car c’est comme si l’on disoit, cette chose exceptée ,* „nous serons bien-tòt d’acord. Auprès est une compa- „ raison : II eji grand auprès de vous, Cet adverbe si, „ gnifie quelquefois avec, II efì bien auprès du Roi. “ A peu près. adv. [Tantùm, propemodum .] Presque. (Voilà à peu près ce que j’avois à dire. II écrivoit à peu près en ces ternies.) A cela près. [ìlocfi excipias.] C’est-à-dire, exceptées, la, hormis. (La fuite, à deux ou trois pensées près, ref. semble au commencement. Maniéré de penser, dial. r.) De près, adv. [Continus.’] Tout contre. (Voir l’en, nemi de près. Regarder de près. Semble-t’on reculer , ils vous suivent de près ; Mais dés qu’on veut se battre , ils demandent la paix. Aut. Anon.) * De trop près, adv. [Rejîri&è r es observare.] (Ke« garder de trop près aux choses. Ablanc .) * Ni près, ni loin, adv. Point du tout. (Cetécrit ne parle ni près ni loin de société. Patru, plaid. 6.) PRE’S à près , adv. [ Brevijfimo intervalle. ] L’un contre l’autre. Tout contre. (II faut ranger ces cho- ses près à près., Labourer près à près. Planter des pieux près à près.) De tant près que. ConjonHion. [Quam propè.] Encore que. (De tant près que vous ayez vú la mort, elle ne vous a jamais fait peur. Voit. I. 35.) PRESAGE, / »>. [ Augurium, omen, pnefagitio, prasagium,] Signe d’une chose à venir. Augure. Prés sentiment. (Donner des présages. II le consulta touchant Alexandre & recut le même présage. Abkncourt. Arr. liv. i. Prendre une chose à bon présage. Pascal. 1 , 2. Faire un mauvais présage d’une chose. Vaugelas. Et tout prit d’en semer le présagé odieux, II attendait la nuit dans ces sauvages lieux. Despr.) 0 Les Payens se faisoient un présage heureux ou malheureux de toutes choses. Spartian a remarqué qu’Adrien faisant la fonction de Tribun du Peuple, eut un heureux présage de la continuation de cette dignité dans fa personne, par la perte qu’il fit de son manteau apellé penula, que les Tribuns portoient dank les tems de pluie ou de neige, & dont les Empereurs ne se servoient jamais : Tribunus plebis falius est Candido [fi Quadrato iterum COSS. in quo Magijlra- tu ad perpetuum Tribuniciam petefiatem omen Jibifa- clum ajferit quod penuìas amij'erìt , quibus v.ti TribuiA plebis pluvìx tempore solebant , Imperatores autem nu» quam. Présage bien leger. PRE'SAGER , v. a. [Prajagire , augurari, conjicert, portendere.] Donner quelque présage. (Cela présageoit la ruine de la ville. Vaug. Quint. I. 4. Cette clarté présageoit la splendeur de la gloire d’Alexandre. Vaug. Quint. I. 3.) Je vois devant notre mai jon, Certain homme dont I’encolurt Ne me préíàge rien de bon. Aloi.) 0 PRE'sancïIFIE'. Nous aprenons par le Canon yi. du Concile de Laodicée, que dans l’Eglise Gréque on ne consacroit point pendant le Carême, ni pendant les jours de jeûne, à la réserve du Samedi & du Dimanche ; & quant aux autres jours, on se fer- voit, dans la Messe, des pains qui avoient été prison, cl fiez , c’est-à-dire, consacrez auparavant & dans le* jours où l’on pouvoit en consacrer. Ce Canon fut repéré dans le Concile in Trullo. PRESB 1 TERAL , presbiterale, adj. [Sacerdotalti] Qui regarde le Curé. Qui apartient au Curé. Qui est au Curé. (Voilà la maison presbiterale.) PRESBITERE, / m. [Aèdes Curiales.] Ce mot vient du Grec. C’est le logis du Curé de la paroisse qui est ordinairement près de l’Eglise. (Un beau presbitere.} 11 le dit également bien du logis d’un Curé de ville, ou de campagne. 0 Ce ternie a signifié deux choses : l’une est sas* , semblée des Evêques & des Prêtres : & l’autre, le lieu où cette assemblée se tenoit. Saint Paul dans fa première Lettre à Timothée, lui recommande de ne pa* négliger la grâce qui lui avoit été donnée par fini» position des mains, pnsbyttrii , du presbitere. Plu* PRE fieurS Hérétiques se servent de ce terme prtsbyterium, Í iour établir que dans ies premiers siécles de PEglise, es Urètres avoient un çouvoir égal à celui des Evêques; mais on leur a répondu , qu’ils veulent ignorer de mauvaise foi, que les premiers Chrétiens ími- tans en ce point l’ui’age des Synagogues , avoient composé le Clergé d’Evéques & de Prêtres qui vi- voient ensemble ; & cette assemblée fut apellée presby - terium : ainsi il ne faut pas confondre les Evêques a- vec les Prêtres , ni leur caractère. 11s imposoient tous également les mains à ceux qui étoient ordonnez: mais cette imposition des mains n’étoit tout au plus qu’une bénédiction que les Prêtres donnoient conjointement avec les Evêques, comme Estius & Abraham Ekdlerfis Pont remarqué. D’ailleurs il est certain que dans les premiers tems on confondoit les mots d’£- véque & de Prêtre', mais on a toujours observé qu’il n'y eut qu’un seul Evêque dans chaque ville; & si l’on en croioit aux Hérétiques, il y auroit autant d’Evê- ques que de Prêtres. Je pourrois en .dire davantage fur cette matière mais il sofit d’avoir fait connoitre le doute que l’on a formé fur le terme presbitérie , & la solution en abrégé. PRESBITERIENS, f. m. [Presbiteriani Calviniste ,J On apcIle ainsi en Angleterre, ceux qui gouvernent leurs Eglises par des Ministres & des Anciens, & qui n’onc point d’Evcques, comme l’Eglise Anglicane. PRi.SBlTES, J', m. &/. [P resbite.] Terme d 'Optique. On apelle ainsi ceux qui ont la configuration du cristallin plate , & qui par conséquent voient d« loin comme les vieillards. PRESCHE- Voïez prêche. PRESCHER. Voïez prêcher. PRESCHEUR. Voïez prêcheur. PRc/SCîENCE, f f [Prafiìentia . pravisio.] Prononcez précience. C’est une connoiísance antérieure que Dieu a du destin de toutes choses. (La prescience de Dieu s’acorde avec notre liberté. Lombart, S. Cy. prien. jelus-Cbvist vous a été livré par un ordre exprès de la volonté de Dieu, & par un decret de fa prescience, p ort-Roial, Acles des Apôtres, chap. a.) PRESCRIPTIBLE ,Adjeél. sUsucapiens.l Qui est sujet à prescription. Qui se peut prescrire. (11 y a de ses droits qui 11 e sont pas prescriptibles.) PRESCRIPTION ,s f. [ Prefcriptio, ujucapio.'] Terme rie Palais. Prononcez prefcripcìon. C’est une exception que l’on allégué contre celui ou celle qui nous inquiété , ou qui nous demande lorfqu’il s’est écoulé un certain espace de tems, après quoi les Loix &les ordonnances portent qu’on ne nous pourra inquiéter, ni demander avec justice. (11 y a prescription contre celui qui demande un Bénéfice qu’un Ecclésiastique a polsede trois ans paisiblement.) 0 PRESCRIPTION. La Loi a introduit la prescription , pour métré des bornes aux contestations que l’interét fait naître tous les jours, & assurer l’état des familles. L. i. ff. de Ujucap. II semble qu’elle soit contraire au droit naturel, qui defend de s’enrichír du bien d’autrui : cependant la prescription aquiert Je bien d’un autre qui s’en trouve privé, ou par ignorance , ou par oubli : mais ces deux prétextes pour détruire la prescription , ne doivent point être écoutez , paree que chacun doit veiller à la conversation de son bien, & s’instruire de ce qu’il doit faire pour se gureiuic de la perte; & l’interét du public est en cela plus considérable que celui du particulier ; i’efet de la prescription est d’eteindre l’obligation civile & même la naturelle, qui naît du délit, ou du qua- si-delit; il est inutile d’éxaminer fi elle est favorable, ou odiedse; la Loi fautonse ; il n’en faut pas davantage pour être écouté favorablement : mais il faut qu’eìle soit fondée ou fur un titre, ou fur un certain nombre d’annèes, qui fait présumer le titre, & qui sert même de titre, & sur tout sur la possession de bonne foi. Quant au titre, il doit être dans les formes prescrites par la Loi & par l’usage. Quelques Docteurs demandent si celui qui ignore son titre, peut prescrire ? Et on leur répond que celui qui ignore Ion titre, ne possede ni réellement, ni en esprit, & que par conséquent il ne peut aquerir la prescription, lì ce n’est par une possession immémoriale, qui sert route seule de titre ; & cette régie n’a pas lieu à l’egard des servitudes urbaines, que l’on ne prescrit jamais fans un titre; mais la bonne foi donne au tiue toute fa force, & il a’y » jamais de prescription PRE 2N si elle n’est acompagnée d’une bonne foi da moin# colorée , on la présume aisément ; en sorte qu’unt simple signification faite à un nouvel aquereur du droit que l’on peut avoir sur l’héritage qu’il a aqtiis , ne le met point en mauvaise foi, quand même on lui donneroit copie des titres justificatifs de son droit. II faut agir par la voie de la justice , pour donner aux nouveaux aquereurs une connaissance certaine qui le mete en mauvaise foi ; & il faut ici remarquer, à cet égard, qu’un aquereur de bonne foi prescrit par dix ans entre presens, ou vingt ans entre absens, ies hi- Í iotéques ausquelles le fond aquis étoit sujet. On apeU e presens, ceux qui font domiciliez dans le même distric d’une Juridiction Royale ; & l’on regarde comme absens, ceux qui font de diférente Juridiction, quoique voisins. Au reste, comme l’aquereur peut se servir de la bonne foi de son vendeur on peut lui o. poser la mauvaise foi s’il l'a connue ; autrement il jouit dans la bonne foi qui n’est point infectée par la mauvaise foi du vendeur ; enfin, c’est une maxime dans la jurisprudence Romaine, que faction personnelle ne se prescrit que par trente ans , & faction réelle, ou hipotéquaire est prescrite par dix ans ; & lorsque ces deux actions sont jointes ensemble, l’aquereur n’en est afrancbi que par quarante ans d* possession. PRESCRIRE» v. w. [Prascribere.l fe prescrits nous prescrivons, tf’ai prescrit , je prescrivit , je prejcri. rai: C’est-à-dire, ordonner. (On lui a prescrit ce qu’il aVoit à faire. Je ne me mêle point de prescrire à personne » mais je ne veux pas qu’on me prescrive aucune chose.) PRESCRIRE, ». ». [ Vsucapere. ] Terme de Palais* Aquerir par prescription. (On prescrit contre une personne qui après avoir été trente ans fans nous demander , s’-avise au bout de ce tems-là de nous demandes quelque chose.) Se prescrire, v. r. [ Use api. J S’aquerir par prescription. (Les ofices se prescrivent en France par l’espa- ce de cinq ans, mais cinq ans ne se comptent que dtt jour de l’installation. Loiseau, Traité des Ofices, cha » pitre io. La Noblesse se prescrit par une possession immémoriale. On dit aussi qu’une obligation je pre . Jcrit quand par l’espace de trente ans on n’a fait aucune poursuite en public. PRE'SE'ANCE, J'- f. t fut ante aliquetn in con. sest'u sedendi.j Prononcez précéance. C’est le rang le plus honorable. (Contester, disputer la préséance. Patru, pi. Donner, ajuger la préséance. Prendr* la préséance. Patru, pi.) PRE'SENCE,//- [Prasentia, confieâus.j Prononcez prézmce. C’est ce qui est opasé à l’absence. C’est la vûë qu’on a d’une personne, ou de quelque autre chose. (Fuir la présence de quelqu’un. Rac. Iph. afi. s.Jc. i. Qu’il n’ofre point ici sa présence importune. Rac. La présence d’un maître fait bien travailler les ouvriers. S’il faloitfans amis briguant une audience D’un MagUirat glacéJbûtenir la présence. Despr.) (§ Mr. Racine a dit dans fa Phèdre, afi. r. fi. t. Hé, depuis quand, Seigneur, craignez-vous la présence De ces paisibles lieux fi chers à votre enfance. II avoir d’abord dit : Et depuis quand, Seigneur, fuyez vous la présence ? Mais fuir la présence, ou craindre la présence, font également mauvais ; on est présent dans un lieu, cela est personnel ; niais le lieu n’est pas présent à ceux qui ['habitent. Etre enprejence. £EJfi in conjpcftu. ] Termes de Guer. re , qui se disent en parlant de deux armées ennemies, qui font à la vûé l’une de l’autre. (Les deux armées demeurèrent long-tèms èn présence. Abl. Ar , 1. i.j * PRESENCE. sPraj'ens animas. ] II se dit au figuré de f esprit, de la mémoire, &c. (Cet homme a une grande présence d’esprit, de mémoire. C’est-à-dire, qu’il a l’esprit subtil, qu’il ne sc trouble point, mai# se sert à propos de son esprit & de sa mémoire qui lui fournit sur le champ ce qu’il a à dire. PRESENT,/- m. £ Donum munus. ] Tout ce qu’on donne gratuitement pour marque d’amitié, d'e~ ftíme, ou de reconnoissance. (Honorer quelqu’un de grands presens. Abl. Ar. Faire de beaux & de magnifiques presens. Le pissent est fort honnête; - Tome III. D d s lin* 212 PRE II ne saut même pat de votre propre aveu Que jamais de son eaux mon sexe se défasse , Le présent d’un enur embaxajse. Despr.) On apelle présent le Don gratuit que le Clergé ou les Etats font au Roi. f Donum gratuìtumé\ (Les Etats de Bretagne ont fait au Roi un présent de trois millions.) PRESENT,/»». [Prasens.l L’état présent des choses. (Le présent déplaît, & on espere mieux de l'avenir. Vaug. Quint. I. 4 .) • PRESENT,/»». [ Tempus paf>ns. ] Terme de Gram. ■maire. C’est le premier tems de quelque mode d’un verbe. (Conjuguer le présent de l’indicatif. Conjuguer le (refent du subjonctif. Dire le présent de l’infmitif.) PRESENT, présente , adj. [Prasens. ] Qui n est pas absent. Qui est continuellement devant nos yeux. Qui est actuellement dans notre esprit, ou dans notre mémoire. (II est présent à ma mémoire. Ablanc, Luc. Dieu est présent en tous lieux. Saint. Cir. Un bon Général doit être présent par tout. L’état présent des choses. Le -régné présent.) • * Un esprit présent. [Mens attenta U perjpicax.i C’est- à-dire, qui se poiïede bien, qui a la conception promtc & la repartie vive. A présent, adv. [Hune, jam.] Présentement, à cette heure. Maintenant. Dans le tems où nous sommes. (On ne fait plus à présent des choses qu’on faisoit autrefois.) ‘ t PRESENTATEUR./ m. [PatroxusJ II signifie Celui qui présente quelque personne à un Bénéfice, & il ile se ditqu’en le distinguant de celui qui le conféré. (Le Patron cille présentateur à un Bénéfice, & l’Evêque est le collateur.') PRESENTATION,// [Attus coOatariuss íto. noncez prézantacion. Ce mot prémiérement se dit en Droit Canon. La Présentation consiste à présenter une personne capable au Seigneur ordinaire , pour la faire pourvoir d’un Bénéfice vacant. Les Présentations do», ■vent être faites dans un certain tems. Le Patron laïque a quatre mois, & le Patron Ecléfiastique six pour faire leurs présentations. Voïez les définitions du Droit Canon, (La simple présentation est un acte imparfait, & n’est pas .un titre canonique pour posseder un Bénéfice. Loiseau, cfic. Seign. /. ;.) {§ PRESENTATION. 11 y a deux sortes de patronages. Quelquefois le patron confère de plein droit, fans le ministère de l’Ordinaire : ce qui n’a lieu entre les laïques que dans les cas d’une (impie prébende, ou commission de Messe. Mais dès qu’il s’agit d’un bénéfice comme d’une Cure , le patron choisit celui qui doit la posseder, &le présenté à l’Ordinaire, qui lui confère le pouvoir d’en remplir les fonctions. Les Docteurs ont remarqué plusieurs diférences entre sélection & la présentation, laquelle donne au présenté le droit fur le bénéfice ; & l’Ordinaire lui confère le droit dans le bénéfice ; eh forte que l’on met une grande diférence entre la présentation & ('institution, qui doivent concourir pour former un titre canonique. Cette présentation peut être faite par Procureur avec un pouvoir spécial, & elle pré- supofe une vacance du bénéfice. II est vrai que le patron prévoyant une longue absence, peut donner une procuration pour présenter aux bénéfices qui vaqueront dans la fuite. Si le patron laisse plusieurs héritiers, ils succèdent au patronage tous ensemble, & comme disent les Docteurs, inJìirpes, & non point par têtes ; ensorte que leurs voix ne font comptées que pour une ; ce qui arrive en cas de représentation ou de concours avec d’autres patrons. Ce concours de plusieurs patrons d’un même bénéfice a toujours cause une infinité de procès.- mais ce n’est pas ici le lieu d’examiner les dificultez qu’il peut faire naître, non plus que plusieurs autres concernant la présentation. PRESENTATION. [Vadimonii exhibitio.’} Ce mot se dit en Terme de Pratique. C’est l’acte de comparition du Procureur qui lé constitue au Grefe pour défendre en justice les intérêts de fa partie. (Les Procureurs doivent faire leurs présentations au Grefe.) Le Rtgijire des présentations. On apelle de ce nom un grand Registre, où il est fait mention des Procureurs qui se font présentez au Grefe pour défendre leurs parties en justice. (Le Registre des présentations est plein.) PRESENTATION. [Jus prasentationis.] Droit de Procureur qui ofre d ocuper en une cause. Un Procureur se fait psïcr un écu pour P* présentation, & il ne lui est dû. PRE que sept fols six deniers. Preuve qu’ils font honnête* gens. PRESENTATION. [Fejìum prasentatimis Beata Maria Virgmis J Fête en laquelle l’Eglise célébré l’oblation que saint Joachim & Sainte Anne firent de la Sainte Vierge au Temple. PRESENTEMENT, adv. [In prasenti , nuxcj Mai» tenant. Aujourd’hui. A cette heure. (La plupart de* hommes sont des perfides, & il n’y » présentement par. mi eux ni bonne foi, ni amitié) PRESENTER, V. tt. [Oferres Ofrir. (Ils lui on* présenté de l’argent, mais il n’en a point pris. Pr*. semer un Ecléfiastique au Diocésain.) PRESENTER. [Qccurreres Ce mot se dit des gen» & des animaux qui le metent en état de sc défendre. C’est tendre droit à son ennemi. S’oposcr droit à son ennemi. (Présenter la pique à la cavalerie. Presenter la pique en avant. Le taureau lui a présenté les cornes. Presenter la bataille à i’ennemi.) PRESENTER. [Collocare , fiatuereé] Terme de Ma. rtne. Presenter un bordage, ou un membre, c’est le poser au lieu où il doit être, pour savoir s’il sera j*, île. Presenter la grande bouline, c’est la passer dan» la poulie coupée, pour être halée. PRESENTER. [Instrumenta exhiberes Se dit des le- tres qu’on met en main & qu’on fait connoître. (II , présenté ses lettes de créance. Un jet d’eau se pèsent* à la vue en entrant dans ce jardin.) Se présenter , v. r. [Sese prasentem Jìfieres Venir à la présence de quelqu’un. Se faire voir. Se rendre visible. (Se presenter au jour de l’assignation. II n’ose- roi t se presenter devant lui. La vérité se présente d'elle même. Patru , plaidoié n.) & PRESENTER. Terme qui selon les Ouvriers, fi. gnifie poser une piéce de bois, une barre de fer, ou toute autre chose, pour connoître si elle conviendrai la place où elle est destinée, atìn de la réformer & de la rendre juste avant que de Rassurer à demeure. t PRESENTES , s.s. [Prasentess Vieux mot qui n* se trouve que dans les Edits ct Déclarations du Roi, & qui veut dire letres. (Louis à nos *mez & seaux les Prévôts des Marchands ct Echevins de notre bonne ville de Paris, Mandons par ces pesentes signées de notre main, &c.) PRESERVATIF,/»». [Antiàotuni] Toutcequi préservé. (Un souverain préservatif User de préservatif) PRESERVATIF, f. m. [Phylatteress On apelle auL quelquefois de ce nom certains remedes superstitieux qu’on apelle aussi pbilatteres, & qu’on pend au cou» aux bras ou aux jambes des hommes, ou des bêtes, pour les métré à couvert de quelques fâcheux evene. mens. Ces préservatifs font défendus & condamnez. Tbiers, J'uperfi. chap. 50 . Monsieur Jurieu a fait un livre qui a pour titre, Préservatif contre le changement de Religion. PRESERVER , v. a. [A malo fervares Garentir de mal. Garder qu’il n'arrive aucun mal. (Préserver du froid, de la gelée, de la grêle, de la pluie , &c Prions Dieu qu’il nous préserve en ce monde, de faim, d un importun , de froid & de souci, & d’un Tartufe aussi. Tant que P homme voudra sa raison cultiver, Vos écrits de la mort J’çauront se préserver. Aille Descartes.) PRESIDENCE,,/’/ [Prajìdis dignitass La qualité de Président. (La prémiéte Ptejidence d’un tel Par» lement, est vacante.) PRESIDENT, f. m. [Prises.-} C’est le chef, pu l’un des chefs d’une compagnie déjugés. (Le prémieí Président. Le second Président. C’est le premier Président qui va aux avis & qui prononce.) Le public auroit du plaisir s’il voioit imprimer les Bons Mots de Monsieur de Harlai, qui étoit prémier Président au Parlement de Paris ; qui depuis a fait une démission de fa Charge. Monsieur de Mémes lui a succédé. PRESIDENT au mortier , Président â mortier , />»• Quelques-uns disent Président a mortier , mais on pense que ces queìques-uns ne sont pas de grands Docteurs en langue vulgaire. La raison & l’usage veulent qu’on dise ct qu’on écrive Préjident au mortier. On apelle Président au mortier, le Président qui a droit de porter le mortier lorsqu’il est dans la fonction de fa Char- ge : 11 y a huit Prélìdens au mortier dans le Parlement de Paris, en y comprenant Monsieur le P r£i mier Président. (II menaça de coups de bâton un Président à mortier. Balzac, lettres à Chapelain, lj v - PRE kt. ir. Son pere déja sur l’âge quita là Chargé de Président à mortier., Monsieur Patru , pliudayez, éloge de Monsieur Bellievre, page ;y. Voïez mortier. L’Académie dans son Dictionnaire n’a osé décider S’il saloir dire Prsident k mortier, ou Président au mor. tier. Puis qu’au mot du mortier elle dit que c’est de îà qu’est dérivé le nom de Prsident au mortier , & qu’au mot de Président elle dit qu’on les apelle Président a mortier. Preuve de la bonté de ces Messieurs qui ont voulu contenter tout le monde. L’Auteur de l’Apotheose du Dictionnaire est pour Président à mor - tier, malgré la décilìon de Richelet. De même qu’on dit un Huissier à verge, un Valet à gage, un Mousquetaire á cheval, &c. {si Le P. Bouhours, dans la fuite des Remarques sor la Langue Françoise, est pour Président au mortier. Je puis ajoûter, ce nie semble, que la diférence est grande entre au mortier & à mortier : la première façon de parler marque sensiblement que le Président Î iorte actuellement, & à droit de porter le mortier, & a seconde que le Président est digne de porter le mortier. On dit «w homme à nazardet, a coups de bâton, quand il mérite l’un ou l’autre. PRE'SIDENT. [Prises aftus, moderator.] Terme d’E- C oie de Théologie , de Médecine & ú’autre fc.ence , dont on-fait des Theses. C’est le Docteur qui présidé à quelque acte de Théologie , qui est dans une Chaire au dessus du Répondant, qui juge de la dispute, & qui lorsque l’ocalìon le demande, prend la parole pour soutenir le Répondant. (H a pour Président Monsieur Un tel. Monsieur un tel est son Président.) PRE'SIDENTAL, Prsidentaie, adj. [ Prasidentalis .] Qui regarde un Président. II ne (è dit guère qu’en riant. (II marche avec une gravité Prélidentale,) ' PRESIDENTE,/./ [Prasidis uxor.] Femme de Président, á laquelle on donne la qualité de Dame, si elle est femme de quelque Président de Cour Souveraine. (.Ainsi on dit, Madame la prétniére Présidente de Lanioignon est fort pieuse. Madame la Présidente îhilipeaux est sensible & généreuse. Conseillère a la Cour, Présidente à mortier Faisaient moins de fracas que moi dans mon quartier. Bouts. Esop.) PRE'SIDER, r>. ». [Présidere, praejse.j Etre chef d’une compagnie de Juges. Faire l’ofice de Président. (Qui est-ce qui préside ce matin? C’elt Monsieur un tel, car Monsieur le premier Président sc trouve mal.) 0 En 1682. il y eut une grande contestation au Chàtelet de Paris, au sujet de la Présidence entre le Conseiller Clerc & les autres Conseillers qui soûtenoient que le Conseiller Clerc ne pouvoit présider ni dans la Chambre, ni dans >'Audience, en l’abscnce de ceux à qui ce droit apartenoit. L’afaire fut portée au Conseil Royal, où intervint Arrêt qui maintint Mr. Petit dans le droit de présider & faire les fonctions de Doyen , tant en l’Audience, qu’en la Chambre & autres lieux où la Compagnie s’alsemblera, iorsqu’il se trouvera le plus ancien Oficier suivant l’ordre de sa réception, &c. Cet O licier fit ensuite un Traité fort étendu , concernant le droit & les prérogatives desEclé- lìastiques dans l’administration de la Justice: on y voit des choses très curieuses : il fut imprimé à Paris, chez François Muguet. PRE'SIDER. [Prsildere.] Terme d 'Ecole de Théologie, Faire Police ric Président de Théologie. (Présider à un acte de Théologie.) PRE'SIDER. [J )ominari,rcgere.] Etre le chef de quelque compagnie, de quelque assemblée. (11 prestdoit à l’assemhlée du Clergé.) PRE SIDIAL , s. m [Caria prasidialis.] Ce mot fait BU pluriel Présidiaux. C’est une juridiction dont les Juges peuvent juger en matière civile jusques à deux cens cinquante livres, & dix livres de rente par provision , nonobstant apel. (Les Juges du Présidial en matière criminelle jugent de tous cas, hormis du crime de Leze Majesté. RouJjèau , Tr. des procédures. 11 y a un Présidial à Arles. Etablir un Présidial en unç Ville. Savoir (histoire des établissemens de tous les Présidiaux de France. Voiez Joli [si Girard, Traité des osices.) PRE'SIDIAL. [Forum prasidiale ] Lieu où s’exerce cette justice. (Mon Procureur est aile au Présidial.) PRE'SIDIALEìUENT, adv. [Sine dijceptatione appel .. latonU.] Terme d e Palais. C’est-à-dire, fans apel. (Juger un nomme présidialement. Voïez Prevòtablement .) PRE 27 Z PRE'SÏDIÀUX » / m. [Prasidiaîes jtidìct tJ Juges de Présidial. (Les Présidiaux, ou Juges Préfidiaux, ne se doivent point comparer à la Cour, qui retient, évoque, & renvoie ce qu’i) lui plaît, Losieau, Jusiices Royales , c. 1;. Les Présidiaux ne doivent point condamner à l’amende les Seigneurs, pour le mal jugé de leurs Juges.) PRESIENCE. Voïez Prescience. PRESOMPTIF ; présomptive, adj , Terme âePa- luis. Un héritier présomptif, c’est-à-dire, qu’on présume devoir hériter de quelqu’un, s’il n’en est empê- ché par une disposition contraire du Testateur ; c’est le plus proche parent d’une personne, & qui doit hériter ii elle meurt ab intestat. PRE SOMPTION , f. f. [Nnnia fiducia , urrogantia J Prononcez prejomcion. Orgueil. (Une sotte présomption. Une présomption mal fondée» Avoir de la présomption. Etre plein de présomption) H La présomption est la compagne ordinaire de lit lâcheté & de (ignorance. Polybe de Folard, PRESOMPTION. [Juris préjudiciel , JuJpicio ex con- jefiura.] Terme de Palais. Conjectures que l’on tire des choses que le sens commun fait connoitre. (Présomption probable, temeraire, violente , nécessaire. La présomption est pour le sexe le plus foiblc. Patru , plauloié 11. Les présomptions naturelles font considérables lors qu’elles font grandes. Le Mait. pi. 50.) FRE'SOM-PTUEUX, présomptueuse, adj. £Cor/Jhiens, sibi président.] Qui a de (orgueil. (Esprit présomptueux. Humeur fìere & présòmptuetrse.) PRESOMPTUEUSEMENT. [Superbi, jujio confidentiels.] Sorte d’adverbe qui est peu usité. II lignifie. Aveo orgueil. Avec vanité. Arrogamment. PRE SOMPTUEUX, si m. [Anogans.] Qui a un orgueil ridicule. (Un jeune présomptueux. Un petit présomptueux.) {si PRESSONGER. Ancien mot très.expreffif, C’est prévoir. Le Blason dés folles amours .- Et si jouvence Avoit prudence De pressonger Là. conséquence , PRESQUE, prèque, adv. [Feré, fermé, propemo* âitm.] Ces mots signifient quasi. Mais il n’y a que pnjque, qui loi t bon, & pour prèque fans /, il ne is dit que par des gens du pais d'Adieusias, & aussi détestables parieurs que le Seigneur du Clerat, qui est le soplice des oreilles. (Le bon homme Chapelain qui «toit le plus riche de tous les Poètes de son tems , étoit prsque habillé comme un crieur d’arrêts, & lo Seigneur N.-., marche glorieusement fur ses pas.) PRESQU’iSLE, s / [Peninjh/a.] C’est un lieu qui est environne d’eau & de tous côtez, excepté d’un seul par lequel elle tient à la terre ferme. (Une grande presqu’isle, comme est (Espagne. Une petite presqu’iste, comme est la Morée. PRESQU’OMBRE , s. / [Penutnbra.] Voïez Pénombre , car c’est la même chose. PRESSaMMENTj adv. [snsianter , etiam atqut etiam] D’une maniéré pressante. PRESSANT, pressante , adj, [Insians.] Qui presses grand & particulier. Qu’on doit faire CL dont on se doit aquiter en diligence & avec chaleur. (C’est une afaire pressante. Tirsis part, vole £5? fond où le pressant danget Semblait , [sic. Quelles obligations peuvent être plus pressantes que, Voit. têt. A ces discours pressans que pouvez-vous répondre ? Mais aprochez, je veux encor mi.ux vous confondre. De'pr ) PRESSANT. [Moleflus, impnrtunus] Incommode, fâcheux. (II est ataqué d’une maladie pressante. Mon amant me dit des choses si pressantes, que ma vertu a de la peine à y résister.) PRESSE , f f. [ Turba densa , multitudo. J Foule. Multitude de monde. (Fendre la presse. Abanc. Fuît la presse. La presse diminué Se degager de la presse. Pour l’aimable Comttjjè, Meurt tous les jours Qurìque Amant q u’t Ile laisse Sans nul Jeteurs, Et tependmt la presse T ejt toujours. Segrais, Chanson 7.) D d } PRES'* 214 PRE PRESSE; [P/tórm.] Sorte de machine dont on se sert dans les Imprimeries pour imprimer les diverse* feuilles d’un livre. Machine dont on se sert dans les Imprimeries des images pour imprimer des estampes. La presse dont se servent les Imagers , est composée de jumelles , de rouleaux, de sommiers, de chapiron, de croisée & de table ; Bojje. Maniéré de graver à l tau forte. La presse dont on se sert pour imprimer des livres, est composée de jumelles, de sommiers, d’étanqons, dune tablette, d’un barreau, d’un arbre ou vis , d u- ne boite, d’une platine, de chevalets & de ce qu on apelle le train de la presse. (On dit, mettre fous la presse. Faire rouler la presse. La presse roule comme il faut.) PRESSE. [Machina Jirifloria moneta cudenda apta.j Terme de Faux-monoieur. Instrument de fer en forme d’étrier avec une vis pour serrer les moules. PRESSE. {Duracina perfica .) Sorte de pêche qui ne se fend point. (Manger une bonne presse. Une excellente presse.) 0 PRESSE. Espece de petite pêche qui ne quite point le noyau, & dont les arbres sont ordinairement plantez dans les vignes, parce que leur ramage ne nuit point aux raisins. Les Faisans du Lyonnois les apel- îentperjès. Mr. Ménage, après Mr. deSaumaise, le* dérive de perpca. PRESSE'MENT, adv. [ 'Fesinatè.properati .] En hâte, cn diligence. On l’a fait partir fort prejjement pour porter cette agréable nouvelle ; ce mot est douteux. P RESSEMENT, / m. [ComprtJJìo.] Ce mot se dit en termes de Pbifique. C’est Faction de presser. (On ne sent point leprejsement de l’eau. Rob. phis. 11 prétend que le flux de la Mer dépend du pressentent de l’air «ausé par le globe de la Lune. Galois, Journal des Savant. PRESSEMMENT. Voiez plus haut Prcjsamment. PRESSENTIMENT,/, m. {Prasentio , prasagi. ris.) Espece de connoissance qu’on a d’une chose avant qu elle arrive. (11 n’eut aucun pressentiment de son malheur.) 0 PRESSENTIMENT. C’est un sentiment secret, de joie ou de crainte, de ce qui doit arriver. Si l’on en croit Elien, liv. ì. cb. n. de ses histoires, les rats prévoient la chiite prochaine des bâtimens où ils font nez, & les abeilles augmentent letrr travail & leurs provisions, selon qu’elles prévoient la longueur & la rudesse de l’hiver. PRESSENTIMENT . de maladie. \Morbi admonìtio.] (Les lallitudcs, & les frequens bâillemens font des prés. senthnens de maladie.) PRESSENTIR, v. a. {Prœsagire.] Avoir une espece de connoissance d’une chose avant qu’elle arrive. (A- vant que de s’engager à faire quelque chose d’impor- tance, il est bon de pressentir ce qu’il en peut arriver.) PRESSENTIR. [Tentare, ntentem alicujus expiscari.j Sonder quelqu’un, découvrir adroitement sa pensée. (Avant que de faire cette proposition à la Cour, il faut pressentir la pensée des Ministres.) PRESSER , v. a. [ Preittere] Serrer une chose entre deux autres. Serrer avec quelque chose. Métré en presse. (Presser un livre. Presser du linge. Presser un drap.) PRESSER. [P r effare , comprintcre.] Tirer le suc, ou le jus de quelque chose qui a du suc, ou du jus. (Presser une éclanche de mouton pour cn tirer le jus. Presser des herbes. Pensez-vous , au moment que ees dormeurs paisibles De la tète une fois pressent un oreiller Oue la voix d’un mortel puisse les reveiBer. Despr.) * PRESSER. {Comprimer e f Serrer. Se métré si prè* d’une personne qu’on i’incommode. (Vous me pressez un peu trop, retirez vous plus loin.) * PRESSER. [CogíTí, impeOere.] Contraindre , obliger , solliciter, pousser, exciter avec chaleur. (II y a des gens dont on ne saoroit rien obtenir 11 on ne les presse. On le presse de païer, mais il reculera tant qu’il pourra.) * PRESSER. {Urgere, injiare .) Poursuivre Vivement en combatant, ou en disputant sur des choses d’elprit. (Presser par de vives raisons. Pafi. I. 4. Presser l’en- nemi. Presser les assiégez. 11 le pressoir l’épée à la main, §t 11 on ne fût venu à son secours', il le perqoit.) PRESSER. {Stringere.] Terme de Tailleur. Passer le aarreau fur les coutures. (Preíler les couture*.) PRE * Se presser , v. r. [Sese coBigere.J Se ferrer. Se m*-' tre plus près les uns des autres. (La foule se presse, & on la laisse passer. On se presse souvent au Sermon, mais cc n’est pas à celui de Monsieur l’Abé 6 '**.) * Se presser. {FeJUnare.] Se hâter. (La plupart de» hommes font ingrats, s m. [Prastigiator, decep- tor. ] Imposteur qui fait des prestiges & des illusions par enchantemens. Ce mot a quelque chose de noble, mais il n’est pas encore bien établi. (Urbain Grandier Curé de Loudun passa pour un prejììgiateur. Mais c’é* toit une calomnie qui ne laissa pas de le faire brûler tout vif.) PR.ESTIMON1E , s s [PrastimoniaJ Efpece dc benefice qu’un Prêtre deflert. PRESTOLET ,./ m. [ Sacerdos infini* sortis. J Terme odieux , qui lignifie un Prêtre indigne de son caractère. ( La Reine Catherine de Medicis difoit à Amiot. J’ai fait bouquet les Guises, les Châtillons, les Connétables, les Chanceliers: & je vous ai en tête petit prejlolet. N. a Pair d’un y tai prejlolet.) Le Dictionnaire de Trévoux dit prefioi'é. PRESTRE. Voïez Prêtre. PRESTRESSE. Votez Prêtresse. FRESTRISE. Voïez Prêtrise. PRESUMER, t), a. [Sibi nimium tribuere , con. jicere, suspicuri j Avoir bonne opinion de foi. Croire. Penser, fie persuader. Soupçonner. (On ne doit présumer de soi-même , ni trop ni trop peu , l’un & Vautre semble également blâmable. On ne verroit rien qu’on ne puiiíe aisément présumer d’une misérable qui á franchi toutes les bornes de la pudeur. Patru , plaid. Mais ne présumé pas qu'en te donnant ma foi , L'Hymen m’ait pour jamais asservi fous ta toi. Despr.) PRE'SUPOSER , ». a. £ Ponere, sacere.) Poser pour vrai. Suposer pour certain. (Quand il s’agit de prouver une chose, on ne doit pas présuposer ce qui est en question.) vxlsvPOSlTKM ,s ssPrasuppositio.) Fondement qu'on pose pour vrai. (C’est une présupolìtion.) PRE'SURE, / / [ Coagulw,n. ] Molette de veau dans laquelle on met du sel & dont on se sert pour faire prendre le lait & en faire une certaine sotte de fromage. (Voilà une bonne présure. Mettre en présure.) PRé s , prejl, s. m. [Mutuum commodum.j Terme ôePalais. Chose prêtée. On écrit prit, ou prejl, mais on prononce prêt long fans faire sentir 1 / (Nier un prêt.) PRéT. Mr. fìomat a fort bien remarqué que nous n’avons point dans notre langue de terme qui signifie cette convention par laquelle l’un prête une chose à l’autre gratuitement pour s’en servir, & la rendre après Vissage fini; ain fi pour distinguer ce prêt de l’autre, où Von n’est pas obligé de rendre la même chose que Von a prêtee , on ajoûte à prêt ces deux mots, a usage, qui déterminent parfaitement la qualité & la nature du prêt, par lequel on n’est point dépouillé de la propriété de la chose que Von prête; & c’est en quoi consiste la diférence qu’ii y a entre le prêt à Vusage, & le simple prêt, puisque dans celui, ci l’emprunteur peut disposer de la chose à sa fantaisie, n’étant obligé que d’en rendre la valeur au préteur, ïi est donc évident que Von ne peut point prêter à usage les choses qui périssent , parce qu’on ne peut pas les rendre en mêmes espèces qui ont été consumées par Vusage. Quant au prêt tel que l’on a acoû- fcumé de le concevoir , il consiste, suivant la loi 2. §. i. g? z.ss. de reb. crédit, dans les choses que Von prête par poids, nombre & mesure, telles que l’ar- gent monoïé, le vin, le blé, à condition de les rendre de ia maniéré qu’elies ont été prêtées. Nous prêtons (dit un Jurisconsulte dans la loi que j’ai citee) fous la condition que le débiteur nous rendra les mêmes chcses en qualité , poids, Ce mesure. jPRéT, [Stipendium .2 Ce mot 1« dit en parlant dc PRE 2iÇ gens de guerre. C’est un paiement de solde que le Roi fait faire par avance de dix jours en dix jours, plus ou moins pour supleer aux montres & pour les aten- dre. (Paier le prêt. Recevoir le prêt. l oucher le prêt.) PRéT, prête, adj. [Paratus , dijp fitm ) Préparé. Disposé. (Se tenir prêt a exécuter le commandement du General. Ablancourt, Ar. Etre prêt sur tout. Pascal, let. quatrième. Les troupes étoíent prêtes à marcher.) PRETENDANT,/ m C Candiaatus.) Celui qui prétend à quelque choie çC’dt un des pretendans. Un prétendant ne regarde d’oruíoaue que devant foi. Le Comte de Bujjt.) . PRETENDRE, ». a. & v. n. £ Ambire, affnrare.) ffe prétens , je prétendais , j’at prétendu, je prétendis , que je prétende , je prétendisse, prétendant C’tst-à dire, espe- rer d’avoir. Croire. Avoir quelque prétention. Qis prétendent tous deux la même chose. 11 prétend qu’on ne lui peut disputer le premier rang entre les bone Auteurs, mais il est tout seul de son parti. Ce galand homme Prétend au premier chapeau, Qui mus doit venir de Rome, Mai. Pocs.) Ah \ fur mon cœur cessez de rien prétendre , Cejjez de 1 e faire souffrir: Le Ciel ne l’a pas fait si sensible si tendre Pour aimtr ce qui doit périr. Rec. de Bouh.) PRE'TENDU. A quelquefois une signification équivalente à celle da faux & d’illégitime. (Son prétendu mérité. Si le Ciel en mes mains élit mu ma destinée, Vous aurions fui tous deux le joug de l’hitnenée , EtJans nousopoj'er ces devoirs prétendus Vous goûterions encor des plaisirs défendus. Despr.) On apelle en France la Religion des Calvinistes, U Religion prétendue reformée. t PRETENTAINE, / / [Hue U à) Mot bas & burlesque, qui ne se dit guere qu’en cette façon de parler. Courir la pretantaine. Uenjìrade, Rondeaux. 11 lignifie courir çà & là. 0 L a pretentame, c’est, selon Mr Ménage dans ses Origines, une onomatopée; c’est-a-dire, que ce mot a été fait du bruit que font les chevaux en galopant. On prétend que Virgile a visé à ce bruit, quand il a dit? Quadrupedante putrem sonitu quatit ungula cam- puni. PRETENTION, / f- If™ prasumptum , contraver « sum.l Prononcez prétancion. Dessein qu’on a sur quelque chose. Pensée & volonté qu’on a d’avoir, ou d# pouvoir obtenir. (11 ne se contentoit pas d’apuier le* prétentions d u Duc fur le Gouvernement de Bretag- ne il apuioit encore. Mémoires de la Rochefoucaut. ■ Avoir de grandes prétentions. Ablancourt. Condamner les prétentions d’une personne. Patru , Urbanistes. Car grâce au droit reçu chez les Parisiens Gens de douce nature U maris bons Chrétiens , Dans ses prétentions une femme ejijdns homes. Despr.) PRêTER, ou prefier , v, a. [ Commodare, mutuum dare J On’écrit prêter & prefier , mais on prononce prêté. Donner à condition que l’on tendra . (Monsieur un tel est un fort méchant païeur; quand on lui prête on lui donne. Quand on prête quelque somme considérable, il faut ptéter sûrement) * PRêTER, prefier. [Extendis) Le mot se dit proprement du cuir, & veut dire, s’étendreun peu. (Cuit ^Ï^PRéTER la main. [ff-uvaxe.) C’est-à-dire, aider. (O nuit de mon repos, compagne aimable & sombre A défi noirs forfaits préteras-tu ton ombre. Despr. * p A chauffée prêtait le côté au vent. Vaug. Quint» l. 4. C’est-à-dire, tournoit le coté au vent. {Elle aima mieux pour s'en faire conter Prêter Pareille aux fleurettes du diable, Que d’être femme tz? ne pas caqueter , ílaras. parlant d’Eve.) f * PRêTER le collet à quelqu'un. Ablancourt. [Cutrs uliquo dijceptare .3 C’est s'offrlr à combatte, ou à disputer avec quelqu’un» ?AéT£R 2i 6 PRE PRêTER serment. [Fidem jurarej C’est faire serment. (Tous les olìçiers prêtent serment de fidélité.) tg Mr. de la Motte, Ode au Roi : La soif de lejìimt future Peut , mime malgré la nature , Prêter des charmes à la mort. II auroit été plus naturel de dire que la soif de la gloire fait trouver des charmes dans la mort. Estime suture est encore une façon de parler qu’on ne peut foufrir que par une complaisance pour la poésie. Le mot fréter plaisoit sans doute au. Poète» il dit un peu après : Pallas te prête son Egide. Prêter vient du Latin prastare. PRETERIT,): m. [Tempus prateritum.J Terme de Grammaire. Te ms qui marque le passé. (Un prétérit simple, un prétérit composé. (Conjuguer un prétérit. Voïez Verbe. F-RE'TE'RITION, f. f. íOmiJìo .2 Ce mot est Latin, & il signifie omission. Prononcez prétention. C est un terme de Prmique , qui le dit quand on a omis de nommer quelque personne dans un Testament, &c. (La prétérition d’un fils rend le Testament nul à fou égard.) {§ PRE'TE'RITION. Les jurisconsultes Romains définissent la prétérition, un oubli dans un Testaments de celui ou de ceux qui auroient succédé ab intestat. L’ex- héredation est, au contraire , un souvenir fatal aux ensans , qui par leur mauvaise conduite se sont privez des droits que la nature leur avoit donnez fur les biens de leurs peres. La prétérition ne produit son éfet qu’entre les peres & leurs ensans ; & l’on n’est point obligé de rapeller les colatéraux dans fa dernière disposition. L’Empereur Justinien a établi dans ses Institutes, lib. 2. tit. cette réglé, que celui qui a un fils fous fa puissance , doit l’instituer dans l'on Testament, ou le déshériter nommément; & s’il n’en fait point de mention, le Testament est nul. Suivant cette décision, il semble qu’il n’en est pas de même à Regard des filles, & que leur prétérition n’est pas un vice qui annulle le Testament. C’étoit en éfet la régie dans l’ancien Droit: mais l’Empereur l’a abolie dans le H. 5. du méme titre que j’ai cité, où il dit précisément que l’on ne doit point métré de diféren- ce entre les mâles & les filles par raport à la nécessité de rapeller ses ensans dans son Testament, parce que les deux sexes sont égaux par les loix naturelles , & que d’ailteurs les loix des douze Tables apelloient de même les fils & les filles à la succession ab intestat: c’est pourquoi (ajoûte ('Empereur) nous avons intro. duit un même droit pour les fils & pour les filles. II dit encore que les posthumes doivent être instituez ou déshéritez nommément ; autrement ils passent pour prétérits, & rendent le Testament inutile. Ain- li, pour expliquer fa pensee, un testateur marié ou non , teste fans rapeller les ensans qu’il pourroit avoir dans la fuite; ce Testament est nul, s’il survient quelque enfant de son mariage. Cette nullité est si radicale, que Pensant prétérit venant à mourir avant son pere, le Testament reste tosijours nul, parce qu’ìl a été nul dans son principe: mais si cet enfant laisse des ensans qui sont petits-enfans du testateur , le relia- msnt où leur pere a été prétérit est encore nul, & il faut que lui seul fasse un nouveau Testament, dans lequel il rapelle ses petits-enfans. II faut encore ob- server, pour donner une entière idée de la prétéri- tion, que l’on n’étoit obligé d’instituer ou de deshé. riter que les ensans qui étoient sous la puissance de leur pere, que l’on apeloit siens , sur. Nous observons en quelque maniéré cette réglé, quoique nous ne nierions point de diférence entre les ensans non émancipez qui étoient fui , & les émancipez, car à présent les ensans mariez ou émancipez doivent être rapellez dans le Testament de leurs peres & meres , quoiqu’ils ne soient plus fui , fi ce n’tst à l’égard de la fille qui a renoncé à la succession du pere ou de la mers moyennant une certaine portion de leurs biens que I on ne doit point rapeller, à peine de nullité. Enfin la pré- tér tion est inconnue dans les pais de Coutume, où l’institution n’a pas lieu; car elle n’est nécessaire que pour la validité des Testamens , & nullement flans les Codiciles. Ceux qui connoissent le caractère des Romains, & la diférence qu’ils metoient en:re les Testamens & les autres actes , comprendront aisonient pourquoi la prétérition étoit si fatale dans les Testa» mens» & si indiférente dans les Codiciles. PRE PRE’’TETUTION. [PratermiJso.J Terme de ÈhêtwL que. C’est une figure par laquelle en faisant semblaní de ne vouloir pas parler d’une chose, ou d’une per- sonne, on en dit pourtant quelque chose d’tls. ntiel en peu de mots. On lotie, ou l’on blâme par prétérition , quand on dit, par exemple, je r.e dirai pas qu’il est vaillant, ou je ne dirai pas qu’il est fort sujet à mentir, &c. On apelle aussi cette figure préPermsfm. PRE’TERMISSION , s. f. Voïez l’article précédent, car c’est la méme chose que pi étérition. On n’use que rarement de cette figure ; ou si l’on s’cn sert, il faut que ce soit avec adresse, parce qu’elle a quelque choie qui semble un peu affecté. (Faire une prétermission.) PRETEUR,/ »». ÇPrator.J Magistrat du tems de l’ancienne Rome, qui faisoit & cassoit des Edits, rendoit la justice aux citoiens de Rome. Ce Prêteur étoit apelìé Prator urbanus. II y avoit encore un autre Préteur qu’on apelloit Prator peregrmus , parce qu’il connoissoit des différends qui naissaient entre les étran. gérs qui demeuroient à Rome. Ensuite, aptès la prise de la Sardaigne, & autres contrées, on créa des Pró. teurs pour chaque Province qu’on avoit conquise. Et ces Préteurs étoient des Magistrats qui gouvernoient les Provinces & y rendoient la justice. Voïez Fcnejiella U Rosmus. jjf PRE’XEUR. La République Romaine fut gouver» née, après l’extinction de la Roiauté, par le Sénat, & l’on ne connoissoit point encore ce grand nombre de Magistrats que l’on fut obligé de créer dans la fui- te, pour partager avec eux les soins des asoïres publiques & particulières. On établit donc d’abord un Censeur pour faire le dénombrement du peuple, qus l’on apelloit CenJ'us-, & Pan 587. on créa deux autres Magistratures, ia Préture, & l’Edilité: on atribuaà la première la connoissance des diférends qui nailsent entre les particuliers; à la seconde, le soin des Jeux publics & des vivres : mais le grand nombre d’Etran* gérs qui arrivoient incessamment dans Rome, & dont les diférends se regloient par un droit particulier & diférent de celui qui scrvoit de réglé aux Citoïens, fit que l’on nomma un second Préteur pour juger les Causes des Etrangers. Le Préteur des Citoïens, com» ine étant leprémier, faisoit des Ordonnances lorsqu’il entroit en charge, & il les faisoit publier sous le titre d’Edit, afin que chacun scút comment il devoit se conduire, & ce qu’il pouvoit prétendre & demander en Justice légitimement : mais comme fa Magistrature ne duroit qu’une année, les Edits du Préteur finissoient avec elle ; en sorte qu’il faloit recommencer tous les ans d’étuilier les nouvelles loix da nouveau Préteur, qui soivoit quelquefois les anciennes , & en faisoit , selon son génie , de nouvelles, Dans cet embaras, Salvius Julianus , qui vivoit fous l’Empereur Adrien fit un recueil de tous les Edits que les Préteurs avoienc fait julques-là, & les mit eo ordre; & c’est ce que les Jurisconsultesapellent PEdií du Prêteur y t’Edit perpétuel , fur lequel de Savans Jurisconsultes, comme U;pien , Paul & Caïus firent des Commentaires trcs-amples , que l’on cite de cette' maniéré , Vlpianus ad Edifium , Paulus ad Ediclum. Mr Cujas a beaucoup travaillé fur le Commentaire de Paulus, dont il n recueilli les décisions répandues dans le corps du Digeste. La Compilation de Salvius Julianus est apeliée fus bonorarium , le Droit honoraire , parce qu’elle contenoit les décisions de tout ceux qui avoient juíques-là exercé quelqu'une des Magistratures que l’on apelloit hornr comme nous Capterions de l’Empereur Justinien, dans le §. 7. inss- de jurenatur. x-f gent. & méme de Juvénal dans fa satire: Flune cuin Jummus honorfinito computes anno Sportula quid référât. II faut ici remarquer que dans les premiers tems de 1* République , tous les Magistrats étoient apellez Préteurs ; enluite on donna ce même nom à ceux qui ccmmandoient les Armées; & enfin ce nom resta au Magistrat que l’on établit pour exercer la justice; St comme il ne pouvoir pas fufire à juger tous les procès qui se presenroient, il renvoyoit les petites causes à des Juges qu’il choilìssoit ; d’uiileurs , les afaires qui concernoient la Religion & le Public, n'étoient point de fa compétence , dont Cicéron a niarquë Retendue dans le troisième livre de son Traité des Loix : „ Que le Préteur soit Juge ordinaire dans m ks afùires des particuliers, avec pouvoir ds com- niftre PRE M métré en fa place; qu’il maintienne le Droit civil; „ qu’il ait autant de collègues avec la même autorité ,, que la sienne > que le Sénat trouvera à propos, & que „ >e peupleaprouvcra. “ En éfet,les Romains ayant joint à leur Empire plusieurs Provinces, ils y établirent des Prêteurs semblables à celui de Rome, & les lieux où l’on rendoit la jultice, furent de même apellez Prétoires. PRéTEUR, ou Prejleur , f >n. On ne prononce pas ìf. Celui qui prête. çUn préteur fur gage.) PRêTEUSE , f. f. Celle qui prête. (La fourmi n’est pas prêteuse. La Fontaine, p ab. I. r.) PRETEXTE, f. m. [ Pr^tcxtum , Jìmulatio , ste- ties. ] Couleur. Áparence. Sujets & moiens spécieux -qu’on cherche pour avoir ocasion de s’excufer de faire, ou de ne pas faire quelque chose, de dire, ou de ne pas dire quelque chose. (Prendre un honnête prétexte pour s’einpêcher de faire une chose. Mémoires de íV,r. de la Rocbefoucaut. Se servir de quelque prétexte. Ablanc. 11s prirent le prétexte de certains articles pour décrier la paix. Mémoires de Monsieur de la Rocbefoucaut. Je vous veux ôter toute forte de prétexte. Ablanc. II faut bien voir avec qui on a à faire, parcâ que force gens trahissent sous prétexte de vouloir rendre de bons osices. 0 Le terme prétexte vient du Latin prœtexere, voiler, cacher une chose. Virgile : Conjugium vocat, bac pratexit noínine culpam. Mr. le Févre de Saumur prétend qu’il y a faute dans cê vers d’Horace, Multaque prateriti verba pudoris habet t & qu’il faut lire , Multaque preetextì verba pudoris babet , C’est-à-dire, que la Comédie étoit devenue plus modeste que l’ancienne , & qu’elle cachoit ses obfcénitez fous le voile apurent de la pudeur. On demande s'il faut dire fous le prétexte , ou fur le prétexte. Tous deux me parodient également bons ; cependant il me semble que lors qu’il s’agit du fondement fur lequel on a fait ou obtenu quelque chose, il faut préférer fur, Comme : fur ce beau prétexte on le fouille generalement par tout, II obtint du Roi cette grâce , fur un fondement J f cieux. II refuse tout le inonde fur te prétexte de fa ma. iadie. Mais quand il s’agit de couvrir, de déguiser un« action ou quelque chose, il faut user de fous. Il f est fait honorer-Jous les faujjes aparences de vertu. Meilleurs de l’Academie ont aprouvé le terme prétexter dans leur Observation sur la 124 e. Remarque de Mr. de Vaugelas. ,, Prétexter ( disent-ils ) est encore fort en usage pour ,, dire, couvrir d’un prétexte. II prétexte son éloigne - ,, ment de raisons qui , fcf c. Prétexter veut dire aulll, j, alléguer pour prétexté. “■ PRETEXTER , v. a. [ Pratextere , pratendere. ] Ce xnot signifie prendre pretexte, mais il n’est pas bien reçu. Vaug. Rem. H L’Académie l’admet dans ce sens. $ PRETEXTER , sc dit aussi pour couvrir d’un prétexte, cacher fous une aparence spécieuse. (Ils prétextent leur révolté du zélé de la Religion.) PRECHEUSE , f. f. [In dìcendo moUiter pohta. ] Ce mot, à moins que d’étre acompagné d’une favorable epitéte, sc prend toujours en mauvaise part, & lorfqu’il est acompagné d’une epitéte favorable , il veut dire celle qui raiine fur le langage ; qui fait quelque chose & qui se pique d’eí'prit : mais comme dans ce sens le mot de prétieufe est assez rare, lorfqu’on sc sert de ce mot fans epitéte, ou avec une epitéte fâcheuse , il signifie celle qui par ses maniérés d’agir & de parler mérité d’étre raillée. (Les véritables prétieufes auroient tort de sc piquer lorfqu’on jolie les ridicules. Molière , Préface fur la comédie des prétieufes ridicules. Est-ce qu’il y a une personne qui soit plus véritablement qu’elle ce qu’on apel !e prétieufe, à prendre le mot dans ik plus mauvaise lignification. Mol. Elle est prétieufe depuis les pieds jusques à la tête. Molière, Critique de VÉcole des Femmes. On trouve dans Madame P. tout le ridicule d’une prétieufe fur les expressions & fur le langage.) PRETlEUSEMENT, adv. [Accuratius.] Avec amour & respect. Avec amitié. Cherement. (Garder une chose fort prétieusement.) PRETIEUX , prétieufe, adj. [ Carus .] II vient du Latin pretioj'us. Prononcez pretieux. Qui mérité du respect Cher. (Adorer le préíieux sang de Jesus-Christ. ï. tyr. C’est une chose qui m’cit pretietise.) PRE 2-7' PRETIEUX, prétieufe, adj. [Carifsimusst Qui est de grand prix. (L’or est le plus pretieux des métaux. Des pierres prétieufes. Des meubles pretieux,) f * PKE'TIELX, prétieufe , adj. Ce mot se dit des mots & du tangage, & veu dire qui tient do langage dos prétieufes. Qui a de Pair des prétieufes. (Façon de parler un peu pretieufe. Mot pretieux.) 0 Mr. Ménage raconte ainsi dans le second volume du Menagiana, pag. 6 ç. ce qu’il dit plaisamment au sortir de la première représentation des Prétieufes Ridicules de Molière à ceux avec qui il étoit.,, J’é-„ tois à ta prémiére représentation le 18 - Novembre,, ìósç. des Prétieufes ridicules de Molière au Petit,, Bourbon ; Mademoiselle de Rambouillet y étoit, „ Madame de Gtignan , tout l’hôtel de Rambouillet,,, Mr. Chapelain , & plusieurs autres de ma connoif-,, fance. La Piéce fut jouée avec un aplaudissement „ général ; & j’en fus li satisfait en mon particulier,,, que je vis dès lors l’éfet qu’elle alloit produire Au„ sortir de la Comédie, prenant Mr. Chapelain par la„ main, Monsieur (lui dis je) nous aprenons, vous &„ moi , toutes les sottises qui viennent d’étre criti-,, quées si finement & avec tant de bon sens : mais,, croïez-moi, (pour me servir de ce que Saint Rémi,, dit à Clovis , ) il nous faudra brûler ce que nous,, avons adoré. Cela arriva comme je Pavois prédit, ,, dès cette prémiére répréfentation du galimatias,, & du tìiie forcé. “ C’étoit en éfet un pur galimatias, dont Mr. Boileau a fait un racourci dans l'a dixième satire : Mais qui vient fur ses pas ? C 1 est une prétieufe , Reste de ces esprits jadis si renommez , Que d’un coup de son art MoLere a diffamez. De tous leurs sent miens cette noble héritière Maintient encor ici leur j'efle façonnière ; CTesi chez elle toujours que les fades Auteurs S'en vont Je conjoier du mépris des LeHeurs , Ebe y reçoit leur plainte , fa docte demeure Aux Perrins, aux Cotins ejl ouverte à toute heure t La du faux bel esprit fe tiennent les bureaux , Au mauvais goût public la belle y fait la guerre ,■ Plaint Pradon opnmé des sijlets du parterre » Rit des vains amateurs du Grec est du Laim s Dans la balance met Arijlote U Cotin , Puis d’une main encor plus fine £ç? plus habile Pej'e Jans passion Chapelain fsi Virgile Remarque en ce dernier, beaucoup de pauvretez , Mais pourtant consistant qu’ily a quelques beautez^ île trouve a Chapelain , quoi qui ait dit la satire , Autre défaut sinon qu’on ne k j'auroit lire s Et pour faire goûter J'on Uvre à f Univers, Croît qu’il faudrait en proj'e y métré tous Jes vers. C’étoit en éfet une plaisante chose d’entendre parler un langage afecté & qui n’avoit rien de naturel : mais fi nous examinons bien la plupart des ouvra, ges qui paroissent à présent , nous y trouverons » non point des pauvretez , comme dit Boileau , ni des ridiculitez semblables à celles de la Fhilaminte de Molière , laquelle ne pouvoit foufrir fa cuisinière, parcs qu’elle difoit, Et tous vos beaux dictons ne fervent pas de rien. quoiqu’elle l’eût souvent corrigée : O cervelle indocile , Faut-il qu’avec les foins qu’m prend incessamment , On ne te puisse aprendre a parler congrument ? De pas mis avec rien tu fais la récidivé , Et c’cjt, comme on fa dit, trop d’une négative. Nous y trouverons (dis-je) non seulement des mots nouveaux , mais encore une locution composée avec beaucoup de soin & d’étude , tournée & retournée en diferentes manières & ornée de tout ce que l’i. magination peut inventer pour la rendre agréable & brillante. PRETOIRE, f m- [ Prœtofium. j C’étoit l’hôtel du Préteur, ou la tente du General. 0' PRETOIRE. On apelloit ainsi le lieu où le Magistrat rendoit la justice,& où logeoitle Commandant d’une Armée. II y avoit à Rome une porte prétorienne, porta prœtonanà, parce que l’on failúit passer PArrnée par cette porte lors qu’elle sortoit de Rome pour quel-, que expédition. Fe/tus N Vegécesiiv. ; ch. g. •PRETORIEN , prétorienne , adj. [ Prxtorius , prœto - nanus. ] Qui a eu la charge dc Prêteur. Qui est de Tom. LU , £ e Préteur. 2>8 PRE Préteur. Qui acompagne 1c Préteur. (Famille prétorienne. Cohorte précoiienne. Ab lune. Tac,') PRê Í'RE , Prejire, s m. [Sucer dos, Presbyter.) L’un & i'autre s’écrit, mais on prononce Prêtre. Ce mot de Prêcre parmi les anciens Païens signifioit celui qui sa cri- hoit à quelque faux Dieu & qui prenoit son nom du Dieu, au culte duquel il s’étoit ataché. (Jules César fut designé grand Prêtre de Jupiter.) PRéTRE , ou Prejlre. [Presbytie.) Terme à'Eglise Romaine. C’elt celui qui a l’ordre de prêtrise. Celui qui a ie pouvoir d’oft’rir le sacriiìce de la Messe & de faire les , autres fonctions du Sacerdoce. (11 fera Prêtre à la première ordination. Les Prêtres sont ordinairement avares,ct cela èit honteux & criminel devant Dieu & devant les hommes. Voïez Sulpice Sevére, Hijtoire Sacrée, L r. Enfin la peur Jur lui remportant la victoire, Aux pieds d’un Prêtre il court déchargerfa mémoire. Despr.) f En cas d’amour je fuis un pauvre Prêtre. Voiture, poésies. C’est-à-dire, je ne suis pas fort habile en amour. PRéTRESSE , prejirejj c, J', f. [Sucerdot ijj'a, Saierdos.) L’un & I’autre s’écrit, mais on prononce Prêtresse. Ce mot se dit en parlant des Païens. C’étoit une femme destinée au culte des faux Dieux des Païens. (On fit une Loi qui affujetilloit la Prêtresse de Jupiter à son mari pour le regard des choies de la Religion. Ablanc. Arr. Tac. I. 4. ch. 9. Apollon ne cesse de rendre des oracles par tout où fa Prêtresse l’apelle. Ablancourt, Luc. T. 2 .) * f PRéTRESSE, f. f. [Faventinum vas.) Terme de Faiencier. Vase de verre, où d’un côté on met le vinaigre & de I’autre l’huile. C’eít aussi une sorte rì’hui- lier & de vinaigrier tout ensemble. (Une jolie Prêtresse. Faire casser une Prêtresse.) PRéTUISE, prejlrife , f. f. [Presbyteratus , facerdo. tium.) L’un & I’autre s’écrit, mais on prononce Prêtrise. C’eít un ordre sacré dans lequel on reçoit la grâce & la puissance de consacrer le corps de notre Seigneur Jcfus- Christ, & de remette les pechez. (Prendre l’ordre de Prêtrise, tíodeau.) PRE'TURE,/./! [Pratu.ru.) Charge & dignité de Préteur. (Exercer la préture. Ablanc. Tac.) Í3 PRELE Ancien mot qui signifie profit. Jain. ville, histoire de Saint Louis : Car la menace que tu mus fais, n’ejì point pour ton preu. Les païsans du Lion- nois disent, par forme de souhait, prou vous fajje ; c’est- à dire , je souhaite que cela vous procure du profit, sslain Charrier a dit dans le débat des deux fortunes d’amour: Et fin vin boivent , Ou autre preu s'Us pevent A? reçoivent. Mr. Ménage dit que dans l’Anjou les enfans, après les grâces qui se disent à la fin du dîner & du souper, disent : pro faJJ'e mon pere & ma mure. PRE'VA LOIR , ». ». [Prœvalere , prajìare.) Ce mot vient du Latin pravalerc. Je prévaux , il prévaut, nous prévalons , je prévalais , je prévaudrai , que je pré- vaille , je préva'ujje , je prévaudrais , prévalant. Ce verbe a un usage fort borné. (Cette considération a prévalu. à celte-la. C’est-à-dire , a été la meilleure, l’a emporté par dessus I’autre. L’erreur & l’impieté prévalent par lout. Bojj'u'ét , Hiji. univ. Le bon sens prévaut aux Illusions de la fantaisie. Saint Evremont. C’eit à-dire , que le bon sens Remporte , & que l’erreur & l’impieté ont l’avantage. Eh ! Monsieur ne vous prévalez pas De ce qu’a vos dejirs mon Pere tend les bras, Boursi Esope.) PREVALOIR est un composé du terme valoir. L’on élit, comme l’Académie l’a décidé sur la 59 . Remarque de Mr. de Vaugelas: II n’ejl pas jujìe que votre entêtement prévale fur la raison , & nofe pas prevaìUe. Se prévaloir , v. r. [Ex aliquíx re commoAum capere.) Je me prévaux, je me fuis prévalu , je me prévaudrai. Tirer avantage. Se servir d’une choie à son avantage. (Se prévaloir d’une chose. Pascal , /. 2 . Du dejòrdre où j’étois , lo'ìn de Je prévaloir , Le criéel ne vit rien , ou ne voulut rien voir, Deshoul. Poës.) PKE V ARiCA I EUR , f. m. [Pr.evarieatnr.) Ce mot le dit proprement en parlant d’Avocat & de Procureur, ct veut dire Celui qui trahit Ja partie. (C’eít un PRE insigne prévaricateur. Passer pour insigne prévafîçâ- teur.) * J’ai été prévaricateur contre moi mime. BaU zac , premières lettres. C'est-à-dire , j’ai trahi ma pro. pre cause. * La Loi de Dieu faisoit des prévaricateurs. Pascal, l. 6. C’est-à-dire, faisoit des transyresseurs ) PREVARICATION , J', f. [Pravaricatio.) Prononcez prévancacion. Trahison qu’un procureur ou Avocat fait à sa partie. (C’elt une manifeste prévarication. Acuser de prévarication.) PRE'VARIQUER , v. a. [Pravaricari. ] User de prévarication. Etre prévaricateur. (Avocat qui a prévarb qué. Procureur qui est soupçonné de prévariquer.) tf PRE'VEIL. Mr. Ménage explique le terme pré, veil, qui veut dire la même chose que pertigilnim , du Latin. 11 dit que Mr. le Duc de Montaulier disoit qu’on apelloit ainsi en Poitou certaines assemblées des villageois, où ils dansent & chantent toute la nuit, en Faisant un grand fromage qu’ils apellent préveil. (Notre réveillon u’est il point unpreveilr) PRE VENANT, prévenante, adj. [Prœvenier.s.) Terme de Théologie fcholajiique. Grâce prévenante , c’est-le don de l’esprit, qui nous porte à faire de bonnes œuvres. PRE'VLN 1R , [Pravenire , pravertere.) Ce verbe est actif & neutre paj/if. Je prévien, j’ai prévenu. Je fuis prévenu, je prévins. Anticiper, he saisir & s’emparer auparavant. Aller au devant d’une chose, & en détourner ce qu’il en pourroit arriver de fâcheux. (Les vices ont prévenu leur raison. Pascal , /. 4 . Prévenir la demande d’une personne. Prévenir son ennemi. 11 a été prévenu lorsqu’il s’y atendoit le moins. Prévenir le malheur qui nous menace.) PRE VENIR. [Prœoccupare.) Terme de Pratique. Se saisir le premier d’une affaire. (Les Juges Roiaux pre. viennent les subalternes, quand ils ont les premiers ptis connoiísimce d’une affaire.) PRE VENIR , v. a. [ Occupare. J Gagner l’esprit de quelqu’un. (On l’a prévenu.) PRE'VENIR , v. a. [ Pravenire ] Terme de matière Beneficiale. Pourvoir à un Bénéfice vacant dans les six mois acordez à l’ordinaire pour le conférer. (Le Pape peut prévenir l’ordinaire. Voïez Bonel, Droit Edifiât- Jiique.) Etre prévenu. [ Praoccupari. ] C’est avoir de la prévention, ou de la préocupation. PRE'VENTION, f. f. [Infita menti opinio.) Prononcez prévaut ion. C’està-dire, préoccupation. Tout ce qui previent l’esprit ct le bouche presque pour toute autre chose. (N’avoir aucune prévention dans l’esprit. U n’est point sujet aux préventions. Diantre soit de la folle avec ses visons, A-t’m rien vu d!égal àJês préventions. Molière.) PRE'VENTION. [Anteoceupatio.) Terme de matière Beneficiale. Droic'que le Pape a de pourvoir à un Bénéfice dans les six mois, acordez à "ordinaire pour le conférer. çLa prévention n’a lieu que pour les Bénefices vacans. Voïez lsonel, Droit Eclefiafiique.) 0’ PRE'VENTION du Pape. Quoique l’on convienne que la prévention du Pape est odieuse, puis qu’elle est contraire aux droits des Collateurs , qui sont très- favorables ; cependant on l’a autorisée dans les Cours soperieutes depuis la publication du Concordat. Elle a été inconnue, ct même impossible; tant que l’on S joint l’ordre avec le titre, en sorte que donnant Tordre , on donnoit en même tems un bénéfice qu’on apelloit titre, auquel i’eriionné étoit ataché; ainsi il n’y avoir point de vuide entre Tordination & la collation, dans lequel le Pape pùt prévrnii le Gollateur. Biais cette ancienne discipline ne subsistant plus, ct les bénéfices lé donnant séparément, ceux qui n’eiï avoient point , commenceront de recourir au Pape » & de lui demander le bénéfice vacant par la mort da Titulaire, comme étant le premier Gollateur, ct même TOrdinaire des Ordinaires, félon Texprefsion des Docteurs Ultramontains. Les Papes reçurent favorablement ces fortes de demandes; ils établirent ainsi peu à peu le droit de prévention sur les Ordinaires, auquel la France ne se soumit qu’avec peine , âpres le Concordat En éfet, il est dit dans l’article des Libertez de TEglisc Gallicane, qu’à l’égard de la prévention , ,, le Pape n’en use que par soufranee au„ moyen du Concordat publié du très-exprès com-,, mandement du Roi contre plusieurs remontrances,- PRE tîé la Cour de Payement, oppositions formées, pro- „ cestations & apellations interjettées & depuis encore ,, tous les trois Etats du Royaume assemblez cn firent „ plainte fur laquelle furent envoyez Ambassadeurs à „ Rome, pour faire cesser cette entreprise, qu’on a ,, par fois dissimulée & tolerée en la personne du „ Pape , mais non d’autre , quelque délégation , vi- ,,cariat, ou faculté qu’il eût de Sa Sainteté; íì l’a- „ t-on restraint tant qu’on a pú , jusques à juger que „ la collation nulle de l’Ordinaire empêche telle pré- ,, vencion. “ L’Ordonnance d’Orleans de i;6o. art. 32. défendit aux juges d’avcir aucun égard aux provisions obtenués par prévention, &c. mais le Concordat a soutenu la prévention, qui subside encore sous plusieurs exceptions & restrictions. PRETENTION. [ Praoccupatio. ] Terme de Palais. Avantage que le Juge supérieur a sur l’inferieur, lorsque le Juge luperieur est plutôt saisi d’un criminel que l’inférieur. PRE VENTION , s.s. [Praventio.] Terme de Réteri- que. Figure par laquelle l’orateur prévient ce qu’on lui pourroit oposer, ct y répond. fLa prévention doit être judicieuse.) PRE VENU. Voïez Prévenir, PRE'VISION .s. f. [pr aviso ] Terme de Théologie. lise dit de Dieu, & lignifie connoiísance de ce qui aviendra. (La prévilion de la foi & des bonnes œuvres.) PRE'VOïANCE y s.s [Proviso, providentiaé] C’est Faction de prévoir. Sorte de prudence. Action de l’es- prit qui considéré ce qui peut arriver. (11 est bon d’a- voir de la prevoïance.) PRE'voiANT. [Providus ] Participe , pour dire, qtù prrévoit. PRE'VOIANT, prévalante, adj. [Providus.] Qui a de Ja prevoiance. (.11 est prevoiant. Les femmes íont en de certaines choses plus pievoiantes que les hommes.) PRE VOIR, v. a. [Provuiere, pravidere , projpictre ,J Je prévôt, je prévoiois. J’ai prévit, je prévis, je prévoirai. C’est voir ct considérer ce qui peut arriver. (C’est ûn grand avantage que de prévoir de loin tout ce qui peut arriver, & de lé tenir prêt à prendre parti. Le Chevalier de Miré. ) ijf PRË'VGIR. „ On demande (dit Mr. de Vaugelas, ,, Rem. 547. ) s’il faut dire, il prévit, ou il prévu t ? ,, II faut dire prévit , quoi qu’il y ait quelques-uns qui „ disent préout. La raison de douter , est que pourvoir „ est un composé de voir, ct néanmoins on dit ilpour- i, vut, & non il pourvit , outre qu’ii y a des verbes „ iimples qui se conjuguent d’une façon, & leurs com- , j posez sc conjuguent d’une autre; par exemple, on ,, conjugue , nous dso. is, vous diies, ejV. & au com- „pose , l’on dit, nous médsons , vous médisez, ct non „ pas , vous médites , & de même , nous prédisons, vous ,, prédisez , & non pas, vous prédites ; ainli nous dirions au simple, quoiqu'il die , & nous ne disons pas ,, au compose , quoiqu'il médie , ni, quoiqu’il prédie , „ mais, quoiqu'il médise , ct, quoiqu’il prédise S ainli, ,, au participe simple, on dit décidé, & au composé on „ dit > indécis, & non pas indécidé. ‘‘ Sur quoi l’Aca- démie s’est expliquée en ces termes : „ Quoique pré- y,voir & pourvoir soient deux verbes composez du j, verbe voir, il n’y a que le premier qui fasse je préavis s de méme que voir fait je vis, pourvoir fait je j, pourvus , tu pourvus, il pourvut. " Toute cette remarque parut fort juste, à l’exception de quoiqu'il die , qu’on a déja condamné dans une Remarque précédente; il faut dire quoiqu'il dise. PREVÔT, Prevojt ,s. m. [Capitalis tribunus .] L’un & l’autre s’éerit, mais on prononce prévôt. C’est le premier Juge de quelque Prévôté. PRÉVÔT des Maréchaux. ( Cajirenjìum prxfeHnrum capitalis tribunus.] C’est un Juge Roïal, établi dans les Provinces fous factorisé des Maréchaux de France, qui ajurifdiction fur les vagabonds, fur ceux qui volent à la campagne , & íur ceux qui font de la fausse monoïe, & qui prend connoissaiice des meurtres de guet a pens. PRÉVÔT des Marchands. [N égotiatorum prœpnjìtus .] C’est un Officier des plus considérables de la ville de taris, ou d’autres Villes , qui fait garder & observer les Arrêts, les Edits & les Reglemens, intervenus fut le fait de la Police & du Commerce. Le Prévôt des Marchands est tres-puiffant à Lion, PRE 219 parce qu’il y est comme Lieutenant de Rbi du gouvernement- Par Arrêt rendu au mois de Juillet 1 ysz. le Preíìdial lui est soumis pour les faits de Police St militaires. PRÉVÔT général des Momies A? Marechaujfce di France. [ Rei snooetariœ prœpostus J C”est un Officier qui fut creé 165;. pour l’exrcution des Ariêis de 1 » Cour des MonòïcS, avec deux Lieutenans, trois Ex- emts, & quarante Archers. Le Prévôt a scance à là Cour des A'ionoïes après le dernier Conseilstr , & il est obligé de faire juger à laCdur les procès de fausse monoïe qu’il a instruits. Monsieur Bo/Jard. PRÉVÔT de l’Hôtel. [Regmfamilin praseflus.] C’est le Prévôt de là maiíon du Roi, ct qui a fa juridiction Iur la Cour. Mais on apelle Grand Prévôt de France f Officier qui est le juge Roial du Roïaume. II juge de toutes fortes d’affaires en matières civiles & criminelle* entre les Officiers du Roi. PRÉVÔT de C Isle. [Presseslus vigilum .] Officier prépose dans toute l’étenduê de Plsle de France z pour veiller à la sûreté des grands chemins * ct connoitre des délits qui y arrivent. Acad Fr. PRÉVÔT en plusieurs Villes est un Juge Roïal, qui connoit des causes entre ses habitans non privilégiez* Acad. Fr. Ces Prévôts, suivant l’article 2. de la Coutume deVitri, ne peuvent point êire les Juges des Nobles. Ce font Judices pedanei , qui furent établis par le* Présidens des provinces , aulquels nos Baillis ont succédé ; & le pouvoir des Prévôts étoit renfermé dans des bornes très-étroites. Les Ordonnances de Philips le Bel, de Lotiis Rotin, ct de Philipe le Long de i;i;. concernant ses Nobles de la Province de Champagne, ôtent aux Prévôts la connoissance des Nobles. Autrefois les Ptevôtez se dontìoient à ferme. Mr. Henry a fait souvent mention de ces Prévôts dans son Recueil. PRÉVÔT général de la Marine . [Rei maritime pra- pojìtus gmeralts .J Celui qui punit les crimes des gen* de mer. PRÉVÔT marinier. [Nauticus , scopiirius N t or t or. 2 C’est l’homnìe de Péquipage de chaque vaisseau , qui » les prisonniers en fa garde ct qui a foin de faire netléiër le navire. PRÉVÔT d'armée. [Rei beilica praposttà.] Oficiérqui connoit des déserteurs & autres criminels, & qui taxé les vivres. PRÉVÔT des bandes. [Turmarum pmfeflus.] C’est le Prévôt de l’infanterie Françoise qui est reçû à la tête du régiment des gardes. PRÉVÔT. [Capttuli prapostus ,J Ce mot sc dit en par* !ant de Chanoines. C’est celui qui poffede la dignité de Prévôt d’une Eglise collégiale ou catédrale. Monsieur Deíparra est Prévôt de Toulon. PRÉVÔT de sale. [Lanijice. ludi praseclus.] C’est celui qui enseigne à la place du Maître d armes. (.Faire assaut contre le Prévôt de sale & le bourrer.) PRÉVÔT. [Ceretnoniarum prapostus .] Dans les ordres militaires c’est un ôtìcier qui a le loin des cérémonies. 11 y en a dans l’ordre de saint Michel & dans celui dú Saint Esprit. Pour l’e moquer d’un homme qui ne sçait que faire, 011 lui dit. Vu-t'en battre le Prévôt , tu gagneras dou. ble amende. FREVÔTABLEMENT, adv. [Latrunculariè.] A la maniéré des Prévôts des Maréchaux. C’est-à-dire fans apel-, (11 a été jugé prévôtablement.) Quelques-uns disent prévòtalement. Et il semble que Richelet doit recevoir cette expression, puisqu’il admet prévétal. PRE'VÔTAL , prévôtale , adj. [ Jursliclio capitalii tribun1. ] Qui 1 égarde le Prévôt dés Maréchaux dé France , & dont il doit connoitre. (C’est un cas pré- vôtal.) , L’Académie a décidé qu’il falloit dire cas prévôtabley quoique l’ulage le plus général soit pour prévôtal. PRÉVÔTÉ', f. f. [ Forum tribuni capitalis J Lieu où le Prévôt rend la justice. La jurildiction du Prévôt. Etendue de ía jurifdiction du Prévôt. (On plaide aujourd’hui en fa Prévôté. Etre apellant d’une sentence de la Prévôté. Coutume du Bailliage & Prévôté de Paris.) PRÉVÔTÉ'. [Prœfeiïura .] Charge & dignité de Prévôt. (.La Prévôté de Paris ne se vend point, c’est le Roi qui la donne.) Tom. UL E e % j?RE. 220 PRI PRÉVÔTÉ' de VHôtel. [ Regia sam'ûitt prafeflura. ] C’est la jurisdiction de la Cour; C’est la charge de Prévôt de i’hôtel. PRÉVÔTÉ'. [Prxpsitura.] Ce mot se dit en parlant de Chanoines. C’est la dignité de Prévôt dans une Eglise catédrale ou collégiale. PREUVE,//. [Ratio, probatio.] Raison que-l’on «porte pour apuier & pour confirmer une chasc que l’on a avancée. (Une solide, une bonne, une forte preuve. Une preuve convaincante , démonstrative. Les Ré- teurs parlent de deux sortes de preuves , les unes qu’ils apellent artificielles, parce qu’elîes dépendent del’Ora- teur & qu’il les trouve à force de rêver ; & les autres qu’ils nomment Jans artifice , parce que l’Orateur les trouve fans avoir la peine de les inventer. Cette preuve fans pareille En J'a faveur conclut bien , Et l’on n’y peut dire rien S’il n’étoit dans la bouteille. Molière.) * PREUVE. [Monumentum , tesiimonium.J Marque. Témoignage.(C’est la plus grande preuve d’afection que je puisse tirer de vous. Voit. I. 16. Donner des preuves de fa fidélité. Faire preuve de son esprit. Faire des preuves de Noblesse.) PREUVE. [Probatio.] Terme d’ Aritmctique. C’est la vérification de l’apiication d’une réglé. (Faire la preuve. Ea vraie preuve se fait par une réglé contraire. I/addition se prouve par la soustraction, & au contraire. On prouve la division parla multiplication. Les preuves de sept & de neuf ne sont pas certaines.) PREUVER. Voie?. Prouver. t PREUX,/m. [Strenuus, sortis.] Vaillant. Courageux. (Toûjours de preux le renom ils ont eu. Voit. jpe/) PRIAPE ,fm. [Priapus.] Fils de Bachus& de Venus , reconnu pour le Dieu des jardins. On a donné ce nom à la partie de l’homme. f * 11 faut qu’un Priape indigent vive d’esprit & que fa dupe soit une vieille avec force argent. M ait. po'éf. . a. [ Orare , deprecari , obfecrare.] Demander humblement à Dieu quelque chose. (Nous devons, en imitant la Sainte ardeur des Prophètes, prier, servir, & adorer jour & nuit le Tout-puissant. Voïez Putru, Sermon fur la priere. Le Roi Edouard fit prier Dieu dans toutes les Eglises d’Angleterre, pour le repos ds Dame du Roi Jean, qui étoit mort à Londres. Abéát ■ Choisi, Hijì. du Roi Jean. Elle ejì à bien prier, exalte au dernier points Mais elle bat ses gens [f ne les paie point. Mohere.) PRIER. [ Supplicare , precibus petere. ] Ce mot sc dit des hommes, & íignifiejwppôéi'. Demander avec respect & civilité; mais on croît qu’il n’a pas tant de force que fuplier. (Prier un ami de faire quelque chose.) Cf On dií'oít autrefois, je vous pri , pour je vous prie, témoin cette épigramme raportée par Mr. Ménage % les poésies de Malherbe: ( Maillet , quoique fort importun , AinJl que dit le bruit commun , N’a pas tant de faim comme il crie : Car puisqu’il nous donne aujourd’hui Un je te pri pour je te prie, S’il ne mange , il ne tient qu’à lui.) PRIERE , / / [ Precatio , rogatio , preces. ] Oraiíba humble & respectueuse qu’on lait à Dieu, & aux Saints & Saintes pour nos besoins, ou pour ceux d’autrui, (Prière Sainte, ardente, fervente , puissante. Nous devons nous persuader qu’il n’y a point d’autre vie, ni d’autre santé, qu’il n’y a point d’autres richesses, ni d’autre souverain bien que la prière. Patru, Sermon dt S. Chrifojiome. Seigneur, prêtez l’oreille à ma prière, Seigneur, écoutez ma prière, soiez atentif à ma prière, Exaucez ma prière. Port-Royal , PJeaumes. Joignez à la serveur de vos saintes Priere» Les aujléres vertus qui vous font familières. Bours. letr. XJn rien presque fujsit pour le scandaliser , Jusques la qu’il je vint l’autre jour acujer D’avoir pris une puce en faisant J'a prière Et Ue l’avoir tuée avec trop de cotere. Molière Tart.) {§ PRIE'RES nominales. Ce sont celles que l’on fait nommément pour les Seigneurs dans les Eglises Parois Baies; elles étoient déja en usage du tems du Pape Innocent 1. élù en 402. car il en fait mention dans une Lettre inférée dans le second Tome des Conciles, & dans le chap. 73. diji. 1. de Confecr. Un Concile tenu cn Portugal en 666. est encore plus précis fur ce point de discipline : Et eorum nomina à quibm eas Ecclefss effe conjiruclas, vel qui aliquid bis Janfiis Ecclesiis vi. dentier , aut vif. fient contulisie , si viventes m corpore Jìent , ante altare recitentur temppre MiJ/a, [f c. Les Patrons de l’Eglise doivent être nommez les premiers, & les Curez ne peuvent pas sc dispenser de ces sortes de prières, car il est dit ensuite de l’endroit que je viera de citer du Concile de 666. Si quis banc mjíituticntm Presbyter implere neglexerit , d u m talis causa per queni- libet ad aures jïii Epijcopi pervenerit , Presbyter Hie ex. cominunicationis Jintcntia j'eriendus erit. Voïez Tom. 4. des Conciles, pag. 1487.1488. ìsi 1490. S.Gregoire, Ep. 37. lib. 3. Maréchal. PRIE'RE. [Suasio, insiigatio.] Solicitation obligeant» & civile qu’on fait en demandant. Demande civile Si honnête qu’on fait à une personne pour soi, ou pouf autrui. Faire quelque chose á la prière d’un ami, Ablanc. Arr. Faire une prière honnête & civile à quel* qu’un. PRIERES. [Preces.] Terme de Bréviaires. Versets Eí* Répons, qu’on dit à quelques heures de l’ofice. (On dit les prières à Prime.) ( PRIEUR , f. m. [Prior .] Terme d’Eghfi. Ce mot, généralement parlant, signifie celui qui est chef, qui est le premier. Prieur claustral. [Prnnarius ccenobiì .] C’est celui qui est le chef du Couvent de Religieux. Ainsi 011 dit *e Prieur des Augustins, des Bernardins, des Cele<« seins, cto. Prieur conventuel : C’est celui qui ne recon- noìt point de Supérieur dans le Couvent où il est* prieur Jecttlitr. C’est celui qui n’est soumis à aucune régie. II y a des grands Prieurs. Pouf PRI pour kre bien suivi , Jean parut hérétique ; Peur devenir Prieur > il parut catholique, Vill.) PRIEUR de Sorbonne, [ Prìor Sorbona. ] C’est un Bachelier en licence, qui pendant un an eli Supérieur de îa Maison de Sotbonne, & dont les fonctions consistent è présider aux Assemblées de la maison, & à faire un discours en Latin, en vers, ou en prose , au commen. cernent de chaque Sorbonique. (On élit tous les ans ust Prieur de Sorbonne.) £ Grand-prieur , J. m. Titre qui se donne à un chevalier de Malthe , revêtu d’un Benefice de l’Ordre, apeilé grand-prieuré. (Le Grand-prieur de France.) f Sous.prieur, f. m. Celui qui a la direction dans un Monastère après le prieur. í PRIEUR. On donne ce nom en quelques Villes de France, comme à Rouen, à Toulouse, à Montpellier, à celui qui préside au Consulat des,Marchands, & qui y tient la place que le Grand Juge tient à la Jurisdiction Consulaire de Paris. PRIEURE, f. f. [ Priorìjsa.2 Terme à'Eglise. C'est une Religieuse qui est immédiatement au-déssous de l’Abes- fe, & qui en l'absence de P Ah esse commande à des Religieuses. (11 y a des Prieures de Bénédictines, qui n’ont qu’une Prieure perpétuelle & qui n’a aucune Abesse au-dessus d’elle, dans le lieu où elle est. Elire une Prieure. Faire une Prieure.) PRIEURE', prioré, f. m, {Prioratus. J II faut dire Prieuré , & non pas Prioré. Le Prieuré est une forte de Bénéfice, & il y en a de plusieurs manières. II y a des Prieure? simples. Prieure? conventuels & Prieure? Claustraux. Le PrieuréJìmple. f Prioratus JimplcxJ C’est un bénéfice qui n’est a taché à aucune régie de Religieux qui n’a nulle charge d’ame , & qui n’a ni dignité conventuelle, ni claustrale. Le Prieuré conventuel. [Prioratus cíenobiarcba .J C’est une communauté gouvernée par un Prieur qui est chef de la communauté & qui a des Religieux qu’il gouverne & fur lesquels il a l’oeil. Le Prieuréclaujhral. C’est la charge & la dignité du Prieur claustral. ' PRIEURE'. Cure. [Cœnobìi prioratus curialisé] Cures déièrvies par des Religieux de l’Ordre de S. Augustin & dépendantes de quelques-unes de leurs maisons. Ce fut Alexandre III. qui les obligea à desservir eux-mémes ces Cures dans lesquelles ils ne mettoient auparavant quede simples Prêtres à qui ils affignoient une modique pension. ' PR.IMA-MENSIS, f m. Terme de Théologien de Pans. C’est une Assemblée de Docteurs en Théologie qui confèrent des afaires de la Faculté le premier de chaque mois, ou au commencement de chaque mois. (On parlera de cela au P rima-mensis.') ' PRIMAT 'J- m - [ Primas. J Terme A'Egiise. C’est celui qui a la Primatie. (Le Primat étoit le plus ancien Evêque de chaque Province de l’Eglife d’Afrique.Il étoit Vicaire Apostolique. 11 termìnoit tous les diferends qui n’avoient pû être termine? dans les Conciles Provinciaux. II veilloit fur toutes les Eglises. II faifoit observer la discipline Ecléliastique & informoit le Pape des désordres. Le Pere TomaJJtn , Discipline de /’ Eglise , i. partie , ch. 12 . Pinjson, Traité des Bénéfices , dit que le Primat a été apeilé Primat , parce que les Primats é- toient autrefois dans les premières villes du Roïaume. On apelle aujourd’hui Primat le Métropolitain, qui a d’autres Métropolitains dans fa dépendance.) L’Archevêque de Lyon fe dit Primat des Gaules ; & les apellations des sentences des oficiaux de Paris, de Sens & de Tours, ressortissent à la Primatie de Lyon. L’Ar- chevêque de Vienne s’apelle Primat des Primats. PRIMATIE , f f. {Pritnatis dignitasl} Prononce? Pri- tnacie. Terme d 'Eglise. C’est la dignité de Primat. C’est J’étenduë de la jurisdiction Ecclésiastique du Primat. (Le Pape Simmaque donna en $ 14 . à Saint Rémi la Primatie fur tout le Royaume de Clovìs nouvellement converti. Voie? le Pere le Cointe , Annales de l’Eglise. Le Primat avoit droit de convoquer le Concile de ía Primatie. Le Pere Tomajjìn , Discipline de l’Eglise. 11 y a eu d’excellens Factums faits par Messeigneurs les Archevêques de Lyon & de Rouen , touchant la Primatie de leurs Eglises. Ce dernier qui fe dit Primat de Normandie , prétendoit relever du Pape imme- diatément fans reconnoítre la Primatie de Lyon ; ct il gagna son procès. PRÍ 22t jftf Nous avons plusieurs Primats en France ; niais celui de Lyon est le seul qui jouisse actuellement de la Jurisdiction primatiale sur les Métropolitains de Paris, de Sens, & de Tours. Ceux d’Aquitaine , de Normandie & de Vienne ne le font que de nom. L’Archevéque de Vienne fe qualifie Primat des Primats; mais ce n’est qu’un titre d’honneur fans jurisdiction. Les Concile» tenus dans l’Afrique , & même Saint Aueustin, font souvent mention des primats de l’Eglise Africaine : mais ces Primats étoient bien diférens de ceux de l’hurope. L’Afrique étoit autrefois divisée en diférentes Métropoles ou Provinces composées de plusieurs Evêques, dónl le plus ancien par l’Ordination étoit apeilé Primat, & avoit droit de convoquer les Conciles dans leur Province ; ainsi le droit de Primatie étoit un droit personnel, & nullement réel. Le Pape Léon, dans fa quatrième Letre, dit : „ II faut entendre le mot Primat dans,, un sens particulier : car on avoit autrefois un Primat,» dans chaque Province ; & celui des Evêques dont Pot- „ dination étoit la plus ancienne étoit établi Primat. “ 11 est vrai, comme Mr. de Marca l’a observé dans son Traité des Primats tfi de la Primatie de Lyon , que la qualité de Primat fut acordée à PEvêque de Cartage par un privilège particulier. Nous apellons aujourd’hui Primat , PArchevêque qui a plusieurs Métropolitains fous fa juridiction : celui de Lyon est donc Primat des Archevêques de Paris , de Sens & de Tours : ceux-ci ont une autorité supérieure sur plusieurs Evêques qui composent leur Province. Voici l’ordre des Jurisdictions Eclésialtiques. L’Oficial est le prémier Juge du Diocèse ; l’apel de ses jugemens est porté devant POficiai Métropolitain , qui est celui de 1 Archevêque ; & l’apel du Métropolitain est reçû dans l’Oficialité primatiale; ce qui forme trois degrez de jurisdiction : & quand les jugemens rendus dans ces trois tribunaux font conformes , l’apel n’en est plus permis: s’ils font diférens , on peut fe pourvoir au Pape, qui renvoie l’afaire devant un Archevêque qu’il doit choisir dans ce Royaume. PRIMAUTE', f. f. [ Principatus. J Ce mot se dit en parlant du Pape. C’est la puissance qu’a le Pape de faire executer les Canons de PEglife, & de les faire recevoir & observer. PRIMAUTE' , f.s. [ Prinlatus , Jupretna autorisas. 2 Avantage, Souveraine autorité. ( Une femme ne peut posséder la primauté dans l’Eglife. Maucroix , Scbifine , 11 n’y a en cela aucune primauté.) PRIMAUTE'. [Ordine prrmus.’] Terme de Jeu. Ost gagne de primauté lorsqn’on est le premier en carte. PRIME , f f. [ Ad primant. ] Ce mot n’a point de pluriel lorsqu’il signifie une sorte de jeu de carte. (Je ne lai ni le hoc, ni la prime, ni le trictrac. Balzac, Let - t r es choisies, lettre 1 . /. 4 .) PRIME» f.s. {Décima tnonadis p ars.2 Terme d ’Arit- raetique. C’est une dixième partie de l’unité. En fait de poids. Une prime est la 24 e. partie d’un grain. PRIME. [ Cautionis pretium. J Terme de Marine. C’est la somme que l’Assuré païe à l’Assureur,pour le prix de l’assurance. Elle s’apelle ainsi parce qu’elle se païe par avance. PRIME- {Statum.J En termes d e Chasse. On dit. Un loup ne s’arréte point où il a.mangé, mais il s’en va de haute prime. C’est-à-dire , incontinent. Cette façoa de parler est tirée de l’italien quanto prima. PRIME. C Prima corporis compnjiiio ad retundendos iUus. ] Terme de Maître d’armes. C’est la première & la principale des gardes. Voie? Garde. t De prime face. De prime abord. De prime faut, [ Prima fronte , prima facie. J Ces faqons de parler lont adverbiales & vieilles > & signifient. Tout d’un coup , au prémier abord, à la prémiére vûë, incontinent. ■ ê PRIME. On donne ce nom à la premiere sorte de laine d’Eipagne, qui est la plus fins & la plus estimée pour la fabrique des étofes, bas, & autres ouvrages de laine. (Prime Ségovie. On lui donne aussi le nom de Relìn. Refin Ségovie.) £ PRIME , se dit aussi dans le Commerce de la morue sèche, de celle qui arrive en Europe de la premiere pêche de ce poisson. PRIMER, v, n. {Primas tenere. ] Terme de Jeu de paume. C’est recevoir le prémier coup de service. (C’est à Monsieur à primer. C’est Monsieur qui prime.) C’est aulii commencer le prémier. Ee ; t * PRÍ- 222 PRI t * PRIMER. [Vrafiare, exceUere.] Exceller, avoir l’avantage par deísus un autre. (.11 prime en cela. II prime dans toutes les compagnies.) PRIMER. [ Anteire. ] Veut dire auísi devancer. ( II a beau taire s'il ne se hâte , on le primera. Acad. Fr.) í PRIMEROLE, s.s. [ Primulá Veris. ] Piatlte qui pousse au commencement du primeurs. Elle est propre pour fortifier le cerveau, les tierfs, les jointures, & pour les rhumatismes. PRIMES. [Prima.] Ce mot étant un terme d’ Eglise, n’a point de singulier, & alors il signifie la premier» des sept heures canoniales. (Mes primes font dites. Dire primes.) PRIME-VERE, s.s. [Flosculus vernus.] Sorte de sieur qui fleurit en Fevrier, Mars & Avtil, & qui a été apellée pnme-vere à cause qu’elie estl’une des premières fleurs qui annoncent le printemps, hi.frttne.vere a les feuilles jaunes, blanches ou blanchâtres, de violet pâle , & de gris de lin. Les primes-veres (ont chaudes & fiches, & oh dit que leur suc est propre à ôter les tâches du visage. II y a des primes-veres doubles, il y en a de- fimples, de sauvages & de cultivées. PRIMEUR , J. f. ( Vinmn potabile. ] Première saison de certains fruits. (Les pois (ont chers dans leurs primeurs. Ce vin est bon dans fa primeur. Académie Fr an p. ) PR1M1CIER , s. m. [ Primicerim .] Celui qui est revêtu d’une certaine dignité dans 1 Eglise. Dans l’E- glise de Mets c'est la première dignité du Diocèse. (s Le Primicier est apellé , dans quelques Eglises de France, Préeenteur, Prseazntor. 11 entonne le prémier dans le choeur, & il régie le chant. PRIMITIF , primitive , adj. [Primavus , prisent . ] Ce mot se dit au féminin de l’Eglifi, & veut dire nuisante. (Dans \o primitive Eglise on disoit la Messe en habit ordinaire.) PRIMITIF , primitive. [ Primitivus . ] Ce mot se di en parlant de Curez. On apelle principalement Curez primitifs les Abez de l’Ordre de Saint Benoit, qui autre, fois adniinistroient des Cures qui dépendoient d’eux, en y envoiant des Religieux qui faisoient les fonctions curiales & qu’ils revoquoient à volonté. Mais le Concile de Latran aiant depuis ordonné que ces Vicaires deftituables à volonté serment perpétuels, alors vint la distinction des Curez primitifs d’avec les Curez titu. laites, ou Vicaires perpétuels. Les Curez primitifs ont quelque prérogative dans l’Eglisc dont ils font Curez. Ils ont droit d’y faire l’ofice au jour du patron & aux quatre grandes fêtes de Cannée. PRIMITIF, primitive. [Primigenium notnen .] Ternie de Grammaire , qui fi dit de certains mots d’où dérivent quelques autres. ( Mot primitif. Diction primitive.) On dit aussi l’ejfrit primitif d’un Ordre. Cette Religieuse a tout le zele primitif de son Ordre. Les Carmélites ont toujours conservé P esprit primitif de Sainte Theresc , & l’illustre & vertueuse Madame de Villeroi jj’eít pas un des moindres ornemens de cet Ordre. ( EUe a vaincu le monde en fusant ses plaisirs , Et de ce même monde en réglant ses désirs EUe en fuit faire un bon usage. Puisqu’elle n’a de raport à ce même monde que pour soulager les pauvres, consoler les afligez , secourir les malheureux & faire du bien à un chacun.) 0 Le terme primitif ne plaisent pas au P. Bouhours ; îl aprouve feulement Eglise primitive & mot primitif. ,,Hors de ces deux endroits (dit-il dans ses nouvelles ,, Remarques) j’aurois de la peine à employer primitif „ dans un discours fort poli. Les Prédicateurs (ajoúte- ,, t’il) disent néanmoins, en parlant de Dieu, l'Etre „ primitif, la grandeur primitive ; & je ne voudrois ,, pas condamner ces phrases , elles font peut-être „ bonnes pour la chaire ; je ne dis pas cela dans le „ fins de l’halien , qui disoit, quejio e buonper lapre. „ dií-íi, mais parce que la chaire ne demande pas la ,, dernière exactitude , & que les Prédicateurs ont ,, laurs licences aulsi.bien que les Poètes, il arrive qu’à „ force d’étre délicats , on devient scrupuleux- “ En éfet. primitif n’a rien qui puisse le faire bannir du Aile Je plus poli. PR1MOGEN1TURE, s. f. [ Primogenitura .] Ce mot est Latin. 11 signifie droit d'ainesse. PRIMORDIAL , LE, adj. [Autentica tabula.] PRI Premier & original. (On ne voit point le titre nrimor; díai de cette fondation.) PRINCE,/»». [Príncepi.] Le prémier officier de l’Etat qui a la puissance souveraine. II y a des Princes du sang , des Princes sujets, d*s Princes Seigneurs, & des Princes souverains. ( f Les Princes ont les mains longues. C’efl-à dire, leur pouvoir s’étend loin. \ Les Princes ont beaucoup d’yeux fsi beaucoup d’oreilles. C’est- à-dire , voyent & entendent par le moyen des autres. Les grands Princes ne fi doivent jamais veir s’ils veulent demeurer amis. Comines , /. z, cb. g. II y a dans tous les Princes du bien & du mal, car ils font hommes comme nous. Comines, prés de l’biji. de Louis XI. Je le c roi bien. Que dans la paix que dans la guerre Le Roi soit mieux servi qu’un Prince de la terre, Je le trot bien. Mais qu’il ne mérité de Pitre Mieux qu’aucun Prince, q iP aucun Maître , Je n'en croì rien. Abé Régnier.) * PRINCE. [Princeps.] Ce mot se dit quelquefois au figuré pour dire premier, m ais il n’est pas généralement aprouvé en ce fins. (Vous imitez l’humeur de Cicéron ce Prince des Orateurs. Cojiar, Apohgie de Voiture. Le Prince des Téologiens a décidé ainsi ce point. Pascal, liv. 4 . Lisez ce qu’il cite d’Aristote L vous verrez qu’après une autorité si expresse il faut brûler les livres de ce Prince des Philosophes. Pascal /. 4 - ) 0' Quand je devrois être traité de copiste, qui en-' richit ses additions du bien d’autrui, je ne puism’em* pêcher de transcrire ici ce que le P. Bouhours & Mr. Ménage ont écrit fur cette façon de parler, Prince de( Poètes, Prince des Orateurs. On y verra un Jésuite qui se rétracté , & un ennemi qui le traite de chicaneur & de petit Grammairien. Mr. Costar, en parlant de Cicéron , a dit dans fa seconde défense des ouvrages de Mr. de Voiture,, en s'a dressant à Air. de Balzac: II vous» smbìé que cette conformité seroit imparfaite , s voui sf imitez aussi phttmcur de ce Prince des Orateurs. Le P. Bouhours dit dans ses Doutes : „ Cette phrase ti-„ rée, sans doute, du Latin , mais aparemment du„ Latin mal entendu , Princes s Qratorum, Princeps Pot -,, tanins , ne signifie pas dans la langue Latine, lePrin. „ ce des Orateurs fsi des Poètes , mais le prémier des Ora -,, teurs fsi des Poètes. C’est une ignorance que de con-,, fondre ces deux significations ; & je ne sqais si Mr. „ Pascal ne vouloir point rendre ridicule lebonPere,, Jésuite qu’il introduisit dans ses Provinciales, quand,, il lui faisoit dire qu’Aristote étoit le Prince des Philo -„ Jophes, & s’il ne railloit point lui même, en lui di-„ sent, A’ejfierez donc plus rien, mon Pere, de ce Prince ,, des Philosophes, ne rejìjiez donc plus Prince des Théílo.,, gtens. Quoiquil en soit, si je voulois exptimet que „ notre invincible Monarque surpasse tous les Conque-,, rans & tous les Héros de l’antiquité, je ne dirois,* point qu’il est le Prince des Conquérant fsi des Héros & fi je voulois seire l’eloge de l’Académie Françoise,,, je dirois qu’elle tient le prémier rang parmi toutes» les savantes Académies de l’Etirope ; que vous êtes,» Messieurs, de tous les Académiciens les plus éclairez,,, & les plus polis: mais je ne dirois point qu’elle est» la Princesse des Académies , & que vous êtes iesPrin -» ces des Académiciens. Ces Principautez sont, à mon,, avis, aussi mal sondées que celles de ces gens enté-» rez de leur naissance , qui ne sc contentent pas d’ê-,» tre Gentilshommes & Grands Seigneurs, qui veulent, » à quelque prix que ce soit, être Princes. Ce qui me» surprend , c’est qu’on donne même de la Royauté» à tout le monde, & qu’on met le Roi & la Reine en» mille endroits 01 ) ils n’ont que faire. C'eji le Roi des » hommes , vous ites le Roi des hommes, disent quelques-» uns dans le discours familier. Un Auteur que j’esti-,» me infinement, dit que la lumière eji la Reine des,, teu 'eurs. Quand l’usage permettroit de dire que le lion,, eji le Roi des animaux , & que la rose eji la Reine des „ sieurs , il ne s’ensuit pas que tout ce qui excéle en,, son genre , doive porter le nom de Roi & de Reine;,s & je ne crois pas que vous aprouviez l’expreffion» dont use dernièrement un bel esprit provincial, qui,» a entendu le P. Bourdaloué à Paris. Pour me faire,, comprendre le mérite & la réputation de ce grand» hosome, Le P. Bourdaloué (me dit-il) eji le Roi des » Prédicateurs , b k Prédicateur des Rois. Cela me fit » „ fou- PRt J, souvenir cl u Roi des merveilles , & de fa merveille des y, Rair, qui ne manqua pas de trouver place dans le jj discours qui fut dédié autrefois à l’Amiral de joyeu- t , se, & dont l’Auteur eut dix mille écus de recom- j,, pense. Selon ce beau stile, ceux qui regardent Air. 5,1e Brun comme le meilleur Peintre de notre tems, „ pourraient dire qu’il est le Roi des Peintres. Pour 3, moi, li je parlois de la forte, j’aurois peur de placer -, mal le Roi, en le joignant avec les Peintres & les ,, Poctes. “ Ce n’est point là un doute proposé à l’Aca- démie; c’est une déciiìon dont le Révérend Pere demande la confirmation : cependant l*Jnnée suivante, il tient un autre langage ; & feignant de ne pas con- ìioître l’Auteur des Doutes, voici comment il s’expli- que: „ L’Auteur des Doutes proposer à Alellieurs de „ i’Académie Françoise , s’est déclaré un peu trop con- 5, tre ces façons de parler , le Prince des Philosophes , 3, le Prince des Orateurs ; il n’a pas mal remarqué que „ i’ignorance les a peut-être introduites , & que le „ Princeps Oratorum , qui lignifie en Latin , le premier des Chateurs , a été traduit .mal à propos en François S, par le Prince des Orateurs : mais il devoir considérer j, que ces expreflions font reçues, soit qu’elles soient „ raisonnables , ou qu’ellcs ne le soient pas ; c’est à -, peu près rendez à César ce qui eji a César , que l’usa- „ ge a autorisé contre la raison & contre la Grammaire S , même; car enfin la plupart de nos bons Auteurs par- ,, lent de la forte , & ce scroit une cruauté d’enipê- ,, cher les Prédicateurs de dire , en citant Aristote & ,, Cicéron, le Prince des Philosophes, & le Prince des Ora~ ,, teurs. On dit encore , le Prince de l'éloquence Romai- „ ne , le Prince de la Poésie Latine , le Prince des fai- jyJ'eurs d’Epigrammes , fans parler du Prince des Prêtres, 3, suivant le langage de l’Evangile. & du Prince des Apô- „tres, selon le stile de l’Eglise. Toutes ces Principau- 3, ter ne sont guéres légitimes ; mais elles sont établies, 3, òí il n’y auroit presque pas moins d’injustice de s’y „ oposer, que de se révolter contre une Puissance qui „ n’etant pas peut-être fort juste dans son origine, ,, scroit autorisée par le consentement des Peuples , & „ par la prescription du tems. “ Mr. Ménage ne laissa pas échaper cette ocasion de reprendre hautement Ion ennemi. „ Toute cette critique n’est qu’une pure », chicane. 11 n’est ici question que de savoir si cette „ façon de parler , Prince des Poètes, Prince des Qra- „ teurs , est bonne ou mauvaise. II est sans doute qu’el- ,,le est trés bonne, soit qu’elle ait été prise du Latin „ Princeps en la signification de premier , ou en celle 3, de Prince , car elle peut aussi avoir été prise de ce „ mot en cette dernière signification , les Auteurs de 5 , la basse latinité ayant dit Princeps pour Prince. Vous ,, trouverez dans le Cartulaire de l’Abaïe de Saint Au- 3, bin d’Angers, imprimé dans le Gallia Cirrijliana , à -, l’article de Marbodus, Evêque de Rennes, Et quant- „ vis eodem tempore variis Jìudiis Gallia rejonaret, ipse ,, tamen Oratorum Rex Gallicane eloquentiœ arcem ob- 3 ,tinebat. Mais quoiqu’on dise fort bien le Prince des ,, Poètes, & le Prince des Orateurs, il ne s’ensuit pas ,, qu’on puisse dire de même, le Prince des Peintres: 3> mais ce n’est pas par la raison qu’allégue notre petit ,, Magijier , qui est que le Roi scroit mal placé dans la ,,compagnie des Peintres; cette raison est tout-àfait ,, ridicule: mais c’est parce que l’usage n’a pas reçu », cette façon de parler. 11 y a plus, Quoiqu’on dise le 3, Prince des Orateurs, & que les Avocats puissent paf- i, fer pour Orateurs , on ne dit point le Prince des A- „ vocatss on dit le premier des Avocats , le premier A- 3, vocat , le plus célébré Avocat. On dit aussi le Prince 3> des Apôtres, en parlant de Saint Pierre , Tu es pajior 3, ovium , Princeps Apojiolorum : mais il ne s’ensuit pas 3, pour cela qu’on puisse dire le Prince des Confesseurs , ,, le Prince des Martirs , ni le Prince des Théologiens , j, (i ce nest par oposition, comme dans l’endroit des si hetres Provinciales de Mr. Pascal : ’N’eJjerez donc plus ,> rien, mon Pere, de ce Prince des Théologiens. On dit ti aussi, la Reine des fleurs. Mr. de Voiture : „ La Rose, la Reine des fleurs , ,, Perdit ses plus vives couleurs. si Et vous «-couverez une Epigramme parmi celles de j, Mr. Gombaut, ou la guirlande de Julie , laquelle a 3, pour titre, Amarante Reines de fleurs. On dit aussi, „le Roi des animaux, en parlant du lion; & l’on ne „ croît point ofenser le Roi, en le metant dans la com- », pagine des_animaux. Mr.de la Chambra, dans son PRÎ 2LZ discours de Lamifié & de la haine qui se trouve eii-,3 tre les animaux : Comme le lion eji le Roi des animaux „ terrejires , le dauphin des aquatiques. On dit de mé-,, me, le Roi des oiseaux, en parlant de l’aigle. Horace,, apelle la Lune, Reine des astres, jyderum Regina & Virgile, le Pô , le Roi des tìcavzs, fluviornm Sw„ Eridanus ; Srace , Regina viarum, le chemin d’A p- ,, pius, Appia longarum teritur Regina viarum-, & H-.n. ,3 ri Eíîienne , dans la Préface de son Livre de la con-,, formicé de la Langue Françoise avec la Gréque , fa,, Reine des Langues. On dit dans le discours familier, ,, vous êtes 1 e Roi des hommes : mais il 11e s’ensoit pas,, qu’on dise pour cela le Roi des merveilles. Ce conte, au „ reste, que fait le P. Bouhours duRoi des merveilles , U,, la merveille des Rois, m’est tout-à fait inconnu. Ce que ,3 je sçais, c’est que Porchères, parlant du tripot du Lou-,, vre, dit qu’il étoit le tripot des Rois , N le Roi des „ tripots. II me reste à parler de cette façon de par- ,3 ler, la lumière eji la Reine des couleurs , qui est un ,3 mot de Mr. de la Chambre. IIy a peu d’animaux (dit-il) qui n’aiment la lumière, qui eji la source N,, la Reine des couleurs. Cela est très bien dit, sopofé,3 que cela soit dit véritablement : mais la lumière „ ri'est pas une couleur; elle est seulement l’ame & le ,3 principe des couleurs , quoiqu’il y ait eu des Philo-,» lòphes qui ont cru qu’elle étoic une couleur. “ Voilà un long discours que Air. Ménage pouvoir abréger, en disant qu’il faut S’acommoder à l’usage qui autorise la façon de parler dont il s’agit dans certaines o calions , & qui la condamne dans d’autres ; & la bizarrerie paroit, en ce qu’on ne peut dire Roi au lieu de Prince , ni Prince au lieu de Roi. C11 dit, vous êtes le Roi des hommes : mais on ne dira pas , vous êtes le Prince des hommes. Je ne sçais s’il n’y a pas plus de chicane dans l’Obscrvation de Mr. Ménage que dans celle du P. Bouhours; du moins il me semble que celle- ci est plus d’un homme poli, que l’autre. PRINCESSE [Princeps faminaé] Celle qui est née d’un Roi. Celle qui décend de la famille Roiale. Celle qui a quelque Etat dont elle est Souveraine. Celle qui a épousé un Prince. rLoùise de Vaudemont femme de Henri troisième étoit une grande Princesse. L’histoirè de la Princesse de Alontpensier est belle. Catherine d» Medicis Epouse d’Henri Iï. Roi de France, étoit uns habile Princesse. Davila son historien assure qu’else étoit prudente & diUìmulée. Marie de Medicis femme d’Henri IV. a été une charmante & courageuse , mai* malheureuse Princesse, Anne d’Autriche femme de Louis XIII. a été une adroite Princesse. Marie Thérèse d’Autriche que Louis XIV. épousa en 1660. fut une Princesse vertueuse & une excellente Princesse. Dam le brillant commerce il se mêle Jam cesse Et ne cite jamais que Duc , Prince £e? Princesse. Molière.) PRINCIPAL ,s »i. [Gymnajìi litterarìi praseclus.J C’est le chef du colége. Celui qui régie tout le colége, & qui a soin que les classes soient bien faites, •& que l’on enseigne exactement les lettes, & la pieté. (Ust hon principal. Etre principal de quelque colége. Aparemment ce qui Ranima A paraître J. grand brutal , C’ejl que d’une voix unanime Des Anes du colége il eji le Principal. Bours. lett.) PRINCIPAL , f m. [ Rei prœcipuum , primarium. J La chose principale. (On le peut tuer en dirigeant bien son intention, mais vous oubliez toujours le principal. Pascal. I. 7.) f PRINCIPAL. [Sors,summa.J La somme principale. (Payer le principal & les intérêts.) H PRINCIPAL- Fonds principal. 11 s’entend du premier fonds que des Associez ont mis dans une société, ce qui le distingue des fonds qu’on est quelquefois obligé de faire subsidiairement, quand le premier n’est pas suffisant. è PRINCIPAL, se dit du Commerce auquel un Marchand s’aplique par préférence aux autres négoces. (Le principal commerce de ce marchand consiste dans la navigation, dans les fabriques de draps.) PRINCIPAL , principale, adj. [ Principalïs, prìmarius i pnccipuus,] Prémier. Considérable. Important. (Le salut est la principale chose à quoi un Chrétien doit songer. Saint Cir.) PRINCIPAL. [Prima quajlio, summum rei. J Enter- wse 224 PRI me de Valais. Se dit de la première instance , de la prémiére demande de ce qui a formé le procès. (II a perdu son procès en cause principales , , PRINCIPALEMENT , adv. [ Prxcipuè , frajbtim.J Sur tout. ( II y a trois choses à quoi il faut principalement s’atacher ; C’est de vivre honnêtement à son égard éi à l’égard des autres, de n’ofenser personne, & de rendre à chacun ce qui lui apartient.) PRINCIPAUTE"- -principauté y f. f. [ Gymnasii lite - ravit praseitura.2 Quelques gens de colége, qui veulent rafiner, disent, en parlant de colége , principauté pour principautés mais mal, au moins, au sentiment d’habiles gens que j’ai consultez là-dessus. On dit principauté , & c’elí la charge de principal de quelque colége. ( Le dernier possefléur de la principauté de la Marche mourut le lixiéme de Septembre.) Voïez le Maître, plat- doié 4 . Messieurs de l’Académie sont sons doute du nombre de ces raiineurs dont parle Richelct , puifqu’ils sont pour principauté , & je ne sçai s’ils ont tort. Je m’en raporte à meilleurs Juges. PRINCIPAUTE", J. f. [ Vrincipatus. J Souveraineté indépendante & absolue. PRINCIPAUTE". [Suprema dommatio.J Sorte de dignité féodale qui releve du Roi, & qui est au nombre des grandes Seigneuries telles que sont les Duehez, les Pairies, les Marquisats L les Comtez. (.Eriger une terre en •Principauté. Voïez Loiseau des Seigneuries , cb. ;.) PRINCIPAUTE". Voïez principauté. PRINCIPAUTE". [Principatus.j C’est le troisième ordre de la hiérarchie celeste. (Ni les Anges, ni les Prin- cipautez ne nous pourront jamais séparer del’amour de Dieu. Port Roi a!, Nouveau Testammt.) Les principaux d’une Ville. [ Proceres , optimates. J C’est-à-dire, les personnes les plus considérables. (Les principaux de la ville furent au devant.) PRINCIPE , / m - [ Origo , causa. J Ce mot parmi les Philosophes signifie aussi source. (Ainsi on demande quel est le premier Principe d’agir dans les causes secondes. Le principe de la vie, du mouvement, de la sensation, &c. Dans un autre voisin il contemple , il admire Les Principes cachez de tout ee qui respire. Perrault.) PRINCIPE. [Ratio, impul/io.J Ce mot se dit au figuré élégamment. (Exemples. Ces principes d’honneur & de probité que vous avez reçus du Ciel en naissant, me charment. Le Vere Bouhours, Nouvelles Remarques, Epître deJicatoire, C’est-à-dire , ce fonds d’honneur & de probité. (Principe se prend aussi pour maxime. [Dog- mata , ejsata.2 PRINCIPES ,f m. [ Principia.2 Terme de Philosophie. Ce sont, selon Ëpícure, les atomes qui sont les principes dont toutes les choses sont composées. Voïez le 1 . U. vre de Lucrèce. Les Principes font des êtres simples & incorruptibles qui entrent dans la composition des mixtes. C’est la première matière des choses. (La matière & la forme sont les principes phiiìques. Descartes a raison dans son premier principe. On peut assurer que tout ce qu’on conçoit clairement existe.) PRINCIPES- [Elementa, principia.2 Terme d e Chimi. Jìe. çll y a les principes actifs & ics principes passifs. Des pr.ncipes ailifs sont le sel, le soufre & le mercure, & les passifs le flegme & la terre. (Voïez tous ces mots dans Jeter ordre PRINCIPES. [Prima Grammatices elementa.2 Ce mot, en parlant d’arts, comme de Grammaire & de quelque soi n ce, ce sont les premiers commencevnens & les premiers elemens de fart, ou de la science. (Ainsi on dit, il n’a aucun principe de Grammaire. Avoir quelques principes de Peinture, de Rétorique, de Médecine, &c. PRINCIPION,/ m. / Regulus.2 Terme de Mépris. Un Prince peu considérable. ( 11 y a beaucoup de petits Prhicipions en Italie.) Ils donnent vingt-qua- tre heures pour sortir de leurs Etats, loríqu’il n’en faut que deux. PRINTANN7ER , printanniere , adj. f Vernalis.l Terme de Fleuriste. 11 veut dire qui naît au printems". ( Cíclamen printannier. Fleur prinranniére. Plante printanniere. La curiosité des fleurs printanniéres consiste dans la tulipe, la renoncule, la ïacinte & le narcisse. Nouveautez printanniéres. Curé d'Enonvile, culture des stcurs, Ue.) PRI PRINTEMS , f. tu. [ Ver, vemum tempus J C’est ís temsauquel le Soleil parcourt les signes d u belier, du Taureau & des Gemeaux. C’est la saison de l’année où tout entre en amour, qui suit immédiatement l’hiver St qui commence le vingt-uniéme Mars. ( 11 hiver a moins de vents , le printems moins dt sieurs Qu’il ne sentit alors de mortelles douleurs , Et le printems n’est point où l’on ne la voidpas.') ' * PRINTEMS. [ Prima atas , juventus. ] Ce mot au figuré signifie la rieur des jours & la verte jeunesse d’une personne. (11 périt au printems de son âge. C’est-à-dire, a la fleur de son âge. A quoi souhaitez-vous d’emploïer vos beaux jours? Le Printems pour les amours Est plus propre que VAutomne. Benscrade, Balet des plaisirs, 2 . Et du pauvre Printems la harangue inutile Fit aujjt peu d’impression Que s’il tut exhorté le Maire A’une Ville A faire une imposition. Du Trousset.) í PRIORITE',//. Antériorité , primauté en or. dre de tems. (Priorité d’hypotheque. Priorité de dat» pour les benefices.) £ PRIORITE", lé dit aussi en termes d e Philosophie^ & de Théologie. On dit, (Priorité de nature, priorité d* tems, priorité de raison, priorité de relation.) PRIS , s m. Voïez prix. PRIS, prise, adj. [ Captus , prehensusi] Qui est saisi. Ce dont on a pris possession. Ce qui a été emporté, forcé. (Homme pris. Benence pris. Place prise d’assaut.) ' PRIS, prise. [Dûlis captus.2 Trompé. Atrapé. (On se rit de lui, il fait le lin, & il a été pris.) PRISC1LL1AN1STES, f m. [PriscìllìanistaJ An. ciens hérétiques qui s’éleverent en Espagne vers la fin du quatrième siécle, qui avoient pour chef Priscillianus, & qui étoient une branche des hérésies des Manichéens & des Gnostiques. PRISE, s.s. [ Pr.tda , captura. ] Ce qu’on prend, ck qu’on emporte à la guerre. Capture. Conquête. (A* près la prise de trois fortes places, tout le reste du put î’e rendit. Et d'antres fans tant de façons Passent Peau comme des poissons , Tant les Veneurs ont tous en tète Vitre à la prise de la bite, Perr. chasse.) J out est de bonne prise. Vaitg. Quint. ì. 4 . C’est-a* dire, ce qui est pris est bien pris, & on n’est pas obligé à le rendre. 0 PRISE. Tout ce qui est pris fur son ennemi dans une juste guerre , est légitimement aquis. Il seroit à souhaiter que l’on pût suivre exactement le sentiment de Sylveller, qui a cru qu’il n’étoit permis de prendre fur ses ennemis que jusques à concurrence du dommage que l’on a íòufert, & des pertes que l’on a faites : mais comment les régler, & se contenir, lorsque Ion trouve l’ocaíim de sc venger? L’Ordonnance de 1681. sor le fait de la marine, liv. 5. tit. 9. a pre- sorit des régies qu’il faut du moins observer. La première est, qu’il faut avoir un pouvoir, que l’on apel- le commission, de Air. l’Amiral, sans quoi on est regardé comme pirate & écumeur de mer ; & comme nul ne peut équiper un vaisseau fans une semblable commission, i’Ordonnance déclare de bonne prise, „ non seulement les Vaisseaux des ennemis, mais en-„ core ceux qui feront eommand-z par pirates, four „ bans > & autres gens courant la nier fans commission „ d’aucun Prince , ou Etat Souverain. “ Mais il est défendu aux François de prendre une commission d’un autre Prince fans la permission du Roi. Enfin , la commission est si nécessaire pour n’être pas traité de pirate & de fourban , qu’un Vaisseau combatant fous un autre pavillon , que celui de l’Etat dont il a commission , est de bonne prise. En second lieu , fi l’on ne trouve dans le Vaisseau que l’on a pris, ni char- të-parties ou connoissemens, ni factures, la prise est bonne. En troisième lieu , l’article 7. déclare de bonne prise ,, tous navires qui se trouveront chargez „ ri’efsots qui appartiendront aux ennemis, ainsi que,, hi marchandises des Sujets du Roi ou des ses Alliez. Grotius, 1 3 f « è é. It!l ; s ens inp ■ sirs 71 Ih ,1t. rteïo frets ■ p, totîi îiii tores jíilíOI] tels j fiMf J ! *Ls ; tt Air ! Jsiti, «nus íte un fiuir; L "s fer ÏÎKÍC tefoci fî!:E ï^tÈct, ISIS îàicj j Mjitaj. dictez 'tílíE Ssitt ?í]jp N ‘■«u j îîjít Mi «mtt Grcttus, de jure beEi s? paris, lib. 5. cap. 6. n. 6 n’est pas de ce senriment. Mais l’Ordonnance est la loi que nous devons suivre. En quatrième lieu , fi un Vaisseau est repris fur les ennemis après qu’il aura resté entre leurs mains pendant víngt-quatre heures, la prise en sera déclarée bonne ; & s’il est repris avant les vingt- qu.ure heures , il fera restitué au propriétaire avec tout ce qui écoit dedans, à la réserve du tiers, qui fera donné au Navire qui aura fait la recousse. On fait plusieurs observations fur cet article 7. de l’Ordonnance. L’une est, qu’il n'a lieu qu’à l’égard des ennemis en guerre déclarée, & non à l’égard des pirates, parce qu’étant du nombre des voleurs, ils ne peuvent jamais posseder de bonne foi : ainsi les éfets étant recouvrez, ils doivent être rendus en tout tems à leurs maîtres. /. 6. ff, de cuptur. (f poji limit. revers. Le Guidon, ch. 6. art. 2. L’autre est , que les Parleniens de Bourdeaux & de Rouen ne s’atachent pas exactement à la recousse dans les vingt-quatre heures. La troisième, qu’il faut que 1 » recousse se fasse par les armes, ou par quelque stratagème, & non par rachat , pour operer la restitution des prises, Au reste, on difoit autrefois recourre} ainsi dans Froissart : D'autre part, les Chevaliers riraient con - tre lui , pour recourre Messire Henri. Mais à présent Mr. Ménage veut dans ses Observations, tom. 1. ch. 22;» que l’on dise recourir. 11 me semble que l’on difoit autrefois l’un & autre, puis que Alarot, dans une Epître k François L a dit recourir : Et comment Euffe.je pu un autre recourir, Quand je n’ai J'çu mai même secourir ? Recourre est, à présent, plus usité que recourir. Est cinquième lieu , si le vaisseau retourne entre les mains des Sujets de Sa Majesté par quelque cas fortuit, il doit être rendu au propriétaire, s’il le réclamé dansl’an & jour, quoiqu’il ait été pendant plus de vingt-quatre heures entre les mains des ennemis. En sixième lieu, un Vaisseau qui refuse d’amener ses voiles après la semonce qui lui en sera faite, est de bonne prise. En leptiéme lieu, s’il se trouve dans les Vaisseaux armez fous commission étrangère, & amenez dans les ports du Royaume , des marchandises des Sujets de Sa Majesté ou de leurs Alliez , elles leur seront rendues. VoïcZ le reste du titre des prises, t Jeune fille bien prise , c’elt à-dire, en état de don* fter de solides plaisirs en amour. PRISE. {.Ansa ] Endroit pour prendre une chose. Endroit par où l’on tient de certaines choses. ( 11 s ti- ïoient à eux les branches qui donnoient plus de prise. Vaug Quint. I. 4.) * Le chien étoit si acharné qu’on ne lui pouvoir faire lâcbir prise. Vattg. Quint. I. 7.) PRISE Xsrebensio .] Terme de Pratique. Permilíion de le saisir d’une personne. (Avoir une prise de corps contre quelqu’un. Obtenir une prise de corps contre une personne, On a donné une prise de corps contre lui.) PRISE- fPíZ/o] Ce mot en parlant dc drogue , ou d’autre potion médécinale, signifie ce qu’on prend en une seule fois pour se purger , ou par faire quelque autre éseí dans 1 e corps. ( On ordonne rarement des ju- leps pour une seule prise, mais pour deux ou trois. Une prise de thé, de café, de chocolate.) PRISE de pojsefiion. [Lsucapni] Termes qui se disent en parlant de Bénéfice. Ce font des cérémonies qui se pratiquent lorfqu’on met un prêtre en possession de son Bénéfice. (J’ai été à sa prise de possesiion.) PRISE d’habit. [Vtjiitura.'] Cérémonie qu’on fait lors que l’on donne l’habit de Religieux à celui qui se fait Religieux. ( Aller à une prise d’habit. On l’appelle vé* ture chez les Religieuses.) * PRISE. [Pugna, pratium.2 Baterie. Combat. (Etre aux prises avec quelqu’un. Ablanc. Luc. En venir aux prises avec une personne.) PRISE. [Reprehenfioi} Occasion de nuire. Droit & inspection sur quelqu’un. (Donner prise sur soi à son ennemi. Ablanc. bi on laille aux Prélats la moindre prise fur les Exemts,toutes les exemptions font des grâces bien funestes. Patru,pl. y. L’esprit laisse de petites choses m prise à l’exactitude de la Critique. S. Evremont.) PRISE, [fifurgium .J Querelle de paroles. (Us ont eu quelques petites prises.) PRISE d’armes. [ Rebellio,scditio. ] Rébellion des sujets contre leur Souverain. I IV1 22^ On dit, lâcher prise. £ Ab incapto dsìficre. j C’est se déporter d’une chose ou de quelque dessein. ^ Certe Communauté s’étoit emparée du bien de cette dévots, mais les héritiers lui ont fait lâcher prise . Acad. j r.) PRISE'E,// f Aijìimatio .J C’est l’estimation d’une chose. La valeur d’une choie estimée par autorité de Justice. On le lui a donné pour la prisée. Faire une prisée. Les Experts ont fait la prisée de ces meubles, d’une terre, &c. (11 a fait banqueroute à lès maîtres qui fe font saisis de ses guenilles, & à qui on les a a jugées pour la prisée.) PRISER, v. a. [Atfiimare.] Mettre à prix. (Priser de la marchandise.) PRISER. [Magnisacere.] Estimer, Faire cas. (On ne peut assez priser un tel avantage. Pasc.l. ç. II prise en aparencetout le monde,L au fonds il ne prise personne.) Se priser, v.r. [ v agnificèse circumfiicere.'} S’estimer. (Gui Guillot, Médecin visionnaire voïant que personne ne le prise , se prise lui-même , & prend le pas devant Hipocrate & Galien.) PRISEUR , s m. [ Aijiimator ] Officier qui met le prix aux choses par autorité de Justice. (Les Sergens à verge du Cbâtelet font créez Jurez priseurs & vendeurs de meubles.) PRìSMATIQyE, adj. [Prismaticur.l Corps quia la figure d’un prisme. (Un verre prismatique & triangulaire sait voir plusieurs Iris.) PRISME,/»». iPrisma , trigonus.'] Terme de Géométrie. C’est une figure solide enfermée entre des plans, ou figures planes, dont les deux opposées font égales > semblables & parallèles, & les autres font parallélogrammes. Euclide , defin. 15. du hv. u. Quelques-uns ont crû que ce nom de prisme ne se donne qu’aux figures solides triangulaires, dont les deux plans opposez font des triangles joints ensemble par trois parallélogrammes. AI ai s les autres donnent généralement le nom da prisme à toutes ces figures solides dont les plans opposez sont égaux , semblables & parallèles , soit que ca soient des triangles, des quarrez , des pentagones, &c. D’où fuit que le nom de prisme comprend les cubes , &tout autres parallélépipèdes. V oïez Claviussur Euclide, des. 1 ;. n. PRISME de verre. [ Prisma vìireum. ] C’est un triangle de verre avec quoi on voit les couleurs de l’arc-en. ciel. Les savans se servent du mot de prisme ; mais le* Fayanciers qui vendent de ces prismes , ne les apellent pas prismes , niais triangles. Le mot de prisme est du bas Breton pour eux. PRISON,// [Cufiodia, carcer.2 Lieu où l’on en- ferme les prisonniers. (Prison noire , obscure, afreuse. Mettre en prison. Mener, traîner en prison. Envoyer en prison. Pourrit en prison. Avoir la ville pour prison. Tenir prison. Ouvrir les prisons. Tirer de prison. Forcer une prison. Délivrer de prison. La prison ta plus charmante EJi toujours une prison , Et souvent ce qui nous enchante 2Va rien d'aimable que le nom. D u Trousser.) PRISON. [Captivitas.] Le tems qu’on est en prison. Emprisonnement. (Sa prison lui a été glorieuse. U a durant sa prison feit paroitre beaucoup de fermeté & de constance. * Mon courage avec ma raison Rompit ma chaîne & força ma prison. Voit. poès.) C’est-à-dire, j’etoufai l’amour que j’avois pour vous. f 11 n’y a point de belle prison, ni de laides amours » C’est-à-dire, toutes les prisons déplaisent, & toutes ie* maîtresses plaisent. Une vieille épouse est une véritable prison. [Antïquus amor carcer e/t j f Entrer dans la prison de S. Crépin C’est-à dire , avoir des souliers qui serrent trop. Cela est charmant comme la porte d’une prison. PRISONNIER, s m. [Carcerc detentw.J Celui qui est p ; j s en guerre, ou par les archers, ou autres sopots de Justice. Celui qui est tenu en prison ou en quelque autré lieu. (Faire des prisonniers. 11 est prisonnier d’Etat. Prisonnier de guerre. Si l'on vient pour me voir, je vais aux prisonniers Des aumônes que f ai partager les deniers. Mol.) Tom. 11L F f t * Moa 226 PRI t * Mon cœur prisonnier va de souliers en souliers. Voit. pois. C’est-à-dire , mon cœur amoureux aime divers souliers.) PRISONNIERE , fi f. C Incarcerata. j Celle qui est en prison., pour crime, pour dette ou qilelque autre chose. (C’est une prisonnière. Se rendre prisonnière. On peut apeller toutes les Religieuses des prisonnières pour toute la vie.) t *■ Mon ame est votre prisonnière. Voit. pois. C’est- à-dire, je fuis amoureux de vous, mon ame est dans vos chaînes. PRìTANF/E,/ m. [ Prytanneum .] Mot qui vient du Grec & qui lignifie grenier public. C’étoit à Athènes un lieu où l’on nourriísoit ceux qui avoient rendu de grands services à l’Etat. C’étoit auíïì un lieu où les Magistrats s’assembloient, tenoient conseil &rendoient la justice. (Je mériterais d’étre nourri dans le pritanée. Ablanc. Luc.) PRIV ABLE , adj. [ Privandus. ] Qui mérité d’être privé d’nne chose qu’on lui ôte. (Un homme n’est pas privable de Ion benefice jusqu’à ce qu’on lui ait fait son proctz.) PRIVATIF > privatise , adj. [ Privativus .] Ternie de Grammaire. 11 se dit des particules qui ctant mises devant quelque mot, lignifient que l’on ôte ce que le mot lignifioit. (Les Grecs ont un « privatif.) f PRiVATIVEMENT , adv. [ Exclujìvè. j Terme de Pratique. Exemple. On lui a acordé le privilège de faire un tel commerce privativementà tous autres, c’est-à- dire à l’exclulìon de toutes autres personnes. PRIVATION , f f- [Damnunt , jaftura. J Perte. (11 s’est montré sensible à la privation de ce bien. Ben- J'erade.) PRIVATION. [Privatio.] Terme de Philosophie. C’est le non-étre d’une chose. (Les Philosophes vulgaires mettent la privation pour le troisième principe des choses naturelles; mais les Cartésiens & les Gast’endistes n’ad- mettent que deux principes, la matière & la forme, & ils ont raison.) PRIVATION. [ Interdìcììo , honorant addichos Terme de Pat’ats. Interdiction. Confiscation. (A peine contre les Officiers contrevenans de privation de leurs charges.) PRIVAUTE ', f f [Nimia famìlìaritass Familiarité. (Unegrande, une charmante, une douce, une par- ticuliere privauté. 11 prend avec elle toutes les privautés qu’un mari prend avec fa femme. Ce sont des pri- vautez condamnables, & qui méritent d’être punies.) t PRIVE', f- m. [Forica, JeceJJuss Ce mot ne se dit guere, & en sa place on dit lieux. C’est l’endroit du logis où l’on va décharger son ventre. {Pour ehevet il n’a qu’un paves JD’une bote il fait un privé. S. Amant.) PRIVE', privée , adj. [ Exutus , fimìiatus. J Celui ou celle ii qui on a ôté quelque chose. ( llestprivéde son bien. Elle est privée de son revenu. 11 est privé de Pu- sage de ses membres.) PRIVE', privée. [ Cicur. ] Aprivoisé. (Pigeon privé. ) PRIVE', privée. [Famiìiarìs, intimus .] Ce mot se disant des personnes, signifie àuïïi familier , mais il n’est pas si en usage que familier. (11 est fort privé ici. 11 est ïuit privé avec Monsieur un tel.) Le Conseil privé. Votez Conseil. PRIVE', privée. [Vir privât us.) Propre. Particulier. Qui n’a point de charge. (Homme privé. Vaug. Quint. L q. On l’a interpellé en son propre & privé nom. Le M ait. Maison privée.) Tacite a dit de Galba , lib. i. hìfi. II a paru plus grand qu’un homme privé, tandis qu’il n’étoit qu’hom- nie prive : Major privato , dum privatusfuit. t PRIVE'Mí NT, adv. [Familiariser .J D’une maniéré fort privée. Familièrement. ( II vit fortprivémentavec tous ceux qui ls fréquentent.) PRIVER , v. a. [ Orbare , fioliare. ] Oter quelque chose à quelqu’un. Dépouiller une personne d’une chose. Refuser. Ne donner plus. (Les Philosophes van- geoient leur mérité de l’injustice dc la fortune, parle mépris des biens dont elle les prive. Mémoires de Mon. Jìeur de la Rochefoueaut. ÌLe privez point mes yeux d’un Jpeflacle Jì doux, Racine, Iphigenie, a. PRI • On l’a privé d’une partie du revenu áe son benefice. . Saint Ciran. Je te prive, pendart , de ma succession , Et te donne de plus ma malédiction. Mol.) Se priver , ». r. [Defraudare fief Se frustrer. (L’Eglí. se n’entend pas qu’ils'sc privent eux-mémes de toutes les grâces qu ils doivent atendre. Pajc. i. 6.) PRI V ILE'GE > s »r. C Jus prarogativum , privilt. gium. ] Grâce «cordée par une puilfance soperieure, Droit de celui qui en a le pouvoir. Sorte de prérogative. (Privilège gratuit, principal, général, perpétuel. L'un des privilèges des Princes du sang , c’est d’être Conseil, lers nez du Conseil privé du Roi. Lois. tr. des Ordres. Abolir un privilège. Patru, i. pi. Donner, accorder, confirmer des privilèges. Le Mait. Les privilèges des commençaux du Roi sont fort considérables. Les privilèges des Foires. Voie 2 quel privilège au nôtre peut atteindre; Avec des mots cheijìs aufii doux que le miel, Sur les gens d'un mente a craindre , On répand a grands Jiots le fiel. Desh.) PRIVILEGE. [Jus pracipuums Se dit en général de toutes sortes de droits, & d’avantages a tachez à de certaines conditions, états ou emplois. La qualité de mari donne de grands privilèges , mais elle ne donne pas plus d’accès dans le cœur d’une femme. Pr. de Cieves. La beauté est un privilège de la nature qui est de peu de durée. PRIVILEGE. [Prarogativas Lettres ou patentes qu’oti obtient. (11 est défendu aux Libraires d’obtenir aucune prolongation de privilège pour la réimpression de leurs livres, s’ils ne sont augmentez d’un tiers. Mais l’on se moque aujourd’hui de cette défense , & il vaudroit mieux leur accorder un privilège pour diminuer lents livres que pour les augmenter. PRIVILE'GE. Ce terme signifie ou un afranchif- sement de quelque chose de fâcheux & de pénible, oa une íimple préférence personnelle ; & tel est le privilège acordé par la loi aux plus anciennes hipotéques; telle est aussi la préférence que l’on donne à une personne sur une de même condition. Les Docteurs divisent les privilèges en réels, & en personnels ; on entend asiez ce que c’est que privilège réel, & privilège personnel : l’un est a taché à la chose, & l’autre à 1$ personne. La femme a un privilège, pour sa dot, sur les biens meubles & immeubles de son mari, selon I» Loi Romaine: mais cette loi est mitigée dans les Provinces où elle n’est pas observée à la rigueur ; car, suivant l’usage du lieu , une femme n’a de privilège pour sa dot que sur les éfets mobiliaires de son mari, & ne peut exercer son hipoteque sor les immeubles, que du jour de son contrat de mariage. Les privilèges acor- dez à des Communautez , ou qui sont atacbez à quelques fonds , sont réels. II y en a aussi de mixtes, qui sont également atachez à la personne & à la choie ; & telle est la restitution en entier, selon le sentiment de plusieurs Docteurs. 11 y a encore des privilèges divins , & d’autres humains : les premiers font fondez fur la Loi divine , & les autres , fur la Loi humaine. On reçonnoit encore des privilèges afirma- tifs, & d’autres , négatifs : les premiers donnent un droit certain de faire une chose ; & les autres consistent dans l’exemption de faire ce que les autres font. Enfin , il y a des privivileges gracieux ; & d’autres, onéreux, qui ont été aquis pour del’argent; au lieu que les autres sont l’éfet d’un bonne volonté. Tous les privilèges ont chacun leur objet particulier; il n’js en a point d’indefinis ; ils présopofent une supériorité de la part de celui qui les donne, & une infériorité dans celui qui les reqoit. II arrive quelquefois qu’un Prince acordé des privilèges à un autre Prince, fans donner ateinte à Légalité qui étoit entr’eux. Au reste, les privilèges contre le Droit divin, le Droit naturel , le Droit des gens, les bonnes mœurs & l’interêt du Public, sont injustes, & doivent être abolis. On a aussi beaucoup d’égard dans la concession des privilèges , à l’interêt des Particuliers, & l’on y inféré presque toujours la clause de Jauf le droit d’autrui. Quant à la forme des privilèges , elle a toujours été arbitraire. Le Pere Mabiilon a remarqué dans fa Diplomatique, liv, a. ch. p que cette forme a souvent changé, & que sous les trois races de nos Rois on » commencé & fini les act«, PRI actes, Tes chartres, Lettres patente*, & tout ce que ì’oti aapelic Diplomata, d’uns maniéré diferente. 11 remarque encure que l’on y ajoútoit toutes les clauses les plus Fortes pour les taire subsister éternellement; mais que cette précaution a été inutile, & l’on a toujours été dans cette jurisprudence, que les privilèges les plus autenti* ques ont besoin de continuation dans tous les change- mens de Rois ; & Bodin a remarqué expressément cette obligation dans la République, liv. i. ch. 8- où il s’expli- que rnnlì : ,, 1 ! est bien certain (dit-il) que les Loix, Or- ,, donnances, Lettres Patentes, Privilèges, Octrois des ,, Princes n’ont aucune force que pendant leur vie, s’ils ,, ne sont ratifie2 par consentement exprès, ou du moins >, par soufrance du Prince qui en a connoiiíance ; & ,,pour cette cause, Bartole député Ambassadeur vers „ l’Ëmpereur Charles IV. pour obtenir continuation des „ privilèges de Perouse, en obtint la confirmation pot- ,, tant cette clause , jusqu’à ce qu'il soit révoquépar nos „SucceJjeurs , au préjudice deíquels il ne pouvoit rien „ faire. Qui fut la cause que Mr. de l’Hôpital Chance- „ lier de France, refusa de sceller la confirmation des ,, privilèges & exemptions de Tailles de Saint Maur des ■ „ Fossez, quelque mandement qu’il eût eu de ce faire ; ,, parce qu’ils portent perpétuel affranchissement, qui ,, est contre la nature des privilèges personnels , & qui j, diminué la puissance des Successeurs, & ne se peuvent „ donner aux corps & colleges qu’àla vie du Prince qui. ,, les octroyé, ores que ce mot perpétuel y soit ajouté, „ &c. “• Mais cette confirmation n’est pas si absolument nécessaire qu’il faille Bavoir obtenue avant que de pouvoir se prévaloir du privilège, qui est toléré jusqu’à ce qu’il ait été ou confirmé ou révoqué ; cette confirmation étant necelîàire pour en prévenir la révocation qui doit être expresse, li ce n’est quand le privilège est personnel ; car il finit avec la personne. Enfin, on est privé de son privilège , non seulement par la révocation expresse, mais quelquefois par le no n-usage, le privilège étant, dans certaines ocalions, une charge onéreuse à une autre personne, qui peut aquerir sa liberté par une légitime preicription : mais les privilèges qui consistent dans une íìmple faculté qui ne blesse personne, sont imprescriptibles. PRIVILEGIE', privilégiée , adj. [Privilégia donatus.j} Qui a quelque privilège. Qui jouît de quelque grâce particulière. (Un tel est privilégié. Marchand de vin privilégié. Créancier privilégié.) PRIVILEGIEZ, f m. [ Pnvilegiarii.J Ceux qui jouis- sent de quelques privilèges. (11 y a un grand nombre de privilégiez dans le Rpïaume.) PRIX , f m. ou Pns. {Pretnun , xfiimatio.'} La valeur d une chose. (Abaisser de prix. Se défendre du prix. Gui Guillot est un Médecin à juste prix. Cette marchandise est à fort vil prix. Vendre a prix raisonnable. Marchandise kors de pnx. C’est.à dire trop chere, dont le prix est excessif. Etofe de prix. Pierre de prix.) PRIX. iQuoquo pretio .] Ce mot entre dans une Façon de parler fort ordinaire. Exemple. (A quelque prix que ce fût, il vouloir satisfaire ses désirs. Le Comte de Bujfi, c’est-à-dire, quoi qu’il en coûtât ou en pût arriver, il vouloir, &c. Métré une tête à prix ) PRIX. [Pramium.} Récompense qu’on donne au mérite. Fruit & utilité qui revient de la peine qu’on a prise. Fruit qui reluire de quelque choie. (Leur tête sera le prix de la réconciliation. Abiunc. Arr. C’est une faveur qui ne peut avoir de prix. Voit. let. 27.) PRIX. [Remuneratio ] Jugement avantageux qu’on fait d’une chose, ou d’une personne. (Le prix qu’elle m’a donné venant d’une íi bonne part, me semble hors de prix. Voit. let. 42.) PRIX- [ Pramium , merces , palma. J Ce qu’on propose publiquement, ou de quelque autre maniéré so- lemnelle pour être gagné, & donné à la personne qui aura le mieux fait. (Proposer un prix. Gagner le prix» Remporter le prix.) Au prix. fsoxr. J C'est-à-dire. En comparaison, (Théophile n’est rien au prix de Malherbe.) PRIX pour pr:x. [ Pro rata parte. ] Façon de parler adverbiale, qui Ggnitìe à proportion du prix. (Cette éro- fe est plus chere que l’autre, prix pour prix, c'est-à-dire, à proportion de ce que chacune vaut.) Entreprendre un ouvrage a prix fait. (j Opus co». fíUCCYS ,^J PK.OBABILISTE > f m. [Opinioni probabili addi. fius.'J Celui qui soutient la doctrine des opinions probables. (La facilité des probabilités ouvre la porte aux PRO 227 plus grands désordres, en accordant à l’opinion les prérogatives de la bonne conscience , qui n’apartient qu’à la certitude. X. Evrem.) PROBABILITE',// [_Probabi!itas.J II vient d u Latin. Apatence de vérité. Vrai-semblance. Doctrine des opinions probables. (Si vous entendiez notre Doctrine de la probabilité , vous verriez bien que cela n’y saie rien. Pusc.l. J’oserois comparer la Doctrine <)e fori- ger l’intcntion à la Doctrine de la probabilité P-sc. A 7. La plupart des opinions ont chacune quelque probabili. té, qui peut être suivie en Fureté de conscience. P.jc. I. 6. Par la probabilité dû pour & d u contre, on acotde toute sorte de contradictions. Pose. I. 6.) PROBABLE, adj. [Probaóilis.J Qui a de la vrai scm- blance. Vrai-semblable. Qui se peut prouver par raison. (Rendre une opinion probable. Pasc. I. ç. Une opinion est apellée , lorsqu’elle est fondée sur des raisons de quelque considération. Pasc. I. 4.) PROBABLE,/ m. {Verifimìlis.’] Vrai-semblable. Tout ce qui a apatence de vérité, & qui se peut prouver pat raison. (Je ne me contente pas du probable , je cherche le seur. Pasc. I. ç.) PROBABLEMENT , adv. [ P robabìlìter. ] Avec probabilité. ( 11s ne font engagez que probablement à obéît à leur Supérieur. Pasc. I. 6. C’est elle qu’on doit probeu blement accuser de tapt. Paint, pi. 11.) PROBATION,/ /'• ÌProbatio.1 Mot Latin. Prononcez probacion. Terme de Capuci» U de quelques au. tres Religieux. 11 se dit en parlant du noviciat , & c’est proprement le tems du noviciat, durant lequel on éprouve & on voie li le Novice a l’esprit de religion. (Faire son année de prédation. On ne peut recevoir un Reli- gieux qu’après le teins de probation. Patru,pl. ,;.) PROBATIQUE , tProbatica pjcina J Piscine probati- que. Terme de P Ecriture. Réservoir d’eau , qui étant remué par un Ange, guerissoit le premier qui íe jettoit dedans. PROBITE',// [ Probitas, aquitas.J II vient du Latin probitas. Vertu. (Une haute probité. Une particulière, Une grande probité. Avoir beaucoup de probité. C’est un homme d’une probité connue. C’est une Dame d’une probité exemplaire.) PROBLEM A TIQUE , ad. [ Incertus , anceps.] Qui tient du problème. Probable. Sur quoi on peut disputer de pan & d’autre. (Question problématique. },Jais ce peuple trop prévenu D’un zélé de Mathématique , A fi bien iait qiiil a rendu La morale Problématique, Et peut fur chaque quejiion Répondre a son choix oui ou non. Aut. An.) PROBLE'MATIQLIEMENT , adv. [ Ancipiti anittio. J D’une maniéré problématique. ( Disputer problématí- quement) PROBLêME,/ m. j] Probtema .J Ce mot entre Philosophes lignifie question de Morale, & plus ordinairement de Phisique, où l’on a pour but principal d’exercer BeC- prit. Question fur laquelle on dispute probablement de part & d’autre, & qui par conséquent n’est pas évidente. (Un beau problème. Les problèmes d’Aristote font fort connus. 11 y a eu un problème propose à Monseigneur le Cardinal de Noailles Archevêque de Paris, & qui fut brûlé par la main du bourreau ; & c’est à son occasion . qu’on a dit: On a proposé depuis peu Un ajfcz surprenant Probleme , (fsa hon droit ont fait mettre au feu . £es Daguejjeaux U fer De Mefine , Ainfi ì’on résout en ces lieux Un Probleme./ curieux. Aut. An.) PROBLêME, f m. [Problema .] Terme de Géométrie. Ce mot est Grec. Proposition qu’il faut démontrer, mais dans laquelle il s’agit de faire quelque chose, & de prouver qu’on a fait ce qu’on avoir proposé de faire. Port* Roml, Elem de Géométrie. (Un problème dificile.) PROBLêME. ll’roblema.2 En Algèbre c’est une question, ou proposition qui demande qu’on découvre quelque vérité cachée. (L’Algébre sc vante de resoudre toutes sortes de problèmes. Problème linéaire. Problêmé plan, solide, &c. Problème local. Problème Nautique, c’est-à-dire, qui regarde Part de la navigation.) Tom. UL F f 2 if Le 228 PRO f§ Le problème efí une proposition dont l’execution est difiale; il y en a de plusieurs sortes. Le problème ordonné , est celui qui n’a qu’une solution , c'est-à-dire, que l’on ne peut exécuter que d'une seule maniéré. Les Mathématiciens en donnent cet exemple : On ne ■peut (disent ils) décrire sur une ligne donnée un triangle recithgnc équinoclial que d’une maniéré. Par ce mot, donné, on entend, dans les Mathématiques, ce qui est connu de grandeur, ou de position , ou d’ejjéce , ou de proportion. Quand la grandeur est connue, on l’apelle donné de grandeur s & quand la position est connue, on rappelle donné de position, &c. Voïez Ozanam , Di. (Honneure Mathématique. Le terme donné, est très-bien expliqué par Jerôme Vitalis, dans son Dictionnaire Mathématique , verb. Data : Data apud Geometrat (ujurpató jam -Jibi solemni , atque ad Jumn intentwn txplicandum, tltfio unicè boc vocabulo ) dénotant, ac peculianter signant indubitata quadam uxiomata , U assumpta, quie aliàs perse nota, non indigent ulteriori probatione , ut communiter admittantur , ex quibus po- Jlea udmjjìs Aevenitur ad probationem aliorum termino- rum , quibut conjiituuniur thoremata çif problemata per qu* procedit rerum demonjíratio qua proponitur ; pro- mdeque bec principia , quibut inmtitur demonjíratio sac ien d a , data antommajìicè apellantur. Probiême in- ordonné, c’est celui qui reçoit plulieurs solution». Le déterminé, est celui qui n’a qu’une solution, ou du moins un certain nombre fixe. 11 peut être simple, li. mité, plan,solide, & surso/ide, c’est-à-dire, plus que solide. L’explication de tous cés problèmes nous mene- roi t trop loin , je me contenterai d’indiquer le Difiion * naire Mathématique d’Qzanarn , où l’on pourra s’in- Itruire. Voïez Théorème, où j’explique la disérence qu’il y a entre le problème & le théorème. PROBOSC 1 DË, j’s [ Probosdr.j Ce mot est Grec, & il ne se dit en François qu’en terme dc Blajon. 11 lignifie la trompe d’un Éléfant. PROCEDE',/.»!. [ sigendi ratio , modut, J Conduite que tient une personne à l'égard d’une autre. (Son procédé n’a rien qui ne sente l’honnête homme, 11 est dificile de juger si un procède net, sineere & honnête , est un éfet de probité ou d’habileté. Mémoires de Monsieur de la Kochefoucaut. Voilà de nos maris le procédé commun , Ce qui leur ejl permis leur devient importun . Molière, Cocu.) PROCEDER , n. [Ortum dscere,oriri.l Venir. Dériver. (Le mal proccde de là.) PROCEDER bien. [ tíenè cum aliquo agere.J C’est en user bien envers quelqu’un. (C’est un homme qui procède bien à l’égard de tout le monde.) PROCEDER mal. [Se malègerere.J En user mal à l’égard des gens. ( C’est un misérable qui procede mal avec tous ceux avec qui il a à faire.) PROCEDER- [ Litem promoverej Terme de Pratique. Faire quelque proeedure. Instruire quelque procès. Mettre un procès en état. (On va proceder contre lui. Proceder au jugement d’un procès.) PROCEDURE , J', f. [Judtaorum formuhcs Terme de $ujiice & de Palais. Tous les actes de justice faits pour íinstruction de quelque procès. (Procédure civile. Procédure criminelle. Etre apellant de toute la proeedure qu’on a faite contre nous. Proeedure étrange, inoúie, extraordinaire, surprenante , longue, défectueuse, raisonnable, & qui est dans les formes. .Examiner une procédure , la déclarer nulle. Une omission considérable doit faire casser une proeedure. Rendre une proeedure suspecte Découvrir, réparer le défaut d’une proeedure. Le Maître ç«f Patru, plaidoié.') PROCEDURE. [ ÀHio judicii. J Terme de Pratique. Maniéré de bien conduire un procès, selon les formas de justice. (Savoir la proeedure. Ápxendre la procédure.) PROCES,/»*. [/.«'.J Différend entre les personnes, qui se termine par les voies de la justice. C’est aussi une instance apointée qui se doit juger sur les écritures Si les procédures des parties. (Juger un procès. Ce n’ejl point pour ses droits, Pejì le procès qifelle aime ; Pour elle un bout d’arpent qu’tl faudra disputer Vaut mieux qu’un fief entier acquis sans contejler. Despr.) VROCE'S par écrit. [Prococatio scriptìs C’est un pro- PRO cès apointé & distribué à un des Conseillers des Enqué* tes, & qui est instruit sorl’apel d’une sentence, ou jugement par raport, & sur lequel il y a épices. II y a encore des procès dont les uns sont apellez procès ordinaires, & les autres extraordinaires, ou criminels qu’on instruit contre un acusé criminel sur la plainte qu’on a tendu*. (Instruire un procès.) PROCéS [Perscriptarei gejlœs Terme de Pra. tique. Discours narratif de ce qui s'est fait devant un Juge. Récit de ce qui s’est fait & passé devant un Juge, ou Commissaire, ou autre Oficìer de justice. Ce procès a été apellé verbal, parce qu’autrefois on ne l’écrivoit pas. (Dresser un procès verbal. Voïez Loiseeiu des OjU ces, chap. 4 ) ■f * Paire le procès à un mot. Voiture , lett. ; 5. [De vocabulo contendere.'] C’est le condamner. t * Faire, fans se flater, le procès à son vice. Despreaux , Satire 4. C’est condamner son vice. t * Après cela, il n’y a plus rien à dire, voilà son procès fait. Mol. C’est-à-dire, le voilà condamné Villon a raison de leguer à son ami Cardon deux procès, afin qu’il ne grossisse point trop : Et deux procès, que trop n’engraisse. La fatigue & les soins d’un procès , sont ennemis de l’embonpoint. PROCESSIF, ive , adj. [Litium cupidus , litigiosus.’} Qui aime les procès & qui en fait legerement. (Les bas* Normans sont procejjìfs.) PROCESSION, / / .[ Procejjìo , Jupplicatk. ] Terme d ’EghJ'e. Cérémonie de l’Eglise dans laquelle le Lier. gé & le peuple partent d’un lieu sacré pour y retourner en chantant des prières. (Les plus belles procès- sions se font ordinairement à la grande & la petite Fé- te-Dieu. Le chantre aux yeux du chazcr étale son audace , Chante les Oremus, fait des Processions, ES répand a grands flots les beneduhons. Despr.) {§ PROCESSION. Les Protestans qui ont établi parmi eux un culce simple & fans cérémonies, regardent nos Processions comme un reste du Paganisme.II est vrai que les Payens en faisoient de magnifiques. Virgile a fais mention dans le premier Livre des Georgiques, de la Procession que l’on faisoit toutes les années à [honneur de Cercs : annua magna Sacra refer Cererì. Et Ovide a remarqué que ceux qui assistoient à cette cérémonie, étoient vêtus de blanc, & portoient de» flambeaux alumez: lUic accmdit geminas pro lampade pinus. II est encore vrai que les Payens faisoient des Processions & des prières autour des champs ensemencez, lesquels ils arrosoient avec de l’eau lustrale, félon le t»« moignage de Virgile, Eglogue Et cum Jilemnia vota Reddemus Nymphis, cum lujirabimus agtos. Mais on leur a dit souvent que le culte extérieur de* Catholiques n’étant point une partie essentielle de la Religion , mais seulement une maniéré solemnelle d’o* frir leurs vœux & leurs prières à Dieu, on a bien pù se servir des cérémonies Payennes, fans pouvoir être acusé de Paganisme. Les Processions sont d’elles-mê* mes indiférentes. L’intention que l’on a en les faisant, les prières que l’on y chante, éfacent entièrement la tache de la fausse Religion , & en sanctifient l’usage. 11 n’en faudroic pas davantage pour convaincre d’in- justice les Protestans qui d’ailleurs ne veulent pas f# souvenir que les Processions sont plus anciennes que le Paganisme, puis qu’elles ont été pratiquées parles Hébreux ; & par conséquent, c’est plutôt dans la pra- tique de cette Nation, que les Catholiques ont pris le modèle des Processions que l’on fait aujourd’hui. Peu- vent-ils en éfet ignorer que les murailles de Jérico tomberent d’elies-mêtnes, après que l’Armée dejosus marchant en procession, eut fait le tour de la ville six fois dans six jours diférens, & que cette Procession se fit solennellement au son de sept trompetes dont on le servoit dans Vannée du Jubilé, k que l’Arche précédent cette cérémonie, qui fut suivie de la chut» des murs, que les Israélites descsperoient de pouvoit renverser ? Peuvent -ils encore ignorer la solennité aveí P ?vO avec laquelle David fit transporter l’ArcTie, & dont on voit la description dans k sixième chapitre du second Livre des Rois , où il est dit que l’Arche ayant été tirée de la maison d’Abinadab , qui la gardoit à Gabaha , David & tout le Peuple d’Israël joiioit devant le Sei- neur de toutes sortes d’instrumens de Muíique , des harpes, des Lyres , des timbales, &c. On pourroit encore leur alléguer plusieurs exemples des Processions publiques que les Hébreux faisoient dans certaines ocaíìons de Tannée : mais ce se roi t inutilement. On ne se rend jamais aux preuves les plus évidentes , quand on ne veut pas être persuadé. De toutes les Processions que l’on fait dans ('Eglise Catholique, celle du Saint Sacrement a toûjours été ataquée plus vivement que les autres , & parce qu’elle n’a pas été pratiquée dans l’Eglise Gréque , on veut qu’elle fuit abolie dans la Latine, comme si en fait de prières & de cérémonies, ces deux Eglises dévoient être uniformes, La décision du Concile de Trente l’a expressément autorisée , ainsi que les autres Processions , qu’un saint usage a établies. 11 est vrai que Ton doute du rems auquel cette Procession si solemnelle a com- ’niencé : mais cette époque est indiférente, Ton peut voir fur ce point le Traité de Mr. Thiers concernant l’expolîtion du Saint Sacrement. Entre les honneurs que l’Eglise rend , ou aux Souverains , ou aux Patrons & aux Fondateurs, le droit de Procession, jus procesìa - nis , est un des plus considérables. 11 comprend en général toutes les marques de considération & de respect que Ton peut donner aux personnes à qui on les doit , comme l’encensement, la place dans le chœur, & autres de cette qualité. Mais Ton entend en particulier par jus procejjìonis deux honneurs difé- rens : le premier consiste dans ['obligation du Clergé d’aler en procession recevoir , ou le Roi, ou l’Evêque, dont il y a plusieurs exemples dans Thistoire Eclésia- stique. Saint Grégoire de Nazianze raconte dans Reloge de Saint rtthanase , que tout le peuple d’Alexan- dtie sut au-devant de lui, suivant Tancìenne coutume de recevoir les Evêques ; & Sozomene a remarqué dans son histoire > art. Z. ch. 14. que tout le Clergé de Constantinople , à la tête duquel étoit Saint Jean Chrylostome son Patriarche, fut recevoir Epiphane E- vêque de Chypre ; & depuis l’on a toûjours observé cette cérémonie , dont Tissage s’est converti dans unS obligation de la part du Clergé de s’aquiter de cet honneur, que Ton apelte encore à présent jus procejjìonis, & qui comprend auUi le droit & la prérogative aux Seigneurs Justiciers de marcher les prémiers dans les Processions publiques. f * O n ne peut pas sonner lu cloche & aller à la Proceffion. Proverbe populaire, pour dire qu’on ne peut pas faire deux choies qui demandent la présence en des lieux differens , en méme-tems. PR0CESSl0Ns[Pmyj/; a. [ Procreare , gignere. ] Ce mot est Latin & lignifie. Engendrer. ( II est du tempérament qu’il faut pour procréer des enfans bien conditionnez. Molière.') PROCURATEUR,/^- [Procurator.) C’est une forte de Magistrat Vénitien à vie qui a l’administration du bien des orphelins , & de ceux qui meurent fans faire de testament , & fans laiífer d’enfans. Volez rime lot , EiJL de Venise. Procurateur de S. Marc. II y a des Procurateurs en d’autres villes d’Italie , comme à Germes, &c. On apelie Procuratie leur district. PROCUR ATION , // [ Auclontas scrìpta nego. Prononcez procuracion. C’est un acte qui fe fait devant Notaire, par lequel on met & constitué ■une personne pour faire quelque chose qui regarde nos intérêts. (Faire & passer une procuration. Donner une procuration à quelqu’un pour quelque afaire. Etre fondé en procuration.) 0 1 Procuration. 11 faut ici remarquer que la procuration passée par un particulier subsiste julques à la révocation expresse, ou jusqu’au retour de celui qui l’a passée à son ami pour agir en son absence ; au lieu que la procuration pour résigner un bénéfice en Cour de Rome, ne subsiste que pendant une année, 3prés laquelle le pouvoir cesse entièrement. Voïez Visiter deS Evêques. ï PROCURATION. On apelloit autrefois Droit de Procuration , un droit que les Seigneurs avoient fur leurs Vassaux, en vertu duquel quand ils arrivoient fur les terres qui rclevoient d’eux, ils exigeoient un dîner , ou un souper , selon la nature & l’étenduë du droit. On volt dans un Cartulaire de l’Abaïe d’Esnay , qu’un Duc de Savoye passant à Lyon , envola dire à l’Abé d’Esnay, qu’il iroit louper chez lui à raison de sa vassalité pour quelques terres que l’Abé avoir en Bresse dans ses Etats. L’Abé répondit , qu’il convenoit du droit à l’égard du souper, & qu’il le donneroit ; mais qu’il ne devoir pas le dîner pour le lendemain. Le Duc répliqua qu’il le savoir bien , & qu’il ne le demandoit pas auílì. PROCURATRICE , s. s. [Procuratrix ] II fe dit d’une femme à laquelle on adonné une procuration. (File agit en ce sens comme ptocuratrice de son mari. ) Ce mot ne se dit qu’en termes de pratique. PROCURER , v. a. [ Cotnmodis alicujus consulere. J Causer quelque chose à quelqu’un. Faire en sorte qu’u- ne personne ait quelque chose. Etre cause de quelque chose. (Procurer de l’bonneur à quelqu’un. Voiture , lettre 47. Procurer du bonheur à quelqu’un. Volt. let. 2; Procurer du bien à quelqu’un. Mémoires de M. de la Roche.Poucaut. Procurer !a paix. S. Cir. (II se prend auílì en mauvaise part.) Procurer quelque malheur à quelqu’un. Ces calomniateurs lui ont procuré son bannissement. Le chagrin que ce procès lui a donné lui a procuré la mort. Regardez vos parens vieillir fans bénéfices , Songez qu’a votre époux cinquante ans de services Mont encor pu rien procures. Deshou.) •PROCUREUR , / m. [Procurator forenfis.) C’est celui qui apuie en justice les intérêts de (es parties. Les Procureurs furent établis du tems de François premier (Ce sont des animaux raviffims que ia plûpart de ces Messieurs les Procureurs , & malheureux celui quí tombe entre leurs mains. La première qualité d’un Procureur, c est de n avoir ni ame, ni conscience, & PRO alors il meurt riche ; mais un. Procureur qui a de la for, de la conscience & de l’honnéteté meurt comme un gueux, ou à l’bópital. On ne meurt point par Procureur. Abl. Luc. Bien-tòt son Procureur pour eUe usant sa plume , DeJes prétentions va t’ofrir un volume. Despr.) $ PROCUREUR. Celui qui est chargé de la procura- tion d’un autre pour agir en son nom. £ On dit prov. dans le Commerce, que celui qui fait ses afaires par Procureur, va ordinairement en personne à l’hôpital. PROCUREUR fiscal, t Procurator sisci. J C’est un ofi- cier de haut justicier qui a soin de procurer l’interêt public & l’interét du Seigneur, qui plaide en sa justice sous le nom de son Procureur fiscal. Volez Loseau , Traité des Ofices. PROCUREUR de Roi. [ Cognìtor Régi us. J C’est celui qui représente les intérêts du Roi en chaque juridiction. (Etre Procureur du Roi au Prélidial, au Châtelet de Paris. Etre Procureur du Roi en sélection, &c.) PROCUREUR général. [Regiarum caujarum fummus cognitor.J C’est Policier qui doit intervenir & conclure dans toutes les afaires ausquelles Sa Majesté, l’Egiise, ou les mineurs ont intérêt. (Monsieur le Procureur général du Parlement de Paris est dans une haute estime. 11 est maintenant Chancelier. Ni le sang ni la chair n’onc point eu de part à son élévation.) PROCUREUR. [Dominus procurator f] Ce mot se dit parmi plusieurs Religieux , c’est celui qui sollicite les procès, & qui a soin de tous les papiers & de tous les titres de la Maison. PROCUREUSK , / f. [ Procuratoris uxor. j Ce mot pour dire la femme d’un Procureur ne fe dit point, ou il ne fe dit qu’en riant, comme a fait Air. Bouríkut. (Je fuis dans un étage a paroìtre plus grande , Ou qu’une Procureuse, ou bien qu’une Marchande. Kours. Esop.) PROCUREUSE générale. [Summi procuratoris uxor. f C’est ia femme du Procureur général d’un Parlement à laquelle on donne la qualité de Dame. ( Madame la Procureuse générale est fort estimée.) PROCUREUSE du Roi. ([Regii cognitoris uxor.) C’est la femme du Procureur du Roi de quelque Juridiction considérable. (Ainsi on dira, Madame la Procureuse du Roi du Châtelet de Paris est belle.) PROCYON , / m. [ Antecanis . ] Nom que les A- stronomes donnent à une étoile qui est au ventre du petit chien. PRODIGALEMENT , adv. [Prodigè, effusè.) En prodigue. Avec profusion. (11 dépense son bien prodi- galement. ) Ií se prend quelquefois en bonne part, & iignihe seulement, Avec abondance. (Dieu verse pro- digalement ses grâces sor nous.) PRODIGALITE’’, J. f. [ Prodigentia , disjolutior libe- sautas, j Depense excessive en des choses vaines, de nulle conséquence, & peu convenables à ia personne qui fart cette depense. (La prodigalité est vicieuse, mais elle n est pas heureuse, elle est mille sois plus louable que 1 avarice qui marque toujours un très-petit cœur. Volez Benevent. Paraphrase Jur le quatrième livre de la Morale A’AnJtote.) PRODIGE,/ m. [Prodigium , monsrttm. J Monstre. Signe extraordinaire d’une chose future & qui arrive contre le cours ordinaire de la nature. Choies surprenantes & contre le cours de la nature. (Bouhours par un prodige encor plus incroyable , Dit que Jsus.CbriJl fut emporté par le diable. A ut. Anon. zac , Socrate Chrétien. II etoit survenu un prodige'qui lesétonnoit. Abîme Air. I. 1. c. 6. Ce Prince fut un prodige de cruautez Acad. Franç. Une pluie, de pierres, ou de sang, sont des prodige qu’on efcpioit par des actes de Religion. Balzac , Sonat Chrétien.) 0" Je ferois peut-être ennuïeux, si je raportois ic l’endroit du Sourate Chrétien de Mr. de Balzac, ou > condamne hautement cette lbcution , prodige de devo tion. Sa censure mérite qu’on la lise; elle est très-judi cieufe & tres instructive. Prodige ne se prend que ttes rarement en bonne part. Nous ne disons point, FR O 'prodige de dévotion , une prodigieuse piété, un Orateur, ni £« Poète prodigieux , ««s harangue, ni zwe élégie prodigieuse , comme stlr. Ménage, ísliw. 2. rie ses Obferv. ch. 17. a remarqué. On peut le dire , mais ce n’èst que pour marquer les défauts qui rendent la dévotion affectée très-odieuse, & les Ouvrages d’un Orateur ou d’un Poète très-mepriiables. * PRODIGE. [ Miracuìum. ] Ce mot se prend quelquefois en bonne part, mais il etì bon d’y préparer l’ef- prit auparavant, ct alors il signifie merveille. (Les Saints ont fait de grands prodges.) (S La superstition des Anciens a été fi grande, qu’ils ont souvent regarde comme prodiges, des choses naturelles. Pour être instruit de cette matière, vous pouvez recourir aux Mémoires de Literature de l’Académie des Inscriptions, tome 4. page 411. où vous trouverez amplement dequoi vous satisfaire. f * PRODIGIEUSEMENT, adv. [Prodigiosèst Beaucoup. Fort. ( Sa Cloris est prodigieusement laide, mais elle est belle au cotre, & c’est tout dire.) ■'PRODIGIEUX, prodigieuse. [Portentosus, mirandusst Ce mot se prend en bonne part, il faut qu’il soit amené & préparé auparavant avec esprit, & alors il lignifie mtvoez/àzv, extraordinaire, admirable. (11 aune prodigieuse mémoire. Prodigieuse fécondité. Costar.) PRODIGIEUX, prodigieuse , adj. [ Prodigiosus, mon. strosusst Monstrueux. Qui tient du prodige, & qui est contre Perdre ordinaire de la nature.(La taille des geans étoit prodigieuse, Balzac.) PRODIGUE , adj. s Prodigus. ] Qui dépense excessivement & follement. Qui ne met point de bornes dans la dépense qu’il fait. ( L’enfantpmízgzzedel’Evan- gile sera connu dans tous les siécles. Une femme prodigue est une chose affez commune, au moins à Paris.) PRODIGUE , f. m. [ Profusus, in largitione efu/ìor. ) Celui qui dépense excessivement, sans jugement, professe. ( C’est une profession honorable. I,a profession d’Avocat est la plus belle & la plus indépendante de toutc.s les piofessions. 11 est d’une profeílìon que Ton n’estime pas. Exercer une profeílìon. On trouve peu de gens qui soient contens de la profession qu’ifs ont embrassée.) PROFESSION , f.s. [Confessoi] Déclaration publique Sc soíemnelle de la Religion , de fa croyance. (Ceux qu’on pourvois d’Evêchez, font leur profession de t’oy.) * PROFESSION. Ce mot se dit souvent au figuré. {Par exemple on dit : II fait profession d’être savant. C'est-à-dirc, il se pique d’être savant. II sait profession de bel esprit.f f On dit aussi, un fadeur de profession, ou un homme qui 11e fait autre chose que jouer ; un dévot de profession, ou un homme qui affecte de passer pour dévot. PROFESSION. [Solemnis votorum numupatio.J Terme de Religieux & de Religieuse. Elie consiste à faire so- lemneliemenr les trois vœux de Religion qui font pauvreté, obédience & chasteté. (On ne fait profession qu’a- prés le noviciat & qu’aprés avoir eu les voix des Reli- gieux ou des Religieuses pour être admis à faire profession. La profession Religieuse doit être libre. Elle est nulle avant sage. Le AI ait. 2. A. 16. Lc véritable Religieux est celui qui a renoncé „ par une protestation publique & autorisée de T Eglise, „ aux afaires , aux ocupations, aux biens, aux hon- „ neurs & aux plaisirs du monde ; qui s’en est interdit „ l’ufage pour toujours par Rengagement qu’il a pris „ avec Dieu , qui soûl doit devenir l’objet de ses pen- ,, fées , de toutes lès afections , de tous sos désirs, en- „ forte qu’il ne peut plus user des choies même ne- „ cessaires, & dont la condition humaine l’empécbe „ de sc passer, que par raport à Dieu, & dans le def- „ sein de lui plaire. “ C’est ainlì qu’un illustre Abé nous a donné la première idée de la vie monastique ; elle doit cfraier ceux qui Tembrassent fans la connoitre & dans un âge peu capable de fe connoìtre eux mêmes; aussi ce sont là les deux sources de tant de repentirs, dont on ne voit que trop d’exempses. Les prémiers Chrétiens qui fe mirèrent dans les déserts pour eviter la rigueur des persécutions , & ceux qui les suivirent pour s’éîoigr.er de la corruption du siécle , n’eurent d’aboid d’autre régie que les inspirations dontDieu les favorisa , & ne s’engagerent aux austérité? de la retraite que par un dévouement secret & volontaire qu’ils executerent d’autant plus volontiers, qu’ils avalent la liberté de retourner dans leur prémier état fans craindre d’être punis comme infracteurs de leur engagement. Le nombre des Anachorètes étant considérablement augmente, il fe forma insensiblement entr’eux des communauté? qui se iierent ensemble pour les exercices spirituels, fous la conduite & fous les ordres d’un Supé- ct la reconciation à >»us les biens temporels ; & c’est là (pour me servir des termes du même Abé),, une j, immolation d’un holocauste qui ne soufre point de PRO restriction, ni de réserve. “ Dans la fuite, on treufà à propos de rendre solemnel cet engagement, afin q,,‘il fût plus respecté, & plus dincile à rompre- Quelques- uns, pour diminuer la dignité & la force des vœux, ont dit, que Ton a inventé les Professions publiques ct autentiques , pour arrêter l’inconstance trop fréquente de ceux qui fe repentoient , ou fe rebutoient trop facilement ; ce qui eau soi t un grand scandait ct de grands troubles dans les familles. Mais qutl avantage peuvent ils tirer de la prétendue nouveauté des Professions folemnelles , & qui font faites à la face des autels ? Celui qui s’est engagé à Dieu feu! & fans cérémonies extérieures à observer la chasteté , l’obéïs- sance à ses Supérieurs, la stabilité dans un lieu , & qui a renoncé aux biens & aux plaisirs du monde, n’est pas moins coupable que celui qui viole un sein- biable vœu fait solemnellement. D’ailleurs, selon le sentiment de plusieurs Docteurs , la solemnité n’est pas essentielle à la Profession religieuse , puis qu’avant le Pontificat d’Innocent II. on reconnoissoit pour véritables Religieux , ceux qui n’avoient fait que des vœux simples de. chasteté, de pauvreté & d’obcïssance, donî les Conciles ct le Pape pouvoient dispenser non seulement pour des causes genérales, mais aussi pour deí raisons particulières , au lieu qu’à présent, selon le sentiment de plusieurs Docteurs, les vœux solemnels sont indissolubles; celui qui les fait, meurt au monde pour vivre à Dieu feulement. Les ennemis de la vie monastique poussent plus loin leur critique ; ils disent que le vrai Chrétien est obligé par son batême aux mêmes observances des Religieux , si l’on en ex- cepte la stabilité. Mais ce même Abé dont je ne cessa point d’admírer l’efprit & la piété , répond à cette objection , en disant „ qu’un Solitaire doit aler,, plus loin qu’un simple Chrétien ; il faut qu’il soit,» dans un détachement actuel de toutes les choses sen- „ sibles ; il faut que, comme Téternité est toute feule „ son partage , elle soit aussi Tunique objet de toutes,, les actions de son esprit ct de tous les tnouvemens,, de son cœur. Les conseils que Jefus-Christ donne aux,, hommes en général, lui sont devenus, parsavoca-,, tion , des préceptes indispensables ; & il n’en fait,, point aise? pour s’aquiter de Tobligation de son état,, íi son dépouillement n’est entier, si son abnégation,, n’est réelle ct élective, ct s’il ne fait passer dans ses,, oeuvres les fentimens de son cœur. ‘‘ En éfet, la profession monastique est comparée à la mort civile, ct elle produit cette espece de changement que les Loix apellent maxima capitis diminutio ; mais il faut qu’elle soit faite avec toutes les circonstances requises parle* Loix Eclélialtiques, & par les Ordonnances de no* Rois, qui ont réglé l’âge auquel les personnes de l’tul & de Tautre sexe peuvent s’engager aux observances de la régie qu’ils professent. PROF IL, f. m. [Sténographia."] Terme de Peintre. C’est la vûé de quelque lieu entant qu’elle est oposée á çe qu’on apelle.p/«w. (Ainsi on dit, le profil de la ville de Paris. ) Le mot de prosl signifie aussi une tète veúe de côté. [ Cathagraphum. ] (On dit une tête de profil, on dit de même une figure de profil. De Piles, Lonvursatmni .) PROFIL de bâtiment. [ Sténographia adiscii. ] C’est Televation géométrique & orthographique de quelque bâtiment. FROFIL de forteresse. C’est la coupe imaginaire d’uns place à angles droits pour marquer & reprefenter toutes les hauteurs des remparts, des murailles, des foi» íez.^&c. Vtlibien, Traité d’ArckiteHure. f§ On dit, le prosl d’un visage ou d’une tète. lorí qu’on n’en voit que la moitié, & Tun des côte?. Quoique le mot de prosl soit général pour exprimer tous les contours d’un corps , néanmoins en Peinture on ne s’en sert pas d’ordinaire ; on dit dejsner, ou contour- ner ; & lors qu’on parle d’un profil , on entend ordinairement un visage que Ton ne voit qu’à moitié, fe* libien, principes , &c. Profil de bâtiment , c’est l’éleva- tion géométrique ou ortographique , qui fait voir le* dedans du bâtiment. Quelques uns croient que profil est ce que Vìtruve apelle scenograpbia, ou seiograpbia. Mais Mr. Perrault a expliqué dans ses Notes fur Vitru* ve , hb. 1. c. i. tous les mots dans leur véritable signi* fì cation. DaviJer nous éprend ‘ c^uq py^Ji/ de teyyes eít I? section d’une étendue de terre en longueur, comme elle se trouve naturellement , & dont les coups de niveau & les stations du nivellement marquées par le* ligne* PRO lignes ponctuées font connoitre le raport de la superficie de cette terre avec une base horisontaie qu’on établit ; ce qui se sait pour dresser un terrein de niveau, ou avec une pente réglée ; quand il s’agit rie disposer un jardin , planter des avenues d’arbres , tracer des routes dans un bois, &c. on fait ordinairement ces fortes de profils fur une même échelle pour labâse & les aplombs; quelquefois auíli on réduit cette bâfe fur une plus petite échelle que les aplombs des stations, pour acourcir le dessein d ’un profil de trop grande longueur ; mais cette dernière manière est incommode , parce qu’on ne peut pas trouver fur ce dessein , les pentes, chûtes, & autres moi'ens qui fe pratiquent pour le ra- cordement des terreins. PROFILER, v. a. [ Delineare, adumbrare.} Terme de Peintre. Faire le contours d’une figure. (.Profiler une figure ) Monsieur de Piles qui fe connoit parfaitement en peinture K qui en écrit bien, n’aprouve pas le mot de Profiler. PROFll', s. m. [I.ucrtim, quajìus.} Ce mot vient du Latin profechts. II signifie Gain. Utilité. (Avoir de grands profits. Faire des profits considérables. Métré tout à profit. Chacun tire à son profit. Faire son profit de quelque chose. Cela tourne à votre profit. Cependant noire onde inutile Par des sentiers confus dans les rochers se perd , Et ce tribut flotant réser vé pour la vide Arrose sans profit unjierite dejert. Mr. de la Monnaie.) x PROFIT permis fVf légitime. Celui qui fe fait dans un commerce juste, & qu’on éxerce avec probité. q- PROFIT illicite ffi odieux. Celui qui fe fait par de mauvaises voies & dans un négoce défendu parles loix. PROFIT. ZUsura ) II fe dit des intérêts de l’argent. * PROFIT- Vadimonii adjudication Ternie de Pratique. Un défaut emportant du profit. C’eft-à-dire, gain de cause. Faire juger le profit; d’un défaut. PROFIT de fies. [Pro vent us clienteUt.} Droit qui est dû au Seigneur dominant en plusieurs mutations. PROFIT. \Frue lus , progrejfus Progrez qu’on fait dans les sciences & dans la vertu. (On tire beaucoup de profit de la lecture des ouvrages de Port-Royal.) f PROFITABLE , adj. [ Utilis, frufìmsus, ) Utile. (Rien n est plus profitable que la santé du corps & plus salutaire que celle de Paine.) PROFITER, v. n. [ Lucrum perciperc. ) Tirer quelque gain, quelque profit, quelque intérêt. (Faire profiter l'on argent. Son argent profite.) PROFITER, v. n. [ Ùiilitatem capere .] Tirer quelque avantage , quelque utilité, quelque profit. (J'ai fçu profiter de la maladie que j’ai eue. Voit. I. ;i. II vouloit profiter de tous les évenemens. Mémoires de la. Rocbesemant.') PROFITER. [Crescere.} Ce mot fe dit des personnes écries plantes. C’eltfaire quelque progrès. Croître. (Ce fond n’eft pas bon, les arbres n’y profiteront jamais. Profiter dans l’étude de la sagesse. Ablanc.') * PROFITER, íervir, être utile. (Vos bons avis ne lui ont profité de rien. L’argent mal aquis ne profite guére.) PROFITEROLES, /• m. lOfasubcinericia.} Les Cuisinières apellent Potage de profiteroles un potage, fait avec des petits pains dégarnis de mie, fechez, mitonnez , & remplis de béatilles. Ce mot s’est dit autrefois d’une pâte cuite fous la cendre. Acad. Fr. PROFONC1E', adj. [ Demersus, prosundus.} Terme de Mer. (On apelle Navire profonde. Un vaisseau qui tire beaucoup d’eau, & à qui il en faut beaucoup pour le faire floter. Acad. Fr.) PROFOND, profonde, adj. [Prosundus.] Qui est creux. Qui a de la profondeur. (.Un puits profond de vingt deux pieds. Ablancourt, Ar. L i. Un abîme profond. Un puits fort profond. Une cave profonde. La riviere est profonde.) PROFOND , prof.nde. C Alt us , profundus. } II fe dit aussi de ce qui est étendu en long. Une forêt profonde (Cette maison n’a guére de face, niais elle,est profonde. Un ruìjj'eau conservait son onde , Vive, pure . brillante en sa grotte profonde. Tribolet.) * PROFOND, profomle. [Altur.] Grand. Haut. Particulier. i.On doit lire l’Ecríture avec un profond re- speét. S. Cir. C’elt un homme d’une profonde érudition. PRO 233 * Le bruit de cent combats troubloit de nos bocages, Lejilence profond ) * Lire dans un profond sommeil. [AItiaresomnopremi .] C’est-à-dire, fort endormi. LJe jouis d’une paix profonde, Ft pour m’ajjiirer le seul bien Qison doit ejiimer en ce monde , Tout ce que je n’ai pas, je le compte pour rien. Abé Régnier. J PROFOND, profonde, adj. [Hum/lis.] Ce mot, en parlant de reverence, veut dire , grande & bajj'e. (Faire une profonde reverence.) PROFONDEMENT, profondément , adv. [ Altè. ] II faut dire & écrire profondément. Avec profondeur, liien avant. D’une maniéré baffe & humble. (Saluer profondément. Profondément enraciné. Port-Roial.) PROFONDEUR,,/! / f Altitudo, profundum .] Maniéré dont quelque chose est creux, enfoncé & profond. (On ne peut passer le Tibre à cause de sa profondeur. Ablanc. Ret. I. 4 . c. 1 . Cette caneluce a trop de profondeur, P errant, Vìtruve .) f PROFONDEUR, se dit aussi de l’étenduë en longueur. (La profondeur d’une cour, la profondeur d’un bâtiment. L’ìnfanterie doit combattre sur beaucoup de profondeur & peu de front.) * PROFONDEUR, [Sub/unitas.] Se dit en choses morales. (La profondeur des jugemens de Dieu. II y a des gens qui n’ont pas, st j’ofe le dire, deux pouces de profondeur ; si vous les enfoncez, vous enfoncerez le Tuf. La Bruy.) PROFUSION, / / [Profufa libéralisas.'} Somp- tuosité. Largesse excessive. (Une grande profusion. Faire des profusions. Ce font d’excessives profusions. C’est de là que font venues ces profusions d’Orlìnes. Vuug. Quint. I. x. c. 1 .) X PROFUSE'MENT. adv. Avec profusion. PROFUSION, fe dit aussi au figuré. (Donner des louanges avec profusion.) PROGRAMME,/ [Programma.] Mot qui vient du Grec, & qui fe dit en parlant des actions publiques des Coléges. C’est un écrit qu’on affiche quelquefois , & que l’on distribue d’ordinaire, & qui contient le sujet de Faction, les noms de ceux qui la re- prefentent, &c. (Faire un progamme. Lire un pro. gramme.) PROGRE’S ,/ m. C Progrejfus, progrejfio.} Avancement. (Faire de grands progrès. Ne faire aucun progrès considérable. [d Océan fe prépare á recevoir fa Loi : Le Tibre s’en allarme , £«? cependant P Eglise Voit avec nos progrès les progrès de lafoy. Rec. de Bouh.) £ On dit, le progrès du soleil dans FEcliptique, les progrès d’une armée, le progrès d’une maladie, les progrès des arts & des sciences , les progrès d’un favori dans les bonnes grâces du Prince.) * Est ce là, Madame , tout le progrès qu’Acliille a fait dant votre ame ? Racine, Iphigenie , aile ; sc. 6 » PROGRE’S. [ Mala progrejfio.} Terme de Musique. Quand les notes procedent par des intervales désagréables & défendus , cela s’apelle mauvais progrès. PROGRESIIF, progressive., adj. [Progrejjwus ] Tertne de Pbijique. Mouvement progressif, c’est-à-dire, par lequel l’on avance, & par lequel un corps est transporté d’un lieu à un autre. PROGRESSION, / f. [ Incejfis, progrejfio.} Terme d ePmfique. Mouvement qui porte en avant. (Lesani- maux ont un mouvement de progression, par lequel ils fe portent d’un lieu à un autre.) PROGRESSION. [ "Progrejfio .] Terme de Mathématique. 11 signifie une fuite de q ua n litez qui gardent en- tr’elles quelque forte de raport semblable, & chacune de ces quantitez s’apelle Terme. La progression est une proportion suivie & continuée. Votez Proportion. La progression Géométrique peut être augmentée & diminuée à l’infini. Mais la progression Àritraetique peut bien augmenter, mais non pas à l’infini. PROHIBER 1 v. ail. [ Prohibere , vetare. ] Terme de Chancellerie. Faire défenses. II n’a d'usage qu’en stile de Chancellerie. (Prohiber la traite des blés, prohiber le port d’armes. Acad fr.} PROIílBE' 1 Prohibée , adj. ['Prohibitifs .] Ce mot Tome ///. Q g est 234 est Latin, & a un usage fort borné, il signifie défendu, & se dit en Terme á'Eglise particulièrement, (Se marier dans les degrez prohibez. Maucroix, Schisme , t. I. Personne prohibée. Le Meut .) . . PROHIBITION, / / [ Inbibitio .] Terme Aq Palais. Prononcez j irohibicion. Detense. (soute prohibition d’aliener faite avec cause & en faveur de quelqu un, emporte fideicommis. Pa.tr u, plaidoié 12.) PROIE,/ f- [Prœda.’} Se dit proprement des bêtes farouches. C’est tout ce que la bête farouche emporte & prend par force pour se nourrir. (Les lionceaux sortent dès le matin pour chercher leur proie.) * je fuis la proie de tous ceux que j’avois haïs. I eol. Pois. Se donner en proie à ses passions. Vaug. Quint. I. 6 . Les divisions les donnoient en proie a savanes des étrangers. Abîme. Tac. I. 1. Perrín a de Jh vers obtenu 1 e pardon , Et la Scene Françoise eji en proie à Pradon. Defpr.) PROJECTION, / /. íProjefíio .1 Terme de Chimie. C’est une forte d’operation Chimique, qui doit être faite en petite quantité & à diverses reprises. Voïez ia Pharmacopée de Charas. Les Charlatans Chimiques apellent poudre de projection , une certaine poudre chimérique; ils disent que si on en jette sur quelque quantité de métal imparfait, comme le plomb ou le cuivre, elle le change en plus parfait, comme for & l’argent. PROJECTION. [Projeéiio. J Terme de Fondeur. Jet de métal en fable, en cire, &c. (La projection de cette statue a bien réussi.) PROJECTION. [Projeélio.'} Terme de Géographie & de Perjp.Hive , &c. C’est une description fur un plan , dans une certaine vue, selon la situation des corps, & tels qu’ils paroítroient si l’œil étoit placé dans un certain point. On fait dans une Mappemonde la projection des Cercles Méridiens & Parallèles, tantôt par des lignes droites, tantôt par des lignes courbes. Dans la projection de la Sphere droite , le premier Méridien sert d’horizon , & tous les autres coupent les Pôles par des lignes obliques. Dans la projection de íaSphere Parallèle , l’Equateur sert d’horizon, les Méridiens font décrits par des raïons de ce Cercle, & les Parallèles des Cercles concentriques. f PROJECTION. On apelle en termes Dogmatiques mouvement deprojtHïon , le mouvement d’un corps jette en Pair, comme une pierre, une bombe. PROJECTURE, f.s. [Projeéia , proadificata J Terme à’Architecture. 11 fe dit des faillies & avances que font diverses parties d’un bâtiment. PROJET, / m. [Conjìlium, infiitutum.s Dessein (Un beau projet. Faire de vains projets. Faire réussir un projet. Mémoires de M. de la Rocbe/oucaut. Projet de contrat, projet de compte. Quand je voi ta sagesse en tes jujies projets , D’une heureuse abondance enrichir tes sujets. Defpr.] PROJETTER , v. a. (j Meditari , anima defiinare. ] Préméditer. Avoir dessein. (Us résolurent d’executer le dessein qu’ils avoient projette. Vaug. Quint. I. c. 10. Vous confeilliez-vous fur cette immortalité que nous avions projette de vous donner. Voit. Po'es) PROJETl'ER. [Projicere.j Terme Chimique. C’est faire la projection de quelque matière. Charas, Pharmacopée , ch. 17. PRGLATION , / f. [Vocis celerrima vibratio. ] Ce mot vient du Latin. Prononcez Prolation. C’est un terme de Musque. C’est quand la voix fait fur une des cinq voielles de l’Alphabet, une Fusée , c’est-à-dire, une durée de chant, par une fuite de plusieurs notes. Ce qui s’apelle aussi Roulement. sf H y a une prolation majeure , mineure, & parfaite. Voïez le Diliionnaire de Musique dusieur Brossard. PROLEGOMENES , / m. pi. f Prolegnmena. J Discours qui traite des choses dont il faut instruire un Lecteur. (11 y a cinq Prolégomènes à la tête de l’ouvrage de Vendrock. Walton a fait des Prolégomènes fur l’E- Criture Sainte.) PROLEPSÉ , / f. [Prolepjis) Figure de Rhétorique , par laquelle on prévient ce qu’on pourroit objecter , t PROTÎFÍQLE, adj. [ Prolificus. ] Terme de Medean. Ce mot est ecorché du Latin , & il signifie qui a la force d engendrer. (11 possede en un haut degré la PRO vertu prolifique. Molière , Malade imaginaire. L’en- fant est engendré des semences prolifiques de l’homme & de la femme, qui font requës & retenues dans la matrice. Maicnceau , Tr. des femmes grosses.) t PROLIXE, adj. C Longior , prolixior.) Ce mot est Latin , & il ne fe dit qu’en parlant de discours. 11 signifie , long , étendu, difus, & quelquefois ennuieux. (Un discours trop prolixe. 11 est un peu prolixe dans ses discours.) PROLIXEMENT, adv. [Prolixefufiùsf D’une maniéré prolixe & difuse. (11 a parlé trop prolixement.) PROLIXITE'', / / [Verbasa oratioj Longueur de discours. (Quand on parle avec prolixité, on ennuie fou- vent, quoique l’on dise de bonnes choses.) Lf Le Pere Bouhours n’est pas pour prolixe , ni pour prolixité. ,, Ces deux mots (dit-il) ne valent guéres „ dans le sérieux ; & je ne voudrois les dire qu’en „ riant. “ 11 avoue néanmoins que l’on peut dire : s ai entendu une harangue si prolixe. Bon Dieu ! quelle pro. lixiti. Jufqu’à ce que nos Maîtres se soient expliquez sur la condamnation de ces deux mots, on peut bien s’en servir en parlant d’un sermon, d’un poème, oti de quelque ouvrage d’esprit. PROLOGUE, / m. [Prologus.s II y a de plusieurs sortes de Prologues, mais en général on peut dire que le Prologue est un discours qu’on fait aux spectateurs, & qui précede la composition de la piéce. Voïez Donat Jur Terence. (Le Prologue est une piéce détachée de tout le corps de la piéce, & on croit qu’il ne lui est point nécessaire. On fait rarement aujourd’hui des Prologues à la tête des pièces de théâtre, à moins qua ces pièces ne soient des pieces à machine, ou des Optra. Vautre ensìile pompeux habillant un éckgue , De tes rares vertus te fait un long Prologue. Defpr.) {$ C’est avec raison que l’on a aboli les Prologues dans les Tragédies & dans les Comédies, ou du moins que l’on s’en sert très-rarement. Aristote a divisé le corps du poème dramatique en trois parties ; le Prologue est la prémiere ; l’Episode est la seconde; & l’Exode est la troisième. Les anciens Poètes Grecs & Latins avoient introduit trois sortes de Prologues ; les uns concernoient uniquement l’ir.terét du Poète , tels font ceux de Terence, & quelques-uns de Plante; les autres, celui des Acteurs, à qui le Poète tâchoit d’a- tirer la faveur & l’atention des Spectateurs; & dans la troisième espèce , on mêloit l’argument de la piéce avec l’interêt du Poète ou des Acteurs, tels font les Captifs, le Penulus, & les Menechmes de Plante. Mr. l’Abé d’Aubignac a remarqué que les anciens Poètes tragiques ne fe (ont point servi de ces fortes de Prologues ; ils étoient, dans la Comédie, une piéce entiértment détachée du corps de la piéce ; & dans la Tragédie Gré- que, l’un des principaux Acteurs faisoit ie Prologue, dans lequel il expliquoit ce qui s’etoit passe avant l’ouvenure de la scène & ie commencement de faction théâtrale. Enfin, on peugdìre qu’il n’est point de Prologue qui ne soit vicieux, parce que, s’il ne concerne que le Poète, il est auíli ennuieux qu’inutile. les Spectateurs prenant peu de part aux interérsdu Poète; Òt si le Prologue s’adrelle aux Spectateurs pour mandier leur aproba ion & leurs aplaudissemens. il ne sort point à 1 éclaircissement de la piéce ; ce qui devroit être son Unique objet. PROLONGATION,// [Prorogatio , prodhâio.'} Prononcez prolongacion. Augmentation de la dun e de quelque chose. (Le bon régi me contribue beaucoup à la proiongatíon de délai pour faire son enquête.) PROLONGER, v. a. [Prorogare, protrahere ] Diferer. Etendre davantage. (Prolonger le tems. Prolonger fa vie. Aolaneourt. Prolonger ses malheurs. Rac. Ils offriraient leurs jours pour prolonger les siens, Lis jont dejasanté le plus cher de leurs biens. La Font.) PROLONGER. [Latus lateri adjungeres Ce mot fe dit en Termes de Mer, parlant de vaisseaux & de navires. (Prolonger un vaisseau, un navire. C’est s’avan- cer contre un autre vaisseau, pour se mettre fìanc à nanc & venir vergue à vergue.) PROMENADE, f.s. [Ambulatio, deambulato* rár?w.]Action de la personne qui sepromén#. (La promenade PRO nacìe est belle & agréable, elle est utile à la santé. Etre homme de promenade. Faire une petite promenade. Ainitr la promenade.) K Ecoutons, je vous prie, le P. Bouhours. „ Le „mot de promenade qui signifie proprement faction ,, de se promener, se prend pour le lieu même où „ l’on se promene. 11 y a la de belles promenades. „ Nôtre langue s’acorde en cela avec la Latine , qui ,, sert d'ambulatio. Pojierâ die cum majores natu J'atis „ quiej'cerent, in ambulatìonem ventum efj'e diccbat, dit „ Cicéron, de Orat. L. i. Promener ne se prend que „ pour le lieu le même où l’on se promene ; & voici ,,la diférence que je mets entre promenade & prome. ,,noir. Promenoir , est quelque chose de plus naturel ; „ promenade tient plus de l’art. De belles promenades, „ ce font, par exemple, des plaines, ou des prairies ; „de beaux promenoirs, ce font des lieux plantez fe- ,, Ion les alignemens de l’art. Le cours de la Reine est ,, un beau promenoir; on ne laisseroit pas de dire, le „ cours est une belle promenade. Mais on ne diroit pas, ,, la plaine de Grenelle est un beau promenoir , Uc. " Mais à quoi bon tant de subtilitez ? C’est ainsi que l’on rend notre langue dificile aux Etrangers, & à nous-mêmes. PROMENER, pourmener, v. a. [Deambulatum du- cere.] Quelques-uns disent pourmener , mais mal. Le bel usage est pour promener. C’est aider à marcher. Mener doucement. (Promener un enfant. Quatre beufs attelez d’un pas tranquille est lent Promenoient dans Parts le Monarque indolent. Despr.) PROMENER. {Equum agere.] Ce mot se dit des chevaux. C’est le mener à la main tantôt fort doucement, & tantôt un peu plus fort. (Promener un cheval. On dit aulli en terme de Manège , Promener le cheval entre les deux talons.) * PROMENER fa vue fur les objets. [ Circumsticere .] C’est jetter fa vue fur disserens objets. Ablanc. Se promener , v. r. [ Deambulare.] Je me promène, je me Jais promené , je me promenai. Faire quelque promenade. (On se promene avec plaisir à la fraîcheur. Se promener en carosse. Se promener à cheval.) PROMENER. 11 se dit dans un sens neutre. Exemples. * | Envoier promener quelque personne. {Extrudere aliquem adibus.] C’est la chasser & lui donner congé. Faire promener quelqu’un. [ 'Inquiétase , negotium fa - cestere.] C’est lui donner la peine d’aller & de venir souvent. (Ce chicanueur fait bien promener sa partie.) PROMENOIR, / m. {Ambulacrum.] Ce mot lignifie le lieu où l'on se promène. (Un beau promenoir. Un agréable promenoir. Proche des théâtres il y avoit des promenoirs publics. Abrégé de Vitruve, pug. 184. Elle voulut aller voir les promenoirs, en atendant l’heure du soupé. Voit.l. 10. Le@! ombrages des plaisans promenoirs font toùjours rafraîchis par l’aîle du zéphire. Sar. poéf Louis en décendant du Char de la Vicloire, Viendra fe délasser après mille dangers Dans les longs promenoirs de ses riches vergers. Ferrant ) PROMESSE ,sf. {Promistum.] C’est tout ce qu’on promet. Engagement de parole qu’on donne a quelqu’un. (S’il est d’un honnête homme de garder fa promesse, le Provincial Gérard est un fort honnête homme , il ne promet que pour tromper. Tenir fa promesse. Satisfaire à fa promesse. Vendre avec promesse de garentir. Faire une promesse de mariage à une fille.) PROMESSE. [C hirographi cautio .] Billet fous seing prive, où l’on confesse devoir, ou l’on promet donner a volonté, ou dans un tems, une certaine chose, ou une certaine somme, à une personne. (Faite reconnoi- tre une promesse en justice. PROMETE'E. {Prometheur.J Constellation septentrionale composée de 28- étoiles. t PROMETTEUR , f. m. [Largiloquus .] Ce mot emporte quelque forte de mépris de celui donc on parle, & lignifie celui qui promet beaucoup & legerement, & qui tient peu. (C’est un prometteur.). PROMETTEUSE , f /• [Oratione tantùm benefica .] Ce mot renferme quelque idée de mépris de la personne dont on le dit, & lignifie celle qui promet beaucoup . & legerement, & qui tient peu. (C’est une fran- che prometteuse.) PRO 235 PROMETTRE, V. a. {PoBiceri, destondere.] II vient du latin promittere. Je promets. J'ai promis , je promis, je promettrai. Que je promette , que je promisti. C est donner & engager sa parole de faire, ou de ne pas taire, de dire, ou de ne pas dire quelque chose. (Nous promettons scion nos espérances, & nous tenon* selon nos craintes. Mémoires de M. de la Rocbefoucaut. Promettre une fille en mariage à quelqu’un. 11 faut promettre tout ce qu’on peut promettre. Tenir ce qu’oa promet. Avant que de promettre, il faut du jugement; Et quand on a promis, U faut de la mémoire. Dacilli, Poésies ) PROMETTRE. Se dit proverbialement en ces phrase*. (11 ne nous promet pas poires molles. II nous a promis plus de beurre que de pain. 11 ne fera pas si méchant qu’il a promis à son Capitaine. Choie promise, chose due. Promettre & donner sont deux choses.) Se promettre, v. r. [ Credere, Jperare.] Croire. Espérer. (II se promettoit de couvrir le déshonneur d« fi» fille. Patru , plaidoié j r. Ils triomphent, dìt-elle, U leur ame abusée Se promet dans mon ombre uns viHoire aij’ée. Despr.) * PROMETTRE beaucoup, {Ingentis estestei.] Donner de soi de grandes espérances. (C’étoit un enfant qui promettoit beaucoup, & c’est dommage qu’il soi, mort.) PROMETTRE. {Nexu Je obligare.] C’est garentir une chose. * PROMETTRE mons {st merveilles. {Montes auri poL liceri.J Façon de parier Proverbiale, qui veut dire promettre des choses excessives, promettre plus qu’on ne peut tenir. ' PROMISSION, f. f. {Terra promista.] 11 ne se dit qu’en cette façon de parler. La terre de promistton. C’est; le païs de Canaan que Dieu avoit promis & qu’il donna ensuite au peuple d’israël. On dit au figuré, d’un pais abondant & fertile, c’est une terre de pro- mission. PROMONTOIRE, f. m. II vient du Latin pre- montorium. Terme de Mer, qui signifie cap. Terre qui avance dans la mer. PROMOTEUR, f m. {Syndicus, procurât or. J Ternie d’Eglise. Ce mot vient du Latin promotor. C’est l’Eclésiastique qui dans la jurisdiction Eclésiaftique fait ce que le Procureur du Roi fait dans la jurisdiction Laïque. Le Promoteur est établi pour Faire informer d’òfí- ce contre les Ecléiiastiques qui sont en faute, & pour maintenir les droits, les libertez & les immunisez de i’Egiise. Voïez Fevret, Traité de P abus, liv. 4. ebap. 3. a. 25. Le Promoteur a soin de faire maintenir la discipline Eclésiaftique, de faire punir & de ranger les désobéissons à leur devoir. Voïez Fevret. Le promoteur des maîtres d’école de Paris. {Syndicus promovens.] C’est celui qui interroge, met en possession & visite les maîtres d’école pour voir s’ils font leur devoir, & en fait son raport su Chantre. PROMOTION , f. f. [ Promotio .) Prononcez promo. cion. Elévation d’une personne capable & d’un iperite reconnu à quelque dignité Laïque, ou Eclésiaftique. (La promotion à l’Epilcopat comprend l’institution & la consécration. .MaJJ'uc, Droit EclestaJUque. Lettre écrite à Monsieur de Guiche sur sa promotion à la charge de Maréchal de France.) PROMOUVOIR, D. a. {Promovere, e ferre.'] E- lever à quelque dignité Eclésiaftique. II n’a guere d’u- sage qu’à l’infinitif, & dans les tems formez du participe. (11 esten âge d’être promu aux Ordres Sacrez. II a été promu au Cardinalat, à l’Evéché. II tâchera de fe faire promouvoir aux premiers Quatre-tems.) f On le dit aussi, pour élever à une dignité fecu- liere. (Ce Prince a été promu à l’Empire. Ce Magistrat a été promu à la premiers dignité de la robe.) PROMT, promte, adj. {Celer.] 11 vient du Latin promptus. Prononcez pron & pronte. C’est-à-dire, qui est prêt. Diligent. (Etre prompt à servir les honnêtes gens. Elle me tend une main promte à me soulager. Racine, Ipbigénie, a. 2. sc. 1.) PROMT, promte, adj. {Subitus, repentinus.] II s* dit des choses qui passent vite. (Promt comme un éclair, comme la foudre, comme le vent-.) 11 fe dit aussi de l’Esprit, Un esprit prompt, c’est à- Tome lll. G g 2 Jir* 226 PRO ire vif & actif. C L’esprit est promt & la chair est foible.) . PROMT, freinte. [In tram fr ace f s , Promu ad tra- cund.am.J Qui se met aisément en colere. ( Les Provençaux font de bonnes gens, mais ils font fort promis & un peu avares.) FROMTEMENT, adv. [ Celeriterl} Tout fur le champ. Soudainement. En diligence. (Répondre promptement. Faire une chose promptement. Ne m'avoueras-tu sas que ce Rat fut fort sage De vouloir prointement regagner son village. Bours. Esop.) PROMTITUDE , s f. [ Celeritas, velocitas .) Hâte- Facilité soudaine. Facilité qu’on a à se fâcher. (Laprom- titude à croire lc mal sans savoir assez examiné est un cfet de la paresse & de l’orgueil. Mémoires de M. le Duc de la Rochefoucaut. II est bon homme , mais il a une promtitude qui gâte tout.) , î PROMTITUDE, se dit auffi pour diligence. (II m a toujours servi avec promtitude. Vos ordres seront exécutez avec promtitude.) PROMPTUA1RE , f m. [. Promptuarium, textus.J Se dit en cette Phrase. Un promptuaire du Droit, un texte, un abrégé du Droit. PRÔNATEURS,/ m. Terme A'Anatomie. Mus. cl es du raïon, qui font que la paume de la main regarde en bas. L’un est rond & l’autre quarré. . PRÔNE ,sm. ou Profne. [Moralis Evangelii inter- fretatio .2 Mais if ne fe prononce pas. Maniéré á’Homélie. Instruction Chrétienne que fait chaque Dimanche le Curé d’une Paroisse, & qui tient un milieu entre le Cathechifme & la Prédication. (Faire de beaux Prônes. Un Prône court. Un Prône touchant. Bien que du Moulin en son livre Semble n'avoir rien ignoré, Le meilleur est toujours de Juiare Le Prône de notre Curé. Racao, Poésies.) 0 \Ce n’estlà qu’une petite partie d’un fait de littérature dont il ne faut rien retrancher. Mr. de Balzac ra- Tonte dans son Entretien 37. que „ Malherbe étoit un »,des plus assidus Courtisans de Madame Desloges, & la 3 , visitoit réglément de deux jours l’un. Un de ces jours- 9 , là ayant trouvé fur la table de son cabinet le gros livre 9 , du Ministre Du Moulin contre le Cardinal du Perron, s , & l’enthoufiasme Payant pris à la feule lecture du tî- „ tre, il demanda une plume & du papier, fur lequel il „ écrivit ces dix vers : “ „ Quoique P Auteur de ce gros livre „ Semble n’avoir rien ignoré, ,, Le meilleur est toujours de suivre ,, Le frêne de notre Curé : „ Toutes ces doftrines nouvelles ,, Ne flaisent qu’aux folles cervelles, „ Pour moi , comme une humble brebis ,, Sous la houlette je me range; „ II n'est fermis d’aimer le change „ Que des femmes & des habits. ,, Madame Desloges ayant lû les vers de Malherbe, ,,piquée d’honneur & de zélé, prit la même plume, „ & de l’autre côté du papier écrivit ces autres „ vers : „ C’est vous dont P audace nouvelle „ A rejette P antiquité, ,, Et Du Moulin ne nous afelle „ Qu’a ce que votes avez quitté. „ Vous aimez mieux croire a la mode , ,, C’est bien la foi la f lus commode „ Pour ceux que le monde a charmez ; „ Les femmes y font vos idoles , „ Mais a grand tort vous les aimez , ,, Vous qui n’avez que des paroles “. Mr. Ménage nous aprend dans ses Observations fur les Poésies de Malherbe, qu’il a apris de Mr. de Racan, que c’étoit lui qui avoit fait les vers que Mr. de Balzac atribuë a Malherbe, & que Mr de Gombaut avoit fait ceux qu’iì donne à Madame Desloges, & que la chose s étoit passee de la forte.,, Madame Desloges, ,, qui etoit de la Religion prétendue Reformée, avoit „ prêle à Mr. de Racan le Livre de Du Moulin le Mini- „ stte, intitule te Boucher de la Foi, & l’avoit obligé PRO 5 le lire. Mr. de Racan , après Ravoir lû , fit cette,, épigramme que Mr. de Balzac a altérée en plusieurs,, endroits : „ Bien que Du Moulin en son livre „ Semble n’avoir run ignoré, „ Le meilleur est toujours de suivre ,, Le frêne de notre C uré. ,, Toutes ces doHnnes nouvelles „ Ne flaisent qu’ aux folles cervelles : ,, Pour moi, comme une humble brebis , „ Je vais où mon Pasteur me range , „ Et n’ai jamais aimé le change „ Que des femmes ff des habits. „ L’ayant communiquée à Malherbe qui l’étoit venu,, visiter dans ce tems-là , Malherbe Récrivit de fa„ main fur le Livre de Du Moulin , qu’il rendit au„ méme tems à Madame Desloges de la part de Mr. „ de Racan. Madame Desloges voyant ces vers écrits,, de la main de Malherbe, crut qu’ils étoient de lui,,, 6 comme elle étoit extrêmement zélée pour fa Re-„ ligion, elle ne voulut pas qu’ils demeurassent fans „ réponse. Elle pria donc Mr. de Gombaut qui étoit,, de la même Religion & qui avoit le même zélé, d’y„ répondre. Mr. de Gombaut (je le fqais de lui-,, même ) qui croyoit , comme Madame Desloges , „ que Malherbe étoit l’Auteur de ces vers , y répon-„ dit par l’épigramme que Mr. de Balzac atribuë à „ Madame Desloges, & qu’il trouve trop gaillarde pour „ une femme qui parle à un homme. “ En éfet, cet vers : Mais à grand tort vous les aimez , Vous qui n’avez que des faroles. ne conviennent pas à la modestie d’une femme scrupuleuse & a tachée à fa Religion, ennemie du vice Sc du libertinage de l’un & de l’autre sexe. Au reste, le mot frêne a plusieurs origines , & son usage est fort ancien. Les uns le dérivent du Latin Proamium, le prône se disant avant la Consécration , qui est véritablement la Messe. Les autres disent que le mot est Grec: irpttu» étoit le lieu où l’on faisoit le prône. Nicod veut qu’il soit dérivé de praconium , & c’est le sentiment de Mr. Ménage. Tous ceux qui ont écrit de la Liturgie , conviennent que la coutume étoit dans l’Eglife, d’instruire le Peuple par des discours familiers , après la lecture de l’Evangile , qui sc faisoit à haute voix par le Diacre. Ils donnent pour témoins de cette pratique, Saint Justin , dans fa seconde Apologie, &Tertullien, dans son Traité de l’Ame , cb. 9. Enfin, S. Augustin ne dit-il pas : „ Vous avez enten-,, du la lecture de l’Evangile ; il faut à présent qu’avec „ le secours de Dieu je vous l’explique plus ample-,, ment." Sozomene a écrit qu’à Rome on n’y préchois pas avant l’hérelìe d’iìrius , & que ce fut depuis l’A- rianifme qu’on introduisia^cet usage , ainsi que dans l’Eglisc d’Alexandrie. Ce qui a donné lieu à quelques Auteurs de croire que S. Léon avoit été le premier des Papes qui eût prêché au milieu de la Messe. Mais outre que l’Historien ne fait mention que de l’ufage de l’Eglise de Rome, il ne faut que jetter les yeux sur le Traité de Bernardin Ferrari, de ritu j'acranim Ecclestœ Catholicœ conctonwn , lib. 3. cap. 20. pour être convaincu que dès les premiers siécles de l’Eglise, les Evêques faisoient de fuccintes instructions au Peuple après la lecture de l’Evangile. Le Curé faisant le Prône est revêtu de son Surplis , avec l’Etole au cou, & dans la Chaiie. í PRÔNE , sc dit dans le stile familier , d’une remontrance importune qu’on fait à quelcun. (Son pere lui a fait un beau prône. Je me moque de ses longs prônes.) ■f PRÔNER, v. n. f F ami Harem in Evangclium bail- re J'ermonem. J Faire le Prône. Faire les Prônes. (Prôner tous les Dimanches. Vicaire qui prône avec édification.) t * Leur entousiasme a là-dessus frêné merveilles. Saint Amant. Quand vous lui dites quelque chose, ii le va fròner par tout fSi quid arcani deponis iìlius aurU bus, divu/gabit .] 111 e prone par tout. C’est-à dire, il lc loue par tout \_Illum ubique laudtbus célébrât J •t PRÔNER, signifie aussi, faire de longs discours , d’ennuïeux récits. ( 11 y a trois heures qu’il prône. II prônera tout le jour si on veut l’écouter.) PRÔNEUR, f. m. [ ’Praco , oraìorJ] Qui fait des remontrances. Qui vante , qui publie le mérité de quelqu’un» (Quelle PRO (Quelle horrible peine à un homme qui se trouve sans fròneurs & fans cabale, de se faire jour à travers l’ob- scurite où il se trouve. La Bvuyere.) f * C’est un grand primeur, qui loue par tout quelque chose, ou quelque personne. [PracoJ PRONOM, f- m - ( Pronomen. ] Terme d e Grammaire. C’est une partie du discours qui tient lieu d’un nom. Les Pronoms perjonnels font je, tu, il, U elle, ou moi, toi, lui, & au pluriel, nous, vous, ils N eux, elles. Les Pronoms démonjbratifs celui, celle, & au pluriel, ceux, celles. Pronoms relatifs qui, lequel, laquelle. Les pronoms possessifs font, mon, son, mien, tien, nôtre,vôtre, leur. 0 " Mr. Ménage a remarqué dans ses Notes fur Mal. herbe, pag. 197. que ces pronoms, r,ûen, jìen, tien, leur, tu, finifl'ent désagréablement le vers. & particulièrement à la tin du sens. Cependant Malherbe finit plusieurs vers de la sorte : Comme échaperons-nous en des nuitsJiprofondes, Parmi tant de rochers que lui cachent les ondes , Si ton entendement ne gouverne leJìen ? Ailleurs : Et le malheur que sai , chacun PejìimeJìen : Mail en quel autre caur eji la douleur Ji vraye Comme elle ejì dans le mien ? PRONONCER , V. a. [Verbum exprimere, plenijfì. mèdictrei] Proférer. Prononcer distinctement les mots. H PRONONCER, se dit auílì, pour déclarer son sentiment, decirler, ordonner. (Nous attendons que vous aiez prononcé. Vous n’avez qu’à prononcer, vous serez bien-tôt obéi.) PRONONCER. [Decidere, deeernerej Terme de P a. lais. Rendre quelque Arrêt, ou Sentence. ( Comme il étoit le chef de la justice , il préfidoit, & on prononçoic à son nom. Patru , 1. plaidait. PRONONCER. Un soit plus amplement informe. [Amp 'uus pronuntinre.~\ PRONONCER. C Excommunications fententiam pro- ferre .2 Terme d'Eghfe. Qui se dit en parlant d ’Excom. munieation, & qui signifie Fulminer. (Prononcer une Excommunication. Eve. c. 18.) PRONONCER. [_Dijtnbuere, dijiinguerc.’] Terme de Peinture. Marquer, spécifier, débrouiller, ct donner parfaitement à tonnoitre quelque partie d’unefigure. (Prononcer une main. un bras, une épaulé, &c. 0 Monsieur Felibien a remarqué dans ses Principes d’Architecture, que „ l’on dit que les contours sont „ beaux & bien prononcez, lorsque dans les Ouvrages de j, Peinture & de Sculpture , les membres des figures „ font dessinez avec science & avec art pour réprésenter „ un beau naturel. “ PRONONCIATION , f. f [ Litterarum appellatio. ] Dues prononciation. Articulation distincte. Expression nette & distincte des mots & des paroles. (Mauvaise prononciation. Prononciation videuse. Une belle pro- nonciation.) 0 ' Bien des gens n’y font point assez d’atention; ils Font bref ce qui est long. 11 faut s’atacher à découvrir Fusage ; il faut aussi consulter les oreilles délicates. Croit-on (dit Quintilien, lib. 1. c. 4.) que tout le monde soit capable de reconnoitre le vrai son de chaque letre? An cujushbet auris ejt exigere litterarum sonos ? Non her- cule mugis quam nervorum. Non sans doute, de inême que toutes les oreilles ne sont pas capables de démêler ìes sons des cordes d’un instrument. 11 est certain qu’u- ne mauvaise prononciation éface toute la beauté du discours le plus poli. Sparden a remarqué dans la vie d’Adrien, que n’étant encore que Questeur, il voulut faire le panégyrique deTrajan; mais fa mauvaise prononciation fit rire le Sénat. PRONONCIATION. [ Enunciatio .] C’est la cinquième partie de l„ Ketorique Elle consiste à régler fi bien sa voix & Ion geste , qu’iis servent à persuader l’esprit & à toucher ie cœur de ceux qui nous entendent. (La prononciation est (i utile, qu’on l apelle ordinairement la prémiere, la seconde, ct la troilieme partie de l’élo- quence.) 0 Pline , l.i. ep. dit: „ Ignorez-vous d’ailieurs „que la prononciation fait bien d’autres impressions „ct bien plus profondes ? Quelque vivacité qu’il y „air dans ce que vous lisez, ne comptez point qu’il j, pénétré aussi avant que IcS tratits enfoncez par le ,1 geste, par la voix & par tous les autres acompagne- „ mens Ue la déclamation , & si vous n’étes homme PRO 237 à traiter de fable ce que l’on raconte d’Eschine. Un „ jour qu’il lisoit à Rhodes la harangue que Demosthé-,, ne avoit faite contre lui , les auditeurs charmez ,, aplaudissoient. Que ferait ce donc ( s’écria-t-il ) si „ vous eudiez entendu cette bête féroce elle-même. “ Si nous n’etions pas persuadez que le succès d’ui* discours dépend souvent de la prononciation de rotateur , l’exemple d’Haterius , dont Tacite a fait men« tion dans ses Annales, nous en convaincroit. 11 s’a» quit une grande réputation pendant fa vie (dit IDl- storien: ) mais les Ouvrages qu’il laissa en mourant, ne produisirent pas le même éfet. Son discours étoic coulant & harmonieux , il siatoit l’oreille : mais toute* ces beautez ue purent pas lui survivre, elles périrent avec lui. PRONOSTIC,/»». ZPronoJiicum.'ì II vient de Latin. Prédiction. Présage. (Pronostic heureux, ou malheureux. Pronostic fâcheux. Ce fut un pronostic de si» mort. Ablanc, An. L 7.) 0 ^,, Les Anciens Payens, pour excuser leur foi-,, blesse & justifier leur créance concernant les pro-,, nostics , du moins les Stoïciens , se servoient de „ cette raison , que l’on ne peut non plus douter de,, l’existence des Dieux , que de celle du Soleil. C’est,, ainsi que Balbus raisonne dans le second Livre de „ la nature des Dieux. Car enfin cette créance n’au- „ roít pas subsisté si long-tems parmi les hommes , „ íì elle n’étoit pas véritable. Les fables s’évanouissent „ peu à peu ; 011 ne croit plus les hyppocentaures ,,, ni les chimères : mais la vérité se fortifie par Is„ tems, & l’on doit croire vrai tout ce qui subsiste,, depuis plusieurs siécles. Mais les Dieux ne vous,, ont-ils pas donné souvent des preuves de leur exi-„ stence, & même de leur présence parmi nous ; Ne „ vit-on pas Castor & Pollux combatre pour nous près „ du Lac Regille? Que peut-on penser de cela ? N’a-„ parurent-ils pas vêtus de blanc le jour même de„ la défaite du Roi Persée à deux jeunes hommes qui,, venoient de nuit de Reate à Rome, & qui annonce-,, rent au Sénat cette victoire ? Et que peut-on penser,» de la défaite de Claudius pendant la prémiére Guer- „ re Punique ? Ce Général voyant que les poulets ne,, marigeoient point, il les fit plonger dans l’eau, en „ disant avec un ris moqueur: Qu’ils boivent donc,,, puisqu’ils ne veulent pas manger. “ Ce fut dans cette prévention de la présence des Dieux, que les Romains les plus éclairez interpretoient les evénemens les plus simples & les plus naturels, ou comme ua présage d’un mal , ou comme un avertissement de quelque bien , qui dévoient leur arriver , ou enfin comme un enseignement de ce qu’ils dévoient Faire. Le s Romains pressez par les Gaulois, délîberoient s’iis se retireroient chez les Uciens, ou s’ils relteroient dans Rome, lorlqu’une Cohorte se retirant dans son poste ordinaire, un Centurion dit hautement à celui qui portoit l’enseigne , de s’arrêter dans un endroit, & d’y planter son étendart. Cette voix fut prise à bon augure, & l’on ne songea plus aux Uciens. Va- lere Maxime nous fournit plusieurs exemples de ces sortes de pronostics. Celui-ci est particulier. L. Pauses ayant été élu Consul, il lui échut de faire la guerre au Roi Persée ; & comme il revenoit du Sénat, il rencontra , en entrant dans fa maison , la troisième de ses filles qu’il aimoit tendrement, qui lui paraissant triste & afligée, il lui demanda ce qui causoit fa tristesse. Persée est mort, lui dit-elle. C’eft ainsi qu’elle apelloit un petit chien avec lequel elle badinoit. Mais un discours qui n’avoit rien que de naturel , fut pour Pauses un présage certain de la victoire qu’il remporta sur ce Roi malheureux, qui fut le grand ornement du triomphe de son vainqueur. Je pourrais raporter une infinité de pronostics aussi frivoles que ceux-là, pour faire connoitre jusqu’où des hommes également illustres par leur courage, par leur sagesse & par leur habileté dans les afaires du monde , mais aveuglez par une fausse Religion , ont porte la superstition. Je me contenterai de remarquer celle-ci. Spartien raconte que l’on jugea qu’Adrien devoit un jour posseder la puissance souveraine, parce qu’étant Tribun , dont remploi ne durait qu’une année , il perdit le manteau que les Tribuns portoient dans le tems de pluie 011 de neige, & qui etoit li fort ataché à la charge de Tribun, que jamais les Empereurs ne s’en étoient servis pour sc gare, tir de la rigueur de la saison. Comment peut-on tirer un augure si favorable St à impur- G g î tait 2Z8 PRO tant de la perte du manteau afectc aux Tribuns ? Cetta perte étoit-ce un pronostic qu’Adrien porteroit uti jour ie manteau impérial ? Ajoutons pourtant encore cet exemple de la superstition la plus ridicule. Theo- phraste, en se moquant des superstitieux, dit fort agréablement : Si un rat leur a rongé un sac de farine, ils courent au Devin , qui ne manquera pas de leur ordonner d’y faire métré promptement une piéce ; mais éfrayez par une avanture iì extraordinaire, ils n’oíent pas se servir de leur sac, ils le vendent. Je dirai peut-être quelque chose déplus fur la superstition, íorsqu’elle se présentera dans son rang, pour achever de persuader les trop crédules de la vanité des pronostics qui subsistent encore , comme st la salière est renversée, si l’on se trouve treize à table, &c. PRONOSTICATION , s. f ■ í Pradifiio. J Prononcez pronosiicacion. Prédiction qu’on fait par l’observation des Pronostics. (II a fait plusieurs Pronostications.) f PRONOSTIQUER, v. a. [Conjicere, prœdìcares Prédire. Deviner, (i! a pronostiqué ce qui est arrivé. C’est un fou qui se mêle de pronostiquer.) PRONOSTIQUEUR, s. m sPrasignificators Celui qui fait des Pronostications, (La plupart des Pronostiqueurs sont des Charlatans.) PROPAGATION,//. [PropagatioJ 11. vient du Latin. Prononcez propagation. Multiplication qui se fait par le moien de la génération. (11 a les qualitez qu’il faut pour la propagation. Molière , Malade ir.ia- ginaire. La nature tend à la propagation de l’espéce. Bernier , Philos. T. l. L’ainour des femmes est nécessaire pour la propagation du genre humain. Ablanc. Luc. T. L. Amours .) PROPAGATION. [Propagatio luminis,soni ,] Se dit en Philìque de la lumière & du bruit. PROPAGATION. Se dit en choses spirituelles pour étendue, progrez, augmentation. (La propagation de la foi. II y a à Rome une Congrégation de h propagation de la foi. II y a en France des filles de la propagation.) PROPENSION , / / [ Inclinât m. ] Ce mot est Latin, & ne fe dit qu’en termes de Philosophie. 11 signifie inclination , penchant. (La Propension naturelle zv mai.) PROPHETE, / m. [ProphetaJ Celui qui prophétisé. ( Les grands & les petits Prophètes Quiconque veut prêcher avec fruit & avec force, doit lire fans cesse les Prophètes, & méditer avec atention sor la maniéré dont ils touchent & enlevent l’efprit & le cœur. Un Prophète n'est fans honneur qu’en son pais. C est un Prophète de malheur. C’est-à-dire, un méchant Prophète & qui ne voit pas bien dans J’avenir. Pensent faire agir Dieu,ses Saints çsf ses Prophètes Comme ces Dieux éclos du cerveau des Poètes. Despr. Le Galimathias de Nojìradamus Le [ait pajser pour Prophète .) (f C’est un ancien Proverbe, Nul Prophète en sa patrie. Cicéron écrivant à Treb atius, Ep. 6. i. 7. tâche de le détourner du dessein qu’il avoir de retourner à Rome, & lui dit que plusieurs ont fait fortune dans les païs étrangers, & que plusieurs aullì s’étoient rendus méprisables en restant dans leur patrie : Nam multi suam rem henè gejfire , £5? poplicam patria procul , multi quei domi atatèm agerent , propterea sunt improbati. Et c’est dans le même sens que Casliodore, lib. 1. ep. q y. fait dire à Théodoric écrivant à Festus : Et Ulisse , Roi d’itaque , scroît resté inconnu parmi ses Dieux Domestiques , s’ií n’avoit pas été à la guerre de Troyes. PROPHETESSE, s.s. [ Prophétisa.'} Celle qui prédit. Qui devine. Qui prophétise. ( 11 y avoir des gens qui étoient d’intelJigence avec la Prophétesse. Maucroix , Schisme , liv. ì») PROPHE TIE, s. s. [Propbetia.J Prononcez Profécie. Prédiction. Chose prédits par un Prophète. (Les Prophéties sont toújours un peu obscures. P mr apuier la Prophétie Me défend je avec tant d’ésort De tant d’honnétes gens en vie Pour m’entêter d’un vilain mort. Mile de la Vigne. PROPHETIQUE, adj. [_Propbeticus.li Qui prophétise. Qui devine. (Mon art est prophétique. Mai. pais. Ecoute , badin chimérique , Ce qu'une langue prophétique PRO Dit au ventre qui fa porté. Mai. poës.) PROPHETIQUEMENT. [ Propheticè. ] En Prophète. (II a parlé prophétiquement. Acad. Franc.) PROPHETISER, v.a. [ Vaticinari. j Prédire. Dire ce qui doit arriver. (II a prophétisé le malheur qui est arrivé.) PROPICE, adj. II vient d u Latin prapitius. 11 signifie favorable & il régit le Datif. (Le Ciel est propice à ses vœux. S. Cir. Et pour rendre à ses vieux tout l’Olimpe propice, ll ofre seulement. Segrais, Eclogue. Fasse le juste Ciel propice à mes désirs , Que ces longs cris de joie étoufent vos soupirs. Corn. Pompée, act. 5. sc. 5.) -j- PROPICE, se dit par extension en parlant du tems, de l’ocafion , & des autres choses favorables. ( Nous avons un teins propice, une saison propice. Vous avez l’ocalion propice. Toutes choses lui font propices dans ses entreprises.) PRÛPITIATION , / f. [ 'Sacrificium pro peccato .] Pro- noncez propitiacion. Terme qui a son uíàge dans les matières de pieté où l’on dit. (Un sacrifice de pmpitiutim. C’est-à-dire, sacrifice qui nous rend Dieu favorable.) PROPITIATOIRE, adj. [ Propitiatorius . ] Qui lertà rendre propice. (Un sacrifice propitiatoire.) PROPITIATOIRE , f. m. [ Propitiatonum. ] Ce mot est de ['Ecriture Sainte, & il se dit dans les matières de pieté & de Religion. C’étoit chez les Anciens Juifs, la couverture de l’Arche, revêtue de lames d or par dedans & par dehors. Sern. Savou. Difi. Eclés. Mais aujourd’hui comme Jesus-Chrîst s’ofre à Dieu pour nous dans l’Eu- charistie, cette oblation est cause que Dieu nous devient propice , & pour cela nous Papillons Propitiatoire. Bs suet, Do fi. de f Eglise, ch. 14. PROP1NE , s. f. [sus propina vel CanceiJaria Ro- tnanx .2 Terme de Chancellerie Romaine. Droit que païe un Cardinal protecteur pour tous les Bénéfices qui passent par le Consistoire, & pour les Abaïes qui sont taxées au-dessus de soixante-six ducats deux tiers qu’on païeà proportion de leur valeur. PROPOLIS ,/ / [CVm nova J Cire vierge de couleur rougeâtre, ou jaune, dont les abeilles bouchent les trous & les fentes de leurs ruches. f Cette cire s’emploïe en Médecine; elle est digestive, atténuante & résolutive. PROPORTION, s[ [Proportio,Jymmetriai} Prononcez proportion. Raport. Convenance. (Cet ouvrage a peu de proportion avec la grandeur de vos lumières. Vaugelas, Remarques. Nous ressentons nos biens & nos maux a pioportion de notre amour propre. Mémoires dt Monsieur de la Rochesoucaut. C’est-à-dire, selon le ra- port de Pamour propre que nous avons.) PROPORTION. [MMua proportio, analogias Ce mot fe dit en peinture. C’est une justesse des mesures convenables a chaque objet par le raport des parties entre elles, & de ces mêmes parties avec leur tout. Ce mot de proportion se dit ordinairement du corps humain. (Pout bien dessiner, il faut savoir les proportions, & c’est dans ce sens que les proportions, font une partie de la peinture qu’on apelle dessein. De Piíes , Conversations.') PROPORTION. [Convenientia , aquatio .2 Ce mot fe dit en Architetiure, C’est le raport que tout l’ouvrage a avec ses parties, & celui qu’elles ont séparément àl’idée du tout (uivant la mesure d’une certaine partie. Ptr- raut, Abrégé de Vitruve , pag. ;g. La proportion en un mot est ce qui fait l’assemblage de toutes les parties & qui en rend suspect agréable à cause de la justesse qui se trouve entre les choses. Le Frere N. est un grand ignorant en fait de proportion, &c. excepté dans la proportion des figures naturelles. PROPORTION Terme d’ Aritmétique , de Géoraetrit & de Musque. 11 y a particulièrement trois sortes de proportions La proportion Aritmétique. La proportion Géométrique & la proportion Harmonique. La proportion Arithmétique. [Proportio Arithmetica.J Consiste en ce qu’il y a même diférence entre deux nombres qu’entre deux autres nombres , comme a- 4- 6. 8. La proportion Géométrique, f Proportio Geometrica. J Consiste en ce qu’il y a une même raison entre deux nombres ou autres yuan tirez, comme a. î. 4. 6. Loti- qur PRO que ía proportion est continue entre plusieurs nombres ou quantitez, on lu nomme progrejjiov , comme 2. 4. L- 16. ;a. 64. &c. La proportion Harmonique. [Proportio harmonica. 2 Est entre trois nombres lorsqu'il y a même raison du premier au troisième, que de la diférence du premier & du second à la diférence du second & du troisième , comme 2. 6. 2. ;. 6. 12. PROPORTION réciproque. Consiste en ce que les termes extrêmes d’une proportion sont apellez recipro. ques ou réciproquement proportionnels des moyens. Ainsi dans cette proportion 9, 12 : :6> 8» - - - 9 &8- qui sont des extrêmes sont dits réciproquement proportionnels de 1a & de 6. Dans une proportion réciproque , l’Analogie commence & finit dans la même figure. Voïez la Géométrie de Mr. Hacquet tr. des pro . portions x. & ch. 7. Les Musiciens reconnoissent plusieurs proportions; les Voici. Proportion double, d’égalite, d’in- égalicé , surparticuliere , surpartiente , sesquialtere, ses- quitierce , triple , quadruple. Proportion des confortantes , & des dissonantes. Votez le diclionnaire de Mujìque de tìrojjard, A proportion, adv. [Pra cujusque viribus.] Ce qui entre dans plusieurs façons de parier. 11 faut travailler à prop„rtion des forces de chacun de nous. On vous payera a proportion de votre travail. [Pro ratione laboris. J PROPORTIONNE', née, adj. [Apte compostas, ac- commodatus,] Qui est fait avec proportion. [Un corps, ou un bàtiiTKnt bien ou mal proportionné.) PROPORTIONNEL, proportionnelle, adj. [ Proportio. «alis. j Terme d ’ Aritmetique & de Géométrie. Qui a de la proportion & du raport, (Lignes proportionnelles. Une signe moienne proportionnelle entre deux autres lignes. Le problénte de deux moiennes proportionnelles entre deux quantitez données 11’a pas été trouve Géométriquement, & on ne le peut faire que mécaniquement. Les cotez homologues des Triangles semblables sont proportionnels.) PROPORTIONNELLEMENT, adv. [Pro rat* proportions régula .J D’une maniéré proportionnelle. (Toute la ligne droite tiree dans un triangle à la base coupe les còtez proportionnellement.) PROPORTIONNE MENT , adv. [Pro cujusque meri. tis. J Avec proportion» Far raport. (Proportionnement à la capacité du peuple. C’est-à-dire, d’une manière que le peuple le puisse comprendre.) PROPORTIONNER, v. a. [Proportionem fervare. ] Prononcez proportionné. C’est ajuster. Egaler. Faire, qu il y ait de la proportion entre les choies. (11 faut, autam qu’il est possible, proportionner les choses. Proportionner la récompense au travail.) PROPOS, / m. [ Sermo , coílocutìo. 1 Discours. Quelques paroles. (Elle étoit outragée des propos injurieux qu’on tenoit d’elle. Mémoires de la Rochefoucaut. J’ui jette des propos de guerre pour voir si je n’apren- drai rien. Le Comte de BuJJì. Trouvez bon que je trouble votre repos par quelque propos. Voi(.p»'és. Les doux propos & les chansons gentilles gagnent les filles. Sarajìn , pots Le Parnasse sur tout second en impojìeurs Diffame le papier par Jés propos menteurs. Defpr.) Changement de propos réjouit L homme. Espece de pro. verbe. De propos délibéré, adv. [Consulta , cogitatè.] C'est- à-dire. A dessein. De dessein formé. (Cela s’est fait de propos .délibéré.) A tout propos, adv. [Perpétué, qualibet occqjìone datai] A tout moment. Q1 parle de là bravoure à tout propos, & il ne voit pas qu’on fe moque de lui. A tout propos vous faites le bigot. Voit. pois A propos, adv. [Commode , oportunè.] Dans l’occa- fion, le moment ’>- pre ct absolument à une personne sur quelque bien, sut quelque charge ou ofice. Droit qui apartient m propre PRO n quelqu’un. (La propriété du commandement est in- separable du. Souverain. La vraie propriété des ofices ct des benelices, est de droit public. Voïez Loiseau, Traité du pouvoir des ojìces.) On a disputé, long temS, fi les Cordeliers avoient la propriété cl u pain qii’ils mangeoient. Nicolas IV. définit par une Bulle, qu’ils n’en avoient que le limple usage. Mais Jean XXII. décida le contraire, & déclara par une Bulle qu’il n’avoit que faire de cette propriété, puisqu’il n’en revenoit rien à l’Eglise Romaine. Ce qui allarma fort les Cordeliers, & causa de grands maux à l’Eglise. Voïez les Lettres imagi . nains. I. PROPRIE'TE'. Marot trouvoit de son tems, que Jes Cordeliers qui ne manioient point d’argent, étoient bien heureux puisqu’ils étoient dispensez de payer leur hâte. On fit cette épigramme: Mes beaux Pi res Religieux, VOus dijhez pour un grand mercy ? O gens heureux ! ô Demi-Dieux ! Pleujì u Dieu que je fujfe ainsi s Comme vous v:crois sims souci , Car le vau qui Purgent vous ojie , II ejl clair qu’il défend, aussi Que ne paye:i jamais vojtre hosie. On lui répondit par cette épigramilie : Tu dis , Mamt , par tes raisons , Qui ne valent le publier , Que quand allons par les maisons j Dsnons fans bourse dèslier, D’un cas je te veux supplier ; Puisque tu n’a argent en poupe j Comme moi fais tny Cordelier , Tu disneras comme je soupe. PRORATA, saler a u prorata, &c. Ce mot est purement Latin , & ne se dit qu’en sait de comptes. PROROGATION,/ f [Prorogation Prononcez Prorogation. Terme écorché du Latin. C’est le tems qu’on donne par-delà le tems préfix. (Henri 11 . prend pour fa personne un induit de prorogation du Concordat. Patrie , plaida;,‘é. 4. Arrêt du Conseil qui porte prorogation pour le cours des espèces. PROROGER, v. a. [Dtfflrre, prorogare.jj Mot écorché du Latin. C’ctt donner du tems par-delà le préfix. (On a prorogé le teins de son Consulat. Le Roi d’Angíeterre a prorogé le Parlement de trois mois.) PROSCRIPTION,// [ProfiriptioJ Prononcez proscription. Ordre que donne une puissance soperieu- re de tuer quelque personne que cette puissance su- perieUre haït, avec promesse de récompenser celui qui tuera, ou lui aportera la tête de cette personne. (Les diverses proscriptions avoient emporté les plus courageux. Ablancourt.) PROSCRIRE, v. a. [Prófiribere .] Mettre à prix la vie de quelqu’un. Mettre à prix la tête d’une personne, Donner pouvoir de tuer un ennemi avec promesse de récompenser celui qui le tuëra. (Silla x>'o- Jcrivit les plus honnêtes gens de Rome. Un Poète a dit du Nouveau Testament de Mons : On st beau le proscrire en vingt endroits de France , Sous ce nom si terrible orgueilleux il s’avance.) * PROSCRIRE un mot. Pascal, l. 2. [Exulare .2 C’est le bannir, le condamner. PROSCRIT,/ m. Celui dont on a mis la tête à prix. (On mettoit la tête des proscrits au bout d’une pique.) if PROSCRIRE, proscription, proscrit. Ce fut dans une petite isleau milieu de la rivière du Panare, assez près de Modene, qu’Octavius, Antoine & Lepide sor- merent !e dessein d’éteindre la République, & de se rendre maîtres de la souveraine puissance de/Empire Romain. Lepide eut bien de la peine à réconcilier Octavius & Antoine, & à les obliger à se voir, pour prendre les mesures nécessaires pour exécuter leurs funestes desseins. L’histoire vraie ou taulie Veut nous perluadeT que le Ciel prévoyant les crimes que ces trois hommes aboient commettre , en avoir averti les Romains par des présages élroiabies. Les chiens hur- loient par la ville ; les loups a lame z vinrent jusques dans le marché enlever les viandes; un bceut parla; un enfant prononça quelques paroles en venant au monde; enfin les statués suèrent du (ang & de 1 eau; & les Augures consultez, acheyeienc par leurs report- PJRO 241 ses d’alarmet le Sénat, qui ne pût point trouver dé moyen pour éviter les maux dont Rouie étoit menacée. Ces trois hommes ayant les mêmes vues, suspendirent leur haine par nécessité. Pour établir leur ti- rânnie, ils résolurent d’abord de faire eux trois les fonctions de Consuls pendant cinq áns, sous le nom de Triumvirs, & sous le titre de Réformateurs de la République; qu’Antoine auroit la Gaule au-delà des Alpes ; Lepide, celle de deçà les Alpes, avec l’Espagne ; & Octavius l’Afrique , les Isles de Sicile & de Sardaigne ; & l’italie resta en communauté entre les trois. On prit ensuite des mesures pour faire la guerréàBru- tus, à Cassius, & autres conjurez : mais pour exécuter ces grands desseins, & surmonter les obstacles qu’ils révoioient inévitables, il faloit sacrifier un gfand nom- re de bons citoiens à la tirannie , dont ils étoient ennemis déclarez. On en fit une espèce de catalógue, & chacun mit au nombre des ennemis de leurs projets, ses ennemis particuliers. On écrivit leurs noms en gros caractères dans un tableau que l’on exposoit dans la place publique ; & ce fut ce qu’ils apellerent proscription, c’est-à-dire, une liberté de tuer ceux qui étoient compris dans ce tableau, non seulement impunément, mais avec l’assurance d’une récompense proportionnée au mérite du proscrit. 11s ne choisirent d’abord que dix-sept personnes: niais peu de tems a- près, ils en proscrivirent encore 150. ct ensuite il n’y eut plus de bornes à la licence ; chaque particulier croioit avoir autant de pouvoir que les Triumvirs; & l’on vit alors les enfans immoler leurs peres à leur haine, les femmes trahir leurs maris, les esclaves sor tout se venger des duretez de leurs maîtres, òu les sacrifier à leur avidité. Cependant, au milieu de tant de crimes & de tant d’horreurs, l’histoire a conservé la mémoire de plusieurs actions vertueuses qui forment un beau contraste dans le tableau de cette proscription, qui finit enfin par la séparation des Triumvirs. Chacun forma son parti : mais après bien des combats, Octavius demeura maître absolu de l’Empire* & fut surnommé Auguste. PROSA'ïQyE, adj. [ Prosaícw .] Qui sent la prose. (Stile prosaïque. Ces vers sont trop prosaïques.) PROSATEUR, s >«■ [Qui solttìà oratione jeri- bit~\ Mot qui vient de í’itslien, & qtii Veut dire, ce» lui qui écrit en prose, mais qui n’a pas été bien reçu en notre langue. On ne dit pas, Monsieur d’Ablan- Court étoit un excellent prosateur, mais un homme qui écrivoit bien én prose. Voiez le mot úe prosateur dans les nouvelles remarques du Pere Bouhours. La remarque qu’on fait fur ce mot est plaisante. Monsieur Ménage qui vouloir enrichir notre langue de ce mot, n’a point été heureux. if Cet endroit du Dictionnaire de Air. Richelet éveilla Air. Ale n âge, & l’obligea de raconter dans ses Origines ce qui S’étoit passé entre le P. Bouhours & lui, au sujet du mot Prosateur. Ce fut dans le préniier tome des observations fur la Ladgue Françoise , que Air. Ménage se déclara^inventeur du mot Prosateur. ,, J’ai sait çdit-il) Prosateur , pour dire un homme „ qui écrit en prose. On disoit auparavant Orateur. ,, Charles Fontaine, dans son Epître à Sagòn &àla „ Hueterie. “ „ On jugerait que ces compositeurs. ,, Sont ausiitòt Poètes qu'Orateurs. „ Ce qui ne iignifiòit pas ce que l’on voúloit dire ; ,, car Orateur est celui qui parle en public, ou qui „ compose des oraisons. Ce mot de Prosateur nous „ étoit donc nécessaire; & qui diroit, par ex triple , „ en parlant de Air. d’Ablancourt, que c’est !e pre- „ mier Orateur de France pour dire que c’est l’hotn- „ me de France qtii écrit le mieux en prose, parle. „roit, sans doute, très improprement ; car Air. d'A b. „ ìancourt n’a jamais parlé en public, & n’a fait que ,, des versions : a „ ìl a mis en lumière, U tt’esi pourtant Auteur ; „ Rt la raison èn est , qu’il n’ejt que Traducleur. Le P. Bouhours ne laissa pas échaper cette ocasion fans le pincer un peu vivement; il dit dans ses Dou- tes présentez à Airs. de l’Academie, que „ lors que „ l’on veut faire passer un mot que l’on a inventé , il ,, ne faut pas s’en déclarer sauteur; párce que le Pu- „ blic est délicat, il faut lui laisser croire.qu'il ne „ doit ce mot à personne, ou qu’il ne le doit qu’à ,, lui-méme. C’est assez pour l’obliger à désavouer Tome tll. Hh cet 242 PRO cet enfant exposé,'que quelqu’un s’en déclare îe pe- re ; & c’est ce qui me fait craindre que Prosateur ”ne passe point, quelque beau & quelque commode „ qu’il soit. II passeroit peut-être , íi Mr. Ménage ,, n’avoit pas dit lì afirmativement & si hautement, ì s ai sait Prosateur. De plus, il me semble que les „ Auteurs qui proposent un mot, se doivent bien don- ,’ner de garde d’user de ce mot, comme si l’usage „ l’avoit reçu ; il faut qu’ils le proposent d’un air rao- ,, deste, & qu’ils y mettent les adouciiiêmens que Air. de Vaugelas demande. “ Mr. Ménage, informé de cet endroit des Doutes du P. Bouhours, fit un grand chapitre, où il prouve que plusieurs personnes ont fait des mots dont même ils sc font vantez, & qui pourtant ont été reçus. Ce qui obligea le Révérend Pere d’inserer dans fès Remarques nouvelles fur notre Langue un article très-long, où il répond à Mr. Ménage, qui renouvella la querelle dans ses Origines de notre Langue. Mais malgré tous ses éforts, Prosateur est resté enseveli, sans espérance que quelqu’un vienne le refuse! ter. PROSE , s f [ Prosaïca oratio , soluta oratio,] Ce mot sc dit du langage , & veut dire tout ce qui n’est pas vers . Le mot de prose en ce sens n’a point de pluriel. (La prose d’Ablancourt est vive & pressée. Celle de Patru, claire & châtiée. Ecrire en prose. II n’y a pour s’exprimer que la prose, ou les vers. Votez Mohere Bourgeois Gentilhomme , a. 2 . f 4. 11 fait dire quelque chose d’assez plaisant sur le mot de prose au Gentilhomme Bourgeois. // ne veut parler que de rime £sf de prose. Des Auteurs decriez il prend en main la cause. Despr.) PROSE. [Prosa , cantus ] Terme à'Eglise. Ce mot en Terme à'Eglise a un pluriel. C’est un chant rimé en Latin, qui est gai & harmonieux, qui renferme quelque louange. Cantique en rimes Latines gai & plein d’hannonie. (Les plus anciennes proses de Í’Ë- glisc font du tems de Saint Augustin. Robert fils de Hugue Capet a fait plusieurs proses fortdevotes. L’E- glise Romaine n’a requ que quatre proses en son Missel. Chanter la prose. La prose se dit à l’autel. II y a un grand nombre de proses dans le Missel de Paris.) PROSELITE , f >«. íVerâ religione initiatm. ] Terme qui se dit en parlant de Pancienne Eglise. C’est- à-dire , qui est nouvellement converti. (Un nouveau Prosclite. Patru, plaiAmé iç. Malheur a vous Docteurs de la loi & Pharisiens hypocrites, qui parcourez la mer & la terre pour faire un seul Prose/ite. Nouv. Tejta - ment , par le P. Quesnel.) Le Peuple Hébreu étoit composé de deux sortes de personnes. Les uns étoient naturels ; les autres étoient étrangers, & ceux-ci étoient distinguez des autres par la dénomination de Proselites , terme Grec , qui signifie un étranger. La condition des Proselites n’étoit pas égale; les uns étoient Proselites de justice ; les autres Proselites de domicile. On apelloit Proselites de justice, ceux qui quitoient la Religion Payen- ne » pour embrasser la Judaïque; à quoi on n’étoit admis qu’en acomplissant trois choses, la circoncision, le batême, & le sacrifice acoutumé. Mais les femmes étoient dispensées de la première. Peu de gens ignorent ce que c’étoit que la circoncision. Et quant au batême, il s’acomplissoit par une ablution de toute la personne que l’on batisoit. Les Rabins, féconds en imaginations , croient que l’on trouve (origine de ce batême dans cet endroit de l’Ecrifure, ou Dieu dit S Moïse : Vade ad populum, £ç? sanHifica iUos hodie çjf cms , laventque vejiimenta Jua , ut Jìnt parati in dient tertiam, qmniani in dte tertia descendet Dominiis in oculis tothu fopuli super montem Sindi. Et quoique dans cet endroit, il ne soit fait mention que de l’a- blution des habits, ils prétendent qu’il faut soiis-en- tendre, tout le corps, parce qu’en éfet il n’est pas polli- ble qu’une grande quantité d’eau jetée fur les habits d’une personne, ne pénétre pas jusqu’au corps. Je ne doute pas que cette ablution n’ait été la source & le modèle du batême que les Egiptiens, les Athéniens, & les Persans pratiquoient lorlqu’ils initioient quelqu’un dans les misteres de leurs Dieux. Cette solennité étoit autorisée par la présence de trois Magistrats ; & les Rabins etoient si prévenus de l’éfet que produisoit le batême dans celui qui le recevoir, que l’on s’imagi- noit qu il devenoit un nouvel homme qui entroit dans PRO un asile assuré souS les ailes de la Majesté divine. Dans ce même tems, ou instruisoit le Prosclite de seâ devoirs, de la sainteté de la Loi qu’il embrassoit, & de l’aliance qu’il contractoit avec les Hébreux ; & u - près ces instructions, il étoit circoncis, quoique même il eût soufert la circoncision dans la Religion qu’il quitoit; car enfin, cette cérémonie finissoit par cette prière ; „ Que le Seigneur Dieu & Roi du monde,, soit béni. 11 nous a ordonné de circoncire le Pro- „ sclite, & de répandre le sang qui forme ('alliance. „ fans laquelle le Ciel & la terre n’auroient pas été,, formez. “ Si le Prosclite étoit mineur de vingt-cinq ans, il saloit qu’il fût autorisé par son pere, où par la Justice, pour recevoir éficacement le batême, parce qu’il s’agissoit d’un engagement qui ne devoit pas être contracté légèrement. Mais quelque changement que le batême produisît dans la personne batilëe, il n’é- façoit pas la qualité d’etranger, ni le caractère de pé. règrinité, qui l’excluoit des Charges civiles & militai, res, & méme de contracter mariage comme les Hébreux originaires, fi ce n’est lorsque le Professe étoit né d’une mets Israélite. Quant au sacrifice que l’on faisoit dans ces ocalions, il y a lieu de croire qu’il n’étoit point diférent de ceux que l’on faisoit ordinairement; du moins, les Historiens n’en ont marqué aucune diférence. A Regard des Proselites de domicile, il ne leur étoit pas permis d’habiter dans Jérusalem ; ils n’étoient pas assez purifiez pour demeurer dans un lieu si saint: mais ils avoient la liberte de choisir par tout ailleurs leur domicile. On les obligeoit feule, ment d’obscrver les sept Commandemens qui furent faits aux enfans de Noé. Le premier étoit d’éviter ('Idolâtrie : le second , de bénir le nom de Dieu : le troisième de n’étre point homicide: le quatrième, la défense de l’adultere & de ('inceste: le cinquième le larcin : le sixième , de rendre la justice, & d’y obéir: le septième, de ne point manger d’animalqui eût vie. Le batême, ni la circoncision n’étoient pas nécessaire» pour faire un Prosclite de domicile; il sufisoit qu’ils promissent en présence de trois personnes, de garder les sept Commandemens ; & après s’y être engagez, ils pouvoient rester parmi les Juifs, en portant néanmoins une marque qui les fit connoitre. ($ PROSODES. Suidas a remarqué que les Poètes Lyriques Grecs apelloient Ptofodes , les poèmes que l’on chantoit aux fêtes folemnelles des Dieux. Et La- saubon sur Athenée a remarqué que ceux qui confondent les Prosodiques & les Apostoliques, sc trompent fort , parce qu’il y a beaucoup de diférence entre Pu n & l’autre; car stfcniìnt Carmen ab iis cantarisoli- tum, qui ad Apollinem accedebant : Apojlolicus modus is cji , qui convenit tcìs A^oyo'anif vel Aa-tvoZiûr, , qt<4 erant apud Grâces prœfeûurá nauticœ car mina. PROSODIE, f f- [Prosodia , syttabarum quanta t,u , acccntús modulatio. J Mot qui vient du Grec. C’est la mesure des lilabes & le tems qu’on doit être à los prononcer. (Etudier la prosodie. Savoir la prosodie.) PROSOPOPE'E, f f. [Prosopopeia, sida oratio.} Terme de Rétorique. Mot qui vient du Grec. C’eit une figure qui consiste à faire parler une personne. Elle consiste aussi à faire parler Dieu , un Ange, ou autre esprit celeste, quelque vertu, quelque vice, & même quelque ville, ou Province, il y a deux prosopopees , une drrirlv, & l’autre indirecte. On ne se sert parmi nous de la prosopopée, qu’avec beaucoup de retenue» & même elle doit être fort courte. ÇL'audace du DoHeur par ce discours frapé Demeura fans répliqué à ma Prosopopée. Despr.) PROSPE RE, adj. [Secuxdus , foréunatus.l Favorable , Propice. Que Mars vota soit prospère Comme j'ejpére s II eji de 1 combííì Ou Dieu ne présidé pas. Segrais, chanson 6. Je ne l'qai pourquoi les Puristes font dificulté de se servir de ce mot, puisque l’Académie le reçoit & qu* plusieurs bons Auteurs s’én sont servis. ($ Malherbe, OdeJur Patentât , &c. O que nos fortunes prospères Ont un change bien apparent. II PRO Il fant suivre l’ufage ; peut-être qu’un jour cet adjectif prospérera. PROSPERER , ». n. [Secundà uti fortunà.] Etre heureux de plus en plus. Ses afaires prospèrent. Voiture, Ut. 84. Ce qu’elle avoit fait prospérer, Tomber du faite au précipice. Malherbe Poés. 1 . II ofenfe quand il veut plaire ; Cependant il gagne , il prospère. Kicbelet, Poésies. sfe veux bien que le fort par un heureux caprice Fafje de vos écrits prospérer la malice. Despr.) PROSPERITE' t f f [Projperitas, res fecunda.] Bonheur. Bonne fortune. (Prendre part aux prospérités de quelqu’un. Voit. I. 82. Etre dans une grande prosi périté. La prospérité corronipt aisément les meilleurs naturels. Vaug. Quint. I. 10.) H La prospérité cotrompt les bonnes mœurs dans toute forte d’Etats. Une constante prospérité engen- dte i’orgueil, & celui-ci produit une multitude de vices auparavant inconnus dans un Etat. Polybe de Tolard. PROSTATES- [Projiates.] Terme d'Anatomie. Deux corps blancs & glanduleux situez à la racine de la verge. PROSTERNATION, T f. [Abjeciio , demiffío.] Ce mot est imité du Latin. Prononcez projiernacion. C’est rabaissement d’une personne jusqu’aux genoux it’une autre qu’elle suplie. (Is est dans une humble prosternation.) Ce mot n’ell pas dans l’Académie. Cependant Monsieur de la Bruyere s’en sert. Bien paie de ses soins & de ses inquiétudes par le plaisir que donne la puissance absolue, & par toutes les projícrnations des Courtisans La Bray. * PROSTERNEMENT,/! tn. [Projlratum humì corpus."} Action de se prosterner. (Les Orientaux témoignent leurs respects par de fréquens prosternemens. Acad. Fr. SE PROSTERNER, v.r. [ Cerptu humi projler- nere.J U vient du Latin Je projhrnere. Se jetet aux pieds de quelqu’un pour le suplier de quelque grâce particulière. (Se prosterner aux pieds du Roi.) PROSTITUER, v.a. [Pubiicare corpus.] Ce mot l'e dit ordinairement en parlant des personnes du sexe. C’est métré dans le dérèglement. C’est livrer une femme , ou fille à quelque homme, afin que cet homme en abuse & prenne avec elle tous les plaisirs de la chair. (Elle a été punie parce qu’elle avoit prostitué fa fille.) * PROSTITUER Jon honneur. [Honorent projieere.] C’est ne taire point de cas de son honneur & l’aban- donner en faisant des friponneries & des lâchetez. [Hon , non, il n’eji point d’ame un peu bien située (fit veuille d’une estime ainsi prostituée. Molière. H On dit dans le même sens, prostituer fa dignité, prostituer la Justice, prostituer la Magistrature. Se projtituer , v. r. [Toto corpore fe projlituere.] S’a- bandonner à une vie infâme & déréglée. (C’est une malheureuse qui se prostitué dans fa jeunesse.) ^ On dit aussi figur. Se prostituer à la faveur, se prostituer à la fortune, se prostituer aux pallions de quelcun. PROSTITUTION,//. [Projefla vita ad omnem im- p’.idicitiam.] Prononcez Projïitucion. Dérèglement de vie. C’est un abandonnement illégitime que fait une fide, ou femme de ton corps à une personne, afin que cette personne prenne avec elle des plaisirs défendus. (Etre dans une honteuse prostitution. Ce n’est ici qu’une intame prostitution. Patru , plaidoié n.) ± * PROSTITtTlON, se dit aussi en parlant du mauvais usage qu’un Juge corrompu fait des loix, de ïa Justice, en les faisant servir à ses intérêts. (La prostitution des loix , la prostitution de la Justice.) PROSTYLE- Les Anciens apelloient templepro- Jlyie , celui qui n’avoit des colonnes qu’à la face antérieure. PROTAIS,/ nt. [ Protajìus .J Nom d’homme. (Saint Protais.) PROTASE,// [Protajìs.] Ce mot est Grec. Terme de Poésie. C’est la première partie u’un Poème Dramatique, qui explique le sujet de la pièce. PRO 243 PROTATIQUE. adj. [ Protaticus.] Personnage qui ne paroilloit lut le Théâtre qu’au commencement de la pièce, comme Sosie dans l’Andrienne de Terence. PROTECTEUR,/ ni. [ ProteHor, defenjor.] Prononcez ce mot comme il est écrit. 11 vient du Latin, & il signifie Défenseur. Celui qui protège, défend & apuie les intérêts d’une personne, de quelque ville, ou de quelque Etat. (Ardent protecteur. Puissant protecteur. Se faire un protecteur. Avoir un puissant protecteur. Cromwel prenoit le titre de Protecteur d’An- gleterre. Les pauvres Muses, qui font savantes, mé- riteroient bien d’avoir un favorable protecteur; mais hélas ! elles ont beau chercher, elles n’en trouvent point, leurs adorables protecteurs font morts. Chaque Ordre Religieux a un Cardinal protecteur.) PROTECTION,/ / [Tutela, prafìdium.] Prononcez. proteccion. Défense. Apui. (Rechercher la protection de quelcun. Ablanc. Tac. Prendre la protection de ses vassaux. Abl. Tac. i. 1. Je fuis en la protection d’un des plus braves hommes du monde. Voit. let. 46. Vous n’aviez pas raison de prendre fa protection contre moi. Voit. I. yo. Prendre quelqu’un en fa protection. Voit. I. y.) PROTECTRICE, / / [Patrona.] Celle qur^rotége. Celle qui prend en fa protection. (11 sacrifia à Pallas protectrice du lieu. Ablanc. Arr. I. 1. En 1569. aux troisièmes troubles de la Religion, la Reine Jeanne d’Albret fe déclara protectrice du parti Huguenot. Pi- r.efixe, hijì. de Henri IVl) PRO TE^E , / m. [ Proteus.] Nom qu’on donne aux personnes inconstantes ou trompeuses, parce que Protée chez les Poètes changeoit souvent de forme & de figure. ($ PROTHE'E. On dit quelquefois, en parlant d’un homme qui fait toutes fortes de figures, un homme qui change d’humeur & de manières, enfin qui fe déguise selon qu’il lui convient , qu’il est un Prothée. En voici la raison. Prothée étoit un des Dieux marins. Homère nous aprend qu’il habitoit dans l’Isle du Phare, proche de l’une des embouchures du Nil : là il prédifoit à ceux qui le consultoient, ce qui dévoie leur arriver ; mais il s’échapoit, & se transformoit eu tant de figures diférentes , qu’on ne pouvoit rien a- prendre de lui, si par adresse on ne le lioit si fortement, qu’il ne pût, avec tous ses éforts, & des changemens de figures , s’empêcher de parler : enfin , son emploi étoit de conduire les troupeaux marins de Neptune. Virgile nous en donne dans le quatrième Livre de ses Georgiques, une idée plus étendue & plus agréable ; & pour contenter la curiosité du Lecteur, je me servirai du pinceau de Mr. de Ségrais, fidèle & agréable Traducteur de l’Eneïde du niéme Poète : Prothée , un célébré Devin, Sur son char peint d’azur, fend l'Empire marin ; Ses chevaux à deux pieds courent les mers profondes ì D e Carpathe Jbn régné il fréquente les ondes ; Pallene jon pais le pojjede à J'on tour ; Les Ntmphes en toits lieux lui vont faire la cour, Même il eji révéré du tout puissant Nerée. Prophète, tl n’a jamais nulle chojc ignorée , Le pajj'é, le prisent, l’avenir, il sçait tout ; Aiiji dans Jbn Conseil Neptune k refont, Pour le recompenj'er des J'oucis ssi des peines Qu’il prend de Jes troupeaux ’èf des ses grands domaines. Povr savoir votre sort, pour le faire parler, De forts liens d’abord il le faut acabler ; Rien ne sert de prier , la feule violence Trouvera les secrets de fa haute science, Quand du milieu du Ciel fur les jaunes JìUont Le soleil tancera ses plies ardens rayons, Qu’on voit l’herbe griller & les troupeaux à l’ombre. Volez pag. 107. le reste. PROTEGER, ». «- [Protegere, tueri.] Ce mot & les précédens viennent du Latin. Donner protection. Apuïer. Défendre. (On doit protéger les gens de bien. Qu'allez-vom devenir belles infortunées , Muses , qu’il protégea dés ses jeunes années. Desh.) PROTESE, / f- ( ProtbeJìs.J Terme de Grammaire. Addition qu’on fait à un mut. Protcse vouloitdire aussi un petit Autel dans les Eglises Grecques. Tome UL H h * PRO- 244 PRO PROTEST, protêt,/, m. [Contestâta âenuncîa- tw 3 Terme de Marchand. On écrit protes, ou protejt, mais on ne prononce pas ìf. C’est: une acte qu ost fait faute d’acceptation, ou de payement de Letre de Change. II faut faire faire le protêt par les Notaires, & leur en faire garder la minute. PROTES TANT, f m. [ Lutbertmut .] Celui qui fuit les sentimens de Luther. Qui est Luthérien. (L’Armée des Protestans fut défaite. Les Proteitans font puissans en Allemagne. Ils ont été apellez Protestons, parce qu’ils protestèrent publiquement d apel- ler des décréts de l’Empereur à un Concile général. Voïez Fm-Pao:o , hiji. du Concile de Trente. Déja nom avons veu le Danube inconstant, Qui tantôt Catholique N tantôt Protestant, Sert Rome Luther de son onde. Abé Regn.) PROTESTANT, protestante, adj. [Lutheri seftator.j Qui est Luthérien. (Les Princes Protestans. Elle est Protestante.) PROTESTANT, part. Qui veut dire qui proteste. [Procus, amastm. '] Amant qui fait à une Dame des protestations d’amour. (Cette jeune veuve a quantité de protestans.) 0 11 ne se dit que dans le discours familier, « u tire son origine du mot protestation, dont les amans vrais ou faux font prodigues: mais il n'y a que les jeunes filles encore novices qui y ajoutent foi ; les habiles font persuadées de cette maxime: Ne crois point trop à ces paroles : Je t'aime beaucoup plus que moi , Je mourrais mille fois pour toi. Iris , ce font des hyperboles , On aime pour P amour de foi. PROTESTATION , f f. [Promijfa studii tz? bt. nevolentite. ] Prononcez protestation. C'est un engage* ment de paroles qu’on fait à une personne, par les* quelles on lui promet & ou l’affure de quelque chose. Assurance. Promesse. Sorte de ferment. (Protestations belles, grandes nouvelles, amoureuses. II lui fit de nouvelles protestations d’amour, mais à force d’en vou* loir faire de trop grandes & de trop belles, il en fit d’impertinentes. Scaron, Nouv.j PROTESTATION. [Saripta reclamatio.J Ce mot se «lit en terme d e Palais. Déclaration que l’on fait dans les formes & où il faut. (II fait ses protestations au Gréfe. 11 a fait fa protestation devant Notaire.) 0 Les Jurisconsultes ont donné diférentes définitions de ces sortes de protestations : mais comme il y «n a de clandestines, & de publiques, on peut dire en général, que la protestation est une déclaration par laquelle nous faisons connoìtre que nous entendons aquerir, ou conserver quelque Droit, ou éviter un dommage dont nous sommes menacez, Quoique les Docteurs disent que Ja protestation est personnelle, U perfonalistìma, cependant on peut protester par Procu* reur fondé d’un pouvoir spécial. La protestation clandestine n’est qu’un préservatif, contre les inductions que l’on pourroit tirer de notre lìlence & de notre aquiescement ; elles n’aquierent jamais aucun droit ; rarement produssent-elles quelque éfet. La protestation «st un acte volontaire, que l’on peut faire en tout tems, même dans les jours de fêtes: mais il faut la faire pendant que les choses font dans leur entier; on proteste inutilement, quand elles font consommées Contre son propre fait la protestation est inutile, quand il est volontaire. Cette matière est susceptible de plu- sieurs ouestions, qu’il ne me convient pas d’examiner. PROTESTER, v. a. [ PoUicerì , testificari, jurare. J íronutre quelque chose avec serment : (11 lui avoir proteste de ne l’abandonner jamais. Je lui ai protesté ce que je vous dis. & je tiendrai ma parole. Pliiez ces vagabons dont P amour trop fertile , Ne nous protesta rien, qiiil ne proteste à mille. Corn.) PROTESTER. [Contestando dcmmtiareP] Ce mot se dit en ternie de Palais, (Exemples. Protester de violen- ce chez un Notaire. Protester tic tous dépens, dommages & intérêts. C’est déclarer qu’on prétend tous dépens, dommages & intérêts contre quelqu’un ) ^TESTER. ITstatorecUunire.l Ce mot se dit en- tse Marchands en parlant d e serre dc change. (Protester une letre de change.) * PRO PROTHE'E. Voïez Protée. PROTOCOLE,/»». [Notarié prototîpum.'] C’est un livre qui contient tous léss actes des Notaires. (Scavoir le protocole.) PROTOCOLE. Se prend aussi pour le formulaire de plusieurs actes de Justice. Chez les Secretaires deg grands Princes c’est un formulaire, contenant la maniéré dont ces Princes traitent dans leurs lettes ceux à qui ils écrivent. Chez les Ambassadeurs c’elt le Registre où ils écrivent tout ce qui regarde leur médiation. 0 Voïez les Etimologies de Mr. Ménage, on y trou. vera dequoi se satisfaire. PROTOCOLE. [Susurrâtor.2 S’est dit autrefois de celui qui est derrière une perlonnc qui parle en public, pour lui suggérer au défaut de fa mémoire. PROTOCOLE. [ PrimumcodieUsolium .J Signifiait ori, ginairement ia jprémiére feúille d’un livre où étoitla marque du papier. PROTONOTAIRE, f tn. [Pontifiais Notariw,] C’etoit autrefois le premier des Notaires de la Cour des Empereurs & des Papes. C’étoitauíìì une maniéré de Secretaire; mais aujourd’hui c’est un Oficierdela Cour de Rome fort privilégié, qui reçoit les actes deg Consistoires publics, & expedie en forme quand il en est requis. C’est lui qui reçoit les Testa mens des Cardinaux, & fait les informations de vie & de mœurs. Beurrier, antiquité* des Celestms, c. dit que les Saints Peres instituèrent les Protonotaires. PRO 1 ObiNCELLE,/ »». [Patriarche Vicarius ,J L’une des premieres dignitez Eclésiastiques chez le* Grecs. Le premier domestique du Palais Patriarchal est apelle Protolincelle : mais ordinairement c’est le Vicaire du Patriarche dans la grande Eglise de Con. stantinople. Acad. Pr. t PRO TO 1IPE, f ttt. [Archetipum, exemplar.] Vieux mot qui vient du Grec, ct qui veut dire modelle. (C’est un Prototipe de sagesse. Ablanc. Luc.) t PRO L > adv. [Muttum, fatisj Vieux mot qu’oa dit quelquefois en riant, & qui veut dire beaucoup. Fort. Assez Trop. (Je le eonnoi prou. Pour Dieu ne prenez point de vilaine figure, J‘ai prou de mafrmeur en cette conymtiure. Mol.) PROùE, f fi [Prora ] C’est Pavant du vaisseau. La partie du vaisseau qui s’avance la prémiere en mer. (Pair par pre'úe. C’est voir devant se i. Donner la proue. C’est prescrire la route qu on doit tenir.) PROVEDITEUR , j. tu. [ProveuitorJ C’est un Magistrat conlìdérable de la République de Venise. U y a deux sortes de Provediteurs. Le Provédiceur du commun , & le Provéditeur de mer. Le Provéditeur du commun est un Magistrat de Venise, qui est á peu près la même chose que VEdile des Romains, que les Consuls de Languedoc, & les Echevins des autres pais de France. Le Provéditeur de mer, c’est un Oficier dont l’autorité s’étcnd fur la flote lorsque le Général est absent. Voïez Amelot, Histoire de Venise. PRO V EN A N T, provenante, adj. [Ortum ducew.J Qui provient, qui dérive. Les Notaires disent, les en- fans provenons de mariage, &c. PROV EN DE , / m. Prononcez Provande. Ce font des pois, de l’aveine, de la vefee, ct c. qu’on mêle ensemble & qu’on donne aux brebis ct aux mourons» ^Donner de la provende aux brebis. Cette provende est bonne. Quand un Religieux va à la quête, il V» à la provende.) PROVENIR, Verbe neutre passif. [ Emanare , pro- venire Ce mot se dit ordinairement des choses, & veut dire Venir. Dériver. (_Cela provient de là. Son malheur est provenu d’ailleurs.) PROVERBE, J . tn. [Proverbium,Jentential] Sorte de sentence où le vrai sc trouve ordinairement, & qui a quelque chose de (impie & de naturel. (II fau# assaisonner les proverbes quand on s’en veut servir. Relever un proverbe. Dire des proverbes. II n’y * guère que le peuple qui parle proverbe. Cloris ne joue rien Jì ce n'eji au proverbe. Sar. PoéC Un commun proverbe. Un ancien proverbe. Et par le prompt éfet d’un J'el réjouissant Devenir quelquefois un proverbe en naijfant. Defpr.) 11 y a déja long-tems que les proverbes ont été bannis des discours polis & sérieux, & même de* «en- PRO Conversations spirituelles ; on les soufre, Sc l’on en rît quelquefois dans les familières. Mr. de Voiture e!ì le feu! de nus Auteurs qui ait sçú s’en servir agréablement: mais disons avec le P. Bouhours, qu’ilelt dangereux de vouloir le copier ; il faut les laitier aux Espagnols & aux italiens. Voïez les Nouvelles Remarques du P. Bouhours. Le livre des Proverbes de Salomon, qui est dans l’E- Criture Sainte, contient les Sentences de Salomon. II a été traduit en François par M. de Sacy, avec tous les autres livres de l’Ecriture Sainte aufquelsil a joint un commentaire très-pieux Sc très-savant. PROVERBIAL, proverbiale, adj. [ ProverbiaUs .] Qui tient du proverbe. (Oter aux Proverbes ce qu’ils ont de proverbial. Façon de parler proverbiale. Abld) PROVERBIALEMENT , adv. [ Alodo proverbiale. 3 D’une maniéré proverbiale. Cela est dit proverbialement. PROVERBIALEMENT, adv. Comme on fait ordinairement. A la maniéré ordinaire. Si Claris le vouloit, nota jonrsom bien tout deux, Proverbialement, à baise moi gendarme. Sar. poès. t PROFESSE ,/ f. {Praclarégejia, heroica saeino. ru.] Ce mot signifie aéiion de valeur. Action de cœur. Action de vigueur, & a été employé en un sens fort serieux par un bel esprit de l’Académie : mais n’en déplaise à ce bel esprit, le mot de prouejse n’est plu* guere en usage qu’en riant & dans le burlesque. (II fatigue les gens à force de raconter ses prouesses. Il lit des proùtses à coup de poing. Scaron , Rom. t * Votant que toutes les prouesses amoureuses ne luî servoient de rien , il gagna par des présens un esclave Negre. Scaron, Nouv. Quelque ardeur qui vous presse, ne faites pas tant de prouesses. Voit. pois. Mais bien-tôt rapeJJant son antique prouesse, l: tire du manteau sa dextre vengerejje. Desp.) PROUFASSE, adv. [ ProficiatJ Salut qu’on fait aux conviez après qu’ils ont mangé. {Proufajse mon pere & ma mere, &c.) PROVIDENCE,//- ÇProvidentia.] Dieu. Sagesse éternelle. (Ils atendoient en crainte les ordres de la Providence. Patru , pi. ;. II faut se soumette aveuglément aux ordres de la Providence. 6. Ciran. jyun Roi vifiorieux dont Pari ive prudence Concerte ses projets avec la Providence. Genest.) ts Les Payens étoient fi peu certains dans leur Religion, oue lors qu’ils voyoient des personnes sages & vertueuses acablées de disgrâces Sc de maux, ils croioient qu’ils n’y avoit point de Dieux. Ovide : Dum rapiunt mala fata bonos , ignoscite fajso , Sollicitor nullos ejfe put are Deos. Quelques-uns, convaincus qu’il y en avoit, ont ets l’audace de s’en prendre à eux, des malheurs qui leur arrivoient. Ainsi Lucain a bien osé dire; Crr,non erit superis , b me fecijje nocentem. Et ailleurs : Superis bac crimina dons. C'audien, après avoir dit que la fortune de Rufin le persuadoit que les Dieux négligeoient le soin des hom- mes, & favorisaient les médians plutôt que les bons. Mais dit il, Abjiulit hune tandem Rufini pana tumultum Absolvitque Deos. Ce sentiment de Marc Afltonin est plutôt d’un Chrétien, que d’un Payen. Tout ce qui vient des Dieux (dit-il,) porte les marques de leur providence ; ce que l’on impute même au hazard & à la fortune, se fait par la nature , ou par la liaison & l’enchainement des causes que la Providence régit ; toutes choses prennent de là leur cours. Reflex. L. r. art. j. fur la Providence. Cicéron, de nat. Deor. L. i. p. 7- de la Traduction. PKuVíGNEMF.NT, sm. [ PropagatioJ Action de provigner. Le provignement de la vigne. Danet. PROVIGNER , v. a \Propagare vitern.'] Terme de Vigneron. Faire des provins. çProvtgner la vigne.) * f PROVIGNER, v. n. [ Multiplicari .] Multiplier. (Ces oileaux provignent fort. Voit.po'éJ. Epître a Mon* úur de Coligni. L’herelìe prov igné. ) RìLO VIN i / m - [Propago.] Terme de Vigneron. PRO 24ç — rJ Brandie d* sep qu’on couche dans une fosse & qu’on couvre de terre, faisant sortir le bout de cette branche hors de terre pour produire un nouveau sep. (Faire des provins.) PROVINCE,// {Provincia.l Les Anciens Romains apelloient Province tout le païs qui étoient hor# de l’Italie, & que les armées Romaines avoient conquis. (Ainsi on dit, les Romains réduisissent en Pr«- vinces toutes leurs conquêtes.). Les Romains apelloient provìncìa, les païs qu’il* avoient conquis. Provincia (dit Festus) proprii dicitur regio quant Populus Romanm proviat, id ejt ante vicìt » Le gouvernement de ces nouvelles conquêtes étoit tiré au fort, & c’est de là qu’ils donnerent le nom de IV*> v'mcia à toute sorte d’emplois & d’oeupations. Ainlì nous lisons dans Terence : O Geta, proumeiam ctepijii duram. Les Consuls, après leur élection, fe partageoienifc d’abord le gouvernement des Provinces, selon que Ic sort est diíposoit ; mais l'Empire Romain devint & étendu, & les guerres qu’il salut entreprendre pour les conquérir, furent si fréquentés & si considérables, que l’on fut obligé de changer la forme du gouvernement, L de donner à des particuliers l’autorité nécessaire pour conduire les Armées, commander dan» les Provinces, & tenir la place des Consuls, qu’il» reprefentoient; que l’on nomma ProconJ'ules , dont on ne fit qu’un seul mot, quoique, dans les anciennes Inscriptions on trouvejre. Cof. séparez. Mais quoiqu’ea aparence le Proconsul ne sot point diférent du Consul , cependant il est certain que le Proconsul ne fui point mis dans le rang des vrais Magistrats. II avoit le pouvoir que les Romains apelloient potejiat , mai» il n’avoit pas l’Empire, Impermm. Ceux que le Peuple choiíissoit pour remplir des fonctions indéfinies , & lors que l’oeasion s’en présentoir, n’avoient qu’u- ne simple autorité bornée: mais lors que le Peupla élifoit quelqu’un pour une afaire particulière, com m» pour faire la guerre à quelque Roi, il lui donnoitua pouvoir absolu, qu’ils apelloient Imperium. Entr» les Loix militaires dont Cicéron a fait mention dan* son Traité de Legib. on trouve celle ci : MILlTIifî. AB. EO. QVÏ. ÍMPERAB1T. PROVOCATIO. NE. ESTO. QVOÛQVE. 18. QVI. BELLVM. CEBIT» ÌMPERAB1T. 1VS. RATVMQUE. ESTO. Le pouvoir du Proconsul est marqué dans le titre de officie Proconsulis , au Digeste. Dès qu’il étoit sorti de Rome , il pouvoit prendre la qualité de Proconsul, dfe ses ornemens consulaires : mais il n’avoit que l’exer- cice de la juril'diction volontaire ; Sc son pouvoir étoit renfermé dans la manumission des esclaves, dans l’é» mancipation des en fans, & dans l’adoption ; & tout ce qui est de la jurifdiction contentieuse, lui étoit défendu, jusqu’à ce qu’il sot arrivé dans la Province qui lui étoit échúë, où fa jurifdiction étoit auísi étendu», que celle des Consuls. 11 est vrai quePighius n’est pas de ce sentiment, dans les Annales des Romains; & il prétend prouver par l’autorité de Tite-Live, que le Proconsul n’avoit point Y Imperium. Les Proconsuls n’obtenoient jamais 1e triomphe, quoiqu’ils l’eussenC mérité, parce qu’on les regardoit comme simples Citoyens, & fans caractère de magistrature ; & c’est pa* cette raison , au raport de Tite-Live Sc de Plutar- que, que Q Scipion ne pût point obtenir les honneurs du triomphe, après avoir soumis l’Espagne à l’Empire Romain. Mais les mêmes Historiens nous a- prennent que l’on se relâcha de cette rigueur ; éfc l’on commença d’y déroger en faveur de L. Lentulus, qui fut le prémier à qui 1c Peuple acorda l'Ovation; & dans la îiiite, Quintus Publius Philo triompha a» près avoir vaincu certains Peuples qui s’étoient déclarez ennemis des Romains. Au resta, le Proconsul exerçoit toûjours son emploi, jusqu’à ce que son successeur fût arrivé dans la Province. PROVINCE. {Provincia, Regio ] On apelle aujourd’hui de ce nom une certaine étendue de païs où il y a des villes & des villages, & qui est gouvernée au non» du Souverain par un Gouverneur particulier. (Moa* sieur le Prince est Gouverneur de la Province de Bourgogne. Mr. de Montmorenci est Gouverneur de la Province de Normandie. La France est divisée e*> plusieurs Provinces. Scacbe quelle Province enrichit les traitans t Combien le sel au Roi péut fournir ttw les ans, Deíp.) Hh 3 '246 PRO PROVINCE- C Provincial] Terme d t Religieux. Nom- bre de Couvents qui font dans une, ou plulieuis Provinces de France & qui font gouvernez par un Religieux qu’on apeile Provincial. Ce mot de province en ce sens fe prend du lieu où est le principal Couvent du Saint qui en est titulaire, ou de la Province de r ran- ce où font les Couvents: (Ainsi un Augustin dira, je fuis de la province de Lion. Je fuis de la province de France, ou de Saipt Guillaume. Chez les Prêtres de l’Oratoire, cette provmce s’apelle département.) PROVINCE. [Provincial] Terme à’Eglise. C est toute l’étendué de la jurifdiction d’un Métropolitain , en y comprenant tous ses fuifragans. (Le Métropolitain convoqua un Concile pour regler Ion Diocele oc la province.) • • ; n n • PROVINCIAL, provinciale, adj. [Provinciales CL U1 est de province. (11s méprisent les vers qui iont nez d’une plume Provinciale. Mail. poésies. luonlieur Tierce lin est gentil, mais il est Provincial. Boileau , Lettre a Cojlar.) .... -, r . ■ PROVINCIAL, f. m. {Provinciale , impolitus .j Qui est de province. (Quelque éfort que taisent les Provinciaux pour bien parler, ils fe sentent toûjours de ía province. Les provinciaux font la plus incommode nation du monde. Scaron , j. part, ch. 8-) PROVINCIAL. [Provincia Religiosorum prapojituss Terme de Religieux. C’est le Religieux qui est le chef cses Religieux de fa province, & qui met & change les Religieux comme il lui plaît- (Un Religieux ne peut «hanger de Couvent fans la permitlion de son Provincial.) PROYINCIALAT. s m. [Provinciale dignité,] Dig- gpite de celui qui est Provincial d’un ordre Religieux. (Le P. Cenami Capucin ne fe comporta pas trop bien durant son provinaalat.) PROVISEUR, s. m- [Provisors Ce mot fe dit principalement en parlant de Sorbonne. C’est une dignité à vie , dont la fonction consiste à protéger la maison de Sorbonne & en avoir soin. Le Cardinal de Richelieu étoit proviseur de Sorbonne, & aujourd’hui c’est Monsieur le Cardinal de Fleury qui l’est. PROVISEUR. [Moderators Ce mot fe dit aussi en parlant de certains Coléges de Paris, & signifie celui qui prend le Colége sous fa protection, qui en apuie les intercts & qui en réglé les afaires ses plus importantes. PROVISION , s. f. [Annona cibarias Fourniture de choses nécessaires pour quoi que ce soit. (Faire provisions de vivres Abl. Rét. I. ;. c. 2 . Faire provision de bois pour tout l’hiver. Faire ses provisions pour toute satinée.) PROVISION. [Collati muneris diplomas Ce mot se dit en parlant d’oficiers civils. Ce sont des lettres repliées & scellées du sceau de la grande Chancellerie de France, par lesquelles le Roi déclare qu’étant informé de la capacité d’une personne, il donne à cette personne l’ofice vacant pour en jouir dans ses droits avec ordre à ceux à qui il apartient de recevoir cette personne dans la charge dont il est pourvû. (Les Ì -révisions font les portes des ofices. 11 n’y a que le loi qui puisse donner les provisions des ofices. Voïez Lo seau f PROVISION. [Collati beneficii diploma .2 Terme de J.latiére benejkiate. Titre qu’on acorde à un Ecléfia- ftique capable, en vertu duquel il polsede un bénéfice. (11 y a une provision sur résignation Sc une provision tn commande. Obtenir des provisions. Avoir des provisions. On ne reqoit point en France des provisions du Pape si elles ne font acordées fur une íuplique. Majsac, ìnftitution au Droit Eclesajlique, c. 19.) PROVISION. [Fiduciaria pojjejjionis concesjìos Terme de Palais. C’est une adjudication d’une certaine somme de deniers, en vertu dc laquelle un créancier doit recevoir, en donnant caution , une somme qu’il a demandée. (La provision se donne pour pension, aliment, médicament, remboursement & poursuite de procès, Roujfeau , Traité de la procédure.') PROVISION. Qu’on accorde à quelqu'un fur un bien qui est en litige. [Pensa provifa in aliquampar- tem litigiosams J * On dit à celui qui a reqû des coups de bâton, qu on lui a donne bonne provision de bois pour son hiver. ••f PROVISION. Terme de Commerce. C’est le fonds que celui qui tire une lettre de change a coutume de PRU remettre à son correspondant fur qui il l’a tirée, pouf qu’il soit en état de la païer à son échéance, H PROVISION, sc dit aussi du salaire d’un Commis, rì’un Facteur, d’un Commissionnaire , qui ordinaire, ment s’eltime à tant par cent de Rachat ou de la vente des marchandises qu’ils font pour le compte du Commettant. PROVISIONNEL, provisionnelle, adj. [Sententiafidu- darne pojjsiouis J Qui regarde la provision. Qui se fait par provision. (Cas provisionnel. Afaire provisionnelle.) FROVISJONNELLEMENT, adv [Legefiduciaria pof sejjìonis.'} Par provision. Cette afaire n’a été jugée que provsionnellement, Sc non pas définitivement. í PROVISOIRE, adj. Terme de Palais, qui se dit d’un jugement ordonné par provision. (Jugementprovisoire, Arrêt provisoire, sentence provisoire.) r PROVISOIREMENT, adv. Par provision. On s’en sert en termes de Pratique. (Juger provisoirement.) PROVOCATION»/ / [Provocation Action par laquelle on provoque. PROVOQUER, v. a. [Provocare, lacejfere Exciter. Obliger. Contraindre quelqu’un, le presser à faire, à entreprendre, ou à dire quelque chose. (Celui que je suis venu chercher , nia provoqué lui-même au combat. Vaug. Quint. L c. ç. Cette plante pro. voque surine. ) PROUVER, preuves-, v. a. [Probare, consirmares Quelques-uns disent preuver ; mais ordinairement on dit & on écrit prouver. (Prouver une proposition. L’orateur doit psouver les points de la division de son discours.) PROXENETE ,/»*•& f. [Proxenetas Courtier , entremeteur d’un marché. On donne ce nom aux honnêtes er.tremeteurs qui font vendre des Offices , qui font des mariages ou autres affaires. (Le Droit Romain donne action aux Proxenetes pour leurs salaires.) PROXIMITE', / / [Propinquìt as , vicinitas . ] Lieu proche. Voisinage. (La proximité du lieu favori soi t leur foin.) _ PROXIMITE'. [Sanguinis cognatioj Degré de parenté fort proche. (Cela marque la reverence que lei hommes doivent à la proximité que le sang établit entre eux. Port.Royal.) PRUDE, adj. [Probus, prudens.J Qui a de la prudence, de la sagesse. (11 est prude. Elle est prude. On dit auílì subjìantivement. C’est un prude. C’est une prude. se ne défends point à la Prude De prendre un peu de Join de ce qu’elle a d’attraits; Ce seroir une inquiétude De negliger les dons que le Ciel nous a faits. Pavillon.) fs Ci git qui fit semblant d’être sévere U rude , Mais pour qui nul amant ne joupiroit a faux r Et qiti couvrit tous fis défauts Du voile spécieux de prude. La prude est en éfet une femme qui se déguise, qui dans le fond est toute autre qu’elle n’est en apparence, qui traite de crime la plus legere licence à laquelle les plus vertueuses ne feroìent pas la moindre aten- tion, & qui enfin est sensible comme les autres. Voici la diférence qu’il y a entre une prude Sc une coquette. Sylvandre dans l’incertitude Laquelle il ainuroit, la coquette ou la prude , 11 ne pouvoit enfin fi résoudre à choisir ; Me demanda quelle viflorre Seroit plus filon Jim défis-, Voulez-vous (lui dis-jé) m’en croire , La prude donne plus de gloire, La coquette plus de plaisir. PRUDENCE,// [Prudential} Prononcez prit- dance, Ce mot fe dit proprement des hommes. C’est la réglé des actions morales. La Chamb. (La prudence est une vertu de Peípritqui contribué à nous rendre heureux. C’est le discernement de ce qu’il faut faire pour être heureux. Arijiote dans ses ssiora/es àNicomaque, dit que la prudence est une habitude de l’efprit qui pat diverses réflexions reconnoissant l’inconstance des choses, porte l’bomme à s’atacher à celles qui le peuvent rendre heureux, & à evicer celles qui lui peuvent nuire. Avoií de la prudence. Aquerez îa prudence parce qu’elle est plus précieuse que l’argeot, Porî-Roíal, Prov . de Sal. ah. 16 .) M Mr. PRU t$ Mr. Desmarêts, dans la Defetise du Poème Héroïque, a censuré ces vers dc Mr. Despreaux : Grand Roi ,fi jusqu’ici, par un trait dc prudence j J’ai demeuré pour toi dans un humble silence. II prétend qu’il saloir dire, par refiefi , & nonjw un trait de prudence. Cependant on peut bien dire que la prudence ne lui a pas permis d’entreprendre un éloge ii fort au-deílus de ses forces. Mais demeurer dam le silence pour une personne , me paroit bien plus digne de reprehension. PRUDEMMENT , adv. [ Prudenter , compté, j} Pro- noncez prudamman. Avec prudence. Avec jugement. (Je me voulois marier, mais sages gens en qui je me fie m’ont dit que c’est faire prudemment que d’y songer toute ma vie.) Evrard seul en un coin prudemment retiré Se croioit à couvert de /’insulte sacré. Despr. 4 PRUDENCE, signifie aussi sagesse, circonspection. La prudence d’un Général (satinée. 11 est bon d’a- Voir de la prudence, & de ne rien mettre au hazard que le moins qu’on peut; mais la prudence elle-ménie Veut qu’on profite des occasions que la fortune nous présente. Si on les laisse échaper, c’est une très-gran- de imprudence, Polybe de Folard. La prudence portée à l’excez est un très grand vice dans un Chef d’armée, pour ne pas dire une lâcheté, lbid. T La prudence & le courage ne paroissent jamais avec plus d’éclat que dans les hommes, qui conservent l’une & l’autre dans les dangers les plus pressans & les dificultez les plus afreuses. lbid. f La prudence politique est le renversement de toutes les vertus morales, puisqu’elle veut bien souvent que nous déclarions la guerre à ceux qui nous ont rendu mille services ; c’est-à dire, que nous rendions le mal pour le bien. Eaudé. PRUDENT, prudente, adj. [Prudcns, confideralus. ] Prononcez prudan , prudante. Qui a de la prudence. Qui discerne avec esprit ce qui le peut rendre heureux, & qui s’y a tache, & qui fuit ce qui le peut faire malheureux. (Tous les Politiques passent pour pru- dens. Arifiote dit qu’on ne peut être prudent qu’on ne soit homme de bien, parcc qu oh ne peut être prudent qu’on ne pratique les choses qui font moralement bonnes. Aristote est un grand Philosophe, mais il ne dit pas toéjours vrai. Je ne fuis point prudent en tout ce qui est de mon plaisir. Voit. L 24.) f PRUDERIE , f. f. f Ementita probités.] Ce mot se dit proprement des femmes, & veut dire une forte dc Fausse sagesse. Une sagesse afectée. Sorte de prudence & de sagesse. ( C’est une pruderie trop scrupuleuse. Molière.' La pruderie n’a jamais eu de si belles esclaves. Des Jardins. Là, votre pruderie, & vos éclats de zélé île furent pas citez comme un tris bon modèle. Aloi.] PRUD’HOMME, [■ »«. [Perìtus , expertus. ] Ce mot est vieux. 11 iìgnifioit autrefois, un homme sage, prudent & expérimenté. 11 ne se dit en ce sens qu’en riant & avec mépris. On le dit encore en terme de Pratique. Les Experts & Prud'hommes ont été nommez. Se tenir au dire des Prud’hommes &c. [f L’Evcque de Grenoble ayant présenté au Duc de Savoye le jeune Bayard son neveu, En bonne foj (répondit le Duc) je t’accepee volontiers ; le présent est beau [s honnête ; Dieu le fajse preud’homme. Hist. du Ghev. Bayard, :h. 5. Joinville raconte dans la vie de Saint Louis, que le bon Roy estant en joye, il me fai- soit quejiiom , pres-nt niaijire Robert , £5? me demanda par Sénéchal, or me dites la raison pourquoy c’ejl que preud’bomme vaut mieux que jeune homme. Joinville, & Robert de Sorbonne étant de diférent sentiment, le Roi décida ainsi: Maifire Robert, je voudrais bien avoir le nom preud’homme, mais que fujje bon preud’homme , es le rcmenant vous demourajt ; car preud’homme eji fi très grand chose es fi bonne que ce mot preud’honi- nie a nommer remplit la bouche. Et dans la fuite, quand le grand Roi Philippe scut qu e le Comte Jean de Châlons avoit eu un fils qui avoit nom Hugues, Dieu le veuille faire preuhomme, fs preud’homme , car grand différence disoit efireentre preuhomme es preud’homme, ps que maint Chevalier y avoit entre les Chrétiens, ps entre les Surra- zins qiti estaient ajjez preux, maie ils n’ejleicrit p,is preud - PSA 247 hommes. La diférence de ces deux rhots, est sensible. Preuhomme étòit Un homme preux & vaillant, un grand guerrier ; PrewPhomme signifioit, comme il signifie en« core, un homme sage, prudent, & habile dans son. métier. Voïez Mr. Du Cange fui' foin ville , pag. 06- PRUD HOMMIE. f f. [Probitus, intégrités .] Probité. (C est un homme d une grande prud’kommie. Acad. Fr„ Une efisece d’Abé de mince prud’hommie Et de qui le genie ejt bien plus mince encor , S’est je m (çay par qìiel efior Introduit à l’Académie. Bours. lett.) PRUNAïE , s. f. [Lochs prunit confit ms Lieu planté de Pruniers. Danet. Voiez Prunelaie. PRUNE,//. [Prunum.] Fruit de prunier, qu| est composé de peau, & de chair, aiant une especè d’os un peu long, au milieu duquel il y un noiau a- mer. On dit que les prunes noires font plus faines que les blanches, les jaunes, ouïes rouges. Toutes les prunes lâchent le ventre , purgent la bile & rafraû chiffent. (II y a diverses sortes de prunes, les prunes de damas , prunes dates, perdigron. ) Voïez prunier. * t Cela n’est pas mis là pour des prunes. Molière. C’est-à-dire , cela est mis là pour raison & dessein. PRUNEAU , / m. [Prunum pajsum, ficcatum ] Pru- nés qu’on fait secher. (Les pruneaux de Tours font les meilleurs & les plus estimez. Faire cuire des pruneaux. Les pruneaux lâchent le ventre. Manger des pruneaux.) PRUNELAIE,// [Prunetum.] Terme de Jardinier. Endroit tout planté de pruniers. (Une belle prunelaie. Planter une prunelaie. Quint. Jard. Fr. t.!,) PRUNELLE, / f. Terme de Medecine. f Prune lia.) Secheresse de la langue & de la gorge qui arrive dans les fièvres continués, & fur tout dans les fièvres aiguës accompagnées d’ardeur & d’une rougeur obscure. PRUNE'LjE, prunelle , / f. [PupiUa oculì.] Ce mot en parlant de l’céil, c’est le prémier instrument de la vúë. (La prunelle est sujette a sb dilater & se resserrer. Doit.il être en fureur ? que ses vives prunelles D’une C omete en feu dardent mille étincelles. Sanlec.) * Jouer de la prunelle , Mol. j] Niciari,] C’est se foi- ìe signe deS yeux. C’est se regarder avec quelque amour. PRUNELIER / m. [Prunus sylvejiris.] Prunier sauvage qui porte les prunelles. L’eau distilée de fes fleurs est un remede excélent contre la pleurésie, contre íes oppressions de poitrine. PRUNELLE. [Pruna sylvejhria.] Fruit de prunier sauvage. Ce fruit est noir L les pauvres gens des chanips én font une efpece de boisson en les mêlant avec de l’eau. (Cueillir des prunelles. Les prunelles foiit astringentes.) PRUNIER, s. ni. [Prunus J 11 y a un prunier domestique, & un prunier sauvage. Le domefiique est un arbre qui croît parmi les vergers, il jette des racines à fleur de teríe. Son tronc est droit & âpre, & jette plusieurs branches, fa feuille est un peu longue & dentelée tout autour, fes fleurs sont blanches & son fruit est cé qu’on apéll e prune. Le primer sauvage est un arbrisseau qui croît parmi le^ronces & les huilions» & qui porte un fruit fort astringent qu’on nomme^ra. nelles. (Un prunier bien chargé des prunes.) PRURIT , / m. Terme d e Médecine. [Prurits#’, prurigo.] Démangeaison qui vient des vapeurs du sang & de quelques humeurs acres & mordicantes. $ * PRURIT , se dit d’une envie immodérée de parler. (Cette femme a un prurit continuel de parler.) PSALMISTE, / m. [ PJalmiJia. ] Ce mot est Grec. C’ést celui qui a composé des Pseaumes. On donne ce titre à David, (Le Pfahniste a dit en tel endroit, &c.) PSALMODIE, / / [Psalmodia.] Ce mot est Grec. Prononcez, ce mot comme.il est écrit. II lignifie le chant des Pseaumes. ( 11 s s’exerçoient à la prière, au jeûne & à la psalmodie. Patru , plaidoté 14.) PSALMODIER, v. n. [Psi/mas alta voce récit are.] Prononcez ce mot comme il est écrit. II veut dire chanter les Pseaumes. (La plupart des Ordres Religieux psalmc* 248 ? UA psalmodient diféremment, les C armes psalmodient d u* ne façon & les Chartreux d’uhe autre. Qn lit peu ces Auteurs nez pour nom ennuier , Qui toujours fur un ton semblent psalmodier, Desp.) (g Saint Augustin nous aprend dans ses Confessions. liv. 9. que Saint Ambroise & le Pape Damase furent les premiers qui établirent la Musique dans l'Eglise environ Pan 373. de Jesus-Christ. Avant ce tems-la, ost psalmodioit seulement l’Ofice divin. PSALTERION ' s m. [Psalterium .] Prononcez ce mot comme il est écrit. Sorte d’instrument de musique qui est fort harmonieux, qui est triangulaire , monté de treize rangs de cordes, les unes de leton , & les autres d’acier qu’on frape avec un bâton. Un peut aprendre à jouer du Pfalterion dans une heure ou deux. On ne fait pas la figure de l’ancien Plal- terion des Hébreux. (Toucher le Pfalterion. MerJ.l .3.) PSAUTIER, f m. [Psalmorum liber.] Prononcez sautier. Livre qui contient les cent cinquante Pfeati- ines de David. MeJJieurs de Port.Róial ont traduit le Psautier, & on dit que celui de ces Messieurs qui la traduit est le célébré Monsieur de Saci frere du fameux Monsieur le Maître dont on a de si beaux & de si fa vans Plaidoiez. La Fontaine a fait un conte, qui a pour titre le Psautier. PSAUTIER. Chez les Religieuses est un grand chapelet à cent cinquante grains, qui égale le nombre des Pseaumes de David , & dont Saint Dominique est l’inventeur PSËAUME , s «t. [Psalmus.] Prononcez Saume. Chant des merveilles de Dieu. Chant des ouvrages de Dieu. Chant sacré qui contient quelque prjere à Dieu. (Les Pseaumes ont été considérez de touc tems comme une des principales parties de PEcriture. Voiez Port-Roial, Avertis ement Jur la Traduction des Psaumes. Dire les sept Pseaumes pénitentiaux. Vaug. Rem.) L’Académie écrit PJ'alme & Pfiaume. Mais cette première prononciation n’est point en usage, elle a pris ce sentiment de Ménagé qui n’est pas infaillible. PSEUDOBUNIUM- f. m. Plante qu'on apells autrement herbe de Sainte Barbe. PSEUDODICTAMNUS. f. «u Plante apellée ainsi, parce qu’eile ressemble au Dictamne de Crete. PSEUDONYME, f rn. Nom que les critiques ont donné aux Auteurs qui ont fait des Livres fous de faux noms. PS ILOT RE , f m. [Pfîlothrum.] Dépilatoire propre à faire tomber le poil j comme la lesiìve, la chaux vive , l’arsenic, &c. PSiLLIUM- f- m- [ PJyllium.] Herbe aux puces. PSORA, f. m. [Psora.] Pustules qui viennent fur la peau. í PTARMICA. fPtarmica.] Plante qui croît aux lieux pierreux, montagneux, & ombrageux. Elle contient beaucoup de sel essentiel acre, & de l’huile: elle fait éternuer étant mise dans le nez : elle excite le crachat lorsqu’on la mâche, & elle apaise la douleur des dents. PTISANE- Votez Tisane. PTOLEMAïQUES. s w». Anciens sectaires Gno- stiques. PUANMENT, ûatì. (Putidè, sadè, impudenter.] Avec puanteur. (Vesser puanment.) ê * Mentir puanment. C’est mentir grossièrement & impudemment. PUANT, puante , adj. [Putidus, grave olens.] Qui put. Qui sent mauvais. (Un puant cloaque. Excrément puant. Haleine puante.) f PUANT. On apelle en terme de Chasse , Bêtes puantes , certaines bêtes, comme les renards, les blaireaux , &c. t PUANT, est austî subji. (C’est un puant. Ce puant feroic mieux de se retirer.) PUANTEUR,/! f. [Fœtor , p ut or.'] Mauvaise odeur. Chose puante. (C’est une puanteur horrible, & on ns la peut suporter.) PUBERE, adj. m. U f. [Puber.] Gascon qui a atteint 1 âge de quatorze ans, fille qui a douze ans. PUBERTE t s s- [Pubertés.] C’est l’âge où le PU C poil commence à pousser autour des parties naturelles , ce qui arrive à 14. ou 13. ans. (.Etre en âge de puberté. A teindre l’âge de puberté. Le Mait.) PUBIS. f. rn. [Or pubis.] Os de la hanche qui est situé à la partie antérieure & moïenne du tronc. PUBLIC, / m. [ "Publicus.] Le gros de la multi. tude. (Qu’Apollon inspire Defpreaux , Perreau & Racine de donner quelques Poésies au public, & qu’il détourne Colleter & fouissant de continuer à persécuter le public de leurs ouvrages. Quelque décrié que foi t le public, il n’y a pas un juge plus incorruptible, & tôt ou tard il rend la justice. Boiícau. * PAROITRE en public. C’est-à-dire, parler, plaider, prêcher publiquement. Le public enrichi dit tribut de nos veilles, Croit qu’on doit a jouter merveilles fur merveilles. Dcsspr.) PUBLIC , publique , adj. m. & /. [jNotus, pervulga- tus.J Terme relatif & collectif opposé à particulier. Connu. Manifeste. (Son crime est public, & l’on en peut parler. La chose n’est pas encore publique, mais elle le fera bien.tôt.) On dit lieu public. Place publique. Maison publique , &c. On dit aussi un homme public, un erse me public, PUBLIC, publique. [Meretnx publica , projìratapu>. dicitia.] Prostitué à tout le monde, de mauvaise vie. Ce mot de public en ce sens se dit des filles & des femmes. (En Droit les servantes de cabaret passent pour publiques. Putru , plaidoié' 11.) PUBLICAIN , f m. [Publicanm .] Ce mot est Latin , & il ne se dit qu’en parlant des Fermiers des Impôts & des revenus des Romains. Les Publicains é- toient fort odieux chez les Juifs & passoient pourdts gens de mauvaise vie, & qui étoient à détester. (Je- sus-Chriít dit à ses Disciples, que celui qui ne voudra pas écouter les admonitions de l’Eglise, doit être fais comme un Païen, ou un Publicain .) $ PUBLICAIN, se dit encore dans le stile familier, & toujours en mauvaise paît, des traitans & dtsgtr.s d’afaires. (On devoir faire prendre tous ces publicains, qui après avoir ruiné les peuples, insultent avec insolence à la misete publique ) PUBLICATION./! f. [ Promuìgatio , denuntiatio.] Prononcez publicacìon. Action de publier. Proclamation. (Les publications ont été faites dans les formes. La publication des Bans n’est pas nécessaire au mariage , & elle n’en touche point la validité. Le Mait. plaidoié' 22 ) î PUBLICATION , se dit presque toû,jours de ce qui se fait par autorité publique. On dit de l’Editiond'un livre dont on a défendu la vente, qu’on en a défendu, qu’on en a arrêté la publication. í PUBLICITE', f f On ne s’en sert guère qu’en parlant d’un crime commis à la face de tout le mon; de. (La publicité de ce crime.) PUBLIER , v. a. [Publicare, divulgare, dmimtìa- re.] Rendre public. Dire clairement, hautement & publiquement. Divulguent. (Publier un monitoire. Eve. On a publié la déclaration à son de trompe par tous les carrefotirs. 11 se trouve des gens qui publient les faveurs que leur font les belles, mais ces gens-là font fous, & le plus souvent on ne les croit pas. Quoi que vous puijjìez dire en publiant fa gloire, Vous ìe ferez moins grand que ne le fait l'ktiìoire. Mile. de Scudety.) PUBLIQUEMENT , adv. [ln publitum , coram onluU bus.] En public, A la vue du monde. (Cela a été prêché publiquement dans les meilleures chaires de Paris.) PUCE,/!/! [Pulex.] Petit insecte qui a un éguil- lon, qui va en sautant, & qui s’atache principalement à de certains animaux, comme aux chats, aux chiens & aux renards & qui mord aulli les person- nés, & rend rouge [endroit de la chair qui est mordu. (L’urine & la poussière engendrent les puces. La nuit les puces font principalement la guerre aux pet- sonnes. Elles ne s’attachent jamais aux personnes qui font mortes, ni à celles qui tombent du haut-níaf, ni même aux gens moribonds, parce que leur sang est corrompu. On dit qu’il n’y a point de puces en La- ponie, parce qu’il n’y a presque point d’Eté en c» païs-la, Si que c’est au fort de l’Eté que naissent ses puces. vue puces. On chaste les puces avec la décoction d’afse- nic, & de sublimé. On les chaste austì avec de la chaux vive mêlée dans l’hellébore blanc. Les fleurs du pouliot, de la rue, & de la coloquinte, la semence de rave & de cumin sont austì contraires aux puces. Voïez Jonjìon, L fie inseffis. Une grosse puce. Chercher les puces. Tuer une puce.) f * Avoir la suce à l’oreille. [ Commoveril\ Sorte de proves-be qui veut dire avoir quelque chose dans l’csprit qui nous donne de l’inquietude. (Toute la nuit, f ai la puce à P oreille, Mon mari dort, cependant que je veille .) f * On lui â remué ses puces . \Mali mulflatus eJl-2 C’est-à-dire, ori l’a batu, & étrillé comme il faut.) f * Avoir des puces de meunier. C’est avoir des pòus. Herbe aux puces. [ Herba pulicaris. J Sorte d’nerbe qu’on dit avoir la vertu de chasser les puces d’une maison. Voïez Mattiole. Lunette à puce. [ Microscopium .] C’est un microscope qu’on aplique à l’œil & qui augmente les eipeceS des objets. PUCEAU,/ »r- [Impubes,iOibatus, integer, bteorrup- íîíí.] Jeune garçon qui a encore fa virginité, qui n’a jamais eu de commerce particulier avec une femme. 11 né se dit k'uere qu’en raillerie. (C’est un jeune puceau.) PUCELAGE, ./. m. [ Virginìtas , integritas , pudoiris fias interneratusj Ce mot se dit des filles & des gar. gons , & veut dire virginité. (II a donné son pucelage à sa femme. Elle a eu mon pucelage. On dit que le pucelage en matière de filles est le ragoût des sots. Elle perdit son pucelage avec ses premieres dents. Balzac. Une jeune pucelle vilageoise étoit venue à Paris & s’en étant retournée fans son pucelage, fa mère, à son retour, lui demanda, hé bien / qu’as-tu fait à Paris ? en es-tu revenue avec ton pucelage? oui, répondit-elle, avec mon pucelage, ces diables de ba- daux sont si affamez de pucelage, que si j’en eusse eu cinquante, je les eusse tous perdus. Un Auteur Espagnol qui n’est pas des plussages, Dont j- ai Ut quelques lambeaux, Disoit que les Pucelages Rejsembloient à des Perdreaux ; Et les Oiseleurs conviennent, Quelque part que l’on puijj'e aller $ Dés que les plumes leur viennent Qu’on les voit tout d envoler. Bours. Lctt. T. 2. {§ La contrainte est l’écuëil de la pudeur deS filles; w,Les surveillans , les verroux ’ès les grilles '-- ‘Sont une foible digue à leur tempérament ; A douze ans aujourd’hui , point d’Agnès à cet âge ; Fillette nuit jour s'aplique uniquement ■ A trouver le moyen d’endormir finement Les Argus de son pucelage. Voïez le procès Verbal, raporté dans le Dictionnaire de Trévoux. PUCELAGE. Terme d 'Orfèvre. C’étcit un agrément qui pendoit au demi-céint d’argent, & qui étoit fait en maniéré de petit vase ; mais aujourd’hui on ne met plus de pucelage aux demi-ceints. PUCELLE, puce L. s. f. [ Virgo, incorrupta, ilìibata .] Vierge. Fille qui a fa virginité. Celle qui a son pucelage. (Une jolie, une charmante pucelle. Une pucelle de quinze ans est un friand morceau, mais ce morceau est un pea rare eu ce siécle, où à ouinze ans nos filles sont des fem» înes faites. Pucelle est aussi un poisson. Qu’aisément Vamoureux poison S’introduit dans le caur d’une jeune pucelle, Et qu’une niere avec raison Fait pour F en garantir une garde stdelle. Poët. Anon.) Nos peres apelloient de bonne foi pucelles, lotîtes les filles. Froissard , tome i. pag. io. a dit: Et demeura ledit MeJJìre Jean de Haynaút , à la priere de la Royne , à petite compagnie de ses gens entre les Anglois, qui toujours lui faijoient tout honneur N la compagnie qu’ils pouvaient ; aujjì faifoient les Damés du pays , dont il y avoit grand Dames , gentes pucelles. Et dans le Roman de la Rose : Mouvott adonc une pucelle Qui étoit assez gente ’êfi belle. La pucelle d’Orleans est célébré dans l’Histoire de France, Le Poète Chapelain a composé un Paëmc PUC 249 qui porte ce nom. On a quelquefois apellé les Mu. ses, lés neuf Pucelles. PUCERON, s. m. [ Culex. ] Bête très-petite St très-diflìcile à apercevoir, qui se forme dans l’œillet & dans le chevre-Feuille & les ronge. On ôte le puceron avec la plume ou avec la main. Culture dis fleurs. PUCrIO f ,s. m. ou Trompe, / / ( Nimbus copio- sum efund.ns ìmbrem ] Nuage échauffé par le Soleil, suivi d’un tourbillon qui le fait crever, & met le vaisseau en grand danger. PUDEUR,//! £Pudor, vèrecundia.2 Bonne honte. Honte honnête. Honte que l’on a de faire quelque chose de desihonnête & de mauvais, & qui paroìt à une roù- gueur qui monte au visage. (Avoir de la pudeur. La pudeur sied bien aux femmes, aux filles, & aux enfans. C’est un misérable qui n’a aucune pudeur. Les Loix ménagent la pudeur d’un homme. Patru, plaid. 7. Elle a franchi toutes les botnes de la pudeur. Patru, plaid i 11. Elle se retranche daris la pudeur. Evitez la plaisanterie Dont Its traits médijdns percent jusques au caur , Et pour réjoiiir l’auditeur-, Ne faites point de raillerie Aux dépens de votre pudeur. Pavillon;) . Pudeur se prend austì pour Modestie. [ModeJUa. 3 PUDIBOND, onde, adj. [VerecundusJ Qui est modeste, & qúi rOugit pour peu de chose. Ce mot ne se dìC que des niais à qui on vêtit reprocher une sotte honte» PUDICITE' , /.’ f. [ Pudicitia , cajìitas. J Chasteté. Pureté. (Bien loin (Patenter à-la pudicité de la femme de Darius, il n’y eut sorte de foin qu’Alexandre n’aportât, afin que personne ne fût si osé de s’émanci* per en la moindre chose. Vaug. Quint. /. ;. 11 défendit (Patenter à la pUdicité des femmes. Ablúnc. Marmot, T. i. II ataqueavec adresse la pudicité de cette Dame. Saint Evremont, Matrone d’EpheJ'e. PUDIQUE , adj. [ Pudicus , cajlus.’] Chaste. Pur. Innocent & honnête. (Une pudique flamme, Aprenez* dans nos bois mes pudiques secrets. Godeau, poésies > ii partie ; églogue, PUDIQUEMENT. £Ptidicè.2 Ce mot est bas. í PUDIQUEMENT, adv. D’une maniéré pudique» On dit, vivre pudiquement, s’expliquer pudiquement» Acad. Fr. f PUE,// Terme de Manufatture dé lainage- qui est en usage en Poitou. 11 se dit de l’arrangement & de la disposition des fils de diverses matières, dans la chaîne des Droguets & autres étofes. PùER, pair. Verbe aéîif & neutre. {Fatere, graviter olere.2 Puïf ne se dit point à l’infinitif. Et il n’y a que piier qui soit en usage à l’infinitif. Ces deux Verbes sont défectueux, & empruntent Pun & Pautre quelques tems. (Exemples. Je pus, tu pus, il put, nous puons, vous puez , ils puent. Je púóis , je purai m Que je pué. Je pUrois, j’aurois pué, feujj'e piié, puer, avoir pué, puant. Puer signifie sentir mauvais. Sentir. (II put extrêmement ici. Voilà qui put fort. Vous puez le vin à pleine bouche. Molière , Géoìge Dtuú din, II put fort dans cette chambre. Quatre grans lapins qui s'étalent, A puer de loin Je signalent ; Máis plus que tous un vieux coquin Dont l’efiomach de bleu turquin Exhale une infernale baleine. Perr. chasse.) f PUeR, se dit méme des bonnes odeurs torsqiiel- les sent trop fortes & incommodes; (Ces gands puent le musc.) ^ H puëR, se dit aussi des choses dont on est dégoûté. (La viande lui put, le vin lui put.) FUëR. [ Redolere. ] Se dit aii figuré, polir sentir. C’est en ce sens que Molière s’en est servi en faisant parler Philaminte dans la Comédie des femmes savantes. (Ah ! sollicitude à mon oreille ejt rude, ìl put étrangement son ancienneté. Mol.) f * puëR, se dit encore des plaisirs dóiit òn est dégoûté. (Les plaisirs lui puënt. L’òpera lui put, La jeu lui put.) PUERIL, puérile, adj. [Puerìlìsjj Qui est d’enfant. Qui sent Pensant. (Áction puérile. La civilité puérile. * Stile puéril; Chose basse & puérile, DejfcrcauK, Longin , c. s. Déclamation puérile. Tome III, I i 4irtnS 250 PUG Aprens à mépriser l'ornement puérile Dont pare un écolier sa matière & son fiHe. Vili.) ff Bien des geiìs prononcent & écriv’ent puérile masculin ; il faut dire puéril au masculin, Sc puerilt au féminin. On entend dire tous les jours : Ce stile «st puérile. Ce st mat parler, selon le P. Bouhours ; ' ,L «ipnrtent du Latin ilis, Sc „ lis , utile ; Jierilis, stérile ; fragilis, fragile t au lieu „ que les mots dont la terminaison Latine est longue, ,, font il au masculin, subtilis , subtil ; servilis , servil ; ,, civilis , civil; vilis, vil ; gentiHt , gentil; puertlis , ,, puéril. “ Mr. Boileau a dit dans sa Traduction de Longin : „ Au reste, le défaut du stile enflé * c’est de ,, vouloir aller au-delà du grand. II cn est tout aù „ contraire du puéril ; car il n’y a rien de si bas, de „ si petit, ni de si oposé à la noblesse du discours. Chap. a.) . 4= /'Académie dit, puerilt au masculin de meme qu’au féminin. (Age puérile. Discours puérile.) ( PUERILEMENT > adv. [Pueriliter.J D’une maniers puérile. (Agir puérilement.) PUERILITE',/’/ {Puerilitas, nugá infantiles .] Action d’enfanr. Discours d’enfant* (Ce font de petites pue* jrilitez.) PUERILITE',// [ Puerilitas .] Ce mot se dit est parlant de langage 8c de Jhle , & signifie afectation d’écolier. Afectation basse & puérile. . * Cela íe fait tomber dans la dernière puérilité, Dejpreaux. Longin , c. ;. .. (§ Longin nous aprend qu’en matière de stile, la puérilité n’est visiblement autre chose (selon la Traduction de Mr. Boileau) qu’une pensée d’écolier, qui pour être trop recherchée, devient froide. C’est le vice où tombent ceux qui veulent toujours dire quel- que chose d’extraordinaire & de brillant, mais sur tout ceux qui cherchent avec tant de soin le plaisant & sagréable. {$ PUGILAT* Votez le Tome de LHistoire dé P Académie des Inscriptions , où la matière est amplement traitée. PUGILLE, / ni. (PugiOus.2 Mesures de fleuri, de semences, & d'autres choses semblables, contenant ce qu’on peut prendre avec trois doigts. PUIR- Votez Puer . • PUIS, / m, Voïez puits plus bas* PUIS, adv. ( Dein , deinde.2 Ensuite. Après. (Auffi- tòt que vous serez levé, vous prierez Dieu, vous lui «frirez toutes vos actions de ia journée , & puis vous Vous apliquerez à votre travail. S. Cir.) Et puis pour ensuite est bien bas, & je île croij pas qu’un Auteur correct voulût s’en servir* Mr* De- ípreaux a dit : Et puis comment percer cette fouit ésrdiablt De rimeurs afeunet dont le nombre l'acable t Maiì on n’est pas esclave de Mr. Despreaux* PUISARÍ). Voïez puits perdti. PUISARD y f m. ['Stillicidium plumbeum.’} Espèce de puits qu’on ménage dans le corps d’un mur, avec un tuiau de plomb ou de bronze, par où s’écoulent les eaux des combles* 11 y a aussi des puisards de source. PUISER, V. «. [Haurire i puteo.’] Tirer de quelque puits, ou autre creux. Tirer de quelque vaiíi seau. Prendre au fond de quelque vaisseau quelque sorte dé liqueur, (Puiser de l’eau. Puiser un sceau dans le puits. Puiser une cruche dans une fontaine.) * PUISER. [Haurire.J II se dit au figuré Sc signifie prendre, tirer, (Puiser quelque doctrine, ou quelque histoire dans un Auteur, c’est la prendre dans íe * ,vre de cet Auteur, On ne sçaît où il a puisé tout ce qú’il dit. Puiser dans la source , c’est voir les originaux. Ort dit aussi puiser de l’argent dans la bour- ’ c * ans * e Trésor public, &c.) -, PUISOIR, / «i, ( Ilaujtrum.J Terme à?Artillerie. Vaisseau de cuivre dont se servent ies Saipêtriers pouf ^ âe la chaudière, où on le cuit après qn-il. est forme. PUISQUE- (Quoniam , Quçmdoquidem.2 Sorte de conjonctive qui régit r indicatif, & qui signifie farce que. a cauje que. s ruisque vous ne pouvez faire ce que vous - Touiezj tachez au moins a faire ce que vous pouvez.) PUISNE', où puîné, puînée , adj. [ Hat u minor. ] Prononcez puîsné. II se dit des freres, ou des sœurs, c’est celui qui est né après l’autre. Cadet. Ce mot se dit quelquefois, mais le mot d’usage c’est cadet. /C’est son puîné.) V PUISSANCE , / / íPoteJìas , potentia-2 Pouvoir. Autorité. Crédit. (Une grande puissance. Une puis. sance considérable. Avoir beaucoup de puissance. La toute-puissance de Dieu.) On dit en terme de Palais, qu’une femme est en puissance dc mari, & qu’un fils est fous la puissance paternelle jufqu’à ce qu’il soit émancipé. (§ La puissance paternelle se soutient par elle-mê- me ; elle est fondée sur la Loi Divine, sur le Droit naturel, sur le Droit des gens, & fur la Loi Civile. Cependant il faut convenir que cette puissance si légitime n’a pas été respectée également dans tous les tems ; Sc les Lacédémoniens, au raport de Cragius, lib. i. cap. %. étoient persuadez que leurs enfans apar- teiioient plûtôt à la République, qu’à leurs peres; & dans cette pensée, dès qu’un enfant voyoitle jour, îl étoit examiné par ceux de fa Tribu, qui le ren- doientau pere, lors qu’ils jugeoient qu’il pourroit être Utile à fa patrie ; mais s’iî leur paroissoit défectueux, & fans espérance de pouvoir s’aquiter des devoirs d’un citoyen, ils le jetoient dans un abîme, ou il étoit la proie des bêtes sauvages. Si l’on en croit Sextus Empirions &Hermogene, citez par Samuel Petit, i» Leg. attic. pag. Solon avoit fait une Loi qui per. metoit aux peres de tuer impunément leurs enfans: mais il y a aparence que cette Loi inhumaine ne subsista pas long-tems ; elle étoit trop oposée aux mœurs des Athéniens. Si nous passons de la Gréce en Italie, nous y trouverons la puissance paternelle établie dans tous ses.droits ; & c’est avec raison que l’Em- pereur Justinien a dit dans ses Institutcs, tìt. depatr. pot. qu’il n’y avoit aucune nation dans le monde, où la puissance paternelle fût si étendue qu’clle l’étoit parmi les Romains. Denis d’Halicarnasse nous en donne une idée dans le second Livre de son Histoire, dont il né soutrien retrancher. Cet Historien, après avoit fait mention de quelques loix que Romulus avoit fai* tes pour soumettre les enfans aux volontez de leurg peres, il dit que ,, ceux qui avoient formé diféren* ,, Etats dans la Gréce, fe contentèrent de prescrire ,, un certain rems pendant lequel les enfans feroient „ soumis à leur pere ; les uns fixerent ia durée de „ cette soumission jusqu’à la troisième année de ll „ puberté ; les autres, jusques au mariage des en. ,, fans ; quelques tins lui donnerent pour bornes le „ teins auquel les jeunes gens étoient inscrits" dans „ le catalogue des hommes faits : ce qui étoit con- ,, forme aux loix de Solon, de Pittacus, Sc de Cha- ,, sondas. Ils prescrivirent méme de legeres peines ,, contre les enfans désobéissons, & laissèrent aux pe« „res le foin de les punir par l’exhérédation, &par „ le bannissement de leur maison, & rien de plus. „ Mais ce n’est pas ainsi (ajoúte cet Historien) que ,, l’on doit arrêter les emportemens de la jeunesse, „& que l'on peut corriger des mœurs vicieuses, & ,, ranger à leur devoir des enfans peu sensibles aux ,, scntimens de la piété & de l’honnêteté. Aussi l’on „ a vû souvent parmi eux la puissance paternelle „ méprisée. Le premier Législateur des Romains (pour „ le dire en un mot) donna aux peres une puissance „ absolue fur leurs enfans ; & cette puissance sobsi- „ sla pendant toute leur vie ; ainsi, il leur étoit per- „ mis de punir leurs enfans, ou par le fouet, ou „ par le travail dans les œuvres rustiques, ou en. „fin par la perte de la vie, quand même i’enfaní „ seroit ocupé aux a faires de la République & dans ,,les fonctions des premières magistratures, ou que „ par leurs services ils eussent bien mérité de la pa- „ trie. C’est en vertu de cette loi que l’on a vû ,, des peres arracher de la tribune des enfans qui „tâchoient de soûlever le peuple contre factorise ,,du Sénat, & les conduire dans leur maison pour „ scs punir comme ils le trouveroient à propos, fans „ que le Sénat, ni le Peuple osassent s’y o poser. », Combien a-t-on vû de Romains punis par leurs pe* ,, res, d’une belle action qu’ils avoient faite contre ,, les ordres qu’ils leur avoient prescrits : témoin Man- „ lius Torquatus, & plusieurs autres, dont je par- „ lerai dans Ia fuite. Mais Romulus ne sc contenta », pas de donner aux peres le droit de vie & de Mort PUI », for leufs enfans; il leur acorda encore le pouvois ,»de les vendre, fans faire atention que c’étoit détrui- », re la piété paternelle. On fera, fans doute, fur- „ pris qu’un homme élevé dans la douceur de la disi „eipline des Grecs, ait eu la dureté d’acorder aux ,, peres le pouvoir inhumain & tirannique de vendre „jusqu’à trois fois leurs enfans, & de donner ainsi ,» aux peres plus d’autorité fur leurs enfans, qu’aux ,» maitres fur leurs esclaves , puis qu’un esclave ven- ,,du une seule fois, étoit libre, & ne retomboit plus „ fous la puissance de son prémier maître. Cepen- ,, dant l’on observa cette loi si fevére pendant que », les Rois régnèrent dans Rome, comme étant très. „ utile à l’Etat ; & lors qu’aprés l’abolition de la Mo- ^.,»narchie, il salut établir une nouvelle forme de gou» „vernement, & examiner les anciennes loix, les De- », cemvirs conservèrent celles que Romulus avoit fait „ concernant la puissance paternelle, & les placerent ,» dans la quatrième des douze Tables, où on les voit „ encore aujourd’hui. “ En éfet, nous voyons dans les fragmens qui nous restent de ces douze Tables, ces ttois loix. PATER 1NS1GNEM AD DEFORMITA- TEM PUERUM C1TO NECATO. 1NDO L1BERIS JUST1S JUS VITE NECIS VENUNDANDIOUE POTESTAS EI ESTO. SI PATER F1L1UM TER VfiNUNDUlT , F1L1US A PATRE LIBER EST O. Notre Religion & nos mœurs ont retranché tout ce qui blessoit la nature & la piété paternelle. Nous ne sommes pas prévenus de cette autorité souveraine & indépendante qui regnoit parmi les Romains : mais nous sommes tombez dans une autre extrémité, & nous n’avons conservé que les devoirs dont un enfant ne peut se dispenser sans une ingratitude très-criminel- le. 11 y a même une Coutume en France (c’est celle de Se»lis) où l’on a aboli la puissance paternelle fans aucune exception ; car il est dit dans Particle 221 . que le tirait de puissance paternelle n’a point de lieu au - dit Bailliage de cette Province. Je fuis persuadé que cet article n’elt pas suivi à la lettre, & que l’on y respecte les droits que la Loi Divine & la nature ont atribuez aux peres, suivant en cela l’exemple des autres Coutumes où l’on a retranché l’excès de cette autorité. Dans quelques Coûtumes, l’âge ou le mariage émancipent; telle est celle de Rheims, art. 6. Quelques autres ne reconooissent que le mariage pour un «franchissement de cette puissance ; c’est la disposition de la Coutume de Montargis , cb. 7 . art. 2 . & de plusieurs autres, que Brodeau a raportées dans son Commentaire sor les Arrêts de stlr. Loiiet, /et. M. n. i 8 > Et cette régie a passe dans quelques Provinces du Droit écrit, où le mariage émancipe, comme dans le Lyon- jíois ; ce qui n’est pas encore établi dans les autres, comme dans le Dauphine, dans la Provence, & dans le Languedoc, où l’on a gardé tout ce qui convient au respect dont les enfans ne doivent jamais se dispenser. * PUISSANCE. [Primates.'] Celui qui a l’autorité souveraine. Celui qui a un fort grand crédit. (Le Saint Siège , du consentement du Roi, peut changer le gouvernement d’une Eglise, mais il faut que les deux puissances concourent a cet ouvrage. Patru , Urbaniste. Vaus donc qui viendrez après nom._ Si de notre malheur vous avez connaissance. En l’aprenant souvcneZ-vous Qu’il ne faut pas des Dieux mépriser la puissance. Rec. de Bouh.) PUISSANCE. Le Pere Bouhours a observé sort justement dans la fuite de ses Remarques nouvelles fur la Langue Françoise , que plusieurs Ecrivains fe servent de cette expression, les puissances Ecléstastiques gc? Sé- culières : mais c’est parler improprement, & il faut dire des puijjances Ecléstastiques , [g les Séculières s ou repeter le mot de Puijjance , comme les Puijjances Eclstafiiques les Puissance 1 Séculières : l’autorité spirituelle [g latent * patelle , ou l’autorité spirituelle çg l’autorité temporelle. £n éfet, fans cette répétition, le sens n’est pas net, & on di- roit que les mêmes Puissances sont Eclesiastiques & Séculières tout ensemble, que la même autorité est spirituelle & Temporelle : comme nous disons que le Pape est Prince temporel & spirituel ; ce que ces phrases ne veulent pas dire. Comme la conjonction eg est là une espèce de division, il°saut y ajoûter quelque chose qui marque la division. & qui fasse entendre qu ’E.iestasUques & Séculières. spirituelle & temporelle ont divers raports. On ne laisse pas dc dire bien : Les Langues mortes PUI 251 vivantes s les Peres Grecs tzf Latins s les Auteurs anciens N modernes. par la raison qu’il n’y a nulle équivoque à craindre dans tous ces exemples : les Langues n'étant pas tout ensemble mortes & vivantes , comme les Puissances peuvent être tout ensemble Ec’éstajhquet & Séculières ; Je dis le même des Peres Grecs & Latins , des Auteurs anciens & modernes. PUISSANCE. [Potestates.] L’une des hiérarchies célestes. (Les principautez, ni les puissances , ni tout ce qu’il y a au plus haut des cieux, ne nous pourra jamais séparer de l’amour de Dieu en Jesus-Christ. Port.Royal.) ch Hautes Puissances. On donne ce titre aux Etats Généraux des Provinces-Unies. ( Leurs Hautes Puiss Lances ont résolu d’armer pour maintenir la paix dans l’Europe.) f Nobles Puissances. C’est le titre qu’on donne aux E- tats particuliers de chacune des sept Provinces qui composent la République des Provinces Unies des Païs BaS- (Leurs Nobles Puissances ont repris leurs assemblées.) PUISSANCE. [ Fortuna, facultatei.] Se dit auffi des biens de fortune. (Ce marchand n’elt pas en puistanc* de payer une si grosse somme. 11 n’a pas la puissance de soutenir la perte de cette banqueroute.) PUISSANCE de verre. [Facultas vitri optici.] Terme d 'Optique. C’est la distance de la convexité d’un verre a son foyer solaire, ou autrement sa portée. PUISSANCE. [Potentia.] Terme de Philosophie. 11 se dit des facultez de l’ame. (La volonté est une puissance libre.) On dit qu’il y a des choses qui sont en puissance, & on les distingue de celles qui sont actuellement. On dit aussi puissance obedientielle. PUISSANCE. [Potentia t vis.] Terme de Mécanique. C’est la force qu’ont des corps d’en mouvoir d’autre* par leur poids, par quelque éfort ou à l’aide de quelque machine. (On augmente la puissance en alongeant les leviers, en multipliant les poulies, en agrandit fan t les roues, &c. Une puissance de cent livres ea peut quelquefois élever cent mille.) * PUISSANCE. [Potentia.] Terme à’Algèbre. C’est le degré d’une quantité multipliée rne ou plusieurs foi* par eile-même. Le q narré est la première puissance» le Cube est la seconde, &c. PUISSANCE. [Potestas siduciaria vel feodalis.] Terme de Jurisprudence féodale. C’est un droit qu’a le Seigneur dominant de réunir à son fief, le fief servant, quand le vasial l’aliene, en remboursant le prix de I» vente & les loyaux coûts. {§ La plus grande partie des Coòttimes font mention de cette puissance, qu’elles déterminent en y ajoû- tant le mot de fief. 11 est dit dans l’article 20 de celle de Paris - ,, Le Seigneur féodal peut prendre, rete- », nir, & avoir par puissance de fief, le fief tenu dt „ mouvant de lui, qui est vendu par son vassal, en pa- ,, yant le prix que l’aquereur en a payé. “ Cette puist fonce défiés étant le fondement du retrait féodal, j’ea dirai quelque chose de plus dans l’article de ce retrait. £ T oute-puisjauce. s. f. Puissance fans bornes. Ost ne peut le dire proprement que de Dieu. (La toute- puissance de Dieu paroît avec éclat dans la création & la conservation de ce vaste univers.) PUISSANMENT, adv. [Patenter, validé.] Prononcez puijfannumt. Fortement. Beaucoup, & avec ar. deur. (Solliciter puissanment pour quelqu’un. Mémoires de M. dc la Rochefoucaut. La mort a puissanment établi son empire. Mai. postes. Armer puissanment.) . PUISSANT, puissante. adj. [Potens, prapotens.J Qui a du pouvoir, du crédit. Qui est considérable par quelque avantage qu’il possede. (Etre puissant ea biens & en autorité. Ablancourt. Comment fa feule voix par un charme puissant Fit sortir P Univers des ombres du néant. Perr.) £ Tout-puistant. adj. Qui peut tout. (Dieu seul est tout puissant. La grâce toute-puissante de Dieu.) ê Tout-puisant, se dit par exagération, d’un homme qui a un très grand crédit, un très grand pouvoir. (Ce Seigneur est tout-puissant à la Cour, dans fa Province. Cette femme est toute-puissante fur l’esprit de son mari.) £ Tout-puiJjant , se dit aussi au subst. (Le tout-puisi sant veut être obéi. Le bras du tout puissant fe fait sentir dans les calamitez publiques.) On ne le dit que de Dieu seul. PUISSANT, puissante. [Membris [g môle valens, ner- voj’us.] Fort. Vigoureux. Gros. (Un puissant paillard. S. Am. Une des plus puissantes filles qui soit dans toute* Tome III. I i » le* 2^2 PUÎ les dix-fept Provinces a envie de Paire amitié aveí puissant . puissante. TEfftcax.) Eficace. (C’est un puissant remede.) _ . « PUISSANT, foYt Ttcbe. ÇPrœdwes,^ (_Cet homme cít le plus puissant de toute la Province, il a du bien de tout côté. Acad. fr.) PUITS./ m - P vient du Latin y ut eus. Prononcez fuis. Creux ordinairement rond & profond qu’on fait dans la terre jusques à ce que l’on trouve l’eau, & qu’on acommode ensuite de telle forte qu’on y puifle tirer de l’eau avec une corde, ou autre chose quand «n voudra. (Un bon puits. Un puits fort frais. Faire un puits. Creuser un puits. Ablancourt. Un puits tl’eap vive. Curer un puits. Sur le bord d’un puits tris profond Dormoit étendu de Jbn long Un enfant alors dansses classes. La Font.) (f PUITS commun, est celui qui fért a plusieurs Í erfonnes. Puits décoré , est celui dont le profil de apui est en forme de balustre ou de cuve , & qui a deux ou trois colonnes, termes, ou consoles pour porter la traverse à laquelle est atachèe la poulie. Da- vilers. 11 est porté dans l’article 19r. de la Coutume de Paris , que ceux qui veulent faire construire un puits contre le mur mitoyen, doivent faire un contre- mur d’un pied d’épaisseur. Et entre deux puits, il faut qu’il y ait trois pieds pour le moins d’épaisseur. Les autres Coutumes ont des dispositions particulières , que l’on pourra consulter. Un puits perdu , ou un puisard, f. m. [Puteus ait us.) C’est un puits dont le fond est plein de fable, où fe perdent les eaux qui y entrent. * Le puits de Démocrite. [ Putcus ìn quo àelìtescit Veritas.) Cela veut dire que le Philosophe Démocrite diloit que la vérité est dificile à trouver, & qu’elle étoit cachée au fonds d’un puits. (La vérité qu’on a irannie du commerce, & qu’on a cachée au fond d’un puits, comme une séditieuse, change de nature dans votre bouche. Saint Evremont , in 4. page çja.) f * On dit d’un homme fort savant, c’est un puits «le science. PUITS. [Fodina.) Terme de Mineur. Creux qu’un IVlineur fait dans les terres d’où il pousse des rameaux pour chercher les fourneaux des ennemis & les éventer. (Creuser des puits.) On fait aussi des puits pour ouvrit les mines & les carrières. f§ PUITS de carrière. Ouverture ronde de douze à quinze p:eds de diamètre, creusée à plomb, par où l’on tire les pierres d’une carrière avec une roue » & dans laquelle on décend par un échelier ou ranchet. Davilers. PULEGIUM,/ sn. [ Pulegium J Autrement pou - Jiot , herbe dont la fumée , à ce qu’on dit, chasse les puces. PULMONAIRE,/ f. [ Pulmonaria .] Plante dont les feuilles font vulnéraires , propres aux ulcérés de poumon & au crachement de sang. PULMONIE1 / f. [Pulmonis morbus.) Maladie de poumon. (La pulmonie est dificile à guérir. 11 y a des gens qui croient que la pulmonie fe communique, mais c’est une erreur.; PULMONIQUE, adj. m. & f. [Perìpneumonieus.) Qui est malade du poumon. (Son frété est pulmonique , mais fa sœur ne l’est pas, & cela le fâche.) PULMONIQUE,/ m. [ Puhnonarms. ) Qui est malade du poumon. (Si un pulmonique ne ménage un peu fa santé, & ne quite l’Amour & Bachus , il vâ en poste à l'autre monde.) PULPE,/ f Ce mot est pris du Latin pulpa. Terme de Médecin. 11 fe dit de la partie des fruits, qui est bonne à manger, qu’on nomme aussi la chair, & qui est entre la pelure & le noïau. PULP1 PRE- Voïez Pupitre. t PL LSATlON , / f [Pu/sus, pulsatio.) Terme de Médecin. Ce m or. est pris d u Latin, & il fe dit du mouvement des artères qu’on apelle le pouls. PU l.. VERIN. Voïez Poulverm. PULVERIN ,J. m. [Stilìa sahentes.) Goûtes d’eau fort menues & presque imperceptibles qui s’écartent dans les chûtes des jets d’eau , & aux cascades & sauts des iivieres. (Aux cataractes du Nil le pulverin est porté fort loin par les vents. Acad. Franç.) PULVERISER , v. a. [ln puherem conter ers. ) PUP Réduire en poudre. (Pulvériser des perles.v Pulreîî» fer des drogues. 11 se dit aussi au figuré. Par ses raisons il m’a pulvérisé.) PULULER, »■ *• [Pullulare.) Ce mot vient da Latin, & il fe dit proprement des plantes, mais il n’est pas fort usité au propre , L en fa place on dit pouffer. * PULULER. [Serpere , pullulare.) Ce mot au figuré est beau & en usage, & il signifie prendre U pouffer des racines. (La haine pulule dans son cœur. Bensrade, Rondeaux. ) {f PULULER, signifie pousser des rejetons au pied d’une plante. II est dérivé de pullulare de pullus, un nouveau né de quelque être que ce soit; L comme lez rejetons que les plantes poussent, font ordinairement de nouvelles produétions qui fe multiplient dans leur» % espèces, on s’en est servi dans l’Agriculture, comme * très-significatif. F PUMiCíN,/ tn. ipieum Palmas) On nomme ainsi l’huile de palme, autrement l’huile de Sénégal. Cette huile extérieurement apliquée, est propre pour adoucir la goure , le rhumatisme, pour fortifier les nerfs, pour atténuer les humeurs froides. P UN AIS, punaise, adj. [Cimex, fatida naris.) Ce mot fe dit des personnes, & veut dire qui a un nez .U une haleine qui sentent mauvais. (On demande st c’est une cause légitime de séparation que d’avoir un mari punais, ou une femme punaise.) PUNAIS, f m. [Fatida naris homo.) Celui qui a la bouche, l’haleine & le nez pliant. (11 faut être bien sote pour aimer un punais.) PUNAISE, / f. [Fatida naris samina) Celle qui a un nez, une bouche & une haleine qui sentent mauvais. (11 est pauvre, il épouse une punaise, mais cette punaise est riche, & c’est tout dire.) PUNAISE,//. C Cimex. ] Sorte d’infecte plat, qui ne vole pas, qui put, qui mord, & s’engendre fur tout au bois de lit de noïer & de sapin, (ffonjton conte que fi l’on atache autour d’un lit les pieds d’un lièvre, cela fait fuir les punaises.) 11 y a une herbe, qu’on apelle herbe aux punaises , en Latin Convia . Selon Air. Ménage, ce mot est dérivé de putere. On dit proverbialement. 11 a le ventre plat comme un e punaise, [fejunus venter.) f PUNAISIE,//! [ Nanum fat or. 3 Ce mot n’est guerre en uláge. 11 lignifie la maladie du nez qui rend une personne punaise. (La punailìe est l’une des causes pourquoi on peut annuller un mariage.) PUNIQUE, adj. [ Punicus. ] Qui est de Carthage. (Guerre punique. Médaille punique.) PUNIR, v. a. [Panas lucre) 11 vient du Latin pu. nire. Châtier. Faire loufrir quelque soplice. (On punit ou l’on doit punir les médians. On punit de mort un brigand, un larron, un voleur, en un mot tous ceux qui choquent les loix de la Religion, de l’Etat, & d» la Société civile. Pourquoi pour punir cet infâme Mon cœur n'a-til afjei de résolution ? Ah] que d.ms cette nca/ìon J'enrage a’ètre honnête femme. Mol.) PUNISSABLE, adj. [Pana dignu*.) Qui mérité d’êtr» puni. Ce mot fe dit des choses & des pesjonnes. (On n’est point punissable en justice qu’on n’ait l’âge de raison.) PUNITION,/ f. [Animadverjlo , pana.) Prononcez punicìon. Châtiment. (Une punition legere. petite, exemplaire, cruelle, rigoureuse, éternelle. La punition doit être conforme au crime, ou à la faute. 11 a reçu la punition de son crime.) PUPíLE. [Puptllus.) H vient du Latin. Ce mot quand on parle d’un jeune garqon est masculin , & quand on parle d’une jeune fille, il est féminin. Le mot de pupile signifie celui, ou celle qui est en minorité. (Son pupile est grand. Sa pupile est riche.) f * PUPILE. [Impuber.] Jeune homme dont on a soin, qu’on eleve & qu’on protégé. (Vous avez un pupile fort honnête , & qui a Pair d’ëtre un jour fort reconnoiílant de tous vos soins.) PUPlLLAiRE , adj. [Pupillans. J Terme de Droit. Qui est de pupile. (Age punillaire. Substitution pu* pillaire. ) PUPîTRE , / m. [Pulpitum, pluteus.) Instrument de bois que fait le Menuisier & dont fe fervent quelques gens de lettes dans le cabinet pour soutenir quelque livre , & même pour écrire. (11 y a de petits pupitres. PUR Vu sçars par quel conseil rassemblant le Chapitre Lui mime de Jh main raporta le pupitre. Delpr.) PUPiTRE. ■[ Proscenium, suggeflus .] Ce mot en par- lant de r ancienne architecture étoit i’endroìt du théâtre vu les anciens Comédiens joiioient devant les spectateurs. PUR , pure, adj. [Cajìus, integer.] Chaste. Qui est honnête dans ses mœurs & dahs fa vie. (.Mener une vie pure ) PUR, pure. [ Puriu, merusf] Qui est fans aucun mélange. (.boire du vin tout pur. C’est du vin pur. Liqueur pure. Or pur. Un air pur. Du pur froment. 2 u pare nos jardins d’une grâce nouvelle , Tu rens le jour plus pur U la terre plus belle , Un plein repos favorise nos vaux. Racine.) * PUR, pure. [ Shnp/ex .] Ce mot en terme de P a. lais veut dire qui n’a nulle condition. (Une donation pure & simple. Patru, plaid. 12 . Une quitancepure & lìmple. C’est une pure calomnie.) On dit aussi, il a été absous à pur & à plein de ce crime dont on l avoit acufé. [ Omnino, omnibus sus 'fragiisj C’est-à-dire entièrement & définitivement. * PUR, pure. [_Purus, maxime limatus .] Ce mot íc Bit du pile & du/angage, & veut dire. Exact. Correct. (Avoir le stile pur. Son langage est pur.) PUR, pure. [ Srmplex .] Terme d e Fleuriste. 11 fe dit des fleurs, & signifie qui n’a aucun panache, qui n’a aucune raie blanche, jaune ou d’autre couleur. (Mes œillets (ont devenus purs, mes tulipes font pures, «’est à-dire, qu’eiles n’ont aucune raie.) PUR.-AU , J. m. [Pars excedens ] Terme de Maçon & de Couvreur. C’est la partie de la tuile , ou de l’ardoi- se, qui demeure découverte, aprés avoir été posée furie toit, le reste étant couvert par celles qui font à l’eutour. (Une tuile, ou une ardoise ne doivent avoir que tant de pouces de pureau .) PURE'E , f. f. [ PiJ'orum cremori] Pois secs qu’on fait .bien cuire avec de l’eau en un pot, qu’on passe dans une passoire & qu’on assaisonne après avec du beurre, du sel & de bonnes herbes pour faire du potage, le carême. (11 nous a fait manger une bonne purée. Faire de l’excélente purée.) On fait aussi de la purée avec des pois verds, avec des fèves, & autres légumes. 0 On donne deux étimologies à ce mot.’ Quelques- uns le dérivent de purata : mais le Pere Labbe, dans fa seconde partie, en donne une autre. „ La purée „ (dit-ii) chez Dubois, jujculum psorum depuratum , „ U colatum ,. vient plutôt des pois par corruption, „ au lieu de posée , formée de pijum , un pois. “ Mr Ménagé tient pour purata. • f * On dit en riant que le vin est la purée de Septembre. PUREMENT, adv. [_CaJtè , intégré.J Avec pureté. Chastement. (Quand on vit purement, on en vie plus heureux & plus long-tems.) * PUREMENT. [ Abjque uBâ conditione. ] Terme de Palais. Sans condition , ni protestation. (Recevoir .purement &. simplement. Patru , plaid. 10 .) ' PUREMENT. [Puré & emendatè.) Ce mot se dit du Jìile, ,Sc veut dire avec exactitude. (Ablancourt, Pascal, Vaugelas & Voiture parloient purement notre langue ) PURETE', f f. [Cajlitas, morum integritas.) Chasteté, Innocence de mœurs. Honnêteté de vie. (Vivre dans une grande purete. II a été témoin de la pureté ,de fa vie & de l’innocence de ses actions. Cojtar, lettres. 11 faut une vertu plus qu’humaine pour conserver sa pureté parmi tanc d’ordures. Patru, plaid. 11 . La vraie parure d’un Chrétien c’est la pureté des mœurs. Supin.) PURETE'. {Lhnpitu.do , munditiaj C’est aussi la qualité de ce qui est pur, clair , net & fans mélange. (La pureté de l’or & des autres métaux. La pureté de l’air contribué beaucoup à la santé. Ce fleuve est considé* sable par la pureté de ses eaux.) * PURETE'. [Incorrupta lingue mtegritasf] Ce mot fe dit du Jhie & du langage. Elle consiste aux mots, aux phrases, aux particules & en la lintaxe. Vaug. Rem. (La purete est une exactitude en matière de langage , c’est l’observation des réglés qu’on doit garder , pour écrire correctement & exactement, fans barbarisme & lans faute. (II y a une grande pureté de langage dans Pascal, & dans'Vaugelas.) . 11 est à craindre qu’un trop grand atachenient.it la FUR 2Ç3 pureté, ne cause enfin de la sécheresse. S. Evremont p PURETE'. [Nitiditas , judicium , ratio , Jexjìisf] Sìg’ nifie encore de l’exactitude, de la neteté , du bon sens & dé la raison. (Quelle pureté de raison dans tout cej ouvrage. S. Evrem.) f PURETTE.R/. [Puretia.) Poudre magnétique plus pesante que le sable, noire, brillante , qu’on trouve au bord de la mer près de Genes. Elle n’estd’aucua usage dans la Médecine. PURGATIF, purgative, ad>. [ Purgans , catharti - eus.) Qui purge. (Un médicament purgatif. Poudre purgative. On dit aussi un purgatif , pour dire un remede purgatif.) PURGATION -/. /. [Prxparatio, J'eleHio.) Terme de Chimie & d’Apoticaire , qui se dit des médicamens. C’est la préparation des métaux, des minéraux & des autres médicamens, par laquelle on les purge de leurs impuretez St, de ce qu’il y a de superflu pour l’éfét qu’on se propose. Oter & retrancher les superfluitez des médicamens. (Purgation de cinabre. GlaJ. La purgation du mercure se fait en le faisant passer au travers des pores du chamois.) PURGATION. [ Medka potio.J Potion qui purge. (C’est un homme qui donne à travers les pur gâtions, & les saignées. Aloi.) PURGATION dans la Tragédie, c’est la maniéré, diC Aristote, dont la tragédie purge en nous. les passions par la terreur & par la compassion. Bien souvent I» tragédie réveille en nous les passions, au liéu de les éteindre: Ainsi cette purgation des passions pourrait bien n’être qu’une belle idée. S. Ecrémons.) PURGATIONS. [F ’teminarum purgationes , mcxjirua.j Ce mot au pluriel signifie ordinairement le sang superflu que la femme jete tous les mois, mais en ce sens le mot d 'ordinaires est plus usité que celui de purgations. (On dit, elle a réglément ses purgations aú commencement du mois, ou elle a réglément ses ordinaires.) PURGATOIRE, f m. [Purgator/u;n.] Terme d’Eglise Romaine. Lieu où l’ame des justes fe purge des défauts qu’elle emporte en sortant du monde. S. Thomas assure que l’Ecriture n’assigne aucune place particulière pour le purgatoire. Le sentiment universel est que le purgatoire est dans ie Fond des abîmes proche de Penser. Par privilège qui est acordé à de certains esprits, le purgatoire fe fait en differens endroits de la terre, c’èst pourquoi feu Costar souhaitoit assez plaisamment St un peu trop cavalièrement pour un Archidiacre, de faite le sien dans la chambre d’une belle Dame. Voïez Lettres de Cojiar, tonte 2. lettre CCCXPIII ( p aire son purgatoire en ce monde. C’est à-dire , ysoufrir beau- 'coup. ) II y a le purgatoire de S. Patrice en Irlande, Fable toute pure. PURGER, ». a - [Catharticam potionem dare .J Donner à une personne quelque remede qui chasse du corps toutes les ordures. Faire prendre quelque remede purgatif. (On a coutume de purger les maladies lorsqu’ils n’ont plus de fièvre. , , , * On ne Fait point de tort a 1 Etat de le purger d ua méchant homme. Posai-, let. 7,. Sa grâce eji la plus forte, &Jms doute ma flamme Se ces vices du tems pourra purger son ame. Mol) * PURGER les métaux de la matière terrestre. Glas. TMetaBa expurgare .) . „ £ PURGER du sucre. Terme de Sucrerie. C est en ôter toutes les immondices ou en faire couler les sirops qui ne peuvent pas se grener. Le sucre brut se purge dans des barriques, les cassonades & les sucres blancs dans desformes^^ p llY g trie dans les Isles Franqoíses de l’Amérique, le lieu où l’on met les formes de sucre nour les blanchir. . . PURGER /« passons [Afeélus ammi emendare.) Le but de la tragédie est de purger en nous les passions Se purger, v. r. \_Medica potione morbum drpeBerel} Faire sortir ’les ordures de son corps par la prise de quelque remede. (U y a des gens qui fe purgent tous les mois & il y en a d’autres qui ne se purgent jamais, & ils font mieux. Le corps se purge naturellement par le nez, & pat les sueurs, par les excrémens , &c. * purger d’un crime. [Çnmen a fe amovere ) C’est se justifier d’un crime dont on a été accusé. On se purge par serment d’un fait dont il n’v a point de preuve. S * On dit aussi en termes de Palais dans un sens actif, Purger me contumace, ce qui se fait en refondant les li } dépens. 254 PUR dépens, dans le terme prescrit pat les Ordonnances. (Purger un decret de prise de corps. Purger des hi- ’fl'Tuíol/'ta. Ic fïile d» Valnis, o„ di. le défaut. Quand on a été condamné par défaut, « «me l’on veut être reqû à'contester, on purge le défaut , en remboursant les fraix. Dans plusieurs Coutumes, on dit, Purger les arréragés, pour payer les arréragés échus d’une rente. On dit aulh , Purger les bipoteques , imposées fur un fond, quand on les éteint. C’est ainsi que la Coutume de Paris s’explique dans Parti cl e 84- On se sert encore dans le Palais de cette expression, Se purger par ferment, c’est-à-dire, répondre sur des faits articulez par la Partie averse. PURIFICATION ,s f L Vurgatio , pwnficatio. J Prononcez purification. Cérémonie que pratiquoient les Juifs, par laquelle ils sc purifioient de leurs souillures. (II pratiqua les purifications prescrites par la Loi. II ne veut pas nous engager a toutes les purifications légales. Port-Roiai. Ils avoient renfermé toute leur Religion dans quelques purifications exteneures qut neregardoientque le corps. Port Roial.) PURIFICATION. [ Fefium Purificationts B. M. V. j C’est une des fêtes de la Vierge que l’Eglisc célébré en mémoire de l’ancienne purification prescrite par la Loi des Juifs. (§ Je ne Rais pourquoi le Pere Bouhours a doute si l’on peut dire la purification de la conjaence. „ Le n mot de Purification (dit-il) est consacré, dans le „ propre, à ce que faifoient les Juifs, quand ils se „ purifioient en lavant leur corps ; & il n’est pas per- „ mis de transporter ce mot ailleurs, en lui donnant ,, une signification figurée. “ En éfet, le Pere Bour- dalouë, dans le Sermon fur la pensée de la mort, a dit: „ Divin Esprit, vous qui d’un charbon de feu „ purifiâtes les lèvres tfu Prophète, & le fîtes servir j, d’organe à votre adorable parole, purifiez ma lan- „gue, & faites que je puisse dignement remplir le „ saint mistere que vous m’avez confié. “ Ainíì il y auroit de la délicatesse de condamner la purification de la conscience, & la purifiiatim de l’ame. PURIFICATION. {Lotio, purgatio , secretio.) Terme de Chimie. Opération chimique par laquelle on rend plus pur quelque métal. (Ainsi on dit. La purification du plomb., du cuivre, du fer. La purification de l’or par l’antimoine est plus certaine. Glas.) PURIFICATOIRE,/»!. [Purificatorium linteum .J Terme d ’EgHse. Linge avec lequel le Prêtre essuie le Calice, & avec lequel il essuie ses doigts après l’ablution. (Essuier le Calice avec le purificatoire.) PURIFIER, v. a. [Purgare, mandare.] Rendre plus pur. Oter ce qu’il y a de grossier & d’impur. ( Purifier la masse du sang. La Chambre. Purifier Pair. MI.) * Quand nous ne pouvons empêcher faction, nous purifions au moins l’intention. Pascal, l. 7.) * PURIFIER son ame, Patru. [Mundare,] Purifier les cœurs. Pose. I. 2. PURIFIER. [ Mundare, detergere. J Terme de Chimie. Rendre plus pur. Oter ce qu’il y a d’impur en quelque chose. (Purifier le cinabre. Purifier l’or. Glas. On dit aussi en terme de parfumeur, purifier le savon.) Se purifier, v. t. [Se expiâtes) Se rendre pur. Se rendre net. Se défaire de ses souillures & de ses taches. (Les Juifs se purifioient en lavant leurs corps.) * Se purifier de ses taches. Pajb. I. ;. [Eluere labet b maculas ’animì .] PURIM , f m. [ PurimJ Fête parmi les Juifs qui arrive le quatorzième de Mars, à Pocasion de leur délivrance du teins d’Esther. PURISME , fi m. [Emendatus loquendi modus.J II se dit du langage. Faqons de parler pures & exactes d’un auteur dans fa langue, ou dans celle qu’il professe. (Le petit atrabilaire Amelor de la Houísaie ne se soucie point du purisme, & cette négligence est cause que ses ouvrages en font bâiller davantage. Les gens qui veulent plaire, s’atachent au purisme, car tous les gens dVlprit Palment.) PURISI E, m. f [Q/ssçç % i qu a emendati loquitur.] II est masculin quand on parle d’un homme, & féminin quand on parle d’une femme. C’est la personne qui dans ses ouvrages écrit exactement & de la mariiere la plus polie. (D’Ablaiuourt, Patru, Messieurs de Port Rond, Vaugelas, sont des plus fameux puristes Franqois. La Comtesse de la Suie & Madame des Hou- PUT lieres font des puristes très-renommées. L’Abbc dé Yallemont se dit puriste.) PURITAINS, / >n. [Puritani .] Calvinistes d’An» gleterre. Ennemis du gouvernement des Episcopaux. PURULENT, adj. [Puruhntusf] Qui est mêlé de pus. (Dans la dissenterie les digestions sont purulentes PUS, f »r. [Tabum , pus, fanées, J Humeur pourrie & blanchie par la substance des parties blanches» ou spermatiques. Deg. p. 140. Le pw est auslì la matière pourrie de quelque abcès, ou de quelque ulcéré, ou de quelque plaie. (Faire sortir le pus d’un abcès.) PUSILLANIME , adj. [ Pustllanimis. J Qui a peu de cœur, qu’on intimide aisément (on dit d’un homme sans courage, qu’il est pusillanime.) Dánet. PUSILLANIMITE',/ / [Pustllmimitas .] C’est une bassesse d’ame. (La pusillanimité est un vice opo- sé à la magnanimité. Cajj'andre , Rétorique d'Aristote.) PUSTULE, s.s. [Pufiula.] Elevure produite à la peau par des humeurs acres & bouillantes. Taches qui naissent fur la peau par ébulition de quelques humeurs séreuses. ( Une petite pustule. Une pustule ardente. Une pustule maligne.) Mr. Coíiar,suite de sa Défense, pag. 16. Si j’en eusse dit autant au siecle de Théocrite, il m’en fût venu quelque pustule sor le nez; car c’est ainsi que les Dieux pu» nissoient alors les ordonneurs de fausses loii ,nges. t PUTAIN,// [ \ProJiibu!a,Jcortum , meretrixf) Celle qui est de mauvaile vie. (Une putain perd l’ame, ruine le corps, & vuide la bourse.) Ce mot ne se dit que paf le peuple. Sçaron dit en badinant putine, pour putain. {$ On disoit autrefois pute, témoins ces quarte vêts de l’Auteur du Roman de la Rose : Toutes estes, ferez, ou fûtes De fait, ou de volonté pures ; Et qui très-bten vous chercheroit , Putes toutes vous trouveroit. Ces vers irritèrent toutes les Dames de la Cour; elles résolurent de s’en venger ; & un jour Payant enfermé dans une chambre, elles sc mirent en état de lui donner lo fouet en présence de plusieurs Courtisans. Clopine!, Auteur du Roman, consentit à (òufrir le châtiment, pourvu que le prémier coup lui seroit donné par la pi usgran* de garce d’entr’elles. La crainte de fe condamner eiles- mêmes, les retint; & le coupable évita ainsi la peine qu’on vouloir lui faire soufrir. Le mot de pute & de pu* tain ne iignifioit originairement que/l’e M»>s il y a long- tems qu’il lignifie une fille & une femme debauihee. t * Ma plume est putain. Main. Pois. C’est à- dire , je parle librement des choses & fans envclope, je nomme les choses sales par leur nom. PUTANISME, / m. [Meretricium ] Vie-de putain. (Détester le putanifme. Avoir de l’horreur pour le pu* tanisme. Le putanifme régna fort du tems de Louis onzième. Voïez Brantôme.) t PUTASSIER, / m [Scortator.) Terme bas & injurieux qui sc dit d’un homme qui aime & cherche les putains, & fréquente les lieux infâmes. PUTATIF, putative, adj. [tìabitus, créditas, ] Ce mot se dit en parlant du pere. & veut dire quipasi le pour être pere d’un enfant. (C’est son pere putatif. Saint Joseph étoit le pere putatif de Jesus-Christ.) PUTOIS, / m. [VeJ'o .J C’est une espèce de belette, qui a le poil brun & qui a été apellé putois à cause de sa puanteur. f$ Mr. Ménage dit que c’est une espèce de chat PUTREFACTION , // [Putor, putrefaâio , pu* tredo.] Corruption qui cause la puanteur. Prononce* putréfaccwn. (C’est une horrible putréfaction.) PUTREFACTION. Ternie de Chimie. II y a plusieurs opérations & résolutions Chimiques qui se font par putréfaction, c’est-à-dire, en faisant pourrir'# corrompre les corps. t PUTREFAIT J m. [ Putrefafíus .] Punais. (Unputre- fait qui vous vient aprocher est un fâcheux. Scan»,pois) f PUTREFAIT , adj. II n’est guère d’usage qu’etl termes de Medecine, & lignifie corrompu, infect, puant. (Un sang putrefait, un corps tout putrefait.) PUTRE FIER, v. a. [ Putrem reddere. J Terme de Chi • mie. C’est reíòudre les corps par pourriture naturelle par le moi en de 1 humidité prédominante sor le sec. (Putréfier les corps. Glas) Se putréfies •, v. r. [Put référé.) Se corrompre. (Cela commence à se putréfier.) PÚTRÍ* PYC PUTRIDE, adj. [ Puiridus. J Ce mot sc dit entre Médecins en parlant de fièvre. On dit, fièvre putride. C’est-à-dire, fièvre qui est causée par la corruption des humeurs. P Y CN OM UM , fi m. [ Suçcisa glabra. ] Plante dont la fleur ressemble à celle du basilic. PYCNOSTILE,/ m. [ Pycnofiilium .] Edifice, où les colonnes íbnt fi pressées que les entrecolone- mens n’ont qu’un diamètre & demi de la colonne. PYCNOSTIQJJE, fi m. Médicament d'une nature aqueuse qui a la vertu de rafraîchir & de condenser , comme le pourpier. f PYRACANTHA , / m. Arbrisseau épigneux, dont l’écòrce est noirâtre. Ses feuilles ressemblent assez à celles de ì'Arbousier. II croît dans les bayes. Son fruit est astringent, & propre pour arrcter le cours de ventre. î PYRETHRE, / »*. [ Pyrethrum. ] C’est u né racine qu’on aporte de Tunis. II y en a de deux efpe- ces. L’une & l’autre contiennent beaucoup de sel acre & d'huile. Elles font incisives, atténuantes ; elles excitent l’urine & la semence. On en met un petit morceau dans la bouche pour Lire cracher & pour soulager le mal de dents. PYRITES, fi. m. [Pyrites. ] Terme de Chimie. C’est la marcassite du cuivre, la matrice où se forme le métal parmi la pierre, $ C’est de cette marcaílìte d’où Tort tire le Vitriol Romain. Ce terme à été tiré du Grec Nô,. qui signifie feu : aussi cette matière concoit-elle le feu avec plus de facilité qu’aucune autre pierre. On l’apelle autrement Quis. Ses pailles font dorées, ou argentées. f PYRITES , fe dit généralement de la inarcallite de tous les métaux, dont le nom est diférent suivant le métal dont elle participe ; comme Chrysites celle de l’or, Argyrites celle de l’argent, Chalcites celle de cuivre, Molybdites celle du plomb, Siderites celle du fer, &c. PYT 2 5S í PYROBOLISTE, fi m. Nom que prennent les Ingénieurs a feu, qui enseignent la composition de tous les feux d artifice, tant pour la guerre que pour le divertissement. 6 * í PYROLE t fi fi f Pyrola. 3 Plante dont íl y a plusieurs eípeces ; mais il n’y en a que deux qu’oa employé en Medecine. Leurs feuilles font semblables a celles du poirier : elles font astringentes & propres pour le cours de ventre. PYROTECHNIE, fi fi. Art qui enseigne l’uíà- ge du Feu, ion aphcation & ménagement en plusieurs occasions. 11 y a Une pyrotechnie militaire, & une fy. rotechnie chimique. Maltus Anglois a écrit de la première. Et Davisson de la seconde. f L’Académie dit Pyrothnie, qui est d’usagc en par. lant des feux d’artillerie. PYROTECHNIQUE, adj. Qui apartient à la pyrotechnie, comme les balles de plomb, les carreaux de fer, & autres choses qu’on jette fur les ennemis. PYRRHIQUE, fi f. [ Pyrrhtca.} Sorte de danse de personnes armées. Danet. PYRRHON1EN, / m. [Pyrrhoniut.] Philosophe qui faífoit profession de douter de tout, prétendant que les hommes ne jugeoient de toutes choses que par les aparences du vrai & du faux. On dit auísi Pyrrhonifime. í PYRRHULA, fi m. Petit oiseau gros comme Un moineau & de couleur rouge. 11 fait son nid dans les bayes, & il aprend à parler. PYTHIQUE, adj. í Ludi Pythies, j Jeux qui se festoient en Grece, instituez en l’honneur d’Apollon, pour avoir tué le serpent Python à coups de flèche. PYTHONISSE, fi fi [ Pythonica millier.'} Devineresse qui prédit les choies futures. (La PythoniP se fit paroitre sombre de Samuel. Sacy.) Q Q SUBSTANTIF MASCULIN. U set- ziéme lettre de l’Aiphabet. (Faire un q t II n’est pas même jusques au q. qui n’en veuille être. Le C, le K, & le A, ne font qu’une même chose. Ablancourt. Luc. Dialogue des lettres. De forte que les mots qu’on ne trouvera pas ici dans la lettre A, fe trouveront dans la lettre C, ou dans la lettre K. II n’y a aucune remarque à faire fur la lettre Q., si Ce n’est qu’elle fe prononce toùjours comme un K, ou comme un C. Que jamais elle ne s’écrit dans aucun mot fans être suivie immediatement d’un «, suivi d’une autre voyelle. Et que l’« qui suit ne se prononce jamais que dans le seul mot aquatique. Qpl signifie marécageux, & dont la seconde syllabe se prononce par oua , comme si le mot étoit écrit acouatique. Defim. Gramm. Fr. (Cependant Richelet dit acatique.') Varron & Licinius Calvus ont voulu rejetter le Q., Comme une lettre superflue. Mais c’est fans raison, dit Danet, puisque dans l'usage elle sert à joindre en une sillabe les deux voielles qui la suivent aux lieux où le c, marque qu’elles font divisées. (Danet.) QU ADERNES. [fiuaterni numeri.} Terme de Jeu de Trihrac. Dont on se sert quand il arrive deux quatre en dez, & qu’on apelle autrement carmes. ( Acad. Fr.) QUADRAGENAIRE, adj. [Quadragenarius. ] Ce mot pour dire qui a quarante ans , ne se dit d’or- dinaire qu’en riant (II est quadragénaire & songe néanmoins à fe marier, mais il veut augmenter la grande confrérie. Toute quadragénaire qu’elle soit, elle croit avoir encore de soûpirans. Certain garçon quadragénaire Etoit jour U nuit en débat , Du choix qu'il devoit fiaire De l’hsmen , ou du célibat .) On dit en Aritmétique un nombre quadragénaire, c’est-à-dire, nombre de quarante, ou quelque multiple de quarante. QUADRAGESIMAL, quadragefimale, adj. [Qna- dragefimalis.} Ce mot se dit assez rarement, & je ne me QUA souviens de savoir trúúvé qtie dans les Provinciale» de Monsieur Pascal. (Etre obligé par un vœu particulier à la vie quadragefimale. Pafical. 1. 6. C’est-à-dire, à faire le Carême.) L’Académie dit jeûne quadragefimal. Abstinence quadragefimale. On peut dire de même dans toute» les fériés quadragefimales. Où il y a une Homélie fur le texte de l’Ëvangile. QUADRAGESIME,/ fi. [Dominica quadragesima, Qua. dragefima.} Terme d’Eglise. Qui veut dire, le premier Dimanche du Carême. QUADRAIN. Volez quatrain. QU ÁDK.ÁN , cadran , fi. m. [Horologium fiolare.J L’un & l’autre s’écrit, mais il faut prononcer cadran , quand même on écriroit quadran. Le quadran est une forte d’horloge au Soleil. C’est une description fur uit plan, fur une muraille, ou quelque autre surface, de certaines lignes, fur lesquelles sombre cl u stile marque le* heures, & quelquefois les Signes du Zodiaque, & diverses autres observations Astronomiques. On fait aussi des Cadrans Lunaires, où l’ombre de la Lune marque les heures, &c. (Quadran Horizontal, Vertical, Occidental, Oriental, Polaire, Equinoctial, Méridional, Septentrional, Déclinant, Incliné, Récliné, &c. Le quadran Horizontal est celui qui est fur un plan parallèle à l’horizon. Le Vertical est celui qui sc fait fur un plan vertical. II y a le Quadran Vertical déclinant, lors- qu’il n’est pas tout-à-fait à plomb, & qu’il ne regarde pas précisément l’un des quatre points de l’horizon. QUADRAN Astronomique, montre les heures Astronomiques, c’est-à-dire, depuis midi ou minuit. Le Babilo. nique , montre les heures depuis le lever du Soleil. VI. talique, montre les heures depuis le coucher du Soleil. On fait des Qiiadrans pour connoître l’heure aux râlons de la Lune, & par le moïen des étoiles qui ne se couchent point. Monsieur de la Hire a fait un savant Traité de Gnomique, où il explique toutes les maniérés d« composer des Quadrans. QUADRAN. [ Horologium ] Terme d’Horloger, C’est la partie dc la montre où est l’éguille, & où les lieu- r res 256 QL IA res font marquées. (Roué de quadran. C’est la roue qui porte l’éguille & qui la fait marcher.) QUADRAN. (Seltes fiais taris genunarum.] Terme de Lapidaire. Sorte d’inítrumens de bois dont on se sert pour tenir les pierres fixes fur la roue lors qu’on les taille. _ QUADRANGLE, fi m. (Quadrangulum ] Ternie de Géometiie. Figure qui a quatre angles & quatre cotez. (Le quarré est un quadrangle régulier. Le trape ze est un quadrangle irregulier.) On l’apelle austì Urilatére. QU A DR ANGULAIRE , adj. [ Quadrangularis. ] Ce mot se dit entre Mathématiciens, & veut dire qut a quatre angles. (Figure quadrangulaire.) QUADRANT, fi m. [ Quadrant ) quarta pars circuit.] Prononcez ce mot comme il est écrit. Terme de 7 r/-* gonométrie. C’est la quatrième partie d’un cercle, ou d’une circonférence de cercle. Quand le quadrant est divisé en dégreZ, qu’il a une alidade, avec des pinnules & un plomb au centre, c’est un instrument dé Mathématique, qui sert à faire plusieurs opérations, & particulièrement à prendre les hauteurs, tant fur la mer que fur la terre. On l’apelle ordinairement, Quart de cercle, ou quart de nonante. QUADRAT > / m. [Quadratum.] Terme à’Astrologie. C’est une forte d’afpect des Astres, qui se nomme Quadrat, lors qu’ils font éloignez les uns des autres d’un quart de cercle, ou de 90. degrez. Les Astrologues disent que le quadrat est un aspect malin. QUADRAT, / m. (Typi informes.] Prononcez cadrai. Ternie d’Imprimeur. Petit morceau de métal plat , quarré, & sans lettres, qui sert a faire le blanc de la fin des chapitres & des articles. (Mettre un quadrat.) QUADRATIN , fi m. (Exjgui typi ] Terme d'Imprimeur. Prononcez cadratm. Petit quadrat qui sert à faire le blanc des comstiencemens des chapitres & des articles. OUADRATRICE, adj. & fi fi [ Lima quadrttírix.] Terme de Géométrie pratique. On dit une ligne qua- dratrice , & simplement une quadratríce. C’est une ligne mécanique qui est propre à trouver des lignes droites, égales à la circonférence d’un cercle, & aux differentes parties de cette circonférence. (Quadratri- ce mécanique.) QUADRATURE,/. / [ Primas £sf tertius Itou* quadrant.] Prononcez Kadrature. Ternie d’Astrologie. Qui se dit en parlant de la Lune, & qui signifie la rencontre de la Lune à 90. degrez du Soleil. Roh. phifi T. 2. c. 9. QUADRATURE du cercle. (Quadratura circuli.] Terme de Géosnétrie. Description d’un carré, dont la superficie seroit précisément égale à la superficie d’un cercle. (Chercher la quadrature d’un cercle.) QUADRATURE de la Parabole. C’est la maniéré de faire un quarré égal à une parabole terminée. J. Sco- tus a fait un traité de la vraie quadrature du cercle & dc l’hyperbole. QUADRE»/ m. (Quadratum , margo.] Prononcez cadre. C’est Une bordure quarrée qui renferme quelque ouvrage de sculpture, de peinture, Ou autre chose. Ce que je nomme quadre avec presque tous les gens du monde, les imagers & les Peintres l’apellent bordure. Ainsi on croit qu’on peut dite indiferemment quadre & bordure , (Un beau quadre. Un quadre bien doré.) 11 se dit aussi d’un morceau de cuir ou de carton enjolivé & doré, au milieu duquel il y a une ouverture où l’on enchâsse une image. Quadrant tabelì.e.] QUADRE de cheminée. [ Camini quadrant. J Terme àeMaçon & de Sculpteur. Partie du manteau de la cheminée où l’on met quelque ornement , ou quelque tableau. QUADRË d*armoire. Terme de Menuisier. Maniéré de bordure fur les guichets de certaines belles armoires. QUADRER, v. a. (Ad aliquid quadrare.] Prononcez cadré. Convenir , s’ajuster, avec quelque chose. (Les livres quadrent mal avec le mariage. Molière. Ne quadrer ni aVec Dieu, ni avec le monde. Lombart .) QJJADRÉR. Faire un quarré qui contienne précisément autant d’espace qù’un cercle, qu’un triangle ou autre figure. (On n’a pu encore trouver le moyen de quadrer un cercle .) QUADRIENNAL , quadriennale, adj. (Quadrienna- lìs.] 11 ne se dit qu en parlant de quelque ofice, Si signifie , qui dure quatre an*. QUA H QUADRIFOL 1 UM, / m. Plante qui reíTenible au Tresse, excepté qu’elle a quatre feuilles lur une même queue. Elle est deteríive , humectante & rafraîchissante. QUADRILATERE, adj. ou Quadrilatéral, quadrila. teraie, adj. (Paratlelngrammus.] Terme de Géométrie. Qui a quatre cotez. (Une figure quadrilatérale, ou quadrilatère. On ditaulli substantivement. Un quadrilatère régulier ou irregulier, c’est-à-dire, une figure quadrú latérale.) QUADRILLE,/ / (Equitum turma.] Prononcez quadrille. C’est une troupe de cavaliers pour un carrousel, ou pour un tournoi. (Une belle quadrille. Une quadrille bien leste. Une quadrille magnifiquement habillée. (Voïez le Traité des Tournois du P. Ménétrier. t QU ADK 1 N,/ m. C’est proprement le denier Romain moderne. II faut cinquante quadrir.s pour le Jule. QU ADRIPaRTIT. [L» quatuor partes divisas .] Célébré ouvrage de Ptolomée commenté par Cardan, qui a écrit de l’Astrolome judiciaire. QUADRUPLE, adj. 11 vient du Latin quadruplas. 11 signifie qui est quatre fois aussi grand. (Cette place est quadruple de l’autre. Nombre quadruple.) QUADRUPLE , / m. (Quadruplus.] Quatre fois autant. C’est le produit d’un nombre multiplié par quatre. (11 a été condamné au quadruple, ou à paierie quadruple. Le quadruple est la peine de l’otniffion de recette faite par les coupables. Voïez Vordonnance!) QUADRUPLE , quadruple , / m. (Quadruplas aweus.] L’ordonnance de Loiiis treizième publiée en 1641. pour le recouvrement des monoies dit quatruple. Mais i’Or* donnance de 1640. page 41. dit quadruple. On peut dire là-dessus que quatruple est le vrai mot, & que c’est comme li on difoit une piéce de quatre Lotiis. Cepen. dant dans le monde la plupart disent quadruple. Je dirois dont quadruple , ou quatruple en parlant; mais si j’ecrivois, j’écrirois toujours quadruple. J’ai consul- té d’habiles gens de la monoie qui font tous de cet avis & qui écrivent quadruple par la raison que commuais er- ror fiacit jus. Quelques-uns font quadruple féminin , mais mal. Le quadruple est une piéce d’or valant cin- quante livres. Le quadruple d’Espagne a une croix d’un côté & de l’autre des armes qu’on ne peut déchisier. QUADRUPLE-LOÚIS , ou quatruple-Loúis. L’un K l’autre se dit, mais le plus régulier c’est quadruple. Cependant l’Académie écrit quadruple, aussi-bicn que le Dictionnaire imprimé à Trévoux, qui veut qu’on prononce ainsi quadruple , parce que ce mot vient du Latin qmdruplum. Le quadruple-Loiiis est une piéce d’or fabriquée fous le régné de Louis XIII. en >641. Elle a d’un coté four légende , Chrtfius vincit, Régnât, Imperat, & de ce même côté il y a au milieu de cette cfpece, une croix couronnée de quatre couronnes & cantonnée de quatre fleurs de lis. Elle a de l’autre côté pour légende Ludovicus Decimus tertius Dei gratia Francoruni Rex, avec la tête de Loiiis treizième. Oii n’apelíe plus aujourd’hui cette piéce quadruple-Louis, suais seulement quadruple. Le quadruple pelé dix de. niers douze grains trebuchans & ne valoir fous Loiiis XIII. que vingt livres. Voïez l’ordonnance. Double quadruple, ou plutôt double quatruple. C’est une piéce d’or valant quatre pistoles d’or & qui est fabriquée comme le quatruple, horfmis qu’elle est plus grande. Au quadruple. ( Quadruplé , qtiadruplicaîè. J Quatre fois autant. (On lui a vendu cette terre au quadruple, parce qu’elle étui t à fa bienséance.) t QUADRUPLER, v. a, Ajouter trois fois autant à Un premier nombre. (Quadrupler une somme, Quadrupler son bien , son revenu.) í QUADRUPLER, î>. ». Etre augmenté au quadruple. (Son bien a quadruplé dans le commerce , dans les actions.) QU AI,/ m. (Agger lapideus ad stuniìnìs ripant] Prononcez Kai. C’est une muraille de pierre de taille, elevee fur le bord d’une rivière. (Un beau quai. Un- grand quai. Faire un quai.) C’est aussi un espace fut le rivage pour la charge des marchandises. . QUAiAGE,/ nu [Portorium.] Prononcez Kéage. C est 1 occupation du Quai par les marchandises. 0 C est aussi le droit que les Marchands font obligez de parer pour pouvoir se servir du quai, &yde' charger leurs marchandises, íf QLjAICHE. Voïez Quiche QUAKERS. Qu’on apelse autrement Tranbfiurs.f nt ' L Qgtikeri, tremust.] Sectaires fanatiques d’Aiigseterre. QUA' QUA (JUALÎFIER,?'- a. Prononcez Kalìsié. [NuncUpare.j C’eíTtiire qu’une chose est telle. C’est donner quelque nom à une autre chose. C’est donner quelque sorte de titre à une personne. (II qualifie cela vangeance. 11 prioir ses amis de le qualifier ainsi. L'Abé To.kmant, P lut ay que , tom. vie de Cicéron.) Se qualifier , v. a. [Sibi nome* , vel tìtulmn adscrì- bcre.'} Je me qualifie , je me suis qualifié. C’est prendre quelque titre , ou quelque qualité. S’atribuër quelque titre, ou quelque honneur. ( II se qualifie Amiral. Abl. Arr. L â. cb. i. Gui Guillot, gueux comme un rafc d’Eglise, s’ûse qualifier Seigneur de Germigni, mais le pauvre bon-homnie n’en est que le Seigneur imaginaire ) QUALIFIE', qualifiée, adj. [ Nobilitatus.speft 4 cus.~j Qui a quelque titre; Qui a quelque qualité honorable, quel- que qualité glorieuse; (C’eít un homme fort qualifié. Ab'anc. Personne qualifiée. Le Maître. II convia les plus qualifiez d’entre les Perses. Vaug. Quint. livr. 8- cb. 3 ) t QUALIFIE', se dit aussi en termes de Palais. Un crime qualifié , est un crime considérable. QUALIFICATION , f. f. [Qualificatio.j C’est la défi- gnation de lu qualité qu’on attribué à quelque personne, ou à quelque chose. (Une qualification injurieuse.) QUALITE'’,//. [Qualitas. ] Prononcez Kalité. Terme de Philosophie. Ce qui fait qu’une chose est nommée telle. Tout ce qui fait qu’on qualifie un sujet d’un certain nom. Ainsi (La chaleur du feu est un e qualité du feu. Les corps qui doivent nourrir le feu doivent avoir des qualitez particulières. Rob. P bis) r 11 y a quatrepremieres qualitez dans la Philosophie des Péripatéticiens, la chaleur, la froideur, la lèche- leste & Phumidité. QUALITE'. jLLx, ornamentumfj Ce mot se dit généralement de tout ce qui fait la bonté ou le défaut de quelque sujet que ce soit & oui le rend tel. Chose louable , ou blâmable dans quelque forte de sujet. Ce mot de qualité en ce sens fe dit des personnes & des choses. (Exemples. L’innocence, la jeunesse, & la beauté, font des qualitez qe’on n’a jamais ici Vues ensemble. Voit. let. 33. J e vois en vous des qualitez avec lesquelles vous ne sauriez être un homme vulgaire. Voit. let. 34. Ne soufrez plus en vous des qualitez si basses. Voit. fo'es Vous donnez sottement vos qualitez aux autres. Molière. La qualité de cette étofe n’est pas grand’chose. La qualité de ces matériaux est fort bonne.) £ Les qualitez les plus sublimes du cœur & de l’esprit sont de tous les pais & de toutes les conditions. La naissance & les grandes dignitez donnent le pouvoir, mais elles ne donnent ni l’efprit ni le courage. Polybe de Folard. QUALITE'. Nobilitas , generis claritudo. Naissance noble & illustre. Titre considérable & glorieux. Titre que porte une personne. Titre qu’on prend & qu’on se donne. (L’air des personnes de qualité est charmant. Scan C’est une personne de la premiere qualité. C’est une femme île grande qualité. Pascal , /. 4. Ptendre la qualité de Noble. Le Maître. Dire les qualitez des partiesi Le Maître. Gentilhomme de verre , Si vous tombez par terre 4 Adieu vos Qualitez. Poêt. Anon.) x * QUALITE', fe dit aussi du vin. Un vin a dc la qualité, c’est-à-dire, qu’iì a une feve qui le distingue des vins communs. QUALITE' de. [Ut , in quantum 1 ) Ces mots signifient comme étant. (11 avoir droit à l’Enipire en qualité de petit-fils d’Auguste. Abl. Tac.) QUALITE'. [t’undatnenta , rationes.j En Termes dé Palais, il fe dit des titres qu’on prend pour plaider, pour agir, & pour établir son droit en quelque chose. (Prendre la qualité d’heritisr.Agir en qualité du Tuteur, fie Procureur, &c.) t.QUAMOCLIT. Plante étrangère venue de l’A- merique, & qu’cn cultive dans les Jardins. Elle est apéritive. í QUAMQUAM , f. m. Terme emprunté du Latin , pour signifier une harangue Latine faite en public, & prononcée d’ordinaire par un jeune écolier. (II a bien prononcé son quamquam. Cet enfant n’a pu achever son quamquam. ) 11 est du stiie familier & bas. QUA 257 QUAND. [Quando , cum."] Sorte d’adverbe interrogatif, & qui a du raport au rems présent, au passé, & à l’avenir, & qui lignifie en quel tems. Prononcez Kan. (Exemple, Quand Henri quatrième est-il mort ? Le quatorzième de Mai en mil lìx cens dix. Quand étu- die-t-on le mieux? Le matin. Quand les méchans ces. íêront-iis de persécuter les gens de bien '< Jamais. Quand tu vois dans un lit qu’un malade fe flate, JDe recevoir de toi la fin de Jon tourment , Ne sais point le discret, dis lui tout franchement, Pour vous guérir, Monsieur, il faut la pierre platte-, Aut. Anon.) QUAND. Sorte de conjenftion qui signifie lorsque, qui marque le tems présent, & qui régit Vindicte, tif. ( Quand on considéré qu’un jour il faudra rendre compte, il faudrait être extrêmement (âge. Quand je considéré Pétât déplorable de l’hôtel-Dieù dePon- toise, je. Patm, plaidoié 39.) QUAND ê? quand. Cet mots, pour dire en mimé tems, ne se disent plus, ni ne s’écrivent plus. Vaug. Rem. QUANT à moi. Quant à lui. Quant 4 nous. [ Ego verò.j £t autres semblables maniérés de parler vieillis, sent, en leur place on dit Pour moi. Pour lui Pour nous. (Quant 4 moi je consulte avant que je m’engage. Si Malherbe qui a fait ce vers , vivoit, il diroit pour moi^ & non pas quant à moi. ) Messieurs de l’Academie dans leurs observations fur les remarques de Vaugelas né condamnent point quant á moi. ($ Ils ne Pont point aprouvé précisément. 11 est vrai que sur l’Observation 61. ils décident, suivant le sentiment de Vaugelas, qu’il faut écrire quant à moi, & non quand 4 moi. Us proscrivent ensuite quant [fi moi pour avec moi, quand (5? quand moi , quantes ois. f Se mettre surfin quant [fi moi. [Sibi arrogare , seji jaftccre.j C’est-à-dire , faire le fier tout d’un coup. S’enorgueiliir sotement & s’emporter brusquement & mal à propos. Le quant à mai , s. m. [ Arrogant!a, contumacia , protervitas.j C’est une vaniré . ou une fierté sote & ridicule & qui arrive souvent de ce qu’on s’imagine avoir plus de mérité qu’essedivement on n’en a. (A. .. eif bernable de s’êtte mis salement fur son quant 4 moi , pour avoir eu la témérité de gâter de bons originaux* les mettant eu François suranné & pedantesque.) QUANT es moi , pour avec moi [Mecum.j Mr Vaugelas a remarqué qu’on le dit ordinairement; que les bons Auteurs ne l’ecrivent point, qUoique Mr de Malherbe s’eh soit servi d’une faqcn encore moins aprôu* vée. La volonté, dit il, doit aller quant [fi !a evose , U h t chose quant [fi la volonté. Que íi l’on avoit à en user, il faudroit écrire quand avec un d, & non pas avec un t, puisque cette façon de parler , il ejl venu quant [fi moi , né signifie autre chose linon , il'ejl venu quand jesuis verne. Meilleurs de l’Academie dans leurs observations fur les remarques de Vaugelas imprimées eh 1704. in 4 0 . pag. 62. disent que bien loin qu’on puisse ecrire quant A moi. II n’est dans la bouche d’aucun de ceux qui parlent bien , & que l’exempie de Mr. Malherbe qui s’est est servi, ne saurait l’autoriser. í QUANTAL, ou CANTAL, f m. C’est uné espece de gros fromage qUi prend son nom d’une mon* tagne de la haute Auvergne où il s’en fait beaucoup, Onl’apeile quelquefois Tête de Moine. QUANTES fois, adv. [Quotiei.’] Ce mot vouloit dire* combien de fois. Malherbe s’en est servi. (Quantesfois, lorsque sur les ondes Ce nouveau miracle flottait.) Mais aucun de nos Poètes n’en vóudrôit uset aujotif- d’hui. Aussi Messieurs de l’Academie l’ont rejette ea vers ausii-bien qu’en prose. QUANTES. Voïez Toutefois & quantes. QUANTíe'AIE, adj. [Quotus.] Ordre dans lequel est placee un chose. Et l’on sous-entend jour. (La plusoart des gens ne savent jamais le quantième du mois. Quel quantième". avous-nous de la Lune) A On devtoit dire, lc quantième avons-nous de la Lune. Mais Fustige à prévalu pour la premiere expression, quoique Monsieur Ménage l’aiteondanné. QUANTITE', / / [Quantitás.j Ternie de Philo, sopbie. Prononcez Kantìté. Accident qui fait que les corps font susceptibles de nombre, ou de mesure. Prononcez Kantìté-, QUANTITE' discrette. [Quantitas dìsreta.j C’est celle Tome III. K k dont 258 QUÀ dont le* partie* ne sont pas liées, comme le QUANTITE' continué. [Quantitas continua .J w elt celle dont les parties font liées, & alors cette quantité successive , comme le tems & le mouvement ; ou elfe est permanente, qui est ce qu’on apelle 1 étendue en longueur, largeur & profondeur. (On demande dans 1 école si la quantité contint# est divisible à l’infini.) Les Cartésiens le soutiennent, &les Gassendistes le nient. Les uns ou les autres se trompent , mais je ne fax lesquels. QUANTITE', f Multitude , affiuentia. J Multitude. Grand nombre. (Quantité petite, grande, prodigieuse, infinie , innombrable. Avoir une quantité d’or & d argent monoïé. Abl. II ne faut pas toujours considérer la quantité , mais la qualité des choses.) QUANTITE'. [Syllaba quantitas.J II se dit en parlant de vers Grecs & de vêts Latins. C’est la mesure de cbaqi e lilabe, & le tems qu’on doit être à prononcer ]?s iìiabes , dont les unes font longues & les autres brèves. (La quantité est aisée à prendre. II n’y a proprement que les Grecs & les Latins qui aient des quanti- tez. Savoir la quantité.) í§ QUARDERONNER, c’est rabatte les arêtes d une poutre, d une solive, d’une porte, &c. en y poussant un quart de rond entre deux filets. í QUARELET,/ ta. [Pajfer leevisj Poisson plat qui ressemble à la Plye. II adoucit les acretez de la poitrine. QUARENTAINE , / f- [Quadraginta .] Prononcez. Karantaine. C’est à-dire , quarante. (11s etoient une quarantaine de braves soldats.) QUARENTAINE. [ Quadraginta dierum fiatium. ] Espace de quarante jours. (On fait faire la quarantaine aux personnes qui viennent des lieux où est la peste » avant que d’être reçus dans la ville.) £ QUARENTAINE, se dit aussi du tems qu’on demeure dans un lieu séparé pour le même sujet, quoiqu’il ne dure pas quarante jours. (On se contente d’une quarantaine de quinze jours. On a abrégé la quarentaine depuis que la peste a cessé.) * ch QUARENTAINE. Terme de Marine , qui signifie une corde de la grosseur du petit doigt, dont les matelots se servent pour racommoder leurs cordages. QUARENTAINE. [Quadragejìmale tempusQ Le tems de Carême compose de 40 . jours, pendant lesquels ì’Eglise commande de jeûner. (La Sainte quarentaine.) 0 QUARENTAINE. La licence des guerres particulières , & le droit de se vanger , a été si grande sous le régne même de S. Louis, qu’il fut obligé d’établir une trêve de quarente jours, à compter du commencement de la querelle , afin d’arrêter les premiers mouvemens qui se calment souvent par le tems. Boutillier, dans fa Somme Rurale, tit. ; fait mention de cette quarentaine , que l’on apella la quarentaine du Roi, dans laquelle les amis des deux cotez étoient compris. f QUARENTA1NS. Ternie de ManufaHure. On le dit dans quelques Provinces, des draps de laine dont la chaîne est composée de quarente sois cent fils, qui font en tout quatre mille fils. QUARENTE. [Quadraginta. ] Prononcez Karante. Mot indéclinable , qui signifie quatre fois dix. (Quarente, quarente & un, quarante deux, &C. Son péché le fit pleurer quarente jours.) QUARENTE heures. [Quadraginta hora .] Prières qu’on fait trois jours de fuite dans l’Eglise , durant lesquels le Saint Sacrement est exposé. QUARENTE,CINQ [Quadraginta quinque. Terme de feu de paume. Ce ton t les trois quarts du jeu. (C’est un grand avantage d’avoir quarente-cinq fur fa partie. ] j-’ On dit par Métaphore, d’un homme qui a de grands avantages dans une afaire, & qui est presque assuré d’y réussir qu’il a quarente-cinq fur la partie. f * On dit aussi, d’un homme qui est bien plus habile qu’un autre & qui a de grands avantages fur lui, qu’il pourroit lui donner quarente-cinq & bisque. f QUARENTE tangues, f. m. [ Polyglotta . ] Oiseau des Indes grand comme un étourneau, blanc & rougeâtre. Son chant est si mélodieux, qu’il surpasie en agrément celui de quelque oiseau que ce soit. QUARENTIE, f. / [Curia XZ-. judicum.J Ce mot se dit en parlant de la République de Venise , & signifie la Cour des quarante Juges. Prononcez Karantie. On dit. (La quatentie civile nouvelle. La quarentie vieille. QUA Quarentie criminelle. II fit passer dans la quarentie criminelle une nouvelle ordonnance. Amelot de la Houjfaye, Hijl. du uouv. de Venise.) QUARENTJE'MÈ , adj. [Quadragejlmus. ] Prononcez Karantie-,ne. Terme de nombre ordinal. (II est le quarentiéme. Elle est la quarentìéme.) QUARêME , f s- Volez Carême. QUARRE- s f [ Quadrant. J Prononcez carre. Ternie de Chapelier. Les coins du cu du chapeau. (La quarre de ce chapeau est percée.) QUARRE , s f. [Quadrant ] Terme de Formier £V? de Cordonnier qui se dit en parlant de soulié & déformé de soulié. On apelle les quarres du soulié les deux poin. tes du bout du soulié, & les quarres de la forme, les deux pointes du bout de la forme. (Les quarres de ce soulié sont percées. Les quartes de cette forme font mal faites.) f QUARRE. Terme de Cbauderonnier. On apelle la quarre d’un Chauderon, d’un poîlon, ou d’une marmite, l’endroit où le fond de ces ouvrages se joint au bord. Bé-quarre. Terme de Musque. Prononcez Bé.carre. C’est un terme de Musique qui fait chanter de demi ton plus haut que quand il y a Bé-mol, QUARRE', quarrée , adj. [Quadratus .J Fait en quar. ré. Prononcez carré. ( Temple quarre. Figurre quar. rée. Avoir deux pieds en quarté. Bataillon quarté.) Racine quarrée. [Radix quadrataé] Nombre qui étant multiplié en lui-méme fait un nombre quarté, où il y a autant d’unitez en largeur qu’en hauteur jo. est la racine quarrée de 100 . Periode quarrée. [Periodus quadrata 3 Est celle qui est bien nombreuse & facile à déclamer. Partie quarrée. [Societas quadrata.J Partie où il y a deux hommes & deux femmes seulement. Marchand de b 'is quart é. [ Sulfuratorum propola. ] Ironiquement est un vendeur d’alumetes. Homme quarré. f Homo corpore crajjo. 3 Celui qui est gros & trapu. tS Les Romains apelloient quadratus, un homme quarré, qui a de larges épaules. Suetone a dit d’une statué de Vespasien, Statura quadrata, compaHk , fir - misque membrit. QUARRE', / w*. [ Quadratum. 3 Chose faite ea quarré. (Faire un quarré. Former un quarré.) QUARRE'. [Capsula mundi muliebrk. 3 Maniéré de petit cofre, ou de petite cassette où l’on met des peignes & autres petites choses qui fervent au déshabillé d’une Dame. (On lui a fait présent d’un beau quarré d’argent. Cela s’apelle quarré de toilete.) QUARRE’. [Domus quadrata J Terme d’ Architeâure. C’est un membre quarré qui termine souvent quelque partie d’Architecture. QUARRRE'. [Area.[2 Terme de Jardinier. C’est la place du jardin qui contient plusieurs planches. (Un petit quarré. Un grand quarré. II voit les grands vergers du superbe Versailles , Ses fertiles quarrez, J'es fertiles murailles. Perrault.) QUARRE'. [Pixii mmetarìa quadrata. 3 Terme de Momie. Morceau d’acier fait en forme de dé, dans lequel est gravé en creux ce qui doit être en relief dans lí médaille. Fer qui porte l’empreinte de l’éfigie , ou de l’écusson dont les flans font monoïez. QUARRE', de mouton, f. m. [Quadrant vervecis. ] Ce font quelques côtes de mouton que l’on fait rôtir, ou griller. Ce qu’on apelle à Paris quarré de mouton, on le nomme dans quelques Provinces de France haut côté de mouton , mais mal. (Un bon quarré de mouton.) QUARRE'. [Quadratum. J Terme d ’AJhoiogie. C’est l’éloignement de deux planètes de la quatrième partie du cercle où elles font. (Quand Mars & Mercure sont regardez de quarré par Saturne , ils rendent les hommes meurtriers.) Voïez Quadrat , c’est la même chose. QUARRE'. [A(lin equì per quadrant 3 Terme de M a ~ nége. fiste qu’on s’imagine former quatre lignes droites, égales, disposées en quarre & également éloignées du centre du Manège , fur chacune desquelles on conduit son cheval ; & cela s’apelle Travailler quarré. QUARRE. [Quadratum 3 Terme d ’A gebre. C’est I* produit d’une quantité multipliée par clle-mcme. QUARRE -LONG , J. m. [Quadratum longius. 3 Ternir de Géométrie. C’est une figure de quatre cotez qui a les angles droits, mais dont un côté est plus grand que l’autre. Les artisans i’apellent aussi lìarlong. QUAR- QUA QUARRE' Géométrique. [Quadratum Géometricmn.] îstrnuraent de Mater,ìatique , fait en quarré, ayant a l'un de ses anales droits une alidade mobile autour de cet angleavec deux pinnules, & aux deux cotez qui ferment sangle droit opósé des divisions égales en grandeur & en nombre. II y a aullì quelquefois un quart de cercle tracé du même centre , & divisé en 90. degrez. On sc sert plus aujourd’hui d’un demi cercle que du Quarré Géométrique. QUARRE' magique. [Quadratum magicum.} C’est un quarré contenant des nombres en proportion Aricmé- tique , tellement disposez en des rangs parallèles aux cotez du quarré dans lequel ils font placez, que les sommes des nombres qui le trouvent dans chaque rang & dans chaque diagonale , sont égales entr’élles. On l’apelle magique, parce que c’elt le problème d’Arìt- metique le plus dificile. Les Elemens de Mr. Arnaud en parlent. QUARRE' de réduflion , ou Quartier de réduflion. [Quadratum redufiionis .] Terme de Marine. C’elt un instrument qui sert a réduire les degrez d’Elt & d’Oúeit en degrez de longitude, & a refondre promptement & facilement les triangles rectangles. Qzan. D:ci. Math. QJJARRE' perspectif. [Quadrant opticmn .] C’elt la représentation d’un quarré en perspective. Ce quarré comprend ordinairement toutes les a diètes des objets qu’on veut représenter dans un Tableau, & on le divise ordinairement en plusieurs petits quartez perspectifs , par le moyen desquels on décrit avec abrégé lesaparences de tout ce que l’on veut réprésenter dans le Tableau. Voïez la perjpcciivs de Mr. Defiargues. £$ QUARRE' parfait, figure régulière, dont les qua- tre côtez, & les quatre angles sont égaux. QL'ARRELET. Votez Carrelet lettre C. QUARRE'MENT, adv. [Quadratè.} En quarré. (Chose qui elt coupée quarréntent. ) QUARRER, quarrure. Votez Carrer , Carrure, &c. Qu ARE, fi- m. [Quarta p ars. j Prononcez Kart- C’elt la quatrième partie de quelque chose, (lis font leur contrat dissociation , tous y entrent, chacun pour son quart. Paìru, plaid. 6.) Le Prir.tcnts est le quart de l’année, & c’est en ce sens qu’il sc plaint qu’étant la saison la plus agréable il n’oeupe pas dans l’année un plus long espace. L’biver qui des mortels eji la crainte éfil l’éfroi Durera-t-il autant que moi P Et je voudrais J'çavoir pourquoi Je n’ai que le quart de íarmée. QUART de nuit. QUART de boijjeau. QuART d’heure. [Hor4 quadram.} Pour reparts les maux prejfans Que le tonnerre a fait a ma maison des champ: Ne pourrais je obtenir, Sire, avant que je meure Un quart d’heure de votre teins. Sanguin.) QUART de chemin. [Via pars quartas} QUART de lieut. [Leuca quadrant.} QUART d’aulne. [Uln-e quarta pars.} QUART d’once, &c. [Umiœ quadrant.} QUART. Ternie de Mer. C’est le tems qu’un matelot est en Faction. Foumitr. Le quart contient trois; quatre ou cinq heures. Robe, navigation. jsjf QUART. C’est l’espace du tems qu’une partie des gens de '.'équipage d’un vaisseau veille pour faire le service, tandis que le reste dort. En France, dans les vaisseaux du Roi, le quart est souvent de huit horloges ; dans les autres vaisseaux, il est tantôt de six, tantôtde sept, & quelquefois de huit. Toutes les fois qu’on leve le quart, on sonne la cloche pour en avertir l’équipage. On dit, ( Ce matelot n’a pas fait lò quart. Ce timonier a fait lever le quart une horloge plutôt ou’il nefaloil. ( En Angletetre, le quart est de quatre heures; & en Turquie, de cinq. On entend par horloge une demiheure, scion Aubin, qui dit dans son Dictionnaire Maritime, que six horloges répondent à trois heures , qui est le tems que doit durer le quart, c'est-à-dire, la faction de chaque homme de ['équipage ; & au bout de ce tems , ils sont alternativement relevez les uns par les autres, pour continuer le manœuvre. 11 y a beaucoup de vaisseaux, oùle quart est de huit horloges ou ds quatre heures. QUA 259 QUART de vent , ou quart de Rumb. [Rhumbus.} Terme de Mer. C’est un air de vent séparé d’un autre air par un arc de douze degrez & 15. minutes. . QUART de rond. [Toreuma bemycicltum.} Sorte de membre d Architeflure. (3 QUART de rond. Les Ouvriers apeílent généralement ainsi toutes sortes de moulures , dont le contour est un cercle parfait, Ou aprochant de cette figure, & que les Architectes nomment ove. Davillers. QUART en fus. [Supra totnm.] Terme ds Finance. C est 1 addition de la quatrième partie de la somme au total de la somme. QUART de rang. Terme d’Exercice Militaire. (Défi- ler par quarts de rang.) On dit aussi quarts de conversion. í Levraut de trois quarts. C’est un levraut qui est presque parvenu à la grandeur d’uh lièvre. f QUART. Terme de femme qui revend par leí rués de Paris fur des paniers qu’on apelle inventaires, il signifie navet. (A mes bons quarts.) QUART , te , adj. [Quarta pars denarìi.} Quatrième. Ce mot n’a gueres d’ulage qu’en ces phrases de iman- ces. Quart denier. Et de chasse. Ce Sanglier est à son quart d an. On apelle aull \fievre quarte, une fièvre qu’on a tous les quatre jours , qui ne laisse que deux jours francs. [Febns quartana.} On dit aussi , fièvre double quarte, lors qu’elle revient deux fois dans ce* quatre jours , & qu’elle ne laisse qu’un jour de franc. Voïez plus bus Quarte. £§ QUART denier. Droit Seigneurial que íe Seigneur féodal perçoit dans le cas de vente , de donation , suivant la Coutume de Boulenois , art. ço. Z-? io*. f Au tiers & au quart. [Cuique proinificuè.} C’est-à- dire, k tout le monde indiferemment. (Donner au tiers & au quart. On y fait médire & du tiers du quart. Molière. C’est-à-dire , on y médit de tout le monde.) QUART-AIEUL- fi. m. Terme de Généalogie. C’est celui qui est quatre fois aieul, ou quatre fois grand-pere. (C’est son quart-aieul paternel. C’est son quart-aieul maternel.) QUART de cercle , fi m. [ Circuit quadrant, j] Sorte d’inltrument de Matematique, qui est la quatrième partie d’un cercle , & dont on sc sert pour les observations d’Astronomie & de Géographie. On l’apelle aussi quart de nonante. QUART d'écu , fi. m. [ Nummi quadrans. ) Èfpéce d’argent, qui sous le régne de quelques Rois a valu quinze sous , & fous le régné d’autres vingt fous. Elis a eu cours cíu tems de Henri second, de François second, de Charles neuvième, de Henri troisième, de Henri quatrième, & a cessé fous le régne de Loiiis treizième. Le quart d’ecu du Tems de Henri second avoir d’un côte une croix fleurdelifée, avec cette légende Dei gratiafiuin id quod fium. Le quart d’éeu, fous le régné de Henri troisième, avoir d’un côté une croix fleurdelifee, avec cette légende , tìenricus tertius Dei gratia Francorum çj? Polonia Rex, & de i’autre côté un écusson couronné , où il y avoir trois fleurs de lis, avec cette legende fit nomen Domini btnediHum. Le quart d’éeu a eu cours fous le régné de Henri IV. & n’a commencé à n’être plus de mise que vers l’année 1640. ou 1641. qu’on lit des écus blancs, des pièces de trente fous, de quinze fous , & de cinq fous. * ll n'a pas vaillant un quart d’éeu. [Ne cijfiem qui- dembabet.} C’est-à-dire, il est gueux. Demi quart d’éeu. [Oflava pars nummi.} Piéce d’argent faite comme le quart d’écu , hormis qu’elle étoit plus petite , & qui valoit la moitié du quart d’écu. QUART de papier,]', m. [Quadrans papiri.} Terme de Gens qui marquent le papier. C’est la moitié d une demi feuille. (On paie six deniers pour chaque quart de petit papier.) QUARTAÌN, qúartaine, adj. [Quartanus.} Prononcez Kartain. Ce mot ne sc dit qu’au féminin en parlant de fièvre quarte,& toû jours en forme d’imprécation. (Quoi vous rougissez de dépit conime (Ì je donnois de mauvaises étrennes , vbs fièvres quartâmes. Voit. poéfi. La fièvre quartairie puisse ferrer le bdurreau de Tailleur. Molière.) t QyARTAL,y: m. Sorte de mesure de grains en usage en Bresse & en d’autres lieux. Le quartai de Bresse contient quatorze boisseaux de Paris. QjJ AR.TAN, fi. m. [Quatuor annos natus.} Terme de Cbaije qui 1 e dit du langlier, ct veut dire fo-a qua- triéme'an , (Sanglier qui est a son quartait. Sanglier qui commence Ion quartan.) Tome UU K k a f Q.UAR- 260 QUÀ ± QUARTAS, s- »»• Petite monoïe de cuivre dont on se sert en Espagne. Le Quartas vaut quatre mara- yedis, d’où il a pris son nom. QUARTAUT» s m - 02 uartarius dolii.] pronon-. cezMi'/«. C’est un quart & demi quart de muid devin mesure d’Orieans. (J’ai acheté un petit quartant d ex- cèlent vin.) . ., QUARTAUT de Champagne. C’est un tiers de mina. QUARTAUT rie Bourgogne. C’est un quart de muid. QUARTAUT. C’est un quart de muid , mesure de Paris. QUARTE, adj. {Febris quart ana.'] Prononcez carte. Ce mot se dit en parlant d’une sorte de fièvre qu on apelle fièvre quarte, qui est causée par une humeur mélancolique , & qui prend ses accez chaque quatrième jour. QUARTE de vent. Voïez Quart. . QUARTE, sis {Quadrantal.] Sorte de mesure d etain» contenant deux pintes. (Une quarte bien faite. Acheter, vendre une quarte.) QUARTE. {Manus ìnterior jlexio.] Terme de Maîtres d’Armes, C’est un mouvement du poignet en dedans. (Alonger de quarte. Toucher l’èpée de- quarte. Entendre la tierce & la quarte. Pousser une estocade dtz quarte. Pousser de quarte le long de l’épée. Liancourt, Maître A’armes, ch. 4. N 5 -) Entendre la tierce N la quarte. Cette façon de parler se dit quelquefois en riant, & signifie savoir faire des armes comme il faut,_& en quelque forte enAlaitre. QUARTE. {Diatesiàron.] Terme de Musique. C’est un intercale dont les sons extrêmes sont distans de quatre degrez, & qui est composé de deux tons & demi. (Quarte diminuée. Quarte superflue. Fausse quarte.) QUARTE. {Quatuor chartie lufiria majores.] Terme de Jeu de Biquet. Ce sont quatre cartes qui íe suivent, & qui sont de même couleur. (Avoir une quarte. La quarte vaut quatre points. Quarte major. Qparte basse.) QUARTE. {Quatuor hemijbherii partes divisa.] Terme de Géométrie & d 'Astronomie. C’est la quatrième partie d’un Hemiíphere. (Quarte Septentrionale, Orientale, c’est la partie qui est entre le Septentrion & l’Orient, & ainsi des autres.) QUARTE. {Quarta trebeUiana , falcidiana.] Terme de Jurisprudence. La quatrième partie d’une succession. (La Quarte Trebelliane, la Falcidie.) La Quca‘te Trebelliane, ou Trebelliene , c’est la quatrième partie d’une succession qu’un héritier institué retcnoit par devers lui, quand il étoit chargé d’un Fidei- commis, qui l’obligeoit à mettre l’heredité entre les mains d’un autre. La quarte falcidie , ou faladienne faisoit le même retranchement à l’égard des legs, par lesquels le Testateur avoir épuisé la succession. C’est pourquoi on leS confond l’une & l’autre dans les Loix ; le Fidei-commis & les Legs étant presque la même chose à l’égard de l’héritier. QUARTE-FEUltXE. f. /. {Tetrafolimn. J Terme de Blason. Fleur qui a quatre feuilles. f QUARTEIER , ». n. On le dit des cochers qui mettent les ornières entre les deux chevaux & entre les roues du carosse. (Ce cocher fait fort bien quartejer.) QJJARTENIER, Quartinier,/. m. {Urbica re- gionií tribunus.] Le prémier e de ce mot est obscur,& on prononce cartenié, ou cartinié, Les nouvelles Ordon- nances de la ville de Paris chapitre 32. disent quavti. nier, & on croit que régulièrement pariant on doit parler de la sorte, cependant de tous tems l’usage semble être plus pour quartenier que pour quartinier ; Témoins ces quatre vers du Catolicon d’Elpagne ; {A chacun le sien , c’est jujiiee , A Paris Jei2e quartinitrs, A Mont faucon J'ehe piliers , C’iji à chacun son benejìce. ) Les Docteurs en langue vulgaire que j’ai consulte lur ces deux mots, pensent qu’on peut dire l’un & l’a tre ; mais a ce que j’en ai pst connoître , ils semblei pencher pour quarteniers. Les quarteniers , ou quasi mers, ont soin chacun en leur quartier que les port de la ville se puissent bien fermer, que les abords c soient libres Qu ,1 ne soit fait furie rempart aucur ordure qui infecte le voisinage, & ils doivent faire le, raport au Prévôt des Marchands sor tontes les chofi qui concernent leurs charges. QUA QUARTENIER. f Quartenio. ] Termé de Manne. Yoïez Quartier-Mesiier. QUARTER , ». n. {Qrbitas vitare. ] Ce mot le dit par les Cochers & Chartiers , & signifie aller entre deux ornières & les éviter, parce qu’elles font trop protonueí & incommodes. (11 faut quarter en cet endroit-la.) QUARTER, ». ». {Corpus flefíere.] Terme d tjcrime. C’est ôter son corps hors de la ligne ; ce qui se fait en pirouettant, en tournant le corps S comme fur un pivot* pour se défendre des passes. QUARTERON, / m - {Centenarií quadrems, ] Prononcez Carteron. Ce mot en parlant de choses que l’on compte par cent, veut dire vingt-cinq. (Un quarteron de poires. U11 quarteron de pommes. Un quarteron d’Abricots.) QUARTERON. {Quarta pars libra.] Ce mot en parlant de certaines choses qu’on pésc , c’est le quart d'une livre. Ce font quatre onces. (Un quarteron de beurre. Un quarteron de fromage. Un demi-quarteron, ce font deux onces ) QUARTERON d’or. {Vicena auri braStola.] Terme de Buteur d’or. C’est un petit livre compose de vingt- cinq feuilles d’or, que les Dateurs d’or vendent aux Doreurs. çAcheter un quarteron d’or.) f Demi-quarteron , f. m. La moitié du poids d’un quarteron. C’est aussi la moitié d’un quarteron dans les choses qui sc pèsent, ou qui sc vendent par compte. QU ARTíER,/ m - {Quadrans.] Prononcez Cartier. Quelques-uns commencent à l’écrire comme il se prononce, & ils ne font pas trop mal. Mas cette maniéré d’orthographier n’est pas encore bien reçue. Le mot de quartier veut dire la partie d’une chose qui sc divise en quatre. Ainsi on dit. (Un quartier d’agneau. Un quartier de veau. Un quartier de mouton. Un quartier d’étofè. Un quartier de terre, &c.) •f * On dit Prov. d’un homme prêt à tout faire pour un autre, qu’il se mettroit en quatre quartiers pouf son service. QUARTIER {Calceiposterior pars.] Ce mot sc dit aussi d’une chose qui n’a que deux quartiers. Ainsi on dit. (Les deux quartiers d’un soulié.) On dit aussi les quartiers d’un sc le. QUARTIER. [Congeries lapidum.] Ce mot veut dire quelquefois une piéce de quelque chose. (Les Vitelliens rouloient de gros quartiers de pierre. Ablancourt, Tac. liijl. liv. 3. c. 4. ) QUARTIER. Terme de Carrier. Grosse piéce qui fait toute seule une voie. (Quartier de pié droit.) rjT QUARTIER tournant. C’est dans un escalier un nombre de marches d’angle qui par leurcolet tiennent à un noyau. C’est peut-être ce que Vitruve a apelìé inverfura. Quartier de vis JuJpendu. C’est dans une cage ronde, une portion d’escalier à vis suspendue, pour racorder deux apartemens qui ne font pas de plein pied. Quartier de voye. On apelle ainsi les grosses pierres dont une ou deux font la charge d’une charette attelée de quatre chevaux. QUARTIER. {Urbis régla.] Ce mot sc dit en parlant de grandes villes, de Pais, de Provinces, &c. Et il signifie endroit de ville, de Pais, ou de Province. (Etre logé dans un des plus beaux quartiers de Paris. 11 y a fort bonne compagnie dans mon quartier. Avoir un quartier de Maître d’Ecole à Paris. On lui dit que c’étoientles peuples les moins belliqueux de ces quartiers. Ablancourt, Tac . Arr. I. II.) í QUARTIER, se dit en parlant des Provinces & de la campagne, & on le dit au pluriel. (Ecrivez moi les nouvelles de vos quartiers. Cet étranger vient de nos quartiers.) QUARTIER. {Accola.] U sc dit pour signifier les gens du quartier. (Elle ne visite point son quartier. On a fait une chanson de tout le quartier, c’est a-dire, d» toutes les personnes du quartier. Le voilà donc fort mal, ce gros rhume P aSfomme, Tout le quartier le siçait : chacun dit le peaan homme. QUARTIER de terre, quartier de vigne. C’e quatrième partie d’un arpent. ï QUARTIER. {Trimesirit pen/lo,] Ce mot se di parlant des gens qui paient pension. & signifie trois > f e quartier de la pension commence. Le quartie: oiiarí;! 10ne T?- éc * 1 ì- ï ‘ Le quartier est fini. Avancei quartier. laicr son quartier.) QUAR* QUA QUARTIER. ['Trimestre qfficium.) Ce mot se dît des gens qui servent chez le Roi, chez quelque Prince, ou grand Seigneur, & lignifie trois mois, pendant lesquels on est obligé de servir. (Etre de quartier chez le Roi; Etre en quartier chez Monsieur. Servir par quartier. Sortir de quartier.) QUARTIER, [Quadrans.] Terrtìe d ' Asirologie. Ce mot se dit en parlant de la Lune & lignifie la rencontre de la Lune à quatre-vingt dix degrez du Soleil On l’apellè auíli quadrature. Rehaut , Pbisique , tome 2. chap. 9. QUARTIER. [Equini cornu latéral] Ce mot se dit en parlant du pié du cheval. Terme de Maréchal. Ce sont les cotez du sabot entre la pince & le talon, de part St d’autre. (Ce cheval a quelque seime aux quartiers, car il boite.) QUARTIER neuf. Ce mot se dit en parlant du pied des chevaux, ausquels il faut couper l’un des quartiers de la corne, pour quelque mal qui leur vient au sabot. (Ce cheval a fait quartier neuf, c’esi-àdire , qué la corne qu’on avoir coupée à un de ses quartiers est revenuëi S, George, art de T homme d’épée.') QUARTIER. [Scutum , JcutulHm J Terme de Blason. C’clt une partie de l’écu où l’on met quelques armes de famille. On place dans le premier quartier les armes de la maison principale , & dans les autres quartiers , les alliances. Col. QUARTIER. On a pelle Quartiers, en termes de Gé. némogie, les disserens chefs desquels on descend , soit du côté du pere, soit du côté de la mere. (11 a fait preuve de huit quartiers. ) II faut seize quartiers pout prouver la Noblesse des Comtes de S. Jean de Lyon. lié bien , je m'adoucis, votre race eji connue. Depuis quand ? Répondez , depuis mille ans entiers * Et vous pouvez fournir deux fois seize quartiers. Despr.) QUARTIER , s. m. [ Locus designatus. J Terme dô Guerre. C’eíl le terrain du campement d’un corps de troupes. (Un quartier bien fortifié, bien retranché.) * QUARTIER. [Cajírorum metationis cujlndes. J Les troupes qui íbnt dans un quartier. (Enlever un quartier.) QUARTIER de siège. [Objìdionis locus.’] C’est uti cam- Í iement fur l’une des principales avenues d’une place* equel est apell é Quartier du Roi quand il est commandé par lc Général de l’Année. (On dit établir les quartiers. Disposer les quarties. Etendre son quartier à la portée du canôn de la place. On établit les quartiers fur les plus grands passages de la place, pour empêcher le secours & les convois.) H Lorsque dans un íìége les quartiers d’une armée font séparez par des ruisseaux, des marais, Lc. on doit établir de bonnes communications d’un quartier à l’autre, ensorte que les troupes puissent marcher fur Un grand front & fans aucun détour pour se secourir mutuellement. Polybe de Mr. de t'olard. QUARTIER d’ajjbnblée. [ Edifias ad conveniendutn locus.) C’est le lieu où les troupes se rendent pour marcher en corps. (Le quartier d’assemblee n’est pas loin d’ici.) QUARTIER de rafraîchissement. [Fatigati exercitûs refeiw.) C’est le lieu où des troupes fatiguées vont se rétablir & se remetre tandis que la campagne dure encore. (On a donné aux troupes un tel lieu ou un tel pais pour quartier de rafraîchissement.) QUARTIER d’hivtr. [ Hibernacula .] Lieu où logent les troupes pendant l’hiver. C’est quelquefois auíîì l’intervaledu tems compris entre deux campagnes. On dit, (Marcher en quartier d’hiver. Mètre en quartier d’hiver. Le quartier d’hiver a été court. Le quartier d’hiver fera long.) H * Mettre T alarme au quartier , donner l y alarme au quartier. C’est debiter quelque nouvelle qui donne de l’inquietude à ceux qui y ont intérêt. QUARTIER de vivres , &c. QUARTIER-MESTRE , f. m. [ Contubernìi militaris metator. ] C’est le maréchal des logis d’un régiment d’Insanterie étrangère. QUARTIER-MESTRE. [Nav archi vicarius.) Terme de Mer. C est i’oficier de mer qui regarde principalement le service des pompes. QUARTIER de vemrie. [ Venator uni œdes.) Termede Veneur. C’est le logement des chiens & des veneurs. Sa/nov. f * QUARTIER. C Alicuisupplies vitam dare.) Ce mot se dit en terme de Guerre . ( Donner quartier, c'est-à» QUA 261 nire, donner la vie * & traiter favorablement des ennemis vaincus.) [Grgere.J Ce mot se dit dans le fi. gure, ét aliez souvent en riant. (Ne donner point de quar~ ser. ofgnitie ne point pardonner. Ne rien acorder de ce quon nous demande. Obliger leS gens à faire ce qu on veut d eux. Pousser à toute outrance. Ils perfs- cutentla science,_& ne lùi donnent point de quartier* . i- Tout beau, tout beau, quartier, fi du tombeau. Scar. pois/. Point de quartier pour la pauvreté. , ^^oscns y font assassine! a coups de langué, & ost n y fait quartier à personne. Scaron , Roman. Je pense que pour moi , s’il étoit nécessaire , Elle se metroit en quartiers. Benscr balet de la nuit* 5. p. 2. entrée.) On dit que les femmes font les gazetes du quartier . L Rumores omnes palarn faciwit mulkres. J Pour dire , qu’elles scavent tout ce qui s’y passe, & qu’ëíles en debiteht toutes les nouvelles. , -d- quartier. (Seorsmn.) Sorte A'adverbe, qui signifie a part, se tenir un peu éloigné de quelque chose que ce soit. Se reculer & se retirer pour en laisser passer d’au- tres. Quelques-uns croient que ce mot de quartier est un peu vieux dans tous ces sens. Néanmoins il se trouve dans de borts Auteurs, & peut-être que ces Meilleurs croient mal. (Les Adives sont li rusées qu’elles se tien- hent*r quartier & n’aprochent point du lioh. Ablan = court. Marmol , livre. 1. chap. 2}.) QUARTINIER. Voie z Quartenier. In quarto. Mot tiré du Latin que l’uíàgé a rendu François , & qui sc dit des Livres dont les souilles sont pliées en quatre. Les Mémoires Eclésiastiques du Monsieur de Tillemont sont in quarto. QUARTODECÍMANS./ m. ( Quartodecimani .] Hérétiques ou Schismatiques, qui célébroient toùjours la Pâque le quatorzième de la Lune de Mars avec les Juifs, & qui eurent à ce sujet un grand démêlé aveu íe Pape Victor, qui selon quelques-uns les excommunia. (Saint Irenée Evêque de Lyon en écrivit assez fortement à ce Pape, & l’exhorta à agir avec les Asiatiques avec plus de modération. Voïez Monsieur de Til. lemont , [f le P. Petau dans ses Notes fur S. Epiphane .) QUÀSI, adv. [Quasi, ferè.) Prononcez Kofi. Tons les Messieurs faiseurs de Remarques & d’observations fur notre langue , ont décidé que le mot de quasi étoit fort peu en usage , Sc qu’en sa place on disoit pr esque. 11 est vrai que les bons Auteurs en usent ordinairement de la forte, néanmoins il semble que d’excellens Esorits aient eu depuis peu pitié du destin du pauvre quasi , & qu'ils le Veuillent faire revivre malgré fa destinée. Car ils Pont emploié assez freqúemment dans un livre de réputation qui a pour titre la Princesse de Cléves , & l'on trouve qu’ils ont raison, & que quasi vient mieux en de certaines façons de parler qu o presque. (II n’arrive quasi jamais. Vuug. Rem. Vous ne me dites quasi rien de vous. Voiture, l. 25. Ce n’est quasi pas la peine de Vous le disputer. Pascal. 1 . 4.) Monsieur de Vaugelas dans ses Remarques avoit dit que le mot quasi étoit bas, & que nos meilleurs Ecrivains n’en usoient que rarement, qu’ils disent d’ordi* naire presque. Cependant ii ajoute que quast en certains endroits se peut dire méme avec quelque grâce , comme quand on dit , il n’arrive quasi fumait que , &c. {si Voici l’observation de Messieurs de l’Academie sur l’article 21. des Remarques de Mr.de Vaugelas: ,, Le mot quasi ne doit point être qualifié de bas : ce- *, pendant peu de personnes s’en servent présente- *, ment. Cette phrase, II n’arrive presque jamais que , ,, a paru préférable à il n’arrive quasi jamais que, où ** Mr. de Vaugelas trouve de la grâce. Ceux qui ont *, cru que cette derniere étoit meilleure , ont peut- *, être prétendu qu’il étoit bon d’eviter la sillabe que it repetée deux fois : mais le mot jamais qui est entre ces deux que, n’y laisse point de rudesse “. Ainsi on peut, selon cette décision, dire l’un ou l’autre. L’Auteur des Réflexions fur l’usage présent de la langue Françoise, pag. ç 16* se déclare hautement pour quasi, & raporte plusieurs autorisez pour soutenir son sentiment : mais quoi qu’il puisse dire, le mot quasi est rude, & je crois qu’on doit l’éviter quand on Veut plaire à Poreille. QUASIMODO,// [Dominicain albis.) Prononcez Casimedo. C’est la Dimanche de l’Octave de Pâque. K k j (U 262 QUA (Il est né le jour de la quasmodo. Je l’ai renvoie à la quasmodo. Prov.) QUATERNE. Volez quadernes. QUATERNAIRE , adj. [Quaternareus.] II 1© dit des nombres. Nombre quaternaire , c’est un nombre de quatre imitez, ou un multiplié de quatre. (Le quaternaire a plusieurs propriétés.) * * QUATORZAINE , f f. [Quatuordécim dterum m- tervallum .] Terme de Palais, & de Coutume. C’est l’intervale de quatorze jours. II se dit de l’intervale dans lequel on fait les criées des biens qu’on décrété. QUATORZE- [Quatuordécim.] Nom de nombre. Ce mot est indéclinable. Prononcez Iíatorie. (Ils font quatorze. Elles font quatorze. Avecque quatorze écrit fur le visage, II vous seroit beau voir prendre un air sérieux i Pie renversez point l’ordre établi par Vusage , Hé, que peut.cn faire de mieux , Que de folâtrer à vôtre âge. Desh.) QUATORZE. [Quatuor charité majores.] Terme de Jeu de piquet. Ce font quatre cartes de différentes couleurs mais de méme nom & de méme valeur dans chaque couleur. (II y a un quatorze d’as, de Rois, dc Dames, de valets & de dix. Ce sont les 4. as, les 4. Rois, les 4. Dames, &c. Avoir un quatorze. Compter un quatorze.) QUATORZE. [Dccimus-quartus.] Ce mot fe dit pouf quatorzième. (Louis quatorze. On dit auffì Louis quatorzième. La premiere façon de parler est plus selon l’usage, & l’autre plus selon la Grammaire.) QUATORZE. [Nodum in sirpo quarere. ] Ce mot entre dans des façons de parler proverbiales. Chercher midi à quatorze heures. Ce proverbe su pose la coûtume d’Itaiie, de compter les heures au-delà de douze & jusques à vingt-quatre ,"commençant à les compter depuis le coucher du Soleil. Or comme à Midi, même dans les plus grands jours , on compte plus de quatorze heures, en ce païs-là, chercher midi à quatorze heures , c’est chercher une chose où elle n’ett pas. f * Faire en quinze jours quatorze lieues. [Parum m dic optrari.J C’est-à-dire. Faire peu de besogne chaque jour. O QUATORZIEME, adj. £ Décimai-quartas. J Nom de nombre ordinal. ( 11 est le quatorzième. Elle est la quatorzième.) QUATORZIEME, f m. Ce mot en parlant de mois & de jour, lignifie le quatorzième jour. (,Sa lettre est du quatorzième. On dit aussi en parlant, la lettre est du quatorzeF) QUATRAIN, quadra'm , f. m. [Geminmn disiì- chum.] Prononcez catraìn. Quelques-uns disent ct: écrivent quadrain , mais mal. L’usage est pour quatrain. Ce mot est un terme de Poésie Françoise, lequel lignifie une Stance de quatre vers. (La matière des quatrains est Morale & ce qui regarde la conduite de la vie. Leur caractère est (impie & grave. Volez les quatrains de Go. deatt [f de Demarak.) QUATRAINS. [Rhiimus tetrasiieus.] Ce mot fe dit en parlant du Sonnet François , & signifie quatre vers. (Les deux quatrains du sonnet sont ordinairement sur deux rimes semblables. 11 veut qu’en deux quatrains de mesure pareille , La. rime avec deux sons fr ope deux fois t’oreille. Despreaux, Poétique, c. 2.) QUATRAIN., ou Quatrin, f m. [Teruncium.] All- «ierine monoïe qui vaioit un liard. QUATRE. [Quatuor.] Nom dénombré indéclinable. (II y a quatre hommes qui travaillent continuellement. Les quatre éiemens. Les quatre faisons de i’an- née. Les quatre points cardinaux de l’horizon. Le S quatre Meíidians, On dit au jeu de Dez amener quatre 11 fe marque ainsi iv. ou 4.) QUATRE , f. m. Terme de Cartier. C’est une carte où il y a quatre Points. (Un quatre de coeur, de pique, de carreau , de trèfle.) QUATRE. [Quartas ] Ce mot fe dit pour quatrième. (Henri quatre eît né à Pau le treizième Décembre 1 ç ç 5. Oil dit aulìi Henri quatrième est né à Pau. La premiere façon de parler est plus selon l’ui’age , & l’autre plus selon la Grammaire Quesrt.il que Paris au bord de son canal, £x]>oJe dv ms Rois ce grand original ., QUA Qui fçùtsi bien régner, qui sçut si bien combattre ? On ne parle point c?Henri quatre, On ne parle que du cheval. De Montmort.) QUATRE. [Quartas.] Se dit pour quatrième. Henri quatre. (Get exemple toutefois ne tire point à conséquence. Ainsi on ne dit point Henri cinq, Henri six, Hetiri sept. Encore moins Jaques quatre. Volez T Apothéose du Difl. ) A quatre , adv. Ce mot entre dans quelques façons de parler (impies, ou proverbiales. {Marcher à quatre pattes. C’est l'e traîner par terre fur les genoux & avec les mains. Faire le diable à quatre. C’est faire le méchant, l’enragé, & faire plus de peine & de mal que quatre autres. Se faire tenir à quatre. C’est faire le furieux & le méchant, & au fond ne l’être pas beaucoup. Témoigner en aparehee qu’on fe veut battre, Scan fond n’en avoir pas grande envie. Tous les trente deux vents font ici déchaînez, Cbàcun dieux fait le diable à quatre. Et je pense pour moi qu'ils veulent tout abattre, A voir comme ils font mutinez. Du Troufset. T * Se mettre en quatre pour quelcun , c’est l’em* piolet de tout son pouvoir à rendre service. Tirer a quatre chevaux. Volez cheval. * QUATRE u quatre U le rcjie en gror. [Confuse.] Proverbe, pour dire, que l’on va en confusion. QUATRE a quatre , adv. [Quaternis.] Quatre à chaque rang. QUATRE cens. Terme de nombre. C’eff-à-dife, quatre foisi-ent. (il y a quatre cens hommes dans la place.) QUATRE fois, adv. [Qram-.j (Se faire dire une même chose quatre fois.) QUATRE mille. [Quater mille.] Terme de Nombre indéclinable. (Un camp volant de quatre mille hommes Volez mille.) QUATRE nations. £ Collegium quatuor nationum, ] C’est un Coliege à Paris fondé en 1661. par le (Jardinai Alazarin , pour l’instruction & l’entretien de 60. enfàns originaires des Pais conquis par le Roi Loûis XIV. Sçavoir quinze de Pignerol & de l’Italie , quinze d’Aisice, vingt de Flandres, & dix du Rouiïìllon. QUATRE-TEMS. [Quatuor anni tempejiatum jeju. nium j Terme d ’Eghje. Jeûne de trois jours qu’on fait une fois en chaque saison de l’année , & qui pour cette raison a été apellé quatre-teins. (Garder les quatre tems.) QUATRE-VINTS. £ Otlogìnta. ] Sorte de nombre, qui veut dire, quatre fois vint. On dit. (Quatre-vints un, qudtre-vints deux, quatre-vints trois, ct c. Le Pape Innocent dixième mourut à quatre vínts ans huit mois ; on ouvrit son corps , où l’on trouva sept bouteilles d’eau , pelant quinze livres. Pnorato, bis. I. 0(1 dit aussi quatre vmts dix, au lieu de nonante.) QUATRE-VINTIEME > adj [Oâogesimus. J Nom de Nombre ordinal. [La quatre-vintiéme partie.) QUATRIEME, adj. [Quartas J Nom de nombre ordinal. (Henri IV. est né à Pau. Elle est la quatrième.) QUATRIEME, adj. [Quarta diei.] Ce mot en parlant des jours d un mois; C’est-à-dire le quatrième jour, (C’est aujourd'hui le quatrième du mois. Sa lettre elt dn quatrième.) 0 Quatrième du vin qui fe vend en broche & en détail dans certains lieux. Ragueau , dans les anciens titres, quartant & quartanum font une mesure. Volez Mr Bosquet fur les Epîtres d’Innocent lII. page. 110. t QUATRIEME ,f m. f. Etre d’un quatrième dans une afaire. Etre pour un quatrième dans un* entreprise. , î Oo dit d’un écolier qui étudie dans la quatrième, ceit un quatrième, il étudie en quatrième. î On dit aussi , la quatrième des enquêtes , pour !ì quatrième chambre des Enquêtes. QUATRIEME , f f. [Quatuor prima charta htforia.] Terme de Piquet. Ce lontquatie cartes qui se suivent & de même couleur. (J’ai une quatrième. Quatrième majeure. Ou quatrième haute. Quatrième de Roi, de Dame, ctc. C'est-à-dire , qui commence au Roi, à ls Dame, ctc. Quatrième balle.) QUATRIEMEMENT, adv. [Quarto loco.] Ce mot est hors d usage, & en sa place on d if en quatrième Hem (En quatrième lieu , vous vous souviendrez d’adorer votre Créateur. S. Cira» . Thetl. fam.) ìtfA- QUE QUATRTJPLE, s. m. Voïez quadruple. QUE. [Qui , qua , quod .1 Ce mot est un pronom relatif qui est indéclinable, qui devant une voielle perd ton e, & qui se met pour lequel, auquel , hsquels , les. quelles , &c. de quoi que ce soit qu’on parle. Exemples. (C’eít un méchant que le ciel châtie, Arnaud, fiue est inis dans cet exemple pour lequel. Ce n’est pas s toi que je voudrois déguiser la vérité. Ablanc. Luc. Que dans cet exemple est mis pour auquel. Ou à qui. Les méchans font semblables à ces petites pailles que le vent emporte. Port-Roial , Pseaumes. Que dans cet exemple est mis pour lesquelles.) 11 est donc à propos d’observer ici, qu’en plusieurs façons de parler, on se sert de que au datif, pour à qui , & à l’.'blatif pour de qui & dont ; mais ce n’est que quand le terme de fa relation est au datif ou l’ablatif, comme dans ces phrases, c’estàvous que je parle, c'est île vous qu’on -parle , de la façon qu’il en use. Et dans une infinité d’autres dans lesquelles l’ufage de la langue au dessus des réglés de la Grammaire a introduit, qu’au lieu de dire à qui & de qui ou dont s on l’exprimât d’une maniéré plus concise, en donnant à que la force & la signification d’un datif & d’un ablatif. Cram. fr. de Dem. pag. 277. in 12. QUE Ce mot est quelquefois une conjonélive qui se met entre deux verbes , & pour l’exprimer tout simplement en Latin se rendoit par quod, (Seigneur, j’espere que j’entrerai dans votre maison, & que je vous adorerai.) QUE. [NiW/.J Ce mot devant l’infinitif se met quelquefois au lieu de ces mots rien à. Exemple. (Quand on n’a que faire , on se divertit. C’est-à-dire , quand on n’a rien à faire. Vaug. Rem.) QUE. C Cur , quare. ] Ce mot est une maniéré de particule , & il se met au lieu de pourquoi , quand on interroge. Exemple. (Que n’avez-vous recours à Dieu dans votre misère ? Arnaud . Mercure, que ne le détaches tu? Abl.) QUE. [Quid- l Ce mot se met au lieu de ces mots quelque chose. Exemple. (Qu’elt-ce là que je voi ? pour dire quelle chose est là. Que dites-vous ? ) f§ Malherbe a dit dans ses stances fur l’attentat commis fur la personne d’iïenri le Grand; Le Roi vit , N ee misérable , Ce monstre vraiment déplorable, Qui n'avoit jamais éprouvé ì Que peut un visage d’Aldde. ' Et dans les Stances fur la Régence de la Reine t Le repos dustécle où nous femmes , Va faire a lu moitié des homtnes Ignorer que c’est que le fer. On est surpris de voir qu’un homme qui tenoit le premier rang parmi les Poètes de son tems, & qui d’ailleurs a fait de si beaux vers, ne sc soit pas aperçu du mauvais éfet de ces deux que li près l’un de l’autre, & qu’ici que seul ne lignifie rien. Marigni a dit dans des Stançes : 11 est vrai , que fert de le taire, J'osai lever les yeux vers une Déité. II faut dire, que fert-il. QIJE. [Cuml] Particule qui se met au lieu de lorsque, (11 me trapa l’autre jour que j etois malade. Ablanc, Luc. ) QUE [Ve.] Particule qui se met au lieu de la conjonctive de peur que , ou de crainte que. (Reçoi un coup de bâton sans crier, que je ne t’en donne un autre. Ablanc. Luc.) QUE. [Ut .J Cette particule s’emploie pour afoi que. (Monte vitement que je t’atache. Ablanc. Luc.) QUE. Particule qui sert à exprimer quelque souhait, ou quelque imprécation. (Que Dieu vous comble de bénédictions. Que Dieu confonde les méchans.) QUE. Particule qui fert aussi à exprimer quelque sorte d’aamíration , ou autre mouvement de Pâme. Exemple. (Que vous êtes heureux ! Mon Dieu mon Créateur , Que ta magnificence étonne tout le monde , Et que le Ciel est bas auprès de ta hauteur. Malh. pués.) t§ QUE. tout leul pour ô que. Mr Godes», dans une Ode au Roi Louis XIII. Que par un miracle visible. Le Ciel seconda ton dejjein ! Que d’une constance invincible QUE 263 Il arma ton généreux sein ! L'enser qui d’un peuple insdélc Soutenait l’injuste querelle , En vain s’eleva contre toi , Et ne put avec fis furies Parmi fes troupes aguerries Semer la révolté est l’éfroi. Mr Godeau ne doit pas être imité dans cette expression. f Qu’ainsi ne soit , qu’ainsi soit. [ Ita. ut. ] La derniere de ces deux façons de parler est hors d’usage, & la premiere vieillit fort. On dit en sa place. Bien que. De sorte que. Encore que. QUE non pas. [Quam.j) Ces mots ont vieilli, & non pas est superflu. On ne dit guére. (Ils tiennent plus de l’architecte & du maçon que non pas de l’orateur. II faut dire simplement. Ils tiennent plus de P archi telle iji? du maçon que de Vorateur.) QUE. Cette particule fe joint à diverses autres. Afin que , bien que, encore que, quoi que, d’autant que, parce que, &c. QUE. [Tantùm, duntaxat .] Se met pour feuler,sent. (Je n’ai demeuré que trois jours à Lion.) QUE. Entre dans beaucoup de phrases, où il veut àirt.si ce n’est. (Nous n’avions personne avec nous qu’un importun dont nous aurions souhaité d’étre délivrez. QUE. S’emploie quelquefois pourcammander.(< 2 «’oti ouvre cette porte.) QUEJÎ, q ue non. Que bien, que mal. C’est-à-dire, tellement, quellement. Cette premiere façon de parler est substantive, dans la Fontaine en parlant de la discorde. (0« la reçut à bras ouverts , Elle, 0 ? que si que non fon frere, Avecque tien U mien fin pere, * La Font.) {f Voici le que ou qui emploie d’une maniéré qu me paroît désagréable : Mais ce qu’au voyageur est l’herbe fraîche , U molle Et Luise de vous voir est à mon cœur blessé, Ce qu’une eau claire A vive est au cerf relancé. Jamais rien de si beau ria paru fur la terre Mais toûjours vos rigueurs me déclarent la guerre 5 Et ce qu’à nos troupeaux est la fureur des loups s Ce qu a nos vergers est l’aquilon en couroux , Ce qu’à nos épies murs est la pluye orageuse , TeOe est votre colere à mon ame amoureuse. Mr de Segrais, Egl. 1. (§ A tous ces exemples, on peut encore ajoùter ceux-ci. Que emploié pour où. Exemple. Ce/l e» Dieu que mous devons mettre nos espérances j pour où nous devons mettre nos esterances. Autre exemple. 11 vécut dam le désordre jusqu’a l’âge de vingt ans , que Dieu, lui ouvrit les yeux. Que pour d’ou ou de qui. C’eji de Dieu que nous devons atendre notre salut , pour de qui. Que pour avec. J’ai reçu vôtre lettre avec tout le contentement [s la satissaflton que l’on doit recevoir cet hon. neur, dit Mr. de Voiture ; la phrase est plus élégante que de dire, avec tout le contentement & la satisfaction avec laquelle on doit recevoir cet honneur. Que, au lieu de puisque. Mr. Despreaux a dit dans fa satire du Repas : Quand notre hôte charmé m’avisant sur ce point, Qu’avez vous donc, dit-il, que vous ne tnangez point : Et le Pere Tarteron sc sert de cette expression dans íà Traduction d'Horace : Laquais , les bouteilles font.elles cassées , qu’on ne m’aparté point quand j’en demande ? Mais il me paroît que cette façon de parler n’est pas aussi juste que celle de Mr Boileau ; car ces mots quand f en deniande, signifient également lors que j’en demande ou puisque j’en demande. Mr. de Vaugelas nous fournit une observation très-importante fur l’ufage de que. „ II „ saut (dit-il) qu’onsçache & il saut que l’on sçache, ^ font tous deux bons , mais avec cette diference „ néanmoins qu’en certains endroits il est beaucoup „ mieux de mettre l’un que l’autre. Plusieurs mettent „ qu’on , & non pas que l’on quand il y a une l imme- , diatement après 1 ’n, comme je ne crois pas qu’on lui veuille dire, & non pas, que l’on luiveúiUe dire, à cause du mauvais son des deux L Je ne crois pas qu’on laijft ,, & non pas que l’on lassé. 11 faut mettre, qu’on aulfi, , & non pas que l’on , quand il y a plusieurs que dans une période, comme cela arrive souvent en notre „ lan- 264 QUE langue, qui s’en sert avec beaucoup de grâce en di- ferentes façons, par exemple : ll n’ejí que trop vrai , que depuis que l’on a commencé , Uc. II est bien mieux de dire qu’on a commencé , pour diminuer le nombre des que , qui n’ofenscnt pas seulement „ l’oreille de celui qui écoute, mais auflì les yeux de ,, celui qui lit, voyant tant de que de fuite. II faut ,, encore mettre qu’on & non pas que l’on ,quand le mot „ qu’il précede immediatement, fe termine par que , ,, comme , On remarque qu’on ne fait jamais ainsi , „ (f c. & non pas, On remorque que l’on ne fait jamais „ ainsi. II faut mettre que l’on U non pas qtiom de- ,, vant les verbes qui commencent par com , ou con , „ comme je ne dirois pas qu’on commence , qu’on con- ,, duise, mais que Fcn commence , que l’on conduise. ,, Mais comme j’ai dejà dit, tout cela n’est que pouc „ une plus grande perfection , & ce n’estj pas une „ faute que d’y manquer. L’usage de ces deux termes „ diférens, qu’on &? que l’on est encore très-com- „ mode en prose & en vers, mais fur tout en vers, pour ,, prendre ou quitter une fillabe, scion qu’on a besoin ,, de l’un ou de l’autre dans la versification. 11 est su- „ perflu d’en donner des exemples ; les Poètes en font „ pleins : mais pour la prose, peu de gens compren- „ drontl’avantage qu’elle tire d’alongerou d’acourcir ,, d’une fillabe une periode, s’ils n’entendent fart de „ l’arrondir, & s'ils n’ont l’oreille délicate “. Cette remarque a été aprouvée par Mrs. de l’Académie, fans pourtant exclure le jugement de l’oreille qui est souvent à consulter; & ils ajoutent qu’il est certain que dans la conversation on dit plûlôt, Dites qu’on commence , que non pas, Dites que l’on commence , qui scroit trop afecté. Le même Mr. de Vaugelas nous fournit une remarque importante fur le que. „ Si étant mis „ (dit-il) (levant un adjectif & un substantif, il veut ,, que après lui, & non pas comme, Exemple. Je ne le „ croiois pas est de si bonnes mains que les vôtres , & non „ comme les vôtres , En quoi plusieurs manquent. Les ,, Poètes Romains en usent quand ils en ont besoin ". Sur quoi l’Académie a observé que c’est une licence condamnable dans les Poètes, que d’emploier comme au lieu d t que après./? & aussi \ & le vers qui fuitn’a pas pû trouver grâce , quoiqu’aslèz doux à l’oreille : Ausi parfait ami comme fidele amant. Enfin le terme que entre dans fi grand nombre de locutions & de phrases, qu’il scroit ennuieux de les remarquer toutes ; je me contenterai d’obferver, en finissant cet article , que la répétition de que est très-dé- fectueuse , & blesse l’oreille , qu’il faut consulter également dans la prose & dans la poésie. QULÇHE, /• f Terme de Marine. C’est un petit Vaisseau à un pont, & qui est muté en fourche. Ozan. Dilt. Math . QUEL, quelle. [O/m/m] Pronom adjectif, qui sert à distinguer les qualitez des choses ou des personnes. On s’en sert en interrogeant. Exemple. (Quel homme est ce qu’un avare ? Un fou. Quelle récompense aten. dez-vous de vos bonnes oeuvres? Une félicité éternelle.) On s’en sert aussi fans interrogation. Exemples. (Je ne fai pas quel livre vous lisez. Quel qu’il soit, je le veux aussi lire.) Tel quel. Tellement quellement. Volez Tel , telle, tellement. QUELCONQUE- [ Quicumque .J Pronom adjeftif qu’ost emploie rarement & qu’on met après un nom substantif. (Je ne bazarderai en façon quelconque mon salut pour les biens de la terre.) QUEL QUE , en deux mots. [ffialk.] Volez Quel , quelle. 11 n’y a que la premiere partie , qui sc décline, & qui change de genre & de nombre. Exemples. (Quel que soit son mérité. Quelle qu’eu soit la cause. Quels que soient ces avantages. Quelles que soient ces maximes. Corneille , Ilotes Jur Vaugelas.) QUELQUE. Pronom adjeHif. Qui répond au quais cunque des Latins. C’est un seul mot & il fait à son pluriel quelques. (Quelque mérité qu’on ait, il faut être heureux. Quelques avantages qu’il possede, il faut qu il ait du bonheur. Corneille , Notes fur Vaug. (On. doit parler de la forte quand le pronom quelque n’est pas immediatement suivi d’un que : mais lorsqu’il en est immediatement suivi , on retranche du pronom quelque la derniere siiabe qui est que. Exemple. (Quelle que puisse être la cause de sa disgrâce, & non pas quel- QUE que que puisse être. Vaug. Remarques.') Mais fi entre queïïe & que il y a quelques íìlabes qui les séparent , il faut alors dire quelque , & non pas quelle. Exemples. (Quelque enfin que puisse être la cause. Vaug. Reman ques. Apprenez que le trop de foin De conserver cet avantage EJi un infaillible témoin Qui trouve qu’on en fait quelque galant usage. Pavillon.) QUELQUE. {Quantumvis.2 Ce mot devant un adjechf est adverbe , & est pris pour encore que. Si bien que. Deforte que. Exemple. (Quelque riches qu’ils soient, on ne les estime point.) J’ai dit oue quelque est adverbes s’écrit sans r à la fin devant f adjectif comme en l'ex- emple proposé, & non pas avec les substantif. On ne dira point. (Quelque perfections qu’il ait, mais quel. ques perfeHions qu’il ait. Vaug. Rem.) QUELQUE [PereJ Ce mot pris pour environ est adverbe, & ainsi il s’écrit fans T finale. (Alexandre per. dit quelque trois cens hommes lorsqu’il défit Porns. Ablanc. Asr.) 0' Voici une remarque de Mr. Chevreau dans scj Oeuvres mêlées. Vaugelas pourroit bien (dit-il) s’être trompé fur quelque , où il a écrit: „ Ce mot est quel- „ quefois adverbe, & par conséquent indéclinable ; il „ ne faut donc point ajouter d’f, quand il est joint avec ,, des pluriels, comme il faut dire : ils étoient quelqut „ cinq cens hommes , & non pas quelques cinq cens hom. „ mes s car là il n’est point pronom , mais adverbe Cette remarque, quoique curieuse , m’est un peu se. ípecte. A u contraire ; environ vu à peu prés y est sous- entendu, & l’on dit souvent, lis étoient environ , ou à peu près cinq cens hommes. Pour moi, j’écrirois toujours , Ils étoient environ , ou à peu près cinq cens hommes. L’Académie a fait une longue observation sur la Remarque de Mr. de Vaugelas ; elle est trop importante pour ne la pas raporter toute entière : „ Cette „ Remarque est très-vraie; mais quelque adverbe ne „ lignifie pas toùjours environ , il veut dire encore la „ méme chose que le quamtumvk des Latins, comme », Mr. de Vaugelas l’a observé dans une autre de ses „ Remarques, qui a pour titre , Quelque riches qu’ils „ soient, Quelque belles qu’on les trouve , & non pas Quel- „ ques riches , Quelques belles , en faisant quelque pluriel. ,, La régie ne reçoit point de dificulté , quand quelque „ est devaiit un adjectif, alors il est adverbe, & non ,, pas pronom : mais il est pronom , quand il précède ,, immédiatement un substantif pluriel; & en ce cas, „ il prend l’r : ainsi il faut dire, Queiquts richejfes qu’il „ pojfede , avec une s au mot quelques , & non pas Quel- „ que richejfes fans s. C’est ce qui a été encore fort „ bien observé par Mr de Vaugelas. Quelqu’un de la ,, Compagnie a voulu faire une exception à cette régie ; ,, il a dit qu’il étoit persuadé que quand le mot quel. „ que se trouvoit devant les adjectifs suivis immédiate- „ nient de leurs substantifs, il étoit pronom , & non ,, pas adverbe , & qu’il faloit dire, (Quelques grands ,, biens qu’il pojféde , Queiquts belles quaiitez qu’il ait , „ en écrivant quetques avec une s, comme un pronom „ pluriel. On a rejeté ce sentiment, en disant, qu’eu „ toutes ces fortes de phrases, il faloit avoir seulement ,, égard à l’idée de quantwncunque qu’elles portoient ,» dans l’esprit ; ensorte que Quelques grands biens qu’il „ pofjèdc vouloit toujours dire , Quelque grands que ,, soient les biens qiiil pojfede. Un autre Académicien a ,, demandé s’il y avoir de la diférence entre ces deux ,, phrases, Quelques paroles désobligeantes que vous nia. dites , & Quelque désobligeantes paroles que vous ,, m’aye z dites. On a répondu que l’arrangement de ces ,, deux mots paroles & déjbbligeantes y en metoit, & ,, que quand ce substantif paroles précedoit l’adjectif ,, désobligeantes , ce mot quelques étoit pronom , selon ,, la régie; que cette phrase, Quelques paroles défobli - ,, géantes que vous m’ayez dites , signifioit, A quelque „ point de dureté que vous ayez porté les paroles que vous ,, m’avez dites s au lieu que celles-ci, (Quelques dífobli. „ géantes paroles que vous ni ayez dites , faisoit entendre, ,, Quelque dures , quelque désobligeantes que soient les pa - ,, rotes que vous niavez dites. Ainsi il a été décidé à ,> la pluralité des sufrages , que la réglé de quelque ad- ,> verbe, devant les adjectifs pluriels, & de qmlqu* ,, pronom devant les substantifs aussi pluriels n’a au- „ cune exception, QJJEt- QUE QUE tJjjËLQtfÈ chose , f. m. [jOuidqutmt , aliquìà.'] 11 se filet d’ordinaire avec afirmation. (Ai-je soit quelque cho- se que vous n’aiez fait. Vcuig. Rem. On trouve à Versailles quelque chose qui mérite (Terre vû. 11 y a quelque chose de tourné bien délicatement dans Catulle.) QUELQUEFOIS, adv. [Ahquando.j De fois à autre. (C’eit une chose qui arrive quelquefois.) QU E L QU E- P ART. En quelque.part. [ Aliquò , alicubiéj La prétniere de ces deux façons de parler*fe dit, mais la seconde n'est pas en usage. On dit, (Je vais quel. que-part , & non pas en quelque part. Quoi qu’on dise, je vais en quelque lieu.') QUELQU’UN , quelqu’une. [Alìquìs , quidam J Pro. íiom adjiciif, qui fait à son pluriel masculin quelques, uns, St à son pluriel féminin quelques-unes. (Quelqu’un jn’a dit cette nouvelle, mais je ne soumis dire qui c’est. On dira en parlant à des femmes, quelqu’une áe vous fait cela. 11 y a de beaux fentimens dans c« livre, j’en voudrois bien copier quelques-uns. Le livre qui porte pour titre les Pensées de Pascal est très. beau, fi je Pavois, je lirois quelques pensées qu’on y trouve & qu’on estime fort, (II se trouve des rafi- neurs qui soutiennent qu’il faut prononcer Kécun & îíéque. Ces Messieurs les Ratìneurs sont de francs Provinciaux ; & il n’en faut pas davantage pour assurer qu’on ne prononcera point mal, quand on fera sentir la lente l de ces mots quelcun & quelque. Tous ses Parisiens qui parlent bien, les prononcent ainsi, & par conséquent, tant pis pour ceux qui s’opiniâtrent se>tentent à les prononcer d’une autre façon. (Quelqu’un qui n’ejì pas votre Epoux Et pour qui cependant , Jbit dit Jans vous déplaire , Vous sentez quelque choj’e U de vif (Vf de doux, j Vie d’J'oit p antre jour de prendre tin ton Jevere. Desh. á ílle. d’Uílé. fille de Mr. de Vauban.) 0 J’ai observé que souvent on se sert de quelqu’une, pour marquer une femme ou une fille. Bcnfeiade a fait dire au Roi représentant Apollon : J’ai vaincu cePithon qni dejbloit le monde , ° Ce terrible serpent que Penser Çj' la. fronde J)'un venin dangereux avoìt ajfaifonné : Ea révolté , en un mot , ne me fcauroit plus nuire, Et j’ai mieux aimé la détruire Que de courir après Dapbné. Tontc'bis il le faut , c’eji une loi commune, Qui veut que tot ou tard je coure après quelqu’une, Et tout Dieu que je Juis, je m’y vois condamné. Blarot a dit dans son Temple de Çupido : J’allois blafmant d.’amour tous les Edits , Dehbeia d’aíjaut amoureux, Rendre mon caur pour une langoureux. Ces expressions sont bonnes pour la conversation familière; ailleurs il faut bien s’en garder. QIJ EMENDER , v. n. L Mendicare , erogarc. J Gueuler, mendier. (C’est un homme qui n’a d’autve jnetier que de quemtnder. Met.) 0 QUENAICE. C’est (dit Ragueau dans son Indi- ce) un droit connu dans la Bretagne, par lequel un Seigneur féodal retire l’héritage roturier après la mort du détenteur décédé sons hoirs de son corps. t QU EN OTE , f f [Denies lacìei.2 Mot burlesque, pour dire, la dent d’un petit enfant. (Ah! beau nez ! Belle petite bouche ! Petites qumotes jolies. Mo. Jiere. ) QUENQùlLLE,// [Colus.2 Bâton délié & tourné, autour duquel on met du chanvre, du lin, ou de la laine pour filer. (Une jolie quenouille. Filet fa quenouille. Dans son defert à grand peine arrivée Elie reprend & quenouille fuseaux , Et va filer au bord des mime eaux Ou le Prince P avoìt trouvée. Perr Ctiscld.) * Le Roiaume de France ne tombe point en quenouille. [Imperio Gadorum non juccedunt famina.2 C’est-à-dire, que les femmes ne luccedent point à la Couronne. f * Tout P esprit Ue cette famille ejl tombé en que. mnide. C’eft-a-dire, que les filles de cette famille «ut plus d’eíprit que les garçons. ' QUENOUILLE de lit, j: f. [Leéìi columcllu.) On dit a Paris colonne de lit. QUENOUILLE sauvage. Plante dont les feuilles font rodes & piquantes» & qui est une cfpéce dc Cnieus, 265 QUENOùILLE, f. f. [Pensum , Colas obàufìa lana.~\ Quenouille chargée de laine pour filer. Danet. t QUE'NOUILLETE, f. f. [Parva colus .J Ce mot se dit en riant & dans le stile simple, comme dans les chansons, St il signifie petite quenouille. (Quand la Ber» gere vient des champs , so quenouidete va filant. La Jhrgere Annette,fur le bord d’un ruisseau, Filoit j a quenouillete, en gardant son troupeau.) QUENOÙ1LLETE. C Co lus ferrea globulo injlrufla. J Terme de Fondeur. Longue verge de fer dont un bout est de forme ronde & de la grosseur nécessaire pour boucher l’ouverture des godets par où les fondeurs font couler le métal dans leurs moules lorsqu’ils jetent quelque ouvrage en bronze. 0 QUENS- Ce terme a signifié dans nos anciens AuteursFrançois, un Comte. On le trouve dans Vtlle- hardouin, & dans Guillaume Guyart, dont Mr. Du Gange rapotte ces vers dans son Glossaire fur l’flistoire de Vilsehardouin,' Et Quens qui tant ot bataillé QtPil y ère suant A? travaillé. Et dans le Roman de la Chasse, cité par Borel ,• Là f u li Quens de TancarvìUe. QUENTIN, f m. [Quintinus.J Prononcez caatin^ Nom d’homme, (Quentin est mort. S. Quentin ville de Picardie.) QUENTINE , f m. [Quintina.2 Nom de femme. (Quentine est belle.) QUENTIN E. Voies Cantine, f f. ■[.Arcula in pluret cédas divisa.) Car on le prononce, & même on récrit toujours ainsi, parce qu’il vient de Tltalien Cantina. QUERAT,/w- [Pars canna:.) Terme de Marine. C’eítla partie du bordage comprise depuis la quille jut qu’à la plus proche des préci rites. Ozan. Difl. Matb. QUERELLE,// ÉRwa, jurgium , litigium J pro- noncez presque Krede quand vous parlez, inais en vers le mot de querede fait trois silabes. 11 signifie prise qu’on a avec quelqu’un, soit de paroles, ou autrement. Démêlé qu’on a à vuider avec quelqu’un. (Etre en querelle avec une personne. AbL Avoir querelle avec quelqu’un. A- voir querelle contre quelqu’un. Scar. Apaiser une que- relie avec une personne. Mol. Démêler une querelle. Soutenir une querelle. Abl. Luc. Du succès de cette querelle dépendoit la décision du diférend quiétoità vuider. Vaug. Quint. I. 4. L’ail fait toujours ducaur les premières nouvelles C’eji lui qui te premier épouse les queredes , Qui J’ent les passions, qui fuit Jes intérêts. Qui n’ejì point en repos fi le cseur n’ejì en paix. Sanlec.) + Faire une querelle d? Alemand à une personne. [Ado* rin aliquem pro re nìbili.) Sorte de proverbe, pour dire, Quereller une personne pour rien, pour très-peu de choie, & à la maniéré desAIemans qui pour la plupart sont fort promts à sc fâcher ; mais du reste, fort bonnes gens ■St fort honnêtes gens. 0 QUERELLE d’Inoficiosité. Terme de la Jurispru - dence Romaine, que l’Empereur Justinien a expligué dans le titre 18- du second Livre de ses Instituces. où Ton veit que les Romains donnèrent dans leur première férocité, une puissance absolue aux peres fur leurs enfans, dont la plupart abusant par pur capric» & sans raison, on fut obligé d’y métré des bornes, St de s’oposcr aux exhérédations des peres & aux pré- téritions des meres , lorfqu’elles étoient injustes, & fans une cause légitime. Voici comment TEmpereut «'explique: Comme il arrive souvent que les peres & les meres déshéritent ou ne font aucune mention de leurs enfans sons une juste cause dans leurs testa- mens, nous avons cru devoir ordonner qu’en ce cas, les enfans déshéritez ou prétérits pourront former une plainte d’inoficiosité contre les testa mens où la piété paternelle se trouvera violée ; & se fondement de cette plainte sera, que les Testateurs n’étoient pas entièrement dans leur bon sens, lors qu’ils ont testé, puise- ou ils étoient capables de faire une disposition si opo- sée aux sentimens de la nature. Ce n’est pas (dit TEm- pereur) qu’il faille dire qu’ils étoient entièrement hors de leur bon sens ; car, en ce cas, le testament seroit absolument nul : mais il faut présumer qu’il y avoit de Tégarement dans l’esprit, & de Tinjuftic» dans se cœur du testateur. Les enfans ne sont pas les seuls qui peuvent former 1a querelle d’inoficiosité ; Tome IU. Ll se* 266 QUE les freres & les sœurs ont ce droit, lorsque des personnes viles ou débauchées se trouvent instituées hé- litières ; & comme une exhérédation injuste note un enfant, faction d’inoficioiìté palis naturellement aux petits enfans qui peuvent se plaindre de l’injure faite à leur pere ou à leur mere ; ensorte qu’un étranger ne peut point alléguer l’inoficiosité, si, selon le lan. gage des Jurisconsultes, la querelle n’a pas été préparée, nïfi suerit praparata , c'est-à-dire, si l’enr'ant déshérité n’a pas commencé de se plaindre pendant sa vie. Enfin, cette action cesse dès qu’un enfant a été rapellé, quand même ce ne feroit que pour cinq fous; cten ce cas il n’a que faction du suplémentde légitime. QUERELLER, v. a. Jurgare , adorìrì jurgio, verbìs atrocioribus lacejjlre.'] Prononcez presque Krèlé en parlant , mais dans les vers on en fait trois silabes, & on prononce Kereler , l’e prémier étant muet. C’est- à-dire des choses piquantes. Choquer de paroles. .Maltraiter de paroles, ou autrement. (II est Gascon & pourroit bien avoir querellé son bon Ange. Mai. pois. Quereller une personne.) JJT Mr. Brébeuf: Cejì ains que chacun querelle ses malheurs. Liv. i. t QUERELLER, se dit aulïì absolument. (II aime à quereller.) Se quereller , v. r. [Rixarif] Se dire des injures. Se dire des choses désobligeantes. (Se quereller avec une personne.) QUERELLEUR, / m. [Rixnsus , jurgiosusj Pronon. cez à peu près Krelleu. Celui qui aime à quereller. Celui qui se plaît à prendre querelle avec quelqu’un. (C’est un querelleur.) QUERELLEUR. [Canis prœdator.J Terme de Chasse. Chien pillard. Sain. QUERELLEUSE, s. s. Prononcez Kerelleuse. Celle qui aime à quereller. (Une franche querelleuse. Les femmes font plus querelleuses que les hommes.) QUEREI.LEUX, querelleuse, adj. [ Rixosa , discor liosa, Htium cupida.] Qui aime à quereller. (Esprit querel- leux. S. Amant. Humeur querelleuse. Scaron, Roman.) QIJERIMONIF.,// [Querimonia.J Plainte qu’on fait aux Juges d’Eglife, pour avoir permission de pub- fier des Monitoires. (On a publié ce matin deux Querimonies ou Monitoires contre Arnolphe.) Ce mot vient du Latin Ouerimonia. QUERIR, D. a. [Accersere aliquem .] Prononcez Keri. Ce verbe n’est usité qu’à l’infinitif & ne se dit pas seul, mais avec les verbes aller, envoier , &c. Et il signifie Faire venir , Aller chercher. (Aller quérir quelqu’un. Envoier quérir une personne. Aller quérir du vin. Combien j’ai vù de fois naître (V? mourir les roses. Depuis que je lui vas quérir les belles choses. Dont il veut chaque hiver enrichir son ballet. Penser.) î$ QUESTAUX- Ce sont, dans les Coutumes de Bourtkaux & de Saint Sever, des personnes d’une condition presque servile , puisqu’elles fout ataehees à la terre qu’elles cultivent, & ne peuvent l’abandon- ner fans le consentement du Seigneur. OU ESTE, Voïez plus bas Quête. QUESTER. Voïez Quêter. QUESTEUR , / >«. [ Quasar. ) Oficier de Pan- tienne République Romaine qui avoit soin du trésor. QUESTEUR. [Thejhurarius.'} Oficier de f Université de Paris. C’est celui qui reçoit les deniers de quelque corps de f Université. QUESTION, f /• [Interrogatio , percontatio. ] Prononcez Kejfion. Demande qu’on fait à une personne. (Faire des questions à quelqu’un. Afote que. jtion point de réponse. Sorte de proverbe , où l’on dit plus ordinairement le mot de demande.) Point de quelque matière d’art, ou de sience fur lequel on peut disputer & sur lequel les gens du métier ont de difé- rens fentimens. (Question belle, savante, curieuse, épineuse, rìificile, aisee, facile, ridicule, frivole, impertinente. Une question de fait. Une question de droit. Examiner une question. Pasc. I. i. Etudier une question. Pas. I. 4 Agiter une question de Philosophie. Abl, Luc. Refondre une question. Abl. Luc. Traiter une question. Ablanc. Luc ) QUESTION. [ Pion imeresi MuA nofe. ] Chose dont QUE il s’agit. (II n’est pas question de cela. Mol. mar, forcé.) QUESTION. En Terme Dogmatique , se dit de l’exa, men d’un doute , ou d’une disiculté qu’on traite pour en éclaircir la vérité. (Dans les questions obscures & douteuses, la modestie sied bien mieux qu’un ton décisif. S. Evrem. Parmi les Avocats on apelle question pour f ami, une cause problématique qu’on peut juger également bien de part & d’autre.) QUESTION. [Propostio.} Traitez qu’on fait sur des matières dogmatiques. (Les questions Académiques.) QUESTION. [Divisof\ Division qu’on fait d’un ouvrage. (La Somme de S. Thomas est divisée par quejhons.) QUESTION. [ Thess , pojltio .] Thèses qu on soutient dans les Colieges. Les Médecins apellent quejiion quodlibetaire , les Thèses qu’ils soutiennent dans leurs ecoles. QUESTION. [ Quejiio, tormentum J La question est une forte de suplice qu’on fait soufrir aux criminels pour les obliger d’avoûer leur crime quand il n’y a pas assez de conviction, ou pour les" contraindre de découvrir leurs complices. 11 y a deux sortes de questions ; la préparatoire, & la définitive. La question préparatoire est ordonnée manentibus indiens, defor. re que si Pacpfé n’avoúe rien du crime dont on fa- eufe, il ne peut plus être condamné à mort, mais seulement ad omnia citra mortem . La question défi- nitive est celle qui est ordonnée en cas de condam. nation á mort afin de découvrir les complices, & farter , ou la sentence porte, un tel condamnés mort* mais préalablement apliqué à la question 01 dinaire & extraordinaire. La question ordinaire ct extraordinaire se donne à Paris avec de seau, ou avec des coins & quatre petits ais. La question qui se donne avec des ais & des coins s’apelle les brodequins. On la donne ainsi : On fait venir le criminel en la chambre de la question, où se trouvent f exécuteur, le questionnaire & un chirurgien pour táter le poux du criminel quand pn lui donne la question & avertir de f état où il est & s’il peut foufrir davantage fans mourir. L’éxécu- teur fait agenouiller le criminel, à qui le gretìer, en présence du raporteur, lit alors f arrêt, ou la senten. ce de mort. Ensuite le bourreau tire le saisissement de sa poche , lie les mains du criminel & lui donne une chaise où étant assis, le questionnaire le déchausse & lui chausse les brodequins qui font quatre petits ais bien polis, épais de deux bons pouces, larges d’un pied, & longs d’un pied & demi, au travers du haut & du bas desquels passent des cordes. Ce questionnaire met deux de ces ais entre ks jambes du criminel & les deux autres l’un d’un côte d’une jambe, & l’autre de f autre. Ensuite il les serre sor. tement avec des cordes, après le Raporteur interroge le patient, & f exhorte à dire la vérité ; s’il n’avoùe rien, le Raporteur commande au questionnaire d’en. foncer un coin qu’il soit entrer à grands coups de marteau au milieu des deux ais que le criminel a en- tre les jambes, & il lui cause une douleur très sensi- ble. Lorsque le questionnaire enfonce quatre coins, c’est la question ordinaire. Pour donner la question à seau , on déshabillé le criminel. On lui lie les mains à un gros anneau de fer qui est à la muraille de la chambre de la question ; après, on lui atache les pieds à un autre anneau qui est plus bas au plan- cher à deux ou trois pieds de la. muraille. On lui met ensuite une manière de banc fous lui, pour soutenir son corps, & alors le questionnaire, par f ordre du Raporteur, ouvre la bouche du criminel, lui fait emboucher une corne ou il verse peu à peu une pinte d’eau. Lursqu’il fait avaler au criminel quatre pintes d’eau, c’est la question ordinaire, & huit, l’ex- traordinaire. Le criminel ayant foufert la question, on le jette fur un matelas qui est tout prêt, on lui soit dn feu & on lui donne du vin. Cependant le Con- feileur ou le Ministre entre pour refondre le patient a lu mort qu’il doit soufrir quatre ou cinq heures a- près, & il ne le qnite point qu'il ne soit exécuté. Ce n’est pas la même maniéré dans les autres Parlemens. Ce que je viens de dire est un peu long, mais je f ai étendu exprès en faveur de Monsieur Volt de Vandestein le jeune , Gentilhomme Allemand qui dans ses divers volages aîant aquis mille belles connoissances a été bien aise que je l’inítruilìsse un peu à fond de la manière dont on donne la question en France. ^Parlant de la stuetìion, on dit, Donner la question à un criminel.. QUE Apîiquer un criminel à la question. II a eu la question ordinaire & extraordinaire. U a soufert la question avec beaucoup de courage. Elle est condamnée à avoir la question.) En Angleterre l’usage de la question & des tourmens pour faire confesser les criminels, même en crime d’Etat, est inconnu. La question est une invention sûre pour perdre un innocent qui a la complexion foible, & sauver un coupable qui est né robuste. La Bruyere. Le tourment qu’on fait foufrir dans la question est certain, & le crime de Phomme qui foulre ne Test pas. Ce malheureux que vous apliquez à la question, songe bien moins à dire ce qu’il feait qu’à fe délivrer de ce qu’il sent. Toureil.) OÍ Monsieur Richelet pouvoit bien fe dispenser de faire ici un détail de la maniéré dont on donne la question à Paris. L’idée d’une exécution si terrible n’a rien qui puisse plaire ; il faut donc tâcher d’éfa- cer les impressions éfraïantes qu’il a pû faire, & remarquer que ce fuplice est fort ancien, & qu’il a été pratiqué pat les Peuples les plus polis, & dont les mœurs semblent avoir été très-oposées à la rigueur qu’il faut exercer fur dss malheureux, pour les obliger d’avoùer leur crime & de découvrir leurs complices. Quand il s’agira de la question pour fupléer au défaut de preuve de quelque crime caché, fervez-vous (dit Cicéron à son fils, dans ses Partitions oratoires) de Pe- xemple des Athéniens & des Rhodiens, lesquels expo. soient à ce fuplice les personnes libres comme les esclaves, en quoi ils ne furent pas suivis par les Romains, qui n’exerçerent d’abord la sévérité de la question que fur leurs esclaves qu’ils regardoient comme des victimes de la suprême autorité que chaque Particulier s’étoit atribuée dans fa famille ; ils poussèrent en éfet cette autorité jusques aux derniers excès de cruauté. Seneque raconte dans son Traité de la colère, liv. t-b. 40. qu’Auguste soupant un jour chez Vidius Pulsion , un esclave rompit un verre; Vidius commanda d abord qu’on le fit mourir d’une maniéré extraordinaire, & qu’on le jettât dans un vivier pour être dévoré par de gros poissons qu’il y nourrissoit. Mais cet esclave fut assez heureux pour s’échaper des mains de ceux qui l’avoient arrêté ; il fe jetta aux pies d’Au- xuste, lequel, pour marquer combien la barbarie de Pulsion lui déplaifoit, ordonna que l’on cassât tous les verres qui ressuient, & que l’on comblât le vivier. On peut juger par cet exemple, de Pétât malheureux des esclaves & de la barbarie que les maîtres exerqoient fur eux. AI ai s Juvénal, d’un seul coup de pinceau, nous en a laissé une peinture plus étendue , & où il trace en même tems le caractère des Femmes, du moins de quelques-unes, qui ont laissé des héritières de leur caprice & de leur mauvaise humeur. Volons (dit ce Poète dans fa sixième satire) ce qu’une femme pense & ce qu’elle fait pendant le jour : íi son mari a passé la nuit dans un profond sommeil, elle se regarde comme une femme négligée ; elle s’en prend à ses domestiques, & dans l'emportement de fa colère, elle apelle le bourreau dont elle a acoùtumé de fe servir, & lui commande de foùeterfes esclaves jufqu’à ce que le sang forte de toutes les par. ties de leur corps ; en forte (ajoûte-t-il) que la cham- bre de cette femme ressemble parfaitement au palais de PhaJaris tiran de Sicile : Jam cognìtime peraelà Prafecìuru domusJicula non mitior aulà. II peut y avoir de l’excès & de Penthousiafme danâ ce récit: mais il est certain que les Romains n’étoient pas moins féveres dans les plus petites fautes, que dans les plus grandes; & ce fut pour modérer la rigueur des tourmens qu’ils exerçoient fur ces misérables, que l’on fit plusieurs Loix, lesquelles ont été reportées dans le Digeste & dans les Codes Theodo- fien Sc Justinien, fous le titre de Quxjìionìbus , par- ce que l’on traita dans la fuite les Citoiens comme les esclaves, exposant indiféremment les uns Sc les autres aux rigueurs de la question, lors que l’on manquoit de preuves pour convaincre un acufé. II y a beaucoup cfaparence que ce fut dans ces tems horribles de proscriptions, que l’on ’commenqa de confondre les Jibres avec les esclaves, & d’exercer tout ce que la rage des Triumvirs pouvoit inventer asm de découvrir les personnes proscrites & leurs biens que chacun tâchoit de soustraire a leur avidité ; en forte que l’on promit jusques à mille écus à ceux qui les décou- QUE 267 vriroient. Cette récompense exposa les innocens comme les coupables à toutes fortes de tourmens pour arracher la preuve ou la confession d’un crime ; & l’on s’est servi de ce moïen dans les tems les plus tranquil- les, quoique l’experiencefit connoltre que la force des tourmens avoit obligé quelquefois des innocens de confesser un crime qu’ils n’avoìent point commis, En éfet, Valere Maxime raconte, liv. s. cb. 4. que l’efclave de Agrius Argentarius fut acufé d’avoir assassiné celui de Fannius, & qu ’Argentarìm donna lui- même la question à son esclave, qui se reconnut coupable; ensorte qu’après son aveu , ce cruel maître le remit à Fannius, qui le fit mourir : mais peu de jours après, cet esclave que l’on crut avoir été véritablement assassiné, parut dans le monde. Mais cet éve- nement, non plus que plusieurs autres semblables, n’ont point fait abolir fustige de la question ; elle a toûjours subsisté, & l’on s’en sert encore dans tous les Tribunaux du Roïaume, où l’on observe les for- fnalitez prescrites par f Ordonnance de 1670. cître 19. QUESTIONNAIRE , f. m. [Tortor .2 Prononcez Kc. Jiionnairc. Celui qui donne la question aux criminels qui y font condamnez. (Etant indigné de fe voir moqué de la forte, il rapelîa le questionnaire. Vaug. Quint. L 6. c. n.) f QUESTIONNER , v. 11. [Interrogare , percontari ,J Faire dés demandes à quelqu’un pour tâcher à découvrir quelque chose. Prononcez Keltionné. (11 le faut questionner là-dessus. On Pa fort questionné, mais il n’a rien répondu.) t QUESTIONNER, fe dit souvent en mauvaise part de ceux qui sont acoûturaez à faire des questions im* portunes. (Vous ne faites que questionner.) ê QUESTIONNEUR, J. m. Celui qui fait fans ces. se des questions. (C’eít un importun questionneur. C’est un fatigant questionneur.) QUESTURE , J. f. [Qu^Jfura , quajíorium mumis .2 Dignité de questeur. Charge de questeur. (Exercer la questure.) QUéTE, quesie , f. f. [ Indagatio .] L’un & f autre s’écrit, mais l’r ne fe prononce pas. Terme de CbaJJe. Action de celui qui va détourner une bête pour la lancer & la chasser avec des chiens courans. Prononcez Kête. (Aller en quête. Sal.) QUéTE. [Stipis erogatio .2 Terme de Religieux men. diant. Action du frere Religieux qui cherche & qui demande par les maisons, du pain, du vin, ou de f argent pour aider à faire subsister le Couvent. (Une bonne quête. Faire la quête. Aller à la quête. Etre à la quête. Les Quêtes des Moines font autorisées par le Roi, & par les Cours Souveraines. Fevret , Traité de F Abus.') Les Mendians qui ont droit par institution de faire la quête, n’ont point besoin du consentement des Curez lorsqu’ils en ont obtenu de POrdinaire une permission générale, dont ils ne peuvent être priver que pour de justes caufeS. QUéTE, f. f [ Frominentia. 2 Terme de Marine. C’est la saillie & f élancement que fait l’Etrave & PE- tambord hors du corps du Navire auX extrémitez de la Quille. Cens à quête. \Jas colkche .2 Ternie de Fief. C’est-â« dire, Cens que le Vassal n’elt pas tenu de porter à lâ maison de son Seigneur, pouvant atendre qu’on le lui vienne demander. 0 1 Ce terme quête comprend toutes fortes de tailles & d’inductions ; il est même très-eonnu dans le Languedoc, ou, selon l’exjsticatión de Monsieur Ca- tel, dans son histoire des Òomtes de Toulouse, pag. 194. Quejla est une taille générale sur tous les habitans; & Monsieur Bosquet, dans ses Notes fur les Epîtres d’innocent III. a de même remarqué que que~ Jìa signifie en général un tribut, une imposition faite fur les possesseurs d’un certain espace de terre. „ Quête ( dit-il) est une rente générale, uniforme, ,, communément payée pour raison de toute une pa- ,, roisse, ou de tous les tenemens & terres d’une Ba- „ronnie par les habitans d’icelie, pour le payement „de laquelle chacun des habitans entr’eux contrì- „ huent pour la quantité de terres qu’il a prinfes. “ Le même Auteur fait ensuite mention d’une quête cou. rant , dont il est parlé dans la Coutume de la Marche: ,, Et où le Seigneur imposé par chacun an fur ses sujets „ tailiables à la diférence de la quête abonnée. V Et dans ia Coutume de Nivernois, „ ceux qui sont sujets Tome JJl. L 1 % aux 268 QUE „ aux droits de quête, font apellez hommes quêt ables . “ QUêTER, quester , ». a. [Investigare .] L’un & rau- tre s’écrit» mais il faut prononcer Kété , Ternie de Chaise, qui veut dire aller cn quête. Chercher une bête pour )a lancer, & la chasser avec les chiens courans. jîller détourner les bêtes avec le limier. Chercher. (Quêter une bête.) QUêTER. [Mendicare.] Terme de Religieux. Chercher. Demander par les maisons & de porte en porte pour les nécessitez du Couvent. (Aller quêter. Quêter pour le Couvent.) QUêTER, ». a, [ Mendie are , quœrere. ] Chercher. (C’est un goinfre qui va quêter un repas.) . Brontin vit des dînez Qtfil va toujours quêter de famille en famille , Ou des collations qu’tl atrape à la grille. QUêTER. [Colligere.] Ce mot signifie aussi demander quelque argent dans une Eglise pour les pauvres, pour les nécessitez de l’Eglise même, ou pour quelque autre considération. Chercher par les maisons de la paroisse pour un Prédicateur. (Quêter pour les pauvres, pour l’Eglise, pour le Prédicateur. Mademoiselle une telle quêtera tout l’Avent à Saint Se vérin. Quêter pour les pauvres honteux.) QUêTEUR, quejìeur , f m. [Manticularius, Jíipis coaétor , exafíor.] L’un & l’autre s’écrit, mais on ne prononce pas l’i. On prononce Kêteur. Frere Religieux mendiant qui fait la quête par la ville. (Le Frere Fiacre est un des plus habiles quêteurs de tout Paris. Un bon quêteur est très-néccssairc dans un Couvent de Mendions, & on peut dire que les adroits quêteurs font proprement les peres nourriciers des Convens. Les Quêteurs doivent être fins, & ils le font aussi presque toujours, car on ne met pour Quêteurs que des maîtres Moines. Un gros Frere Quêteur plus exael qu'un rentier S’en vient à point nommé recevoir son quartier } Fi lorsqiCil a reçu l'aumône qu'il demande , U paie votre don , d’un grand Dieu vous le rende. Poët. An.) QUÊTEUSE, quejieufe , f f. [Stipis exaHrix.] Prononcez Kêteuje. Fille ou femme , qu’on choisit dans usie paroisse asm de quêter en l'Eglise de cette parois fe pour les pauvres, pour les besoins de l’Eglife & quelquefois par les maisons de la paroisse pour un Prédicateur. (Une jolie quêteuse. Une belle quêteuse.) ff QUEVAGE. Ragueau , dans son Indice, avoue qu il ne connoit point ce droit : mais il me semble que c’est le même que chevagium , ou cavopium, dont il est fait mention dans plusieurs anciens titres reportez f iar Galand, en son Traité du Franc-Aleu, & qui se eve par tête. QUEuE, f. f. [Caudal} La partie de Ranimai qui pend par derrière. La dernière partie de quelques animaux comme des poissons, ou de certains insectes. La dernière partie de quelque chose. (Une queue longue , large, petite, étroite. Une queue de cheval. Une queue de vache, de mulet, de rat. Une queue de brochet, de carpe, de morue, de saumon, de couleuvre, de dragon, de serpent. La queue d’un muscle. Malgré cent tours S une aimable folie , Malgré fa peau tavelée [f polie , Sa longue queue [f fin petit museau, Grizet est mort. P. Commire Jet) •j- * queue. [Pudenda.} Dans le bas burlesque, le tnot de queue signifie les parties naturelles de l’hom- me. Témoin ce Vaudeville. (La queue lui pend au petit bon homme.) * QUEiiE. [Caudal] Ce qui est ataché à certaine chose, & qui sert à ténir cette chose. (Queue de poison. Queue de polie. Queue de bouton. Queue de cerise, de prune, de pomme, de poire & de plusieurs autres fruits.) * QUEiiE. [Syrtna.] Ce mot se dit en parlant d’ha- bit long, & veut dire la partie de derrière qui traîne. Quelques Dames font scrupule de dire ce mot, en ce sens, mais d’autres trouvent ce scrupule mal fondé & on pense qu’elles ont raison. (Queue de jupe. Queiie de robe. Alons petit garqon, qu’on tienne bien ma queiie. Molière. On ne doit porter la queue qu’aux personnes de qualité, ou qui ont quelque rang censi- QUE dérabîe dans le monde.- cependant il y a des femmes de Partisans & même de riches Commis qui sont si fores que de se faire porter la queiie. Elle n’atrive à l’Eglise que dans un char, on lui porte une lourde queiie. La Bruyere. ) QUEiiE de moulin à vent. [Cauda lignea moletrina,] Terme de Meunier. Crosse pièce de bois au dehors du moulin à vent, laquelle par le moyen de l’engin sert à tirer le moulin au vent. QUEiiE de letre. [Caudal] Terme de Maître à écri. re. C’est la partie de la lettre qui est au-dessous du corps de la letre. (La queiie d’un g, la queiie d’un p.) QUEuE. En terme de Chancellerie. Se dit de la maniéré de sceller les lettres. Une lettre est scellée à simple queiie, quand le sceau est ataché à un coin du parchemin de la letre qu’on a fendu exprès. Et à dou. ble queiie, quand le sceau est pendant à une bande en double de parchemin, passée au travers de la letre, comme on fait dans les expéditions importantes. QUEtiE. [Inserior ntargo libri.] Terme de Relieur. La partie du livre qui regarde la fin des pages. (Rogner un livre par la tête & par la queiie.) QUEtiE. [ Cauda fidis. ] Terme de Lutier. C’est un morceau de la table de certains instrumens où les cordes sont atachées. ( Queiie de viole. Queiie de violon, & queiie de poche.) * QUEtiE d’aronde. [Subfius, 3 Terme d e Menuisier. Morceau de bois ou d’autre chose, qui sert à a tacher ensemble deux autres pièces. (Assembler en queiie d’aronde. Veïez Arondel) (f QUEtiE de paon. On nomme ainsi tous les eom- partimens de diverses formes & grandeurs qui dan* les figures circulaires s’élargissent depuis le centre jui- ques à la circonférence, & imitent en quelque maniéré les plumes de la queiie d’un paon. * QUEuE de rat. [Caílus, duritiesl] Terme de Ma. récbal. Maladie de cheval qui vient le long du nerf de la jambe, bien au-dessous du jarret, qui s’écend jufqu’au boulet, fait tomber le poil & découvre plusieurs calus. Soleijel , parfait Maréchal , c. ir;. QUEtiE de rat. [Cauda depili .] Ces mots se disent encore dans un autre sens. On dit, ( Cheval à queue de rat. C’est-à-dire, cheval qui a la queiie dégarnie de poil.) mttui, «c uiugon. i yauaa aracoms.J Terme d'A- Jlronomie. C’est i’une des deux intersections de l’E* cliptique & du cercle de la Lune, lorsqu’elle passe dans l’Ecliptique du Septentrion au Midi. (La tête ou la queiie uu dragon.) * QUEtiE de Cornette. [Cauda cometa.} Ce sont les rasons de la Cornette qui s’étendent vers la partie du Ciel d’où son mouvement propre semble l’éloignet. Rohaut, Phif. i. part. t. L.) QUEtiE de vin. .[ Sefquiquadrans culcus. j Terme de Marchand de vin. C’est une muid & demi de vin en deux pièces. (Acheter une queiie de vin. Acheter une demi queiie de Champagne.) QUEtiE. [Extremum agmen.] Terme de Guerre. La derniere partie d’une compagnie, d’un régiment, ou d’une armée. (On met ordinairement ses meilleurs soldats à la tête & à la queue de la compagnie. Donner fur la queue de l’armée. Ablanc. Ret. liv. 4. Avoir l’ennemi en queue. Vaugelas , Quint. I. 7. Avoir Rennemi en tête & en queue. Ablanc^ Tac, Arr.l.%. Prendre en queue. Scaron, Roman. Fondre fur la queue de l’armée. Ablanc. Arr. Charger l'on- nemi en queiie. Ablanc. Tacite , ìlist. liv. ;. c. 4.) QUEtiE de tranchée. [Obstdionalis accejfûs pars remo- tiorl] C’est le premier travail que font les atsiègeans lors qu’ils ouvrent la terre, & qui demeure derrière à mesure qu’on pousse la tête à l’ataque vers la place. (Garder la queue vers la tranchée.) QUEuE de cheval. Chez les Tartares & Chinois. C’est Renseigne ou le drapeau sous lequel ils vont à la guerre. [Cauda equina , vexillum rnilitare.] Chez les Turcs, c’est un lignai de bataille quand elle est sor la Tente du Général. II y a une plante à qui l’on donne ce nom. [Equifitum.] ^ Cette plante est détersive, astringente, vulnéraire, propre pour les hémorragies & le cours de ventre étant prise en décoction. ' On apelle à la boucherie une queue de mouton» [Cauda vervecis.} Une partie du train de derrière. II y a plusieurs plantes qui portent le nom de queui. [Alopecurusl] Queue de renard. [Vtrrucaria,] Queui de scot- QUE scorpion. [Puceâanum .] Queue de pourceau, -f- La racine de cette derniere plante & son suc épaissi sont propres pour atténuer, pour inciser les phlegmes de Ja poitrine, pour faciliter le crachat, pour aider à la respiration , pour déterger les playes & les ulcérés , pour exciter l’urine & Jes mois aux femmes. E QJJEiiE de souris. [MyoJuros.] Petite plante qui croît dans les champs. Elle est un peu astringente & dessicative; elle est aussi propre pour le cours de ventre en décoction. QUEiiE. Ç Pediculus. ] Dans les végétaux, signifie, Ce lien qui atache les feuilles, les fleurs & les fruits. On dit en Anatomie. La queue d’un muscle. [Tendoi] C’est un tendon qui est ataché à la partie mobile. f Le venin eji à la queue. [In cauda venenums] Ce proverbe se dit proprement du scorpion qui n’envenime que de la queue, & figurément d’une afaire dont la fin est fâcheuse. f Rien n’es plus dificile à écorcbcr que la queue. [Clau. sida disscilis f//.] Proverbe , qui veut dire, que la fin de la chose qu’on entreprend est dificile à faire. f Le renard cache Jd queue. Ce proverbe se dit d’un homme adroit qui cache ses finesses, pour tromper plus sûrement. * A la queue leu leu. ['Continenti sérié ludere] Sorte de Jeu, qui veut dire , la queue du loup. (Jouer à la queue leu leu , cela se dit lorsque les jeunes en- fans se nietent de file à la queue les uus des autres, & que le premier de la file faisant un demi tour en rond & entraînant avec lui tous les autres tâche d’a* traper le dernier de la file. f * Ecorcher l’anguitle par la queue. Brider un cheval par la queue. Proverbes qui veulent dire, commencer une chose par où on la devoir finir. * Quand on parle du loup, on en voit la queue. [Lupus in fabula.'] On le dit quand quelqu’un vient dans une compagnie où l’on parloit de lui. f *11 n’y en a point de plus empêchez que ceux qui tiennent a queue de la poìle. Proverbe, pour dire, Qu’il est plus dificile de gouverner que de raisonner du Gouvernement. f * Commencer le Roman par la queue. C’est ne dire pas les choses dans leur fuite naturelle. II s’est retiré comme les renards, la queue entre les jambes, c’est-à-dire, confus [Caudam sub ventre re. fleckns.] Le mal porte le repentir en queue. [Poji malunt panitentia.] 11 y va de tête & de queue , comme une Corneille qui abat des noix. [Totis viribus.] Tirer le diable par la queue. Se dit d’un misérable qui a de la peine à vivre. II viendra un teins ou les renards auront besoin de leurs queues. [£rit tempus cum egebis meà opéra] Pour dire, II y a de telles personnes qu’on méprise en un tems, dont on aura besoin dans un autre. QUEUX, / »«. En Latin, Cos. C’est une pierre à aiguiser. (Repasser un raisoir sur le queux.) II est vieux. f QUEUX, f m. Vieux terme qui lignifiait autrefois cuisinier. On dit encore. H Maître Queux, qui est le titre de la charge du premier Ecuïer de cuisine chez le Roi. QLJ1. Pronom relatif. [Qui, qua, quod.] Qui se met pour lequel en tous les cas, en tous les genres, en tous les nombres, mais hors du nominatif il ne se met que pour les personnes. Vaug. Rem. Exemples. (Heureux celui qui craint Dieu. Arn. C’est l’étude qui fait tout mon plaisir. Ceux qui méprisent les médians comme des gens de néant, & honorent les personnes qui fervent Dieu, habiteront fur la montagne de Sion.) f C’est un cheval de qui j’a'i reconnu les défauts. C’est un cheval à qui j’ai fait faire de grandes traites. Qui en ces deux derniers exemples est une faute, parce qúe hors le nominatif le pronom qui ne s’attribuë qu’aux personnes. 11 faut dire. C’est un cheval dont j’ai reconnu les défauts. C’est un cheval auquel j’ai fait faire de grandes traites; mais on dira bien. C’est une fille à qui j’ai donné mon cœur. C’est an homme en qui je me fie. L’Auteur de qui ils ont pris ce passage, ne veut pas cela.) On se servoit autrefois du relatif qui, fans aucune distinction des choses animées , ou inanimées. Malherbe a dit dans son Ode sur le Voyage de Sedan : QUI 269 Tel qu’à vagues épanduíés ' Marche un fleuve impétueux , T>e qui les neiges fondues Rendent le cours furieux. Suivant la régie générale, il faloit dire dont , aulieu de de qui. Cette re^le est trop importante, & l’usage du relatif qui se présente trop souvent, pour se contenter d’une explication íì succinte ; il faut, ee me semble, l’éclaircir un peu davantage. Mr. de Vaugelas propose d’abord cette régie : „ Qui au génitif, da- „ tif, & ablatif, ne s’atiibuë jamais qu’aux personnes; „ ainsi (dit-il) c’est une faute si l’on dit, des un cheval ,, de qui fat reconnu les défauts i il faut dire, dont fat „ reconnu les défauts , Autre : C’es la table de qui je vout ,, ai donné la mesure ,- il faut dire, dont je vous ai donné », la mesure. Cette remarque est encore vraie aux choses „ morales, comme magnificence, courtoises car on ne dit », point: Cette bonté, de qui je vous ai tant par lé, mais,dont „ je vous ai tant parlé. Si néanmoins on parle d e. gloire^ », de viâoire, de vertu, de renommée , & d’autres choses „ de cette nature par prosopopée, comme on les repré- », sente souventjsur tout dans la Poésie qui en fait des di- „ vinitez, ou des personnes celeites, le qui ne fera pas „ mal, puisqu’il est propre aux personnes, soit véritables» „ ou feintes, comme, La gloire à qui je me siis dévoiié. », 11 en est de même des choses ausquelles on donne des », phrases personnelles, comme je dirai fort bien : Voilà „ un cheval à qui je dois la vie.On fe sert bien souvent de „ quoi aux deux genres,& aux deux nombres; parexem- », pie : Ces le cheval fur quoi f ai couru la bague,pour sut », lequel. Au reste, qui au nominatif singulier, & pluriel, „ s’atribuë aux personnes & aux choses indifféremment, ,, comme fait que aussi en l’acul'atif des deux nombres. “ Voilà en abrégé la Remarque de Mr. de Vaugelas; volons à présent ce que PAcadémie a observé sur le qui. Elle convient de la régie, sçavoir, que „ le relatif qui », dans les cas obliques ne se doit attribuer qu’aux per- „ sonnes ; cependant on ne fçauroitnier que l’usage n’y „ ait aporté quelque exception ; ainsi en condamnant », cette phrase, C’es un cheval de qui f ai reconnu les de<. s, sauts, parce qu’on peut mettre dont au lieu de qui, on », a été favorable à celle-cì, à qui f ai fait faire de longues „ traites s quelques-uns ont dit que c’étoit à cause que »,ces mots, 4 qui f ai fait faire de longues traites, perfo- », nifioient le cheval en quelque façon, puifqu’il y a de$ »,hommes à qui l’on fait faire aussi à pied de fort longues „ traites. Biais d’autres ont répliqué qu’on disait fort », bien, C’cfl un cheval à qui f ai fait faire un mord tout ,, neuf & qu’en cette phrase on ne pouvoir dire que le ,, cheval sût perlonisié. Ainsi l’on a conclu que l’usage „ permettoit souvent à qui hors des personnes, fur tout „ en parlant des animaux domestiques, comme, C’es un „ chien 4 qui elle fait mdle carejses. Pour ces phrases, ,, Un cheval pour qui fat pensé avoir querelle , sur qui „ j’étois monté dans une telle rencontre , fous qui je me „ trouvai ahatu, elles ont été condamnées presque tout „ d’une voix ; il faut dire, pour lequel, fur lequel, & fous lequel. “ Voilà ce que j’ai cru devoir raporter pour l’instruction des Lecteurs, qui peuvent voir le reste de l’Obfetvation ; c’est la 64e. QUI. [ Qui s es tu?] On se sert de ce pronûm pour interroger. Qui êtes-vous. Qui va là? QUI. [Quicumque.] On se sert de qui au lieu de quiconque. (Pegafe n’est qu’un cheval, & pour moi je crois & que qui le fuit & lui fait fête, 11c fuit St n’est rien qu’une bête. Saint. Amant. Qui fe laijj’e outrager , mérite qu’on l’autrage. Corn. Heraclius, a. 1. sc. 2.) On dit aussi en maniéré de proverbe. Qui fera bien, trouvera bien.) Plusieurs doutent s’il faut dire, Ces moi qui ai sait cela, ou c’es moi qui a fait cela. se suis homme qui ai bien vû des choses & non pas. qui a bien vu des choses. a f QUI. Ce pronom repeté plusieurs fois pour dire, Les uns & les autres, est hors d’ufage. Vaug. Reinarq. (Qui crioit d’un côté, qui crioit de l’autre ; qui s’enfuîoiC fur les toits, qui s’enfuïoit dans les caves. Mais présentement on s’exprimeroit en cette forte. (Les uns crioient d’un côté, les autres de l’autre ; les uns s’enfuïoient fur les toits, ìes autres dans les caves. Vaug. Rem.) j- C’es un je ne sai qui. [Homo naucì , nibili,] C’est- à-dire, un misérable. Un fat. Un coquin. (II passe pour un je ne sai qui.) Un qui pro quo. [Error pharmacopola J Les naots se disent proprement des Apoticaires. C’est un; ftute aui cause quelque déplaisir, & quelque suite fâcheuse, ^ L1 i pwc* 2J0 QUI parce gu’on donne une chose pour une autre. (Faire un qui pro quo. Scaron. Je gagnai son echanlon qui par malheur fit un qui pro quo , & m’empoisonna. Ablanc. Luc .) 11 faut convenir que le pronom qui doit être bien ménagé; il est rude» & produit un son désagréable. Exemple: Quelque fruit qu'une fille en puisse recueillir , Ce n'eji une vertu que pour qui veut faillir. Polieucte, act. r. sc. ;. Ce que pour qui est, ce me semble, fort désagréable. Autre exemple : Souvent de tous nos maux la raison eji le pire ; C’eji elle qui farouche, au milieu des plaisirs , D’un remord importun vient brider nos déférs. Despreaux, Sat. 4. .Qui farouche est bien dur. On a demandé dans l’Aca- démie fi cette phrase, Quand Henri IV. commença a regner, qui fut en i;89- se pouvoit dire ainsi. H est certain que l'on ne sqait à quoi se raporte ce qui , & que c’est un vice de mettre un relatif sans qu’on conquisse le substantif auquel il se raporte. Ainsi la Grammaire exacte demanderoit qu’on mit, Quand Henri IV. commença à régner , ce qui fut , ffc. Alais peu de ces Messieurs ont été de cet avis ; on a trouvé plus François qui tout seul,il tient lieu du quod des Latins, quoiqu’à proprement parler, nous n’ayons pas de ces neutres dans notre langue ; c’eít un Gallicisme, & par conséquent une élégance & on ne peut mieux prouver que cette phrase est bonne, qu’en faisant voir qu’elle auroit moins de grâce en la rendant plus grammaticale ; car de dire, Quand Henri IV. commença à régner , ce qui fut en 1589- ne plaît pas tant que de dire, Quand Henri IV. commença à regner qui fut en i<;89. Décisions de f Académie Françoise par l’Abi T attentant , p. 6 . t A quia. £Ad metam non loqui.} Ce mot se dit des personnes qu’on a vertement poussées dans quelque dispute, & qui sont en état de pouvoir répondre, (f Je le perdrai, ou je le réduirai à quia. Abl. Luc. II est â quiaf) QUICONQUE. [Qujcumque, qusquis.} Ce pronom n’a point de pluriel. 11 ne se dit que des personnes & se met toujours fans substantif. II est bon d’ob- server que quand on dit quiconque il ne faut pas dire il après. Exemples. (Quiconque veut vivre heureux dans le monde doit, & non pas il doit. Quiconque est riche est tout, non pas il eji tout. Quiconque invoquera le nom du Seigneur, fera fauve. Mais s’il fuit un verbe qui fasse comme un autre membre de periode, il faut pour la clarté du discours repeter il Exemples. Quiconque eji riche est tout , Jans Jdgcjfe il ejiJuge, IU fans rien avoir la Jìence en partage. Despr. Sat. $.) QUIDAM, Quidame. L’Académie dit Quidane , Câ qui suposeroit qu’il faudroit dire au masculin Quidan. Ce mot ne se met seulement que dans les Monitoires, parce qu’il est défendu d’y marquer les noms, quoi qu’on les sache. (Tous ceux qui sauront que certains Quidam ou Quidanes ont fait telle chose , sont obligez d’en venir à révélation. ) t UN QUIDAM, [Quidam, aliquis.} Prononcez un Kidan, C’est-à-dire, un certain , mais le mot de quidam est un peu vieux, & il ne te dit que dans le burlesque, ou en plaisantant dans la conversation ou dans le stile le plus bas, comme dans l’Epigramme, dans le Vaudeville, &c. (Un certain quidam f autre jour , Me rencontrant feules te me parla d’amour.') QUIET, quiete , adj. Prononcez Kiét. Tranquille. (Avoir l’efprit quiet Ce mot est dans ì’Académie, qui avertit qu’il n’est guéres d’usage. QUIETISME , j’, m. [ Quietifmus .] C’est ie sentiment des Quiétistes en matière de Religion, & il consiste dans un ravissement de Paine à Dieu pour quelque terris. On l’a nommé Quiétisme par raport à l’oraî- son de quiétude & de repos que les Quiétistes font quelques momens. Molinos Prêtre & Docteur Espagnol est celui qui a tâché d’inttoduire le Quiétisme. Encore eji-ce beaucoup , Jìce guide impo/ieur Par les chemins fleuris cttun charmant Quiétisme, Tout à coup 72e V awiéwi o. u w ai fyíoíi?ìo?2 ì sw i c. Despr. ) J Le livre des Maximes des Saints de Mr. l’Arehevc. QUI que de Cambray a été condamné par Innocent XI. comme contenant les erreurs des Quiétistes. QUIE'TISTE , f m. & f Lorsqu’on parle d’un homme, il est masculin, & quand on parle d’une femme , il est féminin. C’est une personne dont l’ame est quelque tems dans un ravissement à Dieu. (Molinos est un fameux Quiétiste. C’est une véritable Quiétiste: Elle est reconnue Quiétiste. Madame Guion avoit grossièrement donné dans les erreurs des Quiétijies. C’est pour cela qu’on l’a releguée à Cputance.) QUIE'TISTES, f. m. plur. II signifie généralement l’homme & la femme qui sent Quiétistes & qui ne prient que par une élévation de leurs aines à Dieu. Les Quiétistes s’apellent aussi nouveaux Contemplatifs qui n’ont point de plus grands ennemis que les Moines. V oïez La Guide spirituelle de Molinos , page 267. (Je ne fuis point Molinijie , JanfemJíe , ni Romain, Mais je fuis bon Quiétiste Quand je tiens le verre en main. Aut. An.) QUIE'T UDE, f. f ÍQuies , tranquillisas.'} Mau- croix, vie du Car d. Palus, p. 4 6 , II ne faut pas autoriser í’oisiveté dans les aparences d’une sainte quiétude, S. Eve.) t QUIGNETTE, ou QUINETTE,/ f Sorte de Camelot qui fe fabrique à Lille en Flandre & à Amiens. QUIGNON , f m. [Frujium panis.} Gros morceau de pain. Prononcez Kiníon en deux iìllabes. (11 a mangé un gros quignon de pain à son déjeuné.) f QyiLBOQUET, f. m . Instrument de Menuisier pour sonder le fond des mortoises, & voir si elles font taillées quarrement. QUILLE, f. f [Metula luforia.} Prononcez KiUe. C’eit un morceau de bois tourné, plus gros par le bas que par le haut, dont on fe sert pour jouer. (De belles quilles. Dresser les quilles. Jouer aux quilles. Rabatre les quilles. Faire cinq quilles de venue & autant de rabat.) En quitte. Ce mot fe dit en parlant de ce qui est tout droit. On distingue les officiers de la grande ou pe- tite écurie , en ce que les derniers ont leurs passe- mens cousus en quilles & les autres en bracelet, * Donner à quelqu’un son sac & ses quittes. [Ejicere aliquem foras.} Proverbe pour dire. Lui donner son congé & le chasser. f * II eji bien venu comme un chien en un jeu de quilles. [Mâle excipitur.} C’est-à-dire, il est importun & on ne le voie pas volontiers. QUILLE. [Canna.) Terme de Mer. Pié de bois qui régne en bas le long du navire. (La quille du navire est rompue.) QUILLE. [.Metula chirotecaria.} Terme de Gantier. Morceau de bois cn forme de quille à jouer, qui sort à redresser les doigts des gans, & à mettre les gans en couleur. QUILLE. [Spina.} Veut dire encore une grosse piece de bois fermant le derrière d’un bateau foncet. Et une longue piéce de bois qui sourient un pont. [ Fulcrum.} On dit d’un homme qu’on voit fur les pieds tout droit & qui ne se remué point, quil eji planté comme une quille. [Pedibus arrectis adjiat.} QUILLER. s Metulis explorare turmas ludentium.} Jetter chacun une quille, pour voir ceux qui seront ensemble. II y en a qui s’en fervent, pour lignifier, dresser les, quittes , (c’est à vous à quiller) Mais je ne l’ay trouvé en ce sens dans aucun Dictionnaire. t QUILLER, v. a. Álot bas & libre & qui marque du mépris pour la personne de qui on le dit. II lignifie s’en aller si loin qu’on ne voie plus les gens. (Qu’il s’aille quiller, ou qu’il s’aille faire quiller. C’est un sot en trois lettres, l’aze le quille. S. Amant. Je veux bien que Maillet me quille. S. Amant.) QUILLIER, fi. m. [Metu/arum area.} Prononcez Kitté, en deux íilabes. Petite place où l’on dresse les neuf quilles lorsqu’on joué aux quilles. (Le quillier est trop grand. Le quiller est trop petit.) QUILLON, f m. [Ramulus enjls.} Terme de Four- bijjeur Prononcez Kìlion en deux silabes. Sorte de branche qui vient ait corps de la garde de l’épée. (Quil- Ion rompu.) QUíNAUD, [VacuusJ C’est celui qui fe confesse vaincudans une dispute, & qui n’a plus le mot à dire. (Je lai rendu bien quinuud.) II vient de *<*« vaincu, Ce terme n est d usage que dans k burlesque. qyiN CAILLE, Voïez plus bas. QUI- ■a QUI QUI 271 QUINCAJOU,/ m. [Quincojovium animal.'] Ant- Eial qui aproche du chat, qui a le poil rouge brun , & îa queue si longue, que la relevant, il en fait deux ou rrois tours fur le dos. II a de fortes grises, & monte fur les arbres, & fe couchant tout de son long fur une branche , il atend quelque orignac. S’il en passe quelqu’un, il fe jette dessus, l’acole de ses grises, & lui ronge le cou un peu au dessous des oreilles, jusques à ce qu’il le fasse tomber. Quand l’orignac sent le Quincajon sur son dos, il coure vite fe jetter dans i’eau , & au même-tems le Quincajou, qui hait cet élement, quitte prise, & faute à terre. Denis, Histoire de l’Amerìque, Tome i. cb, 21. QUINCONCE , / m. 11 vient du Latin quincunx. On dit faire en quinconce, c’est-à-dire, en échiquier. (11 fit des foífez de trois pieds, un peu étroits & disposez de travers en quinconce. Àbl. Ces.') â QUINCONCE. C’est un plant d’arbres disposé dans son origine en quatre arbres, qui font un quarré avec un cinquième arbre au milieu; enforte que cette disposition repetée réciproquement , forme un Bois planté de fimmetrie , & prefente par la vûè d’angie d’un Quarré ou Parallélogramme rectangle, des allées égales & parallèles. C’est de cette force de Quinconce , que parlent Cicéron dans Cato Major, & Quintilien Lw. g. Cb. Nos Quinconces fe font aujourd’hui de même qw: ceux des Anciens, à l’exception du cinquième arbre qui n’y est pas; de maniéré qu’étant maillez , & leurs Allées fe voyant par le flanc du Rectangle, ils forment un Echiquier parfait, comme ceux à côté du Cours le-Reine à Paris , & du Jardin de Marty. QU í N ES .st f. [Bis quinque nota.] Terme de steu de triquetrac , qui veut dire deux cinq. Prononcez Kines. QUINOLA,/ m. [Quinola. ] Mot qui vient de l’Efpagnol. Terme de st eu de reversts. Prononcez Kino- la. C’est le valet de cœur qui est la principale carte au Jeu de reversis & celle qui prend la poule qui est l’argent du jeu. (On ne peut écarter le quinola. Poursuivre le quinola. Forcer celui qui a le quinola.) f QUINOLA, f. m. f Dominarum conduHor .J Mot burlesque, pour dire. Un écuíer de quelque Dame. (Madame une telle a un grand quinola mal bâti. C’est un vrai quinola. Scaron , PoèJ'.') QÛ í N QU A G F SIM L, st f. C Dominica quinqua. gestnu. J Terme d’ Eglise. C’est le Dimanche qui est immédiatement devant le Carême. QUíNQUAlLLE. Votez ClinquaiTJe. QUINQUALERIE. Votez Clnqua.lìme. QUINQUAUER. Votez Çlinqaalier. QU LNQUKNELLE. Ce terme étoit autrefois fort en usage ;& c’est ainsi que l’on nommoit un répit de trois ou de cinq ans, que le débiteur obtenoit pour fe mettre à couvert pendant cet intervale contre les poursuites de son créancier. Nous aprenons de Gouget, dans son Traité des moyens d’aqmtir, pag. r,;, que „ le débiteur obtenoit en la Chancelerie du petit Scel, „ des lettres dc refpit à un an ou à cinq ans, qui font ,, pour cette cause apellées en aucunes Coutumes, Let- „ tres à'Annion ou Quinquenmon. Le refpit à un an, », se pouvoir addrefleTpour en faire (a poursuite par- „ devant tous O liciers de justice, soient Royaux ou „ subalternes. Le refpit à cinq ans aux Juges Royaux „ L non autres. Le refpit à un an, portoit ces mots, ,, que le débiteur estoit contraint y avoir recours pour é. „ viter la vile distraction de ses biens. Le refpit à cinq „ ans, pour éviter la misérable cestìan de biens. En celui , cinq ans, on y ajoútoit outre cette condition : Pour- ' - 1 - «•'>*-* des créanciers, selon la iq ans, on yajoucoicoum. __ veu. que la plus grande part des créanciers , selon la quantité de touti s les dettes , y consentit. Et encore «notamment sous cette clause, qui étoit du stiìe or- », dinaire , que ce fut pour dettes déliés aux créanciers ,,puijjans d'attendre. C’est-à-dire, qui bonnement & ,, fans grande incommodité s’en pouvoient passer. “ Cet Auteur ajoûte, ,, qu’il faìoit prouver une perte de la », plus grande partie de ses biens, & par fortune à lui », survenue depuis les dettes contractées; car, quant », aux infortunes, ou pertes précédentes, elles n’étoient », nullement considérables , ni le bénéfice ou refpit », qu’il avoir obtenu & présenté, ne s’étendoit non « plus aux dettes qu’il fe trouvoit avoir fait depuis. “ Nous n’avons retenu de cet ancien usage concernant le répit, que la circonstance concernant la pluralité des Voix des créanciers que l’«n a.comptées pendant long. tems par têtes; mais i’Qrdounaoce de 1673. titre ti. *vt. 6. veut que „ les voix des créanciers prévailtent, «non par le nombre des personnes, mais eu égard à „ ce qui leur fera dû, s’il monte aux trois quarts du „ total des dettes. “ QUÍNQUENOVE. [Quinque nnvcmQ Prononcez Kìnquenove. Sorte de jeu qui (e joué à deux dez, & qui a pris son nom de cinq & de neuf, jouer à quin- qu enove. QUINQUINA tssti- [Cortexperuviana .J Prononcez Kinkina. C’est l’écorce d’un arbre, ou plûcôt, selon Mr. Spon, Traité des Fébrifuges , c’est l’écorce des racines d’un arbre qui croît au Peton, que les Indiens apéllent Kina , & les Espagnols Pab de celen- turas , c’est-à-dire, le bois des fièvres.. Le Quinquina guérit la fièvre quarte & la fièvre intermittente. (Préparer , donner le Quinquina en infusion ou en bol. Prendre du Quinquina. Quand le Quinquina est bien préparé, & que le corps est aussi préparé comme il faut, l’éfet en est imtnancable. Les Jésuites ont >porté les premiers le Quinquina en Europe. Votez Spon, des Fébrifuges. Voïez aussi la guérison des fièvres parle Quinquina. Le Quinquina fe vend chez ceux desaint Ignace, Le Frere Ange a cent fois trompé la populace. Poète Ànom.) QUINT,/™. [Gemini quintarii jus clientelare.] Prononcez Kin. Droit deu au Seigneur féodal quand le Fief est vendu ou aliéné à prix d’argent. (Païer les quints & requints au Seigneur féodal. Volez l’Indice de Ragueau.) 11 y a un quint viager. Un quint naturel. Un quint denier. (§ QUINT. C’est une redevance féodale que le Seigneur Suferain a droit d’éxiger en cas de mutation de l’arriere-fief. Presque toutes les Coutumes du Royaume font mention du quint & du requint. Le premier consiste dans la cinquième partie du prix du fief qui a changé de mains; & le requins , en la cinquième partie d u Dans ce grand nombre de Coutumes qux ont introduit cette redevance, on comprend aisément qu’il y en a dont la disposition est differente des autres , & ce scroit entrer dans un grand détail que de les marquer en cet endroit; on peut consulter la Coû- tume de Paris qui est la plus generale, & qui distingue les mutations qui se font dans la ligne directe asi. cendante, & la décendante, & de celles qui se font par ventes , constitutions de rentes rachetables, ou autres actes équipolens. H QUINT , / La cinquième partie dans une somme de deniers, dans un marché, dans une succession, dans une entreprise. (Je sois entré pour un’ quint dans cette afaire. Je fuis intéressé pouc un quint) On dit d’ordinaire un cinquième. QUINT. [Quivtus.J Mot adjtíiif, qui veut dire cin- .quime, mais qui ne sc dit d’ordinaire qu’en parlant de Charles-quint. (On raconte que Charles-quint n’eut pas plûcôt quitté l’Empire qu’il s’en repentit) QUINTADINER, v. ». [Dist'onare, in-onemnì cans- re.] ferme de faUeur d’orgues. Piononcez Kíntadiní. Ce mot fe dit des tuïaux de l’orgoe lorfqu’ils résonnent en maniéré de quinte, & qu’ils ne parlent pas d’une faqon harmonieuse, comme ils doivent parler, ce qui est un défaut. (Tuíau qui quintadine ) QUINTAINE , / / [Qumtanus pa/us.J Prononcez Kintuine. Ce mot a été dit de la sixte d’un certain Quìntus son inventeur. Volez Ménetrier , livre des tournois. La quintaine est une grosse piece de bois qui est tìchee en terre, à laquelle on at.che un bouclier, & contre laquelle on jette eu courant quelques traits, quelques dards, ou contre laquelle on rompt quelques lances. Cette sorte d’exercice n’est 1 lus aujourd’hui en usage; en fa place on a la course au faquin & les têtes. Votez Pluvinel, traité du Manège. (Courir la quintaine. Rompre une lance contre 1 » quintaine. * Rt qui depuis dix ans jusqu'en ses derniers jours A soutenu le prix en l’escrime d'amours , Lasse enfin de servir aupmplc de quintaine, Elle. Reg. Satire 1?. C’est-à-dire, lassée de vivre dans le désordre &de se prostituer à tous venans, elle , &c. î Ses beaux yeux à lances d’ébéne, Sur les cœurs courent la quintaine. Seat. Poésies. C’efí. 2J2 QUI C’cst-à-dîre, que les traits des yeux de cette belle percent les cœurs.) . , , „ . (f Le Président Fauchet, dans son traite de 1 origine des Chevaliers, attribue l’ufage de la quintaine aux anciens Chevaliers qui ne respiroient que la guerre & ne trouvoient du plaisir que dans les exercices guerriers que l’on appella des tournois, „ parce qu’ils couroient par tour, rompant premierement leurs "bois & lances, contre une quintaine ou jacquemar ” planté à force jusques à la hauteur d'un cheval, ayant ” s ur un pau une statue d’homme couvert d’un Ecu, J’ies bras étendus, avec une masse, étant cette statue „ appellée jacquemar plantée fur un pivot, de ma- „ niere que le Chevalier heurtant de fa lance contre „ cet Ecu, barré pour retenir la lance, il faloit qu’il ,, eût de l’adreffe s’il ne recevoit un coup de la masse ; depuis pour mieux reprefenter la guerre, ce jeu se ,, renforça & ils coururent les uns contre les autres, & „ encore en foules, frifans à coup de masse, ce qui ,, fut appellé EJìours , L dont possible vient EJiourdy. íi Mais je fuis persuadé que les divertiffemens que l’on a appellé quintaine , sont plus anciens, & qu’ils ont «té conservez des anciens jeux Circenfes, qui consi- stoient la plupart en courses de chevaux & de chariots , & même en quelques combats à coups de lance, dont Panvinius a fait un ample Traité. Mais ce qui n’a été dans son commencement qu’un simple jeu & un divertissement , devint ensuite une obligation & un devoir seigneurial, dont Chopin dans son Commentaire sor la Coutume d’Anjou, liv. 2. cb. 1. tit. raporte l’exemplc de l’obligation du possesseur d’un ■íef, qui devoit chanter une chanson païsanne avec ïes postures d’un homme ivre, & ensuite courir & fra- per la quintaine comme les roturiers, & jetter son chapeau ou une perche en courant , & quoique cette redevance ait quelque chose de ridicule, néanmoins la Cour ne l’abolit pas entièrement, & elle se contenta /l’en afranchir les Nobles, qui possedoient le fief sujet à courre ainsi la quuitaine. Ragueau, dans son Indice, fait aussi mention d’une obligation non moins extraordinaire ; car il observe que dans la Coutume locale de Meziéres, les meuniers demeurans dans la Cbà- íelenie de ce lieu, font obligez une fois l’année de fraper par trois coups le pal de la quintaine planté dans la rivière, à peine de l’amende de soixante sous. II «■aporte encore d’autres exemples ; & dans plusieurs endroits du Roïaume, on a conservé l’usage de courre la quintaine en diferentes manières , non point par une obligation précise, mais par divertissement. Peut- être queRalzamon a eu raison de dériver le terme quin- t aine d’un certain Quintus. Voïez Mr. du Cange, à la fin de fa Je. dissertation’ fur l’Histoire de Joinville. On peut encore voir le titre du Code de Aleatoribus fsf aléa lufit. QUINTAL,/, m. sCentum pondo.jj Prononcez TCintal. C’est le poids de cent livres. (Acheter un quintal de miel. II a déja vendu cinq quintaux de fa marchandise.) QUINTAL, s Hydria. ] Terme de Potier. C’est une grosse cruche de grez, & que les Potiers apellent quintal i les gens qui ne font pas du métier, la nomment eruche. QUINTE, f. f- [Quinarius chartarum numeruss] Prononcez Kinte. Terme de Piquet. Ce sont cinq cartes ùe même couleur & qui se suivent. (La quinte vaut cinq points. 11 y a diverses quintes au jeu de Piquet. Quinte d’As, au Roi, &e. qui commence à l’As, au Roi, &c. Quinte majeure. La quinte basse commence au dix.) QUINTE. [Diapente .2 Terme de Musique. Intervale dont les sons extrêmes sont éloignez de cinq degrez, & qui est compose de trois tons & demi. (Faire la quinte. Etre à la quinte.) QUINTE. Terme de Lutier, -f C’est un instrument de Musique à cordes & à archet. C’est aussi la partie de la viole, ou du violon, oui est entre la baise & la taille. QUINTE, f. f. [Tujjìi accejsus violentussj Ce mot se dit det personnes qui sont sujetes à tousser. C’est un redoublement prompt, court & violent, qui prend ceux qui (ont tourmentez de la toux ; & qui oblige a tousser fortement. On apelle aussi cette quinte Co. quslucbe. (Une fâcheuse quinte. Avoir la quinte, ou avoir la coqueluche. Este est travaillée d’une cruelle quinte, & elle fait pitié quand cette sorte de quinte ia prend.) QUI t QUINTE, s Repentinus motus. J Sorte de captîe® soudain. Sorte de courte folie. (II lui prend quelquefois des quintes à faire enrager les gens.) í$ QUINTE. Dans la Coutume d’Anjou, ce terme signifie, au raporf de Chopin dans son Commentaire fur cette Coutume, art. 54. un certain quartier de la ville d’Angers, d’un faux-bourg de cette ville, & de quelques villages des environs, dans lequel le Prévôt rend la justice. $ QUINTE, ou Quin tin. Sorte de toile de lin très- fine & transparente, qui se fabrique à Quintin en Bretagne & aux environs. QUINÏEFEuILLE , f- f. IQuintesolium , Pentes. pbylion.J Sorte d’arbre dont les feuilles font blanches, jaunes, ou rouges , & a tachées cinq à cinq. Ses feuilles sont dentelées tout autour, & elles tirent fur le jaune perlé. La quintefeuille croît aux lieux aquatiques. La décoction de fa racine apaise la douleur des dents ; si on s’en lave la bouche, elle en guérit les ulcères. Le jus de la quintefeuille, quand elle est tendre , est bon aux maladies du foie & du poumon. Dal. QUINTEFEUILLE- [Pervinca solium perforatum,’] Est en blason une fleur de pervanche , percée ou ouverte en cœur. QUlNTELAjGE, / »*. [Saburras] Terme de Mr. Prononcez Kmtelage, C’est un amas de fa à & de cailloux qu’on met au fond du vaisseau pour le tenir dans le contrepoids qu’il doit avoir contre les coups de Mer qui le pourroient renverser. Le quintelage s’apel- le aussi leji ou bulajì. On le nomme en Latin Saburrat, en Espagnol Lajire de la nave , & en Italien Zavorra . Voïez Çovarnivias & la Çrujcai Mais Par.tero Libro de/l’ Armât a navale , apelle le Lest ou le Quintelage Savora ou Savorna. (Porter le Lest ou le quintelage dans un vaisseau. Oter le quintelage d’un vaisseau. II y a des vaisseaux qui demandent plus de quintelage le* uns que les autres.) f QUINTELAGE, se dit auffi en Basse-Bretagne du port des bardes des matelots, c’est-à-dire, ce qu’il est permis à chaque ma elot qui s’embarque, de portsr avec foi ; ce qui fe réglé au poids. Ailleurs on dit, Matelotage. f QUINTE', e'e, adj. part. On apelle un lingot d’oí quinte, une barre d’argent quintée , ces métaux en barres ou en lingots , qui ont été essaïez , pelez & mar. quez par les Efiàïeurs & Commis Roïaux. fQUINTER P or çsf Purgent. C’est le marquer après savoir essaie & pose , & en avoir fait païer le droit de quint au Roi. Ce terme ett en usage dans les mines de la nouvelle Espagne, d’où il a passé en Europe parmi ceux qui font le commerce de l’or & de l’ar- gent en matière, & non en efpece. QUINTESSENCE,/ f. [Succus subtilisìmus l Prononcez Kuintejjance. C’est toute la vertu & tout ce qu’il y a de plus excellent en une chose. (Tirer la quintessence d’une chose. *Je hui l’artleur des fourneaux enfumez où i’on perd fa substance, & où l’on va tirant un homme en quintessence. Rcg. Sat. 16. C’est-à-dire, où l’on consume un homme , & où on l’épuise malheu- reuíèment. f Isesai la quintessence de cette afaire. C’est- à-dire , je fai ia fin de cette afaire. II a mille gentils moïens pour tirer la quintejseme des bourses, Voïez le Catholic. d’Espagne , C’est-à-dire , pouc tirer l’argent des bourses. Le Frere Valérien « d’une quintessence Qui guérit de tous maux, même de l’iinpuiísanct. Poët. Anon.) î QUINTESSENCIE', £e , part. (Discours, complî- ment quinteikncié, pensée quintessenciée.) t QUiNTESSENCïER, u. a. Rafiner, subtiliser. (II ne faut pas tant quintessencier les choses.) QUINTEUX , quinteuse , adj. [Morosus A? diffi- ciiiy .2 Capricieux. Qui se fâche pour rien. Fougueux, prononcez Kinteù. (Elle est quinteuse) QUINTEUSE, / s. lAujhra, morosa .2 Celle qui est capricieuse. Qui est sujete à des boutades. (Quand je veux dire blanc, la quinteuse dit noir. Desprcaux, Satire 2.) QUINTILIENS , / m. Anciens hérétiques 5 qui sont les mêmes que les Pepuciens, & qui ont pris leut nom de Quintilìa leur Prophetesse. Les femmes parmi QUI mî eux faisoient les fonctions d’Evêque & de Prêtre. Saint Epiphane en parle heres. 49. QUìNTiN ,s m. [Tela quintmlana .] Sorte de toile fort iine. H On l’einpese ordinairement, & on l’apelle ainsi par ce qu’elle se fait dans la ville tle Quintin en Bretagne. QUINZAIN , J. m. [Uterque qumdectm.} Ternie de Jeu Uepaume, lequel se dit quand l’un & l’au'tre des Joueurs ont chacun quinze. Prononcez Kinzain. QUINZAINE, J.'/ [Qaindecim.J Le nombre de quinze, de quelque choie. qU ne quinzaine d’écus.) QUINZ.-tlNE,//. [Qiiindeclm dies.} Prononcez Kin- zarne. Ce sont quinze fours. (On u ordonné que les parties reviendroient dans la quinzaine. On dit aufli. (La quinzaine de Pâque. On doit faire ses Pâques dans la quinzaine. ) QUINZE. [fVtndecim.} Nfun de nombre indéclinable. Dix dt cinq. Prononcez K.nze. ( 11 s sont quinze. Or ma p lunette bien fat,'ante Promet à ma vie un long cours. Ergo j’auu.i fur mes vieux jours Quinze ou vingt miile écus de rente. Rec, de Bouh.) QUINZE. [QAndecim.} Terme de Tripot. Coup qui vaut quinze. Avantage qu'on donne quelquefois à celui qui est le moins tort. (Donner quinze. Cela vaut quinze , pour dire tu me la paieras.) D ,n' q-i’nìe Terme de Tripot. Avantage qu’on donne à celui avec qui on jolie ; qui se prend à l’un des deux jeux, & qui vaut quinze dans l’un de ces deux jeux, & rien à l’autre. (Donner demi-quinze.) f En fuite pajjer quinze pour douze. [Alìquem faUere.} C’est tromper une personne & lui en faire acroire, lui disant les cho'esautrement qu’elles ne sont. QUINZE VINGTS ,J. m. [Trecenti cteci mendicantes.} Sorte û'hôpital vers le milieu de la rue S. Honoré à Paris , où sont de pauvres aveugles mariez & d’autres qui ne le sont pas, & qui vont quêter par les Eglises & par lesParoilTs de Paris. (Loger auprès des quinze vingts. Avez à la Welle aux quinze-vingts.) QUINZIEME a.ij. [Dt\ iiuus quint us.~] Terme de Nombre or lima . 1/ est le quinzième. Elle est la quinzième.) QUINZIEME m, [Dies décima quinta.} Ce mot en parlant des jours d’un mois lignifie le quinzième jour. (C’est aujourd’hui le quinzième dejanvier de l’an 1727.) QUIOSSE .f.s. [Coj.] C’est une manière de pierre à aiguiser , avec laquelle on quiolse le cuir, QuIOSSERiP. a. [Corium cote allidere.} Prononcez Kiojjé. Terme de Tuneur. C’est froter le cuir à plein bras fur le chevalet, pour en faire sortir Bordure. çQuiosser le cuir.) r QUÎR.APANGA ,s «*• Petit oiseau blanc, qu’on trouve au Brest!. Sa voix relsemble au bruit d’une sonnette , & il la pousse si sort qu’on l’entend de fort loin. QU i RI N' \ LUS , f f. [ (farinaha. ] Fêtes que les Romains celebroient en l’honncur de Romulus. QU';S, f m. [Pyrites œrurius.} Espèce de marcasite de cuivre dont on tire le vitriol romain. QUITANCE , f f- [Apocha , acceptìlatio.} Prononcez Kitance. Acte par lequel le créancier confesse x avoir reçu. (Quitance bonne Sc valable. Faire une quitance. Donner quitance.) QUITANCER, v. a [Àcceptum ferre nomen.} Métré le reçu lurfun contrat . ou autre pareil acte. (Quitancer un contrat Contrat quitance.) QUITE, adj. [Stiutus J Qui s’est aquité de ce qu’il de- voir raire. Qui a paye. Qui est exemt & délivré. (C’en «iì lait, j’en luis quitc. L , mt>. épi. II est franc & quite de toutes dettes. Demeurer quite envers ses créanciers. Le Maître .Elle est quite de tous maux. 11 en fut quite pour un méchirt nia 'teau. S ex. Rom j f A quite. Ce mot est une forte d’adverbe qui se dit en cette façon déparier proverbiale. ( Jouer à quite ou À "double C’est a-'lire. Touc risquer Tout bazarder.) t QUITE a quite adv. Ces mots se disent pour marquer des gérs qui ont réglé des comptes qu’ils avoient ensemble , & qui ne le doivent plus rien. ( Nous voilà quite à quite & bons amis. L’un vaut l’autre, quite à quite.. Moi Cette derniere façon de parler semble un peu figurée & change un peu de sens, elle signifie nous sommes bien égaux, nous ne nous devons rien fur le chapitre de la préférence, ou du mente , l’un ne vaut pas mieux que faune.) {§ Le Chevalier d’Accilly, fur lc Cardinal Mazarin : QUO 273 Mêlas f tant qu’il vécut , nous filmes quite à quite , II ne fit rien pour moi , je ne fis rien pour lui. ï QUITEMENT, adv. Tenue de Pratique , qui signifie que la chose qu’on vend, qu’on achette, dont on hérite, &c. est franche de toutes dettes, & que celui qui en devient pollesseur peut en disposer librement. (II a hérité de cette maison, de cette terre franchement & quite* ment.) QUITER , v. a. [Relinquere, dimittere.} Abandonner. Ceaer. Laisser. (Quitet jon pais. Quiter la robe Qui- le Palais. 11 a été obligé de quiter ce qu’-on lui de volt. Ah! je le quite maintenant, & je n’y vois plus de re* mede. Molière. La fièvre commence à la quiter, Je devois bien pour vous quiter ce i climats sombres Où loin de la lumière errent les pâles ombres. Rec. de Bouh. La plupart des femmes ne quitent le monde que quand le monde commence à les quiter.) QUITER. [Disjungere .J II se dit en parlant du noyau des prunes & des pèches ; & il lignifie se détacher nec de lji chair de la prune ou de la pêche. (Les pêches qui- tenc le noyau. Les brugnons & les pavies ne quitent pas le noyau, c’est à-dire que le noyau de ces fruits ne se détache de leur chair.) QUITER. [Apocbam prafiare. Donner quitance, ne demander plus rien d’une dette. (Ce testateur a quiti en en mourant ses débiteurs.) QUITER. [Cedere, alienare.} Terme de Palais. Transi, porter. Aliener. ( Tout donateur quite la propriété de de la chose donnée.) QUITER. Se dit en ces phrases. (II ne quiteroit pas fa parc aux chiens de la succession de son oncle. Qui quite la partie la perd. Je ne la qusterai que parle bon bout. ) QUITUS , f m. Terme de Finance. [Immunisas, solutw.} Etat final d’un compte par le comptable qui se trouve quite & déchargé. í QUOCOLOS, f tn. Pierre à verre. QUOGíiLLO , fi- m. [Quogelum animal.'} Animal des Pais des Noirs. 11 rellemble au Crocodille. QUOI, ÍQffi quœ, quod .] Ce mot ne se dit que des choies, & il a un usage élégant pour supléer au pronom lequel , laquelle, en tout genre & en tout nombre. Vaug. Rem. (C’est le plus grand vice à quoi il est sujet, plutôt qu ’auquel il est sujet. Vaug. Rem. La mort est une des choses à quoi on doit le plus penser. A quoi est mis dans cet exemple pour à laquelle. Son ambition n’aspire point aux cieux, c’esta quoi jamais il ne pense. Gomb. épi. I. 1. Les tremblemens de terre à quoi le païs est sujet. Vaug. Rem. Ce sont des choses à quoi il faut penser. Vaug. Remarq .) (f Le de quoi. On entend par là le bien : Et qu’on ne s’enquiert point s’elle a fait ie pourquoi, Pour vù quelle soit riche , N qu’elle ait bien de quoi. Régnier, Sat. QUOI, [ Neu ! Itanè ! } Ce mot sert à interroger áfc se met au lieu de comment. (Quoi vous étés Chrétien* Si vous songez à la vengeance.) A quoi. [Quorsùm, cur , quid est causa.} Ces mots servent à interroger, & se metent au lieu de pourquoi. (A quoi bon tant de tnistéte ? Mol.') f Ni quoi , ni qu’eji-ce. C’est à-dire, aucune chose. (11 ne dit ni quoi, ni qu’est-ce.) Le je nesçai quoi. [Nefiio quid.} C’est une influence des astres, & une impression soerette de l’alcendanC fous lequel nous sommes nez. C’est le penchant & l’in- stinctducœur pour un objet qui touche. (II avoir une grâce, un je ne sçai quoi, qui surpasse de l’amour les plus doux apas. Voit poes.) Le P. Bouhours a écrit Fur k je ne sçai quoi, & c’est dans cet ouvrage où ridiculement il apelle la grâce un je ne sçai quoi. (Critique des Entrer. d’Ariste.) .. Le s âmes assorties S’âtacbent l’une à l’autre U se laissent piquer Par un je ne sçai quoi qu’on ne peut expliquer. Corn. f§ La plupart des gens se servent du terme quoi (ana y faire atention & indiféremment dans toutes ocasions. Les Remarques de Mr. de Vaugelas , les Observations de Messieurs de l’Académie , & celles de Mr. Chevreau feiont connoitte que l’on peche souvent contre Ja pureté du stile , en plaçant quoi pour lequel ou laquelle. Tom, III. M m Remar-, V 274 QU O Remarque de Mr. de Vaugelas. „ Quoi , Pronom. Ce mot a un usage fort élégant „ auditeurs: mais depuis , ils se lont désabusez & 7, corrigez , quoiqu’avec un peu de peine , à cause de 3, la mauvaise habitude qu’ils avoient contractée/’ Sur quoi l’Académie a observé qu’on ne fait jamais sentir IV des infinitifs terminez en er si ce n'est en prononçant des vers, où cet infinitif est suivi d’une voïelle , parce que la suprelsion de cette letre feroit une cacophonie ; ainsi il faut prononcer aimer avec ardeur & non pas aimé avec ardeur. RABAIS,/ m. sPretìi minuta.] Prononcez rabès. Ce mot signifie diminution de prix ou de quantité. (Publier le rabais considérable aux Fermiers des gabelles. Le rabais des tailles. Vous m’en deviez donner cent, & vous ne m’en donnez que soixante, il y a bien du rabais. Le tems n’osre plus à ses atraits, Que maris au rabais. ' Coulanges.) 4 - Mettre quelqu’un au rabais. C’est parler de lui detavantageutement. ( Vous mettez trop au rabais ceux que vous n’aimez pas. RAB 27^ •f On dit la même chose des ouvrages d’esprit, dont on parle avec mépris. * RABAISSEMENT, / m. [ Diminutio. ] Prononces rabéjjeman. Ce mot se dit des personnes, & toujours va figuré. 11 signifie abaijjhnenc. ( Us connoilfent le mépris qu’on fait de ces choies, & l’état de rabaissement où l’on met les personnes. Port.Roial, Education du Prince, 5. parties RABAISSER , v. a. [Dimimtere, imminuere .] Abaisser. Abaisser encore. (Cela n’est pas encore assez bas, il le faut rabaisser un peu plus.) $ RABAISSER, v. a. Diminuer. (Rabaisser les mo« noies, rabaisser les tailles.) * RABAISSER. [Deprimeres Abatte. Ravaler. Abats, fer. (Les Dieux l’ont permis ainsi pour rabaisser l’or- gueil de nos ennemis. Ablanc. Rétor. I. 6. c. 2. II arrivera de laque vous ne vous éleverez, & que vous ne vous rabaisserez jamais trop. Voit. lit. gy. Cette restriction rabaisse sipeù leur puissance qu’elle la relevs su contraire. Pascal, l. 4.) 4 = * RABAISSER le caquet de quelqu’un. C’est le faire taire, l’obliger à parler avec modestie. (On lui a bien rabaissé le caquet.) * RABAISSER , v. n. {Pretium extennuare, minuere Diminuer de prix, en qualité, ou en valeur. (Les vj» vres ont rabaissé de prix depuis la paix. Le blé rabaisse ordinairement après la moisson.) 4 = RABAISSER le carton. Terme de Relieur. C’est couper avec une pointe d’acier le carton , qui fait la partie la plus solide de la couverture d’un livre, & le rendre de tous côtez égal à la tranche ; en forte néanmoins qu’il l’excéde de quelques lignes. Se rabaisser, v. r. [Sesurripere .] S’abaisser. (Si le cheval n’a pas assez de force pour continuer à faire des courbettes, il fe rabaissera aisément de lui même. Put.] RABANER , V. ail. [Funium appendices nefìere.J Terme de Marine. Attacher des rubans à quelque chose. RABANISTE,/ m. [Doflrina rabbinorum seïïa- tor ,] Celui qui fuit l’opinion des anciens Juifs. ( II est Rabaniste.) R ABANS > s. m. [Trafiorii funiculi. J Terme de Mer. Menues cordes pour saisir & ferler les voiles. RABAT, ou colei, s. m. [Lineus amifluss L’un & l’autre sc dit, mais rabat semble plus en usage que colet. Le rabat est un linge uni, ou à dentelle qu’on a- tache autour du cou du pourpoint. (Un rabat bien fait, Un rabat de point de France. Un rabat à dentelle. Un rabat uni. Un rabat qui va bien. Rabat qui va mal. Son rabat jadis blanc N fa perruque antique. Despr.) RABAT. [Alter globi jaftus.) Terme de Joueur de quilles. Action de celui qui étant proche du quiller abat des quilles avec la boule. (Faire cinq quilles de venue & autant de rabat.) 4 = RABAT , sc dit aussi du bout du toit d’un jeu de longue paume , qui sert à arrêter & à faire revenir la baie. (Tenir le rabat.) On le dit aussi du coup qui vient du rabat. (Jouer le rabat ) * RABAT. [Levis tinflura ] Terme de Teinturier . C’est une legere façon de teinture qu’on donne aux étofes de peu de valeur. On leur d®nne un rabat de fuie pour les teindre de couleur brune. RABAT. [Ccelum cave a f Terme de Vamer. C’est le dessus de la cage. t RABAT-JOYE , / m. [ Latitìarum perturbator. j Personne qui rompt les mesures de ceux qui fe pen- îòient divertir. Tout ce qui empêche la joie de ceux qui en croyoient avoir. (11 a eu un furieux rabat joye. C est un rabat joye.) _ . . RABATRE, v. a [Deprimere.J Je rabas. J ai rabat a. Je r abatis. Ce mot signifie Rabaijser. Abaisser. Comme ils vouloient rabatre le bras qu’ils avoient levé, elle. Ablancourt, Lucien, tome. 5. Rabatre les vapeurs de ía rate. Molière, Amvir Médecin .) RABATRE. [Deducere .J Diminuer du prix. Diminuer & déduire fur ce qu’on doit. (11 11’en veut pas rabatre un fou. On lui a rabatu cela fur ses gages.) f * Donnez-moi un petit baiser en rabatant sur notre mariage. Molière.) * RABATRE. [De benevolentia minuere ahquid J Di- Tom. Ul. M m L minuer minuer de l’e'stirne q~u’on avoit pour quelqu un. ( Sachez que j’en r ab as de moitié. Molière.) * RABATRE. [R-primcre.J Relâcher. Diminuer. (Ne vab aire rien de sa fierté. Ablancourt , Lucien. Rabatte quelque chose de son orgueil. - Ablancourt , Arr. L 7. il commence à rab.itre un peu de fa grande assurance. Quint. L 4. c. 13.) RABATRE , ». a. [}terùm dejlruere.j Abatte une seconde , 0d troisième fois, &c. (11 avoit abatu cet apar- tement, il le faut encore rabatte.) RABATRE. [ Vadìmonium irritum sacere. ] Ternie de Palais. Remettre tme personne en f état où elle étoit avant le congé donné. (Rabatte un défaut. Rabatte un congé.) RABATRE. [Terrain lavigare , square.'] Terme de Laboureur. C’est rouler , adoucir & aplanir la terre lorsqu’elle est mouillée & que les aveines font levées. (Rabatte les avoines.) RABATRE. f Trustai déprimer c. Petitionem retun. dere.~\ Terme de Tireur d'or. C’est par le m ot en du rouet faire passer fur la rochette, le trait qui est autour de la bobine. (Rabatte du trait. Trait rabatu.) RABATRE. [Pror/pere.] Ter me àc Cbajfe. CeiEOt fe dit lorsqu’un limier , ou un chien courant tombe fur les voies de la bête qui va de tems & en donne la con- noissarice à celui qui !e méste. RABATRE. [£ jaUtt ,t qu aliter se demittejre.J Ce mot fe dit tn Terme de Manège en parlant de courbettes. (Cheval qui rabat ses courbettes de bonne grâce. C’est à- dire , Cheval qui maniant ses courbettes porte à terre les deux jambes de derrière, à la sois, & qui fuit tous les tems avec la même justesse. ) RABATRE. [ lHum deprimere. ] Ternie de Maître d’Armes. Empêcher qu’un coup nc porte. (S’il n'eût rabatu le coup , il étoit percé.) t * RABATRE les coups. Adoucir, apaiser des gens aigris les uns contre les autres, les empêcher d’en venir aux dernieres extrémitez. £ On le dit aussi en parlant des bons offices qû’òh rend auprès d’un homme puissant qui étoit prévenu contre quelqu’un. (Le Ministre vouloir le perdre, mais ses amis ont rabatu les coups.) RABATRE. [Panni marginemJìnuare. Terme de T ail- leur. C’est prendre un petit morceau de l’étofe , la rempiler & la coudre. (Rabatte un surjet.) RABATRE. [Pelles in J’crobem deponere. ] Terme de Tanneur. Jetter un cuir dans un plein. ( On tire le cuir de Peau , & on le rabat dans un vieux plein.) RABATRE. [Secundarium globi jafíum obire .J Terme de Jeu de quilles. C’est fe mettre auprès du quiller & abatte des quilles avec la boule. (J’ai rabatu, & j’ai fait cinq quilles de mon rabat.) î Se rabatre , v. n. On le dit de la remise des perdrix. (Les perdrix Te font rábatuès dans cette pièce de blé.) f Se rabatre, fe dit en termes de Xhterre, d’une armée qui quitte tout d’un coup la route qu’elle tenoit, pour fe porter au siège de quelque placé. (L’armée après divers mouvemens s’est rabatu^sor cette place.) H Se rabatre, se dû aussi, lors qu’aprés avoir parlé de quelque matière, on change tout d’un coup de propos. (11 fe rabat toûjours sor lès exploits , fur les belles actions qu’il prétend avoir faites.) * Se rabatre , v. r. [Suptrbiam abjicereíj Se rabaisser. Se ravalîer (Après avoir laissé prendre l’essorà son imagination, il n’est pas à propos de Je rabatre fur des bagatelles. Moi qui me bats contre Epi cure , me seroisje bien cet outrage de me rabatre fur Ménage. Cotin, Ménagerie. ) On dit proverbialement. J’en rabats quinze, pour dire, j’ai beaucoup perdu de l’estime que j’avois poUr lui. [Longé mìmrïs ìllum facìoTJ On dit encore. Je lui ai bien rabattu fan caquet, pour dire, Je l’ai obligé à fe taire. [Linguam retunà'fj Tout compté tout rabatu. [Subducta omni ratione .] O11 dit qu’il faut toujours rabatre la moitié des parties d’Apoticaire. ^ Rabatu, tié, par t. Tout compté tout rabatu, c’est-à- dire, tout bien examiné. í Epée rabatuè. C’est une épée qui n’a ni pointe ni tranchant. í Dames rabátuès. Sorte de jeu qu’on joué fur le tablier d’un trictrac. (Jouer aux Dames rabatuës.) RABDOïDE- Terme d'Anatomie. Nom qu’on donne à la seconde vraye suture du crâne qu’on apelle autrement Sagittale, RAB RABDOLOGÏE , f f [Rabdologla. J Ce tmeft Grec, & un terme d’ Aritmétìquepratique, C’est la maniéré de faire facilement la multiplication & la division, par le moïen de certaines petites planches de bois, 011 lantes de métal, fur lesquelles font écrites les multiplications des nombres simples jusques à dix que l'on choisit & change selon qu’il tst besoin. J. Neper Ecos- sois, est l'Auteur de cette invention & de celle des Lo- garitmes. RABDOMANCE [ liabdomar.tia. ] Divination parle môyen d’une Vergé , ou d’une baguette. Tel- le étoit la science de Jaques Aymar paysan du Dauphiné qui découvroit les thresors , & les voleurs, les sources d’eau , &c. pair íe moïen de fa baguette. Votez lePert le Brun de l’Oratoire. RABêTIR , rabejlir , ». n.] Stupidum reddere.J L’uu & l’atítte s’écrit, mais oh ne prononce pas l’r. Rendre comme bére. Rendre tout stupide (Rabètir un enfant. ) H L’Acâdémie dit qu’il est bas. í RABETTE,// Graine d’une espèce de choux dont on fait de l’huile. RABILLAGE, f. tn. [Retium refeftioJJ Terme de Pêcheur & d’OiJelier. Action de rabiller & de r a com- nioder, (Travailler au rabillage des filets. Rujes innocentes.) HABILLAGE- f Resarc'matio. ] Termer d’ Horloger , qui veut dire , racommodage. (II vous coûtera tant pour le rabillage de cette montre. ) RABILLER , ». a. [Itermn vejìire.j Habiller de nou. veau. (Je l’ai déja rabitlé deux fois. Rabiller quelque personne.) * RABILLER- [Resarcire.J Rajuster. (Ce n’est pas un petit secret d’entretenir une cabale qui rubiíle vos défauts. Ablancourt, Luc.) * RABILLER un filet. [Retia reficere.J Terme d 'Oiselier & de Pêcheur. Ruses innocentes. C’est racommoder un filet. RABILLER. Reducere.J En terme de Chirurgie, est la même chose que remettre une partie rompue dans son lieu. Mais il n’y a que les petites gens qui parlent ainsi , aulli-bien que ceux qui disent Rabiller des fou. liers. RABIN, / tn. [RabbinUs.J Docteur Juif qui sait la Loi orale , qui juge des diférens civils, & de toutes les matières de la Religion Juive. (Un savant Rabin.) ï RABIN, fe dit austì d’un savant qui a sort lûles Rabins, & étudié les livrés des Juifs. (Cest un Rabin. ) t RABINAGE, f. th. On le dit par mépris de í’étude qu’on fait fur les livres des Rabins. (U n’aimequele Raffinage. 11 a passé toute fa vie dans le Raffinage. ) RABIN ISAIE , f. m. [ Rabbmìfmus. ] L’opinion de» Rabins. (Entendre le Rabinisine.) RABLNISTE, Rabanijle , J’, m. ['Rabbinifial] Celiii qui fuit l’opinion des anciens Juifs. 11 sous dire Rabanijle &. non pas Rabinifle , au sentiment du savant Pess Richard Simon qui pourtant s’est servi du mòt de Rlibi- nijle dans le livre qu’il a fait des coûtunies des Juifs , première Edition : niais lorsque je l’ai consulté là- deíì'us , il 111’a dit que c’étoit une faute d’ún honnête homme qui avoit revû les épreuves de son livre pendant son absence, & avoit cru que Rabinifie étoit plus douìc que Rabanijle , mais que pour lui il étoit convaincu qu’il faloit dire & écrire Rabanijle. RáBLE , J] m. [ Lumbus, dorsum. J Ce mot se dit proprement en parlant de lièvre & de lapin. C’est la partie du lièvre ou du lapin qui est depuis les côtes jusqti’aux cuisses. (Un bon table de lièvre. On le dit par extension des hommes robustes qtii font sorts d* reins. [RàbuJlus.J ( Rien n’est miex fourni que le rìxblt de Jean Blanc.) , Les Médecins appellent rable la troisième division de l’épine qui est composée dé cinq Vertèbres entre le dos & l’os sacrum. RABLE. [Rutabtdum plumbàrium.J Terme de Ploìtt- hjer. Outil de bois dont les plombiers fe fervent pour faire couler & étendre le plomb sor le moule. RABLE. Roúable , f m. [Contus furnarius.J Ternie de Boulangers. Lé mot de Rouable n’est usité qu’en pro- vince , & est hors d’ufage à Paris. Le rable est un instrument qui est à manche de bois , au bout duquel il v a un fer courbé en maniéré de crosse Afc qui sert à remuer les tisons & à manier la braise dans le four. RABLfc RAB RAÉLE. [Ravales cojia.] Pieces de liòis qui fr a Versent le fond des bateaux, & qu’on appeJle dans leS bàtimens , Varangues. 4 RÀ8LU , adj. Qui est bien fourni do table. ( Ce lièvre est bien rablu.) TRABLU, lè dit aussi par raillerie est parlant d’un hòmine fort & robuste, (11 est bien rablu. 11 est gros & rablu.) KABLÛRE, f. f. Ou Jarlot , f. m. £ Incifura .J C’est une entaiIIure qu’on fait dans la Quille , dans l’Etrave & dans l’Etambord d’un Vaisseau , où l’on fait entrer une petite partie du bordage , qui couvre les membres. f)2an. Dict. Math. f R ABOBEL.INER, v. a. [Refarcire.] Terme bas, qui signifie , rapetasser. (Cela est mal rabobeliné.) f RABONIR, v. a. Rendre meilleur. (Les bon- nés caves rabonissent le vin.) Ce terme est bas, & ne fe dit que des choses qui n’étant guerè bonnes d’elles mêmes aiant été gâtées, deviennent ensuite meilleures. RABOT , f. m. [Runcmas] Outil dont le Menus, fier fe sert pour polir le bois. (Petit rabot. Gros rabot. Donner un coup de rabot. Pousser le rabot.) + * II reprend vint fois le rabot & la lime. Dejpreaux, Discours au Roi. [Rudi minervâ polit.] C’est-à-dire, retouche plusieurs fois son ouvrage. RABOT. Terme de Maçons Outil de bois dont lè maç«n fe sert pour détremper la chaux. Les fondeurs en ont aussi. RABOT. [Rutabu/um.] Terme de Vinaigrier. Bâton sn bout duquel il y a une petite douve dont le Vinai. grierfe sert pour remuer la lie. RABOT. £ Rutabulunt , rutrumi] Terme de Botteur. Outil de bois qui est un bâton où il y a Une petite douve dont les boúeurs fe fervent sus les ports de Paris pour pousser la boue. RABOT. [Rutabulum.] Outil de Jardinier. Maniéré de douve ronde par dehors & plate par le bas, à laquelle on attache un manche, & dont on lé sert pour unir les allées. RABOT. £ Pavirnentum.] Efpece de pavé fait de pierre dure dont on pave les Eglises, les Jeux de paume & autres lieux publics. t RABOT. Le diamant à rabot est un instrument dont fe servent les Miroitiers pour équarrir leurs glaces , & les Vitriers pour couper les verres épais, comme le verre de Lorraine. On l’apelle diamant, parce que véritablement la principale piéce consiste en une pointe de diamantfin. RABOTER, v. a. { Polir e , lávigare.] Terme de Me. íiiiìfìer & de quelques autres Artisans qui travaillent au bois. C’est travailler avec le rabot (.Polir le bois avec le rabot. Raboter du bois. f * Plus je me lime (s? plus je me rabote, Plus je croi qu!avec moi tout le monde radote. Régnier, Satire 14. C’est-à-dire, plus je me considéré & plus je fais réflexion sor moi, je pense que les hommes sont foux comme moi.) Raboter. [Facein movere.] Terme de Vinaigrier. Remuer de 1 a lie avec le rabot. (Raboter de la lie.) RABOTER. [Arenatusn Uiluere.] Terme de Maçon. Remuer & détremper avec le rabot. ( Raboter le mortier. ) RABOTER. [Rutro adaquare.] Terme de Jardinier. C’est unir avec le rabot. (Raboter une alée.) RABOTEUX , raboteuse, adj. [ ’Scabrosus , scaber.] Qui est inégal, qui n’est pas uni. (Tu quiteras ce bon homme & son chemin ràboteux par oû tu n’arriVeraS que tard. Ablancourt, Lucien. On poussoir les chariots hors defc chemins par des lieux glissans & raboteux. Vaug. Quint. I. g. c. 14. f * Que la doctrine est raboteuse dans les écrits deS pédans. Gomb. Epi. I. 2. C’est-à-dire , que la science est tnal polie & mal digerée dans les écrits des favans& des gens purement de colege. Sophocle enfin donnant l’essor à son genie t Des vers trop raboteux polit Vexpression j Defpr.) RABOTlÈR, f. m. ['Mensa Jiriata.] Terme de Mo- noie. Table cannelée de raions ou sillons dans lesquels les monoïeurs arrangent les ‘carreaux l’ùn contre l’autre, qu’tls frapent & qu’ils arondissent; RAC 277 / RABOUGRI, rabougrie, àdj. [ Retortus .] Ce mot fe dit en parlant d’arbres & de plantes. Il lignifie qui ft’e'st pas venu à fa juste perfection , ni à fa juste grandeur. (Arbres rabougris. C’est un pêcher rabougri, il le faut, arracher. Ce prunier rechigne , il ne vaut rien -, il est tout rabougri. ) Voïez ITnjtruftion des Jardins. Se rabougrir , r. [Retorreri.] Devenirrabougti. Né venir pas à fa juste grandeur. (Les arbres fe rabougrissent quand ils ne font pas coupez en bonne saison. Là Q uintinie .) Mr. d’Ablancourt a dit dans le Toxarit de Lucien, en parlant d’une femme fort laide : Car c’étoit unepeti - te borgniejje-, toute rabougrie, & percluse tle la moitié d* son corps. Ce terme est déplaisant, il sonne mal ; il faui le garder pour les arbres feulement. R AB'OUILLÈRE , f f- [Cubile pdrìentis cuniculQ Creux à l’écàrt où la lapine faits ses petits. (Si-tôt qué leurs enfans font nez , ils les cachent dans des rabouil- leres contmes les lapins font leurs petits. Ablancourt , Lucien tome 3. (Quelques-uns disent rabouillers , f. m. % RABOUTIR, «• à. Terme populaire, qui fe dît des morceaux d’étofe qu’on met bout à bout l’un de l’àsitre. (ïi fats t radoucir ces deux morceaux d’étofe.) RABROùER, v. a. £AJperioribus verbis aliquem prote- lare.] Parler aux gens d’un ton rude & rébarbatif. (Sí lson vous sifle, rabrouez les auditeurs. Ablancourt, Lucien, Tome deuxième.) * RABROUEUR, f w. £ Rudis repulsor.] Qui répond aux gens aVec rudesse. 0 ” RABROûEUR. Ce terme étoit autrefois fort eft usage ; à présent, on S’en sert quelquefois dans la conversation. Brantôme a dit, que le Connétable Anne d Montmorenci étoit un grand rabro'úeur ; & il fait en suite ce cohte, qui marque en éfet un esprit rude & peu digne d’un homme de son rang. „ J’ai 011 faite (dit-il) un conte, quson Président de par le , monde qui sentoitfon patria à pleine gorge , vint, parler à lui touchant sa charge ; & parce qù’il faisoit -, grand chaud , il avoir Ôté son bonnet, & tenoit fa , tête découverte ; & s’approchant de lui dit: dites , donc, Monsieur le Président ce que vous Voulez , dire , & couvrez-vous , en lui répétant souvent. Le , Président pensant qu’il fe tint découvert pour l’amou'r , de lui, fit réponse : Monsieur, je ne nie couvrirai -, point que vous ne foyer couvert. Pour l’arnour de , vous ? C’est pour mon aise, mon ami, & qùe je meurs , de chaud , & vous semble être ici à vôtre siège pré- , fidial >, couvrez-vous Ii vous voulez, & parler, mon- , sieur le Président fut ébahi, qu’il ne fit que dire son , intention à demi ; encore ne faisoit il que balbutier. , Vous dis-je pas , Monsieur le Président (dit encore , Monsieur le Connétable) vous éreS un set ; allez son- y ger vôtre leçon & me retournez trouver demaint “ RACAGES, s s V 1 ' Scandularii globuti.] Term àz Marine. Ce sont de petites boules de bois apellée Raques, & enfilées comme des grains de chapelet, qu’di met autour du mât vers le milieu de la vergue qui port, fur ces ratages pour la faire courir plus facilement soc i, Mât. RACAILLE i f f [Quifquilix , sex populi.] Gerts de peu déconsidération. La lie du peuple. (II fe mit à leur reprefenter combien de fois Philotas les avoir chassez de leurs logemens pour y mettre cette racaille d’eis- claves. Vaug. Quint. I. 6 . La racaille de Paris tenoit son parti. Tant soldat que Capitaine, Les Princes périrent tous : La racaille dons des trous Trouvant fa retraite prête, Se sauva Jans grand travail. La Font.) Racaille. [Qusqui/ia.] Se dît âú figuré de toùtéS les choses de reblit. (11 n’y. a plus que de la racaille dans ce cabinet, on en a tiré les plus riches tableaux.) f Faier en racaiPe. C’est faire des paîemens en espèces de cuivre , ou de billon. (Donner nsoi de bon argent, jè ne veux point de cette racaille.) RACAMBEaUX , / m. £ AnnUlus major ferrent antennaíis .] Terme de Marine. Grahd anneau de Fer fort menu quî sert à assujettir au mât la vergue d’utis èhaloupè à voile-, • N!» ) RALE, 278 RAC K ACE , s. f. IGe-aus , stirps.l Lignée. Extraction. Décendans. Famille. C La race des justes est berne. Aynaut. La premiere race des Rois de France elfc ceN le des Mérovingiens. La seconde des Carlovingiens, « la troisième des Capétiens. Ma fille est d’une race pleine de vertu. Molière. Toute la race est presque éteinte, Ablanc. Tac. Arr. 1 . 11. J : anoblis en p'cèiant , d'opulens roturiers, Comme de bons Marchands , ff de gros Financiers, Je leur fais des Jlyeux de quinze ou seize races, Dont le diable aurait peine à démêler les traces . Bours. Esope.) [f Le terme race a fort pi 11 à Malherbe : il dit dans un bonnet pour Madame la Princesse de Conti : Race de mille Rois , adorable Princesse, Dont le puijsant appui de faveurs m’a comblé. Et dans son Ode sur l’attentat commis fur la personne d’Henri le Grand : Qui àirez-vous , races futures , St quelquefois un vrai discours Vous récité les avantures De nos abominables jours. Mr Ménage , dans ses Observations fur Malherbe, trouve que races futures est une locution grave dans la Poésie ; car elle trouve rarement fa place dans la prose. On dit pourtant : II ejl de bonne race ,- Les trois races de nos Rois. Mais ce font des phrases autorisées par l’usage, * RACE- [ Semen , setninium J Sorte de gens. Sorte de personnes. (C’est une race d’hommes incrédules.) RACE. [SpeciesJ Ce mot se dit en parlant des chevaux & des chiens. (Un chien de bonne race. C'est-à- dire, qui décend de bons chiens. Pour faire race , il faut choisir de bonnes cavales. Sokisel, Parfait Maréchal. C’est-à-dire , pour avoir de bons & de beaux chevaux, il faut avoir de bonnes cavales. On lui a fait couvrir des lices afin de faire race. Salnove. C’est-à- dire , afin d’engendrer & d’avoir de bons & de beaux chiens. Un bon chien chasse de race.) RACE. [Posteri, nepotes.] En poésie sc dit de la postérité du genre humain. (Que direz-vous races futures. Malh. ) f * II chasse de race. [ Patrijsat.'] Sorte de -proverbe qui se dit d’ordinaire en mauvaise part, & qui veut dire , suivre les méchantes coutumes de ceux de qui nous sommes nez. 0 Voïez Mr. Ménage dans ses Etimologies, qui dérive race de radix, radice , & non de radius , comme Mr Guiet le prétend, ni de ratio , selon Mr de Case- neuve. RACHALANDER» v. a. [ Emptores revocare.’} Redonner des chalans, f Rachalander une boutique.) Se rachalander , v. r. {Emptorum frequentiam re- ducerel] Recouvrer des chalans qu’on avoit perdus ou «n recouvrer d’autreS. (Dés qu’on est une fois décrié, on a bien de la peine à se rachalander.) RACHAT,/ m. [ Redbibitio. ] Terme de Prati. que & de Coutume. Recouvrement d’une chose qu’on a vendue, en parant le prix que cette chose à coûté. Remboursement du sort principal d’une rente constituée. (Vendre à faculté de rachat.) 0 RACHAT. Ce terme dans la Jurisprudence Costumière , est sinonitne avec relief, & ont la même origine ; & pour l’entendre, il faut présuposer que dans la plus grande partie des Coutumes du Roïaume, c’est une maxime, que le fief retombe dans la main du Seigneur suzerain par la mort du vassal, dont ie successeur est oblige de le relever pour pouvoir en prendre possession, & pour en obtenir comme une nouvelle investiture , les mêmes Coûtumes ont fixé un droit certain; c’est ce que nous aprenons particulièrement de Coquille dans Ion Institution Coutumière, où il dit que le mot àe rachat dépend de la trés-ancienne usance des fiefs, selon laquelle les fiefs en plusieurs cas retournent au Seigneur féodal, comme fi le vassal meuroit fans entans, ou s’il alienoit fans cûngé de son Seigneur féodal ; & pour racheter cette réversion, fut par composition générale des Etats de chacune Province , a cordé àux Seigneurs le revenu d’un an, qui s’apelle rachat ; en maints lieux, on l’apelle droit de relief, comme si de nouveau on reprenoit, & qu’on relevât le fief étant tombé en caducité par la re- RAC version. Ï 1 y a des Coûtumes qui se servent de çet. te expression , relever sf droitures-son fief comme celle de Valois, art. 68- Dans celle d’Amiens, art 19. rele. ver V í aier droiture. On a plusieurs preuves de l’an- cienneté du rachat, & Galand, dans son Traité du Franc- Aleu, pag. 6ç. araporté un endroit du Roman de Vac. ce , qui contient l’histoire des Ducs de Normandie, & où il est parlé d’un relief présenté à Robert Duc de cette province, lequel consistoit dans un Vase d’orapellé Juste, dont voici la description : Et vous ilieuc un damoisel Une jufie sous son mantel, Mort ert son pere nouvelment. Relever veut son tenement : Sa juste esoit moult bonne £■? chiere f Tout esoit d’or noblement faite , Cil qui la tint la avant traite, A présent au Duc la tendi Li Duc li dis vojire tnerci. Et au Clerc dit, donc Clerc tenez, La jujte est vojfre, recevez. Or oez quelle merveille arriva Du Clerc , qui la juste retint. Et il a soi traire la dut, Eltvndisoi , U st mourut. Ï 1 est fait mention dans les Etablissemens de saint Louis, du rachat dont le prix est fixé au revenu d’une année, qui est apellé les ijsués d’une année dufié. 11 en est encore fait mention dans les assises de Jérusalem, & cependant Brodeau fut la Coútutae de Paris, art. 47. estime que les rachats & les reliefs , n’ont été introduits que long-tems après l’órigine & rétablissement des fiefs, & même après avoir été rendus patrimoniaux & héréditaires en France ; d’où ces sortes de droits font passez en Angleterre. On pourroft encore faire ici plusieurs observations : mais la matière a 'été traitée pat tant de Docteurs , que ce feroit une répétition inutile, dont j’ai cru devoir me dispenser. Rachat abonné. C’est dans la Coutume du Grand Perche, un rachat fixé à un certain prix. Rachat rencontré ,, C’est dans la Coú-,, tuftie de Lodunois, ch. 14. art. ia. & dans celles „ d’Anjou , du Maine & de Poitou , lorsque dans Pan-,» née du rachat, il échoit un autre rachat de certaine „ terre tenue à hommage de la terre qui court en rachat,,, & duquel rachat le Seigneur doit jouir tant que l’an- „ née d u premier rachat durera » ct non plus". Ce font les termes de Ragueau dans son Indice. Cc qui est conforme à la régie 19e. du 4s. livre des Institutes Coûtu- miéres de Loisel, titre 3. conques en ces termes : „Si „ durant l’année du rachapt s’en rencontre un autre „ d’une terre hommagée, qui tombe auffi en rachapt, le „ Seigneur en jouira tant que l’année de son rachapt „ durera : & s’appelle rachapt rencontré “. ($' Grâce de rachat. C’est une convention assez ordinaire , par laquelle Je vendeur stipule, que si dans un certain tems il rend à l’acheteur d’un fond le prix qu’il en a païé, fa vente demeurera résolue, ct leven- detir rentrera dans son fond. 11 faut ici remarquer que fi la grâce n'est point fixée, elle subsiste jusques à trente ans ; & si le tems est convenu , elle subsiste pourtant aussi jusques à trente ans. Si l’acheteur n’a pas eu le foin de la faire apurer & de faire ordonnerque faute par l’acheteur de rembourser le prix dans un tnediocre délai, il en est absolument déchu, le contrat devient put ct simple. Mais ne me blàmera-t-on point de ra porter ici l’endroit des Origines de la Langue Franqoise de Mr Ménage, où fur le mot rachat, il nous aprend quelques circonstances de fa vie, & marque beaucoup d’aigreur contre l'Editeur anonime des Nouvelles Remarques de Mr de Vaugelas. Dans la page 6;. l’Editeur raporte cette Remarque : „ Rachet que dit Mr de Malherbe, ne m« semble pas fi bon que rachat. Certes, je doute même ,, que -viàr fuît bon". L’Editeur a fait cette note:,, Nous disons au Balais, ct rachat Screechet. Je trouve feule- „ ment que le dernier est plus usité, fur tout dans le ,, dilcours public. Rachet , comme plus doux, se dit,, plus communément dans la conversation par les -, Dames, ct par ceux qui n’ont pas un grand com- „ merce avec les gens de Justice & les gens d’afaires, ,, qui disent tous plus ordinairement, rachat, qm,, est le mot ancien , comme Nicod nous aprend,,, des délicats aiant introduit depuis rachet, qui de- „ vroit pourtant l’emporter, puisqu’on dit racheter ; ,. mais Lissage se moque bien souvent de toutes ces,, reste m- RAC ,, rèfíetoblances & de toutes ces analogies Ï1 n’y a sien en cela qui puisse blesser Mr. Ménage ; mais il n’en est pas de même dela Préface , où l’Auteur a atecté de raconter le diférend de Mr. Ménagé & du P. Bouhours, dont le mot Parallèle fut le sujet, & de marquer les termes injurieux à la mémoire de Mr de Vaugelas, dont Je premier s’est servi, & qui ne conviennent ni à Mr de Vaugelas , ni à Mr Ménage. II n’en faloit pas tant pour îe mettre en colere. Voici comme il répond à l’Ano- nime quatre années aprés la publication des Nouvelles Remarques ; il ra porte d’abord toute la note de l’Edi- tcur, & ii ajoíite : ,, Cet Avocat lans nom fait bien voir 5, ici qu’il est véritablement un Avocat fans nom, & s, qu’iln’a jamais fréquenté le Barreau. En rója. je fus ,, reçu Avocat à Angers, qui est le lieu de de ma naissan- -, ce, & j’y plaidai ma prémiére Cause contre Mr Ay* ,, rault mon cousin germain , qui fut depuis Conseiller 5 , au Parlement de Bretagne,& Commissaire de la Cham- „ bte de Justice , & oú j'ai plaidé pendant plusieurs ,, années. En 16;4. le Passement de Paris alla tenir -, les Grands jours à Poitiers, où je plaidai aussi « & c’est », ce qui a fait dire à Mr Costar que comme il y avoit „ des Sergens exploitans par tout le Royaume, j’étois „ un Avocat plaidant par tout le Royaume ; & c’est à ,, cause de cela même que le P. Jacob Carme m’a dit -, dans une de fes Lettres des Livres nouveaux qu’ii m’a „ fait l’honneur de m’adrelTer, Atque erit in triplici -, par tibi nemosoro. stlais je n'ai jamais oùi dire rachets ,, ni au Préiidial d’Ângers , ni au Préíidial de Poitiers, », ni au Parlement de Paris ; & ce qu’a écrit notre Avo* î, catanonime, qu’on dit au Palais & racbet , & rachats ,, est absolument faux; & il est tres-faux aussi que les „ Dames disent plus communément rachet qu e rachat, -, Je doute même que Malherbe l'ait dit : & je mets en tait qu’il y a plus de cent ans que l’on dit ra. „ chat , &c. {f RACHAT âes Autels. L’Histoire nous aprend que dans ces lìedes malheureux où la barbarie anéantit tes Joix civiles , ainsi que les Eclésiastiques, le respect dà aux. Eglises & aux Autels fut entièrement viole & les temples, ainsi que les biens qui en dépendoient, furent confondus avec ies choses purement temporelles, ilsentrerent dans le commerce , & devinrent héréditaires : tout ce qu’un reste de Religion pût o perer, fut d’inspiver à quelques personnes la distinction de l’Eglife L de l’Autel ; ensorte que les fonds dépendans de l’E» glife furent regardez comme un bien temporel, qui pouvoitêtre polfedé par les laïques, ou par vente , par échange, ou par bail à ferme ; & quant à l’Autel, on en donnoit le foin à un Prêtre , â qui l’on fourniffoit uoe médiocre subsistance pour faire le Service ; ces sortes de Prêtres étoient apellez perjona, & quelquefois par une profanation tout-à-fait criminelle , les Autels étoient donnez à des personnes qui n’aiant pas le caractère de Prêtrise metoient un Prêtre en leur place, comme nous l’aprenons de Jean de Saiisbery, qui ne pouvoit pas louftir que ceux qui ne servoientpas à f Autel, vécussent de l’Autel. Les Evêques, dans ces ceins malheureux, se reservoient le droit de pourvoir aux Autels, quand le Vicaire venoit à mourir , comme il est porté dans le septième Canon du Concile de Glermont, de l’an 1094. Mais ce qui augmenta l’abus , fut l’avidité des Moines, qui foufroient avec peine d’être privez de ('administration des Autels; ils les retirerént des mains des Evêques, moïennant une certaine somme que l’on apella pour lors le rachat des Autels , redemptio Ata. rium. Et ce fut le sujet de la plainte d’ives de Chartres, dans la letre qu’il écrivit au Pape Urbain , où il îui marque qu’il volt tous les jours des choses qui lui font une extrême peine , & particulièrement dans l’adminittra tion des Autels. Geoffroy, Abe de Vendôme , hb. 1. Epiji. 27. déploré de même fêtât malheureux où étoient les Autels & le Service divin dans son îems. RACHAT. alicujus vendit* per emptionem revoca. fie. j Délivrance en païant quelque ranqon. f Faire ie rachat des captifs) Quelques-uns disent Racbet, mais il n’est pas encore établi. J. C. a répandu son sang pour le rachat des hommes. {Redemptio.} RACHE » f. f. [Vick faces.'} Terme de Marine. La tache de goudron, c’est la lie du méchant goudron, i Acad. fr. R ACHETABLE, adj. {Redimendus.} Qui se peut tacheter. (.Fonds achetable. Rentes racbetables de sept RAC 279 «niions. Paint, Assemblée du Clergé. Le Domaine du Roi est «-achetable à perpétuité.) RACHETER , v. a. [Rem alienatam iteràm emere ] Retirer une chose qu’on a vendue & en paierie prix. (Racheter une rente, une terre, &c.) * RACHETER. £Iterum redim^re.} Donner quelque chose pour s exemter de quelque malheur, ou pour en exemter quelque autre. Tirer de la puissance & dela domination de quelqu’un en donnant de Purgent, ou quelqu’autre chose. (Le Seigneur a racheté son peuple de la servitude. Amaut. 11 racheta sa vie , de la perte de son autorité. Ablancourt , Tacite , Vie d’Agri. cola. Laissez lui racheter d’un tel prix sa coupable moitié. Racine , Iphigenie, Elle a racheté Ion galand de U corde.) RACHETER. £Rejìuurare , reaptare.} Parmi les ouvriers signifie regagner, retrouver. (Qpatre pendentifs rachètent une voûte fpherique.) RACHETER. {Pradti pfetium iteratò solvere.} Terme de Palais. Païer un droit de rachat dà au Seigneur en certains cas. (II faut racheter fa terre en telles mutations.) RACINAGE, / m. Terme de Teinture. C’est le bouillon ou la décoction de la racine , écorce & feuille de noïer, & coque de noix pour teindre en fauve. RACINAL, f- m. {Radicale tignum. Terme d’/fr. chiteàure, Piecc de bois dans laquelle est encastrée la crapaudine du seuil d’une porte d’écluse. * RACINAUX, f m. pi. {Transversal trabespalk bajìum impojìt*.} Terme á 1 Architecture. Pieces de bois qui s’apiiquent lur des pilotis, fur lesquels on élevé des fondemens, des piles de ponts, &c. II y a encore des racinuux d’écurie , racmuux de grue. RACINE ìs f £ Radix.} Partie chevelue de quelque arbre, d'herbe, ou de fleur qui entre dans la terre & par laquelle les arbres & les plantes tirent leur nourriture. (Racinepetite, menue, déliée, grosse, épaisse, chevelue, profonde, ronde. Prendre racine. Ablunc. Marmol. Jettes de profondes racines. Ablanc. Marmol. Racine qui se porte bien. Rafraîchir une racine. La Quint. jur. Fr. t. r. II y a des racines bonnes à manges comme sont les racines île persil, de panais, de carotes, de sallifix, &c. II y a aussi des racines médecinases,comme son la rubarbe , & autres. Je cannois la vertu de la moindre racine, Je fuis , n’en doutez point, Dieu de la médecin*. Daphné courait plus fort à ce nom Ji fatal. I)e Pontenelle.) On dit en Termes de Palais , des fruits pendants paf les racines. [FruUus penduli. J C’est-à-dire qu’on n’a pas encore cueillis, qui n’ont pas encore été coupez. è RACINE de St. Helene. Plante aromatique qu’on nous aporte de la Floride en Amerique où elle naît. Elie est propre pour les douleurs d’dfomac, pour la colique néfrétique , pour la difficulté d’uriner. î RACINE de S. Charles. Son écorce est sodorifique» elle fortifie l’estomac & les gencives. RACINE de Rhodes. £Rhodia radix J Elle croît sor les Alpes aux lieux ombrageux. Elle contient beaucoup d’huile en partie exaltée & du sel essentiel Este résolutive, anodine, propre pour apaiser les douleurs de tête étant pulvérisée grossièrement. humectée d’utl peu de vinaigre & appliquée lur le front. H RACINE vierge, ou seau de Notre-Dame. £ Tarn . nus.} II y en a de deux especes. I.’une & l'autre croise sent dans les bois. Elles contiennent beaucoup de sel essentiel, d’huile & de phlegme. Leurs racines sont fort apéritives & un peu purgatives. Elles évacuent la pituite, les férositez, elles provoquent les mois aux femmes & les urines, étant prises en poudre ou en déco cf on. RACINE. {Cortex .] Terme de Teinturier. f| se dit de l’ecorce de noter, de la feûille & de la coque des noix, dont 011 sc sert pour faire de la couleur fauve. * RACINE. Ce mot se dit au figuré de plusieurs choses. Exemples. (Les racines des sciences font arneres, mais les fruits en font doux. Ablancourt, Apo. C’est-à- dire , le commencement des sciences.) * (.'ivrognerie est la racine de tous les maux. Mau* croix. Homélies. C’est-à-dire, i’ivrognerie est la source de tous ìes maux. ,, . * Cette tempête ne lert qu a atermir notre amitié- & à lui faire jetter dc plus profondes racines. Ab,an* court. 2go RAC tourt , Lue. [AltìJJìmis figìt radicibus .] C’est-à-dire, qu’a rendre noire ainicie pius terme & plus durable» * Auteur grave quia inventé l’opiuion, l'expole au monde, & la jette comme une semence pour prendre rame., Pascal , L 6 . C’est-à-dire, pour s’etablir dans le monde. , „ , . _ ... * RACINE. [Radix ] Terme de Medecine. On dit les racines des dent 3 , du poil, la racine du,cancer , d’un cor au pié, &c. On dit aulli qu’il faut tâcher dé guérir un mal avant qu’il ait pris racine. * RACINE, ( Radix , voxprnnaria.) Terme de Grammaires, 11 se dit des mots primitifs, d’où les autres font dérivez & composez. (La langue Hébraïque & la langue Greque s’aprennent par Racines. 11 y a des Dictionnaires qui íent faits par ordre Alphabétique, & tfautr.es par Racines, comme celui de l’Académie Françoise.) RACINE quarrée. s Radìx quadrata fer seipjam de. ducía. j ferme d’ Aritmétique. C’est un nombre qui étant multiplié par soi-méme, produit un autre nombre, qu’on a pelle nombre quarré. (La racine quarrée de 16. est 4. parce que quatre fois quatre font 16. Tirer, ou extraire la racine quarrée de tout nombre proposé.) On parle aulli en Algèbre des racines cubiques, des racines quarrées, lursolides, ôte. RACINE, [strttï.'.v.] Terme de Cbìromance. C’est Tendron où les doigts le joignent à la paume de la main. (On considéré dans la Ciiiromance la racine des doigts. Voïez la Cbìromance de Trieuse.)^ RACINER , i’. r. [Ra-ticibus inficere. Ternie de Teinturier. C est teindre avec des racines. RACLE , f m - [Radulafhnplex velbiceps .] Terme de Mer. Petit ferrement coupant emmanché de bois, avec lequel on gratte les vaisseaux pour les tenir propres. 11 y en a de doubles. R'.CLER, *• n- [Radere. ] Emporter un peu de la superficie d’une choie. (11 (emble que cela me racle les boïaux. Racler du cuir, du parchemin, de la corne de cerf, &c.) RACLER. [Radula fricare.) Hausser & abaisser Panneau de la racloire de quelque porte contre la racloire même, atìn que cela salle du bruit & oblige les gens du logis à venir à la porte. (11 faut racler tort afin qu’on entende. RACLER 0» couper. [Radula eradere.) Terme de Mesureur de grains. L’un & l’autre lé dit , mais couper est plus usité. C’est passer la racloire fur une mesure de blé, ou d’autre grain , lorsque la mesure est pleine. (La mesure est pleine , raclez, ou plûtôt coapea.) RACLER le bo'iau. {Inconcinnè fidibus canere.] C’est jnal jouer du violon ou d’un autre instrument à cordes. On dit aussi r & leur de boiau. H * RACLER, se dit dans le stile bas pour , tout emporter , tout détruire ( Les troupes qui ont passé ici ont tout raclé, fans laisser la moindre chose. f * RACLEE R de guitare e , J] m. [Ingra tus fidìcen. J IVlots burlesques & satiriques pour dire un méchant Joueur de guitarre. (Quels jolis racieurs de guitarre entends je palier là-dehois. S. Amant.') RACLOIR , f m. [ Raduia. J Terme de Doreur fur tranche. C’etì une maniéré de marteau à deux points, dont le doreur ratifie - la tranche & les bouts des Livres avant que ks dorer. Les doreurs prononcent un raclai (Donnez moi mon racìoir.) RACLOIR , f m. [Radula.) Terme d ’Imprimeur en taille douce. C’est un instrument d’acier pour grater & éfacer fur les planches de cuivre ce qu’il y a à grater, ou éfacer. Les Imprimeurs en taille douce prononcent raclai. (Mon racloir est rompu.) RACLOIRE , f f. Racloir , f. m. L’un & l’autre se dit. Les Jcrruriers disent un racloir , & prononcent rucloi : mais comme force gens du monde qui parlent bien , disent & écrivent une racloire avec un e final ; j’aimerois mieux faste racloire , féminin que masculin , fans touufo.s condamner ceux qui avec les gens du métier disent un racloir. La racloire est un fer tortillé gros comme Je pouce ou environ, qui est ataché à de certaines portes, qui donnent fur la rue , & qui est acompagne d’un anneau de fer de même grosseur ou environ avec quoi on touche la racloire afin d’avertir les gens du logis qu ils aient à ouvrir la porte, ou que ceux qui font du logis & qui font dehors aient à rentrer afin de termer la porte. (Atacher une racloire à une porte.) L’Acadeinie écrit racloir. RAC RACLOIRE , s- s. [Radius.) Terme de Mesureur de grains. Tous les mesureurs de grains que j’ai consultez font tous ìe mot de racloire féminin. C’est une sotte île morceau de bois qui est large d’environ trois doigts avec un rebord , & qui sert à couper le blé quand on le mesure sur les ports d.e Paris. (Oonnez-moi ma racloire, que je coupe ce boisseau.) RACLÚRE ,f f. Ramentum.) Ce qu’on enleve, ce qui est emporté, ou qui semble emporté de la superficie de quelque chose. ( Ce sont comme des raclures d* boïaux, Deg. La raclûre des cuir s. Raclure de corne de cerf.) RACOMMODAGE , f m. [Ilefettio, rejìauratio .] Travail ou salaire de celui qui racommode. (11 me saut un écu pour le racommodage de cette tapisserie.) _ RACOMMODEMENT , f m. [Reconciliatio ] Recon- ciliation, renouvellement d’amitié. (II faut faire fan» casse des racommodemens avec ces nouveaux mariez.) RACOMMODER , [Reconcinnare.) Pronon- cez racommode', C’est refaire , & rajuster. (Racommo. der un habit, une chemise, un rabat, une cravate, &c.) * RACOMMODER. [Componere aversos arnicas. ] R?, mettre ensemble des personnes brouillées. (Jelésai à la finracommodez. ) * Se racommoder , v. r. [Redire in gratiam-] Se re. concilier, se remettre bien avec quelqu’un. (Quand la guerre est entre deux amans, le dépit doit céder an plaisir de se racommoder. Cbarleval. Les fils se pour- ront racommoder avec les peres , & toi tu demeureras dans la nasse. Molière , Fourb. de Scap. a. RACOMMODEUR,).’ m. [Rejeflor, ixterpolator .] Celui qui racommode les choses. RACONTER, v. a. [Narrare.) Faire un récit de CS qui s’est passe. Dire une chose qui s’est faite. (Dire. Ra- conter des sotiscs avec gravité. Abl. Pour raconter ce sujet à notre avantage , il ne le faut que raconter fidèlement. Sarajìn, Poe f.) RACONTEUR, f. m. [Narraior.) Ce mot ne se dit pas seul, & même il ne se dit guerre. 11 pourroit pat íèr en riant & dans la conversation , mais on croît qu’en écrivant il auroit de la peine à echaper. (Les raconteurs de leurs procès font fatiguans.) RACORDER , v. a. [Aptare iterùm JSdes aà can- centum.) 11 se dit proprement des Injhumens de Musique. C’est remettre les cordes dans l’état où elles doi- vent être. (Racordcr un lut.) * RACORDER. [In gratiam reducere.) Remettre bien ensemble des personnes brouillées, Racommoder. (Les Amans se racordent facilement. ) RACORNI, Racornie , adj. [Replicatus J Retiré , replié. (Couverture de livre racornie. Chair racornie. On dit aussi un concombre racorni, c’est.a dite, qui au lieu de venir tout droit, se replie en arc.) RACORNIR , v. a. [Indurare.) Faire qu’une chose se retire & se roule en façon de corne, t Le feu racornit le parchemin, le cuir &c.) * Se racornir , v. v. [Durescï-e.) Se retirer & se rouler en façon de corne. (La couvertute de» L ; vres & les souliers se racornissent quand on les tient trop près du feu. La viande dure sc racornit dans le pot & à la broche. RACOUPLER, v. a. [Iterato jungere.) Remettre ensemble les choses qui avoient été accouplées. i,Racou- pler des lévriers pour les ramener en lesse. Racoupler les bœufs à la charuë.) RACOURCI, racourcie , adj. [Contra&us , minutui.) Rendu plus court, Diminué. Qui n’est pas fi grand qu’il étoit. (Les jours font de moitié racourcis. Vo:t pois. Pousser a bras racourcis i (c’ett-à-dire, de toute fa force. [Totis vinbus.) í RACOURCI, f m. Terme de Peinture. On le dit d’une certaine maniéré de peindre, par laquelle toute» les parties d’une figure, fans avoir fur le tableau leur grandeur proportionnelle, paroissent pourtant l avoir. çPeindre en racourci. Ce peintre entend bien les ra* courcis.) RACOURCIR , v. a. [Curtare ,suecidere.) Rendre plus court. Acourcir. (Racourcir un baudrier, un manteau . une jupe, &cD RACOURCIR, v. a. [Crntrahere , breviare) II est quelquefois figuré & signifie abréger. Faire moins durer. (Quelque D-mon envieux a racourcir notre félicité pat le retranchement de nos jours. Abl. I.uc. t. 2. Tout tend à racov ~ir notre bonheur dans ce monde ) RAC 0 UR* RAD RACOURCIR. [Çontmhere] Terme Je Peinture. H fe dit adv. [Radieahter, pttmigina. J RAD 2$£ Terme de Philosophie. C’est-à-dire delà nature & dan* son principe. (L’homme a radicalement la faculté d< raisonner <& de rire.) R AD1CATION, j', f. [RadioatioJ Terme de Pbijìqur. Action par laquelle les plantes poussent des racines. (Examiner la radication îles plantes.) ,,t RADICULE. J. {. Terme de R't.inique. C’est une petite pointe qui est dans toutes les grai- nés, & qui est le commencement de la racine. On l’a découverte par lemoïen du Microscope. RADIE', radiée , adj. [Radiaíuí.j Terme de Botanique. Ce nom a été donné à des fleurs rondes, dons les feuilles sont disposées en maniéré de rasons. On dit en termes de Blason, tses Comonncs radiée*. RADIER, s. m. £AJjeres radiait J Ternie de M eu f», pe sont les deux derniers madriers qui joignent l’intrade de proue, & l’issade de poupe. RADIEUX, radieuse, adj. [ Radiòsuí, emienns. ]} Ce mot est un peu vieux & n’ett en ulage qu’en poésie. 11 veut dire éclatant. Brillant. Qui répand de* ratons. (Le Soleil confus dans les cieux, en le votantz lì radieux , pensa retourner en arriére. Voiture , pof- Jies. La Lune luit d’un éclat moins radieux. Voiture „ poejìes.) {$ Mr. Ménage a dit dans ses Observations sor îe» Poésies de Malherbe: „ Pour le mot de radieux , il est „ toujours de la belle poésie; & ceux qui font aujourd’hui difìculté de s’en servir, sonî ou trop dé® „ licats, où sont dégoûtez. " RADIOMETRE,/ m. [RndiometrumJ Instru. ment géométrique & astronomique, qui sert à observer les hauteurs ; on l’apelle autrement bâton de Jacob, ou raton Ajironomtque. RADOIK & , f. f. [Radulatorìum J Voïez Rac’oire „ Terme de Mesureur de grains ,• car c’est la même chose. t RADOTER , v. st. [Dellrare , dijìperej Extra- vaguer. Ne (avoir ce qu’on dit ni te qu’on tait. N’a- voir plus guère de sens, à cause que Pelprit a b,lissé. Erre fou en quelque faqou, (II est fi vieux qu’i! ra* ■dote. La bonne femme commence à radoter. Je croi* que le monde radote. Gombaut , Epi. Sacs Ai litote, le bon sens radote.) 0 RADOTER. Mr. de la Mothe le Vayer dit dan» son jugement fl Hérodote, que Cssaobon a ctu que le» histoires fabuleuses d'Herodote avoient donné lieu à former le mot radonr , prenant pour une étimologie ce qui n'est vraisemblablement qu’uue souple allusion. Radoter a été fait de readdubitare s ce qui le confirme , c’est la Remarque de Mr. Ménage, qui ruporte que le petit p> uple du Bseseis & de Normandie, dií encore aucouid’hui , lì redoute, pour II radote. RADOTeRIE , f. f. [DeUriuui J Extravagance qu’oû dit en radotant. Ce mot n’a d’usage que dans la conversation. (ii ne dit que des radotirks. A.ad. /V.) f RADOTEUR, f. m. [Déliras sommons J Celui qui radote. Sotte de vieux fantasque. VieuX bourru. (C’est un vieux radoteur qui fait enrager tout le monde.) f RADOTEUSE , f. f. [Dspiem ] Celle qui radote. (C’elt une radoteuse & puis c elt tout ) RADOUB, f m- [Navium refeflloj Terme d* M‘r. Travail qu’on fait pour réparer ce qu’il y a d* brise dans tin vaisseau, y emploiunt des ais, fies plaques de plomb, des etoupes, du brai, & tout ce qui peut ariéttr les voies d’eau. (' aitleariX qui vont prendre le radoub. Donner 1e radoub à un vaisseau.) Quelques uns d'sent radoubement RADOUBER £ Navem refuere. J Terme de Mer, Donner le radoub à un vaisseau. (Les catfateurs ra. daubent les vaisseaux, ou plûtôt donnent leraaauO aux Vaisseaux.) RADOUBEUR, f m. [Navtum refcft-trj Ouvrier qui radoube. On l’apelle ordinairement Veajutcur. RADOUCIR, v- «. £ Mitigure , temperare. ] A, douctT d-e nouveau. (II faut radoucir cela.) " RADOLOIR [Len/re, •manjueíacerej Rendre plu* doux, p'us rraitable. Rendre moins farouche. Rendre moins fier. Rendre moins cruel, moins colère. (Ils ne verront rien auptès de vous qui leur puisse radoucir, ou rabaisser le cœur. Voiture, lettre. 4 , 1 . Ri e r» ne le peut radoucir pour moi qu’un bisser de vorre part. l.e Comte de Uujji. U te dira d’.ihord, en nui ou. cijjunt fa voix , eft-ce ('oracle d’Apoison qui vous » envoie ici. Ablancouri, Luc. Tome liL N ra £t 282 RAF Et fis roulement d’yeux, es fin ton radouci N'imposent qu’à det gens qui ne Jont point d’ici. Mol.) * Se radoucir , ». r. [ferocia corda ponere.} Prendre un air plus doux que celui qu’on avoir. Prendre un air moins scvere. Se modérer. Devenir plus doux, & plus traitable qu’on n’étoic. (Elles se radoucirent a ces paroles. Scaron , Nouvelles. Comine il te radoucit ! Molière, Tartufe. Le Prélat radouci veut se lever de table. DeJ’preaux , Lutrin. Un esprit né sans fard, fans baffe complaisance Fuit ce ton radouci que prend la médisance. Desp.) On dit aullì que le tems se radoucit. RADOUCISSEMENT , s m. [Mitigatio.J L action de radoucir au propre. (Le radoucissement d un métal.) * RADOUCISSEMENT. [Levatio , levamen.} . Diminution de la violence d’une passion. (Ce Conseil avortera du radoucissement à sa colere. Son radoucissement envers elle est surprenant.) R ADRESSE, s J- [Semita transversal Petit chemin de traverse qui aboutit à un grand chemin ; on doute de i’uíàge de ce mot, jenel’ai trouvé que dans Furetiére. SE RAFAISSER , v. r. [Deprimi.} S’afaiffer derechef. Voïez s ’Afaijjer. RAFALE, s rn. [EluHati è vallibus venti impetus.} Terme de Mer. C’ett un coup de vent qui soufled’en- tre des montagnes & qui rompt souvent hs voiles & les mâts d’un Navire qui se trouve près des côtes. Qzan. DiH. Matb. On l’apelle aussi Rasais. (§ RAFER, de rapere, d’où les Italiens ont aussi fait rasa, c’est-à-dire, rase, qui signifie ce serment crochu que les Latins ont apellé Harpago. Ménage. RAFERMIR, v. a. [Corroborare, jìrmare.} Rendre plus ferme, plus stable. (Le monde ne fera plus agite comme il étui t, le Seigneur est venu le raser- tnir. Port.Roial. Rafermir un chapeau. Terme de Chapelier .) * RAFERMIR. [Stabilise, confirmare.} Rassurer. (Cet accident eût mis du désordre parmi les troupes, si on ne les eût rafermies. Sarafin.) f * Se rafermir, v. n. p. Devenir plus ferme, plus Hable. (Ma santé se rasermit, mes jambes sc rafer- missent. Sa faveur à la Cour se rasermit. Les troupes épouvantées commencent à se rafermir.) RAFERMISSEMENT , f. m. [ Firmitudo, confirmatio.} Nouvel afermissement, tant au propre qu’au figuré. Voïez Afermissement. f RAFFES , f f Ce sont les rognures des peaux que les Tanneurs & Mégissiers ont préparées, ou que les divers Ouvriers qui travaillent en cuir ont débitées. ‘ RAFFES de verre. C’est ce qu’on nomme ordinal- renient du groisil. \ RAFINAGE, f m. [Saccari coftura.} Ce mot se dit entre épiciers de Paris en parlant de sucre. C’est Faction de rafiner le sucre & de rendre le sucre plus fin & plus blanc. II signifie aussi sucre rasné de Rouen, ou d’ailleurs. (Donnez moi du rafinage de Rouen. Combien vend-on le rafinage de Rouen. Ce sucre est du Rafinage de Rouen.) RAFINE' , rafinée , adj. [Excocltu , purgatm .] Rendu plus fin. (Sucre rafiné. Poudre rafinée.) * RAFINE' , rafinée. [ Versutus , asîutus , tallidus. J Subtil. Fin. Délicat. (Catholique rafiné. Main, poésies.') * RAFINE' , f m. [Péritas , expeditus. j Qui est entendu en quelque chose. (La troupe des rajìnez nous releve & nous ravale. Main. poésies.') RAFINE' , f m. [Ajìutus.'} Adroit. Fifl. Rusé. (C’est un rafiné.) RAFINEMENT , f m. [Expurgatio , cultus.} Qualité qui rend une chose plus fine. Ce mot de rafinement n est pas (i usité au propre qu’au.tìguré. (Le Commissaire de 1 artillerie doit savoir le rafinement & la bonté de la poudre Davel.) . * RA.HNEMENT [Nwiia suhtìlitiu.} Maniéré d’a- £ lr lubtile, fine, délicate, & en quelque sorte nouvelle. Maniéré rafinée. Finesse. (Les rafineniens de la poli- W- í exécuta par un rafinement de prudence un dessein fort capricieux. ’ Scaron, Nouvelles. C’est un ra- anement ridicule. Molière ,) RAF RAFINER, «- [Excoquere, repurgare.} Ce mot se dit en parlant de sucre, & de poudre. C’est rendrí plus fin, Rendre meilleur; f fi [Bajìlicum jaftare.} Terme de feu de dez. Ce sont trois dez qui ont chacun les mêmes points. (Amener rafle.) f * Faire rafle, [Arripere.} C’est prendre. Otes. Ravir. Emporter. RAFLE. [Rete Jinuosum.} Terme à’Oifilier Sc de Pêcheur. Sorte de filet triple ou contremaille pour prendre de petits oiseaux & des poissons. (Tendre la rafle. Pécher avec la rafle. On apelle ce filet rafle parcs qu’étant bien tendu on prend une quantité de poissons. Ruses innocentes, L i. c. ;i.) RAFLE. [Scapus , uvre pes.} 11 signifie aussi le petit rameau d’une grape de raisin avec les grains qui y font atachez, & d’où le suc est déja sorti. (Les rafles rendent encore du jus , étant miles fous le pressoir. Ce ne sont plus que des rafles.) t * RAFLER. [Rapere, auferre , corradere.} Enlever, prendre. Ravir. (Dame Atropos raflera ma vie entre les pots. Saint Amant.) tsì Mr. du Cange le dérive du Latin barbare, rie- flare. Voïez-le dans son Glossaire, au mot rufiare. RAFOLIR, v.n. [Stultescere.} Devenir fou. (On lui fait tant de niches qu’on le fait rafolir tous le* jours.) RAFRAICHIR, v. a. Sc quelquefois neutre. (Re- frigerare.} Prononcez rafrécbi. C’est modérer la cha- leur. Faire devenir plus frais. (Rafraîchir les entrailles. Molière. Le Zephire rafraîchit ces lieux. Sa- rajìn poésies. Faire rafraîchir du vin. Ces lieux où l’on sc promen* font rafraîchis par l’aile du Zéphire. Vous irez rafraîchir par vos trésors liquides Des arbres éternels les racines arides. Abé Régnier.) f RAFRAICHIR le sang. C’est le rendre plus cal* me. (Le sommeil rafraîchit plus le sang que tous le» remedes.) T * RAFRAICHIR le sang, se dit dans le ftiie fami* . r .^, es c h°les qui font plaisir, qui donnent de la tran* quilité. (Cette bonne nouvelle lui a fort rafraîchi lí sang.) fi ' RAFRAICHIR un tableau, c’est lui rendre la VI- vacité des couleurs, en le nettoiant & le vernissant» í * RAFRAICHIR une tapisserie , c’est la refaire aux endroits où elle est gâtée, & y repasser quelque* couleurs. RAFRAICHIR. [ Resrigerare. ) Terme de Canonkr- Lest boucher la lumière du canon en nietanc del’eatí dans la volée, la levant un peu, & abaissant la culasse* C est aussi métré du vinaigre & de Peau dar.s la voles du canon , ou c’est enveloper la piéce avec des toi* Ions de mouton, en sorte que la laine touche la pi® 9 ce» (Qn rafraîchit k canon lorsqu’il » tiré.) * * RA’ i# zf ; 11) I. «l’-. RAF r RAFRAICHIR. [Rei aiicujus nîtinorimi remvMFe.) Ce mot se dit en parlant de mémoire. C’est repasser, revoir une chose qu’on a aprise il y a quelque tems. (Cela me rafraîchit la mémoire de mon cher ami. Ablancourt.) £§ Mr. Patru a dit dans son Plaidoïé pourlesMa- thurins : Et four cela trouvez bon , MeJJìeurs , que je vous en rafraîchisse la mémoire. Cependant cette locution me paroìt bien baffe, & je ne puis m’y acoûtu- mer, fi ce n’est dans le discours familier. * RAFRAICHIR. [Vires vesumeoe.) Terme de Guerre. C’est faire prendre du repos. Retàire. Remetre du travail & de la fatigue qu’on a souferts. (C’étoit un Pais propre pour rafraîchir les troupes. Vaug. Quint. I. y. Faire rafraîchir la ilote. Abl. Mannols) * RAFRAICHIR. [Extrema cafillorum tondere.) Terme de Barbier & de Tailleur. Couper tant soit peu des extrémité? d’une chose. (Rafraîchir les cheveux, Rafraîchir un manteau. Se faire rafraîchir les cheveux.) * RAFRAICHIR, v, a. [Extrema radicisfcare.) Terme de jardinier. II se dit des racines des arbres. C’est couper un peu de l’extremité d’une racine, pour ôter ce qui pouvoit s’être séché ou rompu. (Rafraîchir une racine.) Se rufraiebir, v, r. [Refrigefcere , resrigerari.) Modérer la chaleur qu’on a. Faire devenir plus frais. (Se rafraîchir les entrailles.) t Se rafraîchir, signifie ansli, boire un coup, faire colation. (Venez vous rafraîchir chez moi.) * Se rafraîchir la mémoire de quelque chose. Ablancourt. [Aliquid in memoriam revocare,) * II n’avoit aucun corps de réservé pour se rafraîchir. Ablancourt, Tac. His. I. 2. * Le vent se rafraîchit. [ Augetur ventus.) Terme de Mer. C’est-à dire , augmente fa force. Mais quand on ne parle point de mer, le vent se rafraîchit, c’est- à-dire, devient plus frais. [Ventus refrigescit.) RAFRAICHISSAIT , ante , adj. [Réfrigérons, vestige - ratonus.) Qui rafraîchit, qui a la vertu de rafraîchir. (Tisonne rafraîchissante. La laitue & l’oseille font des herbes rafraîchissantes.') RAFRAICHISSEMENT , f m. (Refrigeratio.) Modération de chaleur. (Les parties Orientales de l’Afri- que reqoivent du rasraicbisthnent par le vent qui leur vient de l’Ocean Periïque. Rohault , Phisque , t. 2. Le rafraîchissement des pièces de canon emporte du tems. Davel.) * RAFRAICHISSEMENT. (Commeatiu.) Ce mot se dit d’ordinaire en parlant de trous es (st de soldats. C’est tout ce qui sert à réparer les forces, comme pain, vin, viande, &c. (Elles leur portent du rasraicbisthnent dans le combat. Ablancourt, Tac. Germanie. Liv. 1. Fournir des rafraichiffemensaux ennemis. Ablancourt, Hiji. t. 3. c. 4. Prendre du rafraîchissement. Vaug. Quint. I. 7. c. ;.) On envoie du rafraîchissement à quelques personnes de mérité pour les régaler. 11 consiste ordinairement à un présent de fruits, de confitures & de liqueurs, propres à rafraîchir la bouche. f RAFRAICHI SSOIR , /. m. Terme de Sucrerie. On nomme ainsi aux Isles franqoifes de l’Amérique, un vaisseau de cuivre rouge, dans lequel les Ouvriers en sucre mettent rafraîchir les sirops qu’on a travaillez en sucre blanc. * RAGAILLARDIR, V. a. [ ExhUarare .] Mot burlesque pour dire réjouir. (Cela ragaillardit tout-à- fait mes vieux ans. Molière. Entre gens qui s’aitnent, cinq ou six coups de bâton ne font que ragaillardir l’amitié. Mol. Cela ragaillardit tout-à-fait mes vieux jours, Et je me ressouviens de mes jeunes amours. Mol.) RAGAS , f m. [ Alluvies.) Mot qui n’est en usage que dans quelques Provinces, pour signifier une inondation. Acad. Fr, RAGE, f f [ Rabies.) Maladie qui vient aux chiens, & qui leur faisant perdre la connoiffance les pousse à mordre indisoremment tout le monde. La rage estausti une maladie qui se forme dans le sang, & qui rend furieux Ranimai qui en est ateint, comme chien, loup, chat. (Rage courante, tombante, endormie, éflanquée. Sulnove. Guérir de la rage.) RAGE. [Rabies.) Maladie qui vient aux hommes pour avoir été mordus d’un animal enragé. (Ceux qui RAG 28Z font mordus d’un chien enragé, donnent la rage. Ab- lancourt, Luc. tome 3.) * RAGE. (Puror , cjstanata pajjìo.) Grande colere. Fureur. (Leur rage fe tourna en pitié. Ablancourt , Tac. Hiji. L g. c. 4. De rage il me donna un fouis et. Ablancourt, Lucien, Etre saisi de fureur & de rage. Ablancourt, Tac. Arr. I, 14. c. j. Ces nouvelles portèrent la rage dans son cœur. Le Comte de Rusti. Une femme qui a fait des avances, s’en souvient avec rage, si elle n’a pas sujet de s’en souvenir avec plaisir. Saint Real.) fjf Malherbe, dans la Consolation à Caritée: Et dit aux astres innocens Tout ce que fait dire le rage Quand elle est maîtresse des fins, f * RAGE. [ Probrofa difleria. ] Injure. Pouilles. Outrage. (Faire rage contre une perlònne. Scaron. Dire rage contre quelcun. Voiture, saisies.) * t RAGE. [Cacoetes.) Efort qu’on fait pour servir quelcun en s’y employant avec chaleur. (11 fait rage des piez de derriere. Voit. lettres.) RAGE. [Devajìatio,) Désordre, violence. (Les soldats ont fait rage dans la ville.) II fait rage. [Furit, Uebachatur.) RAGE. [Mira frastàre.) Se prend aussi quelquefois en bonne part. (Cet Avocat a fait rage pour fa partie.) t RAGOT, st m. [Statura fusil!us.) Petit- (II est fils d’un petit ragot. Scaron, poésies.) t RAGOT j ragote, adj. Court. Petit. (Bâton ragot.) RAGOT, J. m. [Uncus helciarius .] Terme de Cbar- tier. botte de crampon de fer qui est atachéau limon, & ou l’on acroche la chaîne de l’avaloire. (Onaara- che l’un des ragots du limon.) f RAGOT. \Equus bwnili (st cor fuient a statura.) Cheval qui a les jambes courtes, la taille renforcée, & qui est large du côté de la croupe. RAGOTER , v. ». [ ObmuJJare, queritari .) Terme fofuiaire, qui veut dire murmurer auprès de quelcun, de telle sotte que cela l’incommode. Danet. (J’ai une femme qui vient toûjours ragater auprès de moi.) RAGOùs , ou ragoují, J. m. s Condimentum .) L’r ne se prononce pas. C’est un assaisonnement que le Cuisinier fait, qui pique, qui chatouille & réveille sapent. (Un excellent, un bon, un merveilleux, un admirable ragoût. Tous ces ragoûts n’apaifent pas la faim, mais ils nuisent à la santé. Ablancourt, Lucien. Faire un ragoût. 11 nous a servi un ragoût admirable.) jQT Cicéron fe plaint dans la lettre* 5 âe. du ye. livre à ses amis, d’une dissenterie causée par sexcésdes ragoûts qu’il avoit mangez: mais quels ragoûts ? Des champignons, des legunies & toutes sortes d’herbes. Fungos, hetveílas , kcrb.is omnes ita condiunt, ut nihil fostìt este Juavim. Ces herbes si délicates étoienr des cardes de postées, & des mauves ; car(dit-il) moi qui favois bien m’abstenir des murènes & des huîtres, je n’ai pas soû me défendre des cardes de postées, & des mauves: Ita ego qui me ostreis (st murants, facilèabsti. vebam, à beta (st a malva deceftw Jum. f RAGOÛT. [Irritatio.) Plaisir. Divertissement a- gréable, & qui chatouille les sens, l’esorit, ou quelque passion. (Ce sont de beaux morveux pour donner envie de leur peau, •& je voudrois bien savoir quel ragoût il y a à eux. Mol. Av. a. 2. st ç. C’est un grand ragoût pour vous que le bruit. Le Comte de Rujjì. Une pointe de jalousie Est un ragoût de grande utilité. Vil!.) t RAGOUTANT, te, adj. [Gujlum irritant.) Qui donne de l’apetit. (Cette fausse est fort ragoûtante.) f * RAGOUTANT, te ^ adj. Qui donne du désir. Qui réveille quelque passion agréable. (Cette femme n’est guere ragoûtante.) RAGOUTEK , c. acl. [Marcestcenteni stomacbum ex. citare.) Renouvelles l’apetit, le mettre en goût. t^On ne peut ragouter ce malade.) RAGOûTER. (Desidenmu augere.) stu figuré signifie faire naître J’cnvie & le goût. (J’étois rebuté d’en- tendre de mauvais fermons , mais le Pere Alassillon m’a raeouté.) RAGRAFER, «• [ Affibulare .) Agrafer de nouveau. (Ragrafer un corps de iupe.) R A GRANDI R , »• [ Dilatare .] C’est agrandir de nouveau. (Ragrandir une jupe.) Tome Ul. N n * RA- 284 RAJ GREVER. {Aptare, concinnare.J Terme û’Archi, e. C’est après gu’un bâtiment est fait, repasser irteau & le fer fur les paremens des murs, pour RAGRE'ER, ». «. {Cuit Y B cnncinnare.) Terme de Jardinier. 11 fe dit des branches des arbres qui ont été sciées. C’est couper avec la serpette la superficie de cette partie sciée, & comme brûlée par le mouvement de la scie. (11 fout ragréer les parties sciées, parce qu’elles nourriroient autrement, & ne serecouvriroient jamais. Quint. Jard. Fr. I. i.) RAGREER. {Aptare, concimare .] Terme d ’Archi. tellure. ' ~ .. " Je marteau les rendre plus unis. RAGUE', s f {Rudens détritusJ Terme de Marine. C’est un cable qui est gâté, écorché ou coupé. Cela fe dit aussi de tout autre cordage, è RAGUET,/ tu. Sorte de petite morue ver te, KAïAUX, f m*, pi- C Typut, proplafma moneta. rum J Terme de Momie. II se dit des moules , ou canaux, dans lesquels on jette l’or ou l’arçent qu’on fond dans les Monoïes, pour en faire des lingots propres pour tailler des carreaux. R A'E, f- f- {Linea, duFlw.J Prononcez re'e. Sorte de ligne déliée qu’on tire fur le papier. Ligne déliée qu’on fait fur quelque chose que ce soit. (Faire une raie. Tirer une raie.) RAiE. {Sulcut, Jlriga.) Terme d e Laboureur. Sorte de petit chemin creux que fait la charuë iorsqu’on la. fcoure. (Suivre la raie de la charuë ) RAiE. {CapiOorum duHus.) Terme de Coifeufe. Petite séparation qu’on fait des cheveux avec i’eguille lorsqu’on coife. (Raie bien faite.) RAïE. {Radius inter dunes.'] Séparation qui est entre les deux fosses. {Fi, elle a la raie crotée.) R.i’E [Raia .J Sorte de poison de mer, plat, cartilagineux & qui a la queue piquante. (Raie ondée. Raie piquante. Raie lisse. Raie fraîche. Manger un bon plat de raie. Raie bouclée.) RAïER, v, a. [Liturá delere.] Prononcez réié. Faite des raies fur quelque chose qui est écrit. Efacer par plusieurs raies, ou par quelque raie. (II a raie tout ce qu’il avoit écrit. Ratez cela de dessus vos papiers. Moliert ) Cette derniere façon de parler fe dit aussi dans un sens figuré, pour dire. Ne faites point de fond là-dessus. Ne vous y attendez pas. F.t par un dogme faux dam nos jours enfanté, Des devoirs du Chrétien rater la charité. Defpr.) RAïER. Tirer des raies fur une étofe, mais de telle forte qu’il y a r de la proportion, de l’arrangement, & de l’agrément éfctre les raies. (Raier de jaune. Ablan* court , Mar. Raier de blanc. Vcmg. Quint. 1 . ;.) RAÏER. {VeJUgia radiare.’} Ce mot fe dit en parlant de Chase. C’est foire une raie derriere le talon de la bêre. (Raier les voies d’une bête. Sa/nove.) RAïER , ». a. {Stnare.) Ce mot se dit entre Arque, lissiers, en parlant du canon désarmés à feu. C’est une raïure, en forme de vis, dans le canon de Parme à feu , afin que Parme porte plus loin qu’elle ne fait lors que le canon n’est point raie. (Raier une arquebuse, Raier un fusil. Mousquet raïé.) RAÏER {Lac irradiare.) Presser la martimelle pour en tirer du lait qui sort comme de petits raïons. KA.JEUNÍR . »• a - {In jtsventutem rejìituere . ] Faire devenir plus jeune. Donner quelque air de jeunesse. t Son enjouement rajeunit son vieux mari. Sca. rem , Nouvelles. La perruque le rajeunit. Abl.) RAJEUNIR, ». ». {Junioremfieri.) Devenir plus Jeune. Prendre un air de jeune homme. (II semble qu’il rajeunit tous les jours. Mo'iere.) * C’est le moindre de mes soucis, pourvû que je ra. jeumjje en éloquence, & que je captive tout le monde par la douceur & par la force de mon discours. Abhm* court, Lucien, Tome in douze, page 36..C’est-à-dire, pourvû que mon éloquence ait plus de vigueur & de beauté. Avec elle il n’ejl-point de droit qui f éclaircisse, Point de Procès. si vieux qui ne se rajeunisse. Defpr.) * RAJEUNIR, ». n. {Capillos mgricare .2 Ce mot fe dit des cheveux & de la barbe, & il signifie peindre., noircir les cheveux quand ils sont blancs. Noircir la barbe quand elle est blanche. (Un autre se faisoit des lunettes de la peinture dont Voiture rajeunisoit ses cheveux & fo barbe. Sarqjin, pompe funèbre ') * RAJEUNIR, du vin vieux avec du vin nouveau» RAT * RAJEUNIR. {Refecare, venovare. 3 Terme de Jardinier. Renouveller les arbres par la coupe de quel- que branche. (II fout rajeunir les arbres peu à peu.) RAJEUNISSEMENT, f m. {Juvmtutis rejlitutio . ] L’action par laquelle on rajeunit. (Le rajeunissement ne sc foit qu’en aparence. Le rajeunissement d’Eson est fabuleux. Voies les Métamorphosés d'Ovide.) RAÏEURE , ràìùre , f. f. {Stria.) Terme à'As-que. busier. Raie en forme de vis dans le canon d’une arme â feu. (La raïûre foit que Parme à feu porte une fois plus loin qu’elle n’eût porté.) RAÏEURE. {Radiatio.) Changement de couleur fur de l’étofe. C’est aussi un assemblage de pieces de bois fur les croupes d’un comble de charpenterie. RAIFORT, / M - {RaphanusJ C’est une efpecè de rave, & qui a le goût piquant. (Le raifort tout jeune qu’il soit, n’est point bon, & a quelque chose qui déplaît. Quint. Jard. c. i.) j- La racine du raifort est incisive, détersive, ape. ritive, propre pour la jaunisse. -D Grand Raifort. {Rapnamu rujlicanm ] C’est une plante propre pour le scorbut, pour exciter les urine», RAILLER, ». a. {Ridere, nridere, cavilìari.) Moquer. Jouer. (II le railloit de son avarice & de ses débauches. Ablancourt, Tac. biji. I. 2- c. 10. Raillerie vice. Ablancourt. On peut quelquefois railler les défauts du corps & ceux de l’efprit, pourvû touteíoi» qu’ils ne soient que médiocres. Quand on est sage, on ne raille ni les Grands ni ceux qu’il y a danger de railler, ni ses amis , ni un Ordre, ni une Nation. Thiers, des jeux, ch. 4. D y a de la cruauté à railles les misérables.) {$ Mr. Ménagé a remarqué dans son AntiBaillet, tome 1. page 41. que l’on peut blâmer une personne après fa mort, mais qu’on ne peut la railler. Et quand on dit qu’un tel a été railli par un tel, cela emporte la présence du railleur ç5* du raillé, o* du moins t’exif.en. ce de L un £5? de l’autre en même tems. RAILLER. {Jocuri.) Ce v, rbe est souvent une ma* niére de verbeneutre & alors il lignifie p'aj'unstr. S’ex- pruner d’un air plaisant & enjoué. Faire des railleries. Se divertir par des railleries. (Dans les triomphes, les soldats ont accoutumé de railler avec leur Empereur. Foit. 1 . 66 . Lucien raille plaisamment. Ablans. Railler fans être médisant, Flaire Jans faire le planant, Garder son même caraéíere, Vieillard, Epoux, galant & Pere, Cejl le mente du Héros , Que je te peins en peu de mots. Rec. de Bouh.) Se railler, ». r. {IUudere, irridere ) Se rire de quel- que chose, ou de quelque personne, s’en moquer, n’en faire nul cas, ne s’en pas soucier. (11 n’y a pas grand mal à se railler des socs du siecle.) íf Perion dérive railler de ridere. RAILLERIE , / f. {Jocatio.) Maniéré de bien tailler. Art de railler.- (Lucien s’insinuê dans les esprits par la raillerie. Ablancourt, Luc. Entendre la raillerie. Ablancourt, Luc. Raillerie, se prenant pour Fart de railler, est d’ordinaire accompagné de quelque épi- téte. (II y a peu de gens qui entendent la fine & Tin- nocente raillerie. Lucien parmi les Anciens entend l’agréable raillerie. Nauv. Rem. fur la langue Fr. Folâtrons , diverlisons notis j Raillons , nom ne saunons mieux faire. La raillerie eji necejjáire ' Dans les jeux mêmes les pltú doux » Psiché ) , RAILLERIE. {J oc w , faeetia J Mot plaisant & satirique. Moquerie. (Raillerie fine, noble, délicate, subtile , plaisante, ingénieuse, spirituelle, naturelle, a* gréable , charmante, douce, utile, nuisible, grossie- re, basse , ridicule , froide , ambiguë , fade, méchante, plate, piquante, maligne, forte, sanglante, &c. Recevoir mal une raillerie. Scaron , Nouv. Détourner agréablement une taillerie. Ablancourt, Luc* Repousser une raillerie. Ablancourt. II ne faut point tourner les choses de la Religion en raillerie. P 1 '/» »• 8- C’est une raillerie que je fais contre moi-mê- me. Ab ancnurt, Luc. 11 y a trois fortes de railleries lune chatouille, l’autre pince, <& la troisième egratigne. La premiere demande plus d’efprit qu* RAÏ les autres, II traitoit de raillerie l’autorité roiale. Mémoires de Monsieur le Duc de la Rochefoucaut. Laissez- moi là, je rientem sas raillerie; C’eít-à-dire, je ne puis foufrir qu’on tue raille. Cleopatre & Antoine alloient la nuit courir la ville, ataquant les Artisans par des railleries, qui leur attiraient des reparties fort plaisantes ; Cleopatre alors laiíToit briller tout son enjoûment , soit à soutenir, ou à repousser une raillerie. Triumvirat , p. ;. cb. ia. II est bon de se servir quelquefois de la raillerie dans l’occasion , mais il faut que cette raillerie n’ait rien de bas. T b ter s , des jeux , cb. 2» Helas ! que votre amour n’avoit guère de force. Si de Jì peu de chose on le peut voir mourir : Ce qui n’étoit que jeu doit-il faire un divorce , Et d’une raillerie a-t-on lieu de ? aigrir. Mol.) 0 La fine raillerie est un don de la nature. Tel veut rendre ridicule un homme, qui se rend lui-mê- me encore plus ridicule & plus impertinent que celui dont il a voulu railler. L’Empereur Julien dit dans fa satire des Césars : La nature ne m’a pas donné le talent de railler finement, de tourner en ridicule les discours d’autrui, ni de plaisanter de bonne grâce. Entre les railleurs agréables de l’Antiquité, on compte Philipe de Macedoine, Demetrius, Auguste, Socra- te, Cicéron, &c. Julien lui même étoit naturellement railleur, & des plus vifs ; ses œuvres en font foi. La raillerie fine a souvent tiré d’afaires des personnes dont le droit étoit douteux ; c’est ce que Cicéron a éprouvé plusieurs fois, & c’est aussi cequ’Hora- ce, iib. i.sat. lo. a voulu dire par ces vers: Ridiculum acrì Fortittí, £5? melìui , magnas plerumque Jecat res. On dit railler une personne ; c’est se moquer d'ells eh sa présence & en s’adressanc à elle-inême. On dit aussi railler d’une personne ; c’est sc moquer d’une per- sonne en son absence : ^ De railler d’un plaisant qui ne sçait pas nom plaire, C’eji ce que tout Relieur eut toujours droit de faim II faut avouer que dans la conversation & dans les ouvrages d’esprit, un peu de raillerie éveille & est au goût de tout le monde : mais il faut qu’elle pique fans la moindre blessure, & qu’elle ne laisse dans l’esprit des Lecteurs ou des Auditeurs, aucune impression désavantageuse de celui qu’on a raillé. Terculien, tout scverequ’il étoit, n’a-t-ilpas dit dans son Traité contre les Yalentiniens, cb. 4. que ,, c’est à la vérité qu’il „ apartient de railler & de se rire de ses ennemis , „parce qu’elle est tranquille & paisible fans crainte & „ fans inquiétude; il faut seulement qu’elle prenne „ garde de n’atirer pas fur elle les railleries dont elle „ use contre les autres, faute d’en savoir choisir qui „ soient dignes de son sujet. D’ailleurs, il y a de „ l’obligatíon de s’en servir contre tous ceux qui le „ méritent, & c’est une action de devoir & de vertu. “ Saint Augustin a dit de même dans son second livre contre Fauste, cb. 4. que „ c’est une œuvre de ,, charité de se moquer des ridicules, afin d’imprimer „ dans l’esprit des autres le mépris de leur conduite, ,, & d’empêcher de cette maniéré une vicieuse imitation. “ Ce sentiment est juste mais la pratique est dangereuse & dificile ; on s’atire souvent bien des «faires en voulant corriger charitablement les autres; on essuie des contrerailleries plus désobligeantes que celles que l’on a faites; en voici un exemple, que JVlacrobe nous fournit dans le septième livre de ses Saturnales, cb. 4. Un afranchi d’un Roi qu’il ne nomme point, aïant aquis de grandes richesses, invita des Philosophes à diner, dans le dessein de leur faire voir fa magnificence; & pour se moquer d’eux & de leur Philosophie, il leur demanda comment d’une fève noire & d’une fève blanche on en faisoit un potage tout d’une méme couleur. Aridices piqué de cette raillerie, dont il connoisfoit la malignité, lui répondit: Et vous, apreneznous comment il se peut faire que les fouets noirs & blancs n’ayent fait fur vos épaules que des cicatrices d’une même couleur. Mais une réponse un peu piquante ne serait pas un grand mal, si les railleries réciproques n’avoient pas eu des suites funestes; & il en a souvent coûté la vie à des railleurs indiscrets. Non seulement Macrobe que je viens de citer, mais encore Suidas raconte qu’un RAT 285 certain Théocrite s’étant atiré la colère du Roi Anti- gonus, les amis de ce malheureux lui conseillèrent de se présenter à ce Prince, dont ils rassurèrent qu’il obtiendrait sa grâce dés qu’il paraîtrait à ses yeux : Ah ! (dit-íl) ce que vous me proposez est impossible ; voulant dire qu’Antigonusétoit borgne, & qu’il n’étoitpas possible qu’il parût devant ses yeux. Ce mot raporté au Roi, il le condamna à la mort. Mais outre que la raillerie a des suites funestes, il Faut convenir que la fine raillerie est un talent que la nature n’acorde pas à tout le monde. Quintilien & Longin nous assurent que Demosthene se rendoit ridicule, lors qu’il vouloit se rendre agréable par quelque raillerie. Le prémier de ces deux Auteurs bien capable d’en juger, dit dans le chap. ;. du 6e. livre de ses Institutions, que l’Ora- teur doit quelquefois tâcher de divertir ses Juges, & qu’en les faisant rire, il dissipoit leur tristesse & leur langueur, & s’insinuoit dans leur cœur ; mais que l’on pouvoit juger pat les deux plus grands Orateurs Grecs & Latins, combien il étoit dificile de railler agréablement, & de faire rire à propos. Demoíthéne (dit-il) est sec & stérile; ce n’est pas qu’il n’aimát lu plaisanterie : mais on trouve peu de bons mots, c’est-à-dire, un peu railleurs dans ses harangues, & fi l’on en trouve, le peu qu’il y a, n’est pas digne de lui. On dit au contraire de Cicéron, qu’il a trop afecté de railler dans le Barreau & dans les conversations : mais, au jugement de Quintilien, jamais Orateur n’a étéliagréa- 0 ble que lui, <& l’on remarque en éfet dans tous les dise cours une véritable urbanité. Voici les termes de l’Au- teur, que je n’ai pas cru devoir íuprimer: Mihi qui. dem , Jive id relié judico , Jìve amore immodico pracipui in eloquentia viri laboro , mira quidam videtur m eò suisse urbanisas. Cet Auteur nous aprend ensuite combien il est dificile de railler agréablement; il dit que la raillerie est un terme générique qui comprend plusieurs espèces, mais que l’on peut dire en général que c’est un discours succint & piquant, acompagnéd’un lire ou d’un geste malin. La maniéré de railler, le tempérament qu’il y faut observer, & les autres conditions d’une raillerie innocente , font expliquez en détail par le même Auteur, que l’on peut consulter , lors que l’on voudra s’en instruire. Les régies qu’il nous donne, font trop étendues & en trop grand nombre pour les transcrire en cet endroit. f Cela passe la raillerie. C’est-à-dire, cette raillerie est trop forte, trop piquante. On le dit aussi, pout exprimer que la chose dont il s’agit est sérieuse & considérable. (II vouloit jouer pour s’amuser, & il a perdu une grande somme, cela passe la raillerie.) î On dit aussi dans ces deux acceptions, il n’y a pas de raillerie. (Je vous ai prêté de l’argent & je veux être païé, il n’y a pas de raillerie.) £ C’eji une raillerie. On le dit d’une chose qui ne paraît pas vrai-semblable, d’une chose ridicule, d’une absurdité. f RAILLERIE à part , sans raillerie. Sérieusement, tout de bon. RAILLERIES. [Argutiœ, jucunda Jdtira.'] Cetnotau pluriel signifie satires plaisantes. Discours railleurs & satiriques. (Lucien n’a pas épargné dans (ès railleries les premiers Chrétiens. Ablancmrt , Luc.) f RAILLEUR , euse„ adj. Esprit railleur, humeur railleuse, discours railleur, paroles railleuses. RAILLEUR, s >». [ Joculator , homo face t m.2 Celui qui raille, qui se moque, & tourne ses choses plaisamment & d’un air un peu satirique. (Le Uernio est un railleur. Passer pour railleur. S’ériger en railleur. Ablanc. Luc. Un Véritable raideur fait railler aveû modération , & soufre que les autres raillent de même à leur tour. Un boufon croît qu’il faut railler de tout & fans mesure; un rustaud ne veut ni railler lui- méme, ni foufrir qu’on le raille. Mais un véritable railleur marche entre les deux. Tbiers , des Jeux, chap. i. A ce commun filet les railleurs me me pris, Ont été trés-souvent de commodes maris. Despr.) 4= On dit aussi un agréable railleur, un mauvais railleur, un froid railleur, un fade railleur. RAILLEUSE, f f £J»cabunda , jocofa.J Celle nui raille, & se moque plaisamment. (C’est une franche railleuse.) 0 RAIN. Ancien mot. Un rameau, une petite branche d’arbre : N n | Kofi 286 RAI Rose sur vain, & noix sur branch* N’est si vermeille , ne si blanche Le Romain de la Rose. Qnqties le pin qu’il vous compta, St haut de terre ne monta , Ne ses rains si bien ejiendit , Ne si bel ombre »* ejiendit. Le même. On mettoit en possession des fiefs ou desfon àspayte vain (-f le bâton, en mettant dans la main de l’aque- reur une petite branche d’un arbre, ou un gros bâton. t RAINCEAU , f m. [Ramusculus , surculus. ] Vieux mot, qui signihoit une brandie d’arbre, & qui n’eft plus en usage qu’en Terme de Blason , ou 1 on parle de rainceaux passez en Sautoir, & dans V Architecture on apelle rainceaux les branches feuillues dont ©n charge les frises, & dont on fait d’autres ornemens. * RAINE , [Rana.J Ce mot est vieux. Votez Grenmide. RAINURE. Voïez Rénure. RAïON, s m. [ Radius. ] Ce mot s’ecnt aussi avecjt. Prononcez Reion. Lueur qui part du corps du Soleil. Eclat vif qui part d’un corps lumineux. (.Raton chaud. Raïon ardent. Ses raïons pénétrant les plus sombres nuages , Vont chercher dans leur sein la source des orages Plécb.) RAïON. f Radii lumìnis. ] Terme d’ Optique. , C’est une ligne qu’on s’imagíne partir de Pœil vers l’objet, ou venir de l’objet à i’ocil. (Raïon visuel. Des raton? viennent de l’objet en forme de cône ou de pirami- de, dont la pointe aboutit à la retine. Les raïons soufrent de la réfraction en passant dans les humeurs de seuil.) RAÏON. [Radius , semidiameterd} Ternie de Géométrie. C’est le demi-diametre d’un cercle. On dit qu un cercle a tant de pieds, ou de pouces de raïon. RAÏON Astronomique. [ Radìometrum. ] Instrument qu’on apelloit aussi Bâton de ffacob. ' raïon. [Scintilla.2 Ce mot au figuré fe dit en prose & en vers, mais il est plus usité dans les vers , que dans la prose. (Vos dernieres lettres ufont donné de la satisfaction d’efprit, & quelque petit raton de joie. Balzac, lettres à Cornait , livre a. lettre ia. Vous prites tout à coup une beauté nouvelle toute pleine-d’éclat, de ratons Sc de feux. Voit. Pots. De vos beaux yeux les ratons s’éclipferent. Vait. Pois. Qui n’admireroit pas les rayons éclatons de cet objet celeste. La Comtesié de la Saie.) RAÏON. [ Favus médis 'J Ce mot fe dit en parlant de ruches & de miel. C’est la partie de la cire où est le miel, L où font les petites cellules dans quoi fe logent les abeilles. C’est aussi le miel contenu dans la cire, (Les décréts de Dieu font plus doux que le raïon de miel le plus excellent. Port.Royal , PJeau . sucs.') 11 est fans doute qu’il faut parler de la forte. Cependant il est à propos d’avertir que les gens des environs de Paris qui nourrissent des abeilles, apel- lent gâteaux ce que les bons Auteurs nomment ratons, Sc qu’ils diront. (Voulez vous un gâteau de miel, & jamais un raton de miel.) 5 RAïON. [Capsula.] Terme de Marchand. II fe dit des divisions des armoires en de petits quartez, où l'on met des papiers & quelques marchandises en bon ordre, & séparées les unes des autres. On apelle ■ces quartez des raïons à Limitation de ceux des ruches à miel. RAÏON. [Sulcusd] Terme d’ Agriculture. Ce font les raies que fait la charrue en labourant la terre eti droite ligne. RAïON. [Insile, siriad] Creux & cane!ures qui font dans les lingotieres, & qui servent de moule aux lingots RAÏON. [Radié] Bâtons d’une roue qui s’écartent du moïen en forme de ratons, Sc que le peuple a- pelle rais. * RAiON. [Lac irradians.2 Petit filet de lait qui fort des mamelles des nourrices, quand on les presse. RAÏON. [Incite, elices , coUiqiúa .J Terme de Vigne, von. C’est une forte de fosse où l’on couche du plant de vigne lors qu’on plante la vi<>ne. RAiON. [Railiw.2 Terme d’ Anatomie. C’est un des os du coude qui ressemble en quelque façon à la n débauché. Cette fille est raisonna- bl RAISONNEMENT , / m - IRatiocinatio.] Faculté de raisonner. (11 a le raisonnement fort bon.) RAISONNE' , raisonnée , adj. [Argumentis confirma - tus.) Choie, ou sujet sur lequel on a parlé, discouru» aporté 288 RAI sports des raisons, prouvé par raisons, examine, considéré à force de raisonnemens. (Discours rationne. Grammaire raisonnée.) K ABONNEMENT, s. m. [Argumentant.} Dilcours raisonné. Raison qu’on aporte pour persuader. sue raisonnement doit être clair, fort juste & solide. Détruire na raisonnement. Afoibìir un raisonnement Ablanc^ Je me moque des Médecins , Avec leurs raisonnemens fades , fhdils règlent ceux qui font malades, Sans vouloir gouverner les gens qui font bsmjains. Mol.) RAISONNER , ». ». [Ratiocinari .2 Parler. Discourir de bon sens. Avorter & aléguer des raisons, (Nous alons raisonner fur votre afaire. Molière. Enfant qui commence à raisonner. La Chambre. Raisonner parfaitement. Voit, l. 8- Raisonner juste.) RAISONNER. Volez résonner, dans une autre lignification. - _ _, . , RAISONNER. C Examinare. ] Considérer, voir les suites d’une chose. Faire réflexion. sLorsque son vient à voir vos celejles apat , Un course laijse prendre ne raisonne pœ. Molière.) * RAISONNER. [Objicere, ratiuncuhu oggerereQ Ce mot se dit d’un ton impérieux & en parlant à une personne sur qui nous avons quelque autorité, ou quelque avantage, & qui répliqué à ce que nous lui di- sons, au lieu de nous écouter avec soumission & avec respect. (Taisez-vous, Monsieur le sot, c’est bien à vous à faire à raisonner, disoit un jour une Dame de qualité au bon homme du Clérat le plus irraisonnable de tous les animaux à deux pieds.) £ RAISONNER pantoufle , raisonner comme un che. val de carrojjè. C’est Prov. & bajs. raisonner de travers. On dit aussi , raisonnes• comme un cofre, par allusion au mot, reformer , RAISONNER a la patache. Raisonner à la chaloupe. [Schedulam patefactrej Termes de Mer qui se disent des vaisseaux qui viennent mouiller. C’ert montrer à la patache, ou à la chaloupe qui est de garde, la permission qu’on a de mouiller dans le port, & rendre compte de la route qu’on veut faire. RAISONNEUR, f Importuns tí narrai or .Celui qui fatigue & qui importune par de longs raisonnemens. (Les gens d’elprit tournent les raisonneurs en ridicule. Von. teneìle.) t RAISONNEUR , f m. [ct™ inepUs oggerit ratiun - fuliuf] Celui qui répliqué trop à une personne à qui il doit du respect. Celui qui pour excuser sa conduite répond à une personne qui lui est supérieure, & tâche de lui faire trouver bon quelque chose. Le mot de raisonneur se prononce d’un ton de maître. (Vous faites ici le raisonneur , taisez-vous, vous n’êtes qu’un animal.) f RAISONNEUSE , s f. [Qu* ineptns oggerit ratiun. *uhu.\ Celle qui pour s’excui'er alégue quelques raisons qui ne valent pas grand’chose, ou du moins que la personne à qui elle parle n’aprouve pas. Celle qui répond un peu trop à une personne de respect, ou à qui elle est inférieure. (Mêle toi de donner à téter à ton enfant sans faire tant la raisonneuse. Molière .) * RAJUSTEMENT , s. m. [ Concordia , réconcilia. tio.2 Racommodement de personnes qui éroient brouillées. (Le rajustement de ces deux personnes ne fera pas dificile.) RAJUSTER, ». a. [Resarcire, recancbmare 3 Ra- commoder. Acommoder de nouveau Ajuster. Acom- moder. (11 se composa & rajusta son coletfoupi. Scaron, Nouvelles Rajuster la perruque. Scaron , Nouvelles.) * RAJUSTER- [I» gratiam reducercl} Acorder. Pacifier. Acommoder (_Ma fc-mme est mo r te, cette perte m’ttt très-scnlìble, je n’étois pas fort satisfait de sa conduite, mais la mort raiujie toutes choses Mol.~) í R A! Z pied, ravz tare. Raizde ccauísee. Votez Ri -s RâLE , ou ras le, f. m. [Ortygometra.l L’un & l’au- tre s’*ctit, mais il ne faut pas prononcer if. Oiseau un peu plus gros qu’un merle & qui est très ben à manger. II a le bec ct le cou long, la queue ct les jam- b s courtes. Le ra e court fort vite, d’où vient le proverbe. il court connue un raie II y a trois e^peces de ra’es. Le râle île genêt , qui est apellé de la sorte, par- ce qu’il mange de la semence de genêt; le raie rouge, RAL qui est un oiseau qui tire sur le roux, & qui vit pa r . mi les bois taillis ; & le raie noir, qui est ainsi nom, mé parce qu’il a le dos tout marqueté. (Un râle mâle. Un râle femelle. Un bon râle.) RâLEMENT, OU raslement, f. m. [ Proflatus le. tbalis .2 L’un & l’autre s’écrit, mais if ne se prononce pas. Ce mot se dit d’une personne qui est à l’agonie & qui fait du bruit de la gorge à cause du flegme & de la pituite qui tombent sur son cœur , & la sufo- quent. (Le râlement le prit & il mourut un peu a» près.) 11 y en a qui disent rasle, mais mal. RALENTIR,»- «. [ Remittere. ] Rendre plus lent, moins ardent, moins vigoureux. (Ralentir le combat. Ablanc. * Ralentir l’ardeur des soldats. Ab. lanc. Ces.~) * Je les pousserai fans qu’aucune considération humaine puisse arrêter, ni ralentir ma poursuite. Pis. cal , 1 . 17. So ralentir, », r. [Elanguescere, defervescereJ] Devenir plus lent. N’aroir plus tant de feu ni d’ardtur. Í ,Le combat s’étoit ralenti tout à coup. Vaug, Quint . ib. 4. c. 16. *Leur ardeur cominençoit à se ralentir. Ablmcourt.) RALENTISSEMENT, s. m. [RemiffìoQ Diminution. (Le ralentissement du mouvement fêtait insensiblement & lorsque la force impulsive diminué. * Le ralentis, semant de la dévotion, de la charité, &c.) RâLER , ratier, v. ». [Aigri Jpìritum ducere.] L’un & l’autre s’écrit, mais on ne prononce pas \’s. Ce mot se dit des gens qui font à l’agonie, ct qui sont d n bruit de la gorge à cause du flegme ct des eaux qui décendent de leur cerveau & qui les sufoquent. (Ila râlé long-tems avant que de rendre l’esprit.) * RâLER. [Bramare.] Terme de Chase. II se dit des cerfs, fur tout quand ils sont en rut. (Le Fauve râle, & le Sanglier grumelle.) RALIER , v. a. [Dijpersos milites colligeref] Ter. me de Guerre. Rassembler des troupes, ou des soldats que l’cnnemi a mis en désordre, & les remettre en état de combatte de nouveau. (Ralier les troupes. Ablcoicourt, Ar. Us plient de toutes parts fans fer» lier en aucun endroit. Ablancourt , Tac. hijt. /. ;. c. 4.) RALIER, v. a. [Vêla dare .2 Terme de Mer. Raser Ic Navire au vent. C’est métré le Navire au vent Se ralier de quelque chose. [Accedere 2 Ternie de Mer, S’cn aprocher. (Se rali r de terre ) RALIMENT, J. m. [EuJarum c^purum col'eclic. J Action de ralier. Action de celui qui rassemble dc* troupes miles en désordre, & les remet en état de combatte tout de nouveau. (.Travailler au ralimcnl des troupes. Ablanc .) í Mot de raliment. C’est le mot que le Général donne aux troupes pour se ralier en tas de déroute ou de séparation. RALINGUER , ». ». [Ventum decuten. J Terme de Mer. C’est faire couper le vent par la ralirgue, en sorte que le vent ne donne point dans les voiles. RALINGUES , s. f. pi. [Lnnbo veh ajjuti fuma,I: J Terme de Marine. Ce sont les cordes qui fervent (souries aux voiles, aux branles, & aux lits des Vaisseaux, & qui renforcent ies bords. R A LITER , ». ». [E morbo iterùm decumbefe ] Se raliter. C’est retomber malade, ct se mettre au lit. Pomey. R ALONGEMENT, s m. Terme de Charpentier. Ra'.ongement d’arrétier est la ligne diagonale depuis le poinçon d’une croupe jusqu’au pied de l’arrétier. RALONGER, ». a. [Protendere .2 Alonger de nouveau. (Ralonger une jupe.) * RALONGER le tems. [Prarogare temples. 2 C’est le prolonger de nouveau. (Jacob ralongea le tons de Ion service. On a raîongé le tems de son exil.) RALUMER , ». a. [Igneìn excitare 2 Alumer d* nouveau une chose qui étoit éteinte. (Ralumer la chandelle. Ralumer le feu , &c.) * RALUMER. [Redin f egrare .2 Exciter de nouveau. Recommencer. Reníìammer. (Ralumer la guerre. Ab. lancourt. Tacite. Sa beauté a ralumé mes vieux ans. Voiture Poésies. C’un juste courroux il ralurne fa vigueur. Dejpreanx. ïl faut que de L amour notre ame soit remplie Et Dieu sourd à 720s cris, i’:l ne Fy trouve pus, Ne Fy rallume plus après notre trépas. I)esp.) St RAM Se ralumn , v. r. [Incendi.) S'aluraer de nouveau, (Le feu fe ralume.) ' Serahoìter, v. r. [ Infiammari .] S’er.flamer de nouveau. Recommencer à sentir de nouveaux feux , & un nouvel amour. (S'a femme lui tenant au cœur, son amour fe raluma incontinent par le dégoût des autres. Vuug. Quint. /. g. c. ; ) RAMÁDAM , / m. [sejunium Turcicum ,] Jeûne des Mahométans, pendant lequel ils jeûnent tout le jour at ec, beaucoup d’exactítude & mcme avec superstition , n’ofant pas même se laver la bouche, ni avaler leur salive. KAMADOUER ' v. acl. [lílandiri.) Radoucir «jueseu’un en le caressant. RAMAGE, / m. [Avium cantus.) C’est le chant naturel de quelque oiseau que ce soit. (Ramage doux, charmant, ravissant, agréable. Oiseau qui chante toutes fortes de ramages, l uug. Quint. I, g. c. 9. Le Rossignol a un ramage tour à-fait charmant. Petits oiseaux rasfurez-vous , Je ne viens point dans ces bocages Pour interrompre vos ramages, Ni tr-ubler un reposf doux.) * On dit ironiquement de diférens cris & voix des animaux. C’est un étrange ramage. f * Chanter un autre ramage. C’est changer de discours, de mœurs, de profession, &c. AHudnuncdì- cur.t cv pr:us. RAMAGE. [ Runalia ] !l signifie auílì quelquefois les branches des arbres. Droit de ramage, [fsus ratnale.) Term ? de Cou'unie. Droit que les sujets ont de couper des branches ou rameaux d’arbres dans les forets de leurs Seigneurs. Ouvrage a ramage. [Ars polymitaria & acupicloria.) Ií se dit des étofes en broderie, où il y a des feuilles & ries fleurs . f RAMAGE, se dit aussi de la façon que l’on donne aûx r.) RAMPANT, rampante. [R.epens.2 Terme de Blason. II fe dit des animaux terrestres, comme lions, ours j chiens, &c. qui sont reprefenteZ, comme s’ils Vou- loieht s’élever & monter le long d’une rampe. (Lion rampant.) * RAMPANT, rampante. £Colubrino effe ingénia Q Ce mot fe dit de ceux qui ont le cœur bas & servile, 3t font des actions & tiennent une conduite qui a un grand raport avec leur cœur. (* Je ne saurois pour faire un jujiè gain AUer bas çS rampant fléchir fous Chapelain, Defpr. Sat. 1 .) ; f- * Mener une vie rampante. C’est mener une v'i® obscure & méprisable. H * Avoir une fortune rampante. C’est être dans une fortune basse & abjecte. * St île rampant. On le dit d’un Auteur, dont le stile est bas & plat. * RAMPANT, rampante. [Humilis, demiffus.2 Humble. Soumis. (C’est un coup sûr d’étre aimé quand ort eiirampant devantee que l’on aime. Le Comte de BuJJì.) RAMPANT, / nt. [Fafeia repens 2 Terme de Chirurgien. Sorte de bandage simple & inégal. RAMPA R T, f m- [Agger, propugnaculum.] Terme de Fortification. C’est une hauteur de terre qui régné par dedan<- tout autour d’une ville -, & qui est souvent revetué d’une muraille propre à résister aux Tome llï. 0 0 z 292 RAM batteries de i’ennemî. (Faire un bon rampait. Saper un rampart. Abl. Tac. Hst. I. %. c. 4. Mes soldats rassemblez fr à île mon étendart, Vous offrent de leur sang i’invincible rampart. Racine.) * RAMPART. [Munimentwn.2 Défense. (Ils ont ruiné une ville qui etoit le rampart de toute la Gréce. A- blancourt , Arr. L 1. c. 4. Un grand Prince au milieu de ses triomphes s’est cònscrvé ce rampart. Patru , ; flaidoié , r. L’Hidaspe & l’Araxe. étoient comme autant de ranipars de son Empire. Vauge las , Quint. liv. 4. Contre la médisance il n'est pbint de rampart. Mo. Itéré, Tartufe , Quelle cachette, ob quel rampart trou- Vera-t-il contre la vengeance des Dieux. Ablancourt± Rit. I. 2. ch. Louis XI. se faisoit contre la mort urt rampart d’images & de reliques. Flécbier.') H Les Anciens ne penfoient pas comme les Modernes, car ils pfétefidoient que les hommes dévoient faire rampart de leur corps Si de leur courage, lorsqu ils n’avoient plus que cela à faire pobr défendre Une ville. Polybe de Polar d. Se ramparer , v. r. [ Se vallare. ] Se fortifier. Se couvrir de quelque choie qui défende. (Ils font remparez par des forêts, ou pat des fleuves. Ablancòurt. Tac. Germanie. Se ramparer. [Munireses Se munir. Se fortifier. (11 nous faut ramparer de floraison contre de si formidables ennemis. Patru , Traduction du discours de la priere de Saint Cbrifojionte .) t * Se ramparer contre le froid. Se ramparer contre Phi ver. RAMPE d’escalier, s f. [Graduum or do inter retrà. Àionem geminums Terme d'Architecture. C’est la fuite des marches depuis un palier jusques à un autre; H RAMPE, se dit de la balustrade de fer, de pierre ou de bois à hauteur d’apui, que l’on met le long de l’éscalier pour empêcher de tomber. $ RAMPÉ, se dit aussi d’un plan incliné qui tient lieu d’escalier dans les jardins, & par lequel on monte & on déceod fans degrez. (On décend dans ce jardin par une rampe douce. La pente de cette rampe est douce & insensible.) , RAMPEMENT, s. tu. [Reptaturs Action de ramper. (Le rampement sur terre a été la punition du serpent.) RAMPER, v. n. [ Repere , reptare. ] Ce mot se dit proprement des insectes 4 & il lignifie se traîner sur le ventre terre à terre. Se traîner contre terre. (Serpent qui rampe sur la terre. God. po’tjs * RAMPER, f Reptare. ] Ce mot le dit aussi de lá vigne , & d’autres pareilles plantes j & signifie traîner par terre. (On y voit de la vigne qU’iis aiment fort, parce qU’oii croît qu’elle rampe pour s’acommoder à leur foiblefle. Ablanc. Luc. Tom. ;.) * RAMPER. [Serpere.J Entortiller tout autour eri serpentant. Aller en serpentant. (Son palais est enrichi de colonnes dorées où rampe tout du long une vigne d'or. Vaug. Quint. I. g. c. 9.) RAMPER. Terme d’Architecture. [ Declivenì effe, ] C’elt pancher suivant une pente donnée. * RAMPER. [AbjcCto fjj humili Jemper effe animas Ce mot se dit de Aesprit Si, de ses pensées. U veut dire s’abáiffer. Traîner bas, Aller terre à terre. (Les désirs & les pensées doivent s’élever auX cieux & né ramper jamais fur la terre. Sarasin. On rampe dans la fange avec l’Abé de k u ré. Despreaux, Sat. 9. n a peur de ramper & fe petd dans les nues. Despreaux^ Poétique , c. 1, Ses vers plats iff grossiers dépouillez d?agrément To&jours baisent la terre Çs rampent tristement. Despr.) * RAMPER. [Adjicis Ce mot se dit aussi des personnes. Avoir une conduite basse & servile. f * RAMPER, se diu aussi de ceux qui s’abaissent excessivement devant les grands, qui ont de basses complaisances pour eux. (Il rampe toûjours devant les grands. Un homme dé cœur n’aime pas à ramper devant un Ministre orgueilleux.) RrtMPlN , adj. [Equus extremo pedè iistflenss Ce mot se dit des chevaux qui marchent seulement sur la pince dés pieds de derrière, & qui n’apuient point le talon a terre. (Cheval rartipin. So/eises parfait Ma~ réchai. RAMURE, ou mineure , s f. [Cervi càrnuas Prononcez ramure. 11 sc dit du bois du cerf. Voiez la colonne Iiem. RAN f RAN» /• »r. On donne quelquefois ce nom à l’animal à laine qu’on apelle communément Belier. RANCE » adj. [ Rancidus; ] Il se dit de la chair, & particulièrement du vieux lard. 11 signifie qui commence à se corrompte , & qui a contracté une mauvaise odeur. (Ce lard est rance; 11 sent le rance.) On le dit aussi des confitures quand elles font trop vieilles, selon l’Academie Françoise ; mais fans manquer au fespect qu’on doit à ses décisions, je pense que moisi fleroit mieux dit que rance en parlant de confitures. RANCHE,//- [Scala machin arias Terme de Charron. Morceau de bois qui entre dans le lifoir, qui est à côté des ridelles, qui les apuie & sert à les tenir en état. RANCHÉ, s f. [Anabathra ntachinarias Terme de Charpenterie. Chevilles de bois qui fervent d’eche- Ions, & qu’on met à une longue pièce de bois qu’oa apelle ràncher. RÂNCHER, / tri. [Anabathra macbinarias Terme dé Charpentier. C’est une longue pièce de bois garnie de chevilles, qui servent d’échelons, & qu’on apelle ranches. RANCHIER. Terme de Blason. [Faix sœnisecas Fer d’une faux à faucher de l’herbe qu’on peint fut differens écus en diverses assietes. RANCIR , v. a. [Rancorem contraberes Devenir rance. (Ce lard commence à rancir. Ce lard est à moitié rancis RANCISSURE, s.s. [Rá.ncors Qualité de ce qui est rance; (La rancissure du lard lui donne un mauvais goût.) t RANCOEUR , / / [Odium , simulatuss Ce mot est à présent hors d’ufage- En fa place, on dit Rancune, haine. [Arriére ; vaines chimères De haines fff de rancœurs , Eloignez vous de nos cœurs. Mal. Poésies.) RANÇON , / f. [Redempitionis pretiums Ce qu’on donne aux ennemis pour se retirer foi-même quand on est prisonnier, ou pour en tirer quelque autre, lors qu’il est aussi prisonnier. (Païer fa rançon. La rançon de François premier qui fut pris devant Pavie, couta Cher à la France. Mettre à rançon. Ablancourt. Lucs í RANçON, fe dit de la composition en argent, moïenant laquelle Un Vaisseau Corsaire relâche un Vaisseau marchand ennemi qu’il a pris. On apelle ra»- pns , les compositions qu’un Armateur a exigé des Vaisseaux marchands. (Ce Corsaire a amene tant de rançons.) On apelloit autrefois Rançon » un bâton armé d’uii fer en pointe avec deux ailerons tranchans & recourbez cn façon de fleurs de lis. [Hajia n,tutus . rançonnemen r, / »*. càà) Action par laquelle on rançonne & exige plus que les choscs ne valent. t RANÇONNER , ». d. [Pro libertate pecumunì extorqueres Ce mot signifie tiuttre a rançon, mais il ne sc dit pas bien dans le propre, ct en la place oii dit mettre à rançon. * RANÇONNER. [Pecuniam fréter aquwii & bonúnt exigeres Faire trop païer. Exiger plus qu’il ne faut de ceux de qui on doit prendre quelque chose- (Rançonner le Bourgeois. Ablancourt , Ar. /. 2, C’est une hôtellerie où l’on rançonne les passans. Scas II se dit enuofe des soldats qui exigent trop de leurs hôtes, & des monopoleurs qui vendent trop leurs marchandises. t * RANçONNEUR, s. m. [ExaCtors Ce mot n’est guère en usage. 11 se dit des hôtes qui rançonnent ceux qui logent chez eux. î RANçÓNNEUR, euse , adj. On le dit de ceux pui exigent plus qu’il ne faut de quelque chose dont bn a besoin. (Ce marchand est un rançonneur. Cette hôtelle est une rançonneuse.) 11 est du stile familier. RANCUNE , / / [Acerba fs cœcasimultass Haine. Aversion- (II dit qu’il n’aportoit à l’Empire, ni haine, ni rancune. Ablancourt , Tac. Arr. I. 1 J- A* Ions, mettons bas toute rancune. Mol. Cela engendre des haines" & des rancunes- Ablancourt , Luc - Tome j.) t On dit Prov. Sans rancune , point de rancune, pour dire , oublions le passé , oublions nos sujets de plainte. tz ran< RAN t RANCUNE à part. On le tlit, lorsque n’étant pas bien avec quelqu’un, & aïant néanmoins un intérêt commun avec lui, on oublie de part & d’autre pour un tems les sujets de chagrin qu’on peut avoir l’un contre l’autre. f RANCUNE tenant, se dit d’une réconciliation simulée. f RANCUNIER, erè, adj. Qui a de la rancune, qui garde (à rancune. (Homme rancunier, esprit rancunier, avoir saine rancunière.) Acad. fr. 4 = RANDONNE'E, s /. Terme de Chase. C’est la Course que les chasseurs font après la bête qu’ils chas» sent» (Ce lièvre a été pris à la seconde randonnée») RANG,/»*. [Or do , sériés.] Prononcez ran. Ce mot signifie ordre. (Mettre de rang. Etre de rang. Se mettre en son rang. Ils viendront chacun à son rang.) RANG. [Inter , catalogus.) Nombre & ordre auquel on met quelque personne, ou quelque chose» (J’aime* roix mieux être au rang des ignorans que de me voir savant comme de certaines gens. Mol » Femmes Javan » tes. Mr. de Launoi ne croioit pas que Saint Ignace fût au rang des Saints, mais il avoir tort.) RANG. [Sét/« rerum. ] PluiieUrS choses d'ordre» Plulìeurs choses d’une même fuite. Un rang de cordes de luth. Un rang de cordes de tuorbe. Un rang d’ar- riére-points. Galère à trois ou quatre rangs. Ablan » court , Tac. Un rang d’arbres. Un rang de boutons.) RANG. sStt'à) Terme de Lingère , qui se dit en parlant de cravate. (Une cravate à deux rangs. Une cravate à trois rangs.) RANG. [Lotus, ordo , diJpnfitio.J Terme de guerre* Ordre établi pour la marche & pour le commandement des troupes qui sont en concurrence. (Avoir le premier rang.) RANG. [Militum or dines J] Terme de guerre. Ligne droite que sont les soldats rangez, les uns à côté des autres sor le front du bataillon, ou de l’efcadron, & les autres rangs sont derriere celui là, qui est le premier» (lls.savent obéir à leurs chefs & garder leurs rangs» Ablancourt , Tac. Agricola, Visiter les rangs. Ablancourt, Retor. I. i- Sortir de son rang. Tuer par rang. Ablanc. Doubler les rangs. Ablancourt , Arr. Enfoncer les rangs. Vaugelas, Quint. I. 4 .c. 1 $. Doubler les rangs en avant. Doubler les rangs en ar- riere. Rompre ses rangs. Ablanc. Tac. An. I. 15. c. i;. Par ferresiles remettez vos rangs. Martinets évolutions militaires. Ouvrir les rangs.) * RANG. [Militum ordinesj Terme dévolution mi. litaire. Soldats rangez sor le front de bataillon, ou de l’efcadron les uns à côté des autres i ceux-ci font le premier rang, & il yen a d’autres rangs qui suivent celui-là. (Rangs qui devez doubler, prenez garde à vous» Rangs remettez-vous. Martinet, exercice pour Pinfanterie.) * RANG- [Ordo, dignitasj Place d’honneur & de dignité. Elévation où est une personne à cause de sa naissance, de sa charge, ou de se s éminentes qualitez. (Reprendre son rang. Ablancourt , Tac. Tenir son rang. Perdre son rang. Maintenir son rang, & défendre fa dignité. Patru , plaidoié ç. Du reste des mortels ce haut rang vous séparé, Racine, Tebaide , a. 5.J. 4, Lorsque dans un haut rang on a P heur de paraître Tout ce qu’on fait ejt toujours bel (çf bon. fi suivant ce qicon peut être, Le s chojes changent de nom. Mol.) * RANG. Ce mot entre encore dans quelques façons de parler figurées. (Rome fut saccagée jusques à ce que Mucien & Marcellus vinrent Jur les rangs. Abl, Tac. hiji, I. 2. c. 42. C’est-à-dire, vinrent paroître dans le monde avec crédit & dans la faveur. Ah ! Dieu vous gard’ la belle ville, vous voici doncquefur les rangs. S. Amant, Rome ridicule : C’est-à-dire, voici que vous venez paroître dans la lice avec les autres. Un jeune Genevois qui ne paroissoit point fur les rangs , fit reluire beaucoup d’or aux yeux de fa mere. Sca. Nouvelles. Mettre quelcun sor les rangs. II commença d’entrer fur les rangs. Abl, Luc. T. 2. [In fcenam prodire capit.J C’est-à-dire, il commença à paroître dans le monde.) RANG. [Ordo.] Ce mot en terme de mer sert à faire la distinction de la grandeur & de la capacité des Vaisseaux de guerre. (Ainsi on dit vaisseau du premier rang, du second rang, du troisième rang, &c.) RAN 2YZ — /y RANG. [Transira."} Ce mot en parlant des vaisseaux de bas bord, signifie le travail des rangs des forças, & l’éfet des rames. (Le service des rangs sauva notre galere.) On dit proverbialement, qu’un homme se met e# rang d’oignons. [Inter majores ajfidet.] Quand il veut prendre la place en la compagnie de gens plus considérables que lui. RANGEE» // [Sériés, ordo."] Ordre. Rang & fuite de plusieurs choses rangées les unes aprés le* autres. (Une rangée de pavez. Une rangée de carreaux.) VoïeZ le Difiionnaire de P Agriculture. RANGER, V. a. [Ordìnare, dijponere, collocare.] Mettre de rang. Mettre d’ordre. Placer d'ordre. Mettr* en ordre. (Us rangerent les bateaux en égale distance. Ablancourt, Tac, hiji. I. 2. c. 10. 11 faut ranger naturellement les mots dans les périodes. Ranger chaque chose en fa place. Vaug. Rem. Ranger une armée en bataille. Ablanc. Ar. Ranger les troupes fur deux lignes. De jeunes conquerans que la gloire a charmez , Sçavent Part de ranger des bataillons armez. Flechier.) t RANGER. Terme de Manufaiïure. Ranger le poil d’un drap ou d’une étofe de laine, c’est en couchée le poil avec le Cardinal, la brosse ou la tuile, après qu’eile a été tondue à fin. * RANGER. [/» officio continere.] Réduire. Mettre Une personne à son devoir. (Ne vous mettez point en peine, je la rangerai bien. Mol. malade imagin. a. a. / 6. Ranger quelcun à la raison. Abl.) RANGER la côte. [Juxta littus navìgare .] Terme de Mer, C’est naviguer terre à terre en cotoiant le rivage. (Vaisseau qui va ranger la côte pour reconnoìtre le terrain propre au débarquement.) Se ranger, v. r. [Abscedere, de via secedere.] Se serrer pour seire place, ou pour laisser passer. Se retirer & se serrer contre quelque chose pour donner passage, ou pour quelque autre dessein. (Rangeons- nous chacun contre un des côtez de la porte. Mol.) * Se ranger. [Partes alicujus tutari.J Se soumetre. Se métré, (Ils vinrent au devant de lui se ranger sous son obéissance. Vaug. Quint, l. 7. c. 10. Je me range du parti de Madame. Mol.) Se ranger. [Store ad Aujirum. J Terme de Mer. Ce mot se dit du vent. {Le vent Je rangea de Pavant. C’est-à-dire, prit par proue. Il se rangea au Nord . C’est-à-dire , il se fit Nord. Guillot.) H RANGE', ée, part. On apelle bataille rangée, uft combat entre deux armées rangées en ordre de bataille. (Les ennemis ont été défaits en bataille rangée.) 4 = RANGE', ée, sc dit d’un homme qui a beaucoup d’ordre dans ses afaires. (C’est un homme fort rangé, bien rangé dans fa maison, dans son commerce.) RANGIER , / m. VoïeZ Renne. RANGETTE, s /. Terme bas, qui veut dire métré des écoliers de rang l’un près de l’autre quand on les fouette. [Ordinatim.] RANIMER, ». «. [ Rursus animare. ] Redonner la vie. (Son ame vint ranimer son corps. Ablancourt, Luc. t. ;. A peine par mes foins ranimant la nature, Ai-je aux champs, aux forêts ramené la verdure, QiPon voit souvent P hiver fier (5? mutin, Qui P en vient un beau matin, Ramenant avec lui Jd maudite froidure. Du Trousset.) 4 = RANIMER, sc dit par extension & par exaggera» tion pour redonner de la vigueur & du mouvement à une partie qui est comme morte, & y Faire revenir les esprits. (11 faut ranimer ce bras par des drogues convenables.) 4 = RANIMER, se dit aussi pour reveìller les sens assoupis, faire revenir quelqu’un d’une efpece de langueur de corps & d’esprit. (11 faut ranimer au plutôt cet homme languissant. * RANIMER. [Animum relevare.] Exciter. Animer. Enflamer. (Cela ne faifoit que redoubler l’ardeur des assaillans & ranimtr leur courage par l’efperance du butin. Ablancourt, Tacit. H/Ji. I. 5. c. 4.) f * RANIMER, fe dit aussi de tout ce qui donn* une nouvelle vigueur. (Le printems ranime toute la nature. Une pluie douce ranime les arbres & les plantes.) O o ì 4-'RA- 294 RAN í * RANIMER le teint, c’est donner au teint des couleurs plus vives. (Cette nouvelle lui a ranimé le teint. Un peu de joie lui ranimera le teint.) f RANNIR, »• n. Ancien terme des Statuts des Maîtres Potiers d’étaín. C’est ce qu’on apeîie présentement Vernisser. Voïez la colonne ken. RANQLAIRE. [ Ranularis.'} Veines qui font au- dessous de la langue. RAOUL, s.m. Nom d’homme. (Raoul est mort.) t RAPACE) adj. Ce mot vient du Latin rapax, ravissant. II se dit quelquefois, en parlant des oiseaux de proie, qui vivent de rapine. RAPACITE', / s. Ce mot est tiré d u Latin rapaci- tas. II lignifie inclination à prendre & à ravir. (L’ai- gle a une grande rapacité.) * RAPACITE'. [Aviditas .2 II se dit au figuré. (La rapacité des usuriers & des chicaneurs n J a guére de bornes.) * R APAISER» D. a. [Mitefare.') Adoucir. Apaiser. (La douceur que vous m’avez envolée m’a ra. pasé. Voit. I. 57.) On dit auffi, la mer se ra passe après la tourmente- Un taureau se rapasse après que fa fougue est passée- RAPAREILLER, ou Raparier. [Copulare , cenjun. gere/J Remettre avec son pareil. (II faut rapareiller ces bas Les perdrix & les pigeons 1e raparient bien-tôt.) On apeltè rapareiller fur les vaisseaux, quand on met les maneuvres en état de faire voile. RAPATELLE,// [Textum crinéumj Toile Faite du poil de la queue d'un cheval, qui sert à faire des sacs. RAPATRIEMENT, / m. [Réconciliât™.)} Réconciliation. Terme du Jiile bas & familier. (C’est vous qui avez fait ce rapatriement. Acad. Fr.') f RAPATRIER, v, a. [ Concìlìare.) Réconcilier, Racommoder des gens qui étoient brouillez. (Je Tai rapatrié avec un tel.) RAPE, ou rappe , / f. [RadulaJ Utencîle de cuisine. C’est un morceau de fer blanc , courbé en voûte , percé de plusieurs trous & monté fur du bois, pour râper de la muscade & autres choses propres à être râpées. (Une bonne râpe.) RAPE. [ Radula. ) Terme de Sculpteur. Èfpece de lime dont les sculpteurs en marbre se fervent lors- qu’ils n’employent plus le ciseau & qu’ils travaillent à finir leur ouvrage. RAPE,//. [Radula.) Plaque de fer blanc, ou d’a- cier percé de plusieurs petits trous très-fins, & fur laquelle on râpe du tabac en corde, on l’apelle autrement grivoise. RAPE. [Scolinas [ Terme de Fotier d’Etain. Sorte de lime pour râper la vaisselle. J Donner de la râpe douce. [ Adulari , blandiri. J Façon de parler basse & proverbiale, qui veut dire Jìater Un peu. f RAPË, se dit de la grape de raisin de laquelle tous les grains font ôrez. ± râpe. Petite nvonoïe de cuivre qui fe fabrique én Suisse, & qui vaut deux deniers tournois. RAPE' , / m ■ [Raspetum.-j Grapes de fort bon raisin qui ont la queue coupee, & dont on remplit un muid avant que de fenfoncer des deux bouts, & fur lesquelles on verse du vin qui sort de la cuve , & qu’on laisse bouillir avec les grapes. (J’ai de fort bon tapé. Faire du râpé. Boire du râpé.) [Vinum acmaticum') RAPE' de copeaux. [Esculae ajju/ee) Ce sont des copeaux de hêtre bien secs, bien lavez, & bien égoutez qu’on jete dans un muid de vin par le trou du bonbon pour éclaircir le vin & lui faire perdre fa verdeur. RAPEL,/ m ■ [Revocatio.] Ordre de revenir d’exif (II mourut quelque teins après son rapel.) RAPEL , s. m. [Iterata apellatio.l Second apel. (Le rapel de la cause a été fait, & f Avocat ne s’y est point trouvé.) t$ RAPEL de ban. Lorsqu’une personne a été condamnée aux galères ou à un bannissement, le Roi acorde des Letres par lesquelles il rapelle le condamné dans le premier état où il étoit avant fa condamnation, Cet usage est fort ancien ; on peut voir fur ce sujet les titres du Droit, de fententiam pajsls (jf rejlitutis. Í 3 RAPEL. Ce terme est fort connu dans les Païs Coutumiers, où les filles sent exclues de la succès- RAP fion paternelle & maternelle, par la Loi, ou par la renonciation moïennant une certaine dot. S’il arrive que le pere ou la mere rapelient leurs filles dans leurs Testamens Rétor. I. 4.) * -Ajfiz -d’autres fans moi d’un Jiìle moins timide, Suivront aux champs de Mars ton courage rapide- Defpreaux, Epître au Roi.) RAPIDE. [Vebemens .] Se dit figurément. (Des con, 4 quêtes rapides, une fortune rapide, un stile vehement & rapide. XJn Jiìle Jì rapide 0 ? qui court en rimant, Marque moins trop tpesprit- que peu de jugement. Defpr.) _ RAPIDEMENT, adv. [Rapide.) Avec vitesse. Avec violence. Avec rapidité. (Fleuve qui coule rapidement. * Nos jours, comme les flots , courent rapidement » Saralin. Poèf.) RAPIDITE',//. [Velocitas, rapiditas.] Ce mot fe dit proprement des torrens & des fleuves, & il signifie Cours rapide N violent. (Fleuve qui a une grande rapidité.) t RAPIDITE'. [ Rapida celeritas, ] Ce mot SU figuré, signifie vitesse. "I RAP ( * II marche avec tant de rapidité qu’on díroit qu’il a des ailes. Maucroix. La rapidité des conquêtes des grands Héros. Par la rapidité de ses conquêtes en Flandres, il a fait voir qu’il n’étoit pas moins excellent Capitaine que grand Politique. Tout cede à la rapidité de ses victoires. Eloge hijior. de Louis XIV.) RAPIDITE”^ se dit auísi ductile. £ Energia , vebemen- tia] II étoit dificile de résister à la rapidité de l’élo- quence de Demosthene. î RAPIE'CETAGE , f. m. On le dit de Faction de rapiéceter, & des hardes rapiécetèes. (Ce rapiécetage est trop cher. Tous ses habits ne font que du rapiécetage.) RAPÍE'CETER , rapiécer , v. a. [Panniculum ve. Jlt ajjuere.'] On devroit dire rapiécer. C’eít métré des pièces à quelque vêtement, ou à quelque autre chose de cette nature. (Le Poète Chapelain riche de cent mille livres faisoit rapiéceter ses habits, & Gombaud qui étoit auffi pauvre que Malherbe ne pouvoit fou. frir des habits rapiécetez.') L’Académie requit Fun & l’autre de ces termes. Mais Danet est pour rapiécer. t RAPlE'RE, /• /. [ Ferrugìneus giadius. ] Mot burlesque qui vient de l’Alemand, & veut dire épée, (Pendre la rapière au croc. Prendre la rapière.) RAPINE,^ / [RapinaJ Volerie. Vol. Larcin. (Elle Pactisa de volerie & de rapines. Ablancourt, Tan. an. I. iî. Vivre de ravive & de pillage. Vaug. Quint. I. 4. c. 9. La cresserelle défend les pigeons des oiseaux de rapine. Bel. 4 2. e. z p. RAPINER, v. a. [ Rapere, surari .] Voler avec adresse. Voler avec fineise. (II y a des gens qui jugent mal de leur prochain , & qui croient que les partisans ne font riches que des biens qu’ils ont rapinez.j ch RAPISTRUM, s ?«. Plante qui croit dans les champs, & dont les feuilles ressemblent à celles de la rave. Elle est aperitive, & excite les mois aux femmes. RAPLIQUER» s. a. [ Denuà applicare. J Apìi- quer de nouveau. (Rapliquer des couleurs fur un tableau. On raplique de For fur une bordure dédorée. II saut rapliquer des sangsues à ce malade.) * Se rapliquer, v. r. [ Resumere Jiudia , se jiudiis rtddere. ] S’apliquec de nouveau. (11 se raplique à l’é- íude, à sa profession qu’il avoit abandonnée.) H RAPONTIC du Levant , f, m. Racine que l’on confond quelquefois avec la Rubarbe. tp RAPONTIC des montagnes, ou Rhubarbe de Moi. îles. ( Hippolapatbum.} C’ect une efpece de patience qui croît fur les montagnes. Sa racine est déterlìve, aperitive & un peu purgative. ^ RAPONTIC vulgaire. [Centaurium majusj RlPORT,/-»*- [ReportatioJ L’dction de rapor- ter& de remetre quelque chose au lieu d'où on Fa volt portée ailleurs. (Le raport des marchandises coure tant. Le port & le raport d’une letre, d’une valise, d’un balot, &c.) Récit de bouche, ou par écrit. [Ex- pojìtiol} Le mot de raport, en ce sens, est d’ordinaire un mot de Pratique, de Chirurgie , ou de Juré de quelque métier. (11s ont voulu s’inltruire du diférent pour en faire le raport. Patru, plaid. 1;. Le procès est au raport de Monsieur un tel. Le raport des Jurez porte relie choie. Les Chirurgiens ont fait leur raport.) RAPORT. [RedditioJ II le dit des sommes qu’on est oblige de raporter dans la masse d’une succession avant que de la partager. (Chacun des cohéri.iers est obligé de faire le raport de ce qu’il a reçu en avancement d’hoirie. II a requ à charge de raport.) í§ RAPORT. Terme de Jurisprudence. [CollatioJ Quand il s’agit de partager une succession echué ab intejtat entre les enfans cohéritiers, ou lorsque Fun des enfans demande fa légitime ou un siiplément, si quelqu’un d’eux a requ du pere ou de la mere une somme ou des meubles, ou enfin s’il jouit de quelque immeuble , il doit raporter le touc dans la masse de Hoirie, ou moins prendre ; & c’est ce que l’on apelle raporter. La raison de cette Jurisprudence est que régulièrement les dons faits par les afeendans à leurs defeendans font regardez comme prematurez par anticipation & en avancement d’hoirie; eníorte que pour rendre les portions égales entre plusieurs personnes dont te droit est égal, ce raport est absolument nécessaire. Quelques-uns ont cru que si la donation ne portoit pas ces mots en avancement d'hoirie, les choses données étoient exemtes de raport ; mais le sentiment RAP 295 contraire a prévalu, conformément à Tarticle 144. de la Coutume d’Fstampes. RAPORT. [Relaíio, narratioj Ce mot se dit auíll dans le langage ordinaire & fans parler pratique, ni chirurgien. 11 veut dire le récit d’une chose qui s’est passée. (Faire le raport d’une chose qu’on a vûë. Vaue. ÇL C. L cb. 8 s RAPORT. IL.it is expojìtìo judicibus .J Terme de Peu lais. Récit que fait un Commissaire en pleine Chambre de Fêtât d’un procès qu’on lui a donné à voir & à examiner. (Faire le raport d’un procès Votre afaire est au raport d’un tel Conseiller. Oùir le raport, &c.) RAPORT. [Criminationes , delaticntsj Paroles bat ses, fiateuses & malignes que quelque domestique dit à son maître à dessein de nuire à un autre domestique. Le mot de raport en ce sens se met ordinairement au pluriel. Paroles fiateuses & malignes qu’oa dit à des gens de qualité pour faire tort à quelqu’un. (11 gagnoit l’amìtié des Grands par les faux raports , èt les calomnies. Abl. Rét. liv. 2. cb. 4. C’est un lâche & un fat qui brouille toute la maison par ses raports.) RAPORT. [ Convenientìa, consensus. J Conformité. Proportion. Liaison & regard entre les choses qui viennent, ou qui dépendent les unes des autres. Liai- son qui se rencontre entre les parties d’un tout. (Les Langues n’ont pas toujours du raport. Abl. Tac. La Religion est liée à toutes les choses du monde par le raport qu’elles ont à la fin dernière qui est Dieu. Port-Roial. N’avoir raport à rien. Abl. Luc. Elle est incapable de rien aimer que par raport à elle. Port. Roial. Les arts & les sciences ont un grand raporS avec les sens. Tulemun, Vie de Plut. t. 7. Mon hu. meut a raport avec la vôtre. Une copie, en matiér, de peinture, est d’autant plus belle qu’elle a plus de raport avec son original. Nouv. Rem.fur la lungue Fraríçl) RAPORT. [Relatio, proportie .J Terme de Géométrie & d’Aritmétique. C’est la relation que les nombres & les autres quantitez ont les unes aux autres. Ott l’apelle aussi raison & proportion. (Le raport du petit au grand , ou du grand au petit. L’antecedent st un tei raport à son conséquent. ^ II n’y a aucun raporS du fini à i’infini. On ne connoît pas exactement le raport que les quantitez incommensurables ont entr’elles.) RAPORT. (ssoàj Ce mot se dit en parlant de certaines choies qu’on mange, & il veut dire vapeur des choses qu’on a mangées & que Pestomac renvoie à la bouche ; ce qui íe fait ordinairement Jorsqu’on a trop mangé. Le mot de raport, en ce sens, ne se dit qu’au pluvier. (Cette viande m’envoie des raports. j’ai eu toute l’après-dinée des raports , parce que j’ai mangé des œufs durs.) RAPORT, ( Proventus, ubertas ] Ce mot se dit de$ arbres & des fonds de terre. Revenu & profit que le» arbres , ou les terres qu’on cultive rendent aux proprie. tairas. Fruits que les arbres , ou les terres aportent auï possesseurs. (Diogene voiant un arbre où il y avoit de» femmes pendues, dit, il n’y en a guére de meilleur ra. port. Ablanc. Apo. Terre qui n’est pas de grand raport.) RAPORT. I Convenientìa. j Terme de Grammaire. C’est la relation que les mots ont les uns avec les autres dans la construction. ^ C’eft par le juste raport des mots & des choses qu’un discours est intelligible; autrement le Lecteur est souvent embarrassé. Une chose a raport à une autre , quand l’une conduit à Fautre, ou parce qu’elle en dépend : ainsi les éfets ont raport aux causes ; 01» dit souvent, Cela n’a raport à rien.. Le raport dan» le discours est vicieux, quand un mot se raporte à un autre auquel il ne devroit point se raporter. Le P. Bouhours explique cette régie par cet exemple ; De quoi les Juges n étant pas d’avis , on dépêcha a l’Enu pereur pour J avoir le Jim. Le sien se raporte à d’avis y & il ne devroit pas s’y raporter , parie que d’avis un mot indéfini, qui ssa aucun régime; ensorte que s’il y avoit dans cet exemple ; Les Juges dirent leur avis , U on dépêcha a i'Empereur pour savoir le Jien , cela scroit régulier, & le Jim se rapurteroit bien à leur avis. Je tlirois donc pour écrire correctement ; De quoi la Juges n’étant pas d’avis, on dépêcha a PEmpereur pour savoir je,n sentiment. On peut juger par cette remar. oue ( ajoûte cet Auteur ) si ce seroit parler juste qu, de dire : U n'ejl pas d'humeur a faire plaisir, (§ mienne eji bienfaisante, en faisant raporter la mienne d d’humeur, & (i c’est de même parler eo< rectement, que de dire : Que fui de joie de veut revoir » U j vôtre n’m __ UfT en parlant des biens qui apartiennent en commun à une société de Marchands, ou d’autres gens intéressez dans quelque afaire d’urilité. & RAPORTER , sc dit d’un chien de chasse, dressé B porter au chasseur le gibier ; & d’un autre chien dressé à aporter ce qu’on lui jette. (Ce chien raporté bien.) ! RAPORTER. [Narrarre.) Redire. Raconter. Dire. (Jamais la renommée ne raporté les choses au vrai. y'aug. (feint. I. 9. cb. 2. On me vient de raporter que vous aviez de l’amour pour moi. Molière.) f RAPORTER, lignifie aussi redire par legereté ou par malice ce qu’on a entendu dire. (II va raporter tout ce qu’il entend.) , RAPORTER. [Referre, citare , aUegare.) Citer. Alé- guer. (11 raporta l’exemple des anciens Orateurs qui n’avoient pour but que la réputation. Abl. Tac. An. I. H. 11 a mis à l’entrée de ses livres la liste des Auteurs qu’il raporté. Pafc. I. ç. Notre Pere Escobar ra. porte qu’il est permis de dérober dans une extrême nécessité. Pafc. let. g. 11 raporta pour fa justification la doctrine du Pere Bauni. Pafc. let. 6.) RAPORTER. [ Atl judices de lite referre.) Terme de Palais. C’est considérer toutes les pieces d’un procès & en faire son raport à la chambre. (Raporter un procès. Pafc. I. 6. ) RAPORTER. [Conferre.) Conformer. (Cette atache vicieuse soùilleroit les actions les plus saintes si on les raportoit à cette fin. Pafc. I. 14.) RAPORTER. [Referre, deferre.) Tendre. Avoir pour fc'ùt. (Raporter tout à son profit. Scaron.) RAPORTER. [Referre.) Remporter, avoir, tirer, quel. que avantage. (11 se mit au service de Cirus, fous l’e- lperance d’en raporter beaucoup d’honneur. Abl. Rét. l,2.ch.$.) RAPORTER. [Referre.) Faire venir. Tirer. (Alexandre tâcha de raporter son origine aux Dieux. Abl. I. 7, 11 dit beaucoup de choses de leur origine qu’il raporta au peuple d'Argos. Abl. Tac. An. hv. 12. cb. jç. Vousraporterez toutes choses au Cid. Voiture, l. 6.) RAPORTER. [ Convenìre. ] Terme de Grammaire. Avoir relation. On ne doit point trop séparer le relatif, qui, du substantif auquel il se raporté. RAPORTER. [Ruclus movere.) Revenir à la bouche. ÇDanet ) RAPORTER. [Reddere.) Ce mot se dit de la terre, des arbres & cf s plantes, & il veut dire, produire, porter. (La perfection des arbres est de raporter d u fruit. Abl. Cette terre raporté deux fois l’année.) . t * C’est une honte qu’un tel ouvrage après un si grand bruit, ne raporté aucun fruit. Saint Amant.) Se raporter , v. r. [Convenìre, confcntire.) Convenir. Avoir du raport & de la ressemblance, (Son humeur se raporté allez a 1a mienne.) RAP Se raporter. [Intendere.) Avoir raport. (Ces paroles se raportent où nous prétendons qu’elles Je raportent. Patru, plaid. 12.) Se raporter. [Deponere jus in fido ahcujus.) Se remet, tre au sentiment d'une personne, en passer par son avis. Prendre quelqu’un pour arbitre, pour témoin de quelque chose dont il s’agit. Se tenir aux décisions d’une personne. (Cela est vrai si l’on s'en raporté à de certaines gens. Molière , Fem. Sav. S il faloit Je raporter à ce que S. Thomas écrit des benefices, il y suroît bien des Simoniaques. Pafc. I. 9. Les Confesseurs font obligez de fe raporter à nous pour les cas de conscience. Pafc. L 6.) Se raporter. [Judicibus proponi.) Ce mot en termes de Palais signifie. Se juger. Se décider. Se terminer. (Son afaire sc raportera ce matin. Son procès ne se raportera point de ce Parlement.) RAPÛRTEUR, f m. [ Litis relator. ] C’est le Juge qui fait le raport d’un procès aux Messieurs de la Chambre. (Avoir un bon Reporteur. Donner un Kaporteur. Corrompre un reporteur. 11 y a deux grands Reporteurs en la grande Chancellerie.) RAPORTEUR , f m. raporteufe, f. f. [Delator , ac. cujktor.) Ii sc prend auslì en mauvaise part, & figni-. fie celui ou celle qui fait des reports, ou faux, ou île choses qu’il auroit dû traire ; & qui par ses reports met de la division entre des personnes. (C’est un franc reporteur. C’est un vraie raporteufe.) ($ C’est dans ce sens que l’on dit dans une con- verlâtion fur la ressemblance que chacun a avec quelque animal, qu’un de la compagnie ressembloit à un barbet, perce qu’il étoit acuse de raporter toutes choses au Ministre. Menagiana, tome 1. RAPORTEUR. [Hemicyclus matbematicus per gradus dijiìnctus.) Terme de Géométrie. II y a en Géométrie deux fortes de reporteurs. Le premier est un petit demi cercle ordinairement de léton & quelquefois de corne , divisé par son bord extérieur en igo. degrez, servant à faire connoitre le nombre des degréz d’un angle construit sur le papier, & à former des angles fur le papier de tant de degrez qu’on veut. Le fe. cond raporteur est un instrument composé de plusieurs cercles ou de plusieurs demi cercles concentriques, tracez fur une même superficie, divisez en degrez par des ra ions qui vont du centre à la circonférence. Cet instrument sert dans la Trigonométrie à suputer lei triangles rectilignes fans calcul. , f RAPORiON , f. m. Masse de pierre propre à fendre en ardoise. On l’apelle autrement callot. RAP REND RE , V. a. [Denuò difeere. Iterùm me. maria mandare J Aprendre de nouveau. Je raprens. Jeraprenots. J'airapris. Jerapris. (Je m’offre de vous raprendre le Latin cet hiver. Voiture let. 8a.) RAPRIVOiSER, v. a. [Ftrum amrnurn manfue. facere.) Aprivoilér de nouveau. (11 est dificile de ra- privoiler les animaux qu’on a maltraitez.) * Se raprivoiser, v. r. [Cicurari.) Redevenir privé & familier. II sc dit des personnes. (On a beau chasser les écornifleurs, ils lé raprivossent aisément.) R A P R OC HEM EN T f.m. [Rcacceffio.) L’Actionde raprocher.De bons Auteurs se font servis de ce mot,quoi» qu’il ne se trouve dans aucun Dictionnaire. (Cette multitude d’incidens qui le rassemblent en un jour, est d’une telle conséquence & d’une telle beauté, que ce raproebe . ment fait prélerer la tragédie au Poème épique. Sar.) RAPROCHER, v. a. [Propiùs admovere.) Aprocher encore de plus près. (11 faut reprocher cela.) * RAPROCHER, v. a. [Approximare.) Terme de Jardinier. 11 le dit des arbres. C’est racourcir les branches des arbres qui s’ouvrent trop, ou les branches qui aianc été laissées trop longues, ou trop étendues, soit en espalier ou en buisson, font un désagrément dans l’arbre. en y faisant vuide un endroit qui doit être garni. Et ainsi les branches racourcies en produisent de nouvelles à leur extrémité qui rendent l’arbre plus fourni (II faut reprocher ces branches.) ff RAPROCHER. Terme de Marine. On dit, Le vent eji raprocne, c’est-à-dire , qu’il s’est mis à soufleí du côté où l’on vouloit faire route. Se raprocher , v. r. [Redire , reverti.) S’aprocher de nouveau de quelque personne, ou de quelque lieu. (11 a hâte de fe raprocher de vous. Voit. I. 39. Ce* deux furieux fe raprochent toùjours. Racine , Thebàide, a fì. î.fc, II demeuroit fort loin du Palais, mais il RAP H s’en est raproché. Le soleil se reproche de nous après ie Solstice ct’hiver.) Se raprocher. [P>opéaccederei} Se dit au figuré. (Ce plaideur paroissoit être très éloigné d’un accommodement , mais à présent il se raproché. II est un peu plus raisonnable.) i R.\PS , / ni. Monoïe qui a cours à Bâle & dans quelques autres endroits de la Suisse. Voïez Râpe. R t\ PSOL) E U R ’Ss'.m.plar. [Rapsodiarum cantores.] On appel loi t ainsi ceux qui chantoient anciennement les poésies d’Homere , aiant un habit rouge, quand ils chantoient l’Iliade, & un habit bleu quand ils chantoient 1 Odissée. Cuper. Acad. Fr. R/tPSQDíE, J. f. [ Rapsodia, coaptatio .] Ce mot vient du Grec, Sc il se dit par raillerie & avec dessein d’offenser. C’est une sorte de production d’esprit composée de plulieurs choses ramassées de divers Auteurs & de divers endroits. (Je viens de voir pour mes péchez cette méchante rapsodie de l’Ecole des femmes. Molière. II y a bien des Auteurs qui croient être de grands Hommes & qui néanmoins ne font que des centons, ou des rapsodies. M. Ménage, la Mothe le Vaier & Mr. Huet nous ont donné d’agréables rapjb- dies. A. . . a fait certaines rapsodies de politique qui valent mille fois mieux que ce qu’il a composé de lui-tnême.) â On donne plusieurs origines à ce mot: les uns le dérivent de parlsît, qui veut dire joindre , coudre ensemble : tes autres de p<*/3í»r, une branche d'arbre, parce que ceux qui les chantoient dans les carrefours, pottoient une branche de laurier, ou de p**vít» aí*t, un amas de vers. R ARS O OIS TE, f m. [ Rapfidista .] Faiseur de Rapsodies. (Tous les faiseurs de livres en ana , font de vrais rapjodijies.') RAPT,)! »/. Ce mot vient du Latin raptus, & dans les discours ordinaires il semble consacré à l’enle- vement des Sabines. En effet hors de là, l’on ne se sert de rapt , qu’au Palais. (Le rapt des Sabines est fameux. L’Histoire Romaine parle du rapt des Sabines. On parle encore dans les Fables du rapt de Ganimé- de & de celui de Proierpine.) f RAPT, f. m. [ Raptus .] Ce mot ne se dit d'ordinaire qu’au Palais. C’est l’enlevement qu’on fait d’une fille ou d’une femme. (Le rapt est odieux & scandaleux. Le rapt est digne de peine. Se plaindre d’un rapt. Putra , pi. n. Acuser d’un rapt. Couvrir, cacher son r«pt. Condamner quelqu’un de rapt. Les Loix punissent ie rapt comme un crime capital. Le Mait. plaid. Ig. Voici un Pere qui se plaint d’un rapt. P-.iru , plaid, n.) 0' RAPT. Les Loix civiles & les Ordonnances de nos Rois fout très-feveres contre les ravisseurs & contre ceux qui y contribuent. La mort est également prononcée contre les uns & contre les autres, & quoique la personne qui a été enlevée ou ses parens proches consentent au mariage avec le ravisseur , elles veulent erre exécutées , à cause de la conséquence. L’Eglise n’fclt p:;s íi sévere ; car le Pape Innocent III. a décidé dans Ie chapitre septième du titre de raptoribus , aux Deeretales , que le mariage contracté entre le ravisseur & la fille enlevée étoit légitime, lors qu’il paroìt que les cœu.s font changez & que le contentement est réciproque, fans aucun soupçon de violence & de surprise. Gonzalès a raporté plusieurs décisions qui font suivies en France, où les Cours superieures ne font pas de dificulté d’exempter le ravisseur de la peine, lors que la personne ravie le demande pour l’épouser. Le rapt a été autrefois plus en usage qu’à présent, principalement dans les premiers siécles du monde, où les Loix n’avoient encore qu’un foibìe pouvoir fur les esprits, qui r.e suivoient d’autre régie que leurs passions. En éíèt, le rapt a servi de sujet à plusieurs Déclamations de Quiiitilien, & à plulieurs Controverses de Séneque. Et Hérodote a commence son histoire par plusieurs eníevemens qui «.aidèrent de grandes guerres entre les Grecs & les autres Peuples, qui manquoient de femmes pour peupler leurs nouveaux etabliffemens. Et Ronmìus se servit de ce moien qui lui reùíiit heureusement. II y a deux sortes de rapt; l’un est forcé; & l’autre est volontaire ; car on dit que raptus fit in volentem , & il me semble que celui-ci est moins coupable que l’autre, & mérite quelque incluigence, si ce n’eit lors que la séduction est évidente. RAP URE, f /. ÍRafura.2 Petites parties qui tom- RAP 297 bent de la croûte du pain lorsqu’on la râpe. Terme dont sc servent les Boulangers de Paris. $ ivoire. C’est de l’ivoire râpé assez grossièrement. í R.A.PURES. On nomme aussi Rapures de Brésil, de Sandal, & des autres bois qu’on emploie â la teinture , ou a la Médecine, ces bois font, ou râpez à la main par ouvriers, ou moulus dans des sortes de moulins propres à cet usage. RAPuROIR , f. m. [Dqlium expurificatorium. ] Vaisseau ou futaille de bois ou de cuivre dont sc servent les salpetriers pour mettre le salpêtre de la première cuite. RAQUE, f. f. \_Globuli funiculo inferti .] Terme de Marine. Ce sont de petites boules de bois enfilées comme des grains de Chapelet que l’on met autour d’un mât, &c. Voïez Racage. RAQUE gougée. [Globulus Jiriatus .] C’est une raque , où l’on fait une échancrure fur 1e côté pour y faire entrer une corde de inoïenne grosseur. RAQUE encochie. [Incisurai] C’est une raque gougét qui a une coche tout autour, dans quoi on pose le Bitord qui sert à l’amarrer. Ozan, Difi. Math. RAQUEDEN/VRÈ , f m. & f. [ Avaries , dena- riorum corrasor.2 Tienne populaire qui se dit des avares qui ne voudroient pas ceder le moindre denier. RAQUEDQN , f m. [Doni repetitor.’} Terme populaire qui signifie ceux qui redemandent une chose après Bavoir donnée, comme les enfans. RAQUETTE,/ f. [’Palmula iujbriaJ] Instrument dont on sert pour jouer à la paume, qui est composé d’un bois plié en rond , au bout doquel il y a un manche couvert de cuir, & fur ce bois plié en rond il y a plusieurs cordes de mouton tendues & attachées dont les unes s’apellent Montans & les autres travers. (Une raquette fort legere. Une raquette lourde. Faire une raquette. Monter une raquette , c’est lui mettre des cordes & garnir le manche de cuir.) J: Ce n’ejl pas^ un grand cajjìur de raquette. On le dit Prov. Sc bas]', d’un homme qui fait le brave & le vigoureux, mais qui ne Best pas. RAQUETTE , est aussi une certaine machine que les Sauvages de Canada attachent à leurs piez , pour marcher commodément fur la neige, & qui est faite à peu prés en forme de raquette à jouer. (Marches avec des raquettes ) f RAQUETTE. On donne aussi ce nom à quelques plantes, comme à la Cochinilia Sc à l’Opuntia. RAQUETIER, f. m. [Palmularum opìfex J Celui qui fait & vend des baies & des raquettes, mais qui ne peut vendre des baies neuves. (11 est maître Raquetier à Paris. Voïez Paumier.) RAQUETON,/ m. £Palma lusoria.J Raquette plus large que les raquettes ordinaires. SERAQUITER, ». r. [ Damna resarcire. ] Ce mot se dit d’ordinaire entre joueurs & veut dire Réparer. Recouvrer. Ravoir ce qu’on a perdu. (Je perdois dix pistoles , mais à la fin i’ai joué de bonheur & je me suis raquité.) On dit aussi raquiter le tems qu’on a perdu. Academ. Fr an p. RARE, adj. [ Rarus .] Qui arrive peu souvent. Qui ne se trouve pas ordinairement. Ditícile à voir parce qu’il y en a peu. (Evenement rare. Livre rare. L’ar- gent est plus rare que jamais. Le Comte de MuJJì. La médaille d’Othon est rare.) t RARE. {Eximius , excelknsi] Excellent. Prétieux. Singulier. Extraordinaire. (La plus rare & plus parfaite personne du monde m’honore de son souvenir. Voit, l. 26 . Un rare secret. Un esprit rare. Un savoir rare. Descartes étoit un rare esprit. Esprit rare Çj 1 charmant né pour les grands emplois, Et quesouvent ton Prince honora deson choix, Genest.) f- RARE , se dit d’un homme qui fe communique moins que de coutume à ses amis. (Vous devenez rare, vous vous rendez trop rare.) f RAkE , se dit par maniéré de plaisanterie ou de reproche des choses ou des personnes singulières, bizarres. (Cela est rare. Vous êtes un homme rare.) RARE. £Rarus , tenuis.2 Terme de Philosophie. Ce qui n’aiantque peu de matière ocupe une grande étendue. (Corps rare. L’air est plus rare quand il est é- chauffé. L’éponge & la pierre ponce sont des corps rates. Ce mot rare, en CS sens, est oposé à celui de dense.’ Tome ///. P p On ‘I Ly8 RAR On ápeìle en Médecine un ■pouls rare lorsqu’il bat lentement. On apelíe encore une chosé rare lorsqu’elle est dl- jficile à trouver. (11 est rare de trouver un vrai ami. Quand, on fait d’un désir fextrême violence , Au but qu’on se propose on parvient rarement ; Pour devenir heureux, un peu d’indifférence, A souvent plus d’effet qu'un grand empressement, P. Derel. Jes.) RARE'FACTIF , raréfattive , adj. {Rarefattivus.’] Qui a la propriété de raréfier. (Vertu raréfia clive. La guimauve est raréfia clive.) RAREFACTION , f, f. {Raritas ,rarefaftio.J Termé de Philosophie. (On apelle raréfaction lorsqu’un corps paroît fous une plus grande étendue que celle fous la. quelle il paroiífioit auparavant i fans qu’on fie soit aperçu qu’il y soit entré aucune matière. Roh.PhiJ. I. i.) RARE'FIER, v. a. {Rarefacere, dilatare .] Ternie de Philosophie. II se dit lors qu'un corps paroît (bus une plus grande étendue que celle (bus laquelle il paroissoit auparavant, sans qu’on fie soit aperçu qu’il y soit entré aucune matière. (La chaleur raréfie de certains corps. Corps raréfié.) RAREMENT, adv. [fislrá, minùsfapè.’) Peu souvent. (Elle fortoit rarement en public. Abl. Tac. ». /.!?.), RARETE', /. /. Ce mot fie dit des choses rares, des choses qui arrivent rarement, ou qui fie font rarement & c’est ce que les Latins expriment par ces mots, [Pau- eitas , infrequentia , raritas.] Les bontez que font les méchantes personnes font beaticoup mieux reçues , & la rareté donne quelque prix à faction, Vàit. t. 30. La rareté de l’or & des diamans fiait leur prix.) 4= RARETE', signifie, disette & est oposé à abondance. (La rareté de vins , rareté de grains.) 4= Pour la rareté élu fait. Prov. C’est-à-dire, pour là singularité de la chose. (Je Veux voir cela pour la rareté du Fait.) RARETE'. {Raritas .J Qualité d’un corps qui se raréfié. La rareté vient de la matière subtile qui dilate les parties. , , * RARÈTEZ. [ Rara IU eximia opéra, ] Curiosités (C’est un homme qui a mille raretez dans son cabinet.) t RARISSIME, adj. {Rarijfìnms.] Mot de conversation qui veut dire Très-rare. Qu’on trouve fort peu. Qui arrive peu souVent. (Cela est rarissime. C’est un manuscrit rarissime.) , . . r ' RAS , f m. {Textum rafam .] Sorte de serge qu’on fabrique à Châions en Champagne. (Le ras de Châions est d’un très bon usé. S’habiller d’un bon ras de Châions.) RAS, f. m. {Remì-ulna.] C’est une mesure en Piémont , qui est environ de la longueur d’une demi aune de France. . t RAS,7? m. Èfipéce de moïenne filière, dont les Tireurs d’or fie servent pour dégrossir leurs lingots d’or, d’argent & de cuivre. RAS , rase, adj. [ Abrafas, ad cutein tonfas.] Cé mot signifie rasé, mais il ne fie dit pas si ordinairement que rase, quoi qu’il y ait des endroits où il vienne mieux que le mot rajé.^ (Elle ôta fa coifiurè & parut toute hué & la tête rase. Abl. Luc. t. 3.) * RAS, rase. [P/ánus, œquatus.] Ce mot te dit en parlant de compagnie, & il signifie Découvert. Où il 11’y à ni bois, ni retraite pour fie sauver. Le mot ras en ce sens 11e se trouve usité qu’ah féminin. (II rencontra ì’ennemi en rase campagne. Abl. Ar, Etre en rase campagne. Vaug.. Quint. I. io ) * RAS, rase. [ Derafas.] Ce mot se dit des draps & des habits, & veut dire qui n’a point de poil. Etofe , ou habit dont le poil est tombé, ou usé. (Velours ras. Le Poète Chapelain qui étoit le plus riche des Auteurs de son rems, portoit un manteau tout ras ; & le sieur Varillas^ qui n’est pas mal avec la mémé fortune, porte un manteau qui décend eh droite ligne de celui du fameux Chapelain.) ■ H RAS, seditáustí de certains chiens qui ont le poil fort court. (Cette espece de chiens a toujours le poil ras ) Bâtiment ras. 'Ferme de Mer. Csest un bâ- tirnent qui n a m pont, ni tillac, ni couverture. & RAS a l eàú C’est ainsi que l’on apelle un bâtiment, qui etant ponté, est bas de bordage, & qui a fa ligne de 1 eau proche du platbord, pu du moins pro- RAS che du feuillet des sabords de fa baterie basse. (Durafit le combat, notre frégate * qui étoit rase à Peau char- geoit ses canons à sabords Fermez, de peur de puiser par les sabords.) Table rase. Ces mots viennent du Latin tabula rasa -, & ils fié disent au fig. de l’esprit d’un jeune hommes pour dire que son esprit n’aiant encore point reçu d’impression il est capable de recevoir telle doctrine qu’on voudra. H Table rase, se dit au propre d’une plaque ou plan- 'che i sur laquelle il n’y a encore rien. 4= RÀSi adj. fie dit de la mesure des grains. Vendre à boisseau ras, à mesure raie, c’est lorsque le grain qu’on vend femplit, mais n’excede pas la hauteur de la mesure où on le vend. En ce sens il est oposé à bois. seau comble, mesure comble. RASADE, s. s. {Urceus plenus.] Verre tout plein dé vin. Verre tout plein de quelque liqueur. (Boire de grandes rasades. fau milieu des rasades Uamour nous a surpris Jl eji en embuscade Dans les beaux yeux d’Iris .] î RASADE, se dit de plusieurs petites étofes rases & fans poil. En quelques lieux on les apelle Rasettes. 4= RASADE, ou Rasade. Petits grains de verre teiné de diverses couleurs, dont il se fait un grand trafic sur les côtes d’Afrique, & presque par toute PAméri- que. On dit aulli Rocaille. RASAIT, rasante , adj. [ Eradens .] Terme de Forti. jîcation, Flanc rasant. Ligne rasante. Défense rasante. (II se dit de Pendroit de la courtine, ou du flanc, dont les coups qu’on tire, rasent, c’est-à-dire^, vont le long de la face du bastion oposé. , t RASE , f f {Picatura.] En terme de Marine, 'c’est de la poix qu’on mêle avec du Brai , pour calfater un Vaisseau-, , RASE', rajée . adj. {Tonfas-, érafas.] Qui a le poil fait, coupé. Net. Démoli. (Joue bien rasée. Men- ton rasé. * Ville rasée. Mai. Poes * La forteresse étant rasée, il éntrâ dahS fiEtat du Roi. Vaug. Quint. I. 9.) f RA5ËMËNT, j. m. {Everjìo, exctdiumf] L’action 'de raser & de démolir. Démolition. (Le râlement d’une Forteresse.) RASER, v, à. {Abrádere , tondere barbant .] Faire la barbe. Couper le poil des jolies avec tin rasoir. Couper les cheveux ou quelques poils que ce soit avec un rasoir. (11 a Phonneur de raser le Roi. Rater une tête. C’est un garçon qui rase bien. L’un se troUve fort bien quand il ejì comme un Oun, Et l’autre prend plaisir a Je raser toujours. Aut. A hon.) * RASER, {Solo aquare] Ce mot en parlant de mitrailles, de villes 1 de fortifications & de bátimens, veut dire Démolir. Détruire entierement. (11 rasa la ville jusques au fondement. Abl. Arr. 1 . 1. ch. 7. Barbe Colisée pourquoi 11c vòus rase t-on pas. S. Amant -, Rome ridicule . ... Elle ne craindroit plus alors Qu’on vint brú ! erson Pont, qu’on vint raser ses Forts. Abbé Régnier.) . ff II y a long tëms que la démolition des Châteaux & deS Maisons a été une des peines du crime de leze- Majesté au premier & aù second chef. Valere Maxime, liv. 6 . ch. 3. raporte que Sp. Cassius convaincu d’avoir tenté de se fendre maître de la République , fut con- damné par le Sénat & par le Peuple j à la mort, dont trois Consulats & un magnifique Triomphe ne purent pas le garehtirj & n’étant point encore, satisfaits, on âbatit fa maison ^ pour augmenter son suplice par la destruction de ses Dieux Domestiques: Ut Penatmm ‘quoque Jlrage puniretur. RASER, v. a. J Perjìringére.] II se dit des corps qui paflent fort près de qUelques autres & ne les touchent qùe legeremeht. (On dit aU jeu de Paume, la baie a fafié la corde. On dit ën termes de Fortification, qu’uú feoup de mousquet rase la face d’un Bastion. Ce coup de pistolet lui a rasé la moujláche, c’est-à-dire, a passé Fort près de se n visage.) * RASER le tapis, {tìumum currendo radere .] Termé de Manege. C’est galoper près de terre. (Cheval qui rase le tapis.) RASER, v. », {JEquare dentium cavitatem.] Ce mot se dit RAS dit en parlant des coins du cheval qui font de certaines dents, On dit, Cheval qui rase ou qui a rasé. C’est-à dire, qui n’a plus les coins creux, de forte que le creux où étoit la marque noire est rempli, & la dent est rase & unie, ce qui arrive environ à la huitième annee du cheval. * RASER. [Littus radere.J Terme de Mer & de Gens qui navigent. I! signifie cotoier. L’armée partit par un bon vent & rasa la côte. Abl. Rétorique, livre 6. 11 rasa la côte avec ses neto\ses.\ Ablancourt , Arr. liv. i. Nous commençâmes à raser la terre sans y détendre. Ablanc. Luc. t. a. biji. I. i.) RASER un vaijseau. [ÌSavem eradere ] Terme de Marine. C’est lui ôter ce qu’il a d’œuvrcs mortes fut les hauts. 0»an. Difi. Math. RASER, [ffacere , tncubare, latere.J Terme de Chas se, qui se dit du gibier qui se tapit contre terre pour se cacher. (La perdrix se rase, quand elle aperçoit les oiseaux.) RASETTE, s. s. Terme de Chiromance . Premier* partie de la main , qoi sont des lignes immédiatement au-delà de la paume de la main & à la jointure du bras, & qui, à ce que content les diseurs d’horoscope, marquent la brièveté, ou la longueur de la vie. ( 'Tricas. se, ch. 6. de sa Chiromance conte que quand les ra se t- tes font belles, nettes, sans rides & fans lignes qui les coupent, elles marquent que la personne est d’un bon tempérament.) RASETTE, /. s. [ Orgavici cantoris terne, ) Terme d“Organisé. C’est un fil de fer qui sert à acorder les jeux d’anche, & qui fait hausser ou baisser leurs tons, selon qu’il presse plus ou moins leurs languettes. í RASETTE. Petite étofe fans poil. f RASIBUS. [Propi , proximòj Mot burlesque pour dire. Tout net. Entièrement. (On lui a coupé tout rafibus.) f RASIERE, s s Mesure de grains dont on se sert en Flandres, & qui est diférente suivant les lieux. RASLE» Voïez Râle » RASLER. Votez Râler. RASOIR,/ m, [NooasulaJ Instrument composé d’un taillant d’acier fin & d’une chasse de bois d’ébé- ne, ou de tortue, duquel on se sert pour raser , & faire le poil. (Un bon rasoir. Un méchant rasoir. Un usoir qui va bien , qui prend bien, qui coupe bien, qui rase bien. Essaïer un rasoir. Tenir bien le rasoir. Repasser un rasoir.) RASPATOIR,/ [Rasula.'ì Instrument de Chi. rurgie, qui sert à racler un os, quand il est fendu, ou fracturé, pour voir jusqu’où pénétré la fente ; & aussi pour l’aplanir lors qu’il est raboteux, ou vermoulu. On l’apelle aussi rugine. t RASSASIEMENT, s m, [ Salìetas , famis ex. pietio.] L’action dc rassasier. (Le rassasiement de cinq mille personnes arec cinq pains & deux poissons fut miraculeux.) RASSASIER, ». prendront un rat. C’eji un nid á rats. Cela sc dit d’un lieu étroit, obscur & sale. Ils font heureux comme des rats en paille. ['Porrecli ja- cent multâ paìeâ ] C’est à dire, ils ont abondance dé vivres, & ils les mangent en repos. „ f Elle a eu un rat. [A/me depilto ficla e/lvcfis.} C’est- -àk-dire, qu’on lui a posé sur le dos la figure d’uh tat pour sc moquer ensuite d’elle, & c’est ce que font à Paris les enfans aux jours gras. 11s apliquent la figure d’un rat fur le dos des femmes ou des filles qUi paslent dans les rués & qui ne leur paroiíscht pas Demoiselles, ni bourgeoises conlidérubles, & après ils les listent. i « Avoir des rats. C’est Prov. avoir des caprices, des bizarreries, des fantaisies. (Cet homme a des rats dans la tête. Quel nouveau rat vous a pris.) rAT d’eau. [Mus aquaticus. 3 C’est un fat qui vit dans l’eau. RAT d’Egypte. [ Mus Algyptius.} Sorte de petit animal qui a quelque chose de l’écùreùil , qui entrant dans la gueule du crocodille sc gliste dans son ventre Si lui ronge les entrailles. $ RATS musquez. Ce font des rats qu’on trouve à la Martinique. x RAT pennade , ou Chauve-souri. [ Vefpertilio .] Cet animal est résolutif & propre pour les douleurs de la goûte, étant écrasé & apliqué dessus, t RAT velu. [G/w.] Loir, loirot, ou liron. j * RAT de cave. [ 'Explorator celiarius.} Termes injurieux dont le petit peuple de Paris sc sert pour dire un commis aux caves , qui est celui qui visite le vin dans les caves des cabaretiers de Paris, qui écrit fur son regître le nombre des muids ^ & féiiilletes qu’il a trouvez dans les caves du quartier qu’il visite, qui les rouan», c’est-à-dire, qui les marque & en fait son raport au bureau afin que les cabaretiers paient au Roi les droits qu’ils doivent païer. (Un tel est rat de cave. Un rat de cave gagne tous les ans sept ou huit cens francs , tandis que le pauvre François Colletet fait Poème fur Poème & n’en gagne pas le quart d’autant. jfetta Maton tuoi verjl con la lira in un cejfò. j’ai sept Enfans Huissiers , & quatre Procureurs Un qui de la Patrouille eji /’ Archer le plus brave , Un Controlleur d’Exploits , & l’autre Rat de cave. llourf. F.sop.) RAT. Plaga ajiuarii infejìa.} Terme de Mer. C’est un endroit de mer où il y a quelque courant rapide & dangereux, ou quelque contre marée bu des marées diferentes. Un rat est ordinairement dans un canal ou dans une passe, ou un paísage, entre des bancs, ou des terres. 11 sc trouve quelquefois des rats de marée , c’est-à-dire , des contremarées dans le large de la mer. RAT. I ' Ponto Jlmplex.} Terme de Mer. C’est une espèce de ponton composé de planches atachées fur trois ou quatre mâts pour servir aux calfateurs quand ils donnent la carenne, ou le radoub aux vaisseaux. RAT. { Punis paulatim tenuatus.} Terme de Mer, Ce mot sc dit des manœuvres lorsque le cordage en est plus gtoS par en haut que par en bas. (On dit, une écoute à queuë de rat. C’est-à-dire, une forte de coi*, dage. Guiilet , Termes de navigation.) RAT. {Pcrforata lamina ducendo fi/o.} Ternie de Ti. reut d’or. Fer à plusieurs petits trous pour dégrossef 1 or & I argent. (Rat à dégroffer l’or. Rat à dégrosser l’argent. Degrosser l’or ou l’argent avec des rats. De- grosser l’or ou l’argent par des rats.) í RAT. Terme de 1 «inturier. On ape4le gris de fat, RAT une couleur qui est semblable à celle de la peau de l’animal qu’on nomme Rat. Cette couleur est de quelques nuances plus brune que celle qu’on nomme gris de-fouris. f RAT. On a pelle queuë de rat, une lime ronde & ’pointuë, qui scrt à limer & arondir les trous percez dans les métaux. On dit proverbialement, que les méchans Auteurs ont à craindre les beurriéres & les rats. {Cavereabu- tyrariis munbus.} On dit encore, que la montagne enfantera d’un rat. {Mons pariet murent.'} A bon rat , païer en chats & en rats. {Malè dijfolvere nomina.} RATACHER, ». a. {Religare , revincire.} A tacher de nòuVeau. (Cela n’est pas bien ataché , il le faut fa tacher.) t RATACONNER , ». «. {Refarcire.} Ce mot est bas, & signifie rapetajfer. RATAFIA , / »*. {Hromatites.} Liqueur composée avec de l’eau de vie, lin sucre, du jus de cerises, d< framboise , & de noïaux d’abricots. {Chez luijìrops exquis , ratafias vantez , Confitures fur tout volent de tous cotez.) Despr. t RATATINE' ., ratatinée , adj. {Retorrìdus.} Vieux. Sec & ridé. (îl en vint une vieille ratatinée qui> s’étoit souvent sauvée des souricières. Port.Roíal, Traduction de Phèdre.). £ On apelle aussi, pommé ratatinée j une pomme ridée, flétrie. RATATINE', ratatinée , adj. {Çompilatus.} Ferma de jardinier. Il se dit des plantes qui viennent mal, & sortent de terre misérablement. (Mes racines ne sortent point bien de terre, elles ne viennent, ni belles, ni grosses, ni longues, elles font toutes ratatinées. Quint, ffard. Fruit. t. s.) RATE, f f {Lien , fplen.} Partie du corps, môle, spongieuse, & noirâtre , placée dans le flanc gauche & apuyée fur le fond de l’eílomac. La fonction de la rate est de décharger la masse du sang de fa partie noire & terrestre , tant pour la recuire que pour s’en nourrir. Deg. Décharger la rate , c’est la purger de ce qu’elle a de plus grossier & de plus impur, f * II faut qu’enfin j’éclate , Que je leye le masque -, & décharge ma rate. Molière, Femmes Savantes, act z. sc. 7 . C’est-à-dire , que je rie & dise ce que je pense. t * Au lieu de guérir les autres du mal de rate , j’en mourrois. Voit. I. çg. C’est-à-dire, au lieu de faire rire ses autres. f * S’épanouir la rate. {Latitià qffici.} C’est-à-dire, sc réjouir. E On dit aussi, épanouir là rate à quelqu’un , c’est- à-dire , divertir, faire rire. (Cette histoire, cette a- vantUre nous a bien epanoui la rate.) RAsEAU,/ m. [ Rajìrum , rajiellum.} Outil qui a plulieurs dents de fer, ou de bois, tout d’un rang, avec un manche de bois , & qui scrt à amasser les her. bes & autres choses. Prononcez ratò. (Tirer avec le rateau.) RATEAU. {kajiellu/unt.)} Terme de Serrurier. Petits morceaux de fer qui garnissent une serrure , & qui passant entre les dents de la clé qui est faite pour ouvrir la serrure , empêchent qu’une autre clé ne puisse ouvrir cette même scrfUre. RATEAU. {Ràfirum rejìionis.} Terme de Cordier. La partie du rateau où font les dents, au travers desquel* les passe le fil lorsque le Cordier travaillé. . & RATEAU. Terme de Marine. C’est le nom que l’on donne à cinq ou six poulies que l’on met de rang 1 une fur fautre le long de la lieure de beaupré, pour y passer les manœuvres du même mât de beaupré. , 0" RATEAU ou râtelier à chevillòts. Ce sont de petites traverses de bois, que l’on met en quelques endroits, & fur tout dans les hauts-bans d’artimon avec des chevillòts pour y amarres de petites manœuvres. RATEINDKE, ». «. \Attingtre , ajfequi.} Atein- dre quelcun qui a gagné les devants, qui est parti le premier. (On a dépêché un second Courier , avec charge de rateindre le préniier.) f R ATEL,/ m. Poids dont on se sert en Perse, qui revient à la livre de seiíe onces de France. T RATELE E ^ f. f. {Rafiulum plénum.} Autant qu’os peut tirer de quelque chose avec un rateau. t RATE- RAT f RATELE'E, / / Mot bas & burlesque. fen dirai tua râtelée. [sjuid Jìt de rébus ingcnuè dicam ] C’est- à-dire , j’en dirai ce que je pense, ou ce que je sai. Saint Amant. * RATELER , v. a. [ Rajlro detergere. J Terme de ■Jardinier. 'C’est ôter avec le rateau les pierres, les motes & autres choses, des planches de quelque jardin qu’on a labourées. (11 faut râteler ces planches.) RATELEUX', rateleuse, adj. [Sp/enaticus , lienicus J Qui a mal à la rate. (11 est rateleux. Elle est rateleuse. Ce mot de rateleux ne se dit guère qtì’en parlant familièrement & le plus souvent entre Médecins & autres gens du métier.) RATELIER ,J'. m. [Cathrdta ligni comp âges. ] Ce qui est a taché un peu au-deísus de la mangeoire des écuries, & dans quoi on jete lé foin & la paillé pour les chevaux & autres bêtes. (Etre a taché au râtelier. Ablancourt, Lucien , t. ). î/on nous verrait bien-tòt faire mauvaise cberè , Si ceux qúi comme toi vont après la cbimere , Prétendaient tous manger à notre râtelier. Benserade, Rep. à Pegafe.) RATELIER. [ Clafhrum. ] Sorte de tringle de bois où il y a plusieurs espèces de chevilles de bois que les tourneurs apellent roses, wi rosetes -, ausquelles on pend des habits, & fur lesquelles on met des armes, comme des épées, des fusils, dés pistolets. Ainsi on dit, faire un râtelier de corps de garde, Sc un râtelier pour métré des habits. Ón fait aussi des rate. itérs à métré des formes j dont se fervent 1 es Cordonniers. , RATELIER. Terme de Bonnetier. Petit quarté de bois , garni de dens de bœuf, qu’on met dans la fouloire pour fouler la besogne. RATELIER. Terme de Rôtisseur. Piéce de bois de dix ou douze piez de long, acommodé d’ordinaire par un Menuisier, où il y a des chevilles ausquelles le Rôtisseur pend son gibier. Le Râtelier est du côté de la rué, & presque au haut de la boutique. (Un râtelier bien ou mal garni. Pendez ces perdrix ou ces lièvres au râtelier.) RATELIER. [ Polyjpajlum .] Terme de Marine. Nom qu’on donne à cinq ou six poulies mises l une fur l’au- tre, le long de la lieure de beaupré, pour y passer les manœuvres dú mât de beaupré.. On apelle un beau râtelier, leS deusc rangées de dents, lors qu’elles font bien complétés. ['Nitiduni dentium clathrum 3 On dit proverbialement, que le râtelier est trop haut, lors qu’uné a faire paroit dificile, & qu’on prévois n’y pouvoir réussir. Les écornifieurs mangent à plus d’un râtelier. RATENDRIRi V. a. \MoUesacereL] II signifie la même chose qu ’Atendrir. f RATER;, v. n. On le dit d’une armé à feu qui manque à tirer. (Mon fusil a raté.) $ RATER i v. a. On le dit lorsque deux hommes se battent à coups de pistolet, Sc que le pistolet de l’un a manqué. (Vous Pavez raté.) | * RATER, se dit dans le ítile familier & bas, d’un homme qui a manqué son coup* qui n’a pas réùíli à quelque chose. (11 a raté cet emploi, cette charge.) RATIE RE, s. rn. [ Muscipula.] Souricière. Sor- te de petite trape de bois pou r prendre les rats, Sc les souris. (Une bonne ratière.) j (f On apelle en Bresse une ratière, les ouvertures que les eaux ou les rats font dans la^chassée des étangs. RATIERE. [Jugumtœniarium.] Terme de Rubamer. C’est le métier dont le Rubanier se sert pour Faire la gance. RATIFICATION,;: f- íApprobtáio, comprobá. tio.J Prononcez ratification. Ternie de Pratique. Acte par lequel on aprouve quelque chose qui a été faite. (Aporter la ratification du traité de paix. S oposer à la ratification du traité de paix. S’oposer à la ratification d’un écrit. Comment ce Pere a-t-il pû obliger ma partie à la ratification d’un vœu qui avoir été fait avant sâge ? Le Mail. plaid. 6.) RATIFIE ','ratifiée-, adj. [Confirmatus, probatus.j A- jprouve. Confirmé. (L’élection fut ratifiee par le Sénat. Abl. Tac. An. I. i»-) . • . ; x RATIFIER, v. a. \_Ratum faeere.] Terme qui est d’utd.maire de Pratique , & qùi signifie Aprottver. Qon- RAT 3ôì firmer. (Il l’aflùroit que Vespafïen ratifierait leur acord. Abl. Tac. Hiji. I. 2 . c. 2 <;.) RATINE , fi f. [’Pannus laneus.] Sorte d’étofe dé laine dont on se serc ordinairement pour doubler. (Ratine blanche. Ratine rouge. Juste au-corps doublé d’une bonne satine de Rolande.) RA1IOGINÀHON , s.s. [Ratiocinatiò, diseur . JUS.2 Terme de Logique. Faculté de raisonner. C’est la troisième opération de l’esprit. Logique de Part- Roial. On peut dire aussi ratiociner. Acad. Fr. 2 , RATION, f f. ç Rata portio. 3 Prononcez racìon. Mot qui vient de i Espagnol Sc qui Veut dire i une por - tion de pain de munition. (Une petite ou grosse ration. Distribuer lés rations aux soldats.) Le mot de ration se dit aussi en pârlant d e fousrage, & c’est une portion de fourrage. (Chaque Cavalier doit avoir une ration de pain & de fourtage.) , RATION. .[Ratio.] Terme de Mer, Portion de bois son & de Viande , ou de quelque chose que, ce soit qu’on mange & qu’on distribué à chacun dans le bord. On apelle aussi cette forte de ration, raison. Fournier. RÀllONAL, JC m. [ llatìonale .3 Prononcez Ra- cional. Ce mot est Latin , & il ne se dit que d’une piéce d’un vêtement Sacerdotal, qui étoit en usage entre les Juifs. RATIONEL, rationelle, adj. [Própòrtiónalis.] Prononcez ratiónel. Terme de Géométrie. II se dit de* quantitez dont la grandeur est connue i & de celles qui ont entr’elles quelque raport connu. (Quantitez rationelles.) Le contraire est trrationel. On dit «n astronomie, horizon tatioìiel, lorsqu’on 'conçoit un grand cercle qui passe par le centre de la terre. f RATIS , f. m. Terme de Boucher. C’est la grait se que lés Bouchers ôtent des boïaux des animaux qu’ils tuent, particulièrement des boïaUx du beuf. Le couteau qui sert à cet usage se nomme couteau aux Ratis : & on apelle Table aux Ratis, une petite table fur laquelle on dégraisse lés boïaux. , $ RÀTIS. Poids dont on se sert pour peser les Diamans à la mine de Soùmelpour dans le Roïaume de Bengale. On s'en sert aussi dans tout l’Empire du Mogol. Le Ratis est de sept huitièmes de Carat, ou de trois grains & demi. RÀTISÉR. [Ignemreficère.] Raeommoder le feu, métré les tisons les uns près des autres. (Les Rêveurs qui sont auprès du feu i ne font que le détiser-, & le ratijèr .) Ce mot est dans Danet & Furetiére. RATISER. Au figuré, véuc dire ranimer. (Quand un amant revoit la personne qu’il aime, cela Vatse le feu des amours.) Ón dit aussi rutser le feu de la sédition. RATISSER, v. a. [Raderej Oter le superflu dìr quelque chose aVec un fer, ou instrument propre à cela. Netéïer avec une ratissoire. (Ratisser un cuir. Ratisser les mdntées. Ratisser les carreaux. Ratisser les allées d’un jardin.) RATISSER. [Radulâ detergere.] Terme de Relieur. C’est ôter le tan des peaux de veau avec la dague. (Ratisser les veaux.) RATISSER. [ Eradere.] Terme de Dos eur fur tranche. Oter quelque chose de la tranche & des bouts des livres avant que de les dorer, ^ RATISSER une lettre. Terme de Fondeur de caractères d’Impriiherie. C’est Punir avec un canif des deux faces latérales, avant de la froter fur le grès. Cette façon se dtínne à chaque lettre en particulier. RATÍSSOlRË , f. f. [Radula.] Instrument de fer à manche de bois avec quoi on ratisse les montées d’une maison & les allées d’un jardin. (Le fer dé la ratiR foire est rompu.) , RATISSOIRE. [Radula.] Petit instrument de fer avec quoi les ramoneurs netéient les cheminées. £ RATISSOIRE C’est aussi Un petit instrument de fer, large de quatre ou cinq pouces, étroit par un bout, Sc recourbé par l’autre , pour lui servir de man. chè , dont se servent les Boulangers & Pâtissiers pour ratisser la pâte qui s’atache à leurs fours, ou à leurs paîtrins. -- RATISSOIRE à fouliez. [ Radula J Morceau de fer large de deux 011 trois doigts à Rentrée de la première porte d’un Couvent, plié un peu en rond, & scellé par les deux bouts a la muraille, fur lequel les Religieux qui reviennent de ville & qui ont lés pieds fetotez ôtent là grosse crote de letirs souliers. P p j kÂtií- 302 RAT RATISSURE . / f. [Strigmenta. 3 G« qu’en a ôté d'unc chose qu’on a ratissée. (Jeter le, ratissures.) ; RATISSURE. [Stria .3 Tctrtie de Relieur. Ce qu’on a ôté des peaux de veau avec la dague. RATON , / «*• C Muscuìus. ] Diminutif de Rat : Terme de PatiJJìer de Paris. Sorte de petite tarte qu’on vend deux liard, & que les aprentifs pâtissiers Ou les servantes de, pâtissiers vendent ordinairement fur des cìaïons pat les rue, de Paris. (Crier des raton,. Raton tout chaud. Raton tout bouillant.) RATRAPER, ». ». [/« iììnere adipsci.] Àteindr* à force de marcher une personne qui est devant nous, & qui a déja fait du chemin. (11 l’a ratrapé à mi- chemin.) * RAtRAPER. [Rrr amifsas recipert ’.] Recouvrer. Regagner. Reprendre. (On a ratrapé les chevaux que les voleurs avoient enleVez. 11 a ratrapé sergent qu il avoit perdu.) ... RATRAPER. [FaBentem faBert J Tromper celui qui Mous a trompé. (11 itt’a a'trapé, mais je le rafraperai une autre fois. On me íti’y tatrapera plus.) RATURE, / C Littéral EfacUre. Chose éfa- cée arec la plume. (H faut qu’il n’y ait aucune rature dans les serres qu’on écrit à des personne, de respect. (Faire des ratures.) Cajiigure. RATURE. [Pellium rafuru.J Terme de Porcbeminier. Ce qu’on ôte du parchemin avec le fer à raturer. (Les ratures de parchemin font bonnes pour faire de la colle, & ses parcheminiers ses vendent aux drapiers & autres.) RATURÉ [Corrasttra.] Terme de Potier d'étabi. Petite bande d’étain en forme de ruban étroit & délié, qu’on apelle nompareilte , & que le crochet enlevs lorfqu’on tourne l’ctain fur la roué. (Les potiers d’étain refondent leurs ratures ; & elles leur servent à faire diverses sortes de besognes.) RATURER, ». ». [Litura coercere.] Efacer avec la plume, avec quelque canif, ou autre instrument propre à cela. Raturer un mot.) RATURER. [Pelles radere .] Terme de Pdrcbeminier. Oter le superflu du parchemin en cosse avec le fer à raturer. (Raturer du parchemin, Parchemin bien ou mal raturé.) . RAVAGE, / tn. [Popu/atio , vaJUtas , grajsatiof Désordre. Dégât. (Faire le ravage dans une Province. Vaug. Quint. I. t RAVAGE , fe dit des domages que causent les tempêtes, les orages, les pluies, les débordemens des rivières, les vents. (L’inondation & les pluies ont fait de grands ravages. L'ouragan a déraciné tous les arbres & fait de grands ravages.) H RAVAGE, Te dit de la gelée. (La gelée à fait du ravage dans ses vignes.) H RAVAGE, fe dit souvent des maladies. (La petite vernie fait de grands ravages dans Paris. La peste a fait un furieux ravage en Provence.) H * Faire ravage dam une maison. Ce st dans le stile familier, y faire beaucoup de bruit, de fracas, de désordre. f ¥ L’interêt est un monstre qui fait bien db ravage dans le monde. Patru , plaid, a.) RAVAGER, ». ». [ Depopulari , vajìart. 3 Faire le dégât. Faire du ravage, (On ravagera le pais d’uft bout à l’autre. Ablancourt , Tac. An. I. ra. Ravager les terres de l’ennemi. Ablancourt , Ar. I. t. Ravager la campagne.) Ce mot est aussi neutre , & l’Auteut des nouvelles Remarques de Vaugelas dit, qu’on peut quelquefois écrire, Uennemi eji venu ravager sur nos terres. On est de son avis, mais on ne le doit suivre qu’avec beaucoup de circonspection, 2îos ennemis trop ênjì/enr, S’étoient vante* cette campagne , Qtdils viendraient ravager nos champs, Et boire nos vins de champagne. RAVALEMENT, / w. {Obdufiio parietis.] Terme de Maçon. Crépi ou enduit pat dehors, (Faire tin ravalement.) ” RAVALEMENT. [Deprejso , bumilitas .J Ce thot fe dit au iÌKure, & lignifie rabaissement, état moins considérable que celui où l’on éroit auparavant. (II est d.ms un ravalement surprenant. Sa conduite est cause de son ravalement. Cela a contribué à son ravalement. II y a dts gens qui croient établir .leur réparation par le ravalement de leurs rivaux.) RAVALEMENT. [ Munitio , munimentum. 2 Terme KAV de Marine. C’est un des retranchemens qu’on kàît fur le haut de l’arriére de quelques Vaisseaux, pour y me- tre de, Mousquetaires. Qzan. Difl Math. RAVALER, ». »• [penuò for bere.2 Ce mot dant Je propre signifie, Avaler une seconde fois. (La pilule lui est revenus à la bouche, mais il l’a ravalée , Les animaux qui ruminent ravalent l’herbe qu’ils «nt remâchée.) * RAVALER,».«.[ Servare. ] En ce même sens, on dit ravaler des paroles , c’est-à dire, s’arréter sor le point de les dire, & ne les pas proférer. II signifie aussi fe dedire des discours injurieux que l’on a tenus de quelqu’un. Ainsi l'on dit, s’il aprend ses discourt que vous avez tenu de lui, il vous les fera bien ravaler. RAVALER, ». ». [Conteir.nere , aspernarì.] Abaisser, rabaisser. Mais il ne fe dit bien qu’au figuré, & il lignifie Abaijser. Rabaisser. (Ravaler la gloire d’une personne. Ablancourt , Tac. An. I. Les riches ne cessoient de ravaler ce Prince à cause de fa pauvreté. Vaug. Quint. L 4 . Seulement pour F argent un peu trop de foìbltjji , Df ces vertus en lui ravaloit l» noblesse. Delpr.) RAVALER [Minuert 3 Ce verbe fe dit dans un sens neutre pour dire, diminuer de prix. (Le bled ravale. Les vivres n’ont point ravalé cette année. II signifie aussi n’étre plus considérable. * Avecque ce défaut Jì digne de mépris , Votre beauté féface U ravale de prix. Volt. PoéT) * RAVALER. [ Pariétem arenato obducere. ] Termt de Maçon. C’est finir un mur avec le crépi, ou l’en* dùit. C’est l’emluire de plâtre oU de chaux. (Ravaler un mur. Ravaler un ïnur de pierres de taille.) On fe sert du mot ravaler en ce sens, parCe qu’on commence cette forte d’ouVrage de haut en bas. RAVALER. [MinUére.] Terme de Bourrelier. Rendre le cuir plus mince, éi; en ôter un peu avec le couteau à pied. (Ravaler une longe.) H RAVALER. Terme de Doreur fur métal. On apelle ravaler l’or ou l’argent, la Façon qu’on donne à chaque couche de feuilles de ces métaux, en les étendant avec le brunissoir 'de fer sor la pièce qu’on dore, avant de la mettre au feu. * RAVALER, ». a. [Put are, rescinderez] Terme dí Jardinier. II fe dit des arbres. C’est ses tendre plus çûurts & plus bas qìfils b’étoicm, en les taillant. (II faut ravaler ces branches d’un pied. II faut ravales cet arbre. Quint. Jard. Fr. t. 1 . La pluie coule le lông dU ravalement de la maison.) * Se ravaler , ». r. [Sir abjirereZ] S’abaisser. Se ta- baisser. (Faut il que vos bonieZ jusqu-.s a mon néant daignent se ravaler. Molière , 1 artufe. La doctrine eji bien ravalée. Scaron. C’est-à-dire, bien rebaissé» & bien méprisée.) RAVAUDER. YoïeZ plus bas Rnvoder , R A V’AUX, / m. ( Làngurìus venaticus -,.] Terme de Cbajse. Grandes perches garnies de branches qui fervent à abatte ses oiseaux que d’autre, chasseurs font partir. R.AUCITE , / f. Volez Rauque. RAUCOURT, / m. [Raucurius color.] Drogue qui sert aux Teinturiers. RAVE , / / [Rapa, rapum ] Racine blanche & ordinairement ronde, qui elt aperitive & de difieiie digestion. (Rave cultivée. Rave sauvage. Rave mâle. Rave femelle. Da/ecbamp ., t. 1 . I. q.) RAVELIN , / m. [Stmilunale munimentum. Terme de Fortification. C’est un ouvrage fur la contre- fcatpe devant les courtines. II n’a que deux faces qu» forment un angle saillant. (Faire un bon ravelin.) RAVENELLE, f.s. Fleur qui Vient dans le. Champs pariui les bleds & qui est comme blanche. í RAVESTANS, / m. Paniers dont on fe sert dans les Verreries, pour mettre en dépôt les plats de verre au sortir du four à cuire , jusqu’à ce qu’on les empaille dans les paniers où on les met pour les transporter ailleurs. RAVI, ravie , adj. Enlevé. Oté. Pris avec violence , contre son envie. (La ravis ante fut ravit. VóiE fséj- Ils fe plaignoient que le plus grand Prince qui rut jamais leur étoit malheureusement ravi. Vaug<. Quint. i. ;.) * RAVI, RAV * RAVI, ravie. [ Abreptus .) Charmé. Enlevé & transi porte par une douce violence. Qui a beaucoup de joie. Qui a Un grand plaisir & une 'grande satisfaction. ( * O non pareil Amant ! dont mon ante est ravie. God. pois. i. y art. Je fuis ravi que mes vers ne vous aient pas déplu. Voit. I. 19g. Etre ravi de joie j d’admiration -, de contentement, &c.) [Prœ gaudio abripi .] RAVIERE,// [Rapina.) Champ, oú autre terre semée de raves. * RAVIGOTER. \.Reficere, recreare. ] Terme Burlesque, qui lignifie redonner de la Vigueur. (Votre repas m’a ravigoté.') KAViLÌ , ravilie-, àdj. [Abjeftus, deprejsus J Devenu Vil & méprisable. (Vous ne sauriez croire combien la chevalerie eji ravilie. Volt. I. 8;.) RAVILIR, v. a. [Vilem facere .] Rendre Vil & mû serable. (Ravilir sa dignité.) RAVIN,/w. [ Aquarmn receptaculum. ] Fosses chemin creux, cavé par la chute des eaux ; on s’en sert pour faire des tranchées. . .. Ce mot lignifie a'usli quelquefois Un chemin creusé par les torrens St par Jes ravines. (11 plaqa ses troupes dans une ravine. Hijì. de Louis XIV.) RAVINE,/ f- {Eluvio, exundatio ,] Débordement d’eau de pluie. (Les chemins étoient tout rompus des torrens & des ravines. Vaug. Quint, l. 6 . c. 4.) RAVIR » v. a. [Râpere, pudicitiàm attentâtes Enlever par force quelque fille, ou quelque femme. (Ce fut cette inclination naturelle pour la justice, qui porta les Romains à ravir les Sabines. Lombards TraduHion nouvelle de la Cité de Dieu.) RAVIR. [ Abripere, auferre. j Prendre & emporter avec violence. Oter. Détruire. (Falloit-il que je lui ravijse ce frere qui étoit toute fa consolation. Vaug. Quint. 1 . g. c. 2. Il n’a pas tenu à toi que tu ne m’aies ravi cette gloire. Vaug. Quint. I. g. c. g. L’injure du tems lui ravit fes a pas. Jod. Pois 1. partie.) * RAVIR. [ Abripere , exultare .] Emporter l’efprit ou les sens par une douce violence, par un éfort doux & charmant. Charmer. Donner beaucoup de joie & de plaisir. Plaire extrêmement. (Cette fille est belle à ravir. [Formâ vtnujla La pureté de cœur le ravit St rengage. God. pois. 1. part. * Toutes vos actions me ravissent. Voit. I. 78.) f SE RAVISER. [Mutare senténtiam.) Je me ravise , je me suis ravise. Changer d’avis. Changer de dessein & de pensée. (11 vouloir faire imprimer ses vers, mais il s’est ravisé, & a fait conscience de fatiguer davantage son siécle.) RAVISSANT. Ce mot est le participé du verbe ravir , & par conséquent il est indéclinable. II signifie qui enlève , & emporte avec Violence. La Parque ravissant ou son fils ou fa fille , A-t-elle moissonné Vespoir de sa famille. Despr.) RAVISSANT, ravissante, adj. Qui ravit. Prend. Vole. Dérobe. (Jettez les jeux sur la justice, & voïez combien d’anitnaux ravijsms , sergens, gré- fiers. procureurs. Molière.) ■ RAVISSANT , ravissante. [Jucundus, facetus , mìri. ficus.) Beau. Charmant. Qui donne un grand plaisir. Qui enleve agréablement, & qui transporte avec joie. (La ravisante Lucine n’est belle, ni de bonne mine. Voit.poèf. Cela est ravissant. Scaron. La ravissante fut ravie. Voiture, Poésies. Humeur ravissante. Acad. Fr.) RAVISSEMENT , / m. [Raptus , ruptio.) Ce mot ne se dit guerre au propre qu’en de certaines façons dé parler qui semblent consacrées, il signifie, Rapt. Enlèvement. (Le ravissement de Proserpine par Pluton.) * RAVISSEMENT. [Admiratio, cxtajìs.) Grande joie. Grand comtentemenr. (S’abandonner au ravissement. Voit. po’és. Etre saisi d’horreur & de ravissement. Racine. Abandonne ton caur aux doux ravissemens, Qui succèdent toujours au dépit des Amans. Vill.) * RAVISSEMENT. [Extqfis, raptus .] Extase. (Le ravissement de Saint Paul jusques au tròisiéme Ciel.) RE 303 RAVISSEUR, / m. [Raptor » corporìs prœdator) Ce. lui qui enleve fille, ou femme. Celui qui ôte& prend le bien d’autrui. (Les ravisseurs du bien d’autrui ne seront point héritiers du Roïaume de Dieu. Port-Roial , JSìouv. Teji.) RAVITAILLEMENT, / m. [Commeatus, cibtu ria.) L action de ravitailler. (Le ravitaillement des places maritimes est plus facile que celui des places de terre.) RAVITAILLER, v. a. [Commeatus ìn urbem invebe* rej Terme de Guerre. Mettre des vivres dans un» place. (Ravitailler une place.) RAVIVER, ». «. [Vividiorem reddere.) Rendre plus vif. Il ne se dit guere que du feu. (Les Forgerons jettent un peu d’eau fur le charbon de leur Forge pour raviver le feU.) $ RAVIVER la conversation. C’est la rendre plue ViVe, plus animée. f RÀVODAGÈ, / m. Racomfiiodage. (J’âî païe le ravodage de ces bas.) . $ RÀVODAGÈ , se dit d’une besogne mal faite. O» le dit auífi des ouvrages d’esprit qu’on trouve mauvais. (Ce n’est là que du ravodage.) RAVODER., v.r. £ Reconcinndre , intérpolare.) Ra- commoder à l’éguille des bas & autres pareilles choses. (11 ravode au coin de la rué. Elle s’amuse kravoder.) RAVODER , ». a. [Objurgare.) Maltraiter de paroles. (Mon Regent m’a ràvodé comme il faut.) RAVODER. [Aures obtundère.) Rompre la tête à 'quelqu’un par des discours inutiles. (Que venez vous ici nous ravoder avec vos discours impertinens.) Touâ ces termes font bas. ^ RAVODERIE » / / Discours de niaiseries, dè bagatelles. (Allez conter ailleurs vos ravauderies.) £ RAVODERIE, se dit pour, tracasserie. (II a toû* jours quelque nouvelle ravoderie a nous faire.) RAVODEUR , / m. [Veteramentarius Jurtor J Celui qui a une petite boutique portative, & qui à quelque coin de rue de Paris gagne fa Vie à racornmoder des bardes, & plus ordinairement toutes sortes de bas de laine, ou de foie. (Faire le métier de ravodeur- Abl. Luc. t. 3. C’est un ïavodeur.) RAVODEUSE , / / [Sarcinatrix.) Celle qui a d’or- dinaire une méchante petite boutique portative, & qui dans quelque endroit d’une rué de Paris racommode des bardes, mais plus ordinairement toutes sortes de bas de laine ou de foie. (Porter des bas à la ravo- deusc. C’est une des meilleures ravodeuses de Paris.) RAVOIR, ». a. Recupcire.) Recouvrer. Ratraper. Ce verbe ravoir n’est agréablement usité qu’en de certains tems. (Elle a pris à l’amour fes traits, & ce Dieu pour les ravoir vole auprès d’elle. Voiture. poésies.') * Se ravoir, v.r. f Recipere nervos ..] Ce verbe est particulièrement en usage à /’ infinitif, & il signifie reprendre ses forces. Commencer à se mieux porter. (11 commença de se ravoir. Voiture , Lettres. 11 tâche à se ravoir. Le Comte dè BuJJi.) RAVOIR, / m. [Seplunt piscatdrium.) Terme dè Pêcheur. C’est un Parc de rets ou de filets tendus fut les Grèves que la mer couvre St découvre par son flux St reflux. Ozan. Disk Math. RAUQUE, tidj. [Raucus.) Son de voix altéré K desagreabìe , causé par quelque fluxion tombée sur leí organes. (Les gens enrûmez ont la voix rauque. Quand on a vû le loup, on a la voix rauque. Proverb.) f On dit, raucité , pour rudesse, âpreté de Voit. (La raucité de la voix est fort désagréable.) RE. Cette particule mise devant les Verbes marque souvent une action qui se fait une seconde fois 'comme reconquérir, qui signifie conquérir de nouveau. Mais quelquefois elle ne change rien en )a lignification du mot auquel elle s’atache ; Ainsi repaître signifie la même chose que paître■ Elle donne seulement plus de Force au mot devant lequel elle se trouve» par exemple , reluire St luire signifient tOut deux la même chose, niais reluire a je ne Fai quoi de plut fort que luire. Et dans ce sens on apelle cette particule reduplicative. Defin. gram. Fr, RE. Cette particule donne de fois à autre au verbe à la tête duquel elle se joint, Un sens tout contraire à celui qu’il a voit aVant qu’elle y fut jointe, comme réprouver , qui bien loin de lignifier prouver de nouveau , a Un sens tout autre. R8- zc>4 BEA RE. Cette particule jointe aux verbes qui commencent par une consonne , ne perd point son £; par exemple , regagner , rebcitre, retoucher s niais íì elle est jointe aux verbes qui commencent par une voielle, elle perd son e à cause de la voielle du mot suivant auquel elle s'atnche. iliníi on dit rembourser, rajsembler. RE. L’e de cette particule se prononce muet, ou obscur quand les mots à la tête defquels il se trouve signifient une action qui se fait une seconde fois> & que ces mots ont un même sens dans le simple que dans le composé, comme reconquérir, revoir. RE. Cette particule étant à la tête d’un mot qui a divers sens, se prononce toujours de même dans toutes les diferentes lignifications du mot. Remettre, par exemple, garde la même prononciation, soit qu’il signifie mettre une seconde fois , ou qu’il signifie pardonner. Rémission & réprehension , sont exceptez de cette .réglé, car quoique le premier re de reprendre & de remettre ait IV obscur, cependant le premier e de ré- prebenjion & de rémisjìon est clair, ou masculin. RE. Cette particule jointe au commencement d’un verbe qui a un e masculin, perd son e obscur, & prend celui du verbe auquel elle s’atache. Ainsi dans le verbe rétablir l’e se prononce clair parce que IV qui se prononce dans ce verbe n’est point IV de la particule re qui est mangé, mais celui du verbe simple éta- t/Hr qui est masculin, & qui doit être marqué d’un accent aigu. RE. Cette particule étant à la tête des mots simples , demande que son e se prononce clair, fermé, ou masculin, & même cet e se doit marquer d’un accent aigu pour !e distinguer de IV obscur qui n’en doit point avoir. Ainsi prononcez clair IV de ces mots régir & régiment. RE ,_/1 m. Terme de Musique. Une des sept principales voix de la musique. (Entonner un Ré.) ff RE', Réa, ou Reacus. Isle dans la mer Oceane fur les côtes de Xaintonge. Elle est aulîì nommée dans plusieurs Auteurs Radis. Voïez Notifia (1 allia Adrian. Valcjii. Voïez Radis. RE'ABILITATION, ou réhabilitation ,/ f. [J* integrum njhtutio 3 Terme d’Eglife. L’un & l’autre s’écrit, mais on prononce réabilitation. C’est faction par laquelle on remet un Prêtre dans l’état où il étoifc avant que d’avoir encouru quelque censure Ecclésiastique. (On travaille à sa réabilitation.) REHABILITATION. Ce mot se dit en parlant de Noblesse. Lettres du Roi par lesquelles une personne noble est remise dans rous les privilèges & dans tous les honneurs dont elle joùistbit avant qu’on lui eût òté le titre de noble. REHABILITATION. Ce mot se dit d es Marchands, & veut dire une lettre qu’un marchand obtient du Roi pour être relevé de la rigueur des ordonnances à cause qu’il a manqué à ses créanciers. (Obtenir des lettres de réabilitation.) RE'ABILITER, réhabiliter, v. a. [Honorent U gra. dum reddere.'j Terme d "Eglise. L’un & l’autre s’écrit, mais on prononce réabilìté. Remettre un Prêtre dans l’état où il étoît avant que d’avoir encouru la censure Ecclésiastique. ( Réabiliter un Prêtre.) On dit aussi en parlant de Noblese. (Réabiliter un Gentilhomme. C’est le mettre en l’état où il étoît avant qu’il fût dégradé de noblesse.) RE ABILITER. Ce mot se dit des Marchands. C’est relever de la rigueur de ('ordonnance quelque marchand à cause qu’il a manqué à ses créanciers. (Réabiliter un marchand.) REACTION , f. f. [Reaflio.’] Terme àe Philosophie. Prononcez réaccion. Action d’un corps qui a reçu Faction d’un autre corps. (11 n’y a point d’action fans r ea 11 ion.) JxE'AGaL, s. m. [ Rìsagallum .2 Minerai. Espece d’arsenic rouge qui est un poison dangereux, mais moins caustique que l’arscnic blanc. 0 " Villon, dans son Grand Testament, a dit: En reagal en arcenn rocher. C’est un mot Arabe. Le Président de Thou, liv. 3g. pag. 677. de son Histoire, a dir qu’il croit dans la montagne apellée Nìvosk par les Espagnols, près de Grenade, que les Maures a- pelloient Realgar , dont ils se servoient pour empoisonner les fléchés , & que quelques-uns nomment Aconyt. , / /. [Itérâta aggravation Terme d Eglise. C est une forte d’excommunication nouvel- REA le qui réagrave les peines de l’excomtnunié, qui défend aux fidéies de boire & de manger avec lui ; en un mot qui ordonne de le considérer comme une personne que l’Eglise a en horreur, d’éviter sa rencontre, & de n’avoir aucun cçmmerce avec lui. (Fulminer une réagrave. Eveillons L’Academie fait réagrave maf. culin. Févret se sert de réagravacim au lieu de réagrave , & d’autres disent raggrave. RE'AGRAVER, v. a. [Reaggravare.J Terme d 'Eglise. C’est agraver de nouveau. Augmenter de nouveau les peines. (Reagraver une sentence d’excommunication. Eve. Réagraver les censures Eclesiastiques. Maucr, Sch. liv. r.) 0 ° Voici comment le sieur Eveillon explique la Réa- grave dans son Traité de l’Excommunication, page 344. „ L’Eglise le contente, pour la première fois, ,, d’excommunier les délinquans ; & alors Fexcoru- ,, munication a effet feulement de les priver de la com- „ munion intérieure & spirituelle de l’Eglise : maiss’iis ,, persistent pendant quelque tems en leur desobeïssan. ,, ce & contumace , méprisant l’autorité de FEglise ,, alors la sentence d’excommunication est aggravée „ conformément au chap. Cum non ab homine , y ajoû- „ tant les cérémonies de terreur, à celle fin de faite ,, paroitre à un chacun Fimrortance de cette aggrava. „ toire, pour ne vouloir pas revenir au giron de J’E- „ glise. Après cela, si les excommuniez s’endurciffent ,, encore , & ne font état de se remettre dans leur ,, devoir, FEglise réagrave la sentence, faisant défen- ,, ses à toutes personnes de participer aucunement au ,, boire ni au manger avec les dits excommuniez, fur ,, peine d’encourir la méme sentence d’anathéme; & „ cela est un nouveau degré d’anathéme qu’on apel- „ le réaggravation. " Cet Auteur raporte ensuite des formules de Fagrave, & de la reagrave. RE'.AJOURNtMENT 1 y’ ni. [Itérât a citât lof Ternie de Pratique. C’est un nouvel exploit, une nouvelle assignation que donne un huissier, ou sergent. (C’est un réaiournement.) RE AJOLRNER, v. a. [Eadimonium denuò nuntiarei] Ternie de Pratique. C’est ajourner de nouveau. (On. Fa réajourné sur le défaut.) RE ALE, f. f. [Pr.etoriana triremis.] C’est la galère où est d’ordinaire le Commandant. (II monta sur la réale à cinq rangs. Vaugelas, Quint. I. 6 . c. ;.) REALE, f. f. réal, f m. [Nuramus Htjjianìcus,vul. gò reaiu. j L’Órdonnance de Fan 1540. que François premier fit publier touchant le cours des monoïes, écrit un réal , niais depuis on voit par les autres Ordonnances des Rois ses successeurs , qu’on a presque toujours écrit une réaie. 11 faut donc toujours faire se- minin le mot de réale, & dire & écrire réale. La Déclaration du Roi donnée à Saint Germain en Laie le 28. de Mars 1679. écrit réal, & fait ce mot masculin. Mais cela ne tire point à conséquence. On sait qu# ces sortes de déclarations ne font pas écrites fort purement. D’ailleurs l’usage des gens qui parlent bien, tant d’autres Déclarations & tant d’Edits sont le mot de réale féminin , qu’on ne peut changer de sentiment pour la nouvelle Déclaration. II est seulement bon de remarquer que par cette Déclaration les réales n’ont plus de cours en aucun endroit de France. La réale étoît une espece de monoïe qui étoît ordinairement d’argent, qui se batoit en Espagne, ou sur les ter- res du Roi d’Espagne, & il y avoit de plusieurs fortes de réales-, elles avoient cours en France du tems de François premier, & elles n’ont commencé à n’être plus lì fort dans le commerce à Paris, & en quelques Provinces autour de Paris, que sous le régné de Louis XIII. environ l’année 1641. ou quelque peu de tems après. Mais aujourd’hui sous le régné de Louis quatorzième son fils , les réales ne sont plus de mise dans le cœur de la France, &à peine même les connoit- on. Voici ce que c’étoit que l’ancienne réale. C’é- toit du tems de François premier, d’Henri deuxième, de François second & de Charles neuf , une espece de monoïe blanche valant trois sols six deniers. Cette réale s’apelloit simple réale , ou réaie ci’Espagne. Este avoit d’un côte pour légende Ferdinandus £«f Elisabeth a Dei gratiâ, & de l’autre côté , Aragouia ReX & Régine. Caslilite. Cette réale avoit d’un côté un écusson couronne, & de l’autre plusieurs flèches liées ensemble. Sous Henri troisième cette réale valoir trois sols, & sous Henri quatrième, cinq sols. Voïez les Ordonnances des Momies de 1577. çtf de iSsr. On REA On dit au pluriel Réaux, & on parle ainsi quand on parle des especes d’argent en Espagne & aux Indes. (Les vingt Réaux de plate .font deux pieces & demi de cin- quante-huit fols qui valent trois livres en France. Acad, Fr.) Demi réale. Espece de monoïe grande comme un demi écu d’or & faite comme la réale. Elle valoit deux carolus, quelquefois lix blancs , & cl’autrefois deux fols huit deniers, mais cela en divers teins, & fous divers régnes. Double réale , ou piéce de deux réales. Elle étoit large comme un écu d’or, elle valoit sept fols lix deniers du tems de François premier & de quelques autres de lés •Successeurs ; du tems de Henri trois , elle valoit dix fols; & fous Henri quatre, dix fols huit deniers. La ptéce de quatre réales valoit quinze fois tournois, & étoit large comme un grand écu blanc. Elle a aussi valu depuis, vingt fols. La piéce de huit réales. Cette piéce étoit plus large qu’un écu blanc. Elle a eu cours fous le régné de Louis XIII. jusques vers l’an 1642. & elle valoit cinquante- huit fols lix deniers. KE'ALE de Flandres. Efpéce d’or du poids de quatre deniers, quatre grains trebuchans, qui valoit sept livres dix fols, & qui avoir cours fous le régné de Louis XIII. Elle avoir d’un côte la tête de Philippe Roi d’E- fpagne avec une couronne fur fa tête , & elle avoir de ce même côté pour legende Pbilippus Dei gratiâ Hiftamx , Angine Rex , Dux Brabants,t. Et de l’autre côte, cette réale avoit un écusson avec des armes semées de petits lions avec cette legende : Dommus mihi pro- teclor. Voïez /'Ordonnance de Louis treizième publiée en 1641. pour le reg/ement des monoìes. REALISER ' ». a. [Verum gf reule declarare.'} Rendre réel & effectif. Ce mot ne fe dit gueres qu’en termes de Palais & de Coutume. Cette rente a été réalisée & nantie , c’est-à-dire, a une hipoteque privilégiée. Ce contrat a été réalisé quand il a été reconnu devant le Seigneur dont l’héritage cil tenu , ou par devant les Officiers de fa Justice, afin d’aquerir un droit réel, hipoteque , & nantissement. (f Votez les Coutumes d’Amiens, de Peronne. Loifel, après avoir remarqué,à;, tit. 7. art. iç. que ,, les fem- „ mes & les mineurs ont une hipoteque tacite & prí- ,, vi'legiée fur les biens de leurs tuteurs & de leurs maris „ du jour de la tutelle ou du mariage, “ il ajoûte dans í’article suivant qu’és cas esquels y a bypoteque taijìble, les réalisations , nantisetnens, U saisines introduites par aucunes Coutumes ne font point requijes. La raison est, selon Buridan , que les hiporeques des femmes & des mineurs font légales, introduites & autorisées par la Loi. Quand on stipule dans un contrat de mariage qu’une somme de deniers ou quelque chose (nobiliaire tiendra lieu de propre à furie des parties , & aux liens de son côté & ligne , il y a réalisation de droit. Cette réalisation est amplement expliquée par Mr de Renuffon, dans son Traite de la communauté , liv. 1. cb. 7. t- RE'ALISER. Ce terme a passé dans le Commerce en 1719. pendant le négoce des actions. On voulut lignifier par ce terme, la précaution qu’eurent plusieurs de ceux qui avoient fait des fortunes immenses, de convertir leurs papiers en effets réels, tels que sont les terres, les maisons, les pierreries, les especes courantes, &c. ; RË'ALITE',/ /■ [Rea/itas -3 Choie élective & réelle. (La réalité de Jesos-Christ dans le Saint Sacrement. Le IçavantMr. Arnaud Docteur de Sorhonne, a fait un excellent traité , contre Is Ministre Claude, où il prouve la perpétuité de la Foi de l’Eglise depuis Jesos- Christ jusqu’à nous, touchant la réalité & la transsubstantiation.) * REALITE'. [Veritas, eventus) Quelque chose d’é- fectif & de solide. (Je ne me contente pas des paroles, je veux des réalité z. Scaron. Aon, je ne croirai rien que vous rìaiez , Madame , Par des réalité? fçu convaincre ma ftame. Molière, Tartufe.) REAPOSER ,».«.[ Denuò apponere. ] Apposer de nouveau. (On a réaposé le scellé dans une maison, dont on avoit eu main-levée par surprise.) í- RcAPRE'CIATION ,/ f Seconde aprécia- tion d’une chose, d’une marchandise, ou droits de nouvelle imposition qu’on paie dans les Douanes. REASS 1 EGER- Voïez RaJJiéger. RE ASSIGNATION, / f [Itéras* vadimomim- REB 305 dicatio.’] Terme de Pratique. Nouvelle assignation., Second ajournement. Réajournenient. (On a fait une réaflìgnation sor le défaut.) KE' ASSIGNATION. [Nova hypotkeca ajjignatio. J Seconde assignation pour un paiement. Nouvelle ordonnance, ou mandement pour faire paier une dette, la premiere ne s’étant pas trouvée bonne. (Obtenir une réassignation.) RE'ASSIGNER , ». ct. [Iteratò estare.) Faire une assignation , ou un ajournement une seconde fois, &c. (On réaslìgne plusieurs fois.) RE'ASSIGNER. [Nodíwj bypotbecam ajjìgnare.) 11 signifie aussi donner une autre assignation pour le paiement de quelque dette. (On réafligne fur un autre fonds lors qu’on n’a pû être païé fur la prémiere assignation. ) REBAÏSER , ft. [Denuò osculari. ] Baiser de nouveau. (Je la baise & rebaise, & l’embrasse à souhait.) * REBAISFR. [Denuò a quarté) Terme de Momie. II fe dit quand on ajuste les carreaux pour les rendre de leur juste poids. La premiere fois qu’on le fait , on dit aprocher , & les autres rebuiser. REBANDER , ». a. [Iterùm tenderc. J Bander de nouveau. (Rebander un arc. Rebander une plaie. Re- bander les cables d’un Navire &c.) t REBARBATIF, rébarbative , adjeciif [ Durus fst aster oratione.} Ce mot ne fe dit ordinairement qu’au masculin , & il signifie. Qui est rude & peu civile dans les réponses qu’il fait lorsqu’on lui parle. ( C’est un homme rébarbatif.) Danet écrit rebarbaratif. REBATEMENS,/ m. pi. [ Repenujjìones .] Terme de Blason. 11 se dit de diverses figures qui se font à fantaisie, qui font opofées & semblent sc rebatre l’une l’autre. REBàTER, ». ct. [Clitellas ajtno reponere.) Remettre le bât sor une bête de somme. (Rebâter un âne, un mulet, &c. On dit aussi qu’on ses a rebâtez quand on leur a fait un bât neuf.) REBâTIR, ». ». [Readifieare ReJiaurare.J Bâtis de nouveau. Construire de nouveau. (Rebâtir une maison , un temple. AbUmcourt , Tac, Hijl. I. REBATISAT 1 GN , f f. [ Rebaptisatio .] L’actioa de rebaisser. (Saint Ciprien & le Pape Etienne , eurent de grands difìèrens touchant la rebatisation des hérétiques.) REBATISER , ». ct. Rebaptisare .] Baliser de nouveau. (Donat fut condamné à Rome dans le Concile pour avoir rebaissé quelques personnes qui ètoient tombées dans Fidolatrie.) REBATRE» ». a. [Repercutereé] Batre une seconde sois. Jerebas, j’ai rebatu. Je rebâtis. (II a batu & rebatu fa femme. Rebatre le carreau. Terme de Portier. Rebatre ses carres.) ' REBATRE. [ Inculccwestpius .J Repeter. Redire une même chose. (Rebatre ses mêmes scneimens. Ablivn-< court. Faut-il vous le rebatre aux oreilles cent fois. Molière, Tartufe , ct. 5.) REBATU , rebatué , adj. [Iteratò percujsus .] Batu de nouveau. (Carreau rebatu.) (* Sentiment rebatu. Ablancourt. II avoit l’efprit rebatu des plaintes de fa mere. Vaugelas , fssmt. I. io.c.4.) REB AUDIR ' »- ct- [Arrigevese.) Terme de Chase. II se dit des chiens lors qu’ils dressent la queue , fc témoignent qu’ils sentent quelque chose d’extraordinaire. (Rébaudir les chiens avec le cor.) REBEC , s tr>- [Barbitus, fidkula .) Sorte d’instru- ment de Musique qui est hors d’ufage , & qui n’avoit que trois cordes. Voïez Merjenne , liv. 3, de f harmonie. Le mot de rebec sc dit encore en riant, & il se prend alors pour luth, ou autre pareil instrument à cordes. (O Muse ! je t’invoque, bande les nerfs de ton rebec. Reg. Sat. 10.) (f Les Espagnols disent Rabel, que Covarruvias explique ainsi ; C’est un instrument de Musique, tout d’une piéce, qui a trots cordes , & dont on joué avec un petit archet & avec une mesure précipitée. I! est fort en usage parmi les Bergers. Rabel instrumenta mu- Jlco de coerdas,y arquillo espequennb y todo de unapieça de tres coerdas , y votes muy Jubidas ; ujan del los palières. R F.BELLE , / >». [ Rebellis , defefior , perduellio. ) Celui qui resose d’obeïr à son Souverain. (II laissa le châtiment des rebelles à ses Lieutenans. Ablancourt , Tacite , Hiji. !tv. 4. ch. u.) Tom. III Q q REGEL- 305 REB . REBELLE, adj. [Rebellis.) Qui refuse d’obéïr à son Souveraii!, ou à celui qui a droit de commander. (Camp rebelle au Roi. Racine, Ipbigeme. Cette seule Eglise eít rebelle à mes órdres. JDép. Lut.) , , Se rebeller , ». » . [Prœvaricari.) Ne pas obéir a Ion Souverain. (Se rebeller contre ses ordres. Douter les peuples qui sc font rebellez.) , * Se rebeller, [Rebellare J 11 sc dit au figuré en parlant des choses. (Les pallions se rebellent souvent contre la raison.) REBELLION , f. f. [ Rebellio , rebellium. ] Soulèvement contre l'obéi Isa n ce qu’on doit à son Prince. (Etou- fer la rébellion. Ablancóurt, Tacite. Couver quelque rébellion. Ablancourt , Tacite ; Hiji. /. 2. c. y. Egorger la rébellion: Mai. Palés Et tu viens de dompter le belgique Lion Qm respire le meurtre N la rébellion. Fléchier. , , ... ., * II vient d’ábatre les remparts que la rebellton avoit élevez. C’est-à-dire, que /er re/êFavoient élevez.) £ Faire rébellion à JuJiice. C’est empêcher par violence & par voie de fait l’execution des ordres de la Justice. ■p * REBELLION des gens contre la raison. C’est le de- regletnent des sens lorsqu’ils ne font pas soumis à la raison. REBENIR- [Iterùm benedicere , tcmplum expiare.) Bénir une seconde sois (Rebenir une Eglise, une cloche.) t * REBEQUER, ». ». [ Resijìere , resragari.) Ce mot est bas & burlesque, & signifie Répliquer. Réponc dre. (Comment ! vous osez rébequer. Elle lui â rebé- qué comme il faut.) REBLANCÍlIR , »• a [Iterùm deaìbare.) Blanchir de nohVeau. (Reblanchir du linge, de la vaisselle, &c.) REBLANDIR ,»• «• [Iterùm blandiri.) Terme de Coutume , qui se dit quand Un vassal va trouver le Seig. neur ou scs Officiers, pour remetre son aveli & dénoni- brenient, & lui demander civilement & avec soumission, les causes des saisies qU’iì a faites, ou des empéchemens & dificultez qu’il a à oposer. 0 REBLANDIR. On trouve ce terme dans plusieurs Çoûtunks ; celle de Rheims, art. iog. l’explique ainsi ; ,, Le vassal, dedans quarante jours après la foi & hom- ,, mage par lui fait à son Seigneur féodal, doit bailler ,, son aveu & dénombrement au-dit Seigneur féodal „ & quarante jours après icelui baillé, doit retourner „ pardevers ledit Seigneur féodal lereblandir , c’est-à- „ dire. iqavoir de lui s’il veut debatre ledit aveu & dé- „ nombrement ; & où ledit Seigneur ne le debatra, les. i, dits quarante jours passez sera ledit aveu & dénombre- ,, ment terni pour reçu , & à faute d’avoir fait ce que „ dessus par ledit vassal, peut ledit Seigneur féodal ,, faire saisir ledit fies; mais ne fait en ce cas les fruits ,, siens. ‘‘ Voïez les Coutumes de de Tours , do Lodunoû. Dans la Coutume de Poitou , art. 7;. reblandir signifie demander , niais dans un sens diférent. Voici le texte de la Coutume : „ Tout homme qui a juridiction, peut i, prendre, ou faire prendre par son sergent ou serviteur ;; les bestes qu’il trouvera malfaisantes ou galtantes , erl ,ì son domaine, terragerie, ou complanteries , & lès „ peut détenir en son hostel en prison , jusqii’à ce qué ,, celui à qui elles sont, les vienne requérir & reblandir „ par gage & pîeige suffisant; & si le Seigneur est tend „ de les lui bailler & délivrer, en lui baillant gage ou „ pleige suffisant pour l’amende & le dommage qui y aura été fait. “ REBOIRE, ». a. [Bibere U rebibere.) Boire beaucoup. (Boire & reboire. J’ai tant bu & rebu que, &c. Reboire unesanté. C’est boire une seconde fois la mêmé santé. Les buveurs obligent à reboire une santé, lors. qu’on ne l’a pas bue la prémiére fois dans toutes les régies qu’ilsse sont prescrites.,) * REBOIRE sa sueur, [Repercutere sudorem.) C’est là laister rentrer dans le corps ; lors qu’on ne change pas de singe. (11 ne faut pas reboire fa sueur ; il faut s’elsu- ïer, se faire froter, & changer de linge.) REBONDIR , v. n. [Rejìlere. ] Faire un second bond. sLa balle rebondit. Rebondir plusieurs fois.; f REBONDIR. [Redundare.) Ce riíot se dit en parlant des tetons , mais c’est én riant, & signifie renfler. (Cela f. it rebondit les tetons aux jeunes filles.) Onditaustì des te tons rebondis, pour dire Des tetons fermes & beaux, Ob dit ússi, des joues rebondies. REB REBONDISSEMENT m. [Refultus.) C’est le mois ventent d’un corps qui rebondit & se réfléchit après avoir touché la terre. (Le rebondissement d’unc baie* d’unbalon, d’une pierre ; &c.) REBONDONNER , ». a. U redupl. [Rurfits obturare dolium.) Bondonner derechef un tonneau. Dan. REBORD , f. m. [Margot] Bord. (Un petit rebord. Son livre demi rongé sur les rebords d u pont neuf. Dejpreaux,satire 9. Ce n’étoitqu’un simple rebord couvert qui regnoit tout autour. Vaugel. Quint. A y- cb.4.) H On dit aussi, le rebord d’une table , le rebord d’un manteau, le rebord d’une cheminée. REBORDER,». a. [Oram vejìi pratextere.) Border une seconde fois. (Reborder une jupe , des poches , &c.) REBORDER, ». a. [Limbo iterùm cingere. ] Terme de Jardinier. C’est retirer avec le rateau un peu de la terre d’une planche & la relever tout autour de la longueur, pour retenir dans le milieu l’eau des arrosemens ct de lá pluie. (11 faut reborder routes ces planches. Quint. Jard. Fr.) SE REBOTER, ». a. [Ocreas résumer t.) Remé- tre ses botes. (Us ne sc furent pas plûtòt débutez qu’od leur commanda de sc reboter .) REBOUCHEMENT ,s m. [ Obtùratio .] Actiotì par laquelle une chose sc rebouche. REBOÍICHER, ». a. [Iterùm obturare .) Boucher uné seconde fois. Prônoncez longue la scéonde filabe dt ce mot reboucher. (Reboucher un trou.) REBOUCHER. [Aciem serri retundtre. ) Prononcez breve fa seconde filabe de ce nlot reboucher , pour dire, emousser. (Reboucher une pointe.) On dit aussi se reboucher, pour dire s'émousser. (Pointe qui sc rebouche. Voiture. Poésies. 11 leur remontra que leurs armes étoient rébouchées. Vaug. Quint. I. 4. c. 16.) REBOUILLIR,». ». [Iterùmservesacere.) Bouillie une seconde fois. (Ce sirop n’eit pas cuit , il le faut faire rebouillir. Faire rebouillir le pot, la viande, &e.) REBOURGEONNER » v. ». [ ìdovas gemmas àgere.) Pousser de nouveaux jets, ou bourgeons.)La vigne ctd’autres plantes rebourgeonnent au printems.) 11 se dit aussi des bourgeons, pustules & boutons qui rebourgeonnent souvent lors qu’ils sembloienc être passez. REBOURS, adj. [ Moroses , contumax .) Ce mot est vieux. 11 signifioit revêche, dificile à gouverner ct à persuader. f REBOURS, f. m. Le contre-poil. (Le rebours d’uné étole.) f * REBOURS , sc dit pour ìe contre-pied, ie contresens , tout au contraire de ce qu’il faut. (C’est tout le rebours de ce qu’il vient de nous raconter. 11 prend tout à rebours. II Fait tout à rebours.) A REBOURS? adv. [ Pìapojlerè. ] Au contraire. D’une autre maniéré qu’il ne faut. (11 nous arrive tout à rebours , lorsque nous pensons nous reposer, nous travaillons le plus. Voit. I. 44.) 0 REBOURS de reburrus. Men; REBOURSER, ». á. [Avert'ere rétro.) Terme à'Artisans qui aprêtent les Draps. C’est relever le poil du drap, le froter à rebours. (Rebourscr ls poil d’un Drap.) REBOURSOIR , f. m. [Adverses pefhn.) Peigne, ou outil à relever à rebours le poil du Drap. REBOUTONNER, ». a. [Iterùiàvejiemglobùlii ádjìringere .] Boutonner de nouveau. ^Reboutonner utl pourpoint.) REBRAS, / m. [Re'plicatio.) Vieux mot qùi signi- fioit le rebord, ou le repli de quelque habit. 0 Un manteau à rebras, ainsi nommé parce qu’on lé redouble fur le bras. f On dit encore , Pouffer une baie à double rebras. Donner un souflet û double rebras \ c’est-à-dire; de toute fa force , a tour de bras, REBRASSER, ». a-, f Commovere .] Brasser de nouveau. Réitérer le brassage. (Rebrasser une liqueur,un monceau de bled.) Se rebrasser, ». r. [Brachia nùdareì] C’est rehausser, & retrousser ses branches. (Se rebrasser jusqu’au coude.) RKRRÍDER, ». a. [Frenot rnrsum iujieere.) Remetre la bride; (Cheval est débridé; il le faut rebrider» Rebridez promptement ; car nous voulons partir.) RÈBRODER, v. a. [Aeu iterum p ingéré.) Bíô- der de nouveau. Ajouter quelque nouvel ornementa «ne broderie. (On dit, du Point rebrodé.) REBROIER , ». ct. [Rursùs ttnre.} Prononcez rebréìé. Broïer de nouveau. Broie r plusieurs fois. (Re- broïer les couleurs. Rebroïer la moutarde.) REBROUILLERs ». n. [Dennò ptrmifcere.} Brouiller de nouveau, au propre & au figure. (Rebrousser des papiers. Rebrousser des personnes qui s’étoient ra- commodées.) f REBROUSSE , f, m. Terme de Tondeur. In- firument de fer en forme de petite peigne rond parle dos, qui sert aux Tondeurs de draps pour rebrousser, ou relever le poil, ou la laine de la fopetíìcie de l’étofe, afin de la pouvoir tondre plus facilement. Quelques- uns disent aulli , Rebroujjoir. REBROUSSER , ». n. [Iter relcgere .) Retourner sur ses pas. Retourner par l’endroit où l’on est venu. Remonter contre son cours naturel. (Rebrousser chemin. sibl. Ar. L r. La rivière rebroujje plus vite que ne roule un torrent dans une valée. Faug. Quint. L 9. c. 9. * On a beau faire des Prières , Les ans, nonplus que les rivières, Ne rebrouss ent jamais leurs cours. Recueil de Poésies. T. 5.) í REBROUSSER , V. a. II se dit au propre des sheveux, du poil, lors qu’on les releve d u sens contraire a celui dont ils (ont naturellement couchez. (Rebrousser le poil, rebrousser la moustache , rebrousser les cheveux.) f A rebrousserait, adv. A contre-poil. (Nettoïez ee chapeau à rebrousse-poil.) f * On dit aussi dans le stiie familier, prendre une s faire à rebrousse-poil. REBR UNIR , », «, [Repolir e .] Terme de Tireur d’or. Brunir de nouveau. (Rebrunir l’or eu Purgent avec la sanguine , ou l’agate ) t REBUFADË , s.s. [ Fajiidkfa rcjccïio. ] Paroles rudes dont on se sert pour rebuter quelqu’un ou lui refuser quelque chose. (Soufrir les rebusades d’un portier. Ablanc, Luc.) (f Mr. Ménage dérive ce mot de re & du vieux mot busse , qui lignifie un soufiet. Alain Chartier, dans son Histoire de Charles Vil. ,, En icelui an, environ huit heures de nuit, battit Mre. Jean de Graville „ Messire Geoffray le Maingre dit Bauciquault , la veil- ,, le du jour de Pan , en la rué saint Merry à Paris, par- ,, ce que ledit Bouciquaulc avoit donné une buste audit ,, Graville par jalousie d’une Damoiselle. „ Villon dans ses Repues : Lui baillant une busse grande , En lui disant maint reproche , (5c. M a rot, Pscaume 5. Viens.donc , declare-toy Qui de buses renversa Nies ennemis morans, Et qui leur rompt les dents Et leurs gueules perverses. Borel, mot Busse , croît que ce terme vient d’une bou- fée de vent que cause un soufiet. RE BUS , s m. [ D’tierium joculatorium } Sorte de lìmbole qui a pour corps des figures parlantes. On trouve plusieurs exemples de rébus dans le Sieur des Acords, & les Jésuites en font faire tous les ans à leurs écoliers aux afiches. (Un sot rébus. Faire un rébus.) (t RE'BbS tout cela. [/Id populum phaleras.} C'est- à-dire : Folie. Visions. Pensées chimériques. 11 me conte des rébus. (f Rébus de Picardie. Marot : Car en rébus de Picardie, Une faux , une eltoile , Un via* , Cela fatt ejiórle sauveau. Borel a remarqué dans ses Recherches , que c’est u»S écriture énigmatique , venue de ce que jadis les Clercs de la Bazoche fai'oient tous les ans une satire intitulée * De rébus qua geruntur, REBL T , / m [Rejeclanea.} Chose dont on ne veut point. Chose qu’on méprise comme étant peu considérable. (Marchandise de rebut. * Le rebut de Madame eji une marchandise Dans elle auròit grand tort d’étre Jì fort éprise, Mohere, Misantrope. REC 307 Ges peuples ont toujours été le rebut des nations, Ab!. Tac tliji. L e,. c. 1.) t KE'EUTANT , rebutante, adj. [Fajl’dinsm J Qui rebute , méprise & rejete ce qu’on lui propose. (C’est Un homme sort rebutant.) REBUTANT, te, adj. [ Injucundus, ingrat us."} 11 signifie aussi. Qui rebute , qui dégoûte & fait perdre courage. (C’est un travail rebutant ; c'eji à-dire , qui n est pas agréable & auquel on ne s’aplique pas volontiers. ) REBUTER , v. a. [Fajtidiosè repellere. ] Repousser en arriére. Rejetter comme une chose dont on ne veut point, parce qu’elle ne plaît pas, & qu’il y a quelque chose à dire. (Dans le païem.ent que je lui ai fait il ne tn’a rebuté que trois pistoles. Ils imploroient l’aide d’un traître qui les rebutait insolement. Ablanc. Tac. Hijh L ?. c. 4) * REBUTER, t Animum avertere , avocare. } Faire perdre courage. Dégoûter. (Cet évenement ne rebuta point les Chefs. Abiancourt. Le dessein capital que votre Société a pris pour le bien de la Religion est de ne rebuter personne. Pascal, l. 6.) * Sc rebuter, v. r. [ Apropostto revocari.] Se dégoûter de quelque chose. Perdre courage. ( si se rebute pour rien.) RECACHER > ». a. [ Rursùs abfcondere.] Cacher une seconde fois. (Recacher son trésor.) RECACHETER, ». «• [ Rurfùs objìgnare litteras.} Cacheter de nouveau, (Recacheter une letre.) RECALER. [Expo/ire.] Terme de Menuiserie, C’est unir & polir le bois avec la varlope, après qu’il a été ébauché & dégrossi. REGAMER, Enrichir un brocard d’or ou d’argent d’un nouvel ouvrage en forme de broderie, en y ajoû- tant des tremes d’or & d’argent. RECAMER. On aura de la peine à croire quel’o- rigine de ce terme soit une des plus anciennes. Les Italiens disent recamare >• les Espagnols, recamar, qu’ils ont pris chez les Arabes, & ceux ci chez les Hébî. ux» qui disent racam. Quelques-uns tiennent qu’il est Punique. Enfin voïez Mr Ménage, RECAPITULATION ,s s. [Enumeratio, rerum repetiti».'} Terme de Rétorique. Dénombrement vif, court & ingénieux des raisons dont on s’est servi datis le corps du discours, (set récapitulât ion a été introduit# à la fin d’un discours d’haleine pour soulager la mémoire des auditeurs. Voïez là-dessus Quintilien. Faire une récapitulation de ce qui a été dit.) t RE CAPITULER , ». a. [Summathn causa ntomen. ta pcrjlrwgere,} Faire la récapitulation. (Récapituler les principaux points d’un discours,) REC ARRELER* »- a. [Lateribus iterumJìemere.} Carreler de nouveau. (Recarreler une chambre.) RECARHELER des botes. [Ocreas resarcire.) C’est le* remonter ík y métré de nouvelles femelles. RECÈLE', recélée , adj. [Subjhaétus.} Caché & celé. (Argent recélé. Vaisselle recélée.) RECELE', f m. C SubjlraHio ] Action de la personne qui cache & qui cèle quelque vol. (11 fut banni pour crime de recélé. Patrie, plaid. 10.) 0 " Le recele est un vrai larcin, qliatìd il est fait dan» le dessein de cacher des éfets au préjudice des ensan» ou des créanciers ; ainsi une femme qui est convaincus de recélé, est privée du bénéfice de la communauté. U est dit dans l’article 77. de la Coûtume de Paris, que „ pour ventes recélées & non notifiées au Seigneur Censier dedans vingt jours de l’acquifition , est deu ,» un escu & un quart d’eseu au Seigneur Celifier. “ RECELERENT ,f m. [Riceptio.} Action par laquelle on recele des choses dérobées, ou des criminels. (Le recélement est punissable.) RECELER, ou rebeller , v. a. [Furta ce 1 are.} C’est cacher & celler ce qu’un autre a pris. (Recéler de la vaisselle d’argent. Recéler de la marchandise. * [,es charmes que l’amnur en vos beuuteit recele, Etoient plus puijjans que jamais. Voit. Poès. Il peut dans un jardin tout peuplé d’arbres ver As , Recéler le printems au milieu des hivers. Despreaux, Satire 6.) H RECELER , se dit aussi des personnes, à qui on doû* fie retraite & qsson cache chez foi. (Recéler un meurtrier , un voleur.) Qqa fRKUE- Zc-8 REC l'-'O í RECELER corps mort, se dit pour cacher la mort d'un homme, afin de faire valoir la résignation d’un Ofice , d’un Benefice. RECE'LEUR , J’ »r. [Renan furto ablatarum recepta- ’ J — -k"r»• nnipfQ ( f.es recé- RECE LECSE, J. !• . Celle qui cache quelque chose qui a été volée. ( Si elle clt receleuse , gare la corde , elle sera pendue. (D Elle a part à ce larcin, & elle en est la receleuse. Vort. Poés ) RECELER. Ternie de Chase. 11 se dit d’une bête qui a demeuré deux ou trois jours dans son fort, ou dans son enceinte sans sortir. RECEMMENT , adv. [ Recens. 3 Nouvellement. Depuis peu. (Cela est arrivé récemment.) RECENSEMENT , f m. {Recensé Terme dé procedure. Répétition, audition de témoins, qui ont révélé en conséquence de la publication d’un Moni- toire, en présence de leur Curé. . , f RECENSEMENT, se dit dans leà Bureaux de Traites & Douanes , des marchandises dont on fait une nouî velle vérification, un nouvel examen , pour connoitre íi leur poids & leur qualité font conformes à ce qui est porté par l’aquit de paiement, & si les droits en ont été bien païez. H RECENSEMENT, se dit aussi de l’exaisteh que sont les Marchands dans leurs magasins , des marchandises qu’on leur envoie, pour voir si elles font conformes auX factures. RE'CENSER, v. a. [Tefies iteratò audireé} Entendre les témoins qui font venus à révélation. $ RECENSER, lignifie aussi vérifier , examiner dé nouveau des marchandises, pour savoir fi les droits en ont été bien ou mal païez, ou si elles font conformes aux factures. RE CENT , récente , adj. 11 vient du Latin recens , & signifie qui vient de se faire. Qui vient d’arriver. (L’a- íaireest encore toute récente. Vaug. Quint. I. 7 .) RECEPAGE , f. m. Collucatio.) Terme qui se dit en matière d’arbres & de bois. C’eíi faction de re. ceper, RECEPER, v. a. [ Collucareé] Termé de jardi. nier. II se dit des arbres. C’est leur couper entièrement la tête, pour les gréfer, ou seulement pour leur faire pouffer de nouvelles branches. ( II faut receper ces arbres. Quint. Jard.) RECEPISSE', ou récépici , f. m. [Récépissé. ] il Vient eíi droite ligne du Latin , qui signifie avoir reçu. Le meilleur de ces deux mots c’est le préniier. Il signi. fie un billet par lequel on reconnoit qu’on s’est chargé de quelques papiers , ou d’autres choses qu’on promet de remette entre les mains de la personne qui les a confiées, & cela lorsqu’il en fera besoin. Le récépissé doit être signé. T. Corneille j Remarques de Vaugelas , assure que récépissé n’a point de pluriel, & qu’on ne dit pas, on m’a mis trois récepisei. entre les mains, mais trois récepisé. Plusieurs gens de pratique qu’on a con. fuirez fur ce sentiment de Corneille , disent qìie Mon. sieur Corneille est un grand Clerc sur le Parnasse , mais qu’il n’a pas le même destin au Palais deThéìhis, & qu’on met fort bien une s avec un accent, ou tin 2 fur recepisé au pluriel. ( 11 s écrivent tous les jours. Retirer les récépissés qu’on a donnez. Demander áes récépissés. Refuser un récépissé.) RECEPTACLE, / m. [ ReceptáculumJ Lieu où se retire quelque chose. Retraite. (Rome étoit le rá-ep. tacle de toute sorte d’ordure & de corruption. Ablan- court , Tacite , An. I. 14. ». 4. Selon apelloit les vil- les le réceptacle de la misère humaine. Ablanc»urt , Apopb. Ces ouvrages font environnez de cavernes fort profondes pour servir de réceptacles. Vaug. Quint. La Mer est le réceptacle de toutes les eaux.) RECEPTION ì f f. [ Benigha exceptió, ] Acueil qu on fait à une personne, soit amie, ou de qualité qui nous vient voir, qui nous visite. Acueil qu’on fait à quelcun. ( On lui a fait tine belle réception.) RECEPTION. [In aliquod munus cúoptatio.J Cé mot se dit des gens qu’on admet dans les charges. C’est un acte par lequel un homme étant trouvé capable est reçu dans un corps pour y faire son devoir, selon que sa charge le lui prescrit. (Le jour de sa réception au Parle- REC ment, ce fut une grande joie dans toute sa famille. ) RE'CEPTION. [Acceptio , admijjio.) Ternie de Religion. C’est une aprobation de la plupart des Religieux, ou Religieuses d’un Couvent pour recevoir une personne en Religion. (Délibérer sur la réception d’une sœur novice. Port-Roial , Conjlitutions.) RECERCELE', *, ad i- Circulatus, volutatusé] Terme de Blason \ qui se dit de la croix ancrée , tournée en cerceau, ou en volute j & de la queue des lévriers & des cochons. RECETTE, s f. [Pecûniarum coasiio.) Chose re. 'çuë. Argent reçu. Action de recevoir. (Voler Purgent de la recette. La recette monte haut. Faire la recette du grenier à sel.) RECETTE. [Telonium .2 Bureau où l’on teçoit de l’ar- gent pour le Roi. (Aller à la recette.) RECETTE. [Singuldre medicamentum.) Secret pouc faire un remede. Certain remede qu’on donne pouc guérir une personne. Remede pour guérir quelque bête, corniste chien, cheVal, &c. (Une bonne récette. Une recette excellente , infaillible , éprouvée , dangereuse, méchante. Enseigner Une recette à quelcun. Se servir d’une recette. C’est une bonne recette pour le farcin.) t * RECETTE. Modus, remedium.) Invention. Mo- ien. (Tout ce breuvage n’ctoit qu’un peu de jalousie, use de cette recette , & tu t’en trouveras bien. Abltm- court. Lucien .2 RECRU, receuè. [Aeceptus , receptusf] On prononce & on écrit aussi reçu , & reçue, adj. Ce mot lignifie accepté. Admis, Recueilli. (Présent receu, ou reçu. Conseiller reçu. Letre reçue. Reçu à composition.) RECEU , ou reçu , f m. [Acceptilatio.j C’est un écrit par lequel on confesse avoir reçu quelque chose. (Voilà son reçu qui le convaint. Tirer un reçu d’une personne.) RECEVABLE , adj. [Probabilis , admit tendus .2 Qui peut être reçu , qui peut être admis. (N’étre pas recevable en ses demandes. Le Maître. C’est la vérité des faits qui rend les bules recevables. Pasc. I. 18 ) RECEVEUR , f. m. [ Tnbutorum ac vcHigalium \ciacior .) Celui qui est commis pour la recette de quelque argent, de quelque droit, &c. (Receveur général. Receveur particulier. Receveur des Tailles. Receveur du domaine , de la ville , &c.) * RECEVEUR des botes, [tiaspitaiarius.) Termes à'Augustin déchaujje. C’est celui qui dans le Couvent reçoit les Religieux de l’Ordre qui voiagent, & qui en prend le le foin. RECEVOIR> v. a. [Accipere , recipere.] Jereçois. J’ai reçu , je reçus. Je recevrai. Que je reçoive , que je reçûse, recevant. C’est prendre ce qu’on donne. (Nous nousplaisons plus à donner qu’à recevoir , Ablanc. Tac. liv. à,) RECEVOIR. U n numerum aliquem admittere.) Ad- ínetre au rang. Métré au nombre. (11 a fait recevoir son fils Conseiller au Parlement. Recevoir un Religieux ou une Religieuse.) RECEVOIR. [Admittere -2 Donner entrée dans urt lieu. Admetre. Permetre d’entrer. Donner retraite à quelqu’un, le retirer chez soi. (11 ne jugeoit pas qu’il Fût de la bienséance de recevoir un homme de considération dans fa place. Sar. prose. 11 étoit banni de son païSj & à charge à tous ceux qui le recevoient. Ablanc. Tac. Hìjl. 1.2.) RECEVOIR. [Benigno vultu eoccipereé} Faire Un obligeant acueil à quelqu’un. Faire beaucoup d’honnête- teZ à une personne lorsqu’on la reçoit. (Aïant à recevoir le Rúí , il lui fit dresser un festin. Vaug. Quint. I. 8. Elle recevoir bien tous ceux qui la Venoient voir. Ablanc. Luc. Tom. 3.) RECEVOIR. [Dure , & alto superciho excipereé} Traiter rudement & avec coups en acueillant quelqu’un. (Us avancèrent un pas tout harassez pour trouVer un ennemi tout frais qui les venoit recevoir. Vaug. Quint, hv. 3. cb. 11.) RECEVOIR. [Acceptum bábere , probare .] Accepter. Agréer. ( 1 ! permet non seulement de recevoir, mais encore d’ofrir le duel. Pasc. I. 7. Recevoir les excuses d une personne. Ablanc. Recevoir agréablement les ofres qu’on nous fait. Scaron. Recevoir à composition Abranc. Tac. biji. I, 2. C’est-à-dire , prendre à com. position ) RECEVOIR entre en plusieurs façons de parler du Palais. Exemple. Fin de non recevoir, est un remede de droit qui obvie à plusieurs procès, en excluant les REC les négligens & les incapables d’agir, d’intenter quelque action. On dit encore Faire recevoir un apointement a l'audience , quand on le fait prononcer par le Président. Recevoir une intervention. Recevoir une enquête, une caution. On dit aussi, Recevoir en procès or. dinaire un accusé , quand on convertit un procès criminel en un civil. RECEVOIR. Avoir. Ressentir. Sentir. (Recevoir de grands honneurs, de grands avantages. Abìancourt. 11 fut porte par terre d’un coup de mousquet qu’il requt à la tête. Sarasin , prose. On lui dema>nda ce qu’il vouloit pour recevoir un souflet, il répondit un casque» Abìancourt, Apoph. H requt ordre de se rendre maître de la place. Abìancourt. Recevoir un sensible déplaisir de la mort d’un ami. Arnaud , Letres.) RECEVOIR. [Vefiigalia cogéré ,j Recueillir. Amasser. (Recevoir l’argent des tailles.) Cfi RËCHABITES , ainsi nommer de Rechnb , dont il est parlé dans le Livre 4 . des Rois, à ib. RECHAFAUDER , ». a fi. [Rurjits tabulata ex. truere .3 Faire de nouveaux écllafauts. (Pourracommo- der ce bâtiment, il a fallu rechafauder tout de nouveau ) RECHANGE ,/ /«. [Permutâtes pétunia itérât a usuraf} Le qui est deu à cause du refus qu’à fait celui qui devoit aquiter une letre de change. C’est le gros change d’une letre sor protêt. Voter le Traité des le - ires de change, page 8 ;. (Le rechange est dû.) RECHANGE. [Mutatonum.2 Terme de Mer, C’est lin fuplement de voiles ou de vergues. (Voile de rechange. Vergue de rechange.) ch O 11 dit aussi , des habits de rechange , des armes de rechange. RECHANGER , ». afi. [ Permutáre. ] Changer de nouveau. qRechanger un chapeau. 11 change Screchange souvent d’avis) RECHANTËR, ». «. [Canticare ] Chanter une seconde fois. (Rechanter un air , une chanson. II re- chante la tin quatre ou cinq fois de fuite. Molière , fâcheux. C'eJÌ ajsez que Ma maîtresse , Soufre que ma foible voix Chante x-f rechante sans cesse. Qifil tji le Phénix des Rois » Mile de Scudery.) RE'CHAPER, ». an. [Effugere.2 Ce mot se dit d’ordinaire en parlant de maladies fâcheuses, & veut dire se tirer de la maladie dont on est ateitit. N’en pas mourir. (Je te pardonne à la charge que tu mourras > mais je me dédis de ma parole li tu réthapes. Moliéref) On êchape d’un danger ; on réchupe d’une maladie. RECHARGE, / / j ~ Reiteratio, itération manda. tum.J C’est une surcharge. Une augmentation qui recharge. (C’est une recharge d’impôt.) RECHARGER , ». a. f Ftjlulam ferream iteratò in - jlruere.2 Charger de nouveau. (Recharger le canon, un fusil. Recharger un crocheteur. ) C Qnus rurjum int. ponere. ] f RECHARGER , signifie aussi, donner un ordre encore plus pressant. (Je l’ai chargé & rechargé de vous expliquer mes intentions.) * RECHARGER f ennemi. [ Iterùm in bojietn incurre- re-2 C’est batre de nouveau. Batre de nouveau fur l’ennemi. RECHASSER, ». a. [Rursàm pellere.2 Repousser une personne au lieu d’où elle vient. (II rechassa précipitamment les ennemis jusqu’aux portes de la ville, Abl. Ar. L 1 . c. 4 . II lerechassajusques à la prochaine ville. Vaug. Quint. I. Z. c. 10 . RECHASSER les bêtes dans les forêts [stecngere.] C’est y faire rentrer les bêtes qui en font sorties, & qui se font écartées dans les huilions. RECHASSER la baie. [Revolvere.2 Le vent rechasse la fumée dans la chambre. RECHAUFEMENT, / «*• RecalefaHiof] Terme de Jardinier. II íe dit d’un sentier de couche, ou de planche , lequel on remplit de fumier neuf, de sorte que ce fumier venant à s’échaufer, communique fa chaleur à la couche, ou planche, ou aux deux couches, s’il y en a une d’un côté & l’autre de l’autre , & fait qué les plantes qui y sont poussent malgré le froid de l’Iii- Ver. (On dit remuer , charger, renouveller un réchau- sentent. Quint. Jard. c. 1 . L’industrie du Jardinier peut faire venir l’hiver des asperges par un reebaufement de fumier. Volez le Jardinier François,) REC 309 RE'CHAUFER, ». a. [ Recalefacere .J Chanter de nouveau. Le re du mot réchauffer en ce sens est obscur, & il ne doit point avoir d’accent. Rechausser le dîné. Reprenez vos esprits [fi J'ouvmez-vous bien Qifun dîné réchauffé ne valut jamais rien. Despr.) RE CHAUFER. Ce mot signifie échauffer encore & en ce sens la particule Ré a un é clair qui doit avoir un accent aigu. (Far une compassion cruelle envers lui-mê- me, il mit la couleuvre dans son sein pour la réchauffer. Port-Roial , Pbedre.) * RE'CHAUFER [Anintos revocarej Exciter de nouveau. Ranimer. (Alexandre voiant sis gens en déroute, les gourmande, les exhorte & réchaufe lui-même le combat. Vaug. Quint. I. 4 .) Se récbaufer , ». a. [ Recalescere.2 S’échaufer encore, íl avoit si froid lorsqu’il se mit au lit, qu’il ne songea qu’à se récbaufer.) * II s'étoit réchaufe pour elle. Le Comte de BuJJs, amour des Gaules , p. ç 6 . C’est-à-dire, il avoit repris de l’amour pour elle. Quand on fait un conte qui a déja été dit plusieurs fois , c’est , dit-on > de la viande réchauffée, RECHAUSSER, ». a. [Iterùm caligare.2 Chausser de nouveau. (Rechausser des bas.) * RE'CHAUSSER les arbres. [Arbores aggerarej C’est leur mettre au pied de la terre nouvelle , ou du fumier. * RECHAUSSER. [Rudes nummos rotundare .J Terme de Momie. C’est rebatre une piéce de métal afin de U rendre plus épaisse & de moindre volume. (Rechausser les carreaux, c’ést les arondir & en rabatre les pointes.) RE'GHAUSSOIR. / m. [Rotundatorium.2 Instrument qui sert à rebatre le métal, & à le rechausser. 11 est fait comme un marteau de Tonnelier. RE'CHAUT, / m. [Foculus.2 Instrument de cuisine qui est de terre, ou de métal dans quoi on met du feu pour réchaufer, ou tenir chaud quelque ragoût, ou pour faire cuire quelque chose entre deux plats. Le bon ré- chaut est fait de fer de cuirasse & composé d’un corps de trois pieds, d’une grille, d’un fond , d’une fourchette & d’un manche. f RECHEOIR, Volez Rechoir. RECHERCHE,/, f [Inqusitio, investigatio, in. dagatio.2 U ne fe dit proprement qu 'au figuré , & signifie Faction de la personne qui cherche avec un extrême soin. Efort de celui qui fait perquisition, qui s’éforce de faire la découverte. (Quelque recherche qu’on ait faite, on n’a jamais pu trouver que. Pascal. I. jr. C’est une recherche de mariage, dans les foi mes. Molière , Pré. tieuses. Travailler a ía recherche de la vérité. La Cham- bre. Faire la recherche des faux Nobles. 11 autorifoic la recherche des trésors de la terre. Hsi. de L’Académie.) Le P» Mallebranche de l’Oratoire a fait un excellent ouvrage de la Recherche de la vérités & il devoit s’en tenir là. RECHERCHES. [Res perqusita .]] Se prend pour signifier des choses curieusement recherchées. Les ouvrages du P- Morín font pleins de curieuies recherches. RECHERCHE. [ PrenJ'atio. J Poursuite amoureuse qu’on fait d’une fille ou d’une veuve pour l’épouser. (II y a long-tems que ce jeune homme fait la recherche de cette fille.) {fi On ne fe sert pas indiféremment de ce terme*, car ce seroit mal parler que de dire, Faire la recherche de la montre que fui perdue ; Faire la recherche d'une chose égarée. Mais on dit bien , Faire la recherche des faux pé ables , de Fauteur d'un meurtre , des secrets de la nature , [fie. On ne diroit pas dans le propre, La recherche des métaux , des perles-, la recherche des trésors quela nature a cachez dans le sein de la terre , [fi dans le sein fond de la mer. Mais on diroit bien dans le figuré, La recherche des. biens de la terre , & La recherche des trésors. Cependant on pourroit dire en parlant d’une letre perdue ou d’une chose égarée, Quelque recherche que j’en aie faite je n’ai pû en rien apren- dre : mais alors recherche se prend dans le figure; & c’est comme fi on disoit. Quelque Jbin que saie prit pour en aprendre des nouvelles. Non seulement on ne dit pas recherche dans le propre à l’égard des choses perdues , mais on ne dit pas inême rechercher, à moins que prit rechercher , on n’entende chercher une seconde sois, par exemple , On n’a pas bien cherché par tout , ilfaut rechercher. Mais on ne diroit pas la prémiére fois, Q. q $ Recber- 3T0 REC Recherchez lu bague que f ai fer due* II faut dire, cherchez. P.ECHERCHE', recherchée , adj. [Perquifitus, invejti- gatui] Cherché avec soin. Cherche afin de rendre compte, ou d’ôtre puni. Cherché avec afectation. secret sort recherché. Partisan recherche. Penlee trop recherchée. Etre recherchée dans son ajustement. Lab.) t RECHERCHE'. On dit en Termes de Peinture, de Scu pture , ct c. figure bien recherchée , c est a-dire, figure bien travaillée, bien finie. £ RECHERCHE', se dit aussi d’un livre ou 1 on trouve des matières rares , examinées avec foin , des passages curieux. (On trouve dans ce livre des choses bien recherchées, des passages bien recherchez.) ; F RECHERCHE', se dit dans le Commerce des Marchandises qui font fort à la mode, quson demande beaucoup, & dont on débite qUantité. RECHERCHER , v. a. [Denuò qmerere.2 C’est chercher une seconde Fois. (On n’a pas bien cherché par tout, il faut rechercher. Remarq. nouv. fur la lan - gue Fr. ) RECHERCHER, v. a. [ Exq'uirere,fcnitari.2 Chercher avec loin. Chercher avec exactitude. (Elle fit rechercher le testament de. Ab.uncourt , Tac. an. /. 14. c. 1.) RECHERCHER [Ambire , enitib] Tâcher d’avoir. Demander avec i; stance. Chercher avec soin & pour venir à bout d’une chose. Tâcher de gagner quelqu’un, & le presser de quelque grâce. (Puisque c’est à bon dessein que je vous recherche , il n’y a point de galanterie que je ne puisse faire. Voiture, /. 7. Vous ne devriel pas feulement acorder la paix , mais la rechercher. Vaugelas , Quint. I, 4. c. n. 11 difoit qu’il ne faloit pas recherches après un ii long divorce. Ab.ancourt , Tac. An. I. 12. 11 a fa lu que vous aiez recherche de faire condanner Janfenius fans l expliquer. Pafc. I. 17. Rechercher dc paix une personne. Vaugelas, Quint. liv. 4. ch. 11. Rechercher quelqu’un d’ucord. Ablanc. Tac. HijU Itv. 3. ch. 11.) RECHERCHER. [Perquirere inquìrere.'] Faire fendre compte à quelqu’un de son administration ; l’inquiéter fur la conduite des a faires qu’il a maniées. (Depuis quelque tems on commence fort à rechercher les partisans.) On dit aussi au pajjif. ( II avoir stipulé en se retirant, qu’il ne seroit recherché d’aucune chose, ni obligé de rendre compte. Ablancourt, Tac. an. I. 13. c. 14.) RECHERCHER. [IndagareQ Faire recherche de quel. qu’un pour lui causer du mal, pour le punir. (Ilfitre- ehercherët mourir tous les coupables. Ablancourt, Tac. hijì.l ì.c. 7. f RECHERCHER, v. a [ 'Perfictre ,) C’est en parlant des ouvrages de sculpture, en réparer les moindres défauts , en retrancher avec soin tout ce qui potirroit les rendre moins parfaits. (Rechercher des figures de plâtre, de bronze. Rechercher des ornement de menuiserie.) tRECHERCHEUR,/ m. [Indagator.fcrutator.2 Ce* lui qui fait une recherche. II se prend presque toujours cn mauvaise part. (C’est un recherchent de droits alie- nez & litigieux.) | RECHIGNE',/ m. [Homo na'ura morojœj Qui gronde. Qui est de mauvaise humeur. (C’est un vieux rechigné.) RECHIGNE', rechignée , adj. [Morofus.2 Qui gronde & qui est de mauvaise humeur. (La vieillesse est accompagnée d’aísez de laideur, sans se tenir encore mal propre & réchignée, Molière,') RECHIGNER, v. n. [Ringere, repugnare.2 Prononcez presque rechignii, en trois syllabes. Gronder. Etre de mauvaise humeur. (II rechigne toújouiS. C’est une vieille qui ne lait que rechigner.) RECHIGNER, v. n.[Langw>re.~\ Terme de Jardinier. 11 se dit des plantes qui ne poussent pas vigoureusement, & des Arbres qui languissent ct qui ne font que de petits jets foibles , acompagnez de petites seuil les jaunâtres, (Mes artichaux rechignent. Cet arbrilleau commence à rechigner. Quint. Jard l. 1.) RECHIN,«u;, [Morofus.) Chagrin. Mélancolique, Vieux mot. On donna ce nom à Foulques, Comte u Anjou , a cause de son humeur melanc lique. T RECHINSER, f. «. Terme de ManufaLlure. Rc- chinser la laine , signifie la rincer, la laver dans de l’eati claire pour la bien décaisser- RECtìOlR. fi. n. [R.eìabi.2 Au propre c’est retomber. Tomber une seconde sois RtCHOIR. [Reincsiterr ) H fg dit au figuré. Réchoic REC dans une maladie. Rechoir dans la même faute. (C# malade est reehu deux ou trois fois.) =£ L’Academie dit que Rechoir est vieux dans le propre & dans le figuré. RECHUTE,/ / [Lapsus iteratus 2 Ce mot signi- fie nouvelle chute , mais 011 croît que dans le propre il ne se dit pas ordinairement, & qu’on prend un autre tour en se servant du verbe retomber. * RECHUTE. [Morbus readivus .2 Reprise de maladie. Retour dans la même faute. Retour à la tnême passion. (Les rechutes en matière de maladies sont fort dangereuses. Confesser ses rechutes. Pascal, lettre 10. Déclarer ses rechutes à son Confesseur. Pascal, lettre 10. ) f * C’eji une rechute amoureuse. Scaron. t RE'CIDIVE , / / [Lapjìo j C’est la même chose que Rechute dans le sens figuré. [De pas mis avec rien, tu fais la récidivé, Et c’eji , comme t>n Va. dit, trop d’une négative. Mol.) t RECIDIVER , v. n. [ Recidere , relabi. ] Ce mot est vieux. C’est retomber dans la même faute. (11 sauf prendre garde de récidiver. 11 a récidivé, & c’eít-là soa malheur. Ce faquin récidive toujours. Scaron, D. Ja . phet, a. 4.) RE CITE', / m. [Formula adbibendi medicamentF] Terme de Médecin , ce mot est Latin. Sotte tle caractère de Médecin qu’on met à la tête de l’Ordonnance. (Faire un récipé.) Le mot de récipé se prend aulli pouc l’Ordonnance même. REC 1 PIANGLE, / m. [Angulometrum recipian . ctt 'um .3 Instrument de Mathématique qui sert à mesurer la grandeur des angles, fait en forme d’Equerre, ct composé de deux réglés mobiles fur un centre. RECIPIENDAIRE, / m. Reápiendus .2 Celui qui doit être reçu en quelque charge. Qui doit etre inter- rogé fur la Loi, & qui pour mieux répondre se fait instruire par un Docteur en Droit, qu’on apelle ordinairement à Paris un Sifieur. (On dit que le Gendre, qui n’elt qu’un misérable Sifieur, loge dans un galetas auprès de Notre-D^vne, a tous les ans plus de récipiendaires que Bocage qui est un habile Docteur.) RE'ClPIr.NT, / >». [Recipulum .2 11 vient du Latin reapiens. Terme de Chimiste.. Vaitleau qui reçoit la liqueur qui fort de l’alambic. (.Le récipient est plein. Vuider le récipint. ) f RE'ciPROCATiON ,/ f. [ Reciprocatio .2 Actisn pat laquelle 011 rend , oti reçoit le réciproque. II y a de la reciprocation entre les relatifs. C’est un terme de Logique, , Le fius [«f te refius font dans une continuelle réciproctu tim, c’erta-tlire, reviennent toujours l’un après l’autre, RE'CIPROQUE, adj. [Mutuus .2 Eu Latin reci* procus. Ce mot se dit proprement de deux, & lignifie mutuel. (Le mari & la femme se doivent aimer d’une amour réciproque. Vaugelas, Remarques. 11 la porta à un divorce avec son mari, sous une promesse réciproque de s’epoufer. Abl. Tac. An. I. 13. c. 13.) RE'CIPROQUE. [Reciprocus .2 Terme de Géométrie, Si de quatre lignes proportionnelles on compare la première & la quatrième , avec la seconde ct la troisième, c’est-à-dire , les extrêmes avec les moiennes, on dit alors que les unes sont réciproques aux autres. (Chercher des lignes réciproques. Port-Roial, Géométrie, livre u.) RE'CIPROQUE. [ Reciprocus. ] Terme de Logique. Termes réciproques , c’est à dire , qui ont la méme signification , ct qui le peuvent convertir comme fout homme ct animal raisonnable. RE'CIPROQctE. [Reaproca .2 Terme de Grammaire. Il y a des veroes réiiproques-, comme s’aimer, s’admirer. Et des Pronoms réciproques, comme moi-méme, toi.mê* me, &c. RE CIPROQUEMENT, adv. [Mutuò, Mutuellement. ( lis se donnerent la foi réciproquement» Abl. Arr. 1 . 1 ) t RE'CIPROQUER, v. n. [Mutuum repeudere. 2 B.en- dre la pareille, le réciproque. Ce mot n’est guere erî usage , on dit rendre la pareille. RtClRER, v. a. [Denuò cera illhiirel} Cirer de nouveau. (Recirer une paire de fouliez.) RECI SION , f. f. [Antíquatio .2 Mot Latin, & Terme de Palais. Lettres qu’on obtient du Prince pour casser REC caiîef quelque acte. Vo ìzz Lettres. (Obtenir des lettres derecifion.) RECIT,/ m. [Narratio , expifitio .2 Le narré de quelque chose qui s’est palsé. (Récit court, bref, suc- cint-, long, ample-, difus , ennuieuX, enjoiié , agréable, charmant , ingénieux. (Vous ih’avez fait un magnifique récit de ses beaux exploits. Scaron , Lettres, ìl ne faut point mentir pour la rendre plus belle , Le plus fimplc récit, pourvu qu'il Joit jìdelle , EJi aj/e 2 éloquent pour ravir votre ejjirit. God. poef Assomption, /. 2. , La Poésie Epique Dans le vajie récit d’une longue aciion , Se soutient par la fable U vit de pli ion. Desp. ) RECIT. [Mònophonia.j Termè de Musque. Cé qui ïst chanté par une voix seule. (LaMulìque doit être entremêlée dé récits & de chœurs.) RECITATEUR,/ m. [ Recitator .J II vient du Latin j & n’elt pas encore bien établi. C’est celui qui a apris qutlque chose par cœur & le récité. (11s ont apris des sentences par cœur, ils les allèguent de quelque autre î on nomme ces gens-là AHeurs improprement, car cé font de véritables Récitateuts. Balzac.) , RECITATIF, f. [Recitandi modus.~] L'elì le récit qu’oh fait d’une choie dans quelque ouvrage. (Un récitatif bien entendu, bien varié. Qui peut résilier à l’ennui dii récitatif dans une modulation qui n’a ni le charme du chant, ni la force agréable de la parole ? Us refusent leur attention à un long récitatif. Le récitatif Ordinaire ennuie extrêmement. Saint Evrémont , opéra.) RECITATION. [DeclamatioJ Déclamation. (Ce Cô- medien à la récitation agréable. Le geste & la belle récitation sònt les parties les plus nécessaires à un Orateur.) RECITER. , v. a. [Récit arc , dicere inemonter.f Dire par cœur. (Réciter la leçon. Réciter Ion rôle. Réciter un discours.) 11 veut dire auíli raconter. 0 On dit, réciterJ'a leçon , c’elt repeter ce que l’on â apris. Réciter un sermon -, c’est raporter fidèlement le sujet & les beaux endroits d’un sermon. Réciter det vers , c’est les redire avec le ton & les gestes des bons Comédiens. Bien des gens se font un mérité d’imiter les meilleurs acteurs qui païtìissent sur le théâtre , en récitant les beaux endroits des Pieces de Corneille, de Racine , & des autres Poètes qui ont de la réputation : mais il en est peu qui reullilsent dans cette imitation. RECITEUR , f m. sNarrator .J Faiseur de récit. (Les reciteurs éternels font incommodes. M- deScuderi. Ces reciteurs font proprement des Acteurs qui repetent leurs paroles. Saint Evrémont.) RECLAMATION > f. f [ Reclanïatio , revendicAtìo , petitiod\ Terme de Balais. L’action de réclamer. (On n’eut point d’égard à la réclamation d’un tel.) RECLAME, f f [Index siquentis pagina.'] Terme d’ Imprimeur. Mot, ou demi-mot qu’on imprime à la derniere page de chaque Feuillet, pour montrer le commencement de la page suivante. (On prend garde aux réclamés quand on collatione quelque livre.) RECLAME. [IL’ex avis fijtula.] Terme de Chasse. Pi- pêaux ou sifflets avec lesquels on amasse les oiseaux. H RECLAME , se dit aussi en termes de Fauconnerie , du cri & du signe qu’on fait à un oiseau pour le faire revenir au leurre ou sur le poing. (Faire revenir l’oiseau au réclamé.) RECLAMER, ». a. [Alicujus opemimplorare.] Apel* ler à son secours. Apeller à son aide. Tâcher de se prévaloir de quelque chose, (C’eji vous qui donnez le poison , Qui chasse mafoible raison Qden vain maintenant je réclamé . Voit. Poës.) Ëlle eut beau réclamer la mémoire de Germanicus, otì l’étoufa, Ablancòurt , Tacite , An. /, 14. c. 13.) RECLAMER. [ Rcclamare , reluHuri. ] Crier contre quelque choie d’injuste. S’écrier contre quelque chose. Le mot de réclamer est en ce sens une maniéré de verbe neutre. ( Us réclament contre cette nouveauté» MaucroiX, Schisme , /. 3. ) RECLAMER , », a. [Recuperare , ajserere, redimere. J Terme de Balais. Redemander. Poursuivre. (Réclamer l’épave. Réclamer un vassal.) RECLAMER. [ A(cire , revûcare.] Apeller. Le mot de réclamer est un Terme de Chajse , & se dit des per* REC 3U drix quand íe mâle ou la femelle s’entr'apellent, ou que la mere rapelle ses petits que les chasseurs ont écartez. [La perdrix réclamé , & selon quelques uns, La perdrix apelle. Ruses innocentes , l. 2.) î RE CLAMER l’oiseau. C’est en termes de Fauconnerie , l’apeller pour le faire revenir fur le poing, ou au leurre. Se réclamer , v. r. [UJurpare nomen alicujus n Je me réclame y je me fuis réclamé. C’est tâcher d’adoucir & de se rendre favorable une personne en lui parlant des gens qu’elle eonnoit ou dûnt elle fait cas. (Lorsqu’il se Vit pris, il se réclama de Monsieur un tel, on 1© traita Fort doucement.) . RECLAMPER, ». «. [Maìumiresarcire.] Terme de Mer. C’est racommoder. (Reclamper un mât rompu. Fourn.) RECLlNËR, ». n. [Retrò incïinare.] Ce mot est Latin & est un terme de Gnomonique C’est pancher èn arriéré. II se dit de la situation d’un plan, St de la face superieure de ce plan, qui se détourne du vertical & incline , ou panche de i’autre côté vers l’hòrison. (Ce plan recline de trente degrez, & pat conséquent est incliné à l’horizon d’un angle de soixante degrez.) On dit un plan tecliné, Urt qtiadran reblinant. Un quadran déclinant & réclinè tout ensemble, c’est-à-dire, qui n’est ni à plomb , ni tourné vers aucune des principales parties du monde. RECLO ïi ER -, ». a. [Iterùm clávofigeire.] Cloiiec de nouveau. (Recloiier un ais qui s’est décloué.) t RECLURE. [Intércludere.] Volez Enfermer. (On l’a fait reclure dans un Couvent, parce qu’elle vivoic mal dans le monde.) RECLUS, s m. [CeUà interclusus.] Celui qui ne fort jamais, & qui s’est engagé à une retraite perpétuelle ; mais le mot reclus en ce sens, ne se dit que de celui qu’on apelle le Reclus du mont Valerien , qui est environ à trois petites lieues de Paris. Les choses d'ici bas ne mè regardent plus , En quoi peut un pauvre Reclus Vous asijtcr ? Que peut-il faire ? Que de prier le Ciel qu’il vous aide en ceci . La Font.) t * RECLUS, [Ciaujus.ii Qui fort rarement. (C’est un reclus, on ne le voit point.) t * RECLUSE, f f [Reciuja.] Fille, ou femme qui fort peu, ou point. Religieuse , mais ce mot de recluse en ce sens ne fe dit qu’en riant. (Votre beau présent de parfum, hors du commun, belle Recluse , m’accuse de pauvreté. Scaron. Lettres.) RECOGNER, OU recoigner , v. a. [Figere.] Co- gner de nouveau. (Recogner un clou, une cheville,&c.) * RECOGNER, ». a. [Adigere , repeUeren Ce mot se prend aussi au figuré, & signifie repousser quelque personne, (Recogner les ennemis avec courage. Ablan. court , Luc. t. 2, Ce Docteur avança une telle proposition, mais il fut bien recogné.) ch L’Académie dit que ce mot n’a d’usage que dans le ftile familier. RECOIFER, ». ttíî. [Iterùm caput implicare. ] Coifer une seconde fois. (Recoifer une Dame.) * RECOIFER une bouteille. [Lagenam obturare . ] C’est la reboucher, RECOIN , f tm. [Angulut , secejsus.] Petit coin. Coin. (11 décendit dans les vilages qui étoient épars çà & là dans le recoin des valons. Ablancòurt , Rétorique t livre. 4. ch. 1. -j- * II poursuit un raisonnement jusques dans les derniers recoins de la Logique. Molière , Malade imagi. nuire , a. 2. J. $■ ) H * On dit aussi dans le stile familier, les recoins du cœur , pour dire, les replis du cœur, ce qu’il y a de plus caché dans le cœur. RECOLECTION , f f- [Animi recollecíio.] Terme de Dévotion. C’est un recueillement d’esprit. (Faire une petite reeolection.) On apelle l’année de recoUcHion , chez les Bénédictins , le tems qu’ils passent dans quelque inaiíon retirée après avoir achevé leurs études. RECOLEMENT ,/ W*. [Tesiium repetìtio. cum reis compofiiio .] Terme de Pratique. Lecture qu’on fait à un témoin de fa déposition , après quoi celui qui instruit 312 RFC instruit le procès lui demande s’il ne veut rien ajouter à ct'mi’il a dénosé, ou s il n en veut rien retrancher, en un mot s’il déliré persister dans toutes les choses qu’st a dites en justice. Les témoins lignent leur rcco- Loler une seconde fois. (Recoler un feuillet decolé. ) RECOLER. [Tejies revocare U componere cum jeu. J Ternie d e Palais. Lire à des témoins ce qu’ils ont depo- sé pour voir s’ils n’y veulent rien ajoúter, s ns n en veulent rien diminuer, ou s’ils veulent persister dans leur déposition. (.Recoler des témoins. Le Maître. témoin recolé & confronté. ) On dit austl recoler un inventant:. RECOLET, f ìn - [Erancifcanus Recollectus.J Religieux de Saint François qui va déchaussé avec des manières de grosses & de hautes sandales qu on apeilejow, & qui est vêtu d une robe de grosse etofe grise avec un petit capuce & une ceinture» & par dessus la robe un manteau de même étofe. ( Se faire Recolet.) Se recoUìger. [In je reverti .] Se recueillir, entrer en foLméme. Terme d t Dévotion. (11 faut prendre quel- que tems pour Je recolliger.) RECOLTE ,/• /• [Messes , frugum perceptif), j Elle consiste à recueillir les fruits & les grains que la terre produit. Moisson. (Une abondante récolté. Faire une bonne recolle. Ablan.court .) RÉCOLTE. [Collecta pecunia. ] Aumônes qu’on reçoit en quêtant. (Cette Dame a fait une bonne récolté.) RECOMMENCER, «. [Resumere. 3 Commen- cer une seconde fois. ( Voulez vous recommencer nos broiiilleries. PuJ'c. I. i. Recommencer un discours. Ablanc. Vous verrez que ce fera toújorus à recommencer. Molière.) RECOMMENDAHLE, adj. [LaudandusJ Loua- ble. Estimable. (11 a cela de recommendable qu’il nc se pique pas d’honneur. Pascal, l. ig ) K ECÓMM END A R ESSE, s [Cotnmmdatrìx.J Femme qui dans Paris fe mêle de donner des nourrices & des servantes & qui gagne fa vie à cela. (J’ai donné ordre à une recommendaresse de me trouver une jolie nourrice.) RECOMMENDATION , s, s. [Conmtendatio, sollicita, tio.j Prononcez recommendacion. Priere qu’on fait à quelqu’un pour quelque chose , cu quelque personne. (Sa recommendation est puissante auprès de Monsieur le premier Président. 11 a eu son emploi à la recommendation de Monsieur un tel. On lui a donné une lettre de recommendation auprès de vous.) (s Nous disons , Une lettre de recommendation , une puisante recommendation. Mais ces sortes de Lettres restent souvent inutiles à ceux pour qui on les a écrites. Cicéron répondant à Trebatius qui fe plaignoit que César ne lui saisoit point de bien quoiqu’!! le lui eût souvent recommandé par plusieurs lettres: Vous vous re. butez, dit-il, comme si vous eusliez porté à vôtre Général non pas une lettre de recommendation, mais une cédille , ou une obligation pour recevoir de l’argent, & vous en retourner promptement chez vous. Tanquam emm fyngraphutn ad lmperatorem , non epistolam attu - lijses , sc pteuma abluta domum redire properabas. RECOMMENDATION , f f. Vencratio , famaj Estime , considération. (C’est une chose qui mérité de la recommendation Nouv. rem. de Vaugelas. 11 est en grande recommendation à ses Paroissiens. Les Ecoliers de Pitagore avoient lesilence en grande recommendation.) RECOMMENDATION. [ Monitum ] Terme à’Orfèvre. Billet qu’on envoie chez tous les Orfèvres de Paris 1 ers- qu’on a perdu quelque vaisselle d’argent, afìn que fi on leur porte cette vaisselle perdue , ils la retiennent & arrêtent la personne qui la leur veut vendre. (J’ai vû toutes mes recommendations, & je n’y trouve pas celle dont vous me parlez.) RECOMMENDATION,/ f. [Preces eleemoJina.com. mendatitia. '] Terme d’Eglise. C’est un avis que les Curez font dans leurs prônes de donner quelque aumône, de faire quelques prières , pour des personnes qu’ils nomment, î RECOMMENDATION de Pâme, C’est la priere qu’on fait à Dieu pour les agonisans. RECOMMENDATION j J. f. [ Nova commendatio.J Terme de Palais. Nouvel arrêt qu’on fait de la personne d’un prisonnier dans une geôle. (L’écrou de ce prisonnier tient eneore pour deux ou trois recommendations.) REC f RECOMMENDATIONS. [ Salutatiow.] Ce motau pluriel lignisie baisemains. (Faites mes recommendations à notre ami lorsque vous lui écrirez.) RECOMMENDER, ». a. [Mandare, committere, perrtuttere. J Prier d’avoir soin d’une personne ou ds quelque chose que ce soit. (11 leur presenta son fils , & le leur recommenda. Ablancourt , Tac. tìiji. I. ;. c. n. Je vous recommende ma maison.) Se recommender , v. r. [Salutem alicui dicere.] Faire ses baisemains à quelcun. Prier d’avoir soin , d’avoir pi. tié. (II se recommenda à Dieu & mourut aussi-tòt. La vertu se recommende d’elie-mème.) RECOMMENDER. [In commentarium cujiodis denuò inscrtbere. J Recharger un prisonnier par un nouvel écrou. (Si ce prisonnier couche en prison , il sera re. commendé par une douzaine de créanciers. ) RECOMMENDER. [Monere.J Donner avis íssune chose volée. (Cet horloger a retenu cette montre parce qu’elle lui avoir été recommendée.) On dit proverbialement qu’un homme a été bien re. commendé au prône , quand il lui est arrivé coup sur coup plusieurs malheurs. RECOMPENSE ,s s [Pramium , merces.J Prix. Salaire. (C’est la récompense que j’ai rendu à ma nourrice. Vaug. (Joint. I. 8 .c.%. Tirer récompense de ceux dont on défend la vie & les biens. Ablanc. Tac. An. I. it. c. 14. Recevoir la récompense de son travail. Ablancourt. La mort lui ôte la récompense de ses services. Sarajln , Prose.) ê Les grands courages veulent être excitez par les récompenses; ôtez-les , il n’y a plus de vertu au monde. Polybe de Eolard. RECOMPENSE’. [Pana, tnulPia JCe mot se prend quelquefois pour punition , châtiment. (Ton insolence Temeralre Vieillard, aura sa récompense. Corn. Cid. a. 1. ) RECOMPENSE. [Pramium .J C’est une certaine somme d’argent de trois 011 quatre cens livres, qu’on donne à un laquais après avoir servi trois ou quatre années fans gages. ( Laquais qui est à récompenser. Avoir sa récompense. On lui a donné sa récompense. Servir à récompense.) En récompense. [Verùm ea lege, invicem , aliundèlj Ces mots se prennent quelque fois comme un adverbe, & signifient d’autre côté, d’ailleurs. qll m’a servi dans cette afaire, mais en récompense je l’ai servi en d’autres ocafions. Cette femme n’est pas belle , mais en récompense elle est vertueuse.) {$ RECOMPENSE. Terme de la Jurisprudence Cou. tumiére, & qui signifie le dédommagement du mari ou de la femme qui soufre par le fait de l’un ou de l’autre ; par exemple, le mari a contracté des dettes mobiliaires avant le mariage , comme rentes constituées ou foncières ; elles ne deviennent point une charge de la communauté qui doive être íuportée également par l’un & l’autre ; enfòrte que si pendant le mariage le mari aquití l une de ces dettes des deniers de la communauté , il n’est pas juste que la femme en soufre par la diminution des éfets de la communauté emploïez à aquiter une dette particulière de son mari ; la Coutume veut que la femme soit dédommagée par une juste récompense de la diminution qu elle soufre dans le partage de la communauté , lequel étant fait, la femme reprend fur la portion du mari la moitié du sort principal de la dette qui ne la concerne point, fans pouvoir demander de même les arréragés ou intérêts payez pendant la communauté, parce qu’on les regarde comme une dette commune : mais elle peut les demander du jour de la dissolution de la communauté, même fans demande en justice, fur le pied de la rente qui a été aquitée. Voilà 1 idée générale de la récompense coutumière, &jene crois pas devoir en dire davantage. RECOMPENSER, V. a. [Beneficii accepti gra. tìam reserrel} Reconnoitre de quelque grâce les bons ofice ou les lèrvíces d’une personne. (Le monde récompense plus souvent les aparences du mérité que le mérité me me. Mémoires de Mr. de la Roche foucaut.) + * RECOMPENSER , se dit quelquefois pour, punir. CU a été récompensé de sa perfidie, de sa lâcheté.) f RECOMPENSER, fe dit pour, dédommager. (On lui a donné une somme d’argent qui l’a récompense de la perte de sa charge. On les récompensera des maux qu us ont soufert pendant la guerre.) Se REC Se récompenser, v. r. [Ferre pramia milita, laborum ] Sc satisfaire soi-méme des services qu’on a rendus. (Jean d’Alba n’étant pas content de ses gages, déroba quelque chose pour se récompenser. Pâli. liv. 6.) RECOMPOSER , v. a. ç Rursus Jlnberc.j Composer de nouveau. (Les Imprimeurs recomposent les pages quand elles font distribuées. Recomposer une feuille. (Les Ecoliers recomposent quelquefois leurs thèmes. Les Chimistes recomposent les corps mixtes qu’ils avoient décomposez.) RECOMPTER, reconter, v. a. [Rationem inire.] L’un & 1 autre s’écrit, mais on prononce reconté. Compter une seconde fois. (Recompter son argent.) RECONCILIABLE, adj. [ 'Reconciliandus.j Qui peut être réconcilié. (Ces deux hommes ne lònt pas reun- ciliables.j RECONCILIATEUR , f m. [Reconci/iatorJ Celui qui réconcilié & remet en bonne intelligence des gens qui étoient mal ensemble. Celui qui racommode des perc sonnes qui avoient rompu ensemble. (Dieu a proposé son Fils pour être le reconciliateur des hommes par la foi qu’ils ont en l'on sang. 5. Paul, Rom. cb. ;.) RECONCILIATION,//- [Reconciliatio.} Prononcez réconciliation. Retour en amitié. Amitié qui est renouée. (Une réconciliation feinte, trompeuse, vraie, lincere. 11 voulut celebrer la réjouilsar.ce de leur réconciliation. Vaugelas , Quinte-Curce , liv. g. ebap. ;. La réconciliation avec nos ennemis n’elt qu’u- ne crainte de quelque mauvais evenement. Mémoires de Mr. de la Rochefoucaut.j 0~ RECONCILIATION des Eglises profanées. Réconcilier ; c’elt rétablir deux choses dans leur prémier état: ainli, quand on réconcilié deux ennemis, on établit entr’eux leur ancienne amitié. C’est dans ce sens que Cicéron a dit dans une Letre à Atticus, ve. terem gratiam reconçiliare. Le Canon llìud quoque, dijl. to. apelle reconcihatio, le rétabliiTement des pécheurs dans le sein d’Eglise, par l’acomplilscment de la pénitence ; ainli l’on dit, réconcilier les hérétiques, & réconcilier une Eglise profanée & polluee; ce qui lignifie la rétablir dans fa prémiére pureté, & lui rendre la vénération qui a été presque éfacée dans (opinion des hommes par la profanation d’un crime énorme & public. 11 est vrai que les matériaux dont une Ë- glife est construite, ne font pas susceptibles de taches ni de souillures, & que le crime que l’on y commet, ne leur imprime aucune profanation réelle & éfective : mais aussi il est certain que cet édifice pour lequel les Fidèles avoient des íèntimens d’un respect religieux, ne leur paroît plus le même ; une certaine idée de profanation les en éloigne ; & dans cette prévention, ils ont de la répugnance d’y faire leurs prières, & d’y célébrer le divin Sacrifice. Nous consacrons (dit Saint Thomas, part. q. 85. art. 3.) les autels & les vases destinez pour nos Saints mistéres, non point comme étant susceptibles d’une impression de grâce & de sanctification, mais pour les rendre dignes de servir aux usages sacrez de notre Religion, en leur atachant une certaine spiritualité, laquelle étant blessée, elle s’évanoùit, & il faut la rétablir par une réconciliation autentique & proportionnée à la profanation, parce qu’une Eglise peut être profanée plus ou moins ; & c’est par cette raison que la réconciliation se fait ou par une snnple bénédiction, ou par les cérémonies & par les prières qui ont été prescrites par le Pontifical Romain. 11 y a lieu de croire que cette réconciliation a été établie parmi nous sor le modèle du rétablissement du temple par les Machabées après la défaite de (Armée d’Antiochus. II est marqué dans leur histoire , qu’après avoir versé des larmes & mis de la cendre fur leur tête, ils se prosternèrent le visage contre terre, ils purifièrent les lieux, détruisirent (autel des holocaustes, & en bâtirent un nouveau, sor lequel ils mirent de (encens, & y firent les sacrifices selon la Loi, & enfin le nouvel autel fut dédié, au son des trompetes, des harpes, des lyres & des tambours. La prémiére circonstance de cette cérémonie concerne le pouvoir de celui qui fait la réconciliation. Les uns croient qu’un stmple Prêtre la peut faire de son autorité : les autres exigent une permission de (Evêque: mais la ditìculté cesse par cette feule raison , qu’aucune Eglise ne pouvant être bénite fans la permission de (Evêque, elle ne peut point être réconciliée fans cette même permission. Comme il peut arriver que pendant la célébration de la Messe REC 313 ™ Domine soit tué ou blessé avec éfufion de sang dans ! Egide, on demande s’il faut cesser le Sacrifice, oust on doit le continuer. Les .Théologiens distinguent, en dilant que si (action arrive avant la Consécration, lé rretre doit se retirer : si au contraire elle arrive pendant ou âpres la Consécration, le Prêtre doit continuer & consommer le Sacrifice. Au reste, (on compte quatre manières de profanation des Eglises, i°. Sanguh nic bumani effujìo. a°. Seminis effusto. j°. Excommunì- cuti, bare>ici N infidelis j’epultura. 4 0 . Conjìiratio fa - cia ab Epijcopo excommunicato. L’éfusion du sang doit être violente & élective; elle comprend même (homicide fans aucun sang répandu, comme si un homme est étranglé dans (Eglise ; enfin il faut que le crime soit public ; car s’il est secret, & s’il a été commis fans scandale public, (Eglise n’a pas besoin de réconciliation. RECONCILIER » ti. a. \In gratiam refit titre. J Remettre en bonne intelligence. Racommoder des gens qui ont rompu, qui sont brouillez ensemble. (Jeles ai réconciliez ) RECONCILIER. Se confesser de quelques pechez oubliez dans fa dernière confession, afin de communier avec plus de pureté. Et c’est dans ce même sens que la confession peut s’apeller réconciliation. On dit aussi réconcilier les hérétiques à (Eglise. Se réconcilier , v. r. [In gratiam cum aliquo redire .] Se bien remetre. Se racommoder avec quelcun. (Je croirai que la fortune se veut réconcilier avec nous j fi, & c.. Voit. let. 6ç. Se réconcilier avec une personne. Abl.j Quelques-uns disent fe réconcilier à une personne, mais on ne parle pas ainsi. J: Se réconcilier avec Dieu. C’est demander pardon à Dieu de ses pechez, & rechercher la grâce. $ RECONDUCTION , / f Terme de Pratique. On dit, tacite réconduction, 011 (obligation qu’nn Fermier contracte de continuer à faire valoir une terre j ou un Locataire de jouir d’une maison pendant un certain tems, quoiqu’il n’ait renouvelle son bail. Ce terme n’a point d’autre usage. RECONDUIRE, a. [Reducereè] Ce mot se dit én parlant de visites qu’on fe rend les uns les autres dans le commerce du monde, & signifie aconìpagner lu personne qui nous est venu voir & la conduire jusques à la première porte de notre logis (Je vous laisse aller fans vous reconduire. Molière, Sicilien. Ce n’elt plus aujourd’hui la mode de reconduire les gens avec qui on vit familièrement. Les autres leur font civilité & les reconduisent jusques à la ruë. Scaron, Epitreà Dame Úuillemette.') î RECONDUIRE, fe dit aussi en parlant d’un homme qu’on fait sortir de chez foi en le maltraitant, (lt a fait (insolent & on (a reconduit à coups de bâton.) f$ Mr. Ménage avoit remarqué, tome 1. cb. 54^. de ses Observations, que „ la plupart des gens de la vil- ,, íe se fervent mai du mot reconduire pour faire entendre que quelqu’un les a requs civilement; ils di- , ,, sent, II m'ejí venu reconduire jusqu’au bas du degré 5 „ II mcjl venu reconduire jusques a mon carojje. II faut „ dire comme on dit à la Cour, II m’ejí venu condui- ,, re. “ Le P. Bouhours quelque tems âpres publia ses Remarques sor la Langue Franqoile, & à la page 540. i! y inféra celle-ci, plutôt pour avoir íe plaisir de le contredire & de le tourner en ridicule, que pour instruire le public. ,, Mr. Ménage (dit il) a víi toute fa ,, vie le grand monde, ainli qu’il ntíus en assure lui- ,, mêine: je m’en tiendrois à fa décision, si desper- ,, sonnes de la Cour, que j’ai consultées, n’étóienf ,,d’un avis contraire. Je ne parle point de nos maîtres qui croient tous que reconduire est le mot pro- j, pre, St que conduire en ce Cens là n’est point Fran- ,, qois , II m’est venu voir , U comme c’est un homme „ formaliste , je n ai p,u manqué de Je reconduire-, Cé ,, n’eji plus la mode de reconduire. Qui diroit, ste n’aì ,,pa> manqué de le conduire, Ce n’eji plus la mode de „ conduire, parleroit mal, & ne fe feroit pas entendre. „ Conduire ne sopofe pas une visite, comme reconduire. ,;Je dirois bien d’un homme que j’ai rencontre aux ,, Tuilleries ou ailleurs, Après nïêtre promené quelque s, tems avec lui , je l’ai conduit dans son caresses cela ,, signifie feulemínt que reconduire ne vaudroic rien en s, cet endroit , mais est bon en fait de visites- “ II fe jeta ensuite sor Mr. Berain Avocat au Parlement: de PariS, qui a fait de nouvelles Remarques sor la Langue Françoise , & qui étoit du sentiment de Tome III. R r Mr, 3*4 IIEC u “-r Mr. Ménage ; en voilà assez pour répandre sur cet Avocat une partie du venin qu'il conservoit dans le cœur contre Mr. Ménage, lequel lui répondit avec beaucoup de modération dans Ion second tome des Observations, ch. 77. qu’il perfilloit toujours dans fa première opinion, & qu’il y perfilloit d’autant plus volontiers, que des personnes de la Cour très-intelligen- tes qu’il avoit consultées de son côté, l’avoient assuré que l’on disoit, Jel’ai été conduire jusques a son caros- sè, & non pas, Je t’ai été reconduire jusques à fonça- rossé; & c’eít aussi comme il Faut parler selon la Grammaire, ajoúte-t-il, le mot de reconduire présuposant une action réitérée. Si j’ose m’expliquer sur tout cela , il me semble que l’on doit dire, Je l’aireconduit jusques a fin carafes & l’ayant trouvé dans les f tuileries, Je l’ai conduit jusques dans fin carojse. Mais fur quoi établissez-vous cette diíîérence ? C’est que ces deux mots conduire & reconduire font ici dans leur place que l’oreille & l’usage leur ont donnée. t RECONFORT ,f m. [Solatium, Jòlamen .2 Ce mot lignifie consolation-, mais il eít un peu vieux, & elt mieux reçu en vers qu’en prose. (Hors de tout espoir du salut de sa Ville, k ria m reqût du réconfort. Malherbe , Poésies, livre 6. Son ame fut dépourvue d’espoir & de réconfort. Gomb. Epi. I. ;.) t RECONFORTER, v. a. [Pires rejicere, animant re- crearei] Ce mot signifie consoler , inais il ne fe dit guére dans le beau stile. Je l’aí un peu réconforté.) RECONFRONTER , w. a. [Çomponere tesìescum reis .2 Confronter de nouveau, une seconde fois. (On lui a confronté & reconfronté les témoins.) R ECO N N 01 SS A B LE, adj. [Agnofiendus.J Qu’on peut reconnoitre. Facile à reconnoitre. (lln’eitpas reconnoissable.) RECONNOISSANCE , f. fi [Grati animi JignificatioJ Prononcez reconnejj'ance J Ressouvenir d’une grâce reçue. Gratitude, ressentiment de quelque faveur. (Je lui pardonne tout le mal qu’elle me fait en reconnoif- sance des biens que vous en recevez. Voit.l.}$. Donner des marques de fa reconnoissance. Ablancourt. Les bienfaits obligent à la reconnoissance. Vaugelas , Quint. I. 8- c. 8- Témoigner de la reconnoissance à quel- cun. Ablancourt. On donne aisément des bornes à fa reconnoissance. Mémoires de M. de la Rochefoucaut.) Seneque, lib. 2. de benejìc. n. 17. nous donne une idée de la reconnoissance, par la comparaison qu’il a empruntée du Philosophe Chryiìppe. De même (dit il) que pour bien jouer à la paume, il ne sufic pas de la bien recevoir , il faut qu’elle soit renvoies habilement; ainsi pour remplir les devoirs de la gratitude , ce n’est pas assez de recevoir un bienfait de bonne grâce, si on ne le rend dans l’ocalìon. C§ Mats la reconnaissance N l’bospitalité Sur les âmes des Rois n’ont qiCun droit limité} Quoi que doive un Monarque , N dût.il la Couronne, 11 doit à fies sujets encor plus que personne, Et cesse de devotr quand la dette esl d’un rang A ne point s’aquiter qu’aux dépens de leur sang. Corneille, mort de Pompée. RECONNOISSANCE. [ Consejsìo , declaratio. ] Aveu. Action de la personne qui avoue, qui reconnoit, & qui confesse une chose. (A quoi serviroit-il d’exiger cette reconnoissance. Pafi. I. ig. Cette humble reconnoissance de leur faute leur en obtint le pardon. Vaug. Quint. /. to. c. 4. Ecrit sujet à reconnoissance. Palm , plaid. 4 ) RECONNOISSANCE. [Consensus , script um, a pocha.s Ce mot se dit en pratique , & veut dire un aveu par écrit. (Passer une reconnoissance à quelqu’un devant Notaire. Le M ait.^ On a acoûtumé de demander, ou de prendre de semblables reconnoissances. Patru , plaid. <;.) RECONNOISSANCE. [Peripetitiœ.'] Terme de Poésie Dramatique. C’est un sentiment de la mémoire & de l’imagination, par lequel une personne en reconnoit une autre dont elle ne s’apercevoit pas. (Le dénoûment se fait dans la comédie par la reconnoissance. On n’a point mis fur le théâtre de plus belle reconnoissance que celle d OEdippe, dans Sophocle. 11 y a une reconnaissance simple & une double. (Votez la Poétique à’Aristote par Mr. Dacier.) P RECONNOISSANCE. Terme de la Poésie. Elle €Íi seconde pttftiç de la table composée. Ariltote REC en a traité dans le chap. ne. de fa Poétique. La ré- connoissance (dit-il) est, comme son nom le fait con. noître, un sentiment qui faisant passer de 1 ignorance à la connoissance, produit ou la haine, ou 1 amitié dans ceux que le Poète a dessein de rendre heureux ou malheureux. Mr. de la Menardiére a fait un grand chapitre dans fa Poétique fur la reconnoissance qu’il dit etre un sentiment de la mémoire & de l’imagination, par lequel l’entendement vient à reconnoitre une chose dont il ne s’apercevoit pas. 11 me paroìt qu’il devroit plutôt expliquer la définition du Philosophe que d’en donner une de fa façon, que peu de gens entendront. Aristote remarque ensuite que la plus heureuse reconnoissance est celle qui est mêlée avec la péripétie, c’est-à-dire, comme je le pense, que la plus belle reconnoissance est celle qui cause la péripétie, qui chan. ge entièrement l’état des choses : telle est celle de l’Oedipe. 11 ajoûte ensuite, que la reconnoissance est ou simple, ou double. La simple est celle où une personne eít reconnue par une autre qu’elle connoit: & la double est quand deux personnes qui ne se con- noissoient pas, viennent à se reconnoitre, comme dans llphigenie d’Euripide, où Oreste reconnoit cette Princesse par le moïen d’une Lette, & elle le reconnoit par un habit ; en forte qu’elle échape des mains d’un Peuple barbare par le secours d'Oreste ; ce qui contient deux reconnoillànces diférentes, qui produisent le même éfet. On trouve dans le Traité de Mr. de la Menardiére plusieurs exemples diférens de reconnoissance. En éfet, les unes fe font par le raisonnement, dont en voici un exemple : Chrysothemis reconnoit dans l’Electre de Sophocle qu’un de fes parens est arrivé dans Argos, parce qu’elle voit fur le tombeau d’Agamemnon une grande efusion de lait, quantité de fleurs répandues & des cheveux arra- hez ; ce qui ne pouvoit avoir été fait que par un parent de ce Prince ; elle fait faire des recherches p ur tâcher de le découvrir, & enfin elle rencontre Oreste qui étoit venu en secret pour vanger la mort de son pere, à qui il avoit fait un sacrifice funèbre selon la coutume. Glisse dans l’Odissee est reconnu par son chien. Les marques naturelles fur une personne, fervent à la reconnoitre ; & puisque, selon Mr. de la Menardiére, les manières de reconnoissance peuvent être de l’inven- tion du Poète, il n’est pas poflìble de les marquer toutes: mais il faut les choisir vraisemblables, & propres au sujet : ensorte que l’on ait lieu de croire que la reconnoissance n’est point une fiction, & qu’elle est une partie naturelle de faction. RECONNOISSANT. [Agnofiens .] Participe signifiant qui reconnoit. RECONNOISSANT, reconnaissante, adj. ['Beneficiorum memor j Q_ui eít sensible aux grâces qu’il a reçues. Qui a de la gratitude & du sentiment des faveurs qu’on lui a faites, ou des services ou bons ofices qu on lui a rendus. (C’est un homme fort reconnoiíiànt. Elle a faîne reconnoifl’ante.) RECONNOÌTRE, v. a. [Agnofiere, cognofieres Je reconnoit. Je reconnoif ois. J’at reconnu. Je recon - nus. C’est rcmetre une personne dans son imagination, ou dans fa mémoire. Reprendre la connoissance d'une chose ou d’une personne dont l’idée s’etoit un peu éfacée de notre souvenir. (Je crus reconnoitre So- crate à fa tête chauve. Ablancourt , Lucien, t. 5. Je l’ai reconnu à fa parole. Scar. Nouvelle 4. Comme il foiiilloit son père a demi-mort, il le reconnut & suc reconnu par lui. Ablancourt, Tac. L 5. c. 4.) RECONNOÌTRE. [ Noscere, perspicert.J Considérer. Juger. Discerner. Bien voir. Voir distinctement. (J’ai reconnu que vous l’aimiez. Molière. Les ennemis dans la confusion ne pouvoient reconnoitre notre nombre. Sarasin , Prose, ils reconnurent auflì-tót son artifice. Ablancourt, Tac. Hiji. I. c. 2.) RECONNOÌTRE. [Fateri, conjéntire.sj Avouer. (II ne veut pas reconnoitre que c’est la grâce qui opère. Pascal. I, ig. Je reconnois mes crimes, & mon péché est toujours devant moi. Port-Roial, Pseaumes. 11 re- connoit que tout ce qu’on lui demande est entre fes mains. Patru . plaidoié <;.) RECONNOÌTRE [Agnoscere, bakere.s Ce mot fe dit encore en quelques façons de parler aprochantes de celle-la. Ainsi on d:t. (Ne reconnoitre ni Juge ni Loi. Ablanc. Hisì. I. 1. c. 4. Reconnoitre pour Roi. Reconnoitre son Curé par l’ofrande.) RECONNOÌTRE. [Loci naturam , Jitum, munitiones KEC expìorare,) Ce mot en Terme de Guerre se dìt des choses & des personnes, & il signifie Aller voir N olser. ver les ennemis, quelque place, quelque passage, ou quelque païs, afin de prendre âpres ses mesures fur ce qu’on aura reconnu. (11 envola reconnoìtre l'enne- mi. Ablanc. Reconnùitre Un passage. Ablanc. ArP. 1 . î, Reconnoìtre la côte & les ports. Abl. Arr. I. t.) RECONNOÌTRE. [Betteficioruni memoreiu gratunique se prabeie.) Etre reconnoissu.ht d’une grâce. Avoir de la gratitude de quelque Faveur qu’on a reçue. (Recòn- noitre les services de quelcun. Ablanc. Tac. Plis. ï. i. c. 7. Je ne trouve point de paroles pour reCòh- noìtre l’honneur que vous me Faites.) Se reconnoìtre , v. r. [Ad se redire .] Reprendre ses esprits. Faire réflexion fur foi, afin de prendre les mesures nécessaires pour agir. (Î1 ne donna pas le terìis aux ennemis de se reconnoìtre. Ablanc. Dèsqu’ilS Fe furent reconnus, le dépit d’avoir si tôt lâché le pied les ramena à la charge. Sarasn, Prose.) Se reconnoìtre , v. r. [AJL meliorem srugem se reçu J>ere.J Se repentir. Rentrer en soi-même. Faire de sérieuses réflexions Fur le dérèglement de Fa conduite. (Les Partisans & les gens de Cour ne se reconnoissent guère que lur la fin de leurs jours, & ils font soit obligez à Dieu qui leur fait la grâce de se reconnoìtre.) RECONNU, reconnue, adj. [Agnitus.) Ávoíié. (Par- donnez-moi, Seigneur, afin que vous soiez reconnu fidelle dans vos promesses. Port-Roial, Psaumes.) RECONNU, reconnue. ['Rémunéra t us.'] Récompensé. (Services mal reconnus. Abl. Tac. Hìji. 1 . 2. c. 25. Sés tyons offices ont été reconnus comme ils le mé- ritoiéht.) . . RECONQUERIR» ». a. [Populos armìs ìierum do. mare.) ffe reconquiers. J’ai reconquis. Je reconquis. Je reconquerrai. C’est conquérir une seconde fois. (Ils ensoient à reconquérir la Libie. Vaug. Quint. I. 4. 1 usa d’une extrême diligence à reconquérir la Rosine. Sarasn, Prose.) RECONQUIS , reconquis , adj. [SubacÌM, domatus.) Conquis de nouveau. (Païs reconquis. Ablanc. Province reconquise. Le Boulonnois & Calais s’apellent íe païs reconquis ) RECONSTRUIRE, o. n. [Reœdijìcare.) Construire de nouveau. Ce mot ne se dit guère. (II faut reconstruire ce bâtiment, ou plutôt le construire tout de tìouveau.) RECONSULTER , ». «. £ Rursàm considéré. J Consulter de nouveau. (II a fait reconsulter à Paris, salaire qu’on avoir consultée en Province.) RECONTER. [Dcnuò recensre.) Voïez Recompter. RECONTRACTER, ». à. [Itcrmn fadus mire J Contracter de ncuveáu. (On avoir fait casser letir premier contract de mariage, mais depuis ils ont recon- tracté, & réitéré leur mariage dès qu’ilS ont été en âge.) RECÒNVENIR, ». «• [Litis áccejsionem facere .] Terme de Palais. C’elt former quelque demande, soit pour une compensation, ou pour uriè garèrttie, contre Celui qui nous demande quelque choie èn Justice. RECONVENTION, f f. [Mûtua àfíio, relaiio aftio- nis .] Prononcez Reconvancion. Action par laquelle ori demande à celui qui deifiandoit. (Une reconvention bien fondée emporte de droit la compensation.) RECONVENTION. [Iterata aelin .] Ce iriot signifie aussi une nouvelle convention. (Le prix de cette ferme a été augmenté par une ireconvention.) íjf La reconvention est une espèce de compensation. C’ecoit autrefois une règle générale, que la reconveh- tìon n’avoit pas lieu en Cour Lave: mais les Réformateurs de la Coutume de Paris ajoúterent dans l'article 106. en expliquant la régie : 1Î elle ne dépend de faction , & que la demande en reconvention soit la demande contre faction premièrement intentée; & en ce cas, le Défendeur, par le moien de Fes défenses, fe peut constituer demandeur. Les Docteurs Ca- nonistes ont terni autrefois, qii’en Cour Eclésiastiqué, la reconvention avûit lieu en toute cause : mais il en est tout autrement à présent, où la reconvention â îifeu en Cour Laye, quand elle a un juste raptírt à la chose principale dont p’.aijì eji, selon l’explicatiôn de Loisel, liv. tit. 2. Desbufre, injìit. coutum. La véritable reconvention est celle, qui est ou une dépendance ou un accessoire de la demande principale. II faut juger l’une & l’autre en même temS : mais comme nous sommes dans cet usage d’éòóúter un Défendent qui se prévalant de Location, prend des coît- REC 315 ctusiqns contre celui qui l’ataque pòur raison de quelque Fait particulier, ou peut en ce cas juger le fond de la demande principale, & laisser la nouvelle demande jusqu’à ce qu’elle soit en état d’être décidée définitivement. Je íçai que plusieurs Praticiens sont dans le sentiment, qu’il faut en ce cas agir par nouvelle assignation : mais C’est multiplier les fráix, & éloigner là fin des procès. RECQNVOQUER» ». A. [ Demiò convocare. ] Convoquer de nouveau. II fe dit des Conciles, deâ Sinodes, & du Parlement d’Angleterre. (Le Roi avoit prorogé son Parlement, mais il a été obligé de lere- convoquer.) R.ECOPIER, »• A. [De nova transribere .] Copiet de nouveau. Ttahfcrire encore. RECOQUILLEMENT, s m. C Convolutio.) L’a° ctiòn dé se recoquiller. t SE RECOQUILLER , ». r. [[Cocblea in morein snitari .] Ce mot íè dit quelquefois des cheveux, & veut dire, Se friser. Se métré par boucles. (Ses cheveux fe recoquiílent. Cheveux tout recoquillez.) Oií dit aussi qu’une feuille fe recoquìlle, un ver, le feuillet d’un livre, &c. fe recoquìlle. RECOQUILLER, ». a. Retrousser eh forme de còy quille, On dit, recoquiller son chapeau. II est bas & peu usité. RECORDER, d. [Funem resarare.) Corder une seconde Fois. Refaire une corde. (Recòrder une cOrde dont les cordons étdient défaits.) RECORDER. [Meinoriâ repetere ] Repeter, remetre en son esprit quelque chose. Recòrder íà leçon. Cs mot a vieilli. RECORDER. [ Tesari .] Terme de Palais. Arrêter un exploit, le faire signer par des témoins pour le rendre plus solennel. RECORRIGER , u. à. [Iterùm ejnendare.) Corriger de nouveau. Retoucher. (Recorriger ce qù’on a mal fait.) . RECORD, f- m. [ TeJYìs , siipàtor .] Ternie de Pratique. Celui qui aCcdmpagrie le sergent pour être témoin de l’eXploit qúe donne le sergent. (Prendre der recòdrs.) RECORD. _ Ancien mot qui ne subsiste plus que dans le Palais, où les témoins qùe ìes Huissiers & Ar- CherS prennent pour atester leurs exploits, & princi- palenìent les eiiiprisonneniens, sont ápelîez records. Mr. Dii Cange a fait Une longue Note sor l’article 40. de la prémiére partie des Etablissertiens de saint Louis ; elle est un peu longue, mais je l’abregerai. „ Les ter- ,,mes de record & de recòrder font Fréquens dans les „ Ordonnances, les Coutumes , les Jugebiens & leá „ Livres de Pratique de ce reins ; c’est pourquoi ilihi- ,, porté de les expliquer. Record signifie pròprertienÉ „ un témoin qui raporte fidèlement les choses qu’il „ fçait, ou qu’il a vûes, oú dorit il fe souvient. Darií „ le Poète : Si benè audna recordor. Ët de là, ce mdt ,, est pris pour deS informations faites en jugemeht. „ Une enquête de fan 120g. conceriiant les Lombards : ,,Gosbertus de Mdrcbia recordatus ea qua màgjler Gatt. ,, fridiis àU'cYit in suo recorâo , Guillermm Bottiicuiura - ,, ttú per jurammtum sûutii r t cordât W es ,scùt Guil- ,, lelmus de Ci ìjpeio fçf addit , esc. Philippe de Beau- ,, fiianoir, ch. 6i. dit qu’encose qui s peut prouver par ,, secort , ne doit avoir nid gage ; c’est-á-dire; que lors „ que l’on peut prouVer Une chose par témoins, il „ n’échet pas d’òrdonner le duel. Les Assises de Hié- „ rufalem, chap. 44. Vous requérez recort de ebos def- „ cbnvenable, çìf de tel que vous ne devez àvoir recort ; ,, c’est-à-dire , qui ne fs doit vuider par enquête. En- „ fuite òn a ùfé dtí ternie de recòrder , pour, juger „ fur une enquête. Un jugement rendu au teins de „GúilUuriie le Bâtard, dans Seíden fur Eadmer, pag. „ J 9p. Et ab on'mïbus itliì ptobii N sapientibus borni- ,, nibus qui ajfuerunt , fuit ibi dirationatum, U Hiant „à toto com:tatu recordàtum atque judicatuik. Ainsi re. „ cor d de Cour est une conquête ordonnée & faite par la „ Cour. Les Assises de Iliérusalem, chap. 1$. Et l’offre ,, dpjrov'er, & le preuves com il doit, U telle preuve ne „ doit être qúe par recort de Cour , fff'c. Ce qui faft ,, voir que le record de la Cour étoit ime enquête fai- „ te par les Juges de la Cour, fur laquelle onrendoir ,, jugement, de sorte qílé c est pour cela que la justice ,, qui avoit droit de juger par enquête , comme a j, été premièrement la Chambre des Enquêtes du Tome lll, R r a ' Par* 3i 6 REC ^- ,, Parlement, a été apellée la'Cour de Record, comme ,, dans Littleton , fift. 17;. Philipe de Beaumanoir, , chap. 62. dit qu’il n’y a point d’apel , quant borne , qui ont pooir de jugement font aucun mort de juge- , ment par le débat des parties ; car en recert n’a point , it’apel: mais cela se doit entendre lorsque le recort „ étoit jugé en la Cour des Barons, ou des HautsJu- ,, íiiciers ; car quant aux recors des Vavalseurs ou ,, Bas-Justiciers, il y avoit apel en la Cour des Ba- „ rons , &c. “ RECOUCHER , ». a. [LeHuin repetere.) Couclier de nouveau. Remette au lit, ou au berceau. (Recoucher un malade. Recoucher un enfant.) RECOUDRE, ». «. [ResuereJ] Je recom. J’ai recousu, je recoujìs , je recoudrai. C’elt coudre une seconde fois; Acommoder avecl’aiguille. Racommoder avec le fil & l’éguille. (Cela n’eìt pas bien cousu , il le saut recoudre.) RECOUSU, recousué , adj. [Resutuss Cousu de nouveau. (Habit recousu. Jupe recousue. -j- * Je pourroís dans mes vers recousus métré en piéce Malherbe. Désir eaux , Satire 2. C’est-à-dire, dans mes vers pris de côté & d’autre, dans mes vers répétasse z.) RECOUPE, f f Terme de Tailleur de pierre. Ce qui tombe de la pierre lorsqu’onin taille. (On carrelle avec de la recoupe & d u platras.) RECOUPE, [Fursurea resegmina.'] Terme de Boulanger. Ce qui fort du son lorsqu’on le repasse. (Les Boulangers vendent les recoupes au boisseau.) On apel- le aussi les chapelures de pain recoupes. $ On apelle lìecoupette , la troisième farine que l’on tire du son des recoupes mêmes; quelquefois ce terme se prend pour le gruau des recoupes. RECOUPEMENT, s. m. [ Contruciio. j Terme de Maçon. Voter retraite terme dc maçon, car c’est la même chose. RECOUPER , ». a.’ [ Dcnuò resecare. J Couper de nouveu. Couper une seconde fois. (Recouper du pain.) RECOUPER. sPannum ad visera conficiendam reapta. re.) 11 se dit aussi d’un habit. (11 siutrecouper cet habit qui avoit été mal coupé.) Ecu recoupe'. [Reseflus.) Terme de Blason , c’est-à- dire, coupé plus d’une fois. RECOURBE' , recourbée , adj. [ Incurvas , recurvus.) Courbé. Plié d’une maniéré courbe. (Leurs épées étoient un peu recourbées. Vaug. Quint. I. Z. c. 14. Les cornes de l’Elan font recourbées. Fléchier, Com - mendon , liv. 2. chap. u.) RECOURBER , ». a. [Recurvare.) Courber un peu plus. Courber encore. (11 faut recourber cela.) Se recourber , ». n [Se incurvum f acérés Se courber davantage. (Sa corne commence à se recourber dés le milieu.) RECOURIR , »• n. [ Recurrere, cursitare.) Courir une seconde fois. (II faut faire recourir après lui.) 11 signifie aussi courir plusieurs fois. (11 ne lait que courir & recourir.) RECOURIR. [Ad aliqueni consugere.) Avoir recours à quelcun , à quelque chose. Prendre pour son recours, pour son apui, pour son refuge. Se servir d’une personne, ou d’une chose pour se reinetre à couvert & en tirer du secours. (Recourir à l’Ecriture Sainte. Base. 1 . 4. II faut passer pour des calomniateurs, ou recourir à votre maxime que cette forte de calomnie 11’est plus qu'un crime. Pasc. liv. 1 ;. Osez vous recourir á ces ruses grossières. Mol.') RECOURIR.», a. [Recuperare, redimere.) Sauver. Délivrer une personne de ceux qui l’emmenent. Ra- traper. Regagner une chose qu’on prend & qu’on enlevé. (Recourir un prisonnier.) Cs II y a cette diference entre recourir s? recouvre, qu’il faut dire recourir un prisonnier , & non pas recouvre. Marot a dit : Car pourquoi [s comment Eusse-je pie un autre recourir Quand je n'ai sçu moi-inéme secourir ? On doit néanmoins dire, un prisonnier venus , & non pas recouru. Alain C'nartier, dans le livre des quatre Dames, pag. 6 17. Les Coquars fous Alors se vantent de grands cous, Et font grands dej'pens U grands cousis , Et quoiqu’ils soient pnns ou recous , Nul dieux n’y pense . REC Le terme recouvre est militaire. Froissart a dit, tom. 1. cb. 41. D’autre part, les Chevaliers tiroient contre lui pour recouvre Messire Henri. RECOURRE , ». a. [ Recuperare.) Ce verbe n’est pas si usité que recourir. Sauver. Regagner. Ratraper des mains de ceux qui emmenent & emportent. (11 étoit acouru avec un peu de gens pour recouvre le bagage. J Vaug. Quint. I. 1. ch. 1;. On dsia plûtôt pour recourir le bagage. Ménage , obfirv.) L’Académie dit II monta à cheval pour recouvre le bétail. (11 fut re. cours d’entre les mains des sergens. Acad. Franç.) RECOURS , f. m. [ 'Perfugium , resugium.) Refuge. Secours. Action de recourir. (Avoir recours à l’Ecriture Sainte. Pasc. I. 4. Avoir recours au mensonge. Pasc. I. 16. Molière dit parlant des coquettes que le monde abandonne : Dans un si noir chagrin leur sombre inquiétude, Ne voit d’autre recours que le métier de prude. Mol.) RECOURS. [ Cautio, pras. ) Terme de Pratique. Action qu’on a contre une personne pour recouvrer quelque chose sur cette personne. (Avoir son recours contre un répondant. Demander, obtenir son recours contre quelqu’un. Vaug. Remarqu s.) RECOURS. [Jujii moneta ponderù imminutio.) Ter- me de Monoie. Permission de foiblage fur le poids de l’espéce au marc. Par exemple, 11 doit y avoir tant d’écus au marc ; c’est ce qu’on apelle recours. [sEquum mon 11.e pondus f RECOUS , adj. [ Recuperatus.) Ce mot ne scdifegué. re qu’au Masculin , & signifie délivré. Sauvé. Tiré d’entre les mains des gens qui l’emmenoient. (Prisonnier recous. On dit aussi recouru, une femme recou. rué d’entre les mains d’un ravisseur. A.ad. Françoisel) RECOUSSE , s. f. [ Récupération Action de recourre. Aide & secours qu’on donne à quelqu’un pour le délivrer des mains de ses ennemis qui l’entraînent. (Aller à la recousse. Courir à la recousse. Acad. Franç.) RECOUSU. Voïez Recoudre. RECOUVER , ». a. [ Denuò incubare.) Couver de nouveau. (Poule qui commence à recouver.) RECOUVERT, recouverte. Voïez -recouvrir. f RECOUVRABLE, adj. Terme de Finance. Qui se peut recouvrer. (Fonds recouvrables, deniers non recouvrables.) RECOUVRE', Recouvrée, adj. [Recuperatus.) A quis de nouveau. Mis de nouveau en fa possession. (Pie- ces nouvellement recouvrées. Patru, pi. 1;. Acte recouvré. Patru , pi. iç.) Quoique l’usage semble avoir introduit recouvert pour recouvré contre la raison, l’Académie tâche de maintenir l’usage de ce dernier terme après les bons auteurs qui préfèrent recouvré. RECOUVREMENT , f m. [Resiitutio ] Action de recouvrer. (Ne songer qu’au recouvrement de fa liberté. Ablanc. Tac. An. I. 1 3. c. 13. Ils apellent le peuple au recouvrement de fa liberté. Ablancourt, Ar. liv. 1. c b. 4.) $ RECOUVREMENT, se dit aussi du rétablissement de la santé. (Le recouvrement de la santé, le recou. vrement des forces du corps.) í RECOUVREMENT , se dit dans le Commerce, de la recherche que l’on fait de ses dettes & de ses effets, (Ce Marchand ne s’occupe qu’à faire le recouvrement de ce qui lui est dû.) RECOUVREMENT. [Repetitio.) Terme de Gabelles. Recette de deniers à prendre fur les particuliers. (Faire un recouvrement. Donner un recouvrement à quel- cun. Le recouvrement des tailles.) RECOUVREMENT. [Margo.) Terme de Menuisier. C’est une maniéré de rebord de quelque sorte d’ouvra- ge. (Ainsi on dit, le recouvrement d’un cofre fort, c’est- à-dire, le rebord du couvercle du cofre fort.) RECOUVRER, ». «. [Recuperare, reciprre.) Reconquérir. Ravoir. Mettre en fa possession une chose qu’on avoit perdue. (II les fit refondre à recevoir ce qu’ils auroient perdu. Vaug. Quint. liv. 4. Recouvrer ses forces. Vaug. Quint. liv. 5. Recouvrer fa santé. Ab- lanc.' Luc. Tac. 3. H eut envie de recouvrer P Arménie. Abl. Tac. An. I. 12. II faut tâcher à recouvrer ce qu’on nous a dérobé. Pasc, let. 4. Ales parties ont recouvré un grand nombre d’actes. Patru, pi. 15. II fut guéri par un célébré Médecin, & il recouvra la Vue. Lettres de St Augujiin par M. Dubois.') M- 3>7 REC RECOUVRER. [Recuperare.'] Repeter. Reprendre sut autre chose. (On m’a donné cette somme à recouvrer sur d’.mtres fonds.) RECOUVRER. Uh'nmmentum navìs recìperel] Terme de Mer. Hâler une manœuvre dans le vaisseau. RECOUVRIR , ». a. [_Denuà operire.'] Je recouvre. Je recouvris , ai recouvert. C’elt couvrir de nouveau ce qui est découvert. (Recouvrir un toit, une maison. Toit recouvert. Maison recouverte.) Bien des gens emploient recouvrir au même sens que mu»- î'w; mais mal, à cause des ambiguitez qui se font en mettant i’un pour l’autre : Exemple, íi l’on dit, On a recouvert le tableau que vous aviez envie de voir. Ce recouvert fait équivoque. On ne sçait iì l’on veut dire qu’on a remis ìe rideau fur le tableau qu’on vouloit voir, ou fi l’on a retrouvé le tableau qu’on soufiai- toit de voir. Pour ôter cette ambiguïté, il ne faut pas donner à recouvrir, la signification de recouvrer. Corn. Notes fur Vaugelas. ff Voïez la douzième Remarq. de Mr. de Vaugelas, avec r observation de V Académie. Mr. Ménage, tome i. cb, 2? 6. £5? la suite des Remarq. du P. Bouhours , pag. 161. R ECO Y- ÍQpJetè , p acate ] Mot un peu vieux qui signifie un état, un lieu paisible & tranquille. (Vivre à recoy dans fa campagne. Maison à recoy , où l’on n’entend point de bruit.) RECRACHER , Cracher une seconde sois. (11 commence à recracher le sang.) RECRE’ÀNCK , f.s. [Vindicte.] Terme de jP«- ìais. C’est la provision de la chose qui est en procès, laquelle s’ajuge à celui qui a le droit le plusaparent. (La Cour lui a ajugé la. recreance du benefice. Avoir la recreance. Obtenir la recreance du benefice.) Les jugemens de recreance en fait de benefices font executez nonobstant l’apel en donnant caution. H RECREANCE. Onapelle, Lettres de recreance, les lettres qu’un Souverain écrit pour rapeller Ion Ambassadeur d’auprès d’un autre Prince; & les lettres que ce dernier donne à un Ambassadeur, pour être rendues au Souverain qui le rapelle. (Cet Ambassadeur partira lors qu’il aura reçu ses lettres de recreance.) RI CRt'ATlF, récréative, adj. [Fejiivus, facetuí, jocoftis ] Qui donne du plaisir. Qui divertit. (Fou récréatif. Le mariage est une chose fort récréative, mais il fâut être jeune & avoir une belle femme. Les parties récréatives, Mots burlesques , pour dire les parties naturelles.) RECREATION , /. /. [Animì remifjìo , relaxation Pronom, ez recreucion. Passetems. Divertissement. (Récréation charmante, honnête, agréable, permise, innocente. Prendre quelque petite récréation. Avoir quelques heures de récréation. Donner un peu de récréation.) RECREATION , {ObleHamentum, lufus.j Ce mot se dit dans les Coléges de Paris & dans quelques Couvents. C’est une certaine heure de la journée qu’on donne aux personnes religieuses & aux écoliers pensionnaires pour se recréer. (On est à la récréation. La récréation est finie.) RECREDENCIAsRE , f m. [ 'Recredentiarim.j Beneíkier qui jouit par recreance d’un benefice. RECRE'ER , v. a. [Oblefîare , obleHationem affer- rel] Divertir. Faire passer le tems avec plaisir & avec joie. (Molière recréoit la Cour & le bourgeois.) * RECRE’ER, v. a. [_[terum creure.~] II se dit des Officiers, & lignifie créer une seconde lois. (On avoit iuprimé ces Ofices par un Edit ; mais on les a recréez par un autre Edit.) t RECRËTIR , ». a. [ Variété-,n iterum trulìffa- rej Ce mot pour dire crépir de nouveau, n’est pas usité, & les habiles Maçons que j’ai consultez me Pont dit. Ils disent crépir, & jamais recrépir. RECREUSER, »• a. [jRefodere.] Creuser une seconde sois. (Recreuser un fossé.) RECR 1 BEER , ». a. [Sœpius cribrare.'] Cribler une seconde fois, ou plusieurs fois, (Recribler du son.) SE RE'CRIER, ». W. c Exclamitare.'} C’est s’é- crier contre quelque chose de ma!, ou qui déplaît, & s’y opolér, en faisant voir qu’on ne consent point du tout à ce qu’on fait, ou que son a fait. (Ceux qui étoient intéressez s’étaiu recriez fur cet avis, Silius Je soutint. Abl. Tac. An. I. u. ie recrier aux mechans endroits d’une pièce, Molière, REC .. . II a. tort en éfet, Et vous vous êtes-la jujlement récriée, Molieres, Femmes sov. act. ç. sc. tîern. Les Saints Peres se sont récriez dans tous les siécles contre les Imposteurs. Thiers , dtjfert. fur le Portail des Cordeliers de Rbeims, chap. i.) Ce Verbe quelquefois se prend en bonne part lors. qu’on lotie & qu’on aprouve quelque chose. (C’est être ridicule que de se recrier sur des Fatuitez. BeUtg. J’ijiime plus cela que la pompe fleurie De tous ces faux brillons où chacun se récrie. Mol.) RE'CRÍMÍ NATION , f. f. [Criminis in accusa- torem translatio ,] Ce mot se dit d’otdinaire eti terme de Palais. C’est acuser son acusateur, ou c’est lui vouloir imputer une faute pareille à celle dont il nous acuse. (C’est une récrimination.) * RECRIMINER. [Crimen ab accufatore iUatuin, in illum tr ans serres Ce verbe ne semble usité qu’au gérondif, il lignifie acuser celui qui nous acusc ; lui imputer quelque saute; lui reprocher quelque chose. (Tout cela n’est qu’en récriminant, Je ne veux pas chicaner fur ce mot en récriminant, Vaug. nouv. Rem. p. 11 g.) RE'CRIRE, »• a. [Ref ribere. J Ecrire une seconde fois. Je récris. Je récrivais, j'ai récrit. Je récrivis. (II faut récrire ce mot. il n’est pas bien écrit. Je lui aiécrit & récrit fans qu’il ait daigné me faire réponse.) REECRIT , récrite, adj. [ [Rtfcriptus. ] Ecrit une seconde fois. (Mot récrit. Ligne récrite.) RE’CRIT ,J’.m. Voïez Rejìrit. RECROlSETË', recrôijetée, adj. [Crux brachiâta, cruci bus J Terme de Blason. II sc dit d’une croix, lors qu’à l’extrémité de ses branches, il y a une autre petite croix qui la traverse : ce qui forme quatre petites croix, ou croiscttes. (II porte d’argent à six croix recroisctées de gueules-) RECROÎTRE, ». «. IDenuò crefcere. - ] Croître de nouveau. La rivière recroît, (Le bois étant coupé re. croit. II lui faut donnes le tems de recroître.) SË RECROQy EBiLLËR, ». r. [so orbes jìnuà. zi.] Terme de Jardinier. Il sc dit des feuilles, c’est se ramasser au lieu de s’étendre & être toutes jaunâtres & galeuses. (Les feuillés de cet arbre font toutes recfoquebillées , elles commencent à se recroquebiller. Quint. Jard. Fr.) f RECROQUEVILLER , ». a. On íe dit en parlant de l’efet que le feu fait fur du parchemin qui sc retire & qui se replie, lors qu’on l’en aproche de trop prés. (Le feu a tout recroquevillé ce parchemin. (On dit aussi, recroqueviller . On ne s’en sert que dans le ítile familier. SË RECROTER , ». r. [stemm se luto injperge- re.j] Se croter de nouveau. (Quoiqu’on se soit bien décrété, on ne sauroit sortir à la rué sans se recroter.) RECRU , recru'è, adj, \_Defejsus, defatigatusj Las. Lassé. Fatigué. Harassé. Le mot de recru en ce sens semble un peu vieux à quelques personnes. Cependant on le trouve dans les bons Auteurs, & on croit qu’à leur exemple on s’en peut encore servir quelquefois dans un ítile grave & un peu soutenu. (Ils avancèrent un pas, mais tout recrus & harassez. Vaug. Quint. liv. 5. c. n.) 0 Le terme recru a été fort en usage dans ces temps malheureux où les duels étoient autorisez. Un homme recru , étoit un homme vaincu. On disoit aulli un Chevalier recru, Voïez Mr. Du Cange dans ses Objer- vations fur Joinvìbe , pag. 8; . RECRUé, J', f. s Milites adjeriptivi.'] Terme qui sc dit en parlantdeSVrseír. C’est une levée de soldats pour fortifier des troupes qui font fur pied. (Une grosse recruë. Une recrue considérable. Faire des recrues. Abl. Tac , An. liv. ij, cb. 1;. Conduire une recrue, Loger une recrue.) * RECRUë, se dit des gens qui surviennent dans une compagnie, & qu’on n’attendoit point. (Voici une bonne recrue qui nous vient) RECRUTER, »,«. [Suppkre legiones.] ] Terme de Guerre. C’est faire des recrues, mais ce mot n’est pas du bel usage. (Ce capitaine a bien promtemenc recruté sa compagnie.) RECTANGLE, adj. [ Reiïangulum.l Terme de Géométrie. Ce mot sc dit des figures de Géométrie, & signifie qui a, un , ou plusieurs angles droits, (Triangle recLngle. Parallélogramme rectangle.) Ce mot de R r i rectangle 318 REC reflangle se prend aussi substantivement, & signifie une figure de quatre côtez, dontles quatre angles sont droits. RECTANGULAIRE , adj. [Reflangularnu.'] Qui a le* angles droits. (Le quarté est une figuré rectangulaire. Le Cube est un corps rectangulaire.) RECTEUR, / »r- [Reffor. ] Cs mot se dit en parlant de la République de Venise. C’est un titre qui est commun aa Podestat & au Capitaine des armées de Venise, & signifie celui qui gouverne les villes dé l’Etac. Volez Amelot de la Houjsaie , tììst. de Venije. RECTEUR. [Refîor.) Terme d’Université. C’est le chef de l’CJnivcrfité qui s’élit tous les trois mois dans rÛniversité de Paris, & qui se continué quelquefois deux ou trois ans quand il cabale & qu’il gagne les diverses nations qui composent les corps de 1 Université, ou qu’il a un mérité qui n’est point envié ce qui est fort rare. Le Relieur se choisit entre les Maîtres és Arts, & les Bacheliers. 11 préside â toutes leS assemblées de l’Unmrsité, fait les harangues qu il faut faire de la part de l’Uriiversité & est payé de tout cela ; mais ce qui lui vaut plus que tout, ce sont les Lettres des Maîtres és Arts lorsqu’il est Recteur fur la fin de Tannée. II trouve de pédant un escadron fourré, Suivi par un Recteur de bedeaux entouré. Delpr.) Dans TUniversité de Nantes le Recteur est tiré de chacune des facultez par tour. RECTEUR. [Supenor.'] Terme de jésuites. C’est le Supérieur d’un Couvent de Jésuites, f Le Recteur par- mi les Jésuites est triennal. Un tel Pere est Recteur.) RECTEUR [Reflor.) Terme d 'Hôpital général. Ecclésiastique qui a soin du spirituel de THôpital[générali, qui donne à tous les Prêtres qui sont sous lui ce qu’ils doivent aVoir pour la conduite spirituelle de touS les pauvres. Tous les Hôpitaux de Paris n’ont qu’un Recteur général, qui est perpétuel. Ce Recteur demeure ordinairement à THôpital qu’on apelle ta Pitié , il est très-considéré dans tous les Hôpitaux, & est très-commode, car il fait ses visites en carosse. RECTEUR. £Pastor .2 Signifie un Curé en quelques Provinces. II y a auífi des Refletm à TAcademre des Peintres. Dans la Charité de Lyon, les administrateurs font apellez Relieurs. RECTIFICATION,//^ [Sublimatio.] Ce mot se dit eritfe Chimistes. C’eít une exaltation de la partie la plus essentielle du mixte qu’on avoir séparée paf la distilation, ou autrement. La rectification est une distillation, ou sublimation nouvelle. RECTIFIER, v. a. [Stilìata iterùm exstiUare.) Tet- me de Chimie. Distiler de nouveau les esprits pour les rendre plus sub ils & én exalter les vertus. G:as. I. r. On rtct fie les sels fixes par la calcination, dissolution ou philtration. Charas, Pharm. cha. 43. RECTIFIER. [Corrigere, ad régulas exigerel} Corriger. Redresser. Rendre meilleur. (* II faut résister le mal de Faflion, Avec la pureté de notre intention. Molière, Tartufe. Rectifier les humeurs déréglées. Deg.) RECTILIGNE , adj. [Reflilineus.') Terme de Géométrie. II signifie qui est fait par des lignes droites. (Figure rectiligne. Triangle rectiligne. La Trigonométrie rectiligne.) RECTITUDE, f.s {Reftum.-} Ce mot se dit dé la veué. (La rectitude de la veué complette vient de l’œil droit. La Chambre.) * RRCTITUDE. [ Reâum , lequitas.J Droiture. (L’in- tegrité & la rectitude de mon cœur me garderont. Port.Roíal , Ps. Seigneur, donnez-moi la rectitude de vos jugetnens. Port-Rozal, P j') Cs RECTITUDE. Le P. Bouhours a observé danS la fuite ite ses Remarques fur la Langue Françoise, que „ reciitude n’est guére connu à la Cour, maté ,i qu’il est fort usité à laTrape. On y sçait qu’ún dé- „ faut, un contretems, un manquement de prudên- „ ce rend souvent reprehenlìble une action non seù- ,, lement indìferente, mais bonne par elle-même, & „ que les meilleures intentions ne lui donnent point „ de rectitude. On y sçait ce que c’est que de rentrer ,> dans la rectitude des Peres, du moins TAuteùr dé ,,/a Sainteté des devoirs de la vie monajiique, parle „ de la forte, & 1 autorité d’un Solitaire comme lui „ vaut bien celle du grand monde; ainsi je ne doute REC „ p as que le mot de reftitude ne Rétablisss, s’il n’est ,, dejà établi. Les Espagnols ont leur nftitud , & les ,, Italiens leur rettitudine', de forte que le Due d’Est- ,, rées n’eut pas de peine à se faire entendre des Car- ,, dinaux, en disant à leurs Eminences dans le dis. ,, cours qu’il fit au sacré Colegé après la mort de Cle. „ ment X. J’espere de leur pieté & de leur rectitu. ,, de , qu’elles rempliront Patiente de tout le monde ,, par un choix qui mérité d’étregeneraiement aplau- „ dii Un de nos Poètes se sett aussi de ce mot, & tjl’explique en même tems par celui de droiture ; Mais cette reâitude Que vous vâulez eh tout avec exactitude, Cette pleine droiture ou vous vous rejervex. Mais je ne vois pas que toutes ces autorité/ aient en« coré établi dans le monde le mot reciitude. REC FORAT , f m. \_Reâoratus. J Charge & dignité de Recteur. Tems durant lequel un Maître és Arts a été Recteur de l’Univerlìté. Tems qu’un Jésuite a été Recteur de son Couvent. (II a fort paru dà tems de Ion Rectorat. Son Rectorat lui a été glorieux. Et comme au grand Pontificat, U parvint jujqu’au Rectorat.) BECTORERIE. f f. [Parochia direclio .1 Cure , dì, rection u’une paroisse en Bretagne. REÇU- Voïez Recevoir U receu. RECUEIL, / m. [Epitome. ] Extrait de ce qu’il y a de bon & de beau dans un livre. Choix de ce qu’il y a de beau dans plusieurs Auteurs. Ramas de diffe. rentes pieces. Assemblage de diverses choses qui concourent toutes à une fin. çUn savant recueil. Un re- cueil d’arréts. Faire un recueil de divers Auteurs, Abldncourt , A pop b. On ne voit point mes Vers à F envi de Montreuil, Grojjir impunément les feuilles d’un recueil. Uespr. Sa t. a. L’aft est un recueil de divers préceptes qu’on met en pratique pour une fin utile à la vie dei’homme. Ab* lamourt, Lucien, Tome 2. Et tous ces vieux recueils de satires naïves, Des malices du sexe immortelles archives. Despr ) RËCUEILLhMENT,/ m. [Animi apUcatio.) Ce moi se dit en termes de aevntion. & c’est une recòllection de l’esprit. C’est une action de i’esprit qui se recueille en soi-même. (Je vol ces oratoires où elle a passé tant de jours & de nuits datis le recueillement. Elechier, Oruijon funebre Ue M. d’Eguillon.) RECUEILLIR , ». a fl. [Colìigére , perciperej Ramasser. Je recueille, J’ai recueilli. Je recueillis. Je recueil, lerai. (L’homme amasse, & il ne sait pas qui recueil, lera. Port-Roial, Ps. Après cette saison de larmes il en viendra Une de jdye , & nous recueillerons uns grande moisson de gloire. Maucroix, Homélie de S. Çbrisojt. Pour fruit de mon amour , j’aurai le triste emplois Dé recueillir des pleurs qui ne font pds pour mon Ratine.) t§ Mr. Régnier a dit, Von recúeiUiroit moins dé fruit qit on ne Ji-meroit de scandale', mais il s’est rétracté dans Terrata de son livre, où il a mis qu’il fa- loit lire recueillerait , au lieu de recúeiUiroit. RECUEILLIR. [Colhgeref] Retirer de quelque terre, de quelque fonds. (Recueillir cinquante pieces de vin en trois arpens de terre.) $ RECUEILLIR le papier. C’est Tôter de dessus les cordes des etendoirs, après qu’il a été bien celé & bien séché, asin de le mettre en presse. Oh dit aussi, ramasser le papier. RECUEILLIR. [ Optima quaque seligere. J Extraire. Tirer dé quelque Auteur, ou de quelque ouvrage, ce qu’il y a de meilleur. (J1 a recueilli ce qu’il y a de plus comique dans Aristophane.) RECUEILLIR. \_Aliquem excipere.) Donner retraité à quelque personne, la recevoir. (Après avoir perdu Darius, elles avoient trouvé qui les avoir recueillies. Vaûg. Quint. hii. 4. c. 15) í * RECUEÍLLlR, se dit d’une succession. (II se prépare à recueillir une grande succession.) í * RECUEILLIR íes voix , les Jufrages. C’est pendre les voix , les Íùfrageí, les avis de ceux qui composent une assemblée. f * RECUEILLIR les bruits de ville. On le dit d un homme curieux de tout ce qu’on dit par la ville- * St REC * Se recueillir , v. r. [Orationem summatim repetcre.] Redire en peu de mots ce que l’on a dit auparavant plus au long. C Four r,ie recueillir en trois paroles, je vous ai fait voir que. Patrn , plaid, g.) Se recueillir-, v. r. [Redire ad sel] Ce mot se dit souvent en termes de dévotion, Sc en parlant de gens de pieté, qui prient, ou qui méditent. C’est être tout entier à la priere, ou à la méditation. (Ilétoitíì recueilli en priant Dieu, qu’il demeuroit des heures en. tieres immobile. Pere Bouhours, Vie de Saint Ignace, l. i.) RECUEILLOIR , f. m. [Ligneum infirumentum m- tortum.] Terme de Cordier. C’est un morceau de bois pour tortiller & pour recueillir la ficelle. RECUIRE , v. a. [Recoquere.] Cuire une seconde fois. Je recuis, tu recuis, il recuit, nous recuisons, J’ai recuit, je recuisis. (Cela n’est pas tout à fait assez cuit» il le faut remettre au four pour le recuire.) RECUIRE, [Igné temperare.] Terme d e gens qui tra* vaillent en métal. C’est faire perdre l’aigreur & la trop grande dureté que les métaux peuvent avoir aquis par Fécrouissement ou par la trempe, en les mettant au feu. (Recuire le métal.) £ RECUIRE les lames. Terme de ffàà C’estles mettre au feu avant que de les passer au laminoir. RECUIT, te , adj. [ Recocius. ] Excremens recuits , quand ils (ont durs & secs. RECUITE , f f. [Iterata eollioT] Action par laquelle on remet au feu les métaux. La recuite s’avance lorsque le verre fe parfond. II y en a qui disent recuit-. à Lion on apelle recuite un petit fromage frais fait avec du lait cuit. RECEPTEUR, f m. [Monetalis coclor!] Nom qu’on donne aux ouvriers des Monoïes durant leur apren- tillage. RECUL, f m. [Motus reversm.] Ce mot fe dit des pièces d’artillerie. C’est un mouvement en arrie- riere du canon, qui est causé par la violence du feu, & qui dans le te ms qu’on tire la piece, chasse la pie» ce en arriéré. (II a été blessé du recul du canon.) RECULE', reculée, adj. [Repu/Jus. ] Poussé en arriéré. (Carosse reculé ) RECULE', reculées Remotus .] Eloigné. (Soncourage l’a porté en des lieux reculez. Abl. Tacite, Vie d'A - gncola. ) RECULE'E , f f. [Recejsus.] Action par laquelle on se retire en arriéré. Ce mot n’est d’usage qu’en cette phrase. (Vous faites un feu de reculée .) RECULEMENT , f >n - [Mora , rctardatio.] L’action de reculer. II signifie audì retardement. RECULEMENT, f m. [Regrejjùs.] Terme de llour. relier. Trois bandes de cuir qui font larges de trois doigts, qui font cousues les unes fur les autres, qui entourent le poitral du cheval de carosse, & qui fervent à le faire reculer. RECULER , v. a. & v. n. [Amovere J Pousser en arriéré. Faire retirer en arriéré. (Reculer un carosse, un chariot, &c. Reculer trois ou quatre pas. II vaut mieux endurer la mort en repoussant les ennemis, que fe sauver en reculant. Abl. Tac. I. 2. Nous avons avance nos garnisons & reculé nos frontières. Ablanc. Tac, Le canon recule. Les chevaux émus [f troublez , Se cabrent, trépignent, s’élancent, Et reculent plus qu!ils n’avancent , Perr. Gris * RECULER. [Removere.] Empêcher. Retarder. (Reculer fa perte. Abìancourt, Rétorique .) * RECULER. [Tergiversari.J N’ofer répliquer pour fe defendre. N’ofer ou ne vouloir pas bien répondre quand on nous ataque de paroles. (Si je me défens, ce n’est qu’en reculant. Molière, Femmes Savantes , acle 4. fi. 3.) * RECULER [Ab incœpto dejìjlere.] Ne pas poursuivre un dessein , une entreprise. (On étoit trop avant afìn de pouvoir reculer. Abìancourt, Tacite, FUJI. L 3. c. II.) RECULER. [Moras neflere.] Tergiverser. Ne vouloir pas venir au point. Chercher des échapatoires. (Vous reculez, lui dis je, en l’interrompant, vous reculez. ïafi. lettre 4. Mes Peres, il n’y a plus moien de reculer, il faut passer pour des calomniateurs. Pajc. I. 13.) * RECULER. [Recusare.J Ce verbe avec une négation se dit encore agréablement, & sert à marquer la fermeté de cœur ou'd’esprit. (Exemple. Je nc suis RED 319 pas homme à reculer quand on m’attaque d’amitié. Molière. t * .RECULER pour mieux sauter. [Ad melìus différ. re.] Sorte de proverbe qui veut dire, Díferer, asm de prendre de la des mesures pour mieux réùílìr à ce qu’on, a entrepris. Se reculer, v. r. [Secedere, abire.] Se retirer en arriéré. (11 feignit de fe reculer pour le faire avancer.) A reculons, adv. [ss«To.] En arriéré. Marcher à reculons. Abl. Luc. Danser à reculons. Abl. Luc . tome 3. L!Ecrevisse une sois s'étant mis dans fa tète, Que J’a fille avoit tort d’aller à reculons : Elie en eut fur le champ cette réponjè honnête, Ma mere nous nous ressemblons. Bourf. Efop.) * Au figuré on dit que les afaires vont à reculons , c’est-à dire, A rebours, de mal en pis. Peííum'fus - que, deque.] f SE RECUPERER » V. n. II signifie dans le stile familier, fe récompenser des pertes qu’on a faites. On dit, Je récupérer de ses pertes, & auili absolument , Jè récupérer. RECURRENT- [Recurreris.] Terme $ Anatomie. Le nerf récurrent aux muscles du larinx. RECUSaBLE, adj. [Ejuratus.] Juge contre lequel on a de justes causes de suspicion. (Ce juge est vecufible de droit.) í RECUSABLE, fe dit auffi de ceuxausquels on na peut ajouter foi. (On ne vous croit point, vous êtes recuiable. C’est un témoin fort recufable, il ne dit jamais la vérité.) RECUSATION, f.s. [Rejeflio,] Terme de Palais. Moiens qu’on allégué pour obliger un Jugea fe déporter d’une afaire. (Donner ses causes de récusation.) RECUSER, v. a. [Rejicere, ejurare.] Terme de Pa. lais Aleguer des moiens pour obliger un juge à fe déporter de la connoissance d’une afaire. (Recuset un juge.) H RECUSER* ledit auíïi cTun téijioin, contre lequel on a des reproches à donner. (Je récuse ces témoins dont la mauvaise vie est connue du public. H RECUSER, se ditsencore de toutes les personnes, dont le témoignage est suspect. (Vous étés partial, Vous étés intéresse, dans cette afaire, je vous récuse.) REDACTION , f f- [Redaftio.] Terme de Palais, qui fe dit des Coutumes redigees par écrit, aus- quelles on a donné force de Loi. REDACTION , f f. [Forrefho , compilatio.] Compilation de plusieurs livres, traitez ou autres choses ramassées ensemble. (La rédaction des Ordonnances est en deux volumes.) RED AN, _/.’ m. [Munimmtum angulis distinclum.] Terme de Fortification. Ligne qui forme des angles rentrans & lortans pour fe flanquer les uns les autres. (Faire des redans. Palissader un redan* Gagner un redan.) REDANSER, v. n. & a. [Iteràmsaltare.] Danser de nouveau. Danser une seconde fois. (Nous avons danse aujourd’hui, & il nous faudra redanser demain. Redanser la même courante. On le voulut obliger à redanser le Palet Abl. Luc. t. 2 . danse!) f REDARGUER, v. a. St n. [Redarguere. J (.C’est un vieux pédant qui ne fait que redarguer.) Ce mot est vieux, il signifie, Reprendre. Ri DDiTlON. Volez Rédition. REDEBATRE, v. a. [Denuò contejiari.) Terme de Palais. Debatre de nouveau. (On est requ à re- debatre les articles d’un compte.) REDESCENDRE. [Iteràm defiendere.] Ce verbe est afiif & neutre pa/Jìs. Je redécend , j’ai redécendu , je redecendis , je J'uis redécendu. C’est décendre une seconde fois. (Redécendre les dégrez.) REDE'CLARER, ©• «. [Iteràm cxplicare , decla- rare] Déclarer de nouveau. (Je lui avois déclaré de bouche, & je lui ai encore redeclaré par écrit.) t REDE'DIER, ®. «. Denuò dedicare ] Dédier de nouveau. Consacrer de nouveau. (Redédier une Eglise. Kedédier un livre.) REDE'E AIRE, v. «. [retexere.] Défaire de nouveau. (11 faut redéfaire cela. On dit que Penelope fit, défit & redéfit plusieurs fois la même toile.) REDE'JEUNER, n. n. [Iterùm jentare!] Déjeuner une seconde fois. (O 11 avoit déjeuné, mais il a falu redéjeuner avec d’autres amis qui sont survenus.) RE- 320 RED REDE'LIBERER . ». «. [Rursm deliberare.} Délibérer de nouveau. (Surce nouvel avis, il faudra reue- liberer fur cette aíàire.) REDELIVRER , ». a. [ Denuò in libertatem vm- dicare J Délivrer de nouveau. (11 a été de nouveau fait prisonnier, & j’espere qu’on le redélivrera encore.) REDEMANDER , ». a. [Iteratò repeterej Demander une seconde fois. (Redemander avec hardiesse ce qu’on a prêté avec generolìté. Redemander plusieurs fois la même chose.) REDEMEURER, ». n. [Iterùmmanere} Demeurer de nouveau. (11 redemeure dans son ancien logis.) REDE'MOLIR , ». a. [Denùo démolir i.} Démolir de nouveau. (On a démoli ce bâtiment, mais u le faudra encore redémolir.) REDEMPTEUR > / m. [Redemptor, Salvator bominum. 0 Terme de pieté, qui veut dire Sauveur. (Jesus-Christ est le Rédempteur des hommes. II est le Rédempteur du monde. Patru, p/aidoié y.) RE'DEMPTION , f. f. [Redemptio.}^ Terme qui se dit en parlant de quelque matière de pieté, d’action de pieté , ou d’un Ordre de Religieux qui racheté les Chrétiens qui sont captifs parmi les Turcs, & il signifie aciion de racheter. Rachat. (Voilà une rédemption toute nouvelle. Pafc. L 4.-Religieux de l’Ordre de la Rédemption des Captifs. Patru, plaidoié 5.) t- REDEMPTION. Ce terme est consacré pour signifier le rachat du Genre humain par Jesus-Christ. (La rédemption des hommes , le mistere de notre rédemption. Jesus-Christ a versé son sang pour notre rédemption.) REDENS- [ Recejfm mûri varius. ] Ressaut qu’on fait d’espace en espace dans la construction d’un mur fur un terrain en pente, pour conserver la retraite d’un niveau par intervalles. On se sert aussi de ce terme dans le mesurage des bois ouvrage?. REDEVABLE, adj. [ Dcbitor .] Qui redoit, qui doit le reste. (11 lui est redevable de cent pistoles.) * REDEVABLE. [Devinât", objìrictus.} Ce mot fe dit des personnes & des choses, & signifie. Qui a obligation. Qui est obligé. (Je me sens redevable à l’af- fection avec laquelle il vous a plu de m’obliger. Voit. i. 195. Je ne fuis redevable qu’à mon esprit de l’avan- cement de ma fortune. Ablancourt .) t REDEVALER, ». n. [Denuò exfeendere.} C’est Redécendre. REDEVANCE , / /. [Clientelare muntis prœdìa- torium.} Terme de Fief. Charge qu’on doit païerannuellement au Seigneur, de qui releve un fonds qu’on possede. Le Redevancier. [Qliens beneficiarius addiâior.} Est celui qui doit une telle charge. R EDEVEN 1 R. [Redire, fieri } Ce verbe est neutre pajsif. Je redeviens, je redevins, je fuis redevenu, je redeviendrai. C’est devenir de nouveau. (Redevenir honnête homme.) RI:DE'VIDER , ». a. [Iterùm in volumen expli- care.} Dévider de nouveau. (11 faut souvent redévider la soie, ou la laine pour faire divers ouvrages.) REDEVOÎR, ». a. [Reliquare.} ffe redoi, j’aire. du, je redus. Je redevrai. C’est devoir le reste. (11 redoit de compte fait, mille écus.) REDHIBITION,// [Redemptio, reJUtutio.} Terme de Jurisprudence. Action qu’on donne en justice pour faire casser & annuiler la vente d’une chose mo- bilìaire, quand il y a eu de la lésion, du dol personnel ou de la mauvaise foi. La rédhibition a lieu en vente de fonds, comme en vente d’une chose mobiliaire i ainli il faut dire que la rédhibition est la résolution de la vente d’une chose dont les vices cachez rendent la possession ou incommode, ou inutile, ou désagréable. Redhibere, c’est (dit la Loi 21. jf. de adilit. ed:ít.} obliger le vendeur de reprendre la chose qu’il a vendue, redhibitio c’est quasi redditio. REDHIBITQIRE, adj. [Redhibitorim ] Cas où la rédhibition a lieu. (La vente d’un cheval qui a la pousse- la morve ou la courbature, est un cas redbibitoire.) RE DIEICATION , / / [Iterata conjìruâio.} Seconde construction d’un bâtiment. (On a quêté pour la redification à l’Eglise de cette Paroisse.) , REDìrlER, ». a. Votez Rebâtir. L’Académie écrit reéchpir. REDIGER, ». act. [[Scripto mandare i in tabulas referte.} Mettre par ordre & par écrit quelque chose. Rédiger par Chapitres. Ablanc, Apo. (On a depuis RED peu rédigé les Ordonnances de la Ville de Paris. Rédiger ses raisons par écrit.) •t RE'DIGER , signifie aussi, réduire en peu de paroles un discours, un récit fort étendu. (Je veux rédiger en peu de mots ce que vous avez dit dans un discours trop étendu.) SE REDIMER , ». r. [ Liber are fe , eximere fe.} Terme de Palais. S’exemter. Se racheter. (11 fit cette donation pour fe rédimer de son vœu. Patru , plaidoié Z. Se rédimer d’une cruelle vexation. Patru.) REDIRE, ». a. [Iterare, repetere.} Je redi. J’ai redit. Je redis. C’est dire de nouveau. Repeter. (Je me semois fort tenté de vous redire l’histoire de Joi conde. Sar Prose.) REDIRE [Foras diâa eliminare.} Révéler. Divulguer. (Vous allez redire ce qu’on vous a dit en secret. Mohere , George Dandin, a rie 2.) * REDIRE- [Repréhendere , culpare.} Reprendre. Critiquer. Trouver mavais. En ce sens, on le joint à la particule a. [Momus trouvoit a redire que le taureau eût des cornes au dessus des yeux. Abl. Luc. Trouver à redire à quelque chose. Voit.l. 21. Je trouve à redire que vous ne m’aiez rien mandé de Mon. sieur. Voiture, l. 141.) f Trouver à redire quelqu'un , dans un endroit, C’est être fâché de ne l’y pas trouver, qu’il n’y soit pas venu. (On vous trouve à redire dans nos assemblées. Sa conversation nous fait trop déplaisir, pour ne pas le trouver à redire après son départ.) f REDISEUR, / m. [Relator.} Celui qui febat les mêmes choses. (Un long rediscur des choses fatigantes. Binftrade , rond. page ; 1 f RediseurS, espions, gens a Pair gracieux, Au cœur tout diférent fe rendent odieux. La Font.) REDISTRIBUER, ». a. [De novo dijiribuere.} Distribuer de nouveau. Distribuer à celui de qui on a reçu. (L’argent que le Roi tire de ses sujets, se redistribué parmi le peuple.) REDISTRIBUTION, / f. [Iterata dijiributio.} Nou- velle distribution, (Ce Président a tait la redifribu - tion de ce procès fur un placet.) REDITE,/ / [Repetitio.} Répétition d’une même chose. Action de redire. (Redite Irequente, fâcheuse- ennuieuse. User de fréquentes redites. Voit. I. iz. Les redites font diférentes des répétitions : celles-ci regardent les choses , & les autres, les mots. Auteur Anonime, Refl. fur P usage de la Langue.) RE'DITiON de comptes, f. f. [Rationnm reddi. tio.} Terme de Palais. Examen de la conduite d’un tuteur touchant l’adtninistration qu’il a eue des biens de son pupille. (C’est une redition de comptes fort embarrassée.) RE DITION. [Àrcis deditio.} Terme de Guerre. Action de se rendre. C’est lors qu’une place aííiegée se rend, se livre, & reçoit à de certaines conditions les troupes qui l’aflìégeoient. (11 mourut après la réditionde la ville.) REDOMPTER, ou Redouter, ». act. [[tenondo. íitare.} Prononcez Redonté. Dormes de nouveau. (Quand les peuples qu’on avoit domtez se rebellent j on tâche de les redonner.) í REDON, ou RODÒN, / m. Sorte d’herbe ou plante, qui étant mise en poudre se substitué quelquefois à la place du tan pour passer les peaux. REDONDANCE , / f. [Redundantia, exuberan- tia} Superfluité. (II y a une redondance de mots dans le stile Gaulois de A... Cette redondance tend lés façons de parler languissantes & fans agrément.) REDONDANT, redondante , adj. II est pris du Latin redundans. Superflu. Qui est de trop. (II Faut ôter dans le stile ce qui est de redondant. Vaug. Rem.) REDON DE R, ». n. 11 vient du Latin redunàare. Etre de trop. Etre superflu. (Í1 faut ôter ce mot de cette phrase, H redonde.) ï * RËDONDER., se dit aussi des choses qui tournent au déshonneur, ou à la honte de quelqu’un; mais en ce sens il vieillit. (Cette insulte redonde fut nous. L’infamse de cette action redondera lur toute votre famille,) REDONNER, ». a. [Redonare , rurfùtrt dare.} C’est donner ce qu’on nous a donné. Rendre. (Ba- ehus me redonne le jour ce que Venus m’ôte la nuit. Je vous redonne ce que vous me donnâtes l’autre jour.) RED Se redonner , ». r. [Seipsum trader est Se donner de nouveau. Se livrer & s’abandonner entièrement. (Sori amour se raluma & il se redonna tout à elle. Vaug. Quint. L 8- c. j.) REDONNER. [In hojlei rursùs ìmpetum faceref] Revenir à la charge. (Les ennemis avoient été repoussez, mais aiant été ranimez par leur Chef, ils redonnèrent avec plus d’ardeur que la prémiére fois.) REDORER, ». a. [Rurjum inaurare .] Dorer de nouveau. (Redorer un quatlre.) * REDORER. Ce mot lignifie, Eclairer de nouveau. Répandre fa lumière fur quelque chose, & en ce sens, il ne fe dit proprement qu’en Poésie & que dans les Romains, ou autres ouvrages où il y a quelque forte d’elprit Poétique. {Connue lorsque le jour redore les calmes, Une rose étincelle au milieu des épines , Ainjl. Godeau, Poésies, i. partie, 2. églogue.) REDORMIR, ». a. & redup. [Somnum repetere. ] Volez Rendormir. REDORTE , f. f. [Ramalia retorta in circules ef. formata. Terme de Blason. II fe dit d’une branché d’arbre retortillée en anneaux. * REDOUBLEMENT,}’»». [Augmentatio, du- plicatio.l Augmentation. (Les justes sentent aux apro- ches de la mort un redoublement d’ardeur. Flécbier, Oraison Funèbre.') * REDOUBLEMENT. [Febris incrementumst Ce mot se dit de la fièvre. C’eít une augmentation nouvelle & violente de la fièvre. (11 a des redoublemens tous les jours. La Chambre.') REDOUBLER.,». «. [ ’TSovumtextumadfime,re - duplicare.'] Doubler une seconde fois. (Redoubler un julte-au-corps ) * REDOUBLER. [Augere.~\ Augmenter. (Redoubler l’ardeur, le cceur, l’allegresse, le désespoir. Ablanc. Tac. Redoubler la terreur des soldats. Ablancourt , Tac. Vie d’Agricola. Redoubler ses foins. Ablanc. Rét. I. 3. c. 1. La rigueur des parens redouble une amitié fidelle. Molière , Pourceaugnac. Leur coleré fedoubloit par la considération des mœurs du Prince. Les cris militaires redoublent la terreur; Abh Taa Ann. I. 2. cb. 1. U 2.) L’amour ne veut point qu’on difére, Travaillez , butez vous, Frapez , redoublez vos coups, Que l’ardeur de lui plaire, Falle vos foins les plus doux, Psiché.) fj Mr. de Voiture a dit: Tandis qu’ils vont doublant mes peines amoureuses. Mr. Chevreau a cru que c’étoit mal parler, & qu’il faut dire redoubler les peines. On dit bien, doubler les rangs, doubler un cap, doubler le nombre, doubler un ha- bìt\ & il doute si son dit encore, doubler iepits. Mais on ne dit point, doubler le mal de quelqu’un , pour redoubler ; ou, le vin qu’il a bû, ou le fruit qu'il aman. gé, lui a doubléfa fièvre, pour redoublé, Voiture a mieux écrit dans cet endroit : Le feu par I’eau foiblement combatu. Croisant sa furie au lieu d’être abatUj Va redoublant la chaleur ordinaire D’un buveur d’eau, * REDOUBLER. [ Numerojìores adhibere excubias. ] Termes d s Guerre. Renforcer. Augmenter. Redoubler la garde. * REDOUBLER. [ Multiplicare .] Ce mot se dit en parlant de Courier, & veut dire., Lnvoier Courier fur cou- vie-e. (On redoubla les couriers pour lui envoler des nouvelles. II demandoit conseil par des couriers redoublez. Saras. Prose.) * REDOUBLER. [ Increscere, intendi .] Ce mot sc dit cn parlant de fievre & de maladie, & lignifie, Augmenter de nouveau. Avoir plus de violence & plus de force, mais dans ce sens, redoubler est une maniéré de verbe neutre. (La fièvre lui redouble fur le soir.) REDOUTABLE, adj. [fTimendus , formidandm,sormi. Aabms .) Qu’on doit craindre. Qui inspire de la crainte & de la terreur. (Votre nom est redoutable à vos ennemis. Ablanc. Rétorique, liv. 2. cb. 3. Se rendre redoutable. Ablancourt, Tac. An. liv. 13. cb. 14.) REDOUTE, f f. [Parvum munimentum operibus RED 321 prœjlrucium.') Terme de Fortification. C’est un Ouvrage pour fortifier les lignes de contrevallation & de cir- convallation. (Elever de bonnes redoutes. Faire deS redoutes. Emporter une redoute. Ablancourt.) REDOUTER, ». a, [Metuere, formidare. ] Craindre quelcun, òu quelque chose. (Ah! perfides, qui nous aviez donné votre foi, ne redoutez-vous point leè Dieux. Abl. Rétorique liv. 2. cb. 3. Qui veut n’avoir point sujet de redouter la puissance des Princes, n’a qu’à bien faire. PaJc. I. 4 . Et fait à fes Amans trop faibles d'estomac, Redouter ses baisers pleins d’ail gç? de tabac, Defpr.) REDRESSEMEN f, f. m. [Rei curva correcíio. j L’action de redresser. Le redressement d’un plancher. Terme de Maçon. C’est le travail par lequel on redresse & remet un plancher de niveau. REDRESSER, ». a. [ Corrigere , erigere.J Rendre droit ce qui ne l’est pas. Rernettre fine chose bossuë en l’état où elle étoit aVant que d’être bossuée. (Redresser un bâton. Redresser un plat. Redresser une assiette. Redresser une écUelle. Redresser un flambeau. Redresser Une régie, une ligne, une épée, &c. Redresser du linge, le repasser.) REDRESSER. [Restituerest Rétablir. Élever. (Pour donner plus de réputation à son parti, il fit redresser les statués de Galba. Ablanc. Tac. FUJI. liv. 3. cb. 2.) , * REDRESSER, [tn viâm reduceie.J Remette dans le bon chemin celui qui s’egare. Relever Une personne, la corriger quand elle s’ëcarte d u bien. (Quand ùn maître ne songe pas à ce qu’ii fait, une servante bien sensée est en droit de !e redresser. Molière, Ma - lade imaginaire, aâe 3. Jiene 3. On ne saiiróit lui faire plus de plaisir que de le redresser quand ils’égare.) f REDRESSER les torts. C’est dans le stiie des anciens Romans, soulager les oprimez, faire réparer les torts qu’on leur a faits. Ori 1e dit encore dans le sti- le familier & ironique. REDRESSER. [Cbirotecás perficeref) Terme de Can. tier. C’est rafraîchir les gans & leut donner la dernière façon avec les mains. (Redresser un gant. Redresser les étavillons. C’est les ouvrir en large & les étendre en long.) t REDRESSER les peaux. Terme de Cbmnoìseur. C’est les faire passer pour la seconde fois les unes après les autres fur le palisson, ou pinçon, qui est une ess péce d’instrument de fer plat & poli, planté debout dans un pieu. í REDRESSER les peaux. Terme dé Mégijfier. Il signifie detirer les peaux,.les étendre avec les mains fur une table , afin qu’il ne leur reste aucuns plis. Sè redresser, ». r. [Arripi, erigij Se relever quand on est baissé. Se mettre droit. (11 n’attend pas pouf fe redresser que son compagnon ait jette le palet; Abl. Luc.) * Bien loin de sc redresser, il tombe, REDRESSEUR , s m. [Repatator.] Tetnie en usage dans les Romans des Chevaliers errants. (Dom Qui- chote étoit un fameux redrefieur de torts.) REDRESSEUR , s nl. [ ArréHorium instrumentumf] Terme de Potier d’Etain. Instrument au bout duquel il y a une maniéré de baie , & dont on se sert pónr redresser la vaisselle lorsqu’elle est bossuée. (Un beau, un bon redresseur.) RE'DUCTIBLE, adj. ['Reduflibilis .] Qui peut être réduit. (Ce corps est réductible en poudre, en chaux, &c.) RE'DUCTIF , réduftive, adj. [Réduitmus.) Ce mot se dit entre Chimistes i & veut dire, qui aide à réduire. (Sel réductif.) RE'DUCTION, f f. [Urbiitm redutliof ] Ce mot se dit en parlant de Ville de guerre, de Pais, de Province, ct c. C’est-à-diré, Prise de place, de ville, de pais, ou de Province. (Après la réduction de toute la contrée, il porta fes armes plus loin.) RE'DUCTION. [Conformatio, proportion Action de celui qui réduit, amène & ajuste de certaines choses à la maniéré de quelques autres. Ainsi ùn dit, ( Faire la réduction des mesures étrangères en celles de France.) REDUCTION. [In prijlinum Jlatum reduHio'. ] Terme de Chimie. C’est un rétablissement des mixtes, ou de leurs parties en leur état naturel. H REDUCTION, sc dit de l’etat fâcheux où on sc trouve quand on est dans l’indigence, ou dans une mauvaise fortune. (II se volt dans une étrange réduction «près avoir été dans la prospérité.) Tomt III, S s RE- 322“ RED REDUCTION- [ DeduBio , fubduclio.'] Terme d ’Arit- métique, C’est une conversion d’une espèce en une autre. Ainsi on dit. (Faire la réduction des livres en fous.) 1 REDUCTION ad absurdum en Logique, c’est telle- ment presser celui contre lequel on argumente, qu’il soit réduit à tomber dans l’absurdité. REDUCTION. [Redufiio.) Terme de Chirurgie. Opération par laquelle on remet & on réduit les os en leur place. (11 faut faire la réduction des os, quand il y a fracture ou dislocation avant que d’apliquer aucun re- mede fur la partie.) RE'DUIRE, v. a. [ Domare vincere .] Ce mot fs dit en parlant de guerre. C’est soumette. Subjuguer. Domter. Vaincre «L prendre par la force des armes, Je réduis. ai réduit. Je réduisis. (II envoïaEpheítioii avec une partie des troupes pour réduire ceux qui n’obéïroient pas. Vaug. Quint. liv. 8- eA. io.) * REDUIRE. [ Cogéré , ajtringerej Obliger, contraindre. forcer. Pousser. 1 {Gardez vous de réduire un peuple furieux , A prononcer entre vous fs les Dieux. Racine, Iphigenie, act. i. fc. i.) _ * REDUIRE. [In angujìum redigere.] Faire tomber dans la milcre. Etre cause qu’il arrive quelque chose de fâcheux à une personne. Pousser à l’extrémité. A câbler. (Vous le réduisez dans la pauvreté. Pascal , lettre 8- Réduire une ville à l’extrémité. Ablancourt , Ré t or, liv. t.) t * REDUIRE au petit pied. [ Ad extremum perdu- cere .2 Sorte de façon de parler proverbiale , pour dire, Rendre pauvre , misérable, malheureux. * REDUIRE. [MinuercT) Consumer. Faite diminués jusques à une certaine quantité. (Réduire à rien. Réduire une chopine d’eau à un bon verre.) 4 REDUIRE, se dit pour, restraindre: (11 réduit ses prétentions à cela. Je réduis à la moitié ce que vous me devez.) 4 REDUIRE , diminuer. (.J’ai réduit ma dépense, j’ai réduit mon train. On a réduit les troupes à la moitié. On doit réduire les compagnies de cinquante hommes à vingt-cinq.) * REDUIRE. [Redigere.] Mètre. Rédiger. (Redui- re en poudre. Réduire un Etat en Province. Ablan- court , Tac. Hijt. I. j. eh. 7. Réduire en art. Ablancourt , Luc. tom. 2.) * REDUIRE. [ Ad frugem refiituere. ] Métré à la raison. Ranger à son devoir. Domter. (Réduire un enfant libertin. Réduire un cheval désobéissant.) * REDUIRE.. [Comprehendere ] Comprendre. Renfermer. Resserrer. (L’Eglise a réduit ce tems-là à un très- grand nombre d’années. Pasc. I. 14.) 4 * REDUIRE son avis, c’est le mettre en peu de paroles après lavoir expliqué plus au long. On dit aussi dans le môme sens , se réduire. (Je me réduis à vous dire que &c.) 4 REDUIRE en petit un plan, une carte, un tableau. C’est le mettre en petit avec les mêmes proportions. REDUIRE. [Redigere, imnintarel} Ternie île Chimie. C’est par le moien du feu & de quelques sels redu- ctifs comme nitre, tarte, borax, redonner aux chaux des métaux la forme métallique qu’ils avoient auparavant. REDUIRE. [Reducere.] Terme d’Aritmétique. C’est convertir une espèce eri une autre. (Réduire lessous en livres.) * Re réduire , v. r. [Figere modumj Se borner. Se renfermer dans de certaines bornes à l’égard de plusieurs choses. (11 faut retrancher les clviliteZ non nécessaires & se réduire envers les autres aux seuls ofices de la charité. Port-Roial, Education du Prince.) * Se réduire. [ Minuil} Ce mot se dit des liqueurs qu’on fait tant bouillir qu’elles se consument & viennent à une certaine quantité. (Toute cette eau se réduira à une bonne chopine quand elle aura bouilli une heure & demie.) ' Se réduire. {A d vieliorem frugem se recipére .) Sé ranger à son devoir. (II s’est réduit de lui-même.) 4 * Se réduire , signifie quelquefois, aboutir, se terminer. (Tout son discours se réduit à cela. Tout ce qu’rl a à vous dire se réduira à vous demander de l’argent.) REDUIT , réduite, adj. [Viciai, coacluSs consumptus , r.únutus , redaBnsf] Subjugué. Vaincu. Domté. Obligé. Contraint. Mis. Consumé. Diminué. (Pais réduit. Je fuis réduit a racheter ma liberté. Voiture , l, 42. RED Etat réduit êri province. Réduire en poudre; Réduit à une chopine, &c.) 4 REDUIT, se dit aulli absolument pour, changer de vie, être obligé de faire peu de dépense. (Ce jeune homme étoit fort déhanché, mais il est bien réduit. Après avoir vécu dans l’opulence, il se trouve bien réduit.) REDUIT, f. m. [Secretus locus fs ab arbitris remo. tus.) Lieu où l’on se retire. Sorte de petit retranche, ment qu’on se fait dans un apartement. (Voilà un joli petit réduit. Enfin de ce réduit fort pompeuse fs brillante, La Bergcre charmante, Ce ne sont qu’aplaudijsemens Sur Ja beauté , fur ses habillemens. Fer.) II signifie auílî un lieu où s’assemblent plusieurs personnes pour s’cntretenir & pour se divertir. ( Et mon ambition , pour faire moins de bruit , Ne les va point quêter de réduit en réduit. Corn.) RËDUPLICATIF, reduplicatìve , adj. [ Redupli. cativus.] Terme de Grammaire. II se dit des itiotsqui marquent la réitération des actions, comme rebâtir, réduire, refaire, réimprimer, &c. Terme reduplicatif. [Reduplécativé, ut f .] Terme de Logique. 4 REDUPLI CATION , f.s Répétition d’une sillabe. II n’a d’usiigo que dans la Grammaire Gréque. 4 RkDÛ ViUS, / »r. Petit insecte plat, gros com. me un morpion, aiant la figure aprochante du rhomboïde ; son bec est longuet; son dos est de couleur Cendrée, marqueté de trois points noirs, à il a six piez. II n’ait entre les poils des bœufs, des chèvres, des brebis & même des hommes. Cet insecte excite une grande démangeaison & cause souvent la gale. Ou le fait mourir par le soufre & par le mercure, í REE'DIFICATION , Volez Rédfication, RE EL, réelle, adj. [Reaiis , reipfâ conjians .] Qui est vraiment & réellement. Quiestenéfet. (Etrereel. Chose vraiment réelle.) RE'EL , réelle. [ Verus, exifiens.) Solide. Vrai. Essentiel. (II lui faut faire comprendre ce que la grandeur a de réel. Volez Port-Roial, Education du Prince.) RE'EL, réelle. [ Reaiis .] Ce mot se dit des monoïes & veut dire électif. (Monde réelle, telle que sont toutes les espèces d’or & d’argent qui ont cours.) RE EL, réelle. [Reaiis bonorum obfignatio .] Terme de Pratique. C’est ce qui concerne un héritage, comme sont les servitudes, ou ce qui concerne quelque bien saisi réellement. (Action réelle. Servitude réelle.) 4 On apelle, Tailles réelles, celles qui s’irnposentsur les héritages & non pas fur les personnes. REELLEMENT , adv. [Reipsi, reapsi, révéra J Efe- ctivement; Vraiment. (Les Bienheureux le posiedent réellement & fans figure. Fisc. I. 6.) RE ELLEMENT. [Relpsa.] Terme d ePalais. Ce mot se dit en parlant d’héritages & «Vautres biens. (Un bien saisi réellement. Maison saisie réellement.) RE'EN GEND R E R, -.a. [Iterumparlurire.] Ce mot se dit ordinairement en parlant de matières de pieté ; L veut dire engendrer de nouveau. (Réengendrer en JESUS-CHRIST.) f * Depuis que vous m’avez réengendré avec eux, j’ai pris un autre esprit. Volt. I. 24. C’est-à-dire, de- puis que vous m’avez remis avec eux ; & ceìa se dit en riant. RE'ER, v. n. [Bramure.j Ternie de Chajse, qui se dit des cerfs, des daims & des chevreuils, & qui signifie le meuglement que font ces bêtes loríqu’eUes sont en rut. (Les cerfs coinmencerent à réer. On entendoit réer les daims & les chevreuils. Salit.) t REFACHER, ro. a. [Demtò exafierarc.) Sercjâ- cher, v. r. On dira plutôt, Fâcher & fc fâcher de nouveau. R Et AIRE, o. a. [Rtficere.J Faire une seconde laisse refais. JA- refaisais. J’ai refait. JA refis. JA referai. (Refaite un ouvrage deux ou trois fois. 11 refera trembler de peur le Roi d’Espagne & l’Fmpereur. Voit.poéJ .) REFAIRE. [Rfarcire.] Racommoder. Rajuster. Rétablir. (Le Poète Maillet étoit au lit lorsqu’on refai* soit ses chauffes.) REFAIRE. [Folia luseria ìterùm permifeere.) Ce mot fe dit en jouant aux cartes, & c’est alors une maniers de verbe neutre qui signifie recommencer une partie. (Quand REF (Quand on donne, ou qu’on prend plus de cartes qu’il ne faut, il est au choix de celui qui est le premier, de jouer, ou de refaire.) REFAIRE , v. a. [Ciirnem rejìaurare.) Terme de Çuijìnier & de Rotijj'eur. C’est faire un peu renfler là viande fur des charbons alumez, ou fur un gril, fous lequel il y a de la braise, L cela pour donner plus de grâce à la viande. (On refait la viande avant que de la larder ou de la piquer. Refaire des poulets, un chapon, un lapin , &c.) Se refaire, v. r. [Rires redintegrare.) Je me refai,jè me refis, je me fuis refait. Ce mot fe dit des gens qui sortent de maladie , Sc il signifie commencer à prendre fies forces, à reprendre son embonpoint, à fe mieux porter. 11 signifie auíli fe refaire du mauvais état où l’on étoit. (11$ trouvèrent abondance de vivres & fe'refirent aprés les miferes qu’ils avoient foufertës. Vaug. Quint, I. 7. c. 5. II a été bien malade, mais il commencé à fe refaire.) í On le dit dans le même Tens , des chevaux. (Si on envoie ce cheval à l’he'rbe, il Te refera bientôt.) REPAIT , refaite, adj. [ Refiaúratus, rejiitutus. ] Fait de nouveau. Racommodé. Rétabli. Qui commence à fc mieux porter. (Habit refait. II est présentement gros & gras & refait.) ê REFAIT, se dit dans le commerce des chevaux d’un cheval ruiné, qui a quelque défaut, qui a passé par la main du Maquignon, qui Ta mis en état d’en afronter quelcun. f REFAIT. Beurre refait. C’est de vieux beurre, ou de mauvaise qualité, qu'on a ternis en état de vente en le lavant dans diverses eaux. f REFAIT , refaite , adj. [Reparut tu.) Ce mot avec une négative signifie. Qui n’est pas en un meilleur état ; qui n’est pas plus heureux : mais en ce sens refait n’entre que dans le stlle comique, simple Oì satirique. (Son corps étique [fi fa mine àfamêe, N’en font pM mieux refaits pour tant de renommée . Defpreaux, Satire 1.) REFAIT, f. m. [ Refumptio.) Se dit au jeu de Da. mes, lorsqu’on a Un avantage égal à la fin de la partie, & qu’on ne peut la terminer. On le dit auflì aux Echets. REFAUCHER , v.aft. [Prata refecare.) Faucher de nouveau. (On fauche les prez au commencement de l’Eté, & on les refauche après une ou deux fois en Automne.) t RE'FECTION, f f [Efus . comefiìo.) Ce mot signifie répits, mais il est un peu vieux & semble plus en usage dans les maisons Religieuses que dans le monde poli. (Ma réfection est prise. Prendre fa réfection.) . REFECTION,/ f [Reparatio.) Réparation, rétablissement d’une maison- (11 coûtera douze mille francs pour la résection de cette Eglise.) 4 On ne Remploie guére.qu’en ftile de pratique. RE'FECTOIR , refeftoire, f. m. [Refeftorium , cœna- culum.) Prononces IV finale du mot Réfeftoir. L’Au- teur des Observations fur la Langue Françoise pense que Réfeftoir, ou réfectoire font également bons fans e final,ou avec un e final. Tous les Religieux que j’ai consultez sur ces deux mots font pout ve/êàV fans e final, & il semble qu’on les doive plus croire là dessus que l’Auteur des Observations. Le resectoir est le lieu du Couvent où mangent les Religieux. Lieu du Couvent où mangent les Religieuses. (Un beau resectoir. Un grand resectoir. On est au resectoir. Manquer au re* fectoir.) L’Académie Récrit avec un e à la fin. REFECTORIAIRE , f f. [Rcfectrix.) Terme de Re- ìigieufes. C’est la Religieuse qui a soin du linge, deS cruches, des gobelets, & des salières du resectoir, Sc qui donne ordinairement le pain & ie vin aux Sœurs. (La Mere, la Sœur, ou Madame telle est Refectoriaire.) REFEND , f »». [Mur us difierminatm.) Termes d ’Architecture. 11 se dit des gros murs qui font des séparations dans la longueur d’ust bâtiment, soit pour diviser des apartemens, ou pour apurer des escaliers. Murs de refend. 11 y a des cloisons de refend qui font de charpente, & qui font le même éfet que les murs de refend. RETENDRE, V. a. [Sccuri iterum scinder e.) Fendre une seconde fois. (Ces bûches font encore trop grosses, il ses faut refendre.) REF 323 REFENDRE. [Sm-ù in longum ferrure.) Terme de Menuisier & Charpentier. Fendre du bois en long. (Scie à refendre.) . REFERENDAIRE , f m. [Referendarìus.) Ofi- çier de la Chancelerie qui fait le raport des lettres de justice, comme des letres de récision & autres. (C’est un référendaire.) íg Sous la prémlére Race de nos Rois, le Réfe- rendaire recevoit ses Requêtes que l’on préfentoit au Roi, & les Letres des Gouverneurs, dont il lui fai. Toit le raport pour en recevoir la réponse. II gardoit l’anneau & le sceau du Roi ; il signoit les Chartes, Edits & Letres patentes ; il marchoit après le Comte de l’Étable. Voici comme du Tillet en parle, ch. 17. à Antiquitez Françaises : ,, Quant à Sigon qui avoir „ été Référendaire , & gardoit Ranneau où étoit gra. ,, vée l’image que Sigisbert faifoit plaquer à ses Let- „ tres ouvertes, Sc que nous apellons sceau, c’est la •„ prémiére marque que nous trouvons de l’estat de „ Chancelier de France, ayant esté retenu en même -», estât par Chilperic, “ II y a à présent dans la Chancelerie des Oficiers fous le titre de Référendaires, dont les fonctions & les privilèges font amplement expliquez par Mr. Tessereau dans son histoire de la grande Chancelerie de France. Les Référendaires de la Chancelerie de la Cour de Rome, font des Oficiers en titre, établis pour examiner les supljques présentées au Par pe, & pour juger du mérite des grâces qu’on lui demande,; & lorsque ces Oficiers connoissent qu’elles peuvent être acordées par Sa Sainteté, ils ont accoutumé de mettre leur nom au plus haut de la signature du côté gauche. II y a deux lottes de Référendaires: les uns font Référendaires de la signature de justice: & les autres, de la signature de grâce. Us font corps & colége ; ils doivent être Docteurs en Droit Civil & Droit Canonique; ils portent l’habic de Prélat, avec la soutane Sc le mantelet noir seulement; & lesdeux anciens ont seuls voix en Rime & en l’autre signature, & portent le mantelet de couleur de paon, c’est-à- dire, entre violet & noir. Mais Castel dans son Trai. té de l’ufage de la Cour de Rome, a remarqué qu’à présent la Fonction des Référendaires est devenue indifé- rente ; enforte que l’on trouve beaucoup de fupliques passées par le Concejfum, qui ne sont pas referendées. Le nombre de ces Oficiers a été réduit à cent, par la Bulle de Sixte V. de x$86. f Tiers Référendaire. On apelle ainsi parmi 1 es procureurs, celui qui est apellé en tiers pour la taxe des dépens. -f Grand Référendaire. On apelle ainsi en Pologne, Un grand Oficier au dessous du Chancelier. REFERER, ». n- [Renuntiare.) II vient du Latin referre, & n’est pas tout à-fait établi. II signifie raporter. Avouer qu’on tient tout de quelqu’un, &c. (La Nature aime à teceVoir des honneurs, mais la Grâce est fidelle à les referer à Dieu. Imitation de ff. Ç. dernière traduftion.) Se référer, v. r, [. Referri .] Se raporter. (Ces parole* ne doivent pas sc référer où vous voulez qu’elles fe íeferent. Patru, plaidoié 12.) REFERER. [Referre.) Terme de Palais , fe dit des ra. ports que les Conseillers en particulier, où des Comis- saires font à leur compagnie des dissociiez qui fe forment dans les procès verbaux , des levées de scellé, sur quoi ils ordonnent qu’il en sera par eux référé à la chambre. On dit aussi référer Roption de serment. R FFFRMER, ». a. [Recludere.) Fermer de nou- Veau (Refermer la porte au verrou.) * REFERMER. [Âd pilwn ulcéra reducere.) Ce mot se dit des plaies Sc des blessures. II signifie reprendre & unir de telle sorte les chairs qu’il n y ait plusd’ou- Verture. (11 a laissé refermer la plaie.) REFERRER, v - a - [Iterùm ferro ìnstruere.) Fer» rer de nouveau. Remetre des fers. (Referrer une porte. Referrer un cheval.) REFESTER- [Diem fejium refiituere.) Rétablir la fête d’un Saint après qu’on Ra retranchée. (On retranche les Saints , on les refeste après, L’on plaide au Chatelet , quand ou fête au Palais . Aut. anon.) REFEUÌLLER. [Folìa extendere.) Terme d ’Ar. ehitefture. Faire deux feuilles au recouvrement, soit Tome III . S s a pout 3 2 4 RE-F pour recevoir les volets d’une croisée, soit pour loger su dormant.. . , . REFICHER, »■ ari. [Denuo flgere.] Ficher de nouveau*" (Reficher une cheville. Ces fiches font défichées, il faut les reficher.) REFIGER, v - a - & redup, [Coagulare.] Figer de nouveau. (U fait si froid que les sauces fe refigent , aussi tôt qu’eiles ne font plus fur le feu.) í KEFJN , s. »r. Terme de ManufaHure , qui fe dit d’une forte de laine très-fine. Ainsi l’on dit, Rein íégovie, pour dire, laine prime, ou laine première de Segovie, qui est la plus fine laine de toutes celles qui viennent d’Elpagne. t RËFLATER, v. «. slterùm adu/ari.] Apaiser une personne qu’on a fâchée. (Reilater une maîtresse.) REFLE'CHI , réfléchie , adj. [pflexus , Repercuflus.] Ce mot se dit des corps lumineux dont les rasons font íenvoïez par un corps qui n’est pas transparant. (Raïon réfléchi. Lumière réfléchie.) * fies atraits réfléchis brilleut fur vous. Molière , tartufe. REFLECHIR, ». a. Sf ». sRefleslere.] Ce mot fe dit des rasons d’un corps lumineux qui donnant fur un corps qui n’est pas transparant, retournent en arriére. 11 lignifie renvoier la lumière, ou ses rasons. (On met fur la fenêtre un miroir qui recevant la lumière du Soleil en réfléchit un raion dans la chambre. Dobauit , Phifique.] II se dit d’autres corps qui touchant fur une autre retournent d’un autre côté. (La muraille d’un jeu de paume fait réfléchir la baie., La baie tombant fur la muraille fe réfléchit.) * REFLE CHIR. [Meditarì , anima per pondéré.] Ce mot -pour dire .Faire réflexion, se dit dans un sens neutre , & est condamné de la plûpart. (Ainsi on tte dit pas bien, Ses un homme qui ne réfléchit sur rien, mais c’efl un homme qui tte sait nulle réflexion .) Quoique cette phrase soit ici condamnée par Richelet, on la trouve toutefois dans de très-bons Auteurs. (Je vous prie de réfléchir fur cette afaire. Acad. Franç. Ceux qui rcjìécbisfent beaucoup, laissent souvent échaper l’o- easion tandis qu’ils délibèrent, S. Evrem. 11 n’est pas de la nature des passions violentes de réfléchir siirel- Jes-vnêmes. Ch. de Mer es) RE'FLE'CRISSEMENT, s m. [Refleflio.] L’actionpar laquelle un raion de lumière, ou un autre corps fe réfléchit. (Le réfléchissement d’une baie, ou d’un raton, fe fait selon les loix du mouvement.) RËRLET. [Rtflexw, repercujjuss Terme de Peinture. Ce qui est éclairé dans ses ombres par la lumière que renvoient ses objets voisins & éclairez. Votez De Files , Traitez de Peinture, 4 = L’Académie écrit Reflex. f REFLEURET, ou seconde laine. C'est la meilleure espèce des laines de Castille & d’Arragon, après celle qu’on nomme prime. Le Refleuret de Roulsillon tient se premier rang parmi les laines qu’on tire de cette Province. REFLEURIR, ». ». [Reflorefcere.] Ce mot Ledit ropretnent des arbres & des plantes , & il signifie leurîr de nouveau. (Plante qui commence à refleurir.) * REFLEURIR. {Rediritegrare, maximè jlorere .] Retourner dans fa splendeur. Rentrer dans un état heureux. Prospérer. (La paix fait refleurir toutes choses. Vaug. suint. I. 4. La gloire de l’Ëmpereur refleurit. Vaug. suint. I. 10. La paix refleurit dans nos champs , Et la juflice dans nos villes. Chap. Ode à Richelieu.) RE FLE XE, adj. [Reflexw.] Terme d’Optique. (La Catopcrique traite de la Vision réflexe.) RE'FLE'XION , f f- [Reflexio, repercujflo .] Terme de Philosophie. C’eft le détour, ou le changement de détermination qui arrive à un corps qui se meut à la rencontre d’un autre qu’il ne peut aucunement pénétrer. , P bisque , x. part, iç. La réflexion se fait de tous les corps qui peû- vent être envoïez contre d’autres corps qui leur résistent. * Ces sortes de Satires ne Frapent personne que par réflexion.. Molière , Critique. * Te faire nulle réflexion sur sa conduite, Ablanc. ffie tiòn cîrcutnflicerc,] Le mot de réflexion en cette faqon de parier, lignifie I action de l’esprit qui regarde, qui considère, qui examine^ & dans ce sens on dit: De Jav antes , de judicieuses çç? jìrieújìs réflexions, (Le Pere RE I ; Quefnel a fait de très-pieufés & de très-folidés -réflL xtons fur chaque verset du Nouveau Testament.) REFLUER, ». ». [Refluxum pati.] II vient du Latin rejiuere, & signifie Recouler. II se dit de la Mer qui fluë & reflué. (Quand un bateau remonte une rivière, il fait refluer les eaux vers les bords. La ligature des veines fait refluer 1e sang vers 1e cœur.) REFLUS , / m. sAsflús maris.] C’est le retour des flots de la mer. (La question du flm & du refiw est Recueil de la Philosophie & i’abîme de l’esprit humain. On conte qu’Aristote n’aiant pu comprendre le flus & le reflus de la mer, fe jetta dans l’Euripe.) On dit figurément pour marquer l’inconstance des choses humaines: Toutes lés choses d’ici bas ont leur jlm & reflus. £§ Le reflus de la mer est aussi apellé Elie & A«- fant. Le reflus est quand la merdécend; &, félonies Marins, quand îa mer refoule. On dit qU’il y a jusant, quand la mer s’en retourne. REFONDER, ». a. [Rependere.] Terme de Palais. Réfonder les dépens. C’est rembourser les dépens qui ont été faits. (Quand on a été condamné par défaut bu par contumace , il faut refonder les dépens avant que d’être requ à poursuivre.) REFONDRE, ». a. [Iterùm liquare.] Fondre de nouveau. (Refondre un canon, une cloche, du métal.) J * REFONDRE. [Rejormare, corriger e, emendare.] Refaire. Recorriger. Rajuster. (Ceux qui refondent la Grammaire n’épargnent pas i’antiquité, ni de Virgile, ni d’Homere. Main. Poésies. Pour être heureux, il faut qu’on lerefonde. liens. Rond. C’est-à-dire,qu’on le réfaíse naître.) On dit proverbialement d’une personne incorrigible qu’il la faudroit refondre. [Immuíare ingenium.] ê REFONTE, s. f. C’est 1e changement que l’on fait 4 ux monuus en les remettant à la fonte pour en faire e nouvelles especes. (La refonte des monoses.) REFORCER, ». a. [ Urgere , cogéré ] Presser dè prendre, d’uíer de quelque chose, (il y a mille gens cérémonieux qui veulent être -resorcez . Je ne sçaurois resorcer les gens ni les persécuter pout les faire manger. (Ce mot n’est pas encore sorti de la Province, & ne sc trouve ni dans aucun Dictionaire , ni dans aucun Auteur. REFORGER , ». a. [Recudere.] Forger une seconde fois. (Plus on reforge le fer, plus il s’adoucit. Ce fer n’est pas propre au pied de ce cheval, il le faut resorger.) REFORMATEUR , s m. [ Reformater .] Celuî qui reforme. Qui corrige les abus, Qùi rétablit lá discipline. (Dans l’intemperance de leur repos ils se mêlent de faire les réformateurs. Fléchier , de Commtn • don, l. 2. c. 3.) On dit aussi Réformatrice. REFORMATION , s. f. f Emendatio , correclio.] Cè mot se dit des Coutumes, des Loix, & Ordonnances de l’Ecat, & lignifie l’acíionde reformer , de corriger & de remetre en meilleur état. Correction d’abus. (Tout se monde a loiié une réformation si utile aux parties. Pusc. /. 8- Ils furent épouvantez de la réformation de la discipline. Ablanc. Tac. 'Hifl. I. 1. c. 7. La refor- mation du Calendrier fut faite en l’année i;8r. pat le Pape Grégoire XIII. t REFORMATION des momies. C’est le changement qu’on fait bes empreintes des especes fans stirè de refonte. (La réformation des monoses coûte chec su public.) í REFORMATION des abus , des désordres. C’est lî retranchement des abus, des désordres. REFORMATRICE,))/ [Emendatrix.] Celle qui re* forme & corrige. Danet. RE FORME , f. f. ['Priflina disciplina reflitutio.] Ct mot se dit en parlant de Religieux, & il signifie le rétablissement de la discipline qui s’étoit relâchée dans l’Ordre. (Commencer, établir, métré, tecevoir, & prendre la reforme.) 4 = REFORME, se prend aussi pour Régularité dans les mœurs, dans la conduite, par raporc aux choses de la religion & de ïa pieté. On le dit de ceux qui embrassent cette régularité après avoir vécu dans le des* prdre ou dans la dissipation du monde. (II vit à présent dans une grande reforme. Cette femme s’estmise dans la reforme.) í REFORME , fe dit des abus qu’òn retranche danS bietì C ^ re ^ rrae ^ es bhus produira un grand è RË- $ REFORME. Terme de Commerce en détail. 11 fè dit de ta note qu un Marchand met sur le billet òu iiumero attaché à une piéce d’étofe entamée, de la quantité d’uunes qui en a été levée, ce qui reforme ■les premiers aunages. REFORME. [ ExauHoratio.] Cë mot se dit est par. iant de gens de guerre. C’est le licenciement, ou lè retranchement de quelques gens de guerre. (La reforme fe fait ordinairement fur la fin d’une guerre & a pour but le soulagement des peuples.) REFORME', reformée, adj. [Scverioris disciplina fe - iigiosus.] Qui a pris la réforme. Corrigé. (Religieux réformez. Ouvrage reformé. Religion réformée.) RE'FORME' , reformée. [ Exaucioratus. ] Cassé. Retranché. (Capitaine réformé. Régiment réformé. Compagnie réformée.) RE FORMER , v. a. [Reformare, ememiàre.] Ce mot fe dit en parlant d’Ordre de Religieux. C’eít rétablit la discipline qui s’ëtoit relâchee. (On a reformé les Bernardins, les Auguíìins, & plusieurs autres Moines qui avoient besoin d'être reformez.) REFORMER. [Cohortem exaufiorare.] Ce mot fe dit des troupes & des soldats. C’elt retrancher, licentier, & casser. (On a résonné pi us'-de cinquante regimens. Reformer un Capitaine.) * RE'FORMER, [Ememiàre.'] Corriger. Rajuster. Retrancher. Diminuer. (Reformer les abus. Ablancourt, Tacite. Ils font gloire de reformer un jugement où oft les auroit surpris. Fuji-. I. >8- 11 n’est pas raisonnable que je reforme les louanges que je vous donne. Voit. I. 2.Ç.) Le Pape Grégoire XIII. a reformé le Calendrier. II a besoin d’une secondé reforme à ce que l’on prétend. RE FORMEZ , f m. [ Reiigiqp disciplina severiorií.] Religieux qui font dans la réforme. Oui ont pris la réforme. (Les réformez & les non-réformez font toujours brouillez ensemble, & cela est honteux.) RE'FORMEZ. [ì'ratenjì Calvinijla.} On donneauffi ce nom aux l'rotestans île France, d’Angleterre, d’Hol- lande, de Suisse, &c. Et ils disent qu’ils font de la Re. ligioK Réformée. REFOcJETTER, ». a. [Itérant virgU excipere.] Fouetter plusieurs fois. (Cet écolier a été refotietté plusieurs fois pour la même faute fans s’être corrigé.) REFOU 1 LLER, ». «. [Refodere] Fouiller de nouveau. (Refouiller une-personne, &c.) REFOUïR, ». a. [Rursum fodere.] Fouïr de nouveau. (Refouïr un puits ) REFOULER , »• «. [Recalcare.] Fouler de nouveau. (Refouler un bas. Refouler un chapeau. Refouler la charge d’un canon.) REFOULER , v. a. [Refluere. ] Terme de Mer. Refouler la Marée. (C’elt aller contre la marée.) REFOULER, ». ». [Kefluere.] Terme de Marine. (La mer refoule dans le port. C’est-à-dire, la marée décend.) REFOULOIR- f tn. [ Ca.lce.rium . ] Instrument dont on fe sert pour refouler les charges des pièces d’artfllerie. RbFOUKBíR , »• a - [ Arma rursum tergere . ] Fourbir de nouveau. (Refourbir une lame qui n’est pas bien fourbie.) SE REFOURNÍR, ». r. [De nova se -munire. ] Se fournir de nouveau. (Ce marchand aiant vendu toute fa marchandise, est aile a la foire pour fe refournir.) REFRACTAIRE, adj. [Refraclanus, pervicax ] Ce mot est Latin. Terme de Palais. II signifie Rebelle & désobéissant aux ordres d’un Supérieur. (Oh punit ceux qui font réfractaires aux ordres de la Justice.) REFRACTION ,ss [ RefraHio. ] Terme de Philosophie. C’est le détour, ou ie changement de détermination qui arrive á un corps quand il passe d’un milieu dans un autre qui le reçoit plus ou moins fa- cilement. Rohaut, Phis. part. i. ch. iç. REFRA 1 ER ' ». «• f Lmire, polir f.j Terme de Potier. C’est rendre la vaisselle de terre plus unie avec le doigt. (Refraier une terrine.) REFRAPEK , »• «• [Repercutere.] Fraper de nouveau. Fraper une autre fois. (Refraper la monoïe.) Denuò typis ap paner e REFREIN , ou refrain , f m. [Versus intercala, ris.'] Terme de Poésies C’est un même vers qu’on re- pete à la siti des couplets de la balade, du chant roial & de quelques autres Poèmes faits à peu près de même que les balades & les chants roiaux. (Le refrein doit être naturel, plaisant, & ingénieux.) fS Les Anciens ont connu ces sortes de resreins , R EF aui expriment quelquefois parfaitement ia vivacité de la douleur & de la passion. Biòn nous cn donne un exemple dans son Idylle fur la mort d’Adonis, ou a- prés avoir dit d abord ’A iÁra to* , f pleure la mort â’Adonis, il repete la même chose plusieurs fois, pour exprimer ces transports subits & excessifs de l’a- section de Vénus. f * C’ejl la le refrein de la balade. Proverbe. [Ecu. dem esi cantilena.] C’est là le but & la fin de son discours lorsqu’il demande quelque chose. REFREIN. [Flu f t us repercujsus. ) Terme de Mer. C’est le retour des vagues quand la Mer est agitées (Rocher presque mangé des resreins de la Mer.) REFRE NER, ». «. [Refranare, coercere.] Réprimer. (Les .anciens Romains on refréné la licence des Poètes. Lambert. S. Qiprien. Réfréner le luxe. Refréner fa colere.) RE'F R l GER AN T, réfrigérante, adj. [Refrigcrans.J "Ce mot Te dit des reniedes, & veut dire, qui rafraîchit. (Onguent réfrigérant.) RE'FRIGERANT, J. m. [Refrigeratorium.] Terme dè Chimie. C’est un vaisseau dans lequel on met la chap- pe ou la partie fuperieure de l’alembic pour le rafraîchir & pour faire que les vapeurs qui ont été élevées par le feu, retournent en liqueur & s’écoulent par le bec. II est rempli d’eau froide qu’on change de tems en tems. RE'FRIGERATIF , f -fit. [Refrigeratorius.] Terme de Médecin. C’est tout ce qui rafraîchit. (Se servir de réfrigeratif.) RE FRIGERATION, f f. [Refrigeratio.] L’action qui refroidit, ou rafraîchit. C’est un terme de Chimie. REFRIRE, ». a. [Rurjus frigere.] Frire de nouveau. Le verbe r e fr ire n’est usité qu’en peu de tems, & pour le conjuguer dans ses tems irreguliers on fe sert du vefbe Faire. Je refri, il refrit, nous faisons refrire , 'je faisois refrire, j’ai refrit, tu as refrit, je refrirai. (II faut refrire cette carpe, elle n’est pas bien frite.) REFRISER, ». r. [ Recnjpare. ] Friser de nouveau. (Refriser des cheveux.) REFROGNE', refrognée , adj. [Frons caperata.] Rechigné. Chagrin , Sc de mauvaise humeur. Qui a un air rechigné. (Tibère étoit un rëfrogné. Ablancourt , Tacite, An. I. 4. c. ry. Elle est toute refrognée.) Oa dit substantivement aussi. (C’est un rëfrogné. C’est un* refrognée.) f REFROGNEMENT,/ m. Action de se refrognetv (Le refrognement de son Visage ne nous présage rico de bon.) SE REFROGNER, ». a. [Frontem capercere, cor* rugare.] C’est faire une mine rechignée. (léun se resrogne U ne â mot, Vautre nigaude fèj sait le sot. Saint Amant. Quoi vous vous refrogne2 voidnt cétte avanture. Voiture, Poésies.) On peut dire aussi se renfrognes• dans l’Académit Françoise & Danet. REFROIDI , refroidie , adj. [Refrigeratus.] Devenu froid. (Diné refroidi. Viande refroidie.) * Cœur refroidi. Amitié refroidie. [Amicitia inu minutio.] REFROIDIR, »•«• & »■ [Refrigerare.] Faire devenir froid. Devenir froid. (Cela va refroidir le diné. Defpreaux Lutrin. L’ûne ne fera autre chose que de mettre du sirop sur des assiettes potìr le faire refroidir. Voiture , lettre 4.) * REFROIDIR. [Elanguefcere, defervefeere.] Ralantir. Modérer. Diminuer. (J’avoisde l’amour pour vous, mais vos injustes courroux ont refroidi mon envie. Voit. Pois.) Se refroidir, v. r . [Refngerari.] .Devenir froid. (Le soupé fe refroidit,) * Se refroidir. [Languére, languescere.] N’avoirplus tant d’ardeur, tant d’afection pour une personne qu’on aimoit. N’avoir plus tant de chaleur pour une chose à laquelle on se portoît avec feu, (On voioit leur amitié envers les Grecs se refroidir, de jour en jour. Ab- lancourt, Rétor. L 2. c. Le lendemain le courage de ceux d’Oton s’étant refroidi, ils dépêchèrent vers les Vitelliens. Ablancourt , Tac. Hijl. L 2. c . n.) REFROIDISSEMENT. [Refrigeratio.] Action par laquelle une chose sc refroidit. (Cette pluie douce a cause un notable refroidissement dans l’air. C’est le prompt refroidissement du fer dans la trempe, qui lui acquiert fa dureté.) S s ; RE- 32 6 REF REFROIDISSEMENT, s. m. [ 'Remijfio , srigusculum.j Diminution d’amicié, d’amour, de zélé. (11 y a du re- froidissement de ion côté. Ablanc. Lucien. Cela failoit soupçonner quelque refroidiisetnent. Ablunc. Tac. biji. I. c. ii. Ce qui le fit découvrir davantage fut le refroidissement qui parut au Duc d’Anjou, pour le Duc de. Guise. M. de la Faiette, Princesse de Monts enfer.) RËFU GE > fi »». [ Refugium, perfugium.) Lieu où l’on se retire pour se garantir de quelque chose de fâcheux. Lieu où l’on se inet à couvert de la persécution ou du malheur. Lieu ou l’on se retire, & où l’on «'assemble. (Un refuge asseuré. Ablanc. Son Palais est un lieu de refuge. Votre maison est le refuge .ordinaire de tous les fàineans de la Cour. Molière, Critique de P Ecole des femmes. Trévoux est le refuge des banqueroutiers.) . .. * REFUGE, f Refugium.) Àpui. Protecteur. Protectrice. (Le Seigneur est mon refuge & mon libérateur. Ann. Vous ne trouverez pas indigne de vous d’être le refuge des lions afiigez. Voit.fi 41.) * REFUGE. [ Efiugium, causa , prœtextusj Excuse. Prétexte qu’on prend pour «'excuser. (Vous voulez dire que la Cour ne se connoît point à ces choses-là, & c’est le refuge ordinaire de vous autres Messieurs les Auteurs. Mol. Critique de i’Ecole des femmes.) REFUGE. [Xemàocbìum refugii .] Lieu établi dans plusieurs villes du Royaume, où l’on enferme les filles de mauvaise vie. (La B. méne une vie qui la conduira bien tôt au refuge.) f REFUGIE ', J’, m. ’On apelle Réfugiez-, les Reformez qui sont sortis de Francè après la révocation de l’Edit de Nantes, & se sont retirez dans les pais Protesta ns pour se mettre à couvert de la fureur de la persécution. (La retraite des Réfugiez a afoibli la France, & a contribué à la prospérité des Etats voisins.) Se réfugier , v. r. [Aliquò perfugere .] Se retirer en un lieu pour fe mettre à couvert de quelque malheur. Se retirer en quelque endroit. (Près de là il y avoit une piramide large de cent piez, & haute de deux cens, oùs’éroient réfugiez quelques Barbares. Ablanc . Rétor. I. 5. c. j. Se réfugier en quelque lieu. Vaugelas , (feint. L <;• c. 1.) REf UIR, v. n. [Ad decurjam redire fmitam .] Terme de Venerie. 11 fe dit du cerf & des autres bêtes qui fuient devant les chasseurs. (Le cerf ruse & refuit sor foi, c’est-à-dire, il retourne fur ses pas.) REFUITE, f. f. [Agitâtœ fera refugium .] Terme de ’CbaJj’e. Ce sont les lieux où fuient les bêtes lorsqu’on les chasse. Sal. H REFUITE , fe dit des ruses d’un cerf qu’on chasse. F * REFUITE, fe dit des retardemensaffectez d’un homme qui ne veut point de conclusion dans une a- faire. (11 Use toujours de refuites.) REFUITE. [fhnia loculi profunditas J En Architecture, c’est le trop de profondeur d une mortoife. • REFUS , f m. [Recufatio , denegatio .J Action de )a personne qui ne Veut pas acorder une grâce qu’on lui demande. (Refus ofenfant, fâcheux, injurieux. Jl y a des refus civils, des refus honnêtes, & même des refus obligeans. Essùïer un refus. Mol. Par mille petits refus Que me fit bter ma belle, Plus que jamais je connus, Que je fuis bien auprès d’elle. La ò’abliere.) 11 est certains refus plus agféables quê 2a facilité d’acorder ce que l’on demande : Un doux nenni avec un doux sourire Efi tant bonnefie, il le vous fauí apprendre Quant est de oki , fi veniez à le dire , jyavoir trop dit je voudrois le reprendre j bían que je fois ennuie d’entreprendre Ii’avoir le fruit dont le ilefir me point, Mais je voudrois qu’en me le hufiant prendre, Vous me dijliez, non vous ne l’aurez toint. Marot. La pensée du jeune Pline, dans fa 4e. Lettre du qe, Fssju ' ^ 3 P aru juste & ingénieuse ; „ Car enfin (dit- il a macnnUs) telle est la disposition du cœur hu- » main ; vous détruisez vos premiers bien-faits, si vous « ne *5® soutenez par de seconds ; obligez cent fois , ,, refusez une, le refus seul restera dans l’esprit “ Est tnim ita comparution, ut antiquiora bénéficia JubverUs, REF nifi ìlla pofierioribtu cumules ; nant quamlibet fiepe ob. ligatì fi quïd unum neges , hoc fiolum meminerunt qutà negatum est. On dit en termes d 'Architecture , qu’il faut enfoncer des pieux jusqu’à refus de mouton. [Palosusquead repuisam figere.) C’est-à-dire , jusqu’à ce que le mou. ton tombant dessus les pieux, ne lés fasse plus enfoncer. REFUS. IRepulsa.) Signifie quelquefois la chose te- fusée. (Je ne veux pas épouser cette fille, c’est le refus de plusieurs autres. On dit aussi, cela n’ejì pas de refus, [bloc repulfie nefeium efi.) Pour dire, cela n’est pas à refuser. Acad. Fr.) , , f Cela n’ejl pus à votre refus. C’est-a-dire, ce n’est pas une chose qu’on vous ofre, il ne dépend pas de vous de l’accepter ou de la refuser. ê Avoir une chose au reftu d’un autre . C est ne l’â- 'voir qu’après qu’un autre la refusée. £ Faire une ebose au refus d’un autre. C’est la faire sprès qu’un autre a refusé de l’a faire. ffi REFUS. Les Pêcheurs des-fitangs de la province de Bresse apellerit les poissons qui ont été mis dans l’eau depuis neuf mois, petits refus ; & depuis douze ‘mois, gros refus. Votez Revel,'p. 41 q. REFUSER, v. a. fRecuJdre, repudiare.) Ne pas acor- der ce qu’on nous demande. Ne vouloir pas accepter ce qu’on nous offre. (On jae peut refuser son cœur à deux beaux yeux qùi ìe demandent. Refuser une personne. Ablanc. S’il faut ne vous rien déguiser, Vous demandez fi bien qu’on ne peut refuser. Pelisson, Poésies.) $ REFUSER la porte à quelqu’un. C’est lui refuses Rentrée d’une maison ou d’un autre endroit. (S’il vient chez moi, on lui refusera la porte.) On dit prov. Tel refuse, qut après muse. [fuifier- nit sertit. Pour dire que tel refuse, qui enluiteseie- pent d’avoir refusé. Acad. Franç. Ce verbe à deux régimens, qui tous deux font bons ; il régit quelquefois la chose, & quelquefois la personne. On dit Refuser quelqu’un ; par exemple, a- près avoir dit, Je lui ai demandé une grâce , on dira bien, il nie P a refuse-, ou, 11 m’a refus. F REFUSER , le joint avec l’insinitif des verbes. (Refuser de faire quelque chose, refuser de partir, refuser de servir , refuser à dîner, refuser de prêter de l’argent, &c.) $ REFUSER une fille en mariage. On le dit d’un pere ou d’une mere, qui ne veulent pas accorder kur fille en mariage à quelqu’un. í On le dit aussi de celui à qui òn offre une fille, & qui ne veut pas l’accepter. On dit encore, qu’une fille refuse un parti avantageux. Se refuser quelque chose, f Aliq'uid fibi defraudare .j Pour dire se priver de quelque chose. (N. avec dix mille livres de rente est si avare, qu’il fe refuse les choses les plus nécessaires. Cette femme ne se refuse rien. Acad. Fr.) {$ REFUSER. Terme de Marine. Ce vaisseau refuse ; c’est-à-dire, qu’il a manqué de prendre vent devant. REFUSIÓN , s. f. \Refufio.) Terme de Palais. Remboursement des frais préjudiciaux, des dépens, des défauts & contumace. Voiez réfonder les dépens. . REFUTATION-, f f [ Refutatio , confutatio. j Terme de Rétorique. L’endroit du discours où !'Orateur détruit les raisons & les moiens de son averse artie. La réfutation est aussi tout discours qui affoi- lit, qui réfuté & qui détruit tout Ce qui est contre iious ou contre nos fentimens. (La réfutation doit étré Vive. Je luis obligé d’emploier une partie de ma lettre à la réfutation de vos maximes. Pascal, let. 14 .) REFUTER, v. a. [ Confutaresefeílere .j Détruire les raisons qu’on nous opofe, les afoiblir. Montrer que ce qu’on dit contre nous est foible, & de nul effet. (Réfuter ùne objection avec esprit. On réfuté par la raison, par l’autorité, par l’exemple & par tous les lieux oratoires.) REGAGNER, v. a. [Anïiffum recuperare.J Ravoir. Recouvrer au jeu ce qu’on y avoit perdu. Ra* traper & ravoir quelque chose qu’on avoit perdu. (Ila regagné au jeu ce qu’il y aVoit perdu. Les Espagnols otit emploie toutes leurs forces pour regagner la victoire. Sarafin, Prose.) Regagner les bonnes grâces du Prince. [In gratiam Principis redire .) REG f On dit aussi, en termes de Guerre , en parlant de cé qu’on reprend fur l’ennemi après l’avoir perdu, regagner une demi-lune, regagner le chemin couvert, regagner les ouvrages avancez , regagner le terrein fur l’ennemi après en avoir été poussé. î REGAGNER, s’emploïe en termes de Mariné. On dit, regagner le dessus du vent, ou regagner le vent fur l’ennemi, pour dire , reprendre le dessus, l’avan- tage du vent. $ * REGAGNER le dejstts du vent , signifie aussi, rétablir ses afaires, fa fortune, son crédit. (On le croioit perdu sans ressource, mais il a regagné le dessus du vent.) REGAGNER. [Repetere , fi recipere.] Se sauver & se retirer en un lieu d’où l'on étoit parti, ou sorti. (II regagna le fleuve où son armée navale l’atendoit. Vaug, Quint. L y. Regagner le port à force de rames.) REGAïER, v. a. [Pefìinare , carmìnare.] Ternie de Chánvrier. Passer le chanvre par le régaïoir. (Régaler le chanvre.) REGAIOIR , /. ìih [Peclen fierreus.] C’eft une forte de sérun entre les dents duquei passe le chanvre lors- qu’on Raccommode. REGAïURE , fi. f [ Teflinanientum .] Terme de Cban. vrier. Ce qui demeure dans le régaïoir lorsqu’on régale le chanvre. t REGAILL ARDIR, ». «. ÍExhilarare.] Ce mot est bas St du peuple. II signifie. Réjouir. Rendre gai, gaillard & de bonne humeur. (Le vin regaillardit les vieillards.) REGAIN, fi vt. [Feman cordum.] Ternie de La. boureur. C’est l’herbe qui vient dans un pré après qu’il a été fauché, & qui se fauche lorsqu’il est teras. C’est la seconde herbe de quelque pré. (Faucher le regain.) (f C’est en éfet un second gain pour le propriétaire. Les Coutumes de IVlelun, de Sens, &c. se servent de ce terme ; & celles de Berry & de Nivernois, de revivre , parue que les pcez semblent revivre par une seconde herbe. RE GALE, fi f Regium conferendi bénéficia.’] Ce mot se dit ert droit Canon St en parlant de bene- fices. II y a deux sortes de Régales , la régalé temporelle, & la spirituelle. La régalé temporelle n’est autre chose qu’Un droit que le Rot a de percevoir le revenu des Evêchez St Archevéchez, le siège vacant, jusques à ce que l’Evéque, où l’Archevêque ait fait son serment de fidélité au Roi, & que ce serment soit enregistré en la Chambre des Comptes de Paris. La régale spirituelle consiste pendant la vacance du liège à nommer aux chapelles, aux prebendes, aux dignitez & à tous les benefices non Cures, qui étoient à !a co'- lation de l’Evéque, ou l’Archevêque, & c’est 1e Roi qui homme à ces sortes de benefices. (Benefice qui tombe en régale. Proposer une ouverture en régale. Benefice sojet à la régale. La Cour de Parlement de Paris prétend avoir feule la connoissance des régales. Volez Droits Roiaux de Ragueau, & les Définitions du Droit Canon , chez Serci , avec les notes de Monfiìeut Çafiel in folio. Environ l’an 1500. le Pape Boniface vouloit obliger Philippe le Bel Roi de France , à renoncer à la Régale. Fra Paolo , des benefices , chap. 24. Feu Aï. Pavillon Evêque d’Alet a fait uri excellent traité de la Régale , pour justifier les droits de son Eglise. PasqUier dit que l’origine de la Régale est un point d’histoire très-obseur. 11 y en a qui la raportent à Clovìs, d’autres à Charlemagne. Volez Aubert.) RÉGALÉ, est un droit ataché à la Couronneds nos Rois, lesquels prenant la place des Evêques & Archevêques décédez, confèrent les Bénéfices qui font de leur collation, présentent, instituent comme ils ont droit de le faire ; & même lorsque l’Evêque comme Chanoine a la présentation, & comme Evêque l’insti- tution ; le Roi fait l’un & l’autre; en un mot, en cas de vacance de siège, le Roi est eti droit de faire tout ce que l’Evêque auroit fait s’il étoit vivant. 11 y a cela de particulier dans la Régale, que dans certains cas le Roi fait ce que l’Evêque n’auroit pas pû faire ; & dans d’autres, le Roi ne peut pas faire les mêmes choses que l’Evêque : par Exemple, il reçoit des résignations en faveur, à condition que le Résignant survive vingt-jours ; il cree des pensions, à la charge de les faire homologuer par le Pape ; il dispense de Page, sonfeie fous la condition que le Bénéfice vaque ; il REG 32 ? f on J^L e Bénéfices vacans dé fait, comme lorsque le Keligrataire ii’a pas pris possession en personne, & que 1 on a manque à remplir les fonctions du Bénéficier ; il conféré les Bénéfices litigieux, íi le litige á commence six tnoifi avant la vacance , & si le litige eit juste ; il n’est sujet aux régies de la Chancelerié qu autant qu’il le veut. La réservation de la vacance m Curai cède à la Régale. Le Roi conféré en Bretagne les Benefices vacans dans le mois du Pape, laquelle est à Pabri de la dérogation des Papes ; & il n entre point en concours avec eux dans les cas oiï il auroit concouru avec l’Ordinaite. Enfin, le Roi, prévient le Patron Eclélìastique, comme le Pape le pré- viendroit, quoique l’Evêque he l’eût pas pûprévenitc Alais par un juste retour, les Evêques ont des avantages iur le Roi, Si dont il ne peut pas se prévaloir en vertu de la Régale: par exemple, ils confèrent des Cures, ce que le Roi ne peut pas faire, si ce n’esl lots que la Cure est annexée à quelque Prébende où à quelque Dignité qui tombe en Régale. La collation des Evêques emporte la dispense de l’examen du Pourvû : mais celui qui est pourvû en Régalé , ne peut pas éviter l’examen des Grands Vicaires des Chapitres. Là Régalé est ouverte dès que le Siège est vacant, &ellc n’est fermée que par la prestation du ferment de fidélité au Roi, enregistré dans la Chambre des Comptes. Les dificultez qui naissent au sujet de la Régale, doivent être d’abord portées à la Grand Chambre, qui cotinoit du possessoire & du petitoire des Benefices en Régalé. Au reste, la Régale emporté la perception des fruits du Bénéfice, dont nos Rois n’ont pas profité, les aïant emploïez à des usages de pieté; & souvent ils les ont acordez aux nommez aux Evêchez & autres Bénéfices , jusqu’à ce qu’ils en soient en pleine possession. J’ai raisonné jusqu’ici fur la présupositioti que la Régale étoit un droit Roial. Nous avons vùt néanmoins des Evêques sc soulever hardiment contre cette proposition, St faire tous leurs éforts pour pera suader que la Régale étoit une scívitude, & que les Eglises du Roïaume pouvoient s’en afranchir par une non jouissance de nos Rois : mais ce n’est plus une question; le droit est à présent établi par la Déclaration. RE'GALE , fi f. [Tuba r égalis.] Sorte d’instrument qui vient de Flandre, sur lequel on joué plusieurs chansons; II est composé de dix-sept bâtons de bois résonnant qui sont atachez près à près, St qui vont toujours en augmentant depuis le premier jusques au dernier, qui est le plus grand de tous. (Jouer une chanson sur tine régale.) {$ 11 est dit dans la satire Menippée : (Le charlatan Espagnol estoit fort plaisant, & monté sur un petit échafaut, jouant des régales , &c.) Air. I)upuy, dans fa Note iur cet endroit, dit: „ Rega/es, c’est une épi- „nette organisée, autrement un petit jeu d’orgues Sc „ de flûtes. II est fort commun en Espagne, & eu ,, Italie. En France, où l’on en Voit aussi, cet instru- j, ment s’apelle un Positif. lC RE'GALF,, fi. m. \Lautitia , opipara cernai] Bonnet chère. (11 nous a fait un magnifique régale. Donner un régale à un de ses ahiis. Mais quoi ! partir ainfil d’une façon brutale Sant nie dire un JeUl mot de douceur pour Régale; Mol.) Plusieurs Auteurs, còmmeFuretieré, & Dahet, écrL Veht ce mot fa n t e , régal , L’Académie écrit aussi régal dans la derniere Edition de son Dictionnaire. RE'GALE , adj. [ Regalis .] Terme de Chimie ^ qui veut dire. Qui elì composé de vitriol, dé salpêtre & de sel armoniac. (L’eau régale dissout le métal.) . REGALEMENT, / m. [Purtitìof] Département, distribution d’une somme ou d’úne taxe imposée, pas laquelle on régie ce que chacun des contribuables eii doit payer à pròportidn de ses forces. (Faire le ré- galement de la taille, d’une taxe, &c.) RE'GALEMENT. ; £Ad libellant aquatio.] En Architecture, c’est la réduction d’une aire, ou de tóùte autre superficie à un même niveau, ou selon sà pente. REGALER, V. a. [Bajìlico vifìu excipere.] Faire bonne chère à quelqu’un, se bien traiter. (.C’est un honnête homme, i). régale volontiers ses amis. II nous a rcgalez d’tin excellent pâté. S Amant.') £ ' RE'GALER. [ Exbilarare. ] Divertir. Réjouir. (Je veux vous régaler d’une merveille du pair. Abl. Luc, Je ta conjure de me régaler de ce conte. Ablanc. Luc. 328 REG Luc. Je les veux régaler d’un mot de louange. Sun po'ejìes.) Nom alons régaler, mon Pere, vôtre abord jy un incident tout frais qui vous surprendra fort . Mol.) f * re'GALER. [Maléexciser?.] Ce mot se dit quel. quefois en riant, pour dire. Donner de la peine, du chagrin, de Rembarras & des affaires, re'GALER , V. a. [Injìngulos aqua portione dévide- rej Distribuer une somme avec quelque égalité, ou avec proportion fur plusieurs contribuables, afin que chacun en paie ce qu'íl peut porter. (Régaler les tailles. Régaler une taxe, une imposition, &c.) REGALIEN, [ffura régi a.j] Ce mot ne se dit que des droits qui apartíennent aux Rois & aux Princes sou* verains, comme de batre mon oie, &c. Acad. ír. KE'GALZSTE. s. m. [RegalijìaJ Terme de Palais. Ctlui qui est pourvû en régale. (Le régaliste doit plaider saisi.) REGARD, f- t», £AJpeciusJ L’action de regarder. (Regard doux, charmant, amoureux, long, languissant, triste, vif, perçant, pénétrant, propice, favorable, hardi, modeste, assuré, affreux, dangereux, terrible. Promener ses regards fur la mer. Abl. Avoir un regard affreux. Ablane. Luc. Jetter ses regards par tout. í>e«- ron. Elle a pour ses amans des regards propices. God. pots. Lancer un regard affreux. Abl. Mann. Vous aprehendez les discours d’un homme de bien, & vous n’en sauriez suporter le regard. Vaug. Quint. I. g. Tel écrit récité fe soutient à Pareille , Qui dans P impression au grand jour fe montrant * Pie soutient pas des yeux le regard pénétrant. Bespr. Détourner ses regards de dessus une chose. Un regard dit plus en un mot que le plus long discours. Abl. Luc. Vot regards font mortels , leurs coups font redoutables , En faisant des Amans , ils font des misérables. La Suse, Poës.) REGARD. [AfpeHormmJ Terme de Fox t enter. Lieu où l’on va voir les défauts de quelque fontaine. (Faire un regard. Visitér les regards des fontaines.) 0 Le vrai mot Latin est Cajiellum , que l’on trouve dans plusieurs Loix, L. i. §. Ait Prator.Jf. de aqu, eottid. L. 17. §. Cajlella.jf. de servit, ruji. L . ;. c. de aquadufí. Cajiellum (dit Bernardin Baldus dans son Dictionnaire fur Vitruve) eji aqua receptaculum , undi ex aqua duel u dijìribuenda eji publicitus per urbem aqua. On apelle aussi regards, certaines ouvertures qui ont été faites pour observer les canaux d’une conduite d’eau, & pour reconnoìtre s’il y a quelques défauts* II y avoit à Rome des gardes établis pour conserver les regards, & on les apelloit Cajiellarii. Baccius, lib. V- c. 4. de Tbermis, après avoir dit que cajìella certa aquaàucluum receptacula , il ajoute , porrò Jmgulis ca - Jiellis aquarum erant prapojìti fui cajiellarii , utpraclaro Roma quod legitur epitapbio : D. l\i. CLEMENTI CAESARUM N. SERVO CASTELLARIO AQV/fí CLAVDUE FECIT CLAVDIA SABAT 1 S ET E 1 BÍ ET SUIS. * REGARD. [AJpeclus imaginum mutuúsj Terme de Peintre. Ce sont deux portraits dans un même tableau, lesquels sc regardent l’un l’autre. (C’elt un regard de Notre Seigneur & de la Vierge.) REGARD. [ Aspect w. ] Terme d’Astrologue. Voïez; Ajpeft. Au regard de. [Pra , quantum adj C’est-à-dire, en comparaison de. (L’homms n’est rien au regard de Dieu.) Pour mon regard. [Quod ad me attinetj C’est-à-dire* pour ce qui me concerne.) REGARDANT, f. m. [SpefíatarJ Celui qui regarde, Spectateur. (Cadmus étoit parmi les regardans, Ben- serade,rond. p. çy. L’un des regardans ouvrant fa bourse dit, qu’il voioit le diable, parce qu’ii n’y voioit rien dedans.) REGARDANT. [AJpiciensJ Terme de Blason. Animal qui ne montre que fa tête & quelque division de 1 écu. REGARDER, V. a. f Intuerì. ] Voir, Jetter les yeux fur quelque chose Envisager. Considérer. (Le Soleil, ni la mort ne sc peuvent regarder fixement. REG Mémoires de M. de la Rochefoucaut. Regarder les choses du bon côté. Regarder quelqu’un entré deux yeux. Abl. Luc. . Alexandre ne regarda jamais les filles dé Darius que comme un pere regarde ses enfans. Vaug, Quint. /. 8- . £ REGARDER quelqiíun fous le nez. C’est Palier regarder de près, afin de le reconnoìtre. (Je n’aime pas qu’on vienne me regarder sous le nez.) £ On dit de deux armées qui ont été long-temsen présence fans fe rien faire, qu’elles ont été long-teW á Je regarder fans combatte. £ * REGARDER favorablement , regarder de bon ail. Témoigner à quelqu’un qu’on a de la bienveillance pour lui. On dit aussi, regarder de travers, de côté, de mauvais œil. $ * REGARDER en pitié , c’est regarder avec des scntimens de compassion. f * REGARDER en pitié , lignifie aussi, regarder avec mépris, avec dédain, _ ( REGARDER. [PertinereJ Concerner. (J’ai a traiter d’une chose qui regarde ses intérêts. Sar, Prose. Re- garder le bien commun.) REGARDER. [ProJpicereJ Etre tourné vêts un cer. tain lieu ou endroit de pais. (Ceux qui regardent l’Espagne ont la couleur basanée. Abl. Tac. vie d’Agr. c. 3.) REGARDER. [Óbferváre, contemplarij Examiner, observer. (La plupart des dévotes ne le lont qUe pour sc faire regarder. Cessez de les admirer, & elles cesse- ront d’être devotes. Log.) REGARDER. [Refiicere J Terme d ’Ajirologie. Mars & Venus sc regardent par un quadrat. On dit aussi en terme de chiromance, regarder dans la maiíi, pour signifier, dire la bonne avanture. On dit Prov. II n’y regarde pas de si près. II nous regarde de haut en bas, pour dire, il nous méprise. On dit à un valet qu’on menace. Tupeuxrr- garder la porte. î On dit aussi Prov. qu 'un chien regarde bien un Evêque , C’est-à-dire, qu’on' ne doit pas s’offenser d’â> tre regardé par un intérieur. REGARNIR* v. a. [Iterùm ornare,] Garnir de nouveau. (Regarnir des bas.) £ REGARNIR du drap. C’est en tirer une seconde fois le poil avec un chardon. On le dit aussi d’une ratine * ou de quelqu’autre étofe de laine. (Renvoies une ratine chez l’Aplaigneur pour la faire regarnir.) RE'GAÏES, G f- [Qymbarum concitatiaj Courses de barques qui sc font fur le grand canal de Venise en formé de caroufel pour gagner le prix. REGELER» v. n. [RegclareJ Geler de nouveau. (11 regelera cette nuit.) REGENCE* J'- f [Regni admmjlràtioj Ce mot fe dit particulièrement en parlant dujKoïaimie de France. ê C’est avoir la puissance souveraine durant la minorité du Roi. C’est le gouvernement & l’administra- tion du Roïaume de France pendant !a minorité du ■ Roi. (Avoir la régence. Venir à la régence. Prendre la régence. Mémoires de M. de la Rochefoucmit. Re- gardez à qui vous destinez la régence. Vaug. Qlfnt. L lo. c. 6. Edouard Roi d’Angleterre, après la mort de Charles le Bel Roi de France, disoit que personne ne lui pouvoìt disputer la régence du Roïaume dé France. Cependant il fut exclus de la régence, & elle fut donnée à Philippe de Valois, mais fa régence du- ra peu. Choij 7* Phil, de Valois. í REGENCE * se dit des personnes qui composent le gouvernement de quelques Etats. (La régence de Suede.) f- REAGENCE * fe dit aussi du Conseil préposé au gouvernement d’une ville. (La régence d’Amsterdam, la régence de Hambourg.) REGENCE. [Schoja adniinìjìratioj Ternie qui se dit en parlant de Colége , C’est le teiïis qti’un Professeur a enseigné. (Un tel a douze années de régence & n’est qn’un sot en Grec & en Latin.) RE'GE'NE'R A TI ON , f f [RegeheiatioJ Ter- me de pieté, qui veut dire Renaifjance en JeJ'us-Cbrtji• Une nouvelle cérémonie fut instituée pour la régénération du nouveau peuple. Bojjuet, hji.univip.tlj-) REGENERER , vt a. [RegenerareJ Terme de C’est faire renaître en Jefus-Christ. (Régénérer un« personne en Jefus-Christ.) RE GENT * f. m. £ Regni admimjïraior. ] Celui qui gouverne souverainement durant la minorité, du m- M t rf.*' M ptíií réïill [g’siE jíK íptPÏK d) ff'ef cet se d itfçt purent Dídare ptií. 1 RE'G çaisedi síigner h iioisi lileboi (cils d; lis.) ' RE ltsautr lieu & Mirnn h Ù, * HE'í te. Etre ÍWî> REGI í.jfTOlM iîiplmt' ÎE'GJ tîredafà feiere ■Notre îc attz dt fera, r.', [Mùte REGIE France ft ùitr s n, REG! ùregini teux. ' K£GD peut des te courre On dit -efeperc ,1 ’ R£ ■ 3 eni,-|j Çtdçuefoi Aï M iîClílç ççi '«soient ■epStei, r®el roi. ffi©I£ ''jasie; «wík ton i,._ Í^'S “AF'lw ÌB «tiust. Roi. (Etre déclaré Régent. Mémoires de M. de îa Ro- cbefoucaut. Ils s’atachoient à Perdiecas qu’on venoit dé faire Régent. Vaug. Quint. I. io. c. 7. Philipe de Valois, malgré toutes les brigues d’Edoiiard fut déclaré Regent du Roïaume. Miterai, bijl. de France, Mr. le Duc d’Or- léans a été déclaré Régent, malgré ì’intrigue de ses ennemis.) RE'GENT, f m. [ Profeffor.) Professeur qui enseigne une classe dans quelque College. (Un bon , un savant, un habile Régent. Colomb est un des habiles Régens de Rétorique de I’Université de Paris.) RE'GENT. Se dit figurément de ceux qui veulent gouverner & dominer fur les autres. ( Vous faites ici le petit régent. On le regarde comme un régent incommode.) SERGENT , Régente , adj. £ Regni procuratrix. 3 Ce mot le dit d’ordinaire au féminin en parlant de Roïaume, & principalement de celui de France. II signifie qui gouverne souverainement pendant la minorité du Roi. (Déclarer une Reine Régente. Etablir une Reine Régente. Mémoires de M. de la Rocbefoucaut.) RE'GENTER, v. a. [ Profiter :, docere. ] Terme qui se dit en parlant de Professeurs de College. Cels enseigner quelque classe. (Tanaquil le Févre regentoit la troisième àSaumur, & c’étoit dans son genre un habile homme, mais aujourd’hui il n’y a guere de Tana- quils dans les Colleges, soit de Province, ou de Paris.) * RE'GENTER. sRegere.) Dominer. L’emporter fur les autres. Etre le maître. Avoir le dessus en quelque lieu & fur quelque personne. ( Régenter le Cabinet. Mémoires de M. de la Rocbefoucaut. La Grammaire qui fait régen ter jusqu 1 aux Rois, Et les fait la main haute obéir à Jis loix. Mol.) * RE'GENTER. [Superbiùs rmperìiare.] Faire le maître. Etre impérieux. (^ Personne ne doit «'ériger en pédagogue, ni prétendre régenter les autres. Helieg .) REGER.MER , v. a. & reduphcatif [ Repullulare , regermmare.] Germer de nouveau. On ne le dit que des plantes & des graines qui repoussent & qui renaissent. RE GIE , f. f- [Mimflratio.'} Ce mot se dit en matière d’afaires& de gabelles, c’est à-dire, Administration. Maniéré de gouverner & régir , & de faire valoir. (Notre acte ne porte rien de tout ce qui entre dans les traitez de cette nature, soit pour la recette, ou la régie. Patru, plaidoié 6. Faire la régie d’une élection, ou d une généralité.) RE GIE. Ce mot se dit en parlant de monoïe, & veut dire, sous la main du Roi. (Toutes les monoïes de France sont en régie. Monsieur tíoijard, Traité de la Cour des Monoies.) REG1MBEMENT ,/. »«. [ Recalcitratio .) L’action de regimber. (Le regimbement d’une mule est dangereux.) REGIMBER, ». ». [Calcitrare.] Ce mot se dit proprement des chevaux, & veut dire ruér. (Cheval qui regimbe contre l’éperon.) On dit proverbialement. C’est folie de regimber- contre l’eperon. [Stultitia ejì adzerfusJìimulum calces.) t * RE'GIMBER. Résister. Ne vouloir pas obéir. (Le souvenir de la perte de votre liberté vous fera regimber quelquefois, Abl. Luc. Non que tu fois pourtant de ces rudes esprits Qui regimbent toujours. Despr.) REGIME ,f >». (Regimen.) Ce mot se dit en parlant de certaines maisons Religieuses, & veut dire Gouvernement. Supériorité (Regime annuel, triennal, perpétuel. Etablir le regime triennal. Lc regime perpétuel ruine & désolé les Monastères. Patru , Urbanises.) REGIME, f. m. [ConcordantiaJ Terme de Grammaire. Cas régi. (Verbe qui n’a point de regime.) REGIME. Ce terme est fort en usage parmi les Grammairiens , & ils l’emploient dans fa propre signification Régir, c’est gouverner, conduire & donner la Loi ; ainsi les Grammairiens disent que le verbe doit régir le nominatif dans tous ses cas ; & ce régime est une des plus importantes réglés de la construction grammaticale , que les Grecs apellent Syntaxe. Quand il y a plusieurs nominatifs, le verbe se met au pluriel, com- REG 329 n«.e , Pierre g? Jean m’apellent car c’est une régla que deux singuliers valent un pluriel ; ain fi ces deux nominatifs régissent le verbe dans cette phrase. Quand il y a plusieurs nominatifs de diverses personnes , Je verbe est régi par le plus noble. S’il y a deux nomi» natifs de divers nombres, le verbe est régi par le plus noble nominatif. REGIME. [Duta , vïclks ratio J Terme de Medecine. Maniéré de vivre réglée. (.Un bon regime de vie. User de regime. Voit. I. 42. Vivre de regime. Ablanc. Observer un regime de vivre. Garder ùn regime de vivre.) REGIMENT > f m. [ Legio, pbalanx. ) Certain ilombre de compagnies. Les regimens d'infanterie sont ordinairement de vint, de vint-deux, ou de vint-trois compagnies, & ceux de cavalerie de six, de sept, de huit > ou de neuf compagnies de cinquante maîtres pat compagnie. (Lever un régiment de dragons, &c. Faire un régiment. Mettre fur pié un régiment. Avoir un régiment entretenu de cavalerie , d’infanterie, &c.) Les regimens de cavalerie sont commandez par un Mestre de Camp, & ont d’ordinaire six compagnies. Un régiment d’infanterie est commandé par un Colonel , & a un grand nombre de compagnies. Celui de Picardie en a jusqu’à six vints. On apelle régiment des Gardes, un régiment d’infanterie qui garde le Roi. 11 est fixé à trente compagnies de cent-cinquante soldats chacune. REGIMENT , signifie aussi plusieurs personnes.. (On est assassiné dans les rues d’un régiment de pauvres. II a un régiment de créanciers. Acad. Fr.) t REGINGLETTE ■> f f Ce mot est dans les Fables de la Fontaine , livre premier , Fable huitième , & lignifie une forte de piege pour atraper les oiseaux. Les oiseliers de Paris ne connoissent pas le mot de re- ginglette , qui aparemment est un mot de Château- Tierri, ost est né le charmant & l’ingenieux dé la Fontaine. (Quand reginglettés U réseaux Atrapcront petits oiseaux, Ne volet plus.) Les oiseliers de Paris , au lieu dc regingktte, disent trébuchet, colet, lacet, lâs. REGION , f f U vient du Latin Regio. Païs Vaste. Etend ué de terre comprenant villes & villages. Quartier du monde. (La région est fort Septentrionale. Vaug. Quint, l.q.c. ;.) Moienne regmn de Pair. C’est l’endroit ost se forment les éclairs, les foudres & les tonnerres. (Elles crurent que j’étois venu les épier jusques à la moienne région de Pair. Voit. I. $.) REGION. [Regio,plaga,traftus.2 Ce mot entre Géographes lignifie Une des quatre parties du Monde , ou de la Terre, par le raport que ces parties ont aux quatre semblables parties du Ciel, qui sont delìgnees par le cours du Soleil. Dans les Cart"S gtaduees les quatre régions sont marquées, l’Occident par le côté droit de la carte, l’Orient par le gauche, le Midi par ia partie la plus basse de la Carte , & le Norc par le haut. (Connoìtre vers quelle région du Ciel est une place, à l’égard de toutes les autres. P. Lubin » Mercure Géographique.) REGION. [Regio-Ì Division du corps de l’homme en trois régions. La haute qui est la tête , la moienne qui comprend le thorax & la poitrine, & la troisième où est le bas ventre. REGION. [Apex.) 11 signifie quelquefois le plus haut point, mais c’elt en parlant de critique d’ouvrage d’ef- prit. (Son courage le pórterOit dans cette haute région de la critique, s’il avoir assez de force pour soutenir son courage. Balzac, lettres à Conrart, liv. 2. lettre í.) REGION. Ce mot signifie quelquefois les environs s mais en ce sens il ne se dit que du bas des côtes du corps: & même alors il est comique , parce qu’on ne s’trn sert qu’en des faqons de parler galantes. (Permettez, Pistils, qu’on vous tâte les régions de l’ipocondre.) REGIR , v - a - [ Regere , admimjirare.) Gouverner. Administrer. Commander. (11 n’est pas possible de régir un si grand empire. Vaug. Quint. I. Z. c. g.) (Le Pape Clément Xìl. régit aujourd’hui l’Eglisc. Cu- pidon régit tout ici-bas. S. Evremont) ê RÉGIR, se dit dé l’administration des finances. (Ce Ministre a bien régi les finances du Roi.) Tom. UL T t f RE- 330 REG t REGIR, signifie en termes de Pratique , administrer sous i’autorité de la Justice. (Régir une fucceliion. On a nommé des Curateurs pour régir les biens de cet enfant.) REGIR. [Regere -2 Terme de Grammaire. C est gouverner un certain cas , ou un certain mode. (Verbe qui régit le datif. Verbe qui régit l’acufatif Nom qui régit i’ínfinitifavec la particule « ou de.) RF/GIE. Voler p/us haut. KEGÍSTRATA. Terme deL'estl'extraiì de l'arrêt d'enregistrcment qu’on met fur le repli des Edits & autres Lettres de Chancellerie , quand elles ont été vérifiées & enregistrées. REGISTRATEUR ,/™. ÍRegsratorJ Terme de Chancelerie Apojlohque. 11 y a 24. Regijtraieurs des ouïes & sopliques de la Cour deRome. 4 = REGISTRE- On apelle Vaisseaux de registre, ceux à qui le Roi d’Espagne , ou le Conseil des Indes, accorde la permission d’aler trafiquer dans les ports de l’A- mérique. Cette permission doit être enregistrée avant que le Vaisseau mette à la voile. $ On apelle aulli navire de registre , tin navire de cinq cens tonneaux que le Roi d’Efpagne permet à la Compagnie Angloisc d 11 Sud, d’envoïer chaque année pour négocier dans les ports de l’Amérique. & de.- . ... primé, où sont enregistrez les actes publics & autres choses. (Coucher fur le registre. C’est à-dire. Ecrire furie registre, Tenir le registre. Garder Je registre. Messieurs de f Académie ert disant que quelques-uns ne prononcent point IV du mot de regìjire, font assez cntendréque plusieurs la prononcent. Cependant dès letems de Marot on prooonçoit regître-, puifqu’il fait rimer ce mot à Epître. Danet veut qu’on prononce IV. REGISTRË de Baptêmes. [Baptismorum codex J C’est un livre de papier blanc relié, où tous les Curez-, otì leurs Vicaires , écrivent le nom & la qualité des enfans qu’ils baptisent, leurs parreins& leursmarreines. (Les registres deS Baptêmes sont des dépôts sacrez de la foi publique , qui se gardent religieusement dans leS Eglises. Ce fut François premier qui en , ordonna que tous les Curez tiendraient des registres de Baptême & de mort. Le Mail. pi. 2. Ils tiennent aussi des Registres de Mariage & de mort. ) REGITRE. [Openula .2 Terme de Faâeurs d’Orgues & d 'Organijtes. On apelle regître tout ce qui tire, ou qui ferme un jeli. (Tirer un regitre.) REGITRE. [Operca/sl.] Terme de Chimijie & de Potier. C’est une ouverture au fourneau chimique j parla- quelle on gouverne le feu & ors lui donne de Pair. (Fermer un regître. Ouvrir un regitre.) REGITRE. C Dijjiosìtio .] Terme á’Imprimeur. 'C’est là rencontre des signes & des pages, placées & rangées également les unes fur les autres. (Prendre garde au regitre. Faire son reg't e. Ce regitre est bon, ou n’est pas bon. Une feuille qui est bien en regitre.) ± REGITRE. Les Fondeurs de Caractères apellent ainsi , une des pièces intérieures du moule dans lequel ils fondent leurs lettres. 11 sert à rejoindre aVecjustesse les deux parties du móule quand on l’a ouvert, pour en retirer la lettre lors qu’elle est fondue. t REGITRE', regitrée , adj. [IxsnptusJ Vieux mot qui signifie enregitré, & dont ofi fe sert en terme de Syndic & d’Ajoints Libraires. (Cela est tegitré fur lé livre de la Communauté.) ch REGITRER. Ecrire quelque chose dans un regitre. On dit ordinairement, Enregitrer. . REGLE;, f.s. [ Régula , amujjìs. J instrument p’at de bois ou de filetai, dont on se sert pour regler quelque choses ou pour prendre quelque fiiesote. (II y a diverses sortes de regleS, de petites comme celles des maîtres à écrire & des vitriers, & de grandes comme celles des maçons & des charpentiers. Ploie ajfajjìn renonce à son Art inhumain , Et dejòrmais la régie Péquerre à la main , LaiJjant de Gahen la science J'nJpefle , •De méchant médecin devient bon aïcbitefle. Despr.) RE GLÈ. [Le*, pràjcripium .2 Loi. Ordònfiancé. Ce qui est prescrit & ordonne.^ (Les régies de la nature. Ablanc. Les réglés du devoir m’empéchetit de Vous sui- REG vre. Sar asm , Poésies. On prend la liberté d’ébranler les régies les plus saintes de la conduite Chrétienne. Pasc.let. 10.) RE GLE, t Statutum. ] Coûtume. Ordre. Maniéré d’agir ordinaire. (Cela est tout-à-fait dans les réglés.) * re'GLE. [ Typus , exemplar. ] Modèle. Exemple. ( Ï1 crut qu’il devoit donner ses actions pourreg/e de la justice, plutôt que de prendre la justice pòur régie de ses actions. Ablancourt, Arr. I. 4. ‘c. 4.. On ne doit prendre pour régie que l’Ecriture & la Tradition , & non pas vos Cafuistes. Pascal, I. La vie de Notre Seigneur est la régie des Chrétiens. Les conseils des Sages nous fervent de régie pour notre conduite. Remarques nouv. de Vaug.) jff’ll y a desefidroits où l’on peut çmploier également régie , ou modele. Par exemple , on peut dire : La vie de Noire Seigneur tsì la régie des Chrétiens, est It modèle des Chrétiens. Mais il y a aussi des endroits où un de ces deux mots ne viendroit pas bien. Par exemple : Les conseils des Sages nous fervent de règle pour notre conduite. On ne diroit pas, mus servent de tno. dé le j car il n’y a proprement que les actions où laper, sonne qui fervent de modèle -, & qu’on se propose pour modèle. Cependant un de fioï meilleurs Ecrivains dit, en parlant d’un Saint Archevêque : 1 /se proposoit pour modèle cette excélente parole de Saint Bernard. Le puisage est remarquable, il mérite bien d’être lû.,; La„ tourterelle est l’irnage du Prédicateur; elle gémit plû-,, 'tôt qu’elle ne chante; & elle nous aprend comment,, fious devons soupirer dans cet exil. J’aime à entendre „ la Voix d’un Prédicateur qui ne pense pas à me plaire,, atìn que je lui aplaudisse, mais à me toucher le „ 'cœur, afinquejeme pleure moi-même. Vous de-„ Viendrez vraiment une de ces Saintes tourterelles,,, fi vous apreneZ ainsi auX hommes à gémir; & Vous,, leur aprendrez -, non en leur parlant seulement,,, niais en gémissant vous-tOême ; car en ceci comme,, en toute autre chose, l’exemple est fans cômparai-,, son plus puissant que la parole.*" Voilà cette excellente parole que ce grand Prélat se proposoit pour modèle. Fremierement, je trouve le Passage un peu lúng pour dire cette excélente parole , & se pluriel auroi’t été assez à propos en cette rencontre -: mais ce n’est pas de quoi il est question ; ce qui me semble plus étrange , c’est qu’on se propose cette excélente parole pour modèle , au lieu de sc la proposer pour régie. II y a pourtant des ocalìons, où des paroles pourroient servir de modèle* comme, par exemple, siondisoit: ssesus-Cbrijl cjt le modèle des Chrétiens ; fa conversation doit être le modèle •de la nôtre ; ses paroles £5? ses discours doivrnt être lento, déle de ms paroles ss de nos discours ; car c’est à dire que nous devons parler còmme lui : mais ce n’est pas le sens de l’exempie donc il s’agi't. * RE'GLE. [ Pracepta. ] Précepte général fur quoi roule quelque art, ou quelque science. Principe. Maxime. (Réglé generale. Régie particulière. Savoir par régies. A prendre une L-ngue par régies. Faire une régie. Abl. Etablir une régie. Pascal, liv. 7. Vous te- fiez pour régie certaine que les personnes de cette forte nc peuvent aimer. Poit. lettre 30. Je voudrois bien Ravoir íì la grande réglé de toutes les régies n’est pas d« plaire. Moáere, Critique de P E’ oie des Femmes.') * RE GLE. [ Vitx Religiosa injitiutio. ] Ce mot en parlant d’Ordre Religieux , veut dits Constitutions, selon lesquelles les Religieux d’un certain Ordre doivent vivre. Statuts particuliers que le fondateur d’Uh certain Ordre a faits, scion lesquels doivent vivre les personnes qu> se mettent dans cet Ordre. (Ainsi on dit: La régls de Saint Benoît, la régie de Saint François, &c. Suivre la régie de Saint Bernard. Embrasser une régie fort fe- Vere.) RE'GLE. [De Verijìntili notitia.'] Terme de Chance - lérie Romaine. Cette régie porte que les provisions d’un benetìce fur Vacance par mort, seront nulles, fi du jour de la mort au jour de la date des provisions, ou de l’ar- ìivée du Courier à Rome , il n’y a pas assez de teins pour présumer que la connoissance en soit venue au Pape. .^Cette réglé est observée en France. ÍS RE Gl.ES de la Chas/célene Romaine. Ces Régies fie sont en général que les Ordonnances & les Regle- rnens des Papes concernant les matières bénefkialeS , les expéditions des provisions & leur forme qui duit être diférettte selon la qualité des Bénéfices -, les circonstances qu’elles doivent contenir , comme la valellk des Bénéfices impetreZ , l’expreffion de ceuX dont l’Impé* REG Tïmpétra'nt est p'ourvû. Elles règlent âussi Tordre Judiciaire qui doit être observé dans les jugemens des procès. Mais ce ne font pas des Loix & des Ordonnances immuables , puisque les Papes les peuvent changer, abroger, ou expliquer quand il leur plaît; & elles demeurent inutiles & fans force par leur mort. On excepte néanmoins celles qui ont été reçues en France, & que les Cours supérieures ont enregistrées après avoir reconnu qu’elies ne font point contraires aux libercez de T Eglise Gallicane, ni au Droit commun. Voici les Régies qui ont la force de Loi parmi nous : i°. De infirma resignimtibus , ou , de vigìnti diebus. 2°. De pu'oticandis refignationibus. ;°. De vrr simili no - titiâ. Quelques-uns ajoutent cette 4e. De non toìlendo jus qu.situm; mais ce n’est point une régie particuliers de la Chancelerie ; c'est une Loi du Droit naturel reçu dans tous les Tribunaux. Outre toutes ces régies , nous observons celle de triennali pojjèsiore mais c’est parcs qu’elle a été établie par le Concile de Bâle, qui a été confirmé par la Pragmatique Sanction & par le Concordat. Peut-être qu’il ne paroitra pas inutile d'expliquer fuccintement les Régies qui nous tiennent lieu de Loi, dont la première est celle des vingt jours , ou des refigmms malades. PREAIIE'RE REGLE. Si quelqu: un étant malade réfigne un Bénéfice , soit simplement , ou pour cause de permutation , f il meurt de même maladie dans les vingt jours à compter de celui du consentement du résignant , lit collation de ce Bénéfice faite au réfignataire eji nulle , 'êfi le bénéfice ejì censé vacant par la mort du Bénéficier. On croît que cette Réglé est du Pape Bonjface VIII. & que Jule II. en la rétablissant, y ajouta ces mots , a du prfiiamli conjen- sus. 11 y a des Auteurs qui estiment que la Régie est plus ancienne, & qu’elle a paru fous le titre de viginti diebus s enforte que le rélignant venant à mourir dans les vingt jours après la rélignation admise, le Bénéfice vaquoit par mort, & non par résignation , sans faire aucune mention de la maladie ou infirmité du résignant. Ce qui obligea Boniface VIII. d’ajoûter ces mots, m infirmitate conjïitutus; ce qui est une restriction à la Régie , qui n’eut lieu que dans le cas où le résignant étoit malade lors qu’il fit la résignation ; en forte que íì la cause de la mort survenoit après par quelque fatalité, où par quelque mal imprévu , la résignation fubsistoit. Air. Louer, fur cette Règle , soutient qu’elle n’est point de Boniface VIII. éé, comme Castel a fort bien remarqué, il est dificile de croire que ce Pape en ait été TAuteur ; parce que les résignations infavorem n’aiant été inventées que du tems de Clément VII. & leur usage n’aiant été bien établi qu’après la mort de Grégoire XI. & durant le schisme de Clément VIL & de Benoît XIII. cette régie ne pouvoir pas exister, puifqu’elle concerne les résignations in favorem. On a d’abord agité avec beaucoup de chaleur si la Régie avoit lieu dans les collations des Ordinaires; & Ton ne doute plus à présent qu’elle n’y est point reçue. Du Aloulin raporte dans son- Commentaire fur la Régie, plusieurs Arrêts solennels qui Ten ont exclue, & en même tems il en donne plusieurs raisons. Pour éluder cette Régie , les Ultramontains inventèrent les petites Dates , & l’on fai- foit retenir des dates d’une résignation infavorem; & après la mort du résignant, on fa i foi t expédier des Provisions du jour de la date retenue : ce qui a été abrogé par l’Edit d’Henri II. de Tan i;;o. par lequel il fut ordonné que les Pourvus des Bénéfices justifieroient de Tenvoi de la procuration au tems de la date prise par le régitre du Banquier. Quant à la dérogation à la Régie , il est certain que, selon le sentiment de Corner & de Du Aloulin , le Pape y peut déroger, pourvù que ce soit expressément; & c’est ce qui rend la Régie comme inutile. On étoit autrefois tres-sévère fur cette déroeation ; on commença de l’acorder facilement fous le Pontificat de Léon X. & Ton a été fi favorable à la dérogation générale à la Régie des vingt jours, qu'elle est admise contre les graduez & autres expectans. SECONDE RE'GLE, Voici Tabregé de la Régie. Si un résignant meurt dans ta pojjesiion de Jbn Bénéfice six tnois après que la r fixation a été admise en Cour de Rome ; ou tien un REG 33î mois après que la résignation aura été admise hors de la Cour de Rime, le Bénéfice vaquera par mort , gf non par ■résignatim , Jì ce rfefi que la résignation ait été publiée pendant ce tems-là , gf qu’on ait demandé la pojjejsion du B:fi. t aux personnes lesquelles la peuvent donner. Du Aloulin atribuë cette Régie à Innocent VIII. elle a été enregìtrée au Parlement le 2;. Aoùc 149t. elle est la trente-quatriéme des Constitutions de ce Pape. Castel a remarqué qu’on y fit dans la luire plusieurs additions ; & Du Moulin a expliqué les raisons qui ont donné lieu à Tétablir ; la première a été pour empêcher l’hérédité des Bénéfices, & la seconde , pour prévenir les fraudes faites aux collateurs ordinaires, & à ceux qui avoient des grâces expectatives, & particulièrement à la Régie précédente dès vingt jours ; car avant le Pontificat de Léon X. qui permit la révocation expresse de la Régie des vingt jours, on en éludoit l’éfet, on faisoit admetre la résignation d’un Bénéfice, & on la gardoit pendant la vie du résignant, quelque longue qu’elle fût, afin qu’il fût assuré de la jouissance de Bénéfice pendant fa vie , & les résignataireS assurez du titre après la mort du résignant. Cette fraude aux droits des collateurs étoit d’autant plus grande que le Bénéfice dépendoit de deux personnes , & 11e vaquoit jamais par mort, comme le Sieur Noyer a remarqué dans ses Notes fur Castel. Par le mot publiée , on doit entendre que la résignation doit être renduë publique ; ce qui doit être exécuté dans le tems porté par la régie , afin que le résignant soit éfectivemenfc dépossédé; enforte que Ton a établi cette maxime, que le Bénéfice vaque par mort, si le résignant meurt en possession après les six mois, encore qu’il eût résigné. Du Moulin fur cette Régie, a dit qu’elle a lieu, lorl- que ces deux choses concourent ; la prémiére , hue la résignation n’ait point été rendue publique par la demande d’être mis en possession , ou par quelque autre moien ; & la seconde, que le résignant meure après les six mois de la provision : mais il faut nécessairement que ces deux choses concourent; Tune d’elles ne fufit pas pour rendre le Bénéfice vacant par résignation. Gomez en exige davantage : mais il a suivi les Ultramontains , qui font féconds en sobtilitez scrupuleuses» & dont Du Moulin dit qu’il est lesinge. II faut ici remarquer , suivant le même Du Moulin, que la Régie donne six mois pour prendre possession , soit que le résignant meure ou non dans cet espace de six mois, & même après ces iix mois, pourvu que ce soit pendant la vie du résignant, fans fixer aucun tems que celui de la vie du résignant: mais l’ufage est que le réfignataire rTa que trois ans pendant la vie du résignant pour prendre possession du Bénéfice , conformément aux articles 20. de l’Edit du Contrôle, & 14. de la Déclaration de 1646 Au reste, publier une possession , c’est prendre possession avec les folemnitex requises , dont la principale est qu’elle soit prise réellement & par la personne du réfignataire, pour éviter la collusion & la simulation; car il saut remarquer qu’il y a deux fortes de prise de possession, Tune est réelle, l’autre est de droit. & celle-ci se prend par Procureur pour la conservation du droit du réfignataire. TROISIEME RE'GLE. De verifimili notitià. Cette Régie a décidé que fi quelqu'un demande un Bénéfice comme vacant par la mort du titulaire , quoiqu'il Jbit encore vivant , N que dans la fuite le titulaire étant décédé , efi conféré à celui qui l'a requis , cette Provision èjl nulle N refie sans force N fans valeur. Cette Régie est, selon Gomez, du Pape .Jean XXIII. elle fut en- régitrée au Parlement le 2. Novembre 149;. On comprend aisément les raisons que Ton a eues pour la recevoir. Elle prévient les fraudes ; elle réprime une avidité criminelle, qui inspire le désir de la mort du titulaire ; ainsi on tient que le Pape n’y peut pas déroger , si ce n’est en cas de résignation à cause de la clause ordinaire ,sive etiam per obitmn , qui opéré que Timpetrant est pourvù parmûrt, quoique l’ímpetratiort se trouve datée du lendemain de la mort du résignant. L’impetration prématurée est apellée Course ambitieuse, QUATRIEME RE'GLE. De non toìlendo jus quœsitum. Cette Régie n’a pas besoin d’explication. Tom. III. T t r RE'GLE 332 REC. REGLE des vingts jours, ou de tnfirmis. Suivant cette ré^ïe , (i un Ecléìiastique malade résigne son bénéfice, pour faire valoir sa résignation , il faut que le Résignant survive vingt jours après qu’elle aura été admise en Cour de Rome , fi non la résignation est nulle. Cette régie n’a point lieu pour les provisions des Cóllateurs ordinaires, & pour les résignations pures & simples entre les mains de l'Ordinaire. . RE'GíE. [Regularis Abbatial] Ce mot se dit en parlant d'Abaïes , & d’autres bénéfices monastiques , & il veut dire régularité prescrite par les Canons. ( On ait, c’est une Abáie en régie. C'est-à-dire, une Abaie ou le Supérieur est régulier & de l’ordre des Religieux qui font dans l’Abaie. Pour reformer J’abus des commen- des , il faudroit remetre toutes les Abaïes en régies. Voter 1 ' Abé commendatcúre , L. s ari. ch. íç. C est a» dire qu’il faudroit que lés Supérieurs & les Abez des Abaïes, sussent Religieux de l’Ordre , & qu’ils en portassent l’habit.) RE GI E. [Linea .] Terme d’Architecture. C est une petite moulure quarrée qu’on met dans les ornemens d’Architecture, & qu’on apelle filet, ou réglet, quand elle est petite; & régie, ou bandelette, quand elle est plus grande. C Cette régie n’est pas bien proportionnée.) f RE'GLE. Les Aledecins apellent ainsi, la purgaíion ordinaire & naturelle des femmes. (Elle a ses régies. Sts régies onc cessé.) f RE GLE, lé dit en Arithmétique de certaines opérations qui se font sur le papier avec des chifres , pour connoitre des sommes ou nombres qui font inconnus. Les quatre principales régies qui servent de fondement à toutes les autres, s’apellent Addition , Soustraction , Multiplication & Division. RE'GLE', réglee, adj. ( Linea dire (lus. J Chose fur quoi on a tiré des raies, lîien conduit. (Papier réglé. Livre réglé ct lavé. Horloge bien réglée.) * RE'GLE', réglée. [Ordinatus,sxus,Jlatutus, certus.j Ordonné. Etabli. Prescrit. Fixe. Certain. ( Les files étoienc réglées à dix de hauteur. Ablancourt. Ses heures étoient réglées pour le travail. Ablancourt, Tacite, A- gricola. Venir à des heures réglées. Donner des heures réglées.) * RE'GLE réglée. [ Prascriptus .] Qui se fait dans les formes & à dessein. (Un repas réglé. Un divertissement réglé. Urie dispute réglée.) * RE'GLE', réglée. [aEquus, régula t us.] Qui est dans l’ordre. Qui est selon les régies. Qui est raisonnable. (Un Orateur qui a le geste réglé.) $ RE GLE', réglée, se dit de diverses choses pour marquer leur régularité. Un poux réglé. C’est celui dont les batemens font égaux, fans être trop forts ni trop fré- quens. Une fièvre réglee , c’est celle dont les accez font réguliers. Une femme réglée , est celle qui a ses ordinaires régulièrement. £ Troupes réglées. On apeile ainsi des troupes entretenues fur pié, pour les distinguer des milices. * RE'GLE', réglée. [ Modefius, moderatus.] Qui n’a- git point par caprice. Bon. Sage. Vertueux. ïC’est un esprit fort régie. C’est l’une des femmes de France la plus réglée dans fa conduite; Ses mœurs font extrêmement réglées.) REGLE'MENT, adv. [Statuto U certo temporel} Régulièrement, f 11 étudie reglément tous les jours cinq bu six heures.) RE'GLEMENT, f. m, [ Prafcrìptuin, insitutuml} Ordonnance. Loi. Ordre établi pour corriger quelque abus. Ordonnance de quelque Communauté de gens de métier. Statut de quelque corps d’artisans. ( LeS Jurez font obligez de faire observer les réglemens de leur Communauté. Etablir un règlement. Pascal, /. 4.) RE'GLER , v. «. [Lineas exarare.] Ternie de Maître á éenre. Tirer des raies fur le papier avec la régie & le craïon , afin d’acoûtomer les écoliers à aller droit quand ils écrivent. (Regler un exemple.) REGLER. [Lineas rubras ducerel} Terme de Régleuse. Faire des raies rouges fur les marges d’un livre. (Laver ct régler un livre.) RE'GLER. [ Dirigere. J Conduire. Faire aller juste, (Regler une horloge. D tjpr. Lutrin, chant. 2.) £ RE GLER le oup. Terme d’ Imprimerie. C’est marquer avec de la craie fur le tympan , l’endroit où doit poser la platine, afin de donner à propos le coup de barreau. REG * RE'GLER. [Sandre, flatuere.} Ordonner. Prescrire. Etablir. Fixer. Métré de certaines bornes. (On avoit réglé que les troupes donneroient. Ablanc. Rét. 1 . 3. c. %. H ne fera plus de nouveaux édits que pour régler le luxe. Toit. let. 74. Régler la dépense. Ablancourt. Régler un diférend. Ablanc. Luc. Régler fa douleur. Arnaud. Régler son ambition. Abl. Ils ont voulu régler le gain légitimé des sorciers, Pasc. let. Z. Chacun veut ensagejse ériger sa folie , Et se laijjam régler à son ejjirit tortu , De ses propres défauts Je fait une vertu, Deíp.) f * RE'GLER, en fait de société de Commerce , si. gnifie liquider les afaires des aífocicz, compter en. semble , faire le partage des dettes actives & passives, voir ce que chacun doit porter de la perte ou avoit du gain., f * RE'GLER ses afaires. C’est les me ttre en bon ordre. í * RE'GLER un compte. C’est l’examiner, l’arrêter. le solder. * RE'GLER [Exemplurhsbi proponere, imitari.} Prendre pour modelé. Se conformer. (Régler sa vie sur celle de JESUS-CHR 1 ST. Arnaud.) í * Se régler fur quelqu’un. C’est fe conduire fur l’exeinple de quelqu’un, le prendre pour modèle de f» conduite. f * Se régies- fur quelque chose. C’est fe conformer à ce qui a été décidé ou pratiqué fur quelque chose. (11 Faut fe régler fur cela.) í * Se régler. On le dit de la fièvre, lors que les accez commencent à fe tourner en tierce, en quarte, &c. après avoir été irreguliers. (La fièvre s’est réglée depuis quelques jours,) RE'GLET, s. m. [ Laminula lineìs interjeta,] Terme d 'Imprimeur. C’est une petite réglé de bois qui fer c à faire la division des chapitres. í RE'GLET. Instrument de Menuisier. C’est proprement ce que les autres Ouvriers en bois apellent Régie. Les Menuisiers ont un réglet plat pour mesurer > dresser & placer leur ouvrage , ct un réglet à pied. RE'GLET TE , f. f. [ Linearis biracltola typica.] Terme d 'Imprimeur. C’est ùnè petite régie de bois qui sert à prendre les letres de dessus le composteur pour les métré fur la galée. RE'GLRuR , f. m. [Lineatùr , exaratorl} Ouvrier qui régie le papier. Un bon régleur. (Un régleur ne gagne guère. Envoier le papier au régleur.) RÈ'GLEUSE . f f. [Qu* rubrica chartam dirigitl) Ouvrière qui lave & régie les livres. (Envoyer un livre à la régleuse. C’est une fort bonne régleuse.) RE'GLISSE, ou régueiijje , f f. Ì1 vient du Latin glycyrtza. On prononce réglisse. Quelques-uns le font masculin, mais mal. C’est une forte de plante qui a les branches de deux coudées de long, les feuilles grasses, longues, épaisses & gommeuses , les racines longues, & qui ont un goût doux & un peu acre. Dalechamp, Hijl. de PI tintes, L 2. RE'GLISSE. Morcçgu de plante de réglisse qui fe vend chez les Epiciers, & dont on fe sert ordinairement pour métré dans la tifanne. (II n’y a pas assez, ou il y a trop de réglisse dans cette tifanne. Cette réglisse est fort bonne. Vous toussez fort, Madame, oïci je fuis au suplice, Vous pldît-il un morceau de ce jus de réglisse ? Aloi.) f RE'GLOIR, f. m. Terme de Marchand Cirier. 11 signifie un morceau de buis en forme de petite régie, fur laquelle le nom des Ciriers est gravé, & dont ils fî fervent pour marquer leurs Cierges. , í RE'GLOIR. Instrument de bois ou d’os, dont fe servent les Cordonniers & Savetiers. í RE'GLOIR, est aussi un outil de papetier pour régler le papier en blanc. . REGLùRE, / f. [Exaratio, defcriptiol} Ouvrage de régleuse. Raies rouges que le régleur ou la régleuse ont faites fur les marges d’un livre. (Une belle ré- glûre.) RE'GNÁKT , régnante , adj. [ Régnons , imperans. ] Qiii régné. Qui est en possession d’unRoiaume, d’une Principauté, ou autre Etat Souverain. (Le Roi régnant. Le Prince régnant. La Reine régnante.) rè'gnakt REG REG M REEGNANT. [Adhare wj.] Se dit de ce qui paroit le plus. (.La fausse dévotion est aujourd’hui la passion ré. gnante des femmes qui sont vieilles ou laides.) RE'GNE , s m. [keginm imper item, Princ/patus.J Le tenis qu’un Roi a régné, a régi & gouverne. ( Régné court, Ion g. Son régne s’écoule. Ablancourt. 11 s’elìfait de grandes choses sous le régne de Louis le Grand. II nous va toits combler de ces biens précieux -, Ou’áson augujie régne ont réservé les Cieux. Geneíl.) J Cf Mr. de Balzac condamne dans son Socrate Chrétien cette loeutiòn , Prendre posejjìon de Jqn régne. 11 faut dire, Prendre possession de ion Róiaume. Volez fag. i 4 g. REGNE- [ Dominatus Grand pouvoir. Empiré. Domination. (.Sa beauté régnoit fur les cœurs, mais depuis qu’elle est vieille son régne est à bas.) ' RE ONE. [Piger, prajiantìa .3 Se dit de ce qui est à la mode. (Les sciences é toi en t en végtie sous François premier.) RE GNER » v. n. [_" Rognure, imperare. ] Etre Roi. Gouverner en qualité de Roi. Régir souverainement. (On veut re'gner toujours quand on régne une fois. Ls plus court chemin pour bien régner est de considérer ce qu’on aprouve dans les autres Princes. Ablancourt, Tac. bis 1.1. i. ch. Qu’il régne ce Héros s qu'il triomphe toujours ', Qu’avec lut soit toujours la paix ou la viiloire , Que le cours de ses ans dure autant que le cours, De la Seine çs? de la Loire. Racine.) * Le silence régnait sur la terre, Scaron, Roman. * Sa beauté régné dans mon caur. Racine. * Zépkirs volez vers les lieux où régné la beauté que j’adore. * Vos yeux ajseì long-tems ont régné fur son aine. Racine, Andromaque, act. sc. 4. * Eloigne toi a’un lieu ou la malice régné & la vertu sucombe. Main. Poës. * 11 y a de 'sbries chaînes de pierres qui règnent jus. qu’au comble. Vaug. Quint. 1. 8- eh. 10.) REGN1GOLE > s m. [Regnicola^ Ce mot est un terme d 'Ordonnance ,1k ne se peut dire dans le discours ordinaire qu’en raillant, mais en ternie d’Ordonnance on s’en sert sérieusement. (Nous défendons à tous nos sujets, Si étrangers regnicoles de fondre aucun or. Voïez Y Ordonnance de Louis XIII. de 1642. REGONFLER , ». ». [lntumescre.2 11 se dit des eaux qui remontent contre leur source, quand elles trouvent quelque obstacle qui les empêche de couler. (Les constructions qu’on a faites sor cette rivière ont étreci le canal, & font regonfler Peau. Ce torrent entre avec tant dé rapidité dans cette rivière, qu’il l’a fait regonfler.) REGORGEMENT,^ m. [ Exundatio, inunda- iio.2 Action de regorger. (Le regorgement de Peau. Le regorgement de l’estomac. Deg.) REGORGER , ». ». [RedundareJ Ce mot se dit proprement des tuiaux & des vaisseaux lorsqu’ils sont si pleins que ce qu’ils contiennent s’en va p a r-dessus. (Tuiau qui regorge. Regorger pour dire déborder, se trouve dans d’ Ablancourt , Tac. Hijl. liv. ch. g. II avoit tiré une digue à travers le Rhin pour le faire regorger, & inonder le pais.) * REGORGER, j) Abundare , effluere. 3 Avoir en grande abondance. (Les maisons des Satrapes regorgent d’or. Vaug. Quint. I, 10. ch. 7. Regorger de biens. Vaug, Quint. L g. c. g. Regorger d’éloges. Mol. ) (3 Ce ternie regorger au figuré est trés-mauvaís; ainsi regorger de biens, est condamné avec justice. Voici un endroit des Oeuvres de Malherbe; où regorger a été aprouvé: Tant de fois le Rhin la Meuse Parnos redoutables efforts Auront vû leur onde écumeuse Regorger de sang £5' de morts. t L’Académie admet, regorger dans ce Cens. Ainsi 'on peut fort bien dire au figuré, regorger de biens, de richesses. Cette Province regorge de blez, de vins, &c» On dit aussi, dans le stile familier, d’un homme qui jouit d’une grande santé, qu’il regorge de santé. t REGOULER, V. a. [Duriùs tv act are, objurga- re. j Repousser avec rebufade. ( Le Suisse nous a re- goulez.) t REGOURMER, ». a. [Pugnos iceràm infliger e.) Gommer de nouveau. (Regourrner un cheval.) Se re- gourmer. C’est se bâfre de nouveau. REGOûTER, *• a. [Iterùm gujtare.J Goûter de nouveau. (Regoùíer du vin.) REGRAT , f rn. [ Interpolata r.urcis propoja. ] Marchandises de peu de valeur qu’on achete pour la retendre , comme sont les cotrets, les fagots , le char. bon. (Les regrats sont défendus (ur les ports de Paris. Voïez les'Ordmnances de Paris. Faire regrat de quelque marchandise.) $ REGRAT , se dit de la vente du sel à petite mesure. (Achetter du sel de regrat.) f REGRAT, se dit quelquefois du lieu où le sel se Vend à petite mesure. ( On a établi plusieurs regrats dans cette Ville.) REGRATER, ». a. [ Sàl mìnutìin dìvendere. J C’est vendre du sel à petites mesures pour y gagner fa vie. Vendre toutes sortes de petites denrées, afin d’y gagner quelque chose. (Elle s’amuse à regrater , & elle roule ainsi tout doucement fa pauvre vie.) REGRATER, ». a. [Repùmicare.J Terme de Maçon. 'C’est nétéier avec dés râpes & autres outils. (Regrater un vieux bâtiment.) {f Le Pere du Cercèau a dit : Le Savant , par exemple , àtaché fur son livre , Mais qui réinvente rien , ne dit rien de nouveau , Des Auteurs qu' il regrate U q u'il vend à la livre , Croît égaler la gloire, U queson nom doit vivre Comme le leur au-delà du tombeau. REGRATER des livres , ('expression est nouvelle, ch REGRATER, ». n. On le dit des plaies qu’on renouvelle en les gTatant. (Vous envenimerez cette plaie â force de grater & de regrater.) ch * REGRATER, signifie aussi, prendre garde à une bagatelle fur un compte. ( II aime à regrater fur les moindres choses. II ne faut pas tant regrater fur des bagatelles.) ... . rEGRATERIE,/./: [Nîangtmium) Marchandise de regrat. Commerce de petites denrées qu’on vend pour y regagner. \La regrâterie 11’est pas grand’ chose.) REGRATIER , f m. [ M an go , interpolât or. ] Celui qui regrate. Celui qui achete de certaines marchandises de peu de valeur pour les revendre avec profit. ( II est regratier.) •f * C’ejt un regratier de livres. ( Librarius ìnterpo- lator .] Ces mots sc disent en raillant & en parlant de certaines gens qui fans être Libraires achetent des livres à bon marché pour les revendre bien cher. ch * REGRATIER , sc dit de celui qui sor un compte, prend garde à une bagatelle. (C’est un franc regratier.) REGIUTIE'RE ,// [ Interpolatnx. ] Celle qui revend du sel S petites mesures dans de certains quartiers de Paris, & d’ordinaire à quelque coin de rué. On apelle aussi ces sortes de femmes, vendeuses de sel. ( [1 n’y a que les pauvres gens qui achetent du sel des re- gratiéres, parce quelles sont trompeuses ,& mêlent du fable dans leur sel. Le Roi défend aux regratiers & regratiéres de Vendre le sel ni au poids , ni à la balance , fur peine de detct cens livres d’amende. Ordonn. de la ville de Paris.) REGRETER , ». à. £Iterùm inférer e.) Terme de jardinier. Gréfer de nouveau. (On peut regréfer fur ces arbres des poires de bon chrétien.) t REGRE'S , f m. [ RegrejJ'us. ] Terme de Droit Canon. Action que l’on a pour rentrer dans un bénéfice résigné ou permuté, quand on a manqué à tenir les conditions de l’acord, quand il y a lésion , ou fraude Visible. (Le regrès a lieu dans un tel cas. On a Faction de regrès pour y rentrer.) La matière mérite un Traité particulier. REGRET , T m. [ Dolor, trijlitia, tmeror. 3 Douleur. Tristesse. Chagrin. Déplaisir. Repentir. (Regret cuisant, mortel, grand, sensible, j’ai bien du regret que je n’ai pas été à votre entrevue de vous & de la mer. Voit. l. 140. J’ai tous les regrets du monde d’être obligé d’en user ainsi. Molière. Les vaincus n’auront point de ïegret à mes victoires. Vaug. Quint. L g. c. g.) Ar • 334 REG /jf Avoir regret a quelque ebose , est une phrase que je ne saurois aprouver. Mr. Ségrai f, eglog. i. dit : Et je me sens fi las de votre tyrannie , Que presque j’ai regret à la Jiére Uranie , ’s’ai regret a PbiLis , encor qu’elle aime mieux JJmiiijcret Ahdor la honte de ces lieux. Je seai que Costar a dit dans son Apologie, que c’ejì autant de perdu, ês> qu’il doit avoir regret a une Jì folle dépens•: cependant la phrase me paroit d u bas stile. s On peut se servir de cette phrase suivant ì'Académie , & on peut dire d’un libertin qui a passé sa jeufteslè dans les plaisirs , q a’il ne doit pas avoir regret a fa jeunesse, c’est-à-dire, qu’il a bien passé son tems pour un libertin. t REGRETS , sc dit au pluriel pour lamentations, plaintes, doléances. (II sc consume en regrets. Vos regrets font superflus.) A regret , adv. ['Invité , invita anima , agré.] Avec répugnance. (Faire une chose à regret. Ablancourt ) KEGRETABLE, adj. [ Dolendus, plangendus. ] Digne d’être regreté. (D’Abiancourt est un homme regretable, & c’est dommage qu’il soit mort.) REGRETER , v. a. \_Dolere, defiderium alicujus face- re.~] Etre njarri. Etre touché ue la perte de quelque chose. Etre fâché de ne voir plus, de ne jouir plus , de «'entendre plus, &c. (Si je vous regrette méchante, que déplaisir aurois-je de ne vous voir plus, si je vous croiois devenue bonne. Voiture, L 140 ) ís REGRETER est verbe actif; on le faisoit neutre autrefois : se l’arraisonne , elle plaint [s regrette , Dont je cognas, certes, que la pauvrette, [fie. REGUINDER , V. a. [fiursum attollere.) Guinder, élever une seconde fois. REGUINDER, v.r. ferme de Fauconnerie ,qui sc dit de l’oiseau qui faitune nouvelle pointe au dessus des nues. REGULARITE',//- [Régula, Relìgionis cujìodia, lex.) C’est une observation exacte des réglés prescrites pat 1e devoir & par la discipline. (Ce sont des Religieux qui vivent dans une grande régularité.) REGULARITE'. [Arckiteclurœ leges U régula . ] Ce mot en parlant à!Architecture , signifiel’observation des loix établies pour les membres de l’Architecture. (11 n’y a nulle régularité dans ce bâtiment.) £ RE GULARITE', sc dit aussi de l’obscrvation des régies, tant en Poésiequ’en Peinture , & dans quelques autres Arts. ( La régularité d’un Poème, la régularité d’un tableau.) REGULARITE'. [lmpenjìor diligmtia.) Ce mot se dit du stile, & veut dire grande exactitude. (Tout ce qu’é- crit Moníieur Patru est dans la derniere régularité.) X RE GULARITE', sc dit de l’ordre invariable de la nature. (On ne íàuroit trop admirer la régularité du mouvement des corps célestes.) RE GULARITE', sc dit dans la Morale, de l’observation exacte des devoirs & des bienséances. ( Cette femme observe une grande régularité dans sa conduite. Cet Ecléiìastique vit dans une grande régularité.) £ REGULARITE', se dit de la juste proportion des traits de visage. (La régularité des traits de son visage est charmante.) f RE GULARITE' dans une figure. On le dit en termes de Mathématique , de Légalité de tous les cotez, & de tous les angles d une figure. REGULE, f m. [ StanniJpeciesl] Terme de Chimie. Ce mot en parlant d’ antimoine, est la partie la plus pure & la plus compacte de l’antimoine qui tombe au fond du cornet ou d’un autre vaisseau , & qui sert dans diverses maladies. II y a aussi le Régulé d’étain, le Régulé d’or. REGULIER, reguliere, adj. [Ecclesìajiicœ, vel re. ligiose disciplina adjirifhts .] Qui vit scion les régies & canons de l’Eglisc. Qui a renoncé à son bien & a fait profession. (Chanoine régulier de S. Augustin.) RE GULIER , reguliere. f Observans , religiosus.) Qui fuit la régie. Qui est selon la régie. (Discipline régulière,) í Benefice régulier. C’est un benefice qui ne peut être tenu que par un Religieux. On dit aussi, observance régulière, lieux réguliers, habits réguliers. RE GULIER, est aussi substantif, & il fignitìe un Religieux. (Cette A baie ne peut être tenue que par un Régulier.) RE GULIER, régulière. [Ad normam exafíus.) Qui est REH fait dans les formes, ou selon les régies de Part. (Bâtiment régulier. Discours régulier. Beauté régulière. Nouvelles Remarques fur la Langue Françoise.) REGULIER , régulière. [AEqualis , regularis. J Egal. (La Lune n’a pas un mouvement régulier.) * RE'GULIER . régulière. [ Qui diligentes omnia per- pendit.) Exact. Qui ne fait tien contre son devoir. Qui garde la bienseance que demande la vertu. (Ami régulier. C’est une femme très régulière.) RE'GULIER, régulière. [Juxta artis régulas faiïus.'] Ternie de Géométrie & de Fortification. On dit qu’un poligone ou une figure de plusieurs cotez, est réguliers lorsque tous ses cotez & tous ses angles sont égaux. (Fortification régulière. Figure régulière. Poligone régulier.) REGULIEREMENT , adv. [Juxta normam.) Réglé, ment. (Ecrire régulièrement tous les jours.) REGULIEREMENT- [Ex legibus artis.) Selon les régies. (Ce qui a porté Escobar à établir cette régie, que régulièrement on peut tuer un homme pour la valeur d’un écu. Pascal, liv. 7.) REGULIEREMENT. [Ex rat'ione norma .] Terme de Fortification. (Fortifier régulièrement une place. C’est- à-dire, ['enfermer dans un poligone régulier. Fortifier régulièrement quelque côté d’une ville, c’est y faire des bastions réguliers.) REHABILITATION- Votez Réabilitation. REHABILITER. Voïez Réabiliter. ,t SE REHABITUER, [Iterùm assue/cere.) S’ha. bituer de nouveau. (Se réhabituer à la fatigue, c’est-à- dire, s’y racoutumer.) t REHACHER, v. a. [Carnem iterùm minutatim concidere .] Hacher de nouveau. (Rehacher de la viande, des herbes, &c.) SE REHANTER , V. r. [Denuòfamiliariser uti.) Se hanter & so fréquenter de nouveau. ( 11 s s’étoient brouillez, mais ils commencent à screhanter.) REHAUSSEMENT, s m. [In majorem altitudi- nem elcvutio.) Action par laquelle on rend plus haut. (Le rehaussement d’un mur. Le rehaussement des mo- noïes in’a fait gagner dix pistoles.) On dit avili le rehaussement des couleurs dans un tableau. [ Additus tabula Jslendor .] REHAUSSER , v. a. [Altiùs susìollere.) Elever davantage. Hausser davantage. (Rehausser une muraille. Rehausser une digue. Nouv. Rem.) -f * REH AUSSER ìe courage a quelqu'un. C’est lui relever 1 e courage, augmenter son courage. (Ce petit avantage rehaussa le courage des troupes.) * REHAUSSER , v. a. [Veciigalia augere .] Au figuré, c’est augmenter davantage. En ce sens, il sc dit des denrées & des choses qui font dans le commerce. (On rehausse pendant la guerre le prix des denrées & des marchandises. On ne songe qu’à rehausser le prix des éteses. Nouv. Rem.fur la langue Fr.) * REHAUSSER. [Sptendorem addere .] Au figuré, il signifie -aussi donner un nouveau lustre. (Rehausser l’é- clat de fa vie, de fa gloire, &c. Abl. Luc. U Tacite. C’est par le titre de Protecteur de l’Acadcmie que le Cardinal de Richelieu a cru rehausser l’éclat de fa pourpre. Vaug. Epit. dédie, deses Remarques. Le sourcil rehaussé d” orgueilleuses chimères , se lui dh ois bien-tòt , je cannois tous vos peres. Despr.) * REHAUSSER. [Magis elucere .] Mêler quelque chose de brillant à un sujet pour le faire briller davantage. (Rehausser un bas relief avec de l’or. Rehausser une tapisserie d or & de soie.) * REHAUSSER. [Vivis colorìbus illujlrare .] II se dit en parlant de Peinture. C’est donner un nouvel éclataux ouvrages par le moïen des couleurs. (11 faut quelquefois rehausser les endroits sombres d’un tableau par des couleurs vives & éclatantes. Félibien, Vies des Peintres.) REHAUTS, J. m. pi. [partes tabetia clariores.) Terniè de Peinture, qui se dit des endroits les plus éclairez d un tableau, où sont ses couleurs les plus vives. REH A Z ARDER , v. adj. [ Iterùm se periculo ex- ponere. j Remettre au hazard. (Un joueur fie feint point de rehazarder l'argent qu’il a gagné.) REHEURTER , V.a. [ Iterùm pusare.) Heurter une seconde Fois. (On n’a pas heurté assez fort, il saut reheurter plus fortement.) * RE- REJ * RE JAILLIR 1 v. ». [Rtsilìre. ] Ce mot marque souvent ùu redoublement d’action, & quelquefois auili il n’en marque point. (.Les raïons de lumière qui tombent fur un miroir rejaillissent vers les yeux. II a fait rejaillir de l’ordure fur nous. Vaugelas , Remarques. Quand on ouvre la veine, le sang rejaillit quelquefois tort loin.) * REJAILLIR, v. ». [Redundare .j Ce mot au figuré signifie retomber. {Son infidek fang rejaillit sur ffunie. Racines Rritannions, acte ;. l'cené derniere. II faut que stir mon front sa honte rejaillisse. Racine, Iphigenie, acte 3 . sc. i.) REJAILLIR-. Mr. de Vaugelas dans fa remarqué 332 dit que jaillir pour rejaillir n’étoit pas bon , quoique l’un de nos plus fameux Auteurs en ait usé, disant, il a fait jaillir de l’ordure sur vous , ail lieu de dire rejaillir de l’ordure. L’Académie a de même condamné cette phrase, & elle a ajouté que „ le veíbe simple jail- „ lir ne se dit proprement que de seau , ou de quelque „ autre chose fluide qui sort tout d’un coup avec impe- ,, tuosité. Moise fraya le rocher , N en fa jaillir une ,, fontaine. “ Ainsi nous avons dans notre langUe plusieurs Verbes simples qui ne font plus eh usage, ct l’on se sert des composez. Mr. Ménage-, tome r. de ses Observations, ch. 63 . veut que l’on dise jaillir & rejaillir. „ Jaillir (.dit-il) pour marquer une action simples ab- „ soluë & directe ; & rejaillir, pour signifier le redou- „ blemen t de cette même action. J ai dit dans mon Idille du Jardinier : „ Et faire en ce-,it façons, ou couler far les plaines , „ Ou jaillir dans les airs le cristal des fontaines. „ Rejaillir ne vaudroit rien en cet endroit, où il s’agit „ d’exprimer une simple action , & non pas une action „ redoublée. On dit, des eaux jaillistantes, & non pas ,rejaillissantes. “ Cette observation étui t assez inutile à l’egard de jaillir, puisque Mr. de Vaugelas aprouVoit jaillir en fait de fontaine, & non ailleurs : Mais Mr. Ménage aimoit à íè citer lui-même. REJAILLISSEMENT , f m. L’aclion de rejaillir. [Re. jìexio,saltus.2 (.Le rejaillissement de seau des jets de la fontaine mouille tous les environs quand le vent pousse.) REJAUNIR, v. a. £ Flavescere. ] jaunir. Devenir plus jaune. {Tout dans la plaine rejaunit. God. Poés) REJET,/ ìi*. [Plumbi reliquial) Terme de Plombier. Reste de plomb qui tombe dans un petit creux au bas du moule lorsqu’on jette le plomb en moule. REJET ,s. m. [ Rejecianea .] Terme de Pratique. Rebut. t. Faire le rejet d’un acte ct d’une piéce dans un procès.) REJET. [Remijsto. ] 11 signifie aussi le renvoi qU’on fait d un article de quelque compte à un autre endroit de ce compte. (On a fait le rejet de cette dépense sur l’année suivante.) 11 signifie encore la réimpoluion d’une somme & d’une taxe déja imposée. (II faut faire le rejet de cette taille sur la Généralité.) REJET, se dit aussi du nouveau bois que poussent les arbres, & des vieilles abeilles que les jeunes chassent de leur ruches. * REJET ABLE, adj• c Rejiciemlus, rejpuendus.2 Qui mente d’étre rejeté, rebuté & méprisé. (Cette proposition est rejetable.) REJETER, v. a- [P.ejicere.2 Jeter de nouveau. (Oh lui jeta force dards quil rejetois tous contre les ennemis. Vauge.'as, Quint. I. 6. cb. 1 .) REJETER, [ Rejpuere, repudiare .] Mépriser. (Sois sage ct ne rejete pas mon avis. Ablanc. Luc, Mon Dieu, vous ne rejetez pas un cœur percé de douleur & de regret. Port.Roial, Psaumes. Oúi je vous aimé , U je iioùs ai chotfîe Entre mille jeunes beautez , Pourpajfer avec vous le rejle de ma vie. Si toutefois mes vaux ne font pas rejetez. Perr. Griseld.) * REJETER. £Culpam in aliquem detivare.] Abuser quelcun du crime, ou de la faute dont on nous acufè. Acuscr quelcun de la faute qu’on a faite. (II faloit punir les Ministres qui après s’être enrichis de leurs crimes en rejeioient la faute fur les autres. Ablancourt , Taeìte, REI 335 II rejetois la cause de sa défaite sur les troupe» de Cinna. Ablanc. Tac. Hist. /.fr. eh. 9 .) REJETER. [Rejicere.^ Refuser de recevoir, (Rejeter les elpeces qui ne font pas de poids.) REJETER. [Remittere.J Renvoier à un ahtre Compte. (II faut rejetter cette dépense fur une autre année.) REJETER, XJterùm imponere.'] Il se dit quand on ré- impote de nouveau des non-valeurs fur la même paroisse, ou une autre voisine. REJETER. [Regerminare, repulluïare.2 Ce mot se dît des plantes ct des arbres. C’est pouffer des rejetons, (Plante qui commence à rejeter.) REJETON , f. m. £ Coliculus regerminans. J Petite branche que pousse un arbre. Tout ce que pousse une plante. (On Vit tehaitre l’arbre l’année suivante & pout fer des rejetons. Ablanc. Tac .) REJETON ,f m. [Surculus.] Ce mot se dit des personnes, & veut dire, celui ou celle qui décend,qui vient, qui fort d’une personne. Enfant d’une personne. (II fit prêter serment qu’il reconnoìtroit pour Roi cè rejeton d’Alexandre. Vaug. Quint. I. 10 . c. 7 . Licentieuse jeunesse, jetez les yeux sur ce rejeton de tant de Héros. Pa - tru, Eloge de Pompone.) f REILBON)/ in. Espèce de Garance qui se trouvé au Chily dans l’Amérique méridionale. RETMPOSER , v. a. [Rursùs imponére.2 Imposer de nouveau. (On a réimposé cetce année les non-valeuré des années précédentes.) REÌMPOSITION,// [Itérâtà impofaioì} Action dé réimposer. ( Cette réimpolition s'est faite ensuite d’un Arrêt du Conseil.) ^ REIMPRESSION ,/ f £ Nova editii. j Secondé impression , ou édition d’un livre. REIMPRIMER. , v. a. [Detiuò typis màndAre.Tj Imprimer de nouveau. (On a réimprimé ce livre.) On dit aussi réimprimer Une chose dans l’esprit de quelcun, £RkT'í«jk menti affiigere .J REINE,//- [Regma.2 Femme de Roi. Prìncéssé qui a uh Royaume, (Une vertueuse Reine.) La Reine Mere. C’est la Reine qui est Mcre du Roi. REINE Régente. [Regnutrixl} Q’est la Reine qui a lé regence après la mort du Roi son mari, ou durant la minorité du Roi soh fils. * REINE. [Prima, pràcipùa. ] Ce mot se dit dês choses & des personnes, & veut dire la première. La plus Considérable. La plus grande-. Le mot de Reine au figuré, signifie aussi. Haut. Elevé. Grand. (La Rose, la Reine des fleurs, perdit ses plus vive» couleurs. Voit. Postes. Four trône donnez-moi le beau front de Julie, je ferai ìa Reine des fleurs. Corneille. La Reine des beautez fait fa demeure. Voit. Po'estes. Je loiiois son caur de Reine & sa grande beauté. Voit. Poef ) * REINE. [Domina. J Ce mot au figuré signifie aussi Maitrest'e. Celle qui a grand pouvoir, qui domine, qui gouverne. (J’ai perdu la clarté des beaux yeux de ma Reine. Voit. Poésies. C’est la Reine des volontez. Voiture -, Pdéfîes. Son mérite la rend Reine de tous le* cœurs. La Su 2 e. Tant qu’ils Ut font qu’Amans , nous sommés Souveraines, Et jusqu’á la conquête ils nous traitent de Reines, Corn. Posieucte, act. I. sc. ;.) * REÌNE. [Prima míluma chorea.2 Ce mot se dît êtl parlant de bal, & veut dire. Celle qui commence le bal. {Elle est la Reine du bal.) * REINE. [Domina.2 Terme du JeU des échets. C’eft la seconde piece du jeu des échecs. On apelle aussi cette piéce Dame. * REINE. On apellê de la sorte celle qui la Veille o» ìe jour des Rois, a eu en Faisant les Rois une part de gâteau où s’est trouve un pois, ou une Fève. (Mademoiselle une telle fut hier la Reine.) * REINE. Terme d 'enfant de Paris. Petite fille de petit bourgeois que d’autres filles de ses compagnes aju- fient, metent fur une chaise devant la porte les jours de Dimanche & de fête durant fEté & Jorsqssil fait beau, & demandent quelques doubles aux passans au nom de cette Reine, atìn de se régaler toutes ensemble de ce qu’on leur ahra donné. (Donner pour la Reine. N’ou- blieZ pas la Reine.) On dit d’une fille laide, qu’elle est la Reine de Niort, malheureuse eh beauté. On dit d’une femme fière ct qui veut prendre avantage sur les autres, que c’est une Reine d’Antioche, REINE. 33 a. & red. [ Rejungere. J Joindre de nouveau- je rejoins , je rejoignis, sfat rejoint , je re. joindrai. (11 faut rejoindre cela.) REJOINDRE. [Rursùm ajsequi. ] Joindre ceux qui fe sont téparez de nous. Ratraper, Ateindre ceux qui fe font avancez devant nous. Rassembler ce qui est séparé. (Rejoindre l’aîle droite. Ablancourt , Rétor. I. 4. ch. j. À près avoir rejoint toutes ses forces , il passa la rivière. Vaug. Quint. I. Z. ch. 10 ) Se rejoindre, v. r. [Se rursùs adjungeres) Se rejoindre de nouveau. Se rassembler. (Philis , souffrez que mon corps se rejoigne à mon ame. Voit. Poés. Les troupes s’étant rejointes campèrent dans de bons villages. A~ blancourt, Rétor. liv. 4. chap. j. Aprenez que des càurs séparez à regret , Trouvent de se tejoindte aisément le secret. Corn.) REL RE JOINTOYER- Terme d’Architecture. [Rimas farietïs rcplere.) C’est remplir & ragréér les joints des pierres d’ún bâtiment, lorsqu’ils se sont ouverts. REÏOuER, v. a. [Rursùs ludere.J Jouer de nou- veau. Vil a rejoué & a regagné ce qu’il avoit perdu.) RE'JOiil, réjouie , adj. [Latus , bilans.) Qui a de la joie, du plaisir. (II est bien réjoui. Elie est bien réjouie du mariage de son frère.) f RE'jOiil ,sm.[ Fejìivus. ] Gaillard. Qui aime la joie & le plaisir. (C’est un gros réjoui.) RE'JOtilR , v. a. [Qbleciare.) Donner de la joie, du plaífir. Divertir. (11 fit entrer des bouffons pour té» jouir la compagnie. Ablancourt, Luc. En cet âge charmant dont vous allez joiiir , Assez d’autres fans moi voudront vous réjouir. Pavillon.) Se réjouir. { Gaudere .] Se divertir, avoir de la joie. Etre bien-aisc. (Ne songeons qu’à nous réjouit, la grande affaire est le plaisir.) î Se réjouir aux dépens de quelqu'un. C’est se moquer de lui pour se divertir. . _ RE'jOùISSANCE , f.s. [ L.etitia. ] Joie. (Faire des réjouissances publiques. Ablanc. Tac. Hijl. I. 5. c. 6.) RE JOUISSANCE. [ Fasciculus. ] Se dit parmi le peu. pie d’un fagot qu’on met au feu. (Donnez-nous une petite réjouissance.) RE'JOÙISSANCE. [Charta Utìficans. j C’est la pré- miere carte qu’011 donne au Lansquenet à celui qui a perdu la premiere couche , pour lui donner lieu de réparer fa perte. RE'JOÚISSANT , réjouissante, adj. [Obleflans .] Qui réjouit. (Le mariage est tout-à-fait réjouissant pour un mois, bu deux.) REJOûTER , v. ». [ Dénué luciari. J Jouter d* trou Veau. (Ils rejoûterent encore le lendemain.) í RElS,/ m- Petite monoïe courante de cuivre j & mónoïe de compte du Portugal. Le Reis revient au denier tournois de France. 4 REISGAR, ou REAGAL, / m. [Risagaìlum.l Espece d’arsenic rouge. REITERATION, f f. [Iteratìo .] Action de réïterer. Redoublement. (LeKequi est dans le verbe rejaillir, né marque ni répétition, ni réitération. Vaug. Rem.) RE ITERER, v. «• [Iterare.) Redoubler. Fairé une seconde Fois. (Réïterer un vœu. Ablanc. Tacite. Réïterer la saignée. La Chambre.) REiTRES , f m. [Equités Teutonicì.) Cavaliers AI* lemans, qui vinrent en France durant la regence de entériné de Medicís. t C’ejì un vieux reìtre. [ A fut us. ) Mots burlesques, pour dire vieux Cavalier. Celui qui porte les armes il j a Jong-rems. f On le dit d’onlinaiïe en mauvaise part, d’un homme qui a vû beaucoup de pais, ct qui s’est mélé de-beau» Coup (salaires. RE 1 XDALE. Voïez Risdàlè. . RELACHE, s m. [Ronijjìo.) Cessation du travail, de peine. Repos. (Jl n’eut pas li-tôt un peu de relâche qu’il s’abandonha aux voluptez. Vaug. Quitit. 1.6 . ch. 3 . .Quelfort pour ce grand enter dansson efiotr trompé , Du ïiifir de sçavoirsans relâche ocupé. Mad. Defcartes.) 0 1 RELâCHE., terme de. Mer. C’est le líeuoùestak rivé le vaisseau qui a relâché. RELâCHE', relâchée , adj. [Relaxatus , remisas , db nrijjiie.) Qui n’est pas si fort tendu. (Corde relâchée. Partie relâchée. Deg.) , RELâCHE , relâchée. [Laxioris disciplina homo J Qui est dans le relâchement. Qui n’est plus si ferme dans son dessein, dans son entreprise. (Ce sont des Casuiftes aussi scveres que les autres sont relâchez. Pqjc.l. 8- R est un peu relâché.) * RELâCHEAIENT, f. m. [Solutior disciplinas) Désordre & dérèglement qui fe glisse dans la discipline, dans les mœurs & dans ce qu’on apeìie tnorale. (C’eft un relâchement qui s’est glissé dans Pordre des Religieux. Port-Roial. On remarque dans le relâchement de leur morale la cause de leur doctrine touchant la grâce. Pascal , /. 5, Rechercher le relâchement. Pascal , /• Ç« Si 110US souffrons quelque relâchement dans les autres, c’*st jplûtût par condéccndanCe que par dessein. pascals liei tau lili ;ui Bijì C’est dans rafs ks .:::e 7 Íl SOt f; ïrrafrai forces, ■■tsi 31, .RELAIE ïrr USldlî j bnk •s toiiiicr Wi REL Fiscal. 1.6. 11 f.iut que tous ceux qui combatent vos relâchement soient hérétiques. Pascal , /. 6.) RELÂCHEMENT. [Kelaxatio.] Dans le propre signifie diminution de force, détention. (Le relâchement des cordes dans un instrument de musique change les tons. 11 a du relâchement dans la chaleur.) Le ternie relâche ne se prend guére qu’en bonne part; & au contraire , relâchement se prend toujours en mauvaise part. On dit, Prendre du relâche après k travail s & l’on dit, le relâchement des tuteurs , le relâche, ment de la discipline , pour marquer la corruption des mœurs. Mais lorsque le mot relâchement est joint à une épitéte qui l’adoucic, il se prend en bonne part, comme si l’on dit, Prendre d'honnêtes relâchement. KELáCI-IER , v. a. [ Relaxare , remittere.] Ne'pas tendre si fort. Laisser un peu aller. Ne pas bander si fort une corde. Ne pas tirer lì fort. (Lé mot relâcher en ce sens , lé dit fur les ports de Paris, où les bateliers crient, relâche -, relâche. C’est-à-dire, ne tend pas fi fort la corde.) RELâCHER. [Cáptivum dimittere. ] Laisser aller. (Relâcher un prisonnier.) * RELâCHER. [Jus remittere.] Ceder. Diminuer.Modérer, Temperer. (Relâcher de son droit. Ablancourt. Il eût falu exclure les Gentilshommes des confellion- naux, si nos Peres n’eussent un peu relâché de la sévérité de la Religion. Pajl\ l. 7. 11 survint une fausse joie qui ne servit qu’à relâcher leurs courages. Ahlimc Tac. Hijì. I. 2. c. 9. ) . ^ RELâCHER. [ln portum sc recipere.] i ermè de Mer. C’est discontinuer le cours en droiture pour mouiller dans le port du partementi ou dans quelque autre parage de la route. (Nous fûmes contraints de relâcher dans l’Isle des Magiciens. Ablanc. Luc. Tain. r. Etant agité par les vents, il relâcha aux Isles d’Hiéres. Ablanc. Tac. Hijt.l. Z. c. 7.) •j- Se relâcher , v. r. [Remiffìùs agere.] Se modérés. N’étre plus si violent.. (La violence de son mal ne sem- bloit s’être relâchée qu’en ce point qu’il commençait à le sentir. Vaug. Quint.) * Se relâcher. (De Juâ conjiantiâ aliquid remittere.] N’être plus si serine dans son dessein, dans fa résolution, dans fa conduite. N’étre plus (i constant dans son devoir. Se laisser aller aux charmes de la vie, aux plaisirs ; Ceder & n’être plus li ferme dans cê qu'on avoir entrepris , ou promis. Se laisser aller à quelque douceur. N’avoirplus tant de rigueur. (II perdit quelque chose de sa réputation ; soit qu’il se fût relâché après une 11 grande victoire. Abîme. Tac. An. L 12. 11 fe relâcha fur le mariage qui étoit le point fatal de leur division. Mémoires de M. 1e Duc de la Rochefoucaut. La moindre bonté à quoi une maîtresse se relâche , regagne un amant. Le Comte de tìujji.) K b. L A i L K , v. a. [Equos recentes conscendere.] Cé mot se dit des chevaux de poste. Laisser reposer. Laisser rafraîchir des chevaux pour reprendre de nouvelles forces, & cependant en prendre d’autres pour continuer fa course (11 a relaie de cinq, ou six chevaux, de Dijon à Paris.) RELA 1 ER-, v. n. [Castes ptjl prtedam la.xare.] Terme tìe Cbajfe. C’est lâcher les chiens du relais après la bêtè» * Se relater , v. r. Se reposer. Se rafraîchir pour prendre de nouvelles forces. (11s fe rclaioient pour le rosser.) Se relater. [Alternare vices.] II fe dit des ouvriers qui travaillent à des ouvrages continuels, & il signifie, Travailler & fe reposer alternativement. (11 faut que les ouvriers se relaient les uns les autres. Les matelots fe relaient de six en six heures -, & font chacun leur quart.) RELAIS j f. m. [Statio canitm venaekorum.] Terme de Chase, Ce font des chiens qu’on tient en de certains lieux dans la refuite des bêtes qu’on court pour les donner quand la bête passe. (Tenir les relais. Salnove.) RELAIS. [ Equorum recentium in certis locis colloca- Ho.J Terme qui fe dit en parlant de gens qui courent la poste, ou qui voiagentfort vite à cheval. Chevaux qu’on tient prêts dans un certain endroit. (Cheval de ïelais. Aller en relais. Envoler des relais. Qu courez-vous ? droit a Paris , J’y veux être dentain au gîte ; Voila trots relais que pat mis , C’eji le moien d!aller plus vite. Du Trousser.) RELAIS. [Margo.] Terme de Fortification , Chemin REL 337 de trois pieds de large au pié du rempart, entre le rempart & le fossé. Ce relais s’apelle a u 111 Berme , Liséré , ou Retraite. (Palifl’ader un relais.) RELAIS , ou Laisses. [Rejefianea.] Terme de Mer. Ce font des terres que la mer a laissées au rivage. RELAIS. [Intervalla.] Ouverture qu’on laisse dans les tapisseries lorsqu’il faut changer de couleurs & de figures. RELAIS. [Laquais.] C’est aussi une malice que font des laquais aux passans, ou à des niais. t REL AISSËR , v. a. [Dénué relinquere.] Laisser de nouveau. Ce mot de relaijjer n’eït pas fort usité, & en fa place on dit, Laisser encore. Laser Ue nouveau. On s’en sert en terme de chasse lors-qu’un lièvre est tellement couru, t^u’il s’arrête étant lasse, & ne Va point au gîte. [Lasjare.] LiéVre relaijje. Académ. Fr an q. RELANCER, v. a. [Ferdm ìatibulò iterùm ixci- ïare.] Terme de Chase. C’est lancer de nouveau une bête qui est fur les lins. (Relancer Une bête. Salnove.) * RELANCER. [Ferire , exugitare.] Repousser. Re- cogner avec forcé, quelque ennemi dans son fort. (Darius difoit qu’il s’en iroit faire sortir Alexandre de sa tanière -, & le relancer dans son fort. Vaug, Quint. L c- 8 ) í * RELANCER. [Incldmdre.] Parler à queìcun d’un ton fier & haut. Lui montrer son peu de conduite à notre égard. Rabrouer. (Je l’ai relancé comme ii faut.) RELANT, relante , adj. [Situi.] Qui sent mauvais à cause d’une certaine humidité fade-, dégoûtante. (Odeur relante.) Ce mot de relant se prend substantivement aussi ; on dit sentir le relant. [Situm redolere.] C’est-à-dire, une odeur relante. RELAPS -, / m. [ Relapsus . ] Mot consacré pour dire un Hérétique, qui après avoir abjuré son hérésie , retombe tout de nouveau. (Ministre relaps. Mau~ croix , Schisme , l. 2. Un relaps impénitent.) (s II y a deux sortes de relaps : les uns font publics & certains : les autres font présumés , sur le fondement de plusieurs présomptions violentes ; il en est même de plus criminels les uns que les autres, aussi les peines font diférentes ; car si un hérétique change de senti, ment, & qu’après avoir changé il retombe dans son erreur fans avoir fait unè abjuration solennelle, il est relaps, mais il n’est pas puni comme relaps obstiné : mais si après une abjuration faite avec les folennitez requises il retombe dans son premier sentiment, selon les Docteurs raportez par Simanca -, tit. de relaps st est indigne de pardon. Ces mémes Docteurs disent que pour être relaps , il faut que l’héresie soit certaine , Sc non présumée ; autrement ce n’eít pas une rechute. Le relaps convaincu est renvoie par le Juge Eclésia- ítique au Juge Séculier pour le punir. Lagueífiére, tome 4 . du Journal des Audiences , liv. 1 . ch. 7 . raporte Un Arrêt qui a condamné un relaps au bannissement perpétuel du Roïaume , & a confisqué ses biens ; Sc. par Un autre Arrêt que le même Auteur a raporté , liv. 2. ch. 4. Un relaps a été condamne à une amende honorable , avec confiscation de biens. On volt par ces diférentes peines, que l’obstination augmente 1« crime , & régie la peine. RELARG 1 R > v - a - [Rurfùs ampliare.] Elargir dé Uouveau. (Rélargír un corps.) RELATER , »• «. [ Laterarìis regulis injlruere. ] Terme de Charpentier. Later de nouveau. (Relater un toit. ) RELATIF i f Terme de Grammaire. Mot qui â raport à un autre. (Le relatif s’acorde en genre avec son antécédent.) RELATIF , relative , adj. s Relativus. ] Terme dé 'Grammaire. Qui a raport. (Pronom relatif) £|~ On a examiné dans l’Académie Françoise cette phrase -, Elle a perdu un ail , c’eji dommage , elle les avoit beaux. 11 parut bizarre de métré un relatif au pluriel, quand le substantif est au singulier ; cependant il faut parler ainsi; & il scroit tout à-fait ridicule de dire, EUe a perdu un ail , c’ejt dommage , elle Pavait ■beau. 11 y a des choses qu’il faut nécessairement su- pléer, comme dans cette phrase , oû l’on devroit dire, C’eji grand dommage , elle avoit les yeux beaux. Mais cette répétition se suplée aisément, comme en mille autres phrases pareilles : On avoit peine a lui voir métré la main au plat , car il les avoit sales. Décisions de l’Académíe, pag. 12. Tom. lll. U u i R£« 338 REL ch RELATIF, fe dit de tout ce qui a quelque relation, quelque raport. (Ce sont deux qualitez relatives. Ce que vous me dites est relatif à ce que je savois déja. Cette clause est relative à la précédente.) RELATION , // [Narratio, relatus .] Récit qu’on sait de quelque chose. (Une relation fort fidèle.). J: Les relations des Généraux ne font pas toûjours propres à faire connoìtre la vérité. Si on vouloit écrire une Histoire fur leurs relations, elle seroit absolument romanesque. Mr. de Quincy a écrit fur ces beaux Mémoires, & nous a donné un Roman accompli & des ilcteurs tous parfaits, lors même qu’ils sortoient de campagne honteux & battus. Polybe de Mr. de Folard , Tom. IV. ... RELATION. [Itinerarium.] Livre de voiage qui raconte les particularité? les plus remarquables d’un pais, les mœurs, & les coutumes de ses habitans , avec 1 histoire naturelle & Géographique de la contrée. (11 y a plus d ouze cens volumes de Relations dont la plupart font alfez mal écrites en notre Langue, entr’autres la Relation de Matée par l’Abé de Pure, est; pitoyable, ouï pitoyable, morbleu, & du dernier pitoyable. ) RELATION. Relaiio ] Terme de Logique. Raport d’une chose à une autre , comme de la vûë à ce qui est vilìbie, de Roi & de sujet, de pere & de fils. (On demande en Philosophie si la relation est formellement ou réellement distinguée de son fondement, & autres semblables folies dont le cours du Sieur Pasquier est farci.) RELATION. [Relutio , deciaratio. ] Terme de Pratique. (A la relation, ou fur la relation des Notaires, c’est-à-dire, fur le raport & le témoignage des Notaires.) 0 Plusieurs Coutumes font mention de la Relation des Sergens qui raportent à leur Seigneur féodal les exploits qu’ils ont faits. Voïez Ragueau, RELATION. [Comnmnìcatio , J'oaetas.] Intelligence & correspondance entre deux ou plusieurs personnes. (Ce banquier a relation avec plusieurs Prélats d’Italie. Les deux acufez n’ont eu aucune relation entr’eux.) RELATIVEMENT, adv. [Relative.'] D’une maniéré relative. REL A VER, v. a. [Iterùm t avare.] Laver de nouveau. (Relaver ses mains.) RELAXATION , /./ [ Relaxatio.] Terme de Chirurgie. Etat de la partie qui n’est pas 11 tendue que naturellement elle le doit être. C’est une relaxation de quelque partie. Deg.) La relaxation d’un prisonnier. [ Captivi relaxatio. ] Terme de Palais. C’est-à-dire, la délivrance. RELAXATION de peine. [Pana dimìnutio J Terme de Droit Canon. C’est à-dire, diminution. RELAXE', relaxée , adj. [ Dimijjus , relaxatus .)Terme de Chirurgien. Qui soufre quelque relaxation. (Partie relaxée.) R ELEVATION , f. f. [' Relegatìo.] Espèce d’exil, qui fe fait par Pordre du Prince, qui commande à une personne d’aller au lieu qu’il lui marque , & d’y demeurer jusqu’à ce qu’il la rapeile. (Ce n’est pas un bannissement, mais une relegatioiì.) 0 Les Romains puníssoient les criminels, ou par la déportation , ou par la rélegation. La prémiére étoit indéfinie; tel est à présent un bannissement perpétuel.La seconde étoit fixée pour le lieu & pour le tems.Quant au lieu il étoit marqué dans une certaine Isle ; & quelquefois on bannissoit d’une province feulement. La relé- gation neprivoit point du droit de cité, & laissoit au contraire aux reléguez la jouissance de leurs biens. Mais le déporté étoit privé de la cité & de ses biens. Quelquefois la relégation étoit perpétuelle; & en ce cas, on ptivoit le relégué de quelque partie de ses biens : mais il joùissoit du reste ; il confervoit les droits de la puissance paternelle , & le pouvoir de tester; car l'é- fèt de la relégation étoit d’interdire !a sortie du lieu oiï l’on étoit relégué. /.. 4. £«? L. 7 , ff] de interdiét. U rele- gat. Mais le Président de la province pouvoir permettre au relégué d’en sortir pour quelques jours. La formule de cette permission est raportée dans la /.or 7. §. 1 •j.jjs. eod. en ces termes : lllum provinciâ Hlâ infulifque relego , excedereque debebit intra illum diem. RELEGUER , v. a. [ Exulare. j Exiler. Bannir, , une PEttonne de remarque hors du lieu de son etabíiíienîestt, ^Releguer quelcun. Pose#/» liv* 2.) REL * Les belles letres anciennes sont presque bannies du commerce du monde, & reléguées dans la poussière & ('obscurité de quelque cabinet. 4 = Se releguer , fe dit pour se retirer. (11 aime mieux se releguer dans un village, que de vivre plus long-tems à la cour.) RELEV AILLE,// [Ceremonia purìficationìs.yZ'e& la petite cérémonie qui se fait à l’Eglise la prémiére fois qu’une femme y vient après ses couches. C’est aussi quelquefois un petit festin qui fe fait au retour à cette oca- íìon. RELEVE', relevée , [adj. Elevât us.] Qui s’est levé de terre après y être tombé. Qu’on a levé de terre. (11 est releve.) RELEVE', relevée. [Altus.] Haut. (Le bord de la ri- vicre étant relevé. Ablunc. Ar. i. c. 4.) RELEVE', relevée. [Apartu Jurreíía.] Ce mot se dit des acouchées, & veut dire, qui est sortie de la maison après ses couches. (Mademoiselle une telle est relevée il y a cinq ou six jours.) * Tapiss eries relevées d’or. Voit. I. 10. c. 1. [Auro text» concinnata Jiromata.] * Bien souvent il dit des choses tout à-fait relevées. Mol. Un stile relevé. Une pensée relevée, c’est-à-dire, sublime & excellente. Un goût relevé. Une mine haute & relevée. RELEVE E, / f. [Tempus pomeridianum.] Terme de Palais , qui se dit quelquefois , & qui signifie après midi (11 est assigné afin de comparoi.tr s a deux heures de relevée au Cháteiet.) RELEVEMENT, / m. [Sub/atio , elevatio.] L’a* ction de relever. (Le relevement d’une muraille.) RELEVEMENT de couche. [A partuj'urreciio.] 11 se dit de la prémiére fois que les femmes sortent de la maison aprés leurs couches. (Cette femme ne s’est pas bien portée depuis son relevement de couche.) 0 RELEVEMENT. Terme de Marine. C’est la hau» teur, eu égard à une autre partie du même Vaisseau qui est plus baffe. On dit, un Vaisseau dont le relevs* ment est bien proportionné» RELEVER, v. a. [AttoUere , trigere.] Lever dr terre une chose, ou une personne qui y est , ou qui y est tombée. Remettre sor pié. Rétablir une chose ruinée , & eboulée. (Relever le bord d’un fossé. Relevet une personne qui s’est laissée tomber» Relever des mu* railles.) * RELEVER. [Extollere.] Rehausser. Elever plus haut, (Relevez votre cœur & vos afections. Voit. Pos. Cí que les personnes du monde gardent pour relever leur condition , n’est pas apellé superflu. Pascal. I. 6.) * RELEVER. ( Extollere , iliujirarv. 3 Faire valoir. (Vous avez entendu de quelle sorte on a relevé cette circonstance. Patru, plaid. 9.) 0 Le P. Boohours a dit dans un de ses Entretiens, en parlant des perles : Elles ne vaudraient pas tant.fi k luxe (5? l'opinion n’en rekvoieut tous les jours le prix. 11 demande dans Ion livre des Doutes, p. 74. fiang* mentaient ne seroit pas mieux que relevaient. ,, Je croirois (dit-il) que dans le figuré on dit bien, re-,, lever le prix d’une chose ; par exemple, La force ,, des ennemis releve le prix de la victoire ; mais que „ dans le propre on doit dire augmenter le prix ; par,» exemple , le luxe augmente dlordinaire le prix des ,, marchandises. “ Le bon Pere étoit bien assuré que Pou ne condamnerait pas relever le prix dés perles dans le figuré ; il n’étoit pas homme à s’acuser de bonne foi. * RELEVER. [Splendorem , famam addere.] Donner plusd’eclat, plus de lustre. (Etant poussé d’une belle envie de relever le nom François. Voit. Pos. Vous ajoûtez aux conquêtes d’Alexandre une personne qui les releve plus que la femme & les filles de Darius. Vof- ttoe, l. z6. Relever tine fortune abatuë. jNohv. Rem, Jur la Langue Fr.) * RELEVER. [Animas tolìere , ejserre. ] Exciter ce qui etoit abatu. Exciter. Animer. Commentaires de Cejar. Je me tue à vouloir relever des courages abattis. Vaug. Quint. I. 9. Cette division releva le courage & les efperances des Anglois. Abtanc. Tac. Hijl. I. ;. c. 7. ) RELEVER. [Convakscere , refici.] Ce mot fe dit í* parlant de maladie , & est usité dans un sens neutre, îi «ígnifie échaper de la maladie. Se tiret d’afaire. Sortit dc ma* REL ïíiasâLÎîe. Né pas mourir de la maladie q u on s. Ne faire que sortir de maladie. ( 11 relevoit d’une grande maladie. Abl. Tac.HiJl. I. 2.c. 2ç.) * RELEVER. [Toilere.} Ce mot se dit en parlant de service de table. C’est ôter quelque plat de dessus la table, & en métré un autre. (Relever un plat.) * RELEVER. [Adnnere , toilere J Terme á'Arit-mí- tique. C'etì ôter ce qu’on a mis de trop en calculant avec des jetons. (Relever dix.) RELEVER. Terme de Palais. C’est remetre en l’état où l’on étoit auparavant en vertu de letres roiaux. (Relever un mineur.) if On dit dans le Palais , Le mineur releve le majeur ; c’est-à-dtre, que la reliitution en entier acordée à un mineur, s’étend au majeur, qui est relevé comme le mineur, lorsque leurs intérêts sont communs & indivisibles. RELEVER. [Rejlituere, rcdintegrare.} Terme de Palais. C’est intimer devant un Juge supérieur la partie qui a eu gain de cause. (Relever un apel.) RELEVER. [' ReJ'ortitione convenire.} Ce mot signifie rejjbrtir, & est un Ternie de Palais ; mais en ce sens c’est une forte de verbe neutre. (Tes apellations comme d’abus relevent au Parlement.) RELEVER. [Pr.edia dedicare : apud domìnumT} Terme qui est d’ordinaire de Pratique & de Coutume. II lignifie , Dépendre-, & en ce sens,c’est une maniéré de verbe neutre. (Fief qui releve d’un autre. Toutes ces terres relevoient de la juridiction des Poètes. Ablanc. Luc. ) RELEVER. [Subjici.} Ce mot signifiant dépendre, se dit aussi Jans -parler Pratique. (II le prioit de ne point livrer aux ennemis un Roi qui relevoit de l’Empire. Abl. Tac. An. I. 12,) íf Le mot relever est très-"usité dans le Palais , Sc particulièrement dans les pais de Coutume ; il fupofe toújouts Une infériorité de la part de celui qui releve. Ainli, relever de quelqu’un , c’est posséder un bérirage fous une redevance seigneuriale ; relever le fief, c’est donner au Seigneur féodal ce que la Coutume a réglé pour avoir (investiture d’un fief comme vacant parla mort du vassal. Ce prix est apellé rachat , ou relief. L’un ou l’autre (dit Galand dans son Traité contre le Franc.Aleu , pag. óç.) se payent en eonfidération du «changement de vassal. Dans les anciens titres, on trouve également recatagium , & relevatio. Ce droit n’a lieu ordinairement qu’en ligne collatérale, lorsqu’il s’agit d’une succession ; & rarement le trouve-t-on éta- fili dans la ligne directe ; c'est ce que Galand a observé. RELEVER un contrat. {Autenticam tabulant Jìbi vurj’us exjcribendqm curare.} Terme de Notaire. C’est en lever une seconde grosse. (Cet acte a ete perdu, il le faudra faire relever.) RELEVER. [Caput atollere.} Terme de Manège. C’est obliger un cheval à bien placer sa tête , & la porter en beau lieu lorsqu’il porte bas. (Pour relever votre cheval qui barme, c’est-à-dire qui baisse la tête, faites-lui faire une branche à genou!!.) RELEVER. [A jiatione milites deducere .3 Terme de Guerre. Aller prendre la place de ceux qui font en garde, ou en quelque poste. Mettre une personne à la place d’une autre. (Relever la garde. Relever une lentinelle. Relever la tranchée.) On dit proverbialement. Relever quelcun de sentinelle. s Aliquem exagitare.} Pour dire qu’on prendra garde à ses actions, & qu’on ne le laissera pas faillir impunément. £ * RELEVER quelqu'un , c’est le reprendre avec aigreur, en lui faisant voir qu’il a parlé ma! à propos, (11 a été bien relevé.) RELEVER. [A puerperio reffirgere.} Ce mut se dit en parlant d ’acoucbie, & veut dire, Sortir de la maison après ses couches, & aller entendre la Messe & recevoir la bénédiction du Prêtre, C’est aussi sortir de la maiíòn environ quinze jours après ses couches & aller au temple remercier Dieu. (Madame ou Mademoiselle une telle relèvera demain.) RELEVER. Terme de Taneur. Tirer de nouveau les cuirs. Lever une seconde ibis les cuirs qui font dans les cuves (Relever les cuirs pour les coucher en folle.) t RELEVER une broderie. C’est l’emboutir, c’est-à- dire , la remplir par dessous de laine ou d’autre matière , pour la faire paroitre davantage au-dessus de A’étose qui lui sert de fond» REL 339 -y/ íRELEVER en bojse , se dît chez les Sculpteurs, ,.®. r ^ vres ' Oiseleurs, &c. d’un Ouvrage qui a du relief. 11 y a des Ouvrages de pleine bosse , & d’au- tres de demi-bosse ; ce qui s’enteud du plus ou du moins que les figures, ou autres ornemens ont de saillie. RELEVER Un vaisseau. [Navem rejlituere.} Terme de Mer. C est remettre un vaisseau à flot quand il a donne fond dans quelque ancrage. (Les vaisseaux atendent que le flot de la nouvelle Lune les releve.) ^•RELEVER. [Levure .J II lignifie aussi soulager. (Vous m’avez relevé d’une grande peine, ou d’une grande inquiétude.) Sé relever , ». r. : [Surgere , erigere se.} Se lever de terre quand on est tombé. (Elle est tombée , mais elle s’est relevée aussi-tôt.) Se relever. [E leclo furgere .J Sortir de nouveau du lit. (11 se releve la nuit pour faire des vers. * II veut que Troie se puisse relever, Racine , Andromaque. act. 4 .Jc. 1.) Se relever. [E cubilibus ad nnciurna pafma prodire.} Terme d e-CbaJJe. Il se dit des bêtes qui sortent le soir de leur buisson .pour aller viander , après avoir dormi tout le jour. RELEVER mangeante. Pour dire, recommencer à manger par goinfrerie après avoir fait un grand repas. RELEVER. [Redarguere.} Reprendre, corriger. (Mr. Arnaud arelevé comme il faut tous ses adversaires. L’Au- teur des Entretiens d’Ariste & d'Eugène a été vigoureusement relevé par un célébré Académicien.) RELIAGE ,s m. [Ligatura.} Terme de Tonnelier. L’action de relier, & le travail qu’on emploie à relier. (On a donné tant pour le reliage de dix tonneaux ) t RELIEF, s. m. [Reliquia.} Reste de ce qu’on a servi fur table. [Autrefois le rat de ville Invita le rat des champs A des reliefs d’ortolans. La Fontaine , Fables > l. ï. * Votre salaire sera force reliefs de toutes les façons. La Fontaine, Fables, l. 1. ) RELIEF d’apel. ![ApeJJationis libellus.} Lettres par lesquelles le Roi donne pouvoir de sc relever d’une sentence de quelque juge. (Obtenir des lettes de relief d’apel.) On apelle aussi relies le profit qu’on doit pour xhaque fief noble tenu en plein hommage. if RELIEF de bail. „ 11 est dû (selon Ragueau „ dans son Indice) par le mari qui a épousé une fille on ,, une veuve à laquelle apartient un fief par succession „ directe ou collatérale , ou par donation , encores „ qu’elle auparavant leur mariage aye relevé & d roi- v , cturé ; & vaut la valeur d’une année du fief ; & d’ice- „ lui le mari doit faire hommage au Seigneur féodal. „ Le mari est tenu relever l’héritage de sa femme, par- „ ce qu’il est étrange personne. Senlis, «ri. 167. Le ,> mari doit relever comme bail de sa femme pour de- „ servir lestes. Amiens, art. 9. 10. Mais n'est tenu le „ baijiistre , tuteur, ou curateur, payer relief de bail, „ ainsi relief de propriété ; & quelquefois le mari doit ,, les deux reliefs ; & en quelques lieux, le mari, k „ relief de propriété seulement, & non ie relief de bail* „ comme à Saint-Omer.“ RELIEF fimple. C’est dans la Coutume de Pon- thieu, art. 2 g. £? 3 r. un simple relief de propriété, que la femme doit payer sens relief de bail. RELIEF de chambellage. C’etì dans (ancienne Coutume de Beauquêne , art. 19. le droit que ie mari ssoit, fi pendant le mariage il échoit un fief à fa femme. RELIEF. [Eclypa , projlypa..} Terme de Brodeur. Enrichissement d’ôr , ou d’argent, fur un ouvrage de lòie ou d’étofe. (Voilà un beau relief.) RELIEF. [Integra effigie toreumaj Terme de Maçon & de Sculpteur. C’est tout ce qui est relevé en bosse , soit en maçonnerie, ou en sculpture. (Voilà qui est dc relief. Voilà un relies préparé , & le sculpteur n’aura plus qu’a lui donner la forme, & à y pousser l’ome- ment qu’il trouvera à propos. 11 y a trois sortes de reliefs. Le haut relief, ou le plein relief, lorsque le* figures font taillées d'a près nature. Le bas relief est une représentation un peu relevée en bosse. Et le demi. relief, quand ses figures sortent à demi corps du plan où elles sont posées. Tarn, HL U u a J R K- U u a ^40 REL f RELIEF, sc dit aussi en termes âs Peinture. Le relief de la Peinture vient des ombres bien menagees & u n’sst qu’aparent. , RELIEF. [Splendor ^ ilhljlratio .] Signifie figurément tout ce qui sert à relever une chose, & à la faire valoir (Les ignbrarts croient sé donnes du relief eri critiquant les Auteurs habiles. Bell.) . f * RELIEF, sé dit de l’éclat qu’urte chose reçoit du voisinage ou de l’opoiìtion de quelque autre. ( La laideur de cette femme donne du relief à la beauté dé sa compagne. Ces couleurs oposées se donnent du relief. ) . ... . . $ * RELIEF, se dit dé l’éclat, dé la considération que donne une chargé, un emploi, une belle action. (II a achetté une charge qUi lui donnera un grand relief. Ún gland nombre de belles actions ont donné du relief à cet Oficier.) . . . ...... £ RELIEFS de table. On apelloit ainsi autrefois ce qui restoit des viandes qú’on avoit servies. On ne le dit plus qu’en plaisantant; RELIER , v. a. [Dénué vincire.) Lier de nòuvéaii; (Relier son bas ) , • , RELIER. [Librum viiulino corio tegere .] Terme de Relieur. C’eít plier , batre, p r elle r, colationner un livre blanc, lui donner les autres façons, & le couvrir dé quelque peau qUe ce soit. (Relier un livre en fiiaròquin, en chagrin , en VeaU ou en parchemin.) . RELIER. [Dolitan circuits ligure.) Terme de Tonnes lier. Métré des cerceaux autour de quelque futaille pour tenir les douves en état. ( Relier une piéce devin.) $ RELIER, se dit aussi cheZ les Inìpriméurs, pour signifier, mettre en reserve une partie des Caractères, Ou méme quelques corps entiers de lettres dont on n’a paS besoin. ., . RËLIEUÊ , f. m. [Bibliopegus.) Ouvrier qui relie les livres & qui elt du corps des Libraires. ( Oudart est un des meilleurs relieurs de tout Paris.) &ELIËURE. Vóïez reliure-. RELIGIEUSE , f. f. [ Mortialis .j Celle qui a pris l’ha- bit de quelque Ordre, qui s’est retirée dans un Couvent & á Fait les trois vœux de religion. (Une bonne Religieuse. Se faire Religieuse.) . Madame de Villeroi & Madahìe Dus font deux excellentes Religieuses Carmélites, plus unies par leur vertu & par leur piété, que par la profession du méme Ordre. . f Fil à la. Religieuse. C’est une forte de fil demi; bfánc, qui se fabrique à Lille en flandtes. $ Voile de Religieuse. Espèce d’étaminé très-claire , dont Ofi fait les voiles des Religieuses. Elle sert aussi en Eté à faire des manteaux courts pour les Gens d’Eglise & de Robé , qui font très-corttmodes pour leur légèreté. RELIGIEUSEMENT, adv. [Rcligiosè, sansiè ) Pieil- fement. D’une maniéré religieuse. (11 vit fort religieusement Il s’aquite religieusement dé tous les devoirs d’urì vrai Chrétien. Les Conquérais ont d’orditiaire plus de foin de faire executer leurs ordres fur la Terre , que d’obscrver religieusement ceux du Ciel. S. Evreimnt , Traducteurs, pag. 194.) * RELIGIEUSEMENT. [Fuieliter , optima fidt) Exactement lnViolablerne'nt (Garder religieusement sfi parole.) RELIGIEUX » religieuse , adj. [Religiosus , puR Religionis cuitor.) Pieux Qui craint Dieu. (Prince Reli. gieux. Loiiise de Vaudemont Femme de Henri troisième étóit une Princesse fort religieuse,) RELIGIEUX , religieuse. [Injiituti religiojì alunmus. J Qui regarde la religion. Qui est de la religion. Qui apartient à la religion. ( Culte religieux; Maison religieuse. Sous des habits religieux ils couvrent des âmes fort irréligieuses. Paf. J. jç. Embrasser la vie relu gieuse. P ort.Roial.) RELIGIEUX, religieuse » [Vit a , morìbìts , skie reli. giàjks.) Fidèle. Régulier. Exact, mais d’une exactitude dont on fait Une espèce de religion. (Je les Voi fi religieux à se taire , que je crains qu’il n’y aie en cela de 1 excès. Paj'c. let. ig. II étoit religieux en tOUteg ses actions, Ablancouri. En matière de langage on né sqauroit être trop religieux;) RELIGIEUX,/, m, [Vir Religiosus.) Celui quisesllet nans quelque Ordre religieux , qui en porte l’habit ; & REL fait les trois vœux de religieux. (Un bon Religieux, âé faire Religieux.) RELIGIEUX de là Merci. [Religiojì de Mercedes) Sot- te de Religieux qui faic vœu de racheter les captifs. Ces Religieux sont mendiafts. Ils portent Une robe blanche avec une chape , & un capuchon de même couleur qui leur couvre la tête » pend fur la chape par derrière, & leur couvre Une partie de l’estotnac; RELIGIEUX, de la. Trinité, ou de la Rédemption des captifs. [Religiojì Redemptionis captivorum.) Ce sont ceux qu’on apeíle ordinairement Màturins. Voter le mot de Maturin. . RELIGIEUX de St. Antoine Voler Antonìm, . RELIGION / [Pietas, Relìgio.) Culte envers Dieu. (Détruire la Religion Chrétienne. Pascal, liv, 16. La Religion Romaine. La Religion Grécquc. La Religion Protestante. La Religion Judaïque. On dit pac abus s La Religion des Païens. La Religion Mahométane. Les Idolâtres ont un très gtand nombre de Religions diférentes. Xjùel esprit fanimoit ? montre-nous à quel titre De là, Religion il se rendoit l’arbitre. Genest;) ÌS Les disputes fur la Religion ont toujours été trés-funestes, & n’ont produit que de mauvais éfets. „ Quelle audace est-ce , je vous prie (dit Mr. de Bal- „ zac dans son Socrate Chrétien. ) quel atentat à un „ citoien dU Bas monde, à un habitant de la terre, de „ se mêler fi avant deS choses supérieures & desafaires „ du ciel ! En quel pals est-il plus étranger qu’en „ telui-là ? Nous deVons ce respect à cette Majesté qui,, se cache , de ne vouloir pas la découvrir, de ne la „ chercher pas avec tant de diligence & d’emprëssement;“ 4 RELIGION. Les guerres de Religion sont celles bù il en paroit le moins , paj les barbaries & les cruaUtez les plus afretçseS dont elles sont parsemées. Ceux qui en sont les premiers moteurs font mille fois plus détestables & plus criminels, que ceux qu’on voie tous les jours fur la roue ; & leur zèle furieux & fana; tique pour la cause de Dieu ne saúroit les excuser. Les guerres de Religion étoient tout à fait inconnues aux païens, à la honte des Chrétiens. Serbellon, General des troupes du Pape, & le Baron des Adrets ont fcbmmis des cruaUtez qui seront à jamais en horreur chez tous ceux qui ont des sentimenS d’humanité & de Religion. Polybe de Folardi * RELIGION, [lujiitia, pietas , jedulitas.) II signifie 'qtielquetois , Piete. Justice. (On a surpris la religion du Prince. Observer la religion du serment.) £ La religion des Souverains est toute autre que celle des particuliers. Folardi . RELIGION. [Religiosorum ordo.) Òrdrè religieux. (Entrer en religion. Etre capable de religion. Avoir l’esprit de religion. Avoir douze ans de religion : C’est. à-dire, être en Religion depuis douze ans. Quiter l’habit de religion. Paj'c. I. 6.) On dit proverbialement d’une personne qui a envié de se marier, qu’elleveut être de la religion de S. Ji); seph, aVe'c quatre pantoufles fous le lit. . Religion veut dire aussi quelquefois le Couvent deá Religieux. [Religiosorum manjìones.) LeS Paroisses font désertés à cause du grand nombre de Religions qu’on laisse établit dans les villes. (Ce petit preitolet he pré; che que dans des Religions de filles, A n’a pour fruit de ses sermons que de simples cotations, acompagnées des tailleries que les Religieuses font fur son chapitre. Accul. Fr.) RELIGION. [Religiojì militares'.) Ce mot en parlant de Chevaliers de Malte Veut dire, L’Ordre. (llórdon; na que tous les Chevaliers qui obtiendroient des Com-* manderies de grâce , en païeroient le revenu à la Reli- gion. Venez secourir la Religion qui vous a élevez. Pert Bouhours, Hijt. d’Aubuj]on, 1 . 2.) RELIGION prétendue Reformée. [Calvinijiàrùhi dog. mata. ] Les Catoliques Romains apellent ainiï les Catoliques non-Romains, & ceux qu’on àpellè vulgaire- nient Huguenots , mais les Huguenots entre eux se disent de la Religion Reformée; Ces mots de Religion prétendue Reformée sont principalement en usage dans les livres de Controverse des Catoliques Ro- hiaíns, & dans leS Edits & Déclarations des Rois de France. VoïeZ la dessus les divers Edits qni ont été publiez du tems des troubles fur le sujet de la Re* ligion. * RS- REL RELIGION. \Calvinifla .] On se sert de ce mot absolument dans de certaines façons de parler , pour marquer qu'une personne est Huguenot. (Feu d’Ablan. Court de l’Àcadéniie Françoise étbit de la Religion, & estmott àAblancourt, petit vilagé en Champagne , entre Châlons&Vitri.) RELIGIONAIRES , s »r. [Calvinianœ seflœsePlatoresj Ce mot pour dite ceux de la Religion prétendue reformée , ne se dit pas bien , & est condamné de là plupart de ceux qui croient être habiles en François-. jjf Mr. de Balzac ne pouVoit soufrir Religion aire ; le P. Bouhours le défendit ; voici ce qu’ils dirent l’uiì & l’autre. Mr. de Balzac, dans ses Entretiens , tome 2. pag. 246» a dit : ,, Le mot de Religionaire h’est pas ,, François ; il Vient du même pais que celui de Do- ,, [binaire-, & ce fut fans doute , Un Prédicateur Gas- 3 , con qui le débita la première fois à Bâtis. Je né „ voudrois diré ni les Gueux , comme on faisòit aux 3, Païs-Bas au commencement des troubles de la Re- „ iigion -, ni Parpaillots, comme Oh fit en France dans ,3 hos dernières guerres civiles, & durant le siège dé „ Montauban. Ces deux mots Ont été de courte vie, ,3 & leur destin n’a pas voulu qu’ils durassent -, outré ,3 qu’ils hie semblent être Un peU trop comiques & „ trop populaire -: mais enebre me dêplaisent-ils moins ,, que Religionaire , qui n’est ni Latin, ni François, ni plaisant, ni sérieux , qui ne signifie point ce 33 qu’ils Veulent qu’il signifie. Le mot de Religieux ,, Vient de Religion pâr la Voye légitime & naturelle; celui d q Religionaire en vient aussi, mais par une ,5 licence ; pour le moins il n’est pas François, coin- ,, me je l’ai dit d’abord, & n’a garde d’être si bon ,, que Seflaire, duquel néanmoins on he se sert pas. ,, La meilleure partie du peuple-, ne sentent! point; le bon usage ne l’a point reçû ; il a été fabriqué „ dans un coin du Querci ou du Perigord , & par 3, conséquent il doit être condamné commé barbare, 3, & envolé à Sarlai ou à Cadenat, d’où il est Venu.“ 11 faut entendre à présent le P. Bouhours, pag. 4. de ses Doutes. ,, Un mot peut-il être plus maltraité ? & „ Mr. de Balzac n’étoit-il pas ce jour-là en mauvaise ,, humeur ? Mâis êtes-Vous de son sentiment? Le m'Ot ,3 de Religionaire est-il si barbare & si monstrueux ? ,, N’a t-il point été reçu à la Cour? Tant de mots ,3 Gascons y sont bien venus. Si les mots Espagnols ,, & Italiens deviennent François avec le tems, pout- ,, quoi les mots Perigordins 11e le deviendroient-ils „ pas ? Comme les Calvinistes ont été apellez au commencement Ceux de la Religion , & que noUs ,, disons encore aujourd’hui en parlant d’un Hugue- ,, not, C’est un homme de la Religion , on a pu les 3, apeller Religiònaires , de même que les Hérétiques ,, qui ont eu des erreurs (ur le Sacrement de l’Eu- 3, charistie & fur le ìnistére de la Trinité, ont été „ nommez Sacramentaires & Trinitaires. û’ailleurs 3 -, on a pû par analogie former de Religion, Religionaire , „ comme on a fait de vision , visionnaire , de Concus- „sion, Concujsionaire, de Mission, M{siìonaire. Je tom- 3, be d’acord que le mot de Huguenot ou de Calvi- „ niíle est plus usité; qu’il s’cn faut servir d’ordinaire, „ sur tout dans le discours familier : mais ne pour- ,, roit-On pas , dans un discours élevé, après avoir ,, dit souVent Huguenots , dire Une fois ou deux Re- i, ligimaires ? Je fuis bien trompé, si vous ne l’aimeZ „ mieux que Parpaillots. Le goût d’un Académicien ,, n’est pas toujours celui dé l’Académie.“ Le Révérend Pere reconnoit bien qUe Ce terme ssest point François. En éfet, il est trop générique, & ne caractérise point la secte dont on Veut parler s ehsqrte que l’on ne petit le toleret que dans la conversation familière. Mr. Ménage, ch. 7;. tome 2. de ses Observations, convient que l’on peut par analogie former de Religion , Religionaire : mais (ajoute^t-il) avec tout cela, comme on ne dit point Religiònaires pour Huguenots, il ne faut point le dire, & la remarque de Mr. de Balzac est véritable au fond, & il semble changer de sentiment dans ses Additions, pag. 49;. où il dit que ce mot Religionaire sc trouve dans la Biblioteque Françoise de Mr. Sofrel , pag. ; 1 ;. dans les Mémoires de Pontis , & dans l’Histoire de Me- zerai. Mais toutes ces autorisez ne doivent pas prévaloir à la régie qui bannit les termes Génériques qui jetent toujours les Lecteurs dans l’incertitude. RELlMhK, !’. a. ílterum limare.l Limer denou- Veau. (Rçlimer une cíé.) REL 341 RELIMER. [Perpolires 11 se dit ausigurê, des ou. vrages d esprit. C’est-à-dire, retoucher , polir. (Reli- mer.un ouvrage. Ce livre servit plus poli, si l’Auteur avoit eu le loisir de le Yelìmcr un peu.) t RELIQUA, f. m. Terme de Palais. Ce mot est purement Latin. Prononcez relika. Ce mot signifie relie plaìd^T) Payef d “ reUqUa d>Un Paint, RELIQUAIRE , f. ni. [Capsula reliquiarums Prononcez relikairé, C est une maniéré de petite boite, qui est le plus souvent d’argeht, ou de Vermeil doré, & quiestmignonnement travaillé, où l’on met des reli. ques. (Un beau reliquaire,) t RELIQUAÍAIRÈ, adj. Sc s. m. & f. [D ebitor.l Ter. hie de Palais. C’est-à-dire , celui ou celle qui est débiteur, ou débitrice d’un reliqua de compte. On le dit 'aussi de tous ceux qui Vont païé qu’à compte, & qui doivent encore le resté. RELIQUE , f f. [ Sanflormn osia . ] Quelque chose d un corps d’un Saint. Prononcez relike. (Les Saintes reliques. Basser les reliques. Avoir de la Vénération pour les reliques. C’est une précieuse relique.) * RELIQUES. \Reliquia.’] Ce mot pris dans le figuré pour dire une chose précieuse, est bas. (II garde cela comme des reliques. 11 ne faut non plus toucher à cela qu’à des reliques. Un baudet chargé de reliques S'imagina qu'on Padorait ; Dans ce penser il se quarroit , Recevant comme siens l'encens les cantiques. La Font.) * RELIQUES. [Reliquiœ.'] Ce mot pour dire reste, est dc la belle prose & de la belle poésie. L’art qui fait les Dieux, Montre encore aujourd’hui leurs superbes reliques. Gomb. Poésies. Nous sommes obligez à Àrrian de nous avoir sauvé ìes reliques de la Philosophie d’Epictete. Balzac. II recherche les reliques précieuses de ce grain celeste que son pere avoit autrefois semé. Patru , Eloge de Monsieur de Belliévré. 11 rentra dans Babilone avec les tristes reliques de l’armée , Vaug. Quint. liv. 4. c. 16. (si Malherbe à dit dans son Ode au Roi Henri le Grand t Tous ces cbefs-d’œuvres antiques. Ont à peine leurs reliques. Mr de Balzac a condamné hautement dans son Socrate Chrétien le mot relique dans les sens de reste. Mr. Ménage & M. Costar ont soutenu que ce terme avoit bonne grâce dans les compositions relevées. Us oposcnt Mr. de Balzac à lui-même, & soutiennent leur sentiment par plusieurs autoritêz. Mr. le Cardinal du Perron a dit : Serre fst cueille en naissant les reliques du jour. Mr de GombaUd î Dont Part qui fait les Dieux Montre encor aujourd’hui les superbes reliques. Ronsard : Ainsi disant il se pâme Sur le corps qui trépassait , Et les reliques de Pâme De ses lèvres ramajfoit. Toutes ces autoritêz n’ont pu sauver relique de la décrépitude ; il est resté seulement dans fa signification naturelle, & on ne le connoît plus que dans l’E- glise. RELIRE, v. a. [Re/egere.] Lire de nouveau. Je relis, j’airelu, je relus. (Un Eclesiastique doit lire & relire l’Ecriture Sainte. Quelle pitié de voir Porateur entrepris, Relire dans la voûte un Sermon mal aprU. Sanlec.) RELU , relut , part. [ReMaf.] Qui a été lù une se- tonde fois. (Ce livre a été exactement relu.) RELI u RE if /• [Librorum concinnatios Maniéré & façon dont un livre est relié. (Une méchante reliure. Une bonne reliûre.) t RELOGER 3 v. n. & V. a. [ Ad primum do- tnicihum revertis Loger de nouveau. Retourner lo- V u ; ger £er en un íîeuqu'on avoit quité. (II est ail é reloger dans ía maison oú ii logeoit autrefois. Ce prisonnier s'étoit évadé , mais on )’a relogé en prison.) £ RELOU AGE , / m- Terme de Pêche de haran. C’est le tems que ce poisson fraie, ce qui arrive vers Noël. Le haran da as cette saison est de très-mauraise qualité. RELO u ER, v. a. s Iterùm conducere .J Louer une seconde fois. (Relouer une maison. ) II lignifie auíîì louer à d’autres une partie de ce qu’on avoit loué. (II a loué toute cette maison, mais comme elle est trop grande pour lui , il en reloùe une partie à d’atrtres personnes.) RELUIRE, ®. n. [Relucere, emicare.] Luire beaucoup. Jeter quelque lueur. (Ón voiî cela reluire la nuit. Leurs armes reluisoient de loin.) * RELUIRE, [Fulgere -, Jpkndere.] Paraître. Briller. Eclater. (On voit reluire en ses mœurs la sévérité de nos ancêtres. Ablanc. Tac. Hiji. liv. chap. 5. Elle diíòîtqu’ellene voioit reluire qu’en lui les qualitez d’un Souverain. Ablancourt, Tac. Ann. liv. 1 chap. , 6 . ) ' Tout ce qui reluit n'eji pas or. Qupd lucét non prisât. Proverbe pour dire , qu’il y a des personnes qui paraissent riches, ou gens de bien, qui ne le sont pas en éfer. RELUISANT , reluisante, adj. [Fulgens, lucens,Jplen- didus.] Qui luit beaucoup. Qui éclate fort. (11 a vu des hommes & des chevaux tout reluisant , non pas rì’or mais d’acier. Vaug. Quint. I. 2. c. REMACHER, ». a. [Rtmandere.] Mâcher de nouveau. (11 y a de certaines bêtes qui remâchent ce qu’el- les ont mangé.) * REM á CHER. [Ammo perpendere. ] Repasser dans son esprit. Rouler dans son esprit. (11 fut long.tems à remâcher sa douleur. Ablancourt , Tac. Vie d’Agncola , c. 2. ) REMAÇONNER , ». a. [ Rejlaurare, cceméntis iterum jiruere. ] Réparer par le travail d’un Maqon. (Dans une vieille maison , il y a toujours quelque chose à remaçormer.) t REMANDER , ». a. [ Iterùm mandare.] Mander de nouveau. (Je lui ai mandé & remandé qu’il se salloit défier des Tartufes.) REMANGER, ». a. [Rurrùs comedere.] Manger une seconde fois. (Ce goulu avoit bien mangé, mais ìl ne laissa pas de remanger une heure après.) REMANIER, ». a. [ Itcrùm contreciare .] Manier de nouveau. Retoucher. (Je l’ai manié & remanié.) Les Imprimeurs disent, il a fallu remanier toute cette page pour ajoûter ce mot. REMANIER- [Refarcire.] Refaire un ouvrage, le retoucher en plusieurs endroits. (Ce Prédicateur a a remanié tous ses fermons.) REMANIER à bout. [In integrum réparation Terme de Couvreur. C’eft réparer une couverture d’un bout l’autre. REMANIMENT , f. [Reformatio.] L’action de re. manier. REMARCHANDER, v. a. [Pretium denuò eìx- petere J Marchander de nouveau. (II avoit marchandé ces étofes l’autre jour, & il est venu les remarchandtr aujourd’hui.) * REM ARCHER, ». a. f Iterùm incedere .] Marcher de nouveau. (L’armée étoit revenue en ses quartiers d’hiver, mais on l’afait remarcher en Italie.) REMARIER , ». a - [Ad secundas nuptias canvo- Iare .3 Marier de nouveau. (On l’a remarié à une vieille qui le fait enrager.) Se remarier , v. r. ) Iterum uxorem clucere.] Se marier de nouveau. (Le bon homme la Mote le Vaier se remaria à quatre-vints ans & plus. Un femme ne doit point se remarier durant l’ablence de son mari, & fi elle n’a des nouvelles assurées de fa mort. Le Mait. plaid. 26. REMARQUABLE, *df. [ Notandus , notabilìs. J Prononcez remarkable. Digne de remarque. Considérable. (Evenement remarquable. Action remarquable. Ablancourt. Un homme remarquable.) REMARQUE , / f. [ Observatio , notatio. J Observation qu’on fait sur quelque chose. (Une belle , une judicieuse remarque. Faire des remarques fur la langue. 11 y a tant de remarques fur la langue qu’on ne fait plus comment écrire.) * Un Seigneur de remarque. [Cmsicuus [f insgnk homo ] C’est à-dire , de considération. REMARQUER , v. a. [N ot are , observare,anhmdver~ tere.J Prononcez remarké. Observer , voir , prendre garde, considérer. (Remarquer des défauts dans un ouvrage. Ablancourt. Le Roi se faisoit remarquer à ses armes &à fa bonne mine. Vaugelas,, Quint. I. 6 . c. 1. Remarquer le chemin.) REMARQUEUR -sm. [Adnotator.] Mot de mépris, qui signifie un faiseur de remarques. Amelot de la Houffaie s’en sert. REMARQUEUR. [InJligatarJ Terme de Fauconnerie. C’est celui qu’on méne à la chasse pour remarquer la perdrix. SE REMASQUER , ». r. [Paropìdetn iterum as. sumere.] Remettre son masque. (Elle avoit ôté son masque, & elle s’eft remasquée incontinent.) REMBAL.ER, ». «. [Resarcixare. ] Embaler de nouveau. (Rembaler de la marchandise.) F * REMBARER , OU rembarres-. [Confutare, re. pellere.] C’est parler d’un ton rébarbatif à une personne, en réfutant & renversant tout ce qu’elle dit. Bourrer de paroles, (f Je voudrais qu’il y eút ici quelcun de ce* Messieurs pour vous tenir tête , & rembârer un peu ce que vous venez de dire , Molière , Malade imaginants ait. y.fc. Rembârer quelcun. Ablancourt.) 0 Brantôme , Vie de Hem-t II. dit : Les seconde rembarerent leurs ennemis jusques au quatrième. Je crois qu’il ne faut user de ce mot que dans la conversation. REMBARQUEMENT , f. m. [In navem itérant conscenso .J Action de rembarquer. (Travailler au rembarquement de l’artillerie.) * REMBARQUEMENT. [Iterata implicatio.] Rengagement. ( Son rembarquement dans les procès a achevé de le ruiner. ) REMBARQUER , t», a. [Iterùm navem conscesu dere.] Prononcez reinbarké. C’eft embarquer de nouveau. ( Rembarquer des marchandises. Rembarquer l’artillerie.) REMBARQUER. [Iterum negotio implicare.] Rengager, (11 l’a heureuiement rembarqué dans cette affaire.) Se rembarquer, v. a. [Ad naves reverti.] S’embarqueï de nouveau. (Nous nous rembarquâmes à Tunis. * J’avois raison de dire qu’il salloit faire sortir les violons, & qu’il ne faloit rien pour se rembarquer. Voit, l. 10. ) REMBLAI,/*». [Agger .2 Terme de Maçonnerie. Travail pour faire une levée, ou aplanir un terrain aVeû des terres raportées. t R EMBLAVER , ». a. [Semmare, inférer e.] Ter» me à'Agriculture. Réfemer du bled. (Remblaver une terre.) REMROITEMENT ,/ m. [Luxatorura ojjium reftitutio .J L’action de remboîter les os & de les remet, tre en leur place. (Ce Chirurgien entend fort bien le remboitement des os.) REMBOITER, v. a. [Luxation os in suant fédéra repo. sure.} Terme de Chirurgien. 11 se dit des os, & signifié les remettre en leur place. (Remboîter un os.) REMBOURREMENT , f m. [Refertio cura U. mento.) L’action de rembourrer & le travail qu’on fait pour rembourrer- ( Le rembourrement des bâts de mulets.) REMBOURRER, ». a. [Clitellasiomento reíercire.] Terme de Sellier. C’est remplir de bourre. (Rembourrer des panneaux de selle.) f REMBOURRER fin pourpoint. [Capere confidentiam in ventres] Alots bas & burlesques, pour dire bien nu», ger. Se taire une bonne carrelure de ventre. REMBOURSEMENT,/ m. [Summa precjlatíci] Action de rembourser. (Faire un remboursement.) REMBOURSER, v. a. [Rependere.] Redonner à quelcun les frais qu’il a faits (11 lui a remboursé tousleJ frais qu’elle avoit faits. 11 a été remboursé de tous st» frais.) REMBOURSER une rente. [Afcititiiun pensonemdif. solvere. J C’est la racheter, en parer le principal & sts arréragés.) RExVIBRASER, ». a. [De novo infiammare .] Em* brafer de nouveau. (Ce feu étoit presque éteint, niai» un grand vent est survenu , qui l’a embraie.) REMBRASSER , ®. a. [ Rursus amplexari. ] Embrasser de nouveau. (Rembrafler une maîtresse en lui disant REM dìsant adieu. 11s se font réconciliez & se sont rembras- sez. ) RÉMBROCHER, »• a. [Carnem ver u refigere.] Embrocher de nouveau. Embrocher mieux. (Cela n’eít pas bien embroché, rembrochez-le.) REMBRUNIR > »• a. [Expolire , Ltvigare.] Rendre plus brun. (Rembrunir une peinture.) REMBRUNIR i’or. C’est le brunir davantage. REMBRUNISSEMENT , f m. [Lavor , politura.] Ce qui rembrunit. Ce rembruniísement fait un bel effet sur cette peinture.) REMBUCHEMENT , s. m. [In latibulum rt. greffes.] Terme de Chasse. C’est lors qu’une bête est entrée dans le fort, que vous brisez fur les voies haut & bas de plusieurs brisées. Sain. REMBÚCHER , v. a. [ Latibulum repetere. ] Terme de Cbajje. Faire rentrer une bête dans son fort. (Rem- bûcher une bête.) Se rembûcber , v. r. [In latibulum regredi.] Rentrer dans son fort. (Bête qui fe r embûche.) f * Se rembûcber. [Occultait.'] Se cacher & se retirer en quelque lieu particulier. (Les spectres des Cimetières se rembûchent dans leurs trous.) REMEDE , f m. [ Medicina , medicamentum.] Tout ce qu’on prend pour conserver sa santé , ou pour emporter le mal qu’on a. (Remede souverain, excellent, bon, puissant, violent, promt, lent, doux, bénin. Les remedes font plus lents que les maux. Ablancourt, Tac. 11 prépara ses remedes par l’ordre du Prince. Ablanc. Arr. I. a.c. j. Le remede le travailla fort. Vaug. Quint. l.s. Laissez operer le remede. LaChamb. Etre dans les remedes. Molière. Voici un petit remede qu'il faut prendre. Molière. User de remèdes. Ablanc. Nous ferons agir d’autres remedes pour la guérir. Mol. Avoir recours aux remedes. Ablanc . Se mettre dans les remedes. Etre dans les remedes. Prendre des remedes. Un escadron co'éjsè d’abord court à son aide , L’une chauffe un bouillon , l'autre aprlte un remede. Despr.) * REMEDE. [ Solatium » levamen.] Soulagement & tout ce qui apaise, qui adoucit les maux , les disgrâces, les malheurs, &e. (J’ai tâché d’aporter quelque remede à vos maux. Ablancourt , Rétor. I. 2 . Ce me fera peut-être un remede de croire qu’il n’y en a point. Vod. i. i} ï. Le bouillon pris ensuite , il prononce ces mots : Ab ! bouillon des bouillons , remede a tous mes maux. Aut anon.) f “ REMEDE > se dit de tout ce qui sert à guérir les maladies de famé. (La lecture est un bon remede contre I’ennui. La connoissance de foi même est un grand remede contre i’orgueil.) * REMEDE d’amour. On le dit Prov. d’une femme vieille ou fort laide. (II a une maîtresse qui est un vrai remede d’amour.) * REMEDE. [Remedium , praservatio.] Ressource. Espérance. Expediens pour reùllìr en quelque chose, pour venir à bout de quelque chose. (Ah ! je te quitte maintenant, & je n’y vois plus de remede. Molière , George Dandin, aH. Philis , je fuit dessous vos lois , Et fans remede a cette foie, Mon aine est vôtre prisonnière. Voiture, Poésies.) RtMEDE de poids. [MetaUi legitimì pro permijsu im- pia. ) Terme de Monbie. Permission acordée par le Prince aux Fermiers des monoïes de tenir les especes un peu plus (bibles que le poids juste. Voïez Motsieur Botsard, Traité des Momies. REMEDE de loi. Terme de Mendies. Permission acordée par le Prince aux Maîtres & aux Fermiers de ses Monoïes. de tenir la bonté interieure des especes d’or & d’argent moindre qu’il n’est permis par l’Ordonnance. (Especes qui se trouvent dans les remedes de l’Ordon- nance. 11 a été condamné à l’amande, parce que fessai qu’on a fait des especes fabriquées , a été jugé hors des remedes de l’Ordonnance. Voïez Monsieur Beìsard, Traité des Monoies.') if Mr Bouterouë a remarqué dans son Introduèlkn aux Recherches des Monoies , qu’il est comme impossible que l’alliage de deux métaux, & fessai qui en est fait, soitlì juste, qu’tl n’y ait plus ou moins que le degré qui est permis. Si Les Ordonnances qui ies règlent REM 343 étoient exécutées à la rigueur, il n’y a point de Fermier de monoïes qui ne fût expose à la peine; c’eít pourquoi l’on a inventé ce que l’on apelte remede de loi , qui est une permission donnée par le Prince aux Fermiers de ses monoïes , de tenir la bonté intérieure des especes d’or & d’argent plus écharce ou moindre qu’il n’est permis par f Ordonnance, comme pour for à vingt-un karats trois quarts, au lieu de vingt-deux karats ; & pour l’argent, à dix deniers vingts-deux grains, au lieu de douze deniers. £ REMEDE des poids de marc. Terme de Balancier . C’est un excédent de pesanteur que les Balanciers font obligez de donner à tous les poids qu’ils fabriquent, au-delà de la véritable pesanteur qu’ils doivent avoir ; ce qui s’apelle remede fur le fort, au lieu que celui des poids des espèces, est un remede fur le foible. REMEDIER , v. n. [ Mederì , remedium adhibere. ] Aporter du remede. Empêcher quelque fâcheux éfet. (Us sc moquoient de tous les préparatifs que nous faisions pour remédier à cette surprise. Voiture , lettre 74,) On le dit aussi figurément dans le même sens que rt- mede. REMêLER,». «. [Iterùm mìfiere.] Mêler de nouveau. (Remêler les cartes. Remêler plusieurs fortes de grains. Se remêler parmi les ennemis.) t REMEMBRANCE , J- f. [Reprasentatio, rente- moratio.] Ce mot signifie ressouvenir, & ne sc dit qu’cn burlesque, & même il se dit rarement, parce qu’il est fort vieux. [Jadis en êtoit reniembrance , Gent ans a qu’il en vint en France ; Voit. Poésies.) REMEMORER, ». a. [In memarìam revocare.] Ce mot est vieux, & signifie faire ressouvenir quelcun de quelque chose. | Se remémorer. [Recordari.] Remettre en fa mémoire. (Se remémorer des faveurs qu’on a requës de quelcun.) REMENE'E ,// [Cameru/a.] Terme de Maçon. Especede petite voûte qu’on fait quelquefois au des- fus des portes, ou des fenêtres. On l’apelle autrement arriere-vousfure. REMENER, ». «. [Reducere] Remettre une personne où elle loge. Remettre une personne chez elle. (Je vous prie de remener Monsieur à son logis. Si vous voulez me remener dans mon quartier, vous me ferez plaisir.) REMERCIER, »• «. [Giatias agere , grates ha- bere.J Faire des remercimens. Rendre grâces. Etre redevable à quelcun , ou à quelque chose qui nous a garantis de quelque disgrâce. (Remercier quelcun de quelque faveur, ou de quelque bonofice. 11 peut remercier Pavantage qu’il a de vous apaftenir. Molière , George Dandin , ail, 1 ) REMERCIER. [Honejìè amandare.] 11 sc dit quelquefois civilement de ceux à qui on refuse quelque chose, qu’on congédié , ou à qui l’on ôte quelque charge. (Exemples. On lui a demandé fa fille en mariage, mais il les a remerciez. 11 a remercié l’Oficier qui avoir été établi par son prédécesseur. On dit auílì en riant î Je vausremercie de vos bons conseils, mais je fuis résolu de n’en rien faire.) f On dit aussi » Remercier des troupes , pour dire, licencier , les congedier. Celui qui execute cet ordre leur dit, Le Roi vous remercie. REMERCÎMENT, f m. [Grdtiarum aftio. J Pron on. cez remerciman. Action de grâces. (Remercîment ingénieux , galant, civil , honête , humble. Faire un remercîment à quelcun. 11 est digne de remercîment, ) REMERE ',f m. [Redimendi facultas.] Terme de Vdais. Faculté de rentrer dans un herirage qu’on vend, en remboursant le prix & les fraix légitimés. (La faculté de réméré ne dure que trente ans.) Ce mot vient de redimère & racheter. Le réméré, óu la faculté dé rachat est un p*, cte , par lequel il est convenu que le vendeur aura la liberté de rentrer dans la possession de la chose vendue , en tendant le prix à l’acheteur, ou ce qui e n aura été payé, avec les fraix & loyaux coûts. Cette faculté est réservée indéfiniment & fans terme; elle subsiste pendant trente ans : mais l’acheteur , après un délai raisonnable , peut foire apurer la grâce, & demander que le contrat soit déclaré pur& simple; k & pour lors ies Juges donnent un terme certain dans * lequel le vendeur peut, tendant ee qu’il a reçû, sc* p ré va- 344 REM prévaloir du réméré. Elle peut auíïi être determineé par un tems fixe de deux ou de trois anneés, plus ou moins,& en ce cas, l’acheteur ne peut ni aliéner,ni enga. gerl’héritage au préjudice du Propriétaire. Cette espece de contrat'a beaucoup deraportavec le contrat pignoratif , & avec Panticrefe. Loiseau , dans son Traité de ia distinction des rentes , liv. i. chap. 7. a remarqué qu’anciennement il n’étoit pas permis d’imposcr une hipotéque fur un fond fans en faire la traduction réelle & élective; ainsi pour assurer une somme qwe l’on prctoit à un particulier , on feignoit la vente d’un héritage fous la grâce du rachat dans le tems que l’on fixoit, comme étant le terme où la somme devois être rendue : & l’on voit aisément q u’u n semblable contrat est très-fouvent la couverture d’une usure défendue ; & comme il est dificile d’en découvrir la vérité, le même Auteur veut que l’on tâche de découvrir la véritable intention des contractans, c'est-à- dire > fi la vente est sincere , ou si c’est un simple engagement pour la sûreté de la somme prêtée , & des intérêts ; ce qui est très-importantà savoir, parue qu’ett cas de contrat pignoratif, Paquereur simulé doit tenir compte des fruits qu’il a perçus ; à quoi l’aquereur n’eíl point obligé quand la vente est faite de bonne foi , sous la condition de réméré. Cette matière a été traitée pat plusieurs Docteurs, & décidée par plusieurs Arrêts que l’on peut consulter. REMESURER , V. a. [Remètiri.] Mesurer de nouveau. (Remefurer du bled , de l’aveine, &c.) REMETTRE > v. a. [ Repomre .] Replacer une chose qui est hors de son lieu. Ainsi en matière d’exercices militaires, on dit. (Remettez la baguette en son lieu. Remettez la mèche. Remettez vos épées, &c.) REMETTRE. [Inprijíinumjiatufû rejiituere .] Redonner. Mettre de nouveau entre les mains. (Remettre au pouvoir. Remettre quelqu’un à la merci de ses ennemis. Voit. Ut. 9. Les Ambassadeurs lui remirent tous i'es Etats. Vaug. Quint. liv. 8. chap. >;. REMETTRE. [Novas copias cólligere.] Mettre de rioiï- veau. Mettre. (Remettez des troupes fur pié. Ablanc. Tac. hijì. liv. 2. chap. 2;. Remettez votre conduite antre les mains dé Dieu & esperez en lui. Port-Roial » Ps. Hâtez vous lentement U fans perdre courage , Vint fois fur le métier remettez votre ouvragé. Defpr.) REMETTRE. [Dijserre.] Différer. (Je reròettrai à u né autre fois à vous déclarer mes feotimens fur ce passage. Vase. liv. 9. 11 ne faut pas remettre des fuplices à une saison destinée à la joie. Voit. liv. 1$. Remettre de jour en jour. Voiture , lettre 15. Lorsqu’il faut parer, ils n’ont pas un sou j & ils nous remettent à la montre. Ablanc. Luc. tom. f.) On dit au jeu : Remettre la Partie à une autrè fois. [Partem remìttere.] La partie est à remettre, c'ejl-a.dire, il faut rejouer. [Pars rejìanenda ejì. ] Remettre. Qui- íer, (Remettre les arrérages.) [Cedere.] f- REMETTRE, fe dit en termes de Négoce & de Coril- rnerce. Remettre de l’argent en une ville, c’est I’y faire tenir par lettre de change > ois autrement. (11 a remis Mne grosse somme à Amsterdam, à Londres.) f REMETTRE, signifie aulli fe dessaisir d’un emploi entre les mains de celui qui a droit d’y pourvoir. ( Remettre un benefice, remettre une charge entre les mains d u Roi.) ch REMETTRË Uri paquet, une ìettre, une somme d’af. gent à quelcun. C’est les lui envoler, les lui faire tenir. REMETTRE. [Ob oculos ponere.J Représenter. (Pour îe détourner, il lui remettait ces nouvelles noces de- va n t les yeux. Ablan. Tacite , An. liv. ) REMETTRE, [Amicos in gratiam rejiituere .] Réconcilier. ( Remettre bien ensemble des gens qui sont brouillez. Le Comte de BuJJi.') REMETTRE , v. a. jj Condonare , parceytQ II signifie aulfrpardonner. Mais en ce sens , il ne sert ordinairement que dans des ouvrages de pieté. (On remet les pephez à un véritable penitent. Port-Roial t Heures-. seigneur, vous avez remis l’iniquité de votre peuple, Port-Roial , Pf) r REMETTRE, [Lukata offa in fuum locum rejiituere. J Terme de Chirurgien. Remboîter, Racommoder. (Remettre urt os. Remettre une épaule, Tev.) REMETTRE. [ Reparare. ] seime d’Evolution Militaire, C est faire reprendre ses premieres distances. (Re* mettre les rangs , sc* fiscs, un bataillon.) REM f REMETTRE. Terme de Chandelier. Remettre ìâ chandele , c’est lui donner la troisième couche de suif. Pour la premiere trempe on dit plinger. Pour la secon- de, c’est retourner. Les autres suivantes n’ont point de nom , à la réservé des deux dernieres, dont Tune s’apelle mettre prêtes, & l’autre rachever. Se remettre , v. r. [Locum repetere .] Se replacer. Se placer comme on étoit. (Que chacun fe remette en sa place.) * Se remettre. [Intermiffum opus revocare.] Serapli- quer à quelque chose. (Sé remettre à l’étude de la Philosophie. Ablanc ,) * Se remettre avec quelqu’un. [Cum aliquo gratiam inìre .] C’est sc réconcilier avec quelcun. C’est rentrer en grâce avec quelcun. (Elle emploia tous ses charmes pour faire qu’il fe remit bien auprès d’Alexandre. Vaug, Quint. I. 8- c. 3.) Se remettre. [Rem alicui pirmittere.] S’en raportet au jugement de quelcun. En vouloir palier par son avis. Se reposer fur quelcun® s’y fier , s’y assurer. ( Je les trouve toutes deux si belles, que je ne me puisrefou. tire au choix, & je m'en remets à vous. Voit. let. amour. Je nesaì si je me dois remettre de cela sur d’autres que fur moi. Racine , Androm. ail. 4, fe. 4.) * Se remettre. [Sibi aliquid fubjicere , reprfmtarc,] Se ressouvenir. Rapeller dans son esprit les idées de quelque chose. Se reprefenter. Reconnoitre (Ne vous remettez-vous pas nìon visage. Molière , Vourceaug.) * Se remettre. [Anìmum rejiituere.'] Revenir de quel- qUe trouble, de quelque agitation d’efprit. (II fut long. tems à fe remettre de la confusion, Scaron, Nouv.) * Se remettre. [A marbo recreari.] Ce mot se dit en parlant de gens malades , infirmes , ou incommodez. C’est ce refaire. Se ravoir. Reprendre ses forces. (Pour ìne remettre d’un hiver que j’ai été fans me chauffer, je in’en vais. Voit. I. <;o.) Se remettre. [PrioremJìtum occupare.] Terme de Mai. ire d’Armes. C’est fe mettre en garde comme l’on étoit avant que d’avoir porté. (Portez & remettez-vous.) Se remettre , fisc in locum fuum restitmre.] Terme $ Evolution Militaire. C’est reprendre ses distances & faire face fur le même front où l’on étoit avant le mouvement. Se remettre de la même maniéré qu’on a doublé. (Rangs, remettez-vous.) REMEUBLER -, v. a. [Nova fupelleciili ades in- jlrutre .J Meubler de nouveau. (Remeubler une cham- bre.) REMI -, f ra. [Remigius.] Nom d’homme. (Saint Rémi baptisa Clovis à Reims.) REM 1 NISCENCE , j', f. [ Reminifcentia , recorda- tìo. ] Terme de Philosophie. Prononcez reminiçance. Ressouvenir. Mémoire qui revient des choses qu’on avoir oubliées. (Les Platoniciens difoient que ndus n’a- prenons rien que par réminiscence.) . REMIS , remise -, adj. [Repojìtus .] Replacé en son lieu, (Argent remis dans le coffre.) REMIS, remise. Dilatas.] Déféré au jugement, (L’a- faire sut remise à la décision de l’Empereur. Ablanc. Tacite, An. liv. ;.) REMIS b remise. Rétabli. (Les légions furent remises fur pied en un instant. Ablanc. Tue. Hjt. I. 2. c. 2Ç.) 11 Jçait que le pouvoir n’ejì remis en ses mains, Que pour le conjâcrer au salut des humains. * Geneít.) REMIS i remise. [Condonatus , remjfus.] Pardonné, (Tous ses pechez lui sont remis.) REMISE , f. f. [Dilatio , procrajiinatio.] Delai. Retardement. (User de remise. Abl. Je fuis sor le point de partir fans aucune remise. Voit. I. 18. Ses remises firent naître Un soupçon dans l’efprit du Roi. Vaug. Quint. I. ;. ch. 7, 11 saut que sans remise J’acheve ici mon entreprise. Cadmus, act. 4.) REMISE. [Débita pócunìa condonatio.] Diminution, Rabais. (On lui fait une remise de cent pistoles. ( On lui a fait une remise des intérêts, pour être paié du principal.) REMISE. [Rhedárum receptáculum,] Lieu de la maison où l’on met le carosse. (Métré le carosse sous la remise. Louer une remise de carosse.) REMISE de sacs. [Litis injlrumentoruni in tabulario de- M jpojìtio.] Terme de Palais. C’est quand après le jugement d’an procès, le Raporteur remet le procès au gréfe* sfin quê REM que les Procureurs des parties retirent les sacs du gré- fe , & les rendent chacun à leurs parties. REMISE. [Fugitivx alitis dumetana ìatebrai] Terme de Chassé. Ce mot se dit en parlant de -perdrix. Endroit où elles s’arrétent. (Atraper les perdrix à la remile. Que faire ? aller à la remise Serait ime vaine entreprise , De leur premier vol toutes trois , Elles ont atrapé le bois, Perr. Chaise.) REMISE. [Pecunix tranfmissioi] Se dit du commerce d’argent de ville en ville , & de place en place. (.11 est aisé à Lion de faire des remises d’argent dans toutes les villes de l’Europe.) REM 1 SSIBLE, adj. [Remissibilis.2 Qui mente pardon. Digne de grâce. Digne de remiliion. (Crime qui n’eû pas remiffible.) REMISSION,//. [Gratia criminisi] Grâce qui se donne par le Roi en forme de Chartre en cire verte pour un crime qui mérité la mort. (Obtenir des lettes de remiliion.) REMISSION. [Remijsios Terme de Piété. II signifie pardon. (Avoir rémission de ses pechez. II plaide sans rémission.) REMISSION y fe dit aussi pour indulgence, & on l’emploïe d’ordinaire avec la négative. (11 fe fait paie r fans rémission.) On dit absolument , point de rémission avec lui , c’est un homme sans rémission. C’est-à- dire, c’est un homme implacable, qui ne pardonne point, & qui exige à la rigueur tout ce qui lui est dû. f REMISSION. Les Aledécins fe fervent de ce terme pour dire, diminution, relâchement. (II y a de la rémission dans la fièvre.) f REMISSIONNAIRE, / m. &f. [Remissarius.'] Terme de Palais. Celui qui porte des letres de rémission. (Touc Remissionnaire fe doit remette en état, & fe doit métré a genoux lorsqu’i! présente ses letres de rémission.) REMMA 1 LLOTER, v. a. [Iterwn pannis invol- »■(,] Prononcez rammailloté. Emmailloter de nouveau. (Remmailloter un enfant.) Ri MM A N CHER., v.a. [Manubrio rursàs injìrue- rei] stletre un nouveau manche à quelque outil. (Rem- mancher un marteau, un couteau, un balai, &c.) REMMENER ,».«.[ Reducere. ] Emmener ce qu’on avoit amené. (11 a remmené la piúpart des marchandises qu’il avoit amenées à la Foire.) REMOLADE,// [Medicamentum equinum e- raolliens.2 Remede qu’on aplique aux chevaux qui ont des foulures, des enflures, ou autres maladies, & qui est fait avec de la lie , du miel, de la terebentine , de la graisse, & autres drogues, dont on fait une efpece d’onguent. On apelle aussi ce remede , une charge. REMOLAR , / r,i. [Remorunt prxpnsitus.~\ Terme de Mer. Oficier qui a la charge des rames d’une galère , pour les tenir en état. REMOLE, f- f ÍPoragos Terme de Mer. C’est un contournement d’eau , qui est dangereux , & qui engloutit quelquefois un vaisseau. KEMOLLITtF » remollìtive, adj. [Remollicns.s Terme de Médecin , qui lignifie, qui ramolit. (Aledi- cament remollitif.) On dit aussi remollient, adjeftif. REMONTANT , Part. [ 'Afcendens .) Qui remonte. REMONTANT, f. m. [ Ensipcmlulum. ] Terme de Ceinturier. C’est ['extrémité de la bande du baudrier qui est fendue en deux , & qui tombe fur les pendans. REMONTE de cavalier, s. f. [ 'Equisuppeditatioi] Ce qu’on donne à un cavalier pour le remonter. Cheval qu’on donne à un cavalier pour le remonter lors- qu’il est démonté.(Pourvoir à la remonte d’un cavalier.) REMONTER. [ Rttrsúm conscendere. ] Ce verbe est allis & neutre passif. Alonter une seconde fois. ZG remonte, se remontai, s’ai remonté , je suis remonté. (Remonter les degrez. En décendant j’ai entendu du bruit, & je fuis remonté aussi tôt. A R amour V amitié peut décendre aisément , A /’amitié l’amour remonte rarement . Vil lers.) REMONTER. [Equos suppedìtare .] Ce mot se dit en parlant de cavalerie U de cavaliers. C’est donner une autre monture. Donner un autre cheval, (Remonter un cavalier.) REMONTER, s Adverso fiumine ferris Ce mot se dit en parlant de bateaux , de vaisseaux, & de fleuve. C est tirer droit en haut. Aller droit en haut & contre le courant de seau. (Remonter un fleuve. Abl. Ar. I- i. Remonter un bateau.) REMONTER. [Evebere, extollere .] Elever de nou. veau. (Pensez-vous qu’il méprisât un Roi qui vous fait remonter au rang de vos ayeux. Racine , Andromaque , aci. Jc. g.) REMONTER. [Fidibus adapture .] Terme de Lutier * C est métré de nouvelles cordes à un instrument de musique à cordes. (Remonter un luth de cordes.) REMONTER, [Horologium contenderei] Terme d’Hor- loger. (Remonter une montre. Remonter une horloge. C’est remetre la corde fur la fusée, ou relever le contrepoids pour remetre la montre , ou l’horloge en état de service, de marquer & de sonner les heures.) REMONTER. [Calceos rej'arcire .] Terme de Savetier. C’est métré une paire de femelles neuves. (Remonter une paire de fouliez. Remonter une paire de pantoufles, une paire de botes , &c.) í REMONTER un fusil, de 1 pistolets ; c’est y métré un bois neuf. REMONTER. [ Conjungere. ] Terme de Menuisier. C’est monter un ouvrage qui a été démonté. (Remonter une paire d’armoiries. Remonter une table. Remonter un cabinet, &c.) REMONTER. [ Ascendere .] Se dit des astres, quand ils paroissent fur l’horison. (Le Soleil remonte jus. qu’à raidi.) î REMONTER, fe dit de la goûte, dont l’humeur au lieu de fe porter aux extrémitez du corps, s’arrête au dedans. (Sa goûte remonte. II est mort d’une goûte remontée.) Une femme dit que son corps de jupe remonte , quand il est trop haut. Pour bien entendre ce discours , il faut remonter plus haut. f On dit dans le même sens , remonter à Porigine, à la source, à la cause, au principe de quelque chose; c’est-à-dire, la considérer dans son origine, dans son principe, &c. On dit proverbialement. Remonter sur sa bîte, sRer fraclas reficere .] Pour dire , fe remetre en selle, rétablir ses afaires qui étoient délabrées. REMONTRANCE, f f [ Monitio, consilìum. ] Avis. Conseils. (Ceux qui étoient près deClitus le prie- reut, & emploiant les remontrances , l’emmenerent. Vaugelas, Quint. I. Z. c. 1. Je crus qu’ils recevroient mes remontrances avec joie. Ablanc. Luc. J’ai beau vous arrêter , ma remontrance ejì vaine, Allez, partez , mes vers , dernier fruit de ma veine . Desp.) REMONTRANCE. [Supplicatioi] Discours par lequel on lliplie quelque supérieur. (J’ai cru qu’il vous seroit moins fâcheux d’entendre leurs remontrances, que de vous raporter leurs plaintes. Vaug. Quint. liv. 9. ch. 3. Faire ses très-humbles remontrances au Roi.) REMONTRANCE. [Expsitioi] Discours oratoire que le prémier Président du Parlement fait aux Avocats &aux Procureurs à la rentrée du Palais, où il leur représente ce qu’ils doivent faire pour s’aquiter de leur devoir en honnêtes gens. (La remontrance de Monsieur le prémier Président étoit très-belle.) REMONTRER, V. a. [De novo ojiendere .J Faire voir. Faire considérer. Représenter. (11 remontra que personne ne pouvoit prétendre cet honneur. Abl. Tac. An. L 12.) REMONTRER. [Monerei] Faire des remontrances, prier humblement. On dit que Mr. le Duc de Rourgo- gne remontra à ses troupes qu’il s’agissoit de ['honneur du Roïaunie. L’aflèmblée du Clergé a remontré a u Roi la mifere du peuple. Sire , les muses désolées , Aujourd’hui Jans force & fans voix , Viennent vous remontrer qu’elles font acablées Par le nombre de vos exploits. Despr.) On dit proverbialement. Cejl gros sean qui veut remontrer a son Curé. [Sar docet Minervam .J Lorsqu’on veut enseigner un plus fqavant que foi. * REMORDRE, v - a. [Iterùm mordere. ] Mordre encore une fois. (Cette poire est si âpre, que quand on y a mordu une fois , on n’y veut plus remordre. Tome III. X x Le 346 REM Le poisson qui s’est une fois écfcapé de l’hameçons n’y veut plus remordre. f REMORDRE, se dit absolument des chiens, qu’on fait combatts, & signifie attaquer de nouveau. (Ce .chien est si maltraité, qu’il ne veut plus remordre.) f * REMORDRE, se dit aussi des troupes, qui ne veulent pas retourner à une attaque après avoir été repoussées. (Ce régiment fut fi maltraité à Cette attaqué qu’il ne voulut plus remordre.) » REMORDRE -r l’hameçon. [Dòlis jam vitatìs decipi.J Ces mots au figuré, signifient revenir au même dessein. Se laisser prendre au piège dont on s’étoit échapé. * REMORDRE , v. ». [ ÇonscientiaJìimulispungi.} Ce mot fe dit en parlant de conscience qui reproche tacitement quelque chose qu’on a fait contre la droite raison. (La conscience lui îemord. Ablancourt.') jftf On elt acoùtuttié au mot remords ; ainsi l’on entend dire sans peine , les remords de la conscience : mais il n’en est pas de 'même de sa conscience lui remords & de sa faute le remord , que l’on trouve dans l’Ode de Malherbe fur la décente des Anglois dans l’Islede Ré. REMORDS , s. m. [Consciente stimulus.'} Remords. Repentir. Regret qu’on a d’avoir fait quelque chose contre la droite raison. (Etre pressé des remords de fa conscience. Vaug. Quint. I, 5. Avoir des remords de conscience. Ablanc. J’en ressens des remords plus cruels à mon souvenir que toutes les pertes que je viens de faire. Star on , Nouvelle 4. De funestes remords il a l’ame rongée. Godeau , Poéste. II vient un remords troubler fa conscience. Pascal, letre 4. Esprit combattu de mille remords. Racine , Andromaque-, ail. s. sc. L.) REMORE ,s s [Rémora.} Petit poisson que les Anciens croioient avoir la force & la propriété d’arrê- ter un navire. t- REMORQUE, s. f. Action par laquelle un ou plusieurs bâtirnens à rame tirent un Vaisseau. (La remorque est d’un grand secours lorsque le vent manque.) REMORQUER, a - [Remulco trahere navem .] Terme de Mer. C’est faire voguer un vaisseau à voiles par le moien d’un vaisseau à rames. (Faire remorquer des vaisseaux par des galères. On remorque auffi pat des chaloupes . a. [In fasciculum ruyjk colligare .] Empaqueter de nouveau. (Rempaqueter des livres, de la toile, de la marchandise, &c.) REMPARER. Voïez Ramparer. REMPART. Voïez Rampart. REMPLACEMENT, / m. [Collocatio ] Ce mot sc dit souvent en terme de Palais. C’est Faction de remplacer. (Faire un remplacement de deniers, de conventions matrimoniales ) REMPLACER, v. a. [tn àlterius locum restituere .] Cé mot dans le propre se dit en parlant d’argent & de biens & signifie, remetre en la place. (11 avançoit feulement cet argent pour le remplacer. Pasc. letre 16.) * REMPLACER. [Vicesstupplere , suppeditare ] Mètre quelque chose en la place de ce qu’on a perdu. Réparer de quelque chose la perte qu’on a faite. (Etant sur le retour de F âge, elles veulent remplacer de quelque chose ce qu’elies voient qu’elles perdent. Molière, Critique de P Ecole des femmes , l. L’esprit veut remplacer deS Plaisirs perdus, & il va chercher ses avantages en l’autre monde, quand les voluptez qui tou- choient le corps font échapées. S. Evremont. Rien remplace-f -»7 le bonheur Dont la douce union des amans est suivie. Desh.) REMPLAGE, remplissage, s. m. [Expletio, com. pletio.} Vaugelas dans lès Remarques est pour remploi, ge. Ce mot de remplage sc dit , mais remplissage (e dit aussi. Le remplage, ou le remplijfage , c’èst Faction de remplir. {Les nouvelles Ordonnances de la ville de Paris , ch. Z. disent le remplage sc doit faire de vin de pareille qualité. On dit encore, du vin de remplage. Plusieurs marchans de vin que j’ai consultez, disent aussi faire le remplage , mais la plûpart des cabaretiers de Paris disent remplijfage,& presque jamais remplage. Il faut tant pour le remplijfage de ce muid. Les euvriers en dentelle & en point disent, on m’a tant donné pouc le remplistage de ce point. Les maçons disent aussi remphjjage, ou remplage de muraille, & ils apelient remplijfage de muraille lors qu’aprés avoir fait les pa- remens de grosses pierres, on remplit le milieu de la muraille avec du blocage.) . REMPLI, remplie , adj. [Repletus , refertus.} Empli. Plein. Comblé. (Vos livres font remplis de calomnie. Pasc. I. 16. Les montagnes étoient remplies d’amphi- îéâtres. Ablanc. Tac. * je fuis si rempli de vous que je tâche d’être votre linge. Molière, Critique de s Ecole des femmes.) REMPLI,,/i m. C’est le pli que l’on fait à du linge , à de l’étofe pour les retressir ou pour les accourcir. (On à Fait un rempli à cette jupe, à cette tapisserie.) REMPLIER, t), a. [CompbcareJ Terme de T ail. leur & de Couturière. Rendoubier. (Remplier l’étofe.) REMPLIR , n. a. [Replere , implere ] Emplir. Combler. Remetre dans un vaisseau autant qu’on en a tiré, ou qu’on en a bû. ZQ rempli, tu remplis , il remplit, nous remplijsons. fie rempliffois. st ai rempli, ste remplis. Reniplistant , (Remplir une coupe. Vaug. Quint. I. 7. ch. 4. Remplir un tonneau, Vaugelas , Rem. On dit a ussi , Emplir un tonneau. Remplir ses cofrés d’ot & d’argent. Vaug. Rem. Remplir ses greniers. Vaug. Rem. Remplir le Sénat d’étrangers. Ablanc. Tac. An. I. u. 11 y avoit des grandes fondrières qu’il faloit sc résoudre de remplir. Vaug. Quint. 1. 8- c- ià. * La plûpart des hommes & des femmes cn Espagne remplissent leur esprit d’avantures bizarres & extraordinaires. S. Evremont, fur la Comédie. Ecolier ou plùtòtstnge de Bourdalouê , Je me plais à remplir mes Sermons de portraits. Defpr.) , * REMPLIR , v. a. [Implere, perfundere , imbueee.} Î1 se dit encore au figuré, en parlant de crainte, de joie , d’admiration , de renommée , & autres pareilles choses; & il signifie. Combler, répandre. (Lesgetnis- semens des blessez remplissoient tout d’épóuvante. Du Ryer , Jup. de Q^Curce, l. 2. ch. 9. II remplit tout le païs du bruit de fa réputation. Remplir tout le monde d’admiratiort. Pasc. I. 7.) REMPLIR. [Cotfiplere.} Achever le nombre qui est ïeglé. Métré le nombre qu’il faut. Rendre complet. (Remplir le nombre des Sénateurs. Ablanc. Tac , A». liv. II.) * REMPLIR. [Implere , occupare .] Ce ìnot lignifie OCUpeT REM oct'per avec honneur. Emplir. (II a dignement rempli la place du premier Magistrat, Vaug. Rein. Vous laijjez VUnivers rempli de votre nom. IYIadem. Desc.) REMPLIR. [ReJardre.] Ternie de Faiseuse de Point & de Dentelle. C’est refaire le point, ou la dentelle qui est rompue. (Remplir du point. Remplir de la dentelle. REMPLIR. [Explore.'} Terfne de 'Droit Canon. Quand on parle de ceux qui ont des grâces expectatives, comme les graduez & les indultaires. (U faut 600. livres de revenu pour remplir un gradué.) f REMPLISSAGE. Voi'ez Remplage. REMPLISSAGE , s. m. Terme de Musque. On apel- ìe remplisage des parties , celles que l’on fait après avoir fait la basse & le dessus. REMPLISSEUSE de Dentelle , f f. [ Taniarum farci, natnx.] Ouvrière qui racommode & remplit toutes sortes de points & de dentelles. (Les choses dont la remplisseufe se sert pour gagner sa vie ; ce sont les ciseaux, Léguiste, le dé, íe fil & l’oreiller.) REMPLOI, f m. {Subjiitutio.] Nouvel emploi, remplacement. (On stipule dans les mariages le rem . plot des propres alienez.) sjs REMPLOI, Reivmpense, Remplacement. Terme de la jurisprudence Coutumière , qui lignifient prèsque la même chose. La Coutume de Paris, art. 232. explique ce que c'est que le remploi : „ Si durant Le ma- ,, riage est vendu aucun héritage ou rente propre apar- ,, tenant à l’un ou à l’autre des conjoints par le maria- „ ge, ou si la dite rente est rachetée, le prix de la ven- „ te ou rachat est repris fur îes biens de la communauté „ au profit de celui auquel apartenoit l’hèritage ou „ rente, encores qu’en vendant n’eust esté convenu du remploy ou récompensé, & qu’il n’y ait aucu- ,, ne déclaration sur ce faite. “ II faut observer que íe remploi des propres alienez pendant la communauté est quelquefois stipulé par le contrat de mariage, & quelquefois aussi la stipulation en a été omise, ou enfin le contrat porte une exclusion expresse du remploi. Si le remploi a été stipulé, les Docteurs tiennent qu’il doit être exécuté de la maniéré qu’il a été convenu , quoiqu’eíifi soit en quelque maniéré insolite ; & dans le même cas dt*. stipulation, il ne peut être demandé que dans le tems de la dissolution du mariage; & si le remploi n’eft point stipulé , on a égard à la Loi du pais où le contrat de mariage a été passé ; Par exemple , si c’est à Paris, ou en quelque autre Coutume qui reçoit le remploi légal , il se fait non point en vertu de la stipulation, mais en vertu de la Coutume. Que si la question se présente dans une Coutume qui ne reçoit point le remploi légal, & qu’il ait été omis, les nouveaux Arrêts raportez par Mr. Louer, let. R. n. 3S. font déclaré légal, quoiqu’il soit omis. Ii y a de la dìficulté pour le remploi des propres des femmes qui ne font point en communauté, ou qui sont séparées de biens ; car si on soitl’ulàge , on dira en général qu’elles ne peuvent point esperer de remploi. Cependant non seulement il se présente bien des cas où il est nécessaire de le leur acorder ; mais la dernière Ju- risprudence l’acorde en général, même aux femmes separces de biens, & leur donne l’hipotéque du remploi, à compter du jour du contrat de mariage, pourvu que le mari l’ait autorisée, car l’autorisation faite en justice au refus stu mari ne l’obligera jamais au remploi. Kt.MPLOlER, [Denovo eccupare .] Emploier de nouveau. (On avoit révoqué ce commis, mais on le remploie à présent. SE REMPLUMER, r-, r. [Novisplumls induij Ce mot se dit proprement des oiseaux. C’est reprendre de nouvelles plumes. (Oiseau qui commence à se rem. plumer.) | * Se remplumer. [Rw amijsas recipere.] Redevenir riche. Faire quelque petite fortune. (Le Libraire de Luine étoit bien gueux il y a quelque tems, mais on dit qu’il commence un peu à se remplumer depuis qu’il a imprimé un livre de Giles Ménage, qui porte pour titre, Amanitates juris.) REMPLUMER, v. a. [Tubas imponere.] Ce mot se dit en parlant de clavecin, & d’épinette. C’est métré des plumes aux languettes d’un clavecin , ou U’une épi- nette. (Remplumer une épinette.) REMPOISSONNER, ». a. {Pifiariam prokm in REM ?47 . - ï / sagnuitt immittere.] Mette de nouveau du poisson dans un étang, ou autre semblable lieu. (Rempoissonner un étang, un vivier.) REMPORTER, v, a. [Reserre, reportare. ) Emporter de nouveau. Emporter ce qu’on avoit a porté. (II a remporté la marchandise. On n’a pas voulu accepter ses présens, & U a été obligé de les remporter. La mer a remporté le fable qu’elle avoit amené fur le rivage.) * REMPORTER, v. a. [Vincere, reserre.] Emporter. Gagner. Obtenir. Avoir pour fruit de íës travaux. (Remporter le prix. On dit aussi, Emporter le prix, mais emporter en ce sens n’est pas II usité que remporter. Remporter la gloire des armes. Ablancourt , Tac. Remporter de considérables avantages. Ablancourt. II a remporté tout l’honneur de la guerre. Ablanc. Tac. lliji. ìiv. 3 . c. 11 . Vos soldats ne remportent chez eux que des blessures pour toute récompense. Vaug. Quint. L 8 .) REMPRISONNER , ». «• [f terùm tncarcerare.] Remettre en prison. (A peine étoit-il sorti de prison, qu’on l’a remprisonné sur une autre acusation.) REMPRUNTER, ». «• [Rursùsmutuum rogare.] Emprunter de nouveau. (Remprunter de l’argent.) REMUAGE,/ m. [Motio] L’action de remuer & la peine qu’on y prend. (On païe tant aux matelots pour le remuage des grains qui sont dans un Vaisseau.) REMUANT, Part. [Movens, mobilis.] Qui remue. REMUANT , remuante , adj. [Turbulentus.] Ce mot se dit des enfans, & signifie vif. Qui est toujours en action. (Enfant remuant.) * REMUANT , remuante . [Novarum rerum molitor.J Ce mot étant pris pour séditieux, n’est proprement usité qu’au masculin. (Parmi des esprits remuans, l’amour du repos passe pour lâcheté. Ablanc. Tac Germanie .) REMUEMENT , T m. {Motus j L’action de remuer Mouvement. (Observer le remûment des lèvres. 11 y a des sourds qui connoissent ce qu’on dit à voir le seul remûment des lèvres. Païer pour 1e remûment des meubles.) $ REMUëMENT desserres, sc dit du transport de beaucoup de terres d’un lieu à un autre. * REMUéMENT, f m. [Seditio , tumuìtus , motus J Trouble, sédition. (Cette Province est sujette à des remuement.) REMùER, v. a. [Movere, agitare.] Mouvoir. (Ils étoient ocupezà remuer la terre. Ablanc. Luc.) í REMùER la terre , c’est en termes de Guerre, fouir, & porter la terre pou r faire des retranchemens , des fottifications, des mines, &c. ’ REMùER. [Commovere , movere.] Agiter. Emouvoir. Exciter. (Les grandes figures remuent le cœur.) * REMÙER. [Misere rempublicam , turbis excitare.] Ce mot signifie Jesoúlever ; mais en ce sens c’est une e- spece de verbe neutre. (Aiant apris que les Triballierts vouloient remuer, il passa en Trace. Ablanc. Ar. I. 1. lis étoient portez à remuer. Vaug. Quint. Iiv. 7. c. 5 . II étoit soupçonné d’avoir voulu remuer pendant que le Roi étoit aux Indes. Vaug. Quint. Curie , l. 9. cb. 10.) f * REMùER ciel {s terre. [Nihil non movere, omni ope es opéra initi.] C’est-à-dire. Faire tous ses efforts pour venir à bout de quelque dessein. (11 a remué ciel & terre contre moi.) f REMùER une asaire, c’est poursuivre une afaire négligée ou interrompue. (II a mal à propos remùé une afaire, qui lui coûtera cher.) H REMùER un compte. Terme de Teneur de Livres. C’est le porter ou renvoïer d’un folio à un autre folio d’un Livre nouveau , lorsqu’il ne reste plus d* place dans l’ancien pour le continuer, & cela après qu’on en a fait la balance au pied des pages qui sont remplies. REMùER. [ Curare infantem.] Terme de Nourrice, C’est demailloter, nettéïer & acomìnoder un enfant, lui donner de la boùillie & le remmailloter. (Nourrice , mettez vous à Pâtre pour remuer votre enfant.) REMùER. {Dijjeminare.) Se dit de l’argent. (Durant la paix l’argent se rem'úe .)_ Se remuer. {SuppeUeHile transportare.] C’est changer de logis. tCet homme sc remué à chaque terme.) C» mot ne se dit que dans les provinces. REMÙER les cendres des morts. {Mortnos exafperare.] C’est mal parler d’eux après leur mort.) Tome III. Xx 2 S«re- 348 RE M Se remuer, v. r. ['Seìpsum movere.] Se mouvoir. Se tourner. Avoir la liberté de pouvoir tourner çà & là , & à son aise. (Les galères où l’on se jette en foule sont si pleines qu’on ne peut s’y remuer. Vaug. Quint, liv. 9. chap. 9.) U y a des gens qui se remuent beaucoup fans rien avancer. [Qui multa agenda nihil agunt.] * Se remuer. [ Turbari , commoveri .] Etre en trouble. Etre dans l’agitation. Etre fur le qui vive. (Tout se remué, parce que vous faites entendre que tout est menacé. Pasc. liv. ig.) . * Etre remué. ['In omnem, ajfcclum moveri.] C’est être agité. Etre ému. Etre excité. (Ceux dont l’ame n’a pas été fortement remuée , ne s’ennuïent pas. Port- Roial, Education du Prince .) * REMUEUR , s. m. [ Frumenti agitator. J Ouvrier qui s’emploie à remuer le blé pour empêcher qu’il né se corrompe. . ■ REMUEUSE, s f. [ Pufionum vagientium curatnx.] Celle qui remue un enfant. On le dit particulièrement des femmes qu’on donne pour aider à la nourricô dans une grande maison. t REMUGLE,/ m. [Odor sœtidus.] Odeur defà- greable qui sort d’un corps qui a été long tems enfer- mé. (Cette viande sent le remugle , parce qu’on l’a tenue dans la cave.) . f REMUME'NAGE,/ m. [ Permixtio, cùnfufi «.] Defordie. Confulion. Trouble. (On ne vit jamais un íi triste remuménage. Sharon, Virgile, liv. 1.) t REMUNER ATEU R, f m. [ Remunemtor. ] Terme de Théologie. Ce mot est Latin. On dit de Dieiì qu’il est le rémunérateur des bonnes & des mauvaises actions, c’ejì-a-dìre, qu’il récompense les bonnes & punit les mauvaises. f REMUNERATEUR , fe dit aussi des Princes dan§ le stile soutenu. (Ce Prince sc fait une gloire d’être le rémunérateur de la vertu.) f REMUNERATION, s.m. [ Remuneratio.] Action paf laquelle Dieu récompense les bons & punit les méchans, t RE MUNERER , v. a. [Remunerari, rependere] Rendre justice selon les œuvres. Récompenser leî bonnes & punir les mauvaises. II ne sc dit que de la justice divine. 4 On le dit aussi d’un grand Prince, dans le stile soutenu. , . RENAISSANCF, / / [Alter ortus.] Nouvelle naissance. (La renaissance des hommes.) * Chrétiens, ressouvenez-vous de votré divine re. naijsance en Jefus-Christ. Port.Roial. * On aperçoit dans ses discours la renaijsance des lettres humaines. On peut hardiment sc servir de renaijjdnce , puisque n os meilleurs Auteurs Pont emploïée dans leurs Ouvrages. Le Traducteur des Homélies deSaintChry- softome sur Saint Mathieu, dit dans ie propre .- Je vous dis en vérité que pour vous qui m’avez suivi , lorsqu’au tenu de la renaijjance generale , le Fils de l’bommeJera ajjisfur le trône de su gloire, Qfc. Mr. le Maître l’a emploie dans le figuré, au sujet de Mr. le Chancelier Seguier, en parlant de son aieul, un des plus éloquens hommes de son siécle : On aperçut dans ses discours la renaissance des Lettres humâmes dans le Roìaume. L’Auteur de la vie de Dom Barthelemi des Martyrs, dit de ce Saint homme : Dieu lui donna des parens vraiment Chrétiens , qui eurent grand J’oin de le conserver dans la pureté que fa renaijsance en Jesus-Chrijl lui avait donnée. Le Traducteur que je viens de citer, dit au même sens e Souve- nez-vous de votre divine renaijsance ; rapelìez en votre mémoire le titre augujle dont vous ave2 été honoré en votre Batême. RENAISSANT. Part. [Qriens .] Qui renaît. * RENAISSANT, renaijjunte, adj. [Renajcms ] (Rome renaissante. Ahlanc. Tacite, Hijt. L 1 c, g.) Je prendrai les plaisirs en foule renaissons. De. Jpreaux , 1. Epître au Roi. RENAÎTRE, U. a. [Denuò nasci.] Naître de nouveau. (Le Soleil meurt & renaît tous les jours, mais les hommes ne renaissent pas ainsi.) î RENAÎTRE en JeJui-Chrijt. Saint Cir. * On vit renaître un nouveau travail. Ablancourt , Tac. llijì. /. 3. c. 4. Rome fous lui vit renaître les jours de Saturne. DeJJrratix , j. Epître au Roi. Aloi qui Jçus mourir U renaître, J’ai veu sature monde de près, Et n’ai point veií le mirte croître « REN Parmi les funejìes ciprés. Mademois de la Vigne. RENARD, f m. [Pulpes.] Animal sauvage qui est Fort connu, qui est gros comme un moien chien, qui tire ordinairement fur le roux, qui a les oreilles courtes & la queue fort chargée de poils. II vit de poules, d’oies, d’outardes, de lapins, de líevres, de chats, de petits chiens, de sauterelles & de souris. II est ami des scr- pens & vit avec eux, mais il hait les oiseaux, les bêtes à quatre piez & de certaines plantes, comme la rué. II est fin & fait plulìeurs trous à fa tanière afin de sc pouvoir plus aisément sauver. ' II contrefait le mort pour mieux atraper les oiseaux. 11 fait mourir le hérisson en pissant dessus. De la peau du renard on fait des manchons & des fourrures. II y a en Laponie des renards noirs, cen. d rez, blancs ou bleux , des peaux desquels on fait un grand trafic. (Un renard mâle. Un renard femelle. Voïez Jonjhn.') 11 y a une forte de poisson, qu’on apel* lé Renard marin. Certain Renard Gascon, d’autres disent Normand, Mourant presque de faim, vit au haut d’une treille , Des Raifins mûrs apparemment , Et couvert d’une peau vermeille. Le galant en eut fait volontiers un repas: Mais comme il n’y pouvoit atteindre, lis font trop verds, dit-ìl, U bons pour les goujats , Fit.il pas mieux que de se plaindre! La Font.) * C’ejì un fin renard. [Vulpem in corde gerit.] C’est* à-diré, c’est un homme très-fin. Ce Capitaine fait la guerre en renard. * Ecorcher le renard. Cela sc dit d’un yvrogne qui dégueule. f * Se confesser au renard. C’est découvrir ses sen- timens à une personne qui en abuse, & qui se sert de notre lincerité pour nous nuire. On dit d’une dévote délicate, qu’elle se donne la discipline avec uné queuè de Renard [Molhter Jecajìigat.] On dit encore qu’un Renard n’est pas pris deux fois à un même piège. [Non bis in idem mcidit.] On dit qu’il faut coudre la peau du Renard à celle du Lyon, pour dire qu’il faut user de finesse, puur Vaincre Un ennemi plus fort. On crie au R. nard à un homme qui a été trompé, croyant a voir trouvé quelque bonne fortune. [FasuieJi.] * RENARD. [ 'lanijpoertum ventorum] Terme de Mer. Petite palette de bois où l’on a fiçuré les trente- deux airs de vent ct où l’on marque -le tems qu’a couru le vaisseau. (Le renard est ataché au mât d’artimon.) * RENARD. C’est un croc de fer, dont on se sert à croquer les pieces de bois qui servent à la construction des Vaisseaux, pour les transporter d’un lieu à un autie. RËNARD. [ N or ma , perpendkulum.] Terme de Maçon. Pierre assez pesante ataehée au bout dune ficelle qui sert aux Maçons & aux Limousins pout élever les murs droits. 4 On apelle, queuè de renard, Une plante qui ressemble à une queue de renard , & qui vient dans les lieux humides. (Ce pré est plein de queues de renard.) H On apelle encore, queués de renard, un amas de racines qui se forment dans les ruraux des fontaines , & qui les bouchent. (Les queués de renard empêchent cette fontaine d’aler.) 4 Renard marin. [Vulpecula marina.] Gros poisson de nier que les Auteurs ont mis dans le genre des ce- tacées. Ce poisson a deux soyeS, cinq ouïes ou bron* ches de chaqbe côté. Sa queue represente une faux. 11 y en a du poids de 100. livres. On en disséqua un au mois de Juin 1667. à l’Académie Royale des Sciences. Sa chair est assès bonne à manger ; fa graisse est emolliente & résolutive. RENARDEAU,/ m. [Vulpinus catulus.] Petit renard. RENARDIERE, / f. [Fovea vulpina.] C’est la ta» niere du renard. 4 On apelle, renardier, celui qui dans une terre a le foin de prendre les renards. t RENASQUER , v. a. [Irâ efferri.] Terme bas, il lignifie témoigner fa colere ou son impatience en jurant. (II jure & renasque toujours.) RENAUD, J- m. [Reginaldus.] Nom d’hotnme. (Le fameux Renaud de Montauban.) . RENCAISSER , v. a. [In capfim reponere.] Ter» me de Jardinier. Remettre dans une caille. (Rencaisser un figuier. Quand on rencaisse un oranger, on lui ôte une partie de fa motte.) REN- KJciN RENCHAINER - v. a. [_Denuò catenare.] Enchaîner de nouveau. Remettre à la chaîne. (Renchaîner des chiens. Renchaîner un forçat.) RENCHERI, rencherie , adj. £Auftus pretio,] Qui est devenu plus cher. (Le blé est rencheri. La viande est rencherie.) f * RENCHERI, rencherie. (Nimiùm homo pretiosuí eji.] Qui s’estime au delà de ce qu’il doit. Qui fait le prétieux. (II fait le rencheri. Scaron. À-t-on ja* mais vû deux péques provinciales faire plus les ren- cheries. Molière , pretieuses. Hé la t, la , Madame la "Nuit , Un peu doucement , je vous prie , Vous avez dans le monde un bruit De n'être pas Jì rencherie. Mol.) RENCHER.IR , v. a. n. [Çarius fini.] Ce moi se dit des denrées & marchandises, & il signifie. Faire devenir plus cher & à plus haut prix. (Renchérir la marchandise. On dit aussi, le blé rencherit tous les ans un peu avant la moisson.) ( * RENCHERIR. [Superaddere.] Ce mot au figuré s’emploíe dans un sens neutre. Molière , Pretieuses , a dit renchérir fur le ridicule. RENCHERISSEMENT,/’»». [Prctii accretio.] Action par laquelle on rencherit. (Les guerres font cause du renchérissement des denrées.) RENCHIER, f. m. f Cervus major.’] Terme dé Blason. Efpece de grand cerf, plus haut, plus plat, & plus large, que les cerfs ordinaires. (Le Maréchal de Alontigni portoit d’azur à trois renchiers d’or.) RKNCLOuER > ». a. [Clavumpedì infigere.] En- clouer de nouveau. (Renclouer un cheval.) RENCONTRE ,sf- [ OccitrJus ] Tout ce qui s’of- fre & fe présenté à nous fans être preveu. Tout ce qui s’offre par haZard & inopinément. (Rencontre fatale» malheureuse, heureuse, mauvaise, fâcheuse, criminelle, dangereuse. C’étoit un crime de s’être trouvé avec quelqu’un des conjurez , la rencontre même en éfoit criminelle. Ablancourt, Tac- An. I. i^. c. 12. Eviter la rencontre d’une personne. Ablancourt , Luc. Fuir la rencontre d’une personne. Ablancourt, Luc.] f Aller à la rmcontre, [Obviam ire.] Façon de parler surannée, & telle que la plupart de celles du Mi- santrope A.,.. (On dit aussi, Aller à la rencontre d’une personne , mais cette façon de parler vieillit, & en sa place on fe sert à’Aller au devant d’une personne. Et on ne souffre aller à la rencontre , que d’égal à égal, parce qu’il n’est ni fi beau, ni si civil, & qu’entre amis on n’y regarde pas de fi près.) RENCONTRE, f Optatm exitm.] Ce qui nous arrive heureusement & au-delà de nos espérances. (II a fait rencontre d’une femme fort. jolie & fort riche.) RENCONTRE. [OccurJ'us.] Combat de deux partis ennemis qui fe rencontrent par haZard. Combat de deux, ou de quelques personnes qui fe trouvent fans se chercher & qui fe battent. (Ce n’est pas une bataille, ce n’est qu’une rencontre. Vaugelas , Remarques . Ce n’est pas un duel, ce n’est qu’une rencontre. Vaug. Remarques. On fait passer leur combat pour une rencontre.) RENCONTRE. [Occajìo, conjunftura ] Conjoncture. Occasion. Quelques.uns font rencontre masculin en ce dernier sens, mais mal. Corn. Notes Jur Vaug. (II a eu beaucoup de gloire en cette rencontre. Port- Roial, Terence. Dans cette rencontre il a fait tout ce qu’il pouvoit faire. Ablancl) Quoique Richelet n’approuve pas qu’on fasse rencontre masculin , cependant un célébré Académicien l’a fait, & je pense qu’on pourroit le suivre sans craindre. (Si vous vous trompez par malheur , Loin de soutenir votre erreur Laissez vous vaincre en ce rencontre.) Pavillon.) * RENCONTRE. [Concursus.] Ce mot fe dit en parlant de langage & de Itile. C’est un concours de voielles dans la prose, ou dans les vers. (On évite dans les vers François la rencontre des voielles qui ne fe perdent pas.) * RENCONTRE. [Biftum acutum.] Jeu de mots. Jeu d’el'prit qui fe trouve agréablement dans l’arran- gement L la liaison des mots les uns avec les autres. REN 349 (C’est une piéce pleine de jeux d’efprìt dont la rencontre ne consiste que dans les mots. Ablanc, Lucien , tome j.) {$ RENCONTRÉS de mots de pensées. Mr. Ménage dans fes Observations fur les Oeuvres de Malherbe, a rapotté plusieurs exemples des rencontres de pensées & de phrases de plusieurs Auteurs. ,, J’ai „ souvent (dit-il) oui dire à Mr. Chapelain, que lui „ & Mr. d’Andilly avoient fait ce vers : >, D'arbitres de la paix , de foudres de la guerre. ,, fans savoir qu’il fût de Malherbe ; & dans le moment „ que je fais cette remarque, j’aprens de Mr. de Furetié- „ re, que la méme chose lui est arrivée. J’ai aussi oui dû „ re à Mr. Corneille, qu’il avoit fait dans son Polieucte» », au sujet de la fortune, ces deux vers si célébrés : “ „ Et comme eUe à l’éclat du verre , », Elle en a la fragilité. », fans savoir qu’ils fussent de Mr. Cocteau Evêque de „ Vence ; car ils sont originairement de Mr. Godeau.qui „ les avoit fait dans son Ode au Cardinal de Richelieu „ quinze ans avant que Mr. Corneille les eût fait dans », son Polieucte. II est assez ordinaire dé se rencontrée „ ainsi dans la pensée & dans l’expression des autres. », Porphire dans un fragment de son livre de la Philolol „ gie raporté par Eufebe» au ch. du ioe. Livre de la „ Préparation Evangélique, a fait mention d’un certain „ Aretadès, qui avoit fait un Traité tout entier de ces „ fortes de rencontres ; & à ce propos, je ne puis m’em- „ pêcher de faire fiart à tìies Lecteurs, d’une petite hi- „ storiétte très agréable que raconte Saint Jeròme fur ces „ paroles de l’Eclésiaste, Nihilsubsole novum. H dit que „ son Maître Donat expliquant ces mots de Terence „ Nihil eji dicium quod nonsit diftum priùs, pestoit con! „tre les Anciens qui lui avoient pris ses pensées, Pe- „ reant, qui ante nos nojira dixerunt. Il e st (dis-je) at „ fez ordinaire de concourir dans la pensée & dans í’ex- „ pression des autres Ecrivains» & particulièrement „ quand on a vû autrefois cette meme pensée & cette „ même expression, comme Mr. d’Andilly, Mr. Chape- „ lain, & Mr. Furetiére avoient vû, fans doute, ce vers „ de Malherbe, & Mr. Corneille ces deux de Mr. Go- », deau ; car il arrive souvent qu’une chose demeure „ dans l’efprit, & que P Auteur de cette chose s’éface de „ nôtre mémoire. Mais ce qui est arrivé à Monsieur de ,,Racan, est tout-à-fait extraordinaire. En 1608. étant „ en garnison à Calais, âgé de dix-neuf ans, il fit ces qua- », tre vers : », Estime qui voudra la mort épouvantable, „ Et la faste l’horreur de tous les animaux; ,, Quant a moi, je la tiens pour le point désirable „ Qu commencent ms biens, &jimjsent nos maux. „ Quelque tems après, étant à Paris, & récitant ces vers „ comme étant de lui à son ami Jurande, son ami lui dit », qu’il ne donnoit pas dans le paneau , qu’il siivoit fort » bien que ces vers étoient de Mathieu, & que c’étoit le », quatrième quatrain de son livre intitule lesTabletter de ,, la vie ' de la Mort. Mr. deRacan qui n’avoit jamais ,, vû ce livre contesta long-tems & opiniâtrement que „ Mathieu ne pouvoit pas avoir fait ces vers, & ne fe ren- „ ditlà-dessus que lorsque Jurande les lui fit lire dans ce », livre de Mathieu, avec le plus grand étonnement du „ monde. Je ne doute point de cette histoire, étant très ,» persuadé que Air. de Racan qui me l’a souvent racon- », tée en présence de plusieurs personnes, est un homme ,» très-véritabìe. Mais je doute fort de ce que dit Leo- „ nardo Salviati au Livre premier de fesAvertissemens de „ la Langue Italienne, qu’un Poète de son,tems qui n’a- ,, voit jamais vû les sonnets du Cardinal Bembo, en avoit „ fait de tout semblables. Quoi qu’il en soit, il n’y a gué- ,, re de Poète à qui il n’arrive de faire quelques vers qui ,, fe trouvent dans d’autres Poètes ; NequeJ'emdmihi ac. ,, cidit ut ìn alioremscriptis ea legerem quœ d me nullijub~ ,,repta satis ejpmmihi conscius, dit Grotius dans la Pré- ,, face de fes Poésies; & par-là on peut juger combien „ font injustes L ridicules ceux qui décrient aujourd’hui ,, les Poèmes les plus achevez, pour y avoir rencontré „ quelques hémistiches des Anciens, qui, à proprement „ parler, ne font que des phrases du langage poétique, „ &c. “ La citation est un peu longue : mais cette ren- „contre de pensées & d’expressions peut arriver; & ,, cette possibilité autorisée par des exemples, fera cet „ fer le soupçon du larcin. X X J f Mar- HEN i. Marchandise de rencontre , se tîît de celle qu’on trouve à acheter par hazard, (II veut acheter une tête à perruque, mais il veut quelle (bit de rencontre.) RENCONTRE. Ternie de Dijiilateur & de Chimijfe. C’est une forte de petit vase qui entre dans l’alambic. (Vaisseau de rencontre.) Les Horlogers apellent Roue de rencontre. [Rota libra. menti.] Celle qui est située perpendiculairement. RENCONTRER, ». «. [Reperde , invenire, nan - cisci.] Trouver. Faire rencontre de quelque chose de bon, ou de mauvais. (Rencontrer la fin de ses travaux. Ablancourt , Tac. I. 4. ch. 1. II a bien rencontré dans son mariage. II a,rencontré une femme qui est un dragon. Tout hormis toi chez toi rencontre un doux acueil , L’un ejì paie' d un mot, £•? Vautre d’un coup d'ail. Defpr.) * RENCONTRER. [Benè conjicere.] Ce mot au figuré estime maniéré de verbe neutre. 11 lignifie, Deviner. Réussir dans ses conjectures. 11 lignifie aussi réújjir. [ optatum ajsequi.il (II y a des gens qui essaient de deviner, mais ils rencontrent mal. Paj'c. I. 8- Je ne pouvois croire qu’il fût possible qu’elle eût rencontré à écrire si bien de cette sorte. Toit. 1 .50 ) Se rencontrer. [Concurrere.] Concourir dans un même sentiment. (Les beaux esprits {z rencontrent. Le Pere Álalbranche s’est rencontré avec Spinosa, sur ses causes occasionnelles.) RENCONTRER bien. [ Acutè , f aceté dicere.] Avoir quelque rencontre d’efprit, quelque repartie spirituelle. (Feu Arlequin étoit l’homme du monde qui rencontrait le mieux.) On dit proverbialement, que les hommes se rencontrent, mais que les montagnes ne se rencontrent jamais pour dire qu’il ne faut ofenscr personne & que tôt ou tard on se trouve. [Non Jìbi montes,sed hommes occurrunt. j f RENCONTRER. Terme de Chajje. On le dit des chiens qui commencent à trouver la piste du gibier. (Ce chien rencontre.) RENCORSER, ». art. [Novum thoracem ajfuere.] Racommoder une robe de femme, y métré uri corps neuf. (Cette femme est bien ménagère, elle fait rencor- fer ses habits.) RENCOURAGER , ». o. [Animum adderej] Redonner du courage. Encourager de nouveau. (La harangue de ce Général rencouragea les soldats épouvantez.) REND AGE , J', m. [ Valoris monetœ imminutio. ] Ternie de Monoie. C’est un droit qui comprend le brassage & leSeigneuriage,qui est pour le marc d’or dix livres dix fous, sept livres 10. pour le Seigneuriage, & trois livres pour le brassage, & pour le marc d’argent vingt-huit sous, douze vingt-troiliétnes, dix fous douze vingt-‘roi- fienies pour le Seigneuriage; & iZ. sous pour le brassa- ge. Votez Mr. Bouteroué dans son Introduction des Re. Cherches des Monoies , pag. 7. Mr. Boisard dans son Traité des Monoies, chap. RENDAN T- [ Rutianem referens.] Terme de Palais. Celui qui rend un compte. SE R ENDETTER, ». «. [ Nova nomìna Jìbi im- pnnere.] S’endetter de nouveau. (II s’étoit aquité de toutes ses dettes; mais depuis son mariage, il s’est rendetté.) RENDEUR depetitsJoins,sm. [Procus, amaslus] C’est celui qui pour gagner les bonnes grâces d’uneDame, lui rend toutes sortes de petits services, qui ramasse le gand ou le mouchoir de la belle, lui donne un éventail, òu lui donne là main à quelque passage, &c. (C’est un galand qui est un tendeur de petits foins. Une belle Dame prioit Dieu tous les matins de lui donner le moien de défendre son cœur des tendeurs de petits soins. S. Evremont, œuvres mêlées.) RENDEZ-VOUS,/. m [ ConduHus locus. ] C’est le lieu où se trouvent & où vont de d.-ssein formé, quelques personnes. Lieu où fe rencontrent des personnes. Assignation que se donnent un Amant & une Maîtresse pour fe rencontrer en un lieu. (Le rendez-vous du beau monde est chez vous. Sa Maîtresse lui a donné un rendez, vous à sept heures du soir au Luxembourg. Se trouver au rendez-vous. Ablancourt, Tac. Hiji. i. ç. ch. 2. Manquer au rendez-vous. Sçaron. Nous la verrons hanter les plus honteux brelans, JJonner chez la Cornu rendez-vous aux galons. Defpr.) REN RENDEZ-VOUS. [Locus designatus.] Ce mot fe dit en parlant d’armées & de troupes , c’est le lieu où fe doivent assembler toutes les troupes pour marcher à quelque entreprise. (Le rendez-vous de farinée est autour d» Chálons en Champagne.) RENDEZ-VOUS. [ Receptaculum.] S’emploie au figuré. (Votre ame n’est pas éprise d’une feule passion, elle est le rendez-vous de toutes les passions. Boil.) SE RENDORMIR, »• ». [Iterùmjopire.] S’en- dormir de nouveau. (11 s’est rendormi fur le point du jour. je commenqois à me rendormir quand les violons ont joué ) f RENDORMIR, est aussi actif. (II faut rendormir cet enfant.) RENBORMISSEMENT , f. m. [ Sopor iteratus. ] L’a- ction par laquelle on se rendort. (Les frequens rencsor- missemens sont les simptomes de la Letargie.) RENDOUBLER, ». «. [Conduplicare.] Métré en double. (Rendoubler une serviette.) RENDRE,». «• II vient du Latin reddere. Redonner ce qu’on a donné. Restituer, fe rend ,fai rendu, je rendis. (Un homme qui se mêle de deviner, est il obligé de rendre l’argent qu’il a gagné par cet exercice ? Pascal , Hv. 8- Rendre le bien mal aquis. Pajcal, l. 5.) RENDRE. [Rationem reddere .2 Donner. (Rendre raison de tout. Ablanc. Rendre un Oracle, Rendre témoignage. Rendre service.) RENDRE. [ Se dedere, se tradere. J Livrer. Mette au pouvoir. (Rendre une place. Ablancourt, Marmot. * Enfin cette beauté m'a la place rendue, Que d’un siège Jì long elle avait défendue. Mal.PoêsJiv. ;.) RENDRE. C sus suum alicui tribuere. ] Distribuer. Administrer. t.Nos pères rendent la jujiiee aux pauvres aussi-bien qu’aux riches, ils la rendent méine aux pécheurs. Pascal , /. 8.) RENDRE. [ Alicui benefacere. J Faire. ( Rendre un bon ofice à quelcun. Rendre service à une personne. Sa bonne & sa mauvaise fortune ont servi à le rendre également illustre. Ablancourt, Tac. Hiji. I. 10. L’action rend les gens sages. Rendre heureux. Rendre fou, Rendre un arrêt.) * RENDRE gorge. [Ore cibos reddere.] C’est-à-dire vomir. Etau figuré, il signifie restitues ce qu’on a pris injustement. * RENDRE Vejjirit. [Animant ejflare.] C’est mourir. * RENDRE àquelcun fa parole. [Liber are fidem ahciu jus.] C’elt le dégager de ce qu’il avoir promis. * RENDRE les paroles á quelcun. [Alicujus dicla re. percutere. j C’est lui repartir dans les mêmes termes. C’est lui faire les mêmes reproches qu’il a faits. RENDRE, [Par pari refetre.] Faire la même chose qu’on nous fait. Traiter les gens comme ils ont traité. (Rendre la pareille.) RENDRE. [Verbum pro vtrbo reddere.] Traduire. (On ne peut rendre les choses de mot à mot. Ablan. court , Tac. 5. part. Remarques.) RENDRE. [Rationes ref-rre.] Ce mot, en parlant des comptes, signifie. Faire voir. Montrer. (Rendre lès comptes.) RENDRE. [ Ofiìcium implere. ] S’aquiter de quelque action qui regarde le devoir, ou la civilité. (II lui envois son fils pour lui rendre ses devoirs. Ablanc. Tacite, An. I. 19 Rendre une visite.) RENDRE. [Ejicere] Jetter par quelcun des conduits naturels. (Rendre par haut & par bas. Elle aima mieux mourir que rendre un lavement qu’elle avoit pris. Sca. r on, Poe]'.) 1 1 RENDRE, f Laxare h ab en us.] Ce mot en termes de Manège signifie lâcher. (Rendre la bride à son cheval ; on dit aussi au me me sens rendre la main.) RENDRE le bord. [ Appellere .] Terme de Mer. C’est venir mouiller , ou donner fond dans une rade ou un port. Se rendre, v. r. [Fateri se viâurn, arma deponere,] i>e donner. Se livrer. Se rendre à discrétion. Vaug. Quint. L 8. c. 10. Se rendre à composition. Ablancourt. Les Oficiers s’ailerent rendre à la file. Abl. Tacite, Hijt. ì- c. 10 ) Se rendre. [Servitutem alicui facere.] Se faire. (Se rendre esclave. Se rendre coupable. Ablancourt • Se rendre nécessaire. Se rendre caution.) _„ Un bonnne qui ne peut plu* manger, dit tje me rens. [Sueursum J 4 K REM ê Se rendre, se dit des chevaux qui ns peuvent plus avancer, qui sont outrez à force de travail & de lassitude. (Nos chevaux se rendent, il faut s’arrêter.) Se rernlre. (Se prabere.) Se faire estimer. Se fairè Voir. (Se rendre ridicule. Molière. Se rendre considérable. Ablancourt.) Se rendre. [ AdeJJe.se Jìfìerc.'] Se trouver en un lieu. Aller en un lieu. (Se rendre en quelque lieu. Vaug. Quint. L ;. Fleuve qui se va rendre dans la mer. A- blancourt , Tacite.') Se rendre. [ Fieri. j Devenir. (Sè rendre honnêtè homme. Se rendre hermite.') St rendre. [Potiri.) Se saisir. (Se rendré maître d’ust Roïaume. Ablanc. Tac. An. I. 12.) Se rendre. [Manus dare J Ceder. S’avoíier Vaincu. (11 n’y à plus rien a dire, je me rends. Molière, Critique de F Ecole des Femmes. Le jugement de Monsieur est quelque choie de considérable, mais Monsieur veut bien que je ne me rende pas pour cela. Mol. Si vous ne voulez vous rendre qu’à l’Eersture, j’y consens. Pose. I. 4. Le Roi Jean après s’être bien batu à la bataille de Poitiers, en iîs<>. s’y rendit atl Chevalier de Morbec ; il lui jetta son gant, &luicriâ je m» rens à vous. Ah ! mon atur je croi vous entendre, Pujque vous conjultez Jì vous devez vous vendre » Hélas ! vous êtes tout rendu. Nous lisons dans Joinville, que Saint Louis di- soit que malle c rose ejioit F autrui prendre j car le rendre ejtolt Jl très-gnef, que feulement à le nommer il ej. corchoit la gorge pour >r qui y font. Au reste le verbe rendre est une espèce d’écuèil contre lequel il est a ifé de heurter si l’on n’y prend garde. Malherbe en a fait souvent un mauvais usage ; il dit dans ses Stan- c es pour le Roi Henri le Grand alant en Limousin ; Puisqu’a rien d'imparfait ta louange n’aspire, Acheve ton ouvrage au bien de cet Empire, Et rendsnous-F embonpoint comme la guérison. Dans les mêmes Stances : Et rendra les de feins qu ils feront four lui nuire, AuJJì tôt confondus comme delibere2. Dans les Stances pour Alcandre : Revenez mes plaisirs , Madame est revenu'è , Et les vaux que j’ai faits pour revoir J'es beaux yeux, Rendant par mes soupirs ma douleur reconnue, Ont eu grâces des Cieux. Benserade, dans son sonnet de Job qui a fait autrefois tant de bruit à la Cour : Job de mille tourmens atteint Vous rendra fa douleur connue. L’Etoille, dans une chanson: Ingrate Me Ionie, Le mépris que je fais Ae vous, Vous rend assez punie. „ Quelle sorte de langage est-ce» (dit Mr. de Balzac) ,,imus rendra fa dou’eur connue s je veux vous rendre ,, ce cavalier connu , ou cette Dame connue , pour dire, 5, je veux vous les faire connoitre , ou vous en don. ,, ner la connoiíTance ? F st-ce une façon de parler „ poétique ï Eft-ce une locution figurée ? Est-ce une ,, mode étrangère & a portée de dehors, qui depuis „ peu a été naturalisée en ce Roïaume, ou plutôt „ n’est ce point une nécessité de la rime? N’est-ce », point quelque petit reste du collège ? N’est-ce point ,, le jargon d’un jeune Alemand nouvellement arrivé „ à Orléans, qui fait éfort pour parler François, & „ qui prie son hôte de lui rendre connus les plus hom ,,nêtes gens de la ville? On peut dire, Se rendre ,, célébré a toute la France , fe rendre illujlre par la ,, grandeur de J'es aflions : mais on ne peut pas dire „ de la même forte, fe rendre connu ; il faudroit que „ celui qui le diroit, eût plus de crédit que l’ufage „pour le dire avec succès. “ 11 faut encore ajouter ici cet endroit des Doutes du Pere Bouhours, page 82. êsfe. „ Quoiqu’il en soit, mon Curé eut encore „une petite dispute avec mon voisin sur une autre „ phrase. Ce bon homme a en tête que le verbe ren- „ dre ne se doit point joindre aux participes en notre „ Langue : car il fqait autre choie que du Grec & du ,, Latin ; il a fort étudié la Grammaire Françoise de „ Ramus, & il a même lû les Remarques de Mr de REN 351 » Vaugelas. Au contraire, moti voisin prétend qu’ont '> P eut dire élégamment rendre cher , rendre dejhtué, ,, rendre préparé , rendre dijpoj'é , rendre connu ; & il „ aprouve, il loué les phrases suivantes : La vertu rem. „pht de douces efperances ceux qui la pojjedent, elle „ les rend chers de Dieu. Entre toutes les vertus qui les „ rendirent égalemevt chers de Dieu [f des hommes II fa. „ voit que ces deux choses jointes au grand abord des etran- ,, gérs b des marchands de divérjes nations rendent pour „ F ordinaire les villes aufjì destituées des richesses deDieu „de fa grâce, qu’abondantes en celtes du monde. AJìn que „ lorsqu’ils recevroient quelque injure de la part des au. „ t r es, cette accoutumance les rendit préparez à la Jbufrrr ,,Jans peine U fans aucun trouble. Alors m a droit de ,, régler f es allions pair la loi générale de la charité , qui », nous doit rendre dijpfez à obliger çsf a servir tout le mon. », de. Dieu ne foufrtra pas qu’une ail ionJìJ'ainte Jeu t long. „ te ms cachée , Jì voies avez foin de Fétàufer, il la publier» », lui-meme , [f il la rendraplus connue. Ce qui fait, AI est », sieurs, que je pancheun peu du côté de mon Curé, & „ que je croi presque avec lui qu’on nc joint rendre qu’à „ des adjectifs tout purs, comme bon, aimable, iílujtre ; », c’est que Mr. de Balzac a pris ce parti dans les remar- ,, ques qu’il a faites (ur les deux Sonnets qui partagèrent ,> la Cour & toute la France, il y a qUelques années Puis* ,, que nous sommes fur le Verbe rendre, il faut que je „ vous demande, Messieurs, si c’est bien parler, que de ,, dire rendre la guérison, comme dit le sieur deRoyau* „mont dans son Histoire du vieux U du Nouveau Tejia - „ ment. Jesus-ChnJt, pour tes convaincre par eux-memes „ qu’il étoit Dieu, les assura de la guérison intérieure de », cet homme, pur la guérison extérieure qu’il lui rendit. Sî „ j’en croi Mr. Pèlisson dans l ’Histoire de F Académie, „ cette phrase n’est pas fort bonne. 11 dit, comme vous „ savez, à l’occasion des Stances que fit Malherbe pour „ H feu Roi allant en Limousin, & qui furent examinées ,, par les Académiciens : Ils ne remorquèrent pas comme ,,une faute qu’tl eut dit a là fin ì Et nous rend í’embonpoint comme la guérison. „ Quoiqu’a y regarder de près, ce meJemble, U dans Fer. „ dinatre façon de parler, on puise bien dire en notre „ langue, rendre la santé & rendre la vie, mais non „pas rendre la guérison. Si j’osois, Messieurs, ajoû- „ ter quelque chose à la remarque de cet illustre Aca* ,, démicien , je d i rois que rendre la vie, la santé, l’enu „bonpomt, est fondé en raison, parce qu’on avoit la „ vie , la santé, l’embonpoint auparavant; mais que », rendre la guérison n’est point raisonnable, parce qu’on „ n’avoit point la guérison avant que d’être malade, St „ qu’on ne peut dire proprement rendre que des choses „ qu’on a perdues. “ Je demande à mon tour, si c’est là l’idée véritable du mot renare. II est certain que dans le propre, rendre presopose qbe l’on a en son pouvoir une chose qui apartient à un autre à qui on la rend ; & dans le figuré on lui fait dire plusieurs choses dont on ne peut donner une réglé générée. Eu éfet. est-ce mal parler que de dire, Sa conduite Fa rendufujpi H. Se rendre necejjai- re. Rendre le mal pour le bhn. Dans tous ces exemples, il ne s’agit pas de la restitution d’une chose perdue. II faut donc dans le figuré suivre l’usige & le bon sens. RENDU , rendue , adjeéîif. [Redditus , deditus, tra. ditus.J Redonné, Restitué. Livré. Donné. (Argent rendu. Ville rendue ) f RENDU, se dit quelquefois pour, àrrîvé où l’on Vouloir aller. (Nous serons bien-tôt rendus. Nous voilà enfin rendus avant la nuit.) RENDU,/, m. [ Trunsfuga .] Soldat qui déserte pour se venir rendre dans le parti Contraire. (Traiter favorablement les rendus.) RENDUIRE , v. a. [Gypfum rursù* ìnduere parie, tt .] Terme de Maçon. C’est enduire de nouveau. Je renduis. J’ai remiutt. Je r enduisis. (Renduire Un mur.) RENDURCIR, v. afí. [Rurfum tndurarej Endurcir de nouveau, rendre plus dur. (La trempe ren- durcit le fer & l’acier.) Se rendurcir. [/a provum redurefeere.) Augmenter dans le mal, devenir plus méchant. (Toutes les plaies d’Egypte ne servirent qu’à rendurcir Pharaon.) RENE', ée, par. pajj'. U adj. ( Renatus .] II ne se dit gueres que de Saint Reiie Evêque d’Angers , qui revint au monde sept ans après sa mort pour recevoir le Baptême par les mains de Saint Maurille. Sur quoi Jean de Launoy a fait une docte dissertation. KENE's 352 BF.N " RENE'» f fKfNom d’homme. Descar- ïc's s’iipellcit iît»í. Tt-lk aux yeux de René se votant découverte , La nature d irrite N conjure sa perte; Et d’un torrent d’humeur qu'elle porte au cerveau Acable ce grand homme ffí le met au tombeau. Mademoiselle Descartes.) KENE'-E , s s [ Renata.J Nom de femme. (La pauvre Renée est morte.) RENEGAT , s m. [Apùjlata, chrijìiante relìgionis drsertnr .2 C’est celui qui a renoncé Jésus Christ pour embrasser la Religion des infidèles. (C’est un Renégat.) RENEIGER, ». n. [Iterùm ningerefj Neiger de nouveau. (11 va encore reneiger.) RêNES, ou Resnes, f m. [Habena. ] L’un & l’au- tre s’écrit, mais on ne prononce pas Y J qui est dans la prémiére sillabe du mot Resnes. On apelle Rênes, deux longs bouts de cuir a tache?, au bas de la bride. (Ajuster les rênes. Ablanc. La plupart menoient leurs chevaux par les rênes. Vaug. Quint. L 7. ch. 9. Tenir un cheval par les rênes. Vaug. Quint. I. 7. c. %. Tenir les rênes égales.) * RéNES. [Regni gubernacula , h ab en ail Ce mot se dit au figuré dans le beaustile, & a beaucoup de grâce. (11 tut infortuné de n'a voir pas a teint cet heureux liécle où Trajan tint les rênes de TEmpire. Abl. Tac. Vie d’Agrico/a.) R ENETTE , f f. [Radiofits.J Terme de Manège. lest,ornent d acier, qui sert à trouver une encloùeure dans !e pié du cheval. RENETTEIER, ». «. [Iterùm detergere.J Net- teier une seconde fois. (Renetteier une chambre, un habit, &c.) RENFAÍTER, V. a. & redup. [Fajiigium refar- cire.'j Racommoder le faîte d’une maison , y métré des laitières au lieu de celles qui font tombées & rompues. RENFERME', renfermée, adj. [ Inclususé] Enfermé. (II est renfermé. Elle est renfermée.) RENFERME', / m. [ RepreJfus. J Certain air relant qui vient de ce qu’une chambre a toujours été fermée, & que le grand air n’y est point entré. (11 sent ici le renfermé.) RENFERMER, ». a. [Redudere .2 Enfermer (C’é- toit la coutume des Princes d’Orient de renfermer leurs trésors dans leurs fepulchres. Ablanc. Apoph. Quoi dans l’amour divin en nos cœurs allumé, Le vœu du Sacrement n'éjl.il pas renfermé ? Defpr.) Se renfermer , v. r. [Inciudere Je .2 S’enfermeï. (Ils Te renferment dans leurs havres. Vaugelas , Quint. liv. 4. 11 s’est renfermé dans fa chambre , dans fa maison.) * C’est un mal que de se renfermer en foi seul, & de ne songer qu’à soi. Port.Reial , Education du Prince. [Intra se ipjum cotligié] RENFERMER. [Concludere, complecti .] Comprendre, contenir. (Or, ne renferme pas aisément l’amour, il fe trahit lui métne. .S’. Evrrm. Le nouveau Testament du Pere Quefnel renferme tout ce qu’il y a de plus solide dans la Religion.) RENFILER , ». a. [Rursùs conîexere ] Enfiler de nouveau. (Renfiler une aiguille, un bracelet, un co- lier, un chapelet, &c.) KENFLAMMER, ». a. [Iterùm injlammare.J Enflammer de nouveau. Rembraser. ( L’incendie étoit prelquc éteint, mais le vent a renfiammé toute la maison.) * Se renflammer. [ Redintegrari. ] 11 fe dit aussi au jiguré. (La sédition s’est renflammée totit de nouveau. Cet amant fe renflamme à la vùë de fa Maîtresse.) RENFLEMENT , f m. Qppd in mediis colum- nis adjieitur. Terme à‘Architecture. 11 fe dit en par - lant de colonnes. C’est l’augmentation de la grosseur qu’on donne aux colonnes au droit du tiers du fuit vers le bas. On dit colonne renflée. 0 Le renflement dans les colonnes est apellé par Vitruve, Adjecho qua adjieitur in mediis calumnis, & irraceif en Grec. II sc fait toujours au tiers vers le bout en bas du fuit de la colonne ; & le milieu dont Vitruve varie, ne doit être entendu à la lettre, mais en général de ce qui est seulement entre les extrémité?. Tous les Auteurs n’aprouvent point le renflement des colonnes. II faut lire fur cela A/r. Perraut fur REN le ie. chap. du % e. Livre de Vitruve ; Félibien, Priis- cives de l’Architecture. SE RENFLER, ». f. [bifiarefevalidiùs .2 S’enfleí de nouveau. (Son hidropiíie Remportera, son ventre qui s’étoit un peu abatu, s’eji renfié extraordinairement.) RENFONCEMENT , f m. [S mus , concava. J Terme de Doreur fur bois, qui signifie Creux. Par. tie plus enfoncée. Endroit enfoncé. (Mettre de l’ot dans les renfoncemens.) RENFONCEMENT. Danet écrit Renfondrement. [Re- cejfusj Terme de Peintre , lorsque la chose paroît enfoncée. (Le renfoncement d’une perspective sur un theatre, est la plus grande beauté.) RENFONCEMENT. [Loculamcntum Jìctum.l En Architecture. C’est un parement au dedans du nud d’un mur, comme d’une niche feinte. RENFONCER. [Dolia refarciref] Terme de Ton. nelier. Mettre un fond. (II faut renfoncer ce muid. Une vague m’a renfoncé dans la mer.) RENFONDREMENT, f m. [Receffusf] Enfoncement en peinture (II y a des Peintres, qui en peignant avec une feule couleur, n’ont pas laiflé de donner du relief à des endroits. & de faire ailleurs des renfondremens.) RENFONDRER, ». «• [Reductiùs reddere , ou fa. cere.J Enfoncer, éloigner en peinture. Danet. $ RENFORCE', ée\ part. Un canon renforcé, un canon renforcé fur la culasse. f RENFORCE', fe dit des étofes plus fortes & plus épaisses qu’à l’ordinaire. (Damas renforcé, étofe renforcée.) ê RENFORCE', fe dit d’un double bidet. (Bidet renforcé.) f * RENFORCE', fe dit d’un homme de peu, mais qui est riche, & qui veut faire l’important & l’homme de condition. (Ce n’eít qu’un bourgeois renforcé.) RENFORCEMENT,/' >«. [Corroboratio.J Aug- mentation de forces. L’action de renforcer. (Le ren» forcement d’un mât.) RENFORCER, ». a. [F irmare, çorroborareé] Rendre plus fort. (Renforcer l’aile droite. Vaug. Quint, L ;. 11 renforçoit fa voix pour être ouï d’un plus grand nombre áe soldats. Ablanc. Tac.HiJl. I. 5 .c. a. Ren- forcer un mât par le moi en des jumelles qu’on lui aplique. Renforcer une garnison.) T RENFORCER la dépense d'une maison. C’est l’aug- menter. Se renforcer, v. r, [Vires refumere ,] Reprendre ses forces. (II fe renforce tous les jours.) * La Sédition fe renforçait à toute heure. Ab.’ancourt , RENFORMIR, [ReJíauraref] Rétablir une muraille bien endommagée, par un gros enduit fort épais en quelques endroits. REN FOR MI S ? f m. [Adjbuctum.'] Terme de Maçonnerie. Enduit ou crépi, qu’on fait fur une vieille muraille, qui est beaucoup endommagée. (On taxe le renformis a trois toises pour une, ou sept pour deux.) Ce que les Experts appellent mcdioncr. f. RENFORMOIR ,f m. On l’apelle aussi Df- moijelìe, ou servante. C’est un instrument fur lequel les Gantiers renferment leurs gans ; c’est-à-dire, les élargissent par le moïen des deux bâtons qu’ils apelle n t Tourne-gans. RENFORT , f. m. [Auxilium , fubjìdium ] Nouvelle augmentation de forces. Soldats qui viennent pour renforcer quelques troupes (Ce fut un renfort venu tout à propos. Vaug. Quint. I. g. c. 13) RENFORT. [Spijfìtudo. J Ternie de Fondeur, qui fe dit en parlant de pieces d’artiileïie. C’est la partie de la piece d’artilletie qui est un peu au deílus des tourillons , & qui est d’ordinaire éloignée de la bouche du canon d’environ quatre piez & demi, & cela plus ou moins , selon la longueur de la piece, RENFROGNE', renfrognée , adj. [Corrugatusé] Renfrogné. (Mine renfrognée. Scaron. Visage renfrogné- Ablanc. Luc. Tome t. in douze, pag. 260.) SE RENFROGNER, ». r. [Vultum corrugan-ì Ce mot signifie Je refrogner. Mais il ne semble pas fi usité que Je refrogner. (]1 fe renfrogne dès qu on lur dit quelque chose qui ne lui plaît pas.) t RENGAGEMENT, f. m. Action de fe rengager. (J’ai apris son rengagement dans le mauvais parti.) RENGAGER, ». a. [prretire, implicare , oppigne- rare.fi Engager de nouveau. (Je Tai rengagé dans l’afaire. Rengager fa foi. Reneager son bien.) Voïez Engager. ( * Une RFN <* Une maîtresse qui se relâche rengage plus un amant eue cent refus. Le Comte de Bu !]!, tíiìi. amoureuse des Gaules, pig. z.) RENGAINER , v. a. [Referre ensem vagina.j} Prononces rangainé. Remettre dans le fourreau. Le mot de r«sgstí»«- n’est guete usité au propre, & en fa place on dit remettre. Ainsi on dit, Remettez votre épée, oU remettez votre épée dans le fourreau, & presque jamais, rengainez. ) t_ * RENGAINÉ , f. ni. [Repa/sus.'] Ce mot est tout- a-fait bas, & du petit peuple de Paris. II y a eu un furieux rengaine. C'elì-à dire, il a eu un refus fâcheux.) î * RENGAINER. [Omittere òjfictosâ verbal} Ce mot au figuré est assez usité, mais il est bas & burlesque. Paul, rengainera retorique. Mai. Po'ss. C’est-à-dire , n’ètale pas ta rétorique ni ton éloquence. Ah! Monsieur, rengainez \otre compliment, je vous prie. Molière. [Conde linguam futilem.} C’est-à-dire, trêve de compliment. (Rengainez vos rodomontades. Ablanc.) > SE R ENGENDRER , V. r. [ Rursus procreari. j S’engendrer de nouveau. (11 fe rengendre toujours de la vermine. Des pierres fe rengendrent dans la vestìe.) RENGIER. Voî z Renne. j SE RENGORGER, c.r. [Turgere, intumefeè- re.] 11 fe dit ordinairement des femmes, c’est-à-dire, qu’elles aprocher.t leur menton de leur gorge. ( Cette femme fe rengorge pour paroitre plus droite, plus grasse & plus belle.) Ne rengorger, [Novum induere vultum .] Se dit encore d’un homme qui fait l’hommè d’importance , & qui veut se faire valoir. Quand je vas voir mon Raporteur, il change de contenance & fe rengorge. __ RENGRAISSER, v.a. [Iterumsiginnres Engraisser de nouveau. Faire devenir plus gros & plus gras. (Rencaisser un cochon.) Se rengraijjtr, v. r. [ Oyimari , resarciri. j] Devenir gras de nouveau. (La maladie l’avoit fort amaigri, &à présent il fe rengraisse tous les jours.) Se rengraijser. [ Damna resarcire. J Au figuré , c’èst rétablir ses aféires. (Ce Marchand qui étoit lì sec il y a cinq ans, s’est bien rengr tijje-.') * RENGREGé', rtngregée , ádj. £ Autlus, exajpera- tus.} Mot vieux , & qui ne peut entrer que dans le bas burlesque, en parlant de malades. (II est tengregé. Elle est rengregée.) RENGREGcMENT de mal, f. m. [ M or bi atu Ao.JAugmentation de mal.(Rengagement de mal ! Surcroît de désespoir ! Molière, Avare, ad. j. Jc. t RENGREGÈR , v. a. [ Ingravéfcere .] Augmenter le mal. (Une mauvaise emplâtre a tengregé fa plaie.) f Se rengnger , v. r. [Recrude/cere.J La plaie fe ren- grege. RENGRE'NEMENT, f m. [Audio, exaudio .] Terme de Monoie. Action de rengréner. II faut que le rengrénement soit juste. Bouteroue, liv. des Momies .) RENGRENER, c. a. [Recudere.J Terme de M o- noie. C’est mettre les pieces fabriquées fous les fers qui les ont monoiées, de sorte que les grains du chapelet qui entourent la tête & les revers, & toutes les autres parties des pieces, rentrent dans le creux du coin & ne varient nullement. Bouteroue , hv. des Monoies, (Rengrener une médaillé.) 11 fe dit auffi des machines à roue. (f On dit Rengrener une médaille, lorfqu’elle n’a paS bien reçu l’empreinte , & qu’on la preste entre les deux carrez ; ce qui fe réitéré plusieurs fois. Féhbien. RENGRENER , v. a. [Frumentum in infundibulum ìmmiture .] Engrener de nouveau. Mettre de nouveau dans latremie. (Rengrener du blé, du seigle, &c.) RENHARDiK, c. a. [Metum deponere , fieri au- daciorem .] Rendre de nouveau plus hardi. Serenbardir, v. r. Devenir encore plus hardi. Quelquefois il signifie seulement enhardir & s’enhardir. Votez Enhardir. REM ABLE, adj. [DeneganduS, abnegandus.} Qui peut être renié & désavoué. 11 ne fe dit qu’en cette façon de parler. Tons vilains cas font rentables, RENIEMENT , J. m. [Execratio, ejuratio ] Prononcez rmimun. Sorte de Blalphême par lequel on renonce à Dieu. (Les reniemens & les blasphèmes font punissables.) RENIER , o. ct- [Deum detejiari. ] C’est nier en jurant. ( On devroit (èverement punir ceux qui osent renier Dieu ) On dit aussi renier fa foi, fa religion, fa REN 3^3 patrie. Et il signifie , désavouer, ne pas recùnnoìtre. [Denegare, abnegare.} RENIEUR . f. m. [Dei deteJìàtor,fidei desertor .] Celui qui renie. (C’est un renient de Dieu.) RENIFLER , v. a. [ Mucum resorbere. J Faire remonter la morve dans les narines. ( 11 est mal honnête de renifler. Quoi toujours renifler, Moucher, toujjér, cracher, N toûjours me parler. Scar. D. Japhet, act. fe. 4.) f RÉNIFLERIE ,s.f. [P Huit a narium resorbitio.} H ne fe peut dire que dans le discours comique ou familier. C’est Faction d’une personne qui renifle. (II n’y a guere de personnes qui ne baissent la reniflerie, parc» qu elle est dégoûtante. A’’étoit ce pas assez pour nie faire enrager , Sans qu'un chien d'harangueur me vint aujjìcharger Deson hem , de sa toux, desa reniflerie. ' Scar. D. Japhet, acì. 5. fc. 4.) RENIFLEUR , s m. [Sorbitor pituitx narium.’] Celui qui renifle. (Un petit reniflent.) f * C’est un renifleur de petun. Scar. Poefi RENIFLEUSE, J. fi Celle qui renifle souvent. (Petite ïenifleufe.) REN1VELER , V. a. [ Iterutn libella explorare. ] Niveler de nouveau. Examiner si on a bien nivelé. (II ta ut souvent reniveler le terrain.) RENMA1LLOIER, v. a. Voïez RemmaiUoter. RENNE* J- m. [ Hippelaphus ._] La Martiniére dans un petit voiage des pais Septentrionaux , fait le mot de Renne féminin. Les hommes favans en la langue pensent qu’on le doit plûtòt faire masculin que féminin. 11 n’y a point à balancer là-delfus. 11 vaut mieux croire ces Messieurs que la Martiniere, qui ne pastè pas pour un grand Clerc en François. Le Renne donc est un animal qui naît en Laponie , qui ressemble au cerf, excepté qu’il est gris cendré -, qu’il est plus grand & plus gros , que son bois a plus d’andouliers , qu’il a les piez plus courts & plus gros. Le Renne ne fauroit vivre hors du pais oú il est né. 11 sert de bête de somme aux Lapons. 11s lé nourrissent de ion lait & de la chair, & même ils s’habillent de fa peau. Le Renne ne man. ge que désherbés, des feíiilles & de la moufle. II ne vit qu’environ treize ans, il a pour ennemi le loup. Quand il marche, les jointures île fes jambes font un tort grand bruit, & ce bruit sert encore à le distinguer du cerf. II y a des rennes sauvages & des rennes domestiques. Le renne femelle porte quarante semaines, & met bas en Mai vers la saint Jaques & saint Philippe : on dit un renne mâle & un renne femelle. Quelques-uns apellent le renne rangier,, mais mal. Rangier est un peu ecorché du Latin Rangifir. Voïez J on fi on) RENOIKCIR, v - « [Iteràmmgritie inficere.} Noircir de nouveau. ( Renoircir des souliers. Renoircir un jeu de paume, à.) REN O M > s »r. [ Fama, nomen , exijlìmatio. J Réputation. (Un renom éclatant. Avoir du renom. Abl. Après avoir défait des gens fans renom, il marcha con. tre la ville de Nife. Vaug. Quint, liv . 8- chap. 10.) RENOMME', renommée , adj. [Celeber, tllujhis, célébrât us Célébré. Illustre. Qui a du renom , qui a de la réputation. (11 croioit que fa gloire feroit d’autant plus illustre , que ceux qu’il avoir vaincus leroient renommez. Vaug. Quint. liv. 8- chap. 14. Le vin de Champagne est renommé en Angleterre.) RENOMME'E, f f. [ Fama.] Sorte de Déesse à qui les Poètes donnent des ailes, une trompette & plusieurs bouches pour publier par tout la valeur des Héros & le mérité des grands hommes. ( Quite promtement Parmée De Pinvincible Condé , Glorieuse renommée, Qui Pas toujours seconde ', Passe d’un aile legere De t un a P autre hémisphère. Sar. Poésies.) , Elle aprehendoit le bruit de la renommée. Ablanc. Tac. An. I. i2. Jamais la renommée ne taporte les choses au vrai. Vaug. Quint. I 9. c. a.) RENOMMEE. [Fama, nonun.} Réputation. Bruit oue fait une personne dans le monde en faisant parler de soi (Ils ont porté bien loin leur renommée. Ablanc. Tac Germanie. 11 ne reste plus que la renommée de Tom. UI . Y ï otites N4 REN toutes ces choses. Vaug. Quint. I. Z. La renommes 6s cette victoire aferniit l’Alie qui branloit. Vaug. Qsissi • /. 7. c, 9. Elle est riche, elle est belle, elle a tout a souhait, hormis la renommée. Gonb. Epit. /. 1. Ses défauts ont pait à fa renommée. Gonb. Epit. Le cornet de lu renommée Dit que votre beau-srere U deux autres voisins , Pour n’avoir point de bruit ensemble , Sesont trouvez contraints A nourrir long-tems votre armée. Placet à Mons. le Dauphin.) * î "Bonne renommée vaut mieux que ceinture dorée, [ Meíius ejl nomen bonum quant divitia multa .2 Vieux proverbe, pour dire que la bonne réputation vaut mieux que les marques d’honneur qu’on peut porter. Henri JV. par un de ses Edits donna lieu à ce proverbe. RENOMMER, v. a. [Fumant facere.] Rendre considérable. Donner du renom. (Son savoir le faisoit renommer par tout. Ablancourt. ) ^ Se renommer de quelqu’un , v. n. pajsi C’est dans lestile familier, s’autoriscr, se servir du nom de quelqu’un auprès d’un autre. (Qu’il se garde de se renommer de moi. II a eu la hardiesse de se renommer de moi.) RENONCEMENT,/»*- íNegatio -2 Action de renoncer. (Le renoncement de saint Pierre. Port-Roial , "Nouveau Tejiament.') RENONCEMENT. [ Abdicatìo."] Action de renoncer au monde, à une Magistrature, à un Benefice, &C. £$ RENONCEMENT ne se dit qu’en termes de Morale; & les Auteurs des Livres de piété s’en servent ordinairement. Renonciation est un terme de Palais, qui ne dit point la même chose que renoncement. Renoncement a son droit ne vaudroit rien. RENONCER, v. a. [D enegare."] Renier. (Avant que le coq chante, vous me renoncerez trois fois. Port. Roial, Nouveau Testament. Si vous dites vrai, nous la renonçons pour notre sang. Molière , George Dandin , aftez.) * RENONCER. [ [Desistere, dejerere."] Ce mot signifiant, Abandonner. Quiter. Laisser, se dit dans un sens neutre. (Renoncer aux frivoles vanitez du monde. Pasc. liv. iç. Ils font devenus fi injustes, qu’ii fa u d roi t que j’eusse renoncé à jéfus-Christ & à son Eglise, 11 je ne détestois leur conduite. Pasc. I. 1;. Elle renonce au monde avant que de vieillir. Molière, Misantrope , acl, 5 .sc. 4. Renoncer au repos de la vie. Çiell mefaut-il ainsi renoncer à moi-même , Et par un imposteur me voir voler mon nom ? Que son bonheur est extrême De ce que je fuis poltron. Mol.) Cette phrase, Renoncer a quelcun , me fait souvenir d’une Epigramme que fit sur le champ Mr. de Vaugelas, qui ne se piquoit pas d’être Poète. Le Portier de l’hótel de Rambouillet lui vint dire que fa Maîtresse je derenonçoits ce terme le frapa , & il fit cette épigramme : Tout à ce moment maître Isaac , 'Un peu moins disert que Balzac , Entre dans ma chambre Çsi m’anonce Que Madame me derenonce. Me derenonce, maître Isaac? Oui , Madame vous derenonce. EUe m'avoit donc renoncé , Lui dis-je d’un sourcil froncé ; Portez-lui pour toute réponse , Maître Isaac , que qui derenonce , Se repent d’avoir renoncé : Mats avez-vous bien prononcé ? RENONCER. [Hereditatem repudiare .] Terme de Palais , qui lignifie ceder & quiter à ses créanciers des biens qui en qualité d’héritiers nous viennent de la succession de quelque personne , soit pere & mere, ou païens. ^Renoncer a la succession de son pere. Renoncer à la succession de son oncle.) RENONCER. \_Ahud iuderc folium.’] Ce mot en terme de jeu de cartes , se dit aussi dans un Jens neutre, & veut dire jetter une carte d’un point diffèrent de celui que joue le premier, quoi qu’on ait des cartes de ce point. çQui renonce perd. ) En ce sens on dit Renonce , f f. Q_ u i e st faction de renoncer. (Paier la renonce.) REN RENONCIATION,// [Abdìcatio."] Terme deP n’y a plus de société , elle est rompue fans qu’il soit besoin d’une renonciation plus expresse. Patru , plai. doté 6.) RENONCIATION des filles dans leur contrat de mariage. Les Loix Romaines défendoient expressément toutes"sortes de conventions fur la succession d’une personne vivante, & par conséquent, une convention Faite entre des frétés & sœurs au sujet de la succession de leur pere vivant, ne pouvoir pas subsister. L’usage a dérogé à cette jurisprudence sous certaines conditions : la premiere, que la renonciation n’est reçue qu’à regard dessilles seulement; la seconde, qu’elle soit faite dans un contrat de mariage ; la troisième, que le pere soit vivant ; & la quatrième , qu’elle soit faite pour quelque chose de certain. La raison de cette dérogation à la régie générale, n’est pas tant la dignité du contrat de mariage, que l’incettitude île ì’éveneme.nt dont la fille qui sc marie est à couvert par fa renonciation, qui l’afranchit duraport, au cas que les autres enfans ne trouvent pas une légitime. La qualité de fille est d’ailleurs peu favorable , puisqu’elle porte le bien dont elle hérite, dans une famille étrangère ; ce que les Coutumes tâchent d’empêcher, non feulement par la renonciation, mais encore par l’excluíion de la succession aux fiefs, dont plusieurs Coutumes déclarent les filles incapables. Ce motif a paru si pressant, que la minorité, ni la lésion, ne peuvent donner aucune ateinte à la renonciation , quand même elle auroit été faite pour peu de chose, &, comme dit Brodeau, po»r un chapeau de roses. Cet Auteur remarque encore, qu’une renonciation faite pour une somme payable après la mort d u pere ou de la mere, est nulle, parce que le payement est diferé à un teins où il n’y a plus d’incertitude. II y a plusieurs questions fur cette matière , que les Docteurs ont traitées, & que je réexaminerai pas ; je me contenterai d’obscrver que selon la plus commune opinion des Docteurs, la renonciation des filles est personnelle, & qu’elle contient une condition tacite de survie de la fille au pere ou à la mere. í$ RENONCIATION à la communauté. Dans les premiers siécles de la Jurisprudence Coutumière, la renonciation à la communauté étoit inconnue : & une femme commune en biens avec son mari, reiloit toû- jours commune , comme nous l’aprenons de Luise!, L. 1. tït. r. régi. to. de ses Institûtes Coûtumieres. Après avoir dit que,, sont les mariez communs en„ tous biens meubles & conquérs immeubles, du jour,, de leur bénédiction nuptiale, “ il ajoute:,, A >a-„ quelle communauté les veuves nobles de ceux qui,, meuroient au volage d’outre-mer, eurent privilège „ de pouvoir renoncer, & depuis en général toutes les,, autres; ce qui a été depuis étendu jusques aux rotu-„ tiers, par autorité & invention de Maître Jean Jac-,, ques de Mesme. “ Cette faculté étant à présent de droit commun, elle a lieu même dans les Coutumes qui n’en ont fait aucune mention. C’est fur ce fondement que quelques Auteurs soutiennent que la femme ne peut pas renoncer au bénefice de la renonciation : ils citent un Arrêt raporté par Peleus, aflion 61. Mais la renonciation n’est pas lì fort du droit commun, que la Coutume d’Orleans, art. 204. n’ait a cordé aux femmes de sc partir du privilège de la renonciation à la communauté ; ensorte qu’ii semble que l’on peut renoncera un privilège introduit en notre faveur ; quand la renonciation n’interesse point le public, les héritiers de la femme peuvent renoncer à la communauté, comme la femme elle même : mais il faut que la femme loir ou veuve ou séparée de biens pour être reçue à renoncer; & selon la plus grande partie des Coutumes duRoïau- me , & particulièrement de Tarticìe 257. de celle de Paris, elle doit faire un bon & loyal inventaire suivant les formes prescrites par la Coutume. 11 est au contraire des Coutumes qui ne l’y obligent point. Mais l’inven- taire est inutile, quand la veuve est convaincue d’avoir recélé & caché non seulement pendant la dernière maladie de Ion mari & après fa mort , mais encore du recélé qu’elle a fait pendant le cours du mariage, lorsqu’elle ne le taporte pas volontairement dans la *R,âlle de 1 hoirie. La peine dn recélé à l’égard des héritiers du mari, est d’étre privez de leur part danS les choses recélées , & non de tous les éfets de la communauté » selon le sentiment de Du Moulin : mais aufli REN îa vepve doit paier la moitié des dettes, & elle ne peut plus le servir du privilège que la Cothurne lui donne de n’étre pas ténue dés dettes au-delà de ce qú’ellè pro r site de la communauté ; ce qui a lieu à regard des créanciers, comme à l’égard des héritiers. . RENONCULE, s.s. {Ranunculùs.] Marin, Trai. té de la Culture des Fleurs, p. 17 . fait renoncule masculin ; mais les autres Fl eu ri îles que j’ai consultez sur ce mot, croiertt renoncule féminin. Les Dames de qualité à qui j’ai demandé ce qu’elles en pensoient., n’ont point hésité à faire renoncule féminin ; & ainsi c’est unè fauté qUe de le Paire de Pautrò gênée. La renoncule est tine sorte déplanté qhi fleurit en Mai, qui est d’un jaune doré, d’un jaune pâle, d’un jaune. prangéj qui est rouge à fleurs doubles. (Une belle renoncule. Une renoncule simple. .Une renoncule double. ,11 t,a .aussi des renoncules couleur de rose qui sont fort belles.) . 4 RENONCULE. [ Ranunculus , jive pes corvinus. j Plante dont il y a un grand, nombre d’éípéces. $ RENONCULE des bois {Ranunculus nessiorofus.] 4 RENONCULE des champs. {Ranunculùs fyhejir'is.] 4 RENONCULE des prez,. {Ranusiculus pratmsts.] 4 RENONCULE des marais. [ Ranunculus pdlustris hpsi folio.] Cétte plante excite des convulsions & d’au- tres accidens mortels à ceux qúi en Ont mangé. On S’én sert èxterielireihent pòur résoudre les tumeurs scrb- phuleuses. 4 RENONCULE des montagnes. [ Ranûnculus mon. tànús.] £ RENONCULE des rochers. {/Ranunculussaxatilis.] Toutes ces efpeces de renoncule contiennent beaucoup de sel acre & corrosif. Mais plusieurs d’entr’elles font mourir le bétail qui les mange. On s’en sert extérieurement pour la teigne, pour consumer leS excroissances de chair & pòiir les écrouelles. RENOVATION,/,/ {Renovaiió.] Votez Renoù. •Bellement. RENOïiE'E,// [ Sanguìnaria. ] Sorte,de plante jhédccirialé qui croît pàr les chemins, St aux lieux incultes. . 4 La Renouée s’apelle aussi Centinúde. {Polygonum, Cehtihódia.] Cette planté contient beaucoup d’huile, iriédiòcrèment dé sel. Elle est détersive, astringente, vulnéraire, propre pobr arrêter íés hémorragies , les diarrhées, la dyssèhtèrie, le vomissement étant prise én décoction: On s’ën sert atiifi eXterièurenienc pour les plàjes. * RENOUEMENT,/ {Réconciliât™.] C’est faction de renouer. Il ne se dit guere au propre. Et au figuré, il signifie réconciliation. (C’est un renouëmeni: d’atìiitié:) RENOUER , v. <*. {Religare.] Nouer de nouveau. (Renouër sa jarretière. Renouer les cordons de ses fou- lier) RENouëR. [ Reducere. ] Se dit aussi des membres disloquez, quand on les remet en leur place. * ll bégaioit encore & táchoít à renouer les misérables pièces de fa harangue. Vaûg. Quint. I. 7 . cb. -. C’est-à-dire, il táchoít à rassembler tìi a réjoindre les parties de fa harangue. . , * 11 renoua bien-tôt la conversation. Scaron, Rom, 1 . partie, cb. 1 . . f * RENOUeË ùn traité, une alliance, c’est refaire ún traité, une alliance qui avoir été rompue, oii qui étoit finie. . .... 4 * RENOUëR anìitié , c’est se réconcilier avec quelqu’un. . ... ... .. 4 * RENÒUëR, se dit absolument,, pour se réconcilier , se remettre bien ensemble. (Nous avons renoiié depuis peu.) RENÓuÊUË, f. m. {Luxatofúm membròrum reduHor.] C’elt celui qui remet les os disloquez, & que le peuple dé PariS apèlle Bailleur, REN OU VEAU,/ m. [Vernusn tempus.] Çe mot signifie le printéms, &roème,iln’est pas si fort usité que le mot de prmtems , & il n’entte guére que dans la conversation & dans le stile le plus simple. (Tout éntre én amour aù renouveau. Mais quand au renouveau la diligente aurore Redoroit dans nos prèz lès richejfes de Flore, ferrant.) RENOUVELLEMENT, / m. {Renovdtio mno- eaíío.] Commcftcemënf nouveau. (Ce fut Un rendu- .. . SÉN , 3S§ vellement de pleurs. Vaug. Quint. ’l. jo. c. 8 . bemaiì- der le renouvellement de la grâce de Dieu. Port.RóiaL Le renouvellement dél’ànnéè. Le renouvellement d’u» ne douleur, &c.) RENOUVELLER, v.a. {Jnnováre, ixstaurare.] Recommencer. (Ils etoient bien-aises devoir renouvel. ler la sédition. Ablancourt, fìist. íìv. 'j. chap. i. Rertou- veller l’alliance. Àblancòurt.') , * RENOUYELLËá. £ Repetere , renovare. ] Remettre ën vigueur quelque Loi, quelqìie Èdit, qúelque Ordonnance. Faire revivre. Ressusciter. Exciter., Ralumer, (On renoúvelia en ce.tenis-lâ les fanglans Édits de la Reine Elisabeth. Pdtru, éloge de AÏ. deBelliévre. Mon Dieu, renouveliez l’esprit Je justice K de vertu au fonds de mon coeur. Port.Roial. Renouveller la mémoire.) RENSEMENCER, v. a. {Denuò conserere. j En? semencer de nouveau. (Rènsemencèr une tçrre, parcs què la preihiere seiflenfce ri’avoit pas profité.) . RENTAMER , V. a. {Iterum defecare. ] Entamer de nouveau. (Rentanier un pain., Ce pain avoir été entamé d’un côté, & òh l’a rentamé.de l’autrO .. ; * RÊNTÁMER un dijeours. [ Rurfïis dìjferere. j C’est reprendre un discours qui avoir été interrompu. RENT.AS.SËR, » P, a. {benuì éxjir itère.] Entasser de nouveau. (Rentasser dú blé.) RENTE ,/ / [Reditus annuus. ] Profit que,rend tous les ans queíqtië fonds de terre. Somme d’argent qui revient tous les ans de quelque argent mis en conè stitiition, ou à fonds perdu. (Rente annuelle, courant te, coûtumiere, constituée, foncière, viagère. La rente court. Molière. Heureux qui vit de ses rentes, il est exemt d’être sujet,à quelque heureux faquin.. Ses rentes viennent tous les ans. Molière. Mettre à rente. Ablan. court. Constituer une rente fur quelque bien.. Le.Maî - tre. U a mis lux les nouvelles rentes de l’hôtel de ville de Paris. Créer, fonder des rentes. Réduire, diminuer, retrancher, amortir, éteindre des rentes. Lever, tirer, augmenter, recevoir, paier des pentes.) £§ Nous avons plusieurs fortes de rentes ; & les plu* ordinaires, font les rehtes foncières , L les rentes volantes. Les premieres font,,félon la définition de Loi-’ seau, de la distinction de rentes, des redevances princil pales : des héritages imposées; en l’aliénation d'iceux , pour être payées {f Jupportées parles detempteurs. O,n déco u. vre aisément les, diferences qu’il y a.entre.les rentes foncières & les.fimples hipotéques,&lès. servitudes» qui pourtant font charges réelles, mais étrangères aù fond suç lequel elles font imposées.. En éfet, la feryitu? de & hipoteqúe qui naît d’tine obligation contractée par acte autentique, peuvent être constituées,«n tous teihs,.&aprés/aliénation du fond. Loiseaii ad’ailleur* remarqué cinq diferences essentielles entre, l’hipotéquet foncière, & celle quj ne l’est pas. La seconde especé de rentes est apellée rente constituée, rente volante , ou, volage, au lieu que la rente foncière est nommée rente de bail d’béritage, dans la Coutume dé Paris , art. 109 Ò deSenlis, art. ayj. ©' 2174 . Les Romains ont connu les rentes foncières. Célles qui étoient dSës auFisc où aá Public, étoient désignées par le titre de Funftiones, coh hitianes Á pensifationes s & commè ceS sottes dé reniés ft payoient par rapórt à l’éteridué du fond , où par uné certaine quantité dé fruits, les premières étoient nommées )ugatio, par arpent ou journée de boeufs; & léá a titres, annona , parce qu’elles né se payoient qú’iinc fois l’année, & au mois de Spp.tembre, suivant lg Nivelle 28 - íl faut enòore observer que les redevances qui étoient dûës au Prince, portoient lenoni de tributúm ì & celles que l’on payoit áu Peuple, stipendiant. Quant aii mot Canon, íl íignifioit une redevance que le fss«. [Licitatio.) C’cstl’argent qu’on met au jeu pour renvier fur ion compagnon. (II a fait un renvi de dix pistoles. Gagner le renvi.) RENVIER, si. n. [ Folîis lusoriis exercendam pecu - niam augere. J Terme de feu de Hoc. C’est rehausser fur l’envi. f * RENVIER , v. a. [Altius attollere .] Exceller pardessus un autre. (II se renvie sur lui.) RENV OI, f »r. [Rcmisjìo, reduBio.] Ce mot signifie proprement, l’Action de renvoier quelque chose au lieu d’où il avoit été amené. (Le renvoi des marchandises, des lettres, des chevaux, des carosses, &c. En ce sens on dit, des chevaux de renvoi. Prendre la commodité d’uncarosse, ou d’une litière de renvoi.) RENVOI. [Refiexio.) 11 signifie quelquefois réflexion , rejaillissement. (Le renvoi de la lumière. Le renvoi d’une baie.) RENVOI. [ Apellatio ad proprium judicem. J Terme de Palais. C’est une Ordonnance par laquelle on renvoie la cause devant le Juge du défendeur. Renvoi en mutiere de privilège est un acte par lequel un sergent renvoie la cause devant le Juge du privilégié. Les renvois ont été reçus afin que les Juges n’entreprennent point les uns fur les autres. Voïez Ragueau , Droits roiaux. RENVOI. [ Reindicatio. ] Petite remarque qu’on fait avec la plume pour renvoier d’un endroit une chose écrite à un autre. (Faire des renvois.) (On fait des renvois dans les Dictionnaires qu’on exprime par ce mot, Voiez. [Vide.] Les indices des livres font des renvois aux pages du livre où l’on traite de la chose dont le mot est dans l’indice.) RENVOI. [ 'Oblati récusation II signifie aussi quelquefois un refus. (Le renvoi d’un présent est désobligeant.) RENVOIER , v. a. [Reddere , remìttere.] Envoier de nouveau. Envoler à une personne ce qu’elle nous a envolé. Envoier. (II m’avoit envoié une demi douzaine de bouteilles de vin d’Espagne, mais je les lui ai ren- voiées. II suffit de vous renvoier à Messieurs de Saint Roc & de Saint Paul qui vous témoigneront le contraire. Pascal , /. 19. II a renvoie ses chevaux & il s’est embarqué.) * RENVOIER. [Repeílere, refleBere.] Rechasser, réfléchir. (Un joueur renvoie la baie avec la raquette, le mur la renvoie, c’est-à-dire la fait réfléchir. Un miroir ren- voie les raions de lumière; une plaque de métal mise contre la cheminée renvoie la chaleur dans la chambre.) Au figuré, on dit. Renvoier la balle à quelcun. [Toturn negotium aheui permittere. ] Quand 011 le charge d’une affaire, dont on ne veut pas se charger soi-même. RENVOIER. [Transferre, provocare.] Terme de Palais. Ce mot ne se dit que des Juges supérieurs. (La Cour a renvoie les parties devant leur Juge naturel. La Cour a renvoie'\e criminel à son premier jugement.) RENVOIER. f MiJJum facere.] Terme de Capucin & d’autres Religieux. C’est redonner à un novice ses habits du monde & le mettre hors du Couvent , parce qu’on ne le trouve pas propre pour demeurer en religion. (Les Capucins renvoient tous les ans plusieurs novices.) RENVOIER. f Detrudere, dintittere. J Chasser d’une maison, ou congedier. (Depuis que cette Dame s’est mise dans la dévotion , elle a renvoié la moitié de ses Domestiques.) RE'NUER, ou Rainure, f. f. [Stria rotunda.] Terme de Menuisier & de Sculpteur en bois. C’est une ma- REP 357 niere de conduit qu’on fait dans le bois qu’on met ea oeuvre. (Faire une rénure. Pousser une rénure. Mettre en rénure.) RE'ORDINATION , f. f. f Réordinatio, itérât A ordinatio. ] Action de conférer les ordres sacrez une seconde fois à ceux qui croient n’avoir pas été bien ordonnez la première. (On doit éviter la réordinatio» qui seroit dans l’Eglisc d’un étrange scandale, & qui au- roit de fâcheuses suites. Mr. de Sainte-Beuve , Cas de consc. t. 2. cas 16.) Quant au verbe, les Auteurs d u Dictionnaire de Trévoux disent réordiner. Cependant Mr. de Sainte-Beuve met réordonner , ce qui paroit meilleur puisqu’on dit ordonner. Ces mots ne sent pas dans le Dictionnaire de l’Académie. REPAÏER, f. a. [Iterùntfilvere.] Païer une seconde fois, païer de nouveau. ( 11 faut repaïer une dette qu’on a païée au préjudice d’une saisie.) REPAIRE»/w* [Latibulum » latebra. ] Liéu où se retirent de certaines bêtes farouches. (Ataquer une bête farouche dans son repaire.) Mr. Racine a dit dans son Efiber, aft. 1 .sc. 1. Sion repaire afreux de reptiles impurs. * REPAIRE. [Spelunca latronum. J Ce mot se dit au figuré, &toùjoursen mauvaise part, & il veut dire un lieu où sont retranchez & ou se battent des soldats contre les ennemis. (11 faut forcer ce repaire. La Cavalerie eut ordre de saccager ce repaire de traîtres & de les faire passer au fil del’épée. Vaug. Quint. Curce , l, 7. cb. ;.) f * REPAIRE. [ Latibulum.] II se dit dans le satirique. C’est l’endroit du corps où se tiennent les morpions. (Un repaire de morpions. S. Amant.} REPAIRE. [Nota.'] Terme de quelques Artisans. II vient du Latin reperire qui lignifie Trouver. C’est une marque que les ouvriers font fur les pièces d’un ouvrage, qui se démontent, afin de trouver l’endroit ou chaque piece doit être mise quand on les veut assembler. (Marquer le repaire. Chercher, trouver, reconnoitre le repaire.) REPAIRE. [Nota combinationis. J Marque qu’on fait fur les tuiaux d’une lunette à longue veuè, afin de les alonger & les rétrécir, au juste point de celui qui s’en sert. REPAÍSSER , v.a. [SpiJJÎus reddere.] Rendre plus épais, Devenir plus épais. v. n. Se r épaissir, v.r. Voïez Epaissir. REPAITRE. [ Pasci , cibumsuntere.] Ce verbe est ordinairement neutre au propre, & il se dit des hommes & des bêtes. C’est manger. Je repais , tu repais, il repaît, nous repaijsons. fe repassais. J'ai repu. Je repus, repaissant. (Je fuis d’avis que nous marchions jusques à ce qu’il soit heure de repaître. Ablancourt, Rétor. liv. 6. cb. }. Après avoir repu , l’armée passa la riviere- Ablancourt, Rétor. liv. cb. 2. Faire repaître les troupes. Ablancourt. Faire repaître le bétail. Ablancourt.} * REPAÎTRE. Ce mot au figuré est a élis. Exemples. ! * Repaître de vent & de fumée. Ganb. Epi. 1. 5. [Fal- sa Jpe producere.] * 11 tâche à me repaître d’efperance. Ablanc. [Me laBare tentais * L’amitié qui régné parmi les Italiens n’est qu’un fantôme qu’on repaît de reverences. (Saint Amant , Rome ridicule.) Se repaître , v. r. [Cibo refici. Se nourrir de quelqus chose. (Les bêtes fe repaissent d’herbes.) * Se repaître de songes & de chimères. [Insatuari.] Port-Roial, Education du Prince. (Dès qu’un bien ejì présent, il n’a rien qui contente , De l’espoir du futur on se laisse fiater , Notre esprit se repaît d’une trompeuse attente , Et eberebe à F avenir dequoi s’inquiéter. P. Derel Jes.) REPAITRIR. Voïez Repétrir. í REPALLEMENT ,sm. Confrontation, comparaison que l’on fait d’un poids de cuivre, de fer, ou de plomb,avec l’étalon ou poids matrice, pour voir si par 1’usage, ou autrement, il n’est point altéré. Ce tenne n’est guère en usage qu’en Picardie, particulièrement à Amiens. f repali.ER, v.a. Confronter, comparer un poids avec un autre. Y y j RETAN- 358 KIW RF/PANDRE , v. a. [Ejsundere , prosunâerel} Verses. (Charmante nuit répans fur nous tes pavots. Molière. Répandre des larmes. Répandre des pleurs. Voiture l Pois. Il étoit acoútumé à répandre le sang. Ablanc. Tac. An», liv. 12. Quelle maniéré de verser dans un vaisseau qui répand de toUS cótez. Vaug. ^ufí*t. liv. Z- cb. 8 ) * re'PANDRE. [Spargeres Disperser. ( Ii avtiit coutume de répandre ses fdrces en divers endroits. Ablanc. Tacite, An. I. 3. Répandre la guerre par tout. Abl. Tac. Agricola .) Se répandre ; v. r. [Longé latèquè diffundi.') Je nie répand. Je me fuis répandu. Je me répandit. S’étendre. Se disperser. ( La seve qui se répand en trop graride quantité, ne peut faire grossir les fruits. Se répandre par toute la terre. Pascal , h s. íl faut que la civilité ne se répande point en paroles, ni en louanges. Port Roial, Education du Prince. En se répandant en des témoignages extérieurs d’amitié envers les hommes,là charité fé nourrit & se fortifie elle-ménie. Pòrt-Ro'ial , Education du Prince. En vain pour se contraindre, on sait quelques ésotts, ífotrè eíbrit malgré nous se répand au dehors. Du Trousses.) f * Se répandre. [ Cadere , labi. ] Se laisser tomber par terre. (II s’ed laissé répandre fur les montées.) RE'PANDU , àdj. [Fssujtis, dijsujus.'] On dit dson Prince bien fait, qu’il y a Un certain air de majesté répandu dans toute fa personne. On dit aussi répandu dans le luxe, dans le plaisir. RETARABLE» adj. [ Reparabilis. ) Qu’on peut réparer. (Faute qui n’elt pas réparable.) í RETARAGE , f m. Terme de Tondeur de Draps. II lignine donner avec les forces une deuxième coupe aux draps. Ainsi fondit: Tondre en réparage,- pour dire , Tondre le drap une seconde fois. f RETARAGE , fe dit aussi chez les Laineurs ou A- plaigneurS, de toutes les façons qu’ils donnent aux éto- fes de laine avec le chardon fur la perche. f RE'PARAGE. Terme de Teinturier. II signifie Bi. sage. f REPARATEUR » f m. [Reparator , refecïor. ] Ce tnót signifie celui qui fait des réparations; mais il n’eft guér'e én usage. (Le Patriarche Noé fut le réparateur du genre humain. Le Cardinal de Richelieu fut le Réparateur de la Sorb’onne.) ch RE PARATEUR des torts. Qn apeíle ainsi familièrement, celui qui fe mêle de réparer des injures ou des abus qui ne le regardent point. REPARATION, f.s. [Refefiios] Rétablissement d’une' chose en son prémier état. (Etre obligé à toutes leá réparations de quelque maison. {/Ediumfarta testa.) REPARATION. [Lest bonvris Jdtiisafiio.'} Acte qu’oii passe au gréfe, par lequel on avoué que la personne qu’on aVoit injuriée elì une personne d'honneur & sanS tâche à sa réputation. (Etre obligé à fasse réparation d’honneur à quelcUn.) * REPARATION. [Satisfaslio.) Ce nïof se dit quelquefois en riant & fans parler du Palais. ( Pour réparation de mon honneur, on me dressera un grand pavillon de gale. Voit. I. 9. Le Sieuí uri tel a été condamné par Apollon à faire réparation d’honneur au bon sens qú’ií a outragé dans ses vers.) RE PARER , v. ct. [Restcere, resiaura.se J Remettre eri son prémier état une chose qui a reçu quelque dommage. Rétablir. (Réparer Une brèche. J’aprouvoìs todt pourtant de la mine [f dû geste q Pensant qu’au moins le vin dût réparer le reste. Despr.) * Réparer sa perte. [Detrimentum resateire.) * Réparer l’honneur. [Honorera restituere J RE'PÂKER. [Expurgare , expolìres Terme dé Sculpteur. Oter les barbes & ce qui sè trouve de trop fort dans les joints des Ouvrages qui ònt été jettez en moule. (Bien netteier es bien réparer une statué.) íl fe dit aussi des médailles qu’on rend nettes & lisibles, lors. qu’elles ont été éfacées. On le dit de même d’une femme qui prend des habits neufs. í RE PARER une étofe de laine. C’est y faire venir le poil fur la superficie par le moïen du chardon. í RE PAREURS > s. m. Nom que l’on dònnoit autrefois aux Teinturiers du petit teint. REf REPARLER» f-è. [Rursùs lòqui.) Pârler de nouveau. (II lui a reparlé.) REPAROÎTRE, v. n. [Denuò apparere .2 Paroitré dé nouveau- (Lá Còrriété qúì avoir disparu, commence à rëparoìtrë.) , REPARTIE , f f. [Responsum.) Réponse, tlepaf- tie bonne, subtile , pronte, ingénieuse , plate > froide ; impertinente, tl a la repartie pronte. íl ne ment pÁí d’ùn mbt à cháquc repartie. Mol.) REPARTIR , v. u. [Subdividere ] Partager une se. conde fois. Je repartis , tu repartis , il repartit , nous repartirons. Je repartirais. Je repartis. J’ai reparti. Qué je repartisse. Ce verbe h’est pas usité eri toùs ses te ms, & dans les tems IniisiteZ bn fe sert du ihot partager de nouveau. (Le partage fait, il salut repartir de nouveau ce qu’on avoit partagé. 11 faut cbuper cela en deux & lá repaftir en trois, pour avoir six parties égales.) REPARTIR. [Disiribuere, repurtin. ] H se dit aufll des sommes qu’il faut diviser en plusieurs autres avec une certaine proportion. (II faut repartir cette sommé fur tùus leá habitaná de la Paroisse.) REPARTIR- [Denuò prosicisci .) 11 signifie aussi. Partit une fecbndè fois. (On a obligé ce cburrier à repartir le méme jour qu’il étoit arrivé.) REPARTIR. [ Reponere,rejpondtre .) Répliquer. Je repars. J’ai reparti. Je repartis. (11 lui repartit une assez plaisante chose. II lui repart avec esprit qu’il mourroit piûtôt que de changer.) REPARTITION , J. f. [ Repartitio , divisio , distribu. tio. ] L’acíion de repartir. II se dit des choses qui fe partagent & fe distribuent. (Faire la répartition d’une somme. Faire la répartition des quartiers d’hiver, des tailles, &c.) . í REPARTITION , s’entend principalement dans le Commerce, des profits que produisent les Actions qùfe l’on a dans le fonds d’une Compagnie. REPAS , f m. [ Refisiio , cibisumptio. ] Diné , 00 soupé. Régal qti’on fait à quelcun eri lui donnant £ manger. (Un bon, un grand, uni superbe, un magnifique repaá. Prendfe son repas. C’ctoit lin repas bien trousse. Molière.) REPASSER, v. a. [Rursùs trajieere , per eimdem iiam regredi.) Passer une seconde fois. (Repasser la rivière. Ablancomt.) * REPASSER. [ Àliquid secum reputare. } Faire ret souvenir. Repreiènter. Faire passer dans le souvenir, òu dans l’efprit. Rouler dans son esprit ou son souvenir; Ruminer. Penser. (IÍ repasse en son esprit tout ce qui lui étoit arrivé. Àb lan court, Tac. Ann. hv. 2 . II repassa tù.us les services qu’il avoit rendus à l’Etat, Ablan. court, Tacite i Ann. liv. 12.) * REPASSER. [ Optu retexere. ] Recorriger. Revoir. Rajuster. (Repassez attentivement fur votre paraphrase. Port.Roial, Letre auPere Adam.) * REPASSER. [Repetei-e.) Terme de Comédien. Repe* ter. (Les Comédiens doivent repasser leurs pièces eri particulier avant que de les jouer en public.) On dit aussi repasser son sermon. f * REPASSER. [ Depravare. ] Mot qúi se dit en parlant de femmes ou de filles dont on a eu la derniers faveur. (On dit qúe Caíigúla débaucha & repassa route* ses soeurs ) REPASSER. ( Radere. ) Terme de Jardinier, Passer le rateau fur les allées. (Repasser les allées.) ÈÉPASSÉR. [Asperare.) Terme de Coutelier S. de Barbier. Ce mut fe dit en parlant de rasoir, &. il signifie osier sur la pierre. (On repasse les rasoirs avant que de s’en servir.) U signifie aussi Aiguises sur la meule & sur la pierre afin de faire mièux couper. (Repasser une serpe ) REPASSER , v. á. [Iterùm coquere .) Terme de Boulanger . C’est rernetre au four du pain rassis, afin de Is ratendrir. (íl faut repasser ces pains qui sont cuits da- vant-hier.) , | RÈPAáSEft. Ternie de teinture. C’est reteinssre de nouveau une étofe dans úne couleur qu’elle a déjaj comme teindre de bleu en bleu, de nqir en noir. t î RÉPASSÉR. C’est aussi chez les Teinturiers en foïe. redonner un nouveau iustrè à une étofe aptes savoir bien Tavee & décrassée, ce qu’on fait en la remettant à la calandre. ê REPASSER les crasses. Terme de Fondeurs ds caractères' dTmprimeric, C'esorefondre lés scories, ou l’é- cume 359 REP cuffie qui se forme sur la fonte lors qu’elle est en fusion, & en y mêlant de nouvelle matière, la rendre propre à servir de nouveau. í REPASSER du vin., C’est jetter du vin usé , afoibli ou de mauvaise qualité, sur un râpé de raisin , ou le mêler avec du vin nouveau, pour lui donner de la force & le rendre potable. t REPASSER des cuirs, C’est les remettre en couleur & leur donner un nouveau lustre. í REPASSER , ou pqjser un chapeau neuf aufeu. C’est en aplatir le poil avec un fer chaud. ê REPASSER un chapeau vieux. C’est le remettre à la teinture, lui donner un nouveau aprêt, & un nouveau lustre. ï REPASSER un compte. C’est l’examiner, le calculer de nouveau, pour voir li l’on n’a rien oublié, ou si l’on nes’est point trompé. t REPASSER une addition , une division , unesoujira- ítìon, &c. C’est faire de nouveau ces opérations Aritmé- tiques, pour s’assurer que les premieres font bonnes, & qu’il n’y a point d’erreur. REPASSER. [ Linteorum rugm explicare. 3 Terme de BlanchiJJeuse de menu. C’est métré un linge mouillé fur le linge qui est léché, & détirer proprement le linge séché pour en acommoder les ourlets. (II faut repasser ce linge.) REPASSER. [Ferro calido unire. ] Ce mot en terme de BlanchiJJeuse de menu , lignifie aussi polir avec le fer, Ainsi on dit. (Repasser le linge avec le fer. Repasser le point au fer. On dit auíìi repasser le point à P ivoire. C’est l’ajuster & le relever avec une dent d’ivoire après qu’on l’a repassé au fer.) f ' REPASSER. [ Fuse aliquem dolare.~\ Mot burlesque pour dire maltraiter. (On lui a repassé son bufi* à coups de bâton.) R t P AVER, v. a. [ Iterùm pavimentare.’] Paver de nouveau. (Repaver une cour qu’on avoit dépavée.) REPêCHER , v. a. [ Aliquid depresjum m fiuvio extrahere. ] Pêcher de nouveau. (Repêcher un étang. Repêcher un corps, des marchandises, &c.) REPEIGNER, V.a. [ Repeflere.J Peigner de nouveau. (Repigner une perruque. Repeigner du lin, du chanvre, <&c.) REPEINDRE, v. a. [ Tabellœ novss colores indu- cere .] Peindre de nouveau. Jerepetn. f’ai repeint. Je repeignis. ( Repeindre un bras, ou quelqu’autre chose qui a été mal peint.) REPENDRE , v. a.sRursus appendere. ] Pendre une autrefois. ( 11 faut rependre ce tableau qui est tombe.) REPENSER,!', n. [Recogitare.) Penser de nouveau. Repenser à quelque chose. Arnaud. Repensez mûrement à vos actes tragiques. Godeau, Po'ejies. (bans cesse je pense & repense en vos divins apas.) On dit aussi, repenser une plaie. [Iterùm curare J Richelet écriroit repanfer. REPENTANCE, f f [ Panitentia.) Mot un peu vieux, au lieu duquel on dit plus ordinairement tir. (Avoir repentance defespechez. Lui-méme k Jentit , reconnut son péché , Se cons sa prodigue , [s plein de repentance Osrit jur Jes avis de regler fa dépence. Despr.) REPENTANT , repentante , adj. C Pœnitens , dolens. ] Qui se repent. Qui a regret. (Triste & repentant «Ravoir trop entrepris, le baiser que je pris je fuis prêt de le rendre. Voit. Poésies.') REPENTIES , f /. plur. [ Faminarum ptenitentium recejju ,.j On donne ce nom a un Monastère de femmes qui ont mal vécu, qui se sont converties & qui sont pénitence. (Elle a été mise aux Repenties.) REPENTIN , 1 NE, adj. [RepentinusJ Mot qui n’elt en usage que dans le burlesque, St qui veut dire prompt, subit. Enée de frayeur en pijsa , Comme en vison repentine Ordinairement on urine. Scarron. REPENTIR,/ >«• C-Dn/or animi.] Regret. (Repentir cuisant, grand, vrai, íìncere. Son repentir a touché le cœur de Dieu. Son caitr toujours magnanime Fie pouvant Je démentir REP Veut oublier notre crime Voiant notre repentir. Mademois. deScuderi.) Se repentir , v. r. [ Panitere , pigere. ] ffe me repens. 3 f mesuis repenti. Avoir regret. Etre marri. (Charles- Quint n’eut pas plùtòt quité l’Empire qu’il s’en repentit. Voïez Strada , Hijioire de Flandre , l. i. Qui se repent, fe punit. Prov. Si Phomme criminel vient à se repentir, Dieu qui l’a tiré de l’abîme , Loin de lui reprocher son crime , En couronne le repentir. Pavillon.) (f La réponse de Demoftene, à qui l’on demandoifi une somme excessive pour lui procurer les faveurs de Laïs, est fçûë de tout le monde ; voici comment un de nos Poètes l’a mise en vers ; Je veux cinq cens écus (Dit Laïs') ou n’en parlons plus. Et moi ( dit-il ) je veux pour cette somme Remplir Corinthe de cocus s Or jus je ne fuis pas votre homme , Une dupe à ce prix pourroitse divertir , V«. [Ruga,Jìnus.] (Plis. II croît que l’a- snour est en embuscade dans les rides & les replis de fa Vieille maîtresse. II arme en fa faveur mille horribles serpent , Qfon voit à longs replis dans la plaine rempans. Godeau, Poès. 2. part. egl. ;.) REPLI. [Plicatura.] Partie du bas de la letre patente qu’on a pliée, & en ce sens on dit, (Sur le repli des letres patentes est écrit, luis , publiées U regjiréesf) * REPLI. [Oceultiora, fecretiora.] Endroit le plus caché & le plus secret. Les lumières de Dieu découvrent nos défauts jusques dans les replis de nos âmes. Les replis du cœur. Molière, Tart. a fi. ;.) REPLI, f. m. [Stryges carnes.] II sc dit en terme de Manège, des sillons ou inégalitez qui font dans la bouche d’un cheval. On les apelle auílì crans. Voïcz cran. REPLIER, v.a. [Reduplicare. ] Plier de nouveau, (Replier du linge, des habits, &c.) * Se replier, ». r. [Se recoUìgere. J Se réfléchir. ( La peine que l’ame a de fe replier fur elle.tnéme la rebute. La Chamb .) f Se replier, sc dit en termes de Guerre , de certains mouvemens que fait un corps de troupes.(Se replier fut la droite»; fur la gauche, se replier fur le centre. A la bataille d’Almanza le Marquis d’Avarey après avoir battu l’ennemi à la gauche, sc replia fur l’autre aile & suc le centre, & contribua beaucoup par cette belle manœuvre au glorieux succez de cette journée.) Polybede Mr. de Folard. 4 = * Se replier. On le dit d’un homme dont on ne sauroit pénétrer la conduite ni les véritables scntimens. (11 se replie comme il veut.) REPLIQUE,/ / [ Replicatio , rejponfum. ] Réponse. II m’a fait une impertinente répliqué.) REPLIQUE , / / [Iterata defenfìo , rejpmjìo.] Terme de Palais. Réponse que l’Avocat qui a plaidé le premier, fait aux moiens de l’Avocat qui a plaidé après lui & contre lui. (Demander la répliqué.) REPLIQUES. [Réfutât 10, replicatio.] Terme de Palais. Réponse par écrit à ce que notre averse partie a dit contre nous dans ses écritures. (Fournir des répliqués.) REPLIQUER, ». a. [Argumenta rursùm rejpondere.] Répondre. Repartir à ce qu’on nous dit. (Répliquer une plaisante chose à quelcun. (II signifie aussi contre-dire. Vous répliquez fans cesse. [Obloqui.] REPL 1 SSER , »• «• [ Corrugare. ] Plisser de nouveau. Plisser une chose qui s’est déplissée. (Replisserua poignet de chemise.) REPLONGER, V.a. [Immergere. j Plonger de nouveau. (11 l’a replongé dans seau. Quel Dieu sensible aux vaux de F Univers A replongé la discorde aux enfers. Racine.) Se replonger , ». r. Se plonger de nouveau. ( Se replonger dans la mer. Vaug. Quint. //». 4.) * replonger. [RursàsJe volutare.) il sc dit auili nu fleuré, & signifie, se rengager, s’abandonner de nouveau. (H s’est replongé dans le vice , dans la debau- REPOLIR , »- *• [Rursùm expoln-e.] Polir de nou- veau. (Repolir du fer, de l’acier, ou autre métal. » p 0 ijflèz Sc repolissez sans cesse votre ouvrage. De. ^RFPOLON , / m - ïfiqui médium in circulum cir- cumahio.] Terme de Manège. Demi volte d’un cheval, formée en cinq tems. Quelques uns apellent repolovlc galop d’un cheval l’espace d’un demi mille. Tom. 111 - 7 " 362 REP RETONDANT) participe. [Refpondens.'] Qui ré- P °RE ; poNDÁKT, s rn. IVas , pi.] Caution. La personne qui répond pour un autre. (Avoir un bon répondant. Donner un répondant.) REPONDRE , V. a. On écrit auffi restondre. II vient du Latin reftondere , mais l’s ne se prononce point eu François dans le mot de répondre , ni dans tous ses dériver qui commencent par une r. Je répond. J’ai répondu. Je répondrai. (Répondre quelque chose de fort ati premier chef de l’acusation. Abìancourt. T) or il os U Daman ces deux fameux Poètes, Sur leurs vers ne font point d’acord. On ne peut fans bailler lire ce que vous faites, Dit t’un s En vous lisant , répond f autre, on s'endort. L’un a raison , ffl l’autre n’a pas tort. Rec. de Bouh.) RE'PONDRE. [Pi'o alìquo vadem fieri.~\ Etre caution. Assurer. Le mot de répondre en ce sens est une maniéré de verbe neutre , k ne régit point d’acusatif. (Prenez bien garde pour qui vous répondrez. Arnaud. Ses services passez vous doivent répondre de lui. S caron. Ce que vous venez de faire pour moi me répond de votre cœur. Molière. II pria Alexandre d’avoir bon courage, & qu’il répondoit de fa guérison. Abìancourt, Ar. I. ». c. 3. Vous faites la guerre à de fâcheuses conditions . li vous Voulez répondre des évenemens. Voit.l. 89. Répondre de son loisir. Abìancourt.') (f Sanlecque s’est servi heureusement de Répondre, pour ,fe rendre caution , ou assurer. Je vous réponds , Je vous cjj ure, la phrase est baffe. Sanlecque deman- doit un bénéfice au Roi : Nous avons, grand Héros , deux desseins diférens; Vous de vaincre vingt Rois , (s? moi vingt concurrens : Mais t un de ces dejjeins ejt mieux conduit que í autre. Que cependant tout iroit bien , St vous répondiez du mien Comme je réponas du vôtre ! * RE'PONDRE. [ Correfjsondere. ] Egaler. 'Avoir d u ra port. fSes forces répondoient à son courage. Vaug. Quint. liv. 6. chap. 2. L'adresse des soldats répondait à la conduite du Général. Ablanc. Tac. An. liv. 12. ch. 8. * RE PONDRE. [S’e dignum prabere.] Se montrer digne des grâces qu’on nous a faites. Soutenir par notre conduite ce qu’on a dit d’avantageux de nous. (J’ai grand sujet de douter que je puisse répondre à l’honneur que vous me faites.) * RE PONDRE. [Convenire ] S’aller rendre. ( Cela va répondre à de grandes allces.) RE'PONDRE , v. a. [J.ìbello subfcrtbere.~\ Terme de Palais. 11 fe dit en parlant de Requête, & il signifie métré au bas de la Requête ces paroles. Soit fait comme il eji requis. (Répondre une Requête.) RE PONDRE. [R. plicare , refellere ] Se défendre, soit en justice, soit dehors. (J’ai répondu à ces causes d’apel.) REPONDRE. {lieph-.are.'] Parler insolemment. (Je n’aime point les valets qui répondent } RE PONDRE. [ Rejpondere .] Etre vis-à-vis , aboutir. (Mes fenêtres répondent sor la rivière. Toutes les portes de cet abattement fe répondent.) Qui répond pare. C’est-à-dire, qu’on soit paier les cautions. RETOÌnS , f. m [ Reswnforium .) Terme d’Eglise. Ce qui lé chante ordinairement après les leçons de Matines. (Premier répons Second répons.) P§ RE'i’GNS . ancien mot qui n’est pas absolument hors d’ulage. On dit dans quelques Eglises, Chanter un répons. C’eft une prière du Graduel. Rabelais , L. r. ch. 27 dit : Là Fut décrété qu’ils serment une belle procession renforcée d<; beaux prêchants contra hojitum injì- dias, & beaux Répons pro pace. Marot dit dans son Temple de Cupid m : Les Chantres , Linots («f Serains Et RJJìgnoh au gay courage, Qui ur cuisons de vert bocage Ou bran.hes en Heu de peu pitre (.han'ent le joli chant ramage Pour Versets, Répons (t? EpijíreS. REPONSE f f. II vient du latin rejponfum. Répliqué. (Keeonse sort jolie, fort spirituelle. Faire réponse à une letre Voit. /. 1 1 à RE PONSE a gnefs. [ Deflnjìo .] Terme de Palais. Ce REP sont des écritures fournies par l'Intimé pour soutenir le bien jugé de la sentence. (Faire des réponses à griefs.) RE PONSES de droit. IDecifìones juris ] Décisions fur quelques questions de Droit que font les Jurisconsultes. Charondas a soit un livre intitulé. Réponses de Droit, REPONSE. [ Rapunculus. ] Sorte de petite racine qu’on thange en Carême en salade. (Métré des réponses dans,la salade. J’aime les réponses dans la salade.) ch L’Académie écrit » Raiponfe. 4 RE PONSE. II y a deux sortes de réponse. La pré- miere s’upelle en Latin , Rapunculus jsicatus, la seconde , Rapunculus efculentus flore coeruleo. La racine de la prçmiere est faite comme une petite rave blanche, Elle est bonne à manger, detersive, aperitive, rafrai. chissante, propre pour les inflammations de la gorge. La seconde est une espece de campanule. Sa racine est aussi bonne à manger, on la cultive dans les jardins, & on ia cueille tendre pour la mettre dans la salade. Elle est aperitive , propre pour la pierre, pourlagra- velle. Elle aide à la digestion , fortifie l’estomac, & résisté au venin. REPORTER, ». «. [ReportareJ Porter une cho- se au lieu où elle étoit avant que de savoir apottée. (Reportez cela où vous savez pris ) REPORTER. [Referre, foras elimmare .] Redire. Faire desraports, (C’cst un coquin qui raporte tout ce que font les domestiques.) Voïez Rapnrter. ( REPOS, f m. [ Quìes J Ce mot entre Philosophes, c’estl’aplication d’un corps continuelle, ou successive, aux méines parties des corps qui l’avoiíìnent. & qui le touchent immédiatement. Rohaut, Phif. 1. Partie, cb. 10. (Le mouvement & le repos font accidentels à la matière. Un co'ps qui est dans le repos.) Mr Desoartes admet une force dans le repos pour résister. Le P. Mallebranche dit que la détermination de la volonté n’est qu’un repos. REPOS. [Ceffatio, otmm.~\ Cessation de peine & de travail. ( Prendre du repos. Faire perdre le repos. Oter le repos. Donner du repos aux soldats. Abîma, Tac. Hijt. liv. 14. c. 9. Un plein repos favorise nos vaux, Chantons la paix qui mus rend tous heureux. Racine.) í Le repos est moins le partage de ceux qui commandent que de ceux qui obéissent. II est dangereux de laisser les troupes dans le repos & l’oisivete ; on doit les exercer pendant la paix dans les grandes & dans les petites évolutions. Polybe de Mr de Eolard. Ce terme lignifiant tranquiliué, inaction , na point de pluriel, quoique Marot ait dit : Elle dira que ferez ennuyez De vos repos. Mais dans le tems où Marot a vécu , on fe donnoiî des licences qui sont à présent condamnées & absolument bannies. REPOS. [ Quies , anímifecuritas J Assurance. J’at été en repos de tout . quand j’ai vû que vous aviez soin de moi. Volt. liv. 33. Combien est il de maris qui jouissent tranquillement d’un faux repos. Pr. de Cleves.) * REPOS. [ Tranquillisas, pax.] Paix. Tranquillité. Douceur. fN’avoir aucun repos d’esprit. Arnaud. Jouir du repos de la vie. Ablanc. Etre en repos. Vivre en. repos. Scaron. Trijiejfe, ennui , chagrin, langueur, mélancolie, Troublerez-vous toâjours le repos de ma vie. La Suse, Poëf.) REPOS. Sommeil. [Snnnus. J Je fuis fâché d’avoií interrompu votre repos. Troubler le repos des morts , c’est parler contre h mémoire d’un homme mort. C’est auffi les exhumer, violer leurs sépultures. * REPOS. [Ce/àrri.] Terme de Po'éfe Françoise U se dit en parlant des vers de dix, & de douze fil* labes. C’est le milieu des vers de 12. silabcs. C’est la quatrième (ìlabe des vers de ro. lorsque cett^ si'abe est masculine. Le mot de repos en Terme de Poésie Françoise, se dit "usfi en parlant de stances de six & ds dix vers, & ce repos est un vers de la stance au» quel l’oreille fe doit agréablement reposer. Cette pause, ou ce repos fe fait dans les stances de dix, au quatrième, & au septième vers. Voïez là-d estas REP quelque bon Traité de versification Françoise. Voïez Mr Ménage Ji*r Malherbe , pug. 39. * REPOS. [Clara U dijitncia tabelLe adumbratio ,J Terme de Peinture. Ce sont les niasses & les grands endroits des clairs, ou des ombres, qui étant bien entendus empêchent la contusion des objets, & ne leur permettent pas d’atirer la vûë tous ensemble , mais la font jouir quelque tems de la beauté d’un groupe, & puis d’un autre. Depi/es, Conversations de Peinture. C’est une règle dans !» Peinture , qu’après les grands clairs il faut de grandes 'ombrés , qu’on apelle des repos, parce que la vûë seroit trop fatiguéeïi elle étui t atiree par une continuité d’objets brillans. Ces repos se font de deux manières, dont Trine est naturelle , & l’autre artificielle. La premiere se fait par une étendue de clairs, ou d’ombrës qui suivent naturellement & nécessairement les Corps solides -, ou les masses de plusieurs figures agroupées, lorsque le jour Vient à fraper dessus. Et Tartificielle consiste daris lés corps des couleurs que le Peintre donné à de certaines chòse's, telles qu’il lui plaît, & les compose de telle forte qu’el- les ne fassent pòint de tort aux objets tjui font autour d’elles. Une draperie , par exemple, que Ton aurà fait jaune ou rouge en certain endroit, pourra être dans un autre de couleur brune, Lc y conviendra mieux pour produire Téfet que Ton demande. Voïez le reste dans le Commentaire Jur P Art de Peinture de Dufresnoi, pag. 19,-. 196. REPOS. [Scalarum Jìatìo. ] Terme â’Arcbitecïure. C’est le palier de Tescalier. REPOS. Terme de Charon , qui se dit èn parlant d’afûts, d'artillerie, & c’est une des pièces de l’afût. Voïez les Discours militaires de praisj'ac , pág. iZ, U r 9. T REPOS, se dit de Tétât d’ûne arme à feu, dont le chien 11’est ni abatù, tii bandé. (Laissez ce fusil, ce pistolet en son repos.) REPOSE E, s s. [Statio , cubilej Terme de Cbàjse. C’est le lieu où les bêtes fauves se mettent sur le ventre pour y demeurer, & y dormir tout le jour. (Les cerfs font à la reposée. Sa/nove.) REPOSER, v. n. [Requiescere , dormire.] Prendre dii repos. Dormir. (11 ne peut reposer la nuit. Ablanc. Rétor. liv. ch. 1. II repose un peu présentement, paix, ne faites point debruit.) REPOSER. [Requiescere.'] Etre. ( 11 y avoit quatre jours que ic corps d’Alexandre reposait fur son lit de parade. Vaug. Quint. I. 10. c. 10.) REPOSER. [Liquescere , rejìdere ] Ce mot se dit de Veau , & veut dire rajjbir. (Laisser reposer T eau.) Se reposer , v. r. [Darese quieti .2 Prendre du repos. (Us marchèrent toute la nuit fans se reposer, Ablanc. Commentaires de César. I. I. ch. 1. Pour avoir de la santé, il faut que le corps soit agité & que l’esprit se repose. Voiture , let. 64. 11 s se reposerent de leurs longs travaux. Abl. Ret. liv. 4. ch. 2.) * Se reposer. [Alicujus fidei credere.] S’assurer en quel- cun , y faire fonds. Compter fur une personne, s’y fier. (Allez, reposez vous fur moi. Molière.) * Se reposer , v. r. [Sinere ut árva requiescant.~] II se dit figurément de la terre , qu’on laisse quelque tems en friche , après avoir beaucoup porté. (Les terres en Valent mieux quand elles se font un peu reposées.) On dit figurément. LaiJJer reposes■ une affaire. La laisser reposer, comme Ton parle. [Nigotium non urgere.Q f ’ On dit aussi , laisser reposer un ouvrage » C’est-à- dire , le garder -, le serrer pendant quelque tems, pour le revoir à loisir. 11 faut laisser reposer vos esprits agitez par la colete. [Animi motus tranquiUos reddere.J REPOSOIR. , f tn. [Quietis jìatio. ] Autel qu’on fait dans les rues durant la procession de la Fête-Dieu. (Un beau reposoir. Un magnifique reposoir. Faire des reposoirs.) REPOSOIR. [Pausa .] Ce mot fe dit en parlant de periodes Franqosses. C’est un certain nombre de flla- bes dans chaque membre des belles periodes, où l’oreille se repose agréablement. C’est environ le milieu de chaque membre. Ce mot de repo/oir se dit aussi ge. neralement de toutes les periodes, & ce font des pau. ses dans chaque periode, & des endroits où Toreille trouve quelque repos. (Toutes les periodes doivent avoir des repo ( oirs ) Mr de Dollar a écrit dans fa Défense des œu. fres de Voiture : J’ai trouvé d'habtles gens qui avaient à peu près le mime gukt pour t Iliade (jf' pour l’OUiJjee, REP 61 A? qui préféraient ce dernier Poësne au premier, à cause qu'il y avoit de plus longues £«? de plus fiequentes nar. rations , (5" par conséquent plus de reposoirs , b P lus de lieux pour respirer a leur aise. Voici une épigramme où le repolòir est pris pour le tombeau: Cy giji le Seigneur de C abonne , Qui tracajjbit plus que personne , ll s’en venait, il s'en ab’ott , II ne J'çavoit ce qu’ìl vouloit, On doute mime s’il repose Au reposoir de toute chose. ^'expression est mauvaise ; du moins je ne voudrois pas ’m’en servir, . REPOUS , s m. [Rudus.) Terme de Maçonnerie, Espece de mortier qu’on lait avec de la brique , de la tuile & autres choses réduites en poudre , qu’on mêle : avec de la chaux , & qui sert de sable & déciment. RE'POUSER , v. a. [Ailjemndas nuptias convo- lare. ) Epou'er une seconde fois. • Ce mineur avoit épousé une femme, sés parens avoient fait casser le mariage ; mais dès qu’il a été majeur , il Ta répousée.) . REPOUSSEMENT f ?» [Depufio, proputsatio .] L’áction de repousser. (Le repoussement de la foi ce par la force est permis par le droit naturel. Le repoussement ‘d’une injure. Le repoussement de ce fusil est trop violent. Le repoussement des plantes les renouvelle.) REPOUSSER » V. a. [Repellere , propusare .) R e . chasser. Empêcher celui qui vient pour nous raire tort. (Ils ne (e‘contentent plus de repoujjèr Tennemi , ils le veulent poursuivre. Abldncourt -, Tacite , Agri. tola. 11 est permis de repousser celui qui vient pour «'emparer de notre bien. ’Pajlul , lett. 14. ) f * REPOUSSER quelqu'un a uí barricade, à la demi. lune. C’est ! Prov. lui refuser ouvertement ce qu’il tache d’obtenir. (11 a fait une tentative pour obtenir cet emploi , mais il a été repoussé à la barricade.) * Je crois être assez tort pour repousser une injure, •Ablanc. At. 1. j. c. 1. Repousser la calomnie. Mnifteur Arnaud. {Retundere ca umn,umd\ Repousser les tentations , les mauvaises pensees, & les rechasser loin de soi.) * REPOUSSER , v. a. [RepercutereJ 11 se dit des armes à feu, qui font un etfort en arriéré lorsqu’on les tire. En ce sens il est neutre , & ne régir point de cas. (Ce mousquet repousse trop. II saut tenir ferme un pistolet pour empêcher qu’il ne repousse.) En celées , on dit des canons , qu’ils reculent. * REPOUSSER , v. n. [Repullulare.’} 11 se dit des plantes , & signifie. Pousser de nouveau. (Les plan. tes repoussent au printems. Cet arbre avoit été gâté par 1 e froid de l’hiver, maïs il a repoussé. La plupart des seps qui avoient été gelez ont repoussé par le pied.) REPOUSSOIR ,f m. [DepulJator.umJ Ternie d'Artisan. Outil avec lequel on poulie quelque cheville , & on la fait sortir de fa place. Voïez Repotix. REPOUSSOIR,/ m. [ForJicesJ Ternie d e Sculpteur, Ce font de long ciseaux qui fervent à pousser des moulures , &c. REPOUX, /• m. [DepulsatoriusnJ Terme de Mer. "Cheville de fer dont on te sert pour repousser une cheville rompue. Fournier. C’elt le même outil que les ar- tisans apellent ordinairement repoujjoir. REPREHENSIBLE, adj. [Reprehenjìone digxus.J "Qui mérité d’êcre repris à cause de quelque faute qu’il a faite. (Celui qui manque à son devoir est reprehen- sible.) REPREHENSION , f f- [Correiïio.l .11 vient du Latin reprehenjìo. Et il signifie, correction , réprimande d’un supérieur. (11 étoit aigre dans ses reprehenlìons. Abl. Tac. Agricola , c. s- ) , H Une critique outrageuse & emportée est indigne d’un homme d’honneur, disoit le grand Condé; la re- ptehension eftd’elle même assez odieuse, sans la rendre de plus mauvais goût. par les termes dont on Tassai- sonne. Polybe de t olard. REPRENDRE, a. [Ites'ùm capere, afumere .] Je reprens. J’ai repris. Je repris. C’est prendre & se saisir de nouveau. (Reprendre une place sur Tennemi. Voit. I. 74. La colique reprit. Voiture, l. aç. La fièvre le reprit & Temporta en deux jours. Ablanc.) REPRENDRE le dejj'us , c’est regagner Tavantage qu on a perdu. (11 saura bien reprendre le dessus sur ses ennemis.) Tarn. 1 IL Z z a- RE- Z 2 %■ ✓ 364 REP REPRENDRE. [Resumere. ] Prendre ee qu’on-avoit quitte. Prendre de nouveau. f Reprendre sa femme. Abianc. Tacite, An. liv. 12. Reprendre la route d’une Province. Abianc. Reprendre le fil de son discours. Ab icatc.') REPRENDRE. ['Litent resumere ] Recommencer. (Reprendre un procès. Le M Atre.) REPRENDRE. [Reponere.] Répondre. Répliquer. (II est vrai, repric-elle , en vieillissant on devient plus fou & plus sage.) REPRENDRE. [Anheìitum recipere J Ce mot se dit en parlant de i’haleine & du vent des personnes. (Reprendre son vent. Reprendre son haleine.) REPRENDRE. [_Ad se redire , animas recipere. ] Ce mot se dit en parlant des sens N des esprits, ( Reprendre ses esprits-, C’ejt Je remettre de quelque trouble.) REPRENDRE. [Cajiigare , lompere , objurgarel) Blâmer. (Reprendre doucement, civilement, honnêtement , agréablement, brutalement, incivllement, rudement. (La Comedie est un poème ingénieux qui par des leçons agréables reprend les défauts des hommes. Molière. ) REPRENDRE. [Arguere, increpare.) Critiquer. Trouver à dire. Trouver mauvais. (Je fuis de votre avis en ce que vous reprenez de Quintilien. Voiture, lettres. Vous n’avez plus rien a reprendre en vos adversaires. Pascal, lett. 8.) REPRENDRE. [ PrioremJìtum occupare. ] Ce mot se dit en terme d'Evolutions Militaires. (Exemple. Par demi-rangs reprenez vos dijlantes. C’est-à-dire, remet- êez-vous dans la même distance.) REPRENDRE. [Comprebendcre, radicari.) Terme de Jardinier. Ce mot se dit en parlant A’arbres & de plantes nouvellement plantées. C’est-à-dire, commencer à faire de bonnes racines. (Les pins & les sapins sont très-dis- ficiles à reprendre. Un dit aulli au pastis, cet arbre cil repris, pour dire qu’il a commencé de iaire de bonnes racines.) REPRENDRE. [Rejarcire.J Terme de Ravodeur (V? de Ravodetije. c est rejoindre avec f égaille & la soie. (Reprendre une maille.) REPRENDRE. [ Commodum capere.) Tirer avantage de quelque choie, (Votre habit est si vieux qu’il n’y a rien a reprendre. Ne plaidez pas contre ce malheureux, il n’y a rien à reprendre fur lui.) H Se reprendre , v. n. Se rejoindre. On le dit des blessures. (Cette plaie se reprend. Les chairs le reprendront bien-tôt.) H REPRENDRE un mur fous ouvre. C’est rebâtir un mur dez scs fonuemens , en soutenant le reste de l’édi. fice par des étais. ) REPRENEUR , / m. [Objurgp.tor , cajligator. ] Celui qui reprend & corrige de paroles. Le mot de repreneur est François, mais il ne se ditguere qu’en parlant familièrement. (Ces repreneurs fâcheux me sont en horreur. Téo. poésies.) REPRESAILLES , f f. [Clarigatio, pigneratio.] Droit de retenir quelque chose apartenant à nos ennemis , à cause qu’iis ont quelque chose qui nous apat- tient. (Retenir des gens prisonniers part droit de représailles. User de représailles.) Lettre de représailles. [ Reprejdlia.') Ce sont des lettres qu’un Souverain acoide à les Sujets , pour reprendre sor les biens de quelcun du parti ennemi, J’équi valant de ce qu’on leur a pris , & dont le Prince ennemi ne leur aura pas voulu faire justice. Ce mot vient de l’italien represagìia. ís Les repiefailles ont été inventées comme un remède nécessaire contre l’injuítice dont on ne peut avoir raison par les voies ordinaires. Les Athéniens u soi en t de représailles fur les personnes & fur les choses ; ils apelloient àiïfeZtsí» celles qu’iis ex- exerçoient fur les personnes, & í*íX.opixatPìs les représailles fur les choses, liarpocration , dans son Dictionnaire des dix Orateurs, fait mention de la loi qui per- mettoìt de fe faiiìr des personnes par droit de représailles. On ne peut pas douter que les Romains n’aient cpnnu ce droit, puisque l’Empereur Justinien !e défendit expressément par íà Novelle 32. ils i’apelloient c/a. rigatio, parce qu’avant que dedéclarer la guerre à leurs ennemis, ils leur envoyoient des Hérauts pour demander la restitution des choses qu’on leur avoir usurpées , ou ia réparation du dommage qu’on leur avoir causé; & parce que cette proclamation étoit faite à haute voix sur les conhns, ils lui donnèrent k nom REP de t/tu-igatio , après laquelle on pouveit-s’emparer impunément des biens de leuts ennemis déclarez , & même de ceux de leurs alliez; ce qui n’est pas en usage parmi nous , les représailles ne s’exerçant point (uc les alliez de nos ennemis. II n’y a qu’un Souverain qui puisse acorder des Letres de représailles. Le Parlement de Paris les donnoit autrefois en certains cas: mais maintenant, selon la remarque de Charondas dans ses Pandectes, liv. 1. cb. 20. „ Le Roi sesil peut octro- „ yer telles Lettres; aussi elles dépendent de souve-„ raineté & y en a Edit du Roi Charles VIII. de mil,, quatre cens octante-cinq , par lequel il s’est réservé,, le dit droit. “ L’Auteur du Guidon, chap. 10. art. s’est expliqué clairement sot la nécessité de prendre des Letres du Roi pour exercer les représailles qui passe- roient pour voie de fait, si elles n’étoient pas autorisées par le consentement du Souverain. Mr. de Camboias dans le ;e. Livre, cb. 24. de ses Arrêts, raporte une efpéce particulière de représailles convenues entre les habitais des frontières d’Espagne & de France, qui ar- réterent entr’eux, que si un François formoitune demande en Espagne contre un Espagnol, on lui rendroit justice dans dix jours; autrement il scroit permis au François de s’adresser à ses Juges & d’arrêter un Espagnol du lieu où le procès avoir été commencé , pour la fureté de la chose dûè ; ce qui étoit réciproque aux Espagnols. 11 est évident que les représailles soní peu favorables , puisqu’elles sont contraires au droit commun qní ne soufre pas méme que le pere paie pour íòn enfant ; ainsi , pour rendre justes les représailles, il faut premièrement que la créance soit constante ; que le dommage dont on sc plaint, soit établi; que le débiteur loit folvable, afin que celui fur qui l’on exerce ia représaille, puisse avoir un recours certain contre celui pour qui il paie; il faut encore que le déni de justice soit certain par des actes autentiques, ou pat une preuve sofisante. Toutes les autres conditions qui peuvent servir à autoriser ìes Letres de représailles, sont pleinement expliquées dans l’Ordonnance de r 681 - tit. 10. Itv. 3. fur le fait de la Marine ; on y voil qu’aulii tôt après la prise des éfets d’un François hors le fait de la guerre , ,, il faut en faire informer parde- „ vaut le plus prochain Juge de l’Amirauté du lieu de„ la décente, de ccqx qui ont été pillez, ct en faire,, l’estìmation par Experts furies Charte-parties, Con-,, noiifemens & autres Pièces justificatives de l’etat &„ qualité du vaisseau & de son chargement. “ Et danî l’article fie. de cette même Ordonnance, il est dit que les Lettres de représailles ne pourront être acordées qu’après avoir fait faire par tes Ambassadeurs du Roi les rnjlances en ia forme (fr dans le tems portez par les Traitez faits avec les Etats çéf Princes dant Its sujets auront frit les déprédations. F REPRESAILLES. II faut faire bonne guerre si oft veut eviter les représailles. Les feux , les incendies en produisent d'autres , les barbaries ct les cruautez font paiees parde plus grandes. Telles sont les Loixde la guerre , elles sont justes ct équitables contre celui qui use le premier de cette façon d’agtr. Le meilleur moïen de la faire cesser, & d’obiiger l’ennemi aux régies de la bonne guerre , c’est d’encherir toujours fur lui. Feu Mr de Louvois écrivoic au Maréchal de Bouliers , f les ennemis brûlent un village de votre Gouvernement , bridez en dix. Un Général inconsidéré & fans jugement, qui croitaler plus vite à son but par la terreur que par là douceur ct par la clémence , se trouve souvent exposé à de cruelles reprélailles- Serbellon, General des troupes du Pape , exerça à Orange les cruauteZ les plus furieuses. l.e Baron des Adréts usa de représailles, & se porta à îles excez qui font horreur, tachant d’encherit fur ce qui s’étoitfaità Orange. 11 dísoit que ces excez étoient justes & nécessaires pour arrêter îa cruauté des Catholiques; ct que pour les réduire aux Loix de la bonne guerre , il leur saloir montrer que les Calvinistes fivoient faire la mauvaise guerre aussi bien qu’eux. Le fameux Amiral de Coligni s'est signalé par íes représailles pour corriger les Ànglois , lorsqu’ils sortoienc deí régies de ia bonne guerre. Voïez le Po’.ybe de Mr. de Folard, Tome H. t * REPRE'SAILLÉS. [ Clarigatio , vindifla. ] Sorte de pareille vengeance, (j’ai tâché par droit de repti* Jaúìes de lui faire ce tour. Abianc. Luc. Anne dit au Curé par droit de représailles, autant vaut Bavoir vû que de Bavoir mangé. La Fontaine, Contes.) RRPRESLNTAR'T , J', m. [Fiées gertnr.] Celui quî REF qui dans une rondion représente une personne absente qui y devoit assister. 11 se dit auffi de ceux qui sont apellezà une succession, étant à la place de la personne dont ils ont le droit. REPRESENTATIF , représentative , adj. [ Repra. sentandi vhn habcns. j Qui represente. ( Figure représentative.) H On dit aussi , le Caractère représentatif d'un Ambassadeur. REPRESENTATION ,sf [ Reprasentatio .] Prononcez reprézantaâon. Tout ce qui represente quelque action, ou quelque chose que ce soit. ( La représentation de quelque objet. Ijne vive représentation de quelque malheur, &c.) REPRESENTATION. [ Exbibiti», expojìtio .] Terme de Palais. Exhibition de quelque piéce. On dit aulsi qu’un petit fils hérite de son aïeul par représentation. REPRESENTATION. [Cenotapbium 3 Terme A'Eglifi. Figure de bois qu’on couvre d’un drap mortuaire qu’on met au milieu de la nef de l’Eglisc lorsqu’on fait le service de quelque personne morte , il y a quelque tems, & qui sert à en représenter le corps. ( Porter la représentation dans la nef.) REPRESENTATION. [Ailio fabula.'} Terme de Co. malien. Acton de rcprelénter. Action des Comédiens qui consiste a faire voir sur le theatre aux yeux des spe- .ctteurs comme une action comique, ou tragique, s’est vraiment, ou vrai-semblablement passée. (.Représentation belle, agréable , magnifique. C’estla première, ou la seconde représentation d’une piéce. Donner au peuple la représentation d’une piéce de theatre. ) REPRESENTATION. [ Exnnta forma '] Se dit quelquefois des personnes vivantes. (Voilà une femme d’une belle représentation .) Ri PRESENTATION. [tjfîgìes, imago .] Se dit de )a peinture qui se fait par le discours d’une histoire , ou d’une action. ( Je fai assez bien jouer une de ces langueurs, qui touchent, & j’ai vû plus d’une aimable personne se passionner à mes representutiovs. Lt Cb. de Meré.) On doute íì l’on peut se servir de cette expression. (Ce fils ressemble fi bien à son pere, que c’est fa vraie reprefeutation.) $ REPRESENTATION, se dit aussi pour remontrance respectueuse. (On a fait à la Cour de fortes représentations.) REPRESENTER -, v. a. [Exhiber*, Jtsiere. Mettre en la présence de quelcun , quelque chose ou quelque personne. (Representer un prisonnier.) REPRESENTER. [Alhujus perjhnam gerere.] Figurer. Donner le caractère de quelque personne ou de quelque passion. Donner nne vive idée de quelque chose. ( Ces aroles arrangées de la forte représentent assez bien un omme transporté de colere.) REPRESENTER. [Dcmoojírare , exponere , ojìendere.} Faire voir. Faire connoitre. Montrer. (II leur représenta qu’il étoit facile de venir à bout de leur entreprise. Abîme. Commentaire de César , liv. i. chap. x. C’ett pour vous representer combien vous étés éloignez des íentimens de l’Eglise. Ptijcal , liv. 14. ) REPRESENTER. [Vicem alicujus obtinere.} Tenir la place de quelcun & en representer en quelque façon la dignité. (Les Gouverneurs des Provinces represcntent la personne du Roi dans leurs Provinces. ) On dit auílì en termes de Pa'ais , qu’un petit fils represente son pere décédé , pour partager avec ses ondes la succession de son aïeul. ï REPRESENTER, se dit absolument, d’une personne constituée en dignité , & qui dans les fonctions de fa charge conserve une gravite convenable & fait bien les honneurs de son emploi par une grande dépense. (Ce Gouverneur represente bien , ce Magistrat represente avec dignité. f On le dir d’un homme de qualité, qui a un grand air, quoiqu’il n’ait aucun emploi. REPRESENTER. [Fabuiam agerej Terme de Comédien. C’est jouer quelque piéce de theatre en présence du monde. (II avoit fait la piéce qu’on representoit. Ablanc. Tac. An. liv. 11. Flous representerons , qurnd voue nous viendrez voir, L’ouvrage le plus beau que nous pu jjions avoir , A vous bien divertir toute la troupe ajjiire. stours. Esope.) RE P 36^ Se reprisenttr , ». r. [Adesse.} Se remetfe en la présence de quelcun. (On l’a élargi à condition qu’il jert- presentera toutes les fois qu’on voudra.) Se representer. [Anima cernere, intteeri,Jìbi proponere .J Se figurer. Se métré devant les yeux quelque choie. Repasser dans son esprit quelque chose. (Je me represente le repos comme la plus grande douceur de la vie. ) Se representer. [Exhiberi.] U se prend aulsi dans un sens passif. Et ce mot sc dit en parlant de comédie. Se jouer. (Le Tartufe & le Misantrope sont dt.s plus belles pièces de Molière, & elles sc représenteront encore long tems ) REPRETER , V. a. [Dénué mutuum dures] Prêter une autre fois. (O11 reprise volontiers à ceux qui ont rendu ce qu’on leur avoit prêté ) REPRêTER [ Fanerare. ] II lignifie prêter à d’autrcs ce qu’on Remprunté de quelcun. (II a emprunte de l’argent au denier vingt, pour le repréter au denier quinze.) REPRIER, v. a. [Resecretre , rursùs obteftari.J Prier de nouveau. Prier plulieurs fois. (11 Faut souvent prier & reprier lesjuges pour en obtenir la justice qu’on leur demande.) REPRIER. [Invitare , supplie are. ] 11 signifie auffi prier à son tour ceux qui nous ont priez. (Tous ses voisins l’ont convié, nuis il n’u reprié peisonne.) REPRIMANDE,/ s [Reprebenjìo, objurgation Châ. îiment de paroles. (Unesevere, une verte, une rude réprimandé. Faire des réprimandés à quelcun. Ablanc ,» Je me hâte de m’acuser inm-même pour arrêter vo* réprimandés. Voìt. i. 179. ) REPRIMANDER , v. a. [Objurgare , cajligare.} Cor. figer. (Réprimander un jeune homme. Adt ) REPRIMER , v. a. [ Reprimere , coercere , cohii bere.} Empêcher que quelque chose qui va au désordre, ne prenne cours. (11 étoit besoin de répondre hardi, ment pour réprimer la licence. Ablunc Tac. Hijt. Ira. r.c. 7. Réprimer le murmure des soldats, Vaugelas v Quint. I. 4. JSe puk-je réprimer Cet ascendant malin qui vous porte à rimer » Def'pr.) REPRIS, reprise , adj. II vient du mot reprendre. 14 se dit dans tous les sens de ce verbe , & signifie, pris de nouveau. Réprimandé. Rentrait. Qui a pris racine. (Château repris. Ville reprise sur l 5 ennemi. Ablanc. Aigrement repris. Ablancourt. Couture reprise. Arbre repris.) REPRISE, s. f. [ExpugnatioJ Action par laquelle on reprend, (La reprise d’une ville que l’ennemi avoit prise. ) f REPRISE , s f. Terme de Commerce de Mer , qui sc dit d’un Vaisseau Marchand pris d’abord par un Armateur ennemi, & repris ensuite par un bâtiment du parti contraire. REPRISE,// [Sape.stpius, iterando.} Fois (Travailler à une chose à diverses reprises, Ablancourt , Lucien. Un travail dificile ne sc peut faire qu’à diverses reprises. ) t REPRISE- [ Lucrum , commodumé ] Quelque chose à reprendre , ou à profiter, (II faut toûjouis acheter un gros cochon , il n’y a point de reprise à un petit ) REPRISE de procès, [l.itis , cauja rénovât 10.j} Terme de palais. Instance nouvelle pour recommencer un procès. Instance qui se fait contre les héritiers d’un défunt pourrenoùer le procès qu’on avoit commencé contre le défunt. (C’eft une reprise de procès.) REPRISE. [Regrefjus-Ì Ce mot se dit en parlant de malade & lignifie retour. (II y a des maladies qui ont leurs accès & leurs reprises. La Chambre.) REPRISE. [Examen Jpicim nis. 3 Terme de Mmtoïe. C’est un nouvel estai de la même piéce de mom ïe d’or ou d’argent, apellee, feuille , raportée hors des reniedes, que le Conseiller Commissaire doit avoir gardée à cet effet. (La reprise se fait par îesessaieurs en présence du Conseiller Commiffaire dans la Chambre des essais.) REPRISE. [Iu/Ututio , «xercitatio eçueliris .] Terme de Manege. Leçon réitérée. Manège recommencé. (Commencer une reprise. Finir une reprise.) £ REPRISE, sc du aulsi au jeu , d’un parti qui est d'un certain nombre de coups limité. (Jouer une reprise d’hombre.) ^ Zz î 1(rS' RII’ INPRISE. X.Resuinptiu.'ì Terme de Musique & de discours. Répétition. Refrain. Ce sont les vers que l’on icpete. (La reprise d’unAir, d’unBaìeí, d un Rondeau, &C. ) t rM REPRISE. [ Vindicatio .] Terme de Comptes. Le Chapitre de reprise contient les articles de ce qu’on repre- sente: qu’on donne à reprendre & qu’il faut déduire. (Quand on s’est chargé d’une somme entière & qu’on n’en a reçû qu’une partie, on met le reste dans le chapitre de reprise.) t REPRISE, Orpin , Jombarde des vignes, Grassette, feve épaisse. [Anucampj’eros, vulgò faba crashs] Cette plante croîtaux lieux incultes , pierreux , ombrageux. Elle contient beaucoup de phlegme & d’huile, peu de sel. Elle est humectante , rafraîchissante, résolutive, vulnéraire, consolidante, propre pour les hernies & pour effacer les taches de la peau. REPRISER > o. a. [Iterùm filimare. j Priser de nouveau. Faire une seconde prisee. (La prisée de ces meubles n’a pas été bien faite, il faut les faire repriser.) REPROBATION > j: f l'ReprobaUo. ] Ce mot sc dit d’ordinaire en parlant de Dieu, & de ses jugemens. C’elt le jugement par lequel Dieu a rejeté, réprouvé & condamné les pécheurs qui mourront dans Ti'mpeniten- ce. (Une partie de son sermon rouloit fur la réprobation. ) REPROCHABLE, adj. \_Rcprobandus, culpabilisé Qui peut être reproché. ( C’elt un vice honteux & reprochable.) REPROCHABLE , adj. [Recusandus. ] U se dit ausli des personnes & signifie, Que l’on peut reprocher. Contre qui l’on peut faire des reproches. (C’est un témoin reprochable.),. REPROCHE. [Exprobratio , òprobrium , dedecus.] Vaugelas dans Jes remarques a décidé que ce mot étoit masculin au singulier & féminin au pluriel. Cela étoit vrai de son teins, mais aujourd’hui reproche est masculin aussi-bien au pluriel qu’au singulier. (Un reproche fâcheux , sanglant, cruel, mal-fondé, abominable, détestable. Ya-t-il des personnes fur qui vous puiíliez faire tomber un reproche si abominable avec moins de vrai semblance. Pasical , /„ 16. Détruire un reproche Pascal, 1 . 17. Faire de sanglans reproches. Ab'.ancoun. Epargnez-moi le déplaisir que me pourroient causer les reproches fâcheux de mon pere & de ma mère. Ain. hère , George Dandin , act. 3. Sa vie est fans reproche. Ablanc. Eclater est reproches contre ses ennemis. Ablanc. Tac. On n'aime point à voir ceux à qui P on doit trop, Et leur feule prej'ence eji un secret reproche. Corn.) 'REPROCHES. [Probrosa tesiif resiutatio .) Terme de Pratique. Blâme objecté pour rendre nulle une déposition de témoins. (Lors qu’on lui a confronté ses témoins , il leur a fait quelques reproches. Proposer ses reproches contre un témoin.) REPROCHER , V. a. lObjicere, exprabrare .J Faire des reproches. (Cotin dans la Comédie des femmes savantes reproche à Ménage d’ass.z plaisantes choses. Ménage à soft tour lui en reproche quelques autres qui ne sont pas mal plaisantes. Voïez a. 3. se. 3. ) Puis en trijìes lambeaux semez dans le marché Souffrir tous les affronts au Jonas reproché. Desp.) t REPROCHER un bienfait. C’est remettre devant lesyeux un bienfait à celui qui l’a reçu, comme l’ac- eufant de savoir oublié. f REPROCHER les morceaux à quelqu'un. C’est dans le stiie familier, lui parler de ce qu’il mange comme si on y avoit regret. . REPROCHER. [Fidem tesiium infirmai'e.'] Terme de Palais. Réfuter la déposition des témoins, la rendre nulle i la rejettes par de bonnes & solides raisons. ( Reprocher ses témoins.) REPRODUCTION, f f. [Reprodutlio .3 Prononcez reproduccion. Action par laquelle une chose est produite de nouveau. (La nature se conserve par de continuelles reproduHions des corps qui se corrompent & qui s’engendrent de nouveau.) REPRODUIRE, v a. sìterùm producere , nascì deniià.l Produire de nouveau. (Un arbre coupé reproduit des branches, ou produit de nouvelles branches» La terré reproduit des chardons, &e. ) REP REPROMETTRE, v. a. [Rursmsiondere, plli- ccri.] Je repromets , fai repromis, Je npromis. C’est promettre de nouveau. (La plupart de Mrs lesNormans promettent & repromettent , fans pour cela qu’ils tiennent ce qu’ils promettent. La vertu 'Sc ie vice font de tout pais.) REPROMISSION n’est pas en usage. REPROUVER, v. a. [ Iterùmprobare . ] Prouver de nouveau. Prouver plusieurs fois. ( 11 a prouvé & réprouvé fa possession par plusieurs titres. ) REPROUVER, v. a. [Reprobare , rejieere .] Ce mot se dit dans de certaines matières dè pieté & en parlant st es jugemens de Dieu. C’est ne pas Hetre au nombre des élus. (Dieu réprouvé ceux qu’il lui plaît; de deux personnes qui sont ensemble, il en prendra l’une & réprouvera l’autre.) (g Ce mot ne se ditguéres que par raport à la Religion ; & je doute que Messieurs de l’Atadémie aient aprouve l’usage que Mr. Racine en a fait dans là Phèdre, -afl. t.Jc. 1. Hipolite parle : Quand même ma fierté pourrait tire adoucie , Aurois je pour vainqueur dú choisir Aricie ? Ne Jouvterniroit-il plus a mes sens egarez Te l’objiacle éternel qui nous a séparez ? Mon pere la réprouvé , fg par des loix siévérts II défend de donner des neveux ases freres. REPROUVEZ , f. m. [Reprobati.] Mot qui se dìtdanî certaines matières de pie te & de Théologie. Ce font ceux que Dieu n’a pas choisis pour être du nombre des bienheureux. (Les réprouvez sont malheureux. Selon vous donc « moi réprouvé bouc infâme , Va-brûler, dtra-fil, en /’ eternellejiàme. Malheureux qui soutiens que l’homme dût nfaimer, Delp.) f ¥ C’ejí un réprouvé. [Sceléstus homo.] C’est-à-dire, Un méchant. (Le Sieur un tel est un franc réprouve.) REP 1 ILE , f. m. [ Reptile. ] Infecte qui rampe. (L’hommea donte les bêtes de la terre, les oiseaux ók les reptiles. Port-Roial, Nouveau Tejiamentf) (3 Mr. de Balzac décrivant la beauté de fa retraite, liv. 1. tett. 15. a d:t, ’ou sérieusement, ou en badinant: Jt ne s’y voií jamais de lézards , ni de couleuvres ; fí de toutes les fortes de replies , nous ne connaijsons que les melons fr les frases. Cette lettre est toute de ce stiie, que i’Auteur corrigea dans la fuite , & dont il reconnut le ridicule. t REPUBLICAIN , f m. fReipublicasiudiofus .] Qui a l’eíprit de République. Qui n’dime point l’Etat monarchique. (C’tstun républicain.) REPUBLIQUE , sis IResiublica] Mot général qui veut dire Etat hbre qui est gouverné par ses principaux du peuple pour le bien commun de l’Etat. (liya plusieurs fumeuses Républiques en Europe. Cette fiere République, Qui crut par sa politique S’ega èr aux plus grands Rois , Ma gré Jes troupes nombreuses , Malgré J’es places fameuses , Se voit détruire en un mois. IHUUVIII. UC lll f t)n accuse les Républiques d’ingratitude envers «eux de leurs citoïens qui leur ont rendu ses services les plus signalez. Polybe de Folard , Tome I Les Républiques ont été de Mut tems ingrates envers leurs Généraux, mais l’on peut dire que celle de Carthage a surpassé toutes les autres fur ce point. Ibid. Tome ÍI. * Là république des lettes. [F/ri litterati .] Ce font tous les gens de lettres en gros. C’est le corps des gens de lettres. (C’est un homme fans fonction dans la république des lettres.) La République des lettres. [Rejfublicá litterarias Sotte de livre qu’on a fait en Hollande , & où l’on parle avec jugement de tous les livres raisonnables qu’on fait imprimer. Cette République est curieuse, & l’on est fâché qu’elle ne continué plus. Monsieur Bayle étoit Auteur de cet ouvrage, & Monsieur Bahage l’a continué, fous le titre d’Histoire des ouvrages des sçavans. Les Journalistes de Trévoux , ont fait la même chose depuis 1700. fous un autre titre, mais sein ouvrage sent par tout un air de parti » qui dégoûté le Lecteur. RE- BEQ_ REPUBLIQUE. Se dit aussi des Animaux , comme a fait Alonlieur dc la Fontaine. C aï Jt le soleil se pique Il le leur sera sentir , La République aquatique Pourroit bien s’en repentir. La Font. REPUDIATION-// [ Repudium.) Ce mot fe dit des gens mariez , & veut dire Achon de répudier. (Répudiation bien fondée.) Çf Nous confondons le divorce avec la répudiation , qui ont été , parmi les Romains , deux choses d Isère n te s. Le divorce étoit une rupture entiere du mariage ; & la répudiation rendoit nulles les fiançailles. L. ioi, §. r. de verbor.JIgnif. Le libelle du divorce étoit conçû en ces termes : Tuas res tìbl habeto. Emportez tout ce qui vous apartient ; & celui de la répudiation contenoit ceux-ci : Conditione tua non utor. t§ REPUDIATION d’boirie. C’est s’abstenir d’une hoirie, c’est la répudier. II y a pourtant quelque diférence entre s’abstenir d'une hoirie & la répudier. On s’abstient, en ne touchant à rien de ce qui compose l’hoirie. Répudier , c’est renoncer à une hoirie dont on doit rendre compte aux créanciers du défunt. RE'PUDIER , v. a. [ Repudiare. ] Ce mot fe dit en parlant des gens mariez. C’est se séparer de sa femme à cause de sa mauvaise vie , ou de quelque considération fort particulière. (Henri quatrième répudia la Reine Marguerite.) REPUDIER, v. a. [Nuntìum remittere.) Terme de Palais. (Répudier une succession , une hoirie. C’est-á- dire , y renoncer, & ne l’accepter pas à cause qu’elle est onereuse.) RE'PUGNANCE , / f. s Animas â re aversus. ] Espece de contrariété. Sorte de peine d’esprit qu’on sent lorsqu’il est question de faire ou de dire quelque chose qui choque notre sens. Chose qui répugne & qui est contraire. (11 n’y a point de répugnance à dire que cette opinion soit deLellius. Pascal, lettre 15. J’ai de la répugnance à déguiser mes pensées. Ablancourt. II n’avoit point de répugnance à fe rendre. Vaug. Quint, liv. g. chap. L.) REPUGNER , v. n. [Repugnare, alienum esse.) Etre contrajre. Contredire. ( Cela répugné au bon sens. Ablancourt.) REPULLULER ,».».& rcdup. Renaître en quantité. [Repullulare.) On a beau tirer les mauvaises herbes , il y a toujours quelques graines qui repulluleut. On ìe dit aussi figurément des héritiers qui repuUulent. REPURGER , v. a. [Sapins purgare.) Purger de nouveau. (11 a été purgé, mais il le faut encore repur- ger. ) REPUTATION, / f. [Fama, exijìimatioé] Ce mot fe dit toujours en bonne part, à moins qu'on ne lui donne quelque épitéte qui le détermine à un sens contraire. II signifie un bruit avantageux qu’on a à cause de son propre mérité. Mauvais bruit qu’on s’est aquis. (Une grande, une haute , une glorieuse réputation. Mauvaise réputation. Fâcheuse réputation. Etre en réputation de bel esprit. Scaron. Cela lui a fait une grande réputation. Molière. Aquerir de la réputation. Ablancourt , Apoph. Cela mit en réputation Agricola. Ablancourt, Tacite. II est bien plus juste de conserver à tant de personnes que vous avec décriées la réputation de pieté qu’ils ne méritent pas de perdre ; que de vous laisser la réputation de sincérité que vous ne méritez pas d’avoit. Pascal, l. iç.) On dit faire assaut de réputation. [Scientia concerta, tio .] Lorsque deux personnes illustres , en quelque art, ou er. quelque Science, disputent ensemble à qui fera voir plus de capacité. REFUTER, v - a - ÍHabere, exijlimare. ) Croire. Penser. Estimer. (11 y a de l’injustice à reputer comme un grand malheur d’avoir manqué à une grande prospérité. Voit. Lettres.) Etre réputé. ( Haberi .] Etre cru. Etre estimé. (Celui quia reçu un fouflet, eji réputé fans honneur jusques à ce qu’il ait tué l’on ennemi. Pascal, l, 7.) REQUERANT, ANTE, adj Qui requiert. Qui demande. [ Pojlulans, con tendons.) 11 y a deux graduez requérons lc même benefice. Le Procureur général est REQ 367 le requérant-, pour le Roi. A la chasse il y a des chiens requerans , c’est-à-dire qui requêtent le gibier. REQUERIR,-o. a. [Requuere, pojlulare.) Quérir de nouveau. Ce verbe dans ce sens n’est proprement usité qu’à l’injìnitif, (On alla requérir la nuit ce qu’oa avoit caché. Ablancourt , Luc.) REQUERIR. [Petere, concludere , supplicare.) Terme de Palais > qui signifie. Demander, Suplier, & qui en ce sens se conjugue ainsi. Je requiers , tu requiers, il requiert , nous roquerons , vous roquerez, ils requièrent »- Je requérois. J’ai requis, je requerrai. (Le Promoteur requiert qu’il plaise à Monsieur l’Evêque de, &c. Patru, P l ‘ î- ) REQUERIR. [Exigere, fiagitare.) Ce mot se dit aussi quelquefois fans purler Palais, & signifie Demander , Exiger. Vouloir. (11 le combla de promesses autant que la nécessité présenté le requérait. Vaug. Quint. I. c. 4.) f REQUERIR. [ Pojluiare. ] Ce mot se dit aussi au même sens dans le burlesque, & même on croît que comme il est un peu vieux, il n’entre guére que dans le stile de Palais & dans celui de pratique. (Le receveur requiert pardon. La Fontaine , Contes.) REQUêTES,/ f. [ Libellassupplex.) Ce mot en général veut dire une forte d’écrit qu’on adresse à un Juge peur le suplier de nous acorder quelque chose que nous lui demandons par notre écrit, où nous alléguons les raisons que nous avons de lui faire les très humbles demandes que nous lui faisons. (II y a plusieurs fortes de requêtes. II y a de simples requêtes à fin d’oposition contre quelque arrêt, & d’autres simples requêtes pour se pourvoir contre les sentences préfidiales. II y a d’autres requêtes qu’on apelle Requêtes civiles qui font des moiens de droit pour sc pourvoir contre un arrêt. Requête principale. Requête incidente. II y a ouverture en requête civile. Obtenir une requête civile contre un arrêt. Etre débouté d’une requête civile. Donner fa requête. Les Juges répondent les requêtes qu’on leur présente. Signifier une requête. Requête verbale. C'est- à-dire, qu’on fait verbalement à l’Audience, & qu’a- près on rédige par écrit. Monsieur Defpreaux parlant des animaux dit : Qu’on ne connoit chez eux ni placet ni requêtes , Pli haut, ni bas conseil , ni chambre des Enquêtes . Defpr.) {$ REQUêTE civile. Lorsqu’on prétend qu’un Arrêt est injuste ou nul dans la forme, celui qui a été condamné , présente une requête tendante à la reformation du jugement. C’est la dernière ressource des plaideurs. L’Ordonnance de 1667. tit. explique les moiens fur lesquels on peut établir la requête civile ; elle distingue d’abord les Arrêts à les Jugemens présidiaux & en dernier ressort. Pour en marquer la diférence, elle qualifie de Requête civile , celle qui tend à la rétractation d’un Arrêt ; & de simple Requête , celle qui a pouf objet un Jugement présidial : mais l’une & l’autre doivent être fondées fur les mêmes moïens, qui font : 1 °. Les majeurs doiVent se pourvoir dans les six mois à compter du jour de la signification ou assignation faite à la partie ou au Procureur : & pour les mineurs, à compter du jour de la signification qui leur aura été faite à personne ou au domicile depuis leur majorité. II". Les Ecléfiastiques , Hôpitaux & Communautez ont six mois pour sc pourvoir par Requête civile. III". Les fondemens de la Requête civile font Pièces fausses, ou Pièces nouvellement recouvrées, & qui ont été retenues, ou détournées par le fait de la Partie averse. IV". On doit atacher à la Requête civile une consultation lignée de deux anciens Avocats, & de celui qui leur aura fait le raport du fait. V°. Les Letres en forme de Requête civile seront portées ou plaidées aux mêmes Compagnies où les Arrêts & Jugemens en dernier ressort auront été donnez. Voïez le rejle. REQUêTES de t’Hôtel. [Libellorum supplicum M agi. jiri .] C’est l’une des juridictions du Parlement de Paris, en laquelle font Juges Messieurs les Maîtres des Requêtes qui connoissent des afaires des Offioiers d«e la maison du Roi & de tous ceux qui ont le droit de Committimus, en un mot de tous les Privilégiez. (Plaider aux Requêtes de l’hôtel. II y a une belle cause aux Requêtes de l’hôtel.) REQUêTES du Palais. [Caméra magìjlrorum libello - rumjupp/icum .] Juridiction qui juge en première instance , les causes de ceux qui ont droit de Commit, timus du grand & petit sceau. II y a deux chambres des Requêtes à Paris, la seconde fut érigée en 158®- par 368 ìu * par Henri III. Il y a une Chambre des Requêtes dans ìes autres Parlemens. Ces Juges sont ( des Commissaires qui achetent des commislions séparées de leur Charge de Conseiller du Parlement. Leurs Sentences font ainsi intitulées. Les Gens tenant les Requêtes du Palais , Conseillers en la Cour, & Commissaires en cette par- tie. II y a apel de leurs Jugemens au Parlement. Monsieur le Président du Pont, & Mr. de Motteville Conseiller, quoique fort jeunes , se font distinguer aux Requêtes du Parlement de Rouen par leur capacité & leur droiture. Ce jeune Conseiller marche à grands pas à la gloire. II fuit les traces de Mr. son p c second Président de la Grand’ Chambre, & de Mr. son Oncle Conseiller en la même Chambre. REQJJêTE. [ Pofiulatio, fetitio .] Ce mot se dit quel- quefois fans parler Valait , & signifie , Prière , Demande. (Elle le suplia de la vouloir excuser si elle lui fai- soit une très-humble requête. Vaug. Quint, lìv.y cb, 3 . Elie en donna i’arrét à la requête de Mademoiselle sir fille. Voit. letre 9 .) Cette dernière façon de parler de Voiture semble plus dans l’usage que celle de Vaugelas, parce que le mot de Requête ne se dit guére qu’en Pratique ou dans le stile enjoué. REQUéTE. [ Signurn acl redintegrationem vejìigatio. nis.] Terme de Chase. Lorsque les chiens ont perdu la piste de la bête, St qu’il la faut requêter, on dit alors, cornet a requêtes. REQUêTER , v. a. [Redire ad novam fera indaga- tinnem J Terme de Chasse, C’est lors qu’on a couru & brise le soir une bête , on la quête le lendemain avec le limier pour la redonner aux chiens, (llequêter un cerf. Sain ) REQUIEM- Mot latin, qui signifie une Messe des Morts, ainsi apeliéc parce quelle commence par Re- quient. (On lui dira un Requiem. Quand je fuis trois bernes fans manger, j’entens mes boyaux qui chantent un Requiem. D. Quicbote,sixième tome , cb. 31 .) REQUIN , ou Requiem , f. m. [Gaieus , Squalus.] C’est une sorte de gros & de grand poisson qu’on apelle Chien de Mer , & qui est très-avide , à cause de la grandeur de son foie. Il a la tête plate & large, & la gueule armée de trois rangs de dents. 11 est toujours escorté de quantité de petits poissons, qui aiment mieux se laisser prendre avec lui que de l’abandonner. On les nomme ses pilotes, parce qu’on prétend qu’ils lui servent de guide pour le conduire aux endroits où ils découvrent de la proie. On prend le Requrr'a l’hame- çon , & il est dificile d’en venir à bout. Tachard, Volage de Sium. Voie z Chien dc Mer. SE REQUINQUER, v.r. [Ultra modum formam cxcolere. ] Prononcer, je reckinké. Ce mot sc dit des personnes vieilles , ou un peu vieilles qui se parent & s’ajustent proprement. (C’est une vieille qui sc requinque parce qu’elle s’est mis en tête de se remarier.) R EQÍJINT, f m- [Quinta pars quiuta .3 Terme de Palais. Prononcez rekin. C’est le quint du cinquième denier du prix ou de l’estimation d’un héritage féodal. (Paier le quint & requins.) R EQUIPE R , v. a. [/irmis U omnì suppelleclili in- Jlruere.'ì Equiper de nouveau. (Requiper des soldats. Requiper un vaisseau , une Ilote. Requiper l’artil- lerie.) REQUIS , requise, adj. [ Rogatus , pojlulatui.] Prononcez reki. Recherché. Nécessaire. (La vérité n’étoit pas li requise que la beauté. Ablavc. Apopb.) REQUISITION , s. f. [Petitio , pofiulatio.] Terme de Palais. Prononcez rekizicion. Demande qui se fait à PAudience. (A la réquisition du Procureur du Roi.) REQUISITOIRE , fi. m. [Requijìtoriitm. ] Terme de Palais. Demandes & conclusions du Procureur Général, ou de ses Substituts, ou de quelque Promoteur, qui fait dans la juridiction Ecleliastique ce que fait le Procureur du Roi dans la Séculière» (L’Evéque sor le requijì. taire du Promoteur rend son ordonnance. Patru, pi- Faire (on réquisitoire. Patru , pi. q.) RE'S. Voie z R;:. S ACRE R , v. a. [Itérât à inaugurare , confier are.} Sacrer de nouveau. (Refacrer une Eglise, un calice, &c.) RESAÌGNER > v, a. [Venant rurjus aperire .] Saigner de nouveau. Saigner plusieurs fois. (Refaigner un malade ) i\ESAISlR , i\ a. [ittrùm prehendere.} Saisir de nouveau. Reprendre. ( Les scrgens ont relaisi ce pri- RES fonnier qui s’étoit évadé. Faire refaisir une chose dont on avoit tu la main-levée.) Se refaisir , v. r. [ Recuperare ,] Se métré en possession de quelque chose. (Se refaisir de ses biens, tìifi. de Louis XIV. Se refaisir de son argent.) RESALUER , v. a. [Salutem t fier rel} Saluer de nouveau. Rendre le Salut. Saluer plusieurs fois. (La civilité veut qu’on refialuè ceux qui nous ont salué.) RESaRCELE', ce, adj. Terme de Blufon. [Late- ribus tertiatus.} Qui sc dit d’une croix ou bande qui est garnie d’une orle aprochant de ses bords. (Il porte d’azur à la bande d’argent refarcelée d’or.) RESASSER. Voïez Rejjajjer. í RESCAMP1R , ». «. Terme de Doreur en détrempe. C’est réparer avec du blanc de ceruse ies taches que le jaune ou Paillette ont pû faire en bavochant fur le fonds que l’on veut conserver blanc. RESCINDANT, ante , adj. [Irritum faciens, mu tans.] Terme de Palais. Voie, nioien pour casser un acte. (La requête civile est le rescindant d’un Arrêt qui a été mal rendu. On dit aulsi le refcifioire, qui est P Arrêt qui casse.) Cf Le rescindant L le rescisoirej sont Yagent & le patient. Les moiens dont on sc sert pour obtenir la révocation d’un Arrêt, ou pour faire déclarer nul un contrat, sont le rescindant , avec lequel on anéantit la force de l’un & de l’autre. Leífond jugé par PArrêt, ou celui d u contrat, fonti s refcifioire, c’est-à-dire, le sujet sur lequel le rescindant est exercé. La plupart des Praticiens tiennent que l’on ne peut point accumuler le rescindant St le refcifioire ; cependant Losse!, dans ses Institutions Coutumières , liv. e,.tit. 1 . art 11 . a dit ; Le rescindant [fi le refcifioire sont accumuìab'es. tRESCiNDRE, v. a. [Irritumfacercl] Terme pu- rement de Palais. II lignifie, casser ou annuller un contrat ou un autre acte. On dit aussi la rescision d’un acte. [ReJ'csio.] H L’Académie dit, Rescinda'. R.ESCRIPTION ,fi f [ Resaiptio .] Prononcezrr. Jcripcion. Terme qui sc dit en parlant dc finance , & qui signifie une Ordonnance pour paier une somme qui a été aísignée à quelque personne. (Expédier une rescrip- tion. Aquiter une rescription, Reformer une rescrip- tion. ) RESCRIT, récrit, s. m. [Breve diploma , rescrip- tum.] J’ai ouï dire à de certaines gens qui sc croient fort habiles en la langue , récrit , mais tous les autres qui véritablement parlent bien, écrivent & prononcent rcficrit , en faisant sonner Pr. Le Rejlnt est une sorte de Bulle , ou de monitoire qu’on obtient du Pape, & qui commence toujours par ces paroles, Significasit nobis dilcciiis filtus. Voïez Eveillon , Traité de l’excom- municaticm [fi du monitoire. (Obtenir un rescrit de la Cour de Rome. Examiner. Eevret , Traite de l'abus.) sis RESCRIT. Le mot est Latin, reficripium, qui signifie la réponse à une Letre ou à une Requête présentée au Souverain. On voit en diférens endroits du Digeste & du Code , des exemples de ces Requêtes présentées aux Empeereurs par des particuliers fous le titre de Libeih. La réponse de l’Empereur étoit apeliéc Reficripium , uni est composée de re Si dc firiptum, Air. Briifon, de formulis , [fie. I. 3 . a ra porté une ancienne Requête présentée á un Empereur : QUOR ANTE HOS D IES CONJUGEM ET Fl L! U M A MISE RI AI , OPPRESSUS NECESSÌTATE CORPOKA EOKIJM FAC1L1 SARCOFAGO COMMENDAVER1AI DONEC US LOCHS QUEA1 EMERAM ÌED 1 F 1 CARE- TUR VIA FLAM1N1A INTER MIL. II. ET 111. EUN- TiBUS AB URBE PARTE LIEVA , ROGO. DOA1I- NE 1MPERATOK , PERA1ITTAS MIHI 1N EODEA1 LOCO 1N A1ARMOREO SARCOPHAGO QUEstl MIDI MODO CO AI PAR AVI , EA CO R PO R A C0LL1- GEKE , UT QUAiMDO EGO A1E ESSE DESIERO , PARITEK CUM 11$ PONAR. SECRET U AI F1ERI PLACET, JUBENTINA CE- LIUS PROMAGISTER SUUSCRIPSI 111. NOM N0- VEMhRlS, ANTIO POILÌONE ET OPTIMO COSS. La fameuse Loi ot -, fi rie Lege Rhod. est un libelle présenté par Eudemon Marchand deNicomédie, à l’Empereur Antonin. au bas duquel est la réponse, qui a donne lieu à deux Juiisconsultes de faire chacun un Commentaire peu nécessaire pour l’it.reiligence de certe Loi, dont voie; les termes : Plainte d'Eudemon de Xcomédie d f Empereur Antonin. Seigneur, en voyageant, dans II • II ES t&Ue , nous avons fait naufrage , £f nos éfet-s ont été pillez U enlevez par les Fermiers des Isles Cy c. ailes. L’Em- percur répondit : Je fuis a la vérité maître d u monde: mais ta Loi des Rbodiens régné fur lu mer , ifr Jert de réglé pour décider les dificultez qui concernent la naviga. tiou maritime, pourvu qu'elle s'acorde avec ' nos Loix. Voilà une juste idée des plaintes que l’on présentoit aux Empereurs , & de la réponse ou rescrit qu’ils y fai- soient. Les Requêtes présentées aux Empereurs avoient diférens noms, & la formule n’étoit point fixe, ni déterminée. Quant à la réponse de PEmpereur, elle commençoit presque toujours par ces mots , Cum pro- ponas, ou Si ut prjpouis, f) c. & èlle íiniiíoit par cette condition, que s Empereur Zenon inventa, Si preces aeritate nituntur , & qui est encore en usage parmi nous. Toutes les Letre's de grâce ou de restitution, portent de même , S’il vous appert de la vérité de l’exposé : mais le terme Rescrit n’est presque connu que dans la Cour de Rome , qui a conservé l’aricien stile, parce que le Pape a été coníulté par les Evêques ou par les Com- munautez Ecléiialtiques fur des points de discipline, & la réponse qu’il leur a faite a été apellée R.scriptum, un Rescrit, terme générique qui s’aplique à toutes sortes de Letres Apostoliques, & que l’on renferme dans cette division. Ou ils íoru Rscritsde grâce, ou ils font Référai de jujìice. Le Rescrit de grâce , est tout ce que le Pape acorde de son ptopre mouvement, & qu’il auroit pû refuser s’il avoir voulu. Le Rescrit de justice , est celui que le Pape acorde selon les régies canoniques & fustige de i’Egíise. Les Rescrits de grâce & de justice diferent en plusieurs choses. Le premier s’obtient avec peine, & on en présume aisément la fausseté. Le second est acordé facilement, & hi fausseté doit être prouvée. Le Rescrit de grâce est atentivenrent examiné par les Examinateurs, même dans la Latinité; celui de justice passe fans examen. Le Rescrit de jostlce est adressé seulement à ceux qui sont en dignité Eclésiastique , ou qui sont Chanoines dans une Eglise Cathédrale ; celui de grâce peut être adressé à toutes sortes de Clercs. Le tems de la présentation du Rescrit de Justice pour fonderie Juge délégué en sa Juridiction , est compté du jour de fa présentation , & non de la date du Rescrit; L en celui de grâce, le tems de fa présentation n’est pas considéré necessairement, mais seulement le tems de sa date. Les Laïques obtiennent rarement un Rescrit de grâce , mais ils obtiennent facilement un Rescrit de justice. Le Rescrit de grâce est ordinairement signé par le Pape par ce mot, Concession ; & celui de justice, par P lacet, qui n’emporte pas la grâce, mais il montre la volonté de i’acorder selon la justice. La clause, Si preces veritate nituntur, est essentielle dans le Rescrit de justice , autrement il est nul. Le Rescrit de justice finit par la mort du Pape qui l’a acordé, íì les choses sont encore dans leur entier : mais celui de grâce est perpétuel. La íubreption & l’obreption an- nullent le Rescrit de grâce , & non celui de justice ; parce qu’il n’atribuè aucun droit à la partie. Au reste , il faut observer que l’on doit être très-atentif dans la forme de la Suplique présentée au Pape pour obtenir un bénéfice, & prévenir l’avidité des Devolutaires ; fur tout, il Faut bien exprimer les bénéfices que l’on possédé actuellement, leur qualité , leur revenu, & tout ce qui peut obliger le Pape à acorder ou à refuser la grâce. RE'SEAU ,/. m. [Reticulums Sorte de tissu de fil ou de soie fait au tour, dont quelques femmes se fervent pour métré à des coifes, à des tabliers, &.à autres choses. (Réseau noir. Réseau blanc.) RE'SEAU est Je nom qn’on donne au second ventricule des animaux qui ruminent, & qu’on apelle autrement , Bonnet, épipleon. RESE'CHER , ». a. [Demeò exsiccare .] Sécher de nouveau. (Resécher du linge. En Eté, la terre se resé- che bien-tôt après la pluie.) t RESEDA , f f. Plante qui croît dans les champs & contre les murailles. Elle contient beaucoup de sel essentiel & d’huile. Sa racine est détersive, apéritive & résolutive. La plante est adoucissante. RESELLER, V. a. [Equum rursus ephippio inster- nerei} Remetre la selle à un cheval. (II n’eut pas si-tót desellé son cheval, qu’il le salut reseller.) RESEMELER , v. a. C Oc nova calceos soleis in. Jiruere.l Remetre de nouvelles semelles à des souliers, RES ou à d’autres chaussures. (Resemeler des souliers, des pantoustes, des botes , & des bas, &c.) RESEMER, ». a. [IterìiHiJhnina dijserere.'] Semer une seconde fois. (On reseme les champs qui ont été mangez par les bestiaux.) RESEPER, ». a. [Iterum cadere. ] Recouper de nouveau un bois qui a été mal taillé, ou ebourgeonné par ies bestiaux. Les Maçons disent aussi, rescper une muraille. Et la nouvelle coupe d’un bois mal coupé s’apelle resepage. RESERRER. Votez Resserrer. RESERVATION. J. f. Conditio , sepofìtus, refinatìo.) Terme de Palais. Action ou clause dans laquelle on réserve & on retient quelque chose, (Les réservations de bénéfice n’ont point de lieu en France , & elles y sont odieuses. On les a regardées comme des entreprises de la Cour de Rome.) t§ RESERVATION , Terme de Banquier en Cour de Rome. Dans le grand nombre de clauses que les Banquiers infèrent dans lesSupliques présentées aux Pape* pour obtenir un bénéfice, celle-ci est une des principales : Spécialités - vel aliàs ex quavìs causa etiam difro- Jìtìvè exprinìenda généraliser resrvati. Par ces mots (dit Castel dans son Traité de l’usage de la Cour dé Rome.) ,,1’lmpetrant demande au Pape que 11 les bé- „ néfices étoient réservez, cette réservation en quel- „ que cause que put proceder , peut être exprimée „ dans le dispositif des Bulles , ft ces réservations non ,, exprimées venoient à la connoissance de l’Impetrant,, avant l’expéditiòn des Bulles, & ce faisant, qiril plat- se au Pape de dispenser, au rnoïen de cette clause, ,t de la réservation non exprimée; & même que íì elle ,» l’avoit été comme le devant exprimer par les Bulles ,* en cas qu’il fût nécessaire. “ Mais il faut remarquer que cette clause n’est que du stile , & qu’elle est inutile ett France, où les réserves générales & spéciales font abolies. A la réservation. [Prater. J Préposition qui est hors d’u sage , & qui signifie, a la reserve, réservé, hormis, excepté. (11s font presque tous morts de maladie, à la réservation de ceux qui se sont néïez, dites à la reserve » ou excepté. Vaug. Rem.) RESERVE,/ s. [ Resríílìo, exceptio. Tetme de tirait Canon. C’est une faculté que le Pape se reserve de conférer de certains bénéfices à qui bon lui semble, interdisant au collateur la collation de ces bénéfices. On apelle aussi cette reserve , un interdit, ou prohibition. 11 y a une reserve qu’on nomme perpétuelle, & Vautre temporelle. La perpétuelle, c’est lorsque le Pape se fait la reserve de certains bénéfices à lui, à ses successeurs, & au Saint Siégé. La reserve temporelle c’est lorsque le Pape se reserve de conférer un bénéfice quand ii lui plaira. Le Pape seul peut user de reserve , & par ses réservés il n’ôte point la puissance à l’Ordi- naire, mais il en détourne seulement i’usage pour un. tems. (Les réservés sont abolies, hormis celles de la Cour de Rome. II y a pouraut des réservés autorisées en France , comme la réservé des fruits d’un Archevêché à celui qui doit succéder à cette dignité.) RESERVE. [ Moderatiù, modijlia.) Retenue. Circonspection. (Parler avec réserve. Mémoires de M. de la Rochefoucaut.) Corps de reserve,f. m. [ Acies subjìliaria.s Détachement de quelques troupes du corps de l’armée qui ne vont aux coups qu’en cas de nècellité. A la reserve. [ Excepto , pr.cter ,siexcipìas. ] Préposition qui régit le génitif, & qui signifie excepté: mais qui n’est pas li en usage que les prépositions hormis & excepté. (A la réservé de trois ou de quatre villages que l’on a conservez , tous les autres ont été pillez.) En reserve , adv. A part, à quartier. (11 met tous les jours de Vargent en reserve.) H Sans reserve, adv. Sans exception. RESERVE' , reservée , adj. \Moderatus , modestes .] Retenu. Sage. Circonspect. (Nos Peres sont plus réservez fur ce qui regarde la chasteté. Pascal, liv. q. 11 étoit fort réservé à parler de soi. U Abbé Talemant, P lut arque, tomes,. Vie de Cicéron.) Cas reserve. [Casus reservutus.') Terme ú'Eglise C’est- à-dire, Cas dont il n’y a que l’Evêque ou le Pape qui puisse absoudre. (Un simple Prêtre ne peut absoudre des cas réservez , qu’à l’articie de la mort.) RESERVE' est quelquefois adverbe , & veut dire alors Ttm. III. A a a excepté» 370 K ES excepté, à la réserve. [Prxter. 3 Daman est tout-à-fait honnête homme, réservé qu’il est un peu trop satiri- ^ RESERVER , ®. a. [ Corniere , reservare.] Garder. Ser- rer. Conserver. ( 11 íaut rejërver quelque chose pour l’avenir. vous pouvez réserver cet avis à un autre tems; Pascal-, liv. 6.) Se réserver , v. r. Aliquid Jìbi conjervare. ] Se conserver quelque chose. Atendre à faire, ou à dire quelque chose. ( II se réservé de païer plus ou moins. Patrie-, fl. ;. Se réserver quelque peu de bien fur ses vieux jours.) On dit aussi, rescrvez-vous pour une meilleurs afaire. [Durate, & vosnet rebut Jervatesecundis.] RESERVOIR , f m. [ Aqua receptaculum .] Ce mot se dit en parlant de citernes & d efoijjom. C’est le lieu où l’on garde & où l’on nourrit du poisson. (Un petit» ou un grand réservoir.) t iíESfcUíL,/ [Tegmen linteum.] Sorte dé rets, ou de filets. Volez ausli réseau , car il lignifie la méme chose. ìv f AS 1D E N CE , s. f. [ Commoratio ajjìdua. ] C’est la demeure d’un Ecclésiastique au lieu de ion béneiiee , pour être toujours prêt à le desservir. (Etre obligé à résidence. Bénefice qui demande résidence. Faire fa résidence à son bénéfice. Volez du Puy. Mais à P ambition d’opôser la prudence ; C’eji aux Prélats de Cour prêcher /«.résidence. DeJ’pr.) RESIDENCE. [Rsidentia.] 11 signifie aussi la fonction de celui qui réside pour le service d’un Prince. RESIDENCE. Signifie encore domicile, demeure fixe établie dans un lieu. (Je fais ordinairement ma ré. Jìdence à Paris.) 4 RE SIDENCE. Terme de Chimie. On le dit des parties les plus groíikres qui s’atnassent au fond d’un vase , après que la liqueur qu’il contient s’elt reposée. RESIDENT > adj. [Metnens , habitons.'] Qui réside. Qui fait sa demeure actuelle en un lieu. (Le Foi est ré. Jident à Versailles.) RE'SIDENT , f. m. [Residens , agens.] Celui qui est à la Cour d’un Prince , ou d’un Etat étranger pour les affaires de son Prince » ou de son Etat. (Le sieur Du-Pré a été Résident à Madrid pour le Roi de France. 11 y a un Résident à Genève.) RE'SIDER, ». a. [Inharere.] Etre. Demeurer d’une maniéré fixe. (La paix résidé dans l’ame de ceux qui délirent la procurer aux autres. Volez la Morale du Sa. ge. La souveraine puissance résidoit en la personne du Koi. Vaug. (suint. L io. c. io.) RE'SIDER. [Assidue commorari .J Ce mot se dit ordi. nairement en parlant d’Evêques & autres Ecclésiastiques qui ont charge d’ames. C’est demeurer en son bénéfice. (Les Evêques & les Curez font obligez à résider. U se dit aussi des Residens des Princes. Volez Résident.) ff RESIDER dit plus que demeurer, quand il s’agit d’un bénéfice qui exige un service actuel du Bénéficier. Ce n'est pas une petite obligation, quoique l’on ait dit ; Pau! voudroit nous persuader, Qu’il saut beaucoup d’intelligence , Pour exercer sa résidence ; II ne saut rien que résider. La comparaison que l'on fait des fonctions Ecclésiastiques & des militaires, nous fait connoitre qu’elles engagent également à la résidence, de laquelle on ne peut lé dispenser sens tomber dans la désertion, crime capital. 11 est certain que dans í’origine des bénéfices la résidence étoit indispensable & sans aucune distinction entre les bénéfices, parce que tous les titulaires indiferemment étoient a tachez au service du Titre , c’est-à-dire, de l’Auttl dont il étoient pourvus, fans pouvoir en sortir. On a commencé à donner ateinte k cette discipline , par l’introduction de la résignation, de la permutation & de la translation, qui ont été permises sous de s conditions qui font à présent presque oubliées. Quant à la résidence, on a inventé une dife- .rence entre les bénéfices simples, & ceux qui ont charge d unies. Les premiers n’engagent pas à résider : mais les seconds exigent ia présence actuelle des bénéficiers. Mais si les bénéfices simples font afranchis de cette servitude , c’est plutôt par une tolérance que 1 uíuge a autonsce, que par la disposition de la Loi. t RESuJU , J. m. [Reìiqumn. ] 11 vient du Latin rejuluum. 11 signifie le rejìe. 11 se clit en fait de comptes. c RES RESIGNANT, / m. [Résignâtor.). Terme iVEcsi Jiaflique. Celui qui résigne un bénéfice à un autre Eclésiastique. RESIGNAT AIRE ,s m. [Résignât arius.] Terme d’fì. clépaffique. C’est celui à qui on fait une résignation. ’rÈ'SIGNATION , s s. [ Abdicatio , dimijjh, resi. gnatm. ] Prononcez rézignacìon. Terme de Matière Beneficiale. C’est la démission qu’on fait d’un bénéfice en faveur d’une personne capable. (Faire une résignation pure & simple. La résignation est en très-bonne forme.) sf Nous connoissons deux sortes de résignations. L’une est pure & simple entre les mains du collateur; on la nomme aussi démission, L’autre , en faveur d’un particulier designé ; & cette espece de résignation qui est la plus ordinaire, étoit inconnue avant le schisme d’Avignon ; & elle ne se peut faire qu’entre les mains du Pape, à cause de la prohibition du Concile de Latran , cap. Nulia , de concejs. prab. lequel défendit de conférer un benefice avant la vacance ; outre que la condition de pourvoir une certaine personne est une élpece de simonie, dont on ne peut être absous que par le Pape. Et la Constitution de Pie V. de satinée i<;98. défend expressément aux Evêques & autres col- lateurs inférieurs du Pape , d’admettre aucune résignation avec désignation du successeur. Celui qui veut r s- signer son bénéfice entre les mains du Pape , passe par. devant Notaire & témoins une Procuration à un Ban- quier en Coût de Rome, le nom en blanc, avec pou- voir de résigner entre les mains du Pape un te! bénéfice, à condition d’en pourvoir un tel. Cet acte doit être insinué & controllé, ct la minute en reste au Gréfe à peine de nullité. L’envoi en doit être fait pat Un Banquier expéditionnaire de France avec un Mémoire à un Banquier en Cour de Rome. Le Mémoire est inféré dans le regître du Banquier, qui énonce la date du départ; & lorsque le correspondant à Rome a reçû la Procuration & le Mémoire, il envoie retenir ia date, que l’on apelle petite date pour la distinguer de la date étendue par le Dataire dans les signatures. La date est la même jusques à minuit, & elle change dès que minuit à sonné. Voilà ce que l’on apelle retenir date, dont on peut en retenjr autant qu’on le voudra fur les mêmes Mémoires. Mais ces petites dates ont été défendues en France par l’Edit de i î ço. à cause des abus qu’elles causoient. Voilà ce que j’ai cru devoir remarquer pour donner une premiere idée de la résignation. Ce qui se pratique ensuite , est trop long pour en faire ici le détail. On peut voir, pour s’en instruire, le Traité de Cqfiel sur R usage f-? la pratique de la Cour de Rome , avec les Notes du Sieur Noier. RÈ'SIGNAÏÍON. [Consensio , accommodata voluntas.] Deference pleine & entiere. Soumission extrême. Soumission particulière. (J’atens avec une extrême résigna, tion à ses volonté?, la grâce de la liberté. Le Comte de ‘Bujsii, Lettre au Duc de Saint Agr.an .) RESIGNER , v, a. [Beneficium transcribere.] Termô de Matière Beneficiale. C’est seire la résignation de quelque bénéfice en faveur d’un homme capable de le pos. feder. (Résigner un Bénéfice à quelcun.) Se résigner. [Se totum ulicui permittere.] S’abandort- ner à la volonté de quelcun. (11 s’est résigné à tout faire. Réfîgnciz.vous à la mort.) RESILIR, v. n. 11 vient du Latin reslire. Ce mot est purement de Palais & de Pratique. I! signifie. Ne vouloir-pas exécuter une promesse , un contract, &c. í L’Académie dit, résilier , qui signifie , casser, annuler un acte. (Les Juges ont résilié ce contract.) En ce sens i! est actif. t RESILIER , se résilier, v. n. C’est en stile de Pratique, sededire, se rétracter, fedégager d’uneconven* tion d’nn traité. RESINE, ou Poix résiné , s. f. [Résina.] C’est uil suc gras qui de lui-mème coule de quelques arbres, comme du pin, du sapin , du ciprès, du térébinte. La meilleure refîne est celle qui fort du térébinte. (Toute résine est scche ou liquide , rousse, ou jaunâtre, & elle devient blanche lorsqu’elle est cuite. On dit que trois onces de résine pulvérisée & mise dans un muid rie vin rendent le vin fort apéritif. Le canfre est une efpecê de résine.) RESINE", ou Raisiné , s. m. [ Desrutum .) Vin doux où l’on jette des quartiers de poire qu’on fait cuire jusques à une certaine coniiitence. Grapes de raisins fans qiron Fait cuire avec d u vin doux jusques à une certaine confluence & dont les petites gens mangent au lieu de confitures. (Faire du résiné. J’ai de fort bonrófiné.) f RE'SINEUX , ettsc , adj. Qui produit la résine, ou qui en a quelque qualité. (Bois rélineux, odeur résineuse.) „ _ „ RES 1 PICENCE, s- s [ M or uni esnendath, cor- reftio.) Terme d 'Eglise. Retour à une meilleure vie & à une plus sage conduite. (Si l’excommunié vient k ré. Jìpkence, on l’absout en forme canonique, f * Venir à rejìpicence.) RESISTANCE , s s [Adversus conatus , rtmxuss) Action de résister. ( lis firent une vigoureuse résistance. La résistance fut Fort grande. Sam résistance en moins de quatre mois , Avoir réduit FHerefie aux abois, Cela paroit tenir plus de la fable, Que de FHiJloire. P. Commire, Jes.) tz RESISTANCE , se dit de la défense d’une place. (Ils ne fe font rendus qu’après une longue résistance. Les résistances qui fe font par les Mines font de toutes ìes plus belles, les plus longues & les plus savantes; c’elt sart de rendre un siège éternel, & de conserver une garnison. Po:ybe de Mr. de Folard. Les Anciens poussoient quelquefois les résistances aux dernières extrémités , fans sortir pourtant des bornes raisonnables , lorsqu’ils avoient à leur tète des chefs habiles & é- clairez. * RESISTER, v. n. [ Objìjiere , obniti. ] Faire tête. Empêcher que quelque chose, ne s’execute, s’opofer avec résolution. (Résister à la grâce. Pascal , l, 15. Ils ont courageusement résisté. Geste de te défendre, Point de refus. Tous tes discours font superflus, Ne me rejsjîe plus. Recueil de Poésies.) RESISTER. Avoir la force de suporter. Après avoir quelque tems résisté, Comme on le doit avant que de fe rendre, D’un amour également tendre Elle F arma de son côté. Perr. Grifeld.) RESISTER. [SuJUnere.) Appuyer, conserver. (Cette voûte a une grande pouíîee, ilfautqu’il y ait de bons arcs-boutans pour y résister.) RESNE- Votez Rênes. RE'SOLU, résolue, adj. [Constans, sirmus.) Arrêté. Déterminé. Réglé. Décidé. Corn.) t ' RESPECT, s m. [Sedecula. ] Terme de Ta- fijsier de Paris. Ce mot ne s’écrit point, & ne commente qu’à s’introduire. 11 y a des Dames qui parlent bien & qui lui veulent faire faire fortune, & peut-être qu’el» ies feront à un mot ce qu’elles sont tous les jours à tant de gens. Le respect est une sorte de petit tabouret fort propre, que l’on commence à donner dans quelques maisons de qualité de Paris à des personnes qui sont tison rang inférieur à celui de la compagnie , ou que ces personnes qui font inférieures aux autres prennent elles-mêmes par modestie lorsqu’elles veulent s'asseoir , ou quson les prie de prendre des chaises. (Prenez ce respect , Monsieur , çV? ajjèiez.vcus , s'il vous plaît.) Donnez un respect à Madame. Qu’on aparté ici des respects. J'aime mieux un respect qu’une chaise à bras.) Au respefi, adv. [Pra , habita rationej A propor- * ; on , à ì’égard d’une autre chose. (Tous les ouvrages de pieté sont de mince valeur au rejpeft des livres de Port-Roial.) Porter respect. Voie?. Porter. RESPECTABLE , adj. Coiendus, venerandus J Ce mot est de nouvelle fabrique , & tout le monde ne s’en sert pas encore librement. II signifie , Digne de respect, qui mérite du respect, quson doit respecter. (Un éclat qui le rend respectable aux Dieux mêmes. Roc. Esier , act, 2. sc. 7.) Ce mot est enfin requ. (Un homme de bien est 'respectable par luí-méme. La Bruiére.) RESPECTER , v. a. f Venerari , colere. ] Ce mot se dit des personnes & de certaines choses aussi. (On doit respecter les personnes qui le méritent. Respecter les choses saintes.) RESPECTIF , rejpeUive , adj. [Reciprocus , mutuus,] Terme de Pratique. Mutuel. ( Obligation respective.) ; 1 : RESPECTIF, lignifie aussi en termes de Philosophie, relatif, qui a raport. RESPECTIVEMENT, adv. [Ex utráque parte.J Terme de Pratique. Mutuellement. ( 11 s sont respectivement obligez.) RESPECTUEUSEMENT, adv. [Reverenter , cum ve. neratione .3 Avec respect. ( II refusa ttès-respectueuse» mentl’ofre quson lui faisoit. Fléchier,Vie de Commendon , Préface. ) RESPECTUEUX, respectueuse , adj. [Révérons, obser- vmtisiimus.~\ Plein de respect. Soumis avec respect. (II «st fort respectueux. II agit dsone maniéré respectueuse. Mer , dont les flots impétueux. Viennent d’un pas respectueux Baiser le sable des rivages. Godeau, Poes.) RESPIRATION ,ff [Spiritus, balitus, rejpiratio.] Elle depend de faction des muscles de f estomac & du bas ventre , qui faisane enfler & désenfler notre corps, déterminent Pair à y entrer 011 à en sortir, pour soulager & rafraîchir le cœur. On apelle aussi respiration lorsque l’air est atiré par la bouche & par les narines pour rafraîchir le cœur. (Respiration interrompue. Respiration fréquente.) RESPIRER. [Spirare , Jpiritum ducerefj Ce verbe est achf, & il est quelquefois aussi une manière de verbe neutre. 11 signifie atirer l’air dans fa poitrine & l’en faire sortir. Pousser une maniéré de soufle hors de fa bouche. (Quand on respire un air pur, on s’en porte bien mieux. 11 respire, il n’est pas encore mort. . Aprochons nous pour voir si la bouche respire. Mol. Coc. imagin. Ah ! de grâce un moment, soufrez que je respire, Je sors de chez un fat qui pour ni empoisonner, Je pense , exprès chez lui , nda forcé de dîner. *.RESPIRER. C Anhelare , efflagitare. ] Au figuré , il signifie. Délirer avec ardeur. (Un usurier ne respire que ]e gain. Un tiran ne respire que le sang de ses sujets. Un amant ne respire que pour fa Maîtresse.) RES * On dit aussi respirer la liberté, c’est-à-dire, en jouit, la goûter, y prendre plaisir. * 11 ne commence a respirer que depuis qu’il n’est plu s avec ces misérables Italiens. [Inter qusescere,] ( Laifse-t.elle un moment respirer son époux, Ses valets font d’abord l’objet de son courroux. Despr.) RESPLENDISSANT, resplendissante, adj. [FuU gens, Jplendens] Eclatant. (C’est quelque chose de resplendissant. Leurs lampes étoient grandes & resplendissantes. Abl. Tac. Htjl. I. 2. C. x.) f RESPLENDIR, v. n. [Splendere , fugere.) Ce mot n’est presque plus en usage ; en sa place, on se sert d« briller , d’éclater, ou de reluire. [En toi P on remarque Un feu qui luit séparément, De celui dont si vivement Replendit notre grand Monarque, Chap. Ode à Richelieu.) ch RESPLENDISSEMENT , s m. Grand éclat formé par la reflection de la lumière. RESPONSABLE , adj. [Adpromifor, fidejujfor.] Qui doit répondre de l’evenetnent de quelque chose, & qui est comme caution. (Mes Peres, vous ferez responsables des Mauvais éfets qui pourront naitre de vos opinions inhumaines. Pascal,!. 14. 11 est responsable de cela en son propre & privé nom. Voiez Répondre, L’art n’est point responsable des fautes de f artisan. Abl. Luc. tom 2 ) t RESPONS 1 F , rejponsive , adj. [ Rcjponsivus .] Terme de Palais. Qui contient une réponse. (Ecritures respon- sives.) RESPONSION, f. f. [Rejponsio.] Terme en usage dans les ordres militaires, en parlant des pensions ou charges que les Chevaliers ou leurs Commanderies paient à l’Ordre. (11 paie 100. livres de responsion à l’Ordre.) RESSAC,/ íw. [Vndarum refluxus . ] Terme de Mer. Choc des vagues de la mer qui se déploient aves impétuosité contre une terre, & s’en retournent de méme. RESSASSER, V. a. ou resajser, mais prononces resiasier. [Iterúmsucccmere.'] Terme de Boulanger, & rie gens qui vendent de la farine. C’est passer la farine par un sac lorsqu’elle n’est pas bien blutée. (Ressasser la farine.) * RESSASSER. [Rursùs excutere.] Mot comique, pouf dire. Retoucher. Recorriger quelque ouvrage d’eíprif. (Ressasser un discours.) RESSAUT , f m. [Projettura excurrentis nova pro* jeftio.jj Terme d’Architecture. Avance ou faillie d’une corniche, d’un escalier, hors de la ligne droite, comme on en voie aux gros pilastres des Eglises lorsque la corniche commence à s’arrondir. RESSEANT, ANTE, f. m. &f. Qui réside dt demeure actuellement en quelque endroit. [Manens, habitant , manceps.] (Un bon Prélat doit être reffeant dans son Diocèse.) On dit mieux, résident. RESSEMBLANCE,//^ [Simìlitudo, convenìsn - tiaf\ Raport qui se trouve entre des personnes, ou des choses, (lis n’ont aucune ressemblance. Ce font des efeminez qui prennent les vices des femmes aussi-bìen que leurs ressemblances. Ablanc. Luc. Ou dit, mais fans fondement, que la ressemblance des enfans avec leurs peres & leurs meres, sert à leur faire connoicre qu’ils sont nez d’eux. Le Maît. pi. 7. II y a des remarques dans Vaugelas, dans Ménage & dans le P. Bouhours qui ont beaucoup de ressemblance. Notes surin Remarques de Vaugelas.) RESSEMBLANT, ante, adj. [Non absimilií , confor - mis.] Qui est conforme & semblable. (11 ne saloir pas me dépeindre si bien, & il valoir mieux me faire un peu moins ressemblant , & me faire plus aimable. Voiture.) RESSEMBLER , v. n. [Referre, simìlitudmem habere,] Avoir de )a ressemblance. Í 1 étoit de son âge & ne lui ressembloitpas mal de Visage. Vaug. Quint. liv. 3. cb. 1. Le Marquis de Pisani disoit que s’il croioit ressemblera un Espagnol, il ne se montreroit jamais. Voïez Thmna, p. Chacun croît qu’on lui ressemble. Cadmus, act, ?•/• 1. Cette Princesse esisort aimable , Elle eji, si vous voulez , en tout incomparable, Elle a de la bonté, de i’esprit , du savoir, RES Ei toutes îes vertus ensemble , A lais Dieu vous prejerve d’avoir Une Ftlle qui lui ressemble. Pavillon.) Se rcjfembler , v. r. [Sìmiles esse.'] Etre ressemblant. (La nature a peine à taire deux choses qui le ressemblent. Abîme. Tac.) RESSENTI, IE, adj. [ Notatus .] Terme de Peinture & de Sculpture. (Parties trop rejjeniies. Les muscles des nerfs font trop refends dans ce tableau.) RESSENTIMENT , f m. [ Doloris fenfus , tentaiio. ] Quelque relie de douleur qu’on a de teins en tems. Quelque nouvelle ataque de mal. Quelque sentiment de mal. (Ablancourt avoit sur la fin de ses jours quelque relier,binent de goûte.) * RESSENTIMENT. [Anìmì motus , commotio.] Ressouvenir d’une injure qu’on nous a faite. Déplaisir. Chagrin. Colère qu’on a pour quelque déplaisir reçu. Douleur qu’on a d’une chose arrivée. (Votre ressenti, ment ne doit point éclater. Molière , Tartufe, ait. Je n’ai pû lui dissimuler mon ressentiment. Donner ses ressentiment aux intérêts de la République. Ablancourt. Sacrifier ses ressentimens aux intérêts de l’Etat. Cojì. Ils ne montrèrent aucun ressentiment de la mort de leurs compagnons. Vaugelas, Quint. let. io ,ch. i. 11 verra , le perfide , à quel comble d’horreur De mes ressentimens peut monter la fureur. Corneille.) * RESSENTIMENT. [ Latitia , gratus anìmi motus.] Ressouvenir d'une grâce reçue, d’un bon o lice reçu. Reconnoissance.. ( Le ressentiment qu’elle avoit de l’estime qu’il faisoit d’elle, l’obligea. Abl. Je ne perdrai jamais le souvenir & le rejjêntiment des bontez que vous m’avez témoignées. La Chambres RESSENTIMENT se prend en mauvaise part, Le ïejjentrment d'une injure ; & en bonne part il signifie re- connnijjance. Mr. d’Ablancourt, dans sa Traduction des Commentaires de César; Le ressentiment qu'elle avoit de l’ejiime qu’il jaisoit d’elle. Le P. Bouhours convient que rèjjentiment tout seul & sans régime lignifie ordinairement, dépit, chagrin, colere,indignation. On dit souvent, Je lui ai sait connaître mon ressentiment > mais en y ajoutant reconnoijjance, le terme prend un autre sens. Rejjentimens au pluriel n’a point de régime. Mr. Costar, tome i. let. go. dit: Je ne fuis pas allez hardi pour lui écrire une seconde fois, & pour oser le remercier de l’honneur de sa protection ; cependant j’ai bien de la peine à retenir mes ressentimens & à les empêcher de le produire. RESSENTIR, v. a. [Dolore ajsici.] Sentir. Sentir encore. JereJjèns. J’ai rejj’enti. Je rejj’entis. (Je ressens de teius ea tems des douleurs aux bras.) * RESSENTIR. [Sentire , perfundt dolore vel Utitia,] Ce mot se dit en bonne & mauvaise part. Avoir du reí- sentiment. Avoir du ressouvenir & de la douleur d’une injure reçue. Avoir un désir de vengeance contre quel- cun , á cause qu’on en a reçu un mauvais ofice. Avoir de la reconnoissance d’une grâce reçue. S’en ressouvenir. Compatir au déplaisir d’un ami. ( * Je ressens extrêmement votre afliction. Voit. let. 157. Je ressens le plaisir qu’il m’afait. Je ne fuis pas moins généreux zreJJ'entir cette faveur, que vous Pavez été à mêla faire. Voit. let. 4;. Je ressens comme je le dois, Poseuse qu’il m’a faite. Ablanc .) * Se r sentir, v. r. [ Do’ere. ] Ce mot, autant que je le puis conjecturer, ne se dit qu’en mauvaise part. Avoir du ressentiment d’un déplaisir qu’on nous a fait. Avoir du ressouvenir d’une injure reçue. (Us se sont ressentis du traitement que vous leur avez sait. Molière, Vrétieuses. Ils se ressentirent des outrages qu’íls avoient reçus. Vaug. Quint. liv. 4. c. 8- U m’a fait du déplaisir, je m’en ressens, & m’en ressentirois toute ma vie íi la crainte de Dieu ne me retenoit.) RESSERRE'. [Coarttatus.] Un homme fort resserré est un chiche & un avare. [ Homo avidus.] II eit resserré dans fa coquille. succo vivit.] * RESSERREMENT , s nt. [Contratlìo, compresse,] Ce mot au propre signifie Paction par laquelle on resserre; mais il n’eít guére usité. (Le resserrement d’une corde qui s’étoit lâchée. Le resserrement des prisonniers ) RESSERREMENT de cœur , s. m. [Anìmi contrallìo.] Ce mot elt heureusement emploie par Messieurs de Port- RES 373 Roïal pour marquer une certaine tristesse qui acablele cœur & le ferme à toute forte de joie. (Ces objets pro. dussent dans le corps le même resserrement de cœur qu lis avoient acoûtumé autrefois d’y produire, P or u y/**,' ..sì 072 à Prince , première partie , pue. Ce dégoût d esprit est acompagné d’ua certain resserrement de cœur. Port-Mal , Education du Prince . pag. ,27.) ' & Le F. Bouhours dans ses doutes, ne peutsoufrir ce mot. Je n en suis pas surpris. Messieurs de Port- Koial s’en etoient servis. RESSERRER , ou reserrer , v. a. [Resiringere , con- Jtnngeres Serrer de nouveau. (Resserrer un corps de jupe qu’on avoit déferré.) RESSERRER. [Iterùm abscondere.] Remette une chose en lieu fur dont on l’avoit tirée. (Vous n’avez qu’à res- Jerrer vos pierreries, je les ai assez vûès. Aptes le salut on resserre le S. Sacrement.) RESSERRER. [Augere.] Se dit du Froid lorsqu’il augmente. (Le froid a bien resserré aujourd’hui.) RESSERRER quelcun lorsqu’il est un peu trop libre da ventre, & qu’il va trop souvent à la selle. [ Alvum ajhingere.] (Les œufs durs resserrent.) RESSERRER. [Arftiùscontinere.] Métré plus à l’étroit. Retrancher de la liberté qu’on avoit. (Resserrer un pri» sonnier. Resserrer les ennemis dans les montagnes. Je vois pourtant ma durée Si courte g? si resorrée, Qu’on n’a presque pas le terni De reconnaître le Printems. Du Trousset.) RESSERRER , v, a. f Recondere, firvare, ] Serres Conserver. Garder. (Ils font des creux souterrains pour resserrer les hiez. Ablancourt, Tac. Agrkola. Us ress serrent dans leur ville tout ce qu’ils avoient à la campagne. Ablanc. Arr. I. 1. c. 4. Resserrer son argent, de» pierreries, &c. Dans fin Palais il la tient resserrée, Loin de tous les piaisirs qui naissent à la Cour, Et dans fa chambre, où feule elle vit retirée , A peine il laisse entrer le jour. Per. Griseld.) Se resserrer, v. r. [ Contrahi.] Se rétrécir. Ne se pas étendre si fort qu’auparavant. (Sa vaste étendue íe re£ ferre peu vers le Nord. Ablanc. Tac. Agricola. Le» ailes vinrent à se resserrer. Ablancourt, Rét. c. ;. Le» étofes mouillées se resserrent.) î * Se resserrer , se dit pour retrancher de sa dépense. (Le tems est mauvais, les plus riches se’resserrent.) RESSERRER un discours. [ Orationem contrabere.] Le presser. {Resi'erre a votre discours autant que vous pourrez.) RESSIFS,/ pb [Saxarecifi. i.J Nom qu’on donne aux écueils, ou bancs de fable qui se trouvent aux environs du Cap de Cruz, fur les côtes de l’Isle de Cuba. RESSORT,/ m. [Elaterium .] Terme de Phisique. Propriété naturelle qu’ont de certains corps de se remette en l’état d’où on les a tirez par quelque violence. (Les arcs qu’on a bandez se lâchent par la vertu du ressort. On tient que la cause du ressort est la matière subtile qui agit dans les pores de certains corps qui ont éré courbez. Le ressort est causé par la matière subtile. Régis.) RESSORT,/ m - [Machinatio , dater.] Piéce de fer ou d’acier, qui est en quelque machine , ou quelque ouvrage d’artisan , & qui sert à Faire aller & à faire remuer d’autres pièces. (Un bon ressort. Ressort qui ne joue pas. Le ressort d’une montre, d’un fusil, d’une serrure , &c.) * RESSORT. [Occulta organa.] II sc dit de certaines causes cachées, pat lesquelles la nature agit. (La nature agit par de secrets ressorts que nous ne comprenons point. La bête est une machine qui fait tout par ressort. Malebr.) RESSORT- [Occulta vis natura .j U se dit encore au figuré des causes & des motifs cachez , par lesquels or* agit dans la politique & dans la morale. Ne demandez point les ressorts que nous ferons joiier. Molière. Tu romps tous les ressers de ma vaine prudence. Racine, Iphigenie , a/l. \.Je. ç. U a sait joiier toutes sortes de ressorts poUr réussir en cette afaire. Ablanc. * Dieu tourne le monde , & régie les ressorts de la machine ronde. Dejvreaux, Sat. On dit Aaaj ausil &ES jES hommes ne peuvent pas connqître quels RE$ aussi. Lu ... senties ressorts de la Providence par laquelle Dieu gou- verne le monde. ' [Tu vois par ressorts fin efirit agijfaút Afermtt tous les jours fin régne flonjj'ant. Fléchier.] RESSORT. [ Jurisdiflio. ] Terme de Palais. C’est le droit de connoìtre des causes d’apel. (Le ressort du Parlement de Paris s’étend fort loin. Juger en dernier ressort. C’est juger fans apel.) RESSORTIR , resortir. [Rursùs egredì .J Ce mot pour dire sortir de nouveau , eit un verbe neutre pajjìf ; mais il ne se dit guére en ce sens, on le conjugue en cette forte. Je rejorts, tu refirs , il resort, nous refortons. Je refirtirou. Je fuis reforti. Je rejortis , [flc. ( Tout ce qu’on jetoit dans la caverne la plus proche de la source, alloic resortir par l’autre embouchure de la rivière. Vaug. Quint. Curce, l. 6. c. 4.) RESSORTIR, v. n. [Ad Senatum Jurapetere.) Terme dc Palais. C’eíl être du ressort d’une Juridiction, être obligé d’y venir plaider en cas d’apel. Je rejjòrtis , tu rejjòrtis, il rejfortit , nous rejjortijjòns _, vous' rejjor- tijjez , ils resortìfent , je rejjòrtijjòû , rejjòrtijfmt. Les deux premières personnes de l’indicatif de ce verbe ne viennent guere en usage , non plus que plusieurs de (es tems. tLes apellations ressortiisent à la Cour des Mo- B oies. Bohterouè , ï 'raité des Aïouo'ies des premières races de nos Rois, p. 380. Le Conseil de Barcelonne, où res- sortissoient tous les autres sièges, prétendit que. Patru, fiaidoie , p. s 0 RESSO V RCE, f f- [Sjw, subjìdium, perfugium.) JVloïens de réparer ses pertes. Moïens de se relever & d’empècher entièrement Ih ruine & sa perte. (II avoit encore de grandes ressources. Vuug. lia. ç. ch. 9. Ils seront jans rejjburce dépouillez d’une portion de leur héritage. Patru, plaid. 4. 11 est perdu sans ressource. A- blancourt. Le galimathias d’une distinction est la rejfource ordinaire d’un Théologien embarrassé. Bayle. La ressource iles femmes laides & vieilles est la dévotion. Villon. Pour remplir tant soit peu ma bourse Je ne mangue point de ressource. Boifr. T. x. Epist. iL.) H Les ressources naissent souvent des grands périls, Sc del’extremité de nosafaires. On en volt de beaux exemples dans le Polybe de Mr. de Folard. $ La nuit & l’intelligence profonde du métier de la guerre font la ressource des fossiles. Ibid. RESSOUVENANCE, s f. [Memoria, recorda- tio .2 Mot qui ne se dit plus, & ne s’écrit plus par ceux qui parlent & qui écrivent bien , & à moins que d’étre bien ménagé il ne passera pas. En fa place on dit. Souvenir. Rellòuvenir, ou Mémoire. II n’est point dans le Dictionnaire de l’Académie. RESSOUVENIR, s m. [Reminiscentias Action de se ressouvenir. Mémoire qu’on a d’une chose. (J’ai quelque rejjòuvenir de cela. J’ai encore le rejjòuvenir tout frais de ce qui s’est passé.) Se rejjouvenir , v. r. [Recordari , meminijse.) Je me rejjòuviens. Je me fuis rejjbnvenu. Je me rejjòuvms. A- voir la mémoire d’une chose. Se remetre quelque choie dans la mémoire. (Je lui dis qu’íl saloir se rejjòuvenir qu’ils n’étoient plus enfans. Vaug. Quint. hv. 8- Quand je songe que vous me faites l’honneur de vous ressouvenir de moi, je .. . Voit. I. 23. Se ressouvenir d’avoir oublié quelque chose. Vaug. Remarq.j Se rejjòuvenir. [Advertere, conjiderare .J II se prend quelquefois pour songer , considérer. (Les soldats se ressouvenoient qu’ils n’avoient plus de Chef. Vaug. Rem. Quelques-uns aiment mieux dire. Les soldats songeant ou considérant qu’ils n’avoient plus de Chef. Corn. 21 ores fur Vaugelas.j í RESSUAGE,/ m - Terme de Monoìeur. C’est une espèce de fourneau qui sert à séparer l’argent, le plomb & le cuivre dont les culots sont composez, II se ditaussi de l’opération par laquelle on sépare ces métaux. Dans le premier sens on dit, porter les culots au refiuage ; & dans l’autre, faire le ressuage des culots. RESSUCITER, V. a. [Alortuum ad vitam revo- eare .2 Redonner la vie. (Jésus Christ a ressucité des morts. Dieu ressucitera tous les hommes.) * RESSUCITER , V. a. [De novo fuse Hart, ixsaumt, yenovare.] Au figuré il lignifie. Renouvelles, rétablir une chose presque abolie. _ (Le Printems reffucite les plantes. Ressuciter un procès , une opinion, une hère. fie, &c. * Le tems & la saison feront rejsuciter notre amitié passée , Voit. Poés Ce Discours d’un guerrier que la colere enflante, Ressutcite l’honneur déja mort dans leur ame. Desp. ep. 4. Bien-tdt rejjufiitant les Héros des vieux âges , Homere aux grands exploits anima les courages, Despr.) RESSUCITER, v. n. [Resurgere.) Retourner de la mort à la vie. (Nous ressuciterons au dernier jour.) í§ On demande s’il faut dire , ll eji rejsucité d’entre les morts , ou ll est rejsucité des morts. Pour trancher la dificulté; on peut dire, IIeji rejsucité simplement; ou s’il saloit choisir , je préfererois , II eji rejjucité d’entrt les morts , à II eji rejjucité des morts. RESSUCITER. [RevivtscereJ Se dit d’un malade qui revient d’une grande maladie. (Ces remedes m’ont ressucité. Ce verre de vin m’a rejjucité.') £ RESSUER les culots. Terme de Mendie. C’est en faire le ressuage. î RESSUER les creusets. C’est lors qu’ils ne font plus en état de servir, en tirer les particules du métal qui peuvent s’y être attachées. RESSUI, f m. [Cervi matutina apricatio .] Terme de Cbqjje. C’est le lieu où se met la bête fauve pour s’essuïer lors qu’ellc est mouillée de la rosée du matin. (Bête qui est au ressui.) RESSU ï ER, v. a. [RurJ'ùm abjìergerej Essuïer de n ou- veau. Essuïer. ( Quand les fruits font dans la fruitière, & qu’ils ont jeté leurs eaux , il les faut ressuïer.) RESTANT , restante , part. [fl adj. [Reltquus , rest. duus.) Qui est de reste. (La somme restante.) RESTANT , f. m. Dites le rejie. RESTAUR , f m. [Cautio ab damno .] Terme de Marine. Ressource ou dédommagement que les Assureurs ont les uns contre les autres, ou contre le mal. tre. RESTAURANT,/, m. [Jusculum ddicatumjèfl salubre .J Aliment ou remede qui a la vertu de réparer les forces perdues d’un malade, ou d’un homme fatigué. (Un consommé , un preffis de perdrix font de bons rejtauram.) RESTAURATEUR, s m. [ Reparator , rej'ìaura- toi. ] Celui qui refait, Rétablit, Réparé. (JESUS CHRIST a été établi de Dieu pour juge & restaurateur de toutes choies. Alaucroix , Schisme , liv. 3. II fut le rejiaura- teur de cette observance. Pairplaid. 13. Pompée vouloir palier pour le restaurateur du Tribunal. Abiattc. César. Constantin a été le restaurateur de Bizance, qu’il a fait apeller Constantinople, de son nom. Franqois I. a été le restaurateur des Langues, des Sciences & des Arts en son Roïaume. Ce mot vietit du Latin rejiau- rator.) RESTAURATION , s. s. [Rejiitutio, instauratio.] Ré. tablissement. Réparation. /Travailler à la restauration de la foi Catholique. Maucr. Sch. I. 3.) RESTAURER , v. a. [Injxaurare , conjiituere , redu. cete J Ce mot vient du Latin resiaurare , qui signifie, réparer, rétablir. 11 est plus usité au figuré qu’au propre , & il ne se dit que dans le stile le plus simple. (Si quelcun a froid & qu’ìl s’aproche d’un bon feu , il dira, ce feu me rejiaure. Vaug. Nouv. Rem. Si quelque personne un peu fossile prend un bouillon, elle dira, ce bouillon me restaure tout-à-fait. Mercure un jour l’implore, Aiant besoin d’elle auprès de fa saur , II lui promit quelque douceur, Un peu d’argent lui plaît %fl la restaure. Benscrade Rond. p. 138 ) RESTES, J. m. [Reliquum , reliquiœ. J C’est tout ce qui demeure & qui reste de quelque chose. (II y a de bons restes. 11 y a eu de bons restes.) * Jouer de son reste. [Extrema experiri.) (Fa.qon de parler proverbiale , pour dire , Faire un dernier efort. Faire un coup de désespoir. Hazarder tout. On dit au meme sens, coucher de fin rejie.) * {Unreste ás tendresse, d’amour, de jeunesse, ou de beaute. (fest 5KHI :iáe :::2 liiit 8ltl ìtîIE áìli -iar "hiit ;seti Siç-ji RES C’est une précieuse. Reste de ces esprits jadis st renomma, Vue d’un coup de son art Molière a discernez. Despr.) Âurejie , durejle , conj. [Caterùm, de catero.] L’un & l’autre se dit, mais au reste semble plus usité. II n’y » guéreque Feu Mr. d’Ablancourt & les imitateurs qui disent durejle, ce qui sufitpour donner de la vogue a du reste ; la plupart des imitateurs de ce grand homme font de grands hommes aussi. On se sert de du rejie, ou d ’aureste, lors qu’après avoir alegué plusieurs raisons ou plusieurs considérations , on en marque enfin une dernière. Exemples. (Au reste , Monseigneur, je vous demande audience pour un des hommes de France qui a le plus d’estime pour Vous. 11 étoit adroit à lancer le javelot, du reste brave , intrépide , & d’une mine résorbé. Ablanc. Car du reste , grâce à maselle, Grâce au chamois, a la chandelle, Je ne fuis -point ailleurs blejj'é. Abe Regu.) sf C’est de Mr. Richelet que le P. Bouhours a entendu parler dans ses nouvelles Remarques, tome 2. pag. „ 295. fur ces mots , au rejie , du rejie. „ II ne faut pas „ (dit-il) les confondre, comme a fait l’Àuteur d’un de „ nos Dictionnaires, en disant , sans distinguer leurs „ divers usages, que ï’un & l’autre se dit, mais qu’azi „ rejie est plus usité. Le prémier répond ( ce me scm- ,, ble) au caterùm des Latins ; & le second, à leur de „ citera , dereliquo. On se sert d ’au rejie, quand après „ avoir exposé un fait ou une raison , ou quelque autre „ matière, on ajoute quelque chose dans le méme „ genre , & qui tient à ce qu’on a dit, ou plutôt qui „ en fait la fuite. Là elle expose (dit Mr. Pageo dans un „ plaidât ) que cette poursuite ne se peut faire qu’à „ grands frais , U fera peut être inutile s qu 'au reste, elle „ a peu de biens, huit enfans & beaucoup d’afaires. Le „ Traducteur de Longin faisant la comparaison d’Hype- ,, ride & deDemosthene, parle ainsi du premier: Sa ,, manière de rire U de se moquer eji fine , Çs a quelque „ chose de noble ; il a une facilité merveilleuse à manier „ ïironie ; ses railleries ne font point froides ni recherchées, „ comme celles de ces faux imitateurs du file attique, ,, mais vives & pressantes il eji adroit à éluder les obje- „ fiions qu’on lui fait, A? à les rendre ridicules en les j, amplifiant ; il a beaucoup de plaisant de comique, „ fs eji tout plein de jeux sfi de certaines pointes d’ejprit „ qui frapent toujours où il vise: au reste, il ajsaisunne ,, toutes ces choses d'un tour & d’une grâce inimitable , „ esc. On emploie du reste , quand ce qui suit, n’est ,, pas du même genre que ce qui précede , ou qui n’y a ,, pas une relation essentielle. Je dirai, par exem- „ pie, il étoit colère, bizarre, emporté , du rejie, „ nomme d’honneur & bon ami. Je dìs du reste, parcs „ que homme ct honneur , bon ami, n’est pas dans le mê- „ me genre que colère, bizarre, emportéSt pourmar- „ que de cela si au lieu d ’homme d’honneur , bon ami , „ je metois quelque chose qui fût dans l’ordre de ce qui „ précède ou qui y eût du raport, par exemple, traître perfide , je dirois, il étoit colère, bizarre, em- ,, porté , au rejie traître & perfide , &c, J’ajoûte qu’nw „ rejie encherit d’ordinaire dans le même genre ; que „ du rejie signifie presque la même chose qu’<ì cela près , „ & emporte toûjours opo(ìtion.“ A toute relie, adv. [Totis viribus , toto hnpetu .J Le mot de rejie n’est féminin que dans ce seul exemple. RESTE. \Lociis reìiquorum.) Terme de Marine. Fin d’un voiage. Le lieu du reste est celui de la dernière décharge des marchandises. RESTE. [Reliqua rationumf] Se dit en matière de comptes & de finance. (On a remis au peuple les restes des tailles.) [f Les Latins ont apellé reliqua les restes des droits dûs aux Empereurs par les Peuples. II en est fait mention dans la Loi première , co d. de privileg. stfci. Reliqua (dit Mr. Brisson) font les sommes dont un comptable se trouve débiteur par l’examen de son compte. Les Antiquaires ont raporté une médaille de l’Empereur Hadrien, où il est represonté avec un sceptre danS une main , & un flambeau allumé dans l’autre , avec lequel il paroît brûler des papiers en présence du Peuple assemblé, qui marque par son action fa reconnoissance. Autour sont ces mots: VETERA RELIQUA HS. NO- VlES MILL. ABOLIRA, RES 375 RESTE. [Relìquix.) Se dit de ce qui n’est pas encore use ni détruit. (Cette femme a été belle étant téune, elle en a encore de beaux rejies.) RESTE. Terme de Jeu de Paume. C’est jouer n’étant point en partie, & n’aiant point de marqueur. (Toùans a U rejie.) On dit proverbialement. Voici le reste de notre écu. il s en va fans demander son reste. Reste de gibet fe dit d un scélérat. On dit d’une femme abandonnée, qu elle est le reste des laquais. RESTER , ». w. [Reliquum ejse , super esses] Etre dé reste. Avoir de reste. Avoir encore. (Si vous étiez en ma place , je fuis assuré qu’il ne vous rejìeroit pas plus de loisir qu’à moi. Voit. I. 68- 11 me semble qu’il ms reste beaucoup d’années à Vous aimer. Voit. let. 50. II neVous rejie plus que d’ajotìter que. Voiture, let. ,7.) T RESTER.' [Manere , commorari.) Ce mot est emploie quelquefois pour lignifier demeurer : mais dans ce sens, il ne vaut rien. Une personne qui parlera bien ne dira jamais , je rejietai ici, pour dire, je demeurerai ici. Vaug. Rem. (f RESTER & desneurer font deux choses diférenteS, & que l’on confond très-souvent. Mr. de Vaugelas des- aprouve cette phrase, Je rejierai ici tout l’Eté. II faut dire, Je demeurerai. Rejier, c’est être de relie ; ainsi en faisant le récit d’un combat, on peut dire, Il rejitt ■dix mille hommes Jur la place. RESTITUE' , restituée-, adj. [RcJHtutus.) Rendu. (Ost proposa que les Terres qu’on leur avoir ôtées, leur fe- roient restituées, Fléchier, vie de Commendon.) RESTITUER,», a. [Fraudata rejiituere.) Rendre ce qu’on a pris. Rendre ce qu’on a reçu fans savoir mérité. (On a restitué le Vol. Scaron. Si le devin est ignorant en sart diabolique il est obligé à restituer. Paf. cal, l. g, î Va, va restituer tous les honteux larcins Que réclament fur toi les Grecs sef les Latins. Mol.) RESTITUER, ». a. [7» ìntegrum restituere j En terme de Palais, il signifie rétablir. (On l’a restitué en tous ses honneurs, charges & dignitez. Restituer une partie en tous fes droits. Restituer un mineur en la pos session du bien que son tuteur avoit aliéné. Restituer est son entier, &c.) RESTITUER. [Emendare, corrigere. j Rétablir les passages d’un Auteur. Corriger les fautes qui s’y font glissées. (Je n’aime point ces gens doctes qui emploient toute leur étude à restituer un passage dont la restitution n’est pas fort utile. S. livrem.) f RESTITUTEUR , st m. [ Emendator, correct or.) U ne se dit que de ceux qui rétablissent les Auteurs anciens , ou renouvellent des opinions anciennes. (Copernic a été le rettituteur de l’opinion de Pithagore & d’Aristarque.'l RESTITUTION , f f. [Rejiitutio, redditio. ] Action de restituer ce qu’ou a volé , pris 011 reçu injustement. (Faire une ample restitution des vols qu’on a laits. Etre oblige à restitution.) RESTITUTION en entier. [Recisto.) Bénéfice de droit qui rétablit comme auparavant celui qui a été lezé. [f RESTITUTION en entier. Cest im secours que là Loi présenté à ceux qui ont été trompez, forcez ou séduits, à faire quelque chose de désavantageux, pour se faire rétablir au même état où ils étoient auparavant. Le quatrième Livre du Digeste comprend tout ce qui concerne cette matière , & explique les fondemens de la restitution en entier. La Loi prerniere du premier Titre nous en donne une idée generale. Le Prêteur (dit Ulpien) restitué par son Edit ceux qui se sont engagez dans un âge exposé à la surprise, ou qui ont été trompez ou forcez à former un engagement désavantageux , ou qui ont étéabscns pour le service du Public : mais le Préteur n’acorde son secours que fur un exposé sincere, & dont la vérité est établie; & il le refuse, quand il s’agit d’une chose legere,&donton n’a pas lieu de craindre la conséquence. L’action de restitution passe aux héritiers légitimes ou testamentaires : ainsi le méme Ulpien décide dans la Loi 7e. tit, 1. que si mi mineur s’est engagé mal à propos dans une succession , l’héritier peut sc prévaloir de la minorité de son auteur. Quant aux mo'sens de restitution , 1 e premier est LA CRAINTE, qui comprend la violence que le Jurisconsulte Paul définit dans la Loi 2. Qupd vi aut met us causa, &c. l’impreslion d’une Puissance superieure, à laquelle mi 376 RES on ne peut pas s’oposcr. LE DOL est îe second moien de restitution en entier, que la Loi premiere, tit de dolo malo , définit un deík.n forme de tromper quel- ■qu’un Mais ii a deux sortes de dol ; l’un innocent, & Pauvre criminel. On peut tromper une personne pour son avantage, & c’est dotas bonus: mais quand on se trompe contre ses intérêts & à l’avantage de celui qui commet le dol, c’est dotas matas & c’est un juste son- dement de la restitution en entier, je n’entrerai pas dans le détail de toutes les espèces de dol expliquées dans ce Titre; on peut les examiner. Le troisième fondement légitime de restitution en entier, est LA MINORITE' , dont j’ai parlé, & qui est toujours favorable. 11 reste à remarquer que les voies de nullité n aiant pas lieu en France, on ne peut le servir de tous ces moiens de restitution , qu’après avoir eu recours aux Lettres du Prince, qui les acorde à condition qu’elles seront examinées par le Juge à qui elles sont adressées , pour être entérinées s’il connoit qu’elles soient sincères & véritables dans le fait & dans les circonstances. Enfin il faut présenter les Lettres au Juge dans ies dix ans de la ma- jorité , autrement elies restent inutiles. RESTITUTION. [Emendatio.] Correction. (La rejiitu- tion de quelques passages obscurs, fait la réputation de plusieurs sçavans. f RESTORNE- Terme de Teneur de Livres. C’cst mème chose que Contrepolìtion. 4 RESTORNER , v. a. Contreposer un article mal porte dans le grand Livre au débit ou au crédit d’un compte. * KESTRAîNDRE , f. ct. [Coariïare, coangufîare.} Je rejlrains. Je rejiraignis. J’ai rejiramt. Rejiraignant. Resserrer. (L’usage a rejiramt ce droit avec le te m s aux Archevêché-/. ì’atru , fl. contre les (Jrbunijíes.) * Se rejiraindre, v. r. [Sej'e ajinngore .] Je me rejirains. Je me fuis rejìraint. Je me rejiraignis. User de restriction. (Ne dites pas que son intention ait été de le re- Jìramdre. Patru, pi. 12. Restraindre fa demande. 11 veut , Qu'en Pere de son peuple un Monarque commande > Et que mourant plutôt que d’oser le trahir , Un sujet se restraigne a l’honneur d’obeir. Esope, Comedie, acte 1. sc. 1.) * Se rejìraivdre. [hnpensam circumcidere .J Se resserrer. Se borner. (Se restraindre à un petit ordinaire.) RESTRAINT, rejirainie. [ Reprejsus , refranatus .j Volez Rejtramdre. t RESTRICTIF , rejìriílive , adj. [ AJhingens , Jiyp. tkus.} Qui restraint, qui limite. (Inférer dans un contrat une clause restrictive.) RESTRICTION , f f. ÍExceptio , clausula excipient.'} Action de se restraindre. Limitation. (Entendez les louanges que je donne avec la rejìrictim que je dois. Voit. lett. 30. Restriction mentale. Pasc. I. 9. La restriction qu’y avortent de certains Auteurs ne me plaît pas. Pasc. hv. ç. En faveur de ceux qui ne sauroient trouver ces rejlriclions , nos Peres ont enseigné qu’il leur sufit de. Pascal, l. y.) RESTRINGENT, réfringente , adj. sReJiringens , qpm- prhnens. Ternie de Médecin. Qui a ia vertu de restraindre , & resserrer le ventre. On dit aussi astringent au même sens. (Une telle plante , ou drogue est restrin- gente.) 4= RESTRINGENT, sc dit aussi au substantif. (Apli- quer un restringent. Voilà un bon restringent.) REiiVR , Kesver, Resverie. Voïez Rêve, rêver , ré. verte. RESUER. [Itérant sudare.} Suer de nouveau , Da- nct. RESULTAT, / m. [Sumnta, colkclio.} Ce qui reluire de quelque chose, ce qui en dérive, ce qui en revient. Ce qui s’enfuit, ce qui sc tire d’une chose» (Voíià le résultat de l’afaire.) RESULTER, v. ». [Sequi, oriri.} Dériver de quelque chose. Arriver de quelque chose. S’ensuivre. (II résulté de là que pour faire, fortune , il íàut souvent être un lâche , un fourbe , tin flateur.) 4 RESULTANT , part. Terme de Pratique. Qui résulté. (Les cas reíultans d’un procez, les preuves résultantes.) t RESUMER, v. a. [ Repctcre. ] Terme d’ Ecole. Ce mot lignifie reprendre , repérer. (Résumer son argument.) RESLTìIPTE , f f. [Tbefis resumpta.} Terme d’E cale de ï heologie. Prononcez & même écrivez resompte. C’est R ET un acte qui a été établi en 1676. par les Loix de h Faculté , & qui lé doit faire par le nouveau Docteur pour avoir sofrage aux assemblées de la Faculté , & jouir des droits dc Docteur. Cet acte se soutient dans une des six années, immédiatement après la licence, avant l’acom- plissemcnt desquelles les nouveaux Docteurs ne font point admis aux assemblées de la Faculté , ni ne font point choiíìs pour présider aux téses. La resompte sc soutient depuis une heure jusques à lìx. On soutient cet acte de toute l’Ecriture Sainte , de tout ce qui regarde l’histoirede l’ancien & du nouveau Testament, & des passages qui s’emploient dans les Controverses contre les Hérétiques. (Faire la resompte.) RESCMPTIF , adj. [ Rejumptivmn J Terme de Pharmacie. Propre à restaurer les personnes scches & languissantes. RESUMFTION , s. f. Recapitulatio.} Récapitulation des choses qu’on a dites. (Faire la rejumption d’un argument. ) RESURE , s f. ZOvasale rejpersa .] Terme de Mer. C’est un apas fait avec des œufs de morue pour atirer la Sardine. RESURRECTION,/ / [Resurreiïio,ad vitam revûcatio.} Action de resusciter. Le retour de la mort à la vie. (La relurrection de JESUS-CHRIST. La résurrection des morts. La résurrection de Lazare.) RESURRECTION , / / s Resurrellimis dies feflus.} Fête que l’Eglise célébré en mémoire de JESUS CHRIST ressuscité. (La résurrection est le fondement de la Religion Chrétienne.) RESURRECTION. [ Imago resurreflionìs àominkn.} Terme & Imager. Estampe qui represente le miitere de la résurrection. (Une belle résurrection.) RESUSCITER. Voïez ReJJ'ùciter. RETABLE, / m. [Ornatus toreuticus.} Ornement d’Architecture, ou de menuiserie dans lequel on enchâsse un tableau ; ce qui sert de bordure. RE TABLIR, v. a. fin prijìinumjiatum restitutre.} Remettre dans l’état où l’on étoi t. Réparer. Mettre de nouveau les choses en l’état où elles doivent être, & où elles étoient auparavant. ( Le Roi envoia des commissaires fur les lieux qui les rétablirent. Patru, plaid... Rétablir le commerce. Voit. L 4. Rétablir le combat. Ablanc. Tac. Agricolu. Rétablir la discipline. Ablanc. Tac. Agricola. Rétablir la santé.) RE'TABLIR. [Nitorem alictá reddere. ] Remettre en possession de quelques biens, honneurs , dignité/. ( II a été rétabli dans fa commission.) RE TAELIR. f Reddere Jamtati.} Remettre en santé. (Le lait a rétabli ce malade.) RE TABLIR. [ Abrogare.} Terme de Palais. Cassée quelque acte. ((/uand on entérine une requête civile, on rétablit les personnes au même état qu’elles étoient avant l’arrêt.) RE TABLIR. \Rejlaurare.} Se dit en choses morales. (II scroit très-neceílàire au bien de l’Eglise , de rétablir la discipline monastique dans plusieurs Couvens.) RETABLISSEMENT ,/ m. j Rejìitutio ìnjïaurath .] Action de rétablir les personnes , ou les choses en l’état où elles étoient. (Travailler au rétablissement du commerce. Ablanc. Songer à son rétablissement.) RETAILLE,// ZPrxsegmiua.} Terme d eTaiUettr, Morceaux qu’on a coupez de quelque étofe. (De bonnes retailles.) /RETAILLES de peaux , qu’on nomme aussi Reyfors. Ce sont les rognures des peaux d’animaux, qui font propres à faire de la cole-fûrte. ■t RETAILLES , se dit aussi dans le Commerce de 1 * morue en détail, des petits morceaux qui restent quand on en a tire les principales pièces. On les nomme autrement Loquets. t RETAILLEMENT , / m. [Rcfiitio , refilîio.} 11 s>- gnifie faction de retailler , mais'il n’est guére usité. RETAILLE'. [Recatitus.} On donnoit ce nom, à ceux qui pour montrer qu’ils n’étoient point Juifs, se saisissent rhabiller le prépuce * par l’operation de Chirurgie, que raporte Ambroise Paré. RETAILLER, v. a. [Rejicare , rescíndere .J Tailler de nouveau. (Retailler une paire de bas. Retailler des pierres. Retailler une personne qui a la pierre & qu’on avoit déja taillé une autre fois. Retailler la vigne.) t RETARD,/ m. [Moral} II vient du Latin retardai io. Son usage est fort borné, & il n’est pas fort beau. V.' R FT II se dìtdes personnes , & signifie, Bêlai, retardement, action de retarder. (Etre en retard.) RETARDEMENT, J'. m. [Prolatio , dìlatio.] II est plus usité que retard. 11 signifie Delai, alongement de tems, suspension de quelque afaire. ( ÍVletre du retardement à quelque chose. L'est une affaire qui ne souffre point de retardement. Sa maladie est cause de mon retardement. Tous ces retardemens languiíïoient. Mémoires de Moniteur de la. Rochefoucaut. Aporter d u retardement. Ablanc. RETARDER , v. a. [ Retardare , retinerc , differre. ] Aporter du retardement. Arrêter. Empêcher. Différer. Suspendre. Alonger. (Retarder le jugement d’un procès. Le Maître. Le mauvais tems m’a retardé. Ablan- court. Retarder le cours d’une armée victorieuse. Vau. gelas, Quint. liv. g. chap. t. Aprenez-moi quel accident m’a retardé ce bonheur. Voit. I. 60. Hé quoi ! fi promptement Vottí efiJl survenu quelque pressante affaire , Nescauriez-vous encor Retarder un moment ? Du Trousset.) f RETARDER, v. n. On le dit d’une horloge qui va trop lentement. (L’horloge retarde. Ma montre retarde beaucoup.) f RETARDER-, se dit auííì de plusieurs autres choses. (La lune retarde tous les jours, la marée retarde, la fièvre retarde.) RETATER , ». a. [Iterùm contrecíare.] Tâter de nouveau. Manier plusieurs fois. (Un chirurgien tâte & retáte plusieurs fois pour trouver la veine , & pour découvrir où il y a quelque abcès, & où l’on ressent quelque douleur.) * RETâTER. [ Gufiu iterùm explorare. ] Goûter de nouveau. (Retâter du vin. Retâter une sauce, &c.) * RETâTER. [Stipius retexere opus.~] 11 le dit au figuré, en parlant des ouvrages d’esprit ct de quelques autres choses. (II faut longuement retâter les choses d’esprit avant que de leur pouvoir donner la perfection qu’elles doivent avoir. Retâter un mot.) On dit aussi, il a íáféune fois de la guerre, mais il n’en veut plus retâter, c’est-à-dire, il n’y veut plus retourner. RËTAXER , t. a. [ Rursùs taxare.] Taxer de nouveau. (Retaxer un office.) RETEINDRE , h. a. [Rursùs colore inficerc.] Teindre de nouveau. Remettre en couleur. Je reteins. 'J-'ai reùemt. Je reteignk. fie reteindrai. (Reteindre une jupe, une robe.) La première fillabe de ce mot est brève RE TEINDRE, v. a. [ Iterùm ex t Liguer e. ] Eteindre de nouveau. En ce sens cm marque un accent fur i’e de la premiere íilabe. (Reteindre le feu qui s’étoit rainai é.) * RE'TEINDRE le feu de la concupiscence par des .jeûnes & des mortifications, f Motus animi j'edare.] RETENDRE , v. a. [Denuò tindere.) Tendre de nouveau. En ce sens la premiere Iilabe est brève, (Retendre un arc qui avoir été débandé. Rétendre une corde qui s’étoit lâchée. Rétendre lc voile. Détendre & rétendre des tapisseries.) RETENDRE, v. a. [Iiursus extendere.] Etendre de nouveau. En ce sens on marque un accent fur IV de la premiere sillabe de ce mot. (Rétendre du linge qui n’est pas assez sec.) RETENIR, ». «. [Detinere,retinere.] Arrêter. Empêcher. Je retiens. J’ai retenu. Je retiendrai. (Elles me retinrent à coucher. Ablanc. Luc. Retenir une loge. Mohere. La bonté du terroir retint ceux du pais. Vaug. Quint. I. 8. c. r. La crainte des peines les retient. Pa- tru,pl.6. Retenir une muraille, une voûte. Retenir en crainte. Ablanc. Arr. ii. f RETENIR, garder par devers foi ce qui apartient à un autre. (U retient mon bien. On ne doit pas retenir le salaire d’un domestique.) £ RETENIR, conserver, avo;r toujours. (11 a retenu le mauvais accent de Province. 11 retiendra toujours ses mauvaises habitudes, dont il ne sc corrigera jamais.) f RETENIR, signifie, réserver. (J’ai retenu iq meilleur vin ct j’ai vendu le reste. 11 a retenu une pension fur le bénéfice qu’il a résigné.) T RETENIR une cause. On le dit des Juges qui décident que la cònnoiffance d’une cause leur apartient. * Je le fai retenir par ma fidélité. Godeaii, Rocs. RET 377 * Potir retenir les hommes, les Cafiststes ont considéré. Pascal , /. 7. RETENIR. [Memoriâ retinere.'] Se ressouvenir. (Je lui ouis prononcer un mot que je retins. Ablanc. Luc. Ce font quelques mots que sai retenu en lisant les Romans. Molière , Pourceaugnacl) RETENIR. [ Cmcìpere . J Ce mot sc dit des cavales, C’elt devenir pleine. Concevoir. (^Cavales qui ont retenu. Cavales qui ne retiennent point. Les cavales re* tienent beaucoup mieux quand elles font en chaleur qus lors qu’on les fait couvrir en main. Soles. Parfait Ma. réchal , c. 46.) RETENIR. [Iterùm tenere.] Ce mot signifie aussi, Te. nìr encore une fois. (On a laissé échaper ce prisonnier»-, mais lì on le pouvoir retenir , on le reíserreroit plus qu’auparavant.) • íf RETENIR. Terme de jardinier. On dit , (Cet arbre s’échape trop, ii faut le retenir; c’est-à-dire il faut empêcher lès grandes productions, qui sont plus agréables que profitables.) f RETENIR. Fouler pour retenir. Terme de Cor. rdieur. C’eit la seconde foule ou second foulage que l’on donne aux cuits aptes qu’ilsont étédrilez, boutez & ébourez, suivant la qualité des peaux. Cette Ioule fe fait avec les piez. Se retenir , v.- r. s Comintre. ] se me retiens. Je me fuis retenu. Je me retins. C’eit sein pêcher de faire, ou de dire quelque chose. ( Je me retiendrai autant qu’is fera possible. Pascal , /. 8- Cela me parut si horrible quej’eus peine à me retenir. Pascal , /. 8. Allons, ja ne pourrois me retenir, & il vaut mieux quiter ia place. Mol.) RETERTER , "c. a. [Iterùm explorare.) Tenter de nouveau. Faire une seconde tentative. ( Retentef une entreprise.) RETENTIT, retentive , adj. [Facilitai retentrix.) Ternie Dogmatique. Qui retient, l/obscure & impertinen. te Pniiosophie des anciens connoissoit une faculté re- tmtìve. 11 y a un muscle retentis à l’anus, que ses Me- decins apelsent Sphinliev. RETENTION , fi f. [Retentio.] Prononcez retancion. Ce mot fe dit entre gens du Palais, & signifie action de retenir. (La rétention de l’uíùfruit.) s§ La rétention n’a rien de commun avec la retenue; celse-ci elt une dépendance de la Jurisprudence feoda. le; l’autre se régie par les Loix civiles; elle confisse dans le droit de retenir la chose fur laquelle on a une hippteque, ou quelque action privilégiée, jusqu’à ce qu’on toit satisfait ; par exemple, on demande li un locataire qui a tait de bonne foi des réparations conlide- râbles, peut se conserver la jouissance de la maison jusques à son remboursement. Et de même si se dépositaire qui a fait de la dépense pour la conservation du dépôt, n’a pas droit de lc retenir jusques à ce qu’il soit dédommagé. Quelques Docteurs vauler.t que la rétention ne soit pas favorable : mais il me semble que la raison & l’eqmté l’autorilènt, lors que la bonne toi la soutient; elle opere une compensation indirecte. O11 tient pour réglé que la rétention du principal n'a pas lieu , quoiqu'on ait un droit certain fur l’accessoire. Ainsi on ne peut pas retenir un tond dont on n’a que, i’ulufruit. On peut sc servir de la rétention dans ses cas où la compensation n’a pas heu. Quaiul'cn trouve une béte dans son tond, on peut la retenir, soit paf. raport au dommage qu’elle a fait, soit pour 1e payement' de la nourriture qui lui a été fournie. Je ne raporterai pas ici tousses cas où la rétention est rect'iê, ct où elle est fans efet. Un Auteur mormon nommé l’ierre Ma - lignata en a fait un recueil imprimé à Liege en 1699. RETENTION d’urine. [ Stranguria , retentio. ] Sorte de nia adie qui bouche ses conduits de l’urine , ct qui cause souvent une mort douloureuse, vil est mort d’une rétention d’urine.) RETENTION. [Retentio.] Veut dire auffi reserve. (Oa peut résigner un benefice, avec rétention de pension.) . RETENTIR , ». «• [Riso»‘tre,remugire ] F a ire un retentissement. Résonner. ». [Rhétor. ] Celui qui donne des préceptes de Rhétorique. Denis d’Halicarnasse, Longin, Hermogéneét DemetriusPh-iléreus, sont d’anciens Ré* teurs Grecs fort fameux. Cependant agreei mon Réteur A) tnes vert, Perraut.) 4 RETÈUR, 11e se dit guère aujourd’hui qu’en mauvaise part, en parlant d’un homme dont toute l’éloquen- ce consiste dans une feche pratique de Part, (Ce Prédicateur n’est qu’un froid Réteur ) , 4 RETICENCE,/* [ Prateritio. J Ce mot est ecorche du Latin reticentia. C’est une figure de Rétori- que, par laquelle on lait semblant de ne vouloir pas par- ler de que que choie dont on a dit quelques mots en pallant. Ih^emple je ne parlerai pas de fa libéralité, ni de la noblesse de la race, &c.) RET RETICENCE, se dit aussi en termes de Pntóyae, de l’omiílion volontaire d’une chose qu’on devroit dire. (11 y a dans cet acte une réticence vicieuse, une réticence frauduleuse.) RE' iìF, retive , adj. [Restitans, refrafìarius'] Ce mot se dit proprement des chevaux , & veut dire, qui recule au lieu d’avancer. (Un cheval rétif. Cavale ré, tive. Pour lui Phœbus est sourd, & Pegaze est rétif, Dej'pr.) (f * Etre rétif aux remèdes. Molière. * Un naturel rétif. Molière, Avare.) [Refraftanus.] RE'TINE ,// [ Relina oculi.']^ Terme à’Anatomie. Sorte de lacis fort délicat formé par les filets du nerfs optique dans le fond de l’œil ; & fur lequel se fait {'impression des images des objets par le moien des raions de lumière qui partent de chaque point de l’objet. RETIR ADE , / / t Vallum , munìtum intérim. ] Terme de Fortification. C’est une sorte de retranchement qui fe fait dahs le corps d’un ouvrage dont on veut disputer le terrain pié à pié. ( Une bonne retirade. Faire une retirade. Gagner une retirade.) 4 Les retirades des Anciens éíoient des nouveaux murs pratiquez derriere les brèches. C’étoient là où ils faisoient le capital de leur défense» Ces retirades n’é- soient jamais ou presque jamais parallèles à la muraille ruinée. On tiroit un rentrant, dont les deux extremi- tez tenoient des deux côtez qui restoient eucore en en. tier. Ce nouveau mUr étoit ordinairement composé de poutres Couchées de plat, & rangées en échiquier Its unes fur les autres, & de terre mêlée avec des pierres entre les Vuides qu’elles laissoient. On creusoit devant tin fossé trés-large & très profond. Polybe de Mr. de Folard. RETI RATION , / f. [Charta typis imprejft pan aâr versa .] Terme d 'Imprimeur C’est le dernier côté de la feuille, & le premier côte de la feuille s’apellepslRW- blanc. (Nous avons fait le papier blanc. <& nous en sommes à la retiration. Commencer la retiration.) RETIRE', retirée , adj. [Recep'us, vetrallus , fubdu ■ élut.'} Qui est rentré chez lui. Qui est rétréci. Qui est rapetille. Qui S’clt corrige de ses fol cs & de son dérèglement. Qui voit peu de monde. Qui est un peu solitaire. Eloigné du commerce du monde. (.11 est tous les jours retiré de bonne heure. Viande retiree. Nerfs retirez. 11 s’est retiré de toutes ses folies. C’est un homme fort retiré. Faut-il que les cloîtres les plus retirez ne soient pas des aziles contre vos calomnies, Pasc. let. 16. Dans un lieu du bruit retiré, Ou pour peu qu’on soit modéré On peut trouver que tout abondé Je jciiis d'tme paix profonde. Abe Régnier.) RËTÏRÈMENT , / m. [ContraFtios] L’action de cê qui se retire & qui fe racoureit. 11 est peu en usage. On dit un retirement de nerfs. Voïez contrahion. RETIRER , v. a. [ Rurfus Jllopum explodere. J Tirer de nouveau. (On commence à retirer.) RETIRER. [ Extratere-. ] Arracher de nouveau. (II retira Ion couteau de la gorge de la vctTne.) RETIRER. £ Retrabere , reducere. ] Tirer eri arriére. (Retirer le bras.) 4 * RETIRER son haleine. Faire rentrer de l’air dans fa poitrine. 4 RETIRER. Ternie d 'Imprimeur. C’est achever d’im- primer une feuille, la tirer de Pautre côte. RETIRER. [Submovere. j Ecarter, Reculer. Eloigner. (Faire retires le monde ) En ce lens le verbe retirer eft une maniéré de verbe neutre. * RETIRER. [F erre imaginenì âHcujus.~] Çe tnol pouf dire, Avoir quelque air d’une personne. Ressembler, est une maniéré de verbe neutre qui régit le datif & qui est bas & vieux, (11 retire un peu à son pere.) RETIRER. [ Excipere. J Recevoir. Loger chez soi quelque personne. Métré en quelque lieu de fureté. (Us retirerent dans la ville lés biens de la oampagne.^àe. Ars. I. 1, c. 10. Elle pourroit dire qUelqbe nouvelle de mon cœur & de celui qui le retire. Voit. PoéJ .) RETIRER. [ Abalienata recuperare. 2 Terme de Palais. Rentrer en possession d’une terre alienée, ce qUi se fait par diverses sortes de retraits, féodal » conventionnel, lignager, Ecléfìastique. (.Le Roi retire de tems est tems son domaine aliéné.) RËTÍ' RET 'RETIFER. [Retrabere,recuperare.j Dégager úné'ch o- fe qui étoit en gage. ^Retirer de la vaisselle d’argenrqui eit en gage ) ^ ‘ RETIRER sa parole. Se dégager de la promesse que l’cn avoir faite, de la parole qu’on avoir faite, de la parole qu’on avoir donnée. * Cela surfit pour les retirer de i’ennui. Port-Roial, * Retirer ion esprit des choses du monde. Arts. * Retirer quelcun du vice. J 'Recipere adfrugembo- nasn.] Se retirer , v. r. [ Tìivertere. 3 Sortir d'un lieu, s’en éloigner, le quiter & l’abandonner& ne s’y plus faire voir, parce qu’on n’y est pas bien venu. (C? confesseur eut ordre de se retirer. Mémoires de Mr. de laRo- shefoucaut. Aon pour aller aux champs, Monsieur change d’habit : Change d’habit, dit.elle, adieu je me retire , Puisqu’il a deux habits fe «’ ai rien à lui-dire. Villiers.) Se retirer. [Recede re.] Se reculer. (II s’esttetirédeux pas, & lui a passé son épée au travers du corps.) Se retirer. [Concedere domum.J Rentrer chez foi. S’en aller dans le lieu où l’on demeure, où l’on loge. Se retirer en un lieu, y faire fa retraite. (Sur le soir le voisin se retire. Sarajin , Poésies. 11 sont des creux souterrains pour resserrer les bleds &se retirer en hiver. Ablanc. Tac. vie d’Agricola.) Se retirer. [Cedere, referre gradum.J Terme de Guerre. C’eft faire retraite, (il leur représenta l’impoísibi- íite qu’il y avoir à se retirer. Ablanc. Rét. I. ;. Se retirer, s Sise contrahere. ] Ce mot se dit de la viande & des nerfs, & veut dire. Se rétrécir. Se rapetisser. (Cette viande s’est bien retirée, elle est dure. Nerfs qui fe font retirez.) * Se retirer. ['In melius mutari.J Se corriger de ses folies , de son désordre , de son dérèglement. ( On criera miracle, si jamais le Seigneur de Mêles fe retire de ses folies.) On dit proverbialement. Retirer son épingle du feu. C’eit fe tiegager adroitement d’une Société ou d’une entreprise fâcheuse, sans y rien perdre. [Ex aleâsartum x-f teéium se subducere.fi RETOîSF.R. , v.a. [ Iterum orgya metìri. ) Toiser de nouveau. Remesurer avec la toise. (On n’a pas bien toisé ce bâtiment, il le faut retoiser.) RETOMBE E , s.s. [ Declivitós , inclinatio, ] Terme à’ Architecture. II se dit des pan tes qui se trouvent dans les membres d’un bâtiment, comme celle des reins d’une voûte. RETOMBER. [Recidere , relabi.f} Ce mot est un verbe neutre passif , & il lignifie retomber de nouveau. Je retombe, fe retombai, fe suis retombé. (On ne voir tout cela qu’avec inquiétude, quand on est assuré d’aller retomber. Voit. L 9.) * Retomber en la puissance des ennemis. Ablanc. Rét. iiv. l. cb. 8- [Redire.'] * On ne doit pas donner le Corps de Jesus-Christ à ceux qui retombent toujours dans le méme crime. Mr. Arnaud , fréquente communion. * Votre dessein étoit de faire retomber cette condamnation fur la doctrine de la grâce. Pascal, L rg. * RETOMBER. [In merbunt recidere .] Ce mot fe dit aussi en parlant de gens qui sortent de maladie & qui ont des rechutes. (11 etoit guéri , mais il s’est amusé à faire la débauché, & il est retombé.) RETONDRE, v. «. [Iterum tondere.] Tondre de nouveau. ( Retondre les brebis. Retondre les boïiis d’un parterre. Retondre du drap.) Fers a retondre. [Politoria. J ferme de Sculpteur. Outils dont le Sculpteur fe sert pour finir son ouvrage. RETORDEMENT, f m. [Retosfi'o, intorsio.] faction de retordre. (Le retordement de la soie.) RETORDRE, v.a. [ Retorquere-, ìntorquerefilas] Je retord. J’ai retordu. Je retordis. Je retordrai. Tordre ne nouveau. (II faut retordre ce linge, íl n’eft pas allez tordu. Retordre du fil, de la foie, &c.) * + Je lui donnerai du fil a retordre. [Negotia faces. Jam .] C’est-à-dire, je lui donnerai desafaires. REToRICATION , s. f [Rh.toris nnitutio.] Prononcez Rétoricacion. Ce mot est nouveau, & il n’est pas encore tout-à-fait établi pour dire, une figure de Retorique, (Mon dessein n’est point d’exaggerer par de vaines Ré - RET 379 torkations, les merveilles d’un être si surprenant. Au. teur anonnne.) REl’OKlCIEN , f m. [ Rhetor. 3 Ce mot signifie quelquefois un Professeur de Rhétorique Ainsi on dit, il y a un bon Rhetoricien au Coíége de la.Marche de Parts. Mais ordinairement il veut dire un écolier de Rétorique. C’est un Retoricien de six mois qui a fait ce poème.) RET'ORKLUE > f /• [Rhetorica, éloquentia ] C’est un art qui considéré dans un sujet ce qui est propre à persuader & qui enseigne à ranger dans un bel ordre & à exprimer d’une maniéré ornée & ingénieuse ce qu’on a imaginé de raisonnable sur le sujet dont on veut parler., La Rétorique a cinq parties : I?, recherche des raisons propres au sujet qu’on traite ; la disposition de ces raisons, dans les parties du discours; la maniéré de les exprimer avec esprit, qui est l’élocution , la mémoire , & la prononciation. Quelques-uns ajoutent à ces parties Je jugement . mais le jugement est une pieee par tout 'nécessaire & dans les aunes arts aussi bien que dans la Rétorique. Aristote a fait une Rétorique, & la meilleurs partie de cet ouvrage, c’est le traité des passions. Cicéron a fait aussi divers traitez de Retorique, mais au sentiment de bien des gens , les inst curions oratoires de Quintilien font la meilleure de toutes les Rétorques. Je vous écoute dire , (-f votre Rétorique En termes ajìez forts à mon ame f explique. Mol.) Anciennement, la Poésie étoit apellée Rétorique. Rabelais, Préface du Livre : Ils ne traioient quegejiet héroïques , choses grandes , matières ardues , graves & difficiles, £3’ le tout en Rhétorique tmnoifine , A cramou Jìne. La Rétorique & la Dialectique ont beaucoup de ressemblance. Aristote a dit, liv. t. de fa Rétorique , que la dernière est un rejttton de l’autre. En éfet, elles n’ont point de bornes comme les Arts & les Sciences, qui ont chacune leur objet. Le mot eit Grec, & les Latins l’ont adopté , n’en aiant point parmi eux qui pût si bien exprimer ce que c’est que cec art de parler élégamment de toutes choses. Ainsi Quintilien con- noissant l’indigence de fa Langue-, a dit fur ce sujet> liv. 2. ch. 14. ,, Ne nous 'tourmentons point inutile- „ ment ; servons-nous du mot Grec , puisqu’il y en a ,, tant d’aucres que nous sommes obligez d’empsoier;,, car fi je veux parler u’un Physicien , d’un Musicien,-,, d’un Géomètre , je ne leur ferai point de violence,» pour leur donner un nom Latin qui ne leur convient „ pas. " II divise ensuite la Rétorique en trois parties, La première consiste dans VArt ; la seconde concerna Y Artisan i la troisième , YOuvrage. L’Art renferme toutes les régies de l’Art de bien parler ; l’Artisan est i’Orateur ; & enfin l'Ouvrage est le discours que l’Arti- san a composé. Ces trois choses fe subdivisent en plusieurs parties, dont on méprisé de s’rnstruire , parce que les jeunes gens font dégoûtez & rebutez par la dificulté qu’ils ont à comprendre ce qu’on leur veut enseigner, & dont la plupart des Maîtres ne sont guéres mieux instruits que les écoliers. Cet Art fi noble & (i nécessaire, fut autrefois fort honoré ; & ceux qui le pro- fessoient, furent distinguez par le titre de Sophiste : mais il dégénéra dans la fuite, & la qualité de Sophiste fut prise en mauvaise parc , comme on l’expliqueta plus amplement fur le mot Sophiste. £ RE'TORîQUB, fe dit aussi de la classe où l’on enseigne la Retorique dans les coléges. (Aller en Retorique, être en Rétorique.) ,-f Figure de Rétorique. On apelle ainsi toute faqon de parler figurée , & tout ce que TOrateur emploie pouí orner un discours. La métaphore, ì’ìronìe, !a proibpo- pée, &c sont des figures de Rétorique f RE TORIQUE , fe dit dans le discours familier, des raisons qu’on emploie pour persuader quelqu’un, (j’ai emploie toute ma Retorique fans pouvoir le persuader. Si vous entreprenez de persuader cet homme, vous y perdrez votre Retorique.) RETORliyER , D. à. [Adverfar/i argumenta râfc Ipsum regerej 'Ce mot vient du Latin retorquere. Ì1 sc dit entre Philosophes, mais ón se (err plus ordinairement du mot retourner. (.J’ai rétorqué l’argument contre lui.) Se servir contre quelcun dc l’argument qu’il a fait, & faire voir qu’il a autant de force contre lui. RETORS , retorse , adj. [RetorJw, intorfus.J Qui est retordu, i^bil retors. Soie retorse.) Tme UR B b b a RE- 38o KET R FTOR TE > / s [ Cornuta orca, ] Vaisseau dont ìes Chimistes se servent, qui a un bec recoutbé pour se joindre au récipient. RETOUCHER , r>. a. {Iterum tangere.J Toucher une seconde fois. Toucher encore. Ce mot dans cS sens n’est pas usité. On dit, le maréchal a retouché plu- iieurs fois ce cheval pour le guérir/u Farcin. * RETOUCHER. \0\nu recognofcere , emendare.} Revoir. Recorriger. Retâter quelque ouvrage d’efprit. (Retoucher un poème, un discours. Ablancourt. Retoucher un tableau.) On dit Tableau retouché. {Elaboratus.} Celui auquel un fçavant peintre a mis la dernière main. Planche re- touchée en fait d’estampes. f RETOUEER. Terme de Potier de terré, C’est refaire un ouvrage qui a été manqué. RETOUR i / m. {Redi'tus.} Action de retourner, de revenir au lieu d’où on étoit parti. ( Hâter son retour. Voìt. I. 67. Etre de retour. Ablanc. A son retour il donna un combat de gladiateurs. Ablanc. Etre fur fort retour. Ablanc. De ton retour le laboureur charmé Ile craint plus déformais qu"une main étrangers , Moi sonne avant le tems te champ qu’il a semé. Racine, Idylle fur la Paix.) RETOUR. {Recurfus. 3 Ce mot au figuré est agréable, & il a souvent un sens nouveau. Exemples. ( * Pour des gens de vingt ans il y a bien du retour à la miséricorde. {Le Comte de Bufit.) * Je romps avec le meilleur de mes amis fans retour démon côté. Le Comte de tíujji. C’est-à-dire, fans que je me racommode avec lui. * Etre fur le retour de sage, Molière. C’est-à-dire, être vieux. -j- * A beau leu béait retour. Prov. {Hon abibit impuni.'} C'est-à-dire, qu’on traitera les gens comme ils nous auront traité, qu’on leur rendra la pareille. J * Si les femmes font chastes * il leur semble que Dieu leur doit bien du retour. C’est-à-dire, que Dieu leur doit bien de reste, leur est fort obligé & quil doit re- connoítre leur vertu. Jufie retour, Monsieur, des thèses d’ ici leu , Vous ne vouliez pas croire , l’on ne vous croît'paît Mol.) RETOUR. [ Additamentum , suppíementuni .} Ce mût se dit entre gens qui trafiquent, & qui troquent, & signifie surpìiu. (Je ne vous demande rien de retour. Vouí me donnerez une pistole de retour. Oui , j’cn ai refusé cent pijloles, croi.uìoi , Au retour d’un cheval amené pour le Roi. Mol Each. act. 2. fc. 6.) ch RETOUR, se dit dans le Commerce des mafehaft- dises que les vaisseaux aportent des païs éloignez. (Ce vaisseau a fait urt beau retour.)_ RETOUR de marée. {Reverjlo.} Ternie de Mer. C’est tin endroit de terre où il se forme des courans causez par une terre voisine. * RETOUR. {Retoifin.} II consiste à rétorquer contre quelcun ce qu’il a dit. (11 y a quelquefois de ces retours qui font justes, raisonnables, ingénieux, qui font fâcheux. Volez Port-Rotai, Logique , Z.?, ch. 1 ,-.) On dit que le retour vaudra pis que matines, quand le succès d’une chose doit n’être pas heureux. RETOURS de mines. { Cunicuiï rami.J Terme de Fortification. Ce font les branches & les rameaux de la mine. RETOURS de tranchée. [ Obliquïtates fojfie militarisé} Ce font les obliqiiitez qui forment les lignes de la tranchée. (Passer par dessus les retours des lignes. On dit aussi les tours & les retours des lignes. On dit auflì les tours & ies retours d’un labirinte.) Voïez Réversion. J RETOURS. Les Tissutiers Rubaniers apellent les tetours de leur metier, certaines cordes ou ficelles qui servent à hausser ou baisser les maillons de la chaîne. RETOURNER. {Rcverti, remeare.} Ce mot est un Verbe neutre passif. C’est revenir au lieu d’où l’on étoit parti, fie retourne, fie retournai, Je fuis retourné, (Je retoune à Paris. Je retourne en Angleterre.) L bonifie eji bâti d'tine étrange façon ïl court Jans fçavoir où, retourne Jùr J'es pas , Rcjete ce qu'il a , cherche ce qu il na pas, De Trousser.) RET * RETOURNER, f/w eandem cidpamrelabi.} II se dit au figure , & lignifie refaire ce qu’on a fait de mal. Retomber dans la même faute, f * (Jour de Dieu, si vous y retournez, on Vous aprendra le respect que vous devez à votre femme. Molière , George Dandin. C’est-à-dire, si vous retombez dans la méme faute, on vous maltraitera. ) RETOURNER , v. a. [ Vertere,veifare.} Ce mot sc dit en parlant á’habits. C’est métré ce qui étoit dessus, dessous. (Retourner un habit ) RETOURNER, v. a. [ ín onviem parte-,n vertere. ] U signifie aussi tourner de divers cotez. (Tourner & retourner une même chose de divers cótez.) RETOURNER, v, a. [ Obverti .J Ce mot se dit eii jouant à de certains jeux de cartes ; c’est tourner la carte d’un tel sens, qu’on en fasse voir les points, ou la figure. (Retourner de pique, de carteau , de cœur, de trefle.) RETOURNER une pierre. [ Obvertere. ] Tetme de Maçon. C’est lors qu’aiant dressé l’un des cotez, on dresse celui qui est opofé. RETOURNER. {Retorquere.} C’est aussi rétorquer contre une personne ce qu’elle a dit. (Celui qui se sert d’un dilemme, doit prendre garde qu’on ne le puisse retourner contre lui-iuéme. Port-Róial > Log. p. chapitre 1;.) RETOURNER, v. a. {Revolvers. ] Terme de Jardinier. H sc dit en parlant de planches, & lignifie labourer tout de nouveau , pour y semer & y planter. (II faut retourner ces planches. Quint. Jurd. Fr. 1 . 1.) 11 est lìnonime avec renverser. J RETOURNER. Terme de Chandelier, il signifie donner la seconde trempe à la chandelle. RETOURNER. { Aliam Religionem ampleclì.} Changer de Religion. O11 joint à ce verbe le pronom per. sonnel /mais il est bas en ce sens. (11 scroit à souhaiter que l’apostat le Vassor fe retournât Catholique.) On dit proverbialement , Retourner a J'es moutons. [Redire un de meipit oratio. ] C’est reprendre son discours au lieu où l’on étoit demeuré. C’ejì le sein de ma mere, je n'y retourne plu). Quand on fe repent d’avoir fait une chose. Retourner à Jon vont :jj c ment. {Ad vomitum redire.} Quand on retombe dans ses désordres. f RETOURNE , s. f. {Charta lusoria obversa.} Terme de. j eu de Cartes. C’est la carte qu’on retourne. La retourne, ou la triomphe est de carreau. S’en retourner , ». r. {Reverti.} Je m”en retourne. Je ni en retournai. Je m'en fuis retourné. (Jem’ener- tournerai en Allemagne dans un an.) íRETOURNOIS»/ >». C’est ce qu'on nomme aussi, Bâtons a gans. RETRACER, retrécer, v. a. {Rursùs decujjatm implicate.} Ce mot en parlant de cheveux signifie re- trécet de nouveau ce qui n’est pas bien trécé. L’un & l’autre se dit, mais retrécer est incomparablement plus usité par les Perruquiers & par les tréceuses. (II faut retracer ces cheveux , ou plûtôt il Faut retrécer ces cheveux. Voi e z RetreJ'er.') RETRACER, v. a. {îterùm delineare.} Tracer de nouveau. (Retracer un cercle.) * RETRACER dans la mémoire. {In memoriam retio. tare.} Ces mots font au figuré, & signifient faire ressouvenir. Rafraîchir la mémoire , & y renouveller les idées des choses passées. (Retracer dans la mémoire les bienfaits qu’on a reçus de quelcun.) RETRACTATION,// {Retraflatio, palimlia.} Prononcez rétraclaaon. Action de fe rétracter. (Les rétractations de saint Augustin font fameuses. Faite une rétractation.) RÉTRACTER, v. a. [ Retraclare, revocare.} Désavouer & desaprouver ce qu’on a dit, le condamner. Confesser qu’on s’elt trompé en ce qu’on a avancé. (Je rétracté ce que j’ai dit.) Se retraiter , v. r. [D ici a recantare,} Se dédire de ce qù on a dit, le condamner. (11 vaut mieux se rétracter que de soutenir sotement ses bévues. S'il faut qu’il fe rétracté , une gloire trompeuft Peìnt ce jujìe devoir en faiblesse 'bonteuj'e. Genest.) RETRACTION , f. f. [ Membrorum contrafìiò. 3 Ternie de Medecme. Racourcissement , contraction d’une partie. (La rétraction des nerfs ôte l’ufage des membres.) R ET .RKÎRAïANT , s r». [_Retrabens.~] Qui exerce une action en retrait. (Le retraïant est oblige de faire des Q fr es réelles en tous les actes & apointeniens de la Cause.) t RETRAIT, / m. [Forica.'] Ce motestunpeìi Vieux, pour dire ce qu’on apelle les lieux, ou latdnè. ( Uhorreur la fuit , le dégoût l'acompagne, Et les retraits naissent dejj’ousses pas. Poète anonime.) RETRAIT,/ m. [lietraHio, rédhibition] Terme dê ■JuriJprudcnce Françoise. Action par laquelle on retire lin héritage aliéné. En ce sens on dit retraire, c’est-à- dire, retirer un héritage des mains d’un aquereur. RETRAIT lignager. [ Redbibìtìo gentilitia. d C’est le droit qu’on a de retirer des mains d’un tiers acquéreur un ancien propre de fa famille vendu par son parent. RETRAIT féodal. [ Redbibitio fiduciaria. J C’est le droit qu’a un Seigneur, en vertu de son lies, de retires un héritage vendu par son vassal. £§ II y a plusieurs sortes de retraits, ï mais les priffi, cipaux font, le féodal, le lignager, & le conventionnel,. Loiscl, Itv. ;. tit. art. i. deJés Injìitutions, fait mention d’un quatrième qu’il apelle droit de bienséance , què la Coutume d’Acs, tit. io. art. 17. eSplique en ces termes : Où il y a plusieurs Seigneurs utils de mêmû ,, chose, li l’un des consorts vend fa part, doit faire ,, présentation à son confort ou consorts, lequel après „ la présentation a neuf jours pour retenir, & dans i§. ,, il est dit, & est pteferé au lignager & au Seigneur. ‘‘ Ce droit a pris naissance dans les Païs Coutumiers , & s’est répandu, dans la fuite , dans quelques Provinces du Païs où le droit écrit est observé , du moins pour le retrait féodal ; car à l’égard du lignager , on l’a reqû plus favorablement en certains lieux. Le retrait féodal est (selon le même Loifel, art. 2.) où Seigneurial , ou cenfuel. Le premier apartient au Seigneur du fief ; & le second, au Seigneur du cens, c’est-à-dire, que le retrait féodal s’exerce par le Seigneur suzerain fut un ac- tiére-fief relevant de lui ; & le second s’exerce sor le propriétaire d’un héritage roturier & soumis au cens annuel. Voïez les diverses Coutumes. Le retrait Ecléjìajiique. f Redhibitid bònòrum Eccie~ Jùs.] C’est le droit que les EcleliastiquëS ont de rentres dans la posseilìon des biens de l’Egliié qui ont été alie-- nez. RETRAIT, retraite, adj. [RetraHus. ] Terme de Elâ- son. Ce mot fe dit des pièces retirées qui n’avancent pas jufqu’aux bords de l’écu. (II portoit d’or au pal retrait d’argent.) RETRAITE , s.s. [ Receptus, recepîaculum, pef - fugium.] Lieu où l’on fe peut retirer. Lieu où l’on fe retire. (.C’elt une petite retraite pour mes vieux jours. Tu quìtes pour jamais ta charmante retraite , Grand homme, aìnjl le veut du ckl la voix sécrété. Mademoiselle Defcartes.) RETRAITE. [ Relàtus gradus. ] Ce inot fe dit en termes de Guerre. C’est faction de fe reculer, & de fe retirer du lieu où l'on est. C’est un retour au lieu d’où l’on étoit parti. (Faire une glorieuse retraite. Faire une retraite honorable. Ablancourt, Ret. I. j. c. i. Faire retraite. Ablancourt. Ret. Assurer fa retraite. Ab lancé) ^ RETRAITE. On ne qualifie jamais de ce nom le mouvement d’un corps d’armée, qui fe retite fans combat & fans être suivi. Une retraite, proptement dite, est lorfqu’une armée , ou un grand corps de troupes fe touve suivi, harcelé & ataqué à son arriére-garde , pris en flanc, en queue , ou en tête dans des païs difficiles & dangereux ; ou lorfqu’on s’échape à toutes ces ata- ques par la ruse, par l’artifice & pat des mouvemens bien concertez , qui donnent le change à 1 ennemi t troutes les autres n’ont rien qui mérite qu’on en fasse la moindre mention» On a admiré la conduite de Air» d’Albergotti, qui après faction de Turin se retira à PL gncrol ; ses Panégyristes comparèrent fa retraite a Mi plus mémorables. Air. de toiafd s en moque, il fait voir que ce ne fut qu’une marche très-accéléréé, qui ne mérité pas le nom de retraite. Tout ce qu on en peut dire, ajoute ce savant OKcier, c’est qu’après la levée du liège de Turin , Mr. d’Albergotti le retira heureusement depuis la hauteur des Capucins jtifqu’à Pignerol, fans aucune mauvaise rencontre. Polybe de tolard , Tome 1 . pag. 61. d il’Edit. d’AmJt. RET 3Ri » Une retraite honorable est quelque choie après la perte d une bataille , mais un grand Général peut faire plus , comme les Ducs de Ruban & de Weimar le mon- ìrerent âpres avoir été battus à Khinfelt. Ibid. p. oi ct 191. r 11 n y a point de retraite à faire devant elles. Voiture , let. 6. 8. RETRAITE, ordre de fe retirer. [ Receptus.'] Ce mot fe dit en parlant de soldats qui sont en garnison dans des villes de guerre. Rarement de tambour, ou son de Cloche pour avertir le soldat qu’il ait à fe retirer dans Ion logis. (Batte la retraite. Sonner la retraite. Voilà la retraite.) , Se batre en retraite. [Pugnando gradum reserre.] C’est. a-dire. En 1 e retirant. En gagnant un lieu de retraite. Les Maîtres d’armes disent aussi. (Faire ct retraite. Songer à une bonne retraite.) Liancourt, Maître d’armes , ch. ç. & 12. On dit figurément. Se batre en retraite. [Secedar à muneribus.] Quand on est vieux & qu’on se retire des emplois, des afaires ct du commerce du monde. * Batre en retraite. [ Secedere. C’est íè retirer doucement & fans bruit. * Faire retraite. [fPiis exercitiis vàcare.\] Ces mots ■au figuré, lignifient fe retirer du commerce du monde pour quelque tems, ou pour toujours. (Ceux qui doivent être sacrez Ëvêques, doivent faire retraite durant dix jours pour s’y prépare?. Les dévots sont une retraite pour vaquer au jeûne & à la prière. Ceux qui entrent en Religion font une retraite.) Pour vivre toujours dans la retraite , il faut être quelque chose de plus que les hommes, ou du moins que les bétes. 5 . Evremont. * Tirfis il faut songer à faire la retraite, La course de nos jours est plus qu’a demi faite. Racan, Poésies.) * Quand vous voudrez fairè cette retraite , je vous àcompagnerai. Voit. I. 44. Flaires filles de nuits, douces («f cheres ombres, Je cherche un Jéur asile en vos retraites sombres. La S u ze.) RETRAITE. [Recejsdtsé] Terme d 'ArchiteHure. C’est quand un membre elt retiré fur le corps du mur, au lieu de faire saillie , comme s’il y aVoit rétrécissement ou diminution d’épailfeur. ( Faire retraite à une grosse muraille. C’est la diminuer d’épaisseur. Fdibien.) RETRAITE. [Habena retratinria.] Terme de Charretier. Espèce de longe de cuir a tachée à la bride du cheval devant, liée à nn cordeau, dont on fe sert pour manier un cheval. ( Prendre la retraite. Tirer la retraite.) RETRAITE. [Recejsus.] Terme de Fortification. Berme, ou relais. (Palislader une retraite.) RETRAITE,// [Funes colkHiles ,] Termes de Mer. Ce font des cordes qui servent à retrousser le hunier. t RETRAITE -, f f. Terme de Commerce de change. C'elt une somme tirée sur qUelcun, & par lui retirée fur un autre» (Les traites & retraites ruinent IesNego- cians.) RETRAITER, v. aft. [Eamdeìn materiam traHare.] Traiter une seconde fois. Le P. Jueriin a retraité la question des Sacremens dans son ouvrage, & fans doute qu’il la retraitera encore dans les Conférences qu’il va donner au public. RETRANCHEMENT > / m. j Detraflio , hnmmutio. ] Diminution. (On parle d’un retranchement de gages. On fait un considérable retranchement. On a acourci hotre félicité par le retranchement de nos jous» Ablanc. Luc. t. 2. Amours.) (f C’est une élégance dans la Langue Latine, de su. primer certains mots que les Lecteurs doivent fupléer : hiais c’est souvent une faute dans la nôtre, de retrancher un mot du discours. Voïez les Rijìexìons fur R usage présent de la Langue Françoise, pag. <595, où l’on trouvera des exemples de retranchemens vicieux, & des re- tranchemens élegans. RETRANCHEMENT. ÌDivifio,separatio.] Petit réduit qu’on fait dans quelque chambre , ou quelque apurement , en vùê de quelque commodité, ctl faut faire un retranchement dans cette chambre.) RETRANCHEMENT. [ Munit 10 , valium , mnnimen. tum .] Sorte de fortification & d’ouVrage qu’on fait pour R b b J fe 382 K ET se retrancher contre l’ennemi. (Forcer un retranche- iuent. Ablanc. Arr. I. t. ch. 4.) * Voilà, mou Pere, le dernier retranchement de ceux de votre parti. Pasc. I. 4. [Hoc ilìud ejl extremum val- lum.) C’est-à-dire, le refuge, la derniere échapatoire de c eux de votre parti. H RETRANCHEMENT. II y a une chose à remarquer, à l’égard des retrancheniens des camps & des lignes environnantes des Anciens; c’est que la plupart, qui ne sont .pas du métier, se servent souvent du terme de mu. raille fort mal à-propos, pour lignifier un ouvrage considérable & fort élevé, ne pouvant s’imaginer qu’on pût les porter à une fi grande hauteur fans recourir à !a maçonnerie ; c’est qu’ils ne savent pas que l’on soutenois les terres par le rnoïen d’un saisi nage ou d’un ga- zonnage , comme nous l’emploïons aujourd’hui. Pout distinguer ces sortes de travaux , qui étoient moindres , ils ajoutent de leur pure autorité le terme dew, quoique ce fût toute autre chose. On remarque cette bévúé en une infinité d’Auteurs qui parlent de murailles , lorsqu’on s’aperçoit par les attaques de ces lignes & de ces camps,qu’ils font de maçonnerie, qu’ils étoient faits de terre. Pohbe de Folard, Tom. 11 . p. 154. Edit. dlAmJl. RETRANCHER, v. a. £ hnnnnuerre, succtdere. ] Oter. Diminuer. (Retrancher les gages aux Oficiers.) * 11 retranche aux factieux toute esperance de chan- gement. Abl. Tac. An.l. 1. c. 2. [I.uterdicere .J * 11 faut retrancher toutes les civilitez non nécessaires. Port-Roial, Education du Prince. [Fitare.) Ses ennemis ont résolu de le retrancher del’Eglise, Pascal, liv. j. [Privare Jujfragiis .] C’est-à dire, de l’ex- communier. RETRANCHER. Terme de Jardinier. On dit : (Cette branche est trop longue , retranchez-la de deux yeux. 11 faut retrancher le bois superflu qui nuit à cet arbre.) Se Retrancher , v. r. f Operibus se pramunire. 3 Terme de Guerre. Se fortifier de quelque retranchement contre l’ennemi. (Us se retranchèrent Sc se battirent en gens de cœur.) £ Les Anciens se retranchoient dans leurs camps, lors même qu’ils n’avoient rien à craindre de l’ennemi, n’eussent-ils dû y rester qu’une nuit ; moins par crainte, que par des raisons très-fages. Les Modernes suivent une autre métode , bien moins par raison que par coutume ; car ce qu’ils font pour sc garantir des insultes de l’ennemi, est mille fois plus ruineux & plus fatiguant à une armée , que s’ils imitaient les Anciens; & toutes leurs gardes avancées ne sautaient les garantir des sor. prises contre un Général habile, Polybe de Folard , Tome I. p. ir;. * Se retrancher contre la vanité du monde. [ Sese munire.) * Se retrancher fur le serieux. Racine, s Gravitatem servare.) * Ces puissances si vastes sont sujetes à se voir retrancher. [ Imminui , resecari.) Faug. Quint. I. 4. c. s 1. C’est- à-dire, à se voir diminuer. RETRE'CER, «■ [Rursùs decussatim implicare.) Terme de Perruquier. Trecer de nouveau des cheveux. (Ces cheveux ne sont pas bien trécez, il les faut vite retrécer. Voïez Retracer. ) RE'TRE'CIR, v. a. [Coarcíare, contrakere.) Faire plus étroit. (Rétrécir un corps de jupe, un juste-au- corps, &c.) Se rétrécir, v. r. £ Sese contrahere. ] Devenir plus étroit. S’élargir moins. (C’est oú l’Aiie se rétrécit le plus. Faug. Quint. lib. $.) t- RETREINDRE. Terme de Fondeur , qui veut dire la même chose qu’emboutir. RETREMPER. [ ln aquam sapius mtingere , inu buere .] Tremper plusieurs fois. (Un chandelier retrempe plusieurs tois la mèche dans son abîme quand il fait de chandeles.) RETRIBUTION ,/ f. [Merces.J Prononcez ri- tribucion. C’est-a-dire ,salaire. Récompense du servi- ce, ou du bon ofice qu’on a rendu à quelcun. Récompense de ce qu’on a fait en faveur d’une personne. Ce mot de rétribution est fort usité entre Ecleliastiques. Us disent. (U saut tant pour la rétribution d’une petite Messe, & tant pour la rétribution d’une grande.) Voïez lá-dejfus le martyrologe , ou le mémoire des fondations des RET Paroisses de Paris. On dit au même sens rétribuer. C’est- à-dire , récompenser un service. Mais rétribution Sc rétribuer peuvent être bons entre gens d’Eqlise, fans toutefois qu’ils soient bons parmi d’autres; Sc généralement parlant, rétribution n’est pas un mot d’usage. Faug. nouv. Rem. Messieurs de l’Académìe emploient ce terme pour signifier récompense , & paraissent ne pas douter de son usage. (Les soins qu’il a pris dans cette aftàiremeri. tent quelque rétribution.) Jlsajoûtent qu’il fe ditaiM en matière de dévotion, tant de la récompense des bonnes œuvres , que de la punition des méchantes actions. (Dieu donnera à chacun la rétribution de ses œuvres. C’est par une juste rétribution de la Providence qu’011 lui a fait souffrir les mêmes peines qu’il a fait souffrir a tant d’autres. Acad. Fr.) RETRIBUTION. £Retributìo , contributio , refujlo.) Terme de Mer. Partage des frais & des avaries que les assureurs & les marchands font entre eux, Sc qu’ils assurent au marc la livre , pour sçavoir ce que chacun en doit porter. R ETRILLER , v. a. £Rurfits equum refricare. ] Etriller de nouveau. ( Ce cheval est tombé dans la boue , il le faut rétriller. Onretrille un cheval quaml il a sué.) RETROACTIF, adj. £ RetroaHivus .] Terme dê Palais. Ce qui ne peut avoir d’effet pour le passé, & ce qui n’a d’autorité que pour l’avenir. (Les loix nouvelles n’ont point d’effet rétroactif.) t RETROCEDER, v. à. [Retrocedire.) Ce mot est Latin. Terme de Pratique. Rendre à un cédant ce qu’il a cédé , & iui en faire une nouvelle cession. (On lui a rétrocédé une telle deite.) RETROCESSION , f f. [RetrocejJìo.) Terme de Pratique. Acte par lequel on rétrocédé, par lequel on fait une nouvelle cession. (La rétrocession remet le cédant en tous ses droits.) RETROGRADATION,//. [Retro^rejsus.) Ce mot est Latin. Terme d’Astronomie. Action de rétrograder. (La rétrogradation de Jupiter, de Mars, ou de Saturne.) RE TROGRADE , adj. [Rétrogradas.) Terme d ’Agronomie. (Mars, Jupiter & Saturne font rétrogrades quand la terre est interposée entre eux & le Soleil. Rob.Phif. On dit vers rétrogradez.) f RE TROGRADE, se dit aussi en termes d e Guerre. Ge Général a fait divers mouvemens rétrogrades, qui ont donné une mauvaise idée de son courage. Les mouvez mens rétrogrades sont quelquefois plus dangereux - quô le combat. RETROGRADER, v. n. [Retrogredi.) Ce mot fe dit ordinairement en termes à’Astronomie. C’est retourner en arriére. (Mars rétrograde plus que Jupiter. Rokault , Phi/tque.) 4 * RETROGRADER , fe dit de la fortune d’un hom- me, qui baisse , qui diminué. (Sa fortune commençoic à rétrograder.) RETROUSSEMENT, f m. [Folutio.) L’action de retrousser. li n’est guére en usage. (Leretroussement de la barbe étoit autrefois à la mode.) RETROUSSER, a. [RecoUigere.) Relever. Re- hauller. (Retrousser la moustache. Retrousser ses manches. Retrousser son chapeau.) Nez retroujjé. Foiture , l. 78. [Criíbans nafus.) C’est un nez qui releve. RETROUSS 1 S de chapeau , f. m. [Pars pilei collefla) C’est la partie du bord du chapeau retroussée avec un lampon , une audace , ou quelque autre chose. (Ee» trouífis^de chapeau qui ne va pas bien.) RETROUVER, V. a. [Reperire, recuperare.) Rencontrer une chose qu’on avoit perdue, ou égarée. Trouver quelque choie que ce soit, personne, ou bêtequis’en étoit tuïe, ou qui s’étoit égarée. (Retrouver son trésor, U a retrouvé ce qu’il cherchoit. 11 ne retrouvera ja- mais son fils. L’absence sera courte £5? nous nous rejoindrons , Au ceiejìe Jejour nous nous retrouverons. Mademois. Delcart.) RETS retz , f. m. [Retta, plagie. ] Instrument qui est ordinairement tissu de divers fils de chanvre & d* plusieurs mailles, & qui est propre à prendre des oiseaux, des pluviers & des canards. (Tendre des rets.) (Vulcaift REV (Vulcain enferma Mars & Venus dans un même lit ■avec des rets de fer. llenjerade.) T RETS, fe dit aussi des filets pour prendre du poisson. (Jetter les rets dans la mer. Les rets sont chargez de poisson. On a trouvé dans les rets un poisson monstrueux.) ê * RETS, sc dit aussi des moiens qu’une femme coquette emploie pour s’attacher les hommes. (Cette femme fait bien tendre scs rets. Un jeune homme est perdu s’il donne dans les rets de cette coquette, * Par un scul traité comme par un coup de retz il à pris trente ou quarante villes. Voiture, lettre '74.) RETS admirable. [ Rete mirabile. ] Terme á’Ànàto- vtste. C’est un lacis de vaisseau situé aux cotez de la selle de l’os sphénoïde, que Mr. Vieussens assure être composé des rameaux des artères carotides. Mais il preténd que ce rets admirable ne se trouve hì dans J’homme, ni dans le cheval, ni dans le chien * ou du moins qu’il est très petit ; mais qu’on le trouve dans là veau, dans la brebis, dans la chevre, &c. f RETS marin. [Reticuluni marinum.’} C’est unè matière lèche, pliante, semblable en quelque maniéré à du Parchemin, formée ordinairement en bourse » grolfe comme une petite pomme & percée comme un rets. de couleur cendrée , d’une odeur & d’un goût marin. Elle sc trouve fur les rivages de la mer. Elle est bonne pour le gouetre en la faisant calciner au feu dans un creuset. RETUDIER, v.a. [ Iter lan fiudere. 3 Etudier dé nouveau. (Plusieurs Docteurs se font oposez à la nouvelle Philosophie, pour n’êtré pas obligez de la rétu- dier. II commence à retudier, c’est-à-dire , il s’aplique de nouveau à l’étude.) RETUVER» v. n. [Sœpius càlidà fovere. ] Etuver de nouveau. (II faut rétuver cete plaie.) t REVALOIR» v.a. [Repéndere.2 Je revaux, j* rivalus , fui revaiu , je revaudrai. Rendre la pareille. Rendre le change. (Si bien-tôt je ne lui revaux. Voiture, Poésies, Je chercherai les ocasions de lui revaloir.) REVASSER- Ce verbe est ordinairement neutre. L’idée qu’il donne n est pas favorable. 11 signifie, ne faire que rêver la nuit, & même ne faire que des songes fâcheux. (II rêvasse toute la nuit. II ne Fait que rêvasser, & cela le tué.) RE'VaSSER. [Abjirahif 11 veut dire encore être distrait. Ii y a deux heures que vous ne faites que révajjen Acad.fr. 11 signifie aussi radoter. [Deiirare. J C’est un bon vieillard qui révaJJ'e. En ce sens il est bas. [f * L’Almanacb n’H pas rêvassé, Quand il a dit que cette année , Lu France ferait gouvernée » AuJJi mal que par le pajfê. Dialogue du Chancelier de i’PIôpital & dé Baïard. p. 63.J RE'VE,/ m. [Somniuniji Chose qu’on a fongée eft dormant. Chose qu’en dormant on a cru voir, où qu’on a cru qui étoit arrivée. (Un plaisant rêve. Un fâcheux rêve. Faire des rêves.) re'ye. [ Invefiionis & evefiionis tribútum. C est uné sorte de droit que le Fermier des cinq grosses Fermes exige en Languedoc fur les marchandises & denrées qui sortent du pais. Voïez là dejfus le bail des cinq groj- Jes Fermes. REVêCHE » adj. [Acidus, acer, mordicans.J lise peut dire au propre, des fruits qui ont un suc acide» âpre & piquant, qui choque le goût. Mais il se dit ordinairement au figure , des personnes, & il signifie* Rude. Capricieux. Intraitable. (11 s’étoit défié de Ca- listene comme d’un esprit revêche. Vaug. Quint. I. 8- c. 6. Nous avons à faire à des têtes revêches. Vaugi Quint. I. 6. c. 3. II y faut joindre encore là revêche bizarre, Deípt.) REVêCfiE , f f [Pannus ex lanâ criJpàtus.Ji Sorte de groíse etole frisée pour servir de doublure. (Une fort bonne revêche.) RE'VEIL. t Somni folutio. J C’est quand on cessé de dormir & qu'on commence a veiller. ( Les songes font de vaines chimères que le réveil détruit. Demain à votre réveil nous résoudrons de toutes choses» Surosin, Poésies,) REV z8Z RE'VEÍL. [Sufcitabulum mdtuiinum .J Terme d '‘Augu. Jíin Petite piéce d’environ un pié & demi, fur laquelle on fait du bruit pour reveiller les Religieux afin d’ailet a Matines. (Batre le réveil. Avoir le réveil. C’est avoir la charge de réveiller les Religieux.) RE'VEIL-ìttATIN , f. m. f Sufatábulum à fomno. J Sorte d’horloge qu’on met dans une chambre pour réveiller à une certaine heure au matin. (Un bon réveil- rnatin.) * On dit d’Une alarme imprevûé, & d’un Incendié qui arîive de nuit , que c’est un étrange réveil-matìn . [TùmultusJ . RE'VEIL-MATIN. [Pép’otJ Herbe qui Croît dans leè Vignes. Danet. RE'VEÌLLER -, v. r. £ Suficitare, expergefacere. J Tires du fomirteil. (Réveiller quelcun.) * La Poésie réveille l’esprit. Ablancourt, * U tâcha de réveiller son courage. Ablancourt, Ta* cite, Hst. I. 3 c. q. La trahison de Dessus & la révolte de l’armée navale le réveillèrent un peu. Ablancourt , Tacite, Histoire, l. %. c. 3. Réveiller la faim. God. Poéf. Réveiller la tendresse juseu’au fonds du cœur. Le Comte de BuJJì. [Qu’une noble fierté réveillant la prudence , S’opofe à votre ardeur avant qu’elle commence. Villers.j Se réveiller -, v. r. [ Expergesci. ] S’éveiller sors qusoû 'est endormi. (Se réveiller comme d’un profond sommeil» Ablancourt, Tacite, Hst. /.j.) * Parmi l’ôbscurité ma plainte sc reveïUe. Sar afin $ Poésies, On dit encore réveiller une querelle. Reveiller dé vieilles prétentions, &c. [Renovare ] REVEILLEUR, / m. f Matutìnus excítator, ] Terme de Religieux, qui se releVent la nuit. C’est le Religieux qui reveille les autres pour aller à Matines. RE VE 1 LLON , fi rn. [Média nox , convivium noéïur - num ] Ce qu’on mange deux ou trois heures après le soupé lôrfqu’on est éh débauche» (Faire le réveillon.) REVELATION,/./; [ Arcani àeclaratìo. 3 Pro. noncez révélation. Dénonciation de ce qu’on a vû » ou entendu. (On n’est pas toujours obligé a révélation en Vertu d’un monitoire. Evé, l. 23 Venir à révélation.) REVELATION divine . [Res divin» ajfiutu paìefafla .3 C’est la vérité que Dieu a revelée aux hommes par 1 e ministère de ses Prophètes & de ses Apôtres. REVELE’, revelée, adj, £ Divulgatus, patefaflusj Découvert par révélation. ( Vérité rrveke. Pascal, l g» La foi est le juge des choses naturelles & revelées. Pafic. 4 T8-) REVELER, v.a. [Reveláre, aperire , patefacere , pro* dere .3 Dénoncer ce qu’on a vû, ou entendu. Décou- vrir. (II y a des caS qtii n’obligent pas de reveler en Vertu d’un monitoire. 11 faut vous découvris mon cœur, il faut vous reveler mon secret. Molière , Avare, ail. %-fi- REVENANT, part. [Rediens, reverténs.lj Qui revient. (Esprits revenans.) On dit aussi, cet homme a des maniérés fort reve~ nantes , mais je n’ai trouvé ce mot dans aucun Diction, naire. * Le revenant bon. [FruHus faclis omnibus expensis.J Ce mot sc dit pour lignifier Ce qui revient de cUir à un maître après que scs commis lui ont rendu compte dé toutes les dépenses qui ont été faites. REVENCHE ,fif- [ Lusioms iteratì». 3 Terme de ’Gens qui jouent. C’est au jeu , la seconde partie qu’on jolie contre celui qui a perdu la premiere, afin de lui donner moïth de sc r’aquiter. (Ils ont joué partie & re- Venche. Demander revenche. Donner reVenche. Gagner revenche; Perdre revenche.) REVENCHE» {Paru pati redditin , compenfatio.] Re* connoissance & ressentiment qu’on a d’une Chose II se prend en bonne & en mauvaise part. (F.rt revenche ils Vous donneront chacune une chemise. Abl, Luc C’est pour avoir la revenche de ceux qui Pont maltraité, Ablancourt, Apoc .) REVENCHE R , v. a. {pesendere, adeffe álicui labóran- ii.] Se mettre du parti de quelcun ; empêcher qu’on ne le maltraite. (Revencher ses amis.) Se revencher , v.-r. [Vices Yependere i par pari referre J Se defèndre lorsqu’on est ataqué. (Elle sera bien-tôt en état de se revencher. Veiture, let, 57.) St 384 REV MJ* T Se revencher. [Vices reddere.J Se ressentir. Avoir du ressentiment. Se revencher,en ce sens, eit beau & figure. ! je ne puis me revencher de toutes les honnêtetez que vousm’avez faites. Hiji. de D. Quicbote, tom. i. ch. 17, U amour nom aveuglait, il nous a fait broncher , En faveur de ce Dieu calmez votre co/ere; Grand Prince ilpourroit bien un jour s’en revencher. De Buffi.) Villon a dit dans son Grand Testament: Si craìns-je avoir dépendu Par fnander , ne par lecher, . Ne par trop aimer riens vendu , Qu’amis me puisent reprocher Au moins qui leur couse trop cher , Je le dis , U ne crains medire De ce ne me puis revanches. Quelques-uins font pour revanger : mais l’usage est pour revencher. f REVENCHEUR, f. m. Qui revenche. (Si on lui fait du tort, il trouvera de bons revencheurs.) -t KEVENCHEUR, se dit aussi pour, défenseur. On ne s’en.sert que dans le stile familier. REVENDEUR,/?»- [Propola.J Celui qui fait le métier de revendre des marchandises. REVENDEUSE , f. f. [ Qu a veste* promerca/es habet. 3 Femme qui revend de toutes fortes.de choses, qui en porte la montre fur son bras par Paris, & qui va acheter aux inventaires. REVENDEUSE en toilette. [Qu.e vejiium promercalium ojjictnas exercet. ] Celle qui, revend par les maisons de Paris de toutes lbrtes de choses & qui ses couvre de son tablier. f REVENDICATION,// [Alienatorum baw- rum redemptioí] Terme de Palais. Elle conliste à redemander & à réclamer ce qui nous apartient. t REVENDIQUER , v. a. [ Remsuam ejfe proclamare.’] Terme de Palais. C’est réclamer & redemander une chose qui nous a été prise, ou qui a été égarée & qui nous apartient. (Revendiquer quelque choie. * 11 n’a pû voir une pensée lì froide dans Xenophon fans la revendiquer. Dejpr. Longin, c. 5. [Vindicare.] C’est un malheur pour un Chrétien foible & imparfait, qii’un rang à qui des honneurs font attachez, on s’enlìe quand on les rend, on s’irrite quand on ne les rend pas, on les revendique avec fierté.. P. Quefinel.) REVENDRE, ». a. [Res emptm venderej Jere. vend. Je revendis, jf’ai revendu. C’est vendre de nouveau. (Revendre des nipes.) f On dit d’une personne qui 3 beaucoup d’une certaine chose, qu’elle en a à revendre. [ Abunàaref, II a du blé à revendre. f * On dit aussi il a de la santé, de l’e/prit, &c. à revendre. REVENIR- [Redire,revertié] Ce mot est un v. neut. paf. Je reviens. Je fuis revenu. Je revins. Je reviendrai. C’est retourner au lieu d’où l’on est parti. (Le souvenir de ces personnes vous doit donner une extrême envie de revenir. Voiture, 1.6 7. Revenir foi fa patrie.) REVENIR. [Appurerej Retourner. Etre de nouveau. (Le Soleil revient tous les jours fur notre horizon. Le teins passé ne revient point. Enfin la mort aux morts ne laisse De leur amour qu’un jouvenir , Sans que leur défunte tendrejfe Leur puijfe jamais revenir. Madem. De la Vigne.) REVENIR. [Puliulare, crefeere. 3 Recroître. (Le bois coupé au Primeras en revient mieux. Les cheveux lui font revenus.) REVENIR. [Oriri. 3 Resolter. Dériver, Venir. (Détourner ion intention du mat pour la porter au gain qui en revient. Pascal, lettre 6. ef /. 7. La gloire qui lui en revient, &c.) REVENIR, v. n, [Congruere .3 Ce mot se dit en parlant d t couleurs de draps & d’autres choses teintes, & il signifie avoir du raport. ( Cette couleur revient bien à celle-là ) REVENIR, ». ». [Constare. 3 Coûter. (La maison qu’il a fait.e: elt une folie, elle lui revient à plus de cent mille francs. Le voyage qu’il a fait en France lui revient à dix mille francs.) REV ENIR , v. a. jj Prœparare, adaptare. 3 Terme dc RE'/ Rotifeicr & de Cuisinier. C’est faire renfler la viande en la metant fur des charbons allumez ou fur un gril, fous lequel il.y a de la braise, avant que de larder ou de pi, quer la viande. (Faire revenir une longe de veau.) REVENIR , ». a. [Aliam ludere char t ami) Ce mot fe dit entre gens qui jouent aux cartes & veut dire. Etre reçu. Etre admis. (C’en est fait, la carte est jetée, vous n’y pouvez revenir.) * REVENIR. [ Reconciliare .] Ce mot se dit en parlant de gens qu’on a ofenscz. (Exemples. C’est assez qu’else soit femme pour croire qu’elle ne vous peut haïr & qu’el- le reviendra bien-tôt à vous. Volt. let. 6ç. C’est-à-dire, qu’elle se métra bien avec vous. Quand on m’a fait de ces tours, je n’en reviens point.) * On dit d’un opiniâtre , que quand il a une fois conçu une opinion , il n’en revient point. [Opinionem mutare.3 * REVENIR. [ConcidereJ Aboutir à un méme point. Etre la même chose. (Tout revient à un. l/un revient à l’autre.) * REVENIR. [Summum conficere. ] II se dit en par. lant de comptes. (Toutes ces sommes reviennent à dix mille écus.) REVENIR. [ Re aliquâ non ampliùs moveri. 3 D’une chose en être las, ne s’en plus soucier. (Cette femme est revenue du jeu, & de la galanterie.) REVENIR. • [Eruclare.] Causer quelques raports. (]e n’aime point le salé, parce qu’il revient.) REVENIR. [Placere, arridere, 3 Etre agréable , plai. re , convenir. (N est un homme dont les manières reviennent fort, & font du goût de tous les honnêtes gens.) REVENIR. [Litem refumere. 3 Terme de Valais. C’effc recommencer un procès. (Quand on a été condamné, or) y peut revenir par une requête civile.) * REVENIR. On dit proverb. à touc bon compte revenir , pour lignifier, qu’il ne faut point craindre de recompter quand on s’est trompé la premiere fois; ou bien qu’il n’y auroit rien à perdre , quoiqu’il y eût erreur dans un compte. * REVENIR à foi, [Vires refumere, recipere.] C’est reprendre ses sens. Je reviens á moi, je revins a moi, je fuis revenu à moi. (Le vin qui fait revenir le cœur aux autres, faifoit pâmer Voiture. Hijioke de l’Académie Françoise. Elle tomba tout de son haut, Et ne revint que pour Arnaud. Voiture, Poèf ) t REVENIR. [ Ad meliorem frugem fe recipere.J Ce mot est un ». n, pajjlf, & lignifie Se corriger de son dérèglement, de la conduite p?u sage , la quiter pour en prendre une plus réglée. , (lis ne font pas revenus de leurs égaremens. Pascal, l. iç.) * L revient toujours à ses moutons. Façon de parler proverbiale , pour dire, il parle toujours de ce qui le touche. REVENTE , f. f. [Itcratu venditio.) Vente réitérée. (On a fait la revente du Domaine. Faire une revente a folenchere de qudeun.) REVENU, revenue, adj. [Reverfus.) Retourné. (SoïeZ Seigneur, bien revenu de tous vos combats d’Allema- gne. Voit. Poésies.) ( * H est bien revenu, de toutes ses folies. Elle est revenue de tout cela.) REVENU,/;». [Fruftus, reditusé) Rente. (Avoirde bons revenus. Scaron. 11 n’y a point de revenus plus aíîurez que ceux du bourreau , puisque leur fonds est assigne sor la malice des hommes qui croie de jour en jour. íuretiére, Roman Bourgeois.) t * Avoir du revenu en sens commun. Molière, Critique de P Ecole des Femmes, 0 REVENU. Terme générique. C’est le produit avantageux de toutes choses. Mainard, dans une Epigramme fur un homme qui batoit ses valets quand ils lui demandoient leurs gages: Ne te laijj'e jamais fléchir , Le revenu de ta colere EJi capable de t'mrichir. í REVENU. Donner le revenu aux éguilles ou leS faire revenir. Terme de Faiseur d'égaillés. C’est les mettre dans une poêle fur 1e feu. après qu’elles ont reçû la trempe, afin de leur donner du corps. í REVENUê ,/. f. .On ne le dit que du jeune bois qui revient fur une coupe de taillis. (La revenue est belle-) RE'VER’ \ REV RE'VER ' r>. a. [Deliramenta loqtiì. ] Tomber en rêverie à cause que le cerveau est ataqué & mal disposé. (Depuis qu’il est malade, il rêve toûjours.) RE'VER. [Somniare.) Faire quelque rêve en donnant. (]'ai rêvé une plaisante chose cette nuit. * Je pense que je rêve quand j’entend des Religieux parler de la lotte. Pascal , Lettres.') RE'VER. [Aliquidjecmn vo lut are.) Penser fortement à une chose, y songer. (Je rêve à mon sort inhumain. Scaron. II faudroit rêver quelque incident. Molière, Critique de F Ecole des femmes, f Rêver à la Suijfe, c’est ne rêver à rien. Une herbe, un f pi qui en rêvant j’ arrache , ' Tout m'amujè alors fans que rien m’atache , Ni que mon ejprit ailleurs diffìpé , En aucune forte en J'oit ocupé, Abbé Régnier.) REVERBERATION,//- [Repercujfus , reflexìs , reverberatio .J C’est-à-dire, répercussion de lumière , ou de quelque autre chose. (La réverbération des raïons du Soleil. La réverbération du cri dans les valons rendi* leur cri plus grand. Vaug. (suint. c. io.) ìf Je doute que l’on puisse dire la réverbération d& bruit. f RE'VERBERE , f. m. On dit, feu de réverbère. On l’apelle ainsi lorsqu’, 1 se sait dans un fourneau qui n’a point de couverture ; & lorsque le fourneau est couvert , on dit feu de réverbère clos. f RE'VERBERE , se dit aussi d’une machine de quelque métal, ajoûtéa à une lampe, à un flambeau, pour en augmenter la lumière. RE VERBERER , v. «. [ ’Repercutete, reverberare.) Terme de Chimie. C’est réduire les corps en chaux par un feu violent. Se réverbérer , v. r. [Reflech.) II se dit des raïons de la lumière, & du feu qui aiant donné sur un corps solide, retournent & agissent avec plus de force. (Les raions du soleil se réverbèrent. La flamme des Fourneaux se réverbéré & se rabat. Le son se reverbere dans les lieux creux.) î REVERBERER , v. a. Réfléchir, repousser , ren- voïer. On ne le dit proprement que de la chaleur & de la lumière. (Cette muraille réverbère les raïons du soleil. Cette plaque réverbère la chaleur du feu.) REVERDIR ,v.n. £ Revircfcere. ] Devenir verd. (Tout reverdit au printems. * La gloire ne reverdit pas seulement, elle refleurit. Vaug. Quint. I. 9. c. g.) Cf REVERDIR. Terme d’Agriculture. (Les bleds reverdissent ; les prez commencent à reverdir. C’est-à- dire , qu’ils commencent à prendre une nouvelle verdure. ) Monsieur Ménage a dit verdir pour reverdir , dans son Eglogue intitulée Cbrijiine, Sa présence embellit le cristal des fontaines , Fait verdir les forêts , £s? fait jaunir les plaines. Mais il avoué de bonne foi dans ses Observations, tome í.ch.61. que reverdir est beaucoup meilleur. $ Planter là quelqu’un pour reverdir. C’est Prov. le laisser en quelque endroit fans le venir reprendre comme on le lui avoir promis, l’oubiier entierement. ( II me planta là pour reverdir.) f REVERDIR, v, a. Peindre une autrefois en vsrd. (II faut reverdir le bois de ces fenêtres.) f * REVERDIR, se dit au neutre de divers maux, lors qu’aprés avoir paru guéris ils recommencent plus fort qu’auparavant. (Cette gale reverdit, ces dartres commencent à reverdir.) REVERDISSEMENT, f m. £ Revirescentia .] L’action par laquelle les plantes reverdissent. (Le reverdissement des plantes au Printems.) REVERENCE,// c Observantia, cultus , vene. ratio.) Respect que la vertu s’atire. Respect qu’on porte à quelque personne. (Cela venoit de la reveren- ce particulière qu’ils portoient à leurs Rois. VaugeLis , Quint. I. 1 j. c. j. Je ne parle point des devoirs que la reverence du mariage exige d’une femme. Patru , plaid. 9.) 0 " D’Abìancourt a dit dans fa Traduction d’Arrian : Ptolomée U Arstobule disent qu’Alexandre en avoit été averti dès l’Egipte , mais qu’il ne l’avoit pits voulu croire, a cause de la créance qu’il avoit en lui , A de leur ancienne amitié , outre la révererice qu’il portait àParmenion. On ne parleroit pas ainsi aujourd’hui. Reverence pour REV M nfpeB n’est en usage qu’en parlant des choses Saintes Sc des Mistéres de notre Religion. REVERENCE. [Qjfìciofa salut atio, veneratìo .) Marque d’honneur qu’on fait à une personne en baissant la tête & pliant les genoux, ou en pliant les genoux feulement. (Les hommes font la reverence d’une fac,on & les femmes de l’autre, Faire une humble, une grande, une profonde reverence. * Ce damoiseau , parlant pat reverence, M’a fait cocu , Madame, avec toute licence. Mol.) iM.V£.ÍVt,JN cas. l ixzueremta. j terme de Civilité dont on use en parlant de certains Religieux & Religieuses. (Si Votre Reverence n’a pas lû les Letres Provinciales de feu Mr. Pascal, elle les doit lire, parce qu’elles sont fort bien écrites & fort plaisantes. 11 n’y a pas jusqu’aux Religieux, qui nonobstant leurs continuelles humiliations, ne le traitent entr’eux de Reverence. Cail.) RE VEREND , révérende , adj. £ Reverendus , verte- randus.) Ce mot fe dit de quelques Religieux & Religieuses : & il signifie digne d’étre révéré, (Mon révérend pere. Ma révérende Mere.) REVERENDISSIME. [ReverendiJJìmus , illuftrffìmus.'} Titre d’honneur, qu’on donne à ceux qui font constituez dans les premières dignitez de l’Egìisc. ( Lbllu- strillìme & ReverendiJJîme Claude de S. George , Ar. chevêque de Lion, est un des plus favans Prélats de l’Egìisc de France. Le Reverendissimc Abé de Ci- teaux.) REVERENMENT , adv. [Rcverenter , cum vénéra- iione .] D’une maniéré respectueuse. (11 faut parlenwí remnent des choses saintes. Danet.) REVERENTIELLE, adj. f. £ Reverentìalìs. ] Terme de Palais, qu’on joint toûjours avec crainte. (Cette fille est entrée en Religion par la crainte reverentieìle. Cette femme a signé pour son mari par la crainte reve- rentielle.) REVERENTIEUX, eufe, adj. [Homo officiorum n/mius.'j Terme burlesque, qui fe dit de ceux qui afectent de faite trop de reverences & de complimens. (LesProvinciaux & les Pedans sont des gens reverentieux.) REVERER, f. [Reverentiam prœjlare.) Honorer. Avoir du respect pour quelcun , ou pour quelque chose qui mérité d’étre honoré. (Alexandre reveroit la vert» ct la véritable gloire. Vaug. Quint. I. g. c. 14. Pour tant d’heureux bienfaits les muses révérées Furent d’Un juste encens dans la Grece honorées. D dp r.) RE'VERIE,// [Deliratio, âelirium ,J Aliénation d’efprit causée par la soufrance du cerveau. (Tomber en rêverie.) RE'VERIE. [Mentis aberratio, chimara.) Imaginations sotes. Visions ridicules qu’on sc tnet dans l’esprit. (Les rêveries dont se berce le pauvre Médecin Guillot se* roient crever de rire un Saint de Paradis. Dam peu vaus allez voir vos froides rêveries Du public exciter les justes moqueries. Despr.) * RE'VERIE. [Meditatio, mentis agitatioj Ce mot se prend en bonne part lorsqu’il est accompagné d’une épt- téte favorable, & il signifie iûars produâìons d’esprit qu’on a fait à force de rêver. (Les fameuses rêveries des exceî- lens Poètes. Mait. Poest Ce sont d’aimables rêveries que les rêveries des beaux esprits.) RE'VERIE- [ Profunda cogitatio. ] Action de l’esprit qui pense, rêve, & songe profondément à quelque ebo- se. (II sc promenoit dans une profonde rêverie. Abl. Lucien.) REVERS , / m. [ Faciès averfa. ] C’est la partie qui est exterieure & qui est oposce à celle du dedans. Ainsi on dit, (Le revers de la main. Le revers d’une lctre. Le revers d’un feuillet ) REVERS. [Averfa manus. J Ce mot fe dit en parlant de coups. C’est un coup qui se donne en tournant la main en dehors. (Fendre la tête d’un revers. Abl. Pour châtier son insolence extrême , II saut que je lui donne un revers de ma main. Mol.) REVERS , f m. [ Primaria frons ■ Numifmatis. j H se dit en parlant de médailles & de pièces de monoîe. C’est le côté le moins considérable, où il n’y a que quelque Tome Hl. C ce devise, REV divise, ou autre figure. H est opposé à iaprincipale empreinte ou figure. . . . - rír „ * U n ’y a point de médaille qui n'ait son revers. [Una- quaque ret duplicem faciem habet.] Cela se dst aujigure & en maniéré depw^i pour dire, qa’ilny a point d’afaire qui n’ait deux faces, & qu on ne puisse regarder du'bon&du mauvase côté. REVERS. £ Obversa manicarum faciès. J 11 le dit des manches, & lignifie la partie des manches qu’on retrousse. REVERS. [Adversus fortuna casas. ] Disgrâce, Malheur. (* Un revers de fortune. Vaug. Quint. I. z. * Lorsque s ai bien mangé, mon ame eji ferme a tout, Et le plus grand revers n’en viendroit pas à bout. Mol. Eprouver les revers de la fortune. Abl. Ar. I. 7.) De revers. [ A tergo. ] Ce mot en ternies d e Guerre veut dire à dos. Par derrière. ( Voir de revers. Batre de revers. Commandement de revers. C’est une hauteur qui découvre & bat un poste par derrière , prenant les troupes à dos.) f 11 n’y a presque point de montagnes, qui n’aient des revers où des hommes peuvent passer, & dont les Généraux habiles doivent s’assúrer. Po : ybe de Folard. .REVERS. [Navigii armamenta.] En termes de Mari. ne, on apelle manœuvres de revers celles qui ne font pas de íèrvice. (Quand on revire le bord , les manœuvres qui etoient de service deviennent manœuvres de revers, &au contraire, &c.) 'f REVERS. Terme de Paveurs. On apelle revers de pavé, le côté du pavé dont la pente aboutit au ruisseau ou égoút des rués. REVERSER, v. a. [Iterùm ejsundere.] Verser de nouveau. (Reverser du vin dans un tonneau, d’ou on l’avoit tiré. Verser & reverser plulieurs fois quelque liqueur d’un verre dans un autre..) REVERSIBLE, adj. [Revesbilis.] Terme de Palais. Qui est sujet à retourner. (Le douaire d’une femme est reverlible aux ensans. Tous les fiefs alienez de la Couronne font réversibles.) .REVERSION, f.s. [Jus abalienati pradii ab affertore mlimendi.} Terme de Palais. Ce mot vient du Latin, & signifie retour. (On donne les douaires & les apanages à la charge de réversion.) REVERSIS ,f.m. [ Reversa. ] Sorte de jeu de cartes qui se jolie avec toutes les cartes & donc le valet de cœur, qui est la principale carte d u jeu, est apellé qui. nola. (Jouer au reverlis. Faire le reverjìs. C’eli-à-dire lever seul toutes les cartes fans que pas un des joueurs fasse une main.) REVESTIAIRE , m. [Sacrarium.] Terme d’E- glife, C’est la Sacristie qui est le lieu où les Eclésiastiques vont prendre leurs habits lorsqu’ils veulent oficier. REV ETEMENT , f. m. [Mumtio exierna terrea ] Terme de Fortification. C’est le mur que le fosse a du côté de la place, soit qu’il soutienne la faussebraie ou le rempart. Félibien, Traité £ Architefíure. REVE TIR, v. a. [Exutam vejkm rejumere.] Ce mot signifie Habiller, Rabiller, & se conjugue ainsi ; mais dans 1’ufage d’ordinaire il n’est pas fort ulité aux trois premières personnes de l’ind. Je revêts, tu revêts, il revêt. Flous revêtons, vaus revêtez, ils revêtent. Je revêtais , j’ai revêtu, je revêtis. Que je revête. Que je revétijfe. Je revêtirais. Revêtant. (C’est un coquin que j’ai revetu par charité. C’est faire une bonne œuvre que de revêtir les pauvres.) * Les Peintres disent revêtir une figure , quand ils peignent les habits. [Sopire, vcjiire.] * Les sondeurs revêtent leurs modestes de cire. Les Charpentiers revêtent un pan de charpente quand ils en font l’assemblage. [Inducere.] * REVE TIR, [Munus deferre, tribuere.] Ce mot en parlant d’otìces & de charges signifie Pourvoir. Donner. (On sa revêtu d’une des plus belles charges de la robe.) * REVE'TIR. [ hi pojfesfìonem inducere.] Ce mot en parlant de fiefs & de vassaux veut dire métré enposeffìon. (Revêtir un vassal rte fa terre.) REVE TIR un acte de toutes ses Formes. [Munire.] REVE TIR un bastion, une contrescarpe. [Munire. ] Terme de Guerre. REVETIR toutes les passions de quelcun. [ Inbibere omnes alicujus ajseëius.] C'est Limiter. S p revit» òe bonnes inœjjr.v [Mores pudicos induere.] REVE TISSEMENT, J. m. [Induit io, munit 10.] Ce mot REV se dit en parlant de muraille. (Le Duc voiant qu’on n’a- voit presque abatu que le revétissement de la muraille, se contenta. Chapelle, Relation de la campagne de Rocroi,pag. 3.6. C’est-à-dire, abatu que le dehors de la muraille.) REVE'TISSEMENT , f m. [ Invesitura. ] II signifie aussi faction de revêtir quelcun de quelque fief. REVE TU, revêtue, adj. [Vejhtus,] Vêtu de nouveau. Habillé. (Revêtu d’un bon habit.) (* Etre revêtu d’une charge. Patru , plaidoié. s Indu. tus.] *Lescôt aux sont revetus de vignes. Vaug. Quint. I. Z. c. 10. [Satus vineis.] Son sang n’est pas de glace rt. vêtu. VoitPo'ef Ouvrage revetu de briques. Abìancourt. Mur revêtu de pierre détaillé. Abtancourt, Luc. Revêtu de mérité & d’honneur. Dejpreaux, Satire ç. Ilétoic revêtu de toute fa gloire. C’eji un gueux revêtu. Gonb. Epi. C’est-à-dire, un coquin devenu riche. En vain d’un lâche orgueil leur esprit revêtu Se couvre du manteau d’une faible vertu. Despr.) REVEUc. Voïez revùë. RE'VEUK , j. m. [Dormitator, delirans.] Chimerî. que, Visionnaire. (Ce sont des rêveurs. Pascal, i. 4, Va te moquer maintenant, & dire que je fuis un rêveur. A. blancourt, Lucs REVEUR. [Cogitabundus.] Ce mot se prend quelque- fois en bonne part en Raccompagnant de quelque chose qui lui donne un sens avantageux. {Ces rêveurs de cabinet Qu’une jiliabe travaille, Sont lions dans un sonnet , Et cerfs dans une bataille. Mainard,Ode à Fiate, p. igi.) RE'VEUSE , J.f. [Délira mulicr.] Celle qui songe, qui reve. Qui est pensive. Qui a quelque choie de (ombre dans l’humeur. (Philis est fort grande rtveuse. Sar. Pois. Iljìed mal u quinze ans d’être trijie ou rêveuse , Mais n’accordez a vos désirs , Si vous avez dejjem d’étre long-tems heureuse, Que ce que la nature a U’innocent plaisirs. Pavillon.) , REVIQUE', E E , adj. Etofe de laine reviquée, c est celle qui a été dégorgée de son trop de teinture. Ce ternie n’elt en ulage que dans les Manufactures de Pitar- die ; ailleurs on dit, étofe dégorgée. í REVIQUER, v. a. On le dit des étofes de laine qu’on fait palier par la soûlerie, ou qu’on lave simplement dans la rivière pour les netoïer & dégorger, de ce qu’elles ont pris trop de teinture,afin qu’elles ne puissent barbouiller. f KtVlQEURS , f m. Ce sont en Picardie les Ouvriers qui reviquent ou dégorgent les étofes de laine de leur teinture. Unies apelle ailleurs, Foulons, Fou- leurs, f oulonniers, ou Mouliniers. j RE V ÎREMENT, / m. [ N a vis conversa,] C’est faction de revirer un Vaisseau. REVIRER, v.a. [Navem alià corn ertere. ] Terme de Mer C’est tourner un vaisseau par le jeu du gouvernail. (Revirer un vaisseau ) REVIRER dans les eaux d’un Vaisseau. Ternie de Marine. C’est changer de bord derrière lui, en sorte qu’en le suivant on coure un même air de vent que lui. C’est aulli Revirer, ou changer de bord dans f endroit où il doit passer. Ozan. Dicf. Mat. REVISEUR,), m. [Revisor, perscrutator.] C’est le nom qu on donne à un Officier de la Chanceleríeôpolto- lique. li y a à Rome trois Officiers apellez Reviseurs, l’un pour les dispenses matrimoniales, & les autres pour les dilpenies beneficiales. Ì 3 E y n dans la Chancelerie de la Cour de Rome, plusieurs Officiers apellez Reviseurs. Ce font des personnes de probité & d’une expérience consommée. Ils mettent au bas des Supliques. Expediantur Littera, lorsqu il saut prendre des Bulles ; & un grand C. quand la matière est íujette à componende. Après avoir revu & corrigé !a Implique, ils y mettent la premiere lettre de leur nom tout au bas de la marge du côté gauche. II y a plusieurs Reviseurs. L’un est apelle Reviseur pur obituni , il dépend du Dataire ; il a la charge de toutes les vacances perobi- tum inpatries obedientia: s il est aussi chargé du soin des impliques par démission , par privation & autres en païs d obédience, & des pensions imposées fur les benefices vacans en faveur des Ministres & autres Prélats Courtisans du Palais Apostolique. L’autre s’apelle Reviseur de' matrimoniales, il dépend aussi de laDaterie, & ne se niele que des matières matrimoniales. REVE EEV REVISION 1 ,// rC)i.';,7„ , ] àâioo de revoir & la peine qu’on prend de retoucher quelque ouvrage. (On travaille à la revilìon du Dictionnaire de la Crufca. On a travaillé auílì avec un trés-grand foin à la revilìon de celui-ci. Je J'çai de gros Seigneurs qui seraient dans la craffê Sans la revision que je fis de leur race. Bours. Esope.) On dit auffi faire la revision d’un compte. [Rationufn recognitio.’} Les revisions de compte font fort ordinaires. Obtenir des lettres de revision pour faire revoir un procès. f Diploma itérâtœ recognitionis .2 REVIS! l'ER , v. a. [ Revìfere , revifitarej ] Visiter de nouveau. (Un Médecin revisite un malade. Revisi- ter des marchandises.) t REVIVIFIER , v. a. [Necejsaria ad vitamsuppe- ditare .2 Ce mot au propre signifie, Redonner la vie. II ffestguére en usage. f REVIVIFIER, se dit d’une partie presque morte, qu'on rétablit en la frottant avec quelque liqueur forte. (L’esprit de vin a revivifié sa main.) £ * REVIVIFIER , se dit auílì des effets que la grâce de ' Dieu produit en nous. (La grâce revivifie les pécheurs.) REVIVRE, v. a. [Reviviscere, ad vitam redire,red- dere animas.} Retourner en vie. Redonner de la vigueur. (Nous vt ndrions bien mieux nos sons S’tls faij'oient revivre les hommes Comme ils font revivre les noms. Voit. Poës.) Dans cette derniere ligne le mot de revivre se prend dans un sens figuré. [ Figere , florere. ] On dit auílì , Nous avons perdu un Prince en qui toutes ces qualitez- là dévoient revivre. Voit.l. i $7. Les Peres croient revivre en leurs enfans. [Propa- goH.] * Faire revivre une ancienne opinion. £Opinioxem fuscitare.2 * Faire revivre un procès, une prétention, une dette, &c. RE'UNION >//• [ Coagmentatio, compafiio. ] A- ction de réunir. ( On fera une réunion de toutes ces choses au domaine.) La réunion des esprits. ( Aninm um reconciliatio. J C’est-à-dire, la réconciliation des esprits. RE'UNIR , v. a. [ReJiduere.J fie réunis, tu réunis, il réunit, mus réunijsons. Je réunifiais. fie réunis. Je réunirai. Que je réunifie, réunifiant. [ Conjungere,cong/uti. nare.] Rejoindre, remettre ensemble, ce qui avoir été séparé. (Les Rois de France ont réuni peu à peu tous les fiefs de la couronne, qui en avoient été démembrez depuis Hugues Capet.) * Travailler a réunir les esprits. ( Disjun/los animas réconciliase .) C'est-à-dire, les apaiser. Se réunir, v. r. [fa timon corpus coalesceres Je me réunis, fie me réùnijjòis. fie me réunis. Je me fuis réuni. Se rejoindre, se rassembler. (Toutes les troupes se réunirent.) * Se réunir. [ Ad concoràicon adduci. ] II se dit auffi figurément & veut dire, rentrer en bonne intelligence les uns avec les autres. (Les esprits se réuniront, & l’on vivra tranquìlement.) RE'ÙNIS, f m. pi. Ce mot vient du Latin reuniti, & se dit d’ordinaire au Palais 1 & dans quelques discours de Religion. 11 signifie les Protestans , ou les reformez qui ont quitté leur créance pour s’attacher à celle des Catholiques Romains. RE'VOCABLE, adj. [Quod potejf rescindi.J Qu’on peut révoquer. (Commission révocable.) REVOCATION, f.s. [_RfsciJìo, abrogation Prononcez révocacion. Elle consiste à révoquer queicun. Acte par lequel on révoqué. (La révocation est dans les formes. Les commis doivent exécuter leur ordre fous peine de révocation. La révocation d’un Edit. ) Votez Revo- quer. REVOIR, f. a - [Rursiis viderej Voir de nouveau fie rêvai, fi’ai revu. fie revis, fie reverrai. fie reverrois. fie revifi'e. Revotant. Que je revoie. ( Adieu, j’aurai l’honneur de vous revoir demain. Si tu prens quelque foin de moi , Malgré Íennui qui me dévoré , Tu pourras me revoir encore. Boisr. T. 1. ep. ir.) REV 387 * REVOIR. fRecognoscere , examinarc.’] Corriger. Retoucher. (Revoir un ouvrage exactement. Feu Monsieur d’Ablaocourt revoioit jusques à huit fois un même ouvrage avant que de le faire imprimer. Revoir un compte. Revoir un procès criminel.) f Adieu , jusqu’au revoir. [lirevi unà iterùm agemití.J C’est à-dire, jusqu’à la premiere rencontre. REVOIR un procès. [Litem recenjìre.j C’est le juger tout de nouveau, quand il y a eu une erreur considérable dans le premier Arrêt. REVOIR. [_Ex recentibus vefiigiis explorare.' ) Terme de Chafiè qui se dit de la piste de la bête qu’on chasse. (Revoir du cerf par pié. Pomty.) REVOLAIN , revolin, f m. [ Subitus undarunt vortex.] Terme de Marine. C’est un vent qui n’étant pas poussé droit, ne se fait sentir que par un retour, c’est- à-dire, qu’après avoir donné contre un objet qui l’a te n, voié. O2. Dicí. Math. RE VOLER, v.n. [Rursùs volarej Voler de nouveau. Retourner en volant en quelque lieu. (L’aigle re. vola vers ses petits, vers son aire. Cet oiseau vole & revoie autour de nous.) REVOTER. {Iterùm furarij Dérober encore. (Dés qu’on cesse de faire le guet a s aris, on revoie. Pour dire on recommence à voler, & cette derniere expression doit plûtôc être employée que l’autre.) REVOLTE,// [ RebetHo,rebellatio.2 C’est la désobéissance des sujets d’un Prince qui ont secoué le joug de la domination. Mouvement de quelques peuples qui n’obéïffent plus à leur Prince légitimé. ( Ëtoufèc les semences d’une nouvelle révolté. Abl. Ar. I. 4. E- toufer une révolté. Vaug. Quint. I. 6. Exciter , causer une révolté. Ablancourt.j REVOLTE , signifie auffi désobéissance à son Supe» rieur. On dit la révolté des sens contre la raison. (La révolté du premier homme a entraîné la perte dugenre- humain. Quelquefois ma raison par de soibles discours M’incite à la révolté, e£ me promet secours. Voiture.) RE'VOLTF/,/ m. ( Rebellas or. ] Les révoltés te sont rendus maîtres de la ville. REVOLTER, v.a. {RebeliareJ Causer, exciter quelque révolté. (Sa cruauté révolta le Roïaume contre lui. On dit auffi fort bien, sa cruauté fit révolter le Roïaum® contre lui ; & cette derniere façon de parler est de d’A- blancourt. La suprelsion de la pragmatique & concordat révoltèrent tous les esprits. Patvu, plaidoié contre les Urbantjles.pag. 16.) Se révolter, v r. ( Defic ere , rebellionem facere. ] Se soulever contre son Prince légitimé. (L’Isle de Madère est fur le point de se révolter. Voit. I. 46. Province qui s’est révoltée. Vaug. Quint. I. g. c. 1. Ils étoient fur le point de íe révolter contre Caligula. Ablancowrt, Tac „ An. iz.l. 14. L’esprit ne se révolté point contre un ordre établi qui ne lui est point injurieux. Port-Roial , Education du Princes REVOLU, révolue. [Expletuss Achevé. Fini. (Le cours de Saturne est révolu au bout de 30. ans. J’ai 40. ans révolus.) (f Le terme révolu n’est plus en usage qu’au Palais, où l’on dit encore : Pan révolu du décès , après lequel la veuve a droit d’exiger fa dot. Madame Dacier a dit dans fa Traduction de l’Odissée : Mais après plu- jìeurs années révolues, 0 j ’c. Elle a fans doute eu plus d’attention à faire une Traduction exacte qu’à la faire élégante, REVOLUTION,//) {Mutatio, conversa, vicijfi. tudos Tour & retour. Cours & fuite. (La révolution du soleil. La révolution des siécles. Ablancourt.) 4 RESOLUTION , se dit des honneurs, dont le mouvement extraordinaire altéré la Santé du corps. (Cette révolution d’humeurs est dangereuse.) » REVOLUTION. [Calamités, iníortunium, oecajus.] Trouble. Désordre & changement. (Ils s’assurerent contre tout ce qui pouvoit arriver dans une révolution comme celle qui les menaqoit. Mémoires de la Rochefaucauts REVOM 1 R, -r. a. [RevomereJ Vomir de nouveau. (II a revômi ce qu’il avoir mangé ) REVOQUER , v. a [ Retrutlare , revocare. J Ra- peller. Casser) Aìinuller. Changer ce qu’on avoir fait & fe rendre nul. Déclarer qu’on change ce qu’on avoir fait. Tome III. C c c a o» Z88 RHA ou établi. Le Siège se porte à révoquer ce ùu'onsNrs par surprise. Pasc. L 18. Révoquer une donation. Patru. Révoquer un Ambassadeur. Révoquer un Procureur. Re- voquer un Commis. Révoquer uu Magistrat. J » Rpvnouer une chose en doute. Scaron. [ln revocare. J (Son esprit inquiet , U de trouble agité , C'roit tous les soupçons qu il écoute , Et prend plaisir à révoquer en doute L’excez de la félicité. Perr. Griseld.) REuSSIR, ®. n. [Féliciter succéder es Avoir de la réussite. Avoir du succès. (Ce dessein lui a réussi. Cette entreprise lui a réussi. Vaug. Rem.) f Cette afaire lui eji réussie. [René prosperêque succesjit uegotium .) Cette façon de parler est mauvaise, & il faut dire, cette afaire lui a réussi-, parce que réussir se construit d’ordinaire avec le verbe avoir , & non pas avec le verbe être. Vaug. Rem. RE'uSSIR. [Feliciùs venire , cr ester e.) Ce mot se dit des arbres, & lignifie croître. Venir bien. (Les pêchers & les abricotiers réussissent bien en espaliers.) REUSSITE , s.s. [Succejsus, exitus.) Succès. (Livre qui a de la réùilite. II ne faut pas s’étonner 11 les petites pièces ont une si extraordinaire réussite. Mol.) REVU, revûé, adj. [Revises , emendatus , recogni- tui.J Qui a été vú de nouveau. Qui a été touché , corrigé. (Ouvrage revu.) REVEUë , revue, f. f. [Exercitus recensa, lufiratin.) L’un & l’autre s’écrit, mais on prononce toujours revue. Ce mot est un terme Áe guerre, & signifie dénombrement des troupes par ordre. (Faire la revúë de l’armée. Vaug Quint. L 6 .) REVûë. [Revsìo.s Examen d’une chose en détail. (II a fait la revue de ses marchandises ) REVûë. [Perquifitio, examen. J Examen. Réflexion. (Dès qu’on fait une revûë un peu severe de son propre cœur, on tremble à la seule pensee de la mort. Nicole. Je ne m’étois point aperçue, Que tous vos petits Jbms dussent ni’être sussefls » Et quand j’en saisis la reviiê , Je les prenois pour des respefls. S. Evremont.) REVULSION ,//• [Révulsa, everso.-} Ce mot est usité parmi les Medécins. qui disent & ecrivent. (C’est une révulsion de toutes les humeurs. C'est-à-dire, un bouleversement, un désordre de toutes les humeurs.) f REVULSION, se dit lorsqu’on détourne le cours des humeurs qui nuisent à une partie. (On ne sauroit guérir cet ulcéré, sans faire une révulsion de l'humeur qui l’entretient. II faut faire révulsion de l’humeur qui tombe fur vos yeux.) REZ, f m. [Solum. ] C’est la superficie de la terre qui est au niveau du terrain de la campagne, qui n’est ni creuse, ni élevée. Ce mot de rez ne se dit pas seul. On dit rez de chauffée. (L’ouvrage est a rez de chaujsee, c’est à dire, à niveau du dessus du terrain de la campagne. Rez de chaussée s’apejle aussi le sol. U étage du rez de chaussée. C’est le plus bas étage d’un bâtiment. REZ terre. [Solo penitus aquare .] C’est-à-dire. Tout contre le fol. Tout contre la terre. f REZ, ou rais. II vient du Latin rasus , qui signifie rasé, tondu. 11 est adjectif, & ne fe dit qu’au maso. & même dans le burlesque. (II est rez, & tondu comme un moine. Le mot de rez fe prend substantivement dans ce proverbe, il ne se soucie des rais, ni des tondus. C’est-à- dire, il ne fe soucie de personne.) RHABILLAGE, f m. [ Rejarcinatio. ] Travail de celui qui racommode quelque chose de rompu. RHABILLER. [ Vejiem resumere. ] C’est remetre ses habits. C’est racommoder quelque chose. [Resarcire.) Voïez Rabiller. A * RHABILLER une afaire. C’est dans le stile familier, rect’tìer ce qu’il y a de défectueux dans une afaire. (Vous ne Duriez rhabiller tout cela.) ■í * RHABILLER une faute. C’est aussi dans le stile familier, la réparer. RHAGADES, s.s. [ Rhagades. ] Nom que les Médecins donnent aux sentes qui se font fur les lèvres. RIB RH.'.GOïDES , adj. [ Rhagoìdes. ] Seconde tunique de l’œil, qu’on apelle autrement uvée. Voïez les colonnes Rab. Rei. Ret. Rom. Rub. Où vous trouverez les mots qui s’écrivoient autrefois par Rh. f RHASUT , ou Rumigi Maurorum. C’est une efpece d’Ariltoloche, dont la racine est assez grosse, profonde en terre , & d’un goût très-amer. Elle croît près d’Alep. Elle est vulnéraire, detersive, dessicative, appliquée extérieurement. RHOD 1 A RADIX- Efpece d’Orpin d’un goût astringent. Sa racine a le goût & l’odeur de la rose, quand on l’a écrasée. Elie croît sur les Alpes, & aux lieux ombrageux; elle est résolutive, anodine, propre pour apaiser les douleurs de tête , apliquée extérieurement & arrosée d’un peu de vinaigre. RHOMBE, ou rombs, f m. [ Rkombus. ) Terme de Géomètr e. Losange. Figure de quatre cotez égaux & parallèles, mais dont les angles ne font pas égaux. (C’est un rhombe.) RHOMBOÏDE,/ m. [Rhomboïdes.) Figure de quatre cotez inégaux & parallèles, & dont les angles ne font pas égaux. (Tracer un rhomboïde ) En anatomie c’est un muscle qui fait mouvoir l’épau. le en arriére. RHUS. C’est un arbrisseau fort grand, ses Feuillés & ses fruits fervent en Médecine & contiennent beaucoup de sel essentiel & d’huile. Ils sont fort astringens, propres pour la Dyssenterie, pour le flux des menstrues & des hémorroïdes. On les emploïe en décoction & en poudre. RIANT. [ Ridens, hilarìs, rmidens. ] Participe du verbe rire. , RIANT, riante , adj. s Hilaris. ] Qui a un air gai & d’une personne qui rit. (Avoir le visage riant.) * RIANT , riante. [Fucetus, bilaris ] Agréable. Qui divertit. Qui plaît. Qui est beau à voir. (Cela est riant. Peinture riante. Coteaux tout rians pat la multitude de leuts fruits. Port-Ròial. Rians apas. Molière, Pfiché , a fl. ì.Jc. 2. Mais dans une profanes riante peinture , De ri oser de la fable emploier la figure, C’ejt d’un scrupule vain s’aUarmer sotement. Despr.) RIBADOQUIN, s m. [Tormentum sesqui librn ejaculans.) C’elt une ancienne pièce d’artillerie qui a ;6. calibres de long, qui tire une livre & trois quarts de plomb avec autant de poudre. t RIBAUD, f m. [ Rei venerea dédit us. ] Ce mot se prenoit autrefois pour un homme fort & robuste; mais aujourd’hui il signifie, celui qui est entié ement dans l’amour des femmes. Qui aime le sexe. Qui est paillard , mais il ne se dit guère parmi les honnêtes gens, & il ne peut entrer que dans le stile comique, ou satirique. (C’est un vieux ribaud. Voïez Pasquier, re. cherches, l. $. Quand tels ribauds seroient pendus, ce ne seroit pas grand dommage. Voit. Poes.) t RIBAUDE, s.s. f Rei venerea dedita.) Ce mot ne se dit que par injure, & il ne peut entrer que dans le stile comique, ou satirique, & lignifie paillarde. Qui est dans l’amour des hommes, qui les aime éperdument. (C’est une franche ribaude ) {$ RIBAUD , homme débauché. Ribaude , fille ou femme abandonnée aux plus infâmes plaisirs. Nous lisons dans un endroit de Joinville, où il fait mention de la justice que saint Louis fin soi t observer dans son armée, pag. 99. de /’Edition de Mr. du Cange: ,, Ci,, après orres les justices & jugemens que je vis faire à„ Cesarée tandis que le Roi y séjourna : tout premier,, d’un Chevalier qui fut prins au bordel, auquel on„ partit un jeu, ou que la ribaude aveques laquelle il,, avoit esté trouvé le meneroit parmi l’ost ensache-,, mise , une corde liée à ses genitoires, laquelle cor-,, de la ribaude tiendroit d’un bout : ou s’il ne vouloir,, telle chose, souffrir qu’il perdroit son cheval , ses » armures & harnois, & qu’il seroit dechassé &four-„ banni de l’ost du Roi. Le Chevalier aima mieux,, perdre son cheval & se bannir de l’Armée , que de,, s’exposer à la risée de toute l’Armée. " Voici comme Du Tillet en parle pag. 521. „ Ez Estats des Rovs„ Philippes nommez au chapitre précédent est faite,, mention du Roy des Ribauds , Officier domestique,,, lequel fe devoir toujours tenir hors de la porte de,. R IB „ s'nostel du Roi. Par l’Ordonnance du Roi Philippe ,, le Long faite à Lorris en Galtinois le Jeudi dix-sept „ Novembre i? 17. nommant Grajji Ire qui tenoit ledit „ office, .ainsi appelle pourceque les mauvais garçons ,, eiloient pour lors nommez Ribamis, comme les tilles femmes abandonnces Ribaudes ; le mot de Roi ,, estoit appliqué au Supérieur ou Juge , tout ainsi „ qu’au Grand Chambellam le Roy des Merciers , à „ la B izoche leur Roy , aux Arbalestiers leur Roy ; & ,, semblablement la charge dudit Roy des Ribauds eltoit „ de faire juítice des crimes commis à la fuite du Roy ,,hors son hoftel. De ceux faits dedans , les Grands autres Maistres dudit hostel avoient la connoís- „ fa n ce. Ledit Roy des Ribauds avoit variets ou ar- ,, chers pour la force & exécution de son office , qui ,, ne portoient verges audit hostel, & eiloient de la „ jurifdiction des Maistres des Requestes dudit hostel, „ lesquels anciennement avoient leur siégé à la porte ,, dudit hostel pour ouir les requestes & plaintes de „ceux de dehors, ainsi qu’il fera plus amplement de- „ duit en leur chapitre. “ Mais Pafquier en dit bien davantage dans ses Recherches, lìv. 8. ch. 44. que je tâcherai d’abreger : ,, Le mot de Ribaud fous le régné „ du Roy Philippe Auguste estoit baillé à des soldats j, aulquels il avoit grande creance en lés exploits miii- „ taires. Guillaume le Breton , au troisième livre de »J'a Philippide , dit que ce Roy estant venu pour don- ,, net confort & aide à la ville de Mante que le Roy ,, Henri d’Angleterre tenoit assiégée, soudain après ,, son arrivée le Seigneur de Bar brave Cavalier avec „ceux de sa bannière, & les Ribaux , attaqua chau- ,, dement l’efcarmouche , & logea l’efpouvente au „ camp desAnglois. Le Roy Philippe , après avoir „ subjugué le Poitou , voulant assiéger la ville deTours, & trouvant la riviere de Loire luy faire obstacle, „ il choisit le Capitaine Ribaud pour la gayer. Or tout „ ainsi que le Héraut qui estoit prés du Roy fut appellé j, Roy d’Armes , aussi fut ce Capitaine appellé Roy des ,, Ribauds. Ainsi le recuéillay du Roman de la Rose , j, quand le Dieu d’Amour assemblant son ost pour déli- 3 , vrer bel accueil de la prison en laquelle il estoit dete- 3, nu, le dessus du chapitre porte : “ „ Comment le Dieu d’amour retient ,, Fauxsemblant qui des jìens devient , ,, DontJes gens font joyeux U beaux , ,, Car ilJe fait Roy des Ribauds . ,3 Et dans le discours du chapitre: „ Beaux semblant par tel convenant „ Tu Jeras a moy maintenant , ,, Et a nos amis aideras ,, Et point tu ne les grèveras , ,, Atnjì penj'eras les enlever , ,, Et tous nos ennemis grever , ,, Tient soit le pouvoir [st les baux , ,, Car le Roy jeras des Ribaux. „ Et d’autant que cette Compagnie estoit vouée à la „garde du corps du Roy, il falloit que son Capitaine ,,tmll pied à boule à la porte du château. “ L’auteur raporte ensuite l’extrait de la Chambre des Comptes , ou l’on voitles fonctions du Roi des Ribauds, & fes gages qui consistoient en six deniers , une provende & un valet à gages, soixante sols pour robe par an. Et dans un autre endroit : „ Jean Crasse Joé Roy „ des Ribauds ne mangera point à Cour > mais il au- „ra six deniers de pain & deux quarts de vin , une „pièce de chair & une poule, & une provende d’a- „voine, & 1;. deniers dégagés, & fera monté par „ PEfcuyer. “ Je trouve que Pafquier & du Tìllet ne s’acordent pas fur la comparaison du Roi des Ribauds avec le Prévôt de l’Hôtel. „ Peu à peu (dit Pas- quier) cette compagnie de Ribauds, qui avoit te- ’’ nu dedans la France lieu de primauté entre les ’ guerriers, s’abatardirent avec le temps , & par un ” mesure moyen tomberent en l’opprobre de tout le " monde , & une je ne sçay quelle engeance de pu- "tassiers ; & est une chose émerveillable qu’avec le ” temps l’estat de ce Roy des Ribaux alla tellemqnt ” en raval, que je le vois avoir esté pris pour exécuteur de la haute justice. “ Apès la chute des Ri- bauds, on apella ribaudies les choses obscènes. On lit dans le Roman de la Rose : Après garde que tu ne die Aucuns mots laids [st ribaudies , RIC 389 juy Quelquefois en badinant on se sert à présent du mot Ribaud. On a raporté dans le Menagiuna ces quatre vers de Mr. le Duc de S. Agnan , qui le plaignoit de la paresse de Mr, Arnaud Mestre de camp des Carabins : Ce faux glouton d’Ârnaldm EJi moult éehars de jòn langage ; Quand tels ribauds feraient pendus, Ce ne j'eroit pas grand dommage. A l’égard de l’étinrologie du terme Ribaud , votez les Origines de Mr. Ménage. RIBAUDEQUIN , f. nu Arbalète longue de quili. zepiez, dont on se servoit autrefois, & qui d’un seul coup pouvoir tuer quatre hommes. Fauchet. í RIBAUDURE , f.s. Efpéce de faux pli ou bourlet, qui se fait aux draps de laine lors qu’on les fait fouler. RIRES , J'f. [Succus grosularius.li Nom que les A- poticaires donnent quelquefois aux grozeilles rouges. t R1BLER , V. n. [Noâu vagari.J Ce mat est vieux & bas. 11 signifie courir la nuit. (Ils ne taisoient que ribler toute la nuit.) RIBLETTE , f f [ C amis lìngula. ] Trenche de viande déliée qu’on fait rôtir fur le gril, ik qu’on assaisonne de sel & de poivre. RIBLETTE se dit aussi pour Omelette au laid. Riblet- te au lard. [ Intrita ovorum laridaria.J I Ri BLEU R,/m. [Zona J'ector, grajfatorj} Vieux 1110 t. Coureur de nuit. RIBODAGE,/,»í» : [ Navium colhfio. ] Terme de Mer. Dommage causé à un navire par (e choc d’uo autre, lors qu’ils sont tous deux en mer, ou qu’ils changent de place au quay. tìz. DiU. Math. RìBON - RIBA1NE. [Quovis pretio. ] Ternie populaire , vieux & burlesque , qui iignitìoít, à quelque prix que ce soit, nonobstant toute résistance L empêchement. f$ L’Auteur du Blason des folles amours a dit: • Ce qu'il luy plaijí Faut qu'd fntfait Ribon ribame , EtMellin de Saint Gelais, Mais Ji jamais m'estes tenu , Vous payerez ribon ribame. Ribaud. RIBORD , f m. [ Secundum laterìs tabulatmn. ] Terme de Marine. C’elt le bordage du vaisseau qui est le plus proche de la quille. ch RIBORD AGE , f m. C’est ce qui est réglé pour le dommage qu’un navire match.,nd peut faire à un autre en changeant de place, soit dans un port, soit dans une rade. f RIC u ric , adv. [Rigide, diJiriSì , exaflè, rigo. âe.J Ni plus, ni moins. (Je lui ai donné ric à ric ce qu’il faut. Ils nous conte ric à ric Les conquîtes d'Alaric. P e liston , poëf.) jftf Monsieur Ménage avoue que ce mot ric à ric est de dificile origine. Nous disons , Faire quelque chose ric à ric, pour dire , Faire quelque chose à la rigueur, ex rigtda ratione juris; & ce mot en cette signification peut avoir été fait de rigidus. De cette maniéré , rigi. dus , rìgidicm, riccus, ric. Mais nous disons aussi Ric, pour dire, coupe, taille, coupure jusques à la racine , jusqu’au pied, jusques au vif , [sc. t RICANER, »• a - [Cachinnari, caebinnos toile- re.J Rire comme fi on se moquoit, ou si on vouloir se moquer. (Voilà-t-il pas Monsieur qui ricane deja. Ma-, liére, Tartufe, acî. 1.) ‘ RICANEUR, J- m. [Cachinnator. j (L est un ricaneur perpétuel & incommode.) RICHMRD if- tn - [Riebarditsf Nom d’homme. (II y a eu quelques Rois d’Angleterre qui se sont apellez Richard. ) f RICHARD. [Dives est avarus.'} Mot bas & vieux, pour dire un homme riche. Qui a du bien. (C’est un richard.) RICHE , J■ m. [Dives, locuplcs, opulentus.J Qui a beaucoup de bien. (Les riches sont orgueilleux, insolens, oi- Ccc ? fift, T) f f'~* 590 sifs, voluptueux, arrogans,& pour en faire le véritable portrait, il sciant figurer des tous à leur aiíe.) RICHE malaisé, s m. G’est un riche qui avec tout Ion bien a de la peine de se retirer d’ufaires & de vivre à son aise. (Monlieur un tel est un riche malaisé.) RICHE, adj. [Eocuples.] Ce mot se dit des choses & des personnes. Qu» a force bien. Qui est abondant en toutes sortes de biens. ( Ce pais étoit le plus riche de l’Univers. Vaug. Quint. I. 8 . c. ç. 11 est plus riche que moi de quatre ou cinq mille écus. Mol. Pendant ces derniers tans, combien cn a-t-on vus Qui du soir au matin sont pauvres devenus , Pour vouloir trop tót être riches. La Font.) RICHE. Se dit des terres & des pais. [Uber,feraxî] (Lion est une ville riche en argent, à cause du commerce.) RICHE. [ Votens. 'J Abondant. (11 est riche en amis. Discours riche. Une langue riche.) On dit proverbialement. Si tu es fi riche, dine deux fois. [Ut beatior Jìs , bis prande.] tf RICHE, du Gaulois ou du Bas Breton Rich, qui signifie fort, puilsant. Fortunat, hv. 8 - explique ainsi le nom de Chilperic : Cbilperice pntens, si inter prés barbarus adsit , Adjutor, sortis, hoc quoque nomen babet. Les Allemans disent à présent Reichj & les Italiens, Ricco. $ * RICHE, se dit en parlant des biens du corps & deTesprit. (U 11 homme riche en mérite, riche des biens de l’efprit. Une femme riche en beauté.) On dit aussi d’une femme extrêmement laide, qu’elle est riche en laideur. ± * RICHE taille, se dit d’une taille bien proportionnée & au d et sus de la médiocre. (Ce jeune homme est d’une riche taille. Cette femme est de la riche taille.) £ RICHE , lignifie quelquefois noble & relevé, & on le dit particulièrement du stile. (Riche expression, riche comparaison, stile riche, riche description, &c.) î O» apelle, Rimes riches, celles qui font les meilleures, & qui satisfont davantage l’oreille. è RICHE, se dit aussi de tout ce qui est de grand prix, magnifique, orné. (Etofe riche, habit riche, meubles riches, broderie riche, &c.) H RICHE, sc dit en termes de Peinture, de Sculpture & d’Architeéture , des ouvrages chargez de beau- cou d’ornemens bien entendus. (Cet ouvrage est très- riche.) RICHEDALE, f si [Nummus Germanicus.] Alo- noie d’argent batuè en Alemagne, qui vaut trois livres. Voïez rifdale. RICHEMENT , adv. [ Copiosè , large. ] Proprement. Magnifiquement. (Etre richement vêtu.) RICHESSES , f. f. [Divitia , opes, copia.'] Ce mot au propre lignifie abondance de biens; & il y a de certaines façons de parler où il est meilleur au singulier qu’au pluriel, & an contraire, l’oreille & l’usage enseigneront quand il se faudra servir de l'on ou de l’autre nombre. Exemples. (La plus éclatante richesse c’est le repos. La Chambre. Fuie 2 les lieux charmant qu'arrose le Permeffe , Ce n’eji point sur ses bords qu’habite la richesse. Despr.) Amasser des richeses , & jamais de larichejse. * Chaque langue a ses phrases. La richesse & la beauté de chaque langue consiste principalement à se servir des façons de parler qui lui sont propres. Vaug. Rem. Les richesses de la langue Françoise. Vaug. Rem. 11 fut reconnu aux marques roiales&àla richesse de ses armes. Vaug. Quint. J’avois intérêt que les richesses que vous m’avez envolées ne tombassent pas en d’autres mains. Voiture , 1.2Ì. Cher ami , la richese ejí une belle chose, Toute félicité déduits elle ejì enclose , Tout pauvre n’eft qu!un sot. Desinarets, Viíionn. a. 3 . sc. ç.) ff Les richesses servent très-souvent à soustraire les scélérats aux peines qu’ils méritent : Selon que vousserez puissant ou misérable , Les jugement île Cour vous rendront blanc ou noir. La Fontaine, fab. On sc sert souvent du tetme richesses dans le figuré, & RïD même avec succès : mais je n’ai pas encore vú que l’on exprime ies vertus & le mérite d’une penonne par le mot richeses. Cependant Mr. Racine a dit -dans fa Phèdre, aci 2 sc. 1 . Non que par les yeux seuls lâchement enchaînée J’aime en lui fa beauté, Ja grâce tant vantée , Presens dont la nature a voulu P honorer, Qu’il méprise lui même, U qu!il semble ignorer : ‘sainte , je prise en lui de plus nobles richéjfes , Les vertus de son pere, A' non point ses foi bief es ; sainte je P avoue ai cet orgueil généreux, Qui jamais n’a fléchi Jous le joug amoureux, £è?c. RICIN, f tn. [Ricinus vulgarìs.] Plante qui pousse une tige à la hauteur de six pie/., & dont les grains pur. gent violemment. A RICIN. Cette plante croit en Candie, & devient grande comme un arbre. Les grains du Ricin purgent violemment toutes les humeurs. La dose est depuis un de ces grains jusques à six. On en fait une huile qu’on apelle Olemn de Cherva, qui purge pourvu qu’on en frotte l’estomac & le bas ventre. f RICINUS,/»?. [Ricinus.] FJpecc de morpion de couleur noirâtre , qui nait fur les plantes & s’attache aux animaux. On tué cet insecte avec les mêmes drogues qu’on emploie à chasser les poux. í RICIONOIDES , ou HELIOTROPIUM. Les Botanistes nomment ainsi une plante propre à la teinture, qu’on apelle plus communément Tournesol, ou Maurelle. RICOCHET , f m. [Crebri fubsultus lapidis per summum aquam , epojìracijmus.] Maniéré de bond, on de saut que fait sur la surface de l’eau la pierre qu’on y jette avec quelque sorte de roideur. (S’amuser à faite des ricochets, ylblancourt , M mutins Félix. ) C’ejl lu chanson du ricochet. [Fajiidiosa repetitio.] C’est une redite ennuieuse de la même choie. T RICOCHET. C’est aussi une maniéré de tirer le canon très-meurtriere & très-incommode dans un siège, puisque le boulet donne dans les endroits où l’on se croit le plus à couvert. Alr.de Valiere emploïa les batteries de ricochet au liège d’Aire contre les assiégea n s, & les alloit prendre dans la tranchée même ; rien ne les inquiéta & ne les désespéra davantage que cette méto- de. Les ignorans la desaprouvent, niais les gens habiles en connoissent les avantages. Polybe de Folard, Tome II. p. 261;. de P Edit. d’AmJi. f On dit Prov. d’une nouvelle qu’on ne tient pas de la premiere main, niais qui a fait beaucoup de circuits auparavant, qu’elle est venue par ricochet. sis L’origine de ce mot est inconnue à Air. Ménage. Volez ce qu’ii en dit. RiCOCHON , s m. [Monetalis cofior.] Terme de Momie. Nom que lesMonoïeurs donnent à leursapren- tifs, qui sont obligez de servir un an & jour le*ouvriers & monoïeurs, fans aucun salaire. Mr. Boiiard , dans son Traité des Monoïes, ;8l- nous aprend que les Ouvriers sont apellez Recruteurs pendant la premiere année de leur aprentissage,& les Monoïeurs Ricochons, dont Mr. Boisard déclaré ignorer l’origine , ne Payant pû aprendre des plus anciens Alonoieurs qu’il a consultez. C’est ainsi que dans tous les Arts l’usage y introduit des termes dont l’origine est inconnue. RIDE,// [Ragn.] Replis de la peau qui viennent au front Si aux coins des yeux des vieilles gens. (De grosses rides. De grandes rides. 11 aime une vieille fort riche & fort ridée, & en riant il dit que l’amour est en embuscade dans les rides de la vieille. Ses rides fur son front ont gravé set exploits, Et vous disent encore ce qu’il fut autrefois. Corn. Cid. act. 1. se. 1) ffs Airs. de l’Académie ont observé que les rides masquent les années ; mais elles ne gravent point les exploits. RIDE. [Nummus rugatus.] C’étoit une espece de mo- noie d or de quarance-huit sols,qui avoit cours sous François premier. Elle avoit d’un côté un homme armé quî teribit une épée à la main, & qui étoit monté fur un cheval qui avoit Pair de galoper ; & de l’autre côté elle avoit un écusson, au milieu duquel il y avoit des fleurs de lis & de petits lions, avec cette legende, Philippus Dei gra- tia Du.v Burgundi.t & de l’autre côté elle avoit ces paroles, i/í nomen lòomini benediPlum, RIDES. RÍD RIDES. [FunicHÌi conjirillorii.'} Terme de Mer. Cordes médiocres qui passent par diverses poulies , & le» vent à rcidir les plus grosses cordes. Four». RIDE. Se dit aussi de ces replis & inégalitez qui font •qu’une chose n’est pas bien unie. Le Crepe est une étoffé pleine de rides. [Crstum rugojum.l On dit que la mer a des rides quand elle est document agitée par quelque Z'ephire. RIDEAU»/*». [Vélum dutìile .] Morceau d’étofe de foie, de velours, de damas, de drap, ou de serge, ou morceau de toile façonnée, ou unie, qui aide à entourer le bois de lit, & qui est enfilé dans une verge de fer avec des anneaux. (Un beau rideau. Tirer le rideau. Des rideaux, vous m'excuserez , Ces sortes de lits font gloire De n’en être jamais f tirez. Abbé Régnier.) jjs RIDEAU, vient du mot ráfe,parce que le rideau fait plutieurs plis quand il n’est pas tendu. Voïez Ménage. RIDEAU de fenêtre. [ Fenejirœ J'upparium. ] Grand morceau de tafetas, de serge, ou de toile enfilé dans une verge de fer avec des anneaux, au haut d'une fenêtre pour empêcher la grande ardeur du Soleil. H RIDEAU. Les Anciens couvroient leurs tours & les ouvrages qu’ils élevoient, avec des rideaux, ou couvertures pour les garantir des feux des assiégez & des coups lancez par leurs machines. Ces rideaux étoient composez d’un tissu de crin Si de peaux crues. On n’avoit garde de les apliquer contre les tours, nuis on fufpen- doit ces couvertures en maniéré de rideau à certaine distance, car bien qu’il paroisse dans la plûpart des Historiens qu’elles étoient attachées & comme jointes à la charpente, on doit bien fe garder de le croire. Ces rideaux ainsi disposez n’auroient jamais pû résister aux traits & aux pierres lancées par les machines; au lieu qu êtant suspendus à deux piez de la charpente, ils rompoient & amortissaient la force & la violence des coups. Polybe de Folard , Tome II. p 205. Edit. d’Amji. * RIDEAU. [Collis, tumulus.J Terme d e Fortification. Fosté dont la terre est élevée fur le bord, & met le soldat à couvert. C’eltaussi une petite hauteur, ou éminence qui régné en longueur sur une plaine. (Les blindes servent de rideau & de couverture aux pionniers. X’infanterie étoit cachée derrière un rideau.) RIDEAU. Figurément, veut dire touc ce qui empêche une chose d’étre vûé. (J’ai tiré le rideau fur mes malheurs passez.) On dit proverbialement. Tirez le rideau, la farce est joiiee. [Alla eji fabula.'} RIDELLE, ridéle , f.s. Terme d e C baron, Morceau de bois rond & plané qui régne fur le haut & tout le long du chariot & de la charette , au travers duquel passent les épars & les rolons. (Les ridelles du chariot font rompues.) Voïez Mr. Ménage. RIDER, v. a. [Caorrugare.} Replier la peau. Faire Venir des rides à la peau. (C’est un médicament qui ride la peau. Ainst n'ayez point Pair de ce Missionnaire , Qui n’ayant ni le cœur, ni Pœil plein de colere , Contraint toujours son front à fe rider pour rien. Sanlec.) * Ce qui égaïoit les autres, ridoit son front. Molière. C’est à dire, ce qui divertissoit les autres, le cha» grinoit. ' Le moindre petit vent fait rider la face des eaux. La Fontaine, Fables, l. 1. C’est-à-dire, rend la face des eaux moins unie. * RIDER, ». a. [ Intendere.} Terme de Mer. Faire roidir une corde. (Rider une corde.) * RIDER la voile, f Complicare vélum. ] Terme de Mer. C’est l’adoucir par enhaut avec des rides. GuiUet. RIDER. [Tacitè prœdaminjequi. J Terme de Chasse. Ç’est lorfqu’un chien fuit la piste d’une béte fans crier. Se rider , ». r. [Frontem corrugare, caperare.] Se faire des rides. (Jupiter fe rida comme un vieux moine de Clervaux. Voit. poesj RIDICULE ,/• tn. [Ridiculm , ineptus.} Sot. Impertinent. (C’est un ridicule achevé. Je nesça,i point au ciel placer un ridicule , D’m nain faire un Atlas , ou d’un lâche un Hercule. Defpr.) Kib 391 RIDICULE, f m. [RidiculuM .J Caractère ridicule des gens, Sotifes & impertinences des personnes. ( 11 s font pleins d’un ridicule & d’une impertinence à décrier par tout l’efprit & la science. Molière , Femmes j'çavan. tes. II est dificile d’etnret comme il faut dans le udicule des hommes. Mol.) RIDICULE, f. m. [, Jocm , facetta,scurr ilit as J Raillerie, moquerie. Satire, maniéré de railler particulière. (Nos vices ne font point les vices qu’Horace & Juvénal entrepris; nous devons ernploier un autre ridicule,& nous servir d’une autre censure. Saint Evremont, in 4. î*g- SI 7 -) RIDICULE, adj. [ R.idiculus , insuljìis, ineptus. J Ce mot se dit des choses & des personnes , & signifie, Sot. Impertinent. Extravagant. ( 11 ne s’est jamais rien dit de si ridicule. Voit.l.^ 6 . Votre conduite vous tourne en ridicule auprès de bien des gens. Molière , MiJ'an- trope, ail. 1. fe. i. 11 est ridicule de vouloir assujétir les Poètes aux régies des Historiens. Ablanc. Luc. tom. 1.) RIDICULEMENT , adv. [Ridicule, iwjhlsè .] D’une manière sots ot ridicule. (Se conduire ridiculement.) f RIDICULISER, v. a. [Deseriis jocari,jèriu ridicule vertere.} Ce mot est de fabrique nouvelle, & n’a guère cours que dans ie bas stile , il lignifie rendre ridicule, (Ridiculiser quelcun. Le Pere a repris mes remarques en me ridiculisant. Ménage, remarques . 11 fe trouve danï ie Dictionnaire de TAcadémie. Ci gît de burlesque mémoire Lubin , qui mît toute sa gloite A ridiculiser autrui, Voit. œuv. p ost.) f Se ridiculiser , ». r. [Seipsum exhibere ridiculkm.J Se rendre fat & ridicule. (Vous ne fautiez ì’épuifer , il fait toutes les manières de fe ridiculiser. Cotm, ménu. geriel) f RIDICULITF/, s f. [Ineptia, ridicularia , verbum ridiculum.} Ce mot fe dit par quelques-uns, mais il ne s’écrit pas, au moins je ne l’ai point encore vû dans les bons Auteurs, & on ne croît pas même qu’il soit fort bon. II lignifie , Sotife. Impertinence. Chose ridicule. (C’est une ridiculité achevée.) RÌEBLE. Plante. Voïez Grateron. RIEN , s m. [Nihil , nihilum.} Néant. Ce qui n’a aucune propriété. (11 est impossible que le pur rien devienne quelque chose. Si une chose devoir exister Tannée qui vient, on pourroit dire que ce n’est présentement qu’«« pur rien. Roh. phij.) Homme de rkn. C’est un homme qui n’a ni naissance iii mérité. RIEN. [Nihil, res parvi monunti.} Aucune chose. Peu de chose. (Un rien presque sufit pour le scandaliser. Molière, Tartufe, ail. ;. f. 5. C’est-à-dire, il faut peu de chose pour le scandaliser. II n’est rien tel que les Jésuites. PaJ'c. I. 4. Ils font souvent de diférent avis . mais cela ne fait rien. Paso. I. Cela ne fait rien du tout au bon goût. Mol. Ce sont de grands mots enfer- mez dans un rien emphatique. Il ne m’estrien. C’est-à- dire, il n’est point mon parent. Tout comme si de rien n’étoit. II n’est rien de fâcheux que son amour ne fasse. Bens. Balet de la nuit, pag. 3. Qsape!Ies-tufur rien, dis P ff ’apeliefur rien Ce" qui fur rien Papelle en vers ainsi qu’en prose, Et rien , comme tu J pais bien , Veut dire rien , ou peu do chose . Mol.) Le Chevalier d’Accîlly : Lise eji en couche, en faut.il rire Et si fort y trouver à dire ? a CeJJè.t.cn pour fi peu d’étre fille de bien P L’enfant que Fiji a fait n'eji pus plus grand que rien,} La Bruiere en parlant du Mercure Galand, dit qu’il est au-dessous du rien. Phrase outrée ; il n’y a rien au-des- sous du rien. RIEN moins, £ Nibilomìnus. j Ces mots ne doi vent être emploïez que dans un Cens négatif. (Les hipocrites ne sont rien moins que ce qu’ils paroiffent. Aut. anon. Voïez moins.) [f Compter pour rien, fçfc. C’est-à-dire, faire peu de cas d’une chose. Mr. Defpreaux a dit, Satire ;. Moi qui ne compte rien, ni le vin, ni la chere, Si l’on n’efi plus au large, assis en un festin. Je crois qu’il devoit dire , qui ne compte pour rien. On doit métré une négative devant rien. RIEN 392 PvíE RIEN antre chose. [Nihil aliud .] II y a des ger.s qui condamnent cette façon de parler. Par exemple. Les paroles ne sont rien Mitre chose que les images des pensées. Ils disent que rien est superflu, & qu'il faut dire, les paroles ne sont que les images des pensées, ou ne sont ■ utre chose que les images des pensées. Tout cela est bien ; cependant rien se trouve quelquefois avec autre chose, fans qu’on y puisse trouver à dire, comme en cette expression. Quand il parle ainsi, que veut-il dire? rien autre chose, sinon... Patru,pl. RIEN. f Res parvi momenti. ] Est un substantif quelquefois, & veut dire une chose peu considérable , une bagatelle. (A quoi bon métré au jour tous ces discours frivoles, Et ces riens rensèrmez en de grandes paroles. Despr.) Vomi ne faites rien que ce que vous devez. Dites, vous ne faites que ce que vous devez ; rien ne se met point devant que ce que. Vaug. nouv. Kent. U n’y a rien tel. II n’y a rien de tel. L’une& l’autre façon de parler est en usage. Vaug. Rem. On dit au même sens, il n’est rien tel que de... Ablancourt , Lucien. II n’eji rfensifacile. Dites, il n’est rien défi facile. II n’eji rien mauvais. Dites, ii n’est rien de mauvais. II n’eji rien bon. Dites, il n’est rien de bon. L'honnête homme qui a régalé le public des nouvelles remarques de Vaugelas, observe judicieusement que rien devant un adjectif, veut la particule de; mais que c’elt autre chose quand rien précede le verbe substantif. Rien n'eji beau que le vrai. Dejp. Satires. Rien n’est doux sans amour dans cette vie. Bertaut , poej. fjf Dit-on, passer le jour a rien faire,ou a ne rien foi. re? stlr. Despreaux a uit dans fa seconde Satire: Et comme un gras Chanoine a mon aise ffi content , Paffer tranquille ment sans souci, sans afaire , La nuit a bien dormir, & le jour a rien faire. Mr. de la Fontaine s’est expliqué d’une autre manière dans une épícaphe : Jean d en alla comme il étoit venu , Mangea le fond avec le revenu , Tint les trésors chose peu neceffaire ; louant a J'on tenu bien le fut dijpensr , Deux parts en fit, dont il fuioit pisser L!une a dormir, fff l’autre a ne rien faire. L’Auteur des Observations fur les Satires de Mr. Des préaux a remarqué que Mr. Despreaux demande à Messieurs de l’Académie, laquelle de ces deux expressions étoit la meilleure. „ II passa (dit-il) tout d’une voix,, que la sienne étoit ia meilleure, parce qu’en ôtant „ Ja négative , rien faire devenoit une occupation. lí Mais íi rien faire est une efpece d’ocupation, ce n’est pas ce que Mr. Despreaux a entendu ; car il a voulu dire que le Chanoine passe le jour dans une parfaite féneantisc; outre que l’on ne fçauroit concevoir que rien faire puisse être une ocupation. On dit bien, s’ocu. per a des riens , faire des riens , c’est-à-dire, des bagatelles : mais rien faire n’est point si conforme à l’ufage & à la raison que ne rien faire ; & jusqu’a ce que l’Acade- mie ait rendu son jugement public, je conseillerai toujours de dire, passer 1e jour a ne rien faire, plutôt que, passer le jour à rien faire. A u reste, rien est toujours négatif. Villon a dit autrefois: Folles amours font les gens bejies ; Salomon en idolâtra , Sanfon y perdit ses lunettes , Bienheureux ejì qui rien n’y a. Rien est quelquefois un substantif. Le Traducteur des Letres de Pline a rendu ces termes de laLetre neuvième du premier Livre : Satius ejl enim (ut Attilius nojler eruditiffimè finul U facetiffìmè dixit) otiofum effe quám nihil ageres Songez que ce qu’a dit si spirituellement & si plaisamment notre ami Attilius , n’est que trop vrai, il vaut infiniment mieux ne rien faire , que de fat. re des riens. La Menardiere avoit ainsi traduit cet endroit : II vaut mieux demeurer oisif, que de travailler sans cesse, & de ne rien faire pourtant, 11 est plus difi- cile d’entendre ce que Juvénal a voulu dire en parlant deCodrus dans fa Satire troisième: Nil habuit Codrus, quis enim negat ? Et tamen illud Perdidit infelix totum nil. Sur cette expression, II n’eji rien tel , ou II ìïejl rien RIG de tel, Mr. de Vaugelas a dit que tous deux font bens, mais qu’en parlant on dit plutôt, II r/y a rien de tel, 6 c en écrivant, II n’y a rien tel. Mais il n’a pas fçû (ajoúte Air. Chevreau dans ses OEuvres mêlées) qu’il faut toûjours métré la particule de, quand le verbe précède rien. Mais il n’eji rien de tel que d?aller sûrement. dit Voiture. Et Malherbe a fort bien écrit selon cette régie : Mais qu'elle soit Nymphe ou Déesse , De sang immortel ou mortel , 11 saut que le monde confesse Qu'il ne vid jamais rien île tel. II n’a pas toujours été si régulier ; car dans la Pricte pour le Roi Henri le Grand , il a dit: Et n’ayant rien f cher que ton obéissance, Où tu le sais regner , il te fera servir. Chevreau a remarque qu’il te fera servir est équivoque, & veut aussi dire , il fera que tu Jtrvir,u : mais (ajoute- t-il) en parlant ici de Dieu, il a ôté tout équivoque. On voit par là combien l’exactitude est nécessaire pour bien parler & pour bien écrire en notre Langue. Rien vient du Latin rem acufatif d e m , non habeo rem, je n’ai rien. On y a ajoúte un i comme à miel de md, & à fiel de sel j & en quelques lieux , comme en Bretagne , on prononce encore rem pour rien. Cemotsigni- fioit anciennement chose, comme celui de res parmi les Latins. Le Roman de la Rose : En iceluy temps délicieux Où toute rien d’aimer s’éjoye. Et au pluriel on difoit riens. Marot, Psaume 34. Le lien affamé Bien Jbuvent ne trouvera riens : Mais ceux-la Jbnt remplis île biens Qui ont Dieu réclamé. La divise d’Enguerran de Marigny : Chacun fit content de ss biens , Qui n’a suffisante il n’a riens. Quand rien précédé le verbe , jamais en ne met la particule de ; Rien n’eji s beau que son visage. Cette expression de Malherbe, ll n’eji rien de s beau comme Calife es belle. est monstrueuse ; car outre qu’apres le s comparatif il faut métré un que , & non pas un comme, qui pourroit soufrir. ll n’eji rien des beau comme vous êtes belle? RIEUR , f m. [ Cachinm , risr.] Celui qui rit aisément. Celui qui se prend à rire à cause de quelque chose qui le réjouit. (Monsieur un rel est un grand rieur.) RIEUR. [Dtrisor, jocofu s, irrijbr .] Moqueur. (II n’y a point de petites villes qui n’ait son rieur. Scarm,Rom. 1. part.) * Il a les rieurs de son côté. [For t un a utitur prose- raf] Façon de parler proverbiale , pour dire : II y a des gens puissans qui autorisent ce qu’il fait, ou ce qu'il dit. (Les rieurs font pour vous, Madame, c’eji tout dire, Et vous pouvez pouffer contre moi la satire. Mol. Alisantr.) RIEUSE, s s. £Risu sacilis. J Celle qui rit aisément. (Caliste est une fort grande rieuse. Sar.poéf.) _ RIEUSE. [ JocoJa mulier. ] Moqueuse. ( C’est une rieuse.) RIFLARD ,s m. [Runcinaf] Outil de Menuisier. Sorte de gros rabot qui sert à dégrossir le bois. Les Sculpteurs ont des rifiardes, ou ciseaux dentelez pour travailler en pierre. RIFLE', part. de Riíler. [Voratus, devoratusî] f R 1 FLER , v. a. [Vorare, devorare.] Mot burlesque pour dire prendre. (II a tout rifle.) On dit aussi r«- fier en ce sens. Rifier signifie aussi manger goulûment. (Ii a eu bien-tôt rifié ce qu’on avoit mis devant lui.) t í R IF LOIR, f m. Espèce de lime un peu recourbée par le bout, dont se servent divers Ouvriers. RIGIDE, adj. (Aujieriís, sverus, rigidus.] Ce mot se dit des personnes & des choses, & il signifie, Severe. -Austère. (Cela est trop rigide. C’est un homme rigide. Vertu rigide. Doit- RIG TSoit-ìl aimer ce "Dieu son pere véritable , Leur plus rigide auteur n’ose le décider , Et craint en i’ assurant de se trop hasarder. Despr ) í RIGIDE , se dit aussi en parlant de ceux qui étant d’une religion, d’une secte , font profession publique d’en soutenir sous les dogmes , toutes les opinions. (Thomiste rigide , Anglican rigide, Calviniste rigide , Cartelien rigide.) . RIGIDEMENT , adv. [ Severè, rigide.J D’une maniéré rigide & aultere. (Vivre rigidement.) RIGIDITE', s. /. [ Severitas , aujieritas. 3 Sévérité. Maniéré d’agir rigide & austere. (La raison autrefois rude & austere, s'est civilisée avec le tems , & ne conserve presque rien de son ancienne rigidité. S. Evre- mont, t. z. p. 18.) r RIGODON ,/ m. [Saltatio faceta.] C’est une sorte de danse , qui vient de Provence & qui se danse en figure, c’ejt.a-dire , par un homme & une femme. (Le rigodon est gai, & il y a plaitìr de le danser.) RIGOLE , f f. [ 'Incite , rivulus.] Petit fossé pour faire couler les eaux. (Faire une rigole. Ouvrir une rigole.) RIGOLE ys. f. [Fi>ffa, vaBum.] Terme de Jardinier. C’est un endroit pour planter des arbres qui a été fouillé de la profondeur & largeur nécessaire & d’où l’on a ôté les pierres & tes méctiantes terres. On apelle aussi ces rigoles, tranchées. (Faire de bonnes rigoles, ou de bonnes tranchées.) RIGOLER. [Genio indulgere.] Ce verbe ne se dit qu’a- vec se pronom períònel. Faire une petite débauche, se réjouir avec íés amis. Ce terme est populaire. RIGOUREUSEMENT, adv. [ Durit er, acerbe,severè , afiere, prœsracie.] D’une maniéré rude. D une maniéré severe. (Traiter rigoureusement.) RlGOUKEUX, rigoureuse, adj. [Acerbus , seve. rus, ajper.] Ce mot sc dit des choses & des personnes, & ugmne Rude. Severe. Cruel. (11 est rigoureux pour les autres. Aoiancourt. Juge rigoureux. Peine rigoureuse. Voit. I. 16. Hiver très-rigoureux. Ablancourt, lac. 1! étoit rigoureux dans les fautes coniiderables. Avutncourt, Tac. Pour ne f en pointservir aux plus rigoureux mois , Dans le fond d’un grenier on Jequejtra le bois. t KlGivl, f m. [Sordiilus, tnparcus homo.'] Ce mot est un mot injurieux du petit peuple de Paris. (C’est un rign. C’est-à-dire, une efpece de vilain & de ladre.) RIGUEUR ,s f. [Severitas, inckmentia.] Sévérité. (Traiter avec rigueur. Ablancourt. Cette rigueur est excessive. La rigueur des parens redouble l’amitié des amans. Molière. Pourceaugnac. * Les rigueurs de l’hiver. Voiture, Poésie. [Acerbitas hietms.] Les rigueurs d’une maîtresse. [Inclcmentia.] Dès long-tems je cannois fa rigueur infinie. Voit. On dit les rigueurs d’une bergere , Mais pour les faveurs il les faut taire. Qjjin.) f * On dit aussi, la rigueur du fort, la rigueur du destin. RIGUEUR. [Rigor, ajperitas. ] Terme d s Medecrne. Sentiment d’une chose fort acre & piquante. î RIGUEUR, signifie aussi, grande exactitude, sévérité dans la justice. (Suivre la rigueur des loix. Juger suivant la rigueur des canons, des ordonnances.) 4" Loi de rigueur. On apelle ainsi la Loi de Moïse, par opoiìtion à la nouvelle Loi, qui est la Loi de grâce. L Juges de rigueur. Ce sont les Juges d’une Justice -j: On apelle aussi, Juges de rigueur, les Juges subalternes qui font obligez déjuger suivant la Loi, à la distinction des juges en dernier ressort, qui peuvent quelquefois adoucir la rigueur de la Loi. Mois de rigueur C’est Janvier & Juillet, a I égard des graduez, parce qu en ces deux mois, les collateurs sont obligez tíe conférer aux plus anciens graduez. i J la rigueur, a la derniere rigueur , à toute rigueur, en rumeur. Faqons de parler adverbiales, qm signifient dans*la derniere exactitude, avec une extrême sévérité, sans faire aucune grâce. On dit, ^observer les L >x a la rigueur, juger à toute rigueur ; en rigueur que peut-on lui faire ?) RIM 39 , f A la rigueur, signifie aussi, trop à la lettre, sans modification. (Vous expliquez la Loi à la rigueur. Vous prenez tout ce que je dis à la rigueur.) f RIMAILLE,//. [ Rythmi insuljì.] Vers rimes, roelie rimee. Faible ennemi des bons efirìts » 11 n’ejì censure ni mépris Dont ta rimaille ne soit digne, Mait. Poës. Si j'en aproebois de cent piques Avec mes rimailles comiques Mes vers iroient fie produire à la Cour. Scar. Poës. f RIMAILLER, v. ». [Ejsutire malos versus.] Mot Ost peu Satirique, pour dire faire des vers. 11 s’amusc à rimailler. î RIMAILLEUR, / m. [Po'éta inconcinnus] Méchant poëte. (Dassouci est un rimailleur. Le siécle est fertile en rimailleurs.) f RIMASSER. [Versus utcumque condere , J Faire des vers. (Avant que de rimasser, bannissons de notre pen- fer tout souvenir qui le travaille. Scar. Poës ) RIME ,// [Verbajlmiliter dejlnentia.] C’est un même son à la fin des mots comme corps & accords. II y * deux rimes, la masculine & la féminine. Rimes suivies. Rimes mêlées. Rimes entre-mêlées. Volez les traitez de la vérification Françoise. (II faut avoir un grand soin d’éviter les rimes en prose, où elles sont un très-grand défaut. Vaug. Rem. Les rimes sont vicieuses dans I» chute des periodes, & dans les membres des périodes. On ne soufre point aussi la rime au commencement, ni dans la fuite du discours. Quand mon ejjirit pouffé d’un couroux légitime , Vint devant la raison plaider contre la rime. Despr. {$ Les rimes font suivies, ou entremêlées. Les suivies , lors qu’après deux masculins on met deux féminins, & après deux féminins deux masculins. Les rimes font entremêlées, lorsqu’après un masculin on met un féminin, puis un masculin & ensuite un féminin. Nos anciens Poètes avoient inventé plusieurs sortes de rimes, la Kirielie, la Râtelée, la Fraternisée, la Brisée, l’Etnpe- riere, l’Annexée, l’Enchaînée, la Couronnée. La Kiriel. le consiste à repeter un même vers à la fin de chaque couplet : Qui voudra sçavoir la pratique De cette rime juridique , 11 dit que bien mise en effet La KirieBe ainsise sait De plate de fwabes huit ; Usez en donc Ji bien vous duit , Pour faire le couplet parfait 1 La KirieBe ainji se fait. Rimes plates, c’est-à-dire suivies. Rime batelée; c’est lorsque le repos du vers qui fuit, rime avec le ver* suivant. Marot: Quand bleptunus puissant Dieu de la mer Cessa PParmer caraques r è£ gâtées, Les GaBicans bien le deurent aimer , Et réclamer les grands ondes salées. Dans la Rime Fraternisée, le dernier mot du vers est répété ou entier ou en partie au commencement du vere suivant, soit par équivoque, ou d’une autre maniéré : Mets voile au vent , cingie vers nous, Caron , Car on f attend, [f quand feras en tente, Tant g? plus bois bonum vinum charum Qu’aurons pour vray. Donques fans longue atente Tente des pieds , ffiji decente fente Sans te fâcher , mais en fois content tant Qu’en Je faisant nous leJ oyons autant. La Rime Senée est une efpece d’acrostiche ; elle se fait lorsque tous les vers, ou tous les mots de chaque vert commencent par une même lettre ; Miroir , mondain, Madame, magnifique, Ardente, amour, adorable, angélique. Dans la Rime brisée, ses vers font coupez immédiatement aprés le repos; & à ne les lire que jusques-là ils font un sens diferenL de celui qu’ils renferment lorsqu’ilí font tout entiers. \Octavren de Saint Gelais : De caur parfait Chajfez toute douleur , Soicz Joigneuz N’ufiez de nulle feinte , Tomeìll. Ddd Sam 39 4 Kans vilainsait Vaillant êfi preux Par bon effet Soiez j yeux R T M Entretenez douceur , Abandonnez la crainte , Montrez vôtre valeur ^_ Et bannissez la plainte. Ln Rime emperiere, est celle où une partie de la derniere sillabe de l’antepenultiéme mot est repetée deux rois de fuite: Prenez en gré nies imparfaits faits faits , Binins Lecteurs , très dilìgens gens. La Rime annexée, est une rime où la derniere sillabe du vers ijâì precede, commence le vers suivant : Dieu gard ma maîtresse, U regente Gente de corps ffi de façon , Son cœur tient le m en en atente Tant & plus d’un ardent frisson. La Rime enchaînée , est une espece de gradation. Malot : Dieu des amans, de mort me garde : Me gardant donne-imy bonheur ; En me le donnant , prens ta dardes En la prenant, navre son cœur. Dans la Rime équivoque , la derniere sillabe de chaque vers est reprise en une autre signification au commencement, ou à la fin du vers qui fuit. Murot : En ni eh citant je fais rondeaux en rime , Et t n rimant bien souvint je m’en rimes Eres c’ejt pitié entre mus rimailleurs , Car vous trouvez affez de rime ailleurs , Et quand vous plaiji, mieux que moi rimajfez Des biens avez , \ç> de la rime ajjez. La Rime couronnée se fait , quand le mot qui fait la fitì du vers, est une partie du mot qui le precede immédiatement dans le même vers : I.a blanche colombelle, belle , Souvent je vais priant , criant , Mais diss ous la cordelle d’dle En me consommant , sommant, Ajoutons cet endroit de la Lettre de Mr. de Cambrai à Mrs de l’Academie: ,, Notre versification perd plus, si „ je ne me trompe, qu’elle ne gagne par les rimes ; ests „ perd beaucoup de variété, de facilité & d’liarmonie s ,, Lc. “ Il y a long tems que l’on se récrie contre la rime : mais il faut subir le joug que nos peres nous ont imposé ; il n’étoit pas pesant pour eux ; car ils se con- tentoient facilement sur ce point comme sur beaucoup d’autres. Par exemple air & er étoitune bonne rime, quoique l’un soit plus ouvert que l’autre. Cette erreur a duré ju s ques au tems de Mr. de Voiture, qui a dit dans fa premiere Elegie : Le Soleil qui voit tout dessus dessous Pair , Ne voit point de beauté qui vous pmjfe égaler. Quelques-uns croient que la rime est défectueuse, quand elle est composée des mêmes mots, quoique dans un sens diférent. Malherbe a dit dans le Poème dts larmes de Saint Pierre : Dejìreux de Phonneur d’une Jì belle iombe , Afin qu’en autre part ma dépouille ne tombe , Puisque ma fin eji près , ne la recule pas. Et Scarron : Dieu vons garde de la tombe , Et du Duc d’Usez quand il tombe. J’avoué que ces deux mots sonnent mal, & ne font qu’une rimé languissante. II n’en est pas de même, ce nie stmble, quand les mots font un peu séparez, comme dans ce sonnet de Malherbe pour Madame la Marquise de la Vieuvilie : Nous devons des autels à la Jìncere foy Dont ta dextérité nos affaires manie s Tes foins laborieux , ton libre genie Qui hors de la raison ne cmm’tt point de loy , Ont misfin aux malheurs qu’attimit après foy De nos profusions l’effroyable manie. Ces deux mots manie sont éloignez de cinq vers , & marquent ainsi deux divers sens. On peut les tolérer : mais tant qu on pourra eviter semblable rencontre, on doit le faire. Air. Alénage a remarqué dans fes Observations sor les Poésies de Malherbe, que ce Poète n’a jamais fait rimer les mots qui finissent en amte avec ceux qui finissent par inte. On apclle ces rimes, rimés Parisiennes, que Mr. Ménagé ne veut pas blâmer, RIM mais qu’il ne voudroit pas emploier. La prononciation d V étant disérente, on se trompe aisément. Par exemple, Malherbe a dit dans son Ode à la Reine: C’eji là qu’il faut que les années Lui coulent comme des journées, Et qu’il ait de quoi Jè vanter Que la douceur qui tout excede N'efi point ce que sert Ganimede A la table de Jupiter. Vanter & Jupiter ne riment pas ; er en vanter est fermé ; & ouvert en Jupiter. Notre Poète (tlit ÍYlr. Ménage fur cette Ode de Malherbe) emploie encore ailleurs les rimes vicieuses que nous apellons Normandes, parce que les Normands qui prononcent IV ouvert comme IV fermé, les ont introduites en notre poésie. Dans les stances intitulées Viftoire de la confiance: EJìoit-ce impressions qui puffent aveugler Un jugement fi clair ? Dans un Sonnet pour Caliste : Mais fans ejlre fçavant , çfiJans philosopher, Amour en soit loué , je n’en suis point en peine , Ou Califie n’efi point, c’ejl la qu’efi mon enfer. Et dans les vers pour lé Palet de la Reine : L’Orient qui de leurs ayeux Sans les titres ambitieux Donne à leur sang un avantage Qu’on ne leur peut faire quitter. S natales, aliofve dierum Fejlos , albatus ceìebret. TOGA PULLA. Cette Robe étoit noire, & mar- quoic le deuil, la tristesse & la pauvreté, les haillons étant les habits ordinaires des pauvres, que Pline apelle pudatum hominum gémis ; & Quintilien, fui! a t us circu. lus, & pullataturbu. Ainsi, au raport deSuetone dans la vie d’Auguste,»«m. 44. cet Empereur défendit à tous ceux que l'on apelloit pullatì , d’alsister aux Jeux dans le parterre : Sanxit ne guis pullatorum média caveâ ses. Arrêt. TOGA PICT A. Cette robe étoit ainsi apelíée, où parce qu’elle étoit remplie de diférentes images faites avecl’éguille, ou parce que l’ouvrier, en faisant letofe, y avoit formé diférentes figures, & fur tout des palmes ; ce qui se pratique encore ; c'est pourquoi la robe peinte est apeilée palmata , ou purpurea , parce que les figures étoíent de diférentes couleurs. Ceux qui triom- pboient, étoient vêtus de ces sortes de robes, comme plus éclatantes que les autres; témoin Martial, liv. 7. ep. 1. où par une extrême flaterie il s’adresse à la cuirasse de Domitien , & lui dit t A campagne hardiment ton maître; ne crains point les traits des ennemis tant que tu couvriras fa divine personne; marche, va lui aider à vaincre : mais ramene-le bientôt pour faire place à la robe peinte de couleurs & de figures difé* rentes. Félix forte tua es sacrum cui tangere pcttus Foi erit, & nofbri mente calere Del. 1 cornes U magifà illœfa rnerêre triumpbos , PalmatíequJjJjtceíit , fed citò redde togn, TOGA RASA-^Une robe de drap ras & fans poil. Martial demande agréablement un habit d’hiver à son ami dans l’épigramme 8t- de son second Livre. Je vous envoie (dit-íl) dans le tems Froid des Saturnales une bouteiiie couverte d’olier, propre à garder de la neige; íi ce présent ne vous plaît pas, vengez vous, envolez, moi une robe rase, propre pour l’Eté. Vimine claufa levi nìven eufrodia coche Hoc tibì Saturai tempore munus tris. Dona quod ajìatis mijl tibì menfe Decembri Si quereris , rasant tu mihi mïtte togam. II y avoit cette diférence entre trita & rasa toga , que l’étofe de la première étoit rase par le tems, & que rasa toga signifioit une robe faite avec une étofe fine & fans poil. TOGA PEXA- Elle étoit faite d’une étofe grossière, & dont on se scrvoit pendant l'hiver ; elle fut ainsi apeilée à cause des grands poils dont elle étoit couverte, a JpiJitate, Martial, lib. 7. apelle des draps pexa. II dit à frisons : Divitibus poteris musas ekgofque fanantes Mittere , pauperibus munera pexa dare. TOGA VITREA- Elle étoit faite d’une étofe !e° gère & transparente, que les Censeurs obligeoient de porter ceux qui avoient commis certaine faute, si nous en croions Tarneke, lib. 14. cap. 19. TOGA REG 1 A. Elle étoit faite d’une étofe de laine avec de l’or & de la pourpre, selon le témoignage de Pline, liv. Z. cb. 48. TOGA PRiESIDIARIA, étoit celle que les Prési- dens avoient acoûtumé de porter dans leurs Provinces. TRABEA. Espèce de robe blanche , bordée de pourpre, & parsemée de têtes de clou aussi de pourpre. Quant à la forme des robes en général, on peut dire qu’elles étoient longues jusques aux talons, amples, & fans manches & couvraient tout le corps : mais il y en avoit dont la forme étoit particulière. Sigonius veut que la robe Romaine tût ouverte par le devant, & quar- ïée : il cite un endroit d’Athenee, où il dit que pendant la guerre contre Mithridate, les Romains aiant été dé* ROB 399 fait dans une ocasion , quitefent leurs habits quarrez , & prirent le manteau, pour se retirer plus promptement dans les temples. Mais Ferrari, dans son premier traité de re vejíaria, L. 1. tit-.s. a fort bien prouvé que la robe étoit fermée par le devant, & ouverte par le haut, pour la passer pardessus la tête, & pour passer aussi 1e bras gauche, & faire voir la veste que les Sénateurs & les Chevaliers portoient pour marquer leur condition. Enfin elle étoit fort ample, & Suetone a ta- porté que Jules César se voiant ataqué par les Conjurez, prit par sa main gauche un des plis de fa robe pour s’en couvrir le visage , & la fit décendre jusques en bas, afin de tomber avec plus de bienséance. Cette matière est fort embarassée par les divers sentimens des Auteurs qui l’ont traitée. Quintilien nous laisse dans l’obfcurité lorsqu’il parle du geste, & particulièrement de celui du bras & des mains, liv. 11, cb. dernier. Ce qui ì’en* gage à parler de la robe dont on usoit dans son tems. Voici comment Mr. Gedoin le fait parler ; „ A l’égard „ de la robe (dit-il) je veux qu’elle soit bien taillée & „ bien arrondie ; autrement elle grimacera de tous cô- „ tez ; elle doit aller pardevant jufqu’à mi-jambes; une,, grande plissure dans 1e milieu aura fort bonne grâce,,, pourvû qu’elle commence un peu au dessus de l’ex- „ transite de la robe ; du moins elle ne doit jamais „ décendre plus bas. Cette autre plissure qui prend „ pardessus l’épaule droite > & qui va gagner la gauche „ traversant la poitrine en forme de baudrier, ne doit „ être ni si serrée qu’elle bride le corps, ni si lâche,, qu’elle échape. Le pan de cette robe qui sc met en- „ fuite fur le bras gauche , doit être immédiatement,, au-dessous de la plissure ; il en aura plus de grâce &„ tiendra mieux. II faut aussi retrousser un peu de tu-„ nique pardevant; afin qu’elle n’etnbarasse point se„ bras dans faction. Après cela, on jetera un grand pli „ fur l’épauie gauche , & il ne siéra pas mal de le raie.,, ver par l’extrêmité ; il est bon aussi que le cou & ses,, épaules soient un peu découverts ; autrement nos vé- „ temens venant à sc joindre par ses deux bouts, paroi-,» tront étroits, & nous feront perdre une certaine di-„ gnité qui se trouve dans la largeur de l’estomac. II „ faut élever le bras gauche au point qu’il forme une„ espèce d’équierre ; & rejeter ensuite 1e bras des deux „ extrêmitez de la robe, de maniéré qu’elles soient po-„ fées également. “ ROBE. [Rejist.] Ce mot, en parlant de femme, c’est une sorte de jupe qui est pareille au corps de la robe. (Une robe bien faite. Une robe de chambre pour hom- me. [Vejlis cubicularia .] (Une robe de chambre pour femme.) mme.) 0 L’Empereur Marc Antoisin a dit, lib. \. art. 7. que son Précepteur Rujiicus lui avoit fait connoître qu’ii ne devoit point être en robe dans la maison, ni rien faire qui sentit le faste. 0 Couper la robe au cu. Diction basse & populaire. C’est faire insulte à une personne. Mainard : Lorsque ce guerrier invaincu Chut dans les ombres éternelles, La robe fut coupée au cu Des neuf sauvantes Damoiselles. ROBE. C Vejììs, tunìca. ] Ce mot en parlant de certains Religieux. C’est une espeee d’habit long , juste & proportionné au corps, c’est une maniéré de soutane de serge, ou d’étofe de la couleur de l’Ordre du Religieux. Les Augustins portent une robe blanche en l’honneur de là Vierge. Au reste , ce que ses Augustins, ses Bernardins & quelques autres apellent robe , les Capucins & quelques autres Religieux i’apellent habit. * ROBE. C Inteftinum J Terme de Charcutier. C’est le boyau qui couvre & envelope fandouille. (Robe d’andouille.) * ROBE. ( Verjìcolor. ] Sc dit de certains animaux. (La robe du paon. Voit. let. 91. Chat qui a une belle robe.) * ROBE. [Tegutncnium.] Ce mot se ait des poix tzf des fèves. C’est l’envelope des poix, ou des fèves, qu’on ôte quand les pois, ou ses fèves ont de la dureté. 0 Le P. Vavaffeur, critique scvere , après avoir fait sentir ses traits au P. Rapin son confrère, répandit son venin fur Mr. Godeau, & publia un petit ouvrage intitulé, Antonius Godellus, an E'ogii Aurtliant feriptor ìdo- neus, ìdentque Posta. II ne peut pas foufrìr que Air. Godeau ait dit, La terre couverte de fa robe verte, pro herbu, 400 ROB herbu , utst àìcat, Couverte de sa robe blanche, pro nìve. Et il ajoute malicieusement : Sed Goáebiana locutions memlanon deirevi excutere. Mr. Chevreau indigné du procédé de ce censeur, prit charitablement la défense du Prélat contre le Jésuite. „ Est-il possible (dit-il) „ qu’d ait oublié que dans le sens figuré , vestire n’eil „ autre chose qu embellir, orner, couvrir , parer, remplir ? „ que nous disons tous les jours , Un bastion revêtu de „ pierre , de brique , de gazon , Uc. Un temple revêtu ,, de marbre , Le Jbleil revêtu de splendeur U de lumière, „ & que dans les Pseaumes nous disons : Dieu ejl revêtu „ de gloire U de force? Nos voisins disent. Un huomo „ vejiico dt senso , Vers vejiiti di nuove fras , di cose „ belle, après Cicéron , qui a écrit : Sed de M. Callidio „ dicamus aliquid , qui non fuit orator unus è multis , „ potiùs inter multos propè stngularis suit, ita recondi- ,, lai , exqustasque sentent nu , mollis [f perlu■ ens vejlie. „ bat oratio, f c. Dans Martial, j’ai vû des arbres A des „ champs vêtus : „ Ride t humus, vejìitur ager, vejìitur 0f arbor. ,, Dans le sixième de l’Enéïde, des campagnes vêtues de „ lumière : „ Largior hic campos ather , U lumine vejlit ,, Purpureo. 5 , Dans un vieux Poète que Cicéron allégué dans le se- ,, cond Livre des Tusculanes, des prez vêtus d’herbes ; „ Calum nitescere, arbores frondescere, 'esc. ,, Fontes Jcatere , herbis prata convestìrier. II raporte ensuite plusieurs pafláges deTite-Live, de Columclle , de Prudence , où vejiire a été emploie dans le même sens ; & il ajoute qu’il peut trouver des exemples pour autoriser la robe verte , & la robe blanche, que ce critique ne peut soufrir. Le premier est de Malherbe : Depuis que tu oies plus, la campagne deserte Au dessous deux byvers, perdit fa robe verte, Et deux fois le printems P a repeinte de fleurs, Eacan : Ces prez délicieux Quitant leurs robes vertes , Paraissent à nos yeux Des campagnes desertes. De Lingendes, dans ses vers pour Ovide : Le Tybre de regret quitant fa robe verte , Publia fur ses bords, esc. f ROBE,// Mesure d’Espagne pour les liquides. La robe fait huit sommes, la somme quatre quarteaux. Les vingt-huit robes font une pipe, la bote est de trente robes, & la robe pèse vingt-huit livres. £ ROBE E, adj. On apelle Garance robée, celle dont l’écorce n’a pas été levée. On dit au contraire, Garance non 'robée , de celle qui «st dépouillée de son écorce. f ROBER, v. a. Terme de Chapelier. C’est enlever le poil d’un chapeau de castor avec la peau de chien marin. ROBERT ,sm. [RobertUS.2 Nom d’homme. (Le Roi Robert composa plusieurs hymnes qu’on chante à l’Eglise. Ment. de du Tibet. C’est Robert d’Arbrislelles, qui est fondateur de l’Ordre de Frontevraux, & qui pour éprouver fa chasteté, se fèrvit d une tentation dont il sortit victorieux, à ce qu’on dit, & où bien d’autres auroient échoué.) - ROBEXXL , / / [Lanea subucula. ] Terme de Chartreux. Sorte de chemise de serge , ou d’autre étofe qui est sor la chair. R OBI ERE , / s. C VeJUum curatrix. J Terme de certaines Religieuses. C’est la Religieuse qui a soin des habits, des robes, chaussures & garnitures de lit. t ROBILLARE. [ Exultatin , inpudium ] Sorte de moc du peuple de Paris pour dire rejoútjjance & bonne chere, ÇAprès Pâque Robúlare. Faire Robillure.) ROBIN ,s.m. [Robinus.J Sorte de nom dont on se sert dans les epígrammes satiriques & autres ouvrages comiques & au lieu du nom propre. (Robin aquité le débit de la doctrine d’Hipocrate. 11 souvient toûjours a Robin de ses flûtes ) 0 ROBIN. Les Poètes s’en sont servis pour exprimer un berger ; ainsi Mr. de Racan a dit dans une E- glogue : Un pastoureau qui Robin s’apedoit. ROC Mais ce terme a marqué depuis le mépris que l’onfai. soit de ceux à qui on le donnoit. En éfet, on dit d’un homme que l’on n’estimepas. C’est un plaisant Rohm. Mr. Ménage avoue qu’il ignore l’étimologie de ce mot. Mais si on en croit l’Auteur du Moien de parvenir , 0 n sçait l’origine de cette ancienne façon dc parler, // souvient toUjours à Robin de ses flûtes. Car il prétend qu’un nommé Robin étoit un grand buveur qui ses er . voit toûjours d’un grand verre que l’on apelloit flûte, & qui tenoit une chopine : II devint dans la fuite fort gouteux, & soufroit de grandes douleurs ; ce qui obligea les Médecins de lui ordonner de boire beaucoup d’eau avec peu de vin ; & toutes les fois , qu’il bûvoit, il regretoit toûjours ses flûtes , & le tems ou il les bu- voit pleines de vin; ce qui donna lieu à dire que Ro. bin se souvenoit toûjours de ses flûtes. ROBIN. [ Ineptus, stolidus. J On se sert quelquefois de ce mot pour dire un sot, un niais. (Vous elles encore un plaisant Robin.) ROBINET ,/ m. [ Epistomium .] Piéce de cuivre qu’on tourne pour lâcher, ou retenir seau des fontaines. (Fermer le robinet de la fontaine. Ouvrir le robinet de la fontaine.") ROBORATIF, roborative , adj. [ Roborans, com. borans. ] Ce mot est un terme de Médecin. II est imité du Latin roborare qui signifie fortifier. (Un médicament roboratif, c’est à dire, qui fortifie le corps. Vertu roborative.) ROBUSTE, adj. [Validas,firmus, robustus.) Fort. Vigoureux. (Jeune homme fort robuste. Une servante forte & robuste. Le Parasite a le visage vermeil, sœil vif, le teint frais, & en un mot il est robuste de corps & d’espvit Ablanc. Luc. tom. 2 . Ecornijìeur.) ROBUSTEMEMT , adv. [Robuste, valide ] D’une maniéré robuste. f.l!s sc sont choquez robustement.) ROC, / m. [Rupes , saxum. ] Rocher. (La source du fleuve Maríias est au sommet d’une montagne, d’oi il tombe sur un roc. Vaug. Quint. I. ci>. i. Et dans le roc qui cede [f se coupe ais(ment Chacun sçait de sa main creuser son logement. Despr.) «. f Plus grave qu’un roc. Voit-ygef.) ROC. [Turrìs. J C’est une pSfc du jeu des échets. On l’apelle aussi la tour. (Le mouvement des rocs est droit & ils vont par toute la ligne. Le roc du Roi. Le roc de la Reine ) ROC d’istd. Terme de Marine. C’est la même chose que le Jep dedrise. C’est une piéce de bois quarrée debout, derriere les grands mâts. ROC. [Latruncularis rupes J Terme de Blason. L'est N un meuble qui represente un roc d’échets , à la réserve que la partie d’enhaut est figurée avec deux crocs en forme de crampons, qui ont leurs pointes tendantes ver» le bas. ROCAILLE,// [Saxula.) Coquilage & autre petite chose dont ont sait des rochers & des grotespour les jardins. (Rocaille fine. Faire des ouvrages de rocaille.) ROCAILLE. [Scrupea vitra.) Terme de Vitrier. Petits grains ronds verts ou jaunes, dont on se sert pour métré les vitres en couleur. (Rocaille jaune. Rocaille verte.) T ROCAILLE. C’est aussi des petits grains de Verroterie qui s’enfilent en forme de chapelets, qui servent au Commerce de l’Amérique & des côtes d’Afrique. On les apelle ordinairement, Rajfade. * ROCAILLEUR»/ m. [Scruparius.J Celui qui aveccer. faînes petites coquilles & de certaines pierres fait des grotes & des rochers pour embellir quelques beaux jardins. (11 n’y a que trois ou quatre rocailleurs à Paris,le plus fameux demeure au Colége des quatre Nations.) ROCAMBOLE , f.s [Capula Asalonia .J Sorte de petit ail doux. U se dit aussi d’une espèce de graine qui vient au haut de la tige de cette sorte d’aìl- (Frôler son allié te de rocainbole. La rocambole réveille l’apétit.) t * ROCAMBOLE. [Epuì*.) Ce mot est burlesque & du petit peuple de Paris, pour dire bonne chere, (II n’ai- me rien tant qu’à faire la rocambole. La rocambole coûte, mais elle réjouie.) ROCHE,/ f- sàper.J (Roche escarpée.) (* Cœur déroché, Voit. poésies. C’est-à-dire, cœur dur & insensible. 0" Malherbe a dit dans le Poème des Larmes de saint Pierre ; Et ROC Et bien, où maintenant ejì ce brave langage ? Cette roche de foi ? cet acier de courages Mrs. Coílar & Ménage ont remarqué aVec raison, que son peut bien dire , Une soi de roche, & un courage tPacier j mais une roche de foi , & un acier de courage n’ont pas d’exemple, & sont plus durs que les pierres & l’acier. Le Cavalier Marin a dit, à la vérité, en parlant de la dureté du cœur de sa maîtresse, &dela force de son amour : Ambo Jìan sajjì , e P un e Paltro e scoglio , lo diJe, voi d’orgoglio. Mais il faut laisser ces belles imaginations aux Italiens. * Lui faire des reproches , c’est justement parler aux roches. Le Comte de Bujjt. C’est-à-dire, perdre ses reproches & son tems, parce qu’il ne fera non plus touche de ces reproches qu’un rocher.) ROCHE- Se dit des grosses pierres de grais qui percent la terre. (Le Gâtinois est plein de roches.) ROCHE- [Borax mìneralis .] C’est une espèce de minéral jaune qui sert de borax, & dont les ouvriers soudent leurs ouvrages. On dit proverbialement. II y a anguille fous roche. [Latet anguis in kerbai] Pour marquer qu’il y a quelque chose de captieux à craindre. t * Homme de la vieille roche. On le dit d’un homme de probité connue & à l’épreuve de tout. On dit aussi, Noblesse de la vieille roche, amis de la vieille roche. t ROCHE. On apelle fromages de roche, de pe. tits fromages ronds & fort épais, du poids de deux livres, qui se tirent de Roanne en Forez. ROCHER > f m. [Râpes, petra.j Roc. Roche. (Un haut rocher.) * Les Niinphes éprises de son amour faisoient leur demeure en ce rocher. Faug. Quint. I. ; e. i. * Four n’aimer pas des mains íi doct«s & si belles, il faut être un rocher. Bcnjerade. Quelle fçavante lire au bruit de ses exploits, l'cra marcher encor les rochers b les bois. Defpr.) f * Parler aux rochers. C’est parler à des gens qui ne font point touchez de ce qu’on leur dit. ROCHER. [Rupes effîfta. ] Maniéré de petit roc qu’on fait avcc de la rocaille dans des jardins. (Un joli rocher ) ROCHET , f r». [Tttnìca linea JlritfaJ Ce mot se dit en parlant d’Evéque. C’est une espèce de surplis de toile fort fine & à manches fort étroites. (Etre en rocher.) ROCHET. [Lineum Jùpparum.] Terme de Chanoines & de Chanoinesses de S. Augujlin. Espèce de surplis à manches fort étroites que les Chanoines & les Chanoinesses de S. Augustin portent. ROCHET. [FuJ'us major ] Terme de Rubanier. Petit instrument de bois avec des rebords à chaque bout, fur quoi les rubaniers metent leur foie. î ROCHET, fe dit en termes de Tireur d’or, de certaines grandes bobines, larges & plates, qui leur servent à tirer & dévider leur or. î ROCHET. C’est encore dans les Manufactures une lotte de grosse bobine, fur laquelle on dévide les fils de laine pour la chaîne des étofes. ROCHOIR , / rn - [ Loculamentum ferruginis. ] Teime d’ Orfèvre. Instrument d’Orfévre fait en maniéré de petit cu dc lampe avec un bec, d où l’Orfévre met du borax. ROCOULER , »• [Raucire.'] Ce mot fe dit proprement des pigeons lorsqu’ils font un certain bruit qui leur est naturel, & qui les distingue des autres oiseaux. (Le pigeon rocoule.) ROCOURT,/ m - Drogue étrangère qui sert à faire une couleur plus chere & moins assurée que celle qu’on fait avec la bourre, & qui est défendue dans les teintures. £ On dit ordinairement Rocou. On peut voir dans le voyage du P. Labat, la maniéré de cultiver & de faire le Rocou. H Le Rocou est un extrait qu’on retire de la graine d’une arbre que les Indiens apellent Vrucu. II fortifie Pestomac, arrête le cours de ventre, il aide à la digestion & à la respiration, il excite surine. La doze en est depuis un scrupule jusqu’à une dragme. ROCQ_, qu’on nomme aussi Rot & Peigne. C’est ROG 40i une des principales pièces du metier des Ouvriers qui travaillent de la navette. RODE» f f [Tr abs arcuata ad prorami] Terme de Marine, fur la Méditerranée. La rode de preste est la même chose que 1 ’ejirave j & la rode de poupe est la même chose que Yejlambord. RODER. [Cuìjìtare, circumcursare.'] Ce verbe est ordinairement neutre , 11 signifie courir. Aler qà & là. Aler tout autour. (II rodoit avec les troupes autour de la ville. Ablanc. j j - J -- **** , Vous avez bien rodé la nuit. Bens.) f RODER. Terme d’Arquebusier. C’est tourner daní un calibre double cette pìéce de la platine des arme* à feu, que l’on apelle la Noix. RODEUR, s. m. [Concursator, vugus .] Qui court & va qà & là. (C’est un rôdeur.) f RODOMONT, f. m. [Thra.fi .] Fanfaron. Faux brave. Mr. Costar a dit avec raison, dans fa 84 e. Letre du premier tome: ‘‘11 faut l’avouer, la philosophie ,, est bien fanfaronne ; ses armes font plus dores & ,, plus luisantes qu’elles ne sont fortes. Tous ces grands „motsdeSeneque ne sont que des rodomontades d’un „ Espagnol qui étoit long-tems devant Rodomont. ‘ c + RODOMONTADE, f f. [Ridkula jaâatw.l Fausse bravoure. Paroles de fanfaron. (Les Gascons font sujets à faire des rodomontades. Rengainez vos rodomontades. Port-Roïal.) f RODON, REDON, ou RODOU, Sorte d’her- be qui fe substitué à la place du tan pour l’aprêtdes cuirs. í RODOUL, / m. Petit arbrisseau qui croît en France, dont le* feuilles fervent aux Teinturiers à teindre en noir. í ROEMALS» fi m. Mouchoirs de toile de coton qui viennent des Indes Orientales. ROGATIONS,/ f. [StativœJupplicationes .] Ter- me d’Eglise. Ce font trois jours de prières qu’on fait avant l’Afcension de Jefus-Christ, durant lesquels il y a abstinence de viande, & on fait des processions où l’on prie pour les fruits de la terre. (Les Rogations sont passées.) C’est aussi un terme de jurisprudence Romaine. 0 ROGATIONS. Ce terme est Latin, Rogatio, Prière. 11 y a beaucoup d’aparence que les Chrétiens ont adopté l’ufage où étoient les Païens de faire, avant les moissons & avant les vandanges, des processions autour de leurs champs , qu’ils arrofoient d’une eau lustrale, afin d’en chasser les infectes qui détruisent souvent une grande partie des fruits. Ils apelloient cette fête, Àmbarvalium, de atnbire arva. Virgile & Catule en ont fait la description; l’un, lib. 2 . eleg. 1 . & l’autre dans ses Georgiques, lib. 1 . Le jour qui pré- cedoit la cérémonie, chaque propriétaire immoloit une truie que l’on apelloit porca prœcidanea, soit parce que le sacrifice précédoit la solemnité de la fête, soit parce que, selon la remarque d’Aulu-Gelle, lib. %. c. 6 . on immoloit cette truie avant la récolté des Duits, afin de fe rendre Ceres favorable. Voïez Caso , de re ritfiic. cap. 1 J 4 , Varro, lib. de vit a pop. Rom. Fe - Jius, lib. 14 . 11 est vrai que rogatio est un terme de Jurisprudence Romaine, qui n’a jamais été en usage parmi nous. Quand quelcun des Magistrats Romains avoir dessein «Rétablir une Loi nouvelle, il la propo- foit au Peuple, qui seul pouvoit faire des Loix, & lui demandoit son consentement. Cette formalité s’apel- loit rogatio. Agere mini cum populo , eji rogare quid populum, quod Juffragiis fuis aut jubeat aut vetet, dit Antoine Augustin, de Leg. Rom. cap. 7 . t ROGATON , / m. [Ruppltcatio.1 Mot burlesque, pour dite. Priere. Suplication. Requête. (Sca- ron a fait quelques rogatons en vers. Rogaton à Air. de Lionne pour être païé de fa pension.) Un porteur de rogatons. [AEruscators C’est un Poète qui porte des vers, des sonnets, Lc. à des Grands, ou à des personnes riches, pour en tirer quelque présent. f ROGATON. [Refigminas II fe dit aussi des bribes & autres choies qu’on a quêtées. (Sa besace est pleine de rogatons.) 0 Rabelais, dans son Prologue du quatrième Livre de Pantagruel, apelle les Religieux Mendians, des Tome III. E e e p*r 402 ROI porteurs de rogatons. Ce terme rogaton vient de rogts, dont les Auteurs de la basse latinité se sont servis pour exprimer quêter, demander l’aumóne. Dans la Coutume de Melun, art. 132. le cens est apell érogo, parce qu’il est querable dans cette Coutume, & que le Seigneur est obligé de le demander. ROGER , / m. [ Rogerm .] Nom d’homme. (Le beau Roger.) f C’eji un Roger bon tems. [Gcnio ixdulgens.'J C’est- à-dire, un gaillard qui ne songe qu’à se divertir, & qui ne prend nul souci. (C’est un vrai Roger bon tems.) ROGNE,//’. [Saitò'x.) Gale. Voiez Gale. ROGNER, roigner , v. a. [' Resicare , recidere.'] On écrit l’un & l’autre, mais on prononce rogné. C’est couper tout autour. (Rogner la monoïe. Rogner un livre. Rogner les ongles. Rogner les ailes. [tn- cidere alkui penn.u.] Ces derniers mots se disent aussi au figuré, & signifient retrancher à quelcun de l’auto- rité & du pouvoir. On dit aussi rogner les gages, c’est-à-dire, en retrancher. f * II est le maître, il rogne, il taille. Bens. [Agit ut lubet.l C’est à dire, il en use comme il lui plaît. ROGNEUR,/ m. [Refecior.'] Celui qui rogne. (C’est un rogneur de pistoles, d’écus, &c. C’est un rogneur de pitance. Voiez la Loi, St quk sohdi, cod. 2 tieod. I. 9. tit. 22. L. 1. eod. cod. de fuis. monet. Cujac. in cod. tit. 24. lib. 9. f ROGNEUX, rogneuje , adj. [Scabiosus. 3 Voiez Galeux. ROGNON, roignon , / m. On écrit l’un & l’autre, mais on prononce rognon. Ce mot se dit proprement en parlant des animaux. Ce Ion t des parties charnues & fans os, qui font ovales & qui atirent les serolìtez du sang. Les Reins. (Rognon de porc. Rognon de veau.) ROGNONS [ Tejìiculi .) Quelquefois signifie , testicules. (Les rognons de coq , íònt fort bons dans les ragoûts.) f Etre trop chaud du rognon. [Inveneresn pronus.~] Ces mots burlesques se disent des hommes, & signifient être un paillard. S. Amant. Métré la main fur les tognons. [ Anfatuin se prabere. 3 Cela se dit des petites femmes qui se querellent. C’tji métré la main sur les cotez. H ROGNONS de Musc, On les tire d’un animal qu’on apelle Rat musqué. t ROGNONER, v. n. [Mujsitare, ínurmurare.'] Mot du petit peuple de Paris, pour dire grondes-. (C’est une vieille qui ne fait que rognoner.) ROGNURE, / f. [Segmen, rejègsnen.'] Ce qu’on a ôté & rogné de quelque choie. (Les rognures des livres fervent à faire du carton.) ROGUE , adj. [Truculenttu, arrogans.] Fier. Superbe. (On dit que les Espagnols sont naturellement rognes, mais ce sont des contes ; les Anglois le sont plus que les Espagnols.) Ce mot n’est d’ulage que dans le stile familier. f ROGNES. On donne ce nom en quelques endroits aux œufs des petits poissons de mer, dont 00 se sert pour la pêche des Sardines. jff Prononcez la silabe Roi de tous les mots soivans connue elle est écrite, excepté au mot roide, & aux autres qui en sont dérivez. ROI, / »t. [Rkv, snonurchas Prince qui a un Ro- ïaume. C’est le Souverain d’un Roïaume. (Roi glorieux , grand , triomphant, victorieux. On ne doit point parler des Rois, ou l’on en doit parler avec des paroles de soie. Les François ont eu loixante-quatre Rois. Les Chinois disent qu’ils ont eu des Rois 1990. ans avant la Naissance de JESUS CHRIST. Nouvelle relation de la Chine p. 257. La terre compte peu de ces Rois bienfaisans > Le ciel à les former se prépare iong-tems. Despr. {§ Les Romains regardoient les Rois comme des tyrans qui ne pouvaient souffrir la liberté danslaqueile les Dieux faisoient naître les hommes. Le sentiment de ce Peuple orgueilleux, est vivement dépeint par Air. Corneille dans son Pompée, aci. 3. fc. 2. II fait dire a César ce qu’il ne pensoit pas, lorsque Ptoloméc lui ofre le trône de l’Egypte : Connoijjtz-vous César , de lui parler ainsi* Que m’ojsnroit de pk la fortune ennetnie , KOI "A moi qui tiens le trône égal à P infamie Certes, Rome, à ce coup, pourroit bien se vantes D’avoir eu jujfe lieu de me persécuter ; Elle qui d’un même œil les donne £5? les dédaigne ; Qui ne voit rien aux Rois , qiìeile aime , ou qu'eÛt craigne , Et qui verse en naissant, avec l’ame, £ des merciers, ceux qui avoient droit de visite. (§' Pasquier, livre 8. cb. 44. a remarqué „ qu’il n’y „ a dignité temporelle en France qui entre en com- „ paraison aveques celle de Roy, & neantmoins il ,í n’y a parolle en laquelle nos devanciers se soient ,, tant licentienfument débordez qu’en cette cy ensub. „ jets les plus ravalez, les autres plus relevez: Roy „des merciers: Roy des Poètes: Roy des barbiers: ,, Roy des arbalestriers : Roi d’armes : Roi des Ri- „ baux , &c. Le Roi des merciers avoir l’œil fur lea „ poids , aulnes & mesures des marchands. “ Ra- gueau en dit quelque chose de plus dans son Indice: „ Roy des merciers, est celui que le grand Chambrier ,, de France commetfoit pour avoir autorité fur les „ merciers, pour visiter leurs marchandises, leurs poids ,, & aulnages. “ II ajoute : Le mot de Roy étoit donné au Supérieur ou Juge. Roi des barbiers. Pasquier noue aprend dans le huitième livre de ses Recherches, cb. 44. que „ le Roi des barbiers avoit authorité sor les ,, autres barbiers , ores qu’ils fussent passez maîtres ,, en leur mesticr. “ Roi des Boites, estoit celui (dit „ le même Pasquier) qui aux Jeux Floraux de nôtre ,, Poésie ancienne se trouvoit avoir mieux besoigné „ que tous les autres fatistes, & dez lors l’année sui- », vante jugeoient des poésies de leurs compagnons. " Boíel nous en fournit la preuve dans son Trésor: Icy en droit esi cil livre sinez, Qui des enfans Oger esi apellez ; Or vueiUe Diex qu’il soit parachevez En tel ntaniere qu’esre rien puise blâmez Li Roy Adams par qui il esi rimez. Et dans le Roman de Cleomedes : Ce livre de Cieotnedes Aisne' je li Roy Adenes Menejiré au bon Duc Henry. * Le Vatican retentit des louanges do Roi des Rois. Battu , plaidoié 3. C’est-à-dire , des louanges de Dieu. * ROI de ses passions, il a ce qu’il désiré. Ru- can, Bes-gines. C’est à-dire, il est maître de ses passions. * Les Sages aussi bien que les Saints ont mérité le glorieux titre de Roi. Ablanc. Apopb. * Comme !e lion est le Roi des animaux terrestres, le daufin l’est des animaux aquatiques. La Chambre. f * C’est le Roi des hommes. Vous êtes le Roi des hommes. Ces dernieres façons de parler ne le disent qu’en riant ct dans la conversation de certaines gens. ROI d’Ivetot. Nom que prenoient les Seigneurs d’I- vetot. Terre dans le pais de Caux en Normandie. * ROI. [Rex sabariœ Jb’titionis.'} C’est celui qui la veille, ou le jour de la fête des Rois a eu une part de gâteau où il y avoit une fève , & qui t n vertu de cette roiauté est durant tout le repas respecté par la compagnie , & traité de sire & de majesté; & même en signe de réjouissance, lorsqu’il boit, tout le monde , le chapeau bas, crie mélodieusement le Roi boit. (Monsieur un tel est Roi. Je suis le Roi.) J 3 s ROI boit. La veille & la Fête de l’Epiphaniea été dans les premiers siécles celebrée avec beaucoup de solemnité & de religion. On jeûnoit tres-sévé- rement la veille, comme celle de Pâques. La preuve de cette pratique dans l’Egliíe Gréque est fondée fur une Ordonnance de Théophile, fameux Patriar- ROI che d’AIexandrie, raportée par Balsamon , par la- qu-lle, loisquc !a Père des Rois arrive le Lundi, & que dans le jour de Dimanche il n’étoit pas permis de jeûner, il permet au lieu de jeûner tout le jour, de prendre le matin un pyu de dates & de raisins; c’est-à-dire, à proprement parler, qu’on feroit collation le matin , & que l’on ne pourroit manger que le soir Ie> viandes ordinaires. Quant à l’Eglitè Latine, elle jeûnoit de même la veille de la Fête des Rois ; Et ii elt surprenant de voir le changement arrivé dans ce pieux ulage, puisque non feulement on ne jeûne plus la veille de la fête , mais on s’affemble, on fait des fellins magnifiques , on distribué un gâteau aux allìstans, donc une téve qui y elt enfermee, donne . la Koïnuté & le commandement à celui qui la trouve dans fil portion ; ensuite on crie le Roi boit ; on s’em- porte insensiblement dans des excès de la débauché & ds la licence, en sorte que c’est avec raison que l’on compare cette Fête a celle des Saturnales. Mais il faut avouer que depuis quelques anmes ce jour autrefois li solennel n’elt plus célébré avec le même éclat, & que l’on n’entend plus ces voix qui anonqoient de toutes parts que le Roi de la fête bûvoit. Voïez le Sr. des I.yons , dans Jon Traité fur le Roi boit, imprimé a Paris en 1670. ROIS ('Fejlum Epiphanie,'] Ce mot au pluriel signifie ia fête de l’aduration dt-s trois Rois. (Les Rois font le sixième de Janvier.) fane les Rois. [Fabano libo regnum for t iris] C’est fe réjouir avec ses amis le jour, ou la veille des Rois, en errant le Roi boit. ou ìa Reine boit. ROI des violons. [fr 1 manus fidicinum .] C’est le chef des vint-quatre violons du Roi & de tous les violons de France , fans la permission duquel il n’y a point de violon dans le Roïaume, qui ose jouer publiquement. Le Roi du bal . [Primas chorea.] C’est celui qui com- mence le bal. ROI de ta basoche. [Primarius fori feribarum.] C’est le chef des Clercs de Paris. ROI des ribauds. C’étoit celui qui tiroir tribut des bordels & des personnes condamnées à mort par les Maréchaux de France. Voïez Ragueau, N Pajquier , Recherches , /. 8- Ce titre de Roi des ribauds , n’étoit point odieux , selon Faucher, c’étoit un officier qui avoit soin de mettre hors de la maison du Roi, ceux qui n’y dévoient ni manger, ni coucher. Selon Pasquier, c’étoit le capitaine des soldats, qui étoient pour la garde du Roi. Mais cet office fut quelque tems après ravalé, & dès l’an 1490. on apelloit Roi des ribauds l’exeeuteur de la haute justice. ROI d'armes. [Caduceatorum Prœfcfhts.] C’étoit un oficier de France qui annonçoit la guerre, fa i soi r des tieves, ou des traitez de paix,, & qui annonqoit aulsi des Tournois. Voïez Héraut U'armes. 0 ' ROI d’urms. C'elt le premier & le chef deí Hérauts d’armes, & nos ancêtres lui ont donné le titre de Roi , qui lignine seulement premier chtf , comme l’on a dit autrefois le Roi des merciers , des barbiers U des ribauds. Mais ces royautez imaginaires se sont évanouies, & nous nc connoiifons plus que le Roi d’ar- mes. Quelques uns croient que le premier Roi d’armes a été établi par Clovis qui lui donna !e titre de Mont-joye-Saint-Denìs , parce qu’après son barème il prit ces paroles pour son cri de guerre, selon l’au- cïenne coutume. Mais d’autres assurent que ce fut Louis le Gros qui donna à Louis de Roussy le titre de Roi d’armes , inconnu jusques là. Cet établissement fut honoré de plusieurs privilèges, & même de pensions considérables ; & les Souverains a qui ils étoient envolez, afectoient, pour faire éclater leur grandeur & leur magnificence dans les autres pais, de leur faire de beaux prefens. Philips de Comines a remarqué que Louis XI. quoique fort avare , donna à un Héraut que le Roi d’Angleterre lui avoit envoié, trois cens écus d’or de fa propre main, & trente aunes de velours cramoisi, & lui promit encore mille écus. La représentation de leur Maître les rend respectables, & ils jouissent des mêmes privilèges que, le droit des gens acorde aux Ambassadeurs , pourvu qu ils fe renferment dans les bornes de leur commission : mais s’ils violent les premiers les Loix de ce droit, ils se tendent indignes des privilèges qu’il leur atribuë. Froissait a remarqué que le Héraut du Duc de Guel- ROI 403 dres aîant défié le Roi Charles VI, clandestinement dans la ville de Tournai, & fans lui en donner con. noissance „ >1 fut arrêté Sc mis en prison. & cuida ,, titre mort t dit cet Historien, ) poureeque tel défi „ estant contre les formes & contre l’ufage accoultu- „ me , & de plus en un lieu mal convenable,. Tour- „nai n’estant qu’une petite ville de Flandres. “ Le respect que l’on avoit pour les Rois d’armes & pour ses Hérauts, étoit li grand, qu’ds ont quelquefois, revêtus de leur cotte d’armes, arrêté par leur présence , en criant hola , !a fureur de deux Armées dans le plus fort du combat. Froissart a encore observé que ,, dans un furieux assaut donné à la ville de Vil- „ lepode en Galice, à la parole des Hérauts cesserent ,,ìe$ aflaillans, & fe reposèrent. “ Le Roi d'arines a un titre particulier, qui elt Mont joye Saint-Denis ; & les Hérauts portent le titre des seize principales Provinces du Roïaume, comme Bourgogne, Normandie, Guienne , Champagne , &c. 11 y a en Angleterre trois Rois d’avmes sous le titre de la jarretière , de Glarence & de Norroy. En Ecosse , les Rois d’armes & les Hérauts ont été emptoiez autrefois dans les tournois , dans les combats à plaisance ou a outrance , a fer émolu , ou à lance marnée , que les Seigneurs particuliers faifoient avec la permission da Roi. Mais non seulement ils font à présent fans emploi à cet égard, on ne les voit même plus parcourir les provinces pour reconnoitre les vrais Nobles, les armoiries des familles & leurs blasons, en un mot pour découvrir les abus que l’on commettoit concernant la Noblesse, & les généalogies. Quant aux cottes, qui font i’habit qui matque leur titre & leur pouvoir, celle du Roi d’armes est diférente de celle des Hérauts en ce que les trois grandes fleurs de lys qui sont au devant & au derrière de la cotte , sont surmontées d’une couronne Roïale de fleurs de lys fermées à l’im- periaie, & encore en ce qu’elle est bordée tout autour d’une broderie d’or entre les galons & la frange, & qu’enfìn fur les .manches les mots de Mont-joye-Saint- Denis y font en broderie avec ces mots sor la manche gauche, Roi d'armes de France. Si je ne craignoispas de tomber dans une longueur ennuieuse, j’explique- rois en détail les fonctions ou les Rois d’armes ont été autrefois emploiez, .Scelles qui leur restent à pré. sent: mais les curieux pourront facilement s’en éclaircir dans plusieurs Traitez qui ont été faits fur cette matière. ROI. Terme du jeu des échets, [Pars prhnaria fia- ckiœ.] C’est la principale piece du jeu des échets. Et on dit. (Couvrir le Roi. Donner échec au Roi. Ma- ter le Roi.) ROIS. [Reges foliorwn lufortorum.] Terme de jeu de cartes. G’est la premiers figure d’un jeu de cartes. (II y a quatre Rois dans chaque jeu de cartes. Jouer un Roi. Jettcr un Roi. Ou querellant tout bas le ciel qu’elle regarde , A la bite gémir d’un Roi venu Jans garde. Despr.) * Le Roi petaut. C’est le Roi des gueux. C’est ici la Cour du Roi petaut. C'est-à-dire, une assemblée de gueux, ou chacun est le maître. Chacun y contredit , chacun y parle haut , Et c’ejí tout jujiement la Cour du Roi petaut. Mol.) ROIAL , roïale, adj. [Augufiw, regius.] Qui com- pose la famille du Roi. ( La maij'on roiale. C’est le Roi, la Reine, ses Enfans & ses Freres.) ROIAL , roiale. [Krgu/è.] Qui apartient au Roi. Qui regarde le Roi. (Droit rotai. Deniers roiaux.) ROIAL . roiale. [Régiw.] Ce mot se dit de certain» édifices, & veut dire lieu où loge le Roi, ou quel- cun de ìa famille roiale, il signifie aussi digne d’un Roi. (Palais roial. Une maison roiale.) ROIAL, roiale [ Regius .] Ce mot se dit de certaines juridictions S de quelques gens de justice. (Ainsi on dit Justice roiale. Juge roial. Sergent roial ex- ploitaot par tout le Roïaume.) * ROIAL, roiale. [Magnifirm , Regius, hajìlicus] Magnifique. Grand. (Avoir l’atne roiale. Avoir le coeur grand & roial.) ROIALE, f f- [Kegsl/ií, régis ais ) Sorte d» culo- te large, au bas de laquelle, il v a des canons qui font lacez de rubans; enjolivez de points de France ou en- Tome lll. Eee» liefiit 404 KOI richis de broderie de drap découpé à jour & de plusieurs îoufes dé rubans. (Une belle Roiale.) A la roiale , adv. [Regio more J A la maniéré du Roi. D’une roiale & excélente maniéré. D’une maniéré la plus parfaite de toutes. (Faire la barbe à la roiale. Porter la barbe à la roiale. C’està-dire, avoir deux petits filets de poil comme le Roi. Beuf a la. roiale. C’est à-dire, Beuf assaisonné excélemment. R'GIALEMENT, adv. [Régit, Bajìlicè , Regio appara- tu.] D’une maniéré superbe , magnifique & roiale. (II nóus a traité roialement.) ROIALISTE ,s m. [Régir# associa 3 Qui tient le par* ti du Roi. (C’est un Roialiste.) ROIALISTE , adj. [Régi addicfm.] Qui tient le parti du Roi. (11 est roialiste. Elle est roialiste.) ROÎAUME, f m. [Regnum , Monarchia .) C’est un pais sujet à son Roi. Pais où régne & où domine un Roi. (Les plus beaux & les plus fameux Roïaumes de l’Europe, ce sont le Roïaume d’Angleterre, celui de France , d’Espagne , de Portugal, de Pologne, de Suéde & de Dunnemarc.) , ROIAUTE', s. f. [Regia dignités, majejìas.] Dignité de Roi. (Roiauté par tout adorée. Si tu n’es plus sage, je traiterai mal ta roiauté. Ab lanceur t, Lucien. Saint Louis toujours grand, & toujours Saint, a san- tifié la Roiauté par ses vertus chrétiennes , & il l’a soûtenué par ses vertus héroïques. Mongin.) * ROIAUTE'. [Regnum libi fabarii.] Ce mot en parlant du jour des Rois, c’est l’honneur qu’on a d’étre le Roi, cu la Reine de la fève. (Paier fa roiauté.) ROIDE, adj. [Rigidus.] Prononcez réde. Ferme. Droit & étendu. (Avoir les jambes roides. Voiture , let. 42. Etre tout roide de froid.) * ROIDE. [Árduus, prartiptus.] Ce mot en parlant de montagne, signifie, dificile à monter. (C’étoit Tendron le plus roide de la montagne. Ablancourt, Arr. I. 1. c. j.) ROIDE. [Rapidus.] Se dit de ce qui a un mouvement violent & précipité. (Le cours du Rhône est plus roide que celui de la Saône.) ROIDE. [Propojìti tenax.] Figurément, signifie un Opiniâtre, un esprit inflexible. (La véritable vertu est roide fans dureté, & inflexible lans opiniâtreté. Mr. BJprit .) ROIDEUR , f. f. [Rigidités, rigor.] Prononcez rA deur. ForCe. vigueur. Vitesse. ( 11 s lanqoient des flé. ches en haut avéc une extrême roideur. Ablanc. Rét, L c. Passer avec roideur. S. Amant.) ROIDIR, v. a. [Intendere , rigidum ejjùere.] Prononcez rédir. Etendre & faire venir droit & ferme. (Roidir une corde. Les Maîtres d’armes disent. Roi- dir bien la jambe. I.iancourt, Maître d’Armes, cb. a.) Se roidir, v. a. [Se ad firmitatem intendere .] Devenir roide. * Se roidir. [ Objtjiere ,J Résister. S’opiniâtrer. (* C’étoit un courage a se roidir contre les dificul- tez. Vaug. Quint. I. 7.) * Se roidir contre la raison. [Rationi obniti.J Molière, Avare, a fl. 1. sc. Messieurs de l’Académie ne décident rien dans leur Dictionnaire fur la prononciation de ces mots. Da* net est pour rédir. Mais Mr. Desmarets , dans fa Grammaire Françoise, veut qu’on fasse sentir la Diphtongue, St qu’on prbnonce roidir , roide, roideur, comme ils font écrits, & c’est ainsi que patient les personnes correctes. Gram. Fr. pag. 4;. f L’Academie dans son Dictionnaire, dit qu’on pío- nonce, Raide. Raideur , Raidir. RO’CtNER. Votez rogner. KOlGívON. Von z rognon. R Ol N E l i E, s s- [ Grapbium .] Petit instrument qui sert aux charptntiers a marquer leur bois. 11 y en a qui prononcent rouànette. (Les courtiers de via ont des rainettes pour marqui-r les tonneaux.) ROITELET , f. m. [Trochtlus , regult#.] Sorte d’oiseau qui s’apelle ro.tent , comme si l’on difoit le petit Roi des oiseaux. C’est un fort petit oiseau qui est vif & naturctkment plein de feu , oui vit trois , ou quitte ans , & qui chante presque toute l’année, mais principalement a U mo, On apelloit ce langage t—..- „en usage, selon les Ordonnances, jusqu’à Pan rt?y, „D’autres le dérivent du mot Espagnol Románfero, c. ,, je trouve, à cause des inventions ct fictions qui font „ dans les Romans & Livres de Poésie ; á cause de „ quoy on appeìloit >es anciens Poètes Provençaux, „ Troubadours , c. trouveurs ou inventeurs. Ces Poe- „ tes ont été fort estimez , comme on peut voir dans ,,le Livre de leur vie, fait par César Noftradatnus. ,, Pétrarque ne les a pas peu foriez aussi. Or que ce >, mot de Romant ait esté employé pour dire urie hi- ,, ítoire, on le peut voir dans beaucoup d’Auteutg , ROM 4C5 „ & sor tout dans Pasquier. Et Perceval parlant de ,, Ion histoire , dit : “ ,, Qui ce riche Romans lira. On diloic aussi Enromancer, pour dire, Faire une ,, histoire. “ ROMANCE, f m. [Fabula.) Terme de Poésie ■Espagnole. C’est une forte de Poème où l’on raconte quelque avanture triste, quelque évenement rare & particulier, ou quelque action glorieuse & héroïque, çll y a des romances amoureux fort jolis.) Voïez lieuse. Dupais. Appollon Espagnol. Ce mot eji féminin dans le Dictionnaire de Trévoux. ROMANCIER, s m. f Fabularum auclor.) Auteur de quelque Roman François. (Apres ces Auteurs étrangers , Paroijjent nos vieux Romanciers. Sarazin, Pompe funebre.) ROMANESQUE, adj. [Romnmcus.) Q_ui tient du Roman. (Votre avanture est Romanesque.) ROMAN 1 SER, v. «. [Fabulas cjfingcre.) Faire des Romans. ROMANISTE, f m. [Fabularum script or.'), Faiseur» de Romans. (Un Romaniste ne doit point affecter les termes d’un art qui n’eft pas le sien. Hu'ét.) ROMARIN , f m- [Rofinarinum.) Sorte de plan- te qui a plusieurs petites branches , les feuilles fort étroites, & qui porte des sieurs qui font comme des petites ïacintes d’Espagne & qui sentent bon. (Le romarin a une odeur un peu forte.) ROMBALIERE, /• /• íHJerum triremisordo ex. terior.) Ternie de Marine, qui se dic des planches de bordage qui sont le revêtement des membres d’une galère , à la partie extérieurs. $ ROMES. Ce font les deux principales piéceí qui composent le métier où fe fabrique la basse-lisse. Ces pièces sont des deux côtez du métier, & portent à leur extrémité les deux ensubles, sur l’une desquel- les fe roule la chaîne , & fur l’autre l’ouvrage. C’est aussi aux r ornes que tient la camperche, ou barre de bois qui porte les fa u te r eaux ; & où font attachées à des mentonnières les cordes qui fervent à ferrer le dessein contre la chaîne. ch ROMINAGROBIS, raminogrobis, f nt. [Ho. nto tumens ps crajfus.) L’un & l’autre se dit, mais rominagrobis est le plus doux & le plus usité. Rominagrobis est un mot burlesque imaginé pour fe moquer de celui qui affecte un air grave. On apelle aussi rominagrobis un maître matou. (S’il vient près de vous en rominagrobis, marchander votre cœur, Songez que. Samfin, Poésies.) * ROMINAGROBIS, qui est Is prince des chats, ne íauroit avoir meilleur mine. Voiture, Letre r;4. (Une jeune souris de peu d 7 expérience Crut fléchir un vieux chat implorunt fa clemence t Et paiant de raison le Rominagrobis, Lassez moi vivre , Une souris De mà taille U de ma âépence EJI elle a chargé en ce logis. La Font.) ROMPEMENT DE TêTE, f. m. [Tumuitus, soíiicitudo, cura ,Jirepitus obtundens.) Bruit qui étourdit , ennuie & chagrine. f Ce sont de perpétuels rompemens de tête. Ce font dés rompemens de tête insoportables : je ne les puis soufrir davantage. C’ést un grand rompe ment de tête. Nouv. rem. fur la langue Françoise. ROMPRE , v. a. ( Frangére , consringere.) H vient du Latin rumpere. Je romps. J’ai rompu. Je rompis. C’est mette une chose en plusieurs pièces en la bri- sont & la cassant. (11 a tout rompu & tout brisé. Depuis plus d’une semaine SJ e n 7 ai trouvé personne à qui rompre les os , La. vertu de mon bras fe perd dam le repos „ Et je cherche quelque dos Pour me remetre en haleine , Mol.) f§ ROMPRE la jambe. Mr. Coftar dans 5 a fuite de so défense ; „ Je lui pardonnerais, fi notre lutte ,, étoit comme la lutte rigoureuse qui se prátiquoit au- „ trefois en Grèce, où tout étoit permis généralement, „ jusques à rompre la jambe. “ ' ROMPRE- [Ferréo veHe memhra frángere.) Ce mot fe dit en parlant de certains criminels. C’est donner onze coups d’une grosse barre de fer à un criminel sor cer- £ee | raines 404 ROM âmes parties de íbn corps, lié & étendu fur une croix de Saint André , & le métré ensuite sur une roue au bout de l’échafaut où le bourreau l’a rompu. (On l’a rompu, & il a eu onze coups vif. On le doit rompre, mais il n'elt condamné qu’à avoir trois coups vif On le rompra, mais on l’étranglera auparavant.) £ * ROMPRE le cou a quelqu’un. C’eft lui faire perdre la fortune. £ ROMPRE me lance. C’est briser une lance en combatant ou en courant contre quelqu’un: on dit aussi absolument , rompre , pour signifier la même choie. •'f * ROMPRE une lance pour quelqu’un. C’estprendre son parti dans une conversation, où on n’en parloir pas bien. (11 eiì toujours prêt à rompre une lance pour vous.) 11 ne se dit guere. f * ROMPRE en vijiere. C’est dire en face & brusquement quelque chose de désobligeant & de fâcheux à quelqu’un. Se rompre. [Frangif Terme d 'Optique. La lumière se rompt iorsqu’elle passe d’un milieu à un autre plus rare ou plus dense. ROMPRE l’eau a un chevdl. [Equum ab aqua prohi. lere.J C’elt l’empêcher de boire tout d’une haleine. ROMPRE sa table. [ Âlensam dijinrbaref) C’est ne plus tenir table ouverte. ROMPRE les chiens, f Sernlonem aliò detlucere .) C’est détourner ailleurs la conversation. ROMPRE , r>. ». [Frangere.j Terme de Jardinier. Ii it dit des arbres trop chargez de fruit. (Ces arbres rompront, li on ne les étaie. Quint. Jurd. t'r. t. i.j * ROMPRE , v. n. [ Ajfinìtatem dinmere. ] Cesser d’être ami. Cesser il’avoir des liaisons. (Cela donna sujet de rompre avec les Partes. Áblancourt , TaC, Ain. I. i 2 . Tu ne rompras pas avec elle pour cela. Ablanc. Luc.) ROMPRE. [Exercere.j Exercer. (11 le faut rompre là-dessus.) * ROMPRE la tête d quelcun. [Aures alicui obtunde- re.~] C’est l’étourdir à force de bruit, ou de caquet. * Rompre une conférence. [Colloquia dinmere J Mémoires de Mr. ' de la Rocbefoucaut. * Rompre le jeûne. [. jejunia Jblvert. ] Vase. let. * Rompre les vœux. [ Votasolvere.j Voit. I. ji. * Rompre les enchantemens de Madrid. [ Fascina - tiones confringere.j Voiture , let. * Rompre un mariage. [ Matrimonium solvere. ] Ablancourt. (De Vamour sans éclat on ne rompt point les mouds Mais F éclat qui les rompt ejl toujours dangereux. Vill.) * ROMPRE, v. a. [Acles perrumpere .] Terme de Guerre. Métré en désordre. Renverser. (Rompre un bataillon. Ablanc. Arr.) * ROMPRE un cheval au trot. [ Equum injlituere. ] Ternie de Manège. C’est le rendre plus libre & plus dispos à galoper. * ROMPRE la glace. [Dijjìcultates perfringere. j C’est fraier le chemin & faire les premiers essais dans quelque entreprise. ROMPRE, v. n. [Alterari , se corrumpere.J Terme de Manhand de vin & de Gourmet. Le mot de rompre se dit du vin qu’on met exprès dans un verre & qu’on laisse quelque tems dans ce verre fans le couvrir pour voir s’il est bon & s’il ne change'point de couleur. On dit. Ce vin a été toute la nuit dans ce verre fans qu’il ait rompu. C'est-a-dire, fans qu’il ait perdu fa couleur. C’eji du vin qui garde son ejsai U qui ne rompt point , c’est-à-dire, du vin qui garde fa force & fa couleur, quoi qu’il ait été exposé à f air. f ROMPRE la. lame. C’est faire le mélangé des laines de dìlerentes couleurs, que l’on veut emploiera la fabrique des draps mélangez. (Le filage de ces laines ne fe fait qu’après qu’elles ont été bien rompues.) ^ ROMPRE le jet Terme de Fondeur de caractères cFImprimeie. C’est séparer du corps d’une lettre nouvellement fondue, la portion de matière qui a rempli Cette espèce de petit entonnoir qui est au dedans du moule, & qui porte la fonte jusques fur la matrice d u Caractère. t On apeìje Rompure, Sc l’endroit où se rompt la lettre , & faction de l’Ouvrier qui la rompt. ch ROMPRE une forme d'hnpnmerie. C’est séparer les lettres & caractères qui la composent, & ìes r@- ROM mettre dans les caffins , afin qu’on n’en puisse plus tirer d’exemplaircs. ROMPRE les dez à quelcun. [ Consi/ia dijiurbare. ] C’est lui faire manquer son coup , ou traverser ses desseins. A tout rompre. [Ad summum j C’est-à-dire, ail pis aller , tout au plus. Se rompre , v. r. [ DiJJìlire , disrumpi, confringi.’] Se casser. Se métré en pièces. Se faire quelque'fraction. (Se rompre le cou. Se rompre un bras. Se rompre la jambe, &c.) * Les flots bruïans se rompoient en plusieurs endroits. Vaug. Quint. I. 8 ■ c. * Les chemins font tout rompus des torrens. duis imbribus itmera J’unt interrupta.j Vaug. Quint, liv. 6 . ch. 4 , * A bâtons rompus, f Quœ inter fe coharentia non sun/.j C’est un adverbe, qui le dit des choses qu’on a fait negligemment & avec interruption. (Travailler à bâtons rompus. Votez Eaton.) ROMPU, uè, part. [ Ruptus , confratlui. ] Cassé, brisé. (Bras rompus. Tête rompue. Oreilles rompues. Chemins rompus, &c.) .N ombre rompu, [Fraclio] En Arithmétique est une Unité divisée en plusieurs fractions. ROMPU. [Expertus , versaim.) Se dit de celui qui est habile en quelque profession. (II est rompu à la Philosophie.) 0’ Brantôme, en parlant de Louis XI. dans la vie d’iienri 11. a dit .'-Ce bon rompu de Louis XI. aima dujjì , mais Aétoit différemment , toutes femmes. Nous disons encore dans la conversation, & en badinant, C’eji un bon rompu. ROMPU. [Labore confefim.2 Lassé par quelque exer- cice violent. (Je suis tout rompu pour avoir joue à la paume.) ROMPU. [ Commijsusé} Ternie d e Blason. Se dit des armes, ou des pièces brisées, ou des chevrons dont la pointe d’enhaut est coupée. jjeu rompu. Se dit au jeu de cartes, lorsqu’ilyen a beaucoup qui ne font pas de fuite. 0 ROMPU. Fini , terminé. Une telle partie tji Rompue. Mr. Corneille, Polyeuclei Ainjì du genre-bumain Fennemi nous abuse , 11 croit pouvoir enfin ce qu’encore il n’a pû, Et que ce qu’on disére , eji a demi rompu. ROMPU. [tìernia laborans. j Qui a une hernie, ou Une decente de boïuux. í RONAS. Racine qu’on employé pour teindre en rouge. RONCE, / f [Rubus , sentis , ou fentes.’] Sorte de plante qui se nourrit dans les haies . & dans les garennes, elle a la racine pleine de nœuds, de laquelle il fort plusieurs branches, longues, déliées, piquantes & garnies d’epines. (_La ronce porte un fruit qui est semblable à la mûre , & qui est noir quand il tlt en maturité.) * RONCE. [ Diffìjultiís.'] Ce mot au figuré, signifie des diflcultez & des choies qui embarassent & empêchent d’avancer. (Le chemin de la vertu est plein de ronces & d’epines.) RONCERAIE, f. f. [Rubetum , fenticetum, J Lieu rempli de ronces. Danet. ROND , f. »J. [ Or bis, gyrus. ] Rondeur. (Ton hom a rempli le rond de la terrre. Main. Pois.) ROND. [ÇirculusFj Ce mot en parlant d’eau dormante. C’est un mouvement de seau qui fe forme r» rond lorsqu’on y crache, ou qu’on y laisse tomber quelque petite chose. (Je Fai vû cracher dans un puits pour faire des ronds. Molière. , Misqntrope , acle y jeene derniere.) ROND. [Circumaclio.~\ Terme d e. Manège. Piste circulaire. (Couper le rond. On dit aussi couper la volte.) ROND de p.'omb. \ Vijciiï plumbeusfj C’est une forte d’étui de chapeau qui n’a point de forme, & qu’on hiet sor un chapeau pour le tenir en état. (Achetei Un rond de plomb.) ROND» ronde. adj. [Rotundus, giobosus, orbiculatm,] Qui a de la rondeur. (Cercle rond. Boule fort ronde.) * Un compte rond. [Summa Jblida.j C’est-à-dire, juste & exact. Une periode ronde. [Numcrosa periodus ] C’est-à- dire, qui est nombreuse, & qui a une juste cadence. * C eji RON * C'est un homme rond. [Homo ingentim xffimplexf} C’est-à-’dirc, franc & lincere, qui ne cherche point de 'détours ni de finesses. En rond , adv. [Circulariter .] En maniéré de cercle. (Se mouvoir en_ rond. Ablanc. Luc. Etre assis en rond. Spanheim, Césars.) RONDEMENT. Voler pi w bas. ROND 1CHE , f f. [ Parma , clypeus.) C’est un bouclier rond & fort. (Les oreilles de l’éléphant font comme deux rondaches. Ablanc. Marm. Tom. pre. nier. cb. r;.) 0 La rondache étoit un bouclier d’une figure particulière; on l’apelloit cetra. Q. Curce, Liv. j. parlant des Barcaniens : Armati bìpennibus , levibufque fcutis, cetra maxitnè fpeaem reààentìbm. Voici la traduction de Mr. de Vaugelas: ,, Dix mille Barcaniens „armez de haches tranchantes des deux cotez, & ,, de petits boucliers faits à peu près comme des ron- daches, “ RONDE , f f. £ Vigiliarum lujiratìo. ] Terme de Guerre. Tour que fait un Officier avec quelques soldats autour du rempart, pour voir fi les sentinelles font leur devoir. (Faire la ronde. Regler l’heure de la ronde. Voïez là-deffus les Ordonn. qui regardent les gens de guerre.) ± * Faire la ronde. Tourner autour d’une maison, d’un jardin, pour observer, pour épier ce qui s’y passe. î Faire Ju ronde. On le dit à table, pour boire à la Santé de chacun des conviez l’un après l’autre. (Vous n’avez pas encore fait votre ronde.) A la ronde , adv. [la orbem, circum .] Tout autour. Aux environs. (II commande qu’on verse du vin à ía ronde. Vaug. Quint, livre septième , cb. quatrième. C’est le plus grand fat qui soit à dix lieues à la ronde. Un fi galant exploit réveillant tout le inonde , On a porté pur tout des verres à la ronde. Despr.) RONDEAU , / m. [Rytbmus orbicularis .] C’est une sorte de Poème originairement Franqois, nommé de la forte à cause qu’il fait une espece de demi cercle. On compte quatre sortes de rondeaux , les simples, les doubles, ou communs, les redoublez & les triolets. Le caractère du rondeau est d’être íìmple & enjoué. Le rondeau fimpie a dix vers fur deux rimes & fur trois couplets, avec deux chutes. Le commun, deux chutes & treize vers, divisez en trois couplets, fur deux rimes; & le redoublé, fix couplets de quatre vers chacun, fur deux rimes & une feule chute. Les rondeaux d’Octavien de Saint Gelais, de Clement Marot, & de Voiture, font fort estimez, sb aire un rondeau. Monsieur Voiture a fait revivre les rondeaux, ct depuis peu Monsieur Benferade a tâché d’i- tmrer Monsieur Voiture en cela. Volez Iriout. Oui , vos rondeaux font la nique á Çlemtnt , Bien le voudreis-je aller dire hautement Far tout , N mente a la grands bourgade, Point n’en doutez, Monfieur de Bmjerade. Le Comte d’Olonne.) 0 Cette espece de Poème est particulière aux François, & l’on en doit Pinvention à Marot. Monsieur Defpreaux a dit dans ton Art Poétique, c tant Jècond : Tout poème efi brillant de fa propre beauté-, Le rondeau né Gaulois a la naïveté. Mais s’il est vrai , comme le même Auteur l’a reconnu dans fa septième Réflexion, que le vrai tour de l’épigramme, du rondeau, & des épîtres naïves, a été trouvé, même avant Roníard, par Marot, par S. Gelais & par d’autres, il me paroit que l’epitéte de Gaulois ne lui convient point ; il pouvoìt bien dire , le rondeau né François. Mais la destinée de ce poème n’a pas été heureuse. Le rondeau fut d’abord tort à. la mode; il tomba peu après dans le mépris; où il est resté jusques au tems de Voiture qui le reffu- cita. Malleville jaloux de la réputation de Voiture, en fit quelques-uns dont le meilleur est celui qu’il composa contre Boisrobert; il fit aussi le Sonnet de la belle Matineuse, pour Poposcr au Sonnet d’Uranie , dont on a fait tant de cas. Mais Benferade en a fait lui seul deux & trois fois plus que tous les autres Poètes, & avec peu de succès, puisqu’on ne parle plus de fes Métamorphoses en rondeau. Ce poème RON 407 etoít autrefois de quatre couplets, dont le premier mot du premier couplet étoit repeté à la fin des trois autres, & c est ce que l'on apelloit le refrain. Voici la description ingénieuse que Voiture fait du rondeau : Ma foi, c’efi fait de moi, car Ifabeau Jrl a commandé de lui faire un rondeau s Cela me met en une peine extrême. Quoi ! treize-vers huit en eau cinq en eme ; Je lui ferois aufit tot un bateau. En voila, iinq pourtant en % un monceau, Faifans-en huit en invoquant Erodeuu , Et puis mettons par quelque Jiratageme. Ma foi , c’efi fait. Si je pouvois encor de mon cerveau Tirer cinq vers , l’ouvrage firoit beau. • Mais cependant je fuis dedans V onzième , Et fi je crois que je fais le douzième. En voila treize ajnjfez au niveau. Ma foi , c’efi fait. Marot a de même donné un modèle durondeaù, dans le langage de l'on tems. En un rondeau fur le commencement, Un vocatif comme Maifire Clement 2ée peut faillir ; rentrer par buis ou porté Aux plus fçavans Poètes rien rapporte , Qui d’en user Je gardent Jugement Bien inventer vaus faut premier entent , U invention défricher proprement , Si que raison N rime ne soit morte En un rondeau. Usez de mots reçus communément. Rien superflu n y soit aucunement. Et de la fin quelque bon propos forte, C’ouez tout court, rentrez de bonne forte » Mafire passé Jerez certainement En un rondeau. I,a forme du rondeau a souvent changé, soit potif ìé nombre des couplets . soit pour le repos, soit pour l’arrangement des rimes. II y a aussi un rondeau re. doublé. On commence à faire un quatrain, ensuite on y en ajoute quatre autres, dont chacun finit par un des vers de ce premier quatrain. On en trouve dé cette forme dans Voiture & dans Sarrazin. RONDEAU [AJJeres roiundi.’] Deux petits ais colez & chevillez ensemble, coupez en rond, larges d’envi- ran deux piez, & grands d’autant. Ais large & façonné en rond, dont les pâtissiers de Paris se servent pour mettre leurs pâtisseries lorsqu’elles sont faites: (Un petit rondeau. Un grand rondeau. Rondeau bien fait.) H RONDEAU. Flaque de fer forgé, ou de fonte, dont sc fervent les Miroitiers-Luíietiers , pour y travailler les verres dont la superficie doit être plane, c’est-à-dire, qui n’eít ni convexe , ni concave. Les Rondeaux fervent aussi pour faire des bizeaux fur ses glaces. ROND d’eau. [LabeUum.J C’est un grand rond fait exprès au milieu de certains jardins, & òû il y a de l’eau. C’est une maniéré de bassin. (D’autres disoient que c’étoient des poissons qu’on avoit jettez dans le rond d’eau. Marigni, Relation des divertissement de Versailles , pag. 47 .) * RONDELET , rondelette, adj. [Orbiculatus.J Un peu rond. RONDELET , f m. [ Cantilena circularis. ] Terme de Poésie Espagnole. C est une sorte de couplet qui contient un certain nombre de vers. Cette sorte de Poésie a été apelléc rondelet, parce qu’on a decoíitu, me de chanter les rondelets aux assemblées où l’on danse. Volez, Tempo, Arte Po’ética. 11 y a de grands rondelets & de petits rondelets. Voiez là-deffus Rem gifo ; N M autres Poétiques Espagnoles. f RONDELETTE. On apelle soies rondelettes, les moindres & les plus communes de toutes les soies. On les nomme aussi Boutes, titrasses ct Contrailles. t RONDELLE, J’, f. [Pafmula.] Vieux mot qui signi- fioit une espece de bouclier. ^ RONDELLE. Outil de fer dent se fervent les Maçons pour grater & finir les membres de moulures d’Architecture. Elle n’est diférente du crochet > que parce qu’elle est arrondie par !e bout. f RONDELLES, ou Camions. Bosses ou têtes de chardons 408 RON dons très-petices dont on se sert pour laver ou tirer à poil Certaines étofes de petit prix. t RONDELLES. Outils de sculpteur, qui font des espèces de cizeaux ronds. $ RONDELLES. Les Plombiers donnent ce nom a deux pièces de cuivre rondes, qui ferment par les deux bouts les moules où ils fondent des tuïaux funs r soudures. $ RONDELLE, ou Cabaret, [Asarum.] Plante qui purge doucement par haut & par bas. RONDEMENT, fuiv. [In orbem , orbiculatim.] En rond. D’une maniéré ronde. (Tourner bien rondement une boule.) t * RONDEMENT, adv. [Ingenuè, sincerè, ftmplki- ter.] Sincèrement. Franchement. (C’est un homme qui agit rondement.) RONDEUR, f f- [Rotunditas.] Figure ronde. (La rondeur d’un cercle.) RONDEUR de lettre. Terme de Maître à écrire. (On fait en tine feule fois la rondeur des lettres.) RONDEUR de manteau. [Forma rotunda.] Terme de Tailleur. (Marquer la rondeur d’un manteau. Donner la rondeur nécessaire à un manteau.) RONDIN , f. m. [ Lignum rotundum .[) Morceau de bois rond & propre a brûler, & dont font faites les falourdes. (Un bon rondin. Un petit rondin./ , ± RONDIN, ledit aussi d’un gros bâton, (lll’apaïe à coups de rondin.) $ RONDIN , ou Tondin. Cylindre ou rouleau de bois fur lequel les Plombiers arrondissent les tables de plomb dont ils veulent faire des tuïaux. 11s ont des rondins de plusieurs longueurs & de diférens diamètres, suivant les tuïaux qu’ils ont à arrondir. | RONDINER, v. a. [Egregiè fujligare.] Mot bas & burlesque qu’on n’écrit point, mais qu’on dit quelquefois. 11 signifie. Donner des coups de quelque bâton gros & court. (On l’a rondiné comme il faut.) RONFLE, f f- Ce mot est un terme de de piquet , mais il est hors d’ufage à Paris, où l’on dit eompter son point, & jamais compter fa ronfle. f * Ón dit proverbialement d’une personne qui dort profondément, il joué a la ronfle. [Ronchijfat.] RONFLEMENT , f m. [Rattccm , résonnons pefioris Jlridor.] Respiration qui se fait avec bruit lorsqu’on dort. Deg. (11 fait un furieux rondement. Avec son ronflement il éveille toutes les chambres.) Ronflement ne me semble pas mauvais, & il ne doit pas être mis au nombre des barbarismes. Tom. Corn. notes fur Vaug. * On dit au figuré le ronflement des vents, de la mèr, Le. RONFLER. [ Ronchos edere , roncbijfare .] Ce verbe dans l’usage ordinaire est neutre , & signifie faire du bruit avec le nez lorsqu’on dort. (II ronfle fur des sachets d’ambre. Mai. Poëf. Mon mari ronfle comme il faut. Molière.) On dit des chevaux qu’ils ronflent , quand ils font un certain bruit des narines, soit par vivacité ou par quelque autre mouvement. f * Faire ronfler les vers. [Versus emphaticè bucci. tiares] Molière , Précieuses. C’est-à-dire, les prononcer avec emphase afin de les faire paroître plus beaux. £ On dit aussi en ternies de Guerre L dans le stile familier, faire ronfler le canon, c’est.à dire, tirer force coups de canon. H On le dit aussi des instrumens de Musique, qui jouent & fond grand bruit. (Les violons ont ronflé à cette nôce.) RONFLEUR,/ m. [flfugiter rmchijfans .] Celui qui ronfle lorsqu’il dort. (C’est un ronfleur incommode ) RONFLEUSE , f f. Celle qui ronfle lorsqu’elle dort. (Une grosse ronfleuse.) RONGE, f m. [ Rmninatio.] Terme de Venerie. On dit que Je cerf fait le ronge quand il rumine. RONGER, v. a. [Rodere, corrodere.] Ce mot se dit proprement des rats, des souris L de quelques autres animaux, & il signifie prendre un peu de quelque chose que ce soit avec les dents. (Les souris rongent les livres & les papiers. Un chien ronge un os.) f * RONGER quelqiiun. C’est lui faire consumer son bien. (Ce Procureur ronge ses parties. Si vous n’y prenez garde il vous roogera jusqu’aux os.) ROS * De funestes remords il a Famé rongée. Godeau, Poésies. * La gale le ronge. S. Amant. * La salure de la Mer ronge les pierres. f * RONGER son frein. [Iras decoquere.] Etre triste & chagrin. Repasser son ennui dans son esprit. (Couché fur ma litiere, & tandis qu'on me ronge, Malheureux , je k ai rien que mon frein à ronger. Benserade.) * Se ronger le cteur. [Animum exedere. ] Voiture , Poésies. C’est-à-dire, s’inquieter, se chagriner cruellement. * 11 fut long-tems à sc ronger l’efprit de soucis. Ablanc. Tacite , Agncola, c. ;. RONGER f es ongles. [Ungues demordere.] C’est mor. dre fes ongles à force de rêver à quelque chose que l’on fait. C’eít ce que dit ferse, demorfosfapit ungues. (Nargue, c’est trop rêver, c’est trop ronger fes ongles. S. Amant.) * On lui a donné un os a ronger, [Injefta efl ipjì tr a gui 11 .] C’est à-dire, on lui a suscité quelque afaite qui l'occupe fort, & qui ì’ernpêche de songer à nuire à autrui. í RONGEUR, adj. On dit fig. le ver rongeur, pour dire, le remords qui tourmente ie coupable. 11 n’a point d’autre usage. ROQUER, n. [Turrim ad regem admoverû Terme de jeu des Echets. C’est aprocher le Roc du Roi & transposer le Roi de l’autre côté duRoc. (On ne roque qu’une fois. Dès qu’on a remué le Roi, ou qu’il a reçu échec, on n’a plus la liberté de roquer.) t ROQUET ,/ m. [ Palliolum. ] Espèce deman- teau fort court qu’on portoit autrefois, & dont les Boufons Italiens so servent encore. ROQ/ET. [Catellus.] Petit chien qui a les oreilles droites L le poil court. F ROQUET. Les Lionnois donnent ce nom à une espèce de bobine fur laquelle les Ouvriers en foie dévident celle qu’ils emploient dans leurs fabriques. Ailleurs on dit Roches. ROQUET IE, roquete , f f, [Eruca latifolia al. bas] Sorte de plante qui pousse une tige haute d’un pié, ou d’un pié & demi; qui a les feuilles longues, étroites & découpées. 11 se trouve deux fortes de roquette. La roquette des jardins L la roquette sauva- ge. La roquette des jardins a les feuilles blanches, & la sauvage, jaunes. On mange Tune & l’autre en fa- Jade, L l’une & l’autre est bonne pour plusieurs choses. Volez Dalechamp , tom. i. I. Mais tous conviennent que la roquette est chaude & porte àl’amour, & que pour bien faire on n’en doit manger qu’avec- des laitues qui servent à temperer fa chaleur. La ro- quette a le goût plus fort que le cresson ordinaire. ROQUETTE, ou cendre de Levant. C’est une herbe réduite en poudre, dont on sc sert pour faire le savon & le verre. 11 en vient d’Acre L de Tripoli de Syrie. La roquette d’Acre est la meilleurs. ROQiJILLE, f. f. [Oclava quadrantis.] Sorte de mesure contenant la moitié d’un demi seder. Le mot de roquille se prend aussi pour toute sorte de petite mesure de vin, & en ce sens on dit. Païer roquille. Boire roquille.) f L’Académie dit qu’il est très-bas. ROSACE, f f. [Acanthe jlos.] Terme à’Archi, tellure. Grande rose qui sc fait de différentes maniérés, & dot\f on remplit les caisses des compartimens des voûtes, plat-fonds, &c. On l’apelle aussi Rejhi. ROSACE , / m. ou Rofagine. f. f. [Nerim».] Plante qu’on apelle autrement Laurier rose. ROSAIRE , / m. [Rofarium.] Chapelet à quinze dizaines. (Dire son rosaire.) II n’est pas vrai que S. Dominique, soit l’inventcur du Rosaire, puisque selon le P. Dom Luc d’Acheri, il étoit en usage dès Fan noo. Et cela prouve que c* n’est point une dévotion nouvelle. ROSAIRE. [Rofarium jlillatitium.] Est aussi un vaisseau de chimie, qui sert à la diitiladon. ROSAT ; [Rofaccus.] Mot adjeiïifl Qui n’eftufité qu’au tnafe. Qui a quelque chose de l’odeur de rose. Où il entre des roses. (Miel rosat. Onguent rosat. Vinaigre rosat. Huile rosat.) ^ ROSCONNES, f. f. Toiles blanches de lin qui se font en quelques endroits de Bretagne. RQSEi ros ROSE,// JRofa-1 C’estune des plus belles fleurs des jardins qui pousse plusieurs feuilles incarnates, rouges, blanches , ou jaunes, qui ordinairement est odoriférante, qui fleurit en Mai, Juin ,& Juillet. (La rose, la Reine des fleurs. Voiture, Po’efles. Rose commune. Rose panachée. Rose de Provins. Rose à cent feuilles. Rose rouge. Rose blanche. Rose de la Chine. Rose d’outremer. Rose de Damas. Rose muscade. Rose damasquinée. Si des autres jasmins mus siavons pas Viciât , Notre parfum du moins eji bien plus délicat, Et nos petites fleurs écloses N’entêtent pas comme les roses. Mademoif. de Scuderi. ) L'expreííìon d’Anacreon est ingénieuse, & on ne peut pas mieux louer la rose. 11 dit dans son Ode qu’elle est tout le soin du Printems : PóN» sxf®- fltXtl/íce, {$ Les Poètes anciens emploient avec plaisir la rose dans leurs vers. Malherbe, StancesJur la mort de la fille de Mr, du Perler : Mais elle étoit du inonde , où les plus belles choses Ont le pire dejiin ; Et rose elle a vécu , ce que vivent les roses , L’espace d’un matin. Ces sortes de comparaisons , des roses , £ 5 ? des lis , sont bien vieilles; il en faut user sobrement, & les laisser sux Italiens qui aiment fort ces expressions. Le Guarini a dit dans un de ses madrigaux : Tìono licori à Batto Una RoJ'a , cred’io , di paradifi Et Jì vermiglia in vijo Donamlola Jì fece , eji vezzosa Che par ea Rosa , que donajje Rosit, A Vhor dice il pajlore Con un sojbir dolójsmo dlamore, Perche degno non sono D’aver la Rofa donatrice in Rosa, Enfin nos Poètes étoient si acoûtumez à joindre les roses avec les lis , que Gombaud n’a pu s’empêcher de les assembler pour former une mauvaise épigramme fur des roses que Philis lui avoit données : Pbilis me donnait fans dessein Des roses qu’elie avoit au J'ein , Où tant de beautez font encloses » lìelas ! (dis je) belle Philis, Puisque vous ni en donnez les roses ! Ne m’en refusez point les lis . Epigramme 17 . Les couronnes des roses étoient une marque de joie & de débauche. Le même Poète que j’ai cité , commence ainsi fa sixième Ode; Avec des couronnes de roses fur nos têce'S, nous alons boire, & nous divertir , &c. ROSE-CROIX. [Fratres roseœ crucis. ] Nom qu’on a donné à ceux d’une certaine cabale, qui a paru en Allemagne, au commencement du siécle passé. On apelloit ceux qui en étoient, freres de la Rose-croix. Eucharius Cygnœus a fait leur apologie. Voï. auíîi Robert Fiud, & d’autres grands hommes. ROSE de Jerico. [Hiericunthea.] Ces sortes de roses se conservent seches durant un grand nombre d’an- nées ; & elles s’épanoiiissent quand on trempe leur queue dans l’eau. ROSE-PIVOINE. [Paonia .] C’est une sorte de fleur rouge, ou de couleur de chair qui fleurit en Mai. ROSE-GUELDRE. Sorte de fleur blanche qui fleurit en Mai. On prépare ses roses de diverses maniérés. On en fait des sirops, des teintures , &c. ROSE. [Flores, sales.'] Ce mot au figuré est d’une grande étendue en Poésie. (Exemples. Une bouche de rose. C’est-à-dire bouche vermeille. Volt. Po'èJ\ Teint plein de lis 0? de roses . Voit. Poës. C’est-à-dire, mêlé de blanc & de rouge. Votre teint a toujours des fleurs écloses , Et Vamour couché dans des roses T fait la guerre aux Dieux, Voir. Poës. ROS 409 Les teille t s 0 ? les roses couvraient la neige de fin teint. Voit. Poes. Ètle avoit surfin teint cent roses contre un lis . Montr. Poës. f§ Les Latins ont pris de même le terme Rosa pout marquer un rouge agréable. Horace, lib. i. od. ij. Quum tu Lydia Telepha Cervicem roseam, 0f cerea Telepbi Laudas brachìa , Mr. Desmarets dans fa défense du Poème Epique, condamne cette faqon de parler dont Mr. Defpreaux s'est servi dans ses satires, de fiel 0 f d’amertume, disant que c’est comme si l’on disoit, de roses U de fleurs, & que c’est mêler l’espece & le genre. Air. Ménage, tom. 2. de fies Qbjerv. ch. 20. a reporté plusieurs exemples pour justifier rojes 0 ? fleurs , quoique fleurs soit le genre, & roses l’espece. Mais il remarque fort bien que rojes 0? fleurs n’est point une locution condamnable, patce que la rose étant la Reine des fleurs ; elle n’est point confondue avec les especes de diserentes fleurs , comme l’on distingue le Roi de son Peuple. Ainsi, dans Aristophane, on lit au commencement de son Flutus : O vous Jupiter, & vous Dieux , â Zlû > xaì hoì. ROSE-D’OR. [Rosa cuire a..) C’est la figure d’une rose que le Pape a coutume de bénir à la Messe du quatrième Dimanche de Carême , qu’il porte à la procession, & qu’il envoie après à quelque Prince Souverain. ROSE-NOBLE , s. m. [ Nummus aureus rofa injìgnu tus.] Ancienne monoie d’or d’Angleterre, où étoit marquée une rose. ROSE. [Nodus.] Sorte de neud de foulié en forme de Rose que les Dames & les hommes portoient fur leurs fouliez. Sorte de neud long & étendu qu’on por- toit fur le soulié , il y a vingt-huitou trente ans, mais qui ne se porte plus guere. (11 y a telle rose de soulié qui vaut mieux que neuf cornetes. Voit. I. 66.) * ROSE. [Rhodoides.] Terme de Lutter. Ce sont plusieurs petits trous qui representent en quelque sorte la figure d’une rose , & qui sont au milieu de la table de l’instrument de musique. (Rose de tuorbe , de luth, de maodore, de cistre , de guitarre, d’épinette, de clavecin , &c.) ROSE des vents. [Rbumbi ventorum , Rofa nautica.] Terme de Mer. C’est une représentation de trente-deux airs des vents par le moien de trente-deux pointes qui sortent d’un centre & se plongent au-delà d’un petit cercle décrit pour la distinction des vents, ce qui a quelque raport à la figure d’une rofe.Ban-s les cartes des routiers il y a quantité de rojes des vents. II y a aussi des roses des vents faites de corne transparente pour le pointage des cartes. Voie z Guillet. Art de la navigation. ROSE d’Eglise. [Rotunda fenejira, rhodoides.] C’est une fenêtre ronde garnie de vitres. * On dit au figuré, & par maniéré de proverbe , être couché fur des ruses , marcher Jùr des roses , pour dire , être couché mollement, & marcher dans un beau chemin. * ll n’eji point de roses fans épines. [Nihil ex ontni parte beatum.] Proverbe , pour dire, qu’il n’y a point de plaisir qui ne soit acompagné de quelque chagrin. * Après les épines on cueille les rojes. [Pojijfiinas colli * gunturroja.] C’est-à-dire on tire du profit d’un travail pénible & dificile. ■[ * II n’y a point de rose qui ne devienne gratecU. [Rosa fit cynorrhodon.] C’est-à-dire, toutes les personnes enlaidissent avec l’âge. * On a découvert le pot a&x roses. C’est-à-dire, on a. découvert le secret d’une afaire. Comparer la rese au pavot. Sorte de Proverbe , qui signifie comparer des choses qui ne sont point comparables. ROSE. [Rofagentilitia.] Ternie de Blason. Elle s’a- pelle soutenue , quand elle est figurée avec fa queue. Elle est quelquefois d’un même émail, & quelquefois d’un diffèrent, mais toujours épanouie. ROSE, ou Rosette. [Limbus.] Terme de Tourneur . Cheville , ou morceau de bois tourné , au bout duquel il y a un rebord en forme dé rose épanoiíie qu’on ata- theàun râtelier avec plusieurs autres pour mettre des habits, ou des armes, f ROSE. Rois de Rose ou de Rhode, que l’on nomme aulii Rois marbré. C’est un bois que l’on compte parmi les especes d’Afpalathe , & que bien des gens con- Tom, lih F f f fondent / 410 ROS fondent avec ie bois de Chypre, quoi qu’il! y ait une grande diférence. II s’apelle Bois de Rose a came de son odeur, quoi qu’il ne porte point de roses comme plusieurs le croient. Cet arbre est commun dans les Isles Antilles. Voïez Du Tertre & Rocbesort. f ROSE , ou Rosette. Terme de Teinture. C’est «ne marque ronde de la grandeur d’un écu, que les Teinturiers font obligez de laisser au bout de chaque piéce d’etofe qu’ils teignent, pour faire connoître les couleurs qui leur ont servi de pied ou de fond. 4= ROSE. Couleur de rose, c’est un rouge tirant fur la couleur des roses naturelles. f ROSE cran. Sorte de linge ouvré qui se fabrique en Picardie. 4= ROSES. Petites étofes de soïe, de laine & de fil, dont les façons représentent des roses. Elles se fabriquent à Amiens. . ROSE', «d/. [Vitmm rubruml} Qui ne se dît qu au ìnasc. & il se dit du vin. II signifie qui est d’un rouge agréable & tirant sur la couleur d’une rose d’un rouge vif. (C’est du vin rosé fort excellent. Aimer le vin rosé.) ROSEAU, s »;• [ Arundo, canna, calamus. ] C’est une plante qui vient dans les lieux aquatiques, & marécageux. II y a un roseau qui produit une tige d’un bon pié & c’est le petit roseau. II se trouve un autre roseau qui a les Feuilles longues, larges, & aiguës & une tige haute & à plusieurs neuds. On fait de ce roseau des flèches, des cannes, & méme des flûtes. Voiez Dalechamp. (11 est foible comme un roseau. Les oiseaux aquatiques se cachent dans les roseaux. Couvrir un toit de roseaux. Chaque grenouille prend la fuite , Et dam un triste état réduite , Va se cacher Jbus les roseaux. La Font.) ROSE'E, f f. [Rm.] Parties d’eau très subtiles qui s’amassent dans Pair, & qui tombent ensuite sur les plantes. (La rosée tombe un peu avant le lever du Soleil. Une douce rosée. Une forte & abondante rosée. La rosée de Mai blanchit la toile & la cire.) ■f On dit d’une chose fort tendre, qu’elle est tendre comme de la rosée. On apelle rosée une petite pluie agréable. 4= ROSE'E. Espèce de mousseline ou de toile de coton , qui vient des Indes Orientales. t ROSERAIE, s f [Rosetum.] Lieu planté de rosiers. 4= ROSEREAUX, s m. Fourrures qu’on tire de Moscovie, qui servent à fourre r des bonnets. 4= ROSETTE, s s. Petite rose. 11 ne se dit qu’au figuré de certains ornemens qui font faits en forme de petite rose, & que l’on emploie dans la broderie & dans la sculpture. 4= Hiamant à rosette. C’est un Diamant taillé en forme de rose. 4= ROSETTE, se dit aussi d’une sorte de bois de Brésil. ROSETTE , s f. [Clavus albia.'J Terme de Babutier. Sorte de petit clou blanc dont les bahuticrs se servent pour les embélissemens des bahuts. ROSETTE. Ce sont des petites coutures qu’on fait dans du linge qui est troué & qu’on forme en maniéré de petite rose. (Voilà un petit trou à ce drap, il le faut raconimoder & y faire une rosette.) ROSETTE. [Commis.] Terme de Coutelier. Plaque en forme de petite rose qui soutient le rivet du rasoir, ou de la lancette. (Une rosette de rasoir, ou de lan- cette bien faite.) ROSETTE. Terme de Tourneur. Voiez plus haut, i Rose. ROSETTE. [Purpurijjsum.2 C’est de l’ancre rouge dont on se sert, particulièrement dans les Imprimeries pour marquer des titres de rouge. C’est de la craie teinte en rouge. ROSETTE. [EEs prima fufura. ] Ce notn se donne aussi au cuivre pur & net, tel qu’il sort des mines. 4= ROSETTIER ,s. m. Outil dont se servent les Couteliers pour faire ces petites rosettes de cuivre avec lesquelles ils montent plusieurs de leurs ouvrages. Les Orfèvres se servent aussi du Rosettier pour faire lesro- lettes d argent. ROSIER, f m. [Rofa, rosarum spinal] Espèce de «once ou d épine qui porte les roses. Espèce de plante ROT dont la racine je te des branches longues , garnies d’é- guillons , entre lesquels viennent les roses. (Un rosier. (Un beau rosier. Rosier sauvage. Rosier domestique.) ROSIER de gueldre. Sorte de plante qui étend dei branches & produit des fleurs blanches, qui s’amaffent ensemble en forme de globe. ROSIER. Artisan qui fait des peignes & des lames pour les tisserans. ROSS ANE,/ s [ Rusáana.2 Terme de Jardinier fruitier. C’est une pêche, ou une pavie de couleur jaune. ( Rossane hâtive, ou tardive. Rossane mâle. Rossane femelle.) ROSSE , s s [Strigosum jumentum .) Ce mot vient de l’Alemand , & lignifie un méchant cheval. (C’est une rosse que cela. Ablanc. Luc. T. 11 étoit monté fur une rosse.) On dit proverbialement, qu’un bon cheval ne devient jamais rojse , parce qu’il a toujours de la vigueur. [Equut generosus mmquam Jirigfíjus esjìciturj ROSSE. Est un poisson que Gesner apelle en Latin Rutiìus. ROSSE. [Silicernium.2 Se dit d’une vieille qui n’en peut plus. (Taifez-vous vieille rosse.) t ROSSER, v. a. [Muicìare, lumbos fujîe dolare. ] Batre quelcun comme il faut. (t Rosser quelcun dos & ventre.) f Se rosser , v. r. Se batre. ( N’avez vous point ds honte de vous rojfcr comme des coquins. Scarcn.) 4= ROSSICLER , f m. Elpéce de minerai noir que l’on tire des mines du Chily & du Pérou. Ce minerai esttrès-riche & produit le meilleur argent. ROSSIGNOL,/ m. [Lufcinia , Philomela .] Petit oiseau qui tire Fur le rouge , & qui chante très agréablement , mais qui ne chante jamais fi bien que durant le mois d’Avril, & jusques à la mi-Aoust. On dit qu’il ne chante point auprès de son nid, de peur qu’il ne le fasse découvrir, & qu’on ne lui enleve ses petits. Le rossignol aime extrêmement la musique , & il a une sim. patie naturelle avec le chant harmonieux. (Unrolììgnol mâle. Un rossignol femelle. Voiez Olina. Vn rossignol dont le ramage Efaçoit les plus belles voix , S’ennuioìt du séjour des bois Qui lui paroilsoit sauvage. Da Trousser.) t * ROSSIGNOL d'Arcadie. £ AJbius .] Mot burlesque pour dire un âne. (C’est un rossignol d’Arcadie. Ces mots íe disent aussi en parlant des personnes, & on dira fort bien & fort véritablement quand on dira que Monseigneur Finot & Monseigneur Gui Guillot sont en Médecine de francs rossignols d’Arcadie. Voiez Médecin.) ROSSIGNOL. [Uncusseris aperiendis .] C’est le nom qu’on donne aussi à un instrument de Serrurier avec quoi on ouvre des serrures , & qui est défendu. ROSSIGNOL. [ Cuneus. ] Est aussi un coin de bois qu’on fait entrer à force dans des mortaises qui font trop longues, quand on veut serrer quelque piéce de charpente. ,4\ROSSIGNOLS. Ternie de Carrier. On nomme ainiì les arcs-boutans des fourches, qui soutiennent l’af- bre de la grande roue des Carriers. ROSSIGNOLER. [Pbilomelam imitari.~\ C’est imiter le chant du rossignol. ROSSOLIS, / m, [Potio aromatìcaj Sorte de liqueur douce & agréable, composée d’eau de vie, de sucre , de candie, & de plusieurs choses qui flatent le goût & réjouissent le cœur. (Lerossolis de Turin est le meilleur & le plus vanté de tous les rossolis.) ROSSOLIS , / m. [Ros solií folio rotundo. ] Nom de plante, propre pour la peste, la phtisie, l’épilepfie, 4= II y a deux especes de Rossolis, qui font Tune & I autre cordiales & pectorales. ROSTRALE, adj. f. [Rostralk.J Ce mot est Latin, &il ne sc dit qu’en parlant des anciens Romains, qu* apelloient une couronne rojirale celle dont on honoroit un Capitaine , ou un soldat, qui avoit le premier acre- ché un vaisseau ennemi, ou étoit entré dedans, Cette couronne étoit relevée de proues de Navire, dont l’épe* ron s’apelle en Latin rojlrum. RôT , ou rosi, s. m. [Assacaro.J Mais l’r ne se prononce point. C’est-à-dire , rôti. Viande cuite sans eau devant le feu. (Manger du rôt. Le rôt est meilleur pour les pulmoniques que le bouilli. Uncon ROT Encore ne faut-il pas Par une économie outrée Nous plaindre pour le soir du tôt à nos repas . Baraton , Contes. L’un me brûle mon rôt en lisant quelque histoire, Uautre reve à des vers quand je demande à boire. Mol.) ff Mr. Despreaux a dit dans fa ze. Satire : Et dùt.on m’apeller U fantasque Af bouru, falots sortir enfin quand le rôt est venu. L’Obscrvateur a remarqué en cet endroit, que Mr. Despreaux demande à Mr. Dubrouffin , fort connu à Paris par la finesse de son goût, s’il faloit dire rôt , ou rôti ; & il lui répondit qu’on pouvoit dire l’un & l’au- tre, mais que rôt étoit plus noble. Servir le rôt. ê Gros rôt. C’est la grosse viande rôtie , comme pièce do veau, de bœuf, &c. H Petit rot , m nu rôt. On apelle ainsi les poulets, les perdrix, bécasses, ortolans, & autres petits oiseaux. î Etre à pot U à rôt dans une maison. C’est Prov. & dans le stile bas, y être fort familier, y aller à toute heure , y manger matin & soir. t ROT. C’est ce qu’on apelle aussi Peigne & Rocq. On apelle Rotiers , ou Rotziers , les Artisans qui fabriquent les rots ou peignes qui fervent aux métiers des Ouvriers qui travaillent avec la navette. ROT , f. m. {Ruflus.] C’est une sortie impétueuse des vents de l’estomac par la bouche. (Faire un rot.) ROTATEUR , adj. m. {Circularis U amatorius.] Nom que les Médecins donnent aux muscles obliques dcl’œil, qu’on apelle le circulaire, & ('amoureux. ROTE,// {.Rotas] La principale Jurifdidion de la Cour de Rome , & qui en quelque faqon représente nos Parlemens. ROTER , v. n. {Eruciare.] Faire des rots. Faire quelque rot. (S’il vient à roter, il lui dit, Dieu vous aide. Molière, Tartufes ROTER , v. a. [ Religare J Terme de Marine. Lier quelque chose bien uniment avec une petite corde. RôTI, s m. {Tosta caro.] Rôt. Viande rôtie. ( Le rôti est plus sain que le bouilli. Austì-tôt de cbe2 eux tout rôti disparut , Le pain-bis renfermé d’une moitié décrit. Defpr.) (f Mr de Cafeneuve dit que rôti Ce dit proprement de ce qui est rôti fur le gril. II vient de rojt, qui signifie un gril en langue Vandalique & Teutonique , selon le témoignage de Volfangus. Mais on apelle ordinairement rôti la viande cuite à la broche. RÔTIE. {Mûri intermedii elevatio.] Terme d 'Archite- flure. C’est un exhaussement d’un mur mitoïen de la demie épaisseur du mur, ou d’environ neuf pouces. ROTIE ,/ /• {Tosta panis.] Petit morceau de pain qui est délié & coupe en trenche, qu’on fait fecher devant le feu , ou fur Je gril, sous lequel il y a de la braise, & qu’on trempe ensuite dans du vin , ou dans quelque liqueur. (Faire une rôtie. Manger une rôtie au sucre. On fait des rôties au beurre, à l’huile.) On en met dans des sauces, & fous de certaines choses qu’on rôtit. H ROTIN,/ ni. Sorte de roseau des Indes Orientales , dont on fait des cannes. £ ROTIN. On apelle ainsi aux Isles Françoises de l’A- mérique ceux des roseaux ou cannes à sucre qui ne s’élevent pas à la hauteur convenable. RÔTIR. {Torrere , torrefacere.] Ce verbe est aâif & neutre. C’est tourner , ou faire tourner devant un bon feu une broche où il y a de la viande. (Rôtir un aloiau. Faire rôtit un chapon.) * RÔTIR. {Solis ardore torreri.] Signifie quelquefois échaufer trop. ( Le Soleil rôtit les habitans de la Libie.) f II signifie aussi quelquefois brûler. (L’Inquisition fait rôtir les hérétiques.) f Un feu à rôtir un bettf. C’est Prov. un grand feu. $ * On dit Prov. d’un homme qui n’est propre à rien, qu’il n’est bon ni à rôtir ni à bouillir. H RÔTIR, sc prend pour griller, faire cuire fur le gril. (Faire rôtir de la viande, du poisse», du pain fur le gril ou fur les charbons.) ROT 4 n —f * — RÔTIR, sc dit aussi des choses qu’on Ait cuire dans la braise & dans les cendres. (Faire rôtir des marrons) f RÔTIR aufour. C’est faire cuire de la viande dans le four. RÔTIR le balai. C’est Prov. passer fa vie ou un grand nombre d’années dans quelque emploi fans y faire fortune. (II y a long-tems qu’il rôtit le balai à la cour.) H RÔTIR le balai avec quelqu’un. C’est aussi Prov. sc divertir souvent avec lui, faire ensemble bien des parties de plaisir. H On le dit aussi d’une coquette qui a passé fa vie dans Fintrigue , dans la galanterie. (Elle a long-tems rôti le balai.) RÔTISSERIE,// {Forum coquinum.] Lieu à Paris où plusieurs rôtisseurs tiennent boutique & font rôtir de la viande pour la débiter à ceux qui en veulent acheter. (Aler à la rôtisserie. La rôtisserie est bonne à Paris.) RÔTISSEUR , / m. {Carnium assarum propola.] Celui qui tient boutique où il fait rôtir pour la commodité du public toute forte de viande, & où il vend toutes sortes de viandes à rôtir , ou en blanc , & propres à être rôties. f ROTOLO, ou ROTOLI,/ m. Poids dont on sc sert en Sicile en Italie, à Goa, en Portugal L dans plusieurs Echelles du Levant. Le rotolo est diférent suivant les lieux. Celui de Sicile pèse un peu plus d’une livre & demie de Paris. t ROTONDE , / / Collare rugátum.] Collet qui étoit empesé, où il y avoit souvent du passement, & qui se soûtenoit ferme autour du cou.( Qui eût pù dire en me voiant avec ma rotonde que je courois fortune de ramer. Voit. L 42. II y a 70. ans qu’on ne porte plus de rotonde.) ROTONDE. {Rotunda.] C’est aussi le nom d’une Eglise de Rome, qu’on apelle Nôtre Dame de la rotonde , parce qu’elle est bâtie en rond. t ROTONDITE', / f. [ Rotunditas .] Ce mot se dit quelquefois en terme d’art, & signifie rondeur. La rotondité de la terre se prouve aisément par la raison & par l’experience.) £ RO I TE , ou ROTTON- Poids en usage dans le Levant. Les cent rottes de Constantinople & de Smirne font cent quatorze livres de Paris. ROTULE , / / [ Rotula , os orbiculare.] Terme à’Anatomie. Os cartilagineux large & rond , situé fur le genou. Deg. (11 reçût au genou un coup de mousquet qui lui cassa la rotule. Gazette de Rolande , Juillet 1689O ROTURE,// {Pradia plebeji juris. ] Terme de Palais. Ce mot sc dit des héritages qui ne sont pas tenus noblement, mais à la charge de cens & de rentes , & d’autres devoirs roturiers. (Héritage qui est en roture. Tenir en roture.) ROTURE. [P cbeia conditio.] Se dit des personnes , & c’est-à-dire, naissance obscure & de roturier. {C’ejt une aimable créature Si fa race étoit Jans rature, Et fa naissance fans roture.) ROTURE. {Infima con.iitionis hommes.] II sc prend aussi pour tous les roturiers. (Ainsi l’on dit, le besoin d’argent a réconcilié la noblesse avec la roture.') s§ On dérive le terme ro ure du mot ruptarius de la basse latinité qui a lig ifie ces bandits & voleurs qui du te ms de Philipe-Augulte, firent de si grands ravages dans plusieurs Provinces du Roïaume ; ce qui donna lieu de lesapeller ruptarii du mot rumpere , briser, rompre, comme Ciron l’a remarqué dans ses Pa- ratitles des Decretales ; & comme ceux qui travaillent à la terre , la rompent & la brisent, ont toùjuors été des personnes de la plus basse condition, on a apellé leur travail rupture , & ceux qui le faisoient, roturiers : c’est le sentiment de Mr. Besly , dans une Letre jointe à son histoire des Comtes de Poitou. Quelques-uns dérivent roturier de rujhcus. On peut voir fur ce point, le Président Faucher, cb. 1. de la Milice , & Mr. Du Cange , dans son Glossaire de la basté latinité. ROTURE,// {Funkulis intextus.] Terme de Ma. vine. On apelle ainsi un endroit qui est lié de plusieurs petites cordes. Voiez Roter. ROTURIER » roturière , adj. {Plebéius, ignobilis.] Ce mot se dit des personnes, & veut dire qui n’est pas noble. (II est roturier. Elle est roturière. Enfans roturiers. On dit au ffi devoirs roturiers, c’est-à-dire, ren- Tom. lll. F f f a à 412 ROU dus par im roturier. Servitude roturière. Le Màît. pi. 20. je coífipte toutes les laides pour roturières. Ch.Db.) ROTURIER, roturière . [Plebéìo jurepradiuml} Terme de Palais. Qui se dit des héritages, & veut dire qui est à cens & rente , & qui n’elt pas tenu noblement. (Héritages , fonds & biens roturiers. Terres roturières.) ROTURIE'REMENT , adv. [Plebeia lege, conditioner] Terme de Palais. Tenu en roture. (Biens & immeubles tenus roturiérement. í ROTURIE REMENT , lignifie aussi d’une maniéré roturière. (Cet homme parle & agit toujours roturie- rement.) ROûABLE,/ m. [Contus furnarius.) Ce mot est un ternie de Boulanger de province; mais à Paris on ne le dit pas, & en l'a place on se sert du mot de ra. ble. Voïez Rable. ROUAGE. [Jus rotarium.J Terme de Coutume. Ce mot ne se dit pas seul en terme de coutume & de droits seigneuriaux. On dit droit de rouage. C’tst un droit Seigneurial qui se prend sur le vin vendu en gros & transporté par charroi avant que la roue tourne & qu’on le ch a rie. (Paier le droit de rouage- Voïez Ragumu .) ROiiAGE , f. m. [Rotarum armammtum.) Terme de Charron. Structure des roues (Le meilleur bois pour les a fûts & les rouages c’est l’orme & le chêne. ROUAGE. [ 'Rotarum injìrufíus.] Terme d 'Horloger. Ce font toutes les rôties d’une horloge , ou d’une montre. (.Le roiiage de ce réveil-matin est bon. Le rouage de cette montre est excélent.) R Où AN , rouanne , adj. [Equus leucophtusJ Ce mot ' ne se dit qu’au masculin , & i! se dit du poil de certains chevaux. (Poil rouan. Cheval rouan.) Voïez les EthnologieI de Mr. de Cafeneuve. ROûAN vineux. Ce st à-d ire. (Qui a le poil tirant fur îa couleur du vin. Rouan cavejje de more , c’est le cheval qui a la tête & les extrêmitez noires. Soleifel.) ROii ANNE ' f. f. [Radius serrons versatile.'] Terme de Commis aux Caves. C’est une forte d’instrument dont se servent les commis aux caves pour marquer le vin des cabaretiers de Paris. (Ma rouanne est perdue. ) ROuANNER, v.a. [Radio ferreo notarej Terme de Commis aux caves. C’est marquer avec la rouanne. (Ro- tìanner le vin. Roìianner tous les muids de vin qui font dans la cave d’un cabaretier.) ROÙANNER une pompe. [Antliam ampliare .] Terme de Marine. C’est en agrandir le trou avec une Rouanne. , qui est un instrument de fer acéré, fait comme jine Gaffe , mais concave comme, une Tarière & coupant dessus & dessous. ROÙANNETTE, f. f. [Radius ferreus verfiatilis.2 Terme de Courtier de vin. C’est un petit instrument que les courtiers de vin portent dans un étui & dont ils se servent pour marquer le vin que le bourgeois achete. ROÙANT , adj. m. [Pavo caudam habens explicatamj Terme de Blason. II se dit d’un paon representé sur un Ecu, & qui lève & étend sa queue. f ROUBLE , s m. Monoïe de compte dont on se sert en Moscovie poot tenir les Livres, & y faire dévaluation des païemens dans le Commerce. Le rouble Vaut cent copecs ou deux Risdales. -j- ROUBLE est aussi une monoïe courante de Moscovie. + ROUBLIER , V. a. [Iterùm oblivisci .] Ce mot pour dire oublier , oublier de nouveau , n’est pas aprouvé. ROUCHE, /I s [Prhnaria navis cmnpages.'] Ter- me de Mer. C’est la carcasse d’un vaisseau, lorsqu’il n’a ni mâts, ni agreils. R O ti E - f f [R sl2 n.) Instrument fait par le charron, qui est composé d’un moieu , de rais & de jantes & qui sert aux carroflts, chariots , charretes & ha- quets & autres pareilles, choies pour les faire rouler. (Roue embourbée.) ROùE. [Rotu/a .2 Terme ò’Horloger. Pièce d’horloge ronde & qui a des dents. ROíiE pascaline. C’est un instrument, que le célèbre M. Pascal a inventé , pour faire aisément toutes les opérations d’Arithmétique , par le moien de plusieurs Roues. Mademoiselle Perrier sa nièce en a une à Cler- niont où elle demeure. j Métré fur la roue. [Supra rotant exponerel} C’est éten- ROU dre & acommoder sur une roue. Elever au bout d’un échasaut un criminel qui a été rompu. (On n’a rompu, roué & nris fur la roue en France que depuis i;zz. Voïez Jounnes Bradeus , l. 2. Mifcellan. c. io.) ' ROùE. [Candie explication Ce mot se dit en parlant de coq d’Inde & de paons. Ce font les plumes de la queue du coq d’inde, ou du paon étendues par le paon , ou par le coq d’inde qui fait la roue. (Le paon en faisant la roue se mire dans, fa queue. Ablancourtì) Feu de roue. Terme de Chimìjìe. C’est un feu disposé en rond autour d’un vaisseau, & qu’on en aproche peu à peu. On peint la fortune sur une roue pour marquer son inconstance. * Pouffer à la roue. [Pnjiigare.) C’est-à-dire, exciter quelcun à entreprendre quelque chose , & lui aider. ROùE. Se dit figurément. (Tel se volt au haut de la roue, qui s’en voit précipité un moment après. S, Evremont. La roue de la fortune. Tel aujourd'hui triomphe au plus haut de fa roue, Qifon verrait de couleurs bizarrement orné Conduire le carojje où l’on le voit traîné. Despr.) ROuELI.E, roùéle, f f. [Tejsela .2 Ce mot se dit en parlant de chair de veau. C’est une partie de la cuisse du veau coupée en rond. Trenche coupée en en rond. Morceau coupé en rond. ( Une bonne rouelle de veau. Couper par rouelles. Ablaneeurt, Métré en rouelles. S. Amant.) H ROuELLE, se dit aussi pour tranche de diverses choies qui se coupent en rond. (Rouelle de cition , de pomme, de bette rave , rouelles de concombre, &c.) ROùûR , v.u. [Sontis crura frangere .] Rompre un criminel. (Rouerquelcun.) Voïez rompre. f * je me mets au hazard de me faire rouer. Lefir, Satire 6. * ROùER de coups. [Crebris iflibus obtundere .] C’est barre rudement. Batte dos & ventre. (Je veux l’aren. dre ici, & le rouer de coups. Sc. D. Japbet. a. 4. c. 2.) H * Etre roué de fatigue, C’tst être tel ement fatigué, qu’on a peine à se remúcr. (Je suis tout rotié tl’avoir etè dans cette voiture. Je n’ai pu dormir d axis ce lit, j’en fuis tout roué.( Un dit aullì, ce cheval m’a rôtie, les cahots du coche m’ont tout roué. ROùER une manœuvre. [In orbem voivere. ] Terme de Mer. C’est la plier en rond. Rouer a tour , c’est de gauche à droit. Rouer a contre. C’est de droit à gauche. KOuET , f. m, [Denticulata roiula. ] Terme de Meunier de moulin a eau. C’est une roue qui tourne & qui est au bout de l’arbre du moulin. Cette roue a des chevilles de bois, qui crurent dans les fuseaux de la lanterne, pour faire tourner les meules. ROiiET. [ii 'tu.a.) Terme J ArquAuJi-i. Pet,te roue de fer de certaines .rmesafeu, ati m vers de laquelle passe l’arbre & qui est cause que i’arme fait feu, lors- qu’clle est chargee, ainorcee, bandée, qu’on abat le chien & qu’on tire la detente. On dit. (Les arquebuses à rouet sont hors d'uláge. On ne í'e sort plus guère de pistolets à rouet) ROùET , f m. Instrument dont les rubaniers, feran- diniers & quelques autres artisans (è lèrvent pour travailler , dévider & faire autre chose de leur métier, ce rouet est monte sur un pié & fait en maniéré de petite roue. ROUéT à filer avec la main. [Rota qwt matiuhrio v.ertitur. ] ROUèT a filer avec le pié. ROUéT. [ Urbicwus. J Terme de Maçon. C’est la grosso prece de bois qui est au fond d’un puits, &fur laquelle s’eleve la maçonnerie. î ROiiET a filer le plomb. Machins dont les Vitriers se servent pour aplatir & refendre des deux côtez leS plombs, dont ils se servent pour les paneauxdesvities. On i’apctle communément Pire.plomb. í KOUETTE, j. m. Terme de Négoce de bois. On apctle ainfì une longue & menue branche de bois ployant, qu’on fait tremper dans I’eau pour la rendre plus flexible & plus souple, dont on so sert comme de lien pour joindre eníì.mble les pièces de bois, dont on veut sonner des trains sor les rivières. * Métré quelcun au rouet. [Au incitas redigirej) C’est le déconcerter, de sorte qu’il ne f'qait plus que dire. ROUGE? adj. [Rutier. J Qut est de couleur de sang. ROU sang- Qui tire sur la couleur du sang. (Ruban rouge. Couleur rouge. Ecarlate fort rouge.) ROUGE. [llubiiundus.j Vermeil. Qui a un certain rouge vit & naturel Qui a une certaine rougeur, ou un ce>t.iín rouge qui lui est venu tout à coup & qui lui a été causé par paroles , par action , ou par quelque chose que ce soit. (Avoir les joues rouges. II etì devenu rouge à ce reproche. Elle elt devenue rouge à la vùé île son galant.) ROUGE , J. m. [Rubor .J Ce mot en parlant des pre- sonnes eít une certaine couleur vermeille & de sang qui paroit tout à coup au visage de certaines personnes , où même qui est naturellement au visage de quelques personnes. (Elle a un peu de rouge aux joues, mais c’est un rouge naturel & le plus beau du monde. Dès qu’on lui dit la moindre choie qui le choque, le rouge lui monte au visage. Au vijage Jur l’beure un rouge m’efi monté Oue l’on me vit connu d’un pareil éventé. Mol.) ROUGE, f m. [Rubrumf) Couleur rouge. Ce mot de rouge se dit des fleurs, des rubans & des étoles. (Rouge cramoisi. Rouge brun. Rouge mort. Rouge de sang.) En terme de Blason, le rouge s’apelleg«ea/es. [Kwfor.] Votez gueules. On apelie au Palait , le livre rouge. [[Liber rubicun- dus ] Un livre couvert de basane rouge , où l’on en- regitroic au:retois les défauts aux présentations. On dît figuremint, il est écrit fur le livre rouge , c’est-à-dire, il est en danger d’être recherché pour quelque faute qu’ilafàite. » ROUGE trogne . [ Vultus rubro colore intinflus.) Un homme qui a le visage rouge , & bourgeonne à force de boire. Un fer rouge. [Ferrum candens.J C’est un fer ardent qui a été rougi au feu. On dit au même. sens , un boulet rouge. On dit en parlant des Cardinaux , un chapeau rouge, un bonnet rouge, une eaiote rouge. Les Officiers du Parlement portent des robes rouges, en des ocalìons solennelles. ROUGE, f. m. [ Purpurijfum .] Sorte de fard rouge pourie visage, f bille a du rouge. Du rouge qu’on vous voit on s’étonne , on murmure. Dcjjr.) ROUGEâTRE, adj. [Subrubtr.) Qui tire fur le rouge. (Nuage rougeâtre. Ablanc.) t ROUGEAUD, rougeaude , adj. & f nt. & f. [ Sub - rubicuudus, ) Qui a les joues rouges, & ie visage haut en couleur. ROUGE BORD , f. m. [Plcnìt catharis .] Verre tout plein de vin. (Un Laquais impudent m’aporce un rouge tord Dejpr. Satire Je vais boire a la votre , Et par Jix rougebords avalez de bon caur Vous montrer que Pierrot ejí votre serviteur. Bourf. Esop.) ROUGE-GORGE , s s. [ [Eritbacus ,] Petit oiseau qui vit 4. ou ans, qui a la gorge d’un rouge qui tire fur l’orange , le ventre blanc , ia tête & le cou du gris tirant lur le verd. Elle hait la choù-tte & aime le merle. On dit qu’elle en peut soufrir que dans le lieu où elle demeure ordinairement il y ait d’autres oiseaux qu’elle, & qu’elle est d’un naturel jaloux. D où vient le proverbe Latin. [Unicum arbujlum non aiit duos entba • coi -2 Voïez JonJlon & Q!ma. ROUGEOLE, J', f. [Rubentes pustula.) Sorte de maladie qui vient ordinairement aux enfans & qui les convie de petites pustules rouges. (La rougeole est causée par le mauvais sang dont Pensant s’ist nourri dans les entrailles de fa mere. Enfant qui a la rougeole. En- fan t qui est mort de la rougeole. Enfant qui est mort de la rougeole ) ROUGE-QUEUë, f f. [Avis caudâ rubrà ] Petit oiseau qui charte, qui a la tête & le cou noirâtres avec quelques marques de couleur de terre , l’estomac & le ventre de couleur de rouille & la queue d’un rouge plus vif. Olina dit que la Rouge queue vit 7 ou 8. ans. (Une rouge queue mâle. Une rouge-queuè femelle. Olina.) ROUGET , f m. [ RubeUio .] Sorte de poisson de mer, rond , ronge, qui a la tête grosse & le dos armé d’éguil- lons grands & forts, son museau sfécend en deux cornes larges,- fa chair est dure, feche & de bon goût. Rond. tìiji. des poisons. ROU 414 ROUGEUR , f f. [Ríriw.] Rouge qui vient tofct » coup au visage de certaines personnes. Le mot de rougeur en ce sens n’a point de pluriel. ROUGEUR [ Rubicund a pujiuLe) Petite pustule rouge qui vient au visage, & qui est ordinairement causée par une trop grande chaleur de foie. Le mot de rougeur en ce lèns a un puriel, & se dit même plus souvent au pluriel qu’au singulier. (Voilà une petite rougeur qui vous vient fur le nez. Avoir le visage plein de rougeurs. Oter les rougeurs. Faire ehiasor lés. rougeurs.) ROUGI, ie, part. [[Aqua vìno rubro tiniía .] On'a- pelle eau rougie celle dans laquelle on n’a mis que très- peu de vin. ROUGIR, v. a. [Colore rubro insicere -J Faire rouge. Rendre rouge. (Rougir la tranche d’un livre. Rougir le talon d’un fotilié.) £ Rougir les cuirs. Terme de Taneur. C’est la même chose que coudrer, ou brasser les cuirs. £ ROUGIR les çuìrs, ■'est aussi une façon que les Cor- roïeurs donnent aux cuirs, en leur apliquant une sorte de rouge. (Les cuirs des Corroïeurs né fe rougissent que du côté de la fleur ; ceux des Peaussiers fe rougissent d» chair & de fleur.) ROUGIR, v. a. [Rubore sujfundi. (Devenir rouge à cause de quelque chose qui peut causer de la honte. (Un homme de bien calomnié rougira plûtôt que 1 « coupable. Vaug. Quint. I. 9. jMuispour moi dont le front trop aisément rougit, . Ma bouche a de j a peur de s’tn avoir trop dit. Despr. ff Iris, d'ou viennent vos surprises ? A toute heure vous rwgijjez. Ne ie voiez vous pas ajjez Je rougis de vos sotifis. ) * ROUGIR . v. n. [ Erubesctre .] Avoir de la honte. (Vpus avez paié mon amour, il n’en faut point rougir , la pitié r.’est pas une qualité criminelle. Benjera.de. Moi caché dans un coin, U murmurant tout bas , Je rougissois de voir qu'il ne rougissait pas. V, 11 ers.) ($ Mr. Corneille, dans le Cid: Le premier dont ma race ait vu rougir son front, Mr. de Scuderi a fait fur ce vers cette observation : „ Je trouve que le front d’une race est une assez étran- „ ge chose; il ne faloit plus que dire , les bras denia li -,, gnée, & les cuijj'es de ma pojienté. “ * Luire rougir. [ Dare in vuborem J Donner de la confusion & de la honte. vVos éloges me font rougir. Molière, Pourceaugnac , ail. 1.) ROUILLE , )•/• Le mot se dit proprement en parlant de l’acier fff du fer. C’ett une forte d’ordure &de crasse nuisible & adhérante qui s’engendre fur l’acier & fur le fer lorsqu’il est mouillé , ou qu’on ne s’en sert pas, & qui à la fin ronge & mange ces métaux. (Amasser de la rouille. La rouille du cuivre fait le verdet, ou verd de giis. L’or n’est point sujet à la rouille.) , fâ L’ancien Pline a dit, ho. 34. c. 14. que le sang humain se vange du fer qui est son mortel ennemi, par la rouille qu’il lui cause. Mais cette pensée n’est pas juste ; car le sang des bêtes > & même Peau, causent ia rouille au fer. ROUILLE. s’emploie aussi figurément. {Cejje de t’étonner fi l’envie animée , Atacbimt à ton nom fa rouille envenimée. La calomnie en main quelquefois te poursuit. Despr.) ROUILLER, v. n. [Rubiginefqualer".] Amasser de la rouille. Q, humidité fait rouiller le fer dc l’acier.) f rouiller les yeux Voïez router. Ve rouiller, v. r. [Rubiginem contrabere. ] Amasser, contracter de la rouille. (Le fer & l’acier se rouillent.) * L’esprit se rouille dans la solitude. [Elanguefitt ani- tnus ] Abiancourt. ROUILLURE, f f [Subigo , œrugo.l La rouillure est le dérangement de quelques parties insensibles d’un métal, enlevées par la force de quelque liqueur qui en a pénétré les pores, Régis. ROU ï R , v. a. [Catnnabim maerare m aqua.) Ce mot est un terme de gens des champs qui acommode-.t le chanvre. C’est mette le chanvie dans le rutoir. C’est métré Ie chanvre un certain nombre de jours dans l’eau, afia dc le rendre plus propre à être brise. ’ f f f} (Rouir 4J4 (Rouir le chanvre. nou Chanvre qui n’est pas assez roui. Chanvre fort bien roui. Plûtòt que faire aprouver ma doctrine, On fierait chanvre sans 1e rouir. Deshoul. Poésies.) (fi On ne connoît point roïtir dans le Ljonnois St dans Ja Bresse, où l’on dit en fa place, naij'er , &nai- sage , qui est un droit de métré du chanvre dans l’eau d’un étang pour le faire rouir , pourvu qu’on ne le mette pas dans la pêcherie, & qu’il y ait fufifamment de l’eau pour empêcher que le poisson ne soufre de l’infeétion du chanvre. ROULADE, f f L ss-à crebra infiexio. ] Voïez Roulement. Terme de Musique. ROULAGE , s rn. [Vetiura.] Facilité de rouler. (Redresser les chemins pour le roulage du canon,) t ROULAGE , Profession des Bouliers. 11 se dit aussi du prix, ou salaire qu’on donne aux Bouliers pour leurs peines. $ ROULAGE , fe dit aussi de la fonction de certains petits Officiers des ports qui déchargent les bateaux, en taisant rouler fur des madriers les balots & tonneaux de marchandises. ROULANT , ante. [Rotans, volvens.] Qui roule. (Chaise roulante. A votre aise vous en parlez , Et vous avez , la belle , une chaise roulante s Où par deux bons chevaux en Dame nonchalante ; Vous vous faites traîner par tout où vous voule 2 . hlol.) f On dit d’un homme qui a un carrosse bien entretenu , qu’il a un carrosse bien roulant. H On apelle chemin roulant, bien roulant, un chemin beau Sc commode pour le charroi. t ROULANT, fe dit en termes de Chirurgie , d’un vaisseau , d’une veine qui vacille , qui change de place quand on met le doigt dessus. (Vaisseau roulant, veine roulante.) ROULEAU, / m. [Palunga.] Piéce de bois de figure cilindrique, ronde & longue, qu’on met fous des machines , & lotis de gros fardeaux pour en faciliter le mouvement. Tout ce qui est roulé & formé en figure ronde & longue. (Un rouleau de plomb. Un rouleau de tabac.) ROULEAU , f. ni. [Cylindrus.] Terme de Laboureur. Gros morceau de bois rond qu’un cheval traîne pour casser les motes. ROULEAU. [Palanga.J Terme de Charpentier. Ce dont se servent les Charpentiers pour mener de gros. ses pièces de bois. ROULEAU. [ Cylindrus. ] Terme d "Imager. Bâton rond qu’on met au bas des cartes géographiques, ou images fur toile. ROULEAU. [Cylindrus.] Terme de Férandinier. Bâton de quatre piez fur quoi on roule la ferandine. ROULEAU. [Radius.] Terme de Patisjler. Bâton bien tourné , long de deux petits piez , dont les pâtissiers se servent pour étendre la pâte. ROULEAU. [Volumen.] Terme á’Imager & de Gra - veur. 11 se dit de certaines bandes chargées (Récritures , qu’on fait sortir de la bouche des figures quand on leur veut faire dire quelque chose. ROULEAU. [Vas rotundwn.] Terme de Fayancier. C’est un vaíé rond qui est fait en forme de colonne , Si qui est plus large par le haut que par le bas. ( Les rouleaux fervent à parer les cheminées & les cabinets. Les rouleaux de porcelaine font plus beaux & plus chers que les rouleaux de fayance.) L ROULEAUX. Terme de Monoieur. Ce font deux instrumens de fer de figure cylindrique , qui fervent a tirer les lames d’or, d’argent ou de cuivre , dont on fait les flaons des pièces que l’on fabrique. f ROULEAUX. Terme d 'Imprimerie. Ce font deux Cylindres ou larges poulies de bois attachées dans le milieu du berceau de la presse, & qui en font avancer ou reculer le train. î ROULEAUX. Ce font dans les moulins à sucre des Cylindres de bois dont les tambours font remplis, pour briser les cannes & en exprimer le suc. ROULEAUX C’étoit la figure que les Anciens don- ïioient à leurs livres.Leurs bibliothèques n’étoient composées que de ces rouleaux. Vossius dit qu’on colloit plusieurs feuilles les unes au bout des autres & quand ROU elles étoient remplies feulement d’un côté, on les rouloit toutes ensemble , en commençant par la der. niere, qu’on apelloit umbilicus , à laquelle on atachoit un bâton , afin de tenir le tout en état, ROULEAUX fans fin. Ce sont des rouleaux de bois assemblez avec des entretoifes. On les apelle aussi tour- Jìerieres. Ori s'en sert très-utilement pour conduire de grands fardeaux , & à mener de grosses pieces d’un lieu à un autre. ROULEMENT d’yeux , f m. £ Oculorutn intorsio. ] Action de rouler les yeux. (Ses roulement d’yeux , [fi fin ton radouci , U’imposent qu’a des gens qui ne font point d’iei. Mol. Tartufe, a. 1 . sc. r.) f On dit aussi roulement pour exprimer le motive, ment de ce qui roule. (Le roulement d’un carrosse.) ROULEMENS, f. m. [Vocis varia [fi crebra infiexio .] Terme de Musique , lequel fe dit en parlant de la voix. C’est quand on chante fur une même silabe plusieurs notes avec harmonie. (Faire un roulement. Voilà de beaux roulemens. Les timbaliers apellent aussi roulement plusieurs coups de baguette touchez avec vitesse fur la peau de la timbale , & qui font une forte d’har- monie agréable & sensible.) ROULER, v. a. [ Volvere , in orbem agere.] Bouffer quelque chose en la faisant tourner. (Bouler des pieces. Abl. Arr. liv. x. Bouler de gros quartiers d, pierres.) jÇT Corneille a dit dans la mort de Pompée, aft. 1 .sc. 1 . W examinons donc plus la jujlice des causes, Et cédons au torrent qui roule toutes choses. Mais ce dernier vers ne répond pas à la beauté des autres. ROULER , 011 rouiller les yeux. £ Oculos intorquere.] On dit l’un & l’autre, mais on pense que le vrai mot c’est rouler les yeux. Voit. I. a écrit. Ce Philosophe qui fait les perits yeux, a rouillé les yeux en la tête. On croit qu’il vaut mieux parler comme d’Ablancourt, qui dans son Lucien a dit, tandis qu’ils sont par terre, qu’ils roulent les yeux & qu’ils écument, il interroge les démons. Rouler , dans ces phrases , signifie tourner. ROULER, v. n. [Volvere.] Tourner, avancer en tournant. (Faire rouler une boule.) f ROULER. C’eitchez les Marchands plier uneéto- fe en rond, en faire une espèce de rouleau. * Faire rouler un carojje. II signifie aussi entretenir un caroíse. Houler les degrez d’une montée du haut en bas. (Parmi l'épaisse foule Du peuple qui se fend , le char à peine roule. Perr. Grilèld.) í Se rouler sur fherbe, se rouler sur un lit. C’est fe tourner de côte & d’autre étant couché fur l’herbe, fur un lit. f * Se roukr sur l’argent. C’est être fort riche. * ROULER, v. n. [Voivere ] Ce mot fe dit des eaux, Si signifie couler. (Le fleuve fe précipite sous terre, où il roule cache. Vaug. Quint. I. 6 . c. 4 . Le fleuve rouloit avec rapidité. Abianc. Mann. 1. 1 . 1. 1 . Quand aux jours les plus chauds on voioit dam lis champs Boulet Jous les zépbirs les sillons ondoians. Perraut. ) * BOULER. Ce mot fe dit encore au figuré dans plusieurs façons de parler. (Exemples.) * ROULER , v. a. [Vitam ducere.] II fe dit en parlant de la vie, & il lignifie la rouler agréablement, la palier doucement. (Cher ami , roulons notre vie Parmi Famour [fi le vin. Poète anonime.) * ROULER, v. a. [Anima volvere] II lignifie, agiter quelque chose en foi-même, la considérer, l’exa- miner, ) a penser mûrement & avec sagesse. (Rouler quelque chose en foi même. II rouloit dans son esprit toutes sortes d’expediens. Vaug. Quint. Curce, l. 6. c.6.) * ROULER, v. n. [Martre.] 11 (e dit en parlant de discours, & il veut dire , être toujours fur un même sujet. Ne pas sortir d’un même point, ne point qui- ter la même matière. çSon discours a roulé fur l’éter- nité. Tout son sermon roule suc U crainte de Dieu.) ' ROU- R OU * ROULER, v. ». [Pendere.] Consister. (La vie civile roule sur le secret. Le plaisir de la vie roule sur lin peu de bien & sur la libertc. * Les afaires humaines ne roulent pas à l’avanture» Vaug. Quint. I. ;.) ê * ROULER, se dit de l’argent, lorsqu’il est eri abondance chez quelqu’un, (L’argent roule dans cette maison.) ê * ROULER , se dit aussi de l’argent qui circule dans lin pais. (L’argent roule dans cette Province. Le Commerce & les manufactures font rouler l’argent.) ROULER, v. a. f Adœquare .] Terme de Laboureur. Casser les motes avec le rouleau en le faisant aller plusieurs fois fur le champ. (Rouler les aveines.) ROULER,!'.», f V icijjìm imper are. ] Terme de Guerre , qui se dit des Officiers. Obéir les lins aux autres, selon l’ancienneté de la réception. (Officiers qui ioulent ensemble.) * ROULER, v. n. [ Inverti , vacillare.] Terme de Mer, qui se dit des bâtimens de mer (Navire qui roule. Bâtiment qui ne fait que rouler. C’est à-dire, qui se renverse sans cesse fur l’un, ou fur l’autre de ses cotez.) * Pierre qui roule n’amajjè jamais mousse. Proverbe pour dire qu’il faut être constant dans une profession pour s’y enrichir. f ROULET,/ m. Terme de Chamelier. Instrument en forme de fuseau, dont on se sert pour fouler les chapeaux fur la foule, ou fouloire. ROULETTE , rouléte, s. f. [Pnlanga.] Efpece de petites rôties qu’on met aux chaises des malades, aux bas de chaque colonne de lit & aux cabanes des bergers pour les faire rouler & aller où l’on veut. (De bonnes roulettes.) / ROULETTE. ( Dentìculata rotu.'a. ] Terme de Doreur Jur cuir. Instrument de fer en maniéré de petite roue à manche de bois dont on se sert pour taire le bord des livres. ROULETTE , s. f. [ Cycloides. Terme de Mathématique. C’est le nom qu’on donne en François à une ligne courbée qu’on apelle Cyclóide. Cette ligne est décrite par un point de la circonférence d’un cercle qu’on fait tourner fur un plan. Elle a diverses pro- prietez. Volez le Dict. Math. d’Ozunam. Llìlustre Mr. Pascal a fait un traité de la Roulette. ROULIER, / m. [ Veclor. ] Celui qui gagne fa vie à mener des chariots, des charectes, ou autres choses de cette nature, qu’on charge de marchandises & qu’on méne de ville en ville, ou en quelque Province. (11 s’en va à Orléans avec les rouliers. Les rou- liersde Lion ne font pas encore arrivez.) ROULIS, f »*. [ iS'avis vacilìatia, ) Terme de Marine. Agitation d’un Vaisseau , qui roule d’un bord à l’autre. í R OU LOIR, OU PLATINE. Instrument qui sert aux Ciriers à rouler les bougies & les cierges fur une table , après que la cire a été jettée fur les mèches avec la cuilliere, ou qu’ils ont été tirez à la main. ROULON , f. m. [Scansuia ] Terme de Charron & de Cbartier. Bâton rond qui tient aux ridelles des chariots. (Roulon rompu.) ROULONS. [Gradus.] Morceaux de bois travaillez, qui se posent de travers fur les montans des échelles. í ROUP, f. m. M on oï e d’argent frapée au coin de Pologne; il vaut un quart de Réale d’Efpagne. ROUPIE,/ f- íStiria.] Sorte de petite goûte d’eau qui vient du cerveau , & qui décend & qui pend au bout du nez l’hiver lorfqu’on a froid. (Fi, la vilaine, elle a toùjours la roupie au nez) $ ROUPIE. Sorte de tnonoïe qui est en usage dans les Indes Orientales. (Roupie d’or, roupie d’argent.) ROUPIEUSE, f. f. \Cui Jiiria pemlet à najo.) Celle qui est dégoûtante & a toujours quelque roupie au nez. (II a épousé une vieille roupieuse qui lui a apor- té des écus.) , ROUPIEUX, f. m. [Stiriosus.] Qui a quelque roupie au nez. Qui crache, tousse, se mouche, & qui dégoûte les gens à force de flegmes & d’humeurs qui sortent de son corps par la bouche. (Un vieuz rou* pieux de mari.) ROUPILLE.// lAdjìricliM sagulum .2 Efpece de petit manteau, qui étoit comme une hongreline serrée & courte. , , .t ROUPILLER, ». ». íDormitare.-] Mot de Pâtit , mais qui est bas & burlesque, pour dire s’en- ROU 415 qu™à r dffié 1 ) dîal:ement 3près k re P aS - roupille lors se,™ [Robur.] Efpece de chêne dur & ÚTJV U " tr .° n ? bas ’ tortu & l'orcé de bran- _ “ S ’ roure porte des glands gros, longs ct atachez a une assez longue queue.) On -r P r qi y‘ dl "ï eu r a de à rouvre, avec Furetiere & Danet, & Airs. de 1 Académie Françoise î ROURE. Drogue qui sert pour teindre en verd , & qu on emploie aussi pour préparer certaines peaux! Un 1 apefle communément sumac. v ROUS. Voïez plus bas. Roux. t ROUSSABLE. On donne ce nom à certains lieux faits expres pour faire soter & sécher le haran ROUSSA IRE , adj. [Subrusus.] Qui tire fur le rous. (La toile de foie est un peu roussâtre.) ROUSSE. Voïez plus bas. Roux. ROUSSEAU, / m. f Rufw. ] Celui qui a le poil roux. Celui qui a le poil rougeâtre. (Les rousseaux font bilieux, & sentent mauvais , & ne font pas fort bien venus auprès des Dames.) ROUSSELET,/ m. [ Mufetum . ] Sotte de petite poire excélente & un peu rousse. (Excélentrousselet. L’EJié donne un amas nombreux De fruits encor plus savoureux , Perdrigons , prunes diaprées, Rousselets , pêches empourprées , Et fur tout d’excellens melons. Pers.) ROUSSETTE , rouséte , / / [ Âlcedo miner.] C’est un petit oiseau brun semé de plusieurs petites taches, qui a le bec pointu , & noirâtre, les jambes & les piez tirant fur le blanc. Voïez Selon, lìv. 7. ck. %. On apelle aussi roujsette le plus petit de tous les chiens de mer qui est roux L semé de taches noires. Voïez Rondelet, H;st. des poissons. ROUSSEUR , / / [Color rufus , lenticulé.] Ce mot ne se dit pas seul, on dit des taches de roujjêur qui font de certaines petites marques naturelles & qui ont quelque chose de la couleur des lentilles. ROUSSI, / m. {Empìreuma redolere.] Certain* odeur d’étofe qui brûle, ou qui vient d’étre brûlée. (Sentir le roussi.) f ROUSSI, est une forte de cuir qui vient de Russie, qui est teint en rouge, & quia une odeur forte. (Cuir de roussi, vache de roussi.) f ROUSSIN , / iu. [Equus Jìrigofets.] Cheval épais & entier pour faire volage. Cheval pour servir en guerre. (II pete comme un roujjin.) Dom Quichot changea le nom à son roussi n & l’a- pella rojjinante.) Rabelais a fait l’apologie du ronssin. Lf Le cheval roussi n , n’étoit point un cheval épais, un gros cheval. Froissart, vot. 1. ch. ig. dit en parlant des François: Les Chevaliers , les Ecuyers font bien montez fur grands roujjîns ; (5? les autres commu - nés (s? gens du pars Jur petites haquenées, íl y a lieu de croire que l’on apelloit aussi roujjîns les chevaux fins & propres à être dressez. II est dit dans l’histoire du Chevalier Bayard, chap. 2. que l’Evêque de Grenoble s’offrit de présentée le jeune Bayard au Duc de Savoye pour être son Page, après Ravoir très bien mis en ordre, 0? garni d’un bas U bon petit roujjin , que j’ai (dit-il) depuis trois ou quatre jours en ça re ouvert du Seigneur de Riage. D’ailleurs, la Coûtume de Tours, art. 95. & quelques autres ayant ordonné au’en certain cas on doit un roujjin de service au Seigneur féodal, ce feroit lui faire un mauvais présent que de lui donner un cheval épais & entier : aussi cette même Coûtume, art. 9 6. a décidé que lorsque le roussir» n’est pas apprécié, il sera payé au Seigneur la cinquième partie de la valeur du revenu dudit fief pour une année. 11 faut pourtant convenir qu’il est dit dans la vie de Bertrand du Guesclin, que son pere lui donna un roujjin trottant, qui n’étoit pas trop bon . Et dans un autre endroit: Et Bertrand ejioit monté fur un pauvre roujjin de haras. ROUSSIR. C Rafijcere. ] Ce Verbe est a f Us & n. Sc signifie rendre roux. Devenir roux. (C’est un fer à repasser, mais il ne vaut rien, il roussit le linge. Le papier roussit dans les magasins, faire roussir du beurre.) ROUTE, / / C Iter, via.] Chemin par où doivent passer des troupes pour aller en quelque lieu. Grand chemin qui mene en un lieu. Endroit par où l’on doit 4i6 ROU doit aller. (La route est bonne. II y a plusieurs villages fur la route. Ils n’uvoient pas pris la meme route Vaug. Quint. liv. quatrième. Ils obfervoient les Astres la nuit pour dresser leur route. Chacun suit dam le monde me route incertaine Selon que son erreur le joue e£ le promene. Bespr.) ROUTE , s f. {Index, linea venti] Ternie de Mer. C’est le cours du vaisseau. Faire route. C’est naviguer. Donner la route. C’est prescrire la route aux vaisseaux. Torter à route , ou faire droite route. C’est courir en droiture au parage. Fausse route , ou dérive. C est le biaisenient du cours d’un Vaisseau, qui s’écarte da fa route en droiture. í ROUTE. On apelle Chef de route parmi les Vaisseaux marchands , celui qu’on choisit pour commander les navires qui vont de conserve. ROUTE. {Si/va variis semitis intéressa.] Grandes allées qu’on coupe dans un parc, ou dans une forêt, pour la commodité de la chaise & des voiageurs. ROUTE. {Ordo itinerh .] Ordre qu’on expedie pour la marche d’un régiment. ROUTE. [Semita] Terme de Chasse, qui fe dit des sentiers qui traversent les forêts. ROUTE. {Fia,semita.'] Voie. Exemple. Ste. Therefe quitta les voies battues pour aller à Dieu par des routes nouvelles & inconnues. Flechier. if On fe donne bien des afaires, Quand on tient des routes contraires A celles qui plaisent au cœur, L’Abé Régnier. A-vau-de-route, adv. {Funditus.] Précipitamment, •n désordre. (11s s’enfuirent àvau-de-route.) f L’Academie dit qu’il est vieux. ROUTIER , f. m. {VJarum peritus.] Homme qui sqait bien les routes & les chemins , ce qui fe dit proprement d’un Pilote expérimenté. Autrefois c’étoit un Sergent établi pour la garde des forêts, & l’on trouve dans l’Histoire qu’on donnoit encore ce nom à des soldats brigands, & peu disciplinez. t ROUTIER./ m. {Multum diuque versatus.] Celui qui a pratiqué long-tems une chose. (II est routier en amour. C’est un vieux routier. Dans cette demeure sauvage Habitoit certain vieux routier, Dans Part de soulager les douleurs du veuvage. Villed. Le plus jeune aprentif Est vieux routier dès le moment qu'il aime. La Font.) ROUTIER, f m. {Liber de navium cursu moderando.] Terme de Mer. C’est un livre qui par le moien de ses cartes marines donne les instructions pour la route des vaisseaux. On trouve dans les routiers la description des côtes, on y voit les aspects, les vues, ou profils des terres, & on y connoit la nature de divers parages. (J’ai lu dans plusieurs routiers que.) * ROUTINE , f f. {Plunmus ufus, mu/ta exer- citatio. ] Sorte d’habitude aquife à force d’exercices. (N’avoir qu’une routine. On dit aussi routiner à quelque chose. (Sans livre ils chantent par routine Un jargon qu'à peine on devine. Bois-Robert, epit. T. i.) ROUTINER, v. a. {Usu cliscere.] Aprendrepar rou- tine , par une pratique continuelle. (A force de routiner une langue, on Rapprend.) Ce mot est bas, L son usage est très-rare. Routiner quelqu’un à une chose, l’y dresser. {Ufit Çc? exercitatione ornare aliquem , ou exercitatum in re , vel ad rem , aliquem habere.] ROUVRaIN, adj. m. {Ferruin friabile.] Epitéte qu’on donne au fer qui est difficile à forger, & qui est cassant même étant chaud. ROUVRE. Volez Rome. ROUVRIR, v.a. {Rursus aperire.] Ouvrir de nouveau. (Rouvrir une porte. * J e s 8 * que vos regards vont rouvrir mes blessures. Racine , Andromaque, a fie 2. Jiene deuxième.') ROUX. roujje , adj. {Rufus.] Ce mot se dit du poil de certaines personnes , & veut dire rougeâtre. (Avoir les cheveux roux. II est roux. Elle est rousse. Les rousses font ordinairement fort blanches. Avoir les RUB cheveux noirs & la barbe rousse. Voïez les Etìmolegiei de Cafeneuve. A barbe rousse & noirs cheveux , ne te fie si tu ne veux. Prov. * ROUX, rousse. Ce mot fe dit du beurre chaud , beurre fort chaud & presque rouge. ( Le beurre est roux, jettez-y les oignons. On dit aussi papier roux. Linge roux.) ROUX VENT. [ Venti noxiì versatiles. ] Terme de Jardinier.. C’est le vent du mois d’Avril sec & froid, & qui est sujet à brouïr les jets tendres des pêchers. (11 fait un roux-vent très dangereux.) RR. Sorte d’interjcction dont on fe sert pour faire battre les chiens. (Rr, pille.) RU , f tn. {Rwus.] Canal d’un petit ruisseau. Ce mot est vieux. (11 n’y a que le ru entre ces deux maisons.) RUADE , f f- {Saltatoria calcitratio.] Terme de Danse, Quand le danseur fait un mouvement élevé d’un pic en arriéré ; quand il se fait à côté , on l’apelle cu de vache. RU ADE, s s {Calcitratus ] Ce mot fe dit proprement des chevaux , des mulets & de quelques autres bêtes qui ruent. C’est Faction de ruer. (.Faire une ruade. Ablancourt, Marmot. Détacher une ruade.) RUB , f' m. Poids d’Italie , en usage dans les lieux situez fur la riviere de Genes. f KUBACELLA , f f. Efpéce de Rubis qui n’est pas estimé. RUBAN, f f». [ Vitta, lemnifcus.] Tissu de foie uni, ou figuré , étroit, ou large, dont on fe sert pour embellissement, ou par neceslité. (Ruban uni. Ruban figuré. Ruban large. -Ruban étroit. Ruban de Pans. Ruban d’Angleterre. Ruban de Lion. Ruban fort. Ruban satiné. Ruban de toutes couleurs. Ruban ponceau. Faire plier, rouler du Ruban. Faire un noeud de Ru- bans.) RUBANS. {Infor t a tœnia.] Ornemens ú’Architecture qui parodient des rubans tortillez, qu’on met fur des rudentures, & qu’on taille de bas relief, ou évidez. í RUBANERIE, f. f. Profession de Rubanier. (Exceller dans la rubanerie. ) t RUBANERIE , fe dit aussi du Commerce que l’on fait de rubans. (Faire Commerce de rubanerie) RUBANIER ,J. m. {Vittarum textor.] Ouvrier qui fait de toutes sortes de rubans , de passemens, & de ganccs, & qui dans fes lettres de maîtrise est nommé Tijjutier, Rubantier, mais les gens qui ne font pas du métier l’apellent simplement rubanier. (Tous les rubaniers font aujourd’hui fort pauvres, parce qu’on porte peu de rubans.) KUBARBE ,/ f. {Rhubarbarum.] Sorte de racine qui croit en la Chine, qui par dehors est d’une couleur noirâtre qui tire furie rouge, & qui par dedans est rousse, & azurée. (La rubarbe est |esante, chaude & feche au second degré.) t RUBIA TiNCTORUM. Racine d’une plante dont les Teinturiers fe servent pour teindre en rouge: on la nomme autrement. Garance. RUB1CAN , rubicane, adj. {Equus ex albo ftdvus.J Ce mot se dit du poil de certains chevaux. C’est à- dire, qui est noir, ou alzan , mais il ne se dit ordinairement qu’au masculin. (Poil rubican. Cheval ru- bican.) (f On dit, poil rubican; un cheval rubican, lequel aiant le poil bai, alzan, ou noir, a du poil gris, ou du blanc semé fort clair sur ses flancs, en forte pourtant que le gris ou le blanc n’y domine pas. Le rubican est fameux dans l’Arioste : Rubricano , che non fîi mai stanco, Cbe corre più ch'el vemto di leggiero, Et dove pone nelP arena il piede, Non le rejla un segno che jì vede. t RUBICOND , rubiconde , adj. {Rubicundus, ru- beus.] Ce mot ne se dit que des personnes, & veuí dire, Haut en couleur. (II est toujours rubicond.) í RUBIE, j. /• Monoïe d’or qui a cours dans le Roïaume & la ville d’Alger. Elle vaut trente-cinq as- prés , & porte le nom du Dey d’Alger, & quelques lettres Arabes pour légende. _ RUBIS, f m. {Carbunculut.] Sorte de pierre pré- tieufe transparente, qui après le diamant est la plus considérable de toutes les pierres. II y a trois sortes d erubis. Le rubis Orientai, le rubis balais, & le rubis spinelle. L* Ru D te rttbìs Oriental est le vrai rubis, il est le plus dur de tous & fa couleur d’un feu fort vif. Le rubis balais est d’une couleur de rose vermeille & est plus grand que le rubis Oriental. On dit qu'il naît d’une certaine matière pierreuse de couleur de rose qu’on apelle matri. ce de rubis. Le rubis Jpintlle est plus rouge que le rubis balais , toutefois il n’a pas l’éclatdu vrai rubis, parcs qù’il fe rencontre dans de certains endroits des Indes où le soleil a moins de force. Rònel, Mercure Indien. (Comme l’AJlre éternel qui fournit fa carrière , Sur Jbn char de rubis entouré de lumière. Flechier.) f * RUBIS sur le nez. [ Rubicunda pufula] Sorte de petite pustule rouge & luisante qui vient sur le nez K qui est souvent causée par un foie devenu trop chaud à force de boire du vin. t * Faire Rubis fur R ongle. [Ufque ad minimum gut* tulampotare.] L’est après avoir bu un grand verre de vin à la santé de quelque personne, prendre le verre par la patte & le renverser en le tenant suspendu sur l’ongle du pouce afin d’y faire tomber une goûte de vin qu’on apelle rubis. (Faire rubis fur l’ongle.) H * Faire paier rubis fur l’ongle. C’est faire païer exactement & avec la derniere rigueur. II est bas. Les Chimistes font plusieurs préparations de corps naturels , qu’ils apellent rubis, à cause de leur couleur rouge, comme rubis d’arsenic , &c. [Rubrificatio.] RUBORD , f m. [P rintum tabulatum e.vteriur. j Terme de Charpenterie , qui se dit du premier rang des planches ou bordages d’un bateau Foncet. RUBRIQUE,// [Terra rubra.] Sorte de couleur» Terrant , Vitruve, l. 7. C’est une terre rouge, épaisse & pesante. RUBRIQUE. [Rubrica] Terme de Droit. C’est l’ex- plication d’un titre de droit. (11 fçait bien fes rubriques, un bréviaire à rubriques rouges.) RUBRIQUE. [Rubricx gesierales .J Ternie d 'Eglise. Réglés qu’on doit observer pour dire le bréviaire. f * RUBRIQUE [AJtutia, dexteritas.] Finesse & tours. (11 n’a pas à faire à un lot, & vous savez des rubriques qu’il ne fçait pas. Molière. Onditaulli, il entend la rubrique, c’est-à-dire > il est intelligent dans les afai- res.) RUCHE,// [ Àheut , alveare.] Ouvrage de vanter enduit de terre , propre à loger les abeilles. (Une petite ruche. Une grosse ruche. On dit auffi une ruche d’abeiUes , c’est-à-dire , pleine d’abeilles. On fait des ruches de verre pour avoir le plaisir de voir travailler les abeilles.) £ Châtrer une ruche. C’est enlever partie de la cire, qui est de trop dans une ruche. RUCHE. [Auris cavitas .j Cavité auprès du conduit de l’oreille. RUCHE. [Caréna.] Terme de Marine. C’est le corps du vaisseau tout nud. C’est aussi un filet pour pêcher. RUCHE. Espèce de boisseau , ou de mesure, dont on sc sert dans les Sauneries & Salines de Normandie. RUD'ANIER. [ Agrestes.] Terme populaire qui se dit des gens grossiers & rébarbatifs. RUDE. adj. [Afper.] Ce mot se dit des choses & des personnes, & veut dire, qui n’est pas doux. Severe. Fâcheux. Dificile. Cruel. (Peau rude. Tems rude. Hiver rude. Mot rude à l’oreille. Stile rude. Pere rude. Ah! que tu es rude à pauvres gens. Mol. Elle fut fort surprise de recevoir une lettre si rude. Le Comte de Rujji, Mes saurs nous soufrons jufiement Un fi severe châtiment , Dit-eUe, notre ingratitude En meriteroit un plus rude. Rec. de iiouh.) f On apelle , vin rude , celui qui est âpre au goût : chemins rudes, ceux qui font raboteux & difficiles: Voiture rude , qui fatigue. f RUDE, se dit pour violent impétueux. (Rude tempête , rude secousse, rude assaut, rude choc, rude attaque. ) RUDEMENT , adv. [ Asterè , duri , acriter. ] Avec rigueur. D’une maniéré rude & severe. (Traiter quelqu’un rudement. Abl. Tacite , Agricola .) =£ AUer rudement en besogne, c’eit travailler vigoureusement & sans relâche. On dit dans le stile familier, RUE 417 d un grand mangeur, d’un grand buveur, II mange ru„ uement, il boit rudement. RUDUNTE,/ /. Terme d ’ Architcfiure. [Colum- nx rudentibus ornâtx.] Cela sc dit des colonnes dont les cannelures font remplies par le bas d’une figure de bâton , ou d’un cable. RUDENTURE,/ f [Rudentatio.] Corde dont on remplit jusqu’au tiers les cannelures d’une colonne. RUDERATION , / f. [Ruderatio.] Terme d ’Arcbu tellure, La plus grossière maçonnerie d’un Mur. Les maçons l’apellent bourdage. RUDESSE , / / [Afieritas.] Rencontre de fillabes ou de voïellesqui ont quelque chose de rude. (II y a dans ces mots une rudejfe qui choque. Ablancourt. Rudesse dans la voix , dans les mœurs.) t RUDESSE , signifie proprement la qualité de ce qui est rude. (La rudesse dû poil, de la barbe , de la peau. La rudesse d’une étoffe , d’une toile, &c.) * RUDESSE. [Severitas .] Rigueur. Cruauté. (II me souvient, Philis , de toutes vos rudesses. Voiture, Po£~ fies. II ne me parut à fa mine ni rudesse, ni douceur. Le Comte de Bujfi. il lui demande avec rudesse Les perles , les rubis , les bagues , les bijoux, Qu’il lui donna pour marques de tendrejfie, Lorsque de son Amant , il devint son Epoux. Perr. 1 .seld.) RUDIMLix i , / m. ( Trima Ungun latina eh- menta.] Petit livre contenant les premiers principes de la langue latine. (Savoir son rudiment.) 11 se dit auílì généralement des premiers principes des sciences. RUDOIER , v. a. [Durius excipere.] Prononcez rudéte. C’est traiter rudement. (II les rudoioit d’une main, les carelfoit de l’autre. Vaug. Quint. I. jo. c. 4.) II fe dit aussi d’un cheval qu’on méne trop rudement de l’éperon. RUE, / / [Vicus, via.] Chemin dans les bourgs, villes & villages, qui est bordé de part & d’autre de maisons. (Une petite rué. Demeurer dans une des plue belles ou des plus vilaines rues de Paris.) £ Avoir pignon fur rué. C’est avoir une maison à foi. f RUè. On apelle les rués d’une carrière, les espaces qui restent vuides après qu’on en a tiré les diférens bancs de pierre dont elle est composée. On les nomme aussi chemins. 0" RUé vient du Grec pv£, couler , parcs que les eaux pluviales s’écoulent dans les rues. | * Courir les rués. [Defipere.] C’est être fou. (II eíl fou à courir les rué,s. ) RUé, / /. [Ru t a hortenfis.] Sorte d’herbe qui est acre, qui sent mauvais , & qui est presque toujours verte. Elle a les feuilles d’une couleur de verd brun. Elle est chaude & provoque l’urine & les mois. (Rue sauvage. Rue cultivée. Volez Jh autres vertus dans Dalecbamp , t. i.l. 8. c. 42.) H Toutes les efpeces de Rue font incisives & atténuantes , propres pour fortifier le cerveau & contre la morsure des chiens enragez. £ RUé- [ Rut a muraria. ] Cette plante croît fur les murailles & on la met parmi les cinq capillaires. Elle est pectorale & apéritive, propre pour la toux, pour la difficulté de respirer, pour les maux de la rate & des reins. * RUELLE ,/ / [ Angiportum .] Petite rue. (Une petite ruelle. ) RUELLE de lit, [S émit a leclum inter parietem. J C’est la partie du lit qui est du côté de la muraille. C’est auffi l’efpace qui est entre le lit & la muraille. ( On l’a fait coucher à la ruelle. II s’est caché dans la ruelle» Ruelle de lit trop petite. Passer à lamelle.) * RUELLE. [Thalamusfiratus.] Chambre où cou. chent les Dames. Apartemens des Dames. (* Vous verrez courir de mes vers dans les ruelles* Molière.) * Faire florès dans les ruelles des Dames. (Le défaut des Auteurs dans leurs productions, C’ejl d’en tirannifer les conversations, jyétre aux Palais , aux Cours, aux ruelles, aux tables, De leurs vers fatigant leíieurs infatigables . Mol.) RUER, v. a. [Jacere.] II ne se dit que dans le stile le plus simple, & il signifie jeter quelque pierre, ou Tom. III. G g g autre 4 i8 RUI autre chose. (Ah ! je devois du moins lui jeter son chapeau, ou lui ruet quelque pierre à la tête. Molière, cocu imaginaire') ■ RUHR. ]Calcitrare j Ce mot le dit de certains animaux, & est une maniéré de verbe neutre . 11 lignifie donner quelque coup avec l’un des piez de derrière. (Le cheval rue, la mule rue.) Se ruer , v. r. [ InvaiUre, irrumpere.] II ne se dit qué dansíestilele plus simple, & il veut dire, se jeter sur quelcun ou sur quelque chose. (Les sergens Ce ruerent fur les meubles. Maìicroix, Schijine r. Et chacun vainement se ruant entre deux , 2 fos braves s’dérochant, Je prennent aux cheveux. Dep'r.) f* Les plus grands coups font ruez. Sorte de proverbe pour dire* les plus grands éforts font faits * on ne longe pius présentement qu’au repos. Ainsi on dit. (C’est un homme qui à la fleur de son âge a été bon compagnon , il aima les belles, mais je croi que présentement les plus grands coups font ruez .) 0 Malherbe a dit dans l’Ode pour le Roi allant châtier la rébellion des Rochelois : Telle en ce grand assaut où des fils de la Terré La rage ambitieuse à leur honte parut, Elle sauva lé Ciel , fë? rua le tonnerre Dont Bnáré mourut .) Quelques úns ont cru que ruer étoît plus propre qué lancer : maisrw r un coup n’est plus du bel usage. RUEUR, ruétíse , s. m. & f. [Conjedor, projeclor. ] Ces mots ne sont gueres en usage. On peut dire, c’elt un rUeur de pierres. ' RU Fl K N , s m. [Lena, scortator.] Ce mot est un peu vieux, & veut dire celui qui a des privautez avec une femme telles qu’en a un mari. Celui qui entretient fille oii femme. (C’eít un vieux iufien. Son rufien elt un misérable ) 0 RUFIEN. Cé mot vient d’Aìeman rues qui signifie ìwe voûte, comme on apelle fornicatio la paillardise j àformábus, parce qu’anciennement à Rome ies femmes débauchées (è tenoient ert quelques endroits sous une voûte. Cafineuve. f RUGGi* fi «t. Mesure des grains dont on se sert à Livourne, Onze Ruggi &un tiers sont un lait d’Am- Jterdam. . RUGINE ,s fi tRuncinUla .] Terme d ’Arracheur de dents & de Coutelier. Instrument d’acier emmanché de metail, de corne ou d’ivoire, propre à nétéïer les dents. 11 y a une rugine aiguë & une rugine plate. La rugíne aiguë sert à nèteïer le dedans de la dent, & la t u- gine plate, qui est un petit instrument d’acier plat, Sc qui ne coupe que d’un côté, est propre pour néteïer les dents par dehors. ' RUGINER , v. a. {Dentern evellere.] Terme Arracheur de dents. C’est ôter avec une rugine la carie d’une dent. C’est-à-dire, la pourriture qui est dans une dent. (II y a carie en cette dent,il la faut ruginer. (On dit auílì dans le même sens, il faut ruginer la carie de cette dent. RUGIR, v. a. [ Rugir e , f réméré.'] Ce mot se dit proprement du lion , lorsqu’il pouffe un cri naturel qui le distingue des autres animaux. (Les lions rugissent après leur proie. Port-Rotai, PjeaumeS. Quand le lien éstertcòlere, & qu’il rugit, il éfraie ceux qui ne sont pas acoûtumez à ses rtigiffemens. Ablanc.') RUGIRi Se dit figurément du bruit que fait un Puissant qui menace , qui est en colere, & de qtielqu’autre bruit étonnant. ( Cet homme est prompt, & rugit comme un lion. La mer, les vents & ies flots rugissent.) RUGISSANT, rugissante , adj. [ Rugiens, fremevs.] Qui rugit. (Ils viennent contre nous comme des lions íugissans pbUr nous engloutir. Les Barbares aollientà la charge avec des cris épouvantables, comme des lions fugiffans) RUGISSEMENT,)? m. [Rugitus, fremitUs.] Ce mot sedit proprement du lion , & signifie faction de rugin, (Le rugissement du lion a quelque chose d’afreux. llfembloìt exciter par ses rugissemenS Tout le ptuple François au secours des Elamcens » Fléchier.) RUILLh F -, f.s. [’Oypfi ìnduftio.] Tertnè de Cou- vreuì. Lest 1 enduit de plâtre qu’on met sur Ies tuiles - 'Wts de la couverture aux murailles. RU SÌSÌL, s fi [Dejìruftio.] Ce mot vient du Latin RUI ruina, & il est de trois siíabes. II signifie. Perte de bîeilí, Miscre. Décadence. Destruction. (Mon pere a causé ma ruine. Mai. Po'ésf) ê RUINE, signifie proprement, dépérissement, destruction d’un bâtiment. (Cette maison tombe en ruine, menace ruine.) ^ RUINES, au pluriel, signifie, les débris d’un bâtiment abattu. (Les ruines d’une ville, les ruines d’un château. Un homme de cœur aime mieux s’enlëvelif sous les ruines d’une place, que de la rendre lâchement àl’ennemi. , . Tout tombe en ruine. Vaug Quint. I. 4* La puissance de l’un étoît la ruine de l’autre» Mi* moires de M. le Duc de la Rocbefoucaut. Les ruines d’une maison Se peuvent réparer. Que neft cet avantagé Pour les ruines du visage. La Font.) Pâtre en ruine. [Ignitis globulis diruere.] 11 se dit dú Canon qui ruine des fortifications & des bâtimens. * 11 bat en ruineJon adversaire. [Adversunum dejicit.J Ces mots aufiguré, signifient, il aporte de li fortes raisons que son adversaire n’y peut pas répliquer. * Bâtir fa fortune fur les ruines d’autrui. [Ex afflifllt aliorum fortunasuam excieare.] H * RUINE, se dit de la perte du crédit, déshonneur, de la réputation, (Cette a faire a causé la ruine de son Crédit. Cette lâcheté a été la ruine de sa réputation. Les a Isiduirez de cet homme ont été la ruine déshonneur de cette fille. On dit avili, la débauche est la ruine de la santé. Le jeu est la ruine des familles ) RUINER, v. a. [Pt/sumdare , exinanire, demoliri , vajiare.] Oter les biens à quelcun. Démolir Détruire. Désoler. (Ruiner quelcun. Ruiner une famille. Ruiner une ville. Ruiner un pais, une province.) * Lj fortune ruine ses espérances. Vaug. Quint. ìiv. 4. * RUINER un dessein. Pascal , liv. [Evertere.] Cela acheva de ruiner leur liaison. Mémoires de la Ro. chej’oucaut. Us tâchèrent de ruiner le Cardinal qui com- merçoit à s’etablir. Mémoires de M. de la Roches iucaut. Ruiner quelcun dans l’elprit d’un autre. [iïriere aliquem in díiiujus animo.] Ablanc. Ruiner les principes de la son Pasc. /. 18. RUINEUX 1 mineuse, adj. [Ruinosus, caducus.] Qui menace ruine, (Bâtiment ruineux. Maison lulncule.) * RUINEUX , ruineuje , adj. [pamnshi ] Qui cause quelque perte, quelque dommage. (C’est un emploi ruineux. Entreprise ruineuse.) ^ RUlNURE , s s [ Incisura. Terme

/ vain à lever tout les valets font fort prompts, £t les ruisseaux de vin coulent aux environs. Despr.) RUISSELER, v. n. [Rivi injiarfiuei-es Couler comme un ruisseau. (U y a plusieurs sources qui ruisselent dans cette prérie.) * RUISSELER» v. ». [Undique dijfiueres Couler. (Le sang íur leurs siamois ruisselé. Saraiin , Postes. II y eut une grande boucherie» & le sangruissêloit de tous cotez. Ablanc. Luc. I. ì.\ f On dit, ruisselant, qui coule comme un ruisseau» (Eaux ruisselantes, sang ruisselant.) RUMATISME » f- m. [Rbeumatifmus .3 Ce mot est Grec. C’est une fluxion qui est causée par de méchantes humeurs, & qui coule tantôt fur une partie du corps ; & tantôt fur une autre. Fluxion d’humeurs en quelque partie du corps. (Guérir d’un rumatisnie. Le rumatisme est Une maladie longue, cruelle, violente & douloureuse. Le rumatisme n’est pas dangereux, mais il est très-fâcheux & très incommode. Avoir un rumatisme. Etre travaillé, tourmenté d’un rumatisme. Les Médecins, les Apotiquaires & les Chirurgiens ne savent où ils en sont quand ils ont un malade qui a un rumatisme; les uns soutiennent qu’on le doit guérir de son rumatisme par des saignées & des lavemens ; & les autres par des sudorisiques. Et les animaux qu’ils font, s’ils savoient bien leur métier , ils ordonneroient à ce misérable de prendre de l’huile de mulet, avec un peu de beurre, de la faire chaufer, & d’en froter la partie afligée ; & ils gueriroient ce malheureux; car il n’jr a tien de plus souverain contre le rumatisme que cela. RUM , ou RUMB , f m, [Spatium excipiendii mer - abus in imU navis Terme de Marine. C’est un espace qu’on prépare dans le fond de cale d’un vaisseau pour les marchandises de fa cargaison. De-là on dit arrutner, ou arrimer quand on range les marchandises. RUMB DE VENT , f. m. [Index venti linea. j Terme de Mer. Ligne qui represente sur le globe terrestre , sur la boussole, & sur les cartes marines un des trente-deux vens qui servent à conduire un vaisseau. Rumb entier , c’est-à-dire, vent principal. Demi rumb. C’est-à-dire, demi vent. R û ME, f m. [Kheuma , epiphoras Fluxion qui tient ordinairement au cerveau, & qui incommode la poitrine. (Son rûme est fâcheux. Un grand rûme. 11 a un rûme qui le travaille fort. Le rûme à son aspect se change en pleures .», Et par lui la migraine eji bien-tòt phrenefie. Despr.) RUMEUR,//! [Rumors Bruit. Sorte d’alarme. (Par touc il se fait grande rumeur. Ecnserade. Cette nouvelle mit toute la Cour en rumeur. Ablanc. Lucien, Le Jansénisme & le Molinisme , ont excité bien des rumeurs dans/Eglise ; & je doute fort, que la charité n’aic point été altérée dans les deux partis. RUMINANT » ante, adj. Animal qui remâche ce qu’il a mangé. (La loi de Moise défendoir de manger des animaux quadrupèdes, à l’exception de ceux qui étoient ruminions, Saci .) RUMINER , v. a. [ Ruminare .] Ce mot sc dit de certains animaux par la plupart du monde & par des gens qui parlent bien , & il signifie remâcher à vuide ; mais les bergers & autres gens qui gardent les troupeaux spellent cette forte d’action mâcher, & quelques autres ronger. Je parlerois , pour moi, comme les honnêtes gens fans condamner ceux qui diroient remâcher pour ruminer. [Un taureau qui rumine ; une chèvre qui broute, Ont l’esprit mieux tourné que n’a L homme. Deípr. Sat. 8 ) * RUMINER, v. a. [ Recogitare. J Rever à quelque chose. Rouler quelque chose en son esprit. (II rumine quelque chose de grand. Scarons í RUPIEDSIE,/ /. Espèce de drogue pour tein. dre en noir, qui se trouve à la Chine. RUPTÓIRE , f. in. [Cauterium potentiak .J Terme de Chirurgien. Cautère potentiel, qui par sa vertu caustique brûle & fait escarre. RUPTURE»//. [Fractura, frattios Terme de Médecin & de Chirurgien. Solution , ou séparation des panses charnues, fans qu’il y ait aucune plate, ce qui RUS 4’9 arrive aux muscles & aux vaisseaux. (Î1 y a une rupture. C’est une rupture qui lui causera de la douleur.) RUPTURE , signifie auffi , hergne, décente de boïau. RUPTURE. [Scijsura. J Chose déchirée en quelque étofe, drap, habit ou autre pareille chose. (Le drap neuf qu’on met à un vieux vêtement emporte une partie du neuf & la rupture en devient plus grande. Port.Ro. ial, N. Tejt. S. Mate, c. 4 . v. aï,) * RUPTURE. [Alienatio , abruptio ] Amitié rompue. Division. Dissension. (En venir à une rupture. Mémoires de M. âe la Rochefoucaut. Cela l’a porté à une rupture ouverte avec. Mémoires de M. de la Rochefou- caut. Cette rupture nous fera avantageuse. Eprouve avec quel art une rupture feinte Sçait ranimer íardeur par le tems presqu* éteinte. Vill.) RURAL, rurale, adj, [Ruralis .] Ce mot se dit ordinairement en parlant de certains Eclésiastiques de campagne, & signifie, Qui est, qui demeure aux champs. (Les Doïens ruraux ne sont pas perpétuels, mais pouc un tems. Eveillons On dit auffi des biens ruraux. [R«- Jiica bonus ï On apelle aussi par raillerie un vieux lievre, »» Iioien rural. RUSE, / f. [Ajlutìa , versutias Ce mot se dit en Í iarlant d e guerre, & veut dire, finesse, adresse dont on e sert pour atraper l’ennemi. Le mot de ruse se dit auflî en général pour dire quelque finesse qu’on fait pour surprendre & tromper une personne. ( Osez-vous recourir à ces ruses grossières. Molière, Médisant, a. 4. Se servir de ruses pour atirer l’ennemi aû combat. A- blancs f Les ruses & les Stratagèmes sont les ressources des Généraux habiles qui ne peuvent rien emporter par la force. Les ruses les plus récentes, & qui n’ont aucun exemple, sont celles qui sont les plus estimées & les plus dificiles à prévoir. Polybe de Mr. de Folard. RUSE. [Frauss Ce mot se dic en parlant de lièvres & de quelques animaux fins qu’on chaise. (Le renard & le lièvre ont de particulières ruses, pour échaper aux chiens & aux chasseurs. Volez le Fouillou jjj? Salnove, litre de la chasse du lièvres RUSE', rusée, adj. [AJiutus, catUdus, versutuss Fin, adroit & quelquefois un peu malicieux. (Le Normand est rusé. Le Gascon ne l’est pas moins. C’est une petits rusée.) RUSER, ©. ». [Eludere, ad notasJirophasse conver- teres Ce mot se dit en termes de chasse & en parlant du lièvre & de quelcjues autres animaux. C’est quand une bête qui est chassée , va & vient fur ses mêmes voies pour se défaire des chiens. (Le lièvre cherche toujours quelque ocasion de ruser.) * RUSER, v. ». [Uti doits, verfipeVes certes adhibere.J lise dit figurément des hommes, & veut dire, faire le fin & le rusé. (Vaum .... ruse quelquefois heureusement avec ses pauvres Libraires.) f RUSMA ,/ nt> Efpéce de Minerai semblable en figure & en couleur à du mâchefer. 11 vient du Levant, & c’est le meilleur dépilatoire don/les Turcs se servent. On s’en sert aussi en France. RUSTAUD,/ m. [Agrestk, inurbanus , impoli, tus .J Rustre, Grossier. (C’est un franc rustaud. II passe pour un vrai rustaud.) RUSTICITE', / / [Asteritas agrejìis inconcinnas U vient du Latin rujlicitas , & veut dire façon d’agit ou de parler qui a quelque chose de brutal. Maniéré de faire basse, incivile & qui sent le rustre, le païsan. C’est une rusticité achevée. 11 dît des injures de crocheteur, & fait voir une misérable rusticité. La rusticité marque souvent le peu d’éducation des gens.) £jf L’Auteur des Réflexions fur l’u sage présent dela Langue Françoise , a observé plusieurs espèces da rujii. citez, dont quelques-unes ne sont pas, ce me semble, des rusticité z. Voïez page 61;. RUSTIQUE, adj. [Rujiicus, agressif Champêtre (Les plaisirs de la vie rustique. Aimer la vie rustique. ÌJne table au retour propre 0 f non magnifique Nous prefinte un repas agréable rustique, Despr.) RUSTIQUE. [Rudis, ìmpolituss Ce mot sc dit des personnes & de leurs actions, & toujours en mauvaise part. Tom. UL Ggg % li 420 RUS Il signifie Grossier. Peu poli. Incivil. (Avoir des maniérés d’aeir grossières & rustiques. II a 1 elpnt rustique. C’eft une petite fi le fort rustique & fort mal elevee.) ì RUSTIQUE , se dit en termes d 'Architecture. Un apelie , ouvrage rustique , celui qui est composé de pierres bruns, ou de pierres taillées à l’imitation des pierres brutes. On apelie dans la même acception. Ordre rujiique., Tordre d’Architecture le plus simple de tous, & le plus dénué d’ornemens. RUSTIQUEMEN r , adv. [RuJUcano mort , rujtìce j D’une maniéré grossière & incivile. (H en a usé fort ru- ltiquement.) RUSTIQUER , v. alí. [ Ruditer polire. J Terme de Maçonnerie. Rujìiquer une pierre , c’est la piquer avec la pointe du marteau seulement, au lieu de la polir. f RUSTIQUES. Terme d ’Arcttitttture. On le dit eN parlant d’une muraille, de la façade d’une maison qu’on crépit , qu’on enduit en façon d’ordre rustique. (Ruiti- quer une inaison.) RUSTRE, adj. [Inurba'jus. agrejtit.’] Grossier. Incivil. Qui n’est point poli. Qui lent le païlan. Ce mot de rujire ne se dit, ce semble, que des personnes. (C’est un homme fort rustre. Elle est rustre autant qu on le lauroit être.) RUSTRE ,f m. [Agraritts , rusticus.j Grossier. Pal- fan. Lourdaut. (Ah ! que n’ui-je un mari d une aullï bonne mine au lieu de mon rustre. Molière , Çocuima. ginaire.) RUSTRE. [ Rhumbus in orbem formatas.] Terme de ftajon. C’est une forte de figure en forme de losange. (11 porte desable à trois rustres d’or. Col.) RUT,/ m £Cervi cervam expetentìs venereus astus J Terme de Chasse , qui fe dit des bêtes fauves. C’est le tems où les bêtes fauves font en amour. Les cerfs lont en rut trois semaines , & ils y entrent en Septembre. SAB Le rut du chevreuil ne dure qu’environ quinze Jours, & commence en Octobre. On dit que le chevreuil jouit seul de sa femelle durant le rut, & que la femelle ne soufre point les aproihes.d’un aut e que de celui qui l’a couverte cu commencement du rut. Salnoie. Voter. biche. RUT. [JEJìus venereus.] Ce mot fe dit aussi des loups, des Jar/gl ers «S des renard j. Le rut des sangliers se tient tout le mois de Decembre , ct on dit que faute de layes ils couvrent des truies s’ils en rencontrent. Le rut dei loups fe tient depuis la fin de Decembre jusqu-s en février. Le rut ou P amour des renards , fe tient en Decembre & Janvier. A u lieu du mot de tut cn parlant de renards, quelques uns dilent uâro', ct en pillant des loups, plusieurs emploient le mot de chaleur , au lieu de celui de rut. ■f * Métré une femme en rut. [Exe/tare ad venerem.] Façon de parler burlesque, pour dire la Métré en amour, l’eohaufer. KUTH- Livre de l’ancien Testament, qui contient l’histoire de Ruth, & qui étoìt compris dans le canon des Juifs. RUTOIR ,/#».[ Macerarium ] Terme de gens des champs d'autour de Paris C’est le lieu où l’on fait rouir le chanvre. (Mon chanvre est au rutoir. Alerte!s chanvre au rutoir. Tirer le chanvre du ru oir.) R YPTlQUE,/ m. [ Deteyjìvum .] Médicament pro- pre à détacher & entraîner les humeurs visqueuses & corrompues adhérentes à quelques parties du corps. RYTHME ,/ m. [ Rytbmus, num.rus , menjura Nombre , cadence, proportion que les parties d’un mouvement ont les unes avec les autres. Ale furs des Vers. RYTHMIQUE. Nom que les Auteurs ont donné à l’an. tienne danse des Grecs On apelie aussi vers rythmiqius les vers léonins qui ont la même terminaison. S Une des letres de Falphabet, qui fe prononce. esse , & qui est prise pour un substantif féminin (Une S. mal faite. Même en ce moment sentens S, Qu: fait là-bas de la diablejse. Voit. Poes.) S Cette letre entre deux voielles fe prononce comme un Z. Ainsi on prononce oison ct ruij'on comme s ils étoie t écrits oiznn & ration. Cette letre est apellée letre sifiante, à cause du sort qu’on frit la prononçant, ce qui la rend un peu rude; c’est pour cela qu’on Radoucit quelquefois lorsqu’elle fe trouve entre deux voielles , en lui donnant la pro. Jionciation du Z. Oison , oizon. Sa prononciation varie beaucoup. Toutes les fois que l’r fe trouve au commencement d un mot, comme dans sage, ou que dans le milieu d’un mot elle est ou pré. cedée d’une consone, comme dans penser , ou redoublée par elle-méme , comme dans presse-, alors elle se pro* nonce toujours avec un siflement, & elle ne perd ce fiflement que quand elle fe trouve entre deux voielles. Comme dans maison , qu’il faut prononcer comme (i l’on écrivoi t inaizon, à l’exception toutefois de ces mots. MomJìUabe , parasol, présuposer, çsc. Souvent même elle a la prononciation du Z, quoiqu’elle suive une consone, comme dans transaflion, transiger Çcf c. Dans !e milieu des mots étrangers elle fe conserve, comme Asdrubal, Esdras, Fejius Uc. & dans beaucoup d’autres , comme pejie, rejie , gejie , incejie, sejim, U?c. Ceux où l’on ne la prononce point, comme Mai- Jire , Apojìre. baiser, fsc. elle ne sert qu’à rendre la íilabe plus longue. Pour ce qui regarde l’í finale, si l’on excepte les noms propres , comme Venus , Mosnus , Fabius , elle ne fe fait sentir que dans le mor Mr, qui est cette bouc qui fort o une pluïe. Cependant on la fait entendre clans Cî s mots, pas.a-pas, de pis en pis, vis-à-vis , de plus en plus. De meme qu en ces autres phrases , un bras empote , les lots enfant vendus , maire Françoise. Desmarais, Grain- S. 4 F aire des S. On le dit Prov. d’un homme yvre 8 qui va chanchelant de côté & d’autre. 8A [Sna.J Pronom possessif féminin. (Sa mere. Sa Femme. Sa maison.) On dit au masculin Son. Vo'ïcZ Son. SAAMOUNA,/ m. C’est un bel arbre épineux des lniles, dont on tire un suc propre pour les irflarn- m .tions des yeux , pour fortifier la vûë & pour arrêtes les larmes involontaires. 5 BA 1 , )■ m. {Sabbatwn ] Fête observée par les anciens Juifs avec un grand respect, au septième jour auquel Dieu fe reposa après avoir emploie les six jours precedens à creer le monde. (Garder le Sabat. Observer le Sabat. Violer le sabat. Dieu institua le sabat. Quiconque violon le sabat, étoit puni de mort.) (D SABAT. Ce ternie signifie repos. Çe fut le septième jour de la création du monde que Dieu fe reposa, comme aiant parachevé son ouvrage ; & c’est à son imitation que les IRbreux celebrerenc le septième jour, qu’ils apeilerent Sabatb. ct s’abstinrent de toute sotte d’ouvra- ge & de travail. Le Seigneur dit à Moïse dans le Levi- tique, ch. 22.,, Vous travaillerez pendant six jours, „ le septième jour s’apellera Saint; vous ne ferez ce„ jour-là aucun ouvrage car c’est le Sabat du Seigneur,, qui doit être observé par tout où vous demeurerez. “ Ainlì Sabat & Saint etoient deux mots íinonimes parmi les Hébreux,qui n’auroient osé faire le moindre ouvrage pour en tirer quelque profit, puisqu’il ne leur étoit pa* permis de s’oeuper aux choses nécessaires pour la vie, non pai même de ramasser la manne ce jour-là; car il est dit au chapitre 16. des Nombres, vers. ,, Qu’ils,, amassent de la manne le 6e. pour la garder chez eux,,» & qu’ils en recueillent deux fois autant qu’en un autre,» jour. „ Et dans l’Exode, ch. tç.. vers j. ,, Vous n’allu- „ nierez point de feu dans vos maisons le jour du Sabat." Et enfin dans le ch. 16. de l’Exode, vers „ 11 fera „ demain le jour du Sabat dont le repos est consacré au „ Seigneur; faites donc aujourd’hui tout ce que vous,, aurez à faire, & gardez pour demain matin ce que,, vous aurez réservé. “ Les Rabins ont pousse la défense du travail & de la moindre action jusques à faire croire SAR que si l’on étoit tombé dans le feu, ìl n’étoit pas permis de s’en retirer. Aujourd’hui le terme Sabat ne signifie pas un jour de repos, puisque nous apollons Sabat, une aifemblée tumultueuse de plusieurs personnes , où chacun parle fans ordre & fans égard ; ce qui provient, ce me semble , du bruit extraordinaire que les Juifs font dans leurs Sinagogues. Le Samedi qui eit le jour du Sabat , a été pendant long-tems un jour aussi Saint que le Dimanche dans l’Eglife Orientale. Parle sixième Canon du Concile de Laodicée , on lifoit dans l’Eglife le le Samedi ì’Evangile, & quelques endroits de l’Ecriture Sainte ; fur quoi on peut voir le Cardinal Baronius, tom. i. ann. Mais si l’on a cessé de défendre Pouvrage & le travail dans les Samedis, on les a distinguez dans l’Eglife Orientale par des marques de joie & de réjouissance ; car il est certain que dans quelques parties del’Orient on n’a point jeûné le Samedi, si ce n’est celui de la veille de Pâques & de Pentecôte. Voïez le P. TbomaJJin , dans son Traité du Jeûne. * SABAT. [Sabbatum , requies .] Repos. Le mot de sabat en ce sens est consacré dans les matières de pieté. Cependant comme ce mot de sabat en notre langue ne donne pas une idée fort belle, on l’acontpagne de quelque épitéte favorable. On fe sert souvent en fa place du mot de repos, où l’on fait suivre immédiatement le mot de repos à celui de sabat , pour rendre l’idée du mot de sabat moins choquante. (Entrer dans le Sabat spirituel, & se reposer en Dieu. Port-Roial, Nouv. Teji. Epitre aux Hcb. ch. 4, II reste encore un Sabat & un repos pour le peuple de Dieu. Port-Roial, Nouv. Tejì. Epître aux Hebr. cb. 4. ri. 9. * SABAT. [Magorum conventus.] C’est une assemblée nocturne de sorciers où l’on conte que préside le Diable , & où il fe fait adorer. (Tenir le Sabat. Aller au Sabat. Mener au Sabat. Voïez de P Ancre , traité des sorciers. Ce Sabat n’est qu’une chimère.) * SABAT. ITumultus.li Bruit. ( Un furieux Sabat. Quei Sabat est-ce là ? 11 s font un diable de Sabat. Saint Amant. Catin excite une tempête, Et fait un tel sabat tous les soirs fur ma tête , (sue je puis dire que Catin Eji un véritable Lutin.') SABATINE, f f. Quelques Auteurs s’en fervent, ea lui donnant la même lignification que Sabat. (Nos chats dans leur grenier ont fait leur sabatine, Et n’atendant plus que le jour Pour fe ranger à la cuisine. Air. du Trousses.) SABATINE , s. s. [Thejìs sabbatina.] Terme de Co- lége de Paris. Téfe qu’on ne fâifoit autrefois que le Samedi , mais depuis on a donné ce nom à toutes les petites téfes qui fe font d’une partie de la Logique & de la morale. (Faire une fabatine. Soûtenir une fabatine. II a fort bien répondu à fa fabatine.) La Bule Sabatine. [’Bulla Sabbatina.’] Terme de YE- glise Romaine. C’est une Bule qui contient les privilèges du Scapulaire, acordez àSimonStoc. Elle promet tous les Samedis la délivrance d’une ame du Purgatoire. De Launoi a fait une curieuse dissertation fur cette bule Sabatine, qui n’est qu’une vision. S AB ATI QUE , adj. [ Sabbaticus .] Ce mot fe dit en parlant des années des anciens Juifs , qui comptoient leurs années par semaines, & la septième de ces années s’apelloit Jabatique. Cette année-là il n’étoit pas permis de cultiver la terre, & on devoit métré les esclaves en liberté Lancel. métode Latine , p. 176. SARAZÌ E,sf. [Bacchanalia Sabazia. J Fête des Païens instituée par Denis Roi d’Asie, en l’honneurde Bacchus. í S BDARIFFL Plante des Indes, dont les fleurs ressemblent à celles de la mauve. Toute la plante est emolliente , résolutive, pectorale, aperitive, propre pour adoucir & apaiser les douleurs, & pour les rétentions d’urine, étant prise en décoction. SABE'ËNS, f m. Nom qu’on a donné à une secte de Chrétiens dans les confins de la Perse , qui n’adme- toient qtie quatre Sacremens, le Baptême, l’Êucharistie, l’Ordre & le Mariage; & qu’on apelloit Chrétiens de S. Jean, à cause de la dévotion qu’ils avoient pour ce Saint. , SABF.LLÎENS , f m. [ Sabelliani .J Anciens hérétiques du troisième siécle , qui avoient pour chef Sabel- lius., & qui reduifoient la Trinité à la feule personne SAB 421 du Pere ; en forte que le Fils & le S. Esprit n’étoient que des vertus ou des fonctions volontaires. On les apelloit aussi Patropatiens , parce qu’ils disoient que c’étoit le Pere Eternel qui avoit foufert la mort. SABINE, f f [Sabina.] Arbrisseau dont les feuilles font semblables à celles du tamarifc. Cette plante est aperitive, propre pour exciter les mois aux femmes, & pour hâter la sortie de l’arrierefaix. SABLE, / m. [ Arena .] Terre aride réduite en fort petits grains presque imperceptibles. La partie de la terre la plus aride neteïée , & lavée par l’eau, & qu’on trouve ordinairement fur le bord de la mer, ou fur le bord des fleuves & des rivières. II a du fable de rivière, de mer & de terre. (Sable fort bon. Les campagnes étoient couvertes de fable d’une hauteur éfroiable. Vaug. suint, liv. 4. cb. 7. Sable profond & mouvant. Vaug. suint. liv. 4. cb, 7.) SABLE blanc. [Arena alba.] Sorte de fable blanc fait degip calciné , dont fe fervent les faux monoïeurs pour mouler. (Preparer le fable. C’est du fable neuf. : A mesure qu’on se sert du sable il noircit. J: Le bien de la fortune eji un bien périssable, suand on bâtit sur elle , on bâtit sur le sable. Racan, Poëf. C’est-à-dire, ons’apuiect on bâtit fur une chose peu solide.) On parle en Chimie du feu de sable , ou bain desable & c’est lors tju’on met du fable entre le feu & le vaisseau qu’on veut echaufer. SABLE. [Horologium arenarìum.] Sorte d’horloge composé de deux phioles qu’on met dans une boite à jour, qu’on a proprement abouchées l’une sor l’autre» & dans l’une desquelles il y a autant de fable délié qu’il en faut pour couler une heure, ou une demie heure. (Acheter un fable. Tourner le fable. Sable qui ne v* pas. ) Manger son sable. Terme de Mer, C’est tourner l’hor» loge avant que le fable soit écoulé. SABLE. (Calculus.] Gravier engendré dans la vessie, qui cause la gravelle. (Ce malade jete du fable par les urines.) SABLE. [Color ater.] Terme de Blason. C’est-à-dire, noir. (Le sable est le simbole de la tristesse & de la prudence. 11 porte d’argent à la croix de Lorraine de fable. Porter de labié à la croix de Malte.) (§ Le fable est la quatrième couleur des armoiries, & c’est ainsi qu’on la nomme dans le blason. C’est le noir. 11 y a deux sentimens diférens fur l’origine de co terme. Quelques-uns le dérivent des martes zebelines que l’on nommoit anciennement 2 ables, ou sables. D’au- tres soutiennent que la terre étant ordinairement noire» on s’est servi du mot fable pour exprimer la couleur noire que l’on voit très-fouvent dans les armoiries. Votez le P. Menestrier dans son Traité de VOrigine des ar - mairies , p. 340. La marte est presque noire, on l’a toujours apellé zebel'me, qui me pàroit être la véritable origine du mot fable , terme du blason. C’est le sentiment de Borel, au mot 2 ebelin ; il raporte ensuite ces vers de Perceval : Ses manteaux su, & ses bliaust D’une pourpre d’or ejiellée, D’or n’y esioit mie pelée La penne qui derraine su D’un zebelm noir cbanu fui -n’estait trop long ni trop let. Et ailleurs: Penne d’ermìne en mantelet Et zebelin noir comme meure, Et la couverture de feure Fu Aune escarlate vermeille : SABLE', sablée, adj. [Insabulo susus.] Jeté en fable, (C’est une pistole sablée.) SABLER. tArenâ constergere.] Terme de Jardinier. Couvrir de fable. (Sabler les allées d’un jardin.) Sabler un verre de vin. [ Haurire , absorbere. ] Ce mot fe dit par quelques personnes, pour dire l’avaler tout d’un coup. 11 est du stile familier. De même que l’on jete précipitamment la matière fondue dans le moule, on jette du vin dans le gosier; & c’est par cette ressemblance que l’on dit jeter en fable, ou sabler un verre de vin. SABLIER , s m. Voïez poudrier. SABLIE'RE , s. s. [Tignum , trabes.] Terme d ’Archi. Ggg 3 t fêlure. 422 SAR teftttre. Pièce de charpenterse qui se íoet dans lés cloisons. Pièce de bois longue comme une poutre , mais qui n’en a pas la grosseur. (Sablière vermoulue.) , SABLIE'RE , f f (Fojsa arenaria.2 Lieu creuse dans la terre, d’où l'on tire le fable pour bâtir. SABLON , s m - [ArenulaJ Sable fort délié dont en se sert pour neteïer la vaïìït Ile d’étain. Terre aride réduite en fort petits grains. ( Le lâblon d’Etampes est fort bon pour écurer. II n’y avoit pas une goûte d’eau parmi ces-bouillans sablons. Vaug. Quint. L 4 . c. 1. Ce ne sont que sablons infertiles. Abláncourt .) ^ SABLONNER , v. a. [Vascula eluere tenuijjìmâ cirenà. j Netéïer avec du sablon. (Sablonner la vaisselle. Vaisseau bien ou niai sablonné.) SABLONNEUX, sablonneuse, adj. [Arenosusjabulo. fui .] Plein de sablon. Rempli de sablon. (Terroir sa- bionneux. Terre sablonneuse. Abl. ) Le haut Qltmpe , à fin pié sablonneux, Luise fumer la foudre . Chap. Ode à Rich.) SABLONNEUX, sablonneuse, [ Arenosus.2 Ce riiOt sé dit de surine, & veut dire qui a du gravier. (Son urine est sablonneuse. Ablanc. SABLONNIER,/ m. [ ArenuU pyopola. ) On prononce Jablonnié. C’est celui qui crie & vend du sablon par les rués de Paris. (Le saisonnier vend le sablon au litron, au quart, au demi-boisseau , au boisseau.) SABLONNIERE, f f (Sabuletum.2 Lieu abondant en labié, d’où l’on tire du sablon. L’Academie ne se sert que du mot de sablière. î On trouve aussi Sablonniere , dans le Dictionnaire de l’Academie. î SABLONNIERE. Terme de Fondeur. C’est un grand cotre ou les Fondeurs de petits ouvrages conservent & sur lequel ils corroient le fable dont ils lont leurs mou- S ABORD,/ m. [Emijfarium navale ami t or menti.2 Terme de Mer. C’est une embrasure dans lc bordage d’un vaisseau, pour pointer les pieces de canon. (Ouvrir run sabord. Tous ies sabords ont chacun leur drague & leur palan. C’est-a-dire leur cordage. 11 y a autant de rangs de sabord en chaque vaisseau qu’il y a de bateries.) S’A BOT, f ni. [ Catlopodimn, ligneajblea.2 C’est une espece de soulié de bois dont les pauvres gens se servent l’hiver au lieu de soulié de cuir. (Sabot fendu. Porter des sabots.) SABOT. (Lìgneus calceus.2 Ce mot signifie aussi une maniéré de soulié de bois , fort mignonne & fort legere qui se fait à Limoges, & dont le dessus est délicatement travaillé à jour , & embelli de quelque rose ou de quelque autre ornement fait avec beaucoup d’art. On dore ces sabots, & par dedans , où pose la plante des piez, on les double de velours rouge , cramoisi, bleu, ou de quelque autre belle couleur. 11 n’y a que les Dames qui portent de ces sabots qui se lient avec deux couroies qui font a tachées d’un petit clou à chaque côté du sabot. (Ces sabots lont fort propres, fort jolis, & fort mignons.) SABOT. [ Ungula, cornuj Ce mot se dit en parlant du piédu cheval. C’est toute la corne du pié du cheval, qui est au dessous de la couronne , & qui renferme le petit pié, la fole & la fourchette. (Le sabot est tombé à ce cheval. Ce cheval va faire pié neuf, & 1e sabot commence déjà à lui tomber.) SABOT. (TurboJ Sorte de toupie qui est sans fer au bout d’en bas, & dont les enfans jouent en la faisant tourner avec un fouet de cuir. (Sabot qui dort. C’est-à- dire , qui ne bouge plus ssune place en tournant, & qui est prêt de cesser de tourner. Un badin qui la tâtonne , Qui la baij'e U la cbifonne , Lt la fait tourner en sabot. Gon. epi. livre 1 . JÊjs Le jeu de la toupie est fort ancien, libelle a dit dans là cinquième Elegie du premier Livre : J’avois autrefois du courage, & je suportois les disgrâces fans m’émouvoir : mais à présent je sens bien ma foiblesse, & je fuis agité comme une toupie fouetée par un enfant dans un lieu propre à cet exercice ; Afiertram, U benè dijjldium me ferre loquebar : At vero nunc longé gloria sortis abeli , L conque agor, ut per plana citus fila ver ber e turba Quem celer ajjueta ■versât ab arte puer. SAC Virgile fe sert de là comparaison d’une toupie dont un enfant se joué , pour exprimer les agitations d’Amate. Voici comme Air. de Segrais fait parler Virgile, lìv. 7 . Ainsi sous les détours A un portiquesublime Court le bois jaunijfant, qui par les coups s'anime , Quand la main d'un enfant qui fait sonner fin fouet, Tourne deçà delà son mobile joiiet, La foule autour s'assemble étonnée ravie, Par les ôoups il reçoit N conserve sa vie. f Dormir comme unsabot. (Altùm dormire.2 C’est-à- dire , dormir fort bien. SABOT. [Stratum ligneum quo torquentur funes.] Terme de Cordier. Outil de bois à plusieurs couches, dont le Cordier se sert pour câbler le cordage en trois ou en quatre. SABOTER > ». a. [Torto verbere agitare turbinem.] Faire tourner le sabot ou la toupie avec un fouet (Jouer au sabot. Petit garçon qui ne fait que saboter toute la journée.) SABOTER , v. n. s Nimie pedum Jìrepìtu incedere. J Alener du bruit en marchant avec des sabots. ( On entend saboter tout le jour ces païsans qui passent à la rué.) î SABOTEUR, f. m. On ne le dit que d’un enfant qui sabote souvent. (C’est un petit saboteur.) SABOTEUR, f. m. [Cajìopadiorum opifex. J Ouvrier qui fait des sabots. On le dit aussi quelquefois par mé- pris de ceux qui portent des sabots, & qui font du bruit en marchant. f SABOULER , ». a. [Proculcare , proterere.2 Ter- me populaire , qui se dit de ceux qui se bâtent, & il signifie secouer, renverser, houspiller. Voiture s’en est servi. Saboule , & met la tripière par bas. Voit. SABRE, f. m. [Acinaces. ] Sorte d’épée à lame large qui ne tranche que d’un côte , qui {n’est pas íì courbée que le cimeterre. (Un bon sabre. D’un coup de sabre il lui a abatu le bras. 11 lui a fendu la tête avec son sabre. Le sabre est plus en usage dans la cavalerie, que dans les autres corps. La longueur la plus commune da sabre est de deux piez quatre pouces, à prendre depuis la garde.) SABRER, ». «. [Acinacibus petere .) Ce mot est d’at lez nouvelle fabrique. 11 veut dire, Donner quelque coup de sabre, ou de taillant d’épée, mais outre qu’il rie s’écrit pas, il n’est guere en usage que parmi ceux qui orient l’épée. (Si tu me raisonnes davantage, je te fa- rerai.) F * SABRER uneafaire, C’est dans le stile familier, la juger avec précipitation , sens se donner la peine de l’examiner. (Ce Ministre sabre toutes les afaires.) í S A BRIS , / m Petit serpent des Indes, qui étant préparé comme les viperes , est sudorifique. SABURRE, f f. [ Saburra , glarea.2 Terme de Ma. vìne. Grosse arene qu’on met au fond des Navires, pour les tenir ferme. On l’apelle autrement Leji. SAC , f. m. [Funda,jaccuí.2 Ce n’est ordinairement qu’un ou deux morceaux de grosse & de forte toile coulés ensemble par le bas & par les cotez, & non pas par le haut qui est l’ouverture par où l’on fait entrer le grain, la graine, ou autre pareille chose qu’on met le plus souvent dans les secs. (Un bon sec. Un sac tout neuf. Un vieux sac.) SAC. (Litis injirumenta,facculus.2 Ce mot en parlant d’afaires & de procès signifie un petit sac de toile 0 * sont les pieees du procès. (Jamais contre un renard chicanant un poulet, Un renard de fin sac ri alla charger Rolet. Delp. Sat. L- Ï1 faut de l’argent pour retirer le sec. Molière.) SAC de cuir. [Hyppopera.2 Sorte de petit sec pont mettre de la poudre de cipre. II veut dire aussi det Rougettes. SAC à vin. Mot bas & burlesque pour dire un ivrognd (Va sec à vin tu devrois mourir de honte. Molière.) * Gens de sac U de cor de , [ Furciféri , nequisfìmì homì- nes.2 C’est à-dire, gens à tout faire, coquins, méchants & (celerats. Tirer d’un sac double monture. (Ex unk eUdemqun’t duplex ìucrumsbì petere.2 C’est-à dire, tirer d’une chu- fe double profit. Vôtre afaire eji dans le sac. ÍFacla, transaâa omnia.J C’est-à-dire, que ce que vou* demandez ygus sera «corde. + *>» î SAC f * Se couvrir d'un sac mouillé, [Frivoìam causant pratendere.) C’eít alléguer un prétexté ridicule. C’est donner une méchante excuse. ís Le Roi Henri I 1 L aiant établi une Confrérie de Péftitens, fit une procession éclatante, malgré la pluie qui dura tout le jour. On fit ensuite ce quatrain ; Après avoir pillé la France Et tout son peuple dépouillés . N’eji ce pas belle pénitence De se couvrir d’un sac mouillé. pìla eu son sac &ses quilles. [ Extrusus eji foras. ] C’est-à-dire , il a eu son congé. * Donner le sac U les quilles à quelcun. [ Aliqueni txtrudere .] C’est congedier quelcun , s’en délaire. * II se trouva au rendez-vous avec son sac U ses quilles. [ Omnibus venereis instruclus ailfutt. J Histoire a- moureuse de France, p. 12. C’est-à-dire, il se trouva avec son équipage d’amour. q Jusques au fond du Jdc épluchons notre vie. Reg. Sat. Í2. [Usque ad intima viscera vitam expendamus.) C’est- à-dire , examinons-nous jusques au tond du cœur. Pour vuider le fond du sac , je ne voulois plus què dix médecines. Molière, malade imaginaire. [ Ad omnem expurgandum knmorem decem adbibendœsunt potiones .] C’est-à-dire, pour vous bien purger & pour bien guérir, il faloit encore prendre dix médecines. * ìly avoit une piece dam son sac qui lui a sait per. dreson procès. C’est-à-dire , il avoit dans le corps quelque mal qui est cause de sa mort. * Juger un procès fur Vétiquette du sac. (Lv pittaciis litem inspicere.J C’est-à-dire, sans voir les pieces. Décider une chose sans vouloir s’en instruire. * II neJçauroit sortir du Jac que ce qui y ejh [Malus homo de corde suo prosert ma/a.] C’est-à-dire, que d’un méchant homme on ne doit a tendre que des actions & des paroles conformes à fa méchanceté ; & de même d’un libertin , d’un rustre , &c. * C’eji un sac percé. [Phnus rimarum.) C’est-à-dire, il est prodigue & ne feait pas conserver son bien. * Autant pèche celui qui tient le sac que celui qui met dedans. \Tam Jhnt r et confortes quant actores. ] C’est-à-dire , que les complices d’un crime font cou- pables aussi-bien que celui qui le commet; que les re- celeurs méritent la méme peine que les voleurs. * On dit d’un homme qui a fait beaucoup de crimes. Le sac eji plein [Conforta coagmentata cjì ertminum Mensura] C’est-à-dire, il est tems qu’il soit puni de ses crimes. f * On dit en riant qu’il Faut trois sacs à un plaideur, tin sac de papiers, un sac d’argent & un sac de patience. SAC. [Sagum, cilicium.) Habit de toile grossière, qu’on portoit par penitence. (Les Ninivites se couvrirent de sacs. Que les hommes & les bêtes soient couverts de sacs, & qu’ils crient au Seigneur de toutes leurs forces. Saci, Jonas.) On dit aussi d’un habit trop large & mal taillé, que c’est un sac. Cu de sac,f m. [/Ingiportus.] C’est une petite ruë qui n’a point d’issué. * SAC. [_Abcejjus.] Ternie de Chirurgie. II se dit du profond d’une plaie qu’on n’a pais laisse assez. supurer ; en sorte qu’il y est resté du pus , d’où se forme ensuite un abcès. (Il faut bien ouvrir & laisser bien supurer Une plaie, de peur qu’il ne s’y forme un sac.) SAC bénit, f. m. [ Amictus benediclus .] C’est un sac, ou vêtement de toile qu’on donne à ceux qui ont été condamnez à mort par l’inquifition. SAC. IDireptio.] Ce mot se dit en parlant de villes, OU de places qu’on prend de force , c’est la ruine entiers d’une ville, ou place par l’ennemi qui la prend. (Virgile a bien décrit le sac de Troie dans le second livre de ì’Eneïde. L’avarice s’assouvit au sac de Persepolis. Vaug. Quint. Çurce ch. 6.) SAC -a-terre, s. m. \Sacculus terra , lana refertus .] Ce mot se dit entre soldats à en parlant de fortification. Sac de toile , long & large d’un pié & demi qu’on remplit de terre & dont on fe sert alors pour faire des parapets & des embrasures pour fe couvrir & pour faire feu. (Faire un logement de facs-à-terre. Se couvrir de sacs- à-terre.) SACADË , f f. [Subitafs violenta front adduBio.] Terme qui ss dit dans les manèges. Action d’un cava» SAC 425 lier qui pour châtier son cheval, tire tout-à-coup kê rênes de la bride du cheval. (Donner une façade à soa cheval.) ch * SACADE , se dit aussi d’une secousse Violenté qu’on donne à quelqu’un en le tirant. (On le prit au colet, & on lui donna plusieurs façades.) ch * SACADE » signifie aussi, rude réprimandé, correction dure. (II a eu une furieuse façade à la Cour.) f * SACADE. ZQuaJsatio , per fraudent depuljìo ] Ce mot entre dans une faqon de parler qui tient du comique. Donner la façade à quelcun, c’est-à-dire, su» planter quelcun. SACAGEMÉNT, s m. \J]rbis vel domus gratfa- iio -, populatio.) Ruine & pillage de quelque chose, soit place, ou biens. (La perte fut augmentée par le faca» gement de ses biens. Ablancourt, Tac. Agricoia, c. 2. ìls furent cause du sacagement de toute la ville. Hijloirt d’Aubujson, l. ;.) SÀCAGER, ». a. ['Vrbem diripere, expilare, delere , vajlare , depradari.] Donner une ville au pillage. (Sa- cager une ville. Ablanc. Ret. liv. 1. 11 s tuent, ils sa- cagent tout ce qu’ils rencontrent. Voiture, letre Z.) ch SACAGER, se dit par exagération pour bouleverser. (Ces femmes font entrées dans mon cabinet & ont tout sacagé.) ch SACARE,/ f. Terme de Relation. Petit poids dont les habitans de l’Isle de Madagascar se servent pouf peser l’or & l’argent. II peso autant que le denier, ou scrupule d’Europe. SACBOUTE. Voïez Saquebute. SACCAGE, ou SACQUAGE t s. m. On nomme ainsi dans quelques Goûtumes, ce qu’on apelle dans d’autres Minnage , ou le droit des Seigneurs fur chaque fâchée de grains qu’on expose dans les marchez. SACERDOCE , s m. [Sucerdotium , sacerdotale munus.) Ce mot en général fe dit des prélatures, mais il signifie proprement la prêtrise , la dignité & qualité de Prêtre. (La grandeur de la Roïauté de JESUS-CHRIST n’est point comparable à celle de son Sacerdoce. God. Traité des Ordres. Dise. 9. Les Prêtres de l’ancienne Loi recevoient leur Sacerdoce par le droit de la naissancé charnelle. God. Discours des Ordres.) fg II seroit à souhaiter que tous ceux qui aspirent au Sacerdoce , en eussent la même idée que Saint Jean Chrisostome s’en étoit formée , il dit dans son Traité du Sacerdoce, qu’il s’exerce en terre , mais qu’il tire son origine du Ciel ; en sorte qu’il faut le mettre au rang des choses celestes, puisque c’est le Saint Esprit qui est Fauteur & le principe de cette dignité, & qui a fait l’honneur aux hommes de les élever à un ministère angélique ; d’où il conclut qu’il faut que la pureté d’un Prêtre le rende digne de converser avec des Esprits bienheureux ; & dans la fuite de son ouvrage , il exige tant de qualitez pour être digne du Sacerdoce, que fi on exerçoit à présent la même rigueur, il n’y auroit pas ce grand nombre de Prêtres que l’on voie dans l’Egliit. SACERDOTAL , sacerdotale , adj. [ Sacndotalis, ] Qui apartienc au sacerdoce. Qui regarde le Prêtre. Qui vient du sacerdoce , & de la prêtrise. qHabits sacerdotaux. Ornement sacerdotal. Race sacerdotale. Ordination sacerdotale. God. Fonctions sacerdotales. God,, Dsc. des Ordres.) SACET. Voïez Saffet. SACHE'E ,sf [Saccus plenus , refertus .] Plein un sac de quelque chose. (Une grosse fâchée de blé, de farine, de copeaux.) SACHET , f m. [Sacculus.] Petit sac. (Un sachet mal cousu. II leur attacha des sachets aux piez. Ablan- court, Rét.l. ;. c. 4.) On remplit des sachets d’herbes ou de drogues, pour les apliquer fur quelque partie du corps, afin de la soulager. On fait aussi des sachets parfumez qu’on met parmi du linge, ou des habits & dans les lits. Sachet est aussi un remede. SACRER » »• [Sarcul are.) Terme de Jardinier. C’est ôter les méchantes herbes qui naissent parmi les bonnes, & qui les ofusquent. (11 faut sacler cette piece de terre. Jard. fruit. t. 1. (On dit aussi Jdrcter, au même sens. Voïez sarcler, SACOME ,s m. ( Anaglyphum .] Terme à'Archi- teîiure. Monture en faillie. SACQUIER > s m. ISacculanus,] Terme de Ma- > ritth 424 rme, C’est on petit officier , établi en quelques ports de Mer , pour décharger les vaiíleaux de sel, & de grains, & les faire transporter dans des sacs. SACRAMENTAIRE , adj. &j. [ Sarramentanus.), Le mot se dit de ceux qui n’ont pas du-Sacrement de/Eucharistie la même creance de réalité , que l’Eglise Ro- maine. Tels font les Luteriens & Calvinistes. SACRAMENTALEMENT, adj. [ Modosacramental:.J D’une maniéré Sacramentale. SACRAMENTELynemMewretfe, SACRAMEN* TAL >sacramentale , adj, [ Sacramentalis -J L’un & l’autre se dit, mais sacramentel semble le plus doux & le plus usité. C’est-à-dire, qui regarde la consécration. (Dire les paroles sacramentelles. Les especes sacramentales demeurent suspendues. Pascal. I. ló.) SACRE,/, m. [Regiœ inunftionissolemnitas.'] C’est la cérémonie de la consécration & de Ponction des Rois de France lorsqu’on les couronne. (Le sacre des Rois de France l'e fait à Reims en Champagne. Hâter le sacre d’un Roi. Diférer le sacre d’un Roi. Faire la cérémonie rlu Sacre. Voter Du Tillet , mémoires. Le Roi promet à son sacre de conserveries Archevêques & Evêques dans leurs juridictions, & de ne point aliener le domaine de France, de conserver lt-s libertez de l’Eglise, &c. Votez /e Cérémonial. Le sacre des Rois de France ne commença de se faire qu’au commencement de la seconde race de rios Rois. Alors on s’imaginoit que le sacre étoit une cérémonie essentielle à la Roïauté ; mais depuis on est tombé d’acord que le sacre n’augmente point le droit de nos Rois. Choisi, vie de Philippe de Valois.) SACRE. [Sacra inunHio ] Ce mot se dit des Prélats. C’est la cérémonie qu’on fait lors qu’on sacre & qu’on bénit ìes Prélats. (Assister au sacre d’un Evêque.) SACRE , f m. [Palco sac tri} Sorte d’oiseau de proie semelle qui a les plumes d’un roux enfumé , le bec , leS jambes & les doits bleus. (Le sacre est hardi & on ne sait où il fait fes petits. Bedon.) SACRE. [ Tormentum helììcum minus. ] Espece de demi-Canon , ou quart de coulevrine > qui a 34 . calibres de long, qui tire cinq livres de fer. SACRE. En plusieurs Provinces, se dit de la procession solemnelle qui se fait le jour de la fête du Saint Sacrement-. ( Le sacre d’Ang rs.) * SACRE. [Prado , exafiori] On dit ce mot, aufiguré , d’un avare, d’un usurier , d’un concussionnaire, d’un Corsaire, & autres gens qui vivent de proie..(C’est un sacre, il est fort ardent à la proie.) * SACRE', sacrée , adj. [ Ukcíus , sacer , sanfíus ] Saint, (lui a été consacré à Dieu solemnellement avec bénédiction & onction (Personne sacrée. Lieu sacré. Les Dévots assassinent avec un fer sacré. Mol. J’en jure par les droits de t union sacrée, J’en jure par Diane en ce Temple adorée. Epi. d’Ovide.) On dit le sacré Concile, le sacré Palais. On apelle l’Empereur lactée Majesté. * On dit, C'eji une chose sacrée. [Consecrata res est. 3 Pour dire qu’on n’oseroit y toucher. ( Le dépôt est une chose sacrée.) 0 Les Loix Romaines ont divisé les choses en sacrées, religieuses & Saintes. Celles qui avoient été consacrées aux Dieux solemnellement par les Pontifes, ou qui avoient été dédiées au culte des Dieux , étoient apellées sacrées. Les devoirs rendus aux morts, & tout ce qui concemoit la sépulture , etoient du nombre des choses Religieuses ; ainsi lorsque l’on enterroit un corps dans Ion fond, on le rendóit dès ce moment Religieux, c’est-à-dire , faisant une partie des choses Religieuses ; & quant aux choses Saintes , l’Empereur Justinien nous aprend dans fes Instituts, au titre de la div sion des choses , que l’on apeiìoit Saintes celles qui étoient en quelque maniéré du droit divin , comme les murs & les portes d’une ville. Oh peut voir dans les formules dfe Mr. Brisson, les soleinnitez que l’on observoit dans la consécration des temples & des autres choses que l’on dévouât, service des Dieux ; & à Pégard des choses Religieuses, nous avons une infinité d’infcriptions qui font connoitre que les tombeaux & les scpulchres ren- doient sacré le lieu où ils étoient élevez. Voïez Gru- ter. SACREMENT, / ». [Sacramcntums] Signe qui consacre les nommes à Dieu. C’est le signe visible d’une grâce invihble ewbli & institué par JESUS CHRIST SAC poúr rendre les hommes agréables à Dieu. (Instituer, conférer, recevoir un Sacrement. 11 y a sept Sucre» mens de la nouvelle Loi, le Batéme, la Confirmation, l’Eucharistie > la Penitence, l’Ëxtrême-Onction , i’Qr» dre & le Mariage. Etre avec ks élUs dans la gloire éternelle, Pour quelques Sacremens reçus fans aucun stèle, Defpr.) Malade qui a reçu tous fes sacremens. [Sacramentel Ecclesite mumtus .J C’est-à-dire, qui est co n sellé & a reqû le Viatique & l’Extréme-Onction. Le Saint Sacrement. [Eucburijlia, hostia consecrata .J C’est une Hostie consacrée & enfermée danS un Soleil qu’on expose fur le grand Autel les bonnes Fêtes, ou quelques autres jours que l’Eglise trouve à propos. (Ex. poser le Saint Sacrement.) f * SACREMENT. [Matrimonii sacramentum.’] Ce mot pris généralement & en parlant d’amour lignifie le mariage. [Us s’ adorent l'un l’autre , £ fundit purum inttr tornm vimm , SAC 425 Ils en arrosoient aussi le gâteau salé, apellé moìa salsà, d’où l’on fit le verbe imntolare, selon la remarque de Servius ct de Festus. On se fervoit encore du terme/à- cere ou operari, pour imntolare. Les ministres qui Pas- sistoient, portoient une longue robe ceinte » & étoient apellez par cette raison Cmcii. Mais fur le point dé fraper la victime, celui qui devoir >'égorger, prononqoit ces mots, ago-nel Puis-je-agir? C’est-à-dire, s’il íe servira du couteau qu’il a à la main ; ce qu’il n’oscroït faire qu’après en aVoir reçu la permission. Cette Formalité est parfaitement décrite dans le premier Livre des Fastes d’Ovide , à vers. 12. U Jeq- & selon le sentiment de ce Poète , les Agonales ont tiré leur nom de ago-ne . 'On enfonçoit ensuite le couteau dans le gosier ; ce què Virgile apelle suppojitto cnltri ; c’est dans ses Georgiques* ìiv. ;. vers. 24;. At vìx suppojtti tinguntur .sanguine cultri. On examinoit ensuite les entrailles, o fi gardoit un profond silence pendant toute faction , & en présence dei Aruspices, on lés lavoir ; & íì on les trou voir favorables* on parachevois la cérémonie en alumant fur un autel ua feu,dont le bois étoit choisi a vec beaucoup de foin, tau< tes sortes de bois n’étant pas reçus dans les sacrifices. On jetoit ensuite dans le feu les entrailles de la bête* lesquelles étoient portées dans des corbeilles destinées à cet usage ; & nous trouvons dans les meilleurs Auteurs , que l’on se fervoit de plusieurs termes pour ex. primer cette présentation que l’on faisoit aux Prêtres, des entrailles de la victime. Je trouve en éfet, dare, por* rìcert, imponere , emploiez dans ce sens par Varron, Ma- crobe, Plante , & plusieurs autres. Celui-si dit in pa- nulo : Atque in manìbm exta teneam ut porriçiam. On jetoit de l’encens dans le feu pour adoucir la rnau- Vaifeodeur; on y répandoït du vin , & quelquefois de l’huile , ct l’on obscrvoit exactement de faire toutes ces choses de la main droite. Les ofrandes que l’on faisoit, étoient apellées dona, & l’on exprinioit faction par le mot litare , qui lignifioit, selon Macrobe , apaiser les Dieux par un sacrifice, lequel étant fini, les Prêtres & la plupart des assistans alloient manger ensemble. C’est ainsi que l’o.i fàcrifioit aux Dieux Supérieurs , selon le langage des Romains: mais les Sacrifices que l’on faisoit aux Dieux inférieurs, ou infernaux, étoient bien diférens ; aussi on ne les regardoit que cortì- mes les auteurs de tous les maux qui arrivoient aux mortels. Souvent on ne leur fàcrifioit que dans la nuit, & quelquefois fur la fin du jour ; tout y étoit miste- rièux, tout y étoit éfraiant ; les autels étoient ornez de ciprèí, les victimes étoient noires ou d’une couleur triste & sombre, ils étoient élevez dans un creux fort profond ; le cou des victimes étoit tourné du côté de la terre ; le Sacrificateur versoit ditas |a plaie de la victime du vin ct du lait, & passant la main droite fous le cou de la victime, il la détournoit pour recevoir le sang dans un vase destiné à cet usage , ce que Virgile apelle invergere. Ce Poète a raporté toutes les circonstances dans ia description du Sacrifice qu’Enée fit pour apaiser les manès de Polydore. Ce vase étoit ensuite jeté dans le feu. Les Sacrifices que l’on Faisoit aux Dieux Marins, étoient en quelque maniéré clifc- rens des autres. 11 y avoit aussi des Sacrifices où le sang des animaux n’étoit point répandu. Le silence étoit religieusement gardé dans les Sacrifices que l’on faisoit à la Déesse Ceres. Et, au raport de Varron, bien lûiiì de ne laisser pas échaper une parole désagréable aU Dieu* on s’abandoiìnoit à toute forte d’injures & de malédictions dans ceux que l’on faisoit à Hercule. II y auroit encore bien des choses à observer, comme les prières, Us Vœux que l’on y faisoit; en quelles oca- íìons, enjquel tems de l’année on avoit acoûtumé de faire des Sacrifices; de qiìels inítrumens on sè fer- Voit : mais c’en est assez pour dònner une idée générale des Sacrifices des Païens ; ct pour s’instruire du surplus , on peut voir Stukim de Sacrifie. Merula Gutbe. rius , de veteri jure pontìficìo ; Sautbertus, de sacrificih vettrum ; Outrant , desacrificiis Judaorunt. * Paire un sacrifice de son cœur à Dieu. [Se pro Deb devovere.J C’est le lui consacrer & le lui sounietre. * SACRIFICE. [Voturn, devotio.~] Ce mot au figure est beau & nouveau & d’un grand usage dans le commerce des gens qui écrivent & qui parlent bien. (Elle se repentit du sacrifice qu’elle Venoit de Faire. Le Comte de Buffì. Je lui ai fait un sacrifice de tous mes reffenti- Pont. III. H h h mens, 426 SAC mens. C’est-à-dire , fai renoncé pour l’amour de lui * tous mes ressentimens.) , * Obéissance vaut mieux que sacrifice. Proverbe. [Melior ejì obedientia quàm viclìma.] * Faire un sacrifice à Vulcain de quelque chose, [b* ignem projicere.] Cela se dit & signifie la brûler. SACRIFIER , v. a. [fiera divinam sacere , perpetrare sacrificium.] Faire un Sacrifice. (Les Païens sacrifioient à Jupiter, mais ils étoient dans les tenebres.) * SACRIFIER. [ Sesuaque omnia devovere pro aliquo .] Çe mot dans lefiguré, est nouveau & d’un grand usage. (Elle sacrifia la terre du Comte à son rival. Le Comte de Èusti , hijì. amour, des Gaules. Nous voions bien que la perfide nous a sacrifiez. Le Comte de Bujst , hijloire amoureuse. C’est à-dire que la perfide nous a jouez & trahis. Vous sacrifiâtes votre maîtresse a Madame de. Elle sacrifia la letre du Comté. Bujst, histoire amoureuse. II se retira avec le déplaisir d’avoir sacrifié son infanterie. La Chapelle , Campagne de Rocroi .) On dit d’un homme qui n’a pas le don de plaire, qu’il n’a pas sacrifié aux Grâces. [Non lìtavìt Gratiis.] SACRILEGE , f m. [ Sacrilegium , prosanatio. J Profanation des choses Saintes. Larcin des choses Saintes dans un lieu sacré. (Commetre un sacrilège. Patru, plaid. iç. Le sacrilege a souvent causé d’ctranges désolations. S.Cir. lln’y eut jamais tant de parjures ni de sacrilèges. Ablanc. Luc. t. ;. SACRILEGE, f. m, [Sacrilegus.] Celui qui commet un sacrilege. Moniieur l’Avocat Berain dans de certaines remarques qu’il a fagotées fur notre langue , a décidé qu’en parlant de celui qui a commis un sacrilege, on devoit dire & écrire sacrilegue. En vérité, je suis marri que Moniieur l’Avocat Berain soit tout seul de son parti. (II y a des peines contre les sacrilèges. S. Cir. Aurois je laissé impunis les sacrilèges qui m’ont coupé l’or de ma chevelure. Ablanc. Lucien , Dialogue , Jupiter le tra- gique.) SACRILEGE, adj. [Sacrilegii reus.] Qui a commis un sacrilege. Souillé d’un sacrilege. Méchant. Profane & détestable. (Prctre sacrilege. Communion sacrilege. Patru , plaid. 16. Bouche sacrilege. Arnaud. Sacrilege nouveauté. Patru, plaid. 4. Pitié sacrilege. Ratine , Iphigenie , acie premier , setne première. Zele sacrilège. Idolâtrie sacrilege. Saint Ciran, Letres. Zele sacrilege. Racine , Iphigenie, aile 4. stene g. ) SACRILEGEMENT, adv. [Sacrilege, persacrilegium ] On communie sacrilegement, quand on ne quite pas une habitude qui engage au péché. {f SACRIPAN. Faux brave, (dit Mr. Ménage) rodomont, de sacripante , dont l’Ariolte a fait mention dans Roland le furieux : Era suor de’ perigli un sacripante : Ma ne’ perigli avea car a la vit a, dit le Bernia dans son Qrlando Iwnamorato. SACRISTAIN, Sacrstin , f. m. [Sacrarii custos.] L’ufage est pour Sacrstain , & non pas pour Sacri- ftin. C’tst un Ecléfiastique qui a soin de la sacristie. (11 voulut avoir la lire d’Orphée, & l’acheta à grand prix du Sacristain. Ablanc. Lucien. Mais que ne dis■ tu point , ô puissant Porte-eroix, Bois rude Sacrstain. Despr. Lutrin , Chant. 1. Frété Charles l’héroïque en fera le Sacristain. Voit. P°*s) SACRISTAIN est une dignité Ecléfiastique dans plusieurs Csfédrales & Collégiales. (11 est Sacristain de l’Eglise de Toulon, Sacristain de S. Nizier à Lion. ) [AUituus.] SACRISTIE , f f. [Sacrarium.] Lieu particulier d’une Eglise où l’on garde les choses sacrées , les meubles & les ornemens de cette Eglise. (Une belle sacristie. Une sacristie fort propre. Garder bien la sacristie de peur qu’on ne la vole. AI este qui sort de la sacristie. Les Prêtres & ceux qui servent à l’autel s’habillent dans la sacristie.) í SACRISTIE, se dit quelquefois pour tout ce qui est contenu dans la sacristie. (Cette sacristie est fort riche.) í SACRISTIE, se dit austì du profit qu’on tire de ee qui est donné pour faire dire des Messes des fer» vices, des Pneres. (I.a Sacristie est d’un grand revenu chez les Moines. La Sacristie fait subsister le couvent.) S A F SACRISTIE. [Benesicìmn xditui.] Bénéfice auquel sont -,1 .the/. certains revenus. SACRISTINE, Sacristaine,f f. [Mlitux] Quoiqu’on dise Sacrstain, & non pas Sacrif.in , l’usage fait dire ordinairement Sacristine, & non pas Sacristaine. Les Religieuses d’esprit quej’ai consultées sor ces mets, disent toutes Sacristine ; toutefois la plupart des gens savans en langue disent, Sacristaine , sans pourtant condamner Sacrijtine. Je dirois donc l’un & l’autre, mais plus Sa. cristine que Sacristaine parce que le grand usage est pour Sacristine. C’est la Religieuse qui a soin des ornemens de l’Eglise & de l’Autel. Voïez Constitutions de Port. Ròial, ch. 2. L’Auteur de ce livre écrit Sacristine, & non pas Sacristaine. (La sœur de Brosse est une vigilante Sacristine.') S ACRO LOMBAIRE, adj. [Sacrolombarius.] Ter- me d!Anatomie. Muscle qui sert a resserrer la poitrine. t SADE, adj. [Suavis, jueundus.] Ge mot est vieux & hors d’usage. Il se trouve encore dans le jargon de quelques Provinces. II signifioit qui est de bon goût & agréable. Son composé Maussade, signifioit désagréable & dégoûtant. t SADiNET , sadinette, adj. Ce mot est vieux & ne peut entrer que dans le stile le plus simple, comme dans les rondeaux, épigrammes, vaudevilles, &c. 11 n’est proprement usité qu ’au féminin , parce qu’il ne se dit pour l’ordinaire qu’en parlant des personnes du beau sexe; & il signifie Jolie. Gentile. Proprette. Et c’est ce qu’on rendroit en Latin par ces mots bellula , ou bellatula. (Elle est sadinette. {$ Régnier, dans fa septième Satire , a dit : Autant qu une plus blanche il aime une brunette, St l’une a plus d'éclat, l'autre est plus sadinette. ) Voïez Mr. Ménage, qui donne une autre sens au terme Sadinette. SADRE'E, Savorée , Sariette,s. f. [Satureia.] Plante aromatique qui est aperitive, pénétrante, atténuante. Elle fortifie í’estomac, elle excite surine & les mois aux femmes, fortifie les nerfs & la vúë , & on en fait usage parmi les alimens. SADUCE'ENS, f m. [SaducA.] Anciens hérétiques Juifs, que S. Epiphane fait venir de Dolìthée Sectaire Samaritain , qui ne recevoient que les cinq livres de Moïse , & qui ne croioient point la résurrection des morts. SAFIR , ou saphir , s. m. Pierre précieuse. Voïez saphir. SAFRAN, si m. [Crocus.] Sorte déplanté bulbeuse, quia des feuilles longues, déliées & étroites, & une tige chargée de fleurs bleues. (Les fleurs de safran vien- nent quelque tems avant les feuilles. Dal. Safran sauvage. Safran cultivé. Safran printannier. Safran de montagne , &c.) SAFRAN. [ Crocum. J On apelle de ce nom trois ou quatre filets qui viennent dans chaque fleur de safran , qui ont le bout assez gros & de couleur de feu, qu’on amasse, qu’on vend sous le nom de safran, & dont on se sert dans les teintures , dans la médecine & dans les viandes. (Le safran du Gatinois est le meilleur & le plus renommé de tous les fafrans.) Le safran bâtard sert à la teinture. [Chartamus ojstci- n arum .] í SAFRAN des Indes, de Malabar & de Babylone. C’est la racine qu’on nomme communément Terra- mérita. f * AUer au safran. [Bonis stoliari.] Proverbe, qui signifie faire banqueroute. SAFRAN. [Hypomochum.] Terme de Mer. Piéce de bois plate qui s’ajuste fur la longueur du gouvernail pour en faciliter l’éfet. Jf§ SAFRAN de P étrave. Terme de Mer, C’est une piéce de bois qu’on atache depuis le dessous de la gor- gere ou coupegorge, jusques sor lerinjot, & qui sert à taire venir le vaisseau au vent, lorsque par le défaut de fa construction il refuse & n’y vient pas bien. On apelle cela , donner de la pince à un vaisseau. SAFRANNE' > fasrannéc , adj. [Croceus.] Ce mot se dit de Purine, & veut dire jaune comme safran. (Urine fasrannéc.) t SAFRANNES , v. a. [Croco illinire.] Peindre avec du safran. ' SAFRANNIER , s. m. [Fraudulentus , a ris aïteni ÀecoUor.] Banqueroutier. Ce mot se dit, mais il n’est guère en usage. í Si- SAG H SAFRANUM. Espèce de safran qui vient du Levant. SAFRE , ou Zafre, s m. [Cautes metallìca ,] Minerai tirant suc le gris noir, qui fait le verre clair ou bleu, selon ia quantité qu’ou y en met & dont les potiers enduisent leurs ouvrages pour les rendre bleus. â Vo'iez Félibien , dans ses principes d'Architeâure, mot fasse. SAFRE, adj. [Dentivoruí.] Un homme âpre fur fa bouche, gourmand & qui aime les bons morceaux. (Les éeornifleurs font faires & goulus.) SAGACITE', f. f [Solertia , ingenii acmnen.) Ce jnot eít écorché du Latin Jagacitas , & il se dit sur tout entre savans. C’eít-à-dire , pénétration & discernement d’un esprit qui recherche & qui découvre ce qu’ily a de plus caché dans les choses. (Emploiez à cette recherche la sagacité de Monsieur un tel. Balzac. Cet Auteur a pénétré par la sagacité de son esprit ce qu’il y avoit à aprofondir dans la Logique. Volez réflexions fur la Philosophie.) (/Académie a adopté ce mot fans aucune dificulté, & à répondu aux souhaits du P. Bouhours. ss Les faillies de Air. Ménage écoient quelquefois plaisantes ; it le croioit vivement o sensé pat le Pere Bouhours; & celui-ci tâchoit de lui donner un air de pédant. Mr. Ménagé prenoit fa revanche toutes les fois 3 ue l’ocaíion se présentoir de le dépeindre comme uri esuite mondain qui cherchoic à plaire au beau sexe. Je ne sqaurois m’empêcher de reporter ici un endroit du second volume de ses Observations fur notre Langue, ch. 59. l’extrait est un peu long, mais vous pouvez le laisser, vous n’êtes point obligé de vous y arrêter. Le Pere Bouhors a dit dans ses Remarques, pag. toi. „ Les Espagnols ont leur sagacidad , & les Italiens leur lìsagaáta , dont les uns & les autres usent communé- „ ment. II seroit à souhaiter que nous eussions notre nsagacité , & qu’il nous fût permis de nous en servir „ dans toutes fortes d’ocasions. Par malheur, les „ femmes ne ('entendent point, & ont peine à s’en t, acommoder ; celles qui entendent le Latin , de- „ vroient expliquer ce mot aux autres, & gagner leurs „ sufrages.Voici l'Obscrvation de Mr. Ménage ; „ Telles font les méditations qu’a faites fur notre Lan- „ gue en faveur des Dames le Reverend Pere Bou- ,, houts, Prêtre & Théologien de la Compagnie de „ Jésus : mais examinons un peu toutes ces Pelles mé- ,, dilations. Par malheur , les femmes n’entendent „ point sagadté. Voilà en éfet un grand malheur. 11 „ me semble voir le Pere Bouhours dans ses jours de retraite, ie genou en terre , le bonnet à la main, & „les yeux tournez vers le Ciel, faire prière à Dieu ,, qu’ii plaise à fa bonté infinie de détourner un grand „ malheur de dessus nos têtes. Mais qui a dit au P. » Bouhours que les femmes n'entendent pas le mot de ,> sagacité? Sa préciolité peut avoir dit ce mot à quel- ,, ques bourgeoises , où à quelques soubrettes qui ne „ l’ont pas entendu : mais je lui soutiens que toutes a, les femmes du grand monde l’enrendent fort bien, „ & je lui soutiens de plus , que le mot de sagacité est «est aussi usité parmi nous, que celui de Jagacidad ,, parmi les Espagnols , & celui de sagacita parmi les « Italiens ; il y a même long-tems que ce mot est en «uíàge parmi nous ; vous le trouverez dans hlicod, « qui écrivoit il y a plus de cent ans ; vous le trouverez n dans le testament du Garde des Sceaux Du Vair, qui ,, est du 10. Juin 1620. les termes de ce testament où « ce mot de sagadté est emploie, sont très-remarqua- -, hies, Sc méritent d’étre tapottez en ce lieu. “ Né que setois avec une santé fort infirme , avec un corps U un esrit peu laborieux , une mémoire grandement imbe- ciBe, aiant pour toutes grâces de nature une sagacité a la véritéfi grande , que je ne J'gacbe jamais, depuis que fa: été en âge dénomme , être arrivé rien £important , ni a P Etat , m au Public , m à moi en particulier, que je ne duie prévit. SAGAPENUM. Gomme rousse en dehors, blanchâtre en dedans, propre pour l’hidropiiìe, pour l’aithme, & la paraisse. SAGE, adj. [Sagax, Jàpiens.] Qui a de la sagesse, de la prudence. (11 est plus aisé d’être sage pour les autres, que de Pêtre pour íòi-même. En vieillissant on devient plus fou, & plus sage. C'est une grande folie %ue de vouloir eue sage tout seul, Mémoires de (ct SAG 427 Rockefoucaut. Charles-Quint disoit que les François ne paroìssoìent pas sages & l’étoient, que les Espagnols paroilsoient sages & ne l’écoient point, que les Allumais ne paroilsoient pas sages , & ne l’etoient pas auffi ; mais que les Italiens paroissoient sages & l’éíoient éfe- ctivement. Votez Richard CajJ'el , voiage if Italie. Tous les hommes me font à tel point odieux , sue jeserois fâché d’être sage à leurs yeux. Mol.) ($ Cette description du sage est de Mr. de Gora- berville : Le sage, grand comme les Dieux , EJi maître de ses defiinées, Et de la fortune , ffi des Cieux Tient les puisantes enchaînées ; II régné absolument sur la terre fs fur Ponde, II commande aux tyrans, il commande au trépas s Et s’il voioit périr le monde , Le monde en périssant ne détonnerait pas. La Fontaine , Rec. de Poes. Voilà un beau portrait : mais où est l’onginal ? il n’est pas tiré d’aprés nature. Les Sages de Gréce. [Grossie sapientes.J C’étoient sept Philosophes. Les Sages Grands. [Sapientes majores J Ce font six Magistrats qui manient les plus grandes afaires de la République de Venise. Les Sages de terre ferme. Ce sont cinq Oficiers de la République de Venise qui expédient les gens de guerre, qui assistent aux revues des soldats , qui cassent & inetent des compagnies fur pié. Les Sages des ordres. Ce sont cinq jeunes hommes de la première qualité, à qui on donne entrée au Colége, où se traitent les afaires de la République de Venise, pour écouter & peur se former au gouvernement sur l’exemple des autres sages. Amelot , hijì. de la Républ. de Venise. SAGE. [Sngmv.J Ge mot se dit de certains animaux comme des chiens. (On apelle Jâges chiens ceux qui conservent le sentiment de la bête qui leur a été donnée & qui en gardent le change. Sain.) SAGE-FEMME,//- [Objletnx.) Etau pluriel sage- femmes. Ce mot signifie , Matrone, & celle que les Latins apellentaé/iríW*. Celle qui aide une femme» acoucher heureusement & qui la soulage dans lés couches. (Une sage-femme habile, adroite , experte. Pour être reçúë sage-femme, il faut avoir fait un aprentissage, ou avoir été six mois à l’hôtel Dieu de Paris, à secourir les pauvres femmes qui y acouchent, & y avoir travaillé sous les Médecins & les Chirurgiens. Quand nous venons au monde, nous avons besoin d’une sage-femme , & quand nous en sortons, d’un sage homme.) (* Vous reçûtes ce beau sonnet, & vous en futés la íage-femme. Co ft. ) Femme sage , s. f. {fbtlulìer vìrtutis composé) C’est une femme qui est prudente. (Madame Bignon femme de Mr. Bignon , Conseiller d’Etat est une femme trés-sage, très-modeste & très-vertueuse.) Madame la Comtesse de Chabannes, belle-sœur du Comte de Pionsat, est une femme (âge & vertueuse. ff Mr. Ménage toujours alerte fur le chapitre du P. Bouhours, expliquant la diférence qu’il y a entre sage femme & femme Jage , ch. aa. tom. 2. de ses Obferv. a dit : ,, Le gentil joli P. Bouhours a intitulé son der- „ nier livre, Remarques nouvelles fur lu Langue Fran. „ çoise i Sc cependant la plupart de ses Remarques ne ,, font point nouvelles ; celle de sage-femme & de fem- „ me sage que ses admirateurs croient toute neuve, & qu’ils vantent par tout, a été faite, il y a plus de cent „ ans , par Henri Estienne. “ Voilà , fans doute, un digne sujet d’acusation : mais quand la guerre s’alume entre deux rivaux , elle se fait à outrance , & tout est crime entr'eux. SAGEMENT , adv. [ Sas enter. ] D’une maniéré sage & prudente. ( C’est un jeune homme qui se conduit très sapement.) SAGESSE, f.s. C Sapientia.) Le mot de sagesse se dit proprement de Dieu , & signifie la connaissance des choses hautes éfi sublimes, 11 se dit aussi des hommes, & alors il veut dire prudence. (Dieu confond la sagesse des hommes. Port.Roial. La plus grande sages'e de l’homme consiste à connoître ses folies Sc à s’en cor- riger. Tom. UI. líhh » Oses- 4-8 SAI Orfelhcâ que U sagesse ? Une égalité d’Ami, (Tue rkn ne peut troubler , qu aucun désir nenjiuuie. "" Despr.) SAGESSE. {Sagacitas.] En termes de Cbaffe, se dit Jes chiens qui ont une certaine retenue & justesse dans íeurs mouvemens , nécessaires pour bien chasser. SAGETTE,// [Sagiíía.] Vieux mot qui signifie Fléché, & qu’on emploie encore aujourd’hui dans le íìile comique & burlesque. (En -disant ces mots , il se jete Sur l’arc qui se détend , U frit de sa sagette Un nouveau mort. La Font.) 0 " Ce mot n’est plus d’usage ; on s’en servoit autre» fois. Marot dans ses Pseaumes , a dit r Si que de nuit ne craindra point Chose qui épouvante , ò r i dard ni sagette qui point De jour en Pair volante. SAGETTE. [ Ranunculus palujlris folio sagittato. ] Herbe de Marais aiguë & pointue, ainsi nemmée parcs qu’eìle ressemble à une flèche. d Cette plante croît à la hauteur de trois ou quatre piez. Elle est rafraîchissante, allringente & incraflante. .T SAGGIO, s m. Petit poids dont on se sert à Venise. C’est la sixième partie de Ponce de cette ville. SAGITAiRE , s m. [ S agit t anus. ] Ce mot est tiré du Latin & lignifie archer. C’est Pun des 12. signes du Zodiaque, où le Soleil entre au mois de Novembre. (Le Soleil entrera bientôt dans le signe du Sagitaire.) SAG1TALE, adj. {Rabdoides.] Ternie d’ Anatomie. G’est le nom íf une des sutures du crâne. SAGOUIN ,/ m - {Sordidus, jpurcus.] Nom qu’on donne aux jeunes singes, & ensuite à Un homme à qui l’on reproche qu’i! est sale & mal propre. $AGU> ou SAGDU- Espèce de farine faite de k moèle (Pun arbre qui croît aux Moluques , aux Manilles & dans d’autres Isles des Indes. Elle sert à Pentresser, de plusieurs Colonies. SAIEi f m - [' Sagum , sagulum. ] Sorte de vêtement dont les anciens Perses & les anciens Romains se servoieot en temsde guerre , & qui avoit quelque ra- port au hoqueton, ou au juste-au-corps de la manière qu’on le fait présentement. ( Darius étoit vêtu d’un saie de pourpre , mêlé de blanc. Vaugelas , Quint. J. c;.) 8A?E , f. s [ Scopula.] Terme d 'Orfèvre. Sorte de petite brosse forte pour seieter la besogne. (Ma saie est perdue.) SA'.ETLUR , s. m. {Sagarum opifex.] Faiseur de saie. Ce mot n’est en usage qu’en Picardie , où l’on fait ces sortes d'ètoses. SA1ETTE, s f. {Saga, sagia.] Petite serge de soie ou de laine, venant d’Italie. II y en a auflì de Flandres & d’Angleterre. SAIETTER 1 v. a. {Scopula detergere .] Terme d’Or- févre. C’est netteier la besogne avec la saie. (.11 taut saietter cette besogne.) SAIGNANT ,saignante , adj. £Sanguinem ejsun - tiens.] Qui saigne encore. Qui est frais tué. (La plaie est encore route saignante , elle a été nouvellement faite.) Cela se dit tant au propre , qu’au figuré. f On dit par une faqor. de parler proverbiale. Bœuf saignant, mouton bêlant, & porc pourri, tout n’en Vaut rien s’il n’est bien cuit. SAIGNE E, f f- [Vexa incisio , phkbotomia. Prononcez saignée. Terme de Chirurgien. C’est une incision de veines par laquelle on fait Pévacoation du sang fies humeurs contenues dans le sang. (La saignée tue,ou conserve la vie selon qu’on la fait à propos. Ordonner la saignée. Faire plusieurs saignées en un jour. Saignée fréquente, petite , copieuse. La saignée doit préceder la purgation. f * Je tue trouve incommodé de la veine poétique pour la quantité des saignées que j’y ai faites ces jours passés- Mol. C’est-à-dire , parce que j’ai frit plusieurs vers. SAIGRE E. f Strages. Se dit figurément des grandes défaites. (La bataille deFleurus, fut une grande saignée que íoufrirent les ennemis.) SAIGNE ES [Pecuniœ derivatio .J Se dit des moiens SAI qu’on ïrouve pour avoir de l’argenì. (Le Cardinal Ma- zarin faisoit de fréquentes saignées au peuple. ) SAIGNE E de sojfé. [’Tubus cana.li!.'] Termes qui se disent entre gens de guerre. C’est Faction de creuser des puits & tirer des rigoles pour faire écouler Peau qui remplit le fossé qui est autour d’une place qu’on veut prendre. (Faire la saignée d’un fossé.) SAIGNEMENT, / 111. [ Sanguins envjjìo. ] Ecoulement de sang par íe nez. (II lui prit un saignement de nez qu’on eut peine à arrêter. Un crapeau sec tenu tíans la main arrête le saignement de nez, & apaise lee douleurs de dens. Charas , Pharm. 1. p. ch. 10.) SAIGNER , w. n. {Sanguinem effundere.] Pronon- cezfeigné. C’est jeter du sang, soit que cela arrive naturellement on qu’on ait été blessé. (11 y a longtems qu’il saigne.) SAIGNER du nez. {Sanguinem per naresfundere.] C’est jeter du sang par le nez. (11 y a un bon Iquart-d’heure qu’il saigne du nez , sans qu’on ait pù arrêter le sang, quelque chose qu’on ait fait pour cela.) * SAIGNER du nez. {Animum dejpondere.] C’est manquer à sa parole. Ne pas tenir ce qu’on avoit promis. (11 m’avoit donné fa parole pour cela, mais il m’a saigné du nez & il ne s’en faut pas étonner, car c’est un Normand.) SAIGNER, v. a. Venam incidere.] Tirer du sang à queicun en lui ouvrant la veine. (On saignera demain Monsieur, mais on ne lui cirera que 5. petites paletes de sang. Se faire saigner de peur de tomber malade. II faut pour conserver sa santé, se faite saigner, 4. ou fois Pannée & prendre autant de médecines.) SAIGNER. {Sanguinem einittere.] Ce mot se dit entre maréchaux en parlant de chevaux. C’est tirer du sang à quelque cheval qui est malade. ( Saigner un cheval.) SAIGNER. {Suem jugulare,] Ce mot se dit entre Charcutiers. C’est-à-dire. Tuer. (Saigner un porc.) SAIGNER. {Incilibussccare paludes.] Ce mot se dit entre gens de guerre en parlant de fessez. C’est faits écouler Peau du fossé qui est autour d’une place. (Saigner un fossé.) Se saigner , v. r. {Sibi pertundere venant.] Se tirer du sang. (Je n’ai que faire de chirurgien pour me JdU gner , je me saigne bien moi-même.) t * Se saigner pour un ami. Se saigner pour un en - fan t. {Se sortunasque suai pro amico devovere.] C’est à- dire. Sacrifier pour les ir.terécs d’un ami, ou d’un enfant ce qu’on a de meilleur. Tirer de fa bourse une partie de l’argent qu’on possede , & cela pour aider queicun qu’on aime , soit ami , ou enfant. Se faire Jaigner, v. r. {Venam incìdendam prabere.] (Quand 1 es Bramines font malades, ils ne se font jamais saigner, mais ils jeûnent. Hiji. des Bramines , ch. 9, ) f S iIGNEUR , / ra. {ExtraclorsanguinU .] Ce mol signifie celui qui tire du sang ; mais il ne se ditguere tout seul. (Les Médecins de Paris sont de trop grands seigneurs, tour leur art ne con liste qu’à saigner, & qu’à purger) SAIGNEUX , eus, adj. {Sanguinoìentus , J’anguineus.] Qui est taché de seng , qui dégoûte le sang. (Ce mouchoir est encore tout faigveux.) On apelle aussi bout. Jaigneux , la partie du veau ou du mouton qui contient les vertèbres du cou. SAILLAN T , saillante , adj. {Prominens , emmens.] Terme d ' Architeïiure civile militaire. Qui avance en dehors. (Membre saillant. Angle saillant.) On dit en termes de Blason , licorne saillante , chèvre saillante , &c. au lieu de dire rampante, lorsque ces animaux élèvent les jambes de devant. {Saliens, repens.] f SAILLÍCOQUE) 011 Cbevreie , / f, {Squilla.] C’est une écrevisse de mer, propre pour exciter l’urine, pour atténuer la pierre des reins, pour ses Scrophules Sc pour Pasthme. SAILLIE, J. f {Projefíura , erninentia.] Terme à' Architecture. Avance. (Unegrande seillie. Une petite faillie. Avoir des faillies. Fait en faillie.) SAILLIE. {Zona. J Terme de Maçon , qui se dit en toisent & en parlant de cheminée. C’est une maniéré de petite ceinture ejui sert d’ornement à une cheminée. (Voilà une chenainee qui a deux saillies bien propres K bien faites. ) * SAILLIE. [ Eruptio , impetus, J Ce met sens une epitéte spítéî ’ Favorable se prend en mauvaise part, L signifie emportement , extravagance. Fougue & transport de colère. (Pour arrêter de pareilles faillies, on donna des gardes aux prédicateurs. Maucroix , Schisme d'Angle* terre , c, 2. p. n î- 11 n’est pas question ici de faillie , tout dépend de la conduite. Vaug. Quint. Curce, L 7 - th. 4.) SAILLIE. [Ingmìi ajlus , aciess Ce mot avec une épitete Favorable se dit de t’esprit , & signifie transports agréables, charmant Sijbiritue s, (Avoir de belles saillies. Avoir d’ingenieuíès saillies. 11 a d’admirables saillies.) SAILLIE, s’est dit par le P. le Bossu d’une pensée un peu trop marquée. (Une sentence elt pour ainsi dire en saillie, & sort du corps du discours.) $ SAILLIES. Parties de la machine qui sert à tirer les pierres d ardoise de la pierriére. * SAILLIR, v. n. [Emruere , ex ire.'] Ce verbe, pour dire j or tir , n’eítplus en usage. * SAILLIR, v. a. [Sulires Ce verbe pour dire sauter , est hors d'u sage. * SAILLIR. [Equant inire , asìlires Ce mot se dit quelquefois en parlant de I’étalon des cavales, & du mâle de certains animaux , & veut dire couvrir, ma.is en ce sens le mot de Jaillir est vieux , & le mot d’usage eH couvrir. (Faire saillir une cavale par l’étalon , dites plûtôt, faire couvrir une cavales f L’Academie admet jaillir en ce sens. SAILLIR. [ Sa.ire , erúmpere. ] Se dit des eaux qui jaillissent, (l/on volt saillir mille sources d’eau vive dans cette prairie. Mon sang a sailli à dix pas.) SAIN i J- 1». [Sa««s.] Celui qui le porte bien. Ce mot de Jain en ce sens ne se dit guére qu’au pluriel, (Les sains n’ont pas besoin de médecine. Fort.Roial, Nouveau Tejìament. Remede pour les sains & les malades.) SAIN , faine , adj. [Sanus , sonjìitutus, compostas. ] Qui elt en bonne santé. Guéri. Qui se porte bien. (Je suis ici arrivé plus fort & plus sain que jamais. Voiture , /. 42. 11 étendit la main, & elle devint toute faine. Port-Roial, Nouveau Tejiament. Etre sain de corps & d’esprit. Abianc. Lucien.') On dit en parlant de choses inanimées, qu’une chose est faine & entiers , pour dire qu’elle est en bon état, & qu’il n’y a point de défaut. ( Ainsi l’on dit qu’un bâtiment est íâin & entier , on le dit d’une muraille. Cet arbre est láín jusques dans le cœur. La Jans s’as'ujáttr aux dogmes de Broujfain, Tout ce qu’on boit ejl bon , tout ce qu’on mange eji J'ain. Despr.) * Esprit Jain. [Sana ments Ablancourt. C’est-à-dire. Bon Si judicieux. * Opinion saine. Voit. I. J4. [Sana opinios C'est-à- dire. Opinion vraie & raisonnable. ' Air j'ain. [ A'érsalubris. C’est-à-dire. Pur. Qui n’est point infecté. ' Lieu Jain. [Lotus salubris , sinus f C’est-à-dire. Lieu où Pair étant pur on se porte bien. SAIN, faine. [Tutus, apricus,] Terme de Mer. Ce mot se dit des côtes & des parages , & veut dire seur. Où il n’y a ni bancs ni brisans. (Parage sain & net. Côte laine & nette.) SAIN, s m. [Porcinus adepss Graille molle qui se tire particulièrement du porc. 11 se dit aussi en termes de chase de la graisse des bêtes mordantes , au lieu que celle des bêtes fauves s’apellc suif. SAIN-DOUX , s m. [Arvinas G’est de la graisse de porc batué & fondue propre à faire des bignets & de la friture. (Ce sain doux elt très-bon.) SAINEMENT , adv. [ Salubrité)-. ] D’une maniéré faine. (Pour vivre sainement, il faut éviter toute sorte d’excès.) * SAINEMENT , adv. [Sanès Judicieusement. (Juger sainement de toutes choses.) f Pour en parler J'ainamnt. [Ut verè dicams C’est- à-dire , sincèrement & raisonnablement. SAIN FOIN, J', nt. [Medicas Sorte d’herbe ou plante dont il y a de deux sortes, le sain foin cultivé, & le sain-foin sauvage ; le sain-soin cultivé a plusieursjpeti- tes tiges tendres & rondes qui se peuvent soûtenir, il porte des fleurs de couleur de pourpre , ou violette ; le sain foin sauvage a une fleur jaunâtre. (Le sain-foin est merveilleux pour engraisser le bétail. Faucher le sainfoin.) ÒAI 429 SAINT , sainte , adj. [Sanstus , integer vit a scele. tisque puruss Qui a de la sainteté. Ce mot de saint lé dit des personnes & des choses. (Un saint homme. Une sainte femme. La maison de Dieu est un saint lieu. Action sainte. Un nous ruine en Fîtes, L'une fait tort 4 l’autre , Monsieur le Çùré De quelque nouveau saint charge toujours son prône. La Font.) La saint Jean. [Fesum S. Joannits La saint Pierre, ìa saint Martin. Ces façons de parler font reçùës , Sc on ne parle point autrement pour la fête de saint Jean , de saint Pierre & de saint Martin. On sous entend le mot de fête dans ces façons de parler & dans toutes les autres qui leur ressemblent. ê SAINT-JEAN. Toile qui se fabrique dans le village de S. Jean en Beaujolois. f SAINTE LUCIE. On apelle soïe, ou Orgensin de sainte-Lucie, l’Orgenfin que les François tirent de Messine en Sicile. f SAINTE-LUCÏE. Bois odoriférant, propre à la tabletterie , & qui vient de Lorraine. SAINT. [E.pikpsa, comitialìs morbuss C’est un noirì qu’on donne à plusieurs maladies , pour la guérison desquelles on invoque quelque Saint particulier. L’épi- lepsie s’apelle mal de saint Jean. La gratelle, mal de sainte Reine. La folie , mal de saint Mathurin. SAINT, f m. [Beatus, fanblus, divuss Celui qui est canonise de P Eglise, & qui est dans le Ciel au nombre des bienheureux. Celui qui vit saintement. (Saint Pierre est un grand Saint. C’est un homme qui vit très- vertueusement. C’est un Saint.) Le Saint des Saints, s SanHus Sanclorum J C’est-à- dire , Dseu. Le Saint EJjprit. [Spiritus fanttus, paracletuss C’est la troisième personne de la Trinité, produite par le Pere & par le Fils. Le saint Siégé. [Romanasedexs Voïez Siégé. Le saint Pere. [Summus Pmtifexs Papas C’est-à dire, le Pape, au sens de l’Eglise Romaine. Vous demande2 de ma façon Le portrait du saint Pere, Pour chanter le grand Qttobon 11 jaudroit un Homère. Coulanges.) SAINT Crepin , J. m. [ S. Crisiinuss Nom de Saint que ies Cordonniers prennent pour leur patron. f ' SAINT Crepin. [Sutons insrumentas Terme de Cordonnier. Tous les outils d’un garçon cordonnier. (Mettez là votre Saint Crepin.) f S. Crépin. [Peculiuins Tout le vaillant de quelque pauvre personne. (Voilà tout son pauvre petit saint Crépin. On lui a volé tout son petit saint Crépin.) * C’ejì un saint qui ne guérit de rien. [Prorsùs eji ìnu - tiliís Proverbe qui se dit d’une personne qui n’a nul crédit, & qui ne peut rendre aucun bon osice. j - * ïl ne Ja.it à quel saint se veïter. [Incertus quo fata ferants Proverbe qui se dit d’une personne qui est en un si pauvre état qu’elle ne sait que faire , ni où donner de la tête. Pour le guérir on a emploie toutes les herbes de la Saint Jean. [Qmnes adbibitœfient machinas Pour dire qu’on n’y a rien oublié. Quand on voit deux personnes qui sont toûjours ensemble. On dit, c’est Saint Roch [s son chien. £ Le Saint du jour. On apelle ainsi dans le ftíle Familier , un homme qui est fort à la mode & en crédit depuis peu , & que tout le monde loué d’une commune voix. (Ce Courtisan a pris le dessus, c’est le Saint du jour.) SAINT-AUB1NET , s m. [Crates funaless Terme de Mer. Pont de corde que fuportentdes bouts de mâts posez en travers fur le plat-bord à Pavant des vaisseaux marchands. SAINTE-HARBE ,s. f. [Tormentorum caméras Terme de Mer. C’est le lieu où le maître canonier tient une partie de ses Mendies pour l’artillerie. SAINTEMENT , adv. [Sanclè, piè , religiofès D’une maniéré sainte. (Vivre saintement.) o/nm X o J. I. tj-]• toanemas, janttimanias Ce mot se dit des personnes, & de certaines autres choses aussi, & il se rend en Latin par celui de sanBitas. (Sa H h h j sain* 430 SAl sainteté a été couronnée. La sainteté de sa vie attire sur sa Famille les grâces du Ciel. La sainteté des lieux sacrez , des choses sacrées. La sainteté de la Religion.) SAINTETE''. [Saxcéitas.) Terme de PEglise Romaine. Titre que par excellence on donne au Pape en parlant à lui ou de lui. On l’apelle aussi Saint Pare. (Sa Sainteté vint embrasser le Roi François premier, & le baisa à la bouche ; ) ce qui arriva lorsque Léon dixième «'aboucha à Boulogne avec François premier. SA ï QUE , s. s. ISoiica , gaulus Gracus.) Terme de Mer. C’elt une forte de vaisseau Grec dont le corps est chargé de bois. SAISI, f. m. [Debitor.] Le débiteur fur lequel on a saisi héritage. SAISIE, /. /■ [Bonorum obsignatio.) Terme de Palais. C’eit un arrêt qu’on fait par ordre de justice sur les biens d une personne, (taire une faille. La saille n’étant pas dans les formes, est nulle.) ($ SAISIE. Ce terme est fort connu dans le Palan. Les créanciers qui veulent être paiez, y ont d abord recours , pour mettre le bien de leurs débiteurs à couvert» & pour pouvoir le faire vendre par l’autorité de la justice. II y a plusieurs sortes de saisies. On saisit les immeubles, les meubles , & les sommes qui peuvent être dûes à íbn débiteur. Lu prenuere saisie est íinoni- rne avec dt’cret, dont les formalitcz ont été prescrites parles Ordonnances de nos Rois. La seconde emporte la vente des choses failles après les dix jours écoulez depuis le commandement qui doit toujours la préoeder. Etla troisième n’étant qu’une précaution pour arrêter les sommes dûës à son débiteur, elle n’opere son eset qu’apiès avoir fait condamner le saisi à vuider ses mains en celles du saisissant; ce qui doit être prononcé con- tradictoirement avec le débiteur & les autres siuíislàns, s’il y en a. Les Coutumes ont introduit une quatrième éfpece de saisie , que l’on apelle féodale, parce qu’elle est faite à la requête du Seigneur féodal sur son vassal qui a négligé de lui rendre ses devoirs ordinaires , ou de lui paier ses redevances féodales , & dont l’cfet est diférent selon le sujet pour lequel elle a été faite. * SAISINE , f f [Pojjes/ionis aditus.’J Ce mot est purement de Palais. C’ell la possellìon actuelle d’un héritage , en laquelle le vendeur met l’acheteur. Elle fait ìe même éfet à l’egard des immeubles, que la tradition en matière de meubles. t§ SAISINE. La tradition a toujours été regardée comme l’acomplissement de l’aquilìtion d’une chose, ou donnée, ou aquise par un contrat de vente : mais cette tradition ne pouvant point être faite réellement d’un immeuble , on a introduit la tradition feinte, qui se fait en diférentes maniérés. Quelques Coutumes ont inventé une espèce de tradition , qu’elles ont nommée saisine , par le moien de laquelle on devient maître & propriétaire du fond aquisou donné : elles veulent donc que l’aquereur soit saisi & mis en possession par l’autorité de la Justice ou des Oficiers du lieu , ou enfin par celle du Seigneur féodal; & c’est ce qui a donné lieu de stipuler dans les contrats d’aliénacion cette clause : Avec tonte devejìiture gjf investiture nécessaire. Mais quelques Praticiens scrupuleux n’ont regardé cette clause que comme une simple permission de se mettre en possession, sans néanmoins transférer le domaine & la propriété de la chose ; & dans cette pensée, ils exigent un acte particulier, par lequel le vendeur ou le donateur le dépouille de la propriété, & la transféré au donataire ou à l’aquereur : ou pour me servir du langage ordinaire, ilse devejt, (V? en in- vejl l’aquereur ; & c’est ce qui est décidé par l’article 278- de la Coutume d’Orleans en ces termes : „ Det ,, saisine & saisine présent Notaire de Cour laye de la „ chose alienée , vendue & équipolent à tradition de ,, fait & possession prinsc , sans qu’il soit requis autre ,, appréhension. “ Loisel, liv. ç. tit. 4, art. 7. a ra porté ces mêmes termes dans ses Institutions Coûtumiéres : mais dans la Coutume de Paris , il est décidé, art. gj. que m prend saisine quint veut-, parce que, selon le même Loisel, appréhension défait equipole àsaisine. SAISIR , v. a. [ Bona obsgnare. ] Terme de Palais. Mettre les biens d’une personne dans la main de la justice , & y établir commissaire, ou les mettre en dépôt entre les mains de quelcun capable d’en rendre compte quand il sera nécessaire. ( Saisir les meubles d’une personne. Saisir réellement quelque terre.) SAI [f SAISIR. Le pied saisit le chef. C’est-à-dire, dans la Coutume de Cbâlons, art. 145. que celui qui a le sol, est maître de l’espace qui est au dessus, & peut y édifier autant qu'ii lui convient. Le mort saisit k vif. Régie presque generale dans les Coutumes, & que l’on veut quelquefois introduire dans les pais du droit écrit, mais fans fondement. Loisel propose cette régie plus étendue dans ses Institutions Coûtumiéres, liv. 6. tit. ;. art. 3. Le mort exécute le vif, es non le vif k mort. C’est-à-dire, que ,, tout droit d’exécution „ «'éteint avec la personne de l’obligé ou condamné. “ Cette régie peut avoir son aplication dans la Jurisprudence Romaine , où l’héritier d’un créancier peut agir, après avoir accepté l’hoirie , contre un débiteur du défunt; ainsi le mort exécute le vis. Mais il en est autre- ment dans le cas de mort du débiteur ; car le créancier vivant doit faire déclarer l’obligation exécutoire contre l’héritier de ce débiteur, fans pouvoir agir fur les biens du défunt. Quant à la régie , Le mort Jaist le vifson plus prochain héritier habile à lui succéder sans autre appréhension de fait , il faut observer qu’elle n’a lieu que dans le cas de la succession ab intejìat, où le plus proche & habile à succéder est censé héritier en vertu de la Loi qui lui déféré l’hérédité. Mais il en est autrement à Regard des Etrangers qui sont instituez héritiers. Nul n'ejl héritier qui ne veut. II faut une acceptation de l’hérédité, ou formelle , ou tacite ; ainsi c’est avec raison que Dupont, sur l’article 136. de la Coùtume de Blois, a dit que rien n’est plus oposé que la maxime de la Coùtume, & Resprit de la Loi Romaine. Cet Auteur a expliqué fort sçavamment la régie dont il s’a- git; ainsi que Chopin fur la Coùtume d’Anjou, & plusieurs autres. SAISIR, [Arripere, manu capere.] Terme de Maître d’Armes. C’est prendre. Empoigner. (Saisir l’épée de son ennemi. Saisir la garde de son ennemi.) * SAISIR. [ Corripere .] Prendre. (Le froid me saisit aux épaules , aux genoux , & aux piez. * Lafraieur les saisit d’abord , & fut cause de leur défaite.) Se saisir, v. r. [Manus in aliquem injieere .] Prendre. (Se saisir d’une personne.) Se saisir. [Occupare.] S’emparer. Se rendre maître. Ocuper. (Se saisir des montagnes. Ablanc. Arr. 1 . 1.) * Etre saisi de douleur. Etre saisi de crainte, de fraient. [Dolorc , metu corripts SAISIR. [Concipere.] Se dit d'un homme qui a la conception vive & forte. Cet homme a Resprit íi beau, qu’il saisit tout d’un coup les choses les plus abstraites. On dit. J’ai saisi la Cour de cette afaire. [Delataesl ad Senatum causa J On dit aussi , saisir Vattention du le sieur , pour dire exciter. (On a saisi Rattention du lecteur par ce changement de scene. Mercure de Trévoux.) * SAISISSANT , saisissante , adj. & f. [Occupant, ere- ditor.] Terme de Pratique.. Celui ou celle à la requête de qui on fait une saisie. (On a adjugé ces meubles au premier saisissant.) SAISISSEMENT de caur, s m. [Contract io, prttoccu- patio . J Mouvement qui prend tout à coup , & qui est d’ordinaire causé par la crainte. (II lui prit un saisissement de cœur qui Ra mis comme hors de lui. même. Son malheur n’esi-il pas écrit fur son visage , Vois-je pas au travers de son saisissement , Un caur dans les douleurs ? Rac. Bajazet, act. 4. se. 4. Je n’entens pas ici ce doux saisissement, Ces transports pleins de joie U de ravissement , Qui sont des bienheureux la juste récompense. Despr.) * SAISISSEMENT, s Funes conjtrifíorii. J Terme de l’executeur de Paris. Ce sont les cordes dont le bourreau lie les mains & les bras du patient. SAISISSEMENT w. [Arreptio, manucaptio.J Ter- me de Maître d'Armes, R consiste à prendre & à empoigner l’épée de son ennemi. (Saisissement sûr, ou assuré. Le saisiissement est bon après la parade & la risposte. Liancour, Maître d’Armes , ch. 16.) SAISON , f. f. [Tempesìas. J Nom qui est commun aux quatre parties de l’année & qui signifie le terni Ue trois mois. Ce sont le printems, l’été, Rautomne & l’híver. Ainsi on dit. ( L’hiver «st une fâcheuse saison SAL SAL 43í saison pour les vieillards. L’automne est la plus belle & ia plus charmante saison de farinée. N’êtes-vous saint en peine deJ'çavoìr, D’où vient que nuit U jour tine fait que pleuvoir, Que te vent qui fans cejje à ms oreilles gronde Dans la plus belle des taisons Fait le plus vilain tems du monde ? Du Trousses.) SAISON. [Tempejiivum ] Tems particulier & propre pour cultiver, ou faire quelque autre chose de cette nature. ;La saison de semer, ou de labourer est passée.) * SAISON. [Tempus.] Tems. (.Saison destinée à la joie. Voit. 1 . y. * C’est la foison d’aimer quand on est jeune. * 11 aime en sa jeune saison. Sca.) Exécuter un conseil hors de saison. Vaug. Quint. I. ç. c. 4. [ Intempestivè .) C’est à-dire , mal à propos & dans le tems qu’on ne le devoit pas executer. Voïez la colonne. Set. {Puisque vous répondez à mon amour extrême Vos scrupules Iris ne font plus de saison. Tout ce qu’on donne a la raison , On le dérobé à ce qu’on aime. La Sablière.) C$ SAISON, pour un tems indéterminé. Malherbe, Pf íi8. La gloire des mécbans , est pareille à cette herbe, este. On la voit feckefèj morte , aujjl-tot qu’elle eji née s Et vivre une journée, Est réputé pour elle une longue saison. Bertauta dit de même : L’ingénieux Dédale , en l’antique saisit, Afin de s’afrunchir , emptuma ses aisselles. Mais il ne faut pas les imiter. Les Boètes apellent la jeunesse, la verte saison, & fur tout les Italiens. Pétrarque commence ainíì un Sonnet: Tutta la mia fiorita t ver de etade. Et le Guarini, dans la première scène du Pastor fido : . A te àimque commest’a Fu la mia ver Je eta. Peut-on se servit du terme saison , pour afaires, conjonctures d’afaíre ; Mr. Corneille, Pompée ; Photin dit a Ptolomée : Et qui veut être juste, en de telles saisons, Balance le pouvoir , est non pas les raisons. C’est trop étendre le terme saison-, on ne dit peint, des faisons d’afaires. SALaCE , adj. [ Persalsus .] Qui a en foi beaucoup de sel. (II y a des viandes lalaces qui excitent à la luxure.) SALADE, f. st fAcetaria.} Ce font ordinairement de certaines herbes, comme chicorée , laitue, pour- pié & quelques autres qu’on assaisonne dans un saladier avec du vinaigre & de l’huile d’olive, & qu'on mange l’été pour se rafraîchir. (Une bonne salade. Apréter une salade. Préparer une salade. Eplucher la lalade. Assaisonner une salade. Pour bien faire une salade il fout être trois personnes , un sage > pour y métré du sel, un avare , pour y métré du vinaigre , & un prodigue, pour y métré de l’huile. Tantôt c’ejì un sommelier Qui veut boire bouteille avec ses camarades, Et tantôt un autre oficier Veut de l’huile pour Jes íàlades. Tours. Esop. t SALADE. [Galea planai} Ce mot lignifie l’habille- ment de tête d’un fantassin, une sorte de casque pour un fantassin ; mais en ce sens , le mot de salade est vieux & n’entre guere que dans le stile burlesque & comique. J’ai fait forger une salade A l’épreuve du fauconneau. Jodelet duelliste, a. 4. s, 7.) 4 On apelle par mépris , Régiment de salade , un nouveau Régiment, qui n’a point encore servi, t ' SALADE. [Caput.J Ce mot est vieux & burles. que pour dire la tête. {Que la tigne avec la pelade , Se jete dejj'us ma salade Si fy songe tant seulement. S. Amant.) On apelle une corde de pendu , me salade dt Gascon. SALADIER , s. m. [VassalifíariumJ Ce mot généralement pris lignifie toute sorte de v.iíe d.ms quoi on met de la salade. II y a un saladier à manger de la salade , & un saladier à jour pour secouer dc ia ial.tde, qu’on apelle l’un & 1 ’,autre saladier simplement. Le saladier a manger de la salade , c’eit une sorte de plat de terre, de faïance, ou de porcelaine qu’on vend chez les potiers, ou financiers , dans lequel on acornmode de la salade avec de l’huile , du sel & du vinaigre Le saladier a jour. {Crates vìmmeus.} Est un ouvrage de vannier qui est une sorte de petit panier qui est à jour & qui est haut d’un pie avec une anse & un per.it couvercle. (Un beau saladier. Un saladier bien-fait.) SALAGE, f m. [fiaarium.J Ce mot lignifie faction de saler , & la quantité de lel qu’on y emploie. (II faut tant de sel pour le salage d’un cochon. Le salage coûte tant.) SALAIRE,/ >«• [ Pretium , merces.} Récompense de service , ou de bon ofiee rendu. {Pour les traiter comme il faut, Quel honneur est astez haut , Et quel salaire ajj'ez riche. Mait. Poës. Le salaire que vous faites perdre aux ouvriers qui ont fait la récolté, crie au Ciel. Port Rotai, Nouveau Testament, Epître de S. Jaques , c. 4. v. Dissimulez la fin d’un dejjcin temeruire, Ou bien allez a Troie en chercher le salaire. Epi. d’Ov. (§ Mr. Corneille a dit dans son Horace U vous souvient qu à peine on voioit de sa saur Par un heureux hymen mon firere pojjejjiur. Quand pour comble de joie , il obtint de monpert Qse de jes chastes feux je Jcrois le salaire. L t salaire est proprement ce que l’on paie aux domestiqués , & à ceux que l’on prend pour nous servir» fur le pié de tant par jour, par mois, ou par année ; ainsi ce mot n’eít pas bien placé; récompense est plus noble, & auroit été plus juste , s’iì avoir pú rimer avec pere. 11 est plus tolerabìe dans cette épigramme du Chevalier d’Accilly : Vous craignez de paier mes services passez Lorsque je vous en parle , Iris , vous blêmissez. Et vous avez pourtant dequot me satisfaire. A quoi bon de vous éfraïer ? En cas d’un amoureux jàlaire s C’est un plaisir que de paier. SALAIRE. C Psena.} Se dit aussi du châtiment que mérité une mauvaise action. (11 a eu le salaire de ses Raison , / / L Ivslatio. 3 Saison où l’on a coutume de saler. (On débita beaucoup de sel, au tems de la salaison des harengs, & des cochons.) ± SALAISON, se dit aussi des viandes salées, du poisson salé. (J’ai achetté beaucoup de salaison pour c« vaisseau. Les salaisons donnent le scorbut.) SALAMANDRE , s f Votez Salmandre. f SALAMPOURIS. Toiles des Indes qui vieiv nent de la côte de Commande! SALANT, salante , adj. {Salaì-ius.j Ou il y a de Veau salée & qui sert à faire du sel. (Un marais salant. Le Roi a la moitié des revenus des marais fàlans.) SALARIER, ®- a - [Reddere unicuique jecimdùm opéra ejus.} Paier le salaire. Mot vieux qui ne se dit Pll SALE ,/ f- LAula, atrium.} Grande chambre parée où l’on reçoit ordinairement le monde qui rend visite, ou qui vient nous parler pour afaires. (Faire entrer dans la sale.) L’Académie met deux il. M SALE. Ce mot signifie présentement une grande chambre bien parée, mais fans lit, dans laquelle on reqoit les visites des personnes considérables, & de laquelle enfin on passe dans les chambres où les maîtres du logis se tiennent ordinairement. Vitruve , liv. 6 . ch. i;. en a fait mention ; &, selon Philander, on a apelle Sales, ces grandes chambres, à faltando, parce que c’est là que l’on donne les bals , que l’on régalé un grand nombre d’amis , à qui on donne le bal à la fin du repas. D’autres dérivent Sale de saiututio, parce que c’est là que le maître du logis reqoit les compllmens qu’on lui doit faire , & les visites sérieuses qu’on lui rend. Mais Mr. du Cange a remarqué dans fa dìx- septiéme Dissertation, que ce n’est ìà ni la véritable 432 SAL étimologje , ni l’ancienne lignification ; car au tems de Saint Louis, & beaucoup auparavant, le mot de Sale iìgnifioit un palais, une grande maison, comme en cet endroit de l’Hiitoire du Sire de Joinville : Ce fo rais éton celui qui avoit en garde gf gouvernement les -pavillons du Souìdán , (cf qui avoit la charge de né- toier chascun jour ses sales & maisons. LesAiemansse font servis du mot Sala dans le métne sens , & pour signifier la maison d’un Seigneur. Cette diférence paroit encore dans les Loix des Lombards, liv. i. tit. n. d’où Mr. Du Cange conclut que sala est proprement le château ou la maison du Seigneur du village. Ainsi, au raport d'Aventin, dans ses Annales de Bavière, les grands Seigneurs ont été apellez Salici , par raport aux Lux châteaux & aux grandes maisons qu’ils poísedoient ; ce qui a donné lieu de croire que la Loi Salique n’a été ainsi nommée qu’à cause qu’elle contient des Régle- mens concernant les grands Seigneurs & leurs Terres. SALE. [Aula xenodochii.’] Ce mot se dit en termes d’ Hôtel-Dieu , d’Hôpital. C’est un endroit de ì'hôpital, ou de l’hôtel-Dieu , où font dressez plusieurs petits lits de rang pour les malades. (II est à la Sale Saint Louis. 11 est mort à la Sale Sainte Barbe.) SALE des Antiques. [ Aula antiquorum operum.J On spelle de ce nom , un endroit au bout des galeries dú Louvre de Paris où l’on volt les bains Sc le cabinet dé la Reine, quelques tableaux, plusieurs figures de marbre , qu’on nomme des Antiques , & la statué d'Henri IV. qui est fort bien faite, & qui est ce qu’il y a de plus curieux dans cet apartement. ( La sale des Antiques est à voir lorsqu’on va se promener aux galeries du Louvre qui font quelque chose d’assez beau.) SALE a manger. [Canaculum, triclinium .J L’endroit de la maison où l’on dine & où l’on soupe. (Une sale à manger fort commode.) SALE du commun. [Aula communis ad contejlionent .j C’est la sale où mangent les domestiques. (La sale du commun est belle.) SALE. [ Lanijla ludus. ) Terme de Maître d’Armes. C’est i’endroit de la maison où le Maître d’armes mon» tre à ses écoliers. (Donner la leçon à fes écoliers dans la sale.) SALE. [Muséum.2 Terme de Colége. C’est un endroit du colége où tous les Samedis se doivent trouver à uné certaine heure les petits écoliers & où l’on punit & réprimandé ceux qui ont fait quelque faute, ou qui ont manqué à leur devoir. (On va en sale tous les Sarùedis. Etre soueté en sale.) * II a eu tasale. [Loris tgregii fuit exceptusè] C’est-à- dire , on l’a foùeté en sale. * On lui adonné la Jdle un peu fortement. C’est-à-dire, il a été bien foùeté. SALE , adj. [Immundus , spurcus , sordidus.J Gâté. Souillé. (Avoir les mains sales. Ablaneourt. Elle ejl toujours tremblante [f pale , Ne parle que de linge sale. Voit. Poês.) * 8 ALE , adj. [ Obscœnus , impur us.2 Vilain. Malhon. nêtc. (Que trouvez vous là de sale? Molière, Critique des femmes. Un galand homme ne dit jamais dé paroles sales. Mais le plus, beau projet de notre Académie C’ejí le retranchement de ces fil ab es sales Qui dans les plus beaux mots produisent des scandales. Mol.) ^ * Aétìon sale. C’est celle qui blesse la pudeur & la modestie. f * SALE intérêt. C’est un intérêt sordide. (II est homme à tout faire pour un sale intérêt.) ìf; * Son cas ejl jale. On le dit Pròv. d’un homme qui a commis quelque crime , qui a part à quelque mauvaise action & qui peut craindre d’en être puni. SALE, adj. [Marescopulofum, JalebroJumJ Terme de Mer. On dit, {Une côtej'a : e de bancs » Une côte sale de batures. C’est-à-dire, une côte dangereuse & pleine tì’écueils, de bancs de fable & de brisans.) ê On dit d’un Vaisseau , qu’/7 es Jale, lórsqù’il est chargé par dehors de coquillages, de mousses, d’herbes, qui s’attachentaU fonds extérieur du vaisseau. (II faut netcoïer ce vaisseau , il est trop sale pour entreprendre un voïage.) SALE", / m. [Salarium.2 Provision de sel. (On lui donne tous les ans son salé.) SAL Franc-salê, s. m. [Salariant ìmmune. ] Provision de sel gratuite. (Prétendre au Franc-salè. Délivrer le franç- sale aux Officiers des cours de Parlement. Voïez Le bail. des gabelles.) SALE ' , [Caro fuie condita.2 Chair salée. Chair de cochon salée qui a pris lc sel durant quelque tem$» {Lejalé ne vaut rien à ceux qui ont la gra velle.) $ On apelle petit salé, la chair d’un jeune cochon nouvellement salée. SALE’, salée, adj. [Sale çondìtus, sale p erfusas.2 Qui est acommodé avec du sel. (Brochet salé, Chair salée.) t * SALE" , salée. [Cariori pretio venditm.2 Mot bas & burlesque qui ne se dit ordinairement que par le peu- pie , d’une chose qui est trop chere. (Cela est un peu salé pour moi. Sa marchandise est trop salée.) í * SALE', j'ulée , adj. Qui a du sel, ingénieux, pi- quant. (Cette raillerie est salée, cette épigramme est fort salée. Cet vers sont trop salez.) SALEMENT . adv. [Sordide , feedè . spurtè .] Mal proprement. D’une maniéré sale & mal propre. (On est ici un peu salement.) SALER , v. a. [Escaut sale condire ,J Métré un peu de sel dans quelque chose qu’on assaisonne. Acomnro- der & assaisonner avec du sel. Métré sur quelque chair autant de sel qu’il en faut pour la conserver. (Saler le Jîot. Saler une fausse. Saler du h eus. Saler un cochon. Saler du brochet.) . * SALER. [Cariori pretio dioendere.2 Faire trop paier d’une chose. Vendre trop cher. Traiter trop chere- hient. (II sale comme il faut.) , í SALER AN ,/ m. Terme de Papeterie. Maître Ouvrier, ou Inspecteur, qui a soin de faire donner an papier tous fes aprêts. j SALERON, s. m. [Salini pars superior .] Terme d ‘Orfèvre, C’est la partie superieure de la salière, qui est celle où l’on met le sel. SALETE", s. f. [Spurcitia, fardes .3 Ordure. Chose h) a l propre. (Elle n’aime point la saleté. C’est une horrible saleté. C’est un vilain qui croupit dans la saleté.) * SALETE". [Obscanitas , obscana .] Mot vilain & malhonnête. (On ne dit jamais de saleté en présence d’une Dame quand on sait un peu son monde. Lessaletezy treveùt les yeux. Molière. s abhorre un faux plaisant à grossière équivoque, Qui pour me divertir n’a que la saleté. DesprQ t SALETTE» s. f. [Miftor aula.2 Diminutif d# mot. Sale. U signifie une petite sale. f SALEUR ,nu Celui qui laie. (Un saleur de morue, hn saleur de haran.) SALEURE. Volez Salure. ê SALICAIRE, s. f. [Salicaria.2 Plante qui est de- teriive, astringente, vulnéraire, rafraichissante & propre pour les inflammations. * SAL1CORE, ou SALICOTE. C’est ct qu’on apelle communément sel de soude. SALÍCOT,/ m. [Asace 11 us.2 Espèce de petite E- crevice de mer, qu’on apelle aussi Crevette Sc Grenade. ^ SALICOT. [Salicomia.2 Plante dont la décoction est fort apericive, elle excite surine & les mois aux femmes, elle hâte farouchement. On la brûle pour faire de la soude. ^ SALIENS, / m. Prêtres de Cybéle. L’étimoîo. gie du mot est contestée, les uns dérivent Salii aJais tando; les autres d’un Salius d’Arcadie, qu’Enée amena en Italie ; les autres enfin de l’Hébreu. Álais la première est la véritable. Plusieurs Auteurs ont fait mention des Prêtres Saliens, & particulièrement Denis d’Hali- carnasse , & tous ensemble disent que leur fonction étoit de danser armez autour des autels dédiez aux Dieux de la guerre lorsqu’on célébroit leur fête, de même que les Curetés danfoient aux fêtes de Jupiter que l’on célébroit dans l’Isle de Crète. On est fort embarrassé à trouver fauteur de rétablissement des Saliens : mais la plùpart reconnoissent Nuina Pompilius pour leur premier instituteur. Us servoient au culte du Dieu Mars & d’Hercule : mais dans la fuite, ils ne furent ocupez qu’au service du Dieu Mars > que l’on apelloit Gradivus -, soit parce qu’on le voit dans plusieurs médailles en action d’un homme qui marche audacieusemení , armé d’une longue p>- que j •SAL íjue ; cê que les Grecs apelloíent y.^odttmiv , (oit parce qu’il portoit une couronne d’herbe, qui étoit la plus honorable des guerriers ; quia mono. grami- ma in re militari maxima es honorationis . Voïez les Inscriptions de Reinesius, clas'. i. n. 270. Aureste, il y avoit des Prêtres Saliens fous diférens surnoms. Les uns étoient aoellez Palatini , parce qu’au raport de Denis d’Halicarnaífe , ils exerçoient leurs fonctions fur le Mont-Palatin, & dont on voie la preuve fur cet ancien marbre raporté par Gruter, dans l’ancienne Edition. Les antres étoient apellez Collini , párce qu’ils furent établis fur le Morit-Quirinal par Tullus Hostilius, dans un te m s où la peste faifoit de grands ravages dans Rome. On les apelloit aulîì Qui- rínales du JVlont-Quirinal, & Agonenjes ou Agonales. Le même Gruter, p. ;iz. n. 1. raporte un ancien marbre, où il est fait mention d’un Salien Albanm , peut-être parce que le temple auquel le Salien fer- voit en qualité de Prêtre, étoit élevé fur le Mont- Alban. Dans un autre marbre , le Prêtre Salien est nommé tìadrianalis ; mais Proscription est si efacée, que l’on ne fçait pas bien ce que signifie Hadriana- lit. Enfin, dans une autre inscription, on voit un Salien surnommé Herculanus Auguflali. Les Prêtres Saliens étoient gouvernez par un Prasul, qui régloit les danses & les mouvemens qui dévoient être observez ; on l’apelioit encore Priesultor ou Proja/tor. 11 y avoit ensuite un Maître apellé Votes ; parce qu’il commençoit à chanter, & les autres lui répondoient, 011 fuivoient le couplet qu’il avoit commencé. Le troisième étoit nommé Magister, parce qu’il étoit le Maître des autres ; il avoit le pouvoir d’admetre, & de dégrader les Prêtres Saliens ; & comme il favoit parfaitement tous les vers Saliens que l’on chantoit, il fervoit de fousteur à ceux à qui la mémoire manquoit, & reprenoit le chant où le Prêtre l’avoit laissé. On ne recevoit parmi les Saliens que de jeunes gens de famille Patricienne ; aussi Juvénal s’élevé fort contre les femmes adultérés, parce que (dit-il) elles mettent au monde des enfans d’un sang vil & abjet, qui peuvent parvenir à être Saliens fous le nom d’un pere qui tient un des premiers rangs dans la République : Atque inde petitos Fontisices Salins, scaurorum nomine sais» Corpore laturos. Sat. 6. I.es prétendans à ce Sacerdoce, dévoient avoir actuellement leur pere & leur mere, & être âgez de huit ans. Leur habillement étoit composé d’une tunique de diférentes couleurs, que l’on apelloit tnga picla , & qu’ils ceignoient avec une ceinture de fer. Leur tête étoit couverte d’une efpéce de casque, dont la forme étoit haute & en pointe. Ils portoient le bouclier Sacré apellé Ancile , & que l’on croioit être tombé du Ciel. SALIERE , f f. [ Salìmim .] C’est un petit ouvrage d’orfévre, de potier d’étain , ou de financier, dans quoi on sert du sel fur table , lorsqu’on est prêt à dîner, ou à souper, ou à faire quelque autre repas auquel il faut du sel. ( Une belle saliere d’ar- gent. Une jolie salière d’étain sonnant. Une salière de faiance fort bien faite, ) SALIE'RE. [Coucha salis.~\ C’est une sorte de petit t aisseau de bois où l’on met du sel, qu’on vend chez les boisseliers de Paris environ 5. ou 6 . fous ; qui n’a qu’une ouverture pour métré la main & qu’on pend au jambage de la cheminée pour faire fecher. ' SALIE'RE. [ Rimula, cavum. ] Terme qui fe dit en parlant des Chevaux. C’est un creux au dessus des sourcils du cheval. (La salière doit être relevée. ) La même chose fe dit des hommes & des femmes Une femme n’a jamais la gorge belle tant qu’elle y a des salières. On dit ouvrir les yeux grands comme des salières. [Dijientis ccu/ii injpicere. ] Quand on regarde aten- tivement quelque chose. $ L’Académie dit que ce Proverbe est très-bas. ' SALIGAUT , aude, adj. [ Sordidm, squalidus, ] Terme b ® c est ainsi comme parlent & écrivent ceux qut ont traité du jardinage. Prononcez salsiss. II y a de deux fortes de salsifix cultivé, le salsifix com- Jp 1 E une sorte de racine qui fleurit violet, & le salsifix d Espagne qui fleurit jaune. La racine de íaliihx, ioit commun ou d’Espagnc se cuit & se man- ? r a , v .^ c “ beur (e, du sel & du vinaigre. Volez Le Jardinier François, p. ifio. t S ALTINBAN QUE, f. m. £ Peíauriflaritu, eir- SAL culator. 3 Mot qui vient de l’Italien, qui ne peut être emploié que dans le burlesque, ou dans le satirique, & qui signifie bateleur. ( II n’est saltinbanque en la place Oui mieux ses afaires ne faste. Sar. Poës. ) SALUADE, f /• ÍSalutatio. 3 Action de saluer. Action civile qui marque par quelques signes extérieurs le respect qu’on a pour t une personne. ( R m’a fait une grande saluade. ) H On ne le dit que dans la conversation & avec une épithete. SALVAGE , ou Sauvetage , /. m. [ Jus recupe. rationk. 3 Terme de Coutume. C’est un droit qui apartient à ceux qui ont aidé à sauver les marchait- dises , & autres choses d’un naufrage. SALVATELLE , f [Salvatella. 3 Terme à’Anatomie. Nom qui a été donne à un rameau íà- meux de la veine cephalique, qui s’étendsur la partie exterieure du métacarpe, entre le doigt annulaire & le petit doigt. SALVATIONS, f f [Contradiclorum distolu- tio. 3 Terme de Palais. Ecritures qui se font pour apurer les contredits. ( Salvations bien faites. Donner des salvations au Procès. ) t SALUBRE , adj. [Saluber.] Terme àcMeic. cìn. Qui contribué à la santé. (Les eaux minérales font salubres, elles guérissent plusieurs maladies. SALVE s f f \Tormentarìafalutatìo.~\ Décharge de mousqueterie, de boites, d’armes à feu, & de pieces d’artillerie qu’on tire en signe de réjouissance pour le sacre, le couronnement, les entrées des Rois, des Reines, pour les redditions de place, ou victoires, ou pour honorer une personne d’une fort grande qualité. II y en a qui croient qu’on commence les salves par les plus grosses pièces & qu’on les finit par les plus petites. (Une belle salve. Une agréable salve. Faire une salve de tout le canon, & de toute la mousqueterie. Faire une salve de tout le canon. ) SALVE. [ Tormentorum explosio. 3 Décharges qui se font tout à la fois dans un combat, ou dans un exercice. On tire le canon en salve , quand toutes les pieces tirent en même-tems. SALVE. [ Vas fubrotundum. 3 Espece de soucoupe en ovale. ( On présenté au Roi des mouchoirs fur une salve de vermeil doré. ) SALVE', s. m. [ Salve regìna. 3 Priere à la Vierge qu’on chante dans l’Eglise & hors de l’Eglise. ( Chanter le salvé. Demander un salvé. Dire un salvé. ) SALUER, v- a. [ Salutare. 3 Souhaiter toute sorte de bonheur & de félicité. (L’Ange étant entré où la Vierge étoit, lui dit, je vous salué, 6 pleine de grâce. Port-Roial, Nouveau Testament, Evangilefe- lon S. Luc. ) SALUER. [Tormentorumstrepitu gratularist Ce mot se dit en parlant de vaisseaux de mer. C’est honorer du salut quelque vaisseau. ( Saluer un vaisseau de quelques volées de canon. ) SALUER. [Salutem impertire. 3 Marquer son respect par quelque action civile. Faire la reverence à quelcun & lui faire compliment. Oter son chapeau lors qu’on rencontre une personne pour lui marquer qu’on l’honore. ( Saluer de la pique. Ils vont saluer Monsieur le premier Président. A Paris on ne salué dans les rués que ceux que l’on connoit particulièrement ; mais dans les petites villes de province, on salué presque tout le monde. Marie salua Elisabet. Port-Roial. ) SALURE , f f. [ Sulfura, salsugo. 3 Qualité qui rend une chose salée,, & qui imprime quelque goût de sel à un sujet qui en est susceptible. ( Les fleuves & les rivières prennent la salure de la mer en entrant dans l’Ocean. Patru, plaidoié 4 . La salure de la mer fait mourir les bêtes venimeuses. La salure de la mer ronge les pierres. Vitruve. La salure de la mer n’est que le sel de la terre que les eaux ont dissout. Bernier , Philosophie. ) SALUT , s m, [Salut, ìncolumìtd>.2 Conservation. ( Son salut consistait à prévenir son ennemi. Si votre salut vous est cher , éloignez-vous de l’inhumaine, Voiture,. SAL Voiture, Poésies. Mettre son salut entre les mains d’une personne. Vaug. Quint. ) SALUT. C Vita aterna, jalus. ] Félicité éternelle. (Travailler à son salut. La plupart des hommes ne songent point à leur salut, je vous parlerai des douceurs de la vie qu’ils permettent pour rendre le salut aisé. Pascal. I. 8. Laissez là, croiez-moi, gronder les indévots , Et Jur vôtre salut demeurez en repos. Despr. ) SALUT, s Salutatio sacra vejjiertina. ] Prières solennelles qu’on fait fur le soir dans les paroisses & dans les couvents, où le monde assiste. ( Sonner le salut. On dit le salut tous les Dimanches & toutes les bonnes fêtes,& souvent tous les Jeudis. Aller au salut.) SALUT. [Salutatio. J Ce mot en parlant d’exer- cice de la pique, est usité, & on dit. ( Faire le salut de la pique. C’est saluer de la pique. ) SALUT, s. Ancienne monoïe d’or batuë fous Charles VI. & qui valoit vingt-cinq fous tournois, ain- li nommée, parce que d’un côté il y avoir l’écu avec trois fleurs-de-lys entre P Ange & la Vierge, & de l’autre une croix pleine entre deux lys. SALUT. [ Salutationes, congratulationes. ] Ce mot se dit en parlant de vaisseaux de Mer. C’est un honneur qui se doit rendre sur mer, non seulement entre deux vaisseaux d’une même nation , mais aussi entre ceux d’une nation diférente. Cet honneur consiste à amener le pavillon, à faire les premières & les plus nombreuses décharges d’artillerie pour la salve, ou à venir mouiller fous le pavillon du plus puissant, &c. ( Recevoir le salut d’un vaisseau. Les vaisseaux du Roi fe doivent le salut. Rendre le salut. ) L’Ordonnance Maritime de 16S9. l'tv. 5. tït. 1. explique les diférentes manières dont on s’aquite des saluts maritimes. Les Vaisseaux de fa Majesté portant pavillon d’Amiral, ou de Vice-Amiral , ou Con- tre-Amiral, comètes & fiâmes , salueront les premiers les Places maritimes & principales forteresses des Rois ; & le salut sera rendu coup pour coup à l’A mirai, ou au Vice-Amiral ; & aux autres, par un moindre nombre de coups, suivant la marque de commandement. Les Places de Corfou & de Zante & Cepha- lonie apartenantes à la République de Venise, celles de Nice & de Ville-franche appartenantes au Duc de Savoie, seront saluées les premières par le Vice-Amiral, qui se fera rendre le salut coup pour coup. Les autres Places principales & forteresses des autres Princes & Républiques salueront les premières l’Amiral , & Vice-Amiral ; & le salut fera rendu, sqavoir par l’Amiral, d’un moindre nombre de coups , & par le Vice-Amiral coup pour coup. Les autres pavillons inférieurs salueront les premiers. II est défendu aux Commandans & Capitaines des Vaisseaux du Roi, & aux autres Bâtimens armez en guerre , de saluer aucune Place maritime & forteresse étrangère, qu’ils ne soient assurez que le salut leur fera rendu conformément à ce qui est prescrit ci dessus. Lorsque les Vaisseaux du Roi portans pavillon rencontreront ceux des autres Rois portans des pavillons égaux aux leurs , ils se feront saluer les premiers par les autres , en quelque mer que fe fasse la rencontre ; comme aussi dans les rencontres de Vaisseau à Vaisseau , ceux de Sa Majesté se feront saluer les premiers par les autres, & les y contraindront par la force, s’ils en font dificulté. ) SALUTAIRE, adj. [ Salutark. ] Utile. Nécessaire pour les intérêts d’une personne. ( Avis fort salutaire. Donner un conseil salutaire à quelcun. Ablancourt. C’est une chose très-salutaire pour la santé. Cela lui sera fort salutaire. ) SALUTAIREMENT , adv. [ Salutariter. j D’une maniéré salutaire. Utilement. ( Travailler salutairement pour le prochain. ) SALUTATION , / /. [ Salutatio. ] Reverences , civilitez. ( C’est un homme caressant, qui fait de grandes salutations & de grandes civilitez à ceux dont il a besoin. ) SALUTATION angélique, f. f. [Angelicasalutatio.'} C’est le salut de l’Ange Gabriel à la Vierge lors qu’il lui dit, jevous salué, ô pleine de grâce. Voïez l’Evang. de Saint Luc. Gromwel défendit «Renseigner dans l’Eglise Anglicane la Salutation Angélique, le Symbole des Apôtres- Maucroix Schisme d’Angleterre. SAN 435 SAMARITAINS,/ m. [Samaritani.J Secte se- paree des Juifs sons Roboam, & qui adoraient fur le Alont Garizin. (Les Juifs n’ont point de commerce avec des Samaritains. Port-Roial. ) f SAMBARAMB , f m. Eípéce de Santal qui est allez rare. f SAMBOUC , f m. Bois de senteur qu’on porte en Guinée, pour en faire présent aux Rois du pais. SAMBUQUE, / f. [Sambucusd] Ancien instrument de mulique fait de sureau ; c’étoit aussi une machine de guerre dont se servit Marceilus pour assiéger la ville de Siracuse. f Mr. cse Folard donne dans le Tom. III. de son Polybe, la figure d’une Sambuque qu’il proposa pour l’efcalade du Fort de la Kenoque en 171a. dont on peut voir la description. SAMEDI, f. m. f Dies Sabbati. ] C’est le dernier jour de la semaine , qu’on apelloit anciennement le jour du repos, ou du sabat. ( Etre né le samedi. Lettre datée du samedi. ) SAMEQUIN, f m. [ Samequinum navigium. ] Vaisseau Turc dont on se sert pour aller terre à terre. SAMIENNE, adj. f. [ Samia. J Epitéte qu’on donne à une terre qui vient de Samos. S AMIS , ou samilk ,s. m. [Pannus samilk.] Eto- fe fort riche qui vient de Venise, qui est traînée de lames d’or & d’argent. í§ Borel dit Jàmit, & que c’est une forte d’étose, ou peau. II cite quelques endroits de Ferceval : Robe d’ermine U de fa mi t. Ailleurs : Lors fit mettre devant un lit , Une grand coute de famit. SAMOSATENIENS, f. m. [ Samozateni.] Hérétiques du troisième siecle, ainsi apellez de Paul de Samofate leur chef, qui nioit la divinité de JESUS- CHRIST, St qui furent condannez dans deux célébrés Conciles d’Antioche. P. Pouget , Catech. de Montp. SAMUEL , f. m. [ Samuel. J Nom d’homme, qui ne se donne guere qu’aux enfans de Messieurs áe la Religion. ( Samuel est honnête, oficieux & savant. Samuel étoit un grand Prophète. ) ch SANAS. Toiles de Coton blanches on bleues, qui viennent des Indes Orientales. SANCTIFIER , Uc. Voïez fantifier, &c. SANCTION,// [Sancíio.] Constitution dressée sur les Canons du Concile de Baie pour la discipline de l’Eglise en 1458- Voïez Pragmatique. SANCTUAIRE. Voïez Santuaire. $ SANDAL,/ m. Bois des Indes, dont on se sert pour faire une couleur, une teinture rougeâtre. (Bois de sondai, couleur de sondai.) Voïez Santal. C’est aussi un bois Mcdecinal. SANDALE , / / [ Sandalium solea. ] Mot qui vient du Grec, «L qui f veut dire une forte d e patin, ou de chaussure. Le mot de sandale est un mot de Capucins & de quelques autres Religieux. C’est une efpece de soulier plat & courbé par dessus, avec des courcries , servant de chaussures aux Capucins, & à quelques autres Religieux. ( Sandales toutes neuves. Vieilles sandales. Mettre ses sandales. Quiter ses sandales. ) SANDALE, / / C Sandalìolum. ] Terme de Maîtres d’Armes. C’est un soulié qui n’a qu’une demi empeigne, & qui n’a point de talon ; que l’on se met ordinairement au pié droit. (Quand on veut faire des armes, on se met la sandale au pié, & le chausson en l’autre. SANDALIER, / m. [Sandalarius opifex.] Terme de Capucin & de quelques autres Religieux. C’est celui qui fait des sandales. (Commander des sandales au Sandalier. t SANDALINE, / / Petite étofe qui sc fabrique à Venise , & qu’on envoie aux Indes Occidentales. Tom. III, Iii % í SAN- f 43 6 SAN f SANDARAC , s- Espece d’Orpiment SANDARAQUE, / M- s Saàr-aà. J C est une sorte de gomme, ou de vernis de maître a ecri- re qui sert à froter le papier pour empêcher 1 ancre de’ s’étendre, & pour écrire nettement. ( Froter le papier avec du sandaraque. ch SANDARAQUE. Minerai qui se trouve dans les mines d’or & d’argent. Le Sandaraque naturel est proprement l’arsenic rouge ; le factice n’est autre chose que la Ceruse poussée au feu. L’un & l’autre sont un très-dangereux poison. 0' SANDARAX. C’est la gomme du genevrier, dont l’on fait un vernis qui sert à donner du lustre aux tableaux. Félibien. í SANDASTROS- Pierre précieuse, qu’on estime cordiale. SANDERA , s- m. [ Scindera. ] Racine rougeâtre du Perou, dont les Indiens se servent pour mettre dans le Chocolate. SANDIX,/«î. [Sandyx.J Ceruse calcinée au feu jusqu’à ce qu’elle soit devenue tout-à-faitïrouge, & qu’on apelle autrement, mine de plomb. SANG, f m. [Sanguit.] Ce mot n’a point de pluriel, & dans le propre il veut dire l’humeur qui se fait des alimens pour la nourriture du corps. ( Le sang se fait dans le cœur, & passe des artères dans les veines. Arrêter le sang, Ablanc. Le sang qu’on lui a tiré étoit fort corrompu. Rafraîchir la masse du sang. II perdoit beaucoup de sang. Ablanc. Déja le laboureur volt la terre rougie Des épis engraissez du sang de la Pbrigie. Ep. d’Ovide. ) On donne au sang diverses épithetes. Comme sang veineux, artériel, hemorroïdaì, menstrual. Le sang chaud rend les hommes bilieux, petillans, coleres , ambitieux & prompts. Le sang froid les rend doux, sages, tranquilles. £ Se battre au premier sang. C’est se battre jusqu’à ce qu’il y ait quelqu’un des deux combattans de blessé. f * Suer sangfst eau. C’est faire de grands efforts, se donner beaucoup de peine, souffrir beaucoup. (II a sué sang & eau sans pouvoir réussir. Ce Prédicateur me fait suer sang & eau, tant il est embarrassé. ) * SANG. \J3enw, samìliaF\ Ce mot au figuré a une assez grande étendue. (Exemples. Si vous dites vrai, nous la renonçons pour notre sang. Molière. C’est-à-dire, nous la renonçons pour notre enfant. ) Etre du sang roial. Vaug. Quint. liv. 4. f Contin- gere regiam propinquitate. ] C’est-à-dire, de la famille roiale. * Jeune Dauphin, de tant de Héros. [Con fan - guìnem. ] Benserade , Poésies. C’est-à-dire, qui décen- dez de tant de Héros, ( Une Dame d’un sang illustre, Dont le frere étoit grand joueur , Lui remontrant avec douceur Que d’un sang st fameux il ternijsoit le lustre , Le frere Lu de son babil, Je jo'ùrai, lui répondit il, Tant qu'à vôtre mari vous ferez infidelle , Si je change d’avis, je veux être danné. Ah ! mon frere , s’écria t’elle , Vous êtes un homme ruiné. Bours. Lett. ) * Abandonner lâchement le sang de ses proche Patru , plaidoié 9. C’est-à-dire, Abandonner la vei geance de ses proches parens. * Rien ne lui défaut, que d’avoir le sang tro chaud. Voit. Po'ês. C’est-à-dire, que d’être promp, Çff colere. * SANG. [ Cruor, cad.es. ] Cruauté. Inhumanité Meurtre. ( II abhorroit le sang & la discorde. A> n?a tacite. L’Eglise abhorre le sang. Pose. I. , C elt une action de sang & de meurtre. Voit. I. 2- Mettre tout à feu & à sang. Ablanc. ) SANG; [Sanguis. ] Dans l’Ecriture Sainte il se pren a H * lgl í, re ’ ^ "Mitre i a raison naturelle, dans l'état 0 elle est corrompue par le péché. (Ce n’est pas la cha & J e J. a s§. stUl VOUS ont révélé ces misteres. ) senr-f tranquillité. ] C’est-à-dire, pri sence d esprit. Tranquillité d’esprit. ( Ce sang froi SAN qu’il conserva dans la chaleur du combat, fut admi- rable. Chap. Relation des compagnes de Rocroi. Ah ! Madame, lui répondis-je, je ferois bien insensible si je conservois du sang froid, en l’état où je vous vois. Le Comte de Bujfi. C’est-à-dire , si je ne me sentois ému. ) * Le sang froid. [ Sedato corde , placide ] Sans emportement. Posément & sans chaleur. ( Parler de sang froid. Tuer de sang froid. ) SANG froid , & sens froid, sont deux choses di- férentes. On dit, H a été toujours de sang froid pen~ dant la dispute. 11 a agi de sang froid & l’on dit, 11 a répondu de sens froid. 11 a parlé de sens froid. Quand on parle, c’est le sens qui agit ; & quand on est en colere, le sang s’émeut & s’échaufe. Sang pour la vie. Mr. Corneille dans le Cid : Je rendrai mon sang pur comme je t ai reçu. Et dans un autre endroit : . Et le sang qui ni anime. Mr. de Scuderi a observé sur le premier vers : „ Je ,, ne sçai dans quel aphorisme d’Hipocrate l’Auteur „ a remarqué qu’une mauvaise action corrompit le ,, sang. Mais contre ce qu’il dit , je croi plus rai- ,, sonnablement que Rodrigue l’a tout brûlé par cet- ,, te mélancolie qui le possede. ” Et sur le second vers : ,, L’Auteur n’est pas bon Anatomiste ; ce n’est „ point le sang qui anime, car il a besoin lui même ,, d’être animé par les esprits vitaux qui se forment ,, au cœur, & dont il n’est ( pour user du terme de „ Part) que le véhiculé. ” Ecoutons maintenant l’Aca- „ demie : L’Observateur n’a pas bien repris le pre- „ mier vers ; car métaphoriquement le sang qui a „ été reçu des ayeux , est souillé par les mauvaises ,, actions ; & ce vers est fort beau. ” Mais elle n’est pas si favorable fur ces deux vers : .... Cette ardeur que dans les yeux je porte , Sçai.s tu que c’est son sang ? Une ardeur ( dit l’Académie ) ne peut être apellée sang par métaphore ni autrement. f * Avoir du sang aux ongles. [Strenuus est navusi] C’est-à-dire, avoir du courage, & savoir se défendre. ï SANG de Bouc. C’est le sang des boucs, soit domestiques, soit sauvages, que l’on prépare avec d’assez grandes précautions pour s’en servir en Médecine. (S SANG de dragon. C’est une liqueur qui sort en larmes du fruit & du bois d’un arbre qui croît dans l’Amerique, dont l’écorce est déliée, & fort aisée à couper. On nomme ce bois sang de dragon, à cause que son fruit est fait de telle maniéré, que quand on en leve la peau, on voit paroître dessous la figure d’un petit animal, aussi bien travaillé que s’il étoit fait de la main de quelque Sculpteur. C’est la liqueur qui fort de ce fruit, & celle qui dégoûte de l’arbre lorsqu’on y fait quelque incision , que l’on vend ou en larmes, ou en pain ; car dans le pais, ils en forment des masses ou pains, de même que l’on fait de la résine. Cette liqueur, qui ressemble à une espece de gomme, est rouge ; l’on s’en sert, en divers ouvrages, de vernis ,• & les Doreurs à donner de P éclat à l’or, &c. Félibien, principes, Ost c. í SANG de dragon, f Lapathumsanguineum.] Espece de patience rouge, qui est aperitive & vulnéraire, f SANG de Salamandre. C’est l’or. SANGLADE , s. f. [Vibex."] Orand coup de fouet, de sangle, &c. ( Se donner d’étranges sanglades. * SANGLANMENT, adv. f Atrociter, cruento mo- do. J D’une maniéré cruelle & sanglante. Rudement. Avec outrage. ( Fouetter sanglanment. On 1 a sanglanment outragé. ) SANGLANT, sanglante, adj. [ Sanguinolentus, crtien- tus. j Ensanglanté. Plein de sang. ( De mes bras tout sanglans, il faudra l’arracher. Racine, Iphigenie, art. 4- st- 4- La place d’alentour étoit toute sanglante. Habert, Temple de la mort. ) í SANGLANT, se dit d’un combat, d’une défaite, d’une rencontre , où il y a eu beaucoup de sang répandu. ( Combat sanglant, sangante défaite , choc sanglant, &c. ) * SANGLANT, sanglante, s Crndelis, atrox. ] Fâcheux. Cruel. Rude. ( Faire un sanglant afront à une personne. Ablancourt. La raillerie est sanglante. Mémoires de Mr. le Duc de la Rochefoucaut. Une sanglante nouvelle. Racine, Iphigenie, a. 2. sc. 6. ) t SAN- SAN î SANGLARGAN, / «r. Drogue médecinale qui vient de la Chine, & qui est propre à arrêter le sang. SANGLE , s f. [Cingula, cingulum. J Sorte de bande de cuir forte & large de trois bons doigts avec trois crochets, que les porteurs d’eau se mettent sur le corps en forme de baudrier pour porter une voie d’eau. Sorte de bande de cuir que les porteurs de chaise se mettent sur le chignon du cou & aux bâtons de leur chaise pour porter une personne en Ville. ( Sangle au dos, bâton à la main , Vite, -porteur, que l'on s’ajujìe , Cefi pour la foire saint Germain. Scaron, Poësi ) SANGLE. C Cingulum epbippiarium , gejlatorium. ] Terme de Cordicr, de Sellier, & de Tapisser. Sorte de tissu large d’environ trois doigts, plus, ou moins , qui est composé de plusieurs fils de chanvre. ( Faire de la sangle. Batre la sangle. ) Le mot de sangle en parlant de chevaux de selle est fort usité. On dit: ( Atacher les sangles. Lâcher les sangles. C’est les défaire un peu quand le cheval a trop chaud. ) * SANGLE. [Balteus. ] Ce mot se prend quelquefois pour un ceinturon ; mais ceux qui parlent bien, disent avec les gens du métier ceinturon & non pas sangle. * SANGLER, v. a. [Equum cingulâ snbjìringere. J Ce mot se dit en parlant de chevaux de selle, & signifie atacher les sangles lorsque le cheval a la selle sur le dos afin qu’elle soit ferme & ne branle point quand on sera dessus. ( Sangler un cheval. Cheval bien ou mal sanglé. ) SANGLER , v. a. s Conjìringere, ajlringéré. ] Terme de Tapisser. C’est atacher la sangle sur le bois de la chaise avec de petites broquettes. (11 faut bien sangler les chaises, autrement la sangle creve. ) f SANGLER le fromage. C’est le serrer bien fort avec une sangle de peau, ou legere écorce de sapin, pour en conserver la forme pendant qu’on lui donne le sel. 11 ne se dit que des fromages de Griers & de Berne. * SANGLER. [ Tâamnum inferre , egregiè cadere. ] Fouetter. Batre. Donner quelques coups fortement avec une baguette, un bâton, ou avec le plat d’une épée. ( II lui a sanglé cinq ou six grands coups d’épée fur les épaules. On l’a sanglé en enfant de bonne maison, & cependant on n’en a faitqu’un sot.) t SANGLER. Ce mot en parlant de femmes est un terme libre qui veut dire. [ Permolere uxorem quamlibet aliam. ] C’est un gros gaillard qui a la mine de la bien sangler. II demandoit grâce pour avoir sanglé son ânesse. Saint Amant, Rome ridicule. f SANGLES blancs. Sorte de fils qui viennent de Hollande, & qui servent aux Ouvrières en point à picoter leurs Ouvrages, ou à faire les picots. f SANGLES-BLEUS bon teint. Sorte de fils qui se fabriquent à Troyes en Champagne, & qui servent à faire les linteaux du linge de table. SANGLIER,/ nt. [ Aper. ] Porc sauvage qui est ordinairement noir , ou d’une couleur tirant sur le noir, qui a l’œil furieux, qui a des défenses aiguës, & trenchantes. II mange des herbes, des pommes, des glands, des figues. Le sanglier est en rût au commencement de l’hyver, & fa femelle met bas au commencement du printems. Quand les sangliers se battent & qu’ils voient le loup, ils se joignent pour se défendre & quitent leur querelle. Ils vont par troupe & ne soufrent aucun animal avec eux s’il n’est de leur efpece. Jonjìon. ( Les brutaux sangliers fous une ombre relante Se couvrent du limon Aune bauge puante. Perr. Creat. du monde. ) SANGLIER. [ Sus marìnus. ] Poisson de mer qui est couvert d’écailles dures, qui a le corps velsi, & presque rond avec un museau qui tient de celui du cochon. Rondelet. SANGLONS,/ m. [Tigna bifidas Terme de Marine. Pieces de bois triangulaires qui se posent par l’une de leurs extremitez fur la troisième partie de la quille d’un vaisseau vers l’arriere, au lieu de varangues. L’autre extrémité se joint avec des gênons qu’on apelle revers. SANGLOT,/ m. C Singultus. ] Sorte de ge- SAN 437 missement'qu’on pousse en pleurant, ou lorsqu’on est acablé de douleurs. ( Mon cœur ne pousse que des sanglots & des cris. Port-Rdial, Pseaumes. ) f SANGLOT, / m. (Pana cingulas Petit bout de sangle. Votez Contre-Sanglot. SANGLOTER , v. n. s Singultire, gemitibus largis concuti. ] Pousser force sanglots. Gémir. Soupirer. (Elle ne fait que sangloter. II sanglote, U prejj'é de tant de déplaisirs , 11 ria plus qu'à moitié l’usage des soupirs. Ep. d’Ovide. ) SANG-SUE, sansuë, s. s. [ Hìrudo. J II vient du Latin sanguisuga. Prononcez sansuë. C’est une forte d’insecte qui vit dans la mer, dans les marais, ou dans les étangs, qui est de la longueur d’un doigt, qui n’a ni os, ni arêtes, qui est ordinairement de couleur noirâtre, ou d’un rouge obscur, & dont on se sert en medecine pour tirer quelquefois dusang. (,Une sansuë de marais. Une sansuë d’étang. Une sansuë d’eau douce. Voïez JonJìon. Le sel, le vinaigre & les cendres font contraires à la sansuë. Rondelet. ) * Infâme sangsue du peuple. Ablancourt. [ Hiru- do populi, acerbus tributi exaHor. ] C’est-à-dire. Celui qui ruine, qui dévoré le peuple & en tire toute la substance pour s’en engraisser lui & les siens. Les sanfuës de l’Etat méritent la corde. Voïez Fran- ce mourante. SANGUIFICATION ,/ / [ Sanguificatio. ] Terme de Medecine & à’Anatomie. C’est la transformation de la nourriture en sang. (II a fait un beau chapitre de la J'anguification.') SANGUIN , sanguine, adj. s Tn quosanguis prévale t. 3 Ce mot se dit des personnes, & veut dire qui a beaucoup de sang. Personne dans qui le sang domine. ( II est sanguin. Elle est sanguine. Les personnes sanguines font ordinairement plus amoureuses & plus agréables que les autres. ) On dit aullì, couleur sanguine, c’est-à-dire, rouge & pourprée. SANGUIN , / m. [Temperatio corporis sanguineas Celui en qui le sang domine. ( Les sanguins font joieux. ) SANGUINAIRE , adj. [ Sanguinarius, sanguinem s- tiem. ] Cruel. Qui aime à répandre le sang. Inhumain. Barbare. Qui n’a point de pitié. ( Dans nos antres suions les antes sanguinaires. Scgrait, EgTgue 7. Perfides contentez votre soif sanguinaire. Racine , Iphigenie, a. ;./. 4. Un ordre sanguinaire. Un parjure sanguinaire. Racine, Iphigenie, a. sc. 5. Horions sanguinaires. S. Amant, Rome ridicule. ) SANGUINE, / / [Hématites, lapis schisuss Sorte de pierre rouge dont on se sert pour faire des craïons & pour dessiner. (Cette sanguine est fort bonne, St elle marque bien. ) Elle sert aux Orfèvres, à brunir. C’est aufiì une sorte de pierre précieuse. En Latin. [Lapis fan- guïnalis. 3 SANGUINE. [ Herba sanguinaria. ] Herbe propre à étancher le sang. Danet. f SANGUINE- Espèce de jaspe qui vient de la nouvelle Espagne. Elle est de couleur obscure, marquée de quelques taches de sang. On la croit souveraine pour les hémorragies & les pertes de sang. è SANGUINOLENT, adj. Teint de sang. On dit, ( phlegmes, crachats sanguinolens , glaires sanguinolentes. ) II n’a point d’autre usage. SANHEDRIN, / m. Grand Conseil des Juifs où se décidoient les a faires d’Etat & de Religion. Mr. Simon prouve l’antiquité du Sanhédrin par des preuves que Mr. le Clerc a combatuës. SANICLET,/ M. [ Sanìcula. ] Sorte de plan. te medecinale. t SANIE , //, C Sanies. ] Terme de Medecine. C’est une humidité subtile & aqueuse qui sort des ulcérés. SANNE , / m - C à senarius. 3 Terme d- Triclrac. Ce font deux six. ( Amener faune. On dit aussi sannez. Voïez sonnez. Et sur un vieux cornet, ses malheureuses dens Vengeaient son noir chagrin d’un sonne a contre- tems. Voïez le Poeme des noiers. ) f On dit aussi, sonnez. SANS- [Absque, fines Sorte de préposition qui est lii ; le 438 SAN If fine des Latins, & qui régit l’acusatif. ( Les Couronnes ne s’aquierent pas lans travail. Voiture, l. 6. 11 étoit perdu fans le crédit de ses amis. Ablancourt.) f SANS point de faute. f Certò. j Cette façon de parler est de la lie du peuple de Paris, & ne vaut rien. La préposition fans ne veut pas avoir immédiatement après elle la particule point. II faut dire fans faute. Vaugelas, Rem. SANS. [ Quin. ] Ce mot est aussi une maniéré de conjonction qui demande imnrediatement après soi l’in- flnitif, & qui tout au plus ne soufre entre elle & l’infinitif, qu’un petit mot ; par exemple, un pronom , ou quelque petite particule. ( 11 me semble qu’un honnête homme ne devroit pas vivre après avoir été dix jours fans vous voir. Voit. Lettres amoureuses. Les dromadaires font trente-cinq ou quarante lieues en un jour par les déserts de l’Afrique fans manger que fort peu. Abl. Mann. I. i. ) * SANS boire ni fans manger. [ Abfque cibo fi po- tu. 2 Cette façon de parler ne vaut rien. II faut ôter le ni ou le second Jans, & dire , Jans boire ffi fans manger , ou fans boire ni manger. La particule , ou conjonction fans ne se construit point avec un ni. SANS que. [ Ut non. ] Sorte de conjonction qui régit le subjonctif. (Tous furent taillez en pieces avec leur chef, fans qu’il s’en sauvât un seul. Vaug. Quint. /. 4 - ) SANS dessus dessous. Votez sens deffius dessous. SANSONNET -, f m. [ Sturnus. ] C’est un petit oiseau de cage , qui est gros comme un merle , qui a le ventre marqueté , & le cou d’une couleur luisante, & tirant sur une maniéré de verd noirâtre. (Sifler comme un fonsonnet. Rond.) SANSDE. Voïez fang-fué. SANTAL, f m. c Santalum. ] Sorte de bois d’un arbre quicroit aux Indes Orientales & Occidentales ; il y en a de trois efpeces, le citrin, le blanc & le rouge. II est odoriférant & fur-tout le premier. On s’en sert en medecine.Le santal fortifie & réjoiiitle cœur. L’Académie écrit sondai. f SANTAL, est aussi une sorte de tafetas teint avec le santal rouge, & qui vient de Constantinople. On s’en sert pour le mal des yeux , au lieu de tafetas verd. f SANTAL faux de Candie. [Abelicca.J II est détersif & astringent. SANTE', f f L Valetudo, fanitas, incolumitas. J Ce mot dans le propre n’a point de pluriel. C’est une belle & naturelle disposition du corps qui exerce ses fonctions avec excellence. ( Sa santé s’afoiblif- soit tous les jours. Ablancourt, Tacite. Santé qui n’est point affermie. Vaug. Quint. I. 7. La santé est une chose si précieuse qu elle á cté preferée par les plus sages à la sagesse même. Etre en bonne santé. Sa santé est mauvaise. Sa santé sembloit se rétablir. Ablancourt. C’est une ennuieufe maladie que de conserver sa santé par un trop grand regime. Mémoires de M. de la Rochefoucaut. En plaisirs changez vos alarmes , If une santé parfaite il goûte tous les charmes. Deshoul. Poes. La santé, fur tout la santé, Sans l’aimable santé, mere de Vallegreffie , En vain la fortune caresse ; Santé pajse grandeur, santé pajfe richesse. S. Ussans, billets en vers. Desirer la santé de son ame. Pascal, lettres. ) * La J'anté de l'ame. [ Sanitas mentis. ] N’est pas plus assurée que celle du corps. Mémoires de la Ro- chefoueaut. Officiers de la santé. [Sanitati urbis prapofiti .] Cè font ceux qui ont foin de veiller fur les choses qui regardent la santé & que la peste ne se communique pas. SANTE'. [ Propinare , fe crebris poculis invìtare. ] Ce mot a un pluriel, lorsqu’il se dit entre amis qui boivent & se réjouissent & se marquent leur amitié en buvant les uns aux autres, ou qui marquent ìeur paf- sion en buvant à d’autres qui ne font pas presens. (Les sautez couroient à la ronde. Ablancourt, Luc. A íorce de faire raison à ceux qui lui portoient des sautez, il perdit le sens & la raison. .Boire cha- peau bas a la Santé d’une maîtresse. Boire sept ou huit lantez tout de fuite, c’est se vouloir faire mal de Laiete de cœur. ) SAP SANTE'. [ Valetudinarium in quo taCli pefe curan- tur. 2 Hôpital éloigné d’une ville , où l’on met les pestiferez, pour faire quarantaine. On l’apelle aussi fanitat. SANTIFIANT , ANTE , adj. [ SanCtìficans. ] Qui santifie, qui rend saint. Grâce sanctifiante. Esprit santifiant. Plusieurs croient qu’il faut écrire ce mot, & les fui vans avec un c, qu’il faut faire un peu sentir dans le discours grave. S ANTIFICATION , sanctification, f f. [ SanCli- ficatio. ] C’est tout ce qui sanctifie quelque sujet. II a parlé éloquemment de la sanctification dans les discours qu’il a faits. ) SANTIFIER , sanctifier, v. a. [ SanHitatem confer. re. j Rendre Saint. (Le Saint-Esprit sanctifie les pécheurs. * Chris pour un homme d’Eglise , Quite les grands de la Cour , Car deformak fa tête grise , Veut sanctifier son amour. Gomb. Ep. 1. ) SANCTIFIER. C Celebrare. ] Célébrer saintement & avec respect. Emploier à un usage saint. Fêter. (Dieu commanda aux Juifs de santifier la cinquantième année. Port-Roial. * SANTONINE , f f [Semen fanclum. ] Graine propre à faire mourir les vers qui s’engendrent dans le corps humain. On la nomme aussi semencine, Barbotine, ou semen-contra. SANTUAIRE , ou Sanctuaire, f m. [SanCtuarium.2 C’est le lieu le plus saint du temple. C’est le chœur de l’Eglise. ( Le Grand-Prêtre n’entroit qu’une fois l’année dans le Santuaìre pour y ofrir le sacrifice. Godeau, Ordination, Difc. 9. ) * SANTUAIRE. [ SanCtuarium.2 L’Eglise. (Us ont dépouillé le Santuaire. Patru, plaidoié 3.) Peser ses actions au poids du santuaire , c’est-à-dire, exactement. [ Aòquare ad pondus fanciuarii. J SANVE , f f. C Sinapi arvenje pracox. 2 Petite fleur jaune qui vient dans les Champs au moisd’Août, & de Mai, qui ne sert que pour les bêtes. (On dit qu’on donne de la sanve aux vaches. ) SAORRE, f f [Saburra. 2 Terme de Marine. C’est ce qu’on apelle fur l’Ocean lest, & ce qui sert à faire enfoncer une galere, & l’empêcher de se rendre jalouse. SAOU- Volez la colonne Sou. SAOULER. Volez la colonne Sou. SAPA, f m. [ Defrutum. ] Terme de Pharmacie. On l’apelle autrement refîné. C’est du moût ou du suc de raisins mûrs, évaporé fur le feu, en confluence de miel. SAPAJOU, fi m • [ Simiiss minor. J C’est une espece dè petit linge. f SAP AN, / m. Nom qu’on donne au bois de Brésil qui vient du Japon. II y a le gros Sapan & le petit Sapan. SAPE , / /. C Suffi,ffio. ] Ce mot en parlant de la maniéré de faire la guerre des anciens Grecs & des anciens Romains, signifie rompre & démolir les murailles des assiégez avec des machines. Voïez les Travaux de Mars, z. part. p. loF. ( II y avoit une troisième tour fort ébranlée qui fut tombée aux premiers coups de la sape. Voïez Ablancourt, Art. I. 1. c. 7. p. 50. *i. £? $2.) SAPE. f Ligones muro fiuffiodiendo applicati. 2 Ce mot signifioit aussi une ouverture qu’on faifoit avec des pioches, pics & autres instrumens fous quelque mur ou tour pour la démolir. SAPE. [ Ligo, cuniculus. ] Ce mot signifie aujourd’hui des décentes & des enfoncemens qu’on fait fous les terres,en les coupant par échelles de haut en bas, mais parce que dans ces enfoncemens on n’est à couvert que de côté, on sc couvre par enflant avec des glaies couvertes de terre, ou avec des bons madriers. (Faire des sapes. Ouvrir des sapes. Pousser une tranchée à la sape. Faire des décentes dans un fossé par des sapes. Aller au chemin couvert par la sape. ) J SAPE couverte. Les tranchées , les parallèles re- petées & les sapes couvertes, dont les Modernes s’at- tribuent l’invention, sont uniquement duès aux Anciens. SAP siens. Mahomet II. le plus universel genie de son tems, fut le premier qui les remit en usage. Polybe de Mr. de Folard, Tome II. SAPER, D- «. C Murumsuffodere, conveUerc."] Ce mot en parlant de la maniéré de foire la guerre des Anciens, c’est batre un mur ou quelque tour avec des machines. (Etant arrivé auprès du mur, il commanda de le saper, quoi qu’il n’eût ni machines, ni échelles, Abla.ncau.rt, Arr. I. i. c. 7. ) SAPER. C I ma mûri diruere. ] Ce mot signifie fouir sous les fondemens de quelque édifice pour le démolir. Faire des ouvertures au pié & au fondement d’une muraille pour la foire tomber. (Saper une muraille. ) * SAPER. [Diruere, eraelicare.J Détruire. (II n’y a que six mois qu’on tenoit, s’il fout ainsi dire, les marteaux pour saper les fondemens. Patru , Plaidait 4. ) $ On dit, saper les fondemens d’un Etat, saper les fondemens de la religion, de la seine doctrine. SAPEUR, s. m. [ Sujsojsor. ] Celui qui travaille à la sape. SAPHENE,/ s. [ Saphena. ] Terme d’Anatomie. C’est une veine, qui monte par la malléole interne le long de la jambe, & par la partie interieu- re de la cuisse jusqu’aux glandes de Faîne dans la crurale. C’est cette veine qu’on ouvre quand on saigne du pié. SAPHipUE, adj. [ Versus saphicus. ] Terme de Poésie , qui veut dire une efpcce de vers inventé par Sapho, & qui étoient fort en usage chez les Grecs , & chez les Latins. II y en a trois d’abord de douze fillabes, & le quatrième est composé d’un dactile & d’un spondée. SAPHIR, f m. [ Sapphirus. ] Prononcez Sasir. II vient du Latin Sapbirus. C’est une sorte de pierre precieuse. II y a de plusieurs sortes de saphir. Le saphir Oriental, le saphir d’eau, le saphir du puis, & le saphir œil de chat. Le saphir Oriental est une sorte de pierre précieuse, violette ou blanche, qu’on trouve aux Indes. Le saphir d’eau & le saphir du puis se tirent des confins de la Sileíìé & ont une couleur qui tient de celle de la Calcédoine. Le saphir ail de chat embelli de plusieurs belles couleurs toutes differentes. Le saphir est dur. Tailler un saphir. ) SAPIENCE, s s [Sapientia increata .] Mot consacré pour dire Dieu. Sagesse divine. (En vain la sapience nous apellera. Patru, pi. 4. ) t SAPIENCE. Ce mot se dit en riant & en parlant de la Normandie. Alors il veut dire : Prudence. Sagesse. ( Etre du pays de Sapience. C’est être du pays des rusez Normans. ) En Chimie on apelle lut de sapience, f Lutum sa- pìcntia. ] Ce qui sert à bien boucher les vaisseaux. SAPIN, s m. [ Abies, sapinw. ] Arbre fort haut, fort droit & fans beaucoup de nœuds. Son écorce est blanchâtre, & ses branches droites & éltvées jettent de petites branches en forme de croix. Le sapin porte des pommes longues de la paume de la main. II croît aux montagnes. II jette une excellente refîne. Son bois est leger & propre à faire des bâtimens de mer. II y a des forêts de sapins qui font très- belles. Dalecb, ( Les arbres dont Pombrage embellit ces coteaux , Te craignent point des ans l’irréparable injure : Ils passent bien avant dans les siécles nouveaux. Où voit on quelque homme qui dure Autant que les sapins, les chênes, les ormeaux ? Deshoul. ) SAPINES , f f- [ Tignum abietinum. ] Terme d’ ArchiteBure. Solives de bois de sapin, qu’on selle de niveau sur des tasseaux, quand on veut tendre des cordeaux, pour ouvrir des terres & dresser des murs. SAPINETTES , /. f- pi- [Car en* for des J Terme de Mer. Les fopinettes font de petits coquillages qui s’engendrent & qui se forment sous un vaisseau qui a été long-tems en mer. SAPINIERE, f. f. [ Abietina.J Lieu planté de sapins, t SAPINIERE. C’est aussi un bateau construit de sapin, dont on se sert sur la riviere de Loire pour le transport des marchandises. SAR 459 f SAPONAIRE , f f. [ Saponaria .] Plante qui croît le long des ruisseaux. Elle atténué & detergc puissamment les humeurs, elle excite la sueur, F urine & les mois aux femmes. SAQUEBUTE, f. f. ou Trompette harmonique. C Tuba harmonica. ] C’est un instrument de musique qui ressemble à la trompette hormis qu’il a plus de branches & qu il est bien plus long. La Saqucbute imite le son de la trompette, & sert de basse dans tous les concerts. En France la foquebute n’est pas en usage, ou du moins elle y est très-peu ; mais on dit qu’en Allemagne on s’en sert beaucoup. SAQUER la voile. [Vêla complicare. ] Terme de Mer en Normandie. C’est ferler ou serrer la voile. $ SAR. On donne ce nom sur les côtes du pais d’Aunis à une espèce d’herbe marine, qu’on apelle en Narmandie Varech , ou Vraicq , & en Bretagne Gouesmon. SARABANDE , f f- [ Saltatio numerofot. ] C’est une sorte de dance grave, qui, à ce qu’on croit, vient d’Espagne, comme il paroît par le mot çara- banda. On dit. ( Danser une sarabande. Jouer une sarabande Espagnole sur la guitare. Les violons sonnèrent une sarabande fort gaye , Voit. I. 10. Monsieur des Yvetaux mourut à Paris à quatre-vints ans, faisant jouer une sarabande, afin , disoit il, que son ame passât plus doucement S. Evremont , «ra», mêlées, in 4. p. 444. ) f SARAIS , f m. Grands bâtimens qui servent d’hòtelleries dans les Etats du Grand Mogol. SARBACANE , sarbatane , f f [ Tubulus statu jaculatorius. ] L’un & l’autre se dit & semble venir de l’Italien cerbottana, mais sarbacane est le plus usité. C’est un long tuiau de verre ou de bois percé par les deux bouts, dont on se sert d'ordinaire pour jet- ter des bois, ou autres petites choses semblables, &c. On le dit aussi de certains tuiaux par lesquels on conduit des paroles. (Elle prononqoit par une sarbacane tout ce qu’on lui suggeroit. Maucroix , schisme, l. 2.) H * Parler par sarbacane. C’est parler par des personnes interposées. ( Traitons cette afoire tête à tête, fans parler par sarbacane. ) f SARCACOLLE , ou Colle chair. Voïez Sar- cocolle. SARCASME, f m. [ Sarcasmus. ] Mot Grec. Terme de Rétorique. C’est une raillerie forte & piquante, par laquelle un Orateur insulte à son adversaire, & le maltraite de paroles. SARCELLE, / f [Querquedula.J C’est un oiseau de riviere qui ressemble au canard, hormis qu’il est plus petit que le canard. ( Cette Sarcelle n’est qu’un ploton dégraissé. Une bonne Sarcelle. La Sarcelle a le corps gris & les ailes grises, acompagnées de sept ou huit plumes vertes, mais d’un très-joli verd. La difference du mâle à la femelle, c’est que le mâle a la tête rouge & verte , & de petites marques noires fous l’estomac & fous le ventre, & que la femelle Fa gris. Us ont F un & l’autre les piez noirs & déliez. La Sarcelle est délicate & d’assez bon goût. Les noirâtres plongeons , U les grises sarcelles , A peine y daigneroient Je servir de leurs ailes. Perr. créat. du monde. ) SARCLER , v. a. [ Sarculare, sarrire. ] Terme de Laboureur. Couper les méchantes herbes avec le sarcloir. ( Sarcler les blez, les aveines, &c. ) SARCLEUR , s m- [ Sartor, sarritor. ] Celui qu! sarcle. ( II fout demain avoir des sarcleurs. ) SARCLEUSE,/ s [ (su*sarrit. ] Celle qui sarcle. ( Petite sarcleuse qui n’est pas laide. ) SARCLOIR, s m. [ Sarculum , sarculw. J Instrument dont on se sert pour sarcler, composé d’un manche de bois & d’un petit fer qui est au bout de ce manche, & qui est propre à couper les chardons & autres herbes inutiles. ( Un bon sarcloir. ) £ SARCLURE, ou Sarcleuré , f.s. Ce qu’on arrache d’un champ ou d’un jardin en le sarclant. SARCOCOLLE, f »». ou f. Terme de Médecine. Excroissance de chair dure qui s’engendre autour du testicule ou fur la membrane interne du scrotum, & qu’on ne peut souvent guérir que par l’ambutation du testicule. SAR- •44° SAR , 7 r,^nmrP s. s- í SarcQcolIa. 3 Gomme qui for S t A d’un C arbre épineux qui croit en Perse, & qui est propre pour eonsoiider les plaies. SARCOMA ,/ tn. [ Fungus. ] Terme de Me- decine Excroissance de chair qui vient autour du liège ou ’du cou de la matrice, & qui jette une famé tort puante. SARCOTIQUE , adj. I Sarcoticus. ] Terme de Médecine. Remede propre a faire revenir la chair dans une plaie ou ulcéré. SÀRDIENNE , f /.. ÍSardim.l Epitéte qu’on donne à une pierre précieuse qui croît dans 1 lsie ae Sardaigne. SARDINE,//- [ Sar dîna.. ] Sorte de poisson de mer de diverse couleur, qui a la tête dorée, le ventre blanc, & le dos verd & bleu. ( La íardine n a point de fiel. Rondelet, l. 7 - ) f SARDIS,/ m. Draps communs qui se fabriquent en Bourgogne, SARDOINE ,// ÍSardonix. 3 Sorte de pierre precieufe qu’on nomme agate, & qui elt la moins estimée de toutes les agates. (Jolie Sardoine.) Voïez Agate. . SARDONIEN. sardmien. Yoïez Rit. í SARETTE- Voïez Sarrete. «J SARFOùIR. Voïez Serfouir. í SARGAZO- Herbe dotante qui couvre une profonde & spacieuse mer des Indes. Elle est apéritive. SARGE- Voïez Serge. SARMENT, f. m. f SarmentuM , f aimes vitvs. 3 Terme de Vigneron. Prononcez farman. C’est la branche d’un cep de vigne. Couper du sarment pour se chaufer. Faire des fagots de sarment. ) S ARPE- Voïez serpe. {$ SARRAZIN- Les Sarrazins formerent autrefois un corps considérable dans le fond de l’Arabie , tì’où ils se répandirent en Aíìe, en Afrique, & en Europe. II y a aparence qu’étant ainsi dans le monde, ils ne subsistèrent d’abord que par le pillage & par la violence; c’est pourquoi, selon Mr. Bochart dans l'on Pbaleg. liv. 4. cb. 2. 011 leur donna le nom de Sarrazins, de l'Arabe Saraka, qui signifie larcin, pillage s & il condanne en même tems le sentiment de ceux qui croient qu’étant dccendus de Sara, ils ont été apellez Sarrazins. Quoi qu’il en soit, c’est par Taport aux larcins qu’ils faisoient pour subsister, que Mariana a dit dans son histoire d’Espagne, lib. 6 . cap. 32. que cette canaille étoit originaire d’Arabie , & que Mahomet étoit leur chef : Tuuò esta canalla fa origen y principio en Arabia , y a Mahomet por caudil- lo. Ils passeront d’abord en Orient, & poussèrent en fort peu de tems leurs conquêtes jusques aux extre- rnitez de l’Occident. Ammian Marcelíin; lib. 14. a fait un portrait des Sarrazins de son tems , où l’on ■reconnoit la vie & les mœurs de ces gueux errans, diseurs de bone fortune, que nous avons vû dans les villes & dans la campagne fous le nom de Bobemes , ou Bohémiens, qui ne vivoient que de larcins , Sc que les Rois de France ont tâché de chasser du Roïaume , en les condannant aux galères fans aucune forme de procès. ,, Les Sarrazins ( dit cet Historien ) que nous „ ne devons point avoir pour amis ni pour enne- ;, mis, errent dans la campagne, pillant & enlevant „ tout ce qu’ils rencontrent, semblables à ces oiseaux „ qui se jettent sur la proie qu’ils ont aperçue, & !» l’emportent précipitamment; Sc s’ils la manquent, „ ils s’envolent fans s’arrêter. Cette nation est ori- » ginaire des Assyriens, & ont paru d’abord proche „ des cataractes du Nil , fur les confins des Blem- » myens. Les hommes naissent tous guerriers ; ils „ font à demi nuds, n’ayant qu’une saye de couleur ,, jusques au dessous du nombril. Leurs chevaux font „ vigoureux , & leurs chameaux legers ; & en paix ,, comme en guerre, ils font toûjours en course, & y, on ne les voit point cultiver la terre pour en tirer „ dequoi vivre. Ils font toûjours errans, fans domi- •» crie & fans Loix. Tous les climats font égaux pour ,, eux, L le changement continuel de lieu leur plaît » extreniement. Les femmes se louent pour un ce r- ,, tain tems ; & pour donner quelque aparence de ,, mariage a leur convention , i’époule apprte en dot ,, a Ion mari une pique & une tente ; Sc quand le SAR „ tems dont ils font convenus de vivre ensemble est „ fini, ils se séparent, s’ils ne veulent pas le renou- „ veller. On ne peut comprendre l’excès de la vo- ,, lupté à laquelle ils s’abandonnent l’un & l’autre. ,, Le changement continuel de pais ne leur permet » pas de s’arrêter, non pas même pour donner le „ tems aux femmes d’acoucher. La chair des betes „ sauvages est leur nourriture la plus agréable. Ils ,, usent encore du lait & des legumes : mais iisigno- ,, rent l’usage du blé & du vin. ” Leurs premières invasions furent dans l’Afrique, où ils s’arrêterent contre leur coutume fous la conduite des Chefs qu’ils se choilìssoient. Les Romains ne les laissèrent pas en repos ; ils repousseront toûjours ces étrangers, qui revenoient quelque tems après reprendre les Places qu’ils avoient quittées. On sçait comment ils furent introduits dans PEfpagne, par le Comte Julien, lequel irrité du refus du Roi Dom Rodrigue , qui diferoit toûjours d’époufer la fille de ce Comte , laquelle il tenoit enfermée dans son Serrail, ce Pere déshonoré livra aux Sarrazins les villes dont il étoit Gouverneur , & leur facilita feutrée de f Espagne. Ce fut dans ce tems là que les Sarrazins furent apellez Maures, parce qu’ils venoient de la Mauritanie. 11 s conquirent en peu de tems toute l’Efpagne, à la réserve de la province d’Oviedo, & ils établirent des Rois dans les contrées dont chaque Capitaine s’empara.Le plus fameux Roïaume fut celui de Grenade, à qui on donna ce nom , parce que l’on trouva dans une grotte une belle fille apellée Garnata : y anst le pusteron nombre a la ciudad, y destines corrompido el vocablo sellamò Gra- nada. L’histoire des Guerres de Grenade nousaprend que l’on donnoit une autre origine plus vraisemblable au mot Grenade ; ce fut à cause du grand nom-’ bre de maisons qui étoient arrangées comme les grains d’une grenade : Qtres dizen que par la muebe- dumbre de las casas y la estestura que avia en ella que estavan pegadas una-s con ot ras , a inodo de los granos de la granada, le nombraron. Quoi qu’il en soit, cette ville a été fameuse par la politesse & parla galanterie, & même par les divisions des familles, qui formerent diférens partis qui en troublèrent les fêtes, les tournois ,* & tout ce que l’on apelle les galanteries Grenadines. Dans ce grand nombre de factions qui partageoient Grenade, les principaux étoient les Abencerages, les Z.egris, les Alabezes, lesMalìquez, Scc. Les Maures non contens de ce qu’ils possedoient en Espagne, passerent en France sous la conduite d’Abderame, qui se prévalant de la foiblesse de Thierry de Chelles, se rendirent maîtres de plusieurs villes de l’Aquitaine, & remontant le Rhône, ils vinrent jusques à Lion, & firent de si grands progrès, que s’ils n’avoient été arrêtez par f Armée de Charles Martel qui les défit entièrement, & s’aquit par cette victoire le surnom de Martel à cause des grands éforts qu’il kt dans ce combat avec fa hache ou marteau d’armes, ils se seroient rendus maîtres de la France, comme ils l’étoient de l’Espagne, d’où ils furent chassez, fans avoir pû y rentrer. SARRAZIN , f m. [Frumentum faracenicum. ] Sorte de blé qui a été aporté d’Afrique. Blé noir. Voïez blé Sarazin. SARRAZINE , f. f. [ ÇataraHa. ] Terme de Guerre. C’eit une porte à treillis, ou a barreaux, qui se met au dessus d’une porte de ville, & qui y est suspendue à une corde qu’on lâche pour se garantir de quelque surprise , ou des éfets du pétard. La sarazine s’apelle aussi herse. Guillet, Art militaire. SARRAZINOIS, adj. m. [Sarazinariut.] Ce mot se dit de tous les ouvrages de tapisserie qui se font en Orient, ou les Sarazins ont habité autrefois. SARRETE , / /. f Planta luteola. ] C’est une plante qui croît en plusieurs lieux, & dont la feuille; sert aux Teinturiers pour teindre en jaune. , SARRIETTE, f /. [ Satureia. ] Sorte de petite herbe odorante qui se mange & qui est bonne dans les sauces. (Sarriette sauvage. Sarriette com-, mune. Sarriette cultivée. La sariette est chaude, elle a un goût acre, & réveille l’apetit. ) SART- íAlga. ] Herbes qui croissent au fond de la mer, & qui servent à fumer la terre. SARTIE, f.s [Sarcia. 3 Terme de Mer & Levant. Ce sont ler agreils d’un vaisseau, les cordages , Scc. SAS, : SAT :iSi lis S.ÏÏ mtw r (. :r. SAT SAS, s- >»■ C Cribrum. ] Sorte de Tamis qui n’a ni dessus ni délions , & qui est seulement composé de sa cerce, qui est un cercle de bois mince & large, de fa toile de crin & de son ourlet, qui est un cordon de crin qui est ataché à la cerce , & qui sert à la tenir ferme & tendue. Le su est proprement pour passer des choses liquides, & tamiser des choses pulvérisées, & plusieurs sortes de poudres. Faire tourner le sus. [Sacculum, cribrum inverser f.] Terme de Magiciens , qui lors que les bonnes gens les vont consulter sur quelque chose de perdu, font tourner le sas jusques à ce qu’il s’arrête en nommant le nom de la personne qui a pris la chose perdue. £ SASSAFRAS, f m. Bois d’un arbre qui croît dans la Floride, & qu’on emploie dans la Médecine. On l’apelle aussi Bois de canelle à cause de son odeur. í SASSENAGE , f. w. Sorte d’excellent fromage qui prend son nom du lieu où il se fabrique en Dauphine. SASSER , v. a. [Excernere, succernere. ] Terme de Maçon & de Charpentier. C’est passer par un sas, ou un crible. ( Sasser le ciment. Sasser le plâtre quand il est bien batu. Sasser de la farine. ) SASSER. [ Invejìigare , ìndagare. ] Se dit en morale, en parlant des afaires qu’on épluche. (Ce procès a été sijje & resassé. Les traitans ont été sassez & refasse?. ) SASSET,/ m. [Sacculus, pera.s C’est un petit sas. ( II faut acheter un autre sajj'et , car celui-ci ne vaut plus rien. ) SASSOIRE , s. f. [ Circulus rhedarius. ] Terme de Cbaron. C’est une piece du train de devant du caresse , qui est au bout des armons , qui soutient la flèche & sert à faire braquer le carosse. ( La sassoi- re de ce carosse est usée. ) t SAT, f m. Espèce de Boisseau dont on se sert à Siam pour mesurer les grains. II pese environ trois livres. SATAN , f m. [ Satanus. ] Ce mot est orginai- rement Hebreu, & signifie adversaire. Démon. Diable. (Jesus-Christ fut tenté par Satan , Port-Roial , Js T . T. La faveur est grande , Monsieur Satan, Dieu vous le rende. La Font. ) Non, je ne pense pus que Satan en personne Puisse être R méchant qu’une telle personne. Molière. ) f SATANAS,/ m. Le Diable. [Vade rétro Satanas.] SATELLITE , s m. [ Satelles. ] Ce mot se prend toujours en mauvaise part. C’est celui qui est armé, qui acompagne quelque Grand, & qui est prêt à executer ce que ce Grand lui commandera. Celui qui est le ministre de la colere & de la fureur de quelque Grand. ( Etant averti de l’arrivée des satellites, il les attendit de pié ferme. Vaug. Quint. I. io. c. 8.) SATELLITES de Jupiter , ou gardes de Jupiter . [Satellites Jovis. ] Ce font quatre petites étoiles qui acompagnent toujours Jupiter, & que Galilée a découvertes le premier. Roh. Phist. 11 les a découvertes avec le télescope, sans quoi on ne les peut voir. La premiere fait son cours en 29. heures ; la deuxième en trois jours & 5. heures ; la troisième en 7. jours; & la quatrième en 16. jours & 18- heures. On a aussi découvert des satellites : autour de Saturne, qui sont au nombre de cinq, & dont le mouvement est connu par les observations de M. Cassini. C’est Mr. Huygens qui les a le premier découvert. Voïez Régit , Phijlque , SATIETE', s f [ Repletio. ] Ce mot est écor- ché du Latin fatietas. II signifie rassasiement, reple- tion, dégoût. (II prévenoit la satiété que donne une assiduité affectée. Fléch. hift. de Commendon. Charle-Quint se réduisit à une vie privée, porté par la satiété que cause ordinairement la grandeur. Talent. hift. de Nani, Tome 1. ) Gf Ce terme n’est point’encore fort en usage; II me paroit élégant; il exprime bien le dégoût qui nait de l’acomplissement de ses désirs & de la jouissance tranquille ; quoi qu’il soit Latin, du moins il n’écotche point les oreilles. SAT 441 SATIN, f m. [Sericus panntu denflor U /eàI C est une forte d’étofe de soie. (Beau satin. Bon satin. Satin blanc. Satin bleu. Satin rouge. Satin à fleurs. ) f * Teton de satin blanc tout neuf, [ Virgo pulcbro pefíore. J Expression burlesque de Marot qui passe encore aujourd’hui. ,í SATINADE, s. s. Petits satins très fossiles & tres-legers. SATINAIRF, s m. [Bombycini textor. ] C’est le nom qu’on donne à Lion aux ouvriers en satin &en brocard. SATINE', satinée , adj. [Bombycino ornatusj Qui est tait à la maniéré du satin. ( Ruban satiné. ) SATINE', f. m. s Textura bombycina. J II se dit des tulipes, dont le tissu ressemble à celui du satin. ( On trouve de la beauté dans le satiné d’une tulipe.) SATINER , v. a. [ Bombycinum texere. J Faire quelque tissu à la maniéré du satin. ( Satiner des rubans. ) SATINER , v. n. f Bombycinum imitari. J Terme de Fleuriste. C’est-à-dire , tirer fur le satin. (Tulipe qui satine. ) SATIRE , s m. [ Satyrm , Faunus.'] Sorte de demi-dieu qui, à ce que content les Poètes, habite dans les forêts, qui est fort velu, qui a la figure de l’homme, hormis qu’il a des cornes à la tête, & des piez de chevre. Les satires sont lascifs & chauds en amour. Les uns les croient entierement fabuleux , & les autres, comme Casaubon, soutiennent qu’il s’en trouve. Voïez Casaubon , Satire Romaine. C Au fond d’un autre sauvage , Ùn Satire ff ses enfans Alloient manger leur potage , Et prendre l’écuelle aux dents. La Font. ) f * Jeune épouse d’un vieux Satire. Gonb. Epi. 1 . SATIRE,/. /. [ Satira. J Ce mot en général se dit de la prose & des vers, & signifie tout discours où l’on reprend & où l’on médit. Mais il se dit particulièrement en parlant de vers. On peut dire alors que c’est un poème qui corrige agréablement les hommes de leurs vices , de leurs erreurs & de leur folie. Ses sujets sont les sots & les fripons du siécle. Elle doit être vive, plaisante, morale & variée. ( Car elle ejl comme un pot des freres mandians , Elle forme son goût de cent ingrediens. Regn. Sat. 1. ) Voïez Heinstus de Satira Horatiana. La satire en leçons , en nouveautez fertile , Sçait feule assaisonner le plaisant U l’utile. Despr. ) (§ SATIRE. Ni le témoignage de Pline, ni Papa- rition d’un satire qui présenta des fruits à S. Paul , comme S. Jerôme l’a raporté dans la vie de ce grand Apôtre ; ni enfin le récit que Pausanias a fait du lieu où ces monstres habitoient, ne me persuaderont jamais qu’il y ait eu des satires tels que les Poètes nous les dépeignent ; & s’il y en a eu, la race en a été bientôt éteinte, puisque nos Voiageurs qui ont été, & qui vont tous les jours dans des païs, & parmi des nations où les Grecs & les Romains n’ont jamais enetré, n’en font aucune mention. Voici comment ausanias en parle. „ J’ai oui dire ( dit-il ) à Euphe- „ mius, que navigeant en Italie, un coup de vent le „ jetta jusques aux extremitez de l’Ocean, où il trouva „ des Isles habitées par quelques hommes sauvages, „ & aprit que ces Isles étoient apellées Islessatiri- „ des. ” II lui dit encore que ,, ces hommes étoient „ d’une couleur rousse , & avoient une queue à peu „ près semblable à celle des chevaux, & qu’aussitôfc „ qu’ils aperqurent des personnes de l’un & de l’au- ,, tre sexe, ils y acoururent, & sc jetteront sor les ,, femmes qui étoient dans le navire, & particulie- ,, rement sor une vieille dont le visage étoit couvert ,, de barbe, & sur laquelle ils s’abandonnerent à „ toutes sortes de lascivetez, ” C’a été, fans doute, fur cette idée que les Poètes ont formé les satires qu’ils ont fait souvent paroître fur la scène. Cependant le satire de l’Aminte du Tasse se croie un homme très-agréable, & il ne peut pas comprendre les mépris de Silvie : Tora. III, Kkk Hot SAT JJor perche ìniqua Scherni, e aborri il dom ? donjon’ ìo Da disprezzar , se ben mejiejjo vidt 2Jel liquida del mar , quando l’altr'bierï Taceano i venti , e ci giacea senz’onda. Quefia mia faccia di color sanguigno ; Qûejie mie spalle larghe , e quejie braccia Torose , e nerborute ; e questo petto Setoso ; e quejie mie velate coscie Son di virilità , di robuJiez 2 a Indicio ; e , se n'ol credi , fanne prova. Le satire du Guarini, est dépeint par Corisque d’une autre maniéré : 0 villano, indiscreto, ed ïmportuno Mezz’huomo, mezzo capra, e tutto bejìia : Carogna fradicijjìma , e difetto Di natura nesando ; e se tu credi Cbe Corijca non t’ami , il vero credi. Cbe vuoi tu ch’ami in te , quel tuo bel cejso ? Quella succida barba ? Quels orecchie Caprigne ? e quella putrida , e bavose Isdentata caverne? Tels étoient les satires que le Paganisme plaqa dans le rang de ses demi-Dieux, qui n’etoient pas moins ridicules ni moins odieux. Cependant on leur adreí- soit des vœux & des prières ; on leur ofroit des Sacrifices , & il y a beaucoup d’aparence que ces satires ont donné le renom à cette elpece de Poème qui a p aisé jusques à nous fous le titre de Satire , & voici comment. Les premiers hommes qui ont habité le monde, ont été bergers ou laboureurs ; ils aprirent, en cultivant la terre, ou en conduisant leurs troupeaux, à regler leur voix fur le chant des oiseaux , & adoucirent ainsi en chantant, l’ennui & les peines de leur travail, st nous en croions Lucrèce , lib. ç. At liquidas avium voces imitarier ore Ante fuit multo quam levia carmina cantu Concelebrare homines pojsent. Le chant les conduisit à la nécessité de l’acompagner de quelques paroles agréables Sc mesurées , comme nous l’aprenons de ces vers de Catulle, lìv. a. eleg. i. Agricola ajjìduo primùm satiatus aratro Cantavit certo rujîica verba pede , Et satur arenti primum est modulatus avenu Carmen , ut ornatos diceret ante Deos. Ces chansons étoient également plaisantes, bachiques, amoureuses & rustiques, & répondoient à l’innocen- ce de ces premiers teins : Mais la licence de la médisance s’y mêlèrent dans la fuite, Sc en furent le principal sujet. Ce fut aussi par cette raison qu’on leur donna le nom de satire , Sc aux Poètes qui les compostaient, celui de satirique, du mot obscène ca.iv- ç/Ç&>, Sc ttetrvqmìç , homme piquant, insultant U médisant. On voit par cette origine, que les premières satires surent remplies d’obscénitez, Sc de médisances grossières : mais les hommes étant devenus plus polis Sc plus sensibles à la pudeur & à l’hon- nêteté, ils adoucirent la rudesse des satires ; Sc ne s’en prirent plus aux personnes, s’atachant uniquement à rendre le vice odieux, & à inspirer la vertu. Dans cette vuë, l’on inventa la Comédie, où l’on mêla des satires pour plaire au peuple. Les Romains ne suivirent point en cela l’usage des Grecs, & ne firent point paroître des satires fur la scène, parce que leur figure déplut au peuple , qui soufrit pendant quelque tems la médisance ouverte contre les plus illustres Citoiens : mais cette licence n’étant plus permise, la satire devint plus réservée ; elle s’ata- cha uniquement à corriger les mœurs. Le jeune Pline, en parlant d’Euphratès, Poète satirique de son tems, a dit qu’il ataquoit le vice, & ne s’en prenoit point aux personnes, qu’il corrigeoit fans les punir. Inseflatur vitia, non homines , nec cajìigat errantes , sed emendat. C’est fur ce modèle que Mr. Boileau a dit: . La satire en leçons, en nouveautez fertile , Sjait feule assaisonner le plaisant U futile , Et d un vers qu’elle épure aux raions du bon sens , Détromper les esprits des erreurs de leur tems : .Elle feule bravant F orgueil P injustice , ' Vaques fous le dais faire pâlir le vice, Et souvent sans rien craindre, à P aide d!un bon mot , - Va venger la raison des atentats d’un sot. SAT Voilà un fidèle portrait de la satire, mais il a été mal imité. La plupart des Poètes satiriques songent bien moins à corriger les vices de leur siecle, qu’à satisfaire le penchant qu’ils ont à la médisance, ainsi que leur orgueil, leur jalousie, leur haine, & qui, comme dit le même Poète, D’un Jiile peu chrétien Font insulte en rimant à qui m leur dit rien. C’est en éfet une extrême injustice ; mais c’est un écueil où presque tous les Poètes satiriques ont échoué, & échoueront toujours. II en est qui ne se contentant pas d’indiquer des personnes fur qui ils lancent les traits de leur satire, les nomment Sc les montrent au doigt, & redoublent leurs coups dans toutes les occasions qui se présentent, & violent ainsi impunément Pallie des tombeaux. 11s allèguent en vain l’exemple d’Horace, qui a nommé hardiment plu- sieurs personnes considérables, dont les défauts étoient publics ; car un mauvais exemple n’est j’amais une bonne excuse. D’ailleurs je ne condannerois pas absolument la liberté de nommer ceux dont la vie déréglée & criminelle n’est pas un secret; la charité chrétienne n’est pas en ce cas entierement violée. Mais faut-il se recrier contre les Poètes parce qu’ils ont fait de mauvais vers ? Qu’on les condanne ces vers rudes & obscurs , mais que l’on épargne la réputation de celui qui les a faits; que l’on proscrive l’ouvrage, pourvu qu’on laisse à l’ouvrier le droit de cité. D’ailleurs, Horace ne doit point être pour nous un exemple quand il s’agira de la Religion & de la charité chrétienne ; il est convenu lui-même qu’il est Parcus deorum cultor x-f infréquent. Et que peut-on penser d’un homme qui se moque hautement des vœux d’une mere qui demande à Jupiter la guérison de son enfant ? ” Voici (dit-il) une „ autre espece de folie, une mere afligée de voir „ son enfant réduit à garder le lit depuis cinq mois, ,, s’écrie : Grand Jupiter , qui nous envoiez nos ma- „ ladies, & qui nous guérissez quand il vous plaît; „ si vous délivrez mon fils de fa fièvre quarte, je „ l’expoferai un matin nud fur le Tibre, au premier „ jour de jeûne ordonné. Que le Médecin guérisse „ par adresse , ou par hazard ce fébricitant qui n’en „ peut plus, cette mere insensée fera revenir la fièvre „ à son enfant, & le tuera, en le portant, en plein ,, hiver, tout nud fur le bord du fleuve. Pourquoi ? „ Parce que les scrupules Sc la superstition lui ont ,, dérangé l’esprit. ” Ajoutons à tout cela qu’Hora- ce étoit fils d’un vendeur de marée ; on lui a même reproché qu’il étoit fils d’un afranchi demeurant à Venujìum fur la frontière de la Poùille & de la Lucarne, & dont les habitons passoient dans le monde pour de grands voleurs décendus des Brutiens, qui n’étoient, selon Diodore Sicilien , qu’une assemblée d’efclavcs & de misérables. Ainsi on ne doit pas s’au- toriscr par l’exemple d’un homme dont les mœurs étoient si diférentes des nôtres. SATIRE Menippée. [ Satira Menippea. ] Ouvrage apellede la forte , à cause de Menippus, Philosophe Cinique, qui avoit fait des plaintes & des lettres pleines de mots piquants. Varron composa aussi des Satires qu’il nomma Satiras Menippeas, du nom de ce Philosophe. A leur imitation nous avons apellé Satire Menippée un ouvrage en prose & en vers fait en IÇ 94 . contre les Chefs de la Ligue de ce tems-la. Cette satire, selon AI. de Thou, est ingénieuse, & elle fut luè avec plaisir. Rapin, le Roi, Pithou. Passerat, Crétien, beaux esprits du tems de la ligue, font les Auteurs de cet ouvrage, qui est encore regardé comme un chef-d’œuvre. On apelle aussi ce livre Cato- licon d’Espagne. Voï. Catolicon. SATIRE. [ Difíerium , carmen mordax. J Se dit aussi de toutes fortes de médisances & de railleries piquantes, libelle diffamatoire, chronique scandaleuse qui blesse la réputation du prochain. ( Quoi, Monsieur, n’ejì-ce pas cet homme à la satyre. Qui perdroit un ami plutôt qu’un mot pour rire? Régnier. ) f * II jettoit sur son teton une œillade de s*dre. Scaron, Pois. C’est-à-dire , une œillade lascive & amoureuse à la maniéré des Dieux Satires. t * SATIREAU, s m. Un habile homme s’est scr : vi SAT y{ de ce mot pour dire «« petit Satire ; mais cet habile homme n’est ças à imiter en cela. SATIRESSE , s. f [Satirisa. ] Monsieur de Piles, qui elt un Gentilhomme de mes amis qui se connoit en peinture auffi-bien qu’aucun homme de France, & qui en écrit pour se divertir, s’est servi dans ses conversations fur la peinture, p. 4;. du mot de sa- tirejse. Les gens habiles dans la langue que j’ai consultez sur ce mot, croient qu’il faut dire femme de Satire. SATIRION ,/#!. [ Sa ty r ion. ] Sorte de plante bulbeuse, apellée satìrion , à cause des satires qui font des dieux sauvages. Le satìrion pousse une tige haute d’une coudée, & porte une fleur qui tire sur la couleur de pourpre. 11 croît sur les montagnes , & est propre à échauffer les amans froids & languissons, & à donner de la vigueur en la partie qui fait les hommes. SATIRIQUE, adj. f Satyricus. ] Ce mot se dit des choses & des personnes. 11 lignifie, mordant, piquant. ( Discours satirique. Régnier & Despreaux sont les seuls bons Poètes satiriques que nousaions en France; mais Despreaux l’emporte autant sur Régnier que Régnier a l’emporté sur les Poètes satiriques qui Pont précédé. Esprit satirique. Humeur satirique. Abl. ) SATIRIQUEMENT , adv. [ Satiricè .] D’une maniéré satirique & mordante. ( Cela est dit satiriquement. ) SATIRIQUEMENT. [ More Satirico. ] A la maniéré d’un satire. ( 11 careffoic satiriquement une femme. On croit cette façon de parler peu établie , & qu’il faut dire, il caressoit une femme en satire , ou a la -maniéré d’im Jatire. ( SATIRISER , v. ací. [ Mordaci carmine aHquem distringere. ] Faire des satires , dire des médisances contre quelcun par des traits satiriques. ( II n’y a point de Poète qui ait mieux entendu à satiriser que Despreaux. ) SATISFACTION , satisaCtìon , s. s. [ Obkchxtio , dekCtatio. ] II faut dire & écrire satisfaction. 11 n’y a que des rafineurs ridicules qui disent fatifaCiion. Ce mot signifie plaisir , joie , contentement. (Une grande, une particulière satisfaction. Une sensible satisfaction. Une satisfaction inouïe , toute extraordinaire. Donner de la satisfaction à quelcun. N’avoir nulle satisfaction dans la vie. S. Cir. Recevoir une satisfaction particulière. Ablancourt. ) SATISFACTION. C SatissaCtio , cxpurgatie, excusât io J Sorte d’excuse qu’on fait à une personne; parce qu’on Pa offensée , ou qu’on lui a déplu. (Faire satisfaction à quelcun. ) £ss Air. Ménage, dans la seconde partie de ses Observations, chap. 1. tâche de faire valoir cette façon de parler, la mauvaise satisfaction, fsc. Les autoritez de Mr. de Selve , Ambassadeur du Roi Henri II. du Cardinal d’Ossat, de Airs. d’Estrées, de Bethune, fervent à persuader que l’on en usoit autrefois ; mais elles ne prouvent pas que l’on en use présentement. 11 convient que l’on ne dit pas la bonne satisfaction ; pourquoi dira-t-on la mauvaise satisfaction ? Le terme satisfaction étoit autrefois fort en usage , particulièrement entre les Nobles. Les querelles étoient fréquentes; le point d’honneur en faisoit naître à tout moment, & l’ofensé exigeoit une satisfaction, terme (ino- nìme pour lors avec due!. Les Gouverneurs des Provinces, les Magistrats, étoient fort occupez à régler les satisfactions qui étoient dûés à ceux qui avoient été insultez. Mr. de la Colombiere, dans son Théâtre d’honnettr ffic. tom. 2. pag. >40. a examiné les di- férentes fortes de satisfactions dont on peut réparer Pinjure que l’on a faite. 11 commence par le démenti., & dit que ,, les braves de son tems croioient que „ le démenti surpassait toutes sortes de paroles inju- „ rieuses, & que c’étoit une ofensc qui ne se pouvoit „ repousser que par le soufflet, ou par le coup d’épée ,, sur la chaleur de faction & par le combat lors- „ qu’on est de sang froid : mais qu’il n’étoit pas ab- „ solument de cet avis, & qu’il croioit qu’en cette ,» ocasion auffi-bien qu’aux autres on peut trouver „ des milieux pour réparer Poseuse. ” II en propose plusieurs ; mais dont la pratique est dificile, lorsque l’honneur est intéressé. 11 en est de même des autres injures dont la réparation est mal-aisée par l’oposition des esprits peu susceptibles de raison. Volez ceí Auteur dans k lieu indiqué. SATISFACTQIRE, adj. [ SatisfaUorìut. J Terme SAT 443 Dogmatique.^ Les mérités des souffrances de Jesus- Christ font latisfactoires pour tous les pechez des hommes. On prétend que les bonnes œuvres font sotis- factoires à la Justice de Dieu, c’est-à-dire que Phom- me en s’imposont des peines à soi-même, se garantit de celles que mérité le péché, & que Dieu entre dans cette compensation. Ces œuvres latisfactoires se ré- duiroient tout au plus à celles qui font surabondantes ; car pour celles qui font commandées, & obli- f atoires, elles ne peuvent satisfaire la Justice de lieu. SATISFAIRE , satifaire , v. a. £ Facere fatis. J Tous les bons écrivains & tous les honnêtes gens qui parlent bien, disent & écrivent satisfaire , & prononcent l’r. II n’y a que quelques provinciaux & d’autres gens qui rafinent mal qui prononcent satifaire. Satisfaire lignifie Contenter. Donner satisfaction. Païer. Obéir. Répondre. Satisfaire, marquant directement la personne, veut l’acusatif. (Satisfaire quelcun. 11 a satisfait ses créanciers. Le Maìt. pi. Mais satisfaire marquant la passion de la personne , ou quelque autre chose, veut plus ordinairement le datif. Satisfaire à l’ordonnance. Patru. II dit qu’on fatisfaifoit au précepte d’oiiir la Messe, encore qu’on ait l’intention de n’en rien faire. Pasc. I. 9. Satisfaire aux objections. Pasc. I. 5. En vain pour satisfaire à nos lâches envies , Nous posons près des Rois tout le tems de nos vies , A J'oufrir des mépris U plier les genout , Ce qu’ils peuvent nefs rien. Mal. Poèsi 1 . 1. ) Satisfaire à fa curiosité, ou à son ambition. On eut aussi dire , satisfaire fa curiosité, ou son amidon. Quand on a passés son printems , C’estune dangereuse £5? dificile cisaire , Que de songer a satisfaire Un cœur ff des yeux de quìme ans. La Sablière. ) (§ Ce verbe satisfaire a deux régimes diférens ; il régit quelquefois l’acusotif, & quelquefois le datif. II y a des endroits où il régit toujours Pacusotif, comme : Tous les biens du monde ne font pas capables de satisfaire le cœur humain; on diroit mal, satisfaire au cœur humain. II y a des endroits où satisfaire régit toujours le datif, satisfaire à son devoir, satisfaire à ses obligations. II y en a où l’on peut métré Pacusotif, & le datif avec satisfaire ; par exemple: J’ai voulu en cela satisfaire ma curiosité , satisfaire à ma curiostí. Cependant Pacusotif est plus élégant que le datif. Quand le regime du verbe est une personne, & qu’il est question à’argent, satisfaire régit Pactisât! f : Jel’ai satisfait. II faut satisfaire ses créanciers. Mais quand il s’agit d’honneur, satisfaire régit, ce semble, le datif; La bienséance sfi la justice veulent qu’on satisfasse à ceux qu’on a osensez. II y a néanmoins une remarque à faire là-dessus ; quand des Souverains sc font satisfaction en matière 8’honneur, nous disons plutôt satisfaire avec Pacusotif qu’avec le datif : Le Roi d’Espagne satisfait le Roi de France. =£ SE SATISFAIRE. C’est contenter le désir qu’on a de quelque chose» (II veut se satisfaire à quelque prix que ce soit. f SE SATISFAIRE soi-même. C’est tirer raison d’une offense, d’une injure. f SATISFAISANT , ante , adj. part. Qui contente, qui satisfait. ( Discours satisfaisant, raison satisfaisante, maniérés satisfaisantes. ) SATRAPE , s m. [ Satrapa. J On apelloit de ce nom les Grands de Pancien Empire des Perses. ( Comme les Satrapes enfloient ses espérances par leurs flateries ordinaires , il se tourna vers Caridéme. Vaug. Quint. I. %.) SATRAPIE,/ / [ Satrapia. ] C’étoit l’étenduë du pais où commandoit un Satrape. Gouvernement de Satrape. (Les païs des Philistins étoient divisez en cinq Satrapies. Le Pere Lubin , Mercure Géographique. ) 4 SATTEAU, f m - Espèce de barque ou gros. se chaloupe , dont on se sert au Bastion de France sur la côte de Barbarie , pour la pêche du corail. SATURNALES , // [ Satmnalia. ] Fêtes de Saturne où tout le monde étoit en réjouissances, Sc Tom. III. K k k 2 où 444 SAT où principalement les serviteurs avoient toute forte de liberté. Ils changeoient ces jours-là leurs habits en ceux de leurs maîtres. Voïez Lipse, traité des Sa* turnales. Les uns disent que les Saturnales ont été instituées du teins des Rois de Rome , & les autres plus de cent ans après que les Rois furent chassez. Les Saturnales ne duroient qu’une semaine. Voïez là-dessus les Dialogues de Lucien fur les Saturnales. II y a des médailles qui marquent les aclamations qu’on faisoit durant les Saturnales. Spanbeim, Césars. ■ {J SATURNALES. Cette Fête si célèbre se solenni- soit à Rome à l’honneur de Saturne, le XIV. des Calendes de Janvier. Macrobe prétend qu’elle est plus ancienne que la fondation de Rome. Denis d’Fínli- carnasse croit au contraire qu’elle a été établie par les Romains. Dans ces jours-là les esclaves prenoient la place de leurs maîtres ; ils portoient le chapeau, marque de liberté ; ils se vetissoient des mêmes habits que les citoiens , & se choilissoient un Roi qui les commandoit. Ils créoient aussi des Magistrats qui prenoient la pourpre. Les Ecoles étoient fermées pendant la fête. On joùoit publiquement à tous les jeux, même à ceux de hazard qui étoient défendus pendant le cours de l’année. On se faisoit réciproquement des présens apellez apophoreta. Macrobe raconte que Publicius, Tribun du Peuple, défendit de faire certains présens de cire aux riches. Lucien a pris le foin d’expliquer toutes les circonstances de cette solennité ; il dit „ qu’elle ne duroit qu’une se- ' „ maine, & qu’il n’étoit pas permis de faire aucune ,, a faire, ni publique, ni particulière, mais feulement „ de boire, chanter, jouer, faire des Rois imaginai- „ res, mettre les valets à table avec leurs maîtres, ,, & les barbouiller de suye, ou les faire sauter dans „ l’eau la tête la première, lorsqu’ils ne faifoient pas „ bien leur devoir. ” II ajoute ensuite, en exagérant la licence de cette fête : ,, D’ailleurs, ne contes-tu „ pour rien de s’injurier soi-méme, danser & chanter „ tout nud, avec des postures & des contenances las- ,, cives, faire trois tours avec une musicienne sur ses épaules, & antres semblables extravagances : Le motif qui donna lieu à l’institution des Saturnales, fut de faire souvenir les hommes de la douceur du régné de Saturne , où le blé venoit fans être semé, & où il couloir des fleuves de lait & des sources de miel & de vin. Tout étoit pour lors en ,, commun ; il n’y avoit ni pauvre, ni riche ; on ne „ trompoit, ni on ne trahislòit personne, c’est pour- „ quoi, pendant les Saturnales , il n’y a ni maître, „ ni valet, & l’on ne fait que rire & danser. On ne „ punissoit pour lors aucun criminel. ” Et il faut que l’on mît quelque diférence entre chaque jour des Saturnales , puisque l’on trouve dans une ancienne „ inscription raportée par Gruter, p. 124. del’ancien- ne Edition : IN SATURNALIA SECUNDA ; & Cicéron, dans la dernière Letre du r;. Livre des Letres à Atticus , a dit : Sed cum fecundus Saturnalìbus ad Philippum vefierì venijfet ; & enfin dans la Letre ao. du cinquième Livre : Tertiis Saturnalìbus. Ce qui fait connoître non seulement que la fête duroit pendant plusieurs jours, mais encore qu’ils étoient dife- rens les uns des autres. SATURNE , f. m. [ Saturnus. ] Dieu Paien, pere de Jupiter, & qui se prend en vers pour le tems. ( Jupiter détrôna Saturne. Son jugement fera tortu S’il craint que Saturne dévoré Le monument de fa vertu. Mai. Poef. ) SATURNE. [ Saturnus. ] Une des sept planètes. (Saturne est sec & froid. Saturne est ami de Jupiter & ennemi de toutes les autres Planètes. ) SATURNE. [ Plumbum. ] En termes de Chimie c’est le plomb. H Ils apellent , sel de Saturne , le sel qu’ils en tirent. * SATURNIEN, saturnienne , adj. [ Morofus , melan - colicus. ] Mélancolique. Triste. Taciturne. ( Et comme vous savez très-bien , Saturne ejl moins Saturnien. Voit. Poef. ) íjf Pasquier a dit dans une de ses Lettres, tom. 1. $• 31 • ,, Pource que celui qui est d’une humeur jo- ,, viale, mene l’amour gayement & avec plus d’alle- SAV greffe ; & le Saturnien avec une plus grande crainte. ” Ce terme ne peut être soufert que dans la conversation , ou dans le stile enjoué. SAVANMENT, adv. c Doflè , aperitè.~\ Doctement. ) II parle favanment de tout , & c’est dommage qu’il ne soit pas honnête homme. Sur ce point p favanment touché , Defmares dans saint Roch n’auroit pas mieux prêché. Despr. Sat. co. ) SAVANT , savante ou fçavant , fçavante , adj. [ Dofíus , feiens, eruditus, peritus. ] Qui a de la science & de l’érudition. Qui a de belles & de solides connoissances dans de certaines matières. ( Chopin est un savant Jurisconsulte, mais il se méconte quelquefois. Patru , Urbanises. Vous avez cru fort mal , ef je vous fuis garant Qu’un sot savant ef sot plus qu un sot ignorant. Mol. ) SAVANT, ou fçavant, f m. [Vir do fl us, litteratus.J Qui a beaucoup de science. Le Pape Eugene quatrième aima chèrement les letres & les savans. Patru , Urbanises. Avoir les savans de son côté. Molière , Mr. le Maître étoit un savant homme , & un habile homme, c’est-à-dire, qu’il savoit plusieurs choses & qu’il avoit un excellent esprit. Les savans fe doivent regarder comme freres, & en qualité de fils d’Apol- Ion, ils font tous égaux. Le monde est rempli de faux savans. ) Le feu Pere Mabillon Bénédictin, étoit le plus savant & le plus humble de tous les Religieux. Pierius a fait un traité du Malheur des Savans. f SAVANTAS; favantat ; favantas e, f m ., ['Uiteris confuse imbutus. J Ces mots fe disent par mépris pour dire. Un savant mal poli. Un homme qui a la tête pleine d’un docte fatras de choses fientifiques. Ménage a écrit favantaffe , mais mal, au jugement dé Messieurs nos maîtres. Scaron dans ses poésies a dit favantant. Le meilleur est favantas. ( Sa couleur ef d’olive où fe mêle une bile Qui d’un vain favantas nous étale P humeur. Grand favantas , Nation Incivile , Dont Calepin ef le J'eul utencile. ) Desh. ) fg C’est de ces savans que le Chevalier d’Accilljr a dit : Dieu me garde d’être fçavant D’une science fi profonde ; Les plus dofles le plus souvent Sont les plus sottes gens du monde. SAV ATE, f f- [ Calceus ufu attritus. ] Soulié usé. Vieux soulié. ( Ce sont de méchantes savates. Quand on ne fait pus un métier , En vain d’y réùjfir un fol efirit fe flûte , II ne faut pus qu’un savetier Aille plus loin que fa savate. Le Noble. ) SAVATERIE, f. f. [Sutoria veteramentaria.'] Rue à Paris où l’on vend & fait trafic de souliers. (II demeure dans la rué de la savaterie. ) SAUCE. Voïez plus bas fausse sfl fausser. SAUCISSE ; saufijfe , s. f. [Botulus , BoteUusf] Prononcez fòcijfe & écrivez saucisse. Viande de porc, ou de veau bien assaisonnée, avec poivre, vin blanc, cloux de girofle, oignon, fines herbes qu’on entonne dans un boiau de cochon bien neteïé. ( Faire de bonnes saucisses. Les saucisses de veau font incomparablement meilleures & plus saines que celles de porc. ) . SAUCISSE, f Sulfurati pulveris botulus. ] Terme d 'Ingénieur. Sorte de fusée faite de choses très-fuf- ceptibles de feu, dont on fe sert pour faire jouer les mines & les fourneaux. C’est une longue traînée de poudre qu’on roule & qu’on coupe en long dans de la toile goudronnée. ( Métré le feu à une saucisse. Saucisse qui va faire jouer un fourneau. ) SAUCISSON , faufijfon, f. m. s Lucanica .J C’est une fort grosse saucisse pleine de viande assaisonnée de sel, de poivre, de cloux de girofle, & autres choses qui échaufent & réveillent l’apetit. ( Les meilleurs saucissons viennent de Boulogne en Italie, SAUCISSON. [ Grandiores fafees ad obfidionales munitiones. J Terme d 'Ingénieur. Facine qui est 1 ms par trois endroits, qui est faite de gros bois, ou de troncs SAV troncs de petits arbres, & qui sert à afermir les chemins des charois , à faire des épaulemens, & des traverses, & à se couvrir. $ SAUCISSONS , ou Turbans. Les Droguistes & Epiciers donnent ce nom à la Gomme Gutte en rouleaux. SAVETER , v. a. s Inconcinnè laborare. ] Travailler à un ouvrage mal proprement, & grossièrement. (Ce tailleur a saveté mon habit. Voila un manteau bien saveté. SAVETIER , s ut. [ Vcterament arien sutor.) Artisan qui racommode les fouliez, & qui les remonte, (ììn bon savetier. Un méchant savetier. Le savetier Micile de Lucien est fameux & plaisant. Pierre qui durant sa jeunesse Fut un renommé savetier, Est superbe de sa richesse , Èt honteux de son vieux métier. Les Savetiers de Paris prennent pour leur fête la Saint Pierre aux liens, qui est le premier d'Aoust. Un savetier chantoit du matin jusqu’ausoir, C’étoit merveille de le voir, Merveille de l’o'ùir , il saisoit des passages, Plus content qu’aucun des sept sages. La Font. ) SAVETIER. [[mperitus artisexi) Se dit aussi de tout artisan qui travaille mal. (Le Alaçon dit à son apren- tif : Tu ne seras jamais qu’un savetiers & le Savetier dit au sien : Tu ne feras jamais qu’un Maçon. ) SAVEUR , f. f f Sapor , gujìus. ] Sentiment qu’on a d’ordinaire quand on boit, ou qu’on mange. Q_ualité qui est du côté des viandes & des liqueurs, en quoi consiste le pouvoir qu’elles ont d’exciter en nous le sentiment des saveurs. Qualité qui se con- noit par le goût. ( Les viandes cuites ont une autre saveur que lorsqu’elles font crues. Tous les hommes ne-trouvant pas la même faveur dans la même viande. Saveur acre, amére, salée, austère, acerbe, aigre, grasse, ou huileuse, douce, insipide. La langue & le palais jugent des saveurs. La bonté de Peau consiste à n’avoir aucune saveur. ) f * SAVEUR, se dit auss: des pièces d’esprit. On dit d’une composition, où il n’y a rien d’agréable, de piquant, qu’on n’y trouve ni goût ni faveur. t SAUF , sauve , adj. [ Suivies , integer. ] Ce mot vient du Latin salvus. II signifie Jauve. Mais il n’est en usage qu’en de certaines façons de parler, comme, il est arrivé sain & sauf. Vie & bagues sauves. C’est une clause qu’on met dans les capitulations. SAUT. [ Prater, extra, excepto. ] Préposition qui régit l’acusatif , ou le datif. ( Sauf au demandeur à se pourvoir. Patru. Sauf son recours contre un tel. Le Meut. Je pense, sauf correclion , qu’il a le diable au corps. Molière, Avare, ail. r. sc. Chaque sexe a sa passion , Chacun pour se guérir a recours au remede , Je le dis , sauf correction , Que de cœurs masculins brûlent pour Gcmimede. Alademois. Bonam. ) SAUF-CONDUIT, f m. f Fi de s puhlica. ] Sorte de passeport. Lettre que donne le Roi, ou quelque personne qui le represente, pour aller & passer en fureté par tout le Roiaume, & par toutes les terres de son obéissance. Les sauf-conduits se donnent aux Messagers, Alarchands étrangers, &c. ( Obtenir un sauf-conduit. Ablancourt. ) SAUGE , f. f. s Salvia. J Plante odoriférante , longue, & branchuë dont les feuilles font velues & un peu blanchâtres. (Sauge commune, cultivée, panachée, sauvage, petite ou grande. ) Elle est chaude & astringente, mais elle est fort faine, elle est propre pour neteier les ulcérés, & arrêter les mois qui coulent trop, &c. Voïez Dalechamp. t SAUGRENE'E , f f. [ Conàitura ex aqua N sale confessa. ] Assaisonnement avec de seau & du sel seulement. II se dit des pois, manger des pois à la faugrenée. t * SAUGRENU, saugrenue , 'adj. f Ineptus , infulsm, inconcinnus.) Terme populaire & bas qui se dit des discours. ( II m’a fait des contes saugrenus, c est-à-dire, mal assaisonnez. ) SAU 445 SAUGUE , f f [ Navicula piscatoria. 3 C’est un bateau de pêcheur de Provence. SAVINIERE ,, s f. ou Sabine, s f. [ Sabina. 3 Sorte de plante médecinale , qui produit des feuilles presque semblables à celles du ciprès, mais plus épineuses. Elle a une odeur forte & une saveur piquante. f SAULAïE, f f. Lieu planté de saules. On dit ordinairement, Saussaie. Voïez plus-bas. SAULE , s m. ( Salix. 3 Sorte d’arbre qui aime les lieux humides & qui croît très-vite. ( Ua saule noir. Elles se baignent sotts Us ondes A l’ombre des roseaux Et des saules épais qui couronnent les eaux. Saraiìn, Poésies. ) Le Ciel permit qu’un saule se trouva Dont le branchage, après Dieu le sauva. La Font. fables, l. i. f. 19. ) SAUMACHE , adj. [ Aqua dulcis supsalsa. 3 Qui n’est en usage qu’au féminin. Eau douce, un peu salée ; Peau de la mer s’apelle eau saumacbe. Académie Françoise. H L’Academie dit, Eausaumâtre. SAUME'E , s f. [ Jugerum. J On donne ce nom en quelques Provinces à une mesure de terre labourable, qui est d’environ un arpent. SAUMON, s m. s Sulmo. 3 Poisson couvert de petites écailles marquées de taches rondes , qui a le dos bluátre, le ventre luisant, & la queue large, & qui étant né dans la mer Oceane & aimant l’eau douce se retire aux rivières qui entrent dans cette mer. ( Saumon de lac. Saumon de rivière, & saumon de mer. Les saumons de la Garonne & de la Dordogne font les meilleurs : celui qu’on pêche en Laponie est le plus excellent saumon de l’Europe. Rond. ) * SAUMON. L Massa Jìannea. ] Terme de Potier estétain. Piece ou morceau d’étain en maniéré de navette , pesant quatre-vingts, cent cinquante livres & plus quelquefois, que les potiers d’étain fondent pour faire divers ouvrages. ( Fondre un saumon. ) * SAUMON. [ Massa plumbea. ] Terme de Plombier. Grosse piece de plomb en forme de navette de tisserand qui pese environ trois cens & qui vient d’Angleterre, que les plombiers fondent, pour faire divers ouvrages. (Faire venir des saumons de plomb. ) * SAUMON , s m. [ Massa argentea. 3 C’est aut si! un gros morceau d’argent fondu en forme ovale que les orfèvres réduisent après en plusieurs lingots. Les Saumons 'd’argent pèsent ordinairement 300. livres ou un peu moins. SAUMONE', saumonée, adj. [ Sulmonius. 3 Qui a quelque chose du Poisson nommé saumon, (Truite saumonée. ) SAUMURE, s f í Muria , garum. 3 C'est un composé liquide fait de sel & de jus de chair. (Saumure vive. Saumure bouillie. La saumure vive est celle qui tombe du pressoir où est salé le lard des charcutiers & elle leur sert à saler la chair des cochons. La Saumure boëdllie est ce jus liquide composé de jus de chair & de sel, qu’on fait bouillir, & dont on se sert pour saler le pot & autre chose. SAUNAGE , s m. s Salis improsejjì vendìtio. 3 On apelle fauxsaunage , un trafic de sel qui se fait en fraude des droits du Roi. On condanne aux Galères pour le saux-saunnge. Hors de cette façon de parler, le mot de saunage n’est pas usité. SAUNER, v. a. [ .W conficere . ] Faire du sel- L’Ordonnance des Gabelles oblige les propriétaires des marais salans à les sauner suffisanment, pour y trouver dequoi fournir les Greniers. SAUNERIE , s f íSalin *. ] Endroit où font les bâdmens, maisons, sources, puits, fontaines salées , cours , bernes , fonds & très-fonds, mûries & tous les instrumens pour fabriquer le sel & où il y a magasin de sel. (Le fermier des gabelles qui succédera sera obligé de prendre les sels restans dans les sauneries. Nous nous réservons la justice des faune - ries. Voïez Le bail des gabelles.) SAUNIER, f m. [ Salarius , qui ìn salinis operam ponit. ] Celui qui fait le sel, qui le vend & le débité à ceux qui ont certificat des Curez des parois, ses. ( Nous défendons aux sauniers de vendre au- K k k 3 cun 446 SAV «un sel de nuit à quelque personne que ce soit, a neine de confiscation de leurs plombs & sablons 1er- vant à faire le sel. Voïez k bail des gabelles , arts- Faux-saunier. [IUegitimm salis vendìtor .] C’est celui qui debite du sel, en fraudant les droits du Roi. f SAUNIERE , f f. Vaisseau où se conserve le sel. SAVOIR , ou sçavoir, f. m. [ Scìentia, doclrina, litteratura , eruditio. ] L’un & l’autre s’écrit & l’un & l’autre signifie Science, Erudition. Lumières & honnêtes connoissances. ( Le bon sens, le savoir & la sagesse rendent habile & aimable en tous tems & en tous lieux. Madame Sablé, Maximes. Le savoir rend les honnêtes gens plus retenus , & les ignorans plus hardis. Abl. Lucien. ) f SAVOIR faire. [ Solertia , industria, dexteritas. J Mot qui se dit encore quelquefois par des gens qui ne parlent pas poliment, & qui signifie adresse, intrigue, conduite fine. ( 11 en viendra à bout par son savoir faire. ) [’f Le P. Bouhours a fort bien remarque que savoir faire est un substantif qui a quelque chose de monstrueux, étant composé de deux verbes, contre le génie de notre langue qui n’a point de substantif de cette espece. On s’en servit d’abord dans toutes sortes d’oeasions ; peu de tems après, on s’en dégoûta ; & dans la fuite , on en a usé dans la conversation , mais il n’est pas du beau stile. SAVOIR, ou sçavoir, v.a. [ Scire, nascere, tenere, ] L’un & l’autre s’écrit. Je sai, tu sais, il fuit, nous savons. Jesavois. J’aisçu. Jesçus. Je saurai. Que je sache. JesuJse, ou je fuse. Je saur ois, ou sçaurois. Sachant. C’est avoir de la science. Avoir des lumières & d’honnêtes connoissances par le moien de la raison &del’étude. (Vossius étoit un homme qui sa- voit beaucoup. Savoir l’histoire, le droit, la medecine. II n’y a que Dieu qui voie tout & qui sache tout. ) (§ Quand je dis qu’Ergaste écrit bien , Tu me réponds qu’il ne sçait rien : Mais ton erreur est infinie ; 11 sçait ce qu’il n’aprit jamais ; Et toi qui n’tu point de genïe , Tu ne sçais pas ce que tu sçait. Gombauld. SAVOIR. {Pro comperto habere.] Connoître. Découvrir. ( Hehu ! qui sans aimer sqait que le mal extrême Est d!en savoir un autre aimé de ce qu’il aime. Segrais, Eglogue 2 . ) SAVOIR. [ Callere, rem habere certam. j Avoir nouvelle. Avoir avis. Avoir connoissance d’une chose. (II marcha contre les ennemis qu’il savoir avoir pas. sé la rivière. II fit du bien à tous ceux qu’il savoit avoir aimé son fils. Vaug. Rem. Quand je vous saurai guéri. C’est-à-dire , quand je saurai que vous serez guéri. ) (g La bonne foi de Mr. Ménage mérite d’être louée. II avoit dit dans fa première Eglogue : Mais hehs ! malheureux , banni de votre vûé , Je vous sçais à regret de tant d’atraits pourvûé. Mais il reconnoît que cette locution est hardie, qu’el- le n’a pas été heureuse : & pour en parler franchement, ( dit-il ) ce vers , Je vous sçais à regret, {sc. ne me plaît pas; & si quelqu’un vouloit me le changer en mieux, il m’obligeroit. SAVOIR. Sorte à’adverbe qu’on rend en latin par. [ 'Nimirum, nempe, scilìcet. ] C'f Plusieurs personnes bannisent du stile sçavoir adverbe ; d’autres soutiennent que l’on peut clire : C’est de cette vérité importante que je veux vous entretenir aujourd’hui, sçavoir, {sc. t§ U faut sçavoir. Mauvaise locution. On l’a dit autrefois : mais il est exclu même de la conversation des gens du monde. SAVOIR. Entre encore en plusieurs phrases. Exemples. II Jdit le tran tran des afaires, pour dire qu’il en connoit la conduite, f Modum callet. ] 11 fait plus queJon pain manger. Pour dire qu’on a de l’expe- nence du monde. On dit qu’un homme en fait long, quand il en fait plus qu’il ne fait paroître. s Plus Jaus est quam quod pra se sert. J On apelle par mépris, un homme de néant. Un jt ne Jat qui. [ Homo nauci. ] SAU Un je ne sai quoi. [ Uescio quid. ] Se dit des choses dont on ne peut pas trouver l’expreffion. Le Pe- re Bouhours a fait un entretien fur íe je ne sai quoi, & c’est où il parle de la grâce assez cavalièrement. J'en suis toute charmée, es fi j’osois pecher , Je voi je ne sai quoi, qui me pourrait toucher. Ep. d’Ovide. ) SAVOIR, à savoir , adv. {Scilìcet, videlicet.] Son bien est en diférente nature, sçavoir en rentes, en terre , &c. SAVON > s- m. [ Sapa. ] C’est un composé de cendres, de chaux vive, de foute & d’huile d’olive & de quelque autre chose , duquel on se sert pour blanchir le linge & pour faire des savonnettes quand il est bien purifié. ( Savon blanc , gris , noir & marbré , ou selon les gens du métier, madre. Faire du savon. ) £ 11 y a du Savon d’Alicante, du Savon de Carta- gene, du Savon de Gayette, du Savon de Germes, du Savon de Marseille, du Savon de Toulon. Tous ces Savons font fort résolutifs. SAVONAGE, s. m. {Aqua, sapone dilata.'] Terme de BlancbiJJeur & de Blanchisseuse de menu linge. C’est l’eau & le savon dans quoi on trempe le linge qu’on veut savonner. ( Métré le linge au savonage. Le linge est au savonage. ) SAVONNER, v. a. {Sapone lintea eluere.] Terme de BlanchiJJeuse de menu linge. Froter le linge avec du savon & de l’eau. ( Savonner des chemises fi. nés. Savonner des rabas & des manchetes. ) SAVONNER. [ Sapone abluere. ] Ce mot se dit en parlant de point. C’est le néteier avec la broste au fond avec de l’eau & du savon. ( Savonner bien le point de France. ) * SAVONNER. [ Malè excipere. ] Populairement signifie batte. L’Histoire médisante dit que la raison pour laquelle Richelet dit tant de mal des Dauphinois, c’est qu’ils Pont savonné. SAVONNERIE , s. f. [ Saponaria. ] C’est le lieu où l’on fabrique le savon. (Aller à la savonnerie. ) î SAVONNERIE. C’est aussi une Manufacture Roïa- le établie à Paris, au bout du cours de la Reine. On y fait de beaux ouvrages de tapisserie , & des tapis façon de Turquie & de Perse. _ SAVONNETE, f f. {Globulussaponis.] C’est une petite boule de savon purifié & souvent parfumé dont on se sert avec de seau chaude 011 froide, pour froter la barbe avant que de la raser. Savonnete commune. Les meilleures savonnetes sont celles de Boulogne. Faire de bonnes savonnetes. ) * SAVOUREMENT , f. m. [ Gustationis suavitas. ] On a dit ce mot pour lignifier Faction de savourer; mais il n’est pas en usage. SAVOURER, v. a. {Degustare.] Goûter. (Savourer ce qu’on boit & ce qu’on mange. II est malhonnête de savourer les viandes. * Mon ame sur ma lèvre étoit lors toute entière. Pour savourer le miel qui fur la vôtre étoit. Voit. Poésies. ) * Savourer les plaisirs. Ablancourt. {Voluptates degustare. ] SAVOURET , f. m. {Os meduUatum.] Quelques- uns donnent ce nom à des os pleins de moelle , dont les pauvres gens font du potage. SAVOUREUSEMENT , adj. {Sapidè. ] En savourant. ( Broutin tout dévot qu’il est , mange très fa- voureufiment. j SAVOUREUX , savoureuse, adj. [ Sapidrn, gratisa- poris. ] Plein de saveur. Qui a de la saveur. (Corps savoureux. Les viandes chaudes sont plus savoureuses que lors qu’elles sont froides. ) * Dn baiser savoureux. Benserade, po'ês. C’est-à-dire, un baiser délicieux. SAUPIQUET, s m. {Embamma.] Sorte de saut so qui est un peu de haut goût & qui se fait sur certaine viande. ( Voilà les restes du levraut dont on pourra faire demain matin un bon saupiquet.) SAUPOUDRER , v. a. [ Sale restergere. ] Cê mot se dit en pariant de la Viande , & signifie répandre sur la viande un peu de sel : la saler un peu. (Saupoudrer la viande de sel. ( On saupoudre aussi avec des épiceries & autres choses réduites en poudre. SAUPOUDRER , v. a. {Leviterstercorare.] Terme dc Jardinier. 11 se dit en parlant de chicorées & de laitues. SÀU laitues. C’est les couvrir legerement de fumier sec. ( En saupoudrant les chicorées & laitues, on les garantit du tort que les premières gelées leur peuvent faire. Quint. Jard. Fr. i. p. ) SAUR- Voïez Sor. SAUSSAIE , s. f C Salicetum.'] Prononcez Sojsée 5 écrivez saujsaïe. Lieu où l’on plante & où viennent des saules & des oziers. ( Une belle & grande saussaie. ) Quelques-uns disent saulaie : mais saussaie est le mot d’usage. SAUSSE, ou sauce, s. f. Prononcez Sôce. [ Con- àhmntum , di qu amen. 3 C’est d’ordinaire le jus liquide de quelque ragoût ou de quelque fricassée, soit de chair ou de poisson. ( Sausse épaisse. Les fausses les plus courtes font les meilleures. Lier une fausse. Jamais bon cuisinier nc fit grande fausse. ) f SAUSSE-ROBERT. C’est de l’oignon bien fricassé avec du sel, du poivre, & du vinaigre, auquel on mêle un peu de moutarde. (On fait une fausse-robert fur quelque aile de poulet d’Inde froid & rôti. ) f SAUSSE à la dodine. C’est une fausse qui fe fait avec de l’oignon & de la graisse qui tombe dans la lèchefrite, ensuite on prend de la farine & du lait dont on fait une efpece de bouillie, où l’on jette l’oignon qui est fricassé avec de la graisse , & c’est ordinairement sous les canards qu’on fait cette forte de fausse. ( Vive f amour, maii que je dine , Vive du lard, Vive un canard A la dodine. Voïez recueil des Vaudevilles de Serci, tome 2. p. ) t SAUSSE AU PAUVRE HOMME, f. f. C’est de l’échaîote, de la rocambole , ou de la ciboule hachée bien menue avec du sel, du poivre blanc, du bon vinaigre & de la bonne huile d’olive, pour réveiller l’apetit & pour manger quelque poulet rôti & froid , quelque aile de chapon, ou d’autre oiseau qui est rôtie 6 froide. ( II faut faire une fausse au pauvre homme pour manger cette perdrix qui est restée de nôtre soupé d’hier. ) * f A quelle fausse peut-on métré cela ? Benserade, Boises. C’est-à-dire, que peut-on faire de cela ? SAUSSE. Se dit proverbialement. II n’est fausse que d’apetit. {Optimum condimentum famés .] Si vous ne le trouvez pal bien, faites y une fausse. On ne fera jamais rien de bon de cet enfant, à quelque fausse qu’on le mette, f Quamcumque teneat partem, ni - hilprqficiet. J On dit que la sausse coûte plus que le poisson, quand on parle d’une chose dont l’accessoi- re coûte plus que le principal. SAUSSE. [ Objurgatio. ] Se prend encore populairement, pour réprimandé. ( Quand votre femme saura que vous aimez ailleurs, vous aurez bien votre fausse. ) {Te ajperíw habebït. J SAUSSER , ou saucer, v. a. f In embamma intinge - re. ] Mouiller dans la fausse. Tremper dans la faussé. ( Sausser son pain. Sausser un morceau. II n’est pas honnête, de fausser du pain, ou autre chose lors- qu’on mange avec une personne de qualité, & qui est plus que nous. ) SAUSSER. {Immergi.J Signifie aussi tremper dans l’eau, ou être mouillé par la pluie. (Pour venir vous voir aujourd’hui, j’ai été faussé comme il faut. Les Matelots faussent ceux qui n’ont jamais passé la ligne. ) t SAUSSIER, ou Saucier , s. m. Celui qui compose ou qui vend des sauces. Les Maîtres Vinaigriers de Paris prennent dans leurs Statuts la qualité de Maîtres SaujJìers. SAUSSIE’RE , saucière, s. f. [ Paropsis, catinulus. j C’est une forte de petit plat d’argent, ou d’étain. ( Une faussiére bien faite. ) SAUSSISSE. Voïez saucisse. SAUSSISSON. Voïez Saucisson. SAUT, s. m. [ Saltw , faltatìo. ] C’est faction de sauter. ( 11 y a de plusieurs fortes de sauts, le faut de la carpe, le faut du mouton , le faut du cra- paut, le faut du meunier, le faut du poltron. Les sauts périlleux ce font des sauts que les Italiens apel- Ient sali mortalij parce qu’ón ne les fauroit faire fans métré fa vie én quelque hasard , & qu’il s’y faut prendre avec beaucoup dé précaution. Faire les sauts périlleux. ) SAU 447 SAUT; C Tripudiatio. ] Ce mot se dit en termes de danse, & il y a plusieurs fortes de sauts, le faut simple, le faut batu, le faut de Basque, &c. SAUT. C Praceps aquet lapsus. ] 11 se dit des eaux, & signifie une chute d’eau. Voïez cascade & cataracte. t Au saut du lit. [ Statirn à teHo. ] C’est-à-dire, au moment qu’on se leve. t * On lui a fait faire un faut en Pair. [ Laque» suspensus. ] C’est-à-dire, on l’a pendu. On l’a jette de haut en bas. f * Faire le faut de l’Alemand. [ A leHo ad men- fam. J De la table au lit & du lit à la table. (J * Tout y fait le faut periBeux Jusqu’aux bouteiBes deux à deux. C’est-à-dire, on jette £ç? on renverse tout. ) De plein-saut, adv. [ Ex •[ Scarus. ] Gros poisson de mer ruminant, dont la chair est bonne à manger •t SCA VILLON, ou ESCAV 1 LL 0 N, f. m. Drogue qu’on met au nombre des épiceries. Quelques- uns la prennent pour le menu de la canelle fine ; d’autres veulent que ce soit la canelle matte ; & d’autres encore la Cassa lignea. SÇ AVOIR- Voïez savoir. SCAZON. Ternie de Poésie Latine , qu’on apelle autrement jambe boiteuse. C’estune espèce de vers oui avoit en son cinquième pié un ïambe, en son sixième un spondée , & qui pour le reste ne dìféroit point du vers lambique. (La Préface des Satires de Perse est composée de vers Scazons. ) SCEAU. Voïez la colonne seau, & la colonne sel. SCEDULE- Voïez Cedule. SCELERAT- Voïez la colonne sel. SCENE. Voïez la colonne sen. SCEPTIQUE- Voïez septique. SCEPTRE. Voïez sptre. t SCHAI, s. m. Petite monoïe d’argent qui a cours en Perse. f SCHAN, que les Chinois apellent Catì. Poids dont on se sert à Siam. f SCHARAFí, s rn. Monoïe d’or qui se fabriquoít autrefois en Egipte. II vaut autant que le Sultanin , & environ l’écu d’or de France. f SCHELDAL ,s m. Monoïe d’argent qui se fabrique & qui a cours en Dannemarck & dans quelques lieux d’Alíemagne. Le Scheldal vaut trente-deuxsols lubs , ou les deux tiers d’une ricsdale. SCHELIN- Voïez schilling. t SCHELME i /■ r,i. [ Perversus, sceleratut .] Mot Alemand, qui signifie: Méchant. Scélérat. Coquin; mais aujourd’hui il ne se dit guère. ( C’est un schelme.) f SÇHEPEL, s nt. Mesure des grains dont on sc sert à Hambourg, & qui est moindre que le minot de Paris. ,-j- SCHERIF, SULTANIN, ou SEQUIN. Monoïe d’or qui se fabrique au Caire, & qui a cours dans tous les Etats du Grand Seigneur. SCHILLING, SCHELLING, s. m. [Nunmus Schelinus. J On ne prononce point en François le g qui est à la fin de ce mot. Eduard Chamberlaine, Etat d’Angleterre , chapitre 1. édition 4. écrit Schilling. Schuz, Cronique de Prusse, écrit aussi le mot de Schilling de la méme sorte ; & ainsi il semble que sor ce chapitre le plus seur soit de suivre ces Messieurs. Monsieur Zapse, qui est un homme Alemand, d’une érudition connue, & mon très-cher confrère en Apollon, que j’ai consulté sur le mot de schilling, m’a fait voir que ce mot étoit Alemand d’origine, & qu’on écrivoit Schilling , & non pas Schelling. Voici en François ce qu’il m’a fait lire en Alemand dans Schuz , Cronique, de Prusse , page 67. En Prusse Jbus le sezicme Maître de l'Ordre Teutonique, tíernhard Schilling , bourgeois de Thorn, tira d’une mine de la Ville de Nicoler- Dorjs, la matière de pluseurs saumons d’argent s U fur ce qu’il y avoit alors de grans abus dans la monoïe qtti avoit cours en Bohême ’Jj en Pologne, on permit à Schilling de batre de petites pièces , qu’il apella de son nom. Le Schilling est une sorte de monoie étrangère qui a d’un côté les armes de l’Etat où il a été batu , & de l’autre un lion, un aigle, ou quelque autre figure avec une légende. Le Schilling a cours en Angleterre, en Hollande, en Flandre, en Westphalie, dans la basse Saxe, en Prusse, en Danemarc, en Norvege, &c< Mais aux païs où il est reçu , il vaut plus dans les uns que dans les autres, & même il n’est pas également grand en toutes les contrées où il a cours. En Angleterre, en Flandre , & en Holande , il est a peu près de la grandeur d’une piéce de 42. sous de France , mais moins épais. Le Schilling vaut en Angleterre environ 20. fous monoïe de France, en Flandre sept sous & demi , dans la basse Saxe quinze deniers , & moins en Norvege & en Danemarc ; trois Schillings en Prusse valent une grofche ; & trois grofehes deux fous. II J a aussi des demi Schillings qui valent chacun la moitié d’un Schilling. Mais les Schillings ni les demi Schillings ne sc passent point en France, & prin- «pa- SCO cipalement depuis la déclaration du 28 . de Mars de l’année 1679. qu’on décria dans ce Roïaume toutes les monoïes étrangères. H SCHIPPONDT, s m. Sorte de poids dont on se sert en pluíìeurs Villes d’Europe, pour Tâchât & la vente de certaines espèces de Marchandises. Ce poids est plus ou moins fort , suivant les lieux où il est en usage. SCHIRE, s- >». C Schyrrus. j Terme dé Médecin. Prononcez squirre. (Test une tumeur qui est contre nature, qui est dure fans douleur & faite d’une humeur mélancolique naturelle* Deg. (Guérir un fchir- re. ) Voïez squirre. í SCHIRPUS. C’est le plus grand des joncs. II ne porte pas de feuilles. Ses fommitez fleuries, ses semences & ses racines font astringentes & un peu narcotiques. SCHISMATIQUE , adj. [ Schismaticus. ] Qui est dans le schisme. (Il est fchifmatique. Elle est schifmatique. Peuples fchismatiques. ) SCHISME , f. m. [ Schifma , divisa. ] Mot qui vient du Grec qui veut dire division par laquelle on fe soustrait de Tobéïssance de l’Eglise. Faire un schisme. Causer u a schisme. Etouferun schisme. Faire cesser un schisme. ) SCHNAPAN, f- nu £ Prado, grajsator. ] Mot Alemand , qui depuis ces dernières guerres, s’est fait François, & dont on se sert à propos dans les Gazetes. Le Schnapan est un pauvre Alemand ruiné, païsan , ou autre qui s'est retiré dans les bois, & qui bien armé,, tout enragé & plein de cœur, ataque , vole & tuë souvent tous ceux qu’il rencontre. Les Schnapans vont par troupes , commandez par un Chef, ne donnant nul quartier aux François qui tombent entre leurs mains. t SCHOENANTE, OU Jong odorant, s. m. [ Scka - nanthum. ] Espèce de jonc qui croît en abondance au pied du mont Liban. Sa fleur est vulnéraire & apéritive. Voïez plus bas , Scanant. f SCHREVE , ou FERTEL, f. m. Mesure des liquides dont on se sert en Alemagne. SCIAGE- Voïez la colonne fia. SCIATIQUE- Voïez la colonne./?*. SCIE, scier. Voïez la colonnes* f SCILLES, OU SQUILLES , s. /. [ Squilla ou Scilla. ] Gros oignons qui croissent en Espagne & en Normandie. Ils sont d’usage dans la Médecine. í SCIOENA, f »i. Gros poisson de mer. Les pierres qui se trouvent dans sa tête son apéritives. t SCINE MARIN , f m. [ Sàncw. ] Petit anr mal amphibie ressemblant à un lézard. Il est propre pour résister au venin & pour exciter la semence. SCION. Voïez Sion. Ç SCIOTERIQUE- Une horloge Scioterique, où il y a un stìle qui marque les heures par son ombre. [ Horologìum Sciatbtricon. j SCLEROPHTALMIE, sf. Espèce d’ophtalmie, dans laquelle l’œil est sec, dur, rouge , douloureux. Les paupières sèches & dures ne s’ouvrent que difficilement après le sommeil. SCLF.ROTIDE , f f. Terme $ Anatomie & d’Optique. Membrane commune de Tœil, dont la partie transparente s’apelle Cornée , qui est située entre la conjonctive de l'uvée. SCLEROTIQUE, adj. [ Remédia sderotica. ] Remede propre à durcir les chairs du corps. SCOENANT , s m. [ Juncm odoratus. ] Plante qui ressemble à la paille d’orge, qui croît dans l’Ara- bie heureuse, & qui est très-propre dans les obstructions du foie, & de la rate dans le vomissement Si dans le hoquet. Voïez Schœnante. SCOENOBATES , [ Scboenobates. ] Nom que les Grecs donnoient aux danseurs de corde. .SCOLASTIQUE, adj. [ Scolasikus. f Mot qui vient du Grec, Sc qui veut dire qui est de l’école. (Les questions scolajìiques font épineuses. ) SCOLASTIQUE , f. nt. [ Theologus Eccksiasticus. ] Théologien Scolastique. (C’est un nouveau Scolastique , Pascal , /. 4. Us acuferent d’erreurs les doctes. Scbolastiques. Maucroix , Schisme , lìv. a. ) SCO 451 SCOLASTIQUE , s. s. [ Theólògià Scolajìica. j C’est la Théologie querelleuse. Théologie qui raisonne des choses divines fur les principes de í’Ecriture & de la tradition. ( Savoir la Scolastique. Enseigner la Scolastique. ) {§ SCOLASTIQUE. G’est dans quelques Eglises * coìnme dans la Catédrale de Lion , le même Ecleíìa- stique que Ton nomme Ecolâtre dans d’autres Eglises. On voit d’abord que Scolastique ou Ecolâtre ont la même origine , & que leur fonction principale a consisté dans le foin des Ecoles établies dans les Eglises Ca- tedrales. Le Concile de Trente, sels. 2;. rie fixe point la qualité du Scolastique ; il apelle fa fonction osa ou dignité : mais il veut que ces sortes d’ofices ou de dignitez que Ton nomme scolastiques, ne soient données qu’à des Docteurs ou Maîtres, ou „ à des Lieen- „ tiez en Théologie ou en Droit Canon, ou à d’autres „ personnes capables qui puissent s’aquiter par eux- „ mêmes de cet emploi ; autrement la provision fera „ nulle L fans éfet. ” Mais le soin du Scolastique n’exi- stant plus que de nom, on n’exige pas la qualité de Docteur ou de Licencié pour pouvoir être Scolastique. Plusieurs Conciles ont fait mention du Scolastique St de ses devoirs, entr’autres le Concile d’Aix-la-Cha- pelle, Canon 70. celui de Langtes , Canon 10. le troisième de Valence, Canon r8- SCOLIASTE, s m. [ Scolioses. ] Mot qui vient du Grec. Celui qui a commenté un Auteur Grec. ( Un bon Scoliaste. ) SCOLIE , f f [ Scolia , obfervatio, interpretatio .] Mot qui vient du Grec. Commentaire Grec. Explication d’un Auteur Grec. (Faire de bonnes scolies. ) jQf Suidas nous aprend que Ton apelloit Scolies i certaines chansons que Ton chantoit dans les festins, » erupolvtoç ûcPi\. Les convives étoient couchez fur des lits placez autour dfune table , & chantoient tour à tour. La chanson étoit apellée scolie , parce que le terme o-xÓArev veut dire oblique ; & la table étoit d’une figure semblable. SCOLIE. [ Scolia. ] En Géométrie, ce mot signifie une observation qu’on fait sur une proposition qu’on a démontrée. SCOLOPENDRE is f- íScolopendre. ] Mot qui vient du Grec. 11 y a une scolopendre terrestre, & une scolopendre acatique. La terrestre est une sortô d’insecte qui mord , qui a le corps marqueté, qui a plusieurs piez, qui est long de trois ou quatre doigts qui naît & vit dans des troncs d’arbres, ou dans des pieux fichez en terre. Jonston. La scolopendre acatique , ou de mer , est un insecte long & rouge , ou qui tire sur le blanc, qui se tortille, & qui a plusieurs piez. Rondelet , histoire des animaux. SCOLOPENDRE. [ Scolopendra marina. ] Poisson de mer qui ressemble à la Scolopendre terrestre, Sc ,qui s’échape de Thameçon des pêcheurs en revomissant tout ce qu’il a pris. SCOLOPENDRE. [ Astlenium- ] Plante qu’on apelle autrement ceterac. SCORBUT, & selon quelques-uns fcurbut , f. m. [ Scorbutus morbus. 3 Fournier, Hidrografie , dit scorbut. Les hommes habiles dans la langue que j’ai consultez , disent qu’ils ont toujours oiii dire scorbut ; disons donc scorbut avec les habiles gens, & presque avec tout le monde. Le scorbut est une maladie qui se prend sur mer, & principalement dans les voïages de long cours * qui altéré la masse du sang, qui enfle tout le corps , le remplit de pustules & infecte Thaleine. ( On se guérit du scorbut à force de tafraichissemens qu’on prend lorfqu’ón a pris terré. Etre ataqué du scorbut. Le scorbu pourrit les jambes, gâte la bouche & fait tomber les dents à la plûpart de l’équipage. Tachard , volage de Siam, l. 2. ch SCORBUTIQUE, adj. De la nature du scorbut* ( Humeur scorbutique , maladie scorbutique. ) SCORDIUM, SCOROCOPRASUM. Norit de plantes,dont la premiere estsodórifique & apéritive* & l’autre a l’odeur du poireau. SCORPIOÍDES. plante à laquelle on à donrié ce nom, parce que ses gousses ont quelque ressemblance aVec la queue du scorpion. f SCORPIO JELLE- On donne ce norri tzu France à l’huile de scorpion , fi souvetaine pour guérir les piquûres de ces dangereux insectes. SCORPION , / m. [j Scorpio. ] Mot qui vient du Tome Hl . L 11 2 Grès. 452 SCR Grpc C’est une forte d’insecte venimeux noirâtre & comme de couleur de suie , qui a huit piez & des venx si Detits qu’à peine les peut on voir. (Le scorpion viH’herbes, de lesards & d’afpics, son venin est plus dangereux à midi & au cœur de l’hiver qu en d autres teins. II a de l’antipatie pour le crocodille. 11 n’y a point de scorpions aux païs froids. L’huile de scorpion est bonne pour plusieurs remedes. Jonston , histoire des animaux. ) , SCORPION. [ Scorpio. ] Sorte de poisson qui etant hérissé de piquans sor le dos & à la tète pique & empoisonne par les blessures qu’il fait. Ce scorpion a le corps rond, la tête grande & dure , & l’ouverture de la gueule grande. II a le ventre blanc, & il est rougeâtre par tout ailleurs. JonJìon , histoire des poissons. SCORPION. [ Scorpius. ] L’un des douze signes du Zodiaque , où le Soleil entre au mois d’Octobre. SCORPION. [Teli jaculatorii stecies. ] C’étoit une sorte de grande arbalète dont on fe fervoit anciennement pour jeter des flèches. ( On tiroit des scorpions pour défendre les murailles contre ceux qui les batoientavec le bélier. Perraut , Vitruve , L io. ch. ig. ) SCORPION. [ Scorpiones. ] Ancienne étriviere faite d’une herbe qu’on apelloit^èsrpr'o» , & dont il est parlé dans l’Ecriture. SCORSONNERE , f f. [ Scorzonera. ] Racine fort excélente qui grossit toujours dans terre , qui ne s’y gâte jamais, qu’on ratisse, qu’on fait cuire & qu on mange avec du beurre , du sel & du vinaigre , & de plusieurs autres manières. ( Le suc de la scorsonnere est bon pour la vûë & contre les morsures des viperes.) SCOTE, s s L Veflimentorum deterjlo. J Terme de Capucin , & qui vient d’Italie , d’où les Capucins aussi-bien que plusieurs autres Religieux tirent leur ori- gine. Ils disent faire la scote. C’est-à-dire, neteier ses habits, les secouer & les passer sor un feu clair & alumé pour en faire sortir la mauvaise odeur & autres choses. SCOTIE , s s Z Trochilus. 3 Terme d Archìte - liure , qui veut dire tenebres. C’est un membre d’ar- chitecture creusé comme un demi-canal. ( Graver une scotie. Perraut , Vitruve. ) SCOTISTE, f m. [ Scotista. ] Philosophe, ou •Théologien qui suit les fentimens du Docteur Scot, qui a soutenu que la Vierge étoit immaculée, & fans aucune souillure de péché originel. ( Les Scotistes sont savans & subtils. Tous les Cordeliers sont Scotistes , & sont aggrégez dans l’Université de Paris. Les Scotistes ont eu & ont encore de grands hommes parmi eux. II y a même eu plusieurs Prélats & plusieurs illustres Cardinaux. ) Les Scotistes croient l’immaculee conception de la Vierge, Sc sont très-entêtez pour les formalitez Scoti- stiques, qu’ils n’entendent pas eux-mêmes, parce qu’el- les sont insoutenables. SCOUE , f f. Terme de Marine. C’est l’extre- mité de la varangue qui fe courbe doucement pour «’enter avec le genou. Ozan Diff. Math. SCRIBE ,/ m. [ Scriba interpres. ] Celui qui gagne fa vie à écrire. Copiste. (Un bon scribe. 11 y a d’habiles scribes au Palais, à qui on fait copier des écritures, & tout ce qu’on veut. ) Dom-Scribe. [Z>. Secretarim .] Terme de Chartreux . C’est le Secretaire du General. (Dom Scribe est mort.) SCRIPTEUR ,/»«.[ Scriba. J Terme de Banque Sc de Chancélerie Romaine. Officier du prémier banc qui écrit les bules qu’on expedie en lettres go tiques. Us sont au nombre de cent. SCROFULAIRE, f f- [ Scrophularia. ] Plante qui a une odeur très-puante , & qu’on emploie avec succès pour la guérison des écroiielles. SCROTON,/ m. [ Scrotum .] Membrane commune des testicules qu’on apelle vulgairement bourse. SCRUPULE , f m. [Scrupulus , anìmi anxietas.] Doute qui trouble la conscience. Répugnance qu’on sent à faire une chose. ( Ils soulagenc les consciences de cent petits scrupules. Lever toutes sortes de scrupules. Pafc. I. 8. Donner du scrupule à quelcun, Oter le scrupule. Remplir la conscience de scrupule. Mettre du scrupule dans la conscience. Jetter du scrupule dans les consciences. S. Cir. Les scrupules sont les tirans des consciences. scu Je puis votes dijstper ces craintes ridicules , Madame , U je sçail'art d’apaiser les scrupules Mol. ) SCRUPULE. [ Scrupulum. ] Terme $ Astronomie. C’est une fort petite partie de la minute. SCRUPULE. [ Romanœunciœvigejìma quarta. ] Terme à* Apoticaire. Vingt grains; & en parlant de poids de marc, c’est vingt-quatre grains. SCRUPULEUSEMENT, adv. [ Scrupulosi , cum relu gione. ] Avec scrupule. ( Agir scrupuleusement. ) SCRUPULEUX, scrupuleuse , adj. s Religiosus , scrupulofus. ] Qui est sujet a avoir quelque scrupule de conscience. (11 est scrupuleux. Elle est un peu trop scrupuleuse. ) * Fidélité scrupuleuse. Abl. Apo. [ Religiosa sides. ] C’est-à-dire, une fidélité trop exaìle. SCRUTATEUR, f m- Z Scrutator. ] Mot qui vient du Latin Sc qui est un terme de Religieux. Les Capucins apellent scrutateurs ceux qui dans les élections & autres choses de cette nature ramassent les voix des Religieux, mettent ces billets par ordre & comptent les voix. 11 y a dans les grands chapitres généraux ordinairement quatre scrutateurs , mais dans les chapitres provinciaux il n’y en a le plus souvent que deux. Les Augustins apellent auísi scrutateurs les Religieux qui sont élus pour examiner les voix qu’on a données dans un chapitre provincial. SCRUTATEUR , f m. [ Scrutator cordium. ] Cemòt sc dit quelquefois par des prédicateurs en parlant de Dieu, & signifie. Qui fonde les cœurs. Qui pénétré dans les cœurs. ( Dieu est le scrutateur des cœurs. ) ($ Mr de Gomberville apelle scrutateurs ceux qui font curieux de fe faire dire leur bonne fortune : Scrutateurs des choses sutures , Ennemis des secrets divins. Ne consultez plus les devins Pour aprendre vos avantures , U art est faux U pernicieux , Qui dans les grands chifres des Cieux Croit découvrir nos destinées ; Dieu seul , comme Roi des humains , Tient le compte de nos années , Et le destin du monde ejì l'œuvre de ses mains, La Fontaine, Recueil, p. 199. tom. 2. SCRUTIN , f m. [ Scrutinium, collefíio fuffragio- rum. ] Mot qui vient du Latin scrutinium , & qui est un terme de certains Religieux & de certaines Religieuses. C’est un recueil de voix. Un examen de voix pour donner son sostage sor le choix de quelque oficier Religieux, ou sor la réception de quelque novice Religieuse. Ces voix se donnent d’ordinaire par billets. Les Capucins, les Augustins & les Religieuses hospitalières parmi qui le mot de scrutin est en usage , disent: Faire Scrutin, Si faire le Scrutin. (Examiner le scrutin. Pat.pl. 1 6. pag. ^9. Sans s’arrêter à ce scrutin criminel, la superieure reçoit soeur Gillette, Pa- tru , pi. 16. ) SCRUTIN. [ Scrutinii caméra. ] Ce mot parmi les Augustins signifie aussi le lieu auquel le Provincial, ou les Visiteurs interrogent les Religieux fur le fait de leurs visites. Ainsi on dit. ( Aler au scrutin. Etre apellé au scrutin. Ce mot est aussi en usage lorsqu’il s’agit de sélection des Papes. ) Toute élection qui est faite par des billets que l’on met dans une boète faite exprès pour les recevoir secrètement, est un véritable scrutin. Les Papes font élus par le scrutin, ou par l’accès, ou par acclamation. Le terme Latin scruter signifie rechercher avec soin une chose, s’enquerir , soit du passé , soit de l’a- venir. Pline lib. g. cap. 40. dit en parlant du chien Scrutari vestigia Dominìfui dìcitur canis. Et Lucrèce, lib. 6 . en parlant de ceux qui fouillent jusques aux entrailles de la Terre : Ferroscrutantes abdita terra. SCULPER, v. a. [ Scalpere. ] Ce mot est presque Latin. Sculper íìgmíiegraver. 11 se dit parmi les sculpteurs, les peintres & les connoisseurs. C’est travailler en sculpture. ( 11 faut agréablement sculper cela. Tâchez de sculper joliment cette bordure. ) F L’Académie dit, sculpter. ( Cette figure est bien sculptée. Faire sculpter des armes fur la porte d’une maison. ) SCULPTEUR, sculteur , s. m. [ Sculptor. 3 Quelques-uns disent sculteur , mais ces quelques-uns parient comme SEA comme le peuple. Le bel usage est pour sculpteur, qui veut dire celui qui fait la sculpture, qui y travaille & en fait profession. ( Le Valari a fait en Italien & en trois volumes la vie des excellons Sculpteurs, des excellons Graveurs & des excellons Peintres. St nul autre Sculpteur ne le taille que lui. Peu de mains fans trembler oseront entreprendre D’emp/oier leur art aujourd’hui Pour un Roi mieux sait qu’ Alexandre. La Font. ) SCULPTEUR en pierre. C’est celui qui fait des ouvrages de sculpture de pierre & de marbre. SCULPTEUR en métail. C’est celui qui fait des ouvra* ges de sculpture de métail, soit argent , ou cuivre. SCULPTEUR en bois. C’est celui qui fait des ouvrages de sculpture de bois. SCULPTURE , sculture , / s. [ Sculptura. ] C’est un art qui ôtant le superflu de la matière sur quoi il travaille , donne à cette matière la forme du corps que le sculpteur s’est proposé. Le mot de sculpture lignifie aussi un ouvrage fait par les mains du sculpteur. ( La sculpture est un très-bel art. La sculpture est belle quand elle reprefente naturellement ce qu’elle doit re- presenter, L qu’il y a une proportion juste & naturelle entre toutes les parties de la figure. Voïez Vasarì , Traité de l’Arch. U Sc. c. 8- C’étoit un buste creux, U plus grand que nature , Le renard en louant l’éfort defa sculpture , Belle tête , dit-il , mais de cervelle point, Combien de grands Seigneurs font bustes en ce point. La Font. ) SCURBUT. Voïez scorbut. . SCURRILE, adj. [ Scurriiis. ] Mot qui n’a d’u- fage qu’en parlant d’une plaisanterie basse & de valet. ( Cela est fcurrile. ) SCURRILEMENT, adv. [ Scurriliter. ] D’une maniéré fcurrile. SCURRILITE' , f f C Scurrilìtas. ) Mot écor- ché du Latin , qui n’est pas fort usité , & qui veut dire boufonnerìe. Plaisanterie boufonne. ( Cicéron tombe! t quelquefois dans la boufonnerie & la fcurrilité. L Abbé Talemant, P lut arque, vie de Cic. tom. page 49 b ) SCUTE ,fí [ Scapha, cymba.st Terme de Marine. Petit esquif ou canot destiné au service d’un vaisseau. SCUTIFORME, adj. [ Scutum. ] Terme d ’A- natomie , qui fe dit d’un des cartilages du larinx qui est le premier, ainli nommé parce qu’il a la forme d’un écu L d’un bouclier quatré. Le peuple l’apellele morceau ou la pomme d'Adam. SCYTALE LACONIQUE, f f ÍScytale La- conica. ] Terme de Steganographìe. Invention dont fe fervoient autrefois les Lacedemoniens pour écrire à leurs correspondons des lettres sécrétés , afin qu’on ne les pût lire. SE- Ce mot est le datif & l’accufatif du pronom foi. Voïez Soi. , ff SE. Mr de Vaugelas , Obferv. 145. a trouve que cette phrase, sachant avec combien U’aseciion elle fe daignera porter pour mes intérêts , fst embrassera le soin de mes affaires, n’étoit pas nette , & qu’il faut dire : elle daignera fe porter , Uc. afin que daignera fe ra porte nettement à la construction des deux verbes fuivans , porter & embrasser. ,, Peut-être ( dit-il ) que quelques- „ uns négligeront cet avis comme un vain scrupule. ” Mais Messieurs de PAcadémie ont observé ,, qu’on ne „ sqauroit negliger l’avis de Mr. de Vaugelas comme ., un vain scrupule. Quand le pronom/e est mis de- „ vant le verbe daigner , pouvoir, & autres semblables, „ & qu’il fuit deux infinitifs joints ensemble par la „ conjonctive sfi , il faut que ces deux infinitifs gou- ,, vernent également le pronom, comme en cet exem- 11 pie : Elle ne se peut consoler, nirejouir. Encore feroit- „ il mieux de repeter se en mettant le premier/e après „ le verbe peut : Elle ne peut se consoler , ni se réjouir. » Mais quand se n’a aucun raport au second verbe , 1, c’est une faute que de le mettre devant peut , & de >, dire, par exemple : Elle ne se peut consoler , ni re- ,, cevoir les avis de ceux qui lui parlent, II faut dire: ,, Elle ne peut fe consoler ni recevoir. ” Cette obferva- ,, don est très-irriportante , íl faut s’en souvenir. En voici une autre du même Mr de Vaugelas, Oij. 357. „ 11 propose „ s’ilfaut dire : IIse vient justifier, on, il SEA 45î j, vient se justifier. Je ose le veux pas faire, ou , Je ne „ veux pas le faire : Ils me vont blâmer , ou , Ils vont „ me blâmer ? ” Et il répond que „ tous deux font ,, bons ; mais que íì celui-là doit être apellé le meilleur „ qui est le plus en usage , Je ne le veux pas faire sera „ meilleur que Je ne veux pas le faire , parce qu’il est „ incomparablement plus usité, &c.” Sur quoi l’Aca* demie a observé qu’il faut consulter l’oreille sur toutes ces phrases. La feule ocasion où le pronom relatif doit être mis après le verbe venir , & non pas devant, c’est ,, quand la conjonction & joint un second „ infinitif, avec justifier, & que ce second infinitif ,, ne demande point le pronom personnel fe. II faut „ dire : II vint fe justifier, U dire les raisons qui i’a- „ voient obiigé a , gjfc. & non pas : IIfe vint justifier .& „ dire-, parce que ces mots, il fe vint, s’acordent „ fort bien avec justifier , mais ils ne peuvent s’acor- ., der avec dire. ” í SEAN , de N . Dame f. m. f Tannus. ] Plante dont il y a deux espèces. Leurs racines font apéritives & un peu purgatives hydragogues. H SEAN de Saiomon. \Poligonatum. ] Plante astringente , vulnéraire, & détersive. SE'ANCE , //. f Jus sejjìonis. ] C’est le droit qu’on a d’avoir place dans une assemblée considérable. C’est aussi le rang selon lequel chacun y est assis. (Avoir droit de séance au Parlement. Donner séance à quel- cun. Prendre séance dans Un'Chapitre. Que chacun fe range comme il pourra fans préjudice à fa qualité, une autrefois on réglera les séances. Ablanc. Luc. t. 2. Jup. le tragique. ) SE'ANCE, s. f. [ Sesfio. ] C’est aussi le tems qu’u- ne compagnie considérable est assemblée & assise pour délibérer de quelque chose. ( On employa agréablement la derniere séance. II y a eu deux séances ; la premiere fe fit le treizième, & la seconde le quatorzième du mois. Patru, plaidoié 1 5. On jugera ce procès en deux ou trois séances. ) t SE'ANCE, fe dit aussi dans le stile familier, lorfqu’on a été long - tems à table dans un repas ou dans une partie de jeu. ( Nous avons fait une longue séance. II est homme à se ruiner en deux séances. ) SE'ANT. [ Se dons , ajfidensst Participe. Qui est assis. Quand le Roi est séant fur son lit de Justice, les Princes du sang, les Pairs & autres grands Sei* gneurs font fur les hauts sieges. Le grand Chambelan & le Prévôt de Paris au siégé le plus bas dans le parquet, & prés d’eux les Présidons & Conseillers du Parlement en robes rouges. Les Huissiers des Chambres font à genoux devant le Roi , & tiennent chacun une verge à la main. Voïez le Cérémonial, t. 2. SE'ANT , fiante , adj. f Decens , conveniens. J Ce mot ne s’emploie que pour les mœurs. (Cela est tout-à-fàit mal-féant à un honnête homme. Ce qui est séant à l’un ne l’est pas à l’autre Vaug. Rem. C’est- à-dire , ce qui est honnête à l’un ne l’est pas à l’égard de l’autre. ) f SE'ANT, f m. [Nslíer.J Cu. Fesse. Le derriere. (Etre fur son séant. Mettre un malade fur son séant.) SE'ANÏE, en blason fe dit des armoiries qui sont composées de Croix , ou de fafces , ou de sautoirs, autour defqueís on met d’autres figures qui les acom- pagnent. SEAU ,/»*.[ Situlus , situla. ] Sorte de vase qui a une large ouverture , qui est rond, qui est fait ordinairement de bois, de cuir , ou de cuivre , dont on fe sert pour puiser de l’eau. (Un seau plein d’eau. II y a des seaux de bourgeois, des seaux de porteurs d’eau, & des seaux de ville qui font des seaux de cuir où l’on puise de l’eau quand le feu est en quelque maison de Paris. f II pleut a seau. Cette façon de parler veut dire qu’il pleut abondanment, & que la pluie est forte. SEAU , sceau , s. m. [ Sigillumjìgnnm .] L’un & l’autre s'ecritpour dire cachet. Ce mot d c sceau k dit en parlant (salaires. ( 11 y a de grands seaux & de petits seaux. Legrandfiau est le seau de la grande Chancele- rie, fur lequel on imprime la figure du Roi. Ce seau est gardé par Monsieur le Chancelier , ou le Garde des seaux, & c’est en ce seau qu’on expedie toutes les lettres de commandement & de finance, & celles de Justice concernant les afaires qui pendent aù Conseil d’Etat, ou aii grand Conseil. Ón dit , Lettres scellées du grand seau de cire jaune. Sur le repli par le Roi, & sellé du grand seau de cire rouge. Donner les L 11 i seaux 454 seaux. Oter les seaux. SEA Rendre les seaux. Loìseatt , /. 2. C. 4. ) Le petit seau. {Sigmtmmima .1 Ou le seau de petite Chancelerie, ou de Justice. C’est celui qui porte seulement les armes du Roi, & qui sert à expédier les actes de Justice. (Les seaux de Justice étoient autrefois tousdifferens, mais Philipe le Long en 1519. aiant joint à son domaine les seaux des Justices Roiales, les seaux sont devenus publics, roiaux & domaniaux. Voïez Loiseau , i. z. c. 4.) (s Les seaux sont des empreintes fur de la cire, ou fur quelque autre matière , de Limage & des armoiries, & des devises connues de ceux qui ont droit d’en avoir, pour marquer leur autorité , & leur juridiction. On disoit autrefois sceel ; mais ce n’est plus que dans le Palais que l’on dit encore fous le sceel de, &c. en parlant d’un arrêt, ou d’un contrat reçu par un Notaire Roial. Avant que l’usage de signer les actes obli- ^ ——>- c:. k tOit «u — D - . . „ annulussgnaîorius , & que nous nommons à présent un cachet. L’usage de ces sortes d’anneaux est bien ancien. Lorsque Pharaon remit tout son pouvoir à Joseph pour commander en Egypte, il est dit dans la Genese , ch. 41. v, 42. qu ’il tira son anneau de la main , & le remit à Joseph. Et dans le troisième livre des Rois, ch. zi.v. 8- il est raporté que Jezabel écrivit des Lettres au nom d’Achab son mari, qu’elle cacheta du cachet de ce Roi, & les envoia aux Anciens. L’Histoire d’Esther, ch. j. v. 9. U r°* est encore un témoignage de l’ancienneté de Panneau dont on confirmoit les ordres que l’on donnoit, car Asiue- rus persuadé par les conseils d’Aman qu’il étoit de l’in- terêt du Roi de faire périr tous les Juifs, il tira de son doigt Panneau dent il avoit acoùtumé de se servir , U le donna à Aman. L’usage des cachets a subsisté pendant long-tems dans les testamens, dans les contrats, & dans les Lettres que l’on écrivoit à ses a- mis; & il est enfin resté pour autoriser les volontés des Princes, & les actes publics. On voit par la Loi aï. cod. detestam. qu’il ne sufisoit pas pour la validité d’un testament, que les témoins signassent ; il fuioit encore qu’ils y aposassent leurs cachets : mais on a négligé le seau , & l’on s’en est tenu à la signature, parce qu’il parut qu’il étoit plus facile de contrefaire ' " - - r: — —— J—- — du Notaire qui reçoit l’acte que le témoin n'a pas pu, ou n’a pas feu ligner, comme il l’a déclaré en présence des autres témoins. C’est par cette raison que l’on voit encore plusieurs anciens titres fans seau, & que pour éviter la falsification , on enterroit les seaux ou cachets avec ceux qui s’en étoient servi. La matière des seaux a été diferente, & même arbitraire ; on en voit d’or, d’argent, de plomb, & de cire, qui est à présent la plus ordinaire matière des seaux des Rois & des Souverains. Le Pape est le seul qui se sert de plomb. Au reste les Romains aposoient leur seau fur les serrures des portes des maisons, fur les cofres, fur les cabinets. L. 77. §. pater , de légat. Loiseau a remarqué dans son Traité des Ofices , ìiv. 2. ch. 4. que les Romains n’avoient point comme nous des seaux publics ; les Empereurs signoient seulement les rescritsavec une ancre particulière apellée sacrum encauftum , dont les Particuliers ne pouvoient se servir sans encourir la peine du crime de leze-Majefté. L’oposition du seau de la Justice, aux jugemens que l’on y rend , est une fuite de Parisien usage pratiqué dans ce Roïaume, où les Juges selloient tous leurs jugemens. Mais dans la fuite, le droit de seau est devenu unique & domanial, quoi- qu’auparavant on ne sellât des armes du Roi que les actes ouïe Roi parloit & étoit intitulé. Tous les seaux font réduits à trois, le grand, & le petit seau. Le premier est apofé par Mr. le Garde des seaux, & porte Pi mage de la personne du Roi. Le second est pris dans les Chanceleries particulières des Parlemens, & a seulement les armes du Roi empreintes ; il est garde par un Maître des Requêtes, &par tour. II y a encore un seau pour les Jugemens Préfidiaux, dont la garde est unie a une Charge du Présidial. L’éfet de ces trois sortes de seaux est diferent. Le grand seau rend l acté exécutoire par tout le Roïaume. Le petit seau n a 0 autorité que dans l’étendue du parlement où SEC il est établi ; il en est de même des seaux des Prés* diaax. Ces deux derniers ne font point une partie «e l’essence des Jugemens & des contrats: mais ils font absolument nécessaires pour les mettre à exécution suivant les Ordonnances des Rois de France. Ce scroit ici le lieu de parler du sellé que l’on fait dans le domicile d’une personne absente ou decedée : mais je m’en- gagerois dans un long discours. Pour être pleinement instruit de toutes ces choses voïez Mr. Le liret, de la Souveraineté ; Kirchman, de annulis ; le P. Mabil- lon , de re diplomaticâ; Loiseau au lieu que j’ai cité, & Heineccius de Jlgillk , imprimé à Francfort & à Leipsik. [$ SEAU de la ConfeJJìon. On dit aussi le secret de la Confession , que l’on ne peut violer sans sacrilège, parce que le violement altéré le Sacrement, & détruit la confiance du pénitent, qui peut-être ne se confes- seroit pas s’il croioit que l’on reveleroit les actions honteuses ou criminelles de fa vie. S. Thomas a remarqué dans le soplement de fa Question onzième, article que l’on ne sc confesse pas à un homme comme homme, mais comme Ministre de Dieu. & comme à Dieu même. II n’est pas permis au Confesseur de disposer d’un secret dont il est le dépositaire entre Dieu & le penitent. Les ennemis de la confession auriculaire tâchent de la décrier, en disant qu’elle n’a été introduite qu’après Pabolition de la pénitence publique, & que le seau est une invention purement humaine & politique. Cette erreur a été détruite par tant de raisons & d’autorités, que l’on ne comprend pas comment elle subsiste encore. Le Con- cile de Trente, ses. 14. cap. auroit dû les détromper, s’ils avoient cherché de bonne foi la vérité ; il leur auroit apris qu’il n’y a point de loi qui impose aux pécheurs l’obligation de se confesser secrètement à un Prêtre : „ mais le Prêtre est obligé de garder le „ secret à son penitent, selon le témoignage de tous „ les Peres les plus anciens qui ont autorisé le se- „ cret de la Confession Sacramentelle dès le commen- ,, cernent , comme elle se pratique encore aujour- „ d’hui. Ce qui détruit la calomnie de ceux qui pu- „ blient témérairement que ce n’est qu’une invention „ humaine, & qui n’a point été ordonnée par la Loi „ divine, & qui n’a commencé que depuis le Conci- ,, le de Latran, lequel n’ordonna pas la confession, „ qui étoit déja établie ; il régla seulement que ceux „ qui scroient en âge de connoissance , confesse- „ roient leurs péchés du moins une fois l’annee.” On peut dire que le secret de la tonfession est de la loi divine, parce que la loi doit être égale entre le Prêtre & le pénitent ; celui-ci est obligé par une loi indispensable de confesser ses péchés les plus cachés & de les confier à un Prêtre comme Vicaire de Jesus- Christ ■ n’est-il pas juste que ce Prêtre en la même qualité garde fidèlement le secret qui lui est confié : C’est ainsi que raisonnent les Théologiens sor cette matière , & ils ajoutent que la loi du secret , est si rigoureuse , que c’est la violer lorsque par quelque signe, Çfinutu, on donne lieu de deviner les crimes d’un Í renitent. Je laisse un grand nombre de questions que ’on fait ordinairement fur ce sujet; il ne me convient point de les décider. Voïez Malderw , de figìtto; Mariantes ; ViHorin ; Soto s Estius , Maldonat. SEBASTIEN, f m. Xfiebafiianus .] Nom d’hom- me. (Dom Sebastien Roi de Portugal passa en Afrique contre les Maures, présenta la bataille à Muid Moine, Roi de Maroc, & fut tué dans le combat. V oïez Conestaggio , IJîoria di Portogalio , /. 2.) SEBASTIENNE , f. f. [ 'Sebafiiana .] Nom dc femme. (Sebaftienne est belle & grande.) SEBELÍN E. V oïez Zibeline. SEBESTE ,/ f. ZSeheJìum.J Terme de Pharmacie Sc de Botanique. Fruit qui ressemble à une petite prune, dont Vécorce est blanche, les feuilles rondes & fermes. SEBILE,// XJAgneum vas.~\ C’est une écuelle de bois propre pour mettre fous les muids, fous les cuves & autres vaisseaux où il y a du cidre, de la biere, ou du vin. (Une grande sebile. Une petite sebile. On fe sert principalement des sebiles dans les pressoirs. SEC, seche , adj. [ Siccus , aridm.] Mot qui vient du Grec. Port-Royal, Racines , />. r;8- Ce qui ne mouille point. Qui n’a point d’humidité. Aride. (Bois sec. La terre est fort seche cette année. Pays sec.) SEC, SEC SEC , fiche. [Exsiccatm.] Qui a été séché au feii, .ou au Soleil. (Fruits secs; Des raisins secs. Des figues soches, &c. Ces draps ne sont pas assez secs. ) * Qui peut voir d’un ail Jlc fa maîtresse mourante. [S’/rt'K ocu/ts.] Hab. Temf le de la mort. C’est-à-dire j qui peut voir fans larmes. * SEC J'ecbt. [Macilentm , macérs Maigre. Décharné. {Son corps ejì plus sec que du bois. Gon. Epi. 1 . i. Çaterine ne me plaît point , Elle ejl secìie comme canelìe. Mai. Poës. 11 a le corps sec U la mine afamée. Ûespr. Satire i.) * SEC. [Arefcens.] Ce mot se dit aussi des liqueurs. On dit du vin d’F.spagne, que c’est un vin sec , pour signifier qu'il n’est ni gras, ni onctueux. SEC, feche. [Siccus , jejunus , aridus.] Cela se dit du stiie & du discours. ( Le stile & le discours sont secs lors qu’on exprime foiblement une chose qui de- voit être exprimée fortement, quand il s’agit d’expri- mcr une grande chose & qu’on tronque l’expresiìan, & quand les periodes & les parties des periodes sont trop courtes, qu’il y a un trop grand nombre de pesos membres, & qu’il paroit en cela de l’afectation. Voiez Demetrtus Phal. Traite de l’éloattion. Avoir le stile sec & froid. ) Une repartie feche. [Dura U aujìera restonsto.] C’est- à-dire, burlesque & forte. * SEC, Jecbe. [Piclura rudis , nuda , jejuna.] Terme de Peinture. Ce mot de sec se dit d’un ouvrage de peinture, dont les clairs sont trop près des bruns, & dont les contours ne sont pas assez mêlés. SEC, s- m. [Nervos omnes U mentis gf corporis ad- bìbtre.] Je n’ai trouvé le mot de Jec substantif que rarement. (II a emploié le verd p? le sec. C’est-à-dire, i] a fait pour cela tout ce qu’il a pu.) Remettre un cheval au Jec. [A pascuis ad fxnum £«? avenant equum adducere.] C’est-à-dire, le remettre à Taverne & au foin quand il a mangé le verd. A Jec , adv. [Naves in terrant aùripere.J Terme de Mer, qui se dit des vaisseaux. (Mettre un vaisseau à sec, c’est le mettre hors de Teau pour lui donner le radoub.) A sec , adv. [Exhaustm.] Ce mot se dit des fleuves, des puits, des rivières & des autres endroits où il y a eu de Teau & où il n’y en a plus. (La rivière est à sec. Le puits est à sec.) f Le pauvre diable est a sec. [Bonis exbaujhts est.] C’est-à-dire, que le pauvre homme , ou le pauvre garçon n’a plus rien. f Le Poète est à sec. Destr. Ep. 4. [Exînanîtus est Poèta.] C’est-à-dire, Le Poète ne sauroit plus que dire, il ne sauroit plus rimer. Pafjer une rivière a piésec. [Si cris pedibus flumen tra- w.m’.j C’est la passer en un endroit où il y a très-peu d’eau, posant les pies sut des pierres , & fans se mouiller. * Regarder quelque événement d’un ail sec. [Siccis 0- cuìis eventum projpicere.j C’est-à-dire , sans pleurer , & lans pitié. Argent sec. [Numerata pecunia.] C’est paier en argent comptant. SEC. [Friahilis , fragilis.] Se dit des métaux & des étofes qui sont cassantes , & dificiles à mettre en œuvre. Filer Jec. Quaftd on file de la laine dégraissée avec du savon noir. Consultation secbe. [Concisa consultatio .J C’est celle qu’on fait par ocasion à un ami avocat, sans lui présenter de l’argent. f Visite seche. C’est une visite à la campagne, où Ton n’offre ni à boire ni à manger à ceux qui la font. Mur de pierresJecbes. En maçonnerie , c’est un mur fait sans plâtre ni mortier, mais seulement de pierres arrangées les unes fui les autres, tel qu’est Tare de triomphe de la porte S. Antoine à Paris. II nous l’a bien donnée feche. [Subitum dédit menda- cium.] Pour dire il nous a donné une bourde & une menterie. On dit d’un scélérat qui a mérité plusieurs fois la corde, qu’il y a long-tenis qu’il devroit être sec. On dit qu’un homme boit sec. Quand il boit de grands coups de vin pur , fans jamais rien laisser dans son verre. [Meracè bìbìté] SEC 455 SE’CANCE , s f. [Sequentìa foììorum. J Terme de Jeu de boc. Ce sont plusieurs cartes de fuite & de mêmë couleur. (Sécance simple, Sécancë de Roi, de Dame, de Valet. Gagner une sécance.) SE'CANTE , f f. [Linea interfecans.] Terme dè Matématiques. C’est une ligne qui fort du centre du cercle, & qui coupe la circonférence pour aller jut ques à la tangente. (Voilà une sécante.) II y a des tables , des sinus, des tangentes & des sécantes, dé tous les degrés & de toutes lés minutes d’un cercle. SECHE ,s : /■ [Scpia.J Poisson de mer qui n’a point de sang & qui est quelquefois de deux coudées, couvert de peau mince , ferme de corps & charnu. (La feche a huit piés au devant de la tête & deux autres plus gtands que ceux-là & qui lui fervent de jambes. Sa bouche & son bec sont semblables au bec & à là bouche d’un perroquet. Prendre une feche.) SECHEMENT, adv. [Siccè.] Dans un lieu sec. (II faut que les confitures soient sechement.) * SECHEMENT. [Jejunè , exil itéré] Froidement. (Elle lui dit un peu sechement qu’elle le serviroit.) * SECHEMENT. [Asterè , durè.] Rudement. (II lui a parlé un peu sechement.) * SECHEMENT. [Jejunè.] Sans ornement. (Cela est dit sechement.) SECHER, D. a. [Siccare , destccare .] Rendre sec; Rendre aride. Tirer Thumidité de quelque chose. (Le hale seche la terre, le vent seche les chemins lors- qu’ils font mouillés.) SECHER. [Exltccare.] Terme de Blanchisseur & Blan- chìsteuse. C’est ôter Thumidité du linge en le tirant fur la platine, ou en Texposant à l’air. (Secher du linge. Le linge ne feche pas aisément en hiver. * Non , non , songeons à vivre , Va maigrirst tu veux A secher fur un livre. Despr. Lutrin.) C’est-à-dire, maigrir & pâlir à force d’étude. [Tabe- feere.] SECHER ses pleurs. [Exfiugeré lacrimm.] C’est cesser de pleurer & de soupirer. * SECHER fur pié. [Miferiâ confici.] C’est-à-dire , Languir. Périr à vûë d’œil. Devenir tous les jours ert un état plus misérable. SECHER, v. a. [Arescere,stccarì.J II se dit proprement des herbes, des lieux humides & de la terre. C’est devenir sec. La gloire de Thomme est comme la fleur de l’herbe ; P herbe se seche & la fleur tombé. Port-Royal, N. T. Epîtres.) SECHERESSE , J', f. [Siccitas , aridìtos.] C’est une consommation de Thumidité. C’est une consommation de l’humeur naturelle & un rétrécissement par l’alte- ration des parties. (On n’a pas seulement à combattre l’ardeur& la secheresse du pais, mais le fable même. Vaug. Quint. I. 4. c. 7. Les secheresse» de Tété ont été fort grandes. Ablancourt.) j- * Mon Dieu, quels Amans sont-ce là ! & quelle fecherejje de conversation. Molière. On apelle discours froid celui où il y a une grande secheresse de sens. Costar , Défense de Voit. * La contrainte des préceptes ne fait qu’afoiblirles ouvrages & leur donner une certaine secheresse qui les rend maigres & décharnés. Destr. Long. chap. 2. [Stérilisas.] * La secheresse de la terre qu’ìl reçût le surprit. Saint Evrem. auv. mél. C’est-à-dire, le peu défection , d’honnêteté & d’agrément qu’il trouva dans cette lettre Tétonna. ± SECHIE, ou CHEQUIS. Poids dont on sc sert à Smirné. II contient deux Oques, ou 800. dragmes. £jf SECHER ON- Ternie d’ Agriculture. On dit: Les sécherons ont donné cette année , à cause des pluies fréquentes qui font tombées. Et un fecheron est un pré situé dans un lieu sec & qui ne peut être abreuvé qùé par les pluies. Le foin qui naît dans les sécherons , est toujours bon. Diél. d’Agricult. SECHOIR ,_/• M. [Destccatorium.] Terme de Parfumeur. Prononcez, jechoi. C’est un quarté de bois de sapin , ou d’autre bois leger avec des rebords tout autour dans lequel on fait secher des pastilles, savonnettes & quelques autres choses de cette nature. (Cè séchoir n’est pas assez grand.) SECOND, adj. [SecUndw.] Nom dé nombre qu’on apelle ordinal, c’est-à-dire qui marque le rang 456 SEC ráne qui suit immédiatement le premier. Deuxième. (11 est le second. II est la seconde personne du Koiau- me. La seconde table, la seconde épreuve. Terme d 'imprimerie. Se marier en secondes noces. Le second coup de la cloche.) On prononce figond. Eau seconde. [ Aqua secundas Terme de Chimie. C’est de l’eau forte qui a déja servi à graver , ou à dissoudre des métaux. SECOND. [Navis adjutrìx , comitatrixs Terme de Marine. II se dit d’un vaisseau qui est établi pour en secourir un autre. On l’apelle aufll le Matelot ou le second d’un tel vaisseau. II y a quelquefois deux ▼aisseaux seconds , c’est-à-dire, destinés à secourir un Amiral , un Vice-Amiral, un Chef d’escadre, ou le Commandant d’une division. Et l’on dit second de Pavant", second de Varriére, pour marquer le poste qu’ils Í irennent dans le tems d’un combat, l’un devant & 'autre derrière le vaisseau qu’ils doivent secourir. f Capitaine en second. C’est le Capitaine qui doit commander au défaut du Capitaine en chef. On dit ausli dans la Marine, Lieutenant en second, Enseigne en second. SECOND,/ m. [Secundus, adjutor .] Personne qui en soutient, qui en défend une autre en quelque combat , en quelque a faire. (Prendre un second. Choisir un brave second.) * SECOND, / m. [Corner.] Celui qui apuie & soutient quelcun dans quelque dispute . ou combat d’es- prit. (Mon second, soutenant mon discours, dit, Pascal, lìv. 4. ) SECOND ,s m. [Secundum .] Terme de Tripot. Partie de la galerie, qui est après celle qu’on apellepre- ntier. (La balle est au second.) SECONDE, / /. ['Minuta parssexagefimas Terme à’Astronomie, c. C’est la soixantième partie de la minute. f SECONDE,// On apelle ainsi la seconde classe d’un college. (Ecolier de seconde , Eegent de seconde. Etudier en seconde.) f SECONDE, ou Refteuret. Laine d’Espagne qui est la meilleure après celle qu’on pomme prime. SECONDEMENT, adv. [Secundo, deinde.J En second lieu. (II faut premierement aimer Dieu de tout son cœur, & secondement son prochain comme soi- même.) t SECONDER , v. a. [Parem estes Ce mot se trouve dans Voiture dans la signification d’égaler, mais il est vieux dans ce sens. [Mais puis que le reste du monde N’a rien de beau qui vous seconde. Voit. Poës.) * SECONDER, v. a. [Favere , servire, samularis Aider. Favoriser. (Quelque bonheur qui seconde tes vaux , 11 n’arrêtera pas le tems qui toûjours. Mai. Poésies. Un Zephìr favorable à seconder mes vaux Contre votre collet fit un combat heureux , II le força d’ouvrir cette gorge fi fine Où l’on voit éclater une blancheur divine. Si le ciel secondoit mes désirs, je vous donnerois d’avantage. La Su ze.) SECONDINES, OU secondes , / / [ Secundina .] Terme de Médecine, que les matrones apellent arrié- íe-faix. Ce font les membranes, qui envelopent le fœtus dans le ventre de la mere. Monsieur Grew donne le même nom aux envelopes des plantes. SECOUEMENT ,/ m. [Concustiss , agitatio, suc- eujsus .] L’action de secouer. (Le lecoùement de ce carosse , de ces chevaux de poste, m’est insuportable.) SECOUER, v. a. [Concutcre, cxagitarcs Ce mot se dit en parlant de certains arbres. C’est remuer & agiter pour faire tomber quelque chose de dessus [arbre. (Secouer un prunier. ) SECOUER. [Excuteres Remuer. Agiter pour faire tomber quelque ordure, pour néteier. ( Secouer un tablier, une jupe.) SECOUER. [Çjuateres Agiter, tourmenter. Les Chevaux de manège, & les chevaux de poste secouent ceux qui les montent.) SECOUER. [Quastdre, agit ares Ce mot se dit en parlant des gens , qu’on pend , & veut dire Tourmenter. Sauter fur les bras. II avoit la vie bien dure, le beurreau a été un gros quart-d’heure à le secouer.) SEC * SECOUER. [Malè mulHares Maltraiter. Malme- ner. (J’ai un peu secoué mon homme, mais qa été á bonne intention. Cotìn, Ménagerie, p. 52.) Se secouer, v. r. [Excutis Se secouer foi-même. (Les chiens, les chevaux, &c. se secouent quand ils sortent de l’eau, afin de s’essuier.) SECOUER la bride k un cheval pour le faire avancer. [HabenM commovere. ] * SECOUER le s oreilles. [Imperium detrclíares II fe dit au figuré. Ce libertin secoue les oreilles quand on lui donne de bons avertissemens ; c’est-à-dire; il n’en tient compte & les méprise.) * SECOUER le joug. [Exuerese jugos Ce mot au pro- pre se dit des animaux qui résistent à recevoir le joug. Mais au figuré, il signifie, se delivrer de la servitude, de la tiranie & de l’opression, se retirer de l’obéissan. ce de quelcun & se mettre en liberté. (Les Suisses ont secoué le joug de la maison d’Autriche. Les Hol- landois ont secoûé le joug de la domination Espagnole.) H * SECOUER le joug des passions. C’est s’affranchir des passions, dompter ses passions. f * On dit qu’une maladie a bien secoué une personne. [Mor bus tste hune bens conimotum reddidits C’est-à-dire, qu’ellel’a sort tourmenté, & l’a fort affoibli. SECOURABLE , adj. [Ojficiosus , beneficus, libe- raliss Qui secourt volontiers. (C’est un voisin fort se- courable. Assistez-moi en ce besoin , vous qui êtes si secourable. Voit. I. 25. C’étoit un homme doux & secourable. Fléchier, oraisons funèbres, j f SECOURABLE. [Ad subsidium serendum saciìis.] Qui peut être secouru. II n’est pas bien en usage en ce sens, quoi qu’on ait dit que la Candie n’étoit pas secourable. Suivant [Académie, secourable se dit en ce sens avec la négative. (Cette place est tellement assiégée qu’elle n’est pas secourable que par mer.) SECOURIR, v. a. [Subvenire , Jùbfidium afferres Je secours. Jesecourois. J’ai secouru. Je secourus. Je secourrai. Je secoure. Je secourrais. Je secourusse. Ce mot signifie Aider. Donner secours. Assister dans le besoin. (Secourir un ami, de son bien, de son crédit. Secourir l’Etat.) SECOURIR. [Subfidio venires Terme de Guerre. C’est faire lever le siège de devant quelque place. (Secourir une place. Secourir une ville.') SECOURIR. [Adjuvare.] Terme de Manège. C’est donner les aides à un cheval lorsqu’il est à propos. (Votre chevaine va plus, secourez-le. Secourir son cheval des deux talons en le pinçant délicatement.) Se Secourir, v. r. [Sibiprastò estes S’aider. Se donner secours. (Je vous rends grâces de la disposition où je vous vois de me vouloir secourir en vous secourant vous-même.) SECOURS , / m. [Auxilium , subfidìums Aide. (Donner du secours à quelcun. (Marcher au secours de l’aîle droite. Ablanc. Arr. I. 1. Venir au secours. Aller au secours. Mais de tous les secours , secours le plus solide , Au chemin de douleurs j’ai l’Homme-Dìeu pour guide. Madem. Defcartes.) * SECOURS. [Suppetias Terme de Guerre. Soldats qu’on envoie pour secourir quelque place ou quelques troupes. (Empêcher le secours. Ablanc. Arr. 1 . 1. Le secours n’a pû passer. II mit ses navires à [embouchure du port pour fermer le secours de la mer. Ablanc. Arr. I. 2. c. 1.) SECOUSSE, / f. [Concusfio ,succufsuss Violente agitation. Action de secouer. (Cette secousse est bonne. Donner quelque secousse.) * Les Lacedemoniens ont eu de rudes secousses. Ab!. Arr. l. i.c. 4. * L’herésie ne s’est afermie en aucun lieu fans y recevoir de grandes secousses. Maucroix, Schisme d’Angleterre, l. 3. p. 47a. t* Je reçois d’étranges secousses, & mon cœur ne tient plus qu’à un filet. Molière , Précieuses. SECOUSSE. [ Agitatio , motios Mouvement qu’on se donne pour courir. J’ai pris ma secousse pour vous atraper. SECOUES,// [Brevia ,firtess Terme àz Marine, qui se dit des terres basses, plates & de peu de cale où il y a des sirtes. SECRET,/ m. [Secretum , arcanums Quelques- uns prononcent/grcí comme [Académie, mais la prononciation la plus ordinaire & la plus recûè parmi les ^ lionne- SEC honnêtes gens c'est d’écrire & de prononcer secret. Viiug. Rem. Chose qu’on tient cachée sans la communiquer. ( J’aime je vous dis mon secret. Et je mourrois plutôt , Silvie , Que de le dire à quelque autre qu’à vous. Divulguer un secret. Découvrir un secret. Eventer un secret. Ablanc. Confier son secret à quelcun. Savoir tout le secret d’une afaire. Le secret de la con- feífion. Enfin puisque malgré moi-même , Volts voulez savoir mon secret, Vous pairez ce tour indiscret En aprenant que je vous aime. Poët. Anon. ) SECRET. [ Industria. ] Moien. ( Le vrai secret pour avoir de la santé, est que le corps soit agité & que l’esprit se repose. Voit. I. 44. II y a des machines dont on ne peut se servir, des serrures & des cadenas qu’on ne peut ouvrir, si on n’en sqait le secret. * En amour le secret est de plaire. ) f Enterrer son secret , Benserade Po'és [ Secretum filc- re. ] C’est-à-dire , cacher bien son secret, ne le découvrir à personne. Voïez enterrer. SECRET, C Art h arcana , mysteria. ] Ce mot en parlant de Médecine (5? quelques Arts. C’est ce qu’il y a de plus singulier & de plus souverain dans la médecine , c’est ce qu’íl y a de plus particulier, de plus fin , de plus caché & de plus rare dans les arts. ( Les secrets de la médecine. Vaug. Quint. I. c. 5. II lui a enseigné tous les secrets de son art. Etnploier tous les secrets de son art. Emploier tous les secrets d’un art. ) SECRET. [Opacité , umbra. ] Ombre, obscurité, silence. ( Les secrets des bois, le secret de la nuit. ) SECRET. [ For amen. ] Terme de Guerre & de Marine, qui se dit de la lumière d’un canon. (II faut mettre une platine de plomb, sur le secret du canon, pour le garantir de l’eau & du feu. ) On dit proverbialement d’un homme indiscret, qu’il est secret comme un coup de canon. [ Indiscretus. ] On apelle sciences sécrétés , la cabale, la magie , & autrec qui ne se communiquent pas facilement. SECRET, f Singulare U arcanum remedium. J Recette particulière pour quelque maladie. ( C’est un Alédecin qui a des secrets admirables. Les secrets de Veker. ) SECRET, sécrété, ,adj. [ Tacìtus , secretus , ar- canus. ] Caché. Qu’on ne découvre pas. ( Cela est secret. La chose est sécrété. Ablancourt. Une inspiration sécrété. J’ai eu un pressentiment secret de ce malheur. ) SECRET, secrette. s Arcanus bomo. 3 Ce mot se dit des personnes & veut dire. Qui ne dit mot. Qui ne découvre rien. ( 11 n’y a guère de femmes secrettes. C’est un homme fort secret. ) f Escalier secret. C’est un escalier dérobé , par lequel on monte dans les apartcmens d’une maison , au lieu de monter par le grand escalier. O11 dit aussi dans la même acception, dégré secret, porte sécrété. En secret, adv. [ Clam. ] En cachette. Secrette- ment. En confidence. ( Parler à quelcun en secret, Dire une chose en secret à quelque personne. ) SECRETAIRE, s. m. [ Scriba, à manu, ab epi- fiolis. ] Celui qui est aux gages de quelque grand Seigneur pour écrire ses lettres & autres choses. On apelle aussi ficretaire celui qui fait l’extrait des procès d’un Conseiller, ou autre homme de robe considérable. Celui qui fait les afaires de palais d’un homme de robe de qualité. (Un sccretaire d’un Conseiller de la grand chambre gagne tous les ans mille écus. ) SECRETAIRE d’Etat. [ Sanlíioris conflit commenta- rienfes. ] U y a quatre Secretaires d’Etat qui sont des Oficiers de la Couronne dont chacun dans le mois de son ministère expédié les grâces du Roi, conduit les Députez qu’on envoie au Roi à l’audience que Sa Majesté donne , & par les mains duquel passent les dépêches du Roi, & celles qu’on adresse au Roi. On les apelìoít autrefois Secretaires des commendemens. SECRETAIRES du Cabinet. Secret aire de la Chambre îs du Cabinet, f R e st epìstolis. J Ce sont des Officiers qui aident le Roi dans ses dépêches. SECRETAIRE du Roi. [ Régi à commentnrm. 3 Ce font des Oficiers qui signent les expéditions du sceau. Un homme d’esprit, c’est Monsieur Courtia de Moijt- SEC 457 bazi, disoit que les charges de secretaires du Roi, nouvellement créées étoient comme des savonnettes qui servent à décrasser les familles. SECRETAIRE. [ Constliorum particeps .] Ce mot pour dire confident sc dit en Poésie seulement. ( Mes fidèles amis U mes vrais secretaires , Ne m’abandonnez pas en ces lieux solitaires. ' Main. Poës. 1 . ç. ) Mr. Ménage a prouvé sur les poésies de Malherbe, qu’autrefois l’usage étoit d’apeller Secretaire non seulement les hommes qui ont la confiance de leurs maîtres, mais encore les lieux écartez du monde, les bois, les fontaines, à qui les amans malheureux se plaignent en secret de leurs disgrâces amoureuses. Ronsard : Sainte Gajìine , ô douce secretaire De mes ennuis. Et dans le Sonnet 76. Vous ruisseaux, vous rochers, vous autressolitaires, Soiez de mon malheur fidèles secretaires. SECRETAIRES de Saint Innocent. [ Injulst epìjìolarum scriba. ] Ce mot se dit en riant, & veut dire de misérables scribes, qui font profession d’écrire des lettres pour les valets & les servantes, & autres personnes du petit peuple , qui ne savent pas écrire. f SECRETAIRERIE, s.s. Lieu où les Secretaires d’un Ambassadeur, d’un Gouverneur, d’un Tribunal de Justice , délivrent leurs expéditions, & où ils en gardent les minutes. SECRETARIAT ,s m. [ Scriba, libellions oficimn. J Charge , Ofice, Emploi & dignité de secretaire. Tems durant lequel on a exercé la charge de secretaire. ( Ce sont des droits & des privilèges atachez au secrétariat. Son secrétariat a été illustre. ) SECRETEMENT , adv. s Secretò , arcanè, clam, occulté. ] En secret. Tout bas. ( Faire une chose secrètement. 11 lui a dit quelque chose fort secrètement. SECRETES , f. fi [ Sécréta. J Terme d’Eglise. Ce sont de certaines oraisons que le Prêtre dit tout bas à la fin de la dernière secrette , il. ) é SECRETON, /• rn. Toile blanche de coton, qui vient des Indes Orientales. SECTAIRES , fi m. [Seliarius, stllator optnionis.'} Gens d’une secte hérétique. ( Les derniers sectaires lui ont fait des plaies sanglantes & mortelles. La Chambre. II sembloit qu’Elizabet préférât les dogmes de Luter à ceux de tous les autres seliaires. Mattc. Schisme d’Angleterre , l. p. 44;. ) SECTATEUR) s m - C Selîator , sella alìcujus discipulus. 3 Ce mot íe prend en bonne & en mauvaise part & veut dire celui qui suit les sentimens de quelque particulier , qui les soutient , les défend & s’y ata- che avec ardeur. (Epictete & ses seflateurs croient que Dieu est seul digne d’être aimé & admiré. Paf. Pens Les sectateurs sont en grand nombre. Les sectateurs de Mahomet font bien aveuglez. ) Ç SECTATRICE , s f. C Sella alicujus dijctpulest Celle qui soit quelque sentiment particulier. Danet. SECTE , sf. [ Sella , fchola, famiìia.'} Opinion suivie de plusieurs personnes. (Secte dangereuse. Faire une secte. Détruire une secte. Le Pirronisme n’eft pas une secte de gens qui soient persuadez de ce qu’il s disent, mais c’est une secte de menteurs. Port- Royal. II y a eu diverses sectes entre les Juifs. La secte des Esséens, la secte des Pharisiens , & celle des Saducéens. ) SECTEUR, f m. [ Sellor. 3 Terme de Géométrie. ( Un Selieur de cercle est une portion de cercle eti forme de triangle mixte compris entre deux demi diamètres & un arc de la circonférence du cercle. Hac- autt , nouveaux Elemens de Géométrie. I. f. ) SECTION, f fi ÍSellio. 3 Partie de chapitre. (Une petite ou une grande section. Les anciens n’a- voient guère l’usage des sections par chapitres. Tra- dullion nouvelle de la Cité de saint Augustin, t. 1. Remarque. 3 SECTION. [ Selíio. 3 Terme de Matématique. Si deux plans se coupent, ils se coupent en une ligne droite qui s’apell c la commune self ion. Hacquet, Géom. I. 4. On parle aussi des sections coniques. Ce sont diverses figures qui resoltent de la section d’un Cône par quelque plan, savoir le Triangle, le Cercle , l’Ellipse, la Parabole & l’Hiperbole. Mr. de La Hire a fait un traité des sections coniques. SECTION d’un bâtiment. [ Jconngraphin. 3 En Ar- Tome III. M m m chi- 458 SEC chitecture est le profil ou la délineation qui se fait des hauteurs & des profondeurs , çmi font élevées fur le plan, comme si on avoit coupe le bâtiment pour en voir le dedans. SECTION- C Seclio. ] Signifie aussi faction de couper & les parties de la figure coupée. On dit faire la section d’une ligne. Faire la trisection d’un angle, c’est-à-dire, le couper en trois parties égales. Sections égales ou inégales. La plus grande ou la plus petite section d’une ligne &c. SECULAIRE,, adj. [ Secularií. ] Ce mot se dit de certains jeux qui fe faifoient du teins de l’ancienne Rome , à la fin de chaque siécle , de cent ans en cent ans. C La dernière Ode d’Horace regarde les jeux séculaires. ) , f Année séculaire. C’est l’annee qui termine le siécle. ( On ouvre la porte sainte à Rome à chaque année séculaire. ) (s Les jeux séculaires étoient autrefois une des plus solennelles fêtes de Rome. Plusieurs Auteurs en ont écrit : mais Sozime est celui que l’on doit consulter , parce qu’il en a parlé plus amplement que les autres. II raconte que la ville de Rome étant presque ruinée par la peste qui suivit de près l’expulsion des Tarquins, P. Valerius Publicola qui étoit alors Consul, ordonna , pour apaiser la colère des Dieux, que l’on célébrât cette fête , dont les cérémonies que l'on devoit observer, se trouvèrent prescrites dans les Livres des Sibilles. Ces jeux furent apellez Séculaires , parce qu’on devoit les renouveller de siécle en siécle, selon la plus commune opinion; ou tous les cent dix ans, comme les quinze Oficiers, ou Quin- dechn viri , qui avoient le foin de la Religion, lesou- tinrent fous le régné d’Auguste, qui les acusoit d’avoir laissé passer cent aas fans les célébrer , disant pour s’excuser , qu’on ne les devoit solenniser qu’après cent & dix ans. Cet F.mpereur les fit renouveller fous le consulat de Furnius & de Silanus. L’Fmpereur Claude ordonna fan 8°- de .Jéfus-Christ, qu’on les célébrât , parce que c’étoit le commencement du siécle. Mais Domitien, fans s’arrêter à f Ordonnance de Claude, les fit renouveller f an io;.,depuis ceux d’Auguste. Quelque tems avant la fête, on faifoit publier par tout l’Empire, que chacun eût à venir voir des jeux qu’il n’a- voit jamais vûs , £çf qu’il ne reverroit jamais. L’ou- verture se faifoit au commencement de la moisson. Pour lors l’Empereur , comme Souverain Pontife, ha- ranguoit le peuple au Capitule, & Fcxhortoit à fe préparer à la fête par des prières & des purifications particulières. On distribuoit au Peuple des parfums par les mains des Quinze-virs , qui y joignoient un petit bâton de sapin que chacun alumoit, & jetoit sur le feu un peu du parfum ; dont la fumée servoit à purifier le peuple, qui ofroit à f Empereur des corbeilles pleines des premiers fruits de l’année, après ces premiers préparatifs, on ouvroit la fête par une procession de» Magistrats & du peuple lequel étoit vêtu de blanc, couronné de fleurs , portant une palme à la main. On chantoit dans les rués certains vers propres à la fête , ctl’on adoroit, en passant, les Dieux que l’on voioit couchez fur des lits que l’on apelloit leHi- Jiernes. Ensuite on s’assembloit pendant les trois nuits suivantes dans les temples, où l’on faifoit des prières ct des Sacrifices ; & parce que la fête étoit principalement ordonnée pour apaiser les Dieux des tenebres , c’est-à-dire, Pluton , Proserpine, Cerès , & les Parques, on ne leur ofroit que des victimes noires, & dans l’obscurité de la nuit. Ces victimes étoient un taureau noir à Pluton, & une vache noire à Proserpine ; & le lendemain on ofroit pendant le jour les mêmes victimes , mais blanches à Jupiter & à Junon. Ces Sacri- fices fe faifoient avec les cérémonies acoûtumées ; & après avoir fait trois fois le tour des autels , on prioit le Dieu à qui on ofroit le Sacrifice , de l’accepter favorablement. Les jeux fuccedoient à ces cérémonies religieuses, & le peuple s’assembloit dans le cirque, ou dans l’amphiteâtre. Les victimes que l’on sacrifioit aux Parques dans la seconde nuit, étoient une brebis & une chevre noires ; & le lendemain les femmes de condition libre alloient au temple pour y Sacrifier. Et la troisième nuit on sacrifioit un pourceau à la Terre; & le jour iuivant qui étoit le dernier de la fête, on at sembloit les. jeunes garqons & les jeunes filles, dont on compoioit deux chœurs , qui chantoient une him- ne propre a la solennité. Ilfaloit que les garqons & SEC les filles eussent encore leurs peres'ct leurs'meres, afin qu’il n’y eût rien qui pût causer quelque ocasion de tristesse dans un jour destiné pour la joie. Les Prêtres Saliens eurent beaucoup de part à la solennité ; ils dansoient, ils chantoient, & couraient par les rues en sautant selon leur coutume. Enfin cette grande fête étoit décrite dans des médailles que l’on distribuoit au peuple, & dont il nous en reste quelques- unes. Voilà un abrégé de f histoire de Sozime ; & pour l’illustrer & la rendre plus intelligible, le P. Taffin Jésuite , & Turretin en ont donné d’amples explications , ou l’on peut recourir. SECULARISATION,/ f. £Ad facularem condìtionem transcription Prononcez secularization. Action de séculariser. (La sécularisation de quelques A baies s’est faite en France par l’autorité & par le consentement du Pape. La sécularisation de quelques Evêchez s’est faite en Allemagne par les Princes & les membres de l’Empire. II faut pour la sécularisation des Eglises régulières, fau. torité du S. Siège, celle du Roi, de l’Evéque du lieu & du Patron , & même le consentement du peuple, avec l’homologation du Parlement. Févret , traité de l’abus , /. 2 . ) SECULARISER , v. «. f A d ssculares referre. ] C’est faire passer de l’état de Religieux à celui de Prêtre séculier. ( Séculariser des Chanoines de Saint Augustin. Ce mot fe dit aussi en parlant des benefices possedez par des Religieux de benefices en réglé. Et c’est tirer le benefice de la réglé de quelque Ordre particulier de Religieux. (Ainsi on dit,Séculariser une A haïe. Séculariser un Prieuré. Par le traité de la paix de Munster, on a sécularisé quelques Evêchez & quelques Abaïes. Les Eglises qu’on sécularise, conservent leurs anciens droits & leurs anciens privilèges. Févret, de l’abus , /. 2. ) SECULARITE', f f {Sacularis clerici condition Etat d’une personne qui Vit dans le monde, fans avoir fait des voeux. ( On fait aussi-bien son salut dans la fecu- larité que dans la régularité. ) SECULIER, séculière , adj. [ La'icus, fiecularis. ] Ce mot fe dit des personnes & des puissances du siécle qui ne font ni Eclésiastiques, ni religieuses j & qui ont f autorité en main. Ainsi on dit. ( Le bras séculier. Un Prince séculier. Puissance séculière. Autorité séculière. ) SECULIER , seculiere , adj. [ Prosanus , qui ftcu - lum redolet. ] Qui sent f esprit du siécle. Qui est mondain. Profane. Qui est d’une personne qui aime les plaisirs, les vanitez & les choses du monde. ( Ua habit séculier. Façon de vivre séculière & mondaine. Un Ecclésiastique ne se doit point embarasser dans les a faires séculières. ) SECULIER , seculiere , adj. [ Sacularis. ] 11 se dit des personnes, & veut dire , qui n’est pas Religieux, ( Etre Prêtre seculie. ) SECULIER , seculiere , adj. [ Mundantts , prosanus.'] 11 se dit des choses, & signifie qui est du siécle. ( La paume est un jeu séculier. La chasse est un divertissement séculier, c’est-à-dire, qui est propre aux gens du siécle. ) SECULIEREMENT , adv. [ Seculari ritu , more lai - corum. ] D’une maniéré séculière & mondaine. (11s vivent un peu trop seculiérement. ) SECULIERS, f m. [ Laici. ] Les gens du siécle qui ne font ni Eclésiastiques, ni Religieux. ( II faut laisser aux séculiers les divertissemens séculiers. ) SECULIERS, /. m. f Saculares. J Simple Ecclésiastique. ( Le Pape a âcordé une commende à un séculier. Les séculiers qui font riches & qui ont du crédit, sons heureux, car ce n’est qu’à eux qu’on donne les Bénéfices en commende. ) SEÇURIDACA , f f. [Securidaca. J Plante dont les feuilles font semblables à celles de la grande lentille, ct dont la semence est propre pour fortifier f estomac. SECURITE' ,sf- [ Securitas. J C’est une grande assurance. ( Le lion marche avec sécurité. Ceux qui vivent dans le dérèglement mettent toute leur étude à fe cacher leurs mœurs de crainte de troubler la paix fausse & la sécurité trompeuse, dans laquelle ils veulent passer leurs jours. Votez Eclaircijsementsur la vie Monastique. ) Les Prédicateurs en exaltant trop la miséricorde de Dieu , jetent les hommes dans la négligence & la sécurité. La Place. Les femmes ne se servent guére de cê terme, parce qu’elles ne savent pas ce qu’il lignifie. (S Mr. SED (§ Mr» Richelet a pris les derniers mots d’une Remarque du Pere Bouhours , pag. q99. La voici: ,, Je prévois C dit Mr. de Vaugelas) que le mot sécurité fera * un jour fort en usage , à cause qu’il exprime cette con- ” fi imC e ajj'ùrée que riow ne saurions exprimer en un mot ” J q Ue par celui-là. Je t'ai déja dùi dire, mime à des ” femmes de la Cour. Nos maîtres aprouvent secu- " rué & plusieurs bons Ecrivains de notre tems i’ont ” emploie dans leurs livres. Mr. de la Chambre dit: , II y a trois sortes d’animaux qui marchent avec grande sécurité ; le lion entre les bêtes de charge s le coq entre les poules ; & le bouc qui va devant les chevres. Mais les femmes ne s’en servent guéres , ’’ parce qu’elles ne savent pas bien ce qu’il signifie, de sorte qu’il n’est pas encore fort en usage ; il y sera bien-tôt aparemment, & nous verrons à cet égard ’ la prédiction de Mr. de Vaugelas entièrement acom- ’ plie. ” Elle l’a été en éfet par l’aprobation autenti- que de Meilleurs de l’Académie en ces termes : „ Mr. „ de Vaugelas a prévu avec raison que sécurité devien- „ droit fort en usage ; On s’en peut servir sans y apor- „ ter aucun adoucissement. Ce mot lignifie une con- „ fiance interietire , une tranquillité d’esprit bien ou ,, mal fondée, dans une ocaiionoù il pourroit y avoir „ sujet de craindre ; & c’est en quoi il difére de J cureté, „ qui marque l’étac de celui qui n’a rien à craindre. „ Quand on dit, par exemple : La bonne opinion que „ les soldats avoient de leur Général , les saij'oit dormir „ dans une pleine sécurité , on ne veut pas dire qu’ab- „ solument on n’avoit rien à craindre , mais que la „ confiance qu’ils avoient en la prudence de leur Gé- „ neral , leur faisoit croire qu’ils n’etoient exposez à „ aucun péril , ce qui metoit la tranquillité dans leurs ,, esprits. ” SEDANOISE , s s ÍTypttí Sedanensis. ] Terme d 'Imprimeur. On a donné ce nom au plus petit caractère de l’ímprimerie. On l’a pelle auílì Parisienne. SEDENTAIRE, adj. lAsJìduus, homo perpétua fejsioms. ] Ce mot vient du Latin Jedentalius , & il se dit des personnes. 11 veut dire, qui ne fort presque point, qui demeure ordinairement en un lieu , où il travaille du corps, ou de l’efprit. ( C’est un homme fort sédentaire. Un artisan sédentaire. ) SEDENTAIRE. [ Astidum. 3 11 se dit des choses, & signifie , qui oblige une personne à être sédentaire. Travail sédentaire. Vie sédentaire. II signifie aullì, qui est fixe en un endroit, qui demeure & est établi dans un certain lieu. (Philippe de Valois rendit le Parlement tout-à-fait sédentaire à Paris, régla le nombre des Conseillers & ordonna qu’ils travailleroient toute l’année. Abé de Choisi , Hist. de Philippe de Valois , /. %. ) SEDIMENT , /• m. [ F ex crafamen. ] Terme de Médecine , qui se dit de la lie de la partie crasse, qui étant reposée tombe au fond du vaisseau. Le Je- diment de surine , dont la connoissance des maladies depend. ) "SEDITIEUSE,// ÇPertUrbatrixJ Celle qui trouble le repos dont on jouit. ( On a caché la Vérité au fond d’un puits , comme une séditieuse. S. Evremont, in 4 .p. 532. ) SEDITIEUSEMENT , adv. [ Seditiosi , tumultuosè. ] D’une maniéré séditieuse. D’une faqon qui tend a quelque soulèvement. En séditieux. (Parler sedi- tieusement. SEDITIEUX , séditieuse , adj. [ Facîiosuí , sedi- tiosus. 3 Prononcez sedicieus. Ce mot se dit des personnes & des choses , & veut dire qui va à exciter quelque sédition. Qui tâche à faire quelque sédition Qui aime la sédition & le trouble. ( Esprit séditieux. Ablanc. Discours séditieux. Ablancourt. Clameurs séditieuses. Patru , plaid. 7 . ) SEDITIEUX, f nt. [ Perturbator. ] Gens qui ont excité une sédition. Gens qui font quelque sédition. ( La plupart des séditieux ont été executez. ) SEDITION, f f. [ Seditio , notm_ civìcus. ] Soulèvement de peuple contre son devoir. Mutinerie de peuple. ( Exciter, causer, émouvoir une sédition. Alumer la sédition. Apaiser la sédition. Etoufer la sédition. Ablancourt. Et quoi que le dehors soitfans émotion, Lt dedans n'est que trouble, que sédition. Cern. ) SEI 459 SEDUCTEUR, f. m. [ Sednftor , corruptor. ] Qui tfompe quelCun en ce qui regardé la Religion , ou les mœurs. ( On devroit sererement punir un séducteur. n es point criminel, la faute est de tesperes, Çtu un esprit séducteur rendit tnes adversaires. Genest. ) SEDUCTION, f. f. [ Corruptela , seduflìo. ] Trorfi- perie dans des choses qui regardent la Religion, ou les mœurs. ( La séduction mérité d’être châtiée. ' SEDUIRE , v. a. s Seducere, in malum inducere. J Jejedui, j ai J 1 duit, jeséduisis. C’est tromper une personne dans les choies qui concernent la Religion, ou les mœurs. (Seduire un enfant. Seduire une jeune fille.) On se laisse aisément stduireà l’aparence, Quand elle nous promet (k nous rendre contens. f SEDUISANT, ANTE, adj. On dit, ( un discours séduisant , conversation séduisante, ton séduisant, air séduisant. ) SEDUIT , seduite , adj. [ SeduHus , corruptus. ] Trompé dans les choses qui regardent les mœurs, ou la religion. (Jeune homme malheureusement séduit. Pauvre petite fille seduite par un coquin. La ríiison peut iireseduite Par les beaux mots du b. P. Bouhours. Ligniére , Poésies, ) SE'ELLE'. Voïez Séléi SEGLE , ou seigle, f m. Mot qui vient du Latin secale, ou de l’Italien Jegala. C’est une forte de blé qui croit plus haut que le froment, qui porte un grain plus long que celui du froment & qui après le froment est lc meilleur de tous les hiez. ( On fait du pain de fe- gle , mais ce pain n’est pas si blanc que celui du pur froment,- de forte que pour lc rendre plus blanc & meilleur, on y mêle du froment. Le ségie échaufe & résout, & vaut mieux pour cela que le froment. Le levain de segle fait meurir & crever les abcès. Dal. ) íf L’étimologie du mot segle est contestée. Mr. Ménage raporte les diférentes opinions des Auteurs fur ce sujet ; on peut les voir, ainsi que Mr. Caseneuve. SEGMENT ,/»».[ Segmentum. 3 Terme de Géométrie. Quand une ligne coupe un cercle , elle le coupe en deux parts, qu’on apelle segments. Un Segment de cercle est une portion de cercle terminée par une corde & par un arc de la circonférence. II y a des grands & des petits segmens. On parle de sangle du segment & de sangle dans le segment, &c. Geom. de H. de S. S. f SEGOVIANE , f f On apelle Laine S ego- viane, la meilleure des laines de Segovie, après qu’on a fait le triage. $ SEGOVIE , f f. se dit de la laine d’Espagne qui vient de Segovie, Ville de Castille. 11 y en a de trois fortes, la Prime Segovie, la Seconde Segovie, & la Tierce Segovie. 11 y a aussi de la petite Segovie. SEGRAIER , f. m. [ Sylva communis Domintts. 3 Terme des Eaux Forêts. C’est celui qui possede par indivis la propriété d’un bois, avec d’autres propriétaires & Seigneurs. SEGRAIRIE,// £ Sylva coittmunit. 2 Bois qui est possédé en commun, soit avec le Roi, soit avec des particuliers. SEGRAIS , f. m. [_ Sylva discreta. ] Terme qui se dit des bois qui font séparez des grands bois , qu’otì coupe & qu’on exploité part. t SE'GREGER- ISegregare. 3 Ségrégation. [Se- gregatio. 3 Ces mots sont ecorchez du Latin. Dites & Voïez séparer & séparation. SEIDA, s- «*• í Seida. 3 Sorte d’animal sauvage à quatre piez, haut d’une demi coudée , ou environ, qui a les moustaches d’un tigre, le museau d’un lièvre , les oreilles d’un homme , & qui est tout couvert dé longs piquans ronds, blancs & noirs dont il se défend contre les animaux qui l’ataquent. ( Le Seida nait en Afrique, il ne boit point, mais en récompense , il mange de toutes sortes de choses. ) SEIGNE'E, soigner, Voïez Saigner, colonne SEIGNEUR , s m. í Dominus , ber us. J Celui quî est maître d’un lieu féodal. Celui qui est le maître & le propriétaire de quelque chose. Haut puissant Sei * Tome IIL M m m » gneur* 460 SEI neur. On donne ces qualitez aux Seigneurs des hautes & grandes Seigneuries. Seigneur foncier. Seigneur haut- iusticier. Voïez Loiseau , traité des Seign. ) . SEIGNEUR. C Proceres, primates. ] Ce mot estpris aussi pour titre d’honneur, & un nom d’autoritéqui lignifie celui qui tient l’autorité publique. Lois. liv. des Seign. ( Tous enfin fans emploi, fans projet U fans vû'é De l’homme leur Seigneur atendoit la venuè. Perr. Creat. du monde. ) SEIGNEUR, t Domìnus. ] Se dit de celui de qui relevé une terra, on un fief qu’on possede, & de la qualité de celui qui possede un fief. Les Chanoines de Notre-Dame de Paris font Seigneurs de plusieurs t6 0 ’ Mr. Le Fevre Chantereau a fait un long chapitre dans le second livre de son Traité sur l’origine des fiefs, sur le mot Senior , d’où est dérivé notre Seigneur Plusieurs , & fur tout Hotoman veut que Seigneur vienne deSignor, mot Alemand : mais il a été le seul dans ce sentiment. Le terme Senior signifie naturellement un homme avancé en âge. Grégoire de Tours s’en est servi pour marquer le plus puissant & le plus qualifié des habitans d’une ville ; Marculphe , pour un Juge ; d’autres ont apellé Seniores les Supérieurs Eclésiasti- ques, ainsi que ceux qui conduisoient des gens de guerre. Mais la plus ordinaire signification dans les Auteurs de la basse latinité , est celle de Roi , de Souverain , comme on peut le justifier par les anciens Romans de notre Langue, où les Rois & les Princes soht qualifiez de Seigneurs ; ce qui est encore en usage parmi nous , avec cette diférence, que nous écrivons Seigneur, & autrefois on écrivoit Senieur ; ce qui prouve que le terme Seigneur tel que nous le connoissons, vient du Latin Senior. Nous avons plusieurs fortes de Seigneurs fous des distinctions diférentes que je vais expliquer. Le titre le plus noble, est celui de Justicier , dont il y a trois espèces diférentès, comme nous avons trois espèces de Justices ou Jurifiilîions. La première est apellée Haute-Justice ; la seconde, Moienne- Justice ; & la troisième, Basse Justice : ainsi nous recon- noissons trois Seigneurs Justiciers, le Haut, le Moien , & le Bas. II y en a un quatrième, qui n’est connu que dans quelques Coutumes, c’est le Seigneur Châtelain. On juge d’abord que le Haut-Justicier est celui qui exerce son pouvoir dans le civil & dans le criminel, sous les restrictions néanmoins qui ont été introduites par les Ordonnances des Rois de France. Lui seul a droit de prendre ta qualité de Seigneur du lieu ; il a en éfet ces deux Ju- lisdictions que les Romains apelloient merum gs? mixtion imperium. Le premier consistoit dans le pouvoir de Î unir les crimes, Jus gladii ; & le second étoit une urisdiction sur les choses qu’elle avoit soin de conserver aux véritables propriétaires. Le Moien-Justi- cier est inférieur en pouvoir ; & le Bas en a moins que les deux autres. II seroit à souhaiter que toutes Jes Coutumes se fussent expliquées fur cette matière aussi en détail que celle de Senlis ; elle explique dans ks articles 96. 97. 98. 99. & jusques au 107. inclusivement , tous les droits dont le Haut-Justicier peut çonnoître; & dans les articles soivans jusques au 119. tout ce qui est de la compétence du Moien-Justicer ; & dans les soivans jusques au 125. tout ce qui apar- tient au Bas-Jufticier. L’idáe que l’on peut donner de ces trois degrez de Juridiction, est celle-ci.- la punition des crimes, la haute-Police , les droits des Seigneurs , le possessoire entre deux contendans, &c. font de la Juridiction du Haut-Justicier. Le Moien- Jufticier connoit des crimes qui ne méritent pas une peine aflictive, des afaires purement civiles, de la prise des bêtes , &c. & le Bas-Justicier ne connoit que des crimes les pius legers, des matières civiles & sommaires ; & comme les Coutume sont si diférentes, on »e peut les raporter ici, il faut qu’on les consulte quand on en aura besoin. Quant au Seigneur Châtelain , il en est fait mention dans la même Coutume en ^' s ’ â dans celle de Poitou : leur pouvoir est diferent selon les usages des lieux ; & nous trouvons leur origine dans le Traité de F loris Vander Haer, in- titule des Châtelains de P Isle, liv. 1. ch. dernier, où il dit que les Châtelains ont été les premiers Oficiers de judicature des Comtes ; que Châtelain & Vicomte etoient egaux en pouvoir; que les Châtelains étoient les premiers Lieutenans des Comtes ; que les Baillifs SEI ont succédé aux Châtelains, lesquels conduisoient l’arriére-ban à la guerre. Le Président Fauchet a remarqué dans son Traité des Barons, ch. 6 . „ qu’après les ,, Barons marchoient les Châtelains vassaux ou vavaf- „ scurs, à sçavoir ceux qui avoient droit de tenir chá- „ teau ; & je crois que c’étoient Capitaines de Pla- „ ces fortes plus petites que les bonnes villes volon- „ tiers la demeure des Comtes. ” On volt dans l’hi- stoire de Bertrand du Guesclin , ch. 10. que le Château de Roceboyse fut assiégé par du Guesclin : „ mais „ le fier Chastelain , se deffendoit orgueilleusement, „ ne la vouloir nullement rendre. ” 11 faut à présent passer à d’autres Seigneurs , qui ont été établis avec les fiefs. Le premier est le Seigneur Dominant ou Su. zerain s ce qui signifie également Supérieur ; ainsi le possesseur du fief primitif est Seigneur Dominant 011 Suzerain du possesseur de l’arriere-fief qui en a été démembré. II y a donc fief dominant, & fief servant, Le propriétaire du fief dominant a une supériorité utile furie servant; car il est dit dans l’article $1. de la Coutume de Paris, que „ le vassal ne peut demem- „ brer son fief fans le consentement & au préjudice ,, de son Seigneur, bien se peut jouer & disposer, „ & faire son profit des héritages, rentes ou cens estant „ dudit fief, fans payer profit au Seigneur dominant, ,, pourvu que l’alienation n’excéde les deux tiers, & „ qu’il en retienne la foi entiere, & quelque droit sei- ,, gneurial& domanial sur ce qu’il aliéné. ” Plusieurs autres Coùtumes qu’il seroit inutile de raporter, confirment l’assujettissement du vassal, & lui défendent de démembrer le fief sans le consentement du Seigneur Dominant. Seigneur féodal. C’est le propriétaire du fief, qui peut , en cette qualité, faire saisir le fief dans les cas où la saisie a lieu , exercer le retrait que l’on apelle féodal, & le droit de commise, qui sont des privilèges dont les Seigneurs Censiers ne jouissent pas , comme on va l’expliquer. Seigneur Cenfier, a qui une redevance censiére est dùé. Et il ne peut pas exercer les mêmes droits sor ses censitaires, que les Seigneurs féodaux exercent sor leurs vassaux. Le Seigneur direct ( selon l’expression de la Coutume de Paris, art. 2. ) est le Seigneur foncier ou plus près du fond. Les Coutumes d’Orleans , de S. Jean d’Angely, d’Auvergne, en font mention. „ C’est ( dit Ragueau ) „ celui qui a baillé à cens & rente son heritagefeudal ,, ou roture. " Seigneur foncier, est le même que le Seigneur direct. Seigneur utile. C’est ( selon le même Ragueau ) le propriétaire de l’héritage dont il jouit. C’est un ancien proverbe raporté par Losse!, tit. des fiefs , art. 100. Un Seigneur de paille , feurre ou de beurre, vainc U mange un vsstdl d’acier. Cela veut dire que le Seigneur qui a fait saisir l’arriere-fief selon le pouvoir que lui en donne la Coùtume , jouit des fruits jusques à la main , & s’enrichit aux dépens de son vassal ; car c’est une autre maxime , que le Seigneur doit plaider la main garnie. On dit encore sor le même fondement, que le Seigneur dort quand le vassal veille. C’est-à-dire , que le Seigneur jouit paisiblement du fief qu’il a mis en fa main, tandis que le vassal se tourmente pour rentrer dans son fief. Enfin on apelle Chef Seigneur ou suzerain, celui duquel on tient nu à nu ; selon sexpression de Galand dans son Traité contre le franc aleu, fans moien , premier en degré, ayons fous foi vqffaux. Loiseau, dans son Traité des Seigneuries, ch. u. a dit que,, ce que les sim- „ pies Seigneurs ou féodaux ou censiers appellent leur „ droit Seigneurie , c’est improprement tout-à-fait, & „ à faute d’autres termes François qui correspondent „ au Latin Dommium , & devroit plutôt être apellé „ Sieure que Seigneurie , termes bien díférens ; parce „ que l’un venant de f en, signifie propriété; & l’autre „ venant de senior , signifie une qualité d’honneur: „ comme pareillement c’est improprement du tout ,, qu’ils apellent sujets leurs censiers & vassaux, parce ,, que la sujétion simplement énoncée se référé aux „ personnes, comme est celle de la Justice : mais la ,, redevance du cens est réelle tout à-fait, & celle „ du fief est mixte, & il est vrai que ni l’un ni l’au- „ tre n’emporte sujétion de la personne ; car quant au „ cens, il ne gît qu’en profit, & le fief en profit & en „ honneur, mais non pas en sujétion de la personne. ” Cet Auteur avoue néanmoins dans l’article suivant, que l’usage a établi la qualité de Seigneur, soit pour ceux qui possèdent des fiefs,soit pour ceux qui n’ont qu’une fini. p!e SEI pie censive. Cette qualité de Seigneur a fait naître souvent des dificultez ; on peut voir Mareschal , des droits honorifiques ; Cambolas , Boìjsteux , Chopin , fur cette matière. SEIGNEUR. C Dominus. ] Ce mot signifie dans l’E- criture & les livres de piété, la même chose que Dieu. (Heureux celui qui craint le Seigneur. Port-Roìal,Ps. m. 0 que mon caur pour votas moins dur U moins farouche, Seigneur , n’a-t-il , helas ! parlé comme ma bouche. Despr. ) Le Grand Seigneur. [ Turcarum Imperator. ] C’est le grand Turc. f SEIGNEUR. [ Dominus. ] Ce mot se dit quelquefois en riant, & lignifie Monsieur.. ( Seigneurs Chevaliers Catalans , Vous tes civils U galans. Voiture , Poésies. ) la jeune Dorimene se marie avec le Seigneur Sgana- relle, qui n’a que 55. ans. Molière. * SEIGNEUR. C Dominus. ] Ce mot se dit en termes d’Aftrologie & de Geomance. C’est la planète qui domine dans une maison du ciel. Serge de Seigneur, s Rast denfique filì pannus. ] Terme de Marchand Drapier. C’est une sorte de serge fine & luisante, dont se sont habillez durant quelque tems des personnes de qualité. f Tant vaut le Seigneur , tant vaut la terre. [ Qua- lis Dominus , taie prœdium. ] Faqon de parler proverbiale , pour dire que le revenu d’une terre augmente à proportion du foin qu’en prend le propriétaire. A tous Seigneurs , tous honneurs, s Cui honorent , honoremj Pour dire qu’il faut rendre honneur à ceux à qui il est dû. Tandis que le vassal dort, le Seigneur veille. Dormien- te cliente vigilat herus. ] Pour dire que le Seigneur peut saisir & faire les fruits siens d’un fief mouvant de fui, tandis que le vassal négligé de lui porter la foi & hommage. SEIGNEURIAGE , f m. [ Jus , Dominium. ] Terme de Momie. Droit que leve le Prince pour la fabrication de la monoïe. Ce droit est une petite somme d’argent que le Prince par droit de souveraineté leve sur chaque marc d’argent, de billon & de cuivre en oeuvre de monoïe, Comme sur les louis d’or le SeU gneuriage est de sept livres dix fous, douze vint troisièmes de denier. Voie z Mr. Boifard, Traité des momies , ch. 9. Bouterou'ë. SEIGNEURIAL, seigneuriale , adj. [ Jus dominìi, jure dominii utens. ] Qui est de Seigneur. Qui a partie n t au Seigneur. (Droit seigneurial. Terre seigneuriale. SEIGNEURIE, f. f. [Pradtum multarum clientela- rum. ] Droit de propriété. Puissance propriétaire. Terre seigneuriale. Puistànce en propriété. II v a plusieurs sortes de Seigneuries , il y a des Seigneuries publiques , Seigneuries privées. Seigneuries simples, directes , grandes, hautes, souveraines, ou médiocres. Les grandes & hautes Seigneuries font les Diichez , Pairies, Marquisats & Comtez , & les médiocres Seigneuries ce font les Vicomtez , Baronies , Chatelc- nies, &c. ( Qui diable vous a fait aujjt vous aviser , A quarante deux ans de vous débatifer , Et d’un vieux tronc pourri de vôtre métairie Vous faire dans le monde un nom de Seigneurie. Mol.) SEIGNEURIE. [ Domina t us, ditìo , jurifdifíio. J Ce mot se dit en parlant de Venise. C’est un Conseil composé du Duc & de six Conseillers, q'ui préside anx trois principaux Conseils de Venise ; de forte que cç petit Conseil qu’on apelle la Seigneurie , est comme sa tête du corps de la République. Seigneurs signifie aussi toute la République de Venise. II se plaignit de ce que la Seigneurie laissoit passer des corsaires dans son golfe. Amelot, histoire de Venise. ) $ SEIGNEURIE. C Domìnatio, titulus. ) Ce mot se dit en riant, & signifie ce que le mot de Jìgnoria signifie parmi les Italiens en parlant a une personne civilement. ( Très-humble serviteur à votre Seigneurie. Molière , Cocu imagin. ) SEILLE ,s f í Situla. ] Vieux mot qui signifie an seau, & qu’on dit encore en quelques provinces, &n SEI 461 Italien fecchia , ce qui a donné le nom au poème du Tasse., de. la fecchia rapita traduit par Perraut. SEILLEURE, f f c Sulcatio. J Terme de Marine. Voïez Sillage , car c’est la même chose. SEIME, f f L Fissura in equino cornu. ] Terme- de Maréchal. C’est une fente dans la corne des quartiers du cheval, qui s’étend depuis la corne jusqu’au fer, qui est douloureuse, & fait boiter le cheval. (Cheval qui aune seime. ) SEIN , f. m. £ Peflus, mamma , ubera. ] Ge mot se dit de l’homme & de la femme, mais plus ordinairement de la femme. C’est la partie du corps où sont les tetons, les mamelles. ( Elle a un beau sein. Le sein de cette fille n’est pas encore formé. Elle n’a point de sein. Cette femme a perdu son sein. Elle avoir le sein découvert, & faisoit voir deux petits globes animez plus blanc que neige. Et fur son sein peut-être après ce doux baiser, Elle me fera reposer. Segrais, Eglogue Couvrez ce sein que je nesçaurois voir, Par de pareils objets les antes font blessées , Et cela fait venir de coupables pensées. Moi. Tar.) (f Je ne sqai si nos peres aimoient les femmes qui avoient beaucoup de gorge. Rémi Belleau a traduit ainsi la fin de l’Ode d’Ànacreon sor la Rose : Afin que de roses plein , Dessous ta treille je chante , Tenant fur moi languissante La pucelle au large sein. II y a dans l’original , fj.tr à xovpst BaBuxóSorov, Mademoiselle Le Fevre a ainsi traduit ces mots : Je danserai avec de belles filles. Mr de la Fosse : avec la beauté qui m’enchantc. Mr Longepierre : avec quelque beauté compagne de la fête. Et Barnes : cum puella profundi finus. Mais ce ne sont point là des traductions fidèles, puisqu’aucun des quatre n’a exprimé l’építéte E«SuxíAttûç , qu’Henri Etienne n’a pas bien entendu, s étant contenté de le rendre par le terme pulcber : Atque pu/chrâ Comitante mepuellâ Choreas U ipfi ducam. Il est vrai que B«0vç signifie plusieurs choses, que Budée a observées : mais quoi qu’on l’ait emploié pour exprimer ce qui est profond & qui a un grand fond, on n’a jamais mis la profondeur parmi les beautez du sein d’une fille ; on ne l’a aussi jamais loué par fa largeur, qui le rend au contraire très-dégoutant. Mais Be íBuç, selon le même Budée, signifiant encore pro- miffus , Stdenfus, on a dû Pexpliquer dans l’Ode d’A- nacreon par la rondeur & par la dureté du soin, puisque ce sont les deux principales beautez de cette partie. Mr. Pelisson a dit autrefois, au sujet d’une roso qui s’étoit entièrement flétrie dans le sein d’une Dame ; Le sein en prit quelque alarme , II en parut agité ; Mats pour donner une larme , II a trop de dureté. S’il arrive que je meure De quelque austt doux trépas , Je défens que l’on me pleure , Ou je ne pardonne pas. ± SEIN , se dit quelquefois de la partie où les fem- nés conqoivent, & où elles portent leur fruit. ( L* ifuit que cette femme porte dans son sein. ) * 8EIN. [ Sinus. ] Ce mot sc ditau figure, & figni- ìe un creux , 011 une capacité qui peut contenir quel- iue chose. Ainsi l’on dit le sein de la terte, & de lq 11er, &c. Les Poètes difoient que le Soleil alloitcou- :her tous les soirs dans !e sein de Thétis, c’est-à-dire, íans la mer. Les métaux, & les minéraux sont enfermez dans le sein, ou dans les entrailles de la terre. ) * La nouvelle de cette mort lui plongea un poignard jans le sein. [_Hàc audità morte fuit graviter percustus.Ji C’est-à-dire, l’aflîgea cruellement. * Les Théologiens parlent du sein d’Abraham. £De Hnu Abraha. ] Du sein de la gloire qui est le Paradis. f * L’Eglife reqoit les fidèles dans son sein, ou dans son giron. Mmm ; Les 462 SEL \es Canonistes Ultramontains disent que lePapffa tous les droits dans son soin. sln sinu pefleoru.J Ut au’il ne peut se tromper dans le droit. H * II porta la gterre dans le sein de la Grece. Vaug. Ouint. livre 4. (* Une Eglise seule a set yeux immobile , Garde au soin du tumulte une assiette tranquille . Despreaux, Lutrin , c. x.) í§ Monsieur Racine a-t-il pû dire dans son Esther , « afin d’af- surer la cheville, ou le crampon. (Seller une cheville dans un mur.) SELLER. [Firmare.] S’emploie figurément. La Religion a été sellée & cimentée par Je sang des Martirs. L’affaire est sellée, pour dire conclue. [Statuta res.] SELLER. [Equum Jîernere.] La premiere silabe de ce mot est brève, & signifie mettre la selle sur le doS d’un cheval. Seller un cheval. Cheval bien ou mal sellé.) SELLERIE , f. f. Lieu où l’on résserre les selles & les barnois des chevaux. (Les selleries de Versailles.) SELLEUR, J' m. [Obsignator.) C’est un Oficier qui a été érigé en 1567. en chaque juridiction pour garder les seaux & pour seller. Loiseau , /. i. c. 4. SELLIER , fi m. [Epbippiarius opifex.] Ouvrier qui fait le barnois des chevaux de selle, & qui garnit leS carosses. (Un bon sellier.) SELON- [Juxta , Jecundùm , ex.] Préposition qui régit l’acufatif, & qiii veut dire Jhivant, qui est ce que les Latins apei\entfiecundùm. (C’est une pièce qui est Jelon les régies. Molière. Les femmes , selon monsens, ne fauroient trop avoir d’efprit; c’est l’esprit qui rerid leurs défauts plus suportables. Voiez aussi Suivant. {$ SELON 464 SEL f€ SELON Moi. Plusieurs Auteurs se servent de cette façon de parler. Mr. de Cambrai dans son Dialogue de l’Eloquence, dit : Selon moi , c était un ouvrage , fcfc. Cette locution n’étoit pas au gré du Pere Bouhours ; il blâme Mr. Ménage de s’en être servi, & d’avoir dit : selon moi, ce mot est bon selon mot , ce mot est mauvais ; & loue ensuite Mr. de Vaugelas de ce qu’il n’a jamais emploié cette maniéré de parler. Mr. Ménage piqué vivement contre ce Jésuite, le repoussa peut-être avec trop de chaleur dans le second tome de ses Observations, ch. 56. Le Pere Bouhours (dit-il) est un homme pétri d’ignorance U de vanité , ou plutôt c’est b ignorance mime ; ou la vanité mime. II entre dans la question, après avoir exhalé fa colere, & dit que selon moi est plein de modestie, & rie veut dire autre chose que , je croispour moi que ce mot est bon ; & qu’il y a plus de modestie dans cette locution , que dans celle dont le Pere Bouhours s’est servi très-souvent, i/faut dire, il ne faut pas dire. II a- joíite que ce Pere s’est servi de selon moi dans plusieurs de ses Ouvrages. Selon moi, je crois en éfet qu’il a tort. SELON. [Prout r es postulat.'] Ce mot se met quelquefois fansregime. Exemple. (Mon pere, lui dis-je, n’est- on pas obligé de fuir les ocasions du péché ? Non pas toùjours , me dit-il, c’cst selon. Pascal. I. Nul obstacle, je crois , Ne peut vous empêcher d’acomplir vos promesses , Selon. Molière.) SELON que. [U/ ego te probum capio.] Sorte de con- jonfíion qui régit l’indicatif. ( Selon que je vous con- nois honnête homme , je crois que vous ne manquerez pas à la parole que vous m’avez donnée.) SELVE- Vieux mot, qui signifioit forêts. [Sylva.] Et qui ne fe dit qu’en ces mots. Abaïe de grand se Ive. SEMAILLE,//. [Tempussationis.] Terme de La. boureur. C’est le teins où l’on seine. La semaille du segle est après la Sainte Croix. La semaille des blés fromens à la S. Luc , & celle des aveines & des orges en Mars, ou quelque peu auparavant. (Les semailles font faites.) ch SEMAILLE, se dit des grains semés. (Les pluies ont gâté les semailles. Les oiseaux mangent les semailles. ) SEMAINE, s f [Hebdomas , Hebdomada .] Prononcez seméne. Sept jours. On travaille six jours de la semaine, & l’on se repose le septième. II y a cin- quante-deux semaines dans une annee. Lasemaine-sain- te. C’est la semaine qui est immediatement devant Pâque. On compte quelquefois des semaines d’années, comme dans les Prophéties de Daniel. La Semaine. Du Bartas a donné ce nom à un Poème qu’il a fait touchant l’ouvrage de la création. (JJ hiver fier es mutin , N en vient un beau matin Geler es fleurs fruits , U rendre impunément Des pauvres Jardiniers les ejperances vaines j Enfin détruire en un moment , Ce que j’ai fait en stx semaines. Du Trousset.) Faire sa semaine. [Per hebdomadam celebrare.] C’est faire quelque chose pendant une semaine. On le dit particulièrement des Eclésiastiques qui font l’Ofice pendant une semaine. ch On dit aussi, être de semaine, être en semaine, entrer en semaine, sortir de semaine. ch SEMAINE, sc dit du travail que des ouvriers font pendant une semaine. ( C’est la semaine de dix ouvriers.) ch SEMAINE, se dit aussi du paiement que les ouvriers reqoivent du travail de leur semaine. (Cet ouvrier dépense dans un jour fa semaine.) í SEMAINE des trois Jeudis. C’est-à-dire, jamais, dans le stile bas & populaire. ( Vous lui avez prêté de l’argent, il vous le rendra la semaine des troisjeudis.) SEMAINIER, f. m. semainier e , s. f. [ Hebdomada- riw.J r Religieux , ou Religieuse , ou Chanoine qui est charge de faire l’Office pendant une semaine. On le dit aulb plus generalement de ceux qui exercent quelques fonctions par semaines. SEMA QUE ,s s. [Navis unius malt J Vaisseau à SEM un mât qu’on volt dans les rivières de Hollande, & qui sert a aleger les gros vaisseaux. SEMBLABLE , adj. [Similis , haud absimilis .] p a . reil. (II est en cela semblable à son pere. O que c’est un grand comédien ; II ne change jamais, il est toujours semblable à lui-même. Ces deux jumeaux font semblables. Ils font semblables à nous, de la ceinture en haut. Ablancourt , Luc. Tac. 2. hisi. verit. Le cas n’est pas semblable. On n’a jamais rien vû de semblable. Chacun aime son semblable. La consolation des malheureux est d’avoir des semblables.) SEMBLABLE. [ Par , parallèles.] En termes de Géométrie , ce mot se dit des figures planes &des solides. Triangles semblables , ce sont ceux qui ont les angles égaux , chacun à chacun , & dont les côtés sont proportionnels. Plan semblable. Solide semblable. SEMBLABLEMENT, adv. [Itidem , pariter.] D’une maniéré semblable ou pareille. II sert quelquefois de transition. (Semblablement je puis dire que, &c.) Ce mot vieillit fort. t SEMBLANCE ,sf [Similitude.] Dites L votés Ressemblance. On dit, Dieu a fait l’homme à son image & semblance. SEMBLANT, s m. [Simulatio.] Feinte. (Faire semblant dé aimer. C’est-à-dire, faire feinte d’aimer. Ne faire semblant de rien. C’est-à-dire , dissimuler, ne témoigner rien de son dessein, ni de son sentiment. Le commerce honteux des semblans d’amitié. Molière\ Je ne fuis pas le seul qui se pique de l’ètre Et qui rìen sait que le semblant. Cadmus, a. ;. sc. 2.) ■ SEMBLER, ». «- [Videri, apparere, exifiimare , arbitrari. J Paroìtre. Fraper les sens, ou l’imagina- tion. Croire de voir ou de connoître quelque chose. Ce verbe est une maniéré d’impersonnel qui régit quelquefois un accusatif après foi, mais ordinairement il est suivi de la particule que avec l’indicatif, ou subjonctif, selon que l’oreille le juge à propos. (C’est un mot dont il semble que l’on ne se peut passer. Vaug. Remarques. II semble qu’il est nécessaire de tems en tems de remettre les bons livres en usage. Ablanc. Préfacefur la retraite des dix mille. S’il vous semble que j’aie manqué en cela. Voit. I. iço. Cerne semble, c’est-à-dire , comme il me semble. Boire [s manger , coucher ensemble , C’est mariage , ce me semble. II est quelquefois suivi d’un infinitif, ou d’un ad- jectif. Vous me semblez tout pensif, qu’avez-vous ? Et dans leurs majestés ces Déesses illustres , Semblent à nos coteaux donner de nouveaux lustres. Epître d’Ovide.) î$ Autrefois on disoit semble tout seul fans il. Malherbe : MaU tout m est inutile, [f semble que mes larmes Excitent fa rigueur a la faire partir. Et ailleurs dans des Stances : Mes veux dont ne servent de riens Les Dieux ennemis de mon bien , Ne veulent plus que la voye , Et semble que let rechercher De me promettre cette joye , Les invite à me l’empêcher. Peut-on-dire , rechercher une personne de me promettre une chose ? * SEME* , semée , adj. [Sparsrn, difiersus.] Ce mot au figuré , signifie plein & rempli. (La cote-d’armes du Roi Jean étoit toute semée de fleurs de lis d’or. Abé de Choisi, hist. du Roi Jean, l. 1. ch. 9. Le Joug étoit tout/czwede pierreries. Vaug. Quint. I. ch. ;. C’est- à-dire , étoit tout rempli de pierreries. L’argent est clair semé chez lui. Scaron. C’est-à-dire, il n’a guère d’argent. [Pecuniâ rarus est.] ê * On dit un chemin semé de fleurs, semé de ronces & d’épines. Un libelle semé d’injures. í SEME’, sc dit aussi enfermes de Blason. On dit, sente de fleurs de lis, Jmté de trèfles, lorsque les pièces dont on parle sont tellement répandues par tout l’écu, que vers les bords de l’ecu elles ne sont point entières. SE'MELE , ou semelle , s. fi [Calcei Jblea , fulmen- ta.] Terme de Coraonier. Cuir fur quoi repose la plante du pié & c’est ce qu’on apelle la première semelle. Cuir qui fait le dessous du loulié , & autour duquel est la gravure du sou lié, & c’est ce qu’on nomme la dernière semeHi. II y á'âuffi ime première semelle de talon Sc une dernière semelle de talon. (Un soulié à simple semelle. Soulié à deux bonnes semelles. Coudre les femelles. Lisser les semelles. Semelle de cuir. Semelles de feutre. Semelles de crin , c’est du crin étendu de la grandeur du pié, qu’on met dans le soulié pour le remplir, L pour tenir le pié sec.) SËME'LE , ou semelle. [ Súppagníentum .] Cb mot sc dit en parlant de bas. C’est le dessous d’un bas, & fur quoi pose directement la plante du pié. (Semelle de bas trouée. Mettre une paire de semelles à des bas.) SEMELE'. C’est le nom propre d’une des maîtresses de Jupiter qui fut mère de Baccus, & qui etit le malheur d’être brûlée par Cet amant animal. SEMELLES. [P«.] Ce mot sc prend aussi pour tine mesure de la grandeur du pié, comme quand on dit, il a fauté dix ou douze semelles, & les joueurs de boule mesurent par semelles la distance de la boule au but. SÈMELLE. On dit encore ce mot de diverses choses qui font plates comme des semelles. En termes de monoye , c’est quand les Etayeurs bâtent fur le sas le bouton d’or ou d’argent qu’on leur a donné à essayer, & qu’ils le rendent mince comme tine semelle. [Latnella.~] SEMELLE. [Fulcimen.] Terme de Charpentier. C’est une pièce de bois soutenue d’une potence qui aide à soutenir des poutres quand le mur n’est pas assez fort. En artillerie c’est une planche de bois fur laquelle la pièce de canon se repose. [Cuneus.] En termes de Marine , ce sont les planches taillées en femelle de soulier* qui fervent à aller à la bouline, & qui empêchent de dériver. [AI* applicatiles .] On donne aussi ce nom Lux planches qui font le pourtour du fond d’un bateau* SEMELLE. [Crujìula mellita .] A Paris c’est une sorte de pain d’épice fort plat, & qui a la figure d’une femelle. Gentilhomme à simple semelle. [Nobilis infimasortis .] Est celui dont la noblesse est douteuse. f * Batre la semelle. [Feregrinari , pervagari.] On dit que les compagnons de Métier vont batre la semelle, quand ils vont à pié de ville en ville pour chercher maître & pour y travailler. SEMENCE, s s [ Semen.] Ce mot en parlant des créatures animées, c’est le principe de leur être, & qui est formé de leur sang. C’est une substance qui a la vertu d’engendrer. (Malheur à celui qui perd sa semence. Les femmes ont des vaisseaux spermatiques, & par conséquent elles ont de la semence, estes en jettent aussi dans l’acouplement, mais leur semence n’est pas si vigoureuse que celle des hommes. La semence coule de toutes les parties du corps, & c’est l’opiniûn la plus probable.) SEMENCE. [GranumJ Grain ou graine qu’on semé* (Cette semence est fort bonne- On choisit pour semer la meilleure semence que l’on peut.) 3 = SEMENCE contre les vers. [Semen contra vernies.'J 4 SEMENCE de Carthame. Elle est purgative. 4 SEMENCE de Carvi. Este est incisive , aperitive, carminative ; este fortifie l’estomac & aide à la digestion. ê SEMENCE de citron. Elle est cordiale. 4 SEMENCES de citrouille , de concombre, de courge , de melon. Elles sont adoucissantes, rafraîchissantes & humectantes. H On sc sert aussi en médecine de la semence de Jusquiame , qui est narcotique ; de la semence de pavot qui est anodine; de la semence de Psyllium qui est mucilagineuse, détersive & laxative. * SEMENCE. [Semen margaritarum.] Ce mot se dit en parlant de perles , & veut dire petites perles. (De belles semences de perles. ,* SEMENCE. [Causa , sons , origo.] Ce mot au figuré , signifie, sujet, cause. (II a laissé dans le pays les semences d’une nouvelle guerre. Ablancourt , Tac. La victoire n’est pour toi qu’une semence de nouvelle guerre. Vaug. Quint. Curce , /. y. ch. 8- Etoufer les semences d’une guerre civile. Etoufer les semences d’une nouvelle révolte. Ablanc. Arr. I. 4. N’avoir aucune semence de vertu.) On dit que le sang des Martirs a été úne semence dans l’Eglisc qui a produit de nouveaux Chrétiens. [Sanguis Martirumsemen Ckrijiianorum .] Les formalités établies en grand nombre sont des semences de procès. SÉM 465 SEMENCINE,/ f. [Semen scutònicum .) C’est une semence menue, oblongue, verdâtre, & d’une o- deur désagréable, qui est propre pour faire mourir les vers & abatre les vapeurs. SEMER, v. a. [Serere, seminare.] C’est jetter du grain , ou de la graine fur la terre cultivée, áfin que ce grain ou cette graine produise dans un certain rems. (Semer un planche de Jardin. Semer un champ qui a eu tous ses labours.) H * Semer en terre ingrate. C’est faire du bien à tine personne qui n’en a point de reconnoissance. J On le dit austì , pour donner des enscignemens, soit pour les bonnes mœurs, soit pour les iìences, à des personnes qui n’ont point assez d’esprit pour en profiter. f SEMER. [Disseminare , ssargere .J Divulguer. Répandre. Remplir. f II faisoit semer des calomnies contre les enfans d’Agripine. Ablanc * Tac. Ils scmoient dés roses sor le chemin de la belle. Voit. po'es. Semer des hérésies. Semer des libelles. Semer secrètement de l’argënt parmi le peuple pour l’exciter à la révolte. * Déja de leur abord la nouvelle est semée. Racine, Iphigenie, a. 1. st. 4. SEMESTRE , s m. [Semestre Jsatiunì .] Six mois. (Les Conseillers du Grand Conseil & de la Cour des Monoyes servent par semestre.) Entrer en semestre.’ Sortir de semestre. Semestre d’hiver. Semestre d’été. SEMESTRE, se dit aussi de la moitié d’une Compagnie qui sert par semestre. (Assembler les semestres.) 4 SEMESTRE , se dit aussi des Oficiers de guerre * qui ont la liberté de s’absenter de leur régiment pendant six mois. (Ils ont tiré leur semestre. On dit aussi, qu'un Oficier a servi son semestre, c’est-à-dire, qu’il a servi à son régiment les six mois qu’il est obligé d’y servir. SEMEUR,/ m. [Sator,seminator.] Celui qui semé du grain. (11 faut avoir deux ou trois semeurs, paice qu’il faut scmçr promptement * & que le teint est beau.) SEMI-BRE'VE,//. [Semi-brevis.] Terme àe Musique. C’est une note blanche, figurée en quarré , fans queue , qui est posée sor ses angles, ou en losange , & qui vaut une mesure. Ce mot semi entre encore dans la composition de quelques autres mots, comme serm- pite , semi-prébende , semì-preuve , semi-ten. 11 signifie autant que demi. Voïez demi. SEMI-DOUBLE, adj. [Semi-duplex .] Terme d’E- glise, qui se dit en parlant de fête , & d’ofice. C’est l’ofice, ou la fête où l’on dit neuf leçons , & où l’on ne double point les antiennes de l’ofice ; mais aux fêtes doubles, ou aux ofices doubles, on double les antiennes, & aux simples il n’y a que trois leçons. t SEMILLANT , sémillante , adj. [Acer , alacer, irrequietus.] Ce mot est bas, & signifie remuant & é- veillé. 11 ne se dit que des enfans* SEMINAIRE, s. m. [Seminarium.J Lieu où l'on instruit & où l’on prépare à l’ordre de Prêtrise ceux qui veulent être Ecléíiastiques. Congrégation d’Eclé- siastiques dont S. Augustin a été le prémier instituteur. Le Pere Tomassìn , discipline de F Eglise , 1. part. ch. 59. [Et puis Pâques venu , va dans Un séminaire Renfermer pour trois ans cet aveugle désir , Et de tous tes desseins te convaincre à loisir. Vill.) SEMINAIRE. [Seminarium , Collegium.] Terme de Chanoine de S. Augustin. Sorte de Colége où les Chanoines de S. Augustin tiennent des pensionnaires & enseignent les classes. 11 y a deux ou trois sortes de ceS séminaires aux environs de Paris où les enfans sont bien élevés. Messieurs de Saint Lazare apellent leur novitiat le séminaire. * SEMINAIRE. [Domiss probationiss] Ce mot se dit encore par extension , des lieux où l'on aprend à bien vivre & à bien s’aquiter de fa profession. (La maison de cette Princesse est un séminaire de vertu. L’Hôtel des Mousquetaires est un séminaire d’Oficiers. Tel, ou tel lieu est un séminaire de bonS ouvriers.) SEMINARISTE,/ m. [Seminarifla.] Ecléíiastiqué qui vit dans un séminaire , ct y vit très-reguliére- ment ct selon les anciens Canons de l’Eglise. (Jean, Roi de France * portoit les cheveux aussi courts Tome III. N n n qu’un 466 SEN qu’un séminariste le plus reforme. Thsers, hist. des íe SEMT-PELAGIENS , / m. Hérétiques combatus par Saint Augustin, qui avoient pour chef un nomme Vital & qui foûtenoient que le secours de Dieu ae- pendoít de nous, & que l’opération divine avoit Ion éfet en nous si nous voulions ; de forte qu ils rai- soient dépendre l’éfet de la grâce de la volonté humaine. Voïez Saint Augustin , Epître 107. SEMI-PITE , / / [Semi-quadrans denarii.] C’est la moitié d’une pite, ou du quart d’un deniers SEMI-PREBENDE ,/ / [Semi-prabenda.] Petit bénéfice qui est dans une Catédrale , ou dans une Collégiale, de moindre revenu qu’un Canoicat. SEMI-PREUVE,/ / [Semiprpbatio.]?xtxsve imparfaite. La déposition d’un seul témoin est une lemi- preuve. SEMT-TON , / m. [Semitonus.] Terme de Musique. La moitié d’un ton. SEMI-VULPA, si rn. [Semi-vulpa.] Animal terrestre qu’on voir en Astique, qui a cela de particulier, qu’il a un sac ataché au sternon, d’où ses petits sortent pour téter, & où ils rentrent après avoir tété. SEMOIR 1 si »r. [Satorium.] Espece de sac qu’on s’atache par un bout au cou, & où l’on met le grain lorsqu’on semé. (Semoir percé. Mettre du blé dans le semoir.) En quelques endroits, le semeur se sert d’une espece de boisseau au lieu de sac. SEMONCE, f f. [Invitatio.] Prière qu’on envoie faire à des parens & amis d’aflister à une noce, à un enterrement. A Paris c’est un valet de Crieur qu' fait la semonce d’un enterrement. [Vocator.] Dans quelques villes de Province c’est le Sacrifie de la paroisse du défunt, ou quelque domestique. Un parent se charge de la semonce des morts. t SEMONCE ,// [Invitation Terme vieux & burlesque & qui. n’entre que dans le stile bas, comique & satirique. Î 1 veut dire. Sollicitation. Invitation. [De tores côtés se trouvant ajsaillic , Elle se rend aux semonces d!amour. Poète anonime.) t SEMONDRE , ». «. [ Invitare , eonvocare.] Vieux mot pour dire inviter , & qui ne se dit que parmi les gens de certaines Provinces de France, & encore n’a-t-il cours que parmi ceux qui parlent le plus mal. (Semondre quelcun aux nòces. Son air nous semond a boire. S. Amant.) f SEMONEUR , si m. [Invitator , vocator.] Celui à qui le juré crieur donne les billets d’enterrement pour les aller porter par la ville aux personnes qu’il lui a marquées. ( C’est un billet d’enterrement que le se- moneur me vient d’a porter. Le mot de semoneur n’est pas fort usité à Paris, où l’on apelle pleureur celui qu’on nomme ailleurs semoneur .) SEMONNER. Ancien mot. C’est prier, d’où vient Semondre. SEMOULE,//. [Massafarìnacea in modum gravi ejsormata.] Pâte faite avec la farine la plus fine, & réduite en petits grains. Voïez Mr. Ménage , Origines. í SEMPITERNE, ou PERPETUANNE, / /. E- tofe de laine croisée qui dure long-tems , & qu’on fabrique fur tout pour l’Espagne. SEMPITERNEL , sempiternelle , adj. [Sempìter. nus.] Mot burlesque & satirique qui ne se dit proprement osiau féminin. C’est un mot écorché du Latin qui veut dire, Qui dure toûjours. Qui vit toûjours. (C’est une vieille sempiternelle. C’est-à-dire, une vieille qui devroit être en terre il y a long-tems, & qui cependant vit encore.) SENAT,/»». [Curia, publics status consilium .] II vient du Latin Sénatus. Ce mot se dit en parlant de l’ancienne Rome. C’étoit un lieu célébré dans l’an- cienne Rome où l’on rendoit la justice. (César fut poignardé dans le Sénat.) * SE'NAT. [Sénatus.] Ce mot signifie les Sénateurs & les autres ordres qui composoient le Sénat Romain. (Le Sénat prit le deuil. Voïez Cicéron dans l’QraìÇon pour Sextms .) J * SE'NAT. [Sénatus.] Ce nés assemblées souveraines Ainsi on dit. (Le Sénat de mot sc dit aussi de certai- qui font hors de France. Chamberi. Le Sénat de SEN Venise. Le Sénat de Pologne. Le Sénat de Da- nemarc. ) SE'NAT EUR,/ m. [Senator.] II se dit particulièrement des anciens Romains, & veut dire celui qui dans le Sénat de Rome disoit son avis en qualité de Juge, & décidoit fur les afaives qui s’y plaidoient. (Romulus fit les premiers Sénateurs , & ensuite on en ajoûta d’autres à ceux-là, & depuis ils furent tous apellés pâtres conscripti .) jQT Romulus volant fa nouvelle ville remplie d’un grand nombre de citoiens de tout âge & des deux sexes, jugea qu’il étoit nécessaire d’établir un Conseil pour régler suivant son avis Padministration d’un Etat encore naissant. II choisit entre les plus consi. dérables par leur âge & par leur expérience, cent ci- toiens, qu’il nomma Sénateurs à cause de leur âge a- vancé, ob atatem Senatores appellavit. Fenejkll. cap. 1. & encore peres, pour aprendre qu’on devoir les honorer comme peres de la patrie, quos ob honorent poutres , esic. Les decendans de ces cent Sénateurs furent apellés dans la fuite Patriciens. La ville d’Albeaïant été confondue dans celle de Rome par la défaite des Curiaces , il salut augmenter le nombre des Sénateurs; & ce fut depuis ce grand changement de l’Etat, que l’on vit dans le Sénat les Serviliens, les Quintiens, les Clodiens, & plusieurs autres, qui ont été la tige de ces familles illustres à qui la République a été redevable de fa gloire & de fa grandeur. Brutus ayant chassé les Rois , & voyant le Sénat rempli de personnes élevées dans la servitude des Tarquins, fut obligé de tirer de Tordre des Chevaliers des sujets capables de soutenir la République naissante, & il les nomma Peres conscripts , Pâtres conscripti , parce qu’ils furent inscrits dans le catalogue des Sénateurs; & ce titre fut depuis général, ensorte que lorsque Ton parloit des Sénateurs, on les apelloit plutôt Pâtres conscripti que Senatores. Mais dans ce nombre, il y en avoit que Ton distinguoit des autres par le titre de Pedarii , qu’on leur donnoit, soit parce qu’ils n’a- voient pas la liberté du fufrage, & qu’ils étoient obligés de se ranger dans un parti, lorsque les avis étoient diférens, & c’est ce que les Romains exprimoient par ces mots, pedibus ire in sententiam ; soit parce que n’ayant pas exercé la Magistrature curule , ils étoient obligés d’aller à pié au Sénat, n’étantpermis qu’aux Magistrats curules, & à ceux qui en avoient fait les fonctions, de se faire porter dans une chaise au Sénat. Après Tabolition de la Royauté, les Consuls L le Peuple élisoient les Sénateurs. Les Censeurs qui furent créés dans la fuite , eurent beaucoup de part à cette élection ; leur pouvoir devint redoutable dans la République ; & ce qui contribua le plus à les élever au-dessus des autres, fut la revue qu’ils faisoient de cinq en cinq ans, de tous les citoyens, qu’ils dégra- doient, ou notoientd’infamie, selon la conduite qu’ils avoient tenue. Les principales qualités que Ton exi- geoit dans le choix des Sénateurs, étoient prémiére- ment qu’ils fussent libres d’origine & de naissance; les enfans d’un afranchi étoient exclus. En second lieu, qu’ils fussent d’un certain âge, dont la fixation est encore incertaine. En troisième lieu, il faloit jouir d’un bien capable de soutenir une Charge de si grand éclat. La diversité des Historiens qui ne s’acordentpas fur ce point, <& l’incertitude de la valeur des monoyes Romaines ont causé un embarras qui subsistera long- tems à cet égard. 11 est pourtant vrai qu’Augustc a- joûta à Tancien usage la nécessité d’avoir douze cens mille petits sesterces : mais cette loi changea dans la fuite , suivant le caprice des Empereurs. Les Sénateurs ne pouvoient point sortir de TItalie sans la permission du Sénat, & ensuite fans celle des Empereurs. Si un Sénateur tomboit dans l’imiigence par fa mauvaise conduite, il étoit chassé du Sénat; Tacite en raporte plusieurs exemples dans ses Annales. On comprend aisément que les Sénateurs avoient de grands privilèges. Leur habit étoit diférent de celui des autres Citoyens. Dion nous aprend que Clodius fut obligé de quiter l’habit de Sénateur, & de prendre celui de Chevalier, pour se garentir de la fureur dtì peuple. Cette diférence consistoitdansle Laticlavé $ cjui étoit une tunique dont les boutons ressembíoient à des têtes de clou, & étoient beaucoup plus larges que ceux de latunique des Chevaliers.Lorsquela proposition d’une afaire avoit été faite, le Consul demandoit les avis ; & c’étoit celui devant qui on portoit les fais- seaux SEN ceaux ce jour-là qui ouvrait la délibération ; car les deux Consuls n’avoient cet honneur que tour à tour ; & celui qui avoir été désigné Consul pour s a n née suivante , étoit le prémier à qui le Consul s’adressoit ; & s’il n’y avoir point encore de désignation, celui qui présidait à rassemblée s’adressoit au Sénateur à qui il vouloir déférer cet honneur. * SE'NATEUR,/ m. [Patricins, Senators Ce mot se dit aussi de certaines personnes de mérite , & d’au- torité de quelques Royaumes & de quelques Républiques étrangères. II signifie une personne qui est, ou qui doit être consommée dans les grandes afaires, & qui par ses conseils aide à gouverner le Royaume, l’E- tat, ou la République. Les Sénateurs les plus ré- nommés de l’Europe ce font ceux de Suéde, de Venise , & de Danemarc. Je ne dis rien de particulier des Sénateurs de Venise , parce qu’on croit que la description qu’on vient de donner en général du Sénateur étranger, leur convient assez. Mais il y a quelque chose à dire des Sénateurs de Danemarc , qui ne font présentement que des Sénateurs d’heureuse mémoire. Car depuis que Frédéric III. père de Crétien cinquième qui régné aujourd’hui en Danemarc, reforma le gouvernement, en faisant son Royaume héréditaire , il n’y a plus de Sénateurs de Danemarc. Mais avant Frédéric les Sénateurs de ce Royaume étaient des personnes consommées dans les grandes afaires, de qui le Roi prenoit conseil fur la conduite de son Royaume. II y avoit de ces Sénateurs qu’on apelloit les Sénateurs du Roi, à cause que le Prince les consultait particulièrement, & qu’ils étaient plus dans ses intérêts que les autres. Les Sénateurs de Suéde , ce sont des personnes de qualité & de mérite qui aident Sa Majesté Suédoise Charles onzième à gouverner le Royaume, & de qui le Roi prend l’agrément pour toutes les grandes afaires qu’il souhaite d’entreprendre. On dit qu’entre ces Messieurs il y en a cinq principaux qui font tuteurs du Prince pendant fa minorité , & à qui dans les résolutions des Diettes on donne le titre de Gouverneurs du Roïaume. Mais en général les Sénateurs de Suéde sont apellés les Sénateurs du Roi, & du Royaume. Leur nombre fut autrefois fixé à 12. après à 24. & depuis les conquêtes des Rois de Suéde , à 40. Mais présentement que le Roïaume est tranquille , on croit qu’on en pourra retrancher quel- ques-uns. Les charges de ces Meilleurs ne sont point héréditaires, parce qu’elles ne sont point vénales. Du reste, quand on leur parle, ou qu’on leur écrit, on les traite d’Excélence. £ SE'NATEUR. On apelle ainsi à Rome , celui qui est à la tête du corps de ville. f SE'NATEUR. On se sert de ce mot en raillant, pour dire un conseiller vieux grave. SE'NATORIAL, ale , adj. [Senatorius.J Qui apartient à la dignité de Sénateur. (Dignité sénatoriale. Pourpre sénatoriale. Gravité sénatoriales SE'NATORIEN , sénatorienne, adj. [ Senatorius .] Qui est de race de Sénateur. ( Cette maison est de race sénatorienne.) $ SE'NATRICE ,sf Femme de Sénateur. (Les Sénatrices ont des sièges chez les Reines de PologneO SENATUS consulte , s. m. [ Senatûs-consultum .] Délibération. Arrêt du Sénat Romain qui a prononcé fur quelque question. Ce terme est encore en usage dans lesColéges, lorsqu’on fait déclamer quelque plaidoier Latin à un écolier. SENAU,/ m. [Lembus, libumìcas Barque longue , dont les Flamans se servent pour la course, & qui ne peut porter que 20. ou 2;. hommes. SENE', / m. [Senna.J Plante qui porte des gousses noirâtres, tirant fur le verd, un peu amères, recourbées & plates , ayant au-dedans une graine noire semblable à des pépins de raisin. Le séné du Levant est le meilleur, il purge la bile noire & la pituite du cerveau. H On tire le séné d’Alexandrie , de la Faite, de Moca, de Seyde & de divers lieux de.I’Orient. SE'NE , ou seine, s.s. [Sequanas C’est une des plus considérables rivières de France, qui prend fa source au bourg de Saint Seine en Bourgogne , qui passe par une partie de. la Bourgogne, de la Champagne, par l’Isle de France & par la Normandie, & se va jeter dans la mer auprès de Harfieur, fur la côte de Normandie. La Seine est belle & grosse à Paris. Voïez les livres de Géographie de Sanson , & les Rivières de Coulons SEN 467 SÉ'NË, ou seine , s. f. [Sagenas Terme de Pêcheur. C est une sorte de filet à prendre des poissons. (Tendre la se ne. Voïez les ruses innocentes, l. c. 12.) SE'NE , ou scène. [Scrwa.] Terme de Poésie. C’est le lieu ou s est passée Faction qu’on represente & qu’on met sur le téâtre. Ainsi on dit. (La séné est à Paris, la séné est à Messine, &C.) ($ SENE. Le mot est Grec Ro.aumeacufe de crime capital. sÇ r a VIN, traité des premiers Ofices de la Couronne a .‘l ^ U p. Charlemagne créal’ofice de Sénéchal, & st íl tfLn P E 10n / U í. leS Okciers de fa bouche & si fa M - Eginard 1 apelle Régi a mensa prapofitu. SEN Il ajoûte que le Grand Maître de France est aujourd’hui ce que le Sénéchal a été autrefois. Dans la fuite, & fous les décendans d’Hugues Capet, cet Oficier tint un des premiers rangs dans la Cour des Rois de France ; il fut aussi nommé Dapiser , parce qu’il avoir le foin des Tables, comme Faucher l’a prouvé par des citations des anciens Poètes; il ajoûte qu’il avoir la jnitice fur toute la Maison du Roi ; & Galand l’a confirmé dans son petit traité du Grand Sénéchal. Mais Ion emploi le plus considérable , étoit de commander les Armées , dont on raporte une preuve autentique tirée de la letre 78. de S. Bernard. l/état des Cours des Rois de France a changé plusieurs fois. Le Sénéchal a été dégradé d’une partie de ses prérogatives, & on en créa plusieurs , que l’on envoia dans les Provinces, pour être à la tête de la justice. On donna aussi le nom de llaillifs à d’autres qui eurent le même pouvoir. La plus ancienne Ordonnance est de S. Loíi:s. Ils furent aussi honorez du titre de Chef de la Noblesse de leur province , avec pouvoir de la commander lotfqu’elle marcheroit pour le Service du Prince. On voit pat l’ancienneté de cet Oficier, que le mot Senecbal n’elï point dérivé de l’Anglois, comme quelques uns ont cru ; II y avoir des Sénéchaux avant que les Anglais eussent mis le pié en France. On peut consulter Mr. Ménage dans ses Origines de la Langue Françoise. Le Président Faucher, dans son traité des Maires du Pu- lais,pag. 484. dit qu’il avoit cru autrefois que le terme Sénéchal signifioit, vieil Chevalier , composé du Latin Senior , ou Senex , d’où vient Seigneur , & de Chai qui signifie Chevalier en vieil Franqois. Mais il a changé de sentiment, sans dire ce qu’il en pensoit. Cet Auteur nous aprend bien des choses fur l’ancienneté de cet Ofice, & fur ses fonctions ; & le Sieur Galand a fait un petit traite fous le titre des Enseignes U Et radar t s de France , imprimé à Paris en 1657. On trouvera dans ces deux Auteurs daquoi satisfaire fa curiosité. SENECHALE, f f. [ SeneJLalli uxor. ] C’est la sent- me du Sénéchal. ) Madame la Senechale est respectée dans toute la Province. ) SENECHAUSSE’E ,//: [ Senescalli jurisdiHio. ] C’est la juridiction du Sénéchal. Etenduè de la juridiction & du ressort du Sénéchal. (L’editde la création des ofices des Sénéchaux, veut que les Sénéchaux résident dans leurs Senechaussées. Joli, des Os. I. 3. Lesapels des Senechaussées ressortissent directement au Parlement. SENE'E. Terme de l’ancienne Poésie. C’est nn« efpéce d’acrostiche qui fe fait lors que tous les vers ou tous les mots commencent par une même letre comme Ardent , Amour , Adorable , Anelique. t SENEGRE',/ m. [Fenum Gracum .] Plante qu’on apelle autrement Fenouil Grec. t SENER , v. a. [ Castrare. J Ce mot ne fe dit guère. II signifie châtrer. ( On dit ferrer une lice quand on lui ôte les racines. ) SENESSON , s m. [ Senecio , erigeron. ] Sorte d’herbe qu’on donne aux lapins, & qui sert dans les lavemens. Les fleurs & les feuilles du fenesson rafraîchissent. Le fenesson est verd toute l'année. Senesson grand. Senesson puant. Dal. ) t SENESTRE, adjefi. ISinister. J C’est un vieux mot tiré du Latin. II signifie gauche. Et il est encore en usage en termes de Blason. SENESTRE'- En termes de Blason , fe dit d’une piéce de Fécu qui est acompagnée à gauche de quelque autre. ( La ville de Narbonne porte de gueules à la croix patriarchale d’or, fenestrée d’une croix d’argent.j SENESTROCHERE. [Scevola. J En termes de Blason , fe dit ce la figure d’un bras gauche qu’on représente sur l’ecu , & qui est opofé à dextrochere, qtii se dit du bras droic. SE'NEVE', s m. £Sinapi.l[ Sorte de petite graine ronde & rouge propre à faire de la moutarde. ( Le Roïaume du Ciel est semblable à un grain de senevé qu’un homme prend & feme en son champ. Port-Royal, Nouveau Tejìament, S. Mai . c. 1;. ) SENIQJJE', adj. f Senicus. J Qui apartient à la séné. Les Romains ont passé 400. ans fans aucuns jeux fé- niques. Ces jeux ne sucent instituez que Fan 392. fie Rome, selon Tite-Live. SE* SEN SENO GRAPHIE, scénographie , / s. [ Scénographie J Mot tiré du Grec. L’un ou Vautre s’écrit. Terme d ’ Architelíure. C’est une maniéré de dessiner un édifice lorfqu’il est représenté en perspective. Représentation en relief. Modèle d’un édifice. ( Voilà une belle Sénographie. ) SENOPEGIE, f f- [ Scenopegia. ] Fête des Tabernacles , instituée chez les Juifs après que le peuple dTfrael eut été mis en possession de la terre de Chanaan. On la célébrois le iç. & elle duroit huit jours. SENS, f m. s Senfm. J Prononcez fans. C'est une faculté de l’ame pour concevoir les choses sensibles à l’ocasion de certains mouvemens excitez en nous. ( 11 y a les sens extérieurs & les sens intérieurs. Les 0 nq sens font la vûé , Poisse , le goût, Podorat & le toucher. Gui Guillot est si habile homme qu’il soute- noit un jour que les cinq sens de nature saisissent la moitié d’un mi lier. Les sens sont les juges de la vérité. Rien n’elt plus digne de foi que les sens. Voïez là-dessus Lucì-ece , l. 4. Cela ne tombe point fous le sens. Donnera ses sens cequ’ilsveulent. Benjerade, bolet de la nuit. ) (§ Caritel'un de mes rivaux , De qui les chiens §? les chevaux Ont fait la plus belle avanture , AuJJì Jçavant que son tnalier , Croît que les cinq Jéns de nature , Tassent moitié d'un milier. Les Poètes se servent de sens , quoiqu’il ne s’a- gisse pas de tous les sens. Mr. Corneille, dans le Cid : Deux mots dont tous vos sens doivent être charmez. Mr. de Scuderi fit cette Observation : „ II n’est point „ vrai qu’une bonne nouvelle charme tous les sens, „ puisque la vûë, Podorat, le goût, ni l’atouche- „ ment n’y peuvent avoir aucune part. Cette figure „ qui fait prendre une partie pour le tout, & qui chez „ les Savans s’apelle Sinecdoche, est ici trop hiper- „ bolique. ” Mais PAcadémie en jugea autrement : „ Cela est mal repris par l'Observateur, parce qu’en „ poésie tous les sens marquent le sens intérieur , „ c’est-à-dire , l’ame , & que dans une extrême joie , „ les sens extérieurs mêmes font comme charmez. ” Mr. Voiture a fini son Sonnet d’Uranis par ces vers: Et m'y rengage plus que ne font tous mes sens. Voïez le sentiment de JVlr. de Balzac sur ce Sonnet, L sur celui de /oô de Mr. deBenserade. Voici un autre exemple du mauvais usage qu’un autre Poète a faitdu mot sens ; c’est Mr. de Scuderi dans son Amour tyrannique : Mes yeux ont assez dit la douleur que jesens, Mak toujours le rcsperi a régnéfur mes sens. C’est une femme jalouse qui parle, & sa douleur ne pouvoit agir que sur son cœur, sans intéresser , ni la vûë , ni l’atouchement, ni le goût. SENS commun. [ Intelligentia , judicium. ] C’est le bon sens. C’est la lumière & l’intelligence raisonnable avec laquelle naissent force gens. Car le sens commun n’est pas une qualité fi commune qu’on pense. Plusieurs en pensent bien avoir qui n’en ont point. (.La fortune ôte souvent une partie du sens commun. Riches pour tout mérité , en babil importun , Inhabiles a tout , vuides de sens commun. Mol. ) íf Cicéron , dekgib. hb. 1. a dit que le sens commun a ébauché dans notre ame les premieres notions des choses, & nous en adonné une connoiisance générale suivant laquelle nous raportons à la vertu ce qui est honnête, & au vice ce qui est honteux. Nam communis intelligentia nobis notas r es efficit , easque in animis nojlris ìnchoavìt, ut honejla in virtute ponan » tur , in vitiis turpia. Bon sens, f m. [ Sana mens , anìmìsanitas. ] C’est- à-dire , la droite raison comme ces vers en faveur d’A. la Hou. le montrent. ( C'ejì un nazilleur , un magot , Un mifantrope chimérique , De corps U d’esprit très-ragot , Un misérable hipocritique , A qui se bon sens sait la nique t Et pour b achever en un mot , Un franc animal politique Qui sent la hard à? le fagot. ) SEN 469 t sj métrai tout mes cinq sens de nature . [ Omnibus nervis contendam. j C’est-à-dire , je serai tous mes éforts. SENS. C Mens , judicium, ratio. ] Jugement. Raison. Esprit. ( Pour peu qu’un homme ait du bon sens, il faut qu’il avoué qu’il y a un Dieu. Avoir un bon sens naturel. Depuis que-le bon Monsieur Martin , de misérable qu’il étoit, est devenu un peu heureux, il s’est méconnu & a perdu une partie de son bon sens. Etre hors de son bon sens. Recouvrer le bon sens. ) * SENS. [Intelligentia, perspicacités. ] Intelligence. Pénétration. (C’est un homme d’un grand sens. C’est un homme de petit sens. Manquer de sens. Retourner en son bon sens. Ablanc. Luc. t. 2. ) SENS. Opinio , senfm. J Pensée. Sentiment. ( La voie la plus courte pour arriver à la faveur des grands, c’est d’enrrer toujours dans leur sens. Fkcbier ( Com- mendon, /. 2. c. 19. Donner dans le sens d’une personne. II abonde en son sens. II est à mille lieues du sens de l’Auteur. Ablanc. Son sens s’étend plus loin. Entrer dans le sens d’un Auteur. S. Evrem. ) SENS. [ Signijìcatio , notio. ] Signification. (Serfs propre. Sens literai. Sens figuré. Sens mistique, allégorique , moral, &c. Si le sens de vos vers tarde à se faire entendre, Mon esprit aujsì-tot commence àse détendre. Despr. ) SENS. s Senfm , sgnificatio , orationit partes. J En ternies de Grammaire , on dit que le sens est parfait à la fin d’une période, qu’il est interrompu , ou entrecoupé par une parentése. C’est un défaut à une (tance lorsqu’elle finjt avant que le sens soit achevé. II ne faut pas que le sens finisse au milieu d’un vers. SENS. [ Ratio , via , modus. J Situation. Biais. La maniéré d’être d’une chose. Maniéré. Sorte. (Celan'est pas bien de ce sens-là, cela doit être d’un autre sens. Oui , en quelque sens qu’on la prenne, C’fi une fort belle Crétienne. Voit. Poës. ) Sens dessus dessous , Jans dessus dessous , adv. [ Sur- sum U deorsum , omnia invertere. J L’un & l’autre s’écrit & se dit, mais le prémier semble le meilleur & le plus naturel, quoi qu’en dise Mr.de Vaugelas. (Tout étoit sens dessus dessous dans la chambre. C’est-à-dire. En confusion En désordre. ) On dit aussi sans devant derrière. A contre sens, adv. [ Perverse , in diversum .J D’un sens contraire. (Prendre une chose à contre sens. Tourner une personne de tous les sens pour lui faire avoiier quelque chose. [Inomnem partem ver sire. J De sens froid. [ Sedato corde, sedatis animis. J Posément & fans colere. La plupart aiment mieux dire de sang froid, & préfèrent parler de sang froid , à parler de sens froid. Néanmoins ils ne condannent pas ce dernier , mais ils ne le trouvent pas si raisonnable que l’autre. On dit proverbialement. Qui perd son bien , perd son sens. [ SenJ'us , conjiìium cumre fugiunt. ] On peut dire aussi perd Jon sang , mais le premier est le meilleur. Grosse tète peu de sens. Sens devant derrière. [ Antror- Jum , retrorsum. ] Façon de parler adverbiale, pour marquer une chose qui a derrière le côté qu’elle doit avoir devant. Cet homme parle de bon sens , ce qu’il dit est de bons sens. [ Sapere. ] A mon sens. [ Meo quidem judicio. J Selon mon sentiment. Je voudrois dès demain pouvoir vous satisfaire, Mais à mon sens l’himen cjl une afaire, Où plus F homme eji prudent , plus il esl empêché. Perr. Grisela. ) SENSATION , f f- C Sensatio. J Terme qui se dit dans les matières Philosophiques, & veut dire pouvoir, ou faculté de sentir. Sentiment. ( Le feu excite une sensation. On donne le nom de couleur blanche à laJenjation que la nége a coutume de produire çn nous. Roh. P h s. i. partie , ch. 47. Tous les lìom- íhes n’ont pas les mêmes sensations. Recherche de la P’érité. SENSE', sensée , adj. f Bene cnrdatus,sapìens , cui pe- HwJapitJ Sage. Judicieux. Prudent. (Rien n’est plus Nnn j sensé 470 SEN sensé que de se soumettre aveuglément à Dieu. Un esprit fort sensé. En bonne tzf tendre politique, Un amant bien sensé ne doit paroître amant Qu'à ce qu’il aime seulement. La Font. ) C’est SENSE'MENT , adv. [ Sapienter, prudenter. ] Avec jugement. Prudemment. Sagement. Parler sensément. ( Répondre sensément. 11 opinoit toujours fort sensément dans le Concile. Mauc. vie de Campége, page 219.) SENSIBILITE' , _/ /. C Teneritas , mollìor V tene- rìor animus. ] 11 lignifie proprement la faculté de sentir , la disposition des sens à recevoir Pimpression des objets. C La sensibilité est une qualité propre aux animaux. Les végétaux n’ont point de sensibilité. ) * SENSIBILITE'. [ Eeneficii accepti memoria. ] Ce mot aufiguré, se dit de bonne part, & signifie. Ressentiment de quelque benefice reqû. ( La sensibilité marque qu’un homme est bien né, & il en faut avoir. ) SENSIBLE, adj. [Senfibilis, Jub sensum cadens. j Qui tombe fous le sens. Qui se fait sentir. ( Comparaison sensible. Pasc. I. 2. ) SENSIBLE, adj. [ CalcarU impatiens. ] Ce mot se dit des chevaux , & veut dire , qui sent le moindre coup qu’on lui donne. ( Cheval sensible à P éperon. Scaron. ) * SENSIBLE , adj. [ Moleflus, acerbus. ] Lors que ce mot fe dit des choses, il signifie. Touchant. Douloureux. ( Avoir un sensible déplaisir de la mort d’un ami. Ablanc. La perte qu’il fait lui doit être fort sensible. Arn. ) * SENSIBLE. I Tener, mollis, fiexibilis, contemptifS impatiens. ] Ce mot se dit des choses & des personnes, & veut dire délicat. Qui sent les choses qui le touchent, ou qui le choquent. Qui a de la sensibilité pour les gens qui l’obligent. Qui a du ressentiment. ( Etre sensible à la pitié. Etre sensible à l’amitié. Voiture, Poés. Pour peu qu’on le choque il est sensible. ) * Je suis sensible à rcconnoitre les obligations que j’ai aux honnêtes gens. Voìt. I. 90. Un dévot est sensible jusqu’à la délicatesse sur tout ce qui blesse son orgueil. S. Evrem. Vous trouvez les dévots plus sensibles aux injures que les gens du monde. Saint Evrem. * SENSIBLE , f m. [ Mollitia , tenerit f >»■ C Sepulchrum i tumulus. ] Ce mot signifie tombeau. Endroit particulier où est enterré un corps, mais il n’est pas ii usité que le mot de tombeau , & ne se dit proprement dans l’usage ordinaire qu’en parlant du tombeau de Jéfus-Cbrist , & de quelques anciens tombeaux; ( Marie Madeleine & Pautre Marie vinrent pour voir le sépulcre. Les sépulcres Rouvrirent. Port-Royal, Nouveau Testament) Mat t. ch. 27. Fouiller les sépulcres. Ablancourt. Apo. * SEPULCRE, f Monumentum. ] 11 se prend aufiguré dans quelques façons de parler. (Ce font des "sépulcres blanchis, c’est-à-dire , des hipocrites & des tartufes. Ce ne font que des sépulcres animez. Abl. Luc. C’est-à-dire, des gens hâves & afreux comme des morts. Monsieur Godeau a dit en parlant des vieillards Troncs fechez , sépulcres mouvans, Qui n'êtes ni morts , ni vivans , Plaintives ombres de vous-mêmes. God.) SEPULTURE f f- [Inbumatìo.'] Enterrement. Liétí où l’on enterre. ( Donner la sépulture aux morts. Abl. Arr.l. 1. Pour ce qui regarde la sépulture, il n’est permis d’enterrer les corps des Chrétiens qu’en terre benite. Majjac, Droit Edejìustique. Me voici , puisqu’il plaît a Dieu s Réduit en un fi triste lieu , Que ce fera grande avanture Si je n’y fais ma sépulture. Boifrobert, Epit. ) Saint Denis est la sépulture des Rois de Francé; Pa- tru , pi. 8- ê Droit de sépulture. C’est le droit qu’on a d’être enterré en quelque endroit d’une Eglise. H Droits de sépulture. Ce qui est dû au Curé ou à l’Eglisc pour í’inhumation d’un mort. à SEPULTURE pour tombeau : Je cnnnois Cbarigene , U n’ose déstrer Qu elle ait un sentiment qui la fajfe pleurer Dessus ma sépultures Mais cela niarrivant Quelle feroìt ma gloire , U pour quelle avanture Voudrais-je être vivant ? f SEQUELLE , f f. [Sequela manus J Mot vieux & burlesque qui ne peut entrer que dans le satirique , ou le Comique, & qui veut dire. Suite. Trains Fuiez le Monde & sa sequelle. La fontaine , Contes. ) SEQUENCE, f. f- s Sériés, fequentia. J Terme de jeu Ue cartes. C’est une suite de cartes de même couleur. On les nomme au piquet, tierce, quarte, quinte, &c. SEQUENCE. Terme de Mijjel. C’est la prose. ScQy h S sR Ali ON , f f- [ Separatio , séquestration Action par laquelle on séquestre , ou met quelque chose en séquestre. ( On a ordonné la séquestration pendant le procès. ) SEQUESTRE, f m. [Sequester. J Terme de Pratique. Commissaire convenu entre les parties , ou nomme d’ofice pour être saisi des choses contentieuses pendant la contestation des parties. (Etablir un séquestré. Les séquestres demeureront déchargez de plein droit auíïì-côt que les contestations d’entre les parties auront été définitivement jugées. Voïez l 'Ordonnance de Louis XIV. tît. 19. Ordonner un séquestre. Nommer un séquestre. ) SEQUESTRE. [ Depositum. ] Se dit aussi de la chose même deposée en main tierce, afin de la conserver à la partie à qui elle apartient. II se dit au figuré. Métré son honneur en séquestre, SEQUESTRE' , séquestrée, adj. [ Stposttm , fequestra- tus. ] Mis en séquestre. Commis à la garde d’un séquestre. i Le Juge nommera d’ofice un séquestre sol- vable , résident proche le lieu où sont les choses qui doivent être sequestrees. ) Voïez l’ Ordonnance. SEQUESTRER , v. a. [ Rem séquestra dare. ] Terme de Palais. Métré en main tierce. ( Séquestrer un bien. Séquestrer une somme de deniers. ) SEQUESTRER, v. ail. f SegEre. J Détourner une chose, la métré a part. ( Ce banqueroutier a séquestré s«í meilleurs efets pour frauder ses créanciers. SER 473 Pour rie ?en point servir aux pliai rigoureux mois , Dans le fond d’un grenier ón séquestra le bois, Despr. ) Se séquestrer , v.r. [Se à populo fecernere. J Se métré à part. Se retirer du commerce du monde. ( Se séquestrer de la compagnie des hommes, pour éviter les ocasions de pecher. ) SEQUIN , f m. [ Sequinus nummus. J Sorte de monoïe qui a cours parmi les Turcs, t Elle jeta un mouchoir plein de scquins. Brio t , tìist. de P Empire Otom. I. 1. c. 4. p. 6<;. On dit aussi un sequin de Venise;) • A Le sequin de Venise est au titre de vingt-trois kai rats trois quarts. SERAIL- Voïez plus bas ferrai/. SERAIN- Voïez serein & serin. SERAN, f nu [ Ferreus petien. J Terme de Crinier & de Cordier. C’est un instrument de Crinier & de Cordier qui a un fond de bois, où font près à près plusieurs rangs de pointes de fer, au travers deíquelles on passe plusieurs fois le chanvre , le lin , ou le crin, quand ón acommode le crin , le lin ou le chanvre. ( C’est un scran tout neuf. 5ERANCER , v. a. f Carminare , peHere.'] Terme de Cordier & de Crinier. C’est passer le chanvre , le lin & le crin par le seran. ( Setancerdu chanvre, du lin, du crin ì &c. SERANCOLIN , f m. [ Marmor Serancolinum .] Sorte de marbre qu’on tire des Pyrénées , qui est de couleur isabelle & rouge , ainsi nommé parce que la carrière d’où l’on le tire est dans la valee d’or j proche de Serancolin. SERAPHIN , f m. [ Seraphìm. ] Esprit qui est du premier des sept chœurs des Anges. (. Les Séraphins font pleins d’amour ; ils brûlent de charité. ) SERAPHIQUE, adj. [ Serapbicus. j Les Capucins & les auttes Religieux de l’Ordré de S. François sc fervent de ee mot en parlant de leur Instituteur S. franqois. 11 s disent. (La régie de notre Pere Seraphique S. François ne contient que ia. chapitres, & dans ce sens le mot de Seraphique signifie qui tiem du Séraphin, Qui est plein d’ardeur & d’amour. Qui brûle de zélé & de charité; ) SERASKIER , f m. Termò de Relation. C’est chez lés Turcs le Général d’Ármée ou le Commandant des troupes. f SËRASSËS- Toiles de coton qui viennent des Indes Orientales. t SERCHE, ou CERCHE. Sorte de bois de repente , de chêne s ou de hêtre , qu’on apelle communément Eclisse. SERDEAU, f m. £ Apotbecamenfaria. J C’est un ofice où l’on porte tous les plats qu’on releve de devant le Roi. ( II est au scrdeau. Aler au scrdeau. Manger au scrdeau. ) SERDEAU. [ Apotbeca menfaria propos t us. ] Ofi- cier qui prend les plats que le Gentilhomme servant releve de la table du Roi, & qui les porte àl’ofice, qu’on apelle ferdeau. SERDEAU. [ ConviHores regii. ] Les oficiers & les gens qui font au scrdeau. Tous les gens du scrdeau. ( Le scrdeau crie trois fois Messire Louis Timoieon au couvert pour le Roi. ) SEREIN, sereine, adj. [Serenus ,Jìidus, aperçus .2 Ce mot n’est guere usité qu’au masculin. II signifie beau & clair , & il ne se dit proprement que de Pair, du jour, du ciel & du tems. ( Jour serein. Voit. 1. 24. Ciel serein & pur. Voit. ) SEREIN , J'- m. [ Ros noHurnus. J Exhalaisons chaudes que la terre durant Un jour d’été fort ardent à poussées dans Pair, & qui après le coucher du Soleil tombent fur la terre. ( Le serein peut avoir des qua- litez nuisibles. ) SEREIN. Voïez serin plus boa. SERENADE > f f í NoHurnus adfores cohcentús.l Concert qu’on donne le soir à une maîtresse. Violons qu’on donne à quelque belle qu’on aime. (Donnèrdes sérénades. Faites aprocher Messieurs de la screnade. ) t SERENADE. [ Rumor noHurnus. ] Ce mot dans lé burlesque signifie bruit qu’on fait la nuit & qui inter- rompt. Hurlement. ( Quand le matin ils niant donné l’aubade, J’ai fur le soir encore la Jerenade. Boifrobert, épit. ) Tome III. O o a SE- 474 SER. SERENER, 9. a. [Pacare, serenum esttcere. ] Ren- dre serein, apaiser. La Philosophie doit lerener Jes tempêtes de l’ame. Montagne. Ce mot n’est guére en usage. L’Académie en sa place dit rajserener. SERENISSIME, adj. [ SerenìJJimmJ Ce mot se dit de certains Princes. Ainii en pariant à Monsieur le Prince, ou à Monsieur le Duc d’Anguien, on dit Altesse Sereniífime. Exemple. (Monseigneur, nous espérons que votre Altesse Sereniísime ne condannera pas la hardiesse que nous prenons. Voïez la relation de Rocroi .) SERENISSIME. [ Princeps Serenìsthnw .] Ce mot se dit du Doge de Venise qu’on apelle Prince Serenijstme. SERENITE',/ f. [Sérénité,serenuíaér.) Ce mot se dit de l’air & du tems. C’est-a-dire , la pureté de l’air & la beauté du tems.) * 11 paroît fur son visage une je ne sai quelle sérénité qui charme. [An'tmì sérénité fst tranquillité .] C’est-à-dire, un je ne sai quel air gai, honnête & tranquille. SERENITE', / / [Vestra sérénité .] Titre que les Vénitiens donnent à leur Doge pour le distinguer des autres Ducs, dans la pensée que ce titre est plus grand que celui d’Alteffe. (Conduire les Ambassadeurs dans l’apartement de fa Sérénité. Amelot, biji. de Venise.') SERENITE',// 11 se dit aussi en parlant des Electeurs d’Alemagne. C’est un titre qui ne se donne qu’aux Princes Souverains d’Alemagne , & qui est plus que celui d’Altesse. Je ne puis jamais, Monseigneur, reconnoitre l’honneur que me fait votre Sérénité Electorale de m’apeller à son service. On fait gloire, Monseigneur , de servir votre Sérénité Electorale. Spanbeim, épit. dédie, des Césars de iEmpereur Julien.) SEREQUE,/ tn. [Genista tinHoria .] Arbrisseau qui est une espèce de genêt, dont les feuilles ressemblent à celles du lin, & dont les teinturiers se servent pour teindre en jaune. SEREUX, Jereuse, adj. [Sero pi en us.) Terme d e Médecin & de Chirurgim, qui se dit du sang & des humeurs. II signifie. Qui est plein de sérosités. (Sang screux. Humeur sereusc. La Chatnb. Le séreux du lait.) SERF , / ni. [Servus .] Esclave. (II n’y a présentement plus de serfs. ff C’est une régie générale en France, que „ tou- „ tes personnes font franches en ce Royaume; & sitôt ,, qu’un esclave a atteint les marches d’icelui, se fai- „ sant baptiser, il est asranchi. ” Loisel, Instit. liv. i. fit. i. art. 6 . Cette maxime est précisément établie dans la Coutume de Bourgogne, en ces mots : „ Au ,, Duché de Bourgogne, n’y a nuls hommes serfs de „ corps. ” Et dans celle d’Auvergne; „ Toutes per- „ sonnes estans & demeurans audit pays, font francs „ & de franche condition , posé qu’en aucuns lieux y „ ait héritages tenus à la condition de mainmorte.” 11 en est de même dans les Coutumes du Nivernois, deTroies, de Vitri, où il y a des personnes assujéties à des loix si dures, qu’elles ressemblent fort à la servitude personnelle des Romains. Ces personnes font apellées maìnmortables, tailìables , courveables , personnes conditionnées. On ne peut pas douter qu’il n’y ait eu autrefois des serfs de servitude personnelle, puisque notre histoire nous aprend que l’on afranchis- soit les serfs en plusieurs manières: l’une étoit, comme Mr. Bignon l’a remarqué, fur les Formules de Marcul- phe, liv. 2. cb. 32.) par des actes autenriques, ou par de simples Letres que l’on apelloit ebarta , ou tpistolœ ingenuitatis : l’autre étoit faite per denarìum, en présentant au Roi ou à l’Eglise un denier. 11 ra- porte ensuite.un modèle des afranchissemens que les Jlois de France acordoient même aux serfs des Seigneurs , selon le témoignage du Président Fauchet cité par Pithou fur la Coutume de Troies. L’Eglise avoit ses serfs. Flodoard a raporté dans son histoire de l’Eglise de Rheims, le testament de S. Rémi, par lequel il afranchit plusieurs serfs de son Eglise. Et comme l’on afranchissoit le plus souvent dans les Eglises , ceux qui aqueroient ainsi leur liberté, restoient néanmoins fous la domination de l’Eglise ; & celui qui étoit asranchi devant le Roi, restoit fous la protection iu Roi & etoit apellé homo Regiue. SERFOUE 1 TE, f. f. f Bìsulcum , runcasegeta- hs.) ferme de Jardinier. C’est un petit outil de fer SER renversé, qui a deux branches pointues d’un côté, & n’en a point de l’autre , lequel étant emmanché d’un manche d’environ quatre piés de long, sert à mouver la terre & à donner un petit labour autour des laitues , des chicorées & des autres petites plantes. SERFOUIR, v. t. [Sarrire , runcare.] Terme de Jardinier. C’est mouver la terre avec la serfouette. C’est donner un petit labour avec la serfouette autour de quelques petites plantes. (Serfouir des pois. Serfofiir des laituës, &c. Quint. Jard.fr. t. 1.) SERGE > sarge , s.s. [Pannui levioris textura. ] Vaugelas a décidé qu’on difoit sarge. On parloir d, son tems de la forte, mais aujourd’hui l’usage est contraire à sa remarque. Tout le monde dit & écrit fer- f e. C’est une étofe de laine croisée. (Cette serge est onne. Une serge est de bon usé.) SERGENT,/ m. [Accensai, apparitor .] C’estcí- lui qui fait les exploits de Justice qui font les fonde- mens des procès. C’est un serviteur de Justice. (Sergent roial. Sergent à cheval. Sergent à verge. Sergent fiéfé. Les Sergens roïaux exploitent par tout le Roïau- me, & les Sergens à verge du Châteletde Paris n’ex- ploitcnt que dans la ville & dans la banlieue de Parij. Asronter des Sergens la timide cohorte. Despr. De trois sergent , pendez-en deux , Le monde rien Jera que mieux.) (js On dérive le mot Sergent de serviens , parce qu’il sertie Juge, & exécute ses mandemens. Sergent si- gnifie dans la première signification, un serviteur, un homme qui sert. Les Italiens disent Sergente dans c# sens. Arioste, cant. ;8- Stanz. 42. Perche trovata havea la desbonesa Sua moglie in braccio d’un suo vil Sergente. Mr. Bosquet, dans ses Notes fur les Epitres d’Inno- centlll.pslg. 145. croit que Sergent est dit ainsi a servi». L’étimologie de Serregens paroît badine, mais elle est naturelle. 11 y a dans la Coutume de Senlis, des Sergenssiejsez, ainsi que dans celle de Bretagne, art. 21. & pour connoître parfaitement les Sergens fief. fez , voïez Brodeau fur le prémier article de la Coûtu- me de Paris. Sergent mesteiller. C’est un homme préposé par le Seigneur Haut-Justicier pour la garde des héritages ensemencés ou qui font de raport, afin d’en conserver les fruits exposés au dommage des bêtes qui errent dans les champs. Voïez les Coutumes de Châtiment & de Troïes. Dans la Coutume d’Auxer- re, cette forte de Sergent est apellé Blavrer , ou Mef- ster. Et dans celle de Nivernois, Forestier. Us font crûs jufqu’à cinq fous, lorsqu’il n’y a point de preuve du dommage : mais il faut, selon la remarque de Goulet fur la Coutume de Chaumont, que le Sergent represcnte la bête qui a fait le dommage, & qu’il la remette à la Justice. f§ Rabelais a dit fort plaisimment, en parlant des quatre chaînes de fer dont on fut obligé de se servir pour arrêter le jeune Pantagruel : Et la quarte fut emportée des Diables , pour lier Lucifer qui se déchaînait en ce tems-là, à cause d’une colique qui le tourmentait ex- traordinairement pour avoir mangé Pâme d'un Sergent e n fricassée à son de jeûner. SERGENT. [Centuria instruflor, ordinum duel or.) C’est un oficier d’une compagnie d’infanterie ou de dragons, qui en l’abscnce des prémiers oficiers a foin de la compagnie , qui fait garder les distances , dresser les files & les rangs, qui va quérir tous les soirs l’ordre au logis du sergent major ou de son aide, afin de le porter à son Capitaine. Chaque compagnie a 2. sergens , hormis les compagnies aux gardes qui ont chacune six sergens. SERGENT major d’un régiment d’infanterie. [ Struett• dœ legionis magister .] C’est un oficier qui a foin de former le bataillon de son régiment, & de lui faire faire Texercice , & d’en avoir soin pendant la marche & le campement, il fait du Général si son régiment marchera à l’avant-garde, à la bataille, ou á ì’arriére-gar- de, & dans un jour de combat il doit être a cheval, tantôt à la queue, & tantôt à la tête de son régiment, pour rétablir le désordre s’il y en arrivoit, & rallier le régiment s’il venoit à plier. Voïez les discours mili- taireí de Pvaist'ac. SERGENT de bataille. [Certamink instrufíor.) C’est un efieier considérable qui dans un jour de combat reçoit du Génè- SER Général le plan de la Forme qu’íl veut donner à fort armée, la disposition des corps de cavalerie & d’infante- rie , l’alsiece de l’artillerie , & l’ordre qu’on doit tenir au combat ; ensuite le sergent de bataille avec les maréchaux de camp disposent farinée selon que le Général l’a prescrit. Voïez Praijsac, discours militaires. SERGENT. [ Úncus vinéíorius. 3 Terme de Menuisier. C’est une barre de fer quarrée, avec un crochet en bas & un autre qui monte, &qui décend le long de cette barre, & qui s’apellé mam. On se sert du sergent pour joindre & tenir les pièces de bois lors- qu'on les veut coler. SERGENTER, v. a. [ Vadari , interpeílare. ] Ënvoïer des serge n s à quelqu’un pour le faire païer. (Sergen- ter ses débiteurs, IIsaut bien, néanmoins de la bonne maniéré Sergenter ceux qui font t école bujfonniére , Avare Trag. ) f * SERGENTER, signifie dans le stiie familier * press fer, importuner, fatiguer, pour obtenir quelque chose. ( 11 ne me donne aucun relâche, il vient tous les jours me sergenter. ) f SESGENTER1E , f. f. [ Apparìtura, accenjl mu- nus. ] Ofice de sergent. Mais il ne se dit gúere que dans le stiie comique. 0 SERGENTIE. [ Tenir par sergent te. 3 C’est une espece de tenure particulière en Normandie , mais tres-commune en Angleterre , comme nous l’aprenons desTenures de Littleton, liv. 2 . ch. g. SERGER , s. m. ou sergier. f Lanei texti levìoris textor. 3 Marchand ouvrier qui fait & vend toutes sortes de serge. ( Compagnon jerger. C’est un ouvrier qui travaille à faire de la serge , & qui sert chez les maîtres sergers. II y a plusieurs bons sergers à Reims & à Châlons en Champagne. ) f SERGERIE , j- f II se dit de la Manufacture des serges & du commerce qui s’en fait. _ SERGETTE ,/./![ Pannu> levis textures. 3 Diminutif. Serge fortlegere & Fort mince. SERGETTE , s f. [ Indus uni laneum. 3 Terme de Benediflin. C’est une forte de petite robe blanche que le Bénédictin reformé porte au lieu de chemise, f SERGRTTERIE, s f- On apelle ainsi à Beau- vais en Picardie la Manufacture des serges, & la Communauté des Maîtres qui en font profession. La Draperie & la Sergetterie de Beauvais ne font aujourd’hui qu’un seul & même corps, SERIEUSP MENT, adv. [Seriò , extra jocum. 3 Avec gravité. Tout de bon. Véritablement. Sans aucun déguisement, (.Parler sérieusement. Ablancourt. S’a- fliger sérieusement de quelque désordre. Pascal. liv. ç, ) í SERIEUSEMENT, signifie ausiì , froidement. (Il nous a requs fort sérieusement. ) í Prendre une choseserieusement. C’est se formalises d’une chose, quoiqu’elle ait été dite en badinant & sar.s aucun destein d’offenser. Nous badinons & Vous prenez les choses serieusement. ) SERIEUX, s m. [ Gravitas, jeveritas. 3 Mine grave. Air grave. Sorte de gravité. (Je l’ai trouvé dans un grand serieux. Elle est dans son serieux. Son serieux me glace. On ne vit jamais un Î ilus grand serieux. II écouta la piéce avec un serieux e plus sombre de monde. Molière. Prendre son serieux. Se mettre sur son serieux. 11 afecte un serieux qui ne plaît pas. Quiter son serieux. Ablancourt, Luc. Scar. Rom. com. ) SERIEUX , serieuse , adj. f Serins, auserus, gravis. 3 Ce mot signifie grave , & se dit des personnes & des choses. 11 est serieux. Elle est serieuse. Mine serieus- se. Discours serieux. SERIEUX. [Gravis. 3 Terme de Théâtre. Oposé au comique. On joue aujourd’hui une piéce serieuse, SERIEUX , se dit des choses plus solides. [ Solidus majons moments. 3 11 n’y a point de chose plus serieuse que celle du salut. f SERIEUX, se dit en termes de Guerre , pour con* siderable , hazardeux. ( On n’avoit aucun dessein d’engager le combat, mais l’afaire devint bién-tòt serieuse. ) SERIEUX. [ Candidus , vertu , non sucatus. 3 Sincère, qui parle du fond du cœur, (Je vous dis ma pensée dans le serieux. ) SERIN, f m. [ Achantis. 3 II y a un serin COI»- SER 47^ rtîun & ún serin de Canaris. Le serin commun est tm petit oiseau vif qui a le bec court & un peu rond , le dessous de la gorge & le ventre d’un jaune qui rire fur le verd. Le serin commun chante agréablement quand il charité avecd’autres oiseaux. Le serin de Canarie. s Spinus Ligurìnus. J Est une sorte de petit oiseau qu’on aporte des iles Canaries , qui est vif & joli ; mais plus ce serin est joli , & plus il chante bien. ( Elever un serin de Canarie. í SERIN. On nomme ainsi en Berry une espèce d’a- xonge, ou graisse qui est attachée à la laine des moutons & brebis. í SERIN. Instrument de bois pour séparer la filasse de chanvre de la plus grosse chénevote. f SERINLER , ou Jerincher-, v. n. Se servir du serin pour séparer la chénevote de la filasse. SERINE , f f. [ Achantis. 3 C’est la femelle du serin." (La serine né chante pas si bien que Ion mâle. ) £ SERINGAT, f m. Fleur blanche qui vient au printems & dont l’odeur est très-forte. SERINGUE,;/! f. [Fisula qua immitììtur in anum anatina. 3 Mot qui vient du Grec, & qui est un terme AApòtìcairè. C’est un instrument pour donner des lavemens , qui est composé d’un corps d’etain, d’uné boite d’étain, d’un bâton & d’une bobine d’étain enfi- lacée qui est au bout d’un bâton, & au bout de laquelle on met un canon , qui est une maniéré de petit tuiau par où coule le lavement dans le fondement. ( Dne bonne seringue. ) En général la seringue est lin instrument qui sert à presser l’air, ou des liqueurs, C’est un cilindre concave, dans lequel on fait couler un piston qui le remplit exactement, pour Faire sortir avec violence l’air ou les liqueurs par un petit trou qui est à l’autre bout. On a de grosses seringues pour jeter de l’eau fur le feu qui brûle dans une masson. On se sert de fort petites seringues pour faire des injections. C’est par le moïen d’une seringue qu’on vuide l’air de quelque vaisseau. SERINGUE [ Syrihx. 3 En Physique c’est la partis de la machine pneumatique qui sert à en tirer l’air. SERINGUE de fer blanc. [ Syphon. 3 G’est un instrument de fer blanc en forme de seringue, dont les pensionnaires des coléges & autres écoliers se servent pour enfler le balon. SERINGUER, v. a. [ Liquorem injieere cum fisuCif\ Ç’est jeter avec la seringue dans ou fur une partie asti- gée quelque chose de liquide pour neteier & soulager cette partie. (Seringuer la verge. Seringuer un ulcéré. ) t SERÍOSITE' , f f- [ Gravitas,severitas. 3 Ce mot signifie air grave & serieux. Mine pleine de gravité, mais il n’est pas établi, & en fa place on dit serieux. Balzac , í. 1 , deses lettres chaises , a écrit, je répons dans uríe grande seriofîté aux railleries de votre letre. Balzac n’est pas à imiter en cela. Mr. de Vaugelas avoit prédit que ce mot s’établi- roit, mais fa prédiction n’est pas aconiplie , & l’Aea- démie n’a point mi sserìosté dans son Dictionnaire. SERMENT, s m. [ JùramentuM. ] C’eít Une afirmation qu’on fait, par laquelle on prend Dieu à témoin qu’on dira la vérité touchant les choses fur lesquelles on est interrogé. ( Recevoir le serment de quelcun. Ablancourt. Déférer le serment à quelcun. Patru , plaidoié, ij. Prendre une personne à serment.- On prendroit vos sermens pour des contes frivoles ; Mais j’en use autrement , Berger , Le tems seul me fera juger. St l’on peut faire fond sur ces belles paroles $ Oitf vous aimez a changer ; Poète Anon. ) f C’est une grande flétrissure danS un Prince , (jus la violation d’une promesse solemnelse confirmée par serment. Poìybe de Mr. de Falard. 0 La bonne foi a régné pendant quelque téms par r mi les hommes ; ils vivoient fans défiance, & ils igno- roient l’usage des sermens : mais l’intefêt leur aprit à se précautionner contre la tromperie i & l’infidélité. Les conventions n’étoient point assez assurées par de" simples protestations ; on crut au’il faloit les afermir en leur imprimant un caractère de religion. Oii cóm- menca de jurer l’execution des promesses, ert apel- lant a témoin les Dieux.; & en se soûmetant à leur colere, si l’on y manquoit. On voie dans l’Ecriture plusieurs sermens faits devant le Seigneur, par lé Tome lit. Ooo % Set- 476 SER. âfV V par k Seigneur du Ciel £.? de là Terre. L’idolâtrie s’é- tanc introduite dans le monde, on inventa plusieurs sortes de sermons auffi ridicules que les Divinités par lesquelles on s’engageoit. Les Egyptiens jurèrent par le Nil, par les crocodiles, par l'ail & par les oignons. Ceux qui juroient par le Soleil, ejìo nunc sol tests. Virg. 12. JEneìd. étoient plus raisonnables. La foi fut établie présidente aux fermens , & l’on en multiplia si fort le nombre & la forme, que l’on jura par foi-mê- me, & par ses parens. Ofsa tìbi juro per matris , A? ojsa parentis. dit Properce. Mais le serment le plus solennel étoit quand qn juroit par sa tête, comme étant la principale partie du corps. Fer caput boc juro, Uc. dit le jeune Afcagne dans l’Eneïde. On peut voir plusieurs Traités qui ont été faits fur le serment. ê L’Histoire nous fournit une infinité de sortes de fermens tout-à-fait bizarres. Homere nous en aprend lin fort burlesque. II dit que ceux qui juroient un Traité de paix, lbuhaitoierrtentr’autres peines auxin- fracteurs celle de porter les cornes, & qu’on fouhai- toit la même chose aux malfaiteurs. Polybe de Folard. SERMENT de fidélité'. [Sacramentum.J C’est une protestation que l’on fait qu’on s’aquitera fidèlement de l’emploi qu’on va exercer. ( Les Avocats à leur réception font serment de fidélité à la Cour. La Sor- bonne déclara le peuple de Paris absous du serment de .fidélité qu’iì devoit à Henri troisième. Mémoires d’Henri III. p'. irZ. SERMENT. [Jusjurandum.; Jurement. (11 ne faut pas faire des fermens inutiles. II proféra d’execrables fermens. ) SERMON ,s- m. f Concio, de rébus divinis oratio .J Prédication. Discours oratoire fur les vérités Evangéliques. (Un beau sermon. Composer un sermon. Faire un sermon. Son sermon étoit fort rempli. Aler au sermon. Sonner le sermon. C’est-à-dire, sonner pour avertir les gens qu’on va prêcher. En sortant du sermon il vint dire à sa femme, Qu’il voulait tout quiterpour mieux sauver son ame. On disoit que.prêcboit les sermons qu’il n’avoit pas composés, fur quoi on fit ce madrigal : On dit que /’ Abé . Prêche les sermons f autrui s Moi , qui sçais qu’il les achete , Je soutiens qu’ils font à lui. Martial avoit dit de même d’un certain Paulus : Carmina Paulus émit, récitât sua carmina Paulus, Num quod émus pojfis dicere jure tuum ? Lib. 2. ep. lo. f SERMON, se dit d’une remontrance ennuyeuse & importune. (11 vous fera un grand sermon. II nous fatigue avec tous ses sermons.) f SERMONAIRE, f. m. [Concionum scriptor.) Auteur qui a fait imprimer ses sermons. On a fait le P. IVlasillon fermonaire malgré lui. ch SERMONAIRE, signifie austì, Recueil de fermons. (J’ai les meilleurs fermonaires dans mon cabinet.) f SERMONER, v. ». [Différeres Parler. Discourfr. Faire des remontrances. (Mats t’es trop fermoner de vice U de vertu. Reg. Satire 2.) t SERMONEUR, s. m. [bnportunus concionator.) Grand parleur qui fait de longs discours & des remontrances ennuieufes. f SERONGE, f f Les Chites de Seronge font des toiles peintes qu’on tire des Etats du Mogol par Surate. SEROSITE', /• f [Sérosité, sérum.; Terme de Chirurgien & de Médecin. Bile acre & ardente qui aproche fort du sang, mais qui étant épanchée ne fe lie pas comme le sang. Dog. (Un sang plein de sérosités.) . SERPE , sarpe, s. s. [Faix.) L’ufage est pour serpe, mais pour sarpe , il est suranné. C’est un outil de fer qjui tranche d’un côté , qui a un manche de bois, & qui sert à couper des branches & de petits arbrisseaux. (Due bonne serpe. Serpe qui coupe fort bien.) f SERPE, se dit prov. en parlant d’un ouvrage de SER main grossièrement fait. (Cette menuiserie est faite à la serpe. On en feroit autant avec une serpe.) f SERPE, se dit auffi en parlant d’un ouvrage d’es- prit mal fait, mal tourné. (Cette piéce est faite à la serpe.) On dit d’un homme mal fait, mal bâti, qu’iì semble avoir été fait avec une serpe. SERPES. [ Falces .] Terme de Mer. Ce font des tranchans pour couper les cordages de l’ennemi, lorsque deux vaisseaux ennemis s’aprochent& s’acrochent par des grapins pour disputer à qui 1e bord demeurera. (Ils coupèrent les cordages avec des serpes.) SERPENT 7 f w. [Serpens, anguis.) Le Serpent est un animal rond & long, qui a son venin au bout de la queue , qui rampe , qui se replie, & qui est en- nemi des hommes & des animaux. 11 se cache durant les quatre moisies plus froids de l'année, &lors qu’il fort de son trou, il se dépouille de fa peau. ( Ser. pent terrestre. Serpent aquatique. Le serpent sifle, Voïez Jonson. On conte qu’un serpent voisn d’un horloger, Entra dans fa boutique , £? cherchant à manger , W y rencontra pour tout potage Ou’une lime d’acier qu’il se mit à ronger. La Font.) SERPENT d’Esculape. [Esculapii serpens .] C’est u. ne sorte de serpent fort long, qui n’est pas venimeux, & qui ne fait point de mal. II a le dessous du ventre comme verd, & le dessus du dos qui tire ser le noir. II y a de ces espèces de serpens en Asie, en Afrique, Amérique, Espagne, & Italie. SERPENT à sonnette. C’est une maniéré de serpent qui porte une sonnette à la queue , qui se trouve dans la Virginie, & qui est très-dangereux, parce qu’il dévoré les hommes qu’il rencontre. La Roque, Journal des Savant. * SERPENT. [Malignus , damnnsus , proditorius, persdms Ce mot entre dans quelques façons de parler figurées, Sc veut dire. Méchant. Perfide. Ingrat. Traître. sV ous même de vos foins craignez la récompense, Et que dans votre sein ce serpent élevé Fie vous punisse un jour de P avoir conservé. Racine, Andromaque, aff. t. sc. a. * Ah ! coquine en venir à cette persdie , Petit serpent que j’ai réchausé dans monfin. Molière, Ecole des femmes, act. sc. 4. * Autant d’infidéles, autant d’instrumens du vieux serpent. Vatru , plaidoié 5. C’est-à-dire, autant d’instrumens du diable.') * SERPENT. [Buccina symphoniaca.) C’est une sorte d’instrument de musique à vent , dont il est fort facile de jouer , qui est de métal ou de bois noir, couvert de cuir. 11 a six trous & environ cinq ou six pieds de long, & il a été apellé serpent, parce qu’il a la figure d’un serpent. (Jouer du serpent.) £ On apeiie aussi serpent, celui qui joue de cet instrument. SERPENT. [Ophiucuss Constellation septentrionale composés de 18- étoiles. On dit proverbialement. C’es un serpent caché sus les fleurs , en parlant d’un désordre qu’on ne voioit pas. [Latet anguis in herbu.) {Serpent couvert de fleurs, dangereuse vipere. Tristan.) SERPENTAIRE , s. s. [ Dracunculuí polyphylìus. ] Plante marbrée de diferentes couleurs comme îa peau d’un serpent. Sa racine est purgative. H SERPENTAIRE. [Viperina.) Racine seche aromatique qu’on nous aporte de Virginie ; elle est sedo- rifique. SERPENTAIRE , ou esculape. [Serpentarius.; Constellation septentrionale composée de 24. étoiles. SERPENTE, f f. ( Charta nota ferpentis insgnita .] Terme de Papetier. C’est une forte de papier pour faire des châssis, (11 y a de la grande serpente, & de >a perìte serpente.) SERPENTEAU , s. m. [Anguiculus versatilis nitrati pulveris .] C’est une forte de fusée volante qui va en serpentant dans Pair. (Qui veut voir de beaux & d’a- gréables serpenteaux, n’a qu’à aler voir le feu de la saint Jean qu’on fàit tous les ans à Paris dans la place de Grève.) SERPENTER , V. ». [Fkxuoso eursu seni.) Aler en SER. en tournant & par replis à la maniéré des serpens, (Ruisseau qui serpente dans la plaine. God.Po'és.) La fièvre en ce beau corps orgueilleuse U hautaine, Sur des ruisseaux de sang serpente £«? se promene. Hubert, Temple de la mort.) SERPENTIN , s nu [ Tormentum bellìcum majus .] Terme à'Arquebusier. C’est proprement une piéce mobile posée sur la platine du mousquet , qui a deux branches qui le serrent & s’ouvrent avec une vis, & où l’on pose la meche lorsqu’on veut tirer le mousquet. (Mettre la mèche sur le serpentin.) SERPENTIN. [Ttibus in modum serpentis recurvus.] Terme de Chimie. C’est un tuiau de cuivre ou d’é- tain depuis le bas de l’alembic jusqu’au chapiteau. II sert à distiler des eaux-de-vie & autres liqueurs. SERPENTIN ,f m. [Ophites.] Sorte de marbre qui est d’un verd un peu plus obscur, avec des filets de couleur jaune qui se croisent & vont le long du marbre. SERPENTIN , serpentine , adj. [Flexuosuf.] Terme àt Manège. {Langueserpentine. [Volubilishngua.] C’est la langue frétillante d’un cheval , qui la fait mouvoir incessamment, & la fait passer quelquefois fur l’em- bouchure.) SERPENTINE , f f. [ Dracunculus.] Prononcez Serpantine. C’est une espèce de pierre précieuse. 11 y a deux sortes de serpmtine. La première tire fur le verd, elle se rencontre ordinairement en fortgrans morceaux qu’on tourne autour , & dont on fait des vases. L’autre forte de serpentine est plus dure, plus rare & plus précieuse que la prémiere. La fer. pentine se trouve aux confins de la France, & del’A- Jemngne. Merc. Indien , 7 . 5. c. 4. SERPER, v. a. [Anchoras tollere.~] Terme de Mer. II se dit des galères & des bâtimens de bas bord qui ont une ancre à quatre bras, & signifie lever Vancre. (Les galères commenceront à serper.) SERPETTE, ou fer pèle , / s. [Falcula.] Petit instrument à manche de bois avec une alumelle un peu recourbée, qui sert aux vignerons & aux vendangeurs. (Une bonne serpette. Une serpette bien faite. Egui- ser, afiler une serpette.) SERPILLERE , s f- [Segejhecannabinum.'] Morceau de toile qui par devant entoure tout le haut de la boutique des merciers & de plusieurs autres marchands. (Mettre la serpillere. Oter la serpillere. C’est e n général toute sorte de grosse toile qui sert aux marchands pour embaler leurs marchandises. SERPOLET, / m. [Serpyllum.] Mot qui vient du Grec. C’est une forte de petite herbe odoriférante, qui, à ce qu’on croit, a été apellée serpolet , parce qu’elle rampe presque à terre. 11 y a du serpolet cultivé & du serpolet sauvage qui croît sur les montagnes. L’un & l’autre de ces serpolets est chaud. SERRAGE , f m. [Navis interior contabulatio .) Terme de Marine. C’est l’assemblage des planches qui font le revêtement intérieur du vaisseau. On les apelle aussi Serres & Vaigres. Le revêtement extérieur s’apelle Bordage. SERRAIL, f m. [Serrallium. J Lieu à Constantinople où le Grand Seigneur tient ses femmes. Les palais où font les femmes du grand Seigneur qui font très belles, qui n’ont toutes pour vûë que de s’en faire aimer, qui font servies par des eunuques noirs. C’est aussi dans le ferrai! qu’on éleve les enfans pour les grandes charges de PEmpire» Voïez Briot. Emp. Qtoman. * S ERRA IL- [Lupanars] Lieu où il y a plusieurs courtifannes. Lieu où il y a plusieurs filles de mauvaise vie. (Sa maison est un petit serrais) * SERRAIL. [Mulieres inserrallio inclus#.] Toutes les femmes du grand Seigneur. Toutes les courtisanes & les maîtresses de quelque Grand. (Son serrail le lùivoit par tout) f SERRATULA ,//. Plante qui croit dansle s bois. Elle est vulnéraire , propre pour les contusions, & apaise la douleur des Hémorroïdes. SERRE,/, f■ [Sella reconditoria.] Terme de ,Jar~ dinier. C’est l’endroit du jardin où l’on met les o* rangers pour les conserver. (Une belle serre. Mettre íes orangers dans ìa ferre.) On y ferre aussi diverses plantas durant l'hiver, Gomme les artichaux* les choux-fleurs , &c. SER 477 (De là viennent encore ces admirables ferres, Ou les arbres choisis qu'on enferme dedans , Sous un calme étemel font toûjours abondans. Perr. à Mr. de la Quint.) SERRE. [Falcati ungues.J Terme de Fauconnier. Ce mot ie dit des oiseaux de proie & autres pareils, & veut dire mains & doigts d’oiscau de proie. (L’aigle fondit fur le moineau , & le tenant fous ses serres , elle l’enleva & le porta dans son aire à ses aiglons. On crut que jusqu’au lendemain Le maudit anima! à la ferre insolente Nicherait là malgré le bruit , Et sur le nez sacré voudrait passer la nuit. La Font. f * Avoir de bonnes serres. [Homo rapax.J Cette façon de parler fe dit des personnes. C’est-à-dire, quand on a quelque chose de quelcun, le tenir bien & ne le pas rendre. Ainsi on dit. (De tous les animaux à deux pieds qui volent impunément, les Pro. cureurs font ceux qui ont les meilleures serres. SERRE serrée, adj. [Reconditus , repnjìtus.] Qui est mis en quelque endroit pour être conservé & gardé. (Argent serré. Bourse serrée. Pailles serrées.) SERRE’, serrée. [Comprejsus , prefjití.] Ce mot veut dire prejsé. Aproché les uns auprès des autres. (Un corps d’ínfànterie srrée dans ses rangs. Vaug. Quint. I. ;. ch. 2. Ils faifoient des portiques dont les colonnes étoient fort serrées. Les lignes de cette écriture font fort serrées. Nôtre troupe est ferrée.) SERRE’, serrée. [Conjhif/us.] Ce mot se dit de la toile & de quelque autre ouvrage qu’on travaille fur le métier. C’est-à-dire, bien batu & bien croisé. (Toile bien serrée.) * Avoir le cœur ferré de douleur. Ablanc. Tac. [Dolore coarciari.] Etre beaucoup afiigé. * Cela me ferre le cœur. Scaron. C’est-à-dire, cela me fâche fort. SERRE’. [Homo parcus.] Qui est menu, écriture serrée. Homme serré, qui est avare. (Conduite serrée. Jouer serré, c’est jouer à beau jeu. SERRE’, adv. [Coufiricíè.] Fortement. 11 a été fouetté bien serré. II gèle bien serré. SERRE-ARGENT ,/ m. [Caméra argentì recon - àìtoria.] Chambre où les grands Trésoriers mettent leur argent. SERRE-BAUQUIERES , / f. pi. [Tigna navis constrifloria.] Pieces de bois grosses & longues qui règnent autour du vaisseau. Et celles qui (ont en dedans s’apellent serre-goutieres. SERRE-BOSSES. [Funes anchorarumsujfcen/ìles .] Terme de Marine. Ce font les cordages qui fervent à arrêter les ancres fur les hanches du vaisseau. SERRE-FILE , / m. [Q«/ caudam ducit.] C’est le dernier soldat de la file. C’est aussi le dernier rang du bataillon qui en termine la hauteur & en forme la queue. Quand on a doublé les rangs en avant, le bataillon se remet par serre-fiL. (Par fer refile remettez vos rangs.) Serre-demi files. m.[Lineœ mìììtum dimìd'u duflor.] C’est le dernier soldat dc la demi file. C’est austi se rang du bataillon qui termine la moitié de la hauteur du même bataillon. (A droit par serre-demi-fiks , doublez vos rangs en arriéré. Voïez Martinet , Exerc. pour fins) t SERREMENT , / m. [Comprejfio.] L’action de serrer. (Ne pouvant plus parler, il témoigna fa repentante par un serrement de main.) Ce mot n’est pas usité ; on dira plûtôt, en serrant la main. SERREMENT de cœur. [Cordit conjìrifl/o.] Etat où se trouve le cœur quand il est saisi de douleur. f SERREMENT , adv. [Compressé , fìriHè.] D’une manière serrée. (Les troupes rnarchoient serrement, ou plûtôt marchoient fort serrées.) SERRER, v. a. [Reeondere , reponere.] Mettre une choie en quelque endroit pour la garder, la conserver & ne la pas dissiper , & s’en servir en tems & lieu. (Serrer de l’argent. Serrer les pailles.) SERRER. [Confiringere.] Lier fortement. (Serrez cela d’avantage. SERRER. [Premere i comprimerc.] Presser. (Serrer la main. Vous savez que c’est Aristote, medit-il, en me serrant les doigts. Pasc.l.' 4. Serrer 1e pressoir avec Tome UL Q o o 5 la 47 « SER la vis. Serrer les pouces à quelcun pour lui faire con* ^SERRER s m O'cfì retrancher ce qu’il y a de superflu dans le stile. * SERRER les escadrons. [ Turrnas equitum comprime* re.l II leur commanda de ferrer leurs escadrons. C'est- à-dire, de les aprocherplus près les uns des autres. * SERRER quelcun de prés. [In angusum aliquem cogéré.} C’est le pousser vivement. Les deux mers venant à serrer la terre des deux côtés , font une langue. Vaug. Quint. liv. %. cb.i. C’est-à-dire, venant a presser & à rétrécir la terre. SERRER, [Augeri.} Parlant du froid qui augmente. (Le froid serre tous les jours.) Serrer veut dire aussi abréger. (Serrer un discours.) SERRER. [Coarclarc , contrahere. ] Terme de Manège. Faire qu’un cheval ne s’élargisse pas trop. (Vôtre cheval marche trop large, il le faut serrer. On mt aussi. Cheval quiserre trop , ou cheval qui serre. C est- à-dire, qui ne s’étend pas assez à une main , ou a l’au- tre. Quand un cheval fe serre trop, il le faut aider du gras des jambes. On dit aussi. Serrer la demi-vol* te. C’est faire revenir le cheval fur la ligne de la passade , ou sur le terrain où il a commencé la demi volte.) * SERRER. [Vêla contrabere.} Terme de Mer. Ce mot sc dit en parlant du vent. C’est prendre l’avanta- ge du vent de côté. (Les Ilotes ne firent autre chose que chicaner le vent, en le serrant de fort près, pour le gagner l’une fur l’autre. Guillet , Navigations On dit serrer les pouces à quelcun pour lui faire dire la vérité. [Tormentk veritatem extorquere .] f SERRES. Terme de Fondeur de menus ouvrages. C’est une des deux sortes de presses dont ces Ouvriers se servent pour serrer & presser l’une contre l’autre IsG deux parties de leurs moules. f SERRES. Terme de Sucrerie. Ce font des coins de fer & de bois, dont on se sert pour arrêter les rouleaux ou cylindres de bois , dont on remplit les tambours de fer des moulins à sucre. SERRURE,// [&>-<] Ouvrage de serrurier, qui est de fer poli, qu’on atache à une porte par dedans , qui sert à fermer & à'ouvrir la porte par le moien d’une clef, & qui est composée d’une forure, d’une pêle , ou d’un pêne , d’un rateau , d’un foncer, & de sa garniture, &c. (Une bonne serrure. Une belle serrure. Une serrure bien ou mal faite. Crocheter une ferrure. Brouiller une serrure. Ouvrir une serrure. Faire une serrure à bosse , à pêne dormant.) SERRURERIE .s.s. [Fabrilit serraria.} Métier , commerce & travail de serrurier. (Depuis neuf ou dix ans jusqu’à cette année 1719. la serrurerie n’a jamais été si bonne qu’elle est à Paris, parce qu’on n’y a jamais plus bâti qu’on fait depuis ce tems-là, & qu’on Fait encore présentement.) SERRURIER , s m. [Ferrarius faber.} Artisan qui travaille en fer, qui fait toutes sortes de clés, de serrures , de potences de fer, de serrures de cofres forts, &c. (Un habile serrurier.) f SERSUKERS. Etofes des Indes foie & Coton, rayées de soye, & travaillées à peu près comme la mousseline. SERTI, «d/. [Ajsabrè camo inclusus .] Terme de Lapidaire qui veut dire enchâssé. (Diamant serti.) SERTIR» ». [Gemmam caveà insérer e.} Terme de Lapidaire & de metteur en œuvre. C’est monter une pierre précieuse & l’enchasser & la serrer proprement dans son chaton. (Sertir un diamant.) SERTISSURE,//. [Gemmarum insertio.} C’est la maniéré dont une bague est sertie. (II y a plusieurs sortes de sertissures, mais je n’en ai point vû de plus agréable que celle de cette bague. SERVAGE,/ »r- [Servitus, mancipatus. J Ce mot est un peu vieux , & en fa place on dit ordinairement servitude. Cependant on se sert encore de servage en vers. (Son esprit , sa douceur , sa mine U son courage Aux caurs les moins soumis font aimer le servage. La Comtesse de la Suze, Elégie. M’étant sauvé àuplus rude servage Qui tint jamais un genereux courage , Je m'ejìimois. Yoit. Poës.) SER Nos saintes allions , nos celestes plaisirs Sont en nous , non de nous , U font l'unique ouvrage Du Dieu qui nous tira d’un Jt honteux servage. Saci, poème de S. Prosper.) SERVANTE, / / [ AnciUa , famula , pediffe- qua .] Fille, ou femme qui est à gage & qui sert en qualité de domestique. (Avoir une jolie servante; Sa servante qui voit que le péril esì grand Prend plein une cueiUer de chaque restaurant : Et sans tant de façon , fans tant de simagrées , Fait un maître bouillon de trente cueiUerées. Sanlec.) SERVANTE. [ AnciUa.} Ce mot est un terme de ci- vilité qui entre fort dans le commerce, & dont fe sert une femme pour témoigner à quelque personne qu’elle a du panchant à lui rendre quelques bons ofices, parce qu’elle l’estime. (Vous direz à vôtre maître que je fuis bien fa servante. Je suis , Monsieur, votre très* humble servante.) t SERVANTE. [ Jubere.} Ce mot entre dans quelques faqons de parler de raillerie. (Ah! trés-humble servante au bel esprit, ce n’est pas là que je vise. Molière Critique de l’Ecole des femmes , sc. 1. C’est-à-dire , je me mets fort peu en peine de bel esprit, je me soucie peu de bel esprit, je n’y prétens rien, mon but n’est pas là.) SERVELAT. Voïez Cervelat. SERVIABLE , adj. [Obsequiosus , officiosus .] Ost. cieux. (11 est serviable. C’est une fille fort serviable.) f SERVIABLEMENT, adv. [ Officiosi , obsequiosi.} D’une maniéré serviable. Un Auteur anonime a écrit. (IIa fait cela le plus scrviablement du monde. J’ai consulté cette faqon de parler à d’habiles gens qui me Pont tous condamnée. Us prétendent qu’il faut dire, il a fait cela le plus oficieusement du monde. Us ne peuvent foufrir le mot de serviablement. Us soutiennent qu’il n’est pas François.) SERVICE,/ m. [Famulatiu.} Servitude. Condition où est une personne qui sert. (Etre en service. Si mettre en service. Entrer en service. Quitter le fer- vice. Sortir de service. Etre hors de service.) SERVICE. [Minfterium,servitium, opéra.] Ce mot se dit entre gens qui servent par quartier chez les Grands, & veut dire, quartier deservice. (Je fuis de service chez Monsieur.) SERVICE. [Officium. ] Ofice bon ou mauvais qu’on rend à quelcun. U lui a rendu un méchant service auprès du Roi. Rendre de très-bons services, de très-folides services à quelcun.) SERVICE. [In usum, in obsequium.} Action de servir. Bon ofice. Tout ce qu’on peut faire pour bien servir quelcun. (Ofrir ses très-humbles services à quelcun. Presenter ses services à quelcun. Faire ofre de ses services. Rendre service à une personne. (11 se dit particulièrement du service qu’on rend à l’Etat dans la guerre ou dans la paix. (11 s’est mis dans le service. C’est-à-dire, il a pris emploi dans la guerre. Ce Gentilhomme a vingt ans de service. Le service est bon à présent. On ditauílì le service du Canon. Ce Ministre a rendu de grands services à l’Etat. Un service au dessus de toute récompense A for ce à! obliger tient presque lieu d’offense. Corn. SERVICE. [Obsequium, opéra. J Ce mot se dit an termes de jeu de Paume. C’est Faction de celui qui jette la balle fur le toit pour être reçíië par ceux qui jouent. (C’est un homme qui a un bon service. Avoir un mauvais service.) SERVICE. [Ferculum.} Ce mot se dit en parlant de festin , ou d’autres bons repas. C’est Faction de relever les plats qu’on a servis & en servir d’autres où il y ait changement de viande. (Nous avons été servis à trois services.) SERVICE. [Suppellex argentea.] Ce mot se dit en par* lant de vaiffeUe. C’est toute la vaisselle qu’il faut pour servir fur table. (Un beau service de vaisselle d’argent. (Un service de vermeil doré. 11 a un service de vaisselle d’argent qui vaut dix mille écus.) SERVICE. [Feralia, justafunebria.} Ce mot fe dit en termes d'Eglise. Ce font des prières & une grand’ Messe pour un mort. (Faire dire un service à un ami.) _ SERVICE. [Divmum officium.'} Terme d’Eglise. Ofice divin. Cérémonies qu’on pratique en célébrant l’Ofice divin. (On fait bien le service dans toutes les paroisses de Paris. Le service est dit.) * SERVICE de Grands n’fi pas berìtage. [Obsequium magna- SER magnatìbits prastitum sape sapins remuneratione carets Proverbe , pour dire, qu’on en est souvent mal récompensé & qu’il ne faut pas faire fonds là-dessus. SERVIETTE, J. f [ Mantile , mantelìum. ] Linge ourlé , long d’environ une aune & large de trois, quartiers, ou environ, qu’on plie proprement, qu’on metfurl’affiéte lorfqu’on veut faire quelque repas, & dont on fe sert lorsqu’on mange. ) Grosse serviette. Serviette fine. Faire des serviettes. Changer de serviette à chaque service. ) SERVIETTE à ejsuier les mains. [ Mantelum. J C’est une serviette, qu’un maître d’hôtel jette sur les mains de ceux qui ont lavé. (Une serviette à essuier les mains fort blanche. ) (f Mantile étoit la nappe, & mappa étoit la serviette. Ainsi Varron, de ling. lut. lib. F. Qui facit mappas tri- clinares , non Jimiles inter fe. Et Horace, lib. ep. a. Nesordida mappa Corruget nares. Les convives aportoient leur serviette, témoin Martial, lib. 12. epig. ay. qui acuse un certain Hermogene d’être en habitude de voler ses serviettes : Ad cœnam Hermogenes mappam non attulit unquam A ctenasemper rettulit Hermogenes. SERVILE, adj. [ Servilis. ] Qui sent le valet, l’esclave. Qui est bas & rempant. ( Action servile. Avoir des manières basses & serviles. Le monde est plein d’ames basses & serviles. ) SERVILE, f Animnsservilis. ] Se dit figurément en morale de l’eíprit & du courage. L’obeissance des inférieurs doit être exacte fans être servile. ( La crainte servilement servile , n’est pas suffisante pour justifier î’homme dans le Sacrement de Pénitence, il faut qu’il y ait de l’amour de Dieu. ) í On dit, ame servile, complaisance servile, flate- rie basse & servile., On dit aussi d’une traduction où l’on s’attache trop à la lettre , que c’est une traduction servile. SERVILEMENT, adv. [ Servilíter.) D’une maniéré servile. D’une maniéré basse & servile. (Agir servilement. ) Je vous ai veu cent fois fous fa main bénissante Courber servilement une épaulé tremblante. Despr. ) ■ f On dit d’un Traducteur qui s’attache trop à la lettre aux termes de son original, qu’il traduit servilement. SERVIOTF, / [ Tignum abietinum. ] Terme de Marine. Piéce de sapin qui sert à former l’éperon & à le tenir en état. SERAQR , v. a. [ Offsciumpraflare. ] Rendre service. Assister. ( Servir le Roi. Servir sa patrie. Vaug. Rem. Servir fidèlement un ami, un maître, &c. ) sf Brébeuf a dit : Les Dieux fervent César , mais Caton fuit Pompée. Faire servir les Dieux, c’est leur donner un emploi qui ne leur convient pas. Et Tailleurs , auprès de qui, les Dieux servent-ils César ? Donner à César l’Em- Î iire Romain , c’est-à-dire, de la plus grande partie de 'Univers, c’est un présent qui va bien au-delà d'un simple service & d’un bon ofice. Enfin cette expression ne rend point le Viflrìx causa Dits placuìt de Lu- cain : mais par une fatalité toute particulière, l’origi- nal n’est pas plus heureux que la copie; il n’a pas pú éviter la censure du P. Bouhours, qui commence son premier dialogue de la maniéré de bien penser , par un jugement bien severe qu’il prononce contre ce vers de Lucain. SERVIR. [ Coìere. ] Ce mot se dit de Dieu , & veut dire, Adorer, Reverer & honorer Dieu par toutes sortes d’actions de Religion. ( On ne sauroit assez faire de réflexion sur cette vérité qu’on est obligé à servit Dieu & aimer son prochain de tout son cœur. ) SERVIR, s Prœbere minisferium. ] Ce mot se dit en parlant de Ail esse , & veut dire aider le Prêtre à dire ía Messe. ( Servir des Messes. Servir la AI esse. ) SERVIR. [ Cibos apponere. ] Se dit ordinairement dans un sens neutre en parlant de festin & de repas. C’est mettre fur table les plats lorsqu’nn est prêt à dîner ou à souper. (Dites au maître d’hôtel qu’on serve. On commence à servir. On dit aussi dans un sens actif. Servir un plat. C’est mettre un plat fur table. Servir à dîner Pose. I. ».) SER 479 SERVIR, v. a. [Cibum probéré, apponere/] Ce mot fe disant entre gens qui sont ensemble à table, signifie présenter de la viande, ou autre chose à une personne. ( Us se mirent à table avec lui & lui servirent du veau. Ablanc. Rétorique , l. 4. r. 5. Servez cela à Monsieur un tel.) 11 se dit encore des gens qui font hors de table , en faveur de ceux qui y font, & il signifie donner ce qu’il faut à ceux qui font à table. (Le Prince de Galles donna à souper à sa tante, au Roi Jean, son prisonnier, & le servit pendant le repas fans fe vouloir mettre à table avec lui. Abé de Cboifí , bill. du Roi Jean.) . SERVIR à table. [ Potum porrigere, cyatissare. J Ces mots se disent des laquais & autres valets. C’est donner à boire à ceux qui font à table , & leur changer d’assiette, &c. II se fait servir à table, en vaisselle d’or. Vaug. Quint. Curce, l. g. cb. g.) SERVIR. [ PitelLs amateesupparajìtari , subservire. ] Ce mot, en parlant de Dames , signifie chercher à plaire aux Dames par mille ofices galans, les défendre, les soutenir. ( 11 est glorieux à un honnête homme de servir les Dames. Les Chevaliers errans couroient par le monde pour servir les Dames. ) SERVIR. C Pilam minijìrare. ] Ce mot sc dit en terme de jeu de Paume. C’est jetter une baie fur le toit pour être reqûë par ceux qui jouent. (C’est à Monsieur à servir.) $ * SERVIR fur les deux toits. C’est fournir à quelqu’un , exprès ou par fa faute, l’occasionde faire pa- roître son talent, ou de prendre quelque avantage. SERVIR, s Tormenta apte explodere. J Ce mot se dit enfermes de Guerre, en parlant de la grosse artillerie & de baterie de canon. ( Servir bien le Canon. Servir bien une baterie, c’est la faire tirer comme il faut, c’est avoir soin qu’elle tire bien, qu’elle tire beaucoup. Faire servir. [ Vêla dare , expandere. J Terme de Mer. C’est mettre à la voile ou porter quelque voile particulière. ( Après avoir demeuré en panne tout le matin, nomfimesservir fur le midi. Faire servir la misaine. Faire servir la grande voile. Guillet, Terme de Navigation. ) SERVIR , v. n. [ Prosicere , prodejse. ] Etre utile en quelque chose à quelcun, où à quelque chose. Etre propre. Etre convenable. ( Cela sert à plusieurs choses. Vaug. Rem. Cette action servira à sa gloire & à sa fortune. Ablanc. Servir de guide à quelcun. Ablan- court. Servir de garde à quelcun. Ablancourt. L’esprit de la plûpart des femmes sert plus à fortifier leur folie que leur raison. Mémoires de Mr. de la Rocbefoucaut. Une plume sert à écrire. Un compas sert à tracer des cercles. Tu serviras un jour d’objet à P Univers , Aux Ministres d'exemple, aux Monarques de guide , De matière à l'histoire U desujet aux vers. Chapel. Ode à Richelieu.) SERVIR. [Clientelari obsequio uti.) Se dit en matière de fiefs, lorsque l’un dépend de l’autre, & qu’il lui doit quelques rentes , ou redevances. Un arriérefief sert au Seigneur féodal. ) SERVIR. [ Adjuvare. ] Parmi les gens d’épée, c’est être le second d’un autre pour se batte. ( Un tel me servit de second. ) Se servir , v. r. s Sibi obsequi. ] Se rendre des services à soi-même. Se faire tout ce qu’il faut soi-même sanS le secours de personne. S’aider de quelque chose qu’on possede. ( Le vilain est riche , & cependant il aime mieux sc servir lui-même , & croupir dans Bordure que d’avoir une servante , de peur de la nourrir, & de lui donner quelques petits gages. ) Se servir, f Usurpare, uti amicorum opéra. J Se prévaloir de quelque chose. S’aider de quelque chose, ou de quelcun. Emploier. Se servir de l’autorité de ses amis. Ablanc. Quel avantage peut on tirer d’avoir de l’esprit si on ne sait pas s’èn servir à sc faire aimer. Le Chevalier de Méré. L’argent n’est bon que pour s’en servir. Ceux qui ont du bien & qui s’en fervent en honnêtes gens, ne sqauroient être assez estimez.) {§ Ajoûtons à toutes ces diférentes explications le service féodal, &voions én quoi il consiíìoitdans les prémiers tems de rétablissement des fiefs : cette explication mérite quelque atention. Ceux qui ont lû notre histoire, ont, fans doute, remarqué que fous les deux premières races des Rois de France, on ne re- spiroit que la guerre , & que l’on ne connoissoit point d’au- 48o SER d’autre moien pour aquerir, ou pour conserver ce que l’on possedoit, que la force des armes. Les Rois n a- pelloient jamais des étrangers a leur secours , & l ob- fieation de les servir dans les guerres qu ils etoient engagez de soutenir , rendoit les peuples uniquement soigneux de sc tenir prêts à partir à lapremieresemoiv ce du Souverain. 11 est aise de comprendre qu’il n'e- toit pas dificile en ce tems-là de lever promptement une Armée qui se trouvoit composée de gens accoutumer à la guerre, & dont le courage n’étoit point arnoli par Toisiveté& par le luxe; ensorte ( dit un Auteur moderne) que,, c’étoitun merveilleux établissement, ,, que le Roi comptoir le nombre de ses soldats par „ celui de ses sujets. ” Cette discipline subsista long- tems par la sévérité avec laquelle elle fut executée. Les déserteurs étoient punis de mort , ainsi que ceux qui abandonnoient leurs Chefs dans le combat. Mais pour se conserver desChefs expérimentez & capables de commander, les Rois de France leur acordoient, ainsi qu’à ceux qui ressuient fous les armes , la jouissance de certains fonds pour un tems réglé , & enfin pour la vie, à la charge du service militaire , fous peine de privation du benefice ; car c'est ainsi que l’on apella cette concession. Les personnes riches en fonds étant obligées d’aller a la guerre, & d’y conduire un nombre de soldats suivant leurs biens , imitèrent les Rois , & donnerent la jouissance, & même la propriété de leurs Terres, fous l’obligation du service militaire, non-seulement pour servir le Roi dans les guerres publiques , mais encore dans les guerres particulières qu’ils se faisoient les uns aux autres. Comme ces fortes de concessions étoient une récompense du service que le vassal devoitrendre à ses dépens, on les regardoit comme une espèce de bienfait, & on les apella d’abord benefices, bénéficia ; & on ne leur donna le titre de fiefs que lorsque le vassal se soumit à la foi & à l’hommage , ainsi qu’aux autres conditions qui devinrent dans la fuite très-onereuscs. Quelques Auteurs ont cru que dans la Jurisprudence féodale les mots servir <&service marquoient une véritable servitude reelle qui se communiquoit aux personnes qui possèdent l’héritage qui y est sujet. Mais Bodina a fort bien remarqué dans fa République , que „ parmi les „ fendisses, le mot servir n’emporte aucune servitude ; „ car le vassal, pour quelque fief que ce soit, fût-ii l’a- „ pe, ou Empereur, doit service personnel à cause „ du fief qu’il tient; car combien que ce mot de ser- „ vice en matière de fiefs & en toutes les Coutumes „ ne fasse aucun préjudice à la liberté naturelle du „ vassal, si est-ce qu’il emporte droits, honneur & reve- ,, rence au Seigneur féodal , qui n’est point une scrvi- „ tude réelle ; ainsi elle est annexée & inséparable de „ la personne. ” On peut encore ajouter que les plus hauts fiefs possedez par les plus grands Seigneurs , font sujets au service féodal, qui est une marque d’honneur & de reconnoissance de la part du vassal ; ainsi dans la Coutume d’Anjou, art. 103. U 106. servir le fief, c’est paier au Seigneur les droits qui lui font dûs. Au reste , le service militaire a été en usage parmi les François lorsqu’ils possedoient le Roiaume de Jérusalem. Voïez le ch. 22;. des Assises de Jérusalem. SERVIR , entre en plusieurs proverbes. II n'y a qu’un mot qui serve, f Verbum unum fat est , non ambagiosè loquendum. J C’est-à-dire, il faut parler franchement, & trancher le mot. U se sert de la pâte du chat pour tirer les marons Au feu. [ Alterius industria ad sttam utilitatem abutitur. ] Pour dire , il expose un autre au danger, pour réussir dans son afaire. Cela sert comme d’un clou à souflet. [j Inutile prorstu est. ] Pour dire , cela ne sert de rien. II m’a servi à plats couverts, f Occultis artibm me petiit. J Pour dire il a use de fourbes & de tromperies avec moi. SERVIS, / m. [ Censtts, obsequium. J Rentes Sei. gneuriales. Ce mot se joint ordinairement avec cens, & se dit fur tout en pais de droit écrit, & en Lion. nois. (On a fait saisir cette terre, faute de paiement, de cens & de servis. SERVJTES, f m. [Servit*.'] Sorte de Religieux d italie qui suivent la Réglé de Saint Augustin. Us portent une robe noire avec un scapulaire de même couleur , k par dessus cela, un manteau noir. (Fr# Paolo 8ER qui a écrit fi agréablement l’histoíre du Concile de Trente , est un des plus illustres Peres de Tordre des Servites. ) SERVITEUR» f m. [ Domesticus. ] Celui qui sert en qualité de domestique, ( Je ne fuis & ne se, rai jamais serviteur de personne. ) Pour bien servir U lóial être, De serviteur on devient Maître. ) SERVITEUR. Un homme ataché aux grands Sei, gneurs. Malherbe, Pseaume 14;. Et tombent avec eux d’une chiite commune, Tous ceux que leur fortune Faisoit leurs serviteurs. On ne parle plus à présent de cette maniéré. SERVITEUR- [ Servus. ] Ce mot n’est souvent qu’ua terme de civilité dont un homme se sert pour marquer qu’il estime, ou qu’il a quelque passion pour une per, sonne, & que dans cette vûé il est prêt de rendre quelque bon ofice à cette personne. ( Je suis le très humble serviteur des honnêtes gens. ) t SERVITEUR. [ Jubere. ] Ce mot se dit quelque, fois en raillant pour faire voir qu’on ne se soucie pas d une personne, qu’on ne se soucie pas de ce qu’on dit, qu’on ne le croît pas. Exemples. (Très-humble serviteur au bel esprit. Serviteur, c’est un fourbe, jeleconnoi, & je ne m’y fie point quoi qu’il puisse dire. ) t SERVITEUR. [Salutare. ] Ce mot se dit en par, lant a de petits enfans & veut dire reverence. (Faites serviteur à Monsieur. C’est-à-dire baisez la main & sas tes lui la reverence. ) SERVITEUR. [ Amasiiu. ] Terme en usage parmi le peuple , qui veut dire , garqon qui recherche une fille en mariage. ( Fanchon a deja beaucoup de fer, viseurs. ) SERVITUDE , s. s. [ Servitus , servitium. ] C’est un reglement du droit des gens par lequel contre l’ordré de nature qui nous a tous créez libres, une personne est sujete à une autre. Service. (II n’y a rien de si misérable , ni de st cruel que la servitude. Patru, plaidoié 5. Qsil est doux d’être libre [s que la servitude Est honteuse à celui qui peut être son Roi, Mai. Poésies. ) II faut adoucir tant qu’on peut le joug de la servitude, Ablancourt , /ipoph. SERVITUDE. [ SubjeHio , dependentia. ] Terme de Droit & de Coutume. Charge établie ou qu’on veut établir fur quelque maison , ou sur quelque heritage. ( Etablir une servitude. Imposer une servitude. Eteindre & amortir une servitude. Loiseau , Traite' du de- guerpijjement, /.<;.) sf SERVITUDE. J’enteiís parler ici de la servitude selon notre usage , où nous ne connoissons que deux sortes de-servitudes, c’est-à-dire, la réelle, qui est dûë par un fond à un autre fond ; & la mixte , qui est réelle & personnelle , parce qu’elle est duë à un* personne sur un fond ; telle est Tusufruit, l’usage& l’habitation. II est très-dificile de donner une défini, tion précise de la servitude. Théophile, Commenta- teur des Institutes de l’Empereur Justinien, Bartole, Cujas, & plusieurs autres ont tâché d’en donner une selon leur génie ; mais elles n’ont point été reçues absolument. On peut dire seulement que la servitude réel, le est un droit imposé sur un fond en faveur d’un autre fond que Ton apelle le fond dominant, l’autre étant 1 * fond servant; & sur cette idée, la servitude réelle est active & passive : II est encore très-dificile de connoîtr* la nature de la servitude, & si elle est réelle ou personnelle : cette dise rence est pourtant essentielle, puisque la réelle passe aux héritiers, & la personnelle finit avec la personne à qui elle est dûë : il faut en ce cas, consulteí le titre de Tétablissement de la servitude, & ensuit* la maniéré dont on a joui pendant plusieurs années. C’est une régie certaine , que la servitude est indivisible; elle consiste dans un droit qui n’est pas compose de parties diférentes que Ton puisse séparer ; ensorte que la servitude réelle est également sur le tout & si]t la partie. Quant à la diserence qu’ll y a entre les servitudes réelles, on convient que las unes sont urbaines, ot les autres rustiques; & ces deux espèces font comprise* sous la dénomination de prediales, parce que le terme pndium signifie toutes sortes de fonds ; »ais 1» SET diférence est grande entre f radium urbamrn & pradium rujìicum , & par conséquent entre la servitude urbaine & la rustique ; & ce qui cause l’embarras, est qu’il peut y avoir des servitudes rustiques dans les villes, & des servitudes urbaines dans la campagne. SERUM , / >«. C Serositas. ] Liqueur aqueuse qui est dans le sang. SESAME, / [ Sefamum. ] Espece de blé, ou de leg urne , qu’on aporte du Levant. On en fait de l’huile qui est fort estimée en médecine. SESAMOIDE , adj. [ Sesamoides.] Terme à’Anatomie. Petits os placez dans les jointures des doigts. SESAMOïDE. [ Sesamoides. ] Plante qui croît à la hauteur d’un pié & demi, dont les feuilles font fort étroites, & la racine blanche. SESBAN , / nt. [ Sesbanus. ] Arbrisseau d’Egypte, dont les fleurs font jaunes, disposées en grape, & dont la semence fortifie l’estomac & atire le flux des menstrues. SESELI , / m. [ Seseli Mafftliense. ] Nom qu’on donne à une espece de fenouil, qu’on apelle fenouil tortu , & dont la semence est cephalique , & résisté au venin. SESQUIALTERE , adj. [Sesquialter. J Terme d ’Aritmétique & de Géométrie. 11 se dit de la raison qui est entre deux q nantirez, ou deux nombres, dont le plus grand contient le moindre une fois & demi. 11 y a une raisonses quialtere, entre 3. & 2. de 6. à 4. de 9. à 6. &c. SESSION, / f- ÍSeJJìo. ] Ce mot se dit en parlant de Conciles, & veut dire Seance. Partie de Conciles. (En la session vingt & unième voici comme parle le Concile. Patru , plaìdoìé Le Concile de Trente en la session vint-cinquiéme veut que les élections soient sécrétés. Patru, plaid. 16.) f SESTER , / >»- Mesure de Flandres, qu’on apelle ailleurs Verge, Velce, t respiration. (Couper le sillet.) On dit proverbialement, Jì vous n'avez d’autresJìflets que celui-la , votre chien est perdu , pour dire, si vous SI G n’avez pas d’autre moien de réussir en cette a faîte, vous ne la gagnerez pas. [ Res periit st nulla alia tibi superstt via. ] SIFLEUR , s. m. ISibilator .] Celui qui sifle avec un siflet. (On n’entend à la foire que des sifleurs.) f * SIFLEUR. [ Infufurrator , repetitor. ] C’est un maître de droit. Celui qui enseigne le droit en particulier & qui prepare les récipiendaires fur la Loi. (Le plus renommé de tous les sifleurs de Paris c’est Pacager, & le plus malotru & le plus obscur c’est le Sel. gneur le Gendre du pais d’a-dteu-stas.) SIGELE' , sigelée , adj. [ Rubrica lemnia , terra si. gillata. ] Mot qui vient du Latin sigilìatus , & qui se dit d’une certaine terre rouge & médecinale qu’on trouve en Portugal & en quelques autres pais & dont oq fait des tasses & autres vases. On l’apelle terre fige- lée parce qu’elle est marquée du seau du Seigneur, fur les terres duquel on la rencontre. ( La terre sigelée est astringente. On dit aussi terre sigilée.) f L’Académie dit ,sigillé, au lieu desigelé. On dit, terre sigillée. SIGISMOND, f m. [Sìgifmunduí.) Nom d’hom P me. Plusieurs Rois de Pologne ont eu ce nom. O11 a dédié à Sigismond III. les Antiquitez de Rome ; & c’est un livre assez curieux , à cause des estampes qui y font, & qui represcntent ces Antiquitez. SIGMOIDE , adj. [ Sigmoides.) Terme d’Anatomie. Valvules qui sont à l’orifice de l’aorte. II y a aussi des cartilages sigmoides. SIGNAGE , f m. [ Delineatio.) Terme de Vitrier. Compartiment de vitres tracé fur une planche. SIGNAL , f. »i. [ Signum. 3 Ce mot se dit en M. lant de guerre. C’est tout ce que font de concert des troupes de même parti pour s’avertir de quelque chose. ( Les signaux dont on a acoutumé de se servir à la guerre, ce sont le feu , la fumée , les coups de canon, les cloches, les étendars, le linge blanc, &c. (Donner le signal. Donner un signal. Vaugelas , Rem. Le Roi Jean fit donner le signal de bataille contre le Prince de Galles & la perdit, le 19. Septembre i;;6. Enfin sie donne le signal Pour faire partir ! animal. Perr. Chasse.) SIGNALE', ée , adj. [ Constìcuus, clarus , Wustris. 3 Considérable. Particulier. Remarquable. (Vous leur ferez une faveur signalée. Voit. I. 41 . Cette année fut signalée par diverses acusations. Ablanc. Tacit.) í SIGNALEMENT , f. m. Description que l’on fait de la figure d’un déserteur ou d’un criminel, & que l’on donne pour le faire connoìtre. Acad. Fr. SIGNALER , v. a. I Describere , depgnare. 3 Terme qui se dit par les sergents du régiment des gardes & autres. C’est écrire sur le livre du signal les marques qui font reconnoître un soldat. (Signaler un soldat. Soldat bien signalé.) SIGNALER , v. a. [ Consticuum reddere , illuflrare.) Rendre une chose remarquable & célébré. Le Capitaine a signalé sa valeur en divers combats. La bataille de Pharfale a signalé le lieu où elle se donna.) SE SIGNALER , v. r. [ Sibi nomen facere. J Se rendre remarquable par quelque belle action. (Sesigna P ler dans les ocasions. Ablanc.) SIGNANDAIRE , adj. m. [ Signator.2 Terme de Palais. Celui qui sqait signer ou qui a signé. (Dansles actes importans , il faut des témoins signandaires.) SIGNANMENT , adv. [Nominatim , prasertim .3 Marque une chose dont on fait une particulière recommandation. ( J’ai besoin de ces livres, & signanment d’un tel. Ce mot n’est gueres en usage.) SIGNATURE, si f. [ Chirograpbum , manus.] C’est le sein & le parafe d’une personne. ( Recon, noitre la signature de quelcun.) SIGNATURE de Cour de Rome. [jBreve apostolicum.) Ce sont de certaines expéditions de la Cour de Rome. ( On n’ajoute point de foi aux signatures de la Cour de Rome si elles ne sont vérifiées par un simple certificat de deux banquiers. Voïez l’Ordonnance.) SIGNATURE. [ Littera ìn inferiori foliorum rnareine notata. j Terme d'Imprimeur. C’est la lettre de l’al- phabet qui marque le feuillet. ( Voir les signatures d’un livre. Recourir aux signatures.) „ SIGNE, SIG SIGNE, s- m. [ Signum. ] Prononcez presque fine. Action qui se fait de la main, des yeux , de la tête, ou du corps pour faire entendre quelque chose à une personne à cause de quelque sujet qui est arrivé ino- inément. ( Faire signe de la main ou de la tête. aire signe à quelcun. Voit. liv. 9. Faire signe des yeux. Ablancourt.) SIGNE, f Signum, indicìum .] Marque ou témoignage. ( Donner des signes de vie. Ce fimptome est un signe de mort. Signe visible. Signe misterieux. L’Arc- en-ciel fut un signe de l’alliance que Dieu traita avec Noc. II y a de certains signes de beau tems, de pluie, &c. 11 y a parmi les hommes plusieurs signes qui font superstitieux. Dieu nous a défendu de craindre les signes du Ciel que craignent les Païens & les superstitieux. Ah ! ne devrois-tu pas par des signes certains Reconnoìtre le ceeur des perfides humains. Racine.) SIGNE, f Portentum , miraculum. ] Ce mot dans l’Ecriture signifie miracle. ( Jesus-Christ a fait plusieurs signes & plusieurs miracles. | * Le bon homme dit qu’il a encore quelquefois des fignes de santé. Dicit se se arrigere aliquando.') SIGNE. [Signum, nota.] Terme de Médecin. C’est tout ce qui est présent à nos sens & découvre quelque chose de caché. Ainsi le fimptome est un signe de quelque maladie oculte. Dégori , terme de Médecine. SIGNE, f Nota , domus. ] Terme de Sphère. C’est l’une des douze maisons du soleil. (Tous les ans le soleil parcourt les signes , & est un mois en chacun. Les Astrologues parlent de la nature & de la qualité des signes. Ils disent qu’il y en a de mobiles, de fixes , & de communs, &c.) SIGNE de croix. [Signum crucis .] Terme de Pieté. Reprelèntation , qu’on fait d’une croix en fe touchant legerement avec deux doigts le milieu du front, le bas de l’estomac , l’épaule gauche, & puis la droite. (Faire le signe de la croix. t * Qfif i e ferois faire aux races futures Signes de croix dessus vos avantures. S car. Poési C’est-à-dire, je ferois admirer vos grands exploits par la postérité.) Jeunesse qui veille , & vieillesse qui dort , c’est figne de mort. f Mortis indicìum.) SIGNE. [Signum. J Veut dire aussi signal. (Les vaisseaux ne parlent que par signes fur la mer.) f§ Quand on fe sert des signaux maritimes , on doit dire, selon Air. de Vaugelas , Remarq. 584- donner le fignal, ou donner un signal. Faire signe, est tout autre chose , tant parce qu’il ne fe fait que des mains, ou de la tête , ou du corps , qu’à cause qu’il fe fait peur quelque sujet ou accident inopiné, & dontiln’a point été convenu entre celui à qui on fait le signe, & celui qui le fait ; au lieu que les signaux fe font ordinairement de concert. Le sieur Aubin nous aprend dans son Dictionnaire de la Marine, qu’il y a deux fortes de signaux. Les uns font pour le jour, & les autres pour la nuit. II ajoute que ,, les signaux „ fur mer font des instructions données par les Com- „ mandans de l’Armée ou de l’Efcadre , de ce qu’il ,, fera, ou de ce qu’il veut que l’on fasse. Les signaux „ de jour fe font par le mouvement des voiles, par ,, des pavillons , ou par des flammes de diférentes „ couleurs & grandeurs. Ceux de nuit , par des „ feux, par le nombre & la situation des fanaux, ou „ par une certaine quantité de coups de canon. Les „ signaux qui fe font de jour fur les côtes , fe font „ par fumées ; & de nuit, par feux. II y a des fig- „ naux de reconnoìssance , & ce font des ordres don- ,, nez à des Vaisseaux de même Flote, pour les re- „ connoître , soit la nuit, soit le jour, s’ils ont été fé- ,, parez par quelques causes.” Voici encore d’autres signaux ; comme, signal d’apareil, de partance , de combat. SIGNES. [ Nota. ) Marques particulières établies dans les arts , pour faire des observations. ( L’Astro- logie, l’Algèbre, la Médecine a ses signes.) SIGNER , v. a. [ Chirographum apponere.) Prononcez presque finé. Mettre son nom avec son parafe au bas de quelque écrit. (Signer une lettre , une procuration. Signer & parafer un interrogatoire , un re- SIL 487 colement. Lettres signées fur le repli & scellées du grand seau de cire verte.) SIGNER. [ N ot are.) Terme de Vitrier. C’est-à-dire, marquer. ( Signer le verre.) SIGNET, f. m. [Folìotropium.) Terme à’Eclfiafii- que. Petit ruban qu’on met dans les bréviaires & autres pareils livres, pour servir de marques & aider à tourner le feuillet. t SIGNIFIANT , signifiante , adj. [ Significans, designans , denotans.) Expressif , qui remarque bien ce que l’on veut dire. ( Parler en termes propres & bien significatifs, c’est-à-dire clairs, propres & énergiques.) SIGNIFICATEUR 1 f m. [ Signifieator.) Terme d ’Astronomie , qui fe dit de certains lieux dans le Ciel destinez à recevoir les actions des autres astres , & qui font leur éfet après un certain nombre de révolutions , qu’on trouve par le calcul des directions de l’astre agissant à celui qui reçoit son action pour la réfléchir fur l’objet terrestre. Ptolomée met cinq signi- ficateurs , savoir , la lune , le soleil, la ligne Orientale , le milieu du Ciel, & la partie de fortune. Les Modernes y ajoutent les autres planètes. SIGNIFICATIF, adj. [ Expressus , Jignificativtu. ] Qui signifie. II faut qu’un orateur parle en mots propres , & significatifs. SIGNIFICATION , f fi [ Significatio, senfiss.) Terme de Grammaire. C’est-à-dire. Le sens d’un mot. Ce qu’un mot signifie. ( Expliquer la signification des mots. II y a aussi dans le Droit un titre de la signification des mots.) Volez Mr. de Vaugelas, fur la signification aHive pasjìve des mots. SIGNIFICATION. [ Notificatio , publicatio. ) Terme de Palais. Copie qu’on fait donner par un sergent d’un acte de Justice. Déclaration qui se fait à quelcun d’un acte dans les formes de Justice. (Faire la signification d’un acte. Patru , plaidoié y.) SIGNIFIER, v. a. [Significare, notare.) Ce mot fe dit des dictions particulières, & veut dire, avoir un certain sens. ( Mot qui signifie une telle chose.) SIGNIFIER. [Indicare.) Marquer. Montrer. Découvrir. Faire connoître. (L J Arc-en-ciel signifie telle chose. Le Seigneur de la première maison signifie que, &c.) SIGNIFIER. [ Notificare , notum facere, declarare. ] Terme de Palais. C’est donner copie de quelque acte de justice à sa partie. (Signifier un arrêt. Patru, 1. plaidoié. ) SIGNIFIER. [Indicare.) Terme de Palais. Déclarer selon les formes de justice. ( On lui a signifié cela à la requête du Procureur du Roi.) SIGNIFIER. [Ad alìquid conferre.) Etre utile, considérable. Toutes les ofres que vous me faites ne signifient rien , c’est-à-dire , me sont inutiles. SIGUETTE fi f- [ Lupatum denticulatum.) C’est un caveqon de fer qui a des dents comme une scie. II est monté d’une têtiere & de deux longes , & il sert à dompter des chevaux fougueux. Volez Caveçon, SIL , f m. [ Sil. ] Efpece de limon, qui fe rencontrât dans les mines d’or, & d’argent, & dont on faisoit des couleurs jaunes & rouges. SILABE , f fi C Syllaba, dittio.) Mot qui vient du Grec & qui veut dire assemblage. C’est un son formé d’une ou de plusieurs lettres. ( Le vers féminin François a toujours une silabe de plus que le masculin. Prononcer une silabe.) SILABIQUE, adj. [Syllabicus.) Terme de Gram. maire gréque , qui fe dit en parlant d’une sorte d’aug- ment, & qui veut dire qui est acru d’une sillabe. ( L’Augmentsilabique n’est autre chose qu'un e ajouté à la tête de certains tems des verbes grecs qui commencent par une consonne.) SILENCE , s m. Du Latin filentium. [ Dscretio , prudentia , moderatio. ] II consiste à ne point parler, à ne point découvrir lés pensées par la parole , en un mot à ne point s’expliquer. ( Le silence est le parti lc plus feur de celui qui l’e défie de soi-méme. Mémoires de la Rochefioucaut. De mes yeux languissant un éloquent silence En dépit de moi-même explique ma sousrance. La Suze, poéf. Le silence est absolument nécessaire au sage. Con- sucitts , morale. Le silence est le sauvegarde de l’igno- rancc, * 488 SIL rance Si vous n’avez pas assez d’esprit pour bien par- ler taisez-vous & votre silence vous fera honneur. Voit. Réflexion morale crit. Tout parle dans t amour , même jusqu’au silence. Quinaut.) (g M. de Scuderi a dit dans son Alarìc , chant quatrième : Pour des cmrs où Vamour régné avec violence., Rien n’ejl plus éloquent qu’un éloquent Jtlence , Et- les cœurs amoureux y trouvant des apas, Entendent aisément ce qu’on ne leur dit pas. Je passe cloquent Jtlence s deux cœurs également touchez, s’expliquent parfaitement par les yeux : mais que rien ne soit plus éloquent que ce qui est très-elo- quent, c’est un jeu de paroles fort désagréable. Saint Ambroise a dit sur le Pseaume 68- qu’il y a des silences éloquens : témoin ( dit-íl ) le silence de Moïse, qui levoit les yeux au Ciel fans parler. Cependant Dieu' lui demanda, quid clamas ad me ? II faut convenir qu’il y a toujours quelque air de legereté & de folie dans toutes les actions des grands parleurs ; au lieu que selon Salomon, le fol qui fe tait, paroît être sage : Jiultus , etiamjî tacuerit , sapiens videbitur. SILENCE. [Silentium. j Divinité du Paganisme. On le representoit avec le doigt sur la bouche. SILENCE. [ Silentium. ] Terme de Religieux & de ' Religieuses. II consiste à ne point parler ensemble dans un certain tems & dans de certaines heures de la journée. (Garder, observer, rompre le silence. Port- Roial , Constitutions.') II y a un silence respectueux , qu’on doit aux constitutions des Papes, fur le fait de Jansenius. Votez le livre du Jtlence rejpetfueux 1707. Les Ecoliers de Pitagore étoient obligez de garder le silence durant cinq ans. • SILENCE. [ Sedatio , tranquillisas*] Ce mot est quelquefois oposé à bruit, cri, tumulte. (Tout étoit alors dans un profond silence. Le silence de la nuit. paires silence. On dit que l'Empereur Domitien fut le premier des Empereurs qui introduisit la coutume de faire crier par un Héraut faites silence , lors qu’il vou- loit déclarer fa volonté au peuple. A peine à la saveur du frais du silence Soufroit-il du sommeil la douce violence. Perr. à Mr. de la Quint.) t SILENCIEUX, silencieuse , adj. [Silentii observa* tor , taáturnm. 3 II vient du Latin , il fe dit des personnes ; mais il ne fe dit que dans le stilele plus bas, & il signifie qui ne dit mot, qui ne parle point, qui est taciturne , qui parle peu. ( II est bien silencieux. Elle me paroît fort silencieuse.) SILENES, f m. [Sileni.J Demi-Dieux des Payens. II y a eu un Silène , dont parle Virgile , qui avoit été maître de Bacchus , & qui selon Servius, étoit fils de Mercure. {g Les sentimens font partagez fur l’idée que l’on doit avoir de ce Demi-Dieu fabuleux. Quelques-uns le représentent comme compagnon des débauches de Bacchus ; les autres veulent qu’il ait eu le soin de l’é- ducation & de l’instruction de ce Dieu , & ils le pré- fuposent aussi savant que vertueux, témoin cet endroit d’Horace : Custos famulusque Dei Silenus alumni. Mais il faut convenir qu’il réussit mal dans l’éducation du Dieu de la débauche , & que bien loin de lui inspirer une vie réglée , il se laissa corrompre par son Eleve ; car on le dépeint comme un homme abandonné à toutes sortes de débauches & de plaisirs. On peut voir dans le Phaleg , l’honneur que Mr. Bochart lui Fait, malgré la prévention où l’on est contre lui. , ? SILER MONTANUM, f m. f Siler montanum.1 Arbrisseau dont on fe sert en medecine. Danet. olLIt) y Ab 1 KE , f m. s Sicutn vulgare. 3 Plai qu on apélle aussi Piment, ou poivre d’Inde. SILIQUE s f fl f Siliqua. 3 Fruit des legumes, des plantes qui ont la fleur legumineuse, on l’ap le goujje. Un donne ce même nom à un poids c anciens , qui pesoit quatre grains. de S K A Cseftíf‘ £ Vestigium , sulcatio. ] Ten aeMer. L est la trace du cours d’un vaisseau 1, .z."* uu cours a un vaille cours d un vaisseau. Le chemin d’un vaisseau. (Vc SIL le sillage d’un navire. Le pilote est scur du sillage que son vaisseau peut faire chaque jour. Connoìtre le sillage d’un vaisseau.) SILLEPSE , s fl [SyUepfs, construftio sigumta.] Terme de Grammaire. Figure par laquelle on conçoit le sens, autrement que les mots ne portent. SÍLLER, v. a. [Cilia movere.] Fermer ffequemment les paupières. (II ne fait que siller les yeux.) L’Aca. demie écrit ciller. SILLER , v. ». [ C ana supercilia habere. 3 Ce mot sc dit en parlant des sourcils des chevaux , & veut dire commencer à avoir les sourcils blancs, cequiar- rive lors que le cheval a quinze ans. (Ce cheval fille. On dit aussi cheval filé. C’est-à-dire qui a quinze ans & dont les sourcils commencent à blanchir.) f SILLER. Terme de Marine. II sc dit d'un vais. seau qui coupe , qui fend les flots en avançant fur fa route. (Le vaisseau silloit au nord.) SILLET,/»». [Pinacion.] Terme de Lutier. Ce mot se dit en parlant des instrumens à cordes. C’est un petit morceau de bois , ou d’ivoire , qui va tout le long du bout du manche, & fur lequel posent les cordes de l’instrument. (Mettre le sillet. Les sillets du tuorbe sont posez.) SILLOGISME , s m. ISiUogsmus. 3 Terme de Logique lequel vient du Grec. C’est un raisonnement qui est renfermé dans trois propositions , dont la première s’apelle majeure , la seconde, mineure , & la troisième, la concluson. (Faire un sillogisme. Ce (illogisme n’est pas en forme. On diroit , quand il veut pouffer un sillogisme, Qu’il apelle en duel tout le Christianisme. Sanlec.) SILLON , s. m. [ Porca , lira.) Terme de Laboureur. C’est une longue raie qui se fait fur la terre quand on la laboure avec la charuë. ( Un petit sillon fort profond.) 11 se prend quelquefois pour la terre qu’on a labourée. ( Ainsi l’on dit. Labourer un sillon. Semer un sillon. Un bœuf pressé de Laiguillon Traçait à pas tardifs un pénible filon. Defpr.) * SILLON. Ce mot au figuré fait une belle idée, & semble plus de la poésie que de la prose. ( La Déesse guerrière De son pié trace en t air un Sillon de lumière. Despreaux, Lutrin. II trace dans les airs un sillon lumineux. Votez le poème des noïers.) SILLON , sc dit figurément, & burlefquement, de la raie qui séparé les deux mammelles. ( Tout homme belle Iris est frapé Voiant de votre sein Tagréable Sillon.) * SILLON. [ Semita. ] Ce mot signifie quelquefois la trace d’un vaisseau qui se meut fur l’eau. ( Enfin pour ressource dernière 11 se jete dans la rivière , II fend l’onde , U ses deux cotez Tracent deux sillons argentez Qui derrière lui s’élargissent Jusqu’à ce qu’au bord. ils finissent. Perr. Chasse.) t * SILLON. [ Rugœ. 3 11 se dit encore au figuré , des rides qui viennent fur le front des vieilles personnes. H, SILLONS. Terme de Filage. Ce sont les diverses élévations que forme le fil fur la bobine du rouet, en passant par les diférentes distances de l’épinglier. SILLONNER, v. a. ILirare, sulcare.) Faire des sillons. (Sillonner droit.) * SILLONNER. [ Rugare. 3 Use Ait au figuré, en parlant des rides. ( Les années ont sillonné le front de cette vieille. II ne saut donc jamais que le front sc sillonne S’il ne reçoit du cœur une loi qui l’ordonne. Sanlec.) * SILLONNER, v. n. [Impercare. 3 On le dit de la mer. La mer commence à fllonner & à fe rider, c'est- à-dire , que le vent commeuce à y exciter de petites ondes,) i SIL* SIM f SILPHIUM, ou LASSERPITIUM r s.m. Plan- te qui croit en Provence. Sa racine est incisive, atténuante , résolutive , hystérique, carminative, vulnéraire , propre pour résister au venin. SILVAIN, s «r. [Silvanui.2 Sorte de Dieu champêtre. ( Est découvrant tant de beautez ; Les Silvains furent enchantez. Voit. Poës.) (st SILVAIN. L’un des demi-Dieux, qui habitoit dans les bois & dans les forêts ; & c’est par cette raison que les Latins Pont nommé Silvanus a Jtlvis. Mr, Bochart lui donne dans son Phaleg une autre éti- mologie : mais celle-ci me paroit la plus naturelle. On le fait fils de Faune; & selon Plutarque, il étoit de Valerius & de Valeria fa fille. C’est ainsi que les Païens donnoient à leurs Dieux une naissance infâme & criminelle. On dit que Silvain a régné particulièrement dans les contrées des Aborigènes ou anciens Italiens, dont Denis d’Halicarnasse fait d’abord l’histoi- re. II paroit même par plusieurs anciennes inscriptions, qu’on l’a traité de Dieu, comme dans celle qui est reportée par Reines us, pag. i;8- On le pla- qoit même parmi les Dieux Domestiques , témoin l’in- scription, qu’on trouve ensuite de la precedente dans le même Auteur. SILVESTRE, f m. ZSilvester. ] Nom d’homme. (11 y a eu trois Papes qui ont porté le nom de Silvestre.) f SILVESTRE. Graine rouge qui sert à teindre en écarlate. L’Arbre qui la produit croît aux Indes Occidentales , particulièrement dans le Guatimala. f S1LURUS , ou GLA1US , f. m. Grand poisson de riviere , diferent de PEsturgeon , dont le foye est estimé propre pour amollir & dissiper les verrues. SILYBUM , / nu Plante qui selon Dioscoride a ses feuilles semblables à celles de la carline. 11 y en a qui croient que c’est la même chose que le chardon de Notre Dame. f Le Silybum , ou Hacub , est un chardon des Indes , dont la racine est vomitive & purgative. t SIMAGRE'ES , f f C Vultus gestuosus. ] Petite grimace. Mines & faqons afectées. (Ce font d’im- pertinentes simagrées. Faire des simagrées. C est être libertin que d’avoir deux bons yeux, Et qui n’adore pm de vaines simagrées Ts'a ni restecl ni foi pour les choses sacrées. Aloi. ) SIMARRE , f f C Syrma. ] Sorte d’habit de femme qui étoit en usage parmi les Persans. ( Simarre bien faite.) SIMBLEAU, f m. f Punis circuit delineatorius. ] Terme de Charpentier. Cordeau qui sert à tracer des cercles qui ont plus d’étenduë que la portée du compas. f SIMBLOT , f m. Terme de Manufaclure. C’est un assemblage de quantité de petites ficelles, qui sont à côté droit d u métier, que le Fabricant a monté pour faire une étofe figurée. SIMBOLE , f m. [ Signum , figura stgnificans. ] Mot qui vient du Grec, & qui veut dire, Marque. Signe. ( Le bleu est le iìmbole de la fidélité. ) SIMBOLE. f Shnbolum. J Ce font les douze articles de la foi. ( A prendre le iìmbole. Savoir son simbo- le. Dire le iìmbole.) _ SIMBOLIQUE , adj. f Symbolicus , tejserarìus. J Qui tient du iìmbole. (Figure simbolique. ) SIMBOLISER, v. n. £ Sintilem este , convenire .) Avoir ensemble quelque convenance. Avoir du raport & de la conformité. On dit que les Planètes fimbolisent avec les métaux. Acad. Fr.) t SIMBOR , Mangianum,stve Cornu alcit. Plante des Indes dont la figure représente les cornes d’un Eland. Elle est émolliente, résolutive; elle lâche le ventre, & tue les vers étant apliquée fur íe nombril après avoir été creusée. M SIMELIUM, f.s [ 'Simelium .] Terme de Alédail- i’ste. Petite tablete de bois ou de cuir, où il y a de petits creux pour ranger des médailles. SIMILAIRE , adj. £ Homogenetts.2 Terme d’Anatomie. ( Partie similaire. On apelle de ce nom la partie qui fe peut diviser en parties qui aux sens paroissent SIM 489 semblables & de même espece. Ainsi au raport des sens les chairs se divisent en parties similaires. ) SIMILITUDE, f f. [ Similitudo .] Comparaison. (Une belle , une agréable similitude. La similitude sert à mettre plus vivemement les choses devant les yeux. Faire une similitude. Lors que la similitude est ingénieuse elle aporte un grand ornement au discours.) SIMETRIE , f.s. ou fimmetrie. f Symmetriaf] Ce mot, qui est originairement grec veut dire proportion. C’est un raport de parité & d’égalité. Ferrant , abrégé de Vitruve , pag. 40. (11 n’y a en cela nulle simetrie. Garder la simetrie. La simetrie plaît extrêmement <& rend les ouvrages charmans & agréables.) SIMON , / m. [Simon. J Nom d’homme. (Simon le magicien voulut acheter des Apôtres la grâce de conférer le S'. Esprit.) SIMONE , f f. Nom de femme. ( Simone est belle & grande.) SIMONIAQUE , adj. £ Simoniacus. ] Qui tient de la simonie. ( Une entremise simoniaque. Fatru , plaidoìé 4.) SIMONIAQUE , f. m. £ Simoniacus. ) Qui fait une simonie. «. S’il faloit sc raporter à ce que Saint Thomas a écrit des benéfices, il v auroit bien des lìmo- niaques. Pasc. I. 6.) SIMONIE , J. f. [ Sìmonia. ) C’est par le moien des choses purement temporelles acheter des choses spirituelles. C’est donner des choses spirituelles pour des temporelles. C’est faire trafic des choses spirituelles. ( C’est une pure simonie. C’est une simonie visible. Pasc. I. 6. Faire une simonie. Commettre une simonie. Empêcher une simonie. Pascal , lettre 6. (3 SIMONIE. Ce crime si odieux dans la discipline de l’Eglise, se commet en tant de faqons, qu’il n’est pas possible d’en donner une juste définition; on peut dire seulement que la simonie consiste dans l’aquisi- tion que l’on fait avec de l’argent ou avec quelque chose de temporel , de ce qu’il y a de plus Saint & de plus Sacré dans notre Religion. Et pour comprendre toutes les circonstances de ce crime , il ne faut que jetter les yeux fur le 8- chapitre des Actes des Apôtres ; on y trouvera l’origine de la simonie , quelle en est la nature, combien elle est odieuse, & comment elle doit être punie sévèrement. Dans le tems que Philippe Diacre fut en Samarie pour y prêcher la foi , il y convertit plusieurs personnes qui surent tou-; chées de la sainteté de ses paroles , & du grand nombre de ses miracles. Simon qui avoit pendant long- tems séduit toute la ville par ses enchantemens , fe fit baptiser comme les autres , & s’attacha à Philippe.’ Les Apôtres sachant que la Samarie avoit embrasse'!» foi , y envoierent Saint Pierre & Saint Jean, afin de donner à ces nouveaux convertis le Saint Esprit qu’ils n’avoient point encore récit. Simon aiant vú que ces deux Apôtres faisoient décendre le Saint Esprit par l’imposition des mains , leur ofrit de l’argent, en les priant de lui donner cette puissance afin que ceux fur qui il imposeroit ses mains , reqûssent aussi le Saint Esprit. Saint Pierre irrité justement de la témérité de cet homme, lui dit : Que vôtre argent périsse avec vous , qui avez cru qu’on pouvoit avec de l’or acheter le don de Dieu. C’est ainsi que ce Simon fut anathematise. Comme toute action semblable à celle-là a été nommée Jvnonie , elle a été de même anathematisée par les Apôtres. On divise d’abord la simonie en simonie de droit divin , & simonie de droit positif ou éclesiastique. La première se commet par l’achat d’une choie purement spirituelle ou attachée à une temporelle , pour une somme d’argent. Et la seconde se commet par l’aquiíi-- tion des choses dont ie commerce est défendu par raport à leur usage pour le service des autels. La seconde division de la simonie , est en mentale, en conventionnelle, & en réelle. La premiere sc forme & s’acomplit dans la personne même qui l’a conque, sans aucun pacte ni convention tacite ni explicite. On en donne cet exemle : le Prêtre qui célébré une Messe dans la vûê d’en retirer un salaire , tombe dans. la simonie mentale. La simonie conventionnelle consiste dans un pacte tacite ou exprimé de donner, ou de recevoir une chose temporelle pour une spirituelle. Et la simonie réelle est acomplie par la tradition de la chose temporelle , comme étant le prix de la spirituelle. Ce sont là les notions générales. Tom. III. Q. q q de 49 ' ,o SIM de >» simonie , dont on pool faite l'aplicMion »i et péces diférentes qui se présentent, & qm sont exph quées par plusieurs Auteurs , comme dans le Traite de la simonie , du Pere Giba in , dans celui de Van Ef- Den & enfin dans tous les Casuistes. Je me contenterai’donc de raporter ici quelques cas particuliers, pour mieux faire connoître la nature de la simonie. Par exemple, on tient que suivant le Canon Tua ms de simonia , celui qui fonde un bénéfice dans l’inten- tion de le permuter avec un autre bénéfice , se rend coupable de simonie ; de même que le Prêtre qui reçoit un salaire pour l’administration des Sacremens, qui doit être gratuite. Quant à la dot des Religieuses , c’est un point de conscience , sur lequel on ne fait point assez d’atention dans les Monastères de filles : cependant la simonie y paroît evidenment. Au reste, c’est une maxime, que la simonie ne se couvre jamais, & qu’elle se répand fur tous les benefi- ces dont le fimoniaque peut être pourvu. SIMPATIE ■, f f- C Sympathia , naturalis confen- sio. } AI ot qui vient du grec , & qui veut dire conformité, raport d’humeur. ( 11 n’y a nulle simpatie entre un fat & un honnête homme. II est des mcudssecrets , il est des simpaties Dont par le doux raport les âmes ast'orties Rattachent l’une à f autre , g? se laissent piquer Par un je nesai quoi, qu'on ne petit expliquer. Corneille. ) On a fort parlé de la poudre de simpatie. [ Pulvis Sympathìcus. J Mais plusieurs croient que c’est une pure charlatanerie. Hauteur se trompe. * La simpatie des cordes d’un luth qui font à l’unis- son. lioh. Phis. La simpatie de l’aimant avec le fer.) * SIMPATIQUE , adj. [ Simpathicttí. ] Qui a une certaine simpatie. Qui tient de la simpatie. ( Poudre simpatique. Ancre simpatique. Roh. Phis.) * SIMPATIQUE , adj. [ Conveniens , contagiosus. 3 II sc dit aussi au figuré, & veut dire , qui communique, qui nuit , qui a quelque raport à quelqu’autre chose. ( Vous ne sqauriez dire ces motà que vous ne vous a tiriez par une certaine vertu simpatique ce qu’il y a de ridicule dans le proverbe. Vaugelas , remarques nouvelles.) SIMPATISER ,©.».[ Convenire, consentir e.} Avoir un raport d’humeur. ( Simpatiscr d’humeur avec quel- cun. Reg. Sat. a. Nous simpatisons vous & moi. Mol. précieuses. ) SIMPHISE , f fi í Symphisis. ] Terme de Médecine. Union naturelle des os , par laquelle deux os séparez se font continus & deviennent un , comme l’os Ethmoïde. SIMPHONIE , f f [ Sympbonia , concentus. ] Prononcez sinfonie. Mot qui vient du grec & qui veut dire harmonie. ( Une belle, une charmante, une agréable , une douce , une merveilleuse , une ravissante fimphonie. Aimer la simphonie. Ecouter la simphonie. La simphonie charme, ravit, transporte.) SIMPHONISTE , f m. & f. [ Simphonista. } Celui ou celle qui entend la simphonie & qui chante agréablement , ou joue bien des instrumens de Musique. (II est bon simphoniste. 11 y a de charmantes simpho- nistcs à l’Opera.) SIMPLE, adj. [ Simplex, pur us. ] Ce mot se dit de Dieu & veut dire qui est pur & n’est nullement composé. ( La nature de Dieu est très-simple. Dieu est un être très-simple.) SIMPLE , adj. f Simplex corpus. } Ce mot se dit des élemens , & signifie qui n’est point composé. (Les élemens font des êtres fort simples. Roh. Phis.) * SIMPLE, adj. [ Munditiiísimplex. ] Ce mot se dit des habits, & de quelques autres choses & veut dire, Sans ornement. Sans parure. Sans enjolivement. (C’est un habit tout simple.) * SIMPLE. [ Simplex. ] Ce mot se dit du stile , & veut dire, Sans élévation. Sans ornement. Naïf & & naturel. (Le stile de l’Evangile est extraordinai- rement simple. Port-Róial, Préface sur le Nouveau Testament .) * SIMPLE , adj. [ Simplex. J Ce mot se dit des be- nences , & signifie. Qui n’a point charge d’ame. ( Be- nefice simple. Benefice à simple tonsure. Les bene- fices simples font fort courus , les chevaux les courent , Si les ânes les atrapent.) SIM * SIMPLE , adj. [ Simplex. ] Qui n’a point de charge qui le distingue des autres. ( Simple soldat. Simple Bourgeois. Simple Gentilhomme. Un Roi si renommé ne fut pas plus somptueusement enseveli qn’un simple homme. Vaug. Quint. I. io. Un simple commis. Patru , plaid. 6.) SIMPLE. [ Simplex. } Terme de Bréviaire , qui se dit de la Ferie , ou d’un Saint, dont la Fête n’est ni double ni scmi-double. * SIMPLE- [ Minime malus, ingenuus .] Peu fin. Niais. (11 est un peu simple. Elle est belle, mais elle est un peu simple.) SIMPLEMENT , adv. [ Tantùm .] Seulement. (On demande si ce fils est exhederé , ou s’il n’est que simplement prétérit. Patru, plaidoié 6 . p. 177. Vous di. tes simplement que cela vous étonne. PaJ'c. I. 7.) * SIMPLEMENT , adv. [ Simpliciter , nullo ornatu.} Sans ornement. Sans parure. (II est habillé tout simplement. ) * SIMPLEMENT. [ Parùm callidè , incautè. } Sans finesse. De bonne foi. Bonnement. (II y va tout simplement. J’avois cru simplement le contraire. Pasc. I. 7. Je raporte simplement & fidellement leurs paroles. Pascal, lettre 7. ) SIMPLES , s. m. [ Herba médical} Sortes d’herbes medecinales. ( Aller chercher des simples. Les simples font souverains contre le venin. Voïez Dioscoride, il a traité de la vertu des simples.) * SIMPLES , s. m. [ Ingtnui, candidi hommes.} Bonnes gens qui ne rafinent pas fur les choses & qui se raportent à la foi & au sentiment d’autrui , de for- ce choses. (Les simples & ceux qui n’aprofondissent pas les choses se contentent de ses preuves. Pasc. 1 . 5. Abuser les simples. Ahlancourt , Luc.) {f L’Auteur de la Traduction du poème de Saint Prosper dit : Et par le doux attrait d’un langage trompeur Flatant f oreille simple , etnpoisonne le cttur. t SIMPLESSE , s.s. [ Simplicitai. } Ce mot a un usage fort borné & signifie une action de simplicité. (C’est une simplesse qu’il a faite. C’est une simplesse que cela. 11 ne demande qu’amour & simplesse. [Bonus est Me £5 f sugitans litium. ] Le mot de simples} en cette derniere faqon de parler, semble signifier autre chose que dans les deux premieres, & semble mar- quer que celui donc on parle n’aime qu’une vie douce , simple & tranquille. Mais en quelque sens qu’on prenne le mot dt simplesse, il ne peut entrer que dans le stile familier. SIMPLICISTE , s. m. [ Botanìcus herbarius. ] C’est celui qui connoit les simples, c’est-à-dire, les plantes medecinales. Le mot de simplicifie se dit, mais il n’est pas, si usité que Botaniste. ( C’est un fameux, renommé & savant simpliciste.) Mr. Tournefort étoit un habile simpliciste. SIMPLICITE' 1 f fi. [ Simplicités. J Ce mot sc dit de Dieu & des élemens. Nature pure qui n’est point composée. (La simplicité de l’être de Dieu est admirable. La simplicité des élemens. Roh. Phis) * SIMPLICITE' ,sfi[ Simplicitai. } Ce mot se dit du stile & signifie maniéré de s’exprimer facile & fans ornement. ( On s’est efforcé de represcnter dans la version cette admirable simplicité de l’Evangile. Port- Royal, Préfacé sur le Nouveau Testament.) f II n’y a point d’Auteur qui ait écrit, comme César , avec cette noble simplicité & cette clarté fi ordinaire aux gens de guerre , savans & expérimentez dans leur art. La description des travaux du blocus d’Alexia , dont César lui seul est Fauteur & l’inven- teur, à l’égard des dehors des deux lignes, est admirable. Polybe de Folard. (f Mr. de Cambrai à Mrs. de l’Açadémie : J’avou'l que je suis moins touché de l’art infini, & de la magnifique éloquence de Cicéron, que de la rapide simplicité de Demosthene. Quintilien a dit, lib. ;. c. 5. que la simplicité avoit la même grâce dans le discours, que dans la plupart,des femmes, qui font souvent plus touchantes dans leur négligé afecté , que dans leur plus grande parure. * SIMPLICITE'. [ Candor, ingenuitas , sincérité. } Candeur. Sincérité. Naïveté. Ingénuité. ( Une innocente me fait rendre les armes par ses simplicité/. Benserade , Poésies. Ma simplicité se rit de leur finesse,, Gomb. Epi. I. %. ) jCfAprc- SIN {§ A présent il est peu d’hommes à qui l'on puisse donner le titre de ver à simplicitate bonus , que Martial donne à Decianus. Rien ne plaît d’avantage en conversation qu’un air naturel, & une simplicité facile & délicate , qui ne bande point l’esprit , & qui ne lui présenté que des images communes & agréables. Nicole. De Pair dont vous prenez les reproches de femme De ma simplicité vous vous rites dans santé. Ep. d’Ovide.) * SIMPLICITE', f Rudû simplicitas , stoliditas. 3 Bêtise. ( II prenoit la douceur & la franchise pour simplicité. Ahlanc. Rctorique , liv. 2.) SIMPOSIAQUE, f. m. Entretien de Philosophes dans un banquet. SIMPTOMATIQUE , adj : [ Symptomaticns.] Qui tient du fimptome. Ce où il survient quelque simptome. ( Fièvre fimptomatique. Evacuation limp- tomatique. Z)eg.) SIMPTOME, f m. [ Simptoma , cafus morbi. ] Mot qui vient du Grec & qui est un Terme de Medecine. C’est une disposition contre nature , qui suit la maladie comme sombre, le corps. (Le simptome comprend tous les accidens qui surviennent aux maladies. Dég. Je vais voir décider la cause des atomes , La matière premiere ^ ses divers fimptomes. Mademoiselle Defcartes.) SIMULACRE, f nt. II vient du Latin simulacrum, qui signifie l’image d’une chose feinte. 11 ne se dit qu’en parlant des statués des fausses divinisez. (On voit encore à Rome quantité de simulacres fort curieux.) t SIMULATION , f f í Simulatio. ] Ce mot est Latin & signifie Déguisement. ( C’est un terme de Palais, qui se dit des contrats frauduleux. (II y a de la simulation dans ce contract. II y a de la simulation entre les parties.) SIMULE' , Simulée , adv. [ Simulants. J Déguisé. (Contract simulé. Dettes simulées. Les séparations de biens entre les maris & les femmes font la plûpart/i- mulées pour mettre leurs biens à couvert.) * SIMULER , v. n. [ Sitnulare. 3 Terme de Palais. Déguiser. D fer de simulation. SINA , ou China , f m. Racine medecinale , qui est propre à guérir la fièvre , à ce que disent les Médecins , qui ne font pas toujours dignes de foi. £ SINA. Soies Sina. Ce font des foies qu’on tire de la Chine. On les emploie à Paris dans la fabrique des gazes. SINAGOGUE, f f c Synagoga. ] Mot qui vient du Grec, & qui veut dire assemblée. C’est le lieu où les Juifs, les Caraïtes, & les Samaritains , s’assem- blent pour prier Dieu. (Entrer dans la sinagogue. Sortir de la sinagogue, bâtir une sinagogue.) SINALEPHE, s f [Sinalapha.] Figure de Grammaire. C’est une contraction de íìllabes , fur tout lorfqu’on mange une voïelle, comme quand on dit thomme pour le homme. SINAPISME, f »r. Médicament externe en forme de cataplasme , composé de semence de moutarde pulvérisée, & broiée avec de la pulpe de figues, il sert dans les maux de tête. SINARTROSE, f f. [ Synarthrosisf) Articulation des os, par laquelle ils font rendus si serrez qu’ils font comme immobiles. SINAXARION- Livre des Grecs , qui contient un abrégé de la vie de leurs Saints. SIN AXE ifs- C Syn axis. J Terme d 'Histoire Eclé- sasique. Assemblée des Chrétiens , où l’on faifoit les prières en commun. La Communion par les Peres a été apellée de ce nom. Le Dictionnaire de Trévoux fait ce mot masculin. SINCERE , adj. [ Integer , sincerm. 3 Ce mot' sc dit des personnes & de leurs actions, & veut dire qui n’est pas feint. Qui n’estpas dissimulé. -Franc. (II n’y a rien de sincère en vous que votre froideur. Voit. let. 19. Procédé sincère. Ablancourt. Les Italiens n’ont pas la réputation d’être fort sincères. Tu n’estimes les gens que des fiécles passez , Pardonne mon aveu fincere U légitimé , Je ne t'esìme pas affez Pour vouloir par ma mort mériter ton estime. De Buffi.) SIN 491 SINCEREMENT, adv. [Ingenuè , sincerê , candidi.s^ Avec sincérité. Avec franchise. (Agir sincèrement.) ■ SINCERITE', f.s. s Sincerìtas , ingenuitas , candor.l Ce mot se dit des personnes & de leur action, «St il signifie Franchise. Candeur. ( La sincérité de son procédé me plaît. Ablancourt. Recevez cet avis de ma sincérité. Gomb. Epit. 1 . 2. La sincérité est une ouverture de cœur , on la trouve en fort peu de gens, & celle qu’on voit d’ordinai- re n’est qu’une fine dissimulation pour atirer Ja confiance des autres. Mémoires de la Rochefoucaut.) SINCHONDROSE , f f [ Terme d’Anatomie .2 Union de deux os qui se fait par le moien d’un cartilage , comme les os du pubis. SINCOPE, // [ Syncope. J Mot qui est un Terme de Grammaire & qui vient du Grec. 11 veut dire retranchement. ( C’est une fincope. C’est-à-dire, c’est un retranchement d’une silabe au milieu d’un mot.) SINCOPE. [ Subìta sensuum defeHio. 3 Terme de Medecine. C’est une soudaine défaillance de cœur. Foiblesse qui prend subitement. Subite chute des forces , causée par une pronte dissipation d’efprits, ou par une défaillance précipitée, de la chaleur naturelle. Si-tôt qu’on eut tiré le fer hors de la plaie, il en sortit une telle quantité de sang que le Roi tomba en fincope. Vaug. Quint. Curce , /. 9. ch. ;.) SINCOPER. [ Intersecare .2 Terme de Musque, pour exprimer une note qu’on sncope. On dit aussi en Grammaire , sncoper un mot, c’est en retrancher quelque lettre ou quelque sillabe. SINDERESE , s f f Consiientiœ stimulus. 3 Ce mot vient du Grec <$ sc dit entre dévots. 11 signifie remords Ae conscience. (Avoir des finderescs.) SINDIC,/m. [ Syndicus. 3 Mot qui vient du Grec , & qui veut dire celui qui à la charge des a faires d’une communauté. Ainsi on dit. (Le Sindic des Libraires de la communauté de Paris.) SINDIC. f Syndicm. 3 Ce mot se dit en parlant du Clergé. On dit Sindic général du Clergé, mais il y a plusieurs fortes de Sindics généraux. Ce font des usiniers nommez par le Clergé qui connoissent des procès entre les Beneficiers & leurs receveurs & commis tant pour la taxe, que pour l’administration des deniers levez fur le Clergé. Volez Du Crot , Stile du Parlement de Paris. SINDIC diocésain, f Dioceseos procurât or. ] C’est le Sindic de chaque diocèse, qui fera les a faires du diocèse par Lavis de LEvêque , sera tenu pour présent & jouira des fruits de son bénéfice. SINDIC Provincial, f Provincia syndicus. J C’est le Sindic de chaque Province à qui les Agens de son département donneront avis de tout ce qui s’entre- prendra contre l’ordre Eclésiastique. SINDIC. [Syndicm. J Ce mot se dit-parmi de certains Religieux. Le Sindic parmi les Augustins c’est un procureur qui fait à Paris les afaires de tous les Convens de l’Ordre. Sindic , parmi les Feùillans, c’est celuiVtjui garde les papiers & fait les afaires qui regardent n?Palais. SINDICAL, Sindicale , adj. [ Sindicalis. 3 II se dit entre Libraires , & veut dire qui regarde les afaires du Sindic. (II est allé à la Chambre Sindicale. ) On le dit de la demeure du Sindic des Libraires. SINDICAT, f. m. [ Syndicatm. J Charge de Sindic. Tems qu’on a exercé l’ofice de Sindic. (II aveu de belles afaires pendant son sindicat. II s’est comporté dans le sindicat avec honneur.) SINDIQUER, v. a. [ Reprehendere, carpered ] Critiquer , censurer. ( Quel droit avez-vous de sindiquer nos actions. Ac. Fr.) SINECDOCHE,// [SynecdocheJ Ce mot vient du Grec & est un terme de Rétorìque. Prononcez sine c - doque. Figure qui consiste à mettre le tout pour la partie , la partie pour le tout, & la maniéré dont une chose est composée pour la chose même. ( La sinec- doche est vive & peint bien.) On fait aussi une sinec- doche lors qu’on met un nombre certain & déterminé pour un nombre qu’on ne fait pas. Ainsi on dira, c’est une maison qui a cent belles avenues, pour dire plusieurs belles avenues. SINECPHONESE , f f [ Syllabarum reunìo. 3 Réunion de íìllabes dans un même mot. Tom. III. Qqq» SINE- 49 L SIN SINERESE./-A ISynerefjl Figure par laquelle #n réunit deux lulabes ensemble. ^NEVROSE ,/■/■ íSynevrosts.] Terme d Anatomie. Union naturelle des os qui se fait par le moien des ligamens, comme est l’articulation de la rotule avec les os de la jambe. ± SINGADI, sive arbor trìjìis. Arbre grand com* me un Prunier , qui croît aux Indes & dont les fleurs font cordiales. SINGE , f. m. [ Simia , simius. ] «Test une forte de petit animal à quatre piez qui a une grande queue, qui est couvert de gros poil, qui imite plusieurs actions de Phomme , & qui lui ressemble un peu , soit par les narrines , les dents, les oreilles, & par quelques autres parties. 11 y a aussi des singes qui n’ont point de queue. Le Singe vit d’herbes , de blé, de noix & de pommes. II tué & mange les vers , les aregnées & les poux qui viennent à la tête des personnes. II dance fur la corde , il s’y donne l’estrapade. f Un singe eji toujours un singe. Ablancourt , Luc. [ Simia fimpersimia. ] f II est méchant comme un singe. t SINGE. [ Simia imitât or. ] Imitateur. Qui tâche. Qui contrefait quelque personne. Qui imite quelque personne. ( Le Pere le Moine étoit le singe de Balzac. Je suis si rempli de vous que je tâche d’être votre singe. Molière , Critique de l'Ecole des Femmes. Les plus excélentes choses font sujetes à être copiées par de mauvais singes. Molière.) SINGE. [Ergata.] Sorte d’engin dont on se sert dans les bâtimens & dont on se sert pour décharger les marchandises de dedans les bateaux. Cette machine n'est ordinairement composée que d’un trueil, on tour qui tourne dans des pièces de bois mises en croix de saint André. A chacun dés bouts du tour, il y a des leviers, bras ou manivelles pour le faire tourner, au lieu de roues. Volez Aubin. SINGE. [ Simius mathematicus.] C’est un instrument de perspective qui sert à copier des tableaux, & à les réduire du grand aù petit pié , ou du petit pied au grand en la proportion requise. On dit proverbialement. II est fourni d’argent comme un singe de queuë.' II vous paiera en' monoïe-de singe , en gambades. 11 est comme 1 csinge-, il se sert de la pâte du chat pour tirer les marrons du feu. II est assis fur fon'Êu commè un singe. II est adroit comme un singe. 4 = SINGE de mer. f Simia marina. J Poisson long, ressemblant de face de. couleur au singe terrestre. 11 est couvert d’une écaillé 1 dure comme celle de la tortue. On le trouve dans la mer Rouge. SINGERIES , f. f. [ Dîjfortio, sialtitatio.] Action de singe. Petites actions folâtres de quelque singe. (Le singe fait des lingeries. Ferrant, Recueil de vers,pa~ L? 2>;. ) * SINGERIES. ( Gesiiculatio.] Ce mot se dit des péri sonnes , & veut dire actions & postures plaisantes & badines, & qui tiennent quelque chose-M celles du singe. (II me fit mettre au bout de la sable , où jô faifois mille singeries. Abl. Luc.) SINGLER. Voì'ez Cingler. SE SINGULARISER , v. r. fModosibisingulari age T re. ] Se faire remarquer par quelque chose de particulier. Se faire connoître par quelque chose de si n. gulier. Se singulariser par les opinions. 11 est souvent dangereux de se singulariser par ses scntimens , par ses actions , par ses habits , &c. & de faire le contraire des autres. 11 y a des ocasions où il ne faut point avoir crainte de se singulariser. Yoïez Pinstruc~ Sion pour un Seigneur , p. 114.) SINGULARITE', si f. [ Ratiosinguîavìs agendi, dicendi. ] Chose singulière & particulière. ( L’une aes plus remarquables singularisez qui soient en Monseigneur , est de ne pouvoir soufrir la flaterie. Vait. I ^ 9 ‘^ er ^ onne n e ^ averti de cette singularité. Pafc. SINGULIER ,/»».( Sìngularií. ] Terme de Gram- matre. Nombre qui ne se dit que d’une chose, & qui marque une seule chose. ( Tous les noms regu- "ersont un singulier & un pluriel.) U Mr. Ménagé , tome 1. défis Observations , cb. 146. a remarque qu il y a dans la Langue Françoise, corn- SIN me dans toutes les autres , des noms qui n’ont pôînt de singulier ; & d’autres qui n’ont point de pluriel* Ce chapitre est curieux & utile. SINGULIER , singulière , adj. s Sìnguhris , unm. ] Particulier. (Une circonstance singulière. Pafi. /. 4.) SINGULIER , singulière. [ Singulare certamen. j C e mot en parlant de certains combats, veut dire d ’bm- me à homme. Particulier. ( Us combatoient de pied ferme & main à main dans un combat singulier. Vaug. Quint. I. 5. c. n.) SINGULIER. [ Eximiw, excellons. J Rare. Excélent. (C’est une femme d’une beauté singulière. Un hom! me d’un savoir singulier.) SINGULIER. [ Singularis , unm. ] Extraordinaire. Contre l’usage commun. (Cet Auteur est singulier dans ses sentimens. II est singulier dans fa conduite.) SINGULIEREMENT, adv. [ Singulariter , pnecipuê, unicè. ] Particulièrement. D’une maniéré singulière! ( II est toujours vêtu assez singulièrement.) SINISTRE, adj. [ Ma/m. ] 11 vient du Latin/. nisier , & il signifie malheureux , qui est à craindre. Ce font de sinistres présages. 11 est impossible de pré! voir ce qu’il y aura de sinistre dans les auspices. Du Ryer , Pbilipique 2. ( Se voir en Auteur érigé , C’est un sinistre préjugé Pour la fortune d’un pauvre homme. Scaron , Poésies.) Et pour notre bonheur , promit de mettre fin Aux sinistres efets d’un si jusie chagrin. Perr. à la Quintinie. D’un sinistre avenir je menace fis jours. Racine, Ipbig. act. y.) 4 = On dit, dessein sinistre , ou méchant, pernicieux. Pbisionomiesinijire , regard sinistre. f * SINISTRE, se dit aussi par les Astrologues en parlant des planettes. ( L’aspect sinistre des astres.) SINISTREMENT , adv. [ Sinisirè , infeliciter. ] D’une façon sinistre & fâcheuse. ( Juger sinistrement de quelcun. Vaug. Quint. I. 9. c. ç.) SINODAL, sinodale , adj. [Sinoda/k.] Qui est de sinode. ( Règlement finodal. Statuts sinodaux. Les Traitez sinodaux de l’Eglise Gallicane ont été aprou- vez par les Papes. Févret , traité de l’abus , /. 1. cb. 4. Ordonnance sinodale. Constitution sinodale.) SINODE , f. m. [ Synodm , conrìlium. J Mot qui vient du Grec, & qui veut dire une assemblée publique où l’on se rend de tous cotez. Le mot dé sinode se dit en parlant d’ Eglise. C’est une assemblée de plusieurs Théologiens convoquez par le Pape , par quel- que Patriarche, Métropolitain, Archevêque, ouEvê- que , pour les afaires de l’Eglise. SINODE. Convocation qu’un Doien rural fait des ' Prêtres de. son district, pour parler de matières Eclé- fiastiques,.& où souvent ils parlent de toute autre chose; : SINODE. [ Synodm.] Ce mot se dit aussi entre Messieurs de la Religion. C’est une assemblée de Ministres, d’Anciens & des principaux de la Religion pour les afaires de leur Eglise. II y a des finodes nationaux, & des finodes provinciaux. ( Convoquer, assembler, tenir un sinode.) . . SINODE. [Céttrn ., conventus .j Ce mot sc dit des maîtres d’école de Paris. C’est une assemblée de maîtres d’école & de maîtresses d’école qui se fait tous les ans à Paris le jour de la saint Jean porte Latine. SINODIQUE, adj. [ Synodicm. ] Ce mot est usité en parlant à’Astronomie , où l’on dit un mok sinodique. C’est le tems de vint-neuf jours & demi que la Lune emploie depuis qu’elle a été une fois avec le Soleil fous un même degré du Zodiaque , jusques à ce qu’elle se rencontre une autrefois avec lui fous un autre degre. Rob. Pbis. t. 2. c. 9. SINON QUE. [ Nstt. J Sorte de conjontfion , qui signifie si ce n’esi que. ( On ne dit rien de lui, sinon que c’est un avare fléfé qui enrage quand il est obligé de païer ses dettes. SINON. ( Alioquin , alioquisin.] Sert aussi à menacer, & signifie autrement, à faute dequoi. (Faites ce que je vous dis, sinon vous vous en repentirez.) SINQNIME, adj. [ Synonimm .] Terme qui vient du Grec , & qui sc dit des mots dont l’un signifie la même chose que l’autre. ( Honte'& pudeur sent des mots sinonimes eu aprochan».) * SINQ- SIN SINONIMES ,s. m. ISynoninm. ] Mots ou phrases sinonimes. ( Les sinonimes font nécessaires, mais il n’en faut pas abuser. II faut, pour être fuportables. qu’ils enrichissent les uns fur les autres , ou que les derniers éclaircissent les premiers.) 0 Ce mot est Grec en éfet, & par conséquent il saut récrire avec la lettre y. L’usage des sinonimes est peu connu, & l’on y fait rarement atention. Mr. de Vaugelas a fait une belle & savante Remarque sur ce sujet, dont voici le précis : „ Tant s’en faut que „ l’usage des synonimes soit vicieux, qu’il est souvent „ nécessaire , puisqu’il contribue à la clarté de l’ex- „ pression , &c. II est vrai qu’il n’en faut pas abuser, „ & qu’une seule parole est souvent une image lì par- „ faite de ce que l’on veut représenter , qu’il n’est „ pas besoin d’en emploier deux, la première aïant „ fait l’impression entière dans l’esprit du Lecteur, „ ou de l’Auditeur, &c. II semble qu’à la fin de la „ période , ils ont meilleure grâce qu’en nul autre „ endroit, &c. Les synonimes des mots font fort „ bons, pourvu qu’ils ne soient pas trop fréquens : „ mais les synonimes des phrases pour l’ordinaire ne valent rien.” Le P. Bouhours sxmbarasse fur cette matière, dans ses Doutes , pag. 241. II dit d’a- bord , après Mr. de Vaugelas, que les synonimes inutiles font vicieux ; parce qu’ils ne contribuent ni à la clarté de l’expression , ni à l’ornement du discours. II en raporte quelques exemples, & jusques-là il a raison : mais il ne l’a pas assurément, quand après avoir raporté le sentiment de Mr. de Vaugelas qui croît qu’à l’imitation des Peintres qui souvent ne se contentent pas d’un coup de pinceau pour faire la ressemblance d’un trait de visage , mais en donnent encore un second qui fortifie le premier & rend la ressemblance parfaite , il demande si ce que dit Mr. de Vaugelas , a lieu quand la première parole exprime la pensée parfaitement? Pourquoi former cette question , puisqu’il est évident que Mr. de Vaugelas ne toléré un mot synonime que pour rendre le sens du mot précédent plus vif, plus clair, & plus parfait? Mais le P. Bouhours ne se sert ici de l’incertitude d’un provincial, que pour pouvoir dire d’un ton de maître : Pour moi, Messieurs, je vous avoué franchement que je ne puis soufrir les synonimes tout purs qui 7Ì'ajoutent rien au sens, qui ne fervent qu'à remplir , ou à étendre les périodes. N’est ce pas là , R. P. Bouhours, ce que Mr. de Vaugelas nous a enseigné ? Pourquoi former un doute sur une décision aussi claire que la sien- ce, si ce n’est pour persuader de mauvaise foi que Mr. de Vaugelas a tâché d’introduire les sinonimes fans aucune exception ? Mr, Ménage irrité avec raison contre le P. Bouhours, prit la défense de Mr. de Vaugelas dans son second tome des Observations fur la Langue Françoise. II cite d’abord ce passage de Quintilien, qui est bien précis pour les synonimes tels que doivent être ceux que Mr. de Vaugelas autorise : PoteJÌ adfcrìbi amplìficationi congeries quoque verborum , ac sententia- rum idem significanîium > nam etiamsl non per gradut ascendant, tamen velut acervoquidem allevantur. Ainsi, quoi qu’en dise le P. Bouhours , il faut s’en tenir à la régie que Mr. de Vaugelas nous propose. Mr. de Cambrai , dans fa Lettre à l’Académie Françoise , dit : „ Je voudrois même plusieurs synonimes pour expri- „ mer chaque objet, chaque sentiment, chaque ac- „ tion ; c’est le moien d’éviter toute équivoque , de „ varier les phrases, & de faciliter l’harmonie, en choi- „ lissant celui de plusieurs synonimes qui sonneroit ,, le mieux avec le reste d’un discours.” SINOPLE , s nt. [ Color prasinut.) Mot qui vient du Grec. C’est un terme de Blason qui signifie verd. Mais proprement le simple est une forte de craie, ou de minerai qui fe trouve au Levant, & qui est bon pour teindre en verd. (L esinopleeít le simbolede la charité & de l’honneur. Col. c. 4. On dit en termes de Blason. II porte d’argent à un chêne de sinople. Col. c. 24.) SINOQUE , adj. Terme de Médecine. Epitéte qu’on donne à une forte de fièvre continué qui dure depuis le commencement jusqu’à la fin sans aucun redoublement. SINOVIE, s s f Succus nutrìtìus. ] Terme de Médecine. Suc nourricier propre à chaque partie. SINTAXE, f f [ Sintaxis. ] Mot Grec qui veut dire consiruflion. La sintaxe embrasse les genres & les cas des noms, le regime & les inflexions des verbes, SIR 49 ? les usages des diferens articles , des prépositions & de® adverbes. _ ( Savoir la sintaxe Françoise. Personne jusques ici n’a bien traité de la sintaxe de notre lan. gue, ) SINTHESE, f f. En Pharmacie c’est une composition de médicamens. En Chirurgie c’est une opération par laquelle on réunit les parties divisées, com- me font les plaies. En Grammaire c’est la même chose que sillepse. SINTILLER , v. n. [ ScintiOare, micare. ] Etincelles. ( Les planettes ne fintillent qu’à l’horison. ) Ce terme n’est point dans l’Académie. t SINUEUX, sinueuse, adj. [ Sinuosus. J U fe dit des lignes courbes qui font plusieurs replis , & qui tantôt avancent en dehors , tantôt fe retirent en dedans. ( On dit de certaines côtes de la mer qu’elles font fort sinueuses.') SINUOSITEZ, f. f. pi. f Sinus.] Plis & détours que font des lignes courbées en arc , ou des figures irre- guliéres, qui tantôt avancent en dehors, & tantôt fe retirent en dedans. ( Les sinuolìtez des côtez forment les ports & les rades. ( Les sinuositez d’une rivière.) f SINUOSITEZ, se dit en termes Áe.Chirurgie, d’une plaie qui fait des tours & des détours. ( Cette plaie a beaucoup de sinuositez.) f SINUS , f. m. Terme de Chirurgie. On apells ainsi , une cavité, une espece de poche, de petit sac qui se fait aux côtez ou au fond d’une plaie, d’un ulcéré, & où il s’amasse du pus, de la matière. SINUS , f. m. £ Sinus. ] Terme de Trigonométrie. Un angle aigu étant formé par un raïon qui tombe obliquement fur le diamètre , au centre du cercle, si du bout de ce raïon l’on tire une perpendiculaire fur le diamètre ; cette ligne s’apelle' sinus droit , ou simplement sinus. Les parties du diamètre coupé par cette ligne s’apellent sinus verse l’un de ces sinus verse est plus petit & l’autre plus grand que le raïon, qu’on nomme aussi le sinus total. 11 est ordinairement divisé en cent mille , ou en dix millions de parties égales dans les tables des sinus tangentes U sécantes & du quart du cercle , qui font d’un grand usage en Géométrie. Volez la Géomet. de Mr. H acquêt, 2. part. I. 2. SION , filon , ou cìon, f. m. £Surculus .] On écrit ce mot de toutes ces manières ; mais la plus ordinaire c’est sion , ou scion. C’est le petit jet de quelque arbre. (Les branches sortant comme d’une autre tige jetent des scions plus beaux & plus forts que les premiers. Vaag. Quint. Curce, l. 6 . ch. y. Laisser croitre des scions. Cure d'Enonvile , culture des jardins.) f SION» ou Beccabunga. Plante aquatique, dont on se sert pour le Scorbut, & pour corriger la mauvaise haleine. -j- SION. C’est aussi une sorte de cresson d’eau, qui est propre pour le Scorbut. SIPHON, f nt. [ Syphon .J Mot qui vient du Grec, & qui signifie un tuiau recourbé pour tirer de Peau, ou quelque liqueur que ce soit d’un vaisseau. 0 SIPHONS, ou Tiphons. Voici comme Aubin explique ces deux mots dans son Dictionnaire Maritime, C’est un orage dans lequel l’eau de la mer s’élcve en manière de colonne, à la hauteur de cent brasses, & tournoie spiralement par la largeur de quinze à vingt piés de diamètre, comme si c’étoit par un Siphon ou une vis d’Archiméde. On ne volt d’abord paroître en Pair qu’une petite nuée de la grosseur à peu près d’un poing ; elle vient du côté du Sud au Cap de Bonne Espérance, aux côtes de Barbarie , & aux plages orientales de l’Amérique. Les Mariniers l’apelìent dragon, ou grain de vent; les Levantins, tiphon, ou siphon; & ceux qui naviguent à l’Amérique , puchot. On l’apelle encore pompe de mer. Du tems de Pline , les matelots versifient du vinaigre pour apaiser ce tourbillon quand il aprochoit : présentement il® croient le repousser en ferraillant , & en escrimant sur le tillac avec grand bruit. Voïez puchot , & pompe de mer. SIPION, feipion ,s. m. [ Scipio.] Nom d’homme. (Si nous en croions Tite-Live , il n’y eut jamais un un homme plus secret que Sipion.) SIRE t f nt. í fax .1 On fe sert de ce mot en parlant aux Rois , & il veut dire Seigneur. ( Sire, Votre Majesté fe souviendra que, &c. Q.qq 1 Sire, 494 SIR Siri, je T ai ce P'ocèssi terrible Qui peut m'enlever tout mon bien, Hélai ! ce tout n’est fresque rien, Mais ce rien m’étoit tout , £? tout fer Are est stnjt- ble. , Le Pays.) f SIRE. Ce mot se dit quelquefois en riant, & veut dire Monsieur. ( Que si mus êtes le beau lire, Au moins ce n’eji sas de trof rire. Voit. Poëf. si animal sauvage U grossier, Avec ses ongles tout d’acier Prend le nez du chasseur , hase le fauvre lire : Lui de crier , chacun de rire. La Font. f SIRE. Ce mot se dit en parlant de certaines bêtes dans le burlesque & dans le comique, f Sire loup r eût sait volontiers. La Font. ] . Puis en autant de farts le cerf il déféça, Prit four lui la prémiére en qualité de sire. La Fontaine , Fable, l. a.] SIRENES , f f• C Sirenes. ] Les Poètes difoient que c’étoient des filles du fleuve Acheloïs, qui étoient femmes de la ceinture en haut, & poissons de la ceinture en bas , & qui par la douceur de leur chant atiroient dans les bancs & dans les écueils ceux qui prêtoient l’oreille à leur voix. ( Sa voix s’égala au doux chant des sirenes. Racine. * La volupté est une sirene qui perd la plupart des jeunes gens. H: * Chanter comme une Sirene. On le dit d’une femme qui chante bien. On le dit aussi d’une femme qui séduit par ses attraits, par fes maniérés insinuantes. jÇjf L’Auteur du Roman de la Rose a dit : H’un chant de Serenes de mer Qui frindrent le nom de Sirenes sie leurs voix stries U saines. C’est une question parmi les curieux , si les sirenes étoient des oiseaux on des poissons. On demande encore quelle étoit leur origine. Les uns disent que les Poètes ont feint qu’elles étoient filles des Muses. Les autres veulent qu’elles soient nées du sang de la corne qu’Herculc arracha à Archelaiis. Le nombre a été de même incertain. Homere ne fait mention que de deux : mais d’autres ont dit qu’il y en avoit eu quatre. L’incertitude est grande fur le lieu de leur demeure. Homere les a placées dans un pré environné de personnes qu’ellcs y avoient atirées par leur chant, & qui y avoient perdu la vie. Virgile, uEnéid. y. les loge fur un écueil : Jamque adeo scopulos sirenum adjecta fubibat Dificiles quondam , multorumque oslìbus albos. Ovide leur donne des ailes, lib. ;. metam. Facilefque Deos habuistis , & artus Vidistis vestros subitis flavefcere permis. Ce même Poète leur donne une voix humaine , & un visage d’une jeune fille, lib. metam. Vobis Acheloïdes und«e Pluma, pedefque avium , cùm virginis ora geratis. Quant à leur chant, c’est encore le sujet d’un doute qui n’est pas éclairci : mais au milieu de tout ce que l’on a feint, on voit que l’on a voulu faire connoître combien les plaisirs ont d’atraits pernicieux dont il est aificile de se garentir. f SIRERIE , sf. Titre de certaines terres. (La Sirerie de Pons , la Sirerie de l’Efpare.) SIROC j / m. £ Euro-notus.J En Italien sirocco * On donne ce nom fur la Mediterranée au vent qui loufle d’entre le Midi & le Levant, qu’on nomme Sud-Eft fur l’Ocean. olROP , f m. [ Syrufw , stuccus jkrt ernàitw. ] Prononcez siro. Ce mot vient du & est un terme d ’Afoticaire. C’est une compo faite avec des eaux ou des sucs , des teintures 01 coctions cuites avec du sucre, ou du miel en < stence assez épaisse , & en état d’être conservée, rop rosat, violât. Sirop de fleurs de pêcher, un sirop. Yoiez Bauderon, Pharmacie. ) SIS t SIROP, f Syruptts. ] Terme de Confiturier. C’est du jus de fruit cuit avec du sucre. ( Sirop trop épais. Sirop trop clair. Voilà qui se fait en sirop. Mettre du sirop sur des assiétes. Voit. I. 9.) * SIROP. [ Vìnum , merum. ) Mot bas & burlesque pour dire vin. II aime un peu le sirop.) f LE SIROP del’éguiére. [ Aqua.) Mots burlesques, pour dire de l’eau. (Je crains toujours le sirop de í’éguiére. 5 . Amant. ) t SIROTER,©. ». £ Potare vinum.) Mot bas §1 burlesque qui ne se dit guére qu’à Paris , & signifie Loire du vin. (Le sieur de Mêles aime un peu à siroter, mais à cela près c’est un bon homme qui fait force Latin.) f SIROTEUR , f. m. £ Potator. ] Mot bas L hurles- que pour dire, celui qui aime à faire débauche de vin. Qui aime à boire le petit coup. ( C’est un siro- teur que le frere Ambroise.) SIRTES , f ui. [ Syrtes. ] Endroits fort périlleux à ceux qui naviguent, & cela à cause des sablons agitez par la mer, qui font tantôt amassez , tantôt dissipez. Fournier. ( * Mon Afollon Rassure & Rengage sa soi, Qu'emploiant ce Tifhis , Sirtes U Cianées Seront Havres four toi. Main Poés. liv. r.) SIRVANTOIS , OU plutôt strvantois , f m. [&, tyrœ antiqute stecies. ] Satire qui se faisoit autrefois par quelque ancien poète Provençal. Le Sirvantois se composoit contre les premiers de l’Etat Eclesiastique ou Séculier. Pâquier , Recherches. SIS ARUM Syriacum , ou Scecachul. Plante étrangère portant de feuilles semblables à celles du Terebinthe. II succédé à ses fleurs des grains noirs qu’on apelle Culcul, propres pour exciter la semence & pour hâter la conception. La racine a les mêmes vertus. SISON ,s m. Plante qui pousse fa tige d’une grosseur médiocre , ronde & pleine de mouelle. Elle est aperitive, propre pour aider à la digestion & pour faire uriner. SISTEME , f m. [ Rerum comfages , systema. ] Mot qui vient du Grec , & qui est un terme de Philosophie & de plusieurs autres fiences. II signifie la maniéré dontonsupofe & conçoit qu’un tout est formé de plusieurs parties , & qui est la cause que les choses agissent comme elles font. ( Ainsi l’on parle du Sisté- me du monde, du Sistéme des sens, du Sistéme du mouvement, de la nourriture, du Sistéme de la Musique , &c. Le Sistéme que l’excellent Descartes a donné du monde est surprenant. II nous a découvert à tous la vérité, II connut la nature , il en fit un Sistéme Dicié par la J'ageste mime, Et surpassa lui seul toute R antiquité.') On parle aussi en Asbonomie, des Sistémesde Pto- lomée , de Copernic, de Ticho-Brahé , &c. * SISTE'ME , s. m. £ Hypothesis. ] Ce mot au figuré signifie état, constitution. (Voilà le dessein de la tragédie selon le Sistéme d’Ariftote. Le Sistéme desafai- res de la Cour. Nouvelles Remarques.) II y a en Medecine le Sistéme des saveurs, celui des quatre qualitez, celui des acides & des Alkali. SISTE'ME , en Poésie est une certaine hypotese à laquelle le Poète doit toujours se tenir. En Musique c’est la suite , ou la composition de deux ou trois, ou plusieurs intervales qui font deux ou plusieurs consonances , comme est l’octave divisée par la quarte, ou par la quinte ; de sorte qu’il faut du moins trois termes ou trois sons pour faire une proportion géométrique. £jf On apelle Sistéme en termes de Musique , l’éten- dué d’un certain nombre de cordes , qui a fes bornes, vers le grave , & l’aigu , & qui a été déterminée dife- renment par les grands progrès de la Musique, selon les diferentes divisions du monochorde. Ozanam , Dis- Mathem. Les Grecs avoient trois Sistémes, dont la diférence consistoit dans les diférens intervales qui étoient entre les cordes de chaque Sistéme. Ce mot est Grec ; Boëce l’a traduit par constitutio, parce que, selon Brossart dans son Dictionnaire de Musique, le Sistéme n’est autre chose qu’un assemblage ou un arrangement de plusieurs parties, qui font ou constituent un tout, &c. SISTRE, s. m. £ Sistrum.J Instrument de Musique. SIV (f Ce ti’est pas assez dire. Le sistre est dépeint par Apulée , Lib. XI. rnetatn. La Déesse avoit dans ses mains des choses bien diférentes : elle portoit en fa droite un listreyl’airain , dont la lame étroite étoit courbée par trois verges de fer, qui au mouvement du bras de la Déesse rendoient un son fort clair. Dextra quidem fer ébat areum crepitaculmn , c u jus per angujiam laminiam in moAum baitbeì recurvatam , tra- jefta média pauca virgulœ , crispante bracbio , tergemi- nos jailus, reddebant argutum Jònorem. Cet instrument étoit apellé sistrum & crepitaclum. Properce a dit, lib. deg. 9. Romanamque tubam crépitant! pellere sistro. Et Ovide ; ..... Crepuitque sonabile fistrum. Tous ceux qui ont parlé de la Déesse Ifis, ont fait mention de son sistre , qu’ils regardent comme un hierogliphe, & ont dit qu'il signifioit que tout étoit en mouvement dans le monde ; que fa figure avoit du ra- port avec celle de la Lune ; que ses quatre cordes marquoient les quatre èlemens ; que fa figure qui étoit au-dessus, signifioit le soleil. Ce sont là de pures imaginations dont on entretenoit les foibles esprits. Voiez Pignorius de menj'a IJiaca Casalius , de veter. Agypt. ritib. cap. 24. Pitij'cus , lexic. esc. SISYMBRIUM, f m. [ Sifymbrium. ] Plante a- quatique propre pour le scorbut, pour la nefretique & pour I’hydropilìe. SISYRINCHIUM . / m. Plante qui ressemble à riris. Elle croit dans les pais chauds. Sa racine est car- minative, & on la mange pour apaiser les tranchées. SI-TÒT QUE. Conj. [Stat im atque.] C’est-à-dire, eujp-tòt que. ( Si-têt que le besoin excite son désir , Qu’est-ce qu’en ta largeíse il ne trouve à choisir ? Main. Poésies.) .SITUATION,//. C Situs, positio.] Ce mot se dit en termes de Grammaire. C’est-à-dire , l’arran- gement des parties du discours. Le premier vice opofé à la neteté du stile , c’est la mauvaise situation des mots. Vaug. Rem. SITUATION , s. s. [ Situs. ] Terme de Logique. C’est la maniéré dont est posé , situé & placé quelque Corps , comme être assis, debout, couché , à droit, à gauche. C’est la position des parties d’urt corps à l’égard les unes des autres. ( La situation est une des dix Catégories d’Aristote. Art de penser , 1. partie.) SITUATION. [ Status , dtstnptio. ] Assiéte de lieu, de pais , ou de quelque place. ( La situation naturelle de ce passage semble imiter les fortifications faites par la main des hommes. Vaug. Quint. I. }. c. 4. Considérer la situation des lieux. Vaug. Quint. I. ;. c. 4. L’ex- cès du chaud & du froid demande des situations diférentes en matière de bâtimens.) * SITUATION. [ Animistatus , tranquillité.'] Etat. ( Son esprit n’est jamais dans une même situation. Dans la situation où font les affaires, il n’y a aucune apa- rence de paix. Son courage s’est trouvé par fa naturelle situation au dessus des accidens les plus redoutables. SITUE', p tuée , adj. [ Positut , constitutus.] Assis. Placé; Posé. (C’est une ville située sur la riviere. Vaug. Quint. 1 . 3. ch. 1. Ville située sur un roc escarpé. Ablanc. Arc. I. 1. cb. 10. Non , non , il n’est point d’ame un peu bien située Qui veuille d’une estime ainst prostituée. Mol.) SITUER, v. a, [Collocare , statuere.] Placer. Poser. Mettre. Asseoir. (11 faloit autrement situer cette maison , elle eût été bien plus agréable qu’elle n’est.) SIVADIERE , f f- C Tbalajsomachuí , . proreta. ] Terme de Mer. C’est la voile de beaupré, <^ui est la plus basse du bâtiment, & qui prend le vent a fleur d’eau. t SIVADIERE. Mesure de grains en usage en Provence. Les huit sivadiéres font une hemine de Paris. SIURE, scieure % s. s. [ Serraria , filma. ] L’un & l’autre s’écrit, mais quoiqu’on écrive scieure , ou sterne , on prononce toujours siûre \ ce qui tombe en poudre lors qu’on lie. ( Amasser de la siûre de bois, de marbre, de pierre. On jette de la siûre dans les jeux de paume quand ils font mouillez , pour empêcher qu’on ne glisse.) SOB 495 SIX- [ 3 Prononcez sîs. Nom de nombre indéclinable, qui veut dire deux fois trois. (Elle aime les chams plus que Paris , & se couche entre cinq & six. Volt. Pois. II reçut pour sa dot plus d’écus à la fois Qu’un balancier n’en peut reformer en six moisi Poët. anon.) , SIXAIEUL, f. m. f Sexavus.] Terme de Généalogiste. C’est le pere du quintaieul. (Sixaieul paternel. Si- xaieul maternel.) SIXAIN , f m. [ Exasticum. ] Prononcez pzain. Terme de Poésie Françoise. Ce font six vers. (Le sonnet est composé de deux quatrains & d’un sizain qui se divise en deux tercets. ( Un beau sizain.) SIXAIN. [ Sexagena. 3 Terme de Guerre. C’est un ancien ordre de bataille pour six bataillons. (Former un sixain. Guillet , Art militaire.') SIXAIN. [ Sextarius foliorum lusariorum. ] Terme de Cartier. Ce font six jeux de cartes en un paquet. (Acheter un sixain de cartes.) SIXIE'ME, adj. [ Sextus. 3 Prononcez sixième. Terme de, nombre ordinal. ( II est le sixième. Elle est la sixième.) SIXIE'ME , f m. [ Sexta pars ulna.] Partie d’aune. (Un sixième d’aune.) SIXIE'ME 1 f fi f Senarius chartarum numerus. 3 Terme de Jeu de piquet. Ce font six cartes de même point, & qui se suivent. ( Avoir une sixième. Sixième majeure. Sixième de Roi, de Dame , &c.) H SIXIE'ME , f. f. La sixième classe d’un Collège, par laquelle on commence ses études. ( Etre en sixième , écolier de sixième , regent de sixième.) t On apelle sixième , l’écolier qui est dans cette classe. ( Ce n’est encore qu’un petit sixième.) SIXIE'MEMENT, adv. [ Sexto loco.] En sixième lieu, le sixième point d’un discours. SIXTE,/ tu. [ Six tus. ] Nom d’homme. (II y a eu cinq hommes nommez Sixtes qui ont été Papes. Sixte V. avoit gardé les cochons, Leti a écrit fa vie. ) SLE'E* Terme maritime. C’est une machine dont Aubin a donné la description dans son Diétion- naire Maritime. SMARAGDOPRASE , // [ Smaragdoprasius. 3 C’est une forte de pierre qui semble tenir le milieu entre l’émeraude & la préme d’émeraude. Elle différé pourtant de l’urte & de l’autre. Elle est distinguée de la préme d’émeraude, parce qu’elle n’a aucune couleur jaune ; de l’émeraude, en ce qu’elle n’a point de verdure. La smaragdoprase n’est pas tout-à-fait diaphane, ni tout-à-fait opaque, quoi qu’on puisse dire qu’elle a tout ensemble de la transparence & de l’opacité. Cette pierre se prend plutôt pour un jaspe que pour une vraie émeraude. Voiez Rànel , Mercure Indien. f SMARIS , si m. Efpece de haran , qui est propre pour exciter le lait aux nourrices, & contre les morsures du scorpion. On l’apelle à Marseille. Hia. ret. SMECTIN,/»»._[ Terrasaponaria. 3 Terre glaise fort luisante, ». Espèce de coquillage, dont on croit le parfum bon pour apaiser les vapeurs des femmes. SOLENNEL , solennelle, solemnel, solemnelle, adj. [ Solemnis, celebris.} L’un & l’autre s’écrit, mais on prononce solanel. Ce mot se dit ordinairement des fêtes & des jeux, & signifie qui se célébré avec pompe. Célébré. Plein de solemnitez. (II célébré des jeux solennels en Phonneur d’Esculape. Vaugelas, Quint, ch. 7.) SOLENNEL, s Autenticus, firmiffìmà autoritate com - frobatus.J Signifie au Palais, autentique, revêtu de toutes ses formalitez. (Un testament solennel doit être attesté de sept témoins , & cacheté avec leurs seaux. Un mariage solennel. Un acte solennel.) f SOLENNISATION, s.s [ Celebratio.} Action par laquelle on solennité. ( La solennisation d’une fête.) SOLENNISER , solemniser , v. a. [ Celebrare. J Célébrer. Prononcez solanìser. ( Solenniser une fête.) SOLENNITE', soìemnité, s. s. [ Solemnis ritus, so- lemnitas. } Prononcez Solanité. Ce mot veut dire ce- lebrite. ( La solennité a été grande. La chose s’est paflee avec beaucoup de solennité.) SOLENNITES. [ Legis formula. ] Formalitez & procédures etablies par les loix, pour rendre un acte valable & autentique. ( Cet acte ne peut être contesté, il est avec toutes les solennitez requises. SOL Solennitez est loix n"empêchent pas Qu’avec l’hymen l’amour n’ait des débats. La Font. ) t SOLETARD , f m. Sorte de terre glaise pro. pre pour dégraisser les laines. SOLFIER , v. a. [ Notas cantks incinéré .] Terme de Musique, nommer les notes en chantant, po Ur aprendre plus facilement un air. (Vous solfiez déja fans faire aucune faute.) SOLICITATION , s fi l Sotticitatio , instìgath .] Instance. Instigation. Persuasion. Poursuite. Prière pressante qu’on fait à quelcun pour nos intérêts ou pour ceux d’autrui. (Ardente sclicitation. II a embrassé ce parti à la solicitation de Madame une telle. Faire de puissantes félicitations auprès des Juges.) SOLICITER , v. a. [ Incitare , inducere. ] Presser, porter, exciter quelcun de faire quelque chose. (II m’a solicité de lui faire la Cour. Ablancourt. Et non pas il m’a sollicité à. Parnasse me soit un Cotite Si jamais je les solicite De m’aider a faire des vers. Mait. Poésies.) SOLICITER. [ Litem urgere, causant agere apudju- dices. J Ce mot se dit en parlant de procès. C’est poursuivre afin de faire vuider un procès en notre faveur , ou en faveur d’un autre. Soliciter un procès. Soliciter les juges. ) * SOLICITER , v. a. [ Attentare fidem , pudici - tiam, ’èfic.} Ce mot signifie aussi tacher de carrom. pre, tâcher de mettre à mal. Darius solicitait la fidélité des domestiques d’Alexandre. Vaug. Quint. I. 3. c. 3. (Quand on est riche, libéral & bien'fait, on n’est pas long-tems à soliter une belle fans la faire succomber.) f SOLICITER. [ Ajjìdere alicuì in morbo.} Ce mot se dit en parlant de malades, mais il est fort bas & en fa place on dit secourir, Assister. Servir. Avoir foin. Soliciter un malade, où plùtôt. Secourir. Assister un malade. Vaug. Rem. II n’est point dans l’Académie. SOLICITEUR , s. m. f Cause aliéna curât or [f prag- maticus.} Celui qui solicite quelque juge 011 quelque procès. ( C’est un solicitent de procès. Je fuis son solicitent auprès de Monsieur un tel.) SOLICITEUR, s. m. [ [nfiigator , instinflor .] Qui sollicite quelcun d’une chose. SOLICITEUSE, s. f. [ Insiigatrix. J C’est une fran- che JbliciteuJè. SOLICITUDE, s s [ Anxietas , sollicitude.'} Ce mot est nouveau, & tout le monde ne s’en sert pas. 11 signifie foin , inquiétude. ( Ceux qui font des reproches aux autres doivent être eux-mèmes irréprochables , autrement leur solicitude est infructueuse. Thiers , Jausierobert, 1. part.} Philaminthe critique ce mot dans la comedie des femmes savantes. ( Ah ! solicitude à mon oreille est rude Et pur étrangement son ancienneté. Mol.) SOLIDAIRE, adj. [In solidum.} Terme de Pratique. 11 se dit des obligations que passent plusieurs personnes ensemble , lors que chacune promet de payer la somme totale. ( Obligation solidaire. Clause solidaire. Contrainte solidaire.) î SOLIDAIRE, se dit auffi des personnes, qui font obligées solidairement. (Vous étés solidaire.) SOLIDAIREMENT , adv. [ In solidum. ] Terme de Pratique. D’une maniéré solidaire. L’une pour l’autre. ( Deux personnes s’obligent quelquefois solidairement, i’une pour l’autre. Etre contraint solidairement & par corps.) sf Les termes solidaire & solidairement viennent du Latin solidiss, qui signifie entier , fans division , ni séparation. Dans Horace , dies solicites, c’est un jour entier, lìb. 1. od. 1. Est qui nec veteris pocula massici, Nec partem solido demere de die. Spernit. C’est-à-dire, qu’il y a des gens qui se plaisent à passer une partie du jour à boire. Ainsi , une obligation solidaire, est celle dont chaque débiteur est teriu en entier & sans partage , à l’égard du créancier. SOL SOLIDE, adj. [ Solidíis, firmus, stabilis. ] Dur. Ferme & bien assuré. ( Voila qui est solide. Pierre solide. Maçonnerie solide.) * SOLIDE , adj. [ Firmus , constant. ] Ce mot se dit des choses & des personnes , & veut dire, Ferme. Constant. Qui n’est point leger. ( Esprit solide. Preuve solide. Raison solide. 11 dit des choses vraiment solides. II n’est dans ce vajìe Univers Rien d’asturé , ni de solide. Desh. Poés.) Quelques secours puist'ans qu'on promette à ma fiâme, Mon plus solide estoir , c fl vôtre cœur , Madame. Mol. ) SOLIDE , f. m. [ Solidum. ] Terme de Géométrie. (La quantité qui a de la longueur , de la largeur & de la profondeur s’apelle Corps , ou Solide. Pardies, l. 3. art. 3.) SOLIDE , adj. [ Soli dus. j Terme de Géométrie. Qui a trois dimensions. Qui a de la longueur , de la largeur & de la profondeur. L’Angle solide se fait quand trois, ou plusieurs plans se joignent en aboutissant à lin point. Pardies , L 3. On apeíle nombres solides ceux qui proviennent de la multiplication d'un nombre seul par quelque nombre que ce soit. Pardies, /. 7. art. 37. SOLIDE , f m. [ Solidtts. ] Terme d 'Architecture. Massif. Corps plein. SOLIDE , f. m. f Solidum , profundum.] Terme de Maçon, qui se dit en faisant des fondemens, & li- gnifie Terre senne, stable & solide. ( Creuser jusques au solide. On a trouvé le solide. Fouiller dans le solide.) SOLIDE. \_Certum, stabile.] Ce mot se dit souvent au figuré. ( Aller au solide. C’est tendre à ce qui est de plus important. ) SOLIDEMENT, adv. £ Solide, sirmiter .] D’une maniéré solide. (Tous ces lieux paroissoient solidement bâtis. Voïez la description du château de Versailles , p. 26.) SOLIDEMENT. [ Firmis rationìbm. J Ce mot se dit au figuré. Exemple. (C’est un homme qui prêche solidement. C’est-à-dire , qui prêche d’une maniéré touchante , docte & édifiante. On dit aussi parler solidement de toutes choses. C’est-à-dire , parler de tout savanment! SOLIDITE'. s. s. [ Solidifia. ] Ce mot se dit des ouvrages d’Architecture. C’est la bonne & solide construction de quelque ouvrage de maçonnerie, ou d’Ar- chitecture. ( La solidité d’un mur. Savot. La solidité d’un bâtiment dépend de la bonté des fondemens, du choix des matériaux , & de leur emploi. Abrégé de Vitruve , p. 36.) $ SOLIDITE', signifie en termes de Pratique , engagement, obligation où sont plusieurs débiteurs de païer un seul pour tous une somme qu’ils doivent en commun. * SOLIDITE'. [Soliditas ,sirmitas,stabilisas.] Ce mot se dit également ou figuré. (C’est un esprit qui n’a nulle solidité. C’est-à-dire, qui n’a rien de fixe, ni d’arrêté.) SOLILOQUE , f w. Mot qui est tiré du Latin soliloquium & qui ne se dit proprement que d’un certain ouvrage de Saint Augustin , où ce Saint parle à Dieu d’une maniéré touchante, & pleine d’onction spirituelle. ( Les soliloques de Saint Augustin sont remplis de dévotes inspirations. ) SOLILOQUE. [ Soliloquium.] Veut dire aussi le discours d’un homme qui parle seul. Raisonnement qu’on fait avec soi-même. (II se p lai t à faire des soliloques. II y a des soliloques dans les tragédies. Acad. Fr.) SOLINS , ]'■ m. [ Intertignia.] Terme d’Architecture. Ce sont les espaces qui sont entre les solives, au dessus des poutres. f SOLIS GEMMA , .ou Girafol. Pierre précieuse de la nature des Opales , qu’on trouve en Egypte, en Arabie, en Chypre & en Galatie. Elle est somnifère.) SOLITAIRE , adj. [ Solìtarius .] Ce mot sc dit des lieux & signifie peu fréquenté. Eloigné du commerce du monde. Lieu sauvage & solitaire. Segrais, eglo-. gue » H SOLITAIRE , adj. [ Ab hominum convitlu remotus.] Ce mot se dit des personnes, & signifie. Qui ne fréquente personne, ou peu de personnes. (C’est un homme fort solitaire. C’est une jeune fille qui est sage & solitaire ' SOL 501 La vie solitaire est propre à fortifier les passions. Les Chartreux sont des hommes solitaires. Mes amis , dit le solitaire, Les choses d'icy bas ne me regardent plus » En qu’oi peut un pauvre reclus Vous ajjìster ? que peut-ìl faire ? La Font.) SOLITAIRE , f m. s Soins homo. ] Qui aime ia solitude. Qui entre peu dans le commerce du monde. (Les illustres solitaires du Port-Roïal, sont les lumières & les ornemens de notre siecle. II n’y a rien de plus rare que la vertu d’un vrai solitaire , & il n’y a rien aussi de plus inimitable. L’état du solitaire est un état violent pour l’homme.) SOLITAIREMENT, adv. [Solitariè.] D’une maniéré solitaire. En solitaire. (Vivre solitairement.) SOLITUDE, f f [Solitudo , Iocus desertus.] Lieu désert. Lieu qui n’est point, ou peu habité des hommes. ( O que f aime la solitude, C’est l’élement des beaux estrits. Votez S. Amant. L’ennui & la solitude où je me trouve ont fait en moi un bon effet. Vois. I. 26. II y a pour nous du danger dans la solitude , & il y en a encore plus dans la compagnie. Le Prestdent Coustn, Hist. Rom. C’est là que sans inquiétude On prend mille plaistrs divers, Tantôt dans une solitude On peut rêver à quelques vers > Tantôt fous un arbre tranquille Feuilleter Horace ou Virgile, Ou st votes voulez , Destreaux ; Tantôt pêcher dejsous- un saule, Ou bien un sustl sur l’épaule Déclarer la guerre aux oiseaux. P. Fabre.) SOLIVEAU,/ m. [ Tigillum.] Une petite solive. ( Soliveau pourri.) SOLIVES ,s f. [ Tignum. ] Pieces de bois qui servent à soutenir les planchers. (De bonnes solives. ) SOLSTICE,/ m. [ Solflicium.] Terme d’Astronomie & de Géographie. C’est le tems que le Soleil est dans les Tropiques. II y a deux solstices , le solstice d’hiver & le solstice d’été. On a le solstice d'hiver lorsque le Soleil est au Tropique du Capricorne, & alors c’est le plus court jour de l’hiver. Nous avons lesostice d’été lorsque le Soleil est au Tropique du Cancer, & alors nous avons le plus long jour de l’é- té. Voïez S fer a delSignor Picolominì. SOLSTICIEL, Solsticiele, adj. [ Solftitialis.] Qui est du solstice. Qui regarde le solstice. Qui apartient au solstice. (On dit les points Jôljìiciaux. C’est-à-dire, les points où le Soleil semble s’arrêter. Roh. Phis.) f SÔLTAM ,/ m. Espèce de sucre candi qui se fait au Caire. SOLVABILITE', / / [ Aptitude ad solvendum.J Etat dans lequel on a le moien de paier. ( Répondre de la solvabilité des Cautions. ) SOLVABLE , adj. [ Qui solvendo par est.] Qui est bon pour paier. Qui peut payer. Qui a de quoi paier. (II est solvable. Elle est solvable.) SOLUBLE î a st- [ Solubilií, explicabilis. ] Terme de Philosophie , èfc. Que l’on peut foudre & expliquer. (Proposition soluble. 11 n’y a point de problème qui ne soit soluble par l’Algebre. Son contraire est insoluble.) SOLUTION , / / C Solutio. ] Prononcez solucion. Terme de Chirurgien. Division qui est contre nature, ( Ainsi on dit. Solution de continuité. ) C’est-à-dire, une division des parties qui sont naturellement continues, & même qui sont naturellement contigiies. SOLUTION. [ Solutio , rejponsto.) Terme de Philosophie , de Téologie & d’autre science' dont on dispute. C’est la résolution de quelque dificulté proposée. (L* solution est bonne. Donner la solution á un argument, la solution de ce doute me parut claire. Bojsuet . Solution nette, aisée , ingénieuse , spirituelle, obscure , embarassée. 11 faut bien comprendre la solution pour presser d’avantage la personne contre qui l’on dispute.) Rrr 3 SOLU- 1 02 SOM SOLUTION d’un problème en Géométrie , c’est le moien de satisfaire à la demande qu’on a proposce. SOLUTION. [Solutio continui.J En Chirurgie, le dit Ae.a. [Dormitare.J Dormir légèrement . £ Le murmure des eaux invite à sommeiller. Racan. J On dit que le divin Homere sommeille quelquefois dan* fe* écrit*, f Aiiquando bonus Àormitat HomermJ SOM- SOM SOMMELERFE, s s. [ Vira celìa promptuarîa. ] Lieu dans une maison de qualité où l'on garde le vin de table. ( II est à la sommelerie.) SOMMELERIE. [ Cura ceila vinaria.) Art & profession de sommelier. ( Entendre la sommelerie.) SOMMELIER., / m. [ Cellarìvts , vìnì promus. ] Celui qui a soin de la dépense du vin. ( Un bon sommelier.) SOMMELIERE,// IVestiaria curatrix.) Terme de Religieuses Bernardines. C’est l’ofìciére qui a le soin des habits, des vivres , en un mot du temporel de la maison. SOMMER, v. a. [ Interpellare ad deditionem. ] Terme de Guerre. Ordonner , déclarer, ou faire déclarer qu’on ait à faire ce qu’on ordonne. (II somma les habitans de se rendre. Vaug. Quint. II somma les alliez de lui fournir des vaisseaux. Vaug. Quint,.') SOMMER, f Interpellare, appel!are.) Terme de Palais. Faire une sommation à quelque personne. (Sommer un juge de juger un procès qui est en état.) SOMMER , v. a. [ Summare. ] Ajoûter plusieurs nombres ou arrêtez d’un compte pour voir la somme totale. (J’ai sommé avec la plume.) Les pennes d'un faucon font sommées. Pour dire qu’elles font parvenues à leur grandeur naturelle. En Blason on apelle sommée , cette ramure de cerf dont on charge les écus. SOMMET, / m. [ Cacumen , vertex. ] C’est le haut de quelque montagne ou de quelque rocher. (Gagner ie sommet des rochers. Ablancourt , Rétorique , /. 4. Le sommet du mont avançoit sur le chemin. Vaug. Quint. I. 5. c. 4.) Sommet. [ Vertex capitis. ] Ce mot en parlant de la tête. C’est le haut de la tête. ( II avoit un toupet de cheveux blancs fur le sommet de la tête.) * SOMMET , se dit dans le stile sublime. (Le sommet de la gloire , le sommet des grandeurs humaines. ) C’est-à-dire, le comble de la gloire , des grandeurs. SOMMIER , / m. [ Culcitra major. ] Terme de Tapissier. C’est un matelas de crin. ( Pour être bien couché, il faut avoir un bon matelas, un bon lit de plume , & un bon sommier de crin au lieu de paillasse.) SOMMIER. [ Tubus mus.eus. ] Terme de Fafîeur A'Orgue. C’est la base & le fondement de l’orgue. (Le sommier de l’orgue doit être bon.) SOMMIER, s Coronis , coron a.) Terme à' Arehiteclu- re. C’est une piéce de bois plus grosse qu’une solive, & moins grosse qu’une poutre. On apelle aussi sommier la première pierre qui porte fur les colonnes , ou pilastres quand on forme un arc, ou quelque ouverture quarrée. SOMMIER de pressé. [ Tìgnum majus.) Terme à'Imprimeur en taille douce. Piéce de bois qui est fous le milieu de la presse , & qui la tient en état par le bas. Le sommier de la presse des Imprimeurs en lettres, c’est une piéce de bois où tient l’écrou. SOMMIER. [ Crititia pellk. ] Terme de Parchemins. Peau de veau qui est atachée avec des doux fur la herse, & sur laquelle on étend la peau de parchemin en cosse qu’on veut raturer. SOMMIER , / m. [ Pulvinarium magister. ] C’est un oficier chez le Roi qui porte les draps de pié & les carreaux dans la chapelle du Roi. SOMMIER. [ Equorum sarcinariorum pr test élus. ] II signifie encore un oficier qui a foin de fournir les bêtes de somme pour transporter le bagage lorsque la Cour fait volage. SOMMIER. [ Equmsarcinarius. ] Cheval ou autre bête de somme. (Ce messager a six sommiers.) SOMMIER. [ Summarium .] Terme de Finance. C’est un gros regître tenu par les Commis des bureaux des Aides. r f SOMMIERE, / / Sorte d’etofe toute de laine, qui fe fabrique à Sommiers en Languedoc. ch SOMMIERS , ou cofres de charge. Ce font de grands cofres faits pour être portez à la guerre , ou en voiage , fur des mulets ou des chevaux. SOMMISTE ' / m. C Summularius. ] Terme de la Ckanctlerie Romaine. C’est le principal Ministre de la Chambre pour l’expédition des bules, SOMMITE'. Voïez sommet, ì SOMMITE', / f. Terme de Botanique, C eft le SON 503 petit bout, la pointe , l’extrémité du haut des herbes, des fleurs , des arbustes, & des branches d’arbres. SOMNANBULF ,, s. m. & s [ Somnambulus. J Homme qui fe leve , & qui marche la nuit en dormant, & dont Mr. Vigneul de Marville raconte des choses surprenantes dans ses mélanges de literature. t SOMNIFERE, adj. [ Somniser .] Mot écorché du Latin , qui fe dit quelquefois entre les Médecins, & qui dans le stile ordinaire ne se peut dire qu’en riant. 11 signifie , qui fait dormir. ( Remede somnifère.) f SOMNIFERE, est aussi substantif. (Vous avez besoin d’un somnifère. Les somnifères font quelquefois dangereux. ) SOMPI, / m. Petit poids dont les habitans de Madagascar fe fervent pour peser l’or & l’argent. Le sompi ne pese qu’une dragme. SOMPTUAIRE, adj. [ Somptuarius .] Qui regarde la dépense. II n’est en usage que quand on dit des Loix somptuaires. ( Les Loix somptuaires ont été faites pour modérer la dépense & empêcher le luxe des citoiens. Les Romains, la République de Venise & quelques autres ont fait des Loix somptuaires.) SOMPTUEUSEMENT, adv. [_Sumptuo:è.~) Avec excès. Avec une grande dépense. Avec luxe. Avec magnificence. ( Ensevelir somptueusement. Vaug. Quint. I. 10. Vêtu somptueusement. Ablanc. SOMPTUEUX, somptueuse , adj. s Sumptuosus .] Excessif en dépense. Magnifique. Plein de luxe. (Somptueux ornement. Abì. C’étoit une Princesse fort somptueuse.) SOMPTUOSITE', / f. f Luxus , sumptuosa magnifi- centia.) Luxe. Excès superflus. Une grande, une incomparable , une étonnante somptuofité. II surpassait en somptuosité tout le reste des Barbares. Vaug. Quint. I. ;. SON. [ Suus , sua , suum. f Pronom adjectif pofsesìf qui fait à son féminin sa, Sc dont le masculin íepind avec les noms féminins, qui commencent par une voíelle. Exemples. ( Son épée est belle. L’étude fait toute son inclination. ) Que si les noms féminins commencent par une consonne , il faudra alors se servir du féminin sa. Ainsi on dit (Sa passion est grande. Sa gloire est immortelle. ) On emplaie son , devant les noms masculins, soit qu’ils commencent par une voielle, ou non. Son livre est bien relié. Son amour est grand. Son ascendant l’a fait sot & pédant. Voilà , dit-on , son panchant qui Remporte , Et de ses pasions en dépit de Ramour La chasse efl toujours la plus forte. Perr. Griseld.) SON, / m. [ Sonus , motus aerit tremulus. 3 Sentiment particulier qu’on a ensuite de l’impreffion que les corps qu’on nomme refonnans font fur les oreilles. (Le son ne consiste que dans un certain mouvement, ainsi qu’il fe voit lorsqu’on pince la corde d’un luth, ou qu’on frape un corps dur. Son grave, aigu, aigre, doux, obscur, sourd , discordant. Le son d’une cloche. Le son d’un verre. Le son d’une trompette. Le son d’une corde de luth , de guitarre , &c. Rendre un son. Entendre un son. Exciter du son. En touchant une petite cloche on fait cesser le son. Afoiblir. Diminuer. Etoufer le son. Augmenter le son. Donner du son à un instrument de musique. Corde qui fait un son agréable. II est dificile d’expliquer comment se sait le son des cloches. Elle acourt au son de l’argent. Ablanc. Luc. L’étain fin a bien un autre son que l’é- tain commun & le cuivre que le fer.) Prendre les lièvres au son du tambour. [ Lepores Jlri ~ dore timpani allieere.) Faqon de parler proverbiale, qui se dit lors qu’on ne fait pas une chose avec le secret qu’elle demande. jfjf Dans la prose & dans les vers, il faut tâcher ds n’emploier que des mots que l’on puisse prononcer fans peine, & qui sonnent bien à l’oreille. * SON. Ce mot au figuré entre en quelques façons de parler. Exemples. ( Flous saurions mieux vendre nos soas S’ils faisaient revivre les hommes Comme ils font revivre les noms , Voit. Poës. Le mot de son en cet exemple signifie vers & po'êst. Des sons / hauts U f hardis Sont mal acordans à ma lire, Voiture, Poësiss, Ls SON La Renommée & sa trompette N’ont que des sons vains tzf mortels. Voit. Poës.) SON f m - [ Fur fur. ] Terme de Boulanger. C’est ce qui reste de la farine lorsqu’elle est blutée. {Son gras. C’est cl u son où il y a encore de la farine. Son sec. C’est du son où il n’y a point de farine.) * -j- Ventre de son , robe de velours. Cela fe dit des personnes qui font bien vêtues & qui font mauvaise chere cjhez-eux. f SONATE , f f Terme de Musique. Piéce de violon , de flûte ou de claveífin, &c. composée ordinairement de quatre morceaux de Musique, dont les mouvemens font alternativement lents & vites. SONDE, f f. [ Specïllum. ] Terme de Chirurgien. Instrument rond & long dont le Chirurgien fe sert pour sonder les plaies , ou pour sonder la verge. SONDE. [ Bolis exploratorìa.) Terme de Commis aux portes. C’est un fer emmanché de bois dont fe sert le commis pour discerner les marchandises qui entrent. (Fourrez votre fonde dans ce chariot de foin pour voir s’il n’y a point de marchandise de contrebande.) SONDE. {Bolis.) Terme de Mer. Masse de plomb en faqon de quille , ou de piramide qu’on atache à un long cordeau , qu’on apelle ligne , & qu’on fait décen- dre dans la mer pour reconnoitre la nature du fond de la mer & la profondeur du parage où l’on est. ( Jeter la fonde. Naviger la fonde à la main. Etre à la fonde. C’est-à-dire, être venu jusques à un parage où l’on trouve fond. Venir jusques à la fonde. C’est quêter le large de la mer & venir jusques à un endroit où l’on trouve le fond avec la fonde.) SONDER , v. a. { Explorare maris altitudinem nau- tìco perpendiculo. ] Tâcher à connoître la profondeur de quelque eau. (Sonder un fleuve, une rivière, un gué. ) SONDER. [ Vulneris altitudinem specillo tendere. ] Terme de Chirurgien. C’est mettre la fonde dans une plaie pour en connoître la profondeur. ( Sonder une plaie. Pasc. liv. 2.) SONDER, v. a. {Mercesexplorare.'} Terme de Com. mis aux portes. C’est découvrir par le moien de la fonde, s’ii n’y a point de marchandises de contrebande } )armi celles qui entrent dans la ville. ( Sonder un ba- Ût. Sonder un char de foin, ou de blé, &c.) * SONDER. [ Tenture , pertentare , jcrutarì. J Tâcher de découvrir avec esprit le sentiment d’une personne. Tâcher à démêler ce qu’une personne a dans le cœur. Elle le veut sonder fur son mariage. Molière. Sonder le dessein de quelcun. Ablanc. Tac.) * SONDER le gué. [ Tentare vadum. ] Au figuré. Voïez Gué. SONDER. {Maris altum explorare.'] Ternie de Mer. Ce mot fe dit dans un sens neutre, & signifie jeter la fonde. ( Lorsque nous fumes près de la côte, nous nous résolûmes de sonder.) SONDEUR , si m. [ Explorator, ìndagator. ] Celui qui sonde. SONGE, si m. [ Somnium, visium. ] Mouvement de l’imagination qui lorfqu’on dort représente aux sens quelque objet qui cause quelque impression selon la nature de la chose représentée. Rêve. ( Un plaisant songe. Un méchant songe. Si les songes sont des mensonges , ils disent vrai quelquefois. Les songes sont trompeurs. 11 s rendirent grâces aux Dieux qui avoient envolé le songe. Ablancourt, Rétor. I. 4. c. 22. II lui sembloit que c’étoit un songe. VaUg. Quint. I. 4. Puisque je n’ai pas de solides plaisirs, laissez-moi vivre de mes songes. Bens. Poes. II lui étoit aparu en songe. Flec. Theodose. Le parasite goûte les plaisirs de la vie, fans être seulement travaillé de mauvais songes. Ablanc. Luc. parasite. * Et la gloire U la renommée Ne sont que songe U que fumée. Voit. Poës. Tout me parlait de vous , la nuit mere des songes M enfaisoìt quelquefois d’agréables mensonges, Mais hélas qu’un visage a de puissans atraits Four . exprimer aux yeux £ç? réchaufer ses traits Epure d’Ovide.) £jf Les Anciens portoient la superstition jusque croire que les Dieux les avertissoient de ce qui det leur arriver, & de ce qu’ils dévoient faire dans SON certaines ocasions ; & pour faire connoître qu’ils agis. soient ou par l’ordre de quelque Divinité, ou ensuite de quelque songe , ils se scrvoient de ces quatre ex- pressions : Ex imperio. Ex pracepto. Ex jujju. Ex vi. Ju. Que Ton trouve dans une infinité d’Inscriptions. Ces mots, Ex imperio, faisoient connoître que Ton exécutoit le commandement d’un Oracle ; car il faut scusentendre Deorum. Les autres expressions déno- toient un songe , & la maniéré dont les Dieux s’é- toient expliquez pendant le sommeil de celui qui avoit songe. Quoique les gens de bon sens , & qui ont quelques notions des sciences , soient persuadez que Ton ne doit point ajouter de foi aux songes, cependant quand ils ont du raport aux choses qui nous touchent de près, on ne peut s’empêcher d’en ressentir les impressions de crainte ou de joie que le songe a formées. Mr. Corneille nous en donne dans son Polyeuíie une idée très-ingenieuse & très-véritable. Nearque voiant Polyeucte chancelant & embarassé du parti qu’il doit prendre à cause du songe que Pauline avoit fait, dit à son ami : Quoi, vous vous arrêtez aux songes d’une femme, De si foibles sujets troublent cette grande ame, Et ce cœur tant de fois dans la guerre éprouvé, - S’allarme d’un péril qu’une femme a rêvé? Polyeucte lui répond : Je sçais ce qu’est un songe , le peu de croiance Qu’un homme doit donner a son extravagance, Qui d’un amas confus des vapeurs de la nuit Forme de vains objets que le réveil détruit ; Mais vous ne sçavez pas ce que c’est qu’une femme, Vous ignorez les droits qu’elle a fur toute l’ame, Quand après un long-tems qu’ëíle a feu nous charmer, Les flambeaux de l’bymen viennent de s’cdumer. Homere fait valoir les songes dans son Iliade , & dans son Odissée ; & quoique la plupart des gens sc soient désabusez, & qu’ils aient dit avec l’Auteur du Roman de la Rose: Maintes gens vont disant qu’en songes Ne font que fables fsi mensonges ; Mais ou peut tel songe songer Qui pourtant n’est pas mensonger. le hazard a quelquefois donné du crédit aux songes. Xenophon raconte dans fa Retraite des dix mille, liv. 4. n. 2. que s’étant engagé avec l’armée qu’il conduisent , dans des lieux dont l’issuë lui paroiffoit très-di- ficile , il songea qu’il étoit enchaîné , & que tout à coup ses chaînes se rompirent ; ce qu’il alla dire dès le point du jour à Chirisophe qui s’en réjouit. En éfet, par un bonheur imprévu , il évita le danger dont il ne croioit pas pouvoir sc garentir. Léon de Modéne raconte dans son Traité des Coutumes des Juifs , que les Juifs croient absolument aux songes, fur ce qu’il est dit dans l’Ecriture touchant Jacob, Joseph, & Pharaon , Nabuchodonosor, Daniel, & autres, & particulièrement de ce qu’il est dit dans le chap. 55. de Job, vers. r;. Pendant les songes, dans les visions de la nuit, lorsque les hommes font acablez de sommeil, fsi qu’ils dorment dans leur lit. Sur tous ces fondemens, ils ont tant de foi pour les songes, que si quelqu’un en fait un désagréable , & qu’il lui cause de l’ennui ; particulièrement quand le songe se raporte à une des quatre espèces que les Rabins ont expliquées, ils ont acoûtumé de jeûner ce jour-là dans toutes les formes des jeûnes les plus rigoureux; jus- ques-là qu’ils ne jeûnent le jour du Sabat, ou de quelques autres fêtes , que lorfqu’ils ont fait quelques songes dont ils craignent la fuite. Le même Auteur ajoûte cette particularité assez singulière pour n’être pas oubliée, qui est que le soir du jour que l’on jeûne , celui la quête , le défaut, la retraite. Sonner un mot ou deux du gros ton. C’eít quand le piquent donne le lignai a quelcun de les compagnons pour le faire venir à lui. Sain.) SONNER, v. n. [Venditare inflativi operam.] Ce mot au figuré, se dit des choses & des actions, & lignifie publier & faire valoir. Parler avec estime & avec passion SON 505 de quelque chose qu’on a fait, oU qu’un autre a fait. ( II fait sonner bien haut le service qu’il lui a rendu» Ablanc. Luc. C’est faire sonner bien haut une chose qui ne mérité pas qu’on en parle ) SONNER , v.n. U sc met quelquefois avec une négative , & il signifie ne rien dire. Il ne {benoit mot en prenant ses ébas. La Font. Contes , f NihF quidquant mutire aufus efi.] C’est-à-dire , il ne disoit mot. * SONNER, v.n. [Suaviter ad atires resonarC.] íi se dit des choses qui frapent agréablement l’oreille. (Ceí Vers, cette période, sonnent bien á l’oreille.) SONNERIE , f. f [FEris campani clangor , tínnitus.j Le son des cloches Lu grosse sonnerie , c’est le son des grosses cloches. La petite sonnerie , c’est le son de deux cloches qui sont plus petites que les grosses. Ce mot de sonnerie sc dit en parlant d’enterrcment. (On dît. La grosse sonnerie coûte le double de la petite sonnerie. Demander la grosse ou la petite sonnerie. 11 a eu la grosse sonnerie. II n’a eu que la petite sonnerie.) SONNERIE. [Horologii apparatus.J Ce mot sc dit est parlant d’horloge. Ce sont toutes les roués & le timbre d’une horloge. (Sonnerie fort bonne & bien faite.) SONNET , f. m. [Tetradicajìichum.] Poème de quatorze vers divisez en deux quatrins de deux rimes semblables & en autant de tercets , dont le dernier doit finir par quelque chose d’ingenieux; & cette forte de sonnet s’apelle sonnet reguher. 11 y a outre cela des sonnets licentieux, des sonnets boiteux, & des sonnets en bouts rimez. Les sonnets licentieux , ce sont ceux quin’ontpas deux quatrins fur les mêmes rimes. Les sonnets en bouts rimez ce sont ceux dont on a donné les rimes & qu’on a remplies. Les boiteux, ce sont ceux qui n’ont pas autant de sillabes à l’un ou à l’autre de leurs derniers vers, qu’ils en ont aux autres du corps» J’ajouterai en peu de mots la définition du Sonnet, son origine & son progrès. Le sonnet, selon Col. letet, est un petit poème de quatorze vers divisez est quatre couplets, dont les deux premiers font de quatre vers chacun , & les deux derniers de trois vers. La définition des Académiciens de la Crusca n’est pas juste: ils disent que le sonnet est J}»z-c di poejìa lyrica in ru ma continuamente di quatordici vers! di undeci syllabe » car ce n’est pas donner une idée de la Forme particulière du sonnet. Du Bellay dérive le terme sonnet du Latin sonare > & c’est aussi 1e sentiment de Vauquelín sit Fresnaye : De son se fit sonnet , de chant st fit chanson , Mr, Ménage est dans ce même sentiment : & nous aprenons de Ronsard , dans une de ses Elégies, que de ion tems sonner (ignifìoìt versifier : Après amour la France abandonna, Et lors Mortelle heureujement sonna D’une voix humble d’une voix hardie La Comédie avec la Tragédie. Quant à l’origine du Sonnet, les François & les Ita- liens s’atribuent l’honneur de son invention, & ceux-ci allèguent le témoignage des Poètes François ; en éfet, Joachim du Bellay a dit dans une de ses Odes; Par moi les grâces divines Ont fait Jonner assez bien Sur J es rives Angevines Le Sonnet Italien . Ils allèguent encore ce premier vers de Pétrarque; Voi ch’aj'coltate in rime Jparfc ilfuono » Enfin Mr. de Sainte Marthe a dit dans ses Poésies ; Graves Sonnets que la doíle Italie A pour les fiens les premiers enfantez Et que la France a depuis adoptez Vous aprenant une grâce aclmtplie. Mais pourquoi nous priver de l’honneur qui ntms apar. tient légitimement, ou du moins aux Poètes Provençaux, comme la Fresnaye le reconnoît par ces vers de son Art Poétique : Les Sonnets amoureux des tançons Provençales Succédèrent depuis aux marches inégales Dont marche l’Elegie , Et ailleurs : A leur exemple prit le bien disant Pétrarque De leurs graves Sonnets ïancienne remarque i Ex récompensé il fait mémoire de Rambaud , De Foulques , de Raimond , de Hugues N Arnaud . Tome III. Sss Mais ço6 SOP Msis pour trancher cette dificulte , Mr. le Président Fauches nous fournit une preuve incontestable de 1 origine du Sonnet, en raportant cet ancien vers du fameux Tibaud Comte de Champagne ; En maint Sonnet U mainte recordée. Et comme ce Président, ainsi qu’Henri Etienne, conviennent que le Comte Tibaud a chanté ses amours fous Je régne de Saint Louis long teins avant la naissance de Pétrarque, il faut necessairement conclure que l’origi- ne du Sonnet est toute Franqoife. 11 est vrai qu’il reste encore à savoir si ce sont les Poètes Provençaux, ou les autres Poètes François ; mais quoi qu’il en soit, les Italiens ne doivent pas s’atribuer la gloire de l’invention. On fut d’abord si enjoué de cette nouvelle foi me de poésie, qu’il n’étoit point de Poète qui n’en fît pour s’aquerir de la gloire : mais le grand nombre de mauvais Sonnets en fit perdre P u sage , & ils f’eroient peut- être encore dans i’oubli, si le Cardinal du Perron, Ber. taud Evêque de Sées , & Malherbe ne leur eussent donné une nouvelle vie. A u reste, l’ouvrage est très- dificile ; il faut remplir quatorze vers fans s’écarter de l'on objet, & l’adreil’e consiste a mener insensiblement & par degrez le Lecteur au point que l’on s’est proposé. On languit souvent dans le chemin, & souvent aussi on trouve au bout de la carrière de la glace au lieu de ce feu que îe Poète devoit exciter par la chute heureuse de fa pensée Nous avons vû une eípece de sonnets que l’on apelloit Ilouts-riinez, faire l’empiessement de ceux mêmes qui n’ont aucun talent pour la poésie: mais cet empressement est entièrement cessé. SONNETIER , f m. [c amfavuuirum ofifex .] Ouvrier qui est réuni au corps des fondeurs & qui fait des gre- Jos & des petites sonnettes pour les mulets. (C’est un des meilleurs fonnetiers de Paris.) SONNETTE, f f [Cymbalum.\ Sorte de petite cloche de cuivre, d’argent ou de vermeil doré. (Une jolie sonnette.) SONNETTE. [ T iules dufiiìis fijìuca. J Terme d’Ar. thìteHure. Machine pour enfoncer des pilotis. SONNEUR > f m. [Camfanarumfulfitor.'] Celui qui sonne les cloches pour avertir de i’ofice, qui sonne pour Jes morts , & qui carillonne les jours des bonnes fêtes. (Païer les sonneurs. 11 faut tant pour chaque sonneur.) SONNEUR de cor four la chasse. [Qui cornu clangit.'] Celui qui sonne du cor, ou de la trompe pour la chasse & qui aprend aux autres à en sonner. (Le sieur Baptiste est un des meilleurs sonneurs de cor de Paris.) SONNEZ, f m. [Bis sex,'] Terme de jeu de Tri- sjuetrac, quand on amene deux fois six. (Tu voiois toits tes biens au fort abandonnez Devenir le butin d’un fique ou d’un sonnez. Despr.) t SONORE, adj. [Sonorus , jucundus , grains, re- fonans .3 Ce met est écorché du Latin. II signifie qui a un son agréable. (Une voix sonore.) f SONORE, se dit aussi des lieux qui rendent bien la voix, qui sont favorables à la voix. (Cette Eglise est sonore.) SOPHI, >«. [ Scphnu. ] Prononcez Sojî. Titre qu’on donne aux Rois de Perse & qui signifie. Celui qui abandonne le monde pours’apliquer aux choses divines. Sage. (On parle qu’on va faire imprimer une histoire des Sophis de Perse.) SOPHISME, f m. [Sofhifsna.'} Terme de Logique. Prononcez Sojìsme. Mot qui vient du Grec, & qui veut dire invention adroite & subtile ; mais en notre langue ce mot de sophisme se prend pour un faux raisonnement j pour une maniéré de mal-taisonner. (On réduit tous les sophismes à huit, ou neuf. Voïez la Logique de Monsieur le Bon , ;. fart, cb.%. Sophisme subtil, ingénieux, grossier. Oui fans seine au travers des sophismes de Claude , Arnaud, des novateurs tu découvres la fraude. Despr.) SOPHISME. [ Cafticja argumentatio , cavillatio. ] Source de faux jugement, de tromperie, d’erreur & d’illufion. (JR? a des jofbìfnies dl amour frofre , d’intérêt & de fajjum. C’est-à-dire, que l’amour propre , l’interêt & la passion obligent souvent les hommes à se tromper dans leurs qugemens & dans leurs railbnnemens. lly a des JofiiJmes du caur. C’est-à-dire , des illusions & des éga- remens du cœur 11 y a encore d’auires sophismes dont 1 un s apeile le sophisme de l’autoricé, & l’autre le so- SOR phìsme de ia maniéré, Voïez la fart. de la Logique de Port-Roial , eb. 19.) SOPHISME. [ Tecbna,fattacia .] Fausse subtilité. Chicanerie fine & subtile. (Entendez de quelle maniéré on se démêla de tous ces sophismes. Patru , 4. flaidoié fag. 66.) ' SOPHISTE , f. m. [Sofhijia.2 Mot qui vient du Grec, & qui dans la langue Grecque se prend en bonne part! II signifie Réteur. Homme éloquent & subtil. (Je serai ravi d’oiiir ta Rétorique; on dit que tu es un grand Sophiste. Abìanc. Luc. 11 y a plus d’aparence d’atri- buér ce favorable succès aux prières de Flavien qu’à l’éloqoence d’un Sophiste. Mauc. Pref. fur les Homel. de S. Cbrifofi. Eunapius a fait la vie des Philosophes & des Sophistes. Libanius est l’un des plus célébrés So- phistes.) SOPHISTE. pSofbiJìes."} Ce mot en notre langue se prend toujours en mauvaise part, & signifie un homme qui trompe par de fausses raisons. Qui fait des sophis» mes. Defyr. Remarq. fur Longin , m 4. f. 96. (C’elì un Sophiste.) ^ SOPHISTIQUE, adj. [ Caftiofus , fallax. ] Captieux. Faux. Qui tient du Sophiste. ( Argument sophistique, Abìanc. Luc.) SOPHISTIQUER, v. a. [ Adulterare , cormmyere, ] Falsifier. t,La plupart des cabaretiers sont des perfides, ils sophistiquent tout leur vin, ou du moins la plus grande partie.) SOPHISTIQUE RIE , f. f. [ Adulteratio , fucus.'} Mélange de drogues, de marchandises mauvaises qu’on fait passer avec les bonnes. (Les Droguistes & les Cabare- tiers font des grandes fofhijliqueries ,) SOPHISTIQUEUR , J. m, ['Adulterator, mangoi] Qui vend des drogues fausses, altérées & corrompues pour debonr.es. (Tous les Cabaretiers de Paris sont desjè- fbìjiiqueurs .) SOPORATJF 1 IVE, adj. [ Somnifer . ] Qui endort, qui a la force & la vertu d’endormir. (L’Opium cfc le Laudanum sont de grands soporatifs. * Les mauvais Sermons de l’AbéN.... sont auísi de puissans soporatifs.) SOPORIFERE, adj. II vient du Latin,/« priser, & ne íè dit qu’en parlant de remedes. 11 signifie, qui fait dormir. (II a une vertu soporifère.) SOPORIFIQUE, adj. Ce mot se dit entre Philosophes, & est écorché du Latin J’oforifer. 11 signifie qui fait dormir, qui endort. (II y a dans le pavot une vertu soporifique. Le Bon, Logique , 5. fart. ch. 17.) SOPRA-PROVE'DITE U R , f m. [Supremm Pro- vìjòr.2 Magistrat de Venise, qui veut dire Surintendant . Arnelot, Hijioire de Venise. SOR. Voïez foret f lus bas. SORBE , J. f. [ Sorbus .] Fruit de sorbier. Uyades sorbes rondes, ovales en forme de poire ; mais les plus excellentes sont celles qui ont des feuilles molles & délicates autour de la queue. (Les sorbes seches resserrent le ventre. Les sorbes sont astringentes, mais elles le font moins que les nèfles. Da 'ech .) SORBET , forbec, f m. [ Sorbitum. ] L’usage est pour sorbet. C’est une sorte de boisson agréable qui nous vient du Levant. (Boire du sorbet. U est composé de sucre & de chair de citron.) SORBIER , f. m. [Sorbus fativa .] Arbre grand & droit qui a le bois massif & coloré, qui s’aime aux lieux humi les. (Un sorbier mâle. Un sorbier femelle.) SORHONIQUE , f f. [ Aclus Sarbonicus. ] Acte de Théologie, ainsi apeile, parce qu’il se fait toujours ea Sorbonne. 11 dure depuis six heures du matin jusques à six heures du soir, & l’on y soutient la Théologie Scho- lastique. Cet acte s’ouvre tous les ans le premier Vendredi d’uptès la Saint Pierre. La premiere Sorboniqus se fait par un Cordelier, & s’ouvre par une harangue du Prieur de Soi bonne, & la dernière Sorboniqus se soutient par un Jacobin, où le Prieur de Sorbonne harangue aulli. (Faire sa Sorbonique. Bachelier qui a fort bien répondu dans fa Sorbonique.) SORBONNE , f f [Sorbona dontur.J Maison de la faculté de Théologie de Paris. Le mot de Sorbonne se prend aussi pour toute la faculté de Théologie, à cause que les assemblées de tout le corps sc font dans cette maison , & que tous les Bacheliers des autres maison* de la faculté sont obligez d’y faire leur Sorbonique. (Le Cardinal de Richelieu a fait bâtir la maison de Sorbonne. Etre logé en Sorbonne. Etre Docteur de Sorbonne. SOR ÎW DSk amis, la Cour , Is Barreau, la Sorbonne, Croiront votre doHrine N la feule U la bonne. ÍVladem. de la Vigne.) SORCELERIE , f f. [ Magices, incantamentums Sortilège. Cri nie que les sorciers , ou sorcières font parmi les tenebres en invoquant tes démons. Bodin , Déimnomame , /. i. c b. r. U 4. (Etre acuse de sorcele- rie. II y a en cela de la sorcelerie. * Cet art semble avoir un peu de sorcelerie-. LeChe. valier de Merí, Conversations.') SORCIER, J. m ( Magus, ven eficus , frajtigiator .2 Prononcez Jbrcié. Celui qui dans la créance où il eltdu pouvoir des démons, s’efforce de faire quelque chose par des moiens diaboliques. (Un franc sorcier. Un c!e- teilable sorcier.L. s sorciers invoquent les malins esprits. Le Parlement de Paris ne reconnoit point de sorciers. Le peuple, qui souvent juge de travers, a acul’é plu-' sieurs grands hommes d’être sorciers. Voïez l'Apologie 1ieNaudé. 11 y a des lieux où l’on brûle les sorciers. C’est un insigne sorcier. L’Eglise reconnoit des sorciers & des sorcières, & les excommunie tous les Dimanches.) SORCIER , sorcière, adj. [Venesicus.J (II y a plus de femmes sorcières que d’hommes sorciers. Thiers,fu. fers. cb. 14.) SORCIER , sorcière , adj. j] Prœjiigiator. 3 Qui enchante. (Gagné d’une sorcière flamme , J’avois r,ih les clefs de mon ame En la garde de ce voleur. Voit. Poés.) SORCIER se dit proverbialement en quelques phrases. II elt sorcier comme une vache espagnole. [Nibil in~ filitum fuit. ] Pour dire qu’un homme ne fait rien d’extraordinaire. II ne faut pas être grand sorcier pour cela. j jNon magna opus eìi ivdujirtâ. ] C’ell-à-dire, il ne faut pas beaucoup d’esprit pour réussir dans cette afaire. On dit d’une femme vieille, laide & maligne. C’est une vieille Jorcu-re qui en fait bien long. [ìwtás ijia mu. lier ejl plus scia s SORCIERE, s. f [ Venesca millier. ] C’est celle qui par des moiens diaboliques croit venir à bout de quelque choie. ç Une infâme sorcière. On condamne les sorciers & les sorcières a être brûlez. Bodin a composé lin livre qu'il apelie Démonomanie, II y parle des sorciers & des sorcières d’une maniéré savante , mais un peu ennuituse par fa longueur.) SORDIDE , adj. [Avarus, tenax , sordiduss Ce mot se oir des choses & des personnes , & veut dire. Honteux, bas, & méprisable. (Avarice sordide. Patru , plaid. 1. Tomber dans une sordide pauvreté. Patru , plaid. 5. Avare sordide. Abl. [Praparcus homo.] C’est- à-dire. Avare, infâme & vilain , qui ne songe qu’à ménager & a faire d u gain.) * SORDIDEMENT, adj. [Sordìdè, prxparcè.] D’une maniéré (druide. (Etre sordidement vêtu. Patru, plaid. 3. Vivre sordidement.) SORDIDITE', f.s. [ Sorditudo.] Mesquinerie. (Cet homme est par tout blâmé pour sa sordidité.) Je n’ai trouvé ce mot que dans Danet : ni Furetiére, ni l’Académie n’en font aucune mention. SORER , forir , v. a. [t’umo exjìccare.] A Diépe, où l’on fore force harans , on dit forir s mais à Paris on dit forer, C’est palier au travers de la tête des harans un petit bâton qu’on apelie ame , les ranger à quelque distance les uns des autres , le pendre dans un lieu destiné pour les forer, & faire dessous un petit feu qu’on ménagé adroitement jusques à ce que les harans soient tout-a-fait forez. (Sorer des harans. Harans bien ou mal forez.) SOR F. T [I n fumât us, fumo Jìccatus. ] Epitéte qu’on donne aux harangs qu’on a fait lécher, & qui se mangent à déjeuner, isslarang foret, Voïez barung.) SORS,/w. Minerai grossier, poreux , noir, gros, d'une odeur puante, & d’un goût ítiptique qu’on trou- voit autrefois dans les mines de cuivre en Egypte. SORIN , f. m. [Harengorum funugator. ] Celui qui fait fart de forer les harangs. Ce mot de forin ne s’en- tend point à Paris, & ce n’est qu’à Diépe ou il est usité. SOR N P T T K 1 f f- [ lAuga, ineptia, g erra J Conte. Faribole. Bagatelle. Folie. (Plaisante sornette. Dire, raconter des sornettes. Conter des sornettes, SOR 507 fe pajfe Us nuits entre Us pots U Us sornettes:. Main. poés. Jl ne nia fait qiiun Poète à sornette. Scaron, poésies. Et ce qui nia fait vint fois tomber de mon hauts C’ejt de vous voir au Ciel élever des sornettes Que vous déjavoûriez ,.Js vous les avies faites. Mol.) SORNOIS , Jbrnoife. Voïez sournois. SORT , f m. £ Sors. j} C’est un jet qu’on fait pour voir à qui quelque chose arrivera. ( Jeter au sort. Ils les tirèrent au fort, & 1 s fort tomba íùr Mathias. Port «, Rdial, AH. des Apôtres.'j £jf Nos Ancêtres s’emparérent, dans les pais qu’ils avoient conquis, de la meilleure partie des terres, qu’ils partagèrent entr’eux comme le fruit de, leurs conquê. tes ; le sort décidoit de ces partages, & dans la fuite, ces portions furent apellées fortes. SORT. [Sors, futalis necejjìtas.] Hazard. Destin. Destinée. (C’est le sort de la guerre. Nous acuscrons le sort de toutes nos imprudences. Le Clerc. Au fort d’être cocu son ascendant E expose , Molière. On doit regreter fa mort „ Ami fans acufer le sort De cruauté , ni d*envie. Main. Poésies. Sans trop ni inquiéter des afaires du monde , J’m laijfe la conduite au sort. iknsetade. Amìnte ,Jì je meurs peur vous , ]\lon sort me semblera trop doux. Peliffon, pièces galantes. Dequoï sert votre éclats a iheure de la mort ll ne peut ni changer , ni retarder le sort. Louis.) {f SORT. Les Païens curieux d’aprendre l’avenir, établirent deux maniérés des’en instruire; la prémiére fut en consultant les Oracles; & la seconde, en se servant du sort; c’est à-dire, à proprement parler , en consultant la fortune, & le hazard. Plusieurs Auteurs ont expliqué les circonstances que l’on observoit pour tâcher d’obliger les Dieux & la Fortune de découvrir leurs secrets. Monsieur de Fontenelle nous en adonné dans son Traite des Oracles, une idée expîiOàée avec cette précision, & cette élégance qui lui sont íi naturelles. J’ajoûterai seulement qu’il est si vrai que la superstition du fort a subsiste pendant long-tems dans le Christianisme, que nous volons encore souvent le Peuple user du sort pour découvrir l’avenir , & que l’on a même vú des personnes éclairées & habiles, donner dans cette erreur; en voici un exemple tiré de l’une des ferres d’Ëstienne Pasquìer, où il raconte à Mr. Bigot, l’épreu- ve qu’il avoir faite du fort Virgiim dans le teins de la naissance de son tìls. Car „ citant fa mere au travail,,, il me souvient que les Romains voulant Ravoir quel,, sort estoit avenir , l’apptenoient du hazard des vers „ de Virgile, qu’ils appelloient fortes Virgilianm. £t„ ainli que nos premiers peres François failoient le,, semblable furies Livres de la Sainte Ecriture; par „ quoi nie voulant en cette doute consoler, & li voulez „ que je die , conseiller avec les Livres , je commandai,, a mon Clerc de m’apporter le premier qui lui tombe- „ roic és mains. Aussi tost dit, aussi toit fait ; il m’ap- „ porte le livre d’Ovide , dans lequel sont compris les ,, amours & ses epistt es. Adore poursuivant mon entre-,, prise pour Ravoir li m 1 femme autoit sa prompte dé-„ livrance, ce que je deíirois, je designe dans moi la „ douzième ligne sor laquelle je jette mon fort à fou- „ verture du livre. Pour le faire court, je tombe sor ce „ carme de la Lettre de Didon à Enee , nulia mora , en „ wnio s & ainsi trompant ma crainte d’un songe , j’ai „ nouvelles tout aullì-tost que ma femme estoit délivrée,, d’un enfant sain & dru , comme li sor la rencontre de,, ce vers il fut venu à point nommé; parquoi après,, avoir caresse ce nouvel hoste , ainsi que l'instinêt de„ nature me scmonnoit, & fait tous mes tours, je re-„ tourne soudain me conseiller sor la longueur de la vie, „ & tombe en l’Epitre d’Aconte à Lipide, sor ce vers ; Servatur faciès ijia fruenda mihi. „ Vous moquez-vous ? me direz-vous. Non certes,,, & si jc vous mande à autre intention, sinon a lin que,, Tome IH. $ss a „voas 508 SOR vous en moquiez. Mais pour vous achever mon con- te, comme vous sçaveZ que c’étoit la coutume des " yièux crades de tromper toujours leurs hommes par l\ un mot â deux ententes , voulant m’informer de fa ''fortune par le nombre septénaire comme le plus par- ' fait, je trouve pour septième vers d’un feuillet de ’’ la Lettre d’Helene à Paris ; „ EJì virtus plaatis abjììnuijse bonis. „ Hé vrayement ( dis-je lors ) me voicy payé. " En éfet, il porta fa curiosité trop loin; il fut peu satisfait d u fort & d’une rencontre íi obscure; cependant il ne fut point désabusé de son erreur superstitieuse ; & pour prévenir la raillerie de son ami, il lui dit, „ je vous ,, prie de rire de ceci, tnais non pas de moi, ni de ce ,, quej’en ai fait, ains fans plus de la folie de tels íorts „ ausquels je n’ajoûte nulle foy ; “ & c’elt ce que l’on íie fçauroic croire, du moins on fe sent persuadé qu u confervoit encore quelque reste de l’ancienne superstition. Au reste, les Païens traitoient ferieufement l’afaire desserts, tâchant de prévenir les évenemens fâcheux par des Sacrifices & des prières , comme il est établi par deux Inscriptions reportées dans Gruter. SORT. [Venesicium, maleficìum .] Sortilège. Charme* (On a jetté un fort fur son bétail.) SORT. [Son.] Terme de Palais. C’est la somme principale. (Les propriétaires des rentes feront remboursez du sort principal. Les usures justifiées fe déduilent fur le fort principal.) SORT. [Eventas, casus .] Incertitude des évenemens. (Ce Capitaine a voulu encore une fois tenter le fort désarmés.) On dit encore, le fart en ejt jetté. [Statuts, res eji ,J Pour dire la chose est résolue. SORT. [Fortuna,fatum .] Se dit poétiquement de la vie, de la fortune, de la destinée & de la condition des hommes. (C’est le fort des grands hommes d’être persécutez par i’envie.) £§ Mais peut-on dire après Mr. de Corneille dans son Pompée, act. z.fc. %. Et d’un peu de poussière élever un tombeau A celui qui du monde eut le fort le plus beau. Le terme fort ne signifie point une fuite d’actions grandes & heureuses, mais un malheur fixe & certain. Avoir eu un beau fort, c’est avoir vécu & fini avec beaucoup d’honneur & de bonne fortune. La mort de Pompée íut très-malhdfcreufe. Ce mot fort est emploié par le même un peu plus bas : La tyrannie eji bas , [f le fort a changé. C’est-à-dire, que Cette puissance sécrété & cachée qui gouverne toutes choses, a cessé défavoriser Pompée, & s’est déclarée en faveur de César. SORT ABLE, adj. [ Proprius , aptus, convenions .] Convenable. (Le parti n’est pas fortable. Pour faire un bon mariage, il faut que les partis soient fortables.) SORT E,ff [Genus,jpeciesf) Espece. Genre. Maniéré. (Je vous souhaite toute forte de bonheur, & non pas toute forte de bonheurs s parce que toute forte veut un singulier. Vaug. Rem. Dieu vous preferve de toutes fortes de maux. Paug. Rem. & non pas de toute forte cernai , perce que toutes fortes au pluriel fe construit avec uN pluriel. Vaug. Renì. On soufre aux entretiens ces fortes de combats , Pourvu qii’à la personne on ne s’ataque pas , Mol. II n’y a forte de foin qu’il n’ait pris, & non pas prise parCe queprií fe raporte à foin, & non pas k forte, & que c’est en cet exemple íe génitif qui donne ia loi. Vaug. Reni. On ne travaille plus de cette forte-là. CeS sortes de chapeaux ne font plus à la mode ) SORTE, f Condìtìo,ordo. J Qualité. Condition-. IÌ trouva un homme de fa forte. Quand un valet est insolent , on fait comment il faut traiter un homme de fa forte. De la forte, adv. C’est-à-dire, de cette manìére-là. De là forte n - se met qu'après qu’une chose vient d’être dite , ou faite. Par exemple > un Historien venant de raporter Une harangue d’un Général d’artnèe , dira ; Aìant parlé de là forte , il fit donner. Vaug. Rem. De cette forte, adj. [Hoc pafio, eo modo.J C’est-à-dí- re, en cette maniéré. De cette forte fe met avant qu’une chose loit dite ou faite. Ainsi on dit, il commenca à parler de cette forte. Vaus;. Rem. De telle forte, adv. [Itajc.) De telle façon. De tel- SOR íe maniéré. ( On l’a batu de telle forte , qu’ìl est en grand danger.) De forte que, adv. [Ita ut, adeo ut. J Conjonction qui régit l’indicatíf. (Tout ici-bas n’est que folie, que vanité, qu’inquiétude , de forte que c’est une marque de beaucoup de sagesse que de mépriser ces folies & ces vanítez, & de ne songer qu’à son salut & au repos de son esprit.) SORTES, f f. [Libri ab ipfo typographo editi.'] Terme de Libraire. Ce sont des livres qu’un Libraire particulier a imprimez, qu’il vend seul, & qu’il a seul droit de vendre. (II ne vend que de ses sortes. Ses sortes font bonnes. Ses sortes font méchantes, & elles ne font qu’un faut de la boutique du Libraire à celle de l’E- picier.) SORTIE,/ fíEgreffus, exitus. ] Elle consiste à •quiter un lieu , & à en sortir pour y rentrer. (Depuis que je me porte bien, je ne fuis point encore sorti du logis, mais j’efpere que je ferai demain ma première sortie.') SORTIE. Fin de quelque chose, ou de quelque af- semblée, f A \a sortie de l’hiver. [Vergente hyemel] A la sortie de table. [Sublatá raenfâ .] A la sottie du bal. L’himen avec la joie a ta?it d’antipatie, ptfon ria que deux bous jours, Rentrée [f la sortie, Si l'on en trouve plus, c’eji par un cas fortuit , L'on a cent mauvais jours pour une bonne nuit. S. Evr.) . SORTIE. [ Pojiicus. J Porte sécrété par où on sort. (Votre maison a deux sorties.) SORTIE. [Meatus.) Ouverture par où les choses humides peuvent s’écouler. (On devient malade quand les humeurs n’ont point de sortie.) SORTIE. [Exitus, eventus.] Issue. Evenemens. (Avant que de s’engager dans quelque afaire, il faut en prévoir la sortie.) On dit proverbialement.Je vous ferai danser un bran- le de sortie. [ Ejiciam foras. ] Pour dire. Je vous chasserai de ce lieu. SORTIE. [ Eruptio .} Ternie de Guerre. Ce sont quelques troupes qui sortent d’une ville assiégés, & qui font Commandées par un chef pour insulter le travail des affiégeans, ou quelque quartier du camp lorsque les lignes de circonvalation ne font pas en défense. (Sortie grande, sang’ante , furieuse, violente. Faire de fréquentes sorties. Arr. I. i. Favoriser une sortie. Abl. Soutenir une sortie. Tenter une sortie. Abl. Repousser Une sortie. Empêcher les sorties. Abl.) t SORTIE. Les Anciens ont surpassé les Modernes dans ce qui regarde les sorties & les assauts. Les sorties générales etoient ordinaires parmi eux, & onn’envoit point parmi nous. Notre métode dans les sorties est opofée à celle des Anciens & très-mauvaise. Nous ne faisons que de petites sorties, qui font d’ordinaire malheureuses ou peu utiles. Les sorties doivent toûjours être grosses ou générales, & faites pendant la nuit. Pv- iybe de Air. de Polar d. T * Pasre une sortie fur quelqu'un , ou à quelqu'un, C’est lui faire une rude réprimandé, s’emporter de paroles contre lui , ou lui dire brusquement quelque chose de dur. í * Paire danser un branle de sortie à quelqu’un. C’est Prov. & bafj. le faire sortir de quelque endroit. SORTILEGE, f m. [ Incantamentum, venesicium .] Enchantement. Charmes. (Elle peut faire déeendrela Lune en terre par ses sortilèges. Ablancourt, Lucien.) SORTIR. [Exire, egredi.) [fe sors, tu fors, il fort, nous sortons , je fort ois , je sortis, je fuis sorti , je sortirai, que je forte , je sortisse , je sortirais , je fois sorti, je fujfe sorti. Sortant, sorti. Ce verbe est neutre-paísif & actif, & signifie quiter un lieu pour y rentrer. (Ainsi on dit. Moniteur est sorti pour aller au Palais. Madame est sortie pour aller à la Messe. Sortir de la maison.) í SORTIR. [ Ab ire , projìcifci. ] Ce mot pris pour partir , ne vaut rien. Ainsi on ne dira point. (Sortir de Paris pour aller en Allemagne, mais partir de Paris pouf aller en Allemagne, Vaug. Rem.) SORTIR. [ Dfcedere, excedere .] Aier hors d’un lieu > d’un pais. Sortir du Roïaume. Enfin je fuis sorti de l’Europe. Voit. I. 4. Sortir de la ville. Sortir de prison. Ablanc.) On se sert de ce mot sortir, en diverses façons de parler. On dit qu’une rivière fort de son lit. (Le rôti ne SOT ne faît que sortir de la broche. Sortir de charge, de condition , de minorité. Sortir de son devoir. Sortir de son sujet. 11 est sorti de bon lieu.) SORTIR. [ E loco extrahere. ) Tirer hors d’un lieu. Sortir en ce sens est neutre. Ainsi on dit. (Fuitessortir ce cheval de l’écurie, & jamais sortez ce cheval de lé» curie. Faire sortir un homme de prison.) 0 Mr. de Racan, dans ses Bergeries : A fin de ne point perdre un tems jì favorable , Ae vais faire sortir mes brebis de l'étable. SORTIR , v. a. [ Expedire j'e , extricarese. ] Débaras- £èr. Tirer d’afaires. Expédier. (J’espere qu’il me sorti- ra d’afaires. Vaug. Rem. Sortir d’afaires. PaJ’c.l.q.) En ce dernier sens, le verbe sortir est neutre. SORTIR , v. a. [ Ad usum educi, exitum habere. ] Terme de Palais. Avoir. Obtenir. (La sentence sortira son plein & entier éfet. Vaug. Rem.) SORTIR de la vie. [ Obire , emori. ] Cette façon de parler se soufre en vers, mais en prose elle est condamnée de tout le monde. (Que Jì je crains la mort, c’ejì par la feule peur De sortir de prison en sortant de la vie. Bertaud, poes.) SORTIR. [Prodire,enasci.) Naître, venir au monde, commencer à paroìtre. <11 cst sorti de f enfance.) [Ex. cejjìt ex ephebis .] SORTIR. [ Producere , t for mari. ] En parlant d’une école, ou d’une congrégation. (11 est/orri de grands Frédicateurs de la Congrégation de l’Oratoire. On voit sortir de savans hommes de l’Ordre des Bénédictins.) On dit proverbialement. Ce qui entre par une oreille, fort par l’autre. [Per transennant audit.) La faim fait sortir le loup du bois. [Famés exigit lupos pajiunu) 0 Mr. de Fenelon , Archevêque de Cambrai, a dit dans saLetre à Meilleurs de l’Académie, en parlant de Cicéron, & de Démolthéne : L’Orateur, en penjant au salut de la République , ne s’oublie pas , £•? ne Je laijje point oublier. Demojihéne paroìt Jbrtir de J'oi, & nevoir que la patrie ; il ne cherche point le beau, il le fait Jans y penj'er. Peut-on mieux exprimer l’atachement de Demolthéne pour les intérêts de fa patrie A sortir de soi, c’est-là, ce me semble savoir se servir heureusement des mots les plus (impies. SORTIR, s. m. [Sub exitu . ] Ce mot se prend quelquefois substantivement, mais cela n’est pas bien ordinaire. (Au sortir de chez-moi, il retournait couronne de fleurs, chantant par les rués. Abtancourt, Lac. t. 2. dialogue de la Chicane. A u sortir de table. Au sortir de la Messe. Dejpr.) T SOR Y, f >». Votez Sori. SOT, fit e, adj. [Ineptus, Jiolidus.) Ce mot se dit des choies & des personnes , & veut dire ridicule. Impertinent. NLaix. Fait mal à propos. (Ce discoòrs est fort sot. Elle est assez jolie, mais elle est fort sote , & c’est assez pour la trouver laide. Le bon homme Guillot est si sot qu’on n’en sauroit medire quelque mal qu on dise de lui. De Paris au Perou , du Japon jusqu à Rome , Le plus Cot animal, a mon avis, c’eji Fhomme. Despr. Sat. 8-) 0 En amour f. rien n ejl amer , Çhéon ejïj'ot de ne pus aimer ; Si tout Fejí au degré suprême, Qu’on eji sot alors que Fon aime. Marigny.) SOT, f m. [Fatuus , insulsus.) Celui qui n a point, ou peu d’efprit. Impertinent. Ridicule. Sot eni parlant d’homme & de femme signifie auíìi quelquetois une espece de cocu. (C’est un sot fiéfé. Un sot achevé. Un gros & grand sot. Un sot de qualité. Cette fille n est qu’une bête, & s’iJ ( épouse c’est un sot. Un Cure querellant un homme proche de sa femme, & venant a l’apeller sot, la bonne femme s’écria que Monsieur le Curé revoioit fa confession. Voïez Sarqstn, Po'ej. Et c’ejì mon sentiment, qit’en faits comme en propos. Lascience ejt sujette à faire de grands sots. Aloi.) SOTEMENT , adv. [ Fatuè, ineptè, infuse .] Fole- ment. Impertinemment. Ridiculement. Sans esprit. (Parler sûrement. Vous donnez fotement vos qualitez aux autres. Molière, Femmes savantes, act. ;. sc.}.) SOU 509 SOTISE, f. f. [ Fatuités , insufflas , ineptia, nuga. ] Manquement de sens. Folie. Imprudence. Impertinence. Faute de jugement. Extravagance. (11 a fait une grande sotise. La sotise & la mélancolie ne sont qu’une même chose. La sotise des Grands est une sotise publique. Gonb. Epìt. Etre trop content de soi , c’est une sotise. Homme n’a jamais débité Avec plus de gravité Des sotises à faire rire. Mait. Poes. Vous vous êtes atiré ces sotises. Molière. C’est-à-dire, çes injures, ces extravagances, ces impertinences. Des sotises d’autrui nous vivons au Palais $ Messieurs F huître étoit bonne, adieu, vivez en paix Despr.) f La sotise & la stupidité sont deux qualitez très-respectables dans presque toutes les cours des Princes; & l’on voie tous les jours que les sots de la premiers classe & les stupides les plus averez par leurs dits & par leurs faits, vont plus grand train à la fortune & aux plus grands honneurs, que les hommes du premier mérite & à grands talens. Polybe de Mr. de Fotard. SOTOFORINS- Pieux de bois qui croisent les courbatons d’une galere & qui servent à les lier , & à les afermir. SOU, foule, adj. Voïez foui plus bas. SOU, J'ol , f m. [As, a£ìs ararius, solidus.) On écrit l’un & l’autre, mais on prononce Jbu, & même on ('écrit aussi. Lesou vaut aujourd’hui six doubles, ou douze deniers. Mais anciennement & du tems de la première race des Rois de France , lesou étoit un» espece de monoie d’or qui d’un côté avoit la tête du Prince ceinte d’un diadème simple , ou perle, & qui pour légende avoit le nom du Roi, ou celui du Monétaire , & de l’autre côté quelque figure historique. Depuis que les François furent Chrétiens, le Jbu eut une croix, & pour légende le lieu de la fabrication. La taille des fous d’or François étoit de soixante & douze à la livre. Bouteroué, Traité des momies, p. 174. iyç, & I 77 -) SOU marqué, f m. [Ajjìs notatus .] C’est une piéce de métal valant quinze deniers , avec une croix & une fleur de lis. (Les Poésies de Colleter valent un Jbu mar - ques Depuis la déclaration du Roi du 18. de Mars 1679. le Jbu marqué ne vaut plus qu’un fou, aujourd’hui il vaut quinze deniers, N’avoirpasun fou marqué vaillant.) SOU-BANDAGE,/ m. [ Subcmgulum .] Terme de Chirurgien. C’est la bande qu’on met la première » afin d’assembler en un les parties écartées , & écarter celles qui s’aprochent contre le naturel. Deg. SOU-BANDES , f. s [Fajcia.) Terme de Chirurgien. Ce font des bandes qu’on met les premières aux fractures fous les autres. Deg.. SOU-BARBE,//- [Maxilla inferior, hypobarba .] C’est la partie de la tête du cheval fous laquelle on met la gourmette. * SOU-BAREE. [Mcom menti percujjìo J Coup qu’on donne fous le menton. Et au figuré quelque afront qu’on fait secrètement à quelcun. SOU-BARBES. [ Hypoprora, ) Terme d e Marine. Ce font deux pièces de bois qui soutiennent les Bossoirs. f SOUBARDIERS , /- m. Principaux étais qui soutiennent la machine avec laquelle on tire des pier- riéres, ies masses de pierre à faire de l’ardoise. SOUBARQUE. [ Substabulatum .) Terme de Char . pentier. Dernier rang de planches ou bordage d’un bateau foncer immédiatement au-dessous du plat-bord. SOUBASSEMENT, f m. [Hypodium aulaum.jj Terme de Tapisser. C’est une bande d’étofe de foie, de drap, ou de serge qui est atachée le long de chaque pan. de lit. (Ces soubassemens sont fort beaux.) SOUBASSEMENT. C Bojls. jj Terme d’Architecture. C’est un ouvrage de maçonnerie qui soutient le piédestal & qui n’est que dans i’ordrc Dorique, Corintien & eom- polìte. SOU-BERME, f f [Munies.) Terme d e Marine. Décente d’eau causée par les neiges fondues, ou par ies pluies & qui grossit les rivières. SOU-BIBLÍOTE'QUAIRE • f m - (Hypobiblio. thecarius.) Celui qui est aide du Bibliotéquaire & qui •S s s ; est 510 SOU est immédiatement au-dessous de lui. (II étoit Sou- bibliotéquaire du Cardinal. SOUBRESAUT,/»»- [Subsultus.'] Sorte de faut fait d’une maniéré libre & gaie. (Faire un soubresaut. Reg. Sat. iç.) SOUBRETTE, f f [Pedis/equaJ Mot injurieux pour dire une Demoiselle suivante. lis font trompez x-f trompent les soubrettes. Sarazin, poës.) SOU-BRIGADIER, f m. [ Submanipularis du- ííor.'i Oficier de cavalerie ijui partage les foins du brigadier & qui le soulage dans l’exercice de fa charge. (Etre sou-brigadier.) SQUCHANTRE,/. m. [Succentor . ] L’une des principales dignitez d’une Eglile Cathédrale & qui est immédiatement fous le chantre. (Monsieur le sou-chan- tre est fort estimé. SOUCHE,// [Caudex, sudes.'] Grosse bûche de bois propre à brûler. (Une bonne louche. Métré une souche au feu.Brûler la louche de Noël. C’elt une grosse souche qu’on brûle la veille de Noël.) SOUCHE. [Truncus.] C’est le tronc d’un vieux arbre coupé à un ou deux piez de terre. ( Acheter une souche.) • * SOUCHE. [Stupidus, hebes.J Au figuré, il se dit des personnes & lignifie une personne insensible, une personne stupide. {Si l’on n’eji une souche , Atec sa belle voix elle nous Jait charmer, Beriserade, Poésies. Objet aui pourrait seul émouvoir unesouche. A Voit. Poës. C'est-à-dire,une personne aussi insensible qu’une souche. Je te sçus exprimer des tendresses de cœur , Mais a tous mes discours tu fus comme une souche, £í jamais un mot de douceur Ne te put sortir de ta bouche. Mol.) * SOUCHE. [Gémis,familia,Jiirps ] Race. (11 vient de cette souche là.) f§ Le terme Jbuche est fort connu dans plusieurs Coutumes du Roiaume, & qui pour cette raison sont âpeìlées Coutumes Jbucheres , parce qu’elles règlent la maniéré de succéder aux propres paternels ou maternels suivant la régie générale, Paterna paternis, mater, na maternés, dont l’exécution dépend de la connois- sance des propres, & d’en découvrir la nature & l’orí- gine. 11 faut voir fur cette matière les Coutumes de Meaux, de Mante, de Berri, deMelun, de Paris, de Montargis, &c. & le Traité des Propres de Air. Renussan, ch. z.Jeèt. r i. SOUCHE. [ St.’pcs, prominentia.] Terme de Maçon, nene. C’est le corps de la chemince qui sort du toit , soit qu’elle ait un ou plusieurs íúiaux ou languettes. SOUCHET,/ m. [Lapisdnferioris ordinis in/api. dicinà- ] Terme de Carrier & de Maçon. Pierre qui se tire dans les carrières, Ltqui est au dessous du dernier banc. ( Le Coucher n’est bon que dans les murs bas & c’est la moindre des pierres de taiìle. Suvoi, Arcbite- íture, c. \~.) SOUCHET. [ Cyperos , juncus avguhsus. ] C’est une espece dejmc haut d’une coudée oa un peu plus, qui croît dans les endroits humides & dans Us lieux marécageux, & dont la racine sert sort en médecine: 11 y a un souchet long & odorant , & un autre qu’on apelle souches rond & qui ne sent rien. ( Le .souchet est chaud & provoque surine. Dal.) ' SOUCHET AGE ' / »*- L Truncorum lujiratio U recensa.] Terme- des Eaux x£ forêts. Visite des souches pour en compter le nombre & en marquer la qualité. SOUCHETER , v. a. [Lapide,u injériàrem extrahere .J Terme de Carrier.. C’est tirer le souchet pour faire tomber les autres bancs de pierre qui sont dessus. SOUCHETEUR , f m. [St.pitum injstlhr ex arbitrio] Expert que chaque partie nomme de son côté pour assister au souchetage. SOUCHETEUX, / m. [ Lapìdis inferioris ex lapidici. nd extrader. ] Carrier qui travaille particulièrement à pter ìe souchet afin de faire tombar les pierres. SGUCHRVER, V.a, [Submovere fulcrum.] Ter. íne d ’ArtiJan. C est dans une carrière ôter avec la niasse & les coins de fer la pierre nommée souchet pour faire tomber ie bans de volée. SOU SOUCHEVEUR, / >«■ [ Easissuhmotor.] Ouvrier qui travaille à ôter le souchet, afin de séparer & de faire tomber les pierres. SOUCI, s m. [Cura,soI!icitudo , angor.] Inquiétude. Soin fâcheux. (Souci cuisant, dévorant, fâcheux, grand, cruel. Avoir du souci. Etre rongé de souci. N# prendre nul souci. Oui, n’être point aimée , n’aimer point aujjì, Des soucis de la vie eji le plus grand souci. Segrais, eglogue 4. Ilî plaignaient tour à tour leur amoureux souci. Segrais, eglogue a. Hans Carvel prit Jur ses vieux ans femme jeune en toute maniéré , 11 prit aujjl souci cuisant , Car l’un sans Pautre ne va guért. La Fontaine, contes.) SOUCI, f m. [Caltha, calthula.] Petite plante qu’on cultive dans les jardins, & qui porte une fleur de même nom. On se sert de cette fleur dans la Médecine pour provoquer les mois aux femmes, & faciliter l’a. couchement. SE SOUCIER, ru r- [Sollicitant tjse,angi, curare.] Se mette en peine. Etre touché du soin de quelque chose, savoir à cœur, l’estimer, en craindre la perte, la chérir, l’honorer. (Se soucier de í’éducation de ses enfans. Se soucier des gens d’honneur, & des autres n’en faire nul cas. Quand on fait bien, il se faut peu soucier de ce qu’on pourra dire contre nous.) On dit proverbialement, je ne me soucie pas qui fera les vignes après ma mort. [Non euro qms me mortm vineas pajhnaûit.] SOUCIEUX, jmeieuse , adj. [Sollicitas, anxius.] Le mot lent le vieux & ne peut entrer dans le beau lìile. Il lignifle fâcheux, chagrinant. (Mais contre moi mon cœur séditieux Me donne plus de peujérs soucieux Que l’on ne voit de brins d’herbe nouvelle, Voit. Poës.) f SOUCIS, ou Soutis. Toiles ou mousselines de soïe raïees de diverlès couleurs, qui viennent des Indes. SOU-CLA VIE'RK, adj. [Subclavius] Terme d’A' natomie. (J est le nom de deux veines qui font la division du tronc ascendant de la veine cave. Et on les nomme Jou-claviéres , parce qu’elles sont sous les clavicules du gosier. 11 y a aussi un muscle qu’on apelle/». clavier. SOU-CLERC,/ m. [Subscriba. J C’est celui qui écrit fous un maître Clerc & qui le soulage. SOU-GOiVlH E, s m. [ Proprasecíus remigum. ] Celui qui seit sous le comité , qui l’uide & qui ie foulage. (/ e íou-comite est mo-t.) SOU*COAiMib , j- m. [Subcurator 2 Celui qui est sous le commis & qui le soulage en failant une panis des afaires. Xn bon sou-commis.) SOU-COUiE , J. f. [Hypopatcra.] Ouvrage d’Orfévre, ou de potier U’etain , compose d’un pié & d’un dessus qui est une sorte d’alliette large avec de petits rebords fur laquelle on pose le verre, ou la tasse quand on donne à boite & qu’on met sous la tasse ou fous la patte du verre lors qu’on boit. (Une belle soucoupe. Une soucoupe bien faite.) SOUDAIN , soudaine , udj. [Subitus, repentimts , properus. ] Subit. Qui vient tout-à-coup , ou presque tout à coup. (Mouvement soudain. Transport soudain. Mort soudaine. Trouble soudain.) SOUDAIN , adv. [ Subito , repenti. ] Subitement. Promtement. (11 arrive soudain. Ablancourt, Soudain il mit la main à l’épée , & le poussa vigoureusement. 11 partit soudain pour tirer raison de l’afront. Si tòt que du nectar la troupe ejì abbnuvée, On dessert, tz) soudain la nape fut levée. ' Despr.) SOUDAIN que, adv. [Statim atque. ] Aussi-tôt que. Au mêmetems que. Quelques-uns n’aprouvent ni/»- dam ni soudain que; mais ils ont un peu de tort. Bien des bons Auteurs s’en servent encore. (Soudain qu’ils se furent reconnus, le dépit d’avo r si.tôt lâché le pié le* ramena à la charge. Saraz. Siégé deDunqutrque.) SOUDAINEIUENT, adv. [Repente , praproperí,] Subitement, (.11 est mort soudainement.) SOUDAI- sou SOUDAINETE', s.s. [Celer itar.] Promptitude. Vitesse. (11 montre la puissance du Prince & la loudaineté de íes entreprises. Mamroix , Hom, desaint Chrisojiome.') Ce mot n’est point dans le Dictionnaire de i’Acadé- mie, en éfet il semble qu’il ne soit plus du bel usage. SOUDAN , s. m. [Soldanus rex .2 C’étoit un Prince souverain de quelque pais. On n’a dit ce mot de Soudan qu’en parlant de quelque Prince Mahométan. (LesSo«- dms d'Egipte étoient fort renommez.) f SOUDARD, f. m. Vieux mot dont on se sert encore dans la conversation familière, en parlant d’un Oficier qui a long tems servi a la guerre. (C’est un vieux soudard qui ne s’épouvante pas du bruit.) SOUDE , f. f. [Kali majus.] Sotte de plante de laquelle on tire du sellexivial, qui est le plus poreux de tous les sels, & dont on se sert pour faire le verre. í SOUDE de Barille. C’est la véritable soude d’Ali- eant, ainsi nommée de Pherbe de Barille, qui croît & qui se brûle aux environs de cette ville. On Pemploïe pour la fabrique des glaces à miroirs. SOUDEIEGUE soude leguer. Voïez subdelegucr. SOU-DEPENS1ER , s >«• [Subcellarius.^ Celui qui aide & soulage le dépensier. (11 est fou-dépensier.) SOU-DEPENSiERE , f f. [ 'Subcelìaria Celle qui aide & soulage la dépensiere. (La sou-dépenisiere a du soin & de la peine.) SOUDER, v. a. [Ferrutninare.’} Terme d’Artisan qui travaille en quelque métal que ce soit. C’est joindre & unir par le moien de la soudure. A tacher par quelque soudure. C’est joindre deux parties de métal. (Test rejoindre les parties. (Souder le pié d’une éguiére. La branche de ces pincettes est rompue, il la faut porter au taillandier pour la souder.) Ijs Les Serruriers soudent deux morceaux de fer, en les metant dans le feu jufqu’à ce qu’ils soient touc blancs, & comme dégoutans ; ensuite on les joint l’un contre l’autre & on soude avec le marteau, & l’on n’en fait qu’un morceau. On soude le plomb avec de la soudure faite de plomb & d’étain. Le cuivre se soude aussi avec de l’étain , & quelquefois aussi avec un mélange de cuivre ét d’argent, selon la délicatesse de l’ouvrage. SOUDER , v, a. [ Rationes conficere. ] Calculer, clor- re, & arrêter un compte de société. Terme en usage parmi les marchands. ( Les bons négotians doivent tous les ans souder leurs comptes.) j SOU-DIACONAT, s m. [Subdiaconatusl] Terme d'Eglise. Ordre sacré par lequel on reçoit ia grâce & la puissance de préparer les vaisseaux sacrez pour l’ufage du sacrifice & de chanter l’épitre aux AI esses solennelles (Recevoir le sou-diaconat.) SOU-DIACRE , /. ;;i. [Subdiaconus, hypodiaconut. ] Terme d’Eglise. C’est celui qui a reçu le sou-diacoiiut, qui sert le diacre à l’autel, qui prépare les ornemens & les vaisseaux sacrez , le pain & le vin nécessaires pour l’usage du sacrifice , qui verse de i’eau à l’Evêque & au Prêtre lors qu’ils lavent leurs mains en célébrant la Messe, qui chante l’épitre aux messes solennelles, lave & netteie les corporaux , assiste à la messe proche le diacre & empêche que le célébrant ne soit incommodé de personne. (Le Sou-diacre est obligé à dire son bréviaire chaque jour & à garder le vœu de chasteté.) ís 11 faut passer par le Sou-diaconat pour parvenir au Diaconat. Les sou-dìacres font fort anciens dans l’Eglise. Le 45e. des Canons que l’on apelle ordinairement des Apôtres, dépose le soudiacre qui continué de jouer aux dez ; & dans les constitutions canoniques , liv. 8- cb. 2i. il est fait mention de l’impolition des mains fur ceux que l’on ordonne fou-diacres : ces Constitutions font tout au moins une preuve de l’ancienneté des choses dont elles traitent. Saint Ignace écrivant au peuple d’Antioche, place les fou-diacres après les Diacres, Je pourrois raporter un grand nombre de preuves de l’ancíenneté de rétablissement des fou-diacres dans l’Eglise, mais ce feroit inutilement ; car le fait est constant : je remarquerai feulement que les Chorevêques & Doiens ruraux ne pouvant point ordonner de Sou-diacres , ce pouvoir étant réservé aux Evêques , on doit croire que ie sou- diaconat est un Ordre sacré , compris sous le sacrement de l’Ordre comme fous son genre. Voïez particulièrement fur cette matière le Discourt septième de Mr. SCtf 511 Godeausur les Ordres sacrez , & vous trouverez dequoi vous satisfaire. í SOUDIS » s. m. Petite monoïe qui a cours à Ormus dans le sein Períìque. Le foudis vaut environ dix sols de France. SOUD 1 VISER. Voyez subdiviser. SOUDIViSION. Voïez Subdivision. SOU-DOïRN , s. m. [ Subde anus. ] Celui qui est le second dans un Chapitre, dans une Chambre de Parlement, & qui est immédiatement après le Doien. C’est auíîì une dignité en certains Chapitres. SOUDOIE", Jòudoiée [Stipendia affeâus.'] II fe dit des soldats, & veut dire païé. (II choisit deux mille hommes entre les Etrangers ioudoiez. Sup. de Quint. Çurce, 1 . 2. cb. 10.) SOUDOIER, v. «. [Stipendia persolverel} Ce mot s’écrit, mais il ne fe dit guére. 11 signifie donner la païe aux soldats. (Soudoier les troupes.) f SOUDOIR , s. nt. Sotte d’outil dont les Ciriers fe fervent pour souder ensemble les bras des flambeaux- de poing. SOUDRE, v. a. [Solvere, expedirej Terme de Philosophie , de Théologie Sc d’autres lien ces, fur quoi on dispute : le verbe foudre a fort peu de tems en usage & il signifie donner la solution à quelque dificulté qu’on propose. (Soudre un argument. Ablancourt , Tac. annales , l. 14. cb. %. Soudre un probletne.) SOUDivlLLE, f m. [Gregarius miles .) Terme de raillerie. Misérable soldat dont on ne fait point de cas. (S. Amant a fait la cassation des soudtilles.) ^SOUDURE, f.s. [Fcrruminatioff C’est une matière aliée qui sert à joindre & unir les parties de quelque besogne de métal (II n’y a point de soudure dans la besogne plate d’argent, ou d’étain, mais il y en a dans la besogne montée. La besogne ou il y a de la soudure vaut moins que l’autre.) Ce mot est auíîì en usage parmi les maçons. SOUEE .fiuéve, adj. [Suavis , odorat us .Ce mot est vieux. Dites & voiez Suave. SOU F AITE .f f. [Hypofajiìgiuml} Terme de Char. pentier. C’est une longue pièce de bois qu’on met fous le faite. SOU-FERME, f f [ Sublocatio. ] C’est une parti* d’un bail général, qu’on aferme a un autre. SOU-FERMER, v. a. [Sablocare.J Donner ou prendre à ferme une partie de ce qu’on a pris à ferme par ua bail général. (Les Fermiers Généraux des Gabelles fou» ferment les regrats.) , SOU-FERMIER, J. m. [ SubvilUcus.J Celui qui tient quelques fermes fous un autre. (Etre lòu-fermier.) {g SOl’FFERTE. Terme u fi té en Bresse. C’est une eipéce d’amortissement & une soufrance du Seigneur, acordée à un particulier pour posseder un son-ii sujet à la mainmorte, de laquelle il est afranchi par cette Jbufferte , quand elle est donnée à un. homme libre. í SOUFLAGE,./. w. L’art de soufler le verte. Qti ledit aussi de faction du Paraissonnier qui le soufle. SOUFLAGE , f m. [Navis exterm contabulatio .2 Terme de Mer. C’est un renforcement de planches qu’oa donne à quelque vaisseau. (Le souflage de ce vaisseau z été bien ménagé.) SOUFLE, f m. [ Halìtus , Jpirìtus. ] Petit vent qu’on pousse hors de 1 a bouche. (De son soufle il » éteint la chandelle.) SOUFLE. [Aèris compreffìo.'} Agitation de l’air, pressé par lu sortie du boulet de canon. SOUFLER , v. a. & v. n. [ Halìtus mittere. ] Pousser son haleine comme en respirant, parce qu’oa s’estéforcé à marcher ou à monter. Pousser avec ton haleine. (Il n’est pas honnête de soufler fur son potage pour le refroidir. Quand il a monté un peu haut il soufle, il n’en peut plus. Soufsez cette poudre qui est fur votre papier.) SOUFLER [ F(are, Jpirare. J Ce mot fe dit des rente Sc veut dire pouffer l’air. Pousser & faire aller par le moindre soufle. (Ces maisons furent d’autant plus brûlées que le vent y j'oujloit la flamme. Ablancourt , Arr. I.í. ch.q. Un vent de bise foufioit dans le visage. Ablanc. Ret. I. 4. Et toi plus innocent que ne font les baleines Des vents que le Printems fait soufler dons Us plaines. Epître d’Ovide.) tz SOU- 5 Í2 SOU ± SOUFLER verte. C’eft avec uns fele qu’on trempe dans le verre liquide, en former en le souflant avec la bouche ies di l'érens ouvrages de verrerie. î soUFLER l’émail. Terme d ’EmaiUeur. C’est en. faire en ie souflant avec un petit tuïau de verre, cet émail creux qu’on nomme du Jais. SOUFLER, v.a, & v. n. [ Aère agitato accendere . ] Allumer avec son soufle, ou avec un petit soufìet. Faire aller les soufiets pour en faire sortir du vent. (Souflez íe feu, car il elt presque éteint. Prenez ce souflet & sou- Fez tant ce feu que vous l’alumiez enfin. II y a un gros quart d’heure que je soufle & cependant ce fer n’est pas encore rouge.) * SOUFLER, v. a. [Extinguere.] Ce mot en parlant de lumière, ou de chandelle, lignifie éteindre, mais il est bas en ce sens &en la place de soufìer en ce sens on se sert plus ordinairement du mot éteindre. (Souflez la chandelle fous la cheminée , ou plûtôt éteignez la chandelle sous la cheminée.) SOUFLER. [Concis are J'eàttionem. ] Se dit au figuré, pour exciter. {Soufler une sédition. Déja marchait devant les étctndars Beilone tes cheveux épars , Et jé flatoit d’éterniser les guerres Que Ja fureur soufioit de toutes parts. Racine.) [f SOUFLER un air empesé. OEdipe de Voltaire , ait. i. f c. 2. EJprits contagieux , tyrans de cet empire , Qui souflez dans ms murs la mort, qu’on y respire. Soufìer la mort, respirer la mort, respirer & soufler, tout cela est très-mauvais. * SOUFLER , v. a. [ O péri chymìco navare operam. J Travailler en Chimie. (11 s’amuse à soufìer & il le ruine. Ablancourt. S. Amant a fait le mot de soufler attife, n ce sens, mais on ne croît pas qu’il soit à imiter. Que ce borgne a bien plus fortune pour amie Qtfun de ces curieux qui souflant la Chimie De sage devient fou. Saint Amant, premières œuvres.) * SOUFLER, v. a. &«. [ Suggerere,jubjicere.] Sugge. zer à une personne qui parle en public , la relever quand elle manque, ou qu’elle hésité. (Si vous souflez 11 haut, on ne nf entend ra pas. Racine, Plaideurs, act. y fc. ;. (II m’a souflé deux ou trois mots.) -j- * SOUFLER aux oreilles de quelcun. [ AliquiA in- fufurrare ìn aurem alicujus.] C’est le pouffer, l’exciter, ’l’inspirer. (Elle lui a tant toufté aux oreilles qu’elle lui a fait faire le coup. Qui vous a pu soufler une telle folie. DeJpreauxjSatire 9.) •f * SOUFLER le chaud ççf le froid. [ ’Eodem ore lauda. ire vituperare.] C’est être fourbe & trompeur. ( Arriére ceux dont la bouche Souille le chaud & le froid. La Font.) * soufler , v. n. [ Mutìre, mujfitare J Murmurer. Gronder. (Que son empire est fans orage _ Qu fi ne von rien qui le puijje troubler , Et qu’il rend le monde Ji f âge Que personne n’ose soufler. Marine, Relation de Versailles, p. 32. II faut qu’il ait la liberté de me faire ce qu’il lui plaît fans que j’oi'e soufler. [ Ne hifcere quìfleín audeo. ] Molière, George Dandm ait. 2. fc. 7. SOUFLER , v. a. [Nova contabulatìone naveni exteriùs munir e.] Terme de Mer. Ce moti se dit en parlant de vaisseaux. C’est fortifier & revêtir tout de nouveau de bonnes & de fortes planches le corps d’un vaisseau par dehors. (11 faut soufìer ce vaisseau de trois pouces. Vaisseau souflé de six bons pouces.) SOUFLER , v. a. [Sugiilare.] Terme de Jeu de dames „ C’est prendre l’une des dames de la personne contre qui Ton joué, par ce qu’iì a manqué à prendre, & on apeile cela soufler une dame. SOUFLER aupoil, [Pilum corrodere.] Terme de Maréchal. On dit. [L’apojìume a souflé au poil. La matière a Jaufié aupoil, C’est-à-dire, que l’upoltume, ou la matière est montée entre le pié St le sabot du cheval. Soleifel, Maréch. ch, 69.) SOUFLER le poil. [Insequi.] Terme de Chase. On dit qu’un chien soufle le poil à un lièvre , lors qu’il est tout prêt d’atraper le lièvre. SOUFLER. [Perpotare.] Boire beâucoup de vin, Là grandes rasades. (Je n’ai point connu d'homme qui /à fie mieux que N. quand il est à table.) SOUFLER des pois. [Ronchos sistre.] C’est ronfler. SOUFLER le pion à un autre. [Fer fraudem enpere. J C’est lui enlever une afaire dans laquelle il croioit réussir. SOUFLER k droit. [ Suggerere .] C’est aprendre que!, ques lieux communs du droit à un récipiendaire. SOUFLER un emploi. [ Supponere .] C’est l’enlever. í SOUFLER une marche. C’est en termes de Guerre, dérober une marche à l’ennemi, pour le surprendre, ou pour le prevenir dans un poste. SOUFLER 1 Ê , f f. [ Exercitatio organica.] Ce mot se dit en parlant de l’orgue. Ce sont les soufiets de Torque. (La soufle rie de l’orgue est ordinairement composée de cinq soufiets de six piez de long fur quatre de large. Mers l. 4.) SOUFLET, f. m. [Follis.] Sorte d’ìnstrumentàvent dont on se sert pour soufler, & pour allumer le feu, (Un beau souflet. Un joli souflet. Un gros souflet.) SOUFLET de forge. [Follis fabrilis.] Instrument dont se servent les gens d c forge pour allumer leur charbon lors qu’iis forgent. (Souflet crevé.) SOUFLETS d’orgue. [Follis pneumatìcus.] Instrumens qui donnent le vent à l’orgue & qui la font parler lors qu’on les fait aller & qu’on touche les claviers. (Lever les soufiets. Abaisser les soufiets. Abatte les soufiets. Mers. L 6.) SOUFLET. [Rheda minoré] C’est une esjx.ee de voi- ture , ou de chaise roulante fur deux roués, & fort le- gére, où il n’y a place que pour une ou deux personnes, dont le dessus & le devant sont de cuir ou de toile cirée, qui sc levent & íè plient, comme un souflet dans le beau teins, & que l’on abaisse & étend pour se défendre d@ la pluie. SOUFLET, f m. [Alapa, colaphus.] C’est un coup de la main étendue sur la joué. (On peut tuer celui qui a donné un souflet. Pafc. I. 7. Celui qui a reçû un souflet le peut réparer à coups d’épée. Pajc. I. 7. II y a de la cruauté à tuer un homme pour éviter un souflet. On peut pour prévenir un souflet tuer celui qui le veut donner. Pafc. I. 7. Le souflet est très-mjurieux & rien ne peut déshonorer davantage un honnête homme. Le Malt. pi. 26. Si j’avois un mari .... Si je par loti trop haut , je trouverais fort bon Qu’avec quelques soufiets il rabaissât mon ton. Mol.) ($ Le souflet n’étoit point fi injurieux parmi les Romains, qu’il Test parmi nous. Aulu-Gelle raconte que Lucius Neratius alla un jour par la ville, suivi d’un valet qui portoit un sac j lein d’argent; il donnoit des soufiets à ceux qu’il rencontroit, & paioit d’abord la peine. Lucius Neratius fuit egregie homo improbus, atqite ímmani veconiia j is pro deleiíamento habebat, os ho- minis liber i, manus jua palma ver ber are ; eum J’ervus Jequebatûr, crumenam plénum afflunt partisans, U quem- cmnque depalmaverat, numeruri Jìatim, jecundùm duo- decim tabulas, quinque N vigintì ajj ’es jubebat. f * Tu me déroberas unJ'oujìet. Molière. C’est-à-dire, je te donnerai un souflet. Tu auras de moi un souflet. f * Donner un souflet à Ronsard. [Inconcinnè loqui.] C’est faire quelque faute en parlant. Ronsard étoit un poète qui parloir & ecrivoit le mieux de son tems > & pour cela on a dit que c’étoit lui donner un souflet que de mal parler la langue qu’il avoir si bien parlé. f * Donner un souflet au Roi. [FalJ’am monetam cu- dere.] Sorte de vieux proverbe pour dire faire de la fausse momie. T * SOUFLET, se dit en parlant d’un homme à qui il arrive quelque dommage, quelque échec dans sa fortune par quelque intrigue de cour. (On a suptimé sa pension, voilà un vilain souflet. Si on iui ôte son emploi, ce sera un terrible souflet) II est du stile familier. SOUFLETLP., v.a. [Perreftà palma ferire.] Maltraiter quelcun à coups de souflet. (On Ta soufleté. Sou- fleter quelcun.) SOUFLETEUR, s. m. [Qui alapas impingit.] Qui soufleté. (Quel soufleteur est Ce-là?) SQUFLliUR ,f. m. [ Flator. ] Celui qui soufle. (Voilà encore un plaisant soufieur, le charbon ne fera alumé d’wne heure en souflant de la sorte.) sou * SOUFLEUR, f. m. [Monitor, répet/torj Celui qui suggéré à quelcun lors qu’il parle. Voïez Ricine, P/ai.ieurs, aci. iji. (S’il a manqué, c’est la faute du soufleur qui n’a pas souflé quand il faloit.) SOUFLEUR. [Cbyimcuss Celui qui cherche la pierre hilo'ophale, qui a un fourneau & qui convertit son ien en ch .rbon, croiant de trouver le secret de faire de l’or. (C’eít un misérable soufleur.) * SOUFLEUR [Orai ] On donne encore ce nom à un poisson du genre des baleines qui jette beaucoup d’eau par ses naseaux. SOUFLURES , s.s. [ CavernuLe .] En Artillerie» on apelle souflures , certaines cavitez qui le forment dans ['épaisseur du métal, quand il a été fondu trop chaud. SOUFRANCE , s- s. [Crudatus, dolor, dolorum pcr. ísjìos Peine Tourmert. Travail. ( fruoiqu’d eut d’extrêmes loufrances, On voit aller de patiences Plus loin que la jinne n’alla. Benserade, Poésies. La soufrance des galériens fait pitié.) SOUFRANCE [To/e> antia, tohratins Ce mot se joint aux choses & signifie faction de soufrir. (Un Religieux doit chercher ion avancement spirituel dans la soufrance des injures. Régnier, traduction. De mes yeux languijjans un éloquent silence En dépit de moì-mhne explique ma soufrance. • La Suze, poésies.) SOUFRANCE. [Dies pfolata.) Terme que donne le Seigneur à Ion vassal, pour lui rendre la foi & hommage Dans les Païs Coutumiers, la soufrance du Seigneur féodal, elt une tolérance qu’il acorde aux mineurs, ou autres qui ne peuvent pas prêter la foi & hommage, de jouir de leurs fiels, fans être exposez aux rigueurs de la saisie féodale. C'efì une régie générale , que !es mineurs, ni leurs tuteurs ne font admis à la prestation de la foi & de l’hommage. La Coutume d’Anjou, est presque la seule qui observe dans Parti- cle 106. une jurisprudence contraire , mais c’est une loi particulière. La souTance doit être demandée au Seigneur. & quand il l’a acotdée , elle tient lieu de l’hommage tant qu’elle dure. Celui qui demande soufrance , doit déclarer 1 s noms & âges de ceux pour qui il la demande , afin d’y métré une borne raisonnable -, car dés qu’elle est finie , le S. igneur est en droit d’exerccr la saisie féodale , St de faire les fruits siens, jusqu’à ce que son vassal ait rempli tous les devoirs prescrits par la Cc ûtume. SOUFRANCE. [ Rationes suspense ] En matière de compte fe dit des délais qu’on donne aux comptables , pour reporter ses quittances des sommes mentionnées cn l’article. SOUFRANT. [Ferens, tolérants Patient. Endurant. (Ce n’elt pas un homme soufrant. Je ne fuis pas d’hu- meur sufrante .) SOUFRE, s m. [ 'Sulsttr .J C’est une forte de graisse terrestre épaissie dans les minières & qui étant desséchée s’apcWe Joufîre. (Soufre vif, minerai, naturel, artificiel, luifint- Soufre commun.) SOUFRE. [Sulsurs Terme de Chimie. C’est l’un des primipes actifs de la Chimie. C’est une liqueur qui ress mble a de l’huîle & qui se peut enflammer comme elle. Rih. PHs Le soufre est 1 e ?e. principe de Chimie. II est ami des neifs & facilite le mouvement des muscles C’est le baume de toutes choses, & il est remolitif, lenitif, difeutif & anodin. II multiplie ses esprits des végétaux & des animaux. II est comme l’ame des minéraux & le fondement de toutes ses odeurs. Cbarus , Pbarmac. f Heur de soufre. C’est se plus pur du soufe, que l’on a fait évaporer par le moïen de la sublimation, en le brûlant, & que l’on recueille dans 1e chapiteau de la cucurbite où la vapeur s’attache. * SOUFRE. [Ajperitas , acerbitas ,J il fe prend au figuré , & le dit des ouvrages d’etprit , & signifie aigreur pleine de fiel & de venin. (Vous trouverez dar s Ion ouvrage tant de bile, ou plutôt tant de soufre & tant de salpêtre que vous aurez de la peine à vous imaginer qu’un homme de 8°* 2ns en soit l’auteur. Cojiar t 1. 1. têt. Igi.) SOU 513 SOUFRE-DOULEUR , adj. f Omnium mmeìpìo expo « Jìtus.~\ Se dit d’un valet ou d’une servante qui a toute la peine d’une maison. On donne aussi ce nom aux chevaux de poste, & de louage. SOUFRER , v. a. [Sulfurés vaporibus infufeare J Tremper dans du soufre. Faire prendre la fumee de soufre à quelque toile de foie, ou d’ortie. (Soufrer dts aiutnet- tes. Soufrer cle la toile de foie. Soufrer de la toile d’ortie. En Alemagne on soufre les tonneaux & ses vins pour les conserver.) SOUFRETEUX, soufreteuse , adj. L AErmnnosus, calanùtosus .J Le mot dé soufreteux quoi qu’un peu ancien trouve quelquefois fa place dans le beaustile lors qu’il y est employé avec jugement. Mais il est toujours reqû dans le burlesque, le comique, & le satirique. S->»« freteux signifie qui soufre, qui est dans la mssére, dans la nécessité , & la pauvreté. (Ils languiront toute leur vie , pauvres , soufreteux , méprisez. Pair u , plaid. 4. P. Y2. Un pauvre soufreteux Se plaint la-bas , le froid est rigoureux. La Fontaine, Nouvelles, 2. partie.) SOUFRIR, v. a. [Ferre,sujimere,puti.) Endurer. Avoir de la peine. Suporter. fre soufre. Je soufrois. Je soufrés, s’aismfert. (Us ne peuvent soufrir que d’autres leur soient préférez. Le Président Cousin. Les Princes ne doivent punir que ses fautes qui sont faites à l’Et t, & soufrir celles qui sont faites à leurs personnes. Soufrez 1e mal où vous êtes, de peur qu’il ne vous en arrive un plus grand. Port-Roial , Phèdre. 1 ) SOUFRIR. [Torquere , au gérés Dans un sens moins étendu, se dit de ce qui déplaît & de ce qui incommode. (Non je ne puis soufrir cette lâche méthode Qu’afeClent la plupart de vos gens à la mode. Mol. On dit par civilité .soufrez que je vous avertisse, je ne puis vous soufrir découvert. De peur de perdre un liard, soufrez qu’on vous égorge. Defpr.) Le papier soufre tout. [Papyrus omnia recipit , chartes non erubescits Pour dire , on écrit fur 1 e papier tou* ce qu’on veut. Cet importun m’a fait soufrir mort & passion. [Mt valdé cruciavits C’est-à-dire m’a fort fatigue. II n’y a point de réglé fi générale qui ne toufre quelque exception. [Lex nulla est cura exceptiomms SOUGARDE, / s. [Supposttus Jchateno arcultes. J Terme d Arquebusier. Morceau de ter plie en forme de demi cercle au dessus de la detente de Parme. (Sou- garde de fusil bien faite. La lbugarde de cette arbalète est mai atachee ) SOU GORGE, s. f. [ Subjugulare. ] Morceau de cuir qui passe sous la gorge ciu cheval & qui est a tachée à la têtière. (La fougorge est rompue ) SOU-GOUVERNAN TE , f. f. [ Vice-gubema. trix J Femme qui sert à la place ss’une Gouvernante & en son absence, pour avoir soin des enfans des Princes , ou autres Grands Seigneurs. SOU-GOUVERNEUR ,f m. [Fice-gubernator.) Celui qui aide le gouverneur dans Péducatiun de quelque Prince. (II elt sou-gouverneur de Monseigneur ie Dauphin.) SOUHAIT,/»». [Fatum , optât um, dsidertum.J Vœu. Désir. (Souhait ardent, passionné, amoureux. J’ai fait force souhaits pour son retour. Son souhait est raisonnable. Non, mon faible courroux dans toute ma douleur N'a fait que des souhaits de regagner ton çaur. Ép. d’Ovide.) A souhait , eutv. [Ex J entent iâ , ad optatum J Selon ses voeux. (Avoir tout a souhait. Sc^r. Qu’on soit heureux , on pojjede a souhait 2 out ce qu’on veut, Benserade, rondeaux.) SOUHAITABLE, adj. [Op a.ndus , dtjiderabiliss Désirable. Qui mérite d’être déliré. Le mot desoiin.utaole fe dit ordinairement des choies , & p| us rarement des personnes. (Le bien est souhaitable. Chose souhaitable. C’est une.personne/à/râe par son humeur , pat soi» enjoûment, par ses ma dères. Acad. Franf, IstrS qu’on proposa par sa table , Laquelle etoit plus souhaitable, Tome III. Ttt Qu 5l4 sou . Ou d’Angélique, ou de Pbìlìs. Voit. Poésies.) SOUHAITER, a. [Optare, exoptare.) Ce motsignifie desirer. (Souhaiter ta paix. Ne souhaite point la mort de ton ennemi. Tu souhaiterois en vain, fa vie ' est entre les mains de Dieu. Confucius , mor. pag. 94O Ce verbe est souvent suivi d’un que avec 1 esubjonfíif, ou de la particule de avec l’infinitis. (Cirus ne soubai- toit de vivre que jusques à ce qu’il eût surmonté en bienfaits ou en injures ses ennemis. Ab L Rét. I. 1. c. 9, Je souhaite de tout mon cœur que les vicieux connois- sentunjour la beauté de la vertu, & crèvent de dépit de ne savoir pas embrassée.) SOUILLARD ,s m. {Sordide.) Terme de Char* penterie. Piéce de bois alsemblée sur des pieux, & que l’on pose au devant des glacis qui sont entre les piles des ponts de pierre. On en met auffi aux ponts de bois. SOUILLE, s-s- [Volutabrum.) Terme de Cbajse. C’est quand la bête noire se met sur le ventre dans l’eau & dans la boue. Le Dictionnaire de Trévoux dit Souil. SOUILLER, v. a. [ Fcedare, coinquinare.) Gâter. Salir. Remplir d’ordure. (Souiller ses mains.) * Us avoient fouillé leur mains du Jung de leur ci- toiens. Vaug. Quint. I. 10. c. 2. 11 souilloit de ses im- pudicitez les plus illustres familles. Vaugelas , Quint, Itv. 10. 4 * Ort di t,souiller sa conscience , souiller son honneur , sa vie , sa réputation. f * SOUILLER le lit nuptial, souiller la couche nuptia. le , c’est commettre un adultéré. f * SOULIER. [ Inquinare .] Ce hiot se dit dans u ri sens burlesque. Exemple. Je vous envoie cent pistoles, mais je vous suplie de n’en pas souiller vos mains. Voit, L 145. C’est-à-dire , ne les touchez pas. Se souiller, v. r. [Seipsum stedare.) Se gâter. Se rertl* pli r d’ordures. Se salir. (Se souiller les mains.) * Se souiller avec une femme. Vatru , plaidoié u, f llhato concubitu scedari. ] C’est en avoir la dernière faveur» . » * Se fouiller tPun crime énorme & honteux. íjSce- lerare manusJuas .J C’est commettre un grand crime. SOUILLON , f f [Culinarius medtajiinus.) Ce mot se dit de toutes les petites filles mal propres. '(C’est une petite souillon.) £ On le dit aussi d’un petit garçoh mal propre» 4 SOUILLON de cuifine, ou simplement «ne/»r'Fà C’est une servante qui est emploïée à laver la vaisselle & à d’autres bas services. SOUILLuRE, f.s {lnquinatio,labes, Cordes.) Le mot d eïsouillure ne se dit proprement qu’au figuré & signifie tache. (Esacet les soillures de l’ame par une vraie pe-. nitence.) SOUL. [SnfHf, ebrius.) Mot adj. qui se prononcé fou & qui fait à son féminin soûle. Quelques-uns écri* vent saoul & saoule; mais ils prononcent toûjours soU £ç? soûle. Ce mot veut dire. Qui est plein de vin, ou ou de quelque liqueur qui enivre. Qui est rempli de viandes & de vin. (H est foui du jour précédent» Elle est soûle. Bien-tôt avec le jour nous allons voir paroîtré Quatre injblms laquais aujjì fouis que leur maîtrê. Poète -, anon.) * Etre foui de vaine gloire. £ Vana glorìti ìnflatus. J Benfirade , poses-. f Un de nos plus fameux poètes disoit un jour qu’iì ’ étoit foui de gloire , mais que la passion qu’il avoit d’a- masser du bien n’étoît pas assouvie. SOUL , f m. {Ad Jaturitatem.) Prononcez , à méme à l’exemple de quelques bons écrivains on ne fcroit pas mal de (écrire comme on le prononce. Ce mot de foui entre dans quelques laçons de parler ordinaires & proverbiales. Exemple. (Manger son foui. Pajval, L 9. Manger autant qu’il faut pour satisfaire ion apetit.) {$ Les Italiens disent satello ; mais nous ne dirions pas comme eux, que (amour se repaît de larmes sans en ure ,amais rajjaf.é. C’est ainsi pourtant que le fade a parle dans la seconde scene du premier acte dé son Aminte : Pajte Pagna P herbe t te, U lupoPagnè ; Ma il ci ado ttmor di lagrimef puj'ce SOU Ne se mojìra mai satello. Manger à demi son foui. [ Extra satietatem edere. ] C’est 11e manger que la moitié de ce qu’il faut pouc se rassasier. f Tout son foui. f Citra satietatem. ] C’est-à-dire. Tant qu’on veut. (Ils fe sont querellez tout leur foui. Molière. C’est-à-dire, tant qu’ils ont voulu. (Ils ne nous estiment pas heureux pour avoir tout notre foui de Ne- • ctar & d’Ambroisie. Abl. Luc. t. 2. t Vraiment elle en 3 pris tout son foui la rusée. Mol. C’est-à-dire, autant qu’elle en a souhaité.) SOULAGEMENT * s m. {Levamen, alkmtìo , íevamentum.) Alégement. Diminution de peine. Di. minution de mal. (Je ne reçois aucun soulagement. Voit. po'és Aporter du soulagement. Donner du soulagement à un malade. La Chamb.) 4 SOULAGER, v. a. (j Allevare.) A léger en ôtant une partie d’un fardeau. ( Soulager un Crocheteur trop chargé, soulager un mulet.) H SOULAGER une poutre , soulager un planchtr. C’est diminuer une partie de la charge que porte une poutre, diminuer une partie de la charge d’un plan- cher. 4 SOULAGER un vaisseau dans la tempête. C’est jet. ter à la mer une partie de sa plus grosse charge. SOULAGER , v. a. [ Sublevare, levationem ajserre. J Adoucir. Diminuer. Aléger. (La faveur qu’elle méfait me soulage de tous mes maux. Voit. I. 2;. Les remedes irritent mon mal au lieu de le soulager. J 1 ai cheìrhé dans le vin à soulager mon aine, Sans qu’ilnPaitpû servir pour éteindre nia fiante. Ep. d’Ovide.) * Soulager la honte de quelcun. Pasc.l. 10. Soulager sa douleur. {Dolorem, pudorem levure ,2 SOULANDRES» Volez filandres. SOULANT, ante, adj. [ Saturant, expient.) Qui foule. (Les cailles sont une viande foulante.) 11 est bas. SOULARD , arde , adj. {Heíluo, gulo.) Gourmand qui a coûtume de se -souler. Ce mot est bas. (Sortez d’ici foulard.) SOULAUD, aude , adj. [Ganeo, gulosus .2 Goinfre qui est foui, & mal propre, qui rote & qui dégobille. Ce hiot est bas. t SOULAS,/ m. [Gaudium, voluptas, satisfaflio.) Vieux mot qui ne peut entrer que dans le burlesque, & le stile le plus simple, & qui signifie tout ce qui fait la Consolation d’une personne î tout ce qui adoucit ses peines & fait son plaisir» (Le hibou , Punique foulas Et les délices de Pallas. Sarazin,"pompe funèbre.) 4 SOULE'GE, / / On apelle en quelques en» droits des souleges, ce qu’on nomme presque partout des Aléges, & en Bretagne des Gabares. SOULER , saouler , v. a. [Saturare , satiare , expie* re. J Quelques-uns écrivent saouler, mais ils prononcent fouler. Faire trop boire & trop manger. Enivrer. (Comme il n’est pas accoutumé à boire , onl esaj'oû.et avec une chopine de bon vin.) Se soûler , v. r. [ Cibis ff vino se ingurgitare. J Boiré & manger trop. S’enivrer. (11 n’y a que les coquins qui se soûlent. Sesoûler comme un misérable.) * Le soldat se soûle de sang. AlU-ncourt, Tac. Ami. /. 1. c. 5. Ils se soûleht de sang & de vengeance. Vaug. Quint. t. 9 .c. 4 * Se soûler de toutes fortes de plaisirs, C’est prendre toutes sortes de plaisirs avec excez. * SOULEVEMENT, / m. {Defeiiiojeditìo.) Ré' Volte. (Cela tend à un soulèvement public. Abìancourt.) SOULEVEMENT,/ m. {Nausea.) Se dit de (estomac, & du cœur. SOULEVER, v. a. {Sublevare,suJMere.) Lever dé terre quelque chose de sourd. (Soulever un fardeau, un balot.) 4 SOULEVER. [ Seditionem facere , relevare. ] Faire révolter, ills craignoient que cela ne soulevât toutes leS hâtions contre eux. Abl. Rét. l.%.c. u) * SOULEVER. {Naufeare, naujeam facere.) Ce mot sé dit dans un sens neutre . En parlant de choses dégoûtantes. (Ces viandes sont ÍÌ mal aprêtées & servies dansds la vaisselle si vilaine qu’elles font soulever Je cteur, Celt» à dire, qu’elles font presque vomir.) „ 5VU f Se soulever, v. r. (Commoverese contra principem j Serévo'ter. (.Cassius fêtant soulevé , l’Empereur en fut exrréinenx nt surpris Coup». Hijt. Rom.) (s SOULEVEE. Ce ternie dans ce sens , ne se dit qu’en cas de révolte & de sédition des Sujets contre leur Souverain ; & l’on ne doit pas s’en servir entre Souverains.. Ainsi on ne dit pas que i’Espagne s’est soulevée contre la france & lui a déclaré la guerre. Cependant dans le figure on peut dire que la plupart des gens se lònt soulevez contre une opinion avancée témérairement. SOULECJR , /. f. f Subitus & repentinus titnor. ] fraieursubite & violente, qui fait tressaillir, qui surprend & qui fait soulever le cœur. (Quand il vit ce visage affreux , il eut une si grande fouleur qu il en blêmit. Acad. Fr.) Ii ne se dit guère que dans le stile familier. SOUL 1 E', soulier , s. m. [ Galceamentum .] t/un Si l’autre se dit, & a de grands partisans. L’Académie Françoise elì pour soulier . & Port-Roial & l'usage pour soulié sans r finale. Le soulié ou le soulier est une chaussure de cuir pour les piez. 11 est composé d’un empeigne, de cieux quartiers, de semelles & de talon. (.Un bon soulié. Un soulié mignon. Soulié à galoche. Couper un soulié. Je ne suis pas digne de porter ses fouliez. Port-Roial , ìloni eau T-Jìament. S. Mathieu , c. ;.) SOUi.IE'. Le sujet ne mérite pas la peine que By- naeus dans ion traite de calceo Hebrxorum , & Baldui- nus dans celui qu’il a compose de calceo antique , onfi prile de repheicher i’origine des fouliez; & li ce fut Dieu lui-même qui en donna à Adam & à la femme cn leur remettant un habit de peau de bêtes pour cacher leur nudité ; ou li ce fut Adam qui fit les premiers fouliez pour se aarantir de la piquure des épines & des ronces que Dieu fit naître âpres fa chute pour commencer à le punir, en changeant entièrement la face de la Terre, qui auroit été un séjour délicieux pour tous les hommes, si leur pere n’avoit pas enfraint la Loi du Seigneur : Maledúta terra spinits U tribulos gtrmma- bit tibi, rìit-il dans la Genel’e, à vêts. >8. Ê? iy. Les peaux des bêtes furent d’abord emploiées à faire des habits : Adamo & uxori ejus tunieas pdlìceas fecit , b imiuit eos. Genes. ;. vers. 2í. 11 y a aparence qu’il leur donna aussi des peaux de bêtes pour en faire des fouliez, sons être préparées comme les nôtres ; ce n’a été que dans la fuite que l’on a rendu ces peaux capables de résilier à la boue & à l’eau , par une préparation que l’experience a enseignée. Les peaux étant donc I onique matière dont on fàisoit les fouliez, ie terme pellis etoit fynonime avec cakeus. Ainsi Martial, pour faire connoítre la bassesse de la naillance d une peisonne, a dit que l’on n'avoit jamais vú dans fa fa- mihe des fouliez fur lelquels on voioit la figure de la lune, ni de robe de Sénateur : Lunuta nujquum pellis , U nusquam toga . Mais ii est encore plus dificiie de comprendre com- m.'ut on a pû faire des fouliez de ia feuille d’une plante apeliée papyrus, qui croissoit abondamment en Egypte. On en tic ensuite a une espece de jonc que l’on apelloit Jpartum , <& qui est fort commun en Espagne; comme aussi doser, d’or, d’argent, de bois, & de plusieurs autres matières que les Auteurs que j’ai citez ont expliquees, & qui n’étant plus en usage parmi nous, il íèrnic ennuieux & inutile de m’y arrêter. 11 n’en est pas de même de la forme, qui a été diferente selon le génie & les mœurs des nations. A l’égard des Hébreux, «n ne trouve rien dans l’Ecriturequi puiífe nous en donner une notion ; & ies Rabins expliquent si diféremment les termes qui concernent les fouliez, que l'on ne íqait à quoi s’en tenir. Quant aux fouliez Romains, ils ne couvroient pas feulement le pié , on y atachoit une tige qui montoit jusqu’au milieu de la jambe , témoin cet endroit de !a sixième satire d’Horace : 21 1gris médium impedtt crus pellibus, Mais sage, le sexe & la condition des personnes régiment la forme & la couleur des fouliez Quelques-uns croient que les fouliez des hommes étoiem noirs , non seulement fur le fondement de ce vers d’Horace, mais encore fur ces vers de la septième satire de Juvénal, où arlanc d’ûn certain Quintílien , il dit qu’il étoit beau, ienfait de sa personne, vaillant, sage, très-noble au reste, car le croissant qu’il portoit fur ses fouliez de peau noire, en etoit une preuve ; SOU 515 Félix , g? sapiens , nobilis , fV? generosttt , Ap p optant nigra lunam Jubtexit ulula. Le terme aluta signifie une peau deliée, fur laquelle oa pouvoit peindre le croissant, ou plutôt la lune en son entier, comme il est dit dans ces vers de Juvénal, auso quels il faut ajouter cet endroit de s épigramme 29, du second livre de Martial : Pion extrema sedet limata lingula planta , Coco ma non lasum cingtt aluta pedem. On raporte plusieurs raisons de s u sage de faire peindre une lune ou un croissant fur les fouliez des Sénateurs K des personnes d’une ancienne famille : c’est là une des questions que Plutarque propose sur les usages des Romains , quaji. 86. On a depuis proposé plusieurs autres raisons de cet usage, qu’il seroit inutile des rapor» ter. On ne fqait pas même si l’on peignoir la lune dans son plein, ou si CS n’étoit que son croissant, ni Cn quel endroit du soulié elle étoit placée. II est plus dificiie de découvrir la forme & l’usage des fouliez que les Romains apelioient mullei. Feítus veut qu’on les ait ainsi nommez de i’ancien mot muUare, qui signifioit unir diferentes parties d’une étofe ou de quelque autre matière par une couture fine & délicate ; ce qui convient à la broderie des fouliez. Mr. Danet prétend que ks fouliez des fils des Sénateurs avoient aussi une lune, mais diferente, qui leur avoic donné le titre de mullei calcei. Mais il me paroi t que ces mots de Ter- tullien dans son traité de pallia , nous donnent une idée plus claire du soulié apeilé muDeus: Impur0 (dit- il) cruri purum , aut muUeolum induit calctum. Les soûliez qui étoient simples & fans ornement, étoient apellez puri i & ceux qui étoient ornez par une lune, ou par quelque broderie, étoient distinguez par Fe- pítéte de mullei. Mais quelle étoit la forme des Couliez apellez péronés , dont parle Festus, que les (impies Magistrats pouvoient porter ? On peut dire d’abord que ies fouliez péronés étoient de gros fouliez faits exprès pour résister aux boues, aux neiges, & dont les pasTans fe servoient en travaillant à la terre. Juvénal nous a donné dans fa quatorzième Satire une description des fouliez dont nous parlons , qui sufira pour nous les faire connoítre. II est aisé à présent de comprendre de quels fouliez Uîpien entend parler dans la Loi 5. j. $.jj. de ojpc. praf vigil. Çalceatum (dit.il) debere pra- feSlum vigilmn coerrare. C’est, fans doute , des gros fouliez apellez péronés qu’il a voulu parler, parce qu’ils étoient faits pour résister aux pluies, aux neiges & aux glaces que les gardes préposez pour veiller pendant la r.uit aux incendies , essuioient toutes les nuits. Mais de toutes les diférentes fortes de Iouliez qui ont été en usage chez Ies Hébreux & chez les Latins, la sandale apeliée solea, a été la plus ancienne & la plus commune , particulièrement entre les femmes : elle coo- siítoit dans une simple piéce de bois, ou de cuir que l’on plaçoit sous le pied, & que l’on atachoit par de* bandelettes de toile ou d’étore passées & repassées fur le pied & entre les doigts du pied & autour de Ja jambe : il nous en reste plusieurs exemples dans les anciens monumens de Peinture ou de Sculpture que Ies curieux ont conservez. C’est par raport à ces liens que Virgile & Ovide ont apelle les sandales vincuìa. Ce dernier a dit dans Ces Métamorphosés; Vine/a duo pedibus denamt. Et Virgile, dans le huitième de ('Enéide : Et Thyrrena pedum circumdat v'mùula plantis. On apelloit encore la sandale trépida & - rrpídula , à cause du bruit que l’on failbit en marchant. II est si vrai que la sandale étoit la chaussure ordinaire des femmes , que Cicéron reprochant à Verres so moleífe& ses manières éféminées, il Pactise d’avoir paru en public en qualité de Préteur , avec des sandales , un manteau de pourpre, & une tunique décendant jusques aux talons : Stetit soi-eatus Prator Populi Romani c un* paliio purpureo , tunìcàque talari . Ce n’eít pas que les hommes ne le servissent quelquefois de la sandale, particulièrement lorsqu’íls alloient à quelque festin» Quant au fouliez dont les soldats fe servoient à la guerre, on les apelloit caliga twlitum. Comme cette chaussure étoit paiticuliére aux soldats, on les apelloit! souvent caligati au lieu de milites ; Ainsi Seneque, de benes. cap. 16. en parlant de Marins, dit : a ca'igine àd consuìatum peroemjje. Enfin le cothurne etoit une chaulîure extraordinaire, & dont on ne fe (èrvoit que suc Tome IU, T 11 a 1* 5i 6 SOU le théâtre, dans la représentation des tragédies. Les fouliez que les femmes portoient du tems de nos peres, & dont j'en ai vû quelques-uns conservez par curiolite, étoient de vrais cothurnes à cause de leur élévation iur tine petite planche: mais le cothurne étoit également élevé devant & derrière, comme font les loques desRe- colets. Virgile, dans le premier Livre de l’Eneïde, a bien marqué cette élévation : Virginibm Tyriis nos ejl gestare pbarctram , Purpureoque alto fur m vincire cotburno. C’est par allusion à la hauteur du cothurne que nous disons cbaujjer le cothurne pour exprimer un discours élevé & sublime ; ainsi Virgile a dit dans fa huitième Eglogue : Sola sopbocleo tua carmina àìgna cotburno. SOU-LIEUTENANT,/ m. (Durit, vel centurio. nis legatus. ] Oficier de Cavalerie ou d’infanterie pour soulager le Lieutenant dans tous les soins de fa charge. (Chaque compagnie des mousquetaires du Roi a un Sou-Lieutenant, mais il y en a deux dans chaque compagnie du régiment des Gardes Françoises. On dit aussi Sou-Lieutenance. ) SOULIGNER, f. [ Lrneam subducere. ] C’est tirer un trait sous un mot, ou sous une ou plusieurs lignes écrites, soit pour les faire remarquer,ou pour quelqu’au- tre raison. (Quand vous copierez ce contrat, vous Récrirez point ce qu’on a souligné. II faut souligner cet endroit. Ce mot que j’ai souligné doit être imprimé d’Icalique. Terme à'Imprimeur.) SOULOCATAIRE, f r.i. (Ablocator .] Qui loue une portion de maison d’un principal locataire. SOULOÍR. [.SVtri?.] Jesoulois, tuJ'ou/nis, ilsouloit. Ce verbe est vieux & hors d’usage, on dit en sa place avoir coittume, ou avoir de coutume. Vaug. Rem. Epitapbe de Mr. de la Fontaine. (Jean s’en alla comme il étoit venu , Mangeant son fond après son revenu , Groiant le bien , chose peu nècejfaire. Quant à son tems , bien sçùt le dispenser , jD mx parts en fit , dont il souloit pajfer L’une à dormir U Vautre a m rien faire. La Font.) SOU-EOuER, v. a. [ Sublocare .] Louer une partie de cequ’un autre tient à loiiage, d’un principal locataire. ($ SOULTE- Terme de Palais. C’est le soplement du prix que l’on paie en cas de partage entre cohéritiers, pour les rendre égaux. Ragueau vous indiquera dans son indice les Coutumes qui en ont fait mention. SOU-MAiTRE , f m. [ Hypodidafcalus. ] Qui commande sous un autre maître. ( Sou-maitre des enfans de chreur.) SOUMETTRE , V. a. (Submittcre , subjicere,sub- jugarej Je soumets. J’ai soumis. Je Joutais. Je foume. îrai, que je soumette , je J'oumiJse , je Joumettrois. Réduire fous fa puissance, ou fous la puillance d’un autre. Dernier. Vaincre. Réduire à la raison. Rendre soumis. (Il a soumis tout le pais à l’obéïssance du Roi. Alexandre a soumis presque toute l’Alìe. On a soumis les rebelles.) Se soumettre , v. r. [,S’e alicui permuter c J Se ranger fous la puissance dequelcun. Consentir aveuglément à ce qu’on veut. Etre prêt de consentir à. (Se soumettre à une domination étrangère, Ablanc. Se soumettre à perdre la vie. Le Comte de BuJJì Let. au Comte de Saint Agnan.) f SOUMIS .soumise , adj. (Submijsus ,subjeflîisf\ Dépendant. Sujet. Obéissant. Humble. Respectueux. (Une dépendance entièrement soumise. Mémoires de Mr. de la Rocbefoucaut. H est entièrement soumis. Ablancourt, Ces gens qui par une ame a Vintérêt soumise Font de dévotion métier £•? marchandij'e , Et veulent acbeter crédits U dignitez A prix de faux clins d’yeux A? d’élans afeclez „ Molière, Tartuffe.) SOUMISSION , J. f. [Ohjequium , obedicntial ] Action de le soumette. (Soumission grande. Soumission particulière. Sa Alajestc reçut les soumissions de. Mémoires de Mr. de la RocheFoucaut. Cette soumission est tout à la fois obéissance & Sacrifice. Voit.l. 2 $. L’humilité n’est souvent qu une feinte soumission dont on se sert pour soumettre les autres. Mémoires de Mr. de la Rocbefou. cant Notre coffre ne peut durer centre ceux qui nous iont beaucoup de icrumiíìions.) SOU SOUMISSION. [ Oblìgatio, cautìo. ] Terme de Palais. Obligation. Promesse de paier, ou de subir une peine comminatoire. (On lui a donné à l’audience acte de ses soumissions.) SOUPAPE,/ / [ Valvula. ] Terme d’Organiste. C’est un petit morceau de bois qui sert à boucher, & à déboucher les gravures du sommier de l’orgue afin de porter le vent aux tuiaux. ( ll y a en chaque orgue quarance-huit soupapes. En touchant le clavier de (orgue on fait mouvoir toutes les soupapes.) SOUPAPE. (Valvula. ] Terme d’ ArcbiteBure. C’est tout ce qui sert dans les pompes pour arrêter Peau. II y a trois sortes de soupapes, (une à clapet, la seconde en cône, & la troisième en maniéré de porte à deux batans. La première s’ouvre & se ferme comme une trape. La seconde comme le bondon d’un tonneau. La troisième est quelquefois fort grande, & elle sert à ouvrir & à fermer les écluses. On apelle aussi soupapes, [ Fistula’] de petites languettes de cuir qui s’ouvrent pour donner passage au vent, dans les souflets, & qui se ferment pour empêcher la sortie par la même ouverture. Les Anatomistes modernes prétendent qu’il y ait quelque chose de semblable dans les veines & dans les artères. Voïez Valvule. SOUPÇON , soubçon ,/ m. [Susticio,sustecho.'] II faut écrire & prononcer soubçon. C’est une pensée qu’on a qui fait douter qu’une personne n’ait fait ou ne soit capable de faire quelque chose de mal. (U n’étoit point sujet à prendre des soupçons de ses amis. Ablanc. Arr. I. 2 . c. Les soupçons marquent souvent la petitesse de (esprit. N’avoir aucun soupçon de la probité d’une personne. Lever à quelcun tous les soupçons, lui ôter ses soupçons. Ablancourt. II n’est rien où d’abord son soupçon ataché, Ne présumé du crime , fs ne trouve un peebé. Despr.) í Un simple soupçon peut bien nous obliger à prendre nos précautions, & à nous mettre de bonne heure en état de défense ; mais il ne nous donne aucun droit d’attaquer. Barbeyrac fur Puffendorf. r SOUPçON, se dit aussi d’une simple conjecture, d’une simple opinion que l’on a de quelque chose. (Ce n’est pas une certitude, ce n’est qu’un soupçon.) 80 UPçONNE', soupçonnée , adj. [ Infiìjpicionem atU ducius. J Celui ou celle de qui on a quelque soupçon. (Les Gascons sont soupçonnez d’avarice & de lefine- rie , & peut-être que le soupçon n’est pas mal fondé.) SOUPCONNER, soubçonner , v. a. [Sujbicari , in sus pìcionem ventre .) ll faut prononcer & écrire soupçonner. Avoir un soupçon de quelcun. (On soupçonne lesNor- mans & les Italiens, de fourberie & de dissimulation, & il en est quelque chose. Et pour peu qu’on vous voie , on trouve dans vos yeux Jùequoi les soupçonner d’un tour malicieux. Ep. d’Òvide.) SOUPÇONNER, f Conjìcere. 3 Avoir une connoissan- ce imparfaite. Deviner à demi. ( Je Joupçonne qu’il y a un grand défaut de charité dans la conduite des faux dévots.) SOUPÇONNEUX, soupçonneuse, adj. [ Sujpiciisuí. ] C’est-à-dire. Qui a des soupçons. Qui soupçonne. Qui est enclin à soupçonner. Vauge las, Remarq. (II est soupçonneux. Elle est soupçonneuse. Les Suédois sont fort soupçonneux.) _ SOUPE, / f. [ Panis jure rnadidus. 1 Terme qui vient de l’Alemand, & qui signifie potage. (Une soupe succulente. Nous avons mangé une bonne soupe. Faire une excélente soupe. Dresser la soupe. Faire mitonner la soupe.) > (§ SOUPE & potage sont (inonimes. Mr. Despreaux s’est servi également de (un & de l’autre dans la Satire je. Cependant on aporte un potage, XJn coq y paroijfoit m pompeux équipage. Et ensuite : Notre hôte cependant, s’adressant à la troupe, Que vous semble, dit.il , du goût de cette Joupe ? SOUPE. [Offd panis jure medicata.2 Tranche de pain coupé fort déliée pour faire le potage & sur quoi on met le bouillon du pot tout chaud. (Couper la soupe.) î SOUPE. sou f SOUPE. On dit, dans le stile Familier, manger la supe, pour dines chez quelqu’un. (Nous irons demain manger votre soupe.) SOUPE au vin. íOJsa panis vino persista.'] Pain trempé dans du vin. (Faire des soupes au vin.) f II eji ivre comme une soupe . C’est-à-dire , il ejl foré ivre. SOUPE. [Ter r.c figlin vans : Astis au bord d’une fontaine , Où chaque fois il se mirait , U autre jour Dapbnis soupirait Ce qu’amour lui donne de peine. Mr. de Racan dans une chanson : Mon cieur qui soupire sans cejse Les ennuis dont il est touché. Le même dans un autre endroit : Notrt goût fuit nos ans y la vieillesse dejirt Un bon vin savoureux; Au lieu que la jeunest'e incessamment soupire Les plaisirs amoureux. Les Italiens sc sont donné encore plus de licence. Pétrarque a dit dans son sonnet 219. de la première partie, soupirer un visage : In quel bel viso cb’io sospiro e brama. Le Marin, fospirar il cuore. Mais Stigliani s’est moqué de cette expression dans son Occhiale , où il dit : SospL rarsi il cuore, cio é ejsalar tutto in sospiri , e napolita. nil'mo e per cio frase bajsta. * SOUPIRER. [Ambire.] Desirer avec ardeur. (Comme la biche soupire avec ardeur après les eaux des tor. rens, ainsi mon ame soupire après vous , mon Dieu. Port-Roial, Pseaumes.) f On dit aussi, soupirer âpres une charge, un em1 SOUPIREUR, / m. [ Sustpmostus.] Celui qui soupire. (Ces soupireurs universels qui en veulent à toutes les femmes avec une égale ardeur, sont d’étranges gens. Mademoiselle de Scuderi.) SOUPLE, adj. [Plexilis, lentus .3 Qui plie aisément. (Osier souple. Saule souple. Les branches étoient sou- pies & courbées en l’air. Vaug. Q. Curce, l. 6 . cb. ;.) V SOUPLE. [ Lentus , traciabilis.) Maniable. (Peau sou. pie. Gant souple.) 1 * Etre souple comme un gant. [Traflabilis , colubrim este ingénia.] C’est être fort docile. C’est n’avoir aucune répugnance”aux voloncez d’autrui. SON- zi8 SOU * SOUPLE. [ Dodiis , mitU , raansuetw. ] Humble, obéissant, soumis. (II étoit souple envers les méchans. Ablanc. liét. /à *• c ^‘ 4* La richesse fermes, une juste fierté, Mais il faut être souple avec la pauvreté. Despr. Sat. i.) SOUPLEMENT, adv. [Animadocilii} D’unemaniéré souple & soumise. (Ce valet parle & agit toù jouis souple, ment auptès de son maître.) SOUPLESSE ,sf. [Agiht.is, JìexilìtusP} Agilité &ma- îiiinent de corps. Facilité à manier le corps. On dit. £La souplesse des membres. II faut avoir une grande souplesse aux jarrets pour danser une gigue fur la corde.) * SOUPLESSE. [ Docilitas , indulgentia. J Docilité. Compkilànce. Soumission. (II faut une certaine souplesse pour s’ajuster à toutes les humeurs. Bellcg.) * Tours de souplesse. [Artes, bìanditia, astutue.) Ces mots au figuré signifient finesses. Adresses. Subtilitez. ïV.oïens fins & subtils. Ruses. Ainlì on dit. ( 11 a fait mille tours deJouplesté pour venir à bout de ses desseins.) Volez Tour. SOU-PRECEPTEUR , st m. [Propmceptorsj Celui qui aide le précepteur d’un Prince ou de quelque grand Seigneur. (11 est sou-précepteur du fils de Monsieur le Prince de.) SOU-PRIEUR,iU« [Subprior.] C’est le Religieux qui a une charge immédiatement au-dessous de celle du Prieur. C’est la seconde personne du cloître. (Les Bernardins, Bénédictins, Chartreux, Celeítins & autres Otìt des sou-prieurs.) SOU-PRÍEURE,//. [Subprior.] Religieuse qui est sous la Prieure. v.H y a des Sou-prieures parmi les Bernardines, Bénédictines & les filles du Saint Sacrement.) SOL 1 QU EN IEEE, f. f [Vejlk ex ruditelável la. jrá confeBaP] Espèce de grande veste de toile que les pal- freniers & les cochers mettent pour se conserver leurs habits lors qu’ils travaillent. (Souqueuille usée.) f SOURBASTIS, ou Souri astis. Soies de Perse les plus fines & les plus estimées. SOURCE ,sfi C Font » fcaturigo. ] Ce mot se. dit en parlant d’eau de fontaine, de fleuve & de rivière. C’est l’endroit d’où commence à sourdre quelque fleuve, fontaine , ûu rivière. (La rivière de Séné prend sa source au haut du Bourg de Saint Séné en Bourgogne. La source du fleuve Marlìas est au sommet d’une montagne. Vaug. (stúnt. i. ;.) 0 On apelioit encore caput la source d’une eau. Horace, lib. i. od. r. JSunc viridi membra sub arbuto Stratus , nunc ad aqrne lene caput sacra. Et Lucain , lib. 2. Indomitum caput Rbeni. lambin dans son commentaire fur Horace, prétend que c’est une erreur de croire que caput lignifie la source & l’origine d’une rivière. C’est au contraire, (dit- il) la fin du cours d’un fleuve, & l’endroit où il se jette dans la mer, que l’on apelle ostium. Caput fiu-oú au- tem est qno in mare infiuit , quod ostium apellavit tìtorg. 4. Tnstis ad extremi Sacrum caput astitít amnis. Mais il se trompe lui-même , & dans {'interprétation du ter- me caput, & dans l’aplication du vers de Virgile. Il est bien plus naturel de nommer caput le commencement d’un ruisseau ou d’un fleuve, que son embouchure & fa fin. Et quant au sens que l’on doit donner à ce terme dans le vers de Virgile, nous en devons croire plûtôc Servius que Lambin. Ce premier fur ce mot extremi s’explique ainsi : Extremi, id est Jummi , undt naj'citur. Ainsi on ne peut pas douter que suivant la construction du vers, on ne doive entendre par caput, ìa tête, Poriginè & la source du fleuve. Voici comment les deux Traducteurs des Georgiques ont expliqué k moi caput. Air. de Segrais Aristée afiigé pleura sa destinée , Abandonna Tempe qu’arrose le Penée , Et pénétrant sa source après mille discours, Aì Martin de Pinchêne ' Le pasteur Aristée acablé de ses pertes Et du dernier malheur de ses ruches desertes , Quiîia le frais valon , où parmi les roseaux Penée a petit bruit rouie jes claires eaux , Et monta fur les bords dt la profonde source Où hsterne résilie U commence sa cours ì. SOU * SOURCE. [Origo,] Origine. Principe. Cause. ( * Pour tarir la source de tant de désordres, il unit íes deux charges. Patru, plaidoié 1. * Etre à la source de la galanterie. Voit. I. ;8- * La doctrine des opinions probables est la source St, îa base de leurs déreglemens. Pasc. L 6. * Ma mort fera la source de vôtre gloire. Racine, Ipbù genìe, a. <;.) * On dit en parlant de ce qu’une personne dit ou écrit d’une maniéré facile & naturelle, ou conformé, ment à son genìe, au caractère de son esprit, au sentiment de son cœur ; cela coule de source. SOURCíL, s m. [Supercilium.] Prononcez sourd. C’est la partie du front au dessus des yeux où vient le poil.Q’ai encore les sourcils joints qui est la marque d’un fort méchant homme. Voit. I. 42. Avoir de gros sourcils. Froncer le sourcil. Ablancourt. Le Président Coustn. Hi. Jtoire Romaine , pag. 309. a écrit/rowcer le visage, mais je n’ai trouvé personne qui parlât de la forte , & puisque Monsieur Cousin est tout seul de son parti, il est bon de. ne le pas imiter en cette faqon de parler. Bien malheureux qui n’ose rire , C’est le plaistr des Dieux. Malgré son noir sourd, Jupiter [s le peuple immortel rit austi. La Font ) SOURCIL de cheval. Poils au dessus des yeux du cheval. SOURCILLER, v.n. [Superciliatnovere,] Remuer les sourcils. (Cet écolier n’olè pas sourciller devant son maître.) H Ecouter une nouvelle fâcheuse sans sourciller.j C’est témoigner de la fermeté du courage, ne laisser paroîtr* aucune marque d’altération sor le visage. SOURCILLEUX, euse , adj. [Superbus,fiipercìliosw.] Terme poétique qui ordinairement ne se dit que des montagnes & des rochers Fort élevez. (Ils ont vû ce roc sourcilleux, de leur orgueil l’esperance derniere. Racine. Monsieur Despreaux s’en sert en parlant du front. Vers cet endroit du cbaur ou le chantre orgueilleux Montre astis a ta gauche v.n front st sourcilleux. Despr.) SOURD , sourde, adj. [Surdus.l Qui est incommodé de la surdité. (Ronsard étoit sourd. Il est, malgré ses foins çjf ses constantes veilles , Aveugle avec cent yeux, sourd avec cent oreilles. Poét. ar.on. Les écrits de Sapho menerent tant de bruits, Que cette Nisnphe en devint sourde.) * SOURD , sourde. [Surdus , obtusus . ] Qui ne fait point de bruit. Qui n’eclate pas. * Un bruit sourd. [Sernw occultas, ] Rendre un son sourd. Abl. * Douleur sourde, tine douleur interne, mais qui n’est pas aiguë. * SOURD, sourde. [Qccultm , s crétin ] Secret. (Il y eut dans la maison de sourdes pratiques. Patru,plaid. i$.) * SOURD , sourde. [Vocibus ìmmobilk.l Qui ne veut pas écouter. Qui n’a point d’oreiiles pour écouter leî demandes qu’on fait. (* Les Dieux depuis un tems me sont cruels & sourds» Racine , Iphigenìe , acl. 2. sc. 2 ) * A l’équitè les hommes furent sourds. Bens poès. * Faire la sourde oreille. ( Ad monitasurdum este. ] C’est ne vouloir pas écouter. Lanterne sourde. [Lanterna cacas Voïez Lanterne. Lime sourde. [Scobina tennisf) C’est-à-dire, qui ne fait point de bruit. Elle est toute envelopée de plomb, &1* manche même, de sorte qu’il n’y a que la partie qui limí qui soit découverte. Elle sert à couper sans bruit les plus grosses barres de fer, pourvû qu’on les envelope austi de plomb , n’y laissant rien de découvert que pour le jeu de îa lime. Le plomb qui est fort doux empêche le tré* mouffement des parties du fer qui cause le bruit, t. (Deloger à la sourdine. La galanterie Monachale a ses Loix à part, ost n’ata- que les places de cloître qu’d la sourdine. Vill ) SOURDRE- »• n. [Scatcre , scaturire.] Ce mot se dit proprement en parlant des eaux, & veut dire sortir de terre, ou de quelque rocher, ou autre pareil endroit. Le vetbe sourdre n’a que peu de tems ulìtez. Voici ceux que j’ai trouvez dans les bons Auteurs. 11 y a une autre forêt d’Hamon au milieu de laquelle sourd une fontaine. Vaug Quint. I. 4. c. 7. Mr. Vaugelas dans cet exemple n’est pas rant à imiter que Mr. d’Ablancourt dans le suivant. * Car on disoit qu’en frapant du pié contre terre il en feroit sourdre les légions. Ablanc. Apo.) SOURDRE au tient, s Ad ventì lineam propiùi acce . dere. J Se dit fur mer d’un navire qui tient bien le vent. 11 Ce dit encore d’un nuage qui sort de l’horison, & qui s’éteve vers le Zenith. SOUREFLCrORIERE, s.s. [Subrefiectnx.] Religieuse qui est (bus la Refectoriere. SOURICEAU, / m. [ Musculm .] Une petite souris. (Unsouriceau tout jeune (s qui n’avoit rien vie. La fontaine. Fable, 1 . 6.) SOURICIE RE, s f. [Mûrit decìpula.] Sorte de machine ou ii y a un petit piège pour atraper les rats & les souris en y mettant quelque friandise afin de les mirer. (11 y a chez les laïettiers de Paris plusieurs fortes de souricières, il y a des souricières à bâton , des souricières à fil , & des souricières à trape. Tendre tine souricière. Cette souricière est bonne, on y prend tous les jours des souris-) SOURIRE, t), n. [Subridere , lenìter arridere.] fe sourit, je souriais, je souris, j’ai souri, je sourirai , que je sourie, jeJourijje , /esournois , Jouriant. Faire quelque souris. (Ils se mirent à sourire, ils sourioient & se mo- quoient de lui sans qu’il s’en aperçût. ) Dans ce mot tourire, & dans celui de souris qui en dérivé, prononcez la lettre r plus sottement que dans celui ûesouricière Si SOU 519 de souris , petit animal, & prononcez IV des premiers mots presque comme si elle étoit double. * Fleurs qui semblent sourire aux cieux. Voit. Poëíl SOURIRE, s. m. [Lents risus.] Le souris d’une personne. (Elle a un sourire charmant.) SOURIS , /. m. [ Lents risus. ] C’est le sourire d’une personne. (Je ne lui voi rien de raisonnable que la taille & le souris. Ablancourt. Luc. Faire un souris amoureux à un Amant. Scaron. Ab l plutôt mille fois. Non, non, répondit-eUe Ifméne à dos yeux seuls voudra paraître belle , Ces legers agrémens que vous m’avez trouvez , Ces obligeans souris vous seront réservez. De Fontenelle, Past. Mais f aimable Vénus prévint d'un doux souris La faveur de fin Juge [fi le estur de Paris. F.p. d’Ovide.) (S Te P. d u Cerceau a dit: Pour temperer le feu qui brille dans fis yeux , La nature avec art a formé fur fa bouche Un souris fin [fi gracieux Qui charme à Jbn abord le cieur le plus farouche. SOURIS,//! [Sorex , mufiulus.] Sorte de petit animal qui est ordinairement de couleur de cendre, qui a Fouïe subtile, qui vit de froment, de legumes, de pain & de chair. (La souris a de l’averlion pour la belette, le chat & Fépervier. La souris ronge tout ce qu’elle trouve quand elle n’a point d’eau. 11 y a des souris domestiques , il y en a des sauvages & des aquatiques. Les Libraires mettent de l’eau près de leurs livres, afin que les souris ne les rongent pas. D lis-je reprefinttr dans mes vers une belle , Qui douce en aparence [fi toutefois cruelle , Va fi jouant des cteurs que fis charmes mt pris , Gomme le chat de la souris. La Font.) SOURIS ,// [ Cartilage ìn nafi equì exorta. ] Ce mot se dit en parlant de chevaux. C’est un cartilage qui est dans les nazeaux du cheval, qui le fait ebroùer, c’est-à-dire, qui le contraint de faire un certain reniflement, à la faveur duquel il tâche de se débarassec de ce cartilage qu’il a dans ses nazeaux, & qu’on apelle une souris. f SOURIS de Moscovie. On donne ce nom dans le Commerce de la Peleterie à la martre zibeline. ê Gris de fiuris. Couleur qui aproche de celle de la peau de la souris. î SOURNOIS, sournoise, Sornois, firnoifi , adj. [ Tetius , meluncolicus. J L’un & l’autre sc dit, mais Jbumois Sc sournoise font les mots d’u sage, ils signifient Mélancolique. Rêveur. Qui a l’humeur sombre & tn'ste. (11 est sournois. Elle est sournoise.) t SOURNOIS, s. m. [Tefím [fi tacitus.] Celui qui a l’humeur sombre & rêveuse. (Un sournois ne plaît jamais guère.) f SOURNOISE , / / [Tacita mulier.] Celle oui a l’humeur sombre, mélancolique & rêveuse. (C’est une sournoise.) SOUS- [Sub,subter.] Préposition qui régit l’acu- satif. (11 est sous la table.) SOUS. Cette préposition étant immédiatement précédée d’une autre , n’est pas en usage, mais en là place on emploie la ptéposition défions. Ainsi on ne dira pas. (II ne fait que sortir de Jbus l’aile de sa mere , mais il ne fait que sortir de défions l’aile de fa mere. Vaug. Rem.) SÒUS. Cette préposition se met souvent au lieu de la préposition avec. (Sous un habit de sieurs laNimpbe que j’adore Vautre jour aparut Jì brillante en ces lieux. Voiture, poës.) SOUS. Préposition qiii se met pour dans. ( don- nerent fous espérance d’un grand succès, Ablancourt , Arr. L 1. C’est-à-dire , dans Pefperance d’un grand succès.) , , On agite dans l’Academie s’il faut direjòm prétexte, ou Jur pretexte. Le Dictionnaire a décidé qu’il faut mettre fous en la plupart des phrases ; fous prétexte, fous ombre d’amitié, fous teíJts V telies conditions, [fie. Mais il faut dire Jur peine de la vie. On a feulement remarqué à cet égard, que lors qu’on y met un article, ou *20 SOU on dit quelquefois,/»»', comme, s ur un fi legtr prétexte ìl Qj'a bien lui d n' L'. ÍDecis. de l Accid. de E. luUeiìiant , m. >;. . SOUS A CE. [Sub tutelà.J Terme de Coutume qui se dit en Normandie d’un mineur, & en d’autres lieux d’un vieillard décrépit & caduc qui a besoin d’un curateur. SOUS-ARBRISSEAU,/»» [ Arbusculum .] Plante moienne entre farbriffeau & I’herbe. f SOUSBAIL,/ m. Bail que le preneur fait à un autre d’une partie de ce qui lui a été baillé à ferme. f SOUSBARBE, Voïez Sou barbe. f SOUSCHEVER, Voïez Soucbntr. è SOUSCRIPTEUR , f. m. Celui qui souscrit pour sédition d’un Livre, ou pour quelqu’autre entreprise, & qui avance une partie du prix. SOUSCRIPTION , f f. [Chirograpbus , subfiriptio.'} Elle consiste à écrire simplement son nom au bas d’un acte, ou de quelque autre écrit. (La souscription etì vraie.) í SOUSCRIPTION, en termes de Société, se dit de la soumission par écrit que font les associez de fournir une certaine somme pour une compagnie. í SOUSCRIPTION , se dit aussi des avances qu’on fait pour l'impreffion d’un Livre & de la reconnoissance qu’en donne le Libraire. (Imprimer un livre par souscription. La mauvaise foi de quelques Libraires a fort décrié les souscriptions.) SOUSCRIRE , v. a. [gubscribere."] Je fouscri, je souscrivais , f ai souscrit, je souscrivis, je souscrirai , que je souscrive , je JòuJ'criviJJe, /e Joujcrirots. Souscrivant. Met- tre son nom au dessous de quelque écrit. (Souscrire une procuration.) * SOUSCRIRE. [ Acquiescere , nwrem gtrere. ] Con. sentir, à corder. (Je souscris à tout ce que vous sauriez pensera leur avantage. Voit. I, z. Faites-les prononcer, jysouscrirai. Racine-, Andromaque, a. 4 . On le veut, j’y souscris. Dejjreaux, Satire 9 . Et la pensée enfin où mes vaux ont souscrit, Ç’eji d’atacber « vous un homme plein d’esprit. Mol.) SOUSCRIRE. [ Pro alìquo fi>ondere. ] Se rendre caution de quelcun, s’obliger pour lui. (Ce marchand a fait souscrire le billet par son associé.) SOU-SECRETAIRE, s. m. [Hypo amanuenfis, proscris à) Celui qui soulage le Secretaire dans fa fonction. (11 est Sou-Secretaire de Monsieur un tel.) SOUS-ENTENDRE , ». «• [SubaudireJubintellE gère.) Je sous-entendis , Voïez, Entendre. C’est-à-dire, ne pas exprimer un mot, une clause, ou condition qu’on peut aisément concevoir. Concevoir ce qui n’est pas exprimé. Quand on emprunte de l’argent, il faut J'ous-entendre qu’on le rendra dans quelque tems. Lors qu’on met un adjectif tout seul, on Jous-entend le substantif qui n’est pas exprimé. SOUS-ENTENDU, fous entendu’é , adj. [fiub audit us , subinteûefiw .] Mot fous-entendu. Clause fous-entenduë. Cette condition est sous-entenduë, c’est-à-dire, qu’on la doit considérer comme si elle étoit exprimée. SOUS-ENTENDU, /. m. [ ÉOipsis. ] C’est ce que les Grecs & les Latins apeilent Ellipse, C’est une figure de Grammaire, qui consiste à n’exprimer point par éle- gance un ou plusieurs mots. (Le docte Ramus a parlé du sous.entendu dans fa Grammaire , & on la peut voir.) t SGUS-ENTENTE , f f. C SubintelleHìo. ] Ce mot ne lé dit qu’en parlant de certaines personnes artificieuses qui ont toujours quelque défaite , pour ne pas tenir ce qu’il semble qu’elles ont promis. (U y a toujours quelque sous-entente en son fait.) í SOUSTRETER , », a. Terme de Commerce de Mer, C’est louer a un autre un navire qu’on avoir loué pour soi. SOUSÍGNER, ». a. [Subscribere, nomen apponere.J Mettre Ion seing au bas de quelque écrit. (Souligner une promede. Souligner un contrat, &c.) SOUS - INFIRMIE RE. C Infirmarum curatrix. J Terme de Religieuse. C’est la Religieuse qui soulage l’in- sirmiére, quonapeile aulsi l’aide de l’infirmière. (Une Sous-lniirmiére fort vigilante.) SOUS-ÍN rRODUCsEUR des Ambassadeurs , f. m, [ Legatorum admijjmii fubpïiejelhss, J C’est celui SOU qui soulage l’íntroducteur des Ambassadeurs, & qui est immediatement au dessous de lui. t SOUS-LOCATAIRE» Voïez Soulocataire. SOUS-SACRISTAIN, f m. [ Proxdìtuus. ] C’est celui qui aide le Sacristain, & qui en l’absence du Sacristain a soin de la Sacristie. (Etre Sous-Sacristain.) SOUS-SCRIBE, f m. [Subjcribad] Terme de Char. treux. C’est le Sous-fecretaire du General qui ne met presque que le dessus des lettres. SOUSTILAIRE, adj, & f. f. -[ Lima subfiitaris, J Terme de Gnomonique. Ligne Soustilaire. La Soujhlaire que l’on nomme aussi Méridienne du plan, est une ligne droite qui represente un cercle horaire perpendiculaire au plan du cadran, & qui passe toujours par le centre» quand il en a un , & par le piédu stile. (Tracer laSou- ltilaire.) SOUSTRACTION,//. [ Subjbaâio. ] Terme A’Aritmetique. C’est fart d’ôter une fois seulement un moindre nombre d’un plus grand pour en reconnoitre le reste ou la difference. (Savoir la soustraction. La soustraction est la seconde régie de l’Aritmetique. La sou- straction se prouve par faddition.) SOUSTRACTION , f f. [ Detraclio. ] Action par la- quelle on dérobe, ou on recèle quelque chose. (On permet en Jultice d’inforiner de la JouJiraftion des pièces d’un procès.) SOUSTRACTION. C Privatio.J Action de soustraire. Privation. (La mort est une chose terrible pour famé, par la soustraction de tousses apuis.) SOUSTRAIRE , ». a. [ Subtrahere .] Déduire une petite somme d’une plus grande par la régie de soustraction. SOUSTRAIRE ,J'outraire, v. a. {Eripere , jùbducere , aufirrej On áitjòujtraire avec une J', qu’on prononce, & non pas J'outraire fans f ‘Jesoujirais , j’ai j'oujhait, je soujirairai . Ce verbe n’est pas uiité en plusieurs tems, parce qu’il est trop rude dans ces tems qui ne sont paï en usage. 11 lignifie. Oter. Prendre. Enlever. Dérober. (Soustraire quelque chose. Elle a soustrait ce qu’il y avoit de meilleur dans le logis.) * 11 tâcha de la soustraire à la jalousie de Junon. Ben. serade, Poésies. 11 crut se soustraire aux tourmens. Vaug. Quint. Curce, l, 6 . ch. 9 [Subducere.] Se Joufiraire. [Pror/pere Je , aufugere, evadere.’] Je me soufrais. JemeJuissouJirait. Se dérober. S’ôter. Se retirer. (II y en eut jusqu’au nombre de quinze mille qui par certe oficieuse tromperie surent J’oujiraits à l’épée du vainqueur. Vaugelas, Quint. I. 4 . Il est de la sagesse des grands Potentats de Je jbujtraire à eux mêmes les oca-' fions de s’irriter. Patru , plaid. 7 . Us ont voulu se sou - Jiraire de l’obéïlíance naturelle qu’ils doivent à fa Majesté. Maucrotx , SchiJ'me, liv. 5 .) SOUTANNE ,// C Tunica talaris. J Ce mot se dit en parlant d’Eclesiattiques, de Prêtres, & de quelques autres gens de profession de lettres. C’est une iorte de vêtement long, juste & proportionné au corps &au bras de celui qui le porte. Ces Prêtres & autres Eclesiasti- ques qui ne sont pas,élevez aux grandes dignitez de l’E- glise , portent des J'mtcmnes noires, les Archevêques & Evêques ont des Joutannes violettes, & les Cardinaux des Joutannes rouges. (Etre en soutanne. 11 est enhar- naché d’une soutanne. Mai. Pois. Un filou promenant sa soutanne en tous lieux, Couvre de ce grand nom J'a dépense U jet yeux. Poét. anon.) jQT Je ne sanrois croire que notre soutanne dérive dû terme sultan par.e que le Grand Seigneur porte une robe semblable aux soutannes des Prêtres. Mr. Ménage veut que l’Icalien J'otana soit l’origine de ce mot. L’ha- bit que les Ecleiiastiques doivent porter, n’est point de- ligné par un nom particulier dans ie Concile de Trente, où il est dit , JeJs. 14 . cap. 6. de resorm. que,, tous,, Eclésiastiques, quelque exempts qu’ils puissent être,,» ou qui feront dans les Ordres sacrez, ou qui poflede-,» ront quelques dignitez, personnats > ofices ou bénéfi-,, ces éelélìastiques,(ì après en avoir été avertis par leurs ,, Evêques, ou par Ion Ordonnance publique, ils ne„ portent pas l’habit clérical, honnête & convenable a „ leur Ordre & dignité, & conformément à l’Ordonnan- „ ce & Mandement de leur Evêque, pourront,St doivent,, y être contraints par la suspension de leurs Ordres,,, ofices & dignitez, & par la privation des fruits & reve-,, nus de leurs benetices; & même si après avoir été re-,, pris» ils tombent dans la même faute, par la privation „ sou „ de leurs ofices & bénéfices, suivant la Constitution „ de Clement V. publiée au Concile de Vienne. " 11 depend donc des Evêques de régler l’habit clérical, & ils ont le pouvoir d’oblìger les Eclésiastiques de le porter lòus les peines portées par le Concile. L’usage en a fixé la forme, & l'on use par tout de même d’une robe qui Jecend jusques aux talons, que les Docteurs apellent vestis talariss il fufit même de porter cette robe que nous apollons soutanne , fans être obligé de porter aussi un manteau de la même longueur, qui n’est en ce cas qu’une parure. II y a dans le Journal du Palais, un Arrêt qui a du raport à l’obligation de porter la soutanne fous les peines prononcées par le Concile de Trente. SOUTANELLE , f.s. [Vestis brevior.) C est une petite fout an m que portent quelques Eclesiastiques lors qu’ils vont en campagne ; c’est aussi une petite soutanne que portent de jeunes Abez, ou jeunes gens qui ne font pas encore entièrement dans les Ordres. (Une fontanelle bien faite. 11 est en fontanelle. Ne pouvez-vom porter perruque ni dentelle , Avec les cheveux courts portez la fontanelle. Poè't. anon.) SOUTE if f. [ Intima navis contignatìo. J Terme de Nier. C’est le lieu ou fe garde le biscuit. C’est le plus bas des etuges de l’arriére, ou de la poupe d’un vaisseau, ou son enferme le biscuit & les poudres. C’est le maguzin des poudres & du biscuit. (La foute est enduite de plâtre pour mieux garder les poudres & le biscuit. ) SOUTE. [ Souda. ) C’est un composé d’une certaine herbe marine dont on fait une maniéré de sel propre à blanchir le linge. (La soute est bonne pour bien blanchir le linge.) SOUTE. [ Supplementum. ] Suplément de paiement qui íert à égaler une chose à une autre. Ce mot fe dit aussi du Uebet d’une somme arrêtée en une société. Ce marchand doit dix mille francs pour la foute de fa part. £Pro rata parte.) bOUTENABLE, adj. [Tuendo ìdoneus.) Ce mot fe dit des choies, & veut dire. Qui fe peut défendre. Qui se peur íoutenir. f Cette opinion n’est pas íbutenable.) SOUTENANCE, f. f. [ Statio , ereftio. J Action de ce qui le nuit droit ou debout. (Ce malade n’a aucune soutenance f»r ses jambes. Ce linge n’est pas assez fort tl’empois, il n’a pas assez de soutenance. L’usage de ce mot est douteux.) SOUTENANT, soutenante, adj. [Sustinens , gestans.) Qui ioutienf. SOUTENANT ,f m. [Propugnator, defenfor.) Terme à’Umveijíté. C’est celui qui défend des Thèses, & qui répond aux objections qu’on lui fait fur ce qui est contenu dans ces Thèses. (Un tel est aujourd’hui soutenant, & c’est un tel Docteur qui est le Preíìdent.) SOU-TENDANTE,// [Lineaprotendens .] Terme de Geomttne. Ligne qui joint les deux extrémitez d’une portion du cercle. f SOUTENEMENT, f m. [Tuitio, defensto .J Terme de Palais. 11 ie dit des écritures par lesquelles un rendant compte soutient & défend les articles de son compte, contre les débats & les contredits de fa partie. (Fournir des foutenemens.) SOUTENEMENT, fe dit en termes de Maçonnerie , d’un apui, d’un soutien. (Cet édifice a besoin d’un sou- íenement.) SOUTENIR, «.*• [Sustinere,fulcire.) Je soutiens, fai soutenu , je soutins, je soutiendrai. Apuier [Cetarc- boutant est trop foible pour soutenir ce mur. Soutenir quelcun par dessous les bras, c’est l’apuier & l’aider à, marcher.) * SOUTENIR- [ Suflcntare , corroborare. ] Donner de la force. çLe vin soutient. Pafc. I. ç.) * SOUTENIR. [ Mordicus tuen. j Maintenir & dire avec fermeté & opiniâtreté. (Ils foutenoient que c’éroit Alexandre. Ahlancourt , Arr. I. i. Soutenir une chose en face, Vaug. Rem.) * SOUTENIR. [ Tueri, propugnare ] Défendre. (J’al soutenu cette opinion dans ma Sorbonique. Pascal. Soutenir ion droit. Le M ait.') * SOUTENIR. [Sibi conjlare.) Empêcher qu’une chose ne languisse , ne s’afòibliffe. La maintenir dans un même état, ou dans un état aprochant. (Soutenir fa voix, se n ltile, [ a conversation. Soutenir son caractère.) SOU 521 * SOUTENIR. ( 'Refistere, suflinere.) Résister. (Sou. tenir le choc de l’ennemi. Soutenir un éibrt. Ablan- court, Arr. I. Soutenir vigoureusement L’enriemi. Du Rier,supl. de QJlurce, l. 2. ch. 9.) * SOUTENIR. [Favéré , tueri .J Favoriser. Aider de ses forces, ou de son crédit. (Ils soutinrent les Lacede- moniens fur le penchant de leur ruine. Ablancourt , Arr. I. r. c-, 4. 7.) SOUTENIR. [Habenas retrabere.) Ce mot fe dit en termes de Manège, & de chevaux de selle. On dit Soutenir un cheval, c’est lui tenir la bride ferme & haute. SOUTENIR. Fuie ire, Jujlmere .J En termes de Géométrie, ce mot se dit des lignes qui sont opofées à un angle, dans un triangle que l’on conçoit être inscrit dans un cercle. (Dans un triangle rectangle, le quarré du côté qui soutient sangle droit, est égal aux quarrez des deux jambes, pris ensemble. Ce côté qui soutient un angle, s’apelle la base de cet angle, soit qu’il foit-droit, aigu, ou obtus.) On dit en termes de Musque, que les baffes soutiennent le chant, & qu’une bonne voix soutient toutes les autres. [Sujientare, tueri.) Se soutenir , v. r. [Se a lapfu suftinere.) Je me soutiens. Je me fuis soutenu. Je me soutins. Avoir assez da force pour fe soutenir sur ses piez& ne point chanceler. (II est si foui qu’il ne fe fauroit soutenir. 11 n’a pas en- core la force de fe soutenir.) * Se soutenir dans les grandes afaires. [Sustinere ae tueri expeclationemfui.) C’est faire voir qu’on a toíjours du crédit, du pouvoir & de l’autorité. (II tâcha de se soutenir en homme de cœur. Abl. Tac.) * Son stile ne sc soutient pas. [Non fiat stilut.) SOUTENU , soutenue, adj. [ Fultm,sujsultus. 3 Apuré. (Muraille soutenue par de bons arc-boutans. * Discours soutenu. [Oratiosbi conjians.) Stile qui n’est pas assez soutenu. * Sa harangue étoit soutenue de la vigueur de son zélé & de la réputation de sa vertu.) SOUTENU,Jmíím2hí\ [Fultus.) Terme de Blason. II se dit des pièces qui en ont une autre au-dessus d’elles. SOUTERRAIN, souterraine, adj. [ Subterraneui.J Qui est sous terre. (Feu souterrain. Cavité souterraine. Robaut. Pbis. L’eau souterraine a de mauvaises qualitez. Perraut, Vitruve, Le Pere Kircher a soit un ouvrage du monde souterrain .) SOUTERRAIN, / r». [tìypogaum.) Lieu de fureté pratiqué sous terre dans une place de guerre. (Lésasse- geans faisoient un si grand feu,qu’à peine le Gouverneur osoit sortir de son souterrain.) •f * SOUTERRAIN, fe dit en mauvaise part, des voies, des pratiques sécrétés pour parvenir à quelque fin. (II a toujours des souterrains.) SOUTIEN, / m. [ Fulcrum .] Apui. (Un foible soutien.) f C’est un soutien de la famille. [Bass.) (Adorable soutien diane illustre famille Digne de Jupiter , st vous n’étiez fa fille. Ep. d’Ov.) SOUTRAITANT, f m. [Subredemptor J Ou fous* traitant, mais l’r qui est devant le premier t ne se prononce pas. C’est celui qui tíisou-fermier. [11 n’est pas premier traitant, il n’est que soutraitant, encore est-ce beaucoup pour lui.) SOUTRAITE', f m. [Subredemptio.) Sou-ferme quï fait partie d’un plus grand recouvrement. SOUTRAITER , v. n. [Subredimere.) Prendre une sou-ferme particulière, d’un fermi *r ou traitant général. (11 a sou-traité du recouvrement du huitième denier, à tant par remise.) t SOUVENANCE,//^ [Memoria , recordatìo.) Mot qui n’est plus guère en usage , qui signifie souvenir, & qui ne peut trouver place que dans le bas ltile & même fort rarement. [En souvenance je lui chanterai. Voit. kt. 30. page 109.) 11 peut auss trouver sa place en poésie. SOUVENIR , f. m. [Recordatìo, memoria.) Mémoire» (Elle est toujours dans mon souvenir. Voit, l. 40. Perdra le souvenir de ses maux. Ablanc. Luc. Je conserverai cherementle souvenir de mon cher ami d’Ablancourt. Que j’aurois bien besoin dans ces tristes alarmes Du souvenir de ses rigueurs Pour réstjler a celui de J'es charmes ! Segrais, Eg. Tome lll. U u u A peint S 23 SOU A peine de nos noms un legerJbuvtmr Parmi les hommes se conjerve. Desh. Poës. J’aplique tout mon étude yl te donner à r avenir Des marques de mon souvenir. Boifr. Epi t. t. 3. QiPiiie ait soin de garder le sou. mir fidelle D*une flamme fi belle , C’ejì Punique prix que je veux. Cadinus,act. \.sc. i.) Faire souvenir , r>, rr. { In mentor tant revocare. ] Ra- peller quelque chose en la mémoire. (,11 faut faire ceh pour eux, afin de les faire souvenir de, &c. ; On dit avili pour leur faire souvenir , mais cette derniere façon de parler est vieille. Vaug.Rem. Les objets qui fe présentent devant moi, me font souvenir d’elle. Vott. let. 42.) Se souvenir , v. r. [ MeminiJJe , recordari. ] Je tne souviens. On dit austì il me souvient , tu te souviens ,il Je souvient. 'Nous nous j'ouvtTions , vous vousJouvenez^ ils Je Jnuviennent. Je site souvenois. Je me souvins. Je me fuissmvenu. Je me souviendrai. Que je me souvienne , je me J'ouvinsse , je meJbuviendrois. i>e souvenant C est- â-dire. Avoir mémoire. Garder le souvenir. Conserver le souvenir de quelque personne , ou de quelque chose, fil ne me souvient pas de vous dire combien je le respecte & je l’honore. Voit. I. 4. Ne se souvenir plus de là fortune présente. Vaug. Quint. Quand vous auriez oublié tout le reste, vous vous devez souvenir de. Voit. L 56. L’aparence no m trompe } N j e tremble pour tot , Lorsque je nie souviens que tu manques de foi. Épître d'O vide.) £J Mr. De Vaugelas, observ. ,6i. a remarqué què Je me souviens, & lime souvient font également bons. Mais Je me souviens me paroît (dit-il) un peu plus usité à ìa Cour. Nos bons Auteurs en usent indiférem- ment. Sur quoi , l’Académie a observé que ■„ quel- „ ques-uns ont cru que II me souvient préfentoit l’i» „ mage subite de quelque chose qui revenoit dans „ l’efprit : mais l’avis commun a été qu’on pouvoir ,, dire indiféremment Je me souviens , & II me Jbw- ,, vient. ** SOUVENT , adv. [Sapé , fotpius, crebrò , sreqttert. ters Ordinairement. D’ordinaire. (Les plus grands rjaraux du monde sc disent souvent les plus honnêtes gens. Les Médecins n’emploient pas souvent le fer & le feu de peur d’aigrir le mal, niais ils le guérissent pour l’ordinaire par de plus doux remedes.) f SOUVENTEFOIS, adv. [SapeJapiuí,sape miner ò j Ce mot est vieux & ne se dit pas beaucoup dans l’usage ordinaire, & en sa place on se sert de plusieurs fois , ou souvent. SOU VENTRIERE, [Cìngula subslriHorìas Terme de Bourrelier. C’est une espèce de sangle large «le deux doits qui prend fous le ventre du cheval de bernois, ou de caresse. (Souventriere rompue.) SOUVERAIN , souveraine , adj. [Summus , supre* mus.] Indépendant. Absolu. Qui ne releve de personne. (Elle ne conserva pas les mêmes scntimens dans la souveraine autorité. Mémoires de Mr. de la Ròcbefoucaui. La souveraine puissance réside entre les mains d u Prince. Irai-je dans Lemnos m’cxposer au courroux Du pouvoir souverain, & d’un amour jaloux, Ep. d’Ovid.) * SOUVERAIN , souveraine. [PracipuUs, ejficax, prx. jentiJJìmms Ce mot se dit des remedes & veut dire excé- ient- (Un remede souverain poor la Verole.) * SOUVERAIN,_/ò«»m«»e. [Summi, supremi judices.j Ce mot se dit des Cours de Parlement, & veut dire qui juge souverainement & en dernier ressort. (Joli a traité de rétablissement des Cours souveraines du Roïau- nie.) * SOUVERAIN , souveraine, [Supremus, prajïans, ex. seìlenss Ce mot so dit en termes de Philosophie morale, & en parlant d’un certain bien qu’on apelle le souverain bien qui console à mener une vie dont toutes les actions soient sages & vertueuses, & réussissent au contentement de celui qui les fait - en un mot à lé voir en un tel état qu’on n’ait afaire de rien, & à jouir d’une posteffion parfaite de toutes choses. SOUVERAIN, j. m. [Rex^ unperator, dux .2 C’est celui SPA Hui possede la souveraine puissance. Celui qui a la sou» veraineté. (Le Souverain fait des loix, la paix & la guerre. 11 a le dernier ressort de la jussce , il bat mo. ,nn v e & leve des deniers fur le peuple. Voïez Loseau , Traité des Seigneuries. L’Empereur Valentinien disoit que le soin de faire observer la justice devoir être le principal soin d’un Souverain. Voïez Zonare, Histoire Romaine.) SOUVERAIN , aine. [ Primarius. ] Celui ou celle » qui nous donnons le pouvoir absolu sur nous. Tant qu'ils ne font çu’amans noussommes souveraines, Et jusqu’à la conquête , ils nous traitent de Reines. Corn. * L’usage est le souverain dans les langues vivantes. Vaug. Rem. C’est: à-dire l’usage décide souverainement du langage.) f SOUVERAIN, s m. Monoïe d’or qui a cours dans les Païs-Bas , pour trois Ducats , ou quinze florins quinze sols. SOUVERAINEMENT, adv. [Independenter, absolutê.} Absolument. Indépendemment. ( Regner souveraine, 'ment. Ne parleZ point magistralement & souveraine® ment des choses douteuses. Mallebr.) * SOUVERAINEMENT , adv. [Pracipuè, eximiè.’} En. fièrement. (Etre souverainement heureux. Ablanc.) ^ * SOUVERAINEMENT, adv. [Summa cum potefiatej En dernier ressort. (Les Parlemens jugent souverainement.) SOUVERAINETE', souveraine puissance, s s. [Summa qoteflás, summum imperiumj L’un & l’autre se dit par. les bons Auteurs. (La souveraineté est la Seigneurie de ì’Etat. C’est le comble de la puissance. C’eft unepleni- sude de puissance. 11 n’y a que trois choses qui bornent la puissance souveraine, les loix de Dieu, les loix fondamentales de l’Etat, & les loix naturelles de la Justice. Loifoau , Traité des Seigneuries, cb. 2. La souveraineté qui est a tachée à l’Etat, se communique à celui qui pos- sede l’Etat. Le Prince par droit & souveraineté leve quelque petite somme sur chaque marc d’or, ou d’ar- gent, qu’on fabrique, & ce droit s’apeUefoigneuriage. Voïez Bouteroué, Traité des momies. Enfin l’amour jaloux de son autorité , 2 ée reconnoit ni loix ni souveraineté. Corn. * Rien n’est à couvert de la souveraineté de vos dédiions. Molière , Critique de l’Ecole des Femmes. L est. à-dire, rien n’est à couvert de la maniéré absolue dont vous décidez.) SOU-VíCAlRE , / m. [Vice-vicarius.'] Celui qui est fous le Vicaire. Celui qui soulage le Vicaire dans ses fonctions. ( 1 ! est Sou-Vieaire de Saint Euílache. Le Sou-Vicaire de Saint Severin est habile. On l’a Fait Sou-vicaire, & il s’aquitera de fa charge en homme d’honneur ) SOU-Vî CARIAT , f. m. [Vice-vicani munuss Charge de Sou-Vicaire. (Le íou-cteariar lm v. ut tous les ans cent bonnes pistoles. On lui a Fait avoir le sou-vicariat de Saint Paul.) SPACIEUX» Voïez Spatieux. t SPADACIN, J'- m. [Enfiserficariuss Vieux mot qui Vient de l’italicn Jpadacmo, íx qui peut encore trouver place dans le burlesque satirique, & qui veut dire soldat, celui qui porte l’epée. (C’est: un spadacin.) í SPADAM,/ >«. Grand poisson de mer qui ref-, semble au Can.hatiaS, & qu’on trouve dans la Alsdi. terranêe. 11 n’est bas bon à manger. SPA DILUE, OU Efoadille,s m. [Mornu spiculata foliorum a'eatoriorumj L’un & i’autre fe dit, mais le dernier est plus conforme à l’étimologie Espagnole. C’est un terme du jeu de Phombre, & une des cartes qui, dans ce jeu, en prennent & en assomment d’autres, & que . pour cela on apelle, Matadors. (Depuis que je jolie chez Madame , je n’ai pas eu six fois le fpadille. Saint Evraìiont, ceuvres mêlées. Le Chevalier de Meré a écrit, de Pbombre , page 11. Trois cartes se nomment Matadors s c’est-à-dire, meurtriers , & de ces Matadors» le premier s’apelle Efoadìlle.) SPAGIRIQUfí , f m. [Spagiricus.l C’est un Médecin Chimique. (Un fameux spagirique.) SPAHIS , f. m. [ Eques Turcicm. ] La Cavalerie la plus considérable du Grand Seigneur. (Les spahis sont fore bien montez.) rml1 , SPAL 1 ? SPE SPALT, s. à [Spaltus lapis .] Pierre écailleuse, luisante, & assez semblable au gip , qu’on trouve en Allemagne. f On l’emploie souvent pour faciliter la fonte des métaux. SPARADRAP, f m. [ Te la ex attaque parte em. flajïro iUita .] Toile enduite d’emplâtre de chaque côté, & qu’on polit après cela fur un marbre avec un bistor- tier. On l’apelle autrement toile à gautier. SPARAGON,/ m. Etofe de laine très-commune, qui se fabrique en Angleterre. SPARGANIUM, f m. [ Sparganium ramofum. ] Nom de Plante qui pousse des feuilles longues, étroites, tranchantes des deux cotez, & dont les fruits font épineux & gros comme de petites noix. f 11 y a trois efpeces de Sparganium. Les racines de cette plante font sudorifiques, & propres contre les morsures des ferpens. SPARGELLE , / / [ GenffeSa. ] Plante propre pour déterger, pour amollir & pour refondre. t SPARGULA , f. / Efpece de Morgeline, ou plante qui croit dans les bleds. Elle augmente le lait des vaches qui en mangent. SPAR1ES ,// [Sp«rsa , djjparsa.] Terme de Mer. Le mot est pris du Grec Jpero, je feme. On apelle ainlì tout ce que la mer disperse , & laisse fur les bords, comme l’Ambre, le Coral, &c. ï SPART1UM, / >». Arbrisseau dont il y a deux efpeces. Leurs semences purgent par haut & par bas. SPARTON ,/ >n. [F unis spart aceu.i. ] Terme de Mer. C’estun cordage fait de genêt d’Efpagne. SPASME , f tn. [Convulfio.] Ce mot est Grec. C’est un terme de Médecine, qui lignifie une forte de convulsion, ou retircmenc de nerfs. SPATIEUSEMENT , adv. [Spaths: , laxè, diffusé, Ion. gc lutèque.] D’une manière vaste & fpatieufe. (11 est logé fort fpatieufement.) SPATlEUX, fpatieufe , adj. [Amplttí, fpatiosus, htc patens.] Mot qui vient du Latin & qui signifie. E- tendu. Long & large. Ample. (Chemin fpatieux. Abl. Arr. Cour fort fpatieufe.) SPATlEUX. Au figuré. [ Amphts latêque diffusas. ] (Entreprendre l’Eloge dc Saint Augustin, c’est un champ fort fpatieux.) SPATULE,//» [Spathula, spatbaj Voie z Esta. iule, qui est le mot dont fe fervent les habiles Apoticai- res & les habiles Chirurgiens. L’Académic écrit spatule. SPE',/ h*. [Chori clericus major.) On apelle ainsi dans la Cathédrale de Paris le plus ancien des enfans de chœur &. celui qui doit être le premier. (C’est leJpé des «nfans de chœur.) SPE'CIAL , Speciale , adj. [Speeialis, peculiaris, pro. pins.] Particulier. (11 l’apella son fils bien-aimé; mais d’une fàqon ípecialc. Bouhours, Hijioire d’Aubujjon , SPECIALEMENT, adv. [Speciatim , molo proprie U feculiari. ] Particulièrement. (11 a spécialement marqué cela.) t SPECIALITE', / / [Spécialité* , modus peculiaris .] Ce mot n’est qu’un terme de Notaire. (Sans que la spécialité déroge à la généralité.) SPECIEUSEMENT, adv. [ Speciosè .] D’une maniéré «parente. (.Cet homme parle toujours fort spécieusement, quand même il ne diroit pas la vérité. Acad. Franc.) SPECIEUX, spécieuse, adj. [Specìofits, apparent .] Aparent. (Une raison spécieuse. Un spécieux prétexte. Paj’c. L ;. Moiens. L'Algèbre spécieuse, qu’on nomme aussi simplement la spécieuse, c’est celle qui exerce ses raisonnemens sur les choses désignées par les serres de l’Alfabet, ce qui soulage merveilleusement i'imagination & la mémoire. (L’algebre spécieuse est d’un usage plus étendu que la nombreuse, qui se sert de nombres. La foi, ce naud sacré, ct lien pretieux, N’est plus qu’un vain fantôme, U qu’un nom spécieux. Brebeuf.) f SPECIFICATION,//» [Destgnatio, exprejjto.] L’ex pression, la détermination des choses particulières •a les spécifiant. SPE 523 SPECIFIER, o. a. [Designare exprimere.] Particulariser. (Spécifier le nombre des choies.) SPECIFIQUE , adj. f Spécifient, mmìnatim signons. J Ce mot vient du Latin. U signifie particulier, singulier, (C’est une chose specifique.) SPECIFIQUE , / m. [ Sìngularis, unus. ] Terme ds Médecine. C’est un remede propre pour une maladie particulière. (C’est un specifique éprouvé, infaillible, admirable, cxcélent, &c.) SPECIFIQUEMENT, adv. [Speciatim, nomìna- timj D’une manière particulière & spécifique. (La vertu d’atirex le fer apardenc spécifiquement à l’aimant.) SPECTACLE,/»»- [Speôíuculum , acim jpeliabh lis.] Mot qui vient du Latin. Tout ce qu’on expose aux yeux des spectateurs. Tout ce qui fe volt publiquement. Jeux & fêtes qu’on célébré pour donner du divertissement. Représentation de quelque chose que ce soit en considération du public, ornemens & décorations. (Spectacle charmant, agréable, ingénieux, triste , Funeste , horrible , important, utile , permanent , naturel, artificiel, miraculeux. Assister aux spectacles , Ablancourt, Les spectacles instruisent délicatement le peuple de plusieurs choses utiles. II faut donner des spectacles afin d’oeuper adroitement l’ç& prit des personnes oisives & les détourner de la débauche. Les décorations qui doivent servir aux spectacles, doivent être ingénieuses & propres aux sujets. Pratique du Théâtre, l. 1 . & l. 4 . Les Rois aux yeux du Peuple en spectacle donnez , Te leurs propres grandeurs se trouveroimt genez. H Servir de speflaclt. C’est être exposé à la risée, au mépris du public. ch Se donner en speHacle. C’est s’expofer aux regards & au jugement du public. Ou ne le dit qu’en mauvaise part. SPECTATEUR, / -». [Spetlator .J Mot écorchc du Latin qui se dit principalement en parlant de pièces de téâtre, & qui lignifie la personne qui écoute & voie la représentation d’un Poème dramatique. (Le Poste dramatique ne doit travailler que pour plaire aux spectateurs,L il ne leur doit rien faire voir que de vraisemblable, & dont il n’ait trouvé quelque couleur dans faction principale de fa pièce. Le Spectateur moderne. On dit aussi spectatrice. (Quoi, dis-je, tout chagrin dans ma verve infertile , Des vertus de mon Roi spectateur inutile Faudra-t.il fur fa gloire attendre à m'exercer Que ma tremblante voix commence a le elacer ? Despr.) H SPECTATEUR , se dit de celui qui n’agit point, qui n’a point de part dans une afaire. (II n’a point eu de part au combat, il n’en a été que simple spectateur.) SPECTRE, / »»• [Speârum, larva umbratilis ,] Mot qui vient du Latin , & qui signifie un pbantóme. Tout ce qui par quelque figure se présenté la nuit aux personnes. Vision nocturne qui represente quelque chose qui éfraïe. (Un spectre hideux, afreux, monstrueux, épouvantable. Bêlas, un spectre afreux faproebe de mon lit , Mon sang en est glacé , mon visage en pârlit.) f SPECTRE, se dit d’une personne fort grande, maigre & défaite. (Vous ne le reconnoicricz plus, vous 1s prendriez pour un spectre.) SPECULAIS E , / / [ Ars consiciendi spécula .J Science qui traite de l’art de faire des miroirs. (LesModernes ont beaucoup rafiné for la science Jpeculaire± SPECULAIRE. [Lapisspecularis.] Nom qu’on donna à une pierre qui est claire comme le verre, & dont fe servent ceux du païs où elle croit, au lieu de verre pour mettre aux fenêtres. SPECULATEUR, [Speculator, contemplator.l Qe mot est tiré du Latin. II lignifie celui qui s’atachè à la contemplation des choses relevées & dificiles. (CVsl-, « grand spéculateur.) ^ utî SPECULATIF, spéculative, adj. [Speculativus.] Me tiré du Latin, & qui veut dire qui est dans la spéculation & qui ne décend point dans i’execution. (Science foe culative.) ^ SPECULATIF,/»». [Speculator,contemplator] Ou est contemplatif. Qui médite & travaille fur des chofé un peu abstraites. (C’est un spéculatif) Ttme III. U u u a \ 24 SPH SPECULATION i / / {Speculatio, méditatif, conter*, f lotie.] JVÎottiré d u Latin. Action de l’esprit qm con- temple, & qui considéré seulement. Contemplation. (Cela est ainsi dans la spéculation. Ablancourt. II y a bien loin de la capacité des âmes vulgaires auxsublimes spéculations des savarin hommes.) f SPECULATION. Sorte d’étofe non croisée, de soïe & de fil, qui se fabrique à Paris. f SPE'CULER. {Speculari, attenté médit ar il] Ce verbe se dit d’ordinaire en riant & dans un sens neutre. 11 signifie contempler. (II s’amuse à spéculer. C’elt un lin homme qui spécule.) SPE'CULER. {Objervare,scrutarisyderum motus.'] Cè mot en terme d 'Astronomie, lignifie observer les astres, examiner & calculer leurs mouvemens. SPECULUM-MATRIC1S. Ce mot est Latin. In. Uniment dont se servent les Chirurgiens pour penser les maux qui viennent dans les parties naturelles de la femme. SPERMATIQUE , adj. [ Spermaticus .] Terme à'Anatomie. Qui engendre la semence. Qui est engendré de la semence. (Álédrcament spermatique. Vaisseau spermatique. Veine, ou artère spermatique. Parties sper- matiques telles que sont les membranes , les fibres, le ligamen, le cartilage & les nerfs qui viennent de la semence. Voïez semence.') t SPERMATISER , v. n. {Semen,spermaspargere.] Cè mot se dit des hommes & des femmes. C’elt commencer àjetterde la semence. (Elle spermatise.) SPERME , s. m. {Sperma, semen animale. ] Mot qui Vient du Grec, & qui veut dire semence dlhomme. {Oui , je Éen conjure , adorable Vénus , Et par tout ce qui peut des corps les plus arides Faire suer le spberme, S. Amant. Le sperme dam mes reins oisivement croupit. S. Amant.) SPERME de haleine. {Sperma ceti.] Cervelle d’un animal apellé cachelot, qui préparé, adoucit la peau, résout les tumeurs des niammelles, & qui est bonne pouí l’astme en la prenant par la bouche. SPHACELE, s m. [Spbace/es.] Terme de Médecine, C'elì la mortification entiere de quelque partie, causée par l’interception d u sang & des esprits. f SPHACELUS,/ m. ou Stachys. Plante qui ref» semble au Marrube. Elle excite l’urine & les mois aux femmes. SPHENQïDË, adj. [sphénoïdes] Terme à'Anato. mie. Os de la tête qui est commun au crâne & à la mâchoire superieure. SPHERE,// {Globus'] Prononcez r/eVe. Mot qui vient du Grec, & qui signifie globe , ou boule. (Cela est fait en maniéré de sphère.) SPHE RE. {G lotus terraqueus.] Ce mot sc dit en ter* mes d'Astronomie & de Géographie. C’est un globe qui représenté la surface de la mer ct de la terre, o» la ron* deurduciel. (Une belle sphère.) SPHE RE arsnìllaire, [ Sphara armillaris. ] C’est Utl globe qui représenté la dilpoiition des Cieux, avec plusieurs cercles en relief, (Savoir la sphère. Aprendre la sphère. Enseigner, montrer la sphère. Sphère droite. Sphère oblique. Sphère parallèle.) SPHERE. [ C ah. ] Ciel. Disposition dee cercles qui composent le Ciel. {Les Muses lors firent un cri « Qui pnll'a la dixième sphère» voit. Poès.) Dans îe Sistême de Ptolomée, on donne tine sphère à chaque planète. Les anciens philosophes croioient qu’ii y avoir une sphere du feu. L’air qui environne le globe de la terre & de Peau, s’apelîe È Atmosphère. \_Atmosphata.] SPHE'RE dlatíìvité,J.f. [Sphara uèlivitatit.] Terme d e Philosophie, C’est l’étenduë dans laquelle un corps f ieut agir autour de foi. (Le feu ne peut pas échaufer es objets qui sont hors de fa sphère d’activité. * i/ e st de sa sphère. {Supra vires.) Ces mots au figuré, signifient, il traite des choses qui font au-dessus de ses connoissances. •f Sortir Ae Jd sphère. C’est sortir des bornes de son ctar. de sa condition. SPHE RIQJJE , adj, [Spbaricus.) Qifi est en Forme de gloDe, ou de sphere. (Figure spherique. Narcijjejphiri . SPÍ que. C’est une forte d* narcisse qu’on voit au jardin Koral, qui fleurit rouge, & dont les fleurs font une maniéré de sphère. SPHE'RIQUEMENT, adv. [Sphœrìcè.] D’une maniéré sphérique. (11 envoie sphériquement des raïons dans tout le milieu.) SPHEROIDES, / m. f Sphéroïdes.] Corps qui apro- che de la figure de la sphère, mais qui n’est pas exactement rond, & dont un diamètre est plus grand que Vautre. bi on conçoit qu’une Ellipse tourne autour de son plus grand diamètre , elle décrit un Sphéroïde oblong. Alats ii l’on conçoit qu’eile tourne autour de son petit diamètre, elle décrira par ce mouvement un Sphéroïde plat. SPHINCTER ,/ m. [Spbincler, Jflriflorium.] Ter- tire d' Anatomie. Muscles qui font faits en forme d’an* neaux, qui serrent les orifices de la vessie ct du fondement, & qui les empêchent de sc dilater. SPHINX. {Sphinx.] Prononcez sfinx. Ce mot est masculin & féminin. C’est une forte de monstre qui de- Voroit ceux qui ne pouvoient expliquer les énigmes qu’il leur proposoit. (Hortensias dit, répondant à quel. ques-unes des railleries de Cicéron, qui n’entendoit pas les énigmes. Tu as portant,ou repartit Cicéron ,msphinx cheZ toi. Ablanc. Apo.pag. 86. Verres donna un sphinx d’ivoire à Hortenlìus. L’Abé Talemant , Plutarque, vit de Cicéron, pag. ;6y. Airs. de l’Académie font ce nom masculin, ct Danet féminin. Au haut de chaque rampe un sphinx au» larges flancs Se laijse entortiller de fleurs par des enfans. La Fontaine, Psrché. Si vous aviez du sphinx vie le sanglant ravage. Corneille, Oedipe. La sphinx aVoit la tête & les mains d’une fille, le corps d’un chien, la voix d’un homme, la queue d’un dragon, les grises d’un lion & les ailes d’un oiseau.) SPHINX. Chez les sculpteurs, est un ouvrage de sculpture pour orner des rampes de terrasse dans des jardins. 11s font representez d’ordinaire avec la tête & le sein d’une fille, & le corps d’un lion. _ SPHONDILE,/ tn. [ Sphondilis. ) Infecte qui fi tient bien avant dans la terre , qui sent mauvais, qui a huitpìez, & des dents très-fortes avec lesquelles il ronge la racine des plantes. f Cette efpece de ver est propre pour resoudre, Sc pour fortifier les vers. SPHONDILlUM,/ nt. [ ’SpondjHum J Plante à la- quelle on a donné ce nom,parce que fa graine sentmau- Vais comme l’insccte apellé Jphondile. SPICAN AH D , f. m. {Nardus indìca,spicanardì.] Epi qui croît à fleur de terre, long, gros comme le doigt, garni de poils rudes, rougeâtres, & d’une odeur aller forte. On l’apelie autrement nard celtique. =£ SPICANARD, ou Nard. 11 y en a de trois fortes; ìe Nard Indique, le Nard de montagne, & le Nard Celtique ou François. Le Nard Indique vient des Indes, & est le plus estimé. Le Nard de montagne croit en Bau- phiné, & il est d’un gris de souris. Le Nard Celtique se trouve fur les Alpes. î SPINA JolJiitialis , / / Efpece de Chardon étoilé, qui est apéritif ct sudorifique. SPINELLE, adj. {Spinellus.) Terme de JouaiSier. C’est une épitéte qu’on donne au rubis lorfqu’il est d» Couleur de vinaigre, ou de pelure d’oignon rouge, ce qui le rend bien diffèrent de prix du rubis balai, quoi qu’il soit auílì dur. SPINOSISTES i / m. ÍSpinostp.] Sectateurs d* l’impie Spinola, homme fort connu dans la Rolande» qui soutenoit que toures les Religions avoient été inventées pour Futilité publique, que Dieu n’est point un être intelligent, infiniment parfait ct heureux, que c’est cette vertu de la nature répandue dans toutes les créatures ; qui nie que Moïse soit auteur du Pent'ateuque. 11 a composé plusieurs ouvrages, & entr’autres le Traâa. tus Tbeologico politicus, condamné par un decret public des Etats de Holande. t SPINUS , ou Ligurintis , / m. Oiseau de la grot seur d’un chardonneret, noir & jaune. On le trouve dan* les pars chauds, & il est propre pour l’Epilepsie. SPIRAL , spirale , adj. [ Sprralis. ] Ligne spirale, C'est-à-dire, ligne circulaire, qui à mesure qu elle tourne s’éloigne toûjoart de son eenttc. SPIRAL, SPL SPIRAL , spirale , adj. Ce mot fe dit en termes d'Hof- figer, en parlant de certaines montres qu’on apelle mon : tres spirales. Une montre spirale est celle qui a un ressort spiral C’est-à-dire, un ressort qui tourne en maniéré de colimasson, & qui s’atache au balancier pour rectifier les inégalitez du grand ressort L du balancier. Quelques-uns atribuent l’invention de cette montre à Monsieur l’Abbé de Haute-feuiìie, mais la plupart à Monsieur Hugens, célébré Matemaúcien de l’Acadcmie Roiale. SPIRALEMENT, adv. [In modmn spiras D’une maniéré spirale. (Taillé spiralement en vis.) SPIRATION ,/ s C Spiratio. ] Terme de Théo. hgie , dont on le sert pour expliquer la maniéré par laquelle le S. Esprit precede du Pere & du Fils. SPIRITUALISATÍON . f f. [Spmtualisatio.2 Terme de Chimie. C’est une conversion des parties d’un corps compacte en esprit. (La spiritualisation elt proprement atnbuée aux sels. Char*s, Pharmacopée.') SPIR1TUALISER , ». a. [Desecare .j Terme de Chimie, C’est réduire les corps compactes en esprit, comme on le pratique fur le sel, qui se peut tour-a-fait réduire ea esprit par la diitilation. SPIRITUALISER, ». a. [Senfum acutiorem cogitations dare.] Ouvrir l’cfpric à queicun, lui former le jugement, îe ratìner. (11 ne saut pas tant Jpiritualiser l’amour. Saint Evremout.) « SPIRITUALISER. [Insenfum spìritualem conversercS\ Donner un sens spirituel & dévot à quelque passage. (St. Bernard a spiritualisé plusieurs passages de l’Ecriture.) SPIRITUALITE' ,s.f. sNatura corporis expers.') Substance spirituelle. II veut dire détachement des choses corporelles. (En matière de spiritualité, les goûts ibnt bien bizarres. Bossuet. Les ouvrages de Sainte Therese, de Rodriguez, de Grenade, &c. sont des ouvrages de spiritualité.) SPIRITUEL, spirituelle, adj. [Acutus, ingéniosité Qui a de l’efprit. Plein d’elprit. (Personne spirituelle. Chose spirituelle. Molière.) SPIRITUEL , spirituelle. [Spiritualité} Ce qui est Opels à temporel. (Est-ce une simonie de donner un bien spirituel pour un temporel? Pasc. I. 6.) SPIRITUEL,spirituelle. [Rébus divinis addìéluis Pieux. Dévot. (Livre spirituel. Vie spirituelle.) SPIRITUEL , spirituelle, adj. [ Dircckr conscientìx. ] Ce mot se «lit de certaines personnes qui en dirigent d’autres fur les choses du salut. (C’est le pere spirituel de Monsieur un tel.) SPIRITUEL , s m. spirituakss) C’est tout ce qui regarde une Eglise. (Le spirituel ct le temporel de quelque Eglise. Le spirituel de son Eglise est fort considérable. Cela regarde le spirituel de l’Eglise.. Avoir deux benefiees, c’est un inceste spirituel.) SPIRITUELLEMENT , adv. [Ingenìosè, acutcj Avec «sprit. (Dire les choses spirituellement. S’expliquer spi- rituellement.) î SPIRITUELLEMENT. En esprit. (Communier spirituellement.) ? SPIRITUELLEMENT, signifie aussi selon l’esprit, & fe dit toujours par opolìtion a littéralement. (11 y a des passages qu’on doit entendre spirituellement.) SPIRITUEUX , spiritueuse , adj. [Spirituosm , Jpiri- tuum plenuis Terme île Philosophie ct de Chimie. 11 se dit des corps qui font remplis d’autrcs petits corps legers & volatils. (Les vins les plus spiritueux sont les meilleurs. La semence est fort spiritueuse, c’est-à-dire, pleine d’esprits. Substance spiritueuse. On extrait par la dissolution cequ’il y a de plus spiritueux dans les corps.) SP1ROLE. Pièce d’aríiilerie. Rabelais , liv. r. ch, 2.6. Lombards, faulcons , pajfevolans, sptrolesçsi autres pièces. La spirole étoit une maniéré de petite coulevrine, ainsi apellée de Jpira, nom que les Latins ont donné aux replis des scrpens ; & l’on a donné ce nom à la spirole, soit à cause de la tortuosité du chemin que faisoit son boulet, soit pour distinguer ce canon de plusieurs autres que le siflement de leurs boulets, semblable à celui des scrpens, avoir déja fait nommer basilics , serpentines , & toukvrines. * SPLENDEUR, f f. [Splendor , magniscentia.1 Eclat. Lustre. (Revêtu de splendeur & de gloire. Arn. Rendez la splendeur a la Cour. Voit. Poès. Votre dignité a été rehaussée par h splendeur de vos im- portans emplois. Lt Président Çotsin, Ujjitire Romaine.) SQU 525 Z * Vivre ’avec splendeur. C’est vivre avec pompe, avec magnificence. SPLENDEUR, s. f. [ Fulgorsi Lueur éclatante, qui fe dit proprement de la lumière du Soleil Si des astres. SPLENDIDE, adj. [Mug.niftcns.splendidw.) Plein da splendeur. Magnifique. (Prince splendide. Chosetout- ù-fait splendide.) SPLENDIDEMENT, adv. V Sp'endidè, lantè. ] Aves splendeur. D’une maniéré splendide, éclatante & magnifique. (Vivre splendidement. Ab. Tac.) SPLENIQUE, ail. m. &/ [Lienicuss Maladie ds la rate. Le rameau de l’artere cœliaque gauche s’apelle aussi splenique, parce qu’il porte le sang à la rate. 11 y a aussi u n s veine splenique, SPODE , s Terme de Pharmacie. Espece de cendre qu’on trouve furie pavé des fournaises d'airain, ou cendre qui se fait des racines des cannes brûlées. H Ces cendres contiennent un sel apéritif ; on les apelle spods des Arabes, [’Spndiunt Arairnm.) $ SPODE. [ Spodium.) C’est l’yvoire brûlée. Cette drogue est astringente. f SPODE des Anciens Grecs. C’est IaTutie. t SPOLIATEUR, f. m. [Spoliator , depopulator.] Celui qui dépouille. SPOLIATION ,ss [Spoliatio.] Action par laquelle on dépouille queicun de fes biens. Un dèvolut est odieux, parce qu’il aboutit à la spoliation d’un titulaire. SPOLIER, ». a. [Spo/iare , exiler e. ] Terme de Pratique. Oter le bien, les héritages à queicun. (Ce Gentilhomme a été spolié par fes créanciers.) SPONDAïQUE , adj. [ Versus spnnddici.'] Vers sport- daïques. Ce font des vers hexamètres tous composez de spondées, ou du moins dont les deux derniers pieds font spondées. SPONDE'E, /. m. [Spondms.] Terme de Prosodie Gréons & Latine. C’est un pis de vers composé de deux sillabes longues. (Les vers hexamètres finissent par un spondée.) SPONDILE, s m, [Spondylussi En Anatomie ver. tebre, C’est un os qui fait partie de l’échine du dos. Chez les Botanistes c’est un nom de plante. (Votez Spbondilei) SPONGIEUX, spongieuse, adj. [SpongiofiisJ Mot tiré du Latin, qui veut dire. [)ui tient de Víponge. Qui, quelque chose de l’éponge. (Pierre spongieuse. Savot.) SPONTÀNE'K > adj. {■ Spmtanens. J Terme de Morale, tiré du Latin , & qui signifie volontaire, qui se fait de plein gré & sans contrainte. Evacuation spontanée , en termes de Médecine, signifie qui fe fait fans contrainte, & même fans le consentement de la volonté. $ Lassitude spontanée, se dit d’uné lassitude qui vient sans avoir été causée par aucune fatigue precedente. SPONTANEITE',/./. [Spontanéité .] Ce qui sait qu’une chose est spontanée. La liberté de l’homme, selon saint Augustin, dit Air. le Clerc, se réduit à une simple spontanéité, qui ne renferme point la puissance de ne pas agir. Mais Mr. le Clerc en impose à saint Augustin, & confond le spontanée avec le volontaire. SPONTON, / m. [ Dimidia forijsa . ] C’est une demie-pique. (Les spontons font principalement en usa- ge parmi les Vénitiens & les Chevaliers de M alte.) S P O R AD1 QU E, adj. [Sparsuss Se dit des maladies qui ont des causes particulières. SPORTE , / f- Terme de Capucin, qui vient du Latin ou de l’halien/gorta.Panier de jonc que porte le Religieux Capucin qui fait la quête. (La sporte est pleine.) SPORTULE./ f. [Sportula.) Distribution de viande on d’atgent que les anciensRomairis faisoient à leurs Clients, & à ceux qui venoient le matin à leur levé. Dauet. SPUTLR ,/ m. [Sputerum metallum . ] C’est une espece de nouveau métal que les Hollandois ont aporté en Europe. 11 est blanc & dur, & il soufre le feu , mais non pas le marteau, parce qu’il est aigre & cassant. Oa ne le peut emploierqu’en fonte. SQUiENANTHE,/: f. Plante aromatique & odoriférante, qu’on nomme ordinairement, [suncus Qdoratus. SOUAMMEUSË , «ij-í [Squaimnosa sutura. ] Epitctc que les Anatomistes donnent aux fausses sutures d u crâne. SQUELETTE , s tn, [Larva nudis ojsìbus coba - rem.) Mot qui vient du Grec. Corps mort qu’on a des- Uuu_i séché» 526 ST A séché, où î! n’y a plus que les os, o« seuls, vu avec la peau. La composition de tous les os du corps humain joints ensemble. (Voilà un squelette. Sous un chevron de bois maudit 7 ' branle le squelette horrible D'uk pauvre Amant qui se pendit. Saint Amant * Elle est maigre & sèche comme un squelette. Gonb. Epître, livre * Ale miant comme une alumette , Et le corps fait comme tm squelette , Je m sai. Voit. Poës.) SQPïLLE, s.s [Cancerculus.] Norn qu’on donne à de petites écrevices sans pieds ni branches. -j- S QUILLES , ou ScilJes. [Squilla.] Gros oignons qui viennent d’Efpagnc, & qui entrent dans la composition de la têtiaque. SQUILLITIQUE. [Scillites.] Nom qu’on donne à divers médicamens. SQUINANCIE,/ f. [Angina.] Quelques-uns disent Jquinancie. stlais l’usage déclaré elt pour esquinan- tie. Voïez esquinancte. IVlrs. de l’Académie écrivent l’un & l’autre. í SQUINANTI, ou LIN D'EGÏPTE. C’est le meilleur & le plus cher des lins qui se vendent au Caire. f SQU 1 NE, ou FSQUÍNE,// Racineinédeci- nale qui vient de la Chine & des Indes. SQUIRRE , sekirre, s su. [ Schitrus. ] Terme de Médecin & de Chirurgien. On écrit l’un & l’autre, mais on prononce squirre. Le squirre est une tumeur contre nature qui est dure fans douleur , & faite d’une humeur mélancolique naturelle, DeGori. (Guérir un squirre.) SQUIRREUX , squirreuse , adj. [Squhrosus ] Qui est d’un squirre. Qu; est enflé contre nature, qui est dur sans douleur, 8 , fait d’une humeur mélancolique naturelle. (C’est une disposition squirreuse ) ST- [Tace, obmuresce, savete linguis.] Terme indéclinable , dont on se sert pour commander qu’on salle silence, & qui signifie paix. (St, le voici ) STABILITE'» /•/. [Stabilisas, sirmiUs, Constantin.'] W ot tiré du Latin, état & condition ferme, stable & durable de quelque chose. (11 parla de la sainteté & de la stabilité du mariage, qui ne peut être rompu que par la mort. Fìícb. Comment. I. j. ch. 19. Vœu de stabilité.) ê On dit au propre , la stabilité d’un édifice; & au 4gurç, la stabilité d’un État, la stabilité des loix. STABI.AT ,/ »>. [Stabulum.] Demeure que font les tiaïíans des montagnes , dans des étables où ils passent l’hiver avec leurs bestiaux. STABLE , adj. [ Stabilis , sir mus. ] Ferme. Qui nc branle point. Solide. Fixe. (Chose stable. Cela ist stable autant qu’il le sauroit être.) ‘r* STABLE, signifie d’ordinaire, assuré, durable, ermanent. (Une paie ferme & stable, une fortune sta. le, un esprit stable, li n’y a rien de stable dans ce monde.) ST ACHYS, f.s. [Stachis.] Nom de fleur qui a une odeur forte. STACTE',/ ,H - [S’A'ìéA.] Terme de Pharmacie. Graisse qui fe tire de la myrrhe fraîche pilée avec un peu d’eau, ou pressurée, & qui est très-odorante. ST ADE, f »r. Mot qui vient du Grec. Quelques Auteurs de !a dernière classe font le mot de stade féminin , mais mal. Le stade étoit une mesure de cent vingt cinq pas à cinq piez pour pas, mais le pié ctoit plus petit que celui de Roi d’environ un quinzième ou un féziéme.- Ablanc. Rem.fur la Retraite des dix mille , p. 4.7g. Le stade étoit particulier aux Grecs, & avoir cent, vint pas Géométriques. Volez Samson, Avis fier les remarques de l’ancienne Gaule. je n’ayois passait un stade qu’on tn’apella. Ablanc. Luc. t. 2. STADE. [Area.] Le lieu où l’on s’exerqojt à la course. (Les enfans captifs coururent le stade. Ablanc. Pe. eor. t. 4. c. 8- p aq$.) STADE, f m. [Stadium.] Terme d’ Arcbitefle. C’est une eipece de theátre , composé de plusieurs degrez, fort long. STAGE. / >»■ [Refidevtia.] Terme de Chanoine. Résidence pendant un certain tems prescrit par ks sta- STA tuts de l’Eglife. (Faire son stage. Mon stage est fait. Ost, l’apelle en quelques endroits rigoureuse.) ST AIMBOL’C, / m. [Rupicapra.] Èfpecedechs. mois dont on connoit l’âge par le nombre des nœuds. Acailém. Franp. í STALLE , s. m. On apelle ainsi dans les EglTea les sièges de bois qui font au tour du chœur, dont le fond se levé & se baisse, & sur lesquels font assis les Chanoines, les Religieux & ceux qui chantent au chœur. STAMEN.AS, ou Jiamenais , comme écrit l’Acadé- miu. [Genu.] Terme de Alarme. Pièces de bois combe de part & d’autre en forme de genou, qui servent à U construction d’un vaisseau. t STAMPE,// [Imago excusa ex are.] II y a des gens qui fe mêlent de rafiner, & qui disent unestampe, pour une estampe, mais ces gens-là résinent mal. Tous ceux qui ont écrit de la peinture, disent & écrivent une ejìampe. Votez Depiles, Conver. de Peinture. ST AN CE , f. f. [ Strophe. ] Ternie de Poste Frax. poste qui vient de l’Italien Jiama, & qui signifie demeure. C’est un certain nombre de vers arrêté, comme de quatre, de six, de huit, de dix, de douze, & de plus quel. quefois. La fiance est aufli un certain nombre de vers impair, de cinq, de sept, de neuf, de onze ou tic treize. Les Jìances sont ordinairement enjouées & lerieusei. (Faite des stances. Composer des stances. Finit des stan. ces. Volez là-dessus la Versification Françoise, c, 40. Les stances avec grâce apurent à tomber , Et le versfur le vers n’oja plus enjamoer. Despr.) STANGUE,// [Scapus, trabs anebora.] Terme de Blason. G'etì la tige droite d’une ancre. ST AN TE' , fiant ée , adj. [Non manu perseâim it. lineatm.] Prononcez Jianté. Terme de Peinture , qui vient de l’italie», & qui ne fe dit ordinairement qu’au masculin. II veut dire peiné. Qui est beaucoup fini, mais qui ne paroît point travaillé d’une main libre. (Ouvrage stanré.) STAPHISAGRE,/ s. [Stapbisagria.] qu’on nomme en Fianqois herbe aux poux. [Herbu pedsmlaris.] On l’era- ploic aulíi dans les mastications pour faire cracher. STAPHYLODENDRON , f. m. [. Staphyhdn fc drus.] Arbrisseau dont les feuilles font semblables à celles du sureau, ou du frêne, & dont I’écorce donne envie de vomir. í STAR , ou STARO, f *W. Mesure des liquides dont on se sert à Florence , dans la Calabre & dans la Fouille. T STAR, est aufli une mesure des grains, en usage dans plusieurs villes d’italie, comme à Venise, àLivour- ne & à Luques. STAROSTE , / m. [Starojla, Prorex] Mot Polonais. C’est le Gouverneur de quelque place cn Pologne. STAROSTIE, fi. [Starojiia.] ÍYlot Polonois, qui veut dire Retendue du Gouvernement du Staroste. SI A fE'RE , f. f. [States-a.'] Volez Balance Romaine, & pefon. & La diférence étoit grande entre statera , trutina , tibra. Libra étoit une balance composee, comme les nôtres,de deux bassins, d’un fléau , d’une languette ,St chaste. ï riitina , c’étoit proprement la languette de la balance qui marque Légalité du poids. Et statera étoit chsz les Romains, c? qu’est parmi nous la romaine : niais au lieu du crochet qui porte le fardeau, il y avoit Un bassin. Bouteroué , pag. 166 £•? 164. 8TATERE,/ [Stater.] Ancienne monoïequi pe- soit demi-once Romaine, & quivaloit environ }o.fols de notre monoïe de France. STAT 1 CE', f. m. [Statice.] C’est une sorte de fleur gris de lin qui vient en forme de houpe, & qui fleurit en Août, en Septembre & en Octobre. (Le statice est beau & agréable.) STATION,// CiW».] PrononcezPause qui consiste à s’arréter quelque tems dans un lieu. IQuand il volage, il sait plusieurs stations pour se re- potér.) STATION. [Statio.J Ternie de Géométrie Pratique. On le dit tics diferens endroits où l’on s’árrêtepour faire des observations. (On ne sauroit mesurer une distance inaccessible que par deux stations. II faut faire plusieurs stations pour faire la carte d’un païs particulier ) STATION, 5TA . STATION, s. s.' [ Statio. ] Terme d’Eglise. Elle con- fille à vilker avec dévotion une ou plusieurs Eglises, un certain r.ontbre de jours & de fois, & y passer quelque te m s en prières , aíin de fléchir la colère de Dieu, & d’obtenir quelque grâce de íà miséricorde. (On dit que l’usage desJiations n’eíl pas moins ancien que l’Eglise. On doit faire ses stations fort dévotement. II y a une station à Nôtre-Dame.) STATION. [Statio .2 Ce mot fe dit en termes d'Afiro. nomie, & en parlant de certaines Planettes. C’est un même endroit du Firmament, où l’on voit durant quelque temsMars, Jupiter & Saturne. Ainsi on dit. (Station de Mars, de Jupiter, de Saturne.) STATIONNAIRE- , adj. [ Stationarins. ] Prononcez fiacìonére. Ce mot se dit en termes d ' AJirmomie, en parlant de Mars, de Jupiter, & de Saturne , lorsqu’on les aperçoit fous Un même endroit du Firmament. (Mars, Jupiter & Saturne font stationnasses. Roh, Phif. ) STATIQUE , f f- [ Statica. J Ce mot est Grec. C’est la sience des poids, du centre de gravité, & de l’équilibre des corps. (Entendre la statique. Savoir fort bien la statique.) L’bidrojlatique. [ Rydrojìatica J C’est la science qui en'eigne à connoitre les corps pesants fur des corps liquides, avec la comparaison des uns & des autres. STATMEISTER, J' w. [ Coadminifirator.J Mot Alemand devenu François , & qui fe dit en parlant de la ville de Strasbourg. C’est un Gentil-homme d’ancien* ne famille, qui gouverne la ville avec les Ammeistres qui en font les Echevins. (Les Statmeistres n’ont pas tant de pouvoir dans le gouvernement de cette ville que les Ammeistres.) STATOUDER, /■ m. [Statuant légat w. 2 Chef tìe la République de Rolande. Les Etats avoient aboli cette Charge , mais ils la recréèrent en faveur de Guillaume III, dernier Roi d’Angletecre, & le déclarèrent Statouder héréditaire , honneur qui n’avoit été conféré à aucun de ses prédécesseurs. Sa dignité s’a- pelle Statouderat » ( Le Statouder de “Rolande Et tant à'autres Rodomons , Disent tons quand on leur mand,< D’aller ausecours de Mons , Je ne Jaurois, Louis le Grand y commande , J’en mourrois. Bourf. Let.) ST ATUAIRE, f m . [Statxariiti ] Ce mot signifie Celui qui fait des Statues, mais ce mot est écorché du Latin. Cependant il fe trouve dans la Logique de Port- Roïal. Mais Mrs. de Port-Roïal ne font pas tout-à-fait à imiter en cela, quoi qu’ils le soient en plusieurs autres choses. En la place de Jìatuaire, on dit ordinairement sculpteur. (II n’y eut jamais de statuaire qui pour apren- dre à quelcun la maniéré de faire une statué, lui ait donné cette leçon. Art de penser, ^.part , eh. joó. Un bloc de marbre étoit Jì beau , Qu’un statuaire en fit emplete. Qs en fera, dit-il, mon cizeau , Sera-t-il Dieu , table , ou cuvéte ? La Font.) STATUAIRE, f.s. [ Materiesfiatuarìa.’] C’est Part de faire lest statués. La Sculpture. STATUe, f f. [Statua, Jtmulacrum. ] Figure de métal, de bois, de pierre, ou de marbre qui représente une personne d’un rare mérité , ou qui a fait quelque belle action , & qu’on met ordinairement en un lieu public pour faire ressouvenir le monde de la personne qui s’est signalée par sa vertu. (Faire une statué. On dressa des statués à ceuX qui fe signalèrent. Abl. Arr, l. i. (Les Dieux du Paganisme n’étoient que des statués. Une statué équestre. Le Colosse de Rhodes étoit une statué du Soleil, haute de 70. coudées. í§ Agesilas, Lacédémonien , ne voulut point soufrií qu’on lui érigeât des statués, ni que l’on fit son portrait , parce que ce sont nos actions, & non point la peinture, ni la sculpture qui doivent nous rendre immortels. Ce Roi doit infiniment plus aux foins deXé* nophon qui en a fait l’éloge, qu’il n’auroit dû aux Peintres & aux Sculpteurs : Unus enim Xt-nopbontk li. betius m eo Kege laudanao facilè omnes imagines omnium ftatuajquefuperavit. Cicer. /. 1. ep. iì. Rome étoit remplie de statués, & le nombre en étoit si grand, que l’on ST A 527 avoit de la peine d’aller en chariot dans les rués qui étoient Tailleurs fort étroites. Ces statués devinrent si communes , que ceux qui en étoient dignes , les né- gligeoient , comme n’étant plus la marque & la récompense du vrai mérité. On demanda un jour à un illustre Romain pourquoi on ne voioit point sa statué dans le public 1 ? 11 répondit (au raport d’Ammian Marcellin ) qu’il aimoit beaucoup mieux qu’on lui Fit cette question , qu’entendre des gens de bien lui demander pourquoi on lui avoit acordé cet honneur ? Plulìeurs confondent ces quatre choses, Jgnum,statua, & imago: il faut pourtant observer qu© Jmulachrum & Jlgnum signifioient la représentation d’une Divinité à qui elle étoit consacrée, & que les Grecs apelloient ÌiB-hX». Minutius Félix racontant la promenade qu’il fit avec ses amis fur le bord de la mer, dit : Et cura eximia voluptate molli vejìigìo cedens arenasubjtde- Yet , Gecilius , Jìmulachro Serapidis denotato , ut vulgut superjìitiosus solet, manum or: admovens oseulum labih prejsìt. Et dans un autre endroit, Cecilius tire un grand avantage du secret de nos rnistetes. On ne craint point (dit-il) de publier ce qui est honnête ; ce font les crimes qui demandent le secret & le silence. Pourquoi n’avoif point d’autels, point de temples, point de simulacres dfi quelque Dieu, que l’on connoisse ? Cur etenìm occultare t é? abscondere quidquid aliud colunt magnopere nituntur? Cum honejìaJemper publico gaudeant,Jcdera sécrétafint t cur nulLs aras babentP templa nulla? nulla notaJlmiVa- ebrai Plusieurs inscriptions anciennes nous aprennent que l’on se servoit du term e Jlgnum, pour exprimer la figure d’un Dieu. Voler la page 8- de l’ancienne Edition de Gruter, la page ;y. w. 6. & la page t, 1. du même Recueil. Quant au terme imago , il iìgnifioit la représentation d’une Divinité en marbre, en bois peint de dis©, rentes couleurs, ou en peinture, ct l’on portoit ces fortes d’images en public fur des chariots que l’on apelloic thenjœ, ou tenfie selon Festus, & qu’Afconius a décrit dans son Commentaire fur la troisième oraison de Cicéron contre Verres. Onapelloitainsi ces chariots, parce que les statués étoient environnées de linges , qu» formoient une espece de chambre. “Enfin,fiatua mar- quoit presque toujours une personne. Ce n’est pas qu© quelquefois Jlatua ne signifiât la représentation d’un Dieu ; témoin l’inscription taportée par Gruter, page $1. Mais Mercure n’étoit qu’un demi-Dieu, qui n© méritoit pas d’être honoré de ces termes ,fimulachrum t Jlgnum, imago , consacrez aux Dieux du premier ordre. Ceux qui ont traité des statués anciennes , font une longue recherche sor la matière dont on les faisoit : mais il est aisé de comprendre que l’on se f, r vit de touc ce qui pouvoir être propre à être mis en œuvre» bois, marbre, métal, cire. Voïez le Chap. XIII. d© la Sagesse , v. 10. Les statués étoient au commencement toutes pedestres ; & s’il en faut croire Pline, lib. ;. cap. 88- les Grecs ont été les premiers qui en ont fait séquestres : & comme dans les actions publiques de Religion ou de triomphe on y faisoit paroî- tre des statués , ou de quelque Dieu , ou de quelque personne considérable , elles étoient assises dans un char orné magnifiquement, & on les apelloit statués crrrràr. Quant aux ornemens nous aprenonS du même endroit de la Sagesse que j’aí cité , que,, les Ouvriers aïant formé la figure d’un homme ,,, ou de quelque animal, ils la frotoient avec du ver- „ millon, ils la peignoient de rouge , ils lui don- „ noient une couleur empruntée, & ils en ôroient „ avec adresse toutes les taches & tous les défauts. ** Dans la fuite, les ornemens & les habillemens des statués ont été arbitraires : non seulement on en do. roit entierement , triais on les couvroit de lames d’oe ou d’argent. Tite-Live a remarque que la premiers statué dorée fut érigée à l’honneur de Glabrion : & depuis , ces sortes de statués furent apellées imbra « iìeata:. Ce n’est pas que l’on ne trouve dans plusieurs Inscriptions le terme aurata. Les Anciens ai- moient fort les nuditez : mats la pudeur naturelle & la religion ont introduit l’usage de les vêtir ; & c’est ce que l’on apelle en Sculpture , comme en Peinture , les draperies. Au reste, on n’a jamais pû ériger publiquement des statués fans une permission ou un ordre des Souverains. Les Grecs marquoient dans leurs Inscriptions la permission qu’ils avoienc obtenue , par ces deux mors Le Peuple le Sénat, On dit que parmi les Romains, Caluula t ut le premier qui «’atribua l’autorité de permettre des statués : Maie §28 STE iWais Claudíus son successeur voulut que le Sénat eût part à cet honneur. Mais dans le désordre des afaires de l’Empire, on oublia souvent, ou plutôt on mepri- sa l’auton'té du Sénat à cet égard. Quant aux statues dom.stiques, il étoit libre à tous les Citoiens d’en avoir dans leurs maisons, (ans en demander la permission. II ne reste, ce me semble, qu’à parler de la consécration des statués & de leur profanation : mais le détail an’en a paru trop long, & je me contenterai d’indiquer aux Lecteurs le Traité deJfutuis de Figrelius, & celui de Air. Lemée , imprimé à Paris en 1688- On dit d’une personne qui se remué peu , & qui ne s’émeut de rien, que c’est une statué. t STATUER, v. a. [Statuere. ] Terme de Palais. Ordonner. On ne le dit point ailleurs. STATURE, f. f. [ Statura. ] Ce mot semble un peu vieux, & en sa place on dit ordinairement taille, f Les habitans font à peu près de la jiature & du teint des hommes de France. Voìt. I. 6. Parmi les hommes, ceux qui excedoient notre stature ordinaire , étoient nommez chez les Latins vafia eorpora. S. Evremont , auvres mêlées .) STATUT, f m. [ Statutum ] Régie Sc constitution de quelque fondateur d’Ordre Religieux. Ordonnance & règlement pour quelque corps, pour quelque communauté de gens de métier, que doivent garder ce corps & cette communauté pour se maintenir, & taire l’interêt du public & de leur propre. (Les statuts des corps de métier sont beaux. Garder les statuts. Voir & lire les statuts des corps de métier, atin de n’y pas contrevenir. Les Jurez des corps de métier font serment devant le Procureur du Roi du Chátelet de faire observer les statuts, & d’aller pour cela en visite dans les boutiques & les maisons des maîtres de leur communauté. Vn autre compilant Conciles décréts , Baies , statuts, Canons , Ordonnances , Arrêts , Pour tous les de'vo 'us fournit quelque chicane. Poét. A»on.) STEATOME , f rn. Espece de tumeur, qui ne change pas la couleur naturelle de la peau , & qui renferme une matière semblable à du fuis. STECAS , fi rn. Plante dont les épis garnis de fleurs font en usage en Médecine, dans le vertige, dans la paraiisie, & dans l’apoplexie. f STEEM,/»*. Poids de Brabant, qui pess huit livres. STEGANOGRAPHIE , fi f. [Steganographia.] Science qui aprend à écrire en chifre. Tntheme, Vi- genere, les Peres Níceron & Schotus en ont fait des traitez. STEGNOTIQIJF., adj. Terme de Medecine. Médicament propre pour resserrer les orifices des vaisseaux. 11 convient dans les hémorroïdes & dans la dis. senterie. f STEKAN, f- m. Mesure de Holande pour les liquides, & particulièrement pour les huiles. Le Stekan contient 16. mingles, ou ;r. pintes de Paris. ch STELECHISES, / m. Espece de pierre longue & grosse comme le doigt. Elle est dessicative & propre pour netoïer les dents. STELION AT , fi. m. ou SteUïonat. [’Stellionatus .] Terme de Droit , qui vient du Latin. C’est un crime commis par un faux-vendeur, qui vend, ou qui cede une même chose à deux diff.'rentes personnes. (Commettre un stelionat. Etre acusé de stelionat.) ($ STETjONAT. Terme de Palais. C’est un dol formel. 11 conliste à rendre, céder, ou engager la chose vendue , cedée ou aliénee à un autre, ou à plusieurs. On commet aussi le stelionat, lorsque l’on donne en gage la chose d’autrui, ou lorsque l’un vend une chose pour une autre d’une valeur infcrieure ; par exemple, un vase de cuivre doré pour un vase de vermeil doré. Voïez le titre de jiellion. On comprenoit autrefois plusieurs cas qui ne passent point aujourd’hui pour stelionat; ainsi un homme qui contracte plusieurshipo- téques fur un même fond , n’est point stélionataire: & quand le stelionat est bien constant, on le punit par amende pécuniaire, & même par amende honorable. On donne à celui qui a été trompe la contrainte personnelle contre celui qui u commis le stelionat, en sorte qu’il ne peut pas s’en mettre à couvert par la cession áe ses biens. STI STELIONATAIRE , fi. m. [Stellionatarius.J Celui qui a commis un stelionat. (C’est un stelionataire, & il fer a puni.) f STENOMAGRA. Espèce de minéral. STENTE. Voïez Jianté. STENTORE'E , adj. f. Epitéte qu’on donne i une voix extrêmement forte. Ce mot vient de Stentor qui se faisoit entendre au-dessus de cinquante hommes, selon Homere. STEREOMETRIE , f. f. [Stereometria.] Ce mot est Grec. C’est la troisième partie de la Géométrie, qui enseigne à mesurer la solidité des corps pour savoir ce qu’ils contiennent, & ce qu’ils peuvent peser, comme sont les cubes, les prismes, les globes, les cilindres, lee cônes, &c. STE'REOTOMIE , f-f. C Stéréotomies. ] Science qui enseigne la section des solides. STERILE , adj. [Stcri’ì r.] Ce mot se dit descho* ses & des personnes, & veut dire. Qui ne produit rien, Qui ne porte aucun fruit. (Terroir stérile. Pais stérile. Femme stérile.) * STERILE. [ Sterilis , infelix.} Ce mot se dit élégamment au figuré. (Mes lettres font fort stériles. Arnaud d’Andilli. C’est-à-dire, elles sont vuides des choses,elles ne sont pas assez remplies. Son esprit est stérile. Ablan. court. C’est-à-dire. 11 ne produit rien. II a peu de pensées. 11 n’est point abondant. L’amitié des gens delet. tres est quelque chose de bien stérile.) STERILEMENT, adv. [Sterihter, parcè.} En stérilité. (Elle veeut stérilement les dix premières années de son mariage, mais à force de prières & de bonnes œuvres, Dieu la bénit, & la rendit féconde ) STERILITE', f. f. [Stérilités'} Ce mot fe dit des personnes & des choses. C’est l’opose «le la génération & de la production. (On lui s plusieurs fois reproché fa stérilité. On lui a represonte la stérilité de la contrée. La stérilité du pais est grande. * La Jkrilité de son esprit n’est pas concevable. [Art. gujia ingenii vena.J Avoir une grande stérilité dVprit.) STERLIN ,/ m. [SteslingusJ Ce mot est Angtois, & l’on en parle souvent en F’rançois. C’est une forte de monoïe Angloife qui est d'or ou d’argent. On dit une livre fierlin. C’e st un peu plus de la quaHétne par. tie d’une livre de poids. V. A Etat pre'ent d’Anglrterre, c. i .p. iLa livre sterlin selon le change courant, argent de France, vaut treize livres quatre fous. Fureme dans fies livres de change est d’autre sentiment, mais le bon homme a très-peu de pratique des changes, & cft íujet à debiter des visions pour des vi-ritt.z Ce que je dis de la livre sterlin, jt le soi de Monsieur Kessel l’un des habiles Banquiers de Paris. STERNON , fi. m. Ternie à'Anatomie. Os qui fait le devant de la poitrine, & qui est placé au nuluu des côtes. STERNUTAT1F , adj. Qui provoque l’éternu- ment. [Stcrnutatorius. j Le Tabac en poudre el IJhrw tatifi STERNUTATOIRE, f. m. [Medicamentumfieu nutatorium .] Médicament, qu’on met dans lé nez pout faire éterniser. Remede pour faire éterriier. çSrerr.ut^- toire fait exprès pour Mr. un tel. User de sternuta- toire.) STIGMATE , / m [ Stigma .J Mot qui vient du Grec, & qui fe dit dans les matières de pieté. Ce font les marques des doux des pieds & des mains de JESUS* CHRIST qui ont été imprimées fur le corps de quelquts personnes Saintes. ( Les glorieux stigmates de Saint François.) STIGMATES. Terme de Medecine. f PunBa .] Point» qui fe voient aux cotez du ventre des infectes STIGMATISER , v. a. f Cauttrio nntare. ] Marquet une personne avec un fer chaud. (On stigmatisai t autrefois les esclaves au front.) STÍL DE GRUN , fi m. [Terrafiava.} Couleur jaune faite d’une espece de craie ou de marne blanchi qu’on réduit en pâte, & qu’on teint avec la décoction de graines d’oignon, faite dans de l’eau d’alun, & tortillée en petits pains qu’on laisse secher. f STIL AGE , ou STELAGE , f. m. Droit de Seigneur qui fe perçoit fur les grains qu’on vend dan* les marchez, Qn le nomme aussi , Minage, Halage A Mdurage, STI STÍL , ou fíìle , s m. [Stylus.'] Terme de Crono- iogie. Maniéré de prendre le commencement , & de compter les jours de Pannée. (11 y a l’ancien & le nouveau stiie. L’ancien stiie est suivi par les Protestans, & le nouveau par les Catoliques, ensuite de l’ordonnance du Pape Grégoire XIII. qui en 1582 . retrancha dix jours du Calendrier.) STILE , f. m. [Gnomon.] Eguille de cadran. (Le sti- le marque midi. Le stiie est fur trois heures.) STILE. [Stylus , caraHcr diflionis.] Ce mot se dit en pariant de discours. C’estia maniéré dont chacun s’ex- prime. C’elt pourquoi il y a autant de stiles que de personnes qui écrivent.Néanmoins comme ces diverses manières des’exprimer se réduisent à trois sortes de manières, l’une iimple , l’autre un peu plus élevée, & la troisième grande & sublime, il y a a u 61 par raport à ces manières trois sortes de stiles, le simple ,lle médiocre, le sublime. Le stiie doit être clair, pur, vif, coulant, agréable , juste & propre au sujet, Le stiie de Monsieur d’Ablancourtest pur, vif, hardi, agéable & naturel. S. Evremont . Hous àvom veu de vous des éclogues d’un stiie Oui passe m doux attraits Tbéocrite N Virgile, " Mol.) Stiie coupé, serré , ou Laconique. [Stilus condsus.] Stiie difus, ou Asiatique. Stiie fleuri. Stiie galant. Stiie héroïque, &c. 0 STILE. Plusieurs en parlent fans le connoitre : cn en juge selon son goût & selon son genie; & ce- pendant iì doit être l’objet de nos lectures & de no- tre apiication. Parler correctement & clairement, c’est {dit Quintiiien) être exempt de défaut & de vice. Inventer N disposer, c’est l’éset d’une science médiocre : mais c’eit par l’élegance du discours qu’on se distingue & que l’on aquierc la réputation d’un parfait Orateur. Les armes (dit-il) avec lesquelles Crceron courbant pour Cornélius, n’étoient pas seulement fortes & de bonne trempe, elles étoienc encore brillantes & capables d'ébloûír ; & s’il se fût contenté d’inítruire les ju- £«s par un discours clair, il n’auroit pas vû le Peuple Ilomain témoigner son admiration par des aciamations, & par des batemeus de mains. Ce fut par la sublimité, par la pompe, <& par l’éclat de son éloquence, qu’ii excita cet emportement de joie & d’admiration dont le Barreau retentit pour lors. Cette sublimité , cette pompe , cet éclat, sont ce que l’on apelie stiie parmi les B licteurs, qui ne pouvant pas en donner des régies particulières ni une juste définition , se sont atachez à faire connoitre les vices du stiie, dont l’oposé est la beauté que nous devons chercher pour plaire & pour instruire en même teins. Ainsi un stiie froid & languissant déplaît extrêmement. 11 faut donc chercher tout ce qui peut l’animer & le rendre agréable ; ce uui dépend des ornemens dont on doit se servir pour le tirer de la langueur qui rebute si fort les Lecteurs & les Auditeurs. Apres avoir préíuposé que la beauté d u stiie dépend des ornemens dont on se sert pour l’cmbelir, on nous donne cette première régie , qu’il les faut ménager adroitement; car un stiie orné «gaiement par tout, devient froid & insipide; il faut les distribuer, & placer la parure de même que l’on place ies perles & les diamans fur un habit que l’on veut enrichir. 'L’uniformité du stiie est d’ailleurs un grand défaut ; elle produit infailliblement un dégoût qui nous rend Fouvrage insuportable ; ce n’est que pat la variété des expreliions, que Fon évite l’assoupissement, & il faut quelquefois s’eloigner des régies , & , comme dit Air. Despreaux dans le premier Chant de font Art Poétique : Voulez vous du Public mériter les amours , Sons cejje en écrivant variez vos discours ; 'Un Jíile trop égal U toujours uniforme En vain brille à nos yeux , il faut qui il nous endorme ; On lit peu ces Auteurs nez pour nous ennuier Qui toujours fur un ton semblent psalmodier. La féconde régie, est que le stiie doit s’acommoder au sujet donc on traite. Les Maîtres de l’art divisent les sujets qui peuvent se présenter , en trois genres diférens, le démonstratif, le déliberatif, & le judiciaire. Le premier qui est fait pour l’ostentation, n’a d’aucre but que le plaisir de l’Âuditeur ; c’est pour* STI s 29 quoi FOrateur déploie toutes les richesses de Fart, il en étale toute la pompa, Dans le genre deh- beratif > il faut que la parure íoit plus mod’ ìte & plus severe ; car enfin il s’agit dans la sénat de délibérer fur quelque chose importante, il saut s a commodes à son mérite & au lir-u où son délibéré : àt dans une assemblée du Peuple, FOrateur doit paìoi- tre plus vif, plus emporté pour remuer l’elprit de lès auditeurs. Enfin , dans îe genre judiciaire , le stiie doit être plus grave & plus exact ii la cause l’esige; linon , on doit se renfermer dans un discours pur, simple & naturel. Les partisans d’H.omers qui veulent que nous lui ibions redevables de toutes les belles connoíssances, disent que ce Poète nous a donné l’idèe des trois genres d’efoquence dans ks personnes d’Ulisse, de Nestor, & de Menelas. li fait parler le premier avec une abondance de paroles , qu’il compare aux torrens & aux orages. Le discours de Nestor n’a rien de superflu; on y voie une gravité & une noblesse qui donne un grand poids à ses paroles. Et quant à Menelas , il «tire insensiblement ceux à qui il parle, à son opinion par la don- ce u r de ses paroles. C’est encore une régie bien importante en matière de stiie, qu’il ne doit être, ni trop coupé & trop ferré , ni trop difus & trop étendu; & l’on doit íè souvenir de l’avis queLongm nous a donné fur ce sujet : ,, C’est, dit-ii, (ou Mr Despreaux pour lui) un vice qui afoiblit beaucoup le ,, discours, quand les paroles font arrangées ave-c „ trop de foin , ou quand ies nombres en íbnt trop ,, courts, & ont trop de siiabes breves ; étant d’nií- „ leurs comme jointes & atachées ensemble avec des „ doux aux endroits où ils se désunissent. 11 n’en ,, faut pas moins dire des périodes qui font trop cou- „ pées ; car il n’y a rien qui estropie davantage le „ sublime, que de le vouloir comprendre dans un ,, trop petit espace. Quand je dé sens néanmoins de „ trop couper les périodes, je n’entens pas parler de ,, celles qui ont leur juste étendue , mais de celles ,, qui font trop petites & comme mutilées : en éfet, „ de trop couper son stiie , cela arrête l’esprit, au ,, lieu que de le diviser en périodes, cela conduit le „ Lecteur : mais le contraire en même tems aparoît „ des périodes trop longues , & toutes ces paroles,, recherchées pour alonger mal à propos un discours,,, font mortes & languissantes. “ Mais il ne sofit pas d’éviter ces deux extrémitez également vicieuses, il faut, selon Vivez, lib. z. de ration, dicendi , que le discours soit lié dans toutes ies parties par une juste convenance des unes aux autres; il doit couler comme un ruisseau fans interruption dans son cours, & les choses y doivent naître naturellement les unes des autres : mais aussi cette liaison ne doit pas produire une égalité eimmense; car il feroit absurde si le stiie étoit égal dans la narration & dans la confirmation. La narration doit être tranquiìe, elle instruit doucement l’Auditeur : mais la confirmation est plus agitée , & FOrateur emploie dans cet endroit tout ce qu’il a de force pour persuader les Auditeurs ; fur tout il faut que le stiie ne paroisse point afecté; il doit paroitre au contraire libre & naturel; car, selon la remarque d’Horace dans son Art Poétique, le stiie afecté est un stiie énervé & fans force : Seftaxtem lenia, nervi Dejicìunt animique. Et par conséquent il devient froid , ce qui est , à mon sens , le plus grand vice qui puisse rendre un discours ennuieux & méprisable. Cette froideur fi dangereuse naît de plusieurs sources. Longin , cb. a remarqué que Timée afectoit si fort d’étaler des pensées nouvelles, qu’il tomboit souvent dans une extrême froideur & dans la puérilité. „ Je nie contenterai (dit il) d’en donner ici un ou deux exemples : II a dit en louant Alexandre le Grand , qu’il a conquis tou- " te l’Asie en moins de tems qa’líbcrate n’en a em-” ploie à composer son panégyrique. Voilà (ajoûte-t- ' il) sans mentir , une comparaison admirable d’A-H lexandre le Grand , avec un Rhéteur. Par cette raison, il s’ensoivra que les Lacedemoniens doi-" vent céder à Iíocrate , puisqu’ils furent trente” ans à prendre la ville de Messene, & que celui-ci ” n’en mit que dix à faire son panégyrique. “ Voici un second exemple de puérilité du méme Timée \ Tmh UL Xxx propos des Athéniens qui étoient prisonniers de guerre dans la Sicile: il se recrie sur le sujet de cette disgrâce, & dit que „ c’étoit une punition du Ciel qui „ étoic irrité contre ces peuples a cause de leur impiété „ à l’égard du Dieu Hermès , ou Mercure , dont ils „ avoient mutilé les Statues, & particulièrement parce „ qu’il y avoit un des Cheís de l’Armée ennemie qui „ tiroit son nom d'Hcrtnès de pere en fils , scavoir Her- mocrate fils de Hermon. “ 11 raporte ensuite d’autres exemples de puérilité, même de Platon & de Xeno- phon, qu’ii apelle les héros de l’antiquite, & fait fur l’alectation des pensées nouvelles & trop hardies cette réflexion , qu’eile n’a qu’une feule cause, qui est (Painier trop la nouveauté dans les pensées , ce que l’on peut apeller une manie , dont il acuse les Ecrivains de son teins, & qui régné encore aujourd’hui parmi la plus grande partie des Auteurs modernes, dont le stile afecte ressemble parfaitement à celui des Ecrivains du siécle de Pétrone, qui leur reprochoit la fadeur de leurs discours, la tournure de leurs phrases, fur lesquelles ils repandoient tout ce que le pavot & le sésame ont de plus assoupissant : Mcílitos vtrborum globulos gç? omtiul diHa faciuque quasi fafavere & fej'amo Jjiarsa. Mr. Dollar a réduit dans fa Défense de Air. de Voiture le stile froid à trois especes. ,, La première consiste dans une ,, grande enflure de paroles, jointe à une grande sc- „ cheresse de sens. La seconde , dans une afectatiort „ d'ensant & d'écolier , qui se hausse pour paroitre plus „ grand qu’il n’est. La troisième, dans une sotte am- „ bition de dire des choses qui surprennent par leur ,, nouveauté, qui sont recherchées avec trop de loin „ & de curiosité, & qui font menées comme à force „ de bras & de machine. “ Mr. de Girac , dans fa Réponse , prétend que le stile froid a encore d’autres causes qui se trouvent dans les Ouvrages de Air. de Voiture. „ La première est de parler de grandes choses, & de „ n’tn dire que de médiocres, ou de fort baffes : telle „ est Delon lui) la description du Valentin de Air. le á, Duc de Savoie: tels sont de méme plusieurs autres „ endroits des Ouvrages de Mr. de Voiture , & de ceux „ mêmes de Mr. Dollar. Dne autie source du stile froid, „ est l’aft(station de vouloir faire rire , & d’étre plai- „ sant; Air. de Voiture & son cher ami tomboient sou» 3 , vent dans cette afectation. Quelquefois, (dit-il au „ dernier) vous faites de petits contes qui font froids „ de la dernière froideur, comme celui de l’hôteleritì „ d’Argeuteuil, qu'on afelloit la Maucoijfee , farce qu'un ,, avoit donné autrefois a la femme de l'bòte le sobriquet „ de Maueoiffée. “ Les répétitions trop fréquentes des mêmes pensées ; les mots composez dont nos peres étoient charmez , comme , laflojìotante mer , la cloclo. tante foule les mots étrangers, les épi têtes multipliées, les métaphores dures & asectées, les hiperboles rendent le stile glacé, mais particulièrement Phiperbole , parce qu’ellement toûjours & qu’elle est toujours dans l’impollìble. Alais après avoir découvert les sources de la froideur du stile , il faut examiner pourquoi les anciens Rhéteurs ont nommé stile froid celui dont nous traitons. Air. Dollar a dit dans fa Défense desOEuvreí de Voiture que „ comme dans les animaux le froid, ,, quand il est excessif, est ennemi de leur nature & al» j, tere leur tempérament : aussi dans le discours, l’en- 3 , si ure, la vaine & frivole subtilité, la fausse gran- ,, deur, & tout ce que les Grecs ont compris fous le „ mot d ç Cacozele, qui lignifie mauvaise afectation, ,, est ennemi de la raison & du bon sens, & met les „ choses hors de la juste mesure & de la proportion „ qu’elles demandent pour être jugées belles & bon- ,, nés ; & c’eít par cette raison que Pantiquitè voulant ,, exprimer ce vicieux stile , s’est contentée de le nom- mer froid “ &c. Air. de Girac ne laissa pas passer ce raisonnement sans répondre à Mr. Dollar. „ Si cela ,, est (dit,il dans fa Réponse) par la même raison j’apel- „ lerai ces défauts chauds & humides, parce que l'hu- ,, midité & la chaleur, quand elles font extrêmes, font ,, contraires à la nature des animaux , aussi bien que ,, le froid quand il est excessif: te chaud enfiaine & „ & consume les esprits, desseche & brûle l’humide ,, radical, qui est pareillement noïé, étoufe & corrom- „ pu par í’humiditê excessive : d’ailleurs , tout ce qui ,, est contre la raison & le bon sens, n’est pas apeilé ,, froid, & les choies qui n’onc pas la lìmmetrie & la ,, proportion qui leur est dûé , font bien désagréables, ,, mais estes ne font pas toûjours froides. Pourquoi ,, donc les Anciens ont ils dit que ies locutions dont ,, nous venons de parler, étoient froides ? II faut „ su poser que la chaleur est la source & le principe „ du mouvement & de faction , & que le froid ,, au contraire est ce qui arrête & qui détruit le mouve. „ ment. D’autre part, nous avons remarqué quel’ob- „ jet principal du discours qui est fait suivant sis „ régies de l’art , est d’émouvoir les pallions, & de ,, faire impression dans l’cfprit de l’Audit,ur: c’tst ,, donc avec raison que nous apollons parier avec ,, chaleur, quand ces mouvement & ces passions (ont 3 , produites dans l’ame de ceux qui nous écoutent, „ par la vehemence de notre action & de notre rai. „ fonnement : de méme nous d.sons que ctlui-là a parlé froidement , qui n’a pú exciter aucune de ,, ces passions ; qui ìi’a rien dit que de bas & de „ languissant, qui a rampé fur terre , fans s’elevet ,, par la force de ses rasions & par la vigueur de ses j, expressions “ &c. II est aisé de décider lequel de ces deux ennemis a parlé plus juste fur cette matière; & ce n’est pas feulement dans cette cession que Air. de Girac m’a paru moins brillant, mais plus solide que Air. Dollar. Le stile bas peut bien être mis dans le rang du stile froid : un discours dont les termes ne conviennent point à la grandeur des cho- ses ou à leur petitesse , est bien languissant ; ainsi on ne doit pas dire (selon Quintilien) qu’un parricide est un méchant, ni que statuant d’une courtisanne soit un scélérat ; l’un est trop fort, l’autre ne l’est pas assez. D’ailleurs la bassesse du stile consiste principalement dans la diction basse , vulgaire , grossière, feche & negligée , qui n’excice aucun mouvement tìans le Lecteur. Le stile empoulé , est vicieux pat trop d’élevation ; il est en cela oposé au st le bas : Pour en connoitre le ridicule, on peut liie le second chapitre de Longin , qui compare Dlitarque qui n’avoit que du vent, à un homme qui ouvre une grande bouche pour soufier dans une petite flûte. Ceux qui ont l’imagination vive , tombent aisément dans ce défaut, qui fiate leur génie, & ils fe trompent eux-mêmes , ,, en s’imaginant (dit Longin) qu’ils sont épris d’un enthousiasme & d’une fureur „ divine ; au lieu de tonner, comme ils pensent,,, ils ne font que niaiscr & badiner comme des „ enfans. “ Alais il est bien tems de faire connoitre les beautez du stile, après en avoir remarque les défauts. Le stile doit être noble & brillant ; c’est pat l’eclat des paroles que l’on est d’abord frapé, & que 1 admiration commence à naître dans notre esprit: mais cet éclat doit se soutenir, & même augmenter, s’il est possible. Un éclair qui nous éblouit, passe legerement devant nos yeux, & nous laisse dans la tranquillité où nous étions auparavant : un faux brillant nous surprend , nous agite ; mais nous rentrons bien-tôt dans le calme que le dégoût fuit infailliblement. La clarté qui naît de l’arrangement des paro- les & des pensées , est, à mon sens, la principale beauté du stile : On marche avec plaisir dans un beau jour : tous les objets fe présentent agréablement : ìnais lorsque le Ciel s’oblcurcit, il communique fa noirceur à tout ce qu’on trouve dans la route, qui n’a rien qui dédommage de la fatigue du volage * Voici bien du haut Jtile. Molière [ Ventoj'asunteà verba. ] C’est-à-dire , voici un langage tout particulier. STILE. [Vsmsoreajìt.’í Ternie de Pratique. C’est la Forme de proceder en justice. (Savoir le stile du salais , du Dhâtelet, &c.) * STILE. [ Agendi ratio , modus . ] Maniéré d’agif. Conduite. Procédé d’une, ou de plusieurs personnes. (Je connois le stile des nobles. Molière, George Dan* din , a. i.fc. i.) * STILE', Jfiléc , adj. [Efformatus , infìrufimf Verse. Expérimenté. (II est stiié en cela. Elleeststiléea Faire telle chose.) * STILER, v. a. [ Injìmere, erudtre .] Instruire- Dresser. (Stiler quelcun aux afaires de Pratique, &c.) STÌLET, f. m. [Piigio, pugiuhculus.2 Ce mot vient de l’Italien JUletto. D’dt une forte de petit poignard très-pointu, & dont la lame est à pens. (Donner un coup de (filet. Le ftilet est dangereux &l’on s’en sert pour tuër en trahison.) STILITE. [ Stylises. ] Mot qui ne sc dit que de Saint Siméon Anachorète, qui passa plusieurs annees STO en méditation su t une eolonne de trente pies de hauteur. 5, Siméon Utilité. STÍLOBATE- Voïez Piédestal. STINC, s- >“■ [Stincus.] Animal amphibie semblable à un petit crocodile. STIPTIQjJE , adj. f Styptkus. ] Terme de Me. decine-, Ce mot est Grec & il lignifie qui a la vertu d'arrêter le sang & de resserrer. (Eau stiptique dont on a vû des effets merveilleux, on croit qu’elle est préparée avec du vitriol.) STIPULANT. IStipulam.'] Qui contracte. STIPULATION, f- f ZStipulatio.} Terme de Paluff. C’est une convention qui lé fait entre des personnes , par laquelle l’une promet à l’autrede faire, ou de donner une certaine chose dont ils font convenus. ( Stipulation purement personnelle. Patru , plat. doié t. ) STíPULËR, ». a. [Stipulari.} Terme de Palais. Faire une stipulation. (Nous stipulons qu’on ne vous demandera point les mille écus de nôtre vivant. Patru, plai- doié%. Nous avons stipulé telle chose.) STOCKFÍCHE. Tokficbe , f. m. [Pisiissalfu! U exstccatus.} Les personnes qui patient mal, disent tok- fiche ; mais celles qui parlent bien font pour stoksiche, & c’est le mot d osage, j'ai consulté là-dessus Mr. Arnel qui est un honnête homme Suédois, de beaucoup d’é- rudition & qui fait parfaitement la langue Suedoilè & la langue Aleniande. II m’a dit qu e stock en Alemand & en Suédois signifioit unhàton Stfisch un poisson , & que le Jiockfische étoit une forte d e poisson que l'on faisoit sécher, & que l’on battoir fort avant que de le faire cuire. Le fiockfiche parmi nous est , à ce qu’on croit, une sorte de -merluche , ou de morue seche. On l’apelle en Latin [siJi/Jus pificis.} (Le fiockfiche bien assaisonné n’cst pas mauvais.) STOEBE , f.s. ZJacea foliis cicoraceis villofis altis. stma.} Plante dont les feuilles aprochent de celles de la chicorée, & qui est une espece de jacée selon Mr. Tournefort. STOICIEN , fi tn. [ Stdicus.} Mot qui vient d’un terme Grec qui signifie portique. C’est celui qui s’atache à la Philosophie de Zenon. ( Les Stoïciens soutenoient que tous les méchans étoient fous, & ils avoient raison. I,a morale a des traits dont mon cour est épris, Et P étoit autrefois l'amour des grrns esprits, Mais aux Stoïciens je donne l’avantage Et je ne trouve rien de fi beau que leur sage. Mol.) STOÏCISME , s. m. [S toicismus.} Opinion des Stoïciens. (Le Quietisme est une espece de Stdicifime déguisé en dévotion. S. Evremont.) STOÏQUE, adj. Ce mot a raport àl’humeur, à l’esprit, à la conduite, & à la mine , & veut dire Sévère, Grave » Qui ne s’ébranìe de rien. Qui a une humeur particulière. (11 paroissoit avec une gravité stoïque pour mieux déguiser la perfidie, Ablancourt , Tac. Je regarde avec des yeux assez stdiques les libelles diffamatoires qu’on a publiez contre moi. Dcfipreaux.) ' STOÏQUE , fi m. [ Aufterus , fieverus , cum stdica disciplina congrue» t. j) C’est un stoïque. (C’est un franc stoïque. C’est-à-dire , un homme qui ne s’émeut de rien, qui a une humeur singulière.) On dit aussi agir stoïquement. t STOLIDITE'/• Voïez stupidité. [Stupiditas, bebetudo,} STOMACAL, Stomacale ; efiomacal , estotnacale , adj. \Stomacbo idoneus , utilisé} Le bel usage est pour stomacal , il n’y a que quelques gens du petit peuple qui disent (stomacal , mais il ne faut point parler comme eux en cela , stomacal signifie qui est bon pour l’esto- inac. (Vin stomacal. Le chocolate est stomacal. Du- fiour. ) STOMACHIQUE signifie la même chose. (II y a des Vénes , & artères stomachiques .) STORAX ,fi m - Z$ torax -l C’est une forte de gomme odoriférante qui sert dans les parfums. (Storax fort bon.) STORE ,/• fi ZTeges ,storea.} Piece de nate de jonc, couverte de toile , qu’on met devant les fenêtres par dehors pour se défendre de l’ardeur du Soleil. La STR 531 store se fait d’une grosse toile qu’on met sur la piece de nate en double par dehors devant les fenêtres pour empêcher que la trop grande ardeur du Soleil n’édiaufe la chambre. Le mot de store est un mot écorebé de l’Ita- lien stora, & ee mot de store ne lé dit pas ordinairement. On dit en fa place paillasson , ou pour mieux dire & pour parler en termes de Nutiers , on dit, une natte à fenêtre , Voïez paillajjòn. STRABISME, fi. m. ZStrabifimus.} Mauvaise di- lpôsition de l’œil qui le rend louche & qui fait regarder de travers. t STR ACTION , fi fi [ Detraclh , amputatio. ] Prononcez fraction. Terme d’ Imprimerie , il se dit lors qu’on ôte avec la pointe qt elques mots, ou quelques lignes, des formes qu’on tire, & qu’on y remet des qua- drats à la place ; ce qui sert lorsqu’on les doit imprimer en autre couleur. STRAMONIUM , fi m. Plante qui porte des fleurs blanches semblables à un verre à boire, & qui est undormitif, dangereux & mortel, t SRANGURIE ,fifi [StUlwidium urina.} Terme de Medecine. Sorte de maladie qui cause une involontaire émission d’urine fort Fréquenta & en petite quantité, quelquefois avec douleur. STRAPASSER > ». a. [Malè excipere.} Commander , maltraités de coups. f * STRAPASSER, fe dit austì pour, maltraiter de paroles. (On Fabien strapassé dans cette Compagnie.) II nefe dit dans ces deux acceptions que dans le stile familier, t STR APONTAIN- Estrapantain , fi m. ZLefttt* lus fiujpenfilis.} Lit suspendu. On s’en sert dans les Vaisseaux , & dans les pays chauds, pour fe garantir des insectes. C’est aussi un petit siégé de caroíle. Voîex aussi Ejirapontain. ê L’Académie écrit, strapontin. t STRASSE, fi.fi. C Tomentum fiericum ] Terme de gens qui travaillent en soie. C’est la bourre & le rebut de la foie. STRATAGEME , fi m. [ Stratagema . fallacia. ] Mot qui vient du Grec & qui veut dire. Ruse ç «?finefiè de guerre. (Tout ce qui se fait de grand par les Chefs n’eit pas un stratagème , s’il ne contient quelque ruse militaire. Voïez stratagèmes de Frontin. Ils ne savoient, s’ils fe cacboient pour leur jouer quelque stratagème. Vaug. Quint. I. q. c. i. t II n’y a pas de stratagème plus fin & plus impénétrable , que celui qui est fondé fur des dehors foibles & craintifs; on ne les interprète jamais en faveur du plus foible qu’après l’evenement. Les pais de montagnes sont très-propres pour les stratagèmes de guerre. polybe de Folard. * Nous avons divers stratagèmes , tout prêts à pro. duire dans l’oecafion. Pourceaugnac , aile premier , fi. i. le ne vous ay porté que de fausses nouvelles , Et c’est un stratagème , un surprenant secours Que j'ai voulu tenter pour servir vos amours. Moi. (§ On dit que Philipe de Macédoine tîroît plus de gloire d’un stratagème , que du gain d’une bataille.) STRATIFICATION , fi f. (Strattficatio.} C’est faction de stratifiés, d’arranger , &c. STRATIFIEE , ». «■ [Stratificare.j Ce mot vient du Latin & est un terme de Chimie. C’est mettre de d if. ferentes matières, lit fur lit. (On stratifié quand on vtut purifier des métaux, des minéraux &c. avec un sel -, ou avec quelqu’autre matière. Lemeri, Cours de Chimie.) STRATIOTES , fi Z Aidé palustrìs.} Plante aquatique qui croît par dessus Peau. STRIBORD, fi m. fiPars navis dexterra.} Terme de Mariné. C’est le côté droit du Vaisseau , à l’égard du pilote qui esta la poupe. Le côté gauche s’epelle Basbord, STRIE’, [ftrmtes.] Cannelé. (La matière magnétique est composée de parties striées. Deficartes. Colonnes striées. ) STRIÛRES,/ [Sí«T , stria.} Cannelures des colonnes. STROPHE, fi fi [ Stropba.} Terme de Poste Gré. que & Lutine. Le mot de strophe vient du Grec. Il se dit en parlant iles Odes Grecques & des Odes Latines, Tom. H L X x x - & 532 ST , en le & la même chose que ce que nous apefons fiance François. (Les Grecs ni L.s Latins ne finríl’ent p* s feus à la fin de chaque strophe. Une belle strophe.) . (§ STROPHES, ANTISTROPllES. On en tire ('origine dela danse astronomique dont parle Lucien. On danfoit autour des autels, comme autour du Soleil, dont les mouvemens font circulaires. Les chœurs des Tragédies dansoient en rond de droit à gauche, au son des in- strumens, pour représenter le mouvement des Cieux qui vont du Levant au Couchant, que l’on apelle/sso- phes : ils se tournoient enluite de gauche à droite , selon le mouvement des Planètes, anttstrophes , retours. Après ces deux danses ,' ils chantoient des épodes pour répresenter l’immobilité de la Terre. STRUCTURE , st st [StruBura.} Ce mot se dit en parlant de bâtimens & veut dire construction. (11s me- nerent le Héraut fur une tour fort élevée de situation & de structure. Vaug. Quint. I. 3. c. 1. Beaux grands bâtimens d’étcrnelle jlruHure , Superbes de matières d’ouvrages divers. Main. Poés. 1. 5.) * STRUCTURE. [Construiïio , or do , fériés.'] Ce mot se dit en parlant de la construction & de l’arrange- ment des parties du discours.- C’est une certaine construction de mots où il faut ajouter & d’où quelquetois il faut retrancher quelque choie pour la rendre juste & naturelle. (La mauvaise jlruHure est un vice contre la netteté du discours. Vaug. Rem.') * STRUCTURE. [Snucíura.} Ce mot se dit des per- sonnes , mais ordinairement en riant. {Un man jeune fst de belle structure Vous gturira , moi qui jamais ne jure , J’en jurevois- Saron, poés. C'est-à-dire, un mari jeune & bienfait vous guérira de tous maux.) f STRYCHNODENDROS , f. tn. Espece de solanum en arbrisseau. C’est un calmant. STUC,/! m. [Albarium opus, marmoratum.} Mot qui vient de l’itaiien Jìucco. C’est un composé de chaux & de marbre blanc bien broie & bien faste. (Le stuc sert à faire des plat-fonds.) $ On apetle austi, Ouvrages de Jluc , les bas reliefs & les ornemens faits avec du plâtre ; parce qu’ils ressemblent à ceux qui sont faits avec du stuc. STUCATEUR , st m. [_Marmoruti opifex.} Mot écor- ché de lltaìien pour dire un ouvrier qui travaille tn Jïuc. Féìibien Anbiteci. STUDIEUSEMENT, adv. [Studiofé.J Avec une apli- cation studieuse. (Un prédicateur doit s’apliquer studieusement à bien nourrir ses sermons de ['Ecriture.) STUDIEUX , studieuse , adj. [Studiojus , ùtteris deditus.} Ce mot se dit des perionnes & veut dire qui aime l’étude. Qui a de la pente à l’étude, (11 est studieux. Les perionnes studieuses font pour l’ordinair* ennemies du bruit & du tracas.) STUPEFACïlON ,st st fStupor . ] Se dit au figuré d’un etonnement extraordinaire qui cause une espece d’extase', mais rl n’eit en usage que dans le dogmatique. STUPEFIE' , adj. sStupefacius .] Mot qui ne se dit qu’en badinant, d’un homme surpris & étonné. (11 est toutstupefié.) ^ On dit austi > Jlupcfait. (II demeura tout stupéfait.) î STUPEFIER » ». a. [Stupefaceres Engourdir, rendre immobile. Ces mots stupéfier, stupéfaction & stupestct'sne se disent qu’entre Médecins. STUPEUR , [ Torpor , torpédo.'} Terme Dogmatique, engourdissement en quelque partie du corps. (Avoir une jiupeur au bias.) STUPIDE 1 adj. [Stupidus , plnmbeus , bebes.} Ce mot se dit des personnes , & de quelques animaux , & veut dire. Qui a de la stupidité. (Esprit stupide. Elle est stupide, L’âne est stupide. Avoir l’air lot, & stupide.) STUPIDE ,st. m. IHebes,} Qui a de la stupidité. (C’est un franc stupide.) I STUPIDEMENT, adv. VStolidè , fiupidé j Ce mot signifie d’une maniéré stupide, mais il n'est pas en usage. STUPIDITE' , st f. [Stupiditas , Jlohdilas.} Bêtise. (Une grande, une surprenante, une prodigieuse , une étonnante, une merveilleuse stupidité. ísá stupidité pa- roit à l’air de son visage.Cette action marque fa stupidité. Iì y a en cela une stupidité crasse,grossière & honteuse.) SUB SUA.GE ! st tn. PElix.} Ternie de Potier d’Etain, C’est une rnaniere de petit ourlet fous le bord du piat, Ou de i’aíïiette. (Suage mal fait.) ’ SU AGE. [Incus Jkiata. j Terme de Chaudronnier. Maniéré de petite enclume pour faire les bordures. SUAGE. [ E/:x limbo Juppostta. ] Terme d’Orfèvre, C’eít la partie quartés du pié d’un flambeau qu’onapd- le doucine lorsque le pié du flambeau est rond. SUAGE,y’ m. [Sebi illinitio .] Terme de Marine. Goût des graisses & des luiss , dont il faut de tems en tems enduire le vaisseau , pour le faire couler plus doucement fur l’eau. SUAGE. {Malleus striatusf] Outil qui sert aux serra, riers, pour forger & enlever les barbes des pertes. SUAIRE , st tn. [SudariumJ Ce mot se dit seulement en parlant de JESUS-CHRIST- C’est un drap où est imprimée la figure de JESUS-CHRIST. (Le Suint Suaire. Tous les ans on montre le Saint Suaire à Besançon & on y court de toutes parts pour le voir. ) t SUANT, ante, adj. part. Qui sué. (Je suis tout suant. J’ai les mains suantes.) SUAVE, adj. [Suavis, gratus.} Ce mot se dit quelquefois en parlant de senteur, & d’odeur, & veut dire, Doux. (Fleur qui a une odeur la plus suave du monde.) SUAVE, adj. [ Suavis .] Ce mot signifie doux , & est eeorché du Latin. 11 ne se dit dans l'usage ordinaire qu’en riant- f]'aurai toujours pour vous, ô suave merveille, Une dévotion à nulle autre pareille. Molière , Tartufe, act. sc. 3.) SUAVITE', st. st. [Suavitas, lenitas.} Motécorchédu ' Latin qui (e dit en parlant de peinture. (Dans cet ouvrage tout est plein de vie & d’une suavité toute extraordinaire. Depi/es , Conversations de peinture p. 146. C’elt- à dire , L’union y est bien entendue.) SUAVITE ',st st [Suavitas, lenitas .J Douceur agréable aux sens. (Dieu refuse quelquefois à ses Saints cette suavité, & cette délectation qui font l’elTentiel de la grâce actuelle. Leur miel dans tous messtensstait couler à longs traits Une suavité qu’on ne goûta jamais. Mol.) SUBALTERNE, adj, [ Sukalternus .J Qui est fous un autre. Qui est inferieur à un autre. (Juge subalterne. Puissance subalterne.) SUBALTERNE. [ Insterior .] Ce inot se dit en parlant de certains Oticiers de soldats. Ce sont les Oficiers de chaque compagnie au-dessous du Capitaine. Ces Oficiers sont les Lieutenans , les Sou heutenans, les Cornettes & les Enseignes qu’on apelle Oficiersstuba terne:. í SUBBU LEO,/ tn. Espece tí'Epervien Ses te- íticules sont propres pour exciter la semence, étant pris en poudre. SUBDE'LE'GATION , f. f. [ Subdelegatio. ] Commission que donne un Légat à un autre pour agir en sa place. Commiíìion qu’un juge délégué donne à un autrequ’il subdeiegue, (11 agit en vertu de k subdélégauon de l’intendant.) SUBDQLE'GUE', stoudélégué, f. m. [Subdelega- tus .J Quelques-uns disent stoudélégué , mais ils disent mal. L’uíàge est pour stubdélégué. C’est-à-dire, substitué à la légation , à la fonction de légat. (C’est un subdè- légue.; SUEDE LE GUE'. {Subdelegatus. J Ce mot se dit en parlant de juges & d’autres personnes à qui un Juge, ou un Magistrat (uperieur atribuë la connoiísance de quelque afaire. (C’est un Juge subdélégué.) SUBDE'LE'GUER,_/o«íie/egft£r, v. a. [Subdelegare .J 0 yen a qui diíent Joudéléguer , mais je ne i’aipas veu écrit. Tous ceux qui parlent bien & qui écrivent bien, disent & écrivent Jubdéléguer. C’est en substituer; C’est en métré un autre dans la fonction de Légat. (Le LégaS exerce la légation en France , fans pouvoir lubdele- guer. Voïez ta Rocheflavin , liv. 3. des Parlement.) Et il lignifie aussi plus généralement attribuer à quelque personne la connoiísance de quelque afaire. SUBDIVISER , foudivister, v. a. [Subdioìdere. J Quelques Auteurs & quelques gens qui rafinentmallut l’usage, disent & écrivent stoudwifere, mais il les faut laisser rafiner tout seuls & parler avec la multitude des honnêtes gens. Subdiviser signifie diviser & partager une seconde fois quelque chose. (Les branches de la veine cave se subdivisent en un grand nombre de rameaux. Robault , Pbifìque , t. a. 4 . partie, c. 5.) SUB SUBDIVISION» soudiviflon , s s. {Stcbdivijto.’) Action de scbúiviíèr. írjòn, Tr-até d’Aritmet. p. 32. écritsou - division <, mais outre qu’lríbn n’est pas un Auteur de la première classe, l’usage veut qu’on d ils subdivision. (Ost acable l’esprit par un grand nombre de subdivisions. Logiq. Port-Roial , 2. part. ck. 11. page 197.) SUBGRONDE. Voie?. Severonde. Partie de la couverture d’un bâtiment qui est en faillie en dehors. SUBHASTATION , f. f. {Aucíto , venditiosub hajia.l Vente Solennelle qui se tait à cri public , à i’encan , au plus ofrant & dernier enchérisseur. SUBHASTER , v. a. [ Subbajlare .] Terme de Pra. tique. Ce mot vient du Latin. Í 1 signifie vendre des héritages à cri public. SUBJECTiON ,s f \Subjefiio ] Terme de Réto. tique. Elle consiste à «'interroger & à se répondre soi- même. La subjection se fait encore de plusieurs autres manières. Voïez les Injiitution:de Quint. SUBJONCTIF,yim. {Modussubjuncîivus.) Terme de Grammaire. C’est le quatrième mode, ou maniéré de conjuguer un verbe, dont ses tems se metent ordinairement après un autre verbe , ou après quelque particule , comme. (Asin que je voie, bien que je parlasse , après que j’aurai fait, II veut que vous lui disiez. J’entens que vous me rendiez, &c.) SUBIR , v. .1. (jj 'nbire.~\ Soufrir. Porter patiemment. (Subir le châtiment. Ablanc. 11 faudra qu’il subisse interrogatoire. Le M ait. C’est-à-dire qu’il soufre qu’on l’interroge. Le deJHn eji d’intelligence, II faudra bien subir la fatale ordonnance. La Suze, Poésies. R’il faut subir le coup d’un destin rigoureux , Je mourrai tout ensemble heureux tfj malheureux. Corneille , Cinna , act. t. sc. 4.) SUBIT , subite , adj. [Subitus , ripent inus , fubita- neus .] Soudain. Promt. s Changement subit. Patru , plaidais 4. Mort subite. N. Ctr. Coude subite. Ablunc .) SUBITEMENT, adv. [ Subito , repentè.'] Soudainement. (11 est mort subitement, & estbien heureux de n’avoir pas été assassiné lentement & dans ses formes par les i'upôts d’Hìpocrate & de Galien.) SUBJUGUER, v. a, [Subjugare, in ditionem redi. gere. J Réduire ious fa puissance. Vaincre. Domter. (Subjuguer un pais, une province , une nation , des peuples. Abhmcourt.) SUBLAPSAìRE, / m. [Subiíipjarius.’J Terme de Théologie, qui se dit de ceux qui croient que Dieu, en conséquence de la chute d’Adam R de la perte des hommes, qu’il avoit prévu, avoit résolu de donner sux uns une grâce pour les sauver > & dc la refuser aux autres. SUBLIMATION ,//. [ Sublimatio , excociio.') Terme de Chimie. C’est une opération chimique qui íc pra- tique fur ses substances lèches dont quelques-unes font élevées entièrement ou en partie vers le haut des vaisseaux propres à la sublimation par le moien du feu gradué. Char as, Pharmacopée. t SUBLIME , aaj. Du Latin fublimis. Haut. Elevé. (Esprit sublime. Fortune sublime.) SUBLIME , f. m. {fublimis , magnisicus.) Terme de Retonque. C’est le ítile 1 e plus élevé. Le ítile 1 e plus haut, 1e plus pompeux & le plus vif. (Longin a écrit un traité du fuohme , & Boileau Despreaux est ie premier qui l’a traduit d u Grec en François. 0 Mr de Cambrai, Letre à i’Academie : Je veux un Jubume Jt familier , ji doux U Jijìmple , que chacun soit d’abord tenté de croire qu’il l’aurait trouvé sans peine , quoique peu d’kommes soient capables de le trouver. Le même dans ses dialogues fur l’Eloquence, dit de Longin : ,, Cet Auteur traite le sublime d’une maniéré „ sublime ; il échause l’imagination , il éleve Vesprit „ du Lecteur , il lui forme le goût, & lui aprend à di, ,, stinguer judicieusement le bien & le mal dans ses „ Orateurs célébrés de l’Antiquité. “ SUBLIME', J. »». [Concretum ex argento. Terme de Chimie. C’est une chose tublimée. [Sublimé doux. Su. blinié corrosif.) SUBLIMER , v. a. [Sublimare , ad purum coquere.] Terme de Chimie. C’est faire exhaler & monter un corps sec en sorte que les parties les plus seches s’ar- rétent au haut du vaisseau par le moien d’un feu réglé. (Sublimer le soufre. Sublimer 1 c mercure. Sublimer l’antimoine en fleurs. Glas.) SUB 533 SUBLIMITE ', s. s. [ SublimitaS , e.Uitudo , excellai- tìa.) Hauteur. (La sublimité des choses il; vin es. La sublimité des pensées,du Itile, du genie, de i’eipnc.&c.) SUBLUNAÌRE, adj. {Sublunam. ] Qui est Ious la Lune & dans la partie intérieure du monde. [Les choses sublimasses íbnt sujetes à s’alterer.j 0 On comprend fous ce terme les corps qui font fous le globe de la Lune. Desinarets a dit dans lès Visionnaires : ■ Je me crois le plus malheureux Des individus Jublunaires. SUBMERGER, Sumerger , a. [ bninergere, sub * mergere. j Quelques-uns disent Jumerger , mais mal. Tous les bons Auteurs & tous ceux qui parient bien , disent & écrivent submerges \ C’est enfoncer dans l’eau. C’est engloutir dans l’eau. Faire aller au fond de Veau. (La violence des vagues les submergea tous. Abianc. * Aies iniquités m’ont submergé- Port.Roiai , Psaumes. [Opprimere.) C’est-à dire , m’ont abîmé , m’ont perdu, m’ont acablé.) Etre submergé. [Immergi. J C’est être enfoncé dans les eaux. Etre englouti & enveiopé par ses vagues. (Quelques-uns furent submergez du retour des vagues. Ablanc. Tac. Annales , /. 2.) SUBMERSION f. [ Inundatio , submnfìo.) L’action de ce qui submerge, qui noie & couvre d’eau. (La submersion génerale faite par 1e Ûeiuge.) SUBMÍSSION , s. f. [fubmijjìo .] Ce mot ne se dit qu’en termes de Pa/'ais, & lignifle soumiffìon, (Il a fait ses fubmislìons au gréfe. Faug. Rem.) SUBORDINATION , s f. sSubordinatio. ] Dé- pendance. (11 faut qu’il y ait de la íubotdination ea toutes choses. II n’y a nulle subordination entr’eux, & c’est ce qui les perd.) f SUBORDINE'MENT , adv. {Subordinaté.] Par la subordination. En conséquence , par une suite át dépendance nécessaire, SUBORDONNER, ». a. [Subordinarc , subjieere.'} Métré de la subordination. (Si on veut qu’ils vivent ea paix, il en Faut subordonner quelques-uns aux autres.) SUBORNATION , s. f- [Corruptio , ad scelus impulsa .] C’est l’action de suborner. Moïens dont on sc sert, ou dont on s’ert servi pour séduire , suborner , débaucher , susciter, ou aposter, (11 est constant que c’est une subornation. Elle est convaincue de subornation , & elle pourra mal passer son tetns.) + SUEORNATEUR. [ Corruptor .J Dites & volez Suborneur- SUBORNER , v. a. (Cwrumpere , seducere .] Bébau. cher. Séduire. Métré dans le chemin du vice. Corrompre. Susciter quelcun pour nuire à quelque personne. Aposter. (Suborner de jeunes filles. Suborner des témoins. Suborner des acusateurs. On fobornoit des gens qui leur conscilloient de s’enfuir. Ablancnurt, Tac.) SUBORNEUR , s. m. [ Corruptor, impu/sor.'} Celui qui suborne. Qui débauche. Qui corrompt de jeunes gens. Qui les met dans 1 e vice. [Ils disoient que j’étois un suborneur. Téophile.) SUBORNEUSE, s. s. {Corruptrìx ] Celle qui suborne. (Elle passe pour une suborneuse. Les suborneuses sont punies quand elles font convaincues de subornation.) f SU BRECOT , s m. [EpijymbolwnJ Le surplus d’un écot, ce qui reste à parer au de là de ce qu’on s’étoit proposé de dépenser. è * SUBRECOT, se dit ausiì d’une demande qui vient par dessus les autres , & à laquelle on ne s’attendoit point. Dans ces deux acceptions ce terme est du Itile familier. SUBREPTÍCE, adj. [Subreptitius.'i Mot qui est écorché du Latin , & qui sc dit en parlant de certaines matières de Palais. U signifie fait parsurprise. ( Clause subreptice. Letres fobreptices.) SUBREPTICEMENT , adv. {Rubreptitìè.) D’une maniéré fubreptice. (Cet arrêt a été obtenu subrepticement , & for un faux exposé.) SUBREPTION,/ f. [ Subreptio .] Mot écorché du Latin qui sc dit au Palais & en Chancelerie. C’est une surprise faite au Souverain pour obtenir une grâce. (Pour fermer la voie de la subreption, i! dit. Patru , plaid, iv- p. 100.) SUBROGATION,/s- [ SubjUtuiio .J Terme de Palais. C’est faction de subroger. (Subrogation faite dans ses formes.) SUBROGER, v. a. [Rubrogarc .fuffleere , fubjìituere. j Terme qui se dit d’ordinaire au Palais ,&qui vient du La- Xxx 3 tin «N4 SU B r ; n qui veut dire. Substituer. Mettre en la place.) On J’a subrogé en la place d’un tel.) On dit aussi en termes de Pa'ais , Subrogation. Four l’ordonrarce par laquelle on donne un nouveau rapor- teur, &Jubrogateur , pour l’acte par lequel un rassortent est subrogé en la place d’un autre. f SUBSEQUENT , subséquente, adj. [Subséquents Ce mot vient du Latin, & il est peu en usage. II lignine suivant, qui vient après. II se dit particulièrement du tems. (Les Fermiers n’ont rien gagné cette année, maïs ils se récompenseront dans les années subséquentes. Le jour subséquent , ou plutôt, le jour suivant.) On dit aussi , subsequemment , adv. SUBSIDE, s [Subjìdium tributarium.] Sorte d’itnpôt qu’on leve sur le peuple pour secourir le Souverain dans ses besoins. (Je fuis en un lieu ou I on ne parle point de subsides furie peuple. Voit. let. 86. II déchargea le peuple de routes sortes de subsides. A- blanc. II jouit de l’ancien & du nouveau subside de cinq sous pour muid devin. Voler le bail des gabelles , art. igo.) f SUBSIDE, se prend aussi, pouf un secours d ar- gerc, qu’un Prince donne à un autre Prince son allie, en conséquence des traitez faits entre eux. (La France a donné des grands subsides à la Suede.) t SUSIDIAIRE, adj. [Subjìdiariut, auxiliarius.] Ce mot se dit quelquefois au Palais. 11 lignifie qui est surabondant & qui vient fortifier ce qui est le principal. (CVst un moien subsidiaire.) t SUBSIDIAIREMENT, adv. [Subjìdio, in subsidium.] I)’une maniéré subsidiaire. (Cette raison n’est aleguee que subsidiairement.) SUBSISTANCE J/. [SubJÌJiendì ratio subjì. àwrn] Choses nécessaires pour soutenir la vie. (Avoir soin de la subsistance des pauvres honteux. N’avoir rien pour fa subsistance. C’est de lui qu’ils ont tiré leur subsistance. Maucroix , Schisme , /. 3.) SURSISTANCE- [Subjìdium, tributum.] Argent qu’on leve fur le peuple pour faire subsister les soldats dans kurs quartiers d’hiVer. (Paier la subsistance. Lever la subsistance.) f SUBSISTAN CE. [Status , habitus , ratio.'] Ce mot se trouve dans Voiture , liv, 25. pour dire Etat, mais il est un peu vieux. (Je lui laisse à juger si je ne pourrai pas être en bonne subsistance auffi-bien que lui.) SUESISTENCE , f. f. [Subjìjïentia , hypojìajìs. ] Terme de Théologie , qui veut dire personne. Ce qui rend ía nature incommunicable à un autre. II y a «jans JE- SUS-CHRIST une subsijìence & deux substances. SUBSISTER, v. n. [Exijiete.subsijìere, extare, ejse ] Etre dans la nature des choses. Etre. Demeurer ferme. (11 n’y a que Dieu qui subsiste indépendemment.Rien de ce qui est créé ne peut subsister éternellement. Tous ces superbes bâtimens qu’on admire aujourd’hui, ne subsisteront tout au plus que quelques siécles, & le tems les détruira quelque jour. Cette Loi subsiste. La force de mon argument subsiste encore. L’arrêt du Parlement subsiste. La force de mon argument subsiste non obstant votre solution. II y a des choses qui ne subsistent que dans l’imagination.) SUBSISTER. [ 5 e sujientare , ad vicìttm necejsarìa bahe. re.] Avoir dequoi vivre. Gagner dequoi vivre. (II Fait ie métier d’Avocat, par le moien duquel il subsiste en faisant semblant d’avoir connoissance avec les Juges & trahissant ses parties. Abiunc. L.uc. II gagne tous les ans cent pistoles, & c’est dequoi faire subsister un petit ménage comme le sien. Bien-tót pour subsister, la Noblejse sant bien, Trouva Sart d!emprunter, de ne rendre rien. Despr.) SUBSTANCE,// [ Subjìantia. natura.] Terme de Philosophie. C’est un être que l’on conçoit subsister par soi * & indépendemment de tout autre être créé. Ainsi un morceau de cire est une subjiance, parcs qu’on le conçoit subsister indépendemment de quoi que soit de créé. Koh. Phs {f.a substance qui pense y peut être reçu'é, Mais nous en bannilfons la substance étendus. Mol.) * SUBSTANCE. [Snmma rei, rei caput ] Ce mot se dit en parlant de discours. C’est tout ce qu’il y a de plus solide , de plus précis , Si de plus particulier dans un discours. (Voici quelle étoit la substance de S L'B son discours. Je vous Vais dire en deux mots toute la substance de sa harangue.) î * En Jiójiance, façon de parler adverbiale , qui signifie, lommairement, en abrégé, en gros. çVoiti en substance de quoi il s’agit.) * SUBSTANCE [Facilitâtes , fortuna .] Biens. Tout le bien qu’on possede. Tout ce qu’on a pour subsister & se nourrir doucement. (Ils dévorent la substance des pauvres. Patru , plaid. 4 Ils consument en douleur leur substance & leurs jours. Patru, plaid. 1 ) SUBSTANTIEL .substantielle, adj. [Ad ejsntiamper. tinens , ejsentialis .J Prononcez subjianeiel. Terme de Phisique , qui se dit des formes qui déterminent les choses à être telles, & qu’on apelle dans la Phisique de l’école , formessubjtantielles. [Forma subjiantiales ] (Quoi que Paine soit une forme substantielle , cela ne peut tirer à conséquence pour persuader que les for- mes des autres êtres purement matériels soient substantielles. On dit subjiantieux , mais on doute de Ion usage.) SUBSTANTIELLEMENT , adv. [Per modumsubstan- tia.] Prononcez jìibjìancielleman. D’une manière lub- stantielle. En substance. (JESUS CHRIST est substan- bellement dans l’hostie.) SUBSTANTIF , / m. [Subjìantivum.] Terme de Grammaire. C’est un un mot qui se décline en Fran. çois & en plusieurs autres langues avec un article, & qui seul signifie une chose fixe & déterminée. (Le Ciel, l’Etoile , le Soleil sont des substantifs. 11 y a des substantifs masculins & des substantifs féminins. Le substantif masculin en François est immédiatement précédé de l’article le , & le substantif féminin de Partiel e la. ) tS M. de Cambrai se plaignant dans fa Lette écrite à Messieurs de l’Académie. des réglés gênantes & scrupuleuses que l’on a introduites dans notre Langue, a dit: ,, On a apauvri , desséché & géné notre I,an-„ gue ; elle n’ose jamais proceder que suivant la métho- „ de )a plus scrupuleuse & la plus uniforme de la „ Grammaire. On voit toujours venir d’abord un„ nominatif substantif, qui mene son adjectif comme,, par la main ; son verbe ne manque paS de marcher,, derrière, suivi d’un adverbe qui ne soufre rien en-,* tre deux ; & le régime appelle aussi-tôt un acusatif,, qui ne peut jamais se déplacer." Verbe subjiuntif. [Verbum subjìantivum .] Terme dí Grammaire. On apelle ainsi ie verbe auxiliaire être, qui sert à conjuguer les verbes passifs en François & dans les autres langues vulgaires. SUBSTANTIVEMENT, adv. [ Subjì antivè. ] D’une maniéré substantive, comme un substantif. (Les adje- ctifs neutres se prennent quelquefois substantivement) SUBSTITUER, v. a, [Subjíituere .J Mette une chose en la place d’une autre. (II a pris un livre , & en a substitué un autre en la place.) SUBSTITUER. [Subrogare, fujjìcere.] Ce mot se dit souvent en parlent Je certaines ataires de Palais. C’est métré un Substitut. (Les Procureurs du Roi ne peu- vent aujourd’hui substituer depuis qu’on a érigé les Substituts en titre d'Ohce. Voïez là dessus Lois. liv. pré. mier, ch. , 6. ) SUBSTITUER. [Subjíituere , supponere , subrogare.] Terme de Droit. Faire une substitution en faveur de que leu n. çll a substitué un t terre de dix mille écus à l’ainé des enfans mâles de fa famille.) SUBSTITUT . s. m. [Subjhtutns] Oficierqui fait la fonction du Procureur en l’abGnce du Procureur du Roi, qui peut servir d’Ajoint en tous Fs Actes de Justice , & qui raporte les procès sor lesquels le Procureur du Roi donne ses conclusions Les Substituts ont été érigez en titres d’Oficiers depuis Pan r *86. Voïeï là dessus les Ordonnances de Néron. Les Procureurs du Roi des Bailliages n’étoient autrefois que les Subst tutí du Procureur Général : mais depuis l’an 1586. ils font Oficiers Cependant au Parlement on les apelle toû- jours Substituts de Monsieur le Procureur General. Voïez Loifcau. SUBSTITUT, [Vicariat.] En général veut dire celui qui exerce une charge pour un autre. (Les Procureurs nomment leurs confrères pour subjìituts. Ce marchand a un bon subJFitut , pour dire un bon facteur ) SUBSTITUTION,/ / [Voluntaria tejlatnis distost- tio ] Terme de Palais. II vient du Latin subjìitutio. Pto- noncez subjiitucion. C’est l’insticuticn d’un héritier qui est faite au second degré, ou à quelque autre degré que SUB que ce soit. (Une substitution favorable, légitimé, réelle, infinie , graduelle, conventionnelle, contractuelle , perpétuelle, do-mâle en mâle, d’ainé en aînée. Substitution commune, pupillaire, réciproque,&c. Les .Romains ont introduit la substitution. Le Maìt. pi. 3g. Faire une substitution en faveur de quelcun. La substitution va expirer. Plaidoié 2. La substitution qui est faite par un contrat de mariage est contre le droit Romain, mais elle estrecûë par nos Coutumes, Plaid. 38 ) SUBSUMPTUM , s. m. Terme purement Latin, qui est en usage dans l’argumentation & dans les écoles. C’est le membre nié d’une proposition distinguée, qu’on reprend pour continuer son argument. (Je nie le sub. sumptum.) SUBTENDANTE , ou soutendante , / / [Linea yeìta subtensa.] Terme de Géométrie. C’est la ligne qui est oposée à un angle qui le soutient, &c. Voilez sou. tenir , terme de Géométrie. SUBTERFUGE, / »t. [Tergiversâtio , efugium.] Mot tiré du Latin. Ecbapatoire, excuse fine & adroite qu’on donne à une personne. (C’est un subterfuge.) * SUBTIL , subtile , adj. [Acutus , argutus.] Du Latin Jitbtìlií. Qui a de la subtilité. (Docteur subtil. Paso. /. 4. Nous avons ici de nos Peres qui sont bien sub» tils. Paj'c. I. 4.) * SUBTIL , subtile. [ Acutus .] Fait avec adresse, avec dextérité, avec souplesse, promptement. ( Le tour est subtil.) SUBTIL , subtile. [ Subtìlìs, defiecatus. ] Terme de Philosophie. 11 se dit des corps, & signifie délié, mince, leger. (Le vent éleve les parties les plus subtils de la poussière. Le s esprits animaux sont si subtils, qu’ils sont imperceptibles à la vue. On tire par la distilation cequ’ily a déplus subtil dans les corps, dans le vin & dans d’autres liqueurs. La lumière est très-sobtile. La matière subtile est la cause des éfets les plus considérables dans les choses naturelles.) * SUBTIL, subtile. [Acutus , perspicax.] 11 se dit «ncore des sens & de leurs organes. (Avoir la vûë & Fouie fort subtiles.) Mal subtil. [Morbusfamelicus.li En termes de Fau- tonnerie. C’est une maladie de l’oiseau qui est toûjours afamé , quoi qu’on lui donne toûjours à manger. SUBTILEMENT, adj [ Solerter , ingeniosé. J D’une maniéré subtile. (Répondre , disputer, s’expliquer subtilement.) SUBTILEMENT. [Dexterè , subtiliter.] Avec adresse. Avec dextérité. D'une maniéré agile. ( Cela s’est fait subtilement.) t SUBTILISATION, / f. Terme de Chimie. Action de subtiliser certaines liqueurs par la chaleur du feu. f SUBTILISER , v. a. Rendre subtil, délié, pénétrant. (Le vin subtilise les esprits. Ce remede subtilise le sang.) SUBTILISER , v. M. [ Acuere , subtilem U ingénia. sum reddere.] Rafiner sur quelque chose. Pointiller sur quelque chose. Chercher à reprendre & à trouver à dire. Quoique sur tout votre esprit subtilise, On vous connoìt , gj' vous n’ites qu’unsot En bon François. Volt. Poës.) De quoi vous avisez-vous de subtiliser sur notre acte ? Pat r u , plaid. 6 . II n'est rien de plus beau que ces tendres pensées Tu commerce des sens Jì bien débarajsées, Mais ces amours pour moi font trop subtilisez, Je fuis un peu grossier , comme vous m’acusez. Mol.) Se subtiliser , v. n. [ Sublimari.] Devenir subtil. Se tendre plus subtil. (L’esprit de vin se subtilise par des distilations réitérées. Les esprits se subtilisent tous les jours.) SUBTILITE',/ / [ Subtilisas , tenuitas.] Qualité de ce qui est subtil. (La subtilité de Pair, des parties dc Feu & de lumière est inconcevable.) SUBTILITE', / / [Ingenii acumen.J Action vive & subtile de l’esprit sor quelque sorte de sujet. ( La trop grande subtilité est une fausse délicatesse, & la véritable délicatesse est une solide subtilité. M. de la Roche. fonçant.) * SUBTILITE'. [Argutia.] Tour d’adresse. Sorte de finesse. Maniéré d’agir fine, rusée & subtile. (C’est une subtilité que vous ne saviez pas encore. 11 a des subti- litez où l’on ne connoìt rien.) SUC 535 SUBVENIR, v. n. [Subvenire , succurrere.] Ce mot n’est bien usité qu’à Yinfinitif, & il signifie venir au secours. Aider. Secourir. ^Subvenir à la nécessite de quelcun. Vaug. Rem.) SUBVENTION,// [Subventìo,fiubfidimn, auxilium.] Ce mot n’eiì usité qu’en termes de Finance. C est un droit qu’on impose sur des marchandises , ou qu’on exige de quelque Province pour subvenir aux nécessitez de l’Etat. SUBVERSION , / / [Eveyfio , defiruHio. pejum. datìo.] Ruine. Perte. Renversement. (Us isolèrent contrevenir à cette ordonnance , quoi qu’ils vissent qu’elle alloit à la subversion de leurs loix. Vaug. Quint. hv. io. chap. 2.) f SUBVERTIR , v. a. [Subvertere , evertere, pefiìim - dare.'] Renverser. Détruire. Métré en désordre. (_Sub. Vertir les loix d’un Etat. Subvenir un Empire.) SUBURB1C/URES ,, [Suburbicani. J Nom qu’on donnoit aux Provinces d’italie qui compoíoient le Diocèse de Rome. On comptoir dix provinces Jubur. bicarrés. Saumaise prétend qu’il 11’y en avoir que quatre ; VZ 3 ÌS le P. Syrmond ícavant Jésuite, a compris tout l’Occident sous ie nom de Suburbkaires. Je ne íçai S’il a raison. f SUC, / m. [Succus, meduffa , liquor.] Ce mot se dit des plantes, & il est à leur égard ce que le sang est à s égard des animaux. C’est une substance liquide, qui Faisant une partie de la composition des plantes, communique aux autres parties ce qui leur est nécessaire pour leur acroissement. (Le suc sort quelquefois de lui- mcme,& quelquefois il est tiré par incision. Suc aqueux, Vineux, résineux, gommeux, doux, aigre, amer,odorant, &c. ) SUC. [Succus.] Ce mot se dit des viandes, & signi- fi ^substance, ce qu’il y a de plus suculent dans quelque viande. (Aliment de bon soc & de bonne nourriture.) SUC. £Stícc?íí , bumor , vapor.] II se dit aussi des vapeurs, ou des humiditez renfermées dans la terre. Les minéraux & les métaux se forment des vapeurs & des sucs qui se condensent dans la terre.) * SUC. [Succus , medulla.J Ce mot au figuré, signifie ce qu’il y a de meilleur en quelque chose. (Tirer le suc & la moùelle d’un livre qu’on a lû. Engraisse-toi , mon fils, du suc des malheureux. Tefir.) SUCCEDANE'E , adj. [Suppofitus.] Terme de Pharmacie, qui sc dit des remedes qu’on substitué à la place de ceux qui ont été prémìéiement ordonnez, quand on n’a pas les drogues nécessaires. juvjunuuiv, v. n. yùucceuere.g je juccede, j’ai succédé. C’est entrer en la place, en la charge d’un autre. Monter & ctre élevé à la dignité d’un autre. (Alexandre âgé de vingt ans succéda à sonPere. Ab. lancourt, Arr.) SUCCEDER. [Succedere, boresfieri.] Ce mot signifie aussi héritier de quelcun après sa mort. (Un fils succédé à son pere. C’est le plus proche parent & le plus habile à succéder.) * SUCCEDER. [Subfiqtii.] Venir après. (II est cruel de voir une guerre civile succéder à une guerre étrangère. Monsieur le Président Cousin , Histoire Romaine.) SUCCEDER. [ Procedere , selicem exitum haberc. J Réussir. (Cette asoire lui a bien succédé. Vaug. Rem.) SUCCENTEUR,/ «r. [Prœcentor , succentor.J Dignité de Souchantre dans quelques Eglises cathédrales de France. SUCCENTURIE. [ Succenturiati. ] Vieux mot qu’on donnoit autrefois à deux petits muscles du bas ventre. On les apelle à présent Piramidaux. uij. —. 1.'—1 “"'“«i.j neuuire. (succès heureux, malheureux. 11 a eu de fa négociation tout le succès qu’il en pouvoit esperer.) SUCCESSEUR, / m. [Succejfior.] Celui qui succédé & entre en la place d’un autre. ( Successeur uso. rieux. On dit qu’Augustc adopta Tibère, & en fit son successeur à sEmpire , afin qu’on le regretât après fa mort, & qu’on eût de l’averíion pour Tibere ) SUCCESSIF, succeffìve, adj. [Continuatus ] Qui vient immédiatement aprés. (Mouvement socceflif. Droits successifs, ataques successives.) SUCCESSION , / / [SucceJJio , b^y éditas.] Tout ce qu’on hérite rl’une personne. (Une bonne, une grande une considérable succession. 11 a eu une bonne soc' wffion. 11 lui est arrivé une succession de mille écus." Ac- 536 SUC Accepter îa succession. Renoncer à la succession. Le Mail. Partager la succession. Succession chargée de dettes.) SUCCESSION de tems. f Progreffus temporis J C’est-à- dire , fuite gif cours de tems , de jours , d’années & de íìscies. (Cela se fera par succession de tems. Cette faveur me fera nommer bien heureuse dans la succession de tous les siécles. Port Roial, Cantique de la Vierge) SUCCESSION. [Succejjhé] Suite de personnes qui fa succèdent les uns aux autres. (Les successions des Empereurs, des Rois, des Papes, &c ) SUCCESSION, [fuccejjto.j Terme d’Astronomie. 11 fa dit de Tordre & de la fuite des lignes du Zodiaque, pris selon ie mouvement des planètes d’Occídent en Orient, û’Aàes en Taurus, en Gemini, &c. (Une planète qui va selon la succession des lignes , s’apelle directe, mais quand elle va , ou paroít aller'contre la succession des signes, on !a nomme rétrogradé.) SUCCESSIVEMENT, adv. \Per vices, vìcibus.'} Tour à tour. L’un après l’autre (Toutes ces choses font arrivées successivement, & en fort peu de tems.) SUCCìN , f »«. Mot qui vient du Latin jlt vdnum, & qui lignifie ambre. Espece de bitume formé d’une exhalaison aérienne, grasse.-*,; pure, élevee au-dessus dc la mer, ensuite coagulée & deiïechée par le Soleil, & poussée par Vés dots au bord de la mer, où on le trouve ; & c’est de cette exhalaison que le* succin a fa couleur plus ou moins belle, selon que cette exhalaison est plus ou moins pure. (Sucein blanc. Succin noir. Succin jaune. Preparer le succin. Distiller le succin. Le succin blanc est le plus estimé. Voïez là- tlessus Charas, Pharmacopée , & Meuve , Diclimaire Pharmaceutique. Voïez aullì le mot d'Ambre , lettre A. colonne Amb .) SUCCINT , succinte, adj. [Rrevis.l Bref. Court. En peu de paroles. (Discours luccint. Harangue fuc- einte. Lettre fort succinte. L’Académie l’écrit avec un ci,succmíl.) f * Dîné fort succin t. Soupé sort succint. [Prandium fh’beium, caria Jìccaé] C’est-à-dire , soupé dine fort minces. , t 'Son bien est fort succint. [ Modieis tji opibus. ] C’est-à-dire, il a peu de bien. SUCCÍNTEMENT, adv. [Paucis verbis, brevi.’} En peu de paroles. Brièvement. (11 a dit fort succintement ce qu’il avoir á dire. S’expiiquer succintement.) ^ SUCC1SE,/ /• [Succifa. ] Sorte de Scabieufe dontiiy a deux especes. L’dne & l’autre sont sudori- iìques, cardiaques & vulnéraires. SUCCURSALE , adj. f. (SuccursaìU.-) Eglise bâtie pour secourir & aider une Paroisse , pour la commodité des Paroissiens éloignez , quand elle est trop étendue. On dit á Paris une annexe. SUCEMENT,/ m. [Safte.] L’action de sucer. (II se fait un sucement continuel du chile par les veines jnesaraïques.) SUCEPTIBLE. Voïez susceptible. SUCER, v. a. [Su gère , exsugere. ) Tirer à foi par le moien de l’haleine le suc de certaines choses, en mettant à la bouche la chose dont on veut avoir le suc , la substance , ou la molle. (Sucer un os. Le Dieu Mars ntengendra d’une fiére Amazone, Et je suçai le lait d’une fiére lione. Desmarais, Visionnaires, a. i.s. i.) SUCER. [Opiniones cum lafle combìbere,’] II se dit au figuré. (Sucer des opinions avec le lait. C’est-à-dire-, les aprendre dès son enfance. Ouel air refiires-tu ? n'es-tu pas dans des lieux Oh la haine des Rois avec le lait succée, Par crainte ou par amour ne peut être éfacée. Racine.) -j- * SUCER. [Exhaurire.1 Tirer d’une personne ce qu’on en peut tirer. L’épuiser, la ruiner à force de lui prendre quelque chose. (II vous sucera jusqu’au dernier fou. Molière. Les Procureurs & les Maîtotiers sucent les gens jusqu’aux os.) SUÇITATION , o ususatatim,sf flnfiigatio, inspuifus.’} SoHcitation. Instance. Instigation. (Le malheureux a fait le coup à la fucitation du scélérat avec qui il dt tous les jours.) SUC SUCITER , susciter , v. a, [Susttare , excitare, com. movere J L’un & l’autre s’écrit, mais r.n prononce sucú té. Produire. Mettre en avant. Inciter. Exciter. Faire naître. (On peut tuer les faux témoins quM sente con. tre nous. Paso. I. 7 . Sueiter des querePes. des procès. Suciter des afaires à une famille. Ablancourt If eu leur a secité un Prophète de leur pais. Maucnix , Schisme, l. 2 .) SUCOMBER , v. a. [Opprimi, succumbere, Lbas. cere.2 Ne pouvoir tenir. N'en pouvoir plus. N’aroir pas aise z de force pour résister. Etre acablé , abatu, vaincu. (Sucomber à ses maux. Arnaud. Sucomberfous le faix de la msiere. Ablancourt. Nous volons tous les jours des victorieux sucomber sous Pavanes. Ablem- court, Rét. 11 est ataqué trop vigoureusement, il faut qu’il fucombe. II le fera infailliblement sucomber s’íl l’ataque.) SUÇON, s m. [Osculi impresfìof] Baiser qui laisse quelque marque sur la peau, quand il a été fortement appliqué. (Cette nourrice en baisant fortement son en. faut, lui a fait un suçon.) SUÇOTER , v. «. [Sœpius exsugere ] Sucer peu à peu & à diverses reprises. (Cet enfant ne mâche paí encore la viande, il ns fait que la suçoter.) SUCRE , s. m. [Camtarusn lndicarumsuccus,sas. cbarum.’i Espece de moise spongieuse pleine de suc, douce & blanche , qu’on tire de certaines cannes hau* tes de sept ou huit piez, qu’on apelle cannes à sucra qu’on trouve aux Indes , aux Canaries, à Madère & ailleurs. Ensuite on fait cuire cette espece de marie, on la rafme & on la forme en pain , qu’on apelle pain de sucre. (Sucre rafiné. Sucre commun Sucre Roial. Sucre Candi. Sucre rosat. C’est.un composé de ruses & de sucre. Le sucre est chaud & sert de sel. Voïez pain. (II ira du récit de ta gloire immortelle, Habiller chez Fnmchmir le sucre U la canelh. Despr.) SUCRE d’orge , s. m. [Saccbarum hordeaeeum) C’est une composition de sucre & d’eau d’orge bouillie, que les Conhsseurs forment en petits bâtons pour ceux qui ont la toux , ou la poitrine fossile, ou qui font entaches du poumon. Le sucre d’orge est bon pour ceux qui ont peine à cracher des flegmes, il les détache, & fait qu’on les jette dehors fans peine & avec moins de violence, (User de sucre d’orge.) On dit proverbialement de celui qui manque de* choses nécessaires à fa profession, que c’est un Apotì- caireJansJucre. Les femmes de Paris qui crient des fruits à vendre disent, c’ejt tout Junre en mon panier. SUCRE' ,sucrée, adj. [Sacckaro conditusé] Cela se dit des choses où il y a du sucre. (Cela n’est pas assez sucré. Fraises trop sucrées.) SUCRE', sucrée. [Sacchari saporem babensé) (fui a le goût de sucre. (Melon sucré ) f * SUCRE', sucrée. [ MelUtus .] Ce mot est usité en raillant & plaisantant ; lors qu’on parle des filles L rlss femmes, on dit. (Elle fait la sucrée. C’est-à-dire, la modeste & la retenue.) On dit aussi des paroles sucrées & emmiellées. [Aseïíssi verborum g obuli J SUCRER , v. a. (Saccharo condire, conjfergers) Mettre du sucre sut quelque chose. (Sucrer eses fraises. Sucrer du fromage à la crème. Sucrer des pommes, &Ç.) SUCRER. [Lenire, mitigare. ] Figurément, srguà adoucir Tamertume de quelque chose. (La volupté est bien plus sucrée quand elle cuit & quand elle écorche, que quand elle est trop facile. Monté) SUCRERIES , f. f. (Ojjlcma jaccbararia.) C’est le lieu où l’on recueille, cuit, prépare & afine le sucre, (11 y a des sucreries en Amerique & en Europe.) SUCRERIES ,// [CondimentaJaccbaroJjiarsa.) Toutes choses sucrées. Pâtisserie composée de sucre & de choses douces. (Les sucreries font chaudes. Manger des sucreries. Les sucreries déchaussent les dents quand on en mange trop.) , SUCRIER, / m. [Sacbarinumé} Ouvrage ri’orfevre, ou d’un potier d’étain, composé d’un corps, d’im fend & d’un couvercle qui est en forme de dôme , & qui est proprement percé de petits trous, au travers desquels passe le sucre qui est dans le sucrier. (Un sucrier bien fait.) , f SUCRIERS,/ m. Ouvriers qui travaillent dans les sucreries, & qui font le sucre brut. On sp>è sum sucriers SUE sucriers parmi les Marchands, ceux qui font îe commerce du sucre , qui ont une sucrerie. SUCKIN , suer me , adj. [ Saccbaro star fus. ] Sucré. Qui a le goût du sucre. (Melon sucrin , ou sucré.) SUCRION , f m. [Hnrdeuni j Espece d’orgequ’on sème en automne, comme les gros hier. Catrou , dans fa traduction de Virgile, Georg. lib. ,. v. 210. en parle. SUCTION , f.f [Suftw.] Action de sucer. Terme de P bisque & de M c. h unique. La section se fait en apli- quant les lèvres fur la liqueur , & en les resserrant pour en étrecir l’ouverture dans le même tems que l’on comprime l’air qui est dans la bouche pour faire place à la liqueur qu’on y veut élever. C’est ainii que les en. fans sucent le lait de leurs nourrices. La friction se fait encore par le moiun d’un chalumeau, en mettant une de ses extrémitez dans la bouche , & l’autre dans la liqueur. Toute suction se fait par impulsion, & jamais par atraction. Pbis. de Régit. SUCURE , s m [V uccubus.] Diable qui prend la figure d’une femme pour habiter avec un homme. Celle qui permet qu’une personne de son sexe prenne avec elle les privatisez qu’un mari prend avec fa femme. On volt plusieurs histoires des Incubes & des Sucubes dans le livre intitulé , Tableau de l’amour considéré dans l’état du mariage. SUCULEjNT ,suculente , ou succulent, succulente, adj. [Succosus , Jttcci p'.enus.] Ce mot se dit des choses qu’on mange, & veut dire. Exquis. Excélent. Plein de bon suc. (Un potage suculent. Loupe suculente. Nourriture suculente.) SUD, f m. [ Notus , Auster , ventus tneridianus .] Terme de Mer & de Géographie. C’est: la partie du monde qui est au midi. C’est le vent du midi. C’eft le vent qui soufle du midi au septentrion, & qui est chaud & humide. SUD-EST. [Euro-notus, Sud-EJf.] Terme de Mer & de Géographie. C’est f un des huit vents principaux. C’eft le vent qui tient le milieu entre l’Orient & le Midi. Sud-Eji signifie aussi l’endroit qui est entre le Sud & i’Est. SUD OUEST , f m. [fui Ouejl, Afrie ut.] Terme de Matelot & de Géographe C’est un vent qui tient le milieu entre le Midi & l'Occident. Sud-Ouejl signifie aussi Tendroit qui est entre ie Sud & l’Ouest. 0 Les italiens l’apellent lubeccio. C’est un des vents les plus furieux. Virgile l’apelle creberqueproiellis Afri- cus ; & Horace, précipitent Africum. On apelle Mer du Sud. [ Mare pacificum. ] Celle qui est à l’Occident de l’Amerique, qui va jusqu’à la Chine , & qui est encore assez inconnue. SUDOssiFlQUE , adj. [Sudorem ciens, provocant.'] II vient du Latin. Terme de Médecine. Qui provoque la sueur. (Remède fudonfique. On dit aussi unJudori- jìque , f. m. Les íudorifiques donnez à propos font de grands efets ) SUELTE. [Sohttus, levis , tenuU. 1 Terme de Peinture , qui vient de fltalien suette , & qui veut dire agile & de tailie degagée. 11 fe dit de la colonne Corinthien, ne, & des tableaux peints avec une grande liberté de pinceau, & un grand dégagement des parties. SUEE , s s. [ Stupor , trépidâtio. ] Ce mot entre en quelques faqons de parler basses & proverbiales. Exempks. (// a eu une furieuse suie. C’est-à-dire, il a été fort mouillé. U a eu la suée. C’est-à-dire , il a eu peur.) SU ETTE , / s. C Morleus Anglicus.] Terme de Me. deitne Maladie pestilentielle qui a été commune en An- gleterre & en la bade Allemagne , ainsi nommée à cause que ceux qui en étoient ateints avoient une sueur universelle, avec frisson, tremblement, & palpitation de cœur. SìiER, v. n. [ Sudure , sudorem emittere. J Jetter la sueur par les pores. (Suer à grosses goûtes. Faire suer un malade. 11 site sitôt qu’il marche un peu fort. Suer la verole.) Les muraille? suent. [Mûri illacrymant.] * SiiER. [Nmt.a aefattgatione fs animi perturbatione sudorem emittere.] Travailler beaucoup. (II dit que c’étoit une marque qu’AIexandre feroit tant de belles actions, que les Poètes sueront pour les chanter. Ablan. court, An. L 1. c. ;. Je fiiois sang & eau. Racine plai - deurs , a. 3 . f 3 ) 11 fe dit quelquefois en riant & au figuré. r (Les baleines de la mer Atlantique sûotent à grosses goûtes en vous entendant nommer. Voit.l. 43.) SUF *37 SûER. Faire grande peur à un homme. Ce Créancier en me demandant de l’aigent m’a bien tait suer. SUEUR , s. f. [Sudor] Excrement humide de la troisième coctíon, sortant par les pores de la peau en forme d’eau. On apelle aussi une sueur tout ce qui sort à force de chaleur & d’une violente agitation parles pores de la peau. (Une lueur chaude, froide. Provoquer les sueurs. La Chaîne, j * SUEURS- [Pana, labores, defatigationes.] Peine. Travail. Fatigue. (Ce reste infortuné, le seul prix, & la récompense de tant de Jiieurs, a jusques à trente-iix exceptions. Patru , plaidoié 4.) Couvrez-vous , la Jueur vous est bonne, f Tege caput , ut ilis est t i bi sudor.] Terme ironique , qu’on dit à celui qui fe couvre devant quelques personnes à qui l’on doit le respect. f SUEUR, s. m. Ouvrier qui autrefois travailloitles cuirs a u sortir de la main du Taneur. C’est lui qui le* mettoit en fuin , 011 en graisse. Les Sueurs faifoient une Communauté particulière. SUFIRE , v. n. [Susficcre, satis babere ] On se sert de ce verbe comme d’une maniéré d’impersonnel, &il lignifie avoir ce qui est nécessaire pour vivre. Etre content. Etre satisfait. (J’ai peu de choses, & le peu que j’ai me fufit. S’il est vrai que vôtre époux Est zmpuijjant U jaloux, Cela vous doit bien Jufire, Vous êtes vierge fst martire.) SUFIRE, s’emploie quelquefois impersonnellement. (II lufit de vingt-mille hommes pour assiéger cette place. On dit absolument fufit, pour il fufit. Ne m’en parlez jamais ou.... fufit. Mol.) SUFIRE. [Omnia explere.] Avoir assez de force pour remplir son emploi. Ce man ne peut fufire aux dépenses de fa femme. On dit de même , nous ne lufifions pas pour leur résister. SUFISaMMENT , adv. [Plus quant fettis , plussatis, satis jïiperque.] Assez. Prononcez Jufizaman. (II est fu- tìiamment instruit de toute l’afaire. 11 est i'ufifamment récompensé. C’elt un article qui n’elt pas I'ufifamment examiné. Maucroix, vie de Campége.) t * SUFISAMMENT. [Arrogantes, confidenter.] Avec sufifance. Orgueilleusement. (11 parie fort sutìsammenr.) f SUFiSANCE, s. s. [Quodsatis est , quodJufficit.] Ce mot lignifie Abondance honnête & qui fufit , mais en cc sens le mot de sufifance est bas, & à moins que de l’a- compagner de quelque epicete qui le releve, on ne s’en lett pas [J’en ai majufiJUnce. Cette expression est fort baise, & pour .mieux parler on dira , f en ai autant qu’iì r,t'en faut.') SUFISANCE. [Sujficientia.] Ce inot se dit en Terme de Théologie en parlant de la grâce , & il lignifie pouvoir sufijant. (Suposé que tous les hommes aient des grâces iufifantes , il n’y a rien de si facile que d’en conclure que la grâce éficace n’est pas nécessaire, puisque cette nécessité exclurtoit la sufifance qu’on fupofe. Pascal, /. 2 ) * SUFISANCE. [Arroganiia , confidentia.] Orgueil. (Sa lu fi lance le rend ridicule.) SUFISANCE. [Ingentisucuìtas , vis.] Ce mot lignifie, Doctrine , Erudu/on , Science , mais il y a des gens qui ne l’aiment pas fort en ce sens , à cause qu’il fi.it équivoque. Cependant comme il fe trouve dans de bons Auteurs, on ne le peut raisonnablement condamner. (II est illustre par là sufifance. Patru, 4. plaid. Recevez cet avis de ma sincérité, On parle asez souvent de votre sufifance, Mats on ne parle point de votre probité. Gomb. Ep. I. 2.) 0 ” Je suis de ceux qui n’aiment point sufifance dans le sens d’érudition & de science. Je sçais que les Auteurs de la vie de Dom Bartheltmi des Martyrs ont dit, liv. 1 ch. 12. que ,, la ville de Drague a produit dans tous les tems de grands hommes qui ont été admirez, „ ou pour leur Sainteté, ou pou. leur sufifance , ou pour,, leur courage. “ Mais leur autorité ne me fera pas a prouve r un mot qui produit une équivoque que l’on démêlé avec peine. SUF1SANT, fifisinte, adj. [Susticiens.] Qui fufit. ( 11 s l’apellent grâce jufij'ante, parçe qu’elle (eule fufit pour agir. Pasc. I 2. Tout le monde a des grâces fufifantes Tom. III. Y y y pour 558 SUI pour un tel marché. Pafi. l - 6 - Disposition sofifante. Port-Iíouil , Nouveau Testament. Ces discours étoient plus que sufìsans pour les empêcher de faillir. Ablan^ court. La pauvre grâce sufisante Toute pule est toute tremblante Chez l’eficace eut son recours :. EUe y fit amande honorable Pour expier l’erreur dont eUe étoit coupable jy avoir cru qu'on se put sauver sans son secours. Auteur Anonime. Les grâces fufisantes ne sont bonnes que pour l’éfat d’innocence , mais dans notre état toute grâce est éíica- ce par elle même. Arnaud -. Apol. de Jansemus.) * SUFISANT , sufisante. [ Sibi confident , arrogant , pauluLeJaentiœ jafiators Orgueilleux. (Je n’ai jamais vù d’homme plus sofisant. C’est un petit sofisant.) SUFISANT , sufisante. [ Scientia ostentator .] Ce mot joint avec le verbe/son?., lignifie habile & capable. (II fait le sofisant.) SUFOCATION , f- f. [Suffocatia , anima inter, clusios Mort soudaine qui arrive par faute de respiration. (C’est une véritable sufocation.) SUFOCATION de matrice. \Vulva strangulation C’est lin engagement de gorge , qui- vient des fumées de la matrice & qui presse tellement qu’il semble qu’on étrangle. (Elle a une sufocation de matrice. Elle est incommodée d’une sufocation de matrice.) SUFOQUER , v. a. [ Sufocare , finition elidere. J Etoufer. (La trop grande quantité de vin & de viande dans l’estomac Jusoquc la chaleur naturelle. Sufoqueí une personne.) SUFRAGANT , f [ Subjeclus suffraganéús . J Terme d 'Eglise. Evêque qui dépend d’un Archevêque. (Monsieur fEvêque de Chálons en Champagne est so- fragant de Monsieur l’Archevéque de Reims.) SUFRAGE , s nt. [ Sujsragium, Voix qu’on donne dans les délibérations & en matière d’élection qu’on fait de certaines personnes. (Compter sor le sofrage de quelcun. Faire fonds fur le sofrage de quelcun. Don* ner son sofrage à quelcun. Refuser son sofrage à quel* cun, Ablanc. Etre seur du sofrage d’une personne.) SUFRAGES. iSujsragia.fi Aprobation des particuliers. (La vertu de Madame la Comtesse de Chabannes, a pour elle tous les suffrages des gens de bien.) SUFRAGES. [SanHorum intercestìoness Prières qu’on Fait à Dieu pour les fidèles. Ce mot fe dit auflì des Antiennes & Oraisons qu’on dit après Vêpres. SUFUMIGATION ,s.f. IFumigatìo JTerme d i A- poticaire. Ce sont de médicamens externes préparez & faits d’une décoction de racines, de fleurs, & de semences propres dont on fait recevoir la vapeur, faisant as* seoir le malade sur une chaise percée. ( Préparer une sufunligation. Les sofumigations arrêtent ou provoquent les ordinaires des femmes.) SUFUSION,./:/: sSuffusto , /FFs.J Termêde Me. âccine . 11 vient du Latin , & signifie épanchement. 11 se dit particulièrement du sang & de la bile qui s’épan- chent par tout le corps & qui paroissent sous la peau. (Une sofusion de sang. La jaunisse est une fufusion de bile.) SUGGERER , ». stuggerere , adnìoiìere.] Dire. Soufler à quelcun. ( Elle prononqoit par une sarbacane tout ce que les inventeurs de cette fraude lui fugge- roient. Maucroix , Schisme , l. a.) SUGGESTION , s s. [Suggestus , mònitio .] Ce mot se dit d’ordinaire en termes de Palais. C’est une impression frauduleuse. Le mot de suggestion en parlant dû diable signifie aussi Tentation , Solicitation, (La suggestion est claire. Elle est fort bien prouvée. Accuser un testament de suggestion. PatrUfil. q. J’ai écrit ce qu’il m’a commandé, non point par malice , mais par une suggestion diabolique.) SUIE, f f. [Eul/goj Partie terrestre & volatile qui s’éleVe du bois par Faction du feu, & qui s’atache ordinairement au tuiau de la cheminée. ( La fuie est noire. La soie est amére. Quand la cheminée est trop pleine de soie , le feu s’y prend. La soie sert à la teinture. La soie qu’on tire des fourneaux des Verreries, sert aux Peintres. On dit d’une chose fort amére qu el* le est amére comme de la soie. ) SU.l t ï ,s ìn [ Subditus .} Vassal. Celui qui dépend de quelque Souverain Celui qui est sor les terres d’un Souverain, (Celui qui commande ne plait jamais à tous SUI ses sujets. Cousin , Histoire Romaine. 11 n’est pas ho. norable à un Prince d’être haï de ses sujets. Ablanc. Phiiipe de Valois disoit que le plus grand trésor d’un Roi étoit le cœur de ses Sujets. Abé de C boist, vie de Phiiipe de Valois , /. j. Aiijjì-tót qu’’un sujet Fefl rendu trop puissant, Encor qu’tlsoit sans crime , il n’est pas innocent. Ce terme , sujet , présopofe Une supériorité fou* veraine, dont la volonté est une loi de laquelle on ne peut pas fe dispenser. C’est ce que Loifel a expliqué pár Cette premiere Réglé de ses Institutions Coûtumié- res; Quiviut le Roi, st veut la loy. Et sor ce principe il forme cette seconde Régie : Tous les hommes dé Jbn Royaume lui sont sujets ; & par conséquent ce n’est pas fans raison que Mr. Lefevre Chantereau ne peut soufrir que les Seigneurs Justiciers ou féodaux fe servent du mot de sujet, leur autorité étant bien diférente de celle des Rois & des Princes Souverains. Vassal, & Homme sont les qualitez qui conviennent à la féodalité. Le vajsal est le possesseur d’un fief dependant d’un Seigneur suzerain. L’homme est un roturier qui possede des héritages dépendans d’un Seigneur feo. dal, à qui il doit une certaine redevance annuelle: hiais aujourd’hui l’on confond ces deux dénomi- hâtions sous le terme de Sujet. Selon Mr. Lefevre, ,, quand les Seigneurs particuliers apellent sujets ceux „ qui demeurent dans l’étenduë de leur Seigneurie, ils,, entreprennent fur l’autorité souveraine , à laquelle,, feule apartient d’avoir des sujets. “ 11 est vrai que les Ordonnances de S. Louis, & Routinier en fa Somme Rurale, sc fervent du terni t sujet dans le sens d 'hom. ine de fief, & que dans l’article 71 . de la Coutume de Paris , il est dit : Nul Seigneur ne peut contrain. lire ses sujets d’aìlêr au four ou moulin qu'il prétend bannal, ou faire courvées , s’il n'en a titre valable, st c. Et c’est là , fans doute, le fondement de l’usage que je ne pretens pas contester. SUJET, f. m. [Argumentum , matériels Matière de discours. Matière de quelque ouvraged’efprit. (Lesujet de sa harangue étoit beau. 11 a choisi un sujet qui lui donnera lieu d’étaler son érudition. On ne sauroit extrêmement plaire sur des sujets qui sentent l’instru- ction, II faut sur des sujets plus grands, plus curieux Atacher de ce pas ton efirit est tes yeux, Despr.) StJjËT, f. m. \jAnJa , causa , occasto.’} Ocafion. Matière. Lieu. (Ne laisser aucun sujet de mécontente, hient. Ablanc. Arr. I. ç. c. 4 . Eviter tout sujet de plainte. Mémoires de Mr. de la Rochefoucaut. Jamais la critique ne demeure court, ni ne manque de sujet de S’exercer. La Fontaine, Contes .) SUJET, en Musique se dit la partie qui se chanté pour faire le dessus. Les Anatomistes apellent un bon sojet.un pendu bien constitué, fur lequel ils font leurs opérations. Les Médecins le disent de leurs malades. SUJET. [Subjclìum , materia , substantias Ce qui requit une choie & qui est comme le fondement. Ce á quoi Une chose estatachée. ( La bonté est aimable en tous les sujets où elle fe rencontre. Voit. 1. 22 .) SUJET. jjSubjeclums Terme de Logique. C’est le Ihot qui précede le verbe qui fait la liaison des ternies d’unê proposition. Exemples. (Socrate étoit sage. Sscraie est le sujet de la proposition, étoit en est la liaison ikfig 1 Patribut.') SUJET, sujette, adj. [Addìtlus , dcditus, obnoxiui.] Qui est acoutumé. (Les Ecrivains qui font de gros livres & en grand nombre sont sujets à sc méprendre. PatïH, Urbanistes. Les Poètes , lors que leur fureur les quitte, font sujets à faillir comme les autres. Je n’écris rien qui soit sujet à être interprété. Voit. let. 22 . Elle est se* jette à se métré en colete.) SUJET, sujette. [Subjefltitj Ce mòt se dit en terrtiei de Manège. {Tenir un cheval sujet. C’est tenir la croupe du cheval dans le rond de la volte.) * SUJET a maladie. sMorbo subjeHus, morbk patere.j CMt-a-dire qui est maladif. Qui est d’otdinaite malade. On dit Sujet a la colique , Çstc. SUJETION, f f. [Servi t us f Servitude. Prononces sujection .. C’est à*dire. Atachement. Aplication servile. (Haïr la sujétion. Personne au fond n’aime la sujétion. J ai suivi mon orginal fans tn’y atacher avec trop de lu* jetion. Elech, Comm. Press . , SUI t SUJETION, fe dit aussi pour assiduité. (Ce malade demande une grande sujétion- Cette charge est d’une grande sujétion.) T SUJE'TION., se dit de certaines servitudes auxqucl- les une maison est sujette. (Cette maison est incommode, & ii y a de grandes sujétions.) SUIF, s m. [Sébum , Jevum.] Graisse de mouton , de bœufou de vache que le boucher fond & qu’il vend aux chandeliers pour faire de la chandelle & aux Cor- roieurs pour travailler leurs cuirs. (Voilà de bon suis. Fondre le suif. Dépecer le suif. Termes de Chandelier . Faire prendre le fuifau cuir. Terme de Corroieur.) SUIFVER, ou Juives-, v. a, [Sebare,Jebo Hliniref] Terme de Mer. Prononcez suiver. C est donner le luit à un vaisseau. On suive un navire depuis la quille jusques à la ligne de Peau. On dit indiféremment. (Donner le fuis à un vaisseau , ou suiver un vaisseau.) SUIN, /. m. [ASj'ypum. j Le soin de la laine, la sueur des Brebis, qui s’attache a la laine. La laine avec le su!n aux brebis. [Lana succida.] Le suìn des oreilles. [Auriumsordes.] les ordures qu'on en tire. Danet. í SUINTER , ». ». On le dit d’une liqueur, d’une Fumeur qui fort, qui s’écoule presque imperceptiblement.) Ce vin suinte entre les douves. Les scrositez suintent de cette plaie.) ê Ou le dit aussi du vase d’où la liqueur coule , & de la plaie d’où l’humeur sorç. (Ce baril suinte. Cette plaie suinte encore.) A LA SUISSE, adv. [Helvetico more.] Ce mot signifie à la maniéré de Suisse. (Etre habillé à la Suisse.) * si lu Suijj'e. [bìihtl mente revolverc.) Mots qui entrent dans quelques façons de parler burlesques & triviales. Par exemple on dit. (Rêver à la Suisse. C’est rêver , & cependant ne rêver à rien. Cotin de l’Académie Françoise, dans un petit écrit , intitulé Ménagerie , qu’il •3 composé a l’honneur de l’illustre Ménage , a dit ; Ce galant homme a fait contre moi une épigramme de dix- huit vers que je nomme, à cause de fa bigarrure , une épigramme à la Suijj'e. Voïez Ménagerie , p. i.) SU1SSER1E ,J\ f. [Helvetii taberna .J Petite chambre destinée pour lc logement d’un Suisse. Ce mot est en usage à Paris. SUITE , f.s. [Comitatus , ajseclarum turba .] Gens qui acompagnent quelque grand Seigneur. (La fuite de l’Ambassadeur étoit leste. La fuite du Prince est fort belle. Avoir une fuite magnifique.) * SUITE. [ Conjunclio , contextus .] Dépendance. Liaison. Enchaînement. (Une chose la plupart du tems est ìa fuite & la dépendance d’une autre. La Fontaine , Contes S) ^ * On dit d’un discours où il n’y a ni ordre ni liaison , qu’il n’y a point de suite. £ * On dit d’un homme qui n’a aucune justesse dans l’etprit, qu’il n’a point de fuite, ou qu’il n’a pas un esprit de suite. í * On dit aussi d’un homme qui fait paroître beaucoup d’inégalité dans ses actions, qu’il n’y a point de fuite dans ta conduite. * SUITE. [EfieHus, exitus , evenîus.] Ce qui resulte & ce qui fuit d’une chose. Conséquence. ( Prendre garde aux dangereuses suites de quelque maxime. Pasc. iiv. 4 . Discours qui tire aprés lui de fâcheuses suites. Le Comte de Bujfi.) * SUITE. [Sériés.] Ce mot en parlant de paroles & de discouis veut dire ; Tirade. Enchaînement. (Une longue fuite de mots. Voit.l. 37 .) SUITE. [Temporutn ordoj Cc mot se dit en parlant du tems. ( Se prévaloir d’une chose dans la fuite du tems. Mémoires de Mr. de la Rochefoucaut.') SUITE. [Continu: t as , J'ucceJJio.] 11 fe dit encore en parlant de choses disposées par ordre & par rangs. (Une longue fuite d’ayeux. Une fuite de colonnes. Une fuite de médailles.) SUITE- [Continuatio.] Continuation de quelque ouvrage. ( La fuite de Baronius. La fuite de l’Astrée , &c. ) SUITE. [Séries, or do.] Terme de Médaillijie. Suite d’or, fuite d’argent , fuite de moien bronze, c’est l’ordre des médaillés par raport aux métaux. (3 SUITE. Terme de Jurijprudence. 11 est dit dans l’aiticle y;, de la Coutume de Paris, que l 'Office vénal eji réputé imneublt , b u fuite par bipothéque, & dans SUf 539 le !”o. que meubles u’ont point de fuite par bipothéque, quand ils font hors de la pojjejfìan ilu débiteur. Le vendeur d’un éfet mobilier à qui le p ix est iiû . peut le suivre, quand il est entre les mains de Pacheteur , & dans son entier, & le vendiquer. L’article premier du titre :z. de la Coutume de Nevers fait mention d’une autre espece de fuite en fait de dixmes : Au Seigneur d’une dixmerie laye ou ecclejìajìique appartient la fuite de fes labours , quand ils vont labour .r eu lieu Jubjet à dixme , ou exempt d'ìceiuy , gtf u cause de ladite Juite, tl prend demie dixme, Voïez les articles suivons , amfi que le Commentaire de Coquille. Ce droit est peu connu. 11 yapluiieurs Coutumes où le Seigneur peut suivre son homme de servile condition. Voïez celle d’Auvergne , cb. 27 . de Berry , de Bourgogne. De fuite , adv. [Ordine.] De rang. (Cts livres font rangez de fuite,) Ensuite „ Après. (On parlera ensuite. ) Tout de fuite , adv. [Contmenter , continua oratione.] Sans discontinuation. Tout d’un même tems. (II s’en va au Palais , & tout d’une fuite il s’en ira aux autres lieux où il a des afaires.) SUIVANT , Juivante , adj. [Inféquens, pedijsequus] Qui soit. Qui est après- Qui acompagne. (Elle est Demoiselle suivante. U marcha le jour suivant contre l’ennemi. Abl. Arr. L 2 . SUIVANT d’Apollon . f. m. [ Poe t a. ] Ces mots sont plus en usage au pluriel qu’au singulier, & ils fe disent plaisamment pour marquer un homme de belles lettres, un Poète ou quelque bel esprit de cette maniéré. {Le magnum N inane Sopbos eji le partage des fi. déliés suivans d’Apollon , & non pas de ceux de Minerve. Coftar , lettres , t. 2 . On apelle Suivans de Minerve , les hommes d’écude qui s’atachent aux choses solides, & qui leur peuvent non feulement donner la réputation d’hommes sages & favans, mais dequoi subsister avec gloire.) Ces mots de Suivans lie Minerve, & de Suivans d ’Apollon fe disent en riant ■& dans le stile enjeu : & goguenard. SUIVANT. [Secundmt , pro. ] Préposition qui régit l’acuiatif, & dont quelques-uns font ícrupule de se servir à cause de l’equivoque. Suivant, signifie la même chose que selon. (Si quelcune tombe en faute , qu’clle soit punie suivant l’ordre de la Superieure. Patr.pl. iç. Suivant le genie de la nation qui domine en lui, il aten. doit le bénéfice du tems. Mémoires de Mr. de la Roche, foueaut. L’amour suivant nos peines mesure nos plaisirs. ) SUIVANT que. [Pro-ut.] Sorte de canjonclion qui veut dire selon que. (Nous avons a coutume de rechercher les choies suivant que la volonté fe porte à les desirer.) T SUIVANTE, f f. [PediJJêqua.] Demoiselle suivante, (Une fine, adroite, jolie & agréable suivante. Une spirituelle suivante. Le jeune homme ne paroiisoit pas fans esprit, la suivante n’oublioit rien pour lui rendre de bons ofices. S. Evremont , Matrone d’Ephefe. Pour faire en peu de tems des progrez fur son cœur-, Engage la suivante à servir ton ardeur.) -SUIVER. Votez Suifver. -t SUIVI , suivie, part. Prédicateur, Professeur fort suivi ; c’est celui qui attire un grand nombre d’audi- teurs. On dit aussi dans le même sens, une piéce de théâtre fort suivie. Discours , raisonnement , dessein bien suivi , piéce bien suivie. C’eíì un discours, un raisonnement, un dessein, une piéce, dont les parties ont l’ordre & la liaison qú’elles doivent avoir l’une avec l’autre. - “• aijuwi, JeJuiviii je suivrai. Que je suive. JefmviJJe , /f Jtuvrats. Suivant- Aller après. (Les laquais suivent leurs maîtres. Ainsi que d’un vaijfeau la conduite ordinaire Pour soivre le bon vent combat le vent contraire , }4on cttur trop engagé dam ee malheureux jour De feu engagement discute avec P amour. Ep. d’Ovide.) * SUIVRE. Ne pas quîter. S’atacher. ( Suivre soft original. Suivre son patron. Suivre un parti. Ablanc.) + * SUIVRE, se dit des choses qui fe produisent îes unes les autres, qu’on voit d’ordînaire ensemble. (L’envie suit la prospérité. L’embarras fuit tes grandes dignitez.) » SUIVRE fa pointe. C’est continuer dans son entremise. p * SUIVRÉ une afuire. C’est s’attacher à une a faire Tm.UL Y y y 2 avec 540 SUP avec persévérance, & ne rien negliger de ce qui peut la faire réussir. t- ' SUIVRE une afuìre , se dit aussi pour , tâcher de découvrir ce qu’il y a de plus caché, & toutes les circonstances qui peuvent en faire juger. * SUIVRE /« Cour , Jutvre le Barreau. C’est s’attacher à la Cour, fréquenter le Barreau. í * SUIVRE un prédicateur. C’est être assidu à ses fermons. f * SUIVRE un homme dam ses discours , dans ses raz- smnenieus. C’est être attentif à les discours, à ses rai- íonneniens , en forte qu’on n’en perde rien. í SUIVRE , signifie quelquefois, s’abandonner, se lailíer conduire. (.Suivre fa passion, son caprice, son inclination. Suivre ses imaginations , &c.) f SUIVRE , se dit aussi pour , lé conformer à quelque chose. (Suivre la coutume , suivre la mode , l’usage. ) * SUIVRE [InJ'eqúi .j S’utacher à quelque personne, où a quelque choie qu’on personnifie. (Suivre la Muse est une erreur bien lourde. Cotin, Ménagerie. Qui vous fuit une fois vous fuit toute fa vie.) t SUIVRE. [Qpinionem amptecli.] Ce mot se dit entre Docteurs & veut dire, Etre de l’avis de quelque fameux Docteur, ou autre personnage célèbre dans quelque lience. (On est en fureté de ces cotez là en suivant un Docteur grave. Fisc. I. 6 . On peut suivre cette opinion en (uieté de conscience. Base. I. 6 .) SUIVRE. Imiter. [ Consequi, vejìigiis ingredi.] (II suit les traces de son Pere. Osa donc sait votre fille en fuiant la vertu (sue suivre le chemin que vous aviez hatu ? SPvous l’eujjìcz guidée en une bonne voie, Elie vous y suivroit avec bien plus de joie. Pours) SULFURE', RE'E , adj. Qui tient du soufre. Tous les corps ont une partie grasse sulfurée, & inflammable , qui est ce qu’on apeile le soufre des Phi- • losophes. C’est la même chose que sulfureux. SULFUREUX , sulfureuses ou Julpbureux , se, adj. [Su/fureus.] ll vient du Latin. On se sert de ce terme en Chimie, c’est-à-dire, plein de soufre. (Faire évaporer ies parties sulfureuses de f Opium.) SULPICE,/ w*. [Sulpitius.] Nom d’bomme. (Sulpice Severe a fait en Latin un abrégé de l’Histoire Ècle- iiastique.) SULTAN,/»». [Sultanus, Turcarum imper ator.] C’est le grand Seigneur. Le fils du grand Sic-gneur. (On mena le jeune Sultan à !a Mosquée , on lui mit l’épée au côté, & on le proclama Empereur dans tout l’Êni- pire Omnium Brios.) SULTANE,// [Turcarum imperatrix.] La Dame que le grand Seigneur a épousée uu’on apeile Reine Suit,me. (La Reine Sultane est fort oeile.) 5 Uj.TANE ,// [Sultan» vij,is , cyclas. ] Habit de femme , dont la mode commença à Paris en 1688- & finit bien-tôt après. C’etuit une robe abatué & tramante. SULTANE. [Sultana navis.] C’est un vaisseau Turc. SLT.TANIN , / m. [Sultamis nummusf] Sorte démo- «oie d or de Turquie, f II vaut à peu prés le Ducat d’or. On ì’apelle aussi Scherif & Sequin. SUMAC , / m. [Rhus obsoniorum.] Ce mot est Arabe. C’est une sorte d’arbre semblable au petit Cormier qui porte un fruit rouge & astringent. SUMËRGER. Volez submerger. SUMPTUM,/ ra. [Exscriptumseamdttm.] Terme de. Banquiers & de Chancellerie Romaine. C’est une seconde expédition , d’une signature de Cour de Rome, dispense, ou d’autres uétes qu’on tire des Registres de la Chancellerie , quand on a perdu ['original, ou quand une autre partie en veut avoir autant pour en tirer ■ des inductions. SUPENTE, / / [ Lovasujpenfì/ia. ] Terme de Bourrelier. Ce font trois bandes de cuir cousues & jointes ensemble Lune sur l’autre , larges de quatre doigts ou environ qui fervent à suspendie le caroíss. Quelques Bour reliers disent suspente & soupente s mais ils diíent fnal. Les plus habiles du metier que j’ai veu disent iousjupentc, la raison est pour eux & j’y suis aussi. On dit. ( Racommoder une fupente. Le carosse est suspendu par quatre Arpentes. Volez soupentes. ) SU j-'Ck., v. n. [Qb:ttrare.] Ternie de Marine On dit qu une vo>e d eau a íupe, quand il y est entré quelque choie qui en bouche Couverture. SUP SUPERATION , f. f. [Superasii."] Terme i VAsm. nnmie , différence qu’il y a entre le mouvement de deux planètes, dont l’un est vite, & l’autre tardif, SUPERBE,// [Super bi a , arrogantiaf] Ce mot signifie Orgueil, mais plusieurs le condamnent & ne le peuvent íòufrir substantif que dans la bouche des Pré. dicateurs. En éf'et pour une personne qui se servira du mot de superbe, il y en aura deux cens qui l’évite. ront & qui emploieront en fa place le mot d’orgueilslu. cifer ce monstre de superbe fut précipité dans les enfers.) SUPERBE , adj. [Superbus , gloriosus .] Ce mot signifie Plein d.'orgueil. Plein de fierté. Orgueilleux , & se dit des choses & des personnes. (Alexandre reçût des lettres de Darius conçues en termes si superbes qu’il s’en offensa. Vaug. Quint. I. 4. c. r. Elever aux grands Dieux de superbes autels. Le Président Cousin , Hijl, Rom. Ah! laissez-les porter tant de superbes mr; Que peuvent contre moi leurs malheureux écrits ? Aut. A non. Vous passerez des nuits plus claires que le jour Au milieu des fifiins d’une superbe Cour. Abé Régnier.) SUPERBE, adj. [Magnifions, Jplendidus, illujhk] Grand , magnifique. (Cet Ambassadeur a fait une en. tr ètsuperbe. II a des habits superbes. Tantôt dans une noble [£> superbe ordonnance De vos flots dans les airs pouffant la violence. Abé Régnier.) Mr de Vaugelas, Remarq. 50. a décidé nette* ment que ce mot, superbe, est toujours adjectif, & jamais substantif, quoi qu’une infinité de gens, & particulièrement les Prédicateurs disent M superbe pour dire ['orgueil. Ce n’est pas qu’il n’y ait plusieurs mots qui font substantifs & adjectifs tout ensemble, comme colere, adultéré, chagrin , sacrilege, esc. mais Juperbe n’dt pas de ce nombre. Mrs. de ['Académie l’aprouvent dans les matières de dévotion , comme en cet exem- pie , L’ejprit de superbe précipita Lucifer dans Us m. fers. J’avouë que je ne sçais pas pourquoi ces Mes. sieurs factorisent dans les discours pieux, & le ban- nissent des discours de Morale & (['Histoire, ainsi que du stile poétique. SUPERBEMENT, adv. [Superbe.] Avec orgueil. Fie. renient. (Une personne qui a de ['honnêteté & tantlòi peu de monde, ne parle ni ne répond superbement. ) 11 veut dire aussi magnifiquement. _ SUPERCHERIE, / / [Fraus , do lus.] Trompe, rie. (11 n’est pas aile de faire une supercherie dans une dilpute. Ablansourt , Luc. Mémo il soutient qu’on peut en certain cas Faire un ferment plein de supercherie. La font.) SUPERE'KOGATION- Volez Subrogation. SUPERFETATION , / / [Superfetatio.] Terme de Médecine. Nouvelle génération, qui arrive lorsque la tnere de quelque animal conçoit en divers tems, & porte divers fétus d’inégale grosseur. Elie arrive dans ies femmes, mais plus souvent à quelques bétes, comme aux truies, aux lièvres, &c. Un médecin Allemand nomme Mentzelini , parle d’une espcce rie superfétation arrivée à Thurir.ge , en 1672. où la femme d’un munier accoucha d’une fille grosse, qui accoucha au bout de huit jouis d’une autre fille qui fut baptisée, & mourut un jour après fa mere. Banhoiin raporte plusieurs exemples de même nature. SUPERFICIE,// [Superficies.] Surface. C’est une étendue qui a une longueur & une largeur, mais qui n’a point dc profondeur. C’est le dessus & comme la face des choies qui fe voit extérieurement. On dit. (La superficie ue la terre. La superficie des eaux. Su- pcrlìcie plane, courbe, convexe, concave, &c. ) * SUPERFICIE. [Lavis cognitio , Jcientia.] Teinture legere, connoifìance legere de quelque art, ou de quelque science, (bi on íè donnoit la peine de voir de prés ceux qu’on estime Savans, on découvriroit bien que la píûpart de ces Messieurs ne sont que des Doctes ignorons ctqu’ils ne savent que la superficie des choses, & encore fort mal le plus souvent.) •t- SUPERFICIE, fe dit en termes de Droit, de tout ce CT T p O v-* L ce qui est bâti ou planté sur un fonds. La superficie cédé au fonds , c’est à-dire , qu’elle apartient au pro. piietaire d u fonds, SUPERFICIEL , superficielle , adj. [Supersiciarius. } Qui cil la superficie. (Partie superficielle s ' SUPERFICIEL , superficielle. [’Leviter admodum eru. ditus. Qui n’est pas profond. (La plupart des gens se contentent des connoistances superficielles.) SUPERFICIELLEMENT , adv. [ Leviter , Jhiclim. ] D’une maniéré superficielle. Legerement. D’une maniéré qui n’est pas profonde. (Toucher une chose su- peificicllement. * On se donne à tous superficiellement selon leur prix. Le Chevalier de Meré. II parle de tout, mais il en parle fort superficiellement.) SUPERFIN, adj. [sTenuiJjìmus, perexilìs ] Ce mot se dit entre Tireurs d'or , & n’est uíité qu’«a masculin , & veut dire Très fin. (Trait superfin. 11 se dit en badinant au figuré. Cela est superfin.') £ SUi'ÈRFIN , se dit auliì dans le Commerce & les Manufactures, pour exprimer la finesse d’une étofe. (Drap tupcrfin. Camelot superfin , Papier superfin.) SUPERFLU, / «r- [Supirfluum , redundans , inutiles Ce qu’on a de trop. Ce qu’on a de reste & d’inu- tiie. ( Les Ecclésiastiques qui font sages & vraiment honnêtes gens, donnent leur superflu aux pauvres. Donner saumoné de son superflu. Pajb. I. 6.) SUPERFLU , superflue , adj. [Supervacaneus, super- fluens.) Qui est de reste. Inutile. Qui ne sert de rien pour ia nécessité. (La plupart des hommes ne s’estiment riches que par quantité de choses superflues qu’ils poste- dent, mais la plupart des hommes ne font pas fort sages austì. Vous pouviez m’épargner des regrets superflus, Et vous m’eujjìez laijj'é ce que j’aimoìs k plus. Epi. d’Ovide.) SUPERFLLTTE' ,/!/•[ Redundantia , fiuperfluìtas. 3 Trop grande abondance. (11 y a grande l’uperfìuité de toutes choses chez les partisans.) SUPERIEUR ,f »i. [Srrjwz'í»'.] Chef. Le premier, & celui qui a l’autorité & la direction. ( Le Supérieur des Peres de la Mission est un bon Ecclésiastique. II faut à fies supérieurs Porter toutes fortes d’honneurs., I,es aimer c'est une autre affaire .) SUPERIEUR , superieure , adj. [ Vrapojìtus , prafies, fup.rsor.] Qui est le premier. Qui est au dessus des autres. (Le Pere Supérieur. La Mere Superieure.) SUPERIEUR , superieure. [Superior , prœ cœteris pollens, emmens .] Qui est plus élevé. Qui est plus absolu & qui a droit de commander à tout ce qui lui est inférieur. (Ordre supérieur. Dignité supérieure. Degré supérieur.) On dit la partie superieure de famé , qui comprend la raison , & on l’opofe à la partie inférieure, qui est l’apetit sensitif. T SUPERIEUR , qui est au dessus d’un autre en rang, en dignité, en mérité , en forces. (Supérieur en ften- ce, supérieur en mérité. L’ennemi est supérieur en cavalerie.) On dit aussi absolument, sennemi est fort supérieur, notre canon écoit fort supérieur. f Cours fiuperieures. On apelle ainli les cours qui jugent en dernier ressort, & qu’on apelle autrement, Cours souveraines. On apelle aussi, Conseils supérieurs , des Tribunaux qui jugent en dernier ressort. (Le Conseil supérieur d’Álsace.) SUPERIEUR. [ Aitior , excelfi.or. ] Se dit austì d’une élévation locale. (Saturne, Jupiter & Mars, font des Planètes fiuperieures , parce qu’elies font au dessus du Soleil.) SU r PRIEURE, f. f. C Superior. ] C’est la Religieuse qui a soin de la direction du couvent. C’est celle qui gouverne en qualité de Chef & qu’on apelle Madame la Superieure , ou la Mere Superieure. (.Madame la Superieure prend les voix des Meres discretes. Pat r u , plaid. 16. SUPERIEUREMENT, adv. [Prajìantius , fiublimius. J D’une maniéré superieure , avec avantage. ( Monsieur Flechier & Monsieur Marsolier , ont sait la vie du Cardinal Ximer.es, mais l’un supérieurement à ì’autre.) SUPERIORITE' ,s fi í Prœpojìti mumis. j Avantage qu’on a par dessus les autres , qui est de commander, de diriger , & de gouverner. (II n’a fait dans la maison aucun acte de supériorité. Supériorité de raison, S. Eartem.) SUP 54 T # SUPERIORITE', se dit en termes de Guerre ,de Tavantage du nombre fur i’ennemi. ( La supériorité de Tennemi ne nous a pas empeché de l’ataquer. Les François furent mis en déroute devant Turin malgré leur supériorité. s La supériorité du nombre ne fait rien contre un ennemi plus foible à la vérité , mais qui opose un plus grand art & une tactique plus profonde. Polybe de Folard.) SUPERLATIF ,s m. [ Superlatmus. ] Terme de Grammaire. C’est un nom adjectif qui augmente la signification d’un mot autant qu’elle peut être augmentée , en prenant devant foi la particule très, ou fort, ou en prenant la particule plus immediatement devant foi, précedée de Tarticle le ou la. (II est frér-savant. Elle est jW-belle. C’est k plus galant homme de la Cour. C’est la plus belle femme du monde. Nom superlatif.) S U P F, R L ATIV E M EN T, adv. [Supereminenter. ] Dans le degré superlatif. (Louer quelcun superlativenient.) £$ Ce terme est très-mauvais. Le P. Bouhours a dit dans son Entretien sur la Langue Françoise, que notre Langue n’aime point les exagérations, parce qu'elles altèrent la vérité. Mr Ménagé, tome. 2- de ses Obj'era. [sc. ch. ;6. tient au contraire que les superlatifs sont fort en usage parmi nous , & que même Ton joint la particule tris aux mots qui font purement positifs, cette particule tenant lieu de superlatif. On peut voir le reste de la dissertation de cet Auteur furies superlatifs. SUPERNUMERAIRE , adj. ou Surnuméraire. [Quod eji extra , Juprà, ultra numerum.'} Ce mot est Latin & veut dire qui est au-delà du nombre, qui excède le nombre. Qui est de plus qu’il ne faut. ( S’ii se trouve des files supernumeraires, on en forme des rangs à la queue de la division. Martinet, exercice pour Pin - fan ferle, p. 6 J.) SUPERPATIENT, ENTE, «d/. Terme de Geo- metrie U d'Arithmétique , qui se dit pour expliquer la proposition de deux lignes ou de deux nombres , dont le second contient une ou plusieurs fois le premier, & outre cela quelques-unes de ses parties aliquotes. Ainsi & 17. font en proportion triple superpatiente deux cinquièmes ; car 17. contient trois fois & deux de ses cinquièmes parties. SUPERSEDER, V.n. [Difrre.) Terme de Palais- Sursoir. Les Lettres d’Etat font superseder à toutes poursuites. H II est vieux, & on sc sert ordinairement de sursoir. SUPERSTITIEUSEMENT, adv. [Superstitiosè. ) Avec superstition. Prononcez superjiicieusement. (Agir superstitieusement.) SUPERSTITIEUX ' superstitieuse, adj. 5 Superjii. tìone cap t us s] 11 vient du Latin superjìitiosus. Qui a de la superstition. Prononcez JuperJUcieux. (Esprit superstitieux. Peuple superstitieux. Culte superstitieux. Les pratiques superstitieuses sont défendues par la Loi de Dieu. S’atacher à des observations vaines & superstitieuses. Thiers, desSuperst. c. I. è Toutes choses paroissent des prodiges aux esprits superstitieux , qui mettent leurs Dieux par tout où ils ne peuvent rien comprendre. Mr. de Folard.) SUPERSTITIEUX, f m. [Homofiuperjìitione imbu-'} tus. 3 Qui est attaché à la superstition & qui par des maniérés contraires au culte de Dieu, choque son Créateur & la vraie Religion. (11 y a des Conciles qui ont condamné les superstitieux à jeûner un mois en prison. Thiers de la superstition, ch. 4.) SUPERSTITION,//! [Superfiitio, vanareligio .3 Pro- noncez superjiicion. Culte vain & ridicule. Curieuse & vaine observation pratiquée par les anciens & défendue par l’Eglise. Par exemple, les augures & autres choses de cette nature. (Abolir la superstition. Ablancourt , Tac. Peuples adonnez à la superstition. C’est une superstition condamnable. Superstition vaine , sote, ridicule , horrible, éfroiable. Toutes les superstitions font fondées fur un pacte tacite, ou exprès, avec se Diable. Thiers, dessuperjl. c. 9. Les superstitions sont des cas réservez aux Evêques. Abjurer la superstition. Thiers. £ De tons les Etats du monde Athènes surpassa les autres en superstitions les pins foles & les plus extravagantes , comme en injustices & en pieuses cruautez. Po- hbe de Folard.) Tarn. UL Y y y $ f L» Yyy î C42 SUP £ La superstition dans quelque Religion que ce soit, bonne ou mauvaise, pourvû qu’elìe y prenne de profondes racines, est capable de ruiner & de renverser de fond en comble les têtes les plus sensées S: les plus sages , pour éteindre la lumière naturelle & réduire enfin J’homme à Tétât des bêtes brutes, ou peu s’en faut. Ibid. Tom. IV. £ SUPERSTITION, se dit aussi du vain présage qu’on tire de certains accidens purement fortuits. (II y a de la superstition à croire , qu’une salière répandue sur la table présagé un malheur.) f * SUPERSTITION , sé dit de tout excez d’exactitu- de , de foin , en quelque matière que ce soit. (II est jaloux de sa parole jusqu’à la superstition.) SUPIN , s m. [Supinur-i.) Terme de Grammaire Latine. C’est une partie de la conjugaison du verbe qui sert à en former plusieurs autres. SUPIN ATEUR, adj. [Supinator.] Terme d ’Ana. tomie. Muscles du raïon qui font que la paume de la main regarde en haut. L’un est long, & l’autre court. SUPLANTATLUR , f m. [Supphmtator fraudu - ïentus.'] Q.ui suplante. (Jacob fut le supplanrateur d’F- sau.) SUPLANTER, ». a. [Do/o, malo > per fraudem de. jicere .3 Mot qui vient du Latin , Jupplantare. (Test donner le croc en jambe a une personne & la terrasser, (implanter quelcun. * Charmez de la beauté qu'ils f entendent vanter , Et le frere & l'ami te voudront suplantcr. C’est trop de nous suplanter, & de nous suplanter avec nos propres habits. Mol. Prêt.) SUPLE'MENT , / »». [ Complementum. ] Mot qu’on a pris du Latin J'upplementum. Tout ce qu’on ajoute pour achever & finir un ouvrage auquel il manque quelque chose. (Faire un supiémenc. Suivre l’ancien suplément. On pourroit se palier de ce suplément. Ce suplément se trouve dans i’Edition de N ... & contient beaucoup de choses considérables. Les suplémens de Frer.shemius fur Quinte Curce font estimez. Us ont été traduits en François par du Rier, mais ils ne font pas fi bien écrits en François que ce qu’a traduit Vaugelas. On dit en termes d q Palais, suplément de légitimé , &c.) SUPLEMENT. [ Supplementum .] Taxe qu’on sait sur les oíices , ou domaines lors qu’on prétend qu’ils n’ont pas été vendus leur juste valeur. SUPLE'ER, ». a. & n. [Supplere , adimplere .2 Fournir ce qui manque. Ajouter ce qui manque à quelque chose. (II faut supléer ce qui manque. Supléer au reste.) 0 On dit supléer au défaut , Jupléer au besoins & supléer un mot qui manque , ou une lettre. SUPL.IANT, supliante , adj. [Supp/icans. ] Qui prie. Qui su plie. (Je fuis supliant. File est supliante. Ses ennemis offensez de sa gloire , Vaincus cent fois , U cent fois suplians, En leur fureur de nouveau s'oubliant , Ont osé dans ses bras irriter fa villoire. Racine.) SUPLIANT, f. m. [Supplex, supplicanss Terme de Palais. Celui qui prie. (Le supliant désiré que.P«- tru . pi. 2. ) SUPLIANTE,/ f [Supp/ex ] Terme de Palais. Celle qui prie. (Elle est là en qualité de supliante ) SUPLICATION, / f [T erba. supplicias Priere. (II lui a fait mille très-humbles soplications.) SUPLICE,/ «r. [Supplicium , tormentum , crucia. ter.] Châtiment que la justice fait foufrir à une personne criminelle par la main de Texecuteur. (La question est un supìice plus cruel que la mort. Un suplice inhumain. Un suplice qui sait horreur. Ablancourt.) SUPLICE , / >«. [Ultìmumsupplicium .] Mort. Lieu de la mort. (Mener au suplice. Ablanc. Rét. Traîner au suplice. Ablanc. Tac.) SUPLICE. [ Cruciatus , cruciamentums Cruauté & inhumanité qu’on Fait injustement foufrir à une personne. (Seroit-il possible que nous voulussions aller montrer à la Grece Thorreur de nos suplices Vaug. Quint. I. ç. eh. iç.) * SUPLICE. [Pana, angores.] Peine, Châtiment. (Hélas ! pour mon suplice, il ejì vrai qu'en mon aine Je n’ai plus dSsperance, fai beaucoup de fiante.) íf SUPLICE. Douleur. Afiiction. Mr. Corneille dit dans le Cid : SUP Pour foufrir la vertu st long-tems au suplice , gV. L’Academie a censuré ce vers. Cette expression (dit. elle) n’est pas achevée; on ne dit point , foufrir quel. cun au suplice , mais bien foufrir que quelcun so t nu suplice s outre qu 'être au suplice laisse une fâcheuse image en l’esprit. SUPLICIER , ». a. [Ultimo supplicia mail are , mui. fiare.j j Faire foufrir le suplice de la mort à un criminel. (Onasuplícié aujourd’hui trois voleurs.) f 11 est du stile familier. SUPLIER , »- a. [ Supplicare , supplìcibus verbit orare .2 Ce mot signifie prier , mais il est plus rtspe. ctueux que prier , & il se dit en parlant des personnes fort élevées au dessus de nous. (Suplier le Roi, [Empereur, la Reine, [Impératrice. Suplier une personne de qualité. Vaugelas , Remarques.) SUPLIER. [Or are f Ce mot ne se dit point de Dieu directement. En éfet, on ne dira jamais il faut suplier Dieu. Je vais suplier Dieu , mais je vais prier Dieu. Cependant indirectement, & en s’adressant à Dieu, on dira très-bien. (Je vous suplie , mon Dieu, de me faire miséricorde.) SUPLIQUE, / f. [Supplex deprecatio.) Ce mot vient de Tltalien/

n. [fuppofitorium, b alarmes Terme d ’/ìpoticatre. Médicament externe qui est destiné pour le fondement, qui est solide , arondi , fait en piramide , de la grosseur & de la longueur du petit doigt, ct qui est composé de choses propres à lâcher lé Ventre, (Úonner un sopositoire à un malade.) SUPOSTï, Jitpót,s. m. [Affecta, j éclater, confclus] î/u» & l’autre s’eerit, mais on prononce supât , fans faire sentir la dernière s. Le mot de supât se disant de$ personnes, n’est ordinairement en otage que dans le burlesque , le comique , le satirique & le stilê le plus familier, ct il lignifie celui qui apuie , qui Favorise pour quelque liaison d’intetêt, ou pour d’autres vues, quelque personne, quelque parti, ou quelque corps. Celui qui étant d’un certain corps, en apuie les interét* avec clwleur. [Ici tout les BailHft , Procureurs jjjf Prévôts , Suivis de leurs petits su pots, Chargez de pains 0 ? de bouteilles Font des harangues nonipareilles. Scar. Poés à Ma d. la Pnnc. de Condè Douairière.] Sans ioix 0 ? fans police , Hans craindre Archers , Prévôts , ni supòtS de Jujiice , Deípr. Sat. 8- C’est à-dìre , fans aprehender aucun homme de Justice , aucun de ceux qui sont du corps de ces gens de Justice. On dita aussi fort bien en riant La plúpartdes fupòts de l’Université sont des animaux indécrotables. On dira de même. Les fupòts d’iiipocrate ct de Galien, tuent impunément les gens, pour marquer les Médecins, les Chirurgiens & Apoticaires, à qui le Corps humain est en proie. 8UPÔÎ de Satan. [Sechtor Satan#.] Mots satiriques, pour dire Scélérat. Méchant. SUPRALAPSAÏRE» adj. [Supralapfarius.] Terme de Théologie. Téologiens qui enseignent que Dieu , sans avoir égard aux bonnes & aux mauvaises œuvres des hommes, a résolu par un decret éternel de sauver ìes uns, & damner les autres. Voter Mr. Bayle dans son Dtcl. SUPREMATIE,/ / [Suprematia.] Terme dorit on (e sert en parlant des afaires d’Angleterre. C’est le - droit que le Roi y a pour la direction des afaires Ecle- stastiques. S U P R è ME - adj. [Sumhlús , fupremus, ] Le plus haut. Le plus éminent. (On lui a rendu des honneurs suprêmes. Etre élevé à la suprême puissance. Au suprême degré. Un Païen converti qui cfoit un Dieu suprême, P eut-il être Crétien qu’il n’a (lire au batéme. , Despr.) StJPRESSION , / / [Suppreffìo. ] Ordre de nè pas faire voir, de ne pas vendre ni publier. Déclaration du Roi portant cassation d’ofice, d’oficier, &c. (La so- pression de son livre lui a abatu le courage. Keloudfô la supression des ofices inutiles. Ordonner la suprelliotì d’un ofice , ou charge. La lupreílion tombe toûjours fur le dernier ofice d’une compagnie. Votez Loi). Irai. té des Ofices , c. 11.) SUPRESSION d’urtne. [Urina JuppreJJIo, obfìruaìo.J Pierre ou calcul qui bouche le conduit de Lutine, ct qui empêche que Lutine ne coule. C’est une rétention d’urinc. f II est mort d’une suprtflìon d’urine- Supreffion de mois.) SUPRIMER, ». a. [Abfcondere, condere.J Ne pas faire voir. Ne pas montrer. Ne pas mette en vente, nì donner au public. (Suprimer une lettre. Vaug. Quint. 1 , 3. imprimer l’imprelston d’un livre.) SUPRIMER. [Suppnmere, abolere, ] Casser. Abolir, (Suprimer des oheiers de Justice. Suprimer des ofices.) ( * 11 y a des Auteurs qui en faisant imprimer fupri- 'nient souvent le peu de réputation qu’ils ont aquis.) SUPURATlF, fupurative, adj. 11 vient du Latin [Unguentum fuppurativum.) Terme de Médecin, & qui lignifie. Qui fait supurer. Qui fait venir à supuration. LRemedc iupuratif.) SUPURATION,//- [Suppuratio.] Terme qui se dit entre Médecins & Chirurgiens, en parlant d’abcès & de plaies, lors que le pus en sort, ou est prêt à sortir. (Abcès qui vient à supuration. C’est-à dire, qui ejlprit a Jupurtr.) SUPURER, v. a. [ Suppurare , pus emittere.] Ce mot se dit des abcès, des plaies & autres pareils maux. C’est jetter du pus, de la matière. (Abcès qui commence à supurer ) SUPUTATION , / / U vient du Latin. [Suppu . taira, aunputatio.) Pxononoezfuputation. C’est-a-dire, compte. (Faire une stipulation. La soputation est exacte, elle est bien faite.) SUPUTER , ». a. [Supputare, computare, numt. rare .J Compter. ( Supurer une somme. En stipulant tous ceS petits articles il s est abusé ; c’est pourquoi il les faut suputer tout de nouveau.) _ SUR , |_í>’hjw.) Préposition qui régit l’acufatif. (H est sur Laurel. 5 . Cir. 11 est écrit sur le regître. Sur sa parole, ctc.) , . SUR. Cette préposition etaht immediatement précédés d’une autre, n’est pas en ulage, mais en fa place on se sert de dejfus. Ainsi on ne dira pas, il a de l’eau pur Jur la tête , mais par.dejfus la tête. Vaug. Rem , SUR. Cette préposition se met pour environ. (Sur le commencement du printenis , il tira vers l’Hellespont. Ablanc. Arr. L \. c. 3. [Ineunte vers.) SUR. Cette prépojitìon a encore un usage élégant Fort familier à Monsieur d’AblancoUrt. Par exemple. (11 avoit quité le service sur l’apreheusion de quelque mauvais traitement. Ablanc. Arr. liv. 1. Pour dire, parce qu’il aprehendoìt quelque mauvais traitement. Sur le bruit de fa venue, il envoia les femmes ct les enfan» dans une Isle. Ablanc. Arr. Pour dire , aiant eu mu. Delle de fa venue , il envoia, Etre fur son départ. Ablanc. Ret. I. 3 , c. I. C’est à-dire , être prêt à partir. On les oblige Jur peine de péché mortel. Paso, /, Sur peine de la vie. Ablanc.) SUR -jure. [Acidus , acerbnS.] Il fe dit des fruits, & lignifie , qui a un goût acide ct qui agace les dents. (Les fruits verds sont furs.) SUR , Jute. VoieZ Jeun SURABONDANCE , / /T Nìmia abunàantìu, fedundantia) Une fort grande abondance. Excessive abondance. (Une surabondance de charité, Où il y a Une surabondance de péché , Dieu a répandu une surabondance de grâces. S. Paul, Epït. aux Rum. ch. 3.) SURABONDANT, surabondante, adj. [Superabundans, Vedundans.) Fort abondant. Excessif. Superflu. Inutile. (Cela est surabondant) SURABONDAMMENT, adv. [Abundè, super abun- danter.) Pleinement. Entièrement. (II y a du vin surabondamment ) SURABONDER, ». ». [Redundure , fuperabundare. ] (La bile surabonde. C’est-à dire, il y a plus de bile que d’.iutre humeur.) t SU RACHETER, ». a. [Carim entere,) Ce mot, que quelques-uns ont dit, semble n’être pas en usage; il veut dire, acheter une chose plus qu’elle ne vaut, comme l’on à\t Jur vendre ^ c'est-à-dire, vendre une chose plus qu’elle ne vaut, SURA. 544 SUK 4 LE, s f- [Suralìs] Terme S Anatomie. Veine composée de plusieurs autres qui viennent du gras de la jambe , & de l’extrémité du pié. Elle se termine a la crurale. SURALER , »• »• [Tac i t us prœterire.] Terme de Chasse , qui se dit d’un chien qui passe fur les voies fans crier, & fans donner aucune marque que la bête y ait passé. On dit aulli se suraller, pour dire repasser par le même lieu. SURANDQUILLER , s. m. Terme de Chasse. [Cervini cornu secundus ramulus .] C’est le second cor qui est sur la tête d u cerf, qui pousse au-dessus de l’an- doiiiller. SURANNATION > f- f- [Super annatio.] Terme de Chancellerie , qui se dit des Letres qu’on obtient pour «n faire valider d’autres de vieilles dates. SURANNE', surannée , adj. [Antiquior , exoletut, vetulius J Ce mot se dit des choies & des personnes, & il signifie vieux, qui est passé. t.Une beauté surannée. Scar. Ne vous amukz point à l’éloquence froide & fur- année de Platon & de Demostene. Ablanc. Luc. Suranné Damoileau. Molière. On dit aussi JurannerP) SURARBITRE,/' m - [Tertius arbiter.] Tierce personne dont on convient pour juger d’un diferent àl’amiable, quand les deux arbitres ne conviennent pas. SURBAISSE' , surbaissée, adv. [Delumbatus.] II se dit des arcs & des voûtes qui ne font pas en plein cintre , mais qui s’abaissent par le milieu, en forte que leur figure n’dl pas circulaire, mais elliptique. On dit aussi que l’arc ou la voûte font faits en ance de panier. SURBAISSEMENT,/. >». [DepreJJìo , concame. ratio.] Terme d ’ Architecture. C’est le trait de tout arc bande en portion circulaire ou elliptique, qui a moins de hauteur que la moitié de la base, & qui est au-dessous du plein cintre. SURB ANDE, / f. [Secunda ligatura.] Terme de Chirurgien. Ce qui s’aplique par-ddfus les compresses. (Cette furbandene peut plus servir.) SURCENS , / m. [Secundarium vefligal.] Terme de Jurisprudence. Rente noble foncière qui est duë au Seigneur d u Fisc outre le cens qui y étoit déja imposé. jQf Cette explication n’est pas juste. Le cens est la redevance primordiale & imposée sur un fonds, lors del’inféodation ou de la tradition, par le Seigneur à son Vassal, ou son homme roturier. Lesurcens n’est autre chose qu’une simple redevance créée au profit dti Seigneur féodal, & qui n’a rien de privilégié , ni qui tienne de la ccnsive féodale. II peut y avoir sur un fonds, un double cens : mais c’est une régie générale, que cens fur cms n’a point de lieu , selon la remarque de Loisel, Hv. 9. tit. 2. art. 4. de ses Institutions Coutumières. La Coutume de Revers est bien précise sur ce point : Cens fur cens ne peut être mis au préjudice du Seigneur s es fi de fait il eji mvs , il eji nul. SURCHARGE , / f- [Novum onus. ] Un surcroît de charge. (C’est une surcharge qui est lâcheuse.) SURCHARGER , v. a. [Gravites jujio onus imponere.] Charger trop. (Surcharger la nature. Ablanc. Arr. I. 1. c. 4. Les peuples imputent aux conseils des Ministres les impôts dont ils sont surchargez. La Chapelle, Re.'a. tion de Roc. On surcharge les villes en multipliant les Monastères des Mendians. Fevret , de l’abus, J. a. ch. 1. ) SURCHAUFFURES,/ / [Chalybis partes vitia. tf.] Pailles ou dïfauts qui se trouvent dans l’acier. SURGIS > surcijé. Voïez surseoir. SURCOT, s. nt. [Vejìis genus.] C’est un vieux mot, qui signifie une sorte de vêtement que les Chevaliers de ì’Ltoile, instituez par le Roi Jean, portoient fous leur manteau. La letre de leur institution en parle ainíì. Les Chevaliers qui feront a peliez les Chevaliers de Notre-Dame, ou de la noble maison de l’Etoile, porteront fous le manteau , surcot blanc , ou cote blanche. f/ /e surcot étoit un habit fort en usage du tems de saint Louis ; les hommes & les femmes en portoient. Joinville raconte que Robert de Sorbonne lui aiant dit qu’il étoit plus richement vêtu que le Roi, il lui répondit, qu’il portoit encore l’habit que son pere & fa mere lui avoient donne: Mais vous (lui-dit-il) qui ejles fils de vtlìam [f de vil! aine , avez laijfé f habit d, SUR ìios pere «2? mere , U vous ejìes vefiu de plus fin came lin que te Rot n’eji. Et lors je prins le pan de son surcot N de celui du Roi , que je joigni près l’un de l’autre * U? lui dis , or regardez fi j’ai dit voir. Mr. Ducang* expliquant ce terme , dit que Pontanus a remarqué que parmi les Danois , le mot Serk signifie un habillement de femme. 11 pourroit être (ajoûte-t il) que les François ont emprunté ce terme des Normans qui vin. rent souvent ravager la France. Mais il est probable que ce vêtement fut ainlì nommé parce qu’il se met- toit sur la cotte. Ensuite on donna ce nom aux robes des hommes. SURCKOISSANCE, J-f [Succreti».] Ce qui croît au corps par dessus la nature. (11 n’yá aucune surcroit sance en cette plaie.) SURCROIT ,/. m. [AcceJJìo.] Augmentation, (Un surcroît de puissance. Mémoires de M. de la Rochefou. eaut. Voici un surcroit de compagnie. Molière, Pré» tieuses. On veut du plaisir de surcroit. * Les querelles , procès , faim , soif £ç? maladie, Troublent-ils pas ajjez le repos de la vie Sans aller de surcroit t’avijer fotement. Molière.) f SURCROîTRE, ®. n. On ne le dit guere que de la chair qui vient dans les plaies, & en plus grandeabon. dance qu’il ne faudroit. ( 11 faut faire manger la chais qui surcroit en cette plaie.) SURDEM ANDE, / /. [Immoderuta petitio.] D* mande excessive. Terme de Palais. SURDENS , f. m. [Dens oblongior.] Terme de Maréchal qui le dit en parlant des dens maeheliéres d’un cheval. On apellefurdens lorsque les dèns maeheliéres viennent à croitre en dehors, ou en dedans, de sorte que le cheval voulant manger du foin , les pointes des tiens qui sont crues plus hautes que les autres , pincent la chair ou la langue , font douleur au cheval, & l’em- pêchentde manger. t SURDiKE, v. n. [Licitari.] Enchérir. Surdfmt. Enchérisseur. Surdité , enchère. Ces mots ne font plus cn usage qu’en quelques Coútumes. SURDITE'./ f- [Surditas.] C’est une forte de vice de l’oiiie qui vient de l’oreille ou du cerveau, & qui est cause qu’on n’entend pas, ou que, lì on entend, on ne sauroit distinguer les diférens sons de la voix. U y a une surdité naturelle dont on ne guérit poir-t, & une Jurdite accidentelle qui vient de quelque maladie, ou autre chose , & certe dernière sorte de surdité se peut guérir. Voïez Riveritis , Praxis Médita , l. c. 1.) SURDITE', / /. [Aurium gravitas.] Défaut naturel, ou accidentel , qui vient de 1 oreille ou du cerveau, qui ôte presque entièrement la faculté d’oûir les sons, & le pouvoir d’entendre ce qu’on dit, à moins qu’on ne parle fort haut. On guérit de la surdité accidentelle, mais on ne guérit point de la naturelle. Quand le grand Trjj'otin P amour des beaux esprits , Peut plaindre de Sapbo .a sordité cruelle, II ■ donne a Ja disgrâce une cause fi belle. Voïez la Ménagerie.) SURDOS , / m. [Lora dorsuaria. Terme de Bourrelier. Sorte de bande de cuir large de deux doigts, qui pose sor le dos du cheval de earosse , & qui sert à tenir les traits & le recuiement. Le surdos, est aussi un morceau de cuir qui tient les deux fourreaux qui passent au travers des traits des harnois SUREAU , / >». [Sambucus.] Arbrisseau qui croit souvent à la hauteur d’un arbre : qui a le tronc gros, d tique! il sort p usieurs branches rondes , longues & droites , & pleines dune inoile blanche. Le sureau fleurit blanc, & porte fa graine en maniéré de grape, de couleur de pourpre brun. Le sureau aime les lieux humide* &. pleins d'o m b rages. Les feuilles de sureau étant cuites, mangées comme des herbes potagères, purgent le flegme , & la bile Dalechamp. SURt'COT •. / m■ [Epijymbolum.] Dépense qu’on fait dans un cabaret ajirès avoir arrêté & paie l’écot. f- L’Academie dit ,Jubrecot. SURELLE, / / [Uxyiapathum.] Mot que lesNot- mans donnent à l’ozeille , à cause de son goût aigret. SURENCHERE , / f. [Lúitatio.] Enchère qu on fait fur une autre enchère dans les encans. SURENCHERIR, v. n. [Licitari.] Faire une-soren- SOR- SUR SURE'PINEUX, adj. [Suprastinatw.~\ Terme à'Anatomie. Muscle du bras , ainsi nommé, parce qu’il remplit la cavité qui est entre la côte supe- rieure de i’omoplate, & son épine. SUREROGATÍON, s s [ Supererogatio. ] On disoit autrefois superérogation. Ce mot vient du Latin. Action de faire plus qu’on ne doit dans les œuvres de pieté. ( C’est une œuvre de subrogation. ) SURE'ROGATOIRE, adj. [Vltrò tributus , collatus .] Qui est au-delà de ce qu’on doit. ( Une œuvre su- rérogatoire. ) t SURET , surette , adj. [ Acidulm. ] Diminutif de sur, sure. Un peu sur & acide. SURETE'. Voïez seureté. SURFACE , s f. [Superficies.'] Longueur & largeur sans profondeur. Etendue de deux dimensions, longueur & largeur. Port-Roial , Elemens de Géométrie. ( Surface plate. La surface de la terre est interrompue par quantité de lacs, de rivières & de mers. Voïez superficie , c’est la même chose. ) SURFACE. [ Superficies. ] Terme de Fortification. Partie du côté extérieur, terminée par le flanc prolongé , & par sangle du bastion le plus proche. SURFACE, se dit figurément pour l’exterieur, l’apa- rence & le dehors. ( Je déplore notre indiférence , nous n’avons qu’une teinture & qu’une surface de Religion. Fléchier.) SURFAIRE , v. a. [Merces justo pluris indicari."} Ce mot se dit en parlant de marchands , & signifie , demander trop de fa marchandise. (Surfaire trop ses denrées. Les Prédicateurs surfont en chaire. ) _ SURFAIX , f m - [ Superior cingula. J Sorte de tissu pour sangler un cheval de selle. (Mettre le surfaix à une selle.) ( SURFEiilLLE , f f. [ Folii cuticula. ] Terme d!Agriculture. Espece de petite membrane qui couvre le bourgeon d’un arbre, & qui ne s’ouvrant que peu à peu, n’y laisse entrer le Soleil, le vent & la luie que par degrez, & selon que la plante en a esoin. £ SURGE. On apelle Laines surges, les laines grasses & en suint, qui se vendent sans être lavées ni dégraissées. SURGEON, f m. [ Surculus. ] Petit si on que pousse un arbre, particulièrement quand il pousse par le pié. * SURGEON, f Surculus. J II se dit au figuré, de quelque décendant d’une maison illustre, qui la fait refleurir par son mérite. ( C’est un illustre surgeon de ces grands hommes. ) SURGIR , v. a. [ Ad portum appellere . ] Ce mot est un terme de Mer, mais il est vieux, & en fa place on dit d’ordinaire, mouiller P ancre, jetter V ancre, ou mouiller. (Nous vinmes surgira un tel port. On dit présentement nous vinmes mouiller à un tel port.) Surgir au figuré & en vers se dit encore. SURHAUSSEMENT, f m. [ Exaltatio , auHio .1 L’action de surhausser. ( Le surhaussement d’une voûte. Le surhaussement des monoïes. ) SURHAUSSER, v. a. [ Exaltare . ] Terme d’Architecture. ( Surhausser une voûte , c’est l’élever au- delà de son plein cintre. On surhaussait les voûtes Coliques, & aujourd’hui on les surbaisse. ) SURHAUSSER. [ Pretium augere. ] II se dit en parlant dc monoïes. C’est hausser le prix des monoïes au delà du juste prix taxé par le Prince. SURTAULE'. [ Intorfetí. ] Se dit fur mer lorsque le cable a fait un tour du jas de l’ancre qui est mouillé. SURJET i f m. [ Sutura superjeHa. ] Terme de Tailleur. C’est une couture ronde & élevée qui se fait à de certaines besognes, comme à des bas de chausse. (Un surjet bien fait. Un surjet mal fait. Savoir bien faire un surjet. Rabatre des doublures a surjet de manteau, ou de casaque. ) SURJETTER , v. a. [ Supra suere. ] Ternie de Tailleur. Faire quelque surjet. (Surjetter un bas de chausse. Bas de chausse fort mal, ou fort bien surjette. ) ’ „ „ SURINTENDANCE, s s [ Summa Prafeflu- ra. ] Charge de Surintendant. (On lui a donne la Surintendance du Languedoc. II a la Surintendance des Bâtimens.) SUR 545 SURINTENDANT , f. m. [ Sumnttts prafefhu. ] Oficicr considérable qui a l’ceil fur une compagnie de gens qui s’apliquent tous à une certaine chose, où à une afaire particulière. Ainsi on dit. ( Air. Fouquet a été Surintendant des Finances. Mr. ùn tel est Surintendant des Bâtimens. Etre Surintendant de la Fauconnerie. Etre Surintendant de la Vénerie du Roi. II ejì aime' des Grands, il est chéri des belles , Jamais Surintendant ne trouva de cruelles. Despr. ) SURINTENDANTE , f f. s F ami lia regina summa prœpojìta. ] C’est la femme d’un Surintendant. (Saluer Madame la Surintendante. ) C’est auffi la pfe- miere officiere de la maison de la Reine. í SURLO, s m. Poids dont on se sert dans le Levant. SURLONGE , s. f. [ Superlumbare. ] Terme de Boucher. C’est la partie du bœuf qui reste après qu’on a levé l’épaule & la cuisse , & où l’on prend les aloiaux, &c. SURMARCHER , v. n. [ Vejligìa re/egare. 3 Terme de Chase. C’est la même chose que sur aler, aler sur soi. II se dit lors que la Bête revient sur ses erres, & repasse par le même lieu. SURMENER, v. a. [ Equutn nimio labore fati- garej Terme de Manège. C’est a câbler un cheval de travail. ( Surmener un cheval. Cheval surmené. ) SURMESURE, s s. [ Accejjìo, corollarium.'] Ce qui est au-delà de la mesure. ( Les maîtres des eaux & forêts, doivent dresser un état des surmesures. ) SURMONTE', Jhrmontée , adj. [ Superatm. J Terme de Blason. II se dit des pièces de l’Ecu qui en ont d’autres au dessus d’elles. ( 11 porte de fable, au chevron d’or surmonté d’une fleur de lis. Une face surmontée de trois roses. ) SURMONTER , V. a. [ Super are, prastare. ] Vaincre. Dompter. Surpasser. Excéler par dessus un autre. ( Surmonter ses ennemis. II le surmonte en crédit, en richesses , en un mot en tout. Surmonter quelcun en bienfaits. Ablanc. Rét. I. i. c. 9. Voïez souhaiter. ) * SE SURMONTER ,_ v. r. [ Certare secum , seip- sum vincere. J Se vaincre soi-mème. L’emporter. ( II a tâché à se surmonter. ) SURMOUT, s m. [ Mustum. ] Vin tiré de la cuve fans être cuvé ni pressé. ) SURNAGER, V. a. &v. n. [Supernatare.] Nager dessus. (Liqueur qui surnage. Versez par inclination l’eau qui surnage les cristaux. Substance subtile qui surnagera l’eau. Voïez. Glas. Chimie , 1 . 2. ch. 17. Le soufre, dans la distilation est une substance, qui étant bien dégorgée, surnage l’esprit, le flegme & toutes les autres substances. Chara», Pharm. ) f SURNAÏTRE , v. n. [ Supernasci. ] Naître fur quelque chose. ( Branches qui surnaissent. Gui qui surnait sur un arbre. ) Ce mot n’est pas en usage. SURNATUREL , surnaturelle , adj. [ Naturam superans. ] Qui est au dessus des forces de la nature. Grâce surnaturelle. ) SURNATURELLEMENT , adv. [ Supra natura vires. ] D’une maniéré surnaturelle. ( Cela s’est fait surnaturellement. ) SURNOM, f m. [ Cognomen , cognomentum. ] Nom ajoûté au nom propre. C’est aussi un nom ajoû- té à celui de sa parente, ou de la famille. (Avoir un vilain surnom. Les surnoms parmi les anciens distinguoient les familles ou les branches des familles dans une même race, & étoient héréditaires k tous les décendans d’une même famille. ) SURNOMMER , v. a. [Cognomen imponere.'] Donner un surnom à une personne. ( On le surnomma le simple. Patru, pi. 13. II fut surnommé le bon. Ablanc. ) SURNUMERAIRE, adj. [Quod est extra nume- rum. ] Qui est au delà d’un nombre fixe & certain. ( Ceux qui viennent à un festin, outre les conviez „ sont surnuméraires. Juges surnuméraires. On dit auffi fupernumeraire. ) f- SURON, ou CERON,/ m. Balot couvert de peau de beuf, fraîche & fans aprêt, ou l’on met la Cochenille & autres marchandises de la nouvelle Espagne. Ce mot est Espagnol, surone signifiant un balot dans cette langue. Tom. III. Zzz SUR- 546 SUR '^fro n on le multiplie par 2. il produit 4. est un nombre quatre, c’est la premiere puissance ; 4. multiplié par 2. fait 8- nombre cubique , qui est la seconde puissance ; 8- multiplié par 2. fait 16. nombre quarte 4. qui est la 5. puissance, & 16. multiplié encore par 2. fait 52. nombre furfolide, qui est la 4. puissance. Agissant de même fur 3. pris pour racine, le furfolide fera 14;. & ainli des autres. SURTAUX, f >n- [Superìmpsìtio, gravior taxa- tio. ] Taux injuste & qui excede ce qui doit être impose à quelcun. ( Faire juger un surtaux. ) SURTAXER, v. a. [ Describere pecunìam ultra modum .] Taxer trop haut. (Surtaxer un contribuable à quelque impoiition. ) SURTOUT, s m. [ Chiantis supcrior. ] Mot nouveau. (C’est une grosse casaque, ou un juste-au- corps qu’on met en hiver fur les autres habits. £ SURTOUT. C’est une efpece de petite charrette à deux rôties fort legere, en forme de grande manne qui sert à porter du bagage. ( Tout le peuple attentif au bruit de ses mulets , • Verra pajjer de loin, surtout, fourgons, valets. Poèt. Anon. ) f SURTOUT , fe dit aussi d’une machine, d’une piecede vaisselle d’argent, de cuivre doré, &c. qu’on place au milieu des grandes tables, & fur laquelle il y a un sucrier, un poivrier, un vinaigrier, des sa- liers, &c. SURVEILLANT. C Invigdans. ] Celui surveille. Qui prend garde. Qui a l’œil fur une chose afin qu’elle fe fasse avec foin. ( La discipline régulière a besoin de furveillans. Patru, plaidoié ç. ) SURVEILLE, f. f. [ Dies antecedens pervigilium. ] Le jour précédent de la veille d’un autre. SURVEILLER , v. n. [Advigilare, attendere .] Avoir l’œil fur quelque chose afin que tout aille bien , & que tout s’obferve avec foin & avec exactitude. (Surveiller aux afaires de l’Etat. ) SURVENANCE , f. f [ Supcrventio. 3 Terme de Jurisprudence. Arrivée que l’on n’a point prévue. ( Une donation est redevable par furvenance d’enfans. ) SURVENANT , s. m. [ Adventor , inierventor. ] Gens qui surviennent sur les entrefaites & fans qu’on songe à eux, & qu’on les atende. ( Dans toutes les bonnes tables il y a toujours quelque couvert pour les furvenans. ) SURVENDRE , V. a. [ Jufío carius vendere. ] Vendre plus qu’il ne faut. Vendre trop. Je survend, jefurvendois, f ai survendu, je survendis. Survendre de la marchandise. Denrée furvenduë. ) SURVENIR , v. n. [Intervenire.] Je survie », je survins. Je Juis survenu. Je surviendrai. Ce verbe est neutre passif & lignifie Arriver inopinément & lors qu’on ne s’y atend pas. Venir fur les entrefaites ct pendant que d’autres font; ou fe metent en train de faire quelque chose. (Les maladies surviennent lors qu’on y songe le moins. II lui est survenu une assez plaisante afaire. 11 est survenu lors qu’on étoit à table, ct fa prefence a augmenté la joie de toute la compagnie. Mais il faut qu’avant tout dans une ame chrétienne , Diront ces grands Docteur s J amour de Dieu survienne. Despr. ) SURVENTE , f f [ Venditio ultra pretium. ] Vente trop chère. Vente excessive. (II y a en cela de la survente. La survente est excessive & est trop forte. ) SURVENU, survenue, adj. [fuperadventms Qui est Venu inopinément & lors qu’on ne s’y atendoit pas. (Procès survenu. Afaire survenue. Maladie survenue.) SURVENU , s.m. [ Qui Juperadvenit. ] Personnes qui sont survenues lors que d’autres étoient en train de faire quelque chose. (A la santé des furvenans & des survenus. ) SUR 5 47 f SURVETIR , v. u. [ Supervesire. ] Vêtir un habillement par-dessus un autre. II ne se dit guère que dans les ( Sacristies. ( Survetir une chasuble. 11 étoit survécu de son surplis. ) SURVIE, f f. C Vitasuperses. J Vie plus longue que celle d’une autre personne. II perd tout ce qu’il devoir prendre dans la dote en cas de survie. Patru , plaid. 9. p. 2;;. ) SURVIVANCE , f f. [Muneris alicujus dejìgnata suc- cejsw. J Terme de Palais. C’est une grâce que le Roi acorde à celui qui a un ofice, par laquelle Policier en cas de mort assure de son vivant fa charge, ou son ofice à son héritier, ou à quelque autre. ( On conserve Police par le moien de la survivance, qui a été apellée de ce nom , parce qu’elle fait survivre l’ofice, ou la charge après la mort de Policier, & fait passer Police de fa charge à son héritier. II y a de plusieurs sortes de survivance. 11 y a une survivance générale, une simple survivance, une survivance jouissante. Survivance reçue. Une survivance en blanc. Dés Pan 1 ç 99. les Rois acorderent quelques survivances à de certains otìciers ; mais Charles neuvième en 1569. par édit permit de résigner les ofices quand on le trouveroit bon , pourvu qu’on lui païât promptement la valeur du tiers de l’ofice, & c’est ce qu’on apelle survivance générale. Leìs l. 1. c. 12. Quelque jeune galant bien frais, bien délié, De mon lit moi vivant aura la survivance. Corn. ) Lasmplesurvivance. [Rescriptio asfìgnata pos mor~ tem affignantis .2 C’est quand on résigne l’ofice à une certaine personne, non pas purement & pour en jouir prontement, mais seulement au cas que cette personne survive le Résignant. En un mot c’est une donation de Police à cause de mort, qui ne peut avoir son éfet qu’après la mort ou la résignation volontaire du Résignant. La survivance reçue. [ SucceJJïo accepta. ] C’est lots que le Rélìgnataire est reçu dans la charge du vivant du Résignant. SURVI VANCE jouissante. [ Alternatum muneris ex- ercitmm. J C’est lors qu’il est permis par letres au Résignant & au Refignataire d’exercer l’ofice tour à tour, ou à l’ablènce l’un de l’autre. SURVIVANCE en blanc. £ Indefinita rescriptio. J C’est une sorte de survivance générale & indéfinie qui est expediée en blanc , ou en termes généraux, ct fans qu’elle soit conçue sous le nom d’aucune personne. (Le Roi donne, acorde & révoqué, quand il lui plaît, les survivances. Etre reçu à survivance. Faire recevoir quelcun en survivance. Avoir la survivance. Obtenir la survivance. 11 étoit capitaine du Régiment des Gardes en survivance de son pere. ) SURVIVANCIER , s m. [ Succejsor desgnatuí. ] C’est celui qui a la survivance de quelque ofice. SURVIVANT , s. m. [ Superjìes. J Celui qui survit. ( 11 passe agréablement la vie entre les verres & les pots, il fe moque de ses héritiers, aux sorvi- vans les dettes, il a raison. ) 11 sc dit particulièrement de celui qui vit après un autre avec qui il a quelque relation. (Les dons & les Testamens mutuels sc font au profit du Survivant.) SURVIVRE, v. n. & v. a. [ Alicui tjj'esuperjli- tem. J Ce verbe régit le datif ou l’acusatif. Je survis. J’ai survécu. Je survécus, Qf je survéquis. C’est vivre davantage qu’un autre. ( 11 a survécu à tous ses parens, & il a survécu tous ses parens. Vaugelas , Remarques. Le testateur a survécu de quatre ou cinq mois le trente d’Octobre. Patru, plaidoié 10. pag. 269. Les femmes des Bramines croient que c'est une honte à une honnête femme que de survivre à son mari. Hifloire des Bramines, ch. 19. ) SURVIVRE , sc dit figurément. (II y a des Héros qui survivent à leur gloire. 11 a survécu à sa fortune. Heureux f dès ce jour son misérable livre , A fafront de l’auteur pouvait ne pas survivre , Ou caché pour jamais aux yeux de l'Univers Dans quelque coin poudreux etoit rongé des vers. Aut. Anonime. ) SURVUIDER, v. [ Transvasare, deplere.de - capulare. ] Désemplir un vaisseau trop plein. {Sur- vuidez le bled de ce sac dans un autre. ) Tom. III, Zzza SUS- 548 SUS SUS f Eia, âge, agite. ] Sorte d 'interjection qui sert à exhorter. [Sus, sm. Chantons tous ensemble, dancons, sautons. Molière, Pour ce augnac. Sus, Jus, enfans qu’on empoigne la coupe. S. Amant. ) _ sus f Super, supra. 3 Préposition. Couvrir fus a J’ennemi. Le quart en sut. C’est le quart de la valeur d’une somme qu’on ajoute par surcroît à la principale. SUSBANDE , f f- l Fascia serrea superpostta. 3 Terme d’ Artillerie. Bande de fer qui couvre le to- rillon d’une piéce ou d’un mortier, quand ils font fur leur afut. SUSBEC, s nt. [Avium rbeuma. ] Terme de Fauconnerie. Maladie qui fait mourir beaucoup d’oi- seaux , & qui consiste dans un rhume chaud & subtil qui leur distile du cerveau. SUSCEPTIBLE , suceptible, adj. [Obnoxius , fa- cilis. ] On écrit l’un & l’autre ; mais le plus ordinaire c’est susceptible qu’on prononce fans faire sentir la seconde s. Le mot de susceptible signifie Capable de recevoir. ( Etre susceptible de discipline. ) f SUSCEPTION , s s C Susceptio. ] Ce mot est écorché du Latin. Prononce z Sucepcion. II se dit rarement. ( La susception des ordres sacrez. ) SUSCITATION. Voïez sucitation. SUSCITER. Voïez suciter. SUSCRIPTION , s f. [ Litterarum inscription Ecriture qu’on met fur quelque lettre, ou fur quelque paquet. Adresse qu’on écrit fur quelque letre, ou fur quelque Paquet qu’on envoie. Le mot de suscription est François , toutefois dans le discours ordinaire on dira plû’tôt defi'us ou adresse de letre ou de paquet que suscription. ( La suscription de cette lettre est si mal écrite qu’on ne la sauroit déchifrer, ou plutôt le dessus de cette lettre est si mal écrit qu’on ne le peut dechifrer. ) SUSIN, ou suzain , s. m. [ Dimidiati sori .] Terme de Marine. C’est un pont brisé, ou une partie de tillac qui régné depuis la Dunette jusqu’au grand mât. SUSPECT, sufieHe, adj. [Susteffwn Ce mot se dit des choses & des personnes. Qui est soupçonné. De qui on a soupçon. ( Juge qui est suspect. Vaugelas , Remarques. Elle est suspecte à ma partie. Lt Maître. Cela m’est suspect. Ablancourt. Discours sus pect d’artifice & de tromperie. Despreaux. C’est ce qui me rend suspect aux Perses. Ablancourt, Rétori• que, liv. ;. cbap. i. Etre suspect en quelque chose. Pascal, l. 4. Le silence de ces bons Peres m’est fort suspect. Pascal, Letres. ) SUSPENDRE, v. a. [Fendere,suspendere.~] Jésus pend, j'ai suspendu. Je suspendis, je Juspendrai. Que jt suspende. Je suspendisse. Je suspendrois. C’est soulever & tenir ataché. ( Suspendre en l’air, Voiture, lettre 9. Suspendre un caresse. C’est en tenir le corps un peu suspendu par le moien des supentes. On dit la Terre est comme suspendue en l’air. ) * SUSPENDRE. [ Judicium cobibere. 3 Tenir en suspens. Tenir dans une agréable suspension. ( Les Poèmes épiques & dramatiques doivent suspendre agréablement l’esprit. ) * SUSPENDRE. [Cobibere,suspendere .2 II se dit encore au figuré, & signifie. Arrêter pour quelque tems. ( Suspendre son jugement. Suspendre pour quelque tems l’execution d’un Edit. Etre suspendu entre la crainte & l’esperance. Etre suspendu & irrésolu dans le choix qu’on doit faire. ) * SUSPENDRE, s Submovere. 3 C’est interdire à quelcun pour un tems les fonctions de fa charge. ( Suspendre quelcun de son ofice. ) SUSPENDU , suspendue, adj. [ Suspensus. ] Qui est soulevé en l’air. Tenu en l’air. Soulevé & ata- a quelque chose. ( Carosse suspendu. ) Esprits agréablement suspendus. [Suspens animi.~\ C est-a-dire , tenus dans une agréable & ingénieuse suspension. r /n S F S .? EN P u de son ofice, de fa charge. [Abdìcatus.~\ su-s-dne, interdit de fa charge pour quelque tems. En Juspens , adv. [ Suspensum U incertum elfe. ] En doute & dans l’incercitude. (Elle est en suspens, ? n ,® J?‘î c s t l u e * le d°it faire. Chacun est en suscens, de 1 issue de cette dispute. Ablancourt, Lucien, Ju- ptter le tragtqne. Leur esprit demeure en suspens entre 1 evidence de la vérité qu’ils ne peuvent démen- SUS tir & le devoir de la charité qu’ils aprehendent de blesser. Pascal, lettre 15.) SUSPENSE , s. f. [ Suspensto, inter dinio. ] Terme d 'Eglise. C’est une censure par laquelle un Ecléfiasti- que en punition de quelque faute considérable est privé de l’exercice de son ordre , & de son bénéfice Eclésiastique, en tout, ou en partie pour un tems. Pinson, Traité des bénéfices. [ Etre en suspense. ) La suspense est quelquefois apellée excommunication, comme dans le Canon Quidquid, 1. q. 1. Mais la suspense & l’excommunication sont expressément distinguées dans le chapitre Quarenti, de verbor.signifie, La suspense est de méme diférente de l’interdit, en ce que l’on ne peut être suspens que par fa propre faute, & que l’on ne peut être interdit par la faute d’autrui, comme dans un interdit général, l’interdit prive des Sacremens pour un tems. Enfin l’interdit produit son éfet fur les laïques ; la suspense n’opérs que fur les Eclésiastiques. La suspense & la dégradation sont de même bien diférentes, comme d’Avila l’a remarqué dans son Traité de Censwù. Cette censure est fort ancienne dans l’Eglisc. On voir dans le Canon 42. & 4;. de ceux que l’on apelle des Apôtres ou Apostoliques, que les jeux, l’ivrognerie, font défendus aux Evêques, aux Prêtres & aux Diacres fous peine de déposition, & aux Soúdiacres à peine de séparation , c’est-à-dire, de suspense. II seroit ennuieux de raporter toutes les diférentes efpeces de suspense dont les Docteurs ont fait mention. Je dirai feulement qu’il y a une suspense à jure, & une abhomìne; de même qu’il y a une excommunication à jure, & une à legs. La première est encourue de droit, par la qualité de la faute. Et la seconde n’est encourue que par un jugement. D’ailleurs la suspense est pour un tems, ou pendant la vie de celui qui a été déclaré suspens ; les Juges sont maîtres de la durée ; ils peuvent encore renfermer la suspense dans la défense de certaines choses, comme de l’Ofice seulement, ou de l’Ofice & du Bénéfice, dont il y a un exemple dans le second chapitre du titre de offìc. [fi potefi. in 60. La suspense de l’Ofice emporte simplement la privation des fonctions de l’Ofice, comme il est décidé par Saint Basile dans fa Lettre à Amphilochius. Au reste, la suspense n’a pas été inconnue aux Romains : On volt dans la Loi 2. fi T de Decurionib. que l’on punissoit les Décorions par une suspension de leurs fonctions pendant un certain tems, comme l’on suspend aujourd’hui les Oficiers de Justice des fonctions de leurs Charges; ce que nous appelions interdiction. Quelques Docteurs soutiennent que la suspense ab of. ficio n’exclut point de posseder ou d’aquerir un autre bénéfice. Je laisse une infinité de questions qui compoferoient un gros volume, & je finis en remarquant que l’infraction de la suspense emporte l’irré- gularité. SUSPENSION , f.s. [ Muneris obeundi inter diííhfi Ce mot se dit en parlant d’ofices [fi de charges. C’est une interdiction pour peu de teins. (Nous ordonnons à nos Juges que les reglemens donnez en notre Conseil seront observez par tout à peine de suspension de leur charge. ) SUSPENSION d’armes, f. f. [ Induciœ. ] Ces mots se disent en parlant de gens assiégez & affiegeans. C’est faire défense aux soldats fur peine de la vie de tirer, de faire aucun acte d’hostilité ; ils doivent alors abandonner tous les travaux préjudiciables à ceux avec qui ils ont guerre. ( Faire une suspension d’armes. La suspension d’armes n’a pas duré long-tems. ) SUSPENSION. [ Suspension dilatio. ] Terme de Ré- torique. Figure qui consiste à suspendre agréablement l’esprit des auditeurs, & à leur dire ensuite des choses qui les surprennent avec plaisir. (La suspension est propre pour amplifier, mais. il en faut user avec discrétion & principalement en François. ) SUSPENSOIRE , adj. [Cremaster.'] ’ Terme à’Anatomie. 11 se dit de certains muscles qui servent à tenir suspendues certaines parties intérieures du corps. (II y a des muscles suspensoires pour les testicules & pour la matrice. ) SUSPICION , st f. [ Suspicio. ] Mot écorche du Latin qui veut dire soupçon , & qui ne se dit qu’en terme de Palais , & même il ne se dit guère, & en la place on se sert ordinairement du mot ds soupçon. SUSTENTATION , s. f. [ Sufientatio, nutritio.\ Aliment, nourriture sufisante, pour entretenir la vie de i’homme. suz l’homme. (Les gens sobres ne mangent point pour le plaisir, mais seulement pour la sustentation dc leurs corps. ) SUSTENTER, v. a. [ Susentare, mit r ire, ale- re.2 Ce mot n’entre guére dans le beau stile & signifie, Entretenir & Soutenir. (N’avoir pas dequoi sustenter sa pauvre vie. ) SUTURE, s m. s. f. [Sutura, commissuracranii.2 Terme d’ Anatomie qui est écorché du Latin & qui se dit en parlant de la tête. C’est une jointure des os du crâne, semblable à une coûture , qui se fait en deux façons : l’une en forme de scie, ou de dents de peigne , quand le bord des os est fait en scie, dont les dents entrent l’une dans l’autre ; la seconde, en forme d’ongle, dont l’une couvre l’autre. Celles-là s’apel- lent sutures vraies, & celles ci futures fausses. Le crâne a trois sutures vraies, la corona/e, qui est fur le devant & en arc ; la sagittale , qui est droit, & la suture lambdóide, qui est sur le derrière. Les deux sutures fausses s’apellent temporales & elles bornent les os des temples. SUTURE,//. [ Sutura. ] Terme de Chirurgiens. C’est une réunion des parties molles quand elles font divisées, qui se fait par le moien d’une éguille & d’un fil. C’est une couture qui réjoint les parties molles lorsqu’elles sont divisées & séparées contre nature. Quand on panse les plaies du ventre & des boiaux, on a besoin d’y faire des sutures. 11 se dit aussi de la marque ou de la cicatrice qui reste à la place où l’on a fait une suture. (II a été blessé en cet endroit, & l’on en voit encore la suture. ) SUZANNE,/ / [Suzanna. ] Nom de femme. ( Suzanne fut sollicitée & calomniée par deux vieillards.) SY 549 SUZERAIN , suzeraine , adj. [ Superitr imme- diatus. 2 Ce mot se dit de certaines Seigneuries telles que sont les Comtez, les Marquisats & les Duchez, & on apelle proprement Seigneurie suzeraine , la dignité d un fief aiant justice en propre. Voïez Loiseau, Traite des Seigneuries, c. 4 . ( Ceux qui possedent des Seigneuries suzeraines, se peuvent qualifier hauts Sc puillans Seigneurs. ) SUZON , f.s. [Suzanna.2 Nom de fille qui veut dire petite Suzanne. ( Suzon est fort belle , & fa beaute la fera bien-tôt marier. Suzon est un peu trop éveillée. ) 11 faut chercher tous les mots qu’on écrit ordinairement avec ST. aux letres Si. SYN AXARION- Voïez Sinaxarion. (§ STNECDOCHE. Voïez Sìnecdoche. f S ïNODON , / m. ou Denter. C’est un poisson de mer, qui est apéritif & restaurant. , $ SYR1NGA > / m. Bel Arbrisseau qu’on cultive dans les Jardins. Ses fleurs sont d’une odeur agréable. t§ SYRTES- Voïez Sìrtes. SYSSARCOSSE, / / Terme d 'Anatomie, qui sc dit de surdon naturelle des os, qui se fait par le moien des chairs ou muscles. SYSTOLE, /. /. [Systole. 2 Contraction des ventricules du cœur. II veut dire en termes de Gram- maire , racourcissement d’une fillabe longue. SYSTYLE , / m. [Systi/us.2 Bâtiment où les colonnes sont placées moins près les unes des autres, qu’elles ne le font dans les Pycnostyles. SYSYGIE ,//• [ Sizigia.2 Terme á’Astronomie. Conjonction ou oposition des Planètes avec le Soleil. T. T Lettre de l’Alphabet qui est une maniéré de sub- . Jiantis masculin, qu’on prononce té. ( Faire un grand T. Faire un petit t. ) T. Cette lettre sc prononce souvent comme un C. quand elle est immédiatement suivie d’un ì qui est acompagné d’une voielle , ainsi on prononce acíion , rédemption , & plusieurs autres mots , comme s’ils étoient écrits accion, redempcion. On excepte de cette régie les mots qui se terminent en ie, comme partie,sortie, rôtie, &c. On en excepte aussi le pronom tien,tienne. Cette régie des mots terminez en ie , soufre quelque exception. Car on dit péripétie, ineptie, facetie , comme s’ils étoient écrits avec un c. On prononce de méme Domitien, Diocletien, initier, patience, captieux, & partial. Desm. Gram. Fr. Les noms qui finissent en ment, ent, ou ant, perdent la lettre t au pluriel. Ainsi sentiment, bienfaisant, font à leur pluriel, sentiment, bien-saisans, Sc non pas sentiments, bienfaisants. A l’égard du T final, il faut encore observer, que quand dans la dernière fillabe du mot il n’est précédé que d’une voielle, alors non seulement il ne faut pas manquer de prononcer ni 1 er de l’adjectif devant le substantif, commençant par une voielle, ce qui est indispensable, comme un maudit homme , ni celui du substantif devant un adjectif, commençant de la méme sorte, comme un regret extrême , mais il faut aussi à lífin du sens faire sentir 1 er de quelque mot que ce soit, comme allumer un fagot, obliger un ingrat, &c. Dans cette phrase, il part aujourd'hui, il est plus à propos de ne point faire sentir le t. Desm. Gram. Franç. TA, TA, TA. Mots imaginez pour exprimer qu’une chose se faisoit vite , ou qu’on parloit vite. ( Ta, ta, ta, cela fut fait en un moment. Ta, ta, ta, voilà bien instruire une afaire. Racine , Plaideurs , f f- 1 . sc. ) (s TA, ton, tu. J’avouë que j’ai toujours eu de la peine à m’acoûtumer à la familiarité de nos Poètes, qui oubliant ce qu’ils sont, tutaient les Bois , Princes, & Grands Seigneurs, comme s’ils étoient leurs égaux. Quand je vois le fils, le frere , Ponde , le cousin, le beaufrere de Greffiers dire au Roi : Jeune [f vaillant Héros, dont la haute sagesse. N’est point le fruit tardif d’une lente vieil!ejse , Et qui seul, sans Ministre, à l’exermple des Dieux , Soutiens tout par toi-même , N vois tout par tes yeux, & dans le même stile ajouter : Grand Roi, Jt jusqu ici, par un trait de prudence , J’ai demeuré pour toi dans un humble silence. Je ne puis m’empêcber de condamner cette licence que l’entousiafme poétique ne fauroít excuser. Cependant il faut la soufrir, puisque l’usage factorise, & que je vois des Auteurs graves & aprouvez lé servir du tu S: du toi, en parlant à Dieu & aux Souverains; & voici comment ils sc justifient. Air. Godeau s’ex- plique ainsi fur ce point, dans fa Préface de la Traduction du Nouveau Testament : ,, J’ai mieux aimé „ paroitre fidèle à rendre les expressions de Saint „ Paul, qu’exact à suivre la politesse de notre Lan- ,, gue ; c’est ce qui m’a fait toujours retenir la façon „ de parler à Dieu en singulier, & non pas en plu- ,, riel, & de lui dire toi plutôt que vous. Je demeu- ,, re d’acord que la civilité du monde veut que l’on ,, sc serve de cette dernière façon : mais il est vrai „ aussi que la Langue originale du Nouveau Testa- „ ment ne connoìt point cette civilité, & que toutes „ les anciennes Versions que nous en avons, ne Pont ,, point gardée. Les hommes ne croiront jamais que ,, l’on manque de respect pour Dieu, quand on lui ,, parlera par toii tant s’en faut. Je ne sçai si c’est ,, un éfet de la coutume : mais il me semble que „ j’honore davantage fa grandeur en lui parlant ain- „ si, que si je lui parlois à la maniéré des hommes, „ qui sont si délicats dans leur façon de parler. Cer- ,, tes, s’il y a quelque indécence de parler à Dieu „ par toi, n’y en a-t-il pas davantage que Dieu parla „ au Diable par vous ? ” Mr. de Scudery , dans fa Préface de l’illustre Bassa, a dit : ,, Mais pendant que „ je parle de la bienséance, il est à propos de vous „ dire, pour qu’on ne m’acuse d’en manquer, que st ’, vous voiez par tout mon Ouvrage, quand on par- ,, le à Soliman, ta HauteJJe, ta Majesté, & qu’enfin „ on le traite de toi , & non pas de vous, ce n’est „ pas à faute de respect, mais au contraire c’est pour „ en avoir davantage , & pour marquer la coutume Z z z ; „ de TA B [ Nicotia , tabacum. ] II tobac. Le mot de tabac C’est une sorte de plan- 55 ° „ de ces Peuples, qui.parlent ainsi a leurs Souverains.' Que si l’autoríté des vivans peut avoir au- ” tantde force que celle des morts, vous en trou- ” verez des exemples dans nos plus fameux Auteurs, ” qui n’ont pas craint d’emploier dans la Langue „ Françoise une façon de parler qu’ils ont tirée de „ la Gréque & de la Latine. " Enfin Mr. Desinarêts a dit de même dans la Préface de Clovis : „ Que ,, l’on ne trouve point étrange aulfi que dans cet Ou- ,, vrage on parle aux Princes & aux Princesses par „ le mot de toi; c’est ainsi que l’on parle à Dieu „ même, & c’est ainsi que l’on parloit aux Alexan- „ dres, aux Césars, aux Reines & aux Impératrices. ,, Le mot de vota, en parlant à une feule personne, „ n’a été introduit que par la basse flaterie des der- „ niers siécles qui s’est avisée de parler en pluriel à „ une personne, pour lui faire croire que toute seu- le elle en valoir plusieurs ; & cela s’est étendu „ enfin jusques aux personnes de la moindre condi- „ don. La Poésie héroïque ne peut foufrir cette foi- ,, blesse, principalement lorsqu’il faut faire agir les „ fortes pallions, dans lesquelles les mots de vous & „ de votre n’auroient nulle force & nulles grâces, „ comme on le pourra voir en plusieurs lieux de ce „ poème, particulièrement an discours de Clotilde „ & de Clovis à la fin du vingt-troisiéme Livre, où „ Clotilde commence ainsi : Seigneur, donne une „ grâce à ma jujie tendrejse. Je me Ibis seulement ,, servi des mots de vouí & de votre, lorsque la paf- „ fion n’est pas agitée , & que les termes ne doi- „ vent être que fort doux. ” Toutes ces excuses pourroient être contestées ; elles font plûtôt des exceptions, que des raisons générales ; & l’on peut dire avec plus de vraisemblance que toi & tu conviennent mieux à la vivacité du génie poétique, que vous & votre. TA. Voler Ton. TABAC, tobac , f. m. faut dire tabac & jamais vient de l’Efpagnol tabaco. _ . te qui a des feuilles longues & larges, & les côtes grosses, qu’on acommode pour s’en servir diversement. Cette plante a été aussi nommée nicotiane , de Nicot qui est l’Auteur d’un Dictionaire François fort bon, & qui en i<;6o. étant Ambassadeur en Portugal pour Sa Majesté Très-Crétienne, envola cette plante en France. (Tabac en côtes. Tabac en feuilles. Tabac en cordes. Tabac en poudre , c’est quelque partie de la plante nommée tabac, qui est pulvérisée. Tabac de jasmin , c’est du tabac en poudre, où l’on a mêlé du jasmin. Tabac musque', c’est du tabac en poudre où l’on a mêlé un peu de musc. Le Tabac est le seul encens de Bachus. Saint Amant. II n’est rien d’égal au tabac, & qui vit fans tabac n’est pas digne de vivre. Le tabac réjouit & purge le cerveau , & il inspire des sentimens d’honneur & de vertu à tous ceuX qui en prennent. Mol. Festin de Pierre, atl. I. sc. I. D’autres au contraire disent que le tabac en fumée gâte le cerveau & fait venir le crâne noir. Ceux qu : prennent du tabac par excès font sujets à perdre l’odorat. Du tabac quelle est la puissance, Jl conserve par son essence Ce qu’en soi l’homme a de plus beau , II le chérit , au lieu que fa semelle Le fuit comme le chat fuit Peau , C’est qu’il est ami du cerveau , Et qu’elle n’a point de cervelle . Aut. anon. j í TABAGIE, s s- Lieu destiné pour fumer du tabac. ( Sa maison est une véritable tabagie. ) í TABAGIE, se dit de faction & de ['habitude ue fumer. ( On fait une perpétuelle tabagie dans cette maison. ) f TABAGIE, se dit aussi d’une petite cassette dans laquelle on serre du tabac, des pipes & tout ce qui est neceffiure pour fumer. (§ TABARD. Ancien habit dont Villon & Froif- sart ont parle. Voïez Mr. Ménage, Origines. un^farceur^’ INE ' ad ì‘ ^ Mìmus, ludio. ] , ^ / Líi, ,Par ’ m -^ e ì. ar { a ìe tangage des hales , Apollon trmesti devint un tabarin- Uespr. )- C’est TAB TABATIERE, f f. [ Pixis tabacarìa. ] Sorte de petite boite où l’on met du tabac en poudre. (Une jolie tabatière. Une tabatière bien faite. Une belle tabatière. 11 y a Les tabatières à ressort qui font fort propres. ) TABAXIR , f ra. [ Tabaxirissucent. ] Liqueur congelée & blanche, qui fe trouve dans une forte de canne que les Indiens.apellent mambu. TABELLION , s m. [ Tabellio.'] Ce mot ne fe dit qu’en termes de Pratique. C’est celui qui grossiste les actes, mais à Paris les Notaires & les Tabellions ne font qu’une même fonction. ( C’est un Tabellion fort habile, & qui fait qu’il ne peut faire acte valable bors de son ressort. Anciennement à Rome les Tabellions ne signoient point en la minute. Voïez Loiseau, traité/ des Ofices, l. 2. Tabellionage. Char- ge de Tabellion. La peste l n’est-ce pas ce que vulgairement On Ait Tabellion, ou Notaire autrement. Bourf. Esop. ) TABERNACLE , f m. [ Tabernaculum , tenta. rium.J Ce mot fe dit en parlant de l’ancienne Loi. C’étoit la maison de Dieu, & le lieu où il étoit présent, & d’où il parloit à Moïse. Voïez la description du tabernacle dans l’Exode, ch. 16. U 27. Mais aujourd’hui on apelle tabernacle la partie de l’autel où l’on met le ciboire. ( Un fort beau tabernacle. ) f On dit auffi, tabernacles, en parlant des tentes, des pavillons des Israélites. ( Retourne Israël, dans tes tabernacles. ) La Fête des tabernacles , ou des cabanes. [ Scenope- gia. ] C’est une Fête des Juifs qui dure neuf jours, & qu’ils celebroient au mois de Septembre. ) f TABERNACLE , fe dit auss du Ciel , dans le Nouveau Testament. ( Les tabernacles éternels. ) TABIDE , adj. [ Tabidus. ] Ce mot vient du Latin , & est un terme de Médecin. 11 fe dit de ceux qui sont malades de phtisie, ou qui y ont quelque disposition. TABIS , f m. [ Textum fericum uniulatum. ] Sorte d’étofe de soie faite par ondes, qui sert à faire des jupes, & des doublures. (Tabis fort beau. Tabis verd. Tabis noir, gris-blanc, cramoisi, incarnat. Et f il vient près de vous en Raminagrobis Marchander votre cœur pour dentelle, ou tabis, Refusez ces presens. Sar. Poési ) TABISER, ». a. f Prelo premere. J Faire en forme de Tabis. ( Tabifer une étofe. ) TABLATURE, f f [ Fidicularis mufìces tabella- res modi. J Piece de musique , qui est écrite fur un papier, qui est tirée à cinq ou six lignes , & qui est en notes, en chiffes, ou en lettres de l’alphabet pour servir à aprendre la musique vocale, ou instrumentale. (Voilà de la tablature pour la guitarre, pour le luth, pour le tuorbe & autres instrumens. Enseigner par tablature. Donner leçon de guitarre par tablature. Faire de la tablature. Entendre la tablature. Métré en tablature. Savoir la tablature. ) £§ Mr. de Balzac a dit dans son Socrate Chrétien, page 2;8- ,, Le dictateur a été le Pédagogue ,, des Triumvirs , bien qu’il y ait eu quarante-six „ ans entre lui, & eux. La première proscription a „ été la tablature de la seconde : Sylla l’a bien ptï; „ pourquoi ne le pourrai-je pas ? ” Corneille dans son Menteur dit : Je fuis auprès de vous en fort bonne posture , De passer pour un homme à donner tablature. Donner tablature , c’est donner des leçons. Cette expression est du bas stile. * TABLATURE. Ce mot fe dit au figuré. ( Don - mr de la tablature à quelcun. C’est lui donner de la peine & des afaires. La solitude est belle en vers On est charmé de fa peinture, Mais elle a de fâcheux revers Qui malgré ce qu’on fe figure Donnent bien de la tablature. Aut. anon. ) * II TAB * II donnera de la tablature à tous les maîtres de fa profession. , [ Haud magifiris licebit nifi prœfinito lo- qui. ] C’est-à-dire, il les instruira ; il est plus habile qu’eux. f II est du stile familier dans les deux sens. TABLE, f fi [Tabulas C’est ordinairement un composé de bois qu’on met au bout, ou au milieu d’une chambre , ou d’une sale , qui est soutenu de piez ou de tréteaux & sur quoi on met le couvert, & ensuite les viandes. II y a diverses sortes de tables. (Des tables rondes, quarrées. Table pliante. Table de cuisine. Mais quand les tables ne font pas de bois, on marque toujours en parlant, la matière dont elles font composées. Ainsi on dit. Une table de pierre. Une table de marbre. Voïez plus bas ces derniers mots table de marbre. Se métré à table. Etre à table. Sortir de table. Se lever de table. Tenir table ouverte. C’est recevoir à fa table les honnêtes gens qui y viennent manger. Tenir table. C’est être long à tenir table. Manger à table d’hòte. C’est manger chez un homme qui traite à prix-fait, par repas , ou par mois. On sert la table en vermeil doré. Sa table n’est servie qu’en vaisselle d’or. Vaug. Quint. Cure. I. 8- c. 8- On s’ajjìed : mais d’abord notre troupe serrée Ternit à peine autour d’une table quarrée. Despr. ) (3 Je suis persuadé , ainsi que Mr. Chevreau, pag. 579. du Chevreana , tom. 2. que la magnificence de la table n’a jamais été du goût des Anciens , & que la coutume d’y faire servir un si j*rand nombre de plats, ne peut être venue des bons siécles. Timothée , fils de Conon, étoit ennemi des festins d’éclat ; & il di- soit de Platon qui l’avoit invité à manger chez lui , & qui aparenment lui fit une chère très-médiocre, que ceux qui avoient soupé chez Platon , s’en por- toient fort bien le lendemain. II en étoit de même de plusieurs Romains ; & Martial se plaint agréablement de la mauvaise chere de Varus dans cette épigramme du quatrième Livre : Auro , non dapibus oneratur mens a s mìnijlri Apponunt oculis plurima, pauca guis. Tune ego : non oculos , sed ventrem pascere venì ; Aut appone dapes, Vare , vel oser opes. Ces vers me font souvenir d’un conte que Air. Chevreau fait dans l’endroit que j’ai cité. Je me souviens ( dit-il ) que Chapelle & moi aiant été invitez chez * * * qui nous régala à son ordinaire , Chapelle qui s’aprocha de moi immédiatement après le repas, me dit à l’oreille : Où alons-nous dîner au sortir U’ici? Mais si la frugalité étoit grande chez les Romains, leur magnificence étoit extrême à l’égard des tables dont ils ornoient leurs sales & leurs chambres ; la plupart étoient faites d’un bois aporté du mont Atlas, selon le témoignage de l’ancien Pline, lib. 45 .cap. iç. dont voici les termes : Atlas mons peculiari proditur fihà ; confines ei Mauri , quibus plurima arbor cedri , ff menfarum insania qum fœìnina viris contra marga- ritas tegerunt. Les Commentateurs disputent en cet endroit s’il faut lire arbor cedri , ou arbor citri : mais la plupart estiment que Pline a entendu parler du bois de citronnier, & non du cedre; celui-là étant plus rare & moins propre à être mis en œuvre, passim pour plus précieux , & par conséquent il étoit plus cher, & même plus convenable au luxe qui régnait pour lors. Quoi qu’il en soit, il est certain .qu’ilyavoit des tables de grand prix, témoin ces vers de la première satire de Juvénal : Ut Mauri Libycis centum fient dentibus orbes , Tune de tot pulchris, £5? latis orbibm, tam Antiquis , una comedunt patrimonia mensa. Le méme Pline raconte que Cicéron acheta une table cinquante sesterces. 11 parle aussi de la beauté d’une table de Gallus Asinius ; de deux tables qui furent vendues avec les meubles de Gallus Asinius, & de quelques autres d’un prix fi excessif, que s’il faut l’en croire , chacune auroit su fi pour acheter un vaste champ. On juge aisément que l’excès du prix provenoit des ornemens dont elles étoient enrichies. Les tables fur un seul pié, étoient apellées monopodia : celles fur deux piés, bipèdes s ainsi Martial a dit: Ibat tripes grabatus , efi bipes mensa. & fur trois piés, tripedes. Ce qui m’a paru singulier dans l'usage des tables, parmi les Romains, a été que TAB 551 celui qui régaloit ses amis, ne fournissoit que la table ; & les convives étoient obligez de porter leurs serviettes, qui leur servoient auísi de napes. En voici la preuve que Martial nous fournit, epigr. 29. Ad ctenam Hermogenes mappam non attu/it unquam , A canasemper rettulit Hermogenes. Les serviettes & les nappes étoient apellées indifé- renment, ou mantilia, ou mappa s Sc il paroit par ces vers de Virgile, que les nappes & les serviettes etoient d’une étofe de laine bien rase: Dant famuli manibus lymphas, cereremque canifiris Expédiant , tonfijque jerunt mantilia villis. Au reste, j’ai remarqué que les Romains entendoient par mensa , & la table , & les mets que l’on scrvoit dessus. Nous disons de même : Tenir une bonne table. Sa table efi fine U délicate. Virgile a dit dans le premier Livre de son Enéide : Pofiquam prima quies epulis , menfieque remotee. II semble, à la vérité, qu’il veut dire que les tables ont été enlevées : mais ce qui fuit, prouve le contraire , & que le Poète a voulu parler des mets qui étoient fur la table : Dixit [fi in mensa laticum libavit honorem. Donc les tables n’avoient pas été enlevées, parcs que l’on fait dessus les tables des libations. _ (3 TABLE pour fief. Losse! a dit dans ses Institutions Coutumières, liv. 4. tit. 4. art. 192. „ Le Seig- „ neur qui a réuni à fa table le fief de son vassal, ., n’est pas tenu en faire hommage à son Seigneur. " Nous disons, la mense, la table abbatiale. TABLE. [Tabula. J Ce mot se prend auísi pour une maniéré de petit ais de pierre ou d’airain , sor lequel anciennement on gravoit les loix. ( Ainsi l’Ecriture dit que Dieu donna à Moïse deux tables de pierres , où il avoit écrit les commandemens de fa propre main. Les Loix parmi les Anciens furent gravées au commencement fur de petites tables de cuivre ou d’airain. [Vincula minantia are ligabantur .J Voïez Ovide. Métamorph. I. 1. Voïez auísi les livres qui parlent de la Loi des douze tables qui étoient douze manières de petites planches de cuivre, ou de petits ais de pierre , dans chacun defquels on avoit gravé des loix qu’on afichoit afin que tout le monde les pût lire. Ces douze tables contenoient un recueil des meilleures Loix d’Aténes ; ce fut sous les Decemvirs qu’on fit les douze tables. ) TABLE de livre. [Index alphabeticm. J C’est un ordre alphabétique de toute les matières principales d’un livre des chapitres, ou titres d’un livre. (Faire une table des matières. Faire une table des chapitres. Les tables d’un livre sont d’un grand secours. Chercher un mot à la table du livre. ) TABLE. [Tabula, index .Terme de Mathématique. 11 se dit de plusieurs calculs dont on a besoin pour les opérations Géométriques & Astronomiques. Table des sinus, &c. Tables des Logaritmes. Table des déclinaisons, des ascensions, &c. Les Ephémerides sont des tables où est marquée la disposition du ciel, ail midi de chaque jour. f TABLE de Pythagore. On donne ce nom à un certain quarré formé de cent autres plus petits quartez, qui contiennent les multiplications des nombres simples l’un par l’autre jusques à dix. On l’apelle communément, la Table de multiplication , ou le livret. TABLE d’atente. [Tabula pura.J Terme d’Architecture. Pierre destinée pour graver quelque inscription, ou pour tailler quelque bas relief. Compartiment quarté. C’est tout ce qui se pose d’ordinaire fur des portes, ou dans les frises pour métré des armes, des devises, ou des inscriptions. ( Voilà la table d’acen- te. Cette table d’atente est fort belle. ) * C’efi une table d’atente. [Nudum efi ingenium , [fi ad multa docile .] Ces mots au figuré se disent des jeunes gens qui ne savent rien, ou fort peu de chose, mais qui sont propres à recevoir les bons préceptes qu’on leur voudra donner. On dira en parlant de quelcun de ces jeunes gens. (Voilà une belle table d’atente ,pour dire qu’il ne fait rien, mais qu’il pourra aprendre. ) TABLE de marbre. [Tabula marmorea, prima juris - d'iclio prœfeHi fiabuli .] C’est le siège du Connétable & des Maréchaux de France. Connétablie. ( Messieurs de la table de marbre sont le Connétable & les Maréchaux de France qui connoissent de la milice civile, criminelle & politique.) TABLE, r?2 TAB table s Sacra cana mensa . ] Ce mot se dit en termes d 'Eglise- Communion. (Dans la primitive Eglise le Diacre avertiffoit les communians d etre saints s’ils vouloient aprocher de la table. Quelque saint que l’on soit, on ne peut s’aprocher de cette table sacrée qu’une fois le jour. Port-Roïal, T. N. Test. préface.) TABLE. [Alvei lyrœpars fuperior .] Terme de Lutter. C’est le dessus de l’ìnstrument de musique, & la partie de l’instrument au-dessus de laquelle font les cordes & qui contribue beaucoup à l’harmonie. (Une table de viole. Une table de violon, de poche, de harpe, de luth, de tuorbe, de guitarre, d’épinettes, de clavecin, &c. ) ... TABLE. [ Alvei lusorii. ] Se dit au jeu de trique- trac, des deux còtez du tablier où l’on joue, & dont on fait diverses cases. {$ Mr. Ménage cite dans ses Origines ces vers du Livre de la Diablerie: lis ne bobent de leur maison , Là jouent en toute saison Aux quilles, au franc de quarreau , Au trine, au plus près du couteau, Aux dez, au glic, aux belles tables. C’est-à-dire ( ajoûte Mr. Ménage) aux dames. Je crois que du tems du Roi saint Louis, le mot tri- quetrac n’étoit pas connu. Nous lisons dans Joinvil- le, que le Roi aiant apris que le Comte d’Anjou son frere jotíoit avec Messire Gautier de Nemours, il je leva, & alla tout cbancellant, pour la grand faiblesse de maladie qui il avoit, tzf quand il fut sur eux, il print les dez les tables , N les gefla en la mer, se cour- toussant tres fort à fin frere de ce qu il s’ejìoit Jitoust prins à joïter aux dez, fj> que autrement ne luy souvenait plus de la mort de fin frere le Comte d’Artbois, ne des périls desquels nojire Seigneur les avoit delivrez. Mais MeJJìre Gautier de Nemours en fut le mieux payé; car le Roi gefla tous fis deniers qu’il vit fur les tabliers , après les dez U les tables en la mer. TABLE. ( Tabula promontoriì. ] Terme de Marinier. Haute montagne dont le sommet est uni , quand on aproche du cap de bonne esperance. TABLE. C Tabula plumbea. J Terme de Plombier. Espece d’ais de plomb qui a été jetté en moule & qui sert à faire des tuiaux, des chenaux, des cuvettes, des gouttières, ou autres ouvrages. ( Jetter une table. Rouler une table. Dé/ouler une table. ) TABLE. [Difius vìtreus .] Terme de Vitrier. On vend aussi le verre par tables, qui sont des pieces larges de deux piés & demi en quarré. TABLE. [ Planifies adamantis. J Terme de Lapidaire. On dit qu’un Diamant, ou autre pierre, est en table , lors qu’il est taillé en sorte que la surface de dessus est plate, & qu’il n’a que des biseaux. TABLE de brajselets. [ Lapides in planum incijì. J C’est un diamant, ou autre pierre prétieuse, taillée en table, enchâssée dans de for, ou de l’argent qu’on embélit, & que les Dames galantes & de qualité portent aux bras. TABLE. [ Afier. J Terme de Marchand de bois. Ais qui passe deux pouces en grosseur. TABLE. [Tabulatum.] Terme de Corroieur. C’est une forte de grande table fur quoi le corroieur travaille avec la main & la pommelle. Ce que le corroieur apelle table, la plupart des autres artisans qui travaillent aussi fur des tables, le nomment établi. * Le dos au feu le ventre à table. [ Abdomen ante, ignis à tergo. ] Cette façon de parler veut dire, qu’on est fort à son aise. De la table au lit U du lit à la table, f A mensâ ad leflum. J On le dit en parlant des personnes qui passent tous les jours dans la débauche. t Us ne font qu’un lit [f une table. [ Eodem foco fë? le Ho utuntur.) C’est-à-dire, ils vivent & couchent ensemble. .t P fi tient mieux à table qu'à cheval. [ Scìtìrn in cibU quam in equo expeditus. ] On le dit d’un goinfre & d’un débauché, qui est inutile à toute autre chose. T C°urìr les tables, piquer les tables. C’est dans le "m . àr, aller manger chez ceux qui tiennent souvent ^ ° n ne à que de ceux qui y vont trop f TABLES. On apelle ainsi les deux lames osseuses qui composent le crâne. TABLEAU , f. m. [Tabula pilla, piflura.] Portrait. Peinture. Figures peintes qui representent quel- TAB que histoire, ou quelque passage. ( Cette lettre également belle & obligeante & votre tableau dont vous l’avez honorée, sont de fi hautes faveurs que. Patru, pi. Harangue à la Reine de Suede. De ces cinq tableaux trois representent la nature du pais de Flandre, & les sujets en font tout-à-fait champêtres. Su- zane qui est la figure principale du tableau est assise. Depiles, convers. sur la peinture. ) TABLEAU. [Ludimagiftri insignes Terme de Maître d’école, ou de maître a écrire. C’est une enseigne qui est atachée au mur de la maison où demeure le maître d’école, & où est le nom du maître, avec cette inscription. ( Un tel, Coletet, par exemple , tient petites écoles & prend pensionnaires. C’est aufli une enseigne qui pend à une potence de fer devant la maison du maître à écrire, avec cette inscription où est le nom du maître à écrire, un tel écrivain juré, (5c.) TABLEAU de la Cour. [ Album, tabula. ] Terme de Palais. C’est une feuille de parchemin où sont écrits les oficiers d’une compagnie selon leur ordre de réception , servant au premier Président pour la distribution des afaires. ( Son nom n’est pas encore dans le tableau, parce qu’il n’y a pas long-tems qu’il est reçu. ) * TABLEAU. [ Defiriptio, reprafintatio. ] Peinture. Image. Description. Idée vive qu’on donne d’une chose en la décrivant. Image qu’on se forme d’une chose en la mettant fortement dans l’esprit & dans l’imagination. ( Les tableaux de Philostrate. Le tableau des passions. Je leur fais des tableaux de ces tristes batailles Où Rome par fis mains déchiroit fis entrailles. Corneille, Cinna, act. 1. sc. * Un tableau racourci de toutes les merveilles. Voit. Poës. ) * Je ne donnerois pas le tableau qui m’est resté d’elle dans l’esprit, pour tout ce que j’ai vû de plus beau dans le monde. Voit. L 49. ) TABLEAU en perfiecíive. [Tabella fienographica. ] Surface plane, qu’on fupose transparente, & perpendiculaire à l’horison. TABLEAU. [Tabulatum navis superiití . ] Terme de Marine. C’est la partie la plus haute de la poupe d’une flûte, fous le couronnement, & où l’on met d’ordinaire la figure du nom du vaisseau. TABLEAU en archìtcciure. [ Margo. ] C’est Pou- verture d’une porte, fenêtre & croisée, de f épaisseur de la muraille qui paroit au dehors, depuis la seuil- leure. f TABLEAU. Terme de Ciwíîfar. C’est un morceau de cuir fort dont la figure est quarrée. f TABLER , v. n. ( Ex or dine statuer e. J Terme de jeu de TriUrac. C’est disposer les Dames selon les réglés du jeu. ( Tabler bien. ) f * TABLER, se dit pour compter, faire fond sur quelque chose. ( Ce que je vous dis est certain , vous pouvez tabler là-dessus. ) TABLETTE,// [Tabella.] Terme de Tourneur. Ce sont deux petits ais de noier bien polis, rangez l’un au-dessus de l’autre, & à quelque distance l'un de l’autre , soutenus de quatre petites colonnes torses qu’on atache dans une chambre & sorquoi on met de petits bijoux, ou quelques petits livres. (Une jolie tablette. ) TABLETTE. [Loculamenta, foruli.] C’est une forte d’ais fur quoi on met quelque chose. ( II faut métré là une petite tablette. Ranger des livres fur des tablettes. Ce sont des tablettes pour métré des livres. ) sf Les Latins apelloient pegmata, ou plutei, les tablettes des bibliotéques, fur lesquelles on plaçoit les Livres. Cicéron écrit à Atticus, ep. 8- Ub. 4. en lui parlant de fa bibliotéque : la disposition des tablettes est très-agréable , Nihil venustius quam illa tua pegmata. On avoit acoútumé de ranger dans un même lieu tous les ouvrages d’un Auteur, avec son portrait. Quant au terme plutei , Juvénal s’en est servi dans sa seconde satire, vers. 7. où il se moque de ceux qui veulent paroître savans, par la beauté & la grandeur d’une bibliotéque : car ( dit-il ) entr’eux celui là passe pour le plus savant, dont la bibliotéque est ornée d’un plus grand nombre de figures d’Aristote, & de Pittacus. Natn perfeHifflmus horum est Si quis AriflotelemJìmilem, vel Pittacon émit, Et jubtt archétypes pluteum firvare cleanthas, TA- TAB TABLETTE. {Tabula, tabella. ] Terme d 'Imprimerie. C’est un petit ais pour maintenir la boite de la vis de la presse & mettre les utensiles. TABLETTE. {Tabella.'] Terme de Boulanger. Ais fur quoi les boulangers mettent le pain dans leurs boutiques. ( On a vendu tout le pain qui étoit fur la tablette d’enhaut, ou d’enbas. ) TABLETTE. {Tabella.} Terme de Chandelier. C’est une maniéré de petite table fur quoi on pose le moule dont on fe sert pour faire la chandelle. TABLETTES. {Mensa lìmbo injìruâa.] Dans l’hôtel des Invalides on apelle de ce nom une maniéré de petites tables à rebord, posées fur une forte de bran- car, ou de civiere, fur lesquelles on met les portions des Invalides, quand on sert le diné, ou le soupé. TABLETTES. {Codicilli, pugiUares.] Terme de Gai - nier. C'elt une maniéré de petit livre où il y a cinq ou six feuillets de velin, fur lesquels on peut écrire avec une touche, ou avec un craïon, avec un alma- nach de Tannée au bout, qui est ordinairement couvert de chagrin ou de peaufacon de chagrin, composé de deux couvertures, de quatre petites plaques de métal, de quatre tenons qui font au dedans de la couverture, & qui tiennent aux rosettes, & d’une éguille qu’on passe au travers des tenons pour fermer les tablettes. (De belles tablettes. De jolies tablettes. Denis le tiran acheta les tablettes du Poète Efchile, où il écrivoit ses belles pieces de téâtre. Ablancourt, Lucien.) H * On dit Prov. à un homme qui assure une chose qu’on prétend fausse, ou qui compte mal à propos fur quelque chose , raie z cela de vos tablettes , vous pouvez ôter cela de dessus vos tablettes. H On dit aussi Prov. & par maniéré de menace , d’un homme qui a déja donné sujet de se plaindre de lui, U ejl écrit fur mes tablettes. TABLETTES. {Tabella.} Ouvrages d’esprit & de moralité, réduits en table. ( Lifez-moi comme il faut au lieu de ces Jbinettes Les Quatrins de Pybrac , N les doííes tablettes J)u conseiller Mathieu , ouvrage de valeur Et plein de beaux disions à réciter par cœur. Mol. ) TABLETTES. [ Tabella medicata frugibus U fac- cbaro. J Terme à'Apoticaire. Médicamens composez de médicamens purgatifs, ou confortatifs, réduits en poudre, & de sucre, le tout cuit avec une liqueur convenable, & incorporé ensemble. Les tablettes ont été apellées tablettes , parce qu’elles font faites & coupées en forme de petite table. II y a de,diverses fortes de tablettes, il y en a pour le rume & pour d’autres incommoditez. TABLETTES. [ Tabella. ] Terme dont on fe sert dans le blason. C’est une petite table qui ne montre dans l’écu nulle épaisseur. ( II porte d’argent à neuf tablettes d’azur. Col. ) TABLETTES. {Loculamenta.} En termes de Ma- cmnerie , ce font des pierres de parement qui soutiennent une petite terrasse, ou un chemin un peu élevé. TABLETTERIE, f f. {Musivum opus.] Art de faire des ouvrages de pieces de raport, & des ouvrages délicats de menuiserie & principalement des ouvrages mêlez d’ébene & d’ivoire, comme les tabliers des Echets, des Dames, & du Trictrac. TABLETTIER , f m. {Musivarius, teffelator.} Artisan marchand qui fait & vend des damiers , trous madame, & autres choses, comme bamboches, cannes, crucifix, bénitiers , &c. ( Le meilleur tablettier de Paris, c’est un tel. Un bon tablettier. ) TABLIER , f m. {Perifcelis è corio. ] Morceau de cuir que quelques artisans mettent devant eux lors qu’ils travaillent, afin de ménager leur habit. (Mon tablier est usé , il m’cn faut un autre. ) TABLIER de cuisine. ( Linteum quo pracingitur coquin. ] C’est environ une aune & demie de toile ourlée tout autour avec une ceinture par le haut que les cuisinières & autres femmes qui font à la cuisine mettent devant elles pour conserver leurs jupes. TABLIER. [ Perizonium, castula , gremiale. ] Morceau de toile fort fine ourlée tout autour & embellie de point de France, ou de belle dentelle avec une ceinture en haut que les Dames mettent devant elles lors qu’elles s’ajustent & veulent être propres. La mode est présentement de porter de petits tabliers de crépon, ou de tafetas qui n’ont environ qu’une demi- TAC 553 aune & qui ne décendent què jusques au genou: Il y a de ces tabliers de diferente maniéré ; les uns font bordez , les autres lacez, & les derniers bouillonnez. Tous ces agrémens font faits de ruban de couleur, & bien propre. 11 y a aussi des tabliers de tafetas qui font tout unis, ces tabliers font les plus modestes, & pour les Dames qui commencent un peu a passer. On fait aussi de grans tabliers de serge, mais ces tabliers ne fe portent que par les servantes, ou les femmes du petit peuple. TABLIER. {Scruporum alveus. ] Table ou carton divisée en 64. carreaux blancs & noirs , fur lesquels on joue aux Echets, aux Dames, & à d’autres jeux. On l’apelle à Paris Damier. f Prenez garde que le tablier ne leve. [ Caveas ne alvus intumefeat.] C’est-à-dire, prenez garde de devenir grosse. f * Le tablier commence à lever, f Intumefcit alvus. ] C’est-à-dire, elle est grosse & fa grossesse pa- roit déja. f * Faire lever le tablier. {Pragnantem facere mu- lierem.] C’est engrosser une fille ou une femme. ( 11 a fait lever le tablier de fa servante. [ Pragnantem fe- cit ancillam. ] C’est-à-dire, il a engrossé fa servante. TABLOUINS , f m. [ Tabulatum ex ajferibus .] Terme à’Artillerie. Blanches ou madriers, dont est faite la plate-forme où l’on place les canons que Ton met en batteri e, elles soutiennent les roues des affûts. í TABON, f m. {Tabanuf, vel Tabe , vel Asi- lus.] Espece de mouche oblongue qui tourmente leS Bestiaux. 11 y en a une autre qui s’apelle Tabttnidet. L’une & Tautre font résolutives, propres pour faire croître les cheveux. TABORUCU , f m. {Résina taborucura.] Sorte de résine de couleur jaune pâle, odorante, semblable à la gomme élemi, & dont on se sert dans les plaies & dans la paraisse. TABOURET, f m. {Sedecuìasimplex.} Espece de siégé en forme d’escabelle, qui est embourré , & couvert d’étofe ou de tapisserie qu’on donne chez la Reine aux Princesses, aux Duchesses & à la Dame qui est Surintendante de la Maison de la Reine, f Au grand plaisir de tous ffi de votre jarret , Votre cu qui doit être un des beaux cus de France , Comme un cu d’importance , A reçu chez la Reine , enfin le tabouret. Scaron, Poésies. ) On fe sort aussi de tabourets dans les maisons des simples particuliers. ) TABOURET. [ Sedecula simplex , burfa pasioris. 3 Nom de plante qu’on apelle autrement, bourse de pasteur , parce que son fruit à la figure d’une petite bourse. TABOURIN- Voïez Tambour. TABOURIN t f m. [ Mali ad proram intercapedo. ] Terme de Marine. C’est un espace qui régne vers l’arbre du Trinquet, & vers lesRambades, d’où Ton jette en Mer des Kissons, & où Ton charge TArtille- rie. A la pointe de ce Tabourin est Téperon qui s’avance hors du corps de la Galere. f TABURINTE, Taburin , ou Tìburon , f m. {Tibura,} Gros Poisson cetacée de la Mer Indienne. On trouve dans fa tête trois ou quatre grosses pierres osseuses, qu’on estime propres pour la Néphrétique. TAC , tac , tac. Mots imaginez pour exprimer le son des coups durs & secs, qui frapent les uns fur les autres. Voïez Tic, tac. TAC , f m. { Vari nigri. ] On a ainsi nommé une maladie contagieuse , qui fut presque universelle en J411. C’est aussi une maladie contagieuse des moutons. [ Febris pefiifera. ] TACAMACA, f m. Espece de résiné qu’on apelle gomme tacamaque , très-propre pour digerer & pour refondre les tumeurs. rf 11 y a deux sortes de gomme tacamaque , savoir une qui sort sans incision, qui est la meilleure & très rare; & Tautre qui sort par incision. Elle est digestive, résolutive, nervale, anodine, cephalique, deílìca- tive. Elle est aussi propre pour arrêter le hoquet , appliquée extérieurement sur l’estomac. T A CET, f m. (í 'Pentium.] Ce mot sc dit en parlant de musique. C’est la partie de musique qui Tom. lll. A a a a «c 554 TAC ne dit mot & qui est marquée de pauses. ( Faire le tacet. On dit aussi d’un homme qui est en compagnie *& qui ne dit mot , qu’il fait le tacet, mais alors Ces mots ne se disent qu’en riant, que dans la conversation , ou dans le ftile le plus bas. Ils diront en raillant , que pris comme au lacet , Leurs ennemis honteux ont gardé le tacet. Auteur Anonime. ) TACHE, f /• C Macula , lobes. ] La premiere iîlabe de ce mot est breve, & il signifie j'ouilleure. (C’est une vilaine tache. Faire en aller les taches. Oter les taches d’un habit. Les taches de fruit, de sirop & de confitures qui font fur le linge ne s’en vont qu’avec peine. Une jupe pleine de taches. L’huile & la poix font des taches fur les habits. L’eau forte fait des taches fur la peau. On ôte les taches d’ancre avec le verjus, du jus de citron , & d’autres acides. ) * TACHE. IDefeHus .] Défaut. Manquement. (II est impossible qu’il ne fe remarque quelque petite tache fur le plus beau corps du monde. Abl. ) TACHES naturelles, ou signes qui viennent au corps. [Nœvi .2 Taches de rousseur qui viennent au visage. [ Lenticula.) Taches qui viennent aux jambes, pour être trop auprès du feu. [Varietates ignefaHa.) TACHE. ( Labecula, lobes. ] Ce mot est usité au figuré. C’efi une tache à Jd réfutation. Cest une tache à son honneur. C’est-à-dire , son honneur est terni, fa réputation est ternie. La loi du Seigneur est fans tache Sc toute sainte. Pafc. let. [ Lex immacu/ata. ] On le dit du péché qui est la plus grande souillure de l’ame. (Purifiez vos âmes de toutes leurs taches. Arn. corn. I. 15. cb. 19. Jefus-Christ a été nommé f Agneau fans tache. ) TACHES. [ Macula. ] Ce mot fe dit en Astronomie. C’est un petit corps opaque semblable à l’écu- me qui fe forme sur la surface des liqueurs. ( Parle moien des lunettes d’aproche on a remarqué des taches fur le corps du Soleil. Roh. Phif Monsieur Cassini montre par le moien des taches qu’on a remarquées dans le Soleil, que cet astre emploie vingt-fept jours à tourner fur son centre. Régis.) Les taches de la Lune sont ou fixes, ou changeantes. Les fixes font des parties inégales du corps de la Lune. Les taches changeantes font des ombres des parties les plus élevées, qu’on apelle des montagnes. TACHE, ou tafche, f f. [ Pensum, justa osera. ] L’un & l’autre s’écrit , mais il faut prononcer tâche , fans faire sentir la lettre f Sc prononcer longue la premiere filabe du mot, & alors il signifiera chose qu'on donne à faire. Chose qu’on commande de faire. Chose qu’on entreprend de faire. ( Prendre à tâche de faire quelque chose. Boil. Avis à Ménage, p. ig. 11 y avoit une grande émulation parmi les soldats , à qui auroit le premier fourni fa tâche. Vaug. Quint. Q^l. 7. II semble que nous ayons pris à tâche de déshonorer de grands personnages. Ablanc. Luc. t. 2. Amours. Travailler à la tâche, & non pas à la journée. ) Entreprendre un bâtiment, ou autre ouvrage en bloc & en tâche, f Aïdificium construendum fufcipere .] C’est-à-dire, à forfait, fans compter, ni venir à l’esti- mation en détail. * Prendre à tâche. [ 'Contendere , eniti.) Entreprendre quelque chose. (II a pris à tâche de traduire un tel livre. 11 a pris à tâche de faire enrager cet homme.) La prononciation détermine fa signification. Tache & tâche font deux choses diférentes. La premiere signifie une marque, une impression étrangère qui gâte une étofe ; & la seconde, un ouvrage que l’on doit faire dans un certain tems. Air. Ménage avoue qu’il ignore l’origine de ce mot : & Mr. de Caseneu- ve a remarqué qu’anciennement on s’en servoit pour exprimer les bonnes & les mauvaises qualitez d’un homme, ou d’une bête. L’ancienne Chronique de Flandres, ch. 26. parlant de Marguerite, Comtesse de Flandres : Et elle avoit quatre taches; fremierement , elle estait une des plus grandes Dames du lignage de France ; secondement, elle estoit laplut sage, (if la mieux gouvernant terre qu'on fceust, ffc. les f autres deux taches J on t qu-elk estoit libérale (-f riche. L’ancien Livre intitule : Li Etablissement li Roy de France : Or fi TAC aucun menoit fa beste au marché , ou entre gens , (g° quelle mordist ou perist aucun, g? cil qui feroit bleffìfi. plains st à la Justice, & li autres dìsi , Sire je n'en fa, voye mie qu'elle eut telle tache, (esc. On dit dans quelques Provinces : Donner des fonds à tafche ; c’est-à- dire, fous la redevance d’une certaine partie des fruits, selon que l’on en convient. Le fond est apel- lé tachable, ou tachible. Ce droit ressemble au cham- part, qui ne porte ni lods, ni mi-lods, & ne change point la qualité de l’héritage. TACHER , v. a. [Maculare, inquinare, fiedare. j Souiller. Ce mot de tacher, pour dire souiller, remplir de taches, a la premiere filabe brève. (L’huile tache toute forte d’étofe. Le fruit tache îe linge. ) TACHER , ou tafeher , v. a. [ Conari , elaborarelj L’un & l’autre s’écrit, mais il ne faut pas faire sentir 1 f Sc prononcer longue la premiere filabe, & alors tâcher signifie s’éforcer. Faire toute forte d’éforts pour venir à bout de quelque chose que ce soit. ( Je tâcherai par toutes sortes de très-humbles services à mériter l’honneur de votre afection. Voit. let. 46. Tout le monde tâche de faire fa fortune, Sc presque personne ne tâche de faire son salut. ) TACHETE' , tachetée, adj. [ Maculis distinttm. ] Marqueté. [ Le linx a la peau agréablement tachetée. C’est aussi un terme àe Blason. TACHETER, V. a. [ Maculis variare. ] Marquer de plusieurs taches. ( La nature a tacheté la peau des tigres Sc des léopards. On a tacheté ces peaux par artifice. ) TACITE j adj. [Tacitm.) Ce qui n’est pas dit, Ce qui n’est pas exprimé. ( Consentement tacite. Condition tacite. Patru, pi. L’opinion se trouve autorisée par une tacite aprobation. Pafc. I. 6 . Clause tacite. Pacte tacite. ) _ TACITEMENT , adv. [ Tacìt'o, tacité.J D’une ma- niere qui n’est pas dite , qui n’est pas exprimée. Sans aucune déclaration formelle. Sans dire formellement aucune parole. ( Us font tacitement tombez d’acord de cela. Elles font tacitement convenues de cette chose. ) TACITURNE , adj. [ Taciturnus. ] Ce mot fe dit des personnes & de leur humeur, & veut dire. Qui parle peu. Sombre. Rêveur. ( Esprit taciturne. Humeur taciturne. On ne croît plus que médiocrement Qu’un taciturne abonde en jugement. ) TACITURNITE' , f f. [ Tacìturnìtas.) Humeur & tempérament de celui qui est taciturne. ( La taci- turnité est plus suportable que le trop parler. ) f TACON, / m. Terme d 'Imprimerie. On apelle Tacon les morceaux de la frisquette que l’Impri- meur y entaille, pour donner jour aux endroits de la forme qu’on veut imprimer en rouge, & qu’il co- le fur le grand tympan , pour voir si l’ouverture de la frisquette & les morceaux qu’on en a enlevez fe rencontrent parfaitement. TACT, f m. [ Taííus. ] Ce mot fe dit en termes de Philosophie. C’est le sentiment par lequel une chose est perquë. C’est un certain sens général. (Le taH est le premier, le plus exquis & le plus nécessaire de tous les sens. Les autres sens ont leurs organes externes déterminez, ou placez à de certaines parties du corps ; la vùë à l’œil, l’œûie à l’oreille : mais l’organe du taH est répandu par tout le corps. Bernier, Philosophie, t. 6 . On l’apelle aussi le sens du toucher. Voïez toucher, f m.) TACTILE, adj. [ TaHilis. J Ce mot se dit en parlant de certaines matières de Philosophie, & veut dire qui est l’objet du toucher. (Les principales qualitez taHiles font la chaleur, la froideur, la secheresse, la dureté, l’humidité. Roh. Phif) T ACTION , f f. [ Taclio. ] Terme de Philosophie. C’est le sentiment qui se fait par le tact. La taHion se fait en |trois maniérés. La premiere lors qu’une chose exterieure s’inlînuë au dedans du corps, comme des pointes d’épines & d’orties, &c. La seconde lors que ce qui est né dans le corps même , cause du plaisir lors qu’il en fort, comme la semence, ou de la douleur lors qu’il y demeure, comme la pierre. La troisième lors qu’une partie a reçu quelque coup violent. Ber n. Philos, t . 6. I. z. c, 1. TAC- TAG TACTION. ■ [TaHtu, contaflio .] Ternie de Getme- trie. 11 le dit des lignes droites qui touchent un cercle, ou quelque autre ligne courbe. TACTIQUE, s. f. [ Sderstia macbinalis. ] Ce mot est Grec óc il iïgnifioit chez les Anciens la science de ranger les soldats en bataille, & de construire les machines pour lancer des traits, &c. £ La Tactique moderne est très-foible & trés-im- parfaite ; celle des Grecs étoit profonde & savante. Voïez le Polybe de Mr. de Folard, Tome I. La véritable Tactique a ses régies, ses principes, & ses démonstrations peuvent s’enseigner indépendamment de cette expérience tant vantée, & dont le fruit seul est de nous perfectionner & de nous affermir dans nos entreprises & dans les dangers. Ibid. p. i; 8 - de ÎEdit. d’Amst. TACTIQUE. [Liber ta(ììcu>.~\ Livre Eclésiastique à l’usage des Grecs, qui contient l’ordre & la réglé des ofices divins. $ TACTIQUES, s m. Les Grecs apelloient TaHi. ques des Protéffeurs militaires qui enseigne lent toutes les grandes parties de la Guerre, qui regardent le Général d’armée , comme on le voit dans Piuturque & dans Xenopbon. Ces Professeurs Tactiques étoientdes gens d’une expérience & d’une aplication extraordinaire dans la science des armes. 11 s enseignoient tout ce qu’ils avoient lû dans les écrits des grands hommes & des grands Capitaines, qui avoient travaillé fur la Tactique, ou l’art de mettre les armées en bataille , & tout ce qui a raport aux grandes manœuvres : car ces grands ct habiles guerriers avoient réduit cet art en principes ct en sistême. Voïez le Tome II. du Polybede Mr. de Folard, p. 19 . de i’Edit. d’Amst. TADORNE,//. [Tadomwst Oiseau aquatique très-rare en France, & qui ressemble au canard. f TAEDA- Morceau d’un vieux Pin , que les Faisans font brûler en un endroit exprès pour en faire couler la poix. TAèL , / m. Petit poids de la Chine, qui revient à une once deux gros de France poids de marc. f TAENIA, / m. [TV^isl.] Poisson de mer, long comme un serpent, dont il y a trois especes. Le premier est long, menu, fort flexible, il se meut avec une telle vitesse, qu’il semble un éclair. Le second a le corps fait comme le premier, croissant quelquefois jusqu’à quatre piez de longueur , & de couleur argentine. Le troisième est apellé Faix, parce qu’il a la figure d’une faucille. II est long d’une aune, large comme la main & de couleurs variées. Sa chair est résolutive ct amolissante. TAFETAS, / m - [Pannus sericuf.~] Sorte d’éto- fe de soie fort déliée & fort legere. (Tafetas simple.) Tafetas double. Tafetas d’Avignon. Tafetas blanc. Tafetas bleu. Tafetas verd, noir, rouge, jaune, gris; en un mot de toute couleur. Le tafetas de Tours est l’un des meilleurs tafetas. On se sert du tafetas pour faire des coifes de femmes & de filles, des jupes, des caleçons, des rideaux de lits & de fenêtres, des doublures. ) f TAFETATIER, s. m. ['Parmi serici textor. ] Celui qui fait du tafetas. f TAFFIA- On nomme ainsi dans les Isles Antilles l’eau-de-vie de cannes, qui se fait avec les écumes & les gros sirops du sucre. Les François l’apel- lent Guildive. f TAFFOUSA , ou TAFOUSI, s. m. Drogue médecinale que l’on trouve dans les Roïaumes de Camboya & de Siam. - TAFTOLOGIE , ou tautologie ,s.f. c Vax a U bianis repetitio. ] Répétition de la même chose , ou de deux mots qui ont la même signification, comme \y vais aller. TAGAROT , / w. [ Pemes. ] Oiseau de Fauconnerie. TAGE- Riviere d’Espagne célébré chez nos Poètes modernes en parlant des conquêtes du Roi. Je puis chanter ta gloire en la langue du 1 âge, Et f oser oh être garent Que l’Ibère croira que c’est un juste hommage Que tEspagne même te rend. Abé Régnier.) TAI 555 f TAGENDOR , / m. Serpent à Sonnettes. Sa chair a la même vertu que celle de la Vipexe. f TAGLIAR1NI. Ce font des elpeces de vermicelles. TAHON, / m. Voïez taon, colonne Tao. TAI. Prononcez te. Mot dont on se sert pour faire venir un chien, pour apeller un chien. ( Tai, mignonne, tai. Tai, citron, tai, tai. ) * TAI, ou té, s. m. [ Hara. ] Prononcez té. Tai à porc. Ce mot dans les vilages d’autour de Paris , signifie une étable à cochons. (Faire un petit, ou un grand tai. ) TAIUT, ou taio. [Errât. ) Qui veut dire, il s’échape , il s’égare. C’est le cri des chasseurs lors qu’on fait partir un lièvre, ou qu’on voit la bête fauve. On peut dire en Latin , clamor venatorh. Mon étourdi se met à sonner comme il saut , Et crie à pleine voix, taïaut, taïaut, taïaut. A trois longueurs de trait, taïaut voilà d’abord Le cerf donné aux chiens. Mol.) TAIE, / /• [Pulvinaris tegumen lineum.~] Prononcez tée. C’est la toile qui couvre & qui envelope Forestier. C’est aussi la toile qui couvre & envelope le lit de plumes. ( Une belle, une bonne taie de lit. Une belle taie d’oreiller. ) TAIE. £ Albugo, glaucoma. ] Terme de Médecin. Petit corps qui lé forme fur la prunelle de l’ceil, de forte que quelquefois il empêche la vue. ( On lui a ôté une taie qu’il avoit à l’œil droit. ) TAïON , / m. Terme des Eaux & Forêts. C’est un chêne réservé depuis trois coupes, qui a trois fois l’âge de taillis. TAïON. [AtavusJ Vieux mot qui signifioit grand’ pere. Aussi-bien que taie grand’mere. On s’en sert encore en Picardie. TAILLABLE , adj. [Verligalis, stipendiariw.~] Ce mot se dit des choses & des personnes,- & veut dire qui est sujet à la taille. (Les Gentilshommes en France ne sont point taillasses. Elle est bien Demoiselle, & par conséquent elle n’est point taillasse. Vstage taillasse. Les pais nouvellement conquis ne font pas si-tôt taillasses. ) TAILLADE,/ f. [IncisioJ Terme de Tailleur. Fente qu’on faisoit autrefois proprement & d'espace en espace aux corps & aux manches d’un pourpoint. (Un pourpoint à six, à huit, à dix taillades. Les taillades d u corps de ce pourpoint sont mal-faites. On en fait encore quelquefois aux manches des robes (ses femmes. ) TAILLADE, / f. [Casio, incìsiol] Coupure qui se fait avec le taillant d’une épée, d’un couteau , ou d’un autre instrument. ( On lui a fait de grandes taillades au visage. Acad. Fr. ) TAILLADE 7 , tailladée , adj. [ Incisw. ] Terme de Tailleur. Découpé par taillades. ( Pourpoint tailladé. Manches tailladées fort proprement. ) TAILLADER, v. a cl. [Cadere, concidere.jj Couper du taillant, faire des taillades. On lui a tailladé le visage. On taillade quelquefois les viandes pour les assaisonner, & le poisson qu’on met fur le gril. TAILLADER, v. a. [Incidere. ] Terme de Tail- leur. Faire des taillades. (Taillader le corps d’un pourpoint. Taillader des manches. ) TAILLANDIER ,/ m. [Faber ferraritti.'] Ouvrier qui travaille en fer, & qui fait & vend des bêches, des hoiaux, des pics, des pèles, des tenailles, des pincettes & des chenets de fer, & non poli. (Un bon taillandier. ) TAILLANDIER en fer blanc. [Ferristanno illiti arti- fex.] Ouvrier qui travaille en fer blanc, & qui fait ct vend des lanternes , des entonnoirs, des plats, des couvre-plats, des marmites, des boites à poivre, des râpes, ct c. (C’est un des meilleurs taillandiers enfer blanc de Paris. ) Les Taillandiers en fer blanc sont incorporez avec les taillandiers. Le peuple de Paris les apelle ferblantiers , mais leur vrai nom c’est taillandier en fer blanc. TAILLANDERIE, / f. Ars aciarìa. ] C’est l’art du Taillandier. TAILLANT , / m. [ Acies. ] Terme de Coutelier. C’est la partie du couteau , des ciseaux, du rasoir , Tom. III, A a a a 3 & 556 TAI & autre pareil ouvrage avec quoi on coupe ou 1 on rase f Un bon taillant de couteau, de ciseaux, de canif, de rasoir, de forces. Le taillant de ces ciseaux est admirable. ) TAILLE , s- /• [Statura.] Ce mot se dit particulièrement des personnes. C’est la grandeur d’une personne. {Riche taille. C’est-à-dire, taille d’une belle grandeur. Petite taille. Médiocre taille. Elle a la taille fine. Avoir la taille dégagée. Avoir la taille libre. Avoir la taille bien prise. Etre de belle taille. Avoir la taille aisée. Us ont une taille robuste & avantageuse. Ablancourt , Tacite. II surpaffoit en taille & en beauté tout le reste des barbares. Vaug. Quint. L i. c. y. Pour juger de la taille des femmes , il en fau- droit défalquer les secours infidèles qu’elles tirent de leurs patins & de leurs fontanges. S. Evrem. ) __ TAILLE. [Statura, forma.] Ce mot sc dit auffi de quelques animaux, comme du chien, du cheval, &c. ( Cheval déchargé de taille. Cheval de belle taille. Les barbes font d’une taille, & les chevaux d’Efpagne d’une autre. So/eisel, Parfait Maréchal. ) De toute taille bon levrier. [ Ex omni forma bonus vertagus. ] Ces mots au propre , signifient qu’on ne peut juger sûrement d’un bon lévrier par l’aparence, & qu’il y en a de bons de toutes manières ; & au. figuré , ces mots sc disent des hommes, & veulent dire, qu’il ne faut pas juger des hommes par la taille , & qu’il y en a de grands & de petits avec du mérité. TAILLE. [ Talea. ] Deux morceaux de bois d’éga- le grandeur, dont l’un demeure à celui qui fait crédit, & l’autre à celui qui prend à crédit, qu’on joint lors qu’on prend quelque chose , & fur lesquels on marque ce qu’on prend au boulanger, au boucher, ou au cabaretier. ( Marquer une pinte de vin fur la taille. Marquer une douzaine de pains à la Reine fur la taille. Marquer cinq , six livres de beuf, de mouton, ou de veau fur la taille. La taille est pleine, il faut paier. ) TAILLE. [ Partìtio , divisa. ] Terme du Jeu de la bassette. C’est la distribution des cartes que fait le banquier. ( Donnez-moi encore deux tailles. J’ai gagné dix pistoles à une seule taille. ) TAILLES de point , ou tailles de fond. f F un es an- gularii compìicatorii. ] Terme de Marine. Cordes atachées aux angles, ou au milieu du bas des voiles pour les carguer ou relever. TAILLE, f. f. [Vefligal.] Subsides qui sc paient au Roi par les personnes du tiers état à proportion de leurs biens. Les tailles sc leverent par le consentement de trois états. Saint Louis fut le premier qui les imposa sur son peuple par forme de subside pour les guerres d’Outremer. Le Roi Charles V. fit la même chose à cause des guerres des Princes. Mais Louis onzième , qui mit les Rois de France hors de page, fit hautement paier la taille, & depuis ce tems-là on a continué de même. Le Conseil du Roi aiant résolu la somme d'argent qu’il faut lever sur les sujets de Sa Majesté , envoie des commissions aux Trésoriers généraux établis aux bureaux des Géneralitez du Roiaume , pour lever dans leurs élections la somme qui leur est ordonnée. Les Trésoriers font aussitôt fur chaque élection le département de la somme qu’ils peuvent lever, & envoient ce département au Conseil du Roi, qui envoie aux Trésoriers généraux pour chaque élection des commissions portant ordre aux Elus de diverses élections de lever dans l’éten- duë de chaque élection la somme qui leur est prescrite par la commission. Les Elus fur cela s’assem- blent, font les rôles des tailles, où ils cotisent à une certaine somme chaque bourg & chaque vilage de leur élection, & envoient le rôle de cotisation à chaque paroisse, qui élit un ou plusieurs collecteurs pour lever la taille imposée. On dit. ( Paier la taille. Exempter de la taille. Hausser la taille. Diminuer les tailles d’un milion. Les Eclésiastiques, les Gentilshommes, tous les Oficiers commensaux de la maison du Roi, des Fils & Filles de France, & des Princes du lang sont exempts de la taille. Etre à la taille, ••u U j C P™ 3 !?*-® c * e mettre à la taille un pauvre vieillard. Les soldats oblats doivent être déchargez de taille. Le M ait. plaid. ) íg La taille est ou Roiale , ou Seigneuriale. La premiere est due au Roi ; & k seconde, au Seigneur de fief. La taille Roiale est ou réelle, ou personnelle. Dans le Dauphine, les fonds doivent la taille ; & les TAI Nobles qui les possedent, doivent la paier. II y a pourtant des fonds exempts par un long afranchisse» ment. La taille Seigneuriale est de plusieurs especes. Dans plusieurs Coûtumes, la taille est une marque de servitude personnelle, & se leve sur les gens de mainmorte : en ces endroits, taillable & mainmortable font sinonimes : en d’autres, la taille est une simple redevance qui ne produit aucun efet fur l’état & la condition des personnes. Taille jurée , est celle que le Seigneur impose, selon sa volonté : on dit encor® taille à volonté : & dans le Duché de Bourgogne, on se sert de tailler haut U bas, pour, tailler à volonté. La mortaille se leve seulement au décès du serf, soit qu’il ait des enfans , ou qu’il n’en ait point. Taille abonnée , reglée à une certaine somme. TaiSe ès quatre ccu , qui sont mariage de la fille aînée , volage d’outremer, ranqon du Seigneur portant les armes pour le Roi, Ordre de Chevalerie. TAILLE, f Vax subgravis. ] Terme de Musque. C’est la partie de musique qui est entre la basse & la haute-contre, & qui s’apelloit autrefois moienne, ou ténor. On dit C Faire la taille. Chanter la taille. ) TAILLE. [Ténor.] Terme de Lutier & de sais'rade Flûtes. Ce mot de taille sc dit de certains instru- mens de musique. C’est l’instrument de musique fur lequel on joue la partie de musique, qu’on apelle la taille. II y a des violons & des flûtes qu’on apelle taiUes. TAILLE. C Bejss aureì vel argentei nummaria par- titio.] Terme de Monoìe. C’est la quantité des especes que le Prince ordonne être faites d’un marc d’or, d’argent, ou d’autre matière. ( La taille des louis de cinq livres dix sous est de soixante & douze & demi au marc. ) TAILLE. [íncìfîo panni vesium.] Terme de Tailleur. Coupe avec des ciseaux. La maniéré de couper. ( Avoir la taille bonne. Sa taille est méchante. ) TAILLE. [Putatio, circumciso. ] Terme de Jardinier & de Vigneron. Coupe avec des forces. Coupe avec une serpette. Coupe avec une sorte de hache. On dit. ( La taille de la vigne. La taille des arbres. Entendre bien la taille. Marc de raisin qui a déja eu deux ou trois tailles. ) TAILLE. [Calami Jecíio.] Terme de Maître à écrire. C’est la maniéré dont on coupe une plume avec le canif, afin de s’en bien servir pour récriture. (La taille de cette plume est bonne. La taille de cette plume est méchante, je ne m’en puis aider. ) TAILLE. [ Seflio ad calculum eveSendum , lithoto- mia. ] Terme de Chirurgie. C’est une opération qui sc fait pour tirer les pierres de la vessie ou des reins. ( 11 s'est résolu à la taille. La taille a été bien faite. 11 se porte bien de sa taille. ) Cette opération est nouvelle dans la Chirurgie, quoi qu’Hipocrate parle d’extraction de la pierre hors la vessie; mais on ignore quelle en étoit l’operation. Au commencement du XVI. siécle la faculté de Médecine s’adressa au Parlement pour obtenir la permis. Aon d’en faire l’épreuve fur un criminel condanné à mort. II soufrit l’operation, & il en guérit. TAILLE, se dit des incisions qu’on fait avec un instruments tranchant. C’est un furieux, qui frape & dlejloc gj? de taiSe, pour dire de la pointe & du tren- chant. [ Punflim g? c asm ferire. ] On dit auffi figurément, parler, d’esoc U de taille. Mol. ) TAILLE de bois , J. f. f Exprejso imaginìs in ligna.] Terme de Graveur. C’est une estampe ou image gravée fur une planche de bois. (Les tailles de bois d’Albert Duret, graveur Alemand, sont fort estimées. ) TAILLE-DOUCE, f. f. [Scalpro moUius imago ex- prejfa. ] Estampe ou image gravée fur une planche de cuivre. ( U y a de belles taiSes-douces à l’eau forte & de belles tailles douces au burin. Les tailles- douces de Calot sont fort belles.) * TAILLE-DOUCIER, f. m. [Sculpter.] Quelques- uns apellant de la sorte ceux qui impriment des tail- les-douces, mais leur véritable nom, c’est Imprimeur en taiSes-douces , & il n’y a guére que le peuple qui les nomme taiSe-douciers. TAILLEMAR , f. m. f P r or a pars inferior.] Terme de Marine. Qui est en usage sor le Levant, & qui signifie la partie inférieure de l’éperon d’une galere qui semble fendre ou tailler la mer. TAILLE-MORTAILLE , f f. [Trïbutum mer- talium. ] Taille qu’un Seigneur levoit fur les hommes \ T AI mes de servile condition, au décez de l’homme sur ses biens. 11 y avoit des tailles franches, des tailles servi/es , & des tailles jurées. TAILLE-MUR , f. nt. [Pror.e pars inferior. ] Terme de Marine. C’est une piéce de bois au dessus de l’extrémité de la proue, proche l’éperon, ainsi dite par les Levantins , parce qu’elle est trenchante , Sc qu’elle semble fendre la mer. TAILLE', taillée , adj. s Seéíus, incisifs , dijseclus. ] Coupé. Ajusté. Acommodé. ( Arbre taillé. Vigne taillée. Marc taillé. Habit taillé dans le roc. Abl. Ret. I. 4. c. 2. ) TAILLE', taillée, adj. [ Dijseclus .] Ternie de Blason. II signifie divisé depuis le haut de sangle gauche de sécu jusques à sangle droit. (II porte taillé d’or & d’azur. Col. ) * Troupes taillées en pièces. [ Hojìes cœjì. ] C’est- à-dire, défaites. * Cette femme est taillée d’une maniéré à n’avoir point d’enfans. f Non exprlmitur hie c multer adpar- tum. ] C’est-à-dire, est faite d’une maniéré à n’avoir point d’enfans. TAILLE-BACON. Vieux mot. Un homme de rien. Rabelais, liv. 1. ch. 1;. Reputez-moy à jamais un taìlle-bacon de la berne. TAILLER , v. a. [ Secare, ìnciàere. ] Ce mot dans la signification générale veut dire couper avec un instrument de fer, & se dit entre jardiniers, vignerons, &c. ( Tailler la vigne. Les vignerons taillent le marc. Un jardinier doit tailler sagement avec la serpette ou la scie les branches qui nuisent à un arbre, & racoureir adroitement celles qu’on lui laisse pour faire du fruit. ) TAILLER. [ Perseclìonem calculum eximere .] Ce mot se dit en parlant des personnes qui ont la pierre. C’est faire une incision entre les bourses & le fondement, & en tirer la pierre avec la tenette. ( Tailler un homme. ) TAILLER. [Mondant concinnare.'J Terme de Momie. C’est faire la juste quantité des efpeces qui doivent être au marc suivant les ordonnances. (Tailler les efpeces. ) TAILLER. [ Pannunt ad vestem conficiendam secare. ] Terme de Couturière & de Tailleur. Couper de la toile pour faire quelque ouvrage, soit chemise, ou rabat. Couper de sétofe pour faire quelque vêtement. (Tailler un caleqon. Tailler une chemise. Tailler un rabat, &c. Tailler une paire de bas. Tailler un manteau, &c. ) TAILLER. C Calamumscalpello acuere. ] Terme de Maître a écrire. Acommoder une plume & la mettre en état de servir à sécriture. (Tailler bien une plume.) TAILLER. [ Polire, effingere, secare. ) Ce mot entre dans quelques faqons de parler des arts, & signifie ajuster. Aproprier. Acommoder comme il faut , afin de servir. (Tailler une pierre prétieufe. Tailler une pierre. Tailler l’ardoife. ) $ TAILLER la frisquette. Terme d’ Imprimerie. C’est découper le morceau de parchemin qui couvre la frisquette, pour que la forme ne porte que fur les endroits qui doivent être imprimez dans les feuilles qu’on tire. * TAILLER en pieces. [ Hojìes cadere. ] Cette façon de parler se dit des ennemis, & signifie batre & défaire à plate couture les ennemis. t * TAILLER quelcun en pieces. [ Proscindere, lace- rare famam-l Façon de parler burlesque , pour dire. Dauber de paroles. Berner. Médire. Faire de sanglantes railleries. Ainsi l’Auteur des Amours des Gaules a dit plaifanment. ( Elle tailloit en pieces le Milord, & faisoit des plaisanteries de, &c. ) * TAILLER de la besogne à quelcun. [ Operosa ne- gotia alicui facejsere. ] C’est lui fuciter des afaires embarassantes. {f Brantôme raconte dans la vie de Charles IX. ,, qu’après les batailles de Jarnac & de Moncontour, ,, il y eut Mr. Dorât qui lui présenta des vers qu’il ,, avoit faits à fa louange. Ha ! ( dit-il ) n’escrivez ,, point déformais rien pour moi, car ce ne sont que ,, toutes flateries & menteries de moi qui n’en ai d donné encore nul sujet d’en bien dire ; mais re- ,, servez tous ces beaux écrits , & tous vous autres „ Messieurs les Poètes, à mon frere, qui ne vous fait ,, que tous les jours tailler de bonne besoigne. ” TAI 557 On dit au même sens. Tailler des croupières. C l K triais aliquem conjicere. ] Volez Croupières. f * TAILLER les morceaux à quelqu’un. C’est Prov. limiter fa dépense, ou lui prescrire ce qu’il doit faire. (On lui a taillé ses morceaux. S’ilétoit le maître , il nous tailleroit nos morceaux bien courts. ) f * TAILLER çjf rogner. Disposer des choses à fa fantaisie. ( Je vous abandonne cette afaire, vous pouvez tailler & rogner. Vous étés le maître chez moi, taillez & rognez. ) T * TAILLER en plein drap. C’est Prov. avoir abondamment tout ce qui est nécessaire pour l’execution d’un dessein. (II est aisé de réussir quand on peut tailler en plein drap. ) On dit aussi d’un homme , qui a été en pouvoir de faire ce qu’il a voulu, qu’il a taillé en plein drap. TAILLERESSE , J. f. Concìnnatrix. J Terme de Momie. Celle qui néteie , ajuste, & met les flaons aux poids prescrits par l’ordonnance. ( Les tailleref- ses font responsables de leurs ouvrages, de forte que si les flaons ne son c pas bien ajustez, ils font rebutez & cisaillez aux dépens des taillerejjez. ) ff Mr. Boisard nous aprend, page 580. qu’il y a cette diference entre les oficiers & les tailleurs dans la monoïe, & les tailleresses, que ,, les premiers font „ pourvus par Letres en cas de mort, & qu’il sufit „ que les tailleresses soient d’Estoc & de ligne ; c’est- „ à-dire, décendans, ou des tailleresses qui aient été ,, reçues & prêté le ferment pour avoir droit , fça- „ voir les aînez des tailleresses d’être monoïeurs. " Mais tous les autres en fans des tailleresses ont feulement droit d’être reçus. Ouvriers, en quelque nombre qu’ils puiflent être, & en même tems. Mais quand il ne reste plus que des filles qui décendent des filles, elles n’y ont plus de droit. f TAILLETTE, f f. C’est une des espèces d’ar- doise que l’on taille sur les carrières d’Anjou. TAILLEUR, J'- m. [ Concinnator. ] Terme de Monoie. II y a deux fortes de tailleurs. Un tailleur général pour toutes les monoïes de France & un tailleur pour chaque monoïe. Le tailleur général est un oficier qui fournit tous les poinçons d’éfigie, & les matrices dont les tailleurs particuliers des monoïes ont coutume de fraper tous les quarrez qui servent à monoïer les efpeces. Le tailleur général présents tous ces poinçons & toutes ces matrices au Bureau de la Cour des monoïes, pour les envoler ensuite dans les monoïes qui font en France. Le tailleur, ou graveur particulier qui est en chaque monoïe, est celui qui fournit tous les quartez nécessaires pour monoïer les efpeces , & qui est responsable s’il arrive quelque défaut d’ouvrage dans la fabrication des efpeces. Le tailleur, ou graveur particulier à cinq fous pour chaque marc d’or & un fou pour chaque marc d’argent. Ce droit lui est paié par le maître de la monoïe. Monfieur Boisard, livre manuscrit. TAILLEUR. [ Recenjìtor. ) Se dit au jeu de la bassette de celui qui tient la banque. TAILLEUR. [ Sarcinator, sartor. J Ce mot en général signifie celui qui fait des habits. ( Un bon tailleur. Un méchant tailleur. ) TAILLEUR pour homme. [ T ogre vìrìlis sartor. J Celui qui fait des habits pour homme. (II est tailleur pour homme. ) TAILLEUR pour femme, f Chlamydis muliebrissartor. J Celui qui ne fait que des corps de jupe de femmes, & qui fait faite le reste aux couturières. (Un bon tailleur pour femmes gagne beaucoup. ) TAILLEUR chaujsetier. ] Sarcinator Regitts. ] Oficier qui fait les habits du Roi. TAILLEUR de pierre. [ Quadratarius. J C’est un artisan qui taille la pierre, & qui la met en état d’être emploiée dans les ouvrages d’architecture. TAILLIS , f m- C Sylva ceedua. ] Bois qui se coupe de neuf à dix ans. ( II y eut quatre ou cinq archers qui se cachèrent dans le taillis. Ablancourt , Rét. liv. ch. 2. B’abord dans Vépais du taillis On n’entend qu’un grand chamaillis. Perr. Chasse. ) TAILLIS. [ Taléa. ] Terme de Y Echiquier d'Angleterre. Ç’est un bâton fendu par la moitié, & mar- A a a a ? qué 558 TAL qué de quelques entailles, où l’on marque l’argent qu’on prête fur les actes du Parlement. T ATI T OIR , f ni. [ Scijsorium. ] Prononcez tailloi. C’est une aflìete de bois. (Un tailloir bien ^TAILLOIR. C Abacus. ] Terme d’ Architeflure. C’est la partie la plus haute des colonnes, ct les anciens l’apelloient abaque. ( Faire un tailloir. ) TAILLON , f. m. [ Tributum subsdiarium.j Seconde taille , ou imposition qui se fait à la maniéré de la taille. Argent qu’on leve tous les ans fur le peuple, & monte environ au tiers de la taille. Le tailloir fut établi par le Roi Henri II. en IÇ49- pour augmenter la solde des gens de guerre. (Lever le taillon. Paier le tailloir. ) TAILLURE, s s- [ TeJseBatum .3 Terme de Brodeur , qui fe dit quand on fe sert de diverses pieces couchées de satins, de velours, de drap dor & d argent, qui s’apliquent comme des pieces de raport uir l’ouvrage, & qui s’élevent quelquefois en relief. On Fapelle autrement broderie de raport. TAIN , / w. [Lamina jìannea.~} Lame d’étain fort mince qu’on met derriere les glaces des miroirs. TAINS,/?». [ Tabulata. ] Terme de Marine. Ce font des pieces de bois grosses & courtes, couchées à terre, fur lesquelles on pose la quille du vaisseau lors qu’on le met fur le chantier & qu’on le construit. TAIRE, V. a. [ Tacere, slere. j Je tai, tu tais , il tait , nom taisons, mus taisez, ils taisent. Je taisois. J’ai teu. Je teus. Prononcez. Je tu, & f ai tu. Que je taise. Je teujse. Je me tairois. Taisant. ( Savoir bien taire un secret. C’est être fort discret que dc savoir taire ce qu’il faut taire. Ma raison vient toujours me dire Taifez-vous , tendres mouvement , Mais mon berger vient , il soupire , Le voici , vains raisonnement , Taisez vous. Desh. ) Faire taire. [ Silentium imponere, audientiam face- re, linguam occludere. ] Empêcher de parler. Imposer silence. ( Faire taire des gens qui parlent trop haut. Faire taire quelcun. Lui tenir tête. ) * TAIRE. [ Sedare. ] Apaiser. (Ne ferez-vous pas taire un bruit qui vous osenfe. Racine, Iphige. nie, afle 4. Scene 6 . ) SE TAIRE , v. r. [ Tacere, conticescere, vocent pre- mere. ] Je me tai. Je me taisois. Je me fuis teu. Je me teus . Je me tairai. C’est ne dire mot. Ne point parler. N’écrire, ni composer. ( Trouve bon que je me taise. Mai. Poéf. ) J’entens Amarilis qui chante dans ces bois , Taiscz-vôus, rojsgnols, zéphirs faites slence. La Lande, Eglogue. ) Veux-tu te taire, la voici. Tai toi donc. Molière. II faut fe taire quand on ne peut parler fans péril. On ne sc repent guere de s’être teu , & l’on se re- pent presque toujours d’avoir parlé. ) TAIRE. [ Qbtemperare, morem gerere. ] Veut dire encore, plier, acquiescer, obéir. Les loix fe taisent parmi les armes. [ Inter arma filent leges .] Quand le cœur se tait, tout parle inutilement. Desh. ) T AISSON t f m. [ Taxus. ] Blereau , animal sauvage. Danet. ( II est parlé des peaux de Taisons dans l’Exode, mais Scaliger dit que cet animal est inconnu. í TAL- [ Papyracea arbor. ] Efpece de Palma qui croît en Amerique. Sa feuille est grande, les I, diens s’en servent au lieu de papier. II y en a ur autre efpece dans la Nouvelle Espagne qui sert poi le meme usage. f TALANCHE ,// Droguet de laine sur st qui le rabrique en Bourgogne. T TALAPOINS , / m. Prêtres ou Religieux di ìnaes , dont les uns vivent dans les bois & les ai tres dans les vdies, & tous font obligez fous peir fíénr^h^P' m ‘ '[Tblaspis C’est une forte c fin f T f ÍT- e us paras SÍ’ q ui est blanche, ou gris c lin. (Talaspis blanc. Talaspis gris de lin. ) TAL TALC, talque, f. m. [Lapis perlucidus. ] On écrit l’un & l’autre , mais plus ordinairement talc. Le talc est une forte de minerai. Mais il y en a de plusieurs maniérés. Talc commun. Talc faux. Talc vrai. Talc en masse. Talc en pierre. Talc jaune. Talc de Venise, forte de talc qui étant bien préparé sert pour faire du fard. Talc de Moscovie. C’est une efpece de talc fort clair qu’on taille par feuilles, & qu’on aplique fur les portraits en mignature. C’est de ce talc que Voiture parle ainsi , le t. ; (Tous les changemens qu’elle à faits en vôtre vie me semblent comme des pieces de talc qu’on aplique fur les portraits qui laissent voir toujours le même visage. Les Chimistes en parlant de talc, disent. Préparer le talc. Voïez Emeri, traité de Chimie. } TA LEO , s m. [ Vélum frontale. ] Ce mot en parlant des Juifs signifie le voile dont les juifs sc couvrent lors qu’ils font dans la sinagogue. Voïez le liv. des Cérémonies des Juifs. TALEMOUSE , ou talmouse, s.s. [ Panis duU ciarius ex ovis U caseo compaHus. ] L’un & l’autre fe dit de quatre, ou de trois silabes. C’est une sotte de petite tarte qui est en triangle & qui est remplie de fromage. (Les meilleures talmouscs sont celles de Saint Denis en France. Talemoufe toute chaude. Ta- lemouse sortant du four. ) {fs Villon dans son Testament : Item à Jehan Raguier je luy donne , Qui ejt sergent, voire des douze, Tant qu’il vivra , ains l’ordonne , Tons les jours une talemoufe Pour bouter fourrer fa mouse. Voïez les Origines de Mr. Ménage. TALENT, / m. [ Talentum. ] Prononcez ta. lan. Ce mot vient du Grec. C’étoit en général une forte de monoïe d’or ou d’argent, qui valoit diferem- ment. Le Talent Attique valoit cinquante Alines Attiques, qui selon la plus commune opinion faisoient 25 il. Livres de notre monoïe; car la mine Attique valoit 46. Livres & quelques fols. Le Talent de l’Is- le d’Egine valoit le double du Talent Attique. Le Talent Euboïque, ou de l’Isle d’Eubée, qu’on apelle aujourd’hui Négrepont, valoit ç6. Alines Attiques & environ 2600. Livres de notre monoïe. Le Talent d’Egipte étoit de pareille valeur : d’autres croient qu’il valoit le double du Talent Attique. Le Talent Babilonien & celui de Perse valoient 70. Mines Attiques. Et celui de Sirie en valoit 25. II y avoit de grands & de petits talens , dont Budée a écrit la valeur. TALENT. [Dos, facultas.J Ce mot fe dit des personnes & signifie don de nature. Avantage de la nature avec lequel on est né & qui fait qu’on paroit plus qu’un autre , qu’on a plus de génie & de facilité pour les choses que ceux qui n’ont pas le même talent. ( Toutes sortes d’ejprits De mon talent ne sauront pas le prix. Boileau, Epi.) J’ai cent mille vertus en Louis bien contez, Efl-il quelque talent que l’argent ne me donne ? C’ejì ains qu’en son cœur ce snancier raisonne. Defpr. ) II est né avec de grans talens. II est né avec un talent particulier pour la poésie. Ablancourt. II a reqû de beaux talens de la nature. II a un talent admirable pour cela. ) Votre infuse soupçon avec raison nous pique, De votre Amarilis nom savons les talens, Et que la plus mordante [f severe critique Ne lut pourra jamais faire sentir ses dents. Desh. ) (f On dit quelquefois maltalent pour signifier en. nui, mauvaise humeur. Dans le Roman de la Rose : Car quand le cœur es bien dolent , N’a pour vrai desr, ne talent. * Faire valoir le talent. [ Facultatem quœsui hf. bere. ] Proverbe, pour dire faire estimer le métier qu’on fait, & le mettre en honneur, fe faisant un peu considérer. f * E». TAL f * Enstottir le talent. C’est rendre ses ’ bonnes qualitez inutiles par pure paresse. TALER ■> st w- [ Talents regìus. ] Monoïe d’ar- gent valant un écu, qui fut premièrement fabriquée en Bohême en 1520. par les Comtes de la maison de Selicon. TALINGUER, v. a. s Rudentem annulo ancho- ra alligare. ] Terme de Mer. Amarer les cables, c’est lier les cables à un gros anneau de fer qu’on apelle arganeau. ( Talinguer les cables. ) TALION , st m. [ Talio. j Punition égale à l’ofenfe qu’on a faite. ( La peine du talion , dent pour dent, œil pour œil, étoit dans les Loix de Moïse. ) A' Cette pleine est abolie en France ; il faut q u'elle ait été autrefois pratiquée, car il est dit dans la Décision 89. de Jean Defmares, part. z. Le Procureur du Roy en accusation criminelle ou Bailliage dont il est Procureur, n’est tenu de foy inscrire à peine du talion, ficus de aliis. TALISMAN, st r». [Taìistma.] Terms à'Astrologue. Borel dans son Dictionnaire dit que le mot de talisman est un mot Persan qui signifie gravure constellée. C’est une figure faite fous de certaines constellations. (Faire un talisman. Voïez Monsieur Ga- droys. ) f TALISMANIQJJE , adj. Qui apartient au talisman. ( Vertu talismanique. ) TALISMANISTE, st m. [TaUsntamfta.] Mot factice pour dire celui qui fait des talismans. Celui qui ajoute foi aux talismans. C’est un talifmaniste. (On dit aussi talifmatique. ) TALLAR , st m. f Prône t r ir émis tahulatum. ] Terme de Marine. C’est dans une galere l’efpace qui est depuis le coursier jusqu’à l’apostis, où fe mettent les efcomes. TALLEVANNES , st st Pots de grès propres à mettre du beurre. TALMELIER, / nt. [Talemarìus.] C’étoit autrefois le sinonime de Boulanger. Et ce nom fe trouve encore dans leurs lettres de maîtrise. r TALMOUSE. Voïez Talemouste. TALMUD , st. m. s Ritualis Judœorum liber.'] Ce mot fe dit en parlant des Juifs. C’est un livre qui contient les constitutions & les réglés des sages Radins A des Docteurs Juifs pour le bien & pour la conduite des Juifs. Le Talmud a été interprété par Salomon Jarchi qui étoit de Troie, & il est principalement défendu en Italie. Le Talmud a été imprimé en plusieurs endroits. L’une des meilleures éditions est une ancienne de Venise en plusieurs grands volumes. 11 y a deux Talmuds, celui de Jérusalem & celui de Babilone, qui est le plus étendu , qui a le plus de cours parmi les Juifs & qu’on lit d’ordinai- re. Le Rabin Moïse fils de Maimon en a fait un abrégé, qui vaut mieux que le Talmud, selon le témoignage de Scaliger, parce qu’il la purgé des fables dont il est plein. Les Juifs n’ajoûtent pas moins de foi au Talmud qu’à récriture Sainte , quoi qu’il soit rempli de mille extravagances. TALML’DISTE , st m. [ Thalmudìsta. ] Celui qui est ataché aux fentimens du Talmud , qui en fuit les dogmes, qui les entend, & qui les explique. ( C’est un talmudiste. ) t TALOCHE , st st. [ Striclus acutustque articulai. ] Mot vieux, bas & burlesque pour dire un coup. ( II a eu une bonne taloche. Donner une taloche à quelcun. ) íy Voïez aussi les Origines de Mr. Ménage, qui raporte un endroit d’un Manuscrit de la Chambre des Comptes, où il est dit : Item stur chacun ouvrier ou marchand d’épées ou taloches , pareillement un chìest. Et de là ( dit-il ) cette façon de parler, Donner une tuloche , pour dire un coup de.... TALON , st ní. [ Talus. J Os presque quarré qui est au bas de la jambe. Deg. ( Avoir le talon ècorché. Poser le talon à terre. Ablancourt. Avoir les mules aux talons. ) * TALON. Ce mot au figuré entre dans quelques façons de parler ordinaires & familières. (Exemples. Montrer les talons. [ Abire. ] C’est-à-dire , s’enfuir. Quoi qu’il soit vêtu à la mode, on n’aime questes talons. C’est-à-dire, on ne souhaite rien tant que de TAL 559 ne le voir plus, que de le voir s’en aller. II est toujours à fies talons, r Perpetuà eum instecíatur. ] C’est- à-dire, il le fuit, ou la fuit toujours , il ne la quitte pas. Elle a les talons courts. [Veneristacilis est.] C’est- à-dire, on la renverse & on en jouit aisément. Jouer des talons. [ Terga vertere. ] C’est-à-dire, s’enfuir. ) TALON, f Clavi palma. ] Terme de Mer, qui íè dit en parlant de la quille d’un bâtiment. C’est l’ex- trémité de la quille du côté qu’elle s’assemble avec l’estambord , qui est une piece de charpenterie élevée & mise en saillie sur le bout de la quillp à Barrière du vaisseau, pour soutenir le gouvernais. TALON de rode. s Pars posterior trahis. J C’est le pie de la Rode de proue, ou de la Rode de poppe, qui s’enchasse à la Caréné. TALON. C Cymacium , undalyfis. ] Terme â’Architecture. Efpece de moulure composée d’un filet quarré & d’une cimaise droite qui termine souvent les menuiseries où Bon fait des ornemens. On l’a- pelle auffi Gueule renversée. TALON. [ Calcaris parsstuprema. ] Ce mot entre dans plusieurs façons de parler de manège , & il fe prend alors pour l’épron qui est au talon du cavalier. (Ainsi on dit cheval qui connoit les talons, qui entend les talons, qui obéit aux talons. Cheval qui répond aux talons. Cheval qui est bien dans les talons. Cheval qui fuit les talons, qui résisté aux talons. Promener un cheval dans les talons. Donner du talon à un Cheval. Porter un cheval d’un talonfur tautre. C’est- à-dire , le faire aller de côté, tantôt d’un talon & tantôt de B autre. ) TALON, f Hast a pars infima.] Terme de Maître déexercice militaire. C’est le bout du pas de la pique. ( Talon de pique mal fait. ) TALON. [Infima novaculœ extremitm.] Terme de Barbier & de Coutelier. Ce mot fe dic en parlant de rasoir. C’est la derniere partie du taillant du rasoir. ( Le talon du rasoir ne vaut rien. Raser du talon. ) TALON. [Ta/are.] Terme de Talonnier. C’est un petit morceau de bois leger, bien plané, qu’on met fous des souliers & des mules des femmes, qui répond, quand elles font chaussées, à la partie du pié, qu’on apelle le talon. (Voilà un talon de bois fait très-proprement. ) TALON. [Talare.] Terme de Cordonnier. Ce font plusieurs petits morceaux de cuir, colez & chevillez les uns fur les autres qu’on atache au bout du soulié, ou de la botte pour répondre à la partie du pié de l’homme qu’on nomme le talon. ( Brocher un talon. Rougir, ou noircir un talon. Lisser un talon. ) II se dit aussi de la partie des bas qui répond au talon. (Mettre des coins , des semelles & des talons à des bas de foie. ) TALON. [Frondis infima pars.] Terme de Jardinier. C’est la partie la plus basse d’une branche. C’est la plus grosse partie d’une branche coupée. (On prend le talon de la branche quand l’extrémité est trop foible. Quint. Jard. fr. t. 1. ) II fe dit auffi de l’artichaud. [Infima pars cinara.] C’est Bendroit où tiennent les racines, & d’où sortent les feuilles de l’œilleton détaché du principal pié. (L’œilleton est bon pourvû que le talon soit jeune & un peu enraciné. Qmnt. Jard. str. t. 1. ) On dit proverbialement, la peur lui a donné des ailes aux talons, pour dire qu’un homme s’est enfui, f Timor addidit alas. J Cet importun est toujours à mes talons. [ Me urget. J II avoir l’efprit aux talons quand il a fait cette sottise. Montrez-moi les talons. C’est- à-dire sortez d’ici. Marcher fur les talons de quelcun. C’est le suivre de fort près. f Pedem pede premere.] TALONNER , v. a. f Equum cake férire. J Donner des coups de talon. ( II étoit monté fur une ros. fe qu’il talonnoit de toute fa force, parce qu’il n’a- voit ni verge, ni épron. ) * TALONNER. [Aliquemurgere,alicui instare.] Prés. fer. Poursuivre. Pousser vertement. (Voici un prélat qui nous talonne, & qui nous pousse d’une maniéré bien étrange. Patr. pi. Talonner un paresseux. Je niétonne Qu’avec tant de beaux métiers , La nécessité vont talonne. Mai. Poéf. ) {§ TALONNER. Ce terme est bas ; on le soufre dans le familier. Mr. de Racan a dit dans le Pseau me 6 . Mon juste repentir, qui toujours me talonne. Ce 560 TAM Cc qui suit n’est pas moins défectueux: Le tour trouble ma joie ; U la nuit mon repos s Et [barreur des tourmens me transit çcf m étonné Jusques dedans les os. Les os étonnez , est une phrase nouvelle. Le Poète avoit beaucoup de facilite & de genie, maïs peu de 1 TALONNIER , f m. [Tajarius opifex. ] Ouvrier qui ne fait que des talons de bois pour femmes. ( 11 n’y a point de maîtrise parmi les talonniers, parce qu’on gagne fort peu à travailler en talons , & qu u n’y a pas beaucoup de talonniers. Les talonniers font fort pauvres. ) TALONNIERES, f. f. [ Mercurii taleana. j Le mot se dit en parlant de Mercure. Ce sont des ailes aux talons de Mercure, fils & messager de Jupiter. (Les talonnieres de Mercure font fameuses dans les ouvrages des anciens Poètes. Mercure prend les talonnieres & fend les airs. ) TALONNIERES. [Talariafi Terme d Augustin déchaussé & d’autres Religieux qui vont avec des sandales, ou des focs. C’est un morceau de cuir qui couvre le talon & qui fe vient rendre fur le cou du pié où il s'atache. ( Ce n’est que l’hiver que les Religieux déchaussez mettent des talonnieres pour fe garantir du froid aux talons. ) TALQUE. Volez talc. TALUS , talud, talut , s. m. fAcclivitas, dedivi- t». [Navis libramentum. ] Terme de Marine. C’est le balancement d’un vaisseau de Pavant à l’arriére. Le tangage du vaisseau n’a pas été tout-à-fait désagréable. Tome III. Bbbb TAN- 562 TAN TANGENTE , fi f ÍLineatangens. J Terme de Matématiques. C’est une ligne qui touche un cercle, ou une ligne courbe en un point. (C’est une tangente, ta tangente d’un cercle est ordinairement terminée par le point où elle rencontre la sécante. ) Voies se- CQVît? • TANGER la côte. [Littus radere.J Terme de Mer. C’est courir le long de la côte. TANGUER, ou tanguer , v.n. f IJbrari . J Terme de Mer. C’est se hausser de savant & puis de l’arrié- re , comme si le vaisseau se balançoit sur les lames de la mer. (Le navire tangue. On dit aussi on tangue.) f TA NI, s «r- C’est la meilleure des deux espèces de Soie qui vient de Bengale. £ TAN JEBS. Mousselines ou toiles de coton doubles , qu’on tire de Bengale. f TANJEBS. Ce font aussi des mouchoirs de mousseline brodée qui viennent par pièces. TANIERE, A [ Spelunca , f ove a. J Lieu creux dans la terre où se retire le renard. ( Enfermer le renard dans fa taniere. ) * TANIERE. C Latibulum , secejfus. ] Lieu & endroit où l’on se cache pour échaper à son ennemi. (II disoit qu’il ne lui soufriroit plus de fuir la lice, & qu’il s’en iroit le faire sortir de la taniere. Vaug. Quint. I. 3. c. 8- ) TANQÇJER, f. «. Terme de Mer. Votes tanguer. TANQUEUR, ou gabarit, s m. [ Ba/uàts. J Terme de Mer. Ceux qui portent à bord les marchandises, & qui du bord les portent à terre. Ceux qui se mettent à seau & aportent à terre sur leurs épaules les hommes & leurs bardes, ou qui de terre les portent au vaisseau lors qu’il ne peut aprocher de terre. Fournier. f TANSER, v. a. [ Increpare , objurgare. ] Ce mot est un peu vieux, & il entre dans le burlesque & le satirique. II signifie, Rep-endre, réprimander, gronder, blâmer , menacer. ( II s’avise à contre-tems de le tarifer. La Fontaine, Fables , l. r. II se dit quelquefois serieuíement. Ceux de Numance tansant leur jeunesse de ce qu’elle fuioit, c’est bien le même troupeau, dit-elle , mais ce n’elt plus le même pasteur. Tibere tança Germanicus d’avoir osé, contre la défense d’Au- guste, entrer en Egipte. Abl. Tac. Ann. I. 2. ch. 19. V enfant lui crie, au secours, je péris, Le Magijler se tournant à ses cris, D’un ton fort grave à contre-tems s’avise De le tarifer. Ah ! le petit babouin , Voìez , dit-il, où la mis fasotije. La Font. ) jg' Dans Pathelin : Et qui diroit à vojìre tnere Que ne sussiez fils de vofire pere, 11 auroit grand sain de tancer. Votez les Origines de Ménagé. TANT , adv. [ Ita, adeo. ] Tellement. Si fort. Si. Le mot de tant immédiatement devant un nom substantif, régit le génitif, & signifie grand. (j e prens tant de plaisir à vous écrire, que je n’en trouve guère d’avantage à ne rien faire. Voit. let. 1;. Je ne verrai jamais rien qui soit tant aimable, Ai votes rien déformais qui puisse tant aimer. Voit. Foés.) 11 n’y a point d’homme au monde que je respecte tant que lui. Voit. I. 30. ) TANT. [ Tantum. ] Autant que. (Je n’aimerai ja. mais rien tant au monde que vous. Voit. I. 14. Rj en ne coute tant que l’étude. Ablanc. ) TANT. [ Tantum. ] Ce mot entre en plusieurs fa- qons de parler qui ont des sens diFerens. ( Exemples. Tant pour hommes que pour femmes. C’est-à-dire ' autant pour hommes que pour femmes. Nous avons thacun tant par tête. C’est-à-dire nous avons chacun dépensé une telle somme ; nous devons chacun une certaine somme. Nous étions tant à table. C’eû-à-di- te, un tel nombre. Cet ouvrier gagne tant par jour. II y a tant de gens à contenter, qu’on n’y peut sufire ! ce/ha-dire , un si grand nombre de gens. Tant de fois. Vous dites tant que je ne me saurois contraindre. Voit. let. 24. C est-a-dire, vous dites si souvent que je ne me puis contraindre. La mort ne vous a pas fait peur d e tant près que vous l’aiez vûë. Voit. let. ic C’eft-a-dire, la mort ne vous a point fait de peur, quoi «iue vous laiez vue de fort près. S’ils faisoient tant TAN que d’en tirer quelques-uns, ils se rencontroient. Vaug, Quint. C'est-à-dire, s’ils en tiroient, &c. II a soixante & tant d’années. Plût à Dieu qu'on réglât ainp tous les procès, Que des Turcs en cela l'on suivit la métode, Lesimple sens commun nous tiendrait lieu de code, ll ne faudrait point tant de frais. La Font. ) sis Mr. de Voiture a dit dans fa Lettre à Mr. 1* Prince : Monseigneur, en ce trijìe état , Confessez que le cœur vous bat, Comme il fait à tant que nous sommes. Ce mot est bien bas ; mais la prévention étoit grande en faveur de Mr. de Voiture. Tant & de fi grandes eboses, ou tant& défi belles paroles. Mr.de Vaugelas, remarq. 3 iû. a dit que cette façon de parler a quelque chose de vieux & de rude , & que ceux qui écrivent purement, ne s’en servent point. On se contente de dire. 11 a fait tant de belles allions. Mais l’Académie n’aspas été de son sentiment: elle a trouvé au contraire que tant U de fi belles allions avoit bonne grâce dans le stile sublime, sur tout au commencement d’une periode, après qu’on a parlé de chacune de ces belles actions. TANT à tant, adv. [ Pares. J Ces mots sc disent entre joueurs & veulent dire, nous voilà égaux en matière de jeu. Nous ne sommes pas plus avancez l’un que l’autre dans le jeu. Exemples. Nous voilà tant à tant, quitons. Si nous pouvons venir tant à tant, il faut remettre la partie. t TANT plus. [ Quù m a pis. ] Ces mots ne font pins guere en usage. On ne dit plus par exemple , tant plus il boit, tant plus i ! a soif. Vaug. Rem. TANT pis. Sorte d'adverbe qu’on exprime en Latin Ï arces mots, tantòpejus. ( Tant pis pour lui. Ablanc. 'ant pis de prendre peine à dire des sotises. Molière.) TANT que. C Dùm. ] Conjonllion. C’est-à-dire, autant que. (Tant qu’il vous plaira. Molière , Critique de 1 Ecole des Femmes. ) TANT que. [ Conjonllion. ] Dùm, quoad. C’est-à- dire , tandis que. Durant que , pendant que. Toutes ces conjonctions régissent le verbe à l’indicatif. Tant qu’ils ne font qu’Amans , nous sommes souveraines. Corn. Polieulîe, ail. 1 .sc. 3. Je vous ai aimé tant que j’ai esperé que vous seriez un bon Prince. Cousin, Flifìoire Romaine. Je ne me puis estimer malheureux tant que j’aurai l’booneur d’étre aimé de vous. Voiture , let. 14. Tant qu’on est jeune, on ne juge sainement de rien. Mémoires de la Rochefoucaut. ) TANT que. s In quantum. ] C’est-à-dire, autant que. Ils I’empêchoient tant qu’ils pouvoient. Abl. Ar. I. 1. De là P on pajji à la garene, Où t on abat presque sans peine , Et tant que l’on en ait assez, Lapins de genêt engraissez. Perr. Chasse. ) TANT s'en faut que. f Tantum abefi ut. ] Sorte de conjonllion qu’on rend en Latin par ces mots tantum abefi , & vaut autant en François que si on disoit bien loin. Quand il y a un que devant tant s’en faut, il veut être repeté après. Vaug. Rem. ( 11 répondit que tant s'en faut qu’on leur voulût faire du mal, qu’au contraire estes seroient traitées en Reines. Vaug. Quint. I. 3. ch.'i. Tant s’en faut qu’on doive regarder l’étúdc comme une chose inutile, qu’au contraire on la doit considérer comme la nourriture de l’esprit. Voies le traité de la paresse. ) f TAN T seulement, adv. s Tantum , duntaxat. J Ce mot est hors d’usage, & en sa place on dit, seulement. Ainsi on ne doit pas imiter Monsieur Voiture, qui dam ses Poésies a dit : ( J’arrive de cent piez fous terre Pour vous o'ùir tant seulement. ) TANT soit peu , adv. [ Paululùm, paulifier. ] Un peu. ( Etre aimé tant soit peu. II est tant soit peu abatu, mais cela n’est rien. ) TANT y a. f Vt ut fit. ] Conjonlîhn qui régît Pin- dicatis, & qui signifie de sorte que. Si bien que. Quoi qu’il en soit. ( Tant y a, qu’à force de faire des bat fesses, il a fair (a fortune. ) (J Je ne puis m’acoûtumer à cette diction. Je sçais que Mr. Patru s’en est servi dans son premier Plaidoié : Tant tir I TAP Tant y a que P Empereur , sur les plaintes des uns U des autres ordonna , &c. Mais cette autorité ne saurait me faire aprouver ce tant y a. Je fqais de plus , que Mr. de Vaugelas s’en est servi dans plusieurs endroits de son Quinte-Curce. Mais je soutiens avec le P. Bouhours, que cette façon de parlera vieilli, & qu’on ne doit pas même s’en servir dans le discours familier entre personnes hors du commun. Je me souviens qu’un jour je m’avisai de dire familièrement tant y a ; on me dit en raillant : Tantia étoit la femme de Tantìus. TANT. [ Tùm , tàm. ] ( Tant plein que vuide. Tant par eau que par terre. Tant en marchandises qu’en argent. C’est-à-dire , partie en marchandises , partie en argent. ) Quand quelcun est un sot, si c’est tant pis pour lui, c’est toûjours tant mieux pour un autre. TANT. Est quelquefois relatif & conjonctif. II a fait un voyage tant par mer que par terre. [ Magnum iter consent tùmterrà, tùm mari , ou terra U mari. J TANTALE, f m. [ T an talus. J Dans le sens propre , c’est un homme que les Poètes ont feint être dans l’eau jusqu’aux lèvres fans pouvoir se désaltérer. Dans le sens figuré , c’est un avare riche qui se refuse tout, & qui est à lui-même inhumain, f Cet homme est un tantale qui se laisse mourir de faim au milieu des richesses. ) TANTARARE. Mot imaginé pour representer un certain son de trompette. TANTE , f f. Ç Amita , matertera. ] C’est la sœur du pere, ou de la mere. C’est aussi la femme de Ponde. ( Tante paternelle. Tante maternelle. Marie Therefe, Infante d’Espagne , Reine de France, étoit la tante des enfans de feu Monsieur le Duc d’Or- leans. Les filles orfelines font mises à la garde de leurs tantes. ) TANTE. Voïez tente. T ANTIN, TANTINET. Terme populaire , qui signifie une petite quantité d’une chose. (Atendez un tantin. II est quand il s’y boute , un tantinet ivrogne , Mais tenez pour le reste, il va droit en besogne. Bours. Esope. ) TANTÔT, ou tantost , adv. [ Brevi. ] L’un & Vautre s’ecrít, mais quoi qu’on écrive tantost , on ne prononce pas ì’s. Tantôt signifie dans peu de tems. En un moment. Tout à l’heure. (J’aurai Phonneur de vous aler faire la reverence tantôt. 11 viendra tantôt. Aurez- vous tantôt fait, pour dire aurez-vous bien-tót fait. Tantôt nous sommes au monde, & tantôt nous n’y sommes plus, & cependant nous ne songeons point à la mort. De grâce , à quoi bon tout ceci , Dit une abeille fort prudente, Depuis tantôt fix mois que la cause est pendante, Vous voici comme au premier jour. La Font. ) TANTÔT. [ Mode. J Ce mot est aussi une conjonction disjonctive. ( Tantôt I’un, tantôt l’autre, c’est- à-dire une fois l’un , une autre Fois Vautre. Le tems est inconstant, il fait tantôt froid, tantôt chaud. Tantôt il veut une chose , & tantôt il en veut une autre. Je jettois les yeux tantôt d’un côté, & tantôt d’un autre.) TAON , tabou , ou ton , f m. f Astlus. J On prononce ton , & même quelques-uns l’écrivent. C’est ce que les Latins apellent tabamis , & les Italiens ta* fano. C’est une espèce de mouche qui a un éguillon dont elle pique particulièrement les bœufs, les vaches, les chevaux, & les serpens. Jonston raconte qu’un cheval aïant été lié six heures de fuite à un arbte, fut tué par les taons. ) TAON. [ Vermìculus marìnus. J Petit animal marin grand comme une areignée, qui tourmente les poiíi sons qu’on nomme tons , empereurs , & dauphins. Rond. On dit proverbialement. La première mouche qui le piquera fera un taon. Pour dire , le moindre malheur qui lui arrivera achevera de le perdre. TAP. Voïez Taps. TAP ABORD , ou tapebord, f. m. C PUeoïuí nau* ticus. ] Ce dernier semble plus doux que le premier. Je dirois donc tapebord. C’est une forte de bonnet à l’Angloisc qui étoit fort commode, & qu’on portoit fur TAP 563 mer, il y a environ 104. ou ioç. ans» On dit qu’on portoit des tapabors au siégé de la Rochelle, au moins Monsieur Bouillaud, célébré Astronome, qui étoit alors dans fa verte jeunesse, me l’a ainsi assuré. 11 croît même que le mot de tapabord n’a été vraisemblablement apellé de la sorte que sur mer & dans un sens un peu figuré. Car en termes de marine, on nomme bord un vaisseau. Quoi qu’il en soit, le mot de iapabord ou de tapebord n’est pas aujourd’hui fort entendu, & je ne l’ai trouvé que dans les recueils des poésies de Serci , tome 2. pag. 224. Et dans un livre qui a pour titre, les Us & Coutumes de la Mer , où l’on dit le couvrir la tête d’un bon tapebord. t TAPE, f f- [///*#• 3 Mot bas & burlesque pour dire coup de la main. ( Je lui ai donné une bonne Cape. Donner une tape sur l’œil. ) f TAPECÒN , f. m. C Vramstopus. J , Poisson de la mer de Marseille rond & long d’un pié, bon à manger. Sa bouche est entre ses yeux. Son fiel est propre pour déterger & pour consumer les cataractes & les autres impuretez des yeux. TAPECU , f m. [ Cratissacoma. ] C’est la partie chargée d’une bascule qui sert à lever & à baisser plus facilement un pont levis, & qui est presque en équilibré avec lui. TAPECU. [ Vélum ad puppìm adjecíitium. J Terme de Mer. C’est une petite voile quarrée qu’on met sur le cu des Vaisseaux pêcheurs & qui pour cela a été apel- lée tapecu. On en met aussi à une Vergue suspendue vers le couronnement d’un Vaisseau marchand. Le tapecu sert à les soutenir au vent & à empêcher qu’ils n’aillent de côté. Denis , bist. de VAmerìque. f TAPER , v. a. f Verbes are, percutere. J Mot bas & burlesque. Donner des tapes. ( Elle l’a tapé comme il faut. On dit aussi taper du pié. ) TAPER. [CriJpare. j Ce mot se dit en parlant des cheveux & veut dire, les étendre & les repousser en haut avec le peigne pour leur donner une espèce de frisure. ( Taper les cheveux. ) f TAPER. Terme de Doreur. C’est mettre le blanc en tapant, quand c’est pour dorer des Ouvrages de sculpture. H TAPER une forme. Terme de Sucrerie. C’est boucher le trou qui est à la pointe d’une forme de sucre , pour empêcher qu’elle ne se purge , jusqu’à ce qu’elle soit en état d’étre percée avec le poinçon. TAPEREAU, f m. I Philoflrastrum. ] C’est le nom qu’on donne en quelques endroits à un pétard, à cause du bruit qu’il fait. f TAPIA , f- *n- Arbrisseau des Indes. Ses feuilles font un excellent remede pour apaiser l’inflammation de l’Anus. T APIERE, f f C Trabecula ad navis latus adapta- ta. ] Terme de Marine. Longue piéce de bois de quatre pouces en quarré , qui est reçùëpar des coude, lattes dans la construction d’un vaisseau. j- En tapinois , adv. f Secretò, clanculumst Mot vieux & burlesque qui veut dire. En cachette. Secrètement. (Votre œil en tapinois me dérobe le cœur. Molière. U se glissa en tapinois dans son carquois, Sarastn, Poe - stes. C’est-à-dire, il se glissa doucement, en se baissant & sc cachant. Oh ! oh , je ríy prenois pas garde , Tandis que fans songer a mal , \e vous regarde , Votre ail en tapinois me dérobe lecteur. Mol. ) SE TAPIR, Vi r - C Latitare , làtere. J Se cachet contre quelque Chose, ou derrière quelque chose afin de n être pas aperqù. Se cacher. Se dérober à la vúé en sc cachant d’une certaine maniéré. ( II s’étoit tapi contre la muraille. Ablanc. Enfin me tapissant au recoin d’une porte f entendis son propos. Régnier. Sat. s j. ) Cet animal tapi dans son obscurité Jouit l’hiver des biens conquis durant l’été. Despr. Sat. 8- ) f TAPIROUSSÙ, 011 Dante, f. m. Animal à quatre piez qu’on trouve en Amerique. Les ongles de ses piez sont sudorifiques & propres pour répileplie. TAPIS'/ m. ITapetia,tapes.'] Mot qui vient du Grec. Ouvrage de tapisserie qui sert ordinairement à parer Tome III. B b b s uns 564 TAP une table , une cassette , ou quelque endroit sut^lequel on marche, ou sur lequel on repose. ( Un tapis verd, gris, rouge. Un beau tapis. Un tapis de la Chine. Un tapis de Turquie. Un tapis de pie. Les Turcs mangent fur des tapis qu’ils étendent par terre. Quoi ! vous sortez Ji-tôt P vous moquez-vous des gens, Rentrez fous le tapis , il n’estpas encor tems. Molière Tartufe. ) TAPIS. [ Tapes. ] Terme d 'Anatomie. Nom qu’on donne à la membrane choroïde de l’œil de plusieurs animaux , à cause qu’ils l’ont de differentes couleurs. ■"TAPIS. £Area berbacea. 2 Ce mot se dit d e prez & veut dire, Verdure belle & unie en forme de tapis. ( Tapis verd. Deces tapis le pourpre prétieux blejse mes sens. Voit. Poës. ) * TAPIS. £Gramineus tapes .] C’est une forte de quar- ré tout couvert d’herbes en forme de tapis, qu’on fait, ou qu’on trouve dans de certains jardins & dans de certaines cours. Lors que ces tapis font figurez , on les apelle boulingrins. ( II y a un assez joli tapis dans la cour deá Chanoines réguliers de sainte Geneviève, & on en voit de fort beaux à Liancour, & dans les jardins du Roi & de Monsieur. ) * TAPIS. [ Sermo. 2 Ce mot entre encore dans quelques faqons de parler ordinaires & figurées. (Exemples Mettrefur le tapis une question galante. Molière , Pré- tieufes. £QuaJìionem fijìivam U Itpidam agi t are.2 C’est proposer une question galante. " Remettre une afaire fur le tapis, Maucroix , Schisme d’Angleterre, l. i. £Nugis aliquem detinere.2 C’est parler tout de nouveau de quelque chose. * Etre fur le tapis. [ Multorum fabulam effe.2 C’est être le sujet dé ('entretien du monde. Etre la personne dont on parle, ou la chose dont il s’agit. ( L’afaire est encore fur le tapis. D’Ablancourt & Amelot font encore fur le tapis parmi les gens de lettres. (On croit que celui-ci ne devoit pas entreprendre de traduire Tacite après d’Ablancourt, & qu’il devoit borner son ambition à faire des notes. -f " Quand quelcun a oublié de mette au jeu , on lui dit en riant que le tapis brûle, [ Vacuus eji tapes. J TAPIS. [ Area. ] Ce mot entre dans une faqon de parler de manège. Cheval qui rase le tapis. [ Equus qui currendo radìt. J C’est-à-dire , qui galope près de terre, qui a ses mouvemens trop près de terre & qui ne s’éleve pas assez lors qu’il galope. f TAPISSENDIS , f rn. Sorte de toiles de coton peintes, dont la couleur passe des deux côtez, & dont on fait des tapis & des courtepointes. TAPISSER, v. a. [ Au/eis vejiire, tapetibus or- na.re.2 Tendre de la tapisserie tout autour d’une chambre , d’une sale, ou de quelque autre lieu qu’on veut parer. Tendre de la tapisserie le long de quelque muraille, comme l’on fait à la Fête-Dieu. (Tapisser une chambre , une maison, une sale. On tapisse les rues à la Fête-Dieu. ) " TAPISSER. [ Humum Jloribus exornare. ] U se dit aussi de quelques autres choses. ( Tapisser la terre de fleurs. ( Les chambres des pauvres gens font quelquefois tapissées de toiles d’arraignées. Tapisser un cabinet de cartes Géographiques , de thèses &c. ) TAPISSERIE , J. f. £Aulaum. J Ouvrage de lain qui est fait par le Tapissier à fabrique pour l’ornemen des maisons , & qu’on apelle en Latin peristroma (Bonne tapisserie. Belle tapisserie. 11 y a des tapisse ries qui se vendent à l’aune , & il y en a de la grise, d la verte, de la rouge , & ces sortes de tapisseries son les moins considérables. 11 y a d’autres tapisseries qu’o apelle tapisseries de Flandres, & de ces tapisseries h unes sc nomment Bruxelles & elles font fort fines , l les autres Oudenardes & Anvers. Les tapisseries de haui lice sc font à Paris aux Gobelins , & de ces tapisserie les unes s apellent passages , les autres verdures i d autres tapisseries à personnages. ( Acheter une bel! tenture de tapisserie.Tendre ou détendre une tapisserie. u oelon Athenee , liv. 2 . on doit aux Perses l’ir yention des tapisseries., Les beaux tapis qui ont été ai T 0 & pScp«rp Usa f q P J escnt ’ ven °ient de Perse. TAPI SERIE, de cuir doré. £Peripetafma ex aurai TAR corio.2 Ouvrage de cuir doré pour parer principalement quelques chambres de maisons de plaisance. II y a des tapisseries de cuir doré d’Espagne , de Hollande, d’ille- magne, de Flandre & de Paris. (Les tapisseries de cuir doré d’Espagne sont les meilleures & les plus estimées , & celles de Hollande après. Acheter une belle tenture de tapisserie de cuir doré. ) TAPISSIER, f. m. [ Aulœomm opifex. ] Ouvrier qui fait des tapisseries. 11 y a de plusieurs sortes de tapissiers, les uns font tapissiers à fabrique , & ceux-là seuls méritent le nom de tapissier, tels que font ceux qui demeurent aux Gobelins à Paris & aux lieux où l’on fabrique de Ja tapisserie s les autres, rentraìeurs de tapis fériés , & ce font ceux de Paris qu’on apelle tapissier, & dont toute l’intelligence ne va pourtant qu’a garnir des chaises & des lits, tendre les chambres & autres petites choses. Les troisièmes s’apellenc couverturiers tapissiers , & on les apelle simplement couverturiers. ( Un bon Tapissier. On les apelle à Lion contrepoin- tiers. ) TAPISSIER de cuir doré. £ Aurati eoriipiftor. ] Ouvrier qui fait & vend de la tapisserie de cuir doré. ( Un bon tapissier de cuir doré. ) TAPISSIERE , f f. [ Aulaorum textrix Phrygia. 2 C’est celle qui fait des garnitures de chaises & de placers , & d’autres pièces de tapisserie. (C’est une tapissière fort habile & fort adroite. ) TAPITI , f m. [ Tapit us. 2 Petit animal du Bre- fil, semblable au lapin. TAPON , f ra. [ Globulus. ] Terme Populaire, qui sc dit de ce qu’on a chiffonné , & serre malproprement. II a mis mon manteau dans un tapon. On dit aussi d’un homme qui a peur & qui se cache , qu’il s’est mis dans un tapon. TAPON. [ Obturamentum tormentarium. ] Terme de Marine. Plaque de liege avec laquelle on bouche l’ame du canon, pour empêcher que seau n’y entre. On apelle tabons d’écubiers , des pièces de bois d’en- viron deux pies & demi, avec lesquelles on ferme les écu hiers quand ils font à la voile. TAPOTER, v. «- [ Icere , percutere. ] Diminutif de taper. Mot bas. ( Ces écoliers sc font bien tapotez. ) TAPS, f nt. plut. Terme de Mer. Les Taps de Pierriers , ce font six pièces de bois , ai an t deux piez de long & six pouces en q narré , qu’on atache fur l’A- postil, pour soutenir les Pierriers. TAP URE , f f. [ Crises a. ] Sorte de frisure de cheveux , qu’on a tapé avec le peigne. TAQUET, T m. £Uncus ligneus biceps.2 Terme de Marine. Cheville de bois à deux pointes, clouée par le milieu furie bord d’un Vaisseau pour y amarrer quelque maneuvre. TAQUIN, taquine, adj. £ Sordide avarus.J Ce mot se dit des personnes & de leurs actions. II signifie Avare. Vilain , & qui est d’une personne peu honnête. ( Cela est taquin. 11 est taquin au dernier degre. Avoir l’ame taquine. ) TAQUIN , f m. [ Homo fordidus.2 Un avare faquin & vilain, un avare ladre Ce mot de tare se dit aussi d’autres marchandises, & il signifie defectuofité qui se trouve au poids, au compte, à la qualité , &c. à cause dequoi il y a du dechet & il faut faire quelque rabais. L’embalage des marchandises , les caisses & les tonneaux où elles sont contenues diminuent de la valeur du poids total des marchandises qu’on vend avec leur embalage. * TARE. C Vìtìum , de fe élus , labes. 3 Défaut. B b b b 5 Man- TAR nnî se trouve aux 1 hommes, ou aux ani- est sain & sans tare. Cette fille 566 TAR maux. (Ce cheval est a fait une tare a son honneur. Ils laissent une tare Au riche ometnent dont la terre se pare. Voit. Poës. f TARE. Monoye d’argent de la côte de Malabar, qui vaut six deniers. t TARERONDE, OU Pasienaque,s. f. Poisson de mer qui a la figure d’une Raye. II est bon a manger. í TARGE , s f- [Pelta.. ] Vieux mot qui signifie une espece de grand bouclier dont se servoient les fantassins, & qui étoit extrêmement propre pour les couvrir. Le mot de targe trouve encore fa place dans le burlesque. On dit. (Une grande targe. Une bonne targe. Une targe fort legere. Je voudroit bien les voir Sabre à la main , U targe fur le dos. Scaron, Poës.) (§ Car de bien faire tu es large A l’homme juste , 0 vrai Sauveur ! Et le couvre de ta faveur , Tout ainst comme d’une targe. N large. Marot, Ps. ç. TARGETTE. Voler tergette. t * SE TARGUER, »• r. [ Pratendere , l^flarej Se glorifier & se piquer de quelque chose. (11 est n fat qu’il se targue de bel esprit. Tous ces galans de cour dont les femmes font folles Sont bruians dans leurs faits , N vains dans leurs paroles , De leurs progrez fans ceste on les voit se targuer, Ils n’ont point de faveur qu’ils n’aillent divulguer. Mol.) * Se targuer de íautorité de quelcun. [Nimium credere aufloritati alicujus .3 C’est-à-dire, se flater de l’autorité de quelcun & faire le fier à cause de cela. (f De targe , bouclier , nous avons fait targuer , c’est-à-dire , se couvrir, se vanter de l’autorité de quelcun. Targuer , se couvrir le corps de ses bras , en mettant les poignets fur les flancs , dit Borel dans ses Recherches Gauloises , [fie. Voler auffi les Origines de Ménage. TARGUM,/ m. Nom que les Juifs donnent à leurs gloses & à la paraphrase Chaldaïque sur l’Ecri- ture. Et ceux qui ont composé le Targumsont apel- lés Targumistes. Voler Mr. Simon , & Scaligerana. TARIE'RE, OU tarriére ,f /. [TerebraJ Machine des anciens. C’étoit une poutre garnie par le bout d’un fer pointu. La tariere avoit quelque raport avec la machine qu’on apelle Belier , & elle fer voit à couper une pierre de la muraille & à en faire plusieurs éclats afin que le Belier, venant ensuite à fraper les autres pierres qui étoient autour de celle que la tarière avoit hachée , il les pût enfoncer avec plus de facilité. - TARIERE. Voler teriere. TARIF, / m. [Indexpretil.'] Table proportionnelle qu’on fait, pour éviter la peine de faire un grand nombre de régies pour distribuer une certaine somme à plusieurs intéressés, soit pour recevoir, ou pour palet. TARIF. [Index monetalisj C’est une sorte de livre qui marque la figure & la valeur des especes qui ont cours. (Un nouveau tarif.) TARIF. [Indez vefîigalis falariij Terme de Commit des Gabelles & autres droits. C’est une demie feuille de papier imprimé où est marquée la taxe que doivent paier les denrées & marchandises qui entrent dans Paris. II faut voir dans le tarif ce que chaque chose paie.) TARIF général des droits de sortie & des entrées du Royaume. [Index portoriì pro Jlngulis mercimoniit fol- nendi .] C’est un livre qui contient le détail de toutes les denrées & de toutes les marchandises qui entrent en France, & qui sortent de France , & ce que chaque chose pale pour y entrer, ou pour en sortir. (Imprimer un nouveau tarif.) TARIN. Voler Terin. TARIR , ». r. [Arefcere , exarefacere .J Epuiser. Faire ecouler. (Tarir une riviere. Voit. let. z. ) TARIR la source des désordres. Patru , 1. plaid. [Exhaurire.~] C’est-à-dire, arrêter la source des désordres « des troubles. TARIR, ». ». [ArefcereJ II se prend auffi dans un sens neutre. (Ce ruisseau tarit en Eté. La riviere tarit.) * Rien ne tarit sitôt que les larmes. Vaug. Quint, lìv. 5. ch. 5. [Lacryma cìtìùs exficcantur J C’est-a- 3 ire, rien ne scche & ne s’arréte sitôt que les pleurs. è TARISSABLE, adj. Qui se peut tarir, qui peuté- tre tari. 11 ne se dit guere qu’avec la négative. ^Cette source n’est pas tarissable.) TARISSEMENT, / m. [ExstccatioJ Dessèchement, épuisement des eaux. (II y a eu un grand tarissement dans les citernes.) TAROT, / »»• [Gravis decumana fidisj C’est un instrument à anche & à vent & qui a onze trous, & qui sert de basse aux concerts de musette. Le tarot s’apelle ordinairement basson. TAROTE', E'E, adj. Ce mot n’a d’usage qu’en f iarlant de cartes ; ainsi on apelle cartes tarotées, cel- es qui font marquées & imprimées de raies noires par dessus. TARRE', »- «• Qui n’est d’usage que dans le Blason. [A fronte locatusj C’est donner un certain tour au timbre de l’écu. II porte un écu tarré de front. TARSE,/ m. [TarsusJ C’est ce qu’on apelle le cou du pié. TARTANE , / / [Veflorins limbusj Terme dé Mer. C’est une forte de barque de la Mediterranéequi ne porte qu’un grand mât avec une misaine. La voile de la tartane esta tiers point, mais de grostems elle est à trait quarté. TARTARE, / m. [TartarusJ Le langage des Tartares. (Entendre le Tartare. Parler leTartare. Savoir le Tartare.) TARTARE. [TartarusJ C’est le lieu le plus pro- fond de l’enfer selon la fable. TARTAREUX , tartareufe , adj. [ Tartarofus. ] Terme de Chimie. Qui a la qualité du tartre. (II y a quelque chose de tartareux dans la lie du vin.) TARTARISER , ». a. [Trigonis mundarej Ter- mé de Chimie. Purifier par le sel de tartre. ( Tartari - fer l’esprit de vin, c’est le purifier. Esprit de vin tan tarife. C’est-à-dire, très-purifié.) TARTE,/ / [ScrìblitaJ C’est une piéce de four. C’est-à-dire, une piece de pâtisserie de fruit, de confitures, de crème , ou de lait, avec des œufs & du fromage, composée d’une abaisse & d’un couvercle découpé , ou par petites bandes proprement arrangées a quelque distance les unes des autres. ( Une bonne tarte. Faire une tarte. Dresser une tarte. Commander une tarte de dix , de quinze, de vingt, ou de trente fous. La tarte à la crème afadit le cœur. Molière.') TARTELETTE, / / [PlacentulaJ Petite tarte faite auffi avec du lait, des œufs & du beurre, qu’on mange à Paris, & qui ne coute que deux liards. TARTES bourbonnoifes. [Lacuna canofaj Bourbiers dangereux qui font dans les chemins du Bourbonnois. TARTRE, / m. [Vini fax aridaj Terme de Chimie. Sel ou croûte rougeâtre qui sc forme & s’épaissit autour des tonneaux par dedans, & dont l’éfet est d’ouvrir les pores. (Tartre purifié. Tartre cristalisé. Purifier le tartre.) 4 = TARTRE emetique. Sorte de remede composé d’antimoine préparé, & qui purge par haut & par bas. t TARTUFE, / m. [Pietatis larvaj Mot inventé & introduit dans la langue françoise par feu Molière. C’est-à-dire, un faux dévot. ( Tartufe est comique & satirique. Jamais Tartufe ne fut honnête homme. II faut se défier d’un Tartufe de tous côtés. Le monde est plein de Tartufes. Molière avec Tartufe y doit jo'úerfon rôle , Et Lambert jpi plus est m’a donné Ja parole. TARTUFIE', tartufiée , adj. [Décora pelle stieciofus , introrfum turpû. ) C’est-à-dire , vous ferez mariée a- Vec Tartufe. H donne ce sens au mot tartufiée , parcs qu’il fàit parler à celle qu’on vouloir marier à Tartufe. t TARTUFIER, v. n. [pietatem mentirij Ce mot est comique & de raillerie. C’est faire le faux dévot, c’est avoir un air & des maniérés d’hipocrite. (Si l’on veut faire aujourd’hui quelque chose , il faut un peu tartufier. II tartufe assez bien, & assurément il atra- pera quelque chose.) TAS, r" '.\\K «M í;:.- -éL3 J i®: Sis! TAS TAS , / >»■ [Strues, congeries , acervus , cumulas .] j\]ot qui vient du Grec, & qui signifie monceau. Amas. Multitude. Quantité. (Un gros tas. Mettre le blé en tas dans la grange. Hercule se mit à filer avec un tas de filles. Bens. Po'és. Un tas de coquins. Crois- tl , qu’on n’ait qu’à Faire bonne chere , qu’à battre le pavé comme un tas de galans. Racine , Plaideurs , afì. i- fi- 4- Un tas de pierres. Là fur des tas poudreux de faits £5? de pratique, Heurle tous les matins une Sibile étiqu e , On l’apelle chicane. Deípr. ) Ah ! pour le repos de nos purs , Que n’avons-nous un tel secours , Contre un tas de Grimauds dont Parnasse fourmille. Desh.) TAS. [Incm.J Terme d’Orfèvre. C’est une forte de petite enclume qui sert aux orfèvres pour faire des Vis, des moulures, &c. TAS de charge. [Congeries.] Terme d ’Arcbiteflure. Pierre qu’on voie fur les angles, ou dans le plein d’un mur, qui montrent la naissance d’une voûte, ou de quelque autre ouvrage. A tus, adv. [Cumulatim.] En quantité. (Us fourmillent à tas.) On dit proverbialement. Crier famine fur un tas de blé. Lorsque dans f abondance on fe plaint de la disette. [ Dum res abundant famein clamitare. J On dit des choses placées confusément & lans ordre , qu’elles font mises ablativo tout en un tas. [Promifiuê confuse .) TASSE, s s [ Crater , patera , catinus. ] Sorte de vase de bonis , de terre, de faiance , de porcelaine, ou de métal, dont on se sert pour boire. II y a des tasses ovales & fans anse ni pies, & d’autres qui font rondes, & qui outre le corps de la tasse ont deux petites anses façonnées avec un pié embelli de feuillage & d’autres petis ornemens. (Une belle tasse. Une jolie tasse. Buvons, Tirets , à pleine tasse* L’âge insensiblement fe passe , Et nom mene à nos derniers jours. Recueil de poëfi tom. ;.) On dit aussi, & même plus ordinairement, à tasse pleine. Mainard dans ses poésies a dit. ( Verse laquais , à tasse pleine. Laquais , verfe-moi du vin promtement, Ne vois■ tu pas que mon bras fe lasse ; Tu devrots, pour soulager mon tourment , Avoir soin de remplir à tout moment ma tasse,) H TASSE, fe dit aussi pour la liqueur contenue dans la tasse , & on dit dans ce sens, prendre une tasse de café, une tasse de chocolat. TASSE. [ Vafiu/um.] Ce mot fe dit en parlant de soumette. C’est un petit vaisseau de bois en forme de tasse , & qui est au dessus de la tournette , & dans quoi on met la pelote de coton ou de fil lors qu’on dévide. (La tasse de cette tournette est trop petite.) TASSEAU,/ m.slncus.] Maniéré de petite enclume pour percer , couper & dresser le fer fur Rétabli. (Dresser le fer fur le tasseau.) TASSEAU, f Fulcrum ligneum.] Terme de Charpentier. Piece de bois servant à la charpente d’un logis pour porter les panes. TASSEAU. [Régulas Terme de Menuisier. C’est un petit morceau de bois quarré qu’on atache avec des doux pour soutenir quelque ais. (II faut mettre un tasseau en cet endroit.) TASSEAU. Terme de Maçon. Petits dez de moi- lon maçonnés de plâtre, où l’on scelle des sapines pour tendre sûrement des lignes qui servent à planter un .bâtiment, TASSEAU. [Typus, forma.] Moule ou forme sur laquelle on cole les éclisses qui font le corps d’un luth, ou d’un autre instrument. TASSE'E ,f f C Patera plena. ) Plein une tasse, (11 lui jetta une tassée d’eau au visage. (J’ai bû une tassée de vin.) t TASSER, v - «• [Aggerere, coacervare.] Ce mot, pour dire entasser, ne vaut rien, & on ne dira point tasser du blé, mais entasser du blé , ou mettre du blé en tas dans la grange. TAT 567 TASSETTË , f f [ Scutulata placula. ) Terme à’Armurier. C’est tout le fer qui est au bas de la cuirasse , & qui couvre les cuisses de l’homme armé, & pour cela on apclle aussi les tassettes cuisfars. (Les tassettes de cette armure font bien faites. Les tassettes de cette armure sont mal faites.) TATE-POULE, / m. [/?« domesiica nimius ex- acior .] Sobriquet qu’on donne à un idiot qui s’amu- se aux petits soins du ménage. TATER , t aster , v. a. [ Prœgustare .] L’un & l’au- tre s’écrit, mais on prononce tâte. C’est-à-dire , Goûter. Essaier. (Tâter du vin , de la biere , du cidre, &c- f TàTER. [Delibare , gusìare.] Eprouver. Essaier. (Le monde est bien méchant de vouloir tant de mal à cette pauvre fille pour avoir un peu tàte avant son mariage des plaisirs de l’amour.) TâTER. [Tenture, expiorare .] Découvrir ce qu’u- ne personne a dans le cœur, & dans l’esprit. (11 le faut un peu tâter là-dessus. Je l’ai tâté fur cette afai- re, & je fin ce qu’il en pense. Sonder le terrain. TàTER. [Tangere , pal pare.] Toucher avec la main, ou avec une autre chose pour tâcher de découvrir, ou de connoître ce qu’on veut connoître, ou découvrir. (Un Médecin tâte le poux d’un malade pour découvrir si le malade a une fièvre fort ardente. Un aveugle tâte le chemin avec son bâton pour se conduire. Tatant son ennemi au défaut des armes, il lui plongea lc poignard dans le flanc. Vaug. Quint. Curce, /. 9. c.;.) * TaTER. [Leviter pavìnientum tangere.] Mot qui entre dans des faqons de parler de manège. On dit qu’un cheval tâte le pavé, lors qu’il n’apuie pas fur le pavé , & qu’il craint de fe faire mal en apuiant, par- ce qu’il a la jambe fatiguée, ou quelque mal au pié. * Se tâter, v. r. [Seipsum ferutari.] II fe dit au figuré , & il est beau & bien expressif. II fe dit des personnes & signifie s’examiner, fe fonder, faire de ferieufes réflexions fur soi. (L’esprit ne s’amufe point à se tâter & á se sonder, qu’il ne se dégoûte incontinent en cette sorte de recherche. Malebranche , recherche de la vérité , /. ch. 7.) TATEZ-Y* [Momie .] Nom qu’on adonné à ces petites croix , ou à ces petits cœurs d’or ou de vermeil doré qui pendent fur la gorge des filles. TATEUR, tâteuse , adj. [Prœgujìator,] Qui tâte. Les femmes n’aiment point les tuteurs. Vous ne conclurez point avec cet homme, c’est un tâteur perpétuel. C Anceps U dubirn.] t T ATI AVIS- Oiseau mouche, curieux par fa petitesse & par la structure de son nid- TATIGUE’, ou tesiigué. Jurement burlesque ou temps, s. m. [Ternpm.J C’est la mesure du mouvement. C’est la durée du mouvement, ou du repos. Ecoulement de plusieurs momens, de plusieurs heures , de plusieurs jours , de plusieurs années, ou de plusieurs siécles. (Perdre son tems. Emploier bien ou mal son tems. Passer son tems à étudier. Donner du tems. Parler long-tems. S’en aler dans un certain tems. Dès long-tems je connoisfa rigueur infinie . Voiture, Poésies.) Le tems n’est pas bien loin encor Qstils fe vendoient au poids de l’or. Voiture, Poésies.) Au bon vieux tems il y avoit de la fidélité parmi les hommes. Le tems passé on vivoit mieux qu’on ne vit présentement. (st Saint Augustin dit dans ses Confessions : Si vous ne me demandez point ce que c’est que le tems, je le fçai fort bien : si vous me le demandez, je n’en scai rien. Quid ergo est tempus ? Jì nemo ex me quœrat, fcio ; st quarenti velim explicare, nestio. Lìb. 11. c. 14. La véritable Philosophie , c’est de s’acommoder au tems, &de prendre les choses comme devant arriver. On vint anoncer à Agripinus que le Sénat étoit assemblé pour le juger: à la bonne heure, (dit-ilj U moi je vai me préparer au bain comme à mon accoutumée. A peine étoit il sorti du bain, qu’on lui vint dire qu’il étoit condanné : est ce à la mort, ou al’exil ? à l’exil, lui dit-on. Et mes bienssmt-ils confisquez ? non , on vous les laisse. Partons fans diferer, alons dînera Aride , nom y dînerons austì bien qu’à Rome. Nouveau Manuel d’Epictete , n. 7. Le tems produit de grands changemens en toutes choses, ce qui nous a plû autre- fois, nous déplaît dans la fuite. C’est ce que Martial a dit agréablement dans la quarantième épigramme du sixième livre : Fœmina prsterri potuit tibi nuïïa Lycori ? Praferri Glycera fœmina nuìla potest. Hac erit toc quod tu , tu non potes este quod bac est Temporaquid faciunt ! hanevolo te volui! * TEMS. [ AEtas.l Age. (Quand on a cinquante an« fur la tête, on n’est plus dans le tems de fe marier. Le tems d’un insenstble cours Flous méne à la sn de nos jours ; C’est à notre sage conduite A nom consoler de sa fuite, En le ménageant comme il faut. S. Evrem.) * TEMS.. [Tempus , t empestas s Disposition de Pair. Face extérieure du Ciel. Certaine qualité qui fait que Pair est tel. (Beau tems. Tems pluvieux. Tems doux. Tems rude. Le tems est couvert. Le tems fe trouble. Le mauvais tems dure toujours. Voit. poésies. II fait beau tems. Abluncourt. (Le tems s’éclaìrcit. On dit aussi le tems se hausse ; mais il n’est pas si fort du bel usage que le tems s’éclaircit.) * TEMS. [ALvum , tempus, seculum.j ] Siécle. Espace de tems qu’une personne a vécu. Espace de tems où l’on vit. Espace de tems dont on fe souvient. (II est dificile de bien écrire des afaires de son tems. Mémoires de Mr. de la Rocbefoucaut. Les beaux esprits étoient heureux du tems du Cardinal de Richelieu. Cela est arrivé de mon tems. Des fotiíes du tems je compose mon fiel. Destreaux , Satires.) * TEMS. [Occasto, tempus.'] Occasion. Moment pro- piee. Heure reglee pour faire quelque chcse. (Atendre le bénéfice du tems. Ablancourt. Prendre son tems. Faire une chose en tems & lieu. II est tems que je me retire. De tems de jouer est passé. * TEMS- [Tempestas .J Saison. (Fruit mûr avant le tems.) * TEMS. Ce mot entre dans quelques façons de parler figurées & proverbiales qui ont divers sens. (II « faitson tems. [Pro a taie vixit.] C’est-à-dire, il est vieux, & dans son jeune âge il a pris les plaisirs où son tempérament le portoit. Chacun aura son tems. [Cujmque »rit vkiJsttttAo.] C’est-à-dir*, chacun aura son tour. Avoir TE M Avoir bon tems. C’est-à-dire, être heureux. Se donner dû bon tenu. {Genioindulgere.] C’est-à-dire, se divertir, se réjouir. Pajser mal son tems. C’est avoir de la peine. Pajser bienJbn tems. C’est se réjouir. S'accommoder au tems. {Temporifer vires C’est-à-dire , se faire à l’humeur des gens de son siécle , & aux coûtumes établies. A u joli tems qui court , toute a sa ire fâcheuse est facile aux Tartufes. C’est-à-dire, selon l’humeur des gens du siécle. II fait un tems de Demoiselle. C’est- à-dire , il ne fait ni poudre , ni soleil. S’amuser à hausser le tems. {Potare.] C’est-à-dire , s’amuser à boire. Qui a tems à vie. C’est-à-dire , qui peut temporiser, se tire souvent d’afaires. Tout vient à tems qui peut aten- dre. C’est-à-dire, qu’on vient souvent à bout de ses desseins avec un peu de patience. TEMS. Ce mot entre en quelques faqons de parler de mer. Exemples. {Gros tems , ou tems de mer. f. Ma- la tempesiœ.] C’est un orage, ou une agitation violente des vents & des houles, c’est-à-dire , des vagues. Les vaisseaux ne portent jamais la voile de peroquet que de beau tems , car de gros tems , le bâtiment scroit trop tourmenté. On dit aussi Un tems de perroquet. {Refirigeratus aér.] Pour designer un vent frais. Guìllet , Ternies de Navigation. Tems fin. C’est lors que l’ho- rifon est pur & net, & qu’il n’est point rempli de vapeurs. Fournier , Hidrographie.) TEMS. {Tempus.] Ce mot entre en quelques faqons de parler de manège , & signifie le mouvement d’un cheval qui manie avec mesure & avec justesse ; il signifie aussi l’intervale qui se passe entre deux de ces mouvêmens d’un cheval qui manie avec mesure & avec justesse. (Etre atentif à tous les tems d’un cheval, & les seconder à point nommé. Marquer les tems des courbettes. Ce cavalier a laissé perdre deux tems, & a laissé interrompre la cadence du cheval faute de l’aider. Au manège d’un pas & un faut, le cheval fait tour à tour une courbette entre deux caprioles ; alors la courbette est un tems qui prépare le cheval à la ca- priole.) TEMS. Ce mot en termes de Manège , signifie aussi l’éfet de quelques-unes des aides. II prépare son cheval aux éfets du talon , en commenqant par un tems des jambes, & jamais il ne précipite ses tems. Guil- kt , termes de Manège.) TEMS. Ce mot entre en quelques faqons de parler familières aux Maîtres d!Armes , & veut dire le moment favorable qu’on découvre pour porter à son homme. (Pousser sur le tems. Prendre son tems pour porter. Un tems bien pris est un beau coup. Liancourt, Maître d'Armes. TEMS. [Mora, pansa.] Ce mot entre en quelques façons de parler de musique , & il signifie un quart de mesure , partie de mesure qui consiste à lever, ou à baisser la main un certain nombre de fois tandis qu’on chante & qu’on bat la mesure. (Tems grave. Tems leger. Mesure qui se doit batte à deux tems. Mesure qui bat en quatre tems. Voïez Zurlin , traité de Musique. part. j. c. 49. S? 67.) TEMS. {Gressus.] Ce mot entre dans quelques faqons de parler de danse, & il se dit principalement en parlant de courante. C’est le pas qui lie la cadence. (Press fez le premier tems, & soutenez l’autre.) Contre-tems. Voïez Contre. Quatre-tems. Voïez Quatre. A tems. adv. {Opportune.'] Justement & quand il fa- loit. Au moment qu’il étoit nécessaire. Dans le tems prescrit. ( 11 est arrivé à tems. II est venu à tems pour être de la partie.) De tems en tems , adv. {Identidem.] De fois à autre. Elle me regardoit de tems en tems en souriant. Abl. Luc. Faire aï te de tems en tems. Abl. Rét. L 1. ch. ?.) Toutd'un tems , adv. [Eodem tempore.] Tout de fuite & fans discontinuer. (11 alla assiéger la capitale du pays, & tout d’un tems il livra bataille àl’ennemi qui marchoit pour la secourir.) Au imnie tems , adv. {Statim.] Presque auffi-tôt. Peu de tems après. Presque au même instant. (II requt un paquet de la Cour a cinq heures du matin , & il partit au mime tems pour executer l’ordre qu’il avoit reçu. Le Roi le met dans son Conseil, & Renvoie au me- rne tems en Ambassade. Patru, Eloge de M. de Eeliièvre.) En méme-tems , adv. s Simu/.unà .) Tout ensemble. Tout à la fois. (Mori Dieu, quand vous m’envoiez des maux, donnez-moi en même tems la force de les su- porter, ) TEN 575 A même tems s adv. [Eo instantì.] Aussi-tòt, à l’in- stant. Au moment. Les paroles ont des ailes, &s’en- volentíi même tems qu’on les prononce. Ablanc. Luc .) De long-tems , adv. [Diu , diutiks.] Ces mots font d ordinaire acompagnés de la négative ne , & alors ils signifient, il se passera encore beaucoup de tems avant que quelque chose se fasse. (Je ne vous verrai de long-tems. Abl. Luc. Les chemins ne seront libres de long-tems. Du Ryer , H si. de Flandre , /. 4. ) . 1$ Outre toutes ces expressions , nous pouvons a- joûter celle-ci : C’ejì un tems perdu. Le Tasse a dit dans son Aminte : Perdus0 é tutto il tempo Che in amor non si Jpende. Nous disons comme un proverbe, Le tems amène tout; & c’est ce que le Tasse a exprimé parfaitement dans le même endroit : Ma chenonpuote il tempo che nonpuote Servendo , meritando , jur un fedele U importuns amante. TENABLE, adj,{Quod defendi , propugnari potesi.j Qui peut tenir. Qui peut résister. (La place n’est pas tenable , & c’est beaucoup si elle peut arrêter Tarmée deux jours. On dit aussi , ce lieu n’est pas tenable. [Securuí non est iste íociis.] t TENACE , adj. m. £5 f f. [ Harens, viscojus.] II vient du Latin tenax , & signifie qui est visqueux, qui s’atache si fort à un corps, qu’on a peine à l’en détacher. (La poix & la glu font des corps tenaces. ) * TENACE. {Homo reflrilùts Çf parcu).] II íè dit au figuré , d’un avare qui n’aime point à donner. Voïez tenant. TENACE. {Tenax.] Terme de Jeu. C’est lors qu’a- vec deux cartes, dont l’une est plus haute & l’autre plus basse , qué la plus haute carte de celui contre lequel on joue ; on les gagne pourtant toutes deux, parce que c’est à l’autre à jouer le premier. Exemple. (On demeure tenace a l’hombre avec les deux as noirs, si celui qui a ponte & manille est obligé de jouer le premier, parce que s’il jette ponte on le prend avec buste , & on reste avec jpadille , qui emporte manille. S’il jette manille , on Remporte avec Jpadille. On dit, j’ai deux mains seures, je fuis tenace.) TENACITE ', f f. {Tenacitaí.) Qualité de ce qui est tenace , tant au propre qu’au figuré. TENAILLE. {Strufla in fiorcipém mUnitio.] Terme de Fortification. Tenaille , ou ouvrage à tenaille, est un dehors distingué en tenaille simple & tenaille double. Guìllet , Arts de l’homme d’épée. Tenaille simple , est un ouvrage dont la tête est formée par deux faces qui font un angle rentrant, & dont les ailes ou les côtés viennent répondre de la tête à la gorge. Tenaille double. C’est un ouvrage dont la tête est formée par quatre faces qui forment deux angles rentrans & trois saillans , & dont les ailes viennent répondre de la tête à la gorge. (Ataquer une place par la tenaille.) On Rapelle aussi tenaillon , comme on peut voir dans la Gazette du mois d’Octobre 1708. en parlant du siège de Lille. Voïez Tenaillon. TENAILLER, v. a. {Forcipe membra dìscerpere , di- laniare.] Pincer une personne avec des tenailles en de certaines parties du corps. (Par arrêt du Parlement de Paris, on tenailla Ravaillac aux mammelles , aux bras & aux cuisses pour avoir assassiné Henri quatrième à la rue de la Ferronnerie à Paris. Vosez l’Hsioire de Henri IV.) t * TENAILLER. {Cruciare, convellere.] Tourmenter. (L’amour le tenaille. ) TENAILLES , s fi {Forcipes.] Instrument de fer qui sert à serrer, & à tenir, qui est composé de deux branches presque entièrement rondes, qui à quelque distance du bas font atachées avec un clou, & depuis ce clou jusques à Rextrémité elles font aplaties, quelquefois arquées, & d’autrefois un peu recourbées feulement, afin de mieux prendre & de mieux pincer. (Petites tenailles. Grandes tenailles. Grosses tenailles.) TENAILLON f f mt. J’ai cru que c’étoit la même chose que tenaille , ouvrage de fortification. Mais M. Hacquet qui enseigne les mathématiques, m’a dit que ce nom avoit été inconnu jusqu’au tems du siège de Lille en 1708. que c’est une piéce de fortification faite d’un bastion détaché avec double contregar- de, formant un angle à tenaille dont l’angle rentrant 576 TEN rentrant regarde l’angle saillant du bastion ou ravelin, ce qui forme «ne espèce de lunetes. Çet ouvrage est marqué dans le plan de cette Ville fous les lettres í. J). Quelques auteurs donnent le nom de tenamon a un ouvrage placé dans le fossé pour en défendre le passage, fait en forme de tenaille renforcée , c’est-à-dire une tenaille à flancs. On en peut voir la figure dans le même plan , marquée H. o TENANCIER, tenanciers, adj. & f m. & f. C- Man - ceps , feudatarius , viUicus. ] Terme de Coutume. Celui & celle qui tient & posse de quelque heritage. (On a assigné tous les Tenanciers. ) TENANS,/. m. [ Perpugnator. ] Terme de Carrousel. Les tenans font ceux qui ouvrent le caroufel, & qui font les premiers défis par les cartels qu’ils font publier par les hérauts avec les conditions des courses & des combats. ( Les tenans du carrousel sont Messieurs tels. ) TENANT- [ Tenens. ] Ce mot étant participe est indéclinable & signifie qui tient. ( On dépeint l’abondance, comme une Dame bien Faite , habillée de verd , une couronne d’or sur la tête, tenant de la main droite une corne de la chevre d’Amalthee, pleine de toutes sortes de fruits, & de la gauche, unepoi- gnée d’épis dè diverses espèces de grains. Voïez l’ico- nologie de Ripa. ) , f TENANT , tenante. [ Afiixus. ] Qui est atache. ( On apelle meubles ceux qui ne font point tenans à fer où á clou. ) TENANT , tenante , adj. [ Parcus , tenax. ] Avare. Qui est chiche. Qui est trop ménager. Qui n’aime point à donner. Qui a de la peine quand il faut faire quelque depenfe. (La plupart des gens de lettres, les Prêtres , les Moines font tenans. Les femmes font fort tenantes.) TENANT, f m. [_ Atlantes , telamones , ber ma. ] Terme de Blason. Ce font des figures d’Anges , de faux-Dieux, de Déesses, ou d’hommes qui tiennent l’écu fans le lever. ( Les Armes du Roïaume de Naples sont d’azur semé de fleurs de lis d’or au lambeau de gueules en chef, & il a pour tenans deux firennes, ou femmes marines au naturel. Col. ) TENCHE- Voïez Tanche. TENqON, querelle, dispute. Le Roman de la Rose : Si dijl onques es en nul âge Beauté notpaix avec chaté, Toujours y a grand tençon. TENDANT , ante , adj. [ Spelians , tendons. ] Qui tend , qui est dirigé à quelque chose. ( Voilà deux requêtes tendantes à même fin. Voilà des mou- vemens tendans à sédition. ) TENDELET , f m - [ Tenteriolum lanemn.] Terme de Marine. C’est une piéce d’étofe portée par la flèche & par des Bâtons pour couvrir la Poupe de la Galere contre le Soleil , ou contre la pluie. TENDEUR , f- m. [ Aulaorum nigrorum obten- sor. ] On apelle à Paris , de ce nom, celui qui met les tentures quand il y a une personne qui est morte. ( Quand on n’est pas riche, le Tendeur ne tend que la porte. Quand on est un peu acommodé, il tend non- feulement la chambre du mort, mais aussi la porte, & TEglife même où ce mort doit être enterré. Le tendeur ranqonne souvent & se fait païer trop cherement.) TENDEUR. [ Auceps accipìtrarius. 3 C’est aussi celui qui tend des filets pour prendre les oiseaux. í TENDOIRES, f f. Terme de M anus allure. de lainage. Ce font des morceaux de bois de charpente ou de simples perches préparées pour faire lécher les étofes après qu’elles ont reçu leurs aprêts. TENDON , / m. [ Tendo. ] Terme à’Anatomie. Prononcez tandon. C’est la fin ou la queue du muscle avec laquelle fe fait le mouvement volontaire. Deg. TENDON. [ Pedis eqtiini tendo. ] Ce mot fe dit en parlant de chevaux. C’est une espèce de cartilage qui entoure une partie du pié & qui est situé près la cou- ro ™\*í' lieva ' Mi ale tendon gâté. Couper le tendon.) TENDRAC , f. m. [ Tendranus. ] Espèce de porc-epi de l’Isle de Madagascar qui dort six mois & dont la chair est insipide & molasse. TENDRE , adj. [ Tener mollis. ] Qui n’est pas dur. Prononcez tondre. (Pierre tendre. Bois tendre, jrlíintë tcndï c 3U froid* IvIotìm , TtaitéJ ìçuys.') TEN TENDRE. C Panis recens. ] Ce mot se dit aussi du pain, & veut dire Frais. Qui n’est pas rassis. ( Pain tendre. ) * TENDRE. [ Tenelìa xtas. ] Ce mot fe dit de l’àge, & veut dire. Bas, Premier. ( Avoir pitié de l’àge tendre de fes enfans. Ablancourt, Tacite. Dès fa plus tendre jeunesse , le Maréchal de Gassion fit paraître la forte inclination qu’il avoít pour les armes. ) TENDRE. Délicat. Foible. (Je ne croi pas que vous aïez l’imagination si tendre qu’il vous faille con- foler de cela. Voiture , /. ?<;. t TENDRE. [ Tener amor. J Sensible. Amoureux. Qui a de l’amitié. ( Elle est tendre pour fes amii. Voit. I. 2;. Avoir le cœur tendre. Ablancourt. Vous êtes donc bien tendre à la tentation. Et la chair fur vous fait grande impression. Mol. fart. ) * TENDRE, s. m. [ Amor, propenso. ] Tendresse. Penchant. Pente & inclination qui porte à aimer. (J’ai un furieux tendre pour les hommes d’épée. Molière, prétieuse, ail. 2. scène n. ) TENDRE, adj. [ Tener. ] Terme de Peinture. C’est le contraire de sec , ou de dur. ( Maniéré tendre. ) TENDRE , v. a. [ Dilatare, porrigere. ] Je tend , je tendis. J’ai tendu, je tendrai. Que je tende, je tendisse, je tendrois. Tendant. Prononcez sandre. C’est étendre quelque chose pour recevoir quelque autre chose. ( 11s demeurent long-tems en bas tendant la couverture. Voiture , Lettre, 9. Tendez vos tabliers, j’y jetterai quelque chose. Ablancourt.) TENDRE. [ Perigere. ] Avancer. Donner. (Tendre le dos. Tendre la main. Tendre un bâton. Ablancourt.) TENDRE. [Tendere contendere.] Bander. (Tendre une corde. Ablancourt. Tendre un arc. Vaug. Quint.) Voïez tension plus bas. TENDRE. [Ponereplagas.] Ce mot fe dit en parlant de filets de Chasse. C’est les acommoder & les mettre en état de prendre ce qui donnera dedans. (Tendre des filets. ) Voïez les Coûtumes d’Anjou, art. du Maine, art. 39. TENDRE , v. a. [ Auhea parietìbiss obtendere. ] II fe dit en parlant de tapisserie. C’est étendre la piéce de tapisserie pour en couvrir les murailles de la chambre. TENDRE. [ Aperire. J Signifie aussi ouvrir, & dans ce sens on dit tendre une chambre, une sale, un Hôtel, &c. * Les cheveux des belles font des filets que l’amout tend aux amans. 11 netendoitguereen vain fes filets. La Fmit aine , Contes. * TENDRE. [ Speclare , coììimare, afiìrare. ] Avoir dessein de venir à bout d’une chose. Avoir pour but. Avoir pour fin quelque chose. (Tout ce redoublement de caresse & de foins ne tend qu’à vous tromper. Pour moi je croi qu’au ciel tendent tous vos soupirs, Et que rien ici bas ri arrête vos désirs. Mol. fart. ) TENDREMENT, adv. [ Teneriter , tenerìùs. J Fort. Sensiblement. Amoureusement. ( Plus une belle di- fere, plus elle aime tendrement. Elle fe mit à pleurer tendrement. La Fontaine, NouveUes , 1. partie. Puis prenant son enfant qu’elle considéra , Qtielle baisa d’une ardeur maternelle, Qui de ses petits bras tendrement la ferra. Tout en pleurs elle le livra. Perr. Grifela. ) TENDREMENT, adv. f Tenerè , molliter. J Ce mot fe dit entre Peintres. ( Cela est peint tendrement. C’est- à-dire , d’une maniéré qui n’est ni feche, ni dure. ) * TENDRESSE, f. f. [ Tener animus, amor.] Ce mot ne fe dit bien qu’aa figuré danr le discours ordinaire , & il veut dire. Amitié. Amour. Amitié tendre Çspassionnée. (II est plein de tendresse pour ses enfans. Adorable Déesse, Vous qui d’un regard inspirez la tendresse. Témoigner de la tendresse. Voit. 1 . 46. ) Jepourrois fans foiblejse Ecouter ses soupirs , répondre à fa tendresse. La Suze, poésies. ) II jura donc plus d’une fois, Que quand même le ciel pour lui plein de tendresse Formeroìt une autre Lucrèce, Jamais de l’himenée il ne suivroit les loin. Perr. Crifeld. TEN- T£N TENDRESSE. [ Concinnitas , Terfitus. ] Ce mot se dit en parlant de Peinture. (Tout est peint avec beaucoup de tendresse & de douceur. ) TENDRETE'' , f. f. [Teneritas, tenerìtudo. ] Ce mot commence à sc dire des viandes, & signifie la qualité tendre d’une viande. ( Cette viande est considérable par la tendreté. ) II y en a qui ne pouvant soufrir le mot de tendreté, ont voulu introduire le substantif tendre. Ce morceau est d’un grand tendre. L’Académie n’a rien décidé là- dessus. Le P. Bouhours dit que bien des gens font pour tendreur , en parlant des viandes. II se dit aussi des fruits , & veut dire la chair tendre du fruit. ( On doit estimer ce fruit à cause de fa tendreté. Quint. Jard. Fr. t. r. ) TENDRETTE, f. f. [ Rapa t encra. 3 Cri des femmes de Paris vendant des raves. II veut dire rave bonne F? tendre. ( A ma tendrette. ) TENDREUR, f f. { Tenerìtudo. J Ce mot commence aussi à se dire de la viandemais il n’est pas si usité que tendreté. TENDRON , /. m. [ Cartilago. J Ce font dans les animaux, de petits os tendres qui ne font pas tout-à- fait formez , & qui font comme des cartilages. (Don- nez-moi de cet endroit où il y a des tendrons, c’est ce- que j’aime. ) t * TENDRON. [ Juvencula. ] Mot burlesque pour dire jeune fille. Fille jeune & jolie. ( Vous vouliez jusqu’au bout tourmenter ce tendron. La Fontaine, Nouvelles, i. partie.) Jeunes tendrons à vieillard apurent. La Fontaine, Nouvelles2. partie.) TENDRON. [ Lyma. ] Rejecton des plantes & des arbres. ( Les cbevres broutent les tendrons des plantes. Académie Françoise. ) * TENDU , tendue. [ Consensus animas. ] Apli- qué. L’efprit est trop tendu dans l’heroïque. Ablan- court , Apoph. L’efprit ne peut être toujours tendu, ni occupé à des choses ferieufes ; j’avois besoin de relâche. Ablancourt , Luc. t. 2. Amours. ) TENDU, tendue, adj. [ T enfui , extensus. ] Bandé. ( Arc tendu. Corde tendue. ) TENEBRES , f f- r Tenebra .) Ce mot n’a point de singulier , & il signifie Obscurité , Privation de lumière. ( Epaisses tenebres. A la mort de Jéfus-Christ la terre fut couverte de tenebres. Godeau, Prières. Mille oiseaux efsraians, mille corbeaux funèbres , Le ces murs desertez habitent les tenebres. Defpr. ) $ Celui qui ataque à la faveur des tenebres, a toujours, ou presque toujours , la fortune favorable dans toutes fortes d’actions de rase campagne ; c’est la ressource des (bibles & la ruine des forts , lorsque tous donnent serrez & unis, fans se rompre & se séparer. Polybe de Folard. * TENEBRES. [ Tenebra exteriores. ] Ce mot dans le langage de l’Ecriture signifie souvent l’enser. ( L’au- mône empêche l’ame de tomber dans les tenebres. Port-Roial. ) * TENEBRES. [ Tenebra , obscurité. ] Ce mot au figuré se prend aussi pour quelque obcurité , soit de l’efprit, 011 d’autre chose. ( Chasser les tenebres de l’efprit. Passer fa vie dans les tenebres de l’ignorance. La lumière de l’Evangilea dissipé les tenebres du Paganisme. * TENEBRES. [ Mentis tenebra , reprobus senfits. J Egarement. Erreur. Aveuglement. ( Les livres sacrez nous assurent que les Gentils ont été abandonnez dans les tenebres & dans sombre de la mort. Pasc. lettre 14. * TENEBRES. [ Osstcium matutinum trium dierum ante Pascka. J Ofice divin qui se dit dans l’Eglise Romaine fur les quatre ou cinq heures du soir le Mecredi, le Jeudi & le Vendredi Saint, pour faire ressouvenir aux Chétiens qu’environ deux heures après que Jefus- Christ fut crucifié les tenebres couvrirent toute la terre comme il paroît dans le Nouveau Testament au chapitre quinzième de Saint Marc. ( Les tenebres ne font pas encore commencées. Dire tenebres. Aller aux tenebres. Assister aux tenebres. Vautre encore agité de vapeurs plus funèbres, Pense être au Jeudi Saint, croît que l'on dit tenebres. Defpr. ) * TENEBREUX , tenebreuse , adj. [ Tenebricosm , obscur tu, caiigmosus. J Obscur. Plein de tenebres. (La TEN 577 Philosophie des Pédans est obscure & tenebreuse. Le Chevalier de Meré. * Dans le ténébreux Latin , Dejon œuvre atnbarajfée Usait que Saint Augustin Parle contre sa pensée. Et dans la sacristie entrent non sans terreur , En percent jusqu’au fond la tenebreuse horreur . Defpr. ) (§ Sarrazin , dans son Mélancolique : s ai le chagrin d’un vieil hermite , Et le noble Amadis me quite, Son nom , par t Univers , fameux Non de beau, mais de tenebreux. TENEME, f tn. [ Tenefmus. ] Envie continuelle d’allerà la selle. TENEMENT > f m. [ Villa prœdium. J Terme de Pratique. Métairie dépendante d’un Seigneur. TENETTE, f. /. c Volsella. ] Terme de Chirurgien. C’est une efpéce de pincette dont on sc sert pour tirer la pierre de la vessie lorfqu’on taille un homme. ( Tenette mal-faite. ) TENEUR, /■ m. [ Calculator juratm. ] Ce mot au mufculin se dit en parlant d'Aritmeticiens & il ne Ledit guére seul. On dit Juré teneur de livres. Et c’est celui qui est pourvu par les lettres patentes de Sa Majesté & qui a prêté le serment en justice pour bien vaquer à la vérification des comptes & calculs, lors qu’il y sera emploïé. ( Claude Irfon est seul Juré teneur de livres à Paris. ) TENEUR , f. f. [ Verba , scripti argumentum. J Ce mot n’est usité qu’entre marchands , ou gens de Palais. C’est le contenu de quelque écrit, & de quelque acte que ce soit. ( Examiner la teneur du pouvoir des Ambassadeurs. II faut voir la teneur d u contrat. Patru & le Maître, plaidoiez. ) TENEZ. [ Tene. J Impératif du verbe tenir, qui veut dire prendre. (Tenez, vous n’aurez pas davantage. Nous ne sommes pas fait s, je le voi , l’un pour l’autre j Mon bien se monte a tant , tenez voilà le votre. Partez. .. Defpr. ) TENIE, s s [ Tanin. ] Terme d 'Architecture. C’est une partie de l’Epistile Dorique, qui ressemble à une réglé, & qui est au-dessous des Triglifes , auf- quels elle sert en quelque forte de base. Ozan. Dift. Math. TENIR, ». a. f Stringere , pra manibus tenere. J Je tiens , tu tiens , il tient , nous tenons, vous tenez , ils tiennent. J’ai tenu. Je tiens , tu tins , il tint , nous tintnes, vous tintes, ils tinrent. Je, tiendrai. Que je tienne. Je tin (se , je tiendrois. Tenant. Le verbe tenir signifie proprement & premièrement Empoigner. Serrer avec la main. (L’éloquence tient d’une main une corne d’abondance pleine de toutes fortes de fruits & de fleurs, & de l’autre , la gloire, la puissance & les richesses. Ablancourt. Voyez l ’Orateur ridicule. TENIR , »• «. [Infantem in baptismate suscipere ,] Ce mot en parlant de Eatême, veut dire, être parrein, ou marreine. ( Tenir un enfant fur les fonts deBatême. Jc tiens aujourd’hui un enfant avec Mademoiselle telle. TENIR. Avoir. [[Tabernam apertam habere .J (Tenir boutique. Tenir de petites écoles. Tenir taverne. ) * ( Je veux tenir ma fortune de vous. Nous tenons la vie de Dieu. ) TENIR. [ Obtinere , occupare. J Ocuper. Posseder. Se rendre maître. Etre maître. L’ennemi tenoit les montagnes. Ablancourt, Arr. I. 1. II y avoit dans la ville une forteresse escarpée que tenoit le Satrape. Abl. Ar. Elle tenoit une étendue de pais infinis. Vaug. Quint. I. ;. (Tenir la campagne. * Quand je vous tiens en particulier, je me défais de mon ignorance, *L’enfer ne tient pas. Pasc. 4.) TENIR. [ Chartulas habere, ratiocinari. J Ce mot sc dit entre Negotians. C’est être prépose pour regler les comptes de quelque commerce , de quelque négociation, ou maniment, & en ce sens on dit tenir les livres, TENIR. C Mittere. ] Ce mot sc joignant à celui de faire, & en parlant de lettres,de paquets & d’autres choses qu’on porte, signifie rendre. Faire tomber entre les mains de quelcun. J’ai trouvé les lettres qu’il vous a plu me faire tenir. Voit. I. 42. ) Tome III. D d d d TE- 578 TEN TENIR. C Sermone utì. ] Ce mot, en partant de . /-/-à icà de terni ee langage. Racine , Iphgeme a. s z.) * teìjir. [ Retinere , zmpedire. ] Empêcher. Retenir. ( Je ne sai ss ui me tient ss ue ^ ne vous j. end ? la tête. Molière , Bourgeois Gentilhomme , a. 4. J. 2. ) TENIR- C Tempus consumere. J Emploier du _ tems à faire quelque chose. ( Ce procez a tenu trois au- TENIR. [Partes in muficâ obire.J Se dit en musique. ( Les femmes & les enfans font propres à tenir le dessus. Les chantres tiennent la baffe. ) TENIR. [ Retinere , fervare. ] Retenir, garder. (La terre glaise tient seau , & ne seche pas aisément. ( On dit qu’un burin tient bien sa pointe quand il ne se cas- £g pas, ^ TENIR. [ InjìdeJ}are. ] Ce mot parlant de foi, de promesse & de parole, signifie garder. , (Tenir fa promesse. Voiture , /. 49- Tenir parole a quelcun. Ablancourt. Tenir fa parole. Patru. La plupart des hommes ne tiennent les choses qu’ils promettent qu’en- tant que l’interêt les y oblige. Mémoires de Mr. de la Rochefoucaut. ) . . TENIR. [ Habere. ] Maintenir. ( Tenir les esprits en alarme. Ablancourt. Tenir les esprits dans l’é- tonnement. ) * TENIR- [ Viam infequi. ] Ce mot en parlant de route & de chemin signifie. Prendre. Suivre. ( Quel chemin tenez-vous ? Ablancourt. * Sans tenir en marchant une route certaine , Je vais de toutes parts où me guide ma veine. Despreaux, Discours au Roi. ) TENIR. C Ludum tenere. J Terme de jeu. (A la paume un homme tient le jeu , quand il est du côté de la grille, pour recevoir le service ; un homme tient le dé quand c’est à lui à jouer. Tenir jeu, c’est jouer long-tems. ) TENIR. [Detinere. ] Terme de Medecine. (Son accès de fièvre le ti ent. ) * TENIR , v. n. [ Ver aliquem Jìare. ] Dépendre. (II ne tint pas à eux que la ville ne fût démolie. Ablanc. Arr. I. 1. c. 4. II ne tiendra pas à moi qu’on ne vous rende tout l’honneur qui vous est du. Boileau , Avis à Ménage. S’il ne tenoit qu’à cela que vous eussiez un Roïaume, j’y confentirois. Voìt. I. 46. II ne tiendra qu’à lui que le diferent ne se vuide par une bataillé. Vaug. Quint. I. 4. c. 1. * TENIR , v. n. [ Aliquem re alìqua referre. ] Ressembler à quelcun , où à quelque chose. Avoir de l’air de quelcun, ou de quelque chose. Ressentir. (Tenir de son pere. Tenir de sa mere. Ablanc. Cela tient du conte. La Chambre. 11 voulut patiner. Galanterie provinciale , qui tient plus de la satire que de l’hon- nête homme. Scaron , Roman 1. part. c. 10. Cette troupe tenoit plus de la femme que du soldat. Vaug. Quint. /. 3. ) TENIR , v. a. [ Magni habere. ] Estimer. (Je tiens à grand honneur de lui avoir obligation. Voiture l. 50. Je tiens cette comédie une des plus plaisantes que l’Auteur ait produites. Molière , Critique de C Ecole des Femmes. Pour moi je ne tient pas, quelque effet qu'on supose , Que la science soit pour gâter quelque chose. Mol. ) TENIR. [ Tueri , propugnare. J Soutenir. ( Les Sentisses tiennent que la Vierge a été conque fans aucune souillure de péché originel. Et les Thomistes tiennent le contraire , leur sentiment est principalement fondé sur Saint Paul, & sur Saint Bernard. ) TENIR, v. n. [ Adharere , coharere. J Etre bien ata- ché. ( Clou qui tient bien. Crampon qui est bien séellé & qui tient fortement. Fruit qui tient bien à l’arbre. Les virgouleulès ne tiennent guère à l’arbre. Quint. Jarà. Fr. t. 1. ) TENIR , v. n. f Contineri , includì. J Pouvoir contenir en un certain lieu. ( Toute cette marchandise ne sauroit tenir dans cette quaisse. ) TENIR. [ Navigare. ] Terme de Marine. Tenir la Mer. C’est être & demeurer à la Mer. Tenir le vent C est aller au plus près. Tenir au vent. C’est naviguer maigre le vent contraire. Tenir une maneuvre. C’est iatacher. Se tenir sous voiles. C’est quand les voiles font deploïees & aparei liées. * TENIR, w. ». [Tueri , rejìftere , retinere. ] Résister. Se detendre. ( La place ne peut pas encore tenir trois jours. ) TEN * On ne peut tenir contre de si bonnes raisons. C’est- à-dire, il se faut rendre à de si bonnes raisons. ) * II n’y a point de ressentiment qui puisse tenir contre lui. C’est-à-dire, on ne sauroit garder sa colere contre lui. * En tenir. [ Effe srujjratus , ludificari. ] Etre pris. Etre dupé. Etre atrapé. (II en tient le bon homme. Molière , Critique de VEcole des Femmes. ) Se tenir , v. r. [ Adharere , inharere. ] Je me tiens. Je me tins. Je me fuis tenu. C’est s’atacher & s’arréter à quelque chose. (Je me tenois à une branche. S’il ne se fût tenu à une perche qu’on lui tendit, il étoit néïé. ) * Se tenir. [ Figere modum. ] Se fixer. S’arrêter. Se borner. ( Se tenir dans les termes qu’on prescrit. Pascal , /. 4. ) La belle avoit nonobstant son jeune âge Le cceur trop haut , le goût trop délicat Pour s’en tenir aux amours du vilage, La Font. Cont.) Se tenir. [ Adejje. ] Demeurer en un lieu. (Comment , matants , osez-vous vous tenir ici ? Molière , Prétieuses. ) Se tenir. [ Stare. ] Etre. Demeurer. ( Se tenir les bras croisez. Se tenir. Se tenir debout. Ablanc. Luc. Se tenir assis. Se tenir couché. ) F Se tenir. [ Habitare, manere. J Loger en un certain lieu. Etre établi en un lieu. ( Où se tient Monsieur un tel? Se tenir a Paris. ) Se tenir. [ Prohibere , impedire. ] S’empécher. (Je ris incognito d’abord que je le voi. Je ne m’en puis tenir. Esope, Comédie.) Se tenir. [ Congregari , cogi. J Etre assemblé. ( Le Concile se tinta Trente. L’assemblée se tiendra à Paris.) Se tenir. S’estimer. (Je me tiens obligé de vous désabuser. Pasc. let. 4. Se tenir assuré de la victoire. Vaug. Quint. I. 3. ) f * TENIR le loup par les oreilles. [ Auribus lupum tenere. ] Proverbe. N’être guère assuré de conserver ce que l’on possede. • * TENIR à quelcun le bec en Peau. [ Ver bis aliquem iafíare. ] C’est le tenir en suspens. TENIR lieu. [ Effe loco alicujus. ] J’ai un parent qui me tient lieu de pere. Une servile peur tint lieu de charité, Le besoin d'aimer Dieu passa pour nouveauté. Defpr. ) * TENIR pie' à boule. [ Operi ajjìdere. J C’est être assidu à un travail, & s’arrêter en un lieu. TENIR la bride courte à quelcun. [ ArHè contentèque aliquem habere. J Voici les principaux proverbes où l’on fait entrer le verbe tenir. Autant vaut celui qui tient le veau , que celui qui Pécorche. Pour dire que les complices d’un crime font aussi punissables que l’Auteur. Serrez la main , U dites que vous ne tenez rien. Cela se dit en dérision à ceux qu’on veut frustrer de Patente de quelque chose. On dit d’un goinfre & d’un homme qui aime la bonne chere, qu’ilse tient mieux à table qu’à cheval. Qui veut tenir fa maison nette , ne doit y mettre ni femme , ni prêtre , ni pigeon. TENIR quelcun aufilet. [ Spe lafîare, ducert aliquem.'] C’est l’amuser. Un tient vaut mieux que deux tu P auras. [Spem pretio non emo. J TENIR. Ce terme signifie dans le langage des Coutumes, posséder à titre de vassal ou d’emphiteote. De tenir on a fait tenure , qui est la maniéré avec laquelle on possede un arriére-fief ou un héritage roturier. Le ternie tenure a passé de France en Angleterre avec plusieurs autres, lorsque le fameux Guillaume le Bâtard conquit cette grande Isle. Le Docteur Littleton a fait un petit Traite intitulé les Tenures de Mr. Littleton. II commence ainsi son Ouvrage : Tenir en fee Jìmple, est celui qui ad terres ou tenemens a tenir à luy U à ses hetres à tous jours. Le Seigneur féodal qui a saisi l’arriére-fief faute d’homme & de paiement des droits, tient ensa main le fief , selon le langage des Coû tûmes. Voïez Ragueau. Celle de Bretagne se sert du mot tenu* pour tenures. TENON, f. m. s Subscus. ] Terme de Charpen - tier. Bout d’une pièce de bois qui entre dans une mortaise. Le tenon en terme de Menuiserie. [ Securicla. ] Est aussi un morceau de bois qui entre dans une mortaise. (Tenon trop petit. ) TE- TEN TENON. C Car do infitiiius. ] Terme de Marine. Tenon de mat. C’est la partie, comprise entre les barres de hune & le choquet, qui est l’endroit où chaque arbre est assemblé avec l’autre. TENON. [ Subscus. ] Terme & Arquebusier. C’est auffi un morceau de fer qui est au-dessous d’un canon de l’arme à feu , & qui sert à íàire tenir le canon dans Je fût. ( Les tenons de ce canon font rompus , il en faut faire d’autres. ) TENON. [ Pinna lorarìa. 3 Petit morceau de cuir qui tient à un étui & par lequel on passe un ruban pour tenir le couvercle avec l’étui. TENON. [ Surculus. ] C’est un filet par lequel la vigne & d’autres plantes foibles s’acrochent à quelque chose qui les soutient. TENONS de l’ancre. [ Anchora subscus. ] Ce sont deux petites parties jointes au bout de la vergue, & entaillées dans le jas pour tenir plus fermes. TENONS. [ Erninent'ue. J Terme de Vitrier. Ce font deux petits morceaux qui font colez ou atachez fur la régie à main, & qu’on tient lors qu’on coupe le verre. ( Prenez cette régie par les tenons. ) TENONS. [ Minus elater. ] Terme d’Horloger. Pièces d’acier qui font fur une montre de poche , & qui servent à tenir ferme le grand ressort. ( Les tenons de cette montre sont bien faits. ) TENSION , f f. [ Tensio. ] Prononcez tansion. C’est la maniéré dont quelque chose est tendue. Ainsi cn dit. ( La tension des cordes des instrumens de musique contribue fort au son. 11 faut donner à cette corde une tension égale à celle de l’autre. Abrégé de Vitruve. C’est-à-dire, il faut tendre une corde. ) TENSON,/ r,i. [ Tenso. J Terme d’anciennes Poésies Provençales. Dispute d’amour , où un galand soutenoit un parti, & l’autre un autre. ( On trouve de jolis tentons dans les vieux Poètes Provençaux. Pà- quier , recherches , /. 7. ch. 4. £js Dans le Blason des fausses amours : Regrets , tensons, Pleurs U chansons , Sont les façons D ’amoureuse chevalerie. TENTATEUR , s m. [ Tentator , impulsor, in- siigator.J Prononcez tantateur. Ce mot dans l’ufage ordinaire signifie diable qui tenta Jéfus-Christ. (Le tentateur dit à Jefus-Christ, si vous êtes le Fils de Dieu, commandez que ces pierres deviennent pain. Port. Rdial, Nouveau Testament, Saint Mathieu, ch. 4. ) * TENTATEUR. [ SoUicitator. 2 La personne , soit homme, ou femme qui en solicite un autre de faire quelque chose qu’il ne faut pas faire. (La Superieure envoie quérir par quatre fois le tentateur. Patru, plaid. ) * La chasteté trouve des ennemis & des tentateurs. Patru. C’est-à-dire , des gens qui lui dressent des pièges. ) f * TENTATEUR, t Tentator. ] Ce mot se dit en riant, & veut dire. Celui qui tente, qui émeut, qui touche par ses paroles , ou par quelque qualité. (Alez, retirez-vous, vous êtes un tentateur. ) TENTATIF , ive , adj. [ Tentativus , sollicitativw. ] Qui tente. (Ce grand Seigneur a ofert csix mille francs à Mademoiselle N. pour lui acorder les dernières faveurs. Cela est bien tentatif pour une fille qui n’a pas grand bien. ) TENTATION ,s f í Sollicitatio, induílio , impusio. J Prononcez tantacion. Ce mot se dit en parlant de choses qui regardent le péché. C’est une forte de folici- tation au mal. Piège pour engager au péché. (Prêcher fur le jeûne & fur 1 * tentation dans le désert. Porter à la tentation. Délivrer de tentation. Sucomber à la tentation. Résister à la tentation. ) * C’est le lieu du monde où il y a de plus grandes tentations. Voit.l. %. C’est-à-dire, le lieu où la chasteté est en danger. (II s’est laissé aller à la tentation d’écrire contre moi. Boileau. Sucomber à la tentation de dire un bon mot. ,J’ai combatu fans violence, Mais inutiles foins, vaines précautions ! J’éprouve que la resiflence Augmente la tentation. Defh. ) TENTATIVE,/ f. [Tentativa.] Prononcez tantatiye. Terme de Téologie. C’est un acte par lequel les écoliers de Téologie donnent des preuves de leur capacité pour TEN 579 être reçus Bacheliers de la Faculté de Téologie de Paris. La tentative se fait de quelques traitez de Téologie Scolastique , & elle est précedée d’un rigoureux examen de Philosophie & de Téologie de l’école. La tentative dure depuis sept heures du matin jufqu’à midi, ou depuis une heure après midi jusques à six heures. (Faire fa tentative. 11 a réûlïi dans fa tentative.) * TENTATIVE. \T’entatio, probatio, experimentum.2 Esort qu’on fait pour voir si on pourra venir à bout de quelque dessein, t Faire de nouvelles tentatives. L’ofice de boufon a des prérogatives, Mais souvent on rabat leurs libres tentatives. Mol.) TENTATRICE, f f [Qu# i»si‘gat, ouimpelliti] Celle qui induit au mal. Danet. TENTE , ou tante , si f. f Amita. ) Quoi qu’on écrive quelquefois tente,, il faut toujours prononcer tante. . C’est la soeur du côté du pere , ou de la mere. ( Marie Terese d’Efpagne, & défunte Reine de France, étoit la tante des enfans de Monsieur le Duc d’Or- leans. Voïez tante. TENTE, f Tentorium , tabemaculum. ]| Terme de Tapissier & de Soldat. C’est une sorte de pavillon que l’on tend l’orfqu’on est à l’armée , & qui sert à mettre à couvert quelques offices, ou quelques cavaliers. (Une bonne tente. Faire une tente. Dresser une tente. Vaugelas , Quint. I. 7. Les marchands se fervent aussi de tentes, comme de boutiques, dans les foires, qui se tiennent en des lieux où il n’y a point de hales couvertes. ) On sc sert auffi de tentes pour être à couvert dans la rivière, quand on sc baigne. [ Tentorìolum. ] TENTE. expanfum.'] Terme de Chase. C’est Faction de tendre des filets pour prendre des oiseaux. TENTE, f Peniculum vulnerarìum. ] Ternie de Chirurgien. Charpie roulée qu’on met dans une plaie pour la faire fupurer. ( La plaie est profonde , on y fourre une tente longue d’un bon doigt. Tremper une tente. Poudrer une tente. On dit auffi la tête, le corps & la pointe de la tente. ) TENTEMENT, f. m. f Tentamenturn. ) Terme de Maître d’armes. 11 consiste à batre deux fois F épée ennemie de la sienne. Liancour, M ait. TENTER , v. a. [ Ad malum impellere, solHcitare. 3 Prononcez tanté. Ce mot sc dit en parlant de choses qui regardent la Religion, & veut dire, soliciter au mal. Pousser à pêcher. User d’adresse pour engager à faire quelque mal. ( Le Diable tente les hommes. ) TENTER, f Tentare, probare. J Eprouver. ( II est écrit. Vous ne tenterez point le Seigneur. Port-Royal, Nouv. Tesiam. ) Tenter Dieu , c’est sc retirer de l’ordrede Dieu , en le prétendant faire agir à notre fantasie. Nicole. C’est aussi éprouver si Dieu peut faire quelque chose , parce qu’on se défie de fa puissance. * TENTER. Ce mot est beau & sc dit souvent au figuré. ( Sa peau ne me tente guere. Ablanc. Luc. C’est-à-dire , fa personne ne me plaît pas fort, & ne me touche pas trop le cœur. Tenter la fidélité de quel- cun. Voiture, let. 82. [ Fidem alicttjm experiri. ] C’est- à-dire, tâcher à corrompre la fidélité d’une personne. Ce sont pour vous des fruits nouveaux, Je voi bien que cela vous tente. Saraf. Poésies. C’est-à-dire , je voi bien que vous en avez quelque envie. Tenter la fortune d u combat. Vaug. Quint. I. 5. [ Certaminis aleampericlitari. C’est hasarder le combat. Risquer le combat. Avant l’aurore éveiller des chanoines ! Qui jamais l’entreprit ? qui L oserait tenter? Esi ce un projet, ô ciel ! qu’on puijse executer ? Defpr. ) TENTER , v. a. [ Tentare , experiri. ] Terme de Maître à’armes. C’est faire un tentement d’épée , & batre deux fois l’épée de son ennemi de la sienne. ( Tenter adroitement l’épée de son ennemi. ) t TENTOI, f m. Les haute-liffìers apellent ainsi les barres qui servent à tendre & tourner les deux rouleaux ou enfubles, où sont attachez les fils de la chaîne de l’ouvrage , lorfqu’on monte le métier. TENTURE , f.s \_Aulaorum , peripe-tasinatum fériés .) Terme de Tapissier. Prononcez tanture. C’est le nombre des pièces de tapisserie qu’il faut pour tapisser Tome III. D d d d a quel- 58o TEN quelque chambre, quelque sale, ou que lqu’autre lieu où l’on reçoit du monde. , (Une belle , une riche , une charmante , une agréable , une jolie tenture. ( u ne tenture de bergame. Une tenture de verdure. Une tenture à personnage. Une tenture de tapisserie de cuir doré , &c. ) „ TENTURE de deuil. [ Plurìmasunebria aulaa. J C elt une bande de serge de plusieurs aunes de long qu’on tend dans la chambre & aux portes de la maison, & jnême dans l’Eglise aux funérailles de la plupart des personnes. 11 y a une tenture noire & une tenture blanche. On se sert de la tenture noire pour les gens mariez, & de la blanche pour les filles & les garçons. TENTURE. C Storearum fériés. 3 Ce mot se dit en parlant de nate , & en terme de Natier. Ce font plusieurs pièces de nates pour nater une chambre. ( ta tenture de nate sc vend à la toise , & la toise vaut trente fous ou environ. ) TENU , tenue. [ Retentus. ] Participe du verbe tenir. II signifie ce que l’on tient. (Chose bien tenue.) TENU, tenue , adj. [ Habitus. ] Estimé. (Soldat tenu pour un brave à trois poils. Demoiselle tenue dans tout le quartier pour une fort honnête fille. ) TENU , tenue , adj. [ Cousins. ] Obligé. ( Soldat tenu de servir la campagne. Fille tenue d'obéïr à son pere & à sa mere. ) f TENUë, adj. [ Exìlit. 3 Terme de Phisique, qui vient du mot Latin tennis , & qui signifie, mince, délicat, qui est composé de petites parties qui ont peu de liaison ensemble. (Lesparties del’air&des corps liquides font fort tenues. La substance du cerveau est tenue, & de molle consistence. Une membrane, fort tenue , c’est-à-dire, mince & déliée. ) | TENUë, adj. & f. f. [Tenuis, média esi afirata.~] Terme de Grammaire Gréque. C’est une sorte de consonne Gréque qui est du nombre des muettes, qui se divisent en tenues, en moiennes & aspirées. TENUë. [ Stabilisas m ephìppìn. J Ferme assiette d’un homme à cheval. ( Cet homme n’a point de tenue à cheval. Les selles à I’Angloisc n’ont point de tenue.) TENUë ,/•/■£ Modus tenendi calamum. 3 Terme de Maître à écrire. C’est la maniéré de tenir la plume. ( Une bonne ou mauvaise tenue de plume. ) TENUë , f f. [ Qontinuata modulatio in eàdem pinu- lê. 3 Terme de Musique. C’est une forte de marque cn forme de C. dans les livres de Musique. C’est quand une ou deux parties soutiennent le même ton plus d’u- ne mesure, pendant que les autres parties marchent & font d’autres acords. TENUë , f f. [Anchora firmitiis.2 Terme de Mer. II se dit de Tacrochement de l’ancreau fond de la mer. ( Un fond de bonne tenue. Fond de mauvaise tenue. Fond qui ria point de tenue. C’est-à-dire, qui n’est pas bon pour l’ancrage. ) * TENUë , f f. [ Firmitas , consiantia , firmitudo. ] Fermete. Résolution. ( N’avoir aucune tenue. ) TENUë. [ Celebratio , coaHio. 3 II se dit en parlant d’Assemblées , & signifie le tems pendant lequel elles se tiennent. (La tenue du Concile, de l’Audience, &c. Pendant la tenue des Etats, tous les membres qui les composent ont des lettres d’Etat contre leurs créanciers. ) TENUITE', f f. C Tenuitas. 3 Qualité d’une substance tenue & déliée. (La ténuité des atòmes est incompréhensible. TEN URE,//. [ Clientela , dependentia. 3 Terme de Coutume. Redevance, mouvance d’un Fief ou Seigneur supérieur. La Coutume de Normandie distingue quatre sortes de tenure ; par hommage , par parage, par aumône, & par bourgage. Article ioj. ) (S. Tenir par hommage, c’est poffeder un fief fous l’obligation de l’hommage. Les cadets tiennent par parage, ou par parentage & fous l’hommage que leur aine doit arrêter pour eux. Tenir par aumône, c’est- a-dire, par donation faite à l’Eglise. Cette forte de tenure est fort connué' en Angleterre, où les Normands la porterent avec leurs autres Loix. Littleton l’expli- que ainsi dans son Livre des Tenures : ,, Tenans en „ francx aimoigne est ou un Abbé , ou Prieur, ou un ,, autre homme de Religion ou de Sainte Eglise tient „ de Ion Seigneur en frank aimoigne, que est à dire „ en Latin , in liberam eleemofìnam. ’’ Bracton , lib. n. cap. io. dit qu’il y a deux fortes de tenures par TEN aumône : l’un est libra U perpétua : l’autre est libéra pura , 9? perpétua. La Coutume de Poitou contient plusieurs articles où la tenure par aumône est amplement expliquée ; on peut la voir, & le Commentaire de Theveneau, ainsi que celui de Lelet. TEOCRATIE , f d [ Theogratia. 3 Etat gouverné parla volonté absoluë de Dieu seul. SelonJo- sephe, l’ancien gouvernement des Juifs étoit téocrati- que , & cette tèocratie dura jusqu’à Saiil. TE'OCRATÍQUE, adj. Qui apartient à la tèocratie. [ Tbeocraticm . 3 Le peuple Juif ennuié du gouvernement téocratique , voulut avoir un Roi comme les autres nations. TE'ODORE , f ni. IfTheodorus .3 Mot qui vient du Grec, & qui est un nom d’homme. (Téodorede Béze étoit disciple de Calvin , & íi l’on en croît d’A- vila, liv. r. des guerres civiles de France , Téodorc de Béze avoit beaucoup d’éloquence & d’érudition.) TE'ODOTIENS , / m. [ Theodotiani. 3 Anciens hérétiques du second siécle, qui eurent pour chef un Téodore corroïeur, excommunié par le Pape Victor, & qui nioient que jesus-Christ fût Dieu. TEOGONIE , f f- [ Theogonia. ] Mot qui vient du Grec, & qui veut dire Généalogie des Dieux. La naissance des Dieux. ( Hésiode a fait un livre de la Téogonie des Dieux. La téogonie d’Hesiode mérité d’être lûë. ) TE'OLOGAL,/ r». [ Professer Theologus collegii canonicorum. 3 Mot qui vient du Grec, & qui est un terme d’EgliJe. C’est un Docteur en Téologie qui est pourvû dans une Catédrale d’une prebende, qu’on apelle Téologale, & qui à cause de cette dignité est obligé de prêcher & de faire des leçons de Teologie.Monsieur Delan Téologal de Rouen est très-savant. ) L’emploi du Téologal , est d’eniëigner la Téologie , & d’expliquer l’Evangile dans les Eglises Métropolitaines , Episcopales, Catédrales, même Collégiales. L’ignorance de fa Religion est la source de beaucoup de pechez ; & si nous étions bien instruits du détail de nos devoirs , je fuis persuadé que nous tomberions moins souvent dans l’infraction de la Loi du Seigneur, parce que nous connoítrions les suites terribles de nos fautes , & la rigueur des peines auíquel- les on s’exposc; Jésus-Christ à prêché fa doctrine; ii a laissé ce soin à ses Apôtres qui l’ont transmis aux Evêques leurs successeurs qui s’en sont aquité personnellement pendant long-tems. Mais soit par molesse, par ignorance , & parce qu’ils ne peuvent pas instruire tout leur Diocèse, la prédication est depuis long-tems confiée aux simples Eclésiastiques , dont la plupart songent bien moins au salut des âmes , qu’à s’aquerir de la réputation & des bénéfices ; cette esperance remplit nos chaires de mauvais Prédicateurs ; chacun présumant de soi , sc dit : Avec moins de talens vingt Abbez ont prêché, A qui bien-tôt la chaire a valu P Evêché ; J’attens de mes sermons la même récompense. La première Ecole qu’on ait vû dans l’Eglise, est celle que saint Marc établit dans Alexandrie, & qui a subsisté pendant long-tems avec beaucoup d’éclat. Saint Jerôme & Eusebe en ont conservé la mémoire , & nous ont apris qu’elle fut soûtenuë par le mérite de ses Professeurs, dont Origene fut un des plus illustres: il fie même quelques catéchèses dans l’Ecole de Céfarée, & des leçons furies Evangiles dans Antioche , dans Ephese, dans Nicomédie, dans Constantinople, & dans plusieurs autres Eglises de l’Orient. Cet usage passa en Occident , & y a été observé particulièrement en France, selon le témoignage du Pape Alexandre 111. dans le Chapitre unique de Magtsrìs. Je ne crois pas en devoir dire davantage fur les Ecoles Ecclésiastiques, pour décendre à l’institution des Téologal es , quoiqu’elles en soient l’origine ; car la barbarie s’étant répandue dans toute l’Europe Chrétienne , on méprisa l’étude des belles Lettres, & la con- noissante des saints Misteres de notre Religion. Le Pape Eugene, pour commencer de dissiper les tene- bres dans lesquelles les Eclésiastiques vivoient, ordonna dans un Synode, que les Evêques établiroientdes Maîtres dans les Eglises Catédrales & Collégiales , pour y enseigner la Téologie. Le Concile de Bâle, TE O ]a Pragmatique Sanction, le Concile de Trente, les Ordonnances d’Orleans & de Blois , ont confirmé rétablissement des Téologaux, comme très-utíîes pour í’instruction des Clercs qui les composent. On en voit peu dans les Eglises Collégiales : cependant les Clercs de ces Eglises n’ont pas moins besoin d’instruction que ceux des Eglises Catédrales. La prebende Téolo- gale doit être égale à celle d’un Chanoine. Les pre- bendes Teologales ne peuvent point être chargées d’une penlion. Ce sont deux questions assez problématiques, sçavoir , fi la prebende Téologale eil sujette aux Gradués, & si elle tombe en Régalé. Car à l’égard de la prémiere , le Téologal devant être Docteur, pourquoi l’afranchir de la grâce accordée aux Gradués ? & son emploi exigeant de l’habileté & de la science, n’est-il pas juste que l’on préféré un homme qui a passé par les grades du Doctorat, à un Docteur de quatre jours ? Àinsi s’il y a concurrence entre un Gradué de PUniversité de Paris, & un Docteur de ces Universités qui acordent le Doctorat à qui le demande, celui de Paris doit être préféré. Et quant à la Régale, je ne sçai pas pourquoi elle en fera exempte , pourvu que le Roi nomme une personne capable de l’exercer. L’obligation de prêcher & d’enseigner est si indispensable, que l’on ne peut en être dégagé > ni par l’usage, ni par la prescription; ce qui emporte la nécessité de ia résidence. Le Téologal ne peut prêcher ni enseigner, sans permission de I’Evêqup, dans les Eglises où il n’est pas établi, TE'OLOGAL, téologale , adj. ['Théologiens.} Ce mot se dit en parlant de certaines vertus qu’on a nommées Théologales, parce que Dieu en est l’objet. Les vertus Théologales sont la foi, l’ésperance & la charité.) TE'OLOGALE , s. s [Prabenda Theologalis .] Terme d 'Eglise. C’est une Prébende afectée à un Téologien dans les Catédrales. (On lui a donné la Téologale de Rennes.) TE'OLOGIE, ou Théologie,/, f. [ Tbeologìa .] Mot qui vient du Grec. C’est une connoissance de Dieu par les principes de la foi, qui est l’Ecriture & la tradition. La Teologie naturelle est celle qui par la contemplation des choses de la nature nous porte à la connoissance de Dieu. La Téologie surnaturelle est celle qui nous enseigne les vérités révélées & surnaturelles. La Téologie mistique est celle qui par des termes figurés explique les choses divines. II y a encore une Téologie positive , & une Téologie scolastique. Voïez positive & scolastique. On dit. (Savoir la Téologie. Etudier en Téologie. Bachelier en Téologie. Docteur en Téologie.) TE'OLOGIE. [Schoh Theologlca.} Classe où l’on enseigne la Téologie. II est allé en Téologie, La Téologie est ouverte.) TE'OLOGIEN , Théologien , f m. [Théologies .Qui fait la Téologie. (Un habile Téologien. Un savant Téologien. Saint Thomas est un profond Téologien. un bon Téologien. II prêche en Téologien.) TE'OLOGIQUE, adj. [ Théologiens. ] Qui est de Téologie. Qui regarde la Téologie. (Sens Téologi- que. Question Téologique.) TE'OLOGIQUEMENT, adv. [ Theohgicè .] D’une maniéré Téologique. (Expliquer une chose Téologi- quement.) TF/OPHILE, f m. [Theophilms Nom propre d’homme qui vient du Grec. (Téophile,fameux Poète François, fut persécuté parles Jésuites.) TE'ORBE- Voïez tuorhe. TE'ORE'ME, / m. [ Theorema .] Mot qui vient du Grec , & qui est un terme de Géométrie. C’est une proposition dont il faut démontrer la vérité. (Pré- mier téoréme. Second téoréme. Proposer quelque chose en téoréme. Téoréme général. Port-Royal , Eémens de Géométrie. Voïez Théorème. TE'ORIE , f. f. [ Tbeoria contempl’atio. J Mot qui dérive du Grec. C’est la contemplation & la connois- Tance qu’on a d’une chose lors que l’entendement en a compris les causes fans que la pratique & l’experien- ce les aient fait voir. ( Cette opinion n’est pas fans probabilité dans la téorie. Pascal , lettre q. Ceux que vous rendez innocens dans la téori, sont fouettez dans la pratique. Pascal , liv. 6 . ) TEORïQTJE, adj. [ Tkeoricw , fiecutativus. ] Qui regarde la téorie. Les fiences se divisent en téoriques, comme la Métaphisiqne, la Téologie ; & en pratiques comme la Pliisique, la Médecins. TER 581 TE'OSOPHE , f m. [ Theofipbut. ] Qui a une grande connoissance des choses divines. Robert second Roi de la troisième race fut surnommé le Téofiphe par Hugues de Flavigny. TE'OURGIE , f f [ Tbeourgìa. ] Mot qui vient du Grec, & qui veut dire, Ouvrage de Dieu. ( La téourgie fait clairement voir qu’il y a un Etre souverain, indépendant, au dessus de tous íes autres, & qui mérité d’être adoré. La magie téourgique se fait par les causes celestes. ) TEPIS. Etofe de foie & coton qui se fabrique aux Indes Orientales. TERAPEUTE, f- m- t Terapeutes. ] Mot Grec, qui veut dire serviteur, apliqué particulièrement à servir Dieu. Philon a écrit sur les Terapeutes > Cst Philon Juif est le seul qui ait parlé des Térapeu- tes de son tems. On a douté , & on doute encore si ces Solitaires du Mont de Nitrie étoient Chrétiens. Le Pere Montfaucon , savant Bénédictin , a donné au Public une Traduction de Philon Juif, avec des Observations, où il tâche de justifier l’on sentiment. Je n’entrerai point dans cette critique ; je me contenterai de donner une idée de la vie de ces Térapeutes. TípaoTívríiy signifie guérir-, & ceux qui composoient la Secte de ces Solitaires s’apellerent Térapeutes , parce que leur institut étoit une médecine fupetieure à la médecine ordinaire; elle guérissoit les maladies de Lame , & celle-ci ne guérit que celles du corps. D’ail- leurs, le même terme Grec signifie encore révérer ou servir ; & comme ils servoient & reveroient l’Auteur de toutes choses d’une maniéré particulière ils prirent le nom de Térapeutes. Ils abanáonnoient leurs biens, leurs familles , pour s’apliquer uniquement à vaincre leurs passions, & à purifier leurs cœurs ; & asm d’y travailler avec succès, ils s’éioignoient du monde, & choisissoient leur retraite dans une solitude située fur une petite colline , au-delà du lac Maria , où ils avoient chacun leur cellule. J’ai été tenté de raporter ici en détail leurs ocupations , leurs études, leurs assemblées, & ce qui s’y passoit ; tout étoit extraordinaire , & mérite qu’on s’en instruise : mais le récit scroit un peu trop long, & l’on pourra aisément contenter sa curiosité par la lecture de l’Ouvrage de Philon , dont on ne peut rien retrancher. TERAPUTIQUE , f fi [ Therapentice. ] Mot de Médecin , qui vient du Grec , & qui veut dire Part de guérir. ( Enseigner la Téraputique. ) 0 " TERCEAU. Loisel dans íes Opuscules, pag. gî. a fait mention du droit apellé Terceau, c’est-à-dire, de la troisième partie des fruits d’un fonds. II dit que les Gots aïant vaincu les Romains dans plusieurs Provinces , ils laissèrent aux anciens propriétaires les terres dont ils étoient en possession , sous la condition de palet la troisième partie des fruits ; & il ajoute : „ De ce mot de tertia pourroít bien venir celui de „ Terceau , dont use la Coutume de Chartres , art. ,, 114. voire par adventure celui de Terrage , au lieu „ de Tertiage, par un raccourcissement qui est ordinaire „ és Provinces qui ont été dominées tant par les Fran- „ qois , que par les Goths. ” TE'R E'B ENTINE , f f. [ Therebìnthìna refînai} Mot qui vient du Grec. C’est une refîne liquide qui coule du tronc du terebinte après qu’on y a fait quelque incision. Cette terebentine vient de l’Isle de Chio, & vaut mieux que celle qu’on aporte de Venise, & même que toutes les terebentines communes qui coulent des méléfes , des pins & des lapins. Cette terebentine de Chio doit être transparente, d’une couleur blanche tirant sur le verd , d’une odeur forte & d’une consistance plus solide que toutes les autres terebentines. Char as, tr. de la tériaque , ch. 17. TE'RE'BTNTE, f m. [ Terebintbw . ] Arbre qut a les feuilles toûjours vertes , qui porte de petites fleurs en forme de grapes de raisins. Ses fleurs tirent fur le roux, & il en sort des fruits ronds qui au commencement sont verds , ensuite noirs , durs & odoriferans. Le terebinte a le bois noir, beau & solide. Ses racines sont grosses & entrent avant dans la terre. II a une résine très-odoranre & la meilleure de toutes. II se plaît sur les montagnes. Ses feuilles & son écorce sont astringentes. f TERENIABIN, fî m. Espece de Manne liquide, Bdddj TE- 58 - TER -rrvoEvpp r r [Therefla.] Nom de femme. (Les œuvres de Sainíe Térése sont traduites de FEspagnol en François. La Reine de France s apelloit Tereie. Madame de Vileroi est une véritable fille de Sainte Térése.) ± TERFEZ- Espece de Truse, qui naît dans le fable fans pousser de tiges. Elle est propre pour fortifier l’estomac. TERGETTE, targette, s. s. [ Fenefirarum sera. J Quelques-uns disent targette , mais les serruriers & ceux qui parlent mieux disent tergette , parce qu’il est plus doux & plus usité. C’est une plaque de fer deliée, de forme ovale, compolee d’un verrou & de deux cramponnées qui tiennent ce verrou, laquelle on attache sur le châssis de la vitre. (Une tergette simple. Une tergette à panaché, st tacher une tergette.) t TERGIVERSATEUR, / w. [ Tergiversator.l Terme de Pratique. C’est celui qui se désiste d’une a- cusation, ou la néglige à prix d’argent, ou faute d’en fournir. Rousseau de la Procedure. TERGIVERSATION,/ s. [Tergìversatio , ejsugium.] Prononcez tergìversacion. C’est Faction de tergiverser . (Quand je vis tant de tergiversations, je me doutai qu’il me vouloir tromper.) TERGIVERSER , v. n. f Fugere , vìtìlitìgare, tergiver- Jàri.J C’est chercher des détours, afin de ne se point mettre à la raison. Biaiser. Ne pas tenir un procédé, ni une conduite sincere à l’égard d’une personne en matière d’affaire. (11 ne fait que tergiverser.) TE'RIACAL , ale , adj. [ Theriacalis .) Qui participe de la tériaque. (Les Saltinbanques ont fort décrié les drogues tériacalesf) TE’RIAQJJE, f- f- [Theriaca.] Mot qui vient du Grec. C’est une composition de medecine dont on se sert contre le poison. Vaug. Rem. a décidé que le mot de tériaque étoit masculin & féminin. J’ai consulte la- dessus d’habiles Médecins , d’habiles Epiciers & Apo- ticaires qui me Font fait tous féminin , & pas un masculin j ainsi fur ce mot je déclinerais la juridiction de Vauge U;. La tériaque est une composition dont on se sert contre le poison & contre plusieurs violentes maladies. Elle est faite de chair de vipere, de miel, de vin , de divers ingrediens & de plusieurs racines, herbes & sieurs écrasées. (Tériaque excélente', vieille, nouvelle. La vertu de la tériaque quand elle est bien conservée ne s’afoiblit qu’à soixante ans. Andro- macus, médecin de Néron, fut l’inventeur de la tériaque. Composer de la tériaque. Prendre de la tériaque. Ordonner de la tériaque. Plus la tériaque est récente , & plus elle a de force. On la conserve dans de petits pots d’argent, ou dans des pots de terre bien vernissés. Char. tériaque d’Adrom. Voïez Ali. Le P. Rapin a fait tériaque masculin mais mal. L’stcadémie Françoise, & tous les bons Auteurs font ce mot féminin. (Marc-Antoine le Philosophe ne prenoit de la nou- ïiture que la nuit,' & pour le jour il ne prenoit que de la tériaque, non par crainte, ni pour lui servir de contre-poison , mais par maniéré de remede. Cousin , Hifl. Rom. 584. s§ On disoit autrefois triade ; ainsi dans la Satire Menippée , le Charlatan qui joiioit des régales, & vendoit son Catholicon, est apellé triacleur. TE'RIE'RE , tarière. , s m. [Tercbra.] Quelques- uns disent tarière , mais les Charons qui se servent de cet outil disent tériére. C’est un outil dont on se sert pour percer le bois. (Un trou de tériére. Mon tériére est égaré. Donnez moi un tériére, que je perce cela.) Danet fait ce mot féminin. í TER JET TE , s f. Terme de Manufafíure. C’est sine espèce de manicle de cuir , dont se servent les Laineurs Applaigneurs. í TERJETTER , v. a. Terme de Verrerie. C’est vuider dans les pots à cueillir la matière propre à faire le verre, mise en fusion. , TERIN, tarin.,s. m. [ Traupis. ] Quelques-uns ccrivent .tarin , mais les Oiseliers de Paris , & ceux qui parlent bien, disent terin, & c’est le plus doux & le plus lur. Le terin est un petit oiseau verd avec une petite marque noire sur la tête. ( Un beau terin. Un joli terin.) J -j- TERIND ANNES , ou TERINDAINS. Mousseline fine qui vient de Bengale. TER TERME,/ m. [Terminus.’] Le Dieu des bornes. (Les Anciens Laboureurs honoraient particulièrement le Dieu Terme. Les Architecles apellent Terme. [ Telamoncs, atlantes, termini.] Une colonne ou un poteau orné par en- haut d’une figure de tête de femme, de Satire ou autre qui sert à soutenir des fardeaux dans les bâdmens, ou d’ornement dans les jardins. L’origine en vient de ce que c’étoicnt autrefois des bornes plantées au bout des héritages, pour les séparer, ausquels on don- noit la figure du Dieu Terme. On dit, il est planté comme un terme. TERME, f m. [Lapis tcrminalis, terminus.] Ce mot au propre lignifie borne , mais en ce sens, ii n’estpas ce semble usité. Le mot de borne eû le mot d’usage. TERME , f. m. [Finis, scopus , meta.] Fin. But. C’est: un terme, où l’on n’arrive guere par le plaisir. Bens. pdés. Au bout de cent dix ans dont le cercle renferme JDe Page des humains presque le plus long terme. Cousin, Hist. Rem. Lerida est le terme fatal de nos conquêtes. Mémoires de Mr. de la Rochefoucaut. TERME. [Prasinitum tempus.] Tems réglé & prescrit. (J’ai fait un éfort pour échaper devant le terme. Voit. I. 54.) TERME. [Proxima paritudo, finis, tempus.] Ce mot en parlant des femmes grasses veut dire ordinairement neuf mois justes, & quelquefois sept. (Elle est acou- chée avant terme. Acoucher justement au terme. E- tre proche de son terme. Etre à terme.) TERME. [Dies pecunia solvendœ.] Ce mot se dit en parlant des locataires & des propriétaires des maisons de Paris, & il veut dire trois mois. On paye à Paris ordinairement son terme tous les trois mois, & quelquefois tous les six mois , ou tous les neuf mois, le locataire ne doit pas atendre d’avantage. Voïez la Coutume de Paris. Le terme est échu. Le terme court. Païer son terme. Avancer son terme. Faire perdre un terme. (Le terme vaut f argent. C’est-à-dire , qu’on donne un si long-tems pour payer , que l’argent qu’on donnera alors n’est pas considérable. f TERME. [Status , ordo.] Ce mot en parlant d’a- saire signifie. Etat. Ordre. (Ses afaires font en bons ternies. Les choses font aux termes où on les peut souhaiter.) TERME. [Terminus , verbutn, dìclio. ] Mot. Parole. Parler en bons termes. Ablanc. Mais , pardon ,fi je dis que je t ai méritée , De ce terme insolent ne sois point irritée. La Lane, Eglogue. Vous avez jugé que cette fortune étoit tellement au- delà de ce que je devois esperer, qu’il vous faloit chercher des termes pour me la rendre croïable.- Voit. I. 1. Ternie propre, naturel, noble, &c. Terme bas, équivoque, &c. Terme dogmatique. Terme d’art, de science. En termes exprès, formels, &c.) TERME. [Terminus.] En Logique , c’est le sujet ou l’attribut d’une proposition. Tout syllogisme est composé de trois ternies, du grand terme, du petit terme , & du moien terme. Art de penser, troisième partie. Un syllogisme de quatre termes est défectueux. TERME. [Terminus.] En Géométrie c’est l’extremi- té de quelque grandeur. Les termes d’une raison , ce sont les quantités qui la composent, & de même on dit les termes d’une proportion, d’une progression, d’une équation, &c. TERMES , ou Thermes. [Tbernta.] Ce mot pour dire dés bains d’eau chaude vient du Grec & ne se dit qù au. pluriel, & en parlant des bains des Anciens. C’ètoient des lieux où les Anciens se baignoient après y avoir sait divers exercices. Les Termes Diocletiens & les Termes Antoniensfont fameux, & étoient très- propres pour l'ancienne jeunesse Romaine. On voit encore à Rome de ces Termes tous ruinés. Lisez, An- tichità di Roma , di Scamozzi. Ternie ou lavait fa'carcasse Riche de gratelle N de cloux , Ce vieux sot qui pour quatre choux Laisse le trône U la cuirasse. Saint Amant, Rome ridicule. TERMINAISON,//. [Terminatio,verbontm finis.] Ternie de Grafhahe. Ce font les dernieres letres, ou íìlabe.t d’un TER d’un mot. (On considéré la terminaison des mots, de {'infinitif des verbes, &c. Les rimes font des mots qui ont une semblable terminaison.) TERMINER , v. a. [Terminas conficere , termina* re, limitare. j Borner. (Maison qui termine nôtre vûë.) TERMINER. [Manum extremam ìmponere.) Achever. - Finir. (Terminer un ouvrage. Terminer heureusement ia guerre. Terminer une entreprise, un procès. Abîme, * La mort à terminé ses jours. Mai. Po'ès.) Se terminer. [Suniliter definere .J C’est avoir la même terminaison. (11 y en a qui veulent que les perio- des soient terminées par une syllabe longue. II n’y a point de mot qui se termine en ure , excepté Turc, qui par conséquent ne peut pas faire la fin d’un vers.) Se terminer , v. r. [Hue -usque ventres Se finir. S’a- chever. (Ouvrage qui commence à se terminer. Cela s’est terminé à la ruine de leur muraille. Ablanc, A* rion. liv. i. ) TERMOMETRE , f- m. [Thermametrum .) Mot qui vient du Grec. C’est un tuiau de verre bien bouché par les deux bouts , à demi rempli d’esprit de vin pour marquer les dégrés de chaud & de froid. (Un bon termometre. 11 y a encore des termometres d’u- ne autre faqon. Voïez Robault, Pbipque, i. part. cb. 25. art. 29. Quelques-uns attribuent Tinvention du Termometre à Robert Flud , d’autres à Drebel paysan de Nort- Hollande. TERNAIRE m. [ Temarìus .] Terme d ’Arit- metique , & de quelques autres siences, comme de la Cabale, &c. 11 signifie nombre de trois. (Le ternaire est estimé un nombre parfait par les Cabalistes.) 11 signifie auffi un nombre multiplié de trois, & en ce íèns, il semble être adjectif. (Tout nombre au-dessus de Tunité est ternaire , ou ternaire moins un , ou ternaire plus un. Frenicle des triangles rectangles en nombre.') TERNE , adj. [Obscuratus , decoloratus.) Ce mot se dit des métaux & de certaines autres choses qui peuvent recevoir moins , ou plus de lustre. Cela est terne. Argent terne.) TERNES. [Terni numeri.) Terme de TrìHrac, qui veut dire deux trois. (Amener ternes.) f TERNEUVIER , f. m. Vaisseau ou bâtiment de mer destiné & équipé pour aler en Terre-Neuve faire le commerce & la pêche des morues. TERNI, ternie, adj. [Infuscatus , obscur atus.) Qui a perdu son lustre. Glace de miroir ternie.) * Réputation ternie. [Qbliterata fuma.) C’est-à-dire, obscurcie. Honneur terni. C’est-à-dire, obscurci, taché. TERNIR, v. n. [ Hitorem obscurare , infuscare. ] Oter le lustre, l’éclat, la couleur. (Ternir la glace d’un miroir.) * II ternira ce renom dont la France est pleine* Voit. pois. [Obliterarc , labem inurere.) C’est-à-dire , il obscurcira ce renom dont la France est pleine. Un Chanoine lui seul triomphant du Prélat ; Ou rocher à nosyeux ternira -fil l’éclat, Despr.) TERNIR le luflre des plus grands Rois. La Sufe, po'ès. [Labem inureresama heroum.) C’est obscurcir Té* elat des plus grands Rais. Se ternir, v. r. [Nitoremperdere , hebetari.) Perdre son lustre , son éclat, sa couleur. (Glace de miroir qui commence à se ternir.) TERNISSURE , s f. [Splendorit hebetatio , nitoris ob* scuratio.) L’action qui ternit. (La ternissure d’un miroir. ) TERRAGE ,/»».[ Solarium veHigal. ] Voïez C hampart. C’est la même chose. u J’ai raporté sur le mot Terceau , le sentiment de Losse!, qui dérive le mot ferrage de tertia pars. Plusieurs Coutumes font mention de ce droit; on les trouvera dans l’Indice de Ragueau. Le terrage est en éfet la même chose que le champart, & que Tagrier. On peut le définir une portion des fruits , âpres qu ils ont été recueillis , & que le Seigneur s’est reservée dans la tradition du fonds. Le droit est diferent dans les Coutumes. Celle de Berri le régie à la douzième des gerbes, & doit être paie avant l’enlevement des fruits: le redevable est obligé de le transporter dans le lieu destiné par le Seigneur. II est Seigneurial quand il est le prémier droit : mais la dîme est levee avant que l’on compte le terrage. La plupart des Coú- TER Z8Z tûmes en afranchissent les prés, les bois, les vignes s’il n’y a titre au contraire. Loisel, dans ses Institu tes, liv. 4. tit. 2. reg. 17. tient, conformément à la Coutume d Orléans , cjue terres ttnu'ës ewfivj ne doivent champart. Voici une autre Régie importante: Terres tenues à champart , terrage , vinage , gros cens, ou r en* te originaire , U direcie , tiennmt lieu de chef cens , doivent lods [f ventes aux Seigneurs desdits champart , terrage, [sc. S1 le terrage est accompagné d’un cens, il n est plus Seigneurial. Voïez la Coutume de Blois, art. 34. Enfin, ce droit est imprescriptible. TERRAGNOLE, adj, m. Terme de Manège , L Equm gravior , gravioris incejfus. ] Epithete qu’on donne a un cheval, qui a les mouvemens trop rete nus & trop près de terre , qui est chargé d’épaules & qui a de la peine à lever le devant. TERRAIN- Voïez Terreìn. f TERRAMERITA , ou CONCOUME. [Curcu- ma.) Racine qui vient des Indes & qui sert aux Teinturiers pour teindre en jaune. On l’apelle aussi safran , ou souchet des Indes. f TERRA SAPONARIA. Nom Latin d’une ter* te glaize, qui peut servir au lieu de Savon au dé* graissage des laines. TERRASSE , f f [Agger terreus,) Les Jardiniers apellent de ce nom , une quantité considérable de ter* re , qui est plus haute que le terrein voisin , fur lequel elle commande , soit que cette terre ait été ainsi élevée exprès pour servir d’alée, retenue de bonnes murailles de pierre , ou dressée en talus pour se bien soutenir , soit que cette terre se trouve ainsi naturellement élevée. (On dit une alée en terrasse, un Jardin en terrasse. C’est-à-dire , une alée , ou un jardin plus haut que le terrein voisin. Quint. fard. fr. t. 1. ) 4 = TERRASSE. Terme de Guerre. C’étoit dans les sièges des Anciens un épaulement environnant fur le bord du fossé, tout semblable à nos tranchées, où les archos & les frondeurs tiroient à couvert & fans cesse contre les défenses de la ville, pendant qu’on infùltoit de toutes parts. Les terrasses scrvoient auffi de contrevaliation pour brider & resserrer de plus près ceux de la place. On apelloit auffi terrasse un cavalier élevé fort haut pour dominer les murs d’une ville. On començoit la terrasse fur le bord du fossé, ou du moins fort près, & elle formoit un quarté long. On y travailloit à la faveur des mantelets , qu’on élevoit fort haut, derrière lesquels les soldats travailloient à couvert des machines des assiégés. Les terrasses qu’Alexandre fit élever aux sièges du roc dè Corienez & d’Aorne, & celle de Massada dont Josc* phe donne la description , sont fameuses dans l’histoi- re. Terrasse se prend auffi pour le comblement du fossé des places assiégées ; mais on ne doit pas confondre ces fortes de terrasses avec les cavaliers ou terrasses élevées fur le bord du fossé pour dominer les murailles, & voir ce qui se passoit fur le parapet. Les Traducteurs & les Commentateurs les confondent fort souvent. 11 est aisé de distinguer les terrasses considérées comme comblement, & les terrasses considérées comme cavaliers, car lorsqu’on s’a- perqoit qu’il y a des béliers fur la terrasse, il ne faut point douter que TAuteur ne veuille parler du comblement de fossé ; que s’il paroit que ces béliers font fur un cavalier, il faut décider que THistorien est un ignorant qui ne fait ce que c’est que la guerre. Voïez le Polyhe de Mr. de Folard, Tome II. TERRASSE , s. s. [TeHa in aggerem ejsormata. ) On apelle auffi de ce nom la plus haute partie de la maison élevée en forme de tour, & couverte de terre. (Monter sur la terrasse. Une belle & agréable terrasse.) TERRASSE. [Labellum.) Terme de Tireur d’or. C’est une espèce de cuvete longue , faite de briques, ou de pavés avec de hauts rebords où Ton chaulé Tar- gent lorsqu’on le veut dorer. TERRASSE. [Planum ruris pi Ai.) Terme de Peinture. C’est le devant des passages. ( Une terrasse bien peinte.) TERRASSE'. [ Humo fultm. ) Terme de E'afnn. Arbre ou plante, qui est représenté fut un écu comme aiant fa racine dans la terre. TERRASSER , ou terracer , v. a. [Sternere , pro* sernere , dejieere.) Jette r parterre. (Terrasser une personne. Terrasser un lion. Ablanceurt, H 584 //terrasse lui seul & Guibert Grafrf, £í Gmttonla base, U Grondin le fau f et. Despr.) ± TERRASSER, D. «. Mettre un amas de terre der. ïiére une muraille pour la fortifier, & pour divers au. tres usages. (On a tait terrasser les murailles de cet. íe TERRASSER. [Deturbare , subjicere.] Abattre. Soumettre. Réduire fous joug. (i Oui la moindre disgrâce Lors que je fuis à jeun , me saisi, meterrafe. Molière, Cocu. C’est-à-dire, la moindre disgrâce m’acable & m’abat. Us prévoioient que les Papes qui venoient de terrasser l’Alemagne ne manqueroient pas de. Patru, 4.. plaid.) h Mr. Sarraziu, dans son Ode fur la prise de Dun- kerque : II faut d’un air bien plus grand , Sur la lyre qu'en mourant Malherbe nous a laifée , Célébrer le Conquérant De Dmkerque terrafée. Se terrasser , v. r. [-SV prosternere.] Se jetter par terre. (Us fe font terrassés. Tâcher à sc terrasser.) Se terrasser , v. r. [.Sï? vallare ,se munir es) 11 signifie aussi , fe fortifier en remuant la terre & en se couvrant d’ouvrages de terre. (Les ennemis se font si bien terrassés dans leur camp , qu’il est impossible de les y forcer.) TERRASSIER , s m. Prononcez TerraJJie. ferme de Jardinier. C’est celui qui entreprend de faire une terrasse qui doit remuer, ôter, ou porter quantité de terre. (Faire marché avec un terrassier pour aplanir un Jardin & pour faire des alées en terrasse.) TERRASSIER, s. m. [Aggerarius opifex.] Ôuvier qui travaille à des terrasses. Entrepreneur qui enleve ou qui remue des terres. TERRE , s s [Tellus , terra globus.] Ce mot signifiant l’un des quatre élemens n’a point de pluriel. C’est le globe de la terre , laquelle est la demeure & la nourrice des hommes & des animaux. La terre est finie , elle est ronde & immobile. Robaut , P bisque. On dit que son circuit est de 9000. lieues, & son demi-diametre de 1452. Cependant étant comparée à l’étenduë du Ciel elle n’est qu’un point pour lequel les hommes sont si aveuglés que de s’arracher la vie. Bernier, Philosophie , tome V. Quelques anciens Philosophes ont donné une ame à la terre & quelques autres ont crû que c’étoit Une divinité, mais ces opinions n’ont nul fondement. La terre encore informe étoìt vuìde deserte, Jtël’abîme des eaux fa face étoìt couverte. Perr. Creat. du monde.) jfsf La terre pour tout le Globe , est une expression fort bonne : mais terre pour Royaume , Pays, Province, est une mauvaise locution. Mr. de Gomberville a dit: Ains pour vivre heureusement , II ne saut point charger de terre , II faut changer de sentiment. La pensée est juste, mais elle est mal exprimée. TERRE ferme. [Continent.] C’est-à-dire, le continent (Etre en terre ferme.) Prendre terre. [Ad littus appellere.] Terme de Gen qui navigent. C’est quiter les vaisseaux où l’on est em barqué pour venir en terre ferme. TERRES neuves. [Terra nova incognita.] Ce son des terres nouvellement découvertes. On a donné c nom au Canada, pais de l’Amerique Septentrionale (Morue de terre neuve.) TERRE. [Terra.] Ce mot signifie souvent une par tie de la terre entant qu’elle peut être emploïée à quel que ouvrage , ou qu’elle peut être cultivée. Ainsi 01 dit, terre sgelée. [Rubrìca t’emnìa.] Qui est une sorti de terre rouge & medecinale , bonne contre la morfun des ferpens & propre à faire divers ouvrages. Ter r d’ombre. [Terra agyptïaca.] C’est une sorte de terri obscure qui est extrêmement sensible & terrestre, <5 qui lert aux peintres. Terre à dégraisser. C’est une sor te de terre propre à ôter les taches dés habits. Terre . potier. [Terra figlina.] C’est une sorte de terre glaií dont on fe sert pouf faire des ouvrages de poterie Terre-franche C est-a-dire, terre fans gravier. TERRE, c Ager,Jolum .] Ce mot parmi les Labott TER reurs & îes Jardiniers, est considéré comme le fonds qui peut être cultivé & dans lequel on doit planter ou semer. En regardant la terre de cette sorte-là, on dit qu’elle est aigre , amere , argilieuse, glaise, chaude , brûlante, coriace , tardive, hâtive, meuble, c’est- à-dire , qui n’a point de corps ; neuve , c’est-à-dire , qui n’a jamais servi, reposée , travaillée & usée. On dit aussi qu’elle est douce, froide , seche , legere, forte , humide , grasse , maigre, bonne , fertile, stérile, ou qu’elle est en friche. (Labourer la terre. Cultiver la terre. Corriger les défauts de la terre, fumer, a- mander, humecter , dessecher, échauffer, rafraîchir, préparer la terre. Donner un labour à la terre. La terre porte & produit diverses sortes de fruits. Les terres de ce pais sont fort bonnes. Les biens de la terre. La terre n'enfantait dans fa triste douleur Ç)ue des fruits imparfaits fans force [st fans couleur ; A peine pour garder ses loix [st ses coutumes , Donnoit elle au printems ses plus smples légumes < Perr. à Mr. de la Quint.) (§ C’est une régie dans le P aïs Coutumier, que nul. le terre fans Seigneur. On veut que cette maxime soit générale : mais les Pais régis par le Droit écrit, lui opofent celle-ci : Nul Seigneur fans titre. On peut dire que l’une & l’autre de ces Maximes ont leurs bornes prescrites, qui les renferment, fans pouvoir passer d’un Païs dans un autre. VoïezGaland, contre le Franc aleu ; Cascneuve pour le Franc aleu , Dominicy, de prarog. ail. & Boisseux de l’usage des Fiefs. Quelques-uns soutiennent que la Maxime doit être entendue du Seigneur Justicier, & non du Seigneur Féodal. TERRE. [Terra.] Ce mot entre en plusieurs faqons de parler de potier. (Lever la terre par rouleau. Marcher la terre. Voquer la terre. Tailler la terre.) TERRE. Ce mot entre en quelques façons de parler de pionniers, de travailleurs & de maçons. Remtíêr les terres. [Terrain aggerere.] C’est les creuser & les transporter pour faire des remparts, ou des parapets. Le mur qui doit soutenir les terres demande une grande épaisseur. Abrégé de Vitruve .) TERRE. [Terra] Ce mot fe dit en parlant de la mer , & veut dire les côtes, ou les rivages de la mer. (Exemples. Dans ce parage la mer fe recourbe dans les terres. Aprocher de terre. Guillet , Terme de Navigation. f TERRE de Chio. [Terra Chia.] Elle est astringente. Elle efface les taches & les cicatrices de dessus la peau. f TERRE de Malte. [Terra Melìtea.] On la croît bosse pour résister au venin. Elle est surtout astringente. $ TERRA mérita. Petite racine qui est apritive. í TEKREde Patna. [Terra Patnac.] C’est une terre du Mogol, très-legere, & absorbante. $ TERRE de Perse. [Terra Perstca.] Les Cordonniers s’en servent pour rougir les talons de souliers. í TERRE de Samos. [Terra Samia.] II y en a deux espèces. L’une & l’autre sont astringentes, & propres pour dessecher les playes. H TERRA Selinusa. Elle ressemble beaucoup à celle de Chio ; elle est aussi astringente & résolutive. f TERRE Sigillée, ou Scellée. [Terra Sigillata.] C’est un bol qui est astringent, & propre pour arrêter le cours de ventre. $ TERRE verte. [Terra vtridis.] Terre qu’on aporte de Vérone en Italie. On s’en sert pour la Peinture. TERRE. [Caput mortuum.] Ce mot se dit entre Chimistes. C’est l’un des cinq principes de Chimie & le moins considérable qui se trouve à la fin de la disti- lation & de la calcination lors qu’on a tiré par fil- tration, ou dissolution le sel qui étoit avec la terre. Charas, traité de Chimie. (Terre morte ou terre dannée.) TERRE. [Humus.] Ce mot entre dans plusieurs façons de parler fort ordinaires. (Jetter par terre. C’est- à-dire , terrafer. Donner dunez en terre. [Nafo terram ferìre.] C’est ttítaber tout plat à terre sor le nés, sor le visage. * Donner du nez en terre. [Pefum abire.] Ces mots sont aussi pris figurément , & signifient ne pas réussir dans quelque dessein ; échouer dans son entreprise.) Mettre pié a terre. [Ex equo deslire.] C’est découdre de cheval, de carosse , ou de quelque autre voiture. ^Mettre en terre. [Humare, terra obruere.] C’est-à- dire, enterrer. (Mettre une personne en terre.) Porter en terre. [Ejferre adfepulturam.] C’est porter TER au cimetière , ou autre lieu pour être enterré. (Porter un corps en terre.) TERRE. [ Preedia fundi. ] Rien considérable qu’oti a à la campagne. Sorte de seigneurie. Posseísion considérable. (II est allé à sa terre.) TERRE. [ Regio. J Païs. Contrée. Plusieurs endroits du globe de la terre. (Terre Australe. Terres polaires , &c. Votre los se portera dans toutes les terres les plus étranges. Voit. Pois. Presque toute la terre est pleine des chansons de vos favoris. Mai. Pois. On dit pat toute la terre que. Pascal, 2. Ravager les terres de l’ennemi. Ablancourt , Arr.) TERRE , se dit figurément. Chasser sur les terres de quelcun. [ Onits, ojficium alicujus prasumerc. ] C’est entreprendre sur ses droits , fur fa charge. On dit encore , faire prendre terre à quelcun. [ Aliquem con- turbare. ] C’est le mettre en déroute , soit en plaidant, soit en disputant contre lui. On dit qu’un homme seine en terre ingrate , quand il instruit un stupide, ou qu’il fait du bien à un ingrat. TERRE. [Universt homines.J Parties des hommes qui font fur la terre. ( Toute la terre vous obéira. Voit. I. 29. L’aveugle Tébain a de ses vers toute la terre étonné. Voit. Po'és.) * TERRE. ( Pleriqtte , universus orbis. J Plusieurs personnes. Grand nombre de personnes. (Toute là terre se rit de la traduction des instructions de Quin- tilien du bon homme l’Abé de Pure: en volant cette belle traduction on s’écrie avec Dépreaux, I’imperti- nent Auteur ! le maudit TraduHeur ! TERRE. Ce mot entre en quelques façons de parler proverbiales. (Exemples. II vaut mieux en terre qu’en pré. [Potìor esl mors quàm vita languenss] C’est-à-dire, qu’il vaudroit mieux qu’il fut mort que de mener une vie aussi languissante que celle qu’il méne. II apeur que terre ne lui manque. [ Immérité pauperiem timets C’est- à-dire , il craint fans beaucoup de raison , la pauvreté. Faire de la terre le fossé. [ Mercessolvere prout vendun- tur. ] Les mots de ce proverbe font figurez & se disent entre marchands. C’est paier une marchandise qu’on a prise à crédit à mesure qu’on la debite. Qui terre a,guerre a. [Opes plurimte dijjìdiorum femìnarium .J Sorte de proverbe qui ne peut entrer que dans le stile comique , ou le bas stile, & qui veut dire que quiconque a du bien a du malheur, des afaires, ou des procès.) On dit encore proverbialement. Je voudrais être cent piésfous terre, pour dire , je voudrois être mort. [ Utinam absumptm ejsem. J Tant vaut l’homme , tant vaut la terre. ( Tantum reddit ager quantum dominus ef vir frugi.2 TERRE. Ce mot entre en quelques fàqons de parler plaisantes. ( Si vous poursuivez le mérité, ce n’est pas fur nos terres que vous devez chasser. Mol. Pre- tieuses, a. 1 .sc. 9. [Aon apud nos virtus inquirenda ef .] Cette maniéré de parler, qui est un peu prétieuse, signifie que si on cherche du mérité , ce n’est pas nous qu’il faut voir. Billets doux & Billets galans font des terres inconnues pour eux. Molière , Pretieuses, a. s. sc. 4. C’est-à-dire , ils ne savent ce que c’est que de billets doux & de billets galants.) TERRE-à-TERRE , adv. [Solopenitus aquared] C’est- à-dire à rez de terre, & fans s’élever beaucoup au- dessus de la terre. (Je commenqai d’abord de voler terre-à-terre. Ablanc. Luc. T. 2. p. 29}. ) TERRE-à-TERRE, f. m. [ Radere. J Terme de Manège. C’est une fuite de sauts fort bas que le cheval fait en avant, étant porté de côté & maniant fur deux pistes. ( Ce cheval manie fort bien terre-à-terre.) TERRE-à-TERRE , adv. [ Littus legere. ] Terme de Mer. C’est-à-dire, le long de la côte. En cotoiant le rivage, ( Au lieu de conduire nos galères terre-à- terre , nous primes le large.) * TERRE-à-TERRE , adv. [ Per humumf Au figuré, il signifie sans faste , fans élévation , fans grandeur & fans aucune des choses qui acompagnent la haute fortune. ( Cet homme ne se sentant pas né pour de grandes choses , il va terre-à-terre. La Bruy. Dans la place où je fuis , plus fragile qu’un verre, Je vais appétit bruit N vs/e terre-à-terre. Bòurf. Efop. a. i.sc.z.) f Tant que terre, f Multum , summopere. J Façon de parler adverbiale & populaire. C’est un terme d’exageration , pour dire en abondance, beaucoup. (Ils auront de la peine tant que terre.) TER 585 TERREAU , ou Terrât, s m. [Slercus veterascens. ] Prononcez terrò, Terme de Jardinier. C’est le fumier d’une vieille couche & qui est usée. ( Faire une couche de terreau. II faut mettre là du terreau. Voilà de bon terreau. ) Votez terrot. TERREAU. Anciennement étoit une fosse, d’où vient la place des Terreaux à Lion,parce qu’autrefois il y avoit en cet endroit un grand canal de communication entre la Saône & le Rhône. Pere Menetrier , Hift. de Lion .) TERREIN, ou terrain , f m. [ Agger terrenus. J Ce mot se dit de la terre entant qu’il s’ágit As fortification. Vaug. Rem. 11 se dit aussi en parlant de combat. ( Prendre du terrain. Ablancourt, Ar. Le combat étoit d’homme à homme, chacun tâchant de repousser son compagnon & de gagner du terrain sur lui. Ablancourt, Arr. I. ï. c. 5.) L’Académie écrit terrein. $ II ne sufit pas de reconnoître le terrein qu’on veut ocuper. Un Général doit être au fait du terrein de l’ennemi, & des environs des deux champs de bataille, pour se garantir des pièges & des embuscades , & pour profiter des avantages du païs , des fonds & des endroits couverts. Polybe de Mr. de Fo/ard , Tom. IV. f * Discuter le terrain. C’est ne pas laisser prendre facilement d’avantage fur foi dans une afaire , dans une dispute. £ * Ménager le terrein. C’est se servir avec prudence des moïens que l’on a pour réuíîìr dans quelque afaire. ê * Connaître le terrein. C’est connoître l’humeur, les inclinations , les intérêts des personnes, de qui dépendent les afaires dont il s’agit, & avec qui on a à traiter. f * Gagner du terrein. C’est avancer peu à peu dans une afaire. H * Tàter le terrein. C’est fonder les inclinations, les intérêts des personnes , reconnoître l’état, la dise position d’une afaire. TERREIN. [InceJJ’us.'] Terme As Manège. C’est Pèse pace du manège par où le cheval marque fa piste. ( Ce cheval observe bien son terrein. Ce cheval embrasse bien son terrein. Ce cheval garde bien son terrein.) TERREIN. [ Labrum figlinum. ] Terme de Potier. C’est un vase où il y a de seau pour tremper les mains quand on tourne des pots.) ( * On enferma Danaé dans une tour d’airain, mais Jupiter connoissoit le terrein. Benserade, Rondeaux. [Àfojcere mores. ] C’est-à-dire, Jupiter savoitla maniéré , connoissoit le moien d’avoir la belle Danaé.) TERREIN , f. m. [ Solum , humus.2 Nature ou qualité d’une terre. ( Votre Seigneurie est en belle veue, mais le terrein ne vaut rien.) TËRRE-PLAIN, f m. [FEquata pars terreni agge- ris.\ Terme As Fortification,<\C\ se dit en parlant de rempart. C’est la superficie horizontale du rempart. TERRER. 11 se dit avec le pronom personnel. [Ab- derese, in latibulumse immittere.~\ Se cacher sous terre. ( Les lapins & les renards se terrent. Nos gens font bien terrez dans l’isle, pour dire fe font bien mis à couvert.) $ SE TERRER. Terme de Guerre. Se terrer dans un camp, & s’y enfoncer jusqu’aux oreilles comme une taupe, fans penser à rien au-delà du poste que l’on occupe , c’est être taupe & rien davantage. Polybe de Fo- lard. ^ TERRER du sucre. C’est le blanchir par le moien d’une sorte de terre grasse , dont on couvre le fond des formes où on le fait purger. TERRESTRE, adj. [ Terresiris .] Qui regarde la terre. Qui croit fur, ou dans la terre. Que la terre produit. ( Gassendi a fait un traité des choses terrestres. Le Paradis terrestre. Le Globe terrestre. Les animaux terrestres. Exhalaison terrestre. Matière terrestre, en Chimie. 11 veut dire crasse & impure.) ê TERRESTRE. ( Terrefiris , caducus. J Ce mot est quelquefois opoie à spirituel. ( Ainsi l’on dit les désirs terrestres , les plaisirs terrestes.) TERRESTRETTEZ , f.s [ Partes crajjìores. ] Terme de Chimie & de Pharmacie. Ce font les parties grose fieres & terrestres des corps qui entrent dans quelque composition de l’une & de l’autre Pharmacie. ( Séparer les terrestréitez des lupins. Les fèces & les terrestréi- tez d’un mixte.) TERREUR 1 f f- [Terror, trepidatìo. ] Grande crainte. Grande fraieur. (Prendre de la terreur. Ablancourt, Tac. Donner de la terreur. Ablancourt, Tac. Tom. III. Eeee Es- 586 TER Redoubler la terreur. Ablancourt , 'T^- 'Porter la ter- .pur nartout. Ablanc. Tac. Alexandre etoit laterreu de l’Univers. Vaug. Quint. I. 3. Répandre la terreur par tout l’Univers. Vaug. Quint. Cure. 1 . 8- j!mi , lui dit le Chantre encore sale d’horreur, N’insulte point de grâce à ma juste terreur. Desp. ) TERREUR panique. [ Terror panicus. ] C’est-a-dire, une crainte generale , qui s’étend par tout. Une peur qui est presque universelle. ( J’ai voulu le défendre Des paniques terreurs qui l’avoìent pù surprendre, Corn. Pomp. ah. <;.sc. $. II survint une terreur panique qui les rendit maîtres de la place. Ablanc. Rét. I. 3. ch. 3.) TERREUX , terreuse , adj. [ Terrosus, squallidus.] Ce mot a un usage fort borne. 11 ne se dit, ce semble , guere au féminin , & pour le masculin on croit qu’il n’est en usage qu’en cette façon de parler baffe & proverbiale. ( Elle a le cu terreux. C’est-à-dire, que c’est une fille dont le bien le plus beau consiste en terre, qui est riche en terre. ) On le peut dire des plantes & des fruits. ( Ces melons font terreux. Ces courges font terreuses. ) Avoir les mains terreuses. \_Manus habere JquaUtdas. J C’est-à-dire, couvertes & fouillées de terre & de poussière. TERRIBLE , adj. [ Terribilis , horrendus, formi- dandus. ] Epouvantable. ( Héros terrible au reste des humains. Racine, Iphigenie, acl. 4. sc. 1. Les jugemens de Dieu doivent paroître terribles aux médians. S. Cir. La pauvreté est quelque chose de terrible quand on ne la suporte pas en véritable Chrétien. S. Ciran. ) 4 * TERRIBLE, signifie, étonnant, étrange, extraordinaire en son genre. (Terrible humeur, terrible mémoire , terrible bruit, terrible jeu, terrible dépense-, terrible accident, &c. f TERRIBLE, se dit par dérision & par mépris. (C’est un terrible parleur, un terrible harangueur.) TERRIBLEMENT , adv. [ Terribiliter , horrendum in modum. ] D’une maniéré terrible. (II est terriblement dangereux.) TERRIBLEMENT , adv. [ Magnoperè, vehementer .] Fort, beaucoup. (J’aime terriblement les énigmes. 'Molière , Prétieuses. Je ne sai s’il ne hazarda point un grand nombre de patétiques impertinences, car cette matiere-là en inspire terriblement. Scaron , Nouvelles 1.) t TERRIEN, Terrienne , adj. [Terreftris, ter- rem. J Ce mot ne se dit que dans le bas stile & que dans le genre comique , & il signifie terrestre. (Pleine d’orgueil elle eût refusé le globe terrien. Eenserade, Rondeaux s page 69. C’est-à-dire, elle eût refusé l’em- pire de la terre , le monde.) f TERRIEN, terrienne. [ Dives agri, ] qui latifundia postìdet. ] II se dit quelquefois pour signifier celui ou celle qui poffede une grande étendue de terres. (Le Roi d’Espagne est le plus grand terrien du monde depuis la conquête des Indes Occidentales.) TERRIER, f. m. [ Codex agrorum vecligaliumd] C’est un papier qui contient le dénombrement & la nature des héritages situez dans la censive d’un Seigneur, avec le tribut dont ils font chargez. (Le terrier est perdu.) (§ Quelquefois le Seigneur qui veut faire renou- veller ses terriers , prend une commission au Gréfe du Conseil, pour faire assigner les tenanciers : Mais cette précaution n’est guère en usage , fi ce n’est lorsque les emphiteotes font de diferentes Juridictions & de diferens Ressorts. En ce cas, pour éviter de plaider en diferens Tribunaux , on fait atribuer la Juridiction à un seul Juge. Les Seigneurs prenoient volontiers cette commission, parce qu’ils y faisoient insérer que les arrérages des rentes & droits leur scroient paiez nonobstant la prescription autorisée par la Coûtume des lieux. Mais le Roi Louis XIV. par une Déclaration du 19. Avril 1681. ordonna que l’on n’auroit pas égard à cette clause , lorsqu’elie sera insérée dans les commissions. Auzanet, fur l’article 37. de la Coutume dp Paris , tient que le Seigneur Haut-Justicier peut Faire publier la confection de son terrier , & de» mander nouvelles déclarations par des proclamations generales. Mais s’il n’a que la moienne , & basse- Julhce , u doit faire assgner les emphiteotes en particulier , suivant un Arrêt du Parlement de Paris de içço. TER TERRIER. [ Cunìcuhu, cubile. J C’est un endroit où il y a plusieurs trous les uns dans les autres comme en une garenne , & où se retirent les blereaux , les lapins, & même les renards. (Les lapins font dans le terrier. Les lapins sortent du terrier. Ils sont rentrez dans leur terrier, & il y faut faire entrer le furet pour les en faire sortir.) TERRIER. [ Cani t terrarìm. 3 Petit chien propre à la chasse des renards, des lapins , &c. TERRINE ,sf [ Cymbium fiHile. ] C’est un ouvrage de terre qui a le bord rond , qui est creux, qui n’a ni piez, ni anse, & qui depuis le haut jusques au fond va toûjours en étrecissant. ( Une belle & bonne terrine. Plomber une terrine. Refraier une terrine. La terrine sert à mettre du lait, à faire des fricassées, & à faire cuire du beuf à la mode.) TERRINE de départ. L Cymbium chimicum separatio. nis.~] Sorte de vase dont on se sert dans les opérations de chimie & de pharmacie. TERRINE'E , f f í Cymbium fiHile plénum. J Plein une terrine. (Uneterrinée de lait. ) TERRIR, V.n. [ Adlittm appellere. ] Terme de Mer. C’est prendre terre après une longue traversée. (Nous vînmes terrir à Saint Domingue.) TERRIR , v. n. fTerram peterest On sc sert encore de ce mot en parlant des tortues qui vont à terre pondre leurs œufs, & qui après les avoir couverts de fable , les laissent éclore par la chaleur du Soleil. TERRITOIRE , s. m. [ Terrìtorium , ditio , juris diflio. ] Ce mot sc dit entant qu’il s’agit de juridiction. Vaug. Rem. C’est l’étenduë de la juridiction d’un Juge. C’est le ressort d’un Juge. ( Le juge d’un tel lieu con- noîtra de ce crime en première instance, parce qu’il s’est fait dans l’étenduë de son territoire. Le territoire d’un tel Juge est fort étendu.) f BAS TERRITOIRE. [ Ter ra , tellus .2 Mots burlesques pour dire. La terre. Le inonde. [ En aigle un jour dans ce bas territoire Jupiter vit un beau jeune garçon. Eenserade, Rondeaux, p. 3;;.) TERROIR, f m. [ Solum , ager , tellus. ] Ce mot se dit de la terre entant qu’elle produit des fruits. Vaug. Rem. (Le terroir de Normandie est bon , gras & fertile , mais les gens qui le cultivent ont peu de foi & de paroles, au moins on le dit ainsi , & c’est peut-être une médisance. Terroir gras, fertile. Terroir maigre & sablonneux. Terroir sec, ou humide, &c.) Vin qui a un goût de terroir, s Hoc vinumsapitsoli naturam. j C’est un vin qui a un goût désagréable, causé par la qualité du terroir où la vigne est plantée. TERROIR. Mauvaise habitude prise dans le lieu de la naissance. ( Les provinciaux ne peuvent sc défaire d’un certain vice de terroir fort oposc à la politesse. Belleg. ) TERROT , s m. [ Stercus putridumf] Terme de Jardinier & de Fleuriste. C’est du fumier pourri, de la terre legere & du fable passé par un crible de fer, mêlez ensemble pour servir à faire venir les fleurs. ( Bon, ou méchant terrot. Le terrot gras & chaud ne vaut rien à l’anemone. Culture de l’anemone , ch. 3. Mettez trois panerées de terrot fur quatre panerées de terre franche.) TERSE, f m. s Histana legie. J Régiment Espagnol. (Capitaine d’un Terse ,) TERSER , v. a. [ Tertiare. 3 Terme de Vigneron. C’est donner un troisième labour à la vigne. (II est tems de terscr les vignes.) TERSET, tierfet , s. m. f Tristicon. ] Terme de Poste , qui vient de l’ítalien terzetto. Castelvetro Poe t h ca. Ce mot se dit en parlant des six derniers vers d’un sonnet, & veut dire les trois premiers, ou les trois derniers vers de ces six vers , ou de ce sixain. Molière, Femmes savantes , aH. 3 .sc. 2. a dit tierfet , maismal. Les Italiens dont nous avons pris ce mot, disent & écrivent terzetto. 1 terzetti trouvati da Dante. Vedi ojfer- vationì di Dolce, l. 4. ( Le Sonnet étonné branle sur ses tersets. Sarastn, Défaite des bouts rimez, chant 3. C II voulut que fîx vers artistement rangez Fussent en deux tersets par le sens partagez. Despreaux, Poétiques, chant. 2.3 î TERTIANARIA , f f. Plante qui est astringente & vulnéraire. TER- TES TERTRE, s »k. [ Clivas , coUis. ] Ce mot veut dire Coline. Eminence. (Terre élevée. Patru, f laid. I. Monter sur un tertre. Ablancourt.) f TESCARET, ou THESEE RE'. Terme de Relation. On nomme ainsi dans les échelles du Levant, le certificat que donnent les Commis des Douanes, lorsque les marchandises y ont païé les droits d’entrée. TESORISER , v. n. [ Divitias congerere, magnas opes exaggerare. ] Amasser des trésors. Amasser des richesses. (Les Auteurs ne tésorisent guére , à moins que d’étre de l’humeur du bon homme Chapelain, qui étoit le mieux rente de tous les beaux esprits. L’avare rarement finit ses jours fans pleurs , 11 a le moins de part au trésor qu’il enterre, Tesorisant pour les voleurs, Pour ses parens , ou pour la terre. La Font.) TE'SE, thèse , s. f. [ Tbefis. ] L’un & l’autre s’é- crit. Le mot de tése vient du Grec , & signifie tine proposition generale. (Decendre de la tése à l’hipo- tése. Mes paroles demeurent dans la tése generale. Molière, Critique de t Ecole des Femmes, ail. i .sc. 6.) TE'SE. [ Conclufiones , propofitiones.'] Terme de Philosophie , de Téologie , de Médecine , ou de Droit ou autre sience de laquelle on dispute. C’est une grande feuille de papier , ou deux grandes feuilles de papier celées l’une fur l’autre , au haut de l’une desquelles il y a un portrait , ou une image, & au bas de ce portrait , ou de cette image, les propositions que prétend soutenir le Répondant , & fur lesquelles on dispute un certain tems réglé. ( Une belle tése. Sa tése lui coute cent pistoles.) TE'SE. [Theses , propofitiones .] Propositions qui font dans la tése , & sur lesquelles on dispute contre le Répondant. (Soutenir une tése.) TE'SE. [ Oppugnatio thefium. J Dispute qui se fait contre quelque tése. (Je m’en vais aux télés. ) TESQUES , sf. plur. [ Tesqua. ] Dans quelques Provinces on donne ce nom à des terres inutiles. Gilles d’Orval. TESSEAUX, f »r. plur. [ Fulcra , telamones. ] Terme de Marine. Ce font des pièces de bois mises de travers l’une fur l’autre, & qui font saillie autour de chaque mât, au-dessous de la Hune, pour soutenir cette hune, & même pour servir de hune aux mâts qui n’en ont point. On les apelle aussi barres de hune. TESSON, OU TAISSON,/ m. [Taxus, melis.] C’est un petit animal qu’on apelle ordinairement blé- reau. II fait fa retraite fous terre dans des garennes. 11 ne fort le plus souvent qu’après le Soleil couché. II est ennemi des chats & des renards. II n’a point de sentiment & ne voit guére clair. II s’engraisse à force de dormir , & vit de vermine , de charogne & de fruit. ( Prendre un tesson.) Voïez Taifion. TEST, têt,f. m. [ Calva, calvaria.] L’un & l’autre s’écrit, mais on prononce têt, & la lettre /ne s’y met que pour montrer que le mot est long. Le tefi est la partie chevelue de la tête. C’est le crâne. (Test épais. Le test est rond , & est composé de plusieurs os qui font séparez les uns des autres par des futures.) * TEST de pot café. [ Teflaceurn j'ragmentum.] C’est quelque partie de pot de terre qui a été cassé. TEST. Terme de Relations. Prononcez 1 / On dit en Angleterre, le serment du Tefi. C’est un formulaire de serment par lequel on abjure la doctrine de. Ia Transsubstantiation du sacrifice de la Messe, & de l’in- vocation des Saints. Ce serment fut introduit par le Parlement en 1672. TESTACE'E, adj. [ Tesiaceus. ] Qui est couvert Tune écaille dure & forte. II y a une forte particulière de poissons qu’on apelle testacées, comme font les tortues, les huîtres, &c. Le mont tefiacée. [Mons tefiaceus.] C’etoitun mont de Rome qui s’étoit fait de l’amas de plusieurs pots cassez. 11 vient du mot Latin tefia , qui signifie un pot. TESTAMENT , f [ Tefiamentum , ultìmavo- luntm. ] Mot qui vient du Latin , & qui veut dire témoignage de derniere volonté. Ordonnance de derniere volonté. C’est un acte fait dans les formes prescrites par les loix, ou par coutumes locales, qui marque les dernières volontez d’une personne , & réglé ce que cette personne veut qu’on fasse de ses biens après fa mort. Les fefiamens parmi les anciens se faisoient d’autre TES 587 sorte que parmi nous. Voïez là dessus le 2. liv. des Infiituts. ( Testament pur & simple. Testament valide. Testament suggéré, rigoureux , frauduleux, &c. Tefiament olographe. Ce dernier mot vient du Grec, & veut dire qui est écrit entierement de la main du testateur. Tefiament de mort. Ces mots ne se disent que des criminels qu’on execute, & qui dans la décla- ration de leur dernière volonté, chargent, ou déchar- gent quelcun. Faire, signer, confirmer, casser un testament. S inscrire en faux contre un testament. Révoquer un testament. Acuser un testament de faux. Esope seul trouva Qu après bien du tems b) des peines Les gens avaient pris jujientent Le contreprié du testament. La Font. ) TESTAMENT. [Tefiamentum vêtus & novum, sacri codices.] Ce mot se dit en parlant des livres de la Sainte Ecriture, que l’on divise en deux parties, qui font l’An- cien , ou le vieux Testament, qui a été écrit en Hébreu , & le nouveau Testament qui a été écrit en Grec. En ce sens le mot de Tefiament signifie Alliance. ( Tout Paris vit alors , non fans étonnement, Que Bouhours avoit lu son nouveau Testament ; Et que par un prodige encor plus incroiable, Jésus-Chr fi fut jadis emporté par le diable. Aut. anonime. ) TESTAMENTAIRE, adj. [ Tefiamentarius .J Terme de Palais, qui vient du Latin , & qui veut dire qui regarde le tefiateur. Exécuteur testamentaire. C’est celui qui acomplit & exécute le testament, & entre les mains duquel on met tous les legs. Les actes testamentaires font nuls s’ils ne font dans les formes. Successeur testamentaire. Patru , plaid. 9.) jÛT Les exécuteurs testamentaires font plus rares dans le Païs du Droit écrit, que dans le Coutumier où l’on ne fait presque point de testamens fans un exécuteur. On peut néanmoins en trouver quelques exemples dans les Loix Romaines , comme dans la Loi 107. de légat. r°. dans la 67. du même titre , & dans plusieurs autres. Voici quel est l’exécuteur testamentaire dans la Coutume de Paris, art. 297. Les exécuteurs testamentaires font saisis , durant l’an & jour du trépas du défunt, des biens meubles demeurez à son décès pour l’acomplissement du testament, fi le testateur n’avoit ordonné que ses exécuteurs le fussent de sommes considérables seulement ; & est tenu le dit exécuteur de faire faire inventaire en diligence, si-tôt que le testament est venu à sa connoissance , l’héritier présomptif présent ou aoelié. TESTATEUR,/ m. [ Tefiator. ] Terme de Palais & de Aotaire , qui vient du Latin , & qui veut dire. Celui qui teste. Celui qui fait son testament. (Le Seigneur tefiateur a déclaré qu’il veut que ses dettes soient paiées. Le tefiateur prie Monsieur un tel d’accepter un gros diamant. Le pere mort, les trois semelles Courent au tefiament fans atendre plus tard » On le lit , on tâche d’entendre La volonté du Testateur. La Font. ) TESTATRICE , / / [ Tesiatrix. ] Terme de Palais & de Aotaire , qui vient du Latin , & qui veut dire celle qui tefie , celle qui fait son testament. ( La testatrice a déclaré qu’elle veut vivre & mourir en la foi Caustique.) TESTE- Voïez tête, plus bas. TESTER, v. n. [ Tefiari , tefiamentum fiacere. J Terme de Palais. Faire son testament. Voïez dans les infiitutes de Justinien , l. 2. titre 10. les anciennes manières de tester. (.Les anciens ne testoient pas comme on teste aujourd’hui.) TESTICULE , / m- [Testes, tesiiculi. J Mot qui vient du Latin , & qui signifie un corps blanc & glanduleux , chaud & humide, où se perfectionne la semence qui est la matière de la génération. II y a deux testicules, & on les met entre les parties nobles. On dit que le testicule droit engendre les mâles, & le gauche les femelles. Deg. Les testicules des hommes pendent, mais ceux des femmes sont cachez, & diffèrent de ceux des hommes en plusieurs manières. Voïez Riolan & Bartolin , Anatomie, l. 1. c. 26. On raporte que les animaux dont les testicules ne paroissenfc Tom. III. Eeee 2 pas, 588 TET eorpore , salaciora sunt & feptm coeunt. Bartohm Ana- tomìa , L c. 22. de testibus. t TESTIGUE". [ lier cl c.) Sorte de jurement burlesque & de païsan qui veut dire morbleu. ( Eh , tejìi- gué, point tant de compliment. Molière .) , ■ * TESTIGUIENNE. [ Certè, fané. ] Sorte de jurement burlesque & de païsan , qui veut dire en vérité. (Testîguienne cela sera drôle. Molière.') TESTIMONIALES ,ss. [ Testimoniale r lifter*.} Ce mot se dit des gens d’Eglise & des Religieux , & 11 signifie lettres d’un Supérieur par lesquelles on connoit qu’un Religieux, ou quelque autre Eclesiastique a ete envoie par son Supérieur, qu’il est Profés , ou qu il est Prêtre. ( Ce Religieux refusa de faire voir ses testimoniales de Mission, de Profession & de Prêtrise. Patru , plaid. $.) TESTON, f m. [ Nunrmm capitatus. ] Prononcez ce mot comme il est écrit. C’est une espèce blanche qui du tems de François premier valoit dix fols quelques deniers , & qui le plus souvent avoit d’un côté la tête du Prince , ou du Pais , ou de la ville qui l’avoit fait batre, & de l’autre ses armes. 11 y avoit alors des testons de Lorraine, de Suisse, de Sion , de Milan & autres lieux. Voïez VOrdonnance de François premier de Van 1540. mais fous Henri II. le teston avoit son éfigie d’un côté avec cette légende , Henricus fecundus Dei gratia Francorum Rex ; & de 1 autre trois “fleurs de lis dans un écusson couronné avec cette légende , Christw , vincit , régnas , imperat. Sous Charles IX. le teston valoit 14. sois, & avoit d’un côté la tête duRoi avec la légende Carolus Dei Gratia Franco- rum Rex; & de l’autre un écusson avec trois fleurs de lis & cette légende , Sis nomen Domini benedicíum. Du tems de Henri III. le teston étoit fait de même, hormis que du côté des trois fleurs de lis , il y avoit deux H , au lieu que sous Charles IX. il avoit deux C. Les testons sous Henri IF. eurent encore beaucoup de cours, & ils n'ont commencé à n’étre plus dans le commerce que du régne de Louis XIII. en 1641. Ils valoient alors dix-neuffols U demi. ( Ils font beaux , bien peignez , belle barbe au menton, Mais quand il faut paier, au diable le teston. Reg. Satire 13.) TESTON de Lorraine. [Numnms Lotharingie.'] C’est une monoïe d’argent fabriquée à Nanci, qui vaut environ neuf sols monoïe de France, & monoïe de Lorraine douze gros , ou comme on parle en ce païs-là, un franc. Le teston de Lorraine a d’un côté la figure de Charles IV. avec cette legende, Carolus quartas, Lotharingie Dux , & de l’autre côté les armes du Duc qui l’a fait fabriquer , & la couronne Ducale avec cette legende, Moneta Nova Nancei eufa , & ce millésime ióóç. II y a aussi des doubles testons de Lorraine faits de même que ceux que je viens de décrire, grands , & épais comme une piéce de quinze sols de France. Les doubles testons valent environ dix-huit sols de notre monoïe. fTESTONNER , v. a. Donner des coups fur la tête avec la main fermée. ( Aproche un peu que je te festonne. Ablanc. Luc. ) Prononcez ce mot comme il est écrit.) La Fontaine a pris ce mot dans un autre sens, pour ajuster la tête & la tâtonner. ( Ces deux veuves en badinant, En riant , en lui faisant fête, L’alloient quelquefois festonnant, C’ejì-à-dire , ajujìant fa tête. La Font. ) ff TESURER. Terme de Chasse, de tendere, ten dre des filets. Voïez les Coutumes d’Anjou , art. 3 5 & Chopin. Le Maine , art. 39. U 162. TETANOS- Terme d eMedecine, purement Grec C est une espeee de convulsion tonique dans laquell tous les muscles de la tête sont affectez , en fort quelle ne panche ni d’un côté, ni d’autre. TêT. Voïez Test. t TARï), f m. [ C api 10 , animal aquatieum. infecte noir qm nage & vit dans l’eau, & qui vrai semblablement a ete apellé têtard , à cause qu’il al tete un peu grosse. ( Les têtards sont petits.), TET t TE'TASSE , f f. [ Mamma producíior , mol. lìor , U fquallida. ) Ce mot est bas & se dit en mauvaise part, pour marquer un gros & grand téton mal fait, dégoûtant. ( Une longue tetaíî’e. Tetin , boiau long d’une gaule ; Tetasse à jetter fur Vépaule. Voiez Maroc, Epigramme fur le laid tetin.) (f Sur les feins des nourrices Les tetons deviennent tetajfes. Coquillart. TêTE , ou teste , / /. [ Caput. ] L’un & l’autre s’é- crit, mais on ne prononce pas l’r , seulement on prononce longue la premiere silabe du mot de tête , & il se dit proprement des hommes & des animaux ; mais quand il se dit des hommes, il signifie la partie la plus haute du corps , laquelle prend depuis le sommet jusques à la première vertébré du cou , & fur laquelle & autour du derrière de laquelle viennent les cheveux. Les principales parties de la tête font le visage & le crâne, dont le haut s’apelle le sommet de la tête, les cotez des temples, & les autres parties, le devant L le derrière de la tête. (Vous ne jurerez jamais, ni parla mort, ni par la tête , mais votre discours fera non , ou oui. Gager fa tête est la gageure d’un sou. Casser la tête. Fendre la tête. La femme que saur ois voudroit qu’à fa façon Je vécusse , ff non à la mienne; II n’ejì tête chauve qui tienne , Je vous fuis obligé , belles , de la leçon. La Font.) * TêTES couronnées. [ Reges , Imperatores, Principes. jj Rois. Princes Souverains. ( Les têtes couronnées lui rendent hommage. Ablanc. ) * TêTE. £ Caput, homo, viritim.) Personne. (Ne rcqois plus chez toi ces têtes folles. La Fontaine, Contes. Traiter par tête. On paie un écu par tête. Ce sont deux têtes dans un bonnet. C’est-à-dire , ce font deux personnes qui ont les mêmes scntimens, qui s’acordent fort. Nous avons à-faire à des têtes revêches qui sc défendent du joug. Vaug. Quint. I. 6 . c. 3. C’est-à-dire , nous avons à faire à des personnes fâcheuses qui haïssent la sujétion. Autant de têtes, autant d’opinions. ) £§ Mr. Racine a dit dans fa Phèdre, aH. i.fc. 1. Depuis plus de Jìx mois , éloigné de mon pere, J’ignore le destin d’une tête Jì chere. Je ne saurois goûter la figure ; il n’y a que la servitude de la rime qui puisse l’excuscr. * TêTE. [ Faciès. ] Visage. Face. ( Tourner tête à l’ennetni. Ablanc. TêTE. [ Collum. J Ce mot signifie quelquefois le cou. ( On coupe la tête aux criminels qui sont nobles quand ils n’ont point fait d’action qui dégénéré. Hérode fit couper la tête à Saint Jean. Port-Roïal. 11 leur fit trancher la tête. Ablanc. Ret. I. 2. ch. 3.) * TêTE. [ Caput , primarius. ] Chef de compagnie de gens considérables. ( N’alez point juger de ce corps illustre par fa tête. Benferade , Prose.) * TêTE. [ Caput , capitulum. J Partie première & plus grosse de quelque chose. ( Une tête d’épingle. La tête d’un os. La tête des parties naturelles. Deg. p. go. Tête d’oignon , de ciboule , de poireau, &c. La tête d’un tuorbe, d’un lut, d’une poche, d’un violon , d’une viole. Un clou à tête. La tête d’un marteau , d’un compas, &c. La tête d’un livre.) TêTE. [ Libri frons.] Le commencement, le frontispice^ d’un livre. ( Cet auteur a fait mettre son nom à la tête de son livre.) TêTE. [ Cafaries. J Se prend pour les cheveux, qui ne servent que d’ornement à une tête. ( Cette tête me coute dix écus, j’en ferai faire une belle peruque.) TêTE. [ Ramofa cervi cornua,] Bois de cerf f Les cerfs mettent tous les ans leurs têtes bas.) TêTE. f Caput , extremitas ojjium. ) En termes de Medecine, se dit de l’extrémité de l’os. On dit aussi la tête d’un muscle. Quand les vis & les clous n’excedent point le parement de ce qu’ils attachent, on les apelle tête perdue. Au jeu de cartes , on dit qu’on a bien des têtes, quand on a beaucoup de Rois, de Dames, ou de Valets. TêTE. f Caput. J La partie Superieure de quelque chose. La tête d’un arbre. Une tête cìe chou.) * TêTE- TET * TêTE. [Front , caput.] Commencement. Avenue. Le front. Le devant. La partie la plus proche & la plus avancée. ( La tête du retranchement. Ablanc. Arr. 1. i. La tête de la sape. La tête d’un muscle. Tev. La tête d’une chaussée. Vaugelas , Quint. I. 4. La tête du travail. Joindre les deux têtes de la tranchée par un boiau parallèle à la place , alìn de n’être pas enfilé. Se mettre à la tête des troupes. Abl. Arr. I. 1. La tête du camp. C’elt le terrain du campement qui fait face vers la campagne. On monte le bivouac à la tête du camp. Guillet, Ternies de Guerre.) * TêTE. C Mens , animits. J Esprit. Phantaisie. Imagination. (11 n’y a pas au Parlement une meilleure tête. II s’est mis en tête qu’on le raille. Se mettre quelque chose à la tête. Se mettre quelque chose en tête. Ablanc. Faire tout à fa tête. Ablanc. Cela ne va pas fi vite que vôtre tête. Racine , Plaideurs , ail. J.sc. On ne lui fau roi t ôter cela de la tête. II ne peut mettre cela dans fa tête. Chausser une chose dans fa tête. Sa tête lui donne bien de la peine. C’eft-à-dire , fa phantaisie, son humeur fâcheuse le tourmente.) f TêTE. Ce mot entre encore dans plusieurs façons de parler figurées & proverbiales. ( La tête lui grouille. C’est-à-dire , il est fort vieux.) * Hocher la tête ou branler la tête. [ Quajsare caput, abnutare . ] C’eft témoigner de ne vouloir pas faire ce qu’on nous propose de faire & se moquer de ce qu’on nous dit. Mais quoi ? vous ne m’écoutez pas, Vous riez en hochant la tête. S. Amant.) * Avoir la tête belle. Voiture , lett. 78. f Décorant habere cafariem. ] C’est avoir une belle chevelure. * C est un homme qui n’ a peint de tête. f Cucurbita est.] C’est-à-dire , qui n’a nulle fermeté , nulle résolution. * Rompre la tête. [ Aures obtundere. J C’est étourdir quelqu’un. (Vous nie rompez la tête avec vos fotifes. Ablanc. Us nous rompent la tête d’une infinité de questions inutiles. Abl. Luc.) * II lui faut mettre en tête cet homme là. f Ipst inter- peìlandus est iste homo.] C’est-à-dire, qu’il lui faut opo- ser cet homme-là pour le combatte , ou pour lui résister. * Faire tête à F ennemi. Vaug. Quint. /. 3. [ Contu- maciter hosti reststere. ] C’est résister à l’ennemi. * Tenir tête à quelcun. [ Aliquem interpellare.] C’est contredire quelcun. C’est lui résister. C’est s’opiniâ- trer contre quelcun en fe querellant, ou disputant avec lui. (Gaumin , Saumaife & Maussac, difoient qu’ils pourroient tenir tête à tous les Savans de l’Europe. Colomesti opufcula.) * Avoir de la tête. [ Pervicaci este anima.] C’est être opiniâtre. La plupart des femmes ont de la tête , & c’est une de leurs plus grandes foi blesses. * C'est un homme de tête. [ Homo felix cerebri U con- stlii plenus. ] C’est-à-dire. Qui a bon sens, de l’efprit. * Aller partout la tête levee. [ Altosupercilio.] C’est aller fans rien craindre , qu’on nous fasse quelque chose, ou qu’on nous reproche quelque chose. * Avoir des afaires par destus la tête. f Negotiis obrui.] C’est avoir beaucoup d’afaires. Avoir plus d’afaires qu’an ne peut faire. * C’est une tête de linote. f Levis est est mente caréns.] C’est-à-dire, c’est une personne de peu de sens , parue que la linote est un oiseau qui a la tête fort petite & ceux qui l’ont si petite ne sont pas ordinairement de grans genies. * Groste tête est peu de cervelle, f Crastinn caput ani- mì levis indicìum. ] Ces mots fe disent de ceux qui ont la tête démesurément grosse à la façon des ânes & des bœufs. Car ces gens ne font pas pour l’ordi- naire d’habiles clercs, témoin Gui Guillot Médecin imaginaire. t * Groste tête èst prime cou c’est le commencement dlun fou. Prime dans ce proverbe est un vieux mot qui signifie délié, menu. * Cest une tête verte, f Plenus larvarum est, destpit mentis.] C’est-à-dire , c’est un fou. C’est un écervelé. * Laver bien la tête à quelcun. f Aliquem aceto per- fundere.] C’est à-dire, faire une petite réprimandé à quelcun. Le Brieux , Origine des coutumes anciennes , dit que nous avons pris ce proverbe des Grecs. Qui le voudra croire , le croie. Quand elle a la tête fur le chevet, elle cause cora- TET 589 me une pie. [ Quando premit resolutapulvinar cervL cibus , pica pulvinaris est. ] Ce Jbnt deux têtes dans un bonnet. C’est-à-dire , ce sont deux intimes amis qui n’ont qu’une même volonté, f Concordes inter fe isti U unanimes.] Cela lui met martel en tête , pour dire cela l’inquiéte. f Id eï cerebrum urìt.] * A laver la tête d’un âne on y perd fa lessive, f Fru. strà furdum moneas. ) C’est-à-dire , qu’on perd son tems à réprimander un sot, & à lui montrer la conduite qu’il doit tenir pour être honnête homme. * Si vous niéchaufez la tête , je vous ferai rire d’une autre sorte. [ Si biìem commovens. ] Molière, Avare. C’est-à-dire , si vous me mettez en colere , je. * Avoir la tête près du bonnet, f Cerebrofum este èst irafei celerem.) C’est-à-dire, être colere. Etre prompt à sc mettre en colere. (Les Provençaux , les Gascons & autres gens du pais d’adieu-íìas ont la tête fort près du bonnet. * Avoir la tête chaude, f Iram in promptu gerere. J C’est-à-dire être fort prompt. Se mettre en colere pour peu de chose, & très-facilement. (Les Picards ont la tête chaude.) * Avoir la tête dure. f Obtustorern habere ingeniì aciem. ] C’est-à-dire , être mal propre pour aprendre quelque chose. (Les Auvergnas ont la tête un peu dure , au moins on le dit ainsi.) * II ne fait où donner de la tête. f Quoquo fe vertat nefeit. ] C’est-à-dire , il ne fait que faire. C’est un misérable qui ne fait comment subsister. * Avoir cinquante ans fur la tête. f Quinquaginta annos natus. ] C’est-à-dire, Avoir cinquante ans. Etre déja vieux. * C’est fe donner de la tête contre le mur. [ Incastùm laborare. ] C’est-à-dire, c’est ne rien faire. C’est prendre une peine inutile. C’est se tourmenter en vain. * Faire un coup de tête. [ Audacem este.] Volez coup. * On dit que la tête tourne à quelcun. [ Magnam for- tunam non bene ferre. J Pour dire qu’il se trouble & s’âveugle dans la bonne fortune. * TêTE. Ce mot sc dit en Termes de Fauconnerie. ( Faire la tête a un oiseau. C’est lui découvrir so-uvent la tête , pour le faire au chaperon. ) * TêTE. [ Imperterritè in hojles irruere.] Ce mot entre en quelques façons de parler qui regardent la guerre. ( Donner tête baissée fur l’ennemi. Ablanc. Us vinrent nous ataquer tête baissée. C’est-à-dire , ils fondirent courageusement & hardiment sur nous. ) Volez plus haut, lorsque tête signifie commencement , avenue , front, le devant, &c. î TêTE de porc. f Caput porcìnum.] Evolution militaire des Anciens , qui est la même que le coin. On lui donna ce nom sous l’Empire de Justinien, comme on peut le prouver par le témoignage de Végece , d ’Am- mien Marcellin , & d ’Agathias. Mr. de Folard qui a traité cette matière avec beaucoup d’érudition, fait voir que le P. Daniel n’a rien compris dans cette évolution , & que rien n’elt plus (bible & plus ridicule que la Tête de Porc, telle qu’il a jugé à propos de nous la représenter, sans aucun fondement solide. Cet habile Officier prouve que la Tête de Porc, ì’Embolon, ou le Coin étoient la même chose , & qu’ils signifioient un corps rangé fur beaucoup de hauteur & peu de front, pour ouvrir & enfoncer dans un choc. Les Journalistes de Trévoux ont avancé fans le prouver , que les Anciens distinguoient le Coin de la Tête de Porc. Voïez le Traité de la Colonne, dans le Tome I. du Polybede Mr. de Folard. TêTE. [ Equus audax , compojìto 'est ereflo capite. ] Ce mot entre en quelques façons de parler de manège. (Exemples. Cheval qui porte bien fa tête. Cheval trop chargé de tête. Cheval qui a fa tête ferme & bien placée. Voïez Pluvìnel, Ecuier François. Ce cheval place bien fa tête , & fuit la main. Ce cheval refuse de placer sa tête, tend le nez, n’est jamais dans la main, & a trop ou trop peu d’apui. Cheval qui porte en beau lieu & qui a la tête bien placée. Passager u » cheval, la tête 'èst les anches dedans. C’est porter un cheval de côté fur deux lignes parallèles au pas, ou au trot, de sorte que le cheval pliant le cou tourne la tête au dedans de la volte, & regarde le chemin qu’il va faire. Guillet. Terme de Manège.) TêTE de Medufe. [ Caput medufa. J C’est une constellation du Ciel, nommée autrement Ras Algol, & qui est la plus dangereuse de toutes, Eeee ; TêTE. 59 o TET TéTE. r Lignetm caput. J Ce mot se dit en parlant de rpreains exercices qu'on fait pour aprendre a se servir adroitement de la lance. C’est une tête de bm qui a la figure de celle d’un homme, contre laquelle un cavalier va à toute bride rompre une lance, pour la fraperavec sa lance, & on apelle cet exercice courre les têtes. Le Cavalier qui emporte le plus de têtes a gagné le prix. i XêTE-MOKTE. [ Caput mortuum, terra damnata. J Terme de Chimie. C’est la terre séparée de tous les autres principes de Chimie. C’est une espece de terre poudreuse & insipide. TêTE de more. [ Stipes mali infitìvus. ) Terme de Mer. C’est une espece de billot taillé presque en quar- ré & percé en mortaise pour embrasser le tenon des mâts & le bâton de pavillon. On l’apelle aussi Chouquet. TêTE de more. f Equus capite nigro. J II se dit des chevaux qui ont la tête noire. TêTE de more. [ Granatum ignitum £5? missile. \ C est aussi une machine que composent les Ingénieurs , & qui est une espece de Grenade qu’on tire avec le canon. TêTE de more. [ Alembici operculum tabulatum. ] Terme de Chimie. C’est la chape ou le'chapiteau d’un alembic qui a un long cou , pour porter des vapeurs à travers un tonneau qui sert de réfrigérant. En termes d’Astrologie , on parle de la tête & de la queue du dragon. Voïez Dragon. On dit aussi la tête , ou la queue d’une Comète. TéTES de mores. [ Capita nigra. ] Ternie de Blason. Ce font des têtes représentées de profil , bandées , liées & tortillées. II y a aussi têtes arrachées, têtes coupées. TêTE-â-TêTE , adv. f Co-nsertis capitibus.'] Ces mots se disent de deux personnes qui se regardent fixement, & sont l’une proche de l’autre & directement l’une devantTautre. (Etre tête-à-tête. Ils boivent tête-à- tête au cabaret. Nous nous sommes rencontrez tête- à-tête.) TêTE-à-TêTE , f. m. f Colloquia sécréta. ] Ces mots se disent de deux personnes qui font tout proche l’ufie de l’autre , & directement l’une devant l’autre , & d’ordinaire seules. (Avoir une tête-à-tête avec une maîtresse. ) Le Pere Sanlec a dit de ces entretiens trop frequens, d’un directeur avec fa penitente. (Bon Dieu , qu'il se sait là , d’ouvertures de cteur ! Mats Satan la chair ne leursont-ils point peur ? Ah ! non leur chair ij! morte , U Satan est trop bíte Pour faire son profit d’un Jì saint tête-à-tête. Sanlec.) Troubler un tête-à-tête, C’efì troubler une site Qu’on chomme rarement. Demander un tête-à-tête à une maîtresse. Elle m’a donné un tête-à-tête. Eviter le tête-à-tête.) TêTE. [ Fimbria textura. ] Terme de Franger. C’est le tissu de foie où est attachée la frange. (Cette frange a une belle tête. Veilà une tête de frange qui est bien faite.) Les Marchands disent aussi la tête d’une piece d’é- tofe. C’est le bout par lequel on a commencé à la faire. £$s Les Médaillés ont presque toutes une tête d’un côté laquelle représente celui à l’honneur de qui elle est frapée. Quand il y en a deux qui se regardent, les Latins les apellent capita adversa. Lorsque ces têtes font comme dos à dos, & ont le visage tourné des deux cotez de la médaille, ils les nomment capua adversa. Et si les deux têtes font l’une contre l’autre, cnsorte que la derniere s’élevc par dessus l’autre, capita jugata. t TETE, ou tette, s. f. f Papilla. ] Ce mot signifie tetin , mais il ne se dit pas bien, & il est très-bas. Le mot de tête signifie aussi traion , mais en ce sens, il ne se dit pas. TêTE-CHE'VRE , s. m. £ Caprimulgus. ] Sorte d’oi- seau de nuit. TETER V. a. [ Ubera sugere. ] Ce mot se dit de petits enrans a la mamelle & des petits animaux. C’eí tirer le lait de la more & s’en nourrir. ( Enfant qui tete . Cílat qui tete. Poulin qui tete. f £. 1 fi ï J A, Poisson de mer, qui est carmina tu & propre pour la Colique venteuse. TeTIERE > s-f- [ Frontale .] Terme de Seller & dt Bourrelier. C est la partie de la bride où se met la tê> TET te du cheval. La têtiere est composée de deux porte- mords, d’un frontal, d’une sougorge & d’une muse- role. Une têtiere bienfaite.) TeTIERE. [ Caharia vefiìt. ) Terme de Chartreux. C’est la partie de la robe du Chartreux qui couvre la tête. ( Ma têtiere est usée. Ma têtiere est trouée.) TeTIERE- [ Calantica puerilis. 3 Terme de Sage- Femme. C’est ure sorte de voile de toile qui tient la tête de Pensant nouveau né , & que Pensant porte jusques à ce qu’il puisse un peu soutenir sa tête. (Mettre une têtiere à un enfant. TETIN, f m. [ Papilla .] Mot qui vient du Grec, & qui signifie teton , mais qui ne se dit qu’en riant & que dans les ouvrages comiques , ou en vieux stile, Tetin , qui fait honte à la rose , Tetin plus beau que nulle chose. Voïez Marot, Epigramme sur le beau tetin . Un beau matin , Trouvant Catìn Toute seulette, Pris son tetin De blanc satin. La Fontaine, nouveaux Contes.) TETIN. Se dit aussi des animaux, mais dans le stile familier & burlesque. Mere la cabre un beau matin Pour aller remplir son tetin Voulut sortir de son étable. Le Noble. ) TETINE , s. s. [ Sumen. J Ce mot se dit des vaches lors qu’elles font tuées & acommodées par le boucher, & veut dire le pis de la vache. ( La te tine est assez bonne lors qu’elle est bien acommodée.) t TETINE, se dit aussi de la petite bosse, qu’une baie du mousquet ou de pistolet fait intérieurement sur une cuirasse, lors qu’il ne la perce pas d’outre en outre. TETON, V- m - [ Uber , mamma , mammilla.'] Mamelle. ( Elle a de jolis tetons fous son mouchoir. Tetons ronds , durs, fermes, beaux. Teton rebondi. Teton mignon. Teton distant de son compagnon. Quand on le voit , il prend à maints Une envie dedans les mains De le tater , mais. * Les tailleurs font des tetons à celles qui n’en ont point.) TE'TONNIE'RE , f f. f Tania mammillarU. ] Ce mot se dit parmi les jeunes Demoiselles. C’est un morceau de dentelle, long d’une demi-aune , fraisé proprement, qu’on met par dedans au haut du corps de jupe, qui débordant un peu , fait comme un tour de gorge fort propre. Cette tetonniére est fort jolie, mettre, a tacher, défaire une tetonniére.) TETRACORDE , f- m. f Tetracordon .) Ce mot est Grec & Latin. Terme áeìn Musique des Anciens. C’étoit une fuite de quatre cordes prenant chaque corde pour un ton. TETRAEDRE, s m. [ Tetraedrum.] Terme de Géométrie. C’est le nom d’un des cinq corps réguliers, dont la surface est composée de quatre triangles égaux & éqtiilatreaùx. Le tétraèdre a les faces égales & tous les angles égaux. TETRAGONE , adj. f Figura quatuor angulo- rurn. ] Terme de Géométrie. Une figure tetragone, c’est-à-dire, qui a quatre angles Sc quatre côtez. Ce mot est Grec. On dit aussi une figure quadrilatère. Ce mot se prend souvent comme un substantif. Ainsi l’on dit fortifier une tetragone. _ TETRAMETRE, s. m. f Tetrameter .) Vers ïam- biques de huit piés, semblables à ceux de Terence. TETRAPASTE , s fi [ Tetrapafion. j Terme de Méchanique. Machine où il y a quatre poulies. TETRAPLES. Bible rangée par Origene fur quatre colonnes , fur chacune desquelles il y avoit une version differente. La premiere étoit d’Aquila, la seconde de Symmaque, la troisième des Septante, & la quatrième de Théodotion. Ç TETRARQUE , s m. f Tetrarcka. ) Gouverneur de la quatrième partie d’une Province. Danet. TETRA STILE, / m. [ Tetrafiyìm .] Terme d ’Ar- chitefíure. 11 signifie Bâtiment qui est soutenu par quatre colonnes. TETRI- THA t TETRIQUE , adj. [ Teter, molestas, aujjerut .] Ce mot est écorché du Latin tetrìcus. II lignifie, austère , refrogné. ( C’est un homme tétrique. 11 a la mine tétrique. Mais i! ne se dit guére.) • TETTE. Voïez plus haut , tête. TETU , têtue , ou testu , testu'é , adj. [ Cerebrosus, capito. ] On écrit l’un & l’autre, mais on prononce têtu. Ce mot veut dire , opiniâtre. Qui ne veut pas démordre de ce qu’il s'eíì mis dans la tête. ( Enfant têtu. Femme tétuë.) fs Pasquier a dit dans une de ses Lettres : Encore vaut-il mieux ployés- fous une femme testu'é , que vivre en perpétuelle inquiétude d’esprit. Tome i. pag. 51 . TE'TU , f m. f Pertinax , objìinatus. 3 Opiniâtre. (Un petit têtu. ) TE'TU, f. m. [ Maliens destrucíorius.] C’est une forte de marteau dont le maçon se sert à démolir & à abatre plusieurs choses. ép TETYPOTEBA- Plante du Brésil , qui vient fur les Orangers. Elle est discustive , résolutive, détersive , & propre pour dissiper les enflures des piez. TEU, tué. [ Tacitus. ] Participe du verbe taire. Prononcez tù , tué. Voïez taire. TEUCRIUM , f m. [ Teucrium Baticum. 3 Arbrisseau qui demeure toujours verd , & qui pouffe une tige couverte d’une écorce blanchâtre. ^ Le Teucrium croît dans les païs chauds. 11 est détersif, apéritif, propre pour les maladies de la rate. TEVERTIN, f m. [ Lapis tevertìnus. 3 Pierre dure , rouffâtre, & grisâtre dont on se sert à Rome. TEUTONIQUE , adj. [ Teutonicus. 3 Ce mot veut dire Germanique , & il ne se dit qu’en parlant de la Hanse Teutonique , qui est une aliance des villes Anseatiques, ou maritimes, qui firent entre elles une ligue ofensive & défensive , & s’alierent pour le commerce. On dit aussi l’Ordre Teutonique. TEXTE , f m. [ Textus. 3 Les mots propres dont s’est servi un Auteur. Ainsi on dit. (Le texte de l’Ecriture Sainte. Le texte de la Loi. Lire le texte. Ecrire du texte. Imprimer le texte d’un Auteur. Ale- guer le texte. Falsifier le texte. Changer, altérer, corrompre le texte d’un Auteur. J’ai trop bien profité , pour n’être p f f. [Stephana.) Nom de fille, qui veut dire, petite Etienne. (Ticnnette est tantôt prête à marier. Tiennette a fur Jeanne de l’avantage. La Fontaine, Contes.) t TIENNOT,/>w. [Stephanut ] Nom de garçon, qui veut dire petit Etienne. (Ticnnot est grand & beau.) TlERAN.Ji m. ou tiers an. [Aper tr tennis.) Terme de Chase , qui sc dit du ianglier , & qui veut dire troiséme année. (Sanglier qui est à son tiéran. Je ne pretens parler que du ianglier qui est à son tiéran. Sol. fiove, tr. de la cbajfe du sanglier , chap. i.) TIERÇAIRES,/ m - [ Tertiarii .J On apelle ainsi ceux qui sónt du tiers ordre de S. François. TIERCE", tiercée, adj. [ Tripartitus. ] Terme de Blason. Coupé en trois parties égales. (Tiercé en pal. Tierce en face. Tiercé en bandes.) TIERCE, adj. f. [ Tert.uí .] Ce mot se dit en de certaines façons de parler, pour dire Troisième. Personne qui fait un tiers. (Elle ne sc vouloir pas fier à une tierce personne. Scaron, Précaution mutité, i .Nouvelle.) TIE K CE, f f [Tertia. j Terme d'Eglise. C’est l’une des sept heures canoniales. (Aler à tierce. Dire tierce.) TIERCE [Tertia , secunda parsJéxagejìma.) Terme i’AJironomte. C’est la soixantième partie d une seconde. TIERCE. [Tertiana febris.) Ce mot se dit de la fièvre qui revient au troisième jour. TIERCE continue. [ Tertiana continua. ] Terme de Médecin. C’est une sorte de fièvre qui cause des redoublement tous les trois jours, Sc qui vient de la bile pourrie dans les grands vaisseaux. Deg. TIERCE. [Pagina tertia typicx proaationif.) Terme á’Imprimerie. C'est la troisième épreuve. ( Ce Correcteur voir la premiere & la seconde épreuve, Sc l’Auceur les tierces. Envoiez-moi la tierce de cette feuille que je la voie exactement.) TIERCE [Tertia.) Terme de Maître £ Armes. C’est un mouvement du poignet en dehors, qu’on fait en se batant à i’épée , ou en faisant des armes. (Pousser une tierce. Pousser de tierce. Pousser en tierce. Toucher l’épée de tierce. Entendre la tierce Sc la quarte. Cette dernière façon de parler est de Molière, Bourgeois Gentilhommes est un peu figurée. Elle signifie taire des armes. Faire bien un coup d’épée.) TIERCE. [ Tetracordon ) Terme de Musique. Une tierce majeure contient deux tons. Une tierce mineure contient un ton & un demi-ton majeur. (Corde qui fait la tierce.) : TIERCE. [ Tertia. ] Terme de Tiquet. Ce sont trois carte, de même couleur, Sc qui se luivent. (Avoir une tierce majeure. C’est i’As, le Roi Sc la Dame. Une tierce de Dame. C’est le dix, le Valet & la Dame. Une tierce deValet. C’est le neuf, le dix & le Valet,; 4 = TIERCE. Terme de Commerce. On apelle Laine tierce , la troisième forte de laine qui vient d’Elpagne, & qui est la moindre de toutes. (Tierce Segovie, Tierce de Villecastin. &c.) TIERCE. [Auscultatrix.) Terme de Religieuses. C’est une compagne qui est envoiee de la Superieure pour entendre ce qui se dit au parloir, quand quelque personne du monde vient parler à une Religieuse. On apelle aussi cette compagne, écoute, ou Jaur écoute, ou ajjt- Jiante. (_La sœur qui sert de tierce au parloir, fera soigneuse d’écouter tout ce qui se dit. Constitutions de Port. Roial, p. i çó.) TIERCES ou tierches. Ternie de Blason. [Tania ter. gemirne.) Faces en devise quife mettent trois a trois, TIE 595 comme les jumelles deux à deux, les trois faces n’étant comptées que pour une, & toutes les trois n’oeupant que la largeur de la face ordinaire, ou de la bande, si elles y font posées, pourvu qu’il n’y en ait qu’une dant un écu. TIERCE-FEUILLE, s. m. [Triselium Jiemmata. riurn.) Figure dont on charge les écus des armoiries, qui a une queue, & qui par-là est distinguée des trèfle» qui n’en ont point. ($ TIERCE soi , ou Tierce main , c’est la même chose. Cette expression se trouve dans plusieurs Coutumes, comme dans celle de Tours, 297. &c. „ Entre gens,, roturiers, successions directes, ou collatérales, sc de-„ partent par teste, & en est chacun des heritiers saisi, „ pour fa portion : toutefois s’il y a aucuns héritages „ nobles acquis de bourse coisiumiere Sc tombez en,* tierce foy, ils sc partagent noblement entre l’aisné, „ & les puifnez, ou leurs repréfentans, Scc. " Volez Palht fur cet article, U Ragueau dans son Indice. TIERCELET , s. m. [ Mat accipiter. J C’est une forte d’oiscau de proie qui est le mâle de Fauteur. TIERCELET de faucon. [ Tertiohu. ] C’est l’oifeau de proie qui est le mâle du faucon. Bel. hijì. des oiseaux , /. 2. TIERCE AIENT, s. m. [Tertio loco.) Terme de Partisan & d’autres gens d’afaires, qui se dit en parlant des enchères des fermes du Roi, & qui veut dire enchère qui augmente du tiers le prix de la vente, & fait le quart fur le total. (Faire un tiercement. Si le prix de l’adjudication est quinze cens livres, le tiercement sera de cinq cens ) Denii.tiercement, s. m. [Semitertia pars.) Terme dt Gens d’afaire. C’est ia moitié d u tiers, (Si le prix de l’adjudication est de quinze cens livres, le demi-tierce- ment sera de deux cens cinquante. Faire un demi- tiercement dans les fermes.) TIERCER , v. ». [ Pretium adjudications attgere. J Terme de Gens d’afaire. Faire un tiercement. TIERCER, v a. [Agrum t tr tiare.) Terme de Labou. reur Sc de Vigneron. C’est donner le troisième labour à la terre, ou g la vigne. (Tiereer la vigne.) TIERCER. [Tertiare.) Séparer les fruits d’uneAbaïo en trois, pour en donner le tiers à l’Abé, le tiers aux Religieux , Sc réserver le dernier tiers pour les réparations. T 1 ERCERONS , f m. [Arcus angularis.) Terme d’ Anhitefiure. Ce fonc dans les voûtes gotiques des arcs qui naissent des angles , & vont se joindre aux liernes. TIERCEUR t f m. [ Licitator ad tertiam partem. J Terme de Gens d’afaire. C’est celui qui fait un tiercement. (Etre tierceur.) í TIERÇONS, f m. Sortes de caisses dan? ses- * quelles on envole les Savons blancs en petits pains , L les savons jaspez en pains ou briques. 4 = TlERçONS. Ce font aussi des mesures qui font le tiers des mesures entieres. (Tierçon de muid. Tierçon de barrique.) TIERJ, ou Thieri,f m. [Tbeodoricus.) Nomd’hom- me. (Tien vivoit. Tieri est mort.) TIERS- [Tirtius, termes.) Ce mot est un adjefiif , qui signifie troiséme, & qui ne sc dit que dans de certaines façons de parler consacrées. (Le tiers état. Le tiers ordre.) TIERS, s. m. [Tertia pars.) C’est la troisième partie de quelque chose. (J’ai donné une aune & un tiers de ruban à Monsieur. Acheter un tiers d’étose. Le tier* de l’année. Partager par tiers. Réduire au tiers.) TIERS , J. m. [ Tertiurius J Terme de Çabaretier. C’est une mesure qui est entre la chopine, & le demi- sctier. TIERS , f m. [ Tertia pars dolii. ] Terme de Man chand de vin des ports de Paris. C’est une pièce de vin qui ne tient que la troisième partie du muid.(Acheter un tiers. Je ne veux point de quartant, je veux un tiers.) Le tiers état. [Triplex ordo, Ecciesxjticorum , nobilium , A populans. j il y a trois eta's, ou trois ordres des sujets des Rois de France , le Cierge, la Noblesse , tzf /# tiers état. Pâqurr dansJ'es recherches écrit que sous les deux premieres races de nos Rois, il n est point parlé du tiers état. On raconte qu’on n’en fit mention que sous les Rois de la troisième race, qui s’étant acoutu- mez à demander de Pqrgent au peuple pour aider à ter. Tome HI. Fftf miner m TfE miner îes guerres qu’ils avoient entreprises, lapelle- rent dans Jes assemblées qu’ils tinrent pour le bien de leur Royaume. On nomma d’abord tiers état la compagnie des Députez qui n’etoient ni Gentilshommes, ni Ecìéliastiques. Mais ensuite pour rendre le tiers état plus considérable, on y fit entrer des personnes choisies parmi les gens de lettres, parmi les oficiers de Justice, & le corps des Marchans. Votez chez Sebastien Cramoisi un livre des trois états, partie, ch. i. Un habile homme que j’ai consulté sur cette matière, n’est pas tout á fait de cet avis. 11 pense que le tiers état n’est composé que des Députez des corps de ville, des hôtels dô ville & des notables bourgeois, & que ni les Messieurs des Coûts souveraines ni les autres gens de Justice ne font point partie du tiers état en qualité de gens dS Justice. Comme il est dangereux de décider , on trouvera bon que je ne prévienne personne, & que je laisse à chacun la liberté de croire là-delsus ce qu’il voudra. TIERS état se prend quelquefois pour le bourgeois. C’est ainsi qu’on l’a pris dans une comedie intitulée » Atendez-moi fous l'orme. {Palsambleu l'amour est un fat , Et jans égard four ma nuijj'ance 11 me fait j'oupirer , gémir,] entir f absence , Comme un amant du tiers état.) Le tiers ordre. [Ordo tcrtius.] On apelle cet Ordre le tiers ordre de la penitence , parcc que Saint François établit trois ordres. Le premier pour les hommes Religieux quson aqelle Tares tumeurs qui sontlesCoídelierS, les Capucins & les Recolets. Le second ordre est des filles Religieuíès de Sainte Claire , & le troisième est pour les personnes de l’un & de l’autre sexe qui vivent dans le monde, & c’est celui qu’on apelle le tiers ordre, Les personnes qui en font portent une tunique de serge grise, ou un scapulaire de même étofe, avec un cordon sous leurs habits ; & ils observent une réglé faite pat Saint François, autorisée parles Souverains Pontifes, Si principalement par le Pape Nicolas quatrième. Cette réglé est traduite en François » & expliquée depui* quelques années, par le Pere Frassen Directeur de la Congrégation du tiers ordre, établie dans l’Eglise deS Cordeliers de Paris. La Reine Marie Térese d’Autriche étoit Superieure de cette Congrégation. On célébré tous les ans le jour de Sainte Elisabeth , la fête du tieri ordre aux Cordeliers de Paris, où la Reine se trouvoit à Complies avec les Sœurs de cet ordre & autres per- sonnes. TIERS coutumier. [Tertiapars.] C’est dans quelques Provinces la troisième partie du bien du Pere, ou de la mere, laquelle est inaliénable, & apartient à ses enfans, Ce tiers se prend sur les immeubles que le pere posse- doit au tems de son mariage. > TIERS referendaire. [Tcrtius evangelista.] Terme ds Palais. TIERS de fou, f m. [ Terìiarius ajsis. ] C’étoit une sorte de monoïe d’or du tems des Rois de la premiere race, laquelle avoit d’un côté la tête de Mérovée ornée du diadème perlé. Bouterou’è , traité des monóies , page ry;-, V 174. TIERS [st danger , f. m. [Tertio prêtïi tsendìti lignì pars.] C’est un droit qui a principalement lieu en Normandie, par lequel le Roi prétend le tiers du revenu de certains bois. (Etre sujet au tiers & danger.) Ì$ TIERS d mercL Droit qui se leve à la volonté du Seigneur. 0 " TIERS deniers Droit seigneurial, dont ìl est fait mention dans la Coutume de Nivernois, tit. 4. art, çg. A 70 . [st ailleurs. C’est le tiers denier du prix de lâ vente ded’heritage. Bourdelier. Votez aussi }a Coûtume d’Auvergne, cb. 51. art. 75. TIERS , f. m, [Tertim alíquis .] Une, troisième personne. (Un tiers gâte tout dans l’amouteux mistere. Personne ne juge d’un tiers plus sainement que mok Voit. I. 34. Un tiers pour sur-arbitre.) t Le tiers [st le quart. [ Unusqu fque .J CeS mots se disent des personnes , & veulent dire les uns & les autres. (De tous cotez íVun œil hagard Regardent le tiers & le quart ; Mais tiers ni quart tel qu’il puisse être Ne faitsemblant de les connoìtred) - & divertir aux dépens du tiers [st du quart. La P on. iame. Contes. [Quemque ridere.] TIERS , J- m. [ Anas îrttiarm. ] Oiseau qui ;vient TIG dans îes marécages & fur les étangs, & qui a de l’alr d’un canard. On l’apelle tiers, parce qu’il est plus gros que la sarcelle, & qu’il ne l’est pas tant que le canard. Le tiers est presque tout gris, mais d’un gris agréable. II y a un tiers mâle & un tiers femelle. Le tiers femelle a la tête d’une couleur rougeâtre, le reste du cou isabelle, & Ies ailes blanches & grises avec quelques plumes vertes & le ventre blanc. Le tiers mâle est presque tout gris sur le dos & sous le ventre. Us ont l’un & Parme des nageoires fines & les ailes longues. (Un tiers bien gras. On commence à manger der tiers à Paris, depuis la Toussaint jusques à Carême-prenant. Les tiers ne font pas li bons que les véritables canards sauvages.) TIERS point , J] m. [Tria puncla per modum tria ». guti.J Ce font trois points en fornre de triangle. TIERS point, f Triangulus. J Triangle. (Les châssis des Jardiniers font faits en tiers point. Quint. Jard. Fr, t. 1.) En termes de Marine , on apelle Voiles à tiers.pomt. [Vélum triangulare .J Les voiles triangulaires, qu’on nomme autrement voiles latines. Tiers point [Tertium punclum mobile.'] Tetmede perspeffive. C’est un point qu’on prend á discrétion sut la ligne de vue, où aboutissent toutes les diagonales qu’on tire pour racourcir les figures. TIERS poteau , J'. m. [Tertia lignìsciJsiUs pars.] Ter- ïne d ’Architecture, C’est une pièce de bois de sciage de cinq pouces de long & trois pouces & demi de gros íeur, faite d’un poteau de cinq & sept pouces refendu. On s’en sert pour les cloisons legeres. TIFFE”. Vieux mot , paré, orné. Nous disons quelquefois, une femme bien attisée. Le Roman de la Rose t Si fast , si cointt , [stst tissée , Que seinbloit être une fée. TIGE,/-/. [Caulus, Jcapus.] Ce mot se dit propre- ment en parlant d’arbres, de plantes, d’herbes & de fleurs. C’est le corps de l’arbre, de la plante > de I herbe & de la fleur qui sel t à les soutenir iernits dans la terre. (Tige d’arbre bien droite. Plante qui a la tige fort fossile. La tige de ia tulipe ne doit être ni trop haute, ni trop basse. Ainsi tombe une fieur dont la tige est moins forte. Que le faix qu’elle porte. La Lune, poésies.) * TIGE de clé. [Clavis Jcapus.] Terme de Serrurier, C’est le morceau rond Ue ia cle qui prend depuis Panneau jusques au panneton. (La tige de la cle est rompue. ) * TIGE déplumé. [Culmuí.] Terme de P/umacier. C’est le ruiau d’une plume de cna t eau, d’un tour de plume, ou d’un demi tour de plume. * TIGE de bote. [O-rea tinta.] Terme d e Cordonnier. C’est le corps de la bote depuis le pié jusques a la ge- lïouilìefe. * TIGE de flambeau. [ Candelabri scapus. J Terme á’Orfevre, C’est le tuïau du flambeau qui prend depuis la pâte jusques à l’enssiouchure inclusivement. (Tige de flambeau bien faite.) * TIGE de guéridon. [P’uteì jcapus.] Terme de Tour. rieur. C’est la partie du guéridon qui prend d< puis la pâte jusques au dessus. (Une belle tige de guéridon.) * TIGE. [Columnœ Jcapus.] Ce mot se dit encore de quelques autres choses. (On dit tige de colonne. C’est le corps de la colonne.) * TIGE. [SftVfs.J Ce mot se dit des personnes, & Veut dire. Race. Lignée. (II étoit décendu de la tige Roiale. Vaug. Quint. I. 4. ch, 1.) * TIGE', tigee , adj. [Caudicatw.] Terme de Blason, II se dit des plantes & des fleurs repretentees fur leur* tiges. TIGETTE,//! [Cauliculus.] Terme d’Archi t e‘ fíure. C’est dans le chapiteau corinthien une maniéré de tige , ou de cornet le plus souvent canelé & orné de feuilles, d’où naissent les volutes & les hélices. t I ÍGNASSE,/ f, [Cajdries incu’ta .] Méchant* perruque mal propre, mal irisée & mal peignee. Vilaine • chevelure. (Elle l’a pris par sa tignasse. Elle lui a pei* gné sa tignasse; Le Poète Chapelain si riche & si acom- -modé ne portoit qu’une vieille tignasse, sur laquelle quelques beaux esprits rieurs ont fait une parodie.) TlGNE, teigne , / / [Porrigo,scabies.] Quelques- ton* écrivent & prononcent teigne , mais la plûpart disent TIG sent& écrivent tigne, qui veut dire une sorte de gale qui vient à ia tête. On dit. (Tigne, seche, humide , mauvaise, maligne. Avoir la tigne.) L’Académie écrie teigne, & veut qu’on le prononce de même. t * La tigne des Auteurs. (]Autorum feabies Ménage. Cotin, Ménagerie. C’est-à-dire Ménagé, le plus malotru, le plus chétif de tous les Auteurs. TIGNE. [Equina tinea .J Ce mot se dit en parlant de chevaux. C’est une pourriture qui vient dans la fourchette, & qui la fait tomber jusqu’au vif avec une si grande démangeaison, qu’etle fait boiter le cheval. So- ieifel, Parfait Maréchal, c. 72. TIGNE. [77we«.j C’cst une sorte de ver qui ronge les habits. (Habit rongé des tignes.) On dit proverbialement , qu’une chose tient comme tigne, quand elle est disicile à ôter & à détacher du lieu où elle est. [Tenax ad tn»dunt pornginis.] . TlGNERlE,ou teignerie, f. f. [Caméra porriginesa- ria.] Terme de f Hôpital général de Paris. C’est le lieu del'Hôpital où l’on pense les tigneux. (II est à h tigne- rie. Envcier un tigneux à la tignerie.) TIGNEUX , ligneuse , ou teigneux , teigneuse , adj , [Pornginojw] Ce morse dit des personnes seulement, & signifie qui a la tigne. Qui a de la gale à la tête. (Il est tigneux. Elle est ligneuse.) On apelle figurément un tigneux , un homme qui a de la peine à mettre la main au chapeau. On dit, il téy avoit que trois tigneux E-s un pe’é , pour se moquer d’une assemblée qui n’étoir pas fournie de beau monde. {$ L’Auteur du Catholieon d’Espagne, dit que les Etats tenus à Paris pendant la Ligue, ne furent d'abord composez que de trois tigneux çi? un pelé. Rabelais apelle ainsi ceux uui de son rems composoient la Faculté de Droit de l’Université de Montpellier. Par le terme pelé, on voulut marquer le Cardinal dePellevé, à qui (dit Mr. Dupuy dans ses Notes fur le Catholieon) les Huguenots tionnerent ce nom, parce que ce Prélat aiant mal servi Henri III. à Rome, il fut dépouillé de son temporel, ce qui lui fut aussi sensible, que si on lui eût pelé la tête , ou arraché les cheveux, outre que sa Vieillesse l’avoit rendu fort chauve. TIGNEUX, ou teigneux , j. m. [Scabiojìu.fadw por- rtgtne.] Qui a de la tigne. (Un petit tigneux. 11 y avoir un pelé & deux tigneux. Les tigneux, les rousseaux & les courtilans ont pris les premiers la perruque.) * T1 GNON ,/ w. [Calantica. inconcinna.] Motdu petit peuple de Paris pour dir e*cbeveux. (Elle l’a prij par son t,gnon Elle lui a bien peigné son tignon, c'est- à-dire, elie l’a bien tire a ux cheveux ) TIGNONNE'E. [Maie compta.] Mal coeffée. (Te voila bien ngnonnee.) Ce mot est bas. TIGRE,/ 1». [T/gris. J Cest une sorte d’animal cruel & furieux qui naît dans ses Indes & dans quelques autres pais etrangers, qui a les yeux brillans, le cou court, les dents aiguës , les ongles aigu-, aussi, & la eau tachetee. Le Tigre tué les Chiens, les brebis, les eufe, les mulets, ùc même les hommes, en un mot il fait d’etranges ravages. (Le tigre est trés-dangereux. Aux accens dont Orphée emplit les monts de Tbrace, Les Tigres amollis dépouillent leur audace. Despr.) * TIGRE. [Sxvuì, crudelis.] Cruel. Inhumain. Qui n’a nulle pitié, nulle compassion. (f ’ejt un tigre altéré de tout le sang Romain. Corneille, Cinna, a. 1. s. ; .) t ' TIGRE. [Ferox, inhumâmes.] Ce mot se dit quel- quefois tn riant entre gens qui s’aiment, & veut dire, Rigoureux. Qui a de la dureté de coeur. Qui n’aime point. Qui n’a nulle douceur. (Quand on elt tigresse, je fuis, nia foi, tigre aussi. Molière, Sicilien.) * TIGRE. [ Pulex tigrinus.] Les jardiniers apellent ainsi une sorte de petit insecte gris qui vole en plein midi, qui s’atache principalement dertiere les feuilles des poiriers dont il mange tout le (uc & qui gâte peu à peu toutes les feuilles d’un arbre commençant depuis le bas jusques au haut. (Faire tomber les tigres de dessus les souilles des arbres ) TIGRE. [ Equus villis tigrinis variatui. J Sc dit des chevaux, quand leur poil est tacheté comme les tigres. (11 a six chevaux tigres à son carofle. ) TIGRESSE .f. f. [Tigris somma.] La femelle d u tigre. (La tigrelle est furieuse quand elle a dts petits.) * TIGRESSE. [ AJpera A immttk mulier. J Ce mot TIM 595 se dît des belles, & signifie cruelle. Rigoureuse. (Elles» met en colere quand on lui parle d’amour. Mais pour peu que Ton la presse , On ne vit jamais tigresse Devenir Jì-ièt mouton .) t * TIGRESSE, s Inhumana , aspera.] Méehante. Dia» blesse. (Elle est dévote, il est vrai,mais avec toute fà dévotion, c’est une véritable tigresse, &on ne peut durer avec elle.) TILLAC ,s m. £ Fori. J Terme de Mer. Pont. Plancher, ou étage de vaisseau. Le franc tiOae. C’est le premier pont, ou le pont le moins élevé fur Peau. Les Latins apellent ces tilîacs tabulata , les Espagnol* cubierta y puentes , & les Italiens la eoverta délia nave. (Se tenir fur le tillac. On enferme les Esclaves fous (c tillac pendant le combat.) TILLAU. Voïez p w bas, Tilleul. TILLE ,f- f- í Cortex tillacea. ] L’écorce des jeunes tilleuls, dont on fait ordinairement des cordes dc puits. í TILLE. Petit instrument de cuivre en forme de couteau, avee lequel on fouille le fond des formes d» sucre, avant de leur donner !a terre. TILLER , ou teiìler , v. a. [Cunnabim exuert fyli* ris.] Mot qui vient du Grec & qui ne se dit que du chanvre. C’est rompre avec les doigts Ic tuiau autour duquel est enfermé le chanvre » & en tirer ensuite I» chanvre. (Elle a tissé tout cela. Tisser le chanvre.) TILLET , f. m. [Scedula.] Terme de Libraire dt Paris. C’est un billet signé & date qu’un Libraire envoi» à un autre Libraire pour avoir de la marchandise. (J» garde son tisset.) TILLEUL, tillau, f m. [ Tilia. ] L’un & Pautr» sc dit, mais tillau , est le mot d usage. C’est un grand arbre qui jette plusieurs branches étendues fort au large & faisant beaucoup d’ombre. Le tillau à l’écorce pliable, roussâtre par dehors, blanche & unie par dedans. (Voilà de beaux tillaux. Planter une allée d» tillaux. A 'rnpfout les tilleuls dressant sa cornemuse, Chantoit le beau Daphnie. Ménagé, Eglogue.) TILLEUR, ou teilleur, s. m. [Cannabit drcorticator.] Celui qui tille le chanvre. (Un habile tisseur ) TiLLEUSE , ou teilleuse, s. f. [Cannahis decortica- trìx.] Cesse qui tille le chanvre. (Cette tisseuse est agréable, & chante bien ) TIM , ou Thmi, f. m [ "Thymum .] Prononcez tin* Mot qui vient du Grec. C'rst une sorte d’herbe odoriférante. (Planter du tim Faire secher du tim.) Le tira subtilise, résout, incise, leve ses obstructions, dissipe le» vents , chasse la pituite. Ses fsours sont agréables aux abeilles & donnent une odeur charmante au miel. T1MAR. [Pradium tmiarimn.] Etendue de terre que se grand Seigneur donne à cultiver, & en uiufruit aux Spahis pour les entretenir. Et ceux qui possedenC ces terres s’apellent Timariots. Ce fief se possede à vie , & se peur résigner avec l’agrément du gouverneur. La GuiU. TIMBALE,//. \Tympanum ) Quelques-uns font ce mot masculin , mais mal. Tous les Timbaliers & tous les gens de guerre le font féminin. Ce sont deux vaisseaux d’airain, ronds par dessous, dont les ouvertures font couvertes de peau de boue qu’on fait résonner en les touchant avec des baguettes. (De bonnes timbales.) Les timbales étoient autrefois lus en usage parmi les Asemans & les Espagnols que parmi les François» qui ne s’en scrvoient que quand ils les avoient gagnées fur les ennemis, mais aujourd’hui le Roi en donne à qui il lui plaît & principalement aux compagnie- d’or» donnance. (11 y a toûjours deux timbales, une grosse & une petite. Timbale qui a du son. Hausser, ou baisser les tons des Timbales. Monter les timbales. Toucher; les timbales. On touche (ùr les timbales la marche & la charge; mais on n’y touche point la retraite. Gagner des timbales fur l’ennemi. Une bonne baterie d» timb isos. Faire de beaux roulemens fur les timbales.) TIMBALE / f. í Palmuta conx.ea. ] C’est aussi un instrument fait en maniéré de bois de raquete , qui est couvert de côté & d’autre de parchemin & dont on se sert depuis trente ou quarante ans pour jouer agréable- Tome UL F f f f à ment 5y§ TIM ment au volant, pares que cette timbale venant à fraper le tu'nu du volant, elle tait un son qui plaît davantage que celui de la palette. (Une jolie timbale. Acheter une timbale au Palais pour jouer au volant.) TIMBALE. [OU a J En terme bas & populaire, signifie quelquefois la marmite. Q’ai dequoi faire bouillir la timbale.) TIMBALIER-, s. m. [ Tympanotriba , tympamjla. j Prononcez timbaiié. C’est le soldat qui touche les timbales. (Un bon, un habile, un excélent Timbalier. J’ai vû deux ou trois Timbaliers de la maison du Roi, qui m’ont tous assuré qu’on ne disoit point batre les timbales , mais toucher les Timbales. C’est le timbalier du inonde qui touche le mieux de la timbale & qui fait les plus beaux & les plus charmans roulemens. Quelquefois en pouffant une voix de tonnerre Je fais le Timbalier fur les bords de ma chaire. Sanlec.) TIMBRE, f m. [ Tintinnabulum .] Terme de Fon. deur & à'Horloger. C’est une maniéré de cloche fur quoi le marteau de I’horloge sonne les heures. (Le timbre est fendu , & il ne résonne presque plus.) TIMBRE. [Fides tympan/.} Ternie de Bojfelier & de Tambour. Ce sont deux cordes de boíau qui sont sor la derniere peau de quelque caisse, & qui lors qu’on bat la peau de dessus servent à faire résonner la caisse. (On a coupé le timbre de cette caisse.) TIMBRE [Signum regium papyro imprejfum.'} Terme qui se dit en parlant de parchemin & de papier. C’est une fleur de lis autour de laquelle il y a le nom de quel» que généralité, car chaque généralité a son timbre pouf marquer tout le papier & tout le parchemin qui sert dans tous les actes de justice. Le mot de timbre lignifie aussi le droit qui fut établi en 167;. sor tout le papier & Je parchemin qui sert aux expéditions & aux actes de justice lors qu’tl est marqué du timbre de quelque généralité. (Marquer le timbre sor le papier. Le timbre est d’un grand revenu.) TIMBRE. [Galeafeusaria apexplumatilis.’} Terme de Élajon. Casque qu’on met sur l’écu. 11 est quelquefois seul & quelquefois avec une Couronne. (Les armoiries des Cardinaux sont ornées d’un chapeau rouge qui leuí sert de timbre. Col. c. ;y. Les Rois & les Princes portent le timbre ouvert ; les Ducs , les Marquis & leS Comtes, grillé, & mis de front; & les Vicomtes, leS Barons, & les Chevaliers, un peu tourné , & on le nomme alors de trois quartiers.') | “ TIMBRE. [ Cerebrum, caput. j Ce moi ail figuré est burlesque & veut dire la tête. {II .7 te timbre un peu fêlé. C’est à-dire, il est un peu fou.) TIMBRE. Quantité de marthes & d’hermìneS attachée ensemble qui íè ramassent en Laponie , pour être envolées dans les pais. TIMBRE', timbrée , adj. [Signo regio notatiis } Ter. me qui sc dit en parlant de papier & (Je parchemin qui sert dans les a fa ires de Justice , & veut dire qui est marqué d’un timbre. (Tous les actes de Justice doivent être fur du papier timbré, ou fur du parchemin timbré, autrement ils font nuls.) t * TIMBRE', timbrée, f Cerebrofîts .] Mot burlesque qui n’entre que dans la conversation & le stile comique & qui veut dire. Qui a bonne tête. Qui est sage. (C’est «n homme qui a le cerveau bien timbré. La plûpart des femmes ont la cervelle mal timbrée > & ceux qui ont à vivre avec elles sont à plaindre.) TIMBRER, v. a. [Stemmata apice plmnaiìli ìnjìgnt. re.} Ce mot se dit en parlant d’armoirie & veut dire mettre un timbre à une afmoine. (Timbrer une ar« moirie ) TIMBRER. [Signo regio notare.} Terme qui se dit en parlant de papier & de parchemin. C’est marquer le timbre sor le papier & sur le parchemin pour servir aux actes de Justice. (Timbrer le papier. Timbrer le par. chemin.) On dit aulh timbrer les pièces d’un procès , c’est marquer la date au haut de la premiers page. IV;»- brer un Auteur, c’est le coter & le citer. TIME R EUR, f. r,u [Signo regio notator.’] Celui qui imprime, ou qui marque le timbre sor le papier & sot le parchemin. (Les timbreurs sont gagez.) 1 IM1DE , adj. 11 vient du Latin tìmìâus, Qui cram:. Peureux. Qui a de la timidité , qui n’est pas ha r di. Ce root de timide se dit des choses & des per» sonnes. r C-tíu tini’de habitant ils donneront la fuite. • Cousin, íiist.Rom. TIM Je sois trop timide & trop retenu, je ne puis me tendre illustre par cette voie-là. Ablawvouït , Luc. Un courage élevé t rate peine surmonte, Les timides conseils n'ont rien que de la bonté. Mai. Poès. 1. î- La timide équité détruit l’art de régner.) ^ Les Oficiers timides, fans être fort habiles ni fort braves, sont toujours les plus éloquens & les plus écoutez à la Cour & dans les armées, au préjudice même des desseins les mieux fondez & les plus íalutaires. Poybe de Mr. de Folard. TIMIDEMENT, adv. [Timidé.] D’une maniéré craintive. (La pudeur fait souvent agir les personnes timide, ment. 11 faut assurer timidement ce que l’on ne sqait pas avec certitude. Bayle.) TIMIDITE',/./ [Timor, metus, timiditaf.} Crainte. Retenue timide. Aprehension. (Donner de la timidité à un enfant. N’aVoir aucune timidité. Pendant que la paresse & la timidité nous retiennent dans notre devoir, notre vertu en a souvent tout l’honneur. Mémoires de Mr. de la Rochefoucaut.) TIMON,/ m. [ Temo .J C’est une pièce de neuf ou dix piez, bien arondie & bien planée, qui est par le gros bout arrêtée au milieu du train de devant d’un carosse, ou d’un chariot, & qui sert à conduire & à tirer le carosse & le chariot par le moien des animaux qu’on y ateiie. (II a levé le timon de son carosse, & comme il n’étoit pas bien arrêté , il est tombé fur la tête du premier laquais qui a passé auprès du carosse.) TIMON. [ Cìavus , gubernaculum. ] Terme de Mer. C’est une sorte de manche qui est atachée au gouvernail & que celui qui gouverne manie par le moien d’une grande barre. * TIMON. [ Rertun adminìjìratio , imperii clavus. J Gouvernement & conduite de quelque Empire, Roiau» me, République, ou Etat. ( *Les motifs de l’ambition 11’eussent pas été assez puissans pour vous empêcher de quiter le timon durant les tempêtes qui se sont élevées Contre vous. Godeau , poésies, Epître au Cardinal de Ri. chelieu.) TIMON. [TimoJ Nom d’un Atenien, fameux par la haine qu’il porta aux hommes & qui pour cela futapellé Miscmtrope. Votez là-dcfius un fort beau dialogue dans Lucien. TIMONIER . s. m. [ Gubernaculi rnoderator .] Terme de Mer. C’est le matelot qui à son tour va faire son quart à tenir la barre du gouvernail pour conduire le Vaisseau. TIMONIER , s. m. [ Equus ad temonem alligatus. J C’est aussi le cheval qu’011 atache au timon du carosse. TIMORE', timorée , adj. [Tìmidus, timoratus. J Ce mot vient du Grec & est un ternie purement de dévotion. 11 signifie qui craint Dieu, qui a de la crainte île l’ofenfer. Timoré n’est pas encore si usité que crain. fìf, ou que délicat. (11 n’y a rien qui puisse plus aisément surprendre ceux dont la conscience est timorée, que de leur representer qu’ils sont singuliers. Eclaircis. Jhiunt fur la vie Monajiique.) TtMPAN, / m. [Tympanum archìteHonicum , J Terme d’ Architeflure. Ce mot est Grec & signifie Tara. boivr. (C’est la paitie du fond des frontons qui répond au nû de la frise. Elle est triangulaire & posee sur Î3 corniche de l’entahlement & recouverte de deux autres Corniches en pente. Letimpan est aussi une machine en forme de roue pour elever l’eau. C’est proprement une grande roué creuse, qui sert aux grues & à d’autres machines, dans lesquelles roues on fait entrer un ou plusieurs hommes pour les faire tourner, en marchant fur des elpeces de degrez qu’il y a au dedans de la roue. TIMPAN , s. m. [ Tympanum typicum. J Terme û’hnpriweur. C’est une grande feuille de parchemin bandée sor un châssis de bois. (Mouiller le timpan.) TIMPAN , / m. f Tympanus avis. ] C’est une sorte d’oifeau qu’on rencontre dans la Virginie, en la tête du- quel on trouve une certaine matière gluante & épaisse qui étant seche & réduite en poudre est un remède souverain pour les femmes grosses. Votez le Journal des Sa. vans. TIMPAN. [Rota denticuìata .] Terme à'Horloger. C’est un pignon garni de son arbre qui se met par le moien d’une roue dentelée qui entre dans les dents du pignon. TIMPAN. [ Tympanum. J C’est aussi la membrane qu» TÏN qui est dans l’oreille, qu’on apelle aulîl Tambour. Voïez Tnntbour de d oreille. TYMPAN. [Tympanwn .] Panneaux de menuiserie, & roues creuses qui servent aux grues & aux autres machines, & dans lesquelles on fait entrer un homme pour les faire tourner. f TIMPANISER , v. a. [Publìcare , in vulgus produ. tere .J Mot qui vient du Grec, mais dans un autre sens. Se moquer hautement d’une personne. En faire des railleries publiques. (C’ejl lui qui dans ces vers nous a timpanisées. Molière. Vous devez marcher droit pour n’eflre f oint berné , Car fil faut que fur vous on ait la moindre prise Gare qu’aux carrefours on ne vous timpanisc. Molière, Ecole des femmes, a. i. Boursiut dans la Comedie des Fables d'F.sope, timpani- se un pgu le feu Seigneur Larbin, & il a raison.) TIMPANITES, f m. [Tympanites hydropiJìs,fpecies .] Enflure du bas ventre fine, égale, dure, & dans laquelle la peau est fi fort tendue, qu’elle rend du son lorl'qu’oit frape dessus. TIMPANON,/ m. [ Psalterion. 3 Sorte d’instrument de musique fort harmonieux qui vient d’Allemagne, qui est sor du bois , monté de cordes de laiton qu’oti touche avec une plume. (Un bon timpanon. Jouer du timpanon.) TIME , s f. [Capula ligneal} Mot qui vient de l’I- talien tino, ou tìna , & qui veut dire une petite tinette. (Une tine bien faite.) TINEL if m. [Cœnaculum inferìus.J Mot qui vient de l’Italien tin, llo, & qui veut dire sale bajfe. Le lieu où mangent les domestiques d’un grand Seigneur. (Ae m’en vais tout courant Décider a u tinel un autre différend. Régnier, Sat. 6.) TINEL. C’étoit autrefois le son d’une cloche du Palais des Rois, pour les repas faits à la Cour. (Tenir tinel. Voïez la chronique de Flandres .) 0 Les Italiens apellent aussi TineSo un petit ton. neau, un petit vaisseau où l’on met du vin. 11 lignifie aussi parmi eux, comme parmi nous, une sale basse où les domestiques d’une maison s’assemblent pour manger : II luogo dove mangiano i cortegiani, disent les Académiciens de la Crufca, AngélusRocca , cité par Mr. Ménage fur le mot Tinel, le dérive de tintinnabulum ,parce que l’on apelle les domestiques d’une grande maison Í >ar le son d’une cloche, pour se rendre dans le lieu où ’on doit manger, quasi tintinellum , média Jiliabâ per jhicopen detra/lá. Ferrari, dans ses Origines Italiennes , lui donne une autre origine fur le mot Tina s Tinello in quo familia cibum capit j vel à Tino, grandiore ano - phoro , Jive cupà, qua omnibus fufjìciat , vel quasi tri - cliniolum. Enfin Borel dans ses Recherches, dit, que Tinal en Languedoc signifie le lieu où l’on tient ordinairement les tines ou tonneaux , dites peut-être de tigno, & tignum. Dans les provinces voisines, les païsans apel- tent Tenalier le lieu où sont les cuves & le pressoir. DansFroissart, Tinel, veut dire la Cour duRoi. TINET, f m. [FeclisJ Terme de Tonnelier. C’est une maniéré de joug, au milieu duquel il y a un crochet ú’où pendent deux chaînes qu’on attache au tiers > au quartant, ou demi muid de vin qu’on veut porter à clair. Ensuite deux hommes se mettent ce joug sur les épaules & portent le quartant, le tiers, le demi-muid de vin, ou d’autre liqueur au lieu qu’on leur a marqué, & ils le posent doucement sur des chantiers. (II faut un tinet pour porter du vin à clair. On decend le vin dans la cave avec un poulin, ou avec un tinet.) t TINET. Efpece de machine dont se servent les Bouchers, pour suspendre par les jambes de derrière les beufs qu’ils ont assommez, vuidez & écorchez. TINETTE,//". [Parva cupa. ] Ouvrage de tonnelier, composé de deux oreilles, de cerceaux & de douves, haut ordinairement d’un pié&large de deux, ou environ qu’on met sous les fontaines de cuisine & souvent dans les caves. (Une tinette ronde. Tinette quarrée. Tinette ovale.) f TINETTE. Les Chandeliers donnent ce nom au vaisseau dans lequel ils mettent leur soif liquide au sortir de la poêle. TINRELINTINTIN- Mot bas & populaire, pour TÍP 5Q7 exprimer le son d’une petite cloche, ou le trinquement des verres. (Les chansons Bacchiques parient du tinre- lintintin des verres, & du glouglou des bouteilles.) f TINT AMARRE , f m. [Strepitus, cíamor rixo - fus J Ce mot est purement François, & vient du mot tinter & de celui de marre, qui signifie bêche, & c’est comme si l’on difoit, faire du bruit en frapant fur la marie. On eroit que le Tintamarre est une forte de bruit qui s’entend,qui interromps & romptla tête à ceux qui (’en. tendent. (Faire un tintamarre épouvantable. Gonb. Epi. I. 2 . C’est un furieux tintamarre, & il est dificile de le suporter.) 0 Ajoutez cette Remarque de Pasquier, liv. Z. ch. ;r. de ses Recherches , ou il dit, que les païsans des environs de Bourges avertissent leurs compagnons de se retirer, en frapant avec des pierres fur leurs marres : „ Pour-,, quoi (dît-il) ce ne seroit point, à mon jugement, mal „ deviner, d’estimer que d’autant qu’au son du tint qui „ se faisoit sur la marre , s’excitoit une grande huée,, entre vignerons , quelques-uns du Peuple François „ avertis de cette façon, ayent apellé tintamarre , à la „ similitude de ceci, tout grand bruit, & clameur qui,, se faisoit. “ TINTAMARRER. fTumultum , vìxasfacere.'] Terme bas qui signifie faire du bruit, du tintamarre. (II y a une heure que ce fâcheux me tintamarre la cervelle.) TINTE. Voïez teinte. TINTEMENT,/ m. [Aurìum tinnitus ,] C’est une maniéré de son qui dans l’oreille se fait contre nature & empêche l’ouïe. (Le tintement vient de plusieurs causes qu’on peut voir dans Fernel , &c. II a un tintement d’oreille qui l’incommode fort. 11 a guéri Madame telle d’un tintement d’oreille qui alloit dégénérer en surdité. Etre sujet à un tintement d’oreille. Causer ure tintement d’oreille. Expliquer un tintement d’oreille. On dit aussi tintement de cloches.) í TINTENAQUE»/ m. Espèce de cuivre qu’on tire de la Chine. Quelques-uns croient que c’est ce cuivre, qui entre dans la composition du Tambac. TINTER, v. a. [ As Campanum ab unà parte lentè pulfare.2 II est quelquefois neutre. Ce mot se dit des cloches. C’est faire fraper le batant d’une cloche fur un des bords de la cloche seulement. ( La cloche tinte. Tinter une cloche. Tinter le Sermon. Tinter le Catéchisme. Tinter la Messe.) TINTER. [Tinmre .J Se dit aussi pour exprimer un battement d’oreilles, qui fait croire qu’on entend un son pareil à celui d’une cloche. (Les oreilles me tintent. \_Aures mihi tinniunt .] On dit aussi figurément, cet homme est bien servi, il n’a qu’à tinter pour être obeï. 0 II n'a pas un moment de repos en fa vie , Si l’oreille lui tinte, ô Dieux ! tout ejì perdu. La Fontaine, coupe enchantée.) f TINTIN , f m. f Urceorum tinnitus. J Mot imagi- né pour exprimer le bruit que senties verres lors qu’on les choque les uns contre les autres. ( Le tin tin des verres où il y a d’excélent vin, charme les yeux & les oreilles.) TINTOUIN,/ m. [Tinnitus aurìumf] Bruit qui s’engendre dans les oreilles. (Son tintouin dure toujours. Les tintouins sent ordinairement les avancou- reurs de la surdité.) * -f TINTOUIN. [ 'Sollicitatio, anxietas .] Mot qui est bas & qui n’entre que dans le stile le plus simple & dans la conversation. 11 signifie Souci. Soin. Inquiétude. (A- voir du tintouin dans l’esprit. C’est une affaire qui lui donnera bien du tintouin.) TIPE,/»*- íTypns .J Ce mot vient du Grec, où il signifie un caractère gravé & imprimé par quelque chose. C’est aussi la copie d’un modele. Ses composez ar- chetipe & procotipc signifient un original qui a été fait sans modele. Le mot ripe, en ce sens, n’est pas usité en François. , , , „ TIPE, / m. [Signum, figura, fymbolum J Terme de Théologie. Figure, simbole. II se dit des choses de l’an- cienne Loi qui ont été des figures de celles de la Nouvelle Alliance. (Le Sacrifice d’Abraham, l’Agneau de la Pâque étoient des tipes du Sacrifice de jesos-Christ. Le Serpent d’airain que Moïse éleva au defert, étoit un tipe de Jesos-Christ qui a été élevé fur la croix, &c.) TlPHOMANIE,// [ Coma vìgil. J Maladie du cerveau, dans laquelle on ne peut dormir quoiqu’on en ait grande envie. 6 Ffff ; T1PI- 598 TIR TIPIQUE. [Ord* recitandi ojsicii.’} Livre Ecclesiasti- le des Grecs. C’est Tordre ou la fori que —- "AômTLr-K--.. s-à. « Symbolique, allégorique. (On ne volt que 1 écorce de nnand on n’en oenetre pas le sens tipique « t forme de réciter l’offi- Ipirituel.) TIQUE. Voie z la colonne. TIC. TIQUER. Voïez ticquer TIQUETE' Voïez tillé. TIQUEUR. Voïez tkqueur. TIR,/ m. [ Lìnea explosions. ] Terme de Guerre. La ligne suivant laquelle on tire un canon, un mousquet. Les Canoniers disent qu’ils ont fait un tir excellent,pour dire un excellent coup. TIRADE , s f- i Traftus contìnuus. ] Terme de Joueur d’mjirumcnt a cordes. Liaison d’une lettre avec une, ou plusieurs autres lettres qu’il ne faut que battre, ou pincer une fois & tirer les autres lettres de la main gauche. (Faire une tirade. Vo ïez les livres de Guitarrt de Çorbet fs de Medard.) * TIRADE de paroles. [ Verborum duRus. j Longue fuite de paroles. (C’tst une longue tirade de paroles.) TIRAGE , f m [SubduflioJ Terme d’Imprimerie en lettres £/ en taille douce. C’elt la peine & le travail de ceux qui font à la presse, de ceux qui font rouler la preF fe fur les formes & fur les planches. (Païer le tirage. Le tirage conte plus de cinquante écus.) On dit auflt le tirage des bateaux. [Helciatus .2 $ TIRAGE. Action de tirer. On apellc dans les Manufactures le tirage des étofes, ce que les Ouvriers font pour les alonger & leur donner plus d’aunage. f TIRAILLER , v. a. [D istrahere , in varia trabere.’} Tirer tantôt d’un côté & tantôt d’un autre, avec quelque forte d’importunité & d’une maniéré fâcheuse. (Après nt avoir tiraillé de part & d’autre pour m’atirer à leur parti, elles remirent à mon choix la décision de leur diferend. Ablancourt , Luc. Est-ce, dit-je, un fort grand plaisir , Lorsque l’on dort du meilleur sommt Que peu jamais dormir un homme , D’ttre tout à coup réveilli Et cruellement tiraillé Par un pauvre ami que harasse L'inquiet démon de la cbajse. Perraut.) f TIRAILLER, ». ». signifie auflî tirer d’une arme à feu mal & souvent. (Les François veulent charger l’en- nemi avec Parme blanche, fans s’amuser à tirailler.) II est dustile familier. TIRAN ,/»*. [Tyrannus.J Mot qui vient du Grec. C’est celui qui gouverne souverainement, mais d’une maniéré injuste & cruelle. Le mot d t tiran en Latin f* prend fort souvent en bonne part, mais en François il se prend en mauvaise part, & je ne Tai trouvé qu’une seule fois dans un sens qu’on peut interpréter favorablement, (Néron étoit un monstre & un tiran. Le voilà dans le sens qu’il a d’ordinaire en François. Cependant le voici, ce semble, dans un sens qui n’estpas injurieux. On n’eji guere loin du matin Qui doit terminer le dejiin Des superbes tirans du Danube du Tâgt. Mai. Poésies.) (si Plutarque raporte dans son Banquet des sept Sages, que Thalès aiant été interrogé quelle chose lui paroissoit la plus surprenante : c’est, dit-il, un vieux tiran. Car il est certain que les tirans ont autant d’ennemis qu’ils ontd’hommes fous leur domination. Sylla avoit raison de dire au Roi Boccus, que l’on regnoit avec plus de fureté fur des hommes soûmis volontairement à notre autorité, que fur ceux qui nous obéissent malgré eux & par Force : Tutius est volentibtìs, quam couctis impe- ritare. Saiust. de beO. Jugurt. La réponse de Pirtacus, raportée par le même Auteur, fait bien connoître la fureur & la brutalité des tirans, qui ne veulent regner que fur des esclaves. Ce Philosophe interrogé quelle des bêtes Feroces lui paroisloit la plus dangereuse, il répondit, qu’entre les bêtes sauvages c’étoit íe tiran ; & entre les Princes , le dateur. Mainard a confondu les Rois & les Tirans, dans un Sonnet à Mr. le Duc d’An* guien : O que tu vas donner des Palmes à ton Roi , De chaînes aux tirans , gjf de biens À la France ? TIR TIRAN. Qui contraint avec sévérité. Qui veut regner & commander quand il ne le faut pas. Qui agit avec trop d’empire , & avec trop d’autorité. Qui veut trop être le maître. (Les femmes n’aiment point les maris tirans. Les maris tirans sont ordinairement cocus, ou du moins ils méritent de l’étre. Les Amans tirans sont des sots, ils gâtent leurs afaires. La plupart des riches qui n’ont point de naissance font de petits tirans. *L'u> sage est le tiran des Langues. Amour , impitoiable amour , Tiran dont tout fe plaint , Tiran que tout adore. Deshoul.) J’ai servi deux Tirans, Un vain bruit U P amour ont partagé mes ans. La Font.) TIRAN. Voïez tirant, plus bas. t TIR ANNE,// [Tyranmca mulier.] Ce mot ne se dit guere. II veut dire une femme qui régné avec uns puissance tirannique. (Zenobie n’étoit pas k» rira», mais une tiranne. Balzac , Lettres, l. 6. lettre 97.) Messieurs de l’Académie en omettant ce mot dans leur Dictionnaire paroissent le defaprouver, Balzac est le seul qui s’en soit servi. * TIRANNEAU, / m. {Tìrannulmé} Petit tiran. (La plupart des Nobles de Province sont de petits tiranneaux à l’égard des Païians.) TIRANNICIDE, J. m. [Tyrannìcida .2 Celui quitus un tiran. Mr. de Ablancourt , Luc. Dialogue intitulé ïIncrédule, in quarto, pag. 257. a écrit les tiranniades ds Critius. TIRANNIE , / f. [Tyrannie.] Mot qui vient du Grec, & qui veut dire, domination cruelle & injuste. (On hait la tirannie avec justice. Soufrir la tirannie.) _ TIRANNIE. [Dominatus.] Ce moc, en parlant de beauté, veut dire Empire souverain d’une belle sur le cœur. (La beauté est une courte tiranie. Ablanc. Apoph .) * TIRANNIE. dommatio. ) Ce mot se dit en amour & veut dire rigueur, empire amoureux de quel- que belle inhumaine. (Vous exercez fur mon cœur trop de tiranie. Voit.pdes. Que st quelcun poussé de son mauvais génie Tombe dejj 'ous le joug de vôtre tirannie , Vous voulez qu’il soit pale. Voiture, Poésies. La tiranie des passions. (Ejfranata passiones.] Par quelle tirannie amour ae-tu voulu Exercer fur mon atur un rmpire absolu. La Stize.) TIRANNIQUE. adj. ( Tyrannie w. J Qui tient de la tiranie,qui est plein d’injuitice & de cruauté. (Vous rou- Vez juger combien cette action est tiranique. Volt. j 9.) _ TIRANNIQUEMENT, adv. [Ty r animé.] D’une maniéré tiranique. (User tiranniqucinent de Ion pouvoir. Maucroix.Síh. d’, .ngl. lìv. 1.) TIRANNISER, v. a. [In altquemsavire.] Traiter d’une maniéré tiranique & cruelle. (Tiranniser les peuples.) * II ne faut point tiraniser ses amis. Pose. I. 2. [Mole- stiam ajserre j C’est-à-dire, il ne faut gêner, ni contraindre ses amis. * Mal qui tir anse. [ Crucial us. ] CLst-à-dire, tour. mente. * L’amcur tiranife les amans. [Dominari, imperare .2 Toutes les pallions tiranisent l’ame. Le défaut des Auteurs dans leurs produfíions , C’est eCen tiraniser les conversations. Mol.) ísi Ces vers du Polieucte marquent bien la diferencs qu’il y a entre regner & tiranniser ; Ma raijon , il est vrai, dompte messtntimens » ; Mais quelque autorité quefur eux elle ait prise , Elle n’y régné pas, elle les drannise. Act. 2. se. 2. TIRANT ,/ m. XLorum duêlile.] Terme de Cor» donnier, C’est un ruban de fil de diverses couleurs qu’on atache au dedans de la tige des botes, & dont on se ferS pour fe boter aisément. (Prenez les tirans pour vous bâter plus facilement. Les tirans d’une bourse.) TIRANT,/ m. []Nervw bovis.] Terme de Boucher. C’est un nerf grand & large fur le cou de Veau & de beus. (Donnez-moi le tiran de ce beuf.) TIRANS, tiran. [Pergamena ligula.] Terme de Procureur, ' L ' _ « » » ^ r t /m* _ a . I * sl â — — aIIm aIS rt a* XAa. «44 att f t at*AI* TIRER. [ Exprimere. j Epreindre. ( Tirer le suc de quelque viande bien nourrissante.) s * Il tirerait de t huile d’un mur. lAquam i punie e pajiularet ] C’est-à-dire, il auroit de Purgent de l’hommc du monde le plus avare & le plus tenant. TIRER. [Reum quadratim dilaniare.} Mettre en pie» ces & démembrer avec force. (On tira en 1610 . Ravajl- lac à quatre chevaux dans la place de Greve a Paris. Volez les Mémoires de Sulli N i’HiJioire de Henri IV. Tirer un homme à la question, c’est Pétendre fur les tréteaux. Tirer la vérité à force de tourmens.) TIRER. [ Extrahere, exprimere. ) Atirer. (L’éponge tire Peau & toute forte de liqueur.) f TIRER. £ Penici/lo effìngere.} Ce mot pour dire peindre une personne est un peu vieux. Un illustre Académicien a dit , Alexandre jugeoit qu’Apelle étoit seul digne de le tirer , mais cet illustre Académicien n’est point à imiter en cela. (.'Académie pourtant ne le condamne point. . .. „ , , t TIRER. [ Calcitrare. ] Ce mot se dit d un cheval pour dire mer, mais en ce sens il est tres-vieux. (Ce cheval tire, prenez garde à vous.) TIRER. \_lmmergi.} Ce mot entre en quelques sapons de parler de Mer. (On dit ce bâtiment tire plus d’eau, ou prend plus d’eau que cet autre. C’est à-dire , qu il faut plus de fond pour faire voguer ce vaisseau qu’il n’en faut pour cet autre. On dit auífi tirer à la. mer. C’est prendre le large de la mer. C’est s’éloigner de quelque vaisseau, ou de quelque terrain.) TIRER. C Difflodere, emittere. ] Ce mot se dit des armes à jeu. C*est les décharger avec bruit & en mettant Je feu à la lumière. (Tirer le canon, un fusil.) Tirer au diane. [CoUineure. ) TIRER. [ Glandes plumbea* emittere.'} Décharger une arme en y mettant le feu, afin de blesser ou de tuer, ou de faire quelque brèche, ou de donner dans quelque chose. (Tirer un lièvre. 11 lui a tiré un coup de pistolet. Tirer l’oiseau. Tirer le canon contre un mur. Tirer a u blanc. Tirer de point en blanc. C’est tirer un canon par le moien de la ligne visuelle.) TIRER. \Arcu emittere.} Ce mot se dit aussi de cer- taines autres armes qui ne font pas à feu, & signifie débander, laisser aller. (Tirer une arbalète.) TIRER en volant. [ Volantes aves transfigere. ] C’est décharger un fusil, ou quelque autre pareille arme sur un oiseau qui vole. (Chasseur qui tire bien en volant.) f * TIRER en volant. [ Mentiri .] C’est mentir. (Les Gascons font sujets à tiret en volant. Les Normans tirent •n volant.) TIRER- [ Rudibus eludere.} Terme de gens qui font des armes. C’est faire des armes. Se bien servir du fleuret. Cet homme-là tire bien. 11 tire juste. 11 signifie aussi quelquefois pousser. Tirer de seconde sous les armes. Liancour , Mait. d’Armes, cb, 7 . Tirer une bote, une estocade.) TIRER Pépée. [ Gladium nudare , ftringere ensem.} C’est mettre la main à l’épée pour se batte. 0 " Brébeuf s’est servi de cette locution, liv. 1 . de la Pharsale : De Jì hauts partisans s?arment pour chacun d'eux, Qu’on ne fait qui Refendre , ou qui blâmer des deux s Qui des deux a tiré plus jujiement Pesée : Les Dieux ser vent César, mais Catonfuit Pompée. Mainard , dans le sonnet où il tâche d’imiter Lucain, avoit déja dit, en parlant de Pompée : Je les blâme tous deux d’avoir tiré Pépie, Bien que le Ciel ait pris le parti de César , Et que Caton soit mort dans celui de Pompée. Tirer l epée, n’est plus du beau stïle ; il n’est reçu que dans la conversation ; Pexprestîon est même froide : mais ce dernier vers , Et que Caton fit mort dans celui de Pompée . 1 est encore davantage. II me lemble que cette froideur TIR regnoit dans tous lès Ouvrages. II reconnoît lui-mêm* dans un autre sonnet, que Ton en faisoit peu de cas; mais il ne se détrompa pas de la bonne opinion qu’il avoit de ses Oeuvres. Les Poètes se sont toujours imaginé qu’ils étoient les dispensateurs de (immortalité, & que leurs Ouvrages ne pouvant pas périr, conferve- roient jusqu’à la fin des siécles, & leur nom, & celui des héros qu’ils y auroient chanté. Voici comment il s’explique: II est vrai , je le sçai, mes vers font méprisai Leur cadence a choqué les galons V les beUes , Grâces à la bonté des Orateurs frisez, Dont les faux fntìmens règnent dons les ruelles. Ils s’efforcent en vain de ravaler mon prix, Et maigri leur malice auffì foible que noire , Mon livre fera IU de tous les beaux effrits ; Et plus il vieillira , plus il aura de gloire. Tant qu'on fera des vers, les miens feront vivants Et la race future équitable aux savons, Dira que j’ai connu l'art qui fait bien écrire } Elle n'aimera pas Pimpertìnent caquet Des éloquens fardez que notre fécle admire , Et qui lui font porter le titre de coquet. Ce sonnet étoit un mauvais garant de (immortalité dont (Auteur se flatoit : il n’y soutient pas mal le caractère de Gascon , mais il y soutient fort mal celui de bon Poète. Cependant Mr. Pélisson a dit de lui dans son Histoire de (Académie : Mais c'ef de ses vers, qu'il a tiré fa plus grande gloire , comme il le prétendoit bien auffì ; (t? véritablement il faut avouer qu’ils ont une faci. lité, une clarté, une élégance, U un certain tour que peu de personnes font capables d’imiter. Quelle flaterie ! * TIRER l’épée contre son Prince. [ Adverses princi . pem rebellare. ) C’est-à-dire, se révolter contre lui. TIRER à la main. {Duslui habenarmn obf jíere.} Terme de Manège. Ces mot le disent d’un cheval de manège. C’est bander la tête contre la main du cavalier, & résister aux éfets de la bride. (Cheval qui tire à la main.) TIRER. [Pi/am educere.} Terme de Joueur de houles. C’est pousser une boule de dessus le but, ou d’auprès du but. (Tirer une boule.) TIRER. {Aurum m fia ducere.} Ce mot est usité entre les Tireurs d’or. C’est faire palier (or, (argent, ou (argent doré par les fers & par les filières. (Tirer de (or, tirer de (argent.) TIRER. [Typis mandare.} Terme d’Imprimeur. C’est imprimer tout à-fait une chose dont on a vû les épreuves nécessaires , & qu’on croit bien correctes. (Tirer une demi feuille, une bonne Feuille, un carton ) TIRER, v. a. [Z« rationem fubducere.} Ce mot se dit entre Banquiers Sc autres gens qui font dans le négoce. C’est faire une lettre de change, ou billet fur quelcun, c’est à-dire , adresser une lettre ou un billet de change à un particulier, avec ordre de donner de (argent à celui qui rend cette lettre , ou ce billet. (Tirer tm* lettre de change.) TIRER. [ Accipere.} 11 signifie aussi entre gens de trafic, prendre de quelcun. Recevoir de quelcun. (J’ai ordre de tirer cent écus d’un tel. Tirer une lettre de change d’un banquier.) * TIRER. [ Extrahere J Tâcher d’avoir. (On tire ce qu’on peut d’une méchante paye.) TIRER a la fn, [ Propè em ri, obire. J C’est mourir, C’est avancer vers fa fin. (C’est un homme qui tire à la fin, c'est-à-dire, qui meurt.} * TIRER. lExplicare, aptare.} Ajuster, faire qu’une chose soit proprement mise. (Votre rabat ne va pas bien, il lé faut un peu tirer & il ira mieux. Le mouchoir de Mademoiselle ira fort bien quand on le tirera un peu davantage. II ejf tiréfur le volet. Benfrade, poèf C’est- à-dire, très propre & très-ajusté. Voïez volet.) * TIRER. Aufugere, evadere.} Fuir, aller à grand pas vers quelque personne, ou quelque lieu. (Cerf qui tire du côté du taillis. Les voleurs tirent du côté du bois, & fi on veut un peu se hâter, on les atrapera.) 0 Mr. de Vaugelas, Q^jCurce: Et prenant avec lui les recrues nouvellement arrivées de Macedoìne, tira vers la Capadoce. Et d’Ablancourt dans fa Traduflion d’Ar- rien : Sur ces nouvelles, Alexandre qui avoit deja affetn- blé toutes ses forces , tira vers la Bafiriane. TIRER pais. [Iter peragrare.} C’est avancer chemin, TIRER de long. [ Aufugere.} C’est-à-dire, s’enfuïr. TIRER une afaire en longueur. {JJegotmm protrakere.} C’est la faire durer long-tems. TIRER. TIR TIRER. [ Exsugere.] II se dit en parlant de semelles des animaux qui ont d u lait. C’est traire. (Tirer les vaches. Tirer une ânesse.) II se dit aussi des nourrices. (Cette nourrice perdra son lait, si quelcun ne la tire.) TIRER, s Extrakere. J Terme à’Arracheur de dents. C’est ôter & arracher de la gencive une dent par le moien d’un fer propre à cela. (Cette dent est dificile à tirer.) TIRER du cœur , ou au cœur. [ Vomere.] C’est vomir. On dit aussi l’estomac tire , quand il est vuide. [Vacv.us ruit Jiomachus.] TIRER. \_Lineam duc cy e.] En termes de Géométrie, (On dit tirer une ligne perpendiculaire, ou parallèle. Tirer une ligne d’un point à un autre. Tirer un diamètre dans un cercle.) TIRER. [ Extrakere , educere. ] En Arithmétique , il signifie extraire. (Tirer la racine quarrée , cubique, &c. 'd’un nombre donné. Tirer les racines d'une équation.) TIRER. [Horoscopum ducere.] En AJlrologie , oh dit tirer ì’horoscope, tirer la figure, Fesi à dire , dresser une nativité , faire un théme celeste qui marque l’état & Ij disposition du ciel & des astres à un certain moment, & en faire le jugement. TiRER. [Sucrum exprimere , extrakere .] En termes de Chimie, i ; signifie extraire. (Tirer des sucs , des essences. Tirer la teinture du coral & des minéraux.) * TIRER la quintejjence de quelque chose. [QuiAquid optimum ira re aliqud rapere.] C’est en tirer ce qu’il y a de meilleur. TIRER. [Sanguinem emittere.] (On dit en Medecíne, Tirer du sang. Tirer une pierre de la vessie. Tirer utì fer d’une plaie. Tirer une esquille d’un os cassé.) * TIRER t oiseau. [EJcam accipitri attrahendam prœ- beres Terme de Fauconnerie. C’est le faire béqueter en le paissant. * TIRER au sort. Tirer au billet, [Sortes conjicere , jortitione anìmadvertere .] C’est décider par le hazard. C’est voir fur qui tombera quelque châtiment, &c. $ * TIRER la garde. C’est en termes de Guerre, tirer au fort les diférens postes d*une ville. Cette méthode est très-bonne fur tout dans un tems de siège, & les Gouverneurs, ne doivent pas la négliger. Polybe de Mr. de Folard , Tom. III. * TIRER quelcun à son parti. [ Ad suas partes alì - quem uttrahere.] C’est l’amener de son côté & le mettre dans ses intérêts. * TIRER parole de quelcun. [ Fidem habere ab alu quo. ] C’est obtenir de lui la promesse de dire ou de faire quelque chose. On dit dans un sens négatif. On ne peut tirer une parole, ou un mot de !a bouche de cet homme là. [Ne verkum quidem vult proferre.] C’est-à-dire, on ne peut l’obliger à rien découvrir de ce qu’on vouloir savoir de lui. ’ TIRER raison de quelcun. [Injuriam ulcisci .] C’est obliger paf la justice, ou par la force à satisfaire celui qu’il avoir offensé. [f TIRER éclaircissement. Phrase gasconne. Mai* nard : Quels tireurs d’éclaircijsemens Sortiront des embrafsemens De vous de ce galant homme. TIRER fur quelque couleur. [ Colorem alìquem refer - re.'] C’est aprocher de quelque couleur. ( Cette pierre précieuse tire sur le violet.) Se tirer d’un mauvais pas. [Periculum evadere , dis- criau-n eludere. ] C’est se dégager d’une méchante afaire. f Après cela il faut tirer l’écheûe. [Nihil suprà, nihil hieltus.] Proverbe pour dire on tie peut aller plus loin, on ne peut rien faire au-delà. \ * II se fait tirer l’oreiUe. [Invito ac reluélanti anima agit.] Proverbe, pour dire , il ne fait pas volontiers ce qu’oh veut exiger de lui. | * Se tirer une épine du pié. f A re molejìisjtmà se expedire.] Proverbe qui signifie, Se délivrer d’un ennemi. Acommoder une méchante afaire. * Se tirer du pair. ['Longé supra alios se extendere.] C’est s’élever au-dessus des autres. ' TIRER les vers du nez à quelcun. [Arcana ab ali- quo expiscari.] C’est-à-dire, Découvrir adroitement son secret. TIR 6oî * On dit d’une comparaison qu’eîle est tirée parles cheveux, f Longiùs aliquid arcejsere.] C’est-à-dire qu’el* le est forcée, ou tirée de trop loin. Se tirer, se joint avec plusieurs mots. Se tirer d’in. quiétude. fSe me t u dijsolvere.] Se tirer d’un malheur, [Ex malo emergere.] Se tirer d’embarras. fSe extricare.] Se tirer d’une affaire à son honneur. [Abire honesiè à re aliquà.] Se tirer des oprobres & des vices de ses pa- rens. [Ex paternis vitiis expedirese.] Se tirer des fers» [Expedire se ex laquek] slRE-SQU ,/ íAJJïs corrafer.] Terme injurieux qu’on donne à ceux qui fur les contrats de rente ds l’hôtel de ville , avancent de l’argent en gagnant le sou pour livre. On dit de même tire.tefim. TIRE r , / m. [ Dut t a lineola.] Terme de Grammaire. Petite barre dont on se sert pour joindre ordinairement une fiìabe avec un mot. On se sert du tiret quand en interrogeant on met le pronom nominatif aprés ion verbe. Exemples. (Vous ferez-vous toujours des affaires nouvelles ? N’entendrai-je qu’ Auteurs se plaindre As murmurer? II se tue d rimer , que n’écrit-il en prose ?) Quand le verbe se termine par un e féminin on met un t entre deux tirets. Exemple. (Les traître de Normand efpere-t-il toujours me duper de son ton niais & doucereux?) On emploie atfïfi le tiret entre le mos très & son adjectif, comme. (Très humble serviteur.) Le tiret trouve encore sa place entre certains mots qui doivent toujours être liez ensemble comme vis-à-vis: Le rendez-vous, &c. Ce tiret s’apelle division en terme d 'Imprimeur. TIRET , f. m. [Pergamena ligula.] Terme de Pratique. C’est une petite bande de parchemin, roulée en forme de cordon, avec quoi les Procureurs atachent le* procédures. (Faire un tiret.) Volez tirant, ci-dessus* car c’est la même chose, TIRETAINE , f-f- [ Pannus lanà filoque textus. J C’est une sorte de droguet dont les hommes s’habil- lent quelquefois. C’est aussi une forte de grosse étofe composée de fil & de laine dont les femmes de vilag® fe font des jupes. (Tiretaine bleue, tiretaine blan* ehe.) {$ Les Espagnols disent tìretmma , que Covarruvia» explique en ces mots : Genero deseda delgada dieba del sonido che haze iudiendo una con olra. TIREVEILLE , s. f. ou tirevieìUe. [Scandularet /unes.] Terme d e Marine, Cordes qui pendent le long du bordage, d’un vaisseau à chaque côté de l’échelle pour aider à y monter, & à dácendre. On donne ce même nom à la sauve-garde qui est une corde dont on s® sert pour marcher sûrement fur le beaupré. TIREUR,/»*. [Librator venatiew.] Celui qui tir® bien quelque arme. (C’est un bon tireur. II fit avancer les tireurs d’arcs. Abl. Arr.) TIREUR,/m. [Usuraria litterœ eduflor. ] II sc dit en parlant de lettres de change. C’est celui qui fournit une lettre de change à quelcun, fur une personne qui est dans une autre place, ou dans un autre païs. (Quand une lettre de change est protestée, on a son recour* contre le tireur.) TIREUR d'or , s. m. [Ductor aurarius.] C’est un ouvrier marchand qui tire , bat, & file l’or, l’argent, ou l’argent doré pour le distribuer ensuite aux brodeurs, frangers, boutonniers, rubaniers , ferandiniers, & autres ouvriers qui mêlent de l’argent dans leurs ouvrages. •f TIREUR d'arnies. [Lanijla.] Cet mots ont vielli, & en leur place, on dit un maìtre-d'armes. Ils ne peuvent être reçus que dans quelque Edit, ou Ordonnance* ou dans les Statuts de Maîtres-d’armes mêmes. f TIREUR d’eclaircijj'emeft, f m. [ Verborum sensks exaHor.] Celui qui veut qu’une personne s’explique fur quelques paroles qu’elle a dites pour savoir si elle n’a pas eu dessein de le choquer. (C’est un tireur d’é- elairciísement. Je conjure mon bon génie De me tirer de la manie Des tireurs ^éclaircissement. Mai. Poésies.) TIREUR de laine. [Levator, arufeaior.] Filou. Fripon qui vole le manteau la nuit, ou a Feutrée de la nuit. (Tireur de laine rossé comme ií faut.) Tome III, G g g g TIROIR, ÓQ2 ris TIROIR, / M - ÍCista dumik.ì Prononcez trroi tJ»Î de mL/Kt L à--° de pie de cassette , de table,,«c. qui est sous une antre piece & qu’on tire par un anneau ou un bouton. (Un grand tiroir. Un petit tiroir. Les rabats sont danS le tiroir.) . . . TIROIR, {lllicium.) Est ce qui sert aux chasseurs a rendre gracieux les oiseaux , & à les reprendre au poing, ce qu’on fait avec des ailes de chapon, de coq d’Inde, &c. TIRSE , / m. [ Thyrfus. ] Baguette entourée de feuilles de vigne que portoient Baccus ctlesBaccantes lors qu’elles celebroient les fêtes de Baccus. (Les satires faifoient faire place à coups de tirfe. Sar.poéj, iìac- cus & les Baccantes portent le tirfe. Mon Tirfe orné de pampres verds Qifun lierre entrelace A fait trembler tout P Univers, S. Amant, Poës. i. p.) TIRTAINE. Yoïez tiretaine. f TIRTOIR,/ m. Outil de Tonnelier, avec lequel on tire les derniers cerceaux d’une futaille , pour les faire entrer fur les peignes du jable. TISANNE ,sf {Ptifana.) Mot qui vient du Grec, C’est une potion préparée d’une décoction faite d orge , de reguelisse, & quelquefois de racines, de semences & de médicamens. (Tisonne commune, tisonne laxative. Faire de la tisonne. Boire de la tisonne.) H T 1 SER, S. a. C’est la même chose qu’attiser, Ce terme ne fe dit que dans les Verreries, % TISEUR,/ m. C’est dans les Manufactures de glaces , celui qui a soin d’entretenir le feu dans le four à couler. Ce Tifeur court sons cesse & avec vitesse autour du four, & met en passant dans les tisorts les billettes qu’il trouve toutes préparées fur son passage, _ è TISEUR, est aussi dans les Verreries, celui qui sert le Gentilhomme Verrier dans la fabrique du Verre, & qui tient au feu fa selle toutes les fois qu’il faut chaufer la matière pour la soulier ou que le Gentilhomme a besoin de prendre haleine, TISIPHONE,// {Tyfiphone.) C’est une des su- ries de l’Enfer, & dans le figuré, c’est une femme su* rieuse & emportée. (Ai-je offert à tes yeux ces trifies tisiphones , Ces monjires pleins d’un fiel qtìe ri ont point les lionnes. Despr.) TISON, f m. {Titio.) Morceau de bois qui est aU feu, rondin , ou bûche qui est au feu, qui brûle, ou dont quelque chose est déja brûlé. (Tison tout ardent. Lever les tisons du feu, ôter les tisons du feu.) * TISON. [Ignis, ficus.) Feu. (II rêve auprès de ses tisons. Sarafìn, Poésies.') * TISON, {Fax.) Personne qui est cause de quelque amour fâcheux > ou de quelque combustion entre deg particuliers, ( * Le voilà le beau fils, le mignon de couchette , Le malheureux tison de ta fiante Jecrette. Molière, Cocu.) * Oui je fuis votre honte & le fatal tison, Qui remplira de feu toute votre maison, Desmarais, Visionnaires, a. 4. f. 6. TISONNE', tisonnée , adj, [Ntgrìs maculis difimflus.) Ce mot le dit de certains chevaux, & veut dire qui a des marques toutes noires éparses çà & là fur le poil blanc, qui sont larges comme la main, ou environ. Sa- leifel , Parfait Maréchal. TISONNER , v. a. [Titiones moverej Remuër les tisons, les acommoder, les arranger pour les faire allumer , toucher aux tisons du feu. (11s s’amuscnt à tisonner. II ne fait que tisonner quand il est auprès du feu,') * T 1 SONNEUR, ou Tisonnier, s. m. [Foci amator .1 Celui qui aune a tisonner, ou à se tenir auprès du feu. ■, T i, SOÌ î NIER ' m - C Torranum ìnjirumentum. 1 Òu- tu d artisans, qui travaillent à la forge , & qui leur sert a remuer le feu. 1 f T 1 SSART ,s.m. Terme d eManusaflure de e ces. On nomme ainsi les ouvertures des fours à coul< par lesquels le tifeur entretient le feu, en v iettant c< íinuellement des billettes. * y Jectant c< TÎT TISSER, ®. a. {Texere ad hneamenta.) Terme dé faiseuse de point. C’est coucher le tissu. Coucher & ranger le tissu selon I’prdre du patron. (Pour faire du point, on cordonne, on tisse, on fait les brides,on brode, & puis on fait les piquots,) TISSERAND , s. m. [ Tel* textor. ] C’est un artisan qui avec une navette garnie de sa trême met en œuvre du fil de chanvre, ou de lin, & qui avec l’un ou l’autre de ces fils montez fur un métier fait de toutes sortes ds toiles. (Un bon tisserand.) f TISSERANDE,//. {Tel & qui n’est usité qu’à son prétérit composé, f’ai tiffu , & à son participe passif, tiffu, (.Vacable de baisers A? pour comble lui donne - Un braffelet de façon fort mignonne Et lui disant, il eji de mes cheveux , Je lai tissu. L? Fontaine, Nouvelle de Joconde, p.o- TíTHYMALE , f >n. [ Tithymalus , laHuca ca- prina.) Plante qui porte un suc blanc fort caustique, ct dont les fleurs font noires, TITIRY, f f {Titirius pifeií ) Sorte de petit poil» son qui fe pêche dans les rivières des Isles Antilles. TITRE* TfT , TITRE , s. m. [Inscriptio, tìtulms Mot qui vient (Ui Grec & qui veut dire inscription. (Un beau titre. Donner un titre à un livre. Les titres sent souvent vendre les livres. Les titres les plus íìmpíes font les meilleurs Livre qui n’a rien de bon que le titre. Faire un titre, imaginer un beau titre. Pilate mit ce titre fur la Croix de Jefus-Chrift. siej'usNazaréen Roi des^fuifi. Un titre spécieux. Traiter comme Sériant toutes les -panions , Et les dijìribuant par classes tzf par titres Dogmatiser en vers , U rimer par chapitres. Defpr.) * TìTRE. [Honoré iituhts.J Qualité, dignité, degré. S’aquerir le titre de libérateur. Vaugelas , Quint. liv. H. Y a-t-il que!con qui voulût donner à Néron le titre dé César. Le président Cousin , Hijioire Romaine. C’est un titre qu’en Vain il prétend me voler. Avoir un titre. 11 croit qu’en lui l’ignorance elt un titre d’esprit. Díspr. Sot. 4 - Les Titres du Roi d’Efpagne & de quelques autres font fort longs. Le titre que prend le Roi est fort Cou,t. 11 s’apelle Roi de France & de Navarre. Les Orientaux prennent de vains titres. Le titre particulier du Roi de France est Roi Très-Çbréticn ; celui dú Roi d’Efpagne est le Roi Catholique. On donne à l’Em- pereur des Turcs le titre de Grand Seigneur. Le Roi de la Chine fe dit dans ses titres, Fils du Soleil. Les Romains d on n oient à ìeurs Généraux d’armée des titres, Lion ies Provinces qu’ils avoient conquises. Les deux Scipions furent surnommez l’un Africain & l’autre Aiìatique. Divers Empereurs ont pris le titre de Germanique, Parthique, &c. Et l'orgueil á‘un faux titre apuiant fit faiblesse -, Maìtríja les humains fous le nom de Noblesse . ‘ Defpr.) {f Le mot titre vient de titulus: mais il a dans nt)í tre Langue une lignification plus ample que dans la Latine. Par Titres de Nobkjjc , nous entendons toutes lottes d’actes, & de monumens qui peuvent servir à prouver une ancienne noblesse. Mais parmi les Romains, tituli. & imagines étoient deux choses diférentes j les inscriptions anciennes, les actes publics étoient des titres, titulis les portraits des ancêtres » les statues é- toient comprises fous îe mot imagines. Horace, lib. i. Sot, 6 . Le Peuple (dit-il) fe laisse surprendre par éclat d’une fausse renommée ; il admire les grand titres & les portraits d’une longue fuite d’ayeux : Qui jìultus honores Sapé dat indigné , N fumaservit inepties s Qui Jìupct in titttlé , N tmaginibirs. *■ TìTítE. [ssiuss justice, raison. ,11 n’y a perfonné á qui ces choses doivent être ofertes à meilleur titré qu’à vous. Voit. L 72 .) TiTRK. [Tabula injhumenta.J Ternie T a faires , de Paiaè Si de tíenefices. Toute pièce ct tout écrit qui sert à faire foi, & à prouver une chose. (Titre faux. Titre vrai. Titre coloré. C’est un titre qui a quelque aparen- ce & quelque couleur de vrai & de juste titre. II n’a qu’un titre coloré. Le Mait. La collation de P Evêque &!a nomination du Roi ont des titres qui font voir que le benefice àpartient à une personne. Communiquer ses titres.) TiTRE. [Titulus. ] Terme de fsurfonsilte. C'est tout ce qui contient plusieurs loix, soit dans le digeste, dans le code , ou dans les institutes. C’est ce qui corn tient plusieurs choses concernant une même matière comme dans les institutes. ( Expliquer un titre. Ce titre est long , ce titre est dificiie. Aprendre un titre. Lir-nn titre. Le premier 1 vre des institutes a vingt-six titres ' TÌTRE. [ Titulus ex officia , ex munere. ] Provision d’une chargé , d’un benefice. 11 y a des Procureurs en titre d’ofice. Les commandes font de vrais titres de ben ■dice. TITRÉ. [MoneU probitas . nota, gradues Terme de lionne , qui sert à taire connoitre la bonté intérieurs de ì’or <& de l’argent. Pour marquer la bonté intérieure des écus, or. dit qu’ils font au titre de vingt-trois carats d’ur fin, lìouteroué, Traité des Monotes. L’cr des ouvrages qu’on fabrique à Paris est au litre de vingt-deux carats, & Purgent est à onze deniers douze grains , avec deux grains de remede, 11 feroità souhaiter que hors de Er mce on travaillât l’or & l’argent au tnêtns titre qu’e„ France. Titre haut, titre bas.) T1T 603 TÌTRE clérical. [Titulus Ecclesiafiicus.J C’est l’assi- gnation d’une certaine rente annuelle , que font les parens à celui da leurs entâns qui veut être Ecclésiastique , & ce titre ne peut jamais étrs saisi ni -benépar les ordonnances. II ne faut que croquant. ’ìv. s cependant à Paris il faut cinquante écus. A f ega.d des Réguliers , la profession qù’ils ont fait dans un Monastère leur'tient lieu de titre. £§ TìTRE en François, & titulus en Latin , ont plusieurs lignifications, qui aboutissent toutes à marquer la qualité & la nature d une chose. Les Grammairiens disent que tituba est dit à tuendo , ainsi Feìtus a remarqué que tituH milites appeliantur , quasi tutuli, quòà. patriam tuercniur , unde Titi pranotm-n ortum. Lorsque l’on vouloit vendre Une chose, on y mettoit une marque pour aprendre au Public qu’elle étoit en vente, & cette marque étoit apeliée titulus ; on étoit même obligé d’y marquer les défauts & les vices, suivant ì’Or- donnance des Ediles. On peut voir la formule raportés par Aulu-Gelle, lib. 4 . cap. 2 . Ovide, dans son poëine de remédia amoris , avoué qúe fa Maîtresse l’a ruiné, & l’a obligé de vendre fa maison, & d’y mettre l’Ecritea» qui en marque la vente : Nec eâ contenta rapinâ , Sub tituium nojìros mìfit avara lares. Le même nous aprend encore que J’on acompagnoít les dons & les présens que l’on faîfoit aux Dieux, d’un titre ou inscription qui contehoit le nom de celui qui faîfoit le présent, & la saison pour laquelle il iè faisoit. Ipse feram ante tuos inunerd , vota , pedes , Adjictam iítulum , fervata ., naja , covinna ., Tu modo sac titulo r.iuneribusque locum. Les inscriptions que i’on faîfoit graver fur les tombeaux» ■& les tombeaux mêmes étoient apellez tituli , témoin cette inscription, tiree du recueil de Gruler parFleed- xvot : fìunc tibi perpétua 'tituium , graiiffima conjuxj Corporis extìníli dedicat fpj'ajìdes , [sc. Enfin toutes sortes d’infcriptions étoient apelìées tituli. Tite-Live, lib. 28 . cap. 46 . tapette qu’Annibal fit élever un autel à l’honneur de jtinon, fur lequel il fit graver en Langue Punique, & en Langue Greque, un détail de ses grandes actions, Aram condidit , dedica - vitque , cum ingenti rerum ab se gefiarum titulo Puni - cé Gracisque litteris inscriptc. Au teste , le terme Latin titulus , & François titre , a passe dans la Religion , qui s’en est servi en diférentes manières , lorsque la persécution fut entièrement cessée , & qu’il fut permis aux Chrétiens de bâtir des Eglises, d’éíever des autels à fhonneur des Mardis, qu’ils qualifièrent de ■titres. TìTRE. [Notas Terme d’ Imprimerie . C’est un petit trait qu’on met fur une lettre pour marquer queique abréviation. (Mettez un titre fur ce mot. Ce titre signifie cela. Ce titre est au lieu d'une m & c.) TìTRE. [Statio.’J Terme de Chajjé. 11 signifie un lieu, ou un relais où l’on pose les chiens , gfin que quand la béte passera ils la courent à propos. (Mettre les chiens en bon titre, c’est-à-dire, les bien poster.) TiTRE", * , [ Titulo infignitús. iílujlré. ] Qui a un titre. On ne le dit gueres que des Ducs, Comtes & Marquis. (C’est un Seigneur titré. On dit aussi une terre titrée.) TíTUBATION , f.s. [Motus librationés Terme à'Ajlronamie. Voïez Trépidation. TITULAIRE,/ tn. [Titularé 3 Celui qui est revêtu du titre d’un benefice. (Le titulaire vivoit encore, Patru , plaidoié 14 .) TITULAIRE, adj. [TitularUs Qui est revêtu du titre de quelque benefice. (Abé titulaire. * Pour fat et ce rimetir titulaire, Le frère en un besoin va renier jon sien, Defpr. Sat. 1 . C’est-à-dire, pour Rater ce tnaître Hmenr,cç juré rimeuf, ce fameux ritrìeur. Ce rimeur en titre d’ofice.) TOC- [Strepitiìs, siagar. 3 Terme expressif du bruit que font deux corps solides qui frapent l’un contre i’aíi- tre. Quand or, heurte à la porte, on dit qu’on a oui toc , toc. TOCANE ,// Terme de Gourmets & de Marchands de vin. La Tocane íè boit après les vendanges , Tome III. Gggg % & durs 604 TOI & dure cinq ou six mois. C’est le vin nouveau de Cham- pagine, qui se boit dans ia nouveauté. TOrANHUMA- Fruit de l’Isle de Madagascar, qui donne la mort aux chiens. - TOCFICHE. Voïez Stokjìcbe. TOCKOVDUGE. Sorte de racine de la Virginie, qui tient lieu de pain aux habitans en la mêlant avec de i’ozeille, après savoir fait griller dans le feu durant 24. heures. TOCSIN, / 1,1 ■ [ Iterata campais* pulsatio. ] Ce mot est composé d etocquet, vieux mot, qui íignifioit autrefois une cloche. Alarme qu’on sonne avec quelque cloche. (Sonner le tocsin. J’entens le tocsin.) ê * Sonner le tocsinsur quclcun. C’est exciter contre lui le public. {$ Borel dans ses Recherches dit : tocsein , de toquer , 1 e sein, c’est-à-dire, la cloche; en Languedoc, touca , o’est-à-dire, toucher, ou fraper ; en Querci, c’est sonner. Sein c’est jìgnum. TOI. [Tu.'} Pronom personel de la seconde personne, au singulier qui ne se dit qu’à des personnes inférieures , & fort familières. (Je bois à toi mon camarade. Je ne sçauroís plus vivre làns toi. Toi -même, répond-moi, dans lesiécle où nouí sommes , EJì ce au pié dit savoir qu’on mesure les hommes. Despr.) TOILE', f m. [ Textus .] Terme de faiseuse de dentelles. C’est le fond de la dentelle. (Pour faire de la dentelle on fait le fond qui est toile, ensuite le reseau, l’engrclure & les piquots.) TOILE,/./. [ Te la. ] Ouvrage de tisserand , fait de Si de chanvre, ou de lin, dont on se sert pour faire des draps , des chemises, des scrvieteS , & autres choses utiles pour le commerce. (Toile fort bonne. Faire de la toile. Battre la toile. Croiser la toile. Lisser la toile. Fabriquer de la toile. Il y a diverses sortes de toiles ; Les unes sc nomment toiles à embourer, toiles à embaler, & les autres toiles de Laval, toiles de Frise , toiles de Holande, toiles batistes, & ces dernieres toiles font les plus fines. Toile claire, faqonnéé, Jorte, fine , grosse. Voïez le Bail des Gabelles , art. 442 ) TOILE crue. [Tela cruâa.} C’est de la toile qui n’a ■point encore été mouillée. TOILE cirée. [ Tela ccrâ illinita. ] C’est de ìa toile «nduite de cire & de qtìelq.ues gommes, que Peau ne perce point, & dont on sc scrt pour sc défendre contre la pluie. (Chapeau de toile cirée. Manteau de toile ciree. Parasol couvert de toile cirée. On couvre des chaises, des tentes, &c. avec de la toile citée.) II y a aussr des toiles de coton de foie, d’or òtl d’argent. TOILE peinte. [Tela pillai} C’est de là toile de cotóft fur laquelle on a imprimé des figures. On l’aporte ordinairement des Pais Orientaux. TOILES. [Tela cannabin*.} Ce niot se dit en parlant de moulin à vent. Ce font des pieces de treillis, tendues fur les volans de quelque moulin à vent, d’où vient le Proverbe, habillé de toile comme un moulin à vent. TOILE imprimée. [Tela pirloria.} Terme de Peintu. t e. C’est une toile tendue fur un châssis & préparée pour peindre. TOILE d’afaignée. [Àranete tela.} Ouvrage que fait l’araignée en forme de papier très-tìn & dont elle sc scrt pour sc loger. L’araignée fait fa toile âVec beaucoup d’art. [Telam apté concinnat aranea.} La toile d’araignée resserre, rafraîchit & desseche , & elle scrt à arrêter la dissente- rie & autre flux. Voïez tfonjlon , lh. L. ìhjìoire des animaux.} TOILES. [Tela cannabin* confus*.} Ce mot sc dit eft parlant de la chasse des bêtes noires. Ce font de grandes pieces de toile bordées de grosses cordes qu’on tend autour d’une enceinte & dont on se scrt pour prendre les bêtes noires. (Mettre les bêtes noires dans les toiles. Tendre les toiles. Tirer les toiles. Lever les toiles. Salnove, Chajje desJanghers, c. 1 <;,) * TOILES. [Laquei. computes.} Ce mot au figuré t ire piege , embûches. ( * Dévelopez-moi des ■o r nc enceint mes ennemis, Théophile. Poésies ., Charles-Qutnt, après la prise de François pre- m.er ecnv.t a Henri VIII. que puisque le cerf étaie dans les toiles , il en falloic partager la nape. Voïez le veut dire toiles dont TOI grand divorce iVHenri VIII. ch. r. II vouloir dire que puisque FrançoisI. étoic pris, il en saloir partager le Roiaume.) On dit proverbialement, d’une affaire qui ne finit point, qu ec’esi la toile de Penelope , qui defaifoit la nuit ce qu’elle faisoit le jour. [Textum Penelopes.} On dit à une femme causeuse. (En voit-on qui ne le soit pas.) Vous avez trop de caquet , vous n'aurez pus ma toile. TOILERIE, f.s [Mercatura lintearia.} Marchandise de toile. (Les Statuts des Maîtresses Toilieres portent .qu’on élira tous les ans des Jurées de la marchandise de Toilerie & lingerie de Paris.) TOILETTE,// [Mappa, lintea bombicyna.} Grand morceau de linge, ou de tafetas qui est ordinairement embelli de quelque dentelle de fil d’or ou d’argent qu’on étend fur une petite table, & fur lequel on met la trout fe garnie de peignes, de brosses & de tout ce qui est Nécessaire. (II a une belle toilette. La toilette de Madame vaut cinquante pistoles. Mettre la toilette. Aprêw ter la toiletté. Gatnir la toilette.) Les femmes ne paroissent en compagnie que pour montrer une belle étofe & pour recueillir le fruit de leur toilette. La Bruy. TOILETTE. [' Banni involucrum. ] Ternie de Marchand drapier. Sorte de grand morceau de toile de couleur, duquel on sc scrt pour couvrir les pièces d’étofe. (Mettre la marchandise en toilette.) f * Plier la toilette. [SupcUeHilia auferre.} C’est prendre quelque chose dans un logis & s’enfuïr. (Son laquais a plié la toilette, & on a mis des archers en campagne pour atraper le fripon.) TOILIERE, f. f. [Lintearia mercatrix.} Lingere qui Vend de la toile. (11 y a des statuts des Maîtresses toilieres & lingeres de Paris.) TOINETTE,/./ [Antonia.} Noin de fille qui VeUt dire petite Antoine. ( Ma pauvre Toinette crois tu qu’ii m’a'rae autant qu’il le dit. Molière.} TOINON , f m. [Antemut.} Nom de garçon qui Veut dire petit Antoine. (Toinon est mort.) O11 donne iausli quelquefois ce nom aux filles. [Et changer , fans refpetl de P oreille & du son , Licidtu en Pierrot , b Thilit en Toinon. Despr.) TOISE,// [Orgyia, pertica sexpedalis,} C’est une 'mesure de fortification, u’arpenrage,&c. qui contient six piez, le pié douze pouces, & le pouce douze lignes. (Melurer à la toise, ou mesurer avec la toise. Cela a six losses de long A deux de large. La toise est ordinairement de bois, & les piez & les pouces y font marquez par dçs lignes qui traversent la toise, ou par de petits clous. On mesure quelquefois à la toise avec des chai- fies de fer, ou de cuivre. Vendre à la toise. Acheter les livres à la toile.) î * Mesurer les hommes à la toise. C’est avoir pluî d’attention à leur grande taille, qu’à leur mérite. (Dans les cours des Princes on mesure souvent les hommes ì la toile.) TOISE quarte’e. [ Pertica quadrata. J C’est une surface qui a lix piez de longueur & six de largeur, & dont l’aire est de trente-íìx piez quarrez. TOISE cube. [Bertica cubica,} C’est un corps solide, qui a lix piez de grandeur en tout sens, & qui contient Vingt-lix piez cubes. Toise' , s. m, [ Mensio , dimcnjìo.} Terme de Maçon , de Charpentier & de Menuisier . C’est le-.nombre des toises de quelque ouvrage d’architecture, de ma* çonnerie, de charpente & de menuiserie. (Faire le toise. Presenter le toisé au propriétaire. Le toisé monte à Une telle somme. Le toisé conte tant. Le toise revient à tant.) TOISE' , Toisée , adj. [ Pertica dimensns.} Mesure avec ia toise, s Lieu toisé. Rué toisée. Place d’armel toisée.) ì * Voila qui ejt toisé. [Consummata res ejl.} C’est-à- dire, fait, réglé & résolu. (Alons, touche là, voilà qui est toise.) TOISER , v.a. [Perticasexpedali metiri.} Mesereí avec la toile. (Toiser un grand chemin, toiser une rue, toiser une place.) TOISEUR, J. m. [Mensor, metator.} Celui qui mesure avec la toise, (Prendre des toise u ts pour mesures un bâtiment.) TOISON, s.s. [Vellus.} La laine qui couvre je doi du mouton, la laine qui couvre le dos de lajbrebis. La laine TOL laine qu’on ôte avec les forces de dessus le dos du mouton, & de la brebis. (La toison de ces moutons est bonne Toison bien blanche. Vendre la toison des brebis. Laver la toison des brebis. Heureux qui vit en faix du lait de ses brebis , Et qui de leur toison voit filer ses habits. Racan, Bergeries, n. $.) TOISON, f Vellus .] En termes de Blason, il se dit de la peau de mouton garnie de sa laine, & non pas de la laine feule. Vordre de la toison. ['Equestris ordo ‘selleris aurei.J Cet ordre fut institué en 1430. par Philipe second Duc de Bourgogne, surnommé le Bon, qui voulut que cet ordre fut com pôle de vingt quatre Chevaliers qui portoient tous un colier de soie, d'où pendait une toison d’or. Cet ordre étoit particulier auxDucs de Bourgogne & auX Seigneurs Flamans, quoique le Roi d’Rspagne ait depuis donné le colier de cet ordre à des Seigneurs Espagnols & a des Seigneurs Italiens Voïez Connestaggio, Hijìoirt de Flandre, livre 1. U Opufcula Colomtjìi, fag. 12*7. TOISON d’or, si fameuse dans la fabuleuse antiquité, que Jason & les Argonautes conquirent. £ Ovis auratát viLus. ] t 11 TOISON. '[Pudenda ìnuìierìsì] Le poil des parties naturelles d’ue fille. (Jai touché fa toison.) TOIT , J■ m. [TeHum ] C'est le haut d'une maisotl composé de lattes, de chevrons & de tuiles, ou d’ardoi- fes. (Abatre un toit. Les toits font couverts de nége. Les toits dégoûtent. U un croit que le tonnerre est tombé fur les toits > Et que F Eglise brûle une seconde fois. Deípr.) TOIT. [Spharjìerii teclumû] Ternie de Tripot. Efpe- ce d’auvent fait de petites planches, qui règnent le long de la galerie du jeu de paume. t * Servir un homme fur les deux toits , c'est Prov. lui Faciliter l.s moïer.s de réussir, lui donner occasion de paraître, de íé faire valoir. On le dit aussi dans un sens tout contraire, pour rendre toutes fortes de mauvais ofices. TOIT. [ TeHum porcinum. J Efpece de petite étable où l’on met des cochons. (Ouvrir le toit. Voïez tai. Les troupeaux ne font plus foui leurs rustiques toits. Defpr.) * Ils firent comme un toit de leurs boucliers. Ablan- tourt, Arr. C’est à-dire, ils fe couvrirent de leurs boucliers & ils en firent comme une maniéré de toit & de couverture pour fe défendre de l’ennemi. AI. Deshoulieres apelle les chats les habitans des toits. Les toits en Italie, comme en Egipte & en Judée, font faits en plate forme au dessus. En Egipte on dort fur le toit. En Italie les femmes le matin fe peignent deux ou trois heures fur le toit. Scaligerana. TOKA l , f m. [ Vinum Hungaricum.) Sorte de vin de Hongrie qui est paillée, un peu verdâtre avec beaucoup de chaleur & de suc. ( Le Tokai est excellent.) TOLE, f. f. [ Ferrum bracleatum. ] Terme de Ser. rurier. C’est du fer en feuilles. (Les cotres forts font ordinairement garnis de tôle. Cette tôle elt fort bonne.) TOLL/R ABLE, adj. [ Tolerandus, tolerabilis.'] Qui fe peut soufrir, qu’on peut fuporter. (Son humeur n’est pas tolerable. Cela est assez tolerable à un jeune homme.) * TOLERABLE. [Ferendus.] Ce mot fe dit des ouvrages d’esprit, & veut dire médiocre , qu’on peut fuporter, mais qui n’est pas excélent. La traduction des institutions de Quintilien par l’Abé de Pure, bien loin d’être tolerable, est détestable, & je ne fai quel démon empêche le Libraire d’en debiter un exemplaire seulement.) La Critique qu’on a fait du livre de Mr. Duguet* ornée d’estampes scandaleuses n’est pas tolerable. Ce coup part de quelque ennemi de la priere. TOLERABLEMENT , adv. [ Toleranter .] Ce mot sc dit parlant des choses d’esprit, & veut dire médiocrement , pajj’ablement. C’est beaucoup d’éciirc tolérablement dans un siécle aussi délicat que le nôtre. TOLERANCE > s.s Permission. Ce terme est devenu fameux parmi les Protestans , quand ils expliquent jufqu’où l’on doit toleter. Banage TOM 605 & quelques autres en ont écrit ; éSseparmi les Catholi- ques, Peliífon, Rapin. En Latin c’est tolerantia. t.C’est en ces rencontres que la plus petite tolérance porte coup. Patrie, plaid. ó.) (Les Alininics, ses Feuillaas, les Celestins & quelques autres Moines ne sont mendians que par tolérance. Voïez Politique de France, 5. partiel) í TOLERANCE, fe dit aussi de la prudence politique, qui engage les Souverains à soufrir dans leurs Etats l’exercice des Religions díferentcs de celle qui y est établie par les loix. (La tolérance est fort grande en Hollande, & chacun peut y servir Dieu à sa maniéré. Les Magistrats maintiennent la tolérance, contre les efforts de ceux qui voudroient y donner atteinte.) TOLERER, í>. «. ITolerare JìeJlinere.) Soufrir. Su- porter. (Je fuis las de le tolérer. On ne peut tolerer ce désordre.) TOLERANS, /. m. [ Tolérantes .3 Sont ceux qui tiennent la tolérance des hérétiques dans la société civile. TOLLE* Terme purement Latin, dont le peuple fe sert pour marquer son indignation contre quelque grand crime» Tout le monde a crié toile contre lui. {$ TOLLIR. Vieux mot. Oter. Dans le Blason de* fausses amours î A tout propos Sans nul repos Sont demandantes ; Pour tollir lof , Pour rouger l’os Tr essor t instantes. & TOLLE» Vieux mot qui fignifioit levée, impôt j d’où est venu maltote, maltotier , un homme qui leve des droits injustes. f TOAÍAISK f- tn. Monoïe de compte dont les Persans fe servent pour tenir leurs livres, & pour faciliter les réductions des monoïes dans le paiement des sommes considérables. Le roman est composé de cinquante aballis, ce qui revient à environ quarante-six li- vres de France. ch TOMAN, est aussi un poids dont on se sert en Perse pour les monûïes, qui dans les gros païemens sc pèsent & ne se comptent pas. TOM AS ,f m. [ThomM.] Mot qui dérive du Grec, & qui veut dire admirable. (Le docte , le savant & le fameux Saint Tboma est P Ange de l’Ecole. Laissons les a corder Saint Thomas avec Scot. Defpr.) TOMBE . f st í Lapis , tumbus. ] Mot qui vient du Grec, & qui est ordinairement une forte de pierre large & quarree, qu’on élève un peu au dessus de la fosse de la plûpart des morts, enterrez dans les paroisses. (Lever une tombe. Poser une tombe. Ceux qui ont droit de tombe, payent moins pour l’ouverture de la terre dans l’Eglife , que ses autres qui n’ont pas droit de tombe. Voïez les Martim’oges des Paroijj'es de Paris. Passant ne cherche point en ce mortel séjour Anne , de F univers la gloire l’amour. Sous le funeste enclos U’une tombe relante. Mr, de Mont-plailìr.) f TOMBE. {Tumulusjepukrum ] Ce mot pour dire sépulcre, Tombeau , est plus en usage dans les Vers que dans la Prose. (Lors que nos os seront fermez dans la tombe , nous ne dormirons que trop. Saint Amant p 0 á fies. Avec lui dans la tombe elle s'elt enfermée. Racim Andromaque, a. f 4.) * Mes cheveux gris me font déja frémir, Tessons la tombe iì faut toujours dormir , Elle est un lit où jamais on ne veille. TOMBEAU, f. m. [ Tomussaxea, tumuìus, Monume» tum .3 Prononcez tombò. 11 lignifie Tombe. S, t>, / (On voit à Anchiale le tombeau ù e Sardanapsse qvJ‘ cette inscription en vers Assiriens; Sardan^se’, Anchiale -- T, f e» un jou,, », te réjoui, 1 e reste n est rien. Ablancourt , Arrian / c. 4. Dans toute la Crétienté il n’y a point d’Eslir *‘ il y ait tant de tombeaux de Rois & ,i e R e :„ P eJi que je fuis encore en vie , Despr. f TONALCHILES, C’est une des quatre espèces de poivre que les Européens tirent de Guinée. TONDAILLE,// [Tonsio.) C’est la laine qu’on 8 tondue de dessus des moutons. (La tondaille de fes moutons est bonne, & il en tire plus de cent écus tous les ans. Us avoient des rems de réjoiïssance, comme les mariages, les partages du butin après une victoire, & leS tondaiUes de leurs moutons.) TONDEUR > f -n. [Tonsor.) Mot général qui veut dire celui qui tond. (Un bon tondeur.) TONDEUR de moutons. [ Qvium tonjór. ] Celui qui gagne fa vie à tondre les moutons. (Un bon tondeur de moutons. On dic aussi. C’est un bon tondeur.) TONDEUR de draps. [ Pannorum tons or.) C’est celui qui avec de grosses forces tond les draps , & les met en l’état où ils doivent être pour servir. (Un tondeur de draps fort riche.) f * G’cji un tondeur de napes £«? un rinfeur de godets. [Parafytus.J C’est-à-dire , c’est un homme qui n’aime qu’à boire & à manger dans les cabarets ; qui se plaît entre deux tréteaux, le dos au feu l’hivet & le ventre à table. TONDIN,/ m. [Radius, ajlragalm .] Terme à’Architecture. Petite baguette qui est la même chose qué î’astragale qu’on met a u bas des colonnes. f TONDINS Gros Cylindres, ou rouleaux de bois, fur lesquels les Plombiers & les Facteurs d’orgues forment <& arrondissent leurs tuïaux de plomb & d’étain. TONDRE, v. «. [Tondere, attondere.] Je tond. J’at tondu. Je tondis. Ce mot sc ditdesbouis , des arbres & des brebis. ( Tondre Us bonis. C est couper les extrémitez desboùis. Tondre les arbres. C’est couper les extrémitez des arbres avec des forces. Tondre les brebis. Tondre les moutons. C’est lier un mouton , une brebis, ou un agneau par les quatre piez & en couper toute la toison avec des forces. On tond les moutons tous les ans. La brebis que tondoit fa maîtrejfe inhumaine , Difoìt de tems en tems, Jesentant écorcber , Si vous voulez ma vie , apeilez le boucher , y Ipellez le tondeur ,jì vous voulez ma laine . Lut. anon.) f TONDRE. [Capillos tondere .] Ce mot en riant se dit des personnes, & veut dite couper les cheveux. (Incontinent de la main du Monarque II Je sent tondre. La Font. Contes.) f * TONDRE. [Rapere, fur an , furripere.) Prendre. Rapiner. (U faut tondre fur tout. Reg. Sat. i;. Elle trouveroit à tondre fur un œuf. C’est-à-dire , c’est une avare, qui rapine & prend fur tout.) t * TONDRE. [Najutê dijìringere , carpere.) Reprendre. Critiquer. (C’est un bourru qui trouve à tondre sor tout.) TONDRE » v. a. [Tondere.) Quand il se dit des personnes , c’est toujours en mauvaise part. C’est raser & jetter dans un Couvent. (Les Seigneurs & les Evêques de France tondirent, du consentement du Pape Zaca- rie , Childetic Iìl. le dernier des Rois faineans. Alors Childeric avoir pour le moins ig. ou 19. ans & c’étoit assez pour ne se point laisser lâchement tondre. Me», bijì. de France, tit „ j.) TON TONDRE quelcun -, le ruiner , le dépouiller de son bien par des fourberies. [Aliquem doflis doits attende, re.) (Ces voleurs m’ont tondu.) TONDRE. [ Non ire in fententiam alicujus. ) Aller contre l’avis d’un autre. (Mon raporteur a été tondu. N. vouloit être député de fa congrégation, mais il a été tondu.) f * TONDRE. [Tondere.) II se dît encore en d’autres façons de parler proverbiales & isourées. C’est toujours en mauvaise part. (Exemples. jfìrveux qui on me tondeJì fy retourne. [Monachus fiamjì id rwrfus eveniat.) C’est- à-dire, qu’on me rase honteusement & qu’on me fasse Moine , 15 j’y retourne. f * Pour si peu vous ne vous feriez pas tondre. La Fontaine , Contes , r. partie. C’est à-dire pour si peu de chose vous ne soufririez pas qu’on vous fit aucune chose indigne. t * Nous tondons ceux qui nous chicanent. Molière. £ Nunquam aqm utimur cum verfutis litigatoribus. ) C'est-à-dire, nous faisons du pis que nous pouvons con- tre ceux qui nous fâchent. f * Elle se laisse tondre la laine comme un mouton, Benjerade, Rondeaux. [Omnia fujfert.) C’est-à-dire, elle se laisse maltraiter, on lui fait presque tout ce qu’on veut. TONDU , tondue , adj. [Tonfus.) Qui n’a plus de toison. (Mouton tondu. Brebis tondue.) t * TONDU, tondué, adj. [Tonfus.) Ce mot fe dit des personnes en riant. (Que je sois tondu , bègue, & perclus , quand je ne boirai plus. Scaron. Pois C’est-à- dire, que j’aie la tête rasée, que je sois confus, que touce forte de maux m’acabient quand je ne boirai plus.) f * II a été tondu. £ Non itum eji m ipfus fentes, tiam.) C’est-à-dire, son avis n’a pas été suivi. II n’a pas réussi en ce qu’il esperoit. 11 a eu un pié de nez. Voïez Pafquier, I. 7. de fes recherches, & Saumaife, traité de la chevelure. {§ Le même Pafquier a dit dans une de fes Lettres, tome 2. page 7. „ Car un Advocat du Roy étant ton-,, du de fes conclusions en une audiance, ce ne iuy„ est, à mon avis, moins de honte, qu’à l’autre, quand,, fa partie est condamnée en l’amende du fol appel. “ TONGA,/, m. [Tonga vermiculus.) Petit insecte du Brésil de la grosseur d’une puce. TONIQUE, adj. [Tonicus.) Terme de Medecine, Certain mouvement des muscles , qui font que la partie semble immobile quoi qu’elle lé meuve effectivement, comme il arrive aux hommes qui sont debout & aux oiseaux qui planent. TONLIEU ,/. m. [ Jus loci occupâtìonis.) Droit Seigneurial qui se leve en plusieurs coutumes, qui te paie par les vendeurs ou acheteurs des denrées pour les places qu’ils occupent dans le marché. On l’apelle aussi placage. f§ Le tonlieu (dit Ragueau dans son Indice) est un droit qui est dû au Seigneur pour le marché & foire, & fe paie par les vendeurs, ou acheteurs des denrées ou marchandises pour le lieu & place qu’ils ocupent le jour de foire ou marché. Ce terme vient de Telomum II est dit danj les leix des Lombards, Hb. ;. tit. 1. §. f 1. Ut ubi tempore avi nojiri P pini conjuetudo fuit tdoneum dare, gf ibi in futuro detur. TONNAIRE , J", m. [Rete tbunnarium.) Filet dont on se (ert fur la Méditerranée pour prendre les tons. TONNANT, tohnante , part. §5? adj. [Tonans, info- nans.) Qui tonne. (Dieu tonnant. Jupiter tonnant.) * 11 ne se dit au féminin qu’au figuré, en parlant d’une voix forte & éclatante ; d’une éloquence vehe* mente , qui entraîne & qui étonne l’auditeur. [En craignant que fa voix nïivorte entre les dents, Lance deJh poumons des mots tokjours tonnans. Sanlec ) TONNE , f f. [ Culeare dolium. ] Mot qui vieiW de l’Alemand , & il signifie Muid. Futaille. (Les "Dieux ont condamné ces terribles friponnes A ne pouvoir jamais remplir leurs tonnes. Benlèrade, Rondeaux, p. 211. Les Epiciers de Paris mettent leurs pains de sucre, dans des tonnes. Une Tonne d’or. £ 120000. I.ibrarum turonicaruin .J Elle est estimée en Finlande , cent mille florins, qui valent en France, six vingts mille Livres, 6 TONNE, TON TONNE 1 fis Terme de Marine. {Signttm doliare .3 C’est un gros tonneau vuide & bien clos qui est mis en mer, & qui surnage au dessus d’un rocher où d’un banc de fable, qui sert de signal aux Pilotes pour les éviter. TONNE [ Pergula camerana. ] Se dit encore d’un berceau de jardin. II y a des pais où l'on dit timnella. TONNEAU , s. m. {Dolium, cadus.] C’est un ouvrage de tonnelier, qui est composé de deux fonds, de deux barres, de douves & de cerceaux qui le lient & qui tiennent les douves & les fonds en état. II semble que le mot de tonneau , n’eíì pas tout-à-fait ii u lité à Paris que celui de muid. (Quand on beuvoit à la santé de quel- eun, il faloit aller au tonneau. Ablancourt , Rét. I. 4. «.j. Enfoncer un tonneau. Mettre un tonneau en perce.) j;. Verser dans un tonneau percé. C’est perdre sa peine en servant un ingrat. TONNEAU. {Metreta, centipondia viginti.] Terme d eMer, dont on se sert pour exprimer un poids de deux mille livres, ou de vingt quintaux, ce qui sert en suite à designer la capacité & le port d’un vaisseau, car la pesanteur d un tonneau est évaluée à deux mille livres , ou vingt quintaux. (Ce bâtiment est de deux cens tonneaux. O’cft à-dire, que ce bâtiment ne peut porter que la charge de quatre mille quintaux. Voïez l’Art de la 2 sav-gation.) TONNELE , tonnelle, f f {Rete cameratum.] Terme de Cbtijjeur. C’est une forte de filet pour prendre les perdrix, qui ne doit pas avoir plus de quinze piez de queue ou de longueur, ni guere plus de dix-huit pouces de largeur, ou d’ouverture par l’entrée. (Faire une tonnelle. Déplier la tonnelle. Tendre une tonnelle. Chasser à la tonnelle avec une vache artificielle. Voïez les Ruse ; innocentes,!. 2. c. 2.) TONNtLER, tonnelier. {Fornicato reti venari.] Ter. me de t 'bajje. Lequel signifie, Chasser à la tonnelle avec une vache artificielle. Voïez les Ruses innocentes , lettre 2. cap. 2. t * TONNELER, se dit pour, faire donner, faire tomber quelqu’un dans le piège. (On a totuielé ce jeune homme, & on luis fait épouser cette fille.) x On dit aussi que les scrgens ont tonnelé un homme , lors qu’ijs l’ont fait tomber dans leur piege pour le mener en prison. TONNELERIE , f. f. [CeVa doliaria.] Terme de Char. ìreux Si de quelques autres ReligituH. Lieu du Couvent où sont les cuves & les futailles & où l’on cuve le vin, où l’on emplit les muids & où l’on travaille du metier de tonnelier, (11 est â la tonneíerie. II est allé à la ton- nelerie. Une belle & grande tonneíerie.) . TONNELERIE , f. s. {Dollarm officinal] Lieu où l’on travaille du métier de tonnelier. 11 y a une place à la hase de Paris qu’on apelle la Tonneíerie. TONNELET, f. m. {Torrn.] C’est la partie inferieure d’un lubit à la Romaine qui contient les lambrequins, ou, pour m expliquer plus clairement, ce sont, 4. 6 . 8- ou 12. lambrequins à la maniéré des anciens Romains, & dont on se sert aujourd’hui dans les Halets, les Opéra & de certaines Tragédies & Comédies, aux Carrousels & autres fêtes publiques. (Le Tonnelet est de toile d’argent, couvert de dix grandes bandes de broderie d’or. Le Tonnelet & les manches, finissant en campanes, elt de Satin couleur de feu. Voïez le livre des Cour - Jes de tête {f 1 de bague , de ITmprimerie Roiale, 1670. fW iÇ-Ùf 20.) TONNELEUR, f. m. {Fornicato reti auceps.] Terme àeCtaffi. Celui qui tonnele. (Le tonneleur s’écarte & fait le tour par derriere les perdrix. Ruses innocentes , iiv. 2. chap. 1.) TONNELIER, / tn. {Doliarius.] Artisan qui avec du bois dose fait de toutes sortes de muids, ou de tonneaux, de feuillettes, de cuves, de baignoirs, de tinettes & autres vaisseaux propres à tenir du vin , de la biere & autres choses. (Un bon tonnelier.) TONNELIERE, J. f. {Doharìi uxor.] Femme de tonnelier. Veuve de tonnelier laquelle fait travailler des compagnons après la mort de son mari. (La tonneliers a épousé l’un de Ces compagnons.) TONNELLE,/./. C Compluvium , compluviata te - fiudo.] Berceau de treillage couvert de verdure, cabinet qu’on fait dans les jardins , qu’on entoure de filerie, de chèvrefeuille, de coulevrée, & autre verdure soutenue de perches, de charpente ou de fer. .TONNER, V.a. {Tonare, intonare.] Ce mot fe dit du bruit qui fe fait sors que l’air étant pressé entre TON 609 deux nues en fort avec éfort. (Je n’aime point à aller aux champs lors qu’il tonne. 11 tremble lors qu’il tonne un peu fort. Pour moi qui fuis plusJîmple. ççf que t enfer étonne , Qui crois l’ame immortelle b & de violence, que parvenant aux oreilles, il les ébranle fortement, & tait cette efpece de gros son, qui est d’autant plus fort & plus pénétrant, que la foudre sort de plus proche, ils ajoutent que l’on doit dire la même chose de f éclair-, puil- oue l’éclair & le tonnerre fc font en même tems & par lés mêmes causes. II ne me convient point de m’ex- p]u]uer fur ces diférens fentimens ; on voit deux grands maîtres en cette matière oposez l’un à l’autre ; j’en laisse la décision à ceux qui ont étudié la nature avec soin. Disons quelque chose de plus sensible fur le tonnerre, Sc fur la foudre que l’on confond souvent. Jupiter etoit le seul des Dieux qui avoir droit de fe servir de la foudre ; & l’on voit aulîi souvent sur les médailles & dans les inscriptions, ff'ovi fulminant ì , que tfovi tonanti , ou brontonti , mot formé du Grec tonant , de BfoíTfî», tonner, & dont Gruter, pag. 17. en raporte un cxstuplsi * TONNERE. f Tonitus. ] Ce mot fe dit au figuré» Exemple. (Les Rois font les images de Dieu, Sc comme lui ont un tonnere, dont, quand il leur plait, ils font sentir les coups aux grands criminels. C’est-à-dire, que les Rois tiennent la foudre à la main Sc qu’ils ont toû- jours dequoi perdre ceux qui les choquent.) TONNERE. On le dit de l’Eloquence d’un Orateur vehement. (C’est un tonnerez n chaire. [Verbatonat populo ê fuggeflu. ] N’allez pas dès sabord crier à vos lecteurs, tì’une voix de tonnere. Defpr .) {$ 1.1 n’apartient qu’aux Italiens d’oser dire, comme Chiabrera, pag. 6;. Un tuono disospiri , un mar de pianto, TONNINE , s.s. [Tbitnnina car o.'] Chair de ton côtì- pée& salée. (Latonnine la plus maigre est la meilleure.) TONNOIRE. Ancien mot. Un tonneau. Dans Rabelais : Longues benvettes rompent le tonnoire. TONSÏLLE,// Terme à’Anatomie. [TonJilla.J C’est un nom qu’on donne aux glandes ainigdales, situées proche la racine de la langue. TONSURE,,// [TonJura clericalis.] Terme d’L- f lije Romaine. Cérémonie sainte pour entrer dans i’état xlésiastique. C’est une cérémonie sacrée,établie de l’E- glise par ia tradition Apostolique, par laquelle celui qui ìa reçoit est séparé du siécle, destiné pour ofrir en son tems le sacrifice de Jésus Christ, & capable de poffeder lin bénéfice Eclésiastique, & jouir des privilèges atribueZ à la eléricature. God. ( Le Diocésain donne la tonsure. Prendre la tonsure. Recevoir la tonsure.) * Gentilhomme à Jlmple tonsure. [ Nobilis nota fim - plicis.] Ces mots se disent quelquefois par raillerie dans le discours familier pour dire. Un simple Gentilhomme. Un petit Hobereau. Un pauvre petit Gentilhomme. TONSURE. [Tonsura.J Se prend aussi pour faction de couper les cheveux, Sc de raser la tête. (Autrefois la tonsure étoit une marque d’infamie en France.) TONSURE. [TonJura.] Couronne que portent les E- clésiastiques, les Prêtres, les Evêques & les Moines. On dit d’un emploi honorable, lucratif & peu fatiguant, que c’est un ’béneficeàfimple tonsure. TONSURE' ,s m. [Clericalt tonsurâ initiât w s Celui qui a reçu la tonsure. (Les tonsurez doivent vivre saintement & comme des gens qui font déja séparez du siécle.) TONSURE', tonsurée , adj. [In clericorum numerum mlfcriptusf Ce mot n’est usité qu’au masculin, & il lignifie qui a reçû la tonsure, (II est tonsuré. Ils sont tonsurez.) TONSURER, v, a. [Tonsurâ clericum initiare ,J Terme á’EgliJe. Donner la tonsure à celui qui veut entrer dans les ordres Sacrez. (On a tonsuré plusieurs jeunes hommes.) TONTE,/;/. [Cùllucatio.] Ce que l’on tond. Le branchage des bois qu’on tond & coupe de tems en tems. (La tonte des saules, &c. apartient au fermier. La tonte iles brebis fe fait en May.) T ONTìNE , s f. [Tontina , reditas ad vitam cum Mgmmto] Ce mot est nouveau , Sc il vient de son inventeur Laurent Tontm , Italien. La Tontine consiste en quatorze cens mille livres de rentes viagères, que le Roi a creees for la Maison de ville de Paris par Edit du 2. Decemore 1689. Ces rentes font à fonds perdu Sc assignees fur les Aidés, les Gabelles & les cinq grosses TOP ÌFermes, Sc constituées gratuitement devant Notaires, fur un plé proportionné à l’âge des Rentiers de qui l’on z vû l’extrait Baptistère , & qui font devisez en 14. classes , & dont les forvivans héritent des morts ; de forte que le dernier qui demeure d’une dalle , reçoit seul le revenu du capital des rentes de fa clafiè. On tâcha, il y a environ trente ans, d’établir cette Tontine , mais en vain , elle n’a été fondée qu’en 1689. L* 1. classe est des enfans depuis leur naissance jusqu’à cinq ans acomplis ; La 2. de cinq ans à dix ; La 3. jus. qu’à quinze, & ainsi des autres. On paie les rentiers de ia 1. & 2. classe au denier vingt ; ceux de la 3. & 4. au denier dix huit ; ceux de la & 6. au denier seize j ceux de la 7. & 8- au denier quatorze ; ceux de la 9. & 10. au denier douze, les rentiers de Pi 1. & de la 12. fur le pié du denier dix ; Sc l’on donne à ceux de la 13. & de la 14. le denier huit. Chaque Classe a son païeur & deux Sindics, l’un honoraire & l’autre oneraire. (On dit avoir mille Ecus à la Tontine. On a fait de jolis vaudeviles for la Tontine. On a bouríìllé par tout en faveur du pauvre bon homme V.& tant de gens en ont eu pitié qu’on a trouvé assez pour lui donner dequoi métré à la Tontine, Sc fe métré par là à couvert de l'Hòpital. Enfin je ne me plaindrai plus De P Etoile qui me domine , II me rejie encor cent écus Que je vais métré à la Tontine. O la charmante invention , Sans avoir du Dieu Mars ejsuié les Orages ; Sans. avoir fatigué la Cour de mes hommages se ferai fur E état , [f j’aurai pension. ílec. de Bouhours.) TONTURE, /. f. [ Tonfio. ] Terme de sardE nier. C’est faction de tondre les bonis ct tout ce qui fe tond dans les jardins. ( II faut parer ia tonture des bonis.) TONTURE. [Ovium tonfio.'] Terme de Tondeurs de moutons. C’est faction de tondre ct ôter avec les forces la toison de dessus les moutons. (11 a eu un écu pour la tonture des moutons.) f TONTURE, (j Pannarum tonsura. ] II signifie aussi ce que l’on ôte des draps quand on les tond. (Le meilleur rouge dont fe fardent les femmes est un extrais qu’on tire de la tonture des Draps d’ecarlare.) TONTURE. [HerbuJeéla.] C’est aussi l’herbe qu’on coupe dans un pré. (Acheter la tonture d’un pre.) TONTURE. [Prima navis contauuiatie.] Terme ds Mer. C’est un rang de planches dans le revêtement du bordage qui est au dehors d’un vaisseau , pour aísrmir les membres & la liaison des tiliacs. U fe prend aussi pour le juste contrepoids & la bonne assiete d’un vaisseau lors qu’il est à flot. (Ces bâtimens ont leur tontu- re. Nos vaisseaux sont dans leur tonture. U art de la 'Navigation.') TOPASE, f f. [Topazius.] C’est une forte de pierre précieuse. Il y a de trois especes de topafe. La topa. fe Orientale est diaphane & de vraie couleur d’or lors qu’ellc est en fa perfection, & alors parmi les pierres précieuses elle tient le troisième lieu après !e diamant. La topafe d’Inde fe trouve vers les Indes Occidentales & est de même couleur que la topafe Orientale , & en aproche fort lors qu’elle est parfaite. La topafe d’Aile» magne est la moins estimée de toutes lestopases & elle est si peu chargée de couleur jaune que fi elle n’étoiï distinguée des cristaux par une couleur noirâtre, on la prendroit pour du cristal. Mercure Indien , 2. partie. (Au milieu du jardin il trouva une très-belleNymphe, Vetuë d’une longue robe parsemée de Diamans, d’Emea raudes, de Topases Sc de Rubis. D. Quicb. tom, 6 , chap. 31. Et les Abricots dans leurs vases Eclattent comme des Topases. Perr.) t TôPE , ou taupe. [Akriuo. ) Prononcez tôpe. Sor- tz tVinterjeliton de laquelle on se sert pour marquer qu’on donne les mains à une chose, qu’on la veut St qu on en demeure d’acord. (Tôpe j’y consens.) C’est aussi un terme Bachique qui se dit entre des gens qui se portent des fautez, & qui fe dit par celui qui reçoit la là n té qu’on lui porte, & c’est comme s’il disoit. J’y consens. J’accepte de tout mon cœur ia santé que vous me portez. Comme TOR Comme il entendît crier masse, Soudain d’une voix grêle U bajjc Répondit tôpe & puis mourut D’une broche qui le fer ut, S. Amant.) TOPE &? tingue, [Teneoé] Terme de Jeu de dez , dont sé sert celui qui tient le dé, & qui vient bien jouer la poste qui lui est proposée par celui qui dit majse. f TÔPER, au tauper , v. n. £ Annuere , ajfentirij On écrit l’un &l’autre, mais on prononce tôper. Mot Ba. chique & burlesque pour dire boire. Chinquer. Trinquer. Répondre aux sentez qu’on nous porte. (Donne-moi du vin vermeil Ceji lui seul qui me fait tôper. S. Amant.) TOPINAMBOUR. Votez taupimmbour. TOPIQUE, adj. [Remédia topica , externa. ] Terme de Médecin qui se dit des remedes & veut dire. Qui s’a- plique fur les parties du corps. (Se servir de remedes topiques. C’elt un remcde topique. On dit aussi un re- mede externe. Les remedes topiques , ou externes ne font pas li dangereux que les remedes internes.. Les topiques soulagent pour un tems la douleur.) TOPIQUES , f. m. [Topicut, probabilis. 2 Terme de Philosophe lequel vient du Grec. Ce font de certains chefs généraux auí'quels on peut raporter toutes les preuves dont on fe sert dans les diverles matières qu’on traite. (Les uns croient les topiques fort utiles & les autres trés-peu de chose. Les topiques de Cicéron & d’Arìstote, iont des lieux où l’on trouve toutes sortes d’argumens.) í TOPOGRAPHE, f. m. Celui qui traite de la situa- tìon, & de la position des lieux particuliers. (Savant topographe, habile topographe.) TOPOGRAPHIE,//. [ Topographia, Defcriptio loci alkujus.2 Mot qui vient du Grec, & qui veut dire la description d’un lieu. (Faire la topographie de quel. que contrée.) f TOPOGRAPHIQJJE , adj. Qui apartíent à la topo- graphie, t. Description topographique , carte topogra- phique.) TOQUE, /. f [fileta rugatus.J C’est une sorte de chapeau de feutre couvert de panne, ou de velours que portent les pensionnaires des coleges de l’Univeriité de Paris lors qu’ils Pont en robe dans leur colege. (Une belle toque. Une bonne toque. Ç’eji fort bienfait à vous , dit d’un tm dolioral , Le bonMomiu ôtant fa toque, 11 ne faut point Jôufrir que de nous onfe moque. Le Noble.) TOQUE. [Super humer ale liieum.J Terme de certaines Religieuses. C’est un linge de chanvre, ou de gros lin qui couvre les épaules & l’estomac des Religieuses du Saint Sacrement. Votez Port.Roial, Conjhtutions, pag. 248 . TOQUER. ( AUidere, colliderej Vieux mot qui signifie heurter, & qui ne se dit plus qu en proverbe. Qui toque l’un, toque l’autre. Les beuveurs disent toquer le verre. TOQUET, f. m. [Pileo/ufJ Bonnet d’ensent de serge , ou de velours, embéli de passement, ou de dentelle. (Un joli toquet. Un beau toquer. Enfant qui porte le toquet.) * II croît sous son toquet être un habile homme. Cette façon de parler se dit en riant & dans la conversation, pour marquer qu’un homme est sotement persuadé de Ion habileté & qu’il croit être habile, encore qu’íl ne le dise pas, TORAILLE,//. Espèce de corail brut peu estimé, que les Européens portent au Caire & à Alexandrie. TORCHE,// [Cerata teda, fax , funalef} Bâton d’aune, ou de tillau , rond , gros comme le bras, haut de sept, de huit, de neuf, de dix piez, & quelquefois déplus, au bout duquel on mec du lumignon, qui est une sotte de chanvre à moitié hie, qu on couvre de cire jaune ou blanche, pour éclairer 6c servir aux divers usages de l’Eglise. (Une torche blaneiie. Une torche jaune. Couvrir une torche.) * Helene fut la torche fatale qui cause Tembrasement de Troie. [Fax, funale.] TORCHE. [Labrum cophinij Terme de Vanter. C’est le bord de quelque panier. Les Vaniers disent aussi bord, & même plus souvent que torche. (Torche de panier mal faite, ou bord de panier mal fait.) TOR 611 TORCHE. Terme de Tailleur de pierres, Voïez ter. shon, TORCHES. [ Fex , fier c us , fimuí. ] Terme de Chase, Ce sont les fientes des bêtes fauves qui font à demi for- mées. Sal. TORCHES, ou fenons. [Ferula.2 Terme de Chirurgien. Barons de la grosseur d’un doigt, qu’on envelop# de paille, & qu’on couvre après cela d’un linge pour êue apropriez aux jambes & aux cuisses rompues. TORCHE-CU, / m. [Anutergium.2 Tout ce dont on se sert pour se netteïer le trou du siégé, le trou du cu„ (On fait des torches-cus des ouvrages de la Serre, & de ceux de son Secretaire G * * de T. de L. & de V. Oùi , tel pendard , tel fat , ou tel cocu Ter a de moi , fil veut , son torche-cs. Boileau, Épit.) La rose, la fleur fans égale , Devient à la fin gratecu , Et du papier en fin finale On en fait bien un torchera. On a composé ce quatrain sur le Tacite d’Amelot de la Houssaie. TORCHE-NEZ , f. m. [Nasi constri&mum.2 Terme de Manège. C’est un petit instrument de bois qui ferre étroitement le nez d’un cheval, Sc qui l’empêche de fe débatte lors qu’il est trop fougueux, & qu’on lui fait le poil dans les narines, ou qu’on le ferre. TORCHE-PINCEAU , /. m. [Penicilli tersorìumf} Terme de Peintre. Petit linge dont le peintre fe sert pou# netéïer ses pinceaux & se palette. TORCHER, v. a. [Tergere, abfiergere, extergere .] Net, téïer en frétant. (Torcher les plats, &c. avec des torchons. Torcher ses doigts. Torcher des souliers. Ce mol dans l’usege ordinaire ne se dit guère qu’en parlant dta derrière. Torcher le cu d’un enfant. Un homme qui a l’esprit aussi beau qu’agréable, étant interrogé de co qu’il pensoit des vers de l’Abé Torche , répondit asses plaisamment, je m’en torche. C’est-à-dire, je m’en net- téïe le trou du siégé.) TORCHER. [Tergere, purgare.2 Terme de Bateur cPor. C’est nettéïer avec un morceau de drap. (Torcher le quarteron d’or.) TORCHETTE,//. [Vimina complicataJ} Terme do de Vanier. Osiers tortillez au milieu de la hotte. (Toc- chette de hotte bien faite. Faire une torchette.) TORCHIE'RE. L’Académie dit torchère. [Majus ca». delabrum.2 Guéridon fort élevé, fur lequel on met ua flambeau avec des bougies dans les grandes maisons. TORCHIS, / m. [Lutum paleatum.2 Terme de Ma* çon. Composition de terre grasse, pétrie avec du foin , ou de la paille, dont on fe sert pour faire des cloisonnages. (Faire un torchis.) TORCHON, / m. [Peniculus , peniculumj C’est ua morceau de grosse toile, ou d’autre pareille chose, don# on se sert pour froter & pour nettéïer les meubles. (Torchon usé.) TORCHON à écurer. [Stramen terforiumj Poigné# de foin, ou de paille qu’on tortille pour écurer de la vaisselle. (Faire un torchon.) TORCHON. [ Stramen fricatorium. ] Paille tortillé# dont on se sert pour froter les chevaux. (Faire un tor. chon.) TORCHON, ou torche de paille. [SuppofìtumJlramen.J Terme de Maçon & de Tailleur de pierres. Paille qu’on tortille & qu’on met sous les pierres de crainte qu’elle# ne s’écorchent lors qu’on les pose sur le lit. TORCHON. [Detrita vejlis fordibus.2 Terme de mépris, qui se dit des habits & des personnes sales & mal propres. (Son habit est déja un torchon. Cet enfant est un vrai torchon.) H TORD AGE , / m. Terme de Manufaflure. Oa apelie cordage de la soie. la façon qu’on lui donne en doublant ses fils de soie fur le moulin, ce qui la rend ea quelque maniéré torse. TORDE, / / [Annulì funales .] Terme de Marine. Ce sont des anneaux de corde qu’on met proche de# bouts des grandes vergues, pour empêcher que les écoutes des hunes ne coupent les rabans. Et c’est à cause de cela que la torde est aussi apellée fauverabans. Ozan, Dici. Math. TORDEUR , / m. [lntorquator.2 Terme de Lainier. Celui qui tord la laine pour les lainiers. (Envoler de la laine au tordent.) Tome 111. Hhhb » TOI- TOR TfìRHEUSE /T f. [[?ítOY(iUCltYÌiï*~\ XsftÛC Celle qui tord ia laine pour les lainiers. (La tordeuse est venue.) TOR DION* Ancienne danse qui se danioit avec nne mesure ternaire après la baffe danse â son retour» & qui en faisoit comme la troisième partie. C’etoit une espeee de gaillarde. TORDRE, ». a. [Dìjlorquere .] Jt tord. J’aì tordu. fie tordit, ffe tordrai. Ç’est tourner en un sens contraire à celui où est naturellement la chose. C’est plier en tournant en roulant. (Tordre le bras. Tordre le nez. Les vaniers disent tordre l’osier ; les chandeliers , tordre la mèche ; & les blanchisseuses tordre le linge. * II grimace en mille façons , II tord son minois fur Fépaule , Et fait peur aux petits garçons. S. Amant, Rome ridicule. . ; , . Il a eu le cou tordu. Cette fluxion lui à rendu le coù Sors. 11 a une jambe torte.) ■ . TORDRE le cou. [Strangulare.] C est étrangler. (Tor* dre le cou à un poulet.) . - * TORDRE. [ Perverti locum autoris interpretan,] Ce mot se dit au figuré. (Tordre un paf âge. C’est lui don- ner une interprétation violente, le détourner du sens dc î’Auteur. Les Molinistes tordent le sens de Saint Augu. TORDRE. [Urgere, compeUere.] Presser quelcun, l'ob- liger à parler. (Pressez les, tordez- les, ils dégoûtent for* gueil, l’arrogance & la présomption. La Bruy.) On dit proverbialement d’un homme qui mange goise Jument, qu’il ne fuit que tordre avaler. [Versât U «(sorbet .) On dit de ceux à qui l’on veut reprocher unô trop grande jeunesse, ou un défaut d'expérience :^r orî lui tordait le nea , il ensortiroit dulait. [Nasa compres so lac enneiger et.] , TORDU , ué, Tors, Torse , Tort, Torte. [Tortilit, tor * tus, contortus, Infor tus.2 Sont trois participes qui se disent en diverses ocasions. ( II a eu le cou tordu par lé Diable. Ce rhûme lui a rendu le cou tors. Une colonné torse. Il a eu naturellement une jambe torte, qui n’est pas bien droite. On dit aussi par mépris gueule torte. ) TORDYLIUM » f t». Plante qui croit dans leâ Tais chauds. Elle contient beaucoup de sel & d’huile. $a semence est propre pour exciter surine» TORE» / m. [Torus columnarh.] Terme à’Archi, tellure , qui vient du Latin. C’est un membre quarté d'architecture, qui est rond en forme d’un gros anneau. (Tore supérieur, ou inferiur.) TOREUMATOGRAPHIE,// [Toreumutogrd. $bia.] Ce mot est Grec, & veut dire la connoissance des basse-tailles & des reliefs antiques. (On doit finvention de la Tereumatograpbie à Phidias, & fa perfection à Po. licléte. Les célébrés graveurs d’Italie ont donné un beau jour à cette science. Sport, voiage de Grece.) TORILLON » / tn. [ Cardo versatile. ] Le mot d’usage est tourillon. Voïez donc tourillon. TORMENTILLE ,// [Septifolium.] Plante quì pousse plusieurs petites tiges longues» dont les fleurs sont disposées en roses de couleur jaune » dont ia racine est tubéreuse, astringente, & propre pour les cours de ven& tre, vomissemens & hémorragies. TQRMIN AL»/ m. [Myspilus.] Arbre dont le fruit «st bon pour les tranchées, pour la Uiarrée & les dissen» terres. TORON, ou teuton , f. m. [Fila retortá.] Terme de Cordier & de Marine. C’est i’assetnblage de plusieurs cordons, ou fils de carre t qui composent im cordage» (Les haubans sont ordinairement de trois torons. Lé grand étai est composé de quatre torons, chaque toron de quarante fils. TORPILLE,// [ Torpédo.] C’est une sorte dé poissoti de mér qui est très-vilain & très-mou s & qui » lors qu’on le pêche, cause Un engourdissement à ia main & au bras du pêcheur. (Prendre des torpilles. Ta. chard, voiáge de Siam. ) *, ‘.y^vc » j* irnuísum inzonum.j ierr flajon v est un bourset de figure ronde, composé fe tortillée, cotnrne ìe bandeau dont on charee Ìí de more qu’on pose fuir ses écus. TORQUER. Dans ses Isles, c’est réduire le tabac en ÏGRQUËt, / m. [Vtrborum se.Dacia.] Mot bas & TOR "populaire. (Donner du torques à quelcun, c’eft le troffi= per. Acad. Fr.) TORQUETTE ,s. f. [ Piscium sascieulus. J Certaine quantité de marée cnvelopée dans la paille. Acad. Fr. TORQUEUR, / m. C’est celui qui fait ses cordes du ía TORREFACTION, // [ Tomfallio .3 Termè de Chimie. 11 vient du Latin. Prononcez torréfaccion, C’est faction de torréfier. TORRE'FIER, v. a. [Torrefacere , ajsare.] Terme dè ‘Chimie. 11 vient du Latin, & il se dit des drogues qu’on soit secher sor une platine de métal, sous laquelle on met des charbons, jusqu’à ce que les choses deviennent fria. blés aux doigts. (Tdtréfier ses parties de l’opium. Tor. ’réfìer de la rubarbe jusqu’à ce qu’elle s’obscurcisse, c» qui est une marque que sa vertu purgative est dissipée.) -, TORRENT > / m. [Torrent.] Eaù qui vient d’uné pluie extraordinaire, qui croît tout-à-coup, & qui rou. íant avec impétuosité fait de grands ravages par se» lieux où elle passe. (Un furieux torrent. Avec grand bruit & grand fracas Un torrent tombait des Montagnes; Tout fuioit devant lui, F horreurfuivoitset pet, II faisoit trembler les campagnes. La Font.) * TORRENT. Ce mot aufigìtrí , est fort beau & fort fen usage, comme on le va voir par ces autoritez. (* Les torrens qui tombent des goutiéres grossissent les tuisseauX. Dejpreaux, Satire 6. [Magna aquarum copia.] C’est-à-dire, la quantité d’eau qui tombe des toits. * Je ne puis résister au torrent qui m’entraine. Des. fr eaux, Satire 7. [Asus.] C’est-à-dire, je ne puis résister à la passion, àl’ardeur qui me domine. , * Un torrent de fausses opinions inonda toute TAn* gleterre. Fléchier, Commendon, l. 1. c. 10. [Asus f alfa. rum opinionum. J C’est-à-âire , un grand nombre d« fausses opinions. t Râpellez dans votre mémoire de quelle sotte on a «écrié les Jansénistes, combien ce torrent qui a eu tant de violence étoit grossi. Pascal, let.^. [Vehementia.] C’est-à-dire » combien le nombre de gens qui les dé- étiolent grossissoit tous les jours» * Quel torrent de mots injurieux Acufoit 4 la fois les hommes E-f les Dieux? Racine, îphigetiie, act. j. fc. 6. C'est-à-dire, quelle multitude de mots injurieux» [Ver. iorutìi contumehoforum abundantia] ' Ceder au torrent. Ablancourt. C’est-à-dire, à la sot. Ce & à Ia violence. * II disoit d’une mauvaise harangue, que parmi ua torrent de belles paroles il n’y avoir pas une goûte de bon sens. Ablanc , Apo. C’est à-dire, parmi un grand nombre de mots il n’y avoir point de sens.) TORRIDE » adj. [ Torridus. ] Ce mot se dit en parlant de Géographie, & de l’une des Zones qui est entre les deux Tropiques, & il veut dire qui est brûlante. Qui est chaude. (On a cru autrefois que la Zone torride étoit inhabitable, mais aujourd’hui on ne !e croît plus, parcè que la fraîcheur de la nuit y tempera la chaleur dujour.) TORSE » / / C Corporis trunciis , jlipes, hernies. J Terme $Arcbitefture. (Une belle torse.) , TORSE, / f. [Columna tort 1 lis.] Terme de Tourneur, Bois tourné d’une manière qui Va en serpentant. (Faire de la torse» La torse est à la mode.) On dit une colon* he torse. Tors se dit aussi au masculin. TORSE » / m. [Hernies.] C’est se tronc d’une figure, C’est un corps fans tête, fans bras & fans jambes. (11 f a un beau torse de marbre au Vatican à Rome. ïéhbien , traité dl Archi teciure.) TORT , / m. [ Injuria, ] Ce mot signifie diverses choses. Exemple. [Faire tort à quelcun. C’est luisait» injustice. Celui qui fans discernement Adrejse à tous venam les losanges qu’il donne, Fait grand tort à son jugement , Et ne fait honneur 4 personne. Pavillon.) Mettre quelcun dans son tort. [Ab aììquò injuriant animadveriere. J C’est faire connoître que le procédé d’une personne est blâmable» & qu’il n’en use pas bien. Mettre h tort sur queicun. [Çulpare aliquem.] Lest mettra ia faute fui quelcun» lia TOR TOR kl? 11 & tort. [ Est in culs a. ] C'est-à-dire, U ft’a pas de tailon » sì ’ "à [Injuria, immérité.'} Injustement. Sans justice. (On l’acuse à tort. On l’a condamné à tort. C’est à tort qu on dit que l’arnour est aveugle. C’est à ìort que la vie fait. le plus petit de vos foins.) A tort N à travers , adv. f Dicenda , tacenda loqttiî} inconsidérément. (Parler à tort & à travers. C’est un fou, qui dit à ìort & à travers tout ce qu'il pense & ce qu’il ne pense pas.) Pousser a tort U à travers , adv. [Supra modum vexa- re.} C'est-à-dire, fans régie & fans mesure. De tort sis de travers. De quelque maniéré que cè jg'it, bien ou mal. {II en faut discourir de tort & de travers. Régnier. S, t. 2 .) _ A tort U sans cause. [Non reïïè , immérité.} C’est-à* dire, injustement & fans raison. (On le condamne à tort & sanS cause. C’est-à-dire, lans aucun sujet.) TORTELLE, s s. [Crijymum iulgare.} Planté qtt’on apelle autrement velar , & qui jette des verges torses. f TORTICOLIS , f m. [Caput obstifum ferenS dijiortum colium.} Celui qui a le cou un peu de travers k la tête un peu penchante. Parmi les torticolis Je faste four des pua jolis. Scaron, poès.) H TORTICOLIS, se dit fig. à bals. des faux dévots. (Tous ces torticolis font des hipocrites & des trompeurs.) TORTIL, o u tortisss.ni. [Fstcia ìntorta.} Termè de Blason. C’est un cordon qui se tortille autour des Couronnes de Barons. (Un tortil de perles.) On le dit auísi du bandeau qui ceint les têtes de moré qu’on pôle fur les écus. Vo ïez Torque. TORTiL. [Tubus tortuosus J Terme de Musique. C’est un tuiau des instrumtns à vent, qui est tortillé & qui fait planeurs tours & replis comme celui des cors de chasse, &c. TORTILLANT , tóriiÛànte -, adj. [ Iniorttu, retortuf.} Terme de lìtajìn. U se dit des serpens qui entourent quelque chose. TORTILLE", tortillée, adj. [Plicatiú, ïònvolutus .] Chose que l’on a roulée & tortillée. ^ TORTILLEMENT, J'm. Action de tortiller, & l’é* tàt d’une chose tortillée. (Le tortillement d’une corde, d’un cablt.) í * TORTILLEMENT » sê dit aussi des détours, deà finesses qu’on cherche dans les afaires. . TORTILLER» v. a [Çontorquere , convólvere. ] Rouler. Tordre. (Tortiller du fil, de la ficelle, de Poster. Les Van.ers disent, tortiller le pilier d’un verrier.) * f TORTILLER, v. n. [Titubasse.} Ne marcher pas droit en une assure, chercher des détours & des échapa- foires. Barguigner à entreprendre & à conclure quelque chose. (II ne fait que tortiller.) En termes de Blason , il se dit de la tête qui porte lé tortil. Voiez T nil. TORTILLEUX > tortìUeuse , adj . [Tortuosus.} Voler f hts bas, Tortueux. t TORTILLON, f. rá. [Famula, anciliulasÇe mot est Parisien, mais il est burlesque & bas, il veut dire. Une petite servante. Une jeune fillette qui sert. (Ellen’a qu’un petit tortillon pour la servir, & elle trouée qu’eilé en est mieux servie que d’un laquais.) Ce mot vient de ce qu’on apelle tortillon, la coifure dessilles de basse condition, qui se contentent de tortiller feulement leurá cheveux autour de leur tête. TORTILLON, f. m. [Lmteuni complication.} Termè de Laitière. Linge tortillé en rond. Torchon tortillé en rond que les laitières le mettent fur la tête pour porter lfe pot au lait par Paris. (Tortillon mal fait. Tortillon trop petit, ou trop grand. Mon tortillon est tombe, est perdu, &c.) TORTILLON. [Albt clavi.} Terme de Babutiers. Clous blancs qu’on met autour del’écuffon du bahut, & qui font une manière défiguré tortillée. (Un tortillon bien fait ) _ . , t TOR.T1N ,st». Sorte de tapisserie de Berganlé dans laquelle il entre de la laine torse. , TORTIONNAIRE, «4 [Tortionarius .}[Terme fie Palais. Qui Veut dire violent & sans cause. (On a de- , fclaie Pemprilbnnement injuste & tortionnaire.) TORTÏS./m. f Flores m orbeOs rnntortìjertumí} Ëspece de;couronne de fleurs de guirlande. (Un tort’ig de fleurs. Un tortis de myrtes.) TORTU, tortu'é, adj. C Conìortm.} Ce mot se dit des choses, & veut dire qui n’est pas droit. (Bois tort*, Branche tortue. On apelle ìa Vigfte, le bois tortu. Je ne donnerais pas un fétu De toute P Angleterre , Puis que ce petit bois torttt Wy veut pas prendre terre.} * TORTU, tortue. [ Distorttès. ] Ce mot sc dit del choses, & veut dire contrefait. (Suisse tortu, ou bossu» Molière. Piez tortus. Ablanc. Lucs f * tÔRTU, tortue. [Iniquus , corruptus.} Ce môï sc disant des gens du siécle & du siécle même, veut dire, servers. Malin. Méchant. {Cest un exemple en ce siécle tòrtú D'amour , de charité , d’honneur U de vertu. Régnier, Satire itz. Et se laissant aHer à son esprit tortu, De ses propres défauts se fait une vertu, Despr.) TORTUE , s-f. [ Testudò.} Ì1 y á de plusieurS Tortes de tortues . 11 y a des tortues de terre, des tortues d’eau, & des tortues de Mer. La tortue de terre est un animal qui ne vit que fur la terre, & qui porte fur le dos une espèce de large écaille, de dessous laquelle elle fait sortir sa tête, sa queue & sespieZ. Manuel raconte qu’il se trouve des tortues grandes comíne une grande piéce de malvoisie. Elles ne bougent pas le jour, mais la nuit elles se promènent si lentement qu'il ne semble pas qu’elles marchent, d’oú vient le proverbe. Marcher à pus de tortue. C’est marcher Fort doucement. Là tortue de Mer est bônne à manger, & est large comme une rondache. On en nourrit qUelqUëfois Un équipage de quatre cens hommes. Ces tortues sortent sur se soie de la mer pour faire leurs œufs fur se rivage. Tachard , voiage de Siat>i. Pécher des tortues. La tortue d’eau est Un animal qui vit dans l’eaU & fur la terre, & qui dtà teste est comme la tortue de terre. On fait plusieurs ouvrages de l’écaille des tortues. {Une tortue éioit à lá tête legeri, Qui lasse de son trou VoUloit voir le paît i Volontiers on fait cas d’une terre étrangère , Volontiers gens boiteux haistent le logis. Là Font.) * TORTUë. [Testudò bellica.} Terme de milice Gaie. toise b Romaine. U’étoient plusieurs soldats qui s’aísent- bloient, se serroient de fort près, & se couvroient la tête & les còtez d’une quantité de boucliers, en fort* que ses premiers rangs étoient plus élevez que lexderniers , & que tout cet assemblage faisoit oomme une espèce de toit, afin que tout ce qu’on jetteroit sur cette tortue pût glisser. (On se servoií de la tortue pour aller à l’escalaise.), , . On apelloit aussi ionisé parmi les Gaulois & J es Romains , un couvert de bois & des tours, roulant fur des roués, qui servoit à couvrir les travailleurs. (11 fit préparer trois tortues pour mettre le soldat a couvert , St lui donner le moien de porter ce qu’il falloir pour combler se fossé. Sus L de & C. /. i chs La tortue (dit le P. Daniel dans son Htjjoiri dè la Milice Françoise-, Ume r. pag. z o.) en matière d# guerre, a pluiìeurs lignifications. Premièrement, elle signifie une espèce de galerie, à la faveur de laquelle ort étoit à couvert dés murailles ; & fous cette gjlerie étoife psecé se belier. En fécond lieu, ce terme signifie un gros bataillon quarté, composé de soldais très-serrez, qui se couvroient 1e corps de leurs bouchers en ses 5 piochant les uns des autres, tant au front qu’aux flancs du.bataillún. U V avoit une troisième maniéré de tor- tué, dont ses Romains sc lervoient pour donner Passant à un retranchement, OU à Une ville dont ses murailles 1 ,'étoient pas bien hautes, & pour i’enìpo rter d semblée. Un bataillon de soldats serrez les Uns contre ses autres, aians toiis leurs boucliers fur la tête , s’aprôchoient ainsi du retranchement qu’on devoit ataquer. Les premiers rangs étoient composez de soldats de la plus haute taille; les suivans , d’hommes Un peu plus petits, 6 ainsi à proportion jusques aux derniers , qui étoient quelquefois à genoux. Ce bataillon ainsi disposé & coût couvert de boucliers, saisissent une espèce de glacis » Hhhh | * il 6l4 TOR & il étoit en quelques ocasions tellement range 5 aue ks lut”* sSdS montoient dessus pour aller à 'assaut. Les soldats de la tortue íontenoient leurs bouchers de (gros javelots, comme d’autant de colonnes; & cette êsoéce de voûte composée de boucliers, & ainsi soutenue , était si forte & si solide, que si nous en croions niistorien Dion , elle portoit non feulement des bataillons entiers, mais encore des chevaux & des chariots , pourvu (dit cet Auteur) que ce fût dans un lieu creux & étroit, afin, comme je me l’imagine, que les deux côtez de la tortue pussent être apurez. Cela pa- roît néanmoins dificite à croire, à l’égard des chevaux & des chariots. „ , $ TORTUé. 11 y avoit plusieurs sortes de tortues , dont Mr. le Chevalier de Folard parle avec beaucoup d’érudition dans son Polybe , où il fait voir que Lipfe, Perrault, le P. Daniel & plusieurs autres Savans en ont parlé peu exactement. On apelloit Tortue de comblement , un grand Ouvrage qui fervoit à combler le fossé, Si qui devoir avoir d’autres usages que celui que Vitruve lui donne. On poussoir la tortue fur le comblement à mesure que l’ouvrage avanqoit, jusqu’au pié du ram- part ou des tours , qu’on sapoit à couvert de cette machine. Elle étoit composée d’une grosse charpente très solide & très-forte. C’étoit un assemblage de grosses poutres ; les sablières, les poteaux & tout ce qui la com- posoit devoir être à l’épreuve des machines & de toutes sortes d’efforts ; mais fa plus grande force devoir être portée au comble & dans les poutres qui la soute- noient pour n’être pas écrasée des corps jettez d’en- haut. On l’apelloit tortue , parce qu’elle fervoit de couverture & de défense très forte & très-puissante contre les corps énormes qu’on jettoit dessus, & ceux qui étoient dessous s’y trouvoient en fureté, de même que la tortue l’est dans son écaille ; elle fervoit donc également pour le comblement du fossé & pour la lape. Voïezl ePolybe de Mr. de Folard, Tome il. p. iL8- de l’Edit. d’Amji. f TORTUé de terre. C’étoit chez les Anciens un fossé creuse dans terre , & blindé par dessus en forme de galerie, tiré de la derniere parallèle de claies jusques fur îe bord du fossé d’une place. Lorsque les foflez étoient secs, les Anciens ouvroient une galerie souterraine jusques dans le fossé ; ils y entroient par une ouverture à la contrescarpe, où ils élevoient une galerie de charpente jusqu’au mur, qu’ils fapoient à couvert de cette machine.lls ne fe fervoient de cette métode que dans les cas où les béliers étoient inutiles ; mais l’ufage ordinaire étoit le comblement du fossé. C'étoit sous ces tortues de terre, ou conduits de mines sous les musoules, & sous les tortues poussées fur le bord de la contrescarpe, que les soldats à couvert travailloient au comblement; ils fe fervoient de pierres, de troncs d’arbres & de fasoinages» le tout mêlé avec de la terre. Ibid. p. 19;. ^ TORTUé beliere. C’étoit un grand ouvrage de charpente à comble plat, & le plus souvent à comble aigu, où l’on rensermoit le bélier comme dans une redoute. Mr. de Folard en donne la description , L il explique les précautions que prenoient les Anciens pour garantir les tortues belieres contre ses masses afreuses chassées par les grosses catapultes, & contre les feux des assiégez, qui s’étorçoient de les brûler avec des dards enflamez, ou dans leurs sorties. Ibid. p. aai. î TORTUé d’bommes. Ordre de bataille, ou évolution militaire que les peuples del’Aíìe&les Juifs ont pratiquée long-teins avant les Grecs & les Romains, & qu’on ne doit pas attribuer aux derniers. Les Anciens for- moient la tortuè dans les assauts & dans d’autres occasions. Air. de Folard dit, qu’il y avoit deux sortes de tortues, la simple & la surmontée. Une cohorte ou plusieurs ensemble, & quelquefois la légion toute entiere marchoit ferrée & fur une très-grande profondeur droit aux murailles de la ville, lorfqu’elles n’étoienc pas fort élevees ; les rangs & les files tellement serrez & condensez, qu’à peine les soldats pouvoient-ils se remuer. Us avoient tous leurs boucliers fur la tête, excepté ceux des flancs & de tête, qui se couvroient de leurs bou- . chers contre les traits & les pierres lancées des ouvrages qui les voioient de flanc ou de front, ce qui for- moit comme un toit , tant ils etoient joints ensemble. Cette tortuè d’hommes, que j’apelle simple, alloit jusqu au pié du rampart, lapait le mur , ou montait dessus par le moïen des échelles qu’on apliquoit contre. L ° íl jl ue impart, ou le retranchement étoit haut, en se fervoit de la tortue surmontée. Dans celle-ci la TOR la premiers tortue étoit suivie d’une seconde ; les soldats qui composaient la derniere , grimpaient fur les épaules de leurs camarades ou fur leurs boucliers ; ce qu’ils faisaient assez aisément , parce que les ferre* files ou le dernier rang , étoient un genouil à terre ; î’autre qui le précedoit un peu plus élevé , ainsi des uns aux autres jufqu’aux chefs de file, ou le premier rang qui ressaie debout ; ce qui formait comme un glacis , & fe relevait d’un seul tems & tous ensemble au premier signal. Cette seconde tortue, portée sur les boucliers des autres , faisoit comme un second étage aux assaillans, dont le premier fervoit comme de plancher mobile , qui en fe relevant facilitait aux soldats Je moïen de franchir le mur ou la retranchement, pour en venir aux prises contre ceux qui le défendaient. La tortue de l’infulte de Crémone est célébré dans l’Histoire. Antoine, dans fa retraite contre les Parthes, est je pense le premier qui forma la tortue de toute son infanterie en bataille. Pour fe garantir de leurs flèches, il leur présenta comme un toit sur lequel elles ne faisaient que glisser, ce qui sauva l’infanterie Romaine contre cette grêle de flèches qu’ils faisaient pleuvoir fur leurs boucliers. Ibid. ?. m, TORTUé. [ JErea tejìudo. ] Terme de Guerre. Ce sont deux écuelles de bronze creuses de cinq pouces, larges d’un pié & épaisses de deux pouces, qu’on aplique l’une contre l’autre , & qu’on remplit de poudre avec une fusée pour abatre quelque pont qui joint mal contre la muraille. ( Abatre un pont avec une tortue de bronze. Gaia, traité des armes, p. 177.) * TORTUé. [î/rts/x testudinata. J Terme de Mer. Vaisseau qui a le pont élevé comme un toit de maison pour tenir les soldats & les passagers avec leurs barder à couvert. Voïéz les us gf coutumes de la mer , termes de marine,p. TORTUER , v. a ft. [Contorqtiere , dípravare. Rendre tortu. Vous avez tortuè cette pointe de compas. Ce mot n’est point dans l’Académie, mais Danet s’en sert. TORTUEUSEMENT , adv. [ Tortuosè , per siexus. ] D’une maniéré tortue. (La Seine après Paris coule tortueusement.) TORTUEUX, tortueuse, adj. [Tortuosus.] Qui va en tournant. (Torrens qui de vos flots noirs & tortueux inondez les campagnes, bénissez le Seigneur. Godeau, Poésies. Quiconque a vk VQrne aune tortueux détours , Au Méandre fameux a comparé son cours. Segrais, Eglogue 4. Le Prélat U fa troupe à pas tumultueux Décendoient du Palais P escalier tortueux. Despr.) On dit aussi tortilleux au même sens. (La croupe se recourbe en replis tortilleux. Racine, Phèdre act. sc. 6.) TORTURE, s.s [ Tortura , gebenna , cruciatm.'} Question. Tourment qu’on fait soufrir aux personne» criminelles pour découvrir leur complices. Sorte de fuplice qu’on fait endurer aux personnes qui sont acu- sées de quelque crime capital, & dont onn’a pas assez de preuves pour ses convaincre. (Apliquer à la torture.) Voïez question. La torture , ou selon le langage ordinaire, la que - stion , dans les procédures criminelles, est un moien inventé pour découvrir les crimes dont on n’a qu’une preuve imparfaite, soit à l’égard de Pactisé, soit pour re» vélation des complices. Les premiers Romains ne fe servirent de ce moien que sur leurs esclaves, fur lesquels ils avoient droit de vie & de mort; dclorfqu’il s’agiffoit des biens, de la vie, ou del’honneur de leur maître, on n’ufoit point de la torture, pour ne pas risquer la fortune & la vie des personnes libres, & souvent haïes par leurs esclaves. Une conduite si judicieuse subsista jusques au siécle où Sylla s’atribua un pouvoir tiranni- que dans Rome ; & c’étoit une maniéré sûre pour faire mourir Jes plus honnêtes gens, & particulièrement les riches, que de fe servir du témoignage de quelques malheureux esclaves gagnez par l’efperance de la liberté & d’une ample récompense ; & depuis on l’a conservé dans ks Etats les plus réglez, & où la justice est sévèrement observée, quoiqu’on puisse dire que la torture n’est point un moien de découvrir sûrement la vérité, & qu’elle expose plus au danger de punir des innoeeas, qu’elle n’est TOT sûre pôur découvrir les crimes les plus cachez. On tâche en vain de justifier cette terrible épreuve par l’exem- ple des Athéniens, des Rhodiens, & même des Romains ; il fera roùjoms Certain que si l’on ne peut ôter la vie à tm homme lùr une preuve douteuse, celle que l’on arrache par la force des tourmens , fera toujours douteuse, Sc par conséquent la confession extorquée ne peut servir de fondement à une condamnation à la mort. On peut encore dire, que, íi l’on ne peut point prononcer Un semblable jugement sor la confession volontaire d’une personne, on ne peut pas non plus fe déterminer au dernier soplice sor la confession que l'on arrache à force dé tourmens. Les Jurisconsultes Romains font partagez fur îa preuve qui relui te de la torture. Paul, dans la Loi Ediftum,js. de panis , l’autorife. Ulpien est d’un sentiment contraire, dans la Loi i. §. 16. du même titre. Je pourrois en dire davantage fur l’incertitude du témoignage d’un homme qui soufre les plus cruels tourmens ; ce l'eroic blâmer l’ulàge des Tribunaux du Roiaume, que je ne prétens pas de condamner: mais les faisons que je viens de toucher, doivent au moins obliger les Juges à n’ordonner la qdestion que dans les grands crimes, & aVec beaucoup de précaution & de réserve. On ne sentira plut la barbare JìruHttrc De ses expressions mises à la torture. Delpr.) * Avoir r esprit à la torture. [ Cruciarì , angi. j C’est être fort gêne. Avoir l’esprit contraint. TOSCAN , toscane, adj. [Tuscus, Eìrusius .J Terme d ’ Architecture. L'ordre Toscan, c’est le premier Sc le plus massif des orm es d’architecture, qu’on met au dessous des autres. On dit aussi une colonne toscane. TOSTES de Chaloupées, f. [Tranjtra.] Terme de Mer. Ce font les bancs sor lesquels font assis les rameurs. TA i\ ou tojí , adv. [Cité , maturè , quàmprimùm .J L’un & l’autre s’écrit, mais on prononce tôt , qui veut dire vite. Incontinent. Soudain & fans tarder. (Vite, tôt qu’on décampe.) TóT, m tard , adv. [’Seriùs ocyàs.] Dans peu de terns, ou dans un tems considérable. Bien-tôt, ou dans un tems éloigné. {Tôt, ou lard l’amour est vainqueur. II faut mourir tôt, ou tard. C’est pourquoi on doit songer à la mort plus qu’à toute autre chose. ffeunes cours \ croiez-moi , laijsez.vous enfanter , Tôt, ou tard il faut aimer. Benscrade, balet des plaisirs.) Aup-tót , ou auffi-tojl, adv. [Confejiim, siatim.] Incontinent. Dès que. Prononcez Avjjì-tôt. ( Aullì-tôt qu’au matin vous ferez éveillée, dites. Sar. Poej*) Sitôt que, ou sitojt que, adv. [U t primmn , cùm pri. tnum] C’est a aire, aussi-tôt. Au même tems que. Dès que. Ati moment que. Prononcez Jitòt que. (Si-tòt que le besoin excite son désir , Qseji.ee qu’en ta largejje il ne trouve à choisir ? Mai. Poésies.) {f TòT tout seul, pour aujsi.tôt, ou sitôt. Mr. Corneille, Rodog. afl. 1 .sc. i. Ayant sçú notfí réduire à ces seules murailles, il forma tôt le siège. Mais un Poète exact ne le diroit pas aujourd’hui. ' TOTAL, totale, adj. [Totaiis, integer, completus.] Mot qui fe dit souvent en termes de Palais , Sc signifie entier. (II arriva un accident que je crus devoir être ia cause de ma totale destruction. Voiture, l. 10. Ruine totale. Le Maître, plaidoiez.) t TOTAL, f. m. [Summa , congeries ,so!idum.] Mot qui n’entre point dans le beauftile , qui fe dit ordinairement en termes de Palais , & qui signifie totalité. Le tout. (II est condamné à païer le total.) , TOTALEMENT , adv. [Ex toto , ìn totum, omninoi] Ce mot n’entre point dans le beau stile. II signifie entie- remeut. Tout. as ait. (II est totalement peídu.) t TOTALITE', s f. [Totalisas, totum, fors universa- ìis.] Mot qui lignifie le tout, & qui n’entre d’ordinaire que dans le stile du Palais. sPaïer la totalité.) í TOTANUS,/W. Oiseau aquatique. Sa graisse est anodine & résolutive. TOTOCKE,// [Totocum .]. Fruit qui croît dans les régioas voisines de la grande rivieie des Amazones, & dont le fruit est gros & pesant. TOU 615 TôTON, ou tauton. f. m. [Teffet à cujbìdata ver , satiUsf On prononce tôton. C’est un petit morceau d’os, ou d’ivoire à quatre coins, marquez chacun d’une lettre, ou de quelque petite figure, au travers duquel passe un petit bâton pour le faire tourner, quand les enfans veulent jouer. (Un joli tôton. Jouer dés épingles atì tô- ton. Jouer un double au tôton.) TOU AGE,), m. f Remulcatio.il Terme de Mer. On dit aussi Voué au même sens, & c’est ce toiser. (On a emploié beaucoup de tems au rodage, òn a efnploié beaucoup de tems à la touè. Voïez ioùer.j TOU AILLE’, / f. [Mantìle versatile il Linge qu’on pend d’ordinaire sor un rouleau auprès d’un lieu où Tô* fe lave les mains, & qui sert à les essuier. ■{§ Le Roman de la Rosé, portrait de la haine. Et par Id tesie entortillée Hideusement d’une toùaiïlè. íoinyille apelle fouaille le turban des Turcs. Volez Mr du Gange, dansfesOhservatiomfur cet Historien, page 79" t T OU ANSE. Espèce de satin qui vient de la Chi- tae. 11 est plus fort,mais moins lustré que celui de France,. TOU-BEAU, adv. [Bond verba quasi.] On fé sert de ce mot pôur prier qu’on agisse avec moins d’em- portement, & de violence. (Tou-beau, tòu-beau, voue en usez avec trop de rigueur envers Monsieur.) TOU-BEAU. { Compesie.] On fe sert de ce mot pour prier, & commander qu’on s’arrête. (Tou-beau , ne touchez pas à cela. Tou-beau, n’avancez pas.) TOUCHANT. [Circa, super, de.] Préposition quî régit l’acufatif & qui signifie Sur. A l’égard. Pour ce qui concerne. (Us ont un diferend touchant la grâce éfica- ce, Pascal, lettre 2.) TOUCHANT, t Tangent. ] Participe qui veut dire, Qui touche. Voïez toucher plus.bas. * TOUCHANT > touchante, adj. [Accrbus , moleflut t trijìis.] Sensible. Afligeant. (Cette perte est touchante» Malheur fort touchant.) * TOUCHANT, touchante. {'Qommovendis ánimisid jL neus.] Qui excite. Qui émeut. Patétique. ( Discoure touchant. Mouvement touchant. Raison touchante, Considération touchante. Un spectacle fort touchant.) , f TOUCHAUX, f- m. On donné ce nom dan» îes monóïes & chez les Orfèvres, à certains morceaux d’or, dont le titre a été fixé, qui servent à faire l’essai de l’or avec la pierre de touche. TOUCHE,// ou Pierre de touche. [HeracHw, lydiut lapis.] Ce mot se dit entre Orfèvres. C’est-à-dire. La * pierre dont on se sert pour éprouver les métaux & pour connoitre le degré de bonté de l’or , ou de l’argent. (Faire essai à la touche.) Ce mots’emploie figurément : l’adverfîtéest la pierre de touche des vrais amis. [Probatio.] TOUCHE. [Index, Jiylus.] Terme de Maître d’Ecole. Ce que le maître d’école ou Pensant tient à la main pour montrer les lettres Sc aprendre à épeler. (Prenez votre touche pour me montrer les lettres que je vous dirai.) TOUCHE. [Pinna , palmula.] Ternie de Lutter. Lft mot de touche en parlant de guitarre* de lut, de tourde, de mandole & autres pareils instrumens ; Ce font de petits morceaux de corde qui entourent le manche du luth, de la guitarre, Sc autres pareils instrumens qui servent à faire les tons. (Ces touches ne sont pas bien mises. Mettre les touches. 11 y a d’ordinaire neuf touches sor le manche du luth.) TOUCHE- [ AJfula. J Terni? de Lutìer. C’est un morceau de bois d’ébene qui est délié, Sc bien poli, & qui est proprement coté le long dii manche du violon , de la poche, de la viole, du luth, dú tourbe, de la mandole, & autres pareils instrumens, & amour duquel sons les cordes qu’on apelîe fêà aussi. Cette touche de viole est belle. La touche de mon tourne est toute gâtée. Colet la touche sor le manche, &c.) TOUCHE. [Organipneumaticipinna.] Terme de P«- fíeur d’Orgue, d’Orgamsie, Sc de Joueurs de certains in - strmnens de musique. Le mot de touche en parlant d’or- gue, d’épinette, Sc de elavessin ; c’est un morceau d’ébene, ou d’ivoire quarré, sor quoi on pose avec adresse 8 t avec métode les doigts pour jouer tout ce qu’on veut fur l’orgue, l’épinette, ou ie elavessin. (Voila un beau rang de touches. Les touches de ce elavessin font bien-faites. Les touches de cette épinette paroissiens fort belles! Toucher úne touche. Poser le doigt sor une touche, lî faut un peu arrêter fur cette touche.) XQUCHSi 6,6 TOU TOUCHÉ. [PerseUio.] Se dit en parlant des ouvrages au’on fait à diverses reprises. C’est auffi ce qu’onajoute à un tableau pour le perfectionner. (Ce portrait nelt pas fini, il faut encore une touche.) TOUCHE d’arbre. [ Folia dépista , frondes, j f Ltme de Peinture. C’est de la forte qu’on apelle les feuilles des arbre* peints. (Les arbres de ce passage sont de touches diíferentes, ou sont touchez differemment. Conversation de Peinture .) , * TOUCHE. Ce mot est en usage au figuré, où l’on dit. 11 craint ta touche, s Animadverfionem U panas reforint dat. ] C’est-à-dire. 11 aprehende tout ce qui peut toucher fes intérêts. II a peur de tout ce qu’il croît qui est capable de lui nuire. TOUCHE', touchée , part. [ TaBus, palpatus, conta, iius .J Qui a été touché. (Au jeu des Dames Sc des E- chets.on dit, Dame touchée , Dame jouée, pour dire qu’on est obligé de jouer ia piece qu’on a touchée.) TOUCHER, v. a. [ 'Tangere, aitingere , contingere .] Mettre le doigt ou la main fur quelque chose. Mettre le pié fur quelque chose > en un mot, c’est mettre en usage le sens du toucher. (Toucher une corde. Ne touchez pas ce fer, il est chaud. Troc pour troc, touchez là. La Fontaìm , Nouveaux Contes. TsépouiUez-vous de la rigueur Qui rend votre beauté farouche. Je vous puis bien toucher la boucht Si vous niavez touché le saur. Voit. poésies.) TOUCHER. [ 'Abjiinere.li Ce mot se dit encore dan* îm fins neutre Sc qui tient du figuré. ( Exemple. Ils Ont juré de ne point toucher au pais du Roi. Ablanc. Rét. lettre 3. c. 3. C’est-à-dire, de ne faire aucun tort au pais du Roi. On ne touche point à l’ancienne économie Ecclésiastique. Patru , plaid. 4. C’est-à-dire, on ne fait aucun changement à l’ancienne économie de l’Eglise.) TOUCHER, v. a. [ Atramento iUinire .] Terme & Imprimeurs de lettres. C’est prendre de l’ancre fur les baies & en toucher la forme. (II faut bien toucher cette forme, c’ejt.à-dire, les pages qui doivent être touchées.) TOUCHER, v. a. [Equum agere, agit are .2 Ce mot se dit entre chartiers Sc cochers, & veut dire, Chasser avec le Fouet (Touche cocher. Lors aiant fait toucher au Faubourg Saint Germain II fie mit à sourire , me pressa la main. Sar. Poës.) Touchant ses chevaux allez elle me promena pat íout le monde. Ablancourt, Luc.) f TOUCHER, v. a. [Pu/sare,verberare.] Fraper. Raire. (II touche, & frape fans considération.) TOUCHER , v. a. [ Pecuniam accipere. ] Recevoir» (Toucher de l’argent. 11 a touché cent pistoles de cette afaire.) TOUCHER, v. a. [ Contingere.’} Etre contigu. Ette tout proche. (Sa maison touche à la vôtre.) * TOUCHER. £ Propinquitate aliquem contingere. J (Etre parent. Apartenir de parenté à quelcun. Etre allié. Avoir de salinité avec quelcun. ( * Elle lui touche de bien prés. Voiture, Poés. TOUCHER, v. a. [ Pulfare. ] Ce mot se dit en parlant de certains instrumens, & veut dire jouer de cet instrument (Toucher l’orgue , 1 c claveffin, le pfalte- îion, &c. * II ne faut pas toucher cette corde. [Non hoc ulcus tangendum ejl,] C’est-à-dire. II ne faut point parler de cela * TOUCHER la grofie corde, [lllud tangere qund maxime cor di ao/et.] C’est-à-dire, parler aune personne de Ce qui l’intereffe le plus & qui est le plus capable de l’émouvoir. TOUCHER, v.n. [ AA httus appeílere, allidere. J Ce mot fe dit en Termes de Mer. C’est mouiller. Donner fond dans quelque ancrage. (Au bout de deux jours nous touchâmes à Malthe.) TOUCHER. [ Allidere. ] Terme de Mer. Heurter» (Nuus avons été long - teins à nous parer de cette balle, & à la fin nos vaiifeaux touchèrent, l’un fe brisa la quille & l autre fe releva. Guillet , termes de navigation. ) TOUCHER , í>. «. [ Lapide ìydio probare, ] Ce mot fe dit entre Orfèvres , & signifie Eprouver avec la pier- TOU re de touche. (Donnez-moi la pierre quecette pistole , elle a mauvaise mine, Sc je ne ia croi pal bonne.) TOUCHER, ». a. [Folia pingere.] Ce motse dit entre les Peintres, en parlant dè feuilles d’arbres peints , & signifie peindre. (Ce Peintre touche bien un arbre.) * TOUCHER. [Verbum fucere, habere.] Dire. (Je vous ai Idéja touché quelque chose de cela. Pascal, l. 7.) TOUCHER une chose, c’est en parler. [SermontmbiU bere, loqui.] (Ma muse timide craindreit en touchant tes vertus de flétrir tes lauriers. Dejpr .) On dit auffi d’un Orateur, qu’il n’a touché une chose qu’en passant, c’est à-dire, qu’il ne fa pas aprofondi. II a touché fort délicatement les défauts de fes amis, en les divertissant. [Omnc viïiumridenti arnica tangit .] * TOUCHER , v a, [Rem attingere .] Ce mot fe dit en parlant d ’ afaire, Sc veut dire venir au point de lafai- re. (Toucher le point de l’afaire.) * TOUCHER, v.a. [ Patefacere , «Jìendere.] II signifie, faire connoître, faire voir. Et en ce sens il semble avoir un beau sens. (II y a dans toutes les belles personnes des endroits à faire valoir , Sc il y en a d’autres qu’on ne doit pas toucher. Saint Evremont , in 4. pag. 209.) * TOUCHER, v. a. [ Aitinere , spcflart, ] Regarder les intérêts de quelcun, fes biens ou son honneur. (Ce- la ne me touche point, & je ne m’en soucie pas. Cela ne me touche ni en bien ni en mal. Maximes qui touchent les benefices. Pascal, l. 7.) * TOUCHER, v.a. ( Movere , excitare. ] Emouvoir. Exciter quelque paffion dans famé. (Toucher le cœur d’unç belle. Voiture, Po'efies. [Virginem commovere.] J* vous puis bien toucher la bouche si vous m’avez touché le cœur. Voiture, Po'es C’est-à-dire, je vous puis baiser, puis que vous avez fait naître de l’amour dans mon cœur. Toucher d’un véritable plaisir. Voiture, lettre q. [Latitiâ asficere .] C’est-à-dire, donner un véritable plaisir. II faut du piquant & de f agréable, si l’on veut toucher. La Fontaine , Préface surfis Contes.) * TOUCHER, v. a. [ Injìigare , ajpirare .] Au figuré, il signifie auffi fâcher, irriter. (Je ne te le cele point, cela me touche. Ablancourt , Luc. t. 3.) * TOUCHER. [Votorum esse compotem.] Ce mot fe dit encore en quelques façons de parler figurées. Vous avéz touché tous mes souhaits. Voiture , /. 34. C’est-à- dire, accompli tous mes souhaits.) TOUCHER, en parlant des choses qui ne sont point éloignées. [Attingere.] Nous touchons au printems. [Jans ver appétit.] 11 a 24. ans passez , il touche à f, majorité. La France touche l’Efpagne. Ces arbres fetouchent. * Nly toucher pas. [Jocosè ludere.] Ces mots fe disent en parlant dc raillerie fine Sc signifient. Rire si ingénieusement qu’il semble qu’on ne songe à rien moins. (II semble qu’il n’y touche pas Scaron.) TOUCHER ,J.m. [Taillis.] C’est celui des cinq sens qui est répandu par tout le corps. (Les cinq sens sont la vûè , fouie, le goût, l’odorat Sc le toucher, mais ce dernier est le plus grossier de tous les sens.) Le toucher, f. m. [Tacho, pulfatio.] II le dit auffi, parlant de l’orgue, de l’épinette, & de quelques autres instrumens, Sc c’est la maniéré de les jouer. (11 y a plu- sieurs choses à observer (ur le toucher de l’orgue, niais il est plus facile de le mbntrer fur Ic clavier que de l’ex* primer fur le papier. Nivers , traité de l’orgue ) > TOùE,/ /• [Remulcatio.] Terme de Mer. C’est faction de se toiier. ( Ramener les vaisseaux à la toile.) TOtìE , f f. [Cymba.] Terme de Batelier de Paris. C’est une sorte de fort grand bateau. (Equiper une toùe.) Se toiier, v. r. [Remulcœre.] Terme de Mer. C’est se tirer fur l’ancre qu’on jette en mer, ou en terre A en virant le cable fur le cabestan, faire aproeber peu à peu le navire de f ancre & le tirer du lieu où il étoit, ce qui fe fait lors qu’on ne fe peut servir des voiles. (Nous avons emploie deux jours à nous toiier.) TOUFE. f f. [Sertum , dense arbores.] Ce mot se dit des arbres, des herbes, des cheveux , & de quelques autres choses, & signifie un amas épais d’arbres, d’her- bes, de cheveux, ou de quelqu’autre chose. (II s’est fourré dans une toufe d’arbres. II fit couper une toufe de fes cheveux. Vaug. Qánt. I. 10, [Cirrus.] Toufe de ruban. Ce sont plusieurs rubans qu’on met en forme d* nœud fur quelque chose pour l’eœtieliir.) TOUFE- TOU TOUFE. [ Sertum plumatik. J Ternie de Phtìtiacicr, Plusieurs plumes qu’on met fur la tête des chevaux , qu’on acommode pour paroître dans les carrousels. J1 étoit monte fur un barbe qui avoit fur la tête une tou- se de plumes incarnates. ) TOUFU , tousue , adj. [Denfets,umbrosus , patulus.] Ce mot fe dit proprement des bois & des forêts, & veut dire Epais de Feuilles. (Bois toufu. Forêt toufuë.) f* Voïez-vous ce Pédant à la barbe toufuë. Abian- court , Luc. [Barbustijj'a.] C’est-à-dire, barbe épaisse. TOURG , f. m. Terme de Relation. [Vexillum Turcicum , quod. tougum vacant. ] Efpece d’étendart qu’on porte devant le grand Vizir, les Bachas & les Sangiacs, & qui est une demi-pique , au bout de laquelle est attachée une queue de cheval, avec un bouton d’or qui brille au dessus. t TOUILLAUT, f m. [ Subobscœnw. ] Prononcez touillà. Mot bas & burlesque qui veut dire Gaillard. Eveillé, & qui aime un peu la débauche des femmes , qui aime à les servir amoureusement. ( C’est un beau touillant. Elie épouse un gros touillant qui a touc l’air de la servir vigoureusement. ) TOUJOURS , adv. [ Semper , contrnuò. ] Continuellement. Sans cesse. Sans aucune interruption. (Les premieres amours font toujours les plus fortes. Prenons ceci puis que Dieu mus t envoie Flous n’avons pas toujours tel pastétems. La Fontaine, Contes. ) TOÛJOURS, signifie aussi, en tout tems , en toute rencontre. [ Semper U ubique. 3 Les beautez les plus régulières ne font pas toûjours les plus piquantes. II fe dit aussi de ce qui fe fait ordinairement. [ Semper. ] Ce jeune homme est toûjours fou. Quelquefois il signifie cependant. [ Intérim. ] Je vais sortir , travaillez toûjours. Enfin quelquefois on le prend pour nonobstant. Vous êtes riche, toûjours il faut mourir. On dit proverbialement, toûjours va qui danse. Les Empereurs prenoient la qualité de toûjours Augustes. TOUPET, f. m. [ Cirrus. J Ce mot fc dit des cheveux, & veut dire petite toufe. On lui coupa un toupet àt cheveux .La Fontaine , Contes.. Ils n’ont qu’un petit toupet de cheveux fur la tête. Volage de Teve- not, t. 2. ) TOUPIE , f. f. ( Turbo. ] Mot qui vient du Grec. C’est une forte de sabot qui a un fer au bout & qu’on fait tourner avec une corde. Jouera la toupie. La toupie tourne. La toupie dort. Prendre la toupie dans la main. ) t * TOUPIER, v. ». [In modum turbinit volutari.l Illot bas & populaire ; pour dire, faire plusieurs tours & retours inutiles dans une maison, lans savoir ce qu’on fait, ni ce qu’on cherche. ( Cette servante ne fait que toupier , & ne fait guere de besogne. ) Ce mot vient aparemment de ce qu’on imite la toupie. TOUP 1 LLON , f m. [ Cirrtdus. ] II se dit proprement des Orangers. C’est une confusion de plusieurs branches, fort petites en grosseur & en longueur , chargées de petites feuilles , & qui font venuës bien près les unes des autres. ( II faut ôter ces toupillons, car ces toupillons nuisent aux branches les plus belles, leur ôtant de la nourriture. ) TOUR, f f- í Turis. ] C’est un ouvrage d’Archi- tecture qui est plus élevé que les bàtimens ordinaires, & qui est le plus souvent fait pour servir de défense. (Une haute tour. Une tour ronde ou quarrée. Une bonne tour. Elever une tour. Vaugelas , Quint. lib. 4. Faire sauter upe tour. Saper une tour. Ablancourt. Les tours de Notre-Dame de Paris font fort belles, mais elles ne font, ni si hautes, ni si considérables que la grande Tour de l’Eglise Catedrale de Strasbourg. Cette tour est la plus renommée qui soit dans l’Europe.) TOUR de bois. [ Turricu/a.] C’étoient des machines de Guerre, faites pour élever les Affiegeans à la hauteur des murailles & enchâsser les Assiégez à coups de flèches, & y passer des ponts, qui s’abatoient. Ces tours avoient quelquefois vingt étages & trente toises de haut. Elles étoient couvertes de peaux nouvellement écorchees , & cent hommes étoient emploïez a les remuer & à tirer fur les Affiegez. Abrégé de Vitru- ue, c. ;. -t TOURS mobiles , ou roulantes. Les savans q U i TOU 617 ont traité de la milice des Anciens, ont avancé mal à propos que les tours qu’on élevoit dans les sièges sont de l’invention des Grecs. Mr. de Folard prouve par les livres sacrés que ces tours étoient en usage chez les peuples de i’Asie, & sor tout chez les Hébreux, plusieurs siécles avant les machinistes Grecs à qui on les attribué. II explique la structure de ces tours, & releve les bevuës de Vitruve , de Perrault, du P. Daniel , & des autres Savans qui en ont parlé. 11 fait voit ensuite en quoi conlìstoient les forces mouvantes de ces tours , & il paroit que ceux qui ont traité avant lui cette matière, n’ont rien compris dans le principe du mouvement de ces tours énormes dont FHistoire fait mention. Voïez son Polybe , Tome II. p. 198- U jûiv. Edit. d’Amsterdam. í TOURS a ponts (sf à béliers. Les tours scrvoient à diferens usages. Elles tenoient quelquefois lieu de tortuës bélieres , lorsqu’on introduisoit un belier non suspendu à l’étage d’en bas, & quelquefois une espèce de pont-levis ou à coulisse , pratiqué à l’etage d’en haut, ou sor celui du milieu qu’on abattoir sor la muraille ou sor la brèche , lorsqu’elle paroissoit trop di- ficile. Ces fortes de pont-levis dévoient être fort longs, pour poser furie parapet des murailles, ou sor la brèche ; on les abattoir par le nroïen de deux cordages , ou de deux chaînes attachées aux extrémités , où il y avoit des griffes de fer pour accrocher le mur. Ibid. p. 20;. f TOURS bastionnées. Le Maréchal de Vauban a fait des tours bastionnées à Landau , qui auroient résisté long-tems , li ces coupe-gorges eussent été défendus. Elles sont pratiquées dans les bastions , pour arrêter l’ennemi après la prise des dehors. TOUR. [Turris in ludo latrunculorum.] C’est une pièce du jeu des Echets, qui se pose aux extrémités du tablier , & qui se remuë à angles droits. TOUR-TERRIERE. [Cyl'rndri majores.] Terme de Mechanique. Ce font de gros rouleaux de bois, qui servent dans les atteliers à transporter de gros fardeaux. TOUR, en matière de médailles. [Turrisin numismate .] Est une marque de magasin fait pour le soulagement du peuple. On n’en trouve sor les médailles que depuis le grand Constantin. TOUR. [Turris,] Terme de Blason. C’est la figure d’une tour qui charge un écu. (Tour ronde , quarrée, crenée, crenelée.) TOUR marine . [Pbarus.J C’est une tour qu’on bâtit sor les côtes de la mer, pour y loger quelques soldats, & découvrir les vaisseaux ennemis. TOUR de Babel. [Turris Babel.] Dans le stile figuré. C’est un ménagé où tout est en confusion , & où chacun veut commander & parler. TOUR, / m. [Ambitus, cìrcuitus.] Circuit. (Faire le tour d’une place. Ablanc. I. r. Le tour de Paris en y comprenant tous les Fauxbourgs a environ cinq lieuës. Le Soleil fait le tour du monde. Le tour d’un cercle. Faire le tour du monde. Le Soleil fait son tour en un an.) TOUR , / m. [Limbus , vélum.] Tout ce qui environne une chose. (Un tour de lit bien fait. Un tour de lit fort propre & bien fait) TOUR de plume. [Circulm plumatilis.] Terme de Plumacier. Plume simple qu’un jeune Gentilhomme , ou cavalier met autour de son chapeau pour lui donner meilleur air. (Un beau tour de plume.) TOUR de lange. [Fajciarum limbus.] Terme de Flourrice. C’est un morceau de toile qui est ordinairement embelli de dentelle , & dont on entoure le lange de drap de Pensant. Voilà un beau tour de lange.) TOUR. f Focale.] Ce mot sc dit des collets & des rabats , & est un terme de Couturière. C’est la partie la plus haute du rabat sor laquelle on attache le tour de cou. (Quand un rabat croise , on en ôte du tour. Rabat qui a trop de tour. Rabat qui n’a pas assez de tour.) TOUR- [Corymbìum.] Terme de Perruquier. Cheveux faux qui font bouclés & que les Dames se mettent autour du front & au dessus des temples. iC'e tour vous sied extrêmement bien , & l’on diroit que ce sont vos propres cheveux.) TOUR de col. fm.[Focale.] Gance & bouton que l’on coud au haut du manteau par dedans & qu’on se boutonne autour du cou quand on a le manteau sor les é- paules. ( A tacher un tour de col. Un tour de col fort bon, & qui durera long tems.) Tome III. I 11 i TOUR, 6i 8 T OU TOíiR st E Bj-í=k deambulatio. 'j Petite promenade qu’cm fait pour se divertir, ou pour se tenir en santé (Allons faire un tour a Luxembourg en atendant le soupé. Je viens de faire un tour aux tuilleries. ) tour. [ Iter ad alìquod temprn. ] Petit chemin qu’on fait pour aller en un lieu. (Jem’en vais faire un tour au Palais & je me rendrai ici dans une petite demi heure. ) TOUR. [ Or do , vicissitude. ] Ce mot fe dit en parlant de certaines chofes'qui viennent après d’autres, qui succèdent à d’autres. ( Les travaux font passez, les plaisirs ont leur tour. En amour il faut gémir, soupirer & se plaindre, mais tôt ou tard les plaisirs ont leur tour. C’est-à-dire que les plaisirs succèdent aux plaintes & aux soupirs. Apres tant d’alarmes cruelles, les jeux & les plaisirs doivent avoir leur àr. C’est-à-dire, doivent succéder aux alarmes. ) TOUR. f Versutœ ac subtiles prafligiatorum artes. ] Adresses de charlatan qui fait de la main mille petites gentillesses qui surprennent les yeux. (Charlatan qui fait de jolis tours. ) TOUR de passe passe. [ Prœstigìœ. ] C’est un tour & une action subtile L qui surprend. (II a fait de son côte cent tours de passe-passe. ) TOUR de souplesse. [ Artes , blanditi * TOUENER. [Rei vertere, vefsàre.J Amener. Faire change r.(Tourner la conversation comme l’on veut. Tourner ía conversation du côté qu’on désiré. ) * TOUR- TOlí * TOURNER. C Perscrutári , expiscari. ] Examiner. Sonder une personne. (Elle tourne tant son amie qu’en- fin son amie lui déclare tout. La Fontaine, Nouv. Contes. Je l’ai tourné de tous cotez fans que jamais j’en aie pû rien découvrir. ) * TOURNER. [ FleHere, dirìgere -, injìituere. ] Ce mot lignifie quelquefois, Instruire, Former. ( On lui a tourné l’esprit là-dessus. ) * TOURNER , v. a. [ In utramvis partem versare. ] Soliciter lì adroitement qu’on faite donner une personne où l’on veut. ( Elles la tournent si bien qu’elles la gagnent. Patru, píaidoié 16. ) TOURNER , v. n. í Vertere, convertere. ] Se changer. Devenir. (La conversation tourna furie serieux.) TOURNER, v. n. [ Evenire, exitum babere.} Réussir. ( * On ne sait pas encore comme l’afíaire tournera.) * Tout cela tourne à son avantage. [ Id ejus utìlì- tati est. ] Ces choses ne tournent point au biert du public. Ablancourt. Sa témérité lui tournoit à gloire, Vaugelas, Quint , l. %. TOURNER. C Levis este animi, mobileitt elfe. J Etre inconllant. Changer aisément. II tourne comme une girouette. II tourne à tout vent. [ Mobilis ad auram. arment. J On dit aussi d’un homme embaraffé, & dont les affaires font décousues, qu’il ne fait plus de quel côté se tourner, (j Quò se vertat nescit. J TOURNER le stts. (j Cribrum invertere. f C’est deviner ce qui est arrivé , ou ce qui doit arriver, avec un sas qui tourne fur la pointe des ciseaux, & le faire arrêter sur celui qu’on soupçonne. Mais dans ce manège , il y a plus de fourberie que de divination. TOURNER la truie au foin. [ Tergiversari. J C’est ne pas répondre juste. TOURNER autour du pot. f Circuire. J C’est hesiter à dire quelque chose, & y venir par de longs discours, TOURNER , v. n. [ Depravare , corrumpere. J Ce mot se dit du lait, & on s’en sert avec le verbe faire*. C’est le faire changer en petits grumeaux. Cailler. ( Si vous faites bouillir le lait davantage, vous le ferez tourner. ) f * Faire tourner le lait aux nourrices. [ Nutricent gravidare. ] Façon de párler burlesque pour dire engrosser les nourrices tandis qu’elles donnent à téter aux enfans. TOURNER, *. n. [ Putrescere. ] Ce mot sc dit des cerises, & signifie pourrir, ( Cerises qui commencent à tourner. ) Se tourner , v. r. £ Converti. ] Se mettre dans un sens contraire à celui où l’on étoit. ( Tournez-vous un peu que je vous voie. ) * Se tourner. [ Mutari, ìmmutari. ] Se changer, (La bonne opinion qu’ils avoient l’un de l’autre se tourna bien-tôt en bienveillance. Scaron. 'Nouvelle r. ) * Se tourner. C Prosterum exitum babere. J Succéder. Réussir. ['Cela se tournera à son avantage.J r Se tourner, f Brevisudum erit temptu. J Ce mot se dit du teins & signifie se changer. ( Le teins se tourne au beau.) * Se tourner, s Corrumpi , depravari. ] Ce mot se dit du lait, & veut dire se changer en petits morceaux caillez. (Quand le lait est vieux, il se tourne aisément.) Se tourner, s Fugere , accejj'ere. J 11 se dit aussi du vin , & signifie se gâter. (Le vin est tourné. ) II sc dit aussi du fruit, & veut dire commencer a se pourrir. ( Les cerises ne valent plus rien, elles font tournées. Elles commencent à sc tourner. Quint. Jard. Fr. t. x. ) íst TOURNES. Dans les Coutumes de Montar- gis & d’Orleans, ,, c’est, dit R agneau, la soulte , ou „ retour des deniers, quand il est traite de 1 échéance s, onde partage de biens. ” Nous disons le retour ; c’est ce que l’on donne pour rendre la condition des partageans égale. TOURNE SOL , s. nt. í He’eotropium. ] Plante qui pousse une tige grosse & haute de cinq ou six piez, au bout de laquelle il y a une grande fleur d un beau jaune doré. On apelle aussi cette fleur Soleil, ou sieur de Soleil, en laquelle fut changée Clitie. Voiez Ovide, Métamorphose, l. 4. ( Un beau tourne lo . ; ÍS Une Académie de belles Lettres etablie aux environs de Rome fous le titre de la Deijica , prit pour fa devise un tournesol avec ces mots, Semper idem , TOU 621 pour marquer que comme le tournesol semble suivre le soleil, de même la vertu étoit leur unique objet. TOURNE SOL , f. m. s Heliotropium in mafsâ pra - parafant. ] C’est aussi une poudre bleue qui sert à colorer l’empois dont on se sert pour rendre plus ferme le linge qu’on blanchit. Elle vient d’une plante de même nom. (Le tourne-fol dissout dans un peu d’eau s paroìt noir étant mis fur du papier blanc. Si on le regarde dans l’épaiiTeur de trois ou quatre lignes, il paroìt noir ; dans l’épaisseur d’une ligne , il paroìt violet ; & dans l’épaisseur d’une demi ligne, il paroìt bleu. L’urine récente & l’eau de vie rougissent le tour, ne-sol. ) U y a encore du tourne-fol en drapeau qui est de la toile qu’on teint à Constantinople avec de la coche, nille. Du tournesol en coton qui est du coton aplati de la grandeur &de la figure d’un écu blanc, qu’on teint en Portugal avec de la cochenille , & dont on se sert pour teindre les gelées des fruits. Les cabaretiers se servent d’un tournesol en drapeau qui vient de Iio!lan, de & du Languedoc, pour donner de la couleur au vin, TOURNËTTE, s s. [ VérticìOum. ] C’est une sorte de dévidoir autour duquel on met de la soie, du fil, ou du coton , & qui vrai-semblablement a été apellé soumette , parce qu’en dévidant le fil, la soie , ou le coton qui l’environne , on la fait tourner. (Une jolie tournette. ) TOURNEVIRE, s f- c Major rudens. ] Terme de Marine. C’est une grosse corde à neuf tourons * qui sert avec le cabestan à retirer l’ancre du fond de l’eau. Choquer la Tournevire. C’est la rehausser fur le cabestan pour empêcher qu’elle ne se croise , ou qu’elle ne s’embarasselorsqu’on la vire. í TOURNE VIS, f. m. Outil de ser avec lequel on tourne les vis, soit en bois, soit en fer , pour les faire entrer dans leur écrou. TOURNEUR , f m. [ Tornator. J Artisan qui façonne du bois au tour, & qui fait tables , chaises, guéridons , armoires & cabinets de bois de noier , & pour cela on Papesse quelquefois Tourneur en bois de noier , pour le distinguer du Tourneur en bois blanc , qui ne fait que des chaises de paisse fans être tournées, des échelles & autres choses de bois blanc. ( Un bon tourneur. ) TOURNEUR, [ Tornator stannarius.} Terme de Potier d’étain , de Coutelier , & de quelques autres artisans. C’est celui qui chez un potier d’étain tient le crochet pour tourner la vaisselle , & parmi les conte, liers c’est celui qui tourne la roué quand on émoud. ) f TOURNEUSE, f. f. [ Turnatrix .J Femme de tourneur. ( La tourneuse est morte. ) TOURNIQUET , f m. [ Verticillum. ] Espèce de machine qui tourne sur un pivot , & qu’on mec aux barrières dé commis des entrées pour empêcher les chevaux, mulets, &c, de passer. (Mettre un tourniquet. 1 TOURNIQUET. [ Verticillum .] Terme de Menuisier, C’est un petit morceau de bois grand comme le pouce, un peu creusé par les deux bouts, ataché au bord d’un châssis , servant à soutenir le châssis quand il est ieve. ( Levez le châssis , mettez le tourniquet d’un autre sens, & abaissez le châssis dessus. Atacher un tourniquet au bord d’un châssis. ) TOURNIQUET. [ Rota aleatoria. J C’est un ouvrage de Tabíetier, qui est d’ordinaire de bois , de forme ronde, ou quarrée , autour duquel font marquez divers nombres en chifre , & au milieu duquel II y a un piton de fer avec une éguille du même métal qu’on fait tourner quand on joue & qui selon l’éndroit du tourniquet où esse s’arrête , fait le bon ou le mauvais destin de ce jeu. (Un joli tourniquet. Jouer au tourniquet. ) TOURNIQUET. [ Verticillum ferreum. ] Terme de Serrurier & de Tapistìer. C’est un petit morceau de fer plat dont l’un des bouts a un piton rivé où l’on met le crochet de la tringle ou verge de ser j & l’autre un trou où entre le bout de la fiche de la colonne du lit. ( Un tourniquet, bien ou mal fait. ) TOURNOI, f m. [ Ludicrum certamen. J Combat que deux partis de cavaliers bien montez, lestement B arez & armez, font par plaisir & en présence des lames pour quelque réjouissance publique, oU pour sc rendre propres aux exercices de la guerre , & cela dans une carrière destinée à ces sortes de joutes ce- I i i i - 3 lebres. 622 TOU célébrés, tes tournoi* ont été inventés par Manuel Comnen'e, Empereur de Constantinople. Voïez Pan- cirol, l. 2 . des choses nouvellement inventées , l. Z. c. 20. L’Ábé de Choisi , Histoire de Philipe de Valois, lettre z.ch. 7. page 12s. croitque Geoffroi de Previlli, Gentilhomme François, de la maison de Vendôme, a inventé le tournois. II n’y avoit que les Rois & les Princes qui eussent droit de faire des tournois, & la Noblesse Françoise les aimoit avec passion, parce qu’el- le s’y formoit à la guerre. Le Prince qui faisoit un tournoi, l’envoioit annoncer par son héraut d’armes qui en marquoit les conditions & le tems. Le tournoi se faisoit dans une grande place, autour de laquelle il y avoit des échafaux pour les Dames & les Juges du champ. On se batoit d’abord seul à seul, puis troupe contre troupe, avec l’épée plate, ou la masse d’armes ronde ; & le combat, qui avoit été animé par les trompettes, étant fini, les juges ajugeoient le prix au Chevalier qui s’étoit le mieux batu, & ils le menoient en pompe, précédés du Roi d’armes , à la Dame du Tournoi, qui accompagnée de son Chevalier d’honneur & de deux Demoiselles , donnoit le prix à cet heureux & brave Chevalier, qui la remercie! t , & la baisoit civilement & lui donnoit ensuite le bal. Ces fortes de Fêtes étoient autrefois en France assez fréquentes ; mais depuis que Henri second fut mortellement blessé dans un tournoi par Montgomme- ri, les tournois ont été fort négligés des François. Le Pere Menetrier a fait un ample traité des tournois. (Qui pourrait s’empêcher de croire Que ce jeune guerrier amoureux de la gloire H’aime à voir cet hymen , lui qui dans les Tournois Va fur tous ses rivaux remporter la vìHoire , Cela n’est pas vrai toutefois. Perr. Griseld.) TOURNOI & behours ont été autrefois sinoni- mes, il y en avoit de diferentes especes : les uns se faisoient par divertissement, & souvent en faveur des Dames, les autres étoient à outrance , & d’ennemi à ennemi. Mais l’on a souvent vû arriver des accidens funestes, au milieu même des réjouissances publiques. On a aboli également les uns & les autres. Plusieurs Auteurs ont écrit fur cette matière ; mais personne n’en a si bien & si amplement traité que Mr. Du Can- ge, dans ses Dissertations sixième & septième sur Join- ville. TOURNOIEMENT > ou toumoiment , f w [ Circuitio , circuitm .] Tour & retour. Circuit. (Le tournoiement des chemins les alonge beaucoup. II faillit d’étre englouti par le tournoiement de l’eau. Vaugelas , Quint. liv. 9. Et nous voions enfin après cent tournoiemens, Le pays à pommiers desfidelles H or man s. Sarr. Poésies.) TOURNOIEMENT de tête. (Vertigo.) Vertige. Maladie de cerveau qui fait croire que ce qu’on voit autour de foi, tourne. TOURNOIER, ». n. (C/rcumire , cir cuire.) Prononcez tournéier. Tourner. Faire divers tours. (Comme l’on voit les étourneaux Tournoier aux rives des eaux.) Sarr. Poëf Quand on desaire les petits sauçons , le faucon & le tiercelet tournoient audessus de Paire. L’eau tournoie en cet endroit. Ablancourt. On tournoie long- tems dans un labirinthe avant que d’en trouver l’issuë. Tournoier autour du pot. TOURNOIR , f m, [ Versorium.) Terme de Potier. Bois de houx dont on se sert pour faire tourner la rouë. (Mon tournoir est perdu. TOURNOIS, f m. s Nummus Turonensts .J Désignation d’une somme qui est oposée à Parisis, qui é- toit plus forte d’un quart que la monoie Tournois. En- sorte que cent livres Parisis valoient 125. livres tournois. La monoïe parisis a été abolie fous Louis XIV. & l’on compte à présent par livres tournois. TOURNOIS , f m. (Denariolm Turonìcm.) C’étoit une petite piece de monoye bordée de fleurs de lis , qui fut apellée tournois de la ville de Tours où on la batoit. Gros tournois. Tournois parisis.) 0 " Voici ce que Mr. Le Blanc nous en aprend, î a k l8 ?’ V "ut le monde convient que Saint Louis „ nt taire les gros tournois d’argent. II n’est rien de TOU „ si célébré que cette monoïe dans les Titres & dans „ les Auteurs anciens: tantôt elle est nommée argen- „ teus turonensts ; souvent grostits turonensts , & quel. ,, quefois denarius grostus. Le nom de gros fut don- „ né à cette espece , parce que c’croit la plus grosse „ monoïe d’argent qu’il y eût alors en France; & on ,, l’apella tournois , à cause qu’elle étoit fabriquée à ,, Tours, comme le marque la legende Turonm civis „ pour Turonm civitas. Cette monoïe , qui, comme ,, je viens de le dire, pesoit trois deniers sept grains „ trebuchans, il y en avoit par conséquent ç8. dans „ un marc. Cela se justifie par un fragment d’Ordon- ,, nance que Saint Louis fit Pan 1266. pour régler la „ maniéré dont on devoit peser la monoïe avant que „ de la délivrer au Public. ” ( II raporte ce fragment, & il examine ensuite quelle étoit la Loi du gros tournois ; & dans la page 199. il ajoute que Philipe le Hardi fit faire des gros tournois de la même valeur que ceux de Saint Louis. Au reste, il est certain que le parisis qui avoit cours dans le même tems, étoit plus fort d’un quart que le tournois, qui a été aboli fous le régne de Louis XIV. & l’on ne connoítplus que le parisis, qui est en usage dans le Palais, où l’on ajoute toujours le parisis à l’estimation que PHuiffier fait des éfets mobiliers, en procédant à l’inventaire d’un décédé; & quand l’estimation est faite par un Expert nommé par l’Oficier qui fait l’inventaire, on n’y ajoute point de parisis. TOURNURE,/ f- C Ars toreutica .] Terme de Mécanique. L’art ou l’ouvrage des Tourneurs. TOURNURE. (Concinnitas , lepiditas , e/egantia .] Se dit figurément du tour d’efprit qu’on donne aux choses. (C’est un esprit d’une bonne tournure. II donne à tour ce qu’il dit des tournures admirables.) L’Aca- démie ne met point ce mot dans son Dictionnaire. Mr. de Cailleres trouve que cette expression figurée avilit notre langue, cependant plusieurs jeunes gens de la Cour s’en fervent assez heureusement dans 1 « stilc familier. TOURON, f tm. [’Retis constituenda tertia pars. J Terme de Cordier. C’est plusieurs fils de caret tournez ensemble qui font partie d’une corde. TOURRIERE. Voïez Touriere. TOURTE, f f. (Turtur.) Ce mot pour dire me tourterelle n’est reçô qu’en poésie où souvent il fait beauté. (La tourte desolée fs plaignant son veuvage Sur un triste rameau dépouillé de feuillage , Remplissait tout le bois d’un long gemist'emcnt. Ferrant, Recueil de Poésies.) TOURTE, au tartre , f f. (Torta.) II faut àm tourte & non pas tourtre pour dire une piéce de four qu’on fait cuire dans une tourtière & qui est faite de pigeonneaux , de béatiles, de molle, ou de fruits. (Une bonne tourte. Une excelente tourte.) Voïez f Ecole parfaite des Oficiers de bouche. TOURTEAU , f m. (Scriblita.) Ce mot pour dire un gâteau ne se dit plus dans l’ufage ordinaire. (Faire un tourteau. On dit faire un gâteau.) TOURTEAU à éclairer. [Faxpicea.J Terme de Guerre. C’est un composé en forme de gâteau de douze livres de poix noire , de six livres de graisse , de six livres d’huile de lin, &c. où l’on trempe de la corde d’arquebuse & qui sert à éclairer. Gaia , traité des armes. TOURTEAU. (Libm.) Terme de Blason. C’est une figure ronde de couleur que plusieurs portent dans leur écu , & qui est la marque de la fermeté. (Porter d’or à trois tourteaux de gueules. Col.) TOURTELETS , s. m. [ Torticula .] Mot de Champenois. Ce font des morceaux de pâte, larges comme la main, & déliez presque comme une fecîille de papier, qu’on fait cuire dans de l’eau avec du sel & du beurre , & qu’on mange d’ordinaire les jours maigres. (Les tourtelets font bons ; mais ils chargent l’estomac, a moins qu’il n’y ait du levain & des œufs dans la pâte dont ils font faits. Régaler un ami d’un plat de tourtelets. ) TOURTEREAU > f m. [Turturis pullus.] C’est le petit de la tourterelle. TOURTERELLE, f. f. (Turtur.J Cest un oiseau gros envi TOU environ comme lin pigeon & ordinairement cendré sur le dos, avec quelque petit mélange de couleur tirant fur la rouille, ou fur le gris brun. La tourterelle est blanche aux ailes & fous le ventre, mais au cou, elle a quelque peu de verd, & les pieds jaunes & les ongles noirs. II y a des tourterelles toutes blanches. Le sang des tourterelles réduit en poudre est très- bon pour la diífenterie & le cours de ventre , ilsangue dellitortore é giovevoliffìmo allescorruze ss fiujji. Voler Oì'ma , p. 44. (Tourterelle mâle. Tourterelle femelle. Une belle tourterelle. Les tourterelles vont deux à deux, & lors que l’une des deux périt, celle qui demeure vit feule le reste de fes jours. La tourterelle est chaste & d’une très-douce nature. On dit en proverbe : Elle ejl cbafle comme une tourterelle. Eelon , Histoire des animaux , L 6 . La chair de la tourterelle est bonne & délicate, elle est médiocrement chaude ; elle resserre ; elle répare la mémoire & rend l’ef- prit plus subtil. Surpassons s’ilse peut les tendres Tourterelles Dont les flammes font éternelles. Pelif. Quand ms Peres vouloient peindre un amour parfait, La Tourterelle en étoit le Symbole ; Mak Tourterelle aujourd'huiJ'e console. Villed. TOURTIERE , s f [ Artopta , tortarium vas meum.] Piece de baterie de cuisine d’argent, ou de cuivre étamé, ronde, creuse d’environ trois doigts, avec des rebords hauts d’autant & qui vont en talus, quelquefois avec trois piés, quelquefois fans pies , & quelquefois aussi avec un couvercle, servant aux bourgeois Sc aux Pâtissiers pour faire des tourtes. (Une grande ou petite tourdere. Une tourtiere bien faite.) TOURTOIRE , s s. [ Virgula .] Terme de Vene- rie. Houssme avec laquelle on fait les bateries dans les buissons. TOURTOUSE , s s l Punk Jlrangulatorius. ] Term e de f Exécuteur de Paris. Cordes qu’on met au cou du patient qu’on pend. (Monter au haut de l’é- chelle & métré les tourtoufes. Les tourtoufes font bien mises.) TOUSELLE , touzelle , f f. [Quoddam frumenti genus.'] La toufelle est une forte d’hérbe ou de graine , & c’est ce que j’en puis dire. On ne connoit point dans Paris cette herbe. J’ai consulté plusieurs greniers ou greneders & plusieurs herboristes fameux , ils m’ont tous dit qu’ils ne favoient ce que c’étoit que la toufelle. Là-dessus j’ai vû le célébré Monsieur de la Fontaine à qui après les premiers complimens j’ai dit : Vous vous êtes servi du mot de toufelle dans vos Contes , < èf qu’efi-ce que toufelle ? Par Apollon ! je rien fat rien m’a-t’il répondu , mais je croi que c’eji une herbe qui vient en Touraine , car MeJJlre François Rabelak de qui j’ai emprunté ce mot étoit , a ce que je pense , Tourangeau. Si je comtois jamais quelque habile homme de Touraine je m’instruirai de la toufelle , je la décrirai & en dirai les propriétés. En atendant je puis assurer tous ceux qui ce présent livre verront que la toufelle est un mot Provincial dont s’est servi à dessein Mr. de la Fontaine. Voici le passage de ses contes. Je crok qu'il faut les couvrir de toufelle , car c’es un grain qui vient fort aisément. Enfin j’ai rencontre un habile Tourangeau, qui m’a dit que la toufelle est une forte de froment, qui aune tige assez haute, un épi qui n’a point de barbe & qui renferme un grain plus gros que celui du froment. La toufelle croit en Languedoc, on en fait moudre le grain , & la farine sert à faire du pain qui est très blanc & de bon goût. TOUS SAIN , f m. [Tufsan us.] Nom d’homme. (Toussain est devenu fort grand en peu detems.) TOUSSAINT, f f. [Feston omnium fmHorum.] Fête de l’Eglife Romaine qu’on célébré en l’honneur de tous les Saints. (La Toussaint est toujours le premier de Novembre.) Ce n’est que depuis ie neuvième siécle. Dans le septième cette fête étoit le 12. de Mai. TOUSSER , v. n. [ Tufjire .] Avoir la toux. ( II tousse toute la nuit. Elle ne fait que tousser. Les pul- moniques font incommodes, parce qu’ils toussent presque toujours. ., Monsieur l’Abé de Villiers parlant de la maniéré dont l’on prèchoit autrefois , dit,, qu’on n’affectoit point cette division comme aujourd’hui. TOU 623 Et P on n’ at en doit point que du premier lajfé Pour pajfer au second l’auditeur eut toussé. Vill.) M * TOUSSEUR , f m. [Tusfitor.] Celui qui a la toux & touste souvent. (Un vieux touffeur. 11 commence à devenir tousseur.) t TOUSSEUSE , f s. [Tussions.] Celle qui a la toux & tousse souvent. (Una vieille tousseuse.) TOUT , toute, adj. [Univerfus.] Entier. (Toute la terre vous adore & vous sert seulement pour vos beaux yeux. César fe prit à pleurer de voir qu’il n’a- voit rien fait à l’âge qu’Alexandre avoit conquis tout le monde. Abl. Arr. II met toute fa gloire U son souverain bien A grossir un trésor qui ne lui sert de rien. Defpr.) TOUT , toute. [Quisque , qudibet.] Chacun. (Toutes reprirent à l’instant, nous serons austi sages qu’el- le. La. Font. Contes.) TOUT, toute. [Quisque.] Ce mot signifie quelquefois quiconque. (Tout honnête homme est mon rival. Sar as. Pooés. TOUT, toute. [Omnk.] Ce mot suivi de plusieurs substantifs dans la même construction du membre de la periode veut être repeté devant chaque substantif. Exemple. (Pour voir toutes les beautez, tout l’arti- fice , & toutes les grâces parfaitement emploiées, on n’a qu’à jetter les yeux fur. Vaug. Rem.) TOUT, toute. £ Etji , quamvk.] Ce mot suivi d’un adjectif est élégant en Franqois, & lignifie. Encore que. Qtwique. (Tout malade qu’il étoit, il ne laissa pas d’aller. Vaug. Rem. 11 lui prit envie de fe baigner tout échauffé qu’il étoit. Vaug. Quint. I. 3. Toute ingrate qu’elle es j’adoreses beaux yeux. Racan. L’arnc , toute spirituelle qu’e Ile est , a des passions. Coufin , Hifloire Romaine. [Quantumvk.] TOUT grand Jurkconfulte que je fois , je me trouve bien empêché à répondre à vôtre lettre. Volt. let. 76.) 0' Et tout sorti qu'il es d’une source divine , Son cœur dément en lui sa superbe origine. TOUT,/ m. [Totum.] Ce qui est entier & qui renferme plusieurs parties. (Le tout est plus grand que la partie. Partager un tout en mille parties. ) TOUT , s m. [Omnia.] Toute chose. (Pouvoir tout fur quelcun. Volt. Poés. Eít-ceià tout. Pasc. lett. Mourant pour vom servir tout me semblera doux. Corn. Cinna, act. 1. fe. ;.) TOUT , s. m. [ Omnes , Jìnguli homìnes , univer- sm orbk. ] Toutes les personnes. Tout le monde. (Depuis les plus misérables esclaves jusques aux plus grands Rois tout fe plaint, tout murmure contre la fortune.) f TOUT , s m. [ Corculum , tapanta, in delieik effe.] Ce mot se dit des personnes & lignifie. Ce qu’on aime le plus. Ce qu’on a de plus cher. (Lors que j’étois riche j’étois ton tout & ton favori. A- blancourt , Luc. C’est son tout. C’est le tout de la mere. C’est leur tout.) TOUT , adv. £ Qmninò , penitùs.] Entièrement, Tout-à-fait. Le mot de tout en ce sens , est indéclinable lors qu’il est joint avec des adjectifs masculins avec le mot autre , ou ausi , mais avec des adjectifs féminins il redevient adjectif. Exemple. (Jis font tout étonnés. Vaug. Rem. Us étoient tout couverts de pierreries. Ablanc. Les figures que vous m’envoyâtes hier font tout autres que les prémiéres. Vaug. Rem. Cette étofe est tout autre que celle-ci. Ménage , Observ. sur la Langue Françoise, tom. 1. ch. 13. Vaugelas pense qu’il faut dire , cette étofe est toute autre. Pour moi je croi que Monsieur Ménage a raison ce coup-ci & que le mot tout est adverbe devant l’adjectif arà , soit singulier ; ou pluriel. Ces sieurs font tout aussi belles aujourd’hui qu’elles l’é- toient hier. Elles font toutes étonnées. Vaug. Rem. Elles sont toutes telles que vous les avez vûës. Vaug. Rem. Elle est toute semblable. Ménagé , Observ. t. ï.c. 1?.) TOUT bat, adv. [Submijsâ voce.] Doucement & sa n s TOU sans être presque entendu. (Dire quelque chose tout 624 i “r 0 irr , “‘«< «*>■ j*°ï i»> J d,t 1 . 0,S ou’on prie, ou qu’on demande de s’arreter, de ne rien faire de ne pas parler. (Faire faire tout beau a un chien. Ma plume , changeons de langage , tout beau. Voìt. pois. , , ,,, T TOUT-A-COUP, adv. [Subtto , repente.J Incontinent. Sur le champ. Aussi-tôt. (Tout-à-coup le Ciel étant serein se troubla. Ablanc. Arr. I. 1. ) TOUT-A-FAIT, adv. [Omninòs Entièrement. (On ne íauroit être tout-à-fait galant homme que ler Dames ne s’en mêlent. II trouve votre Poífîe Tout-à-fait à sa phantaisie. Volt. Poëf.) TOUT-A-POINT , tout-à-propos. [ Opportune , commodes (Vous êtes venu tout-à-poìnt pour dîner avec TOUT à l’heure, [Mox , hrevis Tout incontinent. (Mes maîtresses vont venir tout-à-l’heure. Molière , Prêt. acl. 2. sc. 8-) TOUT auplus, adv. [Ad summums Au plus. Au pis aller. (C’est tout au plus, ft elle a jamais dix mille livres en mariage.) TOUT de bon, adv. [Smá.] Sérieusement. En vérité. Sans raillerie. (Parler tout de bon. Tout-de-bon, serez-vous fidèle ? ) TOUT de même. [ Idem , stmiliss Ces mots font des termes de comparaison qui signifient de la même sorte, & dont on sc sert en répondant à une interrogation & sans interrogation? L’autre est-il comme cela? tout de même. Vous voïez celui-là , l'autre est tout de même.) f TOUT de même que. [Idem ac.~] Termes de comparaison qui sont fort bas lors qu’ils font suivis d’un que. (Celui-là est tout de même que l’autre. Vaug. Rem.) Tout de nouveau. [De intégras TOUT du long , adv. [Intégrés C’est-à-dire. Depuis le commencement jusques à la fin. (Métré son nom tout du long. Voìt. lett. 28.) TOUT du long. [Propê , admodums Ce petit pédant en a eu tout du long de saune, tout du long & du large. [Probe admodum vexatrnsuits On lui a fait voir qu’il n’étoit qu’un sot. TOUT du long. [Pers Préposition qui régit le génitif, ou sablatif, mais qui est hors d’uíage. En fa place , on dit , tout le long. ('Tout du long de la nuit il crie , Et tout le jour est en furie. Volt. Poëf. II faut dire , tout le long de la nuit , il crie.) TOUT ensemble, adv. [Eodem tempores Au même tems. (C’est peu de chose que d’être cocu, mais il est fâcheux d’être pauvre & cocu tout ensemble.) TOUT ensemble , s. m. [Totus U intègres Terme de Peinture. Harmonie qui refulte de la distribution des objets qui composent un ouvrage. ( Ce tableau est beau partie à partie ; mais le tout ensemble y est mal entendu. Dépilei, peint. ) TOUT. [Toti scuto impojìtttís Se dit en Blason, sur ie tout. Quand on met un écusson en cœur ou cn abîme. On dit sur le tout , quand un moindre é- cusson se met sur celui qui étoitsur le tout de l’autre. TOUTEBONNE, s f- C’est une herbe potagère qui s’apelle en Latin Hominum. TOUTEFOIS , adv. [Attamen , nihiìominùss Cependant. Néanmoins. (II a peu de bien & toutefois il est content, parce qu’il est sage & vertueux.) A TOUTE-HEURE, adv. [Sapé, sepiàs, continués Fort souvent. A tout moment. (Citer un Auteur à toute heure. Ablanc.) TOUTE-PRESENCE. [Immensités Qualité de ce qui est présent par tout. (La toute-présence de Dieu.) TOUTE-PUISSANCE , s. f. [ Qmnïpotentìa. ] Divinité. Atribut de la Divinité. (Ouvrage merveilleux de la Toute-Puijsance. Mai. Poés. La Toute-puissance de Dieu est admirable. S. Cyr. ) t TOUTES [«f quantes fois, adv. [Quotiess Ce mot est vieux , & en fa place on dit , toutes les fois. (Toutes & quantes fois que vous en userez de la sorte vous ferez mal. Dites, toutes les fois que vous en userez de la sorte.) TOU t TOUTES fois U quantes, adv. [Quotiess II est un peu suranné, mais il ne l’est pas tant que Toutes [V? quantes fois. (Toutes fois & quantes que vous viendrez, vous serez le bienvenu. Dites plutôt, toutes les fois que vous viendrez vous ferez le bien venu. Vaug. Rem. Nouv.) TOUTES LES FOIS, adv. [Quotiess Prononcez toute les fois. (Belle Philis toutes les fois que je vous baise, vous voudriez que.) TOUT LE LONG- [Perdiem, integrâdies Pré- position qui régit le génitif , ou l’ablatif. (Tout le long du jour. Saint C'ir.) f TOUT plein, toute pleine , adj. [Confcrtuss C’est- à-dire, rempli tout-à-fait. Le mot tout plein ne peut entrer que dans le stile familier, & l’on dit un muid tout plein de vin, une bouteille toute pleine. Vaug. Rem. Nouv. f TOUT plein , adv. [Resertus , plenuss Extrêmement rempli. Tout plein, en ce sens, ne peut entrer que dans le bas stile, & même il commence à n’être pas fort en usage. Le François est tout plein de di- ficultés, dites plutôt, est plein , ou est rempli de difi- cultés. TOUT-PUISSANT, toute puissante, adj. [ Omnipo• tenss Qui a un pouvoir, & une puissance admirable , & fans bornes. (II n’y a que Dieu qui soit véritablement Tout-Puissant.) \ * II est tout puissant en cela. [Is penes quem est po- testas.] C’est-à-dire, il a beaucoup de pouvoir, & de c rédit en cela. TOUT puistant , f m. [ Enssupremum , Deui. ] Dieu, (Adorer le Tout-puijsant. II faut prier le Tout- puissant jour & nuit. Voïez là-dessus le Sermon de la prière de Saint Cbrisostome.) •f * II est le Tout-puisjant chez Monsieur le premier. [Aufloritate valets C’est-à-dire, il gouverne, il a du crédit chez, &c. f TOUT tel , toute telle, adv. [Talts,similiss C’est- à-dire. Tout pareil. Tout semblable. (Sa figure fut toute telle. Bens. poés.) t TOUTOU, s m. [Caniculuss Mot burlesque qui ne peut entrer que dans quelque Vaudeville, ou dans le stile comique, & qui veut dits petit chien. (Un joli toutou. Bon jour le plus gras des Toutous, Si par bazar d mon amitié vous tente, Je vous Fostré tendre U constante, C’est tout ce que je puis pour vous. Desh.) f A tous venans. [Cuilibets Ces mots veulent dire à quiconque vient & sc présenté (sabord. Bens. Rond. p. 258- a écrit. Une prude qui donne de la terreur à tous venans. Sa maison est ouverte à tous venant. Maucr. Schif. d’Angleterre.) TOUX , f f [Tussiss Mouvement fort & violent par lequel la nature essaie de tirer & de jetter hors de l’estomac ce qui embarasse la respiration. Simp- tome des parties qui servent à la respiration. (Adoucir la violence de la toux. Etre tourmenté d’une dangereuse toux. Sa toux est mortelle.) A Certains Prédicateurs afectent de tousser, pour avoir le loisir de rapeller leur mémoire chancellante. On fait un plaisant conte d’Olivier Maillard, lequel marquoit dans son papier les endroits où il devoit tousser , par hem, hem. L’Auteur du traité de faction de l’Orateur , pag. 81. dit: ,, Au lieu que pour ce qui „ est de la toux, il s’est trouvé autrefois des Prédica- „ teurs assez extravagans pour l’afecter comme une „ chose qui donnoit de la grâce & de la gravité à ,, leurs discours ; témoin cet Olivier Maillard, qui „ en un sien sermon fait à Bruges fan içoo. marquoit „ les endroits de son discours où il devoit tousser, y „ mettant, comme cela se vûit en l’imprimé, hem , ,, hem, hem.” C’est pour se moquer de cette ridicule coutume des Prédicateurs, que Rabelais fait commencer le discours de Maître Janotus de Braginardt par hen, hen, hen. Menadies , &c. Remarquons en cet endroit, que plusieurs personnes ont atribué ce petit traité de faction de f Orateur à Mr. Conrart, Secrétaire perpétuel de f Académie Françoise ; ce qui marque f estime que l’on faisoit de ce petit ouvrage. Cependant il est du Ministre Le Faucheur. TOUX TRA 'TOUX secbe. [ Sìcca tujjìs. ] C’est une toux causée par une humeur fi subtile que le poumon ne la peut métré dehors ; ou au contraire , lors que l’humeur est fi épaisse & si tenace que le poumon ne la peut expulser. f * La toux fecbe me tourmente Baccus est mon Médecin , Si vous voulez que je chante , Faites-moi donner du vin. TOUX. [ Tujjìs. 3 Ce mot se dit aussi atì même sens des chevaux. ( Cheval qui a une Fâcheuse toux. ) TOXIN , ou Tocsin. Voïez Tocsin. TRABE, s- Ce mot qui vient du Latin trabs , . qui signifie une foutre , se dit en termes de Blason. TRABE, s. m. [ Trais ignìta. J Météore enflammé qui paroìt en forme de poutre , ou de cilindre dans le Ciel. Acad. Fr. TRABE. [ Trabs anchora. ] Terme de Blason. Partie de l’ancre qui traverse la ïtangue par le haut, comme Fait la partie fuperieure d’une potence. 'Acad. Fr. TRABE , s. f. [ Trabs. 3 Bâton qui suporte renseigne & la bannière en termes de Blason. (II porte une bannière semée de France à la trabe d’argent. ) t TRAC, f m. [ Peftigium. ] Vieux mot, qui signifiait trace , ou piste des bêtes. ôs II signífioit aussi le chemin, la route que les hommes tenoient. Marot. Ps. i. Qui au conseil des malins n*a ejlé ; Qui n’ejl au trac des pécheurs arresté, De traclw. EtLafresnaie Vauquelin dit au Roì î Les Edits de nos Rois, vos justes ordonnances De trac dont on ne doit jamais se détraquer Qui ne veut le courroux du Prince provoquer. TRAC. [ Crepitus. ] Terme Populaire, qui signifie & qui exprime le bruit d’une chose qui se remuë avec violence. On le dit aussi du bruit que fait une plume qui raie une écriture. t TRACAS , f. m. [ Operosa negotia. 3 Embaras. Empêchement. Chose qui ocupe , qui amuse & em- barasse. ( Etre dans le tracas. ) * TRACAS. [ Macbinatio. 3 Maniéré d’agir intrigante, & qui est toujours dans faction & l’embaras. ( II est sort dévot, U son zélé S’acorde avec son tracas. Gou. Epi, 1. i. Epig. 6;. ) * Le tracas du mariage. [ Debitum conjugale .] Ces mots Fe disent quelquefois en parlant de maris& de Femmes , mais ils ne Fe disent qu’en goguenardant, & même ils ne fe disent qu’en des maniérés de parler basses & du peuple. Exemple. (C’est un pauvre homme, il ne fait point comme il faut le tracas du mariage.C’est-à-dire, il ne sert pas fa femme comme un mari verd-galant.) TRACAS. [ Ars. J Se dit populairement du métier qu’on fait. ( II fait son petit tracas tout doucement. ) TRACASSER , v. n. [ Macbinari. 3 Faire quelque petite chose dans le ménage. ( Les femmes tracassent toujours dans leur ménage. ) t * TRACASSER. [ Variis ac continuis negotiis distrin~ gi. ] Intriguer. Etre toujours dans quelque afaire pour venir à ses fins. ( Ils s’empressent, ils tracassent. Port-Roial, Education du Prince. ) t TRACASSER. [ Tricas agere , tricari. ] Faire le tracasser. Barguigner. (II y a une heure qu’il tracasse pour acheter pour cinq sols de marchandise. ) TRACASSER. [ Molejìum U gravent este alicui. ] Inquiéter, tourmenter quelcun. ( On a sort tracassé ce jeune homme dans ses plaisirs. Cet importun m’a tracassé toute la journée. ) On dit populairement > tracasser fa vie pour pouvoir vivre, f Opes osé viclum quœritare.2 t TRACASSERIE , s f. [ Tumultm , operosa eccu- patio. ] Tracas. L’action d’une personne qui agit sans cesse, & qui est dans un empressement continuel & inutile. ( Ils s’empressent, ils tracassent , & leurs empressemens & leurs tracasseries fe terminent à rien Port-Roial, Education du Prince. ) t TRACASSIER, s. m. [ CunHator , qui trìcatur. j Mot bas qui ne se dit guére qu’en parlant, & qui veut dire celui qui n’ agit pas franchement quand il faut faire quelque marché , ou conclure quelque afaire avec quelcun. Certaine petite ame basse qui ne fait que TRA 625 barguigner. ( C’est un franc fracasser. Un petit tracass fier. C’est l’un des plus grands tracastìers de Paris.) * TRACASSIE’RE,/ f. [Quœ tricatur.J Mot bas qui ne se dit guére qu’en parlant, & dans le stile burlesque, & comique. C’est une maniéré de vétilleuse. Celle qui ne fait que barguigner quand il Faut acheter quelque chose. Celle qui dans les petits marchez qu’elle veut faire ne parle pas franc , & fait plusieurs petites o fres avant que de conclure, ( C’est une vraie tracassiere. ) TRACE , f f. C Vefligiunì nota. ] Vestige. Pas. ( Suivre la trace, ) TRACÉ. [ Vestigiunt. ] Terme de Chaste. C’est la forme du pié d’une bête noire fur l’herbe, ou fur les feuilles , &c. par où elle a passé. ( Reconnoître la trace d’un sanglier. ) * TRACE. [ Vestigia. ] Ce mot au figuré, se dit des personnes & des choses, & signifie maniéré d’agir de quelque excélente personne. 11 signifie aussi marque, vestige. ( En suivant leurs traces , tu aqùerràs de la gloire. Ablanc. Luc. * Ils adorent l’ombre & les traces de fa gloire. Vaug, Quint. lìv. 5. c. 10. * Les traces du Crime de PhilotaS ètoiënt encore toutes fraîches. Vaug. Quint. I. y. c. 11. II ne trouva aucune trace d’un si grand travail. Vaug. Quint. I. j. On ne voit aucune trace de leur perte. Godeau, Poésies , 2. partie. * II rien rejioit aucune trace , Et le monde vit en fa place Une Dame de Coligni. Voit Poésies. ) * De mes feux mal éteints je reconnois la tracé. Racine , Andromaque, act. i. sc. r. ) TRACE. Terme de Perruquier. Voïez tréce. $ TRACE. Sorte de gros papier gris, qui s’apelle autrement mainbrune. TRACEMENT, f. m. [ Iconographica descriptio. ] Action par laquelle on trace, ou l’on dessine. ( Le tracement d’un fort fur le terrein est plus dificile que celui qu’on fait fur le papier. ) t TRACER, v. a. Terme de Perruquier. Voïez trécer. TRACER, v. a. [ Delineare. ] Marquer. Ebaucher. Faire le dessein de quelque chose. ( Tracer une figure, Ablanc. Luc. Tracer un rempart. Tracer un bastion. ) TRACER, v. a. [ Ducere , describere. j Terme dé Jardinier. C’est couler entre deux terres. ( Cette racine commence à tracer. Quint. Jard. Fr. t. r. ) * TRACER. [Describere.2 Décrire. Discourir. (Tracer une amoureuse flamme. * On me verra toujours lui marquer mon respect * & trace* - ses vertus. Destr. Satire 9. Sur ce vaste dessein , Ji j’alois tout tracer, Tu verrois fous mes mains des tomes s’amasser. Despr. ) * TRACER. [ Adumbrare. 3 Ce mot se dit en parlant de discours, de harangue , & d’autres ouvrages d’efprit. C’est faire vite & grossièrement quelque discours, ou autre ouvrage d’esprit pour le retoucher après, ( Tracer une harangue. ) * TRACER. C Pandere , patesacere , aperire. 3 Press crire. Donner. ( Ovide a tracé des leçons aux pauvres amans. Tracer le chemin de la gloire. ) (f Molière avoit composé une pièce dans laquelle on chantoit ces vers : Et tracez sur les berbettes L’image de vos chansons. Benferade qui étoit présent à la représentation, dit tout.haut qu’il faloit dire : Et tracez fur les berbettes í!image de vos chauffons, * TRACEUSE. Voïez tréceufe. TRACERET, f m. [Graphiunt deliheatoriuni .3 Où- til de fer pointu dont on se sert en méchanique pouf tracer , marquer & piquer le bois. TRACHE'E-ARTERE, lAstera arteriaj Terme A’Anatomie. Prononcez tr&kée-artére. Ce mot vient du Grec. Canal qui décend d’un endroit vers la racine de la langue , & qui fe divise en rameaux qui se répandent dans les poumons. C’est le principal instrument de la voix, c’est le sillet. On dit plutôt la tra- chée-arétre. Tome fil. Kkkk TRA 6r6 TRA TR a rniR s. m. s Graphií. ] Prononcez traçai. C est an poinçón’d’âcier dontse servent les Orfèvres & les Graveurs pour tracer & deffìgner. ... TRAcOIR. C Delineatorium. ] Terme de Jardimer. C’est mi outil de fer pointu , emmanché d’un manche de quatre ou cinq piez de long, & dont on se sert pour tracer. TRADITION -, s- f- í Traditio, dnflrina ab anti- quis accepta. 2 Prononcez tradition. Doctrine de Je- sus-Christ & des Apôtres qui est venue jusqu’à nous par succestìon. ( Ajouter foi à la tradition. II n’a rien dit qui ne fût fondé sur la tradition de l’Eglise. Pasc. /. 3. Voïez ce que Mr. Ouvrard Maître de la Sainte chapelle a écrit de la tradition. II y a toujours eu dans l’Eglife comme un abrégé de la Religion, indé- pendanment de la Sainte Ecriture, fur lequel on régie les dificultez qui fe rencontrent dans la Bible, & c’est ce qu’on apelle tradition. Histoire critique du vieux Testament, ;. p. cb. iy. La tradition de l’Eglife est la régie des veritez Catoliques. Arn. sreq. comm. ) TRADITION, s. s. [ Traditio. ] Action par laquelle on livre une chose entre les mains de quelcun. II y a des coutumes où la tradition réelle est nécessaire pour la perfection d’une donation entre-vifs. TRADITION. [ Traditio. ] Se dit aussi des choses qu’on a aprifes des autres. (II y a en Holande je ne fai quelle tradition de pruderie qui passe de fille en fille, comme une efpéce de religion. BuJJi Rab. ) f TRADITIVE , s f. Z Majorum injìituta. ] C’est la même chose que tradition. Chose aprife par tradition & par le récit qui en a été fait de te ms en tems & de pere en fils. ( La plupart des Indiens ne savent l’histoire de leur Nation que par la traditive de leurs pe- res. Cette coutume a lieu par une vieille traditive qui a force de Loi. ) TRADUCTEUR, s- -». [Traduffor.J Celui qui a traduit un Auteur , ou quelque ouvrage en une langue differente de celle où l’Auteur a écrit, & de celle où l’ouvrage est écrit. ( Les fameux & les excé- lens Traducteurs François, ce font d’Ablancourt, Vaugelas , Messieurs de Port-Roïal , d’Andilli & quelques autres qui font en fort petit nombre. ) TRADUCTION ,/■/■[ Interpretatìo. ] Prononcez traduction. Version. ( Les traductions de feu d’Ablancourt font belles, hardies, pleines de feu & de jugement , & doivent être prises pour modèles ; mais hélas ! que celles du Traducteur des institutions de Quin- tilien & de l’histoire de Maphée, & celles d’A. d. I. H. font éloignées de la beauté de ces chef-d’œuvres , & qui en voïant ces pauvres Auteurs tout défigurez nes’é- crie pas avec le fameux Dépreaux : L’impertinent Auteur ! Uennuieux Ecrivain ! Le maudit TraduHeur ! (§ La traduction est un travail ingrat & pénible ; elle rend même les sciences trop communes , & en avilit le mérite : l’ouvrage peut être immortel, mais fa traduction n’est pas de longue durée. La raison est qu’il est presque impossible que la copie ressemble à son original. Pour donner au Lecteur une juste idée de la traduction , il me permettra de lui raporter ici un chapitre d’Aulu-Gelle, liv. 2. ch. 2;. „ Nous lisons „ avec plaisir les Comédies que nos Poètes ont emprun- ,, tées & presque traduites des Comédies Gréques de ,, Menandre, de Posidippe , d’Apollodore , ou d’A- „ lexis, & nous y trouvons tant d’agrément, que „ nous sommes persuadez dans ce moment qu’on „ ne peut rien faire de mieux en ce genre : mais si nous remontons à leurs sources, & que lisant al- 3, ternativement les Greques & les Latines, nous en j, fassions une exacte comparaison, nous en reconnoî- „ trons d’abord la diference, & nous trouverons les „ Latines froides & languissantes , & toutes leurs gra- „ ces obscurcies par l’eclat, & par les fines raille- „ "es des Gréques. Nous en fimes l’aucre jour l’é- 3, preuve, en lisant le Plocim de Cacilius : II plût à s, toute la compagnie. Mais aïant pris le Plotius de „ Menandre que Cacilius avoit presque entièrement „ traduit, grands Dieux ! Cacilius nous parut fi froid 9 , & fi languissant , que nous n’y reconnûmes aucun 5, trait de Menandre : nous en fîmes le même cas que „ 1 on a acoutume de faire des armes de Diomedes, & de cesses de Clauctu. Nous tombâmes ensuite dans cet TRA „ endroit où un vieillard fe plaint d’avoîr été contraint „ de vendre son esclave qui étoit jeune & assez jolie, „ pour apaiser la jalousie de sa femme vieille, mais „ riche : nous reconnûmes une diference si sensible, „ qu’il ne faut que comparer le Grec avec le Latin , ,, pour en être convaincu. En éfet, on y voit que ce ,, que Menandre a de plus agréable &de plus juste, „ a été omis par Cacilius, qui n’aïant pas osé entre- ,, prendre d’imiter ce que Menandre a dit agreable- „ ment fur la vieillesse, il a rempli le vuide de fades „ railleries. ” Ce même Auteur, liv. 9. cb. 9. a remarqué que Virgile n’a pas osé toucher à certaines expressions délicates de Théocrite pour les transporter dans ses Bucoliques , prévoïant bien que s’il vouloir les tirer de leur place avec violence, elles perdroient par les chemins tout leur agrément. Du Bellay s’y déclare hautement contre la traduction , dans son Illuíìra- tionde la Langue Françoise, cb. ç. où il prétend prou- ver si clairement l’inutililé des traductions, que,, nul „ ne voudra contredire , s’il n’est manifeste calomnia- „ teur de la vérité, d’autant que chaque Langue a „ je ne fçai quoi propre feulement a elle, dont íì „ vous efforcez exprimer le naïf en une autre Langue, „ observant la loi de traduire, qui estn’espacier point „ hors des limites de l’Auteur, vostre diction fera „ contrainte, froide & de mauvaise grâce ; &qu’aînll „ soit qu’on me lise un Demosthene & Homere Latins, „ un Cicéron & Virgile François, pour voir s’il s vous „ engendreront telles affections, vous , ainsi qu’un „ Protée, vous transformeront en diverses fortes, „ comme vous sentez lîfans Auteurs en leurs Langues; ,, il vous semblera passer de l’ardente montagne d’Et- „ na sur le froid sommet du Caucase. ” Nous pensons aujourd’hui de la même maniéré fur la traduction ; & tout le monde convient, avec Mr. de Maucroix écrivant à Air. Dépreaux, qu’elle ne conduit point à l’immortalité. Mais il faut avouer qu’elle est utile aux ignorans , & souvent de quelque secours même aux savans, à qui elle épargne la peine de chercher à s’éclaircir des doutes qui fe présentent souvent, encore doivent-ils se défier de la fidélité des traducteurs qui fe trompent les premiers. Muret nous en fournit un exemple dans ses Lcfíures diverses, liv. 13. chap. 12. où il raconte la bévue d’un homme qui avoit quelque connoissance des belles Lettres, & qui croioit que le terme qu’il avoit trouvé dans Plutarque, fignifioit le phénix fabuleux, mais qu’il croioit véritable , & il ne pouvoit comprendre pourquoi la moële du cerveau de cet animal caufoit des maux de tête , quoique l’on convint qu’elle étoit douce. Sa surprise eût cessé s’il avoit apris que le mot Grec signifie un palmier, dont le suc, quoique doux au goût, monte au cerveau , & y cause de la douleur. II ne faut donc pas condanner absolument les traductions ; mais on doit s’en servir avec précaution. Les Réteurs'mous ont donné des régies pour y travailler , & je les trouve très-bien expliquées dans la Letre gi. de S. Jérôme , où il justifie une tradition qu’il avoit faite d’une Letre que S. Epiphane écrivit à Jean Evêque de Jérusalem. ,, J’avouë (dit-il) & je déclare hautement que ,, dans les traductions que je fais de Grec en Latin , ,, je ne m’aplique qu’à bien rendre le sens de l’Auteur, ,, fans m’atacher scrupuleusement aux paroles, ex- „ cepté dans la traduction de l’Ecriture Sainte, qui, ,, jusques à l’arrangement des mots, renferme quelque „ mistere. Je fuis en cela l’exemple de Cicéron, qui „ a traduit le Dialogue de Platon intitulé Protagorus, „ & les deux belles Oraisons que Demosthéne & Eschi- ,, nés ont fait l’un contre l’autre, &c. ” Je me fais violence, en me contentant de raporter ici ce lambeau de la Letre , qui contient une instruction admirable fur la traduction : mais fa longueur ne convient point à de simples additions. J’invite seulement le Lecteur à lire la Letre de ce grand Docteur toute entière ; je lui réponds qu’il fera pleinement instruit des régies de la traduction, dont la principale est celle- ci , qu’Horace nous a laissée dans son Art Poétique : Nec verbum verbo curabit reddere,fidui Inter prés. La Version du nouveau Testament de Mons , est aprouvée. Celle du P. Bouhours est trop galante, il y a fait parler le Saint Esprit à la mode, & c’est avec raison que Mr. Simon l’a critiqué. TRA- TR A TRADUIRE -, v. a. [ Scriptionem ad verbum expri- ííieyc. J Je traduis. J ai traduit. Je traduisis. J c traduirai. Je traduise. Je traduisis}, traduirais, traduisant. C’est ordinairement tourner en une langue diférente de celle où ce qu’on traduit est écrit. ( 11 se croit un grand homme pour être le cinquantième Traducteur d’Horace, & avoir traduit en autre François le François du bon homme Moniteur de Maroles.) TRADUIRE , v. n. f Traducere , in jus ducere. ] Terme de salais. (Test obliger fa partie à aller plaider à un autre tribunal que celui où l’on plaidoit. ( 11 l’a traduit au Parlement de Rouen. II a traduit fa partie de Juridiction en Juridiction. ) * Se traduire en ridicule , Molière, Critique de ÎE~ cale des femmes. £ Sese in ara horninum traducerest C’est-à-dire , fe tourner en ridicule. TRADUIT , traduite , adj. f Liber versus. ] Livre traduit. Instance traduite au Conseil. [Injiantia in jus dus la. J TRAFIC if. m. £ Commercium , negotiatio , mer» catus. J 11 vient de l’italien trajfice , qui a été pris de I’Arabe. Ce mot se dit en pariant de marchands U de marchandises , & veut dire Commerce. 'Négoce. ( Faire un grand trafic. Se mettre dans le trafic. ) II fait trafic de tout. ) TRAFIC, f Collatio bonorum Ecclejìa in quefium. J Ce mot sc dit en parlant de bénéfices, mais abusivement. (Faire trafic de bénéfices, Pasc. I. 6 . Troquer & vendre des bénéfices , ce qui est assez ordinaire dans le joli tems qui court, & qui est fort honteux.) * Faire trafic de réputation. Molière , Critique de f Ecole des femmes, f Famam habere venalem. J C’est- à-dire, faire commerce de réputation. Rendre louange pour louange. Donner de la réputation à ceux qui nous en donnent. Donner encens pour encens. TRAFIQUANT, f Negociator. ] Un négotiant. Monsieur tel est un des meilleurs trafiquans de Lion. [Ne- gotiâtor. J TRAFIQUER, v. n. f Mercaturam facere, negotiari.J Faire Commerce. Faire négoce. Faire trafic. (Trafiquer de toutes fortes de marchandises. ) TRAFIQUER se dit aussi figurément. ( On trafique de la vertu , de l’amour, tout est à vendre parmi les hommes. La Bruy. * Le vil amour du gain fouilla tous les écrits , Et par tout enfantant mille ouvrages frivoles , Trafiqua du discours Çfi vendit les paroles. Defpreaux, Poétique, chant, 4. ) * TRAFIQUEUR , f. m. Celui qui trafique. TRAGACANTE , f m. £ Gummi fiecies. ] Espèce de gomme qu’on apelle autrement gomme adragante. On donne le même nom à une plante qu’on apelle autrement barbe-renard , ou épine de bouc. TRAGEDIE , f f. r Tragadia. ) Mot qui vient du Grec. C’est une forte de poème qui represcnte une action grave , complette & juste dans fa grandeur, & qui par Limitation réelle de quelque illustre infortune excitant la terreur , ou la pitié, ou toutes les deux ensemble, instruit agréablement les spectateurs. Aristote, poétique, c. 6 . (Les tragédies de Sophocle & d’Euripide font belles. Denis le tiran aïant fait une tragédie ridicule, punit cruellement Philoxene pour s’en être raillé. Abl. Luc. ) (f Le mot Tragédie est composé , selon quelques- uns, deTpaT/©* & de óV'h , ce qui signifie le chant du bouc-, parce qu’après les Jeux où l’on réprésentoit les poèmes dramatiques, on donnoit un bouc au Poète qui avoit bien réussi. C’est ce qu’Horace a voulu marquer par ce vers dans son Art Poétique. Carmine qui tragico vilem certavit ob hircum. Selon quelques autres, ce terme est dérivé de fpo>© qui est Mamurca des Latins , & qui signifie en notre langue le marc de la vieille huile dont les premiers Comédiens se barboûilloient le visage avant que le Poète Eschyle eût inventé les masques. Horace en a tait mention dans son Art Poétique : Qua canerent, agerentque perunfíi f.’acibus or a. es principales parties de la Tragédie font la Fable,, les meurs, les sent! mens, le langage, 1 apareil d u Thea- e; on peut ajouter la simphome ; mats elle n est as une des parties essentielles dupoeme dramatique, a fable, dit Mr. de la Menard.ere , ch.. 4.■ deiact oe que) contient Faction que lePoete doit imiter, cet TRA 627 te action est acompagnée par des mœurs qui lui conviennent , ces mœurs causent des sentimens qui leur font proportionnez, (/ajustement du Théâtre & les charmes de la Musique relevent admirablement la grâce de tout le spectacle. II faut observer que toutes ces choses font apellées parties de qualité. 11 y en a d’autres qui sont parties de quantité, & qui concernent principalement la durée du poème , J’explique- rai chaque chose dans fa place. * TRAGEDIE. £TragediaJ Ce mot entre dans quelques façons de parler figurées. Exemple. ( La fortune joué des tragédies dans tous les endroits de FEu- rope. Voit. I. C’est-à-dire que la fortune est cause de plusieurs actions funestes dans tous les endroits de l’Europe. ) TRAGI-COMEDIE, f.s. £Tragi-comadia .] C’est une tragédie dont la fin est heureuse. On croit que le Poète Garnier a introduit le premier dans notre langue le mot de tragi-comedie, mais inutilement , parce que tragédie & tragi-comedie est la même chose , & la tragédie qui finit par quelque mort n’est pas plus tragédie que celle qui finit par la joie. En éfet de dix- neuf tragédies qui nous restent d’Euripide, la plupart finissent heureusement. Pratique du téâtre, liv. c. 10. On dit aussi tragicomique. La Tragi-comedie a été inconnue aux Grecs & aux Latins. 11 est vrai que Plante a intitulé son Amphi- trion de tragi-comadia : mais il est le seul qui fe soit servi de ce titre parmi les Latins ; ensorte que ( selon Mr. l’Abé d’Aubignac ) ,, c’est un terme à qui Plante „ a donné la naissance , & que personne n’a voulu de- ,, puis adopter, étant resté comme mort dans son „ berceau long-tems avant la mort de la Langue La- ,, tine; ” & quand d’autres s’en scroient servi après lui dans le sens qu’il l’emploïe , cela ne pourroit autoriser le mot de tragi-comedie , comme on l’entend maintenant: au contraire c’est ce qui montreroitla la fausseté de sa signification , & le mauvais usage que nous en faisons. On dit que parmi nous, Garnier est le premier qui s’en soit servi, ayant donné à fa Bra- dramante le titre de Tragi-comédie. II a été suivi par plusieurs Poètes : mais depuis ce tems, on ne connoit fur notre théâtre que la tragédie & la comédie. f TRAGI-COMIQUE , adj. On le dit dans le stile familier, d’un accident fâcheux qui tient du comique. ( Voilà une avanture tragi comique. ) TRAGIQUE, adj. [ Tragicm. ] Ce mot fe disant des paroles & du stile , veut dire élevé, sublime, touchant & qui sent la tragédie. ( Us avoient l'esprit plein de termes tragiques & ampoulez. Ablanc. Luc. tom. 1. Quite ce langage tragique , & met bas le co- turne. Abl. Luc. ) TRAGIQUE, adj. [ Po'éta tragicus. ] Ce mot sc disant des Poètes, veut dire qui fait des tragédies. (Les anciens Poètes tragiques les plus fameux ce sont Ef- quile , Euripide , Sophocle , qui ont fait des tragédies Greques, & parmi les Lâtins le plus célébré Poète tragique c’est Seneque qu’on ne croit pas fort régulier.) TRAGIQJJE , adj. [ Tragadiarum aflor. ] 11 se dit aussi des personnages des pièces de téâtre, & il veut dire, personnage qui est de l’intrigue de Faction de la pièce. ( Les personnages tragiques se doivent regarder d’un autre œil. Racine Bajazet, préface. ) TRAGIQUE. [Tragicunt.'] Se prend aussi substantivement pour le genre tragique. (Ce Poétejs’aplique au tragique & ne réussit pas dans le comique. Acad. Frangé) * TRAGIQUE. [ Funejlus , infelix. ] Funeste. Fâcheux. ( Que les riches ont de tragiques succès 1 Gomb, Ep. I. 2. Avanture tragique. Ablanc. * On fait de cent Auteurs f avanture tragique , Et Gombaud tant loué garde encor la boutique. Defpr. Poët. c. 4. ) TRAGIQUEMENT , adv. [ Tragicè , funeste. ] D’u- ne maniéré tragique. ( II est mort tragiquement. ) TRAGIUM , T »*• [ Tragium. ] Nom de plante qui est astringente, & propre pour la dissenterie. Quelques-uns croient que c’est le dictame blanc. TRAGORICANUM , f m. [ Tragorigaxum. ] Arbre semblable au serpolet sauvage, que Mr. Tourne- fort met parmi les espèces de crapaudines. TRAGOS , f f Nom qu’on donne à deux arbrisseaux qu’on apelle autrement raisin de mer. T, TRAGUM, s t m. Espèce de Kali qui est empreinte d’un soc salé. Elle croît aux lieux maritimes Tome III. K k k k % dans 628 TRA dans les pais chauds. Elle est fort aperitive , propre pour la pierre & pour ia gravelle. TRAHIR i v. a. [ Prodere. ] User de trahison à Regard d'une ou de plusieurs personnes, à l’égard de son pais. Faire semblant d’aimer & de servir, & faire secrètement le contraire. Vendre. 11 est honteux de trahir son pais. Ablancourt. On n’est pas digne de vivre quand on a l’ame assez basse pour trahir un ami. C’eft un coquin de Procureur qui trahit ses parties. Ablanc. Luc. S’il eji pour trahir des ejjrits assez bas , Ma vertu pour le moins ne me trahira pas. Corneille. ) * TRAHIR. Ce mot entre dans plusieurs faqons de parler figurées. ( Trahir ses intérêts. Ablanc. Cest aler contre ses intérêts. Trahir ses sentiments. [ AffeHus abscondere. ] C’est ne pas dire ses scptimens, dire le contraire de ce qu’on pense. Trahir son cœur. [ Cor prodere. ] C’est déguiser ses véritables pensées. Trahir la vérité. [ Veritatem prodere. ] C’est ne pas dire la vérité, c’est la celer, Trahir sa gloire. Abl. Luc. tom. 2. C’est faire quelque chose qui ne répond point a la beauté des actions qu’on a faites. Trahir les espérances de quelcun. [ Aliquem sallere. ] C’est ne répondre pas aux espérances de la personne qui atendoit quelque chose d’un autre. ) f * TRAHIR le secret de quelcun. C’est reveler le secret de quelcun à mauvaise intention. Se trahir , v. r. [ Seipsum proscribere. ] Se faire une trahison à soi-même. C’est en mal user à l’égard de soi-même. 11 a tant parlé de son dessein qu’il s’est trahi lui-même. C’est se trahir soi-même que de se conduire de la forte. ) TRAHISO , s f. [Proditio , perfidia. ] Fourbe & tromperie qu’on fait à une ou plusieurs personnes qui se fient en nous. (Trahison honteuse , noire , infâme. La trahison est indigne d’un honnête homme , & il n’y a qu’une ame basse qui en soit capable. Détester la trahison. Avoir la trahison en horreur. On fait plus souvent des trahisons par foibiesse, que par dessein formé de trahir. Les finesses & les trahisons ne viennent que de manque d’habileté. Mémoires de Mr. de la Rochefoucaut. ) ^ Haute trahison. On apelle ainsi , en parlant des afaires d’Angleterre, le crime de leze Majesté, & l’en- treprise contre les loix de la patrie. ( Ce Seigneur est accusé de haute trahison. ) s§ La trahison a toújous été très-odieuse. On s’en rend coupable en diférentes manières , qui fontrapor- tées fous le titre du Digeste ad L. Juliam Majejìatis. La mort & la confiscation des biens , font la punition ordinaire des traîtres. L. s- cod. eod. Romulus per- mettoit de les tuer impunément. Tullus Hojii/ius fit tirer à quatre chevaux. Sufsefíius Metius. convaincu de ce crime , comme nous l’aprenons de Tite-Live, liv. I. & d’Ovide, lib. i. trifì. el. ;. Sic doluit Metius, tune cum in contraria versos Ultores habuit prodìtionU equos. En trahison, adv. [ Ex ìnsidìk. ] En traître, & fans que la personne qu’on ataque se donne de garde. (Je vous dis qu’on peut tuer en cachette , & de là vous concluez qu’on peut tuer en trahison. Pascal, l. q. ) TRAIÇTOIRE, OU Trefloire,s. f. V diezTraitoire. TRAJET , s m. C Trajecíus, fretum. ] C’est un bras de mer. (Le trajet de Calais à Douvre, qui n’est que de sept lieues, & fort connu. Passer un trajet. ) f * TRAJET. C Spatium , transitas , commeatus. J Mot burlesque pour dire Chemin Traite. (Paris est étrangement grand, & il faut faire de longs trajets quand la pratique donne un peu. Molière, Amour Médecin, aU. 2. J'c. ;. ) t TRAJETTER , v. n. [ Transfretare. ] Ce mot, pour dire passer un trajet, n’est pas en usage. (Tra- jetter se Rhin , dites passer le Rhin. ) TRAIN , f m. f Comitatus , famulatus, servorum grex. ] _ Suite de quelque Seigneur. (Son train est beau. Son train est leste. Son train est superbe,& magnifique. Avoir un beau train. Et pourquoi cette épargne enfin ? l’ignores tu, Afin qu’un heritier bien nourri , bien vêtu, Profitant f un trésor entes mains inutile Te son train quelque jour embarrasse la Ville. Despr. ) ■" TRAIN. [ Navigiorum cougmentatio. J Ce mot se dit en parlant de bateaux, C’eft une suite de bateaux à la TRA queue les uns des autres. ( Un grand train de bateaux. Remonter un train de bateaux. ) TRAIN. [ Traba rates. ] Ce mot sc dit en parlant de bois floté. Ce font environ cinquante cordes de bois qu’on met fur une riviere navigable, & dont on arrange & lie de telle forte les bûches & les rondins les uns auprès des autres, & les uns au bout des autres , que cela fait quelquefois trente piez de large fur quatre - vingts de long ou environ , que conduisent trois ou quatre hommes avec des avirons. Un train de bois montant. Un train de bois avalant. Le bois de ce train ne vaut rien. ) TRAIN. [ Incedendi modus. J Ce mot en parlant de cheval. C’est l’alûre d’un cheval. C’est le pas d’un cheval. (Cheval qui a un bon train. Cheval qui va bon train.) Aler un grand train. sCitato gradu properare .] C’est aller vite & faire de grandes journées. ) TRAIN. [ Prior pars, posierior pars.] Ce mot en parlant de cheval se dit en un autre sens. (Le train de devant d’un cheval, ce font les épaules & les jambes de devant d’un cheval. Le train de derriere d’un cheval , ce sont les hanches & les jambes de derriere du cheval le train de devant de ce cheval est foible. ) TRAIN. [ Rbedœpars anterior, pojierior. ] Ce mot sc dit en parlant de Carojje. C’est le devant, ou le derriere d u carosse. ( Le train de devant d u caresse est rompu. train de derriere s’est brise en versant. ) $ TRAIN d’artillerie. On apelle ainsi tout l’attirail nécessaire pour servir l’artillerie. TRAIN de presse. [ Preli insiruflus , pars pojierior, pojiica. J Terme d’Imprimerie. C’est le cosse, le marbre , le timpan , le chevalet, le rouleau & le pié de la presse. ( Un bon train de presse. On dit aussi le tram du moulin , &c. ) * TRAIN. C Accingi ad rem altquam, attention anima terri, j Ce mot au figuré se dit des personnes & des choses qui les regardent, & a divers sens. (Le bon Pere étoit si en train qu’on lui eut fiait tort de l’arrêter. Pascal. I. q. C’est-à-dire, le bon Pere prenoit tant de plaisir à cauj'er que. Jen’eus pas peine a mettre le bon Père en train. Pascal, l. 5. C’est-à-dire , il me fut aise d’obliger le bon Père à ce que je voulus. Vous sauriez que les Jésuites ont étési éloignez de voir leur do- firme établie que vous admireriez de la voir en si beau train. Pascal , l. 2. C’est-à-dire, de la voir dans un état si florissant, de la voir triompher. Un même train de vie déplaît. [ Non placet idem vitee cursus. J Téo- phile, Poésies. C’est-à-dire, une même maniéré de vie ennuie. II prend un certain train qui ne plait pas trop. C’est-à-dire , il prend une certaine maniéré de faire qui n’agrée pas. Savoir le train,des afàires. Laisser les choses aller leur train. Pour tout train je n’ai qu’une femme Et ma moitié dans huit enfans , Mais ils Jont chez moi si mangeant Que je croi que bien tôt ils me mangeront l’amt. Rec. de Bouhours. ) {§ TRAIN. Maniéré , usage. Marot, dans un Rondeau , a dit : Au bon vieux tems, un train d’amour régna, Qui fans grand art & dons se demenoit. t * TRAIN. [ Lubanar. ] Ce mot sc dit à Paris pout signifier bordel qui est dans quelque logis de Bourgeois, Filles de mauvaise vie qui logent dans quelque maison & qui sont visitées de force godelureaux & autres. ( II y a du train dans notre montée. Je ne veux point de train dans mon logis. II y a un diable de train la dedans , mais on le fera bien-tòt sauter. ) Tout d’un train , adv. ( Una eademque opéra , un» tenore .J Tout de suite. Au même tems. (Je n’en pensois pas tant dire tout d’un train & tout d’une tire. Sar. Poésies. Nous irons la tout d’un train. ) En train. [ In prodnciu ejje. ] Adverbe qui se dit de la disposition à faire où à continuer quelque chose, ( C’est un gaillard qui met les autres en train. ) On apelle en fauconnerie, le train de t oiseau , son derriere ou son vol. [ Traffu> alarum .] On dit aussi faire le train à un oiseau, lors qu’on lui donne un oiseau dressé qui lui montre ce qu’il doit faire, & à quoi on le veut emploier. î Boute en train. C’eft dans le stile bas, un homme qui excite les autres à la joie, & qui met toute la compagnie en train. TRAINANT, traînante, adj, [tìumum verrens, bu- mi TRA mi reptans, repens, ] Qui traîne. ( Queue traînante. Aile traînante. Pique traînante.) * Mener une vie tramante & languissante. C Vitam agram ducere.) Cela se dit lors qu’il y a un pcud’es- perance qu’une personne recouvre la santé.) f * TRAINANT, se dit d’un discours, d’un stile languissant & foible, ou on ne dit que peu de chose en beaucoup de paroles. On apelle auffi, voix traînante , une voix foible & lente. TRAINASSE ,sf. [ Poiygonum.) C’est une forte d’her- be qui a plusieurs branches & plusieurs petites feuilles, & qui croît au bout des sillons. On l’apelle trainajse , parce qu’elle traîne & qu’elle est comme couchée fur la terre. (Arracher de la traînasse. La traînasse est bonne pour les poulains , car elle les fait devenir gras lors qu’ils en mangent. La traînasse rafraîchit là plante des piés, quand on en met dans ses souliés, après avoir bien marché. On nourrit de traînasse les lapins de clapier, car ils en font friands.) TRAINE, s s [Funìculus penjìiis.) Terme de Mer. Menue corde où les matelots & les soldats attachent leur linge, pour le laisser traîner à la mer, & le blanchir par ce moien. TRAINE , s. f. [ Rudentorium.) Terme de Cordier. Ce font deux petits chameaux de mui qui font joints ensemble par de petits bâtons & qui servent à tenir la corde lors qu’on cable. (II faut une autre traîne pour câbler.) 4 TRAÎNE, se dit des perdreaux qui ne peuvent pas encore voler. (Ces perdreaux font en traîne.) On dit aussi qu’un bateau est à la traîne, c’est-à-dire, qu’il est traîné par un autre. TRAINEAU , s. m. [Twk,] Sorte d’assemblage de bois propre à porter les fardeaux. On les apelle traîneaux, parce qu’ordinairement ils n’ont point de roués & qu’on les traîne. (Un bon traîneau.) TRAINEAU. ['Trahavehicularis.] Ce mot en parlant de traîneaux d’Alemagne & de quelques autres pays Fort froids signifie une espèce de chariot où l’on peut tenir deux ou trois personnes , qui est fait d’un assemblage de petites pièces de bois, qui est fans roués, mais qui a deux limons, où l'on atelle un cheval pour tirer cette petite voiture qui ne sert que pour aller sur la glace & sur la nége avec quelque sorte de plaisir. (Un beau traîneau. Un joli traîneau. Un traîneau bien fait. Les traîneaux des personnes de qualité font peints ou dorés, & ne font pas si grands que les traîneaux ordinaires. 1 TRAINEAUX. [Trìbula.) Etoit anciennement une tnachine qu’on faisoit passer sur le bled , avant susage des fléaux, pour en faire sortir le grain. TRAINEAUX. [Tragula.] Terme d 'Oiselier. C’est tine forte de filet bien délié dont on se sert pour prendre les perdrix. (Tendre un traîneau. ) TRAINEAUX. [Retia .] Terme de Mer. Ce sontdes instrumens de pêche qui font défendus. Fournier. TRAINE'E, s /. [Nitrati puherií duHw.) Une lotigue amorce de poudre qu’on met auprès de la lumière d’un pétard ou d’une boite pour tirer le pétard, ou la boite. (Mettre le feu à la traînée. Faire une traînée. ) TRAINE'E. [ Traînes .] 11 se dit des choses qu’on seme , qui sont tombées dans un chemin , ainsi le blé tombant peu à peu d’un sac que l’on porte , il se fait sur la terre une traînée de blé, ou d’autres choses semblables. Une traînée de fable. On le dit aussi en termes de Blason. TRAINE’E. [Ferasemita.) Se dit des bêtes fauves , qui laissent une traînée de corpuscules qui fait que les chiens les suivent à la trace. Le Soleil répand d’une planète à l’autre de longues traînées de lumière. Fontanelle.) TRAINE'E. [Centinodia.J C’est une forte de petite herbe qui traîne par terre qui vient le long des grands chemins & dans les blés. (Arracher de la traînée.) Yoïez Trainajse. t§ TRAINE-GAINE. Vieux mot, dont l’ufage n’est pas entierement perdu. On apelle en province ínÙKe- gaine, une personne qui agit lentement, un fainéant. Du tems de Coquillard , on donnoit ce nom a certains faineans que l’on voioit fur le pave avec une e- pée fans s’ocuperà rien. Tramer la gaine , est porter l’épée fans titre , & dans une perpétuelle oisiveté. TRAÏNE-POTENCE ,s m. [Furciser ,] Mot burlesque qui se dit des gens qui en engagent u autres dans TRA 629 un parti où la potence est à craindre ; & qui ne sent pas assez forts pour les en délivrer. TRAINER , v. a. [Trahere , at trahere.) Tirer u- ne chose tant de force qu’on la fasse venir à soi. Tirer & mener derriere soi. ( Les chevaux traînent le chariot. Traîner quelque chose à force de bras. Traîner un criminel fur la claie.) * TRAINER , v. a. [Secum ducere.) A tirer. Faire venir. {Cotin à ses Sermons traînant toute ta terre , Fend les sots d’auditeurs pour monter à la cbairè. Despr. Sat. 9 .) * TRAINER, v. a. lin sérum rem trahere.) Prolonger. (Les Procureurs font des animaux qui traînent les a- faires afin de consumer en frais leurs pauvres parties. On dit aussi fort bien dans un sens neutre. Les Procureurs font malicieusement traîner les affaires.) * TRAINER , v. n. [In longius ducere .] Ce mot se dit d’afaires & autres pareilles choses , & signifie. Durer fans se faire. Demeurer, ou être long-tems fans se conclure. ( Cette afaire traîne trop. Son mariage traîne long-tems.) TRAINER, v. a. [Demorari.) Faire atendre long-tems Une personne avant que de rien faire pour elle. Amuser une personne par de vaines promeffes.il m’a traîné long- tems, mais enfin j’ai ouvert les yeux, & aiant connu que c’étoit un fourbe , je l’ai planté là pour reverdir.) TRAINER, v. a. [Verba trahere .] Ce mot se disant de gens qui parlent, veut dite parler lentement. (Traîner ses paroles.) TRAÎNER, v. a. [Vitam languìdam trahere.) Etre en mauvaise santé. Mener une vie languissante. (II y a long-tems qu’il traîne & on croit qu’il n’ira pas loin.) * TRAINER , v. a. [Languentem ftihim habere .] Ce mot se dit du stile. C’est être languissant. (Son stile traîne. ) Se traîner , v. r. [Repere, ferpere.) Aller par terre. Marcher par terre. {11 se traîna sans bruit au travers des buissons , Pour ouir de plus près de Ji douces chansons. La Latie , Eglogues.) TRAINER. Etre négligé, n’être pas ferré, quand on parle de ce qu’on laisse dans les ordures. La chambre de cet homme sqavant est si mal propre que seSÎi- vres traînent de tous côtés. [Jacent libriin sordibús .) TRAINEUR d’épée, f. m. [Machœrophorus.) Celui qui porte fepée & ne va point à la guerre. (Elle a épousé un traineur d’épée.) Ce mot est un terme de mépris. H TRAINEUR, sc dit aussi des soldats qui ne marchent pas avec leur corps , & qui demeurent derriere pour a- voir ocaíìon de piller. (On doit châtier les traineurs. 4 TRAINEUR, se dit, en termes de Chase , d’un chien qui ne fuit pas le gros de la meute. TRAION,/- m - [Papìlìa.) Terme de Laitière. Petit morceau de chair rond , long d’environ un doigt, qui est pendant au pis d’une vache, d’une chèvre, & de quelques autres bêtes à pis , & qui est comme une espèce de conduit, ou de canal qu’on tire pour faire venir le lait. (Preparer les traions d’une vache. Tenir les traions d’une vache pour la traire. Gros traion. Petit traion. Tirer le traion d’une chèvre.) TRAIRE 1 t>. a. [Palmk ubera prejfare , mulgere .] Je trais, tu trais, il trait, nom traions , vous traìez, ils traient. Je traiois, f ai trait. Je trairai, que je traie, je trairais, que j’ai trait. Traiant. C’est prendre le traion de la vache & en faire sortir le lait en tirant le traion. Le mot de traire au même sens se dit auffi deS chèvres , & des ânesses. (Traire une vache. Traire une ânesse, une chevre , &c. Phillis est l’objet charmant Qui tient mon cœur à Rattache , Et je devinsson amant. La votant traire une vache. Mol. ) TRAIT, parti. pajs. de traire. TRAIT,/ m - [ Sagitta .] Dard. (Faire avanceríes gens de trait. Ablancourt, Arr. Etre à la portée d u trait. Etre hors de la portée du trait. On commença à tirer des traits de tous côtés fur les fantassins. Vaugelas , Qjant. C. I. 8 - eh. 14 .) TRAIT. [Oris dufim linéament a.) Ce mot se dit entre Peintres. Exemple. {Marquer les premiers traits d’un visage. C’est-à-dire, n’en marquer que les contours.) * TRAIT. [Vultm.) Ce mot en pariant du corps & K. k kk $ du v 630 TRA dévisage signifie Partie. (Traits du visage fins & délicats. Ablancourt, Luc. La nature emploiases plus riches trésors A vous formr les traits du visage & du corps. Voilure, Poésies.) * TRAIT. [Haujìus.] Ce mot ou figuré a encore divers sens. Exemples. (Je m’en umine le museau De ce trait que je bois Jans eau. C’est-à-dire, je me rougi le nez de ce coup que je bois fins y mettre de Peau. II I avale d’un trait, chacun P imitant La cruche au large ventre ejì vuide en un infant. Despr. Je ne vous dirai que ce trait de notre célébré Moli- na. Pascal, i. 6. C’est-à-dire, je ne vous raporterai que ce passage de Molina. Volez Pascal, lettre 6. in quarto, page g. vers la fin. [Locus petitus.] Voici les prémiers traits de la Morale des Jésuites. Pascal, l. 5. C’est-à-dire, voici les prémiers craïons , voici une le- gere description de la Morale des bons Peres. Voïez Pascal, /. commencement. Cet traits de raillerie a- nimoient les soldats. Vaugelas, Quint. I. 4. ch. 2. [Scommata.] C’est-à-dire, ces mots de raillerie. N’al- lons point nous apliquer \es traits d’une censure générale. Molière, Critique de VEcole des Femmes , art. 2. sc. 4. C’est-à-dire, ne nous apliquons point les mots de railleries , ni les plaisanteries d’une censure gene- rale. On n’a qu’à suivre les traits d’une imagination qui se donne l’essor. Molière. C’est-à-dire, on n’a qu’à suivre le feu d’une imagination qui s’égare. Ce trait fi prévenant de générosité Doit étouffer en moi toute animosité. Mol. C’est un trait d’humilité bien-seant à un grand homme. Pascal, liv. 7. Par un trait de prudence J’ai demeuré pour toi dans un humble silence. Despreaux, Poésies.) TRAIT. [TraHus.J Terme d’Eglise. C’est un Pscau- me qui au lien de l’alleluia se chante après le graduel depuis la Septuagesime jusques à Pâques. (Chanter le trait.) Ce trait est diffèrent des Répons, en ce qu’il se chante tout seul, & que personne n’y répond. C’est au reste un chant lent & lugubre qui represente les larmes des Saints , & les soupirs qu’ils pouffent du fond de leur poitrine en signe de penitence, & est ainsi nommé, quia traHim canitur. Du Cange. TRAIT. [ Treffelarum ductus. ) Terme de Blason. C’est une ligne qui partage l’écu, qui prend depuis le haut jusques au bas & qui sert à faire des divers quartiers. ( Ecu parti d’un & coudé de deux traits. Col. ch. F. ) TRAIT. [ l.inea calamo dufía.] Terme de Maître à écrire. CYst une ligne faite legerement avec la plume par un maître à écrire. (Un beau trait. Faire des traits autour des exemples. TRAIT. [ Lorum duBile.] Laisse qui sert à conduire des chiens à la chasse. On dit qu’un lévrier bande fur le trait, lors qu’étant près de la posée du cerf il foit effort pour s’avancer de ce côté-là. TRAIT ou train de bateaux. Quand il y a plusieurs bateaux vuides atachés ensemble qui remontent la rivière. [Nuvium coharentium duBm.] * TRAITS. Charmes qui touchent le cœur, & qui inspirent de l’amour. Cupidon m’a percé de ses traits empoisonnés. (Peut être que jamais Vamour n’a contre un caur émouffé tant de traits. Desh.) TRAIT. Terme de Jeu d!échecs. [TraBus.] Avantage qu’on donne à une partie de jouer le prémier un pion, de l’avancer d’une ou de deux cases. (Vous jouez aussi bien que moi, je ne puis vous donner que le trait. TRAIT. [Descriptio.] Figurément, est pris pour la peinture qu on fait de la conduite d’une personne, (J ai reconnu mon homme à ce trait. La nature seconde en bizarres portraits, Dam chaque ame est marquée à de differens traits. JJelpr.) TRA TRAIT. [ IHus.] Terme d 'Estrapade. (On a donné un second trait à ce soldat. On dit aussi à la question, qu’on a donné lin second trait de corde à ce patient.) TRAIT. [Acutè diBum .] Saillie d’imagination. (L’aw sçait d’un trait plaisant aiguiser f épigramme. Despr.) TRAIT. [Aurum ductile.'] Terme de Tireur d’or, C’est de l’or, ou de l’argent tiré & passé par les filières. (Voilà du trait. Faire du trait.) TRAIT de scie. Terme de Scieur. C’est-à-dire, coupe de scie. TRAIT. ['Arssecandorum lapidum.] Terme de Ma- çon U de tailleur de pierre. C’est l’art de tracer & de couper les pierres. (Savoir le trait.) TRAIT .[Helciarius funit.] Terme de Bourrelier & de Cocher. Ce font plusieurs morceaux de cuir larges d’en- viron trois doigts que le bourelier plie & coud ensemble L dont on enharnache les chevaux pour tirer quelque coche, ou carosse. (II faut d’autres traits, les nôtres ne valent plus rien.) TRAIT. [Lorum duBarium .] Terme de Chartier. Corde au travers de laquelle on passe un fourreau, & qui tient de part & d’autre au colet du cheval pour le faire tirer. (Couper les traits des chevaux.) TRAIT. [DuBile .J Ce mot est adjeBif & fe dit parmi les tireurs d’or au masculin seulement. C’est-à-dire, tiré 0 ? passé par les filières. (Or trait, argent trait.) TRAITABLE, adj. [Commodui , facilis.] Ce mot fe dit des personnes, & signifie celui ou celle avec qui on peut traiter. Convenir , s’acorder. Faire quelque acord. (C’est un homme fort traitable. Quand les banquiers font civils , honnêtes & traitables , il faut qu’ils sentent du profit.) Il faut parmi le monde une vertu traitable, A force de sagesse on peut être blâmable. Mol. ) TRAITABLE. [DuBilis.] Ductile. Maniable. Qu’on peut aisément mettre en œuvre. L’or est le plus traitable de tous les métaux. TRAITABLE. [ Medicabilis .] Etre en état d’être traité & pancé. (Ce malade n’est pas traitable , à cause de fa grande foiblesse.) TRAITANT. [Traitant , differens , excipient.] Participe qui veut dire. Parlant. Discourant. Régalant. (Aristote traitant de l’ame , dit que traitant un jour ses amis, il leur dit que.) TRAITANT, s. m. [VeBìgalium Redemptor.] Celui qui fait un traité avec le Roi pour les fermes. (Du débris des Traitons ton épargne grossie. Dejjireaux, Epit. 1. au Roi. C’est l’un des plus riches Traitons. Scache quelle Province enrichit les Traitons. Despr. ) TRAITE', traitée , adj. [TraHatus, exceptus , Ue.J Débatu. Disputé. Régalé. Reqû. ( Question traitée à fond. Ami bien traité. Personne bien traitée de tous les partis.) TRAITE’, f. m. [Conventum , pacîum , pactio.] A- cord. Conventions qui sc font entre Rois , Princes & Etats, pour l’interét de leurs sujets, pour la paix, ou pour le commerce. Sorte de contrat qui sc fait entre particuliers, où l’on s’oblige respectivement les uns envers les autres. (Faire un traité. Le traité de paix a été conclu à Nimégue le 10. d’Aoút 1678. entre la France & les Etats Généraux. Arrrêter un traité , signer un traité de paix & de commerce, ou de navigation. Ratifier un traité. Le traité des Pirenées se fit en 1660.) TRAITE'. [TraHatus, distutatio.] Raisonnement. Discours fur quelque art, ou science. (Messieurs San- son ont fait de beaux traités de Géographie. Les divers traités de Lipfe fur plusieurs choses de l’antiqui- té font fort curieux L fort savans. Tous vos écrits , tous ces savans traités Seront lus hautement fans être contejìés. Mademoif. de la Vigne, rép. à l’ornb. de Defc.) TRAITE, f. f. [Iter, via.] Etendue du chemin. (Faire de grandes traites. Ablanc. Rét. I. 2. La traite est longue. II fait ce chemin d’une feule traite.) TRAITE, j. f. [Nimia immixtio.] Terme de Mo- noyé. Ce mot comprend le scigneuriage , le brassage, & les remedes de Poids & de Loi. Voiez Monsieur BoiJJard , traité des Monoyes , où il dit tout ce qu’on peut dire de la traite. TRAITE’ TRA TRAITE, f f. [TraHatus , mercatura.J Terme de Mer. C’est un commerce entre des vaisseaux & les ha- bitans d’une côte. {Etre en traite fur une côte. On ne fait pas beaucoup de traite fur cette côte.) TRAITE. [VeHura.~\ Ce moc fe dit auílì du transport des marchandises. (On fait de grandes traites de vin de Bourdeaux en Holande, & autres pais du Nord. On a défendu la traite des blés hors du Roïaume.) TRAITE, ou traite-foraine. [Mercium extra Régnant, vel provineiam exportatio. Terme de Fermiers du Roi. C’est une forte de droit & d’imposition qui fe leve fur toutes les marchandises & denrées entrant L sortant du Roïaume, duquel droit jouit le Fermier des cinq grosses fermes. (Le Fermier des cinq grosses fermes jouira des traites & impositions, tant anciennes, domaniales , que nouvelles, qui fe levent fur toutes les marchandises & denrées entrant & sortant par les rivières de Charante, &c. Voïez le Bail des cing grojfes Fermes, art. 20;.) TRAITE domaniale. [Extra dominìum exportatio. ] C’eit une imposition qui est fur le blé , le vin, la toile, & le pastel, quand on les transporte hors du Roïaume. La traite domaniale fut établie par un Edit d’Henri III. de l’année 1577. On apelle aussi cette forte d’impôt du nom de traite foraine, & ce mot vient du Latin traflus , qui signifie paï's, contrée, région, pour marquer que les marchandises qui passent hors du Roiaume doivent un certain droit. î TRAITE. Ce ternie s’entend parmi les Taneurs, Megiiliers & Chamoiseurs, du bord du plein où ils mettent les peaux pour les préparer avec la chaux. Ainsi relever les peaux fur la traite , c’elt les retirer du plain, & les mettre égouter fur le bord. TRAITEMENT, f m. [Bonn velmala receptio.~\ La maniéré dont on use à l’égard des personnes. (Un bon traitement. Un mauvais traitement. Le traitement qu’ils nous font, est cause que nous aprehendons. Ablancourt, Tac. Je la reprens afin que je réparé Far tout ce que Vamour sent avoir de plus doux, Le traitement dur 'fj barbare Qu’elle a reçu de mon esprit jaloux. Perr. Griseld.) TRAITER, v. a. [ Curare , agrum sanarej Ce mot se dit en parlant d’un Médecin & de son malade. C’est avoir soin d’un malade, & tâcher de le tirer de sa maladie à la faveur des remedes qu’on lui ordonne. (Le Médecin qui me traite a juré fur son Hipocrate & sur son Galien que j’en serois quite pour un peu de foi blesse. Cojìar , t. 1. I. 208.) TRAITER , t>. a. [Dijserere, agere, traHare .] Raisonner. Discourir. Parler. (11 étoit d’avis que ce trop fidèle disciple fût foùeté par les mains du bourreau, lequel brûleroit les écrits de ces Peres traitant du larcin. Pascal, l. 6. Traité de l’immortalité de Pâme- Ablancourt. ) TRAITER , v. ». [ TraHare , pacisci. ] Convenir avec quelcun de certaines choses. S’acorder avec quelcun fur quelque chose. (Nous avons traité ensemble de son revenu. Traiter d’une a faire avec quelcun. II a traité de son bénéfice, ou de sa charge avec Monsieur tel.) TRAITER , v. a. [Aliquem loco inimìci baberej C’est agir à l’égard d’une personne d’une certaine maniéré. (Traiter quelcun d’ennemi. Ablanc. Rét. let. 2. II traite tout le monde de haut en bas. Vous feriez bien mieux entre nous. Sans me vouloir traiter d’égale, De vous taire £sf de filer doux. Sar. poës.) TRAITER quelcun d’ami. Ablanc. [Aliquem ut amr cum habere. ] Traiter quelcun de coquin de sot. O est agir à l’égard d’une personne d’une maniéré fâcheuse, en l’apellant sot & coquin. (On traite le Pape de Sainteté. Les Rois de Majesté. Les Princes d’Alteue.) , TRAITER. [Apparatis epulis aliquem excipere.J Régaler. (II traite peu, mais quand il fe mêle de traiter quelcun, il traite magnifiquement. Traiter iplen- didement. Traiter bien. Traiter misérablement. Ablanc. Traiter mesquinement. Traiter quelcun en amt. C’est traiter sans cérémonie & fans grand apret. Ablanc. Apo.) TRAITEUR, f- r.t. [Coquus, obfonator, caupo.J Celui qui traite par tête ou autrement. Celui qui âpre- TRA 631 te les festins qu’on lui commande, soit de noces, ou autres, & fournir tout. (Un bon traiteur. Un fameux traiteur.) TRAITOIREiT fi [TraHorium.J Instrument de Tonnelier qui sert à tirer & à allonger les cerceaux en reliant des tonneaux. II est composé d’un crochet de fer & d’un manche. TRAITRE , s m. [Proditor , infidus, perfidus .] Celui qui trahit. Perfide. Méchant. Scélérat. (Un traître Normand. Traître Anglois. C’est un insigne traître. 11 est traître à fa patrie & à son Roïaume. Vaug. A Curce, l. Z. ch. 14. * Oui, les traîtres bien.tôt fe lassent de nos feux. Et portent autre part ce qu’ils doivent chez eux. Molière.) C’est-à-dire , les infidèles. *Confole-toi, le traître n’échapera pas. Ablancourt, Luc. C’est-à-dire, le perfide.) TRAÎTRESSE,T f [Perfida.) Celle qui trahit. (U- ne infâme traîtresse. Benferade , poésies .) * TRAÎTRESSE , adj. Qui trahit. Qui surprend. Qui trompe lors qu’on s’y atend le moins. (A peine ai-je senti cette liqueur traîtresse , Que de ces vins mêlés j’ai reconnu l’adreís. Despr. ) TRAÎTREUSEMENT , adv. [Prodiìoriè, perfide.! A la maniéré d’un traître. En trahison. (II a traîtreusement tué son maître.) TRAMAIL , f tu. [Castts texti triplicis .] Terme de Pêcheur. Filet qui est propre pour pêcher , qui est composé de mailles à losange , & qu’on fait aussi long qu’on veut, mais qui ne doit ordinairement avoir que quatre piés. Un bon tramail. Pêcher avec le tramail, t * Us font prit les Flamant comme dans un tramail. Marigni, Balades.) TRAME , tréme , f. f. [Trama, fubtegmen .] Les habiles gens que j’ai consultés fur ces deux mots, disent trame , mais les couverturiers , les ferandiniers, les tapissiers, & les tisserans que j’ai vus disent tous tréme , & l’on pense que quand on parleroit comme les gens du métier on ne parleroit point mal, outre qu’slK propre , le mot de treme est plus doux que celui de trame, qui est trés-élégant & trés-usité, soit en vers, soit en prose au figuré , où l’on ne dit jamais tréme , mais trame. La tréme est du fil, de la laine , ou de la foie dividée fur un petit tuiau qu’on met dans une navette , qu’on passe au travers de la chaîne qui est montée fur le métier. (Ma tréme est perdue. Voïez tréme. * TRAME. [Visai cursus .] Ce mot pour dire la vie, est poétique, & n’entre pas d’ordinaire dans des discours de prose. ( La medecine romt plus de trames qu’elle n’en renoue. S. Evrem. in 4 .p. <539. Un seul trait fufira pour détacher mon ame , . Et coupes■ de mes jours la malheureuse trame. Habert, temple de la mort. Mars les arrêtera dans leur rapide cours , Et Cloton coupera la trame de leurs jours. Cousin, Histoire Romaine.) * TRAME. [Clandestinum constlium .2 Conjuration. Intrigue maligne. Conduite pleine d’artifice pour faire réussir quelque dessein. (La trame fe conduisoit si secrètement , qu’il ne savoit rien du danger où il étoit. Vaug. Quint. liv. r o. * Elle rompra la trame qu’elle a ourdie. Patru , 1. plaidoié.) TRAMER, trémer, v. a. [Subtegmen nere.) Devider du fil, de la laine, ou de la soie sur un petit tuiau qu’on apelle aussi tréme, lors qu’il est couvert de fil, de laine , ou de foie. Les gens de lettres que j’ai consultés disent tramer dans le propre & dans le figuré; mais ceux qui font de la toile, des couvertures & des étofes de foie, disent trémer au propre. On pense qu’il faudroit parler au propre comme les gens du métier , & au figuré comme lçs gens de lettres. Voïez trémer. * TRAMER. [Alucujus perniciem clandestine médita- ri. j Conspirer. Machiner. Imaginer & inventer. (Ua- voit tramé la plus horrible de toutes les méchancetés. Vaug. Quint. I. <;.) TRAMÒNTAIN. Voïez Ultramontain. TRAMONTANE, f. f. [Aquìlo.J Mot qui vient de l’Italien tramontana, & qui veut dire vent Septen. trional. 6 3 TR A U ^ A trional. Aquilon. Bise. Borée. I! signifie aussi l’étoile qui nous montre le pôle Arctique. Và là-dessus le Dictionnaire de la Crusca. Mais dans ces sens il ne íe dit que fort rarement en François. Ce mot signifie aussi l’école du Nord qui sert à conduire les vaisseaux. [Cynosura.] f ' TRAMONTANE. [Turbatìo.] Ce mot se dit au figuré, mais il semb'e peu usité dans le beau stile. II se dit plus dans le stile familier, & dans la conversation , que dans les beaux discours, où l’on auroit peine à le soufrir. A-t-il perdu la tramontane durant la tempête. Voituv. lett. 74. C’est-à-dire, il n’a pas été déconcerté dans les troubles, ni dans les grandes afaires. On dit tous les jours en parlant familièrement. C’est un homme qui ne perd point la tramontane . [ Mens ipjì nunquam in di- eendo ejfluit .] C’est-à-dire, qui ne perd point le jugement dans les afaires & dans les rencontres.) TRAMPE. Voïez Trempe. TRAMPER. Voïez tremper. TRANCHANT, tranchante, adj. [Acutus, peraeu- tus.] Qui tranche. Qui coupe. (Armé de haches tranchantes. Vaug. Quint. I. 3. Couteau tranchant.) Ectiìer tranchant. Voïez Ecuier. TRANCHANT,/ m. [Actes.] C’est la partie d’un outil faite pour couper. (Le tranchant de ce couteau est bien afilé.) TRANCHE', tranchée, adj. [Decujsatuf, incisus.] Terme de Blason, qui ne fe dit qu’au masculin, & qui veut dire divisé depuis le haut de l’angle droit de i’écu jusques au gauche. (11 porte tranché de fable fur argent.) TRENCHE,// íOJsula , ojsella, plagula.] Morceau coupé en long, ou en large, dans de certaines choses comme pain, lard, jambon, chair, viande & pâté. (U- ne petite tranche. Une grande tranche. Une bonne tranche. Couper une tranche de jambon. Manger une tranche de pâté. Couper une tranche.) TRANCHE. [Ojscicarnk bovin œ.] Ce mot se dit fort souvent entre Bouchers en parlant de beuf. C’est une piéce de beuf qu’on coupe en long & qu’on leve sur la cuisse, (une bonne tranche de beuf. Une grosse tranche de beuf. Saler une tranche de beuf. Cette tranche coûtera cinquante fous.) TRANCHE. [For sex, cunem .] Coin, ou ciseau dont se servent les Ouvriers en fer pour le couper quand il est chaud. TRANCHE. [Fascìola aurea.] Terme de Doreur sur cuir. C’est une petite bande d’or pour faire des bords des livres qu’on relie en veau & qu’on dore. (Faire les tranches.) TRANCHE. [SeAura.] Terme de Relieur. C’est la partie du livre qu’on coupe avec le couteau à fût & qui prend depuis la tête jusques à la queue du livre. (Cette tranche de livre n’est pas bien rognée. Jasper sur tranche. Brunir sur tranche. Jasper, brunir la tranche d’un livre. Dorer la tranche d’un livre.) TRANCHE'E, s f- [Indie.] Fosse creusée dans la terre pour faire écouler les eaux d’un marais, ou d’un pré, & pour détourner le cours d’une riviere. On a desséché beaucoup de marais en Poitou à force de faire des saignées & des tranchées. TRANCHE'E,// [Fssa vallo munìta.] Terme de Guerre. C’est une levée de terre en parapet avec un fossé du côté de l’ennemi. Gaia, Art de la Guerre , a, partie. (Ouvrir la tranchée. C’est commencer à creuser le terrain. Conduire la tranchée, hors de l’enfilade. Pousser la tranchée. Avancer cent pas de tranchée! Monter la tranchée. C’est-à-dire, monter la garde à là tranchée. Relever la tranchée. C’est-à-dire, relever la garde de la tranchée. Décendre la tranchée. C’est décen- dre la garde de la tranchée. Un tel régiment est aujourd’hui de tranchée. C’est-à-dire, doit monter la tranchée. Nettéìer la tranchée. C’est faire une vigoureuse sortie sur la garde de la tranchée , la faire plier, métré en fuite les travailleurs, raser le parapet, combler le fossé, & enclouer le canon des aífiégeans. Sçavez-vous qu’à Paris on ne trouve pas bon Qu’un Roi qui fait trembler au seul bruit de son nom Tous les autres Rois de la terre, Aille dans la tranchée eífeier le canon. Perr- ï res gue pour éviter l’enfilade , ou par lignes redoublées & parallèles Tune à l’autre, avec des communications obliques poussées à ces parallèles. Les Anciens aloient par tranchées ou par travaux équivalens au corps dc la TRA place, & on en a attribué mal à propos l’invention aux Modernes. Les prémiers aloient du camp aux batteries par lignes obliques, ou par lignes creusées dans terre, & couvertes d’un blindage de fascines ou de claies. Ils connoissoient nos sapes couvertes & nos parallèles en places d’armes, & ils les ont pratiquées avant nous. Voyez le Polybe de Mr. de Folard. Tome II. TRANCHE'E. [Fojfa.] Terme de Maçon. C’est la fouille des fondemens. (Bâtir dans la tranchée qu’on a creusée.) TRANCHE'E. [Fojfa.] Terme de Jardinier. Fossé large de quatre piés & profond de trois, qu’on fait pour planter des arbres. (Faire une tranchée. Cette tranchée n’est pas assez creuse ni assez large.) On apelle aussi ri- goles ces fortes de tranchées. Voyez rigoles. TRANCHE’ES ,// [InteJHnorum dolores, torsio - nés.] Maladie où l’intestin semble sc tourner & où l’on soufre de grandes douleurs, soit à cause des humeurs acres & piquantes, ou des vents qui ne trouvant point d’issuë mordent & tourmentent étrangement l’intestin. Ce mot de tranchées, en ce sens ne se dit qu’au pluriel. (Avoir des tranchées.) Tranchées de Saint Maturin, c’est la folie. [Deliria.] TRANCHE'ES. [Tormina.] Ce mot sc dit en parlant de maladie de cheval. Ce font des douleurs dans les boiaux excitées par l’acrimonie des humeurs qui bouillonnent & sc fermentent dans les entrailles, ou par des vents, ou des matières crues. Soleifel, parfait Maréchal. TRANCHE-FILE ,// [Exteriorlibrisutura.] Terme de Relieur. Petit morceau de papier, ou de parchemin roulé entre deux ais autour duquel il y a de la foie de couleur & qu’on met à la tête & à la queue des livres qu’on relie. (Une tranche-file bien-faite. TRANCHE-FILE. [Adjunfta lupato catenula,] Terme d ’Epronnier. C’est une elpéce de petite chaîne fort déliée qui est autour du mords. (Faire une tranche-file.) TRANCHE FILE. [Ca/ceisutura interior.] Terme de Cordonnier. C’est une couture qui est au dedans du fou- lié & qui empêche que le foulié ne sc déchire. (Tranche-file bien-faite, ou malfaite.) TRANCHE-FILE. [Corium intortum.] Terme d eBour- relier. Cuir tortillé pour soutenir le fumez & la soubar- be de la bride des chevaux de carosse. TRANCHE-FILER. [Serico lìbrì futuram exteriorem injìruere.] Ce verbe est adjeflif& neutre entre Relieurs. C’est métré de la foie fur une tranche-file. (Vite il faut tranche-filer. Qu’on me tranchefile ce livre tout-à- l’heure.) TRANCHE-LARD , f. m. [Scalprum suillarium.] C’est un couteau à couper du lard. Tranche-lard perdu. Un bon tranchelard.) (S TRANCHEORS. Villehardouin apelle ainsi les mineurs dont on se servoit pour saper lesmuraillesdes villes assiégées. Voyez Ducange, dans Ion Glossaire fur cet Auteur. TRANCHE-FLUME , s. M. [ScalpeUum.] Voyez Canif. TRANCHER, v. a. [Disfecare, discindere.] Couper, (Herennius trancha la tête à Cicéron. Voyez Plutarque, vie de Cicéron. Trancher le neud Gordien d’un coup d’épée. Ablancourt , Arr. I. 2. c. 2. Cg Le terme tranche fignifioit autrefois servir à la table des Souverains. Joinville racontant une grande fête que le Roi S. Louis donna à Saumur, dit: A l’endroit du Comte de Dreux, mangeoit le Roi de Navarre, qui moult estoitparé aourné de drap d'or, en cotte, [s mante !, la çaìnture, fermai!, [s chappel d’or fin, devant lequel je tranchoie. Devant le Roi S. Louis ,ser- voient du manger, le Comte d’Artois, U son frère, [fi le bon Comte de Soisfons qui tranchait du coufiel. * TRANCHER. Ce mot a divers sens au figuré. Trancher du Souverain. Vaugelas, Quint. I. 6 . C’est-à- dire , faire le Souverain. Trancher le snot. C’est dire franchement & fans détour ce qu’on veut dire. On dit aussi le trancher net. [Sincerè loquì.] Ce qui signifie dire tout franc & sans déguisement. Trancher signifie encore décider. Exemple. (11 n’est rien si aisé que de trancher ainsi. Molière, Critique de l’Ecole des Femmes, scenesixième. Trancher signifie aussi Abréger , dire en un mot. Exemple. (Pour trancher toutes fortes de discours vous serez mariée. Molière, Précieuses, scene 4. Ceci tranche la dificulté. Patru, plaid. 12. Cest-à-dire, résout & termine la dificulté. La mort tranche leur vie & leur esperance. Ablanc. Luc. C’est-à-dire, finit & termine leur vie & leur esperance. Elle ne tranche pas assez nettement les efperances de ceux qui parlent. Le TRA Le Comte de BuJJì. C’est-à-dire, elle ne termine pas assez-tôt les espérances de. Trancher du grand, fie magnificum sacere. ] C’est-à-dire , vouloir faire le grand, vouloir l’emporter, TRANCHER du nécessaire. [Nimiò plus Jìbi arrogare.] C’est faire l’homme nécessaire. (. Au diantre tout valet Qui fatigueson maître N ne sait que déplaire A force de vouloir trancher du nécessaire. Mol. Fâch.) * TRANCHER, v. n. [Ab uno ad alium colorem immédiate procedere .J Terme de Peinture. Passer d’une couleur vive à une autre couleur vive, fans aucune nuance, ni adoucissement. (Les couleurs qui tranchent ne font point agréables à la vûë.) f * C’esi un couteau de tripière , il tranche des deux côtés. [Homo anceps , bifìdus.] Faqon de parler proverbiale , qui fe dit d’une personne qui est de deux partis Contraires, qui est un double espion. Qui loue & blâme les mêmes personnes selon les diferentes ocasions. Qui soutient deux propositions contraires. TRANCHET, f. nt. [Scalprum J’utorium.] Terme de Cordonnier & de Savetier. Maniéré de couteau à lame courte & large , Là un manche de bois , dont le cordonnier & le savetier se servent pour couper le cuir. (Je ne cours fortune en travaillant de mon métier que de me couper de mon trancher. Ablanc. Luc. Dialogue du coq.) TRANCHET. [Scalprum ferrarium.] Sorte d’outil dont les serruriers se servent, pour couper à chaud de petites pièces de fer. Acad. Fr. TRANCHIS, f. m. [Tegulx introrsùm ìncìtx.] Rang d’ardoiscs ou de tuiles échancrées , qu’on met en recouvrement fur d’autres entieres dans l’angle rentrant d’une noue ou d’une fourchette. Acad. Fr. TRANCHOIR , s. m. [Quadra escaria .] Assiete de bois, fur quoi on coupe du lard lors qu’on fait des lardons, & qu’on est prêt de larder quelque chose. (Un tranchoir bien net & bien propre.) TRANCHOIR bien pointu. [Quadra acuta .] Terme de Vitrier. C’est une sorte de piéce de verre qu’on met dans les panneaux de vitre qui font faqon de Lorraine, ou de croix de Lorraine. TRANCHOIR. [ Abacus. ] Terme à’ Arcbztefture.] C’est la même chose que Tailloir. Tranchoir quarré. Est cette table quarrée qui fait le couronnement du chapiteau des colonnes, & qui dans celles de l’ordre Corinthien represente cette espèce de tuile quarrée qui couvre la corbeille ou le panier qu’on feint entouré de feuilles. TR ANGLES,/ f. [Fafcix rejìrifa.] Terme de Blason.] II fe dit des fafces retrecies de là moitié de leur largeur, qui font en nombre impair. TRANLER, V. a. [Indagare. J Terme de Chasse , qui se dit quand il faut quêter au hazard , un cerf que l’on n’a point détourné. TRANQUILE , adj. [Tranquiflus, quietUs , paca- tus.] Prononcez. Trankile. Calme, paisible , qui n’est point agité. (La mer est tranquile. Son poulx est tran- quile. La nuit est tranquile dans les rués.) TRANQUILE, adj. [Sedatus , placidus.] Paisible. Qui ne trouble le repos de personne. Qui n’a rien qui le tourmente. Qui n’est point agité d’aucune violente passion. (Esprit tranquile. Avoir Famé tranquile. * TRANQUILE. [TranquiUw , sedatus.] _ Qui n’est troublé par aucune guerre. Qui est dans un grand repos. (L’Etatest tranquile. Ablanc. Tacite , Ann. I. 4 , La Grece étoit fort tranquile. Vaug. Quint. I. 6 . Là vie tranquile est la plus heureuse. Abl. retraite. Là Philosophie nous fait aimer une Vie tranquile & éloignée des afaires. Abl. Rét. Lui-même U s’aplaudit , (•? d’un esprit tranquile Prend le pas au Parnasse au dessus de Virgile . Despr.) TRANQUILEMENT , adv. [ Quietè , sedatè , tranquille.] D’uné maniéré tranquile. En repos. (Heureux celui qui vit tranquilement & qui se peut passer de faire la guerre aux idoles de la fortune.) TRANQUILÎSER, v. a. [Quietum reddere , sedare, tranquillare.] Prononcez trank'dizé. Ce mot commence à se dire, & signifie rendre tranquile. (Tranquilisef une conscience, un cœur, une ame. Tranquihser les humeurs. Acad. Fr.) TRA 6zz TRANQUILITE 7 , s. f. [Tranquillisa. ] Calme. Repos. La tranquillité de l’air, de la mer, &c, ) * TRANQUILITE 1 . [ Quies , Jèdatio. J Etat où Port est fans aucune violente agitation. ( La félicité consiste dans une parfaite tranquillité du corps & de l’esprit. Abl. Luc. II n’y a rien de mieux pensé que ce qu’à écrit Seneque le Philosophe de la tranquilité de P esprit t & on ne peut trop lire ce traité. La tranquilité de la conscience. * n n’y a point de torrens qui troublent la tranquilité de son cours qui est calme, paisible & qui n’est agité d’aucune chose. ) TRANS. [ Trans. ] Particule qui est prise du La* tin & qui lignifie au delà. Elle entre dans la compo* sillon de quelques mots. ( Par exemple. Les Romains apelloient la France, la Gaule Trans-Alpine , parcs qu’elle étoit au-delà des Alpes, à leur égard. ) TRANSACTION , f f. c TransaHio , decìpo. ] Terme de Notaire.. Prononcez Tranzaccion. C’est une sorte d’acte qui fe passe devant Notaire par lequel de» personnes qui ont entre elles quelque diférent en justice s’acordent à l’amiable & dans les formes prescrites. ( Faire une transaction, Transaction faite au profit d’un tel. ) II se fait un journal d’expériences de physique en Angleterre, qui est intitulé, Transactions Philojopmques, TRANSCENDANT, transcendante , adj. [Exi- mius, pervicax. ] Ce mot en parlant de Pefprit des hommes veut dire pénétrant. (C’est un esprit transi. Cendant. ) On dit en Logique un terme transcendant - TRANSCENDENTAL, traxscendentale , adj. [ Trans- cenàentalïs. J Qui surpasse , qui l’emporte par dessus un autre, ( Cela est transcendental. TRANSCRIRE , V. a. [ Exscribere, transcrìbere.] je transcris , tu transcris , il transcrit , nous transcrivons , vous transcrivez , ils transcrivent. Je transcrivois t je transcrivis , j’ai transcrit , je transcrirai , je transcrive , je transcrivisse , je transcrirais. C’est-à-dire, Copier quelqu’écric, ( Transcrire des nouvelles. Transcrire un acte. ) TRANSCRIPTION, f f. [ Transcriptio.] Prononces transcription. Action par laquelle bû transcrit. ( La transcription de ce livre coule beaucoup. TRANSCRIT, transcrite , adj. ( Transcriptus , ex* fcrìptus. J Copie. ( Acte transcrit. Lettre transcrite.) TRANSE , f f- [ Anxius timor , formido. ] Angoisses, Saisissement de quelque grande douleur. Aca» blement & excès de tristesse. ( Quand je me le remets l’épée à la gorge dans les transes de la mort, Patru „ plaidoìé , Ces mots furent suivis d’une mortelle transe, Qui priva ses esprits de toute connoisfance. Segrais, Eglogue 6. _ En vain pour gagner tems dans ses transes affreuses Traîner d’un dernier mot les syllabes honteuses. Despr. ) TRANSEAT. Terme de Y Ecole & du Palais, Qui est purement latin & qui signifie, Passe , lorsq’ort ne veut pas acorder une proposition. TRANSFERER , V. a. [Transferre , iraducere .J Mot qui vient du Latin , & qui signifie transporter. Porter plus loin. Porter ailleurs. (Transférer les reliques d’un Saint. ) TRANSFERER. ( Traducere. ] Ce mot fe dit en parlant de prisonnier. C’est-à-dire , conduire dans une prison diférente de celle où est le prisonnier pour être jugé en dernier ressort. ( On doit aujourd’hui transi, ferer du Châtelet dans les prisons de la Conciergerie trois prisonniers de conséquence. ) TRANSFERER- [Transferre.] Ce mot se dit en parlant des personnes d’Eglise. C’est faire passer avec cérémonies , d’un siégé à un autre, ou d’une Eglise k une autre. (On ne transféré point de Religieuxd’ua Ordre à un autre fans le consentement du Pape. Ora fte transféré point légitimement un Evêque d’un Siège à un autre fans le consentement du Pape & du Roi- Fevret de tabus , /. 3 . ) On dit que Constantin transféra le Siège de FEmpL te de Rome à Constantinople, TRANSFIGURATION ' f f ( Transfigurai™. j Prononcez transfiguracíon. Ternie de Pieté qui sis dit en parlant de JESUS-CHRIST. C’est Faction de fe transfigurer. Fête qu’on célébré dans l’Eglife era Tome IIL L111 mémoire » 634 TRA mémoire de ce ,»« no.re Seignemfc Mata» fer la rnontaene devant quelques Apôtres. ( Le Freaica teuTa dft de belles choses fur la transfiguration de JESUS CHRIST. C’est aujourd'hui la transfiguration.) SE TRANSFIGURER . f. «. mede Pieté, qui se dit en parlant de JESUS-CHKlb 1» qui tout à coup devant quelques-uns de ses Apôtres , prit un air brillant comme le Soleil, & fit que [es vétemen s devinrent blancs comme la nege. JboUí» fit monter fur une haute montagne Pierre, Jaques « Jean son frere, & il fut transfiguré devant eux. Port- Roial , Nouv. Test. TRANSFORMATION, f si C Transformai» . metamorphofis . ] Prononcez "tramformacton. Change- ment en une autre forme. Métamorphose. ( On parle en Chimie de la transformation des métaux. ) TRANSFORMER , v. a. [ Formam mutare. ] Mot qui vient du Latin transformare, & qui veut dire changer en une autre forme. Métamorphoser. ( Transformer quelcun en hibou. Ablanc. Lue. Si par un fort pourtant qu’on ne peut concevoir , La belle tout à coup rendue ìnsociable, T)’Ange, cefont vos mots , se transformoit en diable. Defpr. ) TRANSFORME', transformée, adj. [ Mutatus. ] Métamorphose. Changé en une autre forme. ( Le Dialogue de Lucien transformé en âne , est l’ua des plus plaisons dialogues de tout Lucien. ) TRANSFUGE, f m. Terme qui vient du Latin iransfuga. C’est celui qui abandonne son parti pour suivre celui des ennemis. Vaug. Remarq. (C’est un transfuge. II aprit d’un transfuge qu’Arminius avoit choisi un champ de bataille. Ablanc. Tacite, Annales, l. 2. Vous voïez que le raport des prisonniers s’acorde avec celui des transfuges. Ablanc. Ces. guerre civile, L 2. cb. 4. ) TRANSFUSER , ®. «. C Transsundere. ) Ce mot, qui n’est ni dans Furetiére, ni dans le Dictionnaire de l’A endémie, a un sens fort resserré. II veut dire faire passer le sang artériel d’un animal dans les veines d’un autre. Danet. Mr. Lower a écrit de la maniéré de transfuser. TRANSFUSION, f f [Transfusa. ] Ce mot est Latin, & est un terme de Pharmacie. C’est Faction par laquelle on fait couler une liqueur d’un vaisseau dans un autre. ( On a fait en nos jours la transfusion du sang d’un animal dans les veines d’un autre animal.) TRANSGRESSER, V. a. [ Transgredi, violare. ] On ne se sert proprement de ce mot qu’en parlant de pieté. C’est violer. Enfraindre. (II a transgressé la loi du Seigneur. ) TRANSGRESSEUR , f m. [ Tranfgreffor , legis vio- lator. J Ce mot ne se dit guere que dans les matières de pieté, où il veut dire celui qui transgresse, mais il n’est pas fort usité. ( 11 est tranfgresseur de la Loi de Dieu. ) TRANSGRESSION , f. f. [ Transgressa , insrafîio. ] Ce mot ne se dit guere qu’en parlant de matières de Religion, & il veut dire f a f lion de transgresser. (La transgression des commandemens de Dieu devroit être punie. C’est une transgression volontaire de la Loi de Dieu. Port-RoiaL, Epître aux Rom. ch. 5.) TRANSIGER ,»•«•[ Transtgere, pacisci. J Terme de Notaire & de Pratique. C’est faire une transaction. (Les parties ont volontairement transigé & acor- dé en la forme qui suit. ) TR ANSI , transie, adj. [ Frigore rigens. ] Acablé de froid. Tout gelé. ( Je suis transi. Elle est transie. Je tremble , & je fuis tout transi. Abl. Luc. t. 2 . Coq.) Il n’en peut presque plus, Transi de froid , immobile & perclus, La Font. Nouv. ) Cest un amant transi, f Frigidus amasius. ) C’est-à- dire , que c’est un amant froid & qui n’a pas beaucoup d’amour. C’est un amant que l’amour ne tourmente guere. ( * Tous fessent de tristesse étoufez & transis. Segrais, Eglogue 6. ) C’est-à-dire , ses sens sont saisis de douleur. Ih/afligentpar art, gf fous de sens rassis Singent pour rimer, en amoureux transis Defpr.) TRA TRANSIR. [ Frigork vi aliquem propè exanimare. ) Ce verbe est quelquefois actif, mais il est ordinairement neutre & c’est le plus seur d’en user de cette derniere sorte. II signifie acabler de froid. Geler quel. cun. Avoir un grand froid. ( Le froid & les néges des montagnes d’Alface les transissent. Voit. let. 67. Us se prononce comme un c. Or me voici d’un mal chû dans un autre, Je transissois, je brûle maintenant. La Fontaine, Nouvelles. ) TRANSIR , v. n. [ Contremiscere , pavere. ] Etre agité de quelque violente passion, en être tourmenté. Retire toi , ou bien demeure ici Pourvoir transir de peur un sou A’amour transi. Sca. D. Japh. act. 4. sc. 1. ) ê TRANS1SSEMENT , s. m. L’état où est un homme transi. ( Traníîsscment de froid, de peur, de douleur. f TRANSIT, s m. ou Aquit de transit. Acte que les Commis des Douanes délivrent pour certaines marchandises, qui doivent passer par les Bureaux des Fermes du Roi fans être visitées, ou fans y païer les droits. TRANSITION , s s í Transitm, transitio. ] Prononcez tranzicion. Terme qui vient du Latin & qu’on dit en termes de Rétorique. Mots dont on se sert pour passer d’une matière à une autre. (Une belle transition. Se servir de transition. ) f TRANSITOIRE , adj. sTransitorw, caducus,Jiu- xus. J Ce mot est ecorché du Latin , & il n’est en usage qu’en termes de dévotion. Une faut pas préférer les biens transitoires aux biens éternels. La gloire de ce monde est transitoire. ) (§ Trop dure le mal qui f ensuit Pour un transitoire plaisir. Le Blason des fausses amours. t TRANSLATER, V. a. [ Transféré traducere.) Vieux mot qui signifie traduire , & qui tout au plus ne peut trouver la place que dans l’ancien burlesque, & dans le comique. ( . Le petit homme Que tu connois , U? dont on peut prêcher, L’esprit est promt, mais infirme est la chair s A translaté de la langue Espagnole , N’a pas long tems comédie tant fole. Sar. Poèf.) t TRANSLATEUR , f m. [ Traduchr , translater. ] Mot qui ne peut entrer que dans le vieux stile comique, & qui signifie Tradufleur. ( Dom Francisco de Roju fauteur, Et Paul Scaron le translateur. Sar. Poésies. ) TRANSLATION , f f. [ Translaté. ] Prononcez Translation. Ce mot ne fe dit qu’en matières de Religion. C’est Faction de transporter d’un lieu à un autre une personne, ou une chose Ecléfiastique, ou une chose qui regarde l’Eglife ou la Religion. ( En France la translation des Evêques & des Evêchez se faisoit parl’autorité du Roi & des Evêques, & toujours pour le salut des âmes. Tomajsin , Discipline de f Eglise , 2. part. I. 2. c. 44. Quand on parle de translation, on dit translation forcée, violente , volontaire, juste, raisonnable, &c. L’Eglife Gallicane n’aprouve point la translation des Evêques, si elles ne font faites par l’au- torité du S. Siège. Avant que de proposer la translation , on en propose les causes dans l’assemblée d’un Sinode Provincial. Févret, traité de îabus, l. 2. ) Les translations des Evêques ont toûjours été défendues dans la primitive Eglise. Le Concile de Nice® les déclare nulles. Le Concile de Sardique prive de la communion l’Evêque transféré. La premiere de toutes les translations d’éclat, a été celle du Pape For- mosc qui étoit Evêque de Porto. Un de ses successeurs en prit prétexte de le faire déterrer. (Faire la translation des Reliques, d’un Concile.) {§ Les translations des bénéficiers ont été pendant un tems défendues. Le Canon 31. du Concile d’Antio- che les défend absolument, comme auss le Canon 6. du Concile de Calcédoine, & dans le neuvième il est dit que l’on ne peut posseder deux Eglises à la fois , & qu’il faut renvoier à la première à laquelle on a été d’abord ataché par l’ordination celui TR A qui se trouvera présider à deux Eglises , fous peine de dégradation. On allégué encore le quinzième Canon du Concile de Nicée. Mais, selon Balzanion , le Concile ne doit s’apliquer aux translations d’un siège à un autre. 11 y a (dit-iì) trois fortes de changemens des Evêques, la translation , la transition & le passage d’un lieu dans un autre , & l'invasion. La translation se fait quand un Evêque quite son liège pour en ocuper un autre. La transition est le transport du siège du lieu où il est, dans un autre. L’invasion est l’ocupation violente d’un liège vacant. Mais quoiqu’il en soit, il est certain que dans la primitive Eglise on ne connois- soit point les translations, parce que les Clercs , en recevant l’ordination, étoient atachés à un titre ou bénéiice d’une maniéré indissoluble & que l’on ne pouvoir rompre fans profanation. En éset, je trouve que l’usige des translations aiant été introduit dans l’Eglise Gréque & Latine , les Papes ne la faiioient qu’après avoir absous l’Evêque qui étoit transféré , du violement de la Loi, & de la rupture du lien qui Fa- tachoit au titre sous lequel il avoir été ordonné : ce que nous aprenons d’une Lettre que le Pape Nicolas V. écrivit à Charles VII. Roi de France, par laquelle il lui aprend que du consentement de ses frétés , il avoit transféré Antoine Crepin de l’Eglise de Paris pour laquelle il avoit été elù, dans celle de Laon , après savoir dispensé du lien qui Fatachoit à la prémié- re Eglise, quoiqu’il n’eút pas été encore ni consacré, ni mis en possession de ce Siège. Cette Lettre est ra- portée par le Pere Dacheri, dans le tome septième de son Spicilegium, pag. 2,-4. fur laquelle on peut faire cette réflexion que l’on a observé pendant long-tems la rigueur de la discipline dans l’Eglise Latine, puis-qu’il salut que le Pape emploiát toute son autorité pour transférer Crepin simplement élû pour le Siégé de 1 Eglise de Paris dans celui de l’Eglise de Laon. Mais cette sévérité fut bien-tôt mitigée dans l’Eglise Gréque : on n’ouvrít pas entièrement la porte aux translations , mais on les permit lorsqu’il y avoit une cause légitimé d’òter un Evêque de son Eglise, pour le faire passer dans une autre. Cette exception à la régie générale , fut reqûè favorablement, & l’on vit dans la fuite une infinité de translations dans l’Eglise Gréque. L’Eglise Gallicane ne reconnoît pour légitimes que les translations qui se font par le Pape fur le brevet du Roi , conformément au Concordat. II y a d’autres translations dans l’Eglise qui sont moins importantes. On transféré les Religieux du Monastère où ils ont fait leur profession, dans un autre du même Ordre, ou diférent ; l’autorité du Saint Siège est nécessaire au second cas. Quand on est transféré dans le même Ordre , le Supérieur peut Factoriser. Enfin si une Religieuse est transférée dans un même Ordre , le Monastère où elle a fait profession & qui a reçu sa dot, est obligé de lui fournir fa pension. Quant à la translation des Reliques des Saints , le Lecteur pourra s’en instruire dans la Préface du second tome d u P. Ma- billon, des Actes des Saints de l’Ordre de Saint Benoit. TRANSLATION. [ Translatio. ] Ce mot sc dit en parlant d’ofice de Saint, & c’est Faction de transférer í’ofice du Saint à un autre jour. (On célèbre aujourd’hui la translation de l’ofice d’un tel Saint.) TRANSMETTRE , ». a. ZTransferre, delegare.] Je transmets. Je transmettais. J’ai transmis. Je transmis. Que je transmette. Je transmisse. Je transmettrais. Ce mot vient du Latin transmittere , & il signifie transporter d’un lieu , ou d’une personne à une autre. (,JE- SUS-CHRIST a transmis cette grâce à votre ordre. Pajc.l. 2. Transmettre la propriété d’un bien. Les pe-, res transmettent souvent leurs vices à leurs enfans.) SE TRANSMETTRE , v. r. [Transmitti .] Passer outre , & passer d’un endroit à un autre. ( On doit considérer le milieu par où se transmet Faction de l’objet.. Rohault , Pbijìque , 2. part. c. 2. ) TRANSMIGRATION , s f Z Transmigras métempsycoses.'] Prononcez transmigracton. 11 lignine changement de pais , ou de corps. Transport force d’une nation subjuguée dans un autre pais. ( La transmigration des Juifs en Babylone est fameuse. Les Siamois croiant la transmigration des âmes dans d autres corps, ne tuent point d’animaux de peur d en chaner les âmes de leurs parens. Tacbard , voiage de Siam, /. j.p. aoi.) TRA 635 TRANSMISSIBLE , «ch'. [ TransmiJJIbilis. ] Qui peut être transmis. TRANSMISSION , s. f. [ TransmiJJìo , translatio, tranjportatio.] L’action de transmettre. Ces deux mots sont peu en usage. ffî TRANSMISSION. Terme de Jurisprudence inventée par les Loix Romaines pour étendre Fexécution des dernières volontez. Cj’a été dans la même vûë qu elles out introduit le droit de représentation dans certains cas expliquez par l’Empereur Justinien dans fa Novelle 18- lí y a pourtant cette diférence entre la représentation & la transmission , que celle-ci n’a lieu que lorsque celui qui est apellé dans un testament, décédé après la mort du testateur, mais avant que d’avoir accepté l’hérédité & fait acte d’héritier : la ré- presentation au contraire a lieu lorsque l’héritier nommé dans un testament, meurt avant le testateur, & laisse des enfans qui représentent leur pere ; ainsi les régies de Fune & de l’autre font diférentes. Quant à la transmission , elle se faisoit autrefois , ou jureJui- tatis , ou juresanguinis. L’enfant qui etoit sous la puissance de son pere , étoit apellé Juw ainsi le père étant décédé sans avoir accepté l’héredité, il trans- mettoit à son enfant non émancipé le droit de succéder juresuitatis , parce qu’en ce cas , le pere & sentant étoient regardez comme une méme personne. La tranlmidion jure J'anguinit , se faisoit lorsque Fhé- ritier etoit enfant du testateur, & qu’il laissoit un enfant à qui il transmettoitle droit de succéder, car la transmission n’avoit pas lieu entre étrangers ; elle étoit fondée fur la íuité ct la continuité du sang : mais nous ne connoissons plus ces deux manières de transmission,- , laquelle a lieu dans le cas où l’héritier meurt après le testateur , mais avant que d’avoir accepté Fhéredite & fait acte d’héritier. Et pour éclaircir cette matière, il saut remarquer que suivant notre Jurisprudence , le mort saisit le vis, en sorte que dès le moment que le testateur meurt, Fhéritier lui survivant, est saisi de plein droit, de tous les biens de celui à qui il succède ; & ce droit passe à son héritier , en qui la proprie-, té & la jouissance des biens sc joignent ensemble. Ce que je viens de dire des héritiers, doit avoir lieu à Regard des Légataires. La transmission a encore lieu dans les substitutions dont l’espérance est transmise avant Fouverture de la substitution par une présomption fondée sur les circonstances que les Docteurs ont examinées. TRANSMUABLE , adj. f Mutabilis.] Ce mot est peu en usage. 11 signifie qui peut être changé. (Le plomb n’est pas tranlmuable en or.) t TRANSMUER , v. a. f Transmutare. J Changer. (Transmuer un métal en un autre.) Les Chimistes cherchent depuis long-tems le moien de transmuer le cuivre en or, fans savoir trouvé. Ils réussissent mieux à changer leur argent en charbon, & à devenir gueux. Richelet ne sait pas tout. TRANSMUTATION , s.s Ç bnmutatio.] Prononcez transmuîacion. Ce mot se dit entre Chimistes, & en parlant des métaux. C’est le changement d’un métal en un autre par quelque opération chimique. ( Le changement du fer en cuivre est une forte de transmutation. La transmutation du plomb en or n’est pas absolument impossible. (Volez Vitriolique. TRANSPARENCE, s s L Pelluciditas , corpus peilucidum. J Ce mot se dit dans les matières de Phsi- que. ( La tranjparence ne sc conçoit que par quelque interposition de vuide dans le corps transparent. Un corps n’est pas tellement opaque , qu’il n’ait quelque tranjparence , ni tellement transparent qu’il n’ait quelque opacité.) TRANSPARENCE. [ PeUuciditas. ] Ce mot se dit en parlant de certaines pierres pretieuses , & c’est ce qui" est opose à l’opacité. ( Pierre prétieuse qui a de la transparence. * TRANSPARENCE , ou fausse régie. [ Gnomon diri - gendis hneis-] Terme dc Maître a écrire. Lignes tirées, en égale distance fur du papier, & qu’on met fous l’exemple quon doit écrire pour aler droit. (Ma transe parence est perdue. Se servir d’une transparence pour écrire droit.) TRANSPARENT , tranjparente , adj. [ Pellucidm, translucens, diaphanus.] M ot qui se dit dans de certaines matières de Phisique, & il Te dit des corps au travers desquels on peut voir quelques objets, il se dit des Tom. IIP. L111 % corps 6z6 TRA - nnfe 7 entre l’œil & l’objet lumineux, ou r coloré! n’empéchent pas .qu’il ne passe des râlons « W(>t à l’œil. & que 1 œil ne voie 1 objet. ( Un corps transparent. Plus une chose est rare , & plus eUe P est transparente. U n corps est d autant plus transparent , qu’il a un plus grand nombre de petits vuides, ou pores vuides. ) t TRANSPERCER ,*-•«•[ Transfodere, trou. figere.J Percer d’outre en outre. Percer de part en part. f Quand f aurai fait le brave & qu'un fer pour ma peint ffaura d'un vilain coup transpercé la bedaine, Dites-moi , mon honneur , en ferez-vom plus gras. Molière, Cocu. f * Cela m’a transpercé le cœur. Sar. Po'éf. C est- à-dire , m’a touché vivement. La pluie 1 a traníper- Ce TRANSPIRABLE,«d/. íMeabilis.1 Terme de Me- decine. II se dit des corps qui ont des pores, au travers desquels passent des esprits, des humeurs, 1 air & d’autres corps subtils. (Notre corps est transpirable.) TRANSPIRATION, If f- [ Meatus , . tranjpiratio. ] Prononcez tranjpiracion. Ce mot se dit entre Médecins. Sortie insensible, ou presque insensible qui se fait de quelque petite matière par les pores du corps. ( II y a des transpirations insensibles , & u y en a d’autres qui ne le font pas. Cela s’est fait par transpiration. ) TRANSPIRER ,».«.[ Per meatus exjphrare , trans- pìrarej Terme de Médecin. C’est sorti par transpiration. Sortir par les pores du corps. ( 11 faut faire transpirer les humeurs. Tous les corps transpirent. Boylef H * TRANSPIRER , se dit d’une afaire, d’une négociation sécrété , dont on commence à découvrir, à pénétrer quelque chose. ( II transpire quelque chose 3e cette afaire. ) TRANSPLANTEMENT , f m. íArborum translatio , conjìtio.'] L’Action de transplanter. Le transplantement des arbres se doit faire avec beaucoup de soin & dans une saison propre à cela.) ± L’Académie dit, la transplantation des arbres. TRANSPLANTER , V. a. [ Arbores transferre, transducerej Terme de Jardinier. Planter ailleurs. Planter en un autre endroit. ( Transplanter un arbre, t * La guerre transplante autre part I)es galans la meilleure part. Benserade, Poésies.) C’est-à-dire, que la guerre fait aller les galans ailleurs. TRANSPORT ,f m. [ Evefíio , advecììo. ] Ce inot se dit en parlant de marchandise. C’est porter une marchandise d’un lieu à un autre , d’un endroit à un autre , ou d’une contrée à une autre. ( Empêcher le transport des marchandises hors du Roïaume. Le transport des denrées est fort cher.) * TRANSPORT au cerveau. [Cerebri delirìumvapor malignus. ] Ces mots se disent en parlant de maladie, & on peut dire que c’est un fimptome qui arrive au cerveau, causé par une fièvre continué & par une impureté d’entrailles, d’où s’ensuit un dérèglement dans toutes ses fonctions , & fort souvent la mort. (II s’est fait un transport au cerveau. On craint un transport au cerveau.) TRANSPORT, s Impotentis animi violentior motus. ] Ce mot au figuré, a encore plusieurs sens. Exemples. ( L’ejprit plein de contentement S'abandonne au ravissement, Et fuit de ce transport la douce violence. Voit. Poésies. C’est-à-dire , il se laisse transporter à la douceur & au plaisir qu’il sent. * Ecouter la chaleur d'un coupable transport. Racine, Iphigenie, an. <;. fc. %. C est-a-dire, d’une passion violente & condannable. II est presque impossible d’imaginer les transports de colere ou u etoit tantôt contre ses gens. C’est-à- dire , on ne peut presque croire en quelle colere il •toit contre ses gens. Sentez-vous, dites-moi, ces violent transports. Qui d un esprit divin font mouvoir les ressorts. Despr. ) M TRANSPORT. ZCeffìo, transcription Terme dePr. tique. Acte qui sc fait devant Notaires, par lequel ur TRA ou plusieurs personnes cèdent une chose à une ou à plusieurs personnes. Cession faite à quelcun dans les formes. ( Faire un transport d’une obligation à une personne. Faire un transport d’une rente sur quelque particulier. Transport de droit successif portant constitution de rente. Volez Cajj'an, Parfait Notaire. ) TRANSPORTE', transportée , adj. [ Deportatus , ex. portatus. ] Porté d’un lieu à un autre. ( Meubles transportez.) TRANSPORTER , v. a. [ Transferre, exportare, de. portare. ] C’est porter d’un lieu à un autre. Porter ailleurs. ( II voulut voir son bûcher, & il se fit transporter en un autre lieu. Ablanc. Tacite, Ann. I. 11. ) * TRANSPORTER. C Transferre. ] Porter ailleurs. (Transporter la guerre en Grece. Ablanc. Arr. 1 . 2. c. 1. * Alexandre ôta l’Empireaux Perses, & le transporta dans la Grece. Da Rier , Suplemens de Frenshe - tnius, ch. r. TRANSPORTER, [ Cedere, tranfcribere. ) Terme de Pratique. Faire un transport. ( Transporter une rente , un droit, un privilège a quelque personne.) SE TRANSPORTER , v.r. [ Aliquò fe conferre. ] Se rendre sur les lieux. Aller sur les lieux. ( II se trant porta sur les lieux. Histoire d’Aubujfon, l. 3.) TRANSPORTER. [ Efferri , ardere , incendi, (fer. vefcere. ] Ce mot se dit au figuré des passions. f Dans Rameur qui me transporte ; J’irois chanter a votre porte. Voit. Poës. C’est-à-dire, que dans l’amour dont je fuis enflammé, j’irois chanter. Parbleu tu jugeras toi-mimesi f ai tort, Et si c’est fans raison que ce coup me transporte ; Car voici nos deux jeux qu’exprès fur moi je porte. Car voici nos deux jeux qu’exprès fur moi je porte. Mol.) * SE TRANSPORTER. [ Efferri tristitiâ, gaudio cu. mularì. ] Ce mot se dit au figuré, & veut dire se laisser emporter à quelque passion. Se laisser aller à la passion. ( C’est un homme qui fe tranjporte pour rien. C’est-à- dire , que c’est un homme qui s’emporte & se met en colere pour peu de chose.) TRANSPOSER , V. a. [ Trajicere , invertere. ] Ce mot se dit en parlant de prose & de poésies, & signifie faire quelque transposition de paroles. User de quelque transposition. ( On ne doit pas tranjpofer fans nécessité en vers ni en prose. Je pourrois aisément, fans génie fans art, En transposant cent fois ffi le nom ffij le verbe , Dans nies vers recousus mettre en piece Malherbe. Despr. Satire 2 .) TRANSPOSITION , f f. [ Trajefiio , inversio. ) Prononcez tranjpoficion. Terme qui se dit en parlant de prose, & principalement de vers. Elle consiste à changer avec esprit l’ordre naturel des mots. (II faut autant qu’il est possible que la construction des vers soit naturelle & sans transposition, dans les petits ouvrages, comme dans les madrigaux, épigrammes, & chansons : mais dans la poésie & dans le beau langage les transpositions ont souvent bonne grâce quand elles font faites avec esprit. Mainard ne vouloir point de transpositions dans les vers, mais on croit que Mainard avoit tort, car la transposition faite avec jugement empêche que le vers ne languisse , & même elle le rend plus fort, plus vif, plus noble, & plus élégant. Volez là-dessus les divers traitez de versification Française. ) TRANSUBSTANTIATION,/ f ITranfub- siantiatio. ] Terme de Téologie Romaine. Prononcez tranfubstanciacion. C’est le changement d u pain au Corps de Jesus-Christ, & du vin en son sang. ( Croire la transubstantiation.) Mr. Arnaud prouve évidenment la transubstantiation dans son livre de la perpétuité de la Foi, contre le Ministre Claude. , On dit aussi que le pain & le vin fe tranfubsian- cient, ou se changent en la vraie substance du Corps & du Sang de Jesus-Christ. TRANSVASER ,».«.£ Vinum elutriare , tram- fundere .J Ce mot est peu en usage. II se dit des liqueurs , & particulièrement du vin , & signifie faire passer d’un vaisseau dans un autre. (Transvaser du vin.) t TRANSVERSAL, transversale , adj. [ Transversale , obliquât. J Qui traverse , qui coupe de travers , ou d’angle. ( Ligne transversale. Les bandes & 637 TRA !« barres du ‘Blason font des pièces transversales. Les lignes qui coupent les perpendiculaires font transversales , ou obliques.) t TRANSVERSALEMENT , adv. [ Obliqué. ] Obliquement. ( Le Zodiaque coupe l’Equatcur transversalement , ou obliquement.) f TRANTRAN, s. m. s Agendi ratio, moduf.] Ce mot est du petit peuple de Paris, & il signifie la maniéré ordinaire de faire une chose , de Te gouverner en une chose. ( II sait le trantran.) TRAPAN i s. m. [ Trabs. ] Le haut de l’escalier où finit la charpente. TRAPE, s. f. C Decipula.] Mot qui vient du Grec, & il se dit des portes des caves qui font dans quelques allées de maison , & par dessus lesquelles on passe. La trape est ouverte , prenez garde a vous. Fermer la trape. Lever la trape. Ablanc. Luc. t. 2. L’Académie l’écrit avec deux pp. TRAPE. [ Laqueus. ] C'est une forte de piege qu’on met dans une fosse, ou autre lieu pour prendre les loups L autres bêtes carnaciéres, comme les renards. ( On se sert d’un mouton, ou d’une oie pour atirer les animaux carnaciers à la trape.) TRAPE, adj. [Brevis & compaffm. ] Terme de Jardinier. II se dit des melons. Un pie de melon trape, c’est-à-dire, fort, ramassé, & qui n’est ni trop élevé, ni trop alongé. Quint. Jard. F. T. i.p. 131. TRAPE. f B. Maria Monafterium de Trapa. J Abaïe célébré par fa régularité dans le Diocèse de Seez en Normandie. C’est l’Abé de Rancé qui y a mis la reforme. L’on y garde un silence perpétuel. L’on n’y mange jamais de viande étant sain. L’on n’y porte jamais de linge. L’on y couche fur la dure , & l’on chante au chœur plus de neuf heures chaque jour ou nuit. Voïez les Reglemens de l’Abaye de la Trape. TRAPE'SE , ou trapèze, f. m. [ Trapczìum. ] Terme de Géométrie. C’est une figure irréguliére, enfermée par quatre lignes droites, & dont les cotez oposez ne sont pas parallèles , ni les angles oposcz égaux. ( Ce n’est pas un parallélogramme, c’est un trapèze. _ Tout quadrilatère n’est pas un parallélogramme , mais souvent c’est un trapèze. On apelle proprement trapèze, le quadrilatère qui a deux côtez parallèles & les autres non. TRAPE’SE. [ Mufculm trapejhts . ] Terme ôlAnatomie. Muscle qui sert au mouvement de l’épaule. TRAPE’SOÏDE , f. m. [ Trapesóides.] Figure quadrilatère qui a deux côtez oposez parallèles entre eux, deux autres non parallèles. t TRAPU , trapu'é , adj. [ Corpulentus. ] Ce mot se dit des personnes , & veut dire membru. (II est gros & trapu. Elle est un peu trapue, ce qui est un grand défaut en matière de belle taille. On dit auffi dans le même sens le mot trape } adjeHif. Voïez les origines de Ménage. TRAQUENARD , f m. [ Tolutaris incejfw. ] Ce mot se dit du pas de certains chevaux , & veut dire Entrepas , une espece d’amble. Les chevaux qui ont cette alure s’apellent en Latin afiureones. ( Aller le traquenard.) (jf Borel dérive ce mot de Tricenarias, quod in- tricet pedes. Saumaise fur l’Histoire d’Auguste , pag. 246. est du même sentiment. Le P. Labbe, dans ses Etimologies Françoise ;, partie 2. au mot Trac, a dit : „ Trac vient du bruit que font les chevaux en mar- „ chant, & le même bruit fait que nous disons, il va „ Son traquenard.” Mr. Ménage desa prouve cette éti- mologie; cependant il est plus vraisemblable que traquenard ait été formé du bruit des chevaux qui marchent ce pas, que de le tirer du Latin. TRAQUENARD. [ Saltationû stecies.] C’est une forte de dance gaie qu’on dance seul. (Dancer le traquenard.) * TRAQUENARD. C Modus, agendi ratio.] Ce mot se dit dans le comique & principalement dans la conversation en goguenardant. Exemples. (Je íai le traquenard. C’est-à-dire, je sai la conduite qu’il faut tenir , je sai comme il faut faire.) TRAQUENARD. [ Laqueus , decipula. ] Terme de Chasseur. C’est une sorte de piege qui est compose d’ais rangez en forme de cercueil & qui est propre pour prendre des belettes, des fouines, des chats communs & sauvages. ( Un traquenard simple. Un traquenard double est plus assuré que le simple. Ruses innocentes , /. 4. e. 29. fjf 30.) TRA Quand mime d’une feule baBe Vous troussez un Chevreuil en maUt Ou lorsque dans un Traquenard Vous prenez quelque vieux Renard. Perr. Chasse.) TRAQUET, f m. [ Crepitaculum, pistrinarium.] Un cliquet de moulin. C’est une petite soupape qui ouvre & ferme l’ouverture de la trémie, pour laisser tomber le grain peu à peu sur la meule. TRA 81 , f. m. S Cyperus. J Espece de souchet qui pousse des feuilles longues, dont les tiges font triangulaires , & dont la racine est bonne pour les maux de poitrine, pour la dissenterie, & pour les ardeurs d’urine. TR AS SE- Voïez trace & trecê. t TRASSER. Voïez tracer & trécer. TRATTES , f f. [ Tigna majora. ] Terme de Cbarpenterie. _ Grosses pieces de bois de trois toises de long, & de seize pouces de grosseur, posées au-dessus de la chaise d’un moulin à vent & qui porte sa cage. TRA VADES- (I Venti versatiles. ] Terme de Marine. Vents inconstans qui dans une heure font quelquefois les 32. pointes du compas , & qui font accompagnez d’éclairs , de tonnerre, & d’une pluie qui pourrit dans un instant les habits de ceux fur qui elle tombe. , TRAVAIL , f m. [ Labor. ] Ce mot fait au pluriel travaux , & il signifie Peine. Fatigue, action. (Un grand , un incroiable travail. C’est un travail presque incroiable. Tout ici nous convie A faire succéder le plaisr aux travaux. A force de travail on vient à bout de tout. Aimer le travail en honnête homme. Asn qu’en ta vieillesse , un livre en maroquin Aille osrir ton travail à quelque heureux faquin. Despr. ) í$ U y a bien des gens qui ne font rien qu’à force de travail. Les uns ont l’esprit pesant , l’imagination froide & stérile; les autres ne font jamais contens d’eux-mêmes. On reconnoît aisément le travail ou la facilité dans les Ouvrages d’esprit. Costar a dit dans son Apologie , pag. 37. que „ dans les écrits de Mr. ds „ Balzac, rien n’y coule fans peine ; rien ne vient ,, naturellement, le travail y paroit si à découvert, „ que les délicats qui les lisent, en sont fatiguez, com- „ me ce fameux Sybarite qui suoit à grosses goûtes des „ éforts qu’il voioit faire à un misérable maneuvre ; & „ certes il confessoit quelquefois lui-même que lorí- „ qu’il metoit la main à la plume, il ne soufroit pas „ moins qu’un galérien qu’on avoit mis à la rame. „ Ce n’est pas ( ajoute-t-il ) qu’il n’eût une grandeur „ & une beauté d’esprit admirable : mais c’est qu’il „ avoit autant de peine à se contenter , que, &c. TRAVAIL. [ Dolores puerperii. ] Ce mot se dit en Î iarlant de femmes qui acouchent Sc veut dire. Les dou- eurs que ressent la femme qui met un enfant au monde, & en ce sens le mot de travail n’a point de pluriel. ( Etre en travail d’enfant. Pour savoir ce qu’il faut faire à la femme qui est en travail, on n’a qu’à voir Mauricean , maladies des femmes grosses, liv.z.cb. 6.) TRAVAIL. [ Catasa , trabale. J Terme de Maréchal. C’est un petit endroit ménagé devant la boutique d’un maréchal & composé de quatre piliers joints par des traverses de bois pour enfermer le cheval qui se tourmente quand on le ferre, ou qu’on lui fait quelque opération. ( Atacher un cheval à l’un des piliers d u travail.') TRAVAIL. [ Opéra. ] Ce mot sc dit en termes de Guerre. C’est le remûment des terres. Le transport & l’arrangement des gabions, sacs à terre, des barriques , des fascines & de tout ce qu’on fait pour se loger & pour se couvrir. ( Pousser le travail jusques à quinze pas du glacis. Ruiner le travail par une sortie. Assurer le travail par des épaulemens à droit & à gauche.) TRAVAUX. ( Labores, opéra. ] Se dit au pluriel des actions des héros. Les travaux d’Hercule font fameux dans les ouvrages des anciens Poètes. C’est-à-dire, les douze célébrés actions d’Hercule font chantées par les Poètes de l’antiquité. Les gens de travail. Etre endurci au travail. Travail d’esprit. C’est un ouvrage d’un grand travail, d’un beau travail, d’un travail délicat , &c. On dit aussi que Dieu a récompensé les travaux des Martirs. LUI t TRA? 6 38 TR A TRAVAILLER, V. a. [ operari , laborare. ] S apli- ouîr à Se quelque chose. Prendre peine a faire une chose. S’atacher à faire quelque chose. Faire quelque travail. ( Travailler à la journée. Travailler a la tache. II est défendu de travailler le Dimanche & les jours de Fête. Depuis dix ans dessus P F on travaille ; Et ìe destin niauroit fort obligé S’ii m'avoit dit , tu vivrm jtsj'qu’au G. R/vîrrnhf^rí- "P.nîfre. On a fait travailler plusieurs personnes fur les Auteurs Latins, & tout ce qu’on a fait jusques ici là-deffus ne sc vend guere.) TRAVAILLER , v. a. (j Elaborare , elucubrare. J Le mot voulant dire , Prendre peine à faire quelque chose , régit aussi l’acusatif. ( 11 faut travailler à loisir ce qu’on veut bien faire. On doit bien travailler ce qu on donne au public.) O ne peut pas toûjours travailler, prier , lires II vaut mieux s’ocuper à jouer qu a médire . Despr. ) TRAVAILLER, v. a. [ Exercere, defatigare, vexare.] Tourmenter. Donner de la peine. ( La goûte le travaille extrêmement. Ce qui plus me travaille en ma triste avanture, Est qiCil me faut cacher le tourment que /’ endure. Habert Temple de la mort.) TRAVAILLER, v.a. [ Par are.] Terme de Tanneur. C’eit bien façonner, bien acommoder avec la quiosle. (Travailler le cuir.) TRAVAILLER ,».«.[ Equum exercere.] Terme de Manège.- Exercer un cheval au pas, au trot, au galop. (Travailler un cheval avec jugement. On dit aussi dans un sens neutre, faire travailler en quarre, en rond , fur les voltes. Travailler à l’air des courbettes. Voilà un Gentilhomme qui travaille bien & qui sera un bon homme de cheval.) TRAVAILLER. [ Equum exercere. ] Terme de Manège. C’est faire manège. (Nous travaillons aujourd’hui. Nous ne travaillons pas aujourd’hui.) Dans les Mécaniques , on dit dans un sens neutre, qu’une piece travaille. [ Fatìgari. ] Quand elle sert à soutenir, lever ou ponlser quelque corps, & qu’elle sc remue dans la machine , comme la vis d’un pressoir. (Les pièces qui travaillent doivent être les plus solides.) On dit du bois qu’il travaille lors qu’il a été emploie fans être bien sec. Voïez Se tourmenter. On dit que le vin travaille. [ Moveri , agitari , ef- fei-vefcere. ) Lors qu’il boût dans le tonneau , ou qu’il y soufre quelque altération, comme lors que la vigne est en fleur. TRAVAILLEUR , f. m. [_ Muni t or. ] Terme qui sc dit en parlant de guerre & de fiege. Pionnier ou soldat commandé pour remuer les terres, ou pour faire quelque autre' travail. ( On a presque tué tous les travailleurs. Us menerent un grand nombre de travailleurs. Hift. de Louis XIV. II encourageoit par son exemple les travailleurs à bien faire.) t TRAVAISON , f f [ Contignium , contignatio.] Ternie Architecture. C’est la même chose qu’Entablement. TRAMAT , f m. [ Equus notis albis ad pedesdistendus. ] Vieux Terme de Manège , qui sc dit d’un cheval qui a des marques blanches aux deux piés du même côté , à la jambe de devant & à celle de derrière. TRAVAUX; voyez TRAVAIL. TRA VE'E ■, f f [ Intertignium. ] Terme à’Architecture & de Maçon. C’est l’espace d’une chambre, ou d’un plancher , qui est entre deux poutres. (Une grande, ou petite travée. Travée de comble. Travée de pont.) TRAVERS , f m. [ Transverfum. j C’est le côté de quelque chose. (Us courboient les épis du travers de leurs piques. Ablanc. Arr.) ' t * TRAVERS. [ Adverfus castes. ] C'est une forte de disgrâce, d’accident ou de malheur; mais en ce sens le mot de travers n’est que de conversation ; même , il n est pas fort établi. ( C’est un fâcheux travers que cela ) E TRAVERS. Droit qui se leve au passage des ponts «bacs iur les personnes qui traversent les rivières, auih-bien que fur les marchandises » chevaux & voitures. TRA . TRAVERS. [ Lignum , ferrum transverfum.] Terme de Charpentier , & d’autres ouvriers. Piece de bois, de fer, &c. qu’on met au milieu d’un assemblage de diverses pieces. TRAVERS. [ Tignum transferfum. ] Terme de Cor. deur de bois. C’est une bûche qu’on jette sor la voie de bois lors qu’elle est cordée. (Mettre un travers.) TRAVERS. [ Transverfus auri. ] Terme de Doreur fur cuir. C’est un filet qui va le long du côté du doî d’un livre relié en veau. (Pousser des travers.) TRAVERS. [ Fides transverfa .] Terme de Raquetier. C’est une corde de raquette qui passe au travers de la largeur de raquetee. ( Travers rompu.)e£> TRAVERS. [Ad opposttum , contra.] Terme de Mer. A l’opofite. ( Nos galères étoient fur le fer par le travers de Naples.) Côté à travers, f Obliqué. ] Ces mots sc disent en termes de Mer. C’est-à-dire, de côté, de travers, de forte qu’en virant le bord on présenté le côté au vent. ( Mettre le vaisseau côté à travers. Dans un parage dangereux où l’on veut jetter la sonde , on met côté à travers pour avoir le loisir de sonder. Visiez P Art de la Navigation .) A TRAVERS. -[ Per , per médium. ] Préposition qui régit l’acujdtif. Volez dans la lettres colonne Aut. [ Chez les gens du plus haut caraClére A travers la dorure éclate la misère. Deshoul.] {§ Mr. de Vaugelas a dit dans son Quinte-Curce.. ( En ce sems-là, le fleuve Marfyas passoit à travers la ville.) AU TRAVERS. [ Trans. 3 Préposition qui régit le génitif. Volez la lettre A , colonne Aut. f Et fans peur des travaux fur mes traces divines Couraient chercher le ciel au travers des épines. Despr. ) DE TRAVERS , adv. [ Obliqué. ] De biais. De côté. ( Metez cela de travers. II ne faut pas que cela soit de travers.) * Regarder quelcun de travers. Ablancourt. C’est le regarder d’un œil ennemi. [ Limis oculis ajpìcere.] [ * Et quand la rime enfin se trouve au bout du vers , Qu’importe que le sens y soit mis de travers. Despr. Sat .3 C’est-à-dire, qu’importe que le sens soit ridicule. ’ * Avoir P esprit de travers, f Sinistra natura. ] C’est juger mal & contre le bon sens. ' f * II a chauffe'son bonnet de travers. [Rei perperam Çtf perversè accepit. 3 Façon de parler basse & proverbiale , pour dire. 11 juge mal, il prend les choseí en mauvaise part. A tort N a travers , adv. s Temeré, inconfîderatc.] Temerairement. Inconsidérément. A quelque prix quS ce soit. 1 EN TRAVERS , adv. [ In transverfum. ] Par le milieu de quelque chose. ( Clouer deux rangs d’ais en travers. Ablanc. Mettre dts ais en travers. Vaug. Quint. I. 4.) f TRAVERSAGE, f m. Terme de Tondeurs de Draps. C’est la façon qu’on donne à un drap quand on le tond par l’endroit. On dit ordinairement, Coupe d’envers. TRAVERSE, // [Transverfum iter , transver- sm trames. ] Sentier ou chemin qui traverse. ( Une petite traverse. Enfiler une traverse.) ■ TRAVERSE. [ Transverfa muniiio.] Terme de Guerre. Levée de terre pour se couvrir & n’être pas enfilé. (Faire une traverse. Forcer une traverse. TRAVERSE. [ Transtra.] Terme de Serrurier. C’est une sorte de barre de fer, au travers de laquelle passent les barreaux,des fenêtres, & qui est scellée de part & d’autre dans la muraille. ( Une bonne traverse.) TRAVERSE, s Tigna transversth] Terme de Menui- ster & de Charpentier. C’est une piece de bois posée cn travers. Cette traverse ne vaut rien.) TRAVERSE de Chastïs. [ Transversal cancePoruni scapus.] Terme de Menuisier. C’est le morceau de bois qui est au-dessus & au bas du châssis, & qui se joint avec 1 e batant du châssis. ( Les traverses de ce châssis ne sont pas de bon bois.) TRAVERSE de croisée, f Tignum transverfum.] Terme de Menujster. Piece de bois qui fait le milieu d’une croisée de bois. (II faut mettre une autre traverse à cette croisée.) TRA- TRA TRAVERSE. [ Fascia transversa , obliqua. ] Terme de Blason , qui se dit d’une espece de filet qu’on pose dans les armes des bâtards, traversant l’écu de la droite du côté du chef , à gauche du côté de la pointe. t TRAVERSE. [ Casus , affikíto , obex. } Malheur. Accident. Chose fâcheuse. ( 11 a eu de furieuses traverses en fa vie. Les traverses que j’ai eues lui doivent faire pitié. Voiture , /. 50. * Lors qu’il y vient des traverses & des persécutions pour la parole de Dieu, Us prennent un sujet de scandale. Port-Roial, Nouveau Testament.} A la traverse , adv. [£se transverso J Malheureusement & lors qu’on y pensoit le moins. (II est venu à la traverse, & a renversé toutes les mesures que nous avions prises.) TRAVERSE' , part. On dit d’un homme tout mouillé, tout trempé, qu’il est tout traversé de la pluie. $ TRAVERSE', se dit aussi d’un cheval fort du dessous & large de poitrail. (Ce cheval est bien traversé.) TRAVERSE E , s f. C Navigatio , veHio , transfreta- tio. ] Termes de Mer. C’est le trajet, ou le volage par mer qui se fait d’un port à un autre. ( Faire une traversée en trois mois.) TRA VERSEMENT , f m. [ Trajeflio , transinijjìo. } Action par laquelle on traverse. On doute de Fustige de ce mot, & fi l’on peut dire, nous n’avons pu faire le traversement de la rivière parce qu’elle étoit débordée. Ce mot n’est que dans Furetiére , ct ne se trouve point dans le Dictionnaire de FAcadémie. TRAVERSER , v. a. [ Pénétrare , peragrare. } Passer au travers. Passer entièrement depuis un côté jusques à l’autre. (Traverser un fleuve. Ils traversèrent la rivière de l’Hebre. Ablanc. Arr. Traverser une Province. Ablanc. Traverser une rué, une cour, ct c. On dit aussi dans un sens neutre. Le coup traverse. C’est-à-dire, passe au travers.) TRAVERSER. [ Adversarì , contrariant esse.} Empêcher. Mettre obstacle. ( Elles avoient fait éfort pour traverser fa profession. Patru , plaidoié 6 . Traverser les desseins d’une personne. Mémoires de M. de la Roche- foucaut. Traverser le bonheur de quelcun. Racine , Iphigenie , aci. z.sc.i. La fortune le traverse par tout. Ablanc.) * TRAVERSER. [ Perturbare. J Troubler. Aporter du désordre. Causer du désordre. (Traverser le repos d’une personne. La Su2e , Poésies. II est venu traverser notre joie. Ablanc.) SE TRAVERSER , v. r. [ Obliquo grejsu incedere. } Terme de Manège. C’est couper la piste de travers. Jetter la croupe d’un côté ct la tête d’un autre. Porter fa croupe de côté. ( Quand vous arrêterez votre cheval, prenez garde qu’il ne se traverse.) TRAVERSER. [ Decujsatim implicare , cancellare. ] S’entendre en largeur fur une longueur, croiser. (Les grands chemins sont traversez de beaucoup d’autres. La navette du tisseran porte le fil qui traverse son ouvrage.) TRAVERSIER , adj. & s. m. [ Venins ausiralis. ] Terme de Marine. Vent qui vient d’un cap à l’autre, ou qui vient à droiture dans un port. ( La bise est le vent traverjier des côtes de Normandie.) $ Flûte traverjiere. C’est en termes de Musque , une flûte d’Alemagne dont on joue en la mettant de travers fur les levres. TRAVERSIER de chaloupe. [ Transira interìora. ) Ce font deux pieces de bois qui traversent la chaloupe de Pavant à Farriére , où sont passées les herses qui fervent à l’embarquer. TRAVERSIER. [ Saltuarìus cusios. ] Terme à'Eaux & Forets. C’est un garde à cheval des forêts , qu’Hen- ri II. établit en Fan i;8l- TRAVERSIER , f. m. [ Lumbus.} Terme de Mer. C’est un vaisseau de cours & de pêche, qui va a voiles & à rames. Voïez les us {fi coutumes de la Mer. On l’apelle Tartanne fur le levant. TRAVERSIN, f m. [ Pulvinar. ] Chevet de l.t. (Un bon traversin. Un traversin bien doux trace, f. f [ Textum, textura. 3 L’urí [fi maint riche tref, [fi maintpaveillon, TRE'FLE, f >». C Trìfolium. ] Mot qui vient du Grec. C’est une sorte d’herbe qui vient dans les prés & qui tient de la figure du trèfle des cartes. 11 y a de plusieurs sortes de trèfles. 11 y a des trèfles cultivez, des trèfles de marais & des trèfles odorans. Le trèfle de marais est une sorte de plante odoriférante qui a une tige d’un pié & demi, & qui porte de petites fleurs blanches qui ressemblent à des ïacinthes. Voïez Dalechamp. TRE'FLE, f m. [Folia lusoria trisolio notât a. 3 Terme de Cartier & de jeu de cartes. C’est l’une des couleurs noires du jeu de cartes. ( Ces couleurs font trèfle, & pique. Jouer de trèfle. Je porte l’as de trèfle. Molière, Fâcheux, a. z.sc. 2.) TRE'FLE, est en sculpture un ornement qui se taillé fur les moulures. [ Triphyllum calatum. ] II y est a à palmette & à fleurons. TRE'FLE. [Fornax in ntodum trifolii compafim. J Terme de Mineur. Fourneau de mine en forme dé trèfle, & qui n’a que deux logemens , au lieu que lé double en a quatre & le triple six. TREFLE', treftée , adj. [Trisoliattss.] Terme de Blason. C’est-à-dire , Qui est en forme de trèfle, (Porter d’or à la croix de gueules treflée. Col.) TRE'FLER. Terme de Monoieur & de Medaillifle. Ií se dit d’une médaille ou d’une monoie qui a étéfrapée au marteau à plusieurs reprises, lorsque les dernieres Fois elle n’a pas été rengrenée juste , ce qui la rend défigurée parce que les mêmes points ne se font pas rencontrez ensemble. Acad. Fr. TREFONDS- C’est la même chose que chaussée f Agger. 3 Académie Françoise. TREILLAGE, ou treillìage,s m. [ Concamerâtit , canceUatio.'] Terme de Jardinier. L’un & l’autre se dit, mais treillage est le plus usité, La Quintinie est d* ce sentiment, & c’est assez. Le treillage est fait de bois & d’échalas liez quarrément les uns fur les autres avec des fils de fer , pour palisser, c’est-à-dire, pout atacher des arbres contre quelques murailes de jardin, (Ce treillage me plaît & je le trouve bien fait.) TREILLE , J. s. [ Jugata vites. J Vigne apuiée Contre le mur de quelque jardin , & soutenue de petites perches avec lefcjuelles cette vigne est liée. Treillage le long duquel il y a de la vigne. (Une belle treille. Aimer le jus de la treille. C’est aimer le vin. Admirons le jus de la treille, Qsil est puissant ! qu'il a d’atraits! II sert aux douceurs de la paix, Et dans la guerre il fait merveille. Psiché.) _ t$ TREILLE de trichila. Scaliger , au faport dé Ménage , a dit fur ce vers d u scopa, Et trichila Umbrìseris frigida arundinibus. Trichila nomine intelligit pergulas qua [fi umbêll.c, [fi ùmbracula voeabantur. V*ét f M- [Farragof Terme de Laboureur. Ce font de menus blez, comme orge, aveine, &c. qu'on seme en Mars , & qui ne demeurent que trois ïnois en terre. TRE'MOUSSEMENT, f m. f Creber ac mollit concujsus. 1 Agitation. Action de sc trémousser. (II fe fait un nouveau trémoussement d’air. Rob. Pbfique , i. part. c. 6.) Se trémousser , v. r. [Versarese , trépidé concujsare.J S’agiter. Se remuer. Se donner du mouvement. (Voilà qui n’est point sot, ct ces gens-là se trémoussent bien. Mo. liere 5 Bourg. Gent. a.z.si. *Sa couleur se change, ses cheveux sc dressent, fa gorge s’eníîe, ses yeux sc tour. lient, ct son corps se trémoufje. Abl. Luc.') TREMOUSSER , ». n. [Trcmulo concujfu agi.) Re, muer. Se mouvoir. (Voici ces deux tourterelles Se chercher , s'aprocher U trémouíler des ailes. Segrais, Eglogue 4.) TREMPE, f f [ Temperatio , temperatura.] Terme dé Coutelier , de Serrurier , & de quelques autres qui travaillent en acier ct en fer. La trempe de ces métaux consiste à faire rougir de l’acier ou du fer, ct les jetter tout à coup dans l’eau froide. (Donner la trempe au fer. Donner la trempe à l’acier. Les ouvriers ont diverses sortes de trempes , & au lieu d’eau ils fe fervent quelquefois de sucs, de quelques autres liqueurs, & même de quelques graisses.) TREMPE. {Modérs Pluie qui mouille bien. Furetie- re dit qu’il est chu une bonne trempe , pour dire une bonne pluie, mais cette expression est fort douteuse. t r TREMPE. [Naturu, indoles.) Ce mot fe disant des personnes, veut dire caractère. Humeur. Maniéré. ( t * Us sont de même trempe que lui. C’est un esprit d’une fort petite trempe. C’est à-dire, c’est un petit caractère d’esprit. Ceux qui bravent la mort, cherchent à persuader que leur ame est d’une trempe plus forte que celle du eomnjun des hommes. M. Esprit.) TREMPE', trempée , adj. [ Madidus, mudefacius, dû lutus.) Mouillé. (Linge trempé. * Vin trempé. {Vinum aquâ dilutum.) C’est-à-dire, vin où il y a un peu d’eau. * Ses yeux étoient trempez de larmes. Abl. C’est-à- dire, pleins de larmes.) f TREMPEMENT, j', m. {Macnatio , ìntmcïmi) Ce mot signifie faction de tremper. II n’est pas d’un grand usage. II y a des matières qui demandent un long trempement dans l’eau ou dans d’autres liqueurs; «m dira plutôt, qui demandent de tremper íong-tems dans seau. TREMPER, v. a. \întingéré , macerare.) Prononcez trampé. Mouiller dans quelque liqueur. dans quelque chose de liquide, de quelque nature qu’il soit. (Tremper du linge dans l’eau. Tremper dans du vinaigre. Ils trenipoient leurs épées dans le sang des victimes. Ablanc. Rét. 1. a. * Si Alexandre eût vaincu l’orgueii ct la çolere, & n’eût point trempé ses mains clans le sang de ses meilleurs amis, il eút été beaucoup plus heureux. Vaug. Quint. I. ch. 12 . C’est-à-dire, si Alexandre n’eút point tué ses amis.) £f Celât dit à Ptoloœée d’un air qui lui convient parfaitement : Mais quel droit aviez.vow fur cette illuflre vie P Que voii.s devoiîson sang pour y tremper vos mains , Vous qui devez rejpefl au moindre des Romains ? * TREMPER, f Lympbâ merum temperare. ] Ce mot en parlant de vin, veut dire y mettre de Ieau. (Quand on a le foie chaud, il faut un peu tremper son vin.) On a dit aussi tremper la croûte, mais cette maniéré de parlée est basse & burlesque -, & elle veut dire chinquer. Trinquer. Faire débauche de vin & se réjouir. TREMPER. [Ferrum temperare .] Terme de Coutelier, de Serrurier, Si de quelque autre artisan qui travaille en acier & en fer. C’est faire rougir de l’acier ou du fer, & les jetter au même teins dans l’eau Froide. (Tremper l’acier. Tremper le fer.) TREMPER, ». w. [ Immergi , inaquâjacere.) 11 signifie être dans l’eau , ou dans quelque autre liqueur. (Ì1 faut que de certaines choses trempent long-tems dans le vinai- TRE Vinaigre. Faire ïrémpér du poisson dafts l’eàu pour le dessaler. Laisser tremper quelque matière dans une liqueur.) f TREMPER. [Scelerìs esse affimm , conscium, partì- eipem.] Ce mot en pariant de crime, de conspiration, ou de quelque autre pareille chose, signifie être participant. Etre du parti, (lis ne trempoient point dans la sédition. Ablancourt, Tac. * TREMPER dans la révolte. Abl. Arr. 1 . 1. Tremper dans la conjuration. Vimg. Quint. I. 6 . Tremper dans un dessein. MemoiresdeMr.de/aRocbefoucaut.) TREMPIS , f. m. [ MadefaBio , dilutio, maceratio. ] Ce mot ne se dit guerë que d’une éau où l’on a laissé tremper de la morue, ou des harengs pour les dessaler. (Cela sent le trempis de morue.) On dit aussi le treatpis de cuir dans les tanneries. TREMPLIN , f. m. [Afser ix oleliscum desnens.] Prononcez tramplin. Ce mot vient de l’italien tremyli- no. Voïez Garzoni , Piazza universale , ch. 45. C est un terme de Danseur de corde , & de feiseur de sauts périlleux. C’est une forte d’ais fort large qui a Un pié a un bout, & à l’autre il n’en a point, qui sert à faire des sauts périlleux. (Tremplin brisé. Aprêter le tremplin.) TREMPURE , s f. [Pontkts moletrìnx.] Terme de Meunier. Poids qui sert à faire moudre d’une certaine maniéré. (Aìeguer la trempure. Aprocher latrera* pure.) TREMUE , s. f. [ Tabulatum aâ dtwéndos funes.] Terme de Mer. C’est un passage de planches que l’on fait dans quelque vaisseau depuis les écubiers jusqu’au plus haut pont, pour faire passer lés cables qui font frapefc *ux ancres. TRENCHANT- Voïz tranchant. TRENCHER. Voïez trancher. TRENTAIN, T >«. [Trigenarius nutnerm.] Ter- me de Jeu de Paume, qui se dit lors que les joueurs ont chacun trente. ( Avoir trentain. Nous sommes trentains.) TRENTAIN , f. m. [Trigenarius mijfarumpro defioì- Bis numeritíf] Terme d’Eglise. C’est le nombre de trente Messes que l’on fait dire pour un défunt, quand on n’a pas le moïen de lui faire dire un annuel. TRENTAINE, s. f. [Triginta.] Nombre de trente, (Il y en a une trentaine de pris. 11 a eu une trentaine de coups de bâton, ou environ.) TRENTANEL, s >»■ [ Gari species. ] C’est une forte de plante qui croît dans le Languedoc & dans la Provence, qui sert à teindre , & qui fait une couleur entre jaune & fauve. InjhuBion pour la teinture. TRENTE. [Triginta.] Nom de nombre indéclinable, qui veut dire trois fois dix. Prononcez trante. (On dit que du tems de l’ancienne Rome il n’y avoit à Rome que trente grandes rués. Pancirol, Ant. perdues, 1 . 1 . c. 20. Là depuis trente hiver, un hibou retiré Trouvait contre le jour un refuge assuré. Despr.) TRENTE, s. ra. [Triginta.'] Terme de feu de paume. C’est avoir gagné deux coups, ou en donner deux à un homme contre qui nous jouons, L qui n’est pas li fort que nous. (Avoir trente Donner trente à queicun.) TRENTE £•? un, trente-un. [Triginta U unus.'] J‘ai consulté ces mots, & jai trouvé que la pssipart des gens qui parloient bien , difoíent trente & un , & non pas trente-un, & que néanmoins ils disent trente, deux, trente-troïs. Trente U tin est donc comme il faut dire, & d u reste on dit trente-deuX , trente-trois , fans se servir de ia particule [f. TRENTE if un , f m. C’est une sorte de jeu de cartes ou celui qui a trente pf un de point gagne, où l’on donne trois cartes couvertes à chacun des joueurs que chaque joueur regarde ensuite pour voir si elles font au juste le point qui fait le gain du jeu, & alors il gagne. Que íì elles ne le font pas , il se tient à ce qu’il a de Cartes, ou il en demande encore quelcuné qu’on lui donne. Que s’il lui arrive que les cartes qu’il a, avec Celles qu’on lui a données fassent trente 0? ?--» > il gagne ; que si elles font plus de trente 0? R n, il perd. (Jouer au trente çsf un des pieces de quatre sous. Perdre au trente & un sept ou huit pieces de quatre, ou *íe siuq sous.) TRE 645 ïî y a une autre jeu qu’on apellèla belle , ìefiux, le trente U un , où il faut pour gagner avoir trente & un point en les cartes. TRENTE SIX mois, f m. ou Engagé. [TrienniumJ Terme de Mer. C’est celui qui voulant s’établir dans les Indes, ofre de servir ttente-fiic mois celui qui païem son passage. TRENTIE'ME , adj. [ Trigefmus, tricepmui. ) Nom* bre Ordinal. (Le trentième jour dù mois. C’est la tien* ■tiéme fois que... 11 est mort à fa trentième année.) TREOU. [Vélum quadratum.] Terme de Marine. Voile q narrée qu’on apellé aussi voile de fortune, & dont on ne fe sert que fur les galères, fur les tartanes, & autres vaisseaux de basbord , lors que la mer est trop agitée, & le vent trop violent. TREPAN , f m - [Terebra.] Terme de Chirurgie. C’est un instrument de Chirurgie duquel on se sert pour les fractures d u crâne. (Apliquer le trépan. Thevl) TRE PAN, f Terebratio. ] Terme de Chirurgie. C’est une opération chirurgique qui ôte tous les corps étrait* gérs qui pourroíent blesser le cerveau. (Ordonner le trépan.) , TRE PAN. [Terebra denticuiata.] Terme de Tailleur de pierres. C’est un outil fait presque en forme de téfiere, dont on se sert pour percer de gros murs de pierres de taille ou de maqonnerie. (Mon trépan est rompu.) TRE'PANER , v. a, [Çalvarìam terebra perforare.] Terme de Chirurgie, lequel Vient dù Grec, & il signifie trouer, percer, couper les os de la tête pour en tirer les corps étrangers. (Trépaner queicun.) t TRE'P AS , f m. [Obitus.]Mot qui signifie la mort & qui ne se dit qu’en Poésie. (En me tuant il me délivre de mille trépas. Théophile. Ses beaux yeux causent le trépas. Voit. Poésies. Donner la vie & le trépas. Voit-, Poésies. Diférer le Trépas. Voiture, Poésies. Quand par la ville ira le bruit de mon trépas , Dites-moi , mon honneur, en ferez vous plus gras P Molière, Cocu. f ai bien affez de cœur pour ne reculer pas, Et voir tomber le coup qui porte k trépas. Habert, Temple de la mort. Annoncer le trépas de queicun. Sar. Po'éf Attendre son bonheur d’un funeste trépas -, Voir toujours devant foi ce que son n’aime pat. S. Evrem.) TRE'PASSE', trépassée, adj. [Desuxftus, fato funiïm.'ì Qui est more. Qui est passé dans l’autre monde. [C’est une chose insuportable Que l’entretien d’un trépassé ; Car que fgait-il le misérable Que des contes du tems passée Mademoif. de la Vigne. Oui, quant à moi , je trouve, aitiní tout compassé h Qu’il vaut mieux être encor cocu que trépassé. Mol. Cocu.) TRE'PASSEMENT , j: rit. [Transim , obi t m.] Mo-, ment de la mort. Ce mot ne sc dit guéres qu’en parlant de la mort de la Sainte Vierge. (L’on a inventé dans les derniers siécles que tous les Apôtres assistèrent au tré* passement de la Vierge.) f TRE PASSER , v. ». [Mortcm obire , spmtkm émit*, teref] Mourir, rendre l’efprit. (Quand le bonhomme Guiliot Médecin imaginaire trépassera, ûn peut jureí hardiment qu’il trépassera fans rendre l’efprit ) TRE'PASSEZ, s. m. [ DesunBì. J Les morts. (Prier Dieu pour les trépassez.) TRETIDATION ssl [Nervoruin spastnm,] Cê mot est Latin & signifie tremblement. 11 se dit quelquefois, entre Médecins. (11 y a eu trépidation de nerfs, ou de membres.) TRE PIDATION. [Mottes trépidations*.] Ternie A’A. sironomie. C’est le noiii que les Sectateurs de Ptolo- mee donnent à un certain mouvement qu'ils atribuent à des Cieux cristalins, pour expliquer un changement presque insensible qui arrive à l'axe du monde. Les Modernes l’expliquent plus aisément en parlant de l’inclinatión de l’axe de la terre. (Mouvement de trépidation.) T R EPIE', triplé, s m. [ Instrumentant ferreum tripes.] Ceux qui parlent mal disent tnpié, mais les gens qui parlent bien disent & écrivent trepié. Ce mot * Tome UI. M m ra m % «ic 644 TRE niez & qu’on met sur le feu, ou sur les cendres chaudes pour mettre dessus quelque plat. quelque marmite , ou autre chose : mais parmi les Anciens & en parlant d A- oollon c’étoit une sorte de table à trois piez au temple d’Apollon, sor laquelle montoient les Prêtresses d’Apollon pour prophétiser. C’étoit aussi une sorte de table à trois piez dôht on faisoit présent aux vaillans hommes parmi les Grecs. [Donorum tripoda-s , pramia fortium Graiorum.) C’est à Delphes où nous avons l'en- cens & le trépié. Ablanc. Luc. C’est-à-dire, où nous sommes honorez. , On raconte diféremment l’hiftoire ou plutôt la fable du trepié d’or, fur lequel la Pithonisse s’asseioit pour y recevoir les réponses d’Apollon fur les demandes qu’on lui faisoit Valere Maxime dit dans le premier chapitre du quatrième Livre de ses Observations diverses , qu’un particulier de Milet acheta le jet d’une pêche, & que les filets niant été tirez , on y trouva un trepié d’or. Cette avanture surprenante fit naître une grande contestation entre les pêcheurs & l’acheteur du jet : ceux-là disoient qu’ils n’avoient vendu que le poisson que l’on prendroit dans le jet : l’acheteur au contraire soutenoit qu’on lui avoit vendu tout ce qui en proviendroit. Ce diférend parut être assez considérable par fa nouveauté & par le prix de la chose contestée, pour être renvoié à la décision du peuple, qui ordonna qu’Apollon scroit consulté , pour aprendre de lui à qui le trepié devoit être adjugé ; & il répondit qu’il devoit être donné au pi us sage. Le Peuple, pour satisfaire à l’ordre d’Apollon , remit tout d’une voix le trepié à Thalés ; qui l’envoia à Bias ; & celui-ci de même à Pit- tacus ; & aiant ainsi passé entre les mains de ces Sages, il parvint dans celles de Solon, qui le consacra à Apollon. Diogene de Laërce en parle un peu diféremment: mais il scroit inutile de raporter ici ce qu’il en dit, puisque cette avanture étant une fiction, il en a fabriqué le conte comme il lui a plû : il est même incertain si ce fut un trépié-, ou une table à quatre pies que l’on trouva dans les filets des pêcheurs. Mr. Spanheim a examiné cette question dans ses Dissertations fur Calli- maque. Suidas, aumot assure que l’on trouva elàns les filets des pêcheurs de Milet, un véritable trepié , pour marquer qu’Apollon, à qui il étoit destiné , connoissoit le passé, le présent & l’avenir. joseph a remarqué dans le livre 5. ch. 7. des Antiquitez Judaïques, que Moïse mit dans le Tabernacle une table semblable à celle qui étoit dans le Temple de Delphes, laquelle avoit deux coudées de long, une de large, & trois paumes de hauteur. Les pies qui la soûtenoient, étoient quartez depuis le haut jusques à la moitié ; & depuis la moitié jufqu’en en bas,ils étoient entièrement semblables à ceux des Doriens. Mais quoiqu’il en soit, le trepié a été emploie non seulement pour rendre les Oracles d’Apollon, mais encore dans les sacrifices ; car les trois piés étoient couverts d’un bassin creux, où l’on faisoit du feu pour brûler l’encens & les parfums que Ton ofroit aux Dieux. On voit en éfet dans le Recuëil de Mr. Tristan , pug. Ó81. du premier tome , une médaille de l’Empereur Verus, dont la tête est gravée d’un côté, & de l’autre on voit un trepié entouré d’un serpent; ceiqui fait connoitre que cet Empereursacri- fioit à Esculape ; car le trepié marque le sacrifice ; & le serpent, qui étoit le simbole, qu’il sacrifioit à Esculape* à qui l’Empereur demandoit la santé. Pour rendre ce simbole intelligible , on dit que de même que le serpent quite sa vieille peau, les malades quittent les maux & la langueur qui sont attachez aux maladies, par le secours de la Médecine. C’est ainsi que les Païens aveuglez par l’extravagance de leur Religion, se rem- plilsoient l’esprit de vains raïsonnemens & d’idées ridicules. On voit encore une médaille de Vitellius, où cet Empereur est représenté, sor le revers de laquelle on voit un trepié, avec la figure d’un dauphin au-def- sus, & un oiseau que l’on croie être un corbeau au-des- £? U p’ av< r c ces lnots pour îegende : XV. V 1 R. SACR. FAC. qui font connoitre que Viteilius étoit un des xvbvtrs préposez pour la solennité des sacrifices : en éfet, le dauphin etoit consacré à Apollon , selon la remarque de Servius fur le troisième livre de l’Eneïde : & à l’égard du corbeau . on prétend qu’il étoit fous la protection du rneme Dieu. TREPIGNEMENT, Faction de trépigner.. (C’est f. m. f Tripuâium. J C’est uncontinuel trépignement. TRE Ils nous étourdissent avec leur trépignement & leur batement de piez. L’Antiquité apelloit augures, ses bons ou les mauvais présages qu’elle prenoit du vol, du cri & du trépignement des oiseaux. Tbiers , JuperJi. chap. 17.) TRE'PIGNER , v. n. [ Tripudiare , terrant pedibus tundere. j Batre des piez parce qu’on est agité de quel. que paillon. (Plusieurs voix confuses d’hommes & de femmes étoient mêlées au bruit sourd de plusieurs piez nuds qui trépignaient dans la chambre. Scaron , Komun, 1. partie, ch. iz. 11 r 1 inquiète , il trépigne, il remue Oreille çVf queue La Font. Contes. Les jeux , les ris en trépignent de rage Son pauvre maître en devient tout sauvage. P. Com. Jes.) TRETlGNER. f Terram pedibus quatere. J Ce mot se dit des chevaux de manège. C’est batre la poudre avec les piez de devant en maniant fans embrasser la volte, & faire ses mouvemens, ou ses tems courts, près de terre, fans être assis fur les hanches. (Cheval qui ne fait que trépigner. Guillet , Art de monter à cheval.) TRETOINTE, f. f- [Affûtasolen coriaria tmia.) Terme de Cordonnier. C’est une petite bande de cuir fur laquelle on coud les semelles du soulié, de la bote, ou de la mule. (Trépointe renversée. Trépointe plate. II signifie auffi la couture même qui paroit en dehors entre la semelle & l’empégne & qui régne tout autour, en façon d’arriére-point. Quelques-uns disent trépaint & font ce mot masculin.) TREPORT, s.s. [Tignum arrcflarium. ] Terme de Mer. C’est la derniere piéce de bois au plus haut, qui étant assemblée avec le bout supérieur de l’Etam- bord, forme le bout de la Poupe. On l’apeile auffi, Alonge de Poupe, (5? Cormiert. TRE'S. Ce mot est une particule, qui étant ajoutée à des mots adjectifs est la marque d’un superlatif, comme, Trés-bon, Très-juste, Très-grand , Trèshaut, Très- ancien , Très-humble serviteur. (Je fuis très-aise. Trés- faint. II est mon très-cher ami. Cette particule très se joint aussi à quelques adverbes comme : je le serai très- volontiers, très-bien, três-prudemment, &c.) On ajpelle Louis XV. Roi très-Chretien. Ce titre a été donne aux Rois de France par Paul II. Pan 1467. TRESCHEUR , ou tricheur, f m. £ Duplariusscu. ti limbus.) Terme de Blason. C’est un orle qui n’a que la moitié de fa largeur. TRESEAU- Voïez trezeau. TRESEILLE, s f [ Arcera transverjì longurii , clatbri .J Terme de Choron. C’est la partie du chariot qui entre dans les deux ridelles pour les tenir en état. (La treseille de ce chariot ne vaut plus rien.) t TRE'S-EONCIER , f. m. [Fundi dotninus.) Terme de Coutume. C’est le Seigneur & le propriétaire du fonds des bois & forêts, qui sont en tiers & danger. 11 sc dit aussi du propriétaire d’un héritage, par oposition à celui qui n’en est que l’ufufruitier. TRES-FOND, f m. [ Fundzts'&solum pradii.) Terme de Coutume. II sc dit en parlant de terres & de bois. Vendre le fonds & le très-fonds d’un bois, c’est vendre, non-scuiement la coupe du bois, mais aussi le fonds même. TRESOR, s. m. [Thésaurus,gaza.) Mot qui vient du Grec, & veut dire or, argent, pierrerie, en un mot meubles précieux. (Le Gouverneur de Damas livre à Parmenion le trésor de Carius. Voïez Quinte-Cur* ce, liv. 5.c. 13. 11 met toute sa gloire U son souverain bien A grossir un trésor qui ne lui sert de rien. Defpr.) /jf TRE'SOR. Ce terme a d’abord signifié íes revenus des Rois , des Républiques & des Princes, & le lieu où on les enfertnoit. (Les Rois de Perse avoient un trésor immense, dont plusieurs Auteurs ont fait mention. Aman, dans EJiher , ch. 4. ofre au Roi Assuerus dé re- metre entre les mains de ses Trésoriers dix mille talens. Le trésor de toute la Gréce étoit dans le temple de Delphes, & celui des Romains dans le temple de Saturne. Il y eut à Rome un second trésor fous le titre d ’Aùra- rium. Après que la République fut souMise à l’autorité souve- TRE souveraine d’Àuguste, il eut son trésor particulier sous le titre de Fiscùs. Le même Empereur établit un trésor militaire, JErarium militarc. Enfin les Pontifes avoient de même leur trésor , que l’on apelloit Arca Sc ceux qui en avoient la garde Arcarii , dont il est fait mention dans le Code Théodosien fous le titre de suscepto- vibiís , prapositis, V Arcariìs , & dans le Code Justinien , liv. 11. tit. 70. On l’apelloit aussi Avrarittm comme celui du Peuple ; c’est ce qui se prouve par diverses inscriptions.) TRE'SOR de saint Denis. [ EcclejhesanH’t Dionsii sa. crariutit,] C’est une quantité dc choses sacrées & non sacrées qui font très-précieuses. Les choses sacrées font un très-beau calice d’agate, donné par Charles le simple, une des cruches dans lesquelles Notre-Seigneur changea l’eau en vin aux noces deCana, le pallium du Pape Saint Etienne, plusieurs saints livres manuscrits écrits fur du vélin. Les choses profanes du trésor de saint Denis sont un vase de cristal de roche tout d’une piece avec un couvercle d’or. Un pot de porphire à deux anses. Une corne de licorne de six piez. La lanterne de Judas. Le miroir du Poète Virgile. L’épée de Jeanne la pucelle. Sept couronnesJd'Empereurs & de Rois. La couronne de Charlemagne, de saint Louis. La couronne de Efenri le Grand & celle de Louis XIII. La main de Justice de saint Louis. L’épée de Charlemagne, &c. (Aller voir le trésor de saint Denis en France.) TRE SOR. [ Quastorum curìa. ] C’est la chambre du trésor. C’est une jurisdiction dans le palais de Paris où l’on connoit des choses qui regardent le Domaine du Roi. (II eltConsciller au trésor. Plaider au trésor. Messieurs du trésor ont jugé l’afaire à l’avantage de ma partie.) 11 y a dans la chambre des Comptes, une chambre du trésor , ou un bureau des auditeurs, à qui l’on distribué les comptes de l’épargne & de la maison du Roi, & tous ceux qui regardent le Domaine. [ Rationum fisci caria.] TRESOR de s chartres de la Couronne. [ Tabularium .] C’est le lieu où l’on garde soigneusement tous les titres & les actes de conséquence qui concernent la Couronne. (Chercher un titre au trésor des chartres de la Couronne.) TRE'SOR Roial. [ Régis amrium.] C’eft le lieu où l’on reqoit tout l’argent qui revient au Roi, des tailles, des taillons & des autres revenus du Roi. (Porter de l’argent au trésor Roial.) On apelle aussi trésor Roial le lieu que le Roi établit à Paris en 1676. pour recevoir par les mains de Gédeon du Metz garde de ce trésor l’argent des particuliers jusques à la concurrence de deux millions, & dont Sa Majesté fait rente au denier quatorze. (Tout Paris a mis au trésor Roial, & on trouve que c’est aujourd’hui le fond le plus assuré.) 11 y a aussi le trésor de l’épargne. [Airariumsancims.] * TRESOR. Ce mot au figuré a un usage assez étendu & il signifie Richesses. Chose belle, rare & prétieufe. Objet plein de charmes & de beautez. (Un brutal pojfede un trésor Gon. Epit. 1 .1. Epigramme 66. * Jesai que la nature épuisases trésors , Quand par l’ordre du Ciel elle forma Jon corps . La Lane, Eglogue. C’est-à-dire, que la nature épuisa tout ce qu’elle avoir de beau, toutes ses richesses, &c. . * U y a en vous des trésors dont je saurai jouir en dépit de la mauvaise fortune. Voit. I. }$. [ Corporis 0? an:mi dotes. J C’est-à-dire, il y a en vous des charmes & des qualitez dont je jouirai maigre ma mauvaise fortune. * Sa divine ame & soft beau corps Fait un mélange de trésors. La Suze, PoèC ’est-à-dire , que son aine 6c íbst corps sont pleins de larmes & de vertus, Sc font uri composé plein de mille tannantes qualitez.) * T R ES ORS de P Eglise. [ EccleJì les autres, Urbani , ou AErarii ; & ses troisièmes, Provinciales. Les premiers avoient une jurisdiction sur les personnes: on ne soait s’ils ont été créiz par Roè mu lus, ou par Numa. Les plus considérables étoient ceux qui avoient la garde du Trésor public , dont Jule César rompit les portes malgré les ésorts du vaillant Me- tellus Tribun du Peuple, pour en prendre tout ce qui y étoit renfermé. Cet évenement particulier de !a guerre civile des Romains , est peint par Lueain dans le troisième Livre de íaPharfale , avec des couleurs dignes du Poète, & qui ne font point flétries par le Traducteur: Ce Tribun transporté àe Stèle 0 f de courroux , D’un superbe vainqueur soiiicite les coups: Sache , Juche , cruel, dit ce bouillant courage , Qu’il faut m’ ouvrir le J'ein pour t’ouvrir 1e passage s Qù’avant que d'enlever les trésors des Romains , II faut aujacrilege acoùtumer tes mains s il faut qui à m* immoler ta vengeance s’aprê'e, Et qtte d’unsang sacré tu baigne ta conquête, sfic. TRE'SORIER général. ( Gewralis arcarius. J Oficier . qui a la direction d’une généralité & à qui ie Conseil du Roi envoie commission pour les tailles qu’il faut lever dans fa généralité, &c. TRE’SORIER de l’épargne. [SanBmìs ararii cujios.j Oficier qui paie les gratifications du Roi, qui donne des. assignations, ou billets portant quitance des sommes que le Roi a comptées. TRE'SORIER des parties casuelles. [ Fortuìtorum pro. ventuum arcarius. j Oficier qui reçoit l’argent de la vente des otìciers, & qui dispose au profit du Roi,des charges dont la paulette n’a pas été paiée , Sc des charges des Otìciers qui font morts fans résigner. On apelle aussi ce trésorier le trésorier des revenus c usuels. TRE'SORIER des aumônes, ofrandes 0 ? dévotions du Roi. [ Regiarum eleemsynarum dijpensutor.] C’est celui qui distribué les aumônes du Roi & l’argent que fa Majesté veut qu’on donne pour ses dévotions. TRE'SORIER des menus plaisirs. Oficier qui fait la dépense des menus plaisirs de Sa Majesté, du fonds qu’il a entre les mains. TRE'SORIER ordinaire de la guerre. C’est un Oficier qui paie la gendarmerie. (Etre trésorier ordinaire de la gendarmerie.) TRE'SORIER de P extraordinaire. C’est un Oficier qui fait les dépenses de la guerre Sc qui paie les troupes. (II est trésorier de l’extraordinaire.) L’Electeur Palatin est apelle grand trésorier de PEm. pire. II y en a deux dans le Roiaume de Pologne. Le grand trésorier cP Angleterre est surintendant des finances, & le second oficier de la Couronne. On apelle proverbialement, trésorier sans rendre com. pte , celui qui fait ce qu’il veut chez un grand Seigneur. TRE'SORIER. [ Tbesaurarius . ] Oficier qui dans les Eglises collégiales polfede une dignité Eclésiaftique qui le charge du soin de tous les vases sacrez, (11 est trésorier de la Sainte Chapelle. Et chez le Trésorier de ce pas à grand bruit Vient étaler au jour les crimes de la nuit „ Despr.) TRE'SORIE'RE ,//- [ Thesauraria .] Terme d sReli. gieuse Bénédictine. C’est 1 Oficiére Religieuse qui a le maniment de ì’argent, qui a soin de recevoir les rentes, de paier Sc de faire toutes les dépenses nécessaires. (La tréforiére doit être fort vigilante.) TRE'SORIE'RE de la Chanté. [’Éleemosynamm dispen- Mouam 3 " satnxs 646 tre satrms C’est une Dame depiete &de vertu, qui mis les aumônes des pauvres de quelque paroisse de Paris. Ainsi on dira, oue Madame Bignon femme de Monsieur Bignon aujourd’hui Conseiller d’Etat & autrefois Avocat général elt tresorière de la Charité de saint Nicolas du Chardonnet. TRESSAILLEMENT , TrefsaiOissement , s. m. £ Motus tremulw .] On 11e dit que tressaillement C elt une efpece de mouvement déréglé. C’elt un deregle- ment compliqué du mouvement, ou tout ensemble un tremblement & mouvement convulsif. Voïez Degorit , termes de Medecine, pag. 155. (Hehri IV. disoit qu’il lut prenoit des trelíaillemens quand il étoit en carosse.) TRESSAILLIR, v.n. [Exilke, tremulo motu concutis Ae tresj'auts, tu trejjduts, il trejj’aut, mus tressaillons, vous íresj aillez, ils tressailient, ffe tressaillais, je trejsaillit. fsai trejjuilli, je tressaillirai. Ce verbe ne fe trouve point dans les bons Auteurs aux trois premières personnes de vindicatif, il lignifie faire un certain mouvement du corps comme en fautelant& en tremblant, qui marque qu’on est surpris inopinément & qu’on a peur. (II tressaillit à la vûë du monstre. Monsieur Perraut dit pourtant il tressant. On voìt un fripon de levraut, P un petit bruit on le réveille , II tressant, il dresse l'oreille , Et dans ce moment à souhait Le fusil lui donne son sait. Perr. Chasse. * En disant Louis de Bourbon Elle tressaillit tout de bon. Voit. Poésies. C’est-à-dire, elle fut toute émue & toute transportée. * TRESSAILLIR d’allegrejse , ou tressaillir de joie. f ’Gaudio exiltre, latìtià exultâtes C’elt être dans la joie. Etre plein de joie. Etre transporté de joie. (Fai- tes-moi entendre une parole de consolation & de joie, & toutes les puissances de mon ame que vous avez aba- tués & humiliées tressailliront dlal egresje. Port-Ròial , Fseaumes. Tressaillir de joie. Vaug. Quint. L 9.) * TRESSAILLIR de douleur. [Vehementi dolore qfftcis C’est être transporté de douleur. Etre tout-à-fait affligé. (Le mot de testament me fait tressaillir de douleur. Mo- liére, Malade imaginaire, a. l.s. 7.) TRE'SSAILLISSEMENT. Ce mot ne se dit pas. VoïeZ ivejj alitement. * TRESSE. Volez tréce. TRESSER. Voïez trécer. TRETEAU , s m. [ Fulmentum , fulcrum. ] Prononcez frété. C’elt une maniéré de chevalet de bois > qui a quatre piez, qui soutient ordinairement les tables des cabinets où l’on vend en assiette , à pot & à pinte, d’où vient cette faqon de parler. {Etre entre deux tréteaux. C'est-à-dire, être toujours au cabaret & ne faire qu’ivrogner.) £ Monter sur des tréteaux. C’est faire le métier de boufon, d’operateur, de saltimbanque. TRE'TEAUX. C Ligni desecatorum fulcra. ] Sorte de piez allez hauts fur quoi les scieurs posent la piece de bois qu’ils scient. TRETR ATETRE, / m. [ Tntrateter. ] Animal tìe l’isle de Madagascar, qui est de la grandeur d’une geniffe, qui a la tête ronde, & le visage presque semblable à celui d’un homme. TREU , f tn. [VefiigaL] Vieux terme de Coutumes, qui se dit d’un impôt que le Seigneur prend sur les marchandises qui passent d’un païs à un autre. II fe dit aussi du droit qu a un Seigneur fur une bête qui aura été tuée fur ses terres. Ufus venatorium ,] TREU. hnúzn mot qu\ ûgniiiMtsubside , impôt & a été fait du Latin tributum. Philippe Moulin, en parlant de César, Ki tant sut prous U conquérant , Ki par tout le monde tru ot, Jje ceux dlEspagne avoir ne pot son treU. Voïez la Somme rurale de BoutiUier. TRE L' Es sf. [Inducias C’est une suspension d’ar- Jnes entre deux puissances ennemies. (Faire trêve. On ne parle aujourd’hui que de trêve & de paix. Signer latreve. Entretenir, observer, garder inviolablement une treve. Enfreindre, rompre une trêve. Contrevenir a la treve. TRE L’Univbrsité de Paris est un païs composé de pédans, avec lesquels il n’y a jamais ni paix ni trêve. Balzac, Je pense qu’il n’y aura jamais ni paix ni trêve , entra les Jansénistes ét les Molinistes.) /Jr Je supose que le Lecteur est sufisamment instruit des guerres privées qui ont été en usage pendant long- tems en ce Roïaume entre les particuliers, & indépendamment de l’autorité roïale ; j’en ai remarqué les principales circonstances fur le mol guerres il faut, maintenant que l’ocalìon s’en présenté , expliquer comment on suspendoit ses désordres qui étoient les fuites ordinaires de ces sortes de guerres. Les Prélats du Roïaume travaillèrent inutilement pour abolir ces guerres si funestes aux plus illustres familles ; & désespérant de pouvoir rétablir les loix dans leur an- derme vigueur , ceux de l’Aquitaine s’étant assemblez inventèrent les trêves , pour suspendre du moins les haines & les combats pendant quelque tems, afin de tâcher d’adoucir un mal dont ils ne pouvoient éteindre la fureur. Cette suspension d’hostilitez avoir été pratiquée plusieurs fois par ses Romains, dont l’hi- stoire nous en fournit plusieurs exemples. Mais là haine étoit si inveterée dans le cœur des parties , qu’elles ne vouloient accepter ni paix ni trêve, & c’est ce que l’on apelloit Faida. Ce qui obligea Charlemagne & quelques-uns de ses Successeurs d’imposer une peine pécuniaire à ceux qui ne vouloient niofrir, ni accepter la trêve : cette peine étoit apellée fredum , ou vuergildum , dont la troisième partie apartenoic au Fisc. Les Auteurs du moi en siécle apellent cette trêve, treuga Domini, la trêve du Seigneur ; & ce terme est dérivé de l’ancien mot Tru, qui signifie, de même que Dru, fidélité : & comme les parties qui acceptoienf la trêve, en prometeoient l’exécution par un baiser, qui est le sceau de l’amitié Si de la fidélité, on nomma trêve la convention de suspendre la guerre pendant un certain tems. Voìez Air. de Roye de treuga pace, & Sebastien Guazzini, tract, de pace N treuga. TRE VE, f Levumen , remijjio. ] Soulagement de quelque douleur. (Ma goûte m’a donné quelque trêve. ) * Faire trêve avec ses ennuis. Godeau, Poésies, 2. partie. [Tœdiumsujpenderes C’est-à-dire, être quelque tems fans s’ennuier. f ' TRE'VE de raillerie. S. Amant. [ Mitte ridicu. lariaj Trêve de compliment. Scaron. f Verbis fuperse - deamus osfìciosiss C'est-à-dire, plus de raillerie , pluî de compliment. {Nefuis-je pas bien fat de vouloir raisonner , Trêve donc, je vous prie, à vos impertinences. Molière, Cocu.) On croit que trêve donc de vos impers inences seroií mieux dit. sREVIER , f. m. {) Vélis prœpostus . ] Ternie de Mer. C’est celui qui pose & assortit les vergues avec ies Mâts , & les voiles j & qui les visite à chaque quart pour observer s’il n’y manque rien. On apelle aussi cet Osicier , Maître voilier. pLes trevurs, ou les maîtres voiliers prennent la mesure des envergures des bâti- mens. C’est-à-dire , qu’ils posent , & assortissent les vergues avec les mâts & les voiles. ) IREUíL, J, m. [Sucula. j Terme de Maçon. C’est un ouvrage qui est soit par le Charpentier & qui est un rouleau de bois autour duquel s’entortille la corde, lors qu’on tourne un moulinet. (Nous ne saurions monter nos pierres, notre treuil est rompu.) TREU VER. Voïez Trouvir, FR EZAIN , f. m. [ Terdenarius , terdenus. ] Piecê de monoïe qu’on donne à la messe des épousailles, cê qui est une coutume fort ancienne parmi nous. Boute- roue , Truité des Momies, p. 197. On apelle aussi Tre* ■nain, treize gerbes de blé for lesquelles 011 dîme. [Mu* nipulus terdemu ] TREZE, ou treize. (Tredecims O11 l’écrit de ces deux manières, mais on prononce treze. Nom de nombre indéclinable que ses Latins apellent tredecim dix & trois. (De treze Apôtres il y en a eu un traitre.) TREZE A U , f. m. [slrojsuss Terme de Mercier 4 C’est ce que pèse un gros. ( Acheter un trézeau d< foie.) TRE'zIë'ME , adj. [Decimus tertiuss Nom de nombrà ordinal qui signifie. Qui est le dernier de frète. (U est k trézléuie. Elle est la tréziéms.) , TRE- TRI 'TRÊ'ZIE'ì'iIË , s. tfí. [Décima tertia fan.] Terme de ‘Coutume, Droit apartenant au Seigneur du fief supérieur, qui se nomme ainsi dans la Coutume de Normandie, ce qu’on apelle ailleurs Lods U vente, ou droit de quint N requint. f TRE'ZIE'AiEMENT, adv. [Decinto tertio làco.] On dit en tréziéme lieu. t TRI AC LEU R , tériacleur , f m, [ Circulator , Açyrta.) 11 su u t dire triacieur. C’est celui qui vend de la téríaque, ou qui passe pour un charlatan. Vaug. Rem. (C’est un fameux triacieur. 0' Tores ces beaux sufisans dont la Cour ejisemée , Ne sont q ue trìacleurs (-f vendeurs de fumée. Régnier, Sat.) TRIAGE , f ta. [Selefíio , de lc f lus.) Choix. (Faire Un triage. Triage bien fait. Se rendre difficile au triage des œillets. Culture des fleurs, cb. %.) TRIAGE. [Separatiojélefêjo.) Ternie d’Eaux & Fe. rê'ts Ce for.t certains buissons ou quartiers de forêts qui en font la division. TRÏAÍRE, f. m. [Triarius, tertiarius.) Terme de Milice Romaine. Prononcez trière. C’est une forte de soldat fantassin de l’AncienneRome qui étoit armé d’une pique & d’une rondache avec le casque & la cuirasse. (11 y avoir des triains dans chaque cohorte. Ablancourt , Frontin, de la bataille des Romains.') TRIANGLE,/m. [Triangulunt.] Terme de Géo. inetrìe. C’est une figure bornée de trois lignes qui forment trois angles. II y a des triangles fiats qui sent formez par trois lignes doites qui font dans un même plaq, & des 'trianglessphériques qui sent enfermez par trois lignes circulaires fur la superficie d’une sphere, ou d’un globe. 11 y a des triangles reétangles , obtusangles & acutangles , & des triangles équilatéraux , ifoseéles & fcalenes. (Faire un triangle. Une tête sortait en sonne de pupitre , Dont le triangle affreux tout hérissé de crins , Rurpaífoit en grojjeur nos plus épais lutrins. Defpr.) TRIANGLE. sTrigtnum cryjìt’.ttinutn.) Terme de Mi. ro'úetier. C’est un verre en forme de triangle, ou plutôt un prisme triangulaire, qui fait voir diverses couleurs, & qui renverse les objets. (Un fort beau triangle.) TRIANGLE , f. m. 5 Triangulum dentiscalpum. ] C’est aussi un Terme à’Arracheur de dents. Petit instrument dentelé & fait en triangle, autour duquel on -met du linge pour porter quelque essence, ou quelque liqueur dans une dent. (Prenez le triangle, & mettez de l’essence dans cette dent.) TRIANGLE. [ Tabulai uni nauticum triangulatum. ] Ternie de Marine. Echaffaut que l’on fait de trois planches, ce qui sert à travailler sur les cotez du vaisseau. On donne ci- même nom à trois barres du cabestan, que l’on fulpend autour du grand mât , lorsqu’on les veut racler. TRIANGLE. [Arundo cum tribus candelis.) Cierges assemblez par le bas, & divisez par le haut en trois branches , qu’on allume le Samedi Saint dans l’Eglife Romaine, lorsqu’on fait le feu nouveau. TRIANGULAIRE , f m. [ Trìangularis > triquetrus. ] Qui forme un triangle. Qui tient du triangle. (Figure triangulaire. Extrémité triangulaire.) TRIANON , f. m. £ Aides q uadratœ Jiruciurœ. ] C’est une sorte de Palais Roial qui est auprès de Versailles & qui t st très-beau» (Aller voir le Triancn.) TRIB.lDE, s.s [Tribus , friftrix , mtdier mascula lìbidmis J Mot qui vient du Grec. C’est celle qui s’a- couple avec une personne de son sexe & qui contrefait l’homme. ( At tu , proh facinus ! Bajja , futor eras. Volez Martial, l. i. ep. go. C’est une tri bade. Ablan- courl, Luc.) TRIBORD, f. m. [Dextrum navis latus ,] Terme de Marine. C’est le côté droit du vaisseau, quand on le regarde de dessus la pouppe. TRIBORD AIS, f m - [Vigilìarum nauticarum pars dextra.) C’éit ainsi qu’on ap-.lte fur mer la partie de l’é- quipage qui doit faire le quart du tribord. t TRIsiOUíLLEMËN T , J: m. [Animi motio , agitatio. j Ce mot signifie trouble , émotion, mais il est bas & ne fe dit , ce semble, qu’en parlant, & même i! ne fe dit guere. ( 11 me prit un triòouilkment de sens.) TRI 647 f TRÏBOUILLER , ».«. [Apjtari, movtri.) Remuer. Troubler. Agir. Emouvoir. (Je me sens tout triboúiUer le cœur lors que je te regarde. Molière,, George Dandrn, uél. 2 .Jc. i.) TRIBOULET , s. m, [ Metula lignëa aurifabri. ] Tèrme d’Orfèvre , &c. C’est une grosse quille de bois dont on fe sert pour arrondir la besogne. TRIBOULET. [ Hìjirio, ) C’est le nom d’un fou de Louis XII. & on dit que ce Triboulet étoit fi plaisamment fou , qu’ii a donné lieu à ce proverbe , servir de triboulet. [ Hijirinnem agere. 3 Pour dire servir de fou » Faire rire la compagnie. TRIBRAQUE, s. m. [Trìbrachus , pestriumbre- vhnn jyllabaruni.) Terme de Prosodie Gréque U Latine, C’est un pié de vers composé de trois íìlabes brèves. TRIBU iss. [Tribus.] Ce mot fe dit en parlant du peuple dïsraël & de l’ancien peuple Romain * & iï signifie partie du peuple d’Israël. Partie de la terre de promiflion où étoit le peuple d’israël. (Le peuple de Dieu étoit divisé en douze tribus. Voïez le livre de TE- criture qui a pour titre les Nombres. Sanfon a fait une carte de Géographie de la demeure de toutes les tribus du peuple de Dieu dans la terre de promiffion. Le mot de tribu en parlant de l’ancien peuple Romain veut dirù une partie de l’ancien ipeuple Romain. Les uns racontent que le peuple Romain fut premierement divisé en trois tribus, & les autres en quarte, & que peu à peu le nombre des tribus Romaines augmenta de telle forte que du tems de Cicéron il y en avoittrente-cinq. Voïeï Rufinus , -antiquités de Rome.) TRIBU. [Tribus. 3 Terme de YTJmvsrjìté de Paris. Partie de nation de l’Universiié. (Etre de la tribu d’A- miens. Etre de la tribu de Beauvais, &c.) t TRIBULATION,// - . [Res adverses, maror .3 Prononcez tribulacion. Ce mot fe dit dans un stilé grave, & où l’on veut imiter le langage de l’Ecriture. II se dit aussi en raillant, mais de quelque façon que l’on en use , il signifie Trouble. Traverse. Mijìere. Désordre. (Pensez en quel danger est leur salut daas cette maudite terre de tribulation & d’angoisse. Patru, ;. plaid. Vous Pavez déja tiré d’un lieu d’horreur, d’un lieu de larmes, de tribulation & d’amertume. Patru , plaid, ç.) f * TRIBULATION, [•periurbatio. 1 Ce mot se dit quelquefois en riant, & veut dire Trouble. Désordre. Geroit.il point arrivé à votre amour quelque peu de tribulation. Molière , Ecole des Femmes, ací. 4. TRÌBULE , // C Tnbulus. ] Plante qui pousse plusieurs tiges couchées par terre, dont les fleurs ont cinq feuilles jaunes, & qui est bonne contre la gra- velle & les venins. 11 y a une tribale aquatique qui est une autre forte de plante qui croît dans les rivières & dans les lacs. î La tribule aquatique est fort astringente, rafraîchissante , résolutive, propre pour les cours de ventre. Sa décoction est souveraine pour les instaurations de la bouche. TRIBUN , / ni. [Tribunus,] Ce mot vient du Latin , & fe dit en parlant de l’ancienne Rome. C’étoií le chef d’une partie du peuple Romain. C’étoit un Magistrat établi pour soutenir les droits du peuple, & cette forte de tribun s’apelloit tribun Au peuple. Mais depuis on fit d’autres tribuns qu’on nomma tribuns des soldats, & ils étoient dans les troupes Romaines à peu près la même chose que les O liciers que nous apollons aujourd’hui parmi nous Mejires de Camp. TRIBUN. On créa des Tribuns, pour défendre le Peuple contre la tirannie du Sénat & des Riches qui le ruinoient par leurs usures excessives : mais Rétablissement du Tribunal eut des fuites que l’on n’avoit pas prevûë , & changea entièrement la forme du gouvernement. Rome fut d’abord gouvernée par des Rois. La Roïauté aìant été abolie , les Grands fe donnerent un pouvoir peu diferent de l’aristocratie : mais dès que le Peuple eut des Chefs, il forma un corps séparé, & s’atribua insensiblement & sous diférens prétextes, la plus grande partie du gouvernement : ces Chefs furent nommez Tribuns , parce que leur pouvoir s’é- tendoit fur toutes les Tribus du Peuple Romain ; & comme les assemblées publiques n’étoient composées que du Peuple , on les apella Comitia Tribunitiœ. Romulus fe volant seul maître dans Rome, choisit pour sa garde , trois cens jeunes hommes qu’il prit «lans les Tribus, & à qui il donna pour Chef Fabius Celer, 648 TRI Celer, qui communiqua son nom à íès soldats , qui Furent apellez Tribuni Celeres , ou peut-être aussi parcs qu’ils étoient jeunes & prompts à exécuter les ordres qu’on leur donnoit. Mais les Tribuns du Peuple furens créez long-tems après r l’histoire de leur établissement nous a prend que le Peuple oprimé par les Riches qui exerceoient les plus cruels tourmens fur leurs débiteurs que l'on apelloit Nexi , se souleva plufieurs fois pour s'asranchir d’une si rude servitude au milieu de la liberté qu’il croioit s’être aquilè : mais enfin ne pouvant plus suporter les duretez de ces créanciers, il palla le Teverou * & se retira sur la mon agne sacrée , dans le dessein .de se défendre contre tes persécuteurs. Cette retraite embarassa fort le Sénat ; & après avoir tenté plusieurs sois inutilement de le rapeller dans le sein de sa patrie , il lui députa Menenius Agrippa , homme éloquent & agréable au Peuple , selon le témoignage de Tite-Live , hb. 2. decad. 1. & étant entré dans le camp , on le fit asseoir, & il fit une harangue qui dans fa simplicité fit plus d’éfet fur l'elpiit des plus mutins, que n’auroit fait un discours éloquent & composé avec soin. . II y a eu un tems (dit-il) où toutes les parties de l'homme ennemies les unes des autres , se révoltèrent contre le ventre, en disant qu’il n’étoit pas juste qu’elles travaillassent lans cesse pour lui procurer du plaisir fans leur marquer la moindre reeonnoissance : mais elles s’aperçurent bien-tôt qu’elles se trompoient, puisque n’aiant plus de commerce ensemble elles languissaient & s’afoiblis- soient par l’interruption du sang qu’il leur communi- quoit, fans lequel elles ne pouvoient pas vivre. Cette fable ramena les esprits , & l’aplication qu’ils s’en firent, les rendit susceptibles déraison & de tempérament. On leur acorda des Magistrats pour eux seuls, & qui pussent maintenir leur liberté, & les défendre contre le Sénat. Ces Magistrats furent nommez Tribuns du Peuple. Lucinius , & L. Albinus furent élíìs pour en faire les fonctions , qui furent ensuite feeau- coup étendues par la violence & par la force, à laquelle le Sénat fut souvent obligé de céder. Mais Silla aïant été créé Dictateur l’an 68;. de la fondation de Rome , il réduisit les Tribuns du Peuple dans les premières bornes de leur établissement. Cotta & Pompée les rétablirent ensuite dans toute l’étenduë de leur pouvoir, en vûë dè s’en servir pour s’aque- íir les sufrages du Peuple ; & ils en jouirent impunément jusques au régné d’Auguste , qui ne pût pas íbufrir d’autre autorité que la sienne. Je m’arréterois trop , si je raportois en détail les fonctions des Tri- buns du Peuple , & le mauvais usage qu’ils en ont fait : il est plus à propos , ce me semble , d’expli- quer l’origine d’une autre espèce de Tribuns que l’on apella Militaires. Le Peuple soutenu par ses Tribuns, soufroit avec peine l’excluíion du Sénat, dont on lui lefusoit l’entrée : il regardoit encore comme un mépris qui le confondoit avec les esclaves , la défense de s’alier par le mariage aux Sénateurs & aux Patriciens ; il se plaignit plusieurs fois inutilement de cette injustice : mais enfin le Peuple impatient, fut fur le point de sc révolter, & le Sénat se vit obligé , pour arrêter sa fureur, de consentir qu’à l’avenir on pren- droit indiféremment des Tribuns dans le Sénat , & parmi le Peuple, lesquels auroient le même pouvoir que les Consuls , fans avoir néanmoins celui de changer l’état de la République , leur institution n’étant faite que pour maintenir la paix entre les Patriciens & le Peuple. Ce changement arriva en l’an 309. ou 310. de ìa Fondation de Rome. On assembla le Peuple pour élire trois Tribuns avec la puissance consulaire ; & pour lors on vit paroître plufieurs plébéiens vêtus de blanc selon la coutume de ceux qui bri- guoient des Charges : mais le Peuple sensible á l’hon- neur qu’il recevoit, & pour marquer sa reeonnoissance, élût trois Tribuns Patriciens, & fit voir par là qu’il n agissoit que par un sentiment de gloire , & qu’il étoit satisfait d’avoir éfacé la honte dans laquelle il avoit vécu. Cette conduite du Peuple a paru si noble à Tite- Live , & fi singulière dans un Peuple jusques-là animé d’tin juste ressentiment, qu’il s’écrie : Trouveroic on aujourd’hui un homme capable d’un sentiment si généreux ? TRIBUNAL , / m. [ Tribunal , sella. J Mot qui s’est naturalisé François, C’est le fiege si’un Juge dans fa jurildiction. TRI C Quand ce ToReur -plein d’ignoranct Est monté sur son tribunal, 11 croît plus faire pour la France Que le Roi, ni le Cardinal. Mai. Poëf Il faudra comparoître devant le souverain Tribunal de Dieu. On dit aussi le tribunal de la Confession. En un mot le bon Pere est doux comme un agneau Lors queson tribunal vaut autant qu un bureau. Sanlec.) * TRIBUNAL. [Magistratum , forum ] Juridiction. (II n’importe en quel tribunal je trouve les enrôlez. Patru, i.plaidoié. II érigea m tribunal de Justice. P«- tru, 1. plaidoié. Tans mes cloîtres sacrez la discorde introduite T bâtit de mon bien ses plus fiurs arsenaux , Traîna tons mes sujets aux pieds des tribunaux. Despr. c> * C’est une chose décidée dans tous les tribunaux des Grammairiens. C’est-à-dire, parmi tous les Grammairiens.) TRIBUNAT , st m. [Tribunatus , tribunitìapotestas ,J Charge & dignité de Tribun. La puissance du Tribu- nat étoit fort grande. (Demander , briguer le Tribu, nat. Acad.Fr.) TRIBUNE, st f. [ Rosira , suggestumJ Ce mot en parlant des Anciens , étoit un lieu elevé pour haranguer & pour voir plus commodément les spectacles. (On porta la tête & les mains de Cicéron fur la tribune aux harangues. Plutirque , vie de Cicéron.) TRIBUNE. [Suggestum ] Ce mot se dit aujourd’hui en parlant d’Eglise ; & cést une espece du jubé lambris sé & fermé de jalousie où l’on entend la Messe. (Une belle tribune bien propre. II est à la tribune d’où il entend la Messe.) TRIBUT , st m. [ Tributum , veRigal. ] Ce mot vient du Latin , & ii ne se dit ordinairement qu’en parlant des choses éloignées de notre tems C’est une forte de taille que celui qui avoir la souveraine autorité imposoit, ou faisoit imposer sur les p aticulicrs , & que les particuliers étoient ensuite contraints de lui paier. (Ordonner un tribut tous les ans. Ablanc. Arr. liv. 1. Imposer un tribut. Exemter de tributs. Ablanc. Tac.) * TRIBUT. [Debttum , tributum J Ce mot entre dans plusieurs façons de parler figurées. Exemples. ( -lux usages reçîcs il faut qu’on s’acommode , Une femme fur tout doit tribut à la mode. Desp. Sat. 10. f * Ils ont rendu à la nature le dernier tribut que tous les hommes lui doivent. C’est à dire , ils font morts. Paier le tribut à la nature. Ablanc. C’est mourir. * Tout paie le tribut aux tirans des années. C’est-a- dire, tout cede aux ans. Et mes yeux urrosans ces belles mains de larmes , Paierent les premiers le tribut à ses chai mes. Habert, Temple de la mort. C’est-à-dire, je fuis le premier qui l’aimai. * Que les premiers jours de votre deuil se soient passez dans les larmes, c’est un tribut qu’on doit à la nature. Patru, Lettre a Olmde, C’est-à-dire, c’est un devoir dûnt la nature nous oblige de nous aquiter. Mais dés ce jour Adam déchu de son état , T’un tribut de douleurspáiason atentat. Despr.) * Paier le tribut, [j Votnere. ] Façon de parler maritime , pour dire vomir. ^Je commence d’avoir le cœur bien fade, & je vai paier le tribut. Voiage de Siam, page 4.) TRIBUTAIRE, adj. [ Tributartus , veRìgalh. ] Qm paie le tribut. ( Pais tributaire. Etre tributaire. Demeurer tributaire. * Je luis tributaire de ses beaux yeux. [Oculorwn tuorum faRus jum veRigalis Cette façon de parler est poétique, pour dire je l’aime, je l’adore, je rends hommage à fa beauté.) TRIC- M ot inventé par les Compagnons Imprimeurs quand ils quitent leurs ouvrages pour aller Faire la débauche. 11 est fait mention de ce terme dans une Ordonnance de François I. «n l’an Ldc CharlesIX. «n isyu t TRI* TRI î TRICHER. i ». a. [F allacìter ludere, tricare.} Mot ’îjui vient de l’Alefnan, & qui veut dire tromper. Voler ■Bens Dupui , Grammaire Alemande. (Tricher quelcust «u jeu. JV/ow mari m’a défendu de baiser , Mais moi qui ne m’en puis pajfer , Je triche, Je triche.) f TRICHERIE , f. f. C Fallacia, trica. J Tromperie, (Faire une tricherie. 3 ~e le connais , c’est une tricherie De votre époux. La Fontaine, Nouveau Contes.) v TRICHEUR, f. m. ■[ Fallaciosw ,) Trompeur. (Les Gascons & les Normans font de francs tricheurs. Les Provençaux ne valent guere mieux.) TRICHEUSE,/./ [Fraudatrix. 3 Trompeuse. (C’est ’une inlìgne tricheuse. Une petite tricheuse.) TRICOISES,// [Praacutus forceps.] Terme de Maréchal. Tenailles dont se sert le maréchal pour cou- per les doux qu’il a brochez avant que de les river, & pour deferrer un cheval. (Mes tricoises font perdues.) ê TRICOLOR , / m. Sorte déplanté, dont les feuilles font d’abord vertes, & deviennent ensuite mêlées de jaune, de vert & de rouge. On met les tricolors dans des vases. í TRICOLOR , se dit aussi d'une peau de chat de îrois couleurs, qui fait partie de la péleterie. TRICON , f. m. [Tria folio, luforia Jrmilis figurée.J .Terme de Jeu de Brelan. Ce sont de trois cartes de même valeur , ou de même points, comme trois Rois, trois Dames, traits valets, trois dix, &c. (Avoir triton. Avoir iricon de Rois, ou de Dames, ou de valets.) t TRICOT, / m. [Fustis.} Ce mot ne se dit que dans la conversation & dans le itile comique. 11 signifie un bâton propre à rosser une personne. (On lui a donné du tricot. 11 a eu du tricot.) TRICOTAGE, / m. [Textura reticularisj Travail de tricoteuse & de tricoteur. Ouvrage de tricoteuse. La peine qu’on a eu à tricoter. (Paier le tricotage d’un has.Le tricotage de cette paire de bas vous coûtera tant.) TRICOTER. [Reticulatim fila texere.] Ce verbe est actif mais il se fait neutre quelquefois ; il lìgnitie faire des mailles avec des égailles à tricoter. (Elle a tricoté soute la journée. Elle gagne fa vie à tricoter. Elle s’aplique toute aux choses de ménage , A recoudre mon linge aux heures de loisir , Ou bien à tricoter quelque bas par plaisir. Molière.) TRICOTET ,/ tn. [Saltatio tlata N ìn circuitum «ria.J Ó’eft une sorte de danse élevée & en rond. (Danser un tricotet.) TRICOTEUR , f- m. [Textor reticularius.} Celui qui tricote & gagne sa vie à tricoter. (C’est un méchant tricoteur, sa besogne ne vaut rien.) TRICOTEUSE,//. [Reticularia textrix.} Celle qui gagne fa vie à tricoter. (C’est une des meilleures tricoteuses du Fauxbourg Saint Marceau.) TRICTRAC, tri que trac , / m. [Scruporum U tejjerarum Jimul luàtts. j L’un & l’autre s’écrit. Balzac, Lettres choisies , i. partie , liv. i. Ut t. 4. a écrit trictrac, & fauteur de la maison des jeux écrit triquetme. Le trictrac est une forte de jeu de dez qu’on joué avec des cornets & à deux dez seulement. On ne peut jouer au trictrac que deux ensemble, & ce jeu a été nommé trictrac du bruit qui se fait lors que jouant on place, ou on déplace les dames, qui à cause du bruit continuel qu’on leur fait faire , semblent dire à l’oreille trictrac, ou triquetrac. (Jouer au trictrac. Je ne sai ni lehoc, ni la prime, ni le trictrac. Balzac. Au triquetrac il perdoit déja une pistole. Volez le poème des Noiers, chant. I.) TRICTRAC. [Afoeus luforius.} C’est une maniéré de petit tiroir brisé qui se ferme à la cle, duquel le deflus est damier, & le dedans ce qu’on apelle un triquetrac, où le tabletier a peint diverses fiches , & où l’on joué au jeu qu’on nomme aussi trictrac. (Voila un beau trictrac.) . . TRICTRAC. [Venatio clamòsa.} Chasse qui ferait par plulieurs personnes assemblées avec bruit, qui éfarou- ehe le gibier, & le fait passer devant des arquebusiers qui le tirent. TRI €49 TRÏCÚSFIDE. [Fabula triasses.} Terme d’ví- natomie. C’est l’Epitete qu’on donne aux trois valvule* qui font à Rentrée de la Veine cave dans le coeur. TRIDE, adj. [Celer, praceps.} Terme de Manège, U veut dire court N vite. (Pas tride. Ce cheval a la carrière tride.) TRIDENT , / m. [Tridens. ] Ce mot fe dit en parlant de Neptune. C’est un instrument qui est une maniéré de fourche à trois fourchons , qui est le sceptre de Neptune, & qui aide à le distinguer de ses frétés Jupiter, & Pluton, & des autres Dieux. (L’amouï est un Dieu qui arrache la pique des mains de Mars , le trident dee mains de Neptune & les foudres des mains de Jupiter» Voiez l’Arnintc du Taise , Prologue. Ç)ue faisoìent-ìls ces Dieux ? que faisait la Fortune ? Devìons-nom échaper au trident de Neptune. •Ep. d’Ovide.) ê TRIE,/./. Nom d’une forte de morue verte. TRIE', triee, adj. [ Electm, dehclus. j Choisi entré plusieurs. Ce font gens triez. Molière, Ecole des femmes. II eji trié fur le volet. Áhl. Sorte de proverbe, pour diiî choisi entre les autres. Excelent. Bien fait. Galand-, •Savant par dessus tous les autres. Yoïez volet. TRIENNAL j triennale, adj. [Trìennalìs, triennisl} Qui dure trois a us. (Gouvernement triennal. (Abesse triennale. Prendre le régime triennal. Patru, Urbanises . il y a parmi les Feìiillans des Abez triennaux.) TRÏENNALITE', f f. [Triennalitas.} Gouvernement de trois ans. (Le Roi consentit à la triennalité que kt bule établit dans la maison. Patru, Urbanises. ) TRIER, v. a. [Eligere , seligere.} Choisir entre plusieurs. (Trier les plus belles pommes. Trier des pois, du ris, &c.) ' t TRIGAUDj/tm. [Veterator.J Trompeur. (C’est un petit trigaud. On hait naturellement les sots & le« trigauds.) TRIGAUDE,// [Versutiloqua, vafra.} Trompeuse. (C’est une petite trigaude, & ses maniérés montrent assez que fa naissance est fort basse.) f TRIGAUDER , ó. n. [Subdolè, maliïiosè agere.] Mot qui vient du Grec, & qui signifie tromper. (11 trigaude, c’est tout dire, il a l’ame fort petite.) * TRIGAUDERÎE , f. fi [Vaframentuni , fubàolx art ■tes,'} Tromperie, çll n’y a rien qui marque tant la petitesse de l’esprit que la trigauderie.) TR 1 GL 1 PHE , / m. [TrigliphusJ Terme â’Archi* facture. Mot qui Vient du Grec, & qui veut dire gravé en trois endroits. C’est une partie qui est dans la Frise de ì’ordre dorique au droit de chaque colonne & par certains espaces dans les entrecolonemens. (On place un trigliphe au droit de chaque colonne.) TRICON E , f m. [Trigonw.} Terme à'Astrologie, qui lé dit de l’aspect des planètes quand elles sont éloignées les unes des autres de 120. degrez, parce qu’alors cela forme un triangle. TRIGONOMETRIE,// [Trigonométrie^ Mot qui vient du Grec. C’est la science de mesurer des triangles , & de mesurer les distances inaccessibles par lé moien des triangles. (Savoir la trigonométrie. II y a une trigonométrie rectiligne , & une trigonométrie spherique.) TR S LION, / fil. [Trilto.l Terme d’Ariîmstique-, dont on se sert pour exprimer trais mil ions. Milions, Eiliòns. Trìlìons. f TRIMEG 1 STE , / m. Terme d’ imprimerie -, L de Fondeurs de caractères. C’est un des quatre gros caractères qui fervent à i’impression des livres ; on l’apelle autrement Canon. ch TRIMESTRE, f tn. Espace de trois mois peu-, dant lequel ón est attaché à une fonction, à un emploi. H TRIMESTRE, trimestre, fe dit aussi de l’espace d* trois mois, pendant lesquels Un oficier de guerre est dispensé du service. T R ÍM ETRE , adj. [Trimetrum carmen.} Terme Hé Prosodie Latine, Vers ïambiques de six piez qui sens en usage dans la composition des pieces tragiques. TRINE 1 adj. [Trimes.} Terme â'Astrologie. Aspect trine; e’est la situation d’un astre à l’égard d’un autre qui en est éloigné du tiers d’un cercle -, ou de 120. degrez. Cette distance fait le côté d’t>n triangle équilate* ral. (L’aspect trine de Saturne & de Mars.) On le nomme aussi trìgone. Tome IIL N n n n TRIN- 6^o TRI TRINGLE, / / [' Assula. ] Petite réglé de bois longue & étroite. (Tringle rompue.) TRINGLE ,/ f. [Toreuma quad.ra.tum7} Terme ú _ Ar ‘ ebsteciure. C’est un petit membre quarté qui est au droit de chaque trigliphe fous la plate bande de [’architra- ve, & d’où pendent les goûtes en Tordre dorique. (Petits tringle.) TRINGLE. [ Virga lignea. ] Terme de Menuisier & de Tapissier. Morceau de bois qui pose sur les colonnes dú lit, & qui est de la grandeur du lit. (Tringle trop courte.) TRINGLE. [ Virgafetrea.] Terme de Serrurier. C elt une verge de fer quon acroche aux pitons des colonnes du lit, & où l’on îhet de petits anneaux pour y attacher des rideaux , qu’on tire & qu’on ferme par ce moien quand ou veut. Le mot de tringle en ce sens ne se ditguere que par les serruriers , car pour les autres gens du monde ils disent ordinairement une verge de fer. TRINGLE, [Ajsula.2 Terme de Boucher de Paris. C’est une barre de bois qui est au dessus de Tétaut du boucher, & où il y a des doux à crochet pour pendre la viande. (II manque un clou à cette tringle.) tz TRINGLE. Les Vitriers se servent aussi de tringles pour dresser & enfermer leurs paneaux. TRINGLER , o. a. &«. {Incujjb fune tinclu lineam describeres] Terme de Menuisier. Tracer fur une piece de bois une ligne droite avec le cordeau froté de pierre blanche ou rouge, pour la faqonner. TRIN GLETTES,// plur. Pieces de verre dotìt on compose les panneaux de vitre. Les vitriers donnent le même nom à l’outil qui lest à ouvrir le plomb. TRINITAIRE,./ >«. [Hareticus cìrca myflerium SS. TrimtatisT} líeretique qui a des erreurs fur le mi- lìere de la Trinité. TRINITAIRES , / «• íReligiofi de redemptwne saptivorums Ordre de Religieux fondé fous les auspices de la Sainte Trinité pour racheter chez les infidelies les captifs Chrétiens. Le peuple les apelle Maturins. 31s sont habillez de blancs, & portent fur Pestomac une croix rouge & bleue. TRINITE'”,// {Sanflisfima TrinitasT] Terme de Théologie. Les trois Personnes Divines. Les trois Personnes qui sont en Dieu , qu’on nomme le Pere , le Fils £jí le Saint EJjjrit. (La Très-Sainte Trinité. S. Thomas a bien traité de la Trinité. II leur prêche , N d’abord Jusqu’à la Trinité mon homme prend l’effort : Te ce mijiere obscur il parle avec emphase. Vill.) TRINOME , adj. [ Trinomus. ] Terme A’Algèbre. C’est un nombre produit de Taddition de trois quanti- tez incommensurables. TRINQUENIN , / m. \_Triremïs pars exterior. ] Ter me âe Marine. C’est le bordage extérieur le plus élevé du corps de la galere. t TRINQUER, D. n. [Potitare, pergrœcarì.] Ce mot vient de PAlemand, & est burlesque en notre langue, où il signifie boire. {Jaime à trinquer la tajje pleine. Mai. Poës. A toi , compere , U? de prendre la tajjì Et de trinquer. La Fontaine, Nouv. Contes. II trinque & brise comme un drôle, S. Amant, poésies.) TRINQUET,/ m. [Surrechtí cid proram ma’m.] Terme de Mer. C’est le mât demiscne, ou de Pavant. Trinquet dc gab-ie, ou de hune. C’est le second arbre enté sur le maître mât. Fournier. TR1NQUETTE,// \_Velumtriangulares Terme de Mer. C’eft une sorte de voile triangulaire. La trinquet te s’apelle aussi voile Latine , voile tiers point , ou voile à oreille de lievre. T RiO > f. m. [ Harmonie, ternis confiât a partibus. 3 Ternie de Musique. C’est une partie de concert où il n’y a que trois personnes qui chantent. TRIO. [ Ternarìus perfonarum numerusT} Ce mot se dit des personnes, & veut dir e. trois personnes, (Un joli trio. Un charmant trio. Un beau trio. TRI Le trio branché Mourut contrit fort bien confessé. La Fontaine, Nouv. 2 . partie, Votre trio poussa maint regret inutile , Ou plutôt il n'en poujsa point ; Le plus petit marchand eji savant sur ce point. La Font.) TRIODON. C’est le nom d’un livre Eciésiastiqus qui est à l’u sage ries Grecs, & qui contient l’ofice qui se chante depuis le Dimanche de la Septuagesime ju-fqu’au Samedi Saint. TRIOLET, / m. (] Carmen gaVicum reciprocant. ] Terme de Poésie Françoise. Petite piece plaisante, amoureuse, ou satirique de huit vers de huit iilabes, divisez en trois couplets. Le triolet n’a probablement été apei’lé de ce nom qu’à cause de ces ttois petits couplets. II est aujourd’hui rarement en usage, & quand on s’en sert, il ne tient lieu que de vaudeville. Les plus plaifims trio- lets qui se soient jamais composez ce sont ceux qui se firent durant les derniers guerres de Paris. (Chanter un triolet. Faire quelque plaisant triolet.) {§ TRIOLET. C’est une espece de chanson qui tient du Rondeau , en ce que son agrément consiste dans la répétition du premier vers ; au lieu que dans le Rondeau on ne repete que les premiers mots du premier vers. L’invention est Françoise. S. Amant en a beaucoup fait, & ii nous aprend dans celui-cí cc que c’íst que le triolet : Pour conjiruire un Ion triolet , 11 faut observer ces trois choses $ Sçavoir , que Vair en soit folet , Pour conjiruire un bon triolet , fffil rentre bien dans le rolet , Et qu’il tombe au vrai lieu des poses s Pour conjiruire un bon triolet j II faut observer ces trois choses. Il veut dire que le quatrième vers qui est le même que le premier, ait une liaison naturelle avec le premier. Le cinquième & le sixième doivent être tels qu’ils fassent delirex la répétition d u premier & du second. TRIOMPHAL , triomphale , adj. sTriumphalis.] Prononcez trionfal. Qui regarde le triomphe , qui apartient au triomphe, qui est du triomphe. (Robe triomphale. Ahlanc. Tac. Ann. I. 1 . c .Dresser des arcs triomphaux. Abl. Tac. Les arcs triomphaux des anciens étoient faits de marbre, & bâtis à la maniéré de trois grands portails , où étoient represencez les beaux Faits de celui en l’honneur duquel ils ctoient dressez. Pancirol, liv. 2 ) TRIOMPHANMENT , adv. [Triumphali apparat k, mirificè. En triomphe, en victorieux (Le Roi a enfin forcé Namur, il y est entré triomphaniment.) TRIOMPHANT. [Viclor , triumphamT] Participe qui Veut dire qui reçoit l’bonneur du triomphe. * TRIOMPHANT , triomphante, adj. [Spkndidus, r/t agn ficus 7} Superbe. Leste. Eclatant. Glorieux. Magnifique. Fameux. ( * Vos Seigneurs les Amadis Dont la Cour futJì triomphante Furent ils jamais fans Infante. Sarazin, Poésies. Publions en tous lieux Du plus grand des Héros la valeur triomphante, L’Egliso militante est encore sur la terre * mais (Eglise triomphante est dans le Ciel.) f TRIOMPHANTE,// Etofe de foie fond gros de Tours, avec des sieurs en maniéré de Damassé. (Une belle triomphante. On fait de belles triomphantes en France & en Hollande.) TIROMPHATEUR, / m. ( Triumphans , triumpha- tors C’est celui qui triomphe, 011 qui a triomphé, qui a reçu les honneurs du triomphe. (La terre se réjouit d’étre cultivée par des Conquerans & des Triomphateurs. Le Mait. plaid. ;g ) TRIOMPHE, / m. [ I riumphus. 3 Mot qui vient da Grec. Prononcez trionfe. C’étoit un honneur grand , magnifique, solennel à public, que les Anciens ren- doiént aux Capitaines qui avoient remporté quelque illustre victoire sor les ennemis de l’Etat, II y avoitdeux fuites de triomphe , le petit & le grand. Voïez là- dessus Denis d’tíalic. I. 2 . tìiji. Rom. & Valere le Grand , La. c, g. (Un superbe, un magnifique triemphe. Recevoir TRI Ítvoír l’honneur d u triomphe. Entre* en triofnphe dans ime ville. Décerner le triomphe à quelque grand Capitaine. AbUtncourt, Cleopatre aima mieux íé faire mourir que de soufrir qu’on la menât en triomphe. Refuser le triomphe. Accepter le triomphe. Demander le triomphe.) [f Le triomphe est la plus éclatante récompensa dont on puisse honorer les vainqueurs. On en doit Finvention à Romulus, lequel aïant soumis les Veïens, fut en triomphe au Capitole , menant par la main un vieillard vêtu d’une robe de pourpre, &quiavoitau coi cet ornement d’or qu’on apeiloit bulla. Cet honneur ne s’acoïdoi't Qu’aux Dictateurs , aux Consuls, & aux Préteurs , selon le témoignage de Tite-Live , liv. ; i. II dit que le Sénat jugea que les grandes actions de Lentulus Proconsul d’Espagne , meìitoient l’hon- neur du triomphe , mais qu’il h’y avoir point d’exsm- ple dans l’hiltoire qui pût autoriser le triomphe dans la personne d’un Proconsul. Et pour obtenir cette grave , il faloit que la guerre fût déclarée dans les formes prescrites par les loix militaires , qu’elle eût été ordonnée par le Sénat, & qu’elle fût juste ; car cn n’a jamais vû acorder le triomphe dans les guerres civiles. L’apardl du triomphe étoit composé de tout ce qui pouvost en rendre la pompe plus magnifique & plus surprenante. Je n’ai été touché que du plastic que ressentit le pere de Fabius Maxmius, qui suivoit a cheval son fils dans son triomphe. Quelle joie pour lin pere ! On y voioit les dépouilles des ennemis, des sommes immenses, des vases d’or & d’argent » enfin toutes les richesses d’un Roïaume. Le vainqueur revêtu d’une robe de pourpre semée de palmes íim- boles de la victoire , étoit debout dans un char magnifique ; Quelques-uns disent qu’il avoir acoûtumé de porter des souliers rouges ; fa tête étoit ornée d’une couronne : mais de peur que tant de gloire & d honneur n’aveuglassent & ne séduisissent le cœur du triomphateur , il devoir porter un anneau de fer , pour le faire souvenir de sa premiere condition. Pline nous aprend cette circonstance dans son Histoire, liv. î&. cb. i. Ce n’étoít pas seulement par cet anneau de fer que l’on vouloir abaisser l’orguëil du vainqueur ; on permettoit aux soldats qui fuivoient le char , de chanter des chansons insultantes & fans aucun ménagement pour leur General, comme nous i’aprenons de Denis d’Halicarnaffe, liv, 4;. & de Martial, lib. 4, Confuevhe joeos vestrt quoque ferre triumphi , Muteríam dictis nec pudet ejfe ducern. Au reste, il faloit être hors de Rome, pour pouvois demander le triomphe, & il y en avoir de deux sortes, le grand triomphe, & l’ovation dont la solennité étoit bien au dessous rie celle du triomphe. Tite-Live racon* te, liv. ç. que le Sénat acorda à Valerius le triomphe, parce qu’il avoir fait un grand carnage des ennemis; & l’ovation seulement à Manlius , dont faction n’étoit ni si grande, ni si utile. Le même Historien remarque dans le livre septième , que l’on acorda double triomphe à Petiiius, parce qu’il avoir vaincu les Gaulois & ceux de Tivoli, & que l’on crut que c’étoit assez C’acorder l’ovation feulement à Fabius. Nous pouvons encore remarquer pour l’éclairciffement de la díférence que les Romains mettoient entre le triomphe & l’ova- TRI 651 CJUC iC5ì sVUlHctllJù lucuvtwiii. __,__ J lion, que le Gladiateur Spartacus s’étant soulevé contre les Romains, à la tête de quarante mille hommes de fa profession, Crassus les ataqua, & Spartacus fut tué dans le combat, & il n’en échapa qu’environ íix mille, qu» furent rencontrez par Pompée revenant d’Espagne, qui les défit entièrement ; & (áns faire aucune mention de la victoire de Crassus , il écrivit au Sénat, qu’il avoir coupé la racine de la révolté, & priva par un silence Malicieux Crassus de l’honneur du triomphe, à qui le Sénat ne voulut acorder que la simple ovation. * II ne faut pas chanter le triomphe avant la vilïoire. tAnté vifíoriam tuba non eji canendum.) Façon de parler proverbiale, pour dire qu’il ne faut pas se glorifier trop tôt, parce que les évenemens sont incertains, & que les choses peuvent changer. TRIOMPHÉ , f f [ Folium Inforistm triumphale. J Sotte de jeu de cartes où l’on joue tant & si peu de personnes qu’on veut où celui qui en coupant a la plus haute carte fait, bat & donne les cartes, & la derniere qu’il retourne est celle qu’on apelle triomphe. C’est de Çctte derniere carte que le jeu a été apelìé triomphe , parcé que cette carte Remporte sûr toutes les autres qui ne sont pas de la même peinture. (.A la triomphe Pas pille, à moins qu’on ne soit convenu du contraire, & celui qui renonce en jouant perd la partie, &c. Jouer à la triomphe.) TRIOMPHE, f. f. C’est la carte qu’on retourne après avoir donné à chacun des joueurs les cartes , qu’il leur faut. On apelle aussi triomphe Us cartes qui sont de la même peinture quecelíe qu’on a retournée la derniere. (Avoir de la triomphe. Jetter de la triomphe. Renoncer á triomphe.) TRIOMPHER i V. ». [Trimnphars , triumphum agere.J Recevoir l’honneur du triomphe. ( Baccus a triomphé le premier dans les Indes, & Romulus à Rome. Tulíus Hostiiius triompha à cheval ; Tatquinius Frisons fur un char ateìlé de quatre chevaux , & Curius Camil- lus fur un char atellé de quatre chevaux blancs, ce qui a été depuis observé par les victorieux qui ont triomphé. Voie z Pancirol , l. r. des antìquitcz perdues, chap. 1, Personne ne triompboit qu’il n’eût au moins défait cinq mille ennemis & étendu les bornes de l’Empire. Un oficier public qui étoit à Tun des cotez de celui qui triomphoit, lui disoit qu’il se souvint qu’il étoit homme, & qu’il pensât à l’avenir.) * TRIOMPHER. {Lœtitia exultare , trìumphare gau « dia.} Se réjouir. Etre fort aise. (Après vous avoir vû triompher des victoires de nos ennemis, je fuis bien aise de vous mander que nous avons pris Corbie. Voit. lettre >74. * La plupart des hommes triomphent quand on Ice entretient de sornettes. Ablanc. Luc.') * TRIOMPHER. [ Exultare , latm. ] JUtìífir» Fait» merveille. (// prêchait peu Jtnon fur la vandange { Sur ce sujet sam être préparé II triomphoit. La Font. Nouv. contes.) TRIOMPHER. [ Triumpbare , vìnctre , subjugare, ] Avoir la victoire sor quelque chose. L’eniporter sur quelque chose. Se rendre maître d’une chose. * II peut bien tri ompher de sa jeune pudeur. La Suze, Poésies. v (JJamour brûle leurs caurs aujjì bien que les nôtres ^ Et triomphe à la fois & des urnes des autres. * L’amour qui fuit toujours votre extrême bonté , Triomphe de mon caur ts de ma liberté. Sarazin, poésies. * La Philosophie triomphe aisément dés maux passes St des maux à venir, mais les maux presens triomphent d’elle. Mr. le Duc de la Rochefoucaut , Refissions. Les jésuites triompheront , & ce lera leûr grâce suffisante qui passera pour établie. Pasc. let. a.) TRIPAILLE, s f ílntejiina , Hia.'} Ce mot se dit en pariant d’animauX. Ce sont toutes les tripes de quelque animal. (Donner toutes les tripaillesaux chiens» On dit d’une femme grosse qu’elle n’est que tripaiile.) TRIPARTITE, adj. [ Tripartttw. ] Ce mot est tiré du Latin & signifie qui est divisé en trois parties. II n’est en usage qu’au féminin , en parlant de l'histoire Eclésiastique composéè par Socrate &Sozoméne qu’on apelle VHistoire tripartite. TRIPE,//. {Ex ta, erurn. Qmasum.} Ce mot se dit des hommes & particulièrement des bêtes, & veut dire Roiaux. (Percer les tripes. Vuider les tripes. Netteïer les tripes. Faire cuire les tripes. Les tripes de mouton font bonnes lorsqu’elies sont bien assaisonnées.) J * Rendre tripes U boìaux. {Multum evomere.] C’est- à-dire, vomir beaucoup. f * II ne faut jamais s’étonslet qu’on ne voie set tripes dans son giron. C’est à-dire,ne s’épouvanter pas à moins qu’ûn n’ait le ventre percé de quelque coup d’épée,ou d’autre arme. TRIPE de velours , / / {Tcxtum villofum.} C’est un® étofe de laine faite à la maniéré du velours de soie. -j- * TRIPE de velours. [FrustuM panni ferici ex alto» ta parte viílqfi .] Morceau de velours. (Cherchez dans ces tripes de velours, vous y trouverez ce que vous de* mandez.) f TRIPES âe Latin. {Loca quadam ex latinis autorì » bus.} Quelques passages Latins. (11 fait quelques tripes de Latin, mais au fond il n’cntend pas les Auteurs Latins.) 'Tante TTT. N n n n <1 6 $ 2 TRI + * triées r Textm eXcerptus tx variìs aataribusj Ce mot se dit en parlant d’Auteurs & signifie quelques passages d’Auteurs. (11 fait quelques tripes c1 Auteurs Qtecs & Latins, mais pour cela il ne laisse pas d etre un §r TRIPE MADAME,//: [Sempervivum, feduM ntajut.] C’est une forte de petite herbe qu’on mange en ialade. (La tripe-madame est bonne.) , _ . TRIPERIE , s.s. ( Macellum iliarum. 3 Lieu a raris oii l’on distribue les tripes aux tripières. (Aller à la triperie. La triperie de Paris est toûjours propre & nette.) TRIPHTONGUE , ss [ Triphtongus. ] Terme de Grammaire. Jonction & assemblage de trois voielles , comme u, a, e. TRIPIER. Voïez Trepier. ■ TRIPIER,/m. [Propola omasanus. J C elt celui qui achete des bouchers de Paris, les tripes des moutons, les fressures, les foies & les panses des beufs que les bouchers tuent, & les fait cuire pour les vendre a des femmes qu’on apelle tripières. TRIPIERE t f* f- oviutft Ê? bovium e$ctu tyY07Vi£Y-> calia babet. ] Celle qui dans un grand bassin à quelque coin de rue de Paris jusques à midi, tous les matins des jours où l’on mange de la viande, vend des tripes, des fressures, des piez & des têtes de mouton. f * TRIPIERE. [Vsrpnguis, ] Sorte d’injure qui se dit des filles & des femmes & veut dire trop grosse. Mal propre. (Fi c’est une grosse tripière. Elle a le visage assez beau, mais elle est un peu tripière. Celui qui est double, qui médit de l’un en l’abfence de l’autre, s’a- pelle un couteau de tripière.) TRIPLE, adj. [ Triplex .j Qui est composé de trois. (File triple. Le Pape porte une triple couronne qu’on apelle tiare. Sur un lugubre habit , un crêpe à triple étage Efarouchera les amans. Double veuv.) TRIPLEMENT, adv. [Triplici ratiane.] D’une maniéré triple. De triple faqon. (Le Pape est triplement couronné.) TRIPLEMENT , adv. En trois maniérés. (II a gagne triplement en cette afaire, en l’achat, en la jouissance, & en la revente.) TRIPLER , v. a. [ Triplicart , in triplum augere. ] Faire, ou composer de trois. Métré trois fois autant. (Tripler une somme. Et en matière dévolution mili- taire on dit à gauche, triplez vos files. Somme triplée. File triplée.) TRIPLXCITE', / f [ Triplicitas.) Qualité d’une chose triple. (II y a des actes où la triplicité est nécessaire, quand ils doivent servir à trois parties.) TRIPLICITE'. [Trinus ajpecha.) Terme à*Astrologie. C’eft le regard des Planettes en trine aspect. (Lá triplicité de Mars avec Saturne est un aspect malin.) TRIFLIQJJER, v. n. [Trìplicarejecundas exceptìones refellere.li Terme de Palais. C’est répondre à des dupliques. (La derniere Ordonnance a défendu de tripliquer, c’est-à-dire , d’écrire au-delà des dupliques.) TRIPLIQUES , f. f. pi. [ Tripheita. ] Terme deP«- lais. Réponses à des dupliques. TRIPOLI./ m. [Samìus lapis .] C’est une maniéré de craie un peu rougeâtre qu’on vend chez les chandeliers de Paris & dont on fe sert pour éclaircir la vaisselle & autre chose de métal qui est déja nette. (Ce tri- poli est fort bon.) * TRIPOLI, tripolie , adj. [ Samio lapide deterfus. ] Netteié avec du tripoli. (Plat bien tripoli. Assiste fort mal tripolie.) t TRIPOLIR , v. a. [Samio lapide detergere .] Terme de Femme qui écure. C’est netteïer avec du tripoli. (Je tripolis ma vaisselle. II faut bien tripolir ces plats St. affrétés. Nous tripolissons comme il faut la vaisselle.) TRiPQIJUM,/ m. [ Aster mantìmus. J Fiante qui est une espece d’aster, dont les fleurs font jaunes & bleues, & dont la racine est propre pour vuider les sérosité?, & pour résister au venin. TRIPOT, ou eu de paume , f. m. [Spbaristerìum ] L’un & l’autre fe dit, mais celui de Jeu de paume est plus usité à Pans. C’est un lieu destiné pour jouer à la paume & <'ù l’on fait ce que l’on paie au maître du jeu de paume pour chaque douzaine de baies qu’on perd. (Dans toutes les villes subalternes du Roiaume il y a d’ordinai- xe un tripot ou s’aíscmblent tous les jours les féneans de la Ville. Scaron , Rem.) TRI ) On dit figurément, cette afaire est de mon tripot , c est-à-dire , de ma compétence. [Rw in meo foro verti. txr.) Pâtre un homme dans son tripot, c’est le vaincre dans son fort. t TRIPOTAGE , f. m. [Immixtio.] Ce mot ne peut entrer que dans la conversation en plaisantant & dans le stile le plus bai. 11 signifie sorte de commerce blâmable. Sorte de désordre. (Sous le nom de cousinage Se fait certain tripotage Qui sent le maquerelage. Mainard. Rec. de Poésies de Serci. Voilà un beau tripotage. Penser. Rondeaux.) TRIPOTER , v , n. [ Permiscere , elutriare .] Terme po« pulaire. II signifie mêler plusieurs choses ensemble. TRIPOTIER. Maître tripotier. Maître de jeu déparante. Maître de tripot,s. m. [Sphœristerii magister .] Tous ces mots sc disent, mais maître de tripot, & maître de jeu de paume sont plus dans la bouche des honnêtes gens que les autres. Le maître du jeu de paume , le maître du tripot , ou le maître tripotier, car pour le mot de tripe. tier,\\ ne sc dit scul que dans le bas stile. Le maître du jeu de paume donc est celui qui étant reçu maître raque- tier, tripotier, fait des baies, des raquettes & des butoirs, & fournit de toutes ces choses à eeux qui pelotent dans son jeu, ou qui y jouent partie à condition, que lesper. dans lui paieront toutes les baies qu’on a poussées en jouant dans les trous, les grilles, &c. TRIPOTIERK, f.s. [Spbaristerii magifira.) Le mot de tripotiere ne fe dit pas souvent à Paris, où l’on dit d’ordinaire. La maîtresse du jeu de paume. La femme du maître du jeu de paume. Cependant le mot de tripotiere est fort bon fur tout dans le bas stile & le comique. (Le feu saint Antoine les arde, dit la tripotiere. Scaron, Rom. i. partie, c. a.) TRIQUE , s s [FuJHs.] C’est la même chose que tricot. Voïez tricot, TRIQUE-BALE ,/ m. [Vehiculum tormentarium .] Terme d’Artillerie. Espece de chariot composé d’une flèche de bois apuiée fur un essieu à deux roués par derrière, & un avant-train par devant; L qui sert à transporter des pieces de canon. t TRIQU E-BILLES , f.s. Mot vieux & burlesque qui signifie ce que les Latins apellent mentula , scs Italiens cazzo, & les Espagnols carajo. (Elle i’a pris par les triquebilles. On lui a coupé les triquebilles.) t TRIQUE-HOUSE,// [Pero.] Vieux mot qui fignifioit des guêtres, ou gamaches. f TR 1 QUE- A) A DA M E > f. f. [Sedum minus.) C’est tine espece de petite Joubarbe. Elle est humectante & rafraîchissante. + TRIQUENsQUE, //:.[£« «mit.] Ce mot est bas. 11 signifie une atàire de néant, une querelle fur la pointe d’une aiguille. II vient d’un proverbe Grec, qui lignifie dispute Jur un cheveu. t TRIQUER , v. a. [Seligere.) Terme de Ports de Paris, qui fe dit en parlant de vin, & qui veut dire choisir & mettre à part. (Triquer les cuvées de vin.) TRIQUER , v. a. [Separctre, seligere] Terme de Marchand de bois. Tirer les triques , ou les morceaux de bois. TRIQUET, f m. [Canterkts.) Echafaut des couvreurs fait de plusieurs pieces de bois assemblées en triangle, quis’aplique contre les murs, & qu’on apelle autrement chevalet. TRIQUET, f m. [Strifla lusoria palmula.) Ter, me de Maître du jeu de paume. C’est une espece de petit batoir étroit dont on joue à la paume. (Jouer avec un triquet.) TRSQUETRAC. Voïez triclrac. TRIRË'GNE , f. m. f Triregnum , corona tergeini - nus apex.] Ce mot ne fe dit qu’en termes de Blason , en parlant de la triple couronne du Pape, que les Italiens apellent simplement trìrégne. TRISAGìUM , s. m. Hymne où le mot de Saint est repéré trois fois. TRISAÏEUL,/ m. [ Trìtatus. J Trois fois aieul. Trois fois grand-Pere. C’est le pere du bifaieul. (Trisaïeul paternel, ou maternel. Auguste votre trisaïeul permit à Agrípa de se retirer. Abl. Luc.) TRI- TRI TRISAÏEULE > s f. [Tritavas] Trois fois aïeule. Trois fois grand mers. C’est la mers du bisaïeul, ou de la bisaïeule. (Sa trisaïeuls vit encore. Mademoiselle N. étoic charmante avec la parure de sa trisaïeule. Ch. de Meré.) TRISECTION, s f. [Dìvìsio m tres fartes œqua. lesi} Terme de Géométrie. II signifie division en trois parties. (La trisection d’un angle en trois parties égales est un des grands problèmes de la Géométrie.) TRISILABE , adj. [Trisyllabus .] Terme de Grammaire. II se dit des mots & signifie qui est composé de trois silabes. {Province, est un mot trisilabe. LeDactile est un pié trisilabe.) TRIS-MEGISTE , adj. [Trisinegijim.} Ce mot est Grec & signifie trois fois grand. C’étoit le lurnom de Mercure Egiptien. Les Imprimeurs faisant ce mot substantif masculin, apellent de ce nom une sorte de caractère qui est entre le gros & le petit canon. [Typus tristnegistus.} On l’apelle aussi canon aproché. TRISPASTE ,sf. [ Tristastos. ] Machine à trois poulies. Mr. Perraut en a fait la description. TRISSE ,// [Polipaflon.} Terme de Marine. C’.est Un palan à canon qui sert à aprocher ou à reculer la pic- ce de fyn sabord. On l’apelle aussi drosse. TRISTE, adj. [ Masus, mcerens .] Ce mot vient du Latin trijiis, & se dit des personnes & signifie. Afligé. Marri. Dolent. (Elle étoit fort triste de la mort de son galand. Abîme .) , TRISTE, adj. [Trijiis, melancolicus .] Ce mot se dit aussi des animaux & des choses. ( Un Elevai triste & mélancolique. Le cerf est un animal triste & mélancolique. Le séjour d’une prison est fort triste. On dit qu’une maison est triste quand elle est obscure & qu’elle n’a point de vûë. Le tems est triste, sombre & pluvieux. Une triste vie. Un triste souvenir. Un chant triste. Une fin triste. Daphnis renouvelant ses fortunes passées , Errait à la merci de ses tristes pensées. La Lane, Eglogue. T’un ton de voix triste Ês? cassé. J’irois chanter à votre porte. Voit. Poëf. Vers son triste penchant son naturel le guide , Le fait dans une avare sordide famille ; Chercher un monjlre asreux sous P habit d’uqestue. Despreaux, Satire 10.) Arbre trijle. [ Arbor nolie florida. j] C’est une forte d’arbre des Indes, qui fleurit après le coucher du Soleil & laisse tomber ses fleurs dès qu’il se leve. Ses fleurs font presque semblables à celles des orangers, & mème elles font plus belles & plus odiferantes. Les Portugais en font de deux fortes, qu ils nomment Irrite de jour & Triste de nuit, l’un jette ses fleurs au lever &l’autreau coucher du Soleil. U ejt trijle comme un grand demi. Phrase un peu comique, pour dire il est fort mélancolique. f On dit aussi proverbialement & bassement. U ejt trille comme un bonnet de nuit fans coife. TRISTEMENT , adv. [Mcejtè, dolentcr.} Mélancoliquement. D’une maniéré triste & chagrine. (Tristement acoudé contre une cheminée , Je rêve aux cruautez de mon fort inhumain. S. Amant. Poésies. 11 passe fa vie fort tristement. Dire tristement adieu TRISTESSE,):/ [ Trijlitia, mastitm , mot ne se dit au pluriel qu’en poésies, & signifie Dou- leur. Afliction d’esprit. Bêlas 1 vous pouvez bien me demander, cruelle , Ce qui fait de mon caur la tristesse mortelle. Mol.) Acablé de tristesse £? de mélancolie , - mins aboutissent. Acad. Fr. 11 est dit dansl’Ordonnance de 1669. tìt. desRost* tes U Chemins , art. 6 . que les Oficiers des Eaux & Forêts feront planter des croix, poteaux & piramides dans les angles ou coins des places croisées, triviaires, & bi- viaires qui sc rencontrent dans les grandes routes & chemins roiaux des forêts. TRIVIAL, Triviale , adj. [ Trivialis, vulgatus. 3 Mot qui vient du Latin & qui veut dire. Commun. Ordinaire. (II n’y a rien déplus trivial (jue cela. Cela est trivial. Façon de parler triviale. Pensée fort triviale. On ne vit plus en vers que pointes triviales , Le Parnasse parla le langage des hales. Defpr.) TRIVIALEMENT, adv. [Vulgariser.] Communément; D’une maniéré ordinaire & triviale. TRIUMVIR , / m. [Triumvir.} Mot qui est tout Latin. C’est l’un des trois Magistrats qui gouvernoienfc souverainement à Rome & qu’on apelloit Triumvirs. C’étoit Auguste, Marc-Antoine & Lepide. (II quita le nom odieux de Triumvir. Ablanc. Tac. An. 1 . 1. Les Triumvirs n’avoient rien de particulier dans la domination qu’ils exercoient en commun, si ce n’eft qu’ils sc vangeoient chacun de leurs ennemis. Cousin , hist. Rom. * II sc servit de ces triumvirs pour gouverner. Mau. croix , Shism. 1 . 1.) TRIUMVIRAT, s. m. [Triumviratm.} Mot qui vient du Latin. C’est le gouvernement des triumvirs C’est la société de trois hommes puissans, qui font d’acord pour gouverner souverainement. Triumvirat fameux, illustre, célébré. Le Triumvirat à Rome dura l’espa- ce de douze ans, pendant lesquels Auguste, Marc- Antoine & Lepide gouvernèrent la République. Sueto. ne, vie d’Auguste, ch. 8- TROBADOURS, / m. pi. [Poêta Provinciales. J Poètes Provençaux, à qui l’on avoit donné ce nom à cause qu’ils avoient de l’efprit à trouver de jolies pensées & à les métré en leur jour. (Les Poètes Italiens ont pris leurs plus belles pieces des Trobadours. Pa. quier. rech. 7. ch. 4.) f§ On donnoit autrefois ce nom aux Poètes Provençaux , à cause (dit Pâquier) des inventions qu’tls trou. voient s &gijóit leur poejie en sonnets, pastorales, chansons, surventes, tensons. II raporte dans le même endroit une épigramme faite par le Comte Berenger à la louange de la Poésie Provençale : Parmi Cavalier Frangés Et ta Donna Catalana Et l’amour de Ginées N n n n ; ££ 654 1*8.0 Et la Cour Caflellana Lau cqtiiar Provençalés. Vole? ce qui suit, & le mot Trouvtrrts. TROC , / »*■ í Permutatio , mutuum. ] Change. (Faire un troc. Perdre au troc. Gagner au troc. Ablune. Çtt Allemand ne s 1 entend -point en troc. Voit. poes. Troc pour troc. La Font. Nouv. Contes. D’inscriptions nous allons faire troc, Par toi Danton , peAans -Vont faire grille. Deshoul.) TROCAR, f >n. [Acm triangularis chirurgiens. ] Instrument de chirurgie d’argent ou d’acicr, fait en forme d’aiguille , long à peu près de la largeur de trois doigts, & dont !e bout est triangulaire : on s’en sert dans l’hydropifie pour vuider les eaux. TRQCHANTER i / m. Terme $ Anatomie, qui se dit de deux apophifes à la partie supérieurs de l’os de la cuisse. Ce mot signifie rotateur ou coureur. TROCHE,/ f ou Trocbet, f m. [Serptum.] Ce met fe dit des fruits pendans fur l’arbre. Ce font plusieurs fruits en forme de bouquets fur un arbre. Les Jardiniers apellent cela bouquet de fruit & les fruitiers trocbet de fruit. (Muscat à troche, ou à trocbet.) TROCHE'Ë, f. m. [ Trochew .] Terme ;de Poésies Creque & Latine. C’est un pié de deux syllabes dont l’une est longue & l’autre brève. ÏROCHES, f f pi. [Stercus, f mus.2 Terme de Vene. rie. Excremens de bêtes, fumées d’hiver. TROCHILLE,//: [Trochiius.] Ornement d’Ar- chitecture qui est la même chose que la Scotie, la Nacel. le, ou rond creux. TROCHISQUE, ou trochique, f. m. [Trachìfcuí, pajliìus.] Terme d s Pharmacie. C’est une composition scche de médicamens pulvérisez, incorporez par le jnoien de quelque chose de liquide & réduits en pâte qu’on distribue en petits pains, qu’on fait fecher à l’air, & qu’on forme de quelle figure on veut. ( Trochifque long, quarté, triangulaire,&c. On a inventé les tro- chifques pour conserver & pour unir les vertus de plusieurs médicamens. Préparer des trochiques. Trochique de vipere, de castor, &c. Votez la Pharmacie dé C'h aras.) TROCHURE, f f- [ Multiplex fajiigium cervinì cornu. ] Terme de Cbajfe , qui fe dit des bois de cerf lors qu’ils fe divisent en trois ou quatre corps, comme un trocbet de fleurs, ou de fruits. f TROCHUS>/w. Coquillage de mer qui a la figure d’un sabot avec lequel les enfans jouent. II est alkalin, & propre pour adoucir les humeurs. TROE'NE , f tn. [Ligusirum germanicum.] Plante , ou arbrisseau qui jette plusieurs verges aisées à plier, qui a les feuilles comme l’olivier, & qui porte des grains noirs rangez en forme de grappe de raisin. (Les grains du troène font amers & ont un suc rouge. Les feuilles du troène étant mâchées, guérissent les ulcérés de la bouche. Dal.) f La décoction des feuilles de troène font propres pour les inflammations de la gorge, pour le scorbut, òc pour arrêter les cours de ventre. t TROGNE, f f [Tuberofa faciès.] Mot burlesque pour dire le visage, mais fur tout le visage de ceux qui aiment un peu trop le vin. ( Rouge trogne. Vive l’éclat des trognes. S. Amant. Avoir la trogne enluminée. II faut être un peu fie an Logic Pour n'aimer pas le vin , Pour moi , dés le matin J’enlumine ma trogne De ce jús divins Ajoutons cette epigramfne du Chevalier d’Àceilli : Eft-il rien A'égal aux bouteilles ? Est il rien de fi beau que nos trognes vermeilles <* Toujours, comme au Printems, on nous voit boutonnez. Que peut la pauvreté nous faire entre les brindes ? Ces rubis que Baccus alloit quérir aux Indes, Nous viennent jusques fur le nez. TROGNON de chou,trongnon de chou, trougnon de «hou, trou de chou. tronc de chou, f. m. [faillis siapus.] Tronc de chou ne sc dit point, mais tous les autres se di- TRO sent. Monsieur Ménage dans ses obfbrvationc est peut treu de chou , parce que Rabelais s’en est servi, & il prouve doctement à son ordinaire que trou de chou vient du Latin thurfus, & non pas de truncus. Monsieur Ménage dira ce qu’il lui plaira là-dessus, mais quelques honnêtes gens Parisiens, le peuple de Paris, & les fruitières que j’ai fait parler fur ces mots , disent trongnon , trougnon , St trognon. Je parlerois dofic comme quelques honnêtes gens Parisiens, & comme le gros du peuple qui parle bien, fans néanmoins condamner ceux qui parlent comme Maître François Rabelais & Monsieur Ménage, car ce font deux célébrés Auteurs. L’Académie a décidé qu’il faloit dire trognon , puis qu’elle raporte ce seul terme dans son Dictionnaire, & qu’elle ne fait aucune mention des autres. TROGNON , ou trougnon. [Frufiumscapus.] Se dit aussi en parlant de poires & de pommes, & c’est le reste de quelque poire ou de quelque pomme lors que le meilleur en est ôté. (fils ne font cas des autres hommes ' Non plus que des trognons de pommes. Scaron, Poésies.) f TROGUE, f f Terme de ManufsHure de draperie. C’est la chaîne préparée par les Ourdisseurs po»r la fabrique des draps mélangez. TROIS- [Tres,tria. ] Nom de nombre indéclinable. (11s font trois. H a trois jolies filles. Les Anciens ont aîaché quelque mifíére au nombre de trois ; ils on< établi trois Parques, Furies, Gorgones , ;. Sirènes, j.Sibiles. Ils attribuoient le gouvernement du mond* à). Dieux. Volez là-dessus l’j i. Idile d’Aufme. Peut-on trouver encore quelques femmes fideles ? Sans doute, £«? dans Pans,si jefçai bien compter , Il en esi jusqu’a trois que je pourreis citer, Defpr.) Dans les amoureuses IciX C’est trop d’un quand on est trois,) TROIS cens. [Trecenti.] (Lors que trois fois trois cens ans seront écoulez, Rome périra par sa propre division.) TROIS fois. [ Ter. J C'est-à-dire , par trois reprises. (Baiser trois fois. Chanter trois fois. Boire trois fois, tout cela n’est pas mauvais ) TROISIF/ME, adj. [Tertius.] Nom de nombre ordinal. (11 est le troisième. Elle est la troisième. La bonne foi dans P amour conjugal N’alla point jusqu’au tems du troisième métal. “ Delpr.) En trosiérne lieu. [Tertio.'] Trosiémement. (Vous adorerez Dieu , vous aimerez votre prochain comme veu* même & en troisième lieu vous ferez toutes fortes de bonnes œuvres.) TROISIE'MEMENT, adv. [Tertio loco.] En troisième lieu. (Si on se mêle de fréquenter le beau monde, il faut premièrement être propre en honnête homme, puis civil & poli, troisièmement, sage. discret & otìeieux.) t T ROLER , v. ». [Hue illùc currere , dìvagari. j Mot burlesque du peuple de Paris. C’est se fatiguer à courir çà & là, & le plus souvent fans fruit. (11 ne fait que troler toute la journée. Je n’aime point à troler de la forte par la ville.) (briques uns fe fervent de ce Verbe dans le sens figuré. (Cette afaire trole après elle bien des inconvénient.) Mais cette expression n’est pas du bel usage. TROMPE,// [Tuba, buccina.] Mot qu! vient du Grec- Instrument à vent qui est de cuivre, qui sert à 1» chasse qui est fait en forme de demi cerceau, & qui est composé d’une embouchure d’argent, d’un corps, d’una branche, d’un pavillon & de deux anneaux, l’un à un bout & l’autre à l’autre pour mettre l’anguichure. (Emboucher la trompe, Sonner de la trompe. Sonner deí fanfares avec la trompe.) TROMPE, // [Tuba.] Ce mot veut dire trompette, mais en ce sens il lé dit en termes de justice & de Palais en parlant de choses perdues ou égarées qu’on Fait crier aux carrefours. II se dit aussi en parlant d’affaires publiques, comme de guerre & de paix dont les Rois veulent bien avertir leurs sujets. (Publier la paix a/» de trompe. Publier quelque chose à son de trompe. Vaug. (suint. !. 4 .) TROMPE. [Tabula chalybea.] Petit instrument de Fer dont on met l’extremité dans !a bouche pour en jouer, & qui est composé de deux branches & d’une languette qu’en TRO í)u’on touche avec le doigt quand on joue de la trompe. (Jouer d'e la trompe.) TROMPE. C 2 uba vocalis. ] Sorte de machine de fer blanc fiite en maniéré de piramide pour se faire entendre de loin. Voïez trompette parlante. TROMPE. [ProboJ'cis .j Ce mot se dit en parlant de Télisant. C’est le museau de i’éléfant qui lui pend presque jusques à terre entre les deux grandes dens de devant , & qui est à l’égard de l’eléphant ce que les mains font à l’égard de l’homme. TROMPE. [Forn/x , concha.J Terme à’ ArcbiteBtarc. Sorte de voûte qui va en s élargissant par le haut. TROMPE [Turbof Terme de Mer. C’est un certain tourbillon de vent qui se sait dans un même lieu, & qui attire l’eau de la mer jusqu’au plus haut de l’air. x {/Académie dit, Trombe, au lieu de Trompe. TROMPES. [Tuba faHopti. j Terme á’ Anatomie. Ce font deux conduits qui naissent des cotez de la matrice, & qui se dilatent ensuite peu à peu jusqu’à leur extrémité. Leur usage est de conduire les œufs des femmes de l’ovaire dans la matrice. On les apelle trompes de fiillope, parce que cet Auteur les a le premier découvertes. TROMPE’’, trompée, adj. [Deceptus,fruflratw.J Triché. Deceu. Fourbe. (11 lufit quelquefois d’être grossier pour n’ëtre pas trompé par un habile homme. Mr. de la Rocbefsucaut, Ref.éxion.) TROMPER, v. a. [Fallere, decipere .3 Tricher. (Tromper une personne. 11 est plus honteux de tromper que d'étre trompé. L’intention de ne jamais tromper nous expose à être souvent trompez. Jadis l’homme vivoit au travail ocupé , Et ne trompant jamais , n’étoit jamais trompé. Despreaux, Ep. 9. * Quelqmfois pour tromper ma peine $Je ra’en vais rever dans la plaine , Voit. Poès. * Cela trompa l’esperance des barbares. Ablanc. Rét. ì. 5. c. 3.) ' Se tromper , ». r. £ Falli , decipi, errare.J Etre dans Terreur. Se méprendre, (On s'est trompe lots qu’on a cru qné l’esprit & le jugement étoient deux choies tìiférentes. 11 est facile de se tromper lbi-méme sans {'apercevoir. Les plus grands Auteurs íë trompent souvent.) (f TROMPER. Air. de la Motte Houdart s’est servi fort ingénieusement de ce terme dans l’Ode dédicatoire de ses OEuvres; c’est dans la Strophe où il fait mention des Lettres de Balzac & de Voiture : Quel agrément , quelle lumière Dans ces Ecrits ingénieux , Où l’byperbolc (§ l’ironie Disputent à qui plaira mieux ! Ces discours privez qu’on s’adrejse , Tribut d’ejume [s de tendrejje . T brident des plus heureux traits , Par une seconde presence : C’ejì ainji qu’en trompant l’absence On en suspend tous les regrets . TROMPERIE , f. f. [ Fallacia , do lus. ] Tricherie-, Fourberie. (Une tromperie insigne. Une tromperie grossière. La tromperie est ia marque u’une ame fort baffe & d’un esprit fort petit. Adresse. Force. Fourbe & tromperie , tout est permis en amour.) TROMPETTE,//. [TubafuccinaJ Instrument de musique à vent fort ancien, qui se fait ordinairement de léton, & quelquefois d’argent, mais qui se peut (aire de toute sorte de métal, & qui est composé départies qu’on apelle embouchure, pavillon, banderole, cordon, branches, potences, & qui sert aux réjoùistances publiques, & principalement à la guerre dans la cavalerie.' Mers. On dit qucTireme fils d’Hercule a inventé la trompette. Gaza, traité des armes. Quoi qu’il en soit, la trompette est trés-ancienne , & cela paroit par le 150. Pfeaume de David , qui exhorte le peuple à louer le Seigneur au son de la trompette. [Laudate eum infono tubaFJ (Emboucher la trompette. Sonner de la trompette. Jouer de la trompette. La trompette sonna , & ceux qui avoient ordre de donner s'avanee- rent. Ablanc. Rit. I. 4. Ornement de nos bois , Daphnis dont la musette Par 4 e sublimes tous fur pose la trompette, TRO j Dont la voix par des airs tendres N languissant Des immortelles sœurs égaie les accens. Rec. de l’Acad. 1Ó81.) ■Sonner de la trompette. £ Tuba canette. J Ces mots eufiguré, signifient publier , annoncer. Se vanter de quelque chose. (Lors que vous donnerez l’aumône, né futés point sonner la trompette, comme les hipocrites. Port-Roial, S. Math. ch. (>.) * Faire déloger Jims trompette. C’est faire déloger vit« & précipitamment. * Déloger Jans trompette. Ablanc. Luc. £ Clmculusn ■abire.J C’est-à-dire, fans bruit. TROMPETTE marine, / f, £ Fidis ad modum tuba résonant, j lnltiument de Musique haut de quatre oa cinq piez, triangulaire, ou rond , d’une forme qui tient de la piramide , composé d’un ou de deux chevalets, d’une corde, d’une rose ou deux, d’un manche , d’un corps de bois résonnant, qui se touche avec l’archet, & qui imite les chants & les sons de la trompette ordinaire. ( 11 y a peu d’hommes qui jouent bien de la trompette marine.) TROMPETTE b&rmt&ieuse. [Tuba’ hctrmonlckéj C’est Un instrument harmonieux qui imite le son de la trompette qui lui ressemble, hormis qu’il est plus long & qu’il a plus de branches , & s’apeile ordinairement sa. quebute. Voïez saquehute. Mers. TROMPETTE parlante,, [ Tuba. Vocerh préemittenf.l} C’est une trompette oe fer blanc, large de dix à quinze piez , qui a un fort grand pavillon. Son bocal est assez large pour y introduire les deux lèvres. Si l’on y parle, la voix se porte fort loin & se fait entendre jusqu’à mille pas. Le Chevalier Morland Angiois l’a inventée dé nos jours. TROMPETTE , se dit quelquefois du bruit & de ì’é- fclat qu’on fait pour exciter quélcun. Entonner la trompette, c’est enfer son fìile. {Quelquefois un timeur dans fa verve indìfcrette Au milieu d’une églogue entonne la trompette. Despr.) Fêtes des trompettes. £ Fejiutn tubarum. j Solennité qui se celebroit parmi les Juifs le premier jour de Bandée civile en Septembre. On dit proverbialement d’un homme qui ne «'étonné pas du bruit, qoe c’est un bon cheval de trompette. On dit encore. À gens de vilage trompette de bois , pour dire qu’il faut traiter les gens selon leur condition. TROMPETTE,//. [Tuba organica. ] Terme d c Fa. 'ileuv d’orgue & d’QrganiJte. C’est une sorte de jeu d’or- gue qui imite le son de la trompette. * TROMPETTE , f.s £Stili infiatio.J Ce mot ausgú. ré, & en parlant d’ouvrage d’esprit, signifie quelquefoi* Aile. ( A la gloire des lis je consacre tes vers , f’entonne la trompette (j? répands dans les ain Les faits de ce grand Roi. Úesmarais, Clovis.) C’est-à-dire, j’éleve mon stilè. 'TROMPETTE , / m. [Ritccinaíor, nneator, ìibicen .j Celui qui est engagé & destiné à sonner ds la trompette pour avertir les troupes de cavalerie de leur devoir & du service qu’elles doivent rendre. (Un bon trompette. Il n’y a point de compagnie de gendarmerie, ni de chevaux legers qui n’ait un trompette pour sonner les diverses choses qui doit faire la compagnie quand il est question d’obeïr. Le trompette sonne le bouteselle, îa marche, la retraite, les fanfares, la sourdine, à l’éten- dard, l’apel,&c.) Chaque compagnie de cavalerie doit avoir son trompette qui prend l’ordre du Maréchal des logis & sonne le bouteselle, à cheval, à l’étendart, & tousles soirs il sonne le guet , ou la retraite aussi-tût que l’ordre est distribué. En marchant, le trompette est six pas devant le Commandant, & au jour du combat les trompettes sont fur les ailes pour sonner la chargé Ou la retraite, selon Tordre que leur donnent les Majors TROMPETTE , / m. [Prnco .1 Celui qui publie, répand par tout, qui divulgue, qui annonce, qui chante les vertus d’une personne. (Alexandre estima Achille heureux d’avoir eu Homere pour trompette de ses louanges. Ablanc. Arian. I. 1. c. ç. C’est le trompette de la gloire de.) TROMPETTER , v. a. £ Promulgare , deblaéerare. j Crier à son de trompe. (On l’a trompetté par tons les carrefours de Paris. Apollon a fait trompettes sur le Par- TRO Parnasse le S'. N. avec défense à lai dejatoais fea&oiiiU Jer en vers fur peine d’étre batu de verges par les Satires, dans le sacré valon.) TROMPETTER. [ Arcanum promulgare. J Dans je fi. guré, lignifie divulguer une chose qu’on devoir tenir cachée. (Vous êtes ailé trompetter par tcut le secret que jé vous avois confié.) TROMPE U R , s fn. [ Fallax , captator.} Tricheur. Fourbe. (C’est un franc trompeur. C’est un double plaisir que de tromper un trompeur. La Fontaine , Fables , /.a.) . , . , TROMPEUSE , / f. [ Fallax , mulier fraudulenta. j Celle qui fourbe & qui trompe. (C’eït une insigne trompeuse.) , TROMPEUX, trompeuse , adj. [ Fraudator, fraudu- lentus.} Qui trompe. Qui déçoit. (L’esperance est souvent trompeuse. Ábl. Fuiez d’un vain plaisir les trompeuses amorces. Despr. Les femmes pour l’ordinaire font un peu trompeuses Sc un peu intéressées, & c’est tout dire.) On dit proverbialement. A trompeur , trompeur [fi demi. Pour dire qu’il est permis de tromper celui qui bous veut tromper. [Contra vulpem vulpmarìdum eji. 3 TR.OMPILLON , f tn. [ Tabula.} Petite trompe d’architecture. TRONC,/»». Prononcez tron. Ce mot vient du Latin irwtcus , & il se dit en parlant à’arbres. C’est le pié d’un arbre. (Un gros tronc d’arbre. Le tronc de cet arbre est petit.) * TRONC. [SfrVpr.] Race. Famille. (C’est d’un tronc fort illustre une branche pourrie. Despreaux, Satire ;.) 0' TRONC Terme de Coutume. Le tronc (dit Ra- gueau) est la même chose que la souche , la ligne Sc 1 ’ejioc. C’est, dans la Coutume de Sentis, le chef de la famille. On trouve ce mot dans plusieurs Coutumes, & toûjours dans le même sens. TRONC. [ Truncus humani corporis.} Ce mot se dit du corps. G'est tout ce qui est depuis le cou jusques aux hanches. Deg. p. i io. Ce mot de tronc en ce sens, n’est pas fort ulìtè dans l’usage ordinaire, cependant on ne le peut pas raisonnablement condamner. TRONC. [Quadra, truncus.'} Terme à’Architecture, Î1 se dit du fût ou du vif de la colonne , & de la partie du piédestal qui est entre la base & la corniche, & qu’on apelle aussi le dé. TRONC. [ Cippus cogendœflipis.} Ce mot se dit en parlant A’Eglise. C’est une sorte de petit cotre de bois au dessus duquel il y a une croix de bois, dressé dans l’Egli- íe, ordinairement auprès du bénitier, ataché avec des bandes de fer, bien fermé de tous cotez, au haut duquel il y a seulement une petite fente peur y jetter les aumônes des personnes charitables ; car cette espece de tronc n’est planté dans les Eglises des paroisses & des diverses sortes de Religieux & Hôpitaux, que pour y recevoir les chantez des gens de bien. (Le tronc est presque plein. On ouvre le tronc, cn vuide le tronc en présence des Marguilliers des paroisses, des principaux du Couvent, ou des Directeurs des Hôpitaux.) £ f f. [ Vix Jpatium, intervallum.] Mot bas & burlesque pour dire chemin. (11 y a une bonne trots d’ici là. J’ai fait aujourd’hui une bonne ttote.) TRO 6$7 TROTER. [Citâtiore gradufijsoremsuccutere.J Ce verbe est neutre & aflif, & il se dit ordinairement des chevaux. C’est mettre un cheval au trot. (Pluvinel dans son livre du Manège a dit troter un cheval. On dit aussi, faire troter un chebal. Cheval qui trots.) TROTER. [ Circumcursare.j Ce mot fe dit des oiseaux de marécage, dont le marcher est diférent des autres oiseaux, & qui vont en sautant, les deux piez ensemble. (Les oies sauvages, les canards , les cignes & les grues trotent.) TROTER. [B iscurrere.] Ce mot se dit des personnes, & veut dire. Aller. Marcher. (Faire troter un laquais, f * Soupirs tro'toient, bien voioit le pourquoi Sans qu’il s’en mit en peine davantage. La Fontaine, Nouveaux Contes. C’est-à-dire, on fait force soupirs.) TRO TE U R,/ m. [Equussuccujsator.] 11 se dit des médians chevaux, qui ne font que troter. TROTEUSE, on dit aussi d’une femme qui ne fait que courir çà & là, que c’est une troteuse, & qu’elle aime à troter. t TROTIN,/ m. [Salutigerulus, curptator.] Mot bas & injurieux, pour dire un laquais. (Quel trodn est-ce là? ÈOefefait par un trotin Porter fa jupe de satin.) f TROTINER, v. n. [ Cursltare .] Diminutif de troter. f TROTOIR, s m. [ Exhedra .] Terme populaire qui se dit en cette façon de parler. L’asaire ejisur le trotoir, c’est-à-dire, on en parle, on en va parler, on la va métré fur le bureau. TROU , s m. [ For amen, tenebratio.] Ouverture qu’on fait à quelque chose. (Le trou du bondon. Le trou de la tétiére. Le trou des oreilles du foulié. Les trous des narrines.) TROU du cu. [Anus.] C’est la partie du corps par où les excremens du ventre se déchargent. (Se torcher le trou du cu.) TROU des excremens. Ces mot se disent des poissons. C’est l’endroit du corps du poisson par lequel il se vuide. TROU. [Cavus, cavum.] 11 se dit des creux que font plusieurs animaux pour sc loger, comme les lapins, les taupes, &c. (Les oiseaux font souvent leurs nids dans des trous.) TROU punais. [Cloaca.] C’est le trou d’un égout 011 d’un privé. On dit aussi qu’un enfant s’est fait un trou à la tête en tombant, pour dire une plaie. [Capitis vulmts.] f * TROU- [Lochs angujius.] Ce mot en se disant de ville & de maison signifie Méchante petite maison. Petite ville. (Pour tous biens elle a un méchant petit trou dc maison au Faux-bourg saint Marceau. La Mote en Lorraine n’étoit qu’un méchant petit trou, & cependant ellô a fait de la peine.) U y a un certain lieu eu Irlande qu’on apelle le trou de saint Patrice. Rabelais apelle le détroit de Gibraltar, uii trou : Leur propos fut du trou de saint Patrice , De Gibraltar , U de mille autres trous, f * TROU. [Ruina, dilapidatio.] Ce mot se dit encore au figuré. Exemple. (Vos affaires étoient assez délabrées , & mon argent a servi à reboucher d’asseZ bons trous. Molière, George Dandin, a. \ .s 4. C’est-à-dire , à rétablir vos afaires L à vous remettre en état.) TROU. [Fovea.cavw.] Terme de Jeu âe paume. Une petite ouverture qui est dans un coin au bas du jeu de paume, & qui est opofé à la grille. (Faire un coup de trou.) TRO C madame, f m, C’est une sorte de jeu de bois composé de treize portes & d’autant de galeries, auquel on joue avec treize petites boules. (Acheter un tròu madame.) On parle aussi de trous au jeu de Trictrac, [Fovea.] Donner deux trous à celui contre qui l’on joue, c’est lui donner deux parties de douze qui font le tour. TROU de chou. Volez trognon de chou. * Une souris qui n’a qu’un trou est bien-tòt prise. [So. rex unius cavi facilè capitur.] Proverbe pour dire qu’il faut avoir plusieurs moïens & plusieurs ressources datìs les afaires pour y réussir. * 11 n’a vk le inonde que par le trou d’une bouteille. [Mundum à longésalutavit.] Cela sc dit d’un ignorant & grossier, qui ne fait comment il faut vivre dans le monde. f * On dit d’un yvrogne qu’i/ boit comme un trou. [Madidrn eji ujquedum bibit. ] D’un Banqueroutier, Tome XIL O 0 0 « q u’il 658 TRO qu ',7 a fait un trou ù la nuit , ou a la Lune. [Ratumet suas trous autant de chevilles. [Facilè fol- pit auidmtid ei objeceris.] Proverbe, pour dire trouver des réponses à toutes les objections, & un reraede a toutes les dificultez que l’on propose. . + * On dit d’une personne qui va trop vite en besogne, qu’en deux coups il a fait six trous. Cette façon de parler est prise du jeu de trictrac. TROUBLE,/»». [ Tumultus , tumultuatio.] Désordre. (11 est arrivé un grand trouble. Causer du trouble. Aporter du trouble. Ablancourt. * N’as-tu pas vû son trouble? Racine, Tphigenie , a. 4. fe, 1. C’est-à-dire, l’émotion qui a paru fur son visage.) TROUBLE. [ Res turbulente, motus civicì.] Guerre civile. Brouilleries & autres mouvement qui arrivent dans un Etat. (Avant que d’entrer dans la narration de ces troubles, il est à propos de dire. Mémoires de Mr. de la Rochesoucaut, p. 2;. Au milieu des combats, des troubles, des querelles , Ton nom encor cberi vit au sein desfideles, Defpr.) f TROUBLE, f. m. Filet de pêcheurs dont on fe sert *n hiver pour pêcherie long des rivages en l’enfonçant sous les bordages, ce qui ne peut sc faire fans troubler l’eau. Voïcz Trouble. TROUBLE, adj. [ Turbidiu , turbulentus Ce mot fe dit de i’eau & des autres liqueurs , & veut dire. Qui n’est pas clair. (Eau trouble. Le vin est trouble, & il ne fera éclairci que dans deux ou trois jours. * Pêcher en eau trouble. [Comparare sua commoda ex ìncommodis alicujus.] Ces mots au figuré, signifient faire bien ses affaires dans le désordre de celles d’autrui. f * La gv.irre eji cause des troubles. Cette façon de païler est populaire, & fe dit pour excuser un mal qu’on «st contraint de faire par nécessité. TROUBLE. [ Litigatio, discordia. ] Se dit auísi des voies de fait, par lesquelles on dispute à un autre la possession de quelque bien. (Dans les contrats on promet de garentir de tout trouble.) TROUBLE. [Commotio.] Se dit de l’intrigue, du nœud duPoëme dramatique, de l’émotion qu’il produit dans les spectateurs. t TROUBLE-EêTE, f. m. & f. [Latitix interpellât or.] Celui , ou celle qui par fa mauvaise humeur aporte du désordre & trouble le plaisir & la joie des autres. C’est tin trouble fête, cela sc dit de la sorte quand on parle d’un homme ; mais si on parle d’une femme, on dira, C’est une troublesîte. TROUBLER, ». «. [ Miscere , conturbare.] Rendre trouble quelque liqueur qui étoit claire. (Troubler l’eau d’une fontaine. Troubler du vin.) * TROUBLER. [ Conturbare , consundere .] Traverser. Embarrasser. Empêcher. (Troubler la joie de quelcun. Racine, Iphìgenie, aile 5. s. 1. II faut partir , j’y cours, dissipe tes douleurs Et ne me trouble plus par ces indignes pleurs. Defpr. * II n’y a rien qui trouble la tranquilité de son cours. Vaug. Quint. I. ;.) * TROUBLER. [Turbm concire.] Causer du désordre. Aporter de la confusion. (Je vous fendrai la tête avec les pièces du repas que vous êtes venu troubler. Molière , Bourgeois Gentilhomme, a. 4./. z.) Troubler les consciences. PaJ'c. I. 4. [Agitare, com. movcre .J Les passions troublent la raison. Pfíihs, vous troublez tout par vos divins apat.') * TROUBLER. [Interpcllare, turbare.] Brouiller. Faire manquer une personne qui fait quelque action d’et prit. (Troubler le Prédicateur. Vingt-fois je fus troublé , volant qiiil fe troubloit, Ei je tremblai vingt-fois m votant qu’il trembloit. Villiers.) * TROUBLER. [ Animum irrequietum reddere. J Fâcher. Epouvanter. Inquiéter. (Et libre du souci qui trouble ColleUt, Watend pas pour dîner le succès d’un Sonnet, ûefpreaux, Poétique.) * TROUBLER. [ Ad infaniam udigere. J Faire devenir fou. Faire perdre l’esprit à quelcun. (La mort de sa femme la tellement touché que cela lui a troublé l’esprit ) TRO TROUBLER. [Litigare, \disceptare, contendere.] Empêcher. (Troubler quelcun en sa possession, c’est la lui contester. Une longue jouissance aquiert prescription» quand cn n’y est point troublé. Si on vous trouble, apel- lez votre garent.) * On dit d’un homme qui est fans esprit & fans ma- lice , qu’il ne sauroit troubler t eau. £Nescit aquam mo- vere.] Se troubler , v. r. £ Çonturbari .J Ce mot sc dit des liqueurs. C’est-à dire , devenir trouble. (Eau qui commence à sc troubler.) j- Se troubler. £ Obscurari. J Ce mot sc dit du tems & veut dire. S’obfcurcir. Se changer. (Tout à coup le Ciel étant serein se troubla. Ablanc. Arr. I. r.) * Se troubler. £ Aberrare .J Ce mot se dit des personnes qui disputent, haranguent, prêchent, &il signifie. Se brouiller. Se confondre. (11 s’est un peu troublé en répondant à la dificulté qu’on lui a proposé la dernière.) f TROUCHET,/»,. Efpéce de billot à trois piex qui sert aux Tonneliers à doler leurs douves, c’est-à-dire, à les dégrossir avec la doloire. TROUER, ». a. £ Versorare, terebrare. ] Faire un trou. Percer. (Les voleurs ont troué le mur.) Se trouer, v. r. £Dilacerari .] Ce mot sc dit des habits & du linge. Se percer à force d’être usez. (Pour., point qui commence à se trouer. Chemise qui se troué. Rabat troué.) TROUGNON.. Voïez trognon. TROUPE, f.s. [Turma, grex, agmen.] Ce mot se dit des hommes & de certains animaux ;& veut dire plusieurs personnes enlemblc. Certains animaux ensemble, comme grues, oies, loups. (Une troupe de'soldats. Une troupe d’étourneaux. Troupe de grues. Une troupe de thons, de harens, ou d’autres poissons. Lui.mtme le premier, pour honorer la troupe, D’un vin pur U vermeil il fait remplir la coupe. Defpr.) TROUPE de Comédiens. £Grex comadorum ,] Compagnie de Comédiens. (11 n’y a que deux troupes de Comédiens à Paris, à présent il n’y a que les François. Mais quand j’irai chez vous , jouez fil est possible Ce que dans votre troupe on a déplus ristble, Bourí. Esope.) On dit aussi une troupe de Bandits, de coupeurs d» bourse, &c. [Furum turma .J En troupe , adv. [Catervutim, gregatim, turmatim.] Par troupe. Plusieurs ensemble. (Les loups vont en troupe.) TROUPEAU , f. m. Grex .J Ce mot se dit proprement en parlant de moutons, de brebis, & d’autre bétail qu’on méne paître ensemble, ou qu’on mone ensemble, & c'est un nombre grand, ou petit de moutons, ou d'autte bétail. (Un gros ou petit troupeau. Le bel Adonis au rivage des eaux Comme vous autres ou a conduit les troupeaux. La Lane, Egiogue. Acheter un troupeau de moutons. Mener un troupeau de moutons à la foire. Garder les troupeaux. C’eji par lui que laijfantfur le haut des coteaux Paître mspaijib:es troupeaux, Nou> ne craignons point le pillage : Pendant que loin de ms hameaux Tout respire l’horreur, le fanges le carnage Et dans la plaine %? fur les eaux. Aut. Anon.) * TROUPEAU. [Grex.] U sc dit figurément des peu* sonnes qui sont au soin de quelque Pasteur, Curé, Evêque &c. L’Egliíe est apellée le petit troupeau. [Pufilhx grex.] TROUPES. [Equitum, peditum turma.] Ce mot an pluriel veut dire les soldats, tant cavaliers que fantassins qui composent quelque armée, ou quelque corps d’ar» mee. ( Les troupes ont été batués. Ranger les troupes fur deux lignes. Kaiier les troupes qui sont en désordre. Ablanc .) TROUSQUIN. Voïez Troujsequin. f * TROUSSE', troujjée, adj. [Lautus, elegans.] Ce mot est en usage aujiguré , mais il n’entre que dans la conversation, & dans le stile simple & comique. Exemple. (C’etoit un repas bien troussé. Molière, Pourceau- gnac. C'est-à-dire, c’etoit un repas fort propre. Voil* qui TRO ffe' ijì irbuffé. {Ëdpletum est,'} C’est-à-dire » fait, expédié, mangé. Là pauvre langue latìale, Alimt être troussée en maie,') C’est-à dire, c’étoít fait du Latin. TROUSSE, st s. f Pbaretra .] Carquois. (Une trous' ïe pleine de flèches. On dépeint l’amour avec un bandeau fur les yeux, un arc & une trousse remplie de di- terscs fortes de flèches. Voler l’Iconologie de Ripa star tes maniérés de Peinture.') TROUSSE. [ TonJ'oris apparatus.} Terme de Barbier, Espece d’etui de cuir, ou d’étofe à plusieurs chambres, à deux, à trois, ou à quatre, dans l’une delquelles on met tes rasoirs, dans une autre les peignes, & en quelque autre les ciseaux & les fers pour la moustache. (Une belle trousse. Métré la trousse fur la toilette.) TROUSSE. [t’exi acervus.} Ce mot se dit en parlant de foin. Ce font quatre ou cinq botes de foin qu’on lie ensemble avec une corde pour les monter au grenier au foin. (Faire une grosse trousse de foin.) TROUSSE. {Equi tergum.} Ce mot se dit en parlant de gens qui montent en croupe derriere d’autres. Ainft on dit. (Monter en trousse. Se mettre en trousse derrière un cavalier. * Que dit.ìl, quand ilvoit avec la mort en trousse Courir chei un malade un ajstajjìn en housse. Despreaux, Satire g.) t TROUSSES. [Braeca.] Ce mot aú pluriel se dit en parlant de page & signifie haut de chauffes de pages. Le mot de chausses, en ce sens, est plus usité que celui de troustes qui fe dit fort peu, & même quelques personnes qui patient bien le croient suranné & le condamnent. TROUSSES. {Vestigiai} Ce mot est beau au.figuré St peint assez bien. Exemples. ( * Les ennemis étoient toujours à nos trousses. Ablanc. Rétor. C’est-à-dire , fr ester {st poursuivre P ennemi.) .TROUSSES. {Funes médiocres.} Terme de Charpentier. Cordages dont fe fervent les charpentiers pour lever de petites pieces de bois. f * Donner une trouste à quelcun. {Aliquetn leviter straudare.} C’estlui donner une baie, lui faire quelque petite tromperie, ou imposture. (Indubitablement on nia dohné la trousse. Mairet, Comedie du Duc d’Ossone.) TROUSSEAU, st m. {Clavium fasticulus.} Ce mot en parlant de clefs signifie plusieurs clefs ensemble attachées à un clavier, ou autrement. (Un gros, ou petit trousseau de clefs perdu-, Cette charmante Nymphe après savoir reqû d’un air fiant, lui donnera d’une main un trousteau de clefs d or, D. Quicb. tom. 6 . cb. 51.) TROUSSEAU. [Parapherna } Ce mot se dit en parlant de filles qu’on marie, & veut dire Jupes, robes, linges & autres pareilles nipes que le pere & ia mere donnent à leur fille quand ils la marient, (Elle a eu Un bon trousseau. On lui a donné un trousseau assez considérable.) íst Plusieurs Coutumes scellent troustel, ce qu’une fille aporte chez Ion époux , & qui est à l’usage des filles & de femmes , &, comme dit Ragueau, menus meubles {st ménage que les pere {st mere ou autres donnent en contrat de mariage à leurs.filles, ou autres leurs irens. L TROUSSEAU. Terme de Momie au marteau. C’est : qu’on apeìle présentement la Matrice, le Coin ou Quané d’efligie. Mr. Felibien croit que c’est le sinqon. TROUSSE.GALAND , f m. [Calera morbus.} On apel- ainsi une maladie aiguë & violente qui emporte son Mime en fort peu de temps. (Le misterere est un trouf- -galand. Elle est morte d’un trousse-galand.) On donne ce méme nom à une peste qui afligea fort y a long-tems la Ville du Pui en Vêlai, TROUSSE-QUEUë , st m. [Caudit equina tbeca.} Cuir ui envelope & tient en état la queue d’un cheval sau- •‘ur. (Le troulse-queué empêche que le cheval ne joué e la queue, & le fait paroitre plus large de croupe.) TROUSSEQUIN, f m. [Posticm ephippii urcukií,} rononcez troujquin. Terme de Sellier. C’est un moreau de bois taillé en cintre, qui s’eleve for l’arçon ds erriere des selles à piquer & des selles à la Holandoise. Xroussequin trop bas, ou trop haut.) TRQUbSLR > -o. a. [CoUtgere, Jubstringere.} Hauf- TRO 659 fer, lever quelque étofe, Ou autrê pareille cîiose Facile à lever. (La queue de votre jupe traîne, prenez la peine de la trousser.) * TROUSSER une belle, f Diffluentem vestem puelLt eoûigere.} (C’est lui lever la robe, &c.) f * La fièvre l’a troustì en quatre ou cinq jours & fort prontement. t * TROUSSER bagage. Ablanc. Luc. [Vafa colligere , starcinns constringere.} Mots burlesques pour dire s’ex fuir, TROUSSER , a. [ Ramas J'ubjirmgere. j] Terme de ■Jardinier. Ha u llè r les menues branches de quelque arbre qui font trop basses, & les atacher à quelque chose qui les soutienne, (Ilfaut trousser les branches de ces arbres. Quint. Jard. Fr. t, t.) TROUSSER. [Intus curvare.} Terme de Mer, C’est fe courber en dedans. TROUSSES. Voïez Troustì. TROUSS1S, f m. [Vestium sinus.} Fli, couture qu’on fait à une étofe repliée pour la rendre plus courte. (Les Carmélites font toûjours un troustìs à leurs robes neuves.) TROUVAILLE , ^ st [ fias récupérâtìonis.} Ce mot est usité en parlant des coôtumes de la mer. On dit ■droit de trouvaille. C’est-à-dire , ce qui apartient à ceux gui ont sauvé ou trouvé de la marchandise. Celui quia trouvé de la marchandise perdue , en a la moitié pour son droit de trouvaille. Voïez les jugement d’Oleron , pag. 100 . t TROUVAILLE , st st {Félin occurstus.} Mot bas L burlesque qui se dit des personnes, mais qui ne s’écriifc guere, il signifie une personne qu’on a trouvée heureusement , & qui nous peut être utile. (C’est une trou* vaille que cela.) TROUVER , treuver , v. ct. {hivenìre, repsrire.} L’uit & l’autre se dit, mais le mot d'usage est trouver, & il n’y a guere que les Poètes qui disent treuver , encore faut.il qu’ils y soient forcez par la rimé qui les tivanise sou», vent. Trouver signifie rencontrer. ( Trouver quelque chose de nouveau. Trouver par hazard. Trouver son compte. Clork , là passion que moit cteur t’a jurée , Ne trouve point d’ exemple mx.siécles les plus vissât. Mai. Poës. Mais en P état où je nie treuve -, Qiiest il besoin de cette preuve ? ji peine en leur grand nombre ame steulese treuve De qui la foi survive , {st qui faste la preuve Que ta Catinice t’a fait. Malherbe, Poës. II vous faut un siécle d’épreuve Pour récompenser un Amant, Et dans P état funeste ou je me treuve , Zse ne Jaurois atendre qu’un moment, Habert. No n, P amour que je sens pour cette jéùnè veíivS Ne ferme point mes .yeux aux défauts qu’on y treuvè-. Mol.) TROUVER, t Adinventre -, excògitare.} signifie quelquefois inventer. (On n’estinie dans les Matématiqueí que ceux qui trouvent quelque chose de nouveau.) TROUVER. [ÎFluris facere.J Veut dire aussi estimer, (Un avare trouve son argent plus beau que les ouvrages les plus achevez.) TROUVER bon. {Probare,apprùbare.} G’eft consentir, aprouver. (Je vous prie de trouver bon que je saisis telle chose.) TROUVER mauvais. {Reprehendefe, improbare.} Des* aprouver. ( Trouver mauvais qu’on fasse une chose, Ablanc. 11 se fâche & le trouve mauvais. Voit. L g. * ste ne trouve pas mauvais la liberté que vous aves prise. [No» niïhi difplicet bac tua licsntia.} U faut parler de la forte, & non pas , je ne trouve pas mauvaise , parce que mauvais en cette lagon de parler & autres semblables, est une espece A’adverbe. Et je ne trouve pat mauvais, signifie je ne desaprouve pas. Un enfant trouvé. {Puer exposititius.} C’est un enfant exposé, dont on neconnoit íii se pere ni la mere. TROUVER entre en quelques façons de parler proverbiales. Vous me trouverez en votre chemin. C’eít-à- dire, ja vous traverserai dans vos afaires. [Tibicbstabo. j U s’eít trouvé en deux paroles. {Sublestâ estfide .J 11 croit avoir trouvé la pie au nid. [5e calmn attingere putut.] 11 ne s’eít jamais trouvé à telle fête, ou à telles nôces. Tome llí. Oooo í ' P q ut 660 TRU Pour dire qn’un homme a été fort maltraité. [Perquam indignis modis fuit exceptus.J Se trouver, v. r. [ Siíi oceurrere, effe, adejje■.) Se rencontrer. (Le petit nombre qui eít le meilleur Je trouve rarement le plus fort. Se trouver mal. Se trouver seul. Se trouver en un méme lieu.) ïf On dit souvent :Jl vous faites cela, vous vous en trouverez mal. Mais on ne dit point ,se mal trouver dune chose , comme Mr. l’Abé Régnier , Ode première d’Anacreon : Mon arc va bien , je viens de l’éprouver : Mais votre caitr pourrait s'en mal trouver. TROUVERES ,*f tu. Voïez Trobadours, c’eít la même chose. ($ Le Président Fauchet nous aprend qu’il y avoit autrefois en France des personnes qui divertiffoient le public lotis le nom de Trouveres, Chan-teres, Conteurs, Jongleurs , oujugleurs; o'est à-dire , Menejiriers chantant avec la viole. Les Trouveres composoient les chansons, & les autres les chantoient; ils s’assernbloient & alloient dans les châteaux. 11s venoient ( dit Fauchet) aux grandes assemblées & festins, donner plaisir aux Princes , comme il est expliqué dans ces vers tirez du Tournoiement tCAntechriji, composé au commencement du régné de Saint Louis: Quand les tables oïiées furent , Cil jugleur enprès ejlurent Sont vielles , N harpes, prises , Chansons , lais , vers U reprises Et de geste chanté nos ont Et ejcuyer , Antechriji font Rebarder par grand déduit. Ils ne chantoient pas toujours; souvent ils recitoient des contes qu’ils avoient composez: & qu’ils apelloient tabitaux. On prétend que ce font ces faiseurs de chansons qui inventèrent la rime. TROUVEUR, J- rn. [Canif sagax.J Terme de Chasse, qui se dit des chiens qui ont le nez si fin qu’ils vont requérir une béte long-tems après qu’elle a passé. k TRUAGE,/»*. Impôt que quelques Seigneurs levent fur les marchandises qui passent fur leurs tetres. On Papelle aussi Treu & Péage. t TRU AND , / m. [ Nehulo, nequam .] Mot bas & vieux pour dire fripon. Coquin qui ne veut rien faire. TRUANDAILLE,/./. [Vìlia capita.] Vieux mot qui signifie canaille, gens de la lie du peuple, & qu’on trouve encore dans un ancien Noël. (Vous n’étes rien que truandaille , vous ne logerez point céans.) f TRUANDE, J', f [Improba mulierf\ Mot bas & vieux, qui veut dire coquine. Méchante. Friponne. (Ah ! truande , as-tu bien eu le courage De m’avoir fait cocu à la fleur de mou âge. Molière, Cocu.) flf Les termes, truand, truandaille, étoient autre» fois fort en usage dans le même sens qu’on leur donne aujourd’hui, lorsque l’on s’en sert en parlant familièrement. Le Roman de la Rose : De paroles je vont huant , Trop S ont trouvé,nice, ççf t ruant. Èe Drapier, dans la Comedie de Pathelin t Ah es.tu là truant mer doux. Villon , dans fa belle heaumiére : Quoy il en Jbit des repentuilles , Mais que luy eujje abandonné Ce que rejujent truanàaitìes. La Coutume de Soefmes, art. ;. fait mention d’un cens truant s c’est à-dire, selon i’explication de Ragueau dans fon Indice, un cens que l’on double au lieu de payer les lods & ventes en cas d’ouverture, & de mutation du Seigneur. Ce cens est appellé mort dans la Coutume d’Auvergne, cb. ; i. art. 71 . comme l’on dit mort herbage , rente morte, &c, en un mot , c’est un cens oisif & stérile. Dans ce sens, truant vient de treu , qui veut dire tribut, il est dit dans la Chronique de Saint Denis : Quand le Roi Clodio eut régné vingt-ans , il paya le treu. de nature. Et dans la Somme Rurale , treu veut dire péage. TRUANDER. [Stipcm erogare.J Gueuser , caimander. (11 y a des gens qui font nez avec l’inciination de truander.) Ce mot est vieux. Acad. Fr. FRUBLE, / /. [Rcte.] Furetiére dit trouble, & l’A- cadémie íruolc. C est un petit filet qui sert à pêcher TRU Se poisson dans les boutiques & les réservoirs , L qui est attaché au bout d’une perche. En quelques lieux oa l’appelle étiquette. TRUC- C’est une espece de billard plus long que ceux fur lesquels on joué ordinairement en France. TRUCHEMANT , f m. [ Inter p-,-es. ] Celui qui entend & parle plusieurs langues , & par le moien du- quel s’entendenc des gens de divers païs , & qui ne peuvent parler la langue les uns des autres. ( Un bon truchemant. Un fidele truchemant. Parler par truelle» niant. Abìanc. Rét. I. 2 .) t TRUCHER , v.n. £ Mendicarei ] Demander l’aumône. (11 est oblige de trucher. II truche. S’iís’amufe à trucher, il ne fera pas long-tems fans être pris de« archers des pauvres.) f XRUCHEUR, J', m. £ Mendiais .] Celui qui truche, qui mandie. (C’est un trucheur. On prend à Paris les trucheurs & on les enferme aux hôpitaux.) f TRUCHEUSE , f. fl £ Mendica .] Celle qui truche. Celle qui mandie. (C’est une trucheuse qu’on méne à l’hôpital.) ff TRUDAINE. Folie. Vieux mot. TRUELLE,)!/; [Trùlìa. 3 C’eít principalement un outil de maçon composé d’un manche de bois, d’un collet, & d’une feiille qui est un fer clair & large, dont le maçon se sert pour prendre le mortier & le plâtre, les jetter dans les abreuvoirs, ou les godets, & enduire toutes sortes de murs, de plats fonds & autres ouvrages. (Cette truelle est bonne, elle est fort douce.) Les chandeliers se ferventaulíl de la truelle pour netteïer leurs moules à chandelle. TRUELLE bretée. £ Truïïa denticulata. ] Terme de Maçon. C’est une force de truelle particulière qui a des dents, & qui sert au maçon pour netteïer le plâtre lors que le mur est enduit. TB.UELLE'E , J', f. [Gypjì trulla plena ] Autant de mortier ou de plâtre qu’on en peut prendre en une fois ave« ïa truelle. (Une truellée de mortier sufit pour cela.) fff TRUFFER, c’est tromper. Vieux mot. Truffiur , Un trompeur. Dans le Blason des fausses amours : Pourquoy d’un trufeur D’un trompeur. Et dans le Roman de la Rose : Cette dìsent-ìls, fl fol vous truffe , Bien vous va cy paiffient de truffe. Ï1 faut dire trufe, & non truste. Nos anciens Poètes se font servi du mot trujìes pour lignifier, selon Borel, bombances, riche parure. Dans le Roman de la Rose : Toutes vous ejìeray vos trufles Qui vous donnent ocajlon De faire fornication. TRUFLE, trufe, J', f (Tzibtr.) On dit l’un & Pau. tre, mais celui qui est le plus dans la bouche des honnêtes gens & des traiteurs, est celui de truste. C’est une forte de fruit couvert d’une peau noirâtre que produit la terre, qui vient de la terre méme fans tige ni racine, principalement lors qu’il'y a de grans tonnerres,ou de grandes pluies. (Les trustes font bonnes dans les ragoûts. Les trustes font excelentes & relevent bien les ragoûts où elles entrent.) L’Académie dit trufe. Je l’ai toújours oûi dire de méme. í TKUEETTES, J. fl Toiles blanches faites de lin, qu’on fabrique en Picardie, & qui aprochenc de celles qu’on apelle Toiles demi-LIolande. TRUïE, /! f. [Porca , Jus femina.'} C’est la femelle du verrat. (Une jeune truie. Une vieille truie. Truie pleine. Truie qui cochonne. Truie qui a fait dix petits. Truie qui a neuf petits cochons d’une ventree.) TRUïE. [Perpmguis.J Se dit d’une femme extrême» ment grasse, qui a le sein fort gros. (C’est une injure qu’on fait à une femme del’apeller truie.) On dit proverbialement d’un goinfre , qu’il en avale- roit autant qu’une truie de lait clair. On dit encore ; tourner ia truie au foin, pour dire changer de discours» On dit d’une femme Féconde, que c’est une benne truïé à pauvre homme. TRUITE,/ f. [Tr ut a. J Mot qui Vient du Latin» ç’eft une forte de poisson. 11 y a des truites de riviéíê & des truites saumonées. La truite de rivière est un poisson dont la grandeur ne passe pas une coudée j qui a le dos entre blanc & jaune, le corps couvert de petites eeaillw & d’une peau fouies de petites ta- TUB fcfoes ronges aVec une queue large. La truite saumonée. [Tr ut a guttata.'} EU une truite de lac, dont la chair est ferme & rouge , qui croît jusques à deux ou trois cou- dées, & on Papesse salmo lacujiris. I) autres disent que truite Janmonée n'est proprement qu’un saumon de ri" Viére. Voïez là-deísus Rondelet. Quoi qu’il en soit, la truite, soit de rivière, ou de lac, a la chair bonne & ferme , & lors que la truite est saumonée , sa chair est seche & rougeâtre au dedans. TRUITE', trmtée , adj. [ Equus albìs variis interstin- ■iiut nocis. J Ce mot se dit des chevaux, & veut dire moucheté d’aizan & de bai. Soleifel , Parfait Maréchal . (Poil trusté.) TRULLE. [ 'Trulhan .] Lieu d’un Palais des Empereurs Orientaux dans Constantinople , où ils traitoient des afaires d’Etat. Le VI. Concile général qu’on apelle ln Trulio , y fut tenu. Acad. Fr. TR U LL1SATION , f. f. [ Trulhsatio. ] Couches de mortier travaillées avec la ttuelle au-dedans des voûtes, & dont parle Vitruve. Acad. Fr. TRUMEAU,/ m. Tremeau. [Coxa bovis .3 Terme de Boucher. Quelques-uns disent tremeau, mais les bouchers , que j’ai consultez fur ces mots , dilènt tous trumeau. Prononcez trumau. C’estle jarret du bœuf, ou de la vache qu’on apelloit jarret lors que le bœuf ou la vache croient veau. Qe trumeau fait de bon potage.) TRUMEAU. ['interjeHum inter dumfenejirasmûri J]>a- tiumi] 'ferme à } Architecture. Espace du mur qui est entre deux fenêtres, ou deux portes. (Tout autour font placez contre les trumeaux des fenêtres douze pié d’e- ftaux. Votez la description de Versailles.) $ TRUMEAU, ou Tremeau. Terme de Miroitier. II se dit des glaces qui se placent dans feutre deux des croisées, que les Architectes nomment Trumeaux, d’où ces miroirs ont pris leur nom. TR U S QU IN , f. ni. [Gnomon asferculo mobili di- recim .3 Outil (Partisan qui travaille en bois , & qui lui sert à marquer f endroit où il doit faire les mortaises. Il est composé d’un reglet avec une pointe au bout, lequel Cotre dans un tailloir, & qui est mobile. TRYPHERE,// [Trypbera .3 Ce mot convient à plusieurs sortes d’opiatcs. 11 y a la grande Triphere Composée d’opium, de candie , de girofle , qui sert aux maladies de matrice, à fortifier l’estomac & à arrêter le cours de ventre. 11 y a encore Trypheresarrace- mque que les Médecins Sarrasins ont mis en usage, & la tryphere Perjîque inventée par les Médecins de Perse. Acad. Fr. TU. Pronom personnel de la seconde personne, du nombre singulier tu. J! ne se dit ordinairement qu’en parlant à des personnes inferieures , ou fort familières. (Tu n’es pas sage. Que veux-tu ? Tu ne me répons pas.) On s’en sert en parlant à Dieu & aux Princes dans le stile élevé, & fur tout dans la poésie. (O Dieu, tu es mon Créateur, Jésus, Fils éternel de Dieu, tu es mon Sauveur & tu m’as racheté par ton précieux sang.) On peut dire en parlant au Roi. Tu es notre Souverain , & nous sommes tes sujets. Les Poètes le font très-fouvent quand ils parlent aux Rois & aux Princes-. Votez Tutoier. TU A BLE, adj. [ Maclaudits , occidendm. 3 Qu’on peut tuer. Digne de mort. ( Sil devient tant soit peu probable qu’ils vous fassent tort, les voilà tuables fans dificuké. Pascal , l. 7 .) t TUAGE , s. rn. [Maciatioi] Terme de tueur de co. thon .3 La peine qu’on a de tuer & d’acommoder un cochon. (Le tuage d’un cochon conte vingt, ou vingt- cinq fols.) TUANT. [Necans, interficiens.) Participe qui signifie, qui donne la mort. Qui tue. (Alexandre dans la chaleur de ìa débauche, tuant Pun de ses premiers Capitaines, a terni une partie de fa gloire.) * t TUANT, tuante, adj. [Qpérojus , difficilis .] Cé ïnot lé dit des personnes & des choses & veut dire en- Cuieux. Fatiguant. (C’est un homme sort tuant. Petite fille fort tuante. Travail tuant. Cette plaideuse est d’une conversation tuante avec sès procez.) TU AUTEMi [Dijficultatis nodttí .3 Façon de parler basse qui est toute Latine. C’est le fin dei’afaire, c’est ie nœud de la dificulté. (De réduire les Jansénistes à Croire le fait, c’est le tu autem.) f TUBE,/ m. [Tubus, canalisj Ce mot est Latin, W signifie tuiau, & il n’est en uíàge qu’en parlant de 1»- TUE 661 nette d’aproche, encore le dií-cin rarement. (Le tube de la grande lunette de l’Obfervatoire de Paris, a soi» Xante & dix-sep t piez de longueur.) , f TUBERAiRE , f.s. [Tuberaria.] Espece d’He- liantheme dont les feuilles ressemblent à celles du plan» tin , mais elles font couvertes dessus & dessous d’une laine blanche. Elle est détersive & astringente. TUBEREUSE-,// [Tuberofa.] C’est une forte de fleur blanche qui a une odeur très agréable, & qui fleurit toute Pan née polirvû qu’on l’a mette en un lied propre poiir cela , & qu’on en ait grand foin. (Une belle tubéreuse. On sentait da&s les airs st au.prêt S’exhaler la vapeur suave ■ Des tubéreuses, des muguets , ÌDes jonquilles , des lis , des roses, des ecWets „ Le Noble.) TUBEREUX, tubéreuse , adj, [ Tuberasus, 3 Terîhè de Fleuriste & de jardinier. Ce mot de túbereux se dit des plantes qui ont des fibres & des racines rougeâtres, ■de couleur rousse, ou brune, n’aiant ni peau, ni écailles, ■& jettant plusieurs tiges. (L’aconit d’hiver est une plante tubéreuse.) TUBERGSITÉ', f.s. [Cor,di!us,) Terme de Medtcine. C’est une tumeur , cu bosse qui vient naturellement à quelque partie du corps. 11 y a d’autres tumeurs qui Viennent par accident, ou de maladie. TUBIAN'ËNS j / >». [TubianA.) Sectaires Juifs dont il est parlé au 2. livre des Machabées, ch. 12. V. 17. TUCUARA. [Carinà íucuàrà.'] Canne de Brésil qui est de la grosseur de la cuisse,& qui croît quelquefois jusqu’à la hauteur des plus grands arbres. TUDÊSQUE, f m. [Lingua Feutonicai] Le langage des anciens Allemans. (Entendre IeTudesque.) f TU-DIEU , adv. [Me hercle , adepol.J Sorte de fer» ment burlesque qui marque quelque sorte d’étonnement. (Tu-Dieu, la belle, comme vous y allez! Molière. Tú- Dieu, quelle galante! comme elle prend feu. Tu-dieu, vous avez le goût fin. Molière.) TUANT. Participe de Tuer. TUER, ti. a. [OccMere , perimert , interficere , ne- cc.rc .3 Ce mot vient du Grec, & au propre il se dit des hommes & des animaux. C’est ôter la vie, (Néron % pillé l’Empire, ruiné le Sénat, & íaésamere après savoir violes. Le Président Cousin , Histoire Romaine. Antoine Catacalle avant que de mourir eut u-n songe , pendant lequel il crut voir son pere tenant urffe épée à la main, & qui le menaçoit par ces paroles, je te ttiirai de la mime sorte que tu as tué ton frere. Cousin, Histoire Ro- maine. Ce que la cruauté peut faire, c’est de tuer le corps de quelcun , & d’aliener de nous l’esprit de tous les autres. Le Président Cousin, Histoire Romaine de Xú philin,p. i22. On pense que ces mots tuè\ le corps, ne í'e disent bien que dans les matières de pieté. Tuéretl traître. Tuèr un oiseau w t osmium .J T U GUE. Voïez Tuque. TUIAU ? s m. [ Canalis. ] Prononcez tiiiò. C’est une forte de conduite qui sert pour faire sortir ou entrer le vent, Pair ou Peau, & même la fumée. Ainsi on dit, (Un tuiau de cheminée. [Ccanim Jpiraculum ,J Un tuiau de plomb, de poterie, ou de bois, pour la conduite des eaux. Tuiau de foufiet* Tuiau d’orgue. ZTubus .J C’est d’ordinaire un morceau u’etain rond & creux ou entre le vent des iòufiets , & qui a une ouverture qu’on apelle bouche. Tuiau d’orgue qui parle nettement. A corder les tuiaux.) TUIAU. [CW/iMír, calamus.'] Ce mót sc dit du chanvre & de toute forte de blé pendant par les racines. C’est h tige qui enferme le chanvre, c’ést la tige au haut de laquelle est Pépi de ble. TUIAU. [PenTbt cauti r J Ce mot en parlant de Plume a écrire, c est ìa partie de la plume où est le larron, (Tuiau de plume fort mou.) TUL TUÍÀU. [PennœJ Ce mot sc dit en pariant de petífi oiseaux. Ce font les grosses plumes qui commencent aux petits oiseaux. TUIE'RE, f. f. [Fishtla. ] Ce mot se dit en parlant de forge. C’est le conduit par où passe le vent tíes fou- fiers. (II y a quelque chose dans la tuiére des foufiets qui empêche que le vent n’en forte. Netteïer la tuiére des foufiets.) H TUILÁGE, f m. Terme de Tondeurs de draps. C’eít la derniere façon que les Tondeurs donnent auX draps, après qu’ils ont fait passer le Cardinal & !a brosse par dessus l’étofe. 11s apellent le tuilage le définitif de leur ouvrage. TUILE ysfi [Tegu/a.J Terre cuite faite pour couvrir les rois. ( Bonne tuile. Faire de la tuile. Tuile faîtière. Tuile gironnée. Tuile plate. Coucher la tuile. Terme de Couvreur. C’est poser la tuile fur les lates, & les en couvrir. Les tuiles en tous liettx volent avec grand bruit , Et fans la divine assistance En qui fiai grande constance , ff'aprebenderois cette nuit De faire une terrible dance. Du Trousser.) Pâtre la tuile, f Tegulam percutere, ] Terme de Capucin. C’est fraper fur une tuile pour avertir les Capucins du Couvent que des Capucins étrangers font arrivez, & qu’il faut leur faire la charité. î TUILE. Terme de Tondeurs de draps. C’est une petite planche de bois, fur un côté de laquelle on étend une espèce dc mastic compose de refine , de g tès& de limaille de fer passée au sas. On se sert de cet instrument pour nettoïer les étofes de laine de la tonture qui peut être restée dessus, & en même tems pour en ranger ou coucher le poil. í TU ILE R, v. a. C’est faire passer fur les étofes de laine quand elles font tondues, l’instrument qu’on nomme la Tuile. ^ TUILERIE. f. f. [Lateraria ojficina .2 C’est !e lieu où l’on fait le carreau & la tuile. (Une grande tuilerie. Une belle tuilerie.) TUILERIES , f. f. pi [ Regia domus. J On apelle de ce nom à Paris Un superbe bâtiment roial, acompagné d’un beau jardin le long du bord de la Seine, prenant depuis le Louvrejusques à la porte de la conférence. (Les tuileries font fort belles, & Pété on s’y va promener le soir. II y avòit aujourd’hui bien du mondé aux tuileries. Au mail , à Luxembourg , £5? dans les Tuileries j ll fatigue le monde avec ses rêveries. Mol. Fâch.) TUILIER, f m. [ Laterumstgulus .] C’est un ouvrier qui fait la tuile. (II est bon tuilier.) Marchand tuilier. C’est celui qui vend les tuiles. TUILOT, f. m. [ 7 ksta.J C’est un morceau de tuile cassée qui ne peut plus servir qu’à faire du ciment. (Un petit tuilot.) L'Académie écrit iuïUau. TULIPE ,f fi l Tulìpa. ] C’eft une forte de fleur qui a été apeliée de la íorte à cause qu’elle a quelque raporc avec la figure du Turban. La belle tulipe a d’ordinaire íìx tiùiiles , trois dedans, trois dehors. La tulipe ne sent rien , & cependant elle passe pour la Reine des fleurs, Elle a cet honneur, à cause qu’il fe trouve de dsserentes efpeces de tulipes , toutes agréa- blés & toutes diversifiées d’un air qui charme. 11 n’y a qu’environ cinquante ans qu’on voit de belles tulipes à Paris. Les Feuilles de la belle tulipe font larges à proportion de leur largeur. Plus la tulipe a de couleurs bizarres, plus elle est aimable. On dit le ralice d’une tulipe , le panache , le coloris, la tige d’une tulipe. Tulipe commune , simple, double, curieuse, belle, charmante , panachée, bizarre , rare, bordée de blanc, nuancée, rouge, blanche, grise, à fond jaune, bru- ne, violette, &c. Les tulipes panachées, dont le panache s’imbibe & se perd dans la couleur, ne sent point estimees. La tulipe aime une terre legere & sablonneuse. On plante des tulipes depuis la mi Octobre jufqo'à la fin de Novembre ; & elles fleurissent en Avril & Mai. Quand on les plante, on les enfonce trois bons doigts en terre cultivée. On couvre les tulipes durant la grande gelée , & on les arrose au prin-* tems quand les boutons veulent sortir. Elever, gouverner des tulipes. Voïez la culture des tulipes. Tfie- veoot TUN ?enot dit qu’en Tartarie la tulipe est la fleur la plus commune des prez. f La racine de la tulipe est digestive, résolutive, propre pour exciter la semence. f TUMBER. Voïez Tomber, $ TUMEFACTION,/ / [ TumesaFlio .] Terme de Medecine & de Chirurgie. Tumeur, enflure causée extraordinairement en quelque partie du corps. (Cette tuméfaction est dangereuse.) TUMEFIER, v.n. [Tumefacere , tumorem excitare.] Terme de Medecine, qui vient du Latin & signifie enfler. (Un coup fait tuméfier la partie.) Se tuméfier, c’eji-à- dire , s’enfler. í TUMEIN, ou TOMAN,/ »*. Monoïe de Compte en usage dans toute la Perse. C’est auflì un poids pour peser les monoïes. Voïez Toman. TUMEUR,// [ Tumor , tuber. ] Maladie qui grossit beaucoup la taille naturelle de quelque partie. D’autres disent que la tumeur est une maladie ordinairement composée qui prend son nom de ce qui blesse Faction. Deg. (Resoudre une tumeur.) TUMULTE» / m. [Confusio, tumultuatio.'] II vient du Latin tumuitui. Trouble. Désordre. Emotion. (Un grand tumulte. Faire du tumulte. Causer du tumulte. Exciter du tumulte. Ablanc. L’esirit d’un doux tumulte excitant son courage 11 ne sent -plus le poids , ni les glaces de Rage. Despr.) f * TUMULTE , se dit du trouble que les passions excitent dans Famé. (Le tumulte des passions.) E TUMULTUAIRE , adj. [ Tumultuarius. ] Confus, désordonné, plein de tumulte. Voïez tumultueux. TUMULTUAIREMENT, adv. [ Confuse, ìnordtnatè. ] En foule. En tumulte. En désordre. (Les mutins sortirent tumultuairement du camp. TUMULTUEUSEMENT, adv. [ Tumultuosè. ] Sedi- tieuscment. (Ils «'assemblent tumultueusement.) TUMULTUEUX, tumultueuse , adj. [ Tumultuosus. ] Plein de tumulte. Soulevé. Séditieux. Emu. Excité. (Troupe tumultueuse. Ablancoust. Sans a tendre mes coups, ses flots tumultueux Rouvrirent devant nous. Racine, Iphigenie, aH. ;./?. 2.) TUN A ,/ m. [Opuntia.] Arbre des Indes qui porte un fruit aprochant des figues. $ C’est fur le fruit duTuna ou Tonna, qu’on trouve la Cochenille. TUNICELLE,// [Tunicel/a.J Terme de certains Religieux. C’est une petite tunique blanche que l’Augu- ftin déchaussé & quelque autre Religieux porte fous son habit. (Tunicelle usée. Faire une tunicelle.) TUNIQUE,// [Tunica. ] Espece d’habit de dessous que portoient autrefois les Romains, & les Orientaux. Le peuple la portoit Ample, & les Sénateurs la portoient enrichie de plusieurs petits morceaux de pourpre, taillez en forme de clous larges, que l’on apelloit íe laticlave. TUNIQUE,// [Tunica.] Ce mot se dit en termes d’ Anatomie. C’est une partie similaire, froide, seche & large, engendrée par la faculté formatrice de la semence la plus tenace, pour être l’organe de Farouchement, pour couvrir quelques parties; en atacher quelques- unes & en séparer quelques autres, en un mot c’eji une membrane. ( La tunique a le sentiment fort vif & elle a été apellée tunique parce que Fun de ses principaux usages est de couvrir les parties en forme d’habillement. L’œil a sept tuniques.) TUNIQUE. [Bulborum tunica .] Se dit encore de petites peaux qui envelopent les oignons de fleurs & autres. TUNIQUE. [TunicaJ Terme de Religieux & de Religieuses. Les Capucins apellent tunique une forte d habit de dessous que ces pauvres Religieux portent 1 hiver. Les Bernardins nomment tunique une maniéré de chemise de serge, & les Augustins donnent le nom de tunique à une forte de robe blanche qu’ils mettent fous la robe, & qui leur va jusques à mi-jambe. Les Religieuses apellent tunique une espece de camisole blanche , ou brune qui va jusques aux piez & qui se met de nuit avec lin scapulaire. TUNIQUE. [Tunica , dalmatia.] Terme d Eglise ct de Chaj'ublier. Vêtement dont les Sous-Diacres le fervent en oficiant. La tunique ne difére de la Dalmatique, qu’un ce qu elle a les manches plus étroites & plus Ion- TUR 663 gués que la Dalmatique. Voïez Ceremtniale Episcoptrum Clementis VIII. 1 . 1. c. 10.) TUORBE, téorbe, f. m. [Tbiorba , decumana cy- tba.ru J On dit l’un & l’autre , mais tuorbe est le mot d’usage & celui qui est presque en la bouche de tout le monde. C’est un instrument de musique à cordes , qui n’est autre chose qu’un luth à deux têtes. Mersennelivre des injìrumens. (Il vous faudra trois voix qui seront acompagnées d’une basse de viole & d’un tuorbe. Molière, Bourgeois Gentilhomme, a Fi. 2. sc. 1. Un tuorbe. Un beau tuorbe. Jouer du tuorbe. Ablanc. Par mon Tuorbe (V? par ma voix ffe chajse la trijiejse, Ae suis adroite de mes doigts , Ssai beaucoup de jeunejse. Madem. de 8. F.) TUQJJE1 s f- [Casa , tugurium in sutnmâ puppie contignatione .] Terme de Mer. C’est une maniéré do faux tillac fait de treillis de bois, qu’on pose fur des pilliers devant l’étalage le plus élevé de Barrière d’un bâtiment pour se métré à couvert du Soleil ct de kt pluie. (Les Tuques de charpente font trop pesantes.) TURBAN, / m. [JPilew turcicus. ] Coifure particulière des Turcs & de plusieurs peuples qui relevenl du grand Seigneur. Ce mot vient de celui d e Tulbexi, qui en langue Turque signifie toile de coton, parce que c’est de cette toile qu’on fait ordinairement les turbans. (Le turban est fait de plusieurs doubles artistement pliez autour de la tête. Le turban du grand Seigneur est fort gros. Les parens de Mahomet ont le droit de porter le turban verd. Le Mufti se propose de donner le turban au bourgeois. Us se coifent avec des turban* de cérémonie. Molière. O combien lors aura de veuves La Gent qui porte le Turban. Malh.) í TURBANS , ou Saucissons. Les Droguistes nomment ainsi des morceaux de Gomme-gute de forme ef- lindrique, que les Chinois & les Cochinchinois aprêtent de la forte , lors que cette gomme est encore en consistance de pâte. t TURBE,// [Turba , multitudo.] Mot de Pratique lequel vient du Latin turba , & qui signifie Troupe. Multitude de gens qu’on assemble pour quelqu* afaire importante. (Ordonner une enquête parturbe.) Voïez tourbe. t TURBIER , f m. [ Tejlis turmarius. ] Terme de Pratique. On apelle de ce nom les témoins qui font oui* dans les enquêtes qu’on fait par turbes, où dix témoins ne font comptez que pour un. TURBINE,// [Pulpitum.] Quelques-uns apellent de ce nom, ce qu’on nomme tribune, en parlant d’Eglife. Voïez Tribune. TURBIT , f. m. [Tripolium £5? turphetum .] Terme d s Drogujie. C’est le nom Arabe d’une plante medeci- nale. II y a aussi un turbit minerai, dont parlent le* Chimistes, qui est un Précipité de mercure qui purge avec violence, & ils le nomment ainsi parce qu’il trouble toute l’œconomie du corps. f Le turbit jette des tiges farmenteufes. Sa racine dans la terre est longue de quatre ou cinq piez. Elle contient beaucoup d’huile & de sel essentiel. Elle purge la pituite & les serositez. F TURBIT blanc , autrement, Alypon montìs Ceii. Nom que les Botanistes donnent à une plante purgative qui croît en plusieurs endroits de France , fur tout en Provence & en Languedoc. TURBOT, / m. [Rhombus. ] Ce mot vient du Ho*, landois. C’est une forte de poisson plat de rivage, quì a la bouche grande & fans dents & qui a le dos brun avec plusieurs éguillons. (Un petit turbot. Un gros turbot. Le turbot a la chair bonne.) TURBOTIN , / m. [ Rhombulus. J Petit turbot. Les Tmbotms font plus délicats que les grands Turbots. TURBULENCE, / / [Impétuosité , motus inor- dinatus . ] Inclination à exciter du trouble & du de- fordre. (Chaque passion a plus ou moins de malignité selon le degré de son impétuosité & de sa turbulence. Monsieur, Esprit.') TURBULENMENT, adv. s Turbulentè. ] D’une maniéré turbulente, séditieuse & pleine d’émotion. (II* n’agissoient point turbulmment comine dans une émeute populaire. Monsieur d’Ablancourt , Tacite , Annales, lie. 664 TUR liv. cb. %, [/Auteur des doutes fur la Langue Françoise n’sptouve point le mot de turbulminent. Mais outre que l’autorité du célébré Monsieur d’Ablancourt eft d’un grand poids dans notre Langue, plusieurs excei- lens hommes que j’ai consultez trouvent ce mot detur. bulenment vif & beau. Ils ajoutent que sans comparaison il vaut mieux epxs’infejier qu’on ne rencontre que dans le Dictionnaire de Nicot & dans RHiJloire dlAu- buffon , liv. ç. m quarto , page 287. 21 on videmus, man- tica quid in tergo eji, Í 3 Mr. Ménage, tome 3. de ses Ohserv. cb. 114. dit plaisanment „ Ce^not que le précieux Pere B. à la „ page 46. de ses doutes n’aprouve pas dans cet endroit „ des Annales de Tacite de Mr. d’Ablancoert, Aujjì „ rì agiJfoient.ih f oint turhulenment comme dans une « émeute -populaire , est exeélent en cet endroit-là. II „ n'est pas vrai, au reste, que cet adverbe soit un », mot de la façon de Mr. d’Ablancourt, comme le pré- ,, tend Sa Prétiosité. TURBULENT, turbulente, adj. [Turbulentw.'] Mot qui vient du Latin qui veut dire Remuant. Plein d’émo- íion. (Esprit turbulent. Ablancourt. Action turbulente. Cette autre, à dire vrai , paroit moins turbulente, Mais elle efl dans son genre encore pà méchante. Poète sans fard.) TURBULENT, turbulente. [Turbulentm , saltitans.] Ce mot se dit en parlant de cheval de manège. ( Cheval inquiet U turbulent. C’est-à-dire vif. & toujours en action. Guiílet, art de monter à cheval. Volez le mot da volte.') TURC 1 f m. [ Turca. ] Qui est de Turquie. (Les Turcs font avares,brutaux,perfides, scélérats & fans foi.) f * Traiter de Turc à Maure, f Inbumaniter agere cumaliquo .] C’eft-à dire , traiter avec rigueur, avee la dernière sévérité, & fans quartier. (Quand je traiterai désormais avec vous, faîtes état que c’est de Turc à Maure. Voit. lét. 4. En procureur qui fait vivre de Turc à Maure, De tom ses cliens qu’il dévoré II se sait à lurmême un plantureux sejììn. Le Noble.) TURC, s m. [Turcica lingua .] La langue Turque. (Savoir le Turc. Entendre le Turc. C’est un homme qui entend fort bien le Turc.) TURC, Turque, adj. [ Turcicus. ] Qui est de Turquie. (Cheval Turc. Femme Turque. Je fuis très-hurït- fole serviteur de son Altesse Turque. Molière , Bourgeois Gentilhomme.) Ì * 11 est Turc là-ieffus. Molière, Avare, ail. 3. sc. 4. [Durus U inexorabilis ejieà de re.) C’est-à-dire, il est là- dessus inexorable. II est dur, iíisensible, inhumain, on n’en sauroit rien arracher. TURCIE , s.s [Agger.] Vieux mot, qui signifie tme levée de terre, ou de pierre , en forme de quai, ou de digue pour empêcher les inondations d’une rivière. f TURDUS PISCIS. Poisson de mer oblong, qui eft apéritif. TURIFERAIRE , ou turifere , adj. m. [ Tburìfer.] Terme d’ Eglise , qui se dit des clercs qui portent l’en- censoir à l’Autel, & dans les processions. f TURLUPINADE , s s [ Scurriles [f scenict* dicacitates. ] Plaisanterie basse. Plaisanterie fade. (Penses-vous que je puisse durer à ses turlupinaàes. Molière, Critique de f Ecole des Femmes, sc. 1. ail. 1. Faire des turlupinaàes. Peux-tu soufrir cette turlupinade, Boirobert , Epitres. Faire des turlupinades. Ablanc. [Jocari procaciter.J Passer fur un Voiture, & fur un Benserade , D’exciter la turlupinade. Scar. Poésies.) t TURLUPINER , v.n. [Scttrrili dicdcitate illiidere.) Faire des rurlupiOades. Plaisanter sottement. (Un galand homme ne turlupine jamais. C’est un homme qui ne fait que turlupiner.) + TURLUPINS , f m. [Infulfi fanion es. ) Sorte de froid boufon. Sorte de plaisant insipide. (G’est un franc turlupin. Toutefois à la Cour les Tuìlupins rejlerent Insipides plaisuns , boulons infortunes , D’un jeu de taots grossiers partisans surannés , Deípreaux, Poétique, oh. L.) TUftLUBlNS j / m. f Turlupmi. J Etoient autrefois TUT dés gens qui faisaient profession ouverte d’impudîciìé, & qui se mêloient avec les femmes en plein marché, & qui furent tous brûlez fous Charles V. Us apelloient leur secte ; la fraternité des pauvres. Du Tillet. TURLURE. Terme Populaire qui signifie la mauvaise humeur de quelcun. (Cet homme ne fçait à qui il en a , il est dans son turlure. On dit aussi Robin turlure.) TURLUT , f.m. [ Alauda. ] C’est une forte d’a‘ Iovette commune qui est apellée turlut à cause de son chant. (C’est un turlut.) TURPITUDE >/./. f Turpitude , probrum. ] Ce mot vient du Latin , & veut dire Honte. Infamie. Deg, honneur. Vilainie. (Us font retomber le téatre dans la turpitude d’où quelques Auteurs l’avoient tiré. Racine , Plaideurs, Préfacé. Relever la turpitude d’une personne, Muucroix, Schisme, livre 1.) TURPOT ! s m. C Trabs sextupedalis. ] Terme de Marine. Soliveau de six ou sept piés de haut, dont quatre sont au château d’avant du navire afutés & aclam- pés à la varangue de cet endroit là. TURQUE,//. [Mulier Turca.-] Fille, ou femme de Turquie-. (Une belle Turque.) A la Turque, adv. [Turcico more.] A la maniéré dee Turcs. (Vivre à la turque. Joueurs d'instrumens à la turque. Molière, Bourgeois Gentilhomme, ail. 4.) t TURQUERIE, / f. [Saviiíis, immanitm.) Ce mot fe dit en riant pour dire , dureté & insensibilité de cœur. Dureté inhumaine qui ne se laisse point fléchir. (U est Turc là-dessus, mais d’une turquerie à descsperer, Molière, Avare, ait. a.sc. 4.) * A la turquejje, adv. [Turcarum ritu.] A la turque», (Us dansent & chantent avec plusieurs instrumens à la turquesse. Molière , Bourgeois Gentilhomme, ail. 4 .sc. ;.) On dit femme turquesse. TURQ_UET, s m. [Canis turcicus.] Efpece de petit chien qui n’a point de poil. TURQUIN adj. m. [ Caruleus color.] C’est uné forte de turquoise, qui est plus sujete à verdit que la turquoise Persienne. (Polir une turquine.) TURQUOISE ,// [Turchois, calais.] Sorte de pierre prétieuse opaque & bleue qui vient dans la nouvelle Espagne, dans la Boémectla Sileiié en des lieux inaccessibles , & qui a un poliment doux & fans aucune raie. Les grosses turquoises sont les plus estimées. (U y a troií sortes de turquoises , la Persienne , la Turquine & celle qu’on apelle turquoise de nouvelle roche qui est pi us bleue & qui a un poliment plus rempli de raies que les autres. Cette sorte de turquoise de la nouvelle rocket se trouve vers le Languedoc. Mercure Indien, secondt partie.) f TURRITIS ,//i Plante qui croît dans les lieux montagneux. Elle contient beaucoup de sel. Elle est incisive,apéritive, carminative, & sudorifique. TUSILLAGE ,//. [ TuJJìllago .] Plante que les La- tins ont ainsi nommée, parce qu’elle est bonne pour la toux, & qu’on apelle autrement Pas diane. TUTAïER ; tutoier , v. a. [Inurbanè appellare.] II faut écrire tutaier , & prononcer tutaié. Ce mot se dit par amitié, ou par mépris, & il signifie parler à une personne paria & par toi. (On tutaie ses petits enfans qu’on aime. Les amis particuliers se tutaient l’un i’autré. 11 est ridicule pour ne pas dire impertinent de tutaier ses personnes ávecquion n’ect pas fort familier. II tutaie en parlant ceux du plu» haut étage, Et le nom de Monsuur eji chez lui bors Rasage* Mol. tes petites gens sc tutaìcnt lors qu’ils sc querellent. 11 faut tutaier rarement, & fur tout il ne faut pas tomber d arts 1e ridicule de ceux qui tutaient des gens qui sont beaucoup au dessus d’eux. S. Evremont, t. 6. On tutaie fur Mer, non point par rusticité, mais paf fierté. Desroches , Diíiionnaire de Alarme, f'y parlerai Rime façon hardie , fy métrai ton, je dirai tes beaux yeux » Un homme en vers , peut tutaier les Dieux. Saint Amant, Poésies, 4. partie.) TUTELAIRE , adj. [Tutelaris, custos.] Qui gardé» Qui protège. (Dieux tutelaires. Vaug. Quint. 1 . 3. Phi» lis est mon Ange tutelarre. Voit. Pois. Les Jésuite* sont ses Anges tutelaires de nos Rois» Sornen.) ^ VAC TUTELLE) ou t utile , s. f. [ Tutela. ] C’eft une puissance qu’on acorde en Justice aa plus proche parent tl’un enfant, de défendre le bien & d’avoir foin des intérêts de cet enfant, jusques à ce que cet enfant ait l’áge prescrit par les Loix aSn de pouvoir gouverner sagement son bien, & íss araires. (La tutelle est dati ve en France. Se faire décharger d’une tutelle. On lui r donné la tutelle de ses trois neveux , mais il soutient qu’il en est exemt à cause de son âge, & de sa profession. Rendre compte d’une tutelle.) TUTELLE. {Potejìai, audoritus .] Protection. (Les femmes sont toujours fous la tutelle de leurs maris. Ce jeune homme est sous la tutelle de son précepteur.) TUTEUR , / m. [ Tutor. ] Celui qui est chargé de quelque tutelle & qui en doit rendre compte à l’amia- ble, ou en justice lors que les mineurs sont dans l’âge prescrit par les loix. (11 n’y a guere de bons tuteurs. Malheureux les pupiles qui tombent entre les mains d’un tuteur avare. Créer un tuteur. Par lui la vérité ne craint plut l’imposteur , Et Porphelm n’eji plus dévoré du Tuteur. Defpr.) * TUTEUR, \ProteBor . ] Protecteur. (Suprême tuteur de la foi.) VAC 66; TUTEUR. [ Fulcrum , palus. ] Terme de Jardinier. C’est un gros apui qu’on attache au tronc d’uit arbre pour le soutenir , & pour le faire monter plu* droiî. TUTÍE , f.s. [ Tu tin, codmia fojfliis.'} Vapeur qui s’éleve dans les fourneaux où l’on fait des fusions de cuivre, qu’on apelle fleur de cuivre , & qu’on prépare pour les yeux. (La tutie est bonne pour les yeux, mais la meilleure de toutes est celle d’Orleans. Les uns disent que nous avons pris le mot de tutie de l’italiest tutia , & les autres, des Arabes.) Voter Dioscoride & Mathiole,liv. y. ch. 44, (-f 45. fur le mot de tutie & dc fleur de soufres vous verrez comment se fait la tutie , & quelles sont les vertus de la fleur de soufre. * TUTRïGE , f f. [sìpjz curât pupiïïi bona N HHus perfonam.) C’est la femme du tuteur. C’est auslì cells qui est chargée de la conduite du bien de ses enfans après la mort de son mari. (Sa mere est fa tutrice, & elle est obligée à rendre compte. On l’a fait tutrice de ses enfans contre l’avis de la plupart des parens.) TUYAU. Voïez Ttiiau. TY- Voïez la colone l, où vous trouverez les mot* qui s’écrivoient par ty. V. V .V M. C’est Pune des dernieres Lettres o- vembre.) _ , . . . Ce terme dans cette signification n a point de lin- gulier, quoique Coquillard ait dit dans ses Droits nouveaux : Or je mets un cas qui eji tel : Un mari en vacation Voyant que le temps ejìoit bel , S’en alla en coinniijjìon. Le Barreau de Rome avoit ses vacations, pour donner aux Juges le loisir de faire leur moissons & leur vendanges ; pendant ce tems-là une grande partie des Sénateurs & des plus considérables Citoiens étoient dans leurs maisons de campagne pour recueillir leurs fruits. C’est là le sujet de la plainte d’un parasite , qui dit plaisamment dans les Captifs de Píaute , aci. i .sc. t. Lorsque les a faires du Palais font suspendues, & que les Juges font à la campagne, nous autres parasites relions fans pouvoir exercer notre metier, & nous ressemblons aux limaçons qui se renferment dans leur coquille pendant les grandes chaleurs, & fe nourrissent de leur propefuc; ainsi les parasites fe renferment chez eux pendant les vacations, & Vivent tristement dans leur retraite. Mr. Ménage, dans ses Observations, tome i. ch. 72. a remarqué qu’on dit à Paris vacations , en parlant de la cessation des Juridictions ; & vacances en parlant de celles des Coléges. Le P. Bouhours est du méme sentiment dans (es Remarques nouvelles. Va. cations (dit-il) est pour le Palais , vacances pour le Co- lége. 11 ajoùte ensuite que Monsieur Pelisson a dit : Vendant que nous étions au Colége mon frere U moi, on nous permet toit d’aller pajj'er tout le tems des vacations à la campagne. Mais il y a bien de l’aparence (dit le Pere Bouhours) que Mr. Pelisson avoit oublié le colége & les termes du colége , quand il fe mit à écrire l’hi- stoire de l’Académie Françoise. VACATIONS , f.s pi. [ Merces , pretium. ] Ternie de Palais. C’est tout cc qui se paie aux Officiers de Justice polir avoir travaillé dans des afaires qui regardent leurs charges. En ce sens , vacations ne se dit qu’au pluriel. On doit les vacations aux juges qui ont travaillé, aux Notaires, aux Procureurs, aux Commissaires, aux Greffiers, aux Sergens , pour les inventaires, pour les décentes fur les lieux, &c. (II a eu de bonnes vacations. On lui a paié deux pistoles pour ses vacations.) VACATION. [ Vacatio. ] En parlant de bénéfice, il signifie vacance. Le tems que le bénéfice vaque, & en ce sens il ne se dit d’ordinaire qu’au singulier. (Le Roi durant la vacation des Archevêchez, des Evêchez , ou des Abaïes, jouit du revenu du bénéfice vacant.) On ne dit point la vacation d’un Evêché, d’un bénefice ; on dit vacance. (Le Chapitre jouit des droits de l’Evêché pendant la vacance du Siège.) f VACCINIA , ou DÍOSPYROS , f m. Bel arbrisseau qui porte des bayes qui font stomacales & cordiales. f VACCINIA ursi. Petit arbrisseau, dont lés feuilles, les bayes & les racines font astringentes. f VACCÏNIUM de Pline , ou Mabalcb, f. m. Efpece de cerisier sauvage , qui porte un petit fruit noir, qui atténué ctamolit, étant écrasé & apliqué extérieurement. V ACHE , f f- £ Vdcca, los laflaria. ] C’est la femelle du taureau. (Une bonne vache. La vache meugle. Faire couvrir une vache par le taureau. La vache vele. C’est-à-dire, fait un veau. Traire une vache. Et qui m’empêchera de mettre à notre étable Une vache , N fin veau , Que je verrai sauter au milieu Au troupeau. La Font.) VACHE marine. [Vacca marina.] C’est une sorte de gros animal qui a quelque chose de la vache terrestre , & dont la chair, ou plûtot le lard , est très-delicat à manger. On apelle cette vache, la bête à la grand dent, parce qu’elle en a deux grosses & grandes comme la moitié du bras, mais les autres n’ont qu’environ quatre doigts de longueur. Cette vache vit fut la terre & dans 1 eau. VACHE. [Vacca pifiis.] Poisson qu’on voit à la Chine, qui vient (cuvent à terre , & se bat contre les vaches domestiques. VACHE. [Struessahnarum.] Dans les marais salai se uit ries meutons rie sel qui font faits en petites pi! longues, mais peu hautes. ^ * VAC VACHES. [Funes.] Terme d 'Imprimeur. Cordes qui tiennent au berceau de la presse, & au train de derrière. VACHE. [Vacca.] Ternie de Blason. Animal qui di.- fére du bœuf en cequ’il a le museau long & délié, sans aucun poil éminent entre les deux cornes. VACHE entre dans quelques proverbes. Où la vache est liée il faut qu’elle brute. Pour dire qu’il fe faut contenter de son état. [Sua quifque forte contentus vivat.] U viendra un tems que les vaches auront à faire de leurs queues , pour dire qu’on aura besoin un jour de ceux que l’on méprise. [Erit alìquando cum opéra illiui qùem negìigimus nabis erit ufui.] Quand chacun fe mêle de fin métier , les vaches font bien gardées. [Quum quifque norìt artem, in bac fi exer- ceat. ] On dit, il n’est rien tel que le plancher des vaches. On dit de méme que le diable eji bien aux vaches , quand il est arrivé quelque querelle. S’íl ne tient qu’à jurer, la vache est à nous. f * VACHE. Ce mot entre encore dans quelques façons de parler proverbiales. {Une bonne vache a lait. [Quajius , emolumentum.] C’est-à-dire, une personne dont on .tire beaucoup de profit. Messieurs les Médecins ont en vous une bonne vache à lait. Molière, Ma. lade imaginaire. Manger de ta vache enragée. [Mu/ta dura fujiinere.] C’est-à dire, a voir de la peine, & fou- vent parce qu’on n’a point eu de conduite. 11 fera plus sage quand il aura mangé un peu de vache enragée. Prendre la vache le veau. [Uxorem gravidam nubere.] C’est épouser une fille qu’on a engrossée.) f * VACHE, [hìcominna mulier.] Fille ou femme grossière & mal-propre. ( Fi , c’est une grosse vache que cela, elle a le plus méchant air du monde.) VACHE. [Vaccina exuvia.] Terme de Taneur & de Corroieur , qui veut dire cuir de vache. ( Couper une Vache.) f VACHE grajfe & vache fiche , ou vache blanche. Nom qu’on donne aux cuirs de vaches , aprêtez d’une certaine maniéré par les Corroïeurs. f VACHE en grain. C’eû un cuir d8 vache, dont la superficie est devenue grenue par les diférens aprêtí qu’on lui a donné. f VACHE dure. Peau de vache où le Corroieur n’a mis du suif que du côté de la fleur, & ni suif, ni huile du côté de la chair. VACHE de Roujfì. [Corium Rufft*.] C’est du cuit de vache qu’on façonne hors de France , qu’on passe en redon. C’est-à-dire, en herbe ; ensuite on lui donne une charge de bresii bouilli, & de noix de gales, pour le rougir, & après on le pare, on le foule , on le travaille , on lui donne toutes les façons nécessaires pout le mettre en état de servir. Monsieur Merigo l’un des plus habiles tanelirs de Paris, m’a dit ce que j’avance ici de la vache de roussi. VACHE st , f. m. [Buhulcus.] Celui qui garde les vaches. (Donner les vaches au vacher. Le vacher est négligent.) t * VACHER. [Rujìicus.] Rustique. Malhonnête. (Quel petit vacher est ce là ? Fi, le vacher, vous devriez mourir de honte.) t VACHERE,// [Bubulca.] Celle qui garde les vaches. (C’est une vachere qui n’est pas tant déchirée» elle est assez jolie. t Les vac hers avec les vachères Dans les bois U dans les fougères , Pour ce jour tien furent exems. Voit. Poëf.) VACHERIE, f. f. [Bubile.] Etable à vaches, & lieu où l’on tire le lait des vaches. V ACÍË T, / m. [Vaccininm.] Danet croît que c’est le troène qui fleurit noir. L’Academie dit que c’est une plante qui croît dans les blez, qui porte des fleurs rouges, dont les enfans font des bouquets. On a donne ce méme nom au mirtille, & à une efpece d’hiacin- the. VAC 1 LANT , vacilante , adj. [ Vacillant, titu - Ce mot vient du Latin , & au propre, il lignifié qui chancelle. Qui n’est pas ferme , mais il ne l'e dit guere. * VACÎLANT , vacilante. [Dubius , anceps.] Ce mot au figuré, est usité, & ii veut dire irrésolu. Incertain de ce qu il doit dire , ou faire. ( Esprit vacilant. La doctrine des demi-Pelagiens est vacilante. Lettres de S. AugujHn.) j * VA- VAG ì * VACILATION , s. s. [VaciUatiû, vatietuV] Prostorì-. cez vacilacion. Irrésolution. Incertitude. (Un homme de bon sens quand il a pris parti, n’elt pas sujet à va- eilation comme un ignorant.) t * VACILATION. [ lncmsantia .] Variation de ré* ponses. (Un homme innocent ne doit point faire de vacilation dans ses réponses.) VACILER , v. n. \_VaciUare , moveri.J Ce mot au propre, lignifie chanceler. Ne se pas bien soutenir. N’être pas ferme, & se dit quelquefois par les maîtres de dance. (Prenez garde que votre pié ne vacile. C’est à-dire, ftites que vôtre pîé soit Ferme. Posez bien le pié. Que Paillette en soit bien assurée.) t VACILER. [ 'Balbutire .] Ce mot se dit de la langue, & vaur presque autant que íi l’on disoit fourcher, hésiter. (Ma langue vacila quelque tems.) * VACILER. {V aciUare , ìncertum efle.2 Ce mot se dit d’un esprit irrésolu, & lignifie qui doute de ce qu’il doit dire, ou qu’il doit faire. Incertain. Flotant. (Comme je vis qu’il vacilait , je me servis de l’ocasion pour lui faire prendre le sentiment que je voulus. Son esprit vacile , & il est aisé avec peu d’adressc de lui faire prendre parti Notre ame n’est plus en péril, nos résolutions ne vacilent plus. Mtsaron , Oraison funebre de Madame d’Orléans.) V A C U E > s s- f Liber vacuus. ] Terme de Palais. Vuide. çOn l’a fait assigner pour laisser la possession libre & vacué d’un tel héritage.) Ce mot est rare à présent. VACUITE', f. f. [Inanìtas, inanitions Terme de Médecine. Etat d’une chose vuide. (La vacuité de l’e- stomac cause souvent des ventolitez. Acad. Fr.J VADE, f f. Signifie figurément l’interêt que chacun a dans une afaire à proportion de Purgent qu’il y a mis. ( Ce vaisseau a fait naufrage , chacun y étoit pour fa vade.) VADEMANQUE. Terme de Banque. Diminution du fond d’une caillé. Ainsi on a dit. Tant qu’il ne s’arrêta qu’aux prêts fous médiocres intérêts, il n’aper- çutà fa banque ni déroute, ni vademanque. Acad. Fr. VADE-MECUM, f. m, Mots Latins, qui lignifient va avec moi, & dont on fe sert en François en parlant d’une chose qu’on porte ordinairement avec loi. On le dit particulièrement d’un livre qu’on aime, & dont on se sert souvent. (Le bréviaire est le vade-mecum des Ecléíialtiques. Horace est son vade-mecum, Sancho , le plus vigilant desEcuiers, visita promte- ment le bissac qu’il apelloit son vade-mecum , & aiant tiré les provisions il les mit devant son martre. D. Quich. tom. 4.) VADROUILLE,/./ [Scopœ funales.] Terme de Mer. C’eit une eljn.ee de balai dont on fe iért pour net- teïer un vaisseau. On l’apeile autli faubert, ou ejeoupe. Ce balai est fait de vieux cordages detilez , aíaebez au bout d’un bâton, & pour s’en servir on trempe ce balai dans la mer. VAGABOND, Vagabonde : Vacabond , vacabonde, adj > [Erro , errabundus .J Terme qui vient du Latin. 11 faut ecrire & prononcer vagabon , & non pas vacabond, qui est une prononciation du peuple. Vaug. Rem. Vagabond lignifie errant. Qui va çà &là, d’un endroit en un autre. (Que ses enfuns soient errans & vagabonds. Port-Roial , Psaumes. Etre vagabond. Ab:une. Le Soleil vagabond jamais ne Je repose , 11 va toujours de tnaijon c?i ma son i Que de maris feroient la mime chose S‘il leur étoit permis de changer de prison. Baguette de Vulcain, Com.) VAG AN S , / m. [ Vagi, pradones , grajfatores. ] Terme de Marine . Ce íont des gens qui courent le long des côtes en tems ri orage, pour voir s’i) n’y aura rien à butiner. Ce font ordinairement des gueux & des valides mendians. Voïez le Dillionnaire de la Marine d’Aubin. VAGIN , ou vagina ,s m. [ Vagina. ] Terme d ’A- natomijte. Us viennent du Latin vagina , qui lignifie fourreau. C’ell ce qu’on apelle dans le langage ordinaire le col de la matrice. En parlant en ternies d art, la plûpait preferent vagina à vagin. Le corps de la matrice aboutit au fond du vagina. Mauriceau, traité des femmes grojjès.) . * VAGUE, adj. [VagusJ Qui n’esl pas fixé. Qui VAI 667 n'estpas arrêté. Qui n’est pas borné. (Dessein vague. Amour vague. Cœur vague. Pensées vagues. Discours vague.) VAGUE , f m. [ Vacuum , athera. ] Mot qui se dit en poésie en parlant de Pair, & veut dire les espaces de l’air. Le milieu de Pair. {Et depuis quand les corps par le vague des airs Savent-ils s’élever d’un mouvement rapide ? Voiture Poës. II marqua d’un trait vif dans le vague des airs L’éblouissant éclat de ses brillans éclairs. Perraut, Poéfi) VAGUE, f.s. [F Inclus , unda.J Ce mot se dit proprement des fleuves & des rivières, & veut dite flot t cependant il se dit aussi de la mer, & surtout quand on ne parle pas en termes de mer, car dans un discours des choses de la mer il faudroit dire houle, ou lame de mer , qui signifient la même chose que vague. { La rivière est pleine de grosses vagues. Surmonter la violence des vague*. Ablanc. Rompre les vagues. Vaug. Quint, L y. La riviere fait des vagues. Les fleuves ont élevé leurs vagues avec violence. Port.Roial , Pseaume 92. Les vagues deviennent grosses & furieuses. S. Evre - mont,tit. 7.) £ VAGUEMENT, adv. D’une maniéré vague. (Parler vaguement.) On ne le dit cju’au figuré. VAGUER. [Vagari.] Aller çà & là. (Vaguer par les champs. Acad. Fr. Ce geôlier a été condamné à l’a- mende pour avoir laissé vaguer quelques-uns de fes prisonniers, C’est-à-dire, pour leur avoir laissé la liberté de sortir & de vaquer à leurs afaires.) f VAGUES , ou Brasoirs , f m. Longs rabots de bois assez semblables à ceux avec lesquels lesLimosins corroient leur mortier. Les brasseurs de biere s’en fervent pour remuer & brasser leur biere. V A H ATS , f «r. C Vahatus. ] Arbrisseau de PIsle de Madagascar, dont l’écorce est propre pour la teinture. VAIGRES , / / [ Navis interiorbs conta.bulaiio.~i Terme de Mer. Ce sont les planches qui font le revêtement intérieur du vaisseau. VAILLAMMENT, adv. [Strenuè , fortiter , generosé.] Courageusement. Avec valeur. (Ën mourant vaillamment on s’aquiert un nom qui vaut mieux que la vie qu’on vend.) VAILLANCE ,fi /. [ Vìrtms beïïìca , fortitudo.i Vertu qui ôtant à l’homme la crainte d’une mort illustre, l’engage dans des entreprises glorieuses & acom- pagnées de péril- Valeur. Courage. (La vaillance est une vertu dangereuse. Voit. let. 119 Us honorent la vaillance & la fidélité du soldat. Ablanc. Tac. Ann. lìv. 2 . Xjnijfant dans fin cœur le héros au Roi jujie , La vaillance cie Jule, la bonté d’siuguse. Poète anon.) VAILLANT , J'. m. \_Qupd quisque in loculis habet.j Le bien que possede une personne, fes richesses. (Manger tout son vaillant.) VAILLANT. [Bona proprìa.2 Sorte de participe irré- gulier & indéclinable , qui vient de valoir , & qui veut dire riche. (Avoir cent mille écus vaillant. Vaug. Rem.} Voici l’observation de Mr. Chevreau sur ce mot : „ La remarque de Vaugelas est encore fausse sor valant & vaillant , quand il assure qu’il faut dirçj 11 a cent „ mille écus vaillant, & non pas valant. 11 avoué lui-,, même que l’on dit équivalant, & il pouvoit y ajoû-,, ter prévalant : Mais (continué Nil) on ne laisse pas „ de dire valant, en certain endroit, qui est quand on „ ne le met pas après argent , mais devant , comme „ Je lui ai donné vingt tableaux valant cent pjioles la „ pièces en quoi il faut admirer la bizarrerie de J’usage. „ Cette exception n’établit sa régie en aucune manie-,, re, & l’on voit même par cette exception de rien,, qu’il n’est pas trop sûr de ce qu’il avance. 11 est vrai,, que l’on disoit autrefois vaillant, comme Villon ; Premièrement Colin Laurent, Girard tìnjjbyn, U Jean Marceau Deprins de biens cie parent , Qut non vaillant fonce d’ung ceau. Vous avez pû voir dans Philippe de Confines : Com- „ bien que le Roy fut alors son maijìre , fi avoit-il la ,, pluspàrt de Jbn vaillant & de ses enfant J ms ledit Duc „ Tome 111. Ppppa ,, dr VAÍ ' de 'L-ireo-ne Ailleurs : H lui demanda de quelle ville " u étoit*de Guienne . & d il étoit marchand & marie en d»”'et erre. Le marchand lut répondit quoui,mats " Qifìl %'y avoit guéres vaillant. Dans un autre endroit* " Les gens a'E glise, U bourgeois de la vide ont tout leur vaillant & Revenu en Hainaut £çf en Flandres. Mais " f a ns vous alléguer des autorisez, on dit tous les jours, ’ pi a cen t mille' écus valant , ou > 11 a valant cent mille " écus s & ce n’eít ni en Poitou, ni dans les provinces ” qu’on le dit, mais dans tous les lieux où l’on parle bi en . Ainii valant qui est le participe de valoir , a été restitué avec raison pour vaillant , qu’un très-mau- „ vais usage avoir introduit. “ L’observation de Mes- Leurs de l’Académie sur vaillant, ou valant , est im- „ portante: On demeure d’acord qu’il faut dire: U « ,, cent mille éctss vaillant , & non pas valant. 11 faut j, dire auflì : Je lui ai donné vingt tableaux valant cent „ pijioles la piece , & non pas , vaillant cent fijloles. „ Mais il ne faut pas dire valants avec une s s de mê- ,, me qu’on dit : Je les ai trouvez hsmt un tel livre , „ & non pas lisants. On ne diroit pas : Je lui ai donné ,,trente pijioles valantes cent éi us , niais, valant cent „ écus. 11 est vrai que ces participes actifs ont quelque, „ fois les deux genres & les deux nombres, mais c’est „ quand ils ne régissent rien. On dira fort bien : J’at ,, trouvé ces femmes bien beuvantes çtf bien mangeantes ; ,, mais on ne peut dire, mangeantes des confitures s il ,, faut dire , mangeant des confitures s à cause que con- „fitures est le régime du verbe. VoieZ Mr, Ménage, tome s. Obferv. 5 ;o. VAILLANT , vaillante , adj. [ Fortis , magnanimuf , firenuus. ] Courageux. Qui a de la valeur. Qui ne craint point une mort honorable, qui s’expose hardiment lors qu’il s’agit d’aquerir de la gloire. (Alexan- dre étoit un Prince foi t vaillant.) VA1LLANTISE , f f. [ Facinus audax , generositas. ] Ce mot est vieux. 1) fignifioit une action de valeur & de bravoure. 11 ne se peut dire qu’en riant & en par- lant des fanfarons. * VAIN , vaine, adj. [ Vanus, inanìs glorìée eupi. dus. j} Qui a de la vanité. (Les femmes font naturellement vaines. Les petits esprits font d’ordinaire les plus vains J VAIN , vaine. [Ca fus , inanis.] Inutile, Frivole. Qui n’est de nulle utilité. Quitez ces vains plaisirs dont sapas vous abuse. Despr. Sut. 9, La peine qu’on se donne à faire de bons livres est fort vainc ; le siécle est un ingrat & les L* * * * font pour la plupart des misérables, Ûne science vaine. Se flater de vaines esperanees. Et quand du fond de Finfernal domaine * Marot viendrait en fa figure humaine Contre vos vers porter Jon jugement s Je lui dirois , la, là, maître Clement ; Vous vous trompez, votre critique ejl Vaine.) VAINE gloire. [ Vana gloria. ] C’est celle qui n’est soutenue d’aucun mérité. * Un vain tombeau. [Cenotaphium.J C’est un monument dressé à la mémoire de quelque personne , avec quelque éloge ou épitaphe , quoique le corps de cette personne ne soit pas dans ce tombeau. * VAIN , vaine, adj. [ Calum afiuans.) Ce mot fe dit quelquefois du tems quand il est bien chaud. 11 est bas & semble n’étre usité qu’au masculin. (On dit, il fait un tems vain, c’est-à-dire, qu’il fait une chaleur étou- fante , qu’on a peine à respirer, & qu’elle rend les personnes lâches & abatuës.) * 0 11 dit d’un cheval, qu’il ejì vain. [Debilis.) Lof* qu’il ne peut travailler & qu’il est abatu, soit à cause de la chaleur, pour avoir pris quelque remede,ou pour avoir été mis à l’herbe. 0 ' VAINE pâture , vain pâturage, ou terres vaines, signifient la même chose dans plulieurs Coùtumes du Roïaume. On comprend fous ces termes, les terres qui font en chaume après la moisson , lorsqu’elles ne font closes de haies ou de murailles ; les fonds qu’on ne cultive point, qui font en friche, les chemins où jl y a du pâturage. Loilèl a remarqué dans ses Institutes, liv. 2. tit. 2. art. 20. la diférence qu’il y a entre les vaines pâtures & les grasses pâtures. Vaines pâtures font lieu de clocher a cloches ; mais les grajj’es n’apartiennent qu’aux communiers de la parroijje. Les vaines pâtures font des terres seches, arides, où il ne croît que des ronces, les autres, font des prairies fertiles , & qui fournissent un bon pâturage. 11 est dit dans la Coútume VAI de Troyes , art. 170. que vain pâturage est en terres N prez depaiiiFez , en pleines chaumes, £5? autres héritages •non clos ou fermez. Sur quoi Pithou a fait cette note : Vain pasturage Jé dit à la différence de gras pafiuragt duquel cette Coujtume ne parle point, mais bien les autres s est eji gras pasturage, les pajlures ou pastis , dont on peut faire prez. Voïez les Coutumes de Nivernois, tit. ;. art. 1. & d'Auxerre, art. 260. 261. 262. U de Chau- mont, art. 109 [fie. En vain, adv. [Frustra, incajsùmé] Inutilement. (La nature ne fait rien en vain. Elle dissimule en vain ce que son saur défire. Gon. Poës. Car Jì F éclat de For ne releve le sang , En vain on sait briller la splendeur de son rang. Despr. Sa t. En vain il a reçà F encens de mille auteurs. Despr. Sat. 9.) VAINCRE, ®. a. [Vincere , debellare,superare .2 je '•bains , tu vains , il vaint , nous vainquons, vous vainquez, ils vainquent. Je vainquois, ou vaincois. J’ai vaincu. Je vainquis. Ce verbe n’est pas bien d’usage au singulier du présent de Vindicatif. Défaire. Batre ses ennemis. (11 vainquit lesThrares en bataille rangée. Ab>. Rét. I. 2. c. 4. Henri IV. difoit que les afairesde la France & les siennes étoient en un tel état, que Psion- heur l’obligeoit de vaincre ou de mourir. Subi, Mémoires. Devenant le salut de cent peuples vaincus , Tu trouvois dequoi vaincre en ne les vainquant plus. Poèt. anon.) * VAINCRE. [Domare.) Ce mot entre dans plusieurs façons de parler figurées. (Vaincre ses passions. Ab/.Rét. C’est dompter ses passions. Vaincre ses amis en libéralité. Abl.Rét. I. i.c. 9. C’est être plus libéral que lès amis. Pauline ne se laissa pas vaincre à l’amour de la vie. A blanc. Tac. Annales, l.iç. C’est-àdire, que l’amour de la vie ne l’emporta pas surPauline.) VAINCRE. [Vincere, impedimen'a removere.J Aplanit les dificultez, détruire tous les obstacles. L’art a vaincu la nature dans la construction du canal en Languedoc. On dit aussi vaincre l’orage & les vens. Tetem. VAINCU, / m. [VìUus, Juperarus , domitus.) Ennemis batus & défaits. Ennemis subjuguez. (Je fui vaincre les vaincus. Vaug. Quint. I. 4.) VAINEMENT , adv. [Frsejirà nequaquàm, inutìliterj Èn vain. Inutilement. ( On chicane contre la mort. Sarastn,poês J’ai tenté vainement de vous être infidelle.) VAINQUEUR,/ m. [Viflm -,2 Celui qui bat & défait ses ennemis, qui gagne quelque victoire, qui remporte une victoire. (Un fier, un superbe, un cruel vainqueur. Du tems qu’il n’étoit. Que vainqueur de trois cens murailles, Et que gagneur de vingt batailles, On le voioit aimé de lui. Voit. poésies. Le Roi Jean vaincu & prisonnier, entra à Londreî Comme un vainqueur fur un cheval, ct c. La le feu dans les yeux, [fi la foudre à la main, Le vainqueur du Danube épouvante le Rhin. Poët. anon. Le sage est toùjours vainqueur de fes passions. * Toutes les pajjìons dont les caurs font surpris Sont les prétextes vains des p/usfoibles ejprits , Qui voulant déguiser leurs lâchetiz visibles , ■ Donnent a leurs vainqueurs le titre d’invincibles. Scuderi, Ibrahim. On dit d’un bel œil qu’il est le vainqueur de* Cœurs.) VAIR ,/ m. Terme de Blason. C’est une fòururô d’argent ct d’azur, C’est argent & azur, c’est-àdire, blanc & bleu. (On dit qu’un Seigneur de la maison de Couci en Picardie , a porté le premier de vair. Col. ch. 6 . Le vair est fait en somie de verre, ou de cloche. 11 y a bessroi de vair, menu vair, vair affronté, vair en pal, contre-vair. P. Menetriir.) VAIRE'. [Var :o vellere confiícuuss] Terme de Blason, qtii signifie qui est de vais. (Lors que le vair ou va!ré est d’autre couleur & d’un autre métal que d’azur & d’argent, il le faut exprimer. Ainsi on dit, il porte vau réU ’qy b tie gueules.') VAIRE', VAI VAIRE is.tn. Herbe déliée, longue Sc assez !argê» qui vient autour des rochers de la mer , où font attachées les huîtres à l’ecaille. (Les vendeurs d’écailles metent du vairé dans leurs manequins & en couvrent leurs écaillés.) VAÍRON , s, m. ou veron , adj. j 'Versicolor, varie. gat/íi.J Terme de Manège. II sc dit de l’œil d’un cheval, dont la prunelle est entourée d’un cercle blanchâtre* ou qui a un œil d’une façon & l’autre d’un autre. (Oeil Vairon. Cheval vairon.) .t II sc dit aussi de quelques autres choses qui font de diverse couleur, & dont les poils font tellement mêlez, qu'il est ditìcile de distinguer le blanc d’aveclenoir. , “VAIRON. Petit poisson ainsi nommé àcausc de la variété des couleurs dont il est bigaré. JE VAIS. Voïez aier. VAISSEAU * / m. [Vas.2 Mot général qui signifie toute forte de vase de quelque métal ou de quelque chose que ce soit. (Un petit ou grand vaisseau.) VAISSEAU. [Vena, arteriu.2 Ce mot se dit en Anatò » mie. C’est une forte de petit conduit. (Vaisseau sper- matique. Vaisseau éjaculatoire.) VAISSEAU, / m. [Navis , navigium.2 C’est un bâtiment de charpenterie, lequel est construit d’une maniéré propre à doter , & à être mené fur Peau. Vaisseau du premier, du second rang, du troisième rang, du quatrié-- me rang, du cinquième rang. Les vaisseaux du premier rang sont les plus grands de cous ceux qui ont le plus de port & le plus de tonneaux, & ainsi à proportion des autres vaisseaux. 11 y a des vaisseaux qu’on apelle ©m/I seaux matelots, & ce font ceux qui sent postez Pun auprès de l’autre pour le combat, & qui font destinez à se secourir Pun l’autre. On apelle auffi vais eau matelots vu vaisseau second, le vaisseau qui est destiné à secourir un vaseau pavillon. C’est-à-dire, un vaisseau de quel- cun des oficiers généraux. Vaisseau bon voilier. C’est-à- dire, leger à ia voile. Vais'eau , mauvais voilier. C’est- à-dire, pesant à la voile.) Les Latins apelloient corbitœ , les vaisseaux de charge & pesons, somus nous l’aprend en ces mots; Corbita , ejt genns nav.gii tarduni, ûf grande. U ajoúte que Plante a comparé ses paresseux, les personnes lentes à cette efpece de vaisseau, c’est dans leP---««à, Tar- diores quam corbìtx Junt in tranquillo mari , II cite encore Lucilius dans une de ses Satires. VAISSEAU de conserve. Est un vaisseau de guerre qui acompagne les vaisseaux marchands pour les défendre. On dit armer, fréter, équiper un vaisseau, en parlant des provisions & des agreils nécessaires pour métré un Vaisseau en état de faire voiage» [Naveni ornamento in • struere.] {$ 11 y a diserentes fortes de vaisseaux qui ont des nom particuliers. Vaisseau de haut bord , qui va seulement à voiles. Vaisseau de bas bord, qui est à voiles Sc à raines. Vaisseau à pompe quarrée. Vaisseau de conserve ou de convoi, qui étant armé en guerre, a compagne un vaisseau marchand. Vaisseau corsaire , de guerre, marchand, leger, du premier, du second rang, alongé, maté, a trait quarré, à l’ancre. Vaisseau qui fe manie bien, trop aigu, qui a les Façons trop étroites , qui sc porte bien à la mer, qui ne lent point ion gouvernait, que l’on gouverne avec peine., qui a le côté fort, ou foible, trop calé, qui est trop fur le nez, ou trop fur le cul. Voïez Aubin dans ion Diélìonnaire de la Marine , où il explique toutes ces fortes de Vaisseaux ; & plusieurs autres que je ne raporte point ici. Les Romains avoient plusieurs fortes de vaisseaux. Ceux qui étoient destinez pour le transport des marchandises , étoient apeliez naves onerarix , ou annotime , dont César fait mention dans ses Commentaires. Les vailleaux le- gers & propres pour le voiage, font apeliez dans les mêmes Commentaires , epiíata , du Grec ìvíSxtióx , monter dans un navire , & hnSxtra , selon Rudée , un voiageur qm s i embarque dans un vais'eau. Les vaisseaux que nous nommons brûlots, étoient distinguez des autres par le titre de naves ïnctndians. * VAISSEAU. Ce mot se prend quelquefois aufigurés & est beau, (Je craindrois de donner à travers quelque écueil caché fous les ondes , qui brisât mon vatsteau. Ablanc. Lucien, Discours comment il faut écrire l’bjtoì- re. C’est à-dire, je craindrois de rencontrer quelque dificulté dont ne me tirant pas bien je réuisirois mal,) VAISSEAU. [Orcus amphjjimm ,j Ce mot se dit auili d’un grand bâtiment, comme d’une Église* d’un Sa- VAL 669 Ion, &c.~ (l’Ëgtise de Saint Pierre de Rome eft un beau vaisseau. Le Salon des Tuileries, le grand Salon dvi Palais, &c. font de beaux vaisseaux.) VAISSEAUX sacrez. [Vasasacra,2 C’étoient les vaiso seaux qui fervoient auX Juifs dans 1e Temple de Jeruso'* lem. Ce sont les vaisseaux dont on se sert dans ses E« giises. * VAISSEAU d'élection , / nì. [ Vas eleélionis. ] CeS íiiots fe disent en termes de Pieté, parlant de quelque» créatures d’une éminente vertu, & d’une haute Sainteté, qui pour cela sont extrêmement agréables à Dieu, & que Dieu a chosies entre les autres pour opeter quelque merveille. ( Ainsi l’Eglise dans ses prseres apelle Ix Vierge un vais'eau dléleílim ; C’est à-dire, une créature choisie parmi toutes les autres pour fa vertu & fa Sainteté. Le Pere Bouhours parlant du Patriarche de fa société écrit : Citait un vais'eau tVíMiìen gif un homme rempli de Dieu. Vie de Saint Ignace, 1. 1 .) * On apelle les pécheurs des vaisseaux dé iniquité. * On dit que le corps de l’homme est un vais'eau d’ar. gile , & que la femme est un vais'eau fragile. VAISSEAU, f Vasa chymica. j Se dit des vases qut fervent aux opérations de chimie, & qui sont nécessai* re dans un laboratoire, comme les matras, les cornues, les pélicans, les halons, les aludels, &c, VAISSELLE,// [Vasa,suppelled!.2 Mot général qui signifie ailìettes, plats, écuelles, éguiéres, vases, comme pintes, chopines, brocs,soit d’argent, de vermeil doré, d’étain , de faïance, ou de terre pouf le ménage. Vaiselle plate, C’est à-dire, vaisselle fans soudure comme plats & assiettes. Vaìsélle montée. C’est celle où il y a de la soudure comme flambeaux, chandeliers, éguiéres, flacons, salières, &c. On dit proverbialement, qu’on a remué la vaijsefft de quelcun, quand on a saisi & exécuté ses meubles. VAL*/»*- [VaPis.2 Ce hiQt est poétique & il fait au pluriel, vaux, & veut dise valée. (Courir par mons & par vaux. Scarron, Poésies . D'’Hélicon seulement f aime le noble val, Et l’eau fille du pie de l’emplumé cheval. Des Marais Visionnaires, act. f. 7 . Le délier eut d’Andromede. Vit moins de mers , de monte, de vaux Que n’en courut le grand d’Avatue. Voiture, Poésies» 11 cherche d'Apollon h sadré va!. Renferade, Poésies.) VALABLE , adj. [ ffujlus, iegitimus, J Recevabié- (Excuse valable.) VALABLE. [ Legitimus. ] Terme dç Palais. C’est-à- dire, Fait dans ses formes» (Acte valable.) VALABLEMENT, adv. [fusé, légitimé.] Terme de Palais. Avec validité. (Contracter valablement. Le M ait.) VALANT. [Valent.] Participe qui vient Revaloir Sc qui veut dire, Qus vaut. (Je lui ai donné cent tableaux valant cent pistoles la piéce. Vaug. Rem.) VA HE * f, f- [VaPis.J Endroit cjui est au bas d’une montagne. Espace de pais renfermé entre des montagnes, ou coteaux. (Les plus semeuses vaiées d’autout de Paris font celles de Alontfort & de Montmorenci. 11 admire en son cours les profondes vaiées A la hauteur des monts par leurs bras égalées. Abé Régnier.) VALE'E. [Forum altilium.2 On apelle ainsi à Paris le le lieu où l’on vend toutes fortes d’oiieaux St toutes fortes de volaille. (La volaille est bien à meilleur marché a la valée que chez les rôtisseurs. U sent aller à la valée, tout y est à bon marché. La valee fe tient le Mecredi & le Samedi. La valee s’ouVte à huit heures & le bourgeois doit sc fournir avant le rôtisseur ) VALENT1N,/»*. [ Vakntinusí] Nom d’homme. (Quelques personnages célébrés ont porté le nom de V alentin.) V ALENTINÍEN , / ra. [ Vahntmianm. ] Nom d’homme. (Valentinien associa son trere Valem à l’Etn- pire > & déclara Empereur Gratien, qu’il avoit eu de Severe fa femme. Le Président Cousin, vifioire Romaine. Voïez Valentn.) VALENTINIENS ,/m, [ Valent'miani. 3 Hérétiques du premier lieese qui étoient Gnostiques, uont Saint Irénée, Saint Epiphane, & Tertulien ont parlé» Voïei TìUemont. PPPP ì VA LE- 670 VAL VAT FRIEN; Vakrìan , / m, (ValeriaMUi.2 Noth d’hoinmejl faut dire Valérie» & Valentinien & non pas Valerian & Vakntinian. (II y a en un Empereur Ko- "’vALERIENNEj s.s. [Nardiì sylvestres C’est une for- te de fleur rouge, ou blanche, & violette qui fleurit en Mai. II y aune vaìerienne qu’on apelle vaìerienne ai jardin , & une autre qu’ún apelle vaìerienne Gréque. La vaìerienne de jardin, est blanche & violette. (Une belle Vaìerienne.) L’Académie dit valériane.. £ La Valériane est cardiaque, sudorifique, vulnéraire, apéritive, propre pour fortifier le cerveau & l'estomac. La racine de la grande Valériane sauvage est propre pour l’Ëpilepsie. VALET, / rn. [ Famulus , servits. ] Serviteur qui sert à pié dans la maison. Leiseau des ordres , ch. ç. Ce mot se prend généralement pour tout serviteur domestique. (Vous m’engagez à Vous dire nos maximes pour les valets. Pajc. I. 6. Riches atours, tables , nombreux valets, Font aujourd’hui les trois quarts du mérité. Desh.) (f Le terme valet a été autrefois un titre honorable. Les fils des Empereurs étoient apelle?. varlets ou valets. Viìle-hardouin s’en sert en plusieurs endroits de son Histoire de Constantinople. Fauchet & Pasquier nous aprennent que lesEcuiers trancbans étoient apellez ©ar- lets. Du Chêne, dans l’histoire de la Maison de Richelieu, raporte un titre de Pan 1201. dans lequel Guillaume Dupleslìs se qualifie de Valet., qui signifie (dit l’Hi- storien) la même chose que Escuyer , ou Damoisel; & il ajoute cette particularité, que les Nobles qui s'intitu- loient Valets , donnaient À cognotjtre far là qu’ejlans ijjus de Chevaliers , ils prétendaient à l’Ordre de Chevalerie obtenu par leuïs peres. 11 cite ensuite plusieurs titres anciens, où un particulier qualifié Valet , se dit fils d un Chevalier. Galle , ancien Poète, parlant du jeune Richard Duc de Normandie, dit t Ni ert mie Chevalier , encor ert váleton , N’avoit encor m vis ne barbe , ne guernon , çtfc. Le valet, au jeu de cartes, signifie le fils du Roi & de la Reine. Voie? Mr. du Cangefur Vìllebardouin, page 162. VALET de chambre. [ Cubicularim. ] Serviteur qui sert principalement son maître dans la chambre. (Premier valet de chambre du Roi. Valet de chambre de Monsieur le Daufin. Valet de chambre ; ces mots se disent aussi en parlant de femmes de qualité & veulent dite Gentilhomme, ou maniéré de Gentilhomme qui rend quelques petits services à la Dame lorsqu’elle est dans la chambre. Le Soleil baisse fort , U j e fais étonné Que mon valet encor fie soit point retourné. Mol. Fâch.) VALET de garderobe. [ Supelleflicarius. ) Les quatre premiers valets de la garderobe du Roi lònt ceux qui couchent dans la garderobe & ont les clefs des cofres. VALET de pié. [Servus a pedibus curjbrs Les valets de pié sont ceux qui suivent à pié le caresse de quelque Prince ou Princesse. (La plupart des boutiques du pont neusde Paris doivent un droit aux valets de pié du Roi.) VALET d’étable. [Stabularims C’est celui qui a soin d’étriller les chevaux & leur donner à manger. (Un bon valet d’étable.) VALET de chien. \Canum minijiers C’est celui qui a le foin des chiens. On dit en proverbe c’eji un beau va. let de chien. C’est-à-dire. C’est un méchant valet, un coquin, qui ne sert pas bien. VALET á tout faire. [ Servus ad mnnia. ] C’est un serviteur unique dans une maison , qui sert à toutes choses, comme les Cuistres dans lesColéges, les valets de Prêtres, Un maître valet. [ Servus atrienfa , domesiteorum pr mus J C’est un valet qui commande aux autres, en qi l’on se fie , & qui prend garde que chacun fasse bien so devoir. On apelle quelquefois les Sergens , valets de ,h ftke. VALET de lévriers. iVertagorum ducior.l Celui q a soin des lévriers, qui les tient & les lâche à la course. VALET de limiers. [ Cánmn indagatorum famulus. Celui qui va áu bois pour détourner les bêtes avec h limiers, qui les doit dresser & c n avoir soin VALET de cbaije a cremiliére. C’est un morceau ( VAL fer quarté qo’on met dans les bras de la chaise L qu’on tire pour mettre une petite table dessus. VALET de miroir. [ Sfeculi falcrum ] Terme de Mu rouettier. C’est le morceau de bois qui est attaché derrière le fond d’un miroir de toilette & qui soutient le miroir quand on le pose sur la table. VALET. Ce mot se dit en parlant de cartes. C’est la peinture qui est après le Roi & la Dame. (Un valet de cœur, de pique, de tresse, ou de carreau. Je forte L’ás de trefle, admire mon malheur , L’as, le Roi, le valet, le huit dix de cttur. Mol. Fâch.) VALET de forte. [Ligneus januarum elajìers Terme de Menuisier. Morceau de bois atacbé à une corde derrière une porte, & qui sert á la fermer si tôt qu’on l’a ouverte. VALET. [Uncus ferreusl} C’est un crochet de fer dont le menuisier se sert pour tenir le bois fur l’établi. VALET à déboter. j] Ajsercuius ad ocre m exuendas. ] Voie? Tire-botes. C’est une planche de bois, avec une entaille, où l’on met le talon pour se deboter seul. VALET. Ce mot se dit en termes de Mer. C’est un peloton fait de fil, tiré de l’un des cordons de quelque vieux cable qu’on a coupé par pièces, qu’on met fur le calibre des canons pour bourrer la poudre quand on les charge, qui sert à raeomrnoder les manœuvres rompues, & à larder la bonnette qui est une forte de voile. VALET. {Canterms fyrobolarisl} Terme de Pyrobolifa ou d 'Ingénieur aseu. C’est un cylindre de bois solide chargé de poudre, & percé en plusieurs endroits, où l'on met des pétards & des baies de plomb. Casimir enseigne la construction dans son artillerie. VALET. [ Stimulus .] Ce mot se dit en termes de Ma. nege. C’est un bâton qui a à l’un de ses bouts une pointe de fer émoussée, dont on fe sert pour aider & pincer un cheval sauteur. (Pincer un sauteur avec le valets VALET. Ce mot entre en quelques faqons de parler familières & proverbiales. {Je suis votre valets [Apage te, apage Jìss Ces mots prononcez d’un ton fier, veulent dire qu’on n’eít ni serviteur ni servante d’une personne , qu’on s’en rit & qu’elle n’obtiendra rien de nous, qu’on ne veut pas acorder ce qu’elle nous demande. Je fais votre valet. [ Vale , valetes Cette maniéré de parler marque quelquefois un peu de civilité ; mais elle est trop familière ; & ne sc dit qu’à des gens qui sont au- dessous de nous. Aux autres on dira, je fais votre très. humble serviteur. * Faire le bon valet. [Ultra modum apud aliquemfer . vire.’} C’est être atache á son devoir plus qu’à l’ordìnai- re, & méme avec quelque forte d’afécLtion. f C’eji le valet du Diable. [ Ardelio. ] C’est-à-dire , c’est un serviteur qui fait plus qu’on ne lui commande, qui fait des choses qu’on ne lui avoit point commandé de faire. f * C’ejí un valet de carreau. Cette façon de parier proverbiale est injurieuse , & marque que celui à qui on l’aplique est un misérable. ( C’est encore un plaisant valet de carreau que le Seigneur de la Houssaie, pour s’oser mettre au dessus des plus grands hommes qui aient été dans les lettres ) t VALETAGE, s. m. {Famulatuss Ce mot fe dit en parlant, & lignifie service de valet. (C’est pour les François un valetage inluportable que de servir des Italiens qui (ont pour ['ordinaire fiers, vilains, &c ) t VALETAILLE,// [Famulorum grexf] Ce mot est bas, & veut dire les valets, une troupe de valets. (Dans les funérailles, la valetaille & les gens de nulle considération commencent la marche. La valetaille de l’armée.) VALETER, n. £ Serviliter famulari , ancillari . 3 Faire le valet, faire servilement la cour à quelcun, dan-s l’efperance d’en tirer quelque avantage. (On l à fait long tems valetcr fous la promesse de lui donner quelque emploi.) VALETUDINAIRE, adj. £ Valetudinarim , infir - muss Qui n’a point de santé. Qui n’a pas une santé qui dure. Maladif. (11 est valétudinaire. Elle est valétudinaire. Le vin vieux est bon pour les valétudinaires.) VALEUR,// [Pretiums Ce mot se dit des choses & veut dire prix. çC’elì une chose de nulle,ou de peu de valeur. La valeur de cela n’est pas considérable. C ess une choie de valeur, c’est-à dire, de grand prix.) & VALEUR. Ce terme est fore en usage parmi leî Marchands ; il signifie en général tout ce qui peut entrer q VAL fret dans ìe commerce ; & quand on veut en détertóì- sier la signification, on exprime pour lors la qualité & l'eípece de la chose, comme valeur en lettre de change, cn dix -pièces de. draps &c. L’expreffion de la valeur est une des parties les plus essentielles des lettres de change. On se sert de certains ternies dont les NégO- cians font convenus ; les voici : Valeur m moi, c’elt- à-dire, que le tireur est nanti & a la valeìir en son pouvoir. Valeur entendue , cela veut dire que le tireur & celui au profit de qui la lettre est tirée, compteront ensemble. Valeur échangée, quand les parties ont sait un échange , lettres pour lettres. Valeur escomptées quand le tireur doit une somme à celui à qui il donne sa lettre 4 & que le terme de paieí n’est pas échu , la lettre tient lieu de paiement par avance, & pour lors on escompte, c’est-à-dire, que l’on diminué d’autant le principal & les intérêts. VALEUR intrinsèque. C’est la Valeur propre & réelle d’une chose, ainsi un écu n’a de valeur dans les pars étrangers que selon fa valeur intrinsèque. C’est-à-dire son poids & son métal. VALEUR, sc dit aussi d’autre chose que de l’argent. 11 me reste encore environ la valeur de quatre muids de vin , & de six septiers de blé. Remettre une terre en valeur , c’est la réparer & la bien cultiver. VALEUR. [Vìrtus bellicaj Ce mot sc dit des personnes & signifie courage. C’est une vertu qui au milieu des plus grands périls fait entreprendre de belles a- ctions. (La parfaite valeur est de faire fans témoins ce qu’on scroit capable de faire devant tout le monde. La vanité, la honte & le temperamment font en plusieurs la valeur des hommes, & la vertu des femmes. La valeur est dans les simples soldats un métier périlleux. La parfaite valeur & la poltronnerie complette sont deux eXtremitez où l’on arrive rarement. Méritoires de Mr. de la Rochefoucaut. La valeur n’atend pas le nombre des années. Corneille , Cid , a fl. ì. sc-. 2. Couronner la valeur. Ablanc. Rét. I. 9. La valeur doit être gouvernée par la prudence. La Valeur est quelquefois acablée fous le nombre. On dit de la valeur, qu’elle est grande, acomplie, victorieuse, active, agissante, considérable, surprenante, étonnante, admirable, merveilleuse, &c. A quoi bon d'une muse au carnage animée Echauser ta valeur déja trop ajsurée. Despr.) f Que sert la valeur dans les troupes, si leur Généra! est malhabile & ignorant? Polybe de Mr. de Folard. . Voïez la Remarque du P. Bouhours , page 109. de ses Remarques Nouvelles, où il cite deux endroits , l’un de Voiture , & l’autre de Balzac , dans lesquels ces deux Auteurs ont mal placé le terme valeur. Voiture écrivant à Balzac, dit : Gardez-vous bien d’apelier votre malheur , ce qui n’eji que le malheur du siécle s £•? ne vous plaignez plus de l’injustice des hommes , puisque tous ceux qui ont quelque valeur , font de votre côté. II a voulu dire que tous ceux qui ont du mérite & de la réputation dans le monde,(estiment Mr. de Balzac. Mais valeur est là impropre. Quant à Mr. de Balzac, il écrit à Mr. le Comte deFiesqu t: Je fais me ejiime trés-par. faite de fa valeur s & il ajoûte : Je prens ici valeur dans fa plus étendue signification, N enferme sous ce mot une injìmté d’excélentes qualités, naturelles [st aquises, civiles militaires. Sur quoi le P. Bouhours dit fort justement: „ N’en déplaise à M. de Balzac, ce mot apliqué >> à une personne , ne signifie que cette qualité, &cet- ,, te vertu guerrière , dont Mr. de Castagnes a parie a „ fonds dans son Traité de la valeur. “ VALEUREUSEMENT, adv. [Strenuè,fortiter, generoje.j Avec courage. Avec valeur. (Se batre valeureusement.} VALEUREUX, valeureuse , adj. [Strenuus, sortis, ge- nerojusj Plein de valeur. Plein de céeur. Courageux. Vaillant. Le mot de valeureux est plus de la poésie que de la prose. (Valeureux guerrier. Valeureuse Amazone.) VALIDATION,/./. IValor.J Terme dePrati. que. C’est le droit de faire valoir un compte, ue le rendre valide. ( Obtenir des lettres de la Chambre des Comptes pour la validation d’un compte.) Valide, adj. [Validas, valens, vegetus. ](Vigoureux. Qui est en santé. Qui peut travailler. (On contraint en Holande les gueux valides a travailler.) ue sanitaire est invalide* VAL 671 VALIDE, adj. [Validas, jtfius.'J Ternie de Pratiqué* Qui est bien fait & dans les formes prescrites par les coutumes & par les loix. (Acte valide. La chose est valide.) VALIDEMENT, adv. [Validé, légitime, esc juris for* mulâ.l Terme de Pratique. C’est-à-dire, Avec vahd-té, (On ne peut contracter validernent que dans un certain âge prescrit par les loix & par les coutumes.) VALIDER , v. a. [Raturn ac sternum fatcn-.J Terme de Pratique. Rendre valide. (Le Saint Pere valide ìc* procédures. Patru, plaidoié 13.) VALIDITE',/./". [Rata aufioritasl] Terme de Prati- que. Bonté essentielle de quelque chose laite dans les formes. (La validité d’un acte. La Cour a confirmé la validité d u mariage. C’est-à-dire, a déclaré le mariage bon & valide.) VALISE,// [Hippopera, vïdulus.J Ce mot vient del’Alemand. C’est une maniéré de petit cofre qui est fait de cuir uni, ou a poil, dans quoi on met des har- des & autres choses pour aller en volage, & qui sc inet souvent sur la croupe du cheval quand on volage à cheval. (Une petite valise. Une grosse valise. On lui a pris fa valise. Fermer, ouvrir une valise. Les bahutiers font les valises.) _ t * Adieu la valise. C’est-à-dire. Tout est perdu, c‘en est fait. II n’y a plus de ressource. VALOIR, v. n. [ValereJ Je vaux, tu vaux, il vaut, nous valons , vous valez , ils valent. Je valois. Je valus, J’ai valu. Je vaudrai, que je vaille. Je valujse, je vau- drois. Valant. Le mot de valoir lignifie que le prix d’úne chose, monte à tant, Sc coute une telle somme. Le marc d’argent vaut trente-deux livres fans compter leS faqons & quarante sous de contrôle. Un Avocat se tUé à plaider Q? sent bien Que sa cause ni lui , tous deux ne valent rien. Rec. del’Académie. 1689.) jQf Le verbe valoir est naturellement neutre. On dit, que dans cette phrase, cela vaut un écu , valoir régit écu qui est l’accusatif ; mais il est à l’ablatif. Voïez les Décisions de F Académie Françoise, page 12;. VALOIR. [Ferre, reddere.J II signifie quelquefois ra- porter du revenu, donner des rentes. (Un Ambassadeur, considérant la richesse de la France demanda à Henri IV. ce qu’elle lui valoit, il répondit, elle me vaut auttmt q ue je veux. Voïez le recueil des bons mots d’Henri IV, VALOIR. [Minimiejse pTetii.J Ce mot est pris figure, ment dans quelque façon de parler. Exemples. (J Tant que je vaudrai quelque chose, je ne puis manquer d’êtrs votre très-humble serviteur. Voiture, lettre 4 6. C’est-à- dire, tandis que j’aurai du cœur & de l’honneur, je serai entierement à Vous, Henri IV. disoit que les François ne le connoissoient point. Ils ne sauront, disoit il. ce que je vaux que quand iis m’auront perdu. Hfioire d’Henri IV.. c’est-à dire, combien je leur dois être cher & considérable, & de combien de malheurs je les mets à couvert. Vous ne valez pM mieux qu’un autre Croiez-moi, ne criez pas tant s Son inconstance en vous quittant Ne fait que prévenir la vôtre. Aut, Anon.) * Faire valoir. [Magni facere. C’est-à-dire. Donneî du crédit. Avancer. Pousser. Faire estimer. * II est d’un honnête homme de faire valoir les gens de mérité. * Faire valoir une pensée. ][ ExtoBere. "j C’est la relever, la mettre en son jour. Faire valoir. [Animadvertere.J Faire voir, remarquer & considérer. Mettre dans le jour qu’il faut. (II y a en toutes choses des endroits à faire valoir, & il y en a d'atitras qu’on ne doit pas toucher, ou qu’il faut déguiser. Saint Evremont, œuvres melées , t, t.) Faire valoir. [Auflorem Je profit eri. ] Ternie de Notaire. Garentir, répondre d’une chose. (Les Notaires mettent dans tous leurs contrats, avec promesse de garentir, fournir & faire valoir.) * Se faire valoir. [ Seipsum jafiarej C'est-à-dire. Faire connóître ce que l’on vaut & ce que l’on est. Faire sentir son mérité. (11 faut un peu se faire valoir dans le monde, autrement le monde ne vous estime pas.) VALOIR mieux. [Longé prajiare.j Etre plus à propos. Etre plus raisonnable. (II valoit mieux se sacrifier pour son ami que de, Ablcmcom*. L’iga® - 6y'2 VAN L’ignorance vaut mieux qu’ùn (avoir a secte. Depr. ^VALOIR , entre en plusieurs proverbes. Le terme vaut i’argent, quand on demande un long delai pourpaier. Je fiai ce qu’en vaut Faune , pour marquer qu’on a fait ('épreuve d’une chose. Un averti en vaut deux , pour dire qu’un homme qui est averti d’une embûche vaut deux personnes pour fe defendre. Le jeu ne vaut pas, ta chandelle-, quand on emploie beaucoup de tems & d’ar- gen't à une chose de peu de conséquence. Monsieur vaut bien Madame , quand on veut relever une personne qu’on méprise. Ne valoir rien. [Deterius esse.'} On le dit parlant des ehoscs. Cette marchandise ne vaut rien. Parlant des ouvrages d’efprit, les Sermons d u Pere Lions, ne valent rien. En parlant des personnes. Un tel ne vaut rien. Toup coup vaille. Faqon de parler dont on se sert en jouant à la paume ou à la boule & qu’on doute du Soup, VALON ,s.m. [ Vallis. ] Petite valée. (Un beau valon. Un charmant, un agréable valon. Sms les arbres sacrez de ce fameux valon Dapbnis renouvelions sel fortunes passées Errait. La Lane, Eglogue. Qn diroit qui ils ont seuls Voreille d’apollon, Qu’ils disposent de tout dans k sacré valon. Despreaux, Discours au Roy.) VALVASSEUR- Volez Vavasseur. t VALUE t s. f. [Major aJUmatio.} Ce mot ne se dit qu’en termes d t Valais & il lignifie valeur. La plus valuë , c’est la somme que vaut une chose au delà de ce qu’eile a été prisée, ou achetée. VALVULE, f.s. [Valvula.} Terme $ Anatomie. Ce sont des peaux qui servent comme des portes pour ouvrir & pour fermer les ouvertures du cœur. Robault, Phijique. VALVULE. [Valvula.} Ce mot se ditauflì est anatomie en parlant des veines, & ce sont de petits corps membraneux, éminens en la cavité des veines & faits d’une portion de leur tunique. L’endroit de la veine où est la valvule paroît plus gros qùe les autres endroits. Le principal usage des valvules est d’empêcher le cours & Timpetuofité du sang courant dans les veines. V AN, J nt. [ Vannm , ventìlabrum.} Instrument que fait le vanier, qui sert au vaneur pour vaner toute sorte de grain & de graine & qui est composé d’un cercle, d’un devant, d’un derrière, de deux anses,àc. (Un bon van. Le van du dernier Jugement, fera sortir de Paire les ëlûs & les réprouvez pour être ou portez dans le grenier, ou jetiez dans ie feu. P. Quefnel, Reflex.) VAN AN T , vanante, adj. [Vilior.} Terme de Papetier. U se dit du papier qui n’est pas fin, ni íi blanc que le papier fin. (Papier vanant. Couronne vanante.) VANDIQUER. Voïez vendiquer. VANDOISE. Voïez vendoise. VANË, ou vanne, s, f. [ Aquarii canalit valvula.} Terme de Meunier à eau. C’est une maniéré de pêle large qui sc leve & qui s’abaifse pour faire couler l’eau de i’écìuse dans l’auge du moulin , ou qui s’abaiffe pour arrêter Peau de l’éclusc. On apelle aussi vane , plusieurs ais joints ensemble qu’on leve & qu’on abaisse pour faire couler Peau des pertuis afin d’y laisser passer quelque bateau, ou train de bois. ( Lever la vane. Abaisser la vane. Réparer les vanes. V oinz les Ordonnances ie Paris.) VANËAU ìfnt- £ Vanellw . ] Oiseau très-agréable qui a une houpe noire lur la tête, la gorge marquetée de blanc & de noir, 1e bec court, rond & noir, les plumes de dessus les aises changeantes & tirant fur le verd. (Le vaneau mange ses mouches, ses limaçons & les sauterelles, & il est plus estimé pour fa beauté que pour autre chose. (Un vaneau mâle. Un vaneau femelle. La chair du vaneau est délicate & passe légèrement. Qui ne mangea jamais vaneau Ne mangea jamais bon morceau.) VANEALX. [ Accipitris penna majores. } Terme de Fauconnme. Ce font les plus grandes plumes des ailes des oiseaux de proie. V AN ER > ou vanner , v. a. [Triticmn vmtilare.} Terme de Buteur en Grange. C’est netteïer 1® grain éc VAN faire sortir les pailles, la poussière & les autres petites ordures en le secouant, tournant & retournant dans îe van. (Vaner du blé, du scgle, de l’orge, de l’aveine.) VANER, se dit au figuré. Examiner un homme , lui reprocher ses défauts. [ Accurdtiferutari.} 11 s’eít trou- vé dans une compagnie de railleurs où on l’a bien va?}, né. On dit aussi qu’une affaire a été bien vannée. Ce verbe n’est point dans le Dict. de ('Académie en ce sens là.) VANERIE , s. f. [Ars vìminearia.} Ouvrage & marchandise de vanier. (La vanerie va plus que jamais. La vunerie est bonne aujourd’hui que le monde est fort pauvre.) VANETTE, ou vannette, f. f. [ Ca’.athuí.} C’est Une forte de corbeille plate & peu creuse dont les cochers & les valets d’écurie se servent pour vaner l’aveine avant que de la donner aux chevaux. ( Une petite vanette. Une grande vanette. Faire une vanette.) VANEUR, ou vanneur , f. m. J Ventilator .] Celui qui bat en grange & qui vanne le blé ou autre sorte de chose qu’il a batué. (Un bon vaneur. Laïcs la journée au vaneur.) VANGEANCE. Voïez vengeance. VANGER. Voïez venger. VAN ÍËR , f- m. [Vimineorum operum opifex.} Artisan qui travaille en osier & qui fait des vans & de toutes sortes de hôtes, de paniers , de corbeilles, de mannes & de petits ouvrages. (Un bon vanier. Un habile vanier. VANILLE, f.f. L’Académie l’écritainsi, quoiqu’íl y en ait qui écrivent Banille. [ Vanilla .] Espece de gousse longue d’environ un demi pié, ronde & pointue par les deux bouts, d’une odeur balsamique <& agréable, qui contient des semences fort menues, noires & luisantes. On en met dans la compolsiion du chocolate, elle fortifie le cerveau & l’estomac , elle excite l’urine aux femmes. Voïez Banille. VANITE’’ , f f Z Vanitas , osentatìo , jaftsmtia. J Orgueil. (On parle peu quand la vanité ne fait point parler. La vertu n’itoit pas si loin si la vanité lui tenoit compagnie. Quelque prétexte que nous donnions à nos assistions, ce n’est souvent que Pinterêt & la vanité qui les causent. Le Duc de la Rocbesoucaut. La plupart des hommes sont pleins d’une sote vanité. Ab’an. court. 11 nous faut voir la folie qu’avoit Néron pour le téâtre & fa vanité à réciter ses ouvrages. Saint Evrt . mont, t. ç. II efi bon d'empêcher ces emplois fastueux D’être donnez peut-être à des âmes mondaines Eprises du néant des vanitez humaines. Despr. Sat. jo.) Tout n’est que vanité dans le monde. [Omnia vans tas.} En cette derniere faqon de parler le mot de vanité signifie aussi ('inutilité & le peu de valeur de toutes les choses du monde. On dit proverbialement, qu’une once de vanité gâte un quintal de mérité. VANNETS, J. m. En termes d s Blason , sont des coquilles dont on volt le creux comme tes vans à vanner. VAN TAIL , f m, [Valvula.} Battant d’une porte qui s’ouvrc des deux côtez. On dit aussi vanteaux de fenêtre, en parlant des volets. On apeíloit autrefois ventait, cette partie de l’habillement de tête par où respirent le cavalier. Académie Françoise. VANTER, v. a. [Laudare, pradicare,} II peut venir de PItalien ventare. Loïier beaucoup. Prôner \» mérité d’une personne. Donner des louanges à quelque chose que ce soir. (Vous aurez beau vanter le Roi dans vos ouvrages. Despreaux , Satire %. Tout son mérité est dans ses aïeux, & il lui faut pardonner s’ii les vante par tout. C’est un sot qui vante une fotife, & qui se tairait d’une action sage & vertueuse. A le voir avec tant d’arrogance Vanter le faux éclat deJ'a haute naissance. Despr.) Se vanter , v. r. [Jafìare fi, se infolentìùs f ferre,} S S loïier. Se glorifier. (Un honnête homme ne lé blâme, ni ne Je vante jamais .) YANTERIE , f.f. [Gloriatio, ofientatio , venditatio, jaàantia.) C’est un discours plein de vanité qu’on fait de soi.mème. \ VAQ Sans vanterie. ['Cìtra jaâantium .] Sans vanité. ( L’effet de ta beauté fourrait sans vanterie Dire que tes aieux riant rien fait de pareil. Rampale , Idile 4 .) VANTEUR, J. m. [ Jaciator , tbrafo. ] Celui qui se glorifie, qui sc vante. (Les Gascons font pour la plupart de grans vanteurs. VAN 11LLER. Terme de Charpentier. Mettre des dolles, ou de bonnes planches de deux pouces d’épais , pour retenir seau. Académie Françoise. VAPEUR,// [Fapor, exhalatio.J Ce Mot se dît en parlant de la terre. (Vapeur seche. Vapeur chaude. Les vapeurs montent en haut.) VAPEUR. [ Adulatio , ajsentatìo .] Se dit figurément (II est difficile que la vapeur de cet encens perpétuel qu’on donne aux grands n’étouffe leur naissance. Fié. chier. ) On dit auílì que l’ame des bêtes n’est qu’une legere vapeur. VAPEUR. [Fumusi] Ce mot sc dit en parlant des torches & des flambeaux. II veut dire fumée épaisse qui fort des torches & des flambeaux allumez. ( Oà des flambeaux de poix les lumières funèbres Far leurs noires vapeurs augmentent les tmebres. Hubert, Temple de la mort.) VAPEUR. [Lienis vapòr.2 Ce mot en parlant du Corps humain lignifie Fumée d’un sang échaufé qui monte au cerveau. En ce sens , il ne sc dit d’ordinaire qu’au pluriel. (Vapeurs fâcheuses, violentes, cruelles, importunes, mélancoliques, groifieres. Etre sujet aux vapeurs. Elle a des vapeurs qui la tourmentent. Vapeurs qui s’éle- vent de la rate à la tête. Rabattre les vapeurs de la rate. II y a des alimens qui excitent les vapeurs. Le vin cause des vapeurs. 11 s’éleve des vapeurs qui causent de grands désordres dans le corps. Plusieurs sortes de Vapeurs ataquent le corps de l’homme. La plupart des Médecins sont des ânes quand ils veulent découvrir la véritable cause des vapeurs. Lange a fait un traité des vapeurs. ^ j Vlais après toutes tes faveurs , Vous trouverez comme tant d'autres Ëien-tót la fin de vos ferveurs Et le bout des patenôtres. Et gare auj/l quelques vapeurs. Aut. anon. ) * f Rabatre les vapeurs âe la rate. [Ex anrmô curas iepelkre.~\ C’est-à-dire , chasser la mélancolie. VAPORATION , f. f. [ Evaporatìo , exhalatio. ] C’est Faction de la vapeur. En chimie il sc fait un bain qu’on apelle d évaporation. VAPOREUX, vaporeuse , adj. Qui envoie des vapeurs. Ricin de vapeurs. (Les bains vaporeux apaisent les douleurs. Les alimens vaportux ne font pas les meilleurs. II y a du vin qui est vaporeux.) VA QU ANGE. Voie z vacance ffi vacation. VAQUANT , vaquante , ou vacant , vacante , adj. [Vacuus .J Qn écrit l’un & l’autre, mais on prononce vacant. Ce mot veut dire. Qui vaque. Qui n’est pas rempli. Qui est vuide, & il se dit en parlant de charge, & de benefices. (L’Abaie est vacante par la mort de l’Abé. Le Roi prend les fruits de l’Evêché , le liege vacant. Majfac , Droit Ecclésiastique. On dit aussi , une maison vacante. Apartement va- tant. Lit vacant, &c.) Cf VA QU AN 8- Ce sont des choses qui ne sont point actuellement possédées. Les jurisconsultes en font trois especes.- i°. Ce qui est abandonné volontairement par le Propriétaire : 4 U . Les biens d’un défunt, mort fans héritiers légitimés , ou testamentaires : ;°. Les fonds incultes, & dont les propriétaires sont inconnus. Ces trois sortes de biens apartiennent aux Seigneurs Justiciers ; les premiers, comme épaves i les seconds, par droit de déshérence ; & les troisièmes par un droit atri- bué à la Ilaute-justice. La Coutume de Chaumont, *rt. ,2. déclare vaquant un fonds qui depuis trente ans n’a pas été cultivé. Celle d’Auxerre art. 95. n’exige que dix ans entre ágez & non-privílegiez : mais la régie ge- nerase est que l’on ne regarde comme vaquans, que ses fonds que personne ne réclamé, & qui ont été incultes pendant un tems immémorial. VAQUER , v. n. [Facare , otiarì. ] Ce mot sc dit en pariant des charges & des benefices, & veut dire. N’étre pas rempli. Etre vacant. (Benefice qui vaque depuis trois mois. Vaquer d« droit. Vaquer défait. Un be- VAR 673 nefice vaque par mort , fi la résignation n’est faite vingt jours avant la mort du résignant, & un ofice vaque par mort , fi la résignation n’est faite quarante jours avant la mort du résignant. Loijeau , des Oficès c. 12 . ) f VAQUER. Travailler. (André vaquoit de grande afection à son afaire. La Fontaine , 'Nouvelles.') VAQUER. [Feriars otiariE\ S’abstenir de travailler, suspendre ses études. (Tous les coléges vaquent dans le mois de Septembre. Le Parlement vaque certains jours dé l’année.) í VAQUETTES, / f. Peaux de petites Vaches dont on fait un commerce considérable en Levant. VARANDER, ». a. ['Harengos cxficearel) TeirnS de Marine. Egouter & sceller le hareng pour être ensuite mis en caque. Acad. Françoise. VARANGÛAIS,/ «r. [Fwwer exigu;'] Terme de Marine. Nom que les Levantins donnent à de petites cordes, disposées par branches en façon de fourches qui viennent aboutir aux poulies qu’on apelle , Araignées. Académie Françoise , (-f Aubin. VARANGUE ,/f IfioJU navales.] Terme de Mer. C’est un membre de charpenterie : c’est une maniéré de chevron qui aide à former le fond d’un vaisseau. (Varangue plate. Varangue aculée.) Yoïez Aubin. VARAUCOCO,/ m. Plante de l’Isle de Madagascar qui s’entortille autour des grans arbres , & dont le fruit est gros comme une pêche, & bon à manger. VARECH, fi. m. [Fucus ex aquà ejeâìtius.] Terme de Mer , fur les côtes de Normandie. C’est une herbe que la mer détache des rochers & qu’elle pousse fur le rivage. Et de là tout ce que la Mer jette au rivage, soit qu’ìl vienne de son crù , ou de bris & de naufrage, s’apelle aussi varech. Et le droit que les Seigneurs voisins de la Aler y prétendent sc nomme à/z de varech. En d’autres provinces maritimes on se sert d’autres noms pour exprimer ces mêmes choses. On croit que ce mot varech vient de l’Anglois vrac , qui signifie bris , ou naufrage. Ménage. Cette espece d’herbe est apelìée gonefimon en Bretagne ; varech ou vraicq en Normandie ; & far sur les côtes du pais d’Aunix. Les peuples qui habitent fur Je rivage de ces mers, sc servent de cette herbe pbur engraisser leurs terres. J’igbore l’étimologie de gonefimon &d ejdr; peut-être qu’eìle se trouve dans le langage particulier du pais , qui m’eít absolument inconnu. Quant au terme varech , ou vraicq , j’aprens de Spelman dans son Glossaire , qu’il dérivé d’un mot Saxon qui signifie une chose abandonnée, & dont on ne connoit point le maître : ainsi , selon cet Auteur, & suivant la décision de Bracton , & de Fleta , tout ce que la mer pousse sur son rivage , a été apelle varech par les peuples qui en font voisins , & Wretcbum par les Auteur* de la basse latinité. Mais le Varech ne comprend parmi lions qu’urle herbe qui Croît fur des rochers qui font dans la mer ; ou du moins c’est seulement de cette herbe que notre Ordonnance de iSZr. a entendu parler. 11 est vrai que la Coutume de Normandie semble Comprendre sous se nom de varech , toutes les choses que la mer jette fur ses bords ; car il est dit dans l’arti- cle 596 . que fous le mot de varech , 0 ? choses gaynes font comprises toutes choses que l’eau jette à terre par tourmente ífi fortune de nier , ou qui arrive ji prés de terre qu’un homme à cheval y puijfie toucher avec fa lance. Mais Terrien , Beraud, & Basoage ont reconnu que c’est mal à propos que l’on fait mention des choses gayneS dans cette article, d’autant que la définition qu’elle a faite conjoinfiement du varech , 0 ? des ihofies gaynes , ne convient qu’au varech , U non point aux choses gaynes. Voïez í’article, ou les choses gaynes font celles qui ne sont cì’aucun usage aux hommes , & que l’on peut apeller epavesmaritimes , ou herbes marines. VARENNE, / s. [ Planifies , planum fundum , aquor.] Ce mot íignis-e plaine , mais il ne se dit qu’en parlant de chaise. Ainsi on dit la varenne du Louvre qui est une Capitainerie des chastes en laquelle font comprises toutes ses plaines qui sont six lieues à la ronde autour de Paris. Les O liciers de cette Capitainerie font un Baillis & un Capitaine, un Lieutenant général, ou Procureur du Roi, un Grefier, huit gardes à cheval & douze à pîé. VARET , fi m. [Navìgium demeisum.] Terme de Marine. C’est le nom qu’on donne à un vaisseau coulé à fond. VARIABLE, adj. [ Vanus , mutabìlis , mobìlis. ] Tom. III. Q. st q q Ghan- 674 VÁR Changeant Inconstant. Volage. ( L’esprît de I'homme 5 vaSle Tout est variable dans le monde; mais fír toucHumeur des courtisans, des femmes & des d TVARIANT, ante, adj. Qui change souvent. (Esprit variant, humeur variante, couleur variante , homme variant dans ses résolutions.) Ce terme ne se dit guere autrement. Acud, Ft» - ± VARIANTES, f. pL On apelle ainsi les diverses leçons d’un même texte. (Les variantes du Nouveau Testament.) „ _ _ _ . „ .. ± VARIATION , s. f. [ Inconstantia, mutatio , variation Inconstance , changement, diversité d’état & 6 d’opinions. II y a de la variation dans son interrogatoire. La variation d’un Auteur, est une marque de son peu de solidité. Feu Monsieur Bossuet Evêque de Meaux a fait l’histoire des variations des Eglises protestantes. Un homme d’esprit avoit dessein de donner au public l’Hiftoire des variations de la Sorbonne.) VARIATION, f f. [ Declinatio. ] Prononcez varia- don.] Ce mot se dit en parlant de Végmíle marine, ou aimantée. La variation de l’éguille aimantée est un mouvement inconstant de l’éguille qui en de certains parages décline du Nord au Notd-Est, & en d autres se tourne au Notd-Oiiest. ( Jamais un Pilote ne peut assurer ses estimes dans les voiages de long cours qu’il ne íoit assuré du chemin que son.vaisseau peut faire par jour & qu’il ne sache quelle est la variation de l’éguille en chaque parage. On dit aussi nous trouvâmes quarante minutes de variation d’ainian vers l’Est. Nous observâmes trois degrez de variation d’aiman vers l’Ouest. 11 n’y a point de variation dans ce parage. II y a de la variation dans ce parage. Votez la Relation du volage de la compagnie des Indes à Madagascar , g? Guillet, Terme de h Navigation.) On parle en Astronomie , de la variation de la Lune. [Lunœ varìatìo.] Que Ticho a le premier observée, outre les deux inégalitez qu’on avoit remarquées dans le mouvement de la Lune. On y parle aussi de la variation de Vombre de la Terre. [Variatio,] Car le diamètre de cette ombre diminue lors que le Soleil est plus proche de la Terre. 11 faut considérer cette variation lors qu’on calcule les Eclipses de la Lune. VARIATION. [Vocis injlexio,] Ce mot se dit en termes de Retorique. C’est le changement de la voix. C’est la maniéré de varier la voix en prononçant. ( Variation de la voix selon les figures & les passions.) varice, voïez ©«»•#. VARIER, o. «• [Variare. ] Diversifier. Aporter de la variété. Rendre une chose plus agréable par une variété bien entendue. (Si on veut que les ouvrages d’esprit plaisent, il les faut varier avec adresse. Le monde est une comedie , Vous diriez en volant ses tours Que la fortune s'étudie Sans geste à varier son cours Aut. Anon. ) * VARIER , v. n. [ Immutari, non constarefibi.] Etre inconstant. Changer de sentiment. (11 varie, mais il est bas Normand & c’est tout dire , il a son dit & son dédit. 11 varie dans son sentiment. Bolsuet, doctrine de r Eglise.) VARIER , v. n. s Variare.2 Terme de Fleuriste . 11 se dit des fleurs, & signifie prendre diverses couleurs pour être plus agréables. (II y a des anémones qui varient & qui sont panachées. Cult.de l'anem. cb, z. On dit en architecture , colonne variée, quand elle est faite de diverses matières. t VARIER, se dit aussi de l’aiguille' aimantée lorsqu’el- le s’écarte du Nord. (L’aiguille varie de deux degrez à cette hauteur.). Se varier, v. r. [Immutari.'] Se changer. Prendre des changemens. (Tout se varie dans le monde, il n’y a rien lur quoi l’on doive bien faire fond. Tous les tems ont leurs défauts & leurs vertus ; c’est toûjours l’hom- me : mais la nature se varie dans I’homme, & l’art qui n’est qu une imitation de la nature, se doit varier comme elle. S, Evremont , in 4 . p. ;;y.) VARIETE' , s. st. [ Varietas , diversttas.] Diversité. Changement. Mélange bien entendu. (La variété plait dans toutes sortes d ouvrages, soit de l’esprit, ou de la nature. II y a une variété charmante & bien entendue qui est la plus grande beauté de tous les ouvrages.) VARIETE, f Distimilitudo , sententiarum varietas.] VAS Incertitude, inconstance. ( La variété des opinions » été grande, les Juges en ont changé plusieurs fois. La variété des dépositions rend ce procès difficile.) 0 VARIETES, ou curiUes. Filets qui naissent à la vigne , comme autant de bras pour s’atacher aux écha- las. Les Latins les apellent manus vitis. VARISSE, ou varice,s.s. [ Varìx .] Ce mot se dit en parlant d 'anatomie , & au sujet du corps humain ; ce sont des veines pleines de sang grossier & mélancolique , qui les dilate & qui y demeure trop long- tems, faute de circulation. (Les varisses se remarquent d’ordinaire aux cuisses & aux jambes. II est mal aisé de guérir les varisses qui sont vieilles. Art de saigner, ch. 2 Î.) (Varisse pleine de sang mélancolique.) 0 On contracte l’hiver des varisses aux jambes, lorsque l’on s’aproche trop long-tems & trop près du feu. Ce mot vient de varix , qui signifie une certaine variété de couleurs, VARISSE, varice , s. f. [Varix equìna.] C’est une grosseur au dedans du jarret d’un cheval. C’est une tumeur molle & fans douleur qui vient au jarret du cheval. Soleisel , Parfait Maréchal. í VARIUS ,s. m. Petit poisson que les Italiens a- pestent Morella , & les François petite Truite. 11 n’est guerre plus gros que le doigt. Sa peau est marquetée de points noirs. Sa chair est tendre & bonne à manger; il est pectoral, restaurant & apéritif. VÁKLET,/ m. [Famulus,servus.] Serviteur. Au- trefoisle mot varlet se disoit furieusement, comme il se voit par l’histoire de Louis XII. deSeisel, qui écrit toûjours les varlets de la chambre du Roi & les varlets de la garderobe , mais aujourd’hui il ne se dit qu’en burlesque & encore dans le plus bas stile. (Je fuis au bout de mon volet. Adieu je fuis votre varlet.) VARLOPE , / /. [Runcina.] Outil dont se sert le menuisier pour corroier le bois. C’est-à-dire , pour bien dresser le bois. (Petite varlope. Grande varlope. Témoin ct maltotier dont la femme salope Et qui de brocard-d’or aujourd’hui s’envelope, Mange des ragoûts fins , porte riches habits, Depuis que son époux a quitté la varlope Pour devenir riche commis. Le Noble.) VARRE , f f. [ Ulna histanica. J Sorte d’aune & de mesure. La varre d'Espagne est égale à la canne de Toulouse, qui contient une aune & demi de Paris. í VARRE, se dit aussi de la chose mesurée avec la varre. (Une varre de drap, une varre de serge. ) f VARRE , que les Espagnols apellent vara. Espèce de harpon dont on se sert dans les Indes Occidentales pour la pêche de la tortue. í VARREUR, f m. Matelot qui se sert de la varre pour harponner la tortue. t VART1GVE'. [Hercle, me hercle.] Sorte de jurement burlesque & de Païsan pour dire morbleu. ( Ha ! vartigué. Monsieur, que de lantiponage ? Molière.) JE VAS, ou je vais. [Eo.] Voïez aler. 0 Voïez Ménage , tom. 1 . de ses observ.pag. 1 6 . II faut dire, je vais, tu vas , il va 5 & non, je vas, tu vas, il vat. VASE,/ m. [Vas.] Mot général qui signifie vaisseau à mettre quelque liqueur , soit eau, vin , ou autre sorte de chose liquide. (Un grand vase. Un petit vase. Les vasez sacrez.) VASE. Quelquefois s’emploie au figuré. (Saint Paul est apellé dans l’Ecriture un vase d’élefíion. [Vas eleíiio- nis.] Notre cœur est un vase qui peut corrompre tout ce qu’il reçoit. Nicole.) VASE. [Scapi candelabri pars in vafiulum estormata.J Terme d’Orfèvre & de Potier d’étain. C’est le niisieu d’un chandelier d’Eglise qui a souvent quelque figure ronde tirant sur la forme de vase. (Le vase de ce chandelier est bien fait. II observe étonné que de la même argile Dont notre f eu mortel fait un vase fragile , Le feu de la nature inimitable agent Forme comme il lui plait de l’or ou de Pargent, Perr. Epit à la Quintinie.) VASE. [ Vas. J Terme d ’ ArchìtePlure. On apelle ds ce nom certains ornemens qu’on met au-dessus des corniches, & qui representeut les vases dont les Anciens VAS c j ens se servoient, particulièrement dans les Sacrifices, qui portent des Heurs ; ou qui exhalent de l’encens. VASE, ou calice. [CíiAx.] Ces mots se disent parlant ne tulipe , mais le plus usité c’estc«/;ce , & il est dans la bouche de presque tous les Jardiniers que j’ai consultez. C est le haut de la tulipe , dont les sessiles forment utie maniéré de calice. (Tulipe qui a un beau vase, ou plíirstt un calice.) , ' ASE i j. f. [Limur.] Limon. (Enfoncer dans la vase d un étang. Ablancouit. Les rivières amassent quantité de vase & de limon. Vaug. Quint. I. y. L’Acadéruie écrit vàce. Si son filet s’emplit j c'eji de la vase humide ; Tout en ejt trijle à ta maison , Et la famille y miche à vuide. A LeNoble.) ® VASSAL ìsm. {Cliem beneficiarius ] AI o t Gothique . qui vient de Wajsel, en Latin Vajjallus, & qui signifie celui qui tient quelque fief à foi & hommage. Su* jet de quelque Souverain. (11 est vassal de Monsieur lé Prin. e II y a d’heureux vassaux, mais il n’y en a guere.) VASSALE,//, {Cliem btmficiarta.] Sujette. Celle qui relcve & qui depend de quelque Seigneur. ( C’est une des plus jolies vassales de Monsieur N.) VASSELAGE , / / s CUenteìa , jus dieiftelare. ] Etat de vaslal. Condition de valsai. Devoir que doit un vassal. (La Noblesse pense perdre son lustre en entrant ddns un Valselage subalterne. Pat. plaid. 7, C'est-à- dire, entrant dans un état de vassal inferieur à celui où dlc étoit.) VASSELAGE. {OsfiAum c/ientis beneficèarii.] Signifie rush la foi que le valsai rend à son Seigneur. {§ On ne doit pas séparer ces trois mots, vassal , vas. sale. vajjelage: il faut les expliquer en même’tems, & un peu plus amplement. Le terme vajjal a eu pendant long-tems une signification plus étendue que celle qu’il a à présent: le vajjelage étoit une servitude plus réelle que personnelle , puisqu’on la devoir à un Seigneur à carde du fief que l’on poísedoit comme vassal, & sous les conditions portées par le titre d’inféodation. Alais pour adoucir i’idée désagréable de servitude, on inventa des termes moins rudes, tels que vajjal, homme de fis, & vajjelage. Ceux qui ont examiné avec foin l’ori- gine des fiefs, alsûrent que depuis le régné de Hugues Capet jusques à celui de S. Louis, le mot vajjal n’a point été emploie pour signifier celui qui tenoit un héritage en fies; & c’est seulement dans les Livres des fiefs composé par Geraklus Niger , & Qbertus de Orto , qui ont écrit quelque tems après le régné de Hugues Cape: , que l’on trouve le term e vajjiiilus , qui devint familier dans la Lombardie. Alais, félonie sentiment de Air. LeFevre Chantereau , l’on ne requt le terme vtljfal que lòus le régné de Charles VII. lorsqu’il fit rédiger pat écrit les Coutumes Locales de son Roiaume. Ce n’est pas que vajjallus ne fût un terme connu en France : mais dans son origine il lignifioit un Officier du Roi, un Lieutenant d’un Duc , ou d’un Comte ; un Juge que le Roi accordoitaux Evêques & aux Abez. Alais ce titre d’hort- neur, devint dans la fuite , un titre réel de sujétion & de service militaire. Quant à l’étimologie du mot, vajjal est dérivé de vajjallus, qui est le diminutif de vajjus, Seigneur ; a qui on donne le mot Franc gejj'el pour son origine ; ce terme signifie Comte, ou Compagnon , ou pour parler selon notre usage , Courtisan , nos anciens Ecrivains changeans fort souvent le G en V, comme dans ces mots, guet de Vvalta, gage de vadium, gants dc vuantes-, V ASSOLES, {biterjlitia lignearia.’} Piecesdebois qui font mises entre chaque panneau de caillebotis. VASTE, ctd/. {Amplus, immenses.] Ce mot vient directement du Latin vajius , & en parlant des choses, í{ n’a pas un sens tout-à fait avantageux. II signifie une grandeur derhesurée, qui n’a ni politesse ni ornement, & qui ne fait point fur nous une impression agréable. (Ainsi une vajtesolitude, c’est une solitude sauvage , qui bien loin de trous réjouir, fait de la peine. S. Evremont± ouvres mêlées, in 4. pag. 377. Quels ouvrages nouveaux F élevant dans les airs A leur vaste grandeur font ceder toute chose. Abé Regn. On dit des campagnes vastes. Un Palais, ou Aîona* stere vaste. L’Çmpire da Grand Turc est fort vaste.) VAU 675 * VASTE, adj. {Capax, immeisús.] C'e ftiot se dit au figuré, & iaic une assez belle tdee lors qu’on paris de l’esprit & du ger.ie , & il veut dire qui est d une agréable étendue, (/tistote-, le plus grand des Anciens Philosophes, avoir un Vaste genie. Homère , en qualité de preniier Poète des Grecs, avoir l’esprit grand & vaste. Cicéron avoit l’esprit fort vaste. Une vaste imagination. Avoir de vastes desseins , c’est-à-dire, qui s’étendènt fort loin.) VASTE. {Musculì cruris majores] Terme de Mede. cine. Nom qu’on donne à deux muscles qui fervent à étendre la jambe. VATICAN ,/ m. {Mons vàticanus.] C’est une des colíneS de Rome, de laquelle l’Eglise Saint Pierre dé Rome a pris son nòm , parce qu’elle est bâtie au pié de cette coline, & est jointe à un très-magnifiqùe Palais. * VATICAN, s Roniana j'eiies. J Rome. (Le Vatican retentit des louanges du Roi des Rois. Patru, plaident. Craindre les foudres du Vatican .) VATIC 1 NATEUR , / m. { Vates , fatidicus ,3 Devin , celui qui se mêle de prédire l’avenir, ce mot est vieux. On a dit aussi vaticiner pour prédire l’avenir, Sevatiduation pour la prédiction des choses futures. VAVASSEUR , / m. {Cliens secundavius.] Vieux hiot de Jurisprudence féodale , qui fignifioit l’arriere* vassal d’un Seigneur. 11 y en a beaucoup en Normandie de cette qualité-. VAVASSÛRIE , / f. {Secúndaria clientela. J Petit fief qui releve d’un autre , & qui n a que basse justice. $ VAUCOUR,/ ha. Terme de Potier de terre; Espece de cable ou de large planche soutenue sur deux piliers placeí devant la roue, dont les Ouvriers se servent pour tourner leurs ouvrages de Poterie. VAUDEROUÎE >// IStrages.] Ce hiot sc dit en parlant d’armée battue , & veut dire en désordre. En déroute. (Les gardes fuiant à vauderoute avoient abandonné le chariot. Vaug. .Quint. I. ;. c, 14. II vit toute son aile s’enfuïr a vauderoute. Chapelle , Relation de Ro. croi. Mettre des gens en vauderoute. Scar.Poés ) VAUDEVILLE, vaudevire, s. m. {Cantilena de trivio.] On çkvroit dite vaudevire, mais l’ufage est pour vaudeville. C’est une forte de chanson qui est dans lî» bouche du peuple, qui a plusieurs couplets , & qui est souvent une espece de satire ou de chanson historique. CoUlon , tome 1. des rivières de France , dit que les vau. deviUes ont été inventez au terroir de Vire, petite ville en Normandie, sur la rivière du même nom. Bourge. ville , Antiqu.it e2 de Caen, croit qu 'Olivier Bajjelin est le premier Auteur des vaudevilles. ( 11 y a de plaisans vaudevilles dans Voiture, Serci en a imprimé des recueils où Pon trouve de fort jolis vaudevilles. D’un trait de la Satire en bons mots fi fertile , Le François né matin forma le vaudeville. Despr.) VAUDOIS, / {Valdénfes.j Prononcez Vodoi. On apelle dé cé nom certains hérétiques qui parurent environ i’an 1160. & selon d’au'tres l’án tug. t VAUDOIS; {Magus.] Ce mot signifie abffi un Sorcier, mais en ce sens il n’est usité que dans quelque* Provinces de France. (C’est un Vaudois.) t ' A VAU-L’EAU , {Secundo fiuinine. ] Ce mot au figufé est bas, & veut dire tout eti perdu. (H a envolé tous mes ordres à vau-l'eau. Mais touì cjl à vaii-l’eait, Voiture eji mort , adieu la mesure antique. Sar. Poès.) t VAURIEN , / m, {Homo nequìjjìmv.s.] AÌoï bas pour dire Celui qui he se Veut pas mettre au bien. Fri- pon qui ne Veut rien faire. ( C’est un petit vaurien. Un grand vaurien. Comment pendart, vaurien, infâme, ose tu bien paròître devant mes yeux. Mol. Scap „ aiï.i.sc.%. Et qu’avecque le citer d’un perfide vaurien, Vous confondiez les caurs de tous les gens de bien. Mol.) VAUTOUR,/ »Ì. [ Vultur-, vulturius .] Oiseau de proie qui a le bec crochu , qui est de couleur brune, ou fauve, qui a les jambes courtes & couvertes de plu. mes jusques au-dessus des doigts & les ongles crochus. II fait son aire fur quélque falaise en quelque lieu escarpé & de dificile accès.. Bel. Hijloire des oiseaux , l. 4, ( Les fables content que Prometée fut attaché ah Tom, III. Qq q q U C*h- £y6 VEA Caucase , ou un vautour lui rongeoit le foie ct les entrailles > Voïez Lucien. Sous le fort le faible succombe , Sous le mauvais périt le bon , Le vautour inhumain déchire la colombe Et le loup ïinnocent mouton. le Noble.) f La chair du Vautour est bonne pour l’Epilepsie & pour îa migraine , étant mangée. Sa graisse est émolliente , résolutive , fortifiante. * VAUTOUR. Ce mot entre dans quelques faqons de parler figurées, & peint bien les choses. Exemple. (Les hommes font, Philandre, autant de Prometées £t leurs Joins infinis font autant de vautours. Gomb. Epi t. I. C’est-à-dire, leurs soins les rongent & les dévorent. Ce pels est le plus cruel de tous les vautours. Ablan- court. Luc. c’est-à-dire , le plus méchant de tous ceux qui me ruinent.) VAUTRAIT, ou vautres, f m. Terne de Chase. C’est la chasse qui se fait des bêtes noires avec des mâtins. (Chiens pour le vautrait. La chaise d u vautrait se doit commencer au mois de Septembre, lors que ies bêtes noires sont en bon corps. Son Alteste de Savoie avoit un beau & grand vautrait. Sains) VAUTRER , v. w. [ Cumvertago gs? molojfo venari.) Terme de Chasse, qui lignifie challér avec vau traits, ct mâtins, comme on fait après le sanglier. VAUX, / m - Ce mot est le pluriel de vas & il signifie, volées. (Courir par monts & par vaux. Scar. Visés. Aller pat monts & pat vaux. Scaron, Poéf VoïeZ Val. ( t VAXEL,/ m. Espèce de boisseau dont on se sert dans les salines de Lorraine pour mesurer les sels. Le vaxel peso environ trente-cinq livres Sc il en faut seize pour le muid. V A Y VOUE m. {Provincìá prafeflus, vayvodut.) Qualité qu’on donne au Prince qui commande en Vá- ïachie. II signifie Gouverneur de Province. VAYVODE. C’est aussi le titre qu’on donne auX Gou- vemeurs des principales places des Etats du grand Duc de Moscovie. Les Gouverneurs des Provinces de Pologne sont aussi apellez Vayvodes. UBIQUISTE,/ m. {Ubiquifia.) Terme de YUnù verfité de Paris. C’est un docteur en Théologie, qui n’est d’aueune maison. (C’est un ubiquiste. Ce mot d’ubiquijie est aussi une maniéré d’adjectif qui ne se dit qu’au masculin , car on dit. (Monsieur un tel est ubiquîjte.) UBIQUISTE , f. m [ Ubiquitarius .] Ce mot se prend aussi pour de certains hérétiques qui partirent en 1540. & qui soutenoient que depuis'l’AÍcension le Corps de Jesos-Christ étoit en tous lieux. On les apelle auslì Ubi- quitaires, VEAU ,/ m. {Vitulus.) Prononcez vô. C’est le petit de îa vache. (Un bon veau. Un veau fort gras. Un gros Veau. Un petit.veau. La chair de veau est tempérée & de bon suc ; mais elle est de ditìcile coction. Homme dé Dieu , qui vaiez tant de choses , Voiez vous pas mou veau ? dites le moi. La Font. Je vous promets, pourvâ qu’on ne m’alrape pas, Quatre livres d’encens , b deux veaux des plus aras Mol.) 6 Ris de veau- Fraise de Veau. Longe de veau. Rouelle de veau. Poitrine, colet de veau. Epaule de veau. Jarret de veau , &c. tous çes mots sc trouvent chacun à leur rang. b VEAU de lait.{Vitulus lafieus.) C’est Utì veau qui tête, ct qui n’á point encore mangé de foin, ni d’herbe Èt ceux-ci sont apellez veaux broutiers. VEAU de rivière . {Pinguis vitulus.) Ce font de certains veaux de Normandie qu’pn conte entre les meilleures choses de ce pais aux fideles amis. VEAU marin, ou veau de mer. {Vindus marinus , phi). ea.J Anima! couvert de cuir dur & velu qui a les poils du dos noirs & cendrez, semez de plusieurs taches le corps long & finissant en petite qtieuë, avec deux espèces de bras eourrs & imparfaits , au bout desquels il v a une maniéré de main divisée en quatre ou cinq ongles. VEAU. Terme de Charpentier. Morceau de boîs qu’i ôtent avec la scie du dedans d’uné courbe droite 0 rampante. VEG VEAU d’er. [Vitulus aureus.] Id ose qui avoir la figure d’un veau , que les Israélites firent des dorures des femmes & des enfans, qu’ils adorèrent ensuite dans le désert après leur sortie d’Egypte. (Les Israélites im- molerent des hosties au veau d’or.J * f On dit par allusion qu’on va adorer le veau d’or. [ Alterum Plutona ferviliter adorure U. lemc'marì. J Quand 011 fait fa cour à un homme riche qui n’a point d’esprit. * VEAU. [Caro vitulina. J Chair de veau. (Le. veau rafraîchit. Faire des bouillons au veau. Le veau est excélent après Pâques ) * VEAU. Terme de Taneur. C’est-à-dire, cuir de veau. (Coudrer les veaux.) * Vj^VU. {Pellis vitulina.') Terme de Relieur. Peau de veau. (Livre relié en veau.) f * II Je fait relier en veau. [ Librorum pelle vituli . nâ coopertorum eji autor, J C’est-à-dire il fait des livres, il est Auteur, & on relie ses livres en veau. Tomas dg Lormes sc fait relier en veau , & il se fait moquer de lui, car c’est un franc veau. f * VEAU. Ce mot entre dans quelques façons de parler baises & burlesques. Faire le veau. [ Pueriliter ejfe jiultum.) Ces mots sc disent de quelque petit gax- qon , ou de quelque jeune homme, & veulent dire faire le niais Q? k sot. On en voit d’autres, qu’elle , se prendr e d’un jeune veau. C’est à-dire , on en voit d’autres qu’elle, s’amouracher de quelque jeune homme. Benserade , Rondeaux. II s’étend avec un air & des faqons d’agir d’un jeune veau. Benserade , Poésies. {Bel- luii morepandiculatur.) C’est-à-dire, il s’etend avec un air & des manières de faire d’un jeune godelureau. Avoir une fièvre de veau. (Exiguct febre laborare. C’est- à-dire, avoir une petite fievre.) AuJJÌ-tòt meurt le veau que la vache. [ Mors omnes eequo puisâtpede.) Proverbe, pour dire que les jeunes meurent aussi-rôt que les vieux. On dit par allusion àl’histoire de Pensant prodigue, qu’il faut tuer le veau gras, pour regaler quelcun à son arrivée après une longue absence. Faire k pié de veau à quelcun. {In ìnfimas adulatio- nesdemitti. C’est lui faire la reverence avec de basses soumissions. On dit d’un homme qui a épousé une femme qui étoit grosse du fait d’autrui, qu’// a eu la vache U l* veau. [Clxorem gravidam ducere.) C’efi une bride à veau. [Ad papulwn phaleras.) Lors qu’on donne de méchantes raisons dont on amuse le* simples. VEAU-DE-VILI E. Voïez vaudeville. VEAU Peau. Voïez vau Peau. f VEA UN A. Ëspece d’Ecrevisse, grosse environ Comme un œuf, de couleur d’olive-jaunâtre. Elle a huit pâtes. Les quatre d’en haut font plus longues que celles d’enbas. Sa chair est jaunâtre & bonne a manger. Elle est pectorale & aperitive. ; VEAUTRER , V. a [ Volutare .] Prononcez vètré. C’est tourner de côté & d’autre dans la bouë , ou dans quelque autre chose à peu près de cette sorte. (Ilagour- nié celui qui s’est ataqué à lui > ct l’a veautré dans la bouë. ) Se veautrer, ». r. {In luto volutarif) Se tourner cà & là dans la bouë , dans la fange , ou dans quelque autre chose à peu près de cette nature.. (Les cochons se veautrent dans la bouë. Se veautrer dans toutes sortes de débauches. Dedans la paille fraîche , il se veautre, il se plonge. Bens.) VEDASSE,/ s. {Cineris calcule]ì Jpecies.) EspeCe de cendre gravelée qui est propre pour la teinture, ct qu’on aporte en France de Pologne & de Moscovie. On la nomme aussi potasse. 'VEDETTE,//. {Eques excubitor.) Sentinelle à cheval. C’est un cavalier qui est posé en sentinelle , ct qui est détaché du corps de garde pour découvrir íì fer* nefni ne se met point en état de faire quelque surprise, ct pour avertir alors le corps Je garde de tout ce qu’il a ■ pú découvrir. (Poser une vedette.) í VEF , f m . Voïez veuf, dans la colonne VEU» VEGETABLE , adj. [ Vigens , vit a compas.) Ce mot vient du Latin , & jj se stit eu parlant des plantes, ct veut dire qui peut croître. (Plante qui .n’a plus tien de vegetable.) VEGETAL, vegetale , adj. (Vegetabilis , vegetatims.) Terni» VEH Terme de Philosophie Chimique, Quivegete, qui peuple & produit, qui croit connues les plantes. (11 y a un mixte animal, un végétal & un minerai. Le mixte animal est le plus considérable , & le végétal après. 11 y a une faculté naturelle & vegetale.) VEGETANT, ante , aílj. [ Végétant, idoneum è terra succion trahens.) Qui prend nourriture ou àcroissement du suc de la terre. ( On atribuë aux plantes une ame végétante.') VEGETATIF , végétative , adj. [Figeas, vegetativus.) II lignifie qui croit & qui produit. (Mixte végétatif. Faculté végétative. Quelques Philosophes parlent d’une ame végétative.) VEGETATION, f. f. [Fegetatio.) Prononcez végétation. Terme de Philosophie Chimique. 11 lignifie production. (On a découvert qu’il fe fait dans la végétation une circulation du suc de la terre dans les plantes, commuai fe fait une circulation du sang dans les animaux. Les Chimistes ont imaginé une végétation dans les métaux , mais mal , car les métaux ne vegetent point.) VEGETAUX, s m. [Fegetasemina.) Ce mot ne se dit qu’au píunel , & on entend par ce mot le bois, les écorces, les racines, les refînes, les gommes & autres ex- croissances, les fetiiiles, les fleurs , les semences, les fruits Ci les arbres qui vivent dans la terre , où ils prennent de la grosseur, de la longueur & de l’étenduë. (Les végétaux font presque infinis. Les végétaux entiers, ou leurs parties peuvent être réduits par le feu en leurs cinq substances distinguées. Préparer les végétaux. Di- lliler les végétaux. Mail se laissant aller à Vardeur qui ïemporte , 11 pajje aux végétaux, pour voir de quelle sort* Dans jbz travail secret la nature conduit L’admirable progrès de la plante du fruit. Perr. Epit. à la Quintinie.) VEGETER , v. ». [Fegetarej Terme de Philosophie & de Chimie. C’elt produire, croître & peupler comme les plantes. ( Les métaux ne vegetent point parce que ce font des corps morts & incomtnutables. On a pourtant fait quelques expériences , par lesquelles , on a fait voir l’or, Purgent, le fer & le cuivre vegeter étant mis dans de Peau forte, dans laquelle on a vú une espece d’arbre qui croit à vûë d’œil dans toute la hauteur de Peau tant qu’il y a de la matière. Volez le Jeu mal des Savant de 1677.) VEGKLS , / f Terme de Marine. [ Tabulatum navis wteriuw ] Ce font des planches qui doublent le vaisseau en dedans. On apeile vegres endentées les plus épaisses, aufquelles on fait des entailles, & vegres de pont celles qui font le tour du vaisseau au second pont. Y E Hf iVl F. N C E , f. f. [ Fehemens impetus , vehe- me>,s incitatio ] Force. Vigueur. Action pleine de feu. Action acumpagnée de force & de vivacité. (Parler avec veheinence. Plaider avec vehemence. On peut comparer Demoltene, à cause de la rapidité, de la force , & de la vehemence avec laquelle il ravage tout, à une tempête &à un foudre. Dejpreaux , Longin. La force & la vehemence elì le caractère de Démo- stene. Cicéron a égale la vehemence de Démostene, l’abondance de Platon & la douceur d’Isocrate. Mauc. Philip, préface .) VEHEMENT , vehemente , adj. [ Fehemens , acris, violentas.'] Ce mot se dit des personnes & des choses , & signifie ardent. Plein de feu. Violent. (Orateur vehe- ment. Action vehemente. Le feu qui brûla Gomore. Ne fut jamais Jî vehement. Voit. Poès.) VEHICULE,/>«• Ce mot est écorché du Latin véhiculant, ct fe dit parmi les Médecins , & lignifie ce qui pousse, ce qui chasse, ce qui fait ofierer quelque autre chose. (Le bouillon sert de uàm'e à ce remede.) f ' VEHICULE. [L> : Jj>oJì:io , praparatio .] Ce mot en conversation se dit auin quelquefois aujìguié , où 1 on dit. (Cette considération a servi de véhiculé pour le résoudre. C’est-à-dire , a contribué à le faire refondre. ) VEILLE , f f- [Figilia , vigilia.) Etat auquel nos sens sont libres & dégagez. Etat auquel nous entendons fión nous parle & nous volons s’il y a des objets éclairez devant nos yeux , & nous sentons en toutes les maniérés dont nous sommes capables lors que les objets agissent par les organes de nos sens. (On traite de la veille & du sommeil en Philosophie.) VEí 677 VEILLE. [ Figilia .] Ce mot se dit en parlant de la maniéré dont les anciens Romains divisoient la nuit. 11s la partageoient en quatre veilles , & chaque veille comprenoit trois heures. (Sur la quatrième veille de la nuit, ils vinrent a taquet le champ. Ablanc. Tac. * Les veilles cesseront au sommet de nos tours. Malherbe, Poésies.) C’est-à-dire, on ne fera plus garde. II n’y aura plus de sentinelle fur nos tours. * VEILLE. [Lucubratio , vigilia . ] Etude qu’on fait durant une partie de la nuit. Peine qu’on prend durant une partie de la nuit à travailler & à faire quelque chose d’efprit ; mais dans ce sens le mot de veille ne fe dit qu’au pluriel. (Oui, je sai qu’entre ceux qui P adressent leurs veilles. Parmi les Calletets on compte des Corneilles. Despreaux, Discours au Rei. Je ne dispute point ce prix Avec tant : de rares esprits, Qui t’ont choisi pour but de leurs savantes veilles. Chapelain, Ode au Cardinal de Richelieu.) Chandelle de veille, f Candela sebacea vigilia. ] C’est une longue chandelle qui peut durer toute la nuit. VEILLE. [Pervigihum, vigilia.') Le jour qui en précédé un autre. Le jour qui précede une fête. (La veille on dira Vigile à neuf Pscaumes & à neuf leçons. II jeûne toutes les veilles de bonnes fêtes.) jQT VEILLE. Le jour qui précede la fête de quelque Saint. ( 11 vint la veille de S. Jean.) Le jour qui précede la fête a conservé ce nom qui iignitìoit autrefois non pas le jour, mais la nuit pendant laquelle les Chrétiens veilloient fur les tombeaux des Mattirs , en chantant des himnes, & en invoquant ceux dont on devoit célébrer la fête le lendemain. On apella ces sortes de veilles , natalitia, non point par raport au jour de la naissance d u Martir, mais parce qu’ils regardoient le jour du martire comme une nouvelle naissance & une autre vie infiniment plus heureuse que celle qu’on leur avoitôtée. On trouve le terme natalis pour le jour du martire, & natalitia pour la veille de ce jour dans plusieurs Auteurs Eclésialliques. Saint Augustin a dit dans son sermon sur Saint Etienne : Natalent Domini hejlerà die cclebravimus , quo dignatus ejl najci ; natalemservi celebramus quo coronatus eji. 11 y a quelque aparence que l’on commença les Saintes veilles dans le second siécle de l’Eglise, & que ce fut pour célébrer le martire de Saint Polycarpe Evêque de Smyrne. Cette époque est véritablement contestée , & il est dificile de la fixer. Ce qu’il y a de vrai, est que c’étoit fur le tombeau des Mar- tirs que l’on folennisuit la veille du jour du martire du Saint que l’on invoquoit. O11 avoir acoûtumé de publier la fête des Mattirs que l’on devoit célébrer : cette publication se faisoit secrètement dans les te ms de persécu- * tion par un homme préposé pour cette fonction , que l’on apelloit cursor. 11 n’étoit point permis de celebrer la fête des Mattirs pendant le Carême ; un tems de tristesse & de mortification n’étoit point propre pour la joie que l’on faisoit paroître en honorant les Martirs. Le Canon 51. du Concile de Laodicée permet seulement da faire la commémoration des actions des Martirs pendant ce tems-ià ; & ce n’étoit même que dans les Samedis & dans les Dimanches que l’on pouvoir renouveler le souvenir des Saints Martirs. Le concours des Chrétiens étoit extrême , selon le témoignage de Prudence daqs son Hiinne quatrième, & dans plusieurs endroits de ses œuvres, qui marquent précisément que les miracles qui se faisòient dans les solennitez , y attiroient de toutes parts des personnes de l’un & de l’autre sexe. C’étoit principalement pendant la nuit que ces Saintes assemblées sc faifoient, comme nous l’aprenons de Ter- tulien & de Clément d’AIexandrie ; on les éclairoit par le moien des cierges & d’autres matières qui produi- soient une lumière sufisante pour supléer au défaut du jour. Il est aisé de comprendre que dans la fuite des tems, cette Sainte & devote pratique tomba dans l’abus & dans la corruption : les tems & les circonstances croient trop favorables pour n’y pas introduire le crime : & le scandale devint si public, que dans le sep, tiéme siécle on défendit les veilles nocturnes; ce qui fut confirmé par plusieurs Conciles généraux & par deg Synodes particuliers. * A la veille de. Sorte d ’adverbe pour dire au moment. Sur le point de.. (Ce fut un grand bonheur pour moi d» Qctq 1 ] ! recevoir recevoir tant de consolation à la veille pvojrmtde peines. Voit. L rà. Uétoit a la veille de se voir le plus triomphant, ou le plus misérable Prince de toute la terre. Vaug. Quint. liv. [De sorte magnammi vd miseri Principts m dubium vent ébat.} -j 11 Se faire poissonnier à la veille de Pâques, Cette façon de parler basse & proverbiale veut dire, se mètre dans un emploi lors qu’il n’y a plus rien a gagner. Ancre à veille. [ Ancborci dijpofita ad emtsssonem. J Ternie de Marine. C’est une ancre prête à être mouillée. _ „ _ , VEILLE^., f.,f- [Vigilia noclurna.} Terme de gens de vilage d’aurour de Paris. C’est le lieu ou l’on Va Veiller l’hiver dans les vilages d’autour de Paris, & ou les tilles & les femmes du vilage s’assemblent, & font là les petits ouvrages qu’elles ont à faire. ( Les garçons du vilage qui ont des maîtresses le trouvent quelquefois a la Veillée. Aller à là veillée. On se divertit bien hier a la veillée. On va à la veillée depuis la Toullaints jusques a Carême-prenant. Qui veut savoir de bonnes nouvelles, n’a qu’à aller à la veillée.) Voïez veillerie PâTE' de veillée. [V igìliarum artocreas.} C est chez les artisans un pâté que les maîtres font obligez de donner à leurs compagnons le jour de la S. Rémi, pour les avertir qu’il faut depuis ce tems-là fe remette à travailler après le soupé. VEILLE E, f. f. [Vìgilia noclurna.} Ce mot signifie aussi l’*ction de veiller auprès d’un malade. (On doit six Veillées à cette garde qui a veillée ce malade. ) VEILLER , v. aH. ei n. [Vtgiiarc , noctem ducere insomnem,} Ne pas dormir. {Toute la nature sommeille , Mats non , fat tort , je m’aperçoi Que dans ce beau lit oú je veille Mes suces veillent avec moi. Sarafin, Poésies.) VEILLER. [Pernociare.} Passer une partie de la nuit à fe réjouir. (On va ce soir veiller chez Mad. l’Inten- dante , & l’on y jouera à brifquanbille.) VEILLER , v. a. [/id cujiodiam infirmi p email are.} Ce mot se dit des malades , & signifie passer la nuit auprès d’une personne malade & en avoir foin. (Veiller un malade.) * VEILLER , v. a. [Observare, aucupari.} Epier les actions d’une personne , la suivfe de près. ( On le veille.) VEILLER , ». n. [Ad multam noclem Jludendo vigi- lare.} Etudier, ou travailler une partie de la nuit. (C’est un homme qui étudie fort, il veille tous les jours jus- quesà minuit.) * VEILLER, ». ». [Vtgilare , attendere .] Etre fur ses gardes. {Veille2 [Vigtlate.} Parce qUe vous ne savez à quelle heure notre Seigneur doit venir. Car sachez que fi le pere de famille étoit averti de l’heure à laquelle le voleur doit venir, il est sans doute qu’il veiUeroit. Port- Róial , Nouveau Testament , Saint Mathieu, ch. 24.) * VEILLER. [Rebutsuis attendere .) Observer. Avoir l’œil sur foi , sur quelque personne, ou sur quelque chose. (* Je veillerai sur moi même en toutes choses pour ne pas pecher par ma langue. Fort-Roial , Psaumes .,) * VEILLER fur la conduite d’une personne. Abl. [Ac- curatius quid agat homo vzdere.} * Vous veillerez avec une aplication particulière à la conservation de votre personne. Le Prejidént Coufîn , Hi. foire Romaine. Veiller à une afaire. Patru , pi. 4. * VEILLER. [ïncumbere , attendere.} S’apliquer.Me- tre toute Ion aplication à quelque chose. (1 Ces pieut: féneans veillaient À bien dormir. Despreaux, Lutrin.) VEILLER le Saint Sacrement. [Excubias agere.} Dans l’Eglise Romaine, c’est passer une partie de la nuit de- vant l’autel où le Corps de JESUS-CHRIST est exposé. VEILLER les armes. [Aa arma vtgilare.} C’ètoic une cérémonie qu’on faisoit pour recevoir les Chevaliers, on metoit les armes dans une chapelle , & le Chevalier les gardoit la nuit avant fa réception, (Il ajoúta qu’il n’avoit point de chapelle dans son château pour y faire la veille désarmés, mais qu’il favoit bien qu’en cas de nécessité l’on veiiloit où l’on voulait. D. Quichotte , t, 1. cb. ;.) VEILLER le cable. [Ad rudentem vtgilare.} Terme de Manne. C'est y prendre garde. On dit aussi veiller unedrjjje , c’est la tenir prête pour amener le hunier. veiller une écoute de hune , c’est la tenir prête à être larguée. VEILLER Voiseau. [Accipitrem evigiìare .] C’est l’empêcher de dormir a fin de le mieux dresser. On dit proverbialement. Jeunesse qui Veille , & vieillesse qui dort, c’est signe de mort. t VEILLERIE, s.s. [Vigitiarum locus.} C’est le lieu où l’hiver on veille dans les vilages d’autour de Paris ; mais on dit qu’en ce 0 sens le mot du veillée est plus en usage que celui de veillerie , qui n’est guére que dans la bouche des païfannes qui parlent mal. Cependant il fe dit quelquefois. (On rit, on chante, on cause, on dit des contes à la veillerie.) VEILLEUR , f. m. [Ad caduver eXcubitor.} On apell* de ce nom à Paris , l’Ecléíìastique qui veille la nuit auprès d’un corps mort, & qui prie jusqu’à ce qu’on vienne enlever ce corps pour le porter à l’Eglise & l’enterrer. (On prend d’ordinaire un ou deux Veilleurs , & on leur donne du moins un écu à chacun.) VEILLOIR , s. m. [Abacus sutorius nofturnus,} Terme de Bourrelier & de Cordonnier. C’est une maniéré de fort petite table avec des rebords, fur laquelle les bourreliers & les cordonniers mettent leur chandelle & quelques petits outils , & autour de laquelle ils se rangent quand ils travaillent le soir à la chandelle. ( Apor- tez leveilloir au milieu de !a boutique. Mettez leveillotr au milieu de la boutique & la chanCselle dessus. ) VEILLOTE, f.s. [ Par vus íœni cumulus. ] Terme de Faucheur & de Faneuse d’autour de Paris. C’est un petit tas de foin qu’on fait lors que f herbe du pré est fauchée, & qu’on la fane , & cela afin de la faire plutôt foin. (Mettre le foin en veillâtes, faire de trop petites veillâtes.) VEINE , ou véne , s. f. [Vena.} Terme d’ Anatomie . Vaisseau qui contient le sang. Vaisseau qui est composé d’une peau fort mince, qui contient le seng & qui est au dessous dela peau qui couvre le corps. (Piquet ia veine. Seneque & Pauline se firent couper les veine* d u bras. Ablanc. Tac. Annales. I 1 y.) Ouvrir la veine à quelcuti. [Vtnam incidere.} C’est saigner une persomne. II y a de plusieurs sortes de veines. Veine cave. Veine cave ascendante. Veine cave décendante. Veine porte. Veine artérieufe. Veine lactée. Veine limphatique. Voïez Anatomie de Bartohi:, de Riolan, & autres. La circulation du sang se Fait des altères dans les veines.) On dit en termes de Maréchal. Barrer la veine à un cheval. [Venam illigare.} C’est dégager la veine , la lier dessus & dessous, & la couper pour arrêter le cours des h umeurs malignes qui s’y jettent. * VEINE. [Pena, Pocttca facultas.} Ce mot fe dit en parlant de vers St de Poètes, & il signifie genie. Vervè. Esprit poétique. (Rare (-7 fameux esprit dont la fertile veine Ignore en écrivant le travail [fi la peint. Defpr. Sans ce nom dont la vive lumière Donne un lustre éclatant à leur veine grojïïért, lis verraient. Despreaux, Discours au Roi. Que fi ces vers ne coulent doucement , Nous en ferons d’une meilleure veine. Voiture. Poésies.) * VEINE. [Lignorum vena.} Ce mot fe dit en parlant dé certain bois. il fe dit aussi en parlant du marbre St des pierres, & signifie petit filet dans le bois, ou le marbre. (Le bois est plein de veines. Tout le marbre est de couleur de feu avec des veines blanches. Voïez ia description de Versailles.') * VEINE d’eau. [Aqua vena , rivultis.} Ce motfe dit en parlant de fleuves & de rivières. (Cette grande fertilité vient de ces deux fleuves qui par des veines d’eatl humectent presque tout le terroir. Vaug. Quint. 1 . ç. ch. 1. C’est-à-dire, qui par de petits conduits d’eau humectent le terroir.) VEINE de terre. [Terra vena.} Terme d s Jardinier. Un endroit du jardin où la terre est d’une diférente nature que dans les autres endroits. (Veine de terre fablo- ncuse, argilleufe, &c. Voici Pendrait du jardin où il y a la meilleure veine de terre, c’est-à-dire , qui produit le mieux.) Qn dit aussi en parlant de métaux, de minéraux & de pierres précieuses. [Vena.} Une veine d’or, d’argent, dc mercure, &c. Une veine de vitriol, d’aiun, &e. Qn VEL ôn parie des veine* des mines de diamans. Voïez Ta- vernier, VEINE , vené , adj. [Venosus.) On prononce vêné. II le dit du bois & du marbre» & veut dire qui a des veines, qui eft seme de veines. ( Ce bois eft beau , parce qu il est veine. Le Marbre veiné est le plus agréable.) f On dit dans le méme sens, veineux , veineuse , adj. [ Vemsus.) VbLAK , / m. s Eryfimum vulgare. 3 Plante dont les feuilles font velues, découpées profondément, semblables à celles de la roquette, ou de la chicorée sauvage , & qui est très-propre pour l’asthme & pour les vieilles toux. f Cette plante est incisive , détersive, aperitive; elle excite le crachat, elle facilite la respiration , elle est vulnéraire. On se sert de sa semence pour l’asthrae, pour le scorbut & pour la pierre. VELAUT, ou veloo. [Vide, vide iOum ,] Terme de Cbajjì , dont on se sert pour exciter les chiens quand on volt le lièvre. VEXER , v. n. [Vitulum ederej Ce mot se dit des vaches , & veut dire faire un veau. (Vache qui vêle. Vache qui a été long-tems à vêler.) VEXE E, f m. [Vélum inferius .] Terme de Religieuses. C’elt une doublure blanche qu’on atache au voile de dessous. (Velet déchiré. Vélet usé.) VEXIN , f m. [ Vitulina membrana. J C'est une peau de veau que le mégissier a travaillée & passée en mégie, & que le parcheminier a raturée. ( Ce vélin eft fort beau.) ê VE'LIN. On donne aussi ce nom en Normandie, aux points de France qui se fabriquent à Alençon, parce que les patrons fur lesquels on travaille à ces dentelles font destinez fur du vélin. VEL 1 TE , f m. [Velites.'] Terme de Milice Romaine. C’étoit une forte de soldats de l’ancienne Rome qui étoit armé d’un javelot, d’un casque, d’une cui- tasse , & d’une rondache. (II y avoir dans les troupes de l’ancienne Rome des velites frondeurs , & des véli- tes archers. Ts'Ablanc. Apopb.) VELLEITE' ifs- [Velleitas, imperfeíla volant as.] Terme de Théologie. Volonté foible & imparfaite. (Les résolutions de la plupart des hommes pour leur salut ne sont que des velleitez.) £ VELLON , / nu C'est en Espagne ce qu’on apelle en France Billon. II se dit particulièrement des espèces de cuivre. On prononce en Espagnol Veillon. (Ducat de Veston, real de Veston , maravedis de Vel- lon. ) VELOCITE',//, [Vehcitas, celeritas.] Vitesse, promptitude. (Le tems court avec une étrange vélocité. Le mouvement de Saturne se sait avec une merveilleuse vélocité.) VELOURS , velous , / m. [Serìcus pannus alterâ parte villojus. ] Autrefois on disoit velous , mais aujourd’hui on dit & on écrit velours. C’est une forte d’étofe de foie forte & moëleuse. (Velours plein. Velours renforcé. Velours raz. Velours façonné, figuré, bleu , noir, incarnat. Velours à deux , à trois , ou à quatre poils.) Voïez Mr. Ménage dans ses Observations , tom. i. ch. 19. f’VELOURS. [Iter lene, commodum.] Ce mot fe dit quelquefois en riant au figuré. Exemple. ( Veut-on monter fur les celejìes tours Chemin pierreux U grande rivière, Escobar fait un Chemin de velours. La Fontaine, balade. C’est-à-dire, qu’Escobar fait un chemin aisé, doux & facile pour gagner le Ciel. Faire pâte de velours.) VELOUTE', / w. [Heteromalli textura.] Terme de Rubanier. C’est une forte de petit ruban travaillé avec le couteau & fait par coupez, (faire du velouté.) VELOUTE', veloutée , adj. [Injtar beteromalli tex- tus .) Qui cire fur le velours. Qui tient du velours. (Ruban velouté. Draperie qui paroit veloutee.) * VELOUTE', veloutée. [Villojus instarsmcipannid] Ce mot fe dit des fleurs. (Scabieufe veloutée. C’est-à- dire, qui a quelque chose du velours.) f* VELOUTE , veloutée, adj. [Sordnli paronychiis.] Ce mot fe dît des ongles, & ne fe dit qu en raillant. II veut dire , grands ongles tout noirs d ordures, qu on apelle veloutez à cause de cela. (Le Seigneur Amelot Je la lioussaie est toûjours habillé en Auteur, & pense VEN 674 pourtant avec ce bel équipage, sa mine égarée & chagrine, & ses ongles veloutez, emporter le cœur de* belles de la rué Saint Jaques.) Voïez ongle. VELOUTE', / m. [ Subobjcurusl ] Terme de Jo'ùail- lier. C’est une couleur sombre & foncée, telle qu’est d’ordinaire celle des pierres taillées en cabochon, & fur tout le saphir bleu. VELOUTE', / m. [ViBosa membrana.] II se dit aufli d’une membrane qui revêt ordinairement le dedans du ventricule des animaux qui ruminent. t * VELOUTE', veloutée. [Vinutn vêtus rubicitnd ufft ,] Ce mot se dit en parlant de vin vieux d’une co u l eur rouge & vermeille. (II ne manqueroit point de V ous parler du vin à fève veloutée. Molière, Bourgeois Q^. tilhomme , ail. 4. fcene première. Les vins couverts veloutez Par les vieillards furent goûtez.) VELOUTEE, v. a. [ Opus bombicinum viUosum U- xere,] Terme de Rubanier. C’est travailler la soie fur le métier avec un petit instrument en forme de lancette, qu’on apelle couteau ; & donner à cette soie un air de velours.) í VELTAGE) s. m. Mesurage qui se fait des banques , tonneaux, pipes & autres futailles, avec l’instru- ment apellé veste, pour savoir combien ils contiennent de fois la mesure qu’on apelle aussi Veste. f VELTAGE , se dit aussi du droit qui est dû au Vestent, ou Jaugent. VELTE, s.s. [Velta , feu tressextarìi,] Terme de Uegoce. C’est la mesure de quelques choses liquides , dont on fe sert dans le trafic de Hollande. Elle contient trois pots, & le pot deux pintes. Les pipes d’eau de vie qu’on vend à Nantes , à Orléans & en Poitou , contiennent soixante ou soixante & dix Veltes. VELTE R , î-, a. Mesurer avec la Veste. 4 VELTEUR, / m. Oficier qui mesure avec lavelte. C’est ce qu’on apelle ailleurs Jaugeur. VELU , velue , adj. [Pilojus.] Plein de poil. (L’ours est un animal fort velu, d’où vient qu’en parlant d’un homme qui a le corps plein de poil on dit ordinairement il est velu comme un ours. Avoir les mains toutes velues, c’est à-d ire, pleines de poil. C’est une vieille au menton velu.) VELU, velue , adj. [Mucidus.] II est dit aussi des fromages moisis, des confitures chancies. VELVOTE, / / [Linariasegetum, numrnularìct folio vìBoso.] Plante qui est une elpece de linaire, «S qui est velue eomme la vulve. VENAISON,// [Caro serina.] Chair de cerf & d’autres bêtes fauves. Teins que le cerf & les autres bêtes fauves sont les meilleures à manger. Chair de bête sauvage qu’on mange. (Aimer la venaison. Un pâté de venaison Les cerfs de dix cors & les vieux cerfs ont plus de venaison que les autres ceifs.) VENAISON. [Adeps cervi .] Haute graisse d’un cerf, d’un sanglier & autres bêtes. Un cerf a trois doigts de venaison pour dire trois rio-gts de lard. On dit proverbialement, toute chair n'eft pas venaison. [Ahter catuli longé oient, aliter sues .J VE N AL, venaìe, adj. [Venalis ] Qui se peut vendre. Qui fe vend. (11 y a en France des ofices vénaux & des ofices non vénaux. Les ofices vénaux sont ceux de justice & de finance, & les ofices non vénaux font les ofices de la Couronne Voïez Loiseau Traité des ofices.) * VENAL, venale. [Venahs J Ce mot au figuré fe dit des perlonnes & lignifie q té on gagne à force A’argent. (11 est d’un esprit bas & vénal de prendre de l’argent pour déguiser la vérité. Le monde est plein d’ames ve. nales.) YENALEMENT , adv. [ Vmalìter. J D’une maniéré venale & intéressée. (Les avares ne font rien que vena- lement, & dans l’espoir du gain.) VENALITE',// [Nundinatio, venditio.] Ce mot se dit en parlant des ofices de justice & de finance & signifie vente. (La vénalité des ofices n’a été pratiquée dans aucune ancienne République. Loij'eau, l. %.des ofices, c. ». La vénalité des ofices est toute publique. Patru, plaid. 7.) VEN AN T. [Veniens.] Participe signifiant qui vient. * VENANT. [Reditus annuus certus acfixus .J Ce mot fe dit en parlant de rente, & veut dire. Qui vient assurément chaque année- (11a qujtre mille écus de rente bien venant , Molière , Ecole des maris, ail. t.sc, s. Tout s ego VEN Tmt votant. Voïezla lettre T. co- íonn sTout. Cet autre fou , non moins privé de sens, Qui jette , furieux,son bien à tous venans. Despr.) VENDANGE, s f [Vindmia.J Prononcez van- Mange. Ce mot signifie la coupe des grapes de raisins jnûrs pour en faire c!u vin. Le mot de vendange signifie aussi l’espace de tems qu’on emploie à couper les gra- -pes de raisins mûrs. (Faire vendange. On a fait une 'bonne vendange cette année. Aller en vendange. Etre es vendange. II est mort pendant la vendange. II a fait bonne vendange.) " 0 Ban de vendange. On entend par ces mots le droit de défendre de vendanger, ou de la permettre lorfqu’on le trouve à propos. Ce droit subsiste presque par tout le Roïaunie ; il est ataché à la haute Justice , dont les Oficiers, après avoir visité les vignes, font publier la liberté de vendanger, ou par un cri public, ou par le son de la principale cloche de la Parroisse. Avant cette publication , les vignes sont en bannie, selon l’expression de la Coutume de Nevers, ch.i^. art.r. c’est-à-dire, qu’il est défendu de les vendanger. C’elt en cette qualité de Haut-Justicier que le Seigneur a droit de vendanger seul & avant ses sujets pendant un jour avant f ouverture, selon la Coûtumede Nevers, tit. i;. -art. %. Mais dans quelques Coutumes, le Seigneur a deux jours de préférence, & nous aprenons de Mr. de Boissieux , dans son Traité de l’ufage des fief s,.part. r. ch.ìç, que cette préférence n’a d’autre borne que sillage. Mais quoique cette police semble devoir être ge- nerale & sans exception conformément à la Coutume de Berri, tit, iç. art. 4. cependant parce que c’est une charge prédiale , & qu’il s’agit de l’interêt du Public , ceux dont les vignes sont closes & enfermées de maniéré qu’on peut vendanger fans conséquence pour les autres, peuvent vendanger fans en demander la permission. C est le sentiment de Mr. Henri, tome 1. liv. 3. ch. 3. qu. 3 6. conformément à ia disposition de la Coutume de Nevers, tit. 13. art. 2. Enfin il faut procéder à une visite generale de toutes les vignes du village, en présence des Consuls & anciens Habitant, avant que de fixer les vendanges. f * Prêcher fur la vendange . C’est-à-díre, ne parles que de vin, ne parler que de boire. (t * McJJìre Jean , c’étoit certain Curé Qui prêchoit feu fimn fur la vendange, La Font. Contes nouv.) On dit proverbialement , adieu paniers, vendanges font faites, pour dire que la grêle ou les soldats ont ruiné les vignes, & qu’on n’a plus afaire de panniers. On dit figurément, qu’tm homme a fait vendange , quand il a gagné beaucoup dans une afaire. [Coftas re. foxit .2 VENDANGER,», a. [Vindemiareumrj Prononcez mntiangé. C’est faire la vendange. C’est couper les grapes de raisin d’une vigne lorfqu’elles sont mures afin d’en faire du vin. (Vendanger une vigne. On dit souvent aussi au neutre, on vendangera dans quinze jours. On n’a pas encore tout-à-fait vendangé.) (f * Tout eji vendangé. [Omnia dejìruciafunt.~\ Ces mots au figuré veulent dire. Tout est perdu. Tout est ruiné, ravagé, facagé.) VENDANGEUR, f. m. [Vindemiator , Vindemitor. J Prononcez , vandangeur. Celui qui aide à faire la vendange. (Un bon vendangeur. Arrêter des vendangeurs, Les vendangeurs font paiez. Bachus comble de ses nou. veaux bien-faits le vendangeur. Dejp.') f* Les Saints vendangeurs. [Vindemiatores .Faqon de parler populaire & proverbiale. On apeìle de ee nom les Saints dont les Fêtes échéent à la fin d’Avril ou au commencement de Mai, qui est le tems où les vignes font en danger de geler. On en compte jusqu’à douze, 5 ). George , 8. Marc , &c. II s’est trouvé des païfans qui par ignorance ont demandé qu’on transférât ces Fêtes âpres les vendanges. VENDANGEUSE, f. f. [ Vimlemiatrix. J Prononcez vandangeufi. Celle qui aide à faire la vendange. (Une jolie vendangeuse.) 6 K ^d?ME88E. //j [Venditrix. Se dit e» ter- mes de Paíau , de celle qui vend des héritages, une gammíj 11 6blenS ’ une - char 8 e - (La vendereffe est VENDEUR, f, M. [ Vendit or . ] Prononcez vamleur. VEN Mot général qui signifie, ' Qui vend & fait commerce de quelque denrée. Vendeur d’alumettes.) L VENDEUR d'écailles. [Qcrearum injlitor.'] Vcndeut d’huitres â l’écaille ou d’écaiiles. C’est celui qui depuis le mois de Septembre jusques en Avril, crie & vend des écailles tous les matins par les rués de Paris. (Faites venir un vendeur d’écaiiles.) Juré vendeur & contre Heur de vins. [Vint vènalis lieu tator.'} C’est celui qui reçoit les soumissions des marchands de la ville de Paris, afin de faire la vente de leurs vins. VENDEUR de marée. [ Cetarìus .] C’est un oficier qui achete la marée des chaffe-marée , & la.revend aux revendeuses de marée de Paris, fur lesquelles il gagne quelque chose par écu. (Un riche vendeur de marée.) VENDEUR de fumée. [Qui fumum vendítat, agyrtaj Ces mots font un peu Satiriques, & ils sc disent de gens qui promettent beaucoup , & ne donnent rien de véritablement solide & qui réponde à la grandeur de leurs promesses. (La plupart des Chimistes font de vrais ven- deurs de fumée, & les Médecins les plus hupez font leurs cousins germains.) On les apelle aussi vendeurs de tnitridate. VENDEUR de saucisses & des boudins. [Fartor.] Ven. deur de toutes sortes de denrées dans un marché.. [Ma- eellarimj Vendeur d’allumettes. [Institor mercisJklfu. ratai] On donne ce nom à un homme qui ne dit que des bagatelles, & qui ne conte que des sornettes. VENDEUSE , f. f. [Venditrix.] Prononcez vandeufe. Mot général pour signifier Celle qui vend & trafique de quelque denrée. (Une vendeuse d’herbes, de fruit, Le.) Une vendeuse de beurre. [Butyrdria,] C’est celle qu’on apelle ordinairement beurriere. VENDICATION , f. f [Vendicatio,] Prononcez vendication. Terme de Palais. Action par laquelle on Vendique ou demande une chose qui a été volée, ou Vendue par celui qui n’en étoit pas le propriétaire. La vendication ou revendication fut introduite par Ja Loi des douze Tables : mais comme les formali- tez que l’on devoit observer en ce cas ont été abrogées il yalong-tems, je me contenterai d’indiquer au curieux Lecteur le chapitre septième du second livre du Traité du Deguerpissement de Loiseau, N. S. où il pourra se satisfaire. VËNDIQÚER, ». a. [Vendicare.j Prononcez van. âiqué. Terme de Palais. C’est retirer une chose par droit de propriété. (Vendiquer une terre, un cheval. 11 a vendique cette maison & a fort bien prouvé qu’elle lui apartient. Le Cardinal de Richelieu tâchoit de se ven. diquer toute l’autorité du Roïaume.) L’Académie ne ra- porte point ce terme, & met en sa place revendiquer qui est plus d’ufage, t * VENDITION,/ f [Venditio, licitatio.] Vieux terme de Palais. Dites & Voïez vente. (On a cassé la ven- dition de cette terre parce qu’il y avoir lésion.) VENDQISE» ou vandaife , f. f. [Jaculus.] De quelque façon qu’on écrive ce mot, il faut toujours prononcer vandoife. C’est un poisson de rivière, qui ale museau pointu, le corps tirant fur le brun, verd & jaune, & qui a la chair môle & agréable au goût. (Une bonne vendoife.) VENDÔME* [ Vindocinum .] C’est un nom de Ser gneurìe, qui a donné lieu à deux proverbes dans U langue, (Monsieur le Duc de Vendôme. Si de tes partisans f allois faire des liftes, Leur nombre égaleroit celui des nouveliftes , Qui par l'oisiveté rassemblez au VrintemS A Vendôme, à Villars, marqueront tout leut temps, Palaprat.) On emploie ce mot en deux façons de parler proverbiales. Couleur de Monsieur de Vendôme. [Invifibilis.] C’est-à-dire, Invisible. Fraîcheur de Mr. de Vendôme, c’est-à-dire , pendant la chaleur. Ces deux proverbes viennent par corruption à vent d*amont , qui vient L & fouste du côté d’Orient, lequel est un vent fort violent & incommode, & qui par íà nature est invisible- [jFjluante Joie.] VENDRE, ». a. [Vendere, venumdarej Je vend , je vendis, J’ai vendu , Que je vende , Que je vendisse. C’est donner une chose à prix d’argent. (Vendre quelque chose. Vendre en gros. Vendre en détail. Vendre au poids de For. C’est-à-dire, vendre fort cher. Vendre en argent, à rente, éu en échange. Vendre à pinte & à VEN pi. C’est vendre le vin en détail comme íes catarè» tiers. Vendre a assiette. Terme de Caburetier. C’est vendre d u vin , donner à manger & fournir napes , servie- tes, couteaux & assiettes. Les Cabaretiers païent quatre francs pour chaque muid de vin qu’iis vendent à f ot f 3 Jans qffiete& cent fois quand ils vendent à ajjìettc. Vo- ïez Le Bail des aides. Vendre par cent , ou vendre au «ent. Enjìn four nous tenir toujours fur te bon bout Je rìai rien mangé , j’ai frej'que vendu tout. Bourf. Esope.) * VENDRE. E Quajiutu facere.] Ce mot Te dit dans un sens figuré. Exempte. {Ils vendrnt tm bon mot , De cent cous s de bâtons que fait donner un sot. Theoph. Poëlìes. C’est-à-dire , ils ont cent coups de bâton pour un mot plaisant qu’iís ont dit de quelque riche & puissant fat, f * II vend bien J’es c o quittes. [Sua vel minima qu.cqtie bftiinè vendit.'] Facon de parler proverbiale, pOur dire-, il vend fa marchandise fort cher. f * A qui vendez vous vos coquilles ■? £ Phaleratis vis nos ducere.] On se sert de ce proverbe, en parlant à ceux qui veulent vendre leurs marchandises trop chere- ment, croïant qu’on n'en sache pas le prix. * VENDRE. [Prodere.] Trahir. (Un homme est indigne de vivre quand il vend ceux qu’ií fait profession d’aimer. 11 a honteusement vendu ion pais & il ne passé plus aussi que pour un misérable coquin.) VENDRE, fe dit en quelques proverbes. Par exemple. Qnditd’un homme ferieux & qui ne rit jamais, qu’il seroit bon à vendre vache ioireute. On dit de gens qui parlent bas en compagnie , qu’ils Vendent la ville. On dit d’une femme qui requit des prefens de iésgalans , fessmte qui f rend j'e vend. On dit d’un ami, ii est à moi à vendre & à dépendre. [Totus meus ejí.] Se vendre, v. r. [Ventre , venumire.] Je me vend , je me fuis vendu , je me vendis. Se donner à prix d'argent. Se livrer pour une certaine somme. fLe meilleur Vin de Reims ne Je vend que vingt écus le muid rendu à Paris. Marchandise qui fe vend en gros , en détail. Se vendre à faune.) * Ma fille vœdez-vous , Mais ne vous livrez pas-. Reg. Sat. i. C’est-à-dire, Abandonnez-Vous pour de f argent , mais gardez votre liberté. Se vendre. [Facile emptorem tnvenire.] Ce mot fe dit des livres & de certaines autres marchandises, & veut dire. Avoir cours. Avoir débit. (Les traductions de Mr, d’Ablancourt d’iilustre mémoire sc vendent fort.) * Se vendre. [Scjè tnvicem frodere.] Se trahit. (Us fé vendent comme des coquins les uns les autres.) VENDREDI -.f ni. [Dies Veneris , séria Jexta. ] Prononcez Vandredi. Le pénultième jour de la semaine, qui à ce qu’on dit est dédié a Vénus. (C’est aujourd’hui vendredi. C’est vendredi. Le vendredi Saint les Suédois ne mangent qu’une fois, & cela à lix heures du soir. ) VENDU , vendue , adj. [Venditus, vennmdatus.J Donné à prix d’argent. (Vin vendu , Marchandise vendue.) VENDU, vendue. [Facile venditus , dijiractus.] Débité. (L’impression des poésies de la Menardiere n’est pas encore vendue, & il y a néanmoins víngt-cinq ans qu’elles sont imprimées. Les livres du P. R. fe sont bien vendus.) * VENDU, vendue. [ Proditus .] Trahi. (Ami vendu. Amie vendu.) VENE. Volez Peine. VEN EN verne , adj. [ Venatus .] Qui a un goût de venaison, qui sont ia venaison. (Ce gibier est vené comme il faut pour être bon. Cette perdrix est un peu trop venée, & elle feioit meilleure ÍÌ elle nc l’etoit pas tant.) VENEFICE * f. ni. [Venesicium.] Ce mot est pris du Latin. 11 lignifie sortilège. Empoisonnement. (Les sorciers font punis pour leurs venefices.) Ce mot n’est guere en usage , on dit maléfice. t VENELLE,//^ [Vkulus.] Mot burlesque qui signifie à peu près la même chose que fuite. Route pour se sauver. (Enfiler ia venelle. Scar.poéJ. C’est-à-dire* Fuir. [Fugasn arrifere.] Le cheval qu’d F herbe on avoit ritis Fut frej'que fur le f oint d! enfiler la venelle, La Font.J VENENEUX , veneneufe -, adj. [ Véiïèmfus ,_ vené* Jkus.] Mot qui est écorché du Latin & qui ne se dit pas» On dit en fa place venimeux. \ L’Académie remarque que Venimeux se dit d es plantes. (Plante veneneufe. Le suc de la ciguë est vénéneux.) t VENER , v. á. Ce mot Vient du Latin vendri, qui signifie chasser. Mais en ce seps, il n’est pas e'n usage. VENER , v. n. [ Venari. ] Terme de Chajfeur & de Rotijjeur. 11 le dit de tout le gibier ; & signifie, prendre un goût de venaison. Avoir un goût de venaison. (11 faut un peu laisser venèr ces bécasses.) VENER. [Molejìiasn facejfere.] Se dit figurément. (Cet homme’ a été bien vtne , pour dire qu’on lui a bien fait de la peine , & qu’òn lui á donné de l’exercice. Acad, FrançoiJeS) VENERABLE* àdj. [Vcnerabífa.] Ce met fè dit des choses & des personnes & veut dire , digne de respect, & de Vénération. (UnVenerable vieillard. Ab lune. Lnsi chose vénérable.) VENERATION, f f. [Venèr dt'io ,] 'Ptònùhcëivenerq^ 'cion. Ce mot fe dit dés choses & des personnes, & signifie grand respect. ReVerence. (On doit avoir de la vénération pour PEcrittire Sainte. Regarder avec une profonde vénération les choses Sacrées. Cetìx qui remettent les injures, non seulement gagnent l’afection & excitent îa reconnoissance de ceux à qui ils font grâce , mais ils ■atirent encore le respect & la vénération de tous les autres. CouJin. hiji. Rom. U lui rendoit la Vénération qui lui étoit duë. Abiancourt. Avoir des sentiment de vénération pouf les grands hommes, & de mépris pout les sots & orgueilleux.) VENERER , v. a. [ Venerarì. J Honorer , respectes quelque chose de sacré. (Le Concile de Trente veut qu’on venere les Images & les Reliques des Saints, Acad. Fr .) VENERIE,/ / [Venaïio , venatus.] Ce mot signifie Chajje. Equipage de chasse, mais !1 n’est proprement apiiqué en France qu’à la chasse du cerf. Chaque Prince a fá venerie. [Apfaratus venaticus.] Le mot de veneric fe dit aussi d’un livre qui parle de la chasse dù cerf & des bêtes fauves. Ainsi on dit. (La venerie de pouilleux & celle de Salnove sont les plus estimées.) VENERIEN , venerienne, adj. [VenereusJ Ce mot fe dit de certains maux qu’on prend avec des filles oií femmes débauchées, (Mal vénérien. Maladie venerienne.) [Lue? venere a.] 4 VENERIEN , fe dit en parlant des choses qui ont faport à la copulation charnelle. (Plaisir vénérien, acte Vénérien.) VENERIEN. [Penereus.] Qui apartient à Venus. (II y a des étoiles dénaturé venerienne , comme il y en a de saturniennes, & de joviales.) VENEUR, / M. [Venator.] Mot généra! qui veut ûuecbajjeur de certaines bêtes, comme de cerfs, d* chevreuils & autres. (Ln bon veneur.) Le grand Veneur de France. [ Venatcrîum regiorutn prœfeHus.] C’est Pofieier qui a la surintendance sur tous les oficiersde la Venerie d u Roi, qui prête ferment entre les mains de Sa Majesté, & donne des provisions aux autres otìeiers de la venerie. En un mot le Grand Veneur est ie premier Capitaine des chasses du Roïaume, & il est Capitaine des chasses partout oú il n’y a point de ca* pitainerie Roiale établie. Les gardes du Grand Veneur* les capitaines & oficiers qu’ìl commet raportent leur» procez verbaux à la juridiction de la Varenne du Louvre devant le Lieutenant général. Les appellations des jugemens du Lieutenant de la Varenne du Louvre ref- sortissent au Conseil privé d u Roi, & i! y a défense expresse au Parlement & à tous Juges d’en connóitre. Cé que je dis iá je le fai de Moníieur Gramar Lieutenant des chasses , l’un des hommes de la Cour qui a le plu» d’efprít. Au reste quand on a pris quelque cerf * le piqueur en coupe le pié , i! le donne à son Capitaine, puis íe Capitaine le met entre les mains du Grand Veneur qui le présenté au Roi. VENGE/ vengée, adj. [Vmdìcatus.] Qui a reçû quelque vengeance du tort qu’on lu! avoit fait. (Le voilà bien vengé. Elle est bien vengée des injures qu’on lui a faites.) VENGEANCE , / / [VindiFlá ) Prononcez van- jance. Tout ce qu’on fait de choquant, de fâcheuX , dé nuisible, ou d’outrageux à une personne pour fe ref- Tom. III. R r r r sentir «82 VEN. sentir du déplaisir, ou du mal que cette personne nous a fait. (Une cruelle, une rude vengeance. Une fêta- me a toujours une vengeance prête. Kaane. Je ne pousserais pat' tua vengeance./» loin. Racine, Andromaque , a. Ç. 1. Elie poursuit sur nous la vengeance d’Heflor. Racine, Andromaque , a. $. s. í. La plus illustre des vengeances c’est de pardonner a son ennemi, quand on est en état de le perdre. Abîme. Tucid. Les femmes & les petits esprits aiment la vengeance. C’est une chose qui crie vengeance. Mol. mar.jorce. En vain par vos malheurs , ihjlruit de fa puissance > Vous avez éprouvé jusqu’où va fa Vengeance. Abé Régnier.) Mr. Racine dit dans son Athalie, act. í.sc. i. Je tremble qu’Athalie ( je dirai „ qu’-an courrier est allé de Paris à Rome en dix jours, „ & qu’iì est revenu de Rome à Paris dans le mêmè „ tems. Air. de Vaugelas a dit néanmoins ; Alexandre „ vint mettre le juge devant Céline s il semble qu’il ,, faloit dire, alia mettre le siège ; QuinteGurce qui j, parle n’etant pas à Celene lorfqu’il ecïivoit l’histoire „ ÎTAlexandre. Notre réglé ne reçoit aucune excep- „ tien à i’égard cl 'aller ; mais à l’égard de venir, elle en „ reçoit deux considérables : lâ premiere est que ce „ mot lé dit aussi du lieu où l’on est , à celui où l’on „ n’est pas, iortqu’on est prêt de quiter le lieu où ,, l’on est; par exemple , je fuis sor le point de par- „ tir de Paris pour aller en Anjou, je dirai à quel- „ qu’un qui pourroit avoir le même dessein de faire „ le voiage : Voulez-vous venir en Anjou avec moi ? „ & non pas •soulez-vous aller. La seconde , c’est qu’ii „ se dit encore de ce méme lieu où l'on est à celui où s, l’on est à celui où l’on n’elt pas, quand on parle ,, de celui où l’on demeure. Par exemple ; li jeren- „ contre un Dimanche dans les Tuileries quelqu’un ,, de mes amis qui ait acoûtumé de venir chez moi le ,, Mecredi aux Assemblées qui s’y font ce jour-là, je ,, lui dirai : Viendrez-vous Mecredi a la Mercuriale ? ,, & non pas, irez-vous. Ainsi je dirai à quelqu’un que „ j’aurai rencontré dans la rué : Voulez-vous venir à „ main dîner chez moi ? Et la raison de ces façons de ,, parler, c’est qu’on feint que la personne á qui je dis ,, ces choses, part, ou partira du lieu où elle est, où „ de celui où elle sera , pour fe rendre auprès de moi ,, ou pour venir en mon logis. Quelques femmes, tant „ de la Cour, que de la ville , font au reste une grande „ famé sor le mot aller. Je J/eis allé a la '- esse, pour „ dire. J ai été a la MeJJe. Une femme pourroit bien „ dire en sortant de chez elle pour aller à la Messe : Si „ quelqu’un me vient demander , qu’on dise que je fuis „ allée à la Messe , parce qu’elle est à la Messe, en „ éfet, en ce tems-là.; mais quand elle en est de retour, „ elle doit dire : J’ai été à la Messe , & non pas , Jè „suit allée à la Messe .“ VENIR, f Deducere, accedere. ] Parvenir. ( Pour en venir là, il faut beaucoup de tems & de peine. Ablan- eourt, Luc.) ' VENIR. [Oriri, originem ducere.J Dériver. Avoir son origine. (La plupart des mots de chirurgie , d’ana- tomie òé de medecine viennent du Grec. Venez de mille ayeux , .Jì ce n’est pas assez, Feuilleter à loisir tous les siécles passez. Despr. * Son malheur est venu d’avoir fréquenté des fri-. tons.) ■ / n * VENIR. [ Convinire, congruere. J Convenir. ( Le lïiot lui vient bien. Voit.l. 24.) * VENIR, f Modè , paiílò ante. J Ce mot entre encore dans plusieurs façons de parler fort ordinaires, & qui ont toutes des sens disserens. Exemple. (On eut dit que Darius ne vernit que de mourir. Vaug. Qpnt. i. 10. C’est-à-dire , qu’il ,n’y avoir que tres-peu de tems que Darius étoit mort. , . Je viens du Palais. U vient de me paries.) * VENIR. [Crescere, venire. J Croître. (Le bse ne Vient pas bien en Amerique , parce que a terre: e tr °P grasse Le vin n* vient pas en Noiapndie, parce que VEN 68Z Pair y est trop froid, le raisin ns vient pas à Maturité. Ou d r en termes de jeu. Laijsez-mai venir cette main, Je luis le dernier , je vous verrai venir.) VENIR. £ Exbauriri. J Diminuer. (Le vin ne vient plus que goûte à goûte. Cette succession qu’on gros- Mbit tant est venue à rien.) * VENIR. [Héreditatem adiré . ] Terme de Palais » C’est avoir part à une succession. En venir aux mains avec queleun. Ablancourt. [Manus conferere..] C’est-à-dire, lé battre avec queleun. * 11 lui est venu dans Pespnt de voiage r. [In antmutn inducere .j C’est à-dire , il iui a pris fantaisie de voïager. * Cela ne me vint pas alors dans l’efprit. C’est-à- dire , cela ne me tomba pas dans 1 esprit. 11 ne m« souvint pas de cela. * VENIR a bout d’une entreprise. Vaug. Quint. I. [Propositum ajjeqiti .2 C’eit la terminer. lí ne sait qu'uiler if venir. £ tìùc iilùcque currits C’est-à-dire, il ne fe tient point en repos. VENIR , s m. On dit F aller if le revenir, c’est double peine. On dit à un homme qui a reçu deux fou. flets, qu’il a eu F aller U se venir. On dit au Palais, un avenir, pour plaider. VENIR. Ce mot entre dans plusieurs verbes. Après la pluie vient le beau tems. [Posi udumsudum .J On malheur ne vient jamais seul. [Ad malum muìta se mala agglutinants Cela vient comme Mars en Carême. [Vulgò advenit..) Tant que vous irez & viendrez, les chemins ne seront pas fans vous. Ce qui vient par la fiute, s’en retourne par le tambour. [Mâle paria malè dilabuntwr .] Tout vient à point qui peut atendre. [Patientta vmeit omnìa .] Qui chapon mange, chapon lui vient. £ Habenti dabttur. J Quand on parle d’une chose délicieuse , on dit l’eau m’en vient à la bouche, On dit > après la panse vient la dance , pour dire que la bonne chere excite les passions. * Si ma lettre venoit à se perdre , on la prendroií pour une lettre d’ameur. Voïez Lettre d!amour, * A venir. [Futuruss C’est-à-dire. Qui viendra. Qui doit arriver. (Le peuple qui fera creé dans ìessìéelts 4 venir louera le Seigneur. Port-Koiiú, Psaumes, De tant d’exploits pajjez P immortel souvenir, ■EJi Passuré garent des exploits à venir.) * VENITIENNE, f.s. Etofe d’abord fabriquée â Venise , & ensuite ímitee en f rarsee. C’est une efpéce de gros de tours, dont la tissure est très 6ne. VENT,/, m. Prononcez van. 11 vient du Latin vmtus. G’elt un air agité , mû & coulant. (Vent fort, vehement, violent, impétueux, furieux, froid, doux; rafraîchissant, sec, humide. Vent d’Orient. Vent d’Oc- cident. Vent du Nord, Vents principaux. Vents cardinaux. Le vent íòutìe. Le vent-s’eleve, 11 fait du vent; Le vent deífeche. 11 n’y a point de vent qui n'humeâs- Les vents de mer règnent ordinairement le jour, & les vents de terre !a nuit, Ï1 y a diverses opinions for l’ori- gine des vents. Les uns la raportent à la terre , les autres à l’eau , & quelques-uns à Pair. Les vents fe font lorsque les exhalaisons aqueuses trouvent en s’élevant en Pair & pénétrant au travers des pores de la terre, des sels qui le mêlent avec elles. Bernier, traité des meteores. 11 fe leva ce jour là un vent impétueux, Vaug, Quint: L 4. Nous partirons au premier vent. Voit. I, 34, Les vents imitent toutes sottes d’instrumens de musique*, -Mersenné , Harmonie du monde Un grand pin par les vents ejï souvent agité. Aut. anon. Seulement au printèms, quand Flore dam ïes plaines. Faisoic taire des vents les bridantes baleines. Despr.) VENT coulis , f m. [Venins irrepenr.J C’est un Vent qUi Vient par quelque petit trou Ou quelque p#rite fente. (Les vents coulis ne font pas sains. 11 faut boucher ee trou là, il y vient un vent coulis qui incommode fort.) f VENÎ/osei. C’est une certaine agitation de Pair, qui le fait tourner fpiralement. Voïez Régis. VENT. [Fiatus, AmàJ Ce mot fe dit ên parlant du corps. C’est une Vapeur épaisse & grossière qui s’en- gendre dans se corps des personnes, & qui vient des humeurs pituiteufes du corps. (Etre tourmenté des Vents. Avoir dès vents. 11 y a de certaines choses qui engendrent plus de vents les unes que ses autres.) VENT. Ce mot entre en quelques façons de parler dé manège. (Cheval qui porte au veut . [Eqttus el-ato capite.J Tom.Hl, H r r r » G’dù 684 VEN C’est-à-dire, Cheval qui levs le nez aussi haut que ies oreilles, & qui ne porte point en beau lieu. ^uand le cheval porte au vent, on lui donne une martingale, L l'on tâche par-!à de le ramener. Cheval qm«d« vent. [Equus awhelofus., ] C’est-a-dire, chenal qui commence à être pouffif) VENT. VPneuma.} Ce mot entre en quelques taqons de parler de facteurs d’orgues. ( Dispenser le vent avec adresse aux tuiaux de l’orgue. Les facteurs d’orgues mesurent Je vent, ménagent le vent. Mers.) VENT. [Ventus.} Ce mot entre en quelques faqons de parler de fauconnerie, ou l’on dit. (Héron qui fi lâche «u vent. Se mettre fous le vent. Se mettre au dessus du vent.) VENT. [Fend.] Ce mot entre en plusieurs façons de parler de mer, & c’est un mouvement de Pair qui fe tourne vers quelcune des 32. parties de I’orison , & qui gouverne presque toute la navigation. Les uns ne considèrent que quatre vents principaux qu’ils apellent rumbs entiers , & les autres huit, le Nord , le Sud, i’Est, l’Ouest, leNord-est, le Nord-ouest, le Sud-est & le Sud-oùest. On dit en termes de mer. Prendre vent devant. [ Venius ad proram. } C’est-à-dire , par proue. Le vent fi fit Sud. [Ventus flavit ab aujiro.} C’est- à-dire, fe tourna au Sud. Avoir le vent favorable. Le vent est bon pour s’emfcarquer. Avoir le vent contraire. Le vent les arrêta cinq jours. Ils ont vent & marée pour eux. Etre porté d’un bon vent. Etre porté du Nord. Gagner le vent. C’est prendre l’avantage du vent. Mettre vent fur les voiles. [ Vêla adverses ventuni ■pandere .J C’est mettre les voiles parallèles au vent, en forte que le vent les rase, ou les frise fans qu’eiles prennent le vent. Aller de bout au vent , ou avoir le vent par proue, [fse- jlante aune progredi .] C’est aller contre le vent, ou à vent contraire. Etre au vent d’un vaisseau. Pajjìr au vent d’un vaisseau. C’est lui avoir gagné le vent, ou avoir fur lui l’avantage du vent. Etre fous vent. [ Ventum adverfum habere. J C’est avoir le désavantagé du vent. (Le vaisseau étoit fous vent de l’Amiral.) Faire vent arriéré. Porter vent arriéré. [Ventum fi - sundum habere.'} C’est prendre le vent en poupe. VENT largue. [ Ventus ail lattes.} C’est le vent de quartier. (Le vent largue est le plus favorable de tous pour le sillage du vaisseau.) Serrer le vent. [ Obliqua vente navigare.} C’est prendre l’avantage du vent de côté. Tomber fous le vent de quelque bâtiment, ou de quel. que terre. [ A ventoJllere. ] C’tst perdre l’avantage du ventqu’on avoit gagné, ou qu’on vouloit gagner. Le vent tombe. [Ventusfe remittit.} C’est. à-dire, cesse, «n forte qu’il n’y a plus de mer. Coup de vent. [Turbo , procéda,} C’est un orage , ou gros tems. (II nous vint un coup de vent qui dura 24. heures.) Etre porté d’un vent frais. [Lent africoprovebi.} C’est- à-dire, d’un vent favorable. Atendre les vents de terre. C’est-à-dire. Les vents qui viennent du Continent, ou de terre ferme. Partager k vent. [Ventos fecundos partiri.} C’est partager l’avantage du vent. Etre à vau le vent. [Sinuatis velis in altum provehi.} C’est être sous vent, & félon le cours du vent. Guillet, Art de navigation. VENT a'aval. [ Venti aujirales.} Ce sont des vents malfaifans qui viennent de la mer & du midi. On les apelle aussi brises, ou vents d’embas. Vent d’amont est un vent qui vient d’Orient. [Eurus.} Vent frais est celui qui est rafraîchissant fur terre, & favorable fur mer. [Favonius.} Les Anciens ont fort varié fur le nombre des vents ; mais les modernes en mettent 32. qui sor la Méditer- ranr.ee sont autrement apellez que fur l’Ocean. Eli. ou vent oriental, s’apelle sor la Mediterranée levante. Sud, 'l’n -a mil]! ' s y nomme ' veìit d’aval, Ouest , vent clUccident, fe nomme vent de ponant, L nord, tra-, montane. Mr. Hailey a fait un excélent traité des vents. 1 : u à un vent blanc , qui n’est point suivi de piuîe. Horace donne de la couleur aux vents : Ego quidsit ater _ Haa, ;â navt jîims , qui il albus peccct iapix. vn a dit qu Horace ressemhloit en cela à ces gens qui ps* Icgerete paiient du noir au blanc. Ces fortes d’ex- VEN pressions sont tolérés dans la poésie. Un de ncs me-k leurs Auteurs a dit : Fiers arbitres du fort, qui (Lun ail irrité Firent le noir moment de ma nativité, VENT. [Flatus , halitus.} Soufie. Haleine d’une personne. (Reprendre son vent. Retenir son vent.) * Vent. Ce met entre en plusieurs faqons de parler figurées & proverbiales. {f Quand les vents firoient déchaînez Quand les flots feroient mutinez , ÍTn’ejl que de hasarder. C’est-à-dire, il faut tenter, il faut hasarder quelquè chose quand même tout conspireroit pour nous nuire* Cette gloire qui dupe & le sot & l'habile , Quffl.elìe que du vent quand elle eji infertile? C’est-à-dire, cette gloire n’est que fumée, n’est riea si elle n’est acompagnée de quelque utilité. * J’ai fait serment de quiter ma Silvie, Mais des ferment que le dépit fait faire Contre une beauté qu’on aime tendrement, Autant en emporte le vent. [Das verba in ventos.} C’est-à-dire , ces fermens ne sc gardent point & ne sont rien. * Je crois que le vent emportera toures ses afections. Voit. I. 43. C’est-à-dire , je pense que son amour ne durera guère, & que dès qu’il fera un peu loin, il ne songera plus à ce qu’il aime. * Les amoureux jurent qu’ils nous adorent, mais tout cela n’est que àu vent. Ablanc. Luc. C’est-à- dire, que tous leurs fermens ne sont rien, & qu’ils ne s’y faut pas fier.) * II avoit eu le vent de la conjuration de Dessus. Vaug. Quint. I. [Inaudire, edifeere.} C’est-à-dire, il avoit eu quelque avis de la conjuration de Bejjus. Avoir le vent de la marche de l’ennemi. Vaugelas, Quint, l. ;> C’est-à-dire, être averti que l’ennemi marche. * VENT. [Anìmi difiofitio.} Ce mot parlant de Cour & de Souverain, signifie quelquefois la disposition de l’efprit du Prince , le panchant de l’efprit & du cœur du Roi. (Les principaux de la Cour volant Pocaiion favorable , & le vent tourné à la miséricorde, fe leve- rent & intercederent avec larmes.. Vaug. Quint, Curce , l. 7. cb. L.) VENT. [Ventofum ejfe.} Ce mot signifie aussi vanité, orgueil, choses fiateuses & chimériques. (II a bien d» vent dans la tête.) * Etre au.dejfus du vent. [ Supr/iorem ejfe omnibus fortxna caflbus.} Façon de parler proverbiale & figurée, C’est être audessus de toute sorte d’ataque, & être en état de ne plus rien craindre. Avoir le vent en poupe, f Blandientem habere fortti- nam.} C’est être en fortune. (Les maltotiers font leurs afaires pendant qu’ils ont le vent en poupe.) Selon le vent , la voile. C’est-à-dire qu’il ne faut pas aller au-delà de ses forces & de son revenu. [(/í cunu que tjl ventus eocin vélum.} Ou tend les voiles du côté que vient le vent. Pour dire qu’on fe sert des avantages qui fe prefentent. [ Ad id unde aliquis flatus ojlenditur, vêla dantur.} * Contre vent & marée. [ Adverfo aliu efl venta. J Manière de parler proverbiale ct figurée. C’est-s-òìre, centre toute sorte de choses contraires. * Quel bon vent vous amène ? Sorte d’expression figurée ct proverbiale, pour dire, quel bon dessein vous oblige à venir ici? * On repaît les grands de Vent & de fumée. Gomk. Epit. Lors que le vent nous emporte, tout est perdu. Benferade, Rondeau», * II tourne à tout vent. Ablanc. [Mobilis ad otnnem auram.} C’est-à.dire, il est fort changeant. II est leger ct inconstant. ( * Importun à tout autre, à soi-tmme incommode. Il change à tous momens d 1 esprit comme de mode, 11 tourne au moindre vent Defpr. Sat. C’est-à-dire, il n’y a rien de si inconstant que l’esotií de l’homme , c’cit une girouette. La verte jeunejf: Qui tourne à tout vent Peut jouir fans cesse Du plaisir prefint Mais U joúijfaucc D’im VEN ì&ut vieillard cassé, ■EJt la souvenance t>u bon tenu pajsí. Sag. de Vulcain.) f VENT. [Ar.] Ce mot est usité entre cabareiier * warchand de vin. 11s disent donner du vent à un tonneau. C’est desserrer un peu le bondon, ou quelque fausset. C’eft faire un peu de jour à quelque vaisseau que ce soit. Vne arquebuse à veng. [ Catapulta tacita.J Elle se charge avec de l’air condensé. Un moulin à vent. [Moletrma cttjus inoìœ velìs U vento vtrsantur. 3 C’elt un moulin que le vent fait tourner. On se sert de ce mot vent en termes de Venerie & de Fauconnerie. r7 VEN f AIL , s- m. On dit au pluriel ventaux. {Valva.] Terme d 'Architecture. C’est la partie mobile comjrosëe d’une où de deux feuilles d’assemblage qui sert a fermer une porte ou une croisée. On le nomme auííi battant. VENTAIIXE ,s.f. {Galea senejfra.] Terme de ììlason. C est l’ouverture d’un heaume auprès de la bouche pour respirer. VENTE, s f. f Vendit io, alienatio. 3 Prononcez vante. Elle consiste à donner pour de l’argent quelque marchandise, ou autre chose. Action de vendre. Débit de marchandise. {La vente monte haut. La vente est bonne. Métré en vente. Exposer en vente. Apellez les marchands pour nc point retarder la vente.) VENTE. ( Lochs venditionis .] Lieu où l’on vend Ordinairement de certaines choies. (Acheter d u vin fur la vente. Aller fur la vente.) ^VENTES, se dit d’une certaine étendue de bois-, où il y a differentes coupes a faire tous les ans l’une après l’autre. (II y a plusieurs ventes dans cette forêt.) ^ Ajjeoir les ventes , c’est m arquer le bois qui doit être vendu. Vuidtr , nettoier les ventes , c’est enlever le bois vendu. f Jeunes ventes. On apelie ainsi les ventes où le bois coupé commence à revenir, à repousser. f VENTES par recepage. Ce font les ventes qui se font dans les forêts gâtées par délits où par incendie, ou de jeunes taillis qui ont été excessivement abroutis parla gelée ou par les bestiaux. Lots (Vf ventes. [Qbvesítìones ex venditime fundi cen- suaitf.2 Voïez Lods. Lods & ventes font presque toujours sinonimes, &ce droit est dú par l’acheteur au Seigneur ce n lie r. Brodeau a remarqué fur l’article 7 6 . de Paris, qu’il y a pourtant une difétence essentielle entre lods & ventes , les lods étant le genre qui comprend tout ce qui se donne au Seigneur cenlier & direct ; & les ventes sont ì’ejpece, c’est-à-dire, un droit qui ne se paie qu’en cas de vente. Mais la Coutume de Troyes , art. 52. nous fournit une diference plus essentielle , puisqu’elle veut que le vendeur paie les ventes, & l’acheteur les lods. VENTER, v < a - Louer. Voïez vanter. VENTER î v. n. {Flatte .3 Prononcez vanté. C’est- à-dire , faire vent. (11 pleut, d vente, il grêle, il tonne, il fait les quatre tems. 11 vessie extrêmement.) * VENTER. {Debacchari, tumultuan.] Ce mot entre dans quelques façons de parler figurées. Exemple^ (* f Ménagé , vente , grêle & tome. Cotin, Ménagerie.) C’est-à-dire , Ménage crie, tempête & fait du bruis. í VENTEROLES, f f- C/«r venditionis reìcìien. telaris .3 Terme de Coutume. C’est un droit dû au Seigneur par l’acheteur en cas de vente d’héritages cen- suels» Voïez Ragucau dans son Indice. VENTES. Voïez Fente. VENTEUX , venteuse , adj. [ Ventcsus, procello - fus .3 prononcez vanteux. Qui est exposé aux vents. (Une plage venteuse.) . . 11 se dit des jasons,& signifie qt» est sujette aux Vents. (Le Printems & l’Autonne sont des saisons veineuses. ) VENTEUX, venteuje, adj. {Flattesciens.] C eít-à-dire, qui cause des vents. ( Le séné est venteux. Les pois i'ont venteux.) r ~ Colique venteuse. {Colicus dolor ventojus.] Tenue dô Medecm. C’est-à-dire, qui est causée par des vents. VENTíER, f tn. {Saltmrii emptores m globo.j J Marchand de bois qui achete les forêts » & qtri ìe$ fait exploiter fur les .lieux. t VENTILATION ' f f. f Ventilatio , bonorum aJUmatio.] Terme de Pratique. Estimation de biens pour venir à un partage. t VENTILER, v. a. {Perftringere.] Examiner quelque chose. (Ventiler une question.) II n’est guére d’usage en ce sens. Cependant l’Académiq, le raporte. VENTILER. {Venti/are.] Terme d e Pratique. Faire la discussion d’un bien pour savoir quelle portion en apardent à chacun des héritiers ; ou de qui relevs chaque portion pour en paier les droits. Acad. Frunç. VENTILER, j) Mohim sanguinis temperare, 3 Terme de Médecine. Modifier le mouvement circulaire du sang, par le moiende la saignée. VENTOLIER , re, ailj. {Avis ad auramse com - mittens .3 Terme de Fauconnerie, u se ditau masculin d’un oiseau qui se plaît au vent. C’est aussi Poiseau qui résisté bien au vent. VENTOSITE \ s. f {Inclusus intejlinii pritûs. Z Terme de Medecine. Ce sont les vents enfermez dans le corps qui causent la colique, les points & autres maux. (II est fujetà des ventositez.) VENTOUSE ys f. {Cucurbitula.2 Prononcez van. touse. Terme de Chirurgien. C’est un instrument quî a un gros ventre & qui étant apliqué fur le corps aveu toutes les circonstances nécessaires, atire les humeurs. (Ventouses cassées.) * VENTOUSE. [ CoBuviarium . j Terme de Maçon. Sorte de fente, ou d’ouverture qu’on fait presque a a pié de la muraille & d’efpace en espace pour faire écouler les eaux, principalement lors que les murailles soutiennent des terrasses. Ces ventouses s’apellent aussi bar. bacanes. (Ventouses trop près les unes des autres. Faire des ventouses.) VENTOUSES. [Spimmenta.] Î1 se dit aussi de cliver, ses petites ouvertures qu’on laisse à des tuïaux pouc donner de l’air & servir de soupirail. VENTOUSES. {Spiraculum. ] Ouvertures qu’on saitz aux muids de Vin qui font en perce ; qu’on couvre d’un linge ou de fable qui reqoit assez d’air pour faire coulée le vin fans le corrompre. On le dit auffi d’un trou qu’on fait au couvercle d’une marmite. VENTOUSE. {Aijimrmm.] Ouvertures qui font dans les fourneaux à vent, par où entre Pair qui sert de sou- flets, & qu’on ferme avec des coulisses selon les de- grez de feu qu’on veut donner, comme on en voit dans les fourneaux des verriers & des essaïeurs. VENTOUSE', ventoujïe, adj. [Cucurbitulk officias. J Terme de Chirurgien. 11 se dit de la personne à qui on a apliqué des ventouses. (11 est ventouse. Elie est veti- tousée.) YENTOtlSER, v. a. { sEgro cucurbitulas admovere.J Prononcez vantouj'é. Terme de Chirurgien. C’eft apli. quer ìes ventouses fur les épaules d une personne. (Ventouses un homme. Ventouser tine femme.) VENTRE,/ t». {Venter, alvus.j Prononcez vasr. tre. 11 y a le ventre supérieur & le bas ventre. Leven - tre supérieur. C’est la poitrine. C’est la partie qui comprend les poumons qui font divisez en plusieurs Lobes. Le bas ventre. C’est la partie qui s’étend depuis le bou6 des côtes jusques au lieu où naît le poil. (Netteïer le bas ventre. Mol. On apelie auss ce ventre k petits ventre. Maître ventre, dit Rabelais-, EJi un gros glouton qui demandé Soir fc? matin nouvelle ofrande, Et qui ne lasse point damé marmiïè m patte. Le Noble.) * Avoir le ventre libre. {Facile alvtem reddere.j C’est- à-dire , que le ventre va bien , qu’il fait promtement ses fonctions. W avoir pas k ventre libre. C’est-à-dire être resserré, & avoir un ventre qui ne fait pas bien ses fonctions. On dit auffi le ventte d’un navire, d’un tònneau, d’un tambour, d’un lut, &c. {Sinus, utérus.] * Avoir le ventre parejfeux. ( Alvum contraHum ha. b tre S] C’est-à-dire, ventre qui ne se décharge pas assez tôt. * Avoir le ventre d’un tambour. Voiture, Pcés {Ove. sum habere ventrem.] C’est-à-dire, avoir un gros ventre. f * Manger , boire , rire, à ventre déboutonné, Scar. Poès. {More grœco edere , pergracar/.] C'est-à-dire. Alan- ger tellement qu’il faille déboutonner son pourpoint. R r r. r 3 t * VEN + * c'tíì le ventre de ma mire. C’est une feçon de parler bal & proverbiale pour dire ,e ne retourne. rai plus en ce Iteu-là i je n’irai plus en cet endroit, + * Votr ce au’une peijome u dans le ventre, t tto- miném exctittre . ] Maniéré de parler balle P°“ r !. r . découvrir les stnùœens d’une personne. On dit avM, ie saurai bien-tot ce qu’il a dam le ventre. O eit-a- dire, j'en connoitrai bien-tôt le foible & le fort : je saurai bien tôt qui il eft , je verrai bien-tôt les lenti- iJjvli «« m 11 nous a donné une bonne carrelure de ventre, ierme Populaire, pour lignifier un bon repas. [ tíouum appojuit nobis prandmms -, . C’ejl un homme qui fait un Dieu 71 e son ventre. C elt-a- dire dont le ventre elì insatiable & qui ne cherche qu a le remplir. [Cui deus venter ejìs Remettre le cœur au ventre a queìcun, C eft lui donner du courage. [Aninium dares On dit auffi dans le même sens , métré le feu fous le ventres f * Ventre usante n’u point d’oreilles. II semble que nous aiohs tiré ce proverbe de l’épitre 2 I. de Seneque qui dit Jejunus venter prœcepta non audit. Notre proverbe François veut dire qu’une personne qui a faim ne donne pas grande audience aux personnes qui lui veulent parler, qu’on n’entend pas volontiers, & qu on ne tait pas volontiers de long discours quand on â faim ; Jejunus venter non audit vtrba h tenter. * Venise. [Inisnicusn proterere , conculuircs Ce mot en parlant d’esmemis a un usage élégant. On dit. (Passer sur le ventre à son ennemi. Vaug. Quint. I. C’est- à-dire , défaire & batre són ennemi tout-à-fait. Désairé à plate couture.) t VENTRE. [ Çapacitas. ] Ce mot se dit en parlant de cructie & de quelques autres vailseaux. C’est la partie du milieu de la ciuche & qui avance le plus en dehors. (La cruche au large ventre est vuide en un instant. Difjsreaux, Lutrin, c. i. Et dam le ventre creux da pupitre fatal , Va placer de' ce pas le JìniJire animal. Despr.) * VENTRE. [ Eminentia.li Terme de Potier d’étain „ C’est la partie du milieu de la chopine , & de la pinte, & qui est un peu plus grosse, plus large, & plus élevée que les autres parties. (Le ventre de cette pinte est mal fait.) * VENTRE. [Palmula ligneas Terme de Tourneur. C’est une forte de planchette de bois que le tourneur met devant son estomac lors qu’il veut planer, ou percer du bois. (Ventre à planer. Ventre à percer.) * VENTRE. [Çapacitas, cavitass II lé dit des creux & des capacitez qui sont dans la terre. (11 sort souvent des flammes, des cendres & des pierres du ventre du Mont Gibel. L’avarice des hommes a fouillé dans le ventre de la terre pour en tirer l’or, l’argent, &c. On dit aussi, la Mer a englouti ce vaisseau dans son ventre.) En Agronomie, on apelie le ventre du Dragon , (espace le plus éloigné des nœuds, c’est-à-dire, de la tête & de la queue du Dragon. [Venter dr aconits Votez Dragon . En Anatomie , on apelie le ventre d’un muscle, la partie la plus grosse d’un muscle. [Pars crajfior mujeulis En Maçonnerie, on dit qu'une muraille/tuí ventre, quand elle pousse en dehors, & menace ruine. [Eacit vetltrem muras f VENTRE. [Uteruss Se prend aussi pour la matrice. (Vous étés benie entre les femmes , & le fruit de votre ventre est béni. P.Quejnel, S, Luc. chap. i. Point de fruit béni que celui du ventre de Marie, peint de bénédiction qtie dans son sein. P. Quejnel, Refis VENTRE. Terme qui entre dans la jurisprudence. [Partussequitur ventrems (L’enfant suit le ventre, pour dire qu’il est de même condition que sa mere , libre ou esclave. CVéw un curateur a ventre. C’est nommer un curateur pour un enfant qui n’eít pas encore né quand le pere meurt.) ÍS C’est un proverbe dîms quelques Coutumes , que la verge amoblit , U le ventre ajfancnit. C’est la difpo- íition he la Coutume de Troïes, art. 7. U g. à (égard de 1 afranenissement de la lervitude personnelle. Et quant à la Noblesse , il est dit dans le premier article da la même Coutume : Les aulcum font nobles , les antres non nobles. Ceux font nobles , qui font ijjtts en mariage de pere , ou mere nobles, cf Jitjit que le pere ou la sucre soit noble, posé que Vautre dèjdits conjoints soit non noble, ou de Jet ce condition. Mais cette noblesse intro- VEN duite par une Coûtume particuliers, & contre la régie generale du Eoïaume, est renfermée dans ses limites, comme Pithou fur cet article , & Le Grand lur le çir. de la méme Coutume , Pont remarqué : ils conviennent qu’elle ne prejudicie point aux droits du Roi, & qu’elle n’a d’ésèt qu’èntre les enfans nez d’une mère noble , quand il s’agit de la possession des fiefs & d’uné succession qu’ils partagent noblement: ils sont bailleurs sujets à la taille & aux charges que les roturiers sont obligez d’aquiter. Cette jurisprudence est suivie dans les Coutumes deChâlcns', art. 11. de Chaumoiu, tit. 2. art. 2. de Vitry, art. 69. & de Sens, ou le ven- tre annoblit. On dit ce cheval n’A point de ventre. Ou de boïaux. [Equus jlrigojuss On dit en proverbe, tout fait ventre pourveu qu’il entre. Manger le dos au feu, le ventre à table. On dit qu’un homme s’eft donné de son épée dans le ventre, quand ilí’a Vendue pour boire. t VENTRE-BLEU. S'ortc de jurement bas L burlesque qui lignifie ia méme chose que ventre-bieu. (Ventre- bleu cela est.) * VENTRE Jaint-gris. C’est une forte de jurement vieux & burlesque dont se servoit quelquefois Henri Quatrième. (Ventre saint-gris, disoit-il, l’honneur mV blige à vaincre, cu à mourir ) f VENTRE saint George. C’est une sorte de jurement vieux & burlesque. (Bien ma plume, n’en parlez plus, Laijjez-le là , ventre saint George ; Car vous me ferìei rendre gorge. Marot, Epigrammes.) VEN 1 RíVE , f. [Fœtus, partus, saturas Prononcez vantrée. Ce mot se dit des Femmes , mais plut ordinairement des bétes, & lignifie tous ies petits qui sont sortis presque du même teins du ventre d’une semelle. (fous ces petits sont de ta mente venîrtes VENTRE E.Terrne (Je Coâtume, qui se dit de tous les enfans de famille excepté (héritier , qui prend autant dans íà succession que pluiìeurs enfans d’un autre mariage qu’on apelie vents-ée. VEN 1 RICULE , /.' m. [Stomachuss Terme d'A. natómie. C’est la partie où est reçu ce qu’on mange, [Le ventricule est percé en deux endroits , par l’une de ses ouvertures il requit ies viandes , par l’autre, elles en sortent. Rohaut, Phifiques Les animaux qui ruminent , ont quatre ventricules , la panse , le bonnet ob rezeau, le welter, que les bouchers apellent psautier, N la caillette. VENTRICULE. [Ventricu’us ) Ce mot se dit en parlant du cerveau. (On parie dans (Anatomie des ventricules du cerveau, qui sont des cavitez du cerveau. Voïez Goreus , DiHicnarium Medicums VENTRICULE. [Coran ventrieuhs iso dit aussi de deux cavitez qui (ont dans le cœur. t VEN 1 RiETìE , s. s. f Qbjìetrix, ) Ce mot «st vieux & nors d’uloge. En fa place, on dit sage-femme. (On la fie vouer par les Ventrières & Matrones. ÇrtuniqueJean. de Louis XI. p. 6 . VENERIE RE , j. f. [Cbigu'mn conjìricicriums Terme de Bourrelier. C’est la partie du harnois du cheval de trait, qui passe sous le ventre, & qui empêche que le harnois ne tombe. VEN í RILOQyE > adj. fVentriloquuss Homme qui parle en retirant l’air dans le poumon, ensorte qu’il semble que la voix vienne de loin. VEN i'RIPQTËNS. Epitete toute Latine qu’on donne à ceux qui 'ont un gros ventre. V EN I ROUILLER. [In emosovolutares Terme d esCbi’Jse, qui se dit du sanglier, lors qu’il se souille & íe veautre dans la boue. VENTRU, ventrue, adj. [ Ventrosus. ] Ce mot de ventru se dit ordinairement des personnes , & veut dire qui a un gros ventre. (Il est un peu Ventru & c’est dom* mâge, car fans cela il sefoit assez bien sait. 1 ae rage c3 a orgueil , a vroit être au ceriuéil. òi l on crevait de grats Te Ventru Charpmtier Poète Anon.) VEN U , venue, adj. [Qui , qua venits Arrivé, (Messager venu Nouvelle venue depuis peu.) VENUè , J. f. [Adventuss Arrivée, (fia venue a réjoui tout ie monde. Célébrer la ventre d’un ami.) fSIEN-VENUè , J. J. [Optatus adventuss VoïeZ bien. VEN jtout Aune venue -, adv, | Uno temreî] C’est-à-dírè» \)hi& egal par tout, mais égal lans agrément. (Si le í>ié d eltal étoit tout d’une vernie , il ressembleroit à un canal. Abrégé de Vitruve, I. fart. «.4. Jambe tout d’une venue. Ablanc.') \ * C’eji un homme tout d’une venu'é. [Homo inve, nusius.] C’est-à-dire , fans grâce & fans air. ( 11 en a eu d’une venue, pour dire il a fait quelque perte.) VEN U LE, f. f. [Venula.] Petite veine. On donne ce nom aux veines capillaires. VE'NUS,// [Venus.] La déesse de la beauté, t» imere des jeux , des ris & des amours. CEnfin Venus n'ejì pas.Ji belle, Et n’a pas Jì bien faites qu’elle Les parties qui ne voient pas Le Soleil. Voiture , Poésies.) VE'NUS est une dés meilleures & des plus douce* déesses de tout l’Olimpe. Cojt. Et trois cent mille francs avec éOe obtenus La firent a J es jeux plus belle qUe Venus. Defpr. VE'NUS est sinonime avec beauté , grâces , agré. ment. C’est dans ce sens que Marot a fait ce madrigal que l’on a fort Vanté Amour trouva ceUe qui m’est àihere, Et j’y ejiois -, f en Jçai bien mieux le conte s Bon jour , dit-il , bon jour , Vénus ma mere s Buis tout ú càup H voit q u’il se méconte, Liant la couleur du visage lui monte Vavoir sailli , honteux , Dieu sait cbmbien ; ■Non, non, Amour , ce dis je, n'avez hante, Plus clairvoyants que vous s'y trompent bien. Venus est encore sinonime avec plaisir, volupté-, de même que Baccus avec débauche, vin, bonne chere ; & Ccrès avec abondance de toutes sortes de fruits de la terre. Ainsi on a joint ces trois choses en forme de proverbe Latin : Sine Baccho U Cerere friget Venus , dont voici l’explicatíún en vers François: Lorsque Baccus nous comble de ses biens, De tous soucis mon ame Je délivré s Et fans jouir de ses dons & des miens , ìl ejl impossible de vivre. L'Amour même , ce Dieu par tout Jì triomphant, Mange [s boit comme un autre enfant, Et ria peur que de la famine s AuJJi n'est il jamais plus galand tzf plus beati [lue quand au feu de la cuisine il peut alúnier Jbn flambeau. íj’a été dans ce sens qu’Ariítophanô a dit que le vin écoit le lait de Venus. Selon le P. Perron dans son Traité de la Langue des Celtes, Vénus est dérivé de vener, qui en langage celtique signifie belle. Au reste, il y a eu plusieurs Vénus. Les Païens fe faisoient des Dieux & des Déesses autant qu’il leur plaisoit; il ne leur en coûtoit que la façon. Cicéron nous aprend dans son troisième livre de la nature des Dieux, qu’il y avoit quatre Venus diférentes. La première étoit fille du Ciel & du Jour, & l’on voioit son temple en Elide. La seconde étoit née de l’écume de la mer, & on l’a fait mere de Cupidon. La troisième eut Jupiter pour pere, & Diane pour mere ; elle fut mariée à Vulcain : elle ne fit pas dificulté de violer la fidélité conjugale en fa- veut du Dieu Mars. Enfin la quatrième est Marte née àTyr en Phenicie, qui épousa Adonis. Je ne m’arréte- rai pas à examiner si ces quatre Vénus font également fabuleuses, ou s’il y a eu quelque Vénus qui fe soit rendue fameuse par sa beauté & par ses galanteries, cela peut être : mais on ne trouve tien fur cette question qui puisse passer pour une preuve certaine. Ce qu’il y a de vrai, c’est qu’on n’a jamais parlé d’une Vénus vertueuse & chaste j & cependant on a élevé des autels & des temples à l’hotineur de Venus: on la traitoit de Déesse ; & selon l’idée que l’on s’en formoit, on régloit le culte dont on Vouloit l’honorer. On ne s’est pas tnéme contenté de multiplier les Vénus fur la terre , ort tn a placé une dans le Ciel & parmi les étoiles, dont elle est la plus favorable , & prédit toujours le beau tems. Lucrèce l’inVoque dès le commencement de fort ouvrage , & en fait un portrait qui contient toutes ses qualitez: .. rEneadum geniirix , hominum Divûmque voluptas, Aima P mus, Cselijubter lofent ja signa, VER K87 'f>U£ mare navìgérum , quá terras frugiferenìes Concélébras , per te quoniatn genus omne animantuMe Concipitur, vifuque exortum lumina folie , esc. VENUS. [Veneres.] Ce mot se dit au figuré en parlant 'du ítile & du langage , & il signifie. Agrément. Beauté. (Voilà, Monsieur, cet air inimitable, cette gaieté & cette Vénus que vous ne trouvez point dans les écrits de Bal* Lac. Boileau, let. àCojìar, pag. 19.) . VE'NUS. [Venus.] C’est l’une des Planètes. C’est la seconde planète qui tourne autour du Soleil & qui ne s’en éloigne jamais de 48. degrez. (Vénus Orientale S’apelle TEtoile du matin , & Vénus Occidentale fe nomme l’éroile du soir. Les habitans de Vénus sont fous à force de vivacité. Fontenelle .) í§ Les voiageuts par mer invoquoient Vénus, com- ìne étant favorable à la navigation. Horace s’adresse ‘d’abord à Vénus pour la prier de favoriser le volage de Virgile : Sic te diva poténs Cyprt , (jfè. Lib. i. Od. ;. VENUS. [Hfr.] En termes de Chimie, c’est le cuivré* Le mont de Vénus. J] Mons veneris.] Terme de Cbìro* ytsance. C’est une petite eminence qui est dans la paume de la tïiain-, à la racine dit petit doigt. On donne ce ’mêmé nom aux parties naturelles de la femme. . t VENUSTE', f. f. C’est le venufias des Latins. M. Ménage trouve , à ce qu’il dit, le mot de venujié tiès-beau-, niais comme il est tout seul de son sentiment ; il est bon , pour ne fe pas rendre singulier, d’atendre qiie d’habiles Ecrivains fe laissent toucher à la beauté de ce charmant mot de venufté, & I’emploienC dans leurs ouvrages. Le P. Bouhours a raille Ménage 'd’avoir estimé ce mot, & l’on ne le trouve en éfet dans aucun Auteur moderne j ni dans le Dictionnaire de l’Académie. Mr. Ménage, dans le second tome de fes Ob* fervations fur la Langue Françoise , ch. 64. persiste à soûtenir que venujié est un beau mot, puisqu’il nous „ donne une belle image, en nous faisant souvenir de „ Venus & des Grâces ; la beauté d’un mot ne consi-,, ftant pas feulement dans la douceur de la prononcìa- „ lion ; mais dans l’agrétnent de la chose que ce mot ré-,, présente à l’esprit “ &c. Votez le reste depuis là page 2 u. VêPRESí vejjires,f f [Vefierœ.] On écrit l’un e \’ER luisant. [Lampyrìs , cicindela! C’est une sorte «se petit insecte qui rampe & qui se trouve sur les herbes, qui a le corps grisâtre & le cu bleu & verd, & q jette la nuit une sorte de lueur. (Les vers lutfons ceflent de luite en mourant.) , , VËR. [Verniìculus Indiens ,] Seditaufll delacoctie nille, qui elt une espece de ver plat & rond comme «ne punaise, gris quand il est sec & qui teint en ecarlate. * VER de bois. [C#«.] 11 est propre pour augmenter le lait, pour guérir les ulcérés, pour fortifier les nerfs. On peuts’en lervir extérieurement & ìnterieure- VERS de pierre. [Vernies Uivuvsm Ils sont résolutifs étant écrasez. . , * VER, f. m. [Vermis. ] Au figure, il est beau CK fort en usage.’ 11 lignifie chagrin , regret , déplaisir dévorant & cuisant. (Les choses dont ils faisoient leurs délices deviendront pour eux un ver qui les déchirera. Saci , Prov. deSal. ch. i. C’est ce qui cause cet orgueil qui fait le ver des richesses. Nicole , Estais de morale , t. 2.) , * VER. [Constcientiœ stimulus 1 II signifie auiji le re- mors de la Conscience , parce qu’il ressemble à un ver qui nous ronge le cœur incessamment. (Qui peut comprendre le suplice de ce ver rongeur.) On dit proverbialement, un ver se recoqullle bien , quand on le presse; pour dire qu’il n’y a point de fi petit animal qui ne tâche à se defendre. On dit aufii tirer les vers àu ne s. [Expistcari! Pour dire faire parler quelcun afin de savoir son secret. Ond'itd’un homme qui n’a plus de bien & qui a tout perdu, qu’il est nu somme un ver. [Nudus ut vermis.] t- VERAS , f sn. Espece d’aune dont on se sert est Portugal pour mesurer les draps & autres étofes. Cent- fix Veras de Lisbonne font cent aunes de Paris. VERBAL, verbale , adj. [Verbalisl Terme de Grammaire. Qui est dérivé du verbe. (Mot verbal.) VERBAL , verbale. [Appellatio exsteripta.] Ce mot se dit en termes de Palais, & veut dire qui est de bouche. (11 n’y a point de promesse de mariage verbale , ni par écrit. Patru, plaid, n.) VERBAL , verbale. Terme de Palais , qui a divers sens. On dit. (Une apeílation verbale. C’est-à-dire une cause qui consiste en plaidoirie. On dit aussi un procès verbal, [Prœjcripta rei gesta afta.] Qui est un acte par lequel un Juge, un Commissaire , ou un sergent expose ce qui s’est passé dans l’executíon de l’acte.) VERBALEMENT, adv. [Verbol C’est-à-dire, de bouche. (11 lui a dit verbàlemenc qu’il le satisferait, mais sot qui s’y fie , car c’est un Normand.) VERBALISER, v. n. [Reigesta actascriberel Terme de Palais. Dresser un procès verbal. Faire un procès verbal. (Tandis qu’on verbalise, on entend un grand btìsìt.Patru.plaidoié ç.) t * VERBALISER. [Verbostum este.] Ce mot est bas & ne s’écrit point pour signifier être long dans ses récits. Causer, parler d’une maniéré trop étendue. Dire trop de paroles. ( Vous verbalisez bien notre cher ami, adieu, le reste à une autre fois.) VERBE j f m. [ Verbum ] Terme de Grammaire. C’est un mot qui a nombres & personnes & qui marque letems. II y a diverses sortes de verbes, les uns qu’on apelle actifs .pastifs , neutres pajstfs , réciproques , &c. Voïez là-destus SanHii Mìnerva, L. i, c. 12. Voffiì Grammatica. C J’aime bien mieux poïtr mai qvùen épluchant let herbes, Elle accommode mal les noms avee les verbes, Que de brûler ma viande, Ou saler trop mon pot. Mol. Fem. Sav.) VERBE. [ Verbum. ] Ce mot sc dit en termes de Théologie & d Ecriture Sainte , & signifie Jestus-Chrili, a seconde personne de la Trinité. II signifie /* Parole, (Le V erbe eternel. Le Verbe s’est revêtu de notre chair pour nous sauver. Le Verbe s’est fàit chair. Boílstet hìst. untv. Les Ariens creient que Jefus-Christn’estquê VER îe Verbe du Pere , c’est à-d ire, que le Pere l’a feulement envoié en terre pour prêcher fa Parole. Voïez Perro- niana , fur le mot Arius , p. 20.) t VERBERATION , f.s. [PercuJJìo , verberatio.] Ce mot est Latin , & est un Terme de Pbistque , dont on sc sert pour exprimer la cause du son qui vient de la Verberation de Pair, choqué & frapé en plusieurs manières , qui sent des sons différents. t VERBIAGE,/ m - [Voces rerum inopes , nug*. que caneraf] Paroles inutiles. (11 y a bien de verbiage dans ce discours. Ce n’est que verbiage.) î VERBIAGER, v. n. C’est dans le stile familier, ero- ploïer beaucoup de paroles pour dire peu de chose. (II he fait que verbiager.) H VERBIAGEUX, st. m. Celui qui parle beaucoup pour dire peu de chose. 11 est ausiì du stile familier. VERBOSITE' s st st [ Verborum fluxus. 0 Super- íìuité de paroles. (Le style d’un homme ne peut plaire, quand il y a trop de verbostté. Vcrbofité inluportable. ) Ce mot est peu usité. Académie Franç. VERCHERE ,stst [Dos instundo constitutal Vieux terme de Coutume qui signifie un fonds donné en dot & mariage aune fille. Ce mot est encore en usage en Auvergne. VERBOUQUET, verboquei,st m. [Funìculus du- Uarius.] Terme de Charpentier. L’un & l’autre sc dit, mais verbouquet , semble plus usité. C’est un nœud qu’on fait agrès un autre nœud qu’on apelle balement St dont on sc lert pour lever une poutre. (Faire un verbouquet) L’Académie & Furetiere disent cependant verboquet. VERCOQUIN, st- m. [Morosttas, vitiosta libido."] Caprice. Fantaisie. Le mot de vercoquin est vieux & burlesque , & il ne trouve fa place que dans les ouvrages comiques tels que font les satires, Tes comédies, les épigrammes & la prose burlesque. [Mon vice est d’étre libre , D’estimer peu de gens , suivre mon vercoquin, Et mettre au même taux le noble fst le staquin. Ret. Sat. 15. f * Avoir bien des vercoquin-s à la tête. Vieux proverbe pour dire avoir bien des folies dans l’esprit. Voïez là dessus Riolan, Anatomie des parties du Cerveau. ) VERCOQUIN , st. fn. [Çanvolvolusl Petit ver qui ronge le bourgeon de la vigne , & qu’on apelle autrement listet. L’Acadenlie dit que c’est une sorte de ver qui s’engendre dans la tête & cause de grands vertigots. VERD , st. m. [ Viridis! Couleur verte. Verdure. (Un beau verd. Un verd brun. Un verd gai. Un verd naissant. Un verd céladon. Un verd obscur. Verd de mer.) VERD. [Viridis. J Terme dp Enlumineur. Couleur Verte. (Coucher le vérd.) II y a verd gay, verd passe , verd de poireau, verd d’herbe , verd de terre , sorte de minera), verd d’azúr. [Chrystocolla Arment uni.) VERD de gris , J. m. [AErugo rajjlis .] C’est une sorte dérouillé verte & venimeuse qui vient sur le cuivre, & autre métal lors qu’il est dans un lieu humide, ou lors qu’on ne le neteie point, (On empoisonne avec le verd de gris.) VERD de gris. [rErugo.] Terfne d ePeaucier. C’est une certaine composition liquide avec quoi les peauciers mettent leurs peaux en verd, & qu’ils donnent aux relieurs pour verdir la tranche de certains livres. (Les peauciers vendent leur verd de gris, sept ou huit fols la pinte.) VERD d’Iris. [Irinitm viride. J C’est une sorte dí couleur dont on sc sert pour peindre. Un beau verd d’Jris. ) î VERD de VeJJìe. Sotte de verd qui se fait de !a graine du Noir prun, que les Botanistes apellent/ífc«w- nus , en la pilant dans un mortier. On en fait aussi avec une petite graine rouge mêlée avec de l’alun , & qu’on laisse 1e macérer dans une Vessie de Cochon qu’on pend au plancher. Ces deux couleurs se nomment Verd de Vessie, par ce qu’on les conserve & qu’on les vend dans des Vessies. Elles servent à la Peinture. s VERD de terre , ou Pierre Arménienne. [ Armenus Lapis! Cette pierre ctant préparée est détersive & des- sicative, apliqtiée extérieurement. On s’en sert aussi intérieurement pour purger la mélancolie , pour la folie. poúr lepileplìe. La dose est depuis un scrupule jusqu’à quatre. * VERD, VER * VËStì, s. ra. [Acidus , acerbus.] Cè mot se dit do Vin & lignifie verdeur de vin. (II y a encore du verd dans ce vin. Vin qui a du verd.) f * VERD. Ce mot pris substantivement, entre dans quelques façons de parler proverbiales & figurées. Manger Jbu blé en verd. [ Verjùram ab ineunte anno facere.3 C’est-à-dire, manger son petit revenu avant qu’il soit tems. Dépenser par avance ses petites rentes. Engager le revenu qu’on a en fonds de terre, & le consumer avant qu’il soit échu. f * Emp laser le verd U lesea. [Totk vìrìbus eniti.] C’est faire tous ses éforts pour venir à ses fins. (Henri IV. allant voir une de ses maîtresses qui étoit fort maigre, la trouva ce jout-là habillée de verd, & comme elle lesuplioit de l’excuser si elle ne recevoitpas Sa Majesté comme elle devoir: Le Roi lui repartit, je fuis trop raisonnable , Madame, pour ne vous pas acorder ce que vous me demandez : car je connois que pour cela vous avez emploie le verd As le sec.) Ceux-ci ont été prit sur le verd. Âb'tanc. Luc. [ Immaturû morte perie. runt.] C’est-à-dire, ont été pris & font morts qu’ils étoient encore fort jeunes. On ne le saurait prendre Jans verd. [Nemo potejì eum imparatum aggredi.] C’est-à dire, on ne le fauroit prendre au dépourvu. Etre pris fans verd. C’est-à-dire être pris au dépourvu, fans être fur ses gardes. Ne J'uis-je pas bien ridicule D'êlr» ici fous la Canicule D-ins un lieu sec U découvert Où le Soleil me prend sans verd, stoifrobert. T. i. ep. 12. C’est-à-dire je fuis exposé à la chaleur , & ne me puit mettre à couvert du Soleil. Jouer au verd. \Ludicro petalismo ludere. ] Jeu d’en» fant, où ceux qui joûent s’engagent à avoir toujours fur eux quelque feuille verte cueillie de la journée. Delà vient le proverbe , prendre quelcun fans cens. On apeile sauce verte, celle qu’on fait à Pâques, tfherbes pilées. Cuir verd, celui qui n’est pas encore corroié. [ Corium rude.] Pierres vertes , celles qui font Fraîchement tirées de la carrière. Couperose verte. Le vitriol ordinaire dont on fait Peau forte. [Calcanthumf] Ladre verd. Celui qui a une ladrerie enracinée. Du poison verd, celui qui vient d’être salé. [P{/af recens sale conditus.] Un bonnet verd. Celui que les banqueroutiers font obligés de porter, quand ils ont fait cession. [sileum viride.] Du verre verd, celui qui est colore de verd. VERD, / m. £ Herba virentes-. J Ce mot se dit en parlant de cheval, & veut dire, Herbe, Herbage & tout ce e^ue le cheval mange en verd. (Donner le verd k un cheval. Volez lestage Maréchal de Foubert.) VERD , verte , adj. {Viridis.] Ce mot se dit des bois & des champs , & veut dire qui a de la verdure. ( Les blez lont verds. Herbe verte. La terre est toujours verte de lauriers, d’orangers & de mirtes. Voit. 1. 39.) VERD, verte. [Viritlis.] Ce motfe dit de plusieurs autres choses, St veut dire, Qui a une couleur verte. ( Ruban verd. Etofe verte. Les perroquets font verds, Oiseau qui a la gorge verte.) * VERD , verte. [Crudis & viridis. J Ce mot se dit au figuré, & a divers sens. II ejì excarre verd. Ces mots se disent d’un vieux homme, & veulent dire qu’il a encore de la force & de la vigueur. (On lui a fait une verte réprimandé. C’ejl à-dtre, on l’a réprimandé fortement, on lui a lavé la tête comme il faut ) VERDâTRE, adj. [Subviridu .] Qui tire fur le verd, (Cela est d une couleur verdâtre. Un teint verdâtre « qui menace ruine. Theophraste , carafiieres des mœurs.) VERDAUD , aude, adj. [Subacerbus.] Qui est un peu verd , qui n’elt pas tout-à-fait meur. 11 ue se dit guere qu’en parlant du vin. (Ce vin est un peu verdaud. ) í L’Academie dit qu’il est bas. VERDEOUQUET. Voïez vérbouquet. - YEKDE E f. fi (' Vinum verdeum Florentinum.] D est une force de vin blanc d’Icalie, (La verdée est afléz délicieuse a boire.) , ... r 1 1 „ n r»..* f VERDELET, adj. m. {Subvindis, subacerbus.] Qui est un peu verd. (Ce vin est encore verdelet, d n est ^VERDEI et! exaruit ex amants voluptati- bun le ï. fsigurementd’un vieillard a qur .1 reste en- core quelque vtgueur. (Cet homme est encore verdelet.) VERDER1E,/ / ÍSaltmria sujlodia.] Etendus VER 689 de bols & de pais qui est comfnis à la garde, & à la jurisdiction d’un verdier. Autrefois c’étoit une charge, qui fut fuprimée en 1669. VERDET, / m. [Scolecia.] Terme de Teinturier. C’est une forte de drogue qui le fait de cuivre & de mare de raisin , qui sert à teindre & à faire les belles couleurs de verd céladon. Voïez l’injìru&ion pour lit teinture. (Ce verdet est très-beau. Faire du verdet.) VERDEUR,//. [Viriditas.] Couleur verte qui vient aux plantes & aux arbres dans le printems. (La verdeur des arbres me réjouit.) On dit aussi la Eà>- d’une émeraude. Aca. Fr. VERDEUR. [Juventa viridis.] Vigueur des hommes dans leur jeunesse. (Cet homme est dans la verdeur ds son âge. Acad. Fr.) VERDEUR. [ Vernaculussuccus .J L’humeur où la fève qui est dans le bois lors qu’il n’est pas mort. (Ce bois-là a encore de la verdeur. Acad. Fr.) VERDEUR,/ / f Aciditas, acerbìtas. J Ce mot f« dit du vin, St veut dire qui a quelque chose de rude. Qui n’est pas tout-à-fait en boite. Le mot de verdeur en ce sens est bon, mais le mot d’ufage ordinaire est verd, {Et je gagerois que chez le Conmiandeur Viiandri priser oit fa seve fa verdeur- Defpr. Sat. ;. Vin qui a de la verdeur -, ou qui est verd.) f VERÛ-GALANT , s. m. f Crudus fst viridis asná- Jtus.] Galand vigoureux. (C’est un verd-Galand. Abl. Luc. Un mari verd-galand. La Fontaine, Nouvelles, 2. partie.) VERDIER , / m. [Cujìessaltiiarius.] Lieutenant des grands Maîtres des eaux & forêts. C’est un Juge inférieur au Maître des eaux & forêts, & qui est établi pour empêcher qu’on ne fasse des dégâts fur les eaux & dans les bois. Voïez la Coutume de Bourgogne , titre des forêts, VERDIER , / m. £ Cblorh , luteola.] C’est un oiseau qui est un peu plus gros que le moineau , & qui a été apellé verdier, parce qu’il a un plumage verd. II a le bec aigu , court, gros & rond , le dos verd & le ventre tirant fur le jaune. 11 vit cinq ou íìx ans- I! y a un autre verdier que les oiseliers de Paris apellent verdier à lasonnette, qui a la tête verte, les cóteZ des yeux jaunes, Péchine & les ailes d’une couleur qui tient du rouge avec une queue qui a quelque chose du gris & du verd. (Le verdier tombe du haut mal Sc vit six ans. ) VERDIER, stn. [Rubeta,] Sorte de grenotiille de terre, qu’on apeile autrement graisj'et. VERDIERE ,// C’est la femelle du verdier. (Une belle verdiere.) VERDIERE, / f. [Saltuaria eufiodia.] Etendue de bois & de pais commise à la garde d’un Verdier. L’Aca- démie & Furetiere disent verderie. Voïez plus haut, f VERD 1 LLON , / m. Partie du métier, ou chas. sis des Tapilîiers-Haute-lislìers, à laquelle Rattachent les tìls de la chaîne des tapisseries de hautelisse. Le Ver- dillon est double, & chaque rouleau ou enfuble a son verdillon enchâssé dans une longue rainure de la longueur même des rouleaux. VERDIR, 10. n. [ViresceTe, virere.] C a mot signifie reverdir , & Monsieur Ménage assure qu’il est borts Vrai-semblablement, c’est parce qu’il s’en est servi dans son Eglogue intitulée Cristine. Sans alléguer une si grande autorité que la sienne, on croît q v,e verdir t est bon, mais on croie avec lui qu’il Pest moins quô reverdir. {Sa présence embellit k cristal des fontaines, Fait verdir les forêts U fait jaunir les plaines. Ménage, Eglogue.) VERDIR, v. a. [Viridì colore p ingéré. ] Terme de Relieur. C’est mettre du verd de gris fur la tranche d’un livre, & le brunir quand il est sec. (Verdir la tranche d’un livre.) VERD-MONTANT,/ m. C’est une forte de petît oiseau qui a presque la tête toute noire, la gorge ds même couleur, l’estomac verd & Péchine tirant furie violet avec quelque mélange de verd. (Le verd-montant est joli. Un verd-montant mâle. Un verd-montant femelle. ) VERDOIANT , verdoidnte, adj. [Virefiens, vìri- dans.] Ce mot est plus de la poésie que de la prose, & íl signifie qui verdit. (Socrate fe plail’oit à entretenir Phèdre fur les bords verddims d’une fontaine. Âblanc . Luc. Tarn. IIL S»t Ssse o VER Devenir vërd. (En t " ■Sous citte siuf/le verdoianté Que dire du Ciel foudroiantt Rejpefle. Voít. Poés) VERDOîER, -a. n. [ FiresceYe. ] ... v _ - ì^o'ç. on atendit Jong-terns que les blez commençassent à verdoier-, tous les grains moururent en terre à eauí'e de la rigueur excessive de l’hiver. Aussi vit-òn une grande famine dans le Roïaume de France.) VERDURE, s. f. [Firiditas.] Ce mot se dit des bois, des arbres, deS prez & des chams au printems & en été. (Arbre sec & sans verdure. La verdure des prez est charmante. LàJur de vieìix ciprès dépouillez de verdure , Nichent tous les oiseaux de malheureux augure, Habert, Temple de la mort. Je me plains aux rochers U demande conseil A ces vieilles forêts dont f épaisse verdure Fait de Jì belles nuits m dépit du Soleil. Main. Poés.) VERDURE. [Herba virent es f Herbe verte. ( Se cou- Cher fur ia verdure.) $ VERDURE de mer , ou Pyrole. s Pyrola. ] Plante dont il y a plusieurs especes. 11 y en a deux qui font en usage en Médecine. La première s’apelle Pyrola rotun- difoìia major. P. T. la seconde Pyrola minima Eylt. Ces plantes croissent aux lieux montagneux. Elles font astringentes, vulnéraires, rafraîchissantes, propres pour le cours de ventre, pour les hémorragies & pour les inflammations de poitrine. * VERDURE. [Opus topiorium. ] Sorte de tapisserie de haute lisse où il y a des prez, des bois, des oiseaux & amies choses qui réjouissent la vûé. (Une belle verdure. Acheter une verdure. Choisir une verdure.) VERDURES ,/./. pi. [ Firiditas,] Terme de Jardinier, Plantes dont la bonté & l’usage consiste à ia feuille, comme le persil, le cerfeuil, l’uzeillè, &c. Quint. J-ard. Franc. T. i. Dans ces jardins de verdure éternelle , Ou fart rend chaque jour la nature plus bette. Abé Régnier. VERDURIER , f m. [Viridurius.] C’est chez le Roi une sorte d’oficier qui fournit d’herbes & de Vinaigre. (Demander au verdurier des salades avec toute la fourniture nécessaire.) VËRECOND, ONDE, «st. [Verecundus.] Vieux mot qui ne se dit que dans le burlesque, & qui signifie honteux, d’une honte sote & niasse. ( Ce jeune homme a la mine trop vereconde.) f VEREUX , Volez Ferreux. | VERGADELLE, Stokfijch , Merlu, Merluche, [Salpa,] Ce poisson est apéritif & résolutif. VERGE, f.s, [Err-ga.] C’est une sorte de petit rameau de bouleau , souple, pliant & dépouillé de feuilles , dont on fouette. (De bonnes verges. 11 lui a usé une poignée de verges fur le derrière. 11 le fit battre à co n p des verges. Vaug. Quint. I. 7.) H * Faire baiser les verges à quelcun. C’est le contraindre à demander pardon après qu’on l’a maltraité, ou l’obliger à reconnoitrela justice de lapunition qu’on lui a faite. f * VERGES , se dit des peines & des aflictions dont Dieu se íert pour punir les hommes, (bénissons les verges dont Dieu nous châtie.) Les marques de Magistrature chez lés Romains étoient des faisceaux de verges liez autour d’une hache. [Firgarum fafees.] ís VERGE , Terme d’ Agriculture. On dit, des ver. ges de vigne , qui veulent dire les bois de la vigne , le sarment. Les vignerons disent : vous Laissez ces verges trop longues i ne faites qu’un billon de cette verge. í$ Parmi toutes les Nations, on niarquoitl’autoritè suprême par une verge que l’on mettoit à la main du Souverain , même dans son portrait. L’Ecriture fait mention de la verge d’Aaron, qui dévora les verges des magiciens. Exode , ch. VIL ia. 11 est encore fuit mention de la verge d’Aaron dans le chapitre suivant, v. 1 6. Alors le Seigneur dit a Moise : Ditis à Aaron , étendez votre verge , U sirapez la poussiere de la terre. Je pourvois encore raporter plusieurs autres endroits où il est fait mention de ia verge de Jonathan , de celle de David., de Moab, & des Rois de Judée. Les Grecs fè servoient de même de la verge & du bâton , comme VER. d’uh fitnbcle de la Roïauté. Homere rèpresente dàns le premier Livre de l’iliade , le Iceptre d’Achille, coi», me une branche qui ne devoit plus pousser de Feuilles, ni de rameaux. Pindare nous fournit plusieurs exemples de cette image fìmbolique d u Iceptre. Et quant aux Romains, il sufira d alléguer Justin, lequel dans le 4;. Livre de son histoire , ch. ;. a observé que les premiers Rois de Rome a voient une hasie , c’est-à-dire* une verge ou bâton assez long , pour sceptre. VERGE. [Firgula] Sorte de petite baguette. (II n’avoit n la main qu’une petite verge dont il chassoit son cheval.) VERGE. [Bidelli virgula.] Terme de Bedeau d.’Eglise. C’est un morceau de baleine plat, large d’un bon doigt & un peu plus, long d’environ deux ^>iez & demi, & ferré d’argent, que le bedeau porte a la main quand il fait la fonction de bedeau. VERGE. [ Flugellum , verber. ] Fouet dont les co. chers & les charetiers se servent pour faire marcher leurs chevaux. (Le cocher lui donna des coups de verge fur la tête.) VERGE. [ Firga. ] Terme de Tisserand. C’est une forte de baguette déliée , & un peu longue qu’on fiasse à travers de la chaîne qui est montée fur le métier pour en soutenir le fil. (Là verge de cette chaîne eft perdue. II n’y a point de verge dan* cette chaîne, il y en faut mettre.) VERGE de peson. [Verticillum librarium.] Terme da Balancier. C’est la barre du pefon où la valeur des poids est marquée. Le pefon est composé d’une verge, d’une masse , d’un crochet, de broches, de gardes, déjoués & de tourets. (La verge de ce pefon est trop courte.) VERGE. [Pénis, membrum virile, membrum génitale J C’est la partie naturelle de l’hontnie. (II a un chancre à la verge. Le p ri api sine est une maladie de la verge. Dans les grandes convulsions du mal caduc la verge bande. Quelques-uns l’on r considérée comme un animal séparé del’homme, quoi qu’il soit dans l’homme. Votez l’Exameron rustique de la Motte le Vaier , p journée. Feus méritez le maniment D’une autre verge que la sienne, Et qui charme plut puissanment. Voiture, Poés.) ^ VERGE de girouette. £ Firga. J Terme de Marine. C’est une verge qui tient le fût de la girouette sur le haut du mât. U y a aussi verge de pompe qui tient l’a- pareil de la pompe. Ferge de pompe qui est contqnu* de uis l’arganeau jusqu’a la croisée. On dit en Jurisprudence. Tenir un heritagepar verge. [Infejtucare.] Quand le possesseur est obligé d’en prendre possession par les mains du Seigneur ou de scsofi- ciers, ce qui lé fait en lui mettant une petite verge dans la main. VERGE. [Annulas.] Anneau fans chaton que l’époux donne a ia femme quand ils se marient. VERGE doree, ou verge d’or. [Firga aurea.] Plante qui pousse des tiges à la hauteur de trois ou quatre piez, dont les feuilles sont disposées en épi le long des tiges, de couleur jaune, dorées, dont la racine eft de couleur brune, & d’un goût aromatique. Cette plante eft vumcrùre & diurétique, propre pour le calcul & la diífenterie. VERGE d'or. [Radius geometricus .] Nom qu’on donne au baron géométrique. VERGE de fer. [Ferrea virga.] Terme de Tapissier. C’est un morceau de fer rond & délié en forme de grande bagueite qu’on acroche avec des pirons à chaque colonne de lit, & où l’on enfile les rideaux par le moyen de quelques anneaux. Les serruriers apeí- lent cette verge une tringle. VERGE de fer. [Firga sei'rea.] Terme de Serrurier. Mamere de petite baguette de set quarrée qu’on ata- che le longues panneaux de vitre, qui sert à les tenif ■en état avec des liens de plomb, & qui est cloué avec deux pointes i’une à un bout l’autre à l’autre bout. (La verge de ce panneau n’est pas bien a tachés) VERGE , s f. [ Aurum ciuHiU. ] Terme de tireut d'or & d'argent, c’est de l’argent fin ou faux , degrossé en maniéré gaule. (Plier une verge autour du pivot.) VERGE. [Firgu denticuluta.] Terme de Vinaigrier. Bâton marqué de petites entailles, dont le vinaigrier sc sert pour mesurer les pintes de lie qui sont dan* un tonneau. í VER» VER $ VERGE à berber. [Dipsacus.] C’est le Chardons Bonnetier j il y en a de pluíieurs efpeces. Leurs têtes & leurs racines font fudorifiques & apéritives. \ERGE. [Virga^ ulna.J C’est auffi une mesure de longueur qui répond à la perche. Parmi les Marchands elle répond à faune, ct parmi quelques Geometres à deux toiles. Une verge de terre. [Quarta jugeri pars. J C’est environ le quart d’un arpent. On dit aulsi une vergée qui est le quart de l’acre. Etre fous la verge de quelcun. [Subferula ejse.j C’est être fous so conduite , craindre ses réprimandés. Un homme qui a été ataqué & qui n’a pù fe défendre, dit, je n’a vois ni verge, ni bâton., [Inermis eram.J VERGE' , vergée. £ Vngatus .] Terme de Marchand. 11 se dit des étofes qui ont quelques fils qui font d’une foie plus groíiiere , ou d’une teinture plus forte , ou plus íbible que les autres, f C’est un défaut à une étofe d être vergée.) f VERGEAGE,/ m. Mesurage des toiles, ru. bans, etoi'es, &c, qui sc fait avec la mesure des Ion. gueurs, qúe l’on nomme Verge. f VERGEAGE, fe dit auílì du jaugeage , ou mesurage que l’on fait des tonneaux & futailles, avec cette sorte de jauge qu’on apelle Verge. H VERGER, v. a. Verger une toile, une étofe, c’est les mesurer avec la Verge. ^ VERGER une banque , un tonneau, ou autre fu* taille, c’est les jauger avec la Verge. VERGER , f m. [Pomarium , viridariwn.J C’est le lieu où font les arbres fruitiers. (Un beau verger. Ún grand ou petit verger. Un verger bien entretenu. Cultiver un verger. Je viens d’un aimable verger Où bien sauvent je rêve [s je soupire, Pelisson , Recueil.) VERGETÌER , s m. [ Opisex scopularum vesïiaria- rum.J U’est un artisan qui fait des vergettes , des brosses , des décrotoires, des aigrettes de poil pour mettre sor la tête des chevaux de caroffe. Cet artisan dans fes lettres da maîtrise s’apelle vergetier-brojjìer , mais les gens qui ne font pas du métier l’apellent seulement vergetier. ( Un bon vergetier.) VERGETTE , s. s. [ Scopula vestiaria . ] C’est une espece de brosse qui se fait de poil de cochon, de sanglier, ou de bruiere, dont on se sert pour né- teïer les habits. (De bonnes vergettes.) VERGETEES. [Virgulx.'} Cercles de bois ou de mé- 'tail , qui servent à soutenir & à faire bander les peaux dont on couvre le tambour. VERGETTE. [ \Palum truncatum .J Terme de Blason. Pal ntreciqui n’a que la troisième partie de sa largeur. VERGETTE', ee, adj. [ExcuJJus, deterjùs.j Terme de Blason. 11 sc dit d’un écu rempli de paux depuis dix & au delà. f VERGETTE', ée, se dit du teint, de la peau où il paroit de petites rayes de differentes couleurs, & d’ordinaire rouges. ( La peau de son visage est toute vergettée.) VERGETTER , v. a. [Scopis vejìes mundare.'] Netteïer avec des vergettes. (Vergetter un habit. Vergetter un manteau.) VERGEURE , f f. C Typi , virg*.] Terme de P a. potier. Prononcez verjure. Fils de léton liez fur la forme à quelque distance les uns des autres. Ce font auffi les raies que font ces fils , qui règnent fur la largeur de chaque feuille de papier, & qu’on voit à quelque distance les unes des autres. ( Cette vergeure est trop grosse.) VERGLACE', verglacée, adj. [ [Conglaciatus .] Terre ou pave couvert de verglas.) VERGLACER. C Congluciare. ] Verbe impersonnel. C’est faire verglas. (11 verglace.) VERGLAS , f m. [Rcpentina U lubrica glacies.) Pluïe qui est gelee fur la terre, fur les pierres & les pavez glissans & reluisons. Ce mot vient de viruiis glacies. Ni- *od. On l’apelle auffi gelkidium. (11 fait verglas.) í VERGOGNE , f /• [Vcrecundia.J Ce mot lignifie honte , & est vieux. 11 ne trouve fa place que dans le burlesque , dans le stile le plus bas & le plus (impie ; comme dans lacomedie, l’épigranime, la satire & les discours de raillerie. VER 691 (A notre vergogne Demeurons tontes au filet » Patris. Je puis voir à l’áise la trogne Du malheureux qui cause ma vergogne, Molière, cocu imaginaire. II jurait ses grands Dieux De nesoufrir une telle vergogne. Là Fontaine , contes nouveaux.) Mainard dit : Tu devro'n mourir de vergogne De quny l’on te volt fi souvent Paroijire à l’bo/tel de Bourgogne. Ce terme a été autrefois fort à la mode , & Malherbe s’en est servi pluiieurs fois dans le poème des larmes de S. Pierre. Et moi pouvant parler , j’ai parlé , misérable , Pour lui faire vergogne , N le désavouer. Et ailleurs Elle produit ce que l’Afrique Auroit vergogne d’avouer, II faut ici raporter un endroit de ì’histoire de PAsa* démie Françoise, où Mr. Pelisson dit , en parlant da Malherbe : „ 11 y a une feule itance qui est la ió. lur laquelle je ne voi rien dans les regîtres, linon qu’elle „ a été admirée de tout le monde , & qu’on n’y a rien „ trouvé à redire. Quand un Roi fainéant, la vergogne des Princes , Luisant a ses fiateurs k Join de jes Provinces, Entre les voiuptez indignement d endort, Quoique l’on dtjjìmule , on n’en fait point d’ejiime , Et ji la vérité Je peut dire fans aime, C’ejl avec que plaisir qu’on survit à J 'a mort. Je fuis persuadé que ceux qui ont succédé aux Académiciens de ce tems-là font d’un autre sentiment,&qu’ils auroielit honte d’aprouver le terme vergogne ; peut-être même trouveroient-ils à redire à cette expreílìon , sur» vivre a la mort de quelcun. Laissons donc aux Italiens l’usage de vergogna , & n’imitons point le Tasse qui a dit en racontant faction héroïque de Sophronie qui voulois s’expofer à la mort pour sauver les Chrétiens de Jerts» sale m : Moul sortezza il gran-penjier , l’arresia Poi la vergogna , el virginal decoro Vince forte zza anzi s’accorda , è face Se vergognoj 'a , è la vergogna , audace, t VERGOGNEUX , vergogmujê, adj. [ Verecundus , puatbundus.J Ce mot a vieilli, & en fa place on dit honteux , ou Ion prend un autre tour. VERGUE- F erche , ou verge , J] f. [ Antenna. J Terme.de Mer. Piece de bois longue, arrondie, mais plus grosse par le milieu que par le bout, atachée de travers à une poulie au haut du mât du vaisseau pour soutenir la voile. La vergue prend son nobi de la disse, íetìce des mâts aufquels elle est atachée, ainsi on dit. (La grande vergue. La vergue de la hune. La vergue du perroquet. Vaijjeaux qui Jbnt vergue à vergue. C’est-à- dire, qui font côte à côte & flanc à flanc. Vaisseau qui pouJJ'e vergue à vergue d’un autre. C’est-à-dire, qui se mer à côté d’un autre.) ± VER j AGE , s m. Terme de Manusaflure. Défaut qui fe trouve dans les étofes de laine & de soïe, dont les fils de la chaîne ou de la tréme ne sont pas d’une égale silure, & d’une même teinture, ce qui raie & verge la piéce. V ERIGER. (Gemma vitrea.] Terme á’Orfèvre. Ce font des pierres fausses. II est défendu aux orfèvres de tailler des diarnans de vtricie. VERIDIQUE, adj. [Veridicus, Jinctrus.J Qui dit la vérité & qui aime à la dire. (C’tst un homme véridique. Acad. Fr.) VERIFICATEUR, / m. [ Scnpturarunì proba, tor.J Terme de Palais. C’est celui qui examine la vérité d’une piece , qui recherche la vérité de quelque écriture. (L’habile vérificateur découvrira la fausseté d’un acte. Ravenau, vens. :h. 10 .) VERIFICATION , f.s. [Probatio , corijírmatio.'} Prononcez venficacian. ferme de Pa ais. U’eft l’examen de la vérité d’une écriture , lequel fe fait par des maîtres à écrire nommez d’ofice pour cela. ( Proceder à la vérification de quelque écriture. (On dit aussi la vérification d’un Edit, &c.) Tarn. UL S s s s a VEKX. 6Y2 VER vfrtvtfr î> ci. TComprobare , îxckIíìmticú's, 3 Í íct'tti6 de SS HÒmdo^er & mettre dans les registres du Parlement. (Vérifier un Edit.) ■ „ , VEIUÎ’ I ER) v* ^VstíJicciYe , sxuîhît2(ìy€. j lertnc cls Maître à écrire L de Palais. Examiner par ordre de justice si récriture dont il s’agit au procès est véritablement de la personne que l’on croît. (Avant que les maîtres à écrire se mettent à vérifier quelque piece «récriture, ils font serment devant le luge de dire la VERIFIER , v. a. [Probare , comp'obarei] Prouver ja vérité d’un fait , d’une alégation. (Vérifier les faits contenus dans une requête. Le teins vérifié toutes shoses.) . _ „ VERIFIER. [ Comparare , conserre t equipárare. J Comparer une chose à une autre pour savoir st elle lui est renferme. (Vérifier la copie sur l’original.) VERITABLE , adj. [ Verus, conveniens , confonw’] .Ce mot se dit des choses & des personnes; lorsqu’il se dit des choses, il signifie vrai. Et lors qu’il se dit des personnes, il lignifie, qui dit la vérité. Qui dit vrai. (II est du véritable amour comme de ^apparition des esprits. La véritable délicatesse est une solide subtilité. Le Duc de la Rocbefoucaut. Si vous n’êtes véritable en cet article, vous êtes suspect en tout. Pose. 1 . 4. Ce langage ejl trop deux pour être véritable, Et damJì peu de tems en n'ejì point Jì trait able. Bours. Esop.) VERITABLE , signifie aussi, bon , excellent dans son genre. (Un véritable Prédicateur, un véritable Général d’armée.) VERITABLEMENT, adv. [ Verê , reverà , profettò. ] Vraiment. (II est impossible d’aimer une seconde fois ce qu’on a véritablement cessé d’aimer.) VERITE', f f t Veritas , verum.J Le vrai. Ce qui #st vrai. C’est le contraire de la fausseté & du mensonge. (Tôt ou tard la Vérité se découvre. Déguiser la Vérité. 11 cil d’un honnête homme de dire la vérité quand il la sait. II est mal-aisé de découvrir la vérité. Les anciens reprefenroient la vérité toute nue. Voies Vltonologie de Ripa. Amelot quand je dis Que tu ne mets en lumière Que des livres mal écrits Qu’on envoie à la beurriere^ Tu f emportes contre mai , Et même avec insolence ; Ab ! mon pauvre ami , je voì Que la vérité Poseuse. On né doit point trahir la vérité. Âbl. Luc. t, á k La vérité n’a de complaisance pour personne, elle ne state ni ne trompe personne, parce qu’elle dit nettement les choses. Tbiers , opiisc. En ce sens il est d’or- dinaire au singulier. La vérité ne peut percer la foule qui environne les Rois. Fenelon.') VERITES, s. f. pi. [ Veritas , notitia.l U signifie des choses véritables, & absolument vraies. (Prêcher les veritez de PEvangile. PortRoial, Nouv. Teji. II a éclairci des veritez que fa propre expérience lui Faifoit juger être salutaires. Arnaud , freq. com.presac.) On apelle contre-vùritez. £Falsitates.~] Quelques propositions qu’on fait pour être entendues dans un sens contraire , comme st on disoit. Les ouvrages du P. Lami Bénédictin ont eu un grand débit. L’estrit des disciples de S. Augustin est un excellent ouvrage. VERITEZ. [ Defefîus , vitia.J Ce mût an pluriel su gmfie souvent des choses Vraies & désobligeantes qu’on dit à une personne , ou qu’on dit d’une personne. (11 ïious a dit plaisamment les veritez des femmes. On lui a dit ses veritez Ablanc. Luc. Vous ne lui voulez mal qu’a cause qu’il vous dit vos veritez. Molière , Tartufe , a. i.J. 1. 11 ne faut jamais dire les veritez désavantageuses quand elles ne peuvent instruire ni corriger.) En vérités adv. [ Certè , equidem , proseflò.l A r?en point, mentir. Avec assurance. Assurément. Ce mot f» iwíeest un peu trop fréquent dans les lettres de Voiture , au moins quelques-uns le croient ainsi. (Je vous dis en vente que h vous ne vous convertissez, vous n’en- trerez point dans le Roiaume du Ciel. PoruRoial , NouveauTejiament, ’ A la vérité. [Reverâ. Re quidetn ipsâ.l Confession aveu qui ne le dit gueres fans restriction, ou aplication’ VER (A la vérité , j’aî dit que vous Faisiez de mauvais veti, mais c’est la voix du public.) VERJUS,/ m. [ Qmphax. ] Drape de raisin qui n’est pas mûr. (Cueillir une grape de verjus. Couper une grape de verjus.) VERJUS. [Ompbacium.] Liqueur de raisin qu’ n’est pas mur. (Bon verjus. Le verjus rafraîchit. Le verjus tst astringent & pour fortifier l’estomac.) {$ Mr. Despreaux, dans fa description d’un festin ridicule, a dit : Sentez vous le citron dont on a mis le jus, Avec des jaunes d'teufs , mêlez dans du verjus J L’Observateur a remarqué que ces sortes de soupes étoient pour lors fort à la mode , & qu’on les apelloit soupes de PEcu d’argent. Mais je doute que l’on ait jamais pû goûter une soupe 011 le jus de citron étoit mêlé avec le verjus, qui sont deux liqueurs à peu près semblables , qui ne conviennent point ensembles , & qui produiroient un acide très-desagreable : mai* les Poètes satiriques n’y regardent pas de si près, ils ne songent qu’à rendre ridicules les sujets qu’iis traitent. On dit proverbialement, mettre à la pile & au ver . jus, pour dire , maltraiter quelcun par des médisances grossières. £MalediLUs protelare .2 On dit encore jus verd , verd jus , pour dire, c’est la même ehofe. On dit d’une chose qui n’a point de goût, qu’tlle n’a ni sauce ni verjus. (In quo nullus est sapor. J f VERJUTE', tée, adj. Qui a une pointe d’aciditc comme le verjus. (Du vin verjuté.) VERKER , s m. £Verker.] Prononcez toutes les lettres de ce mot ; il vient de l’Aílemand verkberen qui signifie changer, tourner. Le verker est une sorte de jeu auquel 011 joue sur un trictrac avec des dames & des dez. C’est en un mot une maniéré de trictrac Allemand où l’on joue depuis quelques années en France dans les Académies, & dans les maisons particulières. (Jouer au verker. Aprendre le verker. Gagner une partie, ou perdre une partie au verker.) í VERLË , s f. Espèce de jauge qui sert à jaûger les tonneaux, ou futailles, remplies de liqueur, ou pro. prés à les contenir. VKRMË 1 L, vermeille , adj. [ Roseus , subrubicun. dusl} Qui a un beau rouge. Qui a une agréable couleur. (Sang vermeil. Cerise vermeille. Levres ves- meilles.) VERMEIL, vermeille. Ce mot se dit du teint des personnes. (Jolies vermeilles. £ Labra rosis atmla. J Teint vermeil. Ablancourt. Ces Chanoines vermeils U brisions de santé , S’engraissaient d’une longue ft? sainte oisiveté, Despreaux, Lutrin, c. 1. Cet Abé tendre U doux au teint frais ft? vermeil, Croît tout utile en lui jusques à son sommeil. Rec. de l’Académie'1686.) VERMEIL , s m. £ Subrubicunáus. J Couleur qu’on donne àl’or. C’est un composé de gomme gutte, de vermillon & d’un peu de rouge brun. (Ce vermeil est beau.) VERMEIL doré, f m £Ex argento inauratum .2 C’est de l’argent doré. (Un service de vermeil doré. Un bufet de vermeil doré.) L’Académie a décidé qu’on pouvoit dire absolument, vermeil. VERMEIL , f. m. £Lumbricosus locus .] Furet!ere dit que c’est un endroit où il y a des vers. (Les poules vont au vermeil.) VERMEILLE , f. f. [ Granatus lapis, cálcedonius.J C’elt une espece de pierre prétieuse qui est d’un rouge noirâtre , qui soufre le feu sans se gâter, ni se dépolir. (La vermeille ne change jamais de couleur. La grande vermeille est fort estimée, & est au nombre des pierres précieuses les plus belles , mais les petites vermeilles sont tort communes. Rond , Mercure Indien , Ira, 3 . 15.) VERMICELLES, ou vermiceili , f tn. [Massa vermiculata .2 Mot écorché del’Italien , qu’on prononce en François , vermichelìie, ou vermichePi. Ce sont de petites tranches dé pâte coupées Fort déliées & en maniéré de petit ruban qu’on apelle nompareiPc , qu’on fait cuire avec de i’eau , & qu’on assaisonne enfuit® avec du sel & ci u poivre blanc, & bon fromage de Milan bien râpé & d’aotres choses. (Les vmnicePi sont bons quand ifs sont aconnnodsz à l’Italisnne.) VER VERMICULE' , adj. £ Opifitium tienfiicuíatumé] terme de Sculpture. Travail vermiculé, est un ouvrage rustique avec certains entrelas gravez avec la pointe, de forte que cela reprefente comme des chemins fait par les vers. VERMJFORMES , adj. [ Litmbrkalcs. ] Terme d’ Anatomie , qui se dit de pluíìeurs parties du corps humain, qui ont quelque ressemblance à des vers. Ainsi On apelle Apophisesou productions vermiculaires , les deux extrernite-z du cervelet qui vont en apetissant & qui font situées près du quatrième ventricule. Les muscles qui amenent les doigts vers le pouce s’apellent aussi. vermiformes. VÉRM1LLER , r>. a, [ Rojìro glebas revellere ad pajcindos lumbricos J 11 sc dit des sangliers, lors qu’ils remuent la terre avec le groin pour y Chercher des vers. On le dit ausiì de la volaille qui fouille dans du fumier pour y trouver des vers. 11 y en a qui disent ausiì en ce sens Vermilìonner. Et f Académie écrit Vermeìller. VERMILLON , f. m. [ Minium , cinnabarts. ] Ou graine kécarlate. C’est une graine qui croît fur une efpece de petit houx dans de certains lieux stériles de la Provence, du Languedoc, & du Rouffillon, & qui sert pour faire de la teinture. Votez les injlitu* tions de la teinture. D ak champ , traité des plantes , dit que le vermillon est une petite graine ronde, rougeâtre par dehors , pleine au dedans d’une liqueur luisante & qui semble du sang, & comme cette graine se tourne en petits vers, si on ne la lèche, on Pape lis vermillon. VERMILLON. [ Cinnabaris.] Sorte de cinabre artificiel. (Vermillon fort beau.) * VERMILLON. [ Color Subrubicundus. j C’est un rouge agréable & naturel qui vient aux joues de certaines personnes. (La couleur de son visage animoit son teint du plus beau vermillon du monde. L» Comte de BuJJt. ' L’un paîtrit dam im coin Pembonpoint des Chanoines , , U autre broie m riant le vermillon des Moines. Dépr. Lutrin, c. L.) VERMILLONNER , v.n. [Terrant revellere ad depaf. cendos lumbricos. ] Terme de chaste qui se dit du ble- reau quand il cherche des vers pour pâturer. Volez Vermiller. VERMINE,/ f. [Pedes, pediculi.] Poux. (La vermine lui ronge la tête. 11 est plein de vermine. Faire mourir la vermine.) * VERMINE. [Insima plebecula,] Ce mot, se disant des personnes , est satirique & signifie engeance méchante & haïssable. ( II y a trente ans qu’elle n’est ocu- pée qu’à se défendre d’une vermine si maudite. Patru<, plaid. 4.) VERxMiSSEAU, f m. [ Venniculus. ) Petit ver. (Dans le Boristéne il s’enger.dre pendant l’Ëte presque toutes les nuits une grande quantité de vermilleaux qui nagent le matin comme les poissons, qui volent fur le midi comme des oiseaux , & qui meurent tous les soirs. Flecbier , vie de Commendon , liv, 2. chap. 16. N être en rien diffèrent d’un vermisseau. Ablanc. Luc.') * VERMISSEAU. [Vermtculus.] Mot bas & burlesque qui veut dite ver. (Ha vraiment petits vermisseaux Sans doute vous vous tròuvez beaux, Scaron, Poésies.) VERMONTANT , Voïez verdmcntanh SEVERMOULER, v.r. [Carte insejfari.s Devenir vermoulu. (Le bois d’olivier un peu brûle n eit pas sujet à se verriiop.hr . Abrégé de Vitritve, l. ;. p. 64 °). VERMOULU , vermoulue. {Carie vitiatus , cariojus. J Ce mot se dit du bois & signifie piqué des vers. (Bois Vermoulu. Poutre route vermoulue. L’aubier est plus íujet à être vermoulu que les autres bois.) VERMOULURE , f. f [Caries.'} Cé mot sc dit en parlant du bois , & signifie piquûre des vers dans le bois. (II v a de la vermoulure dans ce bois.) 4 VERNE -, f- tn. Sorte de bois qu’on nommé es dinaireraent Aulne. „ VERNI , ou vernis , f tsî. [Jumpen lacryma , veK nix.l Mot qui vient du Grec, à ce que croient Messieurs de Port Total. Racines Gréques. Le verni etc un composé dégommé, d’esprit de vin & d autres choses par le moien desquelles on donne au bois de menuiserie Un lustre fort agréable. (La belle mélancolie eit semblable à ce beau verni qui est de 1 invention de ce dernier VER 69.3 têstis. Ùeflar , défense de Toiture , page 114. seconde íditìti Mettre le verni fur se bois. Apliquer le verni.) VERNI. [ ArgìUì pìumbea illìnïtio. j Se dit ausiì de l’enduit qu’on met fur les pots de terre. Ce verni se fait avec le plomb fondu. VERNI. [Fucus , pigmentum.} Se prend figurément, & signifie tard, belle aparcnce. (Ce jeune Religieux a encore tout ie verni de Ion noviciat. La dévotion est un verni que les femmes coquettes passent fur leur réputation > quand elles font fur leur rétour. La Bruyere.'} VERNIR, v. a. [Vernice Imire.] C’est apliquer le vernissut le bois de menuiserie. (Vernir des guéridons. Vernir une table. Vernir une canne, &c.) VERNISSER, v. a. [Junipero idinire.} II signifie la même chose que vernir. VERMSSEUK, s. m. [Illinitor vernice.] Ouvrier qui aplique le vernis fur le bois de menuiserie & qui ensuite travaille en or dessus. (La plupart des bons vernisseurs de Paris font au FauxbourgS. Antoine.) TERNISSURE , f. f. [Vernigo, juniperea gummitio.J Aplication de vernis. Le vernis apliqué íur quelque bois. (Cette bordure paroit d’or, mais ce n’est qu’une vernissure.) f VERNIX Sandaracba Arabum. Gomme refîne qu’on nous aporte en larmes claires, luisantes, de couleur blanche tirant fur se citron ; elle découle ds l’Oxicedre & du grand Genevrier, Elle est propre pout atténuer, pour inciser, pour refondre, & pour fortifier. On en mêle dans les emplâtres. Cette gomme » donné 1e nom au verni des Peintres. VEROLE, f. f. [Lues venerea , márbus Neapolita* nus.] C’est une forte de maladie venerienne. Sorte de maladie qui se prend par le commerce qu’on a avee quelque fille , ou femme débauchée & qui est gâtée. (Avoir la verole jusques dans les os. Suer la verole» 11 guérit de la grosse verole. Verole fâcheuse, dangereuse & inveterée. II mourut Pan cinq cens U vingt De la verole qui lui vint. Volez les Epîtres de Marot.) Petìte.verole. [Pustulx rubentes.] C’est une sorte de maladie qui couvre la peau de pustules & qui vient plus ordinairement aux enfans qu’aux autres personnes. (La petite verole est trois jours fans forcir. Elle est neuf jours à pousser L autant à fecher. Avoir la petite verole. 11 est mort de la petite verole. La petite verole commence à paraître. La petite verole pousse, blanchit, grossit > eit en feu , elle supure , elle seche , elle est éteinte. Les grains de la petite verole. Mais quand la petite verole eit guerre, on dit avoir des marques de la petite verole. Avoir le visage marqué de petit® verole. S'il pouvoii vous venir la petite verole -, Tenez, ma -grandesaur me garde une pistole » Et je la dmnerois volontiers pour cela. Bours. Esope.) VEROLE', f. m. [Lue veneveà infecíus J Celui quî à la verole. (11 est dangereux de boire après un verolé.) VEROLE', veniée , adj. r Pujìulh varius. ) Ce mot se dit des personnes & de certains maux qu’on gagne avec les gens qui ont la verole, & il signifie. Qui a la verole. Qui est infecté de verole. Quì tient de la verole. (11 est verolé. Elle est verolée. Un chancre Verolé.) VEROLIQUE , adj. [Venereus.] Terme de Médecin . Qui est de verole, (Pustule verolique.) VËRON , f m. [ Varius. ] Petit poisson de rivière , qui a le dos de couleur d’or , le Ventre de couleur d’argent, les cotez un peu rouges, qui est couvert d’une peau unie, tachetée de noir, & dont la queue finit en aile large & dorée. Rond. ( Les yérûns sont bons lorfqu’ils font bien acommodez. La chair du vé- ron tient de Pliumidité & du sec.) VE'RON , adj. Volez vairon. VE'RGNIQUE ,// [Veroxica.] Nom de femme. (Sainte Véronique est réclamée en bien de* lieux.) C est ausiì un tableau qui reprefente la face de notre Seigneur, qu’on feint avoir été imprimée fur un mouchoir que Sainte Véronique lui présenta pour essuies son visage lorsqu ìl mourait aa Calvaire, mais tout cela n’est qu’une fable. Véronique est un mot grec qui veut dire vraie image. VE'RONIQIIE. [Veronica.] C’est une forts de fleur qui est de couleur de feu, & qui vient en ferme d’oeillet. Ssss % (L® 694 VER (ta grande véronique, L la petite Véronique surissent en Mai & en Juin. La véronique a fleur double est La plus belle de toutes les véroniques.) * ta Véronique est inciíive, atténuante, deterlive, vulnéraire , sudorifique, propre pour purifier le lang, pour les ulcérés des poumons & de la poitrine. Un ule des feuilles sectes en guise du Tlié. VER R A T -, s- m - [Verres.} Le mâle de la truie. Cochon qui n’est pas châtré. Le verrat est capable de couvrir dix truies. II écume comme un verrat. [Spu- mat instar verris.} Cette fa go n de parler se dit d’un homme qui est dans une furieuíé colère.) VERRE,/ m. [Vitrum.} Matière fragile, claire & transparente. (Un beau verre. Un verre bien clair & bien net. Raire du verre. Verre taillé. Verre en plat, ou en table. Verre commun. Verre blanc. Verre peint. Voïez les jstatuts des Vitriers. llans ïa place où je fuis , plus fragile qu’un verre, Je vait a petit bruit, É? vole terre à terre. Boiws. Esope.) Plat de verre. [Difcus vitre us.'} Grande piece ronde de verre qu’on taille pour faire des panneaux de vitre. 11 y a des bouteilles de verre, des carreaux de verre, des châssis de verre, des cloches de verre, des matras de Verrre. On dir fondre le verre , soulier le verre. VERRE. [Cyathus vitreus.} Vase qui est fait de verre, dans quoi on boit ordinairement du vin , de la biere, du cidre , ou autre liqueur. (Un verre bien net. 11 y a des verres de diverses sortes, des verres °de cristal de roche, des verres de fougere, Ferre de cabaret, c’est Un verre de vil prix qu’on donne au cabaret. Rincer, la. Ver, frifiguer un verre. Choquer le verre , c’est une marque d’amitié quand les personnes le font ensemble , leurs verres étant pleins de vin. Qui cajfe les verres, les paie , c’est-à-dire , quiconque rompt les choses qui apar- tiennent à un particulier est oblige de les lui parer. VERRE de vin []Aana patera. j C’est un vase de verre plein de vin. C’est le vin contenu dans un verre. (Boire un verre de vin.) VERRE d’eau. [Cyathus aquâ plenus.} C’est un vase de verre plein d’eau. (Allez vite boire dans la cuiline un grand verre d’eau claire.) VERRE Xantimoine. [Stibium.} C’est de l’antimoine vitrifié. VERRE de lunette. [ Canalìculati fieculark vitrum .J C’est un verre taillé, dont on se sert pour les lunettes de longue vúë & pour les microscôpes. (Verre oculaire. Verre objectif.) Votez ces mots en leur rang. VERRE dormant. [ Vitrum gypfo fixatum .] C’est une petite fenêtre qui regarde dans une cour voisine , & à laquelle on apíique un verre scellé en plâtre & qui ne s’ouvre point. 0 VERRE dormant. Plusieurs Coutumes font mention du verre dormant. Celle de Paris, art. 199. déclare que l’on ne peut point faire d’ouverture dans le mur mitoien fans le consentement du voisin , avoirre dormant ni autrement. Dans l’article 200. il est dit que le propriétaire du mur joignant fans moyen à l’heritage d’autrui , peut y avoir des fènetres («f des ouvertures à neuf pieds de haut au-deffus du rez de chauffée (sf terre, quant au premier étage ; U quant aux autres, de sept pieds au- tlejjiis du rez de chauffée, le tout à fer maillé gj' voirre dormant. Enfin l’article 201. explique ce que c’est que le verre dormant; U voirre dormant eji voirre attaché, scellé en plajìre , qu'on ne peut ouvrir. On dit proverbialement, ne boira-t’on jamais dans votre verre , quand on invite quelcun à manger. On dit pour railler ceux qui se laissent tomber, Jì son cu •eut été de verre, il eût été cajsé. VERRE'E , s. f. [ Haustus ,] Plein un verte. (Prendre Une medecine en deux verrées.) VERRERIE, f f. [Vitreorum officinal} Lieu où l’on fait les verres. (Aller à la verrerie. 11 y a 25. ou 26. ans qu’il y avoir une belle verrerie au Fauxbourg suint Antoine. On a rétabli cette verrerie depuis quelques armées. 1 VERRERIE. [Ars vitriaria. ] Ce mot signifie aussi 1 art de faire le verre. VERRERIES. [Opéra vitriaria.} Ouvrages de vèrre , il s en fart beaucoup à Nevers. Vb'/octLUX, verreuse , adj. [ Verminojus.} Ce mot ie drt des fruits , & veut dire. Pourri Gâté Qui a queique ver. (Abricot verreux. Pomme verreuse.) VER f * ïl ejl un verreux. [Caducus, ruinffus.} Ces mots signifient qu’il y a quelque chose à dire en lui. C’est une afaire un peu verreuse. C’est à-dire, une afaire qui ne vaut pas grand’ chose. VERRIER, f m. [Fitriarius, ampuUarius.} Faiseur de verres. Marchand de verres, & de toutes sor- tes de vases de terre. (Un riche verrier. J Marcher comme un verrier déchargé. C’est-à-dire , marcher vite & comme une personne qui n’est embarrassée de rièn.) 0 Saint Amant étoit fils d’un Gentilhomme verrier. Mainard fit cette épigramme contre lui : Votre noblesse est mince, Car ce n’eji pas d’un Prince , Dapbnis, que vous sortez » Gentilhomme de verre, Si vous tombez a terre, Adieu vos qualitez. TERRIER , s m. [ Vitriaria cista. } C’est un ouvrage d’oiìer fait en quarté , ou en ovale, à un , à deux ou trois étages, & dont on se sert pour métré les verres. Ce sont des vaniers qui font les verriers , & ils en font des quartez, ou en ovale. Un bon verrier. (Un joli verrier.) VERRIERE , f. f. [ Operculum vitreum. ] Piéce de verre clair qu’on met devant des tableaux, ou autre* , choses pour les conserver. VERR1N ,s-m. [Arreftaria machina duplici coch. leu.) Machine qui sert à élever de fort grands fardeaux. Elle est composée de deux pièces de bois, dans lesquelles entrent deux vis très fortes, comme dans les presses des Relieurs. VERRINE ,s-f [Vitrum barometri.} C’est le nom qu’on donne aux tui'aux de verre, qui servent à faire des baromètres , au moins je l'ai entendu ainli nommer à des émailleurs. Ces émailieurs étoimt des ignorans. f L’Académie dit que Verrine signifie la mème cho- se que verriere. TERRINES , f, f. pi. [Verrina, orutiones in Verrtm.} C’est le nom de quelques Oraisons que Cicéron a faites contre Verres. L’excelent Mr. de Maucroix en a traduit une dont l’eloquence répond à celle de l’original. f VERROTERIE , f. f. [ Vitrine merces. ] Terme de Trafic. C’est de la menue marchandise de verre , comme des grains de patenôtres", des boutons, de petits miroirs , &c. dont on trafique avec les Sauvages de quelques endroits de i’Amérique L de l’Afrique. On trafique au Sénega de verroterie de toutes sortes de couleurs.) VERROU ,fi m. [Peffulus.} O» écrivoit autrefois verrouil, d’où vient le verbe verrouiller , qui fuit. Le verrou est un morceau de fer ataché à quelque châssis de fenêtre, ou à quelque porte qu’on poulie avec la main pour fermer, ou ouvrir ce châssis, ou cette porte. (U y a un verrou plat & un verrou rond. Le verrou plat est un morceau de fer plat ataché a un écusson de ter- gette par le moïen de deux cramponets <& qui est compose ducorps du verrou éé d’un morceau de fer rond qu’on nomme bouton , parce qu’il est fait en forme de gros bouton. Le verrou rond est composé du corps du verrou & d'une queue. (Pousser le verrou. Les j,ins defians, les verroux U les grilles He font pas la vertu des femmes, ni des filles. Molière, Ecole des Femmes, act. ;.) H L’Académie écrit verrouil, & dit qu’on prononce verrou. t llaij'er le verrou. [Clientelam profiteri. J C’est rendre hommage. Témoigner ses respects. (Autrefois, le Seigneur du Fief dominant étant présent, le Vassal le baiíoit à la bouche, si le Vassal etoit Gentilhomme, linon , il le baiíoit aux mains. Que ti le Seigneur étoit absent, íe Vullul baiíoit le verrou de la porte, ou de la porte du Fief. Voïez de lìrieux , coutumes anciennes , & la coutume d’Auxerre , a 44.) (3 Quelques Coutumes veulent que le Vassal qui ne trouve pas Ion Seigneur dans son château pour lui rendre hommage , baise le verrou. Et parmi les régies que Losse! a inférées dans ses Institutions Coutumières, hv. 4. tit. j. art. g. on y trouve celle-ci : Le vajjalne trouvant son Seigneur dans son hojlel, doithevsr- tes-par trois fois a la porte, l’apelkr aujjì pur trois fois , & 1 après avoir baisé la cliquette ou verroúd d’icelle,faire pareille déclaration que dejjus, en prendre aHe authentique ,signifie aux Officiers de la JuJiice , ou au pra- VER shah voisin , N en laijfir copie. Lé baiser 'a été sláns tous les tems une des folies des amans. Lucrèce qui nous parait aussi savant en amour qu’en Philosophie Epicurienne, se moque ainfi du ridicule baiser de la porte d’une maîtresse : At lacrymans exclusus amator limina sept Floribus gf sertis operit , poseijque superbos Xjnguit amaracino , for tb us miser oscilla figiî. Et Propeîce qui connoissoit teus les égaremens deí amans, lib. i. eleg. r s. Ante tues quoties verts me perfida poses -, Oj'cutuque impreffìs nexa dedi gradibus. Mais disons avec Du Moulin * que le vassal n’est point obligé de remplir toutes les circonstances de l’homtnage à la porte du Seigneur absent ; & selon le témoignage de Brodeau, les Notaires du Châtelet expriment feulement que était va état devoir de vassal. Mais en même tems il reconnoît qu’il y a des Seigneurs poin- tilleux qui ont ataqué de nullité telles prestations de foi où l’expression du verrou est oubliée, & conseille d’exprimer mot pour mot dans Pacte de foi & hommage toutes les solemnitez prescrites par la Coutume. Le conseil est judicieux ; on ne doit rien oublier pour se garantir des lubtilitez de la chicane. VERROUILLER , v. a. [OJiio pejj'ulum obdere, ] Fer*, mer au verrou. (.Verrouiller la porte. Témoin :a petite Catm Qu’on verroit bten moins défilée , St fa porte eût été toûjours bien verrouillée. Le Noble.) i Se verrouiller, v. ». Cels s’en fermer au verrouik VERRUCA 1 RE,//- [ZactnchaJ Plante dont les tiges font rameuses, les feuilles oblongues semblables à la dent de lion, les fleurs de couleur jaune, & qui est bonne pour faire en aller les verrues. VERRUE)//- CVerrucaj} Mot qui vient d u La*. tin verruca, & qui signifie ce qu’on apeile ordinairement porreau. (.Verrue pendante. Verrue douloureuse.) Votez Poireau. VERS, / m. [ Versus , carmen. ] C’est Un certain nombre de silabes arrêté & dont la derniere silabe, ou les deux dernières silabes riment avec celles d’un autre vers, Ou de quelques autres vers. (lin beatì vers. Un méchant vers. Un vers languissant. Un vers mal tourné. Un vers bien tourné. Vers Héroïques. Vers Liriques. 11 faut éviter les vers dans la Prose , & c’est mal écrire que d’y en faire souvent. On dit que les plaidoyers de Monsieur Patru sont fi exactement é- ■crits, qu’on n’y trouve aucun vers , au moins aucun grand vers qui soit sensible & qui ait quelque harmonie de vers. Despreaux & Racine tournent bien un vers. De tous les disciples de Malherbe , Mainurd étoit celui qui faisoit le mieux des vers. Les boutiques des épiciers de Paris font pleines des oeuvres du Misantrôpe Amelot, des vers de Thomas de Lormes & du bon homme Vaumoriere» 11 en est des vers comme des hommes , le plus grand nombre est celui des mechans. Le vers le mieux rempli , la plus noble pensée Ae peut plaire à l’efirit , quand íoreille eji blessée. Despr.) Les vers Grecs & les vers Latins font composez d’un certain nombre tic piez. (Vers hexamètre, pentamètre , faphique, &c. Vosez ces mots en leur ráng.) On parle encore en François des vers masculins, féminins , libres , burlesques, &c. C’est à Marot à qui l’on doit le mélangé des vers masculins & féminins. Les Espagnols disent qu il faut être sot pour ne savoir pas faire deux vers, & fou pouf en faire quatre. S. Evremont. (La plupart des femmes veulent qu’on leur témoigne en vers l'amour qu on a pour elles, & se gendarmeraient si la déclaration le Paisoit en prose. S. Evrefnont. f » Voila des vers à votre louange.) H Faire dés vers a la louange de quelcun. C est Prov. & par ironie , medire de quelcun. On condamne les vers dans la prose; Cicéron-, Quintilien , IeS en ont banni il y a long tems. Vaugelas, le P. Bouhours, Minage ne peuvent soufrii_les vers dans la ptôse, ni la prose dans les ver . 1 il me semble que les vers prosaïques lbm b'en moins suportables qu’une prose qui se trouve e P, lard de quelque locution mesuree , & qui a la cadence d’un vers ; ,1 est même kà difimle d’ev.tet de succ f Tá Ver 695 dts Vers malgré qu’on en ait. On eh trouVe dans Ci* ceran, dans Quintilien, dans Vaugelas, dans le P. Bouhours même ; ainsi la faute n’est reprehenfible que Jorst qu elle part d’une négligence qu’un Auteur qui aspire àla gloire de bien ecrire, doit éviter avec foin. Votez les Remarques de Vaugelas , les Doutes du P. Bouhours és les Observations de Ménage. £$ Le vers est, selon le P. le Bossu dans son Traité du Poème Epique, liv. i. ch. une partie du discours mesurée par un certain nombre delitl-abes longues , ou brèves, avec une cadence agréable que l’on repete fans cesse : cette répétition est nécessaire, pour distingues la notion du vers d’avec celle de la prose. Cet Auteuí remarque ensuite l’origine du mot vers. Un vers étant achevé, l’on retourne au commencement d’une autre ligne pour écrire le vers suivant ; & ce retour a donné auXoerr le nôm qu’ils portent, & que les Latins apel- lent Varmina, qui signifient parmi eux plusieurs choses, Comme le chant des oiseaux : Rameque fidens mifirabile carmen jntegrds. Virg. 4. Georg. Les chants magiques : Çarinina vel cala pojfunt deducere lunatfs f Carminibus Circe Jòciùs mutavit VlìJJìt. Virgil. Egl. Z. Lés vers médiocres font enhuieux : Le monde en tous les arts s’ejì ajjez contenté De voir Id médiocrité , Mais esi vers quiconque .y travaille , S’il ne fait qu’on ïadmire, il ne fait rien qui vaitk. Le Chev. d’Aceilli, Us font bien-tôt décriez. Saint Pavin pénétré de Ift beauté de ses Vers, fit cette épigramme : : Tircis fait cent vers en une beurre > Je vais moins vite , n'ai pas tort ■; Les siens mourront avant qu'il meure , Les miens vivront après ma mort. VERS. fVerftis , ád.'J Sorte de préposition qui -régit l’acusatif, qui se dit du lieu & de la personne & qui en parlant des personnes signifie auprès. * (Ambassadeur vers le Pape, mais il ne semble pas fi usité qssauprèíi 11 signifie aussi du côté. (11 le tourna vers Carideme, Vaug. Quint. I. 3. c. 2. ) Vers , se disant des lieux Ú signifie du coté. (11 fit avancer les troupes vers l’Euphra- te. Vaug. Quint. lib. 3. c. 3. 11 marcha vers Maroc-. Ablanc. Marmot.) VERS. [CVrca.] Préposition qui demande í’Acufatif, & qui veut dire, environ. En ce sens, fort usage est assez borné ; & il sc d i foi t du tems. (Vers le soir , Firme parut sur une hauteur. Fléchier , Tbeoâofi. Nous allâme» vers ia tin de Tannée faire une petite course.) ($ VERS-Óù. Vaugelas Remarq. 324. & l’Académie ont condamné cette locution : 11Je rendit à un tel lieu bers où l’Armée s’avançcit. Et dans la Remarque 333. il nous aptend que les prépositions vers & ■envers ne doivent pas être confondues. Vers signifie le verjus des Latins: Vers P occident , vers i’orient : & envers signifie 1 ’erga, comme la pieté envers Dieu. Vers est pour le lieu, envers pour la personne ; réglé qui a été aprouvée par Mrs. de l’Académie. Mr. Ménage, tome %. des Objerv, cb. 135. prétend que vers se dit quelquefois par raport aux personnes, comme : Ambassadeur vers le Pape, vers la République de Venise. On dit encore : Je Pat envolé vers vous: ll eji tourné tiers moi. Mais Vaugelas avoit remarqué auparavant que vers en cet exemple regarde le lieu plûtot que la personne. Un de nos meilleurs Ecrivains commence ainsi son Histoire des révolutions deSuede : Vers le milieu du quartoziémesiécle, le Rohm- me de Suede étoit encore élettif. J’avouë que ce slt bien sec -, & ne prévient pas ; d’ailleurs il ne marque aucune époque certaine. L’histoire exige que l’on commence par un certain tems , & que l’on finisse de même. VERSAILLES , / f. [Verfilia.J Maison de plaisance du Roi, fort belle, à quatre iieuës de Paris, bâlie fur une petite éminence , au milieu d’un grand va Ion, rout entouré de colines. (Versailles est tout couvert d’ardoiscs. Allez rapidement, U fous d’beursux aujfiees Du superbe Yersaille augmenter les délices. Abc Régnier.) * VER- 6g6 VER ± VERSANT v ánte, adj. Qui se renversa faciîê- aient 11 n’a d’usage qu’en parlancdes carosses & d au " “ es voitures semblables, (Ce carosse est fort versant. Les chaises de Hollande font fort versantes.) AVERSE,^®. ÍCopiosè, undatim.J Ce mòtfedit en parlant de grofe pluie, & veut dire. En abondance. En quantité. (11 pleuvoit a verse. 11 n y a point d apa- He sortir de la maison par le teins qu il fait, car il pleut a verse.) „ * VERSE', versée. £In aliquà re versatus, exercitatus.j Expérimenté. Consommé. (Hâlé est un original qu’on croit fort versé en droit Canon , en Géométrie » Astrologie,en un mot Hâlé sait tout & ne sait rien. Le P. Rai- jiaud del’Qratoire est très versé dans ia Géométrie, 1 ouvrage qu’il vient de donner au Public, le montre allez. VERSEAU ,/ m. £ Aquariuss C’estl’un des douze lignes du Zodiaque , c’est l’onziéme de ces Signes ou entre le Soleil en Janvier. (Le Soleil est à cette heure dans le Verseau.) _ , _, , VERSER , v. a. [Fundere , effitnderes Répandre. (Verser une cruche d’eau. Verser des pleurs .Ablancourt. Celui qui de sa mere aura versé le sang , Parmi les Empereurs aura le dernier rang. Cousin , Histoire Romaine. ïls présageoient qu’il leur faudroit encore verser du sang. Ablancourt. Verser son sang pour servir quelcun. Racine , Ipbigenie. On dit auíìì verser du vin. Pendant que le guai champenois Etoit loué tout d’une voix, Et le verfoit à pleine coupe A la jeunejj'e de la troupe. , Perr.) f * Verser dans un tonneau percé. [QleUm perderes C’est-à-dire, perdre sa peine & obliger un ingrat. VERSER. [Subverteres Ce mot se dit des chariots, des «harettes & des carosses, Sc veut dire renverser. (Le co- eher nous a versez. II ne crut pas, versant, pouvoir mal faire . Voiture. Poésies,) f VERSER, se dit des grains qu’on répand, ou d'un fec dans un autre, ou autrement. (Verser de l’aveine. Verser du blé dans un sac.) VERSER, v. n. [ Procumbere. ) Ce mot se dit des grains pendant par les racines, & lignifie. Se coucher. Ls renverser en bas. Se coucher vers la terre. ( Le* «veines versent iorsqu’elles font trop grandes.) VERSET, / m. £ Versiculus .] Terme d’ Eglise, lequel sc dit en parlant de l’Ëcriture Sainte. C’est un passage de l’Ecriture Sainte qui est ordinairement marque dans le texte par quelque nombre comme i. 2. &c. (Les versets dans l’Ecriture ne font pas toujours bien «gaux. 11 y en a de petits. Entonner un verset.) VERSIFICATEUR,/». {Verjìficator, insulsus poéta. ] Faiseur d’ouvrages en vers. ( Brebeuf est un versificateur François qui a traduit en vers ampoulez la ïharíale de Lucain. Théophile est décrié par tous ses Versificateurs Franqois. S. Evremont, t. 7. Les Versifi- cateurs ont tort en cela; Théophile n’est pas bien exact, il est vrai, mais il a un genie qui est souvent au-dessus des Versificateurs qui le blâment.) VERSIFICATION ,// [Verjìficatios Prononcez ver. Jijkacion. C’est l’art de bien faire & de bien tourner ses vers. (Monsieur Lancelot qui s’est retiré à ia Trape, a fait un traité de la Verliíication Françoise. Lire la versification Françoise pour aprendre à faire des vers.) VERSIFICATION. £ Verstficatio. J Maniéré dont un Poète fait des vers. (La veriification de Defpreaux & de Racine est très belle.) ís Me sera-t il permis de représenter ici ma peine fur ce que la perfection de la veriification Françoise me paroit presque impossible ; ce qui me confirme dans cette pensée, est de voir que nos plus grands Poètes ont fait beaucoup de vers foibles. Personne n’en a saie de plus beaux que Malherbe ; combien en a-t-il fait qui ne font guéres dignes de lui ! Ceux mcines d’entre nos Poètes les plus estimables, qui ont eu le moins d’ine- galite , en ont fait assez souvent de raboteux, d’obscurs, & de ianguissans. f VERSIFIER, v. n. £ Versificari , versus scribere tormre ] Faire des vers. (II est un peu fou, & ûverstfiè, « est justement pour l’achever de peindre.) VER VERSION > / / £ Interpretatio , traduciio. ] Cí ïnot signifie traduâion, mais dans i’usage ordinaire il n’eít pas 11 usité que le mot de traduHion. ( Le Concile de Trente en déclarant la version Latine de la Bible au- tentique , a voulu dire que... Port-Reial, Nouveau T*. Jiament, Préface. Le Pape Clement XI. vient de condamner le P. Ques. nel, parce que sa version n’est pas conforme à la Vulgate. C’est pour cela que Clement IX. autrefois condamna k version de Mons. Mr. de Saci a fait une excélente fer. Jion de toute l’Ecriture Sainte. Observer les liaisons des chapitres dans la version nouvelle. Voïez la traduHion de la Cité de R. Augustin, Amiot a traduit les Vies de Plutarque fur une ver. sion Italienne, Sc cela est cause des soutes U’Amiofc Celoines. opusc. p. 12;. A nos Seigneurs Académiques. Nos Seigneurs les hipercritiques , Rafineurs de Locutions, Entrepreneurs de versions. Ménage, Requête des Dictionnaires. Nous avons la version de deux Poèmes Latins eà vers François. Celle de la Pharfale de Lucain par B r», beuf a été generalement estimée, mais celle de l’Enéïd» de Virgile par Segrais n’a pas été à beaucoup prés si heureuse. Segrais demeure toujours bien au-dessous de Virgile, & Brébetif pousse souvent la fougue de Lucain en notre langue plus loin qu’elle ne va en Latin. S. Evremont, reflen.J’ur les traducl. m 4. p. 153.) Voter vulgate. . t VERSO. Ce mot est Latin, & est un terme depra. tique : C’est la page qui est au dos d’un feuillet, Sc qu’on trouve quand on l’a tourné. (Cela est à folio 12. versos VERT. Voïez verd. f VERTE,/ / C’est un des noms que.l’on v donne à la jauge , dont on fe sert pour connoitre la capacité des barils & tonneaux à liqueur que l’on jauge. f VERTE, signifie aussi les mesures jaugées & estimées avec la verte. (Cette pipe contient soixante ver. tes. ) VERTEBRE , / f. £ Vertebra . ] Terme d’Anato- mie. Ce font les os de l’épine du dos ausquels les côtes sontatachées. (Première vertebre. Seconde vertebre.) f VERTEL, s m. On nomme ainsi la mesure des liquides d’Heydelberg. On l’apelle Fertel dans tout le reste de l’Alemugne. * VERTEMEN T, adv. [ Validé, fort;ter. ] Ce mot ne sc dit qu 'au figuré, St signifie vigoureusement. (Pousser vertement son ennemi. Ablancs * VERTEMENT. [A cri ter , libéré , aster es Avec fer. meté. Avec hardiesse. Avec liberté. (Répondre verte» ment à quelcun. S'il vous eut vú tcfntòt lui parier vertement, Il craindroit vos transports mon reíientiment. Mol. ) & VERTEMGULTE. C’est un droit que les Sei- gneurs qui ont des fours bannaux dans Ia Normandie , exigent en efpece pour la monture d’un blé qui n’a pas été moulu dans son moulin. Terrien, Beraud & Basnage ont fait mention dc ce droit. Ceux qui font resseans, c’est-à-dire , domiciliez dans l’étenduë de labannalité, aiant fait leur recuire de grains , ne peuv ent les enlever & les faire transporter dans une grange située hors du fief, fans laisser seize gerbes pour le droit de verte. moute. Beraud raporte un Arrêt qui l’a ainsi jugé. Bas- nage en cite un autre sur l’art. 210. dans une efpece diférente. II fut jugé en iÇ4r. que les étrangers qui avóienc acheté du blé dans le marché du Seigneur, ne pouvoient pas l’enlever fans paier le droit de verte, moute , quoiqu’ils fussent domiciliez hors de la ban» nalité. VERTENELLES, / / £ Annuli caudatis Terme de Marine. Noms qu’on donne aux gonds & aux charnières qui entrent réciproquement l’une dans f autre pour tenir le gouvernail suspendu àl’étambord, dt lui donner du mouvement. VERTEVELLE,/ f. [JPejstili, caudati annulés Terme de Serrurier. Ce fonc deux anneaux de fer qu’on fiche dans une porte, pour faite couler & retenir le verrou des serrures à bosse, & autres verroux.. VERTICAL, verticale, adj, £Verticalks Ce mat VER ftè fe dit qu’eri Astronomie , où l’on parle du point vertical , ou Au Zénith. [CVi verte». ] C’est-à-dire un point que l’on conçoit être au Ciel, & tomber perpendiculairement tu r la tête des hommes. (On dit horloge verticale , c’est un quadran dont le plan est élevé perpendiculairement fur i’horifon. Cercles verticaux:. Roh. ms.) VERTICALEMENT , adv. [PerpenAicularìter .] L’E- quateur dans la sphère droite coupe le Ciel également St verticalement. VERTIGE , s- ' J. j. Celle cjui veste. (C’est une vessedfe.) ‘ ' irrro VES VESSIE, s f. [ Vesica , uíriculus. ] C’est le lieu du corps où est surine. Robaut , Phijìque. C’est une partie membraneuse composée de deux tuniques, qui requit surine des reins & qui ensuite la pouffe dehors. (It avoit la vessie pleine de petites pierres. Go. reus , Diíiionarium Medicum.j VESSIE de fiel. £ Vejìca fellis. "] Maniéré de petite empoule qui a tire à foi la bile, ou le fiel. * Faire croire que des vejjìesfont des lanternes. ['Falsa proverbs dare .] Proverbe. C’est vouloir faire passer les choses pour ce qu’elles ne font pas. C’est vouloir faire croire que des choses font véritablement ce qu’elles ne font pas. VESSIE,/, f. [Ve/ìcula.] C’est une forte de petite ampoule qui fait élever la premiere peau, & qui se remplit de scroiitez. VESSIE. [Infima pars curcurbita .] Terme de Cbimi - Jie. C’est la partie basse d’un alembic ou l’on met la liqueur. C’est aussi un vaisseau de cuivre d’un gros ventre, couvert d’un chapiteau rond, qui aboutit à un long canal tortueux que l’on fait passer au travers d’une barique d’eau froide, & dont on fe sert pour faire les eaux de vie & autres liqueurs, VESSIGON , f m. [ Mollis tumor. ] Terme de Maréchal. Enflure môle qui vient à droit & à gauche du jarret du cheval. GuiPet, manège. VESSIE, v. n. [Flatum emittere .] Terme d’Ejfaieur. II le dit des vents que le feu & l’air font sortir, lors que tirant fessai on ne le laisse pas refroidir adroitement. 11 faut tirer fessai dans íà coupelle pour être refroidi fur la bouche du fourneau de crainte qu’il ne soit surpris par l’air; car le feu & l’air, qui font incompatibles, fort souvent en ces rencontres font sortir des vents, & c’est ce qu’on apelle vejji'r. Votez ToJJet , Essais , /. a. ch. 2 ;. jjí VEST. Vejíure. Devejî. Suivant plusieurs Coutumes du Roïaume , le vendeur est obligé de fe dévêtir & quitter la propriété du fond vendu , & dont le Seigneur investit l’aquereur. Le droit qu’on paie au Seigneur, est apelle veji Sc devefl. Votez CIndice de Rugueau. VEST'A, / / [Vefia.'] Elle a été une des plus grandes Deelfes, du Paganisme , sans pourtant être connue ; ce qui a obligé Ovide de s’adrelserà elle lorsqu’il Voulut la placer dans ses Fastes. Déesse, (dit il) je ne vous connois point; il n’est pas permis aux hommes de vous connoitre ; il faut pourtant que je parle de vous. Quelques-uns la font naître de Saturne & de Rhee , & lui donner le droit d’ainesse fur Ceres & fur Junon. Mais cette généalogie ne parodiant pas bien etabhe, d’autres disent que Vesta n’est autre chose que la terre ; & ne trouvant pas encore leur compte dans cette imagination , ils assurent qu’elle étoit le feu. Cicéron autorise cette pensée dans son Traite de la nature des Dieux. On propose encore plusieurs questions fur cette Déesse , dont on fait un mistere , parce qu’on n’a rien de certain , du moins dans les Mitholo- gistes ; ainsi ce feroit chercher la vérité dans la fable , que d’en dire davantage. Virgile nous aprend qu’Enee échapé de l’embrasement de Troies , arriva au port de Lavinium , avec la Déesse Vesta, & le Palladium , qu’il confia d’abord aux foins de quelques vierges. Afcagne transporta ensuite la Déesse & son culte dans Albe ; & Romulus suivant son exemple, l’etablit dans fa ville naissante ; Sc après son deces, Numa lui fit bâtir un temple, dont Ovide a fait une delcription dans le sixième livre de ses Fastes , ou 1 on voit que cet édifice répondoit à la pauvreté des premiers Romains : il fut élevé dans le valon qui feparoit le Capitule du Mont-Palatin. II étoit défendu aux hom- mes d’entrer dans ce temple dès que le jour fimlioit. précaution judicieuse ; la pudeur courant de grands risques, & faisant souvent naufrage dans les tenebres. Le grand Pontife fut choisi pour avoir le foin des vierges dettinees au service de la Déeíle & elles furent a- peliees Vejia/es, dont le nombre ne fut d’abord que de quatre , Sc on l’augmenta de deux autres ; & quand U y avoit une place vacante , le grand Pontife allembloit le peuple, & choilìssoit vingt jeunes filles vierges de- puis P âge de six ans jusques à dix ans, tems auquel la nature encore foible , & peu sensible , ^"^rve son innocence par l’impuiísance de la perdre, llles ai tirer au sort, & prenoit par la main celle que 1-hasard dévouent au service de la Deesse. II la met toit «înluite entre les mains de la plus ancienne des Vesta- VES 699 les, pour y être instruite de son devoir. Leurs fonctions conlìstoient dans ces trois choses, veiller, servir , & sacrifier. La vigilance étoit le premier de leur* devoirs, qui conlìstoit à entretenir le feu sacré. Le service conlìstoit dans l’acomplissement des cérémonies introduites pour le culte de la Déesse. Et le dernier de leurs soins étoit d’acomplir le sacrifice qu’on lui ofroit. Le feu sacré a été sans doute établi par les Païens , fur le modele du feu que les successeurs d’Aaron furent obligez d’entretenir pour être toûjours en état de sacrifier & de consumer les holocaustes. Le noviciat des Vestales étoit de dix ans; elles fervoient ensuite comme Vestales agrégées aussi pendant dix ans , à toutes les cérémonies du culte de la Déesse ; & après ce long intervale de vingt ans, si elles fournis- soient encore une semblable carrière de dix ans, elles étoient afranchies de leurs obligations, avec pouvoir de fe marier. La vénération que l’on avoit pour elles, étoient extrême : un Licteur marchoit devant elles lorfqu’elles paroissoient en public ; vejie induere.Jfbi vejlem induere .] Je me vêts. Je me fuis vêtu. Je me vêtis. Je me vêtirai. Ce mot de vêtir au présent de ITndicatif ne sc dit presque pas, en fa place on dit je m’habiUe. Se vêtir ne se dit presque point aussi à l’Imparfait de ITndicatif, mai* on dit fort bien , je me vêtis , &c. (77 tji vêtu comme un moulin à vent. £Tela vejiitus eji. ] Sorte de maniéré de parler proverbiale, pour dire , il eji babillé de toile. On dit aussi , il est vêtu comme un oignon , quand on a plusieurs habits ses un* fur les autres. [Bene ventri ejè.j YE'TU , vêtue , adj. £ Vejiitus . ] Habillé. Vêtu d# blanc , de gris, dc rouge. Abl. Vêtu d’une robe de pourpre. Vaug. Quint. I. Vêtu d’une charge, d’un benefice. [Tali munsre, beneficio ornât us J VE'TU, ue, adj. £ Vejiitus, ornatus.'} Terme de Blason. II sc dit de l’Ecu, lors qu’il est rempli d’un quar. ré posé en losange , dont les quatre pointes touchent les bords. Alors ce quarre tient lieu de champ , & ses quatre coins qui restent aux quatre flancs du quarté donnent à l’Ecu la qualité de vêtu, & cette figure est composée du chape par le haut, & du chaussé par le bas. VE'TURE , s. f. [ Vejìis Religiose Jusceptio.'] Terme de Religieux & de Religieuse. Cérémonie qu’on fait lot» qu’on donne l’habit de Religion á quelque Religieux., ou à quelque Religieuse, frise d'habit de Religion. (Capucin qui prend fa véture. On habillera les filles pour la véture selon leur condition. A la cérémonie de la véture, on coupera un peu des cheveux de la Novice pour marquer le dessein qu’elle a de renoncer au mon. de. Voïez les Conjiitutions de Port-Roial. Avoir foin que la véture sc fasse avec l’habit le plus modeste qui se pourra.) On apelle véture \e Sermon qu’on fait à ce* fortes de cérémonies. (Le Pere Massillon a prêché une belle véture.) 0 VE'TURE. Terme de Coutume. C’est la même chose que vejt dans la Coût|jme de Rheims. Voïez Ragueaux dans Jon Indice. Et dans celle de Noyon, & de Laon véture & pojjejsoire , c’est la Blême chose. Voïez le même Ragueau. VETTURIN. Voïez Voiturin , VEU. Voïez vau & vii. VEVA , s. m. Arbrisseau de ITsle de Madagascar qui a les feuilles semblables à celles de l’amandier, & qui font astringentes. VEUë. Voïez vue. VEUF, veuve, adj. [Viduut , vidua.J Ce mot ad propre & en parlant des personnes , lignifie qui ria plus de femme , qui n’a plus de mari. (Quand on est assez fou, ou assez folle pour se marier, le meilleur est de n’épouscr ni homme veuf, ni femme veuve.) * VEUF , veuve. £ Orbus, or bat us.J Ce mot se dit ait figuré, & signifie qui eji privé de quelque chose. (Ton discours eji une nuit Veuve de Lune [f U’Etoiles. Mai Poè’f C’est-à-dire, ton discours est privé de clarté, L est très.obscur, & trés-tenebreux.) VEUF , vef, J’, f. £ Viduus.] II faut dire & écrire veuf, & non pas vef. C’est celui qui survit à sa femme. (Elle épouse un veuf qui a des écus. I.oùis XVI. demeura veuf de Marie Terese d’Autriche le ;o. juillet i<58L) VEU LE, adj. [Vacuus , debilis. ] Qui est faible faute d’avoir pris des alimens, ou de les pouvoir digérer. (Sa maladie l’a rendu veule.) On doute de l’ufa- ge de ce mot. En termes de Jardinage, veule sc dit d’une terre trop legere où les plantes ne peuvent prendre racine. On apelle de même branches veules, celles qui font trop menues pour porter du fruit, & qu’il faut couper. VEUSTE- Terme d e Monoieur. Mr. Boizart, traité des Monaïes, ch. 21. nous aprend que ce terme signifie la couleur pâle de l’or. VEUVAGE, f m. [Viduitas.2 Le tems qu’on est veuf, ou veuve. (A bien prendre, il n’y a point de veuvage qui ne soie heureux. Eujjes tu fait le vau d’un éternel veuvage, Ton amour eji un bien qui m’eji jujiement dû. Mai. Poéf. (Vfiiez viduité.) (La plus grande douceur qu’on trouve au mariagf f aVr vient que de l’ejpoir qu’on conçoit du veuvage. S. Evr.) VEU- f VIA \ ELVE , s. f. [ Vidua . ] Celle qui a perdu son mari. Celle qui survit son mari, & qui demeure sans se remarier. (La condition de veuve est la plus malheu- reule de toutes les conditions. Une jolie veuve. Une veuve fort éveillée, aimable, charmante. Anne d’Autriche fût veuve de Louis XIII. le 14. Mai 164;. O combien lors aura de veuves Va gent qui porte le Turban s Que de Jhvg rougira les fleuves Qui lavent les piez du Liban! Mai. Poésies. La nécessité de chercher un conseil & un soutien étranger au défaut de celui d’un mari ; l’assiduité & les artifices d’un hypocrite qui se rend nécessaire-, la facilité du sexe, la liberté qu’elles ont de disposer de leur bien , l’impression que fait un extérieur religieux, rendent aisément les Denver capables de séduction. Pere Quejhel, S. Luc. Entre la veuve d’une année Et la veuve (Lune journée La dijfiertnce eji grande, L’une fait fuir les gens, N l'autre a miOe atraìts. La Pont. * Veuve de huit galans il la prit pour pucelle. La Fontaine , Contes. VEUVE. [ Tulipa vidua,] C’est une sorte de tulipe assez jolie. (Les plus belles de toutes les tulipes, ce font les veuves.] VEXATION,// [Vexatio, damnum.] Prononcez vexacion. Sorte de persécution qu’on fait souffrir à des gens. Peine. Tourment. Trouble. Désordre, qu’on cause à quelque personne. (On ne sauroit comprendre les vexations que soufrent les sujets du Roi,fous prétexte de la gabelle. Voïez Politique de France , c. 7. Commettre des vexations. Mezerai, tìiji. de France.) VEXER, v. a. [Vexare, divexare , torquere .] Mot tiré du Latin , qui veut dire. Tourmenter. Persécuter une personne, lui donner & faire de la peine. Le mot de vexer , ne se dit guere dans le beau stile , mais il se dit dans les matières de Palais & autres pareilles. (Le Roi n’entend pas qu’on vexe ses sujets pour quelque cause que ce soit.) Se vexer, v. r. [Se torquere , se excruciare .] Se tourmenter. Se faire de la peine. Le mot dese vexer ne se dit que dans certaines matières. (Les hommes font pires que les bêtes de se vexer les uns les autres avec tant d’inhumanité.) f VEZ-CABOULI , / m. Sorte de racine méde- •cinale qui vient des Indes Orientales. On s’en sert aussi pour la Peinture. VIAGE. Ce terme signifie dans plusieurs Coutumes la vie ; ainsi dans ces mêmes Coutumes & dans plusieurs autres , à viage , c’est une chose que l’on donne pendant la vie. On dit encore viagerement dans d’au- tres Coutumes, qui est pendant lavée. VIAGER, viagère, adj. [Pensa ad viia tempus .] Terme de Pratique, lequel se dit principalement en parlant de ce qu’on donne à une personne durant ía vie. ( Assigner une pension viagère à une personne. C'ejiá-dire, lui donner de quoi vivre pendant sa vie , en sorte que ce qu’on lui donne, soit éteint après fa mort, & ne passe point à ses héritiers.) (S La Coutume de Paris, art. 262. & plusieurs autres, obligent la veuve douairière de faire les réparations viagères , qui font celles que l’on apelle aussi menues réparations, qui font nécessaires pour l’entretien de 1 héritage , hors (dit Ragueau dans son Indice) les quatre gros murs , poutres , b entieres couvertures^ ffi voûtes. 11 est souvent fait mention dans les Coutumes, du douaire viager, qui ne subsiste que pendant la vie de la veuve. La rente viagère finit avec la vie de celui a qui âllâ étoit dûë. VIANDE,/ / C abus , esta, cibaria . ] Ce mot signifie Chair d’animal, mais il ne se dit proprement que de la chair de boucherie , crue & cuite , maïs lur tout lors qu’elle est cuite. ( La viande de boucherie est chere. Aprêter les viandes. Cette viande est bonne pour vivre long-tems, & fans médecins, qui est 1 un des plus grands bonheurs de la vie. U ne faut manger que de bonnes viandes , & en manger autant que estomac en peut digerer. Les bonnes viandes sont le veau, le mouton, la volaille, les perdrix, les gnves & autres semblables server la santé. vie 701 oiseaux , qui font fort bons pour con- Ce sont trente laquais d'autant de penitentes. Portant tous des bouillons de viandes succulentes. Sanlec.) VIANDE de Carême, s Cibaria quadragesmalia. ] Ce font le poisson , les herbes, les fruits , les légumes, &c. * VIANDE. [Cibus. ] Ce mot se dit au figuré & en parlant de livres, & signifie LeHure. (11 se faut ménager dans la lecture des apophtegmes, pour ne se point fouler d’une viande trop nourrissante. Ablanc. Apo.) * VIANDE. [Cibus, esca .J Ce mot se dit en parlant d instruction Chrétienne. (Nourrir des novices de viandes salutaires. Port-Roial.) VIANDE. [Cibus.] Dans l’Evangile se prend pour un Violent désir de faire quelque chose. (Ma viande est de faire la volonté de celui qui m’a envoié. Nouv. Telia - ment.) J VIANDE [Car®.] Se dit burlesquement de la chair. C’est pourquoi on dit à ceux qui montrent quelque* parties de leur corps, cachez votre viande. On apelle mangeur de viandes aprêtées , un homme qui aime à faire bonne chere fans sc donner aucun foin, & fans travailler. f * VIANDE. Ce mot entre dans ces façons de parler basses & figurées. Exemples. Ce n’est pas de la viande pour vos oiseaux. [ Hoc tibi non es esca, ] C’est-à-dire, cela n’est pas pour vous, & vous ne le méritez pas. La viande ne plaît que selon l’apetit. Reg. Sat. 16. [ Pro cupidine cibus places,] C’est-à-dire , les femmes ne plaisent que selon qu’on les aime , que selon l’amour qu’on a pour elles. Ce n’eji pas viande prête. f VIANDE creuse. [Sonus.] Ce sont les concerts de Musique , de violons & autres instrumens. ( Aimer la viande creuse, c’est-à-dire , aimer le son des instrumens.) On le dit aussi des choses qui se mangent par friandise. [Leves cibi.] f La viande prie les gens. [ Cibus invitât. 3 Façon de parler du peuple , pour dire que quand on est à table il faut manger sans sc faire sotement prier. VIANDER , v. n. [ Pasci , uti pabulo. ] Teritie de Chasse. II sc dit des bêtes fauves , & signifie Manger. Paître. (Le cerf viande fort à son aise quand il ne craint rien. Sal .) VIANDIS , / m. [Pafius, pabulum.] Terme de Chasse, Ce sont les pâtures des bêtes fauves. (Cerf qui va au viandis. Les chevreuils sont auviandis.) VIATIQUE, / m. Ce mot vient du Latin viaticum, qui signifie tout ce qu’on porte avec soi, pour faire la dépense du voïage. 11 n’est en usage qu’entre Religieux. (On lui a donné tant pour son viatique.) VIATIQUE , / m. [Viatìcum J’acri Corporis Chrijii.) Terme d ’Eglise Romaine. Sacrement qu’on donne aux malades qui sont en danger de mort. (On lui a porté le viatique.) VÍBAÌLLI , s. m. [ Vice-prator peregrinus , vice- ballivus. C’est un oficier qui tient la place d’un Bailli. V1BORD,/ m. [Supremanavis, prœcinflio.] Terme de Marine.] C’est la grosse planche qui entoure le pont d’enhautd’un vaisseau , & qui sert de garde-fou. VIBRATION,/ / [Motus , agitatio, vibratio . ] Terme qui vient du Latin, & qui sc prononce vibra, cion. Mouvement du pendule qui va & revient; allée & venue du pendule. (On demande combien il y a de vibrations dans une demi-heure. La vibration décrit un arc simple. Eernier , Phisque , i.part. c. 19. Aprochez l’oreille de cette pendule, vous n’entendrez point da vibration plus forte l’une que l’autre.) VIBRATION. [Motus, vibratio.] Ce mot sc dit aussi de plusieurs mouvemens à peu près égaux qui sc suivent l’un l’autre. (On a observé qu’un papillon de ver à soie fait cent trente vibrations, ou mouvemens de ses ailes, dans le coït. Journal d’Angl.) VICAIRE, / m. [ Vicarìus , legatus .] Terme d ’Ë- glise , lequel vient du Latin Vicarius. C’est on Eclé- iìaftique qui aide un Curé dans la desserte d’une Cure Eclésiastique, qui fait les fonctions d’une Cure lorsque le Curé est absent. .(Un bon vicaire.) VICAIRE de Jesus-Christ. [Chrisii Vicarius , summus Pontifex.] Terme d e l’Eglise Romaine , qui veut dire le Pape. (Respecter le Vicaire de Jesus-Christ.) Grand Vicaire. [ Supremus Uioceseo; vicarius. ] C’est le Vicaire de l’Archevêque, ou de l’Evêque. ( 11 est T111 j grand 702 VIC «and Vicaire de Monsieur l’Archevêque de Paris. Mon» sieur Cohade est grand Vicairede l’Archevêque de ^VICAIRE General de l’ Evêque. [ Epscopi adjutor. ] C’est celui qui exerce la jurisdiction lu r tout le Diocèse. (Henri VIII. choisit Tornas CromWel pour son Vicaire General dans les afaires Eclésiastiques & spirituelles. Maucroix , Schisme , /. i.) 0" II y a trois sortes de Vicaires Eclésiastiques, le Grand Vicaire ou Vicaire général de l’Evêque , le Vicaire perpétuai, & le Vicaire simple L amovible. Le grand Vicaire représente i’Evcque dans l’administration de la jurisdiction volontaire & gratieuse dépendante de l’Episcopat, (car la contentieuse est administrés par un Prêtre que nous apollons Oficial sous la dénomination de Ordinaire ; ) On l’apelle grand Vicaire , quand l’Evèque lui communique fa Jurisdiction dans toute son étendue ; & s’il ne la lui communique que dans certain district, on l’apelle Vicaire Forain. II doit être Prêtre gradué. Les Conseillers Clercs dans les Parlemens, ou dans les Sénéchauísées, ne peuvent point être grands Vicaires fans la permission du Roi, suivant ('Ordonnance de Blois, art. tir. Outre toutes ces quaîitez, le Vicaire général doit avoir de la science pour instruire , & des mœurs pour édifier ceux qui sont sous fa conduite. Sa nomination doit être enrégistrée dans le Grefe des Insinuations Eclésiastiques, suivant l’Edit dé Henri II. de l’année iççj. & par la Déclaration de 1691. ses Provisions doivent contenir en détail 3 e pouvoir que l’Evêque lui a conféré , lequel finit par 3 a mort de l’Evêque quand elle 1 ut est connue , ou par fa démission volontaire , ou par fa révocation expresse. Le Vicaire perpétuel a été autrefois amovible : mais le Roi Louis XIV. par une Déclaration du 29. Janvier tógó. ordonna qu’à i’avenir toutes les Cures unies à des Communautez Eclésiastiques , & celles où il y a des Curez primitifs, seront desservies par des Curez, ou des Vicaires perpétuels qui seront pourvus en titre, sans que l’on puisse y mettre des Prêtres amovibles. Votez Curez primitifs. Les simples Vicaires sont des Prêtres aprouvez, & qui sont choisis par les Curez, pour les aider dans les fonctions de leur ministère, sous le salaire de i^o. livres que les décimateurs doivent paier lorsque le Curé est réduit à Ja seule portion congrue. VICAIRE perpétuel. [ Perpetuus vicarius.'] C’est celui qui par l’autorité de l’Evêque du Diocèse est choisi pour desservir un benefice qu’une personne Ecléfialtique veut qu’il desserve. (On ne peut déposséder un Vicaire perpétuel qu’il ne fasse une faute qui mérite d’elle- snême qu’ii perde le benefice.) VICAIRE temporel, [f }ui heneficii curam gerit ad tem- pus. ] C’est un Eeléiìastique que met un Curé afin de desservir pour un teins un bénéfice Cure. VICAIRE- IVicarius.J Ce mot se dit parmi de certains Religieux, & c’est celui qui fait la fonction de quelque Supérieur en l’absence de ce Supérieur. Ainsi les Capucins ont un Père Vicaire , qui est celui qui fait îa fonction du Gardien eu l’absence du Gardien. Ils ont aussi un Vicaire-General, qui est celui qui fait ia fonction du General quand le General est mort. II y a aussi un Vicaire Provincial. 11 y a eu aussi des Vicaires de l’Empire. C'étoit un Lieutenant que l’Empereur envoioit dans les Provinces. [Legatus. ] 0 Le ternie Vicaire a été, & est encore emploié dans les afaires temporelles. On trouve dans l’histoire de Froissart, en plusieurs endroits Vicaire pour Lieutenant : U Empereur (dit-il) conjiitu'é le Roi d'Angleterre son Vicaire. Et nous lisons dans le Roman de ia Rose; Celui grant, Sire , tant me prise Qsil m’a pour ckambnere prise, Pour chambrière, certes voire Pour Connestabk , pour Vicaire. Dans les Coûtumes d’Orléans, art. 41. U 4a. l’hom- me vivant à mourant que les Communautez doivent donner au Seigneur direct & féodal, est apelié Vicaire ; nom convenable vdit Mr. le Maître, des Amortijj’emem, lìv.z.') comme représentant St tenant lieu d’un autre : ce Vicaire eu éfet porte îa foi soit Lalande Commentateur de la Coûtume d’Orléans, ) baille dénombrement, & pat ta mort est dû profit de rachat, &c. Volez homme vivant U mourant. Parmi les esclaves des Romains, il y en avoir que Peu apelloit Vicarii, VIC parée qu’ils étoient préposez pour faire ìa fonction des autres esclaves lorsqu’ils ne pouvoient pas s’en aquiter. L. 17-ff- de peculio. VICÁIRIE , / f. L Vicarius. J Cure desservie par un Vicaire perpétuel, (11 y a des Diocèses en France donî les Cures s’apellent simplement Vicairies.) VICARIAL , vicarialc, adj. [ Vicanalis.] Qui est de Vicaire. Qui regarde le Vicaire. (Cronrwel, de la Puissance Vicariale, dressa des ordonnances Eclésiastiques. Maucroix , Schisme d’Angleterre, liv. 1, page 84.) VICARIAT , s. m. (Vicarii munus .] Charge de Vi- caire. Le tems qu’on a exercé la charge de Vicaire. (On lui a donné le Vicariat d’une telle paroisse. Son Vicariat lui vaut au moins quinze cens livres.) VICE,f. m. II vient du Latin vitium. Habitude contraire à la vertu. Défaut qui est op osé à la vertu (Le vice est son propre bourreau. 11 n’est rien qui punisse Un homme vicieux comme son propre vice. Ablanc. Luc. II fait sans se jiàter le procez à son vice. Mon vice eji d’être libre , d’ejiimer peu de gens. * VICE. [ Error, deíesíus , vitium. ] Ce mot se di* des choses animées & inanimées & veut dire défaut. (Les vices du discours. Les vices de la narration. Cheval qui a des vices considérables. Vice d’écriture.) * VICE. [Scelus, vitium, crimen. J Ce mot au figuré veut dire déréglé, débauché. ( Pourquoi faut-il que le vice triomphe & que la vertu soit oprimée. Ablanc. Luc. t. 2. Haïr, abhorrer , mal mener le vice. Gour- mander le vice. Dejpreaux, Discours au Roi. Et quittons pour jamais une ville importune Où le vice orgueilleux s’érige en Souverain, Et va la mitre m tête so" la crosse à la main. Despr. Sat. 1.) VICE. [ Vitium . ] II fe dit des défauts généraux. (C’est le vice du siécle. C’est le vice de la Nation. La jalousie est le vice des Orientaux , & autres semblables. Si l’amour eji un vice, C est un vice plus beau que toutes les vertus. Mademoiselle de Villed.) , VICE"AMIRAL , fi. m. £ Praadmiratlus .] C’est l’oficier de la marine le plus considérable après l’Amirai. (.Etre Vice-Amiral de France.) f VICE-AMIRAL, fe dit aussi du second vaisseau d’une flotte. (Le Vice-Amiral a été brûlé ) í VICE-AMIRAUTE' , f. f. Charge de Vice-Amiral. (La Vice Amirauté de Levant.) VICE-BA 1 LLI, ou plutôt VibaiBi. Votez Vibaillì , VICE-CHANCELÍER, fi- nt. [ Procancellarius.] Celui qui fait la fonction du Chancelier en l’absence du Chancelier. (Le Vice-Chancelier est mort.) í VICE-CONSUL, f- m. [ Proconsul .] Celui qui tient la place de Consul, & qui est établi dans les Ports ou Echelles , & autres lieux de commerce chez les étrangers, pour juger les differens de ceux de fa nation , & pour les protéger contre les étrangers. ( Le Vice-Consol de France à Saïde.) f VICE-CONSULAT,/ m. \Proconfiulatus . ] C’est Remploi du Vice-consul. (11 a obtenu un bon Vice* consulat.) VICE-DQGE % ou Vice-Duc,fi. m. [ Vicedux. ] C’est un Conseiller Vénitien qui represente le Doge, lors qa’il est malade , ou absent. (Le Vice-Doge doit être consomme dans les afaires.) VÏCE-GERANT, fi nr. [ Vicemgerens. ] C’est uq oficier d’oficialité & celui qui fait les fonction de l’ofi. cial en l’absence de l’oficial. (Nous avons commis là Sieur un tel notre vice.gerant en notre Cour Eclésia- stique pour informer de. Sur le raport de Mr. le Vice. gérant , commis par Monsieur l’Archevêque , il a été ordonné que.) VICE-GERANTE , fi fi [ Viaem gerens. J Terme dà quelques communautez de filles Religieuses. C’est Policière qui est sous la supérieure & celle qui conduit la communauté au défaut de la supérieure. (11 faut demander permission à la mere viee-gerante.~) ViCE-LE'GAT , fi m. f Prolegatus, nìce’egatus. j II se dit d’un Oficier que le Pape envoie à Avignon, eu en quelqu’autre ville, pour y faire la fonction de GoUp vie Cóti'mtìéur temporel spirituel. Le Dauphine, la Provence & les autres Provinces de la Gaule Narbonnoisc ont recours au Vice-Legat d’Avignon pour toutes les Expéditions Eclélìaitiques.) VICE LEGATION , / f. [ Vicelegatio , prokgatio. ] Ofice jurii'diction d’un Vice-Légat. í VICE-PRESIDEXT, / m. f Prœjtdis vices ge- rens.] Celui qui exerce les fonctions du Président en son absence. (Vice-Preíìdent du Conseil de guerre. VrCo- Président du Conseil Aulique.) V 1 CE-PR O C li R E U R , / m- de Tordre des Chevaliers de Malte. [Procuratoris vicesgerens, J C’est celui qui fait Police de Procureur de Tordre , quand le Procureur de Tordre n’y est pas. ( On Ta fait Vice-Piocu- reur de Tordre des Chevaliers de Malte.) V 1 CE-RG 1 r J■ m■ [Prorex.] Celui qui a une Vice- Eoyaute. Celui qui fait les fonctions du Roi & qui le re- preiènte & er. tient la place. (Etre Vice-Roi d’un pais.) VICE-REINE , / / [ [Proregma.] C’est la femme du Vice-Roi. (La Vice-Reine est sage & vertueuse.) VICE-ROIAUTE', /. / [ Vice regnum , ] Charge & dignité de Vice-Roi. (Etre élevé à la Vice-Roiauté'd’un pais.) V í C E - S E 'N Ë'C H A L, f m. [ProjeneJcallus.] Voïez Vi-Sénécbal. V 1 CIE' , viciée , adj. [Vitiatus, c ont amincitus , cor- ruptus.] Ce mot fe dit du bois , & veut dire Gâté. (Rois vicié.) ï VICIE', sc dit auílì de toutes les marchandises qui ont quelque tare , ou quelque défaut. yDrap vicié, morue viciee, vin vicié.) VICIER, v. a. [Vi tiare , contaminare.] Ce mot est vieux & vient du Latin viciare , qui íìgnitìe gâter, corrompre. On disoit en Termes de Pratique. Un défaut de formalité vicie un acte, c’est-à-dire, 1e rend nul & dé- feclueux. * VICIEUSEMENT, adv. [Vitiofè , contamìnatè.] Ce mot sc dit aujigure , & signifie d’une maniéré pleine de défauts. (11 écrit vicieusement. 11 s’exprimc vicieu- Cernent.) VICIEUX , vicieuse, adj. [ Vitiosus .] Q^uia quelque vice. Qui a des défauts. Ce mot de vicieux , se dit des hommes & des bétes. (Cheval vicieux. Homme vicieux. Femme vicieuse.) VICIEUX , J. m. [Vitiosus , jlagitiosus.] Ce mot pris substantivement sc dic seulement des personnes, & signifie celui qui est dans le vice , le désordre & le péché. (II haïssoit le vice, fans en vouloir aux vicieux. Ablanc. Luc. t. 2. C’est Tune des plus pernicieuses maximes & des plus propres à entretenir le vicieux. Pascal , Prov. 10. Sur un dehors qui nous impose 21 e nous lions jamais avec un vicieux, Tel paraît honnête homme aux yeux Oui dans le fond eji autre chose. Le Noble.) VICIEUX , vicieuse , adj. [ Mendosus , informé , non legitimus.] Au figuré , il lé dit des ouvrages d’eíprit, & signifie qui est plein de défauts, qui n’est pas conforme aux régies & aux maximes de l’Arr ou de la Science. (Raisonnement vicieux. Narration vicieuse.) * VICIEUX , vicieuse. [Aclus informé ] En termes de Pratique , il signifie défectueux. (Un acte est vicieux quand on n’y a pas observe toutes íes formalitez requises. Un contract est vicieux quand on y stipule quelque chose qui est contre les bonnes mœurs.) VICISSITUDE,//- [ ViciJJitudo , varietas, mu- tatio .J Terme tiré du Latin , qui veut dire Changement. Tour & révolution. (Par la vicissitude des choses du monde.elìes avoient commencé à déchoir. Vaug. Quint, l. chap. 13. lis montroient 1 e mouvement des Astres & la vicissitude des faisons. Vaug. Quint. lib. ç. chap. s.] L VICISSITUDE, sc dit des changemens qui arrivent dans la fortune des hommes. En ce sens on le dit plus ordinairement au pluriel. (La France a éprouve de grandes vicissitudes dans la guerre de 1701.) On le dit plus ordinairement du changement de bien en mal, que du changement de mal en bien. VICOMTE > / m. [ Vice.comes .] C’étoít 1e Lieutenant du Comte , & il n’avoit que la moïenne Justice , mais les Vicomtes sc firent Seigneurs quand les Comtes s’érigerent en Souverains. De ces Vicomtes, il y en a de plusieurs sortes, les uns relèvent de la Couronne, & VÎC 703 les autres du Roi. Ët fans entrer dans ce détail qui sc- roit un peu long, on peut dire en général, que k Vicomte est le Seigneur, qui a une Vicomté. (Un jeune Vicomte fort bien fait. Je te parle , Vicomte, avec franchise entière , Et suis ton serviteur en toute autre matière. Mol. Fàch.) VICOMTE. [Vice~comes judex.] En Normandie, c’est Un homme de robe qui juge les procez entre roturiers , en première instance : c’est la méme chose que les Châtelains dans les autres Provinces. VICOMTE' , / m. & /. ( Vice-cemitatus.] C’est pour l’ordinaire une forte de médiocre Seigneurie , car il f a des Vicomtez qui sont de grandes Seigneuries quand elles ont été établies par les Rois, comme la Vicomté deTurenne, LoiÇeau , traité des Seigneuries médiocres. ff Nous pouvons bien, ce me semble, entrer dans le détail deí’origine& du pouvoir des Viconstes, fans nous écarter de notre chemin. 11 est vrai que 1 e Vicomte est le Seigneur qui a une Vicomté : mais ce n’est rien dire. Les Vicomtes ont été établis pour scire la fonction du Comte dans i’eiercice de la justice ; ainfe or, les apelloit Vicaire des Comtes. Hauteferre dans son traité de Ducibus, Uc. lib. ;. c. ig. en raporte la preuve tirée de Thistoire d’Orderhus Vitalis , & qu’il a heureusement corrige : Vicecomitiam, id eji vicariam (& non viariam ) quantum habebant ìn villariis vajiatis. II est dic dans le second chapitre des Assises de Jérusalem, que le Duc Godéfroi établit deux cours s Tune cy eji la haute court de que il fut gouverner [f jujiieier > l’aut, tre cy eji la court des Borges en laquelle il établit un homme en Jbn leue à ejìre gouverner £cf jujiieier, lequel eji apelle visconte. Le Vicomtesse sont formez de la même manière que les Ducs, & Comtes , lesquels n’étoient dans leur origine que des Oficiers établis pour un certain tems & par commission pour rendre la justice dans les provinces, & en administrer les afaires les plus importantes. lis obtinrent dans la fuite , que la commission scroit pour la vie. Enfin sc prévalant de la foìblesse des Rois de la seconde race, ils s’érigerent en titre , & devinrent propriétaires des lieux dont on leur avoit commis le gouvernement. Mais ne pouvant pas sc conserver la grande étendue de pais dont ils s’étoient rendus maîtres , ils en commirent 1e foin à diférens particuliers fous le titre de Baillifs , de Viguiers, ou de Vicomtes. Et ceux-ci, dans la fuite, suivirent Texern- pie de leurs Comtes, & peu à peu usurpèrent la pro. prieté des terres dont ils avoient Tadministration , & conservèrent le titre de Vicomte. Plusieurs Coutumes font mention de la Justice Vicomtiére, qui est la moïenne Justice, & confondent les Comt. z & les Vicomtez. 11 est dit dans l’article 294. de la Coutume de Tours í Comté, Vicomté U Bdronnie ne se départ, [f c. La Coutume de Poitou traite également les Comtes & les Vicomtes, art. 2. Tout seigneur qui a Comté , Vicomté, ou Baronnie , eji fondé par la Coutume , d'avoir droit de Chatel, Châtellenie, haute Jvstice, moienne , tz? baise, UV. VICOMTESSE , s s. [Vice comitijju.] Femme de Vicomte. Celle qui pofscde une Vicomté- ( Madame la Vicomtesse de.est fort belle. Elle est Vicomtesse de Melun en Brie.) VICTIMaÍRE, s m- [Viciimarius.] Celui qui égorgeoit la victime dans les Sacrifices du Paganisme» Tanet. VICTIME , f-f [Hojiia.] Mot tiré du Latin , vi- Hima. Ce mot parmi les Anciens signifioit un animal qu’on destinoit pour être immolé. (Egorger une victime. Immoler une victime. Áblanc. On o fr ira des victimes sor votre autel. Port-Roìal , PJ'eaumes.) fs La victime étoit la principale partie des sacrifices païens : je n’en ferai point ici une description particulière, je dirai feulement que toutes les cérémonies préalables au sacrifice aiant cîé acomplies, on amenoit la victime fans être liée, parcs qu’il falloit que Ton crût qu’eile alloit librement & fans contrainte. Le Sacrificateur commenqoit ensuite à faire Tépreuve de la victime, en lui versant de l’eau lustrale sur la tête, & en lui fiotant 1e front avec du vin , selon la remarque de Virgile : Frontique htjimgit vina sacerdos. Onexaminoit après cela , Tanimal dans toutes ses parties ; on le couvroit d’un gâteau fait avec de la farine & du sel : ce que Servius a exprimé sor le 6 e. cle TE- neïde, par ces mots ; Mariai ut çji taums vino molaqm 704 vie fa/sa ; & après avoir a!inné le feu 'qui dévoit consumer la victime, il la jettoit dans ce feu fur un autel Tandi qu’elle se consumoit, ie Pont.fc & les Prêtres fa.so.ent plusieurs éfulions de vin autour de 1 autel, avec des encenscmens & plusieurs autres cérémonies pour acoifl- plirle sacrifice. On n’immoloit pas ìndiféremment toutes sortes de victimes; il y avoit des bêtes afectées pour certaines divinisez : aux unes on facrifioit un taureau , aux autres une clievre. Les victimes que i’on inuno- loit aux Dieux infernaux étoient noires , selon le temoi- gnage de Virgile dans le troisième livre de son Eneïde : Quatuor hic primùtn Migrantes terga juvencos Conjìituit. On immoloit aux Dieux les mâles, & aux Déesses les femelles de chaque espece des bêtes % dont 1 âge étoit exactement observé , étant une chose essentielle pour rendre le sacrifice agréable. , * VICTIME. [Fifiima.] Ce mot se dit an figure-, & est fort beau. Exemple. ( Quel peuple prendra-t-il pour viítimet C’est-à-dire , quel peuple choilìra-t-il pour le vaincre , pour le subjuguer premièrement. Les filles qu’on fait entrer dans les Convens maigre elles, font les malheureuses victimes de l’ambition des parens. Hans fa propre ruse on s'abîme, Souvent a force de ruser , ^ Et le trompeur devient luì-mhne la victime Du prudent ennemi qulìl vouloit abuser. Le Noble.) VICTOIRE ,f f- II vient du Latin vìHoria. Ì1 signifie gain d’une bataille. Défaite de troupes ennemies. Avantage qu’on remporte fur son ennemi en !e datant, & en faisant quelque prise sur lui. (Victoire injuste, sanglante , cruelle , glorieuse, fameuse. Tout paroijfoit à nos armées Par cent triomphes animées yìjfúrer des honneurs nouveaux, Prodige ! fatale méprise ! Je vot la victoire surprise S’égarer fous d’autres drapeaux. Rec. de l’Acad. 1707. La guerre a ses plaisirs, la victoire à ses charmes, je Kiourrois avec joie , fi votre armée remportoit la vi- íioire. On disoit que la guerre civile lui étoit odieuse lots même qu’elle lui promettoit la victoire. Le Président Coujìn, Histoire Romaine. On avoit porté en Allemagne la vifioirc jusqu’au Danube. Mémoires de Mr. de la Rochefoucaut. Emporter une victoire sur les Espagnols. Voiture, lett. 64. Pousser fa victoire au delà des bornes d’Hercule. Vaug. Quint. I. 5. Pour chanter tant de vertus, Tant de bauts-faits U tant de gloire, Mille écus, morbleu , mille écus, Ce n’ejì pas un fou par victoire. $ VICTOIRE. Peu de Généraux savent profiter des avantages de la victoire. Une victoire complété & décisive nous conduit à un grand nombre d’entreprises, lorsque le Général a assez d’habileté & de courage pour profiter de l’occasion. On n’est jamais plus en danger qu’après une victoire qu’on a remportée fur un ennemi déterminé, habile, & qui ne peut digerer le souvenir d’une défaite. Cette maxime est une des plus grandes véritez de la guerre. Polybe de Folard. f La victoire qui s’aquiert par la force & par la supériorité du nombre, est ordinairement l’ouvrage du soldat, plutôt que celui du Général, mais celle qu’on remporte par la ruse & par l’adresse, est uniquement dûë à celui-ci. L’une & l’autre sont la ressource des petites armées contre les grandes, & toutes les deux la pierre de touche de la valeur & de l’intelligence. Ibid. VICTOIRE. [Viétoria.'} Nom de femme, qui n’est pas ordinaire. (Loiiis Duc de Vendôme , épousa Victoire Mancini nièce du Cardinal Alazarin. Voïez Y Etat de la France , T. i.p. 3. c. 4.) * vi CTOIRE. Ce mot se dit en parlant d’amour. C est une fortune amoureuse. C’est le don d’amoureu- se merci qu’on a obtenu d’une belle inhumaine, (La belle ne disputa pas long-tems la victoire. BuJJl Rab.) * VICTOIRE amoureuse. [Puellœ copia ’} Victoire galante. C’est-à-dire , laveur particulière qu’on obtient d’une maîtresse, & qui marque que cette maîtresse « «orme Ion cœur a son amant. ViD * VICTOIRE. ['Victoria ] Ce mot Te dit en parlant des sens L des pallions , & autre chose à peu prés de cette nature. C’est ('assujettissement des sens , ou des passions à la raison. (La plus glorieuse de toutes les victoires , est celle qu’on remporte fur ses sens & fur ses pallions.) VICTOR, / sn. £ Victor. ] Nom d’homme. (L’Abaïe de S. Victor est riche. Victor Atnedée Duc de Savoie.) f VICTORIEUSEMENT, adv. D’une maniéré victorieuse. On ne l’emploie guère qu’au figuré. (L’Elo- quence agit victoritiileinent fur les esprits.) VICTORIEUX, victorieuse, adj. [Victor, domi- tor.] Ce mot s’emploie fans régime & avec régime. II signifie qui a remporté la victoire. (11 est victorieux, Armée victorieuse. Ablanc. J’bonore tant la palme acquise en cette guerre, Que ji victorieux des deux bouts de la terre J , avois mille lauriers de ma gloire témoins, Je les priserais moins. Mai. Poésies.) On prétend que Malherbe est le premier qui ait donné un régime au terme victorieux. Mais Ronsard a dit dans un sonnet sur les amours de Pontus dl ïiard : De tes erreurs /’erreur industrieuse Qui de la mort ne doute point l : assaut, Se fera voir des ans victorieuse. Malherbe a dit après Ronsard : Victorieux des deux bout; de la terre. Et Racan son disciple : Viciorkufes des années , Nimphes , dont les inventions, £fc. Ainsi on peut suivre ces exemples. * Grâce victorieuse. Pafi. t. ig. [ Gratia viCirix. ] C’est-à-dire , grâce éficace. Grâce qui triomphe. Grâce qui produit infailliblement son efet. ( Le triotnph» de la grâce victorieuse sur Alolina.) VICTORIOLE, /. f. [VifioriotaJ Petits victoire. On ne le dit que de Limage de la victoire qu’on trouve fur les médailles. t VICTUAILLES, f. f. \Cibaria, efca, annonal\ Prononcez viCiuailles. II se dit pour signifier vivres & munitions de bouche. (Faire une grande provision de victuailles.) •f V 1 CTUAII.LEUR , f m. f Annonarius nanticus . ] Terme de Mer. II signifie celui qui s’est obligé de fournir pour des vaisseaux les vivres & d’autres provisions. í VICUNNAS,/ *n. On nomme ainsi un des animaux qui donne le bézoard Occidental, ou bezoard du Pérou. VIDAME , f. m. f Vicedominus, hypodynajies. ] Vieux mot Franqois qui signifie Monsieur. Le Vidame est celui qui tient & repreíènte la place de PEvêque entant que Seigneur temporel. U n’y peut avoir qu’un Vidame dans chaque Evêché, & il prend son nom de la ville Episcopale. Ainsi on dit (Le Vidame de Beau- vais. Le Vidame de Reims , de Châlons , de Chartres. Loijeau , traité des Seigneuries médiocres, cb. 7.) II y a encore aujourd’hui des Seigneurs qui portent le titre de Vidame. í$ Losse!, dans ses Mémoires de Beauvoisis ; Paf- quier; & après eux Ménage & Caseneuve dérivent la terme Vidame du Latin Vicedominus ; ce qui paroît assez éloigné ; cependant l’étimologie est véritable. De Dominus on a fait par corruption Dame pour dire SeL gneur. Nous disons encore Dame dans ce même sens : Dame oui , Dame non , & il ne faut pas croire que Dame signifie là une femme. Losse! & Pafquier atestent avoir vû une ancienne Traduction de l’Êcriture, oú Dieu est apellé Dame Diex; & ces deux mots étoient autrefois le cri des Normands sous Guillaume le Conquérant. Les Evêques avoient autrefois un Econome & un Vidame ; Grégoire I. ordonna que PEvêque Pa« fcliafe aUroit l’un & Pautre. C. Volumus. xxxix. diji. Le Vidame repréfentoit PEvêque dans le temporel) c’est pourquoi il fut apellé Vicedominus. L’Econotîie avoit le soin des revenus de PEvêché , ou de l’Aba'te ; & le Vidame gouvernoit ìa maison & les biens temporels de PEvêque & de l’Abé : il rendort encore la justice. Dans la fuite des te ms, les Vidames établis pour protéger les Eglises, en devinrent les Usurpateurs, & formèrent des fiels des mêmes biens qu’ils avoient e« VIE rn garde. Ï1 y en a une preuve bien auientique qûe Du-Chêne nous fournit, & qu’on peut voir dans les preuves de l’histoire de la Maison de Dreux , pag. 221. VIDAMIE , f. /. {] Vicedominatus .] Dignité òc charge de Vidame. (II n’y a point de Vidamie en France qui ne releve de qtìelque Evêché, ou qui ne soit annexée ou réunie au temporel d’un Evêché. Loifeau, Seigneuries médiocres , c. 7.) On apelle aussi Vidamie, f f. La dignité féodale qu’on tient de l’Eglise. Du Gange. VIDELLE, f f. [ Massastfioriunt.] Terme de Pa. tijjìer. C’est un petit instrument de métal que fait le fondeur ,& qui est composé d’une roulette & d’un manche de métal, dont le pâtissier se sert pour couper la pâte quand il dresse quelque piéce de pâtisserie. (Une bonne videlle. Une Videlle bien faite.) VIDIMER, sj. a. [Scriptum exigere ad fuum ar- cbetypmn.) Terme de Pratique qui vient du mot vi. dintus. Collationner une copie à un titre original & certifier qu’elle lui est entierement conforme , afin qu’on y ajoute soi en justice. (Vidimer un acte, un titre , un contrat, &c.) f VIDIJMUS , f. m. Ce mot Latin, qui signifie mus avons vk , a été fait François , & est un Terme de Pratique. C’est un titre qui a été autentiquement col- iationné à son original. (Ce n’est pas l’original, mais c’en est un vidimus dûément & autentiquefnent colla- tionné.) VIDUITE'î// II vient du Latin viduitas, & ^signifie veuvage. (Faire voeu de viduité. Maucr. Elle est considérable par fa viduité. Mr. Dcotdilli , vie des bermites. Une veuve est tutrice de ses enfans pendant fa viduité. Une veuve d’artifan peut durant fa viduité avoir des compagnons, mais elle ne peut point avoir d’aprentis.) t§ VIDUITE'. Ce terme est un droit qui m’a paru très severe dans la Coutume de Normandie, art. 582. dont voici les termes : Homme ayant eu enfant né vif de fa femme , jouit par usufruit , tant qu’il fe tient en viduité , du revenu apartenant à fa dite femme lors de son décéds , encore que Pensant Joit mort avant la dis solution du mariage s £■? s’il fe remarie , il n en jouira que du tiers. Une jurisprudence si extraordinaire fait naître plusieurs dificultez qui ont été remarquées par Mr. Basnage dans son Commentaire lur l’article que je viens de traiter. VIE , f f [fit a, avum, vita cursus .2 Mot qui vient du Grec. C’est surdon de l’ame avec le corps. (Etre en vie. Donner la vie. Perdre la vie. Ablanc. Oter la vie. Arracher la vie. S’il eût eu mille vies, il les eût toutes perdues pour le service de son maître. Tout ce qui ne peut contribuer à rendre la vie plus agréable, ne se doit compter pour rien : 1 honnêteté même qu on estime tant , n’est à souhaiter que parce qu elle est cause que la vie est plus heureuse. Le Ciel m'arrache une innoernte vie. Racine , Phedre , act. 5. sc. 6 . La vie eji un am.is de craintes, de douleurs, De travaux, de soucis , de peines ; Pour qui connoit les miferes humaines , Mourir n’eji pas le plus grand des malheurs-. Deshcul. Henri IV. disoit que quiconque mépriferoit fa vie seroit toujours maître de celle d’autrui. Hiji. de Henri IV. La plupart des hommes attendent une autre vie après celle-ci.Les Chrétiens esperetit une vie eternelle.) * VIE. [Vit* fratium , curriculum .] Le tems qu on a à vivre. ( A chanter ses fameux exploits J’emploirois volontiers ma vie. Sar Poës. Oui, quand je ne fer ois que P aimer 8? la Je Jirois trop heureux le refre de ma vie. Si -1 ot qu’on le voit un moment , On dit, Neuman fera toute fa vie Ce qu’il eji véritablement Un franc pédagogue Alemand. ÍUchelet.) ' VIE. [Getla , faHa.) Histoire particulière qui con- tîent ce qu 5 a fait nne personne , & tout ce qui lui est arrive tandis qu’elle a vécu. (Plutarque a fait la vie des hommes illustres. Les vies des hommes illustres VIE 70^ deílutafque font le chef-d’œuvre de ce grand Homme. S. Evremont, œuvres mél. T. I. Mr. Baillet a fait la vie des Saints , où il a retranché tant d’histoires fabuleuses qui n’étoient propres qu’à amuser le peuple ignorant. Monsieur Marsouiier est un excélent Auteur pour écrire les vies des grand* hommes.) * VIE. [Vita , agendi ratio.] Maniéré particulière de vivre d’une personne. Conduite fort honnête, ou mal-honnête de quelque personne. (La vie que je fais est bien diférente de la mienne passée. Voiture , /. 2;. Mener une vie d’honnête homme. Ablanc. C’est une personne de mauvaise vie. Une fille de mauvaise vie. A- -blanc. Apopb. Une vie Chrétienne. Une vie Religieuse.) VIE. [Vita amor , Jiudium.] Populairement se dit d’une grande passion , & d’un grand atachementqu’oa a pour quelque chose. ( Si vous ôtez les livres à c® Savant, vous lui ôtez la vie. Le jambon est ma vie.) * VIE. [Cibi quantitas.] Ce mot fe dit en parlant de quantité que mange un animal, ou une personne. Exemples. (Oiseau de petite vie. C’est-à-dire, qui mange peu. Oiseau de grande vie. C’est-à-dire, qui mange beaucoup. Ainsi on dit un enfant de grande vie. Ua homme de petite vie.) * VIE. [Annona, viftus.] Substance. Ce qu’il faut pour vivre , pour fe nourrir pour subsister. (Demander sa vie. Chercher sa vie. Abl. Luc.) t * VIE. [Bene Jìbi facere.] Débauche agréable, divertissement galant, bonne chere qu’on fait en se réjouissant avec ses amis. (Faire la vie. Faire bonne vie, f * tl fe trouve en bonne compagnie , Dansant-, sautant , menant joyeuse vie. La Font. Nouv. Faire la vi e'.avecses amis.) * Vous avez fait tantôt une terrible vie. La Fontaine, Nouv.'de Joconde. [Debacchatus es.) C’est-à-dire, vous vous êtes diverti d’une étrange sorte , vous aves fait rage en amour. f * VIE. Bruit, tempête & Sabat que font des personnes , & qui étourdit. Vie en ce sens, est bas & comique. (Les gens qui sont logez aú-dessus de moi ont Fait toute la nuit une vie de diable.) * VIE- [Dura increpatio.) Paroles aigres qu’on dit à une personne, la querellant & lui montrant son devoir. (Votre pere vous va faire une belle vie.) f * VIE. [Parcimonia.) Sorte d’épargne qu’on fait en vivant doucement. (Faire vie qui dure.) * VIE. [Tempus, avum.] Ce mot fe dit des ouvrages d’efprit, des livres & des mots mêmes. (La vie d’un méchant livre est fort courte. Ablanc. Et signifie durée. Si-tôt que le visionaire & emporté Amelot a fagoté quelque chose, on en compose l’epitaphe, parce que la vie est trés-courte. Ce qu’il donne de fa façon est misérable, ce qu’il traduit des bons Auteurs leur fait tort, parce qu’il les traduit pedantefquement.) * Eau de vie. [Vinum igné vaporatum. ) C’est du vin dittiìé qu’on réduit de cinq ou lìx pintes à une. Eau de vie reciifiée. C’est Celle dont ladistilation a été plusieurs fois réitérée. On l’apelle aussi ejprit de vin. VIEIL , ou vieux. [Vêtus , Jénex , antiquus.) Mot adjectif qui fait à son féminin vieille. Le mot de vieil n’est proprement usité qu’en de certaines façons de parler consacrées ; par exemple, dépouiller le vieil hom - me, pour dire quiter le péché; & le vieil Adam, pour dire i’homme pecheur ; personne ne conteste ces expressions, mais quelques-uns prétendent que dans le discours ordinaire on fe sert encore du mot de vieil devant un nom qui commence par une voielie. La prétention de ces Messieurs est contraire à l’ufage , & en la place du mot de vieil on fe sert de vieux : on dira donc un vieux homme , & jamais un vieil homme. Le mot de vieil n’est reçu dans les discours ordinaires qu’en rail» Iant.(Ain(i Defpreaux a dit plaisanmentl e vieilinforciat, & Benserade dans ses rondeaux s’est exprimé avec esprit, disant : En matière d’amour, tout animal eji meilleur qu’un vieil homme.) Voïez vieux. f§ VIEIL de la montagne. 11 est vrai que vieux est plus en usage que ®/«7 ; mais on dit le Vieil de la montagne, ■& non point le vieux. Ceux qui ont donné au public l’Histoire des Croisades, ont remarqué qu’entte Damas & Antioche il y avoir certains peuples qui habi- toient les hautes montagnes où ils vivoient comme dans un azile impénétrable. Quelques-uns ont dit que ce petit Etat étoit composé de dix petites villes qu’ils apelloient Cajìelia, dent quelques-unes avoient Tom. III. U u u u de* VIE des faus bourgs, L qu’ils pouvoient être au nombre 706 VIE de quaran te mille hommes. Celui qui leur comman doit, étui t éiû ; ils n’avoient point d égard a la naissance; le mérité étoit seul un titre pour prétendre à la Souveraineté; L ils avoient donne a leur Prince le nom de Vieil de la montagne ; ce n etoit pas par ra- port á son âge , mais pour marquer fa capacité & son expérience. II paroít extraordinaire que des peuples élevez & acoûtumez aux plus énormes crimes , ayent été fi sensibles au mérite & à la vertu; il étoit plus naturel, & plus conforme à leurs mœurs de choisir le plus scélérat pour leur commander. 11s s’étoient fait une religion particulière, & ne pouvoient foufrir celle de Mahomet; mais la foi qu’ils croioient la plus Sainte , & dont "éxecution leur méritoit une félicité éternelle après leur mort, c’étoit une obéissance aveugle & fans réservé aux ordres de Icur Souverain. Cet homme qui devoit donc à son mérite le pouvoir souverain, ne respiroit que le sang des Princes & des Rois de l’Europe, & de l’Asie , & pour satisfaire fa haine ou fa vengeance , il faisoit élever de jeunes gens dans un palais au milieu des plaisirs , & leur infpiroit fés fen- timens barbares qui le firent craindre de tous les Princes de f Orient, lesquels pour fe mettre à couvert des embûches, & des attentats de cet ennemi commun , redoublèrent leurs gardes , & prirent les précautions qu’ils crurent pouvoir les garentir de la fureur des assassins, comme Guillaume de Neubourg l'a remarqué dans son histoire , liv, 4. chap. 24. Plusieurs Historiens racontent une infinité d’assaiîinats commis parcesScele- rats. Nous lisons dans Vincent de Beauvais , que dù tems des trêves ils tuerent faujj'ement un beau jeûné fils adolescent du Comte de Tripoli , tué en l’Eglise de la Vierge Marie , á Torto2e , qui étoit *i genouû devant F autel , fs bien loin de cacher leurs crimes , ils faisaient gloire de les rendre publics , fs de les avouer. Le même Guillaume de Neubourg raconte un fait particulier, & que je ne dois pas oublier. Conrard, Marquis de Monr- ferrat fut assassiné en nyi. dans le tems qu’il se promenois dans la place publique de la Ville deTyr;les uns acuserent le Prince de Tortone de cet assassinat, les autres l’imputerent à Richard Roi d’Angleterre : mais le Vieil de la Montagne ayant fqû l’injulie soupqon que l'on avbit contre ces deux Princes, écrivit une lettre à tous les Princes de l’Europe pour la justification de En 11 & de l’autre, déclarant qu’aiant été ofensé par lé Marquis de Montferrat, il l’avoit fait avertir de lui faire la satisfaction qui lui étoit dûë , mais qu’aiant négligé cet avertissement, il avoir envoie selon la coûtume quelques-uns de ses Satellites qui en lui ôtan la vie s’étoient rendus dignes des plus glorieuses récompenses dont Dieu pouvoir honorer les hommes après leur mort. On peut juger par cette lettre de la barbarie & de la férocité du Vieil de la montagne, & de ses sujets ; mais on jugera de fa politesse, & de fa galanterie par le présent qu’il fit au Roi Saint-Loiiis lors qu’il étoit dans Acre, & par le discours de ses Ambassadeurs. Voïez Joinville & les observations de du Gange fur cet Historien. VIEUX ne doit pas être confondu avec àncien ; de forte qu’en parlant d’un homme plus âgé que soi, on ne doit pas dire il est mon ancien. Par exemple, Aristote étoit plus ancien que Cicéron , & cependant il n’étoit pas plus vieux. On dit de même parlant d’an* ciens manuscrits, que ce font d'anciens livres, & non pas de vieux livres. Voïez plus bas. VIEILLARD , f m. [Senex , mnosus , homo natù grandis.'} Oui a beaucoup d’âge. Qui est dar.s la vieillesse. On apeïïs vieillard , un homme depuis quarante ans jusques à soixante L dix. (Les vieillards font d’or- dinaire soupçonneux, jaloux , avares , & timides, chagrins, causeurs, fe plaignant toujours. Voïez là-dessus la Rétorique d’Arijìoté, l. 2. Les vieillards ne font point capables d’amitié, mais on dit en riant, qu’ils sont plus amoureux que les autres , parce que le bois sec brûle mieux que le bois verd. Voïez Richelà fur les Sonnets de Ronsard. Le Veillard dontles ans ont nourri la sagesse, tìe ses jeunes dejîrs es encore agité, Et tel qui refîsojt au feu de la jeunesse', Fs vaincu dans le froid de fa caducité. Le P- Lederel, jef.) & dix. (Les vieilles font fort dégoûtantes. Vieille décrépits. Vieille ratinée. Vieille roupieuse.) r' Je ne fai qui est plus à plaindre , ou d’une femme avancée en âge qui a besoin d’un cavalier , ou d’un cavalier , qui a besoin d’une vieille. La Bruy. (Um vieille riche fs mal sâine ÌX’es jamaii un mauvais parti. Mai. Poëf. Vieille hou , hou , vieille ha , ha , Votre chien de f fier en a. Scaron , Poëf.) VIEILLERIE,/ f. [Veteramenta.} Chose vieille & fi fée. Chose qui a beaucoup servi. (C’est de la vieillerie que cela , & on n’en aura pas grand’chosc.) VIEILLESSE,// [Senecius, J'enium.} C’est le tems de la vie de Phornme, qui est entre l’áge viril, & l’âge décrépit. C’est un tempérament du corps sec & froid produit par une longue suite d’années. (Arri- Ver à une vieillesse honorable. Ablancourt, Rét. I. 3. c.i. L'inutile vieillesse au tombeau nous apelle. òaralin, Poëf. La vieillesse est ordinairement chagrine, & fur tout la dernière vieillesse qui commence à soixante & dix a us, & va jusques à la fin de la vie. La vieillesse a beau nous prêcher , On n’en croît point à fa Jìence ; Rien du tout ne peut nous toucher Que notre propre expérience. Aut. anon.) * La vieillese du monde. [Mundì atas.} Ces mots font figurez. C’est le tems qu’il y a que le monde subsiste.) * Quand la vieillesse de l’armée blanchit la terre par tout ailleurs, elle est ici toûjours verte. Voit. I. 39. C’eít-à-díre , la derniere saison de farinée couvrant la terre de neige , la terre est ici couverte d’une agréable verdure. VIEILLIR, v. n. [Senescere.} Devenir vieux. (Tout le monde vieillit, & cela doit être indiférent à quiconque a de l’efprit ; mais il est fâcheux de vieillir & d’écre gueux. Vne beauté quand elle avance en âge A ses amans inspire du dégoût, Mais pour le vin il a cet avantage , Elus ii vieillit, plus il charme le goût. Poète fans fard. , En vieillissant orì devient plus fou óu plus sage; Vieillir dans les íienccs. Abl. Apo .) * H n’y a rien qui vieillisse fi-tôt qu’un bien-fait. Ablancourt , Apo, * De ces noms pour qui l’on s’expose, Les plus grands, les plus ejtimez Vieillissent comme toute chose, Voit. Poëf. * Mot qui commence à vieillir. Vaug. Rem. [Obi. kscere. ] Mot qui a vieilli. Ablancourt. ( Les arbres vieillissent.) VIEILLIR, v.n. [Consenescere.} 11 signifie aussi passer fa vie dans quelques emplois. (Ce Capitaine a vieilli íòus le barnois. Ce Ministre a vieilli dans les afaires. Ce Courtisan C ennuie à la Cour d’y vieillir, Et if avoir tant semé pour ne rien recueillir. VIEILLE,//. [ Vetula , anus, anicula.} On apelle une femme vieille depuis quarante ans jufqu’à soixante Rec. de l’Acad. 16S9.) t VIEILLOT , / m. [Vetulus.} Qui commence à devenir vieux. (Cet homme est un peu vieillot, il commence à se rider.) í VIEILLOTE , / f. [Vetula.} Mot bas & comique, pour dire une petite vieille. (C’est une vieillote qui fait; encore la belle & qui est ravie qu’on lui en conte.) V ÍE'LE j / / [ Manuclcata Jhmbuca.} C’est une sorte d’inítrument de musique dofit quelques pauvres aveugles jouent & gagnent leur vie, qui est composé de cordes, d’ur.e table -, d’une rouë L d’un clavier. (Jouer de ja vide. La vicie est aujourd’hui fort peu estimée.) T VIE LE' , part. On apelle Bœuf viélé , le bœuf que ses Bouchers promènent dans la ville le Jeudi gras au son d’une viéle , ou de quelques autres inítrumens. VÍE'LER , v. n. [Sambuca canere,} joiier de la viéle. (C’eit un pauvre aveugle qui s’en va vieler tout 1e jour par ics rues (se Paris.) VIE'LER. [ Lento gradu agere.} Figurément veut dire ailes líìfll C as ( lss (í- VIE aster lentement dans quelque afaire. (Ce valet ne fait que vieler, au lieu d’être-un-peu-plus prompt.) VIE LEUR , J. m. [Sambucen.) Celui qui joue de la -vieie, & qui gagne fa vie à jouer de cet instrument. (Un pauvre viéleur. Un aveugle expert viéleur Joint JdJìmpbonie à la leur. S. Amant. Rome ridicule.) VIELEUSE , f f. [ Sambucina , ou Sambucijtria. j Celle qui joue de la vieie. Dan. V1ENTRAGE , / >». [Jus clientelare.) Terme de Coutume. Droit Seigneurial qui seleve fur les vins & autres breuvages. VIERGE > f. s. [Beata Virgo.) On donne ce titre par excelence à la Mere de notre Seigneur Jefus-Christ. (La Sainte Vierge. S. Thomas a cru que la Vierge avoit été conque en péché originel.) VIERGE. [Virgo.) Fille pucelle. ( Elle est encore vierge, mais elle a tout Pair de ne î’être pas encore long-tems.) VIERGE , [Virgo.) L’un des douze Signes colettes, auquei le Soleil entre au mois d’Aoust. rLe Soleil est dans la Vierge.) f * VIERGE, adj. [ Qleum mujteum.) Ce mot fedit de [huile d’olivc la meilleure & la plus douce. (C’est de l'hcile vierge) On le dit àuffi de diverses autres choses. Cire vierge , c’est de la cire telle qu’elle vient des ruches, & qui n’a point été travaillée. Mielvierge , c’est celui qui coule hors de la cire faus être échaufé. On dit ce motvierge, en parlant des métaux. Or vierge , c’est de l’or tel qu’on le tire de la mine fans aucun alia- ge, & alors il est si mou qu’il soufre l’erirpreinte d’un cachet. Lors qu’on le dit des autres métaux, il signifie qui n’a point encore été fondu. Mercure vierge , c’est celui qui lé trouve tout fait & tout coulant dans les mines. 11 a plus de vertu & il est plus estimé que le commun. On dit aussi àn parchemin vierge , qui est fait de la peau d’un jeune agneau. $T On dit une médaillé vierge ; c’est-à-dire, une médaille qui n’a été ni nèteïée, ni retouchée, comme l’on a acoutumé de faire en Italie. f * Epée vierge. Ces mots fe disent en riant, pour dire une épée qui n’a point fait de mal à personne, qu’on n’a pas encore tirée du fourreau pour fe batre. (L’épée de ce jeune cavalier est encore vierge.) VIERGES. .[Commune virgmum.) Terme de Bréviaire , commun des Vierges. (On fait demain l’ofice de plusieurs vierges. C’est une erreur populaire de penser qu’il y ait eu onze mille vierges. Supoíé qu’il y ait eu une Sainte Ursule , il vaut mieux dire qu’il y avoit avec elle onze martires vierges , qui étant marquées en chifre Romain XI. M. V. ont fait dire onze mille. Où l’on peut croire avec le P. Syrmond Jésuite, & Mr.de Valois, que Sainte Ursule étoit avec une autre Sainte apellée Undecimille , qui s’apellant en Latin Umieci- tniUa , par corruption a fait undecim milita. Votez la vie de Sainte Ursule dans Mr. Baillet. VIEUX , vieille , adj. [ Annojhs > antiquus. ] Ce mot au masculin se met également bien devant les voielles & devant les consonnes. La remarque de Vaugelas .fur le mot de vieil & de vieux , ne s’obferve plus , tout ce qu’on en peut dire , c’est que l’ufage y est contraire. Le mot de vieux fe dit des personnes, & lignifie qui a beaucoup d’âge. {Un rimeur vieux ’èS gascon Ese sauroit de bonne grâce Paroitre sur í Hélicon. Mai. Poéf. En vain , Claris , tu me fais les doux yeux, On n’ejt plus bon quand on eji vieux Que pour être jaloux , ou dupe. Lignieres, Poésies.) * VIEUX , vieille. Ce mot fe dit des choses & a divers sens. (Un vieux habit. [VeJHs usu trita.') Un vieux bâtiment. Une vieille maison. Vieux livres. Vieux , en ces exemples, signifie use , gâté par le tems.) * VIEUX , vieille, j' Vetujtus , antiquus. J Le mot le disant des choses , signifie aussi, qui est depuis un long- tems Ancien. (Vieux manuscrit. Vieilles histoires. Le vieux Testament. Les lettres que vous m’avrz données font trop vieilles. Voit. I. i8- C’est-a.dirc, ecntes de- nuis trop long tems.') g Marot a dit dans une balade ; VIF 707 Au bon vieux tems un train d’amour régnois Qui fans grand art Ar -dons je demenoit, Si qu’un bouquet donné dlamour profonde C’ejioit donné toute la terre ronde ; Car Jeulement au cœur on se prenait -Et Jì par cas à jouir on venoit , Scavez-vous bien comme on s’en retentit -, ■Vingt ans, trente ans , cela duroit un monde Au bon vieux temps. Or ejl perdu ce qtCamour ordonnait- Rien que pleurs feints , rien que changes rte que vive ) lors cju’il arrivoit quelque Courier. BuJJì Kabuiin.) H vif , vive. [ Acer , vwidus.} Plein de feu. Plein de force’. Plein d’ardeur. (Avoir l’efprit vif. Elle a l’imagination fort vive, mais elle a bien peu de juge- m * R VlF, vive. [ Violentas , vehemens.] Violent. Grand, fort. (Vive douleur.â Un feu vif. De vive force.) * VIF , vive. [Fulgens, radiant, acer.} II se dit auíu de ce qui a de l’eclat & du brillant. (Lesyeux ne fau- roient foufrir le vif éclat du Soleil. Avoir les yeux vifs. Cette femme a le teint vif, c’efi-a-dire , beau & animé. Une couleur vive. On dit aussi qu’un portrait est tire au vif, lors qu’il est ressemblant & quil est tiré d’après nature. J’ai les yeux vifs, le teint charmants Et la bouche vermeille , Je fçais éveiller un amant Quand je voi qu'il sommeille , J’ai P embonpoint , U Pair mignon , Je suis bien faite [f blonde, Et quand je parle , j’ai le ton Ee plus joli du monde. Mademoif. de S. F.) * Un cheval vif. [Equus ardent, veloxf} C’est-à-dire, plein de feu, qui a de l’ardeur & de la vigueur & qui est senlible à l’éperon. * En termes d ' ArchiteHure , le vif d’une colonne. [Scapus, bafìs] C’est son fût; le vif du piédestal, c’est fondé. Bâtir fur un fond vif, ou fur la roche vive, c’est bâtir fur un fond solide dont la terre n’a point été remuée. Equarrir le bois de charpente à vive arrête , c’est en ôter tout l’aubier qui est sujet à fe pourir. On apelle chaux vive, celle qui fort du fourneau qui n’a point été eteinte ni fusée. * Une haie vive. [ Sepes viviradix. ] C’est celle qui est faite d’arbres vivans & qui ont pris racine , à la dif- ference des haies mortes , qui font faites de bois sec & qu’en a planté dans la terre. VIF argent , f. m. [ MercuriiM , hydragirum. ) Prononcez vivarjan. C’est du mercure. C’est une forte de corps qui est ordinairement liquide & qu’on met au nombre des métaux, parce qu’on peut lui ôter fa liquidité. {Acojia , Hijtoire des Indes , l. 4. cap. 11. raconte qu’en 1566. & 1567. on découvrit des mines de vif argent , & qu’on commença dès Pan 1 ç 71. à afìner l’argent avec le vif argent. On dit épurer le vif argent. Le vif argent fe congelé après qu’il estépuré ; Votez le Mercure Indien , 1. part. cap. Apliquer le vif argent fur le derriere d’une glace de miroir. ) Votez là-deífus les metteurs de glace au teint. f * Avoir du vif argent dans la tête. [Levem esse g? mobili anima.} C’est-à-dire. Etre un peu fou. (On dit que les Poètes ont un peu de vif argent dans la tête.) î VIGANS, /. m. Gros draps que les François en- voient en Levant. Ce sont des espèces de pinchinats. VICIER, f.s. [ Vigicurupes.} Nom qu’on a donné à de certaines roches qui fe trouvent vers les Isles Aço- res , & qui sont cachées sous l’eau. VIGILAMMENT. adv. [Solerter, diligenter.] Qui so. gnifie avec vigilance. Mais'qui se dit peu. (II fit cela vi° gilamment.) V S G1L A N CE, f. f. ( Vigilantïu .) Grand soin qu’on a de quelque chose. Grands aplication d’esprit qu’on VIG a pour prendre garde à quelque chose. Action de la personne qui est alerte , & qui a l’œil à quelque chose, atìn que tout aille bien selon qu’on le souhaite. (Vigi. lance grande, particulière, merveilleuse, extraodinaire. La vigilance est recommendable en quelque personne que ce soit. Jésus Christ a fort recommandé la vigilance à ses disciples, ll fúut avoir de la vigilance si l’on veut gagner Pafection de ceux qui nous ont donné quelque chose en garde. Argus avoit cent yeux dont il découvroit tout , Cependant de J'a vigilance Cupidon J'çût venir a bout. Aut. Anon. Ce mot dans tout les cœurs répand la vigilance, Tout P ébranle, tout fort , tout marche en diligence . Despreaux, Lutrin , c. 4. ) VIGILANT, vigilante , adj. [Vigilant, diligent,fo, lers.} Qui a de la vigilance. (Serviteur vigilant. Fille vigilante. Prince vigilant. Soin vigilant.) VIGILE,/ / [ Vigilia .] Terme A'Eglise. Mot qui vient du Latin , c’est le jour qui précede quelque fête. (Vigile du S. Sacrement. C’est aujourd’hui jeûne & vigile. A quoi bon ce dégoût [f ce zélé inutile ? Efl-ce donc pour jeûner qualrt-tems ou vigile? Despr.) VIGILES. [Procèspro defunciis.] Terme d 'Eglise. Ofi- ce pour les morts. Ce mot en ce sens n’a point de singulier. (Les vigiles font dites. Chanter vigiles. Dites vigiles.) t VìGINTIVIRAT ,/ m. [Vigintivhatus, viginti judices.} Dignité qui en comprenoit quatre autres, car de vingt hommes qui étoient de cette compagnie il y en avoit trois qui jugement les afaires criminelles, trois autres qui avoient égard fur la monoïe , quatre qui avoient soin des rués de Rome, & le reste jugeait des afaires civiles. Ablancourt, Tacite. VIGNE ./ f. [Vinea, vitis.} C’est une forte de plante qu’on soutient avec des échalas, des treilles, ou des perches, qui porte les grapes de raisin. (Une bonne vigne. La vigne a plusieurs vertus particulières. L’eau qui sort des ceps de la vigne chasse la gravelle lors qu’on prend cette eau avec du vin. On dit planter la Vigne, labourer, houër, biner, tiercer, fumer, tailler la vigne. Cultiver la vigne. La vigne a eu toutes ses façons. La vigne est en fève. Les vignes ont coulé cette année & le vin fera cher. 11 n’y a point de vignes en Angleterre, en Ecosse, ni en Irlande, en Rolande, en Danemarc, ni en Suéde, &c.) f* Après nous , fajje les vignes qui voudra. [Pojì obi. tum quiet curanobií ejt. Façon de parler proverbiale, c’est-a-dire, qu’on ne fe soucie pas de ce que deviendront les choies quand on ne fera plus. VIGNE sauvage. [Labrufca.} Sorte de plante qui a quelque raporc avec la vigne L il y en a de deux sortes, l’une qui fleurit seulement, & l’autre qui porte un petit fruit, dont les grains sont noirs & astringer.s. La vigne sauvage a les mêmes vertus que la vigne cultivée. Voïez. la-deífus , Dtojcoride , Mattole [f Dalechamp. VIGNE porrette. [l’orrumJUveJire vinearum.} C’est une elpece de poireau sauvage qui croît dans les vignes, & que les païfans mangent en salade ou en compote. VIGNE vierge. [Vinea virginea.} C’est une vigne qui ne porte point de fruit, qui ne sert qu’à faire des palisiades & qui monte fort haut. Elle tire ce nom de la Virginie, pais d’Amerique, d’où elle est venue. VIGNE. [Vinetum , terra vitifera.} ll se dit d u plant de plusieurs seps de vigne. (On dit une vigne de tant d’arpens. Un clos de vigne.) * VIGNE. [Vinea.] Ce mot dans l’Ecriture Sainte fignifioit le peuple d’Israél, & l’Eglise. * ’1 ravaiiler a la vigne du Seigneur. [In vinea Do. mmi operari,] c’est à dire travailler à l’instruction de? fidèles & au salut des âmes. VIGNE. Ce mot entre dans plusieurs Proverbes. Ce font les vignes de la courtHle , belle montre gf peu de raport , pour dire qu’uhe chose a belle aparence > mais qu elle ne vaut pas grand chose. [Pradora Jbeciet , gf frutïus exiguus.] //a mis le pié dans la vigne du Seigneur, quand un homme est pris de vin [Seje vino obrui. j _ T Jf an ^ es dignes, veut dire ua stupide & un sot. [flebesf VIG.SF- VIG VIGNERON , s m. [ Vìnìtor. ] Celui qui cultive la vigne & iui donne les façons nécessaires. (Un bon vigneron. Un habile vigneron.) VIGNERONNE , s f. [Vinitrix.] C’est la femme du vigneron. C’est une femme qui a le soin de faire cultiver les vignes. VÍGNET I'E , / f. [ Viticulx , encarpi. J Terme ■à’Impr tmeur. C’est un ornement qu’on met à la tête de chaque Chapitre. Car pour la fin des Chapitres, on les embéiit d’ordinaire d’un fleuron. 11 y a des vignettes qu’on apelle vignettes de fonte , & d’autres qu’on apel- le vignetes gravées, (II faut mettre une vignette au haut de cette page, ou au commencement de ce Chapitre.) VIGNOBLE , f m. [ Vinetum , terra vineaiis, ] Plusieurs arpens de vigne , les uns auprès des autres en une contrée , & ordinairement fur des côteaux, des colines, ou des montagnes. ( Un petit vignoble. Un grand vignoble. Le vignoble d’Ais est le plus fameux vignoble de Champagne , & le vignoble de Beaune le plus renommé vignoble de Bourgogne.) VIGNOT, / m. [Cochlea Jpecies.] Terme de Ro. cailleur. C’est une sorte de grosse coquille ; qu’on apelle vignot, à Dieppe & au Havre de grâce. çUn joli vignot.) VIGOGNE -, f- f- í VervecisJpecies. ] Laine dont on fait de certains Chapeaux qu’on apelle Chapeaux de vigogne. La vigogne est une laine qui nous vient d’Ef- pagne & il y en a de plulìeurs sortes. C’est ía laine d’une efpece de mouton du Perou que les Espagnols apellent vicunas, d’où nous avons fait vigogne. Cet animal est plus haut qu’une chèvre, de couleur fauve & très-leger à la course ; il paît fur le haut des montagnes & auprès des neiges. (Vraie vigogne, Vigogne bâtarde. Vigogne blanche. Vigogne rouge. Cette derniere sotte de vigogne est la meilleure & la plus chere.) VIGOGNE, y! m. [í 7 igonius .) Chapeau fait de laine de vigogne. (Un bon vigogne. Un beau vigogne. Acheter un vigogne. On a vendu aujourd’hui sept ou huit vigognes.) VIGORTE , f. f. [Typus , forma lignea.] Terme à’Artillerie. C’est un modele fur lequel on entaille le calibre des pieces d’Artillerie. VIGOUREUSEMENT , adv. [Validé , fortiter , Jlre. nuè.] Avec vigueur. Avec force. (Repousser vigoureusement l’ennemi. Résister vigoureusement. Soutenir vigoureusement un assaut. Abiancourt.') VIGOUREUX , vigoureuse , adj. [Vegetus , vali - dus , vigens.] Ce mot se dit des personnes & veut dire. Qui a de la force. (Qui a de la vigueur. C’est un homme vigoureux. II y a des femmes vigoureuses , mais il n’y en a guere.) VIGOUREUX , vigoureuse. [Vividus, valens.] Ce mot se dit des choses & signifie plein de force & de vigueur. (II est fort & robuste, il a le bras vigoureux. Et l’on m’a víi pousser dans le monde une affaire D’une affez vigoureuse <3 gaillarde maniéré. Aloi.) * VIGOUREUX , vigoureuse. [Fortis , generosm.] Généreux. Plein de courage. (Faire une vigoureuse résistance. Abl.) V1GUERIE , f f. [Tribunatus.] Charge de Vi. guier. Jurisdiction de Viguier. (11 a exercé laViguerie avec honneur. II s’est aquis durant fa Viguerie la réputation d’un homme de bien.) C’est austi le territoire où le viguier exerce fa jurisdiction. [Triòunaria jurif- dictio. ) Samson a divisé sa carte du Languedoc par Viguenes. VIGUEUR ,/ T [Robur, vigor , nervi. ] Force, action vigoureuse. (C’est un homme qui a de la vigueur. Manquer de vigueur.) . * Ce n’étoient que plaintes ; dans la fleur de la jeunesse, & dans cette vigueur de courage , celui qui étoit leur Roi, leur fut cruellement enlevé. Vaug. (feint, lettre j. c. ç. Le mot de vigueur en cet exemple lignifie force & ardeur de courage. * VIGUEUR. [ Conjlantia , ardor , animus.j Ce mot signifie austi Courage. Fermeté. ( Témoigner de la vu VIGUEUR. [Vis , vires.] Se dît austi des choses inanimées. iLe Soleil au mois de Janvier est fans vigueur. On !e dit aussi du stile.) ■ r ur. t * Etre en vigueur . On le dit des loix qui so - fient. qui ne sont point abrogées & que les Magistrats suivent dans leurs jugemens. (L Etat fera flonstant pe dant que les loix feront en vigueur.) VIL 709 VIGUIER , f m. [Tribunus judex.] Mot qui ne so dit qu’en Languedoc & en Provence. 11 signifie le Juge qu’on apelle Prévôt dans les autres Provinces de France. Voïez Loiseau des Seigneuries. Les Ducs ou les Comtes de la premiere race des Rois François avoient des Figuiers ou des Lieutenans qui rendoient justice en leur absence. Mezerai, Abr. de l’HiJì. de Fr. Vie de Clotaire II. VIE , vile , adj. [AbjeHus.] Mot qui vien du Latin vilis , & qui lignifie, Abjet. Méprisable. {Un vil esclave , on parle ainsi en parlant d’un homme , mais en parlant d’une.fille, ou d’une femme dans la servitude, on dira une vile esclave. Racine , Iphig. aêt. z.sce. 1 . Un vil enfant de la terre. Patru, 2 . plaid. Une condition vile. Abiancourt.') II se dit austi csu prix des marchandises lors qu’elles sont à fort bon marché. [Vile pretium.] (II fait bon vivre quand les denrées sont à vil prix. Un vil amour du gain infeUant les esprits, De mensonges grossiers fouille tous les écrits . Defpr.) VILEMENT. Voïez plus bas. VIL AGE,/ m. [Pagus, vicus.] Habitation qui est composée de plusieurs maisons particulières & séparées les unes des autres, & qui n’est point fermée defossez, ni de murailles. (Un petit vilage. Un gros vilage. Un bon vilage ruiné. Vilage désolé. Ne m’avouras tu pas que ce rat fut fort sage De vouloir promptement regagner son vilage. Bourf. Esope.) \ * II est bien de son vilage. [Absurdé facit.] Façon de parler basse & Proverbiale, pour dire il est bien simple, bien sot, bien innocent, bien niais. (A. est bien de son vilage de s’imaginer d’être austi poli que nos premiers Auteurs , lui qui est un animal à grandes oreilles en François.''C’est un curé de vilage.) f * A gens de vilage , trompette de bois. [ Rustico ru* stica ratio.] Proverbe , pour dire, il faut traiter chacun selon son mérité. f * II ne faut point se moquer des chiens qu’on ne soit hors du vilage. [Incautus pericula time.] C’est-à-dire, ii ne faut point sc yantet qu’on ne soit entierement hors de tout danger. VILAGEOIS , f. m. £ Paganus , vìcanus , rusticus. ] Qui est de vilage. Païfan. (Un gros vilageois. Henri IV. s’égaroit exprès de ses gens pour fe mêler parmi les vilageois & les marchans dans les hôteleries & apren- dre d’eux les veritez que ses partisans ne lui oioient dire. Perefixe , vie de Henri IV. ìn douze page Ç 4 Ç.) VILAGEOISE , / f. [Vicina, rujiica , pagana.] Celle qui est du vilage. (Une jolie vilageoife. Une petite vilugeoisc. Une grosse vilageoife.) . VILAIN , / m. [Avarus, sordidus, triparcus.] A- vare. Faquin. Taquin. (C’est un grand vilain.) f * VILAIN,/ m. f Fa/lus , jpurcus , immundus. j| Salope. (File vilain, pouah.) f * VILAIN, / m. Sot. Etourdi. ( Diantre soit le petit vilain. Molière.) VILAIN, vilaine , adj. [Avarus , parcus.] Ce mot fe dit des personnes , & veut dire Taquin, Avare & ladre tìéfé. (Le monde est ingrat & vilain , & c’est être mal habile que d’obliger les gens pour en esoerer quelque reconnoissance. Riche vilain vaut mieux que pauvre gentilhomme. Reg. Sat. ;.) VILAIN , vilaine , adj. f Obj'canus , ìnhonejìus. ] Ce mot fe dit des actions des hommes & signifie Malhonnête. Honteux. (Cette action est vilaine. Tous vilaine cas font rentables. Sorte de maniéré de parler prover. biale pour dire qu’il faut nier toutes les actions mal- honnêtes qu’on nous impute) VILAIN , vilaine. [Turpis , sordidus.] Ce mot sc dit des choses (k veut dire Diforme. Sale. (Un vilain rabat. 11 a une perruque aussi vilaine qu’étoit celle du Poète Chapelain.) « VILAIN, vilaine. [ Indecorus .] Peu honnête. (Cela est fort vilain à vous de prêter la main aux sotiscs de mon mari. Mol. Bourgeois Gentilhomme , a. 4 ./ 2 . La vilaine façon de parler que voilà ! Mol. mar. forcé. On dit proverbialement, tous vilains cas font renia- bles. Peine de vilain n’est à rien contée. Graisser les botes d’un vilain , il dira qu’on les lui brûle. C’est la fille du vilain , celui qui en donnera le plus l’aura. A vilain vilain St demi. Oignez vilain, il vous poindra.) U u u u % i Vis r»,10 VIL t VLL.VTN, vilaine. [Pluviòfiis, nimbofus.] Ce mot se ák du Terni & des Saijons. Et veut dire Sale , ta- eheux , Incommode, (11 tait un vilain tems. L hiver e ■une vilaine saison.) , VILAIN. .[Piuvìofum , minbojum.] Le mot ett quelquefois une maniéré d ’adverbe , & veut dire, Sale, Loté. ( II fait vilain dans les rués. II fait vilain aujourd’hui.) , . , VILAIN. [RuJUcus , -igmbilis.] Dans le vieux langage 'signifie.t un roturier, unvilageois. D’où vient ce proverbe de Régnier. (Riohe vilain vaut mieux qué pauvre Gentilhomme. Regu.) ... „ ^ VILAIN. [Mánceps, agrejiis.] Originairement elt un homme de main morte, qui rend des services vils a son Seigneur. Et il eic'oposé à franc & à bourgeois. 0 Le terme, vilam , a signifié quelquefois un pai- san, un homme de campagne; quelquefois aussi un homme de condition servile > un mainmortable. Luise 1 a distingué dans les Inltituces les vilains & les nobles ; il dit, ati titre des peines, art. ; i. Mais m ff l ~ mes, les vilains font plus grièvement punis que les nobles. Et art, ; z. Et où le vilain perdrait la vie , ou un membre de son corps , le noble perdra /'honneur , b rtjponfe jfw Cour. Joinville raconte dans son histoire de Saint Louis , qu’il dit un jour à Robert de Sorbonne qui le blàmoit de porter de ii beaux habits : Es vous qui ■ejies fils de vilain , [fi de vilaine , avès laijj'é les habits de vos pere [fi mere , [fi vous ejies vêtu de plus fin came- hn que le Roi. De même dans le Roman de la Rôle; vilain veut dire roturier : Doncq tel rejpons u’ay entendu D’homme vilain mal enseigné ; Et par ce point tu at gaignê, Oui je veuil par ton avantaige (ju a présent me faces hommaige, Tu me baiseras en la bouche A qui aucun vilain ne touche. Pans -la Coutume de la Marche, art. 15). vilain est un homme serf, qui tient un héritage de serve condition. Les gens de cette condition ne pouvoient poste- der des fiefs , c’est ce que veut dire ce proverbe : Vilain ne J’ent point ce que éperons valent. Dans les anciens Auteurs, vilain est op osé à bourgeois. Loifel, hv, j. tit. i. art. g, Les roturiers J'ont bourgeois ou vilains. Le Roi seul pouvoit faire d’un vilam un Chevalier. Rien ne marque mieux la rusticité des gens de la campagne que ce proverbe cité par le même Loifel : Oignez vilam , il vous poindra ; poignet vilain, il vous oindra. VILAIN. £Improba moneta .] Terme de monoïe. On donnoit ce nom à un certain nombre d’elpeces qu’il étoit permis de faire fur le poids d’un marc, plus ou moins pesantes que l’ordonnance. II y avoir vilains forts , & vilains faibles , VILAINE,//. [Mulier vulgato corpore.] Fille, ou femme de mauvaise vie. (C’est une vilaine. Un galant homme n’aime point les vilaines.) + * VILAINE, j fnepta, injùlfa.] S Ote, impertinente. Fole. (.Allez vous cacher, vilaines, allez vous cacher pour jamais. Mol. Prétieuses.) t ' VILAINE. [ Inurbima , illiberalis. ] Peu civile. Peu honnête (Oh! la farouche, fi, pouah , la vilaine qui est cruelle. Mol. George Dandin.) VILAINEMENT, adv. [Sordidè, impure, probrofè, tur- piter, indigné. ] D’une maniéré malhonnête. D’une façon rustique, grossière. Cruellement. Avec infamie. (.Tu l’as vilainement outragé sous prétexte de te défendre. Ablanc. Luc.) VIL AN ELLE, / / [Versus villanellus.] Ce mot a été tiré de l’Italien villanella , qui vient de l’Efpagnol vilam. C’est une sorte de chanson pieuse ou galante , amoureuse & pastorale. Es un genero decopla que solo. mento se compone para fer cantado. Rengiso Poétique c. 4. (Mr. d’Urfé nous a laissé dans l’Astrée d’assez belles vi- lanelles. On en peut voir des exemples dans l’art Poétique de Richelet.) 0 ” Mr. Ménage dans ses Observations, tome 2. cb. 49. croît que comme l’on a fait madrigal de manàra , un lieu où l’on assemble le bétail ; de villa, villana, villanella , nous avons fait viUcenelle. VILASSE, // [Oppidum jpatiosum [fi vacuum.] Ce mot se dit par mépris, & veut dire une grande ville. (Gand est une viiajsi fameuse par ses diverses mutineries. Poitiers est une grande vilasse.) V’LBlvi.QyiN , / [Terebellum.] Terme de Me. tmijser. C’est un outil de Menuisier, qui est composé VIL ■de son manche , de sa poignée, & de Ta mèche, & dont 1e Menuisier íé sert pour percer. ( Vilbrequin perdu.) [/Académie écrit vilebrequin. VILE, ou ville, J. f. [Urbs, oppidum.] Maison pro- nonce VILE. Lieu plein de -maisons, & fermé de terrasses & de Toisez, ou de murailles & de fosse z. (Une petite ville. Une grande ville. Paris est une belle ville & une grande ville. On peut dire que c’est le pais de tout le monde. Faire , bâtir, fonder, -bloquer, assiéger, prendre une ville. Détruire une ville. Ruï. ner une ville. Sacager une ville.) f$ VILLE d!arrêt. H y a quelques villes en France, où un créancier peut proceder par saisie & voie d’arrét sur les biens de ses débiteurs forains qui y sont trouvez, quoiqu’il n’ait ni obligation , ni promesse. Voïez Paris, art. 17;. & Brodeau son Commentateur. Onpeut même faire arrêter le Forain , & le faire constituer prison, nier, faute de donner caution ; mais ce n’est que dans les cas privilégiez, comme pour alímens, & pour marchandises vendues. Plusieurs Coutumes, comme Orléans , art. 44. Montargis , eh. ig. art. g. La Rochelle. art. ai. Berri , tit. 9. art. 7. [fic. Remarquez qu’il faut être domicilié dans la ville , pour jouit de ce privilège contre les Forains seulement. Voïez Forains. £§ VILLE de paix. 11 y avoir autrefois des villes dan* lesquelles il n’étoit pas permis de faire la guerre. VILLE. [Cives.] Se prend auffi quelquefois pour iet citoiens. (Toute la ville parle de votre sotise. AJJez de sots fans moi feront parler la ville, Dfoit ie mois passé, ce Marquis indocile. Despr. Monsieur eji à la ville. C’est à dire qu’il n’est pas à la campagne. Monsieur eji en ville. C’est-à-dire qu’il n’est pas au logis & qu’il est sorti. Mais de vous rencontrer il n’ejl pas bien facile, Car vous dormez toujours, ou vous (tes en ville. Mol.) VILLE. [Cœtus magillratuum.] Corps des officiers qui régissent la police de la ville , & qui tiennent le cen- scil de ville. (On a assigné ce marchand à la ville. La ville est allée haranguer le Roi.) On dit le vin de ville & le vin de la ville selon l’Académie, qui aprouve l’uno & l’autre de ces expressions, í V 1 LE-CASTIN- Sorte de laine d’Espagn*. VILEMENT, adv. [Sordidè , Jjurcè.] D’une maniéré vile. D’une maniéré basse. Ce mot vilement ne se dit guère. (Ramper vilement sous quelcun. S’abailTer vilement pour faire fa fortune.) VILENIE, / f. [Sordes , Jpurcitia ] Ordure. Saleté. (Voilà de la vilenie, ôtez-la. Pot de chambre plein de vilenie. Les lieux de la maison sont pleins d* vilenie, il les faut faire netteïer.) t * VILENIE. [Indignifflmus modus.] Sorte de bajfejft de cœur. Action peu honnête & peu genereuse. (11 a fait une vilenie la plus grande du monde. C’est une vilenie, qui n’eut jamais de pareille. C’eit une insigne vilenie qui ne servira pas peu à le décrier.) * VILENIE, [bardes, ìUiberalìttis.] Avarice. Sorte de mesquinerie. (La vilenie de la plupart cks gens dérobé n’est pas concevable , & l’on dit aussi ordinairement que leur robe est fourée d’avarice.) VILETE',//. [ Vliitas. ] Qualité de ce qui est vil & à bas prix. (La vileté du prix , la vileté de la matière. Acad. Françoise.') VILLEN \Gb,J'.m. [Mancipatio.] Terme de Coû. tume , qui se dit des tenues de rentes, heritages ou possessions non nobles. (Tenir en vilenage.) f§ VILLENAGE. Ce n’est point mancipatio,p u i sq u’on voit dans plusieurs Auteurs , que l’on apelloit villena- gium, quand une personne de condition serve étoit mise en liberté, & devenoit vilain & roturier, & quand de libre il devenoit serf. II est dit dans les loix d’Ecosse, lib. z. c. u. Placitum eji quandoque inter aliquos,vide. licet quando aliquis trahit alium à libertate in viíkna » gium, vel in fervìtutem , vel quando aliquis in vi lien agio vel fervitute pojitus petit hbertatem. Ainsi le terme latin est villenagium. On apelloit villenage la tenure sous un service vil & abjet , comme de porter & charroierles Fiens hors du manoir ou de la cité de son Seigneur, dit Ragueau. Tenir en villenage, c’est (selon Galand,íso franc* a/eu, page 10.) tenir en censive & en roture. Et Mr. du Cange a remarqué que le libre comme le serf pouvoit tenir en villenage. 7 'enir en pur villenage, c’étoit posseder un héritage fous un service arbitraire,& à la volonté du Seigneur,en sorte que le tenant ne savoitpas le soir ce qu’il devoir faire le lendemain. Tenir m viUenage privilégié, «’est VIN fc’est tenir clu Prince , & être ataché à l’hérîtage sous Vn certain service , sans pouvoir en être chassé. VILETTE, s. f. [Oppidum.] Petite ville.] Mon- bnlon n eit qu une vilette. Quelquefois en raillant on dit vilenie, t VILIPENDER, ». ct- f Desticere , ajpernari.] Prononcez viiipandé. II vient du Latin vilipendere. Ce mot est bas & burlesque & signifie mépriser, rendre méprisable & digne de risée. (Vous venez ici vilipender les honnêtes gens. Ligniere & Boiteau ont vilipendé par tout le bon homme Chapelain, le premier dans ses Epigrammes , & l’autre dans ses Satires.) VïLLEN AGE,/, m. [Mancipatie.] Terme de Cok- tume , qui l'e dit des tenues de rentes , heritages ou pot sessions non nobles. (Tenir en villenage.) VILLE. Votez Vile. VILLON NER , ». a. f Decipere, {aller e, surari .] Tromper quelcun, le friponner. Vieux mot qui n’eft plus en usage. VIMAÍKE ,f s. [Imiter, procéda, tempejlas.] Vieux terme de Coutume , qui signifie , force majeure, orage. Il est encore en usage dans les eaux & forêts, où l’on dit que la vimuire est, quand on peut voir cinq arbres chus tout d’une vue VIN , j- m. (Mer ton , vinum.] Liqueur qui fort des raisins. (Vin clairet, paillot, rouge, rosé, blanc, couvert, délicieux. Bon vin. Méchant vin. Vin verd. Vin dur. Vin François, Vin étranger. Vin de deux feuilles. Vin de trois feuilles. Vin de quatre feuilles, C’ejt-a-dire, vin de deux ans, vin de trois ans & de quatre ans. Seigneur vous tirez le pain de la terre, & le vin, qui réjouit le cœur de l’homme. Port.Roial, Psaumes. Vin qui se passe. Vin qui n’est pas en fa boite. Faire du vin de garde. Vin quia de la fève. Vin qùi a de la verdeur ou qui a du verd, Vin qui ne porte pas bien l’eau. Vin ferme. C’est du vin de garde. Vin fumeux. Le vin vieux est toujours le meilleur. Le vin nouveau engendre la gravelle & cause souvent le flux de Ventre. Le vin fait que les années Nous durent moins que les journées, Oùi, Tnjìs, c’eji le vin qui nous fait rajeunir Et qui bannit de nos pensées, Le regret des choses pajfées, Et la crainte de P avenir. Recueil de Poésies.) {f Rabelais, lìv. i. ch. 7. dit : Jamais homme noble ne baijì le bon vin , c’eji un apophtegme monachal. f VIN de l’étrier. [Vinum profeftionis.') C’est le vin qu’on donne à des gens qui font prêts à partir pour aller en quelque lieu. C’eít le vin qu’on présenté à des gens à cheval & qui sont furie point de s’en aller. f VIN d’une oreide. [Bonn nota vinum.] C’est-à-dire, du bon vin , parce qu’on dit que le bon vin fait pancher la tête de celui qui le boit, d’un côté seulement, au lieu que lì le vin est mauvais, on secoué la tête , & par conséquent les deux oreilles. Votez De lírieux, origine de quelques coutumes anciennes. VIN. [Vinum circumcfltium.] On lui donne encore dift’erentes épithetes. II y a vin de pressoir ou de pressurage. Vin de mere goûte , c’est celui qui n’a point été fous le pressoir. [ Vinum protopium. ] Vin qui tient à sellai. [Vmuni constjìens ] Vin poussé, [frappa.] Vin qui sent le terroir. [ Vinum rejìpiens virus terrenum. ] Vin qui sent le terroir. [Vinum rejìpiens virus terrenum.] Vin qui est soufré. [Mcdicatumfujjìtione vinum.] Vm cuit. [Defrutum.] 11 y a encore vin de Champagne , de Bourgogne, vin du Rhin, vin de Grave, vin de Cabreton , vin de Cerneaux qu’on boit en Eté. Du petit vin, qu’on apelle autrement piquette & qu’on donne aux valets, &c. VIN de liqueur. ]Vinum medicatum.] C’est quelque forte de vin doux & piquant qu’on boit par ragoût à la fin du repas, & qu’on ne boit pas à l’ordinaire ; comme sont les vins d’Eípagne, île Canarie, le Muscat, de saint Laurc-ns, &c. „ , . , .. VIN brâ’é. [Vinum cotlum,] C’est celut qu on fait bouillir avec du sucre. . , p Le vin mêlé de sucre , de canelle, d ambre. occ. s’apelle hipocras. On parle en Medecine d autant de sortes de vins qu’on y mêle de sortes d herbes, de drogues. Vin d’ablinte , de rômarin, de sauge , &c. íjf VINS doux, sont vins qui ont encore la lie, ou hui de ieur naturel ont de la liqueur. Racan. pf 4. VIN 7îî Ët pour joindre la joie à fa postérité, Dans les vins doux meuris fur les astres montagnes Accorde l’excedcnce & la fécondité. Les Poètes Italiens ont dit que le vin étoit le sang dtt raisin. Chiabrera , n’ede badatede : Tojìo che per le vena erre ondeggiando Delle bed’ uve ilfangue. Redi dans son Bacco in Tofcana , a dit plaisamment ; E bevendo , è ribevendo I penjìer mandiamo in bando. On dit marc de vin. [Vinàcea,] Lie de vin. [Faces.] En parlant des éfets du vin pris par excès, on dit vin de linge, de lion , de pourceau, d’âne, &c. f VIN. Fumée & vapeur de vin. (Le vin lui monte à la tête. Abl. Tac. Si quelquefois Suivant nos douces làix, La raison se perd U s 1 oublie, Ce que le vin nous cause de folie Commence U finit en un jour : Niais quand un caur ejì enivré d'amour, Souvent c’eji pour toute fa vie. Plìché.) \* II a pris de son vin. [ Madidut eji , madens est. ] C’est-à-dire , il est saou. t * Après bon vin , bon cheval. Benferade, Poésies. [Poji epulas facilis equi incejfus.] C’est-à-dire, qu’après qu’on a bien bû , on marche bien ; après qu’on a bien bû, on fait aller son cheval comme il faut. Le vin est le lait des vieillards. 0" Un Poète a dit dans Athenée, que le vin étoit le grand cheval des Poètes, parce qu’il échaufel’ima- gination. On dit qu’Efchyle ne composoit ses Tragédies qu’après avoir bien bû ; c’est pourquoi Sophocle lui difoit : Tu fais bien , maisfans savoir ce que tu fats ; tu ne dis bien que quand tu es en état de ne J'avoir ce que tu dis. Plauteapeile le vin vieux, vinum edentu. lion , c’est à dire un vin aussi vieux qu’un homme à qui l’âge a fait tomber les dents. Juvénal, Sot. 1 3, donne le titre de prétieuje à la vieillesse du Vin : Albani veteris pretiofa feneftus. L’ancien proverbe latin, in vino veritas, est connu de tout le monde. Ahenée, liv. a. nous en aprend l’origi-, ne : Les anciens (dit-il) ont donné au vin le nom de vérité : & Philochore a écrit que les grands bûveurs se faisoient connoitre dans le vin tels qu’îlssont, &avec la même liberté ils faisoient aussi connoitre les autres. II dit ensuite que la récompense des victorieux dans les Jeux Bachiques, étoit un trépié, pour marquer, fans doute , que Baccus difoit des véritez, auffi bien qu’A- polion. Vin de bretigni qui fait danser les chèvres. Se dit du mauvais vin qui n’a que l’épée & la cappe , & qui est très-foible. [Vidum.] II va à la messe des morts , il porte pain fs vin. Lors qu’on va entendre la Messe après avoir déjeuné. Un verre de vin avise bien un homme. Se dit à ceux qu’on invite à boire avant que de discourir. [ Vinum acuit ingenhim.] On dit d’un vin passable & médiocrement bon, qu’il se laisse boire & quand il est excélsnt, on dit qu’il se fait boire. . . * VIN. [ Vinì dolium. ] Vailleau plein de vin , soit muid ou feuillete. Piece de vin. (Acheter du vin. Choisir du vin sor le port, ou aux hales. Décharger du vin. Mettre du vin en perce. Tirer le vin. Voilà des vins bien reliez.) , -X, , . 11 signifie quelquefois une bouteille de vin. [ Vmi ampbora.} (St le vin est bien coifé , qu’on Paporte à M. de. . T Coifez ce vin.) , Il signifie aussi le vin qm est dans un muid , ou une feiiillette. (Le vin est ais bas.) gf Vin de vide, ou vin de la vide. Voici la décision dePAcadémie, donnée au public par l’Abé Taiìemant • On a beaucoup agité cette question. Ceuk qui foû- tenoient qu’il Oioit dire le vin de vide , & les prefens „ de vide , disoient qúe le vin de la ville étoit le vin crû „ dans ie terroir & aux environs de la ville; & que,, núisoue l’on difoit la maison de ville , & non pas la >, maison de la ville, il falloit dire de même le vin de „ vide, le présent de vide. Les autres soutenoient que „ l’on doit dire le vin de la vide , & les prefens de la „ vide-, VIN llííiSî cmmeTs™'' * t’"»™' au*res personnes arrivent dans les villes , on leur doit " p gyler i ef yrejens de ville , le vin de ville. Après y avoir " néanmoins bien pensé , on a crû que ces deux phra- ' ses étoient également bonnes. “ VIN du marché. £ Accejjio .] Ce qu’on donne aux valets lors qu’on a fait un marche. Petite somme d’argent qu’on mec pour boire lors que le marché est conclu. (Promettre, donner le vin du marche aux valets. II y aune pistole pour votre vin, li l'on faitafaire.) Le vm du marché est souvent une somme considérable que l’on donne à la femme du vendeur, & quelquefois au vendeur même. Un apelle en quelques Provinces étrínes , ce qui est hors du prix, mais qui fait pourtant une partie du prix & entre dans la compost- lion du lods. Votez Farticle 49. de la Coutume de Vitri, SalìgniJon Commentateur. On apelle aussi Vin de marché ce que l'on donne à celui qui s’est entremis pour la vente d’une chose : mais ce vin n’entre point dans le prix. Vm de marché (dit Loifel dans les lnstitutes , liv. 3. tit. 4. art. t;.) n’emre point en compte du prix pour en prendre droit de ventes, linon qu’il fuit fort excessif. Vin de clerc. Legére récompense que l’on donne aux clercs de son Procureur & de son Avocat. H VIN de bayes de Myrte sauvage , dont parle Pline. \JûyrtidanumF\ 11 est astringent. î VIN U’Ananas. On tire par expression le suc d’Ana- nas, k l’on fait un vin excellent qui vaut la malvoisie, & qui enivre. II est propre pour fortifier le cœur, pour reveiller les esprits engourdis. 11 arrête les naulées , il excite l’urine. Les femmes enceintes doivent s’en abstenir, car il les feroit avorter. f VIN de teinte , ou gros vin noir chargé détartré. Les Cabaretiers s’en servent pour donner une couleur rouge au vin blanc. 11 est stiptique. ViNACET., / f. iVmacea.] C’elt le marc du raisin. ff VINADE. C’elt un droit semblable àlabohade, dont il est fait mention dans la Coutume d’Auvergne, ch. 2;. art. 25. 11 consiste dans l’ubligation de charrier le vin du Seigneur, en /’article 70. tit. 31. de la même Coutume, & celle de la Marche, art. 137. VIN AGE, f. m. £Jus vinarium.j Terme de Coutume. C’est un droit Seigneurial qui se paie en vin qu’on prend dans la cuve. (f Le vinage est un droit imposé sur des vignes, qui se doit payer au bord des cuves , U ne y eut le détenteur tirer son vin sans premierement avoir payé icelui droit, dit Kagueau. Ce droit est apelle Wianagmm , dans un ancien titre inféré dans les preuves de l’histoire de Mommorenci, pag. 52. VINAIGRE, J. m. [ Acetum .] Prononcez vinégre. On apelle vinaigre toutes les liqueurs qui ont pallë de la fermentation jusques â une efpece de corruption. Voïez Glajer, traité de Chimie , L 2. c. 21. Mais ordinairement parlant, le bon vinaigre sc fait de vin & sert à assaisonner quelque choie, & à plusieurs autres usages. Levi. naigre ne se fait pas seulement de vin mais de bière, de cidre, & l’on y mêle souvent des fleurs de souci, d’œil- let, de romarin, de sauge. 11 y a plusieurs fortes de vinaigre. (11 y a du vinaigre rouge, blanc. Vinaigre rosat, & non pas rosar, comme parle le petit peuple. Et l’huile de fort loin saistjsoit l’odorat, Et nageait dans les fiats du vinaigre rosat. Delpr. Sa t. 3.) VINAIGRE fe prend au figuré , & fe dit d’un homme prompt & colere. Ce n’eji que fiel fèj vinaigre. £ Feue '& acetoJuffuJìu est.] On dit proverbialement, que ía femme a bonne tête , quand le vinaigre est fort. On apelle aussi un habit leger, un habit de vinaigre. VINAIGRER, v. a. £Acetum immittere .3 Ce mot ne fe dit qu’au participe passif , & en fa place on dit met. tre du vmuigre. Ainiì on ne dit point, vinaigrez cette salade, mais mettez du vinaigre dans cette Ja.ade. Cependant on dit fort bien. Cela est trop vinaigré. Cela n’est pas allez vinaigré. Sa u (lé trop vinaigrée. C’est-à- dire laufse où il y a trop de vinaigre. i VINAìGREkIE , s.s. Lieu oú l’on fait le vinaigre, í VINAIGRER! L. on donne aulíì ce nom dans les sucreries de l’Amenque , à l’attelier oú l’on distille les écumes L gros sirops des sucres pour en faire de l’eau- de vie. VIN VINAIGRETTE , s. f. £Acetaria caro , sale acitt praparata] Sorte de fausse qu’on fait avec du vinaigre, du sel & du poivre. (Manger du bœuf à la vinaigrette. Aimer la vinaigrette.) * VINAIGRETTE. [Cathedra cursatilis.'] C’est une sor. te de calèche qui est établie à Paris pour la commodité du public , & qui est traînée par un homme seul. (Prendre une vinaigrette. 11 s’en est allé à saint Germain dans une vinaigrette.) VINAIGRIER. f. m. [Acetarius.] C’est un artisan qui fait & vend de la moutarde , pains de lie, & toute forte de vinaigre, blanc, rouge, rosat, commun & autres. (Un bon vinaigrier. II loge chez un vinaigrier au premier étage.) VINAIGRIER. £Acetabu!um.] C’est une forte de petit vase de vermeil doré, d’argent ct d’étain, ou de faïance, où l’on met du vinaigre lors qu’on veut servir sur table , & qui est composé d’un corps, d’un couvercle, d’une anse, d’un buberon & d’un pié. (Un vinaigrier bien travaillé. Commander un vinaigrier chez un orfèvre. Acheter un vinaigrier.) VINCENT,/ m. £ Vìncentius .) Nomd’homme. (Vincent de Lérins si fameux par fa doctrine & par son éloquence florissoit du te ms du Pape Innocent 1 .) VINCETOXICUM ,/ m. (Astlepm.] Plante qu’on connoît mieux sous le nom de dompte-venin, ct d’ajc/epias, & qui croit aux lieux montueux. La racine est propre contre les poisons. V 1 NDAS,/ m. ['Ergata versatilii.’} Sorte de machine. C’est un cabestan qui sert à remonter les bateaux foncets. 11 est composé de fa fusée , de jambes, de fa table & chapelle & de ses barres à tout- nier. VINDICATIF» vindicative, adj. £ UltionU cupi- dus, ad ultionem propenjia .] Qui aime la vengeance. Qui a du pancsiant a íè venger. Qui ne pardonne pas, & qui garde toujours quelque ressentiment dans Ion cœur. (Les Espagnols & les Italiens sont vindicatifs, mais lur tout les italiens. La femme est un ani. mal vindicatif. 11 y a une justice vindicative. Le caractère des dévots est d’ècre implacable & vindicatif. S, Evrem. Ils savent ajuster leur zélé avec leurs vices , Sont prompts, vindicatifs, fans foi, pleins d’artifices. Molière, Tartufe.) Les femmes sont avares» vaines , legeres & vindicatives.) H Justice vindicative. C’est la Justice qui punit les crimes, à la difference de la commutative ct de ta distributive. t VINDICTE , / /. [Vinditta , ultio. ] 11 ne fe dit quelquefois en termes de Palais , & signifie vengeance. VINE'E ,/ f. £ Vinearum proventus.J Ce qu’on a recueilli, ou ce qu’on efpere de recueillir de vin dans une année. (Nous avons eu, ou nous aurons une bonne vinée.) VINEUX , vineuse, adj. £ Vtnosus] Qui sent le vin. Qui a le goût du vin. ( Melon vineux-. Haleine vineuse.) 11 sc dit aulîi du vin même. Un vm vineux. C’est du vin qui est bon & qui a bien le goût du vin. VINEUX, vineuse. [Color vinosus, rubicundus J Terme de Teinturier. Qui se dit des couleurs , & qui signifie tirant fur le vin. (Couleur vineuse.) t VINEUX , vineuje. [Regio vitifera .j Ce mot fe dit en riant des lieux pleins de vignes ct où il croit duvin. Mais aujjl-tét la nuit de ses ailes afreujes, * Couvre des Bourguignons les campagnes vineuses. Defpreaux, Lutrin, c. t.) V 1 NGEON, / »». £ QuerqueduU stecies.] Oiseau étranger, gros comnm une íèreelle , & qui a le cou blanc. On en voit beaucoup en Piste de Madagascar. VINT. II vient du Latin Viginti. C’est pour cela qu’on l’écrivoit avec un g. Mais comme cette lettre g ne s’y prononce point en François, on écrit Vint comme on le prononce. C’est un nom de nombre indéclinable qui lignifie deux fois dix. (Oui, je ne voudrois pas pour Vint bonnes pistoles Que vous eussiez ct fruit de vos maximes folles. Mol.) VINT VIO VINT fois. [Jicies.J (J’ai déja été vint fois chez mon ttauie ue clavecin. Vint fois je fus troubis voiant qu'il se troublait, Villiers.) VINT un, vint.un. [Unus U viginti.] H faut dire Oint [s un,N. cependant il faut dire vmt.deux , vint-trois, vint.quatre. & non pas vint es deux, vint is trois. Ainsi lc veut Monsieur l’Usage. Ménage, tom. i. pag. 432. L Académie n’a rien décidé sur vint U un, ou vìnt-un , sans doute elle a trouvé la question trop disicile. VINT [f tin cheval, vint [f un chevaux. [Unus [f vi. ginti equuj O11 dit & on écrit vint es un cheval, & non pas vint es un chevaux. C’est ainsi que le décida Mr. Pe- lillon lors que le Roi l’interrogea là-dessus. Cependant l’Auteur de l’Apotéose du Diótionnaire veut qu’on dise Vint & un chevaux, parce que ce nombre de vint gj 1 un faisant un nombre total & indivis, se prend dans fa totalité, & ainsi il demande un pluriel. Mais lors qu’il y a un adjectif après vint ççf un, an le raporte à tout le nombre entier, & on le met au pluriel. Ainsi on dit. 11 a vint és un ans acomplis, & non pas, il a vint [f un an acompli. Les vint.quatre. Ce font les vint-quatre violons qui sont «liciers du Roi & qui sont obligez d’aller jouer tous les Jeudis & tous les Dimanches au dîner du Roi & à tous les bals & halets qui se font par l’ordrc de sa Ma- jelte. (.11 cil des vint-quatre. Nous avions hier iix vio. Ions des vingt-quatre. Le bal étoit très-beau, il y avoir douze violons des vingt-quatre.) VINTAINE , f f. [ Vicenanus numéral, J Prononcez vintene. C’est le nombre de vint. (Vous êtes mon Itéré aine d’une vintaine d’années seulement, & cela ne vaut pas la peine d’en parler. Mol. Tuer une vintaine de soldats. Ablarnc. Arr.) VINTAINE. [Rudens helcìarìus.) Terme de M eu. nier. C’est une grossie corde dont les meuniers se servent pour tirer le blé. VINTAINE. [Punis kelciarius Cordage qui sert à conduire les quartiers de pierres que les maçons élèvent pour mettre fur les tas. VTNTIE'ME , «ch. [VtgeJìmui.J Nom de nombre ordinal. (11 elt le víntiéme. Elle est la vintiéme.) Les quin2e.vints. [Kenodochium treceniorum caco- rum.) Voïez (fume. Dans tous les mots qui commencent par via , on en fait deux íilabes. VIOL- Voïez vialement . VIOLAT. [ Violaceus. ] Mot adjectif que je n’ai trouvé en usage qu’au masculin, & qui veut dire, où il y er.tre de L violette. Qui est compote de violette. (Le iirop viciât est rafraichiíìant. Miel violât ) ViOLATEUR , f [Violator, transgresser, fr*, varicator.) Celui qui enfreint quelque loi, quelque ordonnance. Celui qui contrevient à quelque loi. Celui qui viole quelque commandement. (Vous êtes condamnez par la Loi, comme en étant les violateurs. Port. lioiaí, Nouveau Testament, Epitre de S. jaques, ch. 2. v. 9. Je ne me puis allez plaindre de ce violateur du droit des gens. Balzac, Lctties, 2. partie, l. 6 . let. 7.) VIOLATEUR de la pudicité des filles , ravisseur. Da- net. [Pudiciti* corruptor , mulierum corruptela .] (Les ravisseurs & violateurs des femmes & des filles font punis de mort. On doute dc l’ufage de ce mot.) L’Académie n’en dit rien dans son Dictionnaire. VIOLATION , f.s Viouuio , profanatio, transgressa.) L’action de celui qui viole. (La violation du droit des gens, de la Loi, des Eglises. La violation de la foi , d’un traité, &c.) Ce motn’est pas dans le Dictionnaire de l’Académie. VIOLATRICE , f. f. [Pravaricatrix. ] Femme qui tranlgressie quelque ordonnance. Danet. VIOLE , f f. [Pides, viola . ) C’est une forte d’in- strument de musique qui se touche avec un archet, & qui ressemble au violon , hormis qu’il a six cordes, qu’il est bien plus gros & plus grand , & ses cordes vont toujours en augmentant de grosseur depuis la chanterelle jufqu’à la fiziéme, (Une belle viole. Une bonne viole. Jouer de la viole. Les parties de la viole ce sont la tête, le filet, le manche, les touches, la table, les croissans, les ouïes, le chevalet, la queue, le fond & les chevilles.) VlOLEiMENT,/. c Stuprum. ] Viol esttrès- mauvais y de forte qu’il faut dire violement. Vaug. Kent. VIO 713 Le mot de violement signifie infraction de quelque loi, de quelque précepte , ou de quelque ordonnance. Sorte de contravention , & de désobéissance. (Le vio- lement de la nouvelle Loi a été puni rigoureusement. Tous les violemens des préceptes de la loi ont reçu la juste punition qui leur étoit dûé. Port.Roial, Nouv, Tejt.) N’en déplaise à Richelet & à Vaugelas, viol est le ter- me propre, pour marquer le crime que l’on commet en violant une fille, parce que violement est generique à l’égard du violement d’une soi, & du violement d’une fille. Ainsi en disant, un homme a été pendu pour violement, on ne fqait si c’est pour violement d’une fille ou d’une loi. 11 taut donc dire, il a été pendu pour viol. Apoth. duDiâ. Le viol fut défendu aux soldats dans 1 ® pillage de la ville. Ablancourt. L’Académie remarque aussi qu’on dit plus ordinairement viol. VIOLEMMENT , adv. [Violenter , per vim J Prononcez violamnan. Avec violence. D’une maniéré violente, (Agir violemment. En user violemment à l’égard d’une personne.) VIOLENCE ,ff C Impetus, vio’.entia, vis. ) Grande force. Grand éfort. Impétuosité. (César voiant que Cimberl’un des conjurez l’avoit pris par les épaules, cria que c’étoit une violence. User de violence envers quelcun. La violence est toujours blâmée.) VIOLENCE. [Exaciio, tyrannisai Exaction. Sorte de tirannie. (11 s’estfait de grandes violences. Avoir part aux violences de quelcun. Mémoires de M. de la Roche, foucaut.') * VIOLENCE. [Vis, nécessitas .] Sorte de contraint® qu’on le fait à foi même. (Se faire violence. Pascal, l. 5. Se faire violence à soi-même. Ablunc.) * VIOLENCE. [Extorjio, contorjìo verborum.) Ce mot se dit des choies qui soufrent explication, & alors le mot de víalence lignifie explication forcée & peu naturelle. (Faire violence aux paroles du contrat. Patru, plai. doié 12.) * VIOLENCE [ Rtgor, ajpentas. ] Ce mot se dit des maux, il lignifie rigueur. (.La violence de son mal s’est relâchée, nblanc.) VIOLENCE. [Impetw, vis .2 Sc dit aussi des choses naturelles & inanimées. (La violence des vents & de la tempête a fait de grands ravages.) VIOLENCE. [Impotens antmi motus .) Signifie aussi cm. portement. (.Un amour plein de transports & de violence ne làuroit être de longue durée. Chevalier de Meré.) VIOLENT, violente, adj. [ Violentus. ] Prononcez violan. Ce mot se dit en Phisique en parlant du mouvement. On divise le mouvement en naturel & en violent : Le mouvement violent est celui qui se fait contre la pente de la nature & avec répugnance , & le naturel est celui qui se fait selon la pente de la nature & sens répugnance. VIOLENT, violente. [Operosus, laboriosus , onerosus. ] Ce mot le dit des choses, & veut dire. Rude. Pénible. Laborieux. Fatiguant. Tuant. (Cet exercice est un peu violent pour un homme aussi fossile que je fuis. Voiture, liv. 9, II fait pour se lever des éforts violens, La terre Je dérobé à ses pas chancelons. Aut. Anon.) î On dit dans le stile familier, d’une chose trop difficile, fort injuste, cela est violent. (11 m’a fait parer 1® double de ce qui lui étoit dù, cela est trop violent.) VIOLENT, violente. [Vehemens,rapidus.) Ce mot se dit du feu, & signifie Grand. Ardent. Vehetnent. (On vitrifie par le moiend’un feu très violent les métaux & les minerau x. Le Févre, traité de Chimie.) VIOLENT, violente. [ hmmderatuí, violentus. ] Cc mot le disent des personnes, lignifie Emporté. Violent. (Elle est un peu violente. C’étoit un Prince violent dans lès passions. Ab lan c.) * VIOLENT , violente. [Color futur. 3 Terme de Tein. turier. 11 íè dit des couleurs, & lignifie qui est trop d’une certaine couleur. (C’est un gris de lin violent. Couleur violente. Ce noir est un peu trop violent.) VIOLENTER , v. a. [ Vim inferre. ] C’est faire vio- lence. (11 y a des gens qui font violence, mais il y en a peu. Les voies les plus douces sont toûiours les meilleures, ainii l’on ne doit violenter que ie moins qu’on peut- On dit aussi violenter une loi.) VIOLER, v. a. [Stuprare.) Forcer une fille. Lui ravir se virginité, lui 6ter fa virginité de force & contre Tome III, Xxxx son 7*4 VIO ion gré. Forcer femme ou fille. Obtenir d une fem» me ou d'une fille Ja dernière faveur maigre cette fem- nie oh cette fille. ( Tefée viola sa belle-íoeur Phiioméie* Bgnsercule , Po'es .) * VIOLER. C Violas t, perfringere. ] Ofenser. taire tort. Profaner. (II viola la Sainteté du lieu par le plus horrible des Sacrilèges. Violer le respect qu’on doit à la Religion.) , VIOLER. [Labefafiare, infringere J Enfreindre. Con» trevenir. (Violer Vaillance. Vaug. Quint. I. ;. c. ij. Violer son serment. Violer les Commandemensde Dieu. Port.Rotai , Nouveau Tejlament. Violer le droit des gens. Abknc.) ' VÍOLET, violette , adj. [ Violaceus color , ame- tbysiinus .J Qui est de couleur de violet. (Ruban violet. Gans violets. Quand le Roi tient son lit de Justice, le Chambelan est astis à ses piez fur un careau de velours violet, j Mr. CbaJJcbras Breau , Etat de France. Etofe violette.) t VIOLET , violette. Ce mot entre en quelques fa- qons de parler proverbiales. Exemple. Faire Uu feu violet dans I’eau. £ Mirafacere .] C’est-à-dire, faite mer* veilles. t * L’argent tomba fur la chaise , & la chaise en bas. La Rapiniére en devint toutviolet. Scar. Rom. i. part. cb. 4. C’est-à dire, il en pâlit [Pollere.) VIOLET, f. m. [[acintbinus color .] C’est une forte de couleur qui tire fur la couleur de violette , qui est composée d’un pié de brésil, & d’un pié d’oseille qu’on passe ensuite sur une cuve d’indigo. (Un beau violet. Porter le violet. On dit ausil teindre en violet, &c. Votez les Injlruliions four la teinture. Le violet n’étoit point autrefois en usage en France , & ce n’est, toutau plus, que depuis le treziémesiécle qu’ons’en sert. Tbiers , eltJJ. der Autels.') VIOLETTE, f f. [Viola.) Fleur d e violier laquelle est jaune, blanche ou musquée, selon la nature du vio- lier. (Relie violette. Aimer la violette.) VIOLETTE de Mars. [Viola Marti a.) C’est une sorte de petite fleur de couleur de pourpre , qui sent bon , ou de couleur blanche , mais qui ne lent rien lors qu’elle est blanche. (La violette croît dans les bois & les lieux ombrageux, dans les païs froids ; mais dans les païs chauds elle croît fur les montagnes.) f La violette est pectorale, cordiale, adoucissants, un peu laxative. Sa semence est purgative. La dose en est depuis une dragme jusqu’à trois, í VIOLETTE. De trois couleurs. [Herba Trinitatis .] VIOLIER, / m. [Violarium , leucoium .] Plante qui porte la plupart des violettes. (11 y a de plusieurs sortes de violiers. Violier jaune. Violier jaune double. Violier blanc. Violier simple. Violier double. Violier musqué. Planter des violiers.) H Les fleurs de violier sont detersives, atténuantes, apéritives, propres pour fortifier le cerveau, pour exciter les mois aux femmes. VIOLON , / m. [Minor sidis , fecundana bar bi. tus.) C’est une sorte d’instrument de musique de bois résonnant, qui sc touche avec un archet, qui a quatre cordes, & qui sert à faire danser & à donner des aubades. Les parties du violon sont le corps du violon, là table, le chevalet, l’ame, les /ou les ouïes, les croissans, la queue, le mouton, le manche, la touche, le colet & le rouleau. ( Un bon violon.) Ceux qui voudront entrer dans un détail plus particulier des parties du violon, n’ont qu’à voir Monsieur Quinot l’un des plus habiles & des plus honnêtes lutiers de Paris. (Seulement les afleurs laissant le masque antique, JLe violon tient lieu de cœur de mtsique. Defpr. ) VIOLON , / m. [Fidicen.) Celui qui fait profession de jouer dù violon. (Ferme, ó violon de vilage. Molière , Précieuses. Le Poète Martial disoit autrefois que pour faire fortune à Rome , il faloìt être violon. Quand on diroit aujourd’hui la même chose de Paris, on diroit peut être assez la vérité. Le Peintre l’un des meilleurs joueurs de violon de Paris , a gagné plus que Corneille l’un des plus èxceleïis & de nos plus fameux Poètes Franqois.) Les vinUquatre Violons du Roi. Voïez vint quatre. ^ Donner les violons. C’est parer les violons d’un bal, donner une sérénade, &c. f Donner les violons. C’est ausli Prov. surprendre VIR quelcun par quelque action imprévus, desagréableât dans le dessein de lui faire du chagrin. 4 * Paier les violons. C’est païer tous les frais d’une chose dont les autres ont tout l’honneur & touc le plaisir. (On lui a bien fait païer les violons.) 4 Roi des violons. On apelle ainsi à Paris , celui qui est à la tête de la Communauté des Maitres à danser. Sa charge est un Ofice de la Maison du Roi. * f VIOLON. [ Insulju , iepidum caput. ] Sot. Impertinent. Ridicule. Benêt. (Vous êtes, Colletet, un plaisant violon , dic Monsieur G * * à Colletet; & Colletet répond à Monsieur G * * Nous sommes tous égaux étant fils d’Apollon. Voïez la Comediedes Académiciens. Traiter quelqu’un de violon. Sar. Et traitant ce grand Dieu de jeune violon, De Pen , U du pipeau rujtique Porta jujqu’aux cieux la musique. Le Noble.) VIORNE , / / C Vibumum. ] C’est une forte de plante qui croit parmi les buissons & les haies, & qui a les branches longues de deux coudées, grosses comme le doigt ou environ, & fort souples. (La viorne produit un fruit qui est d’abord rouge , & qui est noir étant mur, & ce fruit vient au bout des branches. Les feuilles de la viorne font astringentes. La viorne couvre souvent les cabinets des jardins.) VIPERE, / / II vient du Latin visera. C’est une forte de serpent terrestre & venimeux , qui a une queue qui va toujours en diminuant. La vipere a la tête plus plate & plus large que les autres scrpens. Elle a le bout du museau releve comme celui d’un cochon. La Ion* gueur de Ion corps n’excede de guere une demi aune, ni fa grosseur celle d’un pouce. Elle a deux grandes dens crochues, creusés, tranfparantes & fort pointues. Ses plus grandes dens demeurent d’ordinaire pliées. Elie a une rangée de dens en chaque mâchoire, au lieu que les autres scrpens en ont deux. Elle n’a rien de puant dans le corps, au lieu qu’on ne peut soufrir la puanteur des autres scrpens , & fur tout des couleuvres. La vipere met bas les petits, au lieu que les autres scrpens font dts œufs. Voïez Cbaras, Pbarmac. La vipere vit de chenilles, de cantarides, d’efcarbots. L’hiver elle ne mord pas; mais l’Eté, environ la canicule, la vipere est fort dangereuse. Elle est d’une grande utilité dans la Aledecine, témoin la poudre L le fil de vipere. On raconte plusieurs choses salutaires de la viperes son foie étant cuit préserve de la morsure des autres animaux venimeux , la peau sert aux femmes qui sont en travail d’enfanc, &c. 11 y a des vipères de plu- sieurs couleurs, & selon les pais où élit s vivent; il y en a de noires, de vertes, de rouges, de rouílatres, mais elles font d’ordinaire d’une couleur qui tire,fur le jaune, avec plusieurs petites marques. II y a une vi. pere femelle & une vipere mâle celle-ci a la tête plus petite & plus aiguë que la femelle. Voïez JonJivn, hijl. des animaux. * VIPERE,/ f- [Viptra.) Cemotau figuré, sc dit des personnes & signifie méchant, perfide, scélérat. (Race de vipères , comment pourriez vous dire de bonnes choses, étant médians comme vous ères. Port- Roial , Saint Mathieu, cb. 12 . Engeance de viperes. C’est une vipere. Ces mots se disant d’une femme, veulent dire, une perfide, une méchante femme.) VIPEREAUX , j. m. [Vif- ru U.) Les petits de la vipere. (Les viperes fcnieises nourrilknt ses viperaux.) t VIPERINE, ou SERPENTINE,// [Dra. cumulus.) Fiante qui fait fuir les scrpens à sonnette aux Indes Occidentales, & qui guérit de leur morsure. VIRAGO , / / [ Virago. ) Fille ou femme de grande taille qui a l’air d’un homme, (Quelle grande virago avez vous épousé.) VIRELAI, / »»• [ Versus versatiles.) Terme de Poésie Françoise. C’est aujourd’hui un poème comique & plaisent sur deux rimes, qui commence par quatre vers, dont on repete dans le corps de l’ouvrage les deux premiers seulement, ou bien on les reprend tous, deux à deux, un à un , ou un à un & deux à deux, & à la fin tous ensemble. C’est de cette reprise & de ce tour que Font les mêmes vers dans le virelai que le®L relai a eu son nofn. Le virelai , à ce que croît Légalier, dans fa Poétique , a été inventé par les Picards. (Ua joli virelai. Un plaisant virelai.) VIREMENT DE PARTIE, / m. [Circuitio, gyratio J VÏR gyraììo.'] Terme de Marchand. C’est tm expédient de remettre une dette active pour une semblable dette pâilive , & par ce rrloïen s’aquiter & (brtir d’afaires. praire Virement de partie. Voïez le commerce des banques publiques, c hap. t ;. ) VIRER) v.a. {Rationes ordinare.] Terme de Marchand. C’est s’aquiter & sortir d’afaire ensemble. (Virer partie. Voïez le commerce des banques publiques, ch. i ç.) VIRER, v. a. {Navem invertere. ] Terme de Mer. Tourner. (Virer le vaisseau à strtbord. Virer le vaisseau à bas bord.) VIRER. [Verfare,gyrare.) Quand ce mot signifie faire plusieurs détours - il se joint ordinairement à celui lie tourner. (Après avoir bien tourné & viré , il à pris ce parti. Vous avez beau tourner & virer, vous n’en sauriez venir à bout.) f îi est bas. VIRES , f f [ Annuh infèrei. ] Terme de Blason. €e sont plusieurs anneaux mis les uns dans les autres > fur un méme centre. VIREVAU T,s. m. (Ergata ancboraìis.) Terme de Marine. C’est une machine qui sert à lever l’ancre & rì’autres fardeaux. C’est une espece de tour posé hori- sontalement qu’on tourne avec des barres ou des leviers. VIREVOLE ou devole, f f. [ Nulìorum foliorum luforiorutn ablaiio ] Terme du jeu de YHombre, de la Bête & d’autres, lors qu’aiant entrepris de faire la vole, òn ne fait pas seulement Une levée. t VÎRE-VOLTE , ou vire-voute, f. f. [Circum- aHus.) Tours & détours qu’on fait de fuite. (Ce Sen. gent a fait plus de cent vire-voltes autour de ce logis pouratraper quelcun.) VIRGINAL, virginale, adj. [ Virgìneus,virginalìs .J Qui tient de la vierge. Qui sent la vierge. Modeste, plein de pudeur. (Elle a une pudeur virginale.) VIRGINAL , virginale. {Lac vìrgineum. ] Ce mot ne se dit qu’au masculin en parlant d’une certaine composition qu’on apelle lait virginal. Voïez lait. VIRGINITE', f.s. [ Virginité.] Mot qui vient dû Latin & qui se dit particulièrement en parlant des filles. C’est Pétât pur & innocent d’une fille qui n’a point eú de commerce illégitime avec quelque homme ou quelque garçon que ce soit. ( Jamais fleur de Virginité Ne dura Jì peu que la sienne . Mai. Poésies. Là là ; votre Virginité Pallas, n’a p.ú toujours été Si scrupuleuse êfi J 1 modejle ; Et le .Mont Ida vous a vu Comme anx autres montrer le cu , £t cacher assez mal le rejie. Pavillon. Elle a perdu sa virginité avec ses premières dens. Là virginité eít la dote la plus précieuse qu’une fille puisse avoir, & on ne ia sauroit conserver avec trop de soin.) VIRGOULE'E , ou virgouleuse , s. f. {Pirum vina. rium.) Presque tout le monde dit virgouleuse, mais pour virgoulée , il y a peu de gens qui s’en servent. Cependant Mr. de la Quintinie, si habile en matière de jardinage, assure que virgoulée est le meilleur, & cela me fait un peu douter de i’ufage & me fait croire que virgoulée est bon. C’est une sorte de poire d’hiverfort excellente) qui porte le nom d’un village du Limousin , d’où elle est venue. ê L’Académie dit virgouleuse. ) V1RGULE , s f- [Virgula.) Terme de Grammaire. C’est une maniéré de petite marque en forme de c renverse qu’on met à la fin des parties des périodes quand il n’y faut pas un point seul, & cela pour en distinguer les divers Ié»s. On fe sert avili de virgule lors qu’il faut faire plusieurs distinctions dans les noms; en un mot, on met des virgules pour ôter l’embaras, les ambiguïté z & aporter la clarté nécessaire dans le discours. (Faire ure petite virgule.) VIRIL, virile , adj. {Virilis. ] Qui est d’homnie. Qui apartientà l’homme. Qui regarde l’homme.(Age viril. Abì. Membre viril. ffe mesens-là remuer une bile Qui me veut conseiller quelque actiòn virile, Molière» VIS ?!=; C'est-à-dire, quelque chose qui sent l’ho'mme dé cœur, & dans cet exemple le mot de viril est un peu comú q'úe.) t VIRILEMENT , adv. {Viriliser , fortiter , generosè.] D’une maniéré virile, vaillamment, courageusement. (Les Dames Romaines ont agi virilement en diverses ocasions.) VIRILITE',//! {Mhis viri'is. ] Le tems de l’âge viril. (L’homme dans la virilité est dans la vigueur de soa âge. La virilité commence á ; ans. 0-’aurais, fl j’étois homme, ou du snoìns je le croi , Plus de virilité que je ne va us en voi. Bours. Esope.) ê VIRILITE', se dit ausfi pour signifier dans i’hortR me, la puissance , la capacité d’engendrer. (II a donné des lignes de virilité.) VIROLE,//! {Vittoriut annulas . ] C’est une petite bande de fer ou d’autre métal, qui ferre & entoure le petit bout du manche de quelque alaine, dé quelque serpette, marteau , peson, &c. & qui sert à ténir l’alu- rnelle, &c. ferme dans le manche. (Une bonne virole. 11 faut mettre une virole au bout du manche de cé marteau.) VIROLE. [" Armilla. ] Terme de Blason. Cercle cru boucle qui est aux extrémittz du cornet, du huchet ou de la trempe, qu’il faut spécifier en blasonnant quand elle est d’un difé'rent" émail. \ V1ROLET, / m. {Vefter vérjbrii.] Terme de Mas. rine. Noix de bois en façon d’olive qui se met dans le hulot du gouvernail, & au travers de laquelle la man R velle passe. On l’apelle autrement imuhnet. VIRTUEL , virtuelle, adj. {j Virtualisa ] Terme dí Philosophie. Qui a la force & ia vertu d’agir & particulièrement par une cause seerette & obscure. (Le poivre, qui est froid au toucher, a une qualité virtuelle de eau» ler de la chaleur.) 11 signifie aulst Equivalent. (Distinction virtuelle.) VIRTUELLEMENT, adv. { Virtualiser.2 Terme d* Philosophie. Equivalemment. (La justice & la miséricorde en Dieu distinguées virtuellement.) ^ VIRTUOSE, adj. Mot emprunté del’Italien, pouf dire, un homme ou une femme qui ont des talent pour les arts ; comme La Musique, la Peinture , la Poésie, &c. (C’est un Virtuose. C'est une Virtuose, Acai. fr.) VIRTUOSO , / m {Vir clartst meritis.) C’est un mot Italien, dont on commence de le servir en François. Mais íl ne se dit que rarement & en parlant familièrement, pour marquer un homme de mérité , & même d’italie, (LeSeigneur.Salerne étoit un virtuoso.) VIRULENT, ente, adj. {Virulent los, purulentus .j Qui jette ou pus. (La gonorrée virulente est une maladie venerienne. Académie Françoise.) VIR URE, / / {Gyrus, circuitus navis.] Terme ds Marine , qui se dit du tour des bordages, & des precist; tes qui environnent le vaisseau. VIRUS , stn. {Pus,sanies, viras.) Terme de Médecine & de Chirurgie, qui n’est gueres en ulàge que pouf signifier le venin des maux vénériens, çLe virus a gagné les parties solides. Acad. t'r.) VIS , ou viz , f. f. [CochteaJ C’est en gênerai tout ce qui est travaillé pour entrer dans un écrou. (Vis rompue.) Lavisefí: un des principaux principes des Mécaniques. {Cochlea prasipuum mechanices vrinapium .] C’est proprement un Cilindre creusé dans fa surface par une caneluíe qui est en rampe, en forme d’hélice, qú’on fait entrer dans un Ecrou, qúi a une semblable canelure dans fa concavité, en sorte que les deux canelores s’engageant l’une dans l’autre, la vis étant tournée fait un très; grand effort pour élever, ou pour presser des corps, La force de la vis tient du coin & du levier ; & c’est un coin qui tourne autour d’un cilindre. La force des Verrins est composte de deux vis La distance qu’il y a entre chaque canelure, ou entre chaque arête de k Vis s’apeile pas de vis. yiSJàns fin. {Cochlea perpétua.] C’est une vis dont le mouvement va à l’infini. Elle est composée d’une roué qui a des dents taillées de biais qui engrenent dans une vis tailles fur un cilindre. Le mouvement de la roué continué à l’infini fera toujours tourner st tour, ou cilindre, du méme sens. On fait des petites machines fur le* montres d horloge qu’on nomme avili vis Jans fin , Tome lll. X x x x r dans yi6 VIS / dans lesquelles le mouvement de la vis d’un petit cilïn- dre fait tourner une roué à l’infìni. On taille aussi la vis autour d’un cône, & ces vis se terminent en pointe. La vis dC Arcbimede. [Cochlea Archimedis.] C’est une jnachine hidrauiique qui fait élever seau par son propre poids. Elle est composée d’un tuïau qui fait plusieurs tours autour d’un cilindre incliné, & l’eau décendant dans le tuïau à chaque demi-tour s’éleve par le mouvement du cilindre. On faifoit le cilindre de cette machine ordinairement de la longueur de seize fois son diamètre. Abrégé de Vitruve, 2. part. VIS. [ Se aï a cochlea ìn modum duc la. ] Terme d ’Ar. tbitellure. C’est une forte d’efcalier en rond. VIS. [Scala spirales .3 Ou noyau de montée. Piecede bois où toutes Jes marches sont emmortaisées & tournent autour en ligne spirale. VIS de Samt Gilles. [ Cochleata pfj fornicata feula. ] Terme à’Architecture. C’est un escalier qui monte en rampe, & dont les marches semblent porter en Tair ; mais elles sont soutenues par des voûtes fort artistes, comme celle des trompes. Ces sortes de vis ont été faites sor le models de celle du Prieuré de S. Gilles en Languedoc ; dont elles ont reçu le nom. VIS-A-VIS. [Eregionc , ex advcrso. J Préposition qui demande le Génitif, P Acusatis, ou CAblatif, & qui lignifie. Tout devant. A l’opolìte. (Vis à-vis de la loge. Molière , critique de l’école det femmes. Vis-à-vis du temple. Ablancourt. Vis-à-vis de l’éminence qu’occupoit Je Duc d’Anguien, il y avoit une autre hauteur. Relation AeRocr. pag 27. Vis-a-vis l'Eglise.) VIS-A-VIS, adv. [Contra, in conjpeclu.] A l’opositc. (11 demeure vis-à-vis. 11 est vis-à-vis.) f On dit d’un homme, qui après avoir bien travaillé, après avoir eu de grandes espérances, se trouve sans aucun bien & fans aucune reifource, qu’i/ Je trouve vis.a.vis de rien. VISA ,s m. [ Visa, ] Terme à’Eglise. Lettres pat lesquelles l’Ordinaire témoigne qu’aiant vû les provisions & examiné la personne, il l’a trouvée capable de posseder un benefice. Celui qui prend possession avant le visa, est censé intrus & perd son droit. Ce qui se garde à la rigueur aux benefices cures. (Donner un vi. Ja à quelcun. Refuser un visa. Obtenir un visa. Soliciter un visa. Quand on veut avoir un visa, il se faut presenter à l’Ordinaire pour en être examiné. Lors que l’Ordinaire est obligé d’acorder un visa , il ne peut çonnoìtre que de la capacité de celui qui le demande.) Le mot de visa. f Afius autentkus. J Se dit aussi de quelques autres Actes que les Juges mettent au bas des lettres qui leur sont adressées ou qu’on veut exécuter dans leur ressort. VISAGE , f «r. [Faciès, vultus , or. J C’est la partie de l’homme qui prend depuis le haut du front jusques au menton inclusivement & qui comprend lc front, les yeux , le nez , la bouche, les joues & le menton. (Visage beau , long, rond, riant, charmant, agréable, refrogné, chagrin. Anne de Boulea avoit le vij’age ovale. Tous les purs un viíàge neuf C est un visage, un peu trop de dépense. Brebeuf. Les ruines d’une maison Se pewùent réparer ì que tieji cet avantagi Pour les ruines du viíàge ? La Font. Et h tems orgueilleux A avoir fait ton visage En conserve Féclat U craint de Pésacer. Mai. Poésies. Etre beau de viíàge. Ablanc. Etre laid de visage. [Praclaram baberespeciem , turpem.] Ta fille a un visage de pleine Lune. Ablancourt , Luc. Cette façon de parler est plaisante pour dire ta fille a un visage plein & large. Visage à couleur dlolive. Mot burlesque pour dire un visage jaune. Avoir un visage d’excommunié. C’est-à dire, avoir un visage terrible , afreux & qui fait peur tant il est laid. Avoir un visage de prospérité. C’est-à-dire, le visage d’un homme content & qui se porte bien.) * Faire bon visage à quelcun. [Alicui arridere .J C’est- à-dire, voir de bon œil une personne. Faire mauvais visage à quelcun. [Mali aìiquem excipcre.] C’est-à-dire, ne vou une personne qu’à regret ; n* la pas voir volontiers. VIS * Avoir mauvais visage. [Cadaverosam babere fariem.] C’est avoir un visage de malade. Avoir bon visage. [ Integrum U sanum vultum babere.s C’est avoir le visage d’une personne qui est en santé. f * Trouver visage de bois. s Clausum ojìium reperi. re. ] C’est trouver la porte fermée» Avoir un visage d’apellant. [Palhdum ot.] C’est-à-dire, un visage pâle & tout défait. Ciji un homme a deux visages, [ Homo bilinguìs. J C’est-à-dire, un fourbe ; de ces gens le monde est plein.) f * VISAGE. [Fatuus, stolidus.] Ce mot est quelque, fois injurieux quand on ledit en colere, & il signifia Sot. Fat. Impertinent. Misérable, & autre pareille chose. (Quel visage est ce là. Voilà un impertinent visage* Voïez un peu íe plaisant visage. Faut-il qu’un petit visage comme cela fasse l’entendu.) On dit par dérision à une personne, que c’est un visage de cuir bouilli. Un visage à étui, quand il est noir, un visage d’excommunié, quand il est abatu. On dit des courtisans que ce sont des visages fardez. [Si. mulata frons.] On dit qu’une personne est de bonne amitié, quand elle a le visage long. On dit à un benêt, que c’est un visage de vierge. On apelleBachusleDieo des visages boutonnez. £ Tourner visage aux ennemis. C’est en termes de Guerre , so tourner vers les ennemis pour les combattre. On le dit proprement de ceux qui fuïent, & qui tout d’un coup se retournent pour faire face à ceux qui les poursuivent. (Nos troupes fe voiant pressées , tour. nerent visage à l’ennemi, & lui ôterent l’envie de le» troubler dans leur retraite.) í * VISAGE, sc dit de la face des afaires, & de la maniéré dont elles peuvent être considérées- (Cette afaire a deux visages très-differens.) t * VISAGE. [Podex, anus.] Ce mot dans le burlesque sc prend à contre-scns, & signifie le cu , le derrière. (Ce visage gracieux (fui peut faire pâtir le nitre , Contre moi n’aiunt point d’apae , Vout m’en avez fait voir un aulrt Duquel je ne me gardois pus. Voit. Poésies.) YISAGERE , s f. [Calyptra muliebris pars anterior.] Terme de faiseuse de bonnets. C’est la partie du devant des bonnets de femmes , laquelle regarde le visage. (O11 borde les bonnets avec un galon de soie par la vi- fagere. Border la visagere.) VISCERES ,s.ni. [Viscéral] Terme de Médecin. 11 signifie les entrailles. (II a un abcès dans les viscères.) On dit un viscère au singulier quand on veut désigner queicune des parties interieures du corps , parce qu’on ne se peut pas servir du mot entrailles , qui n’a point de singulier. VISCOSITE', f f. [Glutìnosus bumor, lentor.] Ce mot vient du Latin. Qualité de ce qui est visqueux, gluant & tenace. (Les limaçons ont une certaine viscojì. té, qui laisse une marque de leur passage.) VISE'E , s s. [Intentio in scopum.J Terme de Gens qui tirent. Action de la personne qui couchant en joué, jette l’œil sur le bouton qui est au bout du canon de l’arme à feu. (Prendre bien sa visée.) * VISE'E. [ InJiitutum , proposìtum. 3 But. Dessein. Intention. (Voilà ma visée. Je n’ai point d’autre visée que celle que je vous dis. Je ne fais pas quelle est fa visée pour cela. Elle ejlsage, elle ni aime, [s votre amour nioutrage, Prenez vilëe ailleurs, Pf troussez mot bagage. Mol.) VI-SENECHAL,/ m. [Viceseneeallus.] Lieutenant du Sénéchal. VISER , v. a. [ Subjìgnare , approbare. 3 Ce mot se dit de quelques Oficiers Ëclesiastíques& Laïques. 11 signifie Mettre un visa au bas de quelque a été. (Viser le» provisions d’un benefice. Viser un acquit.) VISER, v.n. [Cotlineare , dirigere.s Terme de Gens qui tirent. C’est regarder fixement le bouton qui est au bout du canon de l’arme à feu, afin de tirer plus droit- (11 faut bien viser avant que de tirer. II est trop long tems à viser.) On dit en proverbe, voilà bien visé pour un borgne, Qpand on se moque de celui qui a donné loin du but. * VISE K. * VISER. C Tendere , intendere. ] Tendre, buter à quelque bon benefice. (* Très-humbie serviteur au bel esprit, ce n’est pas ià que je vise. Molière, Critique de l’Ecole des femmes.') VISIBILI TE', f. f. [ Vijibìlìtai. ] Terme Dogmati- que. Qualité qui rend les choses visibles, & qui les fait apercevoir par le sens de la vue. VISIBLE, adj. [Ajfeflabilis, vsibìlis.) Ce mot le dit des personnes & des choses , & signifie. Qui se voit. Qui se peut voir. (Objet visible. Espece visible. 11 n’y a aucune choie visible parfaitement plane, ou polie, quoi que les sens la jugent telle. Le Pape est le chef visible de l’Eglise. Sa bosse est visible à tout le monde, & cependant il prétend avoir belle taille avec les Alpes fur le dos.) * VISIBLE. [Munifesius , apertus, perjpicuus.’] Clair, manifeste. (La preuve est visible. Défaut visible.) VISIELEMENT, «à [ Vsibìliter , manifejlè , clarè. J D’une maniéré visible. Clairement. Manifestement. ( Cela est visiblement faux. Cela est visiblement vrai. Prouver quelque chose visiblement.) VISIERE, sf. [ Conspicilium .J Terme d’ Arquebusier. C’tst une petite plaque de cuivre au bas du canon du fusil fur laquelle on jette l’œil quand on veut tirer. (Jet» ter l’œd fur la viiìere pour tirer.) VISIERE. [ Conspicilium. J Ce mot fe dit en parlant ù"Arbalète. C’est un petit morceau de fer troué qu’on ìeve sor le bois de l’Arbalêtc & au travers lequel on vise. VISIERE. [Buccula.J Terme de Heamnier , & á'Armurier , qui fe dit en parlant de casque & d’habille- nient de tête. C’est la partie de l’habillement de tête qui couvre le visage, & qu’on leve lors qu’on est é-haufe, qu’on veut prendre un peu d’air, & voir tout- à-fait clair. vLever la viiìere de l’habillement de tête. La viiìere de son habillement de tête étoit baissée. Ces choses passerent dans mon esprit pour des casques dont la viiìere étoit abaissée. S. Evremont , euable. 11 avertii tes Evêques de n’être point a charge à personne par des dépenses inutiles , ne devant exiger que la frai pie nourriture pour eux & pour leurs gens frugalement & selon la circonstance des lieux Sc du teins, frugalités moderatèque , pro tempons tuntùm necesiita- te, N no» ultra. Ce droit dé visite, est apelle dans les anciens titres , procuratio. On peut voir Mr. du Lange fur ce mot, & les Auteurs qu’il cite. L ordonnance d’Grleans, art. 6. porte qu ’'ils taxeront leur pre. tendu droit de visitation si modérément que l’on n'ait oc. easion de s’en plaindre. Dell peu d’Evê-ques qui exigent à présent ce droit ; les Curez sont pauvres, & les Evêques font riches. C’étoit autrefois un devoir bien légitime dans ces tems heureux où les Ecléfiastiques de tous les ordres ne vjvoient que des oblations des Fidèles. j’ai vû un Evêque qui prétendoit que les Seigneurs decimateurs dévoient le droit dc procuration : mais il n’osa pas insister dans fa demande. La visite est personnelle, & nullement réelle. VISITE. [ Perquisitio. ] Ce mot se dit en parlant de marchandises ssij d’autres denrées , & lignifie ausfi P action ■de visiter. (Faire une exacte visite. Íís auront pour la peine de leur visite cinquante fols. Faire la visite des caves, Voïez Bail des Aides. Les livres & tous les ouvra- ges des métiers sont sujets à la visite. VISITE , f. f. [ [nfpeciio , perlujiratio.] Terme de P a. lais. 11 lignifie la même chose que visitation en ce sens. Voie z visitation. ± VISITE de Matrones. C’est l’examen que des sages- femmes ion t par ordre de justice de l’état d’une femme ou d une fille. ch VISITE de cadavre. C’est l’examen que les ChU rurgiens nommez par la Justice font d’un corps mort. VISITE. [' Media aditus.] H se dit aussi à l’égard des Médecins quand ils font apellez pour aller voir des malades. (Le Médecin a fait douze vilites à ce malade.) VISITER, D. a. [Visere, invifere, v si t are.) Rendre visite. Aller voir quelcun. (Visiter un ami.) ï VISITER, signifie ausli , aller voir par charité. (Visiter les pauvres, les malades , visiter les prisonniers.) VISITER. [Inspicere.) Terme de Religieux , de Reli. penses & de Curé. C’est faire la visite d’un Couvent, d’une Paroisse, d’un Diocèse. (Visiter la clôture. Pat? - », pi. Visiter un Diocèse.) VISITER. [Inquirere , perquirere.] Ce mot se dit en -parlant de marchandises , de denrées , de Navires & de Maisons. Et il signifie voir & considérer si tout est dans l’ordre qu'il doit être, & si rien ne manque. (Visiter la marchandise. Visiter un Navire. Visiter une maison. Visiter de la besogne.) VISITER , v. a. [OJsiciosè a/iquem adiré.'] Faire une visite. 11 se dit généralement dans tous les autres cas & significations où se prend le mot de visite. On dit encore que Dieu visite les hommes par se; chátimens. VISITEUR , f m. [ InspeÛor , vsitator.] Celui qui fait la visite dans un Couvent, & qui a droit de la faire , pour voir si tout est dans l’ordre, si toutes les personnes Religieuses font leur devoir, & faire tout ce qu’il trouvera à propos pour le bien du Monastère qu’il visite. (Un Visiteur provincial.) VISITEUR. [Nauticm inspefior. ] Ce mot se trouve dans les livres de Jutifdiction de marine , & veut dire. Celui qui a droit de visiter. (Les visiteurs auront dix sous pour la visite des marchandises d’un Navire de go. tonneaux. Volez les us U coutumes de la mer , ]. partie, $■ 5. 12.) t V1SQN-VISU , adv. [E regione , ìn conJpeHu.) C’dlà-dire. Vis-à vis. (II est vison-vifu. Elle est touc vison-viíu de mon logis.) Cette façon de parler est basse & du peuple. ViSORIUM , f. rn. [ Viforium. ] Terme à’bnprh tueur. C’est une maniéré de demi-late longue d’un pié ou environ , & large à peu près de trois doigts , que le Compositeur a toujours devant les yeux , & sor laquelle en composant il met une feuille de la copie j qu’il ata- che avec le mordant. (Je ne sai ouest mon viforium , je ne puis composer si je ne le trouve,) VISQUEUX , visqueuse, adj. [Lentus, te.vax , vif iojds.] Mot qui vient du Latin, & qui veut dire gluant, tenace. (Matière visqueuse.) ísi VISÊIERS, ou, vuijjìers. Ancien mot, dont nos VIT p'eres fe sont servis pour exprimer les vaisseaux sor lesquels on embarquoit les chevaux dans ies expéditions maritimes. Philippes Mouskes: Et mil visiìers par leur confins Pour pajjer armes U cevaux. Votez Mr. Du Cunge des Observations fur P’iPehardoutK , pag.7.6;. VISUEL, visuelle , adj. [ Visualk , opticus. j Terme qui se dit dans les matières de Philosophie , & quj veut dire, qui part de la vue pour fraper l’objet. (Raina visuel.) VISUEE, visuelle. [ Vsualis.) Ce mot signifie aussi ce qui vient de l’objet, & se forme dans l’œil. Ainsi cn dit. (Image visuelle.) On dit aussi nerf visuel , c’est-à-dire, qui sert à faction de la vûé. t VIT, s m. [ Mentula , membrum virile. ] Moi qui vient du Grec , selon quelques.uns , ou du Latin , & qui ne se dit jamais par un honnête homme fans en- velope, C’est la partie qui fait les Empereurs & les Rois. C’est la partie de l’homme qui fait la garce St le cocu. En Latin cn apelle cette partie mentula , verpa , veretrum. En Italien cazzo. En Espagnol ca- rajo. VIT de chien. [Canis veretrum.] C’est la partie da chien qúi sert à lu génération. * VIT de chien. ]j Strombulcuc. ] Terme de Canonier, Sorte de tirebourre qui est un instrument de fer fait eú forme de vis , qui fe termine en pointe. Daveleur , traité dc t’Artillerie. (Les armes des piVces sont les lanternes, le refouloír , les éeouvillons, les tirebours, sous le nom defquels on comprend les vis dc chien, l’autrier , Infìruiïion pour les gardes de l’Artillerie , pag- 6.) VIT de nier. Espece de petit insecte couvert de têt, tiur, qui a quelque raport avec les parties naturelles de l’homme. Rond. VITAL , vita'e, adj'éflif. [ Vite.lis. ] Terme d’A- natomie , qui signifie , qui a la vie. Qui marque la vie. Qui donne la vie. (Esprit vital. Esprits vitaux. Faculté vitale , naturelle , animale. Parties vitales. A- ctions vitales.) VITE , adj. [ Celer, velox, agilis. ] Qui a de la vitesse. (Cheval fort vite. Cavale fort vite.) VITE, adv. [CeIrriter, velociter, citò.] (Un corps pesant cent livres ne tombe pas plias vite , & ne touche pas la terre plûtôt que celui qui ne peso qu’une once. tìer- nìer, Phisique , tome i. ch. 27 11 y a bien des gens à qui la langue va plus vite que le jugement.) VITE , adv. [ Citò. ] Tout fur l’heure, (Fris , qu’on îes dépouille. Molière , précieuses.') VITELOT , f m. [Masi'a duìciaria.] Morceau de pâte gros à peu près comme le petit doigt de la main, qu’on fait cuire avec de seau Sc du beuire, Sc qu’on mange ensuite avec du vinaigre, ou lans vinaigre. Où apelle ausli vitelots des petits filets de pâte coupez eu tranche qu’on fait cuire & qu’on assaisonne à l’Italien- ne, & on les nomme ausli en Italien vennicelli. On leur donne divers noms en France, dans une Province on les nomme d’une façon, & dans une autre > d’une arme. On les apelle à Paris vitelots & c’est le vrai mût. (Ds bons vitelots. Faire des vitelots.) VHYMEN T, adv. [Cstiùs.l Avec vitesse. Promptement. il sc dit dans la conversation & clans les ouvrages écrits d’un ftile simple. (Madame, venez virement voir cela. Elle le conjura d’emporter vilement là petite créature. Scar. Rom. Entrer vilement. Molière, précieuses.) VITESSE , s.s. [Celeritxs , velccitas.] Maniéré prònte & vite dont une chose sc Fait. L’action d’aller vite. Maniéré d’aller pronte & vite. (La vitesse d’un corps qui tombe augmente f ar l’atraction de la terre, ou plû* tôt par l’impulíiún que lui donne ia pesanteur de l’air. Quand ce cheval est poussé, il va d’une vitesse presquí incroiable. Quand vous voiliez aller avee cette vitesse , Et d'un caar tout d’abord, évuifir la Undrefse, Mol.) \ 7 ITÔNNÎERES,/T [Canales.) Terme isMâ. yine. Cc font des lumières ou canaux qui règnent à fond de câlg, de proue à poupe, à côté de la carlingue, peut VIT peur faire un êgoût qui conduise les eaux à la pompe. On lesapelle uuiîì bitonniéres. VITRAGE , f. m. [ Vitreamina. ] Nom coltctif pour toutes les vitres d'un bâtiment ou ci'une Eglise. (Le vitrage de Tergoude en Holande est fort estimé.) VITRAUX , m. pi. [Vitrea.) Les grandes vitres qui font aux fenêtres des Eglises. (Les vitraux de cette Eglise ont cinq toises de haut.) VITRE, f.s. [Vitrea laminas Assemblage déplu- heurs pièces de verre mises par le vitrier en plomb. (De belles vitres. Des vitres bien claires. Netteïer les vitres. Casser les vitres.) VITRE. [Vitrea, vitrum.J Terme à’Or sevré , de Cou. telier, &c. C’est une grande piece de verre qui sert de Couvercle à la montre que les Couteliers, les Orfèvres, &c. metent fur leurs boutiques , & où iis me- tent plusieurs petites choses. (Vitre de montre cassée. ) * VITRE. [ Equi n a oculi cornea. ] Ce mot se dit en parlant des chevaux. C’est la premiere partie del’œil du cheval. C’est un cristal transparent qui enferme la substance de l’œil, & lui donne la forme d’un globe .diafajie. (Quand !a vitre est rougeâtre , c’est une mauvaise marque. SoieiJ )/, parfait Maréchal.) . VITRE', vitrée , adj. [Vitns obseratus.'} Qui a des vitres. Qui est fermé de vitres, ou de grandes glaces. (Caresse vitré. Chambre bien vitrée.) VITRE', vitrée. [Humer vitrent, cryftaUinití. ) Ce jmot íe dit en termes à’Anatomie , parlant d’une certaine humeur de l’œil qu’on apelle humeur vitrée. C’est une humeur remplie d’une glaire transparente , & qui ne coule pas. Philosophie de GaJJendi , tome 6. cb. Le mot de vitré se dit ausfi en parlant de pituite. On apelle pituite vitrée , pituite transparente. VITRER, v. a. [Vitréis laminis fcnejlras canceUare J Métré des vitres. Garnir de vitres. (Vitrer un carosse, une chaise, un parloir, &c.) •_ VITRERIE , f. f. [Ars vitraria .J Art & commerce de vitrier. (La vitrerie ne va plus.) VITRIER , f. m. ( Vitreorum concìnnator. J Artisan qui travaille en verre, le met en plomb & en fait des lanternes & de toutes fortes de vitressoit d’Eglise, de sale, ou de chambre. (Un pauvre vitrier. Le vitrier ne se nomme pas feulement vitrier, mais aussi peintre fur verre. Les vitriers ont S. Marc pour leur Patron, & Je lendemain de fa fête, ils élisent tous les ans deux maîtres Jurez. Les outils de vitriers font le rouet à tourner le plomb, le lingotier , le moule à lien, le fer à souder, l’étaimoir, les mouflettes , la pointe de diamant & i’égrisoir. VI TR i F/C Ai ION, f. f. [Vitrification Prononcez vi- trificuewn. Terme de Chimie. C’est une opération Chimique qui convertit par un feu très-violent quelque matière en verre. (La vitrification se pratique sur les métaux & fur les minéraux.) VITRIFIER, v. a. [ Vitrificari. ] Terme de Chimie, C’est réduire les pierres, les métaux, les minéraux & autres pareilles choses transparentes St dures comme le Verre , & cela par le moien d’un feu très-violent- Vitrifier du plomb, Vitrifier de l’antimoinq. Glas. VITRIOL, s «*. [ Cbalcanthum .] Terme de Cbi. tnte. C’est un sel minerai qui aproche de la nature de l’alun de roche, mais qui contient en foi quelque substance métallique, comme de fer ou de cuivre. VITRIOL d’Allemagne. [ ChalcitU .] Est un vitriol rouge. C’est ún vitriol vert calciné naturellement par quelque feu souterrain. C’est le Cokotar, naturel ; le col .otar artificiel, est un vitriol vert calciné long tems à grand feu & qui par ce moien est devenu rouge comme du sang. C’est encore íe marc qui reste dans la cor- nue après la distilacion du vitriol. VITRIOL de Chipre. [ Cbalcantum Ciprinum .] C est une forte de vitriol bleu & en grands cristaux. Vitriol verdâtre & d’un goût doucereux. Vitriol blanc qut vient des fontaines vitrioliques. Le vitriol, soit blanc, bleu, ou celui qui tire fur le verd , fe forme dans les entrailles de la terre. (Purifier, calciner, distrier le Vitriol. Glas.) . VITRIOL de Mars. [Cbalcantum Martis .J lerme de Corniste. C’est du fer & l’efprit de vitriol distilez ensemble. Ils font aulfi du vitriol de Vénus, & des autres métaux , , n. r -I VITRIOLE', vitriolée , adj. [ Chalcantbo rejperjus. ] Terme de Chimie. C’est-à-dire, fait avec de 1 esprit de V 1 V 719 vitriol. (Tartre vitriolé. Lémeri, court de Chimie f) VITRIOLIQUE , adj. [ Cbalcantinus J Terme de Chu mie. Qui renferme une qualité de vitriol. Qui tient de la nature du vitriol. (Fontaine vitriolique, pierre vitriolique. Si on jette du fer dans de Peau vitriolique, & qu’on fasse fondre la poudre rouge qui naîtra fur la superficie de ce fer, cette poudre se trouvera être du, cuivre, ce qui est une preuve de la transmutation. Bernier, Philosophie, tom. ;.) t VITUPERE, s m. [Vituperium, contemptus.J Ce mot signifie blâme, mais il est très-vieux , & ne peut servir tout au plus que dans des sujets de rail* lerie & dans le plus bas stile. {Pour donner h'ùange à ton pere Qui fut digne de vitupéré. Gomb. Poésies, Epigramme 4 .) t VITUPERER , v. a. [ Vituperare, culpare T detra. bere.~] Ce mot écorché du Latin signifie blâmer , & ne vaut rien du tout. Vaug. Rem. (Vitupérer quelcun.) $ VIVACE, adj. [Vivax.2 Qui a en soi des prin. cipes d’une longue vie. On k dit des especes & des individus, (Le corbeau & le cerf font des animaux vivaces. Cet homme est très-vivace.) f VIVACE, se dit auílì des Plantes. On apelle viva. ces, les plantes qui portent des fleurs plusieurs années de fuite fur les mêmes tiges, & fans être transplantées. VIVACITE' 1 f f í Vivacités, ingenïi vis , acies. J Ce mot fe disant de l’efprit, signifie la subtilité & le brillant de l’efprit. (Les Espagnols & les Italiens font paroitre beaucoup de vivacité d’efprit dans leurs Poésies, mais cette vivacité n’est point à comparer au bon sens des Grecs & des Latins.) f VIVACITE', signifie austî , activité, promtitude à agir , à se mouvoir. (Cet homme s’emploïe avec vivacité pour fes amis. 11 a beaucoup de vivacité en tout ce qu'il fait.) ch On dit auílì, parler avec vivacité, répondre avec vivacité. La vivacité des couleurs. [ Color vividut , fulgidits. J Ces mots se disent parmi les peintres, & signifient Véclat le vif des couleurs. VIVANDIER,/ »*. [Annonarius castrensts .'] Celui qui suit les troupes, qui porte des provisions de bouche fur des charettes & des chevaux , & vend aux soldats les vivres dont ils ont besoin dans les divers cam* pemens que fait l’armée. (Un vivandier ruiné. Etre vivandier.) VIVANDIERE ,// [Annonaria castrensts. J Celle qui porte des vivres par une armée , & qui les vend aux soldats. Danet. VIVANT- [ Vivens. ] Participe du verbe , vivre , signifiant, Qui vit. Qui a vie. VIVANT, vivante, adj. [Vivus.2 Qui vit. Qui est en vie. (11 est vivant. Elle est vivante. 11 n’y a homme vivant, ou ame vivante , qui ose soutenir une proposition si fausse. Un chien vivant vaut mieux qu’un chien mort. Le ben Dieu fajfe paix à mon pauvre Martin , Mais j’avn.s, lui vivant, k teint d’un Chérubin. Mol.), En Jurisprudence, on parle d’homme vivant mou- rant . [ Caducm ciiens , ex novo caduco translautms. ] Les donations mutuelles par testament se font au profit d u dernier vivant. * VIVANT , vivante , adj. [ Efficax , vivifient. ] Ce mot au figuré , se dit en termes de pieté, veut dire qui vivifie, qui produit quelque choie d’éficace. (Invoquons l’esprit de Jésus Christ en lisant sa parole, afin qu’elle ne soit pas en nous une parole morte & stérile, mais vivante & éficace. Port-Roial, Nouv. Test, prés. 1 .part.)- * VIVANT , vivante , adj. [ In memoriâ hominum. existens , perennk. ) Qui vit dans l’efprit des hommes. Qui subsiste dans la mémoire des hommes. (Les grands personnages font vivant dans la mémoire de tous les siécles.) * VIVANT , vivante, [Vivus, ipfe.) Ce mot fe dit encore dans un certain sens. Exemple. (C’est la vivante image de son pere.) VIVANT , f m. [ Vivus. ] Qui est en vie. (Les vi- vans & les morts. Ablanc. Il n’y a point de vivant qui soit plus à elle que moi- Voit. 1. 110 .) t Test J2 0 VIV + ' C’èfi un bon vivant. [Homo bilarh. 3 Mots burlesques pour dire c’est un garçon ou un homme qui ne prend point de mélancolie , qui ne songe j)u a vivre & à passer le tems agréablement, qui aime a se re- joiiir sens ofenser personne. VIVANT , s m. L’espace de tems qu’une personne a Vécu. (11 lui avoit Fait la cour du vivant de Philippe. Ablancourt, Arr. [Vivente Philippo .] II n’étoit pas Jl glorieux de son vivant. Ab’.anc. Luc. Jésus en mon vivant fort aimé d’Uranie ; Mais , comme en ce bas Monde on n'aime pas toujours , Crainte de voir finir de fi tendres amours , J’ai voulu sortir de la vie. A prenez bien-beureux Amans Qu’il n’ejl point U’amour éternelle ; Quand on ne veut pas voir fa Maîtresse infidèle , ll ne saut pas vivre long tems. Pavillon.) t * VIVANTE , f fi [Mulier hîlaris U sejìiva.] Ce mot pris substantivement ne sc dit guere qu’en façon de parler burlesque. (.C’èst une bonne vivante. Elle ejt bonne vivante, pour dire. C’tst une fille ou une femme qui est bonne, sincere, lans façon, qui aime à sc réjouir honnêtement.) VIVE. £ Vivat. ] Exclamation par laquelle on témoigne qu’on souhaite à quclcun une longue vie , ou de la gloire. (Vive le Roi.) t Les Ecoliers crient vivat quand on leur donne congé. VIVE. [Sí« proj C est aussi un cri par lequel on te* moigne de quel parti l'on est. (Vive France, vive Espagne, &c.) Qui vive? [Quivè efik m armis] Ces mots sc disent entre gens de guerre, & veulent dire autant que si on difoit. Quel parti tenezvous. f * Etre au qui vive. [Animo adverfi agere.] Cette façon de parler sc dit par quelques-uns au figuré, elle est nouvelle & hardie, mais elle ne déplaît pas dans le stile familier & de conversation à quelques excélens esprits , & elle veut dire être divisé , être brouillé. (Ils sont au qui vive dans cette maison là.) * Etre sur le qui vive. C’est être sur ses gardes , pour ne se pas déclarer inconsidérément pour l’un des partis differens qui partagent les esprits, les inclinations. (Pour se maintenir à la cour, on doit être toû- jours fur le qui vive.) H * On dit d’un homme querelleux& difficile , qui sc choque de la moindre chose , qu’il faut être toûjourS fur le qui vive avec lui. VIVE. [Vivat.] On dit auffi ce mot pour témoigner qu’on estime & qu’on aime quelque chose. (Vive Fa- mour. Vive Paris, &c.) sf Vive Dieu, fut le cri de guerre dans la fameuse bataille d’ivry, gagnée par Henri IV. Voici comme Etienne Pasquier le raconte dans fa Lettre écrite à Monsieur de Saint Marthe, pag. 667. tom. x. „ Le Roi „ voyant lors ses affaires en mauvais termes, commen- „ ça dans peu de paroles à exhorter les siens ; & quel- „ ques-uns faisant contenance de fuir : tournez visage ,, (leur dit-ií) afin quefi ne voulez combattre,pour le moins ,,me voiez mourir. Sur cette parole, lui & les siens „ ayant un vive Dieu en la bouche pour le mot du guet „il broche son cheval des éperons, & entre dans la „ mêlée avec telle générosité ; que fes ennemis ne si- ,, rent plus que connilier. VIVE. [ Viva. 3 C’est auffi le féminin de Fadjectif vif, vive. Voïez vif. VIVE, f.s [ Viva, draco marìnus. } Poisson de mer qui a le ventre blanc & fait en arc, le dos droit & brun, la bouche grande & fansdens, l’ouverture de la bouche oblique , & des éguillons sor le dos. Rond. (Une grande vive. Une petite vive. Une vive toute fraîche.) 0 ViVELOTE- Droit établi dans quelques Coû- tumes, en vertu duquel la veuve, outre son douaire, prend après le décès de son mari, ,, son meilleur «habit, son anneau nuptial, le fermail, & les orne- ,, mens du chef, son lit étofé & les courtines, & quel- ,, ques autres utenciles de maison. “ Ragueau, dans son Indice. VIVEMENT , adv. [ Graviter , acerbe , vebementer.] D’une manière vive. Fortement, puissamment. Par* VIV ticuliérement. Tout-à-fait. (Si ma conduite vous témoigne que pour !a continuer long-tems de méme force, il faut être vivement touchée , rendez-vous à à ces témoignages. BuJJi Rabutin, Amour des Gaules. Piquer quelcun vivement. Ablancourt. C’cst le piquer tout-à-fait.) VIVIER , f. m. [ Piscium vivarium, pisána.] Lieu où l’on met du poisson pour peupler , pour nourrir ce poisson , le conserver & en prendre aisément quand on en a besoin. (Un petit vivier. Un grand vivier. Pêcher un vivier. * VIVIFIANT, vivifiante, adj. [Vivificans.] Ce mot ne se dit guere qu’au figuré, il veut dire. Qui vivifie. Qui donne la vie. Qui ranime. (Esprit vivifiant. Grâce vivifiante. La chair de Jesus-Chtist est vivante & vivifiante à cause de la Divinité qui lui est unie. BosJ'uet, Do- Urine de íEglise, ch. 17.) VIVIFICATION, s. f. [Vivificatio .] C’est Faction pat laquelle on vivifie. ' VIVIFIER, v. a. [Dare vitasn, vitam indtre, in- sundere.] Ce mot sc dit proprement au figuré, & signifie rendre la force & la vigueur. ( Cela vivifie toutes lea parties languissantes.) * VIVIFIER. [Vivisicare.] Ce mot se dit en parlant de pieté ou de Théologie , & veut dire donner la vie. (La grâce vivifie. La lettre tué, mais l’efprit vivifie. C’est l’efprit qui vivifie. Saint Jean, cb. 6.) VIVIFIER, [ Revificare. ] Terme de Cbimijìe. lisse servent de ce mot pour désigner la nouvelle force qu’ils donnent par leur art aux corps naturels. Vivifier le Mercure. C’est après qu’il a été fixé , ou amalgamé, le remettre en fa première forme, qui est mobile & coulante. t YÍVIFIQUE , adj. [Vivisicus] Terme de Pbifique. Qui donne la vie. (11 y a une qualité vivifìque dans ler semences.) * VIVOTER, v. ». [Utcumque vicìitare.] Vivre doucement & pauvrement. (La Poésie faisoic vivotes le bon homme Pelletier.) VIVRE, v. ». [ Vivere, sir are , vit ct frui.] Etre 6n vie. Jouir de la vie. Avoir la vie. fie vis, tu vis , il vit, nous vivons, vous vivez, ils vivent, fie vivois. fi’ai Vécu. Je véquis. J'avois vécu. Je vivrai. Vi, que je vive. Je vécujse. fie vivrois. Vivant. (Les hommes vivent auffi par le moïen d’une ame raisonnable. Les hommes vi» Voient iongcems avant le Deluge. Le moien de vivre long tems c’est de bien vivre. Vous aimez à vivre, mais qui est ce qui ne l’aime pas ? ) On peuVclire auffi je vécus, pour je véquis, selon Fauteur des réflexions, quoique selon lui, je véquis soit plus du beau stile. VIVRE. [Vefici, se Jujientare.] Se nourrir. Subsister. (Ils étoietit tout ronds de graille à cause qu’ils vivent de chatégnes bouillies. Ablancourt, Ret. I. ç. c.4. Us vivent du travail de leurs mains. Ablanc. Rêt. Vivre d’herbes & de racines. Port-Roial. Vivre de ses bras , Benfirade, Poésies. C’est vivre du travail de ses bras.) f VIVRE. [Vivere,] Ce mot entre dans plusieurs façons de parler figurées. Exemples. (Qui fait vivre ici bas n’a jamais pauvreté. Reg. Sat. 1 ;. C’est à-dire , qui fait bien sc conduire, sc gouverner & s’acommoder aux hommes, est toujours à son aise. Votre fille ne vit pas comme il faut qu’une femme vivé, Molière, George Dandin. * II faudroit mettre ces gens entre vos mains, afin de leur aprendre a vivre. L’Abé Furetiérc. Roman Bourgeois, épître au Bourreau. C’est-à- dire, il vous faudroit donner ces gens pour aprendre à être sages & le reconnoitre. C’eji peu d’être agréable [fi charmant dans un livre, II faut savoir encore U converser [fi vivre. Defpr. Poétique, ch. 4.) On dit proverbialement, il faut que tout le monde vive larrons & autres, pour excuser ceux qui pillent ou qui chicannent. On ne fait qui meurt ni qui vit. C’est-à-dire, il faut mettre ses afaires & fa conscience en état pour être préparé à la mort. U vit au jour la journée. [ In dient vivit. ] C’est-à- dire, il dépense chaque jour ce qu’il gagne. 4 = VIVRE au jour la journée. C’est en termes de Guerre, lorsqu’un Général attend à former ses desseins que les objets soient présens, qu’il ne les forme que fur les démarches de l’ennemi qu’il n’a pas prévues, & qw’sn ULT qu’on peut prévoir trés-facilement, en méditant fur ce qui lui est le plus avantageux par raport aux pla- ces & au pais où il veut, & où il peut porter la guerre. Polybe de Folard. II fait' bon vivre ne rien savoir , on aprend toujours. S’il vit il aura de l'age, pour dire qu’un enfant avec l’àge acquerera l’experience- * VIVRE. [Store , exisieres Ce mot fe dit du lan . gage U des mots qui le composent, & lignifie fairefab. jìjhr. Faire que le langage & les paroles soient en vogue, aient cours. (Vous faites vivre & mourir les paroles comme il vous plaît. Volt. I. La langue Latine vivra toujours.) VIVRE. [Alvo fruì sempiternos Etre immortel dans la mémoire des hommes. (Je te ferai vivre dans la mémoire des hommes. Ablano. Luc. Les ouvrages d’efprit foie de prose , ou de vers vivent long teins, lors qu’ils ont quelque air des ouvrages des Anciens Grecs, ou des Anciens Latins. Votre nom vivra dans mes écrits tant que les AI uses Latines seront en honneur. Port.Roial , Phèdre , /. 4. ... Oui. j’aime mieux , n’en déplaise à la gloire. Vivre au monde deux jours que mille ans dans ? Ihjioirc. Molière.) VIVRE, f f. .[Boa, pustvomas Terme de Blason. Serpent tortueux qu’on apelle autrement guivre, ou guivré. VIVRE', ée, adj. [ Sinuatus, denticulatus .] Terme de Blason. Faces où bandes qui font sinueuses & ondées avec des entailles faites d’angles entrans & fortans comme des redans de fortification. 11 porte de gueules à la face vivrée d’hermines. VIVRES , s m. [Cibaria, annona .] Ce mot n'a point de singulier. Ce font toutes les choses dont fe nourrissent les hommes. (Les vivres font corrompus. Avoir des vivres.) j On difoit autrefois vivre,s. -». ( Viclus, esca,ci- barias Au singulier, pour dire nourriture. (11 a son vivre & son logement chez son maître. _ II donne a ses valets leur vivre & leurs habits.) Mais ce mot n’est plus en usage. VIVRES. [ Commeatus. ] Ce mot se dit en parlant d’armee. Ce sont les provisions de bouche pour les soldats & pour les gens de l’armée. (Empêcher les vivres. Abl. Arr. I. 1. Fournir des vivres à l’armee. Ablanc. Ret. 1 . 5. Manquer de vivres. Ablanc.Ret. I. 4. Couper les vivres. Ablanc. CeJ. C’est empêcher que l’armée, ou l’ennemi n’ait des vivres. 11 y a des Commissaires des vivres.) VIVRES. [Diarias Ce qu’on donnoit aux esclaves chaque jour pour leur nourriture. VIZ. Voïez Vis. ULCERATION, / f- [Wceratios i Petite ouverture de la peau causée par un ulcéré. (Ce remeue ett trop caustique, il fera quelque ulcération fur la peau.) ULCERE, / m. [Ulcuss Mot qui vient du Latin. C’est une solution de continuité dans les parties molles, laquelle est acoinpagnée de pourriture. (Ulcéré malaisé à guérir. Ulcéré dangereux. Ulcéré malin, fâcheux, périlleux, mortel, invétéré, rranqoi I. mourut en 1547. au château de Rambouillet, d un ulcéré contre le fondement. De Brade, vie de tr.l.) * ULCERE amoureux. [Plaga amatona .J C eit-a-aire, blessure amounuse. (II n’y a que le tems, 1 absence, ou la fuite qùi puisse guérir un ulcéré amomeux.) ULCERE', ulcérée, adj. [ Wceratus. ] mot fe dit ordinairement, entre Médecins, & signifie J . Ofinfé. (Peau ulcérée. Palais de la bouche un peu * ULCERE' , ulcérée. [Sauciatus, lasuss Fâché. Irrité. (Us sont cruellement ulcérez du retranchement de leurs tiroirs. Pat m , plaid. ç. .11 ne pouvo,t vaincre les mouvemens de son esprit aigri & ulcéré. S J , ULCERER , «. íUlcus facere .] Ofenfer Blesser. Ce mofd’aW sc dit ordinairement dans les marie res deMedecine. (Ulcérer la peau. , L acr, ^" nie humeurs a ulcéré le conduit de 1 urin . fiux de bouche m’ulcéré la langue. Saint Amants ULMARIA ,//• C Ulmana. ] Plante qui pousse une tíge à la hauteur d’environ trois P-s> dont les feuilles font dentelées, les fleurs ramassées en grape, & qui est fudorifique, cordiale & vulnéraire. ULTERIEUR,^*, ad >- [Ultenors Terme de UNI 721 Géographie. Qui est au-delà. L’Afrique, à l’égard de l’Europe, est divisée en citerieure & ultérieures ULTRAMONTAIN, ultramontaine, adj. [ Ultra - montanuss Ce mot vient de l’Italien, & il ne se dit gue- re au féminin-, il signifie. Qui est au-delà des monts. (Les Suêves avoient fait irruption dans les païs ultramontains, Cousin , Histoire Romaine. Peuples Ultramontains. Les Docteurs Ultramontains croient le Pape infaillible. Ne vous étonnez pas qu'il donne pour modele A des ultramontains un auteur Jans brillons : Tout peuple peut avoir du goût du bon sens. La Font.) UMBILIC, f m. [ Umbilicuss C’est le milieu de la partie moienne du bas ventre, par où passent les vaisseaux ombilicaux dans le fétus. UMBILICALE , adj. [Umbilicaliss Epithete que les Anatomistes donnent à deux artères qui sortent dee Iliaques, & qui vont fe terminer au placenta par une infinité de rameaux. 11 ^ a aussi des veines umbilicales. UMBILICUS veneris, J] m. Plante apellée autrement Cotylédon. UN, une, adj. [ Unus .] Ce mot est le commencement d’un nombre, & il marque celle par laquelle on commence à compter plusieurs choses de même forte, à quelque égard que ce soit. Car vsulant compter, on dit premièrement un ; & après, cet un & un autre un sont deux, ces deux & encore «w font trois, & de même ensuite, quatre, cinq, six, &c. Un multiplié par un ne fait jamais qu 'un. (Un homme, une femme. Un païs, une maison, &c. S uand de quatorze enfans j’exige la façon, n droit Jl bien uquis devient une chanson. Bourf. Esope.) UN , une. [Unicuis 11 sc dit quelquefois d’une seule chose, qui est unique en son efpece. (Tu adoreras un seul Dieu. 11 y a «w Dieu & toute la nature publie cette vérité. La vérité est unes UN, une. [Unuss Ce mot en parlant de Poésie épi - que U dramatique, fe dit du sujet, ou de la fable du poème, & il veut dire. Qui a une unité principale. (La fable doit être une, entière & d’une juste grandeur.) Ces deux amis ne font qu’un. [Cor unum & anima una ] C’est tout un. Tout revient à un. L’un vaut Vautre. H UN , fe dit quelquefois pour tout & pour quiconque. (Un chrétien doit penser à l’éternité. Un homme doit raisonner.) C’est-à-dire, tout chrétien , quiconque est chrétien quiconque est homme. UN à un. [Sigiílatims C’est une maniéré d’adver- be. (Compter ses écus un à un. Us marchent un à un. Les uns vont, les autres viennent. D’un côté & & de Vautre.) (f Vous m'en avez donné d’une. [Me fesellijli , mìht sucum feajii. J C’est-à-dire , vous m’avez joué d’ua tour.) Ni F un ni l'autre. [ N eu ter. ] Ces mots veulent avoir le verbe au Singulier, ou au Pluriel. Exemple. (Ni l’un ni Vautre ne valent rien. Vaug. Rems L’un & Vautre. [U ter que , unus U altérs On met ces mots avec le verbe au Singulier , ou au Pluriel. Exemple. ( L’un U Vautre vous a obligé ; ou l’un & Vautre vous ont obligé. Vaug. Rems L’un ou Vautre, [Alteruters On met ces mots avec le singulier. (L’un ou Vautre le fera. Vaug. Rems L’un pour Vautre. UNANIME, adj. [Unanimif, unanimuss Qui semble n’avoir qu’une ame, qui agit de concert avec un autre. D’un même sentiment, d’une même afection. (Un sentiment unanime, un mouvement unanime.) UNANIMEMENT, adv. [Uno animo , uno consensus Ensemble. Tous ensemble. Conjointement. 'D’une même affection. (Prier unanimement.) UNANIMITE', J‘. f. [Unanimituss Consentement unanime. Acord mutuel entre deux ou plusieurs personnes. (11 y a une grande unanimité dans cette assemblée.) UNI, unie. [Planus , aqualiss Qui n’est pas plus bas, ou plus haut en un endroit qu'en un autre. Qui n’est point raboteux. (Chemin uni. Place unie.) [s UNI. Terme d’ Agriculture. Les Laboureurs di- sent. Travailler à l’uni ; c’est-à.dire, relever avec l’o- reïlle de la charrue toutes les raies de terre d’un même côté, de telle maniéré qu’il ne paroît aucun sillon, ni Tarn. III. Y y y y aucune 722 UNI aucune enruë lorsqu’ona achevé de labourer le champ» & au contraire il semble tout uni : & l’on observe cette maniéré de labourer les champs, fur tout dans les terres seches & pierreuses, & pour y semer seulement des avoines ou des orges qu’on fauche au lieu de les scier avec la faucille ; & pour mieux réussir dans cette forte de labour, on fe sert d’une charrue à tour- ne-oreille. Diiïíonn. de VAgriculture. H On apelle, toile unie, celle où il n’y a point de nœuds, & qui est également serrée par tout. 4 Fil uni. C’est du fil qui est filé également. 4 Habit uni, linge uni. C’est lors qu’il n’y a aucurt ornement dessus, comme passement, dentelle, dorure , &c. (II porte toujours du linge uni. Ses habits sont unis.) H Homme tout uni. C’est un homme simple , fans façon. 4 * Faire tout uni. C’est dans le stile familier, traiter également les uns & les autres. (Je les traiterai tous de même, je ferai tout uni.) * UNI , unie. [ Consociatns ,] Qui est joint d’amitié. Qui est en bonne intelligence avec quelcun. (Les Princes du sang étoient unis à la Reine. Mémoires de M. de lu Rochefoucaut.) * UNI, unie. [ Simplex, nudusj Ce mot entre dans plusieurs manières de parler ordinaires. (Venir en visite amoureuse avec une jambe toute unie. Mol. Précieuses. C’est-à-dire, avec une jambe qui n’eít parée ni de canons, ni d’aucun ajustement. Un bonheur uni devient ennuieux. Mol. C’est-à-dire, qu’on ne sent pas assez son bonheur, quand il n’eít pas traversé.) * UNI , unie. [Qui habet curfum œquabilemj Terme de Manège. Cheval qui ejt uni. Ces mots se disent d’un Cheval dont les deux trains de devant, & de derrière ne font qu’une même action, fans que le cheval change de pié, ou galoppe faux. Guillet , Art de monter à Cheval. UNIE'ME, adj. [Primus, unusl) Ce mot est nombre ordinal, mais il ne se dit pas seul. II seditaprés les dizaines & les centaines. (II est le vint-uniéme. II en faut ôter la cent & unième partie.) 4 UNIFOL 1 UM, f. m. Espece de Smilax. Cette plante est vulnéraire. Sa racine prise en poudre est estimée contre la peste. UNIFORME, adj. [Çmjlmilis, œqualkj Mot qui vient du Latin & qui signifie. Conforme. Semblable en toutes ses parties. Qui a de l’uniformité. (Sentiment uniforme. 11 faut être uniforme dans ses rai- sonnemens. Le cours du Soleil n’étant pas uniforme, il arrive que les faisons de l’année ne sont pas égales. Votez la connaissance des tems, pag. 57. Un Jlile trop égal U toûjours uniforme, En vain brille à nos yeux, il faut qu'il nous endorme. Despr.) 4 Ouvrage uniforme , ou trop uniforme , est celui qui n’est pas assez varié dans les endroits où il de- vroit l’être. 4 Habit uniforme, c’est un habit fait suivant le modelé prescrit à une compagnie, à un régiment. On dit aussi, porter l’uniforme du régiment, f Conduite uniforme, c’est une conduite toûjours égale, qui qe fe denient point, où l’on fuit les mêmes principes. f UNIFORMEMENT , adv. [Uno eodemque modo, eadem ratione.) Mot qui vient du Latin & qui veut dire. Avec uniformité. Avec conformité, mais qui se dit fort peu. (11 l’a fait uniformément à cela.) UNIFORMITE' ,s f. [Una eadem ratio , jimilis ratios Mot tiré du Latin. II veut dire ; conformité. (Un parfaite uniformité. L’uniformité y est toute entière. Uniformité de sentimens. Uniformité d’expres- sions. Vajc. I. 2.) UNIMENT, adv. f JEquabiliter. ] D’une maniéré unie & de telle forte qu’il n’y ait, ni haut, ni bas plus en un endroit qu’en un autre. (Planer uniment un morceau de bois. Raboter uniment quelque chose.) UNION , s. f. f, JunHio , conjunffio.] Mot qui vient du Latin unio & qui signifie jonction. Assemblage. (Cette union fe fait fans toucher à la justice de la Capitainerie. Patm, 1. plaidoié. Déja le mélange de nos âmes avoir fait Vunion de nos corps. Le Comte de BuJJì, Amour des Gaules. Union des fideles. Quand d'un Moine Apojtat la folle ambition Vint troubler cette paix, rompre cette union. Genest.) UNI ± UNION bypojiatique. C’est i’union du verbe divin avec la nature humaine dans une même personne. 4 Esprit d'union. C’est un esprit de paix & de Concorde. » - * UNION. [ Unanimitaí , concordia .J Liailon. Ami. tié. Concorde. Bonne intelligence. (Etre dans une union trés-éttoite d’amitié avec quelcun. Les Princes du sang étoient unis à la Reine & cette union produi- soit le bonheur public. Mémoires de M. de la Ro, cbefoucaut. Rien remplace-t.il le bonheur Dont la douce union des amans est suivie. Desh.) * UNION. [ Unio , Jymmetria, convenìentia .] Terme de Peinture. Acord & simpatie que les couleurs ont les unes avec les autres. (Voilà un tableau d’une grande union.) UNION, sc dit des ligues ofensives & défensives que font ensemble les Princes. (Les Allemands, les Anglois, & les Holandois, ont fait entr’eux une union contre la France.) UNION, fe dit de la jonction des charges & des be- nefices. [Unio, conjunélio .2 L’Archevêché de Paris n’est riche que de i’union des Abaies de S. Maur, & de S. Magloire, & du Prieuré de S. Eloy. 4 On dit, obtenir des bulles d’union , pour unir un bénéfice à un autre, ou à une Communauté. On dit aussi, obtenir des lettres d’union ou des lettres du Roi qui unissent une charge à une autre, une terre à une autre, &c. UNION, en architecture. [ ìlarmonia. J Se dit de l’harmonie des couleurs dans les matériaux pour con- tribuer à la décoration des édifices. [f UNION. Terme de Jurisprudence Eclejtajìique. où l’on traite souvent de l’union des bénéfices. Les Docteurs conviennent que cette union est une aliéna- tion qui ne peut-être faite fans les formalisez prescri- tes pour l’aliénation des biens de l’Eglise. Le Concile de Trente, sejs. Z. ch. 6. déclare nulles les unions subreptices, ou obreptices, c’est-à-dire, celles qui onc été faites fans causes légitimes, justifiées devant l’Or- dinaire , après y avoir apellé ceux qui y ont intérêt. Suivant le même Concile, on ne peut point unit deux bénéfices de diférens Diocèses. Les Docteurs ne conviennent pas fur la définition des unions Eclé- fiastiques ; ils disent seulement qu’il y a deux sortes d’unions. La première est, lorsque de deux bénéfices on n’en fait qu’un seul, en sorte que l’un des deux est entièrement éteint; ainsi Albe fut unie à Rome; ces deux Villes ne furent plus qu’une, & leshabitans ne firent qu’un seul peuple. On unit quelquefois deux bénéfices, faus détruire le titre de l’un & de l’autre , mais pour fe soutenir l’un & l’autre, néanmoins avec subordination de l’un à l’autre : c’est plutôt annexer qu’unir. Le principal bénéfice est servi par le Titulaire, & le subalterne par un Vicaire. Les unions se font, ou pour un tems, ou indéfiniment. Les unions ne sont point favorables; elles sont contre le droit commun ; elles sont toûjours faites sauf le droit d’autrui. Si l’un des bénéfices que l’on unit, est chargé d’une pension, elle ne laisse pas de subsister, parce qu’elle est afectée fur les fruits, qui existent toûjours. Dans les unions de diférent patronage, l’ex- tinction du titre emporte l’anéantissement du patronage, qui passe au Patron qui existe : ainsi lorsque l’union est faite sans extinction de titre , chaque Eglise garde ses privilèges. L’union ne fe fait jamais du plus digne aq moins digne. Voilà une idée assez étendue de l’union des bénéfices pour un Grammairien. UNIQUE , a dj. [Unie w,smguiam.'] Seul. Singulier. Particulier. (Fils unique. Fille unique. Ablan- court. Pour unique faveur, je vous demande à mourir dans vos chaînes. II est unique dans son cspece. Vôtre portrait vout fait tort , Incomparable Angélique , II vous ressemble Ji fort Que vous n'êtes plus unique. Gomb. Epi. 1 . a.) _ UNIQUEMENT , adv. [Unicè, singulariter .] Singulièrement. Particulièrement. (II est d’un honnête homme d’aimer uniquement ses ainis.) UNIR, v. a. [ Unire, conjungere .] C’est joindre deux, ou plusieurs choses ensemble. (Ils ont uni - leurs forces. Unir ensemble.. Vaugelas dans ses remarques, preuve UNI píoiivè quê cette Façon de parles unir ensemble, est très-bonne & n’a rien qu’on puisse retrancher raison- nablenient.) UNIR. [AEqttare, adœquare .] Faire qu’il n’y ait, ni bas, ni haut dans une chose, mais que toutes les parties en soient égales & bien proportionnées. (II faut unir cela un peu davantage.) UNIR. Consociare.f Joindre d’amitié, de parenté, d’interêt, ou de quelqu’autre maniéré qui engage, qui lie, qui fasse quelque liaison, quelque amitié, ou quelque forte de société. ’ Le sang U l’amitié nous unissent tous deux. L’interêt unit & dsunit la plupart des hommes. * UNIR- \Equum ad cursum aquabilem infiituere .2 Terme de Manège.- Faire galoper juste. (Unir un cheval. Pluvmel , art de monter à cheval.') Voïez f lus bai , Punir. * S’unir. v. r. [_Ad aliquìd conjfirarej fie m'unis, jeme fuis uni. Se lier avec quelcun. Se joindre d’amitié, & d’interêt. (Us rencontrèrent de grans avantages à s'être unis. Mémoires de M. de la Rocbefoucaut, Et ce nœud inconnu dont leurs esprits s’unirent Eut amitié parfaite auffi-tèt qu’ils se virent. Villiers.) * S’unir. ( JEquabilem ejse ad cursum .] Terme de Manège. C’ell marcher uniment, & de telle sorte qu’en galopant le train de derrière suive & acompagne bien celui de devant. (Cheval qui s’unit- Guillet, Art de monter a cheval.) UNI, unie, adj. [Unitus, amexusj Qui est bien joint. (Choses bien unies.) x On dit aussi, á l’uni. Mettre tout à l’uni, relever une allée à l’uni d’un parterre. UNISSON, / fi [ UniJ'onus. ] Terme qui se dit en parlant de plusieurs iujirumens de musque. C’est l’timon, ou le mélangé de deux sons, fait par un nombre égal de batemens d’air. (Corde qui fait l’unisson. Mettre les cordes à l’unisson. Etre à l’unisson. Mers) UNITAIRES, s m. [ Unitariif Nom que prennent aujourd’hui les Antitrinitaires , parce qu’ils font profession de conserver la gloire de la Divinité au grand, feu 1 , & unique Pere de Notre Seigneur. UNITE', s f [ Unum, unitai .2 C’est le commencement du nombre, comme le point l’est de la ligne. C’est tout ce que l’on conqoit comme une seule chose. UNITE'. s. f. [ lìnitiis.) Terme de Controverse qui signifie l’unité de l’Eglise, parce qu’elle est restrainte à une seule société & à une seule communion, dont les Hérétiques & les Schifmatiques sont exclus. Monsieur Nicole a fait un traité de l 'unité de l’Eglise contre le Ministre jurieu. UNITE'. iUnituí temporis, loci tzf actionit. [Terme qui se dit en parlant de Poésie épique 8? dramatique. (Dans le poème épique il faut obktvtt une unitéd’a~ étion. C’est-à-dire, qu’il y doit avoir une action principale à laquelle toutes les autres fe ra portent, mais dans le poème dramatique il y a trois imitez, l’unité d’aciion , l’unité de lieu, 8? l’unité de jour. II y a unì~ té d’aflion , iorsqu’il n’y a dans le Poème dramatique qu’une action principale. 11 y a unité de lieu lorsque les personnes qui ont eu part à faction fe trouvent dans l’efpace, où fe voit celui qui fait l’ouverture du téátre. II y a unité de jour lorsque faction s est passée depuis le lever du Soleil jusques au coucher, en io. ou ta. heures.) UNITIF , unitive, adj. m. & s. sUnitivus.J terme que les mystiques donnent à cet état, dans lequel l a- me demeure unie à Dieu, dans 1 exercice paiíìble du pur amour. Fenelon. LN1TIF. [ ReJcriptum unitivum .] Terme de droit Canon. On apelle unitif un rescrit de 1 Evêque, ou une bule du Pape pour unir un bénefice à un autre. UNIVERS f. m - fUniversus orbis.j Le monde, ou le globe de’ là terre. L’univers a la figure d’une Sphère. (Les trines & les Rois font rongez par les vers, Et deux points font l’apui de ce grand Univers. Habetc, Temple de la Mort. Chris, que dans mon cœur, j’ai Ji long-temj servie Et que ma passion montre a tout l U m vers, Ne veux.tu pu changer le dejit » de ma vi . Mai. Poés. - „ -, ™ „ UNIVERSALITE, s C Universalisai C est VOC 72Z le nom que les Reformez donnent à ceux de leur parti qui tiennent la grâce universelle. UNIVERSALITE', s f. [ Universalisas .J Terme collectif qui comprend toutes les choses de même nature, c’est en Logique, la qualité des universaux. (L’u- niversalité des hommes, c’est l’espece des hommes ou la Nature humaine.) L’universalité de l’Eglise. [ Ecckjia universalisât. J Consiste en ce qu’il y a de fidèles, qui sont les membres de l’Eglise dans tous les tems & qu’il y en peut avoir dans tous les lieux de la Terre. On dit ea termes de Palais l’universalité des biens d’une succession, on dit aussi la généralité. UNIVERSAUX, s. m. [ Littera universelles. ] Lettres circulaires que les Rois de Pologne envoient dans les Provinces & aux Grands du Roiaume, pour la convocation des Diètes & autres afaires. UNIVERSEL , / m. [ Universale. J Mot de Philofi . phie, qui fait au pluriel Universaux. C’est une nature commune qui convient generalement à plusieurs choses de même forte, (On compte cinq universaux. Le genre, l’espece , la diférence, le propre & l’acci- dent. Guenon, Démêlés & autres Philosophes vulgaires font mille questions inutiles fur les Universaux. UNIVERSEL, universelle , adj. [Generalis, universalité General. (Parler en termes universels. Patru, plau doié iL. Science universelle. Ablanc. Un quadran universel. C’est-à-dire, qui peut servir à connoître quelle heure il est dans tous les pais & à quelque élévation du pôle que ce soit. Instrument universel. On a parlé d’une langue universelle. Le déluge universel. Un homme universel, c’est-à-dire, qui a apria plusieurs sciences. L’Eglise est universelle, Mr. l’Abé Genest dit dans son Epitre.à Monsieur de la Bastide, son auteur l’a fondée, unique, universelle, constante, incorruptible, immuable, éternelle. Geneji.) UNIVERSELLEMENT, adv. ['Generatim , universalU ter , universèl] Generalement. (Je doute que ceci soit universellement vrai. Voit. /. Elle est universellement adorée. Balzac, Let. 2. part. liv. 7. le t. 4.) UNIVERSITE', s fi í Université , Academia. J Ce mot signifie un corps composé de Régens & d’E- coliers, où l’on reqoit des degrez. II y a en France pluíieurs Universitez, mais la plus célébré est celle de Paris. Les Jésuites n’y ont pas été reqûs, parce qu’ils sont Moines & Vassaux du Pape, qu’ils mettent les Papes au dessus des Conciles, & que l’Université met les Conciles au-dessus des Papes, parce qu’ils onC violé les restrictions de fassemblée de Poiísi, de ne rien faire au préjudice de l’Univerfité, & qu’ils ont lû en Théologie & és lettres humaines fans être graduez, & fans le congé de la Faculté, &c. Voïez du Boulas llijloire de l’Université de Paris, tome 6. pag. 587. Vous fiavans d’Universitez, Gens d'àparte rei, Dofleurs des Facuittz, Grotesques débiteurs d.’universalisez, Dites, dites pédant croiez, Fut-ce Harcourt, Navarre, ou Beauvais, Ont fiait, ou s’ils seront jamais Un maître és arts qui lui ressemble. Aut. Anon.) UN 1 VOCATION , s s \Univocatio.) (On difl pute en Logique fur l’univocation de Pètre. Les Thomistes n’ont pas raison de la combatte, c'est-à dire, si l’idée generale de l’être convient de la même maniés® & dans le méme sens à l’acci dent & à la substance, à Dieu & a la créature.) t UNIVOQUE, adj. {Unìvocus.f Terme de Logique. II fe dit des mots, ou termes, & signifie qui n’a qu’une signification. (Terme univoque.) 11 est oposé à équivoque. f VOCABLE-/ m. [ Vocabulum .2 Diction écot- chée du Latin qui veut dire Mot, & qui ne se peut bien dire qu’en riant: toutefois Monsieur Châtain dans l’explication qu’il vient de faire imprimer du Concordat à écrit. 11s n’ufent point d’autre vocable pour lignifier abaie. Monsieur Châtain est un savant homme , mais en matière de langage. N’eu déplaise aux Prêcheurs, Cordeliers, jacobins, Ma foi les plus grands Clercs ne font pas les plus fins. f VOCABULAIRE,/»». [ Vocabularium, ttxiconé Mot burlesque écorché du Latin pour dire Diflìonnaire. Tom. Iíí. Y j y y » Oa 7-4 VOC On se sert du mot de vocabulaire en raillant dans la conversation & dans les ouvrages plaifans, satiriques & comiques. {Abandonnez votre Grammaire ^ Laissez votre Vocabulaire t t Voue rien étés quia i a, bè, ce. Depuis plus d'un lujire pajsé. Ménage, Requête des Dictionnaires.) VOCABULAIRE , se dit aussi très-serieusement, n’en déplaise à Monsieur Richelet. (Il y a beaucoup de vocabulaires dans cette Biblioteque. Acad. tr.) Le crémier de tous les vocabulaires a ete compolc par Papias, & on l’a vû dans la biblioteque de Moniteur Aubert Procureur du Roi pour la Police a Lyon. . VOCAL» vocale , adj. {Vocalis.) Mot qui vient du Latin & qui veut dire. Qu’on entend. Qui eit articulé. Formé par la voix. (Une priere vocale, elle est oposée à la priere mentale.) VOCAL , vocale. {Jus babens Jujsragit.Ji Ce mot le dit parmi de certains Religieux, & Religieuses, « veut dire, qui donne fa voix & son sufrage pour quelque afaire qui regarde le bien du Monastère. (Une soeur vocale. Voïez constitutions de Port Roial, page 65.) f VOCALEMENT, adv. {Voce .3 Ce mot a un usage fort borné & il signifie d*une maniéré qu on en- tende la voix ; c’eít ce qui eft oposé a mentalement. (Prier vocalement.) VOCATIF,/»*- {Vocativus. ] Terme de Grammaire. C’est le cinquième Cas de la Déclinaison des Noms. On s’en sert pour apeller quelcun. VOCATION , f f- {Vocatio , divinus afflatus .] Prononcez vocacim. Terme qui est tiré du Latin, & qui se dit en parlant de Prêtres, de Religieux & de Religieuses. C’est une inspiration que Dieu envoie a de certaines personnes, par le moien de laquelle il les apelle particulièrement à lui en les faisant renoncer au monde. (Sa vocation est bonne , solide, sincère, véritable. Livre qui traite de la vocation à la vie Religieuse. Examiner sa vocation.) f * VOCATION. [ DeJUnatio, propenjio .] Ce mot se dit quelquefois, lorsqu’on goguenarde en conversation, ft veut dire inclination. Envie. Pente. Dessein. (II me conseilloit de faire des Romans ; mais je ne me sens nulle vocation pour cela ; c’est un méchant métier , que de Romaniser, Vaumoriere y meurt de faim.) VOEU , f m. [ Votum.) Prononcez veu, &même peut-être qu’on ne feroit pas trop mal de Récrire comme on le prononce. Le mot de vau signifie en général , Une promesse qu’on fait à Dieu, ou à quelque Saint ou Sainte, de faire certaine chose. (La grandeur du perd fit alors souvenir Clovis d’invoquer le Dieu que Clotilde lui avoit prêché & de faire va» de recevoir le batéme , si Dieu le délivroit du péril. Mezerai , Hijì. de France , t. 1. Mon caur forme des vœux, U ma bouche blafpktme. Haberc, Temple de la mort. Si pour votre pais , pour vous , pour vos neveux Votre esprit peut jamais former d’ut iles vaux. Genest.) VOEU. {Votum.} Ce mot en particulier se dit des Religieux & des Religieuses, & signifie une çramesse solennelle que le Religieux, ou la Religieuse fait à Dieu de s’aquiter des vœux de Religion, qui sont l’obéïssance, la chasteté & la pauvreté. (Faire ses vœux , prononcer ses vœux. Rompre ses vœux. Renouvelles ses vœux.) Le grand vau des Peres de l’Oratoire est de n’en faire aucun. On n’a établi les vaux que pour fixer l’inconttance des hommes & des filles. Erasme croit qu’ils n’ont été introduits qu’au treizième siécle sous Boniface VIII. Un Religieux & une Religieuse peuvent réclamer contre leurs vœux durant les cinq premières années. Le Palais retentit tous les jours de réclamations contre des vœux forcez que la cruelle politique des peres & meres exigent de leurs plus jeunes enfans pour les sacrifier à Rétablissement de leurs aînez. C. B. (H d miliers qui malgré de saints vœux Ont toïtjoui s pour le monde un penchant malheureux, Aut anon.) VOEU. {Promijfum.) Ce mot en particulier signifie aussi une parue d’obligatien & de nécessité qu’on s’im- VOG pose à soì-même de faire quelque chose, de «'abstenir de quelque chose. (J’ai fait vœu de vous aimer ft de vous servir toute ma vie, & plutôt mourir que de changer.) VOEU. {Votum. J Désir ardent. Souhait. (Mes Vœux sont de mourir, llabert, Temple de la mort.) VOEU. Ce mot se dit en parlant d’amour, ft.signifie hommage. C Le sujet que f adore b fui reçoit mes vœux, Fait presque que je suis adorable, &c. Gomb. Poës.) II passe bien plus outre, il aprouve ses feux, Et vous doit commander de répondre 4 se vaux. Corn. Cin. a. 1. sc. a. EDe étoit à quinze ans l’objet de mìUe vœux, < 2 ut c'eji pour une fiDe un âge dangereux. Bours. Esop.) í 3 f VOEU rendu. On apelle ainsi des tableaux qu* l’on pend dans les Eglises, & qui contiennent une image du péril dont on est échapé par le crédit ft Einterceflìon d’un Saint. Les Païens nous ont en ce point servi d’exemple; ils ornoient leurs temples de ces sortes de tableaux, qu’ils apelloient tabelì* voth*. Ainsi Tibulle a dit : Pilla decet temples multa tabeUa tuis. Juvénal, fat. 14. Mer fa rate nausragus ajsem Dum rogat , gç? pi/la se tenrpejlate tuetur. Ces sortes de tableaux étoient apellez ex voto, par* ce que la plupart étoient acompagnez d’ur.e inscription qui finissoit par ces mots, ex voto, pour marquer que l’Auteur s’aquitoit de la promesse qu’il avoit faite à quelque Divinité dans un extrême danger, ou pour rendre public un bienfait reçu de la bonté des Dieux en général, ou en particulier. On reconnois- soit la qualité, & le motif de Rinscription, eu d» tableau, par ces caractères : V. P. signifioit Votum posuit. V. S. Votum solvit. V. M. M. Votum merito Minerva. V. S. L. M. Votum solvit lubens merito. ou, ' Voto foluto liber0 mimer e. ou , Voto solemni libero munere, V. S. C. Votisui compotes. V. S. L. P. Votum solverunt loco privato. V. S. P. L. L. M. Voto suscepto posuit lubens lubens merito. V-S.S.L.S.D.expr. Votum sufeeptum solverunt libentet Sacerdotes Dea exprimis. V. S. L. L. M. Votum solvit , locum legit memoria. Les Recueils de Gruter, de Raynefius, & de Poissard sont remplis de ces ex voto. VOGUE,//. {Cekbritas, nomen .] Ce mot se dit des choses, & principalement des personnes ausquel- les on court, parce qu’elles ont quelque chose de particulier que les autres personnes de même pro- session , ou les autres choses de même nature, n’ont pas ; ainsi on dit. Monsieur le Brun en matière de peinture a la vogue. C’est-à-dire chacun y court & les achete. * VOGUE. {Fama , cxìjìimaîio. ] Estime. Crédit Réputation. (Les habiles gens ne sont pas toûjours «eux qui ont le plus de vogue, mais bien ceux qui intriguent le plus. Le Poète Chapelain avoit la vogue avant qu’on eût vû son Poème de la Pucelle, mais fi-tôt que cet ouvrage vit le jour, ce ne fut plus cela.) VOGUE. {Remigatio, remigium .] Ce mot pour- roit signifier le cours d’une Galere qu’on fait voguer par la force des rames. Mais il semble n’êtrepasetl usage en ce sens, bien que ce soit Je là que viefr- nent les mots de vogue dans la signification des articles précedens. VOGUE-AVANT, / M. {Porto remex.) Prononcez vogavan. Terme de Mer. Vogueur qui tient la queue de la rame & qui lui donne le branle. Robbe , termes de Havigution. VOGUER, v. a. £ s. f. [Velorum ojjicina .] Terme de Mer. C’est le lieu où l’on fait & où l’on racommode les voiles des vaisseaux. (La voilerie est bien claire & propre. Porter les voiles à la voilerie.) VOILIER , s m. [ Velorum curator, prafeftus .) Terme de Mer. On apelle maître voilier celui qui travaille aux voiles, qui à chaque quart les visite pour voir si rien n’y manque. Ce maître voilier s’apelle aussi trevier. VOILIER. [Navis citatijjlma.2 Terme de Mer. Ce mot de voilier est adjectif, mais il ne se dit qu ’au masculin. On dit. (Un vaisseau bon voilier. C’est à-dire, qui est fin de voiles. Un vaisseau mauvais voilier. C’est-à-dire, qui est pesant de voiles.) VOILURE, f f. [Velorumforma, Jlrucíura.) Terme de Mer. C’est la maniéré de porter les voiles pour prendre le vent. (On ne va fut mer qu’à trois sortes de voilures, de vent arriéré, de vent largue, & de vent de bouline. GuiPet, Termes de navigation.) VOIR, v. a. [ Videre, cernere ] se voi, tu vois, il voit, mus voions , vous votez, ils voient. Je voiois , tu voiois. ' f'ai vu, je vis, j’avois vû, je verrai. Voiez. Que je voie. Je vise, je verrois, saie vû. Voir , Avoir vû. Voiant. C’est connoìtre à la faveur du sens de la vûè. C’est découvrir par le moien de la vûë. (Voir de près, ou de loin. Voir avec des lunettes. Voir, ou regarder de travers. Heim ! qu'un jour passé sans voir ce que l’on aime EJi long a qui fait bien aimer. Quand pour AmariPis je n'aurai plus d’amour, Jyles jeux ne verront plus la lumière du jour. La Lane , Eglogues. Eh bien, Climene, eb bien, je contraindrai mes feux. Le plaisir de te voir me rend astez heureux. Houdart de la Mothe.) M On se sert souvent de cette métaphore : La France a vit tant de grands Capitaines, &c. r. C Mr. saeine a dit dans fa Phedre , ail. 1. si. 1. T ai visité P Elide, & lassant le Tenare, Passé jusqu'à la mer qui vit tomber Ica> e. 5i ce dernier vers étoit de quelque autre poète moins llustre que Mr. Racine, j’y condamneras àix chu- es. i°. Le regime de pasié est trop éloigné; ilfalo. •eueter foi. z°. La mer ne vit pas seulemen tomber (tare elle le reçut dans ses eaux ; ce furent les bords de la mer, ou les rochers qui y font, lesquels virent “Ë à.à C’est ne pas voie 1« ln- VOI 727 miére. Ne pas avoir l’usage des yeux. Voir clair. [Clarè oculis vidcre.2 C’est bien voir. VOIR. [Visere, invisere-2 Rendre visite. Fréquenter. (Quand on se montre , il faut faire en sorte que les personnes qu’on voit en soient bien aises. Le Cbe. valier de Meré, conversations. Si on voit souvent de certaines personnes, on se met en bonne odeur, & si on en voit d’autres, on se perd de réputation, Une fois Pan il me vient voir, Je lui rends le même devoir. Gomb. Poésies. J’atendrai.^ Uaujourd'hui vous ne le sauriez voir, Dès qu'il Je met á table, il en a jusqu’au soir. Villiers.) VOIR. [Videre , atténàere , difeernerej Considérer. Observer. Remarquer. (C’est une chose admirable de voir cette doctrine en si beau train. Pascal , /. 2 . Voiez la raison sur laquelle il établit sa pensée. Pascal , L 4 . Vous les verrez bien-tôt féconds ert impo- stures. Desireuux , Satires. Voir le monde. Voir un païs. II a vû divers livres. Nous volons dans l’hi- ftoire. Les Astrologues prétendent voir dans les Astres tout ce qui doit arriver.) * VOIR. [Audires 11 signifie quelquefois entendre , ouir, au même terris que l’on voit. En ce sens il n’est pas encore generalement établi: mais il faut esperer qu’il le sera tout à fait bien-tôt. (J’ai vû haranguer Mr. Flêchier, & tout le monde, aussi bien que moi, en fut ravi.) ($ Peut on dire: ft viens de voir une beUe comédie ? Car ce sont les vers qui font la beauté de la comédie, & on ne les voit pas; ainsi il semble qu’il faut dire, s’ai enu-ndu aujourd’hui unebePe comédie. Mais la décision de Airs. de l’Académie a été, que le .spectacle & Faction étant une des principales parties de la comédie, l’ufage a établi voir la comedie, comme l’on dit, entendre une Messe bajse, quoique souvent on la voie fans l’entendre. Mais ce seroit mal parler, fi l’on disoit, après avoir assisté à la lecture d’une comédie, que l’on vient de voir une bePe comédie ; car en ce cas, il faut dire quV; vient de l’entendre. Décisions de l’Acad. du Sr. TaPcmant. * VOIR. [ Eniti , canaris, II signifie; aussi quelquefois tâcher. (Volez si vous pou ver faire cela. , Vaug. reniarq. nouv.) * VOIR. [Tenture, explnrarc.) Essaïer , éprouver. (Voiez si ce Vin est bon. Voiez si la condition vous agrée.) * VOIR. [Rem habere cum muliere.2 Connoìtre charnellement. (J’avois une femme qui ne m’étoit pas conjointe par un mariage légitime, c’étoit la feule que je voiois, & je lui gardois fidélité. Arnaud, Con. fesj'. de S. Augustin, lïv: 4 . ch. 2 . Cette femme n’a jamais vû que son mari.) Se voir, v. r. [ Seipjûm intueri , asiieere. 2 se me vok. se me suis vû. Je me vis. Se regarder. (Se voir dans un miroir.) Se voir. [Visitare, uti famìliariter.2 Se fréquenter, (Ils ne se voient plus tant qu’ils faisoient, parce qu’iì y a eu entre eux un peu de refroidissement. Depuis cinq ans entiers, tous les jours je vous vois, Et crois toûjours vous voir pour lapremiere sots. Racine.) * Se voir. [Cotre, concubare.2 Se connoìtre charnel- lement. (Licurgue vouloir que les jeunes mariez ne se vissent qu’à la dérobée. Ablancourt, Apoftegmes, pag. 207 .) VOIR. Ce verbe entre en plusieurs proverbes. Je lui ai bien fait voir du pais, pour dire, je lui ai bien donné de l’exercice. [IPum probè verfavis Nous en avons bien vû d’autres. C’est-à-dire, tout cela ne nous épouvante pas. [Alias vìdimus procePas .] C’esi un homme qui a vû le loup. [Haud p ané ìgna- rus.2 Pour dire qu’un homme n’est pas ignorant, qu’il a de l’expérience. On le dit aufli de ceux qui sont enrhumez. se lui ferai voir que son cheval n’est qu’une bête. [Errat.2 Pour dire, je lui montrerai qu’il se trompe. VOILA un beau venez-y voir. On le dit d’une chose dont on fait peu de cas. D’un panache de cerf fur le front me pourvoir, Hélas ! voila vraiment un beau venez v voir Mol.) Quatre yeux voient mieux que deux , pour dire que !e 728 VOI le jugement de plusieurs personnes vaut mieux que celui d’un seul. {Plus vident ocuh quant oculus.j 11 ne voit■ pas plus loin que fin né. On le dit d un homme qui a la vúé courte, ou de celui qui ne pre- voit pas Jes difficultez. ^Puruwt cuutus.^ Onuitaunij il ne voit pas cette fille à demi. f VOIRE, adv. [Imo etiam.] II signifie, memeau contraire. II est reçu dans le stile sérieux, mais il a vieilli. (Les vieillars font amoureux, voire ils font plus enragez en amour que les jeunes gens. Nie. Richelet fur Ronsard .) f VOIRE, aà {Quasi verè.] Mot qui est reçu dans le burlesque. Exemple. (Qu’on dresse un lit à ce Gentilhomme, voire qui en auroit, dit l’hôtesse. Scar. Rom. i. p. c. 6. C’est à-dire , qui en auroit. Tenez bien quelque tems , voire qui pourroit. Scar. D. Japhet.) t VOIRE MêME, adv. [ Verum etiam .] Ces mots de Voire même vieillissent & n’entrent aujourd'hui que dans le stile comique, & Satirique, ou dans le plus bas stile. De forte qu’au lieu de voire même, on se sert de ces mots, même dans le beau stile, mais dans le plaisant, voire même trouve encore Ta place. ( f Voire même quelques efirits Avoìent méchamment entrepris De .Ménage, Requête des Dictionnaires.) f VOIREMENT, adv. {Sed âgé , verum.] Ce mot est vieux & hors d’usage. Mais voirement , c’est-à-dire, mais à propos ; mais quand j’y pense. VOIRIE , f. f. £ Vicaria rei prafefiura , J C’esi une des parties de la police qui regarde les grands chemins. C’est la police des chemins. (La voirie apar- tientde droit au Roi. Avoir droit de voirie. Voïez Pitou , Coutume de Traies.) L’Académie Récrit ainsi. Lf Le terme voirie a deux significations diférentes. On apelle voirie , l’inspection fur les chemins, furies ponts & chauffées, fur te pavé des rués, fur les aiigne- mens d’édifices, fur le placement des enseignes, des auvents, des étalages, & toutes les saillies fur rué, enfin fur les encombremens de la voie publique. Dans les Coutumes de Tours, art. 19. & d’Anjou, art. 16. la moienne Justice est apellée grande voirie. Dans la Baronuie de la rue d’Jndre, le Juge du bas, ou moien Justicier, s’apelle Juge veher\ & dans la Coutume de Blois, art. n. le Juge qui a moienne Justice, est apeilé Gros Voter , & le bas-justicier est apellé simplement Voter. Les Voïers Inspecteurs des chemins, ont beaucoup de raport avec les Ediles de l’aneienne Rome, & dont il est fait mention dans la Loi unique,FI de via public. Le droit domanial. Baquet, droits de JuJiice. Pithou fur Traies , art. 130. Chopin fur Anjou, l. 1. cap. 1. num, 4. VOIRIE , fis {Cloaca, aggejlœ platearum finies .] Certain endroit destiné, où l’on méne quelques bêtes inutiles pour les y tuer, où l’on traîne celles qui sont mortes de maladies, & où l’on porte toutes les ordu. res d’une ville, (jetter à la voirie. Je voudrois avoir vû traîner ce pendard par la barbe à la voirie. A- blanc. Luc.) VOIRIE. {Animalium occifirum immunditix .] Terme de Boucher. C’eft le sang de la bête qu’on a tuée, avec toutes les ordures & tout ce qui n’en vaut rien. (Mettre la voirie dans les baquets.) VOISIN. Voisine adj. {Vicinus , sinithuus, con finis.] Ce mot signifie proche & il ne reçoit ni comparatif, ni superlatif, de sorte que de dire. (Mon plus voisin, ou mon très. voisin, pour dire mon plus proche voisin ; mon très-proche voisin, ce. í'eroit très-mal parler. Vaug. Rem. je ne voudrois pas reprendre un homme qui dî- roit c’efi la ville lu plus voisine. Les peuples voisins fe baissent ordinairement les uns les autres. Les Provinces voisines ne s’aiment guere, & ont le plus souvent quelque chose à démêler avec les autres.) VOISIN, f. m. {Vicinus, proximus.] Celui qui demeure, qui loge auprès d’un autre. Celui qui habite un pais proche du pais qu’un autre habite. (Un bon voisin. Un honnête voisin. Un charmant & agréable voihn. La lumière naturelle veut qu’on aime ses voisins, & qu’on tâche à les servir, afin qu’ils nous secou- rent dans le besoin. ..... fiai le bien d’etre de vos voisins, Et j en dois rendre grâce à nies heureux destins. Mol.) VOI H La crainte d’un voisin formidable ne suffit pas pour lui déclarer justement la guerre. Polybe de Folard, * Qui a bon voisin a bon matin. [Félix quiprobwn habet vïcìnum .] Sorte de Proverbe pour dire. Qu’on est heureux & qu’on passe agréablement la vie, quand on a un honnête homme pour voisin. Voïez matin. f Bon Avocat , mauvais voisin. £ Patronusperitus, vi - cìnus pejor .] Proverbe pour dire qu’on est fujetà être chicané quand on a pour voisin un homme de Pratique. (Grand chemin, grand Seigneur & grande rivière sont trois mauvais voisins. Proverbe.) On dit, ce marchand est voisin de fa ruine, {lnrui. nam pronus ] Les Sermons du Pere S*** sont voisins du galimatias. Madame ** est voisine de la folie. VOISINAGE , f. m. {Vicìnia , vicinitas.] Lieu, ou endroit proche de celui, où demeure quelcun. (II demeure dans le voisinage. La commodité du voisinai ge fut cause de leurs amours.) * VOISINAGE- [Vicini.] Les voisins. Les personnes qui demeurent dans un même quartier. Dans un même endroit. (Ah ! je devois du moins lui jetter fin chapeau. Faire, au larron d’honneur, crier It voisinage. Mol. Tout le voisinage est scandalisé de la conduite du Seigneur Geronimo.) f VOISINE’, si. m. {Vicini.] Mot provincial insu- portable pour dire voisinage. (J’envoie des fruits à tout mon voisiné. Vaug. Rem.) VOISINE . f. f. [Vicina , proxmia.] Celle qui loge, celle qui demeure proche le lieu ou un autre demeure, où un autre loge. (Une jolie, une belle, une charmante, une agréable, une aimable voisine.) VOISINER. [ Frequentare viemos. j Ce mot signifie voir ses voisins ou voisines. Rendre visite à ses voisins ou voisines. Le inot de voisiner est neutre & je ne le trouve en un sens afiif q.ue dans le Mercure Ga- land de 1 ’Abé de Visé , tom. 8. Voici l’endroit. (Ce sont deux Demoiselles à deux lieuês de chez nous -«e nous voisinons rarement.) J’ai, consulté dîhabilcs gens fur cette façon de parler, & ils ont tous dit qu elle étoit trop hardie, qu’ils ne parleroienî point de la forte, & qu’il étoit dangereux de l’imiter. On dit donc dans un siens neutre, çll aime à voisiner. II n’est bon voisin qui ne voisine & qui ne baise sa voisine.) VOITURE, / f. {Veftio, veílura .] Transport de personnes ou de choses par le moien des chariots, des bêtes de somme, ou des bateaux, par terre, ou par eau. (La voiture est réglée a tant par cent. La voiture est bonne. La voiture est trop forte.) Lettre de voiture. {Littera veHoria .] Ecrit qui contient le rôle des marchandises dont le Voiturier est chargé. * VOITURE. [Currus, n avis.] Caresse, Chariot, Coche, ou autre chose dans quoi on est mené. (Notre voiture est fort bonne. Voiture commode. Dans quelle voiture allez-vous ? La Voiture en litière est la plus commode.) | * Adieu la voiture. £ Pérît , plaujìrum perculi. J C’est-à-dire, c’en est fait, tout est perdu, & renversé. Ce proverbe est pris des païsans qui ne connoissoient point autrefois de plus grand malheur que de renverser une charrette après Bavoir chargée. VOITURER, v. a. {Veciare, vecìuram facere.] Mener dans quelque voiture, dans quelque coche, carosse, chariot, ou vaisseau, bateau, bachot. Châtier, Mener par eau, ou par terre. (On voiture un corps en quelque endroit proche de l’Eglise. Patru,plaidoté 8- Voi- turer de la marchandise par eau. Yoiturer de la marchandise par terré. Voiturer de l’argent. Un soir une fourmi lajj'ée D'avoir durant le iour voituré du froment. Le Noble.) VOITURIER , s. m. £ Veflor, veciarìtis. J Celui qui voiture & conduit d’un lieu à un autre quelque marchandise. ( Un bon voiturier. Un voiturier ne doit point partir sans avoir ses lettres de voiture.) VOITURIER par terre. £ Mulio.] Celui qui conduit d« la marchandise par terre. £ll est voiturier par terre.) VOITURIER par eau. £ Exercitor ,J Celui qui conduis de la marchandise par eau. (Etre voiturier par eau.) í VOITURIN , f. m. On apelle ainsi celui qu! loué des chevaux à des voïageurs & qui les conduit. On ne le dit que des voituriers dont on fe sert en Italie & dans les provinces de France qui en sont voisine», (Le voiturin de Lion à Turin.) vorru- VOL VOITURISER , v. n. [ Vdiuvhnn imitari. ] Imiter Voiture, l’un "des Auteurs François le plus galand. Le mot de VoituriJ'er ne s’éerit pas , il te dit seulement quelquefois en riant. (Le Pais tâche à voituriser. Mon. treuil voiturise un peu.) VOIX) J-/. [Vox ,sonus.] Mot qui vient du Latin. C’est un son qui sort de la bouche pour marquer sa pensée , quelque désir , ou quelque mouvement de l’ame. Son harmonieux pour exprimer quelque passion gaie , ou trilte. (Une belle voix. Une charmante voix. Une agréable voix. Une voix douce, forte, soible , rude, perçante. Voix cassée, languissante. Une bonne voix Une voix mâle, forte. Une méchante voix. Avoir de la voix. N’avoir point de voix. Manquer de voix. A ces mois le corbeau ne se sent pas de joie , Et pour montrer fa belle voix 11 ouvre un large bec , laisse tomber sa proie. La Font. Cessez de nous vanter vos voix > Car celle de Belij'e efi plus douce U plus belle. ffe n’ai qu’un filet de voix, Et ne chante que pour Silvte. Sar. Poésies. Sa voix ravit les sens. Ablancourt. Bien conduire fa voix. Bien régler fa voix. Pousser fa voix. Elever fa voix. Soutenir fa voix. Affoiblir fa voix. Diminuer fa voix. Augmenter fa voix. Vante qui Je veut émouvoir Cede a l'agreabl^pouvoir De fa voix pleins de merveilles . Voiture, Poésies. Ménager fa voix. Ablancourt.') VOIX. [ Clamor , gémi tus.] Ce mot lignifie quelquefois la même choie que m. Gémissement acompagné de cris & de clameurs. (J’ai élevé ma voix vers Dieu, & il m’a entendu. Port-Roial , FJ’eaumes. Seigneur, prêtez l’oreille à ma voix lorsque je fuis dans l’assiction. Port-Roial, PJ’eaumes. Et ta voix aujjì-tôt réveillant les pécheurs Va les jetter en foule aux pies des Confe/feurs. Villiers.) VOIX. Ce mot en pariant de Dieu signifie quelquefois la même chose que Parole. Commandement. (Israél, si vous obéissez à ma voix, je comblerai vos désirs. Port-Roial , PJ’eaumes .) VOIX. C Suffragium. ] Ce mot se dit en pariant de Juges, de Religieux & de toute Communauté qui délibéré fur quelque a faire , & alors il signifie Suffrage. Consentement, f La chute p alfa tout d’une voix. Ablanc. Rét. Donner iá voix à quelcun. Je fuis ieur de trois voix. Gagner les voix. Aller aux voix. Avoir toutes les voix. Voix deliberative, active ou paífive, coniul- tative, &c.) Avoir voix au chapitre, [ffus babere fiffragii.] C’est avoir du crédit & du pouvoir pour faire réúllir quelque afaire. VOIX humaine, £ Vox humana , regalis.] Terme d’Or- ganijìe. C’eít une forte de jeu qui reprefente d’une maniéré harmonieuse la voix de l’honune. VOIX. [Vox, modulatio.] Terme de Musque, qui '^ î' ‘—- —: — A> sUivr du mi au sa, & d ujik 1 ’ut.) V OL > s. m. [Volatw , volatura.J Ce mot au pro. pre se dit des oiseaux. C’est faction de l’oiíèau qui vole. C’est Faction de foi seau qui étendant & remuant vite ou doucement- les ailes, avance, ou fe soutient dans Pair. (Entre deux étoit un aigle dépliant ses ailes comme pour prendre Jon vol. Vaug. Quint. I, ;. ch. Un vol a terre. Abl. C’est-à-dire > un vol bas & rasant prêt que la terre. Je pris mon vol plus haut & plus loin.) VOL. [ Accipitrtum, aucupium. J Ce mot fe dit en termes de Fauconnerie. Et il signifie la chasse du vol. (Le vol de quelque oiseau de Fauconnerie, après le Héron, ou Ja Corneille. On dit chef du vol, capitaine du vol. Vol pour Héron. Vol pour Corneille, entretenu dans la grande Fauconnerie.) VOL. Maniéré de voler fur le gibier. Vol à la prise. £ Volatus ad perticam. ] Quand l’oifeaú part du point à tire-d’aîle poursuivant la perdrix au bourrir quelle VOL 729 fait de terre. Vola la source ou à levecul? quand la perdrix part, & qu’on fait partir le Héron. Vol à la renverse , se dit du renverser des perdrix à vau ie vent. Vol á la couverte , lorsqu’on aproche le gibier à couvert derrière quelque haïe. VOL. [Ahegeminœ.] Terme de Blason. Ce font deux ailes d’oifeau posées dos à dos, comme s’il vouloit voler. S’il n’y a qu’une aile feule, on l’apelle demi- vol. Quand il y en a trois , il faut dire, trois demi-vo’s. On apelle vol banneret , celui qui fe met au cimier & est fait en bannière, le dessus coupé en quarté, comme celui des anciens Chevaliers. VOL. [ Volatus machinarius. ] II se dit parmi les Machinistes quand ils enlèvent prontement en Pair quelque corps. (II y a dans un Opéra un vol d’un Mercure , d’un Zephire, &c. qui est surprenant, qui est bien exécuté.) Le vol du chapon, Voïez chapon. * VOL. [Suprà vires.] Ce mot au figuré est fort beau & fort usité , pour marquer qu’une chose est au dessus de nos forces, de notre esprit, ou de notre qualité. ( * C'eJi un vol bien élevé pour lui , Reg. Satire. C’est à-dire, cela est trop haut pour lui, cela passe ses forces & son genie. * Jfc mesure mon vol à mon soible genie. Despreaux, Discours au Roi. C’est-à-dire, je n’entreprens rien au-dessus de mes petites forces, je les consulte avant que de rien faire. f II prend son vol un peu trop haut. Ablancourt. C’est-à-dire qu’il s’éleve au-dessus de fa condition, au- dessus de fa qualité. * Pardonnez à P amour ,Jì d’un vol temeraire, ffose m élever jusqu’a vous. C’est-à-dire, si je fuis assez hardi pour oser porter mes désirs julqu’à vous, c’est la faute de l’amour qui m’in. spire cette hardiesse & qui veut que je m’éleve au-deG lus de ma propre condition.) VOL. £Ultra redditum.] Se prend aussi pour dépenses. Ce Seigneur a pris un grand vol, il faut bien du revenu pour soutenir un tel W. On dit qu’un homme a le vol pour une telle chose, pour dire qu’il a des talens particuliers pour y réussir. Acad. Françoise.) On diroit mieux, il est en grand# vogue. VOL ,s m. £ Latrocinium , latrocinatio.J Larcin. (Le vol est un art qui n’a pour objet que le bien. Le vol est Pensant de la nécessité & le métier de tous ceux qui n’en ont point. Acufé & convaincu de vol. Abl. Faire un vol à quelcun. Abl. Luc. Acufer d’un vol domestique. Pose. I. 6. Un vol de grand chemin.) VOL [Exaéiio, rapina.] II se dit par extension. Quand les hôtes font païer excessivement, & que les marchands ou autres font païer leurs marchandises ou leur peine beaucoup au-delà de ce qu’elle vaut, on dira que c’est un vol manifeste. VOL. [Ablatum, ablata bona .] 11 signifie quelquefois la chose volée. (On a trouvé le vol. Recéler un vol.) * VOLABLE , adj. £ Furto expofitus, furto dignus. ] Qui p;ut être volé. Qu’on peut voler. (Etes vous un homme volable? Molière , avare , aft. 1 . f L’Aca- démie n’a rien d e volable dans son Dictionnaire. Furet iére , 2 -faflum, pag. 47.) VOLAGE , adj. [Levis, inconstant, infiabilis. ] Ce mot se dit des personnes, & signifie. Leger. Incon. Jiant. (Une femme volage est celle qui ne fçait sieste aime, ni ce qu’elle aime. La Bruy. On ne peut pas faire un bon Religieux d’un homme volage. Que j’étois autrefois un volage berger, A tous momens fur la fougere J’allois de bergere en bergere Me faire un plaisir de changer. Jamais un cœur volage ne trouve un heureux fort.] VOLAILLE, f.s. £Volatile pecus, aves cohortales.J Terme colkàif qui sc dit des oiseaux domestiques qu’on nourrit dans une basse cour, comme poulets,chapons, dindons,&c. (Ce Fermier nourrit beaucoup de volaille. Pais de volaille. La volaille est chere.) Volaille sc prend quelquefois pour une poule ou chapon. (J’ai toûjoui* une volaille au pot.) Tome 111. Zzzz t vo- 750 VOL f VOLAILLER , s m. [ Aviarius, avìurìt prof nia. ] Marchand de volaille. On l’apelle ordinairement Pou- Ialier. VOLANT- [Letor.] Participe, signifiant qui vole. Qui fend Pair avecses ailes (Animal volant. Poisson volant. Insecte volant. Le cheval volant des Poètes s’apei- ioíc Pégase.) II se dit aussi de certaines choses legeres qui se meuvent áu gré du vent. [ Agitâtes, leviss (Mouchoir volant. Casaque volante.) Ecrire sur un papier volant. [Cbarta separata .J Une feuille volante, c’est-à-dire , une feuille qui n’est pas ïeliée, oc cousue avec d’autres. Cerf volant. [ Cornutus Jlarabaus. J Insecte. Voïez (ers. Un pont volant. [ Pontb , pont ter eus f C’est un pont portatif. Un cachet votant , c’est un cachet qui n’est pas entièrement ataché à une lettre. Un camp volant. [ Equi- tum expedita inânus .] C’est une petite armée composée de quelques troupes de cavalerie legere. Escadron volant, il se dit de quelque nombre de Cardinaux qui ne sont d’aucun parti dans le Conclave. Pifiole volante. [ Duplio volatile. ] C’est une pistole que le peuple dit revenir toujours à son maître, dans quelques mains qu’elle passe, mais tout cela n’est que fable & illusion. Feux volants. [Ignés volatici .] Ce sont des météores de feu qui s’élèvent & se dissipent bien-tôt. Coche volant , coche par eau. Fusée volante. [Ignés missiles .] C’est une sorte de feu d’artifice. VOLANT, f. m. [Tubulus pennatusf] C est un petit iuiau composéde plusieurs trous où l’on met des plumes & dont on se sert l’hiver pour jouer avec une palette, une raquette, ou une timbale, qui est une maniéré de raquette couverte de parchemin. (Un joli volant. Un beau volant. Un bon volant. On ne joue ordinairement que deux au volant. Nous volons tous les jours ces Mejseurs les galant Marcher écarquillez ains que des volans. Mol. Fâcheux.) VOLANT. [Aise , vêlas Terme de Meunier. Ce sont deux pièces de bois qui font atacbées en forme de croix à l’arbre du tournant qui sont au dehors de la cage du moulin à vent, & qui étant garnies d’échelons & vetuês de toiles, tournent quand les toiles font tendues & qu’il vente assez pour les faire aller. (11 a fait un si grand vent, qu’il y a un volant abatu. Vêtir les volans. Dépouiller îes volans. Monter fur les volans. Etre aux volans.) VOLANT. [ Alatum horologii retinaculum. ] Terme d 'Horloger. C’est une forte de plaque de léton qui retarde la sonnerie. Piece d’horloge qui retarde la sonnerie. On l’apelle plus communément délai. Un pajfe.volant, f.m. [Extra numerum miles.1 C’est un faux soldat qui passe à la montre sans être enrôlé, pour le moins dans la compagnie où il se met. On apelle de même un écornifieur qui vient à un repas fans y être invité.) VOLATIL, adj. [Partes corporissubtilìoress Terme de volatile Chimie. C'est-à-dire, qui s’éleve & se perd en Pair aussitôt qu’il a vent. Qui se refond & s’en va en Pair. (Sel volatil. Esprits volatils. Fixer les substances Volatiles. Lémeri , cours de Chimie.') VOLATILE, adj. [Volât tliss Qui vole. (Un fer' pent volatile, ou plûtôt, un serpent volant. Son usage le plus ordinaire est au pluriel. Académie Frtm- çoise.) VOLATILISER, v. a. [ Attenuare, expurqare ] Terme de Chimie. C’est rendre capable d’être élevé par le moien de la chaleur. Rendre volatile. (Volatiliser les corps. Gloser , cours de Chimie .) VOLATILITE’, f f. [Volatilnass Terme de Chimie Qualité de ce qui est volatile. (La volatilité des esprits & des sels.) r VOLATILLE , f f. [Àltilias Mot burlesque qui r entre que dans le stile (impie & plaisant, & qui signifie tout animal qui vole. (II est comme la volatils* toujours en 1 air. Benserade, Rondeaux, page qi 1 }. Mais un fripon d'enfant . cet âge est fans pitié . Pntja fronde U du coup tua pl us d’amttíié. La volatille malheureuse . La Fonte) VOL VOLCAN, s. m. [Volcan! montes ignem vomeutes .j Terme de Naturaliste. 11 vient du Latin Vulcanus que les Poètes ont dit être le Dieu du feu. Un volcan c’est une montagne qui vomit du feu, comme le Mont-Gi- bel, en Sicile , le Vesuve & autres. 11 y a en Ameriqua près de Gattimala deux montagnes > dont Pu ne s'a p élis volcan de feu, fi. l’autre volcan d'eau , parce qu’clle vomit des ruisseaux d’eau. VOLE, ou volte, f f. [ Omnium chartarum agminit inter lufum confumptios Terme ds Jeu de cartes. Les Joiieurs font assez partagez fur ces mots, mais ceux qui aiment la nouveauté font pour vole. Comme ce balan- cernent entre ces inots fait bruit, ('Académie va , à ce qu’on pense, s’assembler là dessus ; & il y a lieu d’espe- rer qu’après dix ou douze séances de cette fameuse Compagnie, elle nous fera savoir lequel de ces mots, de vole ou de volte , aura eu le bonheur de lui plaire. Cependant, saura qui voudra, que la vole signifie deux parties aux cartes , & que le Chevalier de Meré, traité du jeu de sombre, a écrit, faire la vole, gagner la vole, entreprendre, prétendre, manquer, empêcher, perdre la vole. Etre cause de la vole. , Les souhaits de Monsieur Richelet sonfenfin aoom- plis. L’Académie dans son fameux Dictionnaire dit vole, & ne fait aucune mention de volte. C’est un bonheur pour elle de se trouver conforme au sentiment de Richelet, mais je ne fai pas s’il en a conté beaucoup de séances , & par conséquent beaucoup de jettons au Roi. VOLE'E , f. f. [ Voìatus , volaturaf] Ce mot se dit des oiseaux & des choses ausquelles on donne des ailes de même qu’aux oiseaux , comme aux amours. Le mot de volée- [ Avium grex 3 Signifie bande & troupe d’oiseaux. (Une belle volée d’oiseaux- Une volée dá Cailles , de grues , de cigognes , & autres oiseaux de passage. On dit auíli une volée de sauterelles.) VOLEE. [Pulsatio arts campani.] Se dit du son des cloches en branle. (Les sonneurs font trois volées de cloche durant ('enterrement.) VOLE’E. [Procestus , jafluss Terme de Méehaniqut. il í‘e dit de quelque chose qui avance. VOLE E [Columbarum pullulatios Ce mot se dit des pigeons. Ce font les pigeons éclos dans un même moiH. (De toutes ies volées de pigeons, la meilleure est celle de Mars.) VOLE'E. [Te/a.] Terme de Meunier. Qui signifie les volans d’un moulin à vent. (La volée de ce moulin est bonne.) VOLE’E. [ Tormentorum beUicorwn emijsones. ] Ce mot se dit de la grosse artillerie comme de canons, & signifie coup de canon. (Tirer plusieurs volées de canon, U a été emporté d’une volée de canon ) VOLE'E. [Pars anterior tonnenti bellici usque ad £ar- dinem.] Terme de sondeur & de Canonnier. C’est la partie des pieces d’artillerie qui prend un peu au-dessus des tourillons, & qui va jusqu’à [embouchure de la piece. (La volée du canon est ordinairement de cinq piez & demi. On rafraîchit le canon mettant de l’eau &du vinaigre dans la volée. Malet , travaux de Mars.) VOLE E. [Pila impulsio, jafíuss Ce mot se dit entre gens qui jouent à la paume. C’est faction du joueur qui prend la baie lors qu’elle est en l’air & avant qu’elle touche terre. (Prendre une baie de volée. La baie a été de volée dans la grille. C’est-à-dire , fans avoir touché terre.) Prendre une baie entre bond 0? volée. C’est-à-dire, avant qu’elle touche terre. Prendre la baie a la volée, c’est prendre l’oeasion auX cheveux. [Oblatam ocastonem captare ] t * II a pris l'afaire entre bond 0? volée. [Rem ab. luttent indujhrìè arripuif.J C’est-à-dire , plus vite & plus adroitement qu’on n’eût crû. VOLE'E. [Injìruflus ligneus anterior.J Terme de Cbtu ron. C’est une petite piece de carosse du train de de. vant, large de trois ou quatre doigts , où l’on ataché les palonniers. (La volée du carosse est rompue.) VOLE'E. [Simihs, paris conditionis, atatis ,] Ce wot au figuré, se dit des personnes & est fort usité. (Je vous ai discerné entre ceux de votre volée, pour avoir remarqué qu’il y en a peu dont le mérité aproche du vôtre. Scaron , Epître dédicatoire de st s Poestes. C’est-à- dire , entre ceux de la même condition. * Toute la jeunesse de fa volée prit parti dans la guer* íe. Le Compte de BuJJì , amours des Gaules. C’ést-s- dire, VOL dire, toute la jeunesse de son âge , & de sa qualité, ou à peu près. * VOLE E de coup de bâta». C’est-à-dire , plusieurs coups de bâton. (11 a eu une volée de coups de bâton. Scar.) [Fujìe dolatus efi.'] * A lu volée , adv. [ Temerè , ìnconfideratè.~\ Etourdirent & fans réflexion. Inconsidérément. (Se porter à ta volée à quelque chose. P use. liv. 4. Faire quelque chose à la volée. Ablanc .) VOLER , ‘v.v. [ Volare. ] Ce mot se dit proprement des oiseaux, & veut dire, fendre l’air avec les ailes. (Voler à tire d’aìles. Ablanc. Oiseau qui volé fort haut.) VOLER, s Accipitre aves insrflari. ] Ce mot, parlant en termes de Fauconnier, est actif, & lignifie voler après. Chasler en volant. (Les tiercelets de gerfaut & les faucons font propres pour voler la corneille. Le sacre, le gerfaut, le tiercelet de gerfaut, & quelquefois le faucon font propres pour voler le héron.) VOLER. [Perrepere, circuire.'} Se couler le long d’une corde atachée fort haut jufqu’à terre, en remuant les bras comme li c’étofent des ailes. Buratini maître de la monoïe du Roi de Pologne aporta en France il y a 60. ans le modelé d’une machine pour voler. VOLER ,_v. n. [Volare, udvolares Ce mot au figuré a divers sens. Exemples. (Voler au lecours de quelcun. Ablancourì. C’elt secourir vite. * Ils firent force feu dont les étincelles volèrent jusques aux sépulcres des habitans. Vaug. Quint. i. F. ch. jo. C’est à-dire, lé répandirent, fe dispersèrent. 11 mit l’épée à la main, & en moins de rien il fit voler à terre deux épées. Scaron, Roman , 1. part. chap. 3. C’est-à- dire, il fit tomber à terre deux épées. Ils n’art ôteront pas le tems qui toujours vole , Et qui d’un trijíe blanc va peindre tes cheveux. Mai. Poésies. C’est-à-dire, ils n’arréteront pas lc tems qui s’écoule & passe toujours. Les boucles de ses beaux cheveux volent surfin sein. La Sure, Poésies. C’est-à-dire, vont au gré du vent fur son sein. * Pots , pintes , tables , escabeaux , Sièges, chandeliers, cruches U fi aux, Volent d’abord fur la montée. Poète Anonime. C’est-à-dire, se jettent sur la montée. Le plomb vole à P infant Et pleut de toutes parts Jur Pescadron fiotant. skspreaux.) * VOLER, v.v. [Diffundi,fiargil} II se dit du nom & de la réputation des gens. C’est aller par tout. Se répandre en tous lieux. (Oúi pour P adresse seulement Dont ils ont volé tout le inonde , Leur nom vole éternellement. Malevile, Poésies. Les Muses dont le nom par tout le monde vole , M'injpircnt. C’est-à-dire, dont le nom court par le monde.) Fane voler la cervelle a quelcun , c’est lui caller la tête. [Ctrebrum excutere.} On dit d’un homme à qui on a de la peine à parler, qu’il le faut tirer en volant. On dit aullì d’un menteur, qieil tire en volant. VOLER. [Currcre , advolar f.] U signifie quelquefois courir avec grand empressement. (Quand il s’agit de servir ses amis, il ne court pas seulement, il y vole. Va, cours, vole & nous vange. Corn. Cul.) * 11 ne faut pas voler avant que d’avoir des ailes. Proverbe. [ S.ne pennis non eji volandum. ] Pour dire qu’il ne faut pas prendre un grand vol, si on n’a du bien pour le lòutenir. , VOLER, v. a.sLatrocivari, opibus fioliare.'} Dérober. Faire quelque vol. (Elle a volé son maître, & elle a été foiiettee. Voler dix pistoles à quelcun.) VOLER. [Expilare, carius divendere.J C’est faire des profits injustes fur les choses qu’on vend. (Les hôteliers en Holande font si chers qu’ils volent tous les étran- k * VOLER. [Arripere, surripere.'] Prendre. Enlever. (Elle vole la blancheur à la neige. Voit. 1 . 6 9. Les foins de Plutarque nous ont rendu ce que l’injure du tems VOL 7Zi nous avoit volé. Ablanc. Apophtegmes. On lui a volé ía conquête. Racine, Iphigenie, ail. 1. fi. 3.) VOLER. [Excerpere.j C’est prendre les pensées & les expressions des Auteurs. (Ce sermon 11’est composé que de phrases volées par-ci par-là dans les plus mauvais sermonaires.) VOLERIE,// [Latrocìnium, exarlio.] Brigandage. _ (C’est une volerie qui mérité une punition exemplaire. Les voleries publiques font des habiletez. Lt Duc de la Rochefoucautl) VOLERIE. [Au upium, volatils .) Terme de Fauconnerie. Chasse où l’oifeau vole le héron ou la corneille. Vol de l’oifeau de fauconnerie après le héron, ou la corneille. (La volerie pour le héron est belle & agréable. Tenir l’oileau en état pour aller à la volerie.) VOLET, f m. [Fevefira firicula .] C’est une maniéré de petite porte qu’on ferme par dedans la chambre fur le panneau de vitre, & qui est de la même longueur & de la même largeur que la vitre. [Volet brisé. Les volets font ouverts. Les volets sont fermez. 0 " Où malgré les volets le soleil irrité Formoit un poêle ardent au milieu de P Eté, Defpr. Sat. 3.) VOLET. Terme d ’Organifie. [Organi pneumatici so. riculal] C’est une maniéré de porte déìiee & brisée, qui est extraordinairetnent peinte & embolie , qui couvre les tuiaux de l'orgue par dehors quand on est quelque tems fans jouer. (Ouvrir les volets de l’orgue. Fermer les volets de l’orgue.) VOLET. [Pyxìdula nautica .] Terme de Mer. Petite boussole , ou petit compas de route qui est ordinairement à l’usage des barques & des chaloupes. VOLET,)! m. [Columbarium penjìle.} Petit colombier domestique où l’on nourrit des pigeons, qui n’a qu’une petite ouverture qui ferme avec un ais qu’on apelle auili volet. VOLET. [Tania volatilis.'] Terme de Blason. Ornement que les anciens Chevaliers portoient lur leurs heaumes, qui étoit un ruban large pendant par derrière, voletant au gré du vent. C’est aussi un nom qu’on donne au tourteau de lino- pie. [ValvulœJ VOLET. Ce rnot entre dans unefaqon de parler proverbiale fort jolie ; on dit. (Jleji trié sur le volet. [/íd abacum delechu .] C’est-à-dire, c’est un époux tout-à-fait bien fait & qui Remporte fur les autres. 11 veut bien prêter le colet à ceux qui sont triez sur le volet. Benfi. rade , Rondeaux. C’est à-dire , il veut le disputer aux plus capables.) VOLETER , v. n. [Volìtare.’} II fe dit des oiseaux par figure des amours, & signifie voler souvent, voler d’un côté & d’autre dans un même endroit. Voleter n’est pas si en usage que voltiger, néanmoins il fe dit quelquefois. [Mille amours fi jouoient U voletoient fans cejfi Près du riche beregau de P aimable Princes e.) VOLETTES,/ / [ Muscarii suniculi. ) Terme de Chanvner. Ce sont plusieurs rangs de petites cordes qui tiennent toutes chacune par un bout à une sorte de sangle large, ou à une maniéré de couverture de reseau de chanvre. Lorsque ces petites cordes sont a tachées à une sangle , on les met le long des flancs du cheval ; & lors qu’elles bordent une maniéré de couverture de-refeau, on met cette couverture sor le dos du cheval de carosse , de sorte que le cheval , soit de harnois ou de carosse , venant à marcher, ces volettes brandillent & servent ainsi à chasser les mouches qui incommodent les chevaux l’été. (Volettes teintes. Volettes rouges. Volettes bleues, noires, jatnnes ou vertes.) VOLEUR,/»i. [Latro , prado, surs Celui qui dérobe. Celui qui vole. Celui qui rapine , qui prend injustement le bien d’autrui. (Les voleurs sont pendus, ou tout au moins fouettez par la main du bourreau. Les voleurs de grands chemins , [GraJJatores.~\ qui ont fait quelque meurtre, sont rouez L expirent fur la roué. Les grands voleurs font pendre les petits, sorte de proverbe, pour dire que les grands & les habiles Voleurs qui ont le crédit & le pouvoir en main , font pendre les misérables qui volent qui n’ont ni autorité, ni puissance pour fe mettre à couvert.) Tome III. Z z z z L VOLEUR. 7Z2 VOL VOLEUR. TExpilator , despoliator.) Se dit de ceux qui exStdes droits qui ne sont pas dûs, qu. rançonnent ceux qui ont à faire à eux, sponte , volunta- rie'J De son plein gré. Volontiers. (S’engager volontairement. S’obliger volontairement. Abl.) Toutes les fois que nous méprisons la Loi de Dieu volontairement, nous portons le plaisir qui nous vient de cette transgression jusqu’a Dieu même qu’elle déshonoré. Majjìllon. VOLONTE/ / /. [Voluntas.'] Faculté de l’ame qui sc porte aux choses intelligibles. C’est un mouvement naturel qui nous porte vers le bien indéterminé & général. Voiez Malebranche , Recherche de la vérité , /. i. ch. i. D’autres disent que c’est un désir du bien conduit & réglé par la raison. (Sa volonté le porte aux armes, parce qu’il volt qu’elles contribueront à fa gloire, à fa fortune. La volonté d’un honnête homme doit toujours être soumise à la raison. Je n’ai point d’autre volonté que celle de vivre & de mourir sous ì’empire de la jeune C loris. Le monde est plein de ces bonnes volontez imparfaites qui ne vont jamais juíqu’à l’execution, & qui ne fervent qu’à rendre les pécheurs plus inexcusables, parce qu’ils pechent avec lumière & avec la vûë de leur devoir. P. Quejhel, Reflex.) t Etre de bonne volonté. On dit d’un oficier, d’un soldat, prêt à executer tous les ordres qu’on lui donne , & à s’offrir même pour cela, qu’il est de bonne volonté. (On envola pour cette expédition des soldats de bonne volonté.) Dermere volonté. [ Ultima voluntas , tesiamentum. 1 C est le dernier sentiment & la dernière résolution d’une personne. (Executer la dernière volonté d’une personne. Suivre les dernières volontez de quelcun II v a vint ou vint-deux ans que A... pensa expliquer ses der- tiieres volontez en Grève. L’equité demande l’execution des dernières volonU «es morts, au mépris des formalitez, Toureil ,) VOL Les volontez font libres. [Ineji unìcutqne liber tas. ] Façon de parler proverbiale, qui signifie qu’on ne veut pas contraindre une personne, & qu’on est dans une entié- re liberté de faire ce qu’on veut. Mol. mar. fore. La bonne volonté est réputée pour lésait. ['Voluntas profa. Ho reputatur.] [f Nous disons que la volonté n\ji par punie en Fr an. ce. Les Romains n’etoient pas de ce sentiment. Velieius Paterculus raconte que Marc-Caton , neveu de Scipion l’Assicain, fut condamné à l’amende, àcausedes concussions qu’il avoir commises dans son Gouvernement de Macedoine ; & il fait cette remarque en même rems, que les Juges conlideroient plus la volonté de commettre un crime que le crime même, & ils régloient le mérité des actions, par la volonté que l’on avoir euë de les faiie , fans examiner l’éfet qu’elles avoient produit: Adeo il!i vin magnì magis voluntatempeccandi intuebantur , quam modum ; fafiaque ad conjìlium dirigebant ; £jf quod , non quantum admijjìtm foret, ajlimabant. VOLONTIERS , adv. [ Animo volrnti , lubenter , liben. ti ammo ] De bon gré. De bonne volonté. De bon cœur. (Personne n’obéït volontiers.) VOLTE , f. f. ou vole. [Ablatio ebartarum omnium lu. soriarum .] Terme de ffeu de cartes. Ce mot de volte vient de l’italien, & il signifie en France, deux parties gagnées. (Faire la volte. Gagner la volte.) Les uns sont pour volte, & d’autres pour vole. Voiez vole. Ce qu’on peut dire est que ceux qui ont écrit ou jeu de cartes di- lent presque tous la vole , & fort peu la volte. VOLTE,// [‘Equi circumacius.] Terme d e Manège, C’est un rond , ou une piste circulaire. C’est le chemin d’une ou de plusieurs pistes que fait le cheval étant porté de côté à l’entour du centre de la volte. On dit. (Les angles ou les coins de la volte. Le centre de la volte. Une belle volte. Unevolte renversée. [Inversa circuma. Hio] C’est un chemin de deux pistes que le cheval fait aïant la tête du côté du centre de la volte & la croupe en dehors. Faire une volte renversée au pas, au galop, au trot. Embrasser toute la volte. Cheval qui manie fur les voltes. Faire manier un cheval furies voltes. Faire des voltes à courbettes. Faire des voltes à caprioles. Passager fur les voltes. Mettre un cheval fur les voltes. Cheval qui se couche sur les voltes. C’est-à-dire, cheval qui plie le cou en dehors & porte la tête & la croupe hors de volte.) Demi-volte, f f. [Dimidiatacircuitio.] C’esiundemi- rond que le cheval fait d’une piste ou de deux à l’un des coins de la volte, ou à l’extrêmité de la ligne de la passade. 11 y a des demi.voltes de la longueur du cheval, & des demi-volces de cinq tems Guillet, termes de manégé. VOLTE. [Clamor adaspeHum avium.J Terme de Pau. connerie , qui se dit en parlant de la chasse du Héron. Exemple. (L’équipage étant arrivé, on crie , a la voite, C’est à dire , qu’on voit le héron.) VOLTE. [Navtm ahquò dirigere] Terme de Mer. Route. C’est prendre quelque route , ou virer un vaisseau pour se dresser au combat. Fouru. VOLTE. [Circuitus.) Se dit des tours & retours qua les ennemis font autour d’une place quand ils font mine de l’affieger. VOLTE. [Duorum ingyrumsal/atio ,] Danse ancienne venue d’italie, où ì’homme fait tourner plusieurs fois la Dame, puis lui aide à faire un laut en l’air. C’est une efpeçe de gaillarde familière aux Provençaux. VOLTE', voltée,adj. [Duplicatus -2 Terme de Blason , qui veut dire, Double. (U porte de fable à la croix voltée d’argent. Col. c. 13.) VOLTE-FACE. [tìosti frontem obvertere .] Terme de guerre , pour dire, tête tournée du côté de l’ennemi. (II fit faire volte-face à ses gens. C’eJLà-dire, il commanda à ses gens de tourner du côté de l’ennemi, de faite tête à l’ennemi.) VOLTER , v. n. [In iéìum ìmpothimseconverterc.] Terme de Maître d’armes. C’est tourner le corps. (A tows les coups d’estocade que son ennemi lui pousse, il ne manque pas à volter. Dans le tems que votre enne- mi passera, vous volterez du corps. Liancour, Maître d’armes, ch. 16.) VOLTIGEAIENT, f. m. [CircumuHio.] Action de ce qui voltige. (Le voltigement des feux folets qu’on voit autour des mâts, est de bon présage.) VOLTIGEAIENT. [In orbem saltatio.] Maniers don* voltige un danseur de solde. (Qn est charmé de son voltigement.) VOLTT VOL VOLTIGER» ». a. [VolitareJ Terme qui vient de Vltalien, qui se dit proprement des oiseaux, &qui signifie commencer un peu à voler. Aller çk & là en volant un peu. (Les petits faucons ne commencent « uàZs»- de branche en Branche qu’à six ou sept semaines. De repus en repas, de beautez en beautez Nous voltigeons de tous cotez , Viens, nous t’est fournirons, 0 ? de tous les étages. Le Noble.) * VOLTIGER. [Circumvolitaref] Ce mot se dit aufi. guri, des amours. C’est voler çà & là. (Mille amours font venus voltiger autour d’elle. Abl. Luc.) * VOLTIGER. [Sise in equo circumagere.J Terme de Maître d’armes & de manège. C’est faire les exercices ordinaires fur un cheval de bois, & qui est selle, & s'exercer à y monter & à en décendre. (Académiste qui voltige sort bien.) * VOLTIGER. [ Circa funem volitare. ] Terme de danseur de corde. Faire divers tours fur une corde tendue sans êtie bandée, L qui est élevée à ou r 6. piez de terre. (Après avoir dansé sur la corde, on voltige. C’elt l’homme du monde qui voltige le mieux.) * VOLTIGER. [Circumagì, motari , circumagitari.J Etre cn action. Etre toujours enl’air, tantôt deçà, & tantôt delà. S’agiter. Se remuer. N’être point en repos, & n être jamais en la même aifiete. (C’étoit des hommes flamboians qui paroissoient fort dispos, car ils ■coltigeoient fans cesse , & changroient à tous momens de posture. Ablanc. Luc. L’esprit se plaît a voltiger deeà & delà sur les fleurs comme les abeilles. Ablanc. Apo. L’homme voltige incessamment de pensée en pensée. DeJpr.Sat. Z ) VOLTIGER. [Agitari ,Jìufíuari.J Faire floter au gré du vent. (Ses cheveux voltigeoient au gré des zéphirs fur son sein & sur ses épaules.) VOLTIGEUR, / m. [ Circumvolitorum magtjier.J Maître qui enseigne à voltiger fur le cheval de bois. (11 y a des voltigeurs dans la grande & dans la petite écurie du stoi, pour enseigner aux pages à voltiger.) VOLTIGEUR. [ Circinnator. ] Terme de danseur de corde. C’est celui qui voltige fur la corde & qui y fait divers tours, se donnant i’estrapade , la double estrapade , faisant autres choses de son métier. ( On dit qu’il y a cette année un bon voltigeur à la foire S. Germain.) VOLTIGEUSE , s. s. [ Çìrcìnnatrix .] Terme de dan. seur de corde. C’est la femme ou la fille qui voltige sur la corde, & qui y fait plusieurs tours. (Une habile vol- tigeul'e.) VOLTIGLOLE» s s [Rudens triremem cingens.] Terme de Marine. Cordon de la poupe qui séparé le corps de la galere de l’aissade de poupe. VOLUBILIS, / tn. [ Periploca . ] C’est une forte de plante qui pousse une tige fort haute, qui s’entortille, qui monte le long des murailles & porte une fleur pourprée & de couleur de violette. (Le volubilis pour- pre fleurit en Septembre.) VOLUBILITE',/ .f [Volubilitas, agi litas d] Terme qui est écorché du Latin, & qui est en usage en parlant du discours de la langue. 11 lignifie Fluidité.Facilité. (11 n’a plus cette même volubilité de discours. Defpr. Longin, c. 7. La volubilité de la langue. CaJJagne, Traduction des Dialogues de l’Orateur de Cicéron. 11 alégue mille passages avec une volubilité qui le met hors d’ha- leine. S. Èvrem. Comedie Ital. Sa volubilité répond à un début ridicule. S. Evr.tom. 5.) VOLUME , f »>. [VolumenJ Terme tiré du Latin. II fe dit en parlant de livres , & signifie Tome de livre relié séparément. (Un petit volume. Un grand volume. 11 fàudroit des volumes pour tout dire. Pasc.l. 7. Feula Serre de burlesque mémoire a fait plusieurs volumes qui vont tous à la chaise percée. Ceux du Sieur G ** * son Secretaire n’ont pas un meilleur destin. Bouhours en traduisant cet auguste volume, Voulut sur ses vieux jours sanâifier sa plume. Aut. Anon.) sf Les gros volumes font trembler les gens qui aiment la lecture. il faut avoir beaucoup de courage pour aller jusqu’au bout. Mr. deBalzac a dit dans son Socraíe Chrétien , dijeours cinquième ; ,, Est-il bien vra i que votre Docteur Espagnol soit dejà au vingt- VOM 733 cinquième de Tes volumes, & qu’il en promette en-„ core autant ? Ce ne font pas des promesses, ce font „ des menaces qu’il nous fait. Ces montagnes „ d’Ecritures acablent les têtes, & n’éditìent point les,, esprits ; ces volumes fe forment d’un débordement „ d’humeurs corrompues, fe grossissent des fuperfluitez „ A des excremens de l’esprit humain. “ VOLUME. [ Volumen , extenjìo.'] Terme de Papetier. Longueur de papier. (Grand volume. Petit volume.) VOLUME. [Forma, typus. J Terme de Momie. C’est la grandeur & l’épaisseur des especes de monoïe. Bou. teroui, traité des momies. VOLUME. [ Superficies .] Surface, où étendue aparen- te d’un corps. (Deux globes dont l’un est d or & l’autre d’argent , de même poids, ne sont pas d’un volume égal. 11 y a des plans & des cartes en grand & en petit volume.) V OLUPTE', f f [Voluptas, deleélatiof} Plaisir que les sens goûtent. Plaisir à quoi tendent toutes les choses animées. ( (Quelques-uns ont crû que la volupté étoit le souverain bien. 11 y a une volupté qui est propre à chacun des sens, car la vûë a pour objet les couleurs ; l’ouïe, les sons ; l’odorat, les senteurs, &c. 11 a de l’horreur pour les voluptez défendues, & c’est une marque de la beauté de son ame. II est honteux de fe plonger dans les voluptez. Et de la volupté la douceur engageante Adoucit vos chagrins, les charme, les en chante. Villiers. Si Bourdalouc un peu severe , Nous dit , craignez la volupté , EJÎ obar , lui dit on , mon Pere , Nous le permet pour la santé. Defpr. Quoi qu’Arnaud nous en dise , La volupté Jans cauje il a bannie. La Fontaine, Balades.) H VOLUPTE'. Quand on dit ce mot absolument, il se prend toujours en mauvaise part pour les plaisirs def- fendus. i VOLUPTUEUSEMENT , adv. £ Libidinosè, voluptuo. /e-] Avec plaisir. Avec volupté. Sardanapale a vécu fort voluptueusement, mais n’a point aussi aquis d’hon- neur.) VOLUPTUEUX , voluptueuse , adj. [Voluptuosus, vo- luptuarius, mollis .] Qui aime le plaisir. Qui a du pan- chant à la volupté. (11 y a des peuples plus voluptueux les uns que les autres. Les femmes font voluptueuses, fourbes, intéressées & legeres ) VOLUPTUEUX, voluptueuse. [Voluptuarìus, volupta- ti deditus.J Plein de plaisir & de delices. (La vie des grands hommes n’est pas une vie voluptueuse, mais une vie pleine de travail & de fatigues illustres.) VOLUTE,// [Hélix , voluta.J Terme à’Archi. teHure. Le mot de volute lignifie tortillé. C’est une partie des Chapiteaux des ordres ionique, Corintien & Composite qui reprefente une écorce d’arbre tortillée & tournée en ligne spirale. (Décrire avec un compas la ligne spirale d’une volute. Volez Abrégé de Vttruve , chap. 7. Mettre des volutes au chapiteau.) V OMICA , / m. [Vomica. ] Terme de Medecine. Amas de pus dans quelque partie du corps ; quand il fe fait dans le poumon, on l’apelle vomica de poumon , qui est diférent de Pempyeme , en ce que celui-ci fe fait dans la cavité de la poitrine. VOMIQUE» adj. [ Vomicus. ] Voïez Noix vomi . que. VOMIR , f. a. [ Vomere , evomere. ] C’est jetter par la bouche de quelque aliment , quelques eaux , quelques humeurs ou autres pareilles choses qu’on a dans l’estomac. (II a vomi ce qu’il avoit mangé. II ne fait que vomir, & s’il continué long-tems de la forte, il est mort. L’eau chaude fait vomir. 11 est quelquefois bon de vomir & quelquefois il est dangereux aussi.) VOMIR des injures. Vomir des Blasphèmes. [Diras im - precari.J Vaugelas dit que ces façons de parler sont bonnes, mais que cependant il s’en faut abstenir particulièrement devant les Dames, à causé que ces phrases ne donnent que de vilaines idées. (f On ne soufriroit pas cracher des injures, quoique Malherbe ait dit dans ion poème des Larmes de saint Pien t : Zzzz 3 Toutes 734 VOT Toutes les cruautez de ces mains qui m'atachent , Le mépris éfronté que ces bourreaux me crachent. Cependant on s’est acoûtumé à vomir des injures , qui n’est pas moins désagréable que cracher. VOMISSEMENT , f. m. [ Vomitus , vomitioj ] C’est Faction de vomir. (Vomissement violent., Vomissement dangereux. Son vomissement l’a soulagé & sera cause de sa guérison. Exciter le vomissement. Causer un vomissement. Provoquer le vomissement. Arrêter le vo* missement. Empêcher le vomissement.) H VOMISSEMENT , signifie aussi la chose vomie. On dit en stile de l’Ecriture, retourner à son vomissement, c’est-à-dire, retomber dans ses erreurs ou dans son péché. VOMITIF, vomitive, adj. [Vomìtorìw 7 \ Qui fait vo- mi r. (L’Emétique est un rémede vomitif.) VOMITIF ,sm. [ Vomitorìum rcmedium. ] Terme A’Apoticaire. C’est une potion préparée de quelque liqueur qui excite le vomissement. C’est une potion faite d’une décoction, ou d’une infusion d’un,ou de plusieurs médicamens qui excitent à vomir les mauvaises humeurs. (Prendre un vomitif par l’ordre de l'on Médecin, Monsieur Purgon. Mol.} VOMITOIRE ,s. m. [ Vomitorìum .] C’est un vomitif. VOMITOIRE. Etoit dans les Amphiteâtres, les ouvertures par où les spectateurs entroient & sortoient. VONTACA ,sm. Fruit de l’Isle de Madagascar, qu’on confit au sucre ou au vinaigre lors qu’il est múr, & qui est bon à manger. On s’en sert avec succez contre la diísenterie. VOQUER, v. a. [Argillam prœparare.} Terme de Potier. C’est tourner la terre avec les mains & l’aprêter jusques à ce qu’on n’y voie plus de fable, & qu’elle soit en état d’être mise en œuvre sur la roue. (Voquer la terre. Terre bien ou mal voquée.) VORACE, adj. [Vorax .3 Carnacier qui dévoré, qui mange avec avidité. (Le loup est un animal vorace. Acad. Franç.} On dit qu’un homme qui mange goulûment est vorace. On dit auffi un estomac vorace , quand il a besoin de beaucoup de nourriture & qu’il digéré prompte- ment. fjT Elíen, lib. i. c. %q. var. bijhr. a recueilli les noms des gens voraces de son tems. II ajoute que l’on di- soit qu’il y avoit en Sicile un temple dédié à la Voracité. VORACITE',/./ £Voratio.l Avidité à manger. (La voracité des oiseaux. 11 mange avec voracité, Académ, Franç.} VOS. Voïez Votre. VOSSE,/ m. Animal de l’isle de Madagascar qui ressemble au blaireau, & qui donne la chasse aux poulets. VOTER, v - a. [Sujsragium dare. ] Terme qui est en usage parmi quelques Moines, & qui lignifie donner fa voix pour quelque a faire qui regarde le Couvent ou la Religion. (II n’a pas droit de voter.) f VOTIF, ive, adj. 11 n’a d’usage qu’au féminin & avec le mot Liesse. On a pelle dans l’Eglise Romaine. Messe votive , une Blesse que l’on dit à dévotion pour quelque intention particulière, comme pour les malades, pour les voïageurs, &c. % Boucliers votifs. On apelle ainsi en parlant des Anciens, des boucliers que l’on appendoit quelquefois dans les Temples ou dans quelques autres endroits pour des occasions particulières. VOTRE- ITuus, ou , vejier. ] Pronom Adjeèïif, qui marque quelque (Monsieur de Vaumorie- xe, votre Roman est entre les mains des beurrieres. Jfe préféré ma pauvreté, A votre abondance inquiète , Et vais dans ma douce retraite, Trouver moins de richesse, Çç? plus de fureté. Le Noble.) VOTRE. £Tuus , vejier .) Ce mot fait Vos au pluriel, tant au Masculin qu’au Féminin , l’orfqu’il est joint à des substantifs du même nombre: mais il faut vôtres lorsque les substantifs sont sous-entendus. (Fbr Livres font beaux & savans. Vos pensées sont plaisantes lui dit-il, mais les vôtres, reprit-il, ne le sont pas moins. VÔTRE, signifie quelquefois parti, compagnie. (Si vous êtes pour la grâce efficace, je fuis des vitres. [Skwí VOU à te.} Si vous croïez l’infaillibilité du Pape, je ne fuis pas des vôtres.} VOUDÍSJCA ,/ »«• Petite bête de l’isle de Madagascar qui est comme une belette. VOUEDE,/ »». [Glajimn Normannìcum .] C’est une sorte de plante qui vient en Normandie, & c’est une espece de pastel dont on se sert pour teindre. Voïez l’injiruttion pour la teinture. VOUER, v. a. [VovereJ Dédier. Consacrer. (Vouer un enfant à saint François. Vouer quelque chose à Dieu.) Se vouer , v. r. [Se devoverc .] Se donner entieremenc, Se consacrer. (Elle est vouée á Jésus-Christ.) * Se voïur au service de quelcun. [Sese alicui addice. re.] C’est se donner sans réservé au lèrvies de quelcun. VOUGE,// [ Venabulum. ] Terme de Ven trie. C’est l’épieu d’un chasseur. VOUTA ,sm. Oiseau de Madagascar, qui a le bec long L blanc & qui est gros comme le pélican. VOULOIR, v. a. [ V elle. J Je veux, tu veux, il veut, nous voulons, vous voulez , ils veulent. Je voulois, f’ai voulu. Jfe voulus, pavois voulu. Jfe voudrai, (pue je veuille, je voudrois, je voulujfe. (pie j’aye voulu. J'au- rois voulu , j’euje voulu. Vouumt. Ce mot vouloir vient duGrec. II signifie. Avoir dellein. Avoir volonté. Délirer. Souhaiter. Et il demande ordinairement après lui un aculàtif, l’infinitif fans être suivi d’autre paití. cule , ou la conjonction que avec quelque tems de subjonctif ( Vouloir ce que Dieu veut ejì la feule science (pii nous met en repos. Mai. Poës. 1 . 6. Les Anglois sont les peuples de l’Europe qui veulent la plus de mal aux François. vais faire venir Quelcun pour remporter, veuillez la soutenir. Mol. Cocu imag. sc. Zst veux, quand je perdrai la lumière du jour Que mon dernier soupir soit un soupir d’amour. Racan, bergeries, act. Henri quatrième diíoit, je veux tant faire de bien à ceux qui ne m’aiment pas, que je les forcerai de m’aimer malgré eux. Jean Chastel, voulut en 1594 .friir per Henri quatrième d’un coup de couteau dans le ventre. Biais Dieu voulut qu’il n’at'eìgnit le Roi qu’au visage. Chastel fut tenaillé & tiré à quatre chevaux, & les Jésuites fous qui il avoit étudié, bannis de France. Voïez les Mémoires de Subi. Henri IV. disoit un jour à Monsieur de Sulli qui étoit Huguenot , je voudrois qu’il m’eút co u té un doigt de la main & que vous crussiez autant aux choses de l’Eglise que moi. Voïez Mé. moires de Subi. ) VOULOIR. [Affentiri, amiuere .] Signifie quelquefois, demeurer d’accord, consentir. (Je veux que cela soit, c’est-à-dire, je consens que cela loit. On dit proverbialement, ce que femme veut. Dieu le veut, pour dire que la femme est attachée à ses senti- mens, & qu’elle ne relâche rien de ce qu’elle a voulu une fois. On dit aussi à ceux qui parlent impérieusement, vous dites je le veux, le Roi dit nous vouions.} En vouloir à quelcun. Q Alicui ejj'e insensum , malevo - lum.} C’est avoir une dent de lait contre une personne. Avoir quelque aversion pour une personne. Haïr. Entreprendre quelcun, ou quelque corps de plusieurs pour le contrecarrer, pour lui nuire. ( Où est cette fierté qui n’en voulait qu’ aux Papes & aux Archevêques. Racine , Lettre à l’auteur des visionnaires. C’est-à-dire, le Ciel aflige le peuple aussi bien que les Souverains.) ‘ En vouloir à quelcun. [ Intueri, prospicere ad aliqimn .] Ces mots se prennent quelquefois en bonne part. {Qu’un Amant ejt dans l’embarras Quand deux beautez égales en ap.is En veulent à son cœur, A? flattent fa fortune. Recueil de la Suze & dé Pelisson, T. 1. C’est-à-dire, quand deux filles également belles veulent avoir son cœur.) VOULOIR mal à quelcun. [ Alicui esse ajfnsum. J C’est haïr quelcun. Avoir de l’averlion pour une personne. (II est d’un bon Chrétien de ne vouloir mal à personne, mais helas ! où est ce bon Chrétien ? il fut mal voulu des Siciliens. Talemant, P lut arque , Vie di Cicéron.} 5 - ■ j vou bh ”) O'â-à-llîre, j’y consens. ■Jìt \ C'À e >> q v d vei f; ^Pl^quid vult , obfirmatè níen ^ 0 est-a-dire, il le veut fortement & opiniâtre- l Í2 6 / Sa ^ e S*’* 1 . veu ? dire - C Quid dicere velit pla- qti’ifdTt**'^ ^ e ft-a-dire, il n’y a point de raison en ce Cela veut Aire que. [Idsibivult .] C’est-à-dire, cela ”gnihe que. ... VOULOIR , / m. [ 'Voluntas .] Ce mot signifie/* r °‘T‘ : _ mai . s >1 est plus de la poésie que de la prose, wit le sentiment de la Motte le Vaïer , mais d’autres gens, qui sont le plus gros parti disent qu’il n’est pas rort bon , ni en vers ni en prose ; & que cependant il elt plus suportabie dans la haute poésie que dans la proie» ^(C’est le vouloir des Dieux. Racan , bergeries, lita etis voisin t.2 C’est Dieu qui fait tout L qui opéré par fa grâce le vouloir & faction. Nicole , Ejl'ais de Morale, l. i.çb. iç.) JJ 0 Si vouloir substantif est suportabie, ce n’est que íoriqu’on veut parier de la volonté & des desseins de Dieu: Dieu même en le créant , le créa périssable , Et par Pordre étemel de son vouloir divin , Rien n’ejl Jiable ici bac , (if tout être asa fin. Poème de S. Prosper.) On dit quelquefois dans la conversation : Cet homme est tout plein de malins vouloirs. t VOURINE. On apelle Soïe Vourine, la soie le- gis de Perse, la plus fine & de la meilleure qualité. VOUS. [Tu , vos.2 Ce mot est le pluriel du Pronom tu, ou toi. {Vous êtes un galant homme. Vous êtes de braves gens. Vous devez honorer les têtes couronnées. Vos» devez aimer Dieu. On parle de vous. 11 n’y a que vous qui le puise fléchir, il n’y a que vous qui le puisiez fléchir. L’une & l’autre façon de parler fe dit, la première est la plus en usage & l’autre la plus régulière. Ainsi on dit. 11 n’y a que vous qui sache , & il n’y a que vous qui sachiez. Cette dernière façon est plus félon les régies & l’autre plus selon l’usage. Vous dont la divine harmonie Fait retentir le sacré mont , Muses célébrez Uranie , Et venez couronner son sont. Mademoiselle l’Heritier.) Ì># vous à moi. [Inter «or.] C’est-à-dire, éntre nous & fans que ce que je vous dis aille plus loin. VOUSSOIR, ou voufseau , s. m. [Arcuati lapides sn firnicem casi.~\ Terme d’ ArchiteBure. C’est une pierre propre à former le cintre d’une voûte, taillée en espe- ce de coin tronqué, dont les cotez, s’ils étoient prolongez , aboutiroient à un centre où tendent toutes les pierres de la voûte. VOUSSURE , f.s. [Sinus fornicis.J C’est la hauteur ou élévation de la voûte. Ce qui forme son cintre. (Cetté voûte a tant de piez de voussure.) On le dit aussi des portes & des fenêtres formées en arc. VOUTE,// [Fomix, caméra.2 II y a plusieurs fortes de voûtes, mais ce mot en général veut dire. Le haut de quelque ouvrage d’Architecture : comme des Eglises &des caves, qui élisait en maniéré d’arc bande. (Une belle voûte d’Eglise bien faite.) La voûte est un toit rond bâti en arcade, de telle forte que les pierres fe soutiennent l’une l’autre par la disposition de leur coupe, à cause que toutes les lignes de leurs pareniens aboutissent à un centre. , VOÛTE en plein cintre. Voûte surbaissée. Voûtes surhaussées, & Voûte de trompe. Voûtes à lunettes. Maîtresse voûte. La clé d’une voûte. Les reins d une voûte, &c. . , „ „ * Lsl voûte celefte, ía vokte azurés. \ÇalHWi Terme poétique, pour dire le Ciel. VOÛTE , ou voûtk d’un vaisseau en terme de Manne. [Parspuppis arcuata.J C’est la partie exterieure de 1 ar- casse construite en voûte au deflus du gouvernail. VOÛTE , voûtée , adj. [Concarneratus , tejtudinatuf, fornicatus.2 (Toute la galerie est voûtée d un berceau en plein cintre. Voïez iexplication des tableaux de Vef- failles. Sur un front blanc comme Pivoire Deux petits arcs de couleur noire Etoient mignardement voûtez. Voiture.) VRA 735 * VOÛTE'’, voûtée. [Incurvas. ] Ce mot se dit des personnes & veut dire Courbé. Qui baijje le dos. (II est voûté. Le Comte de Rujfi, Amour des Gaules .) VOÛTER , v. a. [ Concamerare , fornicare. ] Faire en forme de voûte. (II faut voûter cela uh peu davantage.) VOÛTER. [ Ferream equifiledmfinuare.2 Terme de Maréchal. C’est forger un fer qui soit creux pour ses chevaux qui ont le pié comble. C’est à-dire, qui ont la sole ronde. çVoûter un fer.) Se voûter, v. r. [lncurvari.2 Se faire en voûte. (Voilà qui commence un peu à fe voûter.) * Se voûter. [In fornicem arcuarij Ce mot fe disant des personnes signifie, Commencer à avoir le dos courbe. (II fe voûte en marchant.) VRAI, / m. \Vcmm.2 Vérité. Cê qui est de plus conforme à la vérité. Ce qui est opofé à ce qu’on apelle faux. {Le vrai de la chose est. Molière, Critique de l'E- •cole des femmes. La plus belle épître de Despreaux est celle qu’il a faite fur le vrais quand elle fera imprimée, en verra qu’il dit la vérité. 11 faut toûjours dire vrai s’il est possible. Rien n’ejl beau que le vrai. Le vrai seul efi aimable. Despreaux, Epître 9 .) VRAI, vraie , adj. [Verus, certus.2 Véritable. Qui renferme quelque vérité. Le mot de vrai en ce sens se dit proprement des choses. (Le Vrai bien n’est qu’atì Ciel, il le faut a quérir. Mai. Poèf Son récit est vrai, La chose est vraie. Quoi ! feroit.il donc vrai que Silvandre m’adore ? DiJ'oit-ede , j’ai craint long-tems de m’en fiater , Mais je me sens réduite a n’en pouvoir douter. iioudart de la Mothe.) VRAI, vraie. [Germanus, genuinus , purusj II se dit de ce qui est pur , ou dans un degre de perfection. (Ainsi l’on dit c’est du vrai or, ou un vrai diamant, de vraies perses. On dit aussi, c’ést son vrai portrait, c’est son vrai nom, cette copie est vraie, c’est-à-dire, elle est conforme à son original.) C’ejljòn vrai fait. [Id ei apprimè competit.J C’est-à- dire, cela lui convient bien. C’est la vraie ocaíìon de faire fortune. C’est 1e vrai motif de son entreprise. Cefi un vrai fou. C'efi un vrai Poète. [Merus efifiul- ■tus, nieras ejl Poéta. ] C’est-à-dire , il est véritablement tel. Au vrai , adv. [Verè,Jìncerè,2 Véritablement. (Pouf dire cela au vrai, c’est que je ne puis. Dites au vrai ce qui en est.) VRAIMENT , adv. [Veré , reapfè. ] Véritablement. (11 n’apanient qu’aux ouvrages vraiment solides & d’uné souveraine beauté d’être bien reçus de tous ses siécles. La Fontaine , Préfacé Jur Jis contes.) * VRAIMENT, adv. [Révéra, me herclè.2 Sorte de serment qui veut dire. En vérité. Ma foi. (Je voudrois bien le voir, vraiment que vous tussiez amoureux dS moi. Molière, George Dandin, a. 1 . / 6 .) VRAISEMBLABLE ,/ m. [Verifimihs , probabilis.2 C t qui est probable. Probabilité. (11 faut en toutes choses chercher 1e vrai-semblable, si on veut qu’on ajoute foi à ce qu’on debite. "VRAISEMBLABLE , adj. [Verifimilis, probabilis.2 Probable. Qui a de la vraisemblance. (Les actions qu’otl reptesente fur la Scène doivent être vraisemblables; si non elles sont défectueuses. Les narrations des Orateurs doivent être vraies, ou du moins fort vraisemblables. Le vrai peut quelquefois n'êtrepiu vraisemblable. Despr.) jsjf II faut convenir qûe souvent se vraisemblable a plus de grâce que 1e vrai. La fiction peut être Ornée, & le vrai ne peut point être altéré dans la moindre circonstance. C’est particulièrement dans la poésie que lé vraisemblable l’emporte fur la vérité. Aristote a divisé le vraisemblable en deux especes, le vraisemblable ordinaire , & 1e vraisemblable rare Si extraordinaire. Le premier est celui qui s’accommode aux qualitez & à la condition des personnes, & qui arrive souvent. II est naturellement vraisemblable qu’un amant fasse des fautes & des actions qu’il ne feroit pas s’il étoit moins amoureux, ou s’il ne l’étoit point du tout ; qu’un jeune homme aime ses plaisirs, qu’il soit prodigue (dit Horace,) qu’il ne songe pas à l’avenir; qu’un vieillard soit fâcheux, avare, , DiffetlUi 7Z6 URE Difficilh , querulm , laudator temporb Qoant'au vraisemblable rare , 011 eníctid aiícinenC qùe c’est celui qui arrive rarement & c°ntre les apa- rences, mais dont on a vû des exemples qui le ren- d *" VR AISEM BL ABLEM EN T , adv.. [Ut verfimilesl Avec vraisemblance. Avec probabilité. (Pour perlua- der, il faut parler vraisemblablement. VRAISEMBLANCE , s f. [ Verifimihtudo , similitudo vert.] Aparence du vrai. Probabilité. (II y a en ce, . a de la vraisemblance. Aller contre toute sorte de vraisemblance. Ablancs VRAISEMBLANCE. [ Vtrisimilitudo.s Ce mot se dit souvent en parlant de Poésie épique U dramatique, « signifie Aparence île vrai. Les Poètes parlent d une vraisemblance ordinaire & d’une autre qu’ils apellent vraisemblance extraordinaire. Voïez là-dessus la Poétique de Casìelvetro Picolomini. (La vraisemblance doit être gardée dans toutes les pièces de téâtre. U faut observer la vraisemblance dans tous les ouvrages d esprit. Pour bien juger d’une piéce de téâtre , on doit examiner si le Poète y a bien gardé la vraisemblance. Le Tasse a parlé de quelle maniéré le Poète épique doit avoir soin de la vraisemblance. Volez là-dessusjei dis cours fur le Poème épique .) í VRANOSCQPUS ,/>”. Poisson de mer. Son siel est propre pour déterger,- & pour consumer les cataractes & les autres imputerez des yeux. URBAIN,/*”- [Urbanus .J Nom d’homme. (Ma- fée, qu’on apelloit le Cardinal Barberin, fut élevé au Pontificat en 1:622. à cause de son habileté & de son érudition ; il prit le nom d’Urbain Huitième. Voïez JSani , Hìjìoire de Venise, l. 5.) Les instances continuelles qu’on fit à Rome, pour avoir une Bulle contre Jansenius, firent refondre le Pape Urbain VIII. à en publier une le 19. de Juin de î’année 164;. & c’est la première qui ait condamné ì’Evêque d’Ypres. Voïez l’HiJioire du jansénisme, tom. 1.) URBANISTES , s. f. [ Urbanisai ] Religieuses de sainte Claire qui peuvent posseder des fonds & dont le Roi prétend nommer les Abeffes. Les Vrbanijies ont été apellées de ce nom du Pape Urbain qui leur a donné leurs régies. Voïez là dessus le plaidoié des Urbanises de Monsieur l’Abé Patru. URBANITE',/f. [ Elegantia, comitas .] Mot qui est écorché du Latin Urbanisas, qui signifie. Une raillerie ingénieuse agréable & polie. Civilité galante. On ne se sert du mot d’urbanité , qu’avec quelque correctif, parce qu’il n’est pas établi. (Lucien étoit un des plus beaux esprits de son siécle ; il a par tout de l’agré- ment avec une humeur gaie & enjouée, & cette Urbanité Attique que nous apollons en notre langue, une raillerie fine & délicate. Ablanc. Lucs L’Académie a adopté ce terme dans son Dictionnaire fans aucune restriction ; cependant Ménage qui le protège avoué qu’il s’en faut servir sobrement. (Les lettres de Voiture ont je ne fai quoi d’ingenieux & de poli, qui surpasse les Urbanitez Romaines. Saint Evremont. ) Voïez les Doutes du P. B. & la Réponse de Mr. Ménage , tom. 2. de se s Observations fur la Langue Françoise , page 270. t URE ,/[ m. [Bos férus.'] Met qui est écorché du Latin, & qui signifie une forte de beuf sauvage qui nait dans la Prusse , qui a beaucoup de raport avec nos beufs ordinaires , si ce n’est qu’il a le poil plus hérissé & plus noir, & qu’il est plus gros que les beufs dont on sc sert en France. L’Abé Fléchier , Vie de Commen- don, l, %.chap. 15. parle del’Ure, mais on croît que ce qu’il apelle Ure se nomme un Bufie dans l’u sage ordinaire, & que le mot d’Ure en François paroîtbien être un mot fait à plaisir. UREBEC,/*”. [Gemmarum corrosor vermiculuss Petit animal qui ronge les bourgeons des arbres. ÍDivagari. ] Terme populaire qui lignifie courir deqa Sc delà. (Cette femme ne fait qu ureder.) URETAU s f m. [ F unis troclearis .J Terme de Marine. C est une manoeuvre passée dans une poulie qui est tenue dans l’éperon au-dessus de la lieure de beaupré. URE TE RE, / m. [ Urina meatus. J Terme d ’A- natomie. Ce sent deux canaux fort étroits par le URN moìen defquels les reins ont communication avec îa vessie qui pour l’ordinaire est pleine d’urine , & où l’on trouve aussi quelquefois de petites pierres semblables à celles qui s’engendrent dans ies reins. Deux conduits par où l’urine est portée des reins à la vessie. URETERE, / m. Canal contenu au cou de la vessie, ou selon quelques-uns, le cou de la vessie allongée , dont la longueur est fort differente dans les deux sexes. URGENT, urgente, adj. [ Imminent .J Ce mot vient du Latin urgent. Pressant. Grand. (L’urgente nécessité est plus ingénieuse que tous les arts du monde. Vaugelas, Quint. I. 5. On sc sert de ces drogues dans les nécessitez urgentes. Molière, Médecin maigri lui , a. i,. f 7. Les urgentes a faires de l’Etat. On écrit fur des paquets, pour les urgentes afairesdeSa Majesté. Cher ami, dans ce mal urgent II me faut trouver de Purgent. Bois. T. 1. ep. 12.) VRILLE , s.s. [ Terebella. ] Outil de fer propre à percer , riont se servent les Tonneliers. 11 est emmanché comme le foret & la teriere, & on 1e tourne à deux mains. URILLES. [Pampinus.] Terme de jardinage. Liens avec lesquels la vigne s’acroche à tout ce qu’elle trouve dans Ion voisinage. URINA L , s m. [ Urinatorium .] C’est une forte de vase qui est ordinairement d’un verre clair & net ou de métal, qui a souvent de Pair des parties naturelles de l’homme, qu’on donne aux hommes pour pisser lorfqu’ils sont malades asm d’en garder l’urine, & la montrer à Mr. le Médecin, qui tout au hazard en fera ses conjectures. (L’urinal est tombé & s’est cassé en deux ou trois morceaux.) URINAL. [ Uretbra. ] Ce mot dans les Poésies de Scaron signifie le conduit par où passe l’urine. QS’il avoit aux yeux la chajjìe , Si quelque pierre en ìa vejjìe Lut pouvoit boucher surinai.) f, URINATEUR,/ m. [ Urinator .2 Ce mot est écor- che du Latin. 11 lignifie un Plongeur, ou pêcheur de perles, ou d’autres choses qu’il va chercher sousl’eau. URINE, J. f. [Urina, lotium. J Mot qui vient du Grec, & qui ne le dit que des hommes , car en parlant des bêtes, on dit pissat. C’est la sérosité du sang qui étant séparée par la force des reins tombe dans la vessie & fort ensuite du corps par le conduit que la nature a destiné pour cela. (Urine claire, urine jaune, urine épaisse, trouble , rouge, aqueuse , c’est-à-dire, qui relletnble à de l’eau à cause de sa transparence. Urine sablonneuse, huileuse, bourbeuse, grasse, écumeuse, formée, teinte, verte , bilieuse. On dit que l’urine est très-saine. Elle est souveraine pour les yeux. Elle guérit de la goûte, quand on en boit un verre tous les matins. On dit que fi on fait boire à une personne tombee en apoplexie, un verre d’urine, où l’on aura fait dissoudre du sel, cela est capable de la guérir. Etre affligé d’une dificulté d’urine. Scar. Rom. C’est-à-dire, uriner avec peine, & soufrir beaucoup quand on urine. 11 est dangereux de retenir son urine, cela cause la pierre. Rétention d’urine. Les Médecins jugent ses maladies par les urines. On tire de l’efprit d’urine, qui put extrêmement, on sc sert de l’urine dans les teintures, pour netteïer, &c.) URINER , v. n. [Méiere , urinam redderes Mot qui vient du Grec & du Latin, & qui signifie pser. (Ceux qui ont la gravelle ont de la peine à uriner f URINEUX , adj. [ Sal urinale. J Terme de Chimie . On apelle les sels alkalis , des sels urineux , parce qu’ils ont la saveur de l’urine. 11 y en a de volatils & de fixes. URNE,// [Urna.'] Mot qui vient du Latin. C’é- toit un vase qui selon la qualité des personnes étoit de terre, de marbre , de bronze, d’or , ou d’argent, où les Anciens mettoient les cendres de quelque mort, auíïì-tôt qu’il étoit brûlé , où l’on renfermoit aussi d’autres petits vases qu’on apelloit lacrimatoìres, lampes fans fin, & même quelques pièces de monoïe pour paier le paslage de la barque de Caron , où l’on versoit de précieux parfums, qu’on fermoit bien ensuite, qu’on ooureimou de sieurs , Sc qu’on mettoit enfin dans un scpul- USA sépulcre, qui etoit d’ordinairé élevé sur un grand chemin. (II couvrit de son manteau l’urne de Cirus. Vaug. Quint. I. io. Euripide , ton cothurne Etoit-il moins révéré , Te plains-tu que de tm urne Racine P ait retiré. Mr. Roy.) URNE. [ Urna. ] C’cst une forte de vase où les Juges du teins des Anciens mettoient leurs sufrages lors qu’ils opinoient. (Vous avez eu l’audace de casser les urnes où l’on enferme les noms des Juges. DuRyer, Traduction de POraifon de Cicéron, contre Vatinien.) URNES. [Fa/à fiBilia Jìnica .] Vase de porcelaine ou de fayanee, de figure presque ronde, gros par le milieu, & qu’on met comme un ornement fur les cheminées. Acad. Fr. f UROGABLUS,/ «*. Espece de Faisan. f URSOLE, ou ORSE 1 L. Drogue propre pour la teinture. URSULE,//"- [Ursula.'] Nom de femmes. (Les UrJ’elines ont été ainsi apellées de sainte Ursule ,qui peut- être n’a jamais été.) URSULINE, Ursiline , f f. [Monialissaniïa Ursula.'} L’un & l’autre se dit, mais Urseline est le plus régulier, & par cela on croit qu’en écrivant il faudroit dire Ursoli- ne. Et c’est comme l’a pratiqué un Auteur Parisien , fameux par les jolies Lettres qu’il a écrites à maître Olivier son boucher. II dit toujours ma soeur l’Ursuline , pag. 49- U 64. Et il dit bien, mais en parlant on se sert ordinairement du mot d’Urseline. Les Urselines, ou Ur- Julines , ce font des Religieuses qui suivent la régie de S. Augustin, & qui sont habillées de gris & de noir. (Postuler pour être Ursuline. Madame de la Jolliverie est une aimable Ursuline, auffi sage que spirituelle, qui après avoir long-tems sucé le lait du Calvinisme s’est consacrée tout de bon au Seigneur.) $ URUS,/ m. Espece de Taureau sauvage , dont les cornes font bonne;! pour l’épilepsie. US ,s m. [ U sus, mos , consuetudo. ] Ce mot est vieux, il ne se dit qu’au pluriel. II signifie coutumes. Mais il ne se dit qu’en quelques ocasions & se joint toujours avec \e mot coutumes. (Par exemple, on dit , les m U coutumes de la mer. Savoir la maniéré d’acheter & de vendre par la connoissance des us & coutumes des lieux.) US, f m. [Liber rituum .] Terme de Religieux Bernardin. C’est le Cérémonial de l’Ordre. (Les us de l’Or- dre S. bernard font en Latin. Cela est dans les us de l’Ordre.) Us U coutumes de la mer. f Usus nauticus. ] Regle- mens pour la Marine qui ont été compilez & commentez par Mr. Clairac Avocat deBourdeaux. USAGE,/ m. [ Usus . ] C’est le droit qu’on a de jouir d’une chose. Le mot d’usage en ce sens n’a point de pluriel. (On leur interdifoit l’u sage de l’eau & du feu. Ablanc.) USAGE. [Usus.'] C’est la maniéré dont on use & dont on fe sert d’une chose qu’on possede. La conduite d’une personne à l’égard d’une chose qu’il a. Le mot û’usage en ce sens , ne se dit point au pluriel. (Faire un bon usage de son bien. Faire un mauvais usage de iòn bien. Si des dons entre nous le Ciel fait un partage, Elle vaincra le monde enfiíiantjes plaisirs, Et de ce même monde en réglant vos désirs , Vous en ferez un bon usage. Pavillon.) USAGE, s Utilisas, commodum.] Utilité. Profit. Service. Le mot d ’usage en ce sens n’a point de pluriel. (L’u sage que l’on rire aujourd’hui de 1 etude est fort peu considérable. II y a plusieurs propositions de Géométrie qui ne font d’aucun usage, & qui fie sont que de simples curiositez. Chaque partie du corps humain a son usage. Galien a fait un traite de 1 usage des parties. A quel usage mettrez-vous ce Valet. Des souliers a usage d’hommes, ou de femmes.) p- a ,; n i,A USAGE. ( Habitus, exercitium.] Exercice. Pratique. Le mot d ’usage en ce sens , n’a point depluuel. (Mettre ur.e chose en usage. Perdre 1 usage. ^ " oui de la parole. 11 y » beaucoup de sciences & d arts qui USA 737 s’aprennent mieux par l'usage & par la pratique, que par la téorie. II n’a pas encore l’usage de la raison.) USAGE. [Mos, agendi ratio.] Coutume, Mode dfc maniéré de vivre , ou d’agir reçûë. Le mot d 'usage en ce sens n’a point de pluriel. (II faut suivre l’usage. On respecte une version consacrée par l’usage. Port-Róial % Psaumes.] USAGE. [ Usus loquendì. ] Ce mot se dit en parlant de langage, & en ce sens il n’a point de pluriel. ( II y a deux sortes d ‘usage. Le bon & le mauvais. Le mauvais se forme du plus grand nombre des personnes qui ne parlent ni bien, ni exaBement, mais le bon usage est la façon de parler de la plus faine partie de la Cour, conformément à la façon d’écrire de la plus faine partis des Auteurs du tems. Le bon usage est le Tiran, ou lè Roi, l’Arbitre , le Souverain, ou le Maître des langues. Vaug. Rem. Regler l’usage. Ablanc. C’eji après tout, Monsieur, le bon usage Qui fait ou défait le langage. Façon de parler qui est en usage, qui n’est plus ea usage, ou qui est hors d’usage. USAGE. [ Libri ad usum Ecclesiasicum disq/iti. J Terme de Libraire de Paris. Le mot d'usage en ce sens , a un pluriel. C’est un petit livre de prières qu’on porte à l’Eglise , ou au Temple pour prier Dieu. (De Luines ne vendqit il y a quelque tems que des Almanacs & des usages, & alors il ne s’en faisoit pas acroire, mais il semble qu’il se méconnoisse un peu depuis qu’il a cessé de faire imprimer des usages pour donner dans des li- vres de débit, comme celui du docte Ménage, qui porte pour titre. Ameenitates juris. Quel orgueil n’au- roit-il donc pas s’il avoit donné au public Démonstratif Evangelica ad SereniJJìmum Delphinum, du savant Mr. Huet, Evêque d’Avranche. USAGE. [PojJèJJìo, usus.] Signifie manîment, jouissait, ce, possession. (Les Chinois avoient l’ufage de l’Artil- lerie & de l’Imprimerie avant les Européens.) 11 veut aussi dire quelquefois usufruit. (Les beneficiers n’ont que l’usage des fruits de leurs benefiees. Les Cordeliers fous le Pape Nicolas IV. mirent en question si le domaine des choses qui se consument par l’usage, comme le pain & le vin, leur apartenoit, ou s’ilsm’en avoient que le simple usage sans domaine, Nicole, Imaginaires , lettre première .) USAGES. [Libri Ecciesajiici ad usum Monachorum.’J Ce mot au pluriel, signifie aussi les livres de quelque Ordre Religieux, ou de quelque Diocèse, qui servent à l’Eglise. (Le Seigneur Barbin a quité tous les livres dc folie, & s’est mis à imprimer les usages de divers Ordre* Religieux. Vendre les usages de l’Ordre de S. Benoît. On dit aussi un bréviaire à l’usage de Rome, à l’usage de l’Ordre de S. Bernard, &c.) USAGE. [ Ager compascuus. ] Ce mots en parlant de communautez de villes, de bourgs & de visages, ne fe dit qu ’au pluriel, & signifie biens possedez en commun par les communautez de quelques paroisses pour y faire paître le bétail. (Les usages ont été taxez. Les Seigneurs avoient dépouillé les païíans de leurs usages. Mézerai, vie de Hugues Capet.) USAGE. [ Usus J'altuarius. ] 11 se dit auffi du droit qu’on a de couper du bois seulement pour son usage, dans les forêts du Roi ou des particuliers , & d’y m®, ner paître fes bestiaux. (Cette Abaïe a droit d’ufage duns une telle forêt.) Mettre tout en usage pour venir à bout de quelque entreprise. [Nullumnon movit lapident, ut.] USAGER , usagere, adj. N s. m. [ Ususructuarius. ) Les usagers sont ceux qui ont droit d’usage dans des forêt* & dans des pâturages. Voici deux régies que Loisel nous propose , 2. tit. 3. art. 23. sur le fait de l’usage dans les bois: Nul ne peut avoir droit d’usage, ou pajìurage, en Seigneurie ou haute sfujìice d autrui, Jans titre, ou fans en payer redevance par tems J'uffij’ant pour acquérir prejeription , ou qu’il ait pojjejjion immémoriale. Et dans le suivant : Simple usage en fortjì, n’emporte que bois mort mort bois. Voïez l’Ordonnance de 1669. au sujet des Eaux & Forêts; Rousseau sor les anciennes Ordonnances concernant cette matière , qui nous meneroit trop loin, fi nous entrions dans le détail de tout ce qui la concerne. USANCE, J'.f. [Mos acceptus, introduBus.] Terme de Négociant & de Banquier. C’est la pratique de Tome UL L a a a a la USE h Banque. Pratique particuìiére qu’òn acqœertà force de négocier & de faire commerce dans la banque. Un dit CL’usance du négoce. Connoìtre l’usance part.cu- lifisô Hpq JetCitíS ds change.) « u" ANGE [Mercatoru-nusus.l Ce mot en parlant de contrat maritime & de banque , veut dire mots. Usure stipulée par mois. (Il les tourmentoit a toute uiance. Voïez lesta & coutumes de la mer, 2. part.pag. 22;. Cette lettre est payable à ufimce, c’est-à-dire, a un mois, à deux usances , &c.) , n . . USANT, ante. f Jure suo utens. j Terme de Palats. Une fille majeure jouissante & usante de ses droits. {Juresuo utens , fruens , gaudeni.j) USE', f m. [ UJus, consumptio.l Ce mot se dit de toutes sortes d’étofe & de toile. (Ce drap est d un bon usé. C’ejl.à-dire , le service que rendra ce drap en S en servant, sera bon. Les habits de Varilas font d un bon usé , puis qu’il n’en change que de 2;. en 2?. ans comme le Poète Chapelain. Les habits de Vantas lont d une bonne laine puis qu’il en tire service n long- tems.) „ , . _ r USE', usée, adj. {Attritus, usu ààjj Ce mot le dit der habits à de certaines autres choses qui le détruisent peu à peu à force de s’en servir. (A juger de ce fameux Historien par son vieux chapeau, par son linge toujours sale & troué, par ses habits tous usez, on le prendroit pour un misérable crieur d’Arrêts.) Terre usée. [ Terra facigata. J Terme de Jardinier. C’est une terre devenue stérile pour avoir raporté trop long-tems fans repos. La Quintinie. * USE', usée [ConfeciusJ Ce mot au figuré, le dit de l’esprit & du corps, & veut dire consumé. (Esprit usé. Corps usé.) USER, v. a. [Atterere , usu detererej Ce mot se dit proprement des habits Sc de la plupart des choses qui se détruisent peu à peu à force de s’en servir. C’est consumer peu à peu de certaines choses à force d’en tirer quelque usage , de les porter , de s’en servir , ou de les faire servir. {VJer deux habits tous les ans. User une jupe, une robe , des chemises , deux ou trois paires de souliers. User un chapeau.) USER. [Vitrum fricarej Terme de Mirouetier. C’est froter le verre avec du grais. ( User le verre. ) On dit auffi. II y a des pierres lì dures qu’on ne les peut tailler, il les faut user avec la meule. * USER- [Consumeres) Consumer. ( Usez-vous beaucoup de vin ? Pascal. I. 3. Les rendez-vous n’usoient pas tout le tems de la perfide. BuJJì Rabutin, Amour des Gaules, j) f USER une cuve de Teinture. C’est en tirer toutes les nuances ou dégradations de couleurs qu’elle peut fournir. * USER. {Uti.J Mettre en pratique. Se servir. Em- ploier. (La douceur dont on usera envers quelques uns, rendra les autres plus sages. Coicfin , Hilioire Romaine. User de regime. [Dietam observare .] User de viandes legeres. [C/bos levioresfumereJ Voits pouvez avec raison Usant des droits de la Victoire , Mettre vos galant en prison. Voiture, Poésies) USER. [ Insumere. ] S’emploie moralement. (La pecheresse n’atendit point que l’âge eût usé toutes les tendresses de son cœur. Fléchier. Quand la raison est usée pour le monde , il faut choilìr la retraite. Saint. Evremont. Rien n’use tant P ardeur de ce lien qui nous lie , Que le fâcheux besoin des choses de la vie. Mol.) * En user bien. [ Benè agere cum aliquo. ] C’est se bien gouverner à l’égard d’une personne. * En user mal avec quelcun. [Mali agere cum ali. quo.) C’est se mal gouverner à l'égard d’une personne. Ruser, v. r. [Atten , usu conter/. j Ce mot se dit proprement des etofes, de la toile . Sc d’autres pareilles choses. CeU-à-dire , se consumer à force de servir. vChemsse qui s’use fort. I.seap qui s’use très-vite. On dit austì le fer t’use. Tout s'uje.) * S’ujer. ( Enervari, languescere J Ce verbe se dit au figure. C est perdre sss forces. Perdre fa vigueur. (Les corps s’usent. L'Esprit s’ute.) * S’user , V. r. [ Eatigari, exhauriri.'] Au figuré , c’est aussi un terme de Jardinier. ìl se âit de la terre. C’est USU être devenue stérile après avoir long-tems porté fans avoir eu d’amendement, ou de repos. On dit au même sens, cette terre s’ésnte , mais s’éfrite n’est pas fi en usage que s’user. Quint. Jard. Fr. tom. 1. US£', usée, adj. Voïez plus haut. USITE'» usitée adj. {UJìtatuf , usu receptus.'} Qui est en usage. (Mot usité. Faqon de parler usitée. De quel air vous plait.il que ceci soit traité ì Parlerai-je , Monsieur , selon ma conscience ? Ou comme chez les grands on le volt usité. Mol. Amph.) USNE'E , f. f. [ Muscus quercimts. ] Plante qui croît for le chêne. On apelle usnée humaine la petite moufle verdâtre qui naît fur les crânes humains exposez à Pair, & qui arrête l’hémorragie. Ac. Fr. USTENCILE, ou utenjile , Pun & l’autre se dit. {Hojpitis militiisuppellex vasuria.'} Ce mot est masculin Sc féminin, mais le plus souvent féminin. II lignifie en général outil. Instrument & tout ce dont on sc íèrt dans l’ulage ordinaire; & en parlant de soldats, ujiencile veut dire lit garni de draps, verre, écuelle, feu & chandelle que Phôte doit fournir au soldat. (Les Commissaires feront inventaire des pelles, des chaudières Sc de tous les autres ujìenciles qui seront dans la tannerie. Voiez le bail des Gabelles de Vannée 1678 art, 120. Sa Majesté veut que l’ultencile soit fournie en argent a toutes ses troupes par f.s habituns des lieux de leur garnison. Voïez le Recueil des Ordonnances militaires imprimé obéis Cramo/Ji, art. 3. p. 4. Etre obligé à la fourniture de l’ ujiencile.) L’Academie qui est pour ujiencile , remarque simplement que plulieurs disent utencile. Mad. Deshoulierea sc sert de ce dernier, f Grand Sçavantas dont Calepin est le seul utencie.) USTENCILES. [Ujitucilia , vasaj Petits meubles de ménage servant particulièrement à la cuisine. Et il se dit aussi des vaisseaux qui fervent à établir des manufactures, comme des lutreries, des salines, &c. USriOjN ,J.fi Ce mot vient du Latin ujlio. Terme de Fharmuc/e. C’est une préparation de quelques substances qui se fait en les brûlant. L’ustion des minéraux est une espece de calcination. USUCaPION , f. f. [Usucapio, pojsejjìo.'] Terme de Jurisprudence. Aquilhion du domaine Sc de la propriété d’une chose par la posselìion & la jouissance pendant un certain tems prescrit par les Loix. Prescription & usucapìon sont des termes sinonimes dans le droit. Voïez Comitolus, 2. p. c. 3 6 . n. 34. USUh-L, usuelle, adj. [Ujua/ú.] 11 se dit des choses dont on se sert actuellement a l’ordinaire. USUFRUCTUAIRE , aaj. [UjufruiiuaruuJ Qui ne donne que la faculté de joiirr des fruits. (Le douaire des femmes est un droit ujuiructuaire. Acaa. Fr.) USUFRUIT ,s m. 11 vient du Latin usttrufítts, & se dit en termes de Palais. L’uluïruit est un droit de jouir, de sc servir autant qu’on est convenu, ou autant qu’on peut de ce qui apartient a autrui. (O11 peut laisser l’ulufruit des biens & les esclaves. On dit, avoir Pusofruit d’une maison. Laisser l’ufufruit d’une terre. Séparer Pusofruit de la propriété. AHurer l’ufufruit, óter Pusofruit, faire celser l’uiufruit, l’usosuit dure encore. La mort civile ou naturelle éteint f usufruit.) USUFRUITIER, f m. ( Uju:rufiuar,tnus.) VUIDANGEUR , J. m. [l.atrmarum evacuator.) Celui qui vuide les folles des lieux des maisons, qui écure les puits, & nettexc les citernes. On apeíle aussi les -cuide,n. VUI tkhìitïigeHYí , écurews, les maîtres des baffes autres , pour les distinguer du bourreau, qu’on nomme exécuteur, ou maître des hautes autres. VU IDE, f. m. [ Vacuuiìi .] Endroit qui n’est pas plein. Espace qui n’est pas rempli, ni garni tout-à- fait. (II remplit le vuide de la première ligne, Ablanc. On fortifie les murs en les déchargeant de leur propre poids aux endroits où il y a des vuides. Abrégé de Vrtruce, a. 4.) VUIDE, J. m. [ Vacuum , iw»f.] Terme de Philosophie. ^ C’est un espace sans corps. (Faire un grand vui- de. Faire un vuide sensible. On demande s’il y a un grand t uide, ou un vuide sensible dans la nature. On croît qu’absolument parlant, il n’y a point de vuide sensible , parce qu’il n’y a point d’espace où il n’y ait de petits corps si subtils qu’ils font imperceptibles, mais qu’il y a de petits vuides insensibles & extrêmement petits, répandus entre les parties des corps; car s’il n’y avoir point de ces petits vuides , les choses ne pourroient ctre mues. Voïez Lucrèce , l. 1. Et Gajsemli. ffe m’aconimode assez pour moi des petit corps > Mais le vuide ù J'oufrir me semble dificile, Et je goûte bien mieux la matière subtile. Mol.) VUIDE, adj. [ Vacuus , inanìs , cacans.] Ce mot se dit des choses, des lieux, ou des espaces où il n’y a rien de visible, où il n’y a quedel’air. 11 se dit aussi des endroits, d’où l’on a ôté ce qu’il y avoit. (Lieu vuide. Espace vuide. Chambre vuide. Maison vuide.) VUIDE. [Inanis , exenteratm.] II se dit en termes de Maçonnerie de ce qui n’est pas entièrement plein ou Iblide. On mesure un mur tant plein que vuide, c’est-à dire en y comprenant les fenêtres & les portes, comme si c’étoit un mur solide. On dit qu’il y a du vuide dans un cahier, lors qu’il n’est pas écrit par tout. On dit aussi qu’un homme a des chambres vuides dans la tête, quand il est un peu fou. On dit d’une personne qu’elle est vuide, lors qu’elle n’a pas mangé, [jfejunus.] VUIDE. [ Vacuus, immunis.] Se dit figurément. (Son cœur est vuide de passions. Un esprit desocupé enfante bien des chimères pour remplir le vuide d’une vie oisive & ennuieuse. Nicole. Les discours des jeunes prédicateurs, quelques talens qu’ils aient, font ordinairement vuides. Rempli bien ton sermon, n’y laisse pas de vuide, Et que jusqu’à la fin. il soit clair U solide. Villiers.) A vuide , adv. [Vacui.] Sans rien avoir. (Mâcher ■à vuide. Ablanc. C’ejî à-dire , sans rien avoir dans la. bouche. Le coche s’en est retourné à vuide parce qu’il n’a point trouvé de charge.) * A vuide, adv. [Sola manu dexteràf] II se dit de certains instrumens de musique à cordes, & signifie, fans que la main gauche soit ocupée. (L’Angelique se touche à vuide. On touche aussi quelquefois le lut St la guittarre à vuide.) VUIDE', vuidée , adj. [Evacuatus.] Désempli. (La bouteille a été vuidée en un moment.) VUIDE', vuidée, adj. [Compfiìtus, finit us.] Terminé. (C’est un a faire vuidée.) VUIDE'. s Evacuatus , excavatus.] Terme de Blason. Echancré, & dont la largeur est terminée par une ligne courbe. (La croix de Toulouse est d or clechée, vuidée & pometée.) 11 se dit aussi des autres piecesqui ont des ouvertures au travers desquelles on volt le champ de Vécu. 11 se dit par divers artisans au même sens des pie- ces de leurs ouvrages qui font à jour. Ainsi les horlogers disent voidet un coq, un tenon, un canon, une roué, un cercle. VUÌDER, D. a. [ Evacuare, deplere .] Oter ce qu’il y a dans une chose. Tirer ce qu’il y a dans quelque 1 chose que ce soit. (Ils vuiderent les entrailles & embaumèrent le corps. Vaug. Quint. I. 10. Vuider ses poches. Ablanc. Vuider de la farine , c’est l’ôter du sac où elle est. Vuider une chambre, c’est en ôter tous les meubles. Pour nous défendre U de guerre & de taiBe Avant que viennent les soldats, VUL 741 Ça vuidons entre nous le haut de ma futaille Et les grivois n’auront le vin qu’au but. VUIDER, v. a. [Cedere, deponere, exuerese. J Quiter» Se dessaisir d’une chose. Ce mot de vuid.tr , en cç sens, est de pratique. 11 a été contraint d.'en vuider ses mains.) VUIDER, v. n. [Evacuare, emigrare] Ternie qui se dic entre praticiens pour dire sortir d’un lieu , en déloger par quelque sorte de contrainte. (Cen’tst qu’it. ne ionimation de vuider d’ici vous & les vôtres. Molière, Tartufe, a. f 4.) * VUIDER , v, a. [Ccmtroverfias componere, dirime- re.s Terminer. Finir. Décider. (11 leur Oidonne ue vuider par Justice un différend qu’ils a voient avec leurs voisins. Ablanc. Arr. liv. ; i. c. 10. Voilà une ma- maniére bien facile Sc bien prompte de vuider ies questions de fait. Pascal, l. iS. Vuider une objection. Patrie, plaid. Vuider un compte.) VUIDER, v. n. [ Ejeflare.] Terme de Peignier. C’est faire égaux tous les trous qui font au pié des dents du peigne & qui tiennent au dos, ou champ du peigne. (Vuider un peigne.) VUIDER. [ Emittere , trausferre.] Terme de Maçon. C’est ôter de !a terre d’un lieu pour abaisser une place & la rendre égale à quelque autre. (11 hm vuider des terres.) VUIDER, v. a. [Evacuare, emittere. J Terme de Découpeur. C’est figurer de telle forte une étofe qu’elle soit percée à jour. (Vuider du drap, du satin, du velours. Ce mot se dit encore au même sens par d’au. tres artisans.) On dit vuider ses mains , pour dire se dessaisir de ce qu’on a entre les mains. [ De manibus emittere.] Vuider les ventes. Quand un marchand est obligé dc faire enlever tous les bois qu’il a abatus dans une forêt , en certain tems ordonné. Vuider une volaille. [Exenterare.] Pour dire lui ôter ce qu’il y a dans le ventre. On dit proverbialement. Voilà un homme bien vuide. [Homo vacuus U Infor mis.] Pour dire qu’il est laid Sc mal fait. Se vuider , v. r. [Exhauriri.] Se désemplir. (Bouteille qui commence à fi vuider. ) Se vuider. [Alvum evacuare, exinanire.] Ce mot sc dit des personnes, & veut dire lâcher fin ventre. (Ma. lade qui s’eft vuidé au lit.) * Se vuider. [Componi, dirimi.] Se terminer. Se finir. S’aehever. Se décider. (11 ne tiendra qu’à lui que le différend ne je vuide par une Bataille. Vaugelas, Quint. I. 4. c. 1.) V UiDURÉ , fi.fi. [ Dentìum peclinìs aqualitas.] Ternie de Peignier. Egalité bien propre du pié des dens d’un peigne. (Vuidure bien faite.) VU ID U RE. [Incifio.] Terme de Découpeur. Ouvrage à jour, de découpeur. (Une belle vuidure.) Ce mot le dit au niême sens par divers autres artisans. ff WILKOME. C’est ainsi que les Alemans apel- lent un grand verre, dans lequel ils font boire leurs amis quand ils arrivent. Les Italiens l’apellent bellico. ne ; & les Espagnols, yìiìcomcn. Quevedo s’en est servi dans Fortuna conjejo. Appariaeren (dit-il) allitrh con neciur, y Ganimedis con un vilicomen de ambrqfia. $ WINTHERUS , fi m. Ecorce odoriférante , qui n’est autre chose que la canelle blanche. W 1 RSCHAF. C’est une espece de mascarade qui se fait en Alemagne , dont le Pere Menetrier a fait un traité dans son livré des ballets anciens & modernes. t§ VULCAN, ou Vulcain , Ronsard a dit dans les Odes: Et les roches hautaines Que donta l’Ajrican Par les forces fontaines Du souffre du vulcan. Mr. Ménage, tom. 1. deses Obferv. p. 548. a dit fur ces vers, que l’on dit vulcan , & vuicain ; mais que l’Académie n’a pas décidé lequel des deux étoit le meilleur. Mr. Chapelain croioit qu’il faloit dire vulcan en vers, & vuicain en prose. Mr. de Racan qui n’aprouva pas cette distinction , dit plaifanment qu’il faudroit donc l’apeller Racan en vers & Racain en prose. Cependant Ménage soi,tient le sentiment de Chapelain. Mais il faut convenir que vuicain est bien Aaaaa ; rude, 742 XAL -rude, & qssií n’y a que la nécessité de la rime qui puiffe le faire soufrir. VULGAIRE,//»-. íVulgmJ Peuple, décrié que Toit le vulgaire, il ne laiíie pas tendre justice au mérité. Abîme, Ce n’eji pas four toi que sécris, Jndoâe g? Jiupide vulgaire, J’écris four les nobles esprits ; .'Je jerois marri de te flaire, fies Marais. Visionnaires. 5 ) (Quelque souvent de Vous seul ne pourriez pas ce que peut le vulgaire. Cor - mille, Cinna, a. a./ i. . . Elle a perdu ces riches ornemens qui la rendoient venerable aux yeux du vulgaire. Patru, plaid. 4 .. _ VULGAIRE, adj, [Vulgaris, communie.} Ordinaire. Commun. Trivial. (Le Seigneur Hâle est d’un mérite fort vulgaire,, Cependant ce Monfieur le Docteur de- manderoit du retour pour íe troquer avec Bartole. Les vulgaires esprits n'aiment point les Poètes , Et tant qú'on fait des vers on n'a guere d'argent. Gorab. Epit. Mais pour le bien louer, une raisonsevere Me dit qu’il saut sortir de 1 a route vulgaire. Despr.) VULGAIREMENT , adv. [Vulgò,paJJtm.l Communément. (Aprenez à vous énoncer moins vulgairement. Molière , Précieuses. Vive , vive la maquerelle. Que vulgairement on apelle JJne bourse pleine d’écus. Mai. Poésies.) VULGATE, / /'• fVulgata scriptur* sacra inter - pretatio.} C’est une traduction Latine de l’Ecriture Sainte, qui a toujours eu cours dans l’Eglise Latine, & qui pour cela, a été nommée vulgate , ou ancienne, parce qu’elle a paru dès la naissance de l’Eglise Latine. La Vulgate a été déclarée autentique par le Concile de Trente. On a corrigé la Vulgate par l’Ordre du Pape Sixte V. & de Clément VIII. Cette ancienne Vulgate a duré jusqu’à ce que Saint Jerôme entreprit de faire une nouvelle Version de la Bible sous l’original Hébreu. Cette traduction l’a emporté fur Pancienne Vulgate, & à présent dans l’Eglise Latine, on ne lit plus tì’autre version que celle de Saint Jerôme, à laquelle XIS on a donné le nom de Vulgate, à cause qsselk est •généralement reçùë. C’est cette derniere Vulgate qui a été déclarée autentique par le Concile de Trente ; mais elle n’a pas été déclarée infaillible. Voïez là dessus Mr. Simon , bijioire critique du vieux Tejiament. VULGATE , adj. [k u/gata verso J Ce mot se dit en parlant de la version de FEcrirure Sainte , & veut dire vulgairement reçue. (Suivre la version vulgate. PorU Roial , Nouveau Tejiament, Préface. Le Concile de Trente en déclarant la version vulga- te autentique , n’a voulu dire autre chose , sinon qu’elle ne contenoit rien.contre la. foi, mais il n’a nullement prétendu obliger à la préférer âu texte Grec, ni empêcher qu’on n’y pût avoir recours en plusieurs rencontres. Prés. du Nouveau Tejiament de Mons. VULNERAIRE, adj. .[Medicamentum vulnera- riumj Epithete que les Médecins donnent aux medi- camens qui font propres pour la guérison des plaie* & des ulcérés. ( L’Aristoloche est une plante vulnéraire. On dit aussi potion vulnéraire. Emplâtre vulnéraire.) f- VULTARIA,/ / Plante qui est propre pour apaiser les vapeurs histeriques & pour la colique venteuse. VULVE , / / Mot écorché du Latin vulva, & qui se trouve dans quelques livres qui regardent la Chirurgie. H signifie l’orifice extérieur des parties naturelles de la femme. (Ce qui est à considérer dans les parties génitales de la femme , c’est la vulve. La matrice est chute & renversee lors qu’on la volt sortie hors de la vulve. De Bltgni , Traité des hernies , p. 46. 98.) VU QUE. fCum, quandoquìdem ,Jiquidnn.} Sorte de Conjonction , qui régit l’indicatif, qui signifie pujque. (Je m’étonne que tu te mettes en colere de ce qu’on te laisse libre , vie que tu te plaignois autrefois des usuriers. Abl. Lucien .) UVULE,// [UvulaJ Terme à'Anatomie. C’est une petite chair spongieuse, qui pend du palais à la bouche, & qui empêche que l’air n’entre trop vite danS les poumons. On l apelle autrement luette. UZIFUR, f m. Terme d c Chimie. [ Cmnabaris. J Quelques Chimistes donnent ce nom au Cinabre composé de soufre & de mercure. X. , f. m. Ùne des lettres de l'Alphabet François. Prononcez ix, (Faire un ». Cét x est mal fait.) X Cette lettre a quelquefois le son de ì’r & quelquefois celui de la double JJ. Ainsi on prononce Xaintonge comme si ce mot étoit écrit Sain. tonge. On prononce le mot de Luxembourg comme s’il étoit écrit Luxembourg,& Bruxelles comme s’il étoit écrit Brujjelle. X- Cette lettre prend de fois à autre le son du 2 , par exemple on écrie sixième , & on prononce sixième , &c Outre cette prononciation d’une double fs, on la prononce aussi ou comme cs. Alexandre , axiome , &c. ou comme gs. Exali, examen, exemple, &c. Pour ce qui est de 1’* final, la prononciation s’en est conservée dans les mots d sjtix, linx,sphinx, larinx, Sc dans préfix, & perplex >■ hors de là j’* «S se prononce dans aucun mot François. Voìez Desmaréts, Gram. » Françoise.) X Est une lettre numérale qúi marque dix , parce qu’elle represente deux V. posez l’un sur l’âutre. XAGU \ , s. m. Arbre del’Isìe de Cuba de la grandeur du frêne, & qui a le bois dur, pesant, de couleur crise, tirant sur | e jaune ; son fruit est semblable en grosseur & en forme à un rognon de veau. X ÂLAPA, s. m. Racine purgative qui Vient aux Indes Occidentales. C’est I e ja/ap. X AI.XOCOTI , s. ni. Arbre qui croît en plusieurs lieux de l’Amérique & qu’on apelle autrement Goyavier. XANTOLINE, / / [Semen contra vermésf] Nom qu’on donne à la Semencine. í XAURUS/ m. Gros coquillage. II est absorbant. f XERANTHEMUM , / m. Plante qui croît dans les lieux champêtres. Elle est astringente & deffi- cative. XEROPHTALMIE, / f. Maladie dans laquelle les yeux démangent & font rongez fans ctre enflez & fans jetter de larmes. X1LOBALSAMUM , / m. Nom qu’on donne à de petits rameaux d’un arbriíìeau apelle Heaume de Judée. XILON , / m. [XylonJ Plante qui porte le coton. í XIPHIAS,/, m. [Gladius.} Poisson de mer qui aproche en grandeur d’une petite baleine- Sa graillé est propre pour ramollir, pour resoudre, & pour fortifier. f XIPHION,/ m. [Xiphium.J Plante dont là racine est emólliente & résolutive. XIPHOIDE. Terme d’Anatomie. Nom qu’on donne au cartilage qui est au bas du sternon , & qu’on apelle communément la fourchette. XIRIS ,/. m. Plante qu’on apelle autrement Glaù eul puant. XISTE. / m. Terme d ’Arcbiteflure. [Xifion.] Chez les Grecs c’étoit un portique fort long, où les Athlètes s’exerçoient à la course & à la lu te. II y a quelques autres mots François qui commencent par la lettre ; mais comme la plupart sont des nom* propre* YAC propres de ville, je les passe, à cause que je n’ai pas entrepris de faire un Dictionnaire de Géographie. XOCHICOPALLI, s. m. Arbre des Indes Occidentales , qui croît dans ia Province de Mechoacan. 11 en fort une liqueur qui sent le limon. XOCOATI , s. m. Boisson que font les Mexicains en prenant du maïs cuit & réduit en masse. On s’en sert pour temperer les ardeurs de Burine. YEU 745 XOCOXOCHITTL. / m. Grand arbre de la Province de Tabafco, & de la Jamaïque. Ses feuilles font semblables à celles de l'Oranger. Les Espagnol* apellent son fruit Poivre de Mexique, & Mr. Redi, Poivre de Chiapa, XUTAS- / m. Oiseau qui ressemble à une oie, & qui s'aprivoife de même. On ne le trouve que dans les Indes Occidentales. Y Y , s. m. Lettre qu’on apelle y grec, & qu’on prononce y grec. C’est une des lettres del’Al- phabet François. (Faire un y grec. L ’y grec est presque aujourd’hui banni de la Langue Françoise, & en sa place on sc sert de l'r simple.) Y. La plupart ne se servent de cette lettre qu’aux mots qui viennent originairement de la Langue Grecque ; & encore même se trouve-t-il des gens qui écrivent par un i lìmple les mots qui décendent du Grec. Ils ecrivent Chrijojlome , colite , & non pas colyre , ni Chrysoslonie, Si j o se dire mon sentiment là-dessus, ii me semble qu’il n’y a pas en cela un fort grand mal. Les Espagnols , & Jes Italiens, dont la Langue vient >du Latin & du Grec, auffi-bien que la nôtre; ne fe servent point de Y y grec, & pourquoi ne les pas imiter en ce qu’ils ont de bon, fur tout puisque notre ■Langue n’eít plus dans l’enfance comme elle étoit, il y a environ mille ans '! Cependant lorsqu’elle est entre deux voyelles, & qu’elle tient lieu de deuxïz, il est à propos de l’etn- ployer, comme dans ces mots. Ejsuyer, égayer, apuyer, bayonnette , &c. Et dans ces autres mots , pays , paysage , (clon Moniteur Desmarets, page 64. Grammaire Françoise, in t r.) Y. Se conserve encore dans les finales de quelques mots, comme Epy, sourmy, quoiqu’à proprement parler on puisse mettre un 1 en la place lans Icrupule. II faut observer que quand Y est mis immediatement après la seconde personne linguliere de l’imperatif, cette seconde personne s’écrit & se prononce avec un T, à la fin , comme vas-y , donnes y tes foins. Académie Françoise .) Y Cette lettre se conserve encore & même par ses ennemis les plus déclarez, cette lettre, dis-je, se conserve lorsqu’elle est emploiée pour marquer un lieu & qu’elle est une espece d’adverbe. (Ceux dont la vie sera pure ne demeureront-ils pas dans le SaintTaber- nacle du Seigneur ? oui, jls y demeureront. Port Roial. 0 On a proposé cette phrase à Messieurs de l’Aca- deinie: Si-tit qu’il fut arrivé, il ft fortifier les lieux qui y avoient le plus de disposition. Les sentimens furent partagez ; les uns difoient que,, Yy est tout à fait vi- „ cieux, parce que c’est un relatif qui fe raporte à ,, un verbe fousentendu ; car la construction naturelle ,, est. - II fit fortifier les lieux qui avoient le plus de di. „ jfilfition a être fortifies. Mais cette répétition étant ,, désagréable, on trouva qu’il valoit mieux donner >, un autre tour à cette phrase, que de faire une fausse j, relation. “ Les autres soutenoient au contraire , que fortifier qui est au commencement de lu même „ phrasé, sufit pour amener le relatif; qu’il n’y a au- „ cune oblcurité, & que cet.7 fait de l’élegance en ra- », coure,liant le discours : Que «Bailleurs il fe trouve „ assez souvent que le relatif tient lieu d’un cas qui „ n’est pas exprimé, comme dans cette même phrase ,, par cet autre tour ci: Si-tst qu’il fut arrivé , il fit „ fortifier les lieux qui avoient le plus de disposition à l’étre. Voilà - l’auicle le en forme de relatif qui ne 5, laisse pas d’avoir grâce fans le participe/»rí{/ïe2 , au- „ quel pourtant il a raport, quoiqu’il sort íousentendu. 1, On doit pourtant tomber d’acord que l’exactitude „ du stile demande qu’on évite ces irregularitez , fur tout en écrivant. “ Décisions de C Académie Françoi- fe de L. T. Y. Cette lettre fe garde aussi par tous les tems de ce verbe impersonnel il y «; car on écrit il .y avoit, îl^> eut, ii y eût eu, il y aura, qu’il y ait, &c. ( * Vous n’y étés pas. Sorte de façon de parler proverbiale , pour dire , vous ne l’entendez pas, ou , vous n’aurez pas ce que vous pensez.) Y-GREC. Subfiantif Masculin. Terme de Papetier. C’est une forte de petit papier. (Donnez-moi de l’y- grcc.) On met quelquefois cette lettre y , au lieu de lui. (Ce tableau est agréable & il y faut meure un quadre bien doré.) YAC. Votez lac. YACAVANDA,/ M. Arbre de FIsle de Madagascar , qui ressemble beaucoup au prunier aussi-bien que YTatica. Voïez la Colonne JEB. & la Colonne JEU, f Y'ECOLT,/ ni. Fruit de l’Amerique qui creit fur un Palmier de montagne, nommé en Latin Tocoltut arbor. On fait des feuilles du fil très délié, qui sert à faire de la toile. YEUSE, /• /• En Latin, ilex. Espece de chêne, qui a une écorce unie & rousse. On l’apelle aussi chêne verd, parce qu’il conserve tout l’hiver ia verdeur dœ ses feuilles. 11 y a deux efpeces d’yeufe, l’une qui a des épines & l’autre fans épines. YEUX, / un. \Oculi.'} Ce mot est le pluriel du mot ail. La plupart gardent encore Yy grec dans le mot d 'yeux. Les yeux font des parties organiques qui font destinées pour la vûë tant dans les hommes que dans les animaux. (Yeux fins, brillans, pleins de feu, vifs, beaux , doux, rians. Yeux à fleur de tête. Yeux ba- tus. Yeux languissans, yeux noirs , à. Yeux bien fendus. De combien desoupirs interrompant le cours , Aise évité vos yeux que je eberebois toujours. Racine.) 0” Les yeux bleus font languissans, & très-propre* à inspirer la tendresse : Climene a les yeux bleus, U languitfansse plaindre çéfe. Fout ce qu’en leurs regards ces beaux yeuxfanent dire, C’eji que la mort ejì belle en suivant leur empire ; Ils promettent la mort à leurs adorateurs , Et personne jamais ne les trouva mmteurs. L’Abé Régnier, Eglogue. f fe vois ici des yeux qui ont bien la mine d’être fort mauvais garçons. Molière, s Hic ocutos intueor amato- rios .1 Cette façon de parler est goguenarde & burlesque , elle veut dire, je vois des belles qui ont des yeux propres à faire des conquêtes. Avoir devant les yeux. s/a conspeciu habere .J C’eiì. voir presque sans cesse , voir presque à tout moment. Voir quand on veut. (Un mari qui a une laide femme, est à plaindre pat ce qu’il a toujours un vilain objet devant les yeux.) * Avoir la mort devant les yeux. Arn. [’Annos sternes in mente habere J Cette façon de parler est figurée, & signifie penser à la mort. Regarder entre deux yeux. Ablanc. Luc. £Fixo ocu . lorum obtutu aliquem ajpicere.J C’est-à-dire , envisager une personne fixement, & avec quelque sorte d’éfron- terie. ' setter les yeux fur quelcun. \_Alsquem intueri, aspi- cere.l C’est regarder quelcun. A: an s vite, ète-toi de devant mes yeux, vilaine. Mol. Bourg. Gentilhomme , aci. 3 . {Procul bine.] C’est-à dire. Que je ne te voie plus, éloigne-toi de ma présence. A qui croiras-tufi tune crois à tes yeux. Ablanc. Luc. \Cui fidem babebis nifi tibi ipfi.~] C’est-à-dire, A qui ajoûteras-tu foi, si tu ne crois ce que tu vois. C’efi ai 744 YEU Celi de tes jeunes yeux que mon ardeur eji née. Mas nard Pois. C'est-à-dire , je t’ai aimée parce que je t a trouvée belle & charmante lorsque tu etois jeune. Peniez-vous que cet Jortes de Manges je puisent re. garder avec des yeux de complaisance. Boileau , -Avis a Ménage. [ 'Putajke bac ajsentoriè pojse auditif} C’est-a-dr- re. On né peut avec complaisance entendre ces sortes ie louanges. ^ , Les Courtisans ont d’auffs bons yeux que d autres. Mol. Critique de P Ecole des femmes. [.&qut intégré de rébus judicant aulici.} C’est-à-dire, Que les Courtisans jugent des ouvrages d'esprit aulsi finement que les gens de lettres. f Dans tous les combats il faut commencer a vaincre par les yeux. C’ést-à-dire, qu’un Général ne doit pas se contenter de voir par les yeux d’autrui, qu’il doit tout examiner lui-même , & se transporter sur les lieux pour voir de plus près ce qu’il y a à faire. Polybe^ de Folurd. :j: Les yeux font le miroir de Pâme. C’est-à-dire , que les diférens mouvemens, & les diférentes pallions dont l’ame est agitée, paro-lsent ordinairement dans les yeux. £ Aimer comme ses yeux. C’est aimer fort une personne , conserver fort précieusement une chose. f Avoir de bons yeux. C’est voir promtement & distinctement certaines choses , qui éçhâperoient aux autres. ^ * Avoir de bom jìus. C’est avoir de la pénétration dans les afaircs. 4= *■ Avoir des yeux d’Argus. On le dit d’un homme fort vigilant, qui observe toutes choses, & à l’atten- tion de qui rien n’échape. A * Avoir des yeux d’Aigle , des yeux de Lynx. C’est avoir les yeux perqans, découvrir les objets de loin. A Avoir les yeux fur quelcun. C’est le regarder attentivement. On dit d’un homme dont le public observe les démarchés & les actions, à cause de sa dignité & du poste qu’il ocupe , que tout ie monde a les yeux fur lui, les yeux tournez, les yeux arrêtez fur lui, qu’il est exposé aux yeux du public. £ Voir avec des yeux mdiférens , avec des yeux jaloux , avec des yeux de concupij'cence , d!envie , de pitié , de compassion , de mépris , d’indignation , [fr c. C’est regarder avec des fentimens d’indiférence , de jalousie , &c. H Donner dans les yeux , éblouir les yeux. On le dit d’une chose, qui plait, dont l’éclat surprend. f * setter de la poudre aux yeux. C’est éblouir, sur-, prendre par quelque éclat extérieur, par quelque apa- rence peu solide. * Crever les yeux. On le dit dans le ftile familier, d’une chose qu’il est en quelque faqon impossible de ne pas voir. H * Crever les yeux , se dit aussi des choses blâmab- les, qu’ii est presque impossible d’ignorer, qu’on volt & qu’on fait malgré qu’on en ait. (Ses déreglemens crevent les yeux à tout le monde. La mauvaise conduite de sa femme lui creve les yeux.) H * Avoir un bandeau fur les yeux. C’est être préo- cupé de quelque passion, qui empêche de juger sainement des choses. i * Avoir des -afdìres par dessus les yeux. 'C’est en avoir tant, qu’à peine on y peut suffire. $ * Les Minijlres Jònt les yeux des Princes. C’est-à- dire , que les Princes se servent de leurs Ministres, pour être informez par eux des choses qu’ils ne peuvent voir, qu’ils tie peuvent connoïcre par eux-mêmes, ■f * Voir les choses par les yeux de Pesprit, ou des yeux de Pesprit. C’est les examiner par la raison. ; t * Voir les choses par les yeux de Pesprit , ou des yeux de Pesprit. C’est les considérer avec les dispositions, les impressions, les fentimens que donne la foi. t * Seigneur jetiez les yeux fur moi. Ce tte faqon de parler est un peu figurée. C’est-à-dire, Seigneur, aiez pitié de moi. Port-Roial, PJ'eaumes. * Ouvrir les yeux. [Qculos aperire , errorem suum ag . »o/cíto ] Cette faqon de parler est souvent prise figurément. Exemples. (Cette instruction lui a ouvert les yeux. Puse. I. Ouvrez les yeux , & retirez-vous de vos égaremens. Pajc. L io.) * Tu fais bien que Philis n’a des yeux que pour toi. Gomb. PoéJ'. [Semper tìbi est in oculfs.} C’est-à-dire que Philis ne considéré que toi feulement. * Pardonnez moi , beaux yeux , si je n’euíTe dit mon mal, ma mort l’eùt fait connoítre. Gomb, Pois C’est-à- dire , pardonez moi ma belle, YEU * Remettre une chose devant les yeux. Vaug. Quint. I. 3 . c. 10 . [Rem aliquam in mentem revocarej C’est faire ressouvenir d’une chose , la remettre en me. moire. * Cela saute aux yeux. [Res ijíasubjicitur oculis.} C’est- à-dire, Cela est très-viíìble. Tout le monde volt cela, connoìt cela. * 11 ne faut pas considérer les Rois avec les mîmes yeux qu’on regarde les particuliers. Ablanc. [Eadem ratione.J C’est-à-dire , il ne faut pas considérer les Rois de la même forte que les particuliers. * Faites les yeux doux. Reg. Satire. [Comibus oculisblan . diaris .] C’est a-dire, montrez par Pair de votre visage que les gens vous plaisent. (Combien n'd-f on point vît de belles aux doux yeux Avant le mariage Anges st gracieux. Despr.) * Ce n’ejlpas pour vos beaux yeux. [Id t m causa faclum non ejí.} C’est-à-dire, pour vous, ce n’est pas à votre considération. * Si vous les voulez aimer , ce fera ma foi pour leurs beaux yeux. Molière , précieuses. C’est-à-dire, fi vous les voulez aimer, ce fera seulement à leur considération & parce qu’ils ont dequoi se faire aimer. A yeux clos, adv. [Clausts oeuhs.} Aveuglément, & sans examiner les choses. (J’ai tant de confiance en vous, que je signerai tout ce que vous me direz à yeux clos.) * se vous aime [fr je vous fers seulement pour vos beaux yeux. Voit. Pois C’est-à-dire , je vous sers, parce qu* vous étés aimable & que vous en valez la peine. * 11 n’y avoit que quatre yeux. [Iffud inter nos dìfhtm fuit.'} Cette faqon de parler se dit en parlant familièrement , & signifie qu’il n’y avoit que deux personnes. * f Se manger le blanc des yeux. [Semper rixari , /«r* gari.J C’est se quereller & se dire des injures d’une ma- niére basse. f * II a plus grands yeux que grand ventre. Proverbe un peu bas qui se dit d’ordinaire des en fans, & qui veut dire que celui à qui on l’aplique a plus de friandise , ou d’autres choses à manger qu’il n’en sauroit manger. * Avoir les yeux tournez à la friandise. [Rébus veneriií esteproclìvem.} Proverbe pour marquer que la personne dont on parle a l’œil vif, fin & amoureux, & qu’elle a du penchant à l’amour. (La plûpart des jeunes Demoiselles ont les yeux tournez à la friandise.)' Avoir les yeux pochez au beurre noir. C’est les avoir meurtris & livides de coups. [Oculos babere Eventes [fr cruentatos.} f On dit aussi, avoir les yeux à la compote. Ces Proverbes sont bas. f Avoir des yeux de beuf. C’est avoir de gros yeux. A Avoir des yeux de chat. C’est avoir les yeux entre gris & roux. Deux yeux valent mieux qiPun. Quatre yeux voient plus que deux. [Plus vident oculi quam oculus.} Pour dire que les a faires sont mieux examinées par plusieurs personnes que par une feule. "VEUX d’écrevisse. [Oculi cancrorum.} Pierres qui naissent dans la tête des grosses écrivisses de rivière des Indes Orientales , & qui sont propres pour purifier le sang, pour arrêter le cours de ventre & le vomissement. t * "VEUX. [ Conjpìcillum , vitrum ocularium. ] Ce mot se prend quelquefois pour lunettes , mais en ce sens il ne se dit qu’en riant, ou en parlant familièrement & dans le burlesque. (f * Si je veux lire présentement, H fautquejepren. ne mes yeux. ) * YEUX. [Oculi.} Ce mot se dit quelquefois du pain & du fromage, & veut dire en ce sens, petit trou, petite ouverture dans le pain, ou dans le fromage. {Lt bon pain a des yeux. C’est-à-dire , est semé de petits trous par dedans. Le Gruìére ejl une forte de fromage qui a des yeux. C’est-à-dire, est semé par dedans de petits trous.) YEUX de chat. C’est une petite herbe sauvage qui est de couleur violette. [Oculus cati.} í YGA , f. m. C’est un des arbres du Brésil dont les Indiens séparent l’écorce , pour en faire de petits bateaux. YNAïA j/j m. Espece de palme de l’isle de Ma- ragnan, qui produit des fruits en grape de la grosseur YOIDE, ZED YOIDE, ach. »r. Terme á’Anatomie. £ Yoidum 1 •Nom qu’on donne à un os qui ne touche point les extrémité/ des autres, & qui n’a aucune articulation avec eux. 11 est situé à la racine de la langue & à la ligure d’un lambda renversé. » YOLATOLE,/»*. Boisson des Indes Occidentales, composée d’épis de maïs brûlez & réduits en cendres après qu’on en a ôté les grains. YOLI, J- »». Nom que les Américains des Isles donttent à la plante que ceux du Continent nomment Petun, & qu’on apeile Tabac en Europe. YPECACUANA,/ m. Racine d’une plante du ZEP 745 Brésil que les Médecins ont mis en vogue depuis peu , & qui est d’un trés-grand usage dans plusieurs maladies, principalement dans la dissenterie. (JL’emetique Çy’ le quinquina. Entre mes mains font droguessiires, Et mon ypecacuana En dépit des jaloux fait d’incroiables cures. Le Noble.) YPEREAU, m. ffTprenJìs ulmus.2 Espece d’or° me à larges feuilles qui a été aporté en France des environs de la Ville d’Ypres. Volez la lettre I. colonne IVO & colonne IVR. Z. f. m. C’est la dernière lettre de I’Alphabet François , laquelle se prononce ze\de, comme il paroit par ces vers oe Voiture : (Renvoions a Palamede Qui le premier les mit au jour , Le p, avec x, y , z. Faire un 2. Ablancourt. Le 2 en François n’a qu’un son très-simple qui ne difere en rien de celui de l’r quand elle est entre deux voielles au milieu d’un mot. Dans tous les noms & dans tous les verbes où le z est final, l’e de la dernière silabe se prononce comme un e ferme' , comme prez , beautez , vous aimez , ffc. de wême que vous ferez, vous direz , où il faut éviter la prononciation de l’e ouvert , & alors le z ne se fait point sentir. Defm. Gram. Fr. II faut pourtant exce- pter succès, procez,&e. ZACAR1E , f. m. [ Zacbarias. ] Nom d’homme. (Le Pape Zacarie aprouva sélection que les François firent de Pépin pour être Roi de France.) ZACCON ,s- m - Espece de Prunier sauvage. On tire de íòn fruit une huile par expression, qui est propre pour discuter & refondre les humeurs froides & visqueuses. ZACINTE ,ff. [ZacivtbaJ Plante dont les feíiil- leu ressemblent à celles dc la chicorée sauvage, elle est excellente pour emporter les verrues. Mr. Tournefort l’apelle cbicorìum vermearium. ZAGAÍE , f f [ Hajta, jaculum. ] Sorte de grand dard dont les Mores se servent pour combatte. Volez Ab Une. Marmol. (11 fut percé d’une zagaie , & mourut lur la place. Ablanc. Marmol.') f ZaGU ,s- m. Grand arbre semblable au Palmier, qui porte en son sommet une tête ronde, au milieu de laquelle on trouve une espece de farine, dont les habitans de l’isle de Ternate font du pain. ZAJN , adj. [ Nec leucophaus nec ullâ ex parte al -- bus. ) Ce mot ne se dit proprement qu’au masculin en parlant de certains chevaux, & il veut dire, qui est d’un poil obscur, qui est tout d’un poil & sans aucune tache. (Cheval zain.) ZAIN, ou zìn, f. m. Zainium. ) C’est une forte de pierre métalique qui donne au cuivre rouge une teinture jaune. D’autres l’apellent antimoine femelle, & disent que mêlant le zain avec l’étain d’antimoi- ne, il le blanchit & le durcit. On l’apelle aussi étain de glace. ZANI, f m. [Sannio.J Ce mot vent dire le facétieux d’une troupe de danseurs de corde, ou d’autres pareilles gens, mais il est plus Italien que François. On dit ordinairement. C’est le facétieux de la troupe, & non pas le zani de la troupe. (La Comédie Italienne est un ramas de concerts impertinens dans la bouche des amoureux, & de froides boufonneries dans celle des zanis. S. Evremont, Comédie Italienne.) ZAPOTE,/«í. Fruit qui vient dans la nouvelle Espagne, & qui est d’un bon goût, mais il n’est pas sain. ZEDOAIRE,/ f. Racine qui naît auxIníles Occidentales d’une plante dont les feuilles font semblables à celles du gingembre, EU# est bonne pour U colique venteuse. ZELATEUR > f m. '[Zelator, zelotes.] Ce mot ne se dit guère en parlant, maison le dit quelquefois en écrivant. C’est à-dire, Celui qui est zélé pour une personne. Partisan d’une personne. (C’étoient des gen* de bien & zélateurs de Cicéron. L’abé Taleman , Plu. torque, vie de Cicéron, p. 48;.) ZE LE, J', m. [ Zelus , ardensJludium.’} Afection ardente. (Un 2éle discret. Un zélé indiscret, fatal, aveuglfi, ardent, brûlant, grand, violent. Avoir du zélé. Ablanc. Etre aveuglé d’un fatal zélé. Racine , Ipbigenie, a. 5, Donner un zèle. Am. 11 faut qu’ilsoit humble , il faut qu’il soit fidèle, il faut que la raison en conduise le zélé. Gom. Poës. Brûler d’un saint zèle. Port-Roïal.) Ce mot zélé ne se dit que de l’inferieur à l’égard d» supérieur. Etquad il se dit des Princes, ce n’est que pour marquer leur Religion. On dit c’est un Prince, qui a un zèle particulier pour la Religion; & des particuliers on dira, il brûle de zélé pour ses amis. On aprouve, ou l’on condamne le zélé qu’il a. Que fur le bien public votre zélé fe fonde , Et qu’un heureux fuccez à ce zélé réponde. ZE'l.E', zélée, adj. f Fervent, ardens,JUtdio incenfus.J Qui a du zélé, del’ardeur & de la ferveur pour quelque personne, ou pour quelque chose. (Etre zélé pour son parti. Le Duc de la Rochefoucaut, Mém.) ZE NITH, f m. [Cali vertex.] Terme d’Astronomie. Prononcez zéni. Celui des pôles de l’horison qui est lûr notre tête. ZL'NITH. [funrlum verticales ] Terme de Géographie. C’est le point vertical qui dans le Ciel correspond perpendiculairement à la tête d’un habitant. (t * Des hauts esprits le leur est le zénith. Reg. Sa. tire 9.) ZENOBIE,//. [Zenobia.] Nom de Reine qui fut célébré par son courage , qui de quelque endroit de la terre gouverna l’Empire d’Orient, & qui fut enfin vaincue par Aurelien. La Ville de Palmire fut prise peu de jours après, & Zenobie arrêtée comme elle s’enfuioit chez les Perses. Defpreaux, Prés. du Sublime. ZENON , f- m, [ZenoJ Nom d’homme. ( II y a un Empereur & un Philosophe qui ont porté le nom de Zenon.) ZEPHIRE , zéphir , f m. [ Favonius, zephirm J On dit en poésie zéphire & zéphir au singulier. Néanmoins le plus usité c’est zéphire, soit en vers, soit en prose. Mais au pluriel, au contraire, zéphirs est beaucoup plus en usage que zéphires , & sur tout en prose, ou l’on ne dit presque jamais zéphires, mais zéphirs. (Le zéphire est une sorte de vent doux, agréable, & favorable aux chosos de la terre. U11 doux zéphire. Abl. Tantôt couché fur un vieux chêne , Retenu par un doux sommeil, Le zéphir de fa tendre haleine Le rafrachit à son reveil. A ut. anon. En cet endroit le baume , en cet autre la mhre, M’envoient leurs parfumsJ'ur l’aìle du zéphire. Godeau, Poésies, 1. partie, Egìogue 4. Tome ILL S b b b b Que 74 * ZÍG O us ï‘amoureux zcphir lui conte fia ntartsre- ^ Godeau, Poésies, r. part. Eglogue. . Les 2?>í>m folâtrant. Ablancourt. Le beau teins revient avec les zéphirt- Ccstar, Lettres. Toi que les aimables zephirs Ecbaufent d ’amoureux soupirs, God. poéf L. part. Cantiq. Vous qui durant la saison Ou les zephirs font en prison Echouiez nos froides campagnes. ' God. poës. r. part. Paraph. du Pseaume CXLVIll.) ZERO 7,-stn. [Nota currentìsnumeri."} Terme d’A- ritmetique. Qjii veut dire un o, & qui ne signifie rien à la place où il est mis. (Mettez-là un zéro. Cette addition d'un zéro à quelque autre chifre, le fart valoir dix lois , autant, si on ajoute deux, il vaudra cent fois autant, &c.) , + * ZE RO. [Homo nulliuf notnl} Ce mot est quelquefois figuré , & se dit des personnes. On dit d'un homme que c’ejì un zéro , pour marquer que c’est peu de chose, que c’èst un homme inutile, & qui ne peut rien. ZEST , f tn. [Mali aurei frujiulum.’] C’est d’ordi- naire un petit morceau d’écûrce d’orange dont à la 5 a- d-r d une chandelle allumée on exprime une forte de jus dans une taise, ou dans un verre de vin pour lui donner un petit goût d’orange. (Un bon zest. Couper des zests. Donnez-moi un zest, je vous prie. Faire des zests.) . . r , ZEST , f nt. [ Pulvtculus. ] Maniéré de bourse de cuir un peu longue, au bout de laquelle il y a un morceau d’ivoire qui a plusieurs petits trous, & dans laquelle on met de la poudre de Cipre pour poudrer ses cheveux, (je poudre ma perruque avec un zest.) ZEST , f, m. [Pelhcula nuclei intermedia.] Ce mot se dit en parlant de noix. C’est une maniéré de grosse peau qui tient quelque chose de la nature du bois, & qui sépare la noix en deux. (Je ne vous donnerois pas de cela un zeji de noix , qui est fort peu de chose.) ZEST , f m. [Nibil.l On se sert quelquefois de ce mot pout dire rien , aucune chose , & lur tout quand on veut marquer qu’on n’estime point une chose parcs qu’elle n’a aucune valeur , ou quand il s’agit du prix de quelque chose qu’on achette , qu’on marchande, ou qu’on vend. (Je n’en donnerois pas un zeji. Vous n’en aurez pas un zest davantage. Je n’en quiterai pas un zest.) ZEST. Ce mot est quelquefois une maniéré d’inter- fefíion, de laquelle on se sert en riant dans le burlesque, dans les vau-de-villes ou autres pareilles chansons , & qu’on emploie pour marquer qu’une chose ne réùllira point. (11 prendra Fontarabie, zest , comme il a pris Uôle.) ZETETIQUE , s.f [ Zetétice. ] Terme de Maté- matique , qui se dit de la métode dont on se sert pour résoudre un problème. (La Zetetique est une partie de ]a nouvelle Algèbre.) ZEYBA, f. m. Arbre des Indes Occidentales, dont sc tronc devient quelquefois si gros qu’à peine quinze hommes le peuvent embrasser. ZEYBO , f. »i- Autre arbre de la nouvelle Galice, qui ports un fruit comme des écosses pleines d’une laine deliée. ZIBELINE, Sibeline , Sébdìne , s.f. [Martis zìbe. lime pillis.) Monsieur strict, Histoire de /’Empire Oto- tnan , L. Edition , ch. 4, page 67. écrit. On trouva dans la fourrure de Martre Sibeiíne de certains caractères magiques. Quelques autrés disent Sébeline, mais on croit qu’ils parlent mal, & que le plus scur est de dire zibe. Une. conformément aux Italiens, qui apeìlent cet animal 2 ibellmo. VoïeZ le Diclmnnaire de la Crujca. La zibeline donc, puisque zibeline y a , est un anima! sauvage qui ressemble à la Martre, & qui aune peau dont on sait grand cas » cette peau est d’un très-beau noir, & quelquefois d’un blanc fort luisant. La peau de la zibeline sert à faire de très-belles & très.bonnes fourrures. ZSG-ZAC, f m. [Machina produHilis.'] Petits morceaux de bois plats d’un côté & clouez en forme de lolânge, mais clouez de telle forte qu’ils jouent. (Donner une lettre avec un zig-zac. Faire un zig-zac.) ZON L’Académie écrit zic-zac. II y a une Comédie de jfr. Poisson qu’on apelle zig zac. ZIG-ZAC. Terme de Pelletier. C’est une forte dé manchon de chat & de martre. (Vendez-moi un zig-zac » Voilà un des plus beaux & des plus jolis zig.zacs de Paris.) f Broderie en zig zac. C’est une broderie qui représente la figure d’un zig-zac a demi allongé. ch On dit d’un yvrogne , qui en marchant va tantôt d’un côté, tantôt d’un autre , qu’il fait des zig.zacs. H On apelle tranchée fait en zig-zac , celle qui est composée de plusieurs parties qui vont à droite & à gauche en avançant toujours. ZINCK , f m. [Zinckum metallum, ] Espece de minerai ressemblant au blismuth, mais moins cassant. 11 est emploie dans les soudures. ZINGEMBRE. Votez Gingembre. í ZINGI, f m. Fruit des Indes, dont i’amande est propre pour la colique venteuse. ZINZOLIN, / nt. Terme de Lainier. Sorte da laine qui est d’une couleur rougeâtre, & dont on se sert pour faire des tapisseries. Quelques-uns prononcent gingeolin , mais la vraie prononciation c’est zinzolin. (Acheter du zinzolin.) f ZIST , f m. On dit d’une chose qui n’est ni bonne ni mauvaise, entre le Zist & le Zest. Ce mot n’a point d’autre usage. * ZIZANIE , f f. [ZHania.] Ce mot vient dú Grec, où il signifie ivraie , mais en François dansuh sens figuré, il signifie Discorde. Division. Distension. Le mot de zizanie ne se dit guére qu’en parlant de religion ou de matières de pieté, & il y a même des gens qui le trouvent un peu vieux. (Il semé la zizanie parmi fes confrères. Cette famille est-elle unie , Tbernií pour la ronger aiguise en vain ses dents , Un brouillon y vient-ilsemer la zizanie, Mille avides gloutons vivent a fes dépens. Le Noble.) ZIZIPHE, [Zizipbm, Zizipbum.] Arbre qui porte les jujubes. ZOCLE. Votez Socle. ZODIAQUE , f m. [Zodiactu , or bis signifer. ) Terme de Géographie. C’est un cercle où font les douze Signes celeíles. & qui se tire obliquement d’un tropique à l’autre. D’autres disent que le Zodiaque est un grand cercle représenté dans les globes terrestres, & dans les Mapemondes par deux demi cercles qui ressemblent à deux arcs, l’un deçà, & l’autre delà l’Equateur. jQf Malherbe a dit dans un Sonnet adressé au Roi Henri le Grand : Le cercle imaginé, qui de même intervale Du nord U du midi les disiances égale De pareille grandeur , bornera leur pouvoir. On pardonnoit autrefois bien des choses aux poètes; & Malherbe mérité bien qu’on ait pour lui de lìndul- ger.ee ; Mais ce cercle imaginé qui égale les disiances du nord N du midi , est trop poétique pour être toléré ; <£ d’ailleurs on ne seait d’abotd si égale est ici verbe ou adjectif. Nous pourrions pouffer la critique jusques à la si n du Sonnet : Vous ne leur donnez rien, s'ils ri ont chacun un monde. Peut-on dire, fans tomber dans l’excès de l’hiperbo- le, que c’est ne rien donner que de donner la moitié du monde. ZON. [Sonns iflus.-} Sorte d’interjeflìon dont on se sert pour marquer la vigueur avec laquelle on frape une personne. (11 lui donna un coup de bâton sur lés épaules, 2 on, & s’ensuit.) ZONE , f. f. [Zona. J Terme de Géographie, qui en Grec & en Latin vent dire ceinture. C’est un espacé de terre contenu entre deux cercles. (II y a cinq zones, deux froides, deux tempérées, &une cinquième qu’on apelle zone torride. Les Anciens croioient que cette dernière zone étoit inhabitable , mais les voiages qu’oîi a faits aux païs qui font fous la ligne, ont découvert que ses Anciens s’étoient trompez.) ZOO' Z OR îtÒÒPHirE, s. m. [ Zophytum. ] Corps naturel ■qui tient de l’aniinal & de la plante. (Les éponges font des zoophites. Académie François».') ZOOPHORE is m. [ZopborzííJ Terme á'Architecture. C’elt ce qu’on apelle /a frise d’un bâtiment. ZOPHORIQUE, adj. [Zophorica columna.] ] Epi- tête que l’on donne à une colonne qui soutient un animal. ZOPISSA > s. m. Goudron Ou espece de poix noire qu’on détache des navires après qu’ils ont été long- tems en voiage fur la mer. H ZOROCHEi/ rrt. Sorte de minerai d’argent très brillant, & affez semblable au gifpe ou talc. Le Zoroche est la moindre de toutes les pierres métalliques qui fe tirent des mines du Potolì, & celle qui donne le moins d’argent. ZYT 747 ZUINGLIENS C’est le nòm, qu’on donné à ceux, qui suivent la doctrine de Zuingle sur l’Eucha. ristie, & sur plusieurs autres articles. ZYGOME, s. m. IZygomaJ Terme à’Anatomie. C’est l’os jugal qui fe forme de deux apophises , dont l’une naît de l’os des temples, & l’autre de la mâchoire superieure. Les Médecins disent auffi partie zygomatique. ZYMOSIMETRE, s. m. Instrument qui sert k mesurer le degré de la fermentation que cause le mélange des matières, & du tempérament du sang des animaux. C’est Swammerden qui l’a proposé dans son livre de la respiration. ZYTHUM, s m. [Zytbum.] Breuvage d’orge qui fait uriner, mais qui nuit aux reins, aux nerfs, & aux pellicules qui couvrent ie cerveau. £/N. v y i ' ÍSríf^Sí MMWMHN --F'MKà; : i* .-. .-yV-'í-.irfí ,^.ív ,;L;'. MWMOWGK', LS.î'. ^.-c ^r.c 7E-^àì-7Wâ K» : J rS.-Vï' bçV' c^àff)í$i >• s . <•> - , ' ' rÇ/r^j •í Jj.Í3r'Ì f íX-r-íÇ^55 MM'W ê- '’j?f;- : ’X- AàWK-M? à«°àrâ ■ r® NWZ «à REM Vrj, v H V-» -, :> .r t "ví>fi ?H J M?M -^M-â V^'^í^íWirfr'-'^ ^*v*" váa\v c. V - -iii KLM ■ » V n t* “K*: